Groupe XVIII. Classes 107-A, 108, 109. Métallurgie
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- des Industries et du Travail
- DE TURIN 1911
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- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- des Industries et du Travail
- DE TURIN 1911
- GROUPE xvm
- Classes 107 A, 108, 109
- METALLURGIE
- Rapporteur
- M. Th. LAURENT
- wwmll n'ICT
- iur-.1w.Ta
- BLIOTHcQUE
- m conservatoire natio^àl
- AIITS & KtiTSKilrt
- --
- N» du OïLiîmn?»* A -lAJXi Prix ou Eâtirtiution^c. k Entrée, fa $fGx>uA,
- Directeur général de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt
- PARIS
- COMITÉ FRANÇAIS DES EXPOSITIONS A L’ÉTRANGER Bourse du Commerce, rue du Louvre, 42 19 13
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- TABLE DES MATIERES
- pe PARTIE.
- ORGANISATION DE L’EXPOSITION DES CLASSES DE LA MÉTALLURGIE, EN PARTICULIER DE LA SECTION FRANÇAISE
- chapitre i". Admission des exposants.
- chapitre il. Installation des exposants.
- chapitre ni. Jury des récompenses. .Récompenses obtenues par les exposants français.
- lie PARTIE.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- chapitre Ier. Impression générale se dégageant d’une visite des classes de la métallurgie.
- chapitre il Considérations sur l’exposition italienne. Historique de la métallurgie italienne.
- chapitre ni. Considérations sur la participation française à l’exposition des classes de la métallurgie.
- Ilie PARTIE.
- LE MATÉRIEL DE GUERRE A L’EXPOSITION DE TURIN
- chapitre i«r. Considérations générales. chapitre il Artillerie, matériel fixe (bord, côte). chapitre ni. Matériel mobile : de campagne et de montagne. chapitre iv. Projectiles et munitions. chapitre v. Blindages.
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- II
- IVe PARTIE.
- DESCRIPTION DES STANDS, NOTICES SUR LES EXPOSANTS
- FRANCE.
- 1 Auscher (Gaston).
- Brunon et Vallette.
- Chatillon, Commentry, Neuves-Maisons (Cie des Forges de). Chatillon (Emmanuel).
- Chedeville et Dufrene.
- Commercy (Sté Anonyme des Forges et Aciéries).
- Crepel Hardy (Sté Anonyme des Établissements). Electro-Métallurgique Française (Sté).
- Fichet.
- Groupements Industriels.
- Héroult.
- Holtzer (Jacob et Cie).
- / Louyot ( Emile).
- Manufacture Ardennaise.
- Marcadet fils.
- Marine et Homécourt (Cie des Forges et Aciéries de la). Marrel Frères et Cie.
- Mégrine (Sté Métallurgique).
- Métallurgique du Périgord (Sté).
- Pont-à-Mousson (Sté Anonyme des Hauts-Fourneaux et Fonderies).
- Sta Marta (Sté Minière et Métallurgique).
- Stein et Cie.
- Teste.
- \ Thuillier Dague et Cie.
- Ansaldo Armstrong, Gênes.
- Antoniazzi (E. L.).
- Badoni (Antonio), Lecca.
- Bianchi.
- Elba (Sta à Porto-Ferraio).
- Fabrica di Molle ed Accessori per Rotabili. Ferriera di Bolzaneto.
- Ferriera Piemontese.
- Fiat.
- Fonderia Milanese di Acciaio.
- I Fréjus (Fonderie Officine).
- Gregorini (Giovanni Andrea).
- ITALIE.
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- ITALIE. Griffin (Franchi, Sta Italiana Metallurgiche). Grandi Fucine Italiane Gio Fossati et Cie. Ilva. Italo Genovrina (Sta). 1 Ligure Metallurgica (Sta). 1 Mannesmann ( Sta Tubi). 1 Metallurgiche (Sta). yNetro (Sta Officine di). ] Piombino (Altiforni, Acciaieri di). j Savona (Sta Siderurgica di). 1 Siry, Chamon et Cie. 1 Terni (Altiforni, Fonderie et Acciaierie di). Thermos (Sta). Togni (Officine Metallurgiche). Traversella (Sta Minière di). Vickers, Terni.
- ALLEMAGNE Bouzonville (Fonderie de cylindres de laminoirs de) Gust. Gontermann à Siegen.
- ANGLETERRE. Edgar Allen, Sheffield.
- AUTRICHE. Poldihütte.
- BELGIQUE. Comptoir des Aciéries Belges. Cockerill (Sté John).
- ÉTATS-UNIS. Trussed Concrète Steel C°.
- Ve PARTIE.
- CONCLUSIONS.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE TURIN 1911
- Section Française
- RAPPORTS DES CLASSES 107A-J08-J09
- Rapporteur : M. Th. LAURENT
- Directeur Général de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt
- Irc PARTIE *
- ORGANISATION DE L'EXPOSITION DES CLASSES DE LA MÉTALLURGIE EN PARTICULIER DE LA SECTION FRANÇAISE
- CHAPITRE I
- ADMISSION DES EXPOSANTS
- Les classes 107-A-108-109, objets de ce rapport, étaient rattachées dans la classification italienne au groupe XVIII-A, dont nous donnons ci-dessous la classification d’ensemble.
- i° CLASSE 106. — Matériaux et procédés de recherches et d’exploitation de mines. Matériaux et procédés d’exploitation des carrières et des chaufours. — Cartes topographiques, cartes en relief, cartes et sections géologiques. Corps officiel des mines. Sociétés géologiques. Produits des mines et des carrières et leurs collections. Métallo-graphie. Cristallographie.
- 2° CLASSE 107. — Métallurgie générale. Procédés thermiques, chimiques et électrochimiques. — Fours à gaz. — Hauts-Fourneaux. — Soufflerie, etc...
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- 3° CLASSE 108. — Industrie sidérurgique. — Production de la fonte, du fer, de l’acier, etc... Première et seconde préparation en tuyaux, plaques, barres, fers profilés spéciaux, tôles, fils, etc...
- 4° classe 109. — Métallurgie des autres métaux. — Procédés de travail du cuivre, du plomb, du zinc, du mercure, de l’étain, du nickel, de l’aluminium, d’autres métaux et de leurs alliages. Extraction des métaux précieux.
- Métallographie, galvanoplastie, zingage, nickelage, argenture, dorure, métallochromie, etc...
- 50 classe 110. — Chaux et ciments. — Gypse. — Ardoises. — Industries céramiques. — Argiles.— Kaolins, Silex, etc... Terres cuites et briques, objets en terre, en faïence, en grès, en porcelaine. Produits en terre réfractaire. — Industrie du verre. — Émaux.
- 6° CLASSE in. — Industrie de l’extraction des combustibles minéraux (houille, anthracite, lignite, tourbe) du pétrole et des matières analogues.
- Études et recherches sur les eaux souterraines.
- Captage d’eaux souterraines pour l’agriculture et l’industrie et eau potable.
- Eaux potables ; eaux minérales et thermales.
- Les Exposants français adhérents du Syndicat des Forces hydrauliques ont obtenu, comme à Bruxelles, de constituer une classe à part, une septième classe a donc été adjointe au Groupe XVIII-A.
- 7° classe 107 B. — Industries utilisant la force hydraulique.
- On se souvient qu’à l’Exposition de Bruxelles les Industries Minières et Métallurgiques constituaient le groupe XI, divisé en quatre classes :
- CLASSE 63. — Exploitation des mines, minières et carrières ;
- CLASSE 64. — Grosse Métallurgie ;
- CLASSE 64 bis. — Électro-Métallurgie ;
- CLASSE 65. — Petite Métallurgie.
- Les classes 64 et 65 de la classification de Bruxelles correspondent aux classes 107-108-109 qui font l’objet de notre rapport.
- La classe 64 bis de Bruxelles correspond à la classe 107-B de Turin.
- Les bureaux du Groupe XVIII-A et des classes de ce groupe ont été constitués le 7 Décembre 1910.
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- BUREAU DU GROUPE XVill-A
- ( M.M. F. Guillain.
- Présidents d’Honneur.................. n Darcy.
- f A. de Montgolfier.
- Président.....................,....... : M. Eugène Schneider.
- \ M.M. Barbier.
- Vice-Presidents . . ................. <
- / Bordeaux-montrieux.
- Secrétaire............................ : M. P. Petit.
- COMITÉ D’ADMISSION ET D’INSTALLATION DES CLASSES 107-108-109
- BUREAU
- Président d’Honneur Président...........
- Vice-Présidents ....
- Secrétaire..................
- Secrétaire-Adjoint..........
- Trésorier....................
- 1r L. L. Bâcle.
- E. Barthe. Crepel Hardy, E. Colin.
- > Ch. Dufour.
- M.M. Cavallier. Th. Laurent. L. Crepel.
- E. Pinot.
- Bethmont.
- Vallette.
- s*
- A. Dupuis.
- J. Aguillon.
- Ch. Jacquemet. J Holtzer.
- DE LABRIOLLE. L. Lorieux. Marcadet Fils.
- P. Nicou.
- L. Pinchart-Deny. F. SCHIFF,
- A. Teste.
- CHAPITRE II
- INSTALLATION DES EXPOSANTS
- Quelques semaines après la constitution du bureau, le succès des classes de la Métallurgie à l’Exposition de Turin était déjà assuré. Les Forges et Aciéries de la Marine et d’HoMECOURT, Chatillon-Commentry et Neuves-Maisqns, Marrel, Pont-a-Mousson, la Maison Fichet, Holtzer, avaient promis leur concours et l’on prévoyait de nouvelles et importantes adhésions. L’Exposition de la Métallurgie française promettait donc d’être une manifestation tout à fait importante, au delà de ce qui avait été prévu et même espéré.
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- Mais à la fin de janvier il fallut arrêter brusquement toute propagande faute de surface disponible. Nos classes avaient reçu des demandes pour plus de 500 mq de surface brute et l’emplacement réservé à tout le groupe XVIII-A n’était que de 1.400 mq contre 2.300 à 2.500 mq déjà nécessaires.
- Aux premières demandes de surfaces supplémentaires il ne fut pas possible à la Commission exécutive italienne de répondre par des indications précises et des promesses fermes. Ce ne fut qu’en mars que le Groupe XVIII-A apprit qu’il devait renoncer à toute extension des 1.400 mq primitivement accordés et se contenter de 400 à 500 mq supplémentaires au Pilonetto, sur la rive opposée du Pô, dans un Palais en construction.
- Ce furent les classes des mines de chaux et ciments qui durent se contenter de ces 400-500 mq au Pilonetto. Nos classes et la classe 107-B s’installèrent dans les 1.400 mq du Palais de la Métallurgie qu’elles se partagèrent.
- 1.066 mq pour les classes 107-108-109 ; 334 mq pour les classes 107-B.
- Les classes 107-108-109 avaient recueilli 26 adhésions définitives dont voici la liste :
- Auscher Gaston, de Nancy.
- Brunon-Vallette, de Rive-de-Gier.
- Chatillon Emm., de Brioude.
- Chedeville et Dufrene, de Paris.
- Comité des Forges de France.
- — — de la Loire.
- — — Meurthe-et-Moselle.
- Cie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HoMÉcouRT.
- — — de Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons.
- Comptoir d’Exportation de Produits Métallurgiques.
- — Métallurgique de Longwy.
- Fichet (Edouard Pinot, Suc.).
- Jacob Holtzer et Cie.
- Louyot Émile.
- Manufacture Ardennaise d’Estampage (Charleville).
- Marcadet, de Château-Régnault.
- Marrel, de Rive-de-Gier.
- Hardy-Capitaine, de Nouzon.
- Sté des Forges et Aciéries de Commercy.
- Sté des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-A-Mousson.
- Sté Métallurgique de Megrine.
- — du PÉRIGORD.
- Sté Minière et Métallurgique de Santa-Marta.
- Ch. Stein et ClP, de Paris.
- A. Teste, de Lyon-Vaise.
- Thuillier, Dague et C,e, de Bar-sur-Aube.
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- Le plan d’installation de nos classes, soumis fin mars à l’approbation du Comité Français, fut approuvé le 14 Avril, et aussitôt commencèrent les premiers travaux d’installation de nos exposants.
- Les plus sérieuses difficultés pour l’installation sont provenues du manque d’outillage mécanique pour le déchargement et la mise en place des pièces lourdes. Saint-Chamond, Marrel, Chatillon-Commentry exposaient des plaques de blindages pesant 20 tonnes environ, Saint-Chamond exposait également un canon de côte de 240 millimètres pesant 91 tonnes.
- Pour amener à pied d’œuvre ces pièces particulièrement lourdes, il n’existait pas de raccordement primitivement prévu. On put obtenir seulement la pose d’un raccordement de fortune.
- Pour l’enlèvement des produits, après la fermeture de l’Exposition, les difficultés furent encore plus grandes, la voie ferrée de raccordement ne fut pas reposée ; on essaya, avec succès d’ailleurs, de s’en passer : mais nous ne recommanderions pas de renouveler cet essai, tout en étant heureux de rendre hommage au zèle et à l’intelligence de tous nos collaborateurs grâce auxquels il a réussi.
- L’Exposition avait fermé le 19 novembre, deux mois plus tard les dernières pièces des classes de la Métallurgie étaient sorties de l’Exposition.
- CHAPITRE III
- JURY DES RÉCOMPENSES
- RÉCOMPENSES OBTENUES PAR LES EXPOSANTS FRANÇAIS
- L’examen des stands des classes 107-108-109 a été réparti entre trois jurys :
- Jury des Classes 106-107.
- — — 108.
- — — 109.
- Deux exposants installés en dehors des classes 107-108-109 ont demandé à être examinés par le Jury de la Classe 108, ce sont :
- Un constructeur, la Maison Sohier et un fabricant d’appareils frigorifiques, la Maison Le Soufache et Félix.
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- Les récompenses décernées aux Exposants français par l’ensemble de ces trois jurys sont groupées dans le tableau suivant1 :
- 107 108 IO9
- Auscher dh
- Brunon et Vallette GP HC
- Chatillon (Emm.) DH
- Chedeville Dufrene GP
- Comité des Forges de France GP
- — — Loire GP
- Comité des Forges de Meurthe-et-Moselle GP HC
- Marine-Homécourt GP
- Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons GP
- Comptoir d’Exportation GP
- Comptoir Métallurgique de LONGWY GP
- Fichet ... HC
- Holtzer HC GP
- Le Soufache et Félix ,..., GP
- Louyot. GP GP
- Manufacture Ardennaise DH
- Marcadet GP GP
- Marrel GP
- Hardy-Capitaine HC GP
- Comment ry GP DH
- Pont-a-Mousson GP GP
- Megrine MO
- PÉRIGORD GP
- Santa-Marta GP HC
- SOHIER GP HC
- Stein MA
- Teste GP
- Thuillier-Dague MA
- (1) Signification des abréviations :
- HC Hors Concours. MO Médaille d’Oiv GP Grand Prix. 31A Médaille d’Argent.
- DI1 Diplôme d’Honneur. MB Médaille de Bronze. MH Mention Honorable.
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- Ainsi, sur les 28 exposants : 7 ont été mis hors concours, et les Jurys ont distribué :
- 24 diplômes de Grand Prix, 4 — d’Honneur,
- 1 médaille d’or,
- 2 — d’argent.
- Il est intéressant de rapprocher ces résultats de ceux obtenus par l’ensemble des 6.375 exposants français que comptait l’Exposition de Turin, qui comprenaient :
- 482 hors concours.
- 1521 Grands prix.
- 13 rappels de grands prix.
- 600 D. H.
- 839 M. o.
- 563 M. A.
- 208 M. B.
- 66 Mentions honorables.
- L’ensemble des classes de la Métallurgie, c’est-à-dire les classes 107-108-109 et la classe 107-A, électro-métallurgie, comprenait 185 exposants de nationalités diverses.
- Les Français, au nombre de 40, soit un peu moins du quart de l’ensemble des exposants, ont obtenu plus de la moitié des grands prix et plus du 1/3 des diplômes d’honneur.
- L’ensemble des récompenses obtenues par les exposants des classes 107-108-109 est résumé dans le tableau suivant :
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- TABLEAU D'ENSEMBLE DES RÉCOMPENSES
- OBTENUES PAR LES EXPOSANTS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS DES CLASSES DE LA MÉTALLURGIE
- (Classes 107-A - 108 - 109 et 107-B)
- 107-A France 107-B Total Étranger Total
- Nombre d’Exposants .... 28 12 40 145 185
- Exposants hors Concours. 7 2 9 2 11
- G.P. Grands Prix 24 8 32 28 60
- D.H. Diplômes d’Honneur. 4 2 6 9 15
- M.O. Médailles d’Or 1 — 1 13 14
- M.A. — d’Argent. . 2 — 2 6 8
- M.B. — de Bronze . — — — 6 6
- M. H. Mention honorable . . — — 1 1
- Total des récompenses . . . 3i 10 4i 63 104
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- —. 9
- IIe PARTIE
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- CHAPITRE I
- IMPRESSION GÉNÉRALE SE DÉGAGEANT D’UNE VISITE DES CLASSES DE LA MÉTALLURGIE
- Le visiteur qui parcourait rapidement les pavillons occupés par l’exposition des classes de la Métallurgie, était frappé par l’ampleur de la section italienne, et surpris de voir que seule la France paraissait représenter la Métallurgie étrangère. L’importance de la section italienne était d’autant plus remarquable que la Métallurgie italienne n’avait jamais figuré dans les expositions antérieures sauf à titre exceptionnel. En tout cas, l’on aurait vainement cherché à l’Exposition de Paris en 1900, à Liège, Milan ou Bruxelles, une manifestation semblable de l’activité métallurgique en Italie.
- D’autre part, si la France et deux exposants étrangers isolés figuraient seuls dans le pavillon réservé à la Métallurgie, on ne voyait dans les pavillons des nations étrangères que très peu d’expositions se rattachant aux classes de la Métallurgie. A part les fonderies de Busendorf et Gontermann dans le pavillon allemand, Edgar Allen dans le pavillon de la Grande-Bretagne, les Aciéries belges au pavillon de la Belgique, Jones Laugling aux E.-U., on ne trouvait aucun des noms qu’on à l’habitude de voir figurer dans les manifestations analogues.
- CHAPITRE II
- CONSIDÉRATIONS SUR L’EXPOSITION ITALIENNE
- La première constatation n’a rien qui doive surprendre le visiteur averti des conditions de l’industrie métallurgique en Italie. Si la Métallurgie, celle du fer en particulier, remonte en Italie à la plus haute antiquité, son développement actuel n’est pas, comme en Angleterre ou en France, l’oeuvre patiente de plusieurs siècles : il est le résultat d’une poussée d’activité industrielle, dont l’origine date de trente ans. Les procédés de la Métallurgie moderne qui, pour ne parler que de l’Europe, se sont répandus rapi-
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- dement en Angleterre, en France et en Allemagne, n’ont pu pénétrer en Italie que très lentement en raison des conditions locales défavorables. Encore leur développement a-t-il, dès les débuts, rencontré un obstacle presque insurmontable dans l’envahissement du marché italien par les produits étrangers. Forts de leurs ressources minérales, de leur expérience des procédés à grosse production, les grands pays métallurgiques trouvaient en effet un débouché facile en Italie, pays ouvert, mal défendu par des taxes douanières nulles ou insuffisantes. Il a fallu aux métallurgistes italiens une grande opiniâtreté pour lutter contre cette invasion des produits étrangers ; l’essor qu’ils ont su donner à leur industrie dans les dernières années est tout à la gloire de leur activité, de leur persévérance. Ils auraient pu prendre part aux expositions antérieures : leur abstention n’a sans doute eu d’autre motif que leur modestie ; ils n’ont voulu se présenter aux côtés de leurs devanciers que lorsqu’ils ont été certains d’y figurer avec honneur.
- Une semblable abstention risquait, il est vrai, de conduire à cette conclusion hâtive que la Métallurgie italienne, n’exposant pas, n’existait pas. En fait, elle existait bien, comme le montre le court historique qui suit de la Métallurgie italienne.
- HISTORIQUE DE LA MÉTALLURGIE ITALIENNE
- La Métallurgie italienne est restée longtemps fidèle aux procédés anciens : le procédé direct, l’affinage au bas foyer de la fonte au bois n’ont disparu qu’à une époque récente, cédant la place au procédé Martin ; le puddlage n’a jamais été employé en grand à cause de la consommation élevée de combustible minéral. Or, celui-ci, — exception faite des mauvais lignites du Val d’Arno, — fait complètement défaut en Italie : il faut l’importer ; il convenait donc de faire usage de procédés de traitement qui en réduisent la consommation au minimun.
- Mieux partagée sous le rapport des minerais, l’Italie possède de nombreux gisements dont quelques-uns sont exploités depuis les temps les plus reculés. Tels sont les gisements de l’Ile d’Elbe, auprès desquels on retrouve encore la trace de bas-foyers primitifs. La richesse et la pureté de ces minerais tentèrent les métallurgistes étrangers et vers le milieu du siècle dernier, un groupe belge acheta les mines de l’Ile d’Elbe. Cette acquisition marqua le début de la chute rapide de la production de fonte en Italie, et cependant la quantité de minerai de l’Ile d’Elbe traitée en Italie était faible. La fabrication de la fonte en Italie à cette époque se localisait, en effet, autour des petits gisements des Alpes et de Toscane.
- La production totale de fonte de l’Italie était en 1860 de 30.000 tonnes, chiffre très faible en comparaison de la production anglaise, et le marché italien était ouvert. Le développement industriel qui suivit les évènements de 1861 eut pour conséquence immédiate de provoquer l’importation des fontes étrangères. L’élévation du prix de revient des usines italiennes, la difficulté de leurs communications avec les grand
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- centres, les condamna bientôt à reculer devant l’invasion des fontes étrangères et à se restreindre à une clientèle locale. On dut fermer nombre d’usines, mettre hors feu des fourneaux: des 40 fourneaux à feu dans le Val d’Aoste en 1860, il ne restait plus que 32 en 1872, 16 en 1881. La production de fonte tombait de 30.000 tonnes en 1860 à 24.000 en moyenne entre 1871 et 1874, 16.000 en moyenne entre 1875 et 1880, 12.000 en 1887.
- C’est alors que le Gouvernement italien taxa de 10 francs par tonne l’entrée des fontes étrangères : malgré ce droit, les fontes anglaises continuèrent à envahir le
- 500
- 400 350 300 250 2,0 0 150 100 50 0
- 1 1 1 1 1 1
- Importation des atieres Premières
- i
- 24! >.61 6T j
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- C0 CD 00 OO OOOOOOCOCOCOOOOOCOCOCOOOOOOOCO (DOOJOTéT)
- IMPORTATION DES MATIÈRES PREMIÈRES ET PRODUITS MÉTALLURGIQUES EN ITALIE.
- marché italien : en 1896, la production intérieure de fonte atteignit le minimum de 2.950 tonnes.
- C’est qu’en effet, le prix moyen d’une tonne de fonte dans les usines italiennes n’était pas inférieur à 110 francs, tandis qu’en Angleterre la meilleure fonte au coke coûtait 65 francs, et revenait, fret et douane compris, à 80 francs dans les ports italiens.
- Au ralentissement de la production intérieure de fonte pendant la période 1870-1890 correspond un accroissement considérable de l’importation de fonte et de riblons nécessaires au travail des aciéries Martin : de 16.400 tonnes en 1875, le tonnage de nblons passe à 145.000 tonnes en 1887. L’industrie de la fonte au bois périclite, mais les aciéries se développent.
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- Cette période voit naître plusieurs des grandes sociétés actuelles : Terni, fondée par Breda date de 1884, les Ferriere Italiane, Fonderia Milanese di Acciaio datent de la période de 1890 à 1897.
- Jusqu’en 1900, les usines italiennes ne sont que des usines de transformation ; elles sont, pour une large part, tributaires de l’étranger pour leurs matières premières,
- Production
- intérieure
- Fbnte^.
- T-t 03 cO^iD Ci COOîO^WtO^l/) (D Ci CD O O h N CO ^ lO Ü) N CO 05 O h CO CD CO CD CO OOGOCOcQQOtOœ CP <73 G) (Ti 03 CD O O O OOOOOOO^'H
- CO CO CO CO CO CO CO CD (O CO CO CO cO COCO CO cO <0 CO O) (P CD CP (D CD <P 03 O) (P CD
- PRODUCTION DE LA FONTE. DU FER ET DE L’ACIER EN ITALIE.
- fontes, riblons, combustibles. Il est sans doute assez curieux de voir l’Italie racheter à l’étranger de la fonte fabriquée avec ses minerais.
- LA MÉTALLURGIE MODERNE ITALIENNE
- La Métallurgie italienne ne ppuvait affirmer sa volonté de s’affranchir de la tutelle étrangère qu’en produisant elle-même sa fonte ; il lui fallait donc remettre la main
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- sur les mines de fer exploitées par des étrangers. Ce fut l’œuvre d’un financier de Gênes Edilio Raggio, qui racheta les mines de l’Ile d’Elbe à un groupe belge en 1902, pour les céder à un consortium comprenant les sociétés métallurgiques Ferriere Italiane, Ligure Metallurgica, Siderurgica di Savona, auxquelles s’étaient jointes les Sociétés de construction navale Odero et Orlando. Le consortium se grossit bientôt de la Société de Piombino, fondée en 1897, et de la Société de Terni.
- Depuis cette époque, les sociétés métallurgiques italiennes ont poussé avec activité l’extension de leurs usines pour répondre à l’augmentation continue de la demande : Elba a porté de 1 à 3 le nombre de ses fourneaux et a installé une aciérie Bessemer, SAVONA a démoli ses petits fours Martin de 8 à 10 tonnes pour les remplacer par des fours de 30 tonnes, Piombino a installé 2 hauts-fourneaux de 100 tonnes, etc... On trouvera le détail de toutes ces installations dans les notices relatives aux installations faisant suite aux descriptions des stands.
- Malgré ces extensions, la Métallurgie italienne n’a pu faire face à la demande énorme qui a suivi le rachat des chemins de fer italiens. L’administration des chemins de fer de l’État s’est vue obligée de réfectionner ses voies, de procéder au renouvellement progressif du matériel roulant et a mis sur le marché à partir de 1905 des commandes considérables dont l’industrie nationale n’a pu prendre la totalité.
- Aussi de nouvelles Sociétés se sont créées, dont la plus importante est « Ilva», à Bagnoli, près Naples. Les usines de cette Société (filiale du groupe Elba, Savona, Ferriere Italiane) une fois terminées, comprendront 6 hauts-fourneaux et une aciérie conçue en vue d’une production annuelle de 275.000 tonnes; 2 fourneaux et 3 fours Martin sont actuellement en activité.
- Mais, les métallurgistes italiens se sont rendu compte que pour lutter efficacement contre l’invasion étrangère, l’union leur était nécessaire : aussi, à côté de l’organisation technique individuelle des usines, ont ils poursuivi l’étude d’une organisation commerciale collective qui a abouti à la constitution, en 1911, d’un Syndicat. Ce Syndicat comprend un consortium formé par les cinq établissements producteurs : Elba — Ilva — Ferriere Italiane — Savone — Piombino et les petites usines de transformation pour une durée de 11 ans.
- Les quatre premières Sociétés avaient déjà des attaches communes, comme on l’a vu, et constituaient, en fait, un groupement : le consortium actuel ne s’est formé que grâce à l’adhésion de Piombino au groupe existant.
- L’organisation du Syndicat comprend la répartition de la consommation italienne disponible entre le consortium des cinq grandes usines, et le groupe des petites usines.
- Ceux-ci ont constitué leur consortium géré par un comité où chaque Société délègue un représentant.
- Le Consortium a loué à chaque Société ses établissements en lui rachetant ses
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- stocks et approvisionnements, mais il lui a laissé son existence propre de Société. Chaque Société conserve en effet son conseil d’Administration et ses immobilisations. Le Consortium a donc eu à assurer les fonds de roulement des différents établissements et a pour cela fait appel aux grands établissements de crédit italiens : Banque d’Italie, Banque Commerciale, etc...
- NATURE DES PRODUITS ITALIE ALTR1CI1E HONGRIE FRANCK TARIF MINIMUM ESPAGNE ÉTATS-UNIS ALLEMAGNE RUSSIE
- Fonte 10 16 to à oo 14 à 32,5 13 1-2,4 73
- Lingots et Billettes 27,5 36 à 47,3 45 à 65 42 à 56 51 à 62 18.6 122,2
- Profilés 60 à 00 65 à 137,o 50 à 65 64 51 à 34 12,4 à 62 122,2
- Rails 60 63 à 75,o 60 42 à 56 72,4 51 146
- Éclisses - 147 — — — — -
- Tubes 120 à 170 75.5 à 110 49 à 180 150 26 à 206,8 31 4i0
- Tôles 70 à 120 94.5 à 117 70 à 110 72 à 80 51,6 à 93 37,2 à 55,8 116 à 211
- DROITS DE DOUANE SUR LES PRODUITS METALLURGIQUES En francs par tonne
- Le Comité de Direction assure la répartition des commandes entre les diverses usines, suivant des quanta convenus. Il spécialise les fabrications des diverses usines, de manière à obtenir d’elles le meilleur rendement et, par suite, réaliser les plus gros bénéfices. Enfin à l’issue d’un exercice il répartit les bénéfices réalisés : une part est consacrée au remboursement de la dette aux banques et au paiement de ses intérêts, l’autre est distribuée aux usines suivant des quanta déterminés. Les conseils d’administration répartissent les sommes qui sont allouées à leurs Sociétés entre le paiement des charges obligataires et les dividendes aux actionnaires.
- Enfin, le Syndicat a conclu avec les établissements de vente des conventions en vue de stabiliser les cours.
- La directive de ce groupement a été comme nous l’avons indiqué plus haut de mettre l’industrie italienne en mesure de satisfaire à elle seule à la demande intérieure, sans avoir recours à l’importation.
- Le Syndicat est une défense des industriels italiens contre le dumping que pratiquent les nations favorisées, en déversant à bas prix sur le marché italien le reliquat de leurs stocks ou l’excédent de leur production.
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- La Métallurgie italienne est en effet mal protégée par les tarifs douaniers : le tableau ci-contre met en relief l'infériorité où elle se trouve à cet égard par rapport à ses voisines plus favorisées au point de vue de la richesse naturelle du sol et de l’expérience. Isolées, les usines italiennes seraient condamnées à vivoter misérablement. En supprimant la concurrence intérieure et en s’unissant contre la concurrence étrangère, elles peuvent se développer et prospérer. Elles contribuent ainsi au développement du pays, dont la force réside non pas tant dans ses richesses naturelles que dans son industrie. Or, la Métallurgie est, de toutes les industries, celle dont l’activité est la plus nécessaire à un pays parce qu’elle est en somme à la base de toutes les autres, et parce qu’elle est intimement liée à tout ce qui intéresse la défense nationale.
- En s’unissant, les métallurgistes italiens ont donc fait, avant tout, œuvre patriotique et ont travaillé pour la grandeur de leur pays.
- Il est à peu près certain que la Métallurgie italienne n’a pas atteint son développement définitif. La consommation de produits métallurgiques, qui va sans cesse augmentant, demande l’extension des établissements producteurs, extension possible grâce au régime auquel ceux-ci se sont soumis. La Métallurgie italienne à l’Exposition de Turin n’a pas eu d’autres prétentions que de démontrer son existence et de prouver que, bien que convertie depuis peu aux idées modernes, elle pouvait présenter ses produits sans crainte d’un jugement défavorable.
- CHAPITRE III
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA PARTICIPATION FRANÇAISE DANS LES CLASSES DE MÉTALLURGIE
- Il est assez malaisé de mettre en évidence les motifs qui ont provoqué l’abstention des métallurgistes étrangers à l’exception des métallurgistes français, dont l’exposition occupait une large place.
- Il était naturel, sans doute, que la France occupât une place importante à l’Exposition de Turin, et cela en dehors de toute considération d’ordre utilitaire. Entre toutes les nations voisines, la France est celle qui se rattache le plus étroitement à l’Italie : l’identité de races, des traditions communes et des souvenirs historiques communs, une affinité générale, ont développé entre les deux nations des liens plus solides que les alliances artificielles et passagères, inspirées par une politique d’opportunité. L’Histoire de France et l’Histoire d’Italie ont bien des pages communes ; l’Industrie française se devait bien d’y ajouter quelques lignes nouvelles. Enfin, la date de 1911 marque le cinquantenaire de la constitution de l’unité italienne. La France, qui a
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- coopéré si largement à l’émancipation de l’Italie, devait prêter un concours brillant à toutes les manifestations commémoratives de ce grand fait de l’histoire moderne de l’Europe. Les admirables expositions groupées dans le Pavillon de la France fournissaient des preuves tangibles, que la France, dans l’accomplissement de cette tâche d’honneur, n’a pas démérité de la réputation dont elle jouit universellement.
- Mais il fallait aussi que l’industrie française affirmât la puissance de la France : or, entre les industries dont l’activité est l’indice de la vitalité et de la puissance d’une nation, il en est peu qui, par l’ampleur et la majesté de leurs installations, l’importance et la variété de leurs produits, puissent fournir des témoignages plus objectifs que la métallurgie. Tous ces motifs ont, à des degrés divers, contribué à l’adhésion des Sociétés métallurgiques françaises les plus notoires à l’Exposition de Turin.
- D’ailleurs, en exposant à Turin, les métallurgistes français se faisaient connaître en Italie : leur exposition, en permettant au public italien d’apprécier la puissance et la perfection de leurs moyens de production,constituait une préparation morale à l’extension de l’importation française en Italie. La France n’a vraisemblablement pas grand intérêt, à l’heure présente, à chercher sur le marché italien des débouchés pour les produits courants : outre que sa consommation intérieure absorbe la plus grande partie de sa production, la situation géographique des usines qui fabriquent ces produits ne lui confère pas d’avantage sur la concurrence étrangère dans cette compétition. Il en est autrement des “produits spéciaux”, et dans ce terme sont compris les produits les plus variés depuis les aciers à outils, ou pour la construction des automobiles jusqu’au matériel de guerre complètement fini. La fabrication de ces produits, qui comporte des soins incompatibles avec les exigences spéciales aux usines à grosse production, est, en France, localisée dans les usines du Centre et de la Loire ; dans cette dernière région se trouvent réunis dans un domaine de quelques kilomètres carrés, six établissements fort importants et dont la réputation est universelle.
- Les usines du Centre et de la Loire ont été le berceau de la sidérurgie moderne en France : elles possèdent un personnel métallurgiste « de race ». Du jour où la découverte du procédé Thomas a permis de tirer parti des immenses gisements de minerai phosphoreux deLorraine, les usines du Centre et de la Loire ont abandonné complètement les fabrications courantes, pour se consacrer exclusivement aux produits spéciaux. Amenées à étudier des alliages nouveaux pour la fabrication des obus, des blindages et des outils, elles ont trouvé une importante application de ces métaux nouveaux dans la construction des automobiles et, plus récemment, des appareils d’aviation.
- L’expérience qu’elles ont acquise dans toutes ces fabrications spéciales et que consacre leur renommée en France et à l’étranger, donne aux Sociétés françaises des ambitions légitimes, et elles sont en droit d’espérer y trouver satisfaction en Italie.
- On peut dire que la nature des produits exposés par la France à Turin symbolise les visées auxquelles la France peut aspirer en Italie.
- Il faut s’applaudir, en tout cas que, prêtant ainsi leur concours à la célébration de
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- l’anniversaire de l’unité italienne, elles aient, dans une exposition sobre mais vigoureuse, su donner une idée exacte de leur puissance et de la perfection de leurs moyens de fabrication.
- On ne saisit pas aisément les motifs de l’abstention à peu près générale des métallurgistes étrangers. Il ne faut certainement pas y voir un parti pris ; il est plus problable que les métallurgistes étrangers ont jugé les dépenses de participation hors de proportion avec les bénéfices qu’ils pourraient en retirer. Le bien-fondé d’une semblable manière de voir est discutable : il semble, a priori, que la publicité, sous la forme tangible qu’elle revêt dans les expositions, soit toujours profitable. Les industries qui ont déjà un renom trouvent dans les expositions le moyen de le justifier et de l’étendre : celles qui n’ont pu se faire apprécier directement par le public y trouvent l’occasion de se lancer, en présentant leurs produits à côté de ceux de leurs rivales plus connues. L’exposant, en dehors des récompenses qui peuvent lui être décernées et des commandes que son exposition lui attire, trouve dans les expositions la possibilité de comparer ses fabrications à celles de la concurrence : le public y trouve matière à comparaisons souvent intéressantes.
- La Métallurgie française doit regretter l’abstention de la concurrence étrangère, dont les expositions auraient sans doute pu lui fournir des renseignements intéressants, mais auraient eu, croyons-nous, l’avantage de faire ressortir les qualités que possèdent les fabrications françaises : conception ingénieuse, exécution irréprochable.
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- IIIe PARTIE
- MATÉRIEL DE GUERRE A L'EXPOSITION DE TURIN
- CHAPITRE I
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- Le matériel de guerre formait le fonds de l’exposition des classes de la Métallurgie à Turin, dans les sections française et italienne, les seules d’ailleurs dont l’exposition eut une certaine ampleur. Les constructeurs français les plus notoires de matériel de guerre avaient tenu à être représentés dignement. Le Creusot, il est vrai, n’avait pas exposé dans la section française, mais il avait prêté à la maison Ansaldo Armstrong (Gênes et Pouzzoles), concessionnaire de ses brevets en Italie, un matériel d’artillerie considérable et fort intéressant.
- Il est regrettable que des sociétés comme Saint-Étienne, Commentry-Fourchambault, Claudinon, Firminy, etc... n’aient pas cru devoir participer à l’Exposition, où leur présence aurait sans doute donné à la section française un éclat plus grand encore.
- Malgré cette abstention, l’exposition des constructeurs français de matériel de guerre forçait l’attention du visiteur et provoquait une admiration mêlée de surprise. A l’ensemble du public étonné, elle révélait avec éclat la puissance et la perfection des moyens de production de notre industrie métallurgique : elle permettait de plus, aux personnes compétentes, d’apprécier l’originalité de conception des matériels présentés et l’ingéniosité déployée dans leur exécution.
- Ces constatations ne devraient surprendre personne ; la valeur et l’expérience du personnel dirigeant et technique, l’habileté et le soin de la main-d’œuvre, enfin, à tous les degrés de la hiérarchie, la conception élevée de la conscience professionnelle, sont en effet hautement appréciés de tous ceux qui ont pu voir au travail l’industrie sidérurgique française. •
- A défaut d’une connaissance de notre industrie qui n’est le privilège que de très rares personnes, l’on pourrait se rappeler que c’est en France que, depuis trois quarts de siècle, ont pris naissance tous les progrès intéressant les arts de la guerre : cuirassement des navires ; chargement des pièces de marine par la culasse ; adoption des
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- armes portatives de petit calibre ; invention de la poudre sans fumée ; création de l’artillerie de campagne à tir rapide et, plus récemment, application de la locomotion aérienne à la stratégie.
- On pourrait se souvenir également que, sous l’influence des idées hardies qui ont valu à notre artillerie un materiel à tir rapide que ses rivaux plus jeunes n’ont jamais pu surpasser, notre industrie a été la première à fournir à une puissance étrangère un matériel original à tir rapide véritablement digne de ce nom : l’on concluerait alors que l’industrie française, qui a largement contribué à la conception et à la réalisation de la plupart de ces progrès peut, à bon droit, tirer quelque orgueil de son expérience et prétendre à la prééminence sur ses rivales.
- Ces choses sont malheureusement oubliées ou ignorées ; aussi peut-on penser que notre industrie du matériel de guerre ne cherche pas assez à se faire connaître.
- Ce n’est pas qu’elle craigne la lutte avec la concurrence étrangère : elle a montré en maintes circonstances qu’elle ne la redoutait pas et savait en sortir victorieuse, mais elle évite la publicité, à l’encontre de ses concurrentes.
- On ne peut, certes, pas blâmer le sentiment auquel obéit notre industrie en s’abstenant de la propagande par la presse, à laquelle ses rivales étrangères ont si volontiers recours. Mais il ne faut pas oublier que le public ne peut guère baser ses opinions sur une connaissance personnelle des idées et des faits : il est disposé à croire de bonne foi ce qu’une presse intéressée lui révèle : il en conclut facilement que notre industrie qui fait peu ou point de publicité ne peut être comparée à l’industrie étrangère, dont la presse célèbre chaque jour les mérites.
- Il faut donc que notre industrie se révèle directement au public, en lui faisant connaître ses produits. Il les comparera avec ce qu’il sait des produits étrangers ; sans juger exclusivement des uns par ce qu’il aura vu, des autres par ce qu’il aura lu, il pourra se rendre compte que notre industrie n’a rien à craindre d’une comparaison à ses rivales. Le rôle des expositions est justement de faire connaître les produits eux-mêmes des industries : il importe donc que toutes celles de nos industries qui peuvent y participer y figurent d’une manière qui rende exactement compte de leur importance et de leurs moyens. Il importe tout spécialement qu’elles figurent aux expositions internationales à côté de leurs rivales : le public comparera et jugera.
- L’Exposition de Turin fournissait à notre industrie du matériel de guerre une occasion de se faire connaître ; elle y a figuré avec éclat. On pouvait espérer que la concurrence étrangère y figurerait également ; ses représentants les plus notoires s’en sont malheureusement abstenus, et le public n’a pu faire une comparaison entre leurs produits et les nôtres. Mais il a pu remarquer que, parmi ceux des concurrents étrangers ayant exposé, l’un, et non le moindre, avait demandé à notre industrie les licences de ses systèmes et procédés. Ne faut-il pas voir là un hommage rendu à la supériorité reconnue de nos fabrications ?
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- CLASSIFICATION DU MATÉRIEL EXPOSÉ
- Le matériel de guerre exposé peut, d’une manière générale, être classé de la manière suivante :
- ^ Grosse artillerie de bord, de côte ou de . forteresse
- Artillerie moyenne de bord.
- f Matériel de campagne.
- } Artillerie lourde de campagne.
- [ Matériel de montagne.
- Munitions. — Projectiles de rupture, semi-rupture, à grande capacité (Marine) ; Obus explosifs à petite capacité, shrapnels ( Guerre) ; fusées et détonateurs.
- Douilles,
- Blindages et tôles de cuirassements.
- Chacune de ces divisions fait l’objet d’un chapitre distinct dans la description qui va suivre.
- Matériel fixe.
- Artillerie
- Matériel mobile.
- CHAPITRE II
- ARTILLERIE — MATÉRIEL FIXE GROSSE ARTILLERIE. BORD, COTE, FORTERESSE
- P. - ARTILLERIE DE BORD
- L’artillerie de bord n’était représentée qu’à l’état d’éléments dans l’Exposition des classes de la Métallurgie. On trouvait, dans le pavillon de la Marine italienne, des pièces de 305 et de 240, mais leur description ne rentre pas dans le cadre de ce rapport.
- La Société de Terni avait exposé un tube pour canon de 305, 46acalibres, forgé sur mandrin, brut de forge :
- Longueur du tube Poids............
- 17 mètres 34 tonnes
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- Ce tube avait été exposé, croyons-nous, surtout dans le but de montrer la puissance de production des usines de Terni : nous ne pensons pas qu’il fût destiné à être terminé.
- La Société Ansaldo Armstrong exposait également un tube pour canon de 305 fini de tour.
- La maison Marrel frères, de Rive-de-Gier, exposait des éléments de canons :
- un tube de 240 pesant 10 t. 500, fini ;
- un tube de 160 pesant 3 t. 500, fini ;
- une frette culasse de 305 millimètres ;
- une frette tourillons de 370 millimètres /
- . , > canons manne ancien modèle,
- une frette tourillons de 270 millimétrés \
- 2. - ARTILLERIE DE COTE
- L’artillerie de côte était représentée par le canon de 240 à tir rapide, exposé par la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HOMÉCOURT.
- Ce canon, dû à la collaboration du général Mondragon, de l’artillerie mexicaine et du service d’artillerie de la Compagnie des Aciéries de la Marine et caractérisé par l’emploi d’une partie de l’énergie du recul pour l’exécution des manoeuvres du chargement, était certainement l’une des pièces les plus intéressantes de l’Exposition. Il attirait l’attention des personnes compétentes tant par l’ingéniosité de ses dispositions que par son exécution mécanique parfaite ; et l’admiration du gros public, par sa silhouette imposante, la rapidité et l’aisance de ses manœuvres.
- Voici les données principales de ce matériel :
- Calibre................................ 240 millimètres
- Longueur d’âme......................... 46 calibres
- Poids du projectile.................... 200 kilogrammes
- Vitesse initiale....................... 857 mètres
- DESCRIPTION
- Canon. — Tll est fretté sur toute la longueur ; les frettes sont recouvertes de trois corps de canon, frettés eux-mêmes dans la région du tonnerre. La fermeture de culasse est une fermeture à bloc, système Mondragon. Le bloc de culasse, mobile autour d’un axe parallèle à celui du canon, ouvre ou masque la chambre à poudre
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- en se déplaçant dans une mortaise annulaire ménagée dans la tranche arrière du corps de canon. La résistance au déculassement est fournie par deux séries de filets de vis concentriques, portés par les parois circulaires de la mortaise. C’est, en somme, une fermeture à vis excentrique de grand diamètre, système intermédiaire entre la culasse Nordenfelt classique et la fermeture à bloc à translation ; l’obturation est réalisée au moyen d’une douille porte-amorce en cuivre, qui reçoit le dernier sachet de la charge.
- Le mécanisme de mise de feu à percussion centrale n’exige pas d’armé préalable, il est logé dans le bloc de culasse et n’enclenche avec le système de commande qu’à la fin du mouvement de fermeture de la culasse.
- Au cours du tir, l’ouverture de la culasse se produit automatiquement au moment de la rentrée en batterie et provoque l’éjection de la douille. L’ouverture de la culasse peut également se faire à la main.
- Affût. — Il comprend :
- Le pivot sellette ;
- Le châssis d’affût ;
- Le berceau porte-tourillons ;
- Les mécanismes de pointage ;
- Le système de chargement ;
- Les appareils accessoires (appareil de visée, appareil de mise de feu, plateforme, etc...
- Pivot-sellette. — Cette pièce, en acier moulé, est boulonnée sur une selle également en acier moulé, fixée sur le massif de fondation par les boulons de scellement.
- Le système d’appui et de roulement logé à l’intérieur de la sellette, est formé par un pivot en acier forgé qui supporte le châssis d’affût par l’intermédiaire d’un roulement à billes.
- Entre le châssis d’affût et le roulement à billes est interposée une couronne de rondelles Belleville, dont le rôle est de soustraire les billes aux percussions résultant du recul. Le pivot peut, en effet, être soulevé ou abaissé et l’on règle sa hauteur de telle sorte que le châssis d’affût soit en temps normal supporté uniquement par les billes, mais que dès le départ du coup, il vienne par suite de la compression des rondelles Belleville porter sur la sellette par les surfaces d’appui ménagées sur les deux pièces.
- Châssis D’affût. — Le châssis d’affût est en acier moulé d’une seule pièce.
- Berceau. — Le berceau en acier moulé repose sur le châssis d’affût par deux tourillons principaux et par deux tourillons concentriques de plus petit diamètre qui
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- Cio DES FORGES ET ACIERIES DE LA MARINE ET d'HOMÉCOURT Matériel de 240 m/m côte TR.
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- s’appuient sur deux couteaux d’acier fixés au châssis d’affût. C’est sur les tourillons secondaires que le berceau est suspendu en temps ordinaire, les tourillons principaux ne s’appuyant sur les sous-bandes qu’au départ du coup. Il en résulte une grande facilité pour les mouvements de pointage en hauteur.
- Les freins sont hydrauliques avec récupérateurs à ressorts séparés.
- Élévateur automatique du projectile. — Une partie de l’énergie du recul est utilisée pour comprimer un ressort. Le travail emmagasiné est restitué à la
- Cie DES FORGES ET ACIÉRIES DÉ LA MARINE ET d’hOMECOURT. Matériel de 240 ralm côte TB.
- volonté du servant de culasse pour provoquer l’ascension d’un élévateur qui amènerle projectile à l’entrée de la culasse.
- L’application de ce principe a été réalisée de la manière suivante :
- L’élévateur est constitué par un levier formé de deux flasques en acier forgé, mobile autour d’un axe horizontal et portant à son extrémité le support de la civière porte-obus. La civière repose sur son support par des galets ; elle peut prendre une inclinaison quelconque comprise entre o° et 6°, assurant dans cette zone la coïncidence entre l’axe du projectile qu’elle porte et celui de l’âme.
- Les appareils moteurs, au nombre de deux, sont placés à droite et à gauche du ber-
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- ceau. Ce sont des récupérateurs à ressort dont le piston commande par un renvoi le mouvement de l’élévateur. Les têtes des cylindres enveloppes sont simplement épaulées sur des brides fixées au canon.
- Lors du départ du coup, les cylindres sont entraînés en arrière ; l’élévateur étant immobilisé par un arrêt, les pistons restent fixes et les ressorts se compriment ; à fond de course les cylindres s’agrafent sur un verrou, le canon revient alors en batterie, laissant les cylindres dans la position de recul. Lorsque la pièce est prête à être chargée, le servant de culasse libère l’élévateur, et celui-ci, sollicité par les ressorts, amène le projectile jusqu’à la tranche AR de culasse.
- Le projectile une fois engagé dans l’âme, on efface les verrous d’arrêt des cylindres, et ceux-ci reviennent à leur position de batterie sous l’action du poids de l’élévateur. Les verrous d’arrêt des cylindres sont d’ailleurs immobiles tant que le refouloir automatique n’est pas rentré en batterie, c’est-à-dire tant que le projectile n’a pas quitté la civière porte-obus.
- L’élévateur fonctionne pour tous les angles de tir compris entre o° et 6°. Lorsque l’inclinaison dépasse ces limites, le verrou de l’élévateur est enclenché à sa position d’arrêt. Avant le chargement le pointeur doit donc, s’il y a lieu, donner à la pièce une inclinaison comprise dans la zone de chargement.
- Refouloir automatique. — Cet appareil comporte un levier de refoulement actionné par un appareil moteur analogue aux précédents se mettant en charge pendant le recul. Au repos et pendant le recul, le levier de refoulement est maintenu relevé et dégage l’entrée de la culasse. Lorsque le projectile a été amené en face de l’âme, le chargeur amène le levier de refoulement dans l’axe de la pièce. Ce mouvement dégage l’arrêt ; le levier, libéré, pousse le projectile dans l’âme de la pièce et à fond de course il se relève de lui-même à sa position de repos.
- Mise de feu. — Commandée par le pointeur de droite. La commande est interrompue et ne s’enclenche qu’à la fermeture complète de la culasse.
- Appareils de visée. — Le tourillon gauche du berceau porte une lunette à grand champ montée sur un plateau permettant de donner les dérives.
- Pointage en direction. — Le support de hausse et la lunette télémétrique,, de visée sont portés par le tourillon droit du berceau.
- La hausse ne présente rien de particulier.
- L’appareil télémétrique de visée est constitué par une lunette dont l’inclinaison est liée à celle du canon de telle manière que son axe optique passe constamment par le gisement correspondant à l’angle de tir du canon.
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- Pour le pointage de nuit, on éclaire par des lampes électriques les différents appareils de visée.
- Plateforme de service. — Son tablier est échancré suivant l’axe de la pièce pour permettre le passage de l’élévateur. Pour permettre le recul de la pièce sous des angles supérieurs à 6°, on ouvre largement le plancher en relevant deux volets en tôle.
- Cie DES FORGES ET ACIERIES DE LA MARINE ET d’hOMÉCOURT Matériel de 240 m/m côte TR.
- Masque. — Le masque AV, de ioo millimètres d’épaisseur, en acier spécial à blindage, est fixé au châssis d’affût par des attaches élastiques. Il est complété par deux plaques latérales de 30 millimètres et une plaque de toiture de 20 millimètres.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- Calibre............................................... 240 millimètres
- Longueur de l’âme 46 calibres ................... 11.040 —
- Nombre des rayures..................................... 72
- Inclinaison constante............................ 40
- Poids du projectile.................................. 200 kilogrammes
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- Vitesse initiale.......................
- Pression maxima........................
- Énergie à la bouche ...................
- Portée maxima à + 150..................
- Hauteur des tourillons au-dessus du sol
- Amplitude du pointage .................
- Recul maximum..........................
- Épaisseurs du masque ..................
- 850 mètres 2.700 kilogrammes 6.942 T. M.
- 15.000 mètres
- 4 m. 500 millim.
- ( en hauteur — 70 à + 150 l en direction, 360°.
- 750
- Avant . . . . 100 millimètres
- Côtés .. . . 30 —
- Toiture . . . 20 —
- Deux coupoles pour la défense des places fortes et des côtes figuraient aux expositions de Vickers Terni et d’Ansaldo-Armstrong. L’impossibilité de les visiter explique l’absence de toute documentation à leur sujet.
- 3. ARTILLERIE MOYENNE DE BORD
- Elle était représentée par le canon de 75 millimètres de 65 calibres T. R. S. A. système Schneider figurant dans l’Exposition d’ANSALDO-Armstrong.
- Ce canon, destiné au tir contre les torpilleurs, tire à la vitesse initiale de 930 mètres un projectile pesant 6 kil. 500.
- Cette vitesse considérable donne au projectile une puissance suffisante pour combattre utilement ces petits navires à une distance supérieure à la zone d’utilisation des torpilles et permet, dans ces limites, d’employer le canon sans hausse. La flèche de la trajectoire de 2.500 mètres est, en effet, de 1 m. 600 seulement, c’est-à-dire inférieure à la hauteur de bord d’un torpilleur. Comparable aux matériels de 100 millimètres sous le rapport de la puissance propre, ce matériel leur est supérieur en rendement, grâce à sa maniabilité, à la maniabilité de ses munitions, circonstances qui permettent de réaliser, sans sacrifier la précision du tir, ni fatiguer le personnel, des vitesses de tir de 26 à 30 coups à la minute. Tout a été combiné pour réaliser aisément ces vitesses élevées de tir.
- Culasse. — La fermeture de culasse est constituée par un bloc oscillant dans une mortaise à parois verticales ménagée dans le manchon de culasse. L’axe de rotation du bloc est horizontal et rencontre l’axe de l’âme. Le bloc, symétrique par rapport au plan vertical de l’âme, a la forme d’un demi-segment de sphère, dont le centre est au
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- point de rencontre de l’axe de l’âme et de l’axe de rotation du bloc. Il est guidé entre les joues de la mortaise par deux séries de filets concentriques à l’axe de rotation. Il suffit d’une rotation du bloc de 90° autour de son axe pour masquer ou démasquer l’âme. Comme dans tous les matériels de moyen calibre à tir rapide, le projectile est serti sur douille en cuivre qui assure l’obturation. Le culot de cette douille est naturellement sphérique ; il porte l’étoupille de mise de feu à percussion centrale.
- Les mouvements d’ouverture et de fermeture de la culasse sont automatiques.
- SCHNEIDER ET Cie.
- Artillerie de bord, matériel de 75 m/m, semi-automatique.
- L’ouverture de la culasse se produit à la fin du recul, elle arme à la fois le percuteur et un ressort qui a pour but de refermer la culasse ; la détente de ce ressort est provoquée par le choc du bourrelet de la cartouche contre les branches de l’extracteur au moment du chargement. La mise de feu est commandée par le déplacement de la poignée du volant de pointage en direction.
- Affût. Berceau. — Le canon coulisse dans un berceau qui repose sur le châssis d’affût par deux tourillons. Le berceau en acier moulé porte les cylindres de frein avec les récupérateurs à ressort ; l’amplitude maxima du recul est de 28 centimètres.
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- Le châssis d’affût, également en acier moulé, repose sur le pivot d’affût par une couronne de billes.
- Les pointages en hauteur et en direction, ainsi que la mise de feu, sont assurés par un seul servant (celui-ci se tient à droite de la pièce, à hauteur du tourillon du berceau sur une petite plate-forme qui participe aux déplacements du canon autour de son pivot). Il a à portée de la main droite le volant de pointage en direction, à portée de la main gauche le volant de pointage en hauteur, et à hauteur de l’œil la lunette de visée; les mécanismes de commande des mouvements n’ont rien de particulier, mais leur manœuvre est très aisée, en raison du roulement sur billes et de l’équilibrage de l’ensemble du berceau-canon qui, lorsque la pièce est vide, est en équilibre indifférent autour des tourillons du berceau.
- L’appareil de visée est une lunette à réticule, montée sur le tourillon du berceau. Elle est munie d’un tambour de dérives, pour permettre de tenir compte de la vitesse de déplacement du navire et du but, de la dérivation, de l’effet du vent, etc....
- CHAPITRE III
- MATÉRIEL MOBILE
- I. - MATÉRIEL DE CAMPAGNE
- Le matériel de campagne était représenté aux expositions d’ANSALDO Armstrong et de Chatillon-Commentry.
- SOCIÉTÉ ANSALDO ARMSTRONG
- Le matériel de campagne, système Schneider, exposé par cette firme comprenait :
- Un canon de campagne de 75 millimètres T. R., type puissant ;
- — — 75 — — — léger ;
- MATÉRIEL DE 75 MILLIMÈTRES T. R., TYPE PUISSANT
- Ce matériel, dont le Creusot a livré à l’Espagne et, avec le concours de Saint-Chamond (Forges et Aciéries de la Marine et d’HoMÉcoURT), à la Serbie, un grand nombre de batteries, tire un projectile de 6 kil. 500 (obus à balles) à la Vitesse initiale de 500 mètres.
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- DESCRIPTION DU MATÉRIEL
- Bouche à feu en acier forgé, trempé et recuit ; elle est composée d’un tube renforcé sur toute sa longueur par deux manchons de frettage.
- Fermeture de culasse à vis à filets interrompus, manœuvre rapide en un temps par un mouvement continu d’un levier ; la vis est excentrée pour écarter tout danger de mise de feu avant fermeture complète de la culasse.
- Obturation par la douille en cuivre sur laquelle est fixé le projectile.
- SCHNEIDER ET Cie.
- Canon de campagne de 75 m/m TR., type paissant, modèle P. D. 2.
- Mise de feu à percussion centrale.
- Mécanisme de mise de feu à marteau, sans armé préalable, avec sécurité contre les mises de feu prématurées.
- Le canon est monté sur un traîneau glissant sur un berceau de pièce. Le frein hydraulique à long recul est pourvu d’un modérateur de rentrée en batterie ; le récupérateur à air est indépendant.
- Ce matériel possède la hausse indépendante, réalisée par l’emploi d’un berceau
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- d’affût supportant le berceau de pièce comme dans le matériel réglementaire français de 75 millimètres.
- Les portées sont données par une hausse à cadran.
- Le pointage en direction s’obtient par coulissement du corps d’affût sur l’essieu.
- L’appareil de pointage est un goniomètre à viseur, avec dispositifs de prismes pour repérer en arrière.
- Boucliers de protection en acier spécial.
- Le poids du canon en batterie est de i .050 kilogrammes.
- La voiture caisson comprend un avant-train semblable à celui de la voiture canon et un arrière-train constitué par un caisson blindé à renversement contenant 60 cartouches.
- Ce matériel, robuste et puissant, est d’un poids raisonnable ; il est très mobile grâce au bon équilibrage et aux bonnes conditions du tirage des voitures. Sa stabilité au tir est parfaite et le frein fonctionne d’une manière irréprochable sous toutes les inclinaisons. **
- L’emploi de la hausse indépendante facilite le réglage du tir et l’exécution du tir d'efficacité. Le tir indirect avec un défilement quelconque peut être exécuté facilement à raison de la disposition de l’appareil de pointage.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- ^ Calibre 75 millimètres, longueur totale...... 2 va. 350
- Bouche à feu. Poids du projectile............................ 6 kil. 100
- f Vitesse initiale............................. 500 mètres
- ( \ en hauteur ......... 5° + 160
- \ Amplitude du pointage < „ ,
- \ (en direction ....... 30 de chaque cote
- Affût / Hauteur de la ligne de feu.................... 995 millimètres
- i Diamètre des roues........................... 1.330 —
- ' Poids de la pièce en batterie................ 1.050 —
- Nombre de coups dans l’avant-train........... 38 coups
- 1 Poids de l’avant-train ...................... 750 kilogrammes
- Voitures 1 Poids de la voiture pièce complète ............... 1.780 —
- i Poids de l’arrière-train de caisson chargé ... 1.030 —
- f Nombre de coups.............................. 60 Coups
- Poids de la voiture caisson complète. ....... 1.760 kilogrammes
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- Poids du projectile 6 kil.500. Shrapnel 320 balles de 10 grammes
- l Poids de l’arrière-train de caisson chargé .... 1.030 —
- Munitions < — de la cartouche...................... 8 kil.200
- r — de la charge d’éclatement............. 80 grammes
- Obus explosifs. Poids de la charge d’éclatement 600 grammes
- CANON DE 75 MILLIMÈTRES T. R., TYPE LÉGER
- Ce matériel, dont le CREUSOT a fourni un certain nombre de batteries à 1’Uruguay,
- SCHNEIDER ET Cie.
- Canon de campagne de 75 m/m à tir rapide, type léger, modèle L. D. 2.
- tire un projectile de 5 kilogrammes à la vitesse initiale de 500 mètres. Il reproduit les dispositions essentielles du matériel précédent, mais est très notablement plus léger.
- Le canon en batterie pèse seulement 810 kilogrammes.
- Les avant-trains de canon et de caisson contiennent chacun 34 projectiles. La voiture canon pèse 1.400 kilogrammes. Le caisson cuirassé à renversement contient 58 cartouches.
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- OBUSIER DE CAMPAGNE DE 105 MILLIMÈTRES T. R.
- CARACTÉRISTIQUES
- Calibre ............
- Poids du projectile Vitesse initiale . . .
- 105 millimètres 16 kilogrammes 300 mètres
- DESCRIPTION
- Le canon comporte un tube renforcé par deux frettes sur toute sa longueur.
- La fermeture de culasse, comme dans les pièces de 75 et 105 du même système, est à vis à filets interrompus, excentrée et de manoeuvre en un temps.
- Le frein est à course automatiquement variable ; il comporte un récupérateur à air indépendant pour le retour en batterie.
- Le mécanisme de pointage en hauteur permet de rendre la pièce indépendante du berceau et de la ramener à l’horizontale, pour le chargement, sans changer le pointage en hauteur.
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- L’appareil de pointage est un goniomètre à viseur optique, permettant l’indication des angles de site et les corrections relatives à l’inclinaison de l’essieu.
- Le pointage en direction est obtenu par le coulissement de l’affût sur l’essieu.
- L’affût porte un masque de protection, il est muni d’un frein de roues et sa flèche se termine par une bêche d’ancrage.
- La vitesse de tir peut atteindre io coups à la minute.
- Les munitions sont séparées : le projectile, obus à balles ou explosif d’une part, la charge dans une douille en cuivre d’autre part.
- La pièce en batterie pèse 1.210 kilogrammes.
- L’avant-train de pièce renferme 21 coups complets.
- La voiture caisson comprend un avant-train identique à celui de la pièce, et un arrière-train constitué par un caisson cuirassé à renversement renfermant 32 coups complets.
- Cie DES FORGES DE CHATILLON-COMMENTRY ET NEUVES-MAISONS
- Cette Société exposait deux canons de campagne à T. R. de 75 millimètres dus au colonel Déport, directeur du service de l’artillerie de la Compagnie de Chatillon-COMMENTRY.
- Le matériel désigné 75 : 1909 A. est un matériel puissant et d’un poids modéré, convenant pour les batteries montées; le matériel 75 : 1909 B est un matériel beaucoup plus léger, encore que d’une puissance égale, sinon supérieure à celle de beaucoup de matériels de service. Il conviendrait pour l’armement de batteries à cheval.
- L’un et l’autre sont à très long recul sur l’affût.
- MATÉRIEL DE 75 1909 A
- DESCRIPTION
- Le canon est fretté sur toute la longueur.
- La culasse est du système Nordenfelt à vis excentrique, elle se manœuvre soit à la main, soit automatiquement. Le mouvement d’ouverture automatique se produit de la manière suivante : le bloc de culasse porte sur son pourtour une denture engrenant avec un pignon calé sur une vis à long pas qui suit la bouche à feu dans son mouvement de recul ; la vis s’engage dans un écrou fixe porté par le berceau. Le recul
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- du canon dans son berceau fait tourner la vis et par suite le pignon et le bloc de culasse ; à la position d’ouverture, le bloc s’accroche sur l’extracteur. Le recul du canon a en plus pour effet d’armer un ressort qui agit pour fermer vivement la culasse dès que le bloc est libéré par le heurt du bourrelet de la cartouche contre les branches de l’extracteur. Un embrayage permet de passer de la manœuvre automatique à la manœuvre à la main.
- Le frein à longue course comporte un récupérateur pneumatique.
- Cie DES FORGES DE GHA.TILLON-GOMMENTRY ET NEUVES-MAISONS. Matériel de 75 T.R. 1909 A.
- Ce matériel possède la hausse indépendante : l’appareil de pointage est une lunette panoramique avec collimateurs combinés.
- Les manivelles et arcs de hausse sont doubles et placés à droite et à gauche du berceau. Le pointage en hauteur est obtenu au moyen de deux vis concentriques télescopiques : la vis extérieure qui forme écrou supporte les appareils de pointage ; ce dispositif réalise l’indépendance des lignes de mire d’une façon très simple et sans entraîner un supplément de poids appréciable.
- Le pointage en direction est réalisé par le coulissement sur l’essieu.
- Le bouclier assure la protection complète. Il est muni de volets latéraux articulés, d’un volet supérieur et d’un volet inférieur avec béchette d’ancrage pour éviter les dépointages dans le tir sur terrain déversé. L’épaisseur du bouclier de face est de 5 millimètres ; celle des boucliers latéraux et des volets est de 3 millimètres.
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- Malgré sa puissance considérable (104 tonnes m. à la bouche) le matériel est léger (pièce en batterie 1.040 kilogrammes) et très mobile. Il est parfaitement stable au tir.
- L’avant-train de canon ou caisson contient 20 cartouches.
- Le poids de la voiture pièce en ordre de marche est de :
- 1.558 kil. avec avant-train chargé en obus à balles ;
- 1.520 — — — brisants.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- ( Calibre 75 millimètres. Longueur totale. ... 2 m. 25
- Bouche à feu < Poids du projectile (obus à balles)........... 7 kil. 140
- [ Vitesse initiale........................... 530 mètres
- /' , . \ en hauteur....... 6° 03 + 17030
- Amplitude du pointage <
- 1 ( en direction..... -f- 2° 45
- y , i normale.......... 1.350 millimètres
- Affût \ Longueur du recul <
- j f maxima........... 1.420 —
- [ Hauteur de la ligne de feu................. 1.010 —
- \ Diamètre des roues......................... 1.430 —
- Voitures
- Poids de la pièce en batterie................. 1.040 kilogrammes
- Nombre de coups dans l’avant-train............ 20 Coups
- Poids de l’avant-train chargé en obus à balles...
- — — — brisants..
- 5x8 kilogrammes 480 —
- Poids de la voiture pièce chargée en Poids de l’arrière-train chargé Poids de la voiture caisson chargée
- \ obus à balles...
- | obus brisants...
- \ 60 obus à balles.
- I 70 obus brisants, obus à balles... — brisants . .
- 1.558 kil. 1.520 —
- 980 —
- 1.498 — 1.458 —
- MATÉRIEL DE 75 T. R., MODÈLE 1909 B
- DESCRIPTION
- Canon en acier fretté sur toute sa. longueur.
- Fermeture de culasse à vis excentrée, système Nordenfelt manœuvrant à la main. On peut d’ailleurs établir ce canon avec une culasse semi-automatique.
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- Le canon est monté sur un traîneau roulant sur galets ; il porte deux galets de bouche prenant appui sur le berceau en fin de recul.
- Le frein hydraulique, à longue course, possède un récupérateur pneumatique indépendant.
- La hausse est du type en arc, à niveau, permettant l’indication des angles de site.
- Cie DES FORGES DE CHATILLON-COMMENTRY ET NEUVES-MAISONS Matériel de campagne T.R. 1909 B.
- Le système de pointage en direction est double :
- i° Coulissement de l’affût sur l’essieu ;
- 2° Pivotement de l’affût sur l’essieu.
- Le pointage initial s’obtient par coulissement, les rectifications en cours de tir par pivotement.
- L’appareil de pointage est une lunette panoramique avec collimateur.
- Le frein de route, à traverse coulissante, est actionné de l’avant pour la route, de l’arrière pour le tir.
- Les boucliers à protection complète sont analogues à ceux du modèle 1909 A. La bêche de crosse est coulissante et on l’enfonce à coups de masse avant le tir.
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- Le poids du canon en batterie est de 940 kilogrammes. L’avant-train transporte 21 cartouches.
- Le poids total de la voiture pièce est de 1.400 kilogrammes.
- DONNÉES NUMÉRIQUES DU MATÉRIEL DE 75 1909 B
- t Calibre 75 millimètres, longueur totale......... 2 m. 13
- Bouche à feu n Poids du projectile................................ 6 kil. 500
- ! Vitesse initiale................................ 510 mètres
- I Amplitude du pointage en hauteur..................... — io° -f- 180
- Î Amplitude du pointage / par coulissement sur l’essieu 2°ak )
- .... } . ' > total 5°45
- en direction \ par pivotement du canon .. . 30 S
- Longueur du recul.................................... 1.300 millim.
- Hauteur de la ligne de feu........................... 1.012 —
- ^ Diamètre des roues................................... 1.334 —
- Poids total du canon en batterie.................................. 940 kilogr.
- i Nombre de coups dans l’avant-train................... 21
- Voitures < Poids de l’avant-train chargé.......................... 540 kilogr.
- ( Poids total de la voiture pièce...................... 1.480 —
- Enfin, la Compagnie de Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons exposait des photographies de son nouveau matériel dit à grand champ de tir. Ce matériel, d’une conception nouvelle et très ingénieuse, est caractérisé par une flèche d’affût ouvrante, composée de deux demi-flèches articulées à rotules sur l’essieu. L’essieu est coudé dans sa partie centrale et forme un corps d’affût sur lequel est monté à pivot le berceau d’affût. Les demi-flèches forment une flèche unique pour la route ; à la mise en batterie, on les ouvre largement ; on réalise de la sorte une large base d’ancrage embrassant un secteur de 540. Le canon peut tirer dans tout ce secteur sans que la direction de l’effort du recul sorte de la base d’ancrage ; il n’y a donc pas à craindre de dépointage en direction. Le grand champ de tir vertical est réalisé grâce à l’emploi de deux freins conjugués. Le canon est monté sur un berceau dit berceau de pièce qui tourillonne sur le berceau d’affût monté à pivot sur l’essieu. Le berceau de pièce, dont le frein permet une course de o m. 36, peut prendre par rapport au berceau d’affût une inclinaison de o° à 50°. Ce dernier, dont le frein permet une course de 1 mètre peut prendre une inclinaison de — io° à + io° par rapport au plan de la base d’ancrage. Dans le tir ordinaire sous de faibles angles, les courses des deux freins s’ajoutent. Dans le tir sous de grands angles où le soulèvement n’est pas à craindre, le canon ne s’abaisse que de la course du frein de pièce. La pièce est munie d’une culasse Nordenfelt manœu-
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- vrant automatiquement ou à la main. L’appareil de pointage est une hausse panoramique à lunette.
- L’organisation de ce matériel permet de l’employer dans les mêmes conditions que les matériels ordinaires actuels à hausse indépendante, ainsi que pour tirer avec une trajectoire tendue sur les objectifs aériens, ballons, aéroplanes, etc... ou enfin comme canon à tir courbe pour le tir très défilé contre des objectifs eux-mêmes très défilés.
- II. — ARTILLERIE LOURDE DE CAMPAGNE
- Cette catégorie de matériel n’était représentée qu’à l’Exposition de la Société Ansaldo. On y trouvait :
- i° Un canon long à T. R. de 105 millimètres dit « canon de position » ;
- 20 Un obusier à T. R. de 120 millimètres.
- MATÉRIEL DE POSITION DE 4 05 MILLIMÈTRES T. R.
- Calibre : 105 millimètres ;
- Longueur d’âme : 3 m. 15 ;
- Poids du projectile : 14 kilogrammes ;
- Vitesse initiale : 500 mètres.
- DESCRIPTION
- Le canon, en acier trempé et recuit, comporte un tube, un manchon de culasse et une frette de calage.
- La fermeture de culasse à filets interrompus est à manœuvre en un temps par mouvement continu d’un levier, la vis est excentrée comme dans les canons de campagne exposés dans le même stand.
- Le canon est fixé sur un traîneau qui recule sur un berceau contenant le frein de recul hydraulique, avec modérateur de rentrée en batterie. Le retour en batterie est assuré par un récupérateur indépendant à réservoir d’air.
- Ce matériel possède la hausse indépendante réalisée à l’aide d’un petit affût supportant le berceau de pièce comme dans les matériels de 75 de la même maison. Le petit affût porte sur la gauche l’appareil de pointage, goniomètre à niveau, pour l’indication des dérives et des angles de site ; le mécanisme de hausse à cadran est placé à droite.
- Le pointage en direction est obtenu par coulissement de l’affût sur l’essieu.
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- L’affût porte un masque de protection ; il est muni d’un frein de roues ; la flèche se termine par une bêche d’ancrage.
- La vitessse de tir peut atteindre 15 coups à la minute en tir progressif avec fauchage.
- La pièce en batterie pèse 1.630 kilogrammes. L’avant-train de pièce ne transporte pas de munitions.
- La voiture caisson comporte un avant-train avec coffre contenant 18 cartouches
- SCHNEIDER ET Cle
- Canon de position de 105 m/m à tir rapide, modèle D. 3.
- complètes, et un arrière-train constitué par un caisson blindé à renversement qui transporte 32 cartouches complètes.
- OBUSIER DE 120 MILLIMÈTRES T. R.
- Ce matériel tire un projectile de 21 kilogrammes à la vitesse initiale de 300 mètres.
- Il est caractérisé par le tourillonnement arrière, l’axe des tourillons est très rapproché de la culasse. Cette disposition permet d’avoir un grand recul constant et de charger l’obusier à toutes les inclinaisons.
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- Sur la tranche A R du manchon de culasse est fixé un volet qui a pour but d’empêcher la chute du projectile dans le chargement sous les grands angles.
- Les dispositifs de culasse, mécanisme de frein, etc... sont les mêmes que dans le matériel de 105 T, R.
- La pièce en batterie pèse 1.350 kilogrammes.
- SCHNEIDER ET C'e
- Obusier Schneider de campagne à tir rapide,- modèle O. C. de 120 m/m.
- III. — MATÉRIEL DE MONTAGNE
- Le matériel de montagne était représenté aux stands de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HOMÉCOURT qui exposait un canon de 70 millimètres T. R. semi-automatique pour l’artillerie mexicaine et de la Société Ansaldo qui exposait deux matériels à T. R., l’un de 75 millimètres type puissant, l’autre de 70 millimètres type léger.
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- Cie DES FORGES ET ACIÉRIES DE LA MARINE ET D’HOMÉCOURT
- MATÉRIEL DE MONTAGNE 70'"“ T.R. S. A.
- DESCRIPTION
- Le canon est en acier trempé et recuit. L’extrémité antérieure de la volée porte des cannelures interrompues pour l’assemblage rapide avec le traîneau qui enveloppe complètement le canon.
- Il est muni d’une fermeture de culasse, système Mondragon, à ouverture et fermeture automatiques, analogue à celle du canon de côte de 240 millimètres exposée par la même Société. Cette fermeture comporte un bloc mobile autour d’un axe parallèle à celui de la bouche à feu, et placé au-dessous. Le bloc se déplace dans une mortaise circulaire pratiquée dans la tranche arrière du manchon de culasse masquant ou démasquant la chambre.
- A la position de fermeture, la culasse est immobilisée par un verrou à ressort, qui s’ouvre au départ du coup ; pendant le recul, le bloc sollicité par un ressort tourne en démasquant la chambre : l’ouverture de la culasse provoque l’éjection de la douille. A la position d’ouverture, le bloc est immobilisé par accrochage à l’extracteur.
- Le retour de la pièce en batterie arme un ressort de fermeture de la culasse ; l’introduction d’une cartouche ramène l’extracteur, libère le bloc qui revient, sous l’action du ressort, à la position de fermeture.
- La mise de feu est à percussion centrale ; le mécanisme n’exige pas d’armé préalable. Il comporte toutes les sécurités contre les mises de feu prématurées en cas de fermeture incomplète de la culasse, assemblage imparfait du canon au traîneau, non fixation du berceau de frein à l’arc denté de pointage en hauteur ou de l’essieu au châssis d’affût.
- Le traîneau glisse sur un berceau à tourillons qui contient le frein hydraulique avec récupérateur à ressorts. L’axe de tourillonnement est reporté très en arrière afin de conserver le long recul et de permettre le chargement sous toutes les inclinaisons.
- La flèche d’affût, très allongée, peut se replier pour le transport ; la crosse est munie d’une bêche.
- Le pointage en direction s’obtient par coulissement du corps d’affût sur l’essieu. La manivelle de commande est placée à l’extrémité gauche de l’essieu.
- Le pointage en hauteur est obtenu au moyen d’un arc denté commandé par un système d’engrenages.
- La hausse courbe coulisse dans un support monté sur le tourillon gauche du
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- berceau. Elle porte l’appareil de visée (lunette goniométrique) et un curseur à niveau pour l’indication des angles de site.
- Munitions. — Le canon tire un obus à balles en acier, à charge arrière. L’obus est serti sur une douille en laiton, contenant la charge et assurant l’obturation.
- Cie DES FORGES ET ACIERIES DE LA MARINE ET û’hOMÉCOURT Matériel de montagne 70 m/m T.R. S.A.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- Calibre............................................ 70 millimètres
- Longueur totale du canon .......................... 1.134 millimètres
- Poids du projectile................................ 5 kilogrammes
- Vitesse initiale................................... 275 mètres
- . (en hauteur. . — io° à + 40°
- Amplitude du pointage ............. <
- ( en direction . 50
- Nombre d’éléments constituant les chargements...... 4
- Poids des chargements.............................. 86, 86, 88, 90 kilogr.
- Poids de la pièce en batterie........................ 335 —
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- SOCIÉTÉ ANSALDO ARMSTRONG
- MATÉRIEL DE MONTAGNE SCHNEIDER 75 T. R., TYPE PUISSANT
- DESCRIPTION
- La bouche à feu, démontable, comporte un tube fretté et un manchon porte-culasse. Elle tire un projectile de 6 kil. 500 à la vitesse initiale de 350 mètres ou un projectile de 5 kil. 300 à 500 mètres.
- SCHNEIDER ET Cie
- Canon de montagne démontable de 75 m/m à tir rapide, type puissant, modèle M. P. C. 2.
- La fermeture de culasse est à vis à filets interrompus, légèrement excentrée, à manœuvre en un temps.
- Le canon est agrafé sur un traîneau qui glisse sur un berceau de frein porte-tourillons ; le frein hydraulique possède un modérateur de retour en batterie et un récupérateur à air. L’essieu est coudé et peut occuper deux positions différentes pour le tir, permettant ainsi de faire varier la hauteur de genouillère pour augmenter l’amplitude de pointage en hauteur.
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- La flèche d’affût est démontable en deux parties.
- Le pointage en hauteur s’obtient au moyen d’une hausse courbe, portant un goniomètre à viseur, et munie d’un niveau pour l’indication des angles de site.
- Le pointage en direction est obtenu par coulissement du corps d’affût sur l’essieu. La pièce en batterie pèse 610 kilogrammes.
- SCHNEIDER ET Cie
- Canon de montagne de 70 m/m à tir rapide, modèle M. D.
- Lorsqu’elle est démontée, ses éléments forment six chargements dont le plus lourd pèse no kilogrammes.
- MATÉRIEL DE MONTAGNE SCHNEIDER 70 MILLIMÈTRES T. R.
- Ce matériel est du type fourni par Le Creusot au Gouvernement espagnol.
- Il tire un projectile de 5 kil. 300 à la vitesse initiale de 300 mètres.
- La bouche à feu en acier trempé et recuit est en une seule pièce. La fermeture de culasse est du même type que dans le modèle précédent.
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- Le canon est fixé sur un traîneau reculant sur un berceau de frein : le frein hydraulique comporte un récupérateur à air pour le retour en batterie.
- Ce matériel possède l’indépendance des lignes de mire, l’appareil de pointage est un goniomètre à viseur optique, muni d’un dispositif de prismes pour le repérage en arrière.
- Le pointage en direction s’obtient par coulissement du corps d’affût sur l’essieu.
- La flèche d’affût est démontable en deux parties, la crosse est munie d’une bêche d’ancrage fixe.
- Pour le transport, la pièce se démonte en cinq chargements dont le plus lourd pèse 110 kilogrammes.
- CHAPITRE IV
- PROJECTILES ET MUNITIONS
- Un grand nombre de maisons avaient exposé des projectiles de tous types : rupture, semi-rupture, grande capacité, obus incendiaire, etc... pour l’artillerie navale. Obus à balles à charge AR ou mélangée, obus explosifs, obus incendiaires pour l’artillerie terrestre. Certaines maisons exposaient des projectiles en cours de fabrication, d’autres des projectiles tirés contre des plaques.
- On trouvait également chez quelques exposants des douilles, fusées, détonateurs, etc.
- Il serait malaisé d’examiner ces munitions par classe ; nous croyons préférable de suivre l’ordre des exposants.
- SECTION FRANÇAISE
- Cie DES FORGES ET ACIÉRIES DE LA MARINE ET D’HOMÉCOURT
- Seule la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HOMÉcouRT exposait des projectiles complets munis de leurs fusées.
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- Son exposition comprenait les projectiles suivants :
- 1° Obus de rupture.
- DONNÉES NUMÉRIQUES
- Calibre Poids total de l’obus prêt à être tiré Poids de la charge de rupture Perforât bouc Vitesse initiale ion à la :he Epaisseur d’acier KC
- 340 % 13 pouces 560 K. 8 K. 800 615 m. 478 z
- 305 % 12 pouces 332 K. 5 K. 000 635 m. 375 %
- 254 % 10 pouces 227 K. 3 K- 5oo 850 m. 527 % j
- 42 % 880 K. 13 K. 000 635 ni. ^ 534 Z
- 30 % 385 K. 6 K. 000 865 m. 648 z
- 24 % 200 K. 3 K- 150 875 m. 583 Z
- !5 % 45 K. I K. 600 900 m. 3i6 %
- Observations
- Marine anglaise
- Marine russe
- Marine américaine
- Nota : L’acier k. c. correspond à un coefficient K de la formule J. de Marre égal à 1.3.
- 2° Obus de semi-rupture.
- Calibre Poids total de l’obus prêt à être tiré Poids de la charge explosive Poids de la fusée percutante de culot
- 240 % 220 K. 8 K. 600 0 K. 580
- 194 % 77 K. 500 4 K. 500 0 K. 580
- 120 % 23 K. 750 1 K. 230 0 K. 580
- 75 % 6 K. 500 0 K. 260 0 K. 580
- 65 % 4 K. 100 0 K. 100 0 K. 580
- 47 % 1 K. 530 0 K. 060 0 K. 070
- 3° Obus à balles.
- Shrapnel à charge arrière, constitué par une enveloppe en acier avec ogive rapportée et vissée formant porte-fusée; à l’intérieur, un diaphragme en acier sépare la chambre à balles de la chambre à poudre ménagée à l’arrière ; un tube central de communication
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- assure la propagation du feu de la fusée d’ogive à la chambre à poudre. La chambre est remplie de balles sphériques en plomb durci (Pb = 9, Sb = 1) agglomérées avec une composition fumigène.
- Caractéristiques de l’obus a balles de 80 millimètres
- Poids de l’obus prêt à être tiré ......... 6 kil. 150
- Nombre de balles.......................... 190
- Poids d’une balle......................... 13 gr. 5
- Poids de la charge d’éclatement (poudre
- noire).................................. o kil. 070
- Poids de la fusée d’ogive à double effet de
- 18 secondes ............................ o kil. 565
- 4° Boîtes à mitraille. — Valeur purement défensive.
- Elle se compose d’un culot, d’un corps de boîte, d’un couvercle, le tout en zinc. Une ceinture en cuivre rouge assure l’obturation.
- Boîte à mitraille de..................... 80 millimètres
- Poids ................................... 5 kil. 500
- Nombre de balles......................... 85
- La Société Marrel Frères avait disposé autour de son stand des corps de pro-j ectiles à grande capacité, formant support de la balustrade.
- La maison Brunon-Vallette, de Rive-de-Gier, exposait également une série de projectiles emboutis empilés en pyramides d’un bel aspect décoratif.
- SECTION ITALIENNE
- L’exposition la plus importante était celle de la Société Ansaldo (matériel Schneider) qui présentait une série de projectiles destinés à l’artillerie de terre, les uns entiers, les autres en coupe ; quelques projectiles de marine, des tableaux de fusées et détonateurs coupés.
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- On voyait en particulier :
- Shrapnels ordinaires de 75, 76,2 et 150 millimètres
- Ces projectiles comportent les pièces essentielles du shrapnel ordinaire : corps de projectile et ogive porte-fusée en acier, chambre arrière chargée en poudre noire et fermée par un diaphragme, tube de communication du feu de la fusée à la chambre arrière, balles de plomb noyées dans une matière inerte. Ces projectiles sont armés d’une fusée à double effet.
- Obus à explosif puissant de 75, 105, 149 et 200 millimètres
- Ces projectiles comportent: le corps d’obus en acier, l’ogive, la pointe d’ogive, la charge d’éclatement en explosif, le détonateur de tête et sa fusée percutante. Cette fusée, parfaitement protégée par la pointe d’ogive, peut fonctionner sur des obstacles peu résistants.
- Obus à explosif puissant de 270 millimètres
- Forte charge d’éclatement en explosif, détonateur de culot avec fusée percutante. Ce type de projectile permet l’attaque des obstacles très résistants : blindages, murs en béton, etc. Le détonateur est disposé pour permettre le fonctionnement seulement après la traversée des obstacles.
- Obus à explosif puissant de 105 millimètres à fragmentation et à retard variable)
- Ce projectile comporte le corps d’obus en acier, des rondelles fragmentées, l’ogive, la pointe d’ogive, la charge d’éclatement en explosif, un détonateur de tête à retard variable.
- Obus à explosif puissant de 75 millimètres à retard variable
- Ce projectile comporte les mêmes éléments que les obus de 120, 150 et 200 millimètres décrits ci-dessus, mais il est armé d’un détonateur à retard variable comme l’obus à explosif puissant de 105 millimètres.
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- Shrapnels brisants de 75 et 120 millimètres]
- Ces projectiles comportent les pièces essentielles d’un shrapnel ordinaire ; fusée à double effet, chambre-arrière chargée en poudre noire et fermée par un diaphragme, mais les balles, au lieu d’être noyées dans une matière inerte, sont enrobées dans un explosif par des procédés spéciaux.
- Ces projectiles possèdent toutes les qualités d’un shrapnel ordinaire, ils peuvent fonctionner à volonté soit comme shrapnel, soit comme obus à explosif puissant; ils permettent donc de réaliser l’unité d’approvisionnement, et le passage instantané du tir à shrapnel au tir à explosif en gardant les mêmes éléments de tir, c’est-à-dire avec le maximum de chances pour obtenir immédiatement un tir efficace.
- Ces projectiles fonctionnent :
- Au tir fusant comme un shrapnel ordinaire ;
- Au tir percutant comme un obus à explosif.
- Les shrapnels brisants permettent l’attaque en tir percutant des batteries protégées par des boucliers, des tranchées, palissades et murs.
- Obus incendiaire de 47 millimètres
- Ce type de projectile est destiné à l’attaque des ballons et aéroplanes, sa disposition fusante pendant le parcours total ou une partie du parcours permet de le suivre sur sa trajectoire.
- Obus ordinaire en acier de 57 millimètres
- Ce projectile comporte un corps d’obus, une gaine porte-fusée, une fusée percutante, une charge d’éclatement en poudre noire.
- Un tableau d’artifices
- Ce tableau contient des modèles des différents artifices du système Schneider :
- Fusées Percutantes pour obus en acier, en fonte, ou pour détonateur d’obus à explosif puissant.
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- Ces fusées percutantes qui se classent en fusées de tête et fusées de culot se subdivisent en fusées à armement par accélération et fusées à armement par la force centrifuge.
- Fusées a double effet pour l’armement des shrapnels. — Ces fusées sont du type à cadran, leur réglage peut être obtenu soit à la main, à l’aide d’une clé simple, soit à l’aide d’un régloir ou d’une clé régloir. Comme pour les fusées percutantes, le système percutant de ces fusées à double effet se divise en deux classes : mécanisme à armement par accélération ou mécanisme à armement par la force centrifuge.
- Douilles et Étoupilles. — Une série de douilles, ou culots métalliques, en laiton embouti d’une seule pièce pour les différents calibres de bouches à feu, tantôt isolées, tantôt réunies au projectile et formant ainsi cartouches complètes.
- Régloirs et Clés Régloirs. — Les appareils utilisés pour le réglage des fusées à double effet qui se divisent en deux séries : régloirs et clés régloirs.
- SOCIÉTÉ DE TERNI
- Cette Société exposait toute une série de projectiles en acier chrome nickel coiffés et non coiffés, projectiles de semi-rupture, de moyen et petit calibre.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES HAUTS FOURNEAUX.
- FONDERIES ET ACIÉRIES ANDRÉ GREGORINI A LOVERE
- Cette Société exposait une série de projectiles de rupture de 150 à 305 millimètres, et des shrapnels pour canons de 75 et 120 millimètres.
- SOCIÉTÉ ANONYME ITALIENNE POUR LA FABRICATION DES PROJECTILES
- Cette Société qui a des intérêts communs avec les Aciéries d’UNiEUX exposait une grande quantité de projectiles de toute nature aux différentes étapes de la fabrication : lingots d’acier au creuset, projectiles bruts de forge ou de tréfilage (corps de shrapnels et de projectiles à grande capacité jusqu’au calibre de 280 millimètres) et des projectiles finis.
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- CHAPITRE V
- BLINDAGES
- Des plaques de blindage de navires, ayant subi des essais de tir et des cuirassements pour fortifications fixes, étaient exposées par les maisons suivantes :
- SECTION FRANÇAISE
- Compagnie des Forges de Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons, Marrel Frères ;
- Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HoMÉcouRT.
- SECTION ITALIENNE
- Aciéries de Terni ;
- Ansaldo, Armstrong & Cie (plaque prêtée par la maison Marrel Frères).
- Des tôles de boucliers étaient exposées par la Compagnie des Forges de Chatil-lon-Commentry et la Société Jacob Holtzer.
- SECTION FRANÇAISE
- COMPAGNIE DES FORGES
- DE CHATILLON-COMMENTRY ET NEUVES-MAISONS
- Cette Société exposait une plaque de blindage en métal Krupp. Cette plaque est la plaque d’essai de recette d’un lot pour tourelles de 305 du cuirassé français « Diderot » ; elle a obtenu la note 6 : « excellente ». Ses dimensions sont :
- Longueur développée
- Hauteur ............
- Épaisseur ..........
- Poids...............
- 2 m, 610 2 m. 932 260 millimètres 21 t. 20
- Cette plaque a subi le tir de 3 projectiles de rupture de 240, non coiffés, pesant 144 kilogrammes.
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- Les vitesses au choc et les coefficients de Marre correspondants sont indiqués ci-après :
- V. R.
- Ier coup 1.30
- 2e COUp 678 — O Ttf" M
- 3e coup 682 — I.40
- Cle DES FORGES DE CHATILLON-COMMENTRY ET NEUVES-MAISONS Plaque de blindage des tourelles de 305 m/m du cuirassé “diderot”.
- Le coefficient de Marre (r) est le rapport de la vitesse d’épreuve à la vitesse que devrait avoir un projectile identique pour perforer une plaque de même épaisseur en acier ordinaire.
- Les trois projectiles ont été brisés en grand nombre de morceaux, la plaque est restée entière et sans fente dessus le tir, le pourtour des points d’impact présente un écaillage localisé : la photographie ci-dessus indique son état après le tir.
- On voyait également dans ce stand une plaque de 50 millimètres d’épaisseur en
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- métal cémenté Charpy qui présente sur le métal Krupp l’avantage d’un traitement plus simple.
- Le traitement des plaques en métal Krupp exige que la plaque ait, au moment de la trempe qui suit la cémentation, des températures différentes sur ses deux faces : il est par suite inapplicable aux plaques minces. Le traitement du métal Charpy comporte après cémentation une simple trempe à température uniforme, qui donne la dureté à la face cémentée et la texture nerveuse à la partie non cémentée : ce métal peut donc s’employer aussi bien pour la fabrication des blindages minces que des blindages épais.
- La plaque exposée avait 50 millimètres d’épaisseur : elle avait subi le tir de 10 projectiles de 65 millimètres, du poids de 4 kilogrammes tirés à des vitesses croissantes, de 475 à 585 mètres ; les coefficients de Marre correspondants varient de 1.392 à 1.715. Tous les projectiles ont eu leur ogive brisée sur la plaque, qui ne présente ni cassures, ni fentes et seulement des écaillages insignifiants. Au centre du stand était exposé un voussoir de calotte de coupole terrestre, en acier extra doux moulé, ayant subi le tir de 7 projectiles de 160 millimètres pesant 45 kilogrammes à une vitesse de 513 mètres et sous des incidences variant de 370 à 58°.
- Le voussoir, dont l’épaisseur variait entre 130 et 290 millimètres, a subi victorieusement l’épreuve. On voyait encore une tôle de bouclier en acier spécial, de 4 millimètres d’épaisseur ayant subi l’essai au fusil, modèle 1886, tirant la balle M à la distance de 150 mètres.
- MARREL FRÈRES
- MM. Marrel Frères ont acquis en 1894 une licence du brevet Harvey, ils y ont depuis lors apporté des perfectionnements importants et sont arrivés à réaliser un mode de fabrication et de traitement original, qui donne aux plaques des qualités équivalentes à celles que fournit le procédé Krupp ; les blindages fabriqués par l’usine des Etaings à Rive-de-Gier subissent toujours avec le plus grand succès les tirs de recette de la Marine française.
- Le blindage exposé était une plaque d’essai de 240 millimètres d’épaisseur, provenant d’un lot de plaques de ceinture du « Voltaire ». Cette plaque a subi le tir de trois projectiles de rupture de 240, non coiffés, pesant 144 kilogrammes et ayant les vitesses d’impact suivantes :
- Ier coup
- 2e coup .
- 3e coup .
- 578 mètres 640 —
- 648 —
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- La plaque ne présentait ni fêlures, ni cassures pénétrantes, seulement un écaillage localisé autour des points d’impact. Elle a obtenu la mention « Supérieure ».
- COMPAGNIE DES FORGES ET ACIÉRIES DE LA MARINE ET D’HOMÉCOURT
- Cette Cie exposait deux plaques ayant subi l’essai de tir : l’une était la plaque d’essai d’un lot de blindages cémentés pour la Marine française, l’autre une plaque d’étude en acier homogène durci.
- Plaque de blindage provenant du lot 1 (Tourelles de 305) du cuirassé d’escadre « Danton »
- Nature du métal : acier cémenté
- TIR DU 20 MAI 1910
- Longueur : 2 m. 570 ;
- Largeur : 3 m. 026 ;
- Epaisseur : 259 millimètres ;
- Poids : 16.051 kilogrammes ;
- Poudre : BN 7 ;
- Projectiles de 240 non coiffés, pesant 144 kilogrammes.
- RÉSULTATS DU TIR
- N° des coups V. R État après le tir
- Projectile Plaque
- 1 629 1,30 ne traverse pas, est brisé; l’ogive tombe devant la plaque. Léger écaillage, pas de fente.
- 2 678 1,40 ne traverse pas, est brisé ; l’ogive reste dans la > plaque. ' idem
- 3 676 ï,4° idem | idem
- NOTE 6 : «EXCELLENTE»
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- Plaque d’étude. Tir du 17 Janvier 1908
- Nature du métal : acier homogène durci sans cémentation
- Longueur : 2 mètres ;
- Largeur : i m. 45 ;
- Epaisseur : o m. 198 ;
- Poids : 4.490 kilogrammes ;
- Calibre du canon : 194 millimètres ;
- Poids des projectiles.............
- non coiffé 75 k. coiffé . . 86 k.
- Provenance des projectiles : 1 et 2 Claudinon — — — 3 Saint-Étienne
- Température de la plaque au moment du tir : 20°
- RÉSULTATS DU TIR
- N° des coups V. R. Pro- fondeur État après le tir
- de l’empreinte Projectile Plaque
- ne traverse pas, est non percée, fente
- non coiffé P. 75 kil. 638 ' i,35 44 m/,„ ) brisé ; l’ogive tom- } horizontale allant ) be à 2 mètres en j de l’impact au can deçà. \ gauche.
- 2 1
- non coiffé > 631 P. 75 kil. \
- T34
- !
- I ne traverse pas, est 40m/m < brisé ; l’ogive reste f dans l’empreinte.
- V
- non percée, fentes rayonnantes superficielles.
- Léger écaillage.
- non coiffé > 596 P. 75 kil. \
- T35
- traverse et tombe en entier dans la chambre à sable. Vitesse restante 166 mètres.
- complètement traversée, pas de fentes. Léger écaillage.
- En mentionnant les excellents résultats obtenus par les plaques exposées par l’usine de Saint-Chamond, résultats que cette usine obtient à chacune de ses livraisons aux Marines française et étrangères, il est permis de rappeler que le nom de Saint-Chamond est dès l’origine intimement lié à l’histoire des blindages et qu’on le retrouve à chaque étape de la transformation des procédés de fabrication.
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- C’est, en effet, l’usine de Saint-Chamond, appartenant alors à MM. Petin et Gaudet, qui livra, en 1854, les plaques de blindage de trois célèbres batteries flottantes « La Tonnante », « La Lave » et « La Dévastation ».
- On sait la façon brillante dont ces batteries opérèrent le bombardement de la forteresse de Kinburn dans la Mer Noire en 1855; après 4 heures de combat, la forteresse
- Cie I)ES FORGES ET ACIÉRIES DE LA MARINE ET d’hOMÉCOURT Plaque de blindage en acier cémenté pour tourelles mobiles de 305, cuirassé “danton”.
- était anéantie; les batteries avaient essuyé son feu sans aucun dommage appréciable. Ce succès révéla les avantages de la cuirasse et l’imposa à toutes les marines du monde.
- Les blindages de cette époque étaient en fer forgé, et trempé à l’eau pour acquérir une texture nerveuse et, parallèlement, une grande ténacité.
- Sans vouloir faire ici l’historique complet des blindages, il n’est pas inutile de mentionner que Saint-Chamond, après avoir fourni, en 1864. à la Marine Impériale russe un blindage d’essai en acier fondu homogène, le premier fabriqué en France, continua jusqu’en 1881 la fabrication du blindage en fer forgé.
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- Il avait été jusque-là possible de répondre à l’accroissement de puissance des canons en augmentant l’épaisseur des plaques; on se rendit compte que l’on serait conduit rapidement à des épaisseurs inadmissibles et l’on chercha l’augmentation de la valeur défensive des plaques dans l’accroissement de résistance spécifique du métal à la perforation. Tandis que Saint-Chamond introduisait en France la fabrication du blindage mixte suivant le procédé Cammel Wilson, le Creusot s’appliquait à la fabrication du blindage en acier homogène. Saint-Chamond ne se laissa pas distancer dans cette voie ; peu après les tirs d’Annapolis qui démontrèrent la supériorité des plaques en acier au nickel du Creusot sur les plaques mixtes, Saint-Chamond présentait aux Commissions françaises et étrangères (tirs de Gâvres, de Texel et d’Ochta) des plaques en acier spécial au chrome nickel qui donnèrent des résultats d’environ 15 % supérieurs à ceux obtenus avec les meilleures plaques fabriquées jusqu’alors.
- Mais les progrès d’artillerie de marine et, en particulier, l’emploi des poudres sans fumée et des obus en acier chromé rendirent bientôt nécessaires de nouvelles études.
- En 1892, l’ingénieur américain Harvey imagina un nouveau procédé de fabrication consistant à durcir superficiellement les plaques de blindage par une cémentation suivie d’une trempe énergique. Ce procédé, dont Saint-Chamond, Montluçon et Rive-de-Gier acquirent la licence, en 1893, donne des plaques résistant très bien au tir des obus les plus durs. Ceux-ci se brisent, en effet, sur la couche durcie, en provoquant simplement un écaillage superficiel. Il arrive pourtant quelquefois que le corps de la plaque, rendu fragile par le traitement, se fende.
- Le procédé Krupp, breveté en 1894, donne des plaques comparables aux plaques Harvey au point de vue de la résistance à la perforation, mais douées d’une absence presque complète de fissilités. Le procédé Krupp est d’une mise en œuvre assez compliquée. Le métal contient une proportion élevée de nickel et de chrome ; le forgeage et laminage des plaques exigent, de ce chef, de grandes précautions. Le traitement comporte, après cémentation, une trempe de la plaque à des températures différentes sur ses deux faces, dans le but de donner à la face extérieure cémentée une très grande dureté en même temps qu’une texture nerveuse au matelas.
- Les plaques Krupp, bien fabriquées, résistent admirablement au tir; mais les sujétions relatives à la trempe rendent le procédé pratiquement inapplicable aux blindages minces.
- Saint-Chamond, Montluçon, Le Creusot, peu après l’apparition du brevet Krupp, en acquirent des licences : ces usines ont depuis lors livré des quantités importantes de blindages fabriqués par ce procédé.
- Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède que les plaques cémentées sont invulnérables. L’immunité des plaques cémentées contre l’attaque des obus de rupture n’est que la conséquence du bris de la pointe contre la couche durcie. Si,
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- toutes choses égales d’ailleurs, la pointe, au lieu d’aborder directement la surface cémentée, l’attaque à travers une certaine épaisseur d’acier doux, le projectile traverse sans dégâts la couche durcie et peut perforer la plaque. Cette constatation, due au hasard d’un essai de tir, a été le point de départ de l’adoption de la coiffe pour les obus de rupture. De multiples essais ont montré que la vitesse de perforation d’une plaque attaquée, par un obus de calibre égal à son épaisseur, est d’environ io % plus faible pour l’obus coiffé que pour l’obus sans coiffe.
- Cie DES FORGES ET ACIERIES DE LA MARINE ET d’hOMECOURT Plaques d’étude en acier spécial de Saint-Chamond.
- Dès l’adoption de l’obus coiffé par les marines étrangères, Saint-Chamond a entrepris la recherche d’un procédé de fabrication donnant des résultats au moins égaux à ceux du procédé Krupp pour le tir des obus non coiffés, et des résultats supérieurs pour le tir de l’obus coiffé.
- Ces recherches ont été couronnées de succès. Le procédé nouveau de Saint-Chamond, plus simple que le procédé Krupp, et applicable aux blindages minces, permet d’obtenir les mêmes résultats que celui-ci au tir de l’obus non coiffé, et des résultats notablement supérieurs au tir de l’obus coiffé.
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- Les tirs d’essais exécutés à Gâvres devant les Commissions officielles ont été concluants, et Saint-Chamond exécute actuellement par ce nouveau procédé des lots de blindages pour les nouveaux cuirassés de la Marine française.
- SOCIÉTÉ DE TERNI
- Cette Société exposait :
- i° Une plaque en métal Krupp de 171 millimètres d’épaisseur provenant d’un lot de blindages de ceinture du croiseur-cuirassé « Giorgios Averoff » de la Marine Royale hellénique.
- Cette plaque a subi avec succès les tirs de 3 projectiles de rupture, de 152 millimètres coiffés, pesant 45 kil. 150 et ayant une vitesse au choc de 636 mètres. Les trois projectiles, dont la provenance respective est Krupp, Terni et Poldihutte, se sont brisés en causant des dégâts insignifiants : l’effet du projectile « Poldihutte » semble avoir été le meilleur.
- 20 Une plaque, également pour le croiseur-cuirassé « Giorgios Averoff », épaisseur 148 mil. 5, ayant subi avec succès les tirs de trois projectiles de 152 millimètres pesant 45 kilogrammes et non coiffés ; ces projectiles n’ont causé que des dégâts insignifiants.
- 30 Une plaque pour le cuirassé de 22.000 tonnes « Dante Alighieri ». Cette plaque, qui provient d’un lot de blindages de tourelle a 220 millimètres d’épaisseur en bas et 142 millimètres en haut. Elle a subi les tirs de trois projectiles de 203 millimètres pesant 114 kilogrammes, à la vitesse au choc de 560 mètres. Les trois coups ont causé un grand écaillage avec des fentes qui paraissent pénétrantes.
- 40 Une grande plaque de 220 millimètres d’épaisseur provenant d’un lot de plaques de Ceinture du «Dante Alighieri». Cette plaque a subi les tirs de 7 projectiles de 203 millimètres non coiffés, pesant 114 kilogrammes.
- La vitesse respective des projectiles au choc était la suivante :
- N° 1 Krupp = 574 : ne traverse pas ;
- N° 2 Firth = 574 : ne traverse pas :
- N° 3 Krupp = 574 : ne traverse pas ,
- N° 4 Krupp = 588 : ne traverse pas ;
- N° 5 Krupp = 604 : ne traverse pas ;
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- N° 6 Krupp = 621 : ne traverse pas ;
- N° 7 Krupp = 637 : traverse mais est arrêté par le matelas de bois.
- La plaque est écaillée à la surface, mais ne présente ni fente ni fissure pénétrante.
- SOCIÉTÉ ANSALDO ARMSTRONG (ROME, GÊNES)
- La Société Ansaldo exposait un blindage qui lui avait été prêté par la maison Marrel de Rive-de-Gier. On sait que la Société Ansaldo est concessionnaire pour l’Italie du procédé Marrel pour la fabrication de plaques de blindage. Cette plaque, provenant d’un lot de plaques de tourelles de 240 du «Voltaire» a subi avec succès le tir de recette avec trois projectiles de rupture de 240 millimètres non coiffés aux vitesses respectives de 593, 640 et 639 mètres.
- La plaque a ensuite subi les tirs de deux projectiles coiffés, l’un à la vitesse de 540 mètres ; l’autre à la vitesse de 564 mètres.
- Le premier de ces deux projectiles est entré dans le blindage sans le traverser, le second l’a traversé franchement. Le poids des projectiles était de 140 kilogrammes.
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- IVe PARTIE
- DESCRIPTION DES STANDS, — NOTICES SUR LES EXPOSANTS.
- FRANCE
- GASTON AUSCHER (d. h.)
- La Fonderie Gaston Auscher exposait des échantillons de poudres à braser et des échantillons de métaux anti-friction, dans la fabrication desquels elle s’est spécialisée depuis plus de 25 ans.
- ÉTABLISSEMENTS BRUNON VALLETTE (g. P. H. c.)
- L’Exposition de MM. Brunon & Vallette méritait d’être notée parmi les plus soignées et les mieux ordonnées. On y remarquait :
- Des tubes et des réservoirs sans soudure, en acier embouti et étiré ;
- Des embases de dôme et de cheminée pour locomotives, embouties et sans soudure ;
- Un réservoir pour torpille automotrice en acier au nickel, un seul fond rapporté, poids : 150 kilogrammes ;
- Un carter pour différentiel de voiture automobile, en acier embouti sans soudure, poids : 15 kilogrammes ;
- Des roues métalliques pour affûts de campagne et de siège ;
- Des essieux coudés pour automobiles ;
- Des ferrures pour automobiles ;
- Un réservoir à gaz et à corps liquides. Pression d’essai : 300 kilogrammes ;
- Une lance de cavalerie acier nickel, sans soudure ;
- Des projectiles et des aciers spéciaux ;
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- M. Vallette faisant partie du Jury de la classe 108, les établissements Brunon & Vallette ont été mis hors concours dans cette classe, mais ont obtenu un grand prix dans la classe 107.
- CONSISTANCE DES USINES
- Les Établissements Brunon & Vallette, dont l’origine remonte à 1832, sont situés en amont de Rive-de-Gier.
- En 1872, MM. Brunon Frères élaborèrent un système complet de fabrication de roues de wagons qu’ils exploitèrent et firent breveter en France et à l’étranger.
- En 1877, M. Brunon (Bmy), devint seul propriétaire, il entreprit tout d’abord la fabrication des pièces d’affûts en tôle d’acier embouti ; puis, en 1884, la fabrication des projectiles en tôle d’acier pour les obus à mitraille et, plus tard, celle des obus à grande capacité.
- De 1890 à 1896, M. B. Brunon créa ses premières machines pour la fabrication des tubes sans soudure par un procédé d’emboutissage dérivé de la fabrication des projectiles.
- Il créa à la même époque un type de roue complètement métallique et un type de roue mixte s’appliquant à tous les véhicules sur route, destinés soit à l’artillerie, soit au commerce.
- En 1896, MM. Brunon & Vallette, fils et gendre de M. B. Brunon, prirent la succession de ce dernier.
- Ils se sont attachés à développer puissamment l’usine et, en particulier, l’industrie naissante des tubes sans soudure et ses dérivés qui y a, depuis, pris une place importante.
- Tout un atelier a été spécialement organisé qui permet la fabrication de tubes variant de 5 à 800 millimètres de diamètre à toutes épaisseurs ; le poids unitaire des tubes peut atteindre 1.000 kilogrammes.
- MM. Brunon & Vallette furent des premiers, en France, à fabriquer des réservoirs à haute pression destinés à contenir les gaz comprimés ou liquéfiés précédemment importés d’Allemagne.
- En dehors de l’industrie des corps creux poussée dans les branches les plus diverses, intéressant la Guerre, la Marine, l’automobile et l’industrie en général, les Établissements Brunon & Vallette ont développé aussi la fabrication des pièces embouties et forgées.
- Ils ont installé également la fabrication des châssis en tôle emboutie et des vilebrequins pour automobiles ; grâce à ces développements successifs, leurs ateliers occupent plus de 400 ouvriers en marche normale, des agrandissements en cours permettent d’espérer que le chiffre de 500 sera rapidement atteint.
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- Leur fabrication actuelle des plus variées comprend :
- 1°. Le tube en acier étiré sans soudure depuis 5 millimètres jusqu’à 800 millimètres de diamètre et ses dérivés tels que :
- Réservoirs de toutes dimensions pour colonnes de purge, air et gaz comprimés ou liquéfiés ;
- Réservoirs à air pour torpilles automobiles, leviers de pointage, timons, piquets d’attache, palonniers, lances de cavalerie, etc... ;
- 2°. Roues métalliques pour affûts ;
- 30. Projectiles divers pour artillerie de campagne et de siège, tels que shrapneîs, obus à grande capacité, enveloppes, etc... ;
- 4°. Projectiles marine et semi-rupture en acier spécial ;
- 5°. Centres et essieux montés pour chemins de fer et tramways avec centres à rayons et centres mixtes antipoussière (Système Brunon) ;
- 6°. Longerons et traverses embouties pour boggies. — Portes de wagons, etc... Boîtes et boisseaux en fer forgé pour tampons de locomotives et de wagons, etc... ;
- 7°. Toutes pièces diverses pour automobiles (châssis en tôle emboutie, vilebrequins, essieux, main de ressorts, boîtes et moyeux de roues, tambours de frein, tubes de pont AR, etc...) ;
- 8°. Pièces embouties, flasques, flèches, etc... pour affûts d’artillerie, embases de dômes, de chaudières, embases et pavillons de cheminées, fonds emboutis, sabots de verrerie, portes de cornues à gaz, etc... ;
- 9°. Pièces matricées et forgées de tous poids jusqu’à 4.000 kilogrammes ;
- La production annuelle dépasse 2.000 tonnes en produits ouvrés divers.
- COMPAGNIE DES FORGES DE CHATILLON-COMMENTRY ET NEUVES MAISONS (G. P.)
- OBJETS EXPOSÉS
- La Compagnie des Forges de Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons exposait : Un fragment de calotte pour tourelle terrestre en acier extra-doux coulé ;
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- Une série d’obus de calibres divers ;
- Une collection de pièces de forge pour automobiles ;
- Deux canons de campagne de 75 à tir rapide, système Déport, dont on trouvera la description détaillée dans le chapitre Matériel de Guerre ;
- Un mouton pendule pour barreaux de 30 X 30 millimètres et un petit mouton pendule pour barreaux de 10 X 10 millimètres ;
- Des câbles métalliques ;
- Une plaque de blindage du lot des tourelles du « Diderot » ayant 260 millimètres d’épaisseur ; cette plaque a été soumise au tir de trois projectiles de rupture pesant 144 kilogrammes, les vitesses de choc ont été :
- Ier coup............................................. 637 mètres
- 2e — ................................................ 67S —
- 3e — .................................................. 682 —
- les trois projectiles ont été brisés et la plaque est restée entière et sans fente.
- IMPORTANCE ACTUELLE DE LA COMPAGNIE
- La Compagnie des Forges de Chatillon-Commentry occupe dans l’ensemble de ses établissements miniers et métallurgiques 10.000 ouvriers environ.
- Cette Compagnie possède plusieurs exploitations de houille dans l’Ailier alimentant les usines du Centre et a une part importante dans la concession de Fresnoy (Pas-de-Calais) .
- Elle possède également d’importantes concessions de mines de fer dans la région de Nancy, et est intéressée dans la Cie des Mines de la Mourière dans le bassin de Briey. De plus, elle a obtenu dans le bassin de Briey les concessions de Labry, 858 hectares, et Giraumont, 800 hectares.
- Ses principaux établissements métallurgiques sont :
- L’usine Saint-Jacques à Montluçon.
- — de Commentry.
- — de Neuves-Maisons (M. et M.).
- Les Forges de Champigneulles (M. et M.).
- En dehors de ces usines, la Compagnie possède une série de tréfileries, câbleries, pointeries, à Tronçais (Sologne), Morat (Allier), Vierzon (Cher), Sainte-Colombe, Chamesson (Côte d’Or), Plaines (Aube).
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- Les produits des usines de la Compagnie de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons sont destinés à la Guerre et à la Marine, aux Chemins de fer, à l’Industrie et au Commerce.
- Les quelques détails suivants permettront de se faire une idée de l’importance et de la spécialisation des principaux établissements métallurgiques de cette Compagnie.
- L’Usine Saint-Jacques, à Montluçon, est spécialisée dans les fabrications concernant l’art militaire.
- Deux aciéries Martin, une aciérie au creuset et un four électrique fournissent le métal nécessaire à ces fabrications.
- Le procédé Harmet pour la compression de l’acier liquide est appliqué aux aciéries Martin.
- La forge comprend quatre presses dont une de 4.000 tonnes et une de 1.200 tonnes, un train de laminoirs à blindages, actionné par une machine de 3.000 HP et de nombreux marteaux-pilons. Des fours à gaz, à sole mobile, dont la longueur va jusqu’à 14 mètres et des ponts roulants électriques de puissances diverses jusqu’à 100 tonnes, desservent les ateliers de forge.
- D’importants ateliers de cémentation et de trempe complètent cette usine dont la fabrication est suivie d’aussi près que possible par le Laboratoire.
- Un polygone voisin de l’usine, complète les études et le contrôle du laboratoire, en ce qui concerne la fabrication du matériel de guerre.
- La fabrication des usines Saint-Jacques comprend :
- Plaques de blindages pour fortifications terrestres et cuirassement des navires ;
- Tubes et frettes de canons de tout calibre ;
- Pièces en acier moulé pour affûts de côte et de bord ;
- Tourelles marines et terrestres ;
- Projectiles de rupture et de semi-rupture ;
- Matériel d’artillerie de campagne à tir rapide, système Déport.
- Les usines Saint-Jacques fabriquent également des essieux et des bandages pour le matériel roulant des Compagnies de chemins de fer, ainsi que des moulages d’acier, des pièces de forge de toute nature et de toute dimension.
- La fabrication des tôles est réservée à l’usine de Commentry, voisine de Montluçon et comprend :
- Tôles de construction ; Tôles chaudières ; Tôles en acier au nickel ; Tôles pour
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- constructions navales ; Tôles de boucliers pare-balles ; Tôles étamées ; Tôles minces et fer blanc ; Tôles pour dynamos et transformateurs ;
- Les fours à coke et les hauts fourneaux de Commentry ont été éteints depuis plusieurs années.
- Le principal centre d’acier laminé de cette Compagnie est à Neuves-Maisons (M.-et-M.).
- Cette usine possède :
- Cinq hauts fourneaux traitant les minerais siliceux des concessions voisines de Neuves-Maisons, et produisant 650 tonnes de fonte par 24 heures ;
- Une aciérie Thomas de trois convertisseurs de 17 tonnes, desservie par un mélangeur cylindrique de 250 tonnes ;
- Un four Martin de 15 tonnes ;
- Un blooming de 1 m. 100 de diamètre ;
- Un train à rails et poutrelles de 750 millimètres ;
- Un train marchand ; **
- Un train machine.
- L’usine de Neuves-Maisons alimente en blooms et billettes les Forges de Champigneulles, avantageusement situées entre le canal et le chemin de fer, au Nord de NANCY.
- Les Forges de CHAMPIGNEULLES laminent principalement des fers marchands, des feuillards et fers spéciaux de petite section et des profilés de formes compliquées, employés en serrurerie, qui demandent une main-d’œuvre particulièrement habile et des tracés de cylindres délicats à établir.
- Elles fabriquent également des tubes à rapprochement, non soudés, fabriqués par l’enroulement d’un feuillard entre deux galets.
- Leur outillage comprend quatre trains dont trois doubles.
- Une station centrale comprend deux machines Farcot de 200 HP actionnant des génératrices à courant continu, 100 volts.
- La production annuelle de l’usine de Champigneulles est de 35 à 40.000 tonnes de laminés divers, tubes et pièces de forge.
- On peut avoir une idée de la diversité des profilés fabriqués par le nombre de cylindres employés dans les trains, ce nombre dépasse 2.500.
- Le nombre d’ouvriers est de 500.
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- EMMANUEL CHATILLON (d. h.)
- L’Industrie de l’antimoine était représentée à l’Exposition de Turin par la maison Emmanuel CHATILLON, dont les exploitations et les usines se trouvent aux environs de Brioude (Haute-Loire).
- Cette maison avait exposé à Turin quelques échantillons de régule, d’antimoine et d’oxyde blanc.
- CHEDEVILLE ET DUFRENE (JAQUEMET, MESNET ET Cie SUCCESSEURS) (G. P.)
- Les Établissements Jaquemet et Mesnet, présentaient sur une surface murale quelques types de fermetures métalliques pour magasins, un modèle de rideau de théâtre, des persiennes en fer et en bois.
- Ces établissements se sont fait une spécialité bien connue dans la fabrication des grilles articulées, des monte-charges et des fermetures métalliques, auxquels ils se sont exclusivement consacrés, renonçant à la serrurerie courante.
- Leurs usines situées dans Paris, dans le quartier de Grenelle, occupent plus de 300 ouvriers, ils disposent de 150 HP actionnant 125 machines outils.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES FORGES ET ACIÉRIES DE COMMERCY (g. p.)
- Les Forges et Aciéries de Commercy ont acquis une grande réputation dans la fabrication mécanique des fers à cheval, c’est le seul produit de leur fabrication qu’elles aient exposé à Turin.
- Cette Société a fait breveter, en 1906, un appareil pour la fabrication des fers à cheval, avec pinçon levé, ces fers sont ainsi entièrement finis mécaniquement et en une seule chaude.
- Cette Société est au capital de 1.800.000 francs. Sa principale usine est à Commercy et comprend un four Martin basique, un train pour billettes et un train machine, une tréfilerie, une pointerie, une clouterie et une maréchalerie.
- Elle possède à Saint-Jean-de-Losne (Côte-d’Or), une fabrique de grillages métalliques et de ronce artificielle, et à Rocroy (Haute-Marne), une fabrique de chaînes à soudure électrique.
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- La production de ces usines s’est élevée de 14.800 tonnes en 1904 à 16.715 tonnes en 1909 et le nombre d’ouvriers, pendant la même période, est passé de 500 à 700.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ÉTABLISSEMENTS CREPEL HARDY (G. P. H. c.)
- Les Établissements Crepel Hardy, fondés en 1852 par M. Hardy Capitaine,
- STAND DE LA MAISON CREPEL HARDY
- exposaient une série de pièces en fonte malléable, en acier coulé fondu au creuset, et en fer moulé.
- Ces pièces sont destinées soit à l’agriculture, soit à l’industrie de l’automobile ou à la construction du matériel de chemin de fer.
- Les Établissements Crepel Hardy, au capital de 1.500.000 francs, possèdent deux usines à Nouzon (Ardennes), comprenant des fonderies et des ateliers de forge et de construction ; ces derniers fournissent des ferrures pour le matériel de chemin de fer et des pièces de forge pour la Guerre, la Marine, l’Agriculture, etc...
- La Société Crepel Hardy possède un procédé permettant de donner au fer fondu une fluidité suffisante pour être coulé en mince épaisseur.
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- Deux machines à vapeur de 250 HP, fournissent la force motrice nécessaire aux deux usines.
- Les Établissements Crepel Hardy sont un des plus anciens et des plus importants de la région dans ces genres de fabrication ; ils occupent 250 ouvriers.
- Hors concours dans la classe 107, comme Membre du Jury, les Établissements Crepel Hardy ont obtenu un grand prix dans la classe 108.
- SOCIÉTÉ ÉLECTRO-MÉTALLURGIQUE FRANÇAISE
- L’Exposition de la Société Électro-Métallurgique Française dont font partie les sociétés suivantes :
- La Société Électro-Métallurgique de Froges ;
- Forces de l’Arve ;
- Société Électro-Métallurgique des Pyrénées ;
- Société des Produits Chimiques d’Alais et de la Camargue ;
- comprenait une série de produits divers provenant des différents Établissements ou fabriqués avec des matières premières fournies par les Sociétés participantes.
- On voyait, en particulier, des échantillons de ferro-chrôme à 2, 3, 5 et jusqu’à 8 % de carbone, des tubes, barres, profilés divers en aluminium de Froges, ainsi que des câbles conducteurs en aluminium provenant de Froges.
- Une série de pièces en aluminium soudé était exposée dans une vitrine dans le but de démontrer la parfaite soudabilité de l’aluminium et son aptitude à se façonner suivant les formes les plus contournées. Au milieu de cette vitrine était exposé un violon en feuilles d’aluminium soudées.
- L’Exposition comprenait encore des bâtis et des carters de moteurs d’automobile pour différentes Sociétés de construction bien connues. Ces pièces, dont l’exécution était très satisfaisante, provenaient des Fonderies Corbin.
- MAISON FICHET (h. c-)
- La Maison Fichet a exposé dans plusieurs classes à l’Exposition de Turin. Dans la classe de la Métallurgie elle avait installé un grand nombre de coffres-forts, des chambres fortes, des serrures de sûreté.
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- La Maison Fichet possède trois usines situées à Paris, à Creil et à î’Ouest-Marest (Somme).
- Elle occupe un ensemble de 1.000 ouvriers.
- Les coffres-forts Fichet ont pour particularité une enveloppe formée d’une seule tôle à angles coudés sans rivures avec une porte qui se juxtapose avec une précision mathématique au cadre intérieur de l’enveloppe de façon à ne donner aucune prise aux outils d’effraction.
- Un blindage d’acier de forte épaisseur composé de plusieurs plaques de métal superposées rend impossible la perforation.
- Une matière réfractaire de composition spéciale placée entre le blindage et la caisse intérieure, garantit, en cas d’incendie, les valeurs et les objets renfermés.
- Les serrures à combinaisons secrètes, variant à l’infini et ingénieusement disposées, sont protégées par un ensemble de lames d’acier superposées et assemblées, qui rendent également impossible toute tentative de perforation.
- La Maison Fichet s’était fait mettre hors concours.
- GROUPEMENTS INDUSTRIELS (g. p.)
- Les groupements industriels qui figuraient à l’Exposition de Turin, étaient :
- Le Comité des Forges de Meurthe-&-Moselle ;
- Le Comptoir Métallurgique de Longwy et le Comptoir d’ExpoRTATiON des FONTES DE MEURTHE-&-MOSELLE;
- Le Comptoir d’Exportation des Produits Métallurgiques.
- Ces groupements, qui ont rendu de si réels services à l’industrie française, ont obtenu des grands prix à l’Exposition de Turin.
- Les Expositions de ces groupements se composaient de tableaux statistiques, indiquant pour ces dernières années les productions des principaux produits sidérurgiques. Le Comité des Forges de Meurthe-&-Moselle avait consacré une partie importante de son Exposition à la question ouvrière, montrant le rapide développement de la population ouvrière de Meurthe-&-Moselle et témoignant, par quelques plans de maisons ouvrières du souci des établissements miniers et métallurgiques de l’Est, d’assurer le plus de bien-être et de stabilité possible à son personnel.
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- Le stand du Comptoir Métallurgique de Longwy et du Comptoir d’Exportation des fontes de Meurthe-&-Moselle montrait une série d’échantillons de fontes de moulage, d’affinage, O. M. et Thomas, obtenues avec les minerais de MEURTHE-& Moselle.
- Le Comptoir d’ExpoRTATiON des Produits Métallurgiques présentait une collection de profils commerciaux, et avait groupé les photographies des principales usines adhérant au Comptoir.
- Trois cubes représentaient les productions croissantes d’acier en France :
- en 1850 ................................................ 592.000 tonnes
- 1900 .......................................... 1.565.000 —
- 1910 ............................................... 1.507.000 —
- HÉROULT ET 0% A FROGES
- La Société HÉROULT et Cie, de Froges (qui exposait avec le Consortium de l’Industrie électro-métallurgique de France), exposait à son stand quelques échantillons des fabrications qu’on peut réaliser au four électrique, en particulier un échantillon de fonte dont la composition était la suivante :
- Carbone ........................................ 4,06
- Silicium.................................... o
- Phosphore...................................... 0,003
- Soufre...................................... 0,02
- Cette fonte présentait une structure rayonnante et on voyait un peu de graphite au centre. L’absence du silicium est à remarquer : sa présence en quantité dosable aurait certainement provoqué une précipitation de graphite accentuée.
- On voyait à côté de cet échantillon de fonte un échantillon de fer pur.
- Enfin, au milieu du stand se voyait un modèle du four triphasé de 15 tonnes de l’usine de South Chicage de la Illinois Steel C°.
- Ce four possède trois électrodes verticales dont le réglage est assuré par un appareil régulateur système Thury. Le bain forme le point neutre du réseau.
- Le four est monté sur des chemins de roulement circulaires avec interposition de couronnes de galets, de façon à pouvoir basculer facilement pour les opérations de décrassage et de coulée.
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- HOLTZER (JACOB ET CIE) (G. P.)
- L’Exposition de Jacob Holtzer et Cie permettait de se rendre compte de la qualité bien connue des aciers d’UNiEUX. Elle comprenait :
- i° Quelques spécimens d’obus ;
- 2° Des pièces de forge en acier, arbres, vilebrequins pour contre-torpilleurs,
- USINES JACOB HOLTZER A UNIEUX Vue générale. •
- frettes-tourillons pour mortiers de 30 centimètres ou pour canons, trépans de 400 millimètres ;
- 30 Un fond de cylindre à basse pression du croisseur rapide « CHATEAU-Renault ». Le poids brut de coulée de ce fond de cylindre était de 4.800 kilogrammes. Autour de ce fond de cylindre étaient disposés un arbre vilebrequin, pour moteurs a 6 cylindres, des outils du Génie, des outils de mines, des canons de fusils et des marteaux de toute nature ;
- 4° Des faisceaux de barres d’acier à outils ;
- 5° Des pièces moulées ou forgées et une tôle de bouclier ayant subi l’épreuve du
- tir ;
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- Cette tôle de 3 millim. 1/2 d’épaisseur a subi le tir réglementaire maximum au fusil Lebel, sans criques ni gerçures ;
- 6° Une tôle pare-balles de 5 millimètres d’épaisseur, ayant également subi l’épreuve du tir ;
- 7° Des profilés spéciaux pour ressorts, coussinets de filières, etc... ;
- 8° Des cassures montrant l’échelle de dureté des aciers à outils d’UNiEUX ;
- 90 Une collection d’outils en acier express : fraises, alésoirs, forets, tarauds, etc...
- Deux tours en activité permettaient de se rendre compte de la rapidité de travail des aciers à coupe rapide, fabriqués par la Maison Holtzer.
- Les Aciéries d’UNiEUXse sont spécialisées dès leur création (1829) dans la fabrication des aciers au creuset.
- La réputation qu’elles ont acquise dans cette spécialité ainsi que l’étendue de leurs moyens de production en ont fait la plus importante aciérie française de. l’espèce.
- La préoccupation constante des aciéries d’UNiEUX a toujours été de produire des aciers possédant le maximum de qualité et de régularité, et pouvant répondre aux besoins les plus variés des différentes industries modernes. Elles se sont toujours efforcées de remplir ce but, bien plus qu’elles n’ont cherché l’obtention de tonnages considérables.
- CONSISTANCE DES USINES
- Les Aciéries d’UNiEUX occupent une superficie de 125.400 mètres carrés dont 51.000 couverts. Elles posédent 84 chaudières à vapeur, et disposent de 3.400 chevaux environ.
- Elles emploient d’une façon constante, 2.000 ouvriers qui sont répartis dans quatre groupements de fabrication.
- A. — Production de l’acier. — Les Aciéries d’UNiEUX ont porté tous leurs efforts sur l’aciérie au creuset qui se compose d’une fonderie de n fours contenant chacun 30 à 32 creusets. Le poids d’acier contenu dans chaque creuset étant d’environ 27 kilogrammes la fonderie peut produire en une seule coulée des lingots de 10 tonnes.
- Une creuseterie installée à proximité des halles de fonderie fournit tous les creusets nécessaires. Sa production peut atteindre 350 creusets par jour.
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- Pour certains usages spéciaux (aciers à ressorts et gros éléments de canons) ou pour essais, MM. Jacob Holtzer et Cie, possèdent également un four Martin de io tonnes et 2 fours électriques, l’un de 8 tonnes et l’autre de une tonne 1/2.
- Enfin, pour la préparation du fer et du fer cémenté nécessaire à la fabrication de l’acier au creuset et de l’acier corroyé, il existe : 10 fours à puddler et 15 fours à cémenter dont 9 de 25 tonnes et 6 de 15 tonnes chacun. Les fours à puddler servent aussi à produire l’acier puddlé dénommé commercialement acier naturel. Enfin
- USINES JACOB HOLTZER A UNIEUX Fours à creusets.
- pour la fabrication de l’acier corroyé, les Aciéries d’Unieux possèdent 4 fours doubles au gaz.
- B. — Transformation des lingots. — En barres, pièces de forge, etc...
- Pour ces opérations, les Aciéries Holtzer possèdent les appareils suivants :
- Une presse à forger de 2.000 tonnes ; 43 marteaux pilons dont 1 de 14 tonnes ; 12 marteaux à cames ; 1 laminoir pour barres ; 7 fours doubles au gaz pour réchauffer ; 25 fournaises soufflées pour forges et étirages.
- En outre, pour la production des aciers moulés, les Aciéries Holtzer possèdent des halles de coulée, ateliers de modelage, etc...
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- C. — Usinage et finissage des différentes pièces. — Pour ces travaux, les Aciéries d’UNiEUX utilisent plus de 150 machines-outils réparties dans plusieurs ateliers :
- i° Un grand atelier renfermant les grosses machines-outils desservi par un pont roulant électrique de 30 tonnes ;
- 2° Un atelier de tours et de machines-outils moyens destiné surtout à l’usinage des pièces d’automobiles et des projectiles ;
- 30 Un atelier de montage desservi par un pont roulant électrique de 10 tonnes ;
- 40 Un atelier d’ajustage et de traçage.
- D. — Fabrication d’outillage divers en acier à coupe rapide. — Fraises, tarauds, forets, alésoirs, etc...; un atelier spécial renfermant 72 machines-outils spéciales et modernes est affecté à cette fabrication.
- En dehors des ateliers et du matériel indiqué ci-dessus, les Aciéries d’UNiEUX possèdent des ateliers spéciaux pour la trempe et le traitement des éléments de canons, projectiles,' pièces d’automobiles, outillage divers, etc... des ateliers de burinage, de décapage, des laboratoires d’analyses et d’essais, de réparation et d’entretien, etc....
- PRINCIPALES PRODUCTIONS
- i° Aciers en barres pour tous usages. — Les Aciéries d’UNiEUX produisent plusieurs centaines de qualités d’acier susceptibles de répondre à tous les besoins depuis les aciers à coupe rapide, jusqu’aux aciers à limes, comprenant principalement les aciers pour outils de tours, les aciers à matrices, les aciers pour outils de choc, aciers à ressorts, etc....
- 2° Produits finis. — Outillage en acier à coupe rapide, forets, fraises, alésoirs, tarauds.
- Martellerie, matériel de mines et carrières, trépans.
- 30 Matériel de Guerre et de Marine. — Éléments de canons, projectiles en acier de rupture et de semi-rupture, blindages, etc..., canons de fusils.
- 40 Pièces de forge. — Brutes ou usinées de toute nature.
- 5° Pièces moulées. — Brutes ou usinées, coulées en acier au creuset à grande résistance.
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- 6° Pièces d’automobiles telles que : arbres de vilebrequins bruts de forge ou ébauchés, pignons et roues de changement de vitesse, arbres droits, bielles, soupapes, etc.....
- USINES JACOB HOLTZER A UNIEUX Tour pour la trempe.
- EMILE LOUYOT (G. P.)
- M. Émile Louyot, ingénieur des Arts et Manufactures, présentait, sous les diverses formes, toute une série de métaux à ouvrer.
- Nous avons remarqué particulièrement des échantillons de cuivre rouge, laiton, bronze et chrysocale : le chrysocale est une spécialité de l’exposant, c’est un alliage destiné aux fabricants d’articles doublés or, pour la bijouterie et les ornements pour mode.
- A noter également une série d’échantillons de maiilechort utilisé dans l’orfèvrerie, la bijouterie, la fabrication des boîtes de montres, l’optique, les instruments de musique la coutellerie, etc....
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- Ces mêmes alliages sont exposés également en fils spéciaux pour résistances électriques, rhéostats et aussi en barres pour tourneurs et décolleteurs.
- La Maison Louyot exporte une quantité importante de ces alliages qui servent à la fabrication de la bijouterie et de l’orfèvrerie orientale.
- Cette Maison exposait également des échantillons de nickel, sous forme de grenaille, anodes fondues ou laminées, pour le nickelage des pièces métalliques et en profils divers pour l’orfèvrerie, la batterie de cuisine, etc... ainsi que des échantillons de cupro-nickel et d’aluminium.
- Tous ces articles, comme on le voit, ont un très grand nombre d’applications dans beaucoup d’industries diverses, orfèvrerie, bijouterie imitation, électricité, téléphone, instruments de musique, bouderie, médailles, etc.......
- Les usines de cette maison sont situées à Paris, 16, rue de la Folie-Méricourt, et à Bornel (Oise).
- M. Louyot a obtenu deux grands prix à l’Exposition de Turin, l’un dans la classe 107, l’autre dans la classe 108.
- MANUFACTURE ARDENNAISE D'ESTAMPAGE (d. h.)
- Remarqué dans l’exposition de la Société Ardennaise une série de pièces estampées intéressantes, parmi lesquelles certaines d’une exécution très délicate ; les pièces étaient très bien venues et très propres.
- Cette Société, au capital de 2.650.000 francs, a eu pour origine les établissements Demangel.
- Son usine de Charleville est une usine moderne occupant 500 ouvriers.
- MARCADET FILS (G. P.)
- La Maison Marcadet, à Chateau-Régnault, s’est spécialisée dans la bou-lonnerie et la fabrication de pièces de précision interchangeables. Elle présentait quelques échantillons de sa fabrication : boulons, écrous, rivets, vis, rondelles, bagues, etc... dont la fabrication, à l’aide d’un outillage moderne, est de la plus grande précision et du fini le plus parfait. Ces, produits sont très appréciés des constructeurs de machines à vapeur, de moteurs, de machines-outils, de locomotives, d’automobiles et de cycles qui constituent sa principale clientèle.
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- Le chiffre d’affaires de la Maison Marcadet s’élève à près de un million, tant en boulons, vis, etc... qu’en pièces spéciales finieà sur plans ou modèles.
- Le nombre d’ouvriers est de 200 en moyenne.
- COMPAGNIE DES FORGES ET DES ACIÉRIES DE LA MARINE ET D'HOMÉCOURT (g. p. h. c.)
- La Cie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HOMÉcotJRT exposait, dans un décor artistique, les produits de ses usines de Saint-Chamond et d’AssAlLLY. Le centre de l’exposition était occupé par un matériel de 240 millimètres de côte à tir rapide, qui attirait de nombreux visiteurs intéressés vivement par la manœuvre facile de cette masse imposante dont le poids total, 91.000 kilogrammes, se décompose en :
- Canon..........................,.... 32 t. 4
- Affût............................... 47 tonnes
- Masque.............................. nt. 4
- Le projectile lancé par ce canon pèse 200 kilogrammes, sa vitesse initiale est de 850 mètres. La portée maximum sous l’angle de 150 est de 12 kilomètres. La rapidité du tir est de 3 coups par minute.
- Ce matériel était le plus puissant de ceux exposés à Turin, après le canon de 305 millimètres de la Marine italienne ; encore ce dernier était-il sans son affût, ce qui lui enlevait beaucoup de son intérêt.
- Près de ce matériel de côte se trouvait un matériel de montagne de 70 millimètres pesant, en batterie, 330 kilogrammes. Il peut être démontré en moins d’une minute en quatre charges de 85 kilogrammes chacune constituant le chargement de quatre mulets.
- Poids du projectile Vitesse initiale . . . Portée maximum . Rapidité du tir
- 5 kilogrammes.
- 275 mètres 5.500 mètres 20 coups par minute.
- Ces deux matériels qui présentaient des particularités intéressantes font l’objet d’une description détaillée au chapitre “Matériel de guerre”.
- Dans ce même stand se trouvaient : une collection d’obus de tous calibres ; un arbre
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- coudé de 15 tonnes pour le « Waldeck-Rousseau » ; une plaque de blindage du « Danton », une petite plaque de blindage en acier spécial.
- En dehors de ces produits pour l’artillerie et la marine, qui témoignent de la puissance d’outillage des usines de Saint-Chamond pour ces spécialités, et du soin apporté dans la fabrication, nous devons signaler tout particulièrement une roue pleine pour tender P.-L.-M. finie et équilibrée, de 1.060 millimètres de diamètre à la jante, un essieu coudé monté, des châssis d’automobiles dont l’un notamment en une seule télémesurant
- Longueur
- Largeur
- Hauteur
- 4.100
- 900
- 400
- des fonds de chaudières plats et bombés mesurant jusqu’à 2 m. 600 de diamètre, des moulages d’acier, des échantillons d’aciers spéciaux d’AsSAiLLY, des produits réfractaires d’AsSAiLLY, ainsi que l’appareil de Nolny pour dosage du carbone employé au laboratoire de Saint-Chamond.
- Depuis l’Exposition Universelle de Paris 1856, la Cie des Forges et Aciéries de la Mariné et d’Homécourt participe à toutes les manifestations importantes de la métallurgie française. Elle n’a cessé d’y obtenir, depuis 1873, des diplômes de Grand Prix, quand elle n’est pas mise hors concours. Elle a naturellement obtenu un Grand Prix à Turin.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Cette Compagnie a eu comme origine les Établissements Métallurgiques créés de 1837 à 1850 par MM. Petin et Gaudet à Rive-de-Gier et à Saint-Chamond.
- Son capital était de 13.000.000 de francs en 1874, il est actuellement de 28.000.000.
- Elle occupe 15.000 ouvriers auxquels elle distribue annuellement 18.000.000 de salaires.
- Ses usines sont réparties dans les différentes régions métallurgiques de France.
- Dans le Centre à Saint-Chamond et à Assailly ;
- — l’Est à Homécourt ;
- — le Nord à Hautmont ;
- — le Sud-Ouest au Boucau.
- L’usine de Saint-Chamond, la plus importante de la Compagnie, est puissamment outillée pour tous les travaux de la guerre et de la marine.
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- Elle est alimentée par deux aciéries Martin comprenant :
- 3 fours de 15 tonnes
- 3 — de 20 —
- 4 — de 30 —
- Elle comprend de vastes ateliers pour la fabrication des blindages et des tôles. Son train à blindage, actionné par une machine réversible de 12.000 HP, lamine en une
- Cie DES FORGES ET ACIÉRIES DE I.A MARINE ET d’hOMÉCOURT Usines de St-Chamond.
- seule chaude des lingots de 70 tonnes pour blindages et lamine également les tôles au dessus de 10 millimètres sur 4 mètres de largeur. L’atelier de blindages comprend encore 9 fours à cémenter et deux presses à gabarier de 3.500 tonnes. La production de blindages peut s’élever à 3.500 tonnes par an.
- L’usine de Saint-Chamond possède également :
- Des ateliers de grosse forge où l’on remarque un pilon de 100 tonnes et une presse à forger de 6.000 tonnes desservis par des ponts roulants de 150 tonnes ;
- Des ateliers pour la trempe et le recuit ;
- Des trains de laminoirs pour les profilés divers, un nouvel atelier de bandages et de roues ;
- Des ateliers de construction ;
- Un atelier de tubage ;
- Des ateliers de pyrotechnie ;
- De vastes laboratoires d’essais.
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- Deux polygones sont installés aux environs de Saint-Chamond.
- L’usine de Saint-Chamond livre annuellement 150.000 à 200.000 projectiles de petit calibre et 60.000 à 90.000 projectiles de moyens et gros calibres. Elle peut livrer 50 à 60 batteries de canons de campagne par an.
- Dans cette même vallée du Gier, où l’on dispose d’une main-d’œuvre très spécialisée, se trouve, à six kilomètres en aval de Saint-Chamond, l’usine d’AssAiLLY, créée en 1831 par Jackson, l’importateur en France de l’acier au creuset.
- Cie DES FORGES ET ACIÉRIES DE LA MARINE ET d’hOMÉCOURT Usines d’Assaillv.
- La Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HoméCOURT n’a cessé de spécialiser cette usine dans la fabrication des aciers fins, dont elle produit 1.500 tonnes par mois.
- L’usine d’AssAiLLY possède une aciérie Martin de deux fours de 12 tonnes, une aciérie au creuset produisant 12 tonnes par jour, une aciérie électrique et des fours à puddler.
- La forge comprend une série de trains de moyen et faible diamètre, un train à tôle, notamment qui lamine jusqu’à 1/10 de millimètre d’épaisseur.
- L’atelier des ressorts produit 200 tonnes par mois de ressorts à lames, en spirale ou hélicoïdaux et des rondelles Belleville.
- Une des spécialités d’AssAiLLY est la fabrication des fleurets creux ou rubannés pour la perforation mécanique.
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- Dans le S.-O. de la France, la Compagnie possède l’usine du Boucau créée en 1880 par M. de Montgolfier, à l’embouchure de l’Adour. Cette usine reçoit par mer le minerai et le charbon, le minerai, provenant surtout des gisements de Bilbao, et le charbon d’Angleterre ; 4 hauts-fourneaux y produisent par an 100.000 tonnes de fonte d’affinage ou des fontes spéciales ; cette usine comprend en outre trois convertisseurs Bessemer, deux fours Martin de 15 tonnes, des laminoirs pour
- Cie DES FORGES ET ACIERIES DE LA MARINE ET D’HOMECOURT Usines d’Homécourt.
- la fabrication des rails et des profilés marchands, un train machine, un atelier de bandages.
- Un tiers de la production de fonte du Boucau est envoyée à Saint-Chamond et à Assailly, ou vendu pour les fabrications spéciales.
- L’usine d’HOMÉCOURT, commencée en 1899, n’a cessée d’être développée suivant un plan très vaste et avec l’application de tous les perfectionnements mécaniques les plus modernes.
- La concession des minerais de fer d’HOMÉCOURT sur laquelle est construite l’usine, a une superficie de 894 hectares ; 3 couches de minerai y sont exploitables et ont une puissance totale de 9 à 10 mètres ; au nord de la concession d’HoMÉ-court, la Compagnie possède encore 2.000 hectares de concessions de très bon minerai. Cet ensemble assure bien au-delà de ce qui est nécessaire l’alimentation des 6 hauts-fourneaux d’HOMÉCOURT, dont la production annuelle est de 370.000 tonnes de fonte Thomas.
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- L’Aciérie Thomas desservie par ces 6 hauts-fourneaux et par 2 cubilots de 400 tonnes par 24 heures, alimente :
- Deux trains blooming de 1.150.
- Un train de 850.
- — de 650.
- — universel.
- — à tôles.
- Elle alimente également l’usine Saint-Marcel à Hautmont (Nord).
- La production annuelle de l’usine d’Hautmont qui comprend un ensemble de trains marchands de diamètres moyens, est de 60.000 tonnes de produits finis.
- Cette description rapide montre l’heureuse répartition des Établissements de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’HoméCOURT, et leur judicieuse spécialisation suivant les ressources du sous-sol, de la main d’œuvre ou de la situation géographique ; elle montre également leur important développement qui assure à cette Compagnie un des premiers rangs parmi les Sociétés métallurgiques françaises.
- ÉTABLISSEMENTS MARREL (g. p.)
- Le stand des Établissements Marrel attirait l’attention des visiteurs par son amoncellement impressionnant de grosses pièces de forge, entourées d’une rangée d’obus de gros calibres. On remarquait en particulier des éléments de canon, des tubes de canons de 90 millimètres, 16 centimètres et de 30 centimètres, ce dernier pesant 12.500 kilogrammes et mesurant 13 m. 725 ; des corps arrière pour canons dont le plus important, destiné à un canon de 30 centimètres, pesait 22 tonnes.
- A noter également un arbre coudé en 3 pièces. Chacune des deux branches du coude de cet arbre est obtenue en repliant directement les extrémités des deux tronçons de l’arbre déjà forgé. Ces deux branches sont ensuite assemblées par un tourillon rapporté qui constitue la troisième pièce. Ce procédé a pour but de maintenir à l’intérieur de la pièce la partie centrale du lingot.
- L’usine de la Capelette, près de Marseille, avait envoyé une chaîne de forte dimension et une ancre articulée, système Marrel-Risbec. Dans ce système d’ancre, les pattes fixes sont remplacées par des pattes articulées sur un tourillon perpendiculaire à la tige de l’ancre. Cette ancre se pose donc toujours à plat et ses deux pattes entrent en prise simultanément.
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- Une collection d’obus de rupture et semi-rupture de forts calibres complétait cet ensemble.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Les Établissements Marrel frères comprennent 3 usines :
- Rive-de-Gier ;
- Les ÉTAINGS, près de Rive-de-Gier ;
- La Capelette, près de Marseille.
- Ils ont eu pour origine l’atelier de clouterie, chaînerie, et quincaillerie de Saint -Martin-la-Plaine où furent fabriqués, sous la première République, des boulets ramés pour les arsenaux de Grenoble et de Toulon.
- C’est en 1853 que les frères Marrel quittèrent Saint-Martin, trop éloigné du chemin de fer, pour créer l’usine de Rive-de-Gier et y abordèrent la fabrication des pièces de forge lourdes pour la Marine. Un marteau-pilon de 25 tonnes y est mis en service en 1855, on y forge des plaques de blindages avant de pouvoir les laminer au train de la Capelette près de Marseille.
- En 1868, la fabrication des blindages est ramenée à Rive-de-Gier dans la nouvelle usine des ÉTAINGS, et depuis ce moment la spécialisation n’a pas été modifiée.
- L’usine de Rive-de-Gier, où se trouve le siège social et administratif comprend des ateliers de grosse et petite forge, un atelier d’ajustage et des ateliers de trempe. On y fabrique des pièces pour la Marine et les Compagnies de Navigation, pesant jusqu’à 35 tonnes ; des tubes et corps pour canons de petits et moyens calibres jusqu’à 8 mètres de longueur, des obus jusqu’au calibre de 32 centimètres. Au delà de ces dimensions, ces pièces de forge sont fabriquées à l’usine des ÉTAINGS.
- L’usine des ÉTAINGS, créée en 1867 et distante de 2 kilomètres de l’usine de Rive-de-Gier, occupe 12 hectares, Elle est alimentée par 4 fours Martin de 35 tonnes et une Aciérie au creuset. Cette usine comprend des forges et des ateliers pour la fabrication des blindages, des éléments de canons et des obus de toutes dimensions.
- L’outillage comprend notamment un pilon de 100 tonnes et une presse de 6.000 tonnes récemment installée.
- L’atelier de trempe peut recevoir des pièces de 18 mètres de longueur.
- L’usine de la Capelette, exploitée depuis 1855 par MM. Marrel frères occupe une surface de 2 hectares 1/2. Elle est consacrée exclusivement à la fabrication des ancres marines et des chaînes de tous genres et de toutes dimensions, ainsi qu’à la fabrication de pièces de forge, pesant jusqu’à 10 tonnes, destinées surtout aux constructions navales.
- On exécute à la Capelette la soudure des éléments de grandes pièces que les usines
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- de Rive-de-Gier ne pourraient expédier d’un seul bloc, comme cadres d’hélices, étambots étraves, etc...
- Les Établissements Marrel occupent 1.500 à 2.000 ouvriers.
- Les Établissements Marrel, malgré leur grand développement, sont restés propriété exclusive de leurs fondateurs, fait d’autant plus remarquable que l’ancienne forme de patronat tend trop souvent à disparaître aujourd’hui dans les entreprises importantes.
- Dans la fabrication des pièces de forge, comme dans celles de blindages, des canons et des projectiles, ces Établissements se sont acquis une réputation, grâce à la puissance de leur outillage, au choix minutieux des matières premières, à l’entraînement d’un personnel spécial et aux soins apportés dans la fabrication.
- SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE DE MÉGRINE (m. o.)
- La Société Métallurgique de MÉGRINE exposait des saumons de plomb provenant de son usine de MÉGRINE, ainsi que des tuyaux et de la filasse qu’elle avait fait fabriquer afin de démontrer la qualité irréprochable du plomb obtenu dans ses usines.
- Celles-ci occupent un emplacement de 80.000 mq ; elles sont encadrées par le lac de Tunis et par la voie ferrée de Tunis à Sousse, à laquelle elles sont reliées par un raccordement spécial à la gare de Djebel-Djelloud.
- Ces usines, qui peuvent traiter 40.000 tonnes de minerai par an, comportent :
- Des parcs à estacades pouvant contenir un approvisionnement de deux mois en combustibles, minerais, fondants et divers.
- Deux fours de grillage à réverbère susceptibles de traiter chacun 20 tonnes par 24 heures de minerais sulfurés ; (les minerais oxydés n’ayant pas besoin d’être grillés passent directement à la fusion).
- Des convertisseurs spéciaux, basés sur les procédés les plus récents de grillage soufflé, sont actuellement en construction et viendront incessamment compléter l’atelier de la première phase d’élaboration.
- Deux fours de fusion américains à water-jackets,à section rectangulaire et à grand débit du type le plus perfectionné pouvant réduire chacun 100 à 150 tonnes de lit de fusion par jour.
- Des ateliers d’épuration, de désargentation et de raffinage pouvant traiter jusqu’à 20.000 tonnes de plomb par an. ,
- Un atelier de coupellation et manipulations annexes pour l’extraction de l’argent du plomb argentifère.
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- Une station centrale électrique desservie par une machine à vapeur, d’une puissance de 300 chevaux.
- Divers bâtiments de broyage, des pompes refoulant 60 mètres cubes d’eau de mer à l’heure, des machines soufflantes (type Root) des chambres à poussières, des magasins, un laboratoire, etc...
- Tous les fours et appareils sont en communication avec un réseau de gaines où se condensent et se déposent les poussières métalliques entraînées. Ces poussières rentrent dans le cycle des opérations.
- Toutes les opérations de l’usine sont contrôlées dans un laboratoire qui est un des organes importants de la fabrication.
- Les analyses du plomb marchand ainsi obtenu aux usines de MÉGRINE accusent régulièrement depuis le début de l’exploitation entre 99, 98, et 99,99 de plomb.
- SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE DU PÉRIGORD (G. P.)
- La Société métallurgique du PÉRIGORD présentait quelques pièces de fonderies telles que :
- Tuyaux de fonte ;
- Portes de cornues à gaz ;
- Fontaines publiques ;
- ainsi que des échantillons du minerai de Fumel, servant à la fabrication de ces moulages en fonte.
- L’usine de Fumel (Lot-et-Garonne) produit annuellement 35.000 à 40.000 tonnes consistant principalement en :
- Tuyaux en fonte pour conduites d’eaux et de gaz, mesurant depuis o m. 04 jusqu’à 1 m.30 de diamètre ;
- Coussinets de chemins de fer ;
- Plaques tournantes ;
- Grues ;
- Matériel d’usine à gaz.
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- SOCIÉTÉ ANONYME DES HAUTS-FOURNEAUX ET FONDERIES DE PONT-A-MOUSSON
- Les fonderies de Pont-A-Mousson avaient disposé verticalement, au centre et aux six sommets d’un hexagone régulier limitant l’emplacement de son stand des tuyaux en fonte de forts diamètres, que couronnait un groupement artistique de pièces en fonte moulées, utilisées dans les canalisations.
- Entre les tuyaux de fonte bordant le stand, étaient fixés une série de tableaux et de graphiques indiquant la production des mines et usines de la Société au cours de ces dernières années ; montrant les travaux d’installations de canalisations exécutés par Pont-a-Mousson, notamment dans les colonies françaises d’Afrique et dans 1’Amérique latine ; ou indiquant les principales œuvres sociales auxquelles la direction de cette Société à donné un développement considérable.
- La Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-a-Mousson est au capital de 2.047.500 francs ;
- Elle possède :
- Dans le bassin de Nancy, 1.800 hectares de minerai de fer exploitable à flanc de coteau ; et dans le bassin de Briey, une superficie totale de près de 2.500 hectares de minerai de fer, exploitable par puits.
- Ils possèdent également des participations dans les nouvelles concessions de mines de houille du Pas-de-Calais et de la Campine.
- Cet ensemble assure et au delà les approvisionnements en matières premières nécessaires aux trois usines de cette Société, qui sont : Pont-a-Mousson, Auboué, Foug.
- L’usine de Pont-A-Mousson a été créée en 1856 ; elle possède actuellement :
- 5 hauts-fourneaux à feu marchant en fonte de moulage et 11 cubilots pour la seconde fusion ;
- Une immense fonderie de 42.000 mètres carrés de surface couverte, transformant en tuyaux et en objets de fonte moulée, la totalité de la fonte des hauts-fourneaux et des cubilots.
- La fabrication des tuyaux à PONT-A-MOUSSON est répartie sur 65 chantiers ou fosses, où les tuyaux de o m. 040 à 1 m. 500 de diamètre sont coulés verticalement, soit l’emboîtement en haut, soit encore l’emboîtement en bas, conformément aux prescriptions des cahiers des charges anglais et dérivés .
- Après ébarbage, tous les tuyaux1 de conduite sont essayés à la presse hydraulique, à une pression minimum de 15 atmosphères fournie par des accumulateurs, pression
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- d’essai qui est portée à 20,25 atmosphères et plus, dans les cas spéciaux. Les tuyaux sont ensuite goudronnés, après passage dans les étuves chauffées au gaz, dans lesquelles ils roulent lentement, de façon à atteindre le degré de température voulu au moment de l’immersion dans le bain chaud de coaltar ou d’angus Smith.
- La fabrication des tuyaux de conduites forcées à Pont-A-Mousson, atteint, actuellement, le chiffre de 110.000 tonnes par an.
- Il est coulé journellement plus de 10.000 mètres de tuyaux de tous systèmes.
- L’usine de Pont-A-Mousson comprend, en outre :
- Deux ateliers d’entretien et de construction, un port sur le canal latéral à la Moselle avec 600 mètres de quai ;
- Deux centrales électriques représentant 4.500 HP.
- Cette usine occupe 2.500 ouvriers, dont plus d’un millier ont au moins 10 ans de service.
- L’usine d’AuBOUÉ est annexée aux mines du même nom et comprend 3 hauts-fourneaux marchant en fonte d’affinage ou de moulage.
- Ces hauts-fourneaux fournissent, par l’utilisation de leur gaz, la presque totalité de l’énergie nécessaire aux mines et aux usines.
- La station électrique a une puissance totale de 5.000 HP environ.
- Les établissements d’AuBOUÉ occupent 2.200 ouvriers dont 700 pour les hauts-fourneaux.
- L’usine de Foug, de création toute récente, puisqu’elle remonte à 1906, est affectée spécialement au moulage de coussinets de rails, de sabots de frein, de tuyaux de descente, etc...
- On y installe actuellement une importante fonderie de tuyaux, munie des derniers perfectionnements, et qui permettra la fabrication annuelle de 50.000 tonnes de tuyaux de tous systèmes coulés verticalement.
- Cette usine, desservie par une station électrique de 1.000 HP, occupe actuellement 800 ouvriers.
- La Société de PONT-A-MOUSSON a développé considérablement l’utilisation des laitiers de hauts-fourneaux, soit à la fabrication des briques, soit à celle du ciment.
- Ses usines de sous-produits livrent journellement 125.000 briques de laitier, 150.000 kilogrammes de ciment de laitier, dont une partie est utilisée pour le fabrication des moulages en ciment à l’usine même.
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- Ces moulages consistent principalement en tuyaux cylindriques ou ovoïdes de tous diamètres.
- Il vient d’être installé à Pont-A-Mousson, à l’usine Saint-Pierre, la fabrication de robinets-vannes, de bornes-fontaines, de bouche d’arrosage et d’incendie, ainsi qu’une fabrication de boulons en acier.
- La puissance actuelle de production de cette Société est de 3.000.000 de tonnes de minerai de fer, de 300.000 tonnes de fonte, de moulage et d’affinage.
- Ses fonderies produisent 200.000 tonnes de moulages divers, dont 150.000 tonnes de tuyaux coulés verticalement.
- PONT-A-MOUSSON est, sans contredit, la plus importante fonderie de tuyaux du continent.
- On ne peut parler des fonderies de Pont-a-Mousson, sans mentionner les œuvres sociales de cette Société.
- Ces œuvres sont alimentées par la Société seule, sans versements parallèles des ouvriers, sauf en ce qui concerne les mineurs qui versent une participation à la Caisse de secours et à la caisse des Retraites, conformément à la loi.
- Ces œuvres consistent en :
- i° Gratuité des soins médicaux et pharmaceutiques ;
- 2° Allocations de retraites donnant :
- a) Gratification annuelle aux ouvriers médaillés travaillant encore dans l’usine ;
- b) Allocations mensuelles aux anciens ouvriers médaillés et indemnité à la cessation de travail ;
- c) Allocations mensuelles aux veuves d’ouvriers et anciens ouvriers médaillés ;
- d) Allocations mensuelles aux jeunes ouvriers sous les drapeaux et allocations aux familles des réservistes ;
- 30 Succursales à l’usine de la Caisse d’épargne cantonale ; avantages particuliers aux déposants ;
- 40 Secours et prêts (Comité consultatif des œuvres de solidarité) ;
- 5° Gratifications aux gradés militaires ;
- 6° Étrennes aux ouvriers chargés de famille.
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- SOCIÉTÉ MINIÈRE ET MÉTALLURGIQUE DE SANTA-MARTA (G. P. h. c.)
- La Société de Santa-Marta exposait des échantillons de minerais de Vanadium de la mine de Santa-Marta (en Espagne) et des produits obtenus dans ses nouvelles usines de Cires-les-Mello (Oise); tels que :
- Acide vanadique à 99 % d’acide vanadique, et des produits contenant depuis près de 30 % jusqu’à 80 % de vanadium.
- Cette Société, hors concours dans la classe 109, a obtenu un Grand Prix dans la classe 107.
- STEIN ET Cie (M. A-)
- La maison Stein & CIe s’est spécialisée dans la construction des fours chauffés au gaz pour la métallurgie, les usines à gaz, les verreries,des usines de produits chimiques.
- Elle exposait un plan du four Fergusson à combustibles liquides, des plans de batteries de fours à cémenter et à tremper, chauffés au gaz de gazogènes.
- Des plans de fours à réchauffer.
- Des plans de fours pour traitements thermiques.
- A, TESTE ET Cie (G. P.)
- La maison Teste & Cle représentait, à l’Exposition de Turin, l’industrie, très spéciale du tréfilage de fer et d’acier et du laminage à froid des aciers en bandes pour les usages les plus variés, tels que :
- Cordes pour pianos, guitares et mandolines ;
- Fils pour broches de filatures ou rayons de roues ;
- Fils pour ressorts ;
- Fils pour grillages ;
- Épingles ;
- Feuillards pour câbles électriques ;
- Barres d’aciers spéciaux pour automobiles ;
- Câbles de toutes dimensions pour les mines et pour la Marine.
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- On remarquait, notamment dans le stand de cette maison, un élément de câble de 150.000 kilogrammes de résistance.
- La maison Teste & Cie a été créée à Lyon-Vaise en 1843, elle occupe actuellement 700 ouvriers et ouvrières et dispose d’une force motrice de 900 chevaux.
- Ces établissements traitent annuellement 5.000 tonnes d’acier ; ils construisent eux-mêmes toutes les machines nécessaires à leurs fabrications.
- THUILLIER, DAGUE ET Cie (M. A.)
- Cette maison s’est fait une spécialité d’estampage pour tous usages industriels en particulier pour la construction d’automobiles.
- Tous ces produits étaient exposés sur un tableau pendu au mur dans le fond de l’Exposition de la Section Française.
- On y voyait en particulier des branches de ciseaux, des clés pour écrous, des branches de secteurs, des soupapes, des clavettes de soupapes, des bielles et des écrous à oreilles, de toutes dimensions.
- Ces établissements occupent actuellement, aux Forges de Bar-SUR-Aube, 80 ouvriers.
- Un moteur à gaz de 80 chevaux leur assure la force motrice nécessaire.
- Ils fournissent un tonnage important de pièces d’estampage aux Compagnies de Chemins de Fer, à la Marine et à la Guerre.
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- ITALIE
- ANSALDO-ARMSTRONG» A GENES (g. p.)
- L’Exposition de la Société Ansaldo-Armstrong occupait 2 stands considérables dont l’un était spécialement consacré aux matériels d’artillerie, l’autre aux prc-duits métallurgiques.
- On trouvera ci-après une description sommaire du stand consacré à l’artillerie ; tous les matériels exposés font l’objet d’une description plus approfondie dans le chapitre « Matériel de Guerre ».
- STAND DU MATÉRIEL DE GUERRE
- On trouvait dans ce stand, à côté d’une série de modèles de cuirassés étudiés pour la République Argentine et dont la description ne rentre pas dans le cadre de ce rapport, une série fort intéressante de matériels de divers types prêtés par la maison Schneider & C1" (le Creusot) à la Société Ansaldo-Armstrong.
- On sait, en effet, que la Société Ansaldo-Armstrong a acquis de la Société Schneider la licence de construction et de vente exclusive en Italie des matériels d’artillerie, système Schneider.
- MATÉRIELS D’ARTILLERIE
- L’Exposition comprenait, en partant de l’extrémité du stand contiguë à l’Exposition des chemins de fer :
- Un canon de campagne puissant, calibre 75 millimètres.
- Ce canon, qui pèse en batterie 1050 kilogrammes, tire un projectile de 6 kil. 500 a la vitesse initiale de 500 mètres ; il est du type dont le Creusot a fourni à l’Espagne un grand nombre de batteries pour l’armement de son artillerie de campagne.
- A côté était exposé un matériel de campagne de 75 millimètres type léger. Le canon pèse en batterie 880 kilogrammes, il tire un projectile de 5 kil. 750 à la vitesse initiale de 500 mètres.
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- Le matériel de montagne était représenté par deux canons : l’un du type lourd, pesant 600 kilogrammes en batterie, démontable en 6 chargements de mulets d'un poids maximum de 110 kilogrammes ; ce canon tire 2 projectiles, l’un de 5 kil. 300 à la vitesse de 500 mètres, l’autre de 6 kil. 500 à la vitesse de 350 mètres, — l’autre du type léger du poids de 500 kilogrammes se démontant en 5 chargements d’un poids maximum de 110 kilogrammes : ce canon tire un projectile de 5 kil. 300 à la vitesse initiale de 500 mètres.
- Le matériel lourd comprenait :
- Un canon long de 105 millimètres T. R. dit « canon de position ». Ce canon, d’une construction très analogue au matériel de 75 millimètres de la même maison, tire un projectile de 14 kilogrammes à la vitesse initiale de 500 mètres.
- Un obusier de 105 millimètres T. R. à longueur de recul variable possédant un dispositif permettant de rendre le canon indépendant des organes de pointage en hauteur. Par suite, il est possible de ramener la pièce à une position voisine de l’horizontale pour opérer le chargement sans modifier pour cela le pointage en hauteur.
- Un obusier de 120 millimètres T. R. à recul constant, permettant le chargement dans toutes les positions, muni d’un volet à l’arrière de la culasse pour empêcher le projectile de tomber dans le chargement sous de grands angles.
- Ce matériel tire un projectile de 20 kilogrammes à la vitesse initiale de 330 mètres.
- Le matériel de bord était représenté par :
- Un canon de bord S.A. de 75 millimètres, 65 calibres, destiné à tirer contre les torpilleurs et contre-torpilleurs, d’un type analogue à celui fourni par la Société Schneider à la Marine Française pour l’armement des cuirassés de la classe « Danton ». Il tire un projectile de 6 kil. 500 à la vitesse initiale de 930 mètres, ce qui lui donne une puissance très considérable malgré son faible calibre et lui permet de tirer sans hausse jusqu’à une distance de 2.500 mètres, c’est-à-dire dans la zone d’action des torpilles automobiles.
- Faute de place, la Société avait exposé dans le stand voisin une coupole à un canon de 149 ny 1, destinée à l’armement des côtes italiennes ; le canon armant cette coupole tire un projectile de 52 kilogrammes à la vitesse de 600 mètres ; le canon est muni de deux freins hydrauliques placés symétriquement ; la rentrée en batterie se fait par récupérateur à ressort.
- PROJECTILES ET MUNITIONS
- L’Exposition de projectiles et munitions présentait toute une série de projectiles divers de marine et d’artillerie terrestre, des coupes de fusées, de détonateurs, etc...; de
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- cartouches en cuivre embouti pour canons à tir rapide de bord ou de campagne, etc... Enfin, une torpille automobile système Schneider.
- BLINDAGES ET TOLES DE BOUCLIERS
- La Société Ansaldo exposait un blindage qui lui avait été prêté par la maison Marrel, de Rive-de-Gier : elle est en effet concessionnaire pour l’Italie de procédé Marrel pour la fabrication de plaques de blindage1.
- L’Exposition des produits métallurgiques, qui occupait le deuxième stand, présentait une série de gros moulages en acier.
- Un étambot en acier moulé ;
- Un pignon de laminoir pour train de 750 ;
- Des tambours de turbines ;
- Une étrave de submersible ;
- Une ligne d’arbres complètement finie, destinée à un navire transatlantique ;
- Un tube de canon de 305 millimètres fini de tour.
- CONSISTANCE DES ÉTABLISSEMENTS DE LA SOCIÉTÉ ANSALDO-ARMSTRONG
- (SIÈGE A ROME & GÊNES
- La Société Ansaldo a été fondée en 1846 par l’ingénieur Giovani Ansaldo qui établit des ateliers de construction mécanique à Sampier d’Arena. Ce n’est qu’en 1860 que les ateliers prirent de l’extension à l’instigation du Comte de Cavour, qui persuada le gouvernement de la nécessité de développer l’industrie nationale pour affranchir l’Italie de la tutelle étrangère.
- En 1886, le développement des ateliers de Sampier d’Arena était devenu tel, qu’on dut transporter les chantiers de construction navale, qui lui avaient été adjoints, à Sestri Ponente. Simultanément la Société créa dans le port de Gênes des apponte-ments permettant l’achèvement à flot des navires construits à Sestri.
- La dernière extension de la Société date de 1904. C’est à cette époque qu’elle fusionna avec les Chantiers Armstrong de Pouzzoles près de Naples, en vue
- 1 Nous renvoyons au chapitre “Matériel de guerre” pour plus amples détails.
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- d’effectuer l’armement des navires qu’elle construisait. La Société porte, depuis, le nom de « Ansaldo-Armstrong ».
- Enfin, la Société a conclu récemment avec la Société française Schneider et C'“ un contrat lui assurant le droit exclusif de fabriquer et de vendre en Italie les matériels d’artillerie système Schneider. Elle a également conclu avec la Société Marrel, de Rive-de-Gier, un accord pour la fabrication en Italie des plaques de blindages suivant le procédé Marrel frères.
- ATELIERS DE SAMPIER D’ARENA
- Ces ateliers comprennent 16 divisions, fonderies, forges, chaudronnerie, etc... occupant une surface de près de 9 hectares, dont plus de la moitié est effectivement couverte, et emploie dans les périodes d’activité jusqu’à 4.000 ouvriers.
- Pourvus d’un outillage moderne et puissant, ils peuvent construire annuellement des machines fixes ou marines d’une puissance totale de 100.000 chevaux, 2.000 tonnes de chaudronnerie, 1.000 tonnes environ de pièces de grosse et de moyenne forge, et 200 locomotives pour voie normale.
- Ces ateliers construisent également des turbines ; c’est ainsi qu’ils exécutent l’appareil moteur du croiseur « San Marco» d’une puissance totale de 25.000 chevaux, l’appareil moteur du « Dante-Aligheiri » de 28.000 chevaux, les appareils moteurs d’une puissance individuelle de 26.000 chevaux pour les trois cuirassés « Comte de Cavour », « Léonard de Vinci » et « Jules César ». Ce dernier navire est construit aux chantiers de Sestri.
- Ils construisent également les turbines du croiseur rapide « Quarto » de 27.000 chevaux.
- CHANTIERS DE SESTRI
- Les chantiers de Sestri ont une superficie totale de 10 hectares et possèdent 4 cales de construction pour grands navires.
- Ils peuvent construire des navires ayant jusqu’à 250 mètres de long. L’une des cales est munie de grues tournantes de 50 mètres de haut et d’une portée de 35 mètres pour la mise en place de toutes les pièces lourdes.
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- Les autres cales seront outillées de même dans un avenir prochain.
- Sur l’une de ces cales, se trouve actuellement en construction le cuirassé « Jules César ».
- La réputation des Chantiers de Sestri est universellement établie. Il suffit de rappeler que c’est des Chantiers de Sestri que sont sortis les deux croiseurs « Kasuga » et « Nishin » livrés à la Marine japonaise et qui ont fait brillante figure dans la guerre russo-japonaise.
- La Société possède encore à Cornigliano des aciéries Martin et des fonderies.
- Les fours Martin actuels sont des fours de petite capacité (5 à 6 tonnes), mais on intalle des fours de 30 et de 50 tonnes qui seront prêts à bref délai et qui permettront d’entreprendre la fabrication des blindages et des lingots à canons.
- La Société installe également deux presses à forger de 6.000 tonnes pour compléter ses moyens de production.
- Les ateliers de grosse forge occuperont quatre grandes halles d’une longueur individuelle de 275 mètres et desservies par des ponts-roulants de 100, 80 et 50 tonnes.
- Les opérations de traitement des blindages se feront dans un deuxième atelier composé de quatre grandes halles de 120 mètres de longueur et de 22 mètres de largeur.
- Elles contiendront 25 fours de cémentation et de trempe. Ces fours auront 15 mètres de longueur et 4 mètres de largeur.
- Le finissage occupera également des ateliers importants de 150 mètres de longueur et de 30 mètres de largeur, munis de scies, raboteuses, mortaiseuses, lapidaires, etc.
- C’est également à Cornigliano que sont situés les ateliers de construction électrique de la Société.
- Les usines de Cornigliano sont reliées par chemin de fer à la station de Campi.
- ÉTABLISSEMENTS ARMSTRONG, POUZZOLES
- Ces Établissements, spécialisés dans la construction du matériel d’artillerie, sont situés sur le bord de la mer, à l’Ouest de la ville de POUZZOLES (près Naples).
- Ils comportent deux sections distinctes :
- Aciérie et forge ;
- Ateliers de construction.
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- Les bâtiments de l’aciérie et de la forge se composent de 3 halles parallèles.
- Halle Nord ( Fours Martin et Fours à réchauffer)
- 2 fours Martin de 30-35 tonnes, fours à réchauffer, des presses de 800 et 4.000 tonnes. Les gazogènes alimentant ces fours sont rangés au N. de la halle.
- 2 fours Martin de 10-12 tonnes.
- Halle Centrale (Halle de coulée et Forge)
- Les poches de coulée sont portées par des chariots mûs électriquement, circulant au-dessus d’une fosse de coulée très profonde, qui s’étend devant les fours sur une longueur de 45 mètres.
- A une extrémité de la halle de coulée se trouve la grosse forge, qui comprend une presse de 4.000 tonnes : ses deux fours à réchauffer, desservis par deux ponts roulants de 100 tonnes, et les pompes actionnant la presse sont placés dans la halle Nord. Les ponts roulants sont actionnés électriquement, sauf le levage, qui se fait hydrauliquement.
- A l’autre extrémité de la halle de coulée, la forge moyenne avec une presse de 800 tonnes, et 2 ponts de 30 tonnes ; la disposition de la forge moyenne est la même que celle de la grosse forge.
- Cette halle contient encore des machines-outils pour la coupe des masselottes.
- Halle Sud Aciérie au creuset Fonderie d’acier et de fonte
- L’aciérie au creuset comporte deux fours à gaz entourés de 18 creusets chacun : elle possède une installation pour la fabrication des creusets.
- La fonderie de fonte possède 3 cubilots, des machines pour la préparation du sable, des machines à mouler.
- A cet ensemble se rattache la petite forge avec des petits pilons, la fonderie de bronze avec 30 fours Fletcher, le modelage ; à proximité se trouve la centrale avec 3 groupes turbo-générateurs et une usine à gaz pour l’éclairage d’une partie des ateliers.
- ATELIER DE CONSTRUCTION
- L’atelier principal, long de 165 mètres, comprend 10 travées de différentes largeurs ; on y trouve 800 machines-outils de tous types et de toutes puissances ; les grosses machines possèdent leur moteur électrique indépendant, les autres reçoivent leur mouvement par courroie d’un arbre de transmission.
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- En allant du N. vers le s. on trouve :
- L’usinage des canons de moyen calibre et des culasses, qui occupe deux travées ;
- Les grands tours et les bancs à forer, les machines à bobiner le fil sur les tubes, les bancs à rayer, qui occupent deux vastes travées.
- La construction des affûts, des tourelles, le finissage des cuirassements, qui occupent une des halles centrales, large de 15 mètres. Dans cette halle, on trouve une fosse de 12 mètres de profondeur pour le montage complet de tourelles avec tout leur nécessaire.
- La construction des voitures d’artillerie, qui occupe les deux travées suivantes.
- Enfin, le finissage des projectiles, qui occupe les deux dernières travées.
- Contre l’atelier de finissage se trouve la trempe des projectiles.
- A ces ateliers sont annexés : un atelier de précision où se construisent certaines pièces des mécanismes de culasse, les hausses, etc... ; un atelier d’outillage, un atelier pour les réparations.
- L’ensemble de ces ateliers est desservi par 23 ponts roulants d’une puissance variant entre 5 et 70 tonnes.
- A l’est, se trouve l’atelier de traitement qui comprend 3 fours à réchauffer (2 grands et un petit), 2 grues hydrauliques de 25 et 15 tonnes, une fosse de trempe à l’huile de 17 mètres de profondeur, deux fours à recuire les moulages.
- Les ateliers de Pouzzoles possèdent enfin de vastes laboratoires pour le contrôle des matières premières et de la fabrication. Les échanges avec l’extérieur sont assurés par un port dont le môle, en béton armé, s’avance en mer sur une longueur de 200 mètres. Il est pourvu de puissants appareils de déchargement. L’embarquement des canons est fait par des bigues d’une hauteur de 45 mètres, d’une puissance de 160 tonnes.
- Pouzzoles a fabriqué des canons pesant jusqu’à 105 tonnes, mais son outillage lui permet de fabriquer des canons beaucoup plus lourds.
- Le personnel compte 3.700 ouvriers et employés : tous les ouvriers sont italiens.
- CAY. E. L. ANTONIAZZI TELE RETI E CORDE METALLICHE (m. o.)
- Cette maison fabrique des toiles et grillages métalliques (fer, cuivre, laiton, etc...). L’exposition présentait toutes les séries de toiles et de grillages pour clôtures, pour bandes transporteuses et blutoirs, et 2 blutoirs complets.
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- Des grillages de protection à simple torsion, à fil simple ou multiple.
- Des toiles métalliques à fil alternativement double et quadruple, et enfin : Des séries d’échantillons de fil de fer nature et galvanisé ;
- Fils de cuivre et laiton.
- ANTONIO BADONI ET C\ A LECCA (g. p„ m. o., d. h.)
- Cette Société construit des installations pour la fabrication du gaz d’éclairage (cornues à gaz et gazomètres). Elle fabrique également des tuyaux en chaudronnerie, des tuyaux en fonte. Elle fait aussi de la construction mécanique.
- i
- Son exposition comprenait :
- Une série de modèles et de dessins d’installations exécutées dans différentes villes d’Italie et en particulier d’un four de 9 cornues à gaz horizontales du type installé à Vicenza et à Cagliari.
- Ces installations sont pourvues d’appareils pour la récupération des sous-produits.
- Les pièces exposées comprenaient :
- Une série de tuyaux en fonte et de tuyaux en chaudronnerie.
- On voyait encore :
- Des pylônes métalliques ;
- Un modèle de tramway suspendu pour la ligne Milan-Milanino ;
- Une série de photographies de gazomètres fournis par la maison comp é tait cette exposition»
- SOCIÉTÉ ELBA, A PORTO-FERRAIO (Ile d’Elbe) (G. P.)
- La Société « Elba » occupait un stand important dans lequel elle exposait des spécimens des minerais exploités par elle dans les gisements de l’île d’Elbe (appartenant à l’État Italien] et des produits de ses usines de Porto-Ferraio.
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- Au centre du stand s’élevait sur une étagère une pyramide de coke fabriqué à Porto-Ferraio dans les fours de la Société avec des fines à coke de provenance anglaise.
- Sur une deuxième étagère on voyait du minerai provenant des exploitations de l’île d’Elbe, oligistes et hématites.
- Dans une vitrine étaient exposés des oligistes spéculaires de la mine de Pozzo-fondo.
- USINES DE LA SOCIÉTÉ ELBA Vue du Stand
- Nous indiquons ci-après la composition de ces minerais :
- Silice...........
- Fer...........
- Manganèse........
- Alumine .........
- Chaux et Magnésie
- Soufre...........
- Phosphore........
- 7 à io % 58 à 60 % o,3 %
- 3 %
- 1 à 2 % 0,035 % 0,036 %
- La faible quantité d’éléments nuisibles contenus dans ces minerais est extrême-
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- ment remarquable et cette qualité, jointe à leur haute teneur en fer et à leur teneur en silice relativement peu élevée, en fait des minerais de tout premier ordre.
- Étaient exposés également des oligistes à 60-65 % de fer provenant des mines Galleria Fondi et Minière Rotonde :
- Des minerais de la mine de Calamita (hématite à 55 % de fer).
- L’exposition des produits miniers était complétée par une série de photographies des exploitations de l’île d’Elbe montrant les transporteurs aériens qui sont largement utilisés dans ces exploitations pour le transport des minerais aux môles d’embarquement.
- La Société exposait des spécimens de produits fabriqués dans ses usines, en particulier des gueusets de fonte paraissant de belle qualité, des lingots, des lingotières, des moulages artistiques en fonte.
- On verra, dans la description qui suit, que l’usine de Porto-Ferraio se limite à la production de la matière première. Elle n’a pas d’ateliers de transformation du métal et elle envoie l’acier aux usines de Savone où il est transformé en produits finis.
- Elle exposait également un modèle au i/ioedefour Stassano pour le raffinage des aciers Bessemer. Ce four, d’une capacité de 10 tonnes, est muni d’un dispositif qui permet de le faire osciller : il possède 6 électrodes obliques, groupées deux par deux.
- Un plan en relief au 500e des usines figurait dans le stand et les murs étaient ornés d’une série de photographies des installations.
- CONSISTANCE DES USINES
- Les usines de la Société Elba sont situées à l’Ouest de la ville de Porto-Ferraio, au fond d’une vaste baie très abritée, en sorte que le déchargement des matières premières et l’embarquement des produits fabriqués peuvent s’effectuer par tous les temps.
- La Société possède à Porto-Ferraio 50 hectares, dont 25 sont actuellement couverts par les usines.
- Celles-ci comprennent :
- Des fours à coke ;
- Trois hauts-fourneaux ;
- Une aciérie Bessemer ;
- Des fours électriques et une fabrique de carbure ;
- Une briqueterie pour la fabrication des briques de laitier.
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- Fours a Coke. — Il existe deux anciennes batteries de fours à coke système « Bernard » sans récupération : ces fours, desservis par deux défourneuses à vapeur, ont une production journalière de 200 tonnes.
- Deux nouvelles batteries de 50 fours Koppers à récupération de sous-produits ont été installés dans ces dernières années. Les fours de cette nouvelle installation sont chargés d’un seul coup avec des gâteaux de charbon cru préparés par deux pilonneuses
- USINE DE LA SOCIÉTÉ ELBA A PORTO—FERRAIO Plan d’ensemble.
- a) Déchargement du coke et minerai. — b), c), d) Embarquement des produits finis. — e) Parc à combustible, — f) Parc à minerai. — g) Fours à coke. — h) Récupération des sous-produits. — i) Hauts-Fourneaux (3). — k) Appareils Cowper (12). — 1) Cheminées. — m) Centrale et soufflantes. — n) Réservoir. — o) Ateliers. — q) Halles de coulées. — r) Parc à fonte. — s) Centrale. — i) Fours électriques. —it) Aciérie Bessemer.
- qui jouent également lerôled’enfourneuses et de défourneuses. Lesdeux batteries assurent une production journalière de 400 tonnes. Les deux installations de récupération qui leur sont annexées donnent 10 tonnes de goudron et 5 tonnes de sulfate d’ammoniaque par 24 heures.
- La production journalière totale de 600 tonnes est supérieure à la consommation des fourneaux ; l’excédent est mis en stock et constitue une réserve pour les cas d’arrêt d’une des batteries de fours.
- Hauts-Fourneaux. — Ils sont au nombre de trois : leur capacité individuelle est de 150 à 180 tonnes de fonte en 24 heures. Les creusets sont en briques de graphite et cuirassés par une jaquette en acier moulé : une deuxième enveloppe en tôle entoure cette jaquette : l’espace annulaire qui sépare les deux enveloppes est occupé par un piquetage en billettes d’acier doux.
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- Les fermetures de gueulard des fourneaux i et 2 sont du type « Benrath », celle du fourneau 3 du type « Lurmann ». Les plates-formes des gueulards sont supportées par des charpentes métalliques ; les plates-formes des fourneaux 1 et 2 sont reliées par des passerelles métalliques à un ascenseur double qui assure l’alimentation du groupe.
- Le fourneau 3 possède un ascenceur incliné à double skip : sa plate-forme de gueulard est reliée à celle du fourneau 2, pour permettre d’assurer le chargement en cas d’avarie du monte-charge. Chaque fourneau possède 4 appareils à vent chaud : l’épuration des gaz comporte une épuration à sec et une épuration secondaire par ventilateurs Theisen.
- Soufflantes a Gaz & Centrale n° i. — Cette station renferme dans une halle de 24 mètres de longueur et 120 mètres de largeur :
- Trois soufflantes à gaz à 4 temps d’une puissance totale de 2.700 HP.
- Deux soufflantes à vapeur d’une puissance totale de 1.200 HP.
- Quatre groupes générateurs d’une puissance individuelle de 1.600 HP comprenant chacun un moteur à gaz à quatre temps et une génératrice continue à 500 v.
- Un groupe générateur auxiliaire à vapeur de 200 HP.
- Centrale n° 2. — Cette station alimente l’installation des fours électriques, elle comprend 3 groupes générateurs de 1.400 HP, attaqués par moteur à gaz, et un turbo-alternateur de 2.000 HP.
- Aciérie Bessemer. — Elle comprend :
- Un mélangeur de 150 tonnes ;
- Deux grands cubilots pour la marche en deuxième fusion et 2 cubilots à Spiegel ;
- Deux convertisseurs de 12 tonnes avec grues de coulée pivotantes ;
- Le service de la halle de coulée est assuré par 2 ponts ; le démoulage est fait par un stripper monté sur pont roulant.
- La soufflante de l’aciérie a une puissance de 1.500 chevaux.
- La production de l’aciérie a atteint 100.000 tonnes de lingots pendant l’exercice 1910-1911.
- Fours Électriques. — Ces fours sont au nombre de cinq.
- Deux fours Stassano pour le raffinage de l’acier liquide pris au Bessemer.
- Trois fours monophasés à haute tension pour la fabrication des ferro-alliages (ferro Mn à 80 %, ferro-silicium à 50 %) et du carbure de calcium.
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- L’usine possède encore :
- Une briqueterie pour la fabrication des briques de laitier ; sa production journalière atteint 10.000 briques.
- Une station de pompes d’un débit horaire total de 5.000 mètres cubes pour l’élévation de l’eau salée destinée au refroidissement des hauts-fourneaux.
- Des puits et une canalisation d’eau douce.
- Enfin ses échanges avec l’extérieur sont assurés par un port, dont le môle large de 16 mètres a environ 100 mètres de longueur. La profondeur d’eau à l’extrémité du môle permet l’accès de cargos ayant jusqu’à 6.000 tonnes de déplacement.
- Le déchargement et le chargement des navires est effectué par 9 grues, dont 4 sont spécialement affectées à la manutention du charbon, et 5 à celle des minerais. Les échanges entre le port et l’usine se font par un funiculaire aérien. Les transports dans l’usine se font par voie étroite ; le matériel roulant comprend 17 locomotives et environ 200 wagons.
- MINES DE FER DE L’ILE D'ELBE
- Ces mines appartiennent au Gouvernement italien qui les a amodiées depuis 1899 à la Compagnie « Elba ». Elles sont connues et exploitées depuis l’époque romaine : le minerai qu’on en retire (oligiste, hématite, limonite) est très pur et très riche en fer : sa teneur, en certains points (Rio), atteint en effet 66% de fer : la teneur en phosphore, soufre et autres éléments nuisibles, est très faible.
- Les travaux de recherches entrepris par la Cie Elba depuis la reprise de l’exploitation ont révélé l’existence de nouveaux gisements fort importants, qui assurent l’avenir pour de longues années.
- L’extraction annuelle est de 500.000 tonnes : ce tonnage a été fixé par le Gouvernement italien, au moment de l’amodiation, comme maximum à ne pas dépasser. L’exploitation des gisements se fait à ciel ouvert en gradins. Le minerai extrait n’exige pas de préparation, sauf en certaines parties du gisement où l’on trouve une assez grande quantité d’argile mélangée à la limonite : on débourbe simplement au patouillet.
- Tous les gisements ne sont pas en exploitation, puisque l’extraction est limitée à 500.000 Tonnes; les exploitations anciennes assurent facilement cette production. Les gisements principaux sont :
- Rio Albano Rio
- Côté Est
- Calamita Rio Albano
- Sud
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- Rio. — Le gisement lenticulaire de Rio Albano repose sur une assise quartzeuse Il est exploité en trois endroits : Pistello-Grattarino, Olivo, Calendozio.
- Les minerais de ces exploitations atteignent des teneurs en fer de 61 à 63 %, ainsi qu’en témoignent les analyses ci-dessous empruntées à une publication allemande.
- Capa de/la
- lihner/a
- J0_^-Jl)\yppo D’Arco
- pppp^îédranera cpCapo Bianco Wijffac/a d/ Porto Long on e
- ipl Monte Ca/dmita,
- Capo Stella
- UaTamita (
- Gisements de minerai-de fer
- GISEMENTS DE MINERAI DE FER
- Ile d’Elbe.
- Calendozio Pistello
- Fe 61,83 63,45
- P 0,352 0,038
- S 0,016 0,035
- Si 02 2,52 3,85
- As 0,004 —
- Un transporteur Bleichert d’une capacité horaire de 200 tonnes, fonctionnant simplement par la gravité, transporte au môle de Rio Albano et déverse directement dans les navires les produits des 2 premières exploitations. La troisième est reliée au même port par un transporteur Pohlig de 50 tonnes.
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- Rio. — La mine de Rio, sise près du village de Rio Marina, non seulement fournit le meilleur minerai, mais réalise encore l’extraction la plus importante : sa production atteint les 3/5 de l’extraction totale. L’épaisseur de la couche exploitable est ici de 80 mètres. On exploite à 5 niveaux compris entre les cotes 100 et 180.
- La nature du minerai extrait varie avec le niveau : oligiste à la cote 100, il passe à l’hématite vers la cote 120, au mélange hématite et limonite vers 160 et enfin à la limonite pure à l’étage supérieur.
- Voici une analyse.de minerai de Rio :
- Fe .
- \p-
- Provenance : Pozzo Fondi <’ S .. .
- I Si02 As ..
- L’évacuation des minerais se fait à l’heure actuelle exclusivement par voie aérienne, comme à Rio Albano ; un chemin de fer à voie étroite est en construction qui permettra de transporter directement au port les minerais des deux étages inférieurs.
- La mine de Rio possède 2 patouillets pouvant traiter 30 tonnes à l’heure pour le débourbage du minerai argileux.
- 65,78
- 0,017
- 0,026
- 3,34
- Calamita.. — Les minerais extraits à Calamita sont des hématites compactes et de la magnétite.
- Certains de ces minerais sont d’une exceptionnelle pureté, comme l’indique l’analyse ci-après :
- Fe . . P . . S . . . Si02
- 67 % 0,013 traces 3,87
- Le transport des minerais jusqu’à Cala delP Innamorata se fait actuellement par un chemin de fer à voie étroite ; deux transporteurs aériens, aboutissant ; l’un à Innamorata, l’autre à Francesche, sont en cours d’installation.
- On trouvera ci-après le relevé approximatif de l’extraction pour les quatre
- années 1907 à 1910.
- 1907 1908 1909 1910
- Rio Albano.... 80.400 130.600 109.600 108.500
- Rio et Giove ... 253.800 210.600 217.000 283.500
- Calamita...... 68.800 90.800 109.300 110.000
- Autres gisements 40.000 19.000 33.000 30.000
- Total pour l’Ile d’Elbe 443.000 461.000 469.000 532.000
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- La production totale des mines de l’Ile d’Elbe, de 1750 à 1910, a atteint 12.216.000 tonnes dont 4.680.000 entre 1897 et 1910.
- Jusqu’en 1899, époque à laquelle la Cie Elba commença l’exploitation, le transport des minerais depuis la mine jusqu’aux points d’embarquement se faisait par tombereaux, et même à dos de mulet. La Cie Elba a depuis lors installé des transporteurs aériens et créé des installations d’embarquement qui lui permettent de transporter et de charger plus de 100.000 tonnes par mois. Elle augmente constamment l’importance de ses moyens de transport et de manutention ; en effet, en sus de l’extraction normale de 500.000 tonnes de minerai par an, elle extrait encore 100.000 tonnes de castine : enfin elle liquide des stocks importants dont le tonnage total atteint 2 millions de tonnes.
- Les minerais de l’Ile d’Elbe sont consommés exclusivement en Italie : trois Sociétés « Elba », « Ilva » et « Piombino » se partagent la production totale.
- SOCIETA ANONIMA FABRICA DI MOLLE ED ACCESSORI PER ROTABILI A TURIN
- Cette Société, qui fabrique des ressorts de tous genres, présentait une exposition très fournie en ressorts de chemins de fer et de carrosserie.
- L’exposition des ressorts de chemins de fer présentait en particulier une série de ressorts à lames pour locomotives, d’un poids variant entre 100 et 150 kilogrammes ;
- Des ressorts de tender ;
- Des ressorts de voitures et wagons d’une longueur variant entre 1 mètre et 1 m. 700 environ.
- Ces ressorts étaient, les uns faits en lames planes avec des étoquiaux, les autres en lames à nervures : une grande partie d’entre eux était présentée sans brides.
- Ils étaient, dans l’ensemble, bien exécutés, quoique l’on pût relever sur un certain nombre d’entre eux des vides entre les feuilles.
- On trouvait également une série de ressorts spiraux pour tampons de choc (locomotives et wagons) et des ressorts à boudin à fil rond et à fil rectangulaire.
- L’exposition des ressorts de carrosserie comprenait : 1 série de ressorts en blanc bien ajustés et bien présentés, ressorts de tous types, ordinaires, 1/2 pincettes, ressorts à crosse, ressorts à pincettes.
- Une vitrine dans laquelle était exposée une série de petits ressorts à boudin pour armurerie, quincaillerie, ressorts spéciaux pour mécanismes d’horlogerie.
- Des ressorts à lames pour armuriers et une planche de cassures d’acier à ressorts complétaient cette exposition. %
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- FERRIERA DI BOLZANETO FRATELLI BRUZZO,
- A BOLZANETO, PRÈS GÊNES (g. p.)
- Le stand de cette Société présentait une série de tôles lisses et striées d’une épaisseur variant entre 2 dixièmes de millimètre et 3 millimètres ; la largeur maxima des plus grandes tôles exposées (3 millimètres d’épaisseur) était de 1 m. 500, leur longeur de 3 m. 500.
- La Société Fratelli Bruzzo est seule concessionnaire, pour l’Italie, des procédés de la Société du métal déployé. Elle fabrique actuellement une quantité assez importante de ce produit dont la demande va en croissant d’année en année, au fur et à mesure que son emploi se développe dans les constructions en ciment armé.
- CONSISTANCE DES USINES
- L’usine de la Société Bruzzo Frères est située à BOLZANETO, station de la ligne Gênes, Milan, Turin, sur les bords de la rivière Polcevera ; un pont de 120 mètres de longueur, en béton armé au moyen de métal déployé, relie les deux parties de l’usine. Il donne passage à une voie normale et est établi pour la circulation des plus lourdes charges.
- L’usine occupe actuellement 900 ouvriers ; elle fabrique exclusivement des tôles lisses ou striées et du métal déployé. Sur la rive gauche de la rivière se trouvent l’aciérie Martin, les laminoirs à tôles et l’atelier de réparations. Sur la rive droite les ateliers pour la fabrication du métal déployé et un atelier de produits réfractaires.
- L’aciérie comprend deux fours Martin de 20 tonnes chacun, faisant 4 coulées par 24 heures, soit une production journalière de 160 tonnes, ils sont desservis par deux machines à charger. La manutention générale de l’aciérie est assurée par 7 ponts d’une puissance totale de 68 tonnes.
- Les laminoirs comprennent :
- Un trio Lauth pour la fabrication des tôles moyennes. Ce train est actionné par une machine à vapeur de 1.000 HP, système Tosi, fonctionnant à la vapeur surchauffée, et possède 2 fours à réchauffer à gaz, système SIEMENS.
- Un train à tôles fines à trois cages, actionné par une machine à vapeur analogue à la précédente, mais de 600 chevaux seulement.
- La vapeur est produite par une batterie de 8 chaudières.
- Le courant électrique consommé dans l’usine est produit par une centrale de 400 kw. comportant deux groupes de 200 kw. formés chacun d’un moteur à gaz Langen et Wolf attaquant directement un alternateur Siemens Schuckert.
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- — HO —
- En dehors des tôles d’acier doux du commerce (R = 35 à 40, A = 25 %), l’usine livre à l’Amirauté Italienne des tôles d’acier mi-dur (R — 55 à 60, A = 18 à 20 %) entrant dans la construction des navires de guerre.
- L’usine possède un laboratoire d’essais mécaniques et d’analyse chimique, pour le contrôle des produits de la fabrication et éventuellement des matières premières.
- Ces établissements ont été les premiers à fabriquer en Italie la tôle fine (4/1 oe de millimètre) : l’introduction de cette fabrication remonte à 1888. Ils ont acquis depuis quelques années la licence exclusive de fabrication et vente en Italie du métal déployé dont l’emploi se développe de jour en jour.
- VANDEL ET C°
- SOCIETA ANONYMA FERRIERA PIEMONTESE (m. o.)
- Cette Société exposait :
- Des échantillons de fer au bois ;
- Des feuillards de 12 millimètres à 180 millimètres de largeur en bandes et couronnes ;
- Des couronnes de fil de fer galvanisé et de fil de cuivre ;
- Une planche de profils comprenant :
- 1 jusqu’à 160 d’âme ;
- 1 jusqu’à 160 d’âme ;
- L jusqu’à 160 d’aile ;
- Carrés jusqu’à 100 ;
- Plats d’épaisseurs variées jusqu’à 200 de largeur ;
- Ronds jusqu’à 100 ;
- Demi-ronds jusqu’à 70 sur le plat ;
- Fers Z ;
- Marchands et fers spéciaux.
- Le fond du stand était occupé par une vaste vitrine, contenant des échantillons de tous les types de pointes fabriquées par la Société : clous depuis la pointe de 12 millimètres de longueur jusqu’au clou de 200 millimètres pour charpentier, semence de tapissier, clous à tête ronde, etc....
- L’entrée du stand était marquée par deux pylônes formés de piles de feuillards et de
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- barres de fers marchands de petites sections. On y remarquait en particulier des barres à surface cannelée, système Johnson, employées dans les constructions en béton armé.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- La Société anonyme Ferriera Piemontese a été fondée en 1890, par des industriels français, MM. Vandel, de la Ferri ère-sous-Jougue (Doubs), pour la fabrication du fil de fer et de la clouterie de tous genres.
- La Société possède des établissements à Avigliana et à Turin.
- Usine d’Avigliana. — Située sur les bords de la Doire Ripaire, cette usine occupe une superficie de près de 15 hectares, dont 4 sont couverts par les ateliers.
- Le personnel comprend environ 800 ouvriers, tous du pays.
- L’usine possède à l’heure actuelle :
- Deux fours Martin, l’un de 12-14 tonnes, l’autre de 16 à 18 tonnes, un train moyen, 1 petit train.
- La production annuelle atteint 45.000 tonnes qui se répartissent ainsi :
- 30.000 tonnes de fers marchands ;
- 10.000 tonnes de clous pour chaussures et sabots ;
- 1.500 tonnes de pointes ;
- 1.200-1.500 tonnes de fil.
- La puissance nécessaire est fournie, en grande partie, par la Doire Ripaire (1.200 kw.) ; l’usine achète du courant (200 kw.) à la Société des forces motrices du Mont-Cenis.
- Usine, de Turin. — Cette usine a été fondée en 1906. Elle produit annuellement 60.000 tonnes. Elle a à l’heure actuelle :
- Trois fours Martin, un quatrième est en construction ;
- Un train réversible de 800 à commande électrique ;
- Elle dispose d’une puissance totale de 2.500 HP. dont la moitié est fournie par 3 moteurs à gaz alimentés par les gazogènes de l’aciérie.
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- FIAT, A TURIN (G. P.)
- La Société Fiat s’est fait une spécialité de la construction de moteurs à explosion et d’automobiles à pétrole.
- L’exposition des pièces de fonderie, annexée à l’exposition des châssis de voitures automobiles, présentait un très grand nombre de pièces d’une construction parfaite et fort intéressantes.
- Le type de moteur de la Société Fiat comporte, pour les voitures de toutes puissances, 4 cylindres fondus en un seul bloc. Cette construction donne un moteur plus ramassé et plus léger, mais elle conduit à l’exécution de pièces de fonderie très compliquées et délicates qui ne peuvent être exécutées que par des ouvriers de tout premier ordre.
- On remarquait en particulier :
- Quatre groupes de cylindres pour moteurs d’automobiles de moyenne puissance, fondus en un seul bloc. Les moulages avaient une très belle apparence et de belles surfaces; plusieurs d’entre eux avaient été sectionnés, de manière à permettre de se rendre compte de la régularité du centrage des noyaux.
- Il y avait également :
- Un groupe de 4 cylindres mono-bloc pour moteur à explosion de grande puissance ;
- Dix paires de cylindres pour moteurs de puissances variables, ayant jusqu’à 200 d’alésage et 200 de course.
- Un bâti en fonte destiné à un moteur marin à combustion interne pour la propulsion de submersibles ;
- Un cylindre destiné à ce moteur ;
- Un très grand cylindre de moteur à explosion isolé.
- Dans les moteurs de petite puissance, les carters d’engrenage de commande de soupapes sont venus de fonte avec le groupe de cylindres.
- SOCIÉTÉ ANONYME FONDERIA MILANESE DI ACCIAIO (H. C., Membre du Jury.)
- Cette Société ne fabrique que des pièces en acier moulé au convertisseur Robert ou au four Martin de petite dimension. Elle possède depuis peu des fours électriques Stassano et une presse à forger, qui lui permettront d’entreprendre d’autres fabrications.
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- Les produits exposés étaient :
- Une grande roue dentée à chevrons en acier Martin, pesant 500 kilogrammes, ayant un diamètre d’environ 2 mètres ;
- Un tambour en acier moulé d’un diamètre de 2 m. 25 :
- Diverses hélices de petite et moyenne dimension *
- Des étambots en acier moulé pour canots automobiles ainsi que des modèles d’étambots et d’étraves pour cuirassés.
- On trouvait également :
- Des produits destinés à la construction du matériel roulant et à la construction de la voie, telles que boîtes à graisse en acier moulé pour les chemins de fer de l’État italien, faux-tampons, coussinets de voie, etc....
- De l’outillage de forge, cylindres de laminoirs en acier pour train de 300 millimètres, pignons à chevrons pour petits trains, etc....
- Enfin quelques moulages artistiques en fonte assez réussis.
- s*
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Cette Société, fondée en 1888 pour la fabrication de pièces en acier moulé, eut, jusqu’à l’année 1894, une carrière peu prospère.
- Transformée à cette époque en Société anonyme, au capital de 500.000 francs, elle vit ses affaires se relever rapidement et augmenta progressivement son capital jusqu’à 2 millions, valeur actuelle.
- La surface occupée actuellement par les usines est de 6 hectares dont 2 sont couverts.
- Le personnel comprend à l’heure actuelle 1 millier d’ouvriers et la production de l’usine est d’environ 6.000 tonnes de moulages bruts par an.
- Dans les premières années, les moyens de production d’acier étaient limités à 2 petits convertisseurs Robert de 1 tonne. Ces 2 convertisseurs existent encore ; ils ont été modifiés et leur capacité a été augmentée légèrement.
- Il y a six ans, l’installation primitive a été renforcée par l’adjonction de 2 fours Martin de 4 tonnes et, en 1911, la Société a ajouté aux installations existantes 2 fours électriques Stassano provenant des Établissements sidérurgiques de Turin.
- Les usines disposent encore d’un petit convertisseur d’essai pouvant traiter des charges de 70 kilogrammes environ et qui est soufflé à l’oxygène.
- La caractéristique des installations actuelles est l’exécution de moulages d’un poids considérable avec des appareils producteurs d’une capacité limitée comme on a
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- pu le voir. C’est ainsi que l’usine de Milan a exécuté des moulages pesant jusqu’à 30 tonnes, simplement avec deux convertisseurs.
- Pour arriver à ce résultat, on a recours à un artifice ingénieux, consistant dans l’emploi d’un ou de plusieurs mélangeurs chauffés dans lesquels on verse la charge des convertisseurs au fur et à mesure des opérations.
- Pendant le séjour dans le mélangeur, l’acier subit une épuration due à la décantation des impuretés d’une part (on n’observe pas au microscope de taches de scories) et d’autre part à la production de réactions qui éliminent les éléments nuisibles ; on observe en effet une désulfuration due, comme dans le cas des fontes, à l’action du manganèse sur le soufre du sulfure de fer ; le manganèse agit aussi vraisemblablement comme désoxydant, car on ne trouve pas trace d’oxyde : il ne reste dans le produit final que la moitié du manganèse contenu dans les charges au sortir du convertisseur.
- Les usines de Milan ont entrepris la fabrication de pièces en acier moulé au manganèse du type « Allen ».
- Les ateliers annexes de la fonderie (désablage, ébarbage, coupe de masse-lottes, etc....) sont outillés d’une manière très moderne et possèdent de nombreuses désableuses à air, des marteaux à air comprimé, ainsi que des chalumeaux oxy-acétyléniques.
- La production de l’usine de Milan comporte une grande quantité de matériel pour chemins de fer, boîtes à graisse, faux-tampons, entretoises de châssis pour locomotives, et pièces d’aiguillage pour le matériel de voie.
- Depuis 1894, la Société a livré également aux chantiers de constructions navales un grand nombre de pièces en acier moulé (étraves et étambots) pour la Marine marchande aussi bien que pour la Marine de guerre.
- • FONDERIE OFFICINE FRÉJUS
- Cette Société fabrique des moulages de fonte pour usage domestique, pour la serrurerie, pour la quincaillerie, etc..., ainsi que quelques pièces pour le matériel roulant ou pour la construction de conduites d’eau et de gaz.
- On voyait dans son exposition des escaliers de fonte, des grilles, des rampes, des décrotte-pieds, ainsi que des boîtes à graisse, quelques tuyaux en fonte, des raccords, des coudes.
- En somme, exposition d’un intérêt limité.
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- SOCIÉTA ALTI FORNI FONDERIA- ACCIAIERIA GIOV. ANDREA GREGORINI, A LOVERE (D. h.)
- Les produits exposés par cette Société présentaient une assez grande variété.
- Produits marchands. — Une série de barres d’acier fin, carrés, octogones, etc....
- Une planche de profilés divers fabriqués par les laminoirs de la Société.
- Produits pour chemins de fer. — Des essieux montés pour chemins de fer et tramways, roues en acier moulé ou laminé.
- Des bandages, des essieux forgés bruts ou finis de tour; en particulier un essieu ayant subi un essai de cintrage à froid, pour montrer la qualité du métal. L’essieu, qui a un diamètre de 160 millimètres, était complètement replié sur lui-même sur un rayon intérieur de ioo millimètres, l’écartement des extrémités des branches étant de 40 millimètres seulement. Il a subi cet essai sans présenter de criques ni fissures.
- On y voyait également des bandages ayant subi des essais de choc et présentant des déformations considérables sans traces de fatigue.
- Enfin, des tampons en acier forgé et des selles en acier moulé.
- Les produits de la Guerre comprenaient toute une série de projectiles de rupture et semi-rupture de moyen et de gros calibre 150 à 305 millimètres.
- Enfin, on voyait encore des cylindres de laminoirs en fonte, une vitrine dans laquelle étaient exposées des cassures de fonte, des shrapnels en coupe ; sur une petite vitrine, au milieu du stand, une petite planche de cassures d’acier à outils.
- DESCRIPTION DES USINES DE LOVERE
- Les usines de cette Société sont situées au bord du lac d’Iseo à l’embouchure de la petite rivière Tinazzo.
- Elles comprennent des hauts fourneaux au bois, avec une fonderie de fonte, des laminoirs, une aciérie comportant 3 fours Martin et un four Kjellin, un atelier pour la fabrication des projectiles.
- Hauts fourneaux. — Ils sont au nombre de 2 : l’un de 10 tonnes, l’autre de 8 tonnes. Leur production annuelle s’élève à 6.000 tonnes environ. La Société possède encore dans la « Valle Canonica » un fourneau de 7 à 8 tonnes qui fabrique des fontes pour les Établissements de la Guerre.
- Les minerais proviennent de gisements appartenant à la Société. Le charbon de bois vient de l’Italie centrale et même d’Autriche.
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- Fonderie de fonte. — 2 cubilots de 700 et 750 millimètres de diamètre. La production de la fonderie atteint 2.200 tonnes (roues de wagonnets, cylindres de laminoirs, projectiles d’exercice).
- Aciérie. — Elle comprend :
- 2 fours Martin de 18 tonnes pour la fabrication des aciers doux du commerce ;
- 1 four Martin de 5 tonnes pour la fabrication des aciers spéciaux ;
- 1 four Kjellin d’une capacité journalière de 10 tonnes marchant en charges froides.
- Les 3 fours Martin sont placés en ligne : ils sont desservis par une chargeuse suspendue. La coulée se fait au pont roulant. Le four électrique est installé au bout de la halle de coulée.
- Fabrication des projectiles. — L’atelier des projectiles comporte 3 divisions : forge et tréfilage (2 presses verticales, 1 horizontale) ; usinage (85 tours, etc....) traitement thermique (fours à sole, fours à plomb, bâches à huile et à eau).
- Fabrication des roues, bandages et essieux montés. — L’atelier possède un train à roues, un train horizontal à bandages, des presses pour le forgeage des essieux, le forgeage des ébauches de roues et des bandages, des tours pour l’usinage des essieux, roues, bandages etc... Cet atelier peut fabriquer 15 essieux montés par jour, soit 4.500 par an. Lorsque son outillage sera complètement terminé, il pourra atteindre une production de 6.500 essieux montés par an.
- Forge. — La forge possède 3 pilons de 10 tonnes, 2 tonnes et 1 tonne 1/2 et de nombreux moutons pour l’estampage. Ces pilons sont desservis par 2 fours chauffés au gaz de hauts fourneaux, munis de gazogène de réserve ; les fours pour l’estampage sont chauffés au charbon. La production annuelle en pièces de forge et d’estampage est de 1.500 tonnes à 2.000 tonnes.
- Laminoirs. — L’atelier comprend 4 trains marchands de 480 et 500, 280 et 250, attaqués 2 par 2 par moteurs électriques.
- La production annuelle des trains varie entre 15.000 et 20.000 tonnes.
- Des tours à cylindres et des ateliers de réparation, un laboratoire d’analyse et d’essais physiques complètent les installations.
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- SOCIETA ITALIANA METALLURGICHE FRANCHI GRIFFIN (G. P.)
- Cette Société a une spécialité de pièces en fonte trempée et, en particulier, de cylindres de laminoirs et de roues en fonte fabriquées suivant le procédé Griffin.
- Son exposition comprenait :
- Une série de cylindres pour la fabrication de tôles d’acier ou de fer, de feuilles de laiton, de caoutchouc, de cylindres de meunerie.
- La pièce principale de l’exposition était le modèle d’un cylindre en fonte trempé de 3 mètres de table et 800 millimètres de diamètre destiné à une maison anglaise ; à côté de l’exposition des cylindres se trouvait une série d’essieux montés pour chemins de fer et tramways dont les roues étaient du système Griffin.
- Il y avait également une série de roues Griffin détachées.
- Cette Société a été fondée en 1909 en vue d’entreprendre la fabrication en Italie des moulages de fonte et plus spécialement des roues en fonte trempée d’après les procédés Griffin.
- Ses principales fabrications sont :
- Cylindres de laminoirs pour train à blindages et à fortes tôles, fondus au four à réverbère ;
- Cylindres de laminoirs pour trains à tôles fines ;
- Projectiles ;
- Tambours de broyeur ;
- Roues moulées à jante trempée, système Griffin ;
- Essieux montés ;
- Volants.
- Les installations de la Société comprennent :
- Deux hauts fourneaux situés l’un à Sizzola, l’autre à Bondione : ces fourneaux sont alimentés par des mines voisines, appartenant également à la Société ; leur superficie totale est de 270 hectares.
- La Société compte dans sa clientèle de consommateurs de cylindres de laminoirs,
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- non seulement toutes les forges italiennes de quelque importance, mais aussi des forges étrangères connues telles que :
- Bolwin Ltd à Hidderminster
- John Hill à Middlesbrough Dillinger Huttenwerke Bismarkhutte
- Oesterreichische Huttenwerke
- : Autriche.
- La production annuelle en cylindres de laminoirs atteint 5.000 tonnes dont 3.500 tonnes environ sont livrées aux forges italiennes, le reste à l’étranger.
- GRANDI FUCINE ITALIANE GIO. FOSSATI ET Cif A SESTRI PONENTE (g. P.)
- Cette Société, qui fournit la Marine et l’Artillerie, avait exposé des pièces de grosse et de moyenne forge et des pièces estampées.
- Pièces estampées. — Petite exposition comprenant deux planches de pièces diverses, l’une des pièces pour la construction d’automobiles (essieux avant, bielles, vilebrequins, pédales, tendeurs de chaînes, fusées, etc....),l’autre pour la construction de matériel de chemin de fer (tampons, brides de ressorts, balanciers de répartition, crochets de traction, tendeurs, etc....).
- Pièces de forge. — Les pièces principales de cette exposition étaient :
- La moitié d’un arbre de couche pour l’un des paquebots «Syracuse» et «Messina» appartenant aux Chemins de fer italiens ; le poids de cette pièce était d’environ 6 tonnes.
- Un arbre à trois coudes destiné à un torpilleur et un piston de machine à vapeur en acier.
- L’exposition comprenait encore des pièces brutes, bielles, etc....
- DESCRIPTION DES USINES DE SESTRI PONENTE
- Les usines de Sestri possèdent un pilon de 10 tonnes et 1 presse de 2.000 tonnes pour le forgeage des pièces de grosse et de moyenne forge.
- Elles possèdent également une série de marteaux-pilons de moindre force pour les pièces de plus petites dimensions ; enfin, une presse hydraulique de 400 tonnes à travail rapide.
- La Société ne fabrique pas elle-même ses matières premières mais reçoit
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- ses lingots de l’étranger, France ou Allemagne; elle vend les pièces de forge brutes ou terminées.
- L’installation a été créée en 1890, elle occupe 250 ouvriers et sa production annuelle est de 6.000 tonnes.
- SOCIÉTÉ ILVA, A NAPLES (g. p.)
- Les produits exposés par la Société Ilva comprenaient : une pyramide de coke de belle apparence, fabriqué avec des fines anglaises et allemandes; une planche des profils fabriqués par la Société, rails Vignole de poids divers jusqu’à 43 kilogrammes au mètre, rails à ornières pour tramways pesant jusqu’à 52 kilogrammes, fers à plancher jusqu’à 600 millimètres de hauteur d’âme ; ronds de 200 millimètres de diamètre ; carrés de 200 millimètres de côté ; fers U de 400 millimètres de largeur.
- La plus grande partie de l’exposition était occupée par un plan en relief au 500e montrant les dispositions générales de l’usine. Lorsque les constructions prévues seront achevées, l’usine disposera de 6 fourneaux et de 10 fours Martin.
- Le modèle d’un des fours Martin au 20e figurait également dans cette exposition.
- Le four est fixe et présente un armaturage très soigné, les régénérateurs sont placés en long sous le plancher de travail et munis de nids à crasses pour éviter l’obstruction des chambres par les poussières ou les briques tombant des têtes.
- Le laboratoire indépendant du massif des chambres est supporté par deux piliers en béton.
- Sur la face arrière du four, du côté du plancher de chargement, se trouvent 5 portes, 3 au milieu pour le chargement, 2 pour le travail et l’examen des becs des brûleurs.
- Ces portes sont toutes refroidies hydrauliquement, ainsi que leurs cadres ; la manœuvre de levée des portes est faite par l’eau sous pression.
- Dans la devanture du four et à proximité des becs de 1 brûleur se trouvent 2 petites portes permettant d’examiner et de réparer les brûleurs.
- Les brûleurs ont une très grande longueur dans le but de prolonger les campagnes du four.
- Les arrivées de gaz dans le four sont au nombre de 2 d’une largeur de 80 centimètres environ et d’une hauteur d’environ 1 mètre ; elles sont séparées par un massif plein d’environ 80 centimètres de largeur. L’air arrive par un seul carneau qui a environ 4 mètres de largeur et une hauteur sous-clef de 75 centimètres.
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- Les murs du stand étaient ornés d’un grand nombre de photographies représentant les hauts fourneaux, l’Aciérie Martin, les ateliers de laminoirs, etc....
- CONSISTANCE DES USINES
- La création de la Société remonte à 1904 seulement et a eu pour origine le
- HAUTS FOURNEAUX ET ACIERIES DE LA SOCIETE ILVA Vue du Stand.
- vote de la loi du 8 juillet 1904 pour la restauration de l’industrie napolitaine.
- Les dispositions essentielles de cette loi comportent en effet le droit pour les industries napolitaines :
- i° A la libre introduction dans Naples de matériaux de construction ;
- 2° A l’exemption de toutes taxes pour une durée de 10 ans ;
- 3° A l’obtention d’un tonnage annuel de 200.000 tonnes de minerai de fer pro-
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- venant de Pile d’Elbe, à des conditions très avantageuses, ces 200.000 tonnes étant prises en surplus de la production en 1904.
- La Compagnie Ilva envisagea la possibilité de consommer elle-même ces
- HAUTS FOURNEAUX DE LA SOCIÉTÉ ILVA Plan d’ensemble.
- a) Fours à coke. — b) Parc à coke. — c) Usine à sous-produits. — d) Hauts Fourneaux. — e) Parcs à fonte et à riblons. — f) Aciérie et gazogènes. — h) Laminoirs. —j) Bassins.
- 200.000 tonnes de minerai et c’est pour cette raison qu’elle décida immédiatement la création d’une usine considérable.
- Le commencement des travaux remonte à 1907.
- La Compagnie possède à Bagnoli un terrain de 120 hectares situé au bord de la mer et s’étendant sur une longueur de rivage de 500 mètres.
- L’usine comprend actuellement des fours à coke avec récupération des sous-produits, des hauts fourneaux, une aciérie et des laminoirs.
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- En dehors de ces installations spéciales à la fabrication, l’usine comprend des installations annexes : port de déchargement et d’embarquement, chemin de fer pour les échanges entre les différentes parties de l’usine, station centrale, usine à gaz, etc....
- L’usine de la Compagnie Ilva n’a pas encore obtenu son raccordement avec le chemin de fer, mais cette circonstance ne l’empêche pas de recevoir les matières premières et d’expédier ses produits finis. Tous ces échanges se font par le port.
- L’usine s’approvisionne en combustible en Angleterre et en Allemagne, le minerai provient des mines de l’Ile d’Elbe, la castine enfin est extraite des mines de Sorrente.
- Fours A coke. — Les fours à coke qui sont actuellement au nombre de 120 (2 batteries de 60) sont du type de régénération.
- Ils donnent 600 tonnes de coke par 24 heures.
- La capacité de chaque four est de 7,5 tonnes de charbon crû non pilonné (ou de 8 tonnes de charbon pilonné), la durée de cuisson est de 32 heures. Chaque batterie de fours est desservie par une pilonneuse-enfourneuse-défourneuse. Au sortir du four le gâteau de coke glisse sur un plan incliné constitué par des dalles en basalte du Vésuve, sur lequel il est arrosé et complètement refroidi. Il est repris par une bande transporteuse de 220 mètres de longueur qui l’amène jusqu’à des accumulateurs d’où il est directement chargé dans les bennes cylindriques et à fond conique qui alimentent les hauts fourneaux.
- Les gaz, après avoir été traités pour la récupération de l’ammoniaque et du goudron, sont brûlés sous des chaudières; ultérieurement ils seront envoyés dans un grand gazomètre télescopique d’une capacité de 30.000 mètres cubes où ils seront mélangés avec les gaz des hauts fourneaux au sortir de la seconde épuration. Ce mélange sera employé pour le chauffage des fours Martin, des fours à réchauffer, des chaudières.
- Auprès des fours à coke se trouve un vaste emplacement sur lequel on peut mettre en stock 500 tonnes de fines à coke.
- Hauts fourneaux. — Le parc à minerai des hauts fourneaux couvre une superficie d’un peu plus de 2 hectares. Il est placé en prolongement du parc à combustibles des fours à coke et il est, comme lui, desservi par 4 voies sur lesquelles circulent 4 grues électriques de 5 tonnes chacune. Lorsqu’elle sera terminée, l’installation des hauts fourneaux comprendra 6 unités (3 groupes de 2) ; actuellement le groupe du milieu est seul en service.
- Les fourneaux comportent des accumulateurs à minerai. Ces accumulateurs métalliques, d’une capacité individuelle de 500 tonnes et au nombre de 10 pour chaque groupe de fourneaux, sont orientés perpendiculairement à l’axe du parc.
- Au-dessous des accumulateurs se trouvent 2 galeries dans lesquelles circulent
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- des wagons portant les bennes de chargement qui montent directement aux hauts fourneaux. Ces bennes sont semblables à celles dont il a été question pour le coke.
- Le remplissage des accumulateurs est effectué par les 4 grues dont il a été question à propos des parcs à minerais. •
- Le coke, comme on l’a dit, vient directement des grands accumulateurs à coke.
- Le chargement des hauts fourneaux se fait par des bennes cylindriques à fond conique du genre de celles employées dans les systèmes Pohlig et Benrath.
- Les caractéristiques des hauts fourneaux sont les suivantes :
- Hauteur totale : 23 mètres.
- Diamètre au creuset : 3 m. 65.
- Diamètre au ventre : 6 m. 45.
- Diamètre au gueulard : 4 mètres.
- Le creuset est en briques de graphite, tout le restant du fourneau est en briques alumineuses. Chaque fourneau possède 8 tuyères à vent et 2 tuyères à laitier dont les axes sont à 90° l’un de l’autre.
- Les plates-formes des gueulards sont supportées par une charpente métallique et, dans un même groupe, sont reliées entre elles par une passerelle au-dessus de laquelle circule un pont roulant. Ce pont est disposé pour pouvoir prendre les bennes de chargement sur l’un quelconque des élévateurs. Il permet, par suite, de continuer l’alimentation des deux fourneaux lorsqu’un des élévateurs vient à faire défaut.
- Chaque fourneau possède 4 appareils Cowper de 7 mètres de diamètre et 30 mètres de hauteur.
- Chaque fourneau a sa halle de coulée, recouverte de tôle ondulée. On peut soit couler en halle, soit couler en poche ; c’est généralement le cas, puisqu’on marche en fonte liquide à l’aciérie Martin.
- La production de chaque fourneau est actuellement de 200 tonnes environ en fonte Martin ; on pourrait, en poussant led fourneaux davantage, arriver à 240 tonnes environ.
- L’épuration des gaz comporte 2 degrés : la teneur en poussière au sortir de la deuxième épuration est d’environ 30 milligrammes par mètre cube.
- Soufflantes et station centrale. — La centrale comprend :
- 2 soufflantes à gaz de 1.500 chevaux chacune ;
- 2 soufflantes à vapeur de 1.500 chevaux chacune ;
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- 1 groupe électrogène actionné par un moteur à gaz de 1.500 chevaux à 4 cylindres ;
- 2 groupes électrogènes actionnés par un moteur à gaz à 2 temps de 750 chevaux chacun ;
- 2 groupes électrogènes actionnés par moteurs à vapeur de 750 à 800 chevaux.
- Il y a enfin en cours de construction un moteur à gaz à deux temps de 1.700 chevaux. Le courant employé dans l’usine est continu à 600 volts.
- La centrale est complétée par une batterie-tampon de 1.500 ampères heures.
- Aciérie. — Lorsqu’elle sera terminée, l’Aciérie comprendra :
- 2 mélangeurs de 300 tonnes ; 10 fours Martin basiques de 55 tonnes chacun.
- Chaque four possédera trois gazogènes. Le nombre de gazogènes pourra d’ailleurs être porté à 4 par four si l’on en reconnaît la nécessité.
- La halle des gazogènes est séparée de celle des fours par un parc à riblons desservi par deux ponts roulants.
- Les cuillers de chargement préparées dans le parc à riblons sont montées jusqu’au plancher de chargement des fours, posées sur des trucks à voie étroite où elles sont reprises par les chargeuses mécaniques.
- Le chargement de la fonte liquide est assuré par 2 ponts roulants de 40 tonnes ; le service de la coulée par 2 ponts de 90 tonnes chacun.
- Enfin le démoulage des lingots, pour lesquels on a prévu un poids maximum de 5 tonnes, est opéré par deux strippers. Aussitôt démoulés les lingots sont envoyés dans les pitts pouvant contenir plusieurs lingots.
- Le bâtiment de l’Aciérie aura une longueur de 400 mètres .
- A l’heure actuelle, la première moitié seulement de l’Aciérie a été exécutée, il n’y a en service qu’un mélangeur et 5 fours Martin.
- Une conduite de 5 m. 25 de diamètre amènera à l’Aciérie l’excédent de gaz des hauts fourneaux dans un vaste gazomètre situé à proximité des fours Martin. On se propose d’utiliser ultérieurement ces gaz, enrichis avec les gaz de fours à coke, au chauffage des fours Martin.
- Toutes les manœuvres des fours Martin, des valves, des portes, etc..., sont effectuées hydrauliquement. Chaque four possède sa cheminée indépendante de 60 mètres de hauteur, en tôle, doublée intérieurement en briques réfractaires.
- On construit en ce moment une installation pour la préparation de la dolomie.
- Laminoirs. — Les ateliers des laminoirs occupent une surface de 3 hectares environ. Ils comprennent actuellement un bloomingde 1.150 actionné par une machine réversible à vapeur de 7.000 chevaux et 2 trains finisseurs, l’un de 920 et l’autre de 75°-
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- Le train de 920 est un duo réversible à 4 cages (une cage à billettes, 3 cages pour le laminage des profilés). Il est conduit par une machine à vapeur de 10.000 chevaux.
- Le train de 750 est un trio comportant une cage à billettes et 4 cages pour profilés, gros et moyens rails.
- La longueur des barres que l’on peut laminer est de 120 mètres. On envisage l’installation d’un second blooming identique, d’un train à grosse tôle et de trains marchands.
- Au-dessus des trains et à 12 mètres du sol circulent des ponts roulants puissants, pour les changements de cylindres et les réparations des trains.
- La disposition des laminoirs à proximité des pitts permet de laminer les produits finis à la chaude, à partir du lingot.
- Port. — Le port comprend un môle de 300 mètres de longueur desservi par 8 grues électriques de 5 tonnes chacune ayant une portée de 12 mètres, 2 grues de 5 tonnes, de 9 mètres de portée, et 2 autres grues à vapeur ayant également 9 mètres de portée, et respectivement 10 et 6 tonnes de puissance.
- Les navires du plus grand tirant d’eau peuvent accoster au môle et la capacité totale des installations de déchargemeht permet de décharger dans de bonnes conditions 5.000 tonnes par 24 heures.
- Le port est relié aux usines par un chemin de fer à voie normale.
- Le réseau intérieur aura un développement d’environ 40 kilomètres dont 25 sont déjà construits. Le matériel roulant comporte en ce moment 80 wagons et 12 locomotives.
- SERVICES ACCESSOIRES
- La réfrigération des hauts fourneaux se fait simplement à l’eau de mer que l’on pompe à l’extrémité du môle et que l’on refoule dans un château d’eau.
- L’eau douce est obtenue par une grande galerie de drainage de 200 mètres de longueur ; une seconde galerie analogue est en construction et les eaux sont collectées dans deux grands bassins chacun de 40.000 mètres cubes.
- Il existe une installation centrale de chaudières composée de 7 batteries chacune de 4 chaudières, type Cornwall de 250 mètres de surface de chauffe individuelle.
- Ces chaudières produisent de la vapeur à 12 kilogrammes ; on y brûle des gaz des fours à coke ou des hauts fourneaux, mais l’on a conservé les grilles, de façon à pouvoir marcher au combustible solide en cas de besoin. Ces chaudières alimentent la centrale et les machines des trains.
- L’usine dispose d’une condensation centrale et on y a prévu la place suffisante pour doubler l’installation lorsque l’usine sera arrivée à son complet développement.
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- En dehors de ces installations, l’usine possède encore un certain nombre d’ateliers auxiliaires, fonderies, réparations, modelage, magasins, etc....
- Le personnel actuel des usines est d’environ 1.800 ouvriers.
- SOCIETA ITALO-GENEVRINA, A TURIN
- Cette Société fait des pièces de précision pour diverses industries, en particulier, construction des automobiles, motocyclettes et bicyclettes.
- Les produits de son exposition, renfermés dans une vitrine, comprenaient des soupapes d’automobiles, des corps de moyeux, de bicyclettes, des boulons, poulies, etc....
- On voyait également une coupe de moteur mono-cylindrique de motocyclette Dufaux (moto-sacoche).
- SOCIETA LIGURE METALLURGICA A SESTRI PONENTE (g. P.)
- L’exposition de cette Société comprenait des planches de profilés fabriqués dans ses usines ; carrés, T, plats, cornières, fers à plancher jusqu’à 300 millimètres d’àme ; fers en Z, etc.... Matériel de voie, rails Vignole, éclisses, selles. Enfin des barres d’acier à ressorts nervurés.
- Cette Société fabrique des ressorts de chemins de fer dont elle avait exposé un grand nombre de spécimens, en particulier : gros ressorts à lames pour locomotives, d’un poids allant jusqu’à 150 kilogrammes, ressorts de voitures ordinaires et à pincettes.
- Ces ressorts paraissaient généralement assez bien ajustés bien que la couche de peinture dont ils étaient recouverts ne permît pas de s’assurer de l’adhérence parfaite des feuilles les unes sur les autres.
- Quelques ressorts spiraux figuraient également dans cette exposition.
- On trouvait encore une exposition de tôles en deux séries : tôles minces d’une épaisseur variant entre 3/10 de millimètre et 2 millimètres, tôles moyennes et épaisses d’une épaisseur variant entre 2 et 20 millimètres.
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- L’exposition des pièces de fonderie comprenait :
- Une série de tubulures ;
- Des bâtis de machines verticales d’un poids atteignant 1.000 kilogrammes, des fonds de cylindres pour machines marines d’un diamètre pouvant atteindre 80 centimètres.
- Des hélices à 3 branches d’un diamètre allant jusqu’à 1 mètre.
- Toutes ces pièces avaient bonne apparence, elles paraissaient soignées et présentaient une peau lisse et exempte de défauts superficiels.
- SOCIETA TUBI MANNESMANN
- Cette Société, filiale italienne des Établissements Mannesmann, exposait des tubes pour chaudières, conduites à haute pression, installations frigorifiques, mâts militaires, etc.... Le plus fort diamètre de tubes sans soudures atteignait 300 millimètres.
- Son usine de Dalmine (Province de Bergame) a une production de 15 000 tonnes de tubes par an. Un four Héroult y est en service depuis le mois de décembre 1910.
- La Société Mannesmann, «Deutsch-Oesterreichische Mannesmann Rohrenwerke», possède en Allemagne et en Autriche 5 usines importantes : à Bous (près Sarrebrück) à Rath (près de Dusseldorf) à Remscheid (Prusse Rhénane) et à Komstau en Bohême et Schœnbrunn en Autriche.
- Elle a en outre, depuis de longues années, des intérêts considérables dans la Société Mannesmann anglaise à Landore.
- Cette Société occupe, tant en Allemagne qu’à l’étranger, 11.500 ouvriers et a un capital actions de 30.000.000 mks avec 6.285.000 mks d’obligations. Le bénéfice brut de 1910-11 a été de 9.500.000 mks.
- Suivant sa pratique courante, cette Société fabrique elle-même le métal nécessaire à ses besoins. Toutefois, en présence du développement considérable de la production de ses usines allemandes, l’aciérie de Bous est devenue insuffisante et la Société Mannesmann a conclu un contrat avec les usines Krupp, lesquelles lui fournissent 120 à 150.000 tonnes d’acier annuellement.
- La production totale de la Société, en tubes, est d’environ 150.000 tonnes consistant en tubes spécialement laminés à chaud pour chaudières, conduites d’eau, de gaz, en mâts tubulaires, poteaux pour transport de force, en récipients sans soudure pour le gaz comprimé, etc....
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- Les tubes de gros diamètres que fournit cette Société sont exécutés en tôle soudée au chalumeau alimenté au gaz à l’eau.
- En outre de la vente de ses propres fabrications, la Société Mannesmann s’est chargée depuis peu, grâce à des contrats spéciaux, de vendre la production d’usines à tubes indépendantes, telles que :
- Balcke Tellering & Cie à Benrath (Westphalie) ;
- Vittener Stahlrohrenwerke à Vitenne.
- SOCIETA METALLURGICA IT ALI AN A, A LIVOURNE (g. p.)
- La Société Métallurgique italienne fabrique du cuivre et de l’aluminium par élec-trolyse, ainsi que des alliages de cuivré (métal Münz) et les transforme en produits divers, barres et tôles ; elle avait exposé des spécimens de toutes ses fabrications.
- On trouvait d’abord toute une série de tubes, barres, bandes en cuivre, laiton et aluminium.
- Des fils tréfilés en cuivre de différentes formes, et en particulier des échantillons de barres de trolley.
- Feuilles de cuivre, laiton, aluminium, ainsi que des échantillons de fils et de câbles fabriqués avec ces différents métaux.
- On trouvait encore une plaque épaisse en métal Münz et des plaques en cuivre rouge pour foyers de locomotives.
- La Société fabrique également des cartouches et des balles du modèle réglementaire italien et présentait dans une vitrine des échantillons de ces fabrications aux différents états d’avancement.
- Le fond du stand était occupé par des vitrines contenant de nombreux échantillons de pointerie de cuivre : clous, rivets, etc... et par un plan des établissements.
- Le stand de cette Société, très vaste, et dont l’entrée était décorée par deux pylônes formés de tubes de laiton et de cuivre, attirait l’attention du visiteur par la diversité de nuances des différents produits exposés.
- . CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Cette Société possède 5 usines à Livourne, Limestre, Pistoise, Mammaio Pis-toiese, Donnaz et Bardalone Pistoiese, pour le traitement des minerais, la préparation et le travail mécanique des alliages.
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- Ces usines comprennent :
- Une usine d’acide sulfurique alimentée par le gaz sulfureux provenant du grillage des pyrites ;
- Des fonderies de cuivre, avec water-jackets et convertisseurs Manhès ; le cuivre brut y est coulé sous forme d’anodes pour l’électrolyse ;
- Un atelier d’électrolyse donnant io tonnes de cuivre électrolytique par jour ;
- Une fonderie pour l’affinage, comportant 4 fours d’une capacité journalière globale de 35 tonnes ;
- 3 fonderies pour la fabrication des alliages ;
- 4 ateliers d’élaboration mécanique du métal, équipés pour la fabrication des barres, tubes, etc... ;
- Un atelier pour la fabrication des munitions de guerre. Cet atelier peut fabriquer par jour 500.000 cartouches de fusil.
- La Société, dont la création remonte à 1892, a débuté modestement avec une production en 1893 de 2.700 tonnes de produits finis. Cette production n’a, depuis lors, cessé de s’accroître ; elle a atteint, en 1911, 13.100 tonnes.
- Les fabrications de la Société sont très variées : tôles et plaques de cuivre pour foyers de locomotives ; laitons pour douilles de guerre ; maillechorts pour enveloppes de balles ; tubes tréfilés sans soudure, en cuivre, laiton, aluminium pour chaudières, condenseurs, conduites de gaz, barres, profilés divers, fils de cuivre, laiton, etc....
- Fils de trolley ; fils de cuivre phosphoreux.
- SOCIETA INDUSTRIA METALLURGICHE TURIN (d. h.)
- Cette maison présentait une exposition fort intéressante par sa variété et par la bonne exécution des pièces exposées.
- On y trouvait en particulier :
- Une série de pièces estampées pour la construction d’automobiles : des bielles motrices de différentes dimensions ; essieux avant ; chapes de cardan ; couronnes d’engrenages pour changements de vitesse ; mains de ressorts AV et AR ; pédales de commandes de l’embrayage et des freins, leviers de vitesse et de freins, etc....
- Une série de pièces estampées pour la construction de matériel de chemins de fer, en particulier des tampons de voitures et wagons, des crochets de traction.
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- Des emboutis destinés à la construction des voitures automobiles, de bogies de véhicules de chemins de fer et de matériel d’artillerie : en particulier, 4 châssis de voitures automobiles de moyenne et grande dimension, de forme assez compliquée, restreints à l’AV pour permettre un grand braquage des roues, relevés à l’AR pour permettre l’emploi de ressorts à crosses. Ces châssis étaient bien exécutés et bien présentés.
- On trouvait également des voitures d’artillerie finies; un caisson avec son avant-train.
- Cette Société s’est fait une spécialité de pièces en tôle soudée ; elle exposait une série de chalumeaux pour la soudure oxy-acétylénique et des spécimens intéressants de sa fabrication, tels que carters de chaînes pour voitures automobiles en tôle emboutie et soudée.
- L’exposition comprenait encore des pièces de fonderie, d’un caractère utilitaire et ornemental et enfin un trio de cylindres de laminoirs de 700 millimètres en acier forgé (cylindres dégrossisseurs).
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- La création de cette Société remonte à 10 ans : elle s’est, dès le début, spécialisée dans la fabrication des pièces de petite et moyenne forge, et dans la fabrication des pièces estampées pour la construction du matériel roulant de chemin de fer et des voitures automobiles.
- L’extension rapide de l’industrie automobile à Turin provoqua, dès les débuts de la Société, une demande active de pièces d’estampage.
- La Société eut la sagesse de comprendre que la période de prospérité de cette dernière industrie ne durerait pas indéfiniment ; elle chercha et trouva d’autres débouchés dans les fabrications pour la Guerre, la Marine et les Chemins de fer. Elle put donc sortir indemne de la crise qui sévit sur l’industrie automobile il y a quelques années.
- Elle possède, à l’heure actuelle, 3 usines : deux à Turin, la troisième à Sestri.
- L’usine de Barrière-Milano à TURIN comprend :
- Une grosse forge avec une série de gros pilons, une presse hydraulique de 1.000 tonnes et d’autres plus petites.
- Un atelier d’emboutissage, qui s’est fait une spécialité de longerons d’automobiles et de longerons de bogies. On y fabrique aussi des pièces pour la construction des voitures d’artillerie.
- A
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- Un atelier d’estampage possédant 25 marteaux.
- Ces installations sont complétées par des ateliers pour l’usinage de pièces forgées et estampées, comprenant 300 machines-outils ; par des ateliers de construction où se fait le montage des châssis d’automobiles et des voitures d’artillerie ; on trouve dans ce dernier atelier un outillage à air comprimé moderne, des chalumeaux oxy-acéty-léniques, etc....
- L’usine de Barrière-Milano possède une aciérie au creuset et fabrique des projectiles de rupture et semi-rupture. Ses ateliers de forge, tréfilage, trempe et usinage sont installés de la manière la plus moderne. La Société a participé à la fondation de le nouvelle société dite « Societa Italiana per la Fabbricazione dei proiettili » à laquelle elle fournit des lingots d’acier au creuset pour la fabrication des projectiles de rupture et semi-rupture.
- La deuxième usine de Turin, celle de Barrière San Paolo, est une fonderie de fonte ordinaire et malléable.
- Enfin, l’usine de Sestri-Ponente comprend un atelier d’estampage et un atelier de finissage.
- SOCIETA ANONIMA OFFICINE DI NETRO (d. h.)
- L’exposition de cette Société occupait un vaste stand de 15 mètres environ de longueur, et présentait des produits fort intéressants.
- On y voyait en particulier des planches de pièces estampées pour la construction d’automobiles, bielles de différentes longueurs, de poids variant entre 5 et 20 kilogrammes, des essieux avant, moyeux, fusées, leviers de changement de vitesse et de freins, enfin des soupapes en acier au nickel.
- L’exécution de ces pièces ne laissait rien à désirer, les arêtes en étaient bien vives et sans bavures, la surface nette et recouverte d’une couche d’oxyde régulière et sans trous.
- On voyait encore des pièces pour la construction de matériel roulant, également fabriquées par estampage, crochets de traction, appareils d’attelage, en particulier un attelage semi-automatique du système de la Brett’s Patent Lifter Co Limited, Coventry.
- La Société fabrique également des pièces pour voitures d’artillerie telles que alvéoles pour logement des cartouches, pièces de ferronnerie diverses, palonniers.
- Tout le fond du stand était occupé par une exposition de taillanderie considérable, haches, hachettes, serpes, faux, faucilles, couperets, d’outils pour cordonnerie, d’outils
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- de tailleurs et de casseurs de pierres, masses, massettes et marteaux, d’ustensiles de jardinage, râteaux, bêches, pelles. La coutellerie de cuisine et de boucherie.
- Cette partie de l’exposition n’était pas la plus intéressante.
- ALTI FORNI ACCIAIERI DI PIOMBINO (g. p.)
- L’exposition de cette très importante Société occupait un vaste stand dans le fond de l’emplacement réservé à la section italienne. La décoration de ce stand, qui présentait toutes les variétés de produits de la Société, était particulièrement suggestive.
- Un des côtés du stand était occupé par un faisceau de barres laminées de profils divers, rails, poutrelles, etc... d’une longueur de 7 à 8 mètres et disposés en paraboloïde hyperbolique.
- Au centre de l’exposition se trouvait une pyramide dont les assises superposées étaient formées par des lits de matières de consommation et de fabrication de l’usine : l’importance de chaque assise étant proportionnelle à la consommation ou à la fabrication journalière du produit en question.
- Voici les chiffres indiqués :
- Minerais . . .
- Charbon . . .
- Coke ........
- Fonte........
- Acier........
- Produits finis
- 1.100 tonnes 288 —
- 432 —
- 480 —
- 500 —
- 400 —
- On voyait encore une série de rails Vignole et à ornière, éclissés, des lingotières, une cage de laminoir en acier moulé avec chapeau rapporté, pour un duo réversible : Poids 19 tonnes.
- Enfin une série de tuyaux en fonte moulée, de vannes, de raccords, de briques et de ciment des ateliers.
- Au mur étaient accrochées des photographies des installations diverses, en particulier d’un mélangeur chauffé et de l’aciérie.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- La Société de PIOMBINO débuta modestement en 1897 avec un petit haut fourneau de 70 à 80 tonnes, et une fonderie de tuyaux. En 1906, le groupe fondateur de
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- l’affaire, escomptant un développement rapide de la consommation italienne, conçut le projet de créer une Société sidérurgique importante : désireux de bénéficier d’un contrat avantageux qui assurait annuellement à la Société de Piombino ioo.ooo tonnes de minerai de l’Ile d’Elbe à un prix très bas, il décida de procéder simplement à une extension de l’affaire existante. En fait, on peut dire que c’est à cette date seulement que remonte la création de l’affaire actuelle.
- A
- USINES DE PIOMBINO Plan d’ensemble.
- a) Hauts Fourneaux. — b) Fours à coke. — c) Récupération des sous-produits. — d) Aciéries. — e) Laminoirs. — f) Fonderie. — g) Ateliers. — h) Station hydraulique.
- L’usine de Piombino est située au bord de la mer, position indispensable pour une usine qui reçoit ses matières premières et combustibles d’outre-mer. Cette situation est avantageuse pour un établissement à grosse production qui peut avoir à un moment donné à envisager l’exportation. Elle est traversée par la ligne Piombino-Campiglia.
- Les installations existantes couvrent une superficie de ioo hectares et comprennent :
- Un port de déchargement et d’expédition ; des fours à coke ; des hauts fourneaux ; une aciérie Martin ; des laminoirs ; une cimenterie.
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- Port. — Il comprend un môle de 300 mètres de longueur et large de 30 mètres prolongé par un appontement de 125 mètres ; sur l’appontement sont montées deux grues électriques pouvant décharger chacune de 30 à 40 tonnes à l’heure : les matières déchargées sont transportées vers l’usine par un transporteur aérien.
- Le môle est muni de 6 grues Temperley d’une capacité horaire totale de 60 à
- SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX ET ACIERIES DE PIOMBINO Vue du Port.
- 80 tonnes. Elles déchargent, soit sur les wagonnets du transporteur aérien, soit sur des wagons à voie normale, ou bien mettent en tas sur le quai.
- Les transports entre le quai et l’usine sont assurés par le transporteur aérien et par une voie normale. Le transporteur aérien dessert les fours à coke, les fourneaux et l’aciérie.
- Fours a coke. — Ils comprennent :
- Une batterie de 44 fours à récupération Otto donnant 220 tonnes de coke par 24 heures.
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- Une batterie de 30 fours, sans récupération, donnant 90 tonnes de coke par 24 heures.
- Le parc à combustibles des fours à coke permet la mise en stock de 20.000 tonnes de charbon. Les charbons sont broyés et pilonnés avant enfournement.
- La récupération des sous-produits est limitée à l’ammoniaque et au goudron.
- SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX ET ACIERIES DE PIOMBINO Aciérie et Mélangeur.
- Les gaz épurés sont en partie brûlés pour le chauffage des fours : l’excédent est consommé à la centrale, où il fournit une puissance de près de 1.000 chevaux.
- Les flammes perdues des fours passent sous des chaudières Babcock de 2.000 mètres carrés de surface de chauffe totale fournissant une puissance de près de 5.000 chevaux ; une batterie nouvelle de 60 fours à coke est en construction.
- Hauts fourneaux. — Ils sont au nombre de 2, un troisième est en construction.
- Le chargement se fait par voie aérienne inclinée dont les bennes s’approvisionnent
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- sous les trémies des accumulateurs. Les accumulateurs à minerai et castine ont une capacité de 20.000 tonnes.
- Les deux hauts fourneaux produisent par 24 heures environ 300 tonnes de fonte, qui est transportée liquide à l’aciérie Martin.
- On granule le laitier, qui est envoyé à la cimenterie par voie aérienne.
- Chaque fourneau possède 4 Cowper de 7 mètres de diamètre et 30 mètres de hauteur.
- Les gaz des fourneaux subissent une première épuration à sec, puis une épuration humide dans deux appareils Theisen de 500 mètres cubes à la minute.
- Au sortir de l’épuration secondaire, les gaz sont envoyés dans un grand gazomètre qui alimente les moteurs à gaz. La puissance totale des machines à gaz de l’usine est de 9.000 chevaux.
- Aciérie Martin. — Elle comprend sous une halle de 48 mètres de largeur et 150 mètres de longueur :
- Un mélangeur chauffé de 150 tonnes ;
- Cinq fours Martin.
- La fonte liquide subit un préaffinage au mélangeur : on charge à cet effet du minerai et du calcaire.
- Les fours, d’une capacité individuelle de 50 à 60 tonnes, sont desservis par deux ponts chargeurs électriques.
- La coulée se fait au pont : la halle de coulée possède à cet effet 3 ponts roulants de 75 tonnes. Les lingotières sont montées sur des trucks, 2 par 2. Le lingot type pèse 3 tonnes.
- La manipulation des lingotières est effectuée par une grue portique de 10 tonnes, 15 mètres de portée. La production journalière de l’aciérie est de 450 tonnes environ.
- Les parcs de l’aciérie peuvent mettre en stock :
- 10.000 tonnes de combustible,
- 5.000 tonnes de calcaire.
- 25.000 tonnes de riblons.
- Laminoirs. — Le démoulage des lingots est assuré par 2 strippers d’une puissance de 7 tonnes 500. Les lingots sont alors mis aux pitts, où ils séjournent 1 heure à 1 h. 1/2 suivant la nuance du métal, avant de passer au blooming. Le blooming de 1.050 est
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- conduit par une machine jumelle Compound à vapeur surchauffée de 8.000 HP. Au blooming fait suite une cisaille hydraulique pouvant couper 350 m/m carrés.
- Les trains finisseurs comprennent :
- Un duo de 850, réversible, à 3 cages, pour laminage des profilés suivants :
- Poutrelles de 200 à 550 ;
- Fers U de 160 à 300 ;
- Rails Vignole, et à gorge, jusqu’à 60 kilogrammes ;
- Plats jusque 350 de largeur ;
- Ronds jusqu’à 150.
- Ce train est monté en ligne avec le blooming. Il est commandé par une machine à vapeur surchauffée jumelle Compound de 8-10.000 HP.
- 20 Un train marchand à 2 cages trio de 500, actionné par moteur électrique de 1.000 chevaux. Ce train est desservi par un dégrossisseur de 600, trio, conduit par un moteur électrique de 450 chevaux.
- 30 Un double duo de 300 à 6 cages, actionné par un moteur électrique de 1.000 chevaux. Ce train est desservi par un box de 450.
- La commande des appareils accessoires des trains est hydraulique ou électrique : au-dessus des trains circulent des ponts roulants dont les chemins de roulement vont jusqu’aux parcs à cylindres, les changements de cylindres se font donc très rapidement.
- L’atelier des laminoirs est prolongé par la halle de finissage qui a 350 mètres de long par 40 mètres de largeur.
- Les laminoirs ont été prévus pour une production totale de 800-1.000 tonnes par 24 heures. Le parc des produits finis peut contenir 20.000 tonnes de profilés.
- Fonderie. — L’usine possède une fonderie de fonte, pour le moulage des pièces destinées à la construction des machines et des tuyaux de 40-400 millimètres diamètre : la production de tuyaux atteint 40-50 tonnes par jour.
- La fonderie dispose de 4 ponts roulants à grande vitesse, elle est alimentée par 4 cubilots de 10-12 tonnes à l’heure.
- Cimenterie. — Cet atelier où l’on fabrique du ciment de laitier est installé au bord de la mer, près du port. Il comporte une installation pour le séchage du laitier ;
- Des broyeurs tubulaires pour la pulvérisation du laitier et du calcaire qu’on y ajoute, en proportion définie, pour former le ciment ;
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- Des presses pour la fabrication des briques ;
- Des fours verticaux pour la cuisson des klinkers ;
- Des concasseurs et broyeurs pour la pulvérisation du ciment.
- La production journalière de la cimenterie est de 90-100 tonnes. Les agrandissements prévus la porteront à 200 tonnes.
- SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX ET ACIERIES DE PIOMBINO Aciérie Martin.
- Centrale et Soufflantes. — Le bâtiment de la centrale mesure 30 m. x 100 m.
- et contient :
- Une soufflante à gaz double tandem........................ 1.500 chx
- — — — simple......................................... 750 —
- — — à vapeur Compound........................... 1.200 —
- Quatre groupes générateurs de 1.550 chevaux composés chacun d’un moteur à gaz et d’un alternateur ;
- Deux turbo-alternateurs de 180 chevaux.
- Le courant produit par la centrale est du triphasé 50 périodes 3.000 volts : il
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- — m —
- alimente directement les moteurs des laminoirs. On le transforme en triphasé 200 volts 50 périodes pour les moteurs auxiliaires.
- L’usine possède encore une centrale hydraulique pour la production d’eau sous pression (50 kilogrammes) et une station élévatoire d’une capacité horaire de 5.000 mètres cubes.
- Un laboratoire d’analyse chimique et un laboratoire d’essais de traction, flexion, compression, permettent de contrôler d’une manière continue les matières premières et les produits de fabrication.
- La Société possède une infirmerie, une coopérative de consommation, des habitations ouvrières et des maisons d’ingénieurs.
- SOCIETA SIDERURGICA DI SAVONA, A SAVONE (g. p.)
- L’exposition de la Société de Savone occupait un stand assez vaste et présentait des échantillons de toutes fabrications de la Société, en particulier des produits laminés et des pièces de fonderie.
- L’exposition des produits laminés comportait :
- Une série de barres de profils divers, rails, fers à plancher, etc... d’une longueur de 6 mètres, encastrées dans un socle et déployées en éventail.
- Des rails éclissés de différents types, des coupes de rails divers, Vignole et à ornière avec les éclissés correspondantes.
- Une planche de profilés : fers à plancher ayant jusqu’à 400 millimètres de hauteur d’âme, rails de tous poids jusqu’à 50 kilogrammes au mètre, en rails Vignole et 58 kilogrammes en rails à ornière, ronds carrés, etc....
- Une série de feuilles de fer-blanc de 400 X 700.
- On trouvait à côté des tuyaux en fonte moulée d’un diamètre allant jusqu’à 1 m. 300, des coudes pour tuyaux de même diamètre ; enfin des échantillons de produits réfractaires fabriqués dans les ateliers de la Société.
- L’exposition était complétée par des photographies des divers ateliers et d’un modèle en relief d’usines au 5^.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Les usines de Savone sont situées sur le bord de la mer, c’est-à-dire dans une situation très favorable au point de vue de l’accès des matières premières et de l’expé-
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- dition des produits fabriqués. Placées à proximité de chantiers de construction navale et d’ateliers de construction mécanique, elles ont l’avantage de pouvoir écouler une grande partie de leurs produits pour ainsi dire sur place.
- La superficie occupée par les usines est relativement peu considérable, 12 hectares seulement.
- Les usines, transformées en 1893, comprennent à l’heure actuelle :
- 1 aciérie Martin, des laminoirs,
- 1 fonderie,
- 1 chaudronnerie,
- 1 batterie de chaudières,
- 1 centrale électrique.
- Le capital nominal actuel de la Société est de 30 millions, sur lesquels 24 ont été versés.
- Aciérie. — L’aciérie comprend :
- 5 fours Martin de 30 tonnes,
- 1 four de 18 tonnes,
- 1 four de 15 tonnes.
- Ces fours sont desservis par 2 chargeuses électriques Lauchammer. Le service de la halle de coulée est assuré par 5 ponts roulants ; 2 grues vélocipèdes desservent le moulage.
- Les fours sont alimentés par une batterie de gazogènes Poetter soufflés avec injection de vapeur.
- Entre les gazogènes et les fours s’étend le parc à riblons long de 200 mètres, desservi par 3 ponts roulants. Les matières premières sont montées sur le plancher de chargement par 4 ascenseurs hydrauliques.
- Le parc à combustibles est situé derrière les gazogènes et est desservi par deux grues. Le combustible est amené aux gazogènes par un transporteur à bande métallique. Le même moyen de transport est employé pour le combustible de la Centrale et pour celui que consomment les chaudières qui alimentent les machines de train.
- Laminoirs. — Les laminoirs comprennent :
- 1 blooming de 1.150 avec table de 3 mètres; la levée est de 250.
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- Il prend des lingots de 3 t. 500 et les transforme en blooms d’une section minima de 1002. Il a été établi en vue d’une production de 1.000 tonnes en 24 heures et est actionné par une machine jumelle Compound tandem de 6.000 HP réversible.
- Le blooming est desservi par une cisaille hydraulique qui peut couper une section de 400 X 400 ou de 250 X 600. Cette cisaille est munie d’un multiplicateur à vapeur.
- Les blooms, au sortir de la cisaille, sont transportés par des ripeurs soit au train à rails qui est placé sur la ligne du blooming, soit au train moyen.
- 3 «o
- USINE DE SAVONE
- Plan d’ensemble.
- a) Aciéries. — b) 'Gazogènes. —c) Préparation de la dolomie. — d) Laminoirs. — e) Étamage. — f) Fonderie. — g) Fonderie de tuyaux.
- Train a RAILS. — Le train à rails est attaqué par la même machine que le blooming.
- C’est un train duo de 850 réversible. Sa production journalière peut atteindre 500 tonnes.
- Train de 650. — Le train de 650 est actionné par une machine réversible de 3.500 HP. Il reçoit des blooms du blooming ou d’un train dégrossisseur spécial de 8oo.
- Dans ce dernier cas, les lingots froids d’un poids de 2.000 kilogrammes et d’une section de 400 X 400 sont réchauffés par deux fours qui peuvent fournir chacun 100 tonnes par 24 heures.
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- Le train 650 possède encore un troisième four servant pour les petites sections que l’on ne peut laminer à la chaude. On réchauffe alors le bloom entre le dégrossissage au train blooming ou au train 800 et le laminage au train 650.
- La production du train 650 atteint 300 tonnes en 24 heures.
- La machine du train 650 attaque également une cage à billettes placée de l’autre
- côté.
- Il existe un autre train moyen trio actionné par courroies par une machine à vapeur Tosi de 1.000 HP tandem Compound munie d’un volant de 65 tonnes.
- L’usine possède encore un petit train marchand de 260 desservi par un box de 350. La production de ce train varie entre 30 et 60 tonnes par 24 heures suivant les échantillons.
- Sur la même machine et de l’autre côté est monté un train de 400 à 2 cages pour le laminage de rails de 4 à 12 kilogrammes au mètre.
- Trains a tôles. — Ils sont au nombre de 3 :
- 1 trio Lauth dont les cylindres ont respectivement 775 millimètres et 550 millimètres de diamètre avec une longueur de table de 2 m. 600.
- Ce train est actionné par une machine à vapeur de 150 HP munie d’un volant de 75 tonnes. Sa production en tôles moyennes varie entre 150 et 200 tonnes par 24 heures. Il peut descendre jusqu’à l’épaisseur de 6 millimètres.
- A côté de ce train, se trouve un deuxième train analogue transformé en train universel et actionné par une machine de 1.000 HP munie d’un volant de 60 tonnes.
- Ce train peut laminer des larges plats d’une largeur maxima de 1 mètre. Il est desservi par des tabliers à rouleaux électriques.
- Enfin un train à tôles minces comportant 1 cage à chaud et 3 cages à froid conduites par un moteur électrique de 800 HP. On lamine sur ce train des tôles d’une épaisseur minima de 2 dixièmes de millimètre.
- Les laminoirs de la Société de Savone laminent non seulement toute la production d’acier de l’usine, mais encore une bonne partie de lingots Bessemer fabriqués par la Cie « Elba ».
- Aussi a-t-on construit récemment un grand four à gaz, système Weardale, qui peut réchauffer 200 tonnes de lingots par 24 heures.
- L’atelier des laminoirs est desservi par 8 ponts roulants. L’atelier des tours, qui en dépend, possède 17 grands tours à cylindres et un grand nombre de machines-outils.
- A l’atelier des laminoirs est annexé le finissage pour les rails profilés et tôles qui
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- possède une machine à dresser pour les profilés et une autre pour les tôles, des fraiseuses et diverses machines-outils.
- Les produits de petite section possèdent un finissage séparé dans lequel se trouvent 16 machines-outils et qui est desservi par 4 ponts roulants de 1 à 17 tonnes.
- Parallèlement à l’atelier des laminoirs se trouve l’atelier des tire-fonds et des semelles ainsi qu’une presse à traverses métalliques. Ceci montre que la Société Sidérurgique de Savone possède tout l’outillage nécessaire pour la fabrication du matériel de voie.
- Fonderie. — La fonderie comprend deux divisions : l’une pour le moulage des tuyaux à gaz ou pour conduites hydrauliques que l’on coule verticalement, l’autre pour la fabrication de moulages entrant dans la construction des machines.
- La section de fabrication des tuyaux possède deux cubilots Krigar à avant-creuset pouvant chacun fondre 6 tonnes à l’heure. La halle de coulée est divisée en 3 parties : la première pour les tuyaux de grosses dimensions, c’est-à-dire jusqu’à 1 m. 25 de diamètre est desservie par un pont roulant de 15 tonnes, la deuxième et la troisième (respectivement pour les moyennes et les petites dimensions) possèdent des moyens de manutention adéquats.
- Quant à la fonderie pour pièces de machines, elle est desservie par 2 ponts roulants de 15 et de 20 tonnes et possède de nombreuses étuves et 2 cubilots du type ordinaire.
- On y fabrique des cylindres de laminoirs, des cages, des semelles, des lingotières, en un mot, du matériel d’aciérie et de forge.
- Ces ateliers possèdent un modelage très moderne et une installation pour la préparation des sables.
- Chaudronnerie. — La chaudronnerie comprend 25 machines-outils et travaille non seulement pour le compte de la Société Sidérurgique, mais aussi pour les Sociétés affiliées « Ilva » et « Elba ».
- Batterie de chaudières. — Cette batterie a été créée en vue de centraliser la production de la vapeur répartie primitivement entre un grand nombre de chaudières disséminées dans l’usine.
- Les chaudières sont du type Babcock et du type Cornwall ; leur surface de chauffe totale atteint 4.000 mètres carrés.
- Centrale Electrique. — Depuis 2 ans, le courant est fourni par la Société électrique NÉGRI. La centrale électrique se réduit donc à un poste de transformation.
- L’usine reçoit un courant triphasé 50 pér. 20.000 volts et le transforme en continu à 600 volts au moyen de transformateurs rotatifs.
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- La puissance totale est d’environ 1.200 kw. L’usine possède une batterie tampon de 300 accumulateurs Tudor d’une capacité de 1.300 AH.
- On garde en réserve une station centrale à vapeur comportant 2 machines à vapeur Tosi, l’une verticale à triple expansion 4 cylindres 1.500 HP, l’autre verticale à quadruple expansion de 800 HP.
- Ces machines attaquent 2 dynamos à courant continu et 2 alternateurs triphasés ; elles peuvent, par conséquent, fournir indistinctement du continu ou du triphasé.
- L’installation fournit du courant aux 200 moteurs électriques répartis dans l’usine.
- Communications. — Le réseau intérieur de l’usine est d’environ 20 kilomètres. Il est desservi par 10 locomotives. Les appontements et les quais possèdent des grues électriques puissantes pour le chargement et le déchargement des navires.
- L’usine est complétée par des laboratoires d’analyses chimiques et d’essais physiques, on leur a adjoint récemment un laboratoire de métallographie.
- La production actuelle de la Société sidérurgique de Savone est d’environ 200.000 tonnes par an. Cette Société a constitué à GÊNES une caisse d’assurance à laquelle participent les 3.000 ouvriers qui travaillent dans ses usines.
- SIRY CHAMON ET C “ (H. c.)
- Membre du Jury.
- La Société SlRY, Chamon et Cie s’est fait une spécialité d’installations pour la fabrication du gaz d’éclairage et son exposition présentait des reproductions et des dessins d’un certain nombre d’installations intéressantes exécutées dans ces dernières années.
- Le centre du stand était occupé par un modèle d’usine à gaz. Les appareils producteurs de gaz sont des chambres verticales en maçonnerie à section carrée, légèrement évasées vers le bas, fermées en haut et en bas par des portes en fonte garnie de briques réfractaires. Ce système de chambre, dû au Dr J.-B. Bueb, a été appliqué à l’usine à gaz de Dessau.
- La manutention des charbons crus et des cokes de cette usine est entièrement mécanique. Les charbons sont convoyés par une noria depuis le niveau du sol jusqu’à celui du chargement des fours. Ils sont transportés aux fours dans de petits wagons en forme d’entonnoir. La distillation terminée, on ouvre la porte, le coke tombe dans des wagonnets,•'sous la seule action de son poids, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des moyens mécaniques pour détourner.
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- On voyait également un four à gaz à ç cornues horizontal et les dessins d’un four à 9 cornues du système Lachaumette.
- L’exposition comportait encore une série de moulages en fonte employés dans la construction de canalisations d’eau ou de gaz, des tuyaux et coudes d’un diamètre maximum de 90 centimètres, des vannes en fonte, etc...
- La Société construit également des compteurs à gaz, système Dupleix, et elle en avait exposé une grande quantité de toutes dimensions.
- Elle fabrique également des appareils domestiques de chauffage au gaz ainsi que des fourneaux de cuisine dont plusieurs modèles étaient exposés.
- SOCIETA ALTI FORNI, FONDERIE E ACCIAIRIE DI TERNI
- La Société de Terni occupait dans la travée voisine de celle où exposait Ansaldo, un stand très important où figuraient, entre autres produits intéressants, des plaques de blindage.
- Voici la nomenclature des produits exposés :
- Un tube pour canon de 305 millimètres, 46 calibres, forgé sur mandrin. Ce tube, d’une longueur de 17 mètres, pesait 34 tonnes.
- Une grande tôle de 50 millimètres d’épaisseur et de 4 mètres de largeur en acier au chrome nickel, pesant 15.000 kilogrammes. Cette plaque présentait un intérêt historique : c’est en effet la permière plaque laminée sur le train à blindages installé par la Société Schneider aux usines de Terni. Ce train, sur lequel on trouvera des renseignements plus amples dans la description des usines de Terni, peut laminer des lingots de 100 tonnes : la largeur maxima des plaques qu’il peut fabriquer est de 4 m. 25.
- Deux plaques en métal Krupp de 171 et 148,5 m/m d’épaisseur provenant de lot de blindages de ceinture du croiseur-cuirassé « Gorgios Averoff » de la Marine Royale Héllénique.
- Cette plaque a subi avec succès les tirs de 3 projectiles de rupture, calibre 152 millimètres coiffés, pesant 45 kil. 500 et ayant une vitesse au choc de 636 mètres.
- Deux plaques de ceinture et de tourelles du cuirassé de 22.000 tonnes « Dante Alighieri ».
- On trouvera au chapitre “ Matériel de guerre ” de plus amples détails sur ces plaques.
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- Projectiles. — Toute une série de projectiles de rupture et de semi-rupture en acier chrome nickel.
- On trouvait encore :
- Une vanne en fonte moulée pour conduite d’eau.
- Un cylindre M. P. en fonte pour machine marine de cuirassé ; ce cylindre pesait 16 tonnes.
- Enfin des raccords en acier moulé du poids de 7 tonnes.
- HISTORIQUE DE LA SOCIÉTÉ DE TERNI
- Cette puissante Société est d’origine récente : sa fondation remonte seulement à 1884.
- Elle a été créée en vue d’assurer à l’Italie toute indépendance en ce qui concerne les fabrications intéressant la défense nationale.
- Au début de 1883, le Gouvernement Italien chargeait une commission présidée par Benedetto Brin d’enquêter sur l’état actuel de la Sidérurgie en Italie aux fins de connaître les moyens de production des établissements constructeurs de matériel de guerre. Les travaux de la commission mirent en évidence l’insuffisance de ces moyens. Encouragé par le Gouvernement Italien, Stéphano B RED A, reprenant un projet qu’il avait formé dès 1871, fonda en 1884 la Société des Hauts Fourneaux, Fonderies et Aciéries de Terni au capital de 3.000.000 de francs.
- Ce capital fut rapidement porté à 6 millions, puis à 12 millions en décembre 1885 : il est actuellement de 22 millions 1/2 (depuis 1909). Les travaux de construction des usines furent menés avec rapidité puisque, en octobre 1886, moins de 2 ans après la création de la Société, l’usine de Terni, coulait, en présence du Roi Humbert, un lingot de 80 tonnes.
- La situation géographique de Terni peut paraître défavorable en ce qui concerne la facilité des approvisionnements en matières premières : par contre, l’usine dispose d’énergie à bon compte, en raison de la proximité de chutes d’eau importantes et sa position lui assure, en cas de guerre, une sécurité complète ; ceci est fort important pour un établissement de ce genre. Bien que Terni ait entrepris des fabrications du commerce, son but principal est en effet resté la fabrication du matériel de guerre. C’est dans cet esprit que la Société a acquis des intérêts dans les chantiers de constructions navales Orlando, de Leghorn et Odero, de Sestri et Gênes ; plus récemment, un
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- consortium, comprenant Terni et les deux firmes ci-dessus désignées, a créé, avec
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- ACIERIES DE TERNI Nouveaux trains à blindages.
- le concours financier et technique de la Société anglaise Vickers sons MAXIM Ltd de Sheffield, des ateliers extrêmement importants pour l’usinage et le mon-
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- tage des canons et pour la construction de voitures d’artillerie. Les établissements nouveaux ont reçu le nom de Vickers Terni : ils sont situés à la Spezia.
- DESCRIPTION DES USINES DE TERNI
- Les usines de Terni sont peut-être les seules usines métallurgiques empruntant à des chutes d’eau la totalité de l’énergie nécessaire pour actionner les différents appareils qu’elles utilisent. Cette énergie leur est fournie par la chute de Marmore, dont la hauteur est de 160 mètres environ. La quantité d’eau consommée actuellement atteint 5 mètres cubes à la seconde, l’usine aménage actuellement de nouvelles installations qui lui permettront d’utiliser 8 mètres cubes de plus.
- Aciéries Martin. — Les aciéries Martin sont au nombre de 2 :
- Aciérie N° i. — Elle renferme cinq grands fours (3 de 40 tonnes et 2 de 20 tonnes) et des fours d’étude de faible tonnage. Le gaz nécessaire à l’alimentation de ces fours est produit par 5 groupes de gazogènes du type ordinaire.
- Aciérie N° xi. — Cette aciérie, qui comporte actuellement deux fours basiques de 50 tonnes, a été établie spécialement pour couler des lingots pour plaques de blindage.
- L’atelier comporte deux travées juxtaposées ayant respectivement 18 mètres et 20 mètres de largeur et 60 mètres de longueur ; les fours sont situés dans la première, la deuxième renferme la fosse de coulée et les installations annexes.
- Les fours sont desservis par une chargeuse mécanique du type suspendu et d’une puissance de 3 tonnes. La coulée se fait au pont roulant. Les ponts desservant la halle de coulée sont au nombre de 2, l’un de 15 tonnes, l’autre de 120 tonnes. Ce dernier possède un treuil auxiliaire de 15 tonnes.
- Le gaz est fourni par une batterie de 8 gazogènes, type Lackner, installés sous une halle accolée à celle des fours, dont la longueur est d’environ 65 mètres et la largeur d’environ 10 mètres. Chaque gazogène peut brûler 12 tonnes de combustible par 24 heures. Un collecteur en tôle de 2 m. 25 de diamètre amène le gaz des gazogènes aux fours.
- Fours tournants. — Il entre une grande quantité de fer puddlé dans le lit de fusion des fours Martin ; ce fer est fabriqué à Terni dans deux fours à puddler tournants type Danks, mis en mouvement chacun par une turbine de 50 chevaux et soufflés chacun par un ventilateur de 30 chevaux.
- La production journalière d’acier Martin atteint 300 tonnes.
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- Aciérie au creuset. — Terni possède depuis 1891 une aciérie au creuset pour la fabrication des aciers spéciaux et des aciers à outils.
- Fonderie D’acier. — C’est une des parties importantes de l’usine. On y fond des pièces de toutes dimensions pesant de 100 kilogrammes à 50.000 kilogrammes.
- ACIERIES DE TERNI Nouveaux trains à blindages.
- Laminoirs. — Les laminoirs comprennent :
- Deux trains marchands ;
- Un train à tôles ;
- Un train à blindages.
- Trains marchands. — Ils comprennent : un train trio de 500 millimètres à 3 cages desservies par un crochetage mécanique ; ce train est actionné par une turbine de 500 chevaux ;
- Un train trio de 290 à 5 cages, actionné directement par une turbine de 150 chevaux.
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- Train a TÔLES. — C’est un trio Lauth de 3 m. 15 de table. Les cylindres supérieur et inférieur ont 960 millimètres de diamètre et pèsent 21 tonnes, le cylindre milieu a 610 millimètres de diamètre et pèse 8 tonnes.
- Ce train est attaqué avec réduction de vitesse par une turbine de 1.000 chevaux tournant à 240 tours. Il est pourvu d’un lourd volant ; 2 tabliers à rouleaux mus chacun par une turbine de 100 chevaux desservent le train.
- L’épaisseur minima des tôles que l’on peut laminer est 5 millimètres avec une largeur maxima de 3 mètres. On lamine également à ce train des plaques de 250 millimètres d’épaisseur sur 2 m. 750 de largeur.
- Train A blindages. — Ce train, dont l’installation a été terminée en 1911, est l’un des plus puissants laminoirs à blindages du monde. Voici ses caractéristiques :
- Table ................................... 4 m. 500
- Diamètre des cylindres ................... 1 m. 250
- Levée.................................... 1 m. 100
- Poids d’un cylindre...................... 52 tonnes
- Poids maximum des lingots à laminer...... 100 tonnes
- Le train est desservi par deux tabliers à rouleaux actionnés chacun par un moteur électrique de 250 chevaux.
- La manœuvre des lingots à l’arrivée sur les tables est assurée par l’appareil récepteur établi pour fonctionner à deux puissances différentes : 100 et 25 tonnes. Le tablier AV possède en outre un appareil pour le retournement des lingots pouvant développer également 100 ou 25 tonnes. Cet appareil est installé horizontalement sur une grande charpente en profilés.
- Les ripeurs, exceptionnellement puissants, sont actionnés par des moteurs de 80 chevaux. Le train et ses moteurs ont été fournis par la Société Schneider.
- Commande du train. — On avait envisagé la commande à vapeur : on y a renoncé et l’on a adopté la commande électrique, plus économique puisque l’usine dispose d’un excédent d’énergie. Le train possède un groupe générateur spécial muni d’un volant ligner : le couplage entre le groupe générateur et les moteurs du train est établi suivant le système Léonard.
- Groupe générateur. — Il comprend :
- a) Une turbine construite par la maison Escher Wyss, de Zurich, constituée par deux roues Pelton à axe horizontal et établie pour une charge de 170 mètres. Elle est alimentée par 6 tuyères et sa puissance normale est 3.500 chevaux : en
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- réduisant le nombre de tuyeres à 4 ou s- 2, on obtient des puissances normales correspondantes de 2.500 et 1.500 chevaux. La vitesse de régime est 450 tours et peut s’abaisser à 350 tours pour utiliser l’énergie emmagasinée par le volant ligner, de 4 mètres de diamètre, pesant 50 tonnes ; ce volant est en acier moulé en une seule pièce.
- b ) Trois dynamos génératrices, construites chez Lahmeyer. Elles sont accouplées bout à bout rigidement et couplées sur le volant par un accouplement élastique. Les
- ACIÉRIES DR TERNI Nouveaux trains à blindages.
- induits sont montés en tension, le débit normal est 3.600 ampères sous 1.200 volts (400 volts pour chaque induit), et peut, en pointes, atteindre 10.000 ampères. L’excitation est assurée par un groupe spécial.
- Moteur du laminoir. — Ce moteur, capable de fournir d’une manière continue 5.300 chevaux, et en pointes jusqu’à 15.000 chevaux, a été étudié et construit chez MM. Schneider à Champagne-sur-SEïne. Il attaque le train par engrenage réducteur à 1/3. Ce moteur est double : les deux induits sont calés et frettés sur deux arbres à plateaux montés bout à bout, assemblés et clavetés, et soutenus par trois paliers. Entre le moteur et l’engrenage est intercalé un accouplement semi-élastique.
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- Les moteurs sont couplés au groupe générateur induit à induit suivant le système Léonard. L’excitation du moteur du train est constante ; celle des génératrices, variable, est assurée par une dynamo spéciale.
- Les rhéostats de commande de tous les appareils sont réunis sur une plate-forme placée dans l’axe du train, au-dessus des allonges motrices.
- Le réchauffage des lingots est assuré par 2 fours à réchauffer à sole mobile, de 6 mètres de largeur, 10 mètres de longueur.
- Le train et les fours sont placés sous une grande halle de 20 mètres de largeur, desservie par un pont roulant de xoo tonnes.
- Depuis sa mise en service, le train a fonctionné à la complète satisfaction des Usines de Terni. Les relevés de diagrammes effectués au cours des essais de réception du train ont montré la justesse des données qui avaient servi de base dans l’établissement des moteurs du train.
- Presses a forger et a gabarier. — L’usine possède actuellement :
- Une presse de 2.000 tonnes, alimentée directement par un groupe de compression à 4 cylindres, attaquée par turbine. Cette presse permet de forger des lingots d’un poids maximum de 40 tonnes. On y a exécuté des arbres ayant jusqu’à 20 mètres de longueur et des manchons creux ayant jusqu’à 1 mètre de diamètre extérieur et une longueur de 6 mètres.
- Une presse de 5.000 tonnes, construite par Davy de Sheffield : elle a été installée à l’emplacement occupé par le grand pilon de 108 tonnes. Cette presse a deux pots de presse, la course des pistons est de 2 m. 40. La presse travaille à la pression de 500 kilogrammes par cmq ; elle est alimentée par une pompe attaquée par une turbine de 1.200 chevaux.
- Les presses pour le gabariage des blindages sont au nombre de 2 ; leur puissance individuelle est de 6.000 tonnes.
- La presse n° 1, de construction ancienne, a deux pots de presse de 850 millimètres de diamètre, la course de la traverse mobile est de 1 m. 20.
- Les mouvements de montée et de descente de la traverse mobile s’effectuent à la pression réduite de 70 kilogrammes ; la pression de travail (500 kilogrammes maximum) n’est appliquée que pour produire le travail de déformation de la plaque.
- La presse n° 11, de construction récente, possède un multiplicateur.
- L’usine possède en outre deux presses, l’une de 100 tonnes, l’autre de 500 pour la fabrication des projectiles.
- Atelier de traitement thermique. — Traitement des canons.
- L’atelier de trempe des canons est un vaste hall de 18 mètres de largeur et 60 mètres
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- de longueur, dont la hauteur est de 25 mètres dans la partie haute, 15 mètres dans la partie basse.
- Dans la partie haute circule un pont roulant de 60 tonnes dont les chemins de roulement sont à 21 m. 500 au-dessus du sol et qui permet d’affaler les pièces suspendues à une vitesse de 1 m. 10 à la seconde.
- La partie basse est desservie par un pont de 20 tonnes établi suivant le même principe.
- Le traitement des grandes pièces se fait dans la première partie de l’atelier : l’autre est réservée pour le traitement des pièces de moyenne et petite dimension.
- Les installations de traitement comprennent :
- A. Des fours et une fosse de trempe pour grosses pièces.
- Les deux fours sont chauffés au gaz; le premier, pour les pièces longues, a 1 m. 75 de diamètre et 16 mètres de hauteur ; il est constitué par la superposition d’éléments annulaires, il peut être allongé ou raccourci suivant les besoins ; le second, de construction analogue, a 2 m. 70 de diamètre et 9 mètres de hauteur : il sert pour les frettes, jaquettes, manchons, etc...
- La fosse de trempe est placée entre les deux fours ; elle se compose d’une bâche à huile en tôle de 3 mètres de diamètre et 23 mètres de profondeur, contenant 130 mètres cubes d’huile ; cette bâche est placée dans un puits en maçonnerie de 4 m. 500 de diamètre, doublé de tôle : un courant d’eau circule autour de la bâche à huile, dont l’huile est renouvelée par une pompe qui assure un échange rapide avec un réservoir de 100 mètres cubes.
- B. Un four et une fosse de trempe pour pièces moyennes.
- — — — petites pièces.
- Les fours sont construits d’après les mêmes principes que ceux décrits plus haut.
- C. Deux fours pour le revenu des pièces trempées : ces fours sont horizontaux, à sole mobile.
- Le gaz nécessaire est fourni par 6 gazogènes Lackner, pouvant brûler individuellement 12 tonnes à l’heure.
- Traitement des projectiles. — L’atelier comprend une série de fours à sole et de fours à plomb, pour le dégourdi, la chauffe, la trempe et le revenu des projectiles, des bâches à eau et à huile, des appareils d’aspersion pour la trempe.
- Traitement des blindages. — Deux fours à grille pour le réchauffage avant gabariage ;
- 14 fours à gaz, type Siemens, à sole mobile pour la cémentation au gaz ;
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- Les installations pour le traitement des plaques Krupp comprennent :
- Un bain pour la trempe à l’huile contenant 160 tonnes d’huile ;
- Un bain pour la trempe à l’eau contenant 83 mètres cubes d’eau ;
- Un appareil de trempe par aspersion couvrant une surface de 100 mètres carrés.
- ATELIERS DE FINISSAGE
- Finissage des blindages. — L’atelier de finissage des blindages est un vaste bâtiment de 250 mètres de longueur, contenant des scies, raboteuses, mortaiseuses, machines à rectifier. La puissance nécessaire au fonctionnement des machines (500 chevaux au total) est fournie par des turbines. Chaque machine a sa turbine propre, les petites machines prennent leur mouvement par courroie sur une ligne de transmission.
- Usinage des canons. — L’usinage des canons avant trempe occupe un vaste atelier à 2 travées, d’une largeur totale de 30 mètres et d’une longueur de 120 mètres desservi par des ponts roulants.
- Les machines-outils de cet atelier : tours, bancs à forer et à aléser, consomment une puissance totale de 450 chevaux.
- Après traitement, les éléments de canons sont envoyés à la Spezia aux ateliers Vickers Terni pour y être finis et assemblés.
- Atelier des tourelles terrestres. — Cet atelier de 75 mètres de longueur et de 20 mètres de largeur est desservi par deux ponts roulants de 50 et 20 tonnes. Les machines-outils consistent en tours, raboteuses, fraiseuses, etc...
- Ateliers de finissage des projectiles. — Ces ateliers comportent l’outillage nécessaire pour le tournage extérieur et intérieur des projectiles de tous types — rupture et semi-rupture, grande capacité, shrapnels, — pour le ceinturage, et, s’il y a lieu, le coiffage des projectiles. Ils se trouvent à proximité des ateliers de forge et de traitement des projectiles, pour simplifier les manutentions entre les opérations successives.
- En dehors de ces installations affectées exclusivement à la fabrication, l’usine possède un vaste atelier de réparations et une fabrique de produits réfractaires.
- Elle possède des laboratoires d’analyses et d’essais physiques, destinés au contrôle des matières premières et des produits de la fabrication.
- A l’usine est annexé un champ de tir, qui sert pour les tirs d’essais des canons, des projectiles et des plaques.
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- Enfin l’usine possède une fonderie de fonte située à 3 kilomètres du chemin de fer. Cette fonderie est équipée pour la fabrication de moulages d’un poids maximum de 90 tonnes.
- SOCIETA THERMOS
- Cette^ Société exécute tous travaux de soudure et de coupage au chalumeau oxy-acétylénique. Elle a pour spécialité la réparation de chaudières ou de pièces de navires que l’on est obligé de réparer sur place.
- Elle exposait un étambot en acier moulé, ressoudé et tordu à froid à l’endroit de la soudure ; l’angle de torsion de l’étambot était de 13 degrés, la pièce ne présentait aucune crique.
- Elle exposait également un modèle de chaudière soudée en 3 parties, essayée à 30 atmosphères sans donner trace de fatigue.
- Enfin, elle exposait un tableau d’attestations de différentes Sociétés pour le compte desquelles elle avait exécuté des réparations, en particulier des Sociétés de navigation : Hamburg-Amerika Line (pour le compte de laquelle elle a ressoudé toutes les chaudières du transatlantique « Deutschland ») du Norddeutscher Lloyd, de la White Star Line, du Lloyd’s Register of British and Foreign Shipping.
- OFFICINE METALLURGICHE TOGNI, A BRESCIA (G. P.)
- Le stand de cette Maison comprenait des pièces de grosse chaudronnerie et des
- appareils destinés à l’établissement de conduites d’eau sous pression, ainsi que des
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- photographies d’installations exécutées par la Société.
- On voyait, en particulier, des finaux en fonte soudée pour conduites d’amenée d’eau à des turbines de haute chute, des vannes en fonte.
- Cette Société exposait aussi des bouées.
- Les photographies des installations exposées représentaient la canalisation d’amenée d’eau à l’usine de Grossotto : hauteur de chute : 316 mètres; diamètre de la conduite : 1.000 à 1.500 millimètres, ainsi que la conduite d’amenée d’eau à l’usine de Foppiani ; hauteur de chute : 350 mètres ; diamètre de la conduite : 800-850 millimètres.
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- SOCIETA MINIERE DI TRAVERSELLA
- L’exposition de cette Société occupait un petit stand dans lequel figuraient sous des vitrines un certain nombre d’échantillons de minerai de fer magnétique provenant de ses exploitations.
- La composition de ces minerais n’était pas indiquée.
- CONSISTANCE DES INSTALLATIONS
- Les mines de Traversella, qui avaient été exploitées anciennement, puis abandonnées, ont été reprises récemment.
- On a commencé par traiter les résidus des anciennes exploitations, dont le tonnage atteint 350000 tonnes ; ils contiennent en moyenne 45 % de fer et 0,6 de cuivre.
- Le traitement comporte tout d’abord un concassage à 5 centimètres dans des crushers, le produit du concassage est envoyé aux broyeurs à billes Grondai qui broient à 1 centimètre.
- Au sortir des broyeurs à billes les matières sont entraînées par un courant d’eau sous un séparateur magnétique, qui sépare les parties magnétiques des parties inertes.
- Les premières sont envoyées dans des broyeurs tubulaires, puis soumis de nouveau à une séparation magnétique. Les parties non magnétiques sont envoyées d’abord aux spitzkasten pour séparer les pyrites des chalco-pyrites et, ensuite, aux tables oscillantes.
- Le minerai magnétique contient environ 71,6 % de fer.
- En dehors de ces résidus d’exploitations anciennes, il reste encore en place un million environ de tonnes de minerai dont on peut estimer la teneur moyenne à 50 % ; le gisement se trouve dans des roches quartzeuses micacées et au contact d’un banc de syénite.
- Dans l’état actuel des moyens de communication il serait peu avantageux d’expédier ces minerais et il semble préférable de les traiter sur place ; aussi la création de hauts fourneaux ou de fours électriques destinés au traitement sur les lieux mêmes est-elle à l’étude.
- Il est peu probable que la première solution soit adoptée en raison de la difficulté d’accès du combustible, qui reviendrait fort cher. L’installation de fours électriques paraît plus séduisante, mais aucun des fours actuellement en usage ne paraît être encore au point. Si l’on ne peut résoudre cette question, il faudra envisager l’amélioration des transports entre la mine et la station de chemin de fer la plus voisine,
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- en l’espèce à la station de Montalto Dora. On serait amené, soit à installer un transporteur aérien par câbles, soit à faire usage d’un système de transport par l’eau, analogue à ceux qui sont employés en Suède.
- VICKERS TERNI, A LA SPEZIA
- Cette Société exposait une tourelle de côte à i canon de 150 sur laquelle il ne nous a pas été possible de nous documenter.
- CONSISTANCE DES USINES
- La Société Vickers Terni d’origine récente, a été créée par les sociétés orlando et odero, avec la Société des Aciéries de terni, pour la construction du matériel de guerre ; elle s’est assuré le concours financier et technique de la puissante maison « VICKERS SONS ET MAXIM’S Ldt » de SHEFFIELD et BARROW FURNESS.
- Les ateliers de la SPEZIA ne font que l’usinage et le montage des canons et la construction des voitures d’artillerie. Les éléments de canons, pièces d’affût, fers et tôles bruts entrant dans la construction des voitures, leur sont fournis, en vertu d’un contrat spécial, par la Société des Aciéries de terni. L’établissement de la SPEZIA qui est l’un des plus modernes et l’un des plus puissants établissements européens de ce genre, est équipé pour construire des canons de 16 pouces, soit 400 millimètres, de 50 calibres (20 mètres). Il exécute actuellement les canons de 305 millimètres des 2 dreadnoughts italiens « léonard de vinci » et « Comte de CAVOUR » ainsi que des commandes importantes pour l’artillerie de terre.
- ‘il
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- ALLEMAGNE
- FONDERIE LORRAINE DE CYLINDRES DE LAMINOIRS DE BOUZONVILLE (g7p.)
- LOTHRINGER WALZENGIESSEREI, BUSENDORF
- Cette Société exposait :
- Un duo de cylindres préparateurs de 900 millimètres pour le laminage de poutrelles de 500 millimètres de hauteur d’âme ;
- SOCIÉTÉ ANONYME POUR LA FABRICATION DES CYLINDRES DE LAMINOIRS A BOUZONVILLE
- 1 cylindre de laminoirs à blindage.
- Un trio de cylindres finisseurs de 700 millimètres pour le laminage de poutrelles de 160 millimètres de hauteur d’âme ;
- Plusieurs cylindres en fonte trempée, de 350 millimètres de diamètre pour le laminage des ronds aux guides et des carrés de petite section ;
- Des cylindres également en fonte trempée, et à table lisse, pour le laminage de plats, feuillards, etc...
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- La Société fondée en 1901 fabrique annuellement 15.000 tonnes de cylindres de laminoirs en fonte grise ou trempée, depuis les petites coquilles pour trains de 250 jusqu’aux cylindres de trains à blindages pesant jusqu’à 51.000 kilogrammes finis.
- La Fonderie de cylindres de Bouzonville fournit un très grand nombre de forges européennes, elle a en particulier livré des cylindres de trains à blindages à la Société Krupp, à Terni, à la Société de Witkowitz, etc...
- Son capital actuel est de 1.625.000 francs, plus 375.000 francs d’obligations.
- GUSTAVE GONTERMANN
- FONDERIES DE CYLINDRES DE LAMINOIRS A SIEGEN (Westphalie)
- L’Exposition de cette maison, située dans la Section allemande de mécanique, comprenait :
- Un trio de cylindres finisseurs en fonte pour poutrelles de 200 • diamètre : 750 millimètres ;
- Un trio de cylindres finisseurs en fonte pour rails de mines; diamètre : 550 millimètres ;
- Un trio finisseur en fonte mi-dure pour plats ; diamètre : 350 millimètres ;
- Deux trios ébaucheurs pour train de 250 ;
- Un duo finisseur de 250 pour petites cornières ;
- Deux duos de coquilles en fonte trempée de 280 et 300 millimètres.
- Toutes ces pièces avaient très belle apparence.
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- ANGLETERRE
- EDGAR ALLEN ET C° (M. o.) TINSLEY, SHEFFIELD
- Cette Société était la seule qui représentât l’industrie métallurgique anglaise à l’Exposition de TURIN. Elle occupait un stand assez modeste dans la galerie des machines dépendant du pavillon de la Grande-Bretagne. Son Exposition comprenait une série de pièces en acier moulé, au manganèse, dans la fabrication desquelles elle s’est acquis une grande notoriété, et des vitrines contenant des échantillons d’aciers à outils et des outils finis.
- Bien que les pièces en acier au manganèse ne fussent pas toutes exposées dans les classes de la Métallurgie, nous croyons intéressant d’en donner la description pour indiquer les variétés d’emploi de l’acier au manganèse.
- L’Exposition des pièces en acier au manganèse « Impérial » comprenait :
- Des appareils de voie pour tramways ;
- Un aiguillage de 60 mètres de rayon, 4 m. n de longueur avec boîte de connexion à couvercle, en acier moulé, un croisement type long en acier moulé, deux croisements d’un type spécial, dit « croisement de la ligne principale sans entaille », l’un en une pièce, l’autre en plusieurs pièces assemblées, destinés aux croisements d’une ligne par une autre ligne peu fréquentée ou temporaire.
- Deux contre-rails en acier moulé pour voies de tramways à faible rayon où l’usure se fait sentir sur le contre-rail.
- Matériel de voie pour chemins de fer, tel que :
- Pointe de cœur en acier moulé ;
- Pointe de cœur en rails laminés, assemblés.
- Un croisement spécial pour le « Canadian Pacific Railway » dit à patte de lièvre mobile.
- • Un rail en acier laminé et courbé à froid.
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- Une lame d’aiguillage.
- Deux roues en acier au manganèse moulé, usinées sur la jante.
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- On remarquait également des mâchoires de concasseurs, un cylindre lisse pour broyeur, un cylindre cannelé, 6 roues de wagonnets en acier au manganèse et un certain nombre de machines, broyeurs, etc..., dans la construction desquels l’acier au manganèse est employé pour les organes sujets à usure.
- L’Exposition des aciers à outils et des outils finis comprenait une série d’échantillons et cassures des aciers suivants :
- Acier Rapide Edgar Allen, dit « Air Hardening ».
- Acier Spécial — — pour outils dit « Impérial ».
- Acier Turner à âme de fer.
- Des mèches hélicoïdales et quatre fraises en acier rapide « Air Hardening ».
- Des copeaux enlevés au moyen d’outils en acier rapide.
- Une collection de trois scies circulaires à bois, une collection de limes.
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- AUTRICHE
- ACIÉRIES « POLDI », A KLADNO (g. p.)
- Les Aciéries de Poldi présentaient des tableaux de cassures d’aciers spéciaux et quelques pièces d’automobiles, arbres, vilebrequins.
- Ces Aciéries ont été créées à Kladno en 1889 pour la fabrication de l’acier au creuset. Elles ont pris une rapide extension et occupent actuellement plus de 1.600 ouvriers.
- Leur production de produits finis dépasse 16.000 tonnes par an et comprend spécialement :
- i° Les aciers-outils sous forme de barres forgées, laminées ou tréfilées ;
- 20 Les aciers pour constructeurs et spécialement ceux pour l’industrie de l’automobile ainsi que tous les aciers spéciaux pour matériel de guerre, tôles de blindage, aimants, aciers pour ressorts, acier au nickel, etc... ;
- 3° Pièces de forge de toutes qualités et toutes dimensions, brutes, ébauchées, estampées ou finies jusqu’au poids de 20 tonnes ;
- 40 Projectiles pour les armées de terre et de mer jusqu’aux plus gros calibres.
- Les Aciéries de Poldi hutte disposent d’installations modernes pour la production et le travail de l’acier.
- L’usine de Poldi comprend :
- Deux fours à creusets de type récent et d’une capacité de quatre tonnes chacun, servant à la fabrication des aciers au creuset. Les creusets sont fabriqués par l’usine ;
- Un four électrique à système Kjellin de 4 tonnes pour le raffinage de l’acier par voie électrique ;
- Quatre fours Martin à sole basique, respectivement de 25, 13, 7 et 4 tonnes de capacité. Tous les fours à gaz sont alimentés par une batterie centrale de 16 générateurs à gaz gazéifiant plus de 20 wagons de houille par 24 heures ;
- Trois trains de laminoirs ainsi que deux forges disposant de plus de 20 marteaux-pilons. Pour le forgeage des gros lingots, il existe des presses hydrauliques de 400 à 1.200 tonnes et des pilons de 3.000 à 8.000 kilogrammes.
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- Comme spécialités l’usine produit la pièce d’automobile, arbres, vilebrequins, essieux, etc..., etc..., en acier forgé ou estampé.
- La trempe et le recuit des aciers se fait dans des fours spéciaux. La température de ces fours est contrôlée au pyromètre et une longue expérience permet de donner à chaque acier tous les soins exigés par l’emploi auquel il est destiné.
- Un atelier disposant de 70 machines-outils, sert à la fabrication des pièces dégrossies ou finies jusqu’au poids de 20 tonnes.
- Nous citerons encore comme spécialités :
- La fabrication d’essieux de wagons et de locomotives ainsi que les arbres moteurs de grosses machines.
- La fabrication de ressorts, comprenant des ressorts de tous genres, ressorts de suspension à lames, ressorts en spirale pour tampons, rondelles Belleville, ressorts pour automobiles, etc...
- La tréfilerie produit des barres tréfilées de 0,5 à 50 millimètres de diamètre.
- L’une des spécialités de Poldihijtte est encore la fabrication de projectiles de tous les calibres. Ses projectiles ont, en Autriche, victorieusement lutté contre les obus Krupp.
- Les Aciéries de PoldiHUTTE fabriquent des éléments de canons qu’elles livrent aux usines de Skoda, spécialisées dans la fabrication du matériel d’artillerie.
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- BELGIQUE
- COMPTOIR DES ACIÉRIES BELGES (g. p.)
- Le Comptoir des aciéries belges occupait à l’Exposition de Turin trois des côtés d’une salle du pavillon de la Belgique. Sur les panneaux ou le long de ceux-ci, étaient présentées sobrement et avec goût quelques spécialités des différentes Sociétés actionnaires du Comptoir.
- C’étaient principalement :
- Des profilés d’Angleur : rails, éclisses ou contre-rails fournis aux tramways de Turin, de Palerme ou de Naples ;
- Un essieu d’Ougrée plié ;
- Des bandages pliés ou finis ;
- Des traverses d’Angleur;
- Des poutrelles de 300 X 125 ;
- Des palplanches rigides ;
- Des ferrures et barres ;
- Une couronne de 2.785 mètres de fil de 5 millimètres de diamètre en une seule longueur et ayant un poids de 425 kilogrammes.
- Quelques photographies d’usines complétaient cette exposition.
- Le Comptoir des aciéries belges est une société anonyme créée en janvier 1905, reconstituée en janvier 1907, puis en 1912 pour 30 ans.
- Elle a pour objet toute opération commerciale relative à la vente des produits métallurgiques fabriqués dans les usines que ses actionnaires possèdent en Belgique, ainsi que dans celles qu’ils pourraient acquérir ou y construire.
- Créée au début en vue de l’exportation des poutrelles, elle est chargée, depuis son renouvellement, de la vente des lingots, des demi-produits, des rails et des poutrelles.
- Les expéditions pendant les quatre derniers exercices ont été :
- Exercices 1907-08 1908-09 1909-10 1910-11
- Demi-produits 229.096 T 209.369 T 281.575 T 264.742 1
- Rails 294.668 T 149.623 T 274.726 T 308.785 T
- Poutrelles 152.383 T I4I-47I T 175.065 T 181.626 T
- Ensemble. ... 676.147 T 500.468 T 731.366 T 755-153 T
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- Le Comptoir vend, à l’exportation, une moyenne de 325.000 tonnes par an, qui peut se décomposer de la façon suivante :
- Demi-produits....................... 100.000 T
- Rails............................... 150.000 T
- Poutrelles..................... 75.000 T
- Total.................... 325.000 T
- Les Sociétés actionnaires du Comptoir des Aciéries belges sont au nombre de douze :
- Société des Aciéries d’Angleur à Tilleur ;
- M. Gust. Boël à La Louvière ;
- Société Métallurgique d’Espérance à Liège ;
- Société John Cockerill ;
- Société des Usines Métallurgiques du Hainaut à Couillet ;
- Société d’Ougrée-Marihaye à Ougrée ;
- Société de la Providence à Marchienne-au-Pont ;
- Société Métallurgique de Sambre-et-Moselle à Montigny ;
- Société de Thy-le-Château à Marcinelles ;
- Athus-Grivegnée ;
- Monceau, Saint-Fiacre ;
- Forges de Clabecq.
- SOCIÉTÉ COCKERILL (G. P.)
- La Société Cockerill, bien qu’actionnaire du Comptoir des Aciéries belges, avait un stand spécial où elle exposait des aciers spéciaux électriques, des aciers à outils, des ressorts et différentes pièces entrant dans la construction du matériel de chemins de fer.
- Cette Société possède, à Seraing, sur une étendue de 108 hectares, l’usine la plus ancienne de Belgique.
- On y trouve l’ensemble le plus complet et le plus important, en Belgique, des différents traitements métallurgiques du fer, rappelant à la fois nos installations sidérurgiques de Meurthe-et-Moselle et celles de la Loire.
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- On produit à Seraing, 300.000 tonnes de lingots par an, utilisés à la fabrication de rails, de profilés, de fers, d’aciers pour le commerce, de tôles de toutes catégories, de bandages, essieux, ressorts, etc.
- On construit, à Seraing, des charpentes métalliques (10.000 tonnes par an), des locomotives (100 par an), des machines à vapeur (150 par an), des moteurs à gaz, des machines à vapeur, des chaudières marines, du matériel d’artillerie, des plaques de blindage, des tourelles, etc...
- Mais l’intérêt que présentent les Établissements Cockerill ne vient pas seulement de cette diversité de production réalisée au même endroit, il vient surtout du glorieux passé de l’Usine de Seraing.
- L’industrie métallurgique Belge, et même l’industrie métallurgique continentale doivent, en effet, beaucoup à l’initiative que n’ont cessé de prendre les usines de Seraing, à chaque nouvel essor de l’industrie métallurgique.
- Rappelons notamment :
- En 1818 : construction de la première machine à vapeur ;
- En 1821 : construction d’un haut fourneau au coke ;
- En 1835 : première locomotive à vapeur ;
- En 1863 : installation de convertisseurs ;
- En 1873 : construction d’une machine réversible pour un train à rails.
- Depuis, les Établissements Cockerill ont été les premiers, en 1899, à utiliser le gaz des hauts-fourneaux épuré, dans les moteurs à gaz.
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- ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- TRUSSED CONCRETE STEEL COMPANY
- Cette Société exposait toute la variété des armatures métalliques (système Kahn) pour ciment armé, avec leurs applications diverses, ainsi que des photographies de constructions et travaux exécutés d’après ce système.
- Les armatures Kahn sont de types différents :
- Barres à forte section avec tirants adhérents ;
- Barres à nervures ;
- Rib-Métal, sorte de métal déployé particulièrement robuste ;
- Toiles d’armatures (Hy-Rib et Rib-Latts).
- La section des barres d’armature à tirants adhérents comporte une âme massive de forme pentagonale et deux larges ailes prolongeant l’une des diagonales. Ces ailes sont cisaillées de distance en distance et relevées de manière à former des tirants qui trans-
- KAHN TRUSSED BAR Barres avec tirants adhérents.
- mettent à l’âme les tensions qui s’exercent dans la masse de la poutre dont elles constituent l’armature.
- Les barres à nervures sont munies de saillies transversales formant des épaule-ments contre l’enrobage en béton. Cette disposition assure la solidarité de la barre et de la masse environnante.
- Le « Rib-Métal » est un treillis métallique à larges mailles rectangulaires et gros éléments ; c’est une sorte de métal déployé obtenu à partir de tôles épaisses. Il s’emploie avec avantage partout où l’on emploie l’armaturage en petits fers assemblés, et présente sur ce dernier l’avantage d’une plus grande solidité, d’une manipulation plus simple
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- et plus économique. Il est particulièrement indiqué pour l’armaturage des murs, des voûtes, des égouts, etc... Il se fait en dimensions de maille et d’élément variables.
- On voyait encore dans le stand des armatures légères constituées par les feuilles
- HY — RIB.
- de tôle mince perforée et déployée, les unes nervurées et nommées Hy-rib ; les autres sans nervures. Ce genre d’armature convient pour les plaques minces, en particulier pour les cloisonnements, les planchers, les toitures, etc...
- L’on trouvait aussi des châssis métalliques de fenêtres, des carreaux métalliques, des spécimens de produits hydrofuges, etc...
- Une série de photographies de travaux en ciment armé exécutés avec des armatures Kahn complétait l’exposition.
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- Ve PARTIE
- CONCLUSIONS
- L’attention du lecteur a été attirée dans les pages précédentes sur le développement pris par l’industrie du fer en Italie, sur l’importance de l’exposition de la Métallurgie italienne du fer, ainsi que sur l’abstention des Métallurgies étrangères, exception faite pour la France.
- Il convient, en rapprochant ces deux remarques, d’envisager l’avenir de la Métallurgie italienne et de se demander en quoi son développement affectera l’importance de notre importation en Italie.
- Il serait téméraire, bien entendu, de vouloir tirer de ce qui précède des conclusions définitives, mais il est permis de profiter de l’étape marquée par l’Exposition de Turin pour en tirer quelques renseignements relatifs à l’avenir de nos relations commerciales avec l’Italie.
- La consommation de produits sidérurgiques en Italie va sans cesse croissant. La statistique nous apprend en effet que la consommation italienne en fer et acier, a passé de 260.000 tonnes en 1902 à 995.000 tonnes en 1910 : dans le même laps de temps, la consommation de fonte a passé de 175.000 tonnes à 455.000 tonnes.
- La part de l’importation dans ces chiffres est assez élevée, comme l’indiquent les graphiques ci-après. Mais on remarquera que les produits dont l’importation est la plus active sont surtout les matières premières riblons et bocages, fontes en gueuses, exceptionnellement lingots et blooms d’acier.
- L’importation des produits finis courants, tels que rails, poutrelles, aciers en barres, tôles, etc... va en diminuant au moins en valeur relative. Le développement des grandes usines modernes, telles que Savone, Piombino, Elba et surtout Ilva, semble devoir accentuer ce recul, et il paraît vraisemblable que dans un avenir assez proche, l’Italie n’importera plus que des matières premières qu’elle transformera elle-même en produits finis pour subvenir à elle seule aux besoins de sa demande intérieure.
- Cependant la configuration de l’Italie et la répartition des usines métallurgiques
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- sur son territoire peut faire penser que les grandes usines européennes pourront encore importer en Italie des produits de ce genre sur certains points ; il semble que cette importation ne doive jamais présenter un gros intérêt pour les usines métallurgiques françaises qui n’ont pas sur leurs concurrentes étrangères un avantage marqué au point de vue de la situation géographique.
- Consommation et Importation des Produits Métallurgiques en Italie
- OOP Tonne 5
- 00 Tonnes
- 385.01
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- Mais à côté de l’industrie des produits marchands, il y a lieu d’envisager la métallurgie des produits spéciaux, en comprenant sous cette dénomination les produits de forge de toute espèce consommés par les Chemins de fer, l’industrie de la construction mécanique et automobile, ainsi que les produits de la Guerre.
- Bien qu’il existe dès à présent en Italie des usines dont Terni est la plus réputée, qui se soient déjà fait une spécialité de produits de la Guerre, des usines comme Andrea GréGORINI à Lovere quiont une spécialité de produits pour les Chemins de fer, il semble que l’industrie française de ces produits spéciaux ait à espérer un développement de ses relations commerciales avec l’Italie.
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- Cette industrie, ainsi qu’il a été indiqué au cours des pages précédentes, est concentrée en France dans le Bassin du Centre, situation favorable au point de vue des relations avec l’Italie, et la réputation qu’elle s’est acquise depuis de longues années dans toutes les fabrications spéciales (Guerre, chemins de fer, automobiles, etc...) lui crée des droits à occuper une place importante sur le marché italien.
- L’on sait que les constructeurs français de matériel de guerre ont remporté de grands succès à l’étranger : en Italie notamment, ils ont su prendre place et se développer à côté de l’industrie nationale et d’une concurrence étrangère redoutable. Il semble que leur position, en ces dernières années se soit affermie davantage, bien qu’ils n’aient pas encore complètement évincé la concurrence étrangère. Ils ont remporté, tout récemment encore, des succès qui permettent d’augurer d’une extension considérable de leurs rapports à venir avec l’Italie. Il est vraisemblable d’ailleurs, que les produits français à l’usage, se montreront plus durables que ceux fournis par la concurrence étrangère.
- La situation actuelle de l’Industrie française en ce qui concerne les fournitures pour les chemins de fer, n’est pas particulièrement brillante ; il est peu probable, à moins d’un changement radical dans la politique de nos concurrents, qu’elle soit appelée à un avenir florissant.
- Mais il semble que les fournitures pour la construction des automobiles soient destinées à un avenir plus prospère. La construction automobile a, en effet, pris un grand essor en Italie, où il existe à l’heure actuelle, un certain nombre de constructeurs justement réputés.
- Les aciéries françaises peuvent et doivent espérer être leurs fournisseurs exclusifs, tant que la métallurgie des aciers spéciaux n’aura pas fait de progrès considérables en Italie ; il est hors de doute, en effet, que les rapides progrès de l’industrie automobile en France et son indiscutable supériorité à l’heure actuelle ont été dûs en grande partie au perfectionnement de la fabrication des aciers spéciaux employés dans la construction des voitures. L’on peut dire, sans exagération, qu’aucune des marques étrangères les plus connues n’emploie pour la construction de ses voitures des matériaux d’aussi bonne qualité que ceux employés par les grandes maisons françaises de construction.
- C’est pourquoi l’industrie italienne de la construction automobile doit, puisqu’elle est obligée de s’approvisionner à l’étranger, à l’heure actuelle, donner la préférence aux aciéries françaises. Si celles-ci lui appliquent des prix un peu plus élevés que ceux de la concurrence étrangère, elles lui fournissent par contre des matières premières, voire des pièces finies, d’une qualité hors pair. Personne ne peut contester ce dernier point, puisque les machines françaises, construites exclusivement avec ces matières, ont fait depuis longtemps leurs preuves et sont classées, de l’aveu de tous, en première place.
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- Il est possible qu’il n’y ait là qu’un débouché momentané que le développement'-de l’électro-sidérurgie en Italie fasse disparaître, mais l’avenir immédiat ne paraît pas menacé, puisque après des essais qui ont eu un certain retentissement, les applications du four électrique en Italie paraissent s’être restreintes : en tout cas l’emploi des produits de l’électro-sidérurgie à l’usage que nous citons ne paraît pas avoir pris, à l’heure actuelle, un développement quelconque en Italie.
- 71584. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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