Groupe XIII. Classe 73-B. Bronzes
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- GROUPE XIII
- CLASSE 73 B
- BRONZES
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- REPUBLIQUE FRANÇAISE MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DES INDUSTRIES ET DU TRAVAIL DE TURIN 1911 s"Jh\
- GROUPE XIII
- CLASSE 73 B
- BRONZES
- M. J. BOUHON, rapporteur.
- Comité Français des Expositions à l’Etranger
- 42, Rue du Louvre, 42
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- VUE D’ENSEMBLE DE L’EXPOSITION
- Quand l’Italie eut décidé de fêter le cinquantenaire de son Unité nationale par de grandioses manifestations, elle décréta en première ligne l’organisation de deux Expositions, l’une tout indiquée pour les Beaux-Arts à Rome, la nouvelle capitale, et l’autre dans l’ancienne capitale du Piémont, Turin, centre de l’Italie industrielle et destinée spécialement, comme son titre l’indique, à Y « Exposition Internationale des Industries et du Travail ».
- Toutes les nations furent conviées à ce tournoi pacifique et la France fut une des premières à répondre à cette invitation.
- La similitude de nos origines et le désir de dissiper le nuage qui avaii assombri, à l’aurore de ce siècle, la cordialité des relations entre les deux nations latines déterminèrent le Gouvernement de la République française à participer officiellement et avec un éclat extraordinaire à cette belle manifestation.
- Sous la direction si vigoureuse, et en même temps si aimable pour tous, de M. Dervillé, qui avait été nommé Commissaire général du Gouvernement français, et de ses éminents collaborateurs immédiats, M. Emile Dupont, Sénateur, Président du Comité français des Expositions à l’Etranger et M. Léopold Bellan, Président du Comité d’organisation de la Section française, les Palais de notre Exposition, dont la construction avait été retardée par un hiver très rigoureux, furent achevés, en tant que gros œuvre, en un délai relativement court, et l’inauguration de la Section française put avoir lieu le 21 Mai au milieu d’une affluence considérable et en présence de S. A. R. la Princesse Laetitia, de M. Massé, Ministre français du Commerce et de l’Industrie, de M. Nitti, Ministre du Commerce et de l’Agriculture d’Ita-
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- lie, et de tout le haut personnel français qui avait contribué à l’organisation de notre Exposition.
- La magnifique installation du Salon d'honneur du Gouvernement français et les collections si nombreuses puisees dans nos richesses nationales et dont la valeur est aussi mcomparaole qn inestimable se trouvaient présentées à l'admiration de tous, et par une attention dont ritalie a senti toute la délicatesse, les organisateurs de cette partie spéciale de l’Exposition avaient choisi, dans toutes nos collections, les principaux tableaux, objets d’art ou souvenirs se rapportant aux personnages ou aux épisodes des époques où les français et les Italiens combattirent fraternellement dans les plaines de la Lombardie.
- La Ville de Paris participa aussi d’une façon éclatante en élevant un superbe pavillon dont la construction, dans un beau style français, a fait le plus grand honneur à son architecte, M. Roger Bouvard.
- Ge pavillon, qui renfermait les expositions si artistiques et si complètes de nos Manufactures nationales des Gobelins et de Sèvres, ainsi que les travaux des élèves des Ecoles professionnelles de la Ville de Paris, le tout agencé avec une méthode et un goût parfaits, contenait en outre les collections de modèles, de spécimens, de graphiques de tous les services de la vie municipale de Paris.
- Ge magnifique pavillon, si intéressant et à des points de vue si différents les uns des autres, fut sans contredit un des plus visités de tous les Palais de l’Exposition.
- Dans son ensemble, l’Exposition de Turin était admirablement située. Le magnifique parc du Valentino, avec ses arbres séculaires, abritait une quantité considérable de pavillons de toutes les Nations qui avaient été semés dans ce grandiose espace avec le soin jaloux de ne pas détruire l’aspect si pittoresque du parc.
- Sur la rive droite du Pô se prolongeait, sur une longueur de p.'ès de trois kilomètres, une suite ininterrompue de pavillons des Expositions des diverses nations, des Colonies et de lTtalie.
- Tous ces Palais construits par les Italiens formaient, avec la note blanche dominante de leurs constructions, une opposition très heureuse sur la douceur verdoyante de la colline à laquelle ils étaient appuyés, et qui domine le fleuve et la ville, formant un cadre très gracieux à l’ensemble de l’Exposition.
- Les deux rives du Pô étaient réunies, au centre de l’Exposition, par un Pont monumental, décoré de colonnes surmontées de Renommées,
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- qui formait une large promenade d'où la vue s’étendait, en amont et en aval, sur les diverses parties de 1 Exposition et permettait de juger d'un coup d’œil de 1 importance de l’œuvre accomplie.
- Quand, venant de la Ville et traversant le parc de Valentino on passait le lleuve sur ce pont, on arrivait à l'esplanade de la Fontaine monumentale. Immédiatement à gauche se trouvait le Palais de l’Exposition française et le premier pavillon dans lequel on pénétrait était celui qui avait été affecté aux Classes de 1 Ameublement (Croupe XIII).
- Nous formions donc, pour ainsi dire, le Vestibule d’honneur de la Section française.
- ORGANISATION
- ET NOMINATION DES COMITÉS
- Dès que la décision officielle de la participation française fut prise, le Comité français des Expositions à 1 Etranger en avisa toutes les organisations syndicales, industrielles et artistiques, en leur demandant de désigner parmi leurs adhérents les membres qui devaient former les Comités d’admission et d’installation, mais la classilicauon française de 1900 qui avait été conservée pour les Expositions de Liège 1905, Milan 1900 et Bruxelles 1910, fut modifiée par P Administration italienne pour l’Exposition de Turin et les démarches que cette modification nécessita avaient un peu retardé l’organisation des Classes françaises qui, forcément, devaient correspondre aux Classes italiennes.
- Le Groupe XIII (Décoration et Ameublement des Maisons) comprenait les Classes 71, 72, 73 A, 73 B, 74, 75 et au point de vue de l’organisation administrative et financière, chaque Classe devait conserver sa liberté d’action et élire les membres de son Comité. Pour la Classe 73 B (Bronzes d’art décoratifs et bronzes d’éclairage) les membres nommés parmi les exposants adhérents pour former les Comités d’admission et d’installation et le Bureau de la Classe furent :
- A1M. Jacques Susse, Président,
- E.-Justin Bouhon, Vice-Président,
- Gaston Bricard, Secrétaire-Trésorier,
- Ernest Delaunay, Membre,
- Charles Thiébaux, Membre.
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- ADOPTION
- DU PROJET D’ENSEMBLE DÉCORATIF
- Dans le but de présenter un ensemble décoratif plus attrayant, les Classes 72 (Ameublement proprement dit; et 73 B (Bronzes) se réunirent et Jes bureaux des deux classes travaillèrent de concert avec la volonté d'arriver à constituer, par leur coopération réciproque, une série de pièces de différents styles, salons, chambres, boudoirs, salles à manger, bureaux, donnant par leur réunion la composition d’un intérieur bien complet richement meublé.
- Chacune de ces pièces devait avoir son ameublement bien particulier, les exposants de la Classe 73 B venant compléter les ensembles de la Classe 72 par l’adjonction de leurs bronzes décoratifs : Statuaire, cheminées rehaussées de bronzes, pendules, candélabres, lustres, appliques, foyers, encriers, etc.
- Pour la présentation de ces différents salons, des projets de construction et de décoration furent demandés à M. J. de Montarnal, Architecte en chef de la Section française qui tira le meilleur parti de la surface qui nous était concédée, en tenant compte pour la distribution du terrain, du nombre probable des exposants que nous espérions réunir et des emplacements qu’ils pourraient demander.
- Le Pavillon de l’Ameublement se trouva ainsi composé d’un vestibule, d’un grand hall central autour duquel se groupèrent deux grands salons pour les expositions collectives, deux salles à manger, trois chambres à coucher, un cabinet de toilette, un boudoir de dame, un cabinet de travail et un bureau.
- Chacune de ces pièces fut décorée en un style différent et en faisant concorder dans la décoration générale les tentures, les meubles, les bronzes, etc.
- PARTICIPATION FRANÇAISE
- Dans la Classe des bronzes 73 B, la France eut sans contredit la participation la plus importante, au point même de ne pouvoir être comparée avec aucune autre.
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- Non seulement le nombre des exposants réellement fabricants de bronzes décoratifs fut de beaucoup supérieur à ceux des autres nations, mais encore dans certaines nations, on incorpora dans la Classe 73 B, peut-être pour faire nombre, des maisons qui n’avaient que des rapports éloignés avec l’Art décoratif pur, telles que des fabriques de coffres-forts, de lits en cuivre, de meubles de jardin en fer, de batteries de cuisine, etc...
- Nous avions bien affaire à des industriels du métal très intéressants en eux-mêmes, et quelques-uns à la tète de maisons d’une importance considérable et dont les mérites sont très appréciables, mais un travail de comparaison dans le domaine de notre industrie artistique entre la France et les différentes autres nations exposantes devenait tout à fait impossible ; nous ne pourrons donc faire autre chose qu’un compte rendu général des expositions visitées par le Jury.
- LES EXPOSANTS
- Pour la Classe 73 B, les exposants français admis, classés par lettre alphabétique, furent, pour le Bronze d’art :
- MAL BERNEE
- Ch. BLANC BOUHON Frères J. et G. B RICARD F. CAMUS
- CONTENüT et LELIEVRE
- E. DELAUNAY
- FOURNIER
- GAGNEAU
- GIGOU et Fils
- HOUR
- JA BOEUF et ROUARB LAPOINTE
- LEBLANC-BARBEDIENNE LEROUX RAINGO Frères SIMONET Frères
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- Ch. SOLEAU
- P. SORMAXI (THIÉBAUX successeur).
- B. SUDRE SUSSE Frères
- Mlle de paris lEcoie boulle)
- et pour le Bronze imitation
- MM. CHAMPEAU
- DUBRUGEAUD et RI G HE RM OZ L. ETTLINGER et Fils JOURDAN POCCARD
- TRÉSALLET et TARROZ PASSÉGA
- En résumé, les exposants qui concouraient dans la classe 73 B se dénombraient comme suit :
- France (29 exposants).
- Italie (8 exposants).
- Allemagne (3 exposants).
- Angleterre (4 exposants).
- Belgique (1 exposant).
- Brésil (1 exposant).
- Chine (5 exposants).
- Hongrie (7 exposants).
- Japon (16 exposants).
- Perse (2 exposants).
- République Argentine (1 exposant).
- Russie (1 exposant).
- Turquie (2 exposants).
- CONSTITUTION DU JURY
- Le Jury international fut réuni en séance solennelle pour sa constitution, au Palais des Fêtes, le 5 Septembre.
- M. le Ministre du Commerce et de l’Agriculture d’Italie, dans un discours très applaudi, souhaita la bienvenue à tous les jurés étrangers
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- et les convia à constituer aussitôt les Groupes et les Classes pour la nomination des bureaux et le commencement immédiat des opérations.
- D’après la classification italienne, un seul Jury devait fonctionner pour les classes 72, 73 A, 73 B, 74.
- Les membres de ce jury, aussitôt après la cérémonie de la réception, se réunirent pour prendre contact et échanger leurs vues sur la marche à suivre pour les opérations de l’examen des exposants.
- Après une courte délibération, il fut décidé que ce jury se diviserait en deux sous-commissions et que chacune d’elles désignerait un Président et un Secrétaire.
- Celle qui fut chargée des classes 72, 73 A et 73 B fut composée comme il est indiqué ci-après ; le nom de chaque membre est suivi de l’indication de la nation qu’il représente :
- Président........ M. Yu-Winzen (Chine).
- Secrétaire....... M. Giovanni Celestino (Pérou).
- Membres.......... M. Giuseppe Pichetto (Italie).
- M. S. Jémont (France).
- M. F. Pérol (France).
- M. A. Courcier (France).
- M. E.-J. Bouhon (France).
- M. R. Sudre (France).
- Dr Peter Jessen (Allemagne).
- M. Taelemans (Belgique).
- Al. Arnold Goldberger (Hongrie).
- M. J.-H. Gill (Angleterre).
- M. A. Barnard Cowtan (Angleterre). M. Luigi Maderna (Amérique latine). M. Guiseppe de Maria (Argentine). Guiseppe Quartara (Uruguay).
- Yojino Kuwabara (Japon).
- Kikujiro Morita (Japon).
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- VISITE AUX EXPOSANTS DE LA SECTION FRANÇAISE
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- Préférant résumer les remarques faites dans les expositions au cours de la visite du Jury, avant de parler des récompenses attribuées, les maisons seront classées par ordre alphabétique dans le compte rendu qui va suivre.
- LE BRONZE D’ART
- Parmi les industries de l’Art décoratif, celle du bronze est peut-être une des plus françaises, mais il est indiscutable qu’elle est surtout parisienne.
- Dans quelques grandes villes de France, principalement à Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Lille, Nancy, on trouve bien des fonderies ou des fabriques de bronzes de monuments, d’éclairage ou d’église, mais à Paris seulement se fabrique le Bronze d’ameublement proprement dit, sous toutes les formes et dans toutes les qualités, depuis le bibelot en cuivrerie arrivant à concurrencer l’étranger jusqu’aux bronzes les plus beaux dont le fini est irréprochable et qui peuvent rivaliser avec les œuvres de nos grands maîtres, les Bérain, les Caffiéri, [les Delafosse, les Gouthière, les Thomyre, et tant d’autres dont l’énumération serait trop longue et que le Monde vient admirer dans nos Palais
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- nationaux qui forment une partie très notable du patrimoine de la' France dont nous avons le droit de nous enorgueillir.
- BERNEL
- M. Charles BERNEL, qui est surtout tapissier décorateur et exposait à ce titre dans la classe 72, présentait cependant à l’appréciation du jury de la classe 73 B une très jolie paire de vases de style Louis XVI en cristal de couleur gros bleu. L’ornementation consistait principalement en deux motifs à têtes de coqs formant les anses du vase, et se complétait par le pied, le culot et la collerette également en bronze. Toute cette partie métal était exécutée d’une façon remarquable par la pureté des lignes et l’extrême finesse de la ciselure, la dorure au mercure d’une belle tonalité venait encore accentuer l’allure artistique de ces vases.
- M. BERNEL exposait aussi des meubles avec bronzes et nous avons remarqué une belle commode de style Louis XVI dont les panneaux en ancienne laque de Coromandel étaient très harmonieusement encadrés dans l’ensemble du meuble pour former un tout très homogène comme tonalité. Les bronzes de cette commode étaient d’une exécution très heureusement comprise, la ciselure enveloppant les formes et la dorure d’une couleur bien atténuée donnaient l’impression que l’on avait sous les yeux un meuble ancien.
- CHARLES BLANC
- Très importante fabrique de bronzes et appareils d’éclairage et de chauffage en tous genres.
- Pour ne pas sortir du cadre qui nous est fixé, nous ne nous occuperons pas de la partie hydrothérapie et ne parlerons que des appareils d’éclairage : lustres, bras, etc., dont nous avons un certain nombre dans les salons de notre Exposition.
- Dans le grand salon collectif, M. BLANC a placé deux lustres style Louis XVI ; un à six branches avec une vasque en cristal clair taillé a pour principal sujet décoratif un Amour, le cercle soutenant la vasque est supporté par trois montants reliés par une couronne de roses. L’autre lustre, composé de trois enfants ailés tenant chacun une torche
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- éclairante et par un groupe de trois houlettes enlacées par une drape-î, forme un ensemble très gracieux.
- Dans la chambre de M. Blondeau, nous voyons un lustre Louis XV à six branches retombantes sortant d’une vasque ajourée en bronze ; trois coquilles en cristal taillé sont disposées entre les montants supportant la vasque, et deux appliques Louis XV aux lignes harmonieuses qui accompagnent le lustre forment avec lui un ensemble étudié de très bon goût.
- Dans le stand de M. Gouffé, M. BLANC exposait encore un lustre Directoire dont les principaux éléments : un faisceau de licteur et trois groupes de sphinx caractérisent cette époque de transition entre le Louis XVI et l’Empire qui a fourni de si bons éléments de décoration.
- Tous ces bronzes donnent l’impression du bon goût qui a présidé à la composition de leurs modèles, inspirés des œuvres des bons artistes des temps passés et la bonne exécution du bronze en fait encore ressortir la valeur artistique.
- BOUHON Frères
- Très ancienne fabrique de bronzes fondée en 1853, fut reprise en 1871 par M. BOUHON père qui, à son décès en 1890, la laisse à ses deux fils, MM. Justin et Etienne BOUHON.
- Etant l’écrivain de ce rapport, ma situation est très délicate pour parler de notre maison, aussi n’en ferai-je qu’une description documentaire.
- Le fondateur cle cette maison avait choisi comme spécialité la fabrication cle la garniture de foyer, la tradition a toujours été conservée ; cependant, pour suivre le progrès qui modifie tant de choses, nous avons ajouté la fabrication des cheminées marbre et bronze, les écrans et cache-radiateur dont le but est de dissimuler ces disgracieux appareils tolérés seulement pour leur uitlité.
- Suivant les leçons du bon goût qui nous ont été transmises, nous ne choisissons ou composons nos modèles qu’en nous inspirant de nos beaux styles classiques et des documents puisés à de bonnes sources.
- A Turin, dans le Grand Salon collectif, nous exposons une cheminée Louis XVI. reproduction de celle du boudoir de Marie-Antoinette à Fontainebleau, avec sa garniture de chenets. Un écran Louis XVI de
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- notre composition vient compléter l’ensemble. Cet écran avec deux panneaux se repliant, est composé d’ornements légers, guirlandes et rubans soutenant un médaillon Louis XYI. Les cadres sertissent la toile métallique doublée dans la partie du haut par une soierie ancienne qui
- EXPOSITION BOUHON FRÈRES
- (Bronze)
- Garniture cheminée Empire.
- joint à son aspect décoratif l’avantage d’empêcher le rayonnement de la chaleur.
- Dans la salle à manger de M. Epeaux, une paire de chenets style moderne d’une ligne architecturale bien étudiée, agrémentée d’une décoration de sapin.
- Nous présentons aussi dans le cabinet de travail de MM. Colin et
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- EXPOSITION J. et G. BRICARD
- (Bronze)
- Marteaux de portes
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- Courcier, une galerie de foyer style Empire ayant pour sujets deux figures de femmes se chauffant, les bras étendus vers le feu. Cette galerie, composée par nous, est inspirée de documents d’époque modifiés et adaptés à l’usage que nous voulions en faire.
- J. et G. BRICARD
- La maison J. et G. BRICARD, fondée en 1782 par Sterlin, est universellement connue pour la spécialité de sa fabrication de tous les bronzes de la serrurerie de luxe, et pour la perfection apportée à l’exécution de ses serrures, crémones, espagnolettes, marteaux de portes, etc. etc., dont la fourniture s’impose dans toutes les constructions de Palais, Châteaux ou Hôtels particuliers où le confortable le dispute à l’élégance.
- Les grands panneaux présentés par cette maison à l’Exposition de Turin nous montrent des échantillons‘de pièces de tous styles et des portions de portes avec les serrures et les crémones en Louis XV et en Louis XVI dont les bronzes sont d’un fini exquis comme ciselure et dorure.
- Un goût parfait préside au choix et à la composition des modèles inspirés de tous nos beaux styles français et sait y joindre le sens pratique, et à côté de fournitures vraiment artistiques, MM. BRICARD produisent en nombre considérable la serrurerie en tous genres pour les administrations. Nous devons signaler leur nouvelle serrure de sûreté sur passe-partout qui a trouvé son application dans presque tous les grands hôtels modernes, et toutes les pièces qui sortent de leur importante usine de Woincourt, portant la marque S. T., sont comme poinçonnées d’une garantie de solidité et de bon goût.
- FERNAND CAMUS
- M. Fernand CAMUS s’est spécialisé dans la fabrication des garnitures de bureaux en tous genres et de ce que l’on est convenu d’appeler en termes de fabricants le Petit Bronze, c’est-à-dire les bougeoirs, les encriers, coupes, coffrets, montures de cassolettes, statuettes, etc.
- La diversité de ces modèles lui permet de faire, suivant l’adaptation
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- de chacun d’eux, aussi bien une fabrication avantageuse que des articles de bronze en belle exécution.
- Comme exemple de ce genre riche, M. CAMUS a exposé sur ?e bureau du cabinet de travail de MM. Colin et Courcier un bel encrier style Empire, en bronze doré et marbre jaune de Sienne, qui est un spécimen très intéressant de sa fabrication. Cet encrier avec deux vases trépieds renfermant les godets a pour principal motif décoratif un aigle à grandes ailes éployées posé sur un rocher. L’aigle est très bien modelé et la composition de l’ensemble est d’une belle allure et l’exécution très soignée, comme ciselure et dorure, était bien digne du cadre où il était placé.
- CONTENOT et LELIEVRE
- Ancienne maison Léon VIRLET.
- M. CONTENOT qui dirige spécialement la partie artistique de la maison, sait choisir pour ses collaborateurs de jeunes sculpteurs de talent auxquels il communique ses inspirations dans un caractère d’art bien particulier et d’un intérêt très original.
- Parmi les oeuvres exposées par MM. CONTENOT et LELIÈVRE, nous remarquons en première ligne « La Conquête de l’air », oeuvre hardie dans laquelle le statuaire Georges Colin a personnifié Dédale, qui, pour s’évader du Labyrinthe, s’élance dans le vide après s’être fixé aux bras deux grandes ailes d’oiseau. Le modelé de la figure est très joli et ce modèle conserve aussi bien dans ses réductions son allure d’une ampleur large et élégante.
- Une autre belle œuvre du même artiste « L’effort suprême » a aussi retenu notre attention par l’énergie farouche qui se dégage du sujet et qui est si bien rendue dans le modelé vig’oureux de la composition.
- Ces bronzes sont bien exécutés et on peut juger que la tendance vers un but artistique qui est la préoccupation de MM. CONTENOT et LELIÈVRE se trouve réalisée dans les œuvres présentées.
- E. DELAUNAY
- La maison E. DELAUNAY, qui s’est fait une spécialité exclusive de la galvanoplastie, a été fondée en 1854 par M. J.-F. Delaunay qui, à
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- EXPOSITION CONTENOT ET LELIÈVRE
- (Bronze)
- Effort Suprême, par G. Colin.
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- ses débuts, eut à lutter longtemps contre l’opposition qui se manifestait en face de cette innovation dans l’industrie du métal ; mais peu à peu le préjugé s’effaça et aujourd’hui, il n’y a peut-être plus de maison qui n’ait recours aux produits de M. E. DELAUNAY, ou aux reproductions galvaniques par ses procédés.
- M. E. DELAUNAY, qui dirige la maison depuis 1879, lui a donné un développement très important, et au point de vue technique a su appliquer constamment les progrès nouveaux dans le but d’arriver à perfectionner sans cesse les méthodes de travail dans ses ateliers.
- Ses modèles sont préparés et ciselés avec le plus grand soin et leur reproduction en galvanoplastie trouve leur emploi non seulement dans l’industrie du bronze proprement dit, mais encore dans le Meuble, l’Orfèvrerie, la Bijouterie et bien d’autres industries décoratives.
- Gomme spécimens de sa fabrication, M. DELAUNAY expose à Turin un grand tableau, composé avec goût, représentant nombre de pièces diverses en galvano, tirées de ses modèles, décorées comme elles le seraient dans l’exécution définitive et permettant ainsi de juger de la perfection de leur exécution.
- FOURNIER
- M. FOURNIER,, par la spécialité de sa maison, tient une place spéciale entre l’Ameublement et le Bronze, pour sa Serrurerie et ses Bronzes pour meubles qui font également l’objet de son commerce.
- Nous ne nous occuperons que de la partie bronze de sa fabrication, qui nous est présentée sous l’aspect d’un grand tableau comportant un nombre très important de pièces diverses de tous styles, parmi lesquelles nous remarquons des sabots et des chutes de bureaux ou de commodes, des entrées de serrures, des poignées de tiroirs, des boutons de tous genres pour portes, cordons de tirage ou autres, des patères, portemanteaux, plaques de propreté, des appliques de toutes formes et pour toutes destinations, etc.
- La plus grande partie de ces bronzes sont des modèles copiés de l’ancien et leur fabrication est comprise pour une exécution pratique et avantageuse.
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- GAGNEAU
- La maison GAGNEAU est une de nos plus anciennes maisons de bronzes d’éclairage.
- EXPOSITION GAGNEAU
- (Bronze)
- Lustre Louis XVI.
- Elle a été fondée par le grand-père de M. Edouard GAGNEAU, Je titulaire actuel, et avait déjà à cette époque reculée, une renommée très
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- méritée ; depuis, M. Georges Gagneau, qui joignait à un véritable talent d’artiste les qualités d'un organisateur parfait, avait su donner à sa maison une extension incessante pour arriver à en faire la grande fabrique du beau Bronze d’éclairage.
- La maison se maintient toujours à la hauteur de sa réputation et sa fabrication est irréprochable. Ses modèles dont les compositions sont inspirées des styles traditionnels sont cependant étudiés pour leur donner un cachet bien personnel et, dans cet ordre d’idées, nous pouvons voir dans un des salons de notre classe, un charmant lustre Louis XVI imité de l’ancien, composé d’une ceinture à têtes de béliers alternant avec des torches à branches de lumières électriques, soutenant une vasque en albâtre rendue lumineuse par les lampes qui y sont dissimulées.
- Un très beau vase en brèche améthysée avec des sirènes formant les anses et une collerette à feuilles se découpant sur le marbre, est une reproduction très délicatement exécutée d’une pièce ancienne de l’époque Louis XVI, faisant partie de la collection du Musée du Louvre.
- G1GOU et Fils
- Cette maison a adopté particulièrement la fabrication de la serrurerie et des bronzes pour meubles, et dans bien des cas, ses fournitures viennent décorer ou compléter l’œuvre de l’ébéniste.
- MM. GIGOU et Fils composent eux-mêmes une grande partie de leurs modèles et dans les spécimens de leur fabrication qu’ils exposent, nous avons remarqué des chutes, des poignées de meubles, des entrées de serrures, des anneaux de clefs, des fiches et paumelles ornées en Louis XIV, Louis XV, Louis XVI.
- Ces modèles conservent toujours un bon sentiment du style interprété, ils sont de composition artistique et préparés d’une manière soigneusement pratique qui permet d’apporter dans l’exécution des épreuves toute l’attention nécessaire pour obtenir une fabrication soignée.
- CH. HOUR
- La maison Ch. HOUR fabrique l’horlogerie et les bronzes d’art, mais exposant dans la classe 73 B, nous ne nous occuperons que de la
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- partie bronze de sa fabrication. Elle s’attache particulièrement aux reproductions de pièces anciennes et dans sa quantité de modèles, pos-
- EXPOSITION CH. HOUR
- (Bronze)
- Pendule Louis XVI.
- sède un nombre considérable de pendules provenant de collections particulières ou qui ont été copiées dans les Musées.
- Parmi les pièces que M. Ch. Hour présente à l’examen du jury, nous remarquons une charmante pendule Louis XVI, reproduction d’un original de Clodion, intitulée « La Bacchante aux Chèvres », d’une
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- EXPOSITION A. LAPOINTE
- (Bronze)
- La Vigne, par P. Gasq.
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- belle exécution, marbre blanc et bronze doré. Cette pendule est accompagnée d’une paire de girandoles Louis XVI à trois branches en trépied, accolées à un cornet à flamme. Ces jolies pièces sont la reproduction d’originaux qui figurent dans les collections du Garde-Meuble National.
- Nous voyons aussi une paire d’appliques Louis XVI à deux lumières, également reproduites d’un beau modèle du xviii6 siècle.
- Ces différents bronzes qui sont traités avec le plus grand soin ont conservé dans l’exécution moderne toutes les qualités des originaux et le sentiment des artistes créateurs de cette époque, qui étaient presque tous à la fois sculpteurs et ciseleurs et pouvaient parachever dans le métal ce qui avait pu rester indécis dans leur modelage.
- JABŒUF et ROUARD
- MM. JABOEUF et ROUARD possèdent une fonderie d’art de premier ordre dans laquelle tous les procédés modernes sont appliqués et dont l’organisation leur permet de traiter aussi bien les fontes de bronzes d’art et d’ameublement que les moulages et fontes de monuments et de pièces de grande décoration.
- Dans les bronzes qu’ils ont envoyés à Turin, nous remarquons « La Bacchante dansante » de Mac Monniès, sculpteur américain, qui a su communiquer à sa création son tempérament exotique et une originalité bien particulière. La Bacchante tient sur son bras gauche un enfant qu’elle regarde en riant et dont elle attire l’attention sur une grappe de raisin qu’elle tient dans la main droite élevée au-dessus de sa tête. Le mouvement de la figure est bien hardi et très gracieux tout à la fois. La patine de ce sujet est d’un bronze naturel d’un ton noirâtre très artistique.
- L’œuvre originale a été acquise par l’Etat pour le Musée du Luxembourg.
- Dans un genre différent, nous voyons la « Pandore » du statuaire Récipon. La figure très peu drapée est joliment modelée et dans un mouvement gracieux, elle paraît tenir jalousement et protéger la précieuse boîte au fond de laquelle il ne reste plus que l’Espérance. L’exécution du bronze est parfaite et la dorure d’un beau ton mat fait valoir les finesses du travail.
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- LAPOJNTE
- Cette fabrique de bronzes, autrefois connue sous le nom de Maison GODEAU, a été reprise depuis de nombreuses années déjà par le gendre, M. LAPOINTE, qui a su donner à cette maison déjà importante une grande extension au point de vue des affaires et surtout par la marche en avant faite dans le domaine de la bonne exécution des bronzes sortant de ses ateliers, bronzes d’ameublement en tous genres, éclairage, statuaire, etc...
- M. LAPOINTE, participant à notre Exposition de bronzes, présentait dans le grand hall de notre pavillon une belle statue en bronze « La Vigne » par P. Gasq, statuaire, prix de Rome.
- La vigne est personnifiée par une grande figure de femme debout, légèrement penchée en avant, le bras gauche allongé tenant gracieusement des pampres. Le corps est d’un modelé très puissant et d’une belle envolée symbolisant les richesses de la vigne. Cette œuvre très remarquée avait valu à M. Gasq la médaille d’honneur au Salon des Artistes français en 1910. L’exécution en bronze qui est présentée est bien traitée et sa patine de dorure d’une tonalité très agréable.
- M. LAPOINTE exposait aussi dans le grand Salon collectif une importante garniture de cheminée, pendule et candélabres Louis XVI, du style classique à consoles, dont la ciselure et la dorure sont d’une bonne exécution.
- LEBLANC-BARBED1ENNE
- La maison BARBEDIENNE dont la réputation mondiale n’est plus à faire et dont le fondateur, M. Frédéric Barbedienne s’est éteint en Mars 1912 après une longue carrière de succès et d’honneurs mérités, est dirigée depuis cette époque par son neveu, M. G. LEBLANC-BARBE-DIENNE, qui continue dans sa maison les traditions de fabrication scrupuleusement soignée qui ont imposé la marque Barbedienne dans tous ies pays amateurs du Bronze d’art.
- M. LEBLANC-BARBEDIENNE avait tenu à participer à l’Exposition de Turin par l’apport de quelques pièces remarquables parmi lesquelles nous citerons particulièrement deux œuvres puissantes du regretté maître Frémiet « Le Char de Minerve » et « Le Char de Diane ».
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- (Bronze)
- Char de Diane, par Frémiet.
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- • Ces deux bronzes avaient été commandés par l’Etat pour être placés au Palais de l’Elysée.
- Les deux épreuves placées dans le grand Hall de notre pavillon, et dont on pouvait admirer la vigueur de la composition et la perfection de l’exécution dans un sentiment très artistique, étaient décorées d’un beau ton chaud de dorure patinée qui faisait encore valoir l’œuvre de l’artiste éminent qui les avait modelées.
- Le Char de Diane traîné par des rennes à la marche imposante dont les pas s’imprégnent dans la neige figurée ici par le blanc d’un beau marbre mat, est d’une grande allure et l’opposition des deux matières, bronze doré et marbre blanc, produit un effet décoratif très heureux.
- LEROUX
- M. LEROUX fabrique spécialement les garnitures de cheminées marbre et bronze.
- Cette maison, tenue auparavant par M. Bonnaire, avait la réputation de la fabrication très avantageuse, mais M. LEROUX, qui lui a succédé, a su modifier d’une façon très heureuse le genre de sa fabrication en choisissant et exécutant nombre de nouveaux modèles inspirés du meilleur goût, et cependant avec le souci de trouver des facilités d’exécution économisant la main-d’œuvre sans nuire aux qualités générales d’aspect de la pièce à reproduire.
- Il présentait au jury une garniture Empire en marbre blanc et bronze doré. La pendule, copiée d’un modèle ancien à pilastres ornés de bronze, était couronnée par un aigle et des guirlandes de fleurs tombant de chaque côté du tambour. Une paire de girandoles à cinq lumières étagées servait d’accompagnement à la pendule pour former l’ensemble de la garniture.
- Une petite pendule de style Empire intitulée « Jeune Mère » composée d’une figure de femme drapée à l’antique soutenant un enfant debout sur la pendule a bien l’allure de l’époque. Deux bouts de table à trois lumières sur colonne et base marbre blanc peuvent servir pour accompagner la pendule, bien que dans l’ancien, les pendulettes de ce genre n’avaient pas d’accompagnement.
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- RA1NGO Frères
- La fabrique de bronzes RAINGO Frères est une très ancienne maison de notre industrie qui a toujours tenu un des premiers rangs dans
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- (Bronze)
- Pendule Empire
- les diverses applications du bronze d’art, et le propriétaire actuel, M. Georges RAINGO, qui a succédé à son père et à son oncle, continue à soutenir avec un plein succès la réputation de sa maison.
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- Pour sa coopération à notre Exposition, M. RA1NGO s’est entendu avec MM. Colin et Courcier pour fournir les bronzes devant compléter la décoration du cabinet de travail qu’ils avaient meublé.
- M. RAINGO a placé sur la cheminée de ce stand une très jolie garniture consistant en une pendule Empire en marbre vert de mer et bronze ayant pour sujets deux femmes tendant des pampres de vigne à des chèvres, le dessus du cadran supporte un aigle. Cette pendule, d’une pureté de style remarquable, était accompagnée d’une paire de candélabres avec bouquets à cinq lumières portées sur des gaines à socles carrés décorées de motif à lyre et palmettes de style Empire.
- Le centre du plafond était occupé par un lustre de même style à cristaux, avec un pavillon composé de palmettes en bronze ; son heureuse adaptation à l’éclairage électrique, par une disposition raisonnée de l’emplacement des lumières ne lui fait rien perdre de ses qualités de bon style.
- Dans un autre salon, nous voyons encore des appliques de lumières Louis XVI à trois branches sortant d’un culot de feuilles et dont la plaque forme une torche à flamme, qui sont d’une bonne composition comme modèle dans le genre ancien.
- Tous ces bronzes sont d’une exécution très soignée à tous points de vue, confirmant ainsi les traditions du bon goût qui préside à la direction de cette maison.
- SIMONET Frères
- MM. SIMONET Frères avaient exposé les bronzes d’éclairage qui garnissaient la salle à manger de MM. Mercier Frères.
- Nous pouvions voir un grand lustre à l’électricité de composition moderne, mais inspirée de la bonne époque Régence Louis XV. Les lignes en sont bonnes, la construction de cet appareil consiste en quatre consoles se dédoublant dans le bas pour donner naissance à des branches portant les lumières, la décoration des feuilles d’ornement est assez calme et laisse bien lire la forme, le tout égayé par quelques clochetons en cristal renfermant les lampes électriques et des poires unies et taillées en cristal qui projettent des jeux de lumière.
- Des appliques à quatre lumières assorties de modèle et de décoration avec le lustre garnissaient les panneaux des murs.
- Nous avons remarqué aussi sur les dressoirs de jolies girandoles dans le même style et dont la partie principale en bronze se trouve
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- réveillée par des pendeloques en cristal distribuées modérément pour laisser l’importance au bronze.
- Au point de vue technique, ciselure et décor, l’exécution de ces bronzes est faite avec soin.
- EXPOSITION SIMONET FRÈRES
- (Bronze)
- Girandole Régence.
- La maison, dirigée actuellement par MM. Charles et Albert S1MO-XET, a été fondée par leur père. Ils ont donné une grande extension à la maison et rajeuni la série de leurs modèles en s’inspirant du goût actuel et de l’influence que les progrès incessants impriment à l’industrie du bronze d’éclairage de luxe.
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- CHARLES SOLEAU
- Nous ne pouvons parler de sa maison sans dire un mot de M. Eugène SOLEAU, en qui nous devons saluer le dévoué défenseur
- EXPOSITION CHARLES SOLEAU
- (Bronze)
- Applique Louis XVI.
- des droits de la Propriété Industrielle et qui fut le promoteur incontesté des Lois de Mars 1902 et de Juillet 1909, si utiles pour la défense de la propriété de nos modèles. Si le législateur a adopté ces lois, ce
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- ne fut qu’à la suite de travaux considérables préparés par M. E. Soleau qui, pendant de nombreuses années, ne marchanda ni sa peine ni sa santé pour arriver aux résultats qu’il souhaitait dans l’intérêt de tous, et aujourd’hui encore, à la Chambre de Commerce de Paris, il continue à travailler avec la même ardeur aux perfectionnements toujours possibles des réglementations qui régissent tous les droits de l’art industriel.
- M. Charles SOLEAU, son frère, qui fut longtemps son tout dévoué collaborateur, lui a succédé à la tête de sa fabrique de bronzes d’art.
- Cette maison, dans toutes ses créations de bronzes d’éclairage ou de fantaisies artistiques, a toujours imprimé son sentiment très personnel et d’une allure artistique bien particulière, et les applications des différentes matières employées sont toujours étudiées et raisonnées en vue de leur destination.
- Au point de vue décoratif, nous pouvons citer un genre de frises à motifs lumineux d’un aspect bien spécial et aussi l’application de guirlandes de perles éclairantes (Brevet Soleau) qui ont donné raison à bien des modèles de lustres ou d’appliques très appréciés.
- Nous remarquons, à Turin, dans la salle à manger de M. Epeaux, un lustre et des appliques dont la décoration est inspirée du nénuphar ; les lampes électriques sont dissimulées dans les fleurs de nénuphar en cristal satiné qui produisent un éclairage très doux.
- Dans un autre salon, nous voyons un lustre Louis XVI d’une forme très heureuse. A la partie inférieure quatre médaillons en cristal satiné gravé laissent filtrer la lumière des lampes intérieures. Une ceinture de lampes suspendues, habillées de pendeloques en cristal, vient compléter la puissance éclairante de ce lustre.
- Nous pouvons citer encore une très jolie paire d’appliques Louis XVI à trois lumières formant un cornet suspendu par un ruban. D’un bouquet de fleurs et d’épis s’élancent trois tiges souples supportant les fleurs électriques dont les pétales en émail d’une jolie coloration forment réflecteurs. Le travail du métal et les patines de ces différentes pièces sont d’une exécution très soignée et bien en rapport avec le genre particulier de chaque objet.
- PAUL SORMAN1 (Thiébaux, successeur)
- Le Directeur de cette maison, qui s’attache depuis de longues années à maintenir sa renommée de bien faire, a su mener de front,
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- sans sortir du domaine artistique, deux affaires bien différentes : la maroquinerie d’art et les bronzes et l’ébénisterie d’ameublement, le tout dans la perfection.
- Pour ne pas sortir du cadre qui nous est fixé, nous ne parlerons que de ses bronzes, dont la composition et l’exécution ne peuvent laisser place à aucune critique et nous citerons,, entre autres pièces, une magnifique paire de girandoles Louis XVI à quatre lumières, d’après De la Fosse, qui a conservé dans l’exécution moderne toutes les qualités des bronzes de cette période où l’art a atteint sa plus belle ampleur en alliant d’une façon si heureuse l’architecture, indispensable à toute œuvre bien comprise, à l’ornementation raisonnée qui en forme le complément agréable.
- M. THIÈBAUX, successeur de M. SORMANI, suit la même ligne de conduite que son prédécesseur pour le bon goût qui doit présider à un choix des modèles, et avec un esprit d’initiative nouveau, donne à sa maison une extension encore plus importante.
- RAYMOND SUDRE
- M. Raymond SUDRE, artiste statuaire, désigné comme juré suppléant à Turin, est originaire de Perpignan. Tout jeune, il sentit naître sa vocation pour la sculpture et il acquit bientôt une grande habileté en travaillant le marbre. Il sentit se développer ses aspirations vers le grand art et vint à Paris à l’Ecole des Beaux-Arts.
- Il eut d’abord pour maître Falguière, puis après le décès du grand artiste, il continua à demander les conseils d’Antonin Mercié, puisant ainsi dans les deux manières les éléments pour fixer son talent personnel.
- M. Raymond SUDRE produisit un certain nombre de monuments dont plusieurs décorent sa ville natale : le monument de l’Amiral Bar-réra, celui de Mgr Remadié, la statue de la Musique, le bas-relief de Sainte-Cécile, etc.
- Il obtint en 1900 le second Grand Prix de Rome avec la statue David. En 1905, il exposa une statue en marbre, Héléna, commandée par l’Etat.
- Au cours d’un voyage qu’il fit avec la bourse que le Conseil supérieur des Beaux-Arts lui accorda en 1902, il visita l’Espagne, l’Italie, la Belgique où tant de Musées possèdent des merveilles.
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- Il séjourna aussi en Hollande et en rapporta une série de souvenirs sous la forme de statuettes exquises dont plusieurs ont été éditées par la Manufacture Nationale de Sèvres.
- Nous citerons en particulier des groupes d’Amoureux, souvenirs d’une kermesse zélandaise, une « Tricoteuse » et aussi cette « Laitière zélandaise » que nous avons vue dans le Grand Salon à Turin, avec ses deux seaux portés sur l’épaule, suspendus aux bouts d’une tige de bois.
- L’exécution de cette charmante statuette, d’un modelé très doux, bien conservé dans le bronze doré, a gardé toute la poésie du sujet gracieux et simple qu’est cette jeune paysanne.
- SUSSE Frères
- Cette maison est une des très anciennes de Paris, à la tête de laquelle se sont succédé, de père en fils, cinq générations. Les mêmes traditions de bon goût et de connaissances artistiques ont toujours présidé à la direction de cette maison, mais à chaque génération, un élément plus jeune s’imprégnant de la marche du progrès et de l’évolution artistique du moment, arrivait avec ses idées personnelles pour accentuer encore le mouvement en avant.
- Aujourd’hui, M. Albert SUSSE, bien que continuant à s’occuper sans repos de tous les détails si complexes de sa fabrique de Bronzes, laisse à M. Jacques SUSSE, son fils, la direction active de la maison et l’initiative nécessaire pour le choix des oeuvres et la surveillance de la fabrication, qui est faite avec le souci de respecter scrupuleusement l’œuvre originale du sculpteur, en conservant dans le bronze les formes et les finesses qui font la valeur d’un objet d’art.
- Gomme spécimens de cette fabrication, chacun a pu admirer dans le grand hall du Groupe XIII un certain nombre de belles œuvres telles que « Le Faucheur » de Bouchard représenté debout, affûtant sa faulx. On sent que le sculpteur s’est inspiré de la nature et qu’il a voulu personnifier le rude travail des champs, dans le modelé bien étudié et très vigoureux de sa figure.
- Un groupe de deux chevaux sautant une barrière intitulé « Question d’amour-propre » par le sculpteur Gritesco est une œuvre très originale et bien curieuse par la hardiesse de sa composition.
- Une autre groupe dont l’original est au Luxembourg, « Le Lion et
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- (Bronze)
- La Terre dévoilant ses trésors (E. Barrias).
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- et le Rat » par Victor Peter, est d’un sentiment bien particulier et d une allure large et calme qui lait songer à de la sculpture antique.
- Le « Napoléon Ier » de Masson est bien campé sur son cheval au repos ; la redingote ouverte, le bras gauche tombant au long du corps, il semble réfléchir et son regard perçant parait chercher au loin.
- D’un ordre tout différent, deux œuvres du grand statuaire E. Bar-rias. D’abord, « La Lumière » figure de femme drapée soulevant de ses bras élevés une légère corbeille contenant un bouquet de fleurettes lumineuses ; puis une œuvre magistrale « La Terre dévoilant ses trésors » dont le marbre est à l’Ecole de Médecine de Bordeaux. La figure nue de la femme est d’un modelé magnifique et d’une grâce charmante, qui est encore rehaussée par la belle exécution du bronze patiné en dorure d’un ton doux très atténué, pour les chairs, et plus brillant pour la draperie, formant une opposition très heureuse.
- LA VILLE DE PARIS (Ecole Boulle)
- La VILLE DE PARIS, qui exposait dans son Pavillon spécial les travaux des Ecoles professionnelles municipales, présentait dans le Groupe XIII (Ameublement et bronzes) un salon de style Louis XV d’une composition de très bon goût et dont toutes les parties avaient été exécutées par les élèves des Ecoles professionnelles de chacune des industries représentées.
- Pour la classe des bronzes (73 B) qui nous intéresse particulièrement, les ÉLÈVES DE L’ÉCOLE BOULLE (Section du Métal) ont exécuté les bronzes d’un très beau bureau Louis XV : chutes, sabots, ornementation des tiroirs, poignées, entrées de serrures, ceinture du plateau du bureau, le tout d’un travail joliment fait comme ciselure, monture et ajustage sur le bois des meubles.
- Nous avons en outre sous les yeux de belles appliques de lumières à trois branches, placées dans les trumeaux de chaque côté des glaces, une jolie paire de girandoles à trois branches contournées est sur la cheminée et au-dessous, dans le foyer, une importante paire de chenets ; de gracieux bouts de table à deux lumières, posés sur des meubles d’appui, complètent la partie bronze de cette exposition.
- Tous ces bronzes sont d’une exécution très soignée. La ciselure est faite dans le sentiment bien spécial à l’époque Louis XV et nul doute que le distingué Directeur, M. Félix MOUL1É, assisté des professeurs,
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- n’ait mené les élèves faire des visites d’études dans nos Musées du Louvre, de Versailles et de Fontainebleau pour leur donner des leçons de choses bien appropriées, et leur permettre ainsi de s’inspirer de la manière de travail dans laquelle ils devaient interpréter les objets qu’ils avaient à exécuter.
- LA RÉUNION DES FABRICANTS DE BRONZES
- L’Ecole professionnelle de notre Chambre syndicale, connue sous le titre de « Réunion des Fabricants de Bronzes et des Industries qui s'y rattachent » avait exposé dans le Groupe Ier (Instruction et enseignement professionnels) un grand tableau composé d’un nombre important de pièces ciselées par les élèves.
- Afin de montrer la marche des études qui leur sont demandées, ce tableau comporte des spécimens des différents genres de travail.
- Certaines pièces sont ciselées sur du bronze fondu, d’autres sont prises à même dans le métal, d’autres encore sont faites en repoussé ciselé sur du cuivre ou même sur du fer.
- Tout cet ensemble démontre les différentes phases de l’instruction donnée aux élèves pour le travail sur le métal, instruction qui a été précédée de l’étude raisonnée du dessin et du modelage et dirigée toujours vers un but pratique, se conformant ainsi aux nécessités de notre industrie artistique, et avec le désir de faire de nos apprentis et jeunes ouvriers des artisans adroits capables de maintenir dans l’avenir la suprématie de notre industrie française du bronzé.
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- EXPOSITION P. CHAMPEAU
- (Bronze imitation)
- Char dk la Victoire, par Domenech ei Pfeffer
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- LE BR0N2E IMITATION
- (Zinc d’art)
- Cette industrie qui, à certains points de vue, peut paraître une concurrente de celle du bronze d’art, est en elle-même très intéressante par le nombre des ouvriers qu’elle emploie, par l’importance qu’elle a prise depuis un certain nombre d’années et par le chiffre très intéressant des affaires qui se traitent annuellement avec la France et également avec l’Exportation.
- Les principales maisons de bronze imitation possèdent un choix de très bons modèles et certains artistes en renom ne craignent pas de faire éditer leurs œuvres dans ces métaux avantageux.
- Le goût artistique qui domine toujours, quoi qu’en disent certains esprits chagrins, chez tous nos artisans français, a amené les décorateurs sur le zinc d’art à faire des patines se rapprochant beaucoup de celles obtenues sur le bronze d’art, et cela pourrait expliquer un peu la certaine froideur qui a séparé parfois les fabricants des deux industries, mais dans des pourparlers qui ont eu lieu entre les deux Chambres syndicales, l’attitude correcte de celle du « Bronze imitation » qui a consenti de très bonne volonté à admettre officiellement ce titre, et à engager fortement tous les membres de sa corporation à marquer lisiblement sous les noms de « Bronze imitation ou Bronze d’Art imitation » les pièces en zinc présentées dans les Expositions, ou figurées dans des catalogues ou prix courants, tend à faire disparaître les causes de malentendus qui ont pu se produire à de certains moments.
- PAUL CHAMPEAU
- M. CHAMPEAU dirige une importante fabrique de bronze imitation avec beaucoup de goût dans le choix de ses modèles et avec le souci de faire une belle fabrication. Il s’est adonné de préférence au genre statuaire et à l’éclairage de fantaisie.
- Pour la composition de ses modèles, il a su inspirer aux sculpteurs des idées très originales et beaucoup de pièces qu’il édite comportent
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- une adaptation très heureuse des applications de l’électricité qui ajoute à l’attrait artistique de l’objet un intérêt commercial très notable.
- Dans cet ordre d’idées, nous voyons à Turin une pièce intitulée « La Veille de Wagram » du sculpteur Salésio. Suivant une des légendes de la grande Epopée, nous voyons Napoléon assis sur une chaise grossière devant l’âtre d’une grande cheminée de campagne meublée d’ustensiles rustiques, il a les jambes allongées vers un feu de bois qui achève de se consumer. Une lampe électrique rouge ingénieusement dissimulée sous les tisons laisse passer dans les interstices une lueur de feu qui fait vivre le sujet. L’ensemble est très heureusement compris et bien composé.
- M. CHAMPEAU nous présente aussi le « Char de la Victoire » par Domenech et Pfeffer. Char romain traîné par deux coursiers fougueux qui se cabrent. Ce groupe d’un bel ensemble décoratif est bien modelé.
- Un autre groupe attire encore notre attention, c’est « La Naissance de Pégase » du sculpteur Picault. Modèle d’un beau mouvement et d’une composition très étudiée. La figure de Persée qui s’apprête à enfourcher Pégase forme avec le cheval une grande pièce décorative d’une belle envolée.
- L’exécution de ces groupes dont les parties principales sont obtenues par le moulage dans le sable est faite avec beaucoup de soin, la ciselure ravivant, comme il est nécessaire, les figures et les chairs pour laisser la partie ornementale sous une réparure bien raisonnée.
- DUBRUJEAUD et R1CHERMOZ
- MM. DUBRUJEAUD et RICHERMOZ possèdent une collection de modèles très importante et bien variée et à côté de petits sujets de fantaisie, ces Messieurs éditent des garnitures de cheminées ou des figures décoratives de tous genres.
- Comme échantillons de leur fabrication, nous voyons d’abord une statuette d’enfant, « Le Pot cassé », par Auguste Moreau. La figure du garçonnet qui se cambre en arrière pour soutenir le pot de terre dont la cassure laisse échapper l’eau, est très gracieusement modelée et dans l’exécution, le métal a conservé les qualités du modelage de l'artiste si apprécié du public.
- Un autre sujet « La Première Prouesse », par A.-J. Scotte, forme un ensemble très attrayant et bien vivant. La figure du bébé qui vient de
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- grimper sur la chaise et qui s’appuie des deux mains sur le dossier, reflète d'une façon bien saisissante son espièglerie et sa fierté puérile d’avoir réussi son glorieux exploit.
- EXPOSITION DUBRUJEAUD et RICHERMOZ
- (Bronze imitation)
- Le Pot Cassé, par Auguste Moreau
- Le modelé est très large et sans détails inutiles, mais le sentiment donné par le sculpteur est bien conservé dans l’exécution du métal.
- ETTLINGER et Fils
- MM. ETTLINGER et Fils se sont spécialisés dans la fabrication des objets de fantaisie en tous genres : bustes, statuettes, jardinières, motifs
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- EXPOSITION DE TURIN 1911
- divers avec adaptation de la lumière électrique, etc... Tous ces modèles sont reproduits, suivant leur composition ou leur destination, en des matières très différentes : marbre, biscuit, terre cuite, alliés aux métaux divers pour obtenir des effets décoratifs qui leur donnent une note bien personnelle à la maison.
- Gomme pièces de la fabrication de MM. ETTLINGER et FILS, nous voyons d’abord une paire de vases décoratifs se faisant contre-partie et
- EXPOSITION ETTLINGER & FILS
- (.Bronze imitation)
- Groupe de Lions, par C. Masson.
- dont les principaux motifs ont pour sujets les figures « Renommée et Gloire », par Hippolyte Moreau. Une autre pièce beaucoup plus importante, « Groupe de Lions », par Masson, est très intéressante. Le lion est monté sur un rocher et paraît guetter un ennemi possible pendant que la lionne apporte une proie à ses lionceaux. Le groupe est très mouvementé et les difficultés de la monture, pour l’exécution en zinc de cette œuvre, sont adroitement vaincues, et le fini et les patines en sont faits avec goût.
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- (.Bronze imitation)
- Le Vin, par Holweck
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- A. JOURDAN
- M. A. JOURDAN, qui a fondé sa maison en 1881 a su développer ses affaires avec le souci de donner tous ses soins au choix judicieux de ses modèles et à la bonne exécution des pièces sortant de ses ateliers, qu’il s’agisse de garnitures de cheminées, pendules et candélabres composées dans les différents styles et exécutées en bronze imitation avec beaucoup de goût, ou de grandes pièces de statuaire décorative, la même préoccupation de bien faire est apportée au travail du métal et à la perfection des décors.
- Gomme échantillon de la fabrication de AI. JOURDAN, nous citerons « La Jeunesse studieuse », groupe par E. Garlier. Un adolescent, absorbé par l’étude, est adossé à un fût de colonne sur lequel est assise une gracieuse figure de femme à demi drapée. Par une adroite adaptation des exigences de l’éclairage moderne, la figure de femme tient une lampe électrique qui paraît avoir pour but d’éclairer le jeune étudiant, mais dans l’heureuse composition dû sujet, cet éclairage ne nuit aucunement au sentiment du groupe.
- D’une allure très différente, nous voyons « Le Vin » par le statuaire Holweck. Ce groupe qui a été acquis par la Ville de Paris au Salon des Beaux-Arts, a été édifié devant le Musée Galliéra.
- G’est une œuvre puissante, dont les réductions scrupuleusement faites ont conservé toutes les qualités. Les figures du Faune dansant et du petit Satyre couché sur les raisins, sont modelées avec toute la vigueur demandée par l’attitude des deux personnages et les qualités du modèle sont bien conservées dans l’exécution.
- C. POCCARD
- La maison de Bronze imitation de M. C. POCCARD a été fondée par lui en 1875.
- Il a toujours dirigé sa maison vers un but artistique, choisissant ses modèles avec très bon goût et apportant à sa fabrication une attention constante, pour arriver au meilleur résultat dans l’exécution.
- Parmi les pièces sortant de ses ateliers, nous avons remarqué à Turin une grande statuette, exécutée d’après un marbre de A. Gaudez « In Gladio Virtus ». L’exécution est faite avec un soin méticuleux, les
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- EXPOSITION UE TURIN 10i 1
- chairs sont d'un travail très doux qui fait bien valoir l’œuvre de l'artiste.
- Une très gracieuse figure d’enfant, « L’Amour mouillé », par Hippo-lyte Moreau, est également exécutée dans le même sentiment de vouloir conserver dans la reproduction en métal les légèretés et les finesses de modelé de la composition originale.
- Dans un ordre différent, M. POCCARD expose une pendule d’un très bon style Louis XVI. C’est une sphère supportée par un groupe de trois enfants ailés dont les attitudes sont très gracieuses. Le groupe est posé sur un soubassement en marbre blanc avec une légère frise de feuillage qui affirme encore la pureté du style interprété.
- La patine de la dorure est d’une très bonne tonalité qui ajoute a l’agrément de la composition.
- J. TRÉSALLET et TARROZ
- Maison fondée en 1896 par MM. Joseph TRESALLET et TARROZ qui, par leur travail assidu et leur collaboration mutuelle, sont arrivés à faire prendre à leur maison une très bonne place dans leur industrie.
- Rs se sont spécialisés dans les garnitures de cheminées dont ils possèdent un choix important en tous genres.
- Dans les modèles de statuaires qu’ils fabriquent, on peut voir beaucoup d’éditions d’œuvres du Salon, et également de nombreuses figures composées spécialement pour leur adaptation judicieuse à la lumière électrique.
- Dans ce genre, MM. TRÉSALLET et TARROZ ont exposé un gracieux sujet intitulé « L’Amour désarmé » par Auguste Moreau. C’est une figure d’adolescent assis sur un fût de colonne et qui, d’un flambeau qu’il tient de la main droite, enflamme pour le détruire un carquois posé à ses pieds. Des grandes branches de roses avec fleurs à l’électricité donnent à ce sujet le côté pratique réclamé par la clientèle.
- Une autre figure, uniquement décorative, par Hippolyte Moreau, « L’Oiseau blessé », représente une jeune fille debout, dans une attitude gracieuse, voilée d’une draperie très légère, qui tient un oiseau blessé et le regarde avec une expression très douce, que l’artiste a soigneusement étudiée et que la bonne exécution du métal a su parfaitement conserver.
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- EXPOSITION C. POCGARD
- (Bronze imitation)
- In Gl4Dio Virtus, par A. Gaudez
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- EXPOSITION J. TRÉSALLET et
- (.Bronze imitation)
- TARROZ
- L’Oiseau blessé, par Hipolyte Moreau
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- EXPOSITION DE TURIN 1911
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- PASSEGA
- Cette maison exploite un procédé très intéressant de Marbres reconstitués. Par l’emploi de certaines matières fondamentales qui entrent dans la composition du marbre de carrière, et par des procédés spéciaux de coloration de ces matières, on arrive à produire une pâte qui se pétrifie à l’étuve et qui se durcit encore plus à la longue.
- L’état de cette sorte de pâte, au moment de sa fabrication, permet d’obtenir par le moulage des figures ou des ornements de tous genres, aussi bien que des blocs ou des plaques, comme dans la marbrerie véritable.
- Comme exemples de cette fabrication, M. PASSÉGA a exposé à Turin une colonne supportant un buste de Gladiateur romain, en imitation de porphyre d’Egypte et jaune de Sienne ; le buste est rehaussé de parties en bronze qui lui donnent un aspect plus décoratif et plus riche. «
- Nous voyons aussi un autre buste « La Prière » en blanc veiné et jaune de Sienne, ces matières également en marbres reconstitués.
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- RÉCOMPENSES
- ACCORDÉES AUX EXPOSANTS FRANÇAIS
- HORS CONCOURS
- Comme membres du Jury de la classe 73 B :
- MM. J. BOUHON (Maison Bouhon Frères).
- R. SUDRE.
- CLASSÉS HORS CONCOURS
- sur leur demande, ou comme ayant déjà été membres du Jury ou comme ayant obtenu de hautes récompenses dans des Expositions antérieures :
- MM. BERNEL Ch. HOUR A. LAPOINTE
- P. SORMANI (Thiébaux successeur)
- L. ETTLINGER et Fils A. JOURDAN
- DIPLOMES DE GRAND PRIX
- MM. Ch. BLANC
- J. et G. BRICARD
- E. DELAUNAY
- GAGNEAU
- GIGOU et Fils
- JABOEUF et ROUARD
- G. LEBLANC-BARBEDIENNE
- RAINGO Frères
- Ch. SOLEAU
- SUSSE Frères
- VILLE DE PARIS (Ecole Boulle)
- La CHAMBRE SYNDICALE (Réunion des Fabricants de Bronzes et des Industries qui s’y rattachent).
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- EXPOSITION DE TURIN 1911
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MM. CHAMPEAU
- DUBRUJEAUD et RICHERMOZ POCCARD
- DIPLOMES DE MÉDAILLES D’OR
- MM. P. CAMUS
- CONTENOT et LELIÈVRE FOURNIER SIMONET Frères TRÉSALLET et TARROZ PASSÉGA
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’ARGENT
- M. LEROUX
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- PARTICIPATION DES AUTRES NATIONS
- Ainsi que je l’ai déjà dit dans une autre partie de ce rapport, la participation de presque toutes les nations autres que la France dans la classe 73 B, celle qui nous intéresse, était réduite à une proportion très modeste, et le travail de comparaison que j’aurais voulu faire se trouve impossible à établir.
- Je me vois donc contraint à ne dresser qu’un compte rendu succinct pour chacune des nations visitées par le Jury de la Classe des Bronzes d’Art et d’Ameublement.
- Les nations seront placées par ordre alphabétique et les exposants de chacune d’elles dans l’ordre des récompenses obtenues.
- ALLEMAGNE
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- C. ADE GELDSCHRANK und TRÉSORBAU, à Stuttgart.
- Très importante maison de métallurgie, spécialité de coffres-forts de tous systèmes.
- DIPLOME D’HONNEUR
- H. FROST et SOHNE, à Berlin.
- Cette maison avait exposé notamment dans le vestibule d’honneur de la Section allemande un grand lustre en forme de couronne à 50 lumières, dont la composition, bien qu’un peu lourde, ne manquait pas de goût et restait en harmonie avec la décoration sévère de tout l’ensemble.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’OR
- BERLINER-ELECTRO-PLATED-WAREN-FABRIK, à Berlin. Exposait des services de table en métal plaqué. Tendances très modernes dans la composition des modèles.
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- EXPOSITION DE TURIN 1911
- ANGLETERRE
- DIPLOME D’HONNEUR
- S. F. TURNER Ltd, à Dudley.
- Grande fabrique de lits en cuivre en tous genres, avec ornementation de différents styles et panneaux en repoussé et Wedgwood.
- DIPLOME DE MEDAILLE D’OR
- BUTLER, GEORGE & G°, à Sheffield et à Londres.
- Fabrique de coutellerie en tous genres, pour services de table. Ciseaux, rasoirs, etc. et orfèvrerie argentée.
- DIPLOME DE MEDAILLE D’ARGENT
- SAMUEL HEATH & Sons Ltd, à Birmingham.
- Exposaient une pendule Renaissance, marteaux de portes, entrées de serrures, plaques de propreté, et tous genres de fournitures de cuivres estampés et rehaussés d’un peu de fondu pour la décoration de l’ameublement.
- BELGIQUE
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- La COMPAGNIE DES BRONZES DE BRUXELLES.
- Seule maison belge de notre industrie ayant exposé à Turin. Elle a fourni tous les bronzes nécessaires à la décoration du Salon d’Honneur de la Section belge qui avait été organisée, meublée et décorée en participation avec trois autres maisons d’ameublement, de tapisserie et de marbrerie.
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- BRÉSIL
- DIPLOME D’HONNEUR
- Farinha CARVALHO & G0, de Rio de Janeiro.
- Fabrique de bronzes d’éclairage, présentait des pièces modèles de lustrerie et une partie d’un grand lustre comme type de sa fabrication, d’un genre très particulier, mais cependant assez soignée dans les détails.
- CHINE
- HORS CONCOURS
- CHINA TRADING G0, à Tientsin.
- Objets en bronze ancien et genre ancien.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- ECOLE INDUSTRIELLE de Kouantcho.
- Pagodes, vases, assiettes, etc. en cloisonné d’argent.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- KINYENSIN (Outchan).
- Vases cloisonnés décors de fleurs et de fruits.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- WANHOUTSIN G° (Pékin).
- Vases, assiettes et petits articles : porte-cigares, ronds de serviettes en cloisonné.
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- DIPLOME D’HONNEUR
- FUUKINIIAN C° (Foutchou).
- Vases à décors azurés et rouges, statuette de Bouddha, décor d’or.
- HONGRIE
- HORS CONCOURS
- SCHMIDT MIKJA (Budapest).
- Lustres ferronnerie, bronzes ciselés et dorés pour ameublement.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- KISSLING RUDOLF ès FIA (Budapest).
- Lustres à gaz et à l’électricité, lampes de table. Maison très importante.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’OR
- HERTZKA, HALASZ et BERGER (Budapest).
- Meubles en fer et en laiton, pour hôpitaux, cafés, etc.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’OR
- JANCSURAK GUSZTAV (Budapest).
- Vaisselle en cuivre, cheminée en cuivre, cadres de glaces, vases, chandeliers, articles de fumeurs en cuivre.
- DIPLOME DE MEDAILLE D’OR
- PAPAI ès NATHAN (Budapest).
- Importante fabrique de meubles en fer et en cuivre, tables, chaises, lits, etc.
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- DIPLOME DE MÉDAILLE D’OR
- REX HEINRICH TIVADAR (Budapest).
- Lustres à l’électricité.
- DIPLOME DE MEDAILLE D’ARGENT
- SZOMOLNOKI FEM-ès-FENYEZETT.
- LEMEZARU-GYAROSOK TERMELO SZOVETKEZETE, à Szomol-
- nok.
- Grande fabrique coopérative de tous objets en tôles lustrées et vernies.
- ITALIE
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- ACQUADRO GIUSEPPE (Turin).
- Coffres-forts dissimulés dans des meubles, avec décoration de bronzes très étudiée.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- PISTONO Giulio (Turin).
- Coffres-forts dans des meubles décorés.
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- POESIO Giuseppe (Turin).
- Coffres-forts dans des meubles décorés.
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- DIPLOME DE MÉDAILLE D’ARGENT
- BADINO & VARETTO (Turin).
- Ornements détachés en métaux repoussés et martelés destinés spécialement à la décoration de l’ameublement.
- DIPLOME DE MEDAILLE D’ARGENT
- SASSI FRANCESCO & F1GLI (Milan).
- Poignées, espagnolettes, etc., etc. en bronze.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’ARGENT
- SERENO Antonio (Turin).
- Fabrique de coffres-forts dissimulés dans des meubles décorés.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’ARGENT
- ZALAFFI Luciano (Sienne).
- Travaux en fer forgé et martelé.
- DIPLOME DE MEDAILLE DE BRONZE
- GALIMBERTI Giovanni (Bergame).
- Fabrique de bronzes et reproductions des styles anciens.
- JAPON
- HORS CONCOURS
- OKASAKI SESSEI.
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- DIPLOMES DE GRAND PRIX
- YAMADA SOBI.
- Travaux en fer repoussé très intéressants.
- SHIMA SAHEL HIRANO KICFIIBEI.
- NISHIMURA YASUBEI.
- NAKAMURA KINOSUKE.
- TAKAOKA SHIPPIN KYGKWAI
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MIZUNO GENROKO.
- YAMAKAWA KOJI.
- NAGAMATSU SAJIRO.
- KURIYA GENROKU.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D OR
- NAKAMURA HAMBEI.
- OHKUNI DA1KICHI.
- OSAKA DOKI GOSHI KWAISHA SHITEN. YOSHITA SHOKAI.
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’ARGENT
- W AK AB A Y A S HI -H A Y A.
- PERSE
- AGHA MHEMED (Ispahan).
- Bronzes orientaux.
- HADJI HUSSEIM (Ispahan).
- Bronzes orientaux.
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- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- DIPLOME DE GRAND PRIX
- AZZARETTO FRATELLI (Buenos Ayres).
- Rustes en bronze.
- Cadre avec application d’ornements en bronze.
- RUSSIE
- ROBECGHI Carlo (Saint-Pétersbourg-). Fontes artistiques en bronze et en argent.
- TURQUIE
- DIPLOME D’HONNEUR
- NASSAN (Damas).
- Flambeaux, lanternes, suspensions en bronze.
- MAJAK1AN Léon et C° (Constantinople). Bronzes orientaux.
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉVOLUTION ARTISTIQUE
- Il est assez difficile de résumer en peu de mots les remarques qui ont pu être faites au cours des visites dans l’Exposition de Turin, si ce n’est que la participation française fut encore ce qu’elle a été déjà dans les expositions précédentes, non seulement la plus importante par la surface occupée et par le nombre des exposants, mais surtout la plus intéressante par la richesse et la diversité des oeuvres exposées.
- Ce qui peut ressortir encore de l’Exposition qui nous intéresse aujourd’hui, c’est l’affirmation du bon goût qui préside à la composition et à l’exécution de toutes les manifestations des industries de l’Art décoratif français, bon goût qui ne cesse de se développer, et pour en donner une preuve, nous citerons un exemple d’autant plus frappant que nous le prendrons dans la fabrication bon marché.
- Il y a une vingtaine d’années, dans les garnitures de cheminées, on trouvait encore les pendules dites à plaques, avec les candélabres, dont le plus grand nombre possible de pièces étaient fondues en fonte plate. Les styles de ces garnitures étaient en général du faux Louis XII ou de la fausse Renaissance, les décors étaient en cuivre poli ou en vernis d’un ton criard jamais assez brillant.
- Aujourd’hui, ce genre de fabrication est passé à l’étranger, et en France, a cédé la place à des garnitures de fabrication facile et avantageuse, mais ayant de bonnes formes et au besoin rappelant les belles époques classiques tout en conservant dans la simplification de l’exécution, les silhouettes heureuses et les décorations raisonnées des modèles qui les ont inspirées.
- La même évolution vers le beau et la pureté des lignes peut se remarquer dans la fabrication riche, mais, comme ici la question du prix de revient n’a plus la même importance, et que les produits de cette fabrication se sont toujours adressés à une clientèle toute différente, la remarque faite plus haut n’a plus la même valeur.
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- Les réflexions qui précèdent et qui se rapportent à des inspirations des styles anciens, ne doivent pas nous empêcher de parler du mouvement de rénovation de l’Art décoratif et des essais pour arriver à'trouver un style approprié aux différentes exigences du confort moderne. Ces essais ont quelquefois été couronnés de succès, mais sont encore impossibles à classer, un style ne se faisant pas sur un ordre donné et notre génération ne pouvant pas encore en apprécier suffisamment les qualités spéciales.
- Quand nous classons aujourd’hui des bronzes ou des meubles dans les styles Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, etc., nous ne nous rappelons pas assez que ces différents styles se sont pénétrés, et que certains objets que nous appelons Louis XVI, par exemple, ont été composés et exécutés par des artistes contemporains du règne de Louis XV, qui passèrent peut-être à ce moment pour avoir des idées très avancées en art.
- De nos jours, les essais les plus réussis dans la recherche du nouveau sont encore des inspirations ou des transformations de tous les styles classiques, depuis le Grec, le Romain, le Byzantin, le Gothique. Mais l’architecture proprement dite ayant des règles immuables, les profanes mêmes apprécient mieux, sans se rendre compte pourquoi, les œuvres dont les lignes sont pures et solides dans la construction, la fantaisie dans les détails décoratifs ne venant que pour égayer l’œil ou donner une raison d’être à l’objet suivant la destination pour laquelle il a été créé.
- Les exigences ou les progrès de la vie moderne entraînent forcément à la recherche de formes ou d’applications nouvelles, et de l’ensemble de tous ces efforts, qu’on ne saurait trop encourager, se dégageront dans un délai que l’on ne peut fixer d’avance, des qualités particulières qui deviendront alors très appréciables et qui constitueront probablement les bases d’une nouvelle formule artistique. N’oublions pas cependant que ce résultat ne pourra naître que de l’étude et de la connaissance approfondie de nos belles traditions décoratives, qui forment ce que l’on pourrait appeler la « Grammaire de l’Art ».
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- STATISTIQUES ET CONCLUSIONS
- AU POINT DE VUE COMMERCIAL
- Au point de vue douanier, la France et l'Italie jouissent réciproquement du régime de la nation la plus favorisée pour l’ensemble des matières imposables, sauf cependant pour les soies et soieries qui font l’objet de tarifs spéciaux.
- En ce qui concerne particulièrement les droits d’entrée en Italie les tarifs sont établis sur le poids net réel et sont les suivants :
- Ornements en métaux non dorés ni argentés : 75 francs les 100 kil.
- Ornements en métaux dorés ou argentés : 120 francs les 100 kil
- Inversement, les droits d’entrée en France sont les suivants :
- Ouvrages en cuivre ou en bronze non dorés ni argentés, y compris les imitations : 45 francs les 100 kilos.
- Ouvrages en cuivre ou en bronze dorés ou argentés : 225 francs les 100 kilos.
- La statistique du commerce des Bronzes entre la France et l’Italie est très difficile à établir d’une manière précise car les droits ne sont pas perçus ad valorem mais sur le poids net des marchandises importées ; néanmoins les chiffres qui vont suivre et qui sont relevés dans les statistiques des Douanes seront une indication suffisante puisqu’ils sont établis sur les mêmes bases pour les différents pays.
- Exportation de France en Italie en 1910.
- lre Catégorie. — Bronzes et articles de métaux y compris les émaux cloisonnés ........................................... 717 quintaux
- 2e Catégorie. — Bronzes et ouvrages de métaux dorés
- ou argentés ....................... 151 —
- Total
- 868 quintaux
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- Exportation d’Allemagne en Italie en 1910.
- lre Catégorie. — Bronzes et articles de métaux y compris les émaux
- cloisonnés ........................ 3.854 quintaux
- 29 Catégorie. — Bronzes et ouvrages de métaux dorés
- ou argentés ....................... 421 —
- Total............. 4.275 quintaux
- Pour les importations totales en Italie (en provenance de tous les
- pays) pour suivants : une période de cinq années, nous relevons les chiffres
- Années lre Catégorie 2e Catégorie Totaux généraux
- 1906 3.951 quintaux 371 quintaux 4.322 quintaux
- 1907 4.523 — 354 — 4.877 —
- 1908 4.989 — 476 — 5.465 —
- 1909 4.511 — 475 — 4.986 '—
- 1910 5.541 — 700 — 6.241 .—
- Des chiffres des statistiques qui précèdent on peut essayer de tirer quelques conclusions au point de vue du commerce des Bronzes de la France avec l’Italie, et la comparaison peut s’établir vis-à-vis de notre principale concurrente, l’Allemagne, qui tient le premier rang parmi les fournisseurs de l’Italie pour l’Industrie qui nous occupe présentement.
- Nous pouvons remarquer que pour un chiffré total d’importation en Italie de 0.241 quintaux, l’Allemagne à elle seule fournit 4.275 quintaux tandis que la France n’arrive qu’avec 868 quintaux, soit près de 5 fois moins que l’Allemagne.
- Dans un autre ordre d’idées, si nous établissons une comparaison entre les importations en Italie venant de France et d’Allemagne, nous constatons que pour les ouvrages de la première catégorie la proportion entre la France et l’Allemagne est respectivement de 1 à 5, 37. Cette catégorie comprenant bien certainement des bronzes mécaniques, électriques ou autres qui n’ont que de lointains rapports avec notre Industrie du Bronze. Tandis que pour la deuxième catégorie (Bronzes et Ouvrages de métaux dorés ou argentés) la différence est moins grande et la proportion tombe de 1 pour la France à 2,70 pour l’Allemagne.
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- Cette constatation serait pour nous prouver que notre Industrie française des Bronzes d’art et d’ameublement tient encore une place intéressante dans nos relations commerciales avec l’Italie, mais en môme temps c’est un enseignement, et nos fabricants doivent redoubler d’efforts pour, non seulement maintenir notre rang, mais mieux encore, essayer de lui faire prendre une nouvelle avance.
- La lutte pour nos maisons françaises ne peut se soutenir qu’en continuant à faire de nouveaux modèles bien appropriés aux besoins et aux désirs de la clientèle, et une fabrication toujours confortable et élégante dont le bon goût soit indiscutable, car nous ne pouvons ignorer quel effort considérable nos concurrents tentent pour nous supplanter chez nous-mêmes ; le nombre des maisons étrangères installées en France avec des représentants Français d’origine, et la quantité des magasins ouverts à Paris môme, sous des noms étrangers, démontrent surabondamment cette campagne dirigée contre notre Industrie nationale.
- Mais, le commerce est libre et* tant que la concurrence n’est pas déloyable, il n’y a rien à faire ; cependant, ce contre quoi on peut s’élever, et ce qu’il est pénible de constater, c’est l’invasion de tous ces articles de fabrication étrangère, qu’il s’agisse de statuettes en albâtre ou en marbre italien de Castellina, de verreries de Bohême, de porcelaines de Saxe, de cuivreries d’Allemagne ou d’Autriche, ou même de bronzes du Japon, qui remplacent dans les rayons de nos grands magasins les articles de fabrication française.
- G’est ce même état d’esprit qui fait que, dans une exposition récente, à côté de quelques compositions nouvelles et très normalement construites de certains bons artistes modernistes français, on a pu voir des objets informes, des assemblages de couleurs hurlant de se voir associées, des tableaux absolument incompréhensibles dont les auteurs sont presque tous des étrangers et devant lesquels un certain snobisme décadent prétendait voir quelque chose.
- Peut-être aurait-on pu réagir un peu contre cet envahissement et continuer à guider l’acheteur vers des objets d’une fabrication, dans( certains cas un peu plus chère, mais très certainement bien meilleure et surtout de bon goût.
- Beaucoup de nos confrères de l’Art industriel ont fait cette constatation et nous croyons que le fait de la signaler permettra peut-être de
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- trouver le remède, ou au moins d’enrayer un peu cette manière d’opérer qui finirait par atteindre au plus vif les intérêts de nos fabricants français.
- Cependant nous avons encore l’espoir qu’en vertu du proverbe « L’excès en tout est un défaut » le bon sens reprendra bientôt ses droits, et que notre belle Industrie française continuera à s’imposer dans le monde des vrais connaisseurs, et que nos artistes et artisans feront toujours apprécier aux amateurs des productions du goût si pur qui a fait la renommée de la France et qu’ils auront à cœur de voir se perpétuer.
- E.-J. BOUHON,
- Membre du Jury, Rapporteur.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Vue d’ensemble de l’Exposition ............................................ 3
- Organisation et nomination des Comités........................................ 5
- Adoption du projet d’ensemble décoratif. . ................................ 6
- Participation française...................................................... 6
- Les Exposants............................................................... 7
- Constitution du Jury.......................................................... B
- Section française. — Le Bronze d’art..........................................10
- Le Bronze imitation.......................................................... 46
- Récompenses accordées anx exposants français. .............................58
- Participation des autres nations. ............................................61
- Considérations générales sur l’évolution artistique...........................69
- Statistiques et Conclusions au point de vue commercial.....................71
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