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Groupe XVII. Classes 98, 99, 100, 101. Industrie et produits alimentaires
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- GROUPE XVII
- CLASSES 98-99-100-101
- INDUSTRIE & PRODUITS ALIMENTAIRES
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- T M l t x.
- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE DES INDUSTRIES ET DU TRAVAIL DE TURIN 1911.
- GROUPE XVII
- CLASSES 98-99-100-101
- INDUSTRIE & PRODUITS ALIMENTAIRES
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- Comité Français des Expositions à 1 Etranger.
- 42, Rue du Louvre, 42.
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- Le Palais principal de la France à l’Exposition de Turin.
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- RAPPORT
- SUR LES CLASSES 98-99
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN
- RAPPORT sur les CLASSES 98-99
- CLASSE 98
- Farineux et leurs Dérivés
- CLASSE 99
- Fabrication du Pain et des Pâtes alimentaires.
- Rapporteur : M. Georges RICHARD ^
- Vice-Président du Groupe XVII, Vice-Président du Jury international, Classes 98-99. Membre du Comité du Syndicat de la Biscuiterie française.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- SECTION FRANÇAISE
- Commissaire général du Gouvernement de la République Française. M. Stéphane DERV1LLÉ,
- Président du Conseil d’Administration de la Compagnie des Chemins de fer
- Paris-Lyon-Méditerranée,
- Ancien Président du Tribunal de Commerce de la Seine.
- Commissaire général adjoint.
- M. Eugène"PRALON,
- Consul général de France à Turin.
- Président du Comité d’organisation de la Section Française.
- M. Léopold BELLAN,
- Ancien Président du Conseil municipal de Paris,
- Vice-Président du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Secrétaire général.
- M. G. de PELLER1N de LATOUCHE,
- Membre du Conseil de Direction du Comité français des Expositions à l’étranger, Administrateur de la Compagnie des Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée.
- Avant d’aborder les rapports respectifs de chacune des Classes 98-99, 100 et 101 nous pensons qu’il est utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs l’organisation générale du Groupe XVII de l’Alimentation, Classes 98 à 105 B, telle qu’elle apparaît au Catalogue général officiel de la Section française.
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- M. Stéphane DERV1LLÉ Commissaire Général du Gouvernement Françai:
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- INDUSTRIE et PRODUITS ALI IWENTA1RES
- Le Groupe des Industries et Produits alimentaires occupe une superficie de 1 000 mètres carrés dans le Palais de la France, édifice féerique offrant un mélange habile de l’architecture générale de l’Exposition et de l’architecture française. Il se trouve magnifiquement situé sur la rive droite du Pô, près de l’esplanade du grand Château d’eau, et à l’entrée même du pont monumental qui relie les deux rives du fleuve. Une large coupole domine la partie centrale du palais et surplombe un immense salon d’où rayonnent plusieurs galeries.
- Le Groupe des Industries et Produits alimentaires ne comprend pas moins de 1 500 exposants, répartis en 8 classes :
- 98. Farineux et leurs dérivés.
- 99. Fabrication du pain, biscuiterie, pâtes.
- 100. Confiserie, chocolaterie, produits alimentaires.
- 101. Conserves de viandes, poissons, légumes et fruits.
- 103. Vins, vinaigres et spiritueux.
- 104. Sirops et liqueurs.
- 105-A. Bières, cidres, eaux-de-vie de cidre.
- 105-B. Eaux minérales naturelles.
- Les produits alimentaires de la laiterie, tels que beurres, fromages, etc., appartenant à la Classe 102, ont été rattachés au Groupe de l’Agriculture.
- Les machines servant plus spécialement à l’alimentation et qui, d’après la classification, auraient dû être installées à côté des produits eux-mêmes, en raison du manque de place, ont été transférées avec le Groupe des Machines générales où les visiteurs de l’Exposition purent se rendre compte des grands progrès réalisés par cette industrie de la mécanique.
- Les dispositions générales prises pour l’installation du Groupe de l’Alimentation offrirent un réel intérêt pour le visiteur, par suite de l’organisation de vitrines de luxe et d’une décoration générale de tentures et de frises comportant des dessins appropriés aux divers produits exposés.
- Pour tous les produits de l’alimentation solide, on peut dire que la France fut représentée par les maisons les plus considérables, qui ont tenu à faire connaître en Italie les grandes marques françaises et aussi à témoigner, vis-à-vis de ce peuple ami, de ses sentiments d’étroite solidarité.
- Toutes les régions vinicoles ont tenu à participer largement à l’Exposition de Turin. Les syndicats des producteurs, comme ceux des négociants, ont apporté leur puissant
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99
- appui à l’organisation de la Classe qui, dans une décoration attrayante et pittoresque, est divisée en 14 régions correspondant à nos principaux centres de production.
- Tant par ses exposants particuliers que par ses collectivités, la Classe des Vins a réalisé un très bel effort en contribuant dans une aussi large mesure à la participation française.
- Les distillateurs-liquoristes ont apporté une collaboration des plus brillantes à l’organisation de la Classe 104, qui non seulement comprend un grand nombre d’exposants, mais aussi, par la qualité de ses produits, l’importance des maisons représentées, offre un caractère des plus intéressants.
- Il est permis d’affirmer que toutes les grandes marques françaises, toutes les diversités se trouvèrent, à Turin, pour montrer à nos voisins l’importance de plus en plus considérable prise par ces industries.
- La Brasserie française tient également une place honorable à l’Exposition. Elle a voulu montrer combien elle s’était développée, grâce au perfectionnement de ses moyens de production.
- Il en est de même de la production du cidre qui constitue la boisson presque exclusive de la région Nord-Ouest de la France, et qui, chaque année, voit s’augmenter ses débouchés à l’extérieur.
- La Classe 105-B était constituée par les eaux minérales naturelles. Elle occupait un emplacement au rez-de-chaussée du Palais de la France, au pied du grand escalier conduisant au hall central. Cette Classe comportait des expositions particulières des grandes sociétés françaises lesquelles, indépendamment de leur installation à l’intérieur de la Classe, ont construit, dans les jardins entourant le Palais de la Ville de Paris, de luxueux pavillons pour y faire la dégustation de leurs eaux si renommées.
- Le Catalogue officiel terminait sa description en indiquant son espoir que le succès couronnerait l’œuvre de tous ceux qui avaient collaboré à une organisation si complète du Groupe de l’Alimentation française.
- Les résultats obtenus ont pleinement réalisé leurs désirs, ainsi que nous le verrons au cours de ce Rapport.
- BUREAU DU GROUPE
- Président............ MM. CAHEN (Jules), 184, rue Saint-Martin, Paris.
- Vice-Président....... LIGNON (Achille), 146, Grande rue de la Guillotière, Lyon,
- et 19, rue Bergère, Paris.
- Secrétaire........... DORVAULT (Francis), 9, rue Pierre-le-Grand, Paris.
- Trésorier ........... RICQLÈS (Henri de), 133, et 135, boulevard Victor-Hugo,
- Saint-Ouen (Seine).
- CLASSES 98-99- 100 et 101 RÉUNIES
- CLASSE 98. — Farineux et leurs dérivés.
- CLASSE 99. — Fabrication du pain et des pâtes alimentaires. CLASSE 100. — Confiserie.
- CLASSE 101. — Viandes, poissons, légumes et fruits.
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- M. Léopold BELLAN Président du Comité d’organisation de la Section Française.
- M. G. de PELLERiN de LATOUCHE Secrétaire Général du Comité d’Organisation de la Section Française.
- M. Eugène PRALON, Consul général de France à Turin, Commissaire général adjoint du Gouvernement Français.
- M. A. MASURE, Secrétaire Général du Commissariat général.
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99
- BUREAU
- Président.................. MM. CAHEN (Jules), 18, rue Saint-Martin, Paris.
- Vice-Présidents ........... VILGRAIN (Louis-Antoine), 35, rue de la Ravi-
- nelle, Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- RICHARD (Georges), 41, boulevard Raspail, Paris.
- VIRAT (Gustave), 44, rue Hamelin, Paris.
- RINGUET (Eugène), 142, rue de Lyon, Paris.
- PELLIER (René), Le Mans (Sarthe).
- CHEVALLIER-APPERT (Raymond), 30, rue de la Mare, Paris.
- GÉRARD (Louis), 75, avenue de Choisy, Paris.
- LOIR (Louis), 247, rue de Crimée, Paris.
- DEWAVRIN (Daniel), Banteux, par Honnecourt
- (Nord).
- REBOURS (Émile), Troyes (Aube).
- Secrétaires................... BOURREAU, Capdenac (Aveyron).
- LAGAYE (Antoine), 51, rue Blatin, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- ESTIEU (Jean), 209, rue Saint-Denis, Courbevoie (Seine).
- TERNYNCK (Émile), Chauny (Aisne).
- MAITRE (Eugène), 70, rue du Point-du-Jour,
- Billancourt (Seine).
- Trésorier ...................... ROUZAUD (Auguste), Royat-les-Bains (Puy-
- de-Dôme).
- Membres......................... (Classe 98) : BLOCH (Eugène, CARRET (Victor),
- CHASSAING (Eugène), OLIVARI (Antoine).
- {Classe 99) : RICHARD (Lucien).
- {Classe 100) : DEBRAY (Joseph), MAGUIN (Alfred), MENIER (Gaston), MEUNIER (Edmond), MEUNIER (Édouard), MEUNIER (Henri), RENAUD (Alexandre), SABATIER (Alfred).
- {Classe 101) : DERIVEAU (Paul), DAMOY (Julien), GRIFFON (Léon), RAYNAL(Hippolyte), ROQUELAURE (Ernest).
- Classe 98
- Farineux et leurs dérivés.
- Machines et appareils à réduire les céréales en farine : nettoyeurs, meules, cylindres, désintégrateurs, blutoirs, élévateurs, etc.
- Matériel à travailler le riz, les fécules, etc.
- Échantillons de farines de céréales, de riz, de légumineuses, de racines, etc. Gluten, tapioca, amidon, fécules, etc.
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- M. Jules CAHEN.
- Président du Bureau du Groupe XVII.
- Président des Classes 98, 99, 100, 101. Alimentation solide.
- M. Georges RICHARD.
- Vice-Président du Groupe XVII. Vice-Frésident du Jury des Classes 98, 99
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- Classe 99
- Fabrication du Pain et des Pâtes alimentaires.
- Machines, appareils et procédés pour faire le pain et les pâtes alimentaires, les biscuits, les galettes et la pâtisserie en général.
- Spécimens de pain avec ou sans levain ; pains de luxe ; pains comprimés pour voyages, biscuits à thé, galettes, etc., pâtes alimentaires, vermicelles, macaronis, etc.; différents produits de pâtisserie pouvant se conserver. Différents levains à pain.
- Qu’il nous soit permis de constater qu’une indication est donnée dans cette nomenclature à la puissante industrie de la biscuiterie. Les mots « Biscuits à thé » semblent vouloir la désigner, alors que dans d’autres nomenclatures d’expositions précédentes aucune mention ne semblait s’y rapporter.
- Nous soulignons avec plaisir cette mention. Et, cependant, s’il nous était permis de formuler un vœu, peut-être, pensons-nous, serait-il possible d’employer à cet effet une expression plus générale, telle que Produits de la Biscuiterie.
- Il ne faut pas, en effet, oublier que la biscuiterie, tant en France qu’à l’étranger, a pris un développement considérable, que de puissantes usines dotées d’un machinisme perfectionné et considérable rivalisent, dans le monde entier, pour la production de la biscuiterie sèche, de la gaufretterie industrialisée, et que c’est par millions de kilogrammes qu’elle se répand dans le monde.
- Nous ne doutons pas qu’un jour les nomenclatures ne contiennent plus copieusement l’indication de cette grande industrie et l’introduction dans celle de l’Exposition de Turin des « Biscuits à thé » semble en être l’heureux présage.
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- CHAPITRE I
- OPÉRATIONS DU JURY
- Les membres du Jury furent convoqués à Turin, pour le mardi 5 septembre, en la belle salle des fêtes du magnifique parc de Yalentino. Après les discours d’usage, les Jurys se constituent immédiatement.
- Le tableau de répartition entre les diverses nations des Présidences et Vice-Présidences du Jury de Classe attribuait, pour les Classes 98 et 99, qui furent réunies, la Présidence à la Suisse, les Vice-Présidences à la France ; les fonctions de Secrétaire-rapporteur étaient dévolues, suivant l’usage habituel, à la nation organisatrice de l’Exposition, à l’Italie.
- En conséquence, le Jury procéda à la nomination des Président et Vice-Présidents, et désigna M. Jules-Henri HENRICI, directeur de la Maison DAVERIO, HENRICI et Cie, de Zurich ; et MM. Georges RICHARD, directeur-administrateur de la Manufacture des Riscuits PERNOT, à Dijon, et Gustave VIRAT, Président de l’Union des Syndicats de la Roulangerie française à Paris, comme Vice-Présidents.
- Il fut, ensuite, procédé à la désignation du Secrétaire-rapporteur. Ces fonctions furent confiées à M. le Docteur Giacomo PERONI, de Turin.
- De telle sorte que le Jury des Classes 98-99 se trouva définitivement constitué de la manière suivante :
- Président........................... MM. HENRICI (Jules-Henri), Chef de la Maison
- DAVERIO, HENRICI et Cie, Zurich.
- Vice-Présidents..................... RICHARD (Georges), Biscuits PERNOT,
- Dijon (Côte-d’Or).
- VIRAT (Gustave), Paris.
- Secrétaire-rapporteur .............. PERONI (Giacomo), Docteur, à Turin.
- JURES TITULAIRES
- ARGENTINE....................... MM. CORINALDI (Cav. Cesare), Turin.
- DIVERIO (Édouard), Turin.
- BELGIQUE........................ CHAUSETE (Lucien), Bruxelles.
- MARTOUGIN (Alfred), Industriel, Bruxelles.
- BRÉSIL.......................... ADET (Carlo-Alberto), Brésil.
- SECUNDO (Martino-Raymondo), Turin. VIRAT (Gustave), Paris.
- CHiNE........................... CHOTSON (Gnie).
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- RÉPUBLIQUE DOMINICAINE.. NASI (Enrico), Industriel, Turin.
- FRANCE ......................... RICHARD, Biscuits Pernot, Dijon (Côte-
- d’Or).
- SAYY, Industriel, Paris.
- CARRET, Fabricant de Pâtes alimentaires,. Lyon.
- VIRAT (Gustave), Paris.
- JAPON........................... DAIKUHARA(Gintaro), Docteur-Ingénieur,
- Office Esperimento d’Agricoltura al Minis-tero d’Agricoltura e Commercio del Giap-pone, Turin.
- ALLEMAGNE ...................... ARETZ (Friedr), Bruxelles.
- NUSSELET (Ed.), Turin.
- ANGLETERRE ..................... JAGO (William), Directeur de Clark’s Bread
- Co, Londres.
- ITALIE.......................... PERONI (Giacomo), Docteur, Turin.
- BUITONI (Silvio), Borgo S. Sepolcro.
- PIA (Cav. Gaetano), Turin.
- PEROU .......................... CORINALDI (Cav. hesare), Négociant en
- grains, Turin.
- RUSSIE.......................... WEINSTEIN (Grégoire), Minotier, Odessa.
- CORINALDI (Cesare), Négociant en grains, Turin.
- SERBIE.......................... CAPPONI TRENCA (Comte G.), Avocat,
- Turin.
- SUISSE.......................... HENRICI (Jules-Henri), Chef de la Maison
- Daverio, Henrici et Cie, Zurich.
- HONGRIE......................... MALDOVANYI (Alexandre de), Budapest.
- VENEZUELA ...................... LAZZARONI (Chevalier Louis), Saronne.
- JURÉS SUPPLÉANTS
- ARGENTINE....................... MM. BALDASSARE (Jean-F.), Ingénieur-Agri-
- culteur, Turin.
- MIATELLO (Ugo), Turin.
- BELGIQUE........................ CLÉMENT (Charles), Directeur de la “ Nu-
- tricia ”, Laeken.
- FRANCE.......................... BONNET (M.), Appareils pour boissons ga-
- zeuses, Paris.
- JAPON........................... WADA (Shintaro).
- ALLEMAGNE ...................... TIMMLER (W.), Turin.
- ITALIE.......................".. • SECONDO (Martino), Ingénieur, Turin.
- MERETTINI (Cav. Camillo), Pérou.
- Dès le lendemain, les opérations commencèrent par les visites et dégustations dans-
- les différents stands et se continuèrent sans désemparer pendant plusieurs jours.
- Qu’il nous soit permis de rendre un hommage mérité au dévouement de tous dans
- l’accomplissement de leur mission qu’une chaleur accablante rendit particulièrement
- fatigante. Chacun y mit véritablemen* de l’entrain, et grâce aux beaux ombrages du pare
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- FARINEUX, PAIN, PATES, ALIMENTAIRES
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- de Valentino, il fut possible, sans trop en souffrir, de se transporter dans les différents palais, véritables étuves, sous un soleil implacable.
- Partout nous trouvâmes, dans toutes les nationalités, le même souci de belle présentation pour les produits, et notamment dans l’industrie de la biscuiterie, et nous ne pouvons que répéter ce que nous disions, dans notre rapport sur l’Exposition de Bruxelles, qu’il y a lieu de « se persuader que les nations qui se partagent le monde de la production et de la consommation sont toutes actuellement bien préparées, bien armées pour la lutte commerciale, et ont sensiblement à leur disposition les mêmes moyens de production, les mêmes moyens de présentation, et le même souci de plaire aux consommateurs ».
- Description générale des Classes 98-99 de la Section Française.
- Les stands et vitrines du Groupe XVII et, par conséquent des Classes 98-99, se trouvaient installés au rez-de-chaussée du palais de la France. Au bord du Pô, de plain-pied avec le quai, on y accédait en descendant l’escalier à gauche du pont monumental, magnifiquement construit, qui relie les deux rives de ce beau fleuve.
- L’emplacement, certes, n’était pas aussi commode qu’il eut été à souhaiter de le voir. L’installation, en raison du nombre d’exposants, était surchargée, les vitrines étaient les unes sur les autres, et de malencontreuses colonnes, très inesthétiques, venaient encore en détruire la symétrie et en diminuer la surface visible.
- Quoi qu’il en soit, chacun de nos exposants avait fait de louables efforts pour tirer le meilleur parti d’une situation peu avantageuse et mettre en relief les beaux produits nxposés et les luxueuses vitrines qui les contenaient.
- L’exécution des vitrines du Groupe avait été confiée à M. Chevalié. De style Directoire, en acajou rehaussé de bronze ciselé, l’ensemble était parfait, très harmonieux.
- M. Jules Cahen, qui présida au choix de cette participation de l’Alimentation, a droit aux félicitations les plus sincères, pour le choix si délicat de ce style à la mode, et M. Chevalié qui l’exécuta avec grand soin mérite également et reçut les éloges qu’elle comportait, et d’un emplacement assurément défectueux il sut tirer le meilleur parti possible.
- Quelques vitrines particulières tranchaient par leur style varié sur l’uniformité de l’ensemble et étaient fort soignées. Les Maisons RIVOIRE ET CARRET, MENIER, BISCUITS PERNOT, se distinguaient tout particulièrement.
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- CHAPITRE II
- EXPOSANTS FRANÇAIS
- CLASSE 98
- CARRET FRÈRES, 51, rue Robert, Lyon.
- La Maison CARRET Frères, ancienne firme RI VOIRE ET CARRET, dont l’importance considérable n’a fait, depuis plusieurs années, que s’accentuer, fut fondée en 1857. Plusieurs usines, à Lyon, Marseille, Paris et Mulhouse suffisent à peine à sa production de semoules et tapiocas, ses macaronis, nouilles et nouillettes et de sa spécialité de pâte Luculus qu’une judicieuse et constante publicité ont mise au premier rang des produits de parfaite fabrication.
- 2 500 ouvriers sont employés en ces différents établissements ; ils pratiquent la mutualité sous la forme d’une Société de secours mutuels et d’épargne “La Boule de Neige” largement subventionnée par MM. Carret frères.
- Hors Concours, Membre du Jury, à Lyon 1894, cette Maison obtint, à Paris 1900, un Grand Prix, et fut aussi Hors Concours à Marseille 1906 et Bruxelles 1910, de même qu’à Turin, où M. Victor Carret était membre du Jury de cette Classe.
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- FARINEUX, PAIN, PATES ALIMENTAIRES
- CHASSAING & Cie, Phosphatine FALIÈRES.
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- MM. CHASSAING et Cie, fabricants de produits hygiéniques d’alimentation, 6, avenue Victoria, à Paris, ont exposé une farine alimentaire pour enfants, d’un usage très répandu, et connue sous le nom de Phosphatine Falières.
- La Phosphatine Falières est composée de farines diverses, telles que riz, tapioca, arrow-root, etc., méticuleusement choisies et étuvées à des températures suffisamment élevées non seulement pour solubiliser en partie la molécule amylacée, mais encore pour détruire tous les germes d’altération si communs dans les poudres commerciales.
- Les soins apportés à la sélection des farines et-des produits qui entrent dans la composition de* la Phosphatine Falières en ont fait une spécialité très appréciée.
- Les appareils qui servent à la stérilisation des farines utilisées pour la préparation de la Phosphatine Falières sont absolument originaux ; ils permettent le chauffage méthodique, à une température qui atteint jusqu’à 120°, de 4 000 à 5 000 kilos de farine par jour, sans que les ouvriers chargés de cette opération aient à pénétrer dans les étuves elles mêmes et risquent d’être incommodés par la température à laquelle sont soumises les farines dont on assure la stérilisation.
- Lorsque les farines sont stérilisées et refroidies en vases clos, ainsi que nous le disons plus haut, elles sont intimement mélangées, non seulement entre elles, mais encore avec les autres ingrédients qui font partie de la Phosphatine Falières, dans des mélangeurs fonctionnant à l’électricité, et permettant d’obtenir rapidement une masse parfaitement homogène.
- De nombreux Grands Prix, aux précédentes expositions, ont été attribués à la Maison Chassaing et Cie, qui fut fondée en 1866. Elle possède à Asnières une usine comportant un personnel de 120 personnes, qui bénéficient dans leur vieillesse de pensions viagères, uniquement à la charge de la maison.
- ETABLISSEMENTS LOIR & G. MAHIEUX 247, rue de Crimée, Paris.
- Fondé, en 1875, par M. Louis LOIR, et constamment au courant des progrès de la mécanique et de la fabrication, le moulin de la Villette est des plus importants et des mieux outillés, et comporte un personnel de 25 ouvriers et de 7 employés; il a été le premier dans le rayon de Paris à adopter, en 1881, la mouture par cylindres qui remplace partout l’antique mouture par meules ; ses farines spéciales p'our la boulangerie et la biscuiterie, ses gruaux “Gallia” pour pains de luxe et pâtisserie sont unanimement appréciés.
- C’est aux moulins de la Villette qu’ont été faites, en 1885, pour le compte du ministère de la Guerre, les expériences comparatives de mouture par meules et par cylindres ; et en 1894, puis en 1897, pour Je compte du ministère du Commerce, les mou-
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99
- tures pour la confection des types de farine devant servir à la douane pour la comparaison des marchandises admises à l’importation ou à l’exportation.
- M. Loir, le fondateur de cette usine, qui l’exploite encore, en association avec son gendre et son fils, a été longtemps Président de la Commission du marché des blés, seigles et avoines ; il en est maintenant Président honoraire ; il est Vice-Président de la Chambre syndicale des grains, farines et de la meunerie de Paris, Membre du Comité des Expositions à l’étranger ; fait partie de la Commission de réorganisation du moulin de l’Assistance publique, des Commissions d’expertise du Laboratoire de la section technique de l’Intendance à l’organisation duquel il a particulièrement coopéré ; enfin, il est adjoint au maire du XIXe arrondissement, l’un des plus populeux de Paris.
- A l’Exposition de Paris 1900, M. Loir étant membre du Jury, cette Maison fut classée Hors concours.
- ANTOINE OLIVARI
- 42, quai de la place d’Armes, Nice (Alpes-Maritimes).
- PATES ALIMENTAIRES OZONÉES
- Comportant un personnel de 160 ouvriers et de 14 employés, la Maison OLIVARI se consacre à la fabrication des pâtes alimentaires et vermicelles, et fut fondée en 1878.
- Elle s’est particulièrement spécialisée dans l’exploitation d’un procédé d’ozonifi-cation de ses produits.
- Ces pâtes, soumises à l’action d’un courant d’ozone, acquièrent un pouvoir de conservation considérable, se trouvant ainsi garanties contre les germes de détérioration, de moisissures, et en général contre les altérations que sont appelés à subir les farineux.
- Le Jury de l’Exposition internationale de Turin a décerné un Diplôme d’honneur à cette honorable maison.
- FABRIQUE FRANÇAISE DE GAZES A BLUTER à Sailly-Saillisel, par Combles (Somme).
- Usines annexes : Le Transloy (Pas-de-Calais),
- Nurlu (Somme).
- Propriétaires et magasin de vente : MM. RENAUD & TRIPETTE, 37 & 39) rue J--J* Rousseau, Paris.
- La Maison a été fondée en 1836 par M. HENNEGART, inventeur du dispositif de tissage dénommé “Tour anglais”.
- L’usine principale de Sailly-Saillisel occupe une superficie d’environ un hectare. Les deux usines annexes couvrent chacune une surface d’environ 2 000 mètres carrés.
- Le matériel, moderne et très perfectionné, a été entièrement renouvelé ces dernières années, et de nombreuses améliorations y sont apportées constamment, afin de simplifier dans la plus large mesure possible, les procédés de fabrication en vue d’obtenir des gazes d’une netteté et d’une régularité irréprochables.
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- FARINEUX, PAIN, PATES ALIMENTAIRES
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- Les différentes usines sont éclairées électriquement et chauffées à la vapeur à basse pression, afin d’assurer au personnel le confortable indispensable à une bonne fabrication.
- A part le tissage proprement dit, qui se fait à la main, l’article gaze à bluter étant tellement délicat qu’il est impossible de le tisser mécaniquement, tout le matériel des usines est actionné par transport de force électrique, le courant électrique étant produit dans chaque établissement par des groupes électrogènes marchant au gaz pauvre ou au benzol.
- Le personnel est actuellement d’environ 300 ouvriers.
- La clientèle de l’usine est mondiale et se développe chaque jour, les gazes fabriquées étant unanimement appréciées des minotiers, qui sont les principaux consommateurs.
- Indépendamment des minoteries, la gaze à bluter est aussi employée dans les rizeries, amidonneries, féculeries, ainsi que dans toutes les industries de broyage et de pulvérisation. C’est l’agent le plus énergique de tamisage, offrant en même temps la plus grande solidité et le travail le plus rigoureux.
- Les gazes à bluter sont fabriquées en différentes forces et en différentes ouvertures de mailles, appropriées au classement* des semoules, gruaux ou des produits concassés, ainsi qu’au blutage des farines ou des poudres impalpables.
- Les plus grands soins sont apportés non seulement dans la fabrication, mais aussi dans la recherche des variétés de soies les plus régulières et les plus nerveuses, afin de réaliser les desiderata des consommateurs : pouvoir blutant intense, parfaite régularité, grande résistance à l’usure.
- La France, pays soyeux par excellence, tient donc hautement sa place pour les gazes à bluter. Les tissus impeccables exposés en font la preuve. Un Diplôme d’honneur est venu récompenser les efforts de MM. Renaud et Tripette qui avaient obtenu une Médaille d’or à l’Exposition de Bruxelles en 1910, et de nombreuses récompenses aux Expositions antérieures.
- Ajoutons qu’une caisse de secours et de retraite pour la vieillesse fonctionne dans ces établissements.
- VILGRAIN & Cie, Grands Moulins à Cylindres, Nancy.
- Ces importants établissements furent fondés à Metz, en 1836, et eurent successivement comme chefs MM. Simon BOUGHOTTE, Simon BOUCHOTTE et VILGRAIN, VILGRAIN Simon et Cie.
- Ils comportent des usines à Nancy, Raon-l’Étape, Pargny-sur-Saux, Jolivet et Tom-blaine.
- Leur spécialité le “Gruau de Lorraine” qui constitue une marque des plus appréciées, dénote dans la fabrication un soin tout particulier et la perfection des procédés employés.
- La Maison Vilgrain et Cie, dont le personnel s’élève à 175 ouvriers et 50 employés, fabrique et vend également, en dehors des “Gruaux de Lorraine”, des farines supérieures et les semoules et semoulettes; elle traite, à cet effet, les blés étrangers, ainsi que ceux de la production nationale.
- Hors Concours à l’Exposition de Paris, Grand Prix à Liège 1905, Hors Concours à Nancy 1909, Bruxelles 1910, M. Vilgrain, Président de la Chambre de Commerce de Nancy, était membre du Jury, ainsi qu’il le fut à l’Exposition de Turin.
- La Maison Vilgrain a organisé une caisse de secours pour son personnel.
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99
- EUGÈNE RINGUET
- Maison OUVRIER Père, BRESSON, Pierre OUVRIER
- & RINGUET Réunies
- 120 à 142, rue de Lyon; 120 et 122, Avenue Daumesnil, Paris.
- La participation de cette importante Maison à l’Exposition de Turin fut fort remarquée. Universellement connue, et ayant pris depuis sa fondation, en 1849, et depuis sa réunion avec les Maisons OUVRIER-BRESSON et Pierre OUVRIER, une extension considérable, elle s’est particulièrement spécialisée dans tout le matériel servant aux établissements de l’alimentation.
- Grâce à elle, le goût et la pureté de style se sont introduits dans l’ensemble des établissements de consommation : les comptoirs-bars, les glacières à liqueurs, les meubles-étagères avec fond de glace qui étaient exposés, ddnnent une idée des améliorations considérables qui ont été apportées à la décoration et à l’ameublement, non seulement des grands cafés et brasseries à la mode, mais des bars et cafés-marchands de vin.
- Tous les meubles en service au Restaurant français avaient été fournis par cette Maison, et chacun a rendu hommage à l’élégance de l’installation du Restaurant français.
- Le comptoir liquoriste Louis
- XVI, avec façade acajou rehaussé d’appliques de bronze doré, donne une idée du luxe auquel on peut parvenir en cette matière et laisse bien loin derrière lui, dans l’ombre du temps, le vieux et rude comptoir, le “ zinc ” vulgaire qui faisait le principal ornement des boutiques de marchands de vin d’il y a quelque vingt ans.
- La Maison Ringuet s’est attachée aussi à perfectionner la porte tournante usitée depuis quelques années par les cafés et brasseries. La porte brevetée avec mouvement ascensionnel indéréglable constitue un fort intéressant perfectionnement. La Maison Ringuet comporte * ... 120 ouvriers et 30 employés consti-
- tués en Société de secours mutuels qui fonctionne sous la présidence d’un des principaux employés de la Maison. M. Eugène Ringuet en est Président d’honneur.
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- FARINEUX, PAIN, PATES ALIMENTAIRES
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- ÉTABLISSEMENTS BRUSSON jeune Villemur (Haute-Garonne).
- L’exposition de cette importante Maison ressortit tant à la Classe 98 qu’à la Classe 99. C’est, en effet, dans les pâtes alimentaires qu’elle a atteint sa considérable production, et elle participait à la Classe 99 par ses produits spéciaux pour l’alimentation des diabétiques, tels que gluten granulé, gaufrettes au gluten et pain spécial au gluten.
- Ces produits ont été fort remarqués par le Jury international des deux Classes et étaient disposés avec beaucoup de soin dans la belle vitrine des Etablissements Brusson Jeune.
- En dehors des différentes pâtes exposées, vermicelles, macaronis, et toutes autres d’aspect identique et de fabrication parfaite, disposées en de fort jolis dessins, le pain spécial au gluten a particulièrement intéressé par ses véritables qualités comestibles qui rendent sa consommation usuelle pratiquement possible.
- Nous sommes heureux de pouvoir faire de ces établissements une description sommaire, ce qui est en même temps et sans phrases en faire l’éloge.
- C’est en 1872 que M. Brusson Jeune installa dans sa ville natale une manufacture de pâtes alimentaires.
- Les Établissements Brusson Jeune s’étalent sur la rive gauche du Tarn, à l’endroit même où un grand hémicycle
- reçoit la chute d’eau, splendide nappe
- qui se déroule et tombe avec majesté.
- Ils comprennent :
- 1° Uusine électrique, de création
- récente et de proportions grandioses,
- établie en un hall isolé, disposant d’une force de 100 chevaux, distribuant l’énergie sous forme de chaleur, lumière et
- force, dans toutes les directions, à raison d’un débit variant entre 800 et 1000 ampères continus ;
- 2° Le pavillon des pompes hydrauliques qui élève 120 mètres cubes d’eau à l’heure pour les besoins des usines ;
- 3° La galerie des turbines distribuant une force de 250 chevaux dans tous les
- ateliers où la transformation mécanique permet d’être utilisée directement ;
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99
- 4° La manufacture de pâtes alimentaires, industrie par excellence de ce groupement industriel et celle vers laquelle converge le travail des ateliers annexes ;
- 5° La glutinerie et /’amidonnerie, corollaires naturels et indispensables de la fabrique de pâtes ;
- 6° L’atelier de cartonnages, servant à la fabrication de toutes les boîtes nécessaires à l’emballage des produits de la manufacture de pâtes ;
- 7° U imprimerie typographique et lithographique, spécialement créée pour produire d’une façon complète et rapide tous les imprimés, tels que : étiquettes, réclames, calendriers, affiches, etc., nécessaires à l’industrie principale ;
- 8° La scierie mécanique, fabriquant, par jour, 700 à 800 caisses servant aux expéditions ;
- 9° U embranchement particulier, d’une longueur de 300 mètres, divisant l’ensemble des bâtiments par une ligne médiane, et raccordé à la station des chemins de fer du Midi ;
- 10° Les magasins installés sur l’embranchement particulier, permettant de réunir en stock les matières premières qui entreront en fabrication à une date ultérieure ;
- 11° Les ateliers de réparations, tels que montage et ajustage de pièces mécaniques et électriques, forges, zinguerie, menuiserie, ateliers de charpente, etc...
- Le personnel employé dans les industries multiples de la Maison se maintient entre
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- FARINEUX, PAIN, PATES ALIMENTAIRES
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- 300 et 350 personnes, comprenant directeurs, chefs de service, contremaîtres, employés, ouvriers, ouvrières et apprentis.
- Les Etablissements Brusson Jeune possèdent :
- 1° Une caisse de secours, administrée par le personnel de l’usine ;
- 2° Une caisse d’épargne, avec intérêts de 5 pour 100 à dater du jour de versement ;
- 3° Une caisse d’assurances contre les accidents ;
- 4° Une cité ouvrière, avec groupe d’habitations isolées entourées de jardins et de verdure, offrant un logement à bon marché à de nombreuses familles ;
- 5° Un fourneau économique, avec réfectoires séparés pour les hommes et les femmes, distribuant des rations aux quatre repas journaliers, au prix de revient des diverses denrées.
- Nous ferons remarquer que les bénéfices sont distribués entre les membres participants du fourneau.
- Les Établissements Brusson Jeune occupent une superficie totale de 19 000 mètres carrés.
- MANUFACTURE UNIVERSELLE DES BISCUITS GEORGES
- Fondée en 1884, la MANUFACTURE UNIVERSELLE DES BISCUITS GEORGES a été reprise, en 1890, par MM. Maurice et Jean Estieu; en 1901, elle passe entre les mains de M. Jean Estieu seul qui la dirige depuis cette époque et lui donne une grande extension.
- Ses usines occupent une superficie de 10 000 mètres carrés, à Courbevoie. 24 fours continus et à sole tournante, chauffés soit au gaz, soit au charbon, concourent à la production de cette importante Maison. De nombreux ateliers annexes pourvus d’un outillage complet et perfectionné pour la fabrication, nettoyage, habillage, le pliage et le paquetage, ainsi qu’une menuiserie modèle, sont utilisés pour les besoins de la fabrication, et sont reliés entre eux par des voies Decauville.
- La vitrine élégamment ornée de cette Maison dont la marque de fabrique : “deux hémisphères ornés d’attributs commerciaux”, domine l’étalage, contenait, en dehors des produits courants de la biscuiterie, les principales spécialités de la Maison, parmi lesquelles nous citerons : le Petit Beurre, Langage des fleurs, Galette parisienne, Panthéon, Albert, Pensée, Sablé, Palmettes, le Champagne, Maître d’hôtel, le Mignon, les Gaufrettes Sourire davril, Sibérienne, Graziella.
- Cette exposition de biscuits aux formes variées et attrayantes était d’un excellent effet, et toutes ces friandises étaient de nature à retenir l’attention des plus fins gourmets.
- Ajoutons qu’aux BISCUITS GEORGES, M. Jean Estieu, très soucieux du bien-être de son personnel, a doté ses Établissements de plusieurs réfectoires à l’usage de ses ouvriers et employés des deux sexes, munis d’appareils de chauffage, ainsi que de vestiaires et lavabos, etc.
- Ces organisations philanthropiques dénotent le soin que cette grande Maison donne à son industrie.
- La fabrication journalière qui absorbe 4000 kilos de farine, 2000 litres de lait, 40 000 œufs, range les BISCUITS GEORGES parmi les grandes biscuiteries qui font le plus grand honneur à notre production nationale, et lui permettent de figurer au premier plan dans les Expositions auxquelles elle participe.
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- MANUFACTURE DES BISCUITS PERNOT Usines à Dijon et Genève.
- La MANUFACTURE DES BISCUITS PERNOT présentait ses produits dans une vitrine très élégante, isolée, de style Louis XVI acajou-érable et bronze doré, d’un développement de 2 m. sur 2 ; ornée de fines sculptures et surmontée de peintures artistiques représentant les différentes grandes marques de sa fabrication. L’étalage affectait la forme
- d’une pyramide composée de rayons en glace biseautée et surmontée d’un magnifique vase artistique.
- Des coupes Louis XVI cristal et argenterie contenaient de nombreux échantillons de ses desserts.
- Ses boîtages de luxe et d’exportation comportant la fermeture hermétique à ouverture facile, système breveté, offraient un grand intérêt au point de vue de la conservation des produits de sa fabrication.
- Parmi les produits exposés, à côté des Pac (paquetage hermétique breveté), le Suprême Pernot, le Piou-Piou, la Fleur des Neiges, le Petit-Beurre Gamin, VAmandine de Provence, le Madrigal, la Sênorita,VAltesse, le Chambertin et le Réveillon donnaient, parmi beaucoup d’autres desserts fins et biscuits et gaufrettes de luxe, un aperçu des grandes spécialités de cette Maison ; les pains d'épices de Dijon, aux luxueux ornements, rappelaient l’origine de cette industrie.
- Fondée en 1869, la Manufacture des Biscuits Pernot comporte actuellement 5 usines modèles s’étendant sur une superficie d’environ 40 000 mètres et occupent un personnel de 1200 ouvriers et employés.
- En dehors des nombreuses spécialités qui lui sont personnelles, elle produit et fabrique toutes les sortes de pâtisserie industrialisée et de desserts et fours secs qui sont du domaine de la biscuiterie internationale.
- Ses créations nombreuses ont eu maintes fois de grands et légitimes succès dont témoigne l’importance de ses affaires considérables.
- L’organisation industrielle des Biscuits Pernot — très étudiée et très élégante, — comporte tous les perfectionnements mécaniques en rapport avec la science et la production modernes.
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- L’organisation commerciale est complète et comporte deux départements ayant un caractère autonome :
- 1° Le département métropolitain qui possède 6 dépôts directs à Paris et les prin-
- cipales villes de France, avec’120 voyageurs et placiers et 150 agents-représentants ;
- 2° Le département exportation possède 10 dépôts directs, 10 voyageurs internationaux et 120 agents-représentants.
- La participation des Biscuits Pernot à l’Exposition de Turin est répartie dans 3 classes:
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- 1° Alimentation (Classe 99) ;
- 2° Sociétés de secours mutuels (Classe 161) ;
- 3° Œuvres patronales (Classe 161).
- Les Usines des Biscuits Pernot forment une agglomération industrielle des plus intéressantes ; elles sont pourvues d’une Société de secours mutuels des plus prospères, d’un service médical parfaitement organisé, d’un service sanitaire comportant : clinique, bains-douches, lingerie, cures d’air. Enfin, la bibliothèque ouvrière créée par MM. Lucien et Georges Richard, a été, il y a quelques années, encouragée d’une souscription officielle du ministère de l’Agriculture.
- Après avoir obtenu plusieurs Grands Prix aux différentes Expositions internationales, la Manufacture des Biscuits Pernot s’est classée Hors Concours, l’un ou l’autre de ses directeurs faisant partie du Jury, notamment à Liège 1905, Milan 1906, Bordeaux 1907, Nancy, Londres 1908, Présidence du Jury, ainsi qu’à Bruxelles où la Présidence du Jury fut également dévolue à M. Georges Richard.
- A Turin, M. Georges Richard fut Vice-Président du Jury.
- La Société de secours mutuels des Biscuits Pernot s’est vu décerner un Diplôme d’honneur de même que cette Maison pour ses institutions patronales.
- BISCUITS OLIBET, Suresnes.
- Fondée en 1862 à Bordeaux, la MANUFACTURE DES BISCUITS OLIBET a actuellement son siège social à Suresnes, où elle possède une usine qui, avec son usine originaire de Talence, constitue un ensemble industriel considérable doué d’un outillage très puissant qui ne comprend pas moins de 60 fours de modèles différents, suivant les produits à obtenir, répondant aux exigences de la production.
- Ces usines occupent un personnel d’un millier d’ouvriers et ouvrières, et les traditions du fondateur sont fidèlement suivies par ses petits-fils, MM. Marcel et Pierre 01ibet} les chefs de fabrication.
- Parmi les spécialités de cette Maison renommée qui attirent l’attention du Jury international, citons : le Coq en pâte, le Déjeuner, la Demi-lune, le French Cracker, le Gâti-nais fourré, la Gaufre des Tuileries, la Gaufrette vanille, le Mondial, le Petit beurre, etc., etc... qui, parfaitement présentés, placent la Manufacture Olibet parmi les premières de nos Maisons françaises.
- La Maison Olibet a organisé, sous la direction de M. Augier, son actif directeur actuel, qui est doublé d’un philanthrope et d’un mutualiste convaincu, une caisse de secours dans chaque usine, et une pouponnière modèle.
- Ayant, depuis 1867, participé à de nombreuses et importantes Expositions, tant en France qu’à l’étranger, la Manufacture des Biscuits Olibet est titulaire de 42 Médailles dont 29 en or, 10 en argent, de 10 Diplômes d’honneur et de 5 Grands Prix.
- Hors Concours, Membre du Jury à Paris 1900, ainsi qu’à Bordeaux 1907, elle fut classée Hors Concours à l’Exposition de Turin.
- L’élégante présentation des Biscuits Olibet, avec, au fond de la vitrine, le médailler rappelant ses nombreuses récompenses, faisait grand honneur à la fabrication de cette Maison, ainsi qu’à l’ensemble de l’exposition de la Biscuiterie française.
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- GUSTAVE VIRAT
- BOULANGERIE DES ETATS-UNIS, 44, rue Hamelin, Paris.
- M. Gustave VIRAT, dont la personnalité, comme Président du Syndicat de la Boulangerie parisienne et comme Président de l’Union des Syndicats de la Boulangerie française, a pris une place importante dans la branche de l’alimentation solide qui nous occupe, a participé à l’exposition de notre Classe par l’envoi de pains français et viennois d’une fabrication parfaite, qu’avec un soin tout particulier il renouvelait fréquemment.
- Agent général, pour la France et l’étranger, des pains au gluten fabriqués à Villemur par la Maison Brusson Jeune, il a soumis à l’appréciation du Jury de magnifiques échantillons de ces pains hygiéniques, obtenus avec des grains glutineux de Russie et d’Algérie. Les farines sont obtenues avec un blutage réduit et les pâtes par des lavages spéciaux.
- Ces pains au gluten constituent le véritable pain de régime des diabétiques et tuberculeux, tout en pouvant, sans fatigue pour l’estomac, être un excellent aliment pour l’ensemble des consommateurs.
- M. Virât était Vice-Président du Jury, à Turin.
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- Ainsi que nous venons de l’exposer, la participation des exposants français fut particulièrement brillante.
- Et le Jury international, ainsi que dans les autres Classes de l’industrie, sut apprécier, à leur valeur, et l’importance de cette participation, et celles des Maisons françaises, ainsi que la qualité de leurs produits.
- Sur l’ensemble des exposants des différentes nationalités ressortissant aux Classes 98 et 99, les exposants français se voyaient décerner par le Jury international les récompenses suivantes :
- 4 Hors Concours,
- 6 Grands Prix,
- 2 Diplômes d’honneur.
- alors qu’ils ne représentaient qu’un total de 12 maisons s’attribuant ainsi les plus hautes récompenses.
- C’est assez dire combien furent appréciés, à Turin, par le Jury des Classes 98-99, les efforts donnés et les résultats atteints par la participation française, comme qualité, présentation, loyauté des produits exposés ; et il y a lieu, en félicitant nos industriels de tels résultats, de les remercier du bon renom qu’ils maintiennent à la production française vis-à-vis de l’Étranger.
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- CHAPITRE III
- PALMARÈS
- CLASSE 98
- NOMBRE TOTAL DES EXPOSANTS DES DIFFÉRENTES NATIONALITÉS
- ITALIE..................................... 26
- FRANCE...................................... 7
- ALLEMAGNE .................................. 5
- ANGLETERRE................................. 7
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE..................... 44
- BELGIQUE.................................... 3
- BRÉSIL..................................... 48
- CHINE....................................... 2
- HONGRIE................................... 1
- JAPON...................................... 18
- PÉROU....................................... 6
- RUSSIE...................................... 5
- SIAM........................................ 1
- SERBIE.................................. 7
- SUISSE...................................... 4
- TURQUIE..................................... 8
- VENEZUELA................................... 1
- TOTAL............... 193
- CLASSE 99
- NOMBRE TOTAL DES EXPOSANTS DES DIFFÉRENTES NATIONALITÉS
- ITALIE.................................... 97
- FRANCE...................................... 5
- ALLEMAGNE................................... 4
- ANGLETERRE................................ 3
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE........................ 9
- BELGIQUE................................... 6
- BRÉSIL................................... 12
- CHINE....................................... 1
- HONGRIE .................................. 1
- SUISSE...................................... 1
- URUGUAY..................................... 3
- 142
- TOTAL
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- Classements des Exposants Français
- et
- Récompenses obtenues.
- Industries et Produits alimentaires.
- MEMBRES FRANÇAIS DU JURY DE GROUPE
- MM. CHARTON (Claude), négociant en vins, Beaune.
- KARCHER (Henri), brasseur, Paris.
- LAMIRAL (Henri), distillateur, Clichy (Seine).
- RICHARD (Georges), directeur de la Manufacture dijonnaise des Biscuits Pernot, Dijon (Côte-d’Or).
- VIRAT (Gustave), boulanger, Paris.
- CLASSE 98
- Farineux et leurs dérivés.
- CLASSE 99
- Fabrication du pain et et des pâtes alimentaires.
- MEMBRES FRANÇAIS DU JURY DES CLASSES 98-99
- JURÉS TITULAIRES
- MM. RICHARD (Georges), Biscuits Pernot, Dijon, Vice-Président.
- VIRAT (Gustave), Boulanger, Paris, Vice-Président.
- CARRET, Fabricant de pâtes alimentaires, Lyon (Rhône).
- SAVY, Industriel, Paris.
- JURÉ SUPPLÉANT M. BONNET, Industriel, Paris.
- EXPOSANTS qui, par application de l’article 60 du règlement du Jury, sont mis Hors Concours en leur qualité de Juré :
- MM. CARRET Frères, Lyon (Rhône). ^ , ;
- RICHARD Frères, Biscuits Pernot, Dijon (Çôte-d’Or)4 VIRAT (Gustave), Paris.
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- GROUPE XVII.
- CLASSES 98-99
- DIPLOMES DE GRAND PRIX
- MM. BRUSSON (Antonin), Établissements Brusson Jeune, Villemur (Haute-Garonne).
- CHASSAING et Cie, Paris.
- ESTIEU (Jean), Courbevoie (Seine).
- RINGUET (Eugène), Paris.
- SOCIÉTÉ DES BISCUITS OLIBET, Suresnes (Seine).
- VILGRAIN et Cie, Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MM. LOIR et MAHIEUX, Paris.
- OLIVARI (Antoine), Nice (Alpes-Maritimes).
- RENAUD ET TRIPETTE, Paris.
- TABLEAU DES EXPOSANTS ET DES RÉCOMPENSES PAR NATIONALITÉS
- NATIONALITÉS hors-concours GRANDS PRIX DIPLOMES D’HONNEUR
- Italie 4 8 12
- France 3 6 3
- Allemagne 1 7
- Angleterre 2 1
- Répub. Argentine. . 4 3
- Belgique 1 2 2
- Brésil 2 4
- Chine 1 1
- Hongrie 1
- Japon 1 1
- PÉROU 1
- Russie 1 2 1
- Siam
- Serbie
- Suisse 1 1 1
- Turquie
- Uruguay 2
- Venezuela
- Il en résulte que la France, dans cette grande manifestation internationale, s’est placée en excellent rang parmi les concurrents étrangers, et que tous les participants des Classes 98 et 99 ne se sont vu attribuer que les plus hautes récompenses.
- Si le nombre des Maisons françaises ayant répondu à l’appel des Comités ne fut pas aussi important que celui de certaines autres nations, il faut constater qu’elles furent toutes de premier ordre, et que leur manifestation fut digne des industries qu’elles représentaient.
- Le Jury international fut unanime dans ses appréciations et l’Exposition de Turin est venue leur apporter une nouvelle et irréfutable consécration de supériorité, de belle fabrication et de bon goût.
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- FARINEUX, PAINS, PATES ALIMENTAIRES 37
- RÉCOMPENSES AUX COLLABORATEURS
- Le Jury international, après avoir statué sur les mérites des exposants, attribua aux Collaborateurs les récompenses dues à leur dévouement, à leurs longs services, ainsi qu’à leur participation plus ou moins directe à la fabrication des objets exposés. S’inspirant à cet effet des termes du règlement, du nombre d’ouvriers et employés, et des propositions faites par les maisons exposantes, le Jury décerna aux collaborateurs de nos industries françaises les récompenses suivantes :
- DIPLOMES DE MÉDAILLES D’OR
- MM. ALBRAU (Marius), Maison Carret frères.
- BONICHON (Georges), Biscuits Pernot.
- BOUSQUET, Biscuits Pernot. '
- COURTOIS (Casimir), Biscuits Georges.
- JEANNEL (Henri), Biscuits Pernot.
- LEBRAU (Auguste), Carret frères.
- MARÉCHAL (Paul), Carret frères.
- MONARD (Louis), Biscuits Georges. ’
- PELLETIER (Claude), Biscuits Pernot.
- ROCHETTE, Biscuits Pernot.
- VALCKE (Gustave), Biscuits Georges.
- MÉDAILLE D’ARGENT M. FACE (Louis), Maison Renaud et Tripette.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- MM. BAUDREZ (Ernest), Maison Renaud et Tripette.
- CASSEL (Auguste), — —
- FACE (Albert) — —
- GOSSET (Constant), — —
- LIÈVIN (Jules) — —
- TAILLANDIER, — —
- DIPLOMES DE MÉDAILLES D’ARGENT
- MM. BADOCHE, Maison Carret frères.
- BONNICHON (Louis), Biscuits Pernot.
- CHAVAUTONI, — —
- COURRIÈGES (Onésime), Biscuits Olibet.
- GROSP1ERRE, Biscuits Pernot.
- LARGETEAU, Biscuits Olibet.
- NICOT (Ferdinand), Biscuits Pernot.
- MOUCHET, Maison Carret frères.
- MOUCHET, Biscuits Pernot.
- RECORDOEN, Biscuits Pernot.
- Mmes BOUGE ROL, Biscuits Pernot.
- CHARMONT, — —
- PELERBE (Augustine), Biscuits Georges.
- TH I BAUDOT, Biscuits Pernot.
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- GROUPE XVII. — CLASSES 98-99 DIPLOMES DE MÉDAILLES DE BRONZE
- MM. BLIGNY, Biscuit Pernot. BOUGEROT, — —
- DAGUET, — —
- DARGY, — —
- RÉVEILLON, — —
- IMPORTATION DES BISCUITS A THÉ
- L’importationyles Produits de la Biscuiterie désignés sous la dénomination de Biscuits à Thé est loin d’être importante, ainsi que nous pouvons en juger par le tableau ci-dessous, que nous devons à l’obligeance de l’Office National du Commerce Extérieur de la France, d’après le « Movento Comerciale del Regno d’Italia » publié annuellement par le Ministère des Finances du Royaume.
- ANNÉE 1910
- IMPORTATIONS DES BISCUITS A THÉ
- PAYS DE PROVENANCE QUANTITÉ EN 100 kg. VALEURS EN FRANCS
- Autriche-Hongrie 5 1 800
- Belgique 15 600
- France 156 soit 15 600 kg. 18 720
- Allemagne 302 30 200 — 36 240
- Grande-Bretagne 820 82 000 — 98 400
- Pays-Bas O O 360
- Suisse 67 8 040
- États-Unis 8 960
- 1 376 165 120
- En 1911, l’importation se serait élevée, d’après les chiffres provisoires fournis, à 1 540, soit une légère augmentation.
- Il est à noter cependant que cette statistique ne concerne que les biscuits ne contenant pas plus de 8 % de sucre. Ceux en contenant davantage sont rangés dans la rubrique Bonbons et Conserves au Sucre.
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES & CONCLUSIONS
- Au cours de ce rapport, nous avons constaté et nous ne saurions trop insister sur ce point, que nos exposants français ont fait de très heureux efforts pour participer à l’Exposition internationale de Turin.
- Rivalisant de bon goût et d’élégance en leurs diverses vitrines, ils ont soumis à l’appréciation du Jury des produits de premier ordre et parfaitement mis en relief par une présentation des plus élégantes, qui les ont placés, au point de vue des récompenses, dans d’excellentes et inexpugnables conditions.
- Il y a lieu aussi de remarquer que notre industrie française était représentée par des marques universellement appréciées et réputées, ayant déjà conquis de nombreux lauriers à toutes les Expositions, et qui se sont montrées, à Turin, à la hauteur de leur réputation méritée et, il faut le dire, universelle.
- Si nous jetons un coup d’œil sur l’exposition de la Section italienne, nous voyons qu’elle était copieusement représentée par de nombreux exposants en boulangerie, pâtes alimentaires, nouilles et macaronis, pâtisserie et biscuiterie. Mais il n’apparaît pas que de cet ensemble ressorte quelque produit nouveau et digne de retenir spécialement l’attention.
- Même observation en ce qui concerne l’Angleterre, l’Allemagne, représentées cependant par des maisons de premier ordre, dont la participation était absolument digne de leurs firmes universellement connues et appréciées.
- Nous avons à retenir que les Républiques sud-américaines ont répondu nombreuses à l’appel du Gouvernement italien et ont participé, tant en collectivité qu’individuelle-ment, à des expositions fort intéressantes, très dignes de grande attention, fort bien présentées et dénotant un essor considérable, une vitalité très active.
- Partout, tant dans la Section française que dans les Sections étrangères, nous avons constaté un grand souci de présentation élégante, très soignée et même luxueuse ; il faut y voir la continuation d’un mouvement en ce sens qui s’accentue d’année en année, sous la pression des progrès de l’imprimerie et de la lithographie, qui mettent journellement à la portée des industriels de nos professions, des emballages, des cartonnages plus luxueux plus appropriés à la présentation de nos produits. Il ne semble pas qu’on doive s’arrêter dans cette voie, et nos industriels français qui se sont toujours trouvés à la tête de tout ce qui est de bon goût, ne manqueront pas, en industriels avisés, de remarquer que l’étranger, depuis quelques années, ne reste pas en arrière et qu’il leur appartient de ne pas s’arrêter eux-mêmes dans cette marche dont ils ont donné le signal et l’exemple.
- En ce qui concerne les produits eux-mêmes, le goût français est resté bien caractéristique, et nos fabricants s’en sont toujours inspirés. On peut donc dire que nos produits sont restés bien personnels. Nous remarquons, au contraire, qu’à l’étranger toute la Biscuiterie courante s’inspire — souvent de loin, — de la Biscuiterie anglaise, et que sous l’influence des grands fabricants de machines anglaises, il se produit une sorte d’unification complète dans le monde entier, de goût et de forme que nous retrouvons partout.
- Ce n’est pas à dire que nos marques françaises ne soient pas en faveur à l’étranger ; d’aucunes sont servilement imitées qui doivent à l’initiative et au bon goût de nos grands fabricants une renommée qui dépasse de beaucoup nos frontières ; il s’agit alors de spécialités s’inspirant du goût français.
- La Section de notre Jury qui était chargée de l’examen du matériel servant à nos industries n’a rien remarqué qui ne fût déjà connu. Elle a constaté une abondance considérable de pétrins mécaniques pour la boulangerie, ce qui correspond aux tendances hygiéniques et pratiques qui se manifestent avec intensité depuis quelques années. Tous
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- ces instruments dérivant dn même principe sont cependant fort variés, mais ne motivent pas d’observations particulières concernant leur nouveauté. Cette Section a particulièrement remarqué comme fort intéressante une machine à plier automatiquement les paquets de chocolats et qui peut servir également pour les produits de nos Classes.
- Pour me résumer, il ne s’est rien trouvé de très particulièrement sensationnel à noter dans nos Classes, la production française se distingue par des créations personnelles plus adaptées au goût français ; la production étrangère, tout en ayant quelques produits spéciaux à chaque région (pain d’épices, massepains, etc.), se rapproche industriellement comme goût et forme de la Biscuiterie anglaise qu’elle cherche à copier sans l’égaler.
- Mais partout il s’est fait un grand progrès dans la présentation des produits, et il appartient à nos nationaux, en continuant sans hésitation leur marche en avant, de garder leur incontestable suprématie.
- En raison même de ce qui précède nous pouvons dire qu’il n’apparaît pas, pour les produits de nos industries, que l’Exposition de Turin puisse avoir d’importantes conséquences. Certes, les grandes marques françaises qui y ont participé avec entrain ont considéré qu’elles se devaient à elles-mêmes et à la France, de figurer dans ce tournoi, en affirmant par leur présence leur prestigieuse vitalité. Mais il semble qu’en raison même de l’unification de la production dont nous parlions tout à l’heure, elles ne trouveront, en dehors de l’affirmation de leur puissance et de leur activité, que des débouchés pour leurs spécialités personnelles, la consommation courante étant vulgarisée, dans chaque pays, par la production de ce pays
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- RAPPORT
- SUR LA CLASSE 100
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN
- RAPPORT SUR LA CLASSE 100
- CONFISERIE
- (Sucres, Cacaos, Chocolats, Confiserie, Cafés,
- Thés, Vanille.)
- Rapporteur : M • Louis GÉRARD *
- Ingénieur des Arts et Manufactures, Directeur-Administrateur de la Société Anonyme du Chocolat Lombart, Secrétaire de la Chambre Syndicale des Chocolatiers.
- PREMIÈRE PARTIE
- Installation de la Classe, Etude des Industries, Opérations du Jury.
- DEUXIÈME PARTIE
- Conclusions économiques.
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- LA CLASSE 100
- Sucres, Cacaos, Chocolats, Confiserie, Cafés, Thés
- Vanille.
- PREMIÈRE PARTIE
- 1° INSTALLATION DE LA CLASSE 100.
- A. GENÈSE DE U EXPOSITION. ÉLECTION DU COMITÉ.
- B. ORGANISATION. INAUGURATION.
- C. EXPOSANTS.
- 2° APERÇU GÉNÉRAL SUR LES INDUSTRIES DE LA CLASSE.
- D. SUCRES .................. 1. Production.
- 2. ‘Consommation.
- 3. Importation.
- 4. Exportation.
- E. CACAO EN FÈVES .......... 1. Production.
- 2. Consommation.
- F. CHOCOLATS ............... Importations, exportations.
- G. CACAO ET BEURRE.......... Importations, exportations.
- H. CONFISERIE, CONFITURES ET FRUITS \CONFITS. Importation,
- exportation.
- I. CAFÉS.................... 1. Production.
- 2. Consommation.
- 3. Exportation.
- /. THÉS...................... 1. Production.
- 2. Consommation.
- 3. Exportation.
- K. VANILLES................. 1. Production.
- 2. Consommation.
- 3. Exportation.
- L. RÉSUMÉ.
- 3° OPÉRA T IONS DU JURY.
- M. INSTALLATION.
- N. RÉCOMPENSES.
- O. RÉCOMPENSES DES PRÉCÉDENTES EXPOSITIONS.
- P. DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES. FERMETURE.
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- i° INSTALLATION DE LA CLASSE
- A. GENÈSE DE L’EXPOSITION, ÉLECTION DU COMITÉ If ADMISSION
- C’est en 1909 que la République française annonçait sâ participation officielle à l’Exposition Internationale des industries et du Travail, à Turin, pour célébrer le cinquantième anniversaire de la fondation du royaume d’Italie.
- A cette occasion, le 12 février 1910, le Gouvernement nommait en qualité de Commissaire général, M. Stéphane Dervillé, Président du Conseil d’Administration des chemins de fer P. L. M., Régent de la Ranque de France et ancien Directeur général-adjoint de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1900. Il désignait, en outre M. Pralon, Consul général de France à Turin, comme Commissaire général adjoint.
- C’est également par un décret du 14 février 1910 que le Comité français des Expositions à l’étranger était chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants, sous la direction et le contrôle du Commissaire général.
- M. Bellan était nommé Président du Comité d’organisation de la Section française, et par une circulaire du 18 juin 1910, confirmée par une suivante en date du 28 septembre 1910, M. Emile Dupont, Sénateur, Président du Comité français des Expositions à l’étranger, faisait part de son intention de constituer les Comités d’admission à partir du 1er octobre 1910.
- Dès cette époque, M. Jules Cahen était désigné comme Président du Groupe XVII (Alimentation), comprenant les Classes 98 à 102.
- Le 28 novembre 1910, les membres du Comité d’admission du Groupe XVII se réunissaient, pour l’examen de la concordance entre la classification italienne et la classification française, et la constitution des Bureaux.
- Après le vote, ceux-ci étaient constitués de la façon suivante :
- Président................... MM. CAHEN (Jules).
- Vice-Présidents............. CHEVALLIER - APPERT, DEWAVRIN, GÉ-
- RARD, LOIR, PELLIER, REBOURS, RICHARD, VILGRAIN, VIRAT.
- Secrétaires................. BOURREAU, ESTIEU, LAGAYE, MAITRE,
- TERNYNCK.
- Trésorier .................. ROUZAUD.
- B. ORGANISATION. INAUGURATION
- Le 9 janvier 1911, une’réunion avait lieu pour l’organisation et l’installation du Groupe, qui se divisa en deux parties :
- GROUPE DE L’ALIMENTATION SOLIDE : Classes 98 à 101 réunies.
- GROUPE DES LIQUIDES.
- Le Comité, grâce à l’activité de son président et à la bonne volonté de tous, se mit aussitôt d’accord pour l’emplacement donné à Turin, le choix de l’entrepreneur et le recrutement des adhérents.
- Le principe d’une décoration uniforme fut admis, et M. Chevalié fils, ayant offert les meilleures conditions, fut choisi comme entrepreneur général par le Comité.
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- SUCRES, CACAOS, ETC,
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- M. Chevalié devait se charger du transport des colis, à l’aller et au retour, de l’assurance, de toutes les formalités de douane, de la location des vitrines, installation, sur-
- veillance, présentation auprès du Jury et du public, etc.
- Les prix suivants furent demandés :
- 1° Vitrine adossée, le mètre courant...................... 570 francs
- 2° Vitrine isolée, le mètre linéaire façade développée.... 425 —
- Les exposants demandant des vitrines isolées devaient payer en sus, pour frais de représentation et d’installation, par mètre carré : 135 francs.
- Quant aux exposants autorisés à faire eux-mêmes leur vitrine isolée, le prix était de 300 francs, par mètre de façade développée, pour prix de l’emplacement sur le sol et les frais de décoration générale et spéciale de la classe.
- Le droit de vente et de dégustation sur place obligeait à une redevance qui devait faire l’objet d’un forfait entre les exposants et le Comité.
- Disons ici que le Groupe XVII comprenait toutes les diversités se rattachant à l’alimentation ; la Classe 100 était réservée à la Confiserie.
- Quant aux machines et appareils servant à l’alimentation, ils étaient installés en contiguité avec les autres machines de la Section française, tout en continuant à appartenir au Groupe pour la classification et le Jury.
- Le 17 mars 1911, l’architecte, M. de Montarnal, donnait communication du plan définitif, avec les principales adhésions.
- Si, dans son ensemble, la Section française se présentait bien, il faut attribuer ce résultat plutôt à la décoration qu’à l’emplacement lui-même dont les exposants et l’architecte, M. de Montarnal, ont su tirer le meilleur parti.
- L’alimentation solide occupait un emplacement de 270 mètres carrés avec 50 mètres de vitrines.
- La Classe 100 comptait 16 exposants ; les machines et appareils servant à l’alimentation étant installés d’autre part, comme il est dit plus haut.
- Les vitrines, de style Louis XV, étaient d’un bon effet. Prêtes en temps voulu, elles n’ont pu être installées aussitôt qu’on l’eût désiré, l’emplacement nous ayant été remis avec quelque retard, du fait que certains bâtiments avaient eu à souffrir des intempéries de la saison à Turin.
- Quoi qu’il en soit, les travaux d’installation furent menés rapidement, et nous nous plaisons à constater ici que la mission confiée à M. Chevalié fut remplie à la satisfaction de tous, aucune réclamation ne nous étant parvenue.
- Nous exprimerons cependant le regret des difficultés rencontrées pour les formalités en douane, ou plutôt à la manutention, qui n’ont pas été rendues très faciles, ainsi qu’il a déjà été constaté dans de précédentes expositions.
- Nous aimons à penser qu’à l’avenir les mesures nécessaires seront prises pour éviter ce fâcheux inconvénient.
- L’inauguration de la Section française eut lieu le 21 mai 1911, par M. Massé, ministre du Commerce et de l’Industrie. Dans son ensemble l’Exposition était d’un bel aspect.
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- C. EXPOSANTS
- Ainsi qu’il est dit plus haut, la Classe 100 comprenait pour la France, 16 exposants d’une part, chocolatiers, confiseurs, cafés, confitures, fruits confits, sucres, etc., savoir :
- CHAMBRE SYNDICALE DES PATRONS CONFISEURS, Marseille.
- ÉTABLISSEMENTS JULIEN DAMOY ............ Chocolat, Bonbons.
- ÉTABLISSEMENTS DEBRAY...................... Cafés.
- DEWAVRIN................................... Sucre.
- DURAND..................................... Fruits confits.
- FICHOT-LANDRIN ............................ Couleurs végétales.
- FRAPPA-ZAVATTERO........................... Bonbons aux fruits.
- GROUARD FRÈRES............................. Percolateurs.
- LAGAYE .................................... Fruits confits.
- LOMBART.................................... Chocolat, Confiserie.
- MAITRE FRÈRES.............................. Confitures.
- MENIER ...................................... Chocolats.
- MEUNIER FRÈRES ............................ Chocolats.
- REBOURS.................................... Dragées.
- ROUZAUD .................................. Chocolat.
- TERNYNCK................................... Sucre.
- Plus 7 exposants pour machines servant à l’alimentation qui étaient : ,
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS SAVY. )
- BRÉHIER et Cie.
- DERIVEAU, Paris.
- KESTNER (Paul), Lille.
- NAVARRE et Fils, Paris.
- HERVÉ et Cie, Bordeaux.
- JOVIGNOT, Paris.
- Soit au total 23 exposants.
- Par ordre d’importance, du fait de leurs exposants ou.de leurs installations, venaient : l’Italie ; la France ; la Belgique ; l’Angleterre.
- Le Brésil, et ensuite le Venezuela et la République Argentine, avaient une exposition importante de produits naturels, surtout en “cafés” et un peu en “cacaos”.
- L’Allemagne était représentée surtout par ses machines.
- On comptait aussi les nations ci-après :
- La Chine, l’Équateur, le Japon, le Pérou, la Russie, la Serbie, le Siam, la Turquie, l’Uruguay.
- Quant à la Suisse et la Hollande, elles n’étaient pas représentées.
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- Le cadre restreint de ce rapport ne nous permet pas de faire un historique de chacune des maisons exposantes ; néanmoins, nous en citerons quelques-unes sur lesquelles notre attention a été appelée plus particulièrement, et dont les efforts ont été récompensés par l’obtention d’un Grand Prix ou d’un Diplôme d’honneur.
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- Ce sont, parmi les sections étrangères :
- S. YENCHI, à Turin. — Cette Maison, fondée en 1878, eut des origines bien modestes. Grâce à l’impulsion qui lui a été donnée, elle est aujourd’hui l’une des maisons les plus appréciées, en Italie, pour la fabrication du chocolat, des confitures et des caramels.
- Transformée depuis 1905 en Société anonyme, elle occupe une superficie de 14 000 mètres carrés, et plusieurs centaines d’ouvriers qui donnent une moyenne de production de 5 000 kilos par jour.
- La Maison Venchi, aujourd’hui au capital de 3 000 000 de francs, a remporté les plus hautes récompenses dans les Expositions auxquelles elle a pris part.
- MORIONDO et GARIGLIO, à Turin. — Maison très importante qui avait exposé ses chocolats et cacaos, dans un joli cadre. Elle était placée Hors Concours.
- TALMONE (Michèle), à Turin. — Belle exposition.
- LAZZARONI, à Saronno. — A retenu l’attention des visiteurs par son exposition de biscuits et thés.
- C’est une maison importante.
- CHOCOLATERIE-CONFISERIE ANTOINE, à Bruxelles. — Cette Maison, fondée en 1850, est aujourd’hui l’une des plus importantes en Belgique, par la fabrication et la qualité de ses produits chocolats et confiserie. Grâce aux efforts de ses dirigeants, elle a conquis les plus hautes récompenses aux précédentes Expositions.
- A Turin elle était placée Hors Concours et Membre du Jury.
- MARTOUGIN (Alfred), à Anvers. — Maison fondée en 1883.
- L’usine comporte une superficie de 4 000 mètres carrés. Elle fabrique uniquement les chocolats et s’applique principalement à la fabrication des paquets fins.
- A l’Exposition de Turin la Maison Martougin était placée Hors Concours et Membre du Jury.
- ÉTABLISSEMENTS DELHAIZE FRÈRES et Cie, à Bruxelles. — Cette Maison se distingue par l’ensemble de ses fabriques, ateliers et magasins, pour tous produits d’alimentation. Ses principales spécialités sont les biscuits, les pains d’épices, les liqueurs, vinaigres, cafés, moutardes, et aussi les chocolats et confiseries.
- C’est assez dire l’importance de cette maison qui, fondée en 1867, occupe un personnel de 1250 ouvriers, et dont les magasins et fabriques couvrent une superficie d’environ 10 hectares.
- Elle a obtenu un Grand Prix à l’Exposition de Turin.
- CHOCOLATERIE MEYERS, à Laeken-Bruxelles. — Les spécialités de cette Maison sont surtout les bonbons chocolats fins et la confiserie, les chocolats à croquer à la noisette, etc.
- Cette Maison, dont la fondation remonte en 1862, a été placée Hors Concours, M. Meyers était Membre du Jury.
- LA NUTRICIA à Laeken. — Cette Société, fondée en 1898, a exposé comme fabricant de produits lactés et à base de chocolat pour l’alimentation.
- Pour les chocolateries, biscuiteries, etc., elle fabrique du lait en poudre, du lait condensé avec ou sans sucre, et de la crème de lait. La “Nutricia” fournit la plupart des chocolateries et biscuiteries en Hollande et en Belgique et a obtenu le Grand Prix à l’Exposition de Turin.
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- J. S. FRY and Sons Ltd, à Londres.—C’est une des plus anciennes fabriques de chocolat en Angleterre. Fondée en 1778, elle est devenue aujourd’hui une petite ville industrielle.
- L’établissement est aujourd’hui si important que des industries annexes sont venues s’ajouter à la fabrication du chocolat, telles que la fabrication des boîtes en carton et en bois, scierie mécanique, etc.
- Ses expositions retiennent toujours l’attention.
- Après ces quelques renseignements donnés sur les maisons étrangères, nous ne voulons pas nous étendre très longuement sur les exposants français dont les installations rivalisèrent de goût. Il serait certainement superflu de faire un nouvel historique de ces maisons.
- La Classe 100 comprenait les industries suivantes :
- Chocolats, sucres, confitures, thés, cafés.
- Dans l’exposition de la chocolaterie, on remarquait surtout la Maison MENIER, qui obtint le Grand Prix. Cette Maison, si universellement connue, avait également un kiosque de dégustation dans les jardins de l’Exposition.
- La Maison DAMOY, transformée aujourd’hui en Société anonyme, obtint également un Grand Prix, pour la fabrication de ses divers articles d’alimentation, tels que biscuiterie, pâtisserie, chocolats et confiserie, etc.
- On remarquait la Maison LOMBART, l’une des plus importantes fabriques de chocolat et confiserie. Cette Maison, fondée en 1760, se distingue particulièrement par la qualité de ses produits. Elle occupe un personnel de 1 000 ouvriers et plus, et a obtenu les plus hautes récompenses aux Expositions. A Turin, elle était Hors Concours et Membre du Jury.
- Parmi les diplômes d’honneur nous citerons la Maison LAGAYE pour ses fruits confits et pâtes de fruits, la Maison MEUNIER Frères, la Maison REBOURS, à Troyes, pour ses confiserie, dragées et bonbons.
- Une Médaille d’or fut accordée à M. FRAPPA-ZAYATTERO, à Rive-de-Gier, pour ses bonbons aux fruits.
- Étaient placées Hors Concours, comme Membres du Jury, les Maisons ROUZAUD, à Royat, et DURAND, à Carcassonne.
- On remarquait aussi la SOCIÉTÉ DES SUCRERIES TERNYNCK, à Chauny, dont la fondation remonte en 1838. Cette Maison s’occupe spécialement des sucres de consommation directe pour les confiseurs, liquoristes et fabricants de chocolat.
- Cette Maison, qui a constamment perfectionné son matériel, occupe un personnel d’environ 850 ouvriers et employés.
- Comme à Bruxelles en 1910, elle obtint un Grand Prix à l’Exposition de Turin.
- La confiturerie parisienne était représentée par la Maison MAITRE Frères, à Billancourt, fondée en 1857 ; sa fabrication consiste en confitures, conserves de fruits, marrons glacés, et sa production annuelle est de 3 000 000 de kilos environ.
- Un Diplôme d’honneur lui a été accordé.
- Nous citerons aussi la CHAMBRE SYNDICALE DES PATRONS CONFISEURS, à Marseille qui reçut un Diplôme de médaille d’or.
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- Les Établissements DEBRAY, à Clichy, représentaient l’industrie du café. Par la livraison directe au consommateur de ses articles avec primes, cette Maison est devenue l’une des plus importantes du genre. Elle a pris une grande extension, et outre ses ateliers et magasins à Clichy, elle possède nombre de brûleries régionales et occupe à cet effet un nombreux personnel.
- A Turin, elle était Hors Concours et Membre du Jury.
- 2e APERÇU GÉNÉRAL SUR LES INDUSTRIES DE LA CLASSE
- Venant de passer en revue les Expositions françaises et étrangères, nous allons étudier l’état actuel des industries de notre Classe, leurs progrès et leur situation mondiale.
- Nous nous occuperons successivement :
- D. Des sucres.
- E. Des cacaos en fèves.
- F. Chocolats.
- G. Cacaos poudre, pains et beurre.
- H. Confiserie, confitures, fruits confits.
- I. Cafés.
- J. Thés.
- K. Vanilles.
- L. Résumé.
- D. SUCRES
- 1° PRODUCTION. — Tout le monde est d’accord, aujourd’hui, pour considérer le sucre comme un produit d’une grande propriété nutritive. Nous le voyons recommandé partout dans l’alimentation, et nous constatons une augmentation continuelle de sa consommation mondiale qui est suivie assez difficilement par la production, surtout en ces dernières années ; nous enregistrons même, pour certaines d’entre elles, une consommation supérieure à la récolte.
- La production mondiale était en 1900-1901 de 9 millions de tonnes, elle passait en 1909-1910 à plus de 14 millions, soit une augmentation, en moins de dix ans, de plus de 35 %
- Le sucre de canne et celui de betterave se partagent actuellement, à très peu de chose près, l’ensemble de la production qui était pour la canne, il y a une dizaine d’années, bien au-dessous de celle de la betterave, mais paraît maintenant vouloir la dépasser. Nous voyons en effet une augmentation progressive sensible chez les principaux pays producteurs de canne : Cuba, de 313 000 tonnes en 1899-1900 passe à 1 483 000 tonnes en 1910-1911, après avoir vu l’année précédente une récolte de 1 804 000 tonnes; les Indes orientales anglaises, de 1 889 000 tonnes en 1899-1900, arrivaient en 1910-1911 à 2 226 000 ; Java passait de 762 000 à 1229 000. Les îles Hawaï de 247 000 tonnes en 1898-1899, passaient à 506 000 tonnes ; à quelques exceptions près, il en est de même de la plupart des autres pays de canne à sucre.
- Au contraire, la plupart des pays d’Europe producteurs de sucre de betterave voient leur récolte se maintenir difficilement en ces dernières années.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- La proportion de la production du sucre de canne, comparativement à celle de la betterave, peut se traduire par les chiffres suivants, indiqués en pourcentages :
- 1900-1901 Sucre de betterave 65,7 % de canne 34,3 %
- 1901-1902 — — 66,3 % — 33,7 %
- 1902-1903 — — 60,1 % — 39,9 %
- 1903-1904 — — 58,4 % — 41,6 %
- 1904-1905 — — 53,8 % — 46,2 %
- 1905-1906 — — 60,5 % — 39,5 %
- 1906-1907 — — 58,5 % — 41,5 %
- 1907-1908 — — 59,1 % — 40,9 %
- 1908-1909 — — 56,8 % — 43,2 %
- 1909-1910 — — 51,8 % — 48,2 %
- 1910-1911 — - 50,4 % — 49,5 %
- Il est facile de constater, d’après ces chiffres, que c’est le sucre de canne qui a pourvu l’augmentation de consommation en ces dernières années.
- La culture de la canne et celle de la betterave pourront se poursuivre concurremment pendant de longues années, mais la betterave fera certainement beaucoup moins de progrès, car la plupart des principaux pays actuels où elle se cultive se trouvent déjà à la limite de leur capacité de production, aussi bien comme culture que comme procédés de fabrication et aussi parce que la production de sucre par hectare de terre est en général inférieure à celle de la canne ; elle n’est en effet en Europe que de :
- 37 à 45 quintaux pour l’Allemagne.
- 31 à 32 — — la France.
- 27 à 28 — — l’Autriche.
- 19 à 20 — — la Russie.
- 38 à 40 — — la Belgique.
- 30 à 37 — — la Hollande.
- 30 à 40 — — le Danemark.
- Alors que dans les pays de canne à sucre elle est de :
- 40 à 45 quintaux à Cuba.
- 90 à 100 — à Java.
- 30 à 40 — en Australie.
- 100 à 300 — aux îles Sandwich.
- 50 à 60 — à l’île Maurice.
- 30 à 70 — aux Indes occidentales anglaises.
- 30 à 35 — aux Indes occidentales françaises.
- 40 à 70 — en Amérique du Sud.
- Ces derniers rendements pourraient encore être augmentés si on consacrait à la canne à sucre, dans les pays tropicaux, les mêmes soins que ceux consacrés à la betterave dans la plupart des pays européens.
- En Allemagne, la production depuis 1905-1906 a varié entre 2 000 000 de tonnes et 2 600 000; l’Autriche-Hongrie qui produisait 1300 000 tonnes en 1901-1902 n’était qu’à 1 538 000 en 1910-1911. En France, non seulement il n’y a pas d’augmentation, mais au contraire nous enregistrons une très sérieuse diminution. De 1123 000 tonnes en 1901-1902, nous tombons à 724 000 tonnes seulement en 1910-1911 et la dernière campagne 1911-1912 n’a été que de 550 000 tonnes, soit à peine la moitié du chiffre de 1901-1902.
- Cette diminution colossale de notre production n’est que le résultat de mauvaises récoltes, car nous n’avons pas à enregistrer de diminution dans la superficie ensemencée,
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- puisqu’en 1906 elle était de 221047 hectares et a été successivement pendant les années suivantes de 219 523, 222 970, 236 780, 223 070, pour finir en 1911 en augmentation avec une superficie de 239 510 hectares. Mais alors que la récolte était en 1906 de 5 409 694 tonnes de betteraves, elle n’était en 1911 que de 3 860 950 tonnes, soit une diminution de rendement à l’hectare, entre les deux exercices extrêmes, de près de 34 %.
- L’Italie est un des rares pays européens accusant une augmentation de sa production, laquelle étant insignifiante il y a peu d’années encore (elle n’était en effet que de 60 000 tonnes en 1900-1901), arrivait en 1910-1911 à 170 000 tonnes ; elle paraît donc vouloir prendre une extension assez sérieuse. On compte actuellement en Italie 35 fabriques de sucre et 9 raffineries dont 6 annexées à des fabriques de sucre. Le grand centre de production semble se localiser dans la partie inférieure de la vallée du Pô ; il existe toutefois des fabriques isolées dans d’autres contrées : Avezzano, Foldignio et Riéti, Naples, Castelfiorentine, Montepulciano, S. Vito et Tagliamento, Alexandrie, Savigliano.
- Si l’ensemble de la production de ces fabriques isolées ne représente à peine que la sixième partie du total produit en 1910-1911, elle nous donne cependant l’indication que la culture pourra s’étendre en Italie.
- PRODUCTION COMPARÉE DE LA FRANCE ET DE L’ITALIE EN TONNES
- Années France Italie i
- 1900-1901 1.113.893 60.000
- 1901-1902 1.123.545 A 74.300
- 1902-1903 833.210 95.400
- 1903-1904 804.308 103.660
- 1904-1905 622.422 74.830
- 1905-1906 1.089.684 90.380
- 1906-1907 756.094 103.430
- 1907-1908 727.712 132.660
- 1908-1909 807.059 161.640
- 1909-1910 806.405 107.170
- 1910-1911 724.063 170.340
- 1911-1912 550.000
- En ce qui nous concerne nous récoltons en outre dans nos colonies comme sucre de canne :
- Années Martinique Guadeloupe Réunion
- 1909-1910 39.950 48.000 39.319
- 1910-1911 35.000 38.000 43.128
- 1911-1912 (estimé) 35.000 38.000 40.000
- 2° CONSOMMATION. — Comme nous l’avons déjà dit, la consommation mondiale va sans cesse en augmentant et dépasse parfois même la production. Elle était de 9 304 147 tonnes en 1901-1902 et de 13083 523 tonnes en 1910-1911, Indes non comprises;
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- En France, la consommation par tête d’habitant, qui était de 10 k. 9 en 1900-1901 est passée en 1909-1910 à 17 k. ; la plus forte augmentation s’est fait sentir pendant l’exercice 1903-1904 aussitôt après l’abaissement de la taxe de fabrication de 60 à 25 francs. De 12 k. 6 l’exercice précédent, elle passait à 15 k. 8, soit 3 k. 2 en plus par habitant ; l’augmentation a été bien moins sensible depuis, mais il faut l’attribuer en grande partie à la cherté du produit qui a été un obstacle sérieux en ces derniers temps.
- CONSOMMATION PAR TÊTE D’HABITANT
- Années France Italie
- 1899-1900 » » 2 k. 76
- 1900-1901 10 k. 9 2 k. 85
- 1901-1902 11 k. 7 3 k. 27
- 1902-1903 12 k. 6 3 k. 35
- 1903-1904 15 k. 8 3 k. 46
- 1904-1905 15 k. 6 3 k. 22
- 1905-1906 15 k. 9 3 k. 57
- 1906-1907 16 k. 4 3 k. 61
- 1907-1908 16 k. 5 3 k. 79
- 1908-1909 16 k. 9 3 k. 92
- 1909-1910 17 k. 1 4 k. 24
- En Italie la consommation par tête d’habitant est très au-dessous de celle de la France. Elle n’était en 1899-1900 que de 2 k. 76 et passait à 4 k. 24 en 1909-1910, nous pouvons constater toutefois une augmentation progressive, mais qui, certainement est entravée, par les taxes très importantes perçues sur la fabrication et qui ont été modifiées maintes fois depuis leur application en 1877. Elles ont, en effet, été augmentées de 21 lires 15, progressivement de 1877 à 1879, pour atteindre en 1911 71 lires 15 ou 60 lires 20, suivant que le sucre est de lre ou de 2e classe. Ces taxes doivent encore être augmentées de une lire par année jusqu’en 1917, où elles atteindront alors 76 lires 15 et 73 lires 20.
- Le sucre est aussi frappé en Italie de taxes d’octroi, dans certaines villes, allant parfois jusqu’à 13 lires et portant ainsi le total des droits acquittés par le consommateur à 90 lires ; il est de toute évidence que ces taxes ne sont pas faites pour augmenter la consommation et nous verrons certainement beaucoup de temps s’écouler, avant qu’elle n’approche celle de la France.
- Le pays le plus grand consommateur par tête d’habitant, est le Royaume-Uni, qui en consomme près de 40 kilos par tête ; la Suisse est également un gros consommateur, mais elle en emploie une grosse quantité à la confection de ses chocolats destinés à la réexportation. Si ces quantités étaient déduites de l’ensemble de la consommation, elles feraient baisser celle-ci, par tête, dans une notable proportion. Les États-Unis, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Hollande, l’Allemagne, sont aussi de gros consommateurs de sucre ; l’Autriche-Hongrie et la Russie, qui cependant sont gros producteurs, n’en consomment que 11 k. 43 et 10 k. 39.
- 3° IMPORTATION. — Le chiffre des importations de sucre en France dépend naturellement de notre propre récolte, et comme elle va sans cesse en diminuant, l’importation va sans cesse en augmentant de façon à assurer les besoins de notre consommation.
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- Pendant la campagne sucrière 1905-1906, la récolte de la betterave ayant été favorable, puisque la production de sucre dépassait un million de tonnes, nous n’avons qu’une faible importation de sucres de toute nature (75 099 tonnes alors qu’elle doublait presque en 1910 : 142 453 tonnes).
- La plus grande partie de l’importation vient de nos colonies : 119 533 tonnes de sucre brut en 1910 provenant de la Guadeloupe, Martinique, Réunion et Mayotte. En résumé, nous avons absorbé la totalité de leur production ; le complément de nos importations consiste en 25 072 tonnes de sucre de canne de provenances diverses et 1925 seulement de betterave.
- En Italie, au contraire, par suite de l’augmentation de production, l’importation va en décroissant. Elle était de 77 000 tonnes en 1896 et n’était plus que de 6 545 tonnes en 1910 ; la plus grosse partie venant de l’Autriche, 4 792 tonnes, 974 seulement venant de France et 598 d’Angleterre.
- En somme, l’importation italienne est insignifiante maintenant et n’augmentera certainement pas ; l’Italie bénéficiant de l’article 6 de la convention de Bruxelles, qui lui donne la faculté d’augmenter ses droits protecteurs, alors que les puissances liées par ladite convention n’ont qu’une protection uniforme de 6 francs les 100 kilos.
- En Europe, l’Angleterre et la Suisse, gros consommateurs non producteurs, sont naturellement de gros importateurs. L’Angleterre a importé en 1910, 1 728 729 tonnes dont 66 502 de France, la Suisse ne nous a acheté en 1910 que 11 637 tonnes de raffiné contre 141 715 en 1908 ; elle s’alimente surtout en Autriche et en Allemagne.
- 4° EXPORTATION. — L’exportation française, avec les très faibles récoltes de ces dernières années, ne fait naturellement pas de progrès. Elle était de 267 733 tonnes en 1904, 416 107 tonnes en 1905 ; elle retombait graduellement jusqu’à 181 079 tonnes en 1910 (quantités exprimées en raffiné).
- La plus grosse quantité de sucre raffiné est à destination de l’Algérie : 33 285 tonnes en 1910 ; le Maroc vient ensuite avec 24 843, la Suisse 11 637, l’Angleterre 9 514 ; à qui nous avons expédié en outre 56 640 tonnes de sucre brut indigène. Viennent ensuite la Tunisie, l’Uruguay, la Turquie, etc.
- Gomme déjà dit, l’Italie étant une des trois puissances bénéficiant de l’article 6 de la convention de Bruxelles, l’exportation lui sera interdite tant que la surtaxe de douane dépassera la protection de 6 francs les 100 kilos. Mais, comme son industrie sucrière est encore trop récente, il est probable que l’augmentation de production sera absorbée pendant un certain temps encore, par l’augmentation de consommation, qui est loin d’atteindre les quantités consommées par la plupart des pays européens.
- En Europe, les principaux pays exportateurs sont : l’Allemagne, qui exporte généralement plus d’un million de tonnes par an, sauf dans certains exercices comme 1909-1910 et 1908-1909. L’Autriche en exporte 800 000 tonnes environ par an ; la Russie a actuellement ses quantités limitées par la convention de Bruxelles à 200 000 tonnes par an. Par suite de la pénurie du sucre sur la plupart des marchés européens, elle a cependant obtenu de la conférence de Bruxelles en février 1912, d’augmenter son chiffre de 150 000 tonnes pour la présente campagne, et 100 000 tonnes à distribuer sur les campagnes suivantes.
- Hors d’Europe, la plus grosse quantité exportée part de Cuba, et approche certaines années de un million et demi de tonnes.
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- E. CACAOS EN FÈVES
- TABLEAU DES QUANTITÉS EN 1910 PAR ORDRE D’IMPORTANCE POUR LES DIFFÉRENTS PAYS PRODUCTEURS
- 1895 Provenance 1910
- 7.022.873 San Thomé 36.664.774
- 18.956.000 Équateur 36.305.192
- 10.846.000 Brésil 29.157.600
- 13.550.340 Trinitad 26.230.871
- 13.124 et Lagos Côte d’Or 23.111.509
- 7.712.000 T Vénézuéla 17.250.569
- 1.660.000 République Dominicaine 16.623.127
- 4.350.000 Grenade 5.846.385
- 120.000 Colonies Allemandes en Afrique ... 4.072.703
- 1.690.854 Ceylan 4.069.435
- » )) Lagos 3.351.984
- 960.291 Indes Hollandaises 2.578.612
- 1.250.000 Haïti 2.500.000
- )) )) Fernando-Po 3.114.150
- 4.456.338 Surinam 2.042.522
- 875.000 Jamaïque 1.763.065
- 736.000 Colonies Françaises 1.574.788
- 1.345.000 Cuba 1.411.949
- )> )) Dominique 1.000.000
- )) )) Congo belge 901.894
- 369.000 Sainte-Lucie 650.000
- )) )) Costa Rica 183.895
- 300.000 Autres pays 1.500.000
- 76.212.820 220.905.024
- 1° PRODUCTION. — La culture du cacaoyer existait déjà au Mexique et dans les autres états de l’Amérique Centrale, lors de la découverte du Nouveau-Monde.
- Les Français n’en commencèrent la culture dans leurs colonies que vers le milieu du xviie siècle.
- Suivant les besoins de la consommation, les plantations se sont multipliées, et aujourd’hui l’Afrique vient apporter un appoint important à la production mondiale actuellement considérable.
- La récolte ne dépassait pas, il y a une quinzaine d’années, 65 millions de kilos ; en 1902 elle était déjà de 123 millions, et nous arrivions en 1910 avec une récolte de 221 millions de kilos en chiffres ronds. C’est, par conséquent, depuis quinze ans, une production presque triplée et depuis 1902 une augmentation de 79 %.
- Les produits à base de cacao sont en effet appréciés du monde entier, et si au début de l’importation en Europe, la préparation de la pâte de cacao était très rudimentaire, elle a fait depuis et fait journellement des progrès importants. La plus grande partie du travail à la main est en effet remplacée depuis longtemps par des machines qui se mul-
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- tiplient et se perfectionnent sans cesse, lesquelles permettent de livrer à la consommation des produits mieux finis, tout en les rendant plus accessibles aux bourses modestes. Les multiples manières de présenter les articles à base de cacao et aussi surtout les différents accommodements ont contribué à faire apprécier le cacao ; la confiserie lui doit aujourd’hui les meilleurs de ses produits.
- L’Amérique récolte la plus grande partie des cacaos de qualité supérieure, alors que l’Afrique récolte surtout les sortes de consommation courante, ces dernières tiennent aujourd’hui une part beaucoup plus large dans la récolte que les sortes fines qui représentaient, il y a une quinzaine d’années, une proportion de 75 % et ne représentent plus maintenant que 40 ou 45 %.
- L’augmentation de consommation des sortes fines pourra, nous l’espérons, continuer pendant longtemps encore à être alimentée par les anciens pays producteurs d’Amérique qui ne sont certainement pas encore arrivés à leur maximum de production. L’Afrique doit pouvoir fournir un champ considérable à l’augmentation de récoltes des sortes courantes, tant que la culture rapportera un prix suffisamment rémunérateur aux planteurs. Nous en avons, du reste, un exemple frappant en Afrique occidentale britannique avec la Côte de l’Or qui, produisant 36 kilos en 1891 pour son début, arrivait en 1910 à dépasser 23 millions de kilos, se classant ainsi en moins de vingt ans, quatrième des pays producteurs, cette contrée paraît devoir devenir d’ici quelques années le plus grand producteur de cacao du monde entier.
- Les colonies françaises ne participent que pour une faible quantité à la récolte mondiale ; il y a, malgré tout, un mouvement ascensionnel intéressant puisque de 695 000 kilos en 1894 la récolte passait à 1 574 788 en 1910.
- La Guadeloupe et la Martinique en fournissent la plus grande quantité. Dans cette dernière, la récolte pourrait être beaucoup plus importante, mais la culture du cacaoyer ne passe qu’au second plan, après celle de la canne à sucre.
- En Afrique, le Congo français fournit 120 000 kilos ; là, les bénéfices retirés avec le caoutchouc ralentissent le développement de la culture du cacao sans doute moins rémunératrice.
- Les autres pays, Mayotte, Réunion, Madagascar, la Guyane, la Côte d’ivoire et le Dahomey ne produisent encore que de faibles quantités.
- La presque totalité de la récolte des colonies françaises est expédiée dans la métropole.
- Les cacaos des colonies jouissent, en France, d’un avantage considérable puisque les droits de douane qu’ils ont à supporter ne sont que de 52 fr., au lieu de 104 fr., soit une différence à leur profit de 52 francs par 100 kilos, ce qui devrait donner une grande extension à la culture du cacaoyer dans nos colonies africaines.
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- CONSOMMATION MONDIALE DES CACAOS EN FÈVES
- PAYS CONSOMMATION
- 1895 1910 Par tête d’habitant 1910
- États-Unis 13.188.172 kg. 50.314.623 kg. 0 kg. 550
- Allemagne 9.936.200 — 43.941.300 — 0 kg. 724
- France 15.243.163 — 25.068.300 — 0 kg. 638
- Angleterre 10.955.995 — 24.082.248 — 0 kg. 547
- Hollande 8.592.000 — 19.187.000 — 4 kg. 001
- Suisse 2.205.600 — 9.089.000 — 2 kg. 653
- Espagne 6.478.305 — 5.517.213 — 0 kg. 293
- Autriche-Hongrie 1.089.600 — 4.961.800 — 0 kg. 109
- Belgique 1.654.508 — 4.791.761 — 0 kg. 648
- Russie et Finlande 1.027.871 — 3.809.021 — 0 kg. 029
- Italie 564.200 — 1.885.800 — 0 kg. 056
- Danemark 568.787 — 1.600.400 — 0 kg. 615
- Canada 158.415 — 1.523.872 — 0 kg. 236
- Suède 415.218 — 1.235.886 — 0 kg. 257
- Norvège 152.726 — 851.375 — 0 kg. 380
- Australie 302.135 — 750.000 — 0 kg. 168
- Portugal 169.700 — 0 kg. 033
- Autres pays 2.000.000 —
- Totaux 72.532.895 — 200.779.299 —
- 2° CONSOMMATION. — En consultant la consommation mondiale par pays, nous remarquons que la France y occupe un bon rang. Elle arrive en 1910 avec un poids de 25 millions de kilos, après les États-Unis 50 millions, et l’Allemagne 43 millions.
- Sa consommation par tête d’habitant est de 0 k. 638 contre 0 k. 550 pour les États-Unis, 0 k. 524 en Allemagne, et 0 k. 648 en Belgique.
- Nous ne parlons pas de la Hollande ni de la Suisse pour la consommation par tête d’habitant; la plus grande partie de l’importation étant, en effet, destinée à la réexportation, sous forme de poudre de cacao et de beurre, pour le premier pays, et de chocolat au lait en grande partie, pour le deuxième.
- L’Italie n’importe qu’une quantité relativement faible, comparativement à la France : 1 885 000 kilos en 1910, soit 0 k. 056 par tête d’habitant.
- Si, depuis 1895, l’Allemagne et les États-Unis ont une progression rapide par rapport à celle de la France, il faut tenir compte de la population qui reste à peu près stationnaire en France, alors qu’en Allemagne, par exemple, elle augmente d’un demi-million par an environ-
- En 1860, l’importation française était de 5 millions de kilos ; elle passait à 8 en 1890 puis à 17 millions en 1900, et à partir de 1906 le chiffre s’est maintenu aux environs de 23 millions pour arriver en définitive à 25 millions en 1910. La consommation française déjà relativement importante par tête d’habitant, ne montera plus probablement que très lentement, en raison des droits de douane qu’elle a à supporter. La France prélève en effet avec l’Espagne et la Russie le droit le plus élevé du monde entier, et comme il faut ajouter à ces droits celui de 25 francs sur les sucres entrant dans la composition du chocolat, il en résulte qu’en France la poudre de cacao aussi bien que les chocolats ne sont pas encore accessibles à toutes les bourses, le consommateur français devant, en effet, payer comparativement aux pays n’ayant aucun droit sur les cacaos et les sucres, et en
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- tenant compte des droits sur les pertes de matières premières, un supplément de 0 fr. 60 à 0 fr. 70 environ par kilog. pour un chocolat de bonne qualité courante, et 1 fr. 35 pour le cacao sans sucre. Il est inutile d’insister sur les conséquences qui résultent de droits, aussi exorbitants pour un produit qui devrait être considéré comme de première nécessité.
- En Italie, l’importation des cacaos en fèves est peu importante ; elle est restée stationnaire pendant plusieurs années : 466 000 k. en 1902 et 479 000 k. en 1904, mais dès la première année où fut appliqué le nouveau tarif douanier, mis en vigueur le 1er juillet 1904, l’importation montait pour 1908 à 971 000 k. pour arriver en 1910 à 1 885 000 k. elle a donc doublé en six ans.
- C’est là un assez bon résultat dû à l’abaissement des droits sur les cacaos.
- L’industrie du chocolat s’est développée en Italie principalement dans la province de Turin, où se trouvent les plus grosses fabriques.
- Il en existe des petites dans presque toutes les grandes villes, ce qui s’explique aisément, par les droits d’octroi assez élevés prélevés dans la plupart, et qui procurent ainsi aux fabriques locales une petite protection contre les autres.
- Nous disions plus haut que la proportion de récolte mondiale des cacaos supérieurs, qui, de 75 % était descendue à 40 ou 45 %. D’après la provenance des cacaos importés en France et en Italie, cette proportion de cacaos supérieurs serait de 48 % environ pour la France et de 27 % seulement pour l’Italie, ce qui est une indication de la consommation en Italie de produits inférieurs comparativement à ceux consommés en France,
- F. CHOCOLATS
- IMPORTATION. EXPORTATION.
- L’importation du chocolat en France est relativement moins importante que celle du cacao en poudre ou en pains. Elle a été de 594 600 k. en 1910, elle est à peu près stationnaire depuis plusieurs années ; la presque totalité vient de Suisse qui nous a expédié 508.800 k.
- Notre exportation a été en 1910 de 984 700 k.; la plus grande partie dans nos colonies, ou pays de protectorat ; l’Algérie à elle seule en a reçu 824 200 k. et la Tunisie 36 700 ; la Grande-Bretagne vient ensuite avec 25 200 et l’Italie avec 23 600 k. Il ne reste plus pour les autres pays que 75 000 k.
- L’exportation totale en dehors de nos colonies est de 93 100 k.
- L’importation italienne en chocolat est plus importante que celle de la France et augmente rapidement. En effet, de 818 100 k. en 1906, elle passait à 1 493 500 k. en 1910; la plus grande partie venant de Suisse qui lui en a expédié 1 437 500 k. Comme nous l’avons déjà vu, la France vient avec 23 600 k., l’Allemagne 12 100 k., les Pays-Bas 11 200 k.
- Son exportation est moins importante que la nôtre, mais elle est complètement destinée à des pays étrangers. Sa progression est nulle et tenterait plutôt à diminuer. De 274 000 k. en 1906, elle passait d’un seul coup à 410600 l’année suivante, pour retomber ensuite à 224 800, puis 188 800, et enfin à 229 900 k. en 1910.
- Ses principaux destinataires sont, par ordre d’importance : la République Argentine, l’Égypte, l’Uruguay, le Pérou, le Chili, la France (11 000 k.), l’Angleterre ne lui en achète que 7 300 k.
- En dehors de la France et de l’Italie, les principaux pays importateurs de chocolat sont la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Allemagne.
- L’Angleterre achète à l’étranger en beurre de cacao, cacaos en poudre et chocolats un total de 5 millions de kilos en chiffres ronds (la statistique anglaise comprend ces
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- trois articles sous la même rubrique). Ses principaux fournisseurs sont ; la Suisse pour les chocolats au lait et chocolats surbeurrés et la Hollande pour les cacaos en poudre. La statistique anglaise indique un gros chiffre pour l’importation venant de France, mais cela vient de ce qu’elle y comprend les marchandises suisses transitant par la France. Les statistiques françaises n’accusent que 25 200 k. à destination de l’Angleterre, mais il faut tenir compte de ce que la plus importante fabrique française y possède une usine.
- Les États-Unis ont importé en 1908 un chiffre de 1 240 000 k., l’importation a augmenté jusqu’en 1905 ; elle est restée à peu près stationnaire jusqu’en 1908, mais 1909 voit une sérieuse diminution, en raison, sans doute, de la création de succursales de maisons suisses et allemandes aux États-Unis.
- En Allemagne, l’importation a progressé jusqu’en 1905, elle est sans grand changement depuis, 1 219 700 k. en 1909.
- Comme exportation, le pays le plus important est la Suisse, mais son mouvement ascensionnel a été arrêté net en 1908-1909. Elle a eu à supporter une crise sérieuse, mais en 1910, le mouvement est reparti par un nouveau bond de 2 millions de kilos d’augmentation sur la meilleure année qui fut en 1906.
- Le total des exportations suisses s’élevait en 1910 à 10 839 900 k.
- Les principaux pays destinataires des expéditions suisses sont, par ordre d’importance : la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Russie, la Belgique, les États-Unis, l’Autriche, etc., etc.
- La Hollande vient ensuite avec un chiffre d’exportation de un million de kilos environ de chocolats.
- L’Angleterre exporte 1 200 000 k. environ de chocolat et cacaos à destination principalement de ses nombreuses colonies
- G. CACAOS EN PAINS OU EN POUDRE ET BEURRE DE CACAO IMPORTATION. EXPORTATION.
- L’importation en France des cacaos en pains ou en poudre, va en augmentant. De 157 200 k. en 1902, elle montait à 1 039 400 k. Cette quantité est importante comparativement à l’importation des chocolats, dont la consommation en France est beaucoup plus grande que celle de la poudre.
- La plus grosse partie vient de la Hollande : 725 300 k., la Suisse arrive ensuite avec 273 800 k.
- En Italie, l’importation augmente également rapidement, de 342 100 k. en 1906, elle montait à 519 000 k. en 1910, son plus gros fournisseur est la Suisse qui lui en expédie 246 300 k. Les Pays-Bas ne viennent qu’après, avec 219 200 k., l’Allemagne lui en a expédié 25 600 k. en 1910.
- L’Allemagne et les États-Unis importent de leur côté un chiffre assez important de poudre de cacao ; l’Allemagne, 649 700 k. en 1909 et 580 000 k. pour les États-Unis, dans la même année.
- Les exportations de poudre de cacao partant de France et d’Italie sont peu importantes
- Comme pour le beurre, le plus grand exportateur de cacao en poudre est la Hollande, avec 6 millions de kilos en chiffres ronds. La Suisse fait des efforts inouïs pour arriver à un chiffre important d’exportation en poudre pour se procurer de ce fait le beurre nécessaire à sa fabrication, qui en nécessite une grande quantité et qu’elle est obligée actuellement d’importer de Hollande et d’Allemagne. Elle paraît y réussir et devient de ce fait
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- un concurrent sérieux pour la Hollande, De 39 300 k, en 1890, la Suisse arrivait à en exporter 189 100 k. en 1900 et 715 600 en 1910.
- L’importation française du beurre de cacao n’est que de 196 300 k. venant principalement de Hollande et de Suisse.
- L’importation italienne est plus importante et va en augmentant; elle était en 1910 de 338 000 k.
- L’exportation pour les deux pays est insignifiante, elle est du reste rendue impossible pour la France par l’absence d’admission temporaire sur ce produit.
- H. CONFISERIE, CONFITURES ET FRUITS CONFITS
- IMPORTATION. EXPORTATION. — Il est bien difficile de se faire une idée exacte du commerce de l’importation et d’exportation des différents pays par des comparaisons entre eux. Les statistiques groupent différemment plusieurs espèces. En France les sirops sont groupés avec la confiserie, les confitures sont à part. En Italie, par contre, les confitures sont groupées avec la confiserie. Les bonbons chocolat qui forment une branche bien distincte ne figurent presque nulle part sous une rubrique spéciale, sauf en Angleterre et en Allemagne ; certains pays comprennent la confiserie chocolat avec les chocolats.
- En France, les importations de bonbons et sirops vont en progressant, il en est de même pour les confitures, elles sont presque nulles au contraire sur les fruits confits.
- Les plus gros envois viennent d’Angleterre pour les bonbons, sirops et confitures,
- A l’exportation, nos plus grosses expéditions sont à destination de nos colonies et pays de protectorat. Pour les fruits notre plus gros client est la Russie.
- En Italie, il existe beaucoup de petites fabriques mais très peu d’une certaine importance.
- Les importations italiennes en confiserie et confitures sont en sérieuse augmentation depuis 1906, la plus grosse quantité lui arrive de Suisse, nous lui en expédions cinq fois moins. En France, l’importation de fruits confits est insignifiante.
- Les exportations italiennes n’arrivent pas à la moitié de ses importations, sauf pour les fruits confits dont les expéditions s’élevaient en 1910 à près de deux millions de kilos.
- Les échanges entre la France et l’Italie ne sont pas d’une très grande importance.
- 1. CAFÉS
- 1° PRODUCTION. — Depuis une cinquantaine d’années la culture du café a pris une très grande extension. De 4 895 000 sacs en moyenne de 1850-1851 à 1859-1860, elle est arrivée à dépasser 23 millions de sacs. Nous constatons cependant un arrêt depuis une douzaine d’années.
- Le plus gros pays producteur est le Brésil, qui fournit à lui seul les trois quarts de la production mondiale ; les variations et augmentations de récoltes ne proviennent que de ce pays, car la production des autres est à peu près la même depuis cinquante ans, le marché du monde appartient donc sans conteste, uniquement au Brésil, pour qui la culture du café a une telle importance qu’il a cru devoir en établir avec succès la valorisation.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- PRODUCTION MONDIALE EN MILLIERS DE SACS
- Années Rio Santos Bahia et Victoria Total Brésil Autres pays exportation TOTAL
- de 1850-1851 à 1859-1860 2.200 300 50 2.550 2.345 4.895
- 1900-1901 2.930 7.970 385 11.285 3.785 15.070
- 1901-1902 5.330 10.165 650 16.145 3.645 19.790
- 1902-1903 3.975 8.350 620 12.945 3.720 16.665
- 1903-1904 4.020 6.395 686 11.101 4.891 15.992
- 1904-1905 2.542 7.426 555 10.523 3.923 14.446
- 1905-1906 3.244 6.983 617 10.844 3.948 14.792
- 1906-1907 4.234 15.392 564 20.190 3.596 23.786
- 1907-1908 3,108 7.203 690 11.001 3.861 14.862
- 1908-1909 2.883 9.533 496 12.912 4.003 16.915
- 1909-1910 3.449 11.495 380 15.324 3.801 19.125
- 1910-1911 2.438 8.110 300 10.848 3.676 14.524
- 2° CONSOMMATION. — Bien entendu, la consommation des cafés n’est pas irrégulière comme la production. Les stocks mondiaux couvrent les excédents de consommation, s’il y a lieu, mais nous voyons alors les approvisionnements visibles baisser comme c’est le cas depuis 1907-1908; de 16 380 000 sacs en 1906-1907, les stocks tombent à 11 085 000 sacs en 1910-1911 ; aussi la différence du prix moyen du Havre entre les deux exercices est-elle très importante.
- QUANTITÉS LIVRÉES A LA CONSOMMATION
- Années France Italie
- 1902 ............ 85.839.700 kg. » »
- 1903 ......... 111.635.800 — » »
- 1904 ............ 76.290.200 — » »
- 1905 ......... 90.985.500 — - » »
- 1906 ........ 97.843.100 — 20.429.500 kg.
- 1907 ........ 101.571.000 — 21.475.600 —
- 1908 ....... 102.761.900 — 22.760.800—
- 1909 ........ 107.942.000— 24.089.700—
- 1910 ........ 111.847.600 — 25.287.100 —
- La consommation italienne est très au-dessous de celle de la France, mais l’accroissement pour cent moyen annuel y est supérieur, ce qui s’explique par le fait que nous consommons déjà 2 k. 85 par tête d’habitant alors que l’Italie n’en consommait que 0 k. 70 en 1910, et aussi de ce que la population de la France reste stationnaire.
- Bien entendu notre plus gros fournisseur est le Brésil, qui nous en a expédié à lui seul 66 295 800 k. en 1910 ; Haïti vient ensuite, puis le Vénézuéla et les Indes anglaises. Nous avons reçu en outre de nos colonies de la Réunion et de la Guadeloupe 756 700 k. de la première et 142 600 k. de la deuxième.
- Le Brésil est aussi le plus grand fournisseur de l’Italie, et lui en a expédié 18 737 100 k. en 1910, puis Haïti et Saint-Domingue, l’Amérique Centrale, Porto-Rico, le Vénézuéla, etc., etc.
- La plus grosse quantité de café est consommée par les États-Unis avec 7 325 000 sacs en 1910; l’Allemagne vient ensuite avec 2 715 000 sacs; la France vient au troisième rang avec 1 790 000 sacs, puis l’Autriche-Hongrie, la Hollande, la Suède, la Belgique, la Russie, l’Italie ne viennent qu’après.
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- CONSOMMATION PAR TÊTE D’HABITANT ET PAR ORDRE D’IMPORTANCE
- Pays Consommation par tête Droits de douane
- Hollande............................. 7 kg. 50 Exempt
- Suède................................ 6 kg. 16,75
- Norvège.............................. 5 kg. 20 41,50
- Belgique .................... 5 kg. 05 Exempt
- Danemark............................. 5 kg. 05 23,50
- États-Unis ......................... 5 kg. Exempt
- Suisse............................... 3 kg. 30 2
- Allemagne............................ 3 kg. 75
- France............................... 2 kg. 85 136
- Algérie.............................. 1 kg. 45 31,200
- Autriche-Hongrie..................... 1 kg. 15 92,50
- Turquie (Europe et Asie) ............ 1 kg. 8
- Italie .............................. 0 kg. 70 130
- Espagne ............................. 0 kg. 70 140
- Portugal ............................ 0 kg. 65 100
- Grande-Bretagne...................... 0 kg. 30 35
- Russie .............................. 0 kg. 20 95,50
- Finlande .................... 40
- En mettant la Russie de côté, nous constatons que les plus gros buveurs de café se trouvent en général dans les pays du Nord ; ce sont eux aussi pour la plupart qui ont les droits de douane les moins élevés.
- 3° IMPORTATION. EXPORTATION. — Au commerce spécial, les importations et exportations des cafés entre les pays européens sont naturellement insignifiantes. Ce produit n’ayant pas de transformation industrielle, à subir, les échanges ne se font qu’en transit.
- : J. THÉS
- 1° PRODUCTION. — Le total des expéditions des pays producteurs de thé passait de 261 840 638 k. en 1896 à 324 301 784 k. en 1909, soit une augmentation en treize ans de 24 % environ.
- Cette augmentation vient des Indes, de Ceylan, et de Java, cette dernière provenance qui était au-dessous de 6 millions de kilos en 1899 a été depuis sans cesse en progressant, et arrive en 1909 à dépasser 13 millions de kilos.
- La production de la Chine se maintient difficilement et aurait plutôt tendance à diminuer ; le Japon à diminué très sensiblement, ses expéditions qui étaient de 29 millions et demi de kilos en 1899 baissèrent graduellement jusqu à 18 millions et demi en 1909.
- EXPORTATIONS DES PAYS PRODUCTEURS EN 1909
- Indes................................. 114.523.270 kg.
- Ceylan ............................... 87.104.440 —
- Chine.................................. 89.071.940 —
- Java .................................. 16.798.000 —
- Japon ................................. 16.741.749 —
- Natal...................................... 62.385 —
- Total
- 324.301.784 kg.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- 2° CONSOMMATION. — Comme pour les autres produits précédents, les quantités de thé consommées en France sont beaucoup plus importantes qu’en Italie : depuis 1906, l’augmentation moyenne annuelle de consommation pour cent est à peu près la même pour les deux pays, 3,13 % en Italie, et 3,51 % en France.
- Importations France Italie
- 1906 ................. 1.142.700 65.400
- 1907 ................. 1.155.900 73.500
- 1908 ................. 1.135.100 68.900
- 1909 ................. 1.239.400 72.400
- 1910 ................. 1.260.600 73.600
- 1911 ................ 1.343.600 -----
- La plus grande partie de l’importation française pour la consommation vient de Chine ; les Indes anglaises viennent ensuite, puis l’Indo-Chine, et 152 300 k. nous arrivent en transit d’Angleterre.
- Comme pour la France, la plus grande part de l’importation italienne vient de Chine, puis l’Inde britannique et Ceylan, et en transit 13 900 k. d’Angleterre.
- Le Royaume-Uni qui laisse loin derrière lui tous les autres pays pour la consommation du thé qui était en 1908 de plus de 128 millions de kilos, soit 2 k. 900 par tête d’habitant, en fait un commerce très important et approvisionne dans une certaine mesure les autres États européens. Ses exportations en 1909 se sont montées à 23 millions et demi.
- La presque totalité des thés consommés en Angleterre vient des Indes et de Ceylan.
- La France ne consomme que 0 k. 032 par tête d’habitant ; l’Italie 0 k. 002 seulement ; 0 k. 081, en Allemagne. La Russie et lesJÉtats-Unis sont aussi de gros consommateurs de thé, mais sont toutefois bien au-dessous de l’Angleterre.
- COMMERCE. EXPORTATION. — Comme pour le café, le commerce d’exportation ne se fait qu’en transit.
- K. VANILLES
- 1° PRODUCTION. — Depuis dix ans la récolte de la vanille a augmenté de plus de 100 000 kilos.
- RÉCOLTE DE 1910-1911
- Tahiti.......
- Mexico.......
- Madagascar . Comores ... Bourbon ... Seychelles... Ceylan, Java Guadeloupe . Maurice .... Fidji........
- 230.000 kg. 135.000 — 55.000 — 50.000 — 40.000 — 20.000 — 8.000 — 5.000 — 1.600 — 1.000 —
- Total
- 545.600 kg.
- 2° IMPORTATIONS EN 1910
- Années France Italie
- 1906 .................. 71.800 9.853
- 1907 .................. 54.900 9.726
- 1908 .................. 59.900 8.961
- 1909 .................. 56.900 10.967
- 1910 .................. 61.100 9.465
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- Gomme nous pouvons le constater, la consommation de la vanille en Italie est très inférieure à celle de la France.
- 3° COMMERCE. EXPORTATION. — Comme pour les cafés et les thés, le commerce de la vanille ne peut se faire qu’en transit, en raison des droits de douane.
- L. RÉSUME.
- SUCRES
- Production. — Augmentation importante de la production mondiale, beaucoup plus forte sur la canne que sur la betterave, sans cependant mettre la culture de cette dernière en péril.
- En France, très sérieuse diminution de la production résultant de mauvaises récoltes successives.
- En Italie, augmentation à peu près constante de la production, mais relativement encore peu importante.
- Consommation. —- La consommation mondiale va sans cesse en progressant.
- En France, la consommation par tête d’habitant se trouve dans la bonne moyenne, alors que celle de l’Italie se trouve au bas de l’échelle de la consommation européenne.
- Importation. Exportation. — Les très faibles récoltes des dernières campagnes ont nécessairement fait augmenter le chiffre des importations, et les exportations ne pouvaient qu’être ralenties.
- CACAO EN FÈVES
- Augmentation très importante de la production, principalement en Afrique occidentale.
- La consommation suit la production.
- La France se trouve parmi les pays consommant le plus de cacao par tête d’habitant, l’Italie par contre n’en consomme que très peu.
- CHOCOLATS. CACAOS ET BEURRE DE CACAO
- En France, les importations des chocolats sont moins fortes que pour les cacaos en pains ou en poudre, en raison de la protection qui est un peu moins faible. Elle reste stationnaire.
- Nos exportations vont en progressant, elles sont surtout dirigées sur l’Algérie et nos colonies.
- Jusqu’à ce jour, l’exportation du beurre de cacao a été nulle,, en raison-de l’absence de l’admission temporaire sur cet article.
- Les importations italiennes sont plus importantes qu’en France et vont en progressant. Son exportation par contre est plus faible que chez nous.
- CONFISERIE. CONFITURES. FRUITS CONFITS
- En France, augmentation des importations bonbons, sirops et confitures ; pour les fruits, elle est presque nulle.
- Les exportations sont toutes en augmentation.
- Il en est de même en Italie pour les importations et exportations : ces dernières sont moins importantes que chez nous.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- CAFÉS. THÉS. VANILLES
- Depuis une dizaine d’années, arrêt dans l’augmentation de la production des cafés. Pour le thé, augmentation de production provenant des Indes, de Ceylan et de Java. En France, consommation par tête d’habitant au-dessous de la moyenne des pays du nord de l’Europe pour le café et le thé.
- L’Italie ne fait qu’un usage très modéré du café, et la consommation du thé y est insignifiante.
- Augmentation de la production de la vanille.
- La France emploie beaucoup plus de vanille que l’Italie.
- 3° OPÉRATIONS DU JURY
- M. INSTALLATION
- L’installation du Jury a eu lieu solennellement au Palais des fêtes de l’Exposition, le 5 septembre 1911, sous la présidence de M. Nitti, Ministre de l’Agriculture et du Commerce d’Italie.
- Suivant des arrangements pris antérieurement, la présidence et la vice-présidence devaient être données à l’Angleterre et au Brésil.
- Le Jury de la Classe 100 fut ainsi constitué :
- Président......v................ MM. DAVIES (G. E.), à Bristol.
- Vice-Président ................. MISASI (H.), à Turin,
- Secrétaire...................... LENZI (S.), à Turin,
- Il se composait de 28 membres titulaires et de 6 membres suppléants :
- Pour la France, les membres du Jury étaient :
- Titulaires ..................... MM. GÉBABD (Louis), à Paris.
- ROUZAUD (Auguste), à Royat.
- Suppléant....................... DURAND, à Carcassonne.
- Les opérations du Jury se poursuivirent les 5 et 6 septembre.
- La Section française qui comptait 23 exposants dans la Classe 100, avait 5 exposants qui, par application de l’article 60 du règlement du Jury, étaient mis Hors concours en leur qualité de Juré, ce sont :
- Produits fabriqués.
- SOCIÉTÉ ANONYME DU CHOCOLAT LOMBART, à Paris. ÉTABLISSEMENTS DEBRAY, à Clichy.
- DURAND, à Carcassonne,
- ROUZAUD, à Royat.
- Machines.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS SAVY, JEAN-JEAN et C°, à Paris.
- N. RÉCOMPENSES
- Les récompenses suivantes furent décernées aux autres exposants, savoir :
- Produits fabriqués.
- DIPLOMES DE GRAND PRIX MM. MENIER, à Paris.
- DAMOY (Julien), à Paris.
- TERNYNCK (Émile), à Chauny (Aisne).
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- SUCRES, CACAOS, ETC. 07
- DIPLOMES D’HONNEUR MM. DEWAVRIN (Daniel), à Banteux (Nord).
- FICHOT-LANDRIN, à Paris.
- LAGAYE (Antoine), à Clermont-Ferrand.
- MAITRE Frères, à Billancourt.
- MEUNIER Frères, à Levallois.
- REBOURS, à Troyes.
- CHEVALIÉ Fils, à Paris.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D'OR
- CHAMBRE SYNDICALE DES PATRONS CONFISEURS, à Marseille.
- M. FRAPPA-ZAVATTERO, à Rive-de-Gier.
- Machines.
- DIPLOMES DE GRAND PRIX
- MM. BREHIER et C°.
- DE RI VEAU, à Paris.
- KESTNER (Paul), à Lille.
- NAVARRE et Fils, à Paris.
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MM. HERVÉ et C°, à Bordeaux.
- JOVIGNOT, à Paris.
- DIPLOME DE MÉDAILLES D’OR
- MM. GROUARD Frères, à Paris.
- Soit en résumé :
- Grands Prix..................................... 7
- Diplômes d’Honneur.............................. 9
- Médailles d’Or................................ .... 3
- En outre, des récompenses spéciales furent décernées à divers collaborateurs des Maisons exposantes, dont les états de services justifiaient la distinction dont ils ont été l’objet.
- O. RÉCOMPENSES DES DERNIÈRES EXPOSITIONS Exposition de Milan 1906
- A Milan, la classification était un peu différente, ce qui rend les comparaisons difficiles. Voici pourtant quelques renseignements. Dans la Classe intitulée « Sucres et dérivés » les récompenses accordées à la Section française furent les suivantes :
- Grands Prix............................................. 7
- Diplômes d’Honneur...................................... 5
- Médailles d’Or.......................................... 6
- Médaille d’Argent....................................... 1
- En outre, 6 exposants étaient Hors Concours. ,
- Exposition de Londres 1908
- Le Jury de la Classe 59, comprenait 11 membres, dont 7 français et 4 anglais.
- Le nombre des exposants français était de 63, dont 32 dans les collectivités. Le nombre des exposants anglais était de 76 dont 53 exposants des Colonies anglaises.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- La Section française comprenait 7 exposants Hors Concours comme membres du Jury. Les récompenses accordées aux autres furent les suivantes :
- Grands Prix......................... 6
- Diplômes d’Honneur .................. 8
- Médailles d’Or........................ 8
- Médailles d’Argent ................... P
- Médailles de Bronze................... 2
- Mentions Honorables.................. 2
- Anglais
- 6
- 8
- 14
- 22
- 14
- 1
- Pour mémoire, disons crue la réunion des Jurys de Groupes eut lieu le 22 septembre 1911.
- En ce qui concerne le Groupe XVII (Alimentation), les Titulaires étaient, pour la France :
- MM. GHARTON, à Beaune.
- RICHARD, à Dijon.
- VIRAT, à Paris.
- KARCHER, à Paris.
- LAMIRAL, à Clichy.
- Quant au Jury supérieur, il était composé de :
- MM. TROUILLOT (Georges), Sénateur, ancien Ministre.
- DREYFUS (Ferdinand), Sénateur.
- BELLAN (Léopold), Président de la Section française.
- DE PELLERIN DE LATOUCHE, Secrétaire général de la Section française.
- P. DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES. FERMETURE
- Nous retenons enfin que la distribution officielle des récompenses eut lieu le jeudi 19 octobre 1911, et l’Exposition ferma ses portes le 19 novembre 1911.
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- DEUXIEME PARTIE
- CONCLUSIONS ÉCONOMIQUES AVANT-PROPOS
- 1° DÉVELOPPEMENT DE LA CONSOMMATION.
- A. A UGMENTA T ION DE LA POP U LA T ION.
- B. A UGMENTA T ION DE CONSOMMA T ION PAR TÊTE.
- 1° Sucres.
- 2° Cacaos et chocolats.
- 3° Confiserie, confitures, fruits confits. 4° Café, thé, vanille, i
- 2° COMMERCE D’EXPORTATION.
- 1° Sucres.
- 2° Cacaos et beurre.
- 3° Chocolat.
- C. PROTECTION............... 4° Confiserie chocolat.
- 5° Confiserie sucre.
- 6° Confitures.
- 7° Fruits confits.
- 8° Café, thé, vanille.
- D. DRAW-BACK................ 1° Sucres.
- 2° Cacao beurre.
- 3° Chocolats.
- 4° Bonbons, chocolat.
- 5° Confiserie, fruits confits.
- 3° OBSERVATIONS SPÉCIALES A L’ITALIE.
- 4« RÉSUMÉ.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- CONCLUSIONS ÉCONOMIQUES
- AVANT-PROPOS
- Nous croyons avoir donné plus haut un aperçu de la ^situation industrielle actuelle des articles de consommation faisant l’objet du présent Rapport, comparativement à celle des années précédentes ; ainsi que de la situation de la France et de l’Italie, comparativement aux autres nations.
- Nous allons essayer maintenant d’étudier ce qui serait susceptible de donner un nouvel essor aux industries qui s’y rattachent.
- La prospérité industrielle des articles en question est solidaire :
- 1° De l’augmentation de consommation.
- 2° De l’extension du commerce de l’exportation.
- L’augmentation de consommation peut de son côté se subdiviser en deux parties distinctes :
- A. Celle provenant de l’augmentation de population ;
- B. Celle provenant de l’augmentation de consommation par tête d’habitant.
- L’extension du commerce extérieur, indépendamment des efforts faits par les fabricants, peut être favorisée ou arrêtée par des causes multiples dont deux principales :
- C. La protection douanière ;
- D. L’admission temporaire ou draw-back.
- 1° DÉVELOPPEMENT DE LA CONSOMMATION
- A. Nous n’avons pas à envisager l’augmentation de la consommation par l’accroissement de la population, qui est en dehors de toute considération industrielle ; nous nous contentons simplement de constater que, si certains pays peuvent escompter une augmentation pour cette raison, ce n’est pas, croyons-nous, le cas pour la France.
- B. En ce qui concerne l’augmentation de consommation par tête d’habitant, elle peut être accélérée ou arrêtée par bien des causes, lesquelles peuvent varier pour chaque pays ; nous n’en citerons que trois principales :
- 1° Les habitudes, le goût et le climat ;
- 2° La richesse et le développement économique ;
- 3° Les droits de douane ou taxes grevant les matières premières.
- 1° En ce qui concerne les différences d’habitudes, les quelques chiffres ci-dessous mettent mieux en évidence ces différences que tout ce que nous pourrions écrire à ce sujet :
- Consommation par tête d’habitant
- Sucre Cacao Café Thé Total
- France ..... 17.180 0.638 2.850 0.032 20.700
- Italie 4.240 0.056 0.700 0.002 4.998
- Allemagne .. 19.750 0.724 3.000 0.081 23.555
- Angleterre... . 39.230 0.547 0.300 2.900 42.977
- En général, tous les pays du nord de l’Europe consomment, par tête d’habitant, une grande quantité de boissons chaudes, soit du café, du cacao, ou du thé, le climat étant un facteur important à considérer.
- 2° En dehors des habitudes qui sont parfois vaincues, quand le consommateur occasionnel trouve le produit à son goût, il y a pour certains produits la question de prix qui
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
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- surpasse toutes les autres considérations, surtout en ces dernières années pendant lesquelles le prix de la vie a augmenté considérablement, obligeant ainsi la grande masse des populations à ne consommer que des produits de prix très modiques.
- A peu de chose près, les produits d’origine coloniale arrivent au même prix (droits non acquittés) dans les différents ports de débarquement en Europe, mais ce prix peut paraître très exagéré dans un pays où la vie est relativement bon marché, et abordable dans un autre pour lequel cette différence de prix est moins sensible comparativement aux produits indigènes ou autres consommés habituellement.
- Le développement économique favorise en général la consommation des produits qui nous occupent ; l’Allemagne, par exemple, qui ne consommait que 0,190 de cacao par tête d’habitant en 1895, en consommait 0,724 en 1910.
- 3° Il est certain que les pays riches peuvent supporter dans une certaine mesure des taxes ou charges plus importantes que dans d’autres moins fortunés.
- Mais celles supportées en France sur les produits de notre classe sont vraiment très lourdes.
- Les ressources procurées au Trésor français par les droits de douane et taxe de fabrication sur les matières premières manufacturées par les industries de la classe faisant l’objet de ce Rapport, atteignent un chiffre d’une importance colossale.
- Produits récoltés ou ( Sucre...... 165.306.000 fr. )
- manufacturés en France ( Cacaos verts 25.424.000 fr. )
- Produits i Café......... 150.003.000 fr. )
- non } Thé............ 2.415.000 fr. [
- manufacturés ( Vanille.......... 167.000 fr. ?
- 190.730.000
- 152.585.000
- Total
- 343.315.000 fr.
- Malgré cette somme énorme de plus de 300 millions procurée au budget par nos industries, celles-ci ont pu, quand même, se développer, grâce à leur bonne organisation industrielle.
- Mais, comme nous le verrons plus loin, il est indubitable que ces charges, par l’augmentation du prix de vente qu’elles entraînent, seront par la suite un obstacle infranchissable qui empêchera les produits de pénétrer dans la masse profonde de la population.
- Par le fait même de l’arrêt de la consommation, il arrivera donc un moment où fatalement l’Etat français devra être amené à diminuer ces charges, et. principalement celles supportées par les produits français ou ceux manufacturés en France.
- D’ailleurs, il récupérera vite cette diminution de revenus, grâce à l’augmentation de consommation qui en résultera.
- 1° Sucres.
- La consommation du sucre est solidaire, pour une bonne partie, de celle des autres articles : cacao, chocolat, café, thé; nous pouvons même ajouter que dans certaines régions où il est considéré encore comme un produit de luxe, il n’obtient une certaine consommation que grâce à ces articles. En France, par exemple, où le café a pu s’implanter assez fortement et plus encore peut-être dans la classe modeste, il procure au sucre un écoulement qui serait à peu près nul autrement.
- Jusqu’en 1903, la taxe de fabrication de 60 francs retardait énormément la pénétration de la consommation du sucre dans la masse de la population; aussi avons-nous vu une grosse augmentation l’année suivante, aussitôt l’abaissement du droit à 25 francs. Malheureusement, la diminution de production a suivi immédiatement cette baisse de droit, ce qui, avec l’accroissement de consommation qui se manifestait non seulement en France, mais aussi à peu près partout, a amené une augmentation croissante des prix de vente
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- GROUPE XVII. — CLASSE 100
- qui a annulé en partie les bienfaits qui pouvaient être escomptés par la diminution de 35 francs sur la taxe de fabrication.
- Les mauvaises récoltes sont seules causes de ces prix exagérés, car, lorsque nous comparons, soit les stocks mondiaux, soit ceux de la France, avec les prix du sucre en ces dernières années, nous constatons une courbe constamment ascensionnelle pour les prix et une autre courbe en sens absolument contraire pour les stocks, que nous voyons descendre sans cesse.
- En 1911, le prix augmente dans des proportions réellement inquiétantes, par suite dé crainte de très mauvaises récoltes qui s’annonçaient en Europe et qui malheureusement ne se sont que trop réalisées, en France en particulier; les cours voyaient alors des prix inconnus depuis longtemps.
- Il est clair que des prix aussi élevés ne peuvent que ralentir considérablement le développement de la consommation sans profit pour personne. Le cultivateur de betteraves en effet, tout en vendant son produit plus cher, ne trouve qu’avec peine la rémunération de son travail. Il en est de même pour les sucreries dont certaines n’ont pas fonctionné, et d’autres n’ont produit que la moitié ou les 2/3 de ce qu’elles étaient capables de travailler.
- Malgré la rareté du sucre, les pays n’ayant aucune taxe de fabrication ont eu quand même un prix abordable, mais quand il faut ajouter encore 27 francs, comme en France, c’est déjà un gros écueil, et quand cette taxe monte, comme en Italie, à un taux presque prohibitif, il n’y a guère que la classe aisée qui puisse s’offrir le luxe de faire entrer le sucre dans son alimentation journalière. Si nous voyons chez nous, avec notre impôt moyen, une consommation moyenne, nous constatons au contraire pour l’Italie qui se trouve en haut de l’échelle pour les droits, une consommation qui se trouve tout à fait dans les derniers-échelons de la consommation européenne.
- Si nous nous reportons aux chiffres de perception des droits sur les sucres indiqués dans les documents statistiques réunis par l’administration des douanes, tant en ce qui concerne ceux perçus par la régie que ceux perçus par la douane, nous ne constatons pas de diminution sensible à la suite de l’abaissement des droits en France.
- Il y avait diminution de perception bien avant la date de l’abaissement de la taxe de fabrication, et malgré la très mauvaise période traversée par les sucres depuis plusieurs années, le total des perceptions reprend ses anciens chiffres de 1901, avec 166 millions au lieu de 154.
- Ceci nous persuade que si une nouvelle diminution de taxe se produisait en France, le Trésor récupérerait très vite par la suite le manque de perception qui pourrait se produire dans les quelques années qui suivraient, et verrait même une très sérieuse augmentation, pour peu que les récoltes soient satisfaisantes.
- 2° Cacaos et chocolats.
- Comme nous l’avons déjà dit au chapitre de la consommation des cacaos en fèves, la France, dont les produits à base de cacao sont connus et appréciés depuis fort longtemps, ne voit plus progresser la consommation dans des proportions importantes.
- Et si cette consommation a quand même pu progresser en ces dernières années, elle le doit en grande partie à l’abaissement des droits sur le sucre en 1903, car nous avions connu précédemment, de 1898 à 1901, une période de piétinement sur place. Depuis, dès que le prix des matières premières, sucre ou cacao, augmente, nous enregistrons immédiatement une diminution, comme le fait s’est produit en 1908. L’augmentation de consommation a aussi été accélérée par la tendance actuelle à augmenter la proportion du sucre dans la composition des chocolats, ce qui permet, en abaissant le prix de revient, d’en rendre l’usage possible à un plus grand nombre de consommateurs. La loi du 19 décembre 1910 sur la
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- répression des fraudes a, du reste, prévu l’exagération qui pourrait être faite du sucrage des chocolats, puisqu’elle a établi un minimum de 32 % de cacao au-dessous duquel le fabricant ne pourra plus livrer son produit sous le nom de « chocolat ».
- La situation, en Italie, est, sur bien des points, semblable à la nôtre. Si, après avoir vu une augmentation sensible de la consommation des cacaos après l’abaissement des droits à 30 francs, cette consommation est cependant sérieusement ralentie par les droits intérieurs énormes sur les sucres.
- La taxe à payer, par le consommateur italien, pour un chocolat ordinaire, est de 0 fr. 60 environ par kilo (non compris les droits d’octroi), c’est-à-dire à peu près les mêmes droits qu’en France, avec cette différence qu’il y aura moins de tendance, en Italie, à exagérer le pourcentage de sucre dans les chocolats destinés à la consommation intérieure. Il y a en effet moins de différence de prix de revient entre les deux matières premières: sucre et cacao.
- La consommation italienne comparativement à celle de la France est insignifiante ; c’est, en somme, unpays neuf pour les produits à base de cacao, et sa consommation, avec des droits aussi élevés, ajoutés aux droits d’octroi, n’augmentera qu’autant que la prospérité et le bien-être général iront en grandissant, car le développement delà consommation des cacaos, nous le répétons, est intimement lié en premier lieu, à la quotité des droits perçus, et ensuite au développement économique de chaque pays. Ne voyons-nous pas, en effet, l’Espagne, qui fut, pour ainsi dire, le berceau du chocolat en Europe, maintenir difficilement sa consommation qui était déjà en 1865 de près de 6 millions de kilos, et qui se trouve, à très peu de chose près, au même chiffre en 1910, c’est-à-dire 45 ans après, alors que les pays exonérés de droits, ou n’en ayant que de très faibles, en même temps qu’un développement économique prospère, voient la consommation avancer à grands pàs.
- En résumé, en Italie comme en France, les chocolats ou articles similaires ne sont pas à la portée de tout le monde, mais la différence entre leur prix de vente et celui des denrées habituellement consommées en leur lieu et place est beaucoup plus sensible en Italie, de sorte qu’il se passera beaucoup de temps, selon nous, avant que cette nation arrive au chiffre de consommation actuel de la France.
- 3° Confiserie. Confitures. Fruits confits.
- Tout ce que nous venons de dire pour les chocolats s’applique naturellement à tous les produits à base de sucre, comme la confiserie, les confitures et les fruits confits, avec cette différence cependant entre la France et l’Italie, que la consommation de celle-ci sera beaucoup plus lente dans son développement, en raison de la taxe de fabrication beaucoup plus élevée qu’en France.
- 4° Cafés, thés, vanilles.
- En France, les droits de douane sont sur le café au tarif minimum de 136 francs, et sur le thé de 208 francs.
- Nous disons, d’autre part, en parlant des sucres, que la consommation de ceux-ci était solidaire pour une bonne partie de celle des cacos, cafés et thés ; il est facile en effet de se rendre compte que, pour la France en particulier, l’emploi de ces trois produits a nécessité en 1910 la cinquième partie environ de la consommation générale du sucre. Il n’est donc pas exagéré de prétendre que la consommation des cacaos, cafés et thés, quoique ces deux derniers produits ne nécessitent aucune transformation industrielle, procure non seulement des sommes importantes au Trésor, mais aussi aide, dans une large mesure, le développement de l’industrie sucrière et de la culture française.
- En Italie, les droits de douane sont un peu plus faibles qu’en France sur le café : 130 francs, au tarif minimum, au lieu de 136, et plus élevé sur le thé : 250 au lieu de 208francs.
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- La vanille a un concurrent sérieux dans la vanilline. Bien entendu, celle-ci ne supplante pas la vanille dans les produits fins, elle n’est en effet employée le plus souvent que là ou aucun parfum de vanille n’aurait figuré sans elle.
- Il est à présumer que si les droits étaient moins lourds, la consommation s’en ressentirait, ce qui pourrait être profitable à nos colonies productrices.
- Les droits italiens sur la vanille sont un peu moins élevés qu’en France ; 350 francs au lieu de 416 francs.
- 2° COMMERCE D’EXPORTATION C. PROTECTION
- Nous avons, par ce qui précède, donné un aperçu des causes essentielles pouvant influencer la consommation intérieure des articles d’alimentation. Nous allons essayer maintenant d’indiquer les causes qui peuvent entraver ou favoriser le commerce d’exportation.
- Nous allons examiner en premier lieu la protection douanière réelle sur les produits fabriqués, laquelle joue un rôle très important, puisqu’elle rend possible ou entrave complètement les relations commerciales entre les différents pays.
- Nous verrons ensuite les facilités d’exportation que nous possédons.
- Pour l’exportation, l’examen du tarif douanier ne suffit pas pour se rendre compte de la protection accordée. Il faut en même temps calculer les charges de toutes sortes qui peuvent incomber aux fabricants du pays dans lequel on veut pénétrer, c’est-à-dire les droits de douane et droits intérieurs sur les matières premières, les impôts, main-d’œuvre, force motrice, transport, etc., etc..., afférents à ce pays, comparativement à celles qu’on a soi-même à supporter. Alors seulement, on saura exactement les conditions dans lesquelles on se trouve pour entamer la lutte, si elle semble possible. A
- Sans entrer dans tous les détails pouvant influencer le prix de revient, nous allons nous contenter simplement d’étudier la protection douanière réelle, accordée aux fabricants français et italiens.
- Droits de douane ou intérieurs
- France
- f Cacao vert (droits de douane)................
- Matières \ Ce droit sur les cacaos verts revient après net-premières \ toyage, torréfaction, décortication, etc....
- ( Sucres (Droits intérieurs)...................
- I Sucres raffinés (droits de douane).............
- Cacaos en pain ou en poudre..................
- Beurre de cacao..............................
- Chocolat (contenant 55 % au moins de cacao
- et 45 % de sucre)..........................
- Bonbons chocolat (contenant 55 % au moins
- de cacao et 45 % de sucre).................
- Bonbons et sirops............................
- Confitures...................................
- Fruits confits ................................
- 104 fr.
- 135 fr.
- 27 fr. (1)
- 33 fr. (1)
- 150 fr.
- 150 fr.
- 100 fr. 45
- 100 fr. 45(1)
- 33 fr. (1)
- 16 fr. 50(1)
- 33 fr. (1)
- Protection réelle
- Cette protection représente la différence entre :
- 1° Les droits de douane payés, en France et en Italie, par les produits facturés ;
- Italie
- 30 fr.
- 39 fr.
- 72 fr. 15 (2)
- 99 fr. (2)
- 60 fr.
- 60 fr.
- 90 fr.
- 100 fr.
- 100 fr.
- 100 fr.
- 100 fr.
- étrangers manu-
- el) Exemples. —droits de Douane français sur le chocolat. 100 fr. 45
- 55 k. de cacao à 135 fr. =............. 74.25 )
- 45 k. de sucre à 27 fr. =.............. 12.15 ) 86 fr. 40
- Reste protection réelle...... 14 fr. 05
- (2) Y compris la taxe de raffinage.
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- 2° Les droits de douane ou taxes intérieures sur les matières premières servant à la
- fabrication de ces mêmes produits (1). France Italie
- Sucres raffinés .. (33 fr.- -27 =) . 6 fr. 26 fr. 85 (2)
- Cacaos en pain ou en poudre .... (150 — 135 =).. 15 fr. 21 fr.
- Beurre de cacao . (150 — 135 =).. 15 fr. 21 fr.
- Chocolat (contenant 55 0/ /o cacao et 45 % sucre) (3) 14 fr. 05 36 fr. 09
- - ( - 40 0/ /o — 60 % —) 30 fr. 25 31 fr. 11
- - ( - 32 0/ /o — 68 0/ /o —) 38 fr. 89 28 fr. 46
- Bonbons chocolat (c. 25 0/ /o : 60 0/ /o —) 50 fr. 50 46 fr. 96
- 10 0/ /o — 80 0/ /o —) 65 fr. 35 38 fr. 38
- Confiserie contenant 100 0/ /o de sucre .. (33 — 27 = j 6 fr. 27 fr. 85
- — — 60 0/ /o —• 16 fr. 80 56 fr. 71
- Confitures — 50 0/ /o — 3 fr. 63 fr. 93
- Fruits confits — 40 0/ /o — 22 fr; 20 71 fr. 14
- Il y a lieu d’ajouter à cette protection les droits de douane sur les emballages directs, dont le poids et les droits sont trop variables pour qu’il nous soit possible de les évaluer ici, ainsi que les droits d’octroi pour les villes d’Italie qui en perçoivent.
- 1° Sucres.
- Les droits de douane en France sont établis de façon à assurer le chiffre maximum de 6 francs sur le raffiné pour la protection de notre industrie sucrière, maximum prévu par l’article 3 de la convention de Bruxelles du 5 mars 1902.
- Il est donc probable que si la protection était beaucoup plus forte, nous aurions vu les cours du sucre en France monter à un prix plus élevé encore que celui qui a été enregistré.
- La situation en Italie est toute différente de celle de la France. Elle bénéficie en effet, comme nous l’avons déjà dit, avec l’Espagne et la Suède, des avantages prévus par l’article 6 de la convention de Bruxelles, ce qui lui permet d’établir une protection beaucoup plus importante que celle des pays exportateurs faisant partie de ladite convention.
- En 1912, la taxe de fabrication sur les sucres de première catégorie étant de 72 fr. 15, et les droits de douane étant de 99 francs, la protection ressort à 26 fr. 85 au lieu de 6 francs pour la France et les autres pays de la convention. La taxe de fabrication italienne étant augmentée de 1 franc par an jusqu’en 1916, la protection diminue d’autant chaque année. Elle ne sera plus en 1916 que de 22 fr. 85.
- L’Italie avait besoin de cette protection pour lui permettre de développer son industrie sucrière, qui n’a guère commencé à prendre de l’importance que vers 1900-1901.
- 2° Cacaos et beurre.
- Il paraît surprenant qu’avec un droit de douane de 150 francs les 100 kilog. l’étranger soit arrivé en 1910 à nous vendre un million de kilos de cacaos travaillés.
- Comme l’indique le tableau de la protection réelle, le fabricant paye 104 francs les 100 kilos sur le cacao vert, et quand celui-ci est nettoyé, torréfié et débarrassé de ses impuretés (car il ne faut pas oublier que la loi sur la répression des fraudes en France ne tolère qu’une proportion infime et pour ainsi dire inévitable des sous-produits), le droit de 104 francs revient alors à 135 francs environ.
- Les chocolatiers français ne bénéficient donc que de la différence entre 150 francs et 135 francs, c’est-à-dire 15 francs et non 150 comme pourrait le laisser croire le tarif douanier,
- (1) Pour 1912, sucre de la première catégorie. — Les chiffres doivent varier avec ceux de la deuxième catégorie et ne seront plus les mêmes les années suivantes.
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- et aussi comme paraissent l’insinuer certains articles de journaux étrangers que nous avons eus sous les yeux et intéressés à laisser croire que seule la qualité des produits importés en France était capable de faire franchir une semblable barrière.
- Nous pouvons affirmer au contraire qu’après la Hollande, qui seule, peut-être, ne perçoit aucun droit sur les cacaos travaillés, l’industrie française est la moins protégée du monde entier sur cet article, car si nous tenions compte des autres charges, plus élevées en France qu’ailleurs, cette protection réelle de 15 francs se trouverait encore sensiblement réduite.
- C’est ce qui explique l’augmentation de l’importation du cacao qui, de 229 400 kilos en 1902, dépassait le million de kilos en 1910.
- Les chocolatiers français ne se trouvent donc pas en très bonne posture puisque d’un côté ils ont une protection à peu près nulle, et que d’autre part ils ne peuvent, aussi facilement qu’ils ne le sont eux-mêmes, concurrencer l’étranger chez lui, en raison de sa protection généralement très supérieure à la leur.
- En Italie, la protection douanière réelle accordée sur les cacaos en poudre ou en pain est légèrement supérieure à celle de la France (21 fr. les 100 kg.) en tenant compte du même pourcentage de perte sur les cacaos verts que celui qui a servi à établir la protection française, mais il faudrait, pour être exact, tenir compte de la différence du prix de la main-d’œuvre entre la France et l’Italie, qui est certainement à l’avantage de cette dernière, ce qui augmente sa protection vis-à-vis de nous.
- Il y a lieu en outre de tenir compte des droits de douane relativement élevés perçus en Italie sur les emballages directs, c’est-à-dire boîtes fer ou cartonnages, ce qui augmente la protection dans une certaine mesure selon que l’emballage est plus ou moins lourd.
- Il faut également tenir compte des droits d’octroi qui existent dans beaucoup de villes italiennes,, ce qui donne aux fabricants respectifs de chaque ville percevant un droit une augmentation de protection. Bien entendu, ces droits sur les emballages ainsi que les droits d’octroi s’appliquent à tous les articles que nous avons à examiner.
- Malgré tout, ce droit ne paraît pas être une barrière infranchissable pour l’exportateur ; aussi l’importation italienne, eu égard à sa consommation, est relativement importante et va en progressant.
- 3° Chocolats
- Sur les chocolats, la protection en France est un peu plus élevée, mais elle est encore inférieure à celle de la plupart des pays étrangers. Elle n’est en effet, suivant la proportion du sucre et du cacao employés, que de 14 francs à 38 francs.
- Sur les chocolats, la protection accordée à la fabrication italienne est, comme en France, •supérieure à celle des cacaos en poudre ou en masse ; mais contrairement à ce qui se passe chez nous, sa protection diminue au fur et à mesure que la proportion de sucre augmente dans la composition des chocolats ; elle est en effet de 36 fr. 09 pour un chocolat ne contenant que 45 0/0 de sucre, au lieu de 14 fr. 05 en France, mais par contre, pour une composition de 60 0/0 de sucre, elle n’est plus que de 28 fr. 46 (non compris les droits sur les emballages et droits d’octroi), au lieu de 38 fr. 89 en France.
- Il résulte en somme de ces constatations que la protection des chocolats en Italie est, comme en France, plus élevée que celle des. cacaos, et que l’entrée chez nous est plus facile sur les chocolats de bonne qualité ou tout au moins très peu sucrés, mais que par contre, elle est plus facile en Italie sur les chocolats contenant beaucoup de sucre.
- La protection de 28 à 30 francs n’est pas un obstacle insurmontable, puisque l’importation italienne est très importante comparativement à sa consommation. Il est vrai que la presque totalité est d’origine suisse, et par conséquent, composée en grande partie de chocolats au lait qui n’ont pas de concurrence sérieuse dans la fabrication indigène.
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- 4° Confiserie chocolat.
- Toute la confiserie au chocolat doit être actuellement classée à l’entrée en France sous la rubrique des chocolats, ce qui nous donne une protection relativement élevée comparativement aux chocolats, et surtout au cacao en poudre ; cette protection peut naturellement varier à l’infini, elle augmente avec la diminution du pourcentage de cacao.
- La protection italienne est inférieure à celle de la France. Elle peut varier de 30 à 50 francs; c’est beaucoup, évidemment, mais nous croyons cependant à la possibilité pour la France de faire des affaires avec l’Italie, en procédant comme pour les articles précédents, c’est-à-dire en choisissant les sortes sur lesquelles la différence des droits est la moins élevée entre ceux que nous payons pour entrer et ceux payés par la fabrication italienne sur le même produit.
- 5° Confiserie sucre.
- La protection sur la confiserie sucre varie, comme tous les articles précédents, avec la proportion de sucre qu’elle contient ; elle est très faible en France : 6 francs pour celle composée uniquement de sucre.
- La confiserie étrangère a donc un accès très facile en France, accès que nous ne trouvons pas souvent nous-mêmes à l’étranger.
- Par contre, sur la confiserie au sucre, la protection italienne est beaucoup plus élevée qu’en France, elle peut varier de 30 à 60 francs.
- L’obstacle est ici plus difficile à vaincre pour nous que sur les produits précédents, car la confiserie au sucre est généralement d’un prix relativement modeste, et qu’un article de 200 francs les 100 kilos ne peut subir que très difficilement une majoration de 30 à 60 francs, ce qui représente de 15 à 30 %* d’augmentation sur la fabrication italienne, laquelle n’aura pas, croyons-nous, grande concurrence à craindre sur les articles à bon marché. Seuls, les articles fins et qui n’auront pas de similitude avec les produits italiens auront quelque chance de s’y vendre.
- 6° Confitures.
- En France, la protection accordée aux confitures est, comme pour la confiserie au sucre, très faible, le droit d’entrée n’est que de 16 fr. 50 y compris la taxe de raffinage sur le sucre, ce qui donne 3 francs de protection pour 100 kilos.
- Contrairement à la France, qui ne frappe les confitures que d’un droit insignifiant ne donnant qu’une protection de 3 francs environ aux confituriers, l’Italie possède un droit presque prohibitif de 100 francs les 100 kilos comme sur la confiserie, mais la proportion du sucre étant généralement moindre dans les confitures, la protection est plus forte sur celles-ci : 64 francs environ avec une proportion de 50 % pour un produit d’un prix très peu élevé.
- Les statistiques italiennes comprennent les confitures avec la confiserie nous ne pou. vons donc nous rendre compte de son importation, mais nous supposons qu’elle doit être insignifiante ; la statistique française n’enregistre du reste rien pour nos expéditions en Italie. Les relations d’affaires entre les deux pays sur ce produit peuvent être considérées comme nulles en ce qui concerne notre exportation.
- 7° Fruits confits.
- Le droit de douane étant le même en France sur les fruits confits que sur la confiserie, la protection est la même pour une proportion égale de sucre, mais le fruit contenant généralement moins de sucre, la protection est généralement légèrement inférieure à celle de la confiserie et supérieure à celle des confitures; elle est, en France, de 22 fr.20 pour 40 % de sucre.
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- Cette protection évidemment n’est pas prohibitive, l’importation cependant est beaucoup moins importante que celle des confitures, elle va toujours en augmentant.
- La protection sur les fruits confits en Italie est encore supérieure à celle des confitures ; les droits de douane à l’entrée sont en effet les mêmes, malgré la proportion généralement inférieure du sucre. Pour 40 % elle est de 71 fr. 14; aussi l’importation italienne de ce produit est nulle.
- 8° Café, thé, vanille.
- Ces produits étant d’origine essentiellement coloniale et ne subissant pas de transformation, il n’y a pas par conséquent à s’occuper de protection.
- D. DRAW-BACK
- Il ne nous reste plus maintenant qu’a examiner les difficultés que nous pouvons rencontrer pour nous faire rembourser les droits perçus sur les matières premières mises en oeuvre pour la fabrication de nos produits, comparativement aux autres pays, et en particulier avec l’Italie.
- Il y a une question primordiale qui joue un rôle extrêmement important, et pouvant limiter en France l’essor que nous serions en droit d’escompter à l’exportation, c’est le régime d’admission temporaire.
- Quels que soient les réglements en vigueur dans les pays ayant à subir les formalités qui découlent de ce régime, et quand même celles-ci seraient extrêmement larges et réduites au strict nécessaire, les fabricants qui les subissent ne seront jamais aussi bien placés, que ceux pouvant importer les matières premières, sans avoir à acquitter aucun droit et pouvant les réexporter ensuite, travaillées, sans avoir à subir aucune formalité, ni perte de temps, comme c’est le cas pour la Suisse et les Etats-Unis, etc...
- 1° Sucres.
- Nous ne nous étendrons pas sur les sucres naturels, qui se trouvent sous un régime tout à fait spécial, puisqu’ils sont travaillés sous le contrôle de la Régie.
- 2° Cacao et beurre.
- Sur les articles à base de cacao, les fabricants français se trouvent en général en infériorité marquée pour soutenir à l’exportation la concurrence étrangère, car le régime d’admission temporaire, est, dans bien des cas, très incomplet.
- Nous voyons en effet l’importation italienne atteindre un chiffre relativement important de poudre de cacao et de chocolats, et nous ne constatons qu’une quantité minime pour la part de la France.
- Si la poudre de cacao a progressé en France depuis quelques années, elle n’a cependant pas pris l’importance qu’elle aurait pu avoir; nous pouvons l’attribuer en grande partie à l’absence du Draw-Back sur le beurre de cacao. Toute fabrication importante de poudre est en effet impossible, si l’écoulement du beurre de cacao n’est pas assuré, ce qui serait précisément le cas des fabricants français si la poudre prenait une grande extension, comme dans certains pays. Le beurre de cacao n’étant pas admis à la décharge des comptes d’admission temporaire, son exportation a de ce fait été rendue impossible jusqu’ici (1).
- En dehors des considérations ci-d.essus, il y aurait certainement une place à prendre par la fabrication française, dans l’importation italienne, car, comme nous l’avons vu plus haut, la protection douanière qui lui est accordée, quoique un peu plus élevée qu’en France (21 fr. les 100 kilos) n’est cependant pas un obstacle insurmontable.
- (1) Une loi autorisant la fabrication du beurre de cacao, sous le contrôle delà Douane, a été votée par la Chambre des Députés, mais elle n’est pas encore passée au Sénat.
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- L’Italie est mieux favorisée que la France sous le rapport du Draw-Back, car non seulement elle obtient comme nous le dégrèvement à peu près complet sur la poudre, mais elle l’obtient aussi sur le beurre ; elle est en effet dégrévée sur l’un comme sur l’autre de 37 fr. 50 les 100 kilos pour un droit de douane de 30 francs sur les cacaos verts, ce qui faciliterait énormément, le cas échéant, l’exportation de ces produits.
- 3° Chocolats.
- L’exportation des chocolats n’est pas non plus ce qu’elle devrait être, toujours en raison du régime d’admission temporaire qui paralyse les bonnes volontés dans bien des cas et ce, sans tenir compte des frais et pertes de temps qu’il occasionne .
- En principe, les chocolats français sont dégrévés lors de la réexportation, selon leur teneur en sucre et en cacao, mais il en est souvent autrement. Nous avons vu plus haut que le beurre de cacao n’était pas dégrévé, ce qui se répercute sur les chocolats surbeurrés et sur les chocolats au lait, c’est-à-dire ceux dans lesquels un supplément de beurre de cacao, de 5 à 10 % est ajouté. Ce supplément ne bénéficiant d’aucun dégrèvement, place le chocolatier français en grande infériorité, comparativement à ses concurrents les plus directs, qui n’ayant acquitté aucun droit d’entrée n’ont à subir aucune perte à la sortie, et ce sont eux qui précisément, ont la spécialité de ces sortes surbeurrées.
- Si la Suisse s’était trouvée dans le même cas que la France, elle ne serait jamais arrivée à son chiffre considérable d’exportation en chocolat fondant et en chocolat au lait.
- De plus, vis-à-vis de la France, elle était encore dans une situation d’autant plus privilégiée que nous n’avons obtenu le Draw-Back partiel sur le chocolat au lait que longtemps après sa création, alors qu’elle ne craignait plus de notre part aucune concurrence.
- En Orient, où les chocolats additionnés d’une quantité plus ou moins grande de produits alimentaires autres que le cacao et le sucre, trouvent une certaine clientèle, l’exportation de France en est impossible, car ils ne sont pas acceptés en décharge sur les comptes d’admission temporaire.
- Il en sera de même dans les pays de protectorat comme la Tunisie et le Maroc, où nous nous trouverons moins bien placés que nos concurrents étrangers italiens ou autres.
- 4° Bonbons chocolats.
- Tous les bonbons au chocolat étaient, hier encore, dansle même cas, et seuls, ceux ayant un intérieur à la crème sont dégrévés depuis décembre 1911 seulement. Ce résultat a été obtenu après de nombreuses démarches de la chambre syndicale des chocolatiers. Nous n’avons, par conséquent, pas eu le temps encore, de beaucoup en profiter. Toutes les autres sortes, et elles sont les plus nombreuses, contenant des produits autres que le cacao et le sucre ne sont pas dégrévées sur les cacaos ; et sont, par conséquent dans la même situation que les chocolats additionnés.
- Comme pour le beurre de cacao, les fabricants italiens sont mieux favorisés par le Draw-Back qui s’étend sur tous les articles à base de cacao sans exception, il est sur le chocolat de 60 fr. 25 les 100 kilos, quelle que soit leur composition, à condition bien entendu que les droits remboursés correspondent à ceux payés.
- Il sera donc possible aux chocolatiers et confiseurs italiens d’exporter dans de meilleures conditions que les chocolatiers français, ils sont même mieux placés que nous en Tunisie et au Maroc pour les chocolats additionnés et bonbons chocolats composés.
- 5° Confiserie, confitures et fruits confits.
- La confiserie au sucre, les confitures, les fruits confits et en général tous les produits sucrés sont mieux partagés ; le dégrèvement a lieu, en effet, sur la quantité de sucre, reconnue à l’analyse sur les échantillons prélevés.
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- En Italie, le dégrèvement a lieu à raison de 42 fr. 70 pour tous les produits contenant au moins 60 % de sucre ; au-dessous, le remboursement des droits a lieu suivant la quantité réellement contenue.
- La quantité minima exigée n’est que de 25 kilos au lieu de 100 kilos en France. Le taux de remboursement sur les articles au sucre aussi bien que sur les chocolats ira en progressant jusqu’en 1916-17 en même temps que la taxe de fabrication sur les sucres.
- 3° OBSERVATIONS SPÉCIALES A L’ITALIE
- Pour l’extension de notre commerce d’exportation en Italie, en raison des désavantages signalés dans ce rapport et qui résultent de l’insuffisance du draw-back, nous devons essayer de nous imposer non seulement par la qualité, mais aussi par la nouveauté, en faisant tout notre possible pour nous attacher le consommateur.
- Nous nous trouverons forcément avec un écart assez sensible par rapport à la fabrication italienne, et cet écart sera relativement moins élevé sur un article fin que sur un autre très bon marché.
- Il y aura une sélection à faire dans le choix des articles à exporter en Italie, en s’inspirant des indications contenues dans le présent rapport, et notamment du tableau de la protection réelle.
- Il n’y a aucune chance en effet d’arriver à un chiffre d’exportation important sur les produits dont la protection réelle est par trop forte.
- Nous pouvons citer comme exemple quelques articles pour lesquels l’exportation sera^ possible.
- Les cacaos en poudre sans sucre.
- Les chocolats très sucrés mais bien travaillés, avec un mode de présentation agréable à l’œil, et d’un prix abordable, livrés soit en tablette soit en poudre.
- Les chocolats fondants ne contenant pas une trop grande quantité de beurre, non pas à cause du goût, mais en raison de l’absence de dégrèvement sur le beurre ajouté.
- Il en est de même pour le chocolat au lait.
- Dans les bonbons au chocolat, choisir de préférence ceux ayant un intérieur à la crème, lesquels bénéficient du régime d’admission temporaire sur les cacaos et les sucres.
- L’exportation de la confiserie sera plus facile sur les articles composés uniquement de sucre.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur l’énumération des produits. Chaque fabricant, par la connaissance de sa fabrication, pouvant seul être juge du choix à faire.
- Pour atténuer le montant des droits de douane, sur les emballages, nous recommandons de simplifier ceux-ci dans la mesure du possible et de les rendre très légers.
- Les boîtes carton servant d’emballage direct paient un droit important de 70 francs les 100 kilos, ce qui augmente notablement la protection italienne.
- Les boîtes-fer ne paient que 22 francs les 100 kilos.
- Les emballages en bois brut sont exempts ; il y aura donc avantage à les employer partout où cela sera possible.
- Il est indispensable d’indiquer pour chaque envoi, les poids bruts et nets des articles; on risquerait autrement de se faire appliquer sur les emballages, les droits afférents aux produits qu’ils contiennent.
- En Italie, les prix de vente sont généralement établis pour des produits rendus en gare italienne, franco de port et de droits.
- Nous rappelons que beaucoup de villes italiennes perçoivent des droits d’octroi. Si le fabricant français n’a pas à comprendre ces droits dans ses prix de vente, il est cependant utile qu’il les connaisse.
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- SUCRES, CACAOS, ETC.
- Nous donnons ci-dessous, à titre d’exemple, les droits d’octroi de quelques villes :
- Sucre Chocolat Cacao
- Turin..................................... 8 fr. 50 25 fr. 10 fr.
- Gênes.................................... 13 fr. 30 fr. 15 fr.
- Florence................................. 13 fr. 30 fr.
- Venise.................................. 12 fr. —
- Naples.................................. — 50 fr.
- Milan................................... —
- Enfin, au point de vuè commercial, les industriels français auront intérêt à avoir des agents directs en Italie, où nos produits sont relativement peu connus, et cela d’autant plus que l’Italie est un pays neuf, appelé à un grand avenir.
- 4o RÉSUMÉ DES CONCLUSIONS ÉCONOMIQUES.
- La consommation déjà très importante, en France, des articles faisant l’objet de cette étude, pourrait certainement encore être augmentée, si les droits qu’ils ont à supporter n’étaient pas aussi élevés.
- L’augmentation du prix de la vie se fait, en effet, lourdement sentir sur tous ces produits, en obligeant la population ne disposant que d’un budget modeste, de restreindre ses dépenses.
- Il en est de même pour l’Italie, sauf le cacao, dont les droits ont été abaissés à un taux raisonnable, mais les sucres, par contre, sont lourdement frappés.
- Les droits protecteurs français permettent à la fabrication étrangère de nous concurrencer en France sur un grand nombre de nos articles, et nous ne trouvons pas toujours la même réciprocité, dans les pays étrangers.
- Notre exportation est souvent paralysée par l’insuffisance du draw-back français, et principalement sur les articles à base de cacao, ce qui nous place en état d’infériorité par trop accentuée vis-à-vis de la concurrence étrangère.
- Les fabricants italiens sont mieux partagés. Ils possèdent le draw-back sur tous les articles, et peuvent facilement réexporter leurs produits ; ils ont même un avantage sur nous, dans les pays de protectorat, comme la Tunisie et le Maroc.
- Après l’étude détaillée des produits de notre classe, il est bon de constater que nos industries françaises font tout leur possible pour maintenir et élargir leur vieille réputation, car, en dehors des considérations douanières que nous avons énumérées, elles n’ont rien à craindre de la concurrence étrangère, sous le rapport de leurs connaissances industrielles.
- Elles ont donc intérêt à conserver cette réputation acquise, non seulement en maintenant la qualité de leurs produits,mais aussi en l’accentuant encore, si possible, ce qui leur permettra, dans certains cas, de forcer les barrières douanières étrangères, souvent très élevées, et aussi de se défendre en France, le cas échéant, contre leur concurrence .
- La loi de répression des fraudes, régissant les produits alimentaires en France depuis le 1er août 1905, a, du reste, affirmé la volonté des industriels français, celle des Pouvoirs Publics et des consommateurs, d’accentuer le bon renom et la loyauté des produits mis en vente.
- Louis GÉRARD.
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- RAPPORT
- SUR LA CLASSE 101
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN
- RAPPORT SUR LA CLASSE 101
- CONSERVES
- de Légumes, Fruits, Viandes, Poissons.
- Rapporteur : M. Raymond CHEVALLIER-APPERT *
- Vice-Président du Comité des Classes 98 à 101,
- Fabricant de Conserves alimentaires.
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- LA CLASSE 101
- COMITÉ DU GROUPE XVII
- Président
- M. GAHEN (Jules), 184, rue Saint-Martin, Paris.
- Vice-Présidents :
- MM. CHEVALLIER-APPERT (Raymond), 30, rue de la Mare, Paris.
- DEWAYRIN (Daniel), Banteux, par Honnecourt (Nord).
- GÉRARD (Louis), 247, rue de Crimée, Paris.
- LOIR (Louis), 75, avenue de Choisy, Paris.
- PELLIER (René), Le Mans (Sarthe).
- REBOURS (Émile), Troyes (Aube).
- RINGUET (Eugène), 142, rue de Lyon, Paris.
- VILGRAIN (Louis-Antoine), 35, rue de la Ravinelle, Nancy (Meurthe-et-Moselle). VIRAT (Gustave), 44, rue Hamelin, Paris.
- Secrétaires :
- MM. BOURREAU, Capdenac (Aveyron).
- ESTIEU (Jean), 209, rue Saint-Denis, Courbevoie (Seine).
- LAGAYE (Antoine), 51, rue Blatin, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- MAITRE (Eugène), 70, rue du Point-du-Jour, Billancourt (Seine).
- TERNYNCK (Émile), Chauny (Aisne).
- Trésorier :
- M. ROUZAUD (Auguste), Royat-les-Bains (Puy-de-Dôme).
- CLASSE loi
- Conserves de Légumes, de Viandes, de Poissons et de Fruits.
- Liste des exposants :
- FRANCE
- MM. CAHEN (Jules) et Fils, 184, rue St-Martin, Paris. (Conserves alimentaires.) CHEVALLIER-APPERT, 30, rue de la Mare, Paris. (Conserves alimentaires.) GENDREAU-MORIN et Cie, La Roche-sur-Yon (Vendée). (Conserves alimentaires.) GRIFFON, PAPILLON et Cie, Cholet (Maine-et-Loire). (Conserves alimentaires.) PELLIER Frères, Le Mans (Sarthe). (Conserves alimentaires.)
- RAYNAL ET ROQUELAURE, Capdenac-gare (Aveyron). (Conserves de viande.) ROCCA, TASSY ET DE ROUX, 22, rue Montgrand, Marseille (Bouches-du-Rhône). (Conserves alimentaires.)
- SOCIÉTÉ DE OUACO, 20, rue Laffitte, Paris. (Conserves de viande.)
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- 88 GROUPE XVII. — CLASSE 101
- JURY
- Membres français du Jury.
- Juré titulaire ............. M. CAHEN (Jules), fabricant de conserves alimen-
- taires à Paris.
- Juré suppléant.............. M. CHEVALLIER-APPERT, fabricant de conserves
- alimentaires à Paris.
- RÉCOMPENSES
- Les membres du Jury examinèrent tout d’abord les échantillons et les dégustèrent. Les titres aux récompenses furent pesés avec un soin égal et il fut décidé que toute indication de récompense antérieure obtenue aux expositions régionales n’ayant aucun caractère officiel et qui tendrait à faire croire faussement à des expositions internationales, serait impitoyablement considérée comme un moyen frauduleux et écarterait l’expo lant de toute proposition pour une récompense. r
- Les membres du Jury furent d’accord pour fixer le mode d’attribution des récom-
- penses qui furent réparties comme suit :
- Mentions honorables........................................... 1 à 4
- Médailles de bronze.......................................... 5 à 7
- Médailles d’argent........................................... 8 à 10
- Médailles d’or .............................................. 11 à 14
- Diplômes d’honneur .......................................... 15 à 18
- Grands prix................................................ 19 à 20
- MM. CAHEN (Jules) et Fils, à Paris. Hors concours. CHEVALLIER-APPERT, à Paris. Hors concours.
- DIPLOMES DE GRAND-PRIX
- MM. PELLIER Frères, au Mans (Sarthe).
- RAYNAL ET ROQUELAURE, à Capdenac (Aveyron).
- BOCCA, TASSY ET DE ROUX, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MM. GENDREAU-MORIN et Cie, à la Roche-sur-Yon (Vendée). GRIFFON, PAPILLON et Cie, à Cholet (Maine-et-Loire).
- DIPLOME DE MÉDAILLE D’OR
- SOCIÉTÉ DE OUACO, à Paris.
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- CONSERVES DE LÉGUMES, ETC.
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- ORGANISATION ET DESCRIPTION DES EXPOSITIONS
- CHEVALLIER-APPERT
- C’est en 1812 que fut fondée la Maison APPERT et c’est à son fondateur que revien-l’honneur de l’invention des conserves alimentaires.
- Cette industrie, qui devait révolutionner l’alimentation, est née d’un concours ouvert par le Ministère de la Marine, en 1809, afin de procurer aux marins de l’État une nourriture plus hygiénique que celle des viandes salées.
- Un prix de 12 000 francs était réservé à l’inventeur qui présenterait le meilleur procédé de conservation : il fut décerné à Appert.
- Mais les recherches d’Appert n’ont pas pour point de départ le concours institué au Ministère de la Marine, avant cette époque, il avait eu l’idée d’améliorer les procédés de conservation connus et, en 1809, il présentait déjà à la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, des échantillons de divers produits alimentaires conservés par sa méthode depuis plus de dix-huit mois.
- Le Bulletin de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale (1) a enregistré précieusement les procès-verbaux des commissaires chargés par elle d’étudier les « conserves de fruits et de légumes présentés par M. Appert, à Massy, près Paris » et grâce à eux, nous pouvons aujourd’hui suivre dans toute son évolution l’oeuvre de celui que cette société qualifie d’« artiste ».
- En 1809, M. Bouriat, rapporteur de la Sôciété d’encouragement à l’Agriculture, écrit :
- « Telle est notre manière de penser sur les substances conservées par M. Appert et soumises à notre examen, qu’elles se sont trouvées toutes de bonne qualité, qu’on peut les employer sans aucune espèce d’inconvénient et que la Société doit des éloges à l’auteur pour avoir avancé à ce point l’art de conserver des substances végétales et animales. Nous nous plaisons ici à rendre hommage au zèle et au désintéressement qu’il a mis pour parvenir à son but.
- « Lorsque les relations commerciales seront plus faciles, M. Appert n’aura besoin que de son talent et de sa persévérance pour établir une branche de commerce qui lui sera utile ainsi qu’à son pays. »
- Dans ce rapport, M. Bouriat signale à l’attention de ses collègues, les conclusions de la plupart des rapporteurs spéciaux des commissions nommées par les préfets, pour étudier la bonté des procédés « Appert ».
- A Brest, le Rapporteur écrit au Préfet :
- « On peut ajouter que le procédé de M. Appert pour la conservation des objets examinés est suivi de tous les succès qu’il avait promis. »
- Il constate en outre que :
- « Les substances alimentaires embarquées au nombre de dix-huit sur le Stationnaire, depuis le 2 décembre 1806, débarquées le 13 avril 1807 et examinées par la Commission ad hoc sous la présidence du commissaire des hôpitaux, ne se sont point altérées pendant leur séjour à bord et que l’état dans lequel on les a trouvées, est celui qu’elles présentaient au premier examen fait au commencement du mois de décembre dernier. »
- (1) Les documents qui ont servi à la rédaction de cette notice sont extraits du Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. Tome VIII (1809), tome XIII (1814), tome XVIII (1819), tome XIX (1820), tome XXI (1822), tome XXIII (1824), tome XXIX (1830).
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- L’auteur cite également une lettre adressée par le contre-amiral Allemand à M. Appert, et dans laquelle il est dit :
- « J’ai fait goûter hier aux capitaines sous mes ordres, les végétaux de toutes espèces que j’achetai de vous, il y a quatorze mois et dont mon maître d’hôtel avait oublié une caisse dans une soute. Comme on commence à se procurer des petits pois et des fèves, ils les crurent de la saison, tant ils étaient bien conservés. Ils veulent en acheter une grande quantité, etc... »
- Enfin, n’ayant pas ménagé les éloges, M. Bouriat regrette que l’Établissement de M. Appert n’ait peut-être pas été assez apprécié par de riches capitalistes qui auraient pu lui donner rapidement le degré d’extension désirable et qu’il ne prendra que successivement si cet artiste est livré à ses propres moyens.
- Voici quelle était en 1809, l’état de l’industrie naissante des conserves alimentaires.
- En 1814, M. Bouriat fait une nouvelle communication à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale et, ayant constaté qu’une demi-bouteille de lait conservé par le procédé Appert (après être resté six années dans un lieu où la température variait assez souvent) a été décachetée et que le lait s’est trouvé parfaitement doux et dégagé de toute aigreur ; il conclut en disant :
- « La Société apprendra sans doute avec plaisir que ce qu’elle a pu dire, il y a six ans» d’avantageux sur les procédés de M. Appert, est encore au-dessous de ce que l’expérience a démontré par la suite. »
- En 1820, la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale décerne une Médaille d’or à M. Appert de Paris, pour son procédé de conservation des substances alimentaires sous un grand volume.
- En 1822, M. Louis de Freycinet, capitaine de vaisseau, adresse au secrétaire de la Société d’Encouragement, une lettre dans laquelle il dit :
- « ... Mais il était donné à M. Appert de résoudre dans son entier le problème des approvisionnements alimentaires maritimes. Ses préparations sont trop connues pour que j’entreprenne ici de les décrire, mais ce que l’on ne sait point assez, c’est à quel point le service que M. Appert a rendu aux marins, est important et digne d’éloges... »
- Enfin, en 1830, M. Appert se voyait attribuer un prix de 2000 francs créé par la Société d’Encouragement pour récompenser celui qui conserverait au moins 8 à 10 kilogrammes de substance animale dans un vase, l’espace d’une année.
- Toutefois, cette industrie mit encore un certain temps à prendre un grand essor. L’idée était bien trouvée mais elle demandait à être complétée ; les ferments n’étaient souvent qu’endormis et il arrivait qu’au bout d’un temps plus ou moins long ils reprenaient leur marche envahissante et destructive; de là des chargements entiers de conserve qui venaient à se corrompre souvent sous l’influence de la chaleur des tropiques, ou même à des températures moins élevées ; de là de cruels mécomptes qui attristèrent les dernières années de la vie de l’inventeur qui mourut en 1840.
- On chercha à perfectionner le procédé et comme il arrive presque toujours, on s’écarta de l’idée première à force de faire des modifications ; on s’en prit au fer blanc, à la soudure, aux ouvriers eux-mêmes, à la fumée de tabac, etc.
- Ce fut CHEVALLIER-APPERT qui, en 1852, reprit les travaux d’Appert dont il était le successeur et qui s’appuyant sur l’idée première, la perfectionna. Il imagina d’employer l'autoclave qui jusque là n’avait servi qu’à de tous autres usages tout à fait en dehors de l’alimentation et d’y introduire les conserves en surélevant la température.
- Comme il fallait connaître le degré intérieur pendant l’opération, afin de ne pas compromettre la qualité des substances à conserver, souvent très délicates, Chevallier-Appert imagina encore un manomètre.
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- Il n’existait alors que des manomètres pour les chaudières à vapeur qui ne mesuraient la chaleur que par vingtaines de degrés à la fois, tandis que pour les conserves alimentaires, c’était par degré et quelquefois par demi-degré qu’il fallait mesurer la chaleur pour assurer d’un côté la conservation, et d’un autre côté, ne pas nuire à la saveur et à la fraîcheur de la substance à conserver.
- C’est en 1852 que Chevallier-Appert prit un brevet donnant ainsi une date certaine à son invention. Cette nouvelle invention, ou si l’on veut, ce perfectionnement qui remplaçait l’indécision et l’incertitude par une donnée certaine, fut la source de beaucoup d’imitations et par suite de nombreux procès.
- Ces derniers ne servirent qu’à confirmer la nouveauté du procédé et à en attribuer le véritable mérite à son auteur, de telle sorte que, tout en rendant hommage au grand inventeur Appert, et sans diminuer en rien son mérite, on est autorisé à dire que Chevallier-Appert devint par le fait, le fondateur de cette grande industrie qui est toute française et qui répand aujourd’hui ses multiples produits sur toute la surface du globe.
- La Maison Chevallier-Appert continue à remplir le but de son fondateur en préparant des conserves inaltérables sous tous les climats, de plats tout préparés, tels que : canards aux petits pois, chaud-froids de cailles, riz de veau à la financière, tête de veau tortue, etc., si appréciés du marin et de l’explorateur qui peuvent ainsi, même aux antipodes, goûter en tous temps aux préparations culinaires des meilleurs cuisiniers de France. La maison s’est également spécialisée dans la préparation des asperges d’Argenteuil et des légumes “A la villageoise”. Ce mode de préparation leur permet de rivaliser avec les légumes frais.
- MAISON LEBRETON ET BRÉE, JULES CAHEN et Fils, Successeurs 184, rue Saint-Martin, PARIS.
- MM. Jules CAHEN et Fils sont les successeurs de MM. LEBRETON ET BRÉE qui ont fondé leur maison en 1858 et qui est, par conséquent, une des plus anciennes de Paris ; elle avait obtenu deux premières Médailles d’argent à l’Exposition Universelle de Paris 1867.
- MM. Jules Cahen et Fils ont suivi la marche progressive de la Maison à laquelle ils ont donné une grande extension ; leur fabrication exclusivement parisienne, s’est élevée, l’an dernier, à deux millions de boîtes et bien que l’article “champignons” tienne une grande place dans leur fabrication, ils atteignent néanmoins un chiffre important en conserves de légumes.
- La maison qui fabrique seulement à Paris, a dû en raison de cette extension, créer une nouvelle usine à vapeur, impasse Beaubourg et à la fabrication des conserves de légumes, ses propriétaires ont joint celle des boîtes et étiquettes métalliques.
- M. Jules Cahen a été :
- Membre des Comités à l’Exposition Universelle de Paris 1889,
- Secrétaire des Comités et du Jury à l’Exposition Universelle de Paris 1900, Secrétaire du Groupe X et Secrétaire du Jury (Cl. 58) Exposition de Liège 1905, Secrétaire général du Groupe X et Secrétaire du Jury (Cl. 38) Exposition Londres 1908 Vice-Président du Groupe X à l’Exposition de Bruxelles 1910,
- Président du Groupe XVII (Alimentation) à l’Exposition de Turin 1911.
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- MAISON : « LE RÉGAL» Conserves Alimentaires de luxe L. GRIFFON, PAPILLON & Cie à CHOLET (Maine-et-Loire)
- Cette Maison qui date de 1896, a deux principales usines en pleine région choletaise, pays dont les bœufs ont une renommée universelle. La qualité du bétail employé influe naturellement sur la qualité des conserves fabriquées qui sont hors de pair. Les principaux produits sont, pour les conserves de bœuf : les langues, les rognons sautés au champagne ou au madère, les tripes mode de Caen, l’extrait, et tous plats de bœuf préparés.
- Les conserves de légumes comprennent les petits pois préparés et les haricots verts, flageolets et macédoines.
- Les poissons, thon, sardines, et maquereaux sont d’une finesse de goût absolument remarquable. Ils sont fabriqués dans leur usine de Bretagne à Lomener (Morbihan). De plus, il y a une importante usine de boîtes métalliques à Torfou (Maine-et-Loire) possédant un outillage des plus modernes et permettant la fabrication de 50 000 boîtes par jour.
- Cette maison emploie environ 150 hommes et 360 femmes.
- Récompenses antérieures. — En 1904, une Médaille d’or, à l’Exposition de Nantes. En 1906, Membre du Jury à Marseille, également Membre du Jury à Angers, en 1906, et à Bordeaux en 1907. Une Médaille d’or à Londres en 1908, et un Diplôme d’honneur à Bruxelles en 1910, Hors concours, Membre du Jury à Clermont-Ferrand en 1910. Enfin à l’Exposition de Turin, un Diplôme d’honneur.
- PELLIER FRÈRES Le Mans
- La Maison PELLIER a été fondée en 1830, par M. J. CONEAU. M. Edmond Pellier s’en rendit acquéreur en 1840 et s’associa son frère Alfred. Afin de donner plus d’extension à leur affaire, ces messieurs s’adjoignirent comme représentant leur plus jeune frère Gustave.
- En 1844, M. Edmond Pellier céda sa part d’association à son frère Gustave. M. Alfred Pellier étant décédé, il fut remplacé par son fils qui se retira en 1888. M. Gustave Pellier resta, ayant comme collaborateur son fils aîné, René, qu’il prit comme associé en 1901. En 1906, M. Gustave Pellier étant décédé, M. René Pellier resta seul à la tête de la maison ayant comme associé Mme Gustave Pellier, sa mère.
- Au début, la maison a fabriqué des conserves de viandes, de légumes divers, pâtés, gibiers, dans l’usine du Mans, puis elle fonda, en 1841, l’usine de la Turballe, qui, outre les conserves de légumes, entreprit la fabrication des sardines à l’huile.
- En 1855, un nouvel établissement fut créé aux Sables d’Olonne et, en 1870, un autre à Audierne. En 1907, s’imposa la création d’une nouvelle usine à Brigneau.
- Aujourd’hui donc, 5 usines sont en plein fonctionnement.
- Les premières expériences d’écossage des petits pois avec des machines furent faites à l’usine de la Turballe. Plusieurs années furent nécessaires pour arriver à faire rendre à la machine un travail convenable. Depuis, tout le travail se fait mécaniquement.
- La Maison Pellier fut également une des premières à employer pour la fabrication des sardines les bassines à frire chauffées à la vapeur.
- La Maison fabrique ses boîtes métalliques et elle a décidé l’emploi de boîtes serties et embouties pour ses sardines à l’huile. La boîte est fabriquée et fermée mécaniquement. Elle donne le maximum possible de sécurité pour la bonne conservation du produit.
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- La Maison Pellier propage dans ses usines la fermeture mécanique des boîtes rondes et carrées parce qu’elle la considère comme un progrès à tous les points de vue.
- Elle a fait de grands progrès, particulièrement au point de vue de l’hygiène, par suite de la fermeture rapide des boîtes et aussi pour l’amélioration du sort du pêcheur puisque les encombrements d’usines ne sont plus à craindre, et, par suite, les avilissements de prix qui se faisaient sont devenus beaucoup plus rares.
- Au point de vue économique, la Maison Pellier a, par des perfectionnements, rendu pratique le remplacement du gaz de ville par le gaz pauvre. Elle avait fait de nombreux essais dans ce sens et des installations établies avaient dû être abandonnées, par suite de nombreuses pannes et encrassement des tuyaux.
- La Maison chauffe directement par le gaz pauvre les fers à souder. A l’aide de brûleurs spéciaux elle est parvenue à chauffer absolument régulièrement :
- 1° Les machines à souder les corps des boîtes ;
- 2° Les machines à souder les couvercles des boîtes à décollage ;
- 3° Les machines à poser les joints ;
- 4° Les bains de soudure, etc., etc...
- Tous ces progrès ont donné à la Maison une notoriété de bonne et régulière fabrication. Pendant la saison de pêche, son personnel est de plus d’un millier d’ouvriers et d’ouvrières.
- La Maison a concouru dans les diverses expositions françaises et étrangères et a obtenu les plus hautes récompenses.
- Paris 1855, Médaille de bronze,
- Paris 1867, Médaille d’argent,
- Paris 1878, Hors concours, Membre du Jury,
- Paris 1889, Médaille d’or,
- Londres 1841-1883, Médailles de bronze, argent et ors
- Vienne 1883-1899, Grande Médaille, i
- Le Mans 1899, Hors concours, Président du Jury,
- Paris 1900, Médaille d’or,
- j Saint-Pétersbourg 1902, Médaille d’argent,
- Nantes 1904, Grand prix,
- Liège 1905, Grand prix,
- Bordeaux 1906, Membre du Jury,
- Marseille 1907, Membre du Jury,
- Franco-Britannique 1908, Grand prix.
- RAYNAL & ROQUELAURE Capdenac (Aveyron)
- Cette Maison a été créée en 1875 et est restée spécialisée dans la fabrication des conserves de viandes, sous la forme “Cuisine toute prête” dont elle désigne l’ensemble de ses produits.
- La Maison Baynal et Roquelaure s’est toujours efforcée d’offrir à sa clientèle des plats en boîtes absolument prêts à servir, soit froids, soit réchauffés.
- Par les efforts qu’elle a faits pour présenter ses conserves ayec. une parfaite qualité, elle en a vulgarisé la vente et facilité ainsi le développement de cette branche particulière de la conserve.
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- GROUPE XVII. — CLASSE 101
- Ses conserves les plus estimées sont les conserves de foies gras, gibier, truffés, etc... Cette Maison a obtenu :
- 20 Médailles à diverses expositions,
- Paris Membre du Jury à l’Exposition Universelle de 1900,
- Liège 1905, Expert du Jury,
- Marseille 1906, Membre du Jury à l’Exposition Coloniale,
- Londres 1908, Expert du Jury,
- Bruxelles 1910, Grand prix,
- Buenos-Ayres 1910, Grand prix,
- Turin 1911, Grand prix.
- ROCCA, TASSY et de ROUX Marseille (Bouches-du-Rhône.)
- La Maison ROCCA, TASSY et DE ROUX qui expose les produits de sa fabrication, notamment : amandes de coco, graisse ou beurre de coco alimentaire (végétaline), tourteaux et sous-produits de sa fabrication, est une Maison déjà ancienne et de tout premier ordre dans la fabrication des huiles à Marseille.
- Cette Société dont l’origine remonte à 1866 fut constituée avec les associés actuelW^v en 1890. /
- Sa spécialité est l’huilerie et dans sa fabrication, elle s’occupe presque exclusivement ^ de la trituration des amandes de coco. Elle a en 1896 créé en France la fabrication des graisses de coco alimentaires, industrie qui s’est propagée dans toute l’Europe et en Amérique, depuis sa création par cette Société.
- Elle a enfin adjoint à sa fabrication celle de la savonnerie sous le nom de “Savonneries de la Méditerranée”.
- Il est intéressant de signaler les caractéristiques de l’importance industrielle de cette société.
- Son usine qui occupait l’année dernière une surface de 42 000 mq, vient d’être doublée et ses établissements industriels, sous le nom d’usine “Massilia” situés boulevard Oddo, à Marseille, occupent une superficie de 82000 mq. Sa trituration journalière est de 140 000 kilos d’amandes de coco.
- La fabrication de la graisse de coco qu’elle livre sous le nom de “Végétaline” est supérieure à 100 000 kilos par jour. La fabrication de sa savonnerie (Société annexe) dépasse 30 000 kilos de savon par jour. Plus de 120 000 fûts sont livrés actuellement par l’atelier de tonnellerie.
- Sa consommation journalière de charbon est de 70 000 kilos.
- Enfin, comme industrie annexe, elle utilise plus de 5 000 000 de boîtes métalliques qui l’ont déterminée à créer ces temps derniers une importante fabrique de boîtes ainsi qu’une caisserie.
- Les tissus pour la fabrication et la trituration des amandes de coco absorbent une somme de 150 000 francs par an. 34 moteurs électriques produisant 670 chevaux actionnent les divers services des bâtiments industriels. La chaufferie atteint 1700 mq comme surface de chauffe.
- Son personnel dépasse le chiffre de 850 ouvriers et de 84 employés.
- Telles sont les principales caractéristiques des moyens d’action de cette Société.
- Le chef de cette Maison, M. Émilien Rocca, qui a rempli les fonctions de juge au tribunal du Commerce de Marseille, est actuellement Membre de la Chambre de Commerce
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- de cette ville et, pour la seconde fois, président des fabricants d’huiles de Marseille ainsi que de la Fédération des syndicats et de l’Industrie du commerce des huiles; il est également administrateur de la Banque de France de Marseille.
- La caractéristique de cette Société n’est pas tant dans l’importance de ses établissements industriels (pourtant déjà considérables), mais surtout dans la création qu’elle a réalisée en 1896 de l’industrie des graisses de coco alimentaires. [En effet, jusqu’à cette date, les huiles de coco ne servaient pas à la fabrication des savons et un débouché nouveau et considérable a été créé par cette découverte à la culture et au commerce de l’amande de coco, industrie et commerce qui ont eu une répercussion très favorable sur la culture du cocotier dans les colonies françaises. Les prix de cette amande ont, en effet, doublé depuis la création de cette industrie et, de 30 francs les 100 kilos, quai Marseille, que valait cette graine oléagineuse, elle vaut actuellement dans les environs de 60 francs les 100 kilos.
- On comprend aisément l’influence très heureuse qui est résultée de cette augmentation du double de la valeur première.
- La Société d’Encouragement à l’Industrie nationale récompensa cette découverte en lui accordant sa grande Médaille de vermeil.
- Cette nouvelle industrie absorbe actuellement dans le monde près de 300 000 tonnes d’amandes de coco.
- La Société Rocca, Tassy et de Roux a pris, pour protéger sa fabrication, 17 brevets, tant en France qu’à l’Étranger.
- Nous devons ajouter que son capital social est actuellement de 5 000 000 de francs. Son chiffre d’affaires annuel atteint 60 000 000 de francs et l’exportation des produits de cette Société dépasse les 50 % de l’exportation dans ces articles. Elle a même atteint en 1901 le 83 % de l’exportation totale. Le chiffre de 1910 a été de 25 000 000 de francs.
- La Société possède enfin plusieurs filiales, notamment à Milan, Genève, Budapesth, Hambourg et l’Orégon (États-Unis d’Amérique).
- La Maison Rocca, Tassy et de Roux a pris part aux grandes Expositions internationales et elle a remporté 6 grands prix successivement.
- Voici, d’ailleurs, le tableau de ses récompenses :
- 1894 Exposition Universelle d’Anvers, Médaille d’or.
- 1897 — — Bruxelles, Médaille d’or,
- 1900 — — Paris, Grand prix,
- 1902 — — Hanoï, Grand prix,
- 1904 — — Saint-Louis, Grand prix,
- 1905 — — Liège, Grand prix,
- 1909 — — Est-France, Grand prix,
- 1910 — — Bruxelles, Membre du Jury,
- 1911 — — Turin, Grand prix.
- Telles sont les principales caractéristiques de cette Société, dont le développement a eu une influence très heureuse sur l’Industrie et le Commerce de Marseille et également pour les raisons que nous vous avons indiquées, sur la culture et le commerce de la principale richesse de nos colonies : le cocotier.
- Elle méritait à juste titre la haute récompense que lui a décernée le Jury de l’Exposition de Turin.
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- CHARLES JOVIGNOT PARIS, 23-25, Avenue de Châtillon. (Usine et bureau)
- Succursales à : Vienne, 10, Wiedner Hauptrasse. Bureaux. Prague, Usine.
- Athènes Londres Turin
- Agences à : Berlin Milan Sétubal
- Bruxelles Naples Singapour.
- CONSERVES ALIMENTAIRES — BOUCHAGE-FLACONNAGE
- Le flaconnage bouché hermétiquement rend d’immenses services à l’industrie des conserves alimentaires, il permet au fabricant :
- « D’attirer l’attention du consommateur sur ses produits, par leur présentation, indice de leur qualité, et du soin apporté à leur préparation ;
- « De s’adresser à toute une catégorie du public qui repoussait la boîte ;
- « D’exporter certaines substances impossibles à emballer dans le fer blanc. »
- Quoique les essais d’Appert aient été faits aussi bien avec des récipients métalliques qu’avec des flacons, la boîte a été pendant de longues années le mode d’emballage pré^ féré des fabricants ; cela tient à la difficulté pratique d’utilisation des flacons qu’on n’ar-/ rivait à boucher d’une façon assez précaire et incertaine, qu’à la suite d’une main-d’œuvre^ difficile, par divers procédés très longs et très onéreux, impraticables surtout industriellement.
- Pour répondre aux besoins des fabricants il fallait un bouchage élégant, s’ouvrant facilement, inviolable et d’une herméticité absolue donnant toute sécurité de conservation.
- Il fallait en outre pour la fermeture une machine robuste, simple, aisément réglable, pouvant être conduite sans connaissances techniques ni apprentissage, travaillant très rapidement et sans risque de casse.
- C’est en m’efforçant de grouper ces diverses qualités que j’ai été amené à créer les différents systèmes présentés à l’Exposition de Turin.
- 1° Système “Le cachet”, pour la stérilisation en vases clos et la présentation sous verre des produits à froid.
- Ce bouchage est constitué par une capsule, un joint plastique, un isolant et une disposition spéciale du col du récipient avec rainures. (Voir figure.)
- On a pu se rendre compte de ses multiples applications et des garanties qu’il donne par l’examen des modèles contenus dans mes vitrines : Bocaux remplis de fruits au sirop ;
- fruits à l’eau-de-vie; légumes; pots de confitures en vene et en US «PliB faïence;- flacons garnis de condiments, d’anchois, de pickles;
- vases ovales contenant des sardines, des poulets entiers ; litres à cerises; bouteilles à lait, à eau minérale; terrines de foie gras; tous ces échantillons portant la marque des maisons les plus justement réputées et les plus soucieuses de l’excellence de leurs produits.
- 2° Système “Auto Vacuum”. — Stérilisation et désoxygénation. C’est l’oxygène de l’air qui permet le développement des germes de fermentation ; si on l’expulse en faisant le vide dans le récipient, on assure la conservation du produit.
- Sur ce principe est basé le vieux système dit “Vacuum” encore employé sur une vaste échelle à l’étranger, particulièrement en Angleterre, mais complètement abandonné èii
- Bouchage “ Le Cachet ’
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- Machine à bras “Le Cachet”
- Machine automatique “Le Cachet”
- France, à cause des difficultés d’application pratique. Il exige, en effet, l’emploi d’étriers ou ressorts, ne permet pas la fabrication massive dans les autoclaves, nécessite de longues et soigneuses manipulations du personnel et ne donne pas de sécurité, la capsule se détachant très souvent par suite des variations de température, provoquant des différences d’équilibre entre la pression intérieure du récipient et la pression atmosphérique.
- La désoxygénation présentant de sérieux avantages sur la stérilisation en vases clos (conservation au produit de toute sa saveur, suppression de la casse, résultant de l’excès de remplissage ou encore des variations de qualité de la verrerie ou des coups de feu de l’autoclave), j’ai été amené à rechercher un moyen d’utiliser ce procédé industriellement, ce qui m’a conduit au système “Auto Vacuum”, mode de bouchage par le vide, ne demandant ni machine pneumatique, ni accessoires, ni opérations longues, délicates et onéreuses, assurant contre tout risque d’ouverture en cours de route.
- Ce bouchage a extérieurement la même apparence que le bouchage “Le Cachet”, il se ferme avec la même machine, mais entre la bague et le bord de la capsule, se trouve un caoutchouc, permettant au fond de capsule de se soulever et de laisser échapper les gaz ou vapeurs contenus dans le récipient, et ce, sous l’effet d’une élévation de température de telle manière qu’au refroidissement un vide partiel soit créé et que la capsule reste fixée sur le récipient par l’action combiné de la pression atmosphérique et de la bague par son intermédiaire de caoutchouc.
- On a pu admirer de magnifiques fruits entiers (poires, pêches), des asperges, conservés par ce système.
- Les mêmes machines sont employées pour la fermeture des capsules “Le Cachet” et “Auto Vacuum”, elles sont simples, peuvent être conduites par un enfant, bouchent toutes les grandeurs de récipients et toutes les formes (ronds, ovales, rectangulaires). Elles sont d’un prix peu élevé et ferment, les unes, marchant à bras 350 flacons, les autres fonctionnant automatiquement 1200 flacons à l’heure. (Voir figures.)
- 3° Système “Melior— Une certaine catégorie de consommateurs recherche les produits contenus dans des récipients pouvant avoir ensuite un usage domestique, verres à boire, bols, qui constituent ainsi une sorte de prime que le fabricant offre à ses client.
- Mon bouchage “ Melior ” a pour but la fermeture hermétique de tous les récipients à bords lisses ; ma capsule, excessivement souple et sertie directement sur le récipient remédie à la difficulté d’obtenir des verres ou faïences exactement calibrés.
- La machine employée fonctionne à bras (350 chopes à l’heure) ou au moteur (500 chopes à l’heure). (Voir figure.)
- 4° Systèmes “Perfectly”. — C’est une capsule d’aluminium en une seule pièce, elle est employée pour les eaux minérales, bières, etc., et s’ouvre par la déchirure d’une ou deux languettes.
- 5° Système “Sigma”. — Le système “Sigma” a pour but de remplacer les capsules à vis, à baïonnette ou autres qui nécessitent une disposition spéciale et régulière du col du verre souvent difficile à obtenir dans le cours de la fabrication, et toujours coûteuse, par une capsule très souple, d’une forme spéciale à dentelure, bouchant les bocaux se
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- Machine “Melior”
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- terminant à leur partie supérieure par une bague à peu près calibrée ou par des bords lisses. Cette capsule dont le fond même est le plus souvent en carton, se pose et se retire à la main, elle peut servir indéfiniment, son prix de revient est très minime. Elle a son emploi dans la fermeture des bocaux à bonbons, pots à confitures, etc...
- BOITES MÉTALLIQUES
- J’ai exposé toute une série de boîtes métalliques illustrées de différentes couleurs et serties par mes machines fermant suivant le modèle, de 1000 à 1500 boîtes à l’heure. (Voir figure.)
- Ces boîtes comportaient mon système d’ouverture facile, par enroulement d’une bande sur la clé ; quelle que soit la position donnée à cette clé, la bande d’ouverture ne casse jamais et la section reste absolument lisse, avantage appréciable si l’on songe aux déboires des fabricants avec les systèmes à décollage, à laminage ou autres, qui causaient des fuites et mettaient le consommateur dans l’impossibilité d’ouvrir la boîte par les moyens indiqués.
- Des licences de ce système ont été acquises par MM. Moitrier, Mosser et Elbel, Raynal et Roquelaure, Rodel, etc...
- Pour assurer l’herméticité des boîtes serties, il est nécessaire de poser sur les couvercles un joint de caoutchouc plastique. (Voir le rapport de M. Julien Potin. Exposition Universelle 1889.) Ce joint indis-
- Machine à sertir , . , . . , . . ,. .. , , .
- les boîtes de conserve. pensable présente des inconvénients divers: il est onéreux, communique un goût désagréable et se dissout dans certains produits tels que les huiles et graisses. Je l’ai remplacé par une composition spéciale absolument insoluble et étanche dont le prix de revient est notablement inférieur (80 % au-dessous) ; cette composition se pose
- à l’aide d’une machine qui permet à une seule ouvrière de traiter 2000 couvercles en une heure. (Voir figure.)
- Le brevet italien de cette invention a été acquis par M. Silvestro Nasturzio qui possède 8 machines et a cédé les licences aux plus importantes fabriques : Société “La ligure Emiliana”, Société “Firpo Natale”, Société ”Tonnare Flo-rio”, Société “Lavor Latta”, etc.
- Récemment j’ai donné licence à une importante fabrique chinoise qui vient de réaliser, à Singapour, le trust des ananas, et qui ayant expérimenté une machine m’en a redemandé cinq.
- Machine à poser le joint spécial sur les boîtes de conserve.
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- OBSERVATIONS GENERALES
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- CONSERVES DE LÉGUMES
- Tomates. — Une des conserves dont la consommation est excessivement importante dans toute la péninsule et surtout dans les grandes villes, est celle des tomates, autre produit national par excellence, donnant un chiffre considérable à l’exportation et défiant toute concurrence.
- On distingue trois sortes de conserves de tomates :
- 1° Conserves de tomates entières ;
- 2° Conserves de tomates pelées ;
- 3° Conserves de tomates purée.
- Il y a, en outre, l’extrait concentré dans le vide et non passé à l’ébullition.
- Nous examinerons ces sortes en détail les unes après les autres.
- Tomates entières. — Rien de particulier pour cette sorte de conserve, si ce n’est qu’elle est meilleure que la conserve de tomate française, en raison de ce qu’elle est beaucoup plus mûre ayant reçu pendant de longs mois les ardents rayons du soleil, ce qui lui enlève une grande partie de son acidité.
- Tomates pelées. — Cette sorte de conserve est surtout exportée en Angleterre et en Amérique par les Italiens en quantités très importantes. Certaines usines en exportent par an 200 000 caisses. Malgré la grande production de ce légume en Californie, les produits italiens obtiennent une prime, par suite de leur qualité, de 5 à 10 centimes par boîte de 3 livres anglaises, soit 1 k. 360. Les conserves fabriquées à Gênes et à Naples forment deux qualités bien distinctes. D’ailleurs l’acheteur anglais en tient compte puisqu’il accepte une majoration de 2 à 5 pences par douzaine au produit de Naples.
- En effet, les conserves de tomates de Naples contiennent moins d’eau et ont une couleur plus vive que celles de Gênes ; elles sont plus sucrées et plus douces. Ces deux qualités font donc prime sur les tomates californiennes, bien que sur le marché anglais elles soient en concurrence avec celles-ci et aussi parfois avec l’Espagne. L’exportation de ce légume, en Angleterre entre autres, est extrêmement importante et les Italiens la considèrent dans le Royaume-Uni comme un produit de première nécessité.
- Ces tomates ont l’aspect de nos tomates fabriquées en France ; nous devons remarquer cependant qu’elles sont faites avec beaucoup moins de soin que dans certaines de nos grandes maisons. Nous avons remarqué du reste une assez grande quantité de pépins restés dans les boîtes.
- Tomates en purée. — Les tomates sont passées crues par certaines bonnes maisons parce qu’elles sont meilleures, de couleur plus vive et que le goût après la cuisson n’en est pas modifié. Au contraire, lorsqu’elles sont passées cuites, elles sont moins belles à l’œil, en raison d’une partie de la couleur qu’elles ont perdue. D’ailleurs, les Italiens, qui sont passés maîtres dans l’art de conserver la tomate, prétendent, et surtout les Italiens du Sud, qui sont de fins dégustateurs, que la tomate passée crue est meilleure. La concentration qui suit cette opération existe à trois degrés différents :
- 1° La purée ;
- 2° La concentrée ;
- 3° La double concentrée.
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- Il n’est pas ajouté de sel, sauf en Sicile. Le sel noircit et atténue la couleur. La tomate assaisonnée est plus foncée que la tomate pure.
- Purée. — Elle sert au restaurateur, la concentrée à une classe plus élevée et un peu au consommateur ; quant à la double concentrée, elle s’adresse exclusivement à la vente au détail. Le degré de concentration ne peut être précisé, il dépend de la qualité du fruit qui varie suivant les années, suivant la provenance, suivant même les conditions climatériques de la période de fabrication.
- Tomate concentrée. — La meilleure concentration s’obtient dans le vide à une température de 50 degrés maximum.
- Nous avons omis de dire, qu’elle sort directement et mécaniquement de la passoire pour aller dans les appareils de concentration.
- Il existe aussi la conserve de tomate conservée crue dans des boîtes quelconques et dans des fûts. Cette sorte est exportée dans l’Amérique du Sud ; mais ce genre de conserve n’a plus sa raison d’être, il n’est exigé par aucun acheteur et est appelé à disparaître. Cette conserve offre l’avantage de se conserver chez le détaillant qui peut la vendre par petites quantités et sans avoir de perte. Elle s’écoule encore en Allemagne, en Autriche et en Suisse, où elle entre avec un droit très inférieur aux produits conservés dans des fûts ou récipients quelconques, mais pas en boîtes de conserves.
- En raison des petits formats de boîtes dont le prix de revient sera augmenté de un centime, le prix de vente des conserves de tomates en général ne permet pas, paraît-il, de modifications au sertissage tel que les boîtes à clef. Tous les fabricants italiens écoulent leur production d’une année sur l’autre. Ils vendent aux fabricants de conserves français des bidons de 25 kilos de tomates permettant à ces derniers de s’en servir dans la conserve de sardines.
- Les tomates aromatisées de basilic sont surtout, paraît-il, destinées à l’Amérique du Nord. Le prix de revient des tomates pelées en boîtes de 3 livres anglaises est de 33 centimes et celui de 1 livre y2, de 22 centimes, pris à l’usine sans emballage, sans étiquettes, sans frais généraux. La vente effectuée, le bénéfice est de 10 % environ, intérêt de l’argent compris. L’écoulement de ce produit est facile, car d’une année sur l’autre il ne reste pas de stock en magasin ; aussi se crée-t-il chaque jour de nouvelles fabriques. La culture de ce légume est importante ; elle augmente chaque année dans de très grandes proportions ; il s’agit, bien entendu, de l’Italie méridionale. Chaque usine traite par jour 1 500 quintaux de tomates fraîches. La fabrication dure généralement du 1er août au 1er octobre.
- A Parme, il y a une grande culture et presque toute la tomate est destinée aux fabriques faisant l’extrait de tomate concentrée.
- Les centres commerciaux par excellence sont en première ligne Milan, puis Turin, enfin Gênes pour l’exportation dans l’Amérique du Sud.
- Double concentrée. — La fabrication de ce légume à Parme y est toute différente de celle du reste de l’Italie. Ce procédé de concentration diffère du traitement ordinaire. Le mot «Tomate de Parme» ne veut pas dire que la tomate a été fabriquée à Parme, comme par exemple le champignon de Paris, qui est mis en conserve à Paris et non en province. Ce titre de Parme a été donné par une maison de produits chimiques (la Maison C. ERBA, de Milan) qui fabriquait cet article pour la consommation de ses propres employés parce que pendant la période d’été, ses appareils, destinés à un tout autre emploi, restaient sans utilité pendant l’hiver.
- Ce procédé consiste dans la concentration très avancée dans le vide, avec mélange de céleri, oignons, carottes, herbes aromatiques, autres légumes et un peu de sel.
- Les boîtes ainsi fabriquées peuvent rester ouvertes pendant un ou deux mois et se conservent sans qu’aucune fermentation se produise. Aucun produit conservateur n’est
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- ajouté. Cette maison de produits chimiques a été la seule pendant longtemps à avoir l’écoulement de cette sorte de tomate, mais d’autres maisons fabriquant les conserves alimentaires sont arrivées au même résultat et c’est pour cette raison que des boîtes ouvertes devant le Jury et qui avaient exposé le même produit ont présenté les mêmes avantages. Le Jury n’a pas voulu se prononcer avant d’avoir procédé à une analyse qui été tout à l’avantage des fabricants puisque le produit a été déclaré absolument pur. La question était de savoir si la tomate conservée contenait un ingrédient conservateur ou préservatif quelconque. Tout repose, paraît-il, sur le procédé de concentration. Il existe en Italie de très grandes maisons faisant seulement cet article à l’exclusion de tout autre. Le résultat pécuniaire de cette préparation est bon : cet article se vend actuellement le double de l’autre. Le goût n’en est presque pas modifié.
- Un exemple nous a beaucoup frappé : une maison ayant dépensé, il y a quelques années, 24 000 lires pour l’installation de cette fabrication, a pu se couvrir, dès la première année, par ses bénéfices sur cet article, de ses dépenses d’intallation.
- Cette tomate est, paraît-il, d’une concentration triple des autres. Au point de vue de l’emploi elle est par conséquent d’un rendement très grand.
- Il y a bien encore aussi une tomate appelée conserve 'noire (Salza). C’est un produit condensé à feu nu et séché au soleil. Ce produit a un aspect aussi compact que le pain. Il n’est plus de vente courante en Italie.
- *
- * *
- En général, le produit fabriqué en Sicile est bon marché et c’est surtout en boîtes de 200 grammes qu’il se vend et comme article d’exportation. Le bon marché de cette conserve en Sicile est tel que le bénéfice est nul et que le prix de vente ne couvre pas le prix de revient. Exemple : Une boîte de 200 grammes illustrée est vendu 8 centimes la boîte. Ce sont des charcutiers, des détaillants qui veulent se faire passer pour fabricants, bien que n’ayant qu’une petite installation. Comme ils ont fabriqué et qu’ils n’ont aucune réputation à l’extérieur, ils sont obligés de réaliser et vendent à n’importe quel prix pour écouler.
- Il faut cependant reconnaître qu’il y a en Sicile quelques bonnes maisons qui maintiennent leurs prix et leur réputation. Elles vendent cependant meilleur marché que le continent parce que la main-d’œuvre, il faut le dire, est moins élevée, mais cependant le prix de la marchandise périssable est égal à celui payé partout ailleurs.
- La Maison Ambrosio CALDA, à Savona (province de Gênes), fabrique des tomates concentrées en boîtes de 20 kg., 10 kg., 5 kg. et 1 kilo et indique sur ses boîtes la mention suivante: «Tomates assaisonnées pour être employées directement comme sauce ». Ses produits ne passent pas à l’ébullition et elle ne fait que cet article exclusivement.
- La COMPAGNIE VÉSUVIANA, qui est peut-être moins connue sur le marché mondial, n’en est pas moins une maison très importante qui semble vouloir justifier, par la qualité de ses produits, de la faveur que lui accorde le consommateur.
- Tout ces produits sont de qualité irréprochable; je parle, bien entendu, de la plus grande partie des fabricants; aussi ont-ils pris un développement considérable à l’étranger. Leurs moyens de fabrication très modernes joints à une main-d’œuvre sensiblement plus basse que celle de notre pays nous empêcheront pendant un grand nombre d’années, sans doute, de pouvoir lutter contre l’importation des produits italiens.
- Notre opinion est différente en ce qui concerne certaines autres conserves qui nous ont été présentées, sauf cependant pour quelques exceptions sur lesquelles nous appelle-
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- rons l’attention de nos industriels dans le cours de ce Rapport. Une chose certaine, qu’il s’agisse de légumes, petits pois, haricots verts, asperges ou de poissons et spécialement de sardines, les échantillons qui ont été examinés ont démontré la supériorité indiscutable de la fabrication française.
- Il n’en est pas moins avéré que les progrès faits par les Italiens depuis quelques années sont très sensibles et que tous nos efforts doivent tendre à maintenir à nos produits la qualité et la présentation soignées qui font la renommée des marques françaises.
- Nous avons cru cependant qu’il était intéressant de porter à la connaissance de nos confrères certains renseignements concernant la fabrication d’autres légumes que les tomates dans le but de leur montrer l’organisation intérieure des fabricants italiens ; nous passerons donc en revue les différents légumes que, grâce à l’invention de M. Chevallier-Appert, toutes les nations du monde sont parvenues à stériliser et par conséquent à conserver.
- Haricots verts. — Presque tous les haricots verts mis en conseives sont reverdis, sauf pour l’Angleterre dont la douane en a interdit l’entrée. Ces légumes sont d’une vente très importante, leur production d’ailleurs est énorme ; elle est d’autant plus importante qu’il y a deux récoltes par an ; la première au printemps, la seconde en automne. Ces légumes se vendent en moyenne à l’état frais à raison de 25 fr. les 100 kilos dont on fait trois ou quatre tris selon les maisons. Il existe aussi un gros haricot qui est très long, assez mince qui se vend couramment à l’état frais de 10 à 15 francs et dont les fabricants de conserves trouvent l’écoulement en Angleterre parce qu’il est très bon marché et ne se fait seulement qu’en boîtes d’un litre. Il est vendu, paraît-il, 0 fr. 33 la boîte.
- Le haricot coupé, comme il est conservé en Allemagne, ne se fait pas jusqu’à présent en Italie, mais les fabricants le mettent au vinaigre ou font leurs réserves en grandes boîtes pour faire leur macédoine, toujours au naturel.Cette sorte de haricot qui est destinée à être dépotée se choisit parmi les plus longs. Les machines pour les éplucher n’existent pas plus qu’en France.
- Petits pois. — La production de ce légume est très importante. La plus forte maison fait, paraît-il, 40 000 caisses par an. Les fabricants se servent de la machine Navarre pour les écosser et aussi de celles de Kagès, de Brunswick ; quant aux cribles diviseurs, ce sont également les mêmes marques qui ont leur préférence ; il y a cependant une différence entre la grosseur des toiles des cribles allemands et français : chez ceux-là l’orifice est carré tandis que dans les nôtres nous savons tous qu’il est rond. C’est dans le sud de l’Italie, dans les provinces de Salerne et de Naples, que se fait la plus grande culture de ce légume et de tous d’ailleurs. Ce légume, ainsi que les tomates, comme nous l’avons dit du reste, sont l’objet d’une exportation des plus importantes.
- Asperges. — Petite production. Il n’y a d’ailleurs que 4 ou 5 maisons qui fabriquent cet article. L’asperge est blanche et a une grande similitude avec celle que l’on cultive en Allemagne ; elle est mise en boîtes rondes et serties. Les boîtes ne se font que dans deux formats : la boîte et la demi-boîte. L’asperge fraîche se paye 50 fr. les 100 kg., c’est ce qui explique d’ailleurs l’exportation minime de cette conserve en raison de la concurrence californienne ; la culture en effet est spéciale pour la conserve parce que la clientèle des fabricants de conserves est habituée à l’asperge blanche. Le consommateur d’asperges fraîches préfère plutôt le genre Argenteuil bien que l’asperge blanche soit plus comestible. Il s’exporte d’ailleurs du Sud de l’Italie des asperges fraîches tant en Allemagne, qu’en Suisse et en Autriche, asperges qui sont récoltées dans des forceries et expédiées durant la saison d’hiver.
- Cèpes. — La récolte de ce champignon est importante : les plus gros sont mis en conserves et les petits sont mis à l’huile et au vinaigre. Les gros mis en conserve se vendent
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- 2 fr. la boîte d’un litre et 1 fr. 20 la demi-boîte. En 1906, il n’y a pas eu de récolte, mais lorsque l’année est favorable, il se fait une grande préparation de cèpes séchés qui sont exportés surtout dans l’Amérique du Sud.
- Macédoines et flageolets. — La macédoine est de vente très restreinte, elle se vend surtout au vinaigre et contient du céleri et de l’oignon.
- Le haricot flageolet est peu demandé : sa production est insignifiante.
- Artichauts. — C’est en Sicile que se récolte la plus grande partie de cette plante potagère qui, mise en boîte, n’est pas passée à l’ébullition mais seulement conservée à l’eau salée. Il en existe deux qualités : l’artichaut dont la feuille se termine par une épine, et l’artichaut de Naples qui en est dépourvu : ce dernier est plus blanc que celui de Sicile où se récoltent les deux sortes.
- L’artichaut sans épine est mis en entier en boîte ou par moitié dans la demi-boîte basse : cette sorte se vend surtout dans l’Amérique du Nord. Chaque boîte contient 6 demi-artichauts ; ils sont coupés à la moitié de la hauteur de façon à ne laisser que la partie comestible. Les boîtes d’artichauts en moitiés sont consommées en Italie et en Angleterre. Leur prix de vente est de 0 fr. 40 la demi-boîte. L’article de luxe, c’est-à-dire l’artichaut sans épines, est fabriqué à Naples.
- Il existe à Rome des fabriques de petits artichauts à l’huile spécialement en flacons d’ailleurs le buffet de la gare a une grande vogue pour la vente de cet article qui se vend également quelque peu en France. Ces sortes d’artichauts, qui sont gros comme le bouchon d’une carafe, poussent très petits. Cette conserve est bonne et nous estimons que, tout en étant fort bien présentée, elle est d’un goût agréable et nous dirions peut-être même supérieure au produit français.
- Truffes. — Les truffes du Piémont ont une grande réputation. Elles se récoltent dans la province de l’Alba et de l’Acqui. Elles sont très riches en parfum et d’ailleurs d’un prix élevé. Elles se vendent jusqu’à 30 fr. le kilo. Le poids d’une truffe atteint par fois 350 grammes.
- Les truffes de Toscane se vendent de 15 à 20 fr. le kilo.
- Les truffes de l’Émilie sont moins parfumées que celles de Toscane et se vendent de 10 à 15 fr.
- Les truffes blanches et les truffes noires existent dans l’Emilie, bien que les blanches dominent.
- DOUANE
- Les conserves de légumes payent à leur entrée en Italie les droits suivants :
- Conservés dans le vinaigre, l’eau salée ou l’huile.
- Haricots, petits pois, champignons et asperges....... 12 lires
- Autres............................................... 20 lires
- L’Italie exporte annuellement en France une quantité considérable de tomates, soit 2 000 quintaux représentant un nombre important de boîtes de tous formats. Ceci a attiré l’attention de la douane française pour savoir à quel taux ces produits^devaient être taxés à leur entrée.
- En effet, le tarif des douanes prévoit trois cas :
- 1° Tomates assaisonnées pour servir directement comme sauce. (Régime des épices préparées : conserves de sauces, Répertoire général, tome Ier, page 400, n° 314.)
- 2° Tomates conservées et assaisonnées pour servir directement de sauce ou de condiment, en sauce, marmelade ou tablettes. (Régime des épices préparées. ConservesTle sauces.)
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- 3° Tomates conservées au naturel, en purée ou en pâte. (Voir légumes conservés, Répertoire général, tome II, page 1643, n° 158.)
- Ce produit a donné lieu a de nombreuses expertises, dans lesquelles, très souvent, les experts ne tombaient pas d’accord. En effet, chaque fois, une discussion s’engageait pour savoir si la tomate aromatisée avec une plante aromatique telle que le basilic, devait entrer dans la catégorie 1 ou 2 ou, au contraire, être regardée comme conserve au naturel.
- La question fut tranchée par la Chambre syndicale des fabricants de conserves alimentaires de Paris, à sa séance du 10 octobre 1906, où elle décida que la purée de tomate simplement aromatisée avec une plante aromatique ne peut être considérée comme tombant sous l’application de l’article 314 du tarif des douanes mais bien sous celui de n° 158.
- Il fut reconnu, en effet, qu’une tomate, si concentrée soit-elle, ne peut servir directement de sauce et de condiment. Malgré cela, de nouvelles expertises ont été faites et dans certains cas il a été difficile de se rallier à l’avis de la Chambre syndicale, attendu que certains fabricants italiens, non contents de mettre du basilic, agrémentent encore leur produit d’une quantité très forte de poivre, ce qui fait qu’il est difficile de ne pas faire entrer ces tomates dans la catégorie des épices préparées.
- Les droits sur la conserve de tomates s’élèvent à leur entrée en France à 25 francs par 100 kilos si elle rentre dans le paragraphe 1 ou 2, et 16 francs seulement si elle est assimilée au n° 158.
- II
- CONSERVES DE VIANDES
- L’industrie de la charcuterie n’est plus aussi importante qu’autrefois surtout pour les cotechinis et les saucissons géants à l’ail.
- Elle semble cependant reprendre et l’exportation augmente tant en Europe qu’en Amérique. La mortadelle se fabrique tant à Crémone qu’à Bologne.
- Durant la période de fabrication qui a lieu de septembre à avril on abat environ 9 000 porcs.
- La mortadelle se fabrique sur une assez grande échelle en Italie ; c’est d’ailleurs, avec les conserves de tomates, un autre produit national.
- Il existe à Milan un syndicat de boucherie qui fabrique des conserves de viande pour les touristes.
- A Bologne, une usine appartenant à l’Etat fabrique exclusivement des conserves pour le ministère de la Guerre.
- Il est à noter que les conserves ne sont données aux troupes que pendant les manœuvres et les exercices en campagne, mais jamais à la caserne.
- III
- CONSERVES DE FRUITS
- Comme en France, on fabrique en Italie des conserves de fruits au naturel et au sirop : Pulpe d'abricots au naturel. — Il y a une très grosse production à Naples et à Bari qui s’exporte surtout en Angleterre par boîtes de 5 kilos. Le prix de vente en est de : 20 sh.
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- la caisse de 112 livres anglaises, soit 50 kilos. Le produit de Naples, en raison de sa qualité, obtient une plus-value.
- Oreillons (Tabricots au sirop. — Le sirop servant à cette conserve est exempt de glucose et la raison en est que les fabricants sont intéressés à n’employer que du sucre, de façon à bénéficier du drawback, car tout produit contenant du glucose, même en très faible quantité, ne bénéficie pas de cette ristourne.
- Pêches. — Il y a peu de pêches blanches : la grosse récolte se fait en pêches jaunes et cela tient à ce que les grandes fabriques n’achètent pas de pêches blanches parce qu’elles sont d’un prix d’achat trop élevé. L’écoulement de cette conserve se fait en Angleterre. Il y a aussi dans les restaurants d’ordre secondaire, en Italie, une grande consommation de cette conserve. La pêche jaune et l’abricot se vendent 1 fr. 10 le 4/4 (boîtes de 1 litre).
- Cerises. — Les sortes sont au nombre de trois : la blanche, la noire et la rouge. Elles se font exclusivement au sirop et se vendent 0 fr. 90 le 4/4, mais pour le Royaume-Uni elles se font en boîtes de 3 livres anglaises et de 1 livre et demie.
- Poires. — Presque toutes sont entières; elles sont pelées à la machine et sont privées de leurs pépins. Le 4/4 se vend 1 franc.
- Figues. — Se mettent également en boîtes et se vendent en Amérique. Ce sont des figues vertes entières ; elles deviennent très pâles une fois passées à l’ébullition, mais elles sont très sucrées. Ce sont toutes des figues au sirop ; la boîte se vend 0 fr. 80.
- Les principaux centres de production pour les conserves de fruits se trouvent dans les provinces de Gênes, de Naples et la Sicile. Les usines les plus importantes sont installées à San Giovanni, à Teduccio, Salerne, Sampierdarena, Sesto Fiorentino et Gênes, et restent ouvertes seulement durant la période de fabrication, c’est-à-dire de mai à octobre.
- Les conserves de fruits sont soumises aux droits suivants ; les fruits conservés sont frappés à leur entrée en Italie d’un droit de 20 lires par 100 kilos et de 120 lires par 100 kilos, également pour les conserves de fruits à l’alcool.
- IV
- CONSERVES DE POISSONS
- Il y a quatre ou cinq fabricants en Italie, d’une certaine importance ; cependant la maison Pollette et Cie, à Porto-San-Stephano, la maison Barabesi, à Orbetello, et la maison Orsino-Orsini, sont les trois usines fabriquant exclusivement la sardine.
- La Maison Depangher, à Udine, s’occupe surtout de l’anchois.
- L’importation des sardines et anchois est certainement celle qui est susceptible de la plus forte augmentation. Malheureusement les mauvais résultats de la pêche pendant ces dernières années, en France, ne sont pas faits pour favoriser notre exportation. Et nous devons certainement attribuer en partie à ce fait notre infériorité sous ce rapport, constatée pendant ces dernières années sur le marché italien vis-à-vis des Espagnols qui, on le sait, depuis la rupture du traité de commerce avec l’Italie, doivent cependant acquitter les droits du tarif général, L. 30 — au lieu de L. 15 les 100 kilos.
- Les grands établissements qui préparent le poisson ne sont fermés à aucune époque de l’année, ceux qui ne font que quelques articles ou ont une production limitée restent seulement ouverts pendant la saison de fabrication. Les usines qui préparent les sardines
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- et les anchois travaillent généralement avec quelque interruption de mars à novembre. Le plus fort de la saison pour les autres produits de la pêche est de mai à août.
- La qualité des sardines italiennes est assez bonne, supérieure même aux sardines portugaises qui sont considérées par les Italiens comme un produit inférieur.
- Il y a une très grosse production de thon en Sicile. La qualité de ce poisson et celle de l’huile sont supérieures à celles employées par l’Espagne et le Portugal.
- L’Italie offre un bon débouché aux conserves de poissons, notamment pour les sardines et les anchois dont la consommation est très importante. Dans ces produits la France pourrait faire davantage si ses prix n’étaient beaucoup plus élevés que ceux de la concurrence espagnole. Aussi quoique la supériorité des marques françaises soit généralement reconnue, cette question du prix ne permet qu’aux maisons de comestibles fins de les détenir.
- La consommation du thon est aussi très importante, mais ici encore l’Espagne est mieux en mesure que nous pour fournir ce produit à meilleur marché et lutter avec la concurrence italienne qui a plusieurs établissements de premier ordre.
- DOUANE
- Les droits de douane sur les conserves de poissons, à leur entrée en Italie, sont les suivants :
- Poissons en saumure....................................
- — conservés dans l’huile ou marinés : thon ...
- — (en boîtes) sardines.........................
- — — anchois............................
- — — autres.............................
- L. 30 L. 15 L. 15 L. 25 L. 25 L. 30
- Poissons à l’huile non en boîtes, même tarif que ci-dessus. Caviar et autres œufs de poissons préparés...................
- MAIN-D’ŒUVRE
- La main-d’œuvre pour les fabriques de conserves se divise, comme en France, en deux catégories ; l’une fixe, qui se compose d’un nombre limité d’ouvriers travaillant toute l’année ; l’autre de femmes, qui ne sont employées que pendant la saison de grand travail et sont payées au jour le jour.
- Le salaire moyen en Ligurie est de 1 franc par jour ; mais avec le travail à forfait qui prévaut, le gain des femmes peut s’élever de 2 à 3 lires.
- Dans le Napolitain, le contrat à l’heure prévaut généralement.
- Dans les établissements de Nocera Inferiore (fruits et légumes) le salaire des femmes est de 0 fr. 40 à 0 fr. 80 par jour, les femmes employées aux fourneaux reçoivent L. 1,50. L’horaire est de 6 heures à midi et de 1 heure 1/2 à 6 heures du soir ; mais, pendant la saison, il est augmenté par le travail du soir et en raccourcissant le repos de midi.
- Il nous a paru intéressant de reproduire ici le texte de la loi italienne du 10 juin 1902 régissant le travail des femmes et des enfants dans l’industrie, loi modifiée en 1907 et promulguée le 16 janvier 1908.
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- TEXTE DE LA LOI
- SUR LE TRAVAIL DES FEMMES ET DES ENFANTS
- Article premier. — Les enfants des deux sexes, avant 12 ans révolus, ne pourront pas être admis dans les établissements industriels, les ateliers, les entreprises de constructions, ni aux travaux extérieurs de carrières, mines et galeries.
- Pour l’admission aux travaux souterrains des carrières, mines et galeries, l’âge minimum devra être de 13 ans accomplis, lorsque la traction mécanique est employée et de
- 14 ans lorsque cette traction n’existe pas ; les femmes de n’importe quel âge en sont exclues.
- Les enfants de moins de 15 ans et les femmes jusqu’à 21 ans révolus ne seront pas admis aux travaux dangereux, trop fatigants et nuisibles à la santé, même quand ces travaux ne sont pas effectués dans les endroits indiqués par le premier paragraphe de cet article, les dispositions du paragraphe de l’art. 4 étant sauvegardées.
- Dans les soufrières de Sicile, les enfants de 14 ans révolus pourront être admis aux travaux de chargement et de déchargement des fours.
- Art. 2. — Ne peuvent être admis aux travaux prévus dans cette loi et dans le règlement dont il est parlé à l’article 15, les femmes mineures et les enfants jusqu’à 15 ans accomplis qui ne sont pas munis d’un livret et d’un certificat médical, inscrit dans le livret, établissant qu’ils sont sains et aptes au travail auquel ils sont destinés.
- Le livret sera identique au modèle qui sera établi par le règlement ; il sera fourni aux communes par le Ministère de l’Agriculture, Industrie et Commerce et délivré gratuitement à l’ouvrier par le maire de la commune où il a son domicile habituel.
- Le livret doit déclarer la date naissance de la femme mineure et de l’enfant ; qu’ils ont été vaccinés, qu’ils sont reconnus sains et aptes au travail auquel ils sont employés; qu’ils ont suivi le cours élémentaire inférieur, selon l’article 2 de la loi du 15 juillet 1877, n° 3971, et passé le certificat d’études excepté dans le cas d’incapacité intellectuelle, certifié par l’autorité scolaire ; ou qu’ils ont fréquenté les classes obligatoires du cours élémentaire lorsqu’elles existent, selon les termes de l’article 1 de la loi du 8 juillet 1904, n° 182.
- Aux industriels qui emploient des enfants des deux sexes n’ayant pas le certificat constatant qu’ils ont suivi le cours élémentaire inférieur, selon l’article 2 de la loi du 15 juillet 1877, n° 3961, et passé l’examen final; ou qu’ils ont fréquenté les classes obligatoires du cours élémentaire supérieur, quand elles existent selon l’article 1 de la loi du 8 juillet 1904, n° 182, il est accordé un délai jusqu’au 1er juillet 1910 afin qu’ils puissent se mettre en règle.
- Le médecin de la commune doit passer la visite médicale et délivrer le certificat du livret sans aucune compensation à la charge de l’ouvrier.
- La dépense éventuelle de la première visite, aussi bien que celles des visites successives, seront à la charge des communes. Le règlement établira les cas dans lesquels la visite médicale devra être répétée.
- Le livret, le certificat médical, le certificat de naissance et tous les documents nécessaires pour les obtenir seront exempts de droit de timbre.
- Art. 3. — Quiconque emploie des femmes de tout âge ou des enfants au-dessous de
- 15 ans révolus, aux travaux prévus par la présente loi et par le règlement, devra en faire chaque année la déclaration régulière selon les termes et les modes qui seront établis par le règlement.
- On devra également déclarer pendant le courant de l’année toute modification pour cessation permanente des travaux, pour changement de maison, pour adoption de moteurs mécaniques ou pour d’autres raisons qui seront établies par le règlement. Les déclarations
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- seront faites en copie double à la préfecture de la province où s’exploite l’industrie, qui les transmettra de suite au ministère de l’Agriculture, Industrie et Commerce et devra tenir un registre des indications contenues dans chaque déclaration.
- Art. 4. — Les travaux dangereux, fatigants ou nuisibles à la santé, interdits aux enfants au-dessous de 15 ans et aux femmes mineures seront déterminés par décret royal d’après l’avis du Conseil supérieur d’hygiène, du Conseil supérieur de l’Industrie et du Commerce et du Conseil supérieur du travail.
- Seront déterminés de la même façon, exceptionnellement les travaux dangereux et nuisibles à la santé, auxquels pourront être employés les enfants au-dessous de 15 ans et les femmes mineures avec les précautions et les conditions qui seront jugées nécessaires.
- Art. 5. — Le travail de nuit est interdit aux enfants mâles au dessous de 15 ans et aux femmes de tout âge. L’interdiction du travail nocturne des femmes pourra être levée dans les saisons et dans les cas où le travail des femmes concerne soit des matières premières, soit des matières en ouvraison susceptibles de s’altérer rapidement, lorsqu’il est nécessaire pour sauver ces matières d’une perte inévitable. Les règles pour la concession de ces exceptions seront fixées dans le règlement pour l’exécution de la présente loi.
- On entend par travail nocturne celui qui s’effectue de 8 heures du soir à 6 heures du matin, du 1er octobre au 31 mars, et de 9 heures du soir à 5 heures du matin, du 1er avril au 30 septembre.
- Le ministre de l’Agriculture, Industrie et Commerce pourra, sur l’avis favorable du Conseil sanitaire provincial, déplacer les limites sus-indiquées du travail de nuit dans les endroits où l’exigent les conditions spéciales de climat et de travail. ^
- Le ministre de l’Agriculture, Industrie et Commerce pourra également accorder aux établissements dans lesquels existe actuellement le travail de nuit des femmes, une prorogation de ce travail jusqu’au 31 décembre 1907, à condition :
- a) Que la transformation des établissements industriels nécessaires pour l’établissement du travail de nuit soit déjà commencée, soit pour l’adaptation des locaux, soit pour l’installation des machines ou autres ;
- b) Que les femmes âgées de moins de 18 ans ne soient pas occupées au travail de nuit ;
- c) Que le travail de nuit soit réduit au fur et à mesure que cesseront les raisons pour lesquelles la prorogation susdite a été accordée.
- Le travail pourra commencer à 5 heures du matin et se prolonger jusqu’à 11 heures du soir, là où il est partagé entre deux équipes.
- Cette disposition concernant la durée du travail quand il y a deux équipes sera limitée à partir du 1er janvier 1911, de 5 heures du matin à 10 heures du soir, selon l’article 2 de la Convention de Berne du 26 septembre 1906, en tenant compte de l’exception dont il est parlé à l’article 8, dernier paragraphe, de cette Convention, lorsqu’elle sera ratifiée par toutes les puissances signataires.
- Art. 6. —. Les femmes qui relèvent de couches peuvent être admises au travail seulement un mois après l’accouchement, et, exceptionnellement, même avant ce terme, mais dans tous les cas, au moins trois semaines après, quand il résulte d’un certificat du Bureau sanitaire de la commune de leur demeure habituelle, que leur état de santé leur permet d’accomplir, sans danger, le travail auquel elles ont l’intention de s’occuper.
- Art. 7. — Les enfants des deux sexes de 12 à 15 ans révolus ne peuvent être occupés au travail pendant plus de 11 heures par jour et les femmes de tout âge pendant plus de 12 heures.
- Dans le cas des deux équipes prévu par l’avant-dernier alinéa de l’article 5, le travail de chaque équipe ne devra pas dépasser 8 heures 1/2.
- La durée du travail est toujours comptée à partir de l’entrée dans l’établissement,
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- atelier, chantier, galerie, carrière ou mine jusqu’à la sortie, en déduisant seulement les repos intermédiaires.
- Art. 8. — Le travail des enfants et des femmes de tout âge doit être interrompu par un ou plusieurs repos intermédiaires d’une heure au moins pour une durée de 6 à 8 heures de travail, d’une heure et demie pour 8 à 11 heures de travail et de deux heures qu:.nd il dépasse 11 heures.
- Le repos d’une heure et demie pourra être limité à une heure avec le consentement des ouvriers, si le travail ne dépasse pas 11 heures ; et même à une demi-heure dans le cas des deux équipes prévu par l’avant-dernier alinéa de l’article 5.
- En aucun cas le travail des enfants et des femmes mineures ne peut durer plus de 6 heures sans interrup tion.
- Art. 9. — Un jour entier (24 heures) de repos doit être donné chaque semaine aux femmes de tout âge et aux enfants jusqu’à 15 ans révolus.
- Art. 10. — Les prescriptions d’autres lois et règlements étant sauvegardées, les propriétaires, les gérants, les directeurs, les entrepreneurs qui emploient des enfants ou des femmes de tout âge doivent prendre et faire exécuter, selon le règlement, soit dans les locaux des travaux et leurs dépendances, soit dans les dortoirs, les chambres d’allaitement et les réfectoires, les mesures nécessaires pour la défense de l’hygiène, de la sûreté et de la moralité.
- Dans les fabriques où sont employées des femmes, l’allaitement devra être permis, soit dans une chambre spéciale annexée à l’établissement, soit en autorisant les ouvrières qui allaitent à sortir de la fabrique pendant les heures et d’après les indications établies par le règlement intérieur, en plus du repos prescrit par l’article 8.
- La chambre spéciale d’allaitement devra cependant toujours exister dans les fabriques où travaillent au moins 50 ouvrières.
- Art. 11. — Les règlements intérieurs des entreprises visées par la présente loi doivent se conformer à ces dispositions et à celles du règlement dont il est parlé à l’article 15 et être munis du visa du maire attestant son authenticité et être affichés à un endroit où la lecture soit facile aux intéressés et aux fonctionnaires dont il est question à l’article suivant.
- Art. 12. — L’exécution de la présente loi est confiée au Ministère de l’Agriculture, Industrie et Commerce qui exerce la surveillance nécessaire au moyen des inspecteurs des industries, des ingénieurs et aide-ingénieurs des mines et des agents de la police.
- Les personnes chargées du service de surveillance ont libre accès dans tous les locaux des établissements visés par l’article 1er et constateront les contraventions aux dispositions de la présente loi et du règlement.
- Les procès-verbaux relatifs seront transmis immédiatement à l’autorité judiciaire compétente.
- Une copie en sera transmise également à la préfecture locale pour qu’elle en prenne connaissance.
- Les dispositions du troisième alinéa de l’article 5, de la loi du 15 mars 1898, n° 80, concernant la divulgation des secrets de fabrication, sont applicables aux personnes précitées.
- Art. 13. — Toute personne qui, étant tenue d’observer les dispositions contenues dans les neuf premiers articles de la présente loi, y contreviendra, sera punie d’une amende de 50 francs au plus pour chacune des personnes employées au travail et pour lesquelles la contravention est appliquée, sans que la somme totale arrive à dépasser 500 francs.
- Pour les contraventions aux articles 10 et 11,1a peine consistera en une amende de 50 à 500 francs.
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- Pour les contraventions aux dispositions du règlement prévu par l’article 15, l’amende de 50 francs devra être appliquée.
- En cas de récidive la peine sera augmentée d’un sixième à un tiers.
- Le revenu des peines pécuniaires sera versé à la Caisse nationale de prévoyance pour la vieillesse et l’invalidité, instituée par la loi du 18 juillet 1898, n° 350.
- Art. 14. — Dans les contraventions pour lesquelles la peine de l’amende a été seule établie, le prévenu pourra faire arrêter le cours de l’action judiciaire en payant, avant l’ouverture du débat, une somme correspondant au maximum de la peine fixée pour la contravention commise, ainsi que les frais du procès.
- CONCLUSIONS
- Nous venons de passer en revue les divers produits exposés par les nations étrangères qui figuraient dans les différentes Sections de l’Exposition de Turin, et il résulte de l’examen approfondi qui en a été fait, que la France a la supériorité dans l’art de préparer ses produits alimentaires au point de vue de la variété et de la qualité ; mais, nous devons ajouter que nous sommes placés dans une situation bien plus désavantageuse que les Italiens : d’une part, au point de vue de la main-d’œuvre et, d’autre part, au point de vue du sol fécbnd qui leur donne des produits bons et abondants. La concurrence italienne sera d’autant plus redoutable dans quelques années que ce peuple subit l’influence intellectuelle de l’Allemagne. Il est d’ailleurs en période de prospérité. L’aisance avec laquelle ce pays a accompli la conversion de la rente en est une preuve indiscutable. Il jouit du reste d’un crédit incontesté, et, avec ses moeurs d’épargne et de labeur, il deviendra dans peu d’années une des premières nations de l’Europe.
- Malgré la concurrence italienne et la protection qui la favorise, l’industrie française des conserves pourrait, nous pensons, augmenter quelque peu son chiffre d’affaires en Italie grâce au bon renom de ses produits. Mais pour y arriver, il faut créer de bons agents visitant régulièrement et fréquemment la clientèle, soutenus par une réclame bien comprise et par des prix et conditions de paiement réduits autant que possible. Les offres directes au moyen de prospectus et prix courants ne donnent presque jamais de résultat, parce que les intéressés ne les lisent pas et préfèrent remettre leurs ordres de vive voix, en se faisant donner verbalement tous les renseignements dont ils ont besoin.
- Nous concluerons donc en attirant l’attention des fabricants français sur la très grande utilité de maintenir la renommée de leur marque, par le choix des matières premières employées et une présentation aussi irréprochable que possible des produits, surtout pour la vente au détail, car souvent l’étiquette fait paraître le produit meilleur.
- Il est préférable d’utiliser la langue française sur les étiquettes, boîtes, flacons, etc... mais les prospectus et prix courants doivent être autant que possible rédigés dans les deux langues.
- Pour l’envoi des marchandises il est essentiel de suivre strictement les désirs et instructions de l’acheteur.
- Les prix de vente doivent être établis pour marchandise franco de port.
- La traite est un bon moyen d’encaissement, mais il ne faut jamais la mettre en circulation avec frais à moins qu’elle ne soit acceptée.
- Les ventes se font généralement à trois mois net.
- Le nombre des maisons françaises qui ont exposé à Turin n’était pas aussi important qu’on aurait pu le désirer. Peut-être quelques-unes d’entre elles se sont-elles désintéressées
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- CONCLUSIONS
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- de figurer dans une Exposition de pays producteur ; ces maisons ne doivent cependant pas oublier qu’à mesure que la situation économique de l’Italie prend un nouvel essor, le bien-être de la population suit la même marche et que des besoins nouveaux naissent chaque jour (1). L’alimentation est tout naturellement appelée à en prendre sa part et l’importation des conserves françaises en Italie est, depuis quelques années, en augmentation constante.
- Certains exposants peu disposés à se voir juger par leurs confrères dont la compétence en la matière leur permet d’examiner consciencieusement leurs produits, préfèrent se faire inscrire dans une classe autre que celle à laquelle ils appartiennent et, très souvent ils n’ont droit à aucune récompense.
- L’industrie des conserves alimentaires et en particulier celle des tomates est des plus florissantes ; aussi une commission vient-elle d’étudier un projet de syndicat qui aurait pour but :
- a) La réalisation d’économie sur les prix de revient des conserves par l’achat en commun des matières premières et produits accessoires;
- b) La fabrication d’un type constant de conserve moyennant une direction technique unique ;
- c) L’organisation d’un bureau de vente pour réglementer les prix des produits, afin d’éviter une concurrence inutile et dangereuse entre les fabricants.
- En raison de la place fort importante qu’occupe cette industrie en Italie, nous avons cru utile pour nos compatriotes de jeter un coup d’oeil sur les machines de toutes sortes employées pour la fabrication de ces conserves.
- Somme toute, la production des maisons italiennes a acquis un tel développement, surtout en légumes, que les fabricants sont obligés de créer d’autres usines pour pouvoir conserver dans un espace de temps limité leurs marchandises périssables, surtout les tomates, qui leur arrivent par très grandes quantités et qui ont besoin, plus que partout ailleurs, en raison de la chaleur tropicale qui existe au moment de la fabrication de ce légume, d’être mis en conserves sur le champ.
- Certains fabricants estiment que le prix de vente de ce légume ne leur permet pas de faire voyager des boîtes vides, ils estiment au contraire qu’ils doivent fabriquer sur place tous les récipients nécessaires à leur fabrication.
- Ils utilisaient tout d’abord le fer-blanc anglais ; cependant en 1891 s’est constituée, à Florence, une société en commandite « la Magone d’Italia » qui commença la fabrication du fer-blanc, produisant 50 000 caisses par an. Elle prit bientôt une très grande extension et, depuis 1903, ses nouvelles installations lui permettent de suffire aux besoins de l’Italie. Depuis même ils songent à l’exportation, d’autant plus que deux nouvelles usines de fabrication de fer-blanc dont l’importance croît de jour en jour ont été construites récemment; ces usines appartiennent l’une à la Siderurgica de Sovone, l’autre à la Société des Forges de Voltri (Gênes).
- Il existe de plus en Italie de très bonnes maisons qui se sont spécialisées pour l’illustration, bien que certains acheteurs exigent l’étiquette en papier.
- La boîte de 4/4 leur revient à 11 cent, et la demie à 7 cent. 1/2. La différence avec nos propres prix de revient n’est pas très grande, elle est énorme en ce qui concerne la main-d’œuvre. Ils paient par exemple leurs ferblantiers suivant leur âge et leur capacité; de 4 francs à 6 francs par jour, et leurs hommes de peine de 2 fr. 50 à 3 fr. 50. Comme outillage, ils emploient surtout le sertissage allemand, Kargès de Brunswick ou Kircheis de Saxe et aussi un système italien.
- (1) L’esprit d’économie existe d’ailleurs à un si haut degré dans ce pays qu’à l’heure actuelle il y a dans les caisses d’épargne près de 5 milliards.
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- Pour poser leurs joints de caoutchouc ils utilisent le système Kargès que nous avons eu l’occasion d’étudier personnellement en Allemagne et qui a l’avantage, sur beaucoup de systèmes connus, d’arriver à une grosse production journalière. La cisaille à pied pour couper les corps obtient leur préférence ; la presse allemande pour découper les fonds est la plus usitée. Quant au système de flaconnage, le plus répandu est le système Phénix (à fond détaché).
- Leurs autoclaves sont plus grandes que les nôtres, toujours à cause de leur production; ils emploient aussi bien les verticales que les horizontales, cependant les verticales étant plus petites sont plus nombreuses dans leurs usines ; les horizontales contiennent plus de mille boîtes de 1 kilo, tandis que les verticales n’en contiennent que 500.
- Comme passoire pour leurs tomates en pâte séparant la peau et les pépins du fruit, ils se servent de celle de la Maison Navarre, modifiée quelque peu pour permettre de les casser avant qu’elles ne passent dans l’appareil devant les mettre en purée.
- Quels que soient les pays que nous visitons et bien que près d’un demi-siècle se soit écoulé, nous reconnaîtrons que le système Chevallier-Appert n’a subi aucune modification depuis son invention ; nous pouvons donc dire que par ce siècle d’inventions que nous traversons, si aucune amélioration n’a été apportée c’est qu’il n’en comportait pas.
- PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- Nous avons fait allusion, au cours de ce rapport, à diverses contrefaçons de marques ou usurpations de noms de provenance constatées sur des produits exposés par des maisons étrangères ou italiennes ; nous avons dit la sanction que le Jury de notre Section, sur la proposition du Juré français, avait résolu d’appliquer aux exposants de ces produits : l’exclusion de toute participation aux récompenses, conformément à la pratique instituée, sur l’initiative de M. Chapsal, à l’Exposition de Saint-Louis, où certains exposants avaient usurpé jusqu’aux noms de nos manufactures nationales !
- Il est intéressant de faire connaître en outre les dispositions légales qui garantissent en Italie les marques de fabrique, les noms commerciaux et les noms de lieux de provenance.
- Les lois italiennes, en matière de propriété industrielle, quoique déjà anciennes, sont parmi les moins imparfaites, les plus efficaces. Sans parler de la loi du 30 octobre 1859 sur les brevets, à laquelle je n’ai pas eu à faire allusion dans ce rapport, l’Italie est dotée d’une loi du 30 août sur les marques. Cette loi consacre le système du dépôt déclaratif, c’est-à-dire que la propriété des marques en Italie dérive de l’antériorité d’usage et non de la priorité de dépôt : système qui n’est pas sans inconvénient mais qui est au fond le plus équitable surtout dans les rapports internationaux. Si un étranger omet de déposer sa marque en Italie avant d’importer ses produits dans ce pays, il ne risque pas d’être dépouillé de ses droits par un contrefacteur qui aurait déposé le premier.
- Le bénéfice de la loi de 1868 a été largement ouvert aux étrangers par cette loi même et par des conventions diplomatiques, quelques-unes antérieures à la loi (convention franco-italienne du 29 juin 1862). En outre l’Italie a adhéré dès l’origine à la convention d’union du 20 mars 1883, ainsi que la plupart des pays civilisés.
- L’Italie a d’ailleurs adhéré à l’arrangement du 14 avril 1891 concernant l’enregistrement international des marques.
- Le nom commercial, en Italie, est protégé par l’article 5 de la loi des marques qui interdit l’usurpation du nom ou de la signature d’une société ou d’un individu, de la raison commerciale ou de l’enseigne, de l’emblème caractéristique, la dénomination ou le titre d’une association ou d’une personne morale, soit nationale soit étrangère. Les sanctions
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- CONCLUSIONS
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- de cette prohibition sont écrites à l’article 12 de la loi. Le code pénal du 30 juin 1889, par ses articles 295 à 297, est venu renforcer la protection des noms commerciaux.
- On sait que, dans les relations internationales, le nom commercial est garanti sans obligation de dépôt, par l’article 8 de la convention d’Union de 1883.
- C’est également par les articles 295 à 297 du code pénal que sont protégées en Italie les indications d’origine. L’article 295 dispose : Quiconque, dans l’exercice de son commerce, trompe l’acheteur en lui remettant un produit... distinct par son origine de celui qui a été indiqué ou convenu, sera puni... Et l’article 297 : Quiconque introduit dans le territoire de l’Etat, pour les débiter, met en vente ou autrement en circulation... des produits d’une industrie pourvus de noms, de marques ou signes distinctifs propres à induire en erreur l’acheteur quant à l’origine du produit, encourra...
- Quand nous disons que ces textes protègent les indications d’origine, ce n’est pas tout à fait exact : en réalité, ils protègent le consommateur contre la tromperie sur l’origine et, par contre-coup seulement, les indications de provenance. Et voici la différence des deux points de vue : tandis que les textes qui garantissent les noms d’origine, comme notre loi du 28 juillet 1824 et l’arrangement de Madrid du 14 avril 1891, ne protègent que les noms des centres nationaux de production, ou les noms d’origine des pays bénéficiant de conventions de réciprocité, les lois qui tendent à préserver les consommateurs des tromperies sur l’origine, frappent de pénalité toutes les fausses indications de provenance sans distinction. A cet égard, et par leur vaste champ d’application, les articles 295 à 297 du code pénal italien correspondent assez exactement^ notre loi sur les fraudes du 5 août 1905 : ils répriment toutes les tromperies sur l’origine, sans distinction, ils s’appliquent à toutes les indications de provenance nationale et étrangère.
- Ces textes font ainsi moins regretter que l’Italie n’ait pas adhéré à l’arrangement international du 14 avril 1891 concernant la répression des fausses indications de provenance. Et, telle maison italienne' qui, sur des produits fabriqués en Italie, énonce le siège de la succursale qu’elle possède en France, tombe sans conteste sous le coup de l’article 295 du code pénal. Mais, à appliquer l’article 10 de la convention générale d’Union, la poursuite basée sur ces textes ne pourrait être mise en mouvement que sur la plainte d’un consommateur trompé ou d’un fabricant italien injustement concurrencé, non sur celle des fabricants français établis dans la localité dont le nom est usurpé ; car d’après cet article 10 les fausses indications de provenance ne sont punissables d’un Etat de l’Union à un autre que quand elles se combinent avec un nom commercial fictif ou emprunté dans une intention frauduleuse.
- L’entrée de l’Italie dans l’Union restreinte pour la protection des noms de provenance est donc très souhaitable. Elle présenterait notamment l’intérêt suivant : l’article 4 de l’arrangement de Madrid porte que : les tribunaux de chaque pays auront à décider quelles sont les appellations qui, à raison de leur caractère générique, échappent aux dispositions du présent arrangement, les appellations régionales de>provenance de produits vinicoles n’étant pas comprises dans la réserve statuée par cet article. Ce qui signifie que, dans les pays de l’Union restreinte, les appellations régionales de provenance de produits viricoles, (Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Cognac, etc...) ne peuvent pas devenir génériques et tomber dans le domaine public ; si l’Italie adhérait à la convention de Madrid, les Italiens ne pourraient plus appliquer le nom de Cognac à des eaux-de-vie italiennes, comme nous avons constaté qu’ils le font.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Rapport sur les Classes 98-99 ..... .............................................. 7
- Section française.................................................... 11
- Le Groupe XVII....................................................... 13
- Opérations du Jury...................................................... 19
- Description générale des Classes 98-99.................................. 21
- Exposants français .................................................... 22
- Palmarès.............................................................. 34
- Considérations générales et conclusions................................. 39
- Rapport sur la Classe 100....................................................... 41
- Première partie .......................................................... 45
- Installation de la Classe .............................................. 46
- Aperçu général sur les industries de la Classe.......................... 51
- Opérations du Jury.................................................... 66
- Deuxième partie............................................................ 69
- Conclusions économiques........................*..................... 70
- Rapport sur la classe 101........................................................ 83
- Comité................................................................. 87
- Récompenses.......................................................... 88
- Organisation et description des expositions............................. 89
- Observations générales................................................ 99
- Conclusions............................................................ HO
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