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Groupe XX. Classe 133-D. Bonneterie. Boutons. Agrafes. Paillettes et perles. Bustes et mannequins. Chapeaux. Cheveux. Corsets. Cravates. Éventails. Gants. Lingerie. Plumes et fleurs. Tissus élastiques
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES INDUSTRIES ET DU TRAVAIL
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- Exposition Internationale
- DES INDUSTRIES ET DU TRAVAIL
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- TURIN 1911
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- GROUPE XX
- CLASSE 133 D
- BONNETERIE — BOUTONS — AGRAFES — PAILLETTES ET PERLES BUSTES ET MANNEQUINS — CHAPEAUX — CHEVEUX — CORSETS CRAVATES — ÉVENTAILS — GANTS — LINGERIE PLUMES ET FLEURS — TISSUS ÉLASTIQUES
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- M. Henri DUBOC
- RAPPORTEUR
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- COMITE FRANÇAIS DES EXPOSITIONS A L’ÉTRANGER 42, rue du Louvre, 42
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- O O O O O
- ylvant-‘Propos
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- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN a ajouté une belle page à f histoire des relations amicales de la France et de l’Italie.
- Organisée pour célébrer le cinquantenaire de la fondation du Royaume d’Italie, il n’est pas surprenant que l’Exposition de Turin ait rencontré, en France, la sympathie de tous ceux qui demeurent fidèles aux souvenirs du passé.
- La France pouvait-elle ne pas se souvenir que « dans les champs de la Lombardie, qu’à Palestro, à Solférino et à San Martino, Français et Italiens ont confondu leur sang dans une sublime apothéose de solidarité, d’amour et de fraternité »
- Nous avons été à Turin et comme le disait, avec éloquence, M. Jean Dupuy, sénateur, à cette époque Ministre du Commerce et de l’Industrie, nous n’avons pas eu seulement la préoccupation de « rassembler, sous des regards avisés, les créations de notre industrie et les chefs-d’œuvre de nos arts », nous avons voulu <- rendre hommage a cette nation qui, morcelée par l’histoire, s’est reconstituée à force d’héroïque patience et qui, après avoir refait son unité, s’est dotée d’une vigueur économique qui s’affirme avec magnificence. »
- (1) Discours de M. le sénateur Rossi au banquet offert par le Comité Français des Expositions à l’Etranger aux délégués de la municipalité de Turin et du Comité Exécutif de l’Exposition Internationale de Turin. Cette fête eut lieu à Paris le 20 janvier 1911.
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- A Turin, nous avons « salué le berceau de la grande idée nationale, qui a triomphé de tous les obstacles et émancipé une race valeureuse(,). »
- Les raisons qui imposaient à la France l’obligation d’une participation extrêmement brillante à l’Exposition Internationale de Turin ont été énoncées, avec un talent remarquable, par M. Dervillé, l’éminent Commissaire Général du Gouvernement Français.
- Au banquet d’inauguration de la Section Française, dans un merveilleux discours, M. S. Dervillé, après avoir vanté la splendeur du cadre de l’Exposition, la féerie des palais, évoquait la mémoire des principaux auteurs de l’unité italienne • « J’ai, disait-il, cette vision de Victor-Emmanuel et de Cavour planant sur toute ces magnificences et se souriant l’un à l’autre dans la gloire des destinées accomplies : l’Italie une et libre, l’Italie puissante, prospère et féconde sous l’égide d’une illustre maison coutumière des vertus généreuses.
- « Et lorsque nous venons fêter la réalisation d’un tel rêve, faut-il que nous nous sentions tout à fait étrangers devant cette image de la Patrie, magna Parens, que vous avez instaurée comme sur l’autel même du labeur et du progrès?
- « Non, Messieurs; à l’origine de toutes nos renaissances, c’est de vous que nous avons appris les grâces de la forme, que nous avons puisé le goût et les lois de la beauté. Pour nous tous, c’est l’Italie, magna Parens, qui fut la source des arts industriels, et c’est justice que ces trésors transformés par le génie spécial à chacune de nos races, nous vous les rapportions aujourd’hui comme un hommage à l’illustre maître, magna Parens, dont nous avons tenu nos premiers enseignements. »
- Nous pouvons rapprocher ces belles paroles avec celles que prononçait à Bordeaux, M. Bellan, le si dévoué Président de la Section Française. Nous trouvons sous une forme aussi élevée, les raisons qui nous créaient l’obligation d’aller à Turin.
- Après avoir défini les conditions dans lesquelles il avait accepté la lourde responsabilité de la Présidence de la Section Française, M. Bellan déclarait que son ambition était de voir son pays « affirmer, chaque fois que l’occasion lui en est offerte, ses qualités, son génie, sa vitalité, sa primauté. »
- Il ajoutait : « Mais, Messieurs, d’autres raisons nous créent l’obligation d’aller à Turin.
- « Tout un passé chante dans nos mémoires. 11 est entre l’Italie et la France tant de souvenirs, tant d’aspirations, tant d’émotions communes! Les deux sœurs latines, sœurs par leurs destinées, sœurs par leurs traditions, sœurs par le même sang qui coule en elles, se doivent de ne jamais l’oublier. En ces dernières années, les manifestations
- (1) Discours de1 M. Jean Dupuy, sénateur et Ministre du Commerce. Fête du 20 Janvier 1911.
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- officielles d’entente franco-italienne ont été nombreuses, chaleureuses, corroborées par le consentement populaire, et on peut dire que c’est joyeusement que les peuples ont ratifié l’œuvre des diplomates
- « ...Nous avons combattu pour le même idéal de vérité et de beauté; au nom de notre commune pitié pour les misères humaines, soutenu avec enthousiasme par les mêmes querelles, défendu les mêmes causes, élevé au-dessus des champs de bataille les couleurs joyeuses de nos drapeaux entremêlés. »
- Voici exposées les raisons qui obligeaient la France à prendre une part brillante à l’Exposition Internationale de Turin. On peut dire que la France, en participant à cette grandiose fête de l’activité humaine, a voulu faire une double manifestation : affirmer la vitalité de la production française et donner une marque tangible de son amitié pour la nation italienne.
- Les industries parisiennes des accessoires du vêtement ne pouvaient se désintéresser d’une exposition où devait s’affirmer avec succès le génie artistique et la richesse des créations françaises.
- L’Exposition internationale de Turin était sans doute bien rapprochée de celle qui avait eu lieu en 1906 à Milan. Il était permis de redouter que ce ne fut là, pour un grand nombre d’industriels, une raison qui les décidât à s’abstenir.
- Nous pouvons constater avec fierté que notre Classe 133 D (86 de 1900) comptait un nombre fort élevé d’exposants et que son succès a été digne de celui qu’elle a déjà remporté à Milan, à Londres et à Bruxelles.
- Nous devons au dévouement et à l’autorité de notre Président, M. Mouilbau, la belle victoire que nous avons remportée. Notre Président a su grouper dès la première heure une élite de collaborateurs, qui ont assumé la tâche délicate et difficile défaire que notre classe fut la plus remarquable de toute l’Exposition.
- Ce résultat a été obtenu, de l’avis unanime. Notre classe a puissamment contribué au succès de l’Exposition; nos créations ont fait l’admiration de la foule des visiteurs enthousiastes; nous avons apporté une nouvelle fois, notre large collaboration à ces entreprises, qui favorisent si puissamment, comme le rappelait M. le Sénateur Dupont, 1 expansion économique de la France.
- La confiance du Président de la classe 133 D, M. Mouilbau, d’accord avec le dévoué M. Geo Donckèle, Président du Groupe XX, nous a appelé aux délicates fonctions de Rapporteur de notre classe.
- M. le Ministre du Commerce a bien voulu ratifier ce choix qui nous fait le plus grand honneur.
- Pour présenter à nos collègues un travail, digne des efforts qu’ils ont faits à 1 Exposition de Turin, notre tâche était singulièrement malaisée. La classe 86 a eu
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- pour Rapporteur des collègues qui ont produit des travaux où ils ont épuisé, la grande majorité, des détails susceptibles d’intéresser.
- Nous avons plaisir à mentionner spécialement les Rapports de MM. J. Hayem, G. Dehesdin et Famchon, qui ont écrit des ouvrages faisant autorité en la matière.
- Nous ne nous sommes pas laissé décourager par la difficulté du travail et nous n’avons négligé aucune peine pour que le Rapport de l’Exposition de Turin fut jugé digne de ses illustres devanciers, si compétents.
- Le travail que nous présentons à nos collègues se divise en cinq parties :
- 1° Historique de l’Exposition de Turin.
- 2° Travaux des Comités d'admission et d’installation de la classe 133 D.
- 3° Travaux du Jury international des récompenses.
- 4° Etude technique de nos industries en France et en Italie de l'année 1905 a Vannée 1910.
- 5° Etude rétrospective de la mode, particulièrement de 1860 à 1910.
- 6° Œuvres sociales et conclusions.
- Nous nous sommes efforcé de mettre en lumière la part de collaboration de chacun; de montrer la part d’initiative qui revient aux organisateurs de la classe 133 D; de faire l’exposé de la situation de nos industries depuis l’Exposition de Milan. Nous avons étudié ces questions avec le souci de renseigner nos collègues d’une façon nette et précise. Nous espérons avoir atteint ce but, et nous souhaitons que ce travail soit favorablement accueilli par des juges aussi impartiaux.
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- SALON D’HONNEUR
- Historique de l’Exposition de Turin
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- Pour bien mettre en valeur la participation des industries de la Classe 133 D à l’Exposition Internationale de Turin, il nous a paru nécessaire de montrer ce que fut, dans son ensemble, cette exposition.
- Sans empiéter sur les attributions du Rapporteur Général, nous allons faire le récit des principaux faits qui ont pris leur source dans l’Exposition de Turin elle même.
- Ce rapide historique aura l’avantage de montrer à nos collègues l’importance de l’œuvre accomplie par les hommes éminents, qui avaient assumé la lourde tâche
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- d’organiser la participation de la France. Il établira que notre Classe 133 D est digne d’être associée avec celles qui ont le plus contribué, par la qualité de leurs industries, leur luxe et leur présentation, au succès de la Section Française.
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- En l’honneur du cinquantième anniversaire de son indépendance, l’Italie avait pris l’initiative d’une Exposition Internationale des Industries et du Travail ; celle-ci s’est tenue à Turin, du mois d’avril au mois de novembre 1911.
- Le Gouvernement italien, en appelant toutes les nations civilisées à collaborer à cette entreprise, s’était proposé d’instruire les peuples des progrès accomplis et d’aider à l’accroissement de la richesse universelle, en favorisant de nouvelles découvertes.
- L’empressement que les nations ont mis à accepter cette invitation est la meilleure preuve du désir que les gouvernements ont de favoriser tous les progrès, en procurant à leurs savants, à leurs négociants, à leurs industriels, la possibilité de se rencontrer et de fraterniser, de connaître et d’estimer tous ceux qui rivalisent d’efforts pour améliorer les conditions de l’existence.
- Les conditions qui ont présidé à l’organisation de la participation de la France, ont fait l’objet d’un discours prononcé par M. le Sénateur Dupont, Président du Comité Français des Expositions à l’Etranger.
- Nul n’était plus autorisé, on en conviendra aisément, pour faire ce récit ; nous avons donc tenu à reproduire ici ce discours. Nos collègues y retrouveront avec plaisir ces sentiments élevés qui animent notre Président ; ils apprécieront ces belles paroles consacrées a faire l’éloge des organisateurs de la Section Française, ils seront reconnaissants à M. le Sénateur Dupont de la satisfaction évidente qu’il éprouve à faire l’éloge du Comité Français des Expositions à l’Etranger, auquel il consacre le plus pur dévouement, et qui lui doit une autorité incontestable.
- Lors de l’inauguration de la Section Française, le 20 mai 1911, M. le Sénateur Dupont répondant à un discours de M. St. Dervillé (et dont nous parlerons dans un prochain paragraphe), prononçait les paroles suivantes ;
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- ALLOCUTION DE M. EMILE DUPONT
- Sénateur,
- ‘Président du Comité Français des Expositions à l’Etranger.
- « Messieurs les Ministres,
- « Mesdames, Messieurs,
- « Le Comité Français des Expositions à l’Etranger, que j’ai l’honneur de présider, fidèle à son passé, a tenu parole : exact au rendez-vous, il a rempli sa mission. Monsieur le Commissaire Général, vous venez de nous couvrir de fleurs ; vous ne m’en laissez que plus ardue la tâche dont je dois maintenant m’acquitter.
- « Il m’appartient, en effet, de dire des choses beaucoup moins pourvues d’agrément que celles que nous venons d’entendre, mais qui sont nécessaires.
- « Et tout d’abord, reportons-nous ensemble à trois ans et demi en arrière, alors qu’on parlait à peine de l’Exposition, pourtant décidée, de Turin. Soucieux de son rôle et prévoyant de ce qui devait se passer, le Comité Français des Expositions à l’Etranger, désigna une commission d’étude, qui se mit, dès cette époque, en rapport avec le Comité Général et la Commission exécutive italienne ; puis, quelques mois plus tard, nous signions avec eux un premier traité, qui nous assurait à la fois une grande partie des emplacements qui nous étaient nécessaires et la* préséance pour notre Commissaire Général.
- « Nous étions largement redevables de ce premier succès à l’ambassadeur de France, M. Barrère, et aussi à M. Pralon, notre Consul général que je ne saurais trop remercier de son aide déterminante : elle nous a permis, en effet, de rendre plus actives et plus efficaces les relations que, sous la présidence de notre dévoué secrétaire général Roger Sandoz, dont l’activité s’est multipliée en cette circonstance, notre Commission d’études a liées avec M. le Sénateur Frôla, président du Comité général, avec M. Villa, président de la Commission exécutive, avec MM. Bianchi, Rossi, Boyer et le comte Orsi, vice-présidents de la Commission exécutive. C’est grâce à tous ces concours, grâce à toutes ces bienveillances, que ce premier succès est devenu définitif. (Applaudissements.)
- « Ensuite, le Gouvernement Français acceptait l’invitation que le Gouvernement Italien lui adressait, et il décidait sa participation officielle à l’Exposition.
- « La première partie de notre rôle était donc terminée. Respectueux de nos statuts, nous rentrions dans le rang, après avoir fait au ministère français la remise de nos travaux préparatoires. Le Gouvernement avait, alors, la main particulièrement heureuse : il nous donnait comme chef M. Dervillé, le même qui conduisit à la
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- victoire la Section Française de l’Exposition de 1900, et que nos sympathies n’ont cessé de suivre dans les hautes situations dont il a été investi depuis cette époque.
- (Applaudissements.)
- « M. Dervillé, au chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée, avait près de lui, en M. Masure, un secrétaire général d’un tel mérite qu’il était tout désigné pour occuper le même poste au Commissariat Général.
- « De notre côté, nous nommions notre ami Bellan, président de la Section française, et afin d’avoir également un secrétaire général qui fut « à la hauteur », nous choisissions M. Pellerin de Latouche. ( applaudissements.)
- « Messieurs, comment admettre que l’effort de pareils collaborateurs ne fût pas le gage d’un succès certain?
- « Sans doute, on a parlé de retards dans l’Exposition. On dit même que toute Exposition qui se respecte doit avoir du retard. Il est évident que celle-ci a le plus grand respect d’elle-même !
- « Mais elle a deux bonnes excuses à faire valoir : d’abord le temps exceptionnellement détestable de ces deux dernières années qui, à plusieurs reprises, paralysa net l’avancement des travaux ; la seconde excuse n’est autre que la classification.
- « Une « classification », cela peut ne paraître rien; c’est tout pour une exposition. Si l’on veut que tous les efforts, tous les concours puissent réaliser leur effet, il est absolument nécessaire que la classification soit coordonnée suivant un plan préconçu» de telle sorte que la mise au point en soit rendue harmonieusement invariable ; et, pour que la classification atteigne cet état si désirable, il convient de supprimer la coexistence des méthodes qui, faute de se connaître et de pouvoir se fondre préalablement, amènent constamment des modifications partielles plus ou moins étendues, des flottements, des lenteurs, des retards. (Approbation.)
- « Supposons le Groupe musical dont nous venons d’être charmés constitué d’éléments qui s’ignoreraient ; si excellents soient-ils, leur musique d’ensemble manquerait d’homogénéité, pécherait par l’absence de cohésion. Finalement, il leur faudrait bien se donner le temps de se mettre d’accord. Et, ici encore, il en résulterait des retards.
- « Je le répète, il y a là une question dont l’importance est considérable, et nous devons nous réjouir de ce que de très prochains congrès doivent appeler l’attention des gouvernements sur ce problème de la classification, pour le résoudre enfin...
- « Quoi qu’il en soit, nous allons occuper 40.000 mètres de superficie avec plus de 5.000 exposants. Eh bien ! c’est là un bon résultat, et quand, demain, MM. les Ministres parcourront la Section Française, ils l’apprécieront ; ils verront, en outre, que le bon goût français n’a pas déserté...
- « Je salue nos amis et nos hôtes italiens ; par la manifestation que nous faisons chez eux et que nous avons tâché de rendre aussi brillante que possible, nous avons
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- M. Stéphane DERVILLE
- Commissaire Général du Gouvernement Français à l’Exposition Internationale de Turin 1911.
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- voulu donner à la nation sœur un témoignage particulièrement vif de notre ardente sympathie.
- « Je remercie au nom du Comité Français des Expositions à l’Etranger et au nom des Exposants, M. le Ministre Nitti, d’avoir bien voulu honorer notre banquet de sa présence, et aussi M. Massé, ministre du Commerce de la République Française, d’avoir bien voulu apporter ici aux exposants l’encouragement officiel de la France.
- « C’est là, en effet, la preuve que notre Gouvernement ne vous perd pas de vue. 11 sait que ce ne sont pas seulement des affaires, mais bien des relations d’amitié que vous venez chercher sur ce sol pour notre pays et, dès lors, je remercie profondément le Gouvernement français qui a été bien inspiré, en déléguant en Italie un de ses Ministres. (Applaudissements.)
- « Messieurs, j’ai terminé. Je lève mon verre en l’honneur de la Commission exécutive de l’Exposition de Turin, en l’honneur de la Municipalité, de M. le Préfet, et je bois au grand succès de l’Exposition de Turin en 1911. (Vifs applaudissements.)
- Le discours de M. le Sénateur Dupont avait sa place ici, parce qu’il contient un résumé des négociations qui furent entamées avec le Comité italien, avant qu’une invitation officielle ait été faite à la France, de participer à l’Exposition de Turin.
- Ces négociations furent couronnées par le succès, et le 12 février 1910 paraissaient au Journal deux décrets, l’un nommant le Commissaire général du Gouvernement français, et l’autre le Commissaire général adjoint.
- Pour nous conformer à une règle généralement admise, nous reproduisons ici ces décrets.
- MINISTÈRE
- du
- DÉCRET
- COMMERCE
- et de
- L’INDUSTRIE
- nommant le Commissaire Général adjoint du Gouvernement à l’Exposition de Turin.
- Le Président de la République Française,
- Sur le Rapport du Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Décrète :
- ARTICLE PREMIER. — M. DERVILLÉ (Stéphane), président du Conseil d’Administration de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, régent de la Banque de France, est nommé Commissaire général du Gouvernement Français à l’Exposition internationale des Industries et du Travail, qui se tiendra à Turin en 1911.
- Art. 2. — Le Ministre du Commerce et de l’Industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lois et publié au Journal Officiel.
- Fait à Paris, le 12 février 1910.
- Par le P résident de la République : A. FALLIÈRES.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Jean DUPUY.
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- Le Président de la République Française, sur le Rapport du Ministre du Commerce et de l’Industrie, Décrète :
- ARTICLE PREMIER. — M. PRALON, Consul de France à Turin, est nommé Commissaire général adjoint du Gouvernement Français, à l’Exposition internationale des Industries et du Travail, à Turin en 1911.
- Art. 2. — Le Ministre du Commerce et de l’Industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lois et publié au Journal Officiel.
- Fait à Paris, le 12 février 1910.
- Par le Président de la République :
- A. FALLIÈRES.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Jean DUPUY.
- La Section Française à l’Exposition de Turin allait être préparée sous la haute direction des personnalités suivantes :
- M. J ean DUPUY, Sénateur, Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Commissaire Général : M. Stéphane DeRVILLÉ.
- Commissaire Général adjoint : M. Eugène PRALON.
- Secrétaire Général : M. Auguste MASURE.
- Inspecteur Général : M. Eugène HaTTON.
- Architecte Conseil : M. Louis BONNIER.
- Chef du Contentieux : M. Georges GOY.
- Attachés : M. Robert DELAUNAY-BELLEVILLE, M. Henri de DOUVRES, M. Philippe RlCHEMOND, M. GUILLOUET.
- Rapporteurs Généraux : M. Emile BERR ; M. G. Roger SANDOZ.
- Rapporteur Général Adjoint : M. DREYFUS-BiNG.
- Le 14 février, le Journal Officiel publiait un nouveau décret par lequel l’organisation de la Section française, recrutement et installation des exposants, étaient confiés exclusivement au Comité Français des Expositions à l’Etranger.
- Voici le texte de ce décret :
- DÉCRET
- Chargeant le Comité Français des Expositions à VEtranger de Vorganisation de la Section française (Extrait du Journal Officiel de la République Française, en date du 16 février 1910)
- Le Président de la République Française,
- Vu la loi du 10 février 1910, autorisant l’engagement de dépenses pour la participation de la France à
- f
- l’Exposition internationale des Industries et du Travail, à Turin, en 191 1 ;
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- Sur le Rapport du Ministre du Commerce et de l’Industrie ;
- Décrète :
- ARTICLE PREMIER. — Le Commissaire général est chargé, sous la haute autorité du Ministre du Commerce et de l’Industrie, des rapports entre le Gouvernement français et le Gouvernement italien, en ce qui concerne l’Exposition internationale des Industries et du Travail, de Turin, en 191 1 ; il a la direction de tous les services et prend toutes les mesures administratives nécessaires pour l’organisation de la participation française.
- Art. 2. — Le Comité Français des Expositions à l’Etranger est chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants sous la direction et le contrôle du Commissaire général.
- Art. 3. — Les Comités d’admission et d’installation sont composés de membres nommés par le Commissaire général, sur la présentation du Comité Français des Expositions à l’Etranger. •
- Les membres du Jury sont nommés dans les mêmes conditions, sur une liste présentée par le Comité Français des Expositions à l’Etranger et comprenant un nombre de candidats au moins double des jurés à nommer.
- Les membres des Comités d’admission et d’installation et du jury ne pourront être choisis que parmi les exposants.
- Art. 4. — Les expositions spéciales, telles que celles des manufactures nationales, les rétrospectives, les concours de sports, les concours temporaires, les congrès, etc., relèveront de délégués ou de comités spéciaux nommés par le Commissaire général et fonctionnant directement sous sa direction et son contrôle.
- Art. 5. — Le Ministre du Commerce et de l’Industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal Officiel et inséré au Bulletin des Lois.
- Fait à Paris, le 14 février 1910. Par le Président de la République
- A. FALLIÈRES.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Jean DUPUY.
- C’est à la séance du 7 mars 1910 du Conseil de Direction du Comité Français
- des Expositions à l’Etranger que M. L. Bellan, l’un de ses Vice-Présidents et
- Président du Conseil Municipal de Paris, fut désigné comme Président de la
- Section Française. Le bureau de la Section française fut complété dans une séance
- tenue par le Comité de Direction le 2 mai 1910.
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- Il se trouvait ainsi composé :
- Président : M. Léopold BELLAN.
- Vice-Présidents : MM. LOURTIES, VlGER, SAINT-GERMAIN, MÉRILLON,
- Donckèle, Estrine, Guillain, Hetzel, Isaac, Jeanselme, Kester, Loreau, Maguin, Mascu-
- RAUD, Gaston MENIER, Jules NlCLAUSSE, Comte Albert-Armand COIGNET, Charles LEGRAND.
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- Secrétaire Général ; M. DE PELLERIN DE LATOUCHE.
- Secrétaires Qénéraux Adjoints : MM. TANON, VlNANT.
- Trésorier : M. Achille BrACH.
- Trésorier Adjoint : M. Jean GuiFFREY.
- Secrétaires : MM. Léopold APPERT, Roger BOUVARD, BRUNET, CARRÉ, Debauge, Godard-Desmarest, Leseur, Manaut,
- MASCRÉ, PlREL, Baron THÉNARD, VASLIN.
- Délégué du Comité : M. Emile CERE.
- Architecte en Chef ; M. Joseph de MONTARNAL.
- Suivant l’usage, ces nominations ont été approuvées par M. le Commissaire Général, St. Dervillé.
- Dès qu’il fut nommé, le Comité de la Section Française prenait l’initiative d’adresser aux Membres adhérents au Comité Français des Expositions à l’Etranger, l’appel habituel, en vue de provoquer des adhésions et de pouvoir procéder à la Constitution des Comités d’admission et d’installation.
- Cet appel était rédigé dans les termes suivants :
- « Monsieur et cher Collègue.
- « Nous avons l’honneur de vous informer qu’une Exposition internationale des Industries et du Travail s’ouvrira à Turin au mois d’avril 1911, pour la célébration du cinquantième anniversaire de la fondation du royaume d’Italie. Elle sera consacrée à l’Industrie, au Commerce, aux Arts décoratifs, à l’Agriculture, à la Prévoyance et aux autres manifestations de l’activité humaine, et sera installée dans le magnifique parc de Valentino, sur les deux rives du Pô.
- « La République Française annonçait, dès 1909, sa participation officielle et la plupart des nations ont donné depuis leur adhésion.
- Par décret du 12 février 1910, le gouvernement nommait en qualité de Commissaire général, M. Stéphane Dervillé, président du Conseil d’Administration de la Compagnie des Chemins de Fer P.-L.-M. régent de la Banque de France et ancien directeur général adjoint de l’exploitation de l’Exposition Universelle de 1900 ; en outre, il désignait comme Commissaire général adjoint, M. Pralon, consul général de France à Turin.
- « Par décret du 14 février, le Comité Français des Expositions à l’Etranger a été chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants sous la direction et le contrôle du Commissaire général.
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- « Les Comités d’admission et d’installation seront composés de membres nommés par le Commissaire général sur la présentation du Comité Français des Expositions à l’Etranger et ne pourront être choisis que parmi les exposants.
- « Dans une récente séance, le Conseil de direction du Comité Français des Expositions à l’Etranger a confié la présidence du Comité d’organisation de la Section française à M. Léopold Bellan, l’un de ses vice-présidents.
- « Comme votre Conseil de direction, vous serez certainement, Monsieur et cher Collègue, particulièrement heureux de la nouvelle et haute marque de confiance qu’a bien voulu nous accorder le Gouvernement de la République et nous sommes convaincus que vous n’hésiterez pas à nous seconder en vue d’assurer d’une façon brillante la participation de notre pays à cette manifestation industrielle et commerciale chez un peuple ami, auquel nous rattachent à la fois tant d’affinités, des intérêts si considérables et de glorieux souvenirs communs.
- « Notre intention étant de constituer les Comités d’admission le plus tôt possible, nous vous serions très obligés de nous faire connaître, dans le plus bref délai, si vous désirez poser votre candidature comme membre de ces Comités.
- « 11 reste entendu que, conformément aux usages de notre Association et aux termes du décret précité, tout membre qui accepte de faire partie d’un Comité s’engage, par cela même, à exposer.
- « Veuillez agréer, Monsieur et cher Collègue, l’assurance de nos bien dévoués sentiments. »
- Pour le Conseil de Direction : Le Président :
- Emile Dupont.
- Sénateur de l’Oise.
- Le Secrétaire Général :
- G.-Roger SANDOZ.
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- PONT MONUMENTAL ET CHATEAU D’EAU
- RÈGLEMENT DE LA SECTION FRANÇAISE
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- TITRE PREMIER
- Dispositions Générales
- ARTICLE PREMIER. — Pour célébrer le cinquantième anniversaire de la Proclamation du Royaume d’Italie, et en vertu d’un décret royal du 30 mai 1 907, une Exposition internationale dite des Industries et du Travail aura lieu en 1911, dans 1 ancienne capitale du Piémont, à Turin, sous la présidence d’honneur de S. A. R. le duc d’Aoste.
- Cette Exposition internationale comprendra les produits du travail agricole et industriel, et, en général, toutes les manifestations de la vie économique et civile, suivant une classification annexée au présent règlement.
- Des concours temporaires d’animaux vivants, de plantes, de fruits, de produits alimentaires périssables, de machines agricoles, etc. ; des expositions spéciales et temporaires d’anthropologie et d’ethno-
- graphie ; des concours d aviation, etc. ; des congrès et des conférences, des représentations et des fêtes, des concours de chant et de musique, etc., seront organisés pendant la durée deTExposition et feront l’objet de règlements particuliers.
- Art. 2. — L’Exposition sera édifiée dans le parc Valentino, sur les deux rives du Pô ; elle sera raccordée aux lignes du chemin de fer de l’Etat italien.
- L’Exposition s’ouvrira en avril 191 1 ; elle aura une durée de six mois au moins ; elle pourra être prolongée.
- Art. 3. — Le Gouvernement français a décidé la participation officielle de la France à l’Exposition internationale de Turin; une loi spéciale, promulguée le 10 février 1910, a été votée à cet effet par le Parlement français.
- L’organisation de la participation française est placée sous la haute autorité du Ministre du Commerce et de l’Industrie, et dirigée dans les conditions ci-après par un Commissaire général du
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- Gouvernement français, nommé par décret du 1 2 février 1910.
- Aux termes des conventions échangées le 21 décembre 1908 et le 30 novembre 1909 entre le Comité français des expositions à l’étranger et la Commission exécutive italienne, la construction de palais déterminés et réservés à la France, leur déco» ration générale intérieure et extérieure, leurs planchers, la fourniture des vélums seront faits par la Commission exécutive italienne, d’accord avec le Comité français des expositions à l’étranger.
- Le Commissaire général est chargé de tous les rapports entre Français et étrangers, notamment avec le Comité général et le Comité exécutif italiens, à l’exception de ceux énoncés au paragraphe précédent ; il a la direction de tous les autres services de la participation française et prend toutes les mesures administratives nécessaires à son organisation.
- Aux termes du décret du 14 février 1910, le Comité français des expositions à l’étranger est chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants sous la direction et le contrôle du Commissaire général.
- Le Comité français des expositions à l’étranger a délégué ses pouvoirs, pour toutes les opérations ci-dessus, à un Comité spécial dénommé <C Comité d’organisation de la Section française à l’Exposition de Turin )).
- TITRE II
- Admission
- Art. 4. — Nul ne peut exposer s’il n’est en possession d’un certificat régulier d’admission délivré par le Commissaire général ou son délégué.
- Art. 5. — Les demandes d’admission devront être adressées au Président du Comité d’organisation de la Section française, 42, rue du Louvre, à Paris, avant le 1 5 janvier 1910.
- Art. 6. — Les demandes d’admission seront conformes aux modèles arrêtés par le Commissaire général.
- Des formules imprimées seront mises gratuitement à la disposition du public au siège du Comité d’organisation, 42, rue du Louvre, à Paris.
- Art. 7. — Toute demande d’admission emporte soumission, sans réserves, aux, dispositions du présent règlement, à celles de règlements spéciaux qui
- seront ultérieurement édictés, ainsi qu’aux mesures d ordre et de police qui seront présentés tant par les autorités italiennes que par le Commissaire général français.
- Art. 8. — Les exposants d’appareils exigeant 1 emploi de l’eau, du gaz, de la vapeur ou de l’énergie électrique, devront déclarer, dans leur demande d’admission, la quantité d’eau, de gaz, de vapeur ou d’électricité qui leur sera nécessaire. Ceux qui voudront mettre des machines en mouvement indiqueront la vitesse propre de chacune de ces machines et la force motrice dont elle aura besoin. Ceux qui voudront mettre tout ou partie du travail de leurs machines, appareils ou installations à la disposition de l’Exposition devront également le mentionner dans leur demande (titre V).
- Art. 9. — Les produits industriels ou agricoles, et d’une manière générale tous les objets rentrant dans la classification annexée au présent règlement sont admissibles, sauf les exceptions et réserves mentionnées à l’article suivant.
- Art. 10. — Seront exclues les matières explosives, détonantes, fulminantes, et, en général, toutes les matières dangereuses ou nuisibles.
- Les amorces, pièces d’artifices, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne pourront être admis qu’à l’état d’imitation, sans aucune addition de matières facilement inflammables.
- Les alcools ou esprits, les huiles et essences, les matières corrosives et généralement les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés ou incommoder le public, ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimensions restreintes, sous autorisation spéciale du Commissaire général, et encore sous les réserves exprimées à l’article 47 ci-après. Les exposants de ces produits devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté et contracter toutes assurances qui lui seraient imposées par le Comité d’organisation.
- Art. 11. — Les Expositions collectives sont autorisées dans les conditions suivantes :
- 1 ° Les Expositions collectives, dites d’installation, dans lesquelles les exposants concourent chacun pour une récompense particulière ;
- 2° Les Expositions collectives dites d’ensemble, dans lesquelles une seule récompense est accordée à la collectivité, sous les réserves exprimées à 1 article 63 ci-après.
- Art. 12. — Les demandes d’admission seront soumises par classe à l’examen du comité d’ad-
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- mission nommé par le Commissaire général, sur la présentation du Comité d’organisation. (1)
- Ces comités convoqués par les soins et sous la présidence du président du Comité d organisation ou de son délégué, éliront parmi leurs membres un bureau composé d’un président, d’un ou de plusieurs vice-présidents, d’un ou de plusieurs secrétaires et d’un trésorier.
- Ils se conformeront, pour l’admission des produits, aux indications de la classification générale italienne ; toutefois, pour les besoins de l’admission et de l’installation, il pourra être dérogé à cette classification comme il est dit à l’article 25 ci-après. Mais la classification générale italienne sera appliquée, intégralement pour les opérations du jury international des récompenses, sauf les exceptions autorisées par le Commissaire général français, après entente avec la Commission exécutive italienne.
- Art. 13. — La liste définitive des exposants à admettre sera remise au président du Comité d’organisation, qui la soumettra au visa du Commissaire général.
- Aussitôt après, les intéressés recevront du Comité d’organisation avis de leur admission provisoire. Toutefois, cette admission ne deviendra définitive et les certificats ne seront délivrés par le Commissaire général ou son délégué, que lorsqu’un accord sera intervenu entre les exposants et les comités d’installation au sujet de la répartition des espaces et du paiement des dépenses incombant à ces Comités.
- TITRE III
- Installation. — Expédition. — Réception.
- — Réexpédition. —
- Art. 14. — Les comités d’admission prévus à l'article 12 seront convertis en corçiités d’installation de classes à la date qui sera fixée par le Commissaire général.
- Les comités d’installation de classes sont chargés :
- 1° De répartir les espaces entre les exposants admis ;
- 2° De dresser et de soumettre au Comité
- ( 1 ) Les expositions spéciales, telles que celles des manufactures nationales, les rétrospectives, les concours de sports, tes concours temporaires, les congrès, etc., relèveront de délégué5 ou de comités spéciaux, nommés par le Commissaire général et fonctionnent directement sous sa direction et sous son contrôle.
- d organisation les plans d’installation et de décoration ;
- 3° D’en assurer l’exécution en prenant les précautions nécessaires pour éviter toutes causes d incendie et en employant ou ne laissant employer dans les installations que des matériaux ininflammables ou ignifugés ;
- 4° De pourvoir à l’entretien ainsi qu’au gardiennage ;
- 5° De percevoir les cotisations et de répartir les dépenses entre les intéressés, sans intervention, ni du Commissaire général, ni du Comité d’organisation.
- Art. 15. — Pour chaque groupe, les présidents réunis des comités de classes formeront un comité de groupe. Le bureau du comité de groupe est nommé par le commissaire général sur la présentation du Comité d’organisation. Le comité de groupe connaît des questions communes aux différentes classes de ce groupe, et notamment des difficultés concernant la répartition des espaces ou 1 attribution des objets à exposer.
- Son président est l’intermédiaire de toutes les relations entre les classes du groupe et le Comité d’organisation.
- Art. 16. — Le Comité d’organisation, sous la direction et le contrôle du Commissaire général, fixe le taux de la redevance afférente aux groupes et classes à raison de leur emplacement, et leur part contributive dans les frais généraux de la dite section ; tranche les difficultés entre les différents groupes, et assume la décoration et l’installation générales de la Section française.
- Art. 17. — Le Commissaire général et le président du Comité d’organisation, ou leurs délégués, pourront assister aux séances des comités de classes et des comités de groupes.
- Art. 18. — Les exposants admis seront avisés en temps utile par le Comité d’organisation des réductions de tarifs qui seraient consenties par les Compagnies de chemins de fer et par les entreprises de navigation maritime pour le transport des objets soit à l’aller, soit au retour.
- Art. 19. — Tous les objets devront être expédiés en port payé :
- ) En le moins possible de colis ;
- ) Avec l’indication du nombre de colis composant l’envoi. Un seul colis ne devra porter que le N° 1 ; s’il y en a plusieurs, chaque colis devra porter imprimé, de façon bien apparente le numéro
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- progressif et celui indiquant le nombre total des colis qui composent l’envoi ; par exemple, les colis expédiés simultanément au nombre de trois seront
- numérotés 1/3, 2/3, 3/3 ;
- c) Si plusieurs colis doivent être emballés dans une seule caisse, l’adresse devra en porter l’indication ;
- d) L’adresse devra être appliquée solidement. On inscrira sur trois des faces du colis la classe, le numéro matricule et le numérotage déjà mentionné.
- Chaque caisse ou colis devra contenir une liste des objets contenus. Chaque objet devra porter une étiquette avec le numéro matricule indiqué dans le certificat d’admission.
- Les exposants devront rédiger en triple exemplaire la police d’expédition.
- La police portera la mention des objets contenus par chaque colis, de leur poids et valeur, et du numéro matricule. Les exposants y indiqueront également leur adresse à Turin ou celle de leur représentant dans cette ville, pour les opérations de remise, de déballage et de déplacement de leurs produits.
- Des trois exemplaires de la police d’expédition, l’un sera adressé directement par l’exposant à la Commission exécutive italienne en même temps que l’envoi ; le second sera délivré au chemin de fer pour être joint à la lettre de voiture ; le troisième sera gardé par l’exposant comme pièce justificative pour rentrer en possession de ses objets à la clôture de l’Exposition.
- Des modèles d’adresses et de police d’expédition seront remis gratuitement aux exposants gui en feront la demande au siège du Comité d’organisation de la Section française, 42, Rue du Louvre, à Paris.
- Art. 20. — Les objets seront reçus dans l’enceinte de l’Exposition depuis le 1er jusqu’au 31 mars 1911. La Commission exécutive italienne s’est réservé toutefois la faculté de modifier cette disposition en ce qui concerne les marchandises de valeur et celles qu’un emballage très prolongé pourrait détériorer.
- Les marchandises lourdes et volumineuses, et les machines et objets comportant des fondations ou montages spéciaux, devront être livrés avant le 1 5 janvier 1911.
- Art. 21. — La manutention des colis, y compris celle du matériel d’installation, sera assurée par la Commission exécutive italienne, quelle que soit l’époque à laquelle elle sera effectuée.
- Elle comprend :
- a) La réception dans l’enceinte de l’Exposition ;
- b) La mise à pied d’œuvre dans le temps le plus bref possible ;
- c) L’enlèvement des caisses vides et emballages ;
- d) La remise à pied d œuvre des caisses vides et emballages ;
- e) L’enlèvement des colis réemballés jusqu’à la gare de l’Exposition.
- Cette manutention sera gratuite pour tous les colis de dimensions normales, dont le poids n’excédera pas 1.500 kilogrammes et qui seront rendus dans l’enceinte de l’Exposition aux dates fixées à l’article 20 ci-dessus.
- Les colis arrivés en retard, les colis encombrants et dépassant 1.500 kilogrammes seront assujettis au paiement d’une taxe à fixer de gré à gré entre la Commission exécutive italienne et l’exposant.
- Il sera acquitté une taxe fixée dans les mêmes conditions pour les colis destinés aux emplacements gratuits de la Ville de Paris et des Colonies françaises.
- Art. 22. — L’ emmagasinage des caisses vides et emballages contenant soit des produits à exposer, soit des vitrines ou du matériel d’installation, est gratuit, sauf en ce qui concerne la Ville de Paris et les Colonies françaises qui auront à payer les frais occasionnés par 1 emmagasinage de leurs caisses.
- Les exposants resteront libres d’assurer à leurs frais, risques et périls, l’emmagasinage de leurs caisses, à charge de se conformer aux instructions données par la Commission exécutive italienne.
- La Commission exécutive italienne effectuera l’emmagasinage des caisses par classes, en lieu clos et couvert ; elle les garantira à ses frais par une assurance et les restituera en bon état, le tout à ses risques et périls et sans que la responsabilité du Comité d’organisation de la Section Française puisse être mise en cause.
- Art. 23. — Chaque exposant ou son délégué pourvoit à la réception de ses colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu. Si les exposants ou leurs agents ne sont pas présents pour recevoir leurs colis dans l’enceinte de l’Exposition, le Comité d’organisation pourra faire réexpédier ceux-ci ou les déballer d’office aux frais, risques et périls des intéressés.
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- Toute introduction de matériaux destinés aux installations est subordonnée à l’autorisation du Comité d’Organisation.
- Art. 24. — Les architectes, ingénieurs et entrepreneurs choisis par les Comités d installation, les représentants et agents exposants devront être agréés par le Commissaire général, après avis du Comité d’organisation, et s’engager par écrit à se conformer au règlement général ainsi qu’aux règlements spéciaux qui pourraient être édictés ultérieurement.
- Art. 25. — Comme il est dit article 12, les objets admis seront répartis suivant la classification générale italienne, mais, dans l’installation, il pourra être dérogé à cette classification pour favoriser les ensembles, sur la demande des présidents de groupe, les classes auront la faculté, avec l’autorisation du Commissaire général et après avis du Comité d’organisation, de se grouper entre elles.
- Art. 26. — Les exposants seront tenus de présenter leurs produits sous leur nom ou sous leur raison sociale.
- Les objets exposés devront porter l’indication de leur prix de vente.
- Toute participation à une exposition collective dite d’installation, confère la qualité d’exposant et comme tel le droit d’être examiné par le jury de la classe compétente (Art. 1 1, § 1er).
- Art. 27. — Nul ne peut exposer sous son nom des produits dont il n’est pas producteur ou éditeur.
- Toute exposition de produits sous le nom d’un agent ou d un représentant est interdite.
- Art. 28. — Aucun produit de fabrication étrangère ne pourra être exposé dans la section française ou dans ses annexes ; aucun produit français ne pourra être exposé en dehors de la Section française ou de ses annexes.
- Art. 29. — Nul exposant ne pourra céder son droit d admission sans l’autorisation écrite du Commissaire général après avis du Comité d’organisation. Faute par le cédant de se conformer à cette prescription, il pourra être procédé, après une mise en demeure par simple lettre recommandée du président du Comité d'organisation, à la fermeture de la vitrine ou du stand, sans que cette mesure donne lieu à aucune indemnité, remboursement ou répétition des sommes versées.
- Tout exposant qui, après avoir accepté les conditions du Comité d’installation de la classe à
- laquelle il appartient, ne prendra pas possession de son emplacement sera déchu de sa qualité d’exposant ; les versements constituant son engagement resteront acquis à la dite classe à titre d’indemnité, le tout dans les conditions prévues à l’article 31 ci-après.
- Art. 30. — Les exposants, en outre de leur part contributive dans les dépenses générales de la classe, supportent les frais de leur installation particulière, les décorations complémentaires de classe qu’ils jugeraient utiles, de l’emballage, du transport à l’aller et au retour, du déballage et du réemballage de leurs produits, sauf ce qui est dit aux articles 21 et 22, et éventuellement les taxes établies par les autorités italiennes sur les objets mis en consommation ou en vente.
- Art. 31. — Le placement des produits et 1 exécution des travaux d’installation y relatifs devront être terminés avant le 31 mars 1911.
- L’installation des machines et appareils qui ne peuvent être mis en place ou montés qu’en empruntant l’emplacement des autres exposants, devra être terminée deux mois avant l’ouverture de 1 Exposition.
- Tous les travaux de fondations de machines devront être achevés à la même date.
- L’exposant qui n aura pas observé ces délais perdra, par le fait même, tout droit à son emplacement ; son certificat d’admission sera considéré comme nul et non avenu et les taxes d’emplacement perçues resteront acquises, le tout sans aucun préavis et sans aucune formalité judiciaire ou extrajudiciaire. Dans ce cas, les installations non terminées seront enlevées d’office aux frais, risques et périls de 1 exposant.
- Art. 32. — Aucun objet ne pourra être enlevé pendant la durée de l’Exposition sans l’autorisation écrite du Commissaire général après avis du Comité d’organisation.
- Cette interdiction ne s’appliquera pas aux produits que certains exposants seraient autorisés à vendre ou à donner (titre X).
- Art. 33. — Les produits exposés, ainsi que les installations et constructions de toute nature, devront être enlevés au plus tard dans un délai de deux mois après la clôture de l’Exposition.
- Passé ce délai, la Commission exécutive de l’Exposition et le Comité d’organisation de la Section française auront le droit de les faire enlever et emmagasiner d’office et sans préavis aux frais, risques et périls des exposants.
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- Les caisses ou produits non retirés le 1 5 janvier 1912 au plus tard seront vendus aux enchères trois mois après, à la requête de la Commission exécutive de l’Exposition et du Comité d organisation de la Section française.
- La vente aura lieu un mois après que l’intéressé aura été mis en demeure, par un acte judiciaire signifié également au président du Comité Français des Expositions à l’Etranger, ou à son représentant à Turin. Le produit de la vente, déduction faite des frais judiciaires et autres, sera tenu à la disposition de l’intéressé ou déposé à Paris à la Caisse des dépôts et consignations.
- Art. 34. — Les communications des exposants relatives à leur admission et à leur installation doivent être adressées au (( président du Comité d’organisation de la Section Française à l’Exposition de Turin )), 42, Rue du Louvre, à Paris.
- TITRE IV
- Planchers et Cloisons
- Art. 35. — Les planchers ne devront pas recevoir par mètre carré une charge supérieure à 400 kilogrammes dans les galeries ordinaires, et à 1.500 kilogrammes dans les parties destinées aux machines, à la métallurgie et autres classes exposant des produits de poids lourd. Ils ne pourront être modifiés, déplacés ou consolidés pour les besoins de 1 installation, qu’aux frais des exposants et après accord avec le Comité d’organisation de la Section française.
- Ces planchers ne devront être établis dans les classes ou parties de classes que lorsque les fondations incombant aux exposants seront terminées.
- Les exposants seront responsables des dommages et dégradations que leurs installations pourraient faire subir aux planchers, cloisons, etc...
- TITRE V
- Eclairage et Force motrice
- Art. 36. — Tout exposant qui voudra utiliser dans son installation la force motrice sous forme de vapeur, électricité, gaz ou eau, ou employer 1 éclairage électrique devra traiter avec la Commission exécutive italienne par l’intermédiaire du Comité d’organisation dans les conditions mentionnées sur sa demande d’admission. Il sera soumis aux mêmes
- formalités et tarifs et bénéficiera des mêmes avantages que les exposants de la section italienne de la même catégorie ou de la section la plus favorisée.
- Toutefois, le Comité d’organisation se réserve le droit de fournir à ses exposants la force et la lumière.
- Art. 37. — Les exposants qui voudraient mettre tout ou partie du travail de leurs machines, appareils ou installations, à la disposition de l’Exposition pour la production, le transport ou la condensation de la vapeur, la production ou le transport de l’énergie motrice, la manutention, le service hydraulique, etc., devront le mentionner dans leur demande d’admission comme il est dit à l’article 8.
- TITRE VI
- Douanes
- Art. 38. — L’Exposition sera constituée en entrepôts réels de douane et d’octroi.
- Les produits français y seront introduits en franchise provisoire à charge d’être réexportés après la clôture de l’Exposition.
- Les produits de l’alimentation solide et liquide destinés à la dégustation du jury seront exonérés des droits de douane et d’octroi par les soins de la Commission exécutive italienne.
- Les objets fabriqués dans l’enceinte de l’Exposition avec des matières importées sous le régime de douane ne seront assujettis à d’autres droits que ceux afférents à la matière importée et mise en oeuvre.
- TITRE VII
- Protection des objets exposés
- Art. 39. — Les exposants ou leurs ayants-droit qui voudront bénéficier de la protection temporaire accordée par la loi du 13 avril 1908 aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels et aux marques de fabrique ou de commerce pour les produits qui seront régulièrement admis à l’Exposition Internationale des Industries et du travail de Turin, devront se faire délivrer par le Commissaire général du Gouvernement français un certificat de garantie.
- La demande du certificat devra être faite dans
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- les trois mois de l’ouverture officielle de 1 Exposition ; elle sera accompagnée :
- 1° D’une description exacte en langue française des objets à garantir et, s’il y a lieu, de dessins desdits objets. Les descriptions et dessins devront être établis par les soins des exposants ou de leurs mandataires qui certifieront, sous leur responsabilité, la conformité des objets décrits ou reproduits avec ceux qui sont exposés ;
- 2° D’une attestation signée de l’autorité chargée de délivrer le certificat d’admission, constatant que les objets pour lesquels la protection est demandée sont réellement et régulièrement exposés.
- La délivrance du certificat est gratuite.
- Art. 40. — Il sera interdit de dessiner, -copier, mesurer, photographier, de reproduire par modelage ou moulage,t ou sous une forme quelconque, les objets exposés dans la Section française ou ses annexes sans l’autorisation écrite de l’exposant, visée par le Président du Comité d organisation de la Section française.
- Le Comité exécutif italien et le Commissaire général du Gouvernement français se réservent^ d’un commun accord, le droit d’autoriser la reproduction et la vente des vues d’ensemble de la Section française, sans que les exposants puissent s y opposer, et à condition que l’autorisation ne concède aucun droit exclusif.
- La vente des cartes postales reproduisant des vues de l’Exposition est interdite dans les halls de la Section française, sans l’autorisation du Comité •exécutif italien.
- Toutefois, les exposants auront toujours le droit de faire photographier leurs installations par un photographe de leur choix, agréé par le Commissaire général ou son délégué, et de distribuer gratuitement les cartes postales concernant leurs installations particulières.
- TITRE VIII Mesures d’ordre
- Art. 41. — La Commission exécutive italienne prend à sa charge la surveillance générale de jour et de nuit, le service de la police et celui de l’incendie des bâtiments dans l’enceinte de l'Exposition.
- Elle prend aussi à sa charge l’entretien et le balayage dans les grandes voies de communication.
- Sa surveillance s’exercera dès l’origine des
- installations jusqu’à l’enlèvement complet des produits exposés et du matériel de la Section française et au plus tard le 15 janvier 1912.
- Elle prendra toutes les précautions nécessaires pour éviter les vols, détournements, dégradations, incendies, explosions, inondations, etc. ; mais en aucun cas sa responsabilité ni la responsabilité du Commissariat général et du Comité d’organisation ne pourront être engagées de ce fait.
- La Commission exécutive italienne ne sera responsable que des dégâts ou dommages occasionnés tant aux personnes qu’aux produits exposés, au matériel d’exposition ou de décoration, etc., et seulement lorsque ces dégâts ou dommages proviendront de la malfaçon ou du mauvais état d’entretien des bâtiments, de leur clôture, de leur couverture ou de leurs vitrages.
- Toutes les demandes en indemnités pour l’une des causes ci-dessus devront être engagées contre la Commission exécutive italienne seule.
- Art. 42. — Bien que repoussant toute responsabilité pour les vols ou détournements qui pourraient être commis, le Comité d’organisation organisera une surveillance générale destinée à prévenir ces délits.
- En dehors de cette surveillance, les Comités d’installation et les exposants prendront toutes mesures et contracteront toutes assurances qu’ils jugeront utiles contre les risques de cette nature.
- Dans les classes où seront exposés des objets précieux, une surveillance spéciale devra être assurée par les soins des Comités de ces classes concurremment avec celle organisée par le Comité d’organisation.
- Art. 43. — Les gardiens seront nommés par le Commissaire général sur la présentation du Comité d’organisation. Leurs consignes seront déterminées par un règlement spécial. Ils ne pourront à aucun moment et sous aucun prétexte, être distraits de leur service de surveillance, d’ordre et de police.
- Art. 44. — Les exposants devront faire assurer contre l’incendie à une Compagnie notoirement solvable leurs produits, installations et constructions directement à leurs frais et faire connaître au Comité d’organisation la Société d’assurances et la valeur assurée.
- Art. 45. — Les exposants ne pourront couvrir les objets exposés ni fermer leurs stands et leurs vitrines pendant les heures d’ouverture de l’Exposition.
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- Art. 46. — Le Commissaire général, sur avis du président du Comité d’installation, aura le droit, à toute époque, vingt-quatre heures après une mise en demeure par simple lettre recommandée restée sans effet, de faire modifier ou enlever, aux frais, risques et pénis de l’exposant et sans aucune indemnité, toute installation qui serait de nature à incommoder ou à causer un préjudice quelconque à l’installation d’un autre exposant ou qui ne serait pas conforme aux dispositions du présent règlement.
- Art. 47. — Le Commissaire général aura, à toute époque, et sans avoir à faire connaître les motifs de sa décision, le droit de faire retirer immédiatement et sans indemnité, aux frais, risques et périls de l’exposant, les produits de toutes provenances qui, par leur nature ou leur aspect, lui paraîtraient dangereux, insalubres, incommodes ou incompatibles soit avec le but, soit avec les convenances de l’Exposition.
- Art. 48. — En aucun cas les constructions, aménagements, installations ou produits, ne pourront être considérés comme gages ou nantissements à 1 égard de la Commission exécutive italienne et des entrepreneurs ou fournisseurs ayant agi pour son compte ; ils ne pourront être l’objet d’aucune saisie, même d’une saisie-gagerie de leur part ou de celle de leurs ayants-droits.
- TITRE IX
- Catalogue
- Art. 49. — Outre le Catalogue officiel général publié par la Commission exécutive italienne, il pourra être publié par les soins du Comité d’organisation, après approbation du Commissaire général, un catalogue officiel spécial et des catalogues partiels de la Section française, qui pourront être mis en vente dans cette Section et dans ses annexes, ou distribués gratuitement.
- Ces catalogues ne pourront contenir que de la publicité française.
- Les renseignements nécessaires à leur rédaction seront fournis par les exposants sous leur responsabilité.
- TITRE X .
- Droit de Vente. — Dégustation
- Art. 50. — La vente au détail ou à l’étalage, avec livraison immédiate des objets exposés, est
- interdite, sous quelque forme que ce soit, à moins d’autorisation écrite du Commissaire général, donnée,, après avis du Comité d’organisation de la Section française, aux exposants qui en feront la demande.
- Ces exposants devront s’engager à remplacer immédiatement les objets vendus par des objets-similaires et à payer à la Commission exécutive-italienne une redevance forfaitaire ou une remise fixée d’accord entre les Comités français et italiens.
- Aucun exposant ne pourra céder son droit de vente sans une nouvelle autorisation accordée dans les conditions ci-dessus.
- Les autorisations pourront être retirées à toute époque et sans qu’il soit besoin d’en faire connaître les motifs. Dans ce cas, le droit de vente cessera de plein droit vingt-quatre heures après une mise-en demeure du Commissaire général par simple lettre recommandée. Toutefois, il pourra être supprimé sur le champ et sans aucune formalité, si les exposants ou leurs représentants se livrent à un raccolage de nature à compromettre la bonne tenue de la section, où s’ils vendent soit des objets de fabrication étrangère, soit des objets autres que-ceux pour lesquels le certificat d’admission leur aura été délivré.
- En cas de fermeture de stands, de vitrines, etc., par suite du retrait de l’autorisation accordée, il ne-sera dû à l’intéressé aucune indemnité ni remboursement, et il ne pourra être exercé aucune répétition sur les sommes versées.
- Art. 51. — Dans les cas spéciaux où le Commissaire général, après avis du Comité d’organisation, croira devoir accorder à certains exposants, en dehors des galeries de la Section française, le droit de vente à l’étalage, les vendeurs seront tenus de se conformer aux dispositions tant de l’article précédent que du règlement spécial relatif à la. vente. Ils devront en outre payer à la Commission, exécutive italienne telles redevances qui pourraient être fixées.
- Art. 52. — Les exposants auront le droit de délivrer gratuitement des échantil.ons de leurs-produits et de les faire déguster également à titre gratuit, mais sous réserve formelle de l’autorisation du Commissaire général, après avis du Comité-d’organisation.
- Les échantillons destinés à être dégustés en dehors du périmètre de l’Exposition devront être-enveloppés, cachetés, et ficelés.
- Aucune rémunération, soit comme pourboire,, soit sous toute autre forme, ne pourra être acceptée
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- •en échange des échantillons ou des produits à déguster.
- Art. 53. — Les exposants qui désireraient faire déguster leurs produits contre paiement devront obtenir au préalable l’autorisation écrite du Commissaire Général, après avis du Comité d’organisation. Cette autorisation sera accordée après entente avec la Commission exécutive italienne, et donnera lieu, de la part des exposants, à une redevance forfaitaire déterminée d’un commun accord.
- En ce qui concerne les produits alimentaires solides et liquides, réservés à la dégustation des membres du jury, la Commission exécutive italienne mettra gratuitement des caves et des salles de dégustation à la disposition des intéressés.
- Les exposants qui voudront utiliser ces caves pour la conservation de leurs produits, devront adresser leurs demandes au Comité d’organisation, et payer la redevance forfaitaire qui sera fixée pour cette occupation.
- TITRE XI Concessions
- Art. 54. — Les établissements divers, théâtres, spectacles, attractions, concerts, restaurants, cafés, bars, etc., installés sur l’Exposition, ne pourront faire figurer dans leurs titres, annonces, enseignes ou désignations de produits, soit les mots France ou Français, soit un substantif ou un adjectif se rapportant à une ville ou à une région de France, sans 1 autorisation écrite du Commissaire général.
- De même aucune dénomination étrangère ne sera admise dans la section française sans l’autorisation du Commissaire général étranger compétent.
- Art. 55. — Nul exposant ne ..pourra obtenir one concession soit payante, soit gratuite, dans les galeries, jardins et annexes de l’Exposition, s’il n est en possession à la fois d’un certificat d’admission et d une autorisation du Commissaire général accordée après avis du Comité d’organisation. *
- TITRE XII Carte d’Entrée
- Art. 56. — Il sera mis à la disposition de chaque exposant ou représentant de la Section
- française une carte d’entrée gratuite permanente, revêtue de la photographie du titulaire, ainsi que des jetons de service, dans les conditions fixées par le règlement spécial italien sur le service des entrées.
- Il est toutefois entendu que les représentants d exposants, quel que soit le nombre des exposants qu ils représentent, n’auront droit qu'à une seule carte.
- Les cartes supplémentaires destinées aux associés ou représentants d’une même firme seront soumises à une taxe de dix francs (10 francs), au profit de la Commission exécutive italienne.
- TITRE XIII
- Tombola
- Art. 57. — La Commission exécutive italienne s’est engagée, pour le càs où une tombola serait organisée par ses soins, comportant parmi les lots en nature, des objets choisis parmi les objets exposés, à acheter dans la Section française des lots pour une somme proportionnellement égale à la surface totale occupée par la Section française à l’égard de l’ensemble de l’Exposition.
- Un représentant désigné par le Commissaire général fera partie de la Commission d’achat pour ^ l’acquisition des lots dans la Section Française.
- TITRE XIV
- Jury international. — ^Récompenses.
- Art. 58. — Le Comité exécutif italien établira d’accord avec le Commissaire général, un réglement spécial précisant le fonctionnement des Jurys et les formes générales de manifestation de leurs décisions.
- Les exposants de la Section française seront représentés au sein du Jury international des récompenses dans une proportion identique à celle qui sera fixée pour les exposants de la Section italienne ou en tout cas de la nation la plus favorisée.
- La même proportionnalité sera observée dans l’attribution des différentes fonctions des bureaux des divers jurys et dans le jury supérieur.
- Les membres français du jury ne pourront être choisis que parmi les exposants et seront nommés par le Commissaire général sur une liste établie par le Comité français des Expositions à l’Etranger,
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- comprenant un nombre de candidats au moins double des jurés à nommer.
- Le règlement du jury précisera les conditions de la mise facultative (( Hors Concours >) de certaines catégories d’exposants, les attributions des récompenses concernant tant les collectivités que les collaborateurs et l’examen des compétitions qui pourraient naître de ces attributions.
- Art. 59. — Les récompenses consisteront en diplômes de grand prix, diplômes d’honneur, diplômes de médailles d’or, d’argent, de bronze et de mention honorable.
- Les récompenses de collaborateurs seront inférieures d’un degré au moins à la récompense accordée à l’exposant.
- Art. 60. — Seront mis hors concours, pour les récompenses, les exposants qui auront accepté les fonctions de juré, soit comme titulaires, soit comme suppléants.
- Cette règle s’appliquera aux Sociétés exposantes qui seraient représentées dans le jury, soit par un administrateur, soit par un agent de quelque ordre que ce soit faisant partie de leur personnel permanent.
- Les administrations publiques concourront aux récompenses, alors même que les fonctions de juré auraient été attribuées à l’un de leurs fonctionnaires.
- Art. 61. — Les exposants adjoints au jury en qualité d’associés ou d’experts seront hors concours pour la classe dans laquelle ils auront opéré.
- Art. 62. — Les producteurs exposant des objets différents dans plusieurs classes pourront recevoir des récompenses pour chacune de ces
- classes. Mais la pluralité des récompenses dans une même classe sera interdite.
- Quand un même objet aura été apprécié par plusieurs jurys, l’exposant ne recevra que la récompense la plus élevée.
- Art. 63. — II ne sera attribué qu’une récompense aux Expositions collectives d’ensemble (art. 1 1, § 2).
- Les exposants d’une collectivité de cette catégorie ne pourront faire état de la récompense attribuée qu’en mentionnant le titre exact sous lequel la dite collectivité aura figuré au catalogue de la Section française. En aucun cas les collabora-téurs ou coopérateurs de ces exposants ne pourront être récompensés.
- TITRE XV ‘Publicité
- Art. 64. — Aucune publicité par voie d’affiches, prospectus, annonces, enseignes, publications, etc., ne pourra être faite dans la Section française et dans ses dépendances par les exposants, par les concessionnaires, ou par toutes autres personnes sans une autorisation écrite du Commissaire général et sans 1 acquittement préalable des redevances qui pourraient être dues.
- Paris, le 1er novembre 1910
- Le Commissaire Général
- du Gouvernement Français,
- Stéphane DERVILLÉ.
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- M. L. BELLAN
- Président du Conseil Municipal de Paris Président de la SeSlion Française à VExposition de Turin Vice-Président du Comité Français des Expositions à V Etranger
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- UNE CONFÉRENCE DE M. L. BELLAN
- CS?
- Avant d’aborder les travaux du Comité de la classe 1 33 D, et afin de bien préciser les conditions dans lesquelles se présentait la participation de la France à 1 Exposition de Turin, nous avons jugé qu’il était nécessaire de reproduire ici les termes d’une conférence que fit à Bordeaux M. L. Bellan. président de la Section française.
- CONFÉRENCE FAITE A BORDEAUX PAR M. BELLAN
- Président du Conseil Municipal de Paris,
- Président de la Section Française à VExposition de Turin,
- Vice-Président du Comité Français des Expositions à VEtranger.
- « Messieurs,
- « Laissez-moi vous dire tout d’abord la joie de me trouver pour quelques heures parmi vous à Bordeaux, qui évoque — pour tous ceux qui croient que la vie d’un grand pays comme la France n’est pas resserrée dans sa capitale, si rayonnante soit-elle — des spectacles de force, d’activité opiniâtre, de croissante prospérité, puis, ma fierté de sentir battre ici le cœur de cette Gironde, si grande par ses traditions, par ses annales, par l’éclat qu’ont jeté sur elle ses enfants, et dont le nom, ainsi que le disait il y a quelques années un des vôtres, est resté synonyme à la fois « de liberté, de tolérance et de fidélité à la foi politique, non moins que d’invincible patriotisme ».
- « Près d ici, une image chère entre toutes se dresse, vivant témoignage de vos sentiments, symbole de vos espérances.
- « En faisant revivre dans le marbre les traits de l’inoublié héros de la Défense nationale, Gambetta, en donnant à cette commémoration d’un passé « auquel nous ^ pensons toujours, si nous n en parlons jamais », le caractère d’une grande fête de
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- la République et de la Patrie, vous avez par ce geste, renoué magnifiquement la Gironde d’aujourd’hui à la Gironde d’autrefois, affirmé votre attachement à d’immortels souvenirs, et attesté par la noblesse des sentiments qui vibrent dans vos âmes ardentes que vous êtes toujours dignes des glorieux ancêtres.
- « Messieurs,
- « Laissez-moi enfin vous dire combien je me sens heureux de me retremper dans ce milieu de belle santé morale qu’est le monde commercial et industriel de Bordeaux, et vous assurer de l’empressement avec lequel j’ai répondu à l’appel si cordial, si flatteur, qui m’était adressé.
- « Me voici aujourd’hui entouré des représentants les plus autorisés de vos grandes organisations corporatives. Autour de moi ont bien voulu se grouper tous ceux qui, dans cette riche cité, par leur labeur, leurs qualités de sérieux, leurs initiatives décidées, leur impeccable probité, ont contribué à la prospérité, au bon renom de Bordeaux.
- « Merci à vous tous, Messieurs, de la sympathie que vous m’avez témoignée et qui me permet d’avoir pleine confiance dans le succès de la mission que j’ai accepté de remplir, pour le triomphe d’une cause qu’il m’est bien agréable de plaider devant vous et que, sans présomption, si j’en juge par votre accueil même, je considère dès maintenant comme gagnée.
- « je viens parmi vous à un double titre.
- « Président du Conseil Municipal de Paris, j’apporte à Bordeaux le salut de Paris, de ses élus, de sa population.
- « Entre nos deux villes, entre citoyens de Bordeaux et de Paris, les affinités sont nombreuses, et il importe que les contacts se multiplient. J’ajoute qu’entre nos deux Assemblées municipales des rapprochements sont également souhaitables.
- « Nous avons, les uns et les autres, quoique à des degrés différents, bien des revendications communes à formuler. Des problèmes, chez vous comme chez nous, sont posés, à la solution desquels nous pouvons loyalement collaborer, échangeant nos vues, nos idées, nos intelligences.
- « Mais, Messieurs, vous comprendrez que je ne veuille pas m’étendre plus longtemps sur ce sujet. 11 y a là une conversation que nous reprendrons, j’espère, entre élus des deux grandes cités. Je me suis borné aujourd’hui, n’ayant pas d’ailleurs reçu le mandat de disserter sur ces questions, à exprimer un vœu.
- « Je suis ici, à cette heure, surtout comme Président de la Section Française à l’Exposition qui, dans quelques mois, va s’ouvrir à Turin, et c’est de cette Exposition que, très simplement, mais avec une conviction sincère, je veux m’entretenir avec vous.
- « Les commerçants, les industriels français m’ont confié la tâche d’organiser leur participation à cette manifestation du labeur humain qui s’annonce éclatante.
- « C’est un honneur dont je sens tout le prix, mais un honneur qui oblige. Je l’ai accepté pour accomplir une œuvre. Je l’ai accepté pour « agir », et les hommes d action devant qui je parle me comprendront.
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- « La présidence de la Section française, je ne l’envisage nullement comme un titre, comme une charge vaine, comme une sinécure d’oisif.
- « Commerçant dont l’existence entière s’est déroulée dans ce milieu d’intense activité qu’est le monde des affaires, commerçant qui, dans la vie de chaque jour, vit avec d’autres commerçants, avec d’autres industriels, dont je juge le rôle primordial à notre époque et en qui je salue les artisans de l’avenir des nations ; commerçant qui crois fermement que la prospérité publique est faite de leur travail, de leur ténacité, j’ai l’ambition que mon pays affirme, chaque fois que l’occasion lui en est offerte, ses qualités, son génie, sa vitalité, sa primauté.
- « C’est surtout lors de ces solennelles assises qui maintenant se tiennent à tour de rôle dans les grandes cités étrangères qu’il lui est permis de donner à tous ceux qui le jugent, aux détracteurs que nous pouvons avoir de par le monde, comme aux amis dont nous avons le devoir d’entretenir la confiance en notre destin, le spectacle de son ascension, de ses progrès, de ses victoires.
- «. Il n’est pas vrai, comme trop souvent nous sommes portés par esprit de dénigrement à le dire nous-mêmes, que les vertus qui firent si grande dans le passé cette haute personne « morale » qui s’appelle la France, subissent une éclipse.
- « Il n’est pas vrai que cette nation si riche de sève, et dont l’histoire, au cours des âges, s’est confondue avec l’histoire de l’humanité elle-même, soit amoindrie moralement. Il n’est pas vrai qu’elle ait perdu le rang que le génie de ses enfants, poètes, penseurs, artistes, orateurs, commerçants, industriels, lui ont conquis.
- f Affirmons-le hautement et prouvons-le, puisque aussi bien la preuve nous est facile.
- « C’est cette preuve, Messieurs, que je vous demande de donner comme hier je le demandais à nos compatriotes de Marseille, — qui m’ont entendu, — en vous invitant à prendre part à l’Exposition de Turin.
- « Pour coopérer à cette imposante manifestation internationale, nous sommes déterminés, non seulement par ces raisons inspirées par un patriotisme réfléchi et bien compris que je viens de vous exposer, mais aussi par des considérations d’ordre général que j’estime très puissantes.
- « Jamais les peuples, de même que les hommes, ne doivent laisser échapper les occasions de rapprochement, d’entente, d’intimité.
- « C est 1 ignorance où nous sommes les uns des autres qui fait surgir les discordes, c’est le défaut de pénétration réciproque qui, trop souvent, est cause de haines, de conflits. Que de drames dont l’histoire a été le théâtre, dont les hommes ont été les victimes et qui ont eu pour origine des erreurs, des préventions, des malentendus qu’il eût été facile de dissiper.
- « Inconnus les uns des autres, séparés par les distances et, ce qui pis est, par des visions troubles, des jugements erronés, les peuples comme les hommes se prêtent de mauvais desseins, en viennent aux prises. Rapprochés par les circonstances, ils apprennent à se mieux connaître et sont tout étonnés parfois de découvrir que les âmes sont faites pour fusionner, que les bonnes volontés sont loyales et sûres, que 1 accord est aisé, que l’estime mutuelle prépare sans heurt, par des chemins rapides 1 accord des intelligences et des cœurs.
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- « Félicitons-nous donc des occasions qui permettent de nouveaux rapprochements.
- « Plus que tous les autres, les commerçants, les industriels ont intérêt à multiplier les contacts avec les commerçants, les industriels de l’étranger, puisque, en définitive, leur commune entente se traduit par des échanges accrus, par des transactions développées, par l’essor économique dont bénéficient leurs nations respectives.
- « Mais, Messieurs, d’autres raisons nous créent l’obligation d’aller à Turin.
- « Tout un passé chante dans nos mémoires. 11 est entre l’Italie et la France tant de souvenirs, tant d’aspirations, tant d’émotions communes! Les deux soeurs latines, sœurs par leurs destinées, sœurs par leurs traditions, sœurs par le même sang qui coule en elles, se doivent de ne jamais l’oublier. En ces dernières années, les manifestations officielles d’entente franco-italienne ont été nombreuses, chaleureuses, corroborées par le consentement populaire et on peut dire que c’est joyeusement que les peuples ont ratifié l’œuvre des diplomates.
- « Je le disais à l’Hôtel de Ville, il y a quelques jours, lors de la réception si cordiale, si émouvante, que notre Conseil Municipal a réservée aux Membres du Conseil Municipal de Turin, qui avaient accepté notre hospitalité, et vous me permettrez bien de citer mes paroles :
- « Nous irons à Turin », disais-je, « conduits par de séculaires sympathies, « par le souvenir toujours vivace d’une vieille parenté intellectuelle, et aussi par un « inoubliable passé de bravoure, évoquant les tombes fraternelles de ceux qui « dorment à Magenta et à Solférino.
- « Nous avons combattu pour le même idéal de vérité et de beauté ; au nom de « notre commune pitié pour les misères humâmes, soutenu avec enthousiasme les « mêmes querelles, défendu les mêmes causes, élevé au-dessus des champs de « bataille les couleurs joyeuses de nos drapeaux entremêlés.
- « Nos clairs esprits se comprennent. Nos deux langues sont sœurs : c’est au rythme des syllabes latines que la civilisation est venue à nous.
- « L’Italie, elle est ici, dans notre sang, dans nos mœurs, dans nos lois, comme « elle était hier dans nos parcs, dans nos paysages, et partout autour de nous, nous « respirons les parfums de cette terre des fleurs, de la poésie et de l’héroïsme. »
- « Et je terminais par cet espoir : « Puisse l’amitié se faire de plus en plus « intime entre la patrie du Tasse, de Manzoni, de Garibaldi, et la patrie de Ronsard, <- de Michelet, de Victor Hugo! Travaillons toujours côte à côte à l’union indisso-<' lubie de ces deux forces nationales destinées à se prêter un mutuel appui : 1 Italie « et la France, et souhaitons de voir incessamment se poursuivre leur généreuse « émulation dans les voies de la liberté, du progrès sans fin et de l’harrronie sociale : « nous fortifierons ainsi l’œuvre de paix à laquelle nous sommes de cœur attachés. »
- « C’est le succès de cette œuvre que je vous demande de contribuer avec nous à assurer, commerçants et industriels de Bordeaux.
- « Vous n’aurez, au surplus, qu’à suivre l’exemple qui, depuis plusieurs années, vous est donné par les commerçants et industriels italiens.
- « Ces hommes de claire intelligence et de volonté résolue, à qui est due, on peut le proclamer comme un hommage rendu à la vérité, la rénovation, la résurrection
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- de l’Italie moderne, se sont rendus compte que le commerce français embrasse « dans sa progression constante, non seulement les échanges de la production française, mais aussi ceux d’une quote-part importante des produits des autres nations. » La France est le grand fournisseur du monde entier des produits de luxe. Pour leur confection, l’Italie lui fournit une partie de la main-d’œuvre nécessaire.
- « Les grandes Chambres de commerce françaises et italiennes ont merveilleusement compris le double rôle qui leur était assigné : à l’intérieur, assurer l’activité du marché national ; à l’extérieur, lui créer des débouchés toujours plus nombreux.
- « C’est à ce second besoin que répond la création des Chambres de commerce à l’étranger. La France en compte trois en Italie ; l’Italie en a une à Paris, et il n’est pas douteux qu’elle en aura, dans un avenir plus ou moins rapproché, dans toutes les principales villes de France.
- « La France et l’Italie sont donc en voie de pénétration réciproque. Les statistiques nous apprennent, en effet, qu’en 1888, à l’époque des malentendus, de la « brouille », si j’ose m’exprimer ainsi, le mouvement d’échanges entre la France et l’Italie atteignait 500 millions. En 1894, il n’était plus que de 250 millions. Puis les heureux événements de ces dernières années ont de nouveau et immédiatement rétabli un mouvement ascensionnel qu’il faut espérer définitif. Espoir fondé si l’on se reporte aux assurances maintes fois échangées depuis 1903.
- « Je tiens à souligner que beaucoup de ces assurances nous ont été données précisément par les représentants, à divers titres, de la ville de Turin.
- « C’est M. le commandeur Caponi, vice-président du Comité de la colonie italienne de Paris, qui, le 24 octobre 1903, à l’Hôtel de Ville de Paris, s’écriait avec enthousiasme :
- < A Turin, de même qu’en toutes les villes de notre patrie, il n’y a plus qu’un « cri, aussi vif, aussi sincère, aussi débordant de sympathie et de reconnaissance « que celui qui déborde de notre cœur : « Vive la France! »
- « C’est M. T. Rossi, alors député, président de la Chambre de commerce de Turin, — un collègue, Messieurs, — aujourd’hui syndic de la ville de Cavour, qui disait le 16 novembre 1904 :
- «... Laissez-moi vous dire que cette bonne et vieille ville de Turin se réjouit « d’avoir quelque ressemblance avec vos cités, car elle rappelle la France, tant « par ses coutumes que par l’esprit de ses habitants... » Et quand vinrent à Paris les délégués des étudiants des Universités italiennes, ce fut M. Barbeni, président de 1 Association universitaire de Turin, qui fut le porte-paroles de ses camarades. Toujours Turin, Messieurs!
- « Allez-y donc, vous y serez vraiment en famille, puisque cette aimable ville est, selon une heureuse expression, « le trait d’union entre la France et l’Italie. »
- « La France manquerait à la fois à ses traditions de fidèle courtoisie et à ses intérêts bien compris en ne s’employant pas de toutes ses forces a occuper à Turin la place dont son activité, son intelligence, son développement industriel et commercial la rendent digne.
- « A son tour, Bordeaux — un de nos grands ports marchands, un de ceux qui
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- s’efforcent victorieusement de faire flotter très haut le drapeau de notre pays dans l’âpre lutte que se livrent les différentes nations sur le terrain économique — doit avoir à cœur d’y figurer noblement : le colossal mouvement d’échange qui s’y fait, le nombre considérable de vos usines, de vos manufactures, de vos industries aussi prospères que diverses, l’abondance des produits fabriqués que vous exportez annuellement, vous imposent ce devoir.
- « Vous avez enfin — j’en atteste l’harmonieux aspect et les élégantes parures de votre cité — un souci de la beauté qui vous rapproche encore de cette Italie, séduisant berceau de tous les arts.
- « Je me résume, Messieurs
- « Une double raison vous invite à aller à Turin : raison commerciale qui vous conduit à chercher partout de nouveaux débouchés, à étaler votre splendeur, à vous imprégner de l’atmosphère où vivent de loyaux émules; raison de sentiment qui, j’en ai la foi, pèsera sur votre décision, car ce n’est jamais en vain qu’on fait appel — votre histoire le proclame — au cœur de la Gironde, au cœur de Bordeaux.
- « Vous connaissez l’âme vibrante d’enthousiasme de nos amis latins. Elle est de nature à attirer les actifs et souriants habitants de la région où se récolte à profusion le vin généreux et clair qui réchauffe le cœur, affine l’esprit, aiguillonne la volonté.
- « La ville de Bordeaux se doit à elle-même, elle doit à son glorieux passé d’aller soutenir, dans la capitale du Piémont, la réputation du commerce français; elle le doit à la nation amie qui lui prodigue tant de témoignages d’affectueuse sympathie.
- « Sur les champs de bataille, s’écriaient un jour les officiers italiens, nous serons « peut-être à côté des soldats français ; contre eux, jamais ! »
- « Je vous convie, Messieurs, à vous trouver aux côtés des soldats italiens de l’industrie et du commerce, sur le champ de bataille pacifique de l’Exposition de Turin ».
- (1) Nous avons emprunté au journal La Petite Gironde le compte rendu in extenso de cette conférence.
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- Geo DONCKÈLE
- Président du Groupe XX
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- Travaux du et
- Comité d’Organisation d’installation
- CS?
- La première réunion officielle des Membres du Comité d’organisation de la Classe 133 D eut lieu le 21 novembre 1910, à la Bourse de Commerce.
- Les Membres du Comité avaient reçu du distingué Président de la Section Française, M. L. Bellan, la lettre suivante :
- Monsieur,
- Paris, le 15 novembre 1910.
- J’ai l’honneur de vous informer que les membres des Comités d’admission du Groupe XX, dont vous faites partie, se réuniront lundi 21 courant à 10 heures très précises à la Bourse du Commerce, rue du Louvre.
- Je vous serais reconnaissant de vouloir bien ne pas manquer d assister en personne à cette réunion en raison de son importance.
- Agréez, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
- Le P résident,
- BELLAN.
- Classe 133 D.
- ' ORDRE DU JOUR
- 1° Examen de la concordance entre la classification italienne et la classification française.
- 2° Constitution des Bureaux.
- Fourrures 133 A, Couture 133 C, Dentelles, Broderies 133 B,
- Accessoires 133 D.
- N. B. —- Les Membres des Comités ne seront pas autorisés à se faire repré-senter aux réunions, leur mandat étant essentiellement personnel.
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- Suivant une habitude dont, depuis de nombreuses années, notre Classe a constaté les heureux résultats, les résolutions à prendre dans la réunion que devait présider M. Bellan, furent d’abord discutées et arrêtées dans une assemblée qui eut lieu le 1 2 novembre 1910, à l’Association générale des tissus et des matières textiles, sous la présidence de M. Geo Donckèle, président du Groupe XX.
- Les résolutions qui furent prises dans cette réunion reçurent leur consécration définitive à l’assemblée du 2 1 novembre à la Bourse du Commerce.
- Cette assemblée eut une importance considérable.
- Présidée par M. Léopold Bellan, Président de la Section Française, assisté de M. Geo Donckèle, Président du Groupe XX, elle arrêta les principales dispositions qui devaient servir de fondations à l’œuvre que nous allions édifier.
- Le bureau de la Classe fut ainsi élu :
- Président : M. Jean MOUILBAU.
- Vice-Présidents : MM. BERTHELOT, BOILEAU, DELMOTTE, CLAPIN, Grillet, Lolliot, Parent, Hubert-Picard, Pinay, Rousseau, Schul-
- MANN, VlALLAR.
- Secrétaires : MM. AVERSENG, BARON, CADOLLE, CRESPIN, EVRARD, Javey, Laflèche, Marion, Rondeau, Schmit.
- Rapporteur : DUBOC.
- Trésorier : Henry MAYER.
- Le Président Bellan, dans une improvisation, qui produisit une profonde impression sur l’assistance, après avoir félicité les nouveaux Membres du Bureau de la confiance qu’ils avaient su inspirer à leurs collègues, développa le programme de la grande manifestation de travail à laquelle nous devions consacrer tous nos efforts.
- * *
- La première séance du Comité de la Classe 1 33 D eut lieu le 26 novembre 1910, sous la présidence de M. J. Mouilbau.
- Avant de commencer les travaux, notre président prenait la parole, et prononçait l’allocution suivante :
- « Mes chers Collègues,
- « Je tiens à vous remercier bien sincèrement de la nouvelle marque de confiance que vous m’avez témoignée et du grand honneur que vous m’avez fait en me nommant pour la seconde fois votre Président.
- « Ce n’est pas que la présidence d’une classe comme la nôtre soit une sinécure, mais les difficultés inhérentes à cette fonction se trouvent largement compensées par la satisfaction qu’on éprouve au milieu de vous et de votre collaboration.
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- « Les succès antérieurs de notre classe nous créent des obligations, il faut donc que nous nous mettions de suite à l’œuvre, afin d’arriver, sinon à surpasser, mais tout au moins à égaler ce qui a été fait précédemment.
- « Je compte pour cela, mes chers Collègues, sur votre excellent concours. Du reste, je crois bien que pour la réussite de l’œuvre qui vient de nous être confiée, nous n’aurons qu’à nous inspirer de ce qui a été fait à Bruxelles, je suis certain qu’en suivant l’exemple qui vient de nous être donné par M. Dehesdin à qui je suis heureux de rendre ici un éclatant hommage, nous ne pourrons manquer de mériter les félicitations de ceux qui nous ont accordé leur confiance.
- « Je compte absolument sur votre dévoué concours, comme de mon côté, vous pouvez être assurés que je consacrerai tout mon temps et mon dévouement à la défense de vos intérêts. »
- Ces paroles furent unanimement approuvées. Déjà à Londres, en 1908, nous avions eu la preuve du dévouement que M. J. Mouilbau apporte à défendre nos intérêts, en lui renouvelant pour Turin, le mandat dont il s’était si bien acquitté une première fois, tous les membres de la Classe 1 33 D, savaient que leur cause était en d’excellentes mains.
- Les résultats ont donné raison à ceux qui, dès la première heure, avaient accordé leur confiance à M. J. Mouilbau. Nous sommes infiniment heureux de pouvoir nous faire ici l interprète de tous les exposants de notre Classe, pour remercier notre président de la cordialité, du dévouement et de la compétence dont il a fait preuve dans l’exercice de ces délicates fonctions.
- Dans cette première réunion furent arrêtées les principales dispositions pour le recrutement des exposants.
- Il fut décidé que pour la bonne marche des travaux, on adopterait le principe de diviser la classe par sections.
- La décision suivante fut adoptée :
- Lingerie, Faux-Cols, Cravates, Cannes, Parapluies
- MM. Schulmann, Gallais, Berthelot, Rousseau, Lucet, Bader, Laguionie, Cognacq, Dehesdin, Oudineau, Chevallier, Emile Hayem, Donckèle, Plantevignes, Charvet, Nisseron, Schmit, Delahaye.
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- Fleurs, Plumes, Cheveux, Perles et Paillettes, Fantaisies pour modes
- MM. Lolliot, Mayer, Javey, Grillet, Chandelet, Brossard, Benoiston, Bertin, Guyot, Violet, Averseng, Latouche, Croizier, Auguste Petit.
- Boutons, Bouderies, Tissus Elastiques
- MM. Parent, Laflèche, Marion, Laurain, Baron, Bouchard.
- Corsets, Fournitures pour corsets, Æannequins, Etalages
- MM. CLAPIN, Hubert-Picard, CADOLLE, YVER (Maison Berthe Bareiros), Delmotte, Vinson, Duboc, Imans, Ravenel. .
- Chapellerie et Fournitures pour chapellerie
- MM. PlNAY, MERMILLOD, CRESPIN, BrAILLON, BOUZINAC, Léon Frères. Bounaix.
- Bonneterie et Ganterie
- MM. Boileau, Viallar, Villeminot, Fournier, Hervy, Zimmerli, Rondeau, Pœuf-Billet, Courtois, Evrard, Guibert.
- * *
- M. Mouilbau donnait alors lecture d’un projet de circulaire déjà approuvée par M. G. Donckèle. Elle devait être adressée à toutes les personnes susceptibles d’exposer dans notre classe.
- Ce projet fut jugé très favorable à notre propagande, et à Tunanimité, le texte suivant fut adopté :
- M.
- La Ville de Turin doit ouvrir en avril prochain une Exposition internationale pour fêter avec Rome le cinquantenaire du Royaume d’Italie reconstitué en 1861,
- Dès à présent, cette Exposition semble assurée du même succès que celui remporté à Milan en 1906.
- Turin, qui est à proximité de Milan, est une ville de 400.000 habitants. Elle est, avec cette dernière, une des cités les plus industrielles de l’Italie. — Elle se trouve sur le parcours de la Malle des Indes, à quatorze heures de Paris, et à quelques heures seulement des grands centres italiens.
- Par cette situation, on peut être assuré qu’elle attirera un grand nombre de visiteurs, et les industriels
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- français ne sauraient se désintéresser de cette manifestation qui devra contribuer au développement des transactions entre la France et l’Italie.
- C’est dans cet esprit que la Classe 133 D, dont votre industrie fait partie, se prépare à prendre la place prépondérante et importante qu’elle a occupée dans toutes les expositions précédentes et démontrer une fois de plus la vitalité du goût français, par des créations nouvelles aussi bien que par la perfection de ses produits manufacturés.
- Les Membres du Comité représentant les industries admises dans cette Classe et dont vous trouverez ci-contre la nomenclature, vous convient à vous joindre à eux, en adressant au plus tôt, dûment remplie et signée, à M. le Président de la Section Française, 42, rue du Louvre, la demande d’adhésion incluse, étant entendu que l’envoi de la présente circulaire ne saurait préjuger sur la décision qui sera prise par le Comité au sujet de votre admission, ni comporter engagement définitif de votre part tant que le prix des emplacements ne vous aura pas été fixé.
- Les industries admises dans la Classe 133 D, à l’Exposition de Turin sont les suivantes :
- Chapellerie pour Hommes, Dames et Enfants, chapeaux de feutre, de laine, de paille, de soie, casquettes, coiffures de sport et d’uniformes, fournitures et matières premières pour chapellerie.
- Fleurs Artificielles pour la coiffure, la toilette et tous autres usages.
- Plumes pour parures, Perles et Paillettes, Modes et Fantaisies pour Modes, Cheveux, Coiffures, Postiches, Chemiserie et Lingerie pour Hommes, Dames et Enfants, Faux-Cols, Manchettes et Devants de Chemises en gros et en détail.
- Bonneterie de coton, de laine, de soie et de bourre de soie, - bonneterie tricotée, bonneterie fantaisie.
- Cravates et Cols-Cravates, Foulards, Cache-Cols, Corsets en gros, corsets sur mesure et fournitures pour corsets, buses et baleines.
- Ganterie de c:>ton, de fil, de soie et de tricot.
- Cannes, fouets, cravaches, ombrelles, parapluies, fournitures pour ombrelles.
- Boutons, boutons céramiques, boutons en métal, en passementerie, en nacre et coquillages divers, en corozo, en corne et en os, en papier, etc..., boutons pression.
- Bouderies diverses pour costumes, uniformes, ceintures, bretelles, jarretelles.
- Œillets métalliques de toutes sortes.
- Eventails et écrans à main.
- Bustes, mannequins, étalages, vitrines.
- Dans l’attente de votre prompte réponse, nous vous prions d’agréer, M , l’expression
- de nos sentiments les meilleurs.
- Le Président.
- Jean MOUILBAU.
- Les Vice-Présidents :
- BERTHELOT, BOILEAU, DELMOTTE, CLAPIN, GRILLET, LOLLIOT, PARENT, HUBERT-PICARD, PINAY, ROUSSEAU, SCHULMANN, VIALLAR.
- Les Secrétaires :
- AVERSENG, BARON, CADOLLE, CRESPIN, EVRARD, JAVEY, LAFLÈCHE, MARION, RONDEAU, SCHMIT.
- Le Rapporteur : DUBOC.
- Le Trésorier : Henri MAYER.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- *
- Dans les séances qui suivirent, les dispositions d’usage furent prises, notamment en ce qui concerne le choix de l’architecte et les entrepreneurs chargés de la fourniture des vitrines et accessoires.
- M. de Montarnal, qui avait été, dans la plupart des Expositions, l’architecte de notre Classe, fut à nouveau chargé du soin de son installation.
- La fourniture des vitrines fut adjugée le 16 janvier 1911 à la Maison Lucas et Cie.
- Quant aux autres questions relatives à l’installation de la Classe, elles reçurent une solution dans la séance tenue le 1 1 février par le Comité, réuni sous la présidence de M. J. Mouilbau.
- Budget : M. Mouilbau proposait de régler en premier lieu le budget et de fixer les cotisations à 675 francs; il expliquait les raisons pour lesquelles il estimait devoir demander un peu plus qu’à Bruxelles, par suite des frais supplémentaires qu’il fallait escompter, notamment l’éclairage électrique de la salle et des vitrines dont le coût devait monter environ à 12.000 francs. Après un échange d’observations auxquelles prenaient part M. de Montarnal et M. Dehesdin, cette proposition fut adoptée à l’unanimité.
- Gardiennage : Il fut ensuite décidé que le gardiennage serait confié à M. Pierre, qui avait déjà donné toute satisfaction aux Expositions précédentes.
- Assurances : Le Président Mouilbau donnait lecture d’une lettre de M. Hel-bronner, qui proposait une assurance collective pour les risques de toutes natures, vol compris, au prix de 30 francs pour 1.000.
- Ce prix fut trouvé un peu élevé en comparaison du prix de Bruxelles, mais le Président expliquait que les Compagnies ont été très éprouvées cette année et sont plus exigeantes Après ces explications, il fut donné plein pouvoir au Président pour faire les démarches nécessaires auprès de M. Helbronner.
- Demandes de représentations : M. Mouilbau communiquait les lettres de MM. Chevalier fils. Chiroux, Cheminais et Cie, Dubruel, Dupuis, Gondrand, Kaleski, qui faisaient leurs offres pour représenter les Exposants, ainsi que pour les transports des marchandises.
- Sur la proposition Je M. G. Dehesdin, il fut décidé qu’on demanderait à ces Maisons de faire un prix forfaitaire comprenant la représentation et les transports.
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- M. JEAN MOUILBAU
- ‘Président de la Classe /33 D
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Dioramas : Les dioramas ont toujours une importance de premier ordre dans notre Classe.
- Ils furent, à Turin, l’objet d’une étude toute particulière de la part de notre Président, M. J. Mouilbau mit dans la recherche de leur sujet et dans leur installation le plus grand soin. Les sentiments qui l’animent, lorsqu’il est chargé de défendre nos intérêts, lui inspirèrent le désir d’avoir à Turin des dioramas encore plus merveilleux que ceux qui, dans des Expositions précédentes, avaient puissamment contribué au succès de notre Classe.
- Son désir a été réalisé, et nous pouvons affirmer que les dioramas de Turin eurent un succès considérable et très justifié.
- A la séance du Comité d’organisation, le 1 1 février, M. Mouilbau appelait toute l’attention du Comité sur cette question des dioramas, « car, disait-il, parmi toutes les préoccupations que sa tâche de président lui impose, celle-ci est la principale. Le goût des visiteurs se porte de plus en plus vers ces attractions, et de leur réussite dépend pour ainsi dire le succès de la Classe
- Notre Président annonçait que l’un des dioramas ayant été réservé à un exposant, il en restait deux à occuper, et il demandait aux Membres du Comité leur concours dévoué et leur collaboration pour arriver à constituer des dioramas intéressants et faire apprécier une fois de plus à l’étranger le goût français.
- M. Lucet, Vice-Président, offrait gracieusement son concours pour l’habillage des sujets et l’embellissement des vitrines.
- M. Mouilbau le remerciait vivement de cette offre généreuse et, par une approbation générale, le Comité lui témoignait sa satisfaction.
- M. le Président priait les Membres qui auraient une proposition à faire de bien vouloir prendre la parole, et il demandait la permission de soumettre trois maquettes de sa composition.
- L’une d’elles représentait la Roseraie de Bagatelle.
- Une autre, Un Baptême, sortie de l’église.
- La troisième, Une Partie de Trianon.
- Ces trois jolies maquettes furent très appréciées et le Président Mouilbau fut chaleureusement félicité pour son bon goût et son heureuse initiative.
- La Roseraie de Bagatelle remportait en premier lieu tous les suffrages, et il fut décidé qu’elle ferait l’objet d\in des dioramas.
- Le Président prit alors rendez-vous avec M. de Montarnal et MM. Guyot, Villeminot pour se rendre à Bagatelle, afin de voir sur place s’il y avait lieu d’apporter quelques modifications au projet qu’il avait préparé.
- Le Baptême fut adopté en principe pour le deuxième diorama ; toutefois la decision fut réservée jusqu’à une prochaine séance, M. Schulmann devant essayer de grouper quelques Maisons de lingerie et de corsets pour occuper ce deuxième diorama.
- Nous ne saurions trop remercier M. Gravereaux, beau-père de notre sympathique collègue, M. L. Villeminot, et propriétaire de la Roseraie de l’Hay, pour l’appui qu’il a donné en cette circonstance au Comité de la Classe 133 D.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Nous aurions été heureux de lui témoigner notre reconnaissance en lui faisant décerner un Grand Prix de collaborateur. Malheureusement, la rigueur du règlement du Jury des récompenses s’est opposé à ce que satisfaction fût donnée à cette demande de récompense, pourtant bien méritée.
- *
- *
- Le 4 mars 1911, le Comité d’admission et d’installation avait achevé ses travaux. Nous ne craignons pas d’être taxé d’exagération en écrivant qu’il avait accompli une oeuvre intéressante pour la réputation de nos industries et leur expansion à l’étranger.
- La Classe 133 D se présentait comme pouvant escompter un beau succès.
- Autour du Comité, de son dévoué président et des éminents collègues qui avaient été délégués par le bureau du groupe dont dépendait notre Classe était venue se grouper une forte phalange d’industriels disposés à seconder vigoureusement les efforts de ceux qui préparaient la victoire de l’industrie française en Italie.
- Les récompenses obtenues par les Exposants de notre Classe prouvent que le Comité d’organisation avait su acquérir la confiance des premières Maisons françaises, de celles qui sont le plus dignes de représenter à l’étranger l’industrie de notre beau pays.
- Notre Classe a eu à Turin un succès considérable; comme dans les Expositions précédentes, elle a été celle qui a recueilli les suffrages des aimables visiteuses.
- S. M. la Reine d’Italie nous a fait l’insigne honneur de consacrer son succès ; nous avons éprouvé une grande satisfaction d’avoir fait une oeuvre capable de recueillir des éloges aussi considérables.
- Nous tenons à associer à notre succès l’industrie parisienne, toujours prête à obéir aux ordres impérieux de cette grande dame qu’on nomme « La Mode )).
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DES INDUSTRIES ET DU TRAVAIL DE TURIN 191)
- PLAN de: LA CLASSE 133 D
- 36. Averseng (Charles).
- 83. Barjon Fils.
- 44. Benoiston (A. & Cie).
- 45. Berthelot (E.).
- 40- Bignon (Georges).
- 8. Boileau (Théodore).
- 87. Bounaix (jeune).
- 67. Bouzinac (Henri).
- 55. Brunswick.
- 42. Cadolle (Veuve H.) et fils. 29 Cerf (Henri).
- 63 Chambroux (E.).
- 25 • Charvet.
- 60. Chauvet (L.) et Cie.
- 64. Clapin (J.).
- 12.
- 75.
- 37.
- 26.
- 68.
- 58.
- 33.
- 73.
- 79.
- 62.
- 14.
- 23.
- 72.
- 19.
- 15.
- 17. 61 , 80. 66. 56.
- 18. 30.
- Collectivité de la Bonneterie de Paris :
- Boileau (Th.).
- Fournier.
- Got.
- Vitoux-Derrey et Gendre. Debauge et Cie.
- Dehesdin et Fils.
- Delmotte (A.).
- Demaret (J.).
- Despreaux Jeune (les fils de). Donckèle et Cie.
- Doudelle (Paul et André). Dupuy-Chautard et Cie. Duvelleroy.
- Etablissements Claverie (G. Bos et L. Puel, directeurs). Etablissements A. Rousseau. Etablissements Stockman (Duboc et Cie).
- Evrard.
- Exposition d’ensemble de la Fleur artificielle de Paris : Arrondeau.
- Barthe (Maurice).
- Feissel et Meyeur.
- Haupt.
- Margelidon.
- Tronche (Paul).
- Faure-Roux.
- Fournier (E.).
- Gagne-Petit (Au).
- Gérard (G ).
- Grands Magasins (( Au Bon Marché >\
- Grands Magasins (( Aux Galeries Lafayette ».
- Grands Magasins « A la Samaritaine ))
- Grands Mag asins du Louvre. Girard Emile)
- Grillet (J.-E.).
- Grisard (P.).
- Gueudré (M.).
- Guibert Frères.
- Guillaume Fils Ainé et Bouton.
- D I O RAMA
- 82. Haas-Kahn (A.).
- 13. Hayem et Cie (J.).
- 20. Hervy (Maurice).
- 35 . Hirsch et Cie.
- 90. Imans (P.).
- 86. Javey et Cie.
- 97. Jenin (Pierre et Albert).
- 28. Kretz.
- 32. Laflèche Frères et Cie.
- 93. Lalanne (Ch.).
- 59. Lambert Frères.
- 4. Lamieussens (G.).
- 11 . Latouche (G.).
- 77. Léon.
- 71 . Leprince (D.) et G. Baron.
- 5. Leroy (G.) et Cie.
- 76. Lolliot (Albert).
- 46. Mantou et Cie.
- 49. Marchand Hébert et Cie.
- 74. Mirtil Mayer et Frères (Henri Mayer successeur).
- 65. Motsch (E.).
- 43. Oudineau (Gilbert).
- 47. Parent (A.) Fils et G. Bouchard. 24. Philippe, Viallar et Cie.
- 34. Picard et Minier.
- 16. Pied (L.).
- 91 . Pinaud (J.) et Amour (Ancienne Maison) Crespin et Papillon, successeurs.
- 85. Pinay et Leduc (Maison) les Fils
- Pinay jeune, successeurs.
- 3 1 . Plantevignes (C.).
- 6. Pœuf-Billet.
- 69. Ravenel (A.).
- 5 1 . Raymond (A.).
- 86. Roseraie de l’Hay (Seine).
- 38. Ruteau et Cie, successeurs de
- Topart Frères.
- 70. Salaman (I.) et Cie (Auguste
- Guyot).
- 50. Samson (F.).
- 41 . Schmit (Albert).
- 39. Schulmann (J. et L.).
- 10. Société Anonyme des Tricotages à la Mécanique (ci-devant Zimmerli).
- 53. Société des Agrafes Françaises (Ancienne Maison Gingembre). 84. Société du Caoutchouc Manufacturé (Mouilbau, Fayaud, Laurain et Cie).
- 78. Teinturerie Georges Brossard.
- 88. The Sport, Gallais (Maurice) di-
- recteur.
- 89. Tirard Frères.
- 81 . Trézel.
- 7. Vallée et Marton.
- 2. Villeminot (Lucien) A. Rondeau et Cie.
- 52. Violet (A.).
- 48. Wallach et Lévy.
- 9. Wolf (Jules) et Fils.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- SUPERFICIE DE LA CLASSE 133 D
- ET
- EMPLACEMENTS DES EXPOSANTS
- Nous avons dit que M. de Montarnal, architecte de la Section Française avait été chargé par le Président de la Classe 1 33 D, M. J. Mouilbau, de dresser le plan de cette Classe. Ce plan fut définitivement approuvé par les Membres du Comité d’installation, dans une séance tenue le 4 mars 1911.
- De la répartition des emplacements, il résultait que 91 exposants occupaient 236 m. 50 de façade en vitrines et 74 m. 50 de vitrines de retour.
- Voici la superficie occupée par chacun des Exposants :
- BONNETERIE
- Th. BOILEAU...................... ....................2 mètres
- Collectivité de la Bonneterie de Paris. . • . . • . . .2 —
- EVRARD................................................1 m50
- FOURNIER..............................................! m50
- HERVY.................................................2 mètres
- VIALLAR ............................................. 2m50
- PIED . ............................................1m50
- POEUF-BILLET ... h....................................1m50
- ZIMMERLI..............................................2 mètres
- VILLEMINOT............................................2m50
- BOUTONS ET AGRAFES
- DEBAUGE ................. ..........3 mètres
- DOUDELLE........................... . 1™50
- LEPRINCE & BARON....................1m50
- MARCHAND-HEBERT.....................2 mètres
- PARENT..............................2 —
- RAYMOND.............................2 —
- AGRAFES FRANÇAISES (Société des)....3 —
- VALLÉE & MARION.....................1m50
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- CHAPEAUX ET MODES
- BOUNAIX...............................2 mètres
- BOUZINAC..............................2 —
- DUPUY-CHAUTARD ....................... 1 —
- MOTSCH................................2 —
- CRESPIN & PAPILLON....................3m50
- LÉON..................................4m50
- PINAY & LEDUC.........................2™50
- TIRARD................................2m50
- TREZEL................................Im50
- BENOISTON.............................4mX lm
- CHEVEUX, POSTICHES
- LALANNE...............................2 métrés
- LATOUCHE..............................2m50
- JENIN.................................1 mètre
- WOLF & Fils...........................2 —
- CORSETS ET FOURNITURES MANNEQUINS ET BUSTES — BUSTES EN CIRE
- BIGNON................................111150
- CADOLLE...............................2m50x 1m50
- CLAPIN................................1m50
- KRETZ.................................2 mètres
- PICARD & MINIER ............ 2 —
- DELMOTTE..............................2 —
- GUEUDRÉ ..............................2 —
- Les Fils de DESPRÉAUX.................2 —
- Etablissements STOCKMAN (DUBOC & Cie) .... 3 —
- LAMBERT Frères........................3 —
- RAVENEL...............................2 —
- GIRARD................................1 m50
- IMANS.................................Diorama
- Etablissements CLAVERIE...............2m50
- CRAVATES
- DONCKÈLE..............................4 mètres
- PLANTEVIGNES..........................3 —
- ÉVENTAILS
- DUVELLEROY............................2m50
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- FOURNITURES POUR MODES ET CHAPELLERIE
- AVERSENG........................... .2 mètres
- BARJON Fils..........................1 —
- CHAMBOUX........................... 1 —
- GUILLAUME & BOUTON..................2 —
- HAAS-KAHN...........................2m50
- LEROY................................1 mètre
- RUTEAU. ..... 1 —
- VIOLET................. •...........3 —
- GANTS DE PEAU
- GUIBERT
- 2 mètres
- FLEURS ARTIFICIELLES
- JAVEY & Cie.
- Exposition d’ensemble des fabricants de Paris. DIORAMA (La Roseraie de l’Hay-sur-Seine).
- LINGERIE
- AU GAGNE-PETIT...........................3™25x2m25
- BERTHELOT ...............................3mXl™
- Henri CERF & BRUNSWICH...................2 mètres
- CHARVET..................................3m25x2m25
- DEHESDIN.................................3m50
- ROUSSEAU.................................5m50x 1 m
- AU BON MARCHÉ (Grands Magasins).......... 4m50x3m
- HAYEM....................................3m25x2m25
- HIRSCH...................................3 mètres
- LAMIEUSSENS. . . . ,...................2m50
- LOUVRE (Grands Magasins du)................4m50x3m
- OUDINEAU.................................3 mètres
- A LA SAMARITAINE (Grands Magasins).......4m50x3m
- SCHMIT...................................3 mètres
- SCHULMANN................................2 —
- THE SPORT................................Diorama
- PLUMES POUR PARURE ET TEINTURE
- DEMARET..............................1m50
- GERARD...............................3 mètres
- GRILLET..............................2 —
- GRISARD..............................2mx 1m
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- LOLLIOT . . .
- MANTOU *. . -
- SALAMAN & Cie . SAMSON. . . .
- WALLACH & LÉVY Mirtil MAYER Frères BROSSARD . . •
- TISSUS ÉLASTIQUES
- CHAUVET .....................
- FAURE-ROUX...................
- LAFLÈCHE.....................
- CAOUTCHOUC MANUFACTURÉ (Société du)
- DIOR AM AS
- — 3°
- 3 mètres
- 1 m50
- 2 mètres
- 1m50 1 m50
- 3 mètres 1 —
- 2 mètres 2 -
- 3 —
- 3 —
- 1° : 8m50x7m25
- 2° :
- 8m50x7m25
- 6m 30
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- TURIN.
- VUE GÉNÉRALE
- Inauguration de l’Exposition de Turin
- es?
- L’inauguration officielle de l’Exposition de Turin eut lieu le 29 avril 1911, sous la présidence effective de LL. MM. le Roi et la Reine d Italie.
- Cette cérémonie avait revêtu un éclat exceptionnel, que rehaussaient la splendeur de l’Exposition elle-même, la présence des souverains, du corps diplomatique, de toutes les illustrations de l’Italie, et le concours d une foule considérable, accourue des quatre coins de l’Europe.
- La solennité était fixée pour 10 heures. Quelques instants avant, le Roi, la Reine et les Princes, accompagnés d’une nombreuse suite, arrivaient a Turin, et se rendaient aussitôt avec escorte des gardes du corps au Palais des Fetes. Des acclamations chaleureuses avaient salué les souverains sur tout le parcours du cortege.
- Le vaste hémicycle de la Salle des Fêtes offrait un coup d œil merveilleux, il contenait une foule imposante des plus hautes personnalités italiennes et étrangères.
- On remarquait : le Duc d’Aoste, le comte de Turin, le duc des Abruzzes, le duc de Gênes, la princesse Loetitia, la duchesse Isabelle de Genes, le president du Conseil, M Giolitti, les ministres : marquis di San Giuliano : MM. Sacchi, Nitti, Facta, Spmgardi, Callissano, les présidents du Sénat et de la Chambre, le corps
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- diplomatique, les maires de Rome et de Milan, le Comité de l’Exposition avec ses présidents, les sénateurs Frôla et Villa, les commissaires étrangers, les autorités et de nombreux invités, au premier rang desquels on remarque MM. Dervillé, commissaire général du Gouvernement Français; Bellan, président de la section française; Masure, secrétaire général du Commissariat général; G. Roger Sandoz, secrétaire général du Comité français; de Pellerin de Latouche, secrétaire général de la Commission d’organisation; Bonnier, directeur des travaux de la Ville de Paris, les représentants des Ministres français du Commerce et des Beaux-Arts, les représentants du corps diplomatique, en tête desquels M. Barrère, ambassadeur de France.
- Dès que les souverains eurent pris place aux fauteuils qui leur étaient destinés, la cérémonie commençait durant laquelle, prirent successivement la parole : le sénateur Villa, président de la Commission exécutive de l’Exposition; le sénateur Frôla, président du Comité général; le sénateur Rossi, maire de Turin; M. Nitti, ministre italien de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, et M. Nathan, maire de Rome.
- Le sénateur Rossi, maire de Turin, a, dans son discours, célébré l’unité italienne et ses auteurs.
- « C’est ici, à Turin, dit-il, que se sont mûries les destinées de la patrie. Au milieu des hommes abattus et des gémissements qu’arrachait le joug de l’étranger, seul se dressait le Piémont, droit et superbe.
- « Victor-Emmanuel, cette grandiose figure dantesque, n’aurait pu arriver seul au but poursuivi s’il n’avait eu avec lui le concours puissant d’autres que Dieu a suscités en ces jours pour la fortune de l’Italie : Joseph Mazzini, Joseph Garibaldi, Camille Cavour.
- « C’était l’Italie qui surgissait, avec les trois couleurs de son drapeau, de sa léthargie de treize siècles, en criant au monde son droit de vivre au soleil de la liberté.
- « L’événement que nous commémorons est célébré à la fois par les trois capitales de l’Italie : les deux anciennes et la présente : Turin, Florence, et Rome. »
- En terminant, il a salué tous les pays et tous ceux qui ont collaboré au succès de l’Exposition « pour rendre plus belle la manifestation du travail humain. »
- M. Nathan, maire de Rome, a également pris la parole :
- <•< Je me réjouis, dit-il, de pouvoir répondre, après un demi-siècle de vie nationale, au message que Rome reçut de Turin, il y a cinquante ans, après les luttes soutenues, les difficultés vaincues, Turin s’est élevé une fois de plus en abdiquant au profit de Rome par amour pour la Patrie. L’éclat de son Exposition est un témoignage de sa lumineuse ascension et montre aussi ce qu’est l’Italie, devenue depuis peu une Nation, ce qu’est enfin la nouvelle vie italienne, non moins brillante de civilisation et de gloire que les précédentes. »
- Après les discours, les Souverains, suivis des Princes, des Princesses et des autorités, se rendirent au Château-d’Eau, où eurent lieu les présentations. M. Barrère, en sa qualité de doyen du corps diplomatique, présentait les membres de ce corps, ainsi que les commissaires des différentes puissances à l’Exposition. La présentation commença par M. Dervillé, commissaire général du Gouvernement français. Le Roi
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- s’entretint cordialement avec chacun d’eux et s’intéressa aux travaux des pavillons étrangers.
- Après les présentations, le Roi, la Reine, les Princes, les Princesses et leur suite se rendirent au milieu des acclamations de la foule, au Palais Royal. Pour répondre à la démonstration imposante qui leur était faite, les Souverains durent paraître plusieurs fois au balcon.
- A 3 heures, ils retournèrent au Palais des Fêtes, afin d’entendre la cantate inaugurale composée par le maestro Bolzoni, qui obtint un vif succès. Le Roi retournait ensuite au Palais, où il recevait à 5 heures, le Corps diplomatique et les Commissaires étrangers. Au cours de cette réception, le Souverain s’est longuement entretenu avec M. Dervillé, qu’il connaissait personnellement ; avec M. Bellan, président du Conseil Municipal de Paris, qui lui a été présenté par M. Barrère, notre ambassadeur, ainsi que le Consul de France à Turin; M. de Pellerin de Latouche, secrétaire général du Comité d’organisation, M. Masure, secrétaire général du Commissariat général, et les membres du Conseil municipal de Paris.
- Cette mémorable journée s’est terminée par une soirée de gala au Théâtre royal, à laquelle assistaient les souverains. Toute la ville resta illuminée à giorno jusqu’à minuit. Le coup d’œil était superbe.
- Le lendemain, la presse tout entière consacrait des articles élogieux à cette imposante cérémonie, la plupart des organes était d’accord pour reconnaître que la participation française était infiniment supérieure à celle des autres nations.
- Un des principaux organes italiens, reflétait l’opinion de la majorité, en écrivant :
- « Le succès dans la section étrangère est sans conteste pour l’Exposition française, qui surpasse toutes les autres en somptuosité et en élégance. Le palais de la France, situé sur la rive gauche du Pô, couvre 14.000 mètres carrés et élève sa coupole hardie à 50 mètres du sol. Sur la rive opposée se dressent les pavillons de la Ville de Paris et de la ville de Marseille, qui font honneur au goût artistique de la France.
- Cette journée fut l’occasion, comme on le voit, de belles manifestations en faveur de 1 amitié franco-italienne. Toutefois l’inauguration de la Section française devait être a nouveau le prétexte d’une explosion d’enthousiasme d’un caractère franchement populaire.
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- PAVILLON DE LA FRANCE
- Inauguration de la Section Française
- es?
- LE BANQUET DU 20 MAI
- A l’inauguration de la Section française qui eut lieu le 21 mai 191 1, s affirmèrent les liens puissants qui unissent la France et 1 Italie.
- Cette fête eut, comme préface, le banquet qui, le 20 mai, reunit, sous la présidence de M. Massé, ministre français du Commerce et de 1 Industrie, plus de six cents personnalités appartenant à la diplomatie, a la politique, au commerce, a 1 industrie et à l’agriculture.
- M. Massé, ministre du Commerce et de 1 Industrie, présidait, ayant a sa droite . Mme la Comtesse Rossi ; M. Nitti, ministre de 1 Agriculture et du Commerce d Italie , Mme Massé, M. Emile Dupont, sénateur, Président du Comité Français des Expositions à l’Etranger ; M. le Comte Vittorelli, préfet de Turin; M. Legrand, conseiller de 1 ambassade de France à Rome ; M. Antonio Blanchi, vice-president du Comité executif italien de l’Exposition de Turin ; M. Pralon, Consul general de France a Turin; M. le général Brusati, commandant le corps d armee ; M. Vermorel, sénateur
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- M. Favini, président de la Cour de cassation ; Mme Pascal d’Aix ; MM. Jules Hetzel, vice-président ; Masure, secrétaire général du Commissariat général et G. Roger Sandoz, secrétaire général du Comité français des Expositions à l’étranger.
- A sa gauche, Mme la Comtesse Vittorelli; M. Stéphane Dervillé, Commissaire général du Gouvernement français à l’Exposition de Turin ; Mme Pralon ; MM. le comte Rossi, sénateur, syndic de Turin ; Bellan. président du Conseil municipal de Paris, président de la Section française de l’Exposition de Turin : Frôla, sénateur, président du Comité général de l’Exposition de Turin ; Blasio, Procureur général de la Cour de cassation ; Mme G. Roger Sandoz ; MM Aucoc et Dausset, conseillers municipaux de Paris ; le colonel Stasio, chef d’état-major ; Bocca, président de la Chambre de commerce de Turin ; Charles Legrand, président de la Chambre de commerce de Paris ; Gaston Menier, sénateur ; de Pellerin de Latouche, i secrétaire général de la Section française de l’Exposition de Turin.
- Au dessert, M. Massé, ministre du Commerce et de l’Industrie donnait la parole à M. Dervillé, Commissaire général de la Section française, qui prononça le discours suivant :
- « Excellences,
- « Mesdames, Messieurs,
- « Le Gouvernement de S. M. le Roi a convié la France industrielle au berceau de l’indépendance italienne pour célébrer, dans une fête du Travail, ses glorieux anniversaires.
- « Nous qui avons fraternellement suivi ces luttes libératrices et qui applaudissons, par delà les Alpes, au prodigieux essor qu’elles ont fait naître, nous sommes venus, selon le vœu formé, avec le meilleur de nos énergies économiques.
- « Et quand, pour ajouter à l’amicale signification de cet effort, le chef même de notre commerce et de notre industrie vient nous dénombrer avant la lice, il veut que notre premier hommage s’adresse au Prince qui nous a fait appel, dont nous admirons la sagesse ; la justice et l’intérêt passionné pour la marche en avant du peuple italien dans toutes les voies ouvertes à son génie.
- « AS. M. le Roi, à S. M. la Reine dont la grâce nous avait charmés aux bords de la Seine, devant que nous ne fussions touchés, nous aussi, par tant de nobles exemples et d’assistances consolatrices si simplement données en des jours de détresse et d’infortune ;
- « A la famille royale, nouvel espoir de cette Maison de Savoie, qu’un grand aïeul avait déjà rendue chez nous si populaire. (Applaudissements).
- « Et puis, Messieurs, j’adresse un salut respectueux à celui qui représente notre Patrie, au chef de l’Etat, qui m’a souvent répété combien il s’intéressait à l’Exposition de Turin. Il vous suit ici de tousses vœux. M. le ministre du Commerce lui dira, dans quelques jours, comment vous avez répondu à ses patriotiques espérances, mais je vous propose de lui envoyer, des ce soir, un télégramme de loyalisme et de déférent souvenir. Je lève mon verre en l’honneur de M. le Président de la République Française (Salve <£applaudissements).
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- « Excellence,
- « Ayant appris que notre ministre du Commerce et de l’Industrie devait faire demain sa première visite à la section française, le Gouvernement de Sa Majesté vous a délégué près de lui, et nous avons l’honneur de votre présence ce soir au milieu de nous.
- « Particulièrement sensibles à une si délicate attention et à ce précieux gage d’amitié, nous adressons au Gouvernement italien et à Votre Excellence l’expression de notre gratitude. Et parmi nous se trouvent aussi les hommes les plus éminents de la grande ville dont nous sommes pour quelques mois les hôtes.
- « Monsieur le Syndic de Turin,
- « Messieurs les Membres du Comité Général et de la Commission exécutive,
- « Vous nous avez fait, dans les splendeurs de votre Valentino, un superbe accueil : pour une Exposition, je ne connais pas de plus beau cadre que ces collines verdoyantes entre la Superga et Moncalieri, deux géants qui semblent comme la mainmise de votre histoire, de votre chevaleresque histoire, sur ces rives enchanteresses.
- « Et, de ces ombrages jalousement conservés, sont sortis des palais de féerie, toute une ville magique à la gloire du travail et que les producteurs, partis de tous les points du monde, comme des essaims d’abeilles, sont venus peupler...
- « Celui-là même qui a chanté votre Fluviorum rex Eridanus, le doux poète veut que vos grandes ombres s’entretiennent entre elles par delà la mort et qu’elles reviennent le soir aux lieux qu’elles ont chéris... Et, en vérité, j’ai cette vision de Victor Emmanuel et de Cavour planant sur toutes ces magnificences et se souriant l’un à 1 autre dans la gloire des destinées accomplies : l’Italie une et libre, l’Italie puissante, prospère et féconde sous l’égide d’une illustre maison coutumière de vertus généreuses. (A pp la udissemen ts).
- « Et lorsque nous venons fêter la réalisation d’un tel rêve, faut-il que nous nous sentions tout à fait étrangers devant cette image de la Patrie, Magna Parens, que vous avez instaurée comme sur l’autel même du labeur et du progrès ?
- « Non, Messieurs, à l’origine de toutes nos Renaissances, c’est de vous que nous avons appris les grâces de la forme, que nous avons puisé le goût et les lois de la beauté. Pour nous tous, c’est l’Italie, Magna Parens, qui fut la source des arts industriels, et c’est justice que ces trésors transformés par le génie spécial à chacune de nos races, nous vous les rapportions aujourd’hui comme un hommage à l’illustre maître, Magna Parens, dont nous avons tenu nos premiers enseignements.
- « C est pourquoi votre accueil nous est doublement cher, et voilà dans quels sentiments j’apporte à la ville de Turin, au Comité général et à la Commission exécutive de 1 Exposition les hommages de mes compatriotes.
- * Je lève mon verre en l’honneur de Son Excellence Nitti, ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, du comte Rossi, syndic de Turin, de M. le
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- Sénateur Frôla, Président du Comité général, de Son Excellence Tomaso Villa, président de la Commission exécutive, de M. Bianchi, son vice-président, et de leurs distingués collègues.
- « J’ai grand plaisir à saluer Son Excellence le Général Commandant le Corps d’armée qui, en souvenir des anciennes confraternités d’armes, a voulu donner l'hospitalité à nos marins et a nos soldats attachés à l’Exposition; Son Excellence, M. le Ministre de la Cour de Cassation et M. le Préfet de Turin.
- « Messieurs les Commissaires généraux,
- « Durant nos occupations juxtaposées, nous avons entretenu de si courtoises relations que j’attachais grand prix à votre présence ce soir au milieu de nous ; je vous remercie de ce témoignage de sympathie.
- « Je n’ai pas qualité pour distribuer ici des couronnes, mais, néanmoins, dans notre ambition pour le succès de l’œuvre commune, permettez-moi de me réjouir publiquement de ce que vos sections, avec leur caractère saisissant et particulier ajoutent de grandeur, d’originalité et d’éclat à la manifestation de nos amis d’Italie. Agréez donc les compliments d’un collègue très fier d’édifier avec vous une œuvre d’enseignement, de progrès et de concorde.
- « Je lève mon verre en l’honneur de Messieurs les Commissaires généraux.
- « Monsieur le Ministre,
- « Votre présence dans notre section était vivement attendue :
- « Par les Exposants, jaloux d’ajouter aux suffrages du Public et du Jury l’œil du maître ;
- « Par le Commissaire général, trop vieux routier des Expositions pour ignorer que la venue prochaine du ministre est le grand talisman des installations finales ;
- « Par tous, enfin, qui savent, M. le Ministre, le plaisir de vous approcher.
- « Nous éprouvons à vous revoir une joie de famille.
- « Veuillez agréer nos remerciements, nos respectueux compliments de bienvenue, et permettez-moi d’évoquer le souvenir de votre éminent prédécesseur, sous les ordres duquel nous avons commencé l’œuvre qui s’achève aujourd’hui. (Applaudissements).
- « J’aurai l honneur de vous présenter demain la Section française ; mais dès ce soir en terminant, je vous demande, Monsieur le Ministre, d exprimer devant vous ma profonde gratitude aux vaillants collaborateurs qui m entourent : M. Pralon, consul général de France, mon fidèle adjoint ; M. Masure, mon dévoué secrétaire général, qui tous deux nous secondent depuis deux ans avec toute leur force et tout leur cœur; Etat ou Ville de Paris venus en noble équipage, architecte semant ces jardins de petits chefs-d’œuvres qu’on ne peut se résoudre à croire éphémères, amateurs me prêtant des trésors, que notre ami Georges Cain déniche et présente avec cet art dans lequel il est passé maître, exposants enfin et surtout, exposants toujours prêts à se faire nos bons champions quels que soient les difficultés et les sacrifices. (.Applaudissements).
- « Aussi bien M. le sénateur Dupont, le président du Comité Français des
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- Expositions à l’Etranger, m’avait-il fait largesse de ses meilleurs biens : comme état major, près de fidèles camarades de 1900 qui me suivent à chaque étape et dont je reste si fier, il m’a fourni toute une sève nouvelle de jeunes et précieux auxiliaires et, tandis que sous la présidence de mon ami Bellan, son secrétaire général, M. de Pellerin de Latouche, se dépensait avec une énergie et une intelligence peu communes, mes groupes et mes classes sortaient tout armés, si j’ose dire, des rangs de ce Comité où s’unissent tant d’élites, de compétences et de dévouements dans l’orgueil de conserver à la France son rayonnement sur les grands marchés du monde. ( Vifs applaudissements).
- « Je bois à M. Massé, Ministre du Commerce et de l’Industrie, au succès de lExposition de Turin et à nos amis de la Presse qui donneront à ce succès consécration définitive. (Salve d’applaudissements).
- Ce charmant discours, fort joliment détaillé, a été vivement applaudi.
- ALLOCUTION DE M. EMILE DUPONT
- Sénateur
- Président du Comité Français des Expositions a VEtrang
- er
- « Messieurs les Ministres,
- « Mesdames, Messieurs,
- Le Comité français des Expositions à l’Etranger, que j’ai l’honneur de présider, fidèle à son passé, a tenu parole : exact au rendez-vous, il a rempli sa mission. Monsieur le Commissaire général, vous venez de nous couvrir de fleurs ; vous ne m’en laissez que plus ardue la tâche dont je dois maintenant m’acquitter.
- « Il m’appartient, en effet, de dire- des choses beaucoup moins pourvues d’agrément que celles que nous venons d’entendre, mais qui sont nécessaires.
- « Et tout d’abord, reportons-nous ensemble à trois ans et demi en arrière, alors qu on parlait à peine de l’Exposition, pourtant décidée, de Turin. Soucieux de son rôle et prévoyant de ce qui devait se passer, le Comité français des expositions à 1 étranger désigna une commission d’étude, qui se mit, dès cette époque, en rapport avec le Comité général et la Commission exécutive italienne ; puis, quelques mois plus tard, nous signions avec eux un premier traité qui nous assurait à la fois une grande partie des emplacements qui nous étaient nécessaires et la préséance pour notre Commissaire Général.
- « Nous étions largement redevables de ce premier succès à l’ambassadeur de France, M. Barrère, et aussi à M. Pralon, notre Consul général que je ne saurais trop remercier de son aide déterminante : elle nous a permis, en effet, de rendre plus
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- actives et plus efficaces les relations que, sous la présidence de notre dévoué secrétaire général Roger Sandoz, dont l’activité s’est multipliée en cette circonstance, notre Commission d’étude a liées avec M. le Sénateur Frôla, président du Comité général^ avec M. Villa, président de la Commission exécutive, avec MM. Bianchi, Rossi, Boyer et le comte Orsi, vice-président de la Commission exécutive. C’est grâce à tous ces concours, grâce à toutes ces bienveillances que ce [premier succès est devenu définitif. (Applaudissements.)
- « Ensuite, le Gouvernement français acceptait l’invitation que le Gouvernement italien lui adressait, et il décidait sa participation officielle à l’Exposition.
- « La première partie de notre rôle était donc terminée. Respectueux de nos statuts, nous rentrions dans le rang, après avoir fait au ministère français la remise de nos travaux préparatoires. Le Gouvernement avait, alors, la main particulièrement heureuse : il nous donnait comme chef M. Dervillé, le même qui conduisit à la victoire la Section française de l’Exposition de 1900 et que nos sympathies n’ont cessé de suivre dans les hautes situations dont il a été investi depuis cette époque. (Applaudissements.)
- « M. Dervillé, au chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée, avait près de lui, en M. Masure, un secrétaire général d’un tel mérite qu’il était tout désigné pour occuper le même poste au Commissariat général.
- « De notre côté, nous nommions notre ami Bellan président de la Section française, et afin d’avoir également un secrétaire général qui fut « à la hauteur », nous choisissions M. de Pellerin de Latouche. (Applaudissements).
- « Messieurs, comment admettre que l’effort de pareils collaborateurs ne fut pas le gage d’un succès certain?
- « Sans doute, on a parlé de retards dans l’Exposition. On dit même que toute Exposition qui se respecte doit avoir du retard. 11 est évident que celle-ci a le plus grand respect d’elle-même !
- « Mais elle a deux bonnes excuses à faire valoir : d’abord le temps exceptionnellement détestable de ces deux dernières années qui, à plusieurs reprises, paralysa net l’avancement des travaux ; la seconde excuse n’est autre que la classification.
- « Une « classification », cela peut ne paraître rien : c’est tout pour une Exposition. Si l’on veut que tous les efforts, tous les concours puissent réaliser leur effet, il est absolument nécessaire que la classification soit coordonnée suivant un plan préconçu, de telle sorte que la mise au point en soit rendue harmonieusement invariable ; et pour que la classification atteigne cet état si désirable, il convient de supprimer la coexistence des méthodes qui, faute de se connaître et de pouvoir se fondre préalablement, amènent constamment des modifications partielles plus ou moins étendues, des flottements, des lenteurs, des retards. (Approbation.)
- « Supposons le Groupe musical dont nous venons d’être charmés constitué d’éléments qui s’ignoreraient : si excellents soient-ils, leur musique d’ensemble manquerait d’homogénéité, pêcherait par l’absence de cohésion. Finalement, il leur faudrait bien se donner le temps de se mettre d’accord. Et, ici, encore, il en résulterait des retards.
- « Je le répète : il y a là une question dont l’importance est considérable, et nous
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- devons nous réjouir de ce que de très prochains Congrès doivent appeler l’attention des Gouvernements sur ce problème de la classification pour le résoudre enfin...
- « Quoi qu’il en soit, nous allons occuper 40.000 mètres de superficie avec plus de 5.000 exposants. Eh bien! c’est là un bon résultat, et quand, demain, MM. les Ministres parcourront la Section française, ils l’apprécieront : ils verront, en outre, que le bon goût français n’a pas déserté...
- « Je salue nos amis et nos hôtes italiens: par la manifestation que nous faisons chez eux et que nous avons tâché de rendre aussi brillante que possible, nous avons voulu donner à la nation sœur un témoignage particulièrement vif de notre ardente sympathie.
- « Je remercie, au nom du Comité Français des Expositions à l’Etranger et au nom des exposants, M. le ministre Nitti, d’avoir bien voulu honorer notre banquet de sa présence, et aussi M. Massé, Ministre du Commerce de la République Française, d’avoir bien voulu apporter ici aux exposants l’encouragement officiel de la France.
- « C’est là en effet la preuve que notre Gouvernement ne vous perd pas de vue. Il sait que ce ne sont pas seulement les affaires, mais bien des relations d’amitié que vous venez chercher sur ce sol pour notre pays et, dès lors, je remercie profondément le Gouvernement français qui a été bien inspiré en déléguant en Italie un de ses Ministres- (Applaudissements.)
- « Messieurs, j’ai terminé. Je lève mon verre en l’honneur de la Commission exécutive de l’Exposition de Turin, en l’honneur de la municipalité, de M. le Préfet, et je bois au grand succès de l’Exposition de Turin en 1911. (Vifs applaudissements.)
- REMISE DE LA PLAQUETTE
- DU COMITÉ FRANÇAIS DES EXPOSITIONS #A L’ÉTRANGER
- par M. le Président ÉMILE DUPONT à M. le Comte ROSSI, Maire de Turin
- « Mon cher Comte Rossi,
- « Nous voulons laisser dans la ville de Turin un souvenir du passage, un souvenir de 1 action du Comité Français des Expositions à l’Etranger.
- « Veuillez donc accepter d’être le dépositaire de cette plaquette qui est 1 embleme du Comité Français des Expositions à l’étranger. (Applaudissements répétés.)
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- DISCOURS DE M. BIANCHI
- Vice-Président de la Commission exécutive italienne de VExposition de Turin
- « Excellences,
- « Mesdames, Messieurs,
- « Ce n’est pas seulement l’accueil courtois qui caractérise les réunions officielles, qui nous a attendus ici aujourd’hui : c’est une réception où l’étiquette et le protocole ont cédé la place à la cordialité la plus affectueuse, à cet abandon charmant qu’on ne trouve que dans les réunions de parents et d’amis de longue date. (Applaudissements.)
- « En effet, les cimes neigeuses des Alpes qui séparent nos deux pays portent bien encore leur note de beauté incomparable et de grandeur dans le paysage, mais en fait de sentiments on peut bien paraphraser un mot célèbre : « Il n’y a plus d’Alpes ». Le génie latin, en perçant avec une merveilleuse audace les entrailles de ces géants de granit, abattait les frontières en même temps qu’il confondait nos cœurs, qu’il multipliait à l’infini les rapports, les échanges, les intérêts communs. Cela ne nous suffit même plus ; nous recherchons, nous voulons des communications plus faciles, plus rapides et plus commodes encore, car la France et l’Italie comprennent la nécessité de marcher la main dans la main vers un avenir de prospérité et d’expansion économique toujours plus grande.
- « Les jeunes et pourtant déjà si illustres représentants des intérêts commerciaux des deux nations, LL. EE. Massé et Nitti, l’ont bien compris en nous faisant l’honneur de s’asseoir au milieu de nous en acceptant l’invitation à ce banquet, où s’allient si bien le luxe et le bon goût français, en rentrant dans leurs capitales, ils pourront dire à leurs éminents collègues les merveilles de l’industrie humaine rassemblées ici sous leurs yeux, il pourront mieux leur faire comprendre cette nécessité de nouvelles voies reliant plus étroitement encore les deux nations sœurs. ( Vifs applaudissements.) L’Italie entend se serrer plus étroitement encore à la France qui vient en ce moment de nous donner une preuve nouvelle de ses sentiments envers nous en apportant ici, pour célébrer avec nous le jubilé de notre unité, ses plus merveilleux trésors de richesse, de beauté et de goût. Ces trésors ce n’est pas dans un pavillon que nous pouvons les admirer seulement ; toute l’Exposition est parsemée, je dirais presque imprégnée du parfum de grâce et d’élégance qui émane de tout ce qui a été créé par les habiles et ingénieux enfants de notre grande sœur en latinité.
- « Je viens donc, au nom de mon illustre et vénéré président, au nom de mes chers Collègues de la Commission exécutive, vous dire mille fois merci du fond du cœur, chers Messieurs et amis; merci à vous tous, organisateurs émérites de la magnifique section française, dont on ne sait si on doit plus admirer la compétence, l’activité, le dévouement ou l’aménité dans la manifestation de ces qualités maîtresses merci à vous, qui, tout en tenant d’une main sûre et digne le drapeau de la France, en notre ville, avez été pour nous un conseiller et un ami, nous gourmandant même parfois dans votre vision clairvoyante du succès, à vous qui avez été le bon génie, non seulement de la Section française, mais, je dirais presque de l’Exposition entière.
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- « Messieurs,
- « Je voudrais, conformément à l’usage, vous adresser quelques souhaits en terminant mon discours; mais quel est le souhait que vous n’avez déjà réalisé par l’indomptable énergie alliée à la fantaisie spirituelle et gracieuse qui sont les signes caractéristiques et indélébiles de votre noble race ? Ce n’est donc pas à votre succès à venir que je bois, je bois à la glorification de votre succès actuel.
- « Elevons nos verres, Messieurs, à la prospérité constante de deux pays si bien faits pour s’entendre, en réunissant dans une même pensée les héros qui, nés d’un côté ou de l’autre des Alpes, ont, le nom de la patrie sur les lèvres, prodigué et mélangé leur sang généreux, cimentant ainsi l’amitié indissoluble de la France et de l’Italie !
- « Vive mille fois la France! (Salve d’applaudissements).
- ALLOCUTION DE M. LÉOPOLD BELLAN
- Président du Conseil Municipal de Paris Président de la Section Française de l’Exposition de Turin
- « Messieurs,
- « J avais ce soir le plus vif désir de remercier d’une façon particulière nos excellents collaborateurs du Comité d’organisation de la Section Française à l’Exposition de Turin, mais comme on n’est jamais trahi que par ses meilleurs amis, mon cher Commissaire général l’a fait; qu’il me permette cependant de remplir un devoir, celui d exprimer à tous ceux qui m’ont secondé et particulièrement à mon excellent ami de Pellerinde Latouche la reconnaissance que je leur dois. (Applaudissements).
- « Messieurs, puisque de ce côté ma tâche est terminée, je vais revendiquer mon titre de Président du Conseil Municipal de Paris pour remercier mon collègue Dausset qui a été une des chevilles ouvrières de l’Exposition de la Ville de Paris. Rapporteur general du budget, président de la Commission des Expositions, il était, à ces divers titres, tout désigné pour remplir cette tâche ainsi que mon collègue Rébeillard, président de la Commission des Beaux-Arts, à qui je tiens également à rendre un juste hommage. (Applaudissements).
- « Après Dervillé, dont vous venez d’entendre l’admirable page d’éloquence chatiee, après Dupont, qui a su trouver des accents que vous avez applaudis, je me contenterai de boire à l’Exposition de Turin, dont, pour plusieurs raisons, je souhaite le succès.
- « Je le souhaite d’abord comme Français. Notre Section tient, vous le savez,
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- une grande place. La Ville de Paris a voulu suivre notre Commissaire général à Turin, elle ne lui a rien refusé, comment refuser quelque chose à l’homme le plus -aimable qui soit ?
- « Je souhaite le succès aussi comme Président d u Conseil Municipal de Paris, parce que la place que nous avons prise à cette Exposition dépasse celle que nous avions l’habitude de prendre. Nous l’avons fait par amitié pour la nation italienne, nation sœur, par amitié pour la noble cité de Turin à laquelle nous sommes unis par des liens que rien ne pourra rompre, par des liens réciproques que fortifie encore notre cordiale visite.
- « Messieurs, pour ces différentes raisons, je bois à l’Exposition de Turin, je bois à Rossi, à Dervillé, dont le nom demeurera inséparable de cette grandiose manifestation internationale. (Vifs applaudissements).
- DISCOURS DE M. LE COMTE ROSSI
- Sénateur, Maire de Turin
- « Monsieur le Ministre,
- « Messieurs,
- « Au nom de la Ville de Turin, dont j’ai l’honneur d’être le représentant, je porte mon salut et l’hommage respectueux à S. E. le Ministre du Commerce de France.
- « Votre Excellence, en venant aujourd’hui pour l’inauguration de la splendide Section Française de l’Exposition de Turin, a donné en même temps une preuve de l’importance que la France attache à cette manifestation internationale de l’industrie et a porté à notre ville, par sa présence, un grand honneur,
- « Je salue et je remercie le Commissaire général du Gouvernement français, le Président du Comité Français des Expositions à l’Etranger et le Président du Comité d’organisation de la Section française de leur aimable invitation.
- « Dans ces jours, notre ville a eu le bonheur de recevoir la délégation du Conseil Municipal de Paris, de la Chambre du Commerce, du Comité des Expositions : il a été comme une explosion d’enthousiasme de cette ancienne capitale du Piémont envers la noble France et envers la capitale.
- « Nous avons revécu dans ces jours glorieux où les armées de France et d’Italie ont fraternisé et nous avons été heureux de recevoir non seulement les représentants des anciens compagnons de gloire et de victoire, mais encore les représentants du pays du charme, de la grâce et du bon goût qui a la mission de porter ces qualités aux autres pays qui considèrent toujours la France comme un pays qui a accompli, mais
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- qui doit accomplir encore un grand rôle dans l’histoire des peuples. ( Vifs applaudissements).
- « Mais quelle vision merveilleuse nous donne la France dans l’histoire, dans son passé, dans son présent, dans son avenir !
- « A l’époque des Romains, Brennus, vainqueur des légions républicaines, au Moyen Age, les chevaliers, les poètes, les troubadours et les félibres, après la Renaissance, les philosophes qui ont préparé la Révolution qui a donné la liberté au monde ; les gloires de guerre et de paix de l’Empire ; toute une histoire de siècles brillants pour études, lettres, arts ; histoires de joies, de douleurs, hymnes de paix et triomphes de victoires; et dans les temps actuels, nous admirons la France qui marque hardiment dans les luttes les plus sérieuses et glorieuses pour le bien-être, pour la prospérité, pour la paix et pour la conquête de toutes les libertés.
- « Messieurs,
- « Le banquet que vous venez de nous offrir porte le couronnement aux fêtes que, de ces jours, le cœur des Turinois a décerné pour les amis, les frères de votre Pays.
- « J’espère qu’en revenant à votre belle Patrie, vous porterez un bon souvenir de notre accueil modeste, mais sincère et chaleureux, j’espère que vous pourrez dire à vos familles, à vos amis, à vos compatriotes qu’ici vous avez trouvé des cœurs qui battent à l’unisson avec le vôtre, que vous garderez toujours la persuasion que l’amitié entre nos deux pays est pour toujours sûre et inébranlable.
- « Et maintenant, permettez-moi qu’en résumant toute notre sympathie et toute notre admiration pour vous, je lève mon verre à l’avenir de votre Patrie à laquelle je souhaite une prospérité toujours croissante, car l’histoire démontre qu’une France forte et puissante est nécessaire pour la civilisation du monde entier.
- « Vive la France ! (Longs applaudissements).
- ALLOCUTION DE M. NITTI
- Ministre de VAgriculture, de l'Industrie et du Commerce d'Italie
- « Excellence,
- « Mesdames, Messieurs,
- « En remerciant le Comité Français de l’Exposition, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue au nom du Gouvernement italien.
- « La F rance a voulu par sa large et géniale participation, accroître le succès de 1 Exposition ; vous avez voulu par votre présence, donner à cet événement un plus large caractère de sympathie et de cordialité.
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- « Le souvenir de la part que la France a prise dans l’histoire de l’Italie moderne, dans les événements qui ont préparé le régime d’unité et de liberté de notre patrie, est toujours vivace dans toute l’Italie et il l’est encore davantage dans ce Piémont qui n’oublie pas les noms de vos soldats morts aux côtés des nôtres pour la cause de l’Italie. (Vifs applaudissements).
- « Les nations civilisées ont maintenant un idéal commun de paix et de progrès et elles sentent que l’esprit de solidarité, qui tend à leur donner des formes plus douces aux luttes entre les classes sociales, tend aussi à affermir et à fortifier la paix internationale. Le développement croissant des échanges extérieurs, les grands mouvements migrateurs contribuent peut-être de la façon la plus sûre à réaliser cet idéal de paix. Si les formes communes du langage décèlent la commune origine, nos deux peuples ne peuvent pas ne pas avoir le même idéal. (Salve d’applaudissements).
- « La tradition artistique et littéraire a créé une trop grande communion de pensées et d’idées pour qu’il ne s’y ajoute pas des sentiments de vive sympathie. C est avec cette conviction et ces sentiments que je bois au Président de la République Française, au bonheur et à l’avenir de la France, et à votre santé. (Longs applaudissements).
- ALLOCUTION DE M. LE SÉNATEUR S. FROLA
- Jincien Ministre
- ‘Président du Comité Qénéral de /’Exposition de Turin
- < Excellences.
- « Messieurs les Présidents,
- « Messieurs,
- « C’est avec la plus vive satisfaction que, en ma qualité de Président du Comité Général de l’Exposition, j’ai l’honneur de saluer S. E. le Ministre, les Présidents des Comités et les représentants de la Ville de Paris, et de remercier la France pour son grandiose et cordial concours à notre Exposition.
- « La signification de ce concours est trop évidente, elle est trop lumineuse pour les relations patriotiques et économiques qui ont existé et existent toujours entre les deux nations, entre deux peuples réunis par les mêmes sentiments de justice et d’humanité, par le même amour du progrès, par le même idéal de civilisation.
- « Moi, qui ai résidé autrefois chez vous, j’ai suivi avec la plus grande sympathie, la vie de la puissante nation française, je me souviens avec orgueil d’avoir reçu à Paris des titres honorifiques dont je connais tout le prix, j’ai admiré la grande
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- capitale de la France glorieuse, c’est avec joie que je constate notre cordiale entente.
- « Je suis heureux et fier en ma qualité de Président du Comité général de l’Exposition, de vous envoyer un fraternel et enthousiaste salut ; permettez-moi de lever mon verre à votre santé, à la prospérité de la France, à la santé du Président de la République. Vive la France ! Cüifs applaudissements). »
- DISCOURS DE M. MASSÉ
- Ministre du Commerce et *de l’Industrie
- « Mesdames,
- « Messieurs,
- « C’est, pour le Ministre du Commerce français, plus qu’une satisfaction, c’est une joie véritable que de pouvoir, ce soir, au nom du Gouvernement de la République, saluer la présence à cette table d’un membre du Cabinet italien.
- « Tous les Français qui sont ici apprécient comme il convient l’honneur qui leur est fait par le Gouvernement de Sa Majesté le Roi d’Italie. Mais ils sont également sensibles, Monsieur le Ministre, au choix heureux fait, en votre personne, par vos collègues, pour les représenter aux fêtes organisées à l’occasion de l’inauguration de la Section Française de l’Exposition de Turin.
- « La situation considérable que vous occupez au Parlement, l’autorité que vous avez su y acquérir, vos qualités de travailleur infatigable, d’orateur éloquent et écouté qui, depuis longtemps déjà, vous désignaient pour un portefeuille qu'il n’eût tenu qu à vous d’accepter plus tôt, autant que le département à la tête duquel vous etes placé, nous rendent ce choix particulièrement agréable. Les relations économiques entre la France et l’Italie sont si étroites et si cordiales que rien n’est plus naturel que de placer une manifestation comme celle-ci sous le patronage des deux ministres qui, dans l’un et l’autre pays, président aux destinées du commerce et de 1 industrie. (jdpplaudissements).
- Comment, d’ailleurs, ces relations pourraient-elles avoir un caractère différent, alors que les deux peuples sont unis par tant d’affinités et par tant de liens communs.
- « Comme vous, nous sommes les fils reconnaissants de la Rome antique. C’est la pensee de ses philosophes et de ses juristes, c’est la vigueur de ses poètes, le genie de ses artistes qui, peu à peu, ont formé le goût et façonné l’esprit français.
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- « Vous avez, tout à l’heure, Monsieur le Ministre et cher collègue, évoqué des souvenirs plus récents en faisant allusion aux grands événements dont vous célébrez aujourd’hui l’anniversaire et qui, il y a cinquante ans, ont permis aux armées piémon-taises et françaises de fraterniser dans les camps. Ces souvenirs qu’ici, en Italie, vous conservez pieusement, de l’autre côté des Alpes, soyez-en persuadés, on ne les a pas oubliés non plus, aujourd’hui comme hier, l’Italie reste la nation sœur. (eVifs app la udissemen ts).
- « Mais si, il y a cinquante ans, c’est sur les champs de bataille et les armes à la main que les deux peuples ont fraternisé, vous avez voulu que l’anniversaire de ces grands événements fut célébré par une de ces manifestations qui offrent aux regards du monde le spectacle admirable de ce que peut un grand pays prospérant par la paix. Antithèse pleine d’enseignements dont on ne peut s’empêcher d’être frappé lorsqu’on parcourt la superbe Exposition que vous nous conviez à admirer, qui s’étage sur les deux rives du Pô, dans ce cadre exquis du Valentino, sous votre beau ciel d’Italie, d’ordinaire si pur et qui semble ne s’être, ces jours-ci, quelque peu obscurci que par coquetterie, pour ne pas nous faire trop regretter le ciel parisien.
- « Je voudrais, Messieurs, dire à tous les organisateurs de cette Exposition, à M. le sénateur Frôla, à M. le sénateur Tommaso Villa, à M. Bianchi, à M. le sénateur Rossi, syndic de Turin, l’admiration profonde et sincère que nous éprouvons pour l’œuvre si belle à laquelle ils ont consacré leurs efforts et qu’ils ont menée à bien.
- « Permettez-moi aussi de réserver une part d’éloges pour MM. les commissaires généraux étrangers qui ont rivalisé d’activité et de goût pour présenter sous l’aspect le plus saisissant tout ce qui est de nature à nous donner une haute idée de la puissance économique de leur pays.
- « Vous trouverez naturel, Messieurs, que le Ministre du Commerce français tienne à adresser des félicitations particulières à ceux qui, dans cette grande manifestation, représentent tout spécialement la France: à M. Stéphane Dervillé, notre Commissaire général, à tous ceux, organisateurs ou exposants, qui ont été ses collaborateurs actifs et dévoués. (Applaudissements).
- « Le Gouvernement de la République, en vous chargeant, Monsieur le Commissaire généeral, du soin d’organiser la Section française, savait qu’il ne pouvait faire un plus heureux choix. Si pour tous les Français cultivés, l’Italie est une seconde patrie, elle l’est particulièrement pour vous qui, chaque année, venez passer sous son beau ciel les rares instants de liberté que vous laissent vos nombreuses occupations. Par les relations que vous y possédez, par les hautes fonctions que vous remplissez, par la part active que vous avez prise à d’autres manifestations du même genre, autant que par l’affabilité de votre caractère qui vous fait des amis de ceux qui vous approchent et vous connaissent, vous deviez réussir dans l’entreprise délicate qui vous était confiée. (Vifs applaudissements).
- « Vous avez eu la bonne fortune d’être admirablement secondé par un Commissaire général adjoint, M. Pralon, dont tous nos compatriotes ont pu, depuis qu’il est à Turin, apprécier les qualités et auquel nos compatriotes ne sont pas les seuls, d’ailleurs, à rendre hommage, parce qu’il est un de ces agents qui estiment
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- que le meilleur moyen de bien servir la France à l’étranger c’est de commencer à la faire aimer.
- « Vous aviez également le concours dévoué de M. le sénateur Dupont, aux côtés duquel se trouve groupée cette phalange imposante d’hommes, comme notre ami Bellan, président du Comité d’organisation, comme M. de Pellerin de Latouche, mon ami et collègue Manaut, M. Roger Sandoz, secrétaire général du Comité Français des Expositions à l’étranger et tant d’autres. (Applaudissements).
- < Ce Comité, Messieurs, devait, ici, vous aider à remporter de nouveaux succès, car le Comité, jusqu’ici, n’a jamais connu que le succès.
- « Je veux aussi féliciter particulièrement nos artistes nationaux, qui ont entrepris et mené à bien une œuvre difficile. C’est un coin de la France qu’ils ont transporté sur les bord du Pô. Ce sont nos monuments les plus parfaits, ceux que les étrangers viennent visiter avec le plus de plaisir, parce qu’ils sont les modèles de simplicité, d’art et de bon goût qu’ils ont édifié dans le Valentino. Nous y retrouvons même, grâce à la ville de Paris et à M. Georges Cain, quelques coins exquis des vieux hôtels de notre capitale. Comme on le disait tout à l’heure, le seul regret que l’on éprouve en voyant ces gracieuses constructions, c’est de penser qu’elles n’auront, sous votre beau ciel, qu’une existence éphémère. Nous avons, du moins, pour dissiper cet ennui, l’espoir qu’elles vous inspireront, Messieurs, le désir de les revoir et que vous voudrez bien nous rendre, sur les bords de la Seine, la visite que nous vous faisons aujourd’hui.
- « Enfin, je remercie et je félicite nos commerçants et nos industriels d’avoir pris à cette manifestation une part si importante. Je sais que demain nous n’aurons, en parcourant la Section française, qu’une idée imparfaite de ce que sera dans quelques semaines notre Exposition. Ce n’est pas, en effet, le jour de son inauguration que l’on peut admirer dans le détail une Exposition. Mais il est possible, du moins, de se rendre compte de l’effort qui a été fait et des yeux avertis savent deviner ce que d autres ne voient pas encore.
- « Ce que vous nous montrerez demain, Messieurs, c’est la puissance économique de la France qui, dans les grandes manifestations comme celle-ci, n’hésite pas a soumettre ses produits au jugement impartial des autres nations.
- « J ai, Messieurs, un regret à exprimer, c’est que le représentant cfficiel de la France dans ce pays, M. l’ambassadeur Barrère, qui a su, à Rome et dans toute 1 Italie, s acquérir de si nombreuses et si précieuses sympathies, n’ait pu venir, retenu a Rome par les devoirs de sa charge, assister à ces fêtes à la réussite desquelles il a puissamment contribué en resserrant chaque jour davantage des liens d’amitié qui unissent les deux nations.
- « Nos regrets sont atténués par la présence au milieu de nous de M. le Ministre plénipotentiaire Legrand, qu’il a bien voulu charger de le représenter et que je prie de lui exprimer les sentiments d’affectueuse sympathie que nous professons tous pour sa personne. (Applaudissements).
- ^ Demain, Messieurs, nous aurons le plaisir d’ouvrir officiellement la Section
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- française qui, j’en suis convaincu, ne sera ni la moins belle ni la moins visitée.
- « Mais, dès ce soir, je lève mon verre en l’honneur des organisateurs de l’Exposition et tout d’abord des illustres souverains de ce pays sous le haut patronage de qui elle est placée, de S. M. le Roi et de S. G. M. la Reine d’Italie.
- « Je bois aussi à mon éminent collègue, M. Nitti, ministre Italien de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, qui représente ce soir parmi nous le Gouvernement italien.
- < Je bois à tous les organisateurs et Commissaires généraux italiens, français et étrangers.
- « Je bois à nos commerçants et à nos industriels, au succès de la Section Française. (Salve d applaudissements) ».
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- VUE DU PONT MONUMENTAL
- La Cérémonie d’Inauguration
- CS?
- Le lendemain de cette mémorable journée, eut Heu la cérémonie d’inauguration de la section française. Cette fête, qui promettait de surpasser en splendeur et en popularité toutes celles qui avaient déjà eu lieu, fut malheureusement compromise par la nouvelle venue de Paris, de la mort du Ministre de la Guerre, victime d’un accident survenu au départ d’une course d’aéroplanes ; le Président du Conseil des Ministres était également, disait la dépêche, gravement blessé.
- Une foule d’mvités français et italiens avait répondu a 1 invitation du gouvernement français et du Comité Français des Expositions à 1 Etranger.
- M. Massé, Ministre du Commerce, donnait le bras a la princesse Loetitia, duchesse d’Aoste, qui avait exprimé elle-même, le désir d assister a cette fete.
- M. Nitti, Ministre italien de l’Agriculture, de 1 Industrie et du Commerce, marchait aux premiers rangs de l’escorte pnncière, à côté du Commissaire general, M. Stéphane Dervillé, et Mme Massé, puis venaient MM. Pralon, notre distingue Consul general et Bellan, président du Conseil municipal ; les représentants du Comité general
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- italien de l’Exposition ; MM. Emile Dupont, sénateur, président, M. G. Roger Sandoz, secrétaire général du Comité Français des Expositions à l’Etranger, MM. de Pellerin de Latouche, A. Masure, Emile Cère, de Douvres, etc.
- La princesse Loetitia parut charmée par le spectacle de nos vitrines, nos diora-mas furent jugés par elle et par le Ministre, des chefs-d’œuvre de goût et de perfection. Notre président reçut des félicitations bien méritées, et qui s’adressaient aussi à tous ses collaborateurs.
- Après la visite des classes, le cortège officiel se rendit dans le salon d’Honneur. MM. Stéphane Dervillé, Massé et le Président du Comité Turinais, prononcèrent des allocutions que nous avons tenu à reproduire ici.
- DISCOURS DE M. S. DERVILLE
- Commissaire général du Gouvernement Français à l'Exposition de Turin
- « Madame,
- « En cette inauguration française sur le sol d’Italie rien ne pouvait mieux charmer celui qui a l’honneur d’organiser notre participation que la présence d’une princesse de l’illustre Maison de Savoie.
- « Ce témoignage de haute sympathie que daigne nous apporter Votre Altesse Royale ne saurait surprendre ceux qui connaissent comme nous vos sentiments pour un pays auquel vous rattachent les liens du sang et d’héroïques souvenirs.
- « Monsieur le Ministre,
- « Les accents de « la Brabançonne » s’éteignaient au loin. Dans les estuaires du Tage et de la Gironde les paquebots d’automne ramenaient nos Exposants des baies de la Plata quand nos amis d’Italie nous ont conviés sur les rives du vieil Eridan à fêter leurs glorieux anniversaires dans une joute économique particulièrement solennelle.
- « Sur l’ordre de votre prédécesseur, Monsieur le Ministre, j’ai fait sonner au ralliement tous mes vieux compagnons d’armes ; les jeunes recrues des dernières lices, tous ces fiers champions, jamais las, de l’expansion nationale; nous avons pris cette route des Alpes où chaque détour évoque un passé légendaire et notre France qui fut au premier rang des luttes libératrices, notre France a pris une part digne d’elle dans la glorification d’aujourd’hui.
- « Digne d’elle parce que sont ici venues nos grandes industries au renom séculaire et ces suprématies tant françaises conquérantes des routes de la terre et du ciel.
- « Digne d’elle parce que nous présentons les productions si légitimement réputées de notre sol et de ses climats, parce que, dans un geste magnifique, la Ville de Paris abritant aussi nos manufactures nationales, les envois de ses écoles profession-
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- nelles, l’exposé de ses services et quelque chose même de sa propre histoire, offre l’image d’un incomparable foyer d’art, de science, de travail et de solidarité sociale, parce que d’autre part, et à l’honneur de cette solidarité même, nous montrons en un complet ensemble comment se traduisent et se développent dans nos industries et dans nos administrations de toutes sortes, les préoccupations de prévoyance et de justice.
- « Et notre France a pris encore une place digne d’elle parce qu’à Turin, comme en 1900, comme à Londres, à Bruxelles et à Buenos-Ayres, nous avons rapporté la grâce de nos architectes et ce trésor des industries les plus diverses où l’art, un bel art de France, trouve toujours son compte avec ce goût affiné qui reste, Athéniens, mes frères, comme l’auréole de notre race et son incontesté patrimoine.
- « Et depuis, les maîtres et les leçons qu’au berceau de la Renaissance nous sommes venus chercher de ce côté des Alpes jusqu’aux grandes pages que nous fêtons aujourd’hui, les histoires de deux pays ont tant de contacts que nous avons pieusement recherché quelques-uns de ces communs souvenirs pour les présenter ici même, au cœur de notre section, comme aux jours d’anniversaires, en nos familles, le salon se pare de chères images et de précieuses reliques des jours enfuis et c’est ainsi, Madame, c’est ainsi, Monsieur le Ministre, que nous pouvons vous accueillir au seuil d’un véritable salon d’honneur ».
- M. Nitti, ministre italien de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, a pris ensuite la parole et a remercié le Gouvernement français de la participation imposante qu’il a apportée à l’Exposition de Turin.
- M. Alfred Massé, ministre du Commerce et de l’Industrie, a répondu par le discours suivant :
- DISCOURS DE M. ALFRED MASSÉ
- Ministre du Commerce et de l’Industrie
- « Madame,
- « En honorant de son auguste présence cette fête française, Votre Altesse Royale a voulu montrer une fois de plus l’intérêt et la haute sympathie que les princes de la Maison de Savoie ont toujours témoignés aux efforts de notre activité nationale.
- « Elle me permettra de lui dire combien nous sommes touchés de cette marque de sa gracieuse bienveillance et de lui offrir l’hommage de notre respectueuse gratitude.
- « Monsieur le Ministre et cher Collègue,
- « Messieurs,
- « La France — déjà représentée à l’Exposition de Milan — en répondant pour la deuxième fois, dans un espace de temps fort rapproché, à l’invitation que lui a adressée 1 Italie de se joindre aux grandes manifestations de sa vie économique, n a
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- pas oublié que ce pays avait été dans le passé, au point de vue du Commerce, de l’Industrie, de la Banque, comme une éducatrice et comme un guide.
- <’ L’Italie qui, à juste titre, est considérée par tous les pays du monde, comme la mère des lettres et des arts, a exercé dans les siècles passés, une égale maîtrise en ce qui concerne l’activité économique.
- « Le Ministre du Commerce de France ne peut oublier pour sa part tout ce que, autrefois, notre pays a reçu du vôtre de leçons et d’enseignements par vos industriels, vos commerçants et vos banquiers qui, de près comme de loin, ont été, en quelque sorte, nos initiateurs.
- « Nous ne pouvons méconnaître ni les concours, ni les services, ni les directions qui furent donnés à notre pays, au Moyen Age, par les « manieurs d’argent » de l’Italie dont les établissements étaient nombreux dans toutes nos villes et en particulier dans notre grande cité de Lyon. Nous ne pouvons méconnaître non plus, les leçons de science économique qui, à l’époque de la Renaissance nous furent portées par vos théoriciens et par vos penseurs, ni les modèles ni les exemples qui furent fournis par vos artisans, vos industriels et « autres gens mécaniques » comme on disait autrefois, venus plus tard de vos provinces pour aider au développement de nos industries nationales ou pour nous permettre d’implanter les vôtres sur notre territoire.
- « L’Italie contemporaine, d’ailleurs, a eu, depuis plu~ de quarante ans, son réveil économique comme elle avait eu, précédemment, son « risorgimento » national et par le développement qu’elle a donné sous nos yeux à son agriculture, à son industrie, à ses travaux publics, à son commerce, elle a prouvé qu’elle pouvait occuper, dans les temps modernes, la place qu elle avait tenu jadis dans l’Europe du Moyen âge et se ranger parmi les grandes nations qui prospèrent par les arts et la paix.
- « Nous savons, Messieurs, qu’à toutes vos préoccupations politiques et morales, vous avez toujours lié celle du développement des arts industriels et des disciplines agricoles et nous savons encore que ceux d’entre les vôtres qui ont été les plus grands parmi les hommes du Gouvernement, tel Cavour, avaient débuté dans la vie publique par ces fortes préoccupations économiques qui sont la marque de l’homme d’Etat moderne.
- « Pour notre part, nous Français, nous sommes venus dans votre pays, avec fierté et avec joie pour la deuxième fois en moins de dix ans, soucieux de confronter loyalement et fraternellement les produits de notre industrie française avec ceux de votre belle industrie italienne et de toutes les grandes industries du monde.
- « Sans oublier nos origines et nos premières leçons et sans rien ignorer de tout ce que nous devons aux autres, nous espérons pouvoir donner raison à ceux de nos industriels et de nos artisans qui pensent qu’ils ont trouvé depuis trois siècles une forme véritablement française, adaptée aux efforts industriels et aux différentes productions de la vie économique. Tout ce que, par le souci du style, de la forme, le désir de soigner le détail, de perfectionner les procédés primitifs, comme par le génie de l’invention, nous avons réussi à faire, nous prenons plaisir, une fois encore, en Italie comme ailleurs, à le soumettre au jugement impartial de l’opinion étrangère.
- « Pour nous avoir aidés dans cet effort, nous devons une reconnaissance particu-
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- lière aux organisateurs de votre exposition auxquels il convient d’unir dans une même pensée de gratitude tous ces ardents pionniers qui, à la tête de notre Comité français ont été leurs collaborateurs.
- « Sans vouloir les énumérer tous, qu’il me soit permis au nom de la République, de dire à M. Frôla, président du Comité général, à MM. Tomaso Villa et Bianchi, président et vice-président du Comité exécutif de l’Exposition de Turin, à notre Commissaire général Français, M. Stéphane Dervillé, à M. Bellan, reçu hier par la municipalité de Turin, au double titre de Président du Conseil municipal de la Ville de Paris, et de président du Comité d’organisation de la section française, à M. le sénateur Dupont, président du Comité Français des Expositions à l’étranger, à tous nos exposants et architectes, combien nous admirons les heureux résultats obtenus grâce à leur activité, persuadés que tous ceux qui visiteront l’Exposition en emporteront un souvenir durable.
- « Une fois encore, il faut dire hautement toute la part qui revient dans ces résultats, non seulement aux exposants eux-mêmes, mais encore aux travailleurs modestes et dévoués qui, dans la préparation de l’Exposition actuelle, ont été leurs collaborateurs anonymes ou lointains.
- « Ce spectacle impressionnant qui se déroule sous nos yeux, nous le devons, en effet, à l’effort de toute une immense collectivité qu’il convient d’associer dans l’hommage rendu à l’état major des organisateurs.
- « Messieurs, en passant les Alpes, nul Français ne peut oublier et moins encore un représentant du Gouvernement, quelles sont, à l’heure présente, les circonstances que rappelle votre Exposition et la grande commémoration que vous faites aujourd’hui des débuts de votre renaissance nationale à laquelle la France - elle s’en souvient toujours — avait fraternellement associé sa diplomatie et ses armes.
- « En traversant le champ de cette Exposition où s’élèvent aujourd’hui les palais les plus harmonieux, nous nous rappelons avec émotion que c’est ici même que se rapprochèrent, au début de la campagne, les camps des troupes françaises et italiennes, et le lointain des souvenirs, qui a effacé pour tous le sentiment des animosités de cette grande lutte, ne laisse revivre dans notre esprit que l’image de deux sœurs latines, simultanément dressées et unies dans un même élan de leur cœur.
- « Heureux d’une cérémonie qui me permet d’évoquer ces souvenirs, patrimoine commun des deux nations, je vous prie, Monsieur le Ministre et cher collègue, au nom du Gouvernement de la République, d’offrir mes hommages respectueux à votre illustre souverain et à Sa Majesté la Reine.
- « S. M. le roi d’Italie a pu se convaincre, lors de la visite qu il a faite en 1903 à M. le Président de la Républiq ue, des sympathies profondes qu éveillent dans la nation française l’amitié qu’il veut bien témoigner à notre pays et sa haute et noble sollicitude pour tous les problèmes de la vie sociale et moderne.
- « Je déclare ouverte la section française de l’Exposition de Turin. »
- M. le sénateur Frôla parla au nom du Comité de 1 Exposition ; il retraça
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- l’œuvre accomplie et l’ardeur que mirent les Français à y participer, leur adressa ses remerciements et formula ses vœux de succès.
- C’est à ce moment que le cortège officiel sortait du Palais de la France, et c’est en accompagnant la Princesse Loetitia à sa voiture, que M. Massé, Ministre du Commerce, lui fit part des tragiques nouvelles qu’il venait de recevoir de Paris.
- Dès lors, il fut décidé que les fêtes et réjouissances prendraient fin aussitôt.
- Les drapeaux du Palais français et du Pavillon de la Ville de Paris furent mis en berne, et le Ministre dont la visite était attendue par nos compatriotes sur divers points de l’Exposition, rentra directement à son hôtel.
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- Instructions données aux Jurés Français
- es?
- La réunion du Jury international de l’Exposition de Turin avait été fixée au 5 septembre 1911.
- A cette occasion le Commissariat général du Gouvernement français avait adressé aux exposants de la Section française, des instructions spéciales, dont voici le texte:
- COMMISSARIAT GÉNÉRAL du
- GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- OPÉRATIONS DU JURY.
- MM. les jurés français sont priés:
- 1° De se rendre au Consulat général de France, 3, Via Ponza, des leur arrivée à Turin, pour retirer leur insigne et donner leur adresse a Turin;
- 2° De se présenter ensuite au Commissariat général (Bureau du Comité d organisation de la Section Française, dans l’enceinte de 1’ Exposition) pour y retirer la liste des Exposants français ressortissant à leur classe, la liste des demandes de
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- mise hors concours formulées par les exposants français et les autres renseignements relatifs aux exposants, notamment l’indication des récompenses antérieures.
- Dans les expositions précédentes il a été décidé, dès la première séance du jury de chaque classe, que les récompenses à décerner ne seraient point inférieures à celles obtenues par le même exposant dans les grandes expositions internationales antérieures; MM. les exposants français apprécieront l’opportunité de faire immédiatement prévaloir à Turin le même principe.
- MM. les jurés voudront bien signaler sans retard au Commissariat général, les difficultés qui pourraient surgir dans les séances du Jury et notamment le cas des exposants que le Jury d’une classe considérerait comme ressortissant à une autre classe.
- Le Commissaire général et ses collaborateurs seraient heureux d’une visite quotidienne de MM. les jurés français au bureau du Commissariat général pour recevoir ou donner les indications opportunes.
- MM. les jurés Français, avant de quitter Turin, remettront au Commissariat général la liste des récompenses aux exposants et aux collaborateurs attribuées par chaque Jury.
- FONCTIONNEMENT DU JURY.
- La juridiction décernant les récompenses de l’Exposition de Turin a trois degrés : Jury de classe, Jury de Groupe, Jury Supérieur.
- Jury de Classe. — Le Jury de Classe se compose de jurés titulaires, de jurés suppléants et d’experts.
- Les jurés suppléants assistent à toutes les opérations du Jury de leur Classe, mais ils n’ont voix délibérative que lorsqu’ils remplacent l’un des jurés titulaires absents.
- Chaque Jury de Classe élit son Bureau composé d’un Président, d’un Vice-Président et d’un Secrétaire-Rapporteur.
- Jury de Groupe. — Les bureaux des Jurys de Classe forment les Jurys de Groupe (2e degré de juridictions).
- Chaque Jury de Groupe élit son bureau composé d’un Président, d’un Vice-Président et d’un Secrétaire-Rapporteur.
- Le Président et le Vice-Président seront de nationalité différente, le Rapporteur sera italien.
- Jury Supérieur. — Le 3e degré de juridiction sera composé ultérieurement.
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- OPÉRATIONS DU JURY
- Les opérations du Jury auront comme conclusion l’établissement de trois listes: 1° Liste des exposants hors concours;
- 2° Liste des exposants récompensés;
- 3° Liste des collaborateurs (auxquels seront également décernées des récompenses). Récompenses. — L’échelle des récompenses est la suivante :
- Diplôme de Grand Prix ;
- Dipl ôme d’Honneur ;
- Diplôme de Médaille d’Or;
- Diplôme de Médaille d’Argent ;
- Diplôme de Médaille de Bronze ;
- Diplôme de Mention Honorable.
- Hors Concours. — Seront mis hors concours pour les récompenses, les exposants qui auront accepté les fonctions de jurés, soit comme titulaires, soit comme suppléants.
- Cette règle s’appliquera aux Sociétés exposantes qui seraient représentées dans le Jury, soit par un Administrateur, soit par un agent de quelque ordre que ce soit faisant partie de leur personnel permanent.
- Les Administrations publiques concourent aux récompenses alors même que les fonctions de jurés auraient été attribuées à l’un de leurs fonctionnaires.
- Les exposants adjoints au Jury en qualité d’experts seront hors concours pour la classe dans laquelle ils auront opéré.
- Collaborateurs. — Les diplômes de collaborateurs pourront être accordés aux personnes ayant coopéré à la composition d’objets récompensés par le Jury.
- Les récompenses des collaborateurs seront inférieures d’un degré au moins à la recompense des exposants.
- La valeur et le nombre de ces récompenses par maison devront faire l’objet d’un examen de chaque jury de classe : pour la France les éléments en sont fournis par les questionnaires des exposants.
- Collectivité. — Une récompense unique est accordée aux collectivités lorsqu’elles concourent sous une raison sociale impersonnelle et il leur sera attribué un seul diplôme; mais si la collectivité est le fait d’un groupement de plusieurs maisons, celles-ci seront mentionnées sur le diplôme collectif et chacune d’elles recevra une copie dûment signée dudit diplôme.
- E.n outre, les maisons participant à une collectivité et régulièrement inscrites comme exposantes pourront être individuellement récompensées sans préjudice de la recompense qui peut être décernée à la collectivité.
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- En aucun cas les collaborateurs ou coopérateurs des exposants d une collectivité ne pourront être récompensés.
- Exposants relevant de plusieurs classes. — Les producteurs exposant des objets différents dans plusieurs classes pourront recevoir des récompenses pour chacune de ces classes alors même que ces objets auraient été groupés en un seul stand. Mais ils ne pourront recevoir qu’une seule récompense d’une même classe.
- Quand un même objet aura été apprécié par plusieurs Jurys, l’exposant ne recevra que la récompense la plus élevée.
- RAPPORT SOMMAIRE
- Par mesure d’ordre intérieur français un Rapport Sommaire sur les opérations de chaque jury de classe sera fait par un rapporteur français nommé dans cette classe par le Commissaire Général.
- Ce rapport sommaire, devra contenir :
- 1 ° La composition du bureau du Jury ;
- 2° Les noms des jurés français présents ;
- 3° Les noms des jurés des autres nations présents;
- 4° Un récit très bref et une appréciation des opérations ;
- 3° La liste des hors concours ;
- 6° Un tableau récapitulatif du nombre des récompenses françaises et étrangères accordées ;
- 7° Le nombre des exposants par nation;
- 8° Une note spéciale des réclamations à présenter au jury supérieur ;
- 9° La liste très exacte des récompenses des collaborateurs.
- (I) Ce rapport sommaire devra être déposé au bureau du Commissariat général, à Turin, aussitôt après la clôture des opéra-tons du jury de classe.
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- JARDINS DU PILONETTO
- RÈGLEMENT DU JURY INTERNATIONAL
- Le Règlement concernant le fonctionnement du jury international des récompenses avait reçu l’approbation officielle de S. M. le Roi d’Italie. Le décret qui en sanctionnait les diverses dispositions avait été signé le 2 février 1911.
- Selon l’usage établi par nos prédécesseurs, nous reproduisons ici ce document.
- RÈGLEMENT POUR LE
- JURY INTERNATIONAL
- ARTICLE PREMIER. — Le jugement sur les ouvrages, les produits et les travaux exposés et le décernement des récompenses sont déférés à un « Jury International )) dont la nomination et les attributions sont régies par le présent Règlement.
- Art. 2. — Le Jury International exerce ses fonctions dans les trois degrés de juridiction suivants :
- 1° Jury de Classe;
- 2° Jury de Qroupe;
- 3° Jury supérieur.
- Jurys de Classe
- Art. 3. — Le programme de chaque groupe est divisé, aux effets du Jury, dans le moindre nombre possible de classes, en réunissant dans chaque classe les produits ayant le plus d’affinité entre eux. Pour chacune des classes il sera nommé un Jury de classe.
- Art. 4. — Le nombre des jurés de chaque classe est établi par la Commission Exécutive et sera de cinq au moins.
- Il y aura un juré pour un nombre d’exposants de quarante au plus ; toutefois la répartition des jurés entre toutes les nations participant, soit officiellement soit en forme privée à l’Exposition, sera faite de manière que chaque nation^ait un nombre
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- de jurés proportionnel, non seulement au nombre de ses exposants de la classe, mais aussi à l’étendue de l’emplacement occupé.
- Les mêmes principes de proportionnalité seront suivis pour toutes les nations, l’Italie comprise.
- Art. 5. — Les jurés italiens sont nommés par la Commission exécutive d’accord avec le Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce. Les jurés étrangers, dans les classes et dans le nombre établi par la Commission Exécutive d après le présent Règlement, sont nommés par le Commissaire général officiel de la nation respective. Les jurés des nations n’ayant pas de Commissaire officiel sont nommés par leur Gouvernement respectif, ou bien par la Commission Exécutive sur la proposition des Comités de leur nation.
- Art. 6. — Par une procédure analogue aux dispositions qui précèdent, et dans les classes où la Commission le jugera à propos, il sera nommé des jurés de classe suppléants dont le nombre ne devra pas dépasser la moitié du nombre des jurés en titre. Les jurés suppléants pourront assister à toutes les opérations du Jury de Classe à laquelle ils sont affectés, mais n’auront de voix délibérative qu’en cas de substitution d’un juré en titre.
- Art. 7. — Chaque jury de classe élit son Président et son Secrétaire Rapporteur, constituant ainsi son propre bureau. Les séances du Jury de Classe ne seront pas valides sans la présence de quatre membres au moins, y compris les suppléants en substitution des jurés en titre éventuellement absents.
- Jurys de Groupe
- Art. 8. — Chaque groupe a son Jury constitué par les bureaux de ses propres Jurys de Classe. Le Jury de Groupe élit dans son sein un Président, un Vice-Président et un Secrétaire-rapporteur, constituant le bureau du Jury de Groupe. Le Président et le Vice-Président seront de nationalités différentes ; le secrétaire-rapporteur sera italien.
- Jury Supérieur
- Art. 9. — Le Jury supérieur a comme Président d’Honneur son Excellence le Ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
- Le Président du Jury supérieur est nommé par décret royal sur la proposition de la Commission Exécutive et d’accord avec le Ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce.
- Le secrétaire général est nommé par la Commission Exécutive.
- Les Vice-Présidents sont nommés par le Jury supérieur même au nombre qu’il croira convenable.
- Art. 10. — Le Jury supérieur est composé de trente-cinq membres n’appartenant pas aux Jurys de Classe.
- La Commission exécutive assignera aux nations participant officiellement à l’Exposition un nombre de places proportionnel à l’étendue de l’emplacement occupé et au nombre de leurs exposants en suivant le même système de proportionnalité pour toutes les nations. Les jurés supérieurs italiens sont nommés par la Commission Exécutive d accord avec le Président du Jury Supérieur et avec le Ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce ; les jurés étrangers, dont le nombre aura été fixé par la Commission Exécutive, sont nommés par leur Commissaire officiel respectif, et, à défaut, par le Gouvernement de leur pays.
- Dans les 35 membres sont compris le Président, les Vice-Présidents et le Secrétaire général.
- Les Membres de la Commission Exécutive peuvent prendre part aux travaux du Jury supérieur, mais avec simple voix consultive.
- Art. 11. — Il appartient au Président du Jury supérieur :
- 1° De pourvoir, d’accord avec la Commission Exécutive à la répartition des Classes, suivant l’article 3 ;
- 2° De provoquer et de surveiller la constitution des Jurys de Classe et de Groupe ;
- 3° De répartir les travaux entre les différents Jurys et d’en régler la marche ;
- 4° De faire en sorte que les Jurys portent leurs travaux à terme dans les délais prescrits par le Règlement ;
- 5° De convoquer et de constituer le Jury supérieur ;
- 6° De substituer éventuellement les jurés, d’accord avec le Président de la Commission Exécutive, au cas où les travaux d’un Jury ne procéderaient pas avec la régularité et la promptitude voulues.
- 7° De hâter les dispositions concernant la constitution des Jurys spéciaux prévus par l’article 33.
- Art. 12. — Les jurés seront nommés pour le 31 mai 1911. La charge de juré est gratuite.
- Les jurés s’engagent à garder le secret le plus rigoureux sur les travaux du Jury et à n’en rien laisser percer, jusqu à ce que la Commission Exécutive ait publié la liste officielle des récompenses.
- En acceptant sa nomination, le juré reconnaît et accepte implicitement les dispositions du présent Règlement.
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- CLASSE 133 D
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- Récompenses
- Art. 13. — Les récompenses destinées par la Commission Exécutive et attribuées par le Jury consistent en :
- Diplômes de Grand Prix ;
- Diplômes d’Honneur ;
- Diplômes de Médaille d’Or ;
- Diplômes de Médaille d’Argent ;
- Diplômes de Médaille de Bronze ;
- Diplômes de Mention Honorable ;
- Les diplômes des cinq premières catégories sont en outre accompagnés d’une Médaille de Bronze.
- Le Jury assignera également des diplômes de collaboration et de mérite, aussi bien que d’autres récompenses que la Commission Exécutive pourra demander au Jury de conférer.
- Les prix royaux et autres récompenses spéciales instituées par des particuliers ou des administrations publiques entrent également dans la compétence du Jury à moins qu’ils n’aient été soumis à des conditions spéciales, approuvées par la Commission Exécutive.
- Art. 14. — Les Diplômes de grand prix d’honneur, de médailles et de mention honorable sont assignés pour récompenser le mérite industriel et scientifique des exposants.
- Les diplômes de collaboration sont conférés aux personnes ayant notablement coopéré à la production d’objets primés. Ils seront toujours inférieurs d un ou de plusieurs degrés à ceux attribués aux exposants officiels respectifs. Par conséquent le plus haut degré dans les diplômes de collaboration est le diplôme d’honneur.
- Les diplômes de mérite sont conférés aux personnes ou aux collectivités ayant contribué d’une façon notable et efficace au succès de l’Exposition.
- Art. 1 5. — Les diplômes porteront la signature du Ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, du Président de la Commission Exécutive, et du Président ainsi que du Secrétaire *• Général du Jury Supérieur.
- Hors Concours
- Art. 16. — Sont hors concours quant aux récompenses :
- 1° Tous les exposants qui en auront fait la demande formelle par écrit à la Commission Exécutive avant le 1er avril 1911, qui sont restés hors concours dans les Expositions officielles internationales précédentes, ou qui y ont remporté le prix le plus élevé ;
- 2° Tous les jurés en titre et suppléants ;
- 3° Les Sociétés privées qui ont un administrateur ou un employé remplissant les fonctions de
- juré dans la classe où elles exposent (les Administrations publiques et les personnes morales concourront aux récompenses, quand même un de leurs fonctionnaires ou administrateurs remplirait les fonctions de juré) ;
- 4° Les expositions spéciales promues et organisées directement par la Commission Exécutive.
- Expositions Collectives
- Art. 17 — Les expositions collectives concourront à une seule récompense si la collectivité a une dénomination propre et distincte et se trouve seule inscrite comme exposante.
- Au cas où les différentes maisons composant une collectivité seraient régulièrement inscrites comme exposantes et auraient en cette qualité payé le droit d’inscription, elles pourront être primées pour leur propre compte sans préjudice de la récompense pouvant revenir à la collectivité.
- Ordre des Travaux
- Art. 18. — Les Jurys de classe procèdent à l’inspection directe des produits exposés.
- Ils notifieront au moyen de préavis leur visite aux exposants.
- Art. 19. — Chaque objet sera jugé par un seul Jury de classe.
- Ait. 20. — Chaque exposant devra fournir aux jurés tous les renseignements demandés sur la quantité, la qualité, la production et le commerce des produits exposés ; il devra en outre se prêter aux analyses et aux essais éventuellement requis par le Jury.
- Ces obligations des exposants seront rappelées au bas de l’avis de visite de la part du Jury.
- Art. 21. — Les délibérations des Jurys seront prises à la majorité des voix. En cas de partage, celle du Président sera prépondérante.
- Art. 22. — Son travail terminé, le Jury de classe transmet ses propositions au Président du Jury de son propre Groupe, après les avoir recueillies dans la forme suivante :
- 10 Liste des exposants hors concours aux termes du Règlement ;
- 2° Liste des propositions de récompenses par ordre de mérite, et divisées par nationalités ;
- 3° Liste des personnes et collectivités proposées pour diplômes de mérite et de collaboration.
- Toutes les propositions doivent être motivées.
- Art. 23. — Le Jury de Groupe aura à résoudre les différends éventuels entre ses propres Jurys de Classe, à en surveiller et à en diriger les travaux.
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- Art. 24. — Le Jury de Groupe reçoit de ses Jurys de Classe les propositions mentionnées à l’article 22 ; les examine dans leur ensemble ; les collationne et s’assure que dans toutes les classes il a été procédé avec les mêmes principes rigoureusement suivis, et que la répartition totale des récompenses dans le Groupe présente une certaine uniformité. Cela fait, il procède à la compilation de la liste générale des récompenses de groupe pour la présenter au Jury Supérieur, à qui il remet à cet effet :
- 1° La liste des exposants Hors Concours d’après le Règlement ;
- 2° La liste des propositions de récompenses par ordre de mérite, divisées par nationalités et par classes ;
- 3° La liste des personnes et collectivités proposées pour des diplômes de mérite et de collaboration ;
- 4° Une revue et un rapport général des produits exposés dans le groupe.
- Toutes les propositions de récompense seront motivées.
- Réclamations
- Art. 25. — Le Jury Supérieur surveille et dirige les travaux des Jurys.
- Au cours des travaux des Jurys de Classe et de groupe, les exposants pourront adresser au Jury Supérieur des réclamations pour violation du Règlement et en général pour vice de forme de la part des dits Jurys.
- Des réclamations analogues au Jury Supérieur sont également admises sur les décisions de mérite prononcées par les Jurys de Classe.
- Art. 26. — Tous les rapports et toutes les propositions des Jurys de Groupe convergeront sur le Jury supérieur, qui les sanctionne ou les réforme, les classe, et s’assure que dans tous les groupes il a été procédé d après les mêmes principes rigoureusement suivis et que la répartition totale des récompenses pour toute l’Exposition offre une certaine uniformité. Le Jury supérieur pourra demander aux Présidents des Jurys de Groupe les renseignements utiles et leur renvoyer éventuellement certaines propositions de récompenses qu’il juge devoir être examinées à nouveau.
- Art. 27. — Les Jurys de Groupe, et pour eux les Jurys de Classe, devront toujours se tenir prêts à fournir au Jury Supérieur tous les renseignements dont il pourra avoir besoin et, le cas échéant, à reprendre en examen les propositions d’après les idées du Jury supérieur, en référant nouvellement.
- Le Jury supérieur jugera ensuite sans appel et il ne sera pas admis de réclamation sur ses jugements.
- Art. 28. — Le Jury supérieur transmet au Président de la Commission Exécutive la liste définitive des récompenses accordées, à savoir :
- 1° Une revue et un rapport général sur tous les produits exposés, divisés en examens et en rapports spéciaux pour chaque classe ;
- 2° Les listes complètes motivées des récompenses définitivement accordées, divisées par nationalités, par groupes et par ordre de mérite ;
- 3° Les listes complètes motivées des diplômes de mérite et de collaboration.
- Art. 29. — Le rapport du Jury supérieur sera publié aux frais et par les soins de la Commission Exécutive, avec toutes les pièces à l’appui que la dite Commission croira à propos d y joindre.
- Art. 30. — Les Jurys de Classe commmence-ront leurs travaux le 1er juin 1911 au plus tard, et présenteront leur Rapport à leur propre Jury de Groupe pour le 20 juillet 1911. Les Jurys de Groupe présenteront à leur tour leur rapport au Jury Supérieur pour le 10 août 1911.
- Le Jury supérieur présentera la liste définitive des récompenses au Président de la Commission Exécutive pour le 5 septembre 1911.
- Art. 31. — La Commission Exécutive publiera la liste officielle des récompenses pour le 20 septembre 1911. La proclamation solennelle des récompenses aura lieu avant la clôture de 1 Exposition
- Les diplômes seront délivrés par la suite dans les délais et d’après les règles qu’établira la Commission Exécutive.
- Art. 32. — Les Exposants dans les Expositions rétrospectives concourront pour des diplômes de mérite conférés par le Jury supérieur sur la proposition des Présidents de Groupes.
- Art. 33. — Dans les expositions de courte durée (fleurs, fruits, jardinage, animaux, automobiles, matériel de pompiers, etc.) la Commission Exécutive nommera dans chaque cas un Jury spécial, en établissant, suivant les cas, le nombre des Jurés aussi bien que les dispositions réglementaires appropriées.
- Pour ces Jurys spéciaux, la Commission Exécutive aura la faculté, le cas échéant et par exception, de déroger aux dispositions du présent Règlement ; toutefois, la répartition des Jurés entre les différentes nations sera faite d’après les mêmes principes de proportionnalité établis à l’article 4.
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- BASILIQUE DE LA SUPERGA
- JURY DE CLASSE
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- Le 5 septembre 1911 à 10 heures du matin, l’Administration Italienne avait convoqué au Palais des Fêtes les Membres du Jury de toutes les Nations.
- Dans ce Palais, chaque Nation avait sa place respective et les Jurés trouvèrent tous les documents qui étaient nécessaires à leurs travaux, documents traduits chacun dans leur langue nationale.
- Chaque Classe devait se réunir dans un endroit désigné par 1 Administration et les convocations étaient faites pour le même jour à 3 heures de 1 après-midi.
- A l’heure dite, tous les Jurés des Classes 132 et 133 (faisant partie du Groupe XX) se trouvaient réunis à l’Ecole Giosué Carducci, N° 9, Corso Oporto.
- C’est à la France qu’avait été dévolue la Présidence du Jury de la Classe 133 et M. Jean Mouilbau avait été désigné pour remplir cette importante et délicate fonction.
- Immédiatement, prenant possession de son poste, le President fit 1 appel des Membres du Jury et demanda à ceux qui avaient été désignés pour remplir une fonction s ils acceptaient la mission qui leur avait été confiée.
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- C est ainsi que le Bureau de la Classe 133 fut constitué :
- ‘Président: M. Jean MOUILBAU. Paris;
- Vice-Président : M. Cecil THOMSON, Londres ;
- Secrétaire : M. Cav. DELLA ROCCA, Turin;
- Deuxième Secrétaire : M. DUBOC, Paris;
- La France était représentée par : MM. Jean Mouilbau, Becquet, Reverdot, Hanau, Ruzé, Béraud, Chevron, Picard, Lucet, Parent, Hayem, Duboc, Pierre Laguionie.
- Le Japon était représenté par M. Moriyoshi Maganuma.
- U Allemagne par M. Kentzsih.
- L’Italie par MM. Cav. Andrea Délia Rocca, Achille Finzi, Cav. E. Lombard-Benedicto Salles Guerra.
- La Perse par M. Cav. E. Sacco.
- Le Pérou par M. Giorgio Bellone.
- La Russie par M. Valentino Childt.
- Le Royaume de Siam par M. Giov. Giani.
- La Hongrie par Joseph Pun.
- La République Argentine par M. C. Pusterla.
- La Belgique par M. Stroobant.
- Le Brésil par M. Boileau.
- La Chine par M. LiChetchong.
- U Equateur par M. Jean Carrère.
- V Uruguay par M. Cav. Cesare Ottolenghi.
- Les Jurés suppléants étaient : MM. Emile Léonard, Nicolas Kriegck, Henri Mayer, Pierre Tirard, Paul Doisey, C. Thiebaut, pour la France.
- M. Kurt Lutz pour l’Jlllemagne.
- M. Giulia Peiretti, Leopoldo Bounous, pour Y Italie.
- M. Georges Brossard {France), Expert du Jury.
- Ces nominations furent immédiatement ratifiées par l’Assemblée des Jurés.
- Aussitôt après, M. Mouilbau, dans un discours applaudi souhaite la bienvenue à ses collègues, leur fait comprendre toute l’importance des fonctions dont ils sont investis et l’honneur qui leur est fait par leur nation respective, en les désignant de préférence à leurs concitoyens pour remplir cette mission de confiance.
- « Nous sommes tous des gens d’affaires, dit-il, et n’avons pas de temps à perdre. Si vous voulez bien suivre la méthode de travail que je vais vous indiquer, nous pourrons remplir le mandat qui nous a été confié dans un délai relativement court et en perdant le moins de temps possible. »
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- C’est ainsi qu’il fait remarquer l’impossibilité absolue qu’il y aurait pour 40 Membres du Jury d’aller devant chaque vitrine pour juger 688 exposants, les travaux du Jury dureraient ainsi beaucoup trop longtemps.
- Dans ces conditions, il propose de diviser la Classe 133 en 4 sections :
- 1° La dentelle dont la Présidence serait confiée à M. Becquet.
- 2° Les vêtements dont la Présidence serait confiée à M. Reverdot.
- 3° La Fourrure dont la Présidence serait confiée à M. Hanau.
- 4° Les accessoires du vêtement dont la Présidence serait confiée à M. Mouilbau.
- Il est entendu que les travaux de chaque section seront ratifiés en Assemblée Générale.
- Cette proposition étant acceptée, M. le Président conseille à chacun des Jurés de choisir la section dont il désire faire partie et pour laquelle il a le plus de compétence.
- Il termine en demandant que chacun d’eux apporte dans sa fonction les sentiments de cordialité qui caractérisent les gens de bonne compagnie et il donne rendez-vous à tous ses collègues pour le lendemain à midi au Restaurant du Parc, où il a le grand plaisir au nom de ses collègues français, d’offrir à déjeuner à tous les jurés étrangers.
- A l’issue de ce déjeuner, une photographie sera prise de tout le groupe, et un exemplaire distribué à chaque convive en souvenir de cette cordiale réunion. Ensuite, il sera procédé à la ratification des récompenses attribuées par les sections.
- Tout le monde se sépare, non sans avoir vivement applaudi le Président pour cette aimable proposition, et quelques assistants, en sortant, crient : « Vive la France! »
- Le lendemain, à midi précis, tout le monde était réuni au Restaurant du Parc, où un déjeuner avait été commandé par les soins des Jurés Français.
- Tous avaient répondu à l’appel, et, durant le déjeuner, la sympathie et la cordialité ne cessèrent de régner entre tous les assistants cosmopolites.
- Au dessert, notre Président prit la parole dans les termes suivants :
- « Messieurs et chers Collègues,
- <x La Présidence du Jury étant dévolue à la France, il appartenait au Président de vous souhaiter la bienvenue dans un déjeuner cordial qui inaugurerait nos travaux.
- « L’accueil sympathique que vous m’avez fait depuis le premier jour me donne la certitude que nos relations resteront amicales, et, de ce fait, ma tâche sera facile à remplir.
- « C’est un grand honneur pour moi, mes chers Collègues, d’avoir à présider une des plus importantes classes de l’Exposition, dont les industries qui en font partie représentent un chiffre d’affaires considérable, si on veut bien tenir compte que, pour la France seule, il représente plusieurs milliards de francs.
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- « Nous sommes tous des commerçants et des industriels, nous venons faire valoir les mérites de nos nationaux, défendre leurs intérêts et faire honneur à notre patrie ; mais notre loyauté doit prévaloir avant tout et notre conscience nous oblige à apporter dans notre fonction un sentiment de justice et d’équité : c’est ce que j’attends de vous tous, mes chers Collègues, et je suis certain que c’est bien là votre esprit à tous. ( A pplaudissements.)
- « La méthode de travail que vous avez bien voulu adopter a été une des causes de l’accord parfait qui, déjà, règne entre nous, malgré la multiplicité des langues et des peuples, qui fait de notre milieu une véritable tour de Babel, à tel point que nous pourrions nous donner en exemple à nos dirigeants et leur montrer que les difficultés sont surmontables lorsqu’on veut bien, avec le désir de s’entendre, faire entrer en ligne de compte la sympathie et la cordialité.
- « Nous nous trouvons ici, mes chers Collègues, dans un cadre merveilleux, et il était impossible de trouver un emplacement mieux approprié pour l’édification d’une exposition internationale comme celle-ci.
- « Quoi de plus joli, en effet, que les sites qui dominent les sections étrangères installées au bord de ce fleuve qu’on appelle ce Le Pô )) et les autres pavillons disséminés dans le splendide parc de Valentino! !
- « Cette Exposition de Turin est tout simplement une merveille, et je me plais à en féliciter les organisateurs, ainsi que tous nos amis italiens, habitant la ville de Turin, qui ont participé à cette démonstration industrielle et commerciale, œuvre de paix et de confraternité.
- « Nous autres Français, nous n’oublions pas que notre armée a combattu fièrement aux côtés des soldats italiens et que les victoires, chèrement acquises en commun, ont contribué à l’unification du royaume d’Italie, pour sa grandeur et pour sa prospérité auxquelles nous applaudissons de tout cœur.
- « Je suis d’autant plus heureux d’applaudir à ce succès, aujourd’hui, que nous avons le plaisir de posséder parmi nous, dans notre Classe et à notre table, un major de l’armée italienne, qui en est un de ses plus dignes et de ses plus fiers représentants.
- « Messieurs, nous avons beaucoup à travailler et je ne veux pas m’étendre dans un plus long discours. Je veux terminer en portant un toast à votre santé à tous et en buvant à la prospérité de l’Italie, qui nous offre en ce moment une si généreuse hospitalité.
- « E VIVA L’ITALIA ! »
- (Salves d’applaudissements
- On crie :
- « Vive le Président! » « Vive la France ! »
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- Le chevalier Délia Rocca, Secrétaire-Rapporteur, se lève à son tour et répond par le toast suivant :
- « Mesdames, « Messieurs,
- « C’est avec un grand plaisir que je porte, à mon nom et à celui de mes collègues Jurés Italiens, un cordial salut à notre illustre Président, M. Jean Mouilbau, et à ses collègues.
- « Votre charmante invitation a été acceptée, comme vous le voyez, avec un vrai sentiment de chaude sympathie et au nom de nous tous, je vous adresse nos plus vifs et sincères remerciements.
- « Nous vous sommes aussi infiniment reconnaissants pour toutes les amabilités que vous nous avez prodiguées et nous vous en témoignons toute notre estime et sympathie.
- « En qualité de Jurés, nous avons constaté avec un vrai enthousiasme,’ le grand succès remporté par votre chère France, à laquelle nous portons de tout notre cœur un toast avec un Hourra à notre illustre Président, M. Jean Mouilbau et à ses chers amis et collègues Français ».
- A Y issue de ce déjeuner, les photographies furent prises, et notre Président eut le grand plaisir de voir figurer dans le Groupe notre distingué Consul, M. Pralcn, ainsi que M. le Comte Rossi, Maire de Turin, qui avaient bien voulu nous faire 1 honneur de se joindre à nous.
- « Ces photographies ayant été faites très rapidement, chaque assistant put en emporter un exemplaire le lendemain, comme souvenir, après que M. Jean Mouilbau, Président du Jury, y eut inscrit une dédicace, sur la demande pressante qui lui en fut faite par ses collègues.
- Le lendemain, un second déjeuner avait eu lieu au même Restaurant du Parc, déjeuner offert cette fois par tous les Jurés étrangers, à notre Président et à ses collègues Français.
- La table était ornementée de fleurs et de drapeaux de toutes les nations.
- Au dessert, le Major Off. Gaetano Arango Regueral, directeur de l’atelier militaire des vêtements et équipements de Turin, en sa qualité de Juré des Etats-Unis, de Vice-Président de Jury du Groupe XX, tenant entre les mains, dans un faisceau artistique, les drapeaux de toutes les nations représentées au Jury, a porté le toast suivant :
- « Ce matin, nous avons dîné à l’Italienne.
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- « En Italien aussi, et comme représentant des Etats-Unis et Vice-Président du Groupe XX, j’ai le devoir de porter aux collègues du Jury Français, au nom des Jurés de toutes les nations représentées par les brillants drapeaux que j’ai l’honneur de tenir réunis en un faisceau entre mes mains, en ce moment, les remerciements les plus sincères et les plus affectueux pour avoir bien voulu accepter notre invitation à ce sympathique banquet, qui représente un doux et bref repos du délicat et fatigant travail que le Jury de notre Groupe est appelé à faire pour l’établissement des récompenses et des prix à accorder par l’Exposition Internationale de Turin, aux exposants qui, avec tant d’élan et avec des produits admirables se sont réunis ici en un bataillon nombreux, fort et compact.
- « Ayant ainsi rempli un agréable devoir d’hospitalité, il m’est aujourd hui accordé l’honneur de lever ma coupe pour exprimer un souhait, un vœu très vif, et pour l’exprimer, je n’entends pas faire usage de fleurs de réthorique ; sans paroles, peut-être réussirai-je mieux à rendre ma pensée, en serrant dans une étreinte fraternelle ces glorieux drapeaux qui symbolisent l’activité industrielle et le travail fécond de toutes les nations ici invitées à fêter le progrès des industries et le triomphe du travail.
- « Mon souhait, la paix qui apporte la gloire dans le champ économique ; mon vœu, la prospérité dans la paix de toutes les nations représentées chez nous ! »
- Ensuite, M. Délia Rocca prit la parole pour prononcer l’allocution suivante :
- « Mesdames,
- « Messieurs,
- « Applaudissant de tout mon cœur aux belles paroles de M. le Major Arango, représentant de l’Argentine et au nom de mes collègues Italiens et des représentants des autres nations convenues, je remercie infiniment notre Illustre Président, M. Jean Mouilbau et ses collègues d’avoir accepté notre invitation.
- « J’adresse en particulier, un vif remerciement aux Dames qui ont rendu avec leur présence et leur ineffable sourire, plus belle et plus joyeuse notre réunion.
- « En ce moment de véritable expansion, de toute mon âme, permettez, M. le Président, que nous vous disions franchement qu’avec votre amabilité et votre noblesse d’âme, vous vous êtes créé parmi nous un vrai et sincère sentiment de sympathie, ainsi que vos collègues, et que vous nous avez complètement conquis.
- « Trop courts ont été les jours que nous avons eu le bonheur de passer en votre aimable compagnie, mais nous en garderons éternellement dans notre cœur le souvenir.
- « Vive la France! Vive M. Jean Mouilbau! notre illustre et cher Président, Vive le Jury International! »
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- Puis ce fut le tour de M. Léopoldo Bounous :
- « Mesdames, « Messieurs,
- « J’ai entendu tout à l’heure M. Reverdot, mon cher ami, disant qu’il lui semble être en France ; en effet, bien que nous soyons ensemble depuis vingt-quatre heures seulement, il me paraît, à moi aussi, que nous nous connaissons depuis beaucoup de temps, que nous sommes des vieux amis. Nous devons cet heureux résultat aux sentiments de vive cordialité et sympathie qui unissent les peuples de nos nations dans une entente fraternelle.
- « Permettez-moi de porter mes meilleurs souhaits pour la prospérité continuelle de l’Industrie, du Commerce de votre grande Nation, que vous représentez si noblement ici ; et, dans l’espoir de nous revoir bientôt et de retrouver les beaux moments dont votre compagnie nous a fait jouir, je vous souhaite bon voyage pendant votre retour dans votre noble Patrie, et je vous prie d’accepter mes cordiales salutations, mes meilleurs souhaits pour vous tous, pour votre avenir ».
- Notre Président, dans un discours très applaudi, remercia bien sincèrement ses collègues, non pas du témoignage nouveau de sympathie, mais de l’amitié qui lui était donnée en cette circonstance, il fit à nouveau l’éloge de la nation sœur-latine, de son ^
- génie, du développement considérable pris par la Ville de Turin depuis une dizaine d’années que pour la première fois il avait eu l’occasion de la visiter, enfin de l’effort considérable fait par les industriels italiens, effort qui fera que, dans un temps très proche, cette Nation sera une des premières du Monde.
- Enfin, il manquerait, dit-il, à son devoir, s’il ne remerciait les aimables dames Françaises, qui n’ont pas craint d’entreprendre un long et fatigant voyage pour accompagner leurs maris, Membres du Jury, et pour visiter par cette température tropicale cette belle et intéressante exposition, et il demande la permission de les embrasser toutes au milieu des bravos de l’Assemblée.
- Enfin, l’enthousiasme fut à son comble quant au milieu des applaudissements frénétiques de l’assistance, l’un des Jurés Italiens, M. Natale Caula, vint au nom de ses collègues, embrasser notre cher Président, et prononce l’allocution suivante :
- « Messieurs et Mesdames,
- « Après le brillant et patriotique discours de notre illustre et bien aimable Président, qui a su, en peu de jours, conquérir notre sympathie, permettez que, moi aussi, je lui exprime mes sentiments d’admiration pour la Grande Nation que fut toujours, à 1 avant-garde du Progrès et de la Civilisation, véritable Phare lumineux où toutes les Nations vont puiser la lumière pour la répandre sur tout le Monde.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- « Je me souviens encore avec plaisir de l’impression extraordinaire que j’avais éprouvée en visitant l’Exposition Universelle de Paris en 1878, qui fut pour moi une vraie révélation de la puissance mondiale de l’Industrie, du Commerce, des Arts et des Sciences.
- « J’avais une impatience continuelle de voir toujours quelque chose de nouveau, et je jouissais intellectuellement en admirant la force du génie humain, qui arrivait toujours à vaincre chaque difficulté, à la surpasser, à en triompher.
- « Mais ce qui m’impressionna le plus et éveilla en moi un fort sentiment d’admiration, ce fut la grande variété et l’importance de la production française, la nouveauté et l’élégance de ses confections qui surpassaient énormément celles de toutes les autres nations.
- « L’Exposition de la seule Ville de Paris occupait presque la moitié de l’espace assigné à la France et celle de la France surpassait en extension l’espace occupé par tout le Monde.
- « Et moi, j’étais orgueilleux que l’Italie figure assez bien avec ses produits agricoles et manufacturiers, et encore mieux dans la Section artistique, avec ses marbres que tous les visiteurs ne cessaient d’admirer et qu’ils achetaient.
- « Mais quelle distance il y avait encore alors, entre nos produits et ceux des autres Nations, entre leur manière d’exposer leurs marchandises et la nôtre.
- « Ce fut bien à propos que la Société Promotrice de l’Industrie Nationale de Turin a cru nécessaire d’envoyer des chefs ouvriers et artistes pour l’étude des progrès faits à l’Etranger dans les différentes branches de l’Industrie et d’ouvrir un concours pour la meilleure manière d’exposer les produits des différentes Industries.
- « Et pendant l’Exposition Nationale de Turin de 1884, l’Italie a pu montrer le grand progrès qu’elle avait fait en peu de temps dans l’Industrie comme dans l’Art et les Sciences appliquées à l’Industrie.
- « L’Exposition Universelle de 1889 à Paris fut un grand triomphe pour la France et l’Exposition Nationale de Turin en 1898 vous aura persuadés que la sœur cadette était digne de marcher à côté de sa sœur aînée « La France! »
- « Et si dans l’Exposition Mondiale de Paris de 1900, la France surpassait encore toutes les autres Nations, elle aura pu constater le progrès de l’Italie, qui s’est accentué encore davantage dans l’Exposition Internationale de Milan en 1906.
- « Mais, pour dire la vérité, à Milan aussi le clou de l’Exposition était formé par la Nation Française qui, au Pavillon de la Mode par ses toilettes élégantes et ses conceptions sans rivales, attirait l’attention et l’admiration de tout le monde.
- « Et, aujourd’hui, nous, Italiens, nous sommes bien aises que la France occupe le premier rang dans l’actuelle'Exposition Internationale de Turin, à laquelle elle a donné une preuve de grande sympathie et de bienveillance en concourant à exposer les produits merveilleux de ses plus importantes fabriques.
- « Et nous la voyons avec le plus grand plaisir occuper une position splendide sur les bords du Pô, et la dominer par la grandiosité de ses merveilleuses galeries et de ses fantastiques pavillons.
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 99
- « Nous éprouvons une grande satisfaction en voyant que la généreuse population Française aussi concourt en masse à visiter notre Exposition et tandis que nous tâchons de faire l’impossible pour lui rendre agréable son séjour ici, nous aimons à croire qu elle gardera une bonne impression de notre cordiale et fraternelle amitié, comme il nous restera un doux souvenir de leur aimable gaieté.
- « Nous avons pourtant un grand désir, et nous serions heureux si votre Président, M. Fallières, pouvait nous honorer de sa visite, nous voudrions lui dire combien est grande la sympathie, l’admiration et l’affection de l’Italie pour la Grande République Française.
- « Dans cette heureuse circonstance, je suis sûr qu’il jouirait de votre superbe Exposition et aussi de la nôtre, en constatant l’énorme progrès de l’Italie dans toutes les Industries, dans les Arts et dans les Sciences, après la proclamation de Rome comme Métropole d’Italie et qui la rendent digne de s’asseoir à côté de sa sœur « La France ».
- « A vous, notre cher Président, qui avez une enviable activité, un grand talent et une haute compétence dans la direction de notre travail, avez démontré que « Volere e Potere » en réussissant à nous faire juger en peu de jours une quantité si grande et si variée d’exposants, avec leur satisfaction, à vous de tout cœur, notre respectueux et cordial salut, bien heureux de vous avoir toujours avec nous dans les splendides groupes photographiques que vous avez eu la lumineuse idée de nous offrir, et que nous garderons toujours comme souvenir de notre devoir accompli avec vous en faveur des Exposants, et à la gloire de notre Patrie !
- « Nous conserverons toujours dans notre cœur le doux souvenir des heureuses journées que nous avons eu l’honneur de passer avec vous et avec tous les aimables collègues du Jury, en nous souhaitant de pouvoir maintenir pour toujours cette amitié cordiale que vous avez su nous inspirer.
- « Mes chers Amis et Collègues,
- « Je vous invite à boire à la santé du
- Président du Jury de notre Division,
- au Président du Jury International,
- et au Président de la République Française.
- EVVIVA m
- Comme il n’y a pas de fête qui ne se termine, notre Président, très touché, rappela tout le monde à la réalité en engageant vivement ses collègues à reprendre les travaux, afin de terminer au plus vite l’examen des nombreuses vitrines qui restaient encore à visiter.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Ces travaux du Jury durèrent une semaine entière et si un certain nombre de Jurés demandèrent au Président la permission de rentrer dans leurs foyers avant la fin des opérations, la majorité des Français et des Italiens restèrent à leur poste jusqu’au bout ; enfin, le jour du départ de notre Président, un déjeuner d’adieu lui fut offert au Restaurant Français par les Membres du Jury qui l’avaient assisté jusqu’à la dernière minute.
- Lors de ce déjeuner, de nouvelles photographies furent prises par notre camarade Brossard qui, avec l’amabilité qui le caractérise se fit un plaisir d’adresser, dès son retour à Paris, à chacun de ses collègues du Jury, un dernier souvenir de cette réunion.
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- CHATEAU DU VALENTINO
- Fêtes données à l’occasion de la Réunion
- du
- Jury International des Récompenses
- e>?
- Ainsi que l’usage s’en est établi, la réunion du Jury international fut l’occasion de fêtes données en l’honneur des membres de cette Assemblée, par les Commissaires généraux des Gouvernements ayant adhéré à l’Exposition, par la Municipalité de Turin et par le Comité Français des Expositions à l’Etranger.
- 11 n’est pas de notre compétence de faire dans ce travail un compte rendu détaillé de ces fêtes.
- Cependant, nous avons tenu à rappeler ici le souvenir de ces belles manifestations internationales, où s’affirmèrent la sympathie et le respect commun des nations qui, sans renoncer à leur gloire militaire, poursuivent inlassablement l’ambi-tion d’augmenter leur puissance économique.
- Nous ne pouvons, à notre regret, reproduire ici les discours qui ont été prononcés dans ces diverses fêtes. Ils constituent une preuve éclatante des sentiments patriotiques et généreux qui animent, à l’heure actuelle, le monde du travail.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Dans une courte allocution prononcée à Turin par M. Charles Legrand, l’éminent Président de la Chambre de Commerce de Paris, nous avons retrouvé la quintessence de tout ce qui a été dit et écrit pendant ces journées où nous avons été les hôtes de la Ville de Turin.
- M. Charles Legrand s’est acquis dans le monde du Commerce et de l’Industrie l’unanime sympathie de nos collègues, qui apprécient sa compétence, son accueil cordial et les services signalés qu’il rend à la cause de l’expansion commerciale. Nous sommes particulièrement heureux d’ajouter le nom de M. Charles Legrand sur la liste des personnalités éminentes qui ont, le plus activement favorisé le succès de la France à l’Exposition de Turin.
- Répondant aux souhaits de bon voyage et de prochain retour qui lui étaient exprimés par les Membres de la Chambre de Commerce de Turin et plusieurs membres du Jury international, M. Charles Legrand prononça l’allocution suivante.
- ALLOCUTION DE M. CHARLES LEGRAND
- ‘Président de la Chambre de Commerce de Paris
- « Mes chers Collègues,
- « Je vous remercie de vos gracieux souhaits. Soyez convaincus que l’attrait exercé par cette merveilleuse Italie est irrésistible, et je puis vous assurer que les Français recherchent toutes les occasions de la revoir, ainsi que ses aimables nationaux.
- « Nous vous avons montré que nous n’hésitions pas à passer souvent les Alpes, non plus comme autrefois pour vous aider à conquérir votre indépendance les armes à la main, mais pour contribuer aujourd’hui à perpétuer le souvenir de nos efforts communs et nous associer au succès de cette fête de travail à laquelle la Chambre de Commerce de Turin a contribué pour une si large part.
- « Nous sommes persuadés que nous menons de concert le bon, le vrai combat, en affirmant avec vous, dans cet épanouissement du labeur universel, que les grandes nations ont désormais un idéal de progrès, d’équité, de solidarité, tendant à fortifier la paix du monde dans l’intérêt de la civilisation et de l’humanité, et je suis sûr d’être votre interprète en affirmant, au moment de vous quitter pour quelques jours, que des réunions comme celles de ce soir contribuent à réaliser cet idéal. »
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- PAVILLON DE LA MAISON PAQUIN
- Récompenses décernées aux Exposants de la classe 133 D.
- C5?
- EXPOSANTS HORS CONCOURS
- (Membres du Jury des Récompenses)
- FRANCE :
- MM. PICARD,
- MAYER,
- MOUILBAU,
- TIRARD,
- BROSSARD (Expert du Jury).
- ITALIE :
- M M. GROSSO (Leopoldo) et CAULA (Natale).
- BELGIQUE :
- M. HIRSCH.
- MM. BOILEAU, DUBOC, HAYEM, LUCET, PARENT,
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- 104
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- DIPLOMES DE GRAND PRIX
- FRANCE :
- MM. AVERSENG, BENOISTON, BERTHELOT, BIGNON, BOUNAIX, CADOLLE, CHARVET, CLAPIN,
- Collectivité de la Bonneterie de Paris (en participation) :
- MM.
- BOILEAU,
- FOURNIER,
- GOT,
- VITOUX-DERREY et gendre,
- MM. CRESPIN et PAPILLON (Maison
- Pinaud et Amour),
- DEBAUGE et Cie,
- DEHESDIN et Fils,
- DELMOTTE,
- DEMARET,
- Les Fils de DESPRÉAUX,
- DONCKELE et Cie,
- DUVELLEROY,
- FOURNIER,
- AU GAGNE-PETIT,
- GALLAIS et Cie (The Sport), GALERIES LAFAYETTE (Grands Magasins des),
- GÉRARD,
- GRILLET,
- GUIBERT Frères,
- MM. GUILLAUME et BOUTON,
- HAAS-KAHN,
- HERVY,
- IMANS,
- JAVEY et Cie,
- LAFLÈCHE Frères et Cie, LATOUCHE,
- LÉON,
- LEPRINCE et BARON,
- LOLLIOT,
- LOUVRE (Grands Magasins du), MANTOU et Cie,
- MARCHAND, HÉBERT et Cie, OUDINEAU,
- PHILIPPE, VIALLAR et Cie,
- PINAY et LEDUC, PLANTEVIGNES,
- RAYMOND (A.),
- RUTEAU et Cie,
- Etablissements A. ROUSSEAU, SALAMAN et Cie,
- SAMARITAINE (Grands Magasins de la),
- SCHMIT,
- Société des AGRAFES FRANÇAISES, SCHULMANN,
- VALLÉE et MARION, VILLEMINOT, RONDEAU et Cie, ZIMMERLI et Cie (Société anonyme de Montbéliard).
- WALLACH et LÉVY.
- ITALIE :
- Société Anonyme BORSALINO,
- MM. CAMBIAGHI (Giuseppe) — LUZZATO F. e C. (Ditta). GRANDE-BRETAGNE :
- MM. J. & J. CASH Ltd — CHRISTY et Co Ltd — WILLIAM HOLLINS et Co Ltd,
- BELGIQUE :
- M. DAY (Gustave),
- MANUFACTURE DE CHAPEAUX DE RUYSBROECK (Société anonyme),
- MM. Du TOICT et Cie.
- BRESIL :
- M. COMMISSAO ESTADOAL.
- CHINE :
- M. SELIENKEE.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 105
- DIPLOMES D’HONNEUR
- FRANCE :
- MM. BARJON fils,
- BOUZINAC,
- CHAUVET L.
- DOUDELLE (Paul et André), DUPUY-CHAUTARD, EVRARD (G.),
- GRISARD,
- HIRSCH et Co,
- KRETZ,
- MM. LALANNE,
- LAMIEUSSENS,
- LEROY et Cie,
- PŒUF-BILLET,
- RAVENEL,
- SAMSON,
- TRÉZEL,
- VIOLET,
- WOLF & fils,
- ITALIE :
- MM. BELLAVITA (Daniele),
- MM. La SALLE (Alfredo).
- Societa Anonima (( IL TRUCIOLO )), VERGEAT. G. (Société anonyme).
- BORSALINO (G. B), PALEARI (Ambrogio),
- GRANDE-BRETAGNE : M. Edmund O. FRENCH.
- BELGIQUE ; M. G. PIRSON.
- BRÉSIL :
- MM. KESLER. F. C. e. C. — SCHRITZMEYER* Adolfo et Cie.
- CHINE :
- M. TIENWHATSAI.
- JAPON :
- M. ISHIZUMI KISABURO.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE :
- MM. Rodolfo et F. RONCHETTI.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D’OR
- FRANCE :
- MM. BRUNSWICK,
- GUEUDRÉ,
- GIRARD,
- LAMBERT,
- MOTSCH,
- G. BOS & L. PUEL (Etablissements
- FAURE-ROUX,
- Clavene),
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Diplômes de Médaille d’or (suite)
- ITALIE :
- MM. ANONIMA COOPERATIVA CA-PELLI SAGLIANO MICCA, ATTILO FIZ & Co,
- BELLONI CARLO (Société anonyme), BEVIL ACQUA fratelli (VALERI.e. Co), BORTOLINI. g. e. C„
- BOSIO (Giuseppe),
- BRONZO DINA e C„
- GALLIGARIS, CHIARENA-BANALI. Paola,
- CONTI Camillo fu Ambrogio, DAVELLA. e. C„
- FOSSATI,
- MM.
- GATTI. e. C.,
- GALLIENI (Luigi),
- (( LA FAMILIARE )), (Société cooperative),
- MELAN (Giuseppe),
- MERZAGORA (Fratelli), BERETTIFICIO ITALIANO (Société anonyme),
- RAMON CABRELLES,
- RAVANINI e CASTOLDI, ROMANO (Giacomo) e figli,
- ROTA (Severino),
- GRANDE-BRETAGNE :
- MM. THE FRENCH BUST Co — GOVERNMENT OF THE BRITISH EAST AFRICA PROTECTORATE.
- HONGRIE :
- MM. ELSÔ DÊLMAGYARORSZÂGI KALAPGYÂR RÉSZVÈNYTAR-SASAG.
- FREUDIGER MOZES ÈS FIAI,
- MM.
- K.UNZ JOZSEF ÈS TÀRSA,
- ELSO MAGYAR CZIPORNGANY, SZEKULESZ, R.
- FURUYA SHOHE, ISUTSUI KATARO, KITAMURA TAMEZO, KOBAYASHI HACHIBE,
- JAPON :
- KOJIMA EISIRO,
- NIHON-SENSU-SEIZOSHO,
- SANSEISHOKAI,
- TANABE TAMIKICHI.
- CHINE :
- M. CHINA FRADING E. C. LTD.
- BRESIL :
- MM.
- BALLESTRINO (Giuseppe), CHIRADIO (Francisco),
- DE ALMEIDO OCTAVIANO et Cia, INTENDENCIA MUNICIPAL DE ALEMQUER,
- INTENDENCIA MUNICIPAL DE ALMERIM,
- MM. PINHEIRO Coronel Cezar A., RAMENZONI (Dante), SERRICCHIO Pepe E. C., TULLIO LISNA.
- URUGUAY :
- MM. Giuseppe A. BALLESTRINO — Giuseppe CAUBARRERE (Fratelli).
- EQUATEUR :
- M. PINTADO DE VINUEZA ROSA.
- PEROU :
- M. HILBCK F. E. C.
- SIAM :
- PROVINCIA DI AZUDDHZA.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 107
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D’ARGENT
- FRANCE :
- MM. JENIN et PIED.
- ITALIE :
- M M. AGAZZI (Annibale),
- BABINI FrateUi e GALLINA (data), BELLONI (Luigi),
- BELLONI (Pietro),
- BEVILACQUA Cincmnato,
- BER NI (Filoména),
- BLAN (Emilia),
- BRUNO (Paulo),
- BURATTI e CANOVA,
- CARETTA(Oliveri), BEATRICE e figli, CFCCHINI (Nichiarelli Enrico), DEDONATIS G. B.,
- FEDELE (Emilio),
- GABBIATI ITALO,
- SOCIETA del LAVORO, MILANESE CIRTO,
- INDUSTRIA MAROCHINI (Società Anomma),
- MM.
- LAMPUGNANI. L. DE L„ LEPORATI LUCCIA, LOCATTELLI. L. (Ditta), MARINONI (Vittorio),
- MORONI. G.,
- MEILLE. Doit, (Luigi),
- MURA (Silvio), (Cappellificio Fiorentino), PE PE (Maria),
- PARMIGIANI (Enrico),
- RATTI. Cesare, Di A.
- SORELLE LA PERA,
- Societa industriale de PATROVECCHIO, TINELLI (Luigi),
- WISSNER (Wilhem),
- ZENONI BERGAMASHI et Cie, ZAPPINO (Nicola),
- TARAS LAPPAREDDA SORELLE.
- BELGIQUE :
- COUPERIE DE POILS DE BRUXELLES.
- JAPON :
- MM. IHO JYUTARO,
- HAYAMI TAKUSAI,
- KOMA KIHOJI,
- MIYAZAKI GUNRITSUSHOKU-GYOGAKKO,
- MM. MARUGAME - DANSEN - KABU-SHIKIGOSHLKWAISHA, SHINANO BUNTEN,
- IMADA TOTARO,
- NAKAI HYAKUSUKE.
- CHINE :
- MM. CHINWHAI, ! MM. PANTSETA SOUTCHOU,
- MINLI ECOLE - SHANGHAÏ, TEHOUSHIN NINCHAM,
- MINTEU ECOLE - HOUNAN, I YUTSAOHAN ANHOVEI.
- HONGRIE :
- MM. ELSO SOPRONI GOMB ÈS FEM- ! MM. ERNO ES TARSA RESZVÉ-DISZARÙGYAR HILBERT | NYTARSASAG,
- MM. JOB I SIN et ROBERT GYULA.
- ROUMANIE :
- MM. SIMIANESCU et LÉON.
- REPUBLIQUE ARGENTINE ;
- MM. LOPEZ e figlio, et BARBIENNE & ANTONINI.
- SERBIE :
- M. MILAN YETCHMENITZA & Cie.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Diplôme de Médaille d’argent (suite) BRESIL :
- MM. BEZZA (José N.),
- BICHELS (Alfredo).
- BOGGIANI (Antonio),
- BERZEN (Euthalia).
- FABBRICA DI SPARTILHOS,
- B. PAULX.
- RÉPUBLIQUE DOMINICAINE ; COLLECTIVITÉ DU GOUVERNEMENT.
- MM.
- MATARAZZO i Luigi), MOREIRA (Rosa A.),
- DE PAIVA LIMA (Antonio). VENTURINI e RECCO, Paula WANDERLAY LIMA.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE DE BRONZE
- ITALIE :
- MM. ALTOBELLI (Paolina),
- BIGLIOCCA (Bernardino), CASTIOLIONI CORBETTA, CECCHINI (Auguste),
- DAO LELETTA P.,
- MM.
- CORNIUGI, GIGANTE (Angelo), ROSSI REMIGIO, TORTA fratelli.
- JAPON ;
- M. KUMAI SOSHICHI.
- CHINE :
- MM.
- YINGIEN MEISIEN & Cie.
- BRESIL
- MM. BEZ FONTANA (Antonio), FERRINI J. B. e C.,
- FELICIA DE MIRANDA,
- Anna PEREIRA de OLIVEIRA, Maria PEREIRA DI LIMA.
- ECOLE HINDOUE DE JEUNES FILLES HANTCHOU.
- MM.
- Rosa de AMORANI, ZANIRATTI (Guelfo), VALENZA (Annita), VALORI (Teobaldo).
- ROUMANIE :
- MM. S. BARASCH, G. DOSTHEIMER et ROMEK (Louis).
- Dans le tableau suivant se trouvent résumées les récompenses obtenues par les exposants de notre classe (133 D), nous avons également comparé ces résultats avec ceux des autres classes, qui constituaient le Groupe XX,
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- TABLEAU DES RÉCOMPENSES OBTENUES PAR LES EXPOSANTS DE LA CLASSE 133 D
- (INDUSTRIES ACCESSOIRES DU VÊTEMENT) comparées avec la totalité des récompenses décernées aux Exposants du Groupe XX qui comprenait les Classes 132, 133 A-B-C-D-134
- NATIONS NOMBRE D’EXPO- SANTS HORS- CONCOURS GRANDS- PRIX DIPLOME D’HONNEUR MÉDAILLE OR MÉDAILLE ARGENT MÉDAILLE BRONZE MENTIONS HONO- RABLES REMARQUES
- Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D Groupe XX Classe 133 D
- France 171 101 24 10 98 53 25 18 18 10 6 2 » » » )) Classe 133 D. 10
- Italie 162 77 3 2 6 3 7 6 46 22 72 34 29 9 1 » collectivité
- Chine 63 11 1 » 3 1 5 1 27 1 21 6 6 2 )) »
- Brésil 61 32 » » 3 1 3 2 11 9 16 10 28 9 )) »
- Japon 31 18 » » 3 » 1 1 13 8 12 8 2 1 )) ))
- Allemagne 22 » 2 » 7 » 2 » 8 » 3 » » » » >1
- Hongrie 19 8' 3 » 3 » 1 » 8 5 4 3 1 L )) ))
- Belgique 16 6 3 1 6 3 5 1 » )) 2 1 » » )) »
- Grande Bretagne .... 13 6 1 » 7 3 1 1 4 2 » » » » )) ))
- Russie 13 » » )) 1 » 1 » 5 » 6 » » » » »
- République Argentine . • 10 4 » » 3 » 2 1 » » 4 2 1 )) » )) 133 U. ! expos.
- Roumanie 8 5 » » » )) » » » » 2 2 6 3 » non récompensé
- Uruguay 8 2 » )) )) » » )) 4 2 )) )) 2 » 2 w
- Equateur 5 1 » » » » 2 )) 3 1 » » » » » ))
- Etats-Unis 5 » 2 )) 1 )) )) » 1 M 1 )) )) » » ))
- Serbie ... .... 4 1 » » 1 » 1 )) » » 2 1 » )) " ))
- Turquie 4 )) » )) » » » » 2 >) 2 » » n » ))
- Perse 4 » )) » » » » » 2 )) 2 )) » » » »
- Vénézuéla 3 » » » » » )) » 1 » 1 » 1 » » »
- Pérou 2 1 » )) )) » 1 )). 1 1 » « » » » »
- République Dominicaine • 2 1 » » 1 )> » » » » 1 1 » » ))
- Siam 1 1 » )) » » )) » 1 1 » » » » » ))
- Suisse 1 » » » » )) » )) 1 )J » » » » » »
- Égypte 1 )) » » » » » » )) >) 1 D » » » »
- 629 273 39 13 143 64 57 32 156 62 158 70 76 24 3 »
- O
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 109
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- 110
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Récompenses décernées
- AUX
- Collaborateurs et Coopérateurs
- 90
- DIPLOMES D’HONNEUR
- Maisons : Collaborateurs :
- Averseng........................... Mme I. FERRAND.
- Benoiston & Cie.................... Mme TASSET.
- Dehesdin & Fils.................... DESORMES.
- — ........................... GENETIOT.
- Donckèle & Cie..................... E. BÉRARD.
- .......................... F. SAPET.
- Etablissements Rousseau............ Louis TRI BOUT.
- — — ............. A. DAUTREMER.
- Grands Magasins du Bon Marché ... M. STOLZ.
- — — ... MASSAC.
- — — ... CHEF D’HOTEL (Joseph).
- Grillet............................ GRILLET (Maurice).
- Hayem & Cie........................ SAINTARD.
- Hervy................................ Mme HUBERT.
- Les fils de Despréaux.............. G. BOUDIN.
- Lolliot............................ M me LACAZE.
- —................................ Mme RÉGNIER.
- Grands Magasins du Louvre.......... M. DAUDRÉ.
- — — ......... GOSSET.
- Mayer Henri ....................... E. GILLIÉRON.
- — ........................... PICHAT.
- Oudineau. . . ..................... M. GOSSART.
- Philippe. Viallar & Cie............ M. LANGLOIS.
- Salaman & Cie...................... FEIST.
- — ................... G. BUREAU.
- Schmit............................. A. HUGOT.
- — ........................... E. TAMISIER.
- Société du Caoutchouc Manufacture . . MASSON.
- Brossard........................... H. CRUCIFIX.
- Tirard Frères...................... . G. DROUET.
- — ........................... GODET.
- Villeminot-Rondeau & Cie........... KUNZEL.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D’OR
- Maison : Collaborateurs :
- Averseng.................... Mlle MARTIN.
- — .......................... HENRI ARDOUIN.
- Benoiston & Cie............... Mme GÉRARD.
- Bignon............................ DUBOIS.
- Bounaix.................' . . . . Vve BAUDIN.
- Debauge & Cie..................... SADOT.
- Dehesdin & fils............... Mme BOYER.
- — ................... Mme BONNEMAISON.
- Demaret........................... . Mme MARTIN.
- — .......................... Mme PAUMIER.
- — .......................... G. DEMARET.
- — .......................... VERGÉ.
- — .......................... H. DEMARET.
- Donckèle & Cie.............. E. DEVRON.
- Duvelleroy ....................... Mme MOENS.
- Etablissements Rousseau........... G. MAUDET.
- — — ............. A. BOURIOT.
- — — ............. J. PÉNY.
- — — ............. E. PIOLLET.
- Etablissements Stockman (Duboc & Cie.). Mme BONDUEL.
- — — — . FORNARO. C.
- — — — GIRARD.
- — — . Mme JARRIGEON.
- J. Evrard................. Mme GUERNON. G.
- Grands Magasins du Bon Marché . . . CAPIAUMONT.
- — — ... Mme GOUSSET.
- Grand Magasin du Gagne-Petit .... Mme EGARTELER.
- Grillet..................... Mme ARBENS.
- Guillaume et Bouton.....k . . . . JALAMION.
- — ................. CAUSSE.
- Maurice Hervy..................... MARDELÉ.
- .. ................... Mme DOURIN.
- Hayem & Cie................. Mme BAUCHÉ.
- Javey & Cie......................... PUYRIGAUD.
- — ...................... MARIE HEIM.
- Kretz............................. MESTAIS.
- Léon................................ LABLANCHE.
- — .......................... JODEAU.
- Leprince & Baron............ PAUL PLINE.
- Les fils de Despréaux............. LANNOIS.
- Lolliot........................... Mme VENOT.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Diplômes de Médaille d’Or (suite)
- Maison : Collaborateurs :
- Marchand Hébert.................... LECOMTE.
- Henri Mayer........................ MARCHAND.
- ...................... Mme HOUSSIAUX.
- — ..................... Mme WAYER.
- — ..................... Mme GILLIÉRON.
- Oudineau........................... GIROD.
- — ......................... SIMON.
- Philippe, Viallar & Cie............ KLEIN.
- — — ............. Mlle GIRARDIN.
- Picard & Minier.................... Mme PERRIN.
- — ..................... M. POLLY.
- Pinaud & Amour (Crespin & Papillon) . CHAMPOUILLON.
- Raymond............................ M. BUCLON.
- — .......................... VIAN.
- — .......................... GASSAUD.
- — .......................... MOURA.
- Salaman & Cie...................... LUCIEN PAPIN.
- — ..................... E. LAGACHE.
- Samson............................. Mme BOYER.
- — .......................... DAVID.
- Schmit............................. LE MARIÉ.
- Société du Caoutchouc Manufacture . . KNEISBECK.
- Teinturerie Brossard............... PAUL SOHN.
- Tirard Frères...................... BOOTH.
- — ........................ G. MARTIN.
- — ........................ Mlle LERICHE.
- Villeminot-Rondeau & Cie........... Mme LION.
- ...... Mme TORTET.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D'ARGENT
- Maisons :
- Collaborateurs :
- Benoiston et Cie.................. Mme VAN DE VALLE.
- Mme BENOIST.
- COLAS.
- Mlle BRUANT. TROCQUEME. BAURES.
- A. PEYRIÊRES.
- Mme PEYRIERES.
- Bounaix.
- Bouzinac
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 113
- Maisons :
- Diplômes de Médailles d’Argent (suite)
- Collaborateurs :
- Bouzinac . . .
- Chauvet et Cie .
- Clapin .... Debauge et Cie.
- Dehesdin et Fils
- Demaret . . . Donckèle et Cie
- Paul Doudelle..........................
- Duvelleroy.............................
- Etablissements Claverie (Bos et Puel) . . Etablissements Rousseau................
- Etablissements Stockman (Duboc et Cie).
- Evrard.............................
- Grands Magasins du Bon Marché . . .
- Grands Magasins du Gagne-Petit.... Grands Magasins des Galeries Lafayette .
- Grillet
- Mlle PRUNIÈRES.
- Mlle COURTES. BRUTOUT.
- JOUENNE.
- Mme COUR. PIERRETTE CAVERON.
- KREMER.
- GALLOT.
- ASSAILLY.
- L. BITAINE.
- H. DUCOUDRAY.
- Mme MARION (Palmyre). JULIEN (Armand).'
- Mme BORDOT.
- A. LALANDE.
- C. MARICOURT.
- A. THOSNARRE. BILLOTEY.
- G. BOSSARD, ' DIOTEL.
- LAROCHE Mme PERRON.
- Mme L. MOISAU. PEETERS (A.).
- Mme MAHLER.
- Mme CASTILLE.
- Mme TALAZAC.
- Mme DARAU.
- Mme BARTHÉLEMY. Mme PEAN.
- Mlle BONANS. CHAMONART.
- Mme THOMAS.
- Mlle NOËL.
- Mme SCHMIDT.
- Mme KAÈZOW.
- DUBOIS.
- WORMSER.
- Mme HÉMERY.
- SCHAUFFELBERGER.
- MICHAU.
- 8-
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Diplômes de Médaille d’Argent (suite)
- Maisons : Collaborateurs :
- Hayem et Cie...................... Mme BRETON.
- — .................. M. A. VIEL.
- Hervy ............................ Mlle LELARGE (Renée).
- ................................. Mlle LELARGE (Clémence)
- Hirsch et Cie. . ................. Mme BLOCH.
- Javey et Cie ..................... Mme RÈGE.
- — ....................... Mme ROUSSE.
- Kretz...........f ....... . Mme MUNTZINGER.
- Laflèche Frères et Cie ........... EYSSERIC.
- — ........ BADIOU (Louis).
- — — . .............. L. THEVARD.
- Lamieussens.................... Mlle LEPERS.
- — ....................... Mme SEVESTRE.
- - ....................... Mlle GEOFFROY.
- Leprince et Baron.............. LEMAIRE.
- Grands Magasins du Louvre......... Mme BEAUGENDRE.
- Mantou et Cie.............. Mlle MAGNIEN.
- — ....................... D AVEN NE (Ch.).
- Marchand Hébert................... DHARDIVILLERS.
- Mayer Henri....................... Mme ARNOULT.
- — ....................... Mme KUBLER.
- — ....................... DE LOCATELLI.
- Oudineau ......................... Mme GRILLY.
- Philippe, Viallar et Cie......... • M. H. SUEUR.
- Pinaud et Amour (Crespin et Papillon) . M. MAIRET (Francisque).
- Pœuf Billet ........................ • Mme JOLIVAL.
- Ravenel fils...................... M. CLÉMENT.
- Raymond .......................... Mme PERRET.
- — .......................... M. BOIS.
- _ .......................... M. GUILLOT.
- — .......................... M. SORREL.
- Schmit............................ ROYET.
- ................................ A. NAIS.
- _ ....................... J. BERTIAUX.
- —............................... Mme BARTANT.
- Société des Agrafes Françaises.... DESSAILLY.
- ___ _ ......... RENAUD.
- _ ... ............... BRÉMONT.
- Société du Caoutchouc manufacturé. . . CHAUMIER.
- _ ... HUBERT.
- _ — ... Mme VERNHET.
- _ _ . . . C. GRÉBIN.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 115
- Diplômes de Médaille d’Argent (suite)
- Maisons : Collaborateurs :
- Tirard Frères........................ Mme THUAUDET.
- Villeminot Rondeau et Cie........... Mlle LESOUDARD.
- — — Mlle GOULANGE.
- — — ...... Mme TREMBLEAU.
- — — ......... G. B EX.
- — — Mlle RICARD.
- — — Mme KÉBERT.
- Wolf et Fils........................ Mlle HÉROS.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE DE BRONZE
- Maisons : Collaborateurs :
- Averseng....................... MICHAUD.
- — ....................... DEFORGES (Paul).
- Benoiston & Cie.................. Mlle STRICH.
- Bounaix.......................... GENTY (Charles).
- —.............................. Mlle A. WEBER.
- —.............................. Mlle E. WEBER.
- —.............................. Mlle CASTANIÉ.
- —.............................. M. POULET.
- Henri Cerf....................... Mlle J. OULMANN.
- .. ......................... . MULLER (Fernand).
- Chambroux........................ CHALICARNE.
- Clapin...................• . . . Mlle LECOMTE.
- Debauge et Cie................... MICHEAU.
- — ............... Mme BRETBEIL.
- — ................... Mlle GALLIANO.
- Donckèle et Cie.................. Mme GEIGER.
- — ...........'. . . . Mme PAILLARD.
- — ................... Mme CHAUFFARD.
- — ................... Mme MATROT.
- — ................... Mme VALESI.
- Etablissements Claverie (Bos et Puel) . . Mlle LAURENT.
- Au Gagne Petit................... Mlle DUBOIS.
- — ................... Mlle ALBEPART.
- Gérard........................... Mlle JOURDAIN (Aimée).
- —.............................. Mme BAILLY.
- —.............................. Mme BONVALLET.
- E. Girard. ................... Mme Veuve LHOMEAU.
- — ....................... A. KLEINHANS.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Maisons
- Diplômes de Médaille de Bronze (suite)
- : Collaborateurs :
- Guibert frères.................... A. FRÉZAL.
- — ........................ Mme FONVIELLE.
- Hayem et Cie...................... LEBOURG.
- M, Hervy.......................... Mme AUBRY.
- Javey et Cie...................... Mme VILLARME.
- — ...................... Mlles DÉCURAT.
- — ........................ GUILLOT.
- - ........................ GRAND.
- Jenin............................. Mlle NAUDÉ.
- Kretz............................. M. HÉMOND.
- — ........................... M. CLÉMENT.
- Laflèche frères et Cie............ J. MARGUE.
- — ............... M. PELLET.
- — ............... P. POLY.
- Lamieussens....................... Mlle GAURY.
- — ........................ Mme LECLERC.
- Leprince et Baron................. C. DÉSERT.
- Oudmeau........................... Mme DESVERGNES.
- — .......................... Mlle LEROUX.
- — ........................ Mme BARBET.
- Ravenel fils...................... M. POINTEL.
- A. Raymond........................ M. LAFOSSE.
- — .................... PERRET.
- — .................... MAGNOUX.
- Société des Agrafes Françaises .... DESTROSSES.
- — — .... TIRONNEAU.
- Société du caoutchouc manufacturé . . . M. L. HIEST.
- — — ... J. BELLOIR.
- — — . . . L. LABBATI.
- — — ... Mme DOURLENS.
- Villeminot, Rondeau et Cie....... Mme TANISSACE.
- .. .. ................ Mme DUBUT.
- — — .......... Mme CHARBONNEL.
- — — .......... M. LAURY.
- Wolf et fils..................... HERMEL.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 117
- DIPLOMES DE MENTION HONORABLE
- Maisons : Collaborateurs :
- Bounaix.................................. Mme AUBERT.
- —..................................... Mme CARON.
- Grands Magasins du Bon Marché . . . Mme HUBERT.
- Villeminot, Rondeau et Cie............. M. BAAR.
- RÉSUMÉ :
- L ensemble des récompenses accordées aux collaborateurs dont nous venons de donner l’énumération se décompose de la façon suivante :
- 32 Diplômes d’Honneur
- 69 — de Médaille d’Or
- 100 — de Médaille d’Argent
- 63 — de Médaille de Bronze
- 4 — de Mention Honorable
- Total : 278
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- STATUE D’EMANUELE FILIBERTO
- Etude de la situation économique et sociale de l’Italie
- de 1860 à 1911
- C5?
- L Exposition internationale de Turin a été, pour l’Italie, une nouvelle et heureuse occasion d affirmer que les progrès qu’elle a réalisés, depuis cinquante ans, dans le domaine économique, sont éclatants.
- Grâce au patriotisme, à l’énergie et à l’activité industrieuse du peuple italien, se réalisent les paroles du fondateur du nouveau royaume d’Italie : « A la régénération politique, disait Victor Emmanuel II, suivra la régénération économique de la nation. »
- Aujourd’hui, l’Italie peut regarder avec satisfaction le chemin parcouru : grâce à la collaboration étroite qui n’a cessé d’exister entre le peuple et le gouvernement qu’il s est donné, grâce à la sage et habile administration de ses hommes d’Etat, les bases de la prospérité économique de la nation ont été établies sur de solides fondements.
- L’Italie peut être confiante dans son avenir.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Mais avant d’acquérir sa prospérité actuelle, l’Italie a été dans la nécessité de surmonter les plus graves difficultés, et la nation, dans son inaltérable confiance en un avenir prospère a supporté vaillamment et avec un dévouement digne d’admiration les lourds et répétés sacrifices que le gouvernement lui imposa.
- A l’heure où elle fête dans son ancienne capitale où se sont accomplis les principaux faits de son histoire moderne, sa régénération économique, il est intéressant de jeter un coup d’œil en arrière et de suivre l’Italie acquérant cette prospérité que lui avait prédite le Roi, qui lui donna son indépendance et son unité.
- Pour suivre le développement économique de la nation, pour comparer sa situation actuellement acquise avec celle du passé, et pour juger enfin l’accroissement successif de sa puissance économique, le meilleur moyen qui s’offre c’est d’étudier, dans les principales branches de l’administration intérieure de l’Italie, les mesures qui ont été prises et dont l’influence s’est nécessairement exercée sur le développement économique du pays. Nous donnons ici un résumé succinct de cette étude.
- 10 Situation financière en 1860 et en 1911.
- Un financier italien, M. Carcano, a publié récemment un travail d’étude sur les finances italiennes. Il a établi quatre cycles.
- Le premier comprend les années 1861 à 1876, et constitue la période des finances héroïques.
- Le second comprend les années 1876 à 1889 et constitue la période des finances réformatrices, avec crises économiques.
- Le troisième comprend les années 1889 à 1899 et constitue la période de convalescence.
- Le quatrième comprend les années 1899 à 1910 et constitue la période des finances prospères et des exercices budgétaires se clôturant par des excédents de recettes.
- Pendant la première période, celle des finances héroïques, l’Italie eut à lutter constamment contre le déficit. Le nouveau royaume avait hérité d’une dette de 2.241 millions, et sur la base des budgets des anciens Etats, il établit son premier état de prévision de 1860 avec une dépense de 5 71 millions contre une recette de 469 millions, soit avec un déficit de 102 millions. Le déficit s’accentua encore pendant le cours de l’année.
- Le gouvernement, fondé au nom de la liberté et du progrès, devait immédiatement entreprendre son œuvre réformatrice, s’il voulait donner satisfaction aux réclamations des populations.
- Les gouvernements provisoires, installés dans les anciens Etats, entrèrent résolument dans la voie des réformes. Ils abolirent les impôts les plus impopulaires, et enlevèrent ainsi au nouvel Etat une partie de ses ressources. Le vide à combler fut d’autant plus important, qu’en même temps qu’ils supprimaient une partie des ressources existantes, les gouvernements provisoires décrétaient des dépenses considérables pour l’instruction, les travaux publics et pour toutes celles des branches de l’administration qui avaient été très négligées.
- L édifice financier se trouva bouleversé et l’année 1862, les événements intérieurs aidant, laissa le déficit considérable de 446 millions.
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Les années suivantes, la situation empira encore, et le gouffre du déficit s’élargit sans cesse.
- Pour faire face à des dépenses toujours croissantes, le gouvernement ne disposait que de recettes médiocres, et, pour combler les vides du trésor, il fallait presque à chaque exercice recourir à de gros emprunts, qui devenaient toujours de plus en plus onéreux.
- Le gouvernement releva alors et rectifia les impôts existants ; de nouvelles taxes furent créées et frappèrent la richesse mobilière et la consommation. Pour satisfaire les exigences de l’Etat et pour combler les besoins des finances locales des provinces et des communes, le gouvernement dut avoir recours à toutes sortes d’expédients ; il vendit les chemins de fer de l’Etat, il exigea des contribuables le payement anticipé des impôts, et au moment de la guerre de 1866, après avoir eu recours au cours forcé pour faire face aux événements, il imposa au pays un emprunt forcé.
- L’année 1866, vit la situation financière de l’Etat s’assombrir encore. La guerre contre l’Autriche avait coûté au pays 800 millions. Le budget des dépenses fut augmenté par la reconstitution du matériel de la guerre et de la marine. Cependant, le crédit de l’Etat était tombé si bas, qu’il était impossible de faire un nouvel appel au crédit, on augmenta la circulation fiduciaire, on vendit les biens du domaine et les biens du clergé.
- Avec des expédients sans nombre, on arriva à l’année 1868, qui fut pour les finances italiennes l’année la plus terrible. Ce pays qui avait donné des preuves admirables de son dévouement et qui conservait sa confiance dans l’avenir, devait «ntendre de la bouche de son ministre des finances que l’on « marchait inévitablement à la banqueroute si le pays ne voulait pas se soumettre à un nouveau sacrifice ».
- Ce sacrifice que le ministre des Finances lui demandait était le rétablissement d’un impôt absolument impopulaire, que le nouveau gouvernement s’était empressé d’abolir, cet impôt à large base, d’une perception facile et d’un rendement certain, était l’impôt sur la mouture.
- La nation supporta encore cette nouvelle charge avec une résignation admirable.
- Les années suivantes, la situation s’améliora, le déficit devint moins considérable, jusqu’en 1876, époque à laquelle l’Italie put équilibrer son budget.
- Le Trésor avait bien encore à lutter contre des difficultés, mais sa situation était loin de présenter le caractère critique des années précédentes.
- Avec la fin des grands tourments financiers, il fut possible aux hommes qui dirigeaient les finances du pays de leur donner une direction plus stable.
- En arrivant au pouvoir en 1876, l’administration de la gauche trouva le budget en équilibre : elle employa ses premiers efforts à le consolider. Pour améliorer les recettes de l’Etat, on retoucha presque tout le système tributaire. Par la révision des taxes sur la propriété bâtie, on arriva à un meilleur rendement de l’impôt foncier ; les droits d’enregistrement furent augmentés, de nouvelles taxes de fabrication sur les sucres furent créées. L’augmentation des ressources, qui résulta de cette modification des impôts, tout en consolidant les recettes du budget, permit encore de faire un premier pas dans la voie des réformes.
- Les charges des classes moins riches furent allégées par une réduction
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- graduelle de l’impôt de la richesse mobilière sur les petits revenus ; 300.000 contribuables furent ainsi dégrevés.
- On diminua les taxes qui frappaient les objets de première nécessité et par contre, furent augmentés les droits sur les tabacs, les denrées coloniales et les spiritueux.
- La situation financière s’améliora au point qu’il fut possible à l’Etat de venir en aide aux communes, il leur fut accordée une légère participation au rendement de l’impôt de la richesse mobilière. La situation pécuniaire des employés de 1 Etat fut améliorée ; la plus grande partie des droits de douane à l’exportation et les droits internes de navigation furent abolis, pour faciliter le développement du commerce.
- De 1876 à 1889, on procéda ainsi à de nombreuses réformes, la construction des chemins de fer fut dotée de crédits considérables, l’amortissement des dettes fut ratiqué dans une large mesure ; l’impôt sur la mouture fut définitivement aboli.
- A côté des dotations plus importantes aux chapitres des dépenses productives que proposa le gouvernement pour les travaux publics, pour les routes, les chemins de fer, etc... à côté de l’augmentation des dépenses, dont on chargea les budgets de la guerre et de la marine, d’autres mesures furent prises et elles devaient exercer une influence considérable sur le développement économique du pays ; aux impôts furent enfin faites d’autres réformes qui étaient la continuation de la transformation du système tributaire commencée en 1877. Le cours forcé du papier monnaie fut aboli et la situation de la circulation monétaire se trouva normale.
- De 1889 à 1899, ce fut une période, non de convalescence, mais de recueillement. Après les brillants résultats obtenus, grâce à la confiance, au dévouement, au travail du peuple italien, le gouvernement jugea qu’il fallait avant tout éviter de compromettre 1 équilibre des finances, mettre un frein aux dépenses, surtout aux dépenses improductives, fortifier la situation si péniblement acquise, telle fut la politique financière poursuivie.
- Grâce à la prudence et à l’habileté d’une sage administration, les finances furent consolidées et le progrès économique de la nation se trouva de plus en plus accentué.
- Les plus-values produites par les recettes ont comblé tous les déficits anciens, ont consolidé le crédit public, ont permis de réduire les charges des anciens emprunts et ont fait que l’Etat a pu résister, sans dommages sensibles, à de terribles désastres.
- L’exercice 1898-1899 clôtura par un excédent de recettes de 75 millions, malgré 20 millions consacrés aux chemins de fer.
- Douze années de ce nouveau régime ont porté les excédents budgétaires à 4.479 millions de lire.
- La période de 1899 à 1910, fut extrêmement favorable à l’Italie. Elle doit à la sécurité de ses finances, au loyalisme de ses nationaux, au libéralisme de son gouvernement, enfin à la popularité de ses souverains respectés qui président à ses hautes destinées, elle doit à cet ensemble de circonstances, une prospérité qui ne peut que se fortifier.
- La situation de l’exercice 1910-1911 est bonne. On ne sait pas exactement
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- quel sera le montant de l’excédent des recettes disponibles, mais on l’évalue à 120 millions de lire.
- La plupart des prévisions de recettes sont inférieures aux rendements effectifs de l’exercice antérieur. L’exemple des quatre sources de revenus suivants, — impôts directs — taxe sur les affaires — impôts de consommation — impôts privés — peut montrer avec quelle prudence sont établies les prévisions budgétaires.
- En 1910-1911, ces quatre impôts ont rapporté ensemble 1.950.000.000 de
- lire.
- Or, dans l’exercice actuel, le gouvernement n’a voulu prévoir leur rendement qu’à 1.805.520.000 lire, mais il sait que cette prévision sera inférieure au rendement.
- La même prudence est apportée dans les prévisions de toutes les recettes budgétaires. On peut donc établir que l’exercice financier de 1911-1912, laissera un excédent de recettes supérieur à 75.000.000 de lire.
- De toutes ces plus-values de recettes, celles qui proviennent des taxes sur les affaires sont les plus remarquables.
- En 1910" 1911, cette taxe a donné 14 millions de lire de plus qu’en 1909-1910, et elle a été d’un rendement supérieur de huit millions et demi aux prévisions budgétaires.
- Ces constatations corrigent un peu ce qu’on peut dire de l’état assez peu satisfaisant de la grande industrie en Italie.
- Elles accusent une amélioration générale dans le bien-être du pays, car les impôts sur les objets de consommation ont fourni une grande part des plus-values.
- DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL DE L’ITALIE
- Pendant la période 1871-1875, le commerce italien avec les pays étrangers était de deux milliards et quart. Pendant vingt ans, il s’est maintenu à ce chiffre De 1896 à 1900, il s’est fixé à 2 milliards et demi; puis de 1901 à 1905, il a sauté à trois milliards ; depuis 1906, il a dépassé quatre milliards.
- Contrairement à ce qui s’est passé dans les pays voisins, les importations et les exportations italiennes ont augmenté soudainement, avec rapidité et non graduellement.
- Les chiffres suivants le démontrent :
- Période 1871-1875 importations. . . 1.181 millions
- — —- exportations. . . 1.073 »
- — 1907 importations. . . 2.881 »
- — — exportations. . . 1.949 »
- L’importation des matières brutes nécessaires à Industrie a augmenté de
- 1892 à 1907 de 171 P. 100.
- Celle des matières ouvrées, nécessaires à l’industrie a augmenté de 194 p. 100, et celle des produits fabriqués de 204 p. 100.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- La conclusion qui se dégage de ces faits, est que l’industrie italienne est très en progrès; qu’elle achète à l’étranger les matières premières, les machines et instruments de toutes sortes et que la qualité des objets qu’elle fabrique est appréciée des nations étrangères.
- Quant à la consommation, ses besoins vont toujours en augmentant. Cette situation n’est pas seulement le résultat de l’accroissement de la population, qui depuis 1892 a augmenté de plus de 10 p. 100, elle est aussi due à l’amélioration générale des conditions économiques qui résultent du développement que le travail a pris en Italie.
- Nous avons condensé dans le tableau suivant le mouvement commercial de 1 Italie avec l’étranger pendant la dernière période de vingt-cinq années. Dans les chiffres que nous publions, il a été fait abstraction des métaux précieux.
- TABLEAU DU COMMERCE INTERNATIONAL DE L’ITALIE
- pendant les années 1886 à 1910 (statistiques italiennes)
- IMPORTATIONS EXPORTATIONS
- ANNÉES IMPORTATIONS totales d’Italie FRANCE ALLEMAGNE EXPORTATIONS totales d’Italie FRANCE ALLEMAGNE
- Valeur en millions de lire Valeur en milllions de lire
- 1886 1458 31 1 125 1028 446 108
- 1887 1605 326 166 1005 405 115
- 1888 1175 155 145 892 170 110
- 1889 1391 167 156 951 164 91
- 1890 1320 163 141 896 160 1 18
- 1891 1127 144 134 877 150 131
- 1892 1173 168 144 958 147 145
- 1893 1193 158 148 964 148 146
- 1894 1094 131 140 1026 144 143
- 1895 1187 162 144 1038 136 170
- 1896 1180 134 145 1052 153 160
- 1897 1191 160 150 1092 116 179
- 1898 1413 116 157 1203 146 192
- 1899 1506 152 194 1431 209 236
- 1900 1700 167 203 1338 169 221
- 1901 1718 179 206 1374 175 235
- 1902 1724 184 222 1443 168 246
- 1903 1813 193 236 1493 171 226
- 1904 1877 187 252 1572 171 216
- 1905 ! 2015 205 287 1705 182 222
- 1906 ! 2514 227 394 1906 . 213 251
- 1907 i 2880 256 527 1949 198 301
- 1908 2913 276 521 . 1729 204 145
- 1909 3112 329 503 1867 199 307
- 1910 3205 332 538 2008 218 285
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 125
- Avantages concédés au Commerce et à l’Industrie
- en Italie
- (3?
- Nous avons trouvé dans le bulletin officiel de la Chambre de Commerce de Milan de précieux renseignements sur la façon dont on encourage en Italie l’industrie.
- Nous avons jugé intéressant d’en signaler quelques exemples :
- 1° La commune d’Appiano (Haute-Italie), par une délibération du 21 juin 1908 a décidé d’exonérer des taxes municipales les industriels qui se proposent d’ouvrir de nouveaux établissements. Cette facilité est accordée pour une durée de trois années, à dater de l’ouverture des établissements industriels, et à la condition qu’ils soient installés dans une période de dix ans, qui a commencé le 1er janvier 1909 et qui se terminera le 31 décembre 1918.
- 2° La commune de Romano Brianza, par une délibération du 6 octobre 1908, a renoncé à percevoir, pendant une période de trois années, toutes les taxes communales dues par les nouveaux industriels et accorde d’autres facilités qui varient suivant l’importance de sa situation financière.
- ‘Province de Côni. — Le Conseil municipal d’Alba a décidé en 1908, d’accorder une prime de 100.000 lire à qui installera une nouvelle industrie dans cette ville.
- La caisse d’épargne de Bra donne 60.000 lires pour l’installation d’une nouvelle usine. ^
- La ville de Saluzzo tient à la disposition d’une nouvelle industrie, depuis 1908, une chute d’eau de la force de 150 HP ou 200 HP, plus une prime de 100.000 lire.
- cProvince de Forti. — La commune de Fortimpopoli accorde la gratuité du terrain, des locaux municipaux, et l’exonération des taxes, ainsi que d’autres facilités au créateur d’une industrie.
- ‘Province de Mantoue. — Il a été institué une prime de 100.000 lire (dont 95.000 souscrites par la Banque populaire et 5.000 par la Chambre de Commerce) pour être versée entre les mains de qui installera à Mantoue une industrie pouvant donner du travail à 200 ouvriers.
- ‘Province de Milan. — L’administration d’Abbiategasso, a accordé en 1909, une
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- prime de 40.000 lire, à fonds perdus et payables en six échéances sans intérêts, à partir de la deuxième année de l’exploitation régulière et ininterrompue de l’industrie. Celle-ci ne pourra être qu’une manufacture de coton occupant journellement au moins 300 ouvrières ou ouvriers dont le salaire minimum ne pourra être inférieur à 1 lire 20 (1 fr. 20) par journée de travail.
- La commune de Milan accorde l’eau potable devant servir aux usages industriels au prix exceptionnel de lire 0.10 le mètre cube.
- Et nous pourrions poursuivre cette liste d’exemples, la plupart des communes italiennes, les sociétés privées, les instituts royaux des sciences, des lettres et des arts ont pris des délibérations de la même nature que celles que nous venons de signaler. Dans toute l’Italie, la préoccupation d’encourager l’industrie apparaît comme principale.
- A côté des provinces que nous avons citées, il faut ajouter entre autres, la province de Modène, celle de Novare, celle de Pavie, de Porto Mourrizio, celle de Ravenne, celle de Rovigo, de Venise, de Vicence, etc., etc.
- Les avantages que les municipalités du ressort de ces provinces accordent ont tous pour objectifs de donner des moyens de produire à un nombre d’ouvriers plus ou moins grand, et dont le maximum peut être 300, tandis que le minimum n’est pas inférieur à 60.
- 11 est évident que la façon dont l’Italie renaissante veut encourager l’industrie est parmi les meilleurs moyens qui soient à la disposition d’un Etat. Il n’est pas douteux que ces avantages sont capables de favoriser très rapidement le développement de l’industrie italienne.
- D’autre part, si l’amélioration des lignes d’accès au Simplon favorisent d’un côté le nord et l’est de la France, elle facilite aussi le trafic avec les ports de la Belgique, celui d’Anvers notamment — et les lignes allemandes — il doit même y avoir redoublement de la voie de la ligne de Fréjus.
- Nous pouvons donc nous attendre à voir d’ici peu une nouvelle et puissante concurrence réclamer sa place sur les grands marchés internationaux, déjà si encombrés.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- ÉMIGRATION
- CS>
- Tous les ans, un grand nombre d’Italiens quittent la terre natale, et vont, dans d’autres pays, chercher sinon la fortune, du moins une occupation et un gain régulier.
- Les émigrants à destination des pays transocéaniens sont les plus nombreux. Leur nombre moyen annuel était pour les années 1898 à 1902, de 199.520. Pendant les années 1902, 1907, ce chiffre a atteint 381.945.
- Les émigrants italiens s’établissent principalement aux Etats-Unis et au Canada. Leur nombre a été
- en 1906 de 368.005 individus en 1907 de 308.000 —
- La République Argentine et le Brésil ont reçu pendant les mêmes années 102.000 et 99.000 émigrants italiens.
- Les autres émigrés ont choisi le Mexique, l’Amérique centrale et l'Amérique du
- Sud.
- La statistique suivante montre le mouvement de l’émigration des Italiens depuis 1876 jusqu’en 1907.
- Période — Années
- Nombre moyen d’émigrants
- 1876-1880
- 1881-1885
- 1886-1890
- 1891-1895
- 1896-1900
- 1901-1905
- 1906-1907
- 108.000
- 154.000
- 221.000
- 256.000
- 310.000
- 554.000
- 750.000
- Cependant, nous devons signaler que le gouvernement italien a constaté une sensible diminution d’émigration, et on peut en effet s’en convaincre en comparant les
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- chiffres du premier semestre de 1911 avec ceux qui avaient été enregistrés pendant le premier semestre de 1910.
- 1er Semestre 1910................184.993 émigrants
- 1er — 1911. .... . 145.641 —
- soit en faveur de 1911 une diminution de 39.352 personnes.
- C’est un indice de la situation. L’Italien trouvant dans son pays plus de facilité pour s’embaucher et gagner sa vie, se montre moins disposé à aller porter à l’étranger ses facultés productrices.
- Non seulement les Italiens demeurent plus aisément dans leur patrie, mais on a enregistré une augmentation élevée de ceux qui, après une absence de plusieurs années, se rapatrient.
- Voici les chiffres des statistiques officielles :
- 1906 ...........................156.000 rapatriés
- 1907 .......................... 233.000 —
- 1908 .......................... 286.000 —
- L’ensemble des documents que nous venons d’étudier prouve que s’est réalisée la prophétie du Roi Victor Emmanuel II: « la régénération économique de l’Italie a suivi sa régénération politique ».
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- MONUMENT DE GARIBALDI
- Commerce entre la France et Tltalie
- C5?
- SITUATION ÉCONOMIQUE DE 1891 à 1910
- L’amélioration des finances de l’Etat eut comme corrolaire l’amélioration de la situation économique du pays. Si l’on porte ses regards en arrière pour comparer l’état économique de l’Italie, au moment de son unification, avec la vitalité et le travail qui se manifestent aujourd’hui dans le pays, on est émerveillé des progrès que la nation a réalisés dans cette période de cinquante ans.
- a r occasion de l’Exposition Internationale des industries et du travail de Turin, il a paru à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, qu’il y avait intérêt à retracer le mouvement des relations commerciales entre la France et l’Italie depuis 1861 jusqu’à 1910.
- A cet effet, M. Chapsal, l’éminent directeur des affaires commerciales et industrielles avait été chargé de dresser, à l’aide de renseignements officiels, un certain nombre de tableaux statistiques et graphiques qui ont été exposés dans la section française.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Ces tableaux ont été reproduits dans une publication éditée par les soins du Ministre du Commerce et à laquelle nous avons emprunté les renseignements suivants :
- Importations d’Italie en France
- On peut résumer de la façon suivante, les importations totales d’Italie en France : Années Francs
- 1861.......................... 180.300.000
- 1871........................... 441.486.000
- 1881........................... 433.913,000
- 1891........................... 123.593.000
- 1901........................... 140.050.000
- 1905 153.918.000
- 1910 187.332.000
- 1911 184.819.000
- Si l’on divise les chiffres des importations totales d’Italie en France, pour donner aux objets d’alimentation, aux matières nécessaires à l’industrie et aux objets fabriqués, la part qui leur revient dans le commerce d’importation, on peut faire les constatations suivantes :
- ANNÉES OBJETS D’ALIMENTATION MATIÈRES NÉCESSAIRES A L’INDUSTRIE OBJETS FABRIQUÉS
- Francs Francs Francs
- 1861 41.316.000 134.278.000 4.706.000
- 1871 138.461.000 289.777.000 13.248.000
- 1881 186.721.000 214.077.000 33.117.000
- 1891 29.423.000 83.132.000 11.040.000
- 1901 25.142.000 96.065.000 18.843.000
- 1905 27.686.000 104.822.000 21.410.000
- 1910 27.863.000 114.920.000 22.036.000
- 1911
- Les statistiques italiennes pour 1910 et 1911 n*étant pas encore publiées, nous donnons ici un chiffre provisoire-
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- ‘Principaux articles importés d’Italie en France de 1885 à 1910
- en
- Les principaux articles importés d’Italie en France ont suivi de 1885 à 1910, les fluctuations suivantes :
- PRINCIPAUX ARTICLES 1865 Fr. 1890 Fr. 1895 Fr. 1900 Fr. 1905 Fr. 1910 Fr.
- Soies et bourre de soie 74.100.000 39.400.000 28.200.000 33.400.000 39.800.000 46.000.000
- Chanvre 5.600.000 6.400.000 10.800.000 13.000.000 8.600.000 10.600.000
- Minerai de zinc. • 1.000.000 2.200.000 2.600.000 6.300.000 9.500.000 10.100.000
- Peaux et pelleterie; brutes .... 7-700.000 5.000.000 3.800.000 4.800.000 5.800.000 11.900.000
- Soufre 6.600.000 7.100.000 5.000.000 12.900.000 10.700.000 10.400.000
- Œufs, Fromages et Beurre .... 10.100.000 4.500.000 5.800.000 9.000.000 10.500.000 11.100.000
- Laines et déchets de laine 300.000 600.000 2.500 000 3.400.000 3.800.000 8.100.000
- Fruits de table . • 9.500.000 2.900.000 2.300.000 4.500.000 3.500.000 4.400.000
- Gibier, volailles. . 6.700.000 3.300.000 3.600.000 4.000.000 3.700.000 2.900.000
- Marbres 2.500.000 1.700.000 2.000.000 1.900.000 2.400.000 3.300.000
- Huiles olive • • • 14.500.000 6.900.000 3.000.000 1.000.000 2.100.000 4.100.000
- Huiles volatiles et essences végétales 700.000 600.000 1.700.000 2.600.000 2.600.000 3.100.000
- Chapeaux de paille, d’écorce et de sparte. . . . . 1.200.000 100.000 200.000 800.000 800.000 1.600.000
- Produits chimiques 3.900.000 1.200.000 1.800.000 2.600.000 2.700.000 4*800.000»
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Exportations de France en Italie
- C5?
- Les exportations de France en Italie peuvent se résumer de la façon suivante
- Années
- Francs
- 1861.................................... 228.038.000
- 1870 ................................... 232.000.000
- 1880 ............................... 266.100.000
- 1891.................................... 144.300.000
- 1901.................................... 178.900.000
- 1905 ................................... 203.800.000
- 1909 ................................... 326.400.000
- Si on fait la part des objets d’alimentation, des matières nécessaires à l’industrie et des objets fabriqués, exportés de France en Italie de 1861 à l’année 1909, on fait les constatations que nou’s avons résumées dans le tableau suivant :
- ANNÉES OBJETS D’ALIMENTATION MATIÈRES NÉCESSAIRES A L’INDUSTRIE OBJETS FABRIQUÉS
- Francs F rancs Francs
- 1861 46 400.000 55 300.000 126.300.000
- 1871 33.000.000 79.300.000 119.700.000
- 1880 29 600.000 102.000.000 134.500.000
- 1891 9.400.000 80.000 000 54.900.000
- 1901 18.500.000 99.200.000 61.200.000
- 1905 15.000.000 120.000.000 68.800.000
- 1909 32.400.000 151.100.000 142.900.000
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- ‘Principaux Articles exportés de France en Italie de 1885 à 1890
- Si Y on consulte les statistiques italiennes, on constate que les principaux articles que la France vend à l’Italie sont les suivants :
- PRINCIPAUX 1885 1890 1895 1900 1905 1910
- ARTICLES Fr. Fr. Fr. Fr. Fr. Fr.
- Laines peignées non teintes .... 800 000 1.600.000 2.900.000 13.500.000 21.700.000 .
- Lavées et déchets de laine- - • . 4.800.000 8.100.000 4.500.000 3.700.000 4.900.000 ^ 34.800.000
- Grège brute et simple .... 21.100.000 28.200.000 52.300.000 11.100.000 24.600.000 31.600.000
- Soie graines de vers à soie, cocons. . 8.100.000 4.500.000 7.400.000 13.300.000 4.800.000 7.700.000
- Tissus et articles soie 30.200.000 11.700.000 10.800.000 9.900.000 11.000.000 19.800.000
- Morue et poissons séchés .... 3.300.000 2.200.000 2.200.000 3.800.000 2.700.000 »
- Fer et acier Débris de 2e fabon 400.000 1.600.000 2.500.000 3.400.000 500.000 1.800.000 2.100.000 1.700.000 2.400.000 2.300.000 7.100.000 »
- Peaux brutes 1 tannées 8.000.000 6.500.000 3.600.000 3.700.000 2.900.000 1.700.000 4.900.000 1.800.000 6.600.000 2.300.000 5.900.000 9.700.000
- Tissus simples de laine peignée • . 12.700.000 10.100.000 5.300.000 4.200.000 4.500.000 11.900.000
- Inst. Scientifiques . 2.300.000 2.200.000 700.000 2.200.000 3.100.000 6.100.000
- Acide oléique et engrais d. t. s. . 1.000.000 1.300.000 2.000.000 2.800.000 4.400.000 «
- Machines et pièces détachées. . . . 5.300.000 2.000.000 800•000 1.900.000 3.100.000 6.700.000
- Chevaux et mulets 4.700.000 2.200.000 900.000 1.800.000 3.100.000 6.700.000
- De ces tableaux statistiques, il résulte qu’au cours de ces cinquante années, le commerce franco-italien a passé par des phases bien diverses. Après s’être élevé à une valeur supérieure à 300 millions de francs, il a fléchi jusqu’à 116 millions, par suite de la rupture de nos relations douanières.
- Actuellement, d’après les statistiques italiennes, la France occupe sur le marché italien le quatrième rang et sa part dans le commerce est de 10 0/0.
- Par l’accord intervenu le 21 novembre 1898, les deux pays se sont consenti pour leurs produits, à l’exception des soies et soieries, le traitement douanier de la nation la plus favorisée.
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- En 1898, nous exportons 1 16 millions — dix ans plus tard, ce chiffre est triplé malgré les difficultés qu’offre toujours la reprise d’une place perdue et surtout occupée par des concurrents acharnés, méthodiques, souples aux exigences de la clientèle, nombreux et travailleurs.
- Nous sommes loin encore du demi-milliard qu’importent chacune l’Allemagne et l’Angleterre et même des 400 millions des Etats-Unis, mais à part la première de ces nations avec laquelle nous nous trouvons pas à pas en lutte chez le client, il faut tenir compte que les autres pays ont un chiffre d’importation supérieur au nôtre, grâce au charbon pour l’Angleterre, au coton pour les Etats-Unis et au bois pour l’Amérique.
- Cependant, tout en tenant compte de ce privilège, nous devons constater avec un légitime orgueil que la France est parmi les nations travaillant avec l’Italie, celle qui, après l’Allemagne, favorisée spécialement par les primes d’exportation, a obtenu pendant la dernière période le pourcentage d’augmentation le plus élevé.
- Cette augmentation est d’autant plus remarquable qu’elle n’a pas été réalisée dans quelques articles seulement, mais au contraire dans presque tous les produits si variés que l’Italie importe encore
- Nous avons montré la situation prospère de l’Italie ; les études que nous avons consacrées à chacune des spécialités industrielles de la Classe 133 D, permettront à nos collègues de se rendre compte des progrès qu’elles ont fait, en Italie, depuis l’Exposition de Milan, qui eut lieu en 1906.
- (I ) Bulletin de la Chambre de commerce de Milan 1910.
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- INDUSTRIES
- composant la
- CLASSE 133 D
- GROUPE XX
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- Remarque Particulière
- C5?
- Malgré le soin que nous avons apporté à relever les statistiques officielles, nous faisons toutes réserves sur l’exactitude des chiffres relatés dans les tableaux figurant au cours de ce rapport par suite des affectations diverses données à certains produits manufacturés qui échappent à leur classification exacte pour être compris dans la catégorie de la matière première qui les compose.
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- HISTORIQUE
- La transformation de la laine tricotée sur les aiguilles, pour faire divers vêtements, fut pratiquée dès la plus haute antiquité. Le Nouveau Testament lui-même prenant soin de nous renseigner à ce sujet, parle d’une robe sans couture, dans l’Evangile de Saint-Jean (chap. XIV, verset 23-24). C’est évidemment une allusion à un travail de ce genre.
- On continua à faire des gants, des bonnets et maints autres objets de toilette, destinés à être à la fois chauds et légers, mais chose bizarre, durant tout le moyen âge, l’usage se perdit de tisser les bas en rond sur des aiguilles.
- On en possède d’authentiques, fabriqués et datant du VIIe siècle. Ils sortaient probablement de quelque “ gynécée ” : sorte d’ateliers publics, dans lesquels, dès la période gallo-romaine, on tissait, apprêtait et façonnait toutes les étoffes.
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- Dans ces ateliers, le plus souvent composés de femmes, les hommes étaient quelquefois employés.
- On désigna aussi par ce nom, dans les maisons particulières, des appartements de femmes où les matrones surveillaient des esclaves qui filaient le chanvre et la laine, puis ensuite tissaient ou tricotaient les brins ou fils obtenus.
- On a tout lieu de penser d’ailleurs que ces diverses industries domestiques rencontraient de puissants concurrents dans les couvents, où les traditions des travaux manuels servant à vêtir les pauvres, se sont perpétuées pendant des siècles.
- Charlemagne, ce maître redouté de l’Empire des Francs, qui voulait que ses propres filles prissent, comme les plus humbles de ses vassales, l’habitude de travailler la laine et de tenir la quenouille et le fuseau, exigeait un labeur assidu des femmes de ses domaines, et les gynécées restent sous son règne un des centres les plus actifs de production.
- Dans le célèbre capitulaire de l’an 800, l’empereur désigne les matières premières qui devront être fournies aux 24 ouvrières de sa terre de Stéphanwert : c’était du lin, de la laine, de la guèdre, de l’écarlate, de la garance, de la laine à carder, etc., pour fabriquer des vêtements de serge, de toile, de laine, et bandelettes pour les jambes. Et voilà ce qui va remplacer pendant longtemps le tricot de la période précédente.
- D ailleurs, après la mort de Charlemagne, les gynécées, comme presque toutes les autres institutions sociales, tombèrent en décadence.
- Primitivement, le temps, la main-d’œuvre, l’emploi des matières, tout était ménagé avec une économie sévère, et les ouvrières étaient dédommagées des rigueurs de cette discipline par un certain bien-être matériel. Elles avaient des logements commodes et la stricte observation des jours fériés leur procurait d’utiles moments de repos.
- Mais dès le règne de Lothaire, le recrutement de ces ateliers publics descendit jusque dans le monde des courtisanes, et le nom même de gynécées avili, servit à désigner un lieu de prostitution.
- L usage des bas tricotés se perdit donc complètement. Voici comment le moine de Saint-Gall nous décrit cette partie du costume de ses contemporains.
- Les ornements des Francs étaient des brodequins dorés par dehors, arrangés avec des courroies longues de trois coudées, des bandelettes qui couvraient les jambes par dessous, des chaussettes de même couleur, d’un travail précieux et varié. Par dessus ces dernières et les bandelettes, de très longues courroies étaient serrées en dedans en forme de croix.
- Les jambes du squelette d’Ingon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, inhumé au Xe siècle et découvert en l’an VII, étaient garnies de longues guêtres appliquées sur un morceau de drap qui tenait lieu de bas, et serré vers le jarret au moyen d’une coulisse et d’un cordonnet de soie. L’étoffe de ces guêtres était tissée de soie et d’or, avec des ornements polychromes au centre desquels étaient des oiseaux également tissés d’or.
- Au moyen âge, le mot braie désigne toujours la partie de l’habillement qui enveloppe les jambes. Les braies en toile, en drap ou même en peau, s’attachaient à la taille, et descendaient alors jusqu’au cou de pied, ressemblant fort à nos pantalons..
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Dans la suite, les braies, très accourcies, s’arrêtèrent au genou et constituèrent un haut de chausses, tandis que les chausses devenaient bas de chausses, et par abréviation, bas. Ces deux pièces, successivement modifiées, suivant les progrès de l’industrie et les exigences de la mode, constituent dès lors la culotte courte et les bas tels qu’ils sont venus jusqu à nous.
- A Paris, les chausses devaient être cousues de fil blanc, afin qu’on pût suivre le fil et vérifier si la couture était bien faite.
- Les hautes guêtres reçurent encore les noms de “ gamaches”, “ garraüaches”, ** calzar ” ; certaine chanson de laboureur les appelle aussi des “ arsoulètes”.
- « Faut faire des arsou-lètes de toile de métier.
- « Pour empêcher la terre d’entrer dans vos souliers. »
- Nous trouvons mentionné dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau, les chaussiers, plus tard appelés chaussetiers, et qui faisaient en drap, en toile ou en soie, les chausses qui précèdent les bas tricotés.
- Parmi les souvenirs que nous a laissés le moyen âge sur l’industrie de la laine, on peut citer une des; verrières de la cathédrale d’Amiens, qui représente un personnage tournant et dévidant un é< he-veau de laine. Cette verrière dût être donnée par la corporation, premier embryon des bonnetiers du Santerre, et vante ainsi déjà l’excellence des laines picardes, qui s’expédiaient d’ailleurs dans toute l’Europe. On fabriquait aussi à Amiens des étoffes de saïteries mélangées fil et laine.
- Comme corollaire à cette prospérité de l’industrie lainière en Picardie, on peut citer également dans les verrières de la basilique, la présence d’un vitrail offert par les waidiers, c’est-à-dire les ouvriers teinturiers, qui employaient pour teindre la laine la plante nommée waidre ou guèdre.
- Quand une ville avait uns supériorité dans une branche quelconque au moyen âge,elle était certaine d’en tirer profit pendant longtemps les règlements très sévères protégeant les industriels déjà existants contre l’intrusion de nouveaux venus, et par cela même contre la concurrence. On assurait ainsi aux consommateurs des objets également esti-
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- mables par la matière première et la mise en œuvre ; mais les prescriptions étaient tellement minutieuses que les prix des divers effets d’habillement et de parure devaient nécessairement se monter à un taux très élevé.
- L’imperfection des arts mécaniques rendait en outre, quel qu’ait été le nombre des bras employés, la production très lente et en même temps très coûteuse. L’interdiction du travail de nuit et la stricte observation des jours fériés, en enlevant aux ouvriers une partie de leur temps, contribuait à l’augmentation de la main-d’œuvre. C’est ce qui fit que si longtemps, l’usage perdu de tricoter les bas ne put se retrouver, et qu’ainsi aucun progrès ne fut accompli dans ce sens. Les bas sont comme le pain blanc, une conquête de la civilisation.
- Citons, pour terminer, les renseignements que nous avons pu recueillir sur cette branche de l’industrie du costume : une curieuse interprétation de l’origine du mot bonneterie.
- Dom Claude de Vert, savant bénédictin, nous dit que vers le XIIIe siècle, on commence à voir mentionner les bonnets, ainsi nommés du nom de l’étoffe même dont ils étaient faits... Pour justifier cette opinion, il cite un passage de Guillaume de Nangis, dans lequel il est dit que Saint Louis cessa de s’habiller d’écarlate et de drap vert ou bonnete. Dom Claude de Vert en conclut que le bonnet était primitivement une coiffure faite avec le drap nommé bonnete.
- De 1400 à 1420, on porta un bonnet affectant la forme du bonnet phrygien. Il était très distinct du chapeau et se faisait en tricot ou en étoffe, tandis que le chapeau se faisait en feutre ou en fourrure. Dans la suite, il devint pointu et varia d’ailleurs très souvent dans sa forme.
- Au début du XVIe siècle après avoir porté le costume mi-partie où une jambe était différente de l’autre, et cela souvent de façon la plus opposée, comme jambe gauche vêtue de rouge et jambe droite de noir, on s’avisa de faire le même effet, en laissant le caleçon (notre culotte actuelle) d’une étoffe et d’un coloris différent de la seconde partie du vêtement, qui commençait aux genoux.
- Avec la Renaissance, nous allons voir renaître le bas tissé à l’aiguille. En 1540, François Ier portait encore des chausses de laine rase, mais dès l’avènement de son successeur, on commence à se servir des bas tricotés en soie. Henri II fut en effet le premier, au mariage de sa sœur, Marguerite de France, avec Emmanuel Philibert de Savoie, en juin 1559, à porter des bas de soie. Elisabeth, reine d’Angleterre fut, selon la tradition anglaise, la première également dans son royaume à innover cette récente invention.
- La querelle sur les débuts du métier à tisser les bas, à qui les uns veulent assigner pour pays d’origine l’Angleterre, les autres la France, n’est point encore vidée. Dans les rapports précédents, signés pour l’Exposition de 1900 par M. Mortier, et pour l’Exposition de Milan 1906, par M. G. Dehesdin, les deux auteurs ont apporté de nouveaux documents et des opinions différentes très précieuses à retenir, mais sans pouvoir conclure de façon définitive.
- La reine Elisabeth commandait à Guernesey une paire de bas de laine brodée en soie, qu’elle payait 25 francs.
- On achète aujourd’hui, pour moitié moins, des bas entièrement en soie, et pour
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- Bas rayés
- — Epoque Louis XVI (d’après la Galerie des Modes, 1787)
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- 2 francs une femme a des bas de laine, lorsqu’en 1550, elle n’avait que des chaussettes et que des chausses ordinaires valaient 6 francs.
- Du XIVe à la fin du XVIe siècle, les femmes ne cachaient nullement leurs jambes. Leurs robes, fendues par devant, laissaient voir leurs juppes ou cotillons de dessous et leurs bas gris, tannés bleus ou violets.
- On pouvait alors constater que, suivant la mode ou 1 humeur du jour, les femmes portaient leurs bas de façons diverses. Les unes désiraient montrer la forme irréprochable d’un mollet galbé, les tiraient fortement pour qu’ils fussent tendus sur la jambe, aux autres, l’aspect de quelques plis tombant volontairement sur la cheville ne semblait point désagréable, et la question fut assez controversée pour que Montaigne y donnât son avis, en faveur d’ailleurs de celles qui les laissaient tomber négligemment. Ce fut pourtant la mode contraire qui triompha et parvint jusqu’à nous.
- La couleur varia souvent dans le cours des siècles, et si nous voyons dans l’inventaire d’Edimbourg de 1563 que Marie Stuart portait, le jour de son exécution, des bas de soie bleue; Rabelais nous dit, quelque temps auparavant, que les dames portent : « chausses d’écarlate ou de migraine (vermeil) et les dites chausses montant au-dessus du genou, juste à la hauteur de trois doigts et la lisière était quelque belle broderie ou découpure. »
- Marie de Médicis choisit le matin, pour sa toilette, suivant la robe qu’elle doit revêtir, des bas de soie jaune ou bleue, à moins qu’elle ne s’arrête aux bas incarnats que la maréchale de Lavardin lui rapporta d’Angleterre.
- Nous trouvons, dans l’inventaire de Henri IV, trois paires de bas de chausses de soie blanche, cramoisie et noire, dits encore de fiammette, fournies par Luliier et Antoine Joubert, merciers du roi.
- Jacques Bonenfant fournit au Béarnais des bas de chausses noirs et treize paires de chaussettes en satin doublées de toile d’argent.
- Les bas d’estame de Flandre, ou de soie, s’appelaient tassettes : on attachait l’un haut sur la cuisse et les grègues, et on laissait retomber l’autre ; cette mode bizarre fait que la jambe à bas retombant offre déjà une image de la chausse à canons allongés, que nous trouverons plus tard.
- Sous le règne de Louis XIII, un homme de bonne compagnie, s’il n’était pas botté, devait porter des bas de soie de couleurs variables, rouges, verts ou noirs, suivant son goût. Pour éviter d’avoir les jambes gelées, on recourut d’abord sous la soie aux bas d’estame, c’est-à-dire dè tricot de laine. Après plusieurs expédients de ce genre, on finit par accumuler bas de soie sur bas de soie, ordinairement par trois paires. Le poète Malherbe en eut jusqu’à 1 1 paires à la fois !
- En Italie, pour faire valoir des formes impeccables, et surtout une jambe irréprochable, les courtisanes prirent la singulière habitude d’arborer le costume masculin, et les bas de soie verts aux coins brodés complétaient les pantalons et la casaque bleu turquin que l’une d’elles revêtait pour ses équipées nocturnes.
- Le luxe de cette partie du vêtement, en Italie, était quelque chose d’inouï. Les bas de soie, de toiles d’or et d’argent importés par les étrangers ruinaient la France. Les Italiens nous vendaient chaque année, en moyenne, pour 800.000 écus de bas de soie. Les Génois seuls emportaient pour leur part 400.000 écus d’or par an.
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- Ils accaparaient les laines du Languedoc, de la Provence et du Dauphiné, pour les rapporter ensuite tissées et travaillées, et nous faire payer une main-d’œuvre considérable. Cette situation déplorable attira l’attention de Colbert, qui favorisa l’établissement des manufactures de bonneterie en France. La première et la plus célèbre fut celle qu’on installa dans l’ancien château de Madrid, au bois de Boulogne.
- Voici quelques détails sur la toilette de Louis XIV, qui indiquent comment on chaussait les bas dans ce temps.
- On passe d’abord au roi les chaussons et leurs jarretières, caleçons et bas de dessous, ensuite le haut de chausses où sont attachés les bas de soie, les bas d’estame ou les bas foulés, selon la saison. (Etat de la France 1 702, par le sieur Trabouillet. Détail de toutes les fonctions qui se font à la chambre du roi, autour de Sa Majesté).
- On s’engoua, sous Louis XIV, de bas couverts de dessins de couleurs. « Il faut, disait le Mercure galant, que les dames qui porteront des bas de soie avec des figures soient résolues à faire voir leurs jambes, sans cela il serait inutile de porter de pareils bas ».
- Pendant ce temps, les hommes, eux, se couvraient à moitié la jambe avec les canons, ornements de toile ajustés en rouleaux fort larges, souvent ornés de dentelle, qu’on attachait au-dessus du genou et qui pendaient sur la jambe. Mode flétrie par Molière, qui fait dire à Sganarelle, dans l’école des maris :
- .. Ne voudriez-vous point (dit-il)
- De vos jeunes muguets m’inspirer les manières,
- M’obliger à porter de ces petits chapeaux,
- ' Bas de la Restauration ”
- Le Bain (d’après une lithographie de Maurin)
- Et ces grands canons où, comme en des entraves, On met tous les matins ses deux jambes esclaves.
- Et par qui nous voyons ces Messieurs les galants Marcher écarquillés ainsi que des volants.
- Et par La Bruyère, qui dira plus tard :
- « Le courtisan, autrefois, portait des longs canons et était libertin ; cela ne sied plus... Il porte perruque, l’habit serré, les bas unis, et il est dévot: tout se règle par la mode. »
- Quicherat croit voir l’origine des canons dans une sorte de genouillère qui, dans certains cas, couvrait la solution de continuité entre les bas et les haut de chausses. Pareils falbalas disparurent lorsqu’on prit la tenue martiale de 1670. L’adoption de la culotte leur porta un coup fatal, car avec les bas apparents et longs ils n’avaient plus raison d’être.
- Les bas de Milan étaient toujours objets coûteux, et 1 on n en trouvait guere moins de 50 francs la paire.
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- Les paysans portaient des chausses d’étame ou de tire-taine malpropres et donnant peu de chaleur, puisque ce n’étaient que des bas drapés ; mais ils ne valaient que l fr. 50 pour les qualités ordinaires, et 3 francs pour les plus élégants. Aussi, voyons-nous des mères de famille, et même de grandes dames, très empressées à faire tricoter chez elles les bas à mailles.
- « Ma femme a fait filer dix livres de laine de France, à deux sous la livre et l’estame (partie la plus fine de la laine), elle la file à la maison pour des bas à moi et à mes enfants.» (Livre de raison d’Henri de Lauras, comte de Provence 1640).
- Bas et Jarretière ” — Epoque Je la Restauration (d’après une lithographie d’Aveline)
- La petite fille de Mme de Sévigné nous apprend que, durant les longues journées d’hiver, exilée dans quelque château de province, c’était là une de ses principales distractions.
- (( Il me reste un plaisir, c’est de travailler à un bas de soie que je conduis moi-même, sans le secours de personne. J’en suis au vingt-sixième point de couture du coin
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- du second bas. Quand ils seront finis, ils auront l’honneur de s’aller jeter à vos pieds. (Lettre de Madeleine Sophie de Simiane, marquise de Villeneuve Vence, à Mme de Simiane, sa belle-mère).
- Les bas étaient devenus chose fort importante dans un costume recherché, et il était d’usage de les assortir à l’habit. Les premiers bas de coton, dits d’abord de Barbarie, blancs ou chinés datent des dernières années du XVIIe siècle.
- Les entraves multiples des règlements en vigueur, interdisaient aux bonnetiers d’occuper plus d’un certain nombre de métiers à la fabrication des bas de laine ou de coton, les autres devant être affectés aux bas de soie.
- En 1718, un bonnetier vend des bas, des chaussons, des mitaines, des bonnets ronds et à bateaux; les artisans qui ne portaient pas tous les jours la perruque, la remplaçaient pour le travail ou la nuit par un bonnet rond, mais malgré le nom, le bas est encore la grosse production du métier.
- Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les métiers ont peu d’importance, mais ils se perfectionnent petit à petit singulièrement, et à la fin du règne de Louis XV, un petit bonnetier de Troyes en possède deux, estimés 400 livres avec leurs ustensiles. L’amélioration des engins mécaniques qui en augmente le prix, rend plus difficile le passage de la condition de compagnon à celle de maître.
- Notons qu’à cette époque encore, les jours de fête, les bonnetiers de Troyes portent l’emblème de leur corporation, soit un métier paré de fleurs et de rubans, que semble faire fonctionner un enfant.
- Les galériens faisaient une sérieuse concurrence à la corporation. Comme ils devaient tous être occupés : « On demande la corde à la main à l’oisif, pourquoi il ne travaille pas? S’il dit qu’il ne sait point de métier, on lui fait donner du coton filé pour qu’il en broche des bas, et s’il ne sait pas brocher, on ordonne à un galérien de son banc de le lui enseigner. Ce métier est bientôt appris, mais comme il s’en trouve toujours qui, outre qu’ils sont fainéants, n’apprennent pas facilement ou s’opiniâtrent : les comités (gardes-chiourmes' ne manquent pas de les remarquer et les rossent d’importance. (cVKCémoires d'un protestant, de Jean de Marteilhe).
- Les galériens vendaient eux-mêmes leur ouvrage, et dès 1630, Bouchard, dans ses confessions, nous peint les forçats avec leurs fers qui tintamarent, allant par la ville, pour vendre ce qu’ils ont fait, comme : bourses, ceintures, aiguillettes, cure-dents et bas de soie, de laine, de poil de chèvre et de fil. D’autres galériens recevaient seulement en charge le coton que leur confiaient des Turcs. Ils étaient libres, d’ailleurs de faire à leur convenance, des bas de petite ou de grande taille, la façon leur étant payée à tant par livre de coton filé. Ils ne pouvaient en distraire le moindre poids. Comme les friponneries étaient assez d’usage dans ce monde spécial, la fraude n’était pas rare, soit que le forçat ait purement et simplement soustrait quelques grammes de fil qui se trouvent manquant, soit que l’ayant fait et voulant dissimuler son larcin, il ait mis le coton dans un lieu humide pour lui faire reprendre du poids, stratagème vite mis en lumière, et que le délinquant paye d’une cruelle bastonnade.
- Quoi qu’il en soit, le spectacle ne devait pas manquer d’un certain pittoresque, le long du quai de Marseille, lorsque les galères étaient au repos : on voyait tous ces
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- hommes attachés à leurs bancs et condamnés au travail forcé qui consistait alors à., tricoter des bas.
- Avec la mode de la culotte courte et le triomphe de la jambe bien faite, le choix d une paire de bas prenait une importance capitale pour l’homme à la mode, dont la mise devait être irréprochable, et nous voyons l’élégant : « familier de Marie-Antoinette enveloppé dans sa robe de chambre de piqûres de Marseille, tenant conférence avec son fidèle valet de chambre sur les nombreux détails de son habillement et si sa perplexité est grande devant les habits de taffetas, de drap ou d’étamine, il n’hésitera pas moins à fixer son choix sur l’opportunité de vêtir ses bas de soie assortis à l’habit, ou plus simplement des bas de fil à côte (Le marquis de Bièvre, par le comte Gabriel Mareschal de Bièvre, sa vie, ses calembourgs, 1 747-1 789).
- Si le bas est fin, la trame délicate et tendue est sujette à de fréquentes avaries, et voilà notre élégant bien en peine, la moindre déchirure ne pouvant se souffrir. Osera-t-il braver le rire moqueur de sa belle, s’il paraît devant elle ainsi accommodé. Il n’hésitait point alors, de quelque rang qu’il fut, à recourir pour la reprise de son bas, à l’aiguille de la ravaudeuse, qui n’était jamais bien loin. C’était là un petit métier populaire, et l’ouvrière se trouvait à tous les coins, et même en pleine rue.
- Le crayon alerte de Cochin nous donne une idée vivante de cette scène très XVIIIe siècle, que le changement des us a fait disparaître complètement.
- Le jeune homme pimpant, sous la poudre et le tricorne, bombe le torse et le mollet devant l’auvent de la modeste ouvrière, sous lequel sont appendues quelques nippes dont la réparation fait son occupation habituelle. Elle-même est assise sur une chaise basse, dans une moitié de tonneau dont le fond sert de plancher et dont le tour protège ses jambes contre le froid. Installation modeste, qui prouve que les quelques blancs que lui jettera dédaigneusement notre élégant, ne lui permettent point de faire fortune, ni même de compenser l’extrême fatigue de ses pauvres yeux las de l’application réclamée par sa fastidieuse besogne.
- Certaines professions restaient sous l’influence d’une tradition qui ne leur permettait point de se vêtir à leur guise et le premier avocat qui, à Autun, s’avisa de paraître, vers le milieu du XVIIIe siècle, en habit de velours et en bas de soie, suscita contre lui maints quolibets; on cria à l’extravagance. (Cromelin, mémoires de la Société Eduenne).
- Les bas de laine coûtaient de 8 à 15 francs, prix sensiblement égal à celui de la bonneterie de soie, puisque nous voyons dans le trousseau de Mlle de Chatillon, en 1785, nombre de bas de soie brodés, à 13 fr. 50 la paire. Il s’agissait donc, dans l’espèce, non d’un luxe dû à l’écart des prix accessibles à une classe et interdits aux autres, mais simplement à un de ces préjugés si tenaces, qui forçaient les plus indépendants à se conformer à une obligation que rien ne justifiait plus.
- En 1740, un certain chanoine de Nantes, nous dit M. Mortier (Rapport de l’Exposition de 1900), eut à subir un procès en confiscation, pour avoir fait entrer un ballot contenant dix douzaines de bas, et les bonnetiers de soutenir qu’un particulier même, ne faisant faire la lessive qu’à de longs intervalles, n’a certainement pas l’emploi de dix douzaines de bas, et ainsi d’obtenir la confiscation des dits objets, comme leur faisant concurrence illicite;
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- Lorsque la Révolution aura élargi les opinions et les idées, et laissé à tous la liberté de pratiquer tel métier comme il lui convient, on ne trouvera pas traces de semblables tracasseries, et La Mésangère pourra laisser en mourant, mille paires de bas de soie dans sa garde robe, sans que personne ait songé à lui en faire grief.
- Il aurait été curieux de savoir à quelle époque remontait cette grande quantité de bas, peut-être y eut-on trouvé une sorte d’exposition rétrospective de tous ceux qui furent portés pendant le Directoire ; bas de soie fond blanc, parsemés de petits pois blancs ; bas rayés en long, sur lesquels s’attachait, avec une rosette, la culotte de daim ou de Casimir. Dernières élégances masculines dans ce genre, désormais, nous ne trouverons plus mention de bas portés par les hommes, l’abandon de la culotte ayant entraîné leur disparition complète. .
- En 1830, les jupes très courtes remirent en honneur l’élégance des bas de soie. On en porta valant jusqu’à 125 francs la paire, brodés, ouvragés, avec le dessus du pied complètement à jour ; ils étaient devenus d’une finesse telle, que les élégantes mettent dessous d’autres bas très fins, couleur de chair, pour se préserver du froid.
- Dans les pays chauds, on s en passe d’ailleurs fort bien, et une voyageuse nous apprend qu’en 1832, les femmes de Mexico, malgré le luxe relatif de leur accoutrement, marchent volontiers pieds nus. Il est vrai, ajoute-t-elle, que les bas de soie content 40 francs la paire.
- Tout dernièrement, après avoir passé quelque vingt années oîi seuls les noirs furent de mise, nous venons de voir réapparaître des bas de couleurs différentes, assortis à la chaussure ou à la robe. De nouveau, l’ingéniosité des fabricants propose aux femmes des bas brodés, incrustés de dentelle, et ornés de mille fantaisies. Peut-être, quelques-unes d’entre elles, retrouvant au fond d’un sachet parfumé les bas d’une grand’mère qui se maria sous Louis-Philippe, a pu constater que nos élégances actuelles ne le cédaient en rien aux raffinements d’alors, que mettaient en valeur la jupe soulevée par l’approche de la crinoline et l’escarpin plat de drap ou de prunelle.
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- Bonnetière
- Epoque 1830 (d’après une litho de Langlumé).
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- Fabrication de la Bonneterie
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- En ce qui concerne plus particulièrement ce que l’on appelle la Bonneterie Fantaisie, la seule chose qu’on pourrait peut-être signaler serait une évolution appréciable qui s’est faite depuis l’époque du Rapport de M. Dehesdin : jadis par Bonneterie on n’entendait généralement que le bas, la chaussette et les articles de dessous de grosse consommation. Depuis quelque temps déjà et surtout pendant ces dernières années, la mode a fait se créer toute une industrie sensiblement différente, d’articles plus fantaisie : d’abord tous les genres demandés plus particulièrement pour les sports, puis tous les vêtements de dessous, combinaisons multiples de goût et de luxe et enfin tous ces vêtements d’intérieur dont les Grands Magasins de Nouveautés ont augmenté le goût chaque jour plus raffiné. — Par la confection donnée ainsi à certains tissus nouveaux dont la fabrication ressort de la bonneterie, toute cette production paraît aujourd’hui en plein épanouissement.
- Nous sommes loin en effet maintenant des ordres de grosses séries qu’on remettait aux anciens Bonnetiers parfois six, huit mois, ou même un an d’avance et qui faisait que lorsqu’un fabricant avait placé la production de ses métiers, son année commerciale n’avait qu’à s’écouler en toute tranquillité : aujourd’hui, dans ces articles, force est de suivre quotidiennement (ainsi qu’y entraînent les Grands Magasins) la création de genres nouveaux s’adaptant au goût modifié chaque jour de la clientèle, obligeant à être constamment en éveil et à créer sans cesse des nouveautés, mais amenant par contre à fournir à cette clientèle des articles rentrant plus exactement dans ce qu’elle désire et auxquels elle s’habitue heureusement de plus en plus. ?
- Les maisons de gros qui jadis pouvaient s’approvisionner longtemps à l’avance subissent elles-mêmes les conséquences du goût changeant de la clientèle et ont trouvé de ce côté une difficulté que le producteur seul peut vaincre en produisant et livrant rapidement ce qui lui est demandé.
- Cette transformation a eu pour conséquences : un matériel plus compliqué, — l usage de certaines matières qui jadis ne s’employaient pas en bonneterie, par exemple, les cotons mercerisés — de nouveaux genres amenés par des modes nouvelles ont été créés, tels que, certains articles de dessous pour dames, un peu spéciaux à la mode actuelle.
- Tous les genres touchant aux sports, comme les tissus dits « tissus golf »
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- trouvent de nombreuses adaptations; — il est certain que depuis quelques années tout ce qui est genre tricot est en grande faveur auprès de la clientèle.
- En dehors des articles tombant tout faits du métier, toujours prisés et dans l’article sur métier « tricoteuse », constamment en vogue, toute une nouvelle fabrication se porte sur les tissus en pièces faits sur métiers à maille (métiers circulaires ou métiers Rachel), pour les transformer en articles confectionnés. Ce sont, par exemple, les vêtements en tissus, dits des Pyrénées, qui fabriqués chaque jour avec un goût plus grand, sont par suite de plus en plus demandés. Certaines de leurs applications, dont le peignoir, arrivent à pouvoir voisiner avec les accessoires de belle lingerie.
- Ainsi que nous le disions plus haut, le matériel s’est transformé : nos industriels ont dû l’augmenter ou le modifier pour répondre à toutes les Nouveautés qui leur étaient demandées ; ils ont fait venir des pays voisins leurs derniers perfectionnements, ou d’Amérique certains métiers nouveaux qui seront dans l’avenir d’un particulier intérêt pour la grosse production.
- Devant cette nécessité, quelques maisons importantes commencent à faire elles-mêmes dans leurs ateliers, les modifications ou la création d’une partie de leur matériel et pour répondre encore à ce désir, chaque jour plus grand de production et de livraison immédiates — caractéristique de notre époque — la teinture de leurs fils.
- C’est 1 ensemble de ces maisons, dont le chiffre d’affaires a grossi largement ces dernières années, qui s’est groupé en une Chambre Syndicale très importante : la Chambre Syndicale des fabricants de tricot et Bonneterie fantaisie de France.
- On conserve dans ces milieux comme auparavant le même esprit d’intérêt et de prévoyance vis-à-vis du personnel producteur: ouvriers et employés, dont d’ailleurs beaucoup de chefs de maison actuels sont eux-mêmes sortis.
- Les cours des matières premières, après des fluctuations importantes, surtout dans les cotons, sont maintenus à l’heure actuelle à un taux assez élevé, taux que les conditions générales de production ne laissent très probablement pas craindre de voir baisser.
- Pour la Bonneterie pure, le centre de grosse production est toujours resté la région troyenne.
- Pour la Bonneterie fantaisie, les centres les plus importants sont: la Picardie, la région de Roanne, de Nîmes et des Pyrénées (bien que le tissu n’ait de « Pyrénées » que le nom).
- Malgré des saisons peu favorables à ces articles établis surtout contre le froid, en ce qui concerne la Bonneterie fantaisie, la situation des affaires est plutôt bonne, le goût de la clientèle ayant porté le fabricant à créer beaucoup de genres nouveaux, actuellement en pleine vogue.
- En ce qui concerne plus spécialement la vente à l’Exportation, le placement de tous ces articles, dont beaucoup sont nouveaux et qui est déjà actif dans certains pays, ne pourra que devenir plus important par la suite et ce n’est malheureusement pas sur l’Italie que nous pourrions compter pour l’écoulement de ces marchandises ; la douceur de son climat en rendant l’usage inutile.
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- TRANSPORT AÉRIEN
- La Bonneterie à l’Exposition de Turin
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- La Bonneterie était représentée dans la section française par dix exposants :
- Th. BOILEAU.
- k.
- 67, Rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1820 par le grand-père de l’industriel actuel, qui se servit d ouvriers venant de Rouen, centre de la corporation aux siècles précédents.
- Elle obtint en 1855 une médaille de bronze et pris dès cette date une grande importance.
- Des médailles d’argent lui furent accordées en 1867-1878-1889.
- Elle fonda à Marseille en Beauvaisis (Oise) une importante usine modèle, qui lui permit à nouveau d’accroître son chiffre d’affaires.
- Le Jury de l’Exposition Universelle de Paris en 1900 lui décerna une Médaille d’or, celui de Liège, en 1905, lui accorda un Diplôme d’honneur, et enfin, elle obtint un Grand Prix à Milan en 1906.
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- M. Boileau fut Membre du Jury à Londres 1908, à Bruxelles 1910, et à Turin 1911. A Turin, son exposition consistait en bas et chaussettes en fil d’Ecosse, articles de haute fantaisie, à mailles très fines.
- Sa fabrication comporte principalement les articles en fil Géorgie et soie sur petits métiers (métiers Hollandais et Cotton).
- Toujours soucieux des intérêts d’un personnel nombreux, M. Boileau a organisé une caisse de secours de maternité.
- Il forma avec les Maisons Fournier, Got et Vitoux-Derrey une Exposition en collectivité, qui fut très remarquée.
- E. FOURNIER.
- 140, rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1872, le propriétaire actuel la dirige depuis 1880. Elle possède une importante fabrique, à Lamotte en Santerre, dans la Somme.; Pendant de longues années, elle était seule à fabriquer les articles de fantaisie pour dames, tels que frileuses et châles au petit métier. Aujourd’hui, il existe plusieurs fabriques de cet article, mais les genres sont assez différents les uns des autres.
- La spécialité de cette maison est demeurée le châle, la pèlerine au métier, la frileuse ; elle a ajouté à ces fabrications le chandail, et des articles de sports de vente très répandue.
- Son commerce d’exportation se fait principalement avec l’Espagne, la Suisse, la Belgique, les Etats-Unis, où elle écoule des articles de fantaisie.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Paris 1889 : Médaille de Bronze.
- Liège 1905 : Médaille d'Argent.
- Saint-Louis 1904 : Médaille d’Or.
- Milan 1906 : —
- Bruxelles 1910 : Diplôme d'Honneur.
- Elle obtint à Turin un Çrand Prix en collectivité.
- Maurice HERVY.
- 22, Avenue Victoria, Paris. *
- Maison fondée en 1843. Le titulaire actuel succéda à son père, qui avait la maison depuis 1885.
- Fait spécialement les articles de bonneterie fantaisie, en tricot à la main et à la machine, et surtout les beaux articles soignés comme fabrication, et pour lesquels sont employées les plus belles matières premières. Fait également l’article laine et soie tricoté à la main, aux aiguilles.
- Les articles au crochet et au métier sortent de l’usine sise 68, rue Nollet à Paris, et c’est 2 et 4, boulevard des Jacobins, à Vitré, que se fait le tricot aux aiguilles. En dehors du personnel de la fabrique, du travail est donné à une grande partie des femmes des environs de Vitré.
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- Les articles sont très prisés dans la nouveauté en province et à l’étranger. Récompenses obtenues : à Londres 1908; Bruxelles 1910; Buenos-Ayres : Diplômes d’Honneur. — Turin et Roubaix : 2 Grands Prix.
- M. GOT.
- 20, Rue des Bourdonnais, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1888.
- Son exposition consistait en robes de chambre et coins de feu, articles absolument parfaits.
- Sa fabrication étant absorbée par les premières grandes maisons de Paris, province et étranger, c’est le meilleur éloge à en faire au point de vue de la perfection des articles et de la qualité irréprochable des matières premières employées.
- Elle avait obtenu dans les Expositions précédentes :
- A Paris en 1900 : 2 Médailles d’Argent.
- A Saint-Louis en 1904 : / Médaille d’Or.
- A Bruxelles en 1910 : / Diplôme d’Honneur et 1 Grand Prix et se vit décerner à Turin son deuxième Grand Prix en collectivité,
- PHILIPPE, VIALLAR & Cie.
- 21, Rue Etienne-Marcel, Paris.
- Les Etablissements de laine et bonneterie fantaisie qui sont maintenant la firme Philippe, Vialar & Cie ont été fondés en 1846.
- A cette époque, on ne traitait dans la maison que les laines peignées. Plus tard, MM. Blazy Frères ajoutèrent à la filature des laines, le tissage des canevas de coton, qui constituent, avec les ateliers de teinture et de blanchiment, l’Usine de l’Abbaye d’Yerres (Seine-et-Oise).
- En 1900, MM. Philippe & Vialar, associés de Blazy & Cie depuis 1896, reprenaient la maison pour leur propre compte et s’attachaient à donner un développement tout particulier à la fabrication de la bonneterie de fantaisie.
- Prenant part à toutes les Expositions, la maison a su montrer son goût bien spécial par ses nouveautés et ses gracieux modèles,, sans cesse renouvelés.
- Elle a gravi tous les échelons des récompenses, en se faisant connaître et apprécier à Milan en 1906, où elle obtint une Médaille d?Or.
- Puis à Londres, en 1908, Bruxelles 1910, où M. Viallar fut Membre du Jury.
- A Turin, Grand Prix.
- VIT OUX-DERREY.
- 42, Rue de la Paix, à Troyes (Aube).
- Maison très importante, qui fut fondée en 1889, fabrique exclusivement les bas et chaussettes en fil, coton, laine et soie, articles unis et de haute nouveauté, pour lesquels elle a installé un matériel des plus modernes, qui occupe un nombre considérable d’ouvriers.
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- Les récompenses obtenues dans les expositions sont un sûr garant de la faveur dont jouissent ses produits dans sa clientèle universelle.
- Cette maison obtint le Grand Prix, à Hanoï 1903; à Saint-Louis, en 1904, Diplôme d’Honneur; à Liège, en 1905, Hors Concours; Membre du Jury à Milan 1906, Londres 1908.
- Grand Prix à Bruxelles 1910 et Turin 1911 (en collectivité).
- M. Vitoux-Derrey, par le perfectionnement de son matériel, est parvenu à obtenir mécaniquement des broderies et fantaisies absolument remarquables et parfaites.
- Il a fondé pour son personnel une Société de secours mutuels et une crèche permettant l’allaitement des enfants pendant le séjour des jeunes mères aux ateliers.
- Lucien VILLEMINOT, A. RONDEAU & Cie
- 15, Rue Bachaumont, Pans.
- Maison fondée en 1882, par M. Blais-Mousseron. En 1900, la raison sociale devient Blais-Mousseron & Villeminot, puis en 1905, L. Villeminot & Cie, et enfin en 1910, L. Villeminot, A. Rondeau & Cie.
- Cette maison a progressé depuis sa fondation d’une façon constante et régulière, faisant un chiffre d’affaires énorme, tant en France qu’à l’étranger.
- Les usines sont à Corbie (Somme), où elles couvrent une superficie considérable* et on y fabrique en grande quantité tous les tissus dits des Pyrénées.
- La laine entre dans ces usines en peigné ou filé; elle y est teinte, tissée, apprêtée, puis envoyée dans les ateliers de Paris d’oii elle sort en articles confectionnés.
- Le transfert de l’usine de Paris à Corbie, il y a dix ans, en pleine crise industrielle de l’article de Picardie, fut, par le montant des façons et le taux des salaires, un véritable bienfait pour le pays.
- La vitrine de cette maison contenait des articles fantaisie en tissus des Pyrénées,, des costumes en jersey et des châles et cache-cols faits au métier.
- Les récompenses suivantes ont été obtenues aux diverses Expositions :
- Anvers 1885, Paris 1889: Médailles d’Argent.
- Bruxelles 1891; / Médaille d'Argent et 1 Médaille d’Or.
- Paris 1900 : Grand Prixv
- Glasgow 1901 : Hors Concours.
- Hanoï 1902 : Grand Prix.
- Saint-Louis 1904 : 2 Grands Prix (dont 1 dans la Classe d’Economie sociale).
- Liège 1905 : Hors Concours, Membre du Jury, i Milan 1906 : Grand Prix.
- Londres 1908 : Hors Concours.
- Bruxelles 1910 : Grand Prix.
- Turin 1911 : Grand Prix.
- Des institutions de prévoyance ont été créées dans cette maison.
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- Les employés, après trois ans de présence, ont une participation aux bénéfices. Une société de secours mutuels, organisée et subventionnée par la maison, fonctionne à l’usine de Corbie.
- Une Société, dont la maison a pris la plus grosse part, a été fondée pour la création d’habitations à bon marché.
- Un terrain loti en jardinets est partagé chaque année entre les meilleurs ouvriers. Une caisse, dite de secours immédiats (entretenue exclusivement par le patronat) de chômage, assure aux coupeuses, au bout d’un an de présence, la moitié de leur salaire, en cas de maladie ou de chômage.
- C’est pour ces différentes institutions que la maison a obtenu le Grand Prix à Saint-Louis en 1904, à la Classe de l’Economie sociale.
- L. PIED.
- 53 et 57, rue Alexandre-Dumas, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1904.
- Les articles exposés se composaient de :
- Une robe de chambre tissée, un jersey ratine, des costumes de garçonnets et fillettes en tissu jersey ; quelques articles en tricot et des spécimens de guêtres également en jersey.
- L’usine se trouve à Paris, 53 et 57, rue Alexandre-Dumas, et occupe un assez grand nombre d’ouvriers. On y fait le tissage, la teinture, l’apprêt et la confection de tous les articles vendus.
- Cette maison avait déjà exposé à Bruxelles en 1910, dans la collectivité de la Bonneterie qui avait obtenu un Grand Prix.
- Le Jury de Turin lui a décerné une Médaille d’Argent.
- POEUF-BILLET.
- 71, Rue Rambuteau, Paris.
- Le titulaire actuel fonda lui-même sa maison en 1893.
- Sa spécialité consiste en robes et manteaux, coiffures pour enfants, en tissu des Pyrénées, tricots de fantaisie.
- A déjà obtenu à Saint-Louis, en 1904, une Médaille d’Or et un Diplôme d’Honneur à Bruxelles en 1910.
- Vient de remporter à Turin un Diplôme d'Honneur.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES TRICOTAGES A LA MECANIQUE
- Montbéliard, Doubs.
- Cette importante maison fut fondée en 1871 à Aarbourg (Suisse), par Mme P. Zimmerli-Baarlin, à qui succéda la Société Zimmerli & Andochin, puis Zimmerli & Cie, et enfin la Société actuelle.
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- En 1889, l’extension des affaires nécessita la création d’une usine à Montbéliard (Doubs).
- Le siège social est actuellement à Aarbourg, et des maisons de vente existent à Paris, Londres, New-York.
- La spécialité de cette Société est la fabrication de sous-vêtements en tricot à côtes et tricot milanaise.
- Mme P. Zimmerh-Baarlin, la fondatrice de la maison, a été la première à faire le cache-corset à côtes, connu sous le nom de « camisole suisse » que M. Zimmerli fils a introduit à Paris, Londres et New-York.
- Aussi bien en Suisse qu’en France, cette Société occupe un très grand nombre d’ouvriers, tant dans ses ateliers qu’au dehors, pour lesquels elle a institué une caisse de secours, en cas de maladie.
- A l’Exposition de Paris 1900, Section Suisse, le Jury lui décerna un Grand Prix, et à la Section Française une Médaille d’Or.
- Londres 1908: Hors Concours.
- Bruxelles 1910 : Grand Prix.
- Turin 191 1 : Grand Prix.
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- Situation Commerciale de T Industrie de la Bonneterie
- en France
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- L’industrie de la bonneterie est très florissante en France. Notre commerce d’exportation se fait plus particulièrement avec les articles en bonneterie de coton ; ceux en laine représentant aussi une part importante de nos exportations ; viennent ensuite ceux en bonneterie de soie et enfin ceux en bonneterie de lin.
- Si nous examinons en particulier la situation de chacune de ces spécialités, de 1906, à 1910, on constate pour toutes d’importantes plus-values à l’importation comme à l’exportation.
- a) BONNETERIE DE COTON
- Importation. — Les principales nations qui trouvent en France des débouchés importants pour leurs articles en coton sont par rang d’importance : l’Allemagne, la Suisse, la Grande-Bretagne.
- Les importations de la Suisse, étaient en 1906 de 3.057 kilogrammes; elles ont été en 1910 de 4.400 kilogrammes.
- Les importations de l’Allemagne, étaient en 1906 de 80.485 kilogrammes; elles ont été en 1910 de 131.300 kilogrammes.
- Les importations de la Grande-Bretagne étaient en 1906 de 2.105 kilogrammes, elles ont été en 1910 de 7.300 kilogrammes.
- Les articles importés d’Allemagne sont surtout des vêtements et des châles de qualité bon marché ; tandis que la Grande-Bretagne et la Suisse nous fournissent des articles d’une qualité courante.
- il
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- Exportation. — La France vend à l’Etranger une quantité de bonneterie en coton infiniment supérieure à celle qu’elle lui achète.
- Nos principaux clients sont, par rang d’importance : la Belgique, la République Argentine, le Mexique, la Grande-Bretagne, le Brésil et l’Uruguay.
- De 1906 à 1910 nos exportations dans ces pays ont varié dans les proportions suivantes :
- Valeur en Kilogrammes
- 1906 1910
- Belgique 332.186 93.400
- République Argentine. . . . 290.044 272.000
- Mexique 288.904 166.100
- Grande-Bretagne 189.058 149.500
- Brésil 155.936 224.300
- Uruguay 117.010 63.300
- si r on constate une diminution dans le poids des marchandises exportées, leur valeur au contraire a augmenté, car en 1906 notre chiffre d’affaires pour l’exportation de bonneterie de coton était de 23 millions 889.873 francs et pour l’année 1910, il représente 28 millions 635.000 francs. Nos achats n’atteignent que 2 millions 560.000 francs. On voit que notre situation est fort avantageuse.
- b) BONNETERIE DE LAINE
- Importation. — Les nations qui vendent à la France des articles en bonneterie de laine sont, par rang d’importance : la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche-Hongrie, la Belgique et l’Italie.
- Le chiffre d’affaires des nations exportant de la bonneterie de laine étant en 1906 de 840.898 francs, représentant 63.464 kilogrammes de marchandises ; en 1910 le chiffre d’affaires est de 1 million 625.250 francs représentant 1 18.200 kilogrammes d’articles en bonneterie de laine.
- Les importations qui ont le plus progressé sont surtout celles de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie.
- Exportation. — Comme pour les articles en bonneterie de coton, les exportations sont très supérieures aux importations.
- En 1906, elles atteignent, 282.235 kilogrammes d’articles en bonneterie de laine, et elles représentaient une valeur de 4 millions 092.407 francs.
- En 1910, la quantité est de 352.000 kilogrammes et la valeur a été de 5 millions 456.000 francs.
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- Avec les principaux pays nos exportations ont varié de 1906 à 1910, dans les
- proportions suivantes :
- Kilogrammes
- 1906 1910
- Grande-Bretagne . . 109.498 121.000
- Belgique 43.194 49.600
- Suisse 17.907 16.200
- Etats-Unis 13.975 12.700
- Le taux de l’unité, qui en 1906 était de 14 fr. 50 c., est monté en 1910 à 1 5 fr. 50.
- c) BONNETERIE DE SOIE
- La situation commerciale de la bonneterie de soie a été, de 1906 à 1910, très satisfaisante pour l’industrie française.
- Importation. — La Suisse est notre principal client, en 1906 elle nous a vendu 7.962 kilogrammes d’articles de bonneterie de soie, en 1910 ces ventes sont montées à 9.087 kilogrammes. On constate ainsi une augmentation des importations de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne.
- Exportation. — Notre principal client pour la vente des articles de bonneterie en soie est T Amérique. Les Etats-Unis, la République Argentine, la Grande-Bretagne, et l’Espagne se partagent la majeure partie de nos exportations.
- Notre chiffre d’affaires avec ces nations demeure sensiblement le même, et n’a guère de raisons sérieuses de varier. En 1906, il était de 1 million 991.790 francs; en 1910 il a atteint 1 million 099.860 francs, chiffre supérieur à celui de la moyenne ordinaire de la valeur de nos exportations en articles de soie.
- J) BONNETERIE DE LIN, DE CHANVRE ET DE RAMIE
- Importation. — L’importation d’articles de bonneterie de lin fait des progrès intéressants, néanmoins elle ne représente qu’un chiffre très faible en comparaison avec celui de la bonneterie de coton ou de laine.
- En 1906, les importations de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et des autres pays représentaient une valeur de 10.940 francs. En 1910, elles ont atteint 31.500 francs. Celles de la Grande-Bretagne sont très en progrès.
- Exportation. — Nos exportations pour ce genre d’articles sont très variables. Nos principaux acheteurs sont la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d’Algérie. Le chiffre d’affaires varie, suivant les années de 120.000 francs à 61.000 francs.
- Nos collègues prendront certainement un vif intérêt à lire le travail que M. Th. Boileau a publié sur la bonneterie en 1910 dans le rapport de la commission permanente des valeurs en douane.
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- EXTRAIT DU RAPPORT
- de la
- Commission permanente des Valeurs en Douane
- a?
- L’industrie de la bonneterie prise dans son ensemble, paraît avoir été assez prospère en 1910. Au moins la marche des affaires a été normale, le travail assuré partout et les résultats industriels assez satisfaisants. Cette situation favorable tient surtout au bon courant d’affaires sur le marché français. Ceci ressort du tableau suivant qui présente le résumé de l’importation et de l’exportation des articles de bonneterie pendant l’année 1910:
- IMPORTATION ET EXPORTATION DES PRODUITS DE LA BONNETERIE
- (Années 1910 et 1909)
- Importation Exportation
- 1910 1909 1910 1909
- Kg. Kg. Kg. Kg.
- Lin 1.800 1.000 2.600 4.700
- Coton 527.300 479.800 1.934.300 2.000.700
- Laine 171.500 139.600 362.200 353.700
- Soie et bourre de soie . 27.600 22.000 8.800 6.400
- Totaux . ... 728.200 642.500 2.307.900 2.365.500
- Depuis trois ans l’importation a constamment augmenté. De 569.500 kilogrammes, en 1908, elle a passé à 642.500 kilogrammes en 1909 et à 728.200 kilogrammes en 1910.
- Cette quantité représente en valeur une somme de plus de 15 millions de francs. On voit que la demande de ces articles divers a été active en France en 1910.
- L’exportation, au contraire, a légèrement diminué; elle a été de 2.307.900 kilogrammes, en 1910, contre 2.365.500 kilogrammes en 1909. Ce n’est donc pas dans le progrès de nos exportations, mais bien dans la bonne marche des affaires en France, qu’il faut voir la cause de l’activité de nos fabriques de bonneterie pendant l’année 1910.
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- Passons successivement en revue chacune des catégories de la bonneterie.
- Bonneterie de Coton. — Notre collègue, M. Portai, signale dans son rapport les deux traits caractéristiques de l’année 1910. La fabrication a été active, mais les résultats industriels n’ont pas été aussi satisfaisants qu’ils auraient dû l’être, à cause du prix très élevé des fils de coton, qui sont la matière première de cette industrie. Vers la fin de l’année, les effets des inondations et des mauvaises récoltes commençaient a se faire sentir et l’année 1911 se présentait pour la fabrique de Troyes sous des auspices beaucoup moins favorables.
- Ceci dit, voici quel a été le mouvement de nos importations et de nos exportations :
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE LA BONNETERIE DE COTON (Années 1910 et 1909)
- Importation Exportation
- 1910 1909 1910 1909
- Kg. Kg. Kg. Kg.
- Ganterie . . . . 37.800 49.300 2.700 8.500
- Tissus en pièces . 303.700 259.300 . „ 20.800 4.300
- Autres objets. . . 156.700 168.100 1.909.000 1.983.200
- Objets brodés et ornés . 29.100 3.100 1.800 4.700
- Totaux . . • • 527.300 479.800 1.934.300 2.000.700
- Ganterie. — L’importation s’est élevée à 37.800 kilogrammes en 1910, contre
- 49.300 kilogrammes en 1908 ; elle est en diminution constante depuis trois ans.
- De même à l’exportation, où nous trouvons le chiffre de 2.700 kilogrammes en 1910 au lieu de 8.500 kilogrammes en 1909.
- Cette mévente du gant de fil en France et a l’étranger tient à la surproduction de cet article et aux stocks trop lourds qu’il a fallu écouler avant d’engager de nouvelles affaires.
- Tissus en pièces. — Nous trouvons, au contraire, une augmentation sensible des chiffres d’importation et d’exportation des tissus en pièces, ce qui est en contradiction avec ce qui précède, car ces tissus en pièces sont pour la presque totalité des tissus à mailles fines frabiqués en Allemagne et destinés à la confection des gants.
- La ganterie ayant été fort peu favorisée en 1910, on ne comprend pas, au premier abord que l’importation de ces tissus ait passé de 259.300 kilogrammes en 1909 à 303.700 kilogrammes en 1910. Notre collègue, M. Portai, donne 1 explication de ce fait. Les Allemands, ayant des stocks importants de ces tissus à vendre ont offert leur marchandise a des prix très bas, inférieurs de 5 francs à ceux de 1909. Le fabricant français, qui était alors sous la menace d un relèvement de droits, a la
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- suite du remaniement des tarifs douaniers, s’est laissé tenter par ces offres à la baisse et a acheté assez largement, sans tenir compte de ses besoins immédiats et de l’état de la demande. Il faut espérer que la mode des gants longs, qui semblait vouloir renaître, facilitera l’écoulement de ces marchandises. En attendant, l’industrie de Chemnitz, qui a le monopole de ce s tissus, est sans travail et éprouve les plus grandes difficultés à occuper ses métiers.
- Autres objets, y compris le vêtement et articles brodés ou ornés. — L’application du nouveau tarif ayant fait passer différents articles de la troisième catégorie dans la quatrième, nous avons cru devoir réunir tous ces articles en une seule catégorie. A l’importation, nous trouvons 185.800 kilogrammes en 1910, contre 171.200 kilogrammes en 1909 et 104.300 kilogrammes en 1908. Ces augmentations tiennent surtout à ce que les fabricants allemands, craignant une élévation des droits de douane, ont fait de grands efforts pour entrer en France le plus de marchandises possible à la fin de 1909 et en 1910. L’exportation, au contraire, a été faible. De 1.987.900 kilogrammes en 1909, elle est tombée en 1910 à 1.910.800 kilogrammes.
- Bonneterie de laine.. — Notre collègue, M. Boileau, constate dans son rapport, la bonne situation de cette industrie. Cependant les hivers des années dernières ont été fort doux et par conséquent n’ont pas été favorables à la vente. Mais nos fabricants ont su adapter la bonneterie de laine au vêtement de femme, beaucoup de leurs modèles ont été adoptés et se sont répandus dans une clientèle assez étendue. Enfin, le goût généralisé des sports, en particulier de l’automobilisme, a été et reste pour l’industrie de la bonneterie de laine une ressource précieuse.
- Malheureusement le mouvement du commerce extérieur ne reflète pas cette prospérité industrielle qui tient tout entière à la consommation intérieure de la France. Le tableau de nos importations et de nos exportations ne présente que des chiffres assez faibles, sur lesquels il est inutile d’insister.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE LA BONNETERIE DE LAINE (Années 1910 et 1909)
- Importation Exportation
- 1910 1909 1910 1909
- Kg. Kg. Kg. Kg.
- Ganterie 34.400 36.900 4.600 2.900
- Tissus en pièces 17.200 11.500 4.900 2.200
- Autres objets 118.200 90.300 352.000 348.000
- Articles brodés et ornés. . . 1.700 900 700 600
- Totaux. . 171.500 139.600 362.200 353.700
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- Bonneterie de soie et de bourre de soie. — Ici au contraire les chiffres de l’importation et de l’exportation indiquent bien l’excellente situation de l’industrie, et confirment les renseignements intéressants que donnent M. Boileau sur la bonne marche des affaires en 1910.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE LA BONNETERIE DE SOIE (Années 1910 et 1909)
- Importation Exportation
- 1910 1909 1910 1909
- Kg. Kg. Kg. Kg.
- Ganterie 1.100 1.000 » » 100
- Tissus en pièces 9.400 6.300 » » 300
- Autres objets 16.500 14.100 8.000 5.800
- Articles brodés 600 600 800 200
- Totaux. . 27.600 22.000 8.800 6.400
- L’importation a passé de 22.000 kilogrammes en 1909 à 27.600 kilogrammes en 1910, c’est une augmentation de 25 p. 100 ; l’exportation a été de 8.800 kilogrammes en 1910 contre 6.400 kilogrammes en 1909, augmëntant de 37 p. 100. C’est l’indice d’une grande activité dans la consommation de ces articles. Notre collègue attribue cette prospérité à deux causes principales. La bonneterie de soie a bénéficié de la mode qui a substitué bien souvent dans le costume de la femme la combinaison à mailles aux articles de lingerie. Elle a trouvé à cette occasion de nouveaux débouchés pour ses produits. D’autre part, la bonneterie de soie a été favorisée par le bas prix de la soie. Elle a pu établir ses articles à des prix modérés qui en ont facilité et étendu la vente.
- En résumé l’industrie de la bonneterie a été favorisée en France dans la plupart de ses branches pendant l’année 1910. Seules la ganterie et la fabrication des tissus pour gants ont souffert de la mévente et d’une production peut-être excessive. De ce chef, c est Chemnitz qui a le plus souffert.
- Pour compléter ce travail, nous avons relevé sur les tableaux suivants, les chiffres du commerce de la Bonneterie en France, de 1906 à 1910.
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- FRANCE
- Bonneterie de coton, autre que gants, tissus en pièces et articles brodés, mais y compris les vetements
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Saint-Thomas Cuba Grande-Bretagne Allemagne Belgique Turquie Egypte • Afrique orientale anglaise • Etats-Unis Mexique Brésil Uruguay Argentine Chili Sujsse • • Italie Espagne Colombie Autres pays étrangers. • • Zones franches .... Algérie T unisie Madagascar et dépendances Indo-Chine Guyane française Réunion Nouvelle-Calédonie .... Sénégal Autres colonies et protectorats kg. )) )) 2.105 80.485 1 .470 » » » » » )) » » » 3.057 869 314 » 3.374 10.512 2.433 )) » » » » » 12 kg. 23.328 27.355 189.058 » 332.186 47.816 89.817 21.694 59.170 288.904 155.936 117.010 290.044 36.265 » » » 27.985 108.081 » 253.246 19.284 70.069 35.336 » 16.897 16.646 » 48.106 kg. » » 1.739 90.482 1 230 39 » » 734 » )) » « » 3.382 755 382 » 838 7.676 1 .610 7 » » » « » » kg. )) )) 194.835 » 245-002 37.181 149.127 20.577 48.514 266.226 197.563 123.367 282.707 23.281 )) » )) 11.695 115.131 28.711 344-068 44.809 40.725 63.476 » 23.382 18.984 14.591 35.668 kg. )) )) 2.435 81.634 903 » » » » » » » » » 3.401 590 614 » 2.016 9.915 445 kg. » » 118.490 31.300 148.292 27.873 128.918 14 612 9.958 147.530 214.937 82.713 429.848 « )) » » 8.457 92.317 31 .015 322.668 40.805 33.136 » )> 19.345 19-376 12.818 75.103 kg. )) » 8.000 143.500 1.500 » » h » » » » » » 5.000 500 300 » 2.700 6.200 400 kg. » 26.900 121.400 27.700 105.500 47.700 134.400 3.500 35.900 179.700 157.600 37.600 371.500 » » » » 23.400 0 105.400 32.500 366.200 34.600 39.900 49.100 » » » 18.100 64.600 kg. )) )) 7.300 131.300 2.400 » » » 1.300 » » » » 4.400 2.800 u » 7.200 » » » » » )) P » » kg. )) )) 149.500 22.800 93.400 59.000 118.300 4.200 38.100 166.100 224.300 63.300 272.000 45.100 » )) V » 104.500 24.400 345.100 40.000 21.700 38.000 23.400 » » » 55.800
- Quantités totales 104.631 2.275 226 108.874 2.334.620 101.953 2.009.5U 168.100 1.983.200 156.700 1.909.000
- Valeurs totales • • - Fr. 1.674.096 23.889.873 1.796.421 26.264.475 1.733.201 23.611.754 2.857.700 29.748.000 2.507.200 28.635.000
- Taux de l’Unité. . .Fr. 16 * 10 50 16 50 11 25 17 » 11 75 17 » 15 « 16 » 15 »
- (1) Dont 27.100 Kilogrammes vers le Pérou.
- 168 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- p.168 - vue 173/622
-
-
-
- FRANCE
- Bonneterie de laine, autre que gants, tissus en pièces et articles brodés, mais y compris les vêtements.
- Statistiques françaises — Commerce spécial.
- Pays de provenance 1906 1907 1908 1909 —i 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Impoitations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Autriche-Hongrie kg. 933 kg. » kg. 1.242 kg. )) kg. 1.272 kg » kg. 400 kg. » kg. 1 .000 kg. ))
- Grande-Bretagne 38.014 109.498 40.108 278.258 44.462 228.864 53.400 125.200 64.900 121.000
- Allemagne • • .... 13.915 7.644 12.347 )) 11.514 13.758 11 200 » 21.300 9.000
- Belgique 748 43.194 415 27.196 733 42.626 2.400 37.500 2.600 49.600
- Suisse 1.324 17.907 1 .569 20.890 3.889 17.791 13.100 18.700 19.500 16.200
- Turquie » 7.188 )) 8.385 » 6.927 » 21.900 » 12.700
- Etats-Unis 13.975 » 11.451 » 8 779 » 14.400 » 12.700
- Mexique » )) » 7.700 » 8.046 )> )) » 6.600
- Argentine » 6.566 » 18.295 » 21.933 » 24.400 » 35.100
- Canada » » » » » 8.557 » » » ))
- Italie 729 4.888 1.137 3.159 935 » 1 .200 » 1.200 »
- Espagne 93 » 797 )) >' » 400 » » ))
- Autres pays étrangers • . 496 21.723 247 36.103 356 24.252 200 41.700 500 29.500
- Zones franches 6.627 34.616 9.909 40 109 5.913 49.846 8.000 52.000 7.200 39.600
- Algérie ... .... 581 6.651 74 30.514 15.228 » 3.600 » 4.800
- Tunisie ....... » » » 5.193 1 .088 » » » 2 300
- Sénégal » 2.367 » » ( 14 1 .942 )) 3.500 » 4.600
- Indo-Chine )) )) » « 472 » » » 5.000
- Saint-Pierre et Pêche . • • » 2.269 » 3.056 1 .390 » » » ))
- Autres colonies et protectorats 4 3.749 12 3.145 1-259 » 5.100 » 3.300
- Quantités totales 63.464 282.235 67.857 493.454 69.088 452.758 90.300 348.000 118.200 352.000
- Valeurs totales . . . Fr. 840.898 4.092.407 933.034 7.525.174 915.417 6.791.370 1.219.050 5.307.000 1.625.250 5.456.000
- Taux de l’unité . . . Fr. 1325 14.50 13.75 1525 13.25 15 » 13.50 15.25 13.75 15.50
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 169
- p.169 - vue 174/622
-
-
-
- FRANCE
- Bonneterie de Soie, autre que gants, tissus en pièces et Articles brodés
- Statistiques françaises. —- Commerce Spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg- kg. kg. kg.
- Italie )) « 147 743 100 634 )> 648 » »
- Grande-Bretagne 1 .209 627 1.708 1.086 3.454 271 3.490 1 .942 3.580 765
- Allemagne 1.645 800 1 663 334 2.122 362 2.089 686 3.621 449
- Espagne » » » » » )) » )) )) 920
- Russie » » » » » 513 » 166 » »
- Etats-Unis » 2.685 » 1 .572 » 221 » 1.363 » 3.826
- Australie • • » » )> 412 » » » » » »
- Argentine )) » » » » » » 110 » 1.180
- Brésil ); )) » 773 » )) » 134 » »
- Canada ....... » » » )) » )) )) » » 50
- Chili )) » 1 .538 » 940 » » » »
- Suisse 7.962 » 1 723 1.146 7.367 499 8.355 609 9.087 »
- Mexique » t) » » » 789 » >) » »
- Belgique « 2.407 » 1.268 » 920 » )) » »
- Indes anglaises » 6.210 » » )) » » )) » »
- Autres pays étrangers . . • 171 1.930 90 108 72 175 145 158 186 780
- Congo français » » » )) » )) » » » »
- Sénégal » » » » » » 1 » » »
- Algérie » )) » » » 30 » » » ))
- Autres colonies et protectorats M 95 » » » » » )' » »
- Quantités totales 10.987 14.754 11.331 8.980 13.115 5.354 14.080 5.816 16.474 7.970
- Valeurs totales ... Fr. 604.285 1.991.790 657.198 1.257.200 734.440 738.852 788.480 802.608 922.544 1.099.860
- Taux de l’Unité . • • Fr. 55 )) 135 » 58 )) 140 )) 56 )) 138 » 56 » 138 )) 56 » 138 ))
- 170 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
-
-
- FRANCE
- Bonneterie de Lin, de chanvre ou de ramie
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg kg.
- Grande-Bretagne 168 2 380 177 4.112 314 258 300 )) 1 .000 900
- Espagne • • » )) >: » » 311 » )) » »
- Belgique. ....... » » 88 419 68 » 300 )) 100 1.200
- Etats-Unis. » 1.155 » 798 » 210 » 400 » »
- Allemagne. . 395 » » » 86 » 200 » 700 »
- Suisse. • . . • • 32 » » » )) » » » » »
- Danemark. . ..... 68 » 131 » » » 300 » » ))
- Italie .... » » » )) » » » 3.900 » »
- Autres pays étrangers .... » 239 27 527 73 58 « 300 » 400
- Indo-Chine .... . . » » » » » 639 » » )) »
- Saint-Pierre et Pêche .... » » » 186 » » » 100 » »
- Algérie )) 1.575 )) 276 1) 196 » » » »
- Afrique occidentale Française » » » » » » » » 100
- Autres Colonies et Protectorats • M 83 » * 290 » 88 » » » »
- Quantités totales 663 5.432 423 6.608 541 1 760 1 .100 4.700 1.800 2 600
- Valeurs totales Fr. 10 940 119 504 7.191 151.954 9 468 41.360 19.250 110.450 31.500 61.100
- Taux de l’unité Fr. 16.50 22 )) 17 » 23 » 1750 23.50 17.50 23.50 1750 23.50
- O
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 171
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-
- 172
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Situation Commerciale de la Ganterie en France
- de 1906 à 1910
- 90
- La ganterie est une branche de l’industrie de la bonneterie, elle se divise en ganterie de coton, de laine et de soie.
- Importation. — Pour la ganterie, notre principal client est l’Allemagne. Voici quelle a été de 1906 à 1910 la situation des importations d’articles de ganterie venant d’Allemagne.
- KILOGRAMMES
- Années Ganterie de Coton Ganterie de Laine Ganterie de Soie
- 1906 72.215 29.286 1912
- 1910 37.200 27.600 954
- La baisse sensible qui s’est manifestée dans l’importation en France des articles de ganterie fabriqués en Allemagne est due pour une large part à ce fait que notre collègue Villeminot a entrepris avec succès, la fabrication des principaux articles qui nous venaient d’Allemagne. Il a obtenu un réel succès, puisqu’aujourd’hui, la France, non seulement restreint ses achats mais exporte une partie de ses articles.
- Voici quelles ont été de 1906 à 1910 les exportations d’articles de ganterie fabriqués en France.
- KILOGRAMMES
- Années Ganterie de Coton Ganterie de Laine Ganterie de Soie
- 1906 5.605 711 227
- 1910 2.700 4.600 40
- Le taux de l’unité n’a guère varié, ni à l’importation, ni à l’exportation.
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-
-
-
- FRANCE
- Ganterie de Coton -------------------- Statistiques françaises — Commerce spécial.
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 — 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Expoi tâtions
- Kg. Kg. Kg. Kg. Kg. Kg. Kg. Kg. Kg. Kg.
- Belgique .... ... )) )) 803 )) )) )) >t 1 300 400 ))
- Allemagne 72.215 )) 93.204 285 83 529 473 48.900 2.700 37.200 “
- Espagne ... » 160 » 21 » 76 » » » »
- Etats-Unis » 614 » » » » » )) » ))
- Colombie » 771 » 1.901 3.192 » 2.100 )) ))
- Argentine ....... » 165 fl » » » » » » ))
- Haïti ... r » 1.225 » » » 655 » )) » ))
- Grande-Bretagne. • • >i » 633 3.755 » 616 200 » » »
- Chili » » )) » » » )) » » ))
- Mexique . » » » 1.050 » 982 )) » )) ))
- Autres pays étrangers ... 731 878 355 1.408 1.074 1.900 200 1.500 200 1 .800
- Indo-Chine » 1.281 » 437 » » f) » » »
- Madagascar et dépendances » » » 419 » » » » » »
- Algérie » » » » » » )) » )) 900
- Autres colonies et protectorats » 511 » 515 » 676 » 900 » ))
- Quantités totales ...... Kg 72.946 5.605 94.995 9.791 84.603 8.570 49.300 8.500 37.800 2.700
- Valeurs totales . . Fr. 2.443.691 33.50 252.225 3.182.333 440.595 2.664.994 342.800 1.429700 340.000 1.020.600 102.600
- Taux de l’unité Fr. 45 » 33.50 45 » 3150 40 » 29 » 40 « 27 » II 38 ») j
- ü
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 173
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-
-
-
- FRANCE
- Ganterie de Laine ------------------ Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Belgique » « » » » 132 » 1.200 » 1.600
- Grande-Bretagne ...... 3.201 » 3.313 979 3.771 774 7.000 800 6.200 »
- Allemagne 29.286 » 26.428 146 24.258 239 29.100 400 27.600 »
- Autriche-Hongrie 345 » » )) » » 700 )) 300 »
- Mexique » » » » )) » » )) » 400
- Argentine » 88 )) )) » » » » » ))
- Brésil » » » » » » » )) » 1.300
- Espagne. » » » )) » 95 )) )) » 600
- Portugal. )) » » 34 » )) » » » ))
- Autres Pays étrangers .... 32 538 798 44 539 145 100 300 300 600
- Saint-Pierre et Pêche .... » 85 » 102 » » )) 200 » 100
- Indo-Chine » » » » » » » )) » »
- Sénégal » » » » » 284 » » » »
- Autres Colonies et Protectorats . » » » » » 120 » » » »
- Quantités totales 32.864 711 30.539 1.305 28.568 1.789 36.900 2.900 34.400 4.600
- Valeur totale Fr. Fr. 854.464 12.087 794.014 23.164 728.484 31.308 950.175 51.475 885.800 81.650
- Taux de l’unité 26 )) 17 « 26 » 17.75 25.50 17.50 25.75 17.75 25 75 17.75
- 174 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
-
-
- FRANCE
- Ganterie de Soie — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 19 10
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Belgique )) )) )) )) » » d )) )' 37
- Grande-Bretagne . • ... 997 7 1.218 » 415 » 129 » 104 "
- Allemagne 1 .912 » 2.107 70 1.120 » 847 110 954 »
- Etats-Unis » 110 » » )) » » « )>
- Brésil. ... » 100 » » » » » )> » 3
- Chili » » » 20 » » 11 »
- Espagne. . . » » » » • )) » » )) •-
- Argentine )) )) » » » » )) » )) »
- Italie » » « » » » » )) V) »
- Autres pays étrangers ... 114 )) 64 » 19 17 11 » 53 »
- Tunisie ... .... )) » » » )) )) » 0 )) »
- Saint-Pierre et Pêche .... » » 48 » )) » )) )) ))
- Autres Colonies et Protectorats » » » » 0 » )) » » »
- Quantités totales 3.023 227 3.389 138 1.554 17 987 1 10 1 111 40
- Valeur totale Fr. 241.840 22.700 277.898 14.214 124.320 1.717 78.960 11.110 88.880 4.040
- Taux de l’unité Fr. 80 » 100 » 82 » 103 )) 80 » 101 » 80 » 101 » 80 » 101 ))
- o
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 175
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-
-
-
- 176
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Situation Commerciale de l’Industrie de la Bonneterie en Italie
- de 1906 à 1910
- 93
- Les statistiques italiennes ont créé de multiples rubriques pour l’industrie de la Bonneterie ; elles font le départ entre le commerce des articles de bonneterie simple et celui de la bonneterie molletonnée. Des statistiques spéciales concernent les vêtements, les articles autres, les bas et les gants taillés.
- Nous ne pouvions entrer dans autant de détails : il aurait fallu plus de 30 tableaux statistiques. Ce travail était d’autant plus inutile que sur certains tableaux les chiffres auraient été rares ou d’une très faible importance.
- Pour examiner la situation commerciale de l’industrie de la bonneterie, nous avons donc pris seulement les statistiques qui pouvaient le mieux correspondre à celles que nous donnons pour la France. D’une part, les statistiques d’articles autres que les bas, les gants, les tissus et les vêtements; d’autre part, les statistiques des bas et des gants, c’est-à-dire de la ganterie.
- a) BONNETERIE DE COTON Articles autres que bas, gants, tissus et vêtements.
- Importation. — L’Italie reçoit les articles de bonneterie de coton, principalement de l’Allemagne et de la France.
- En 1906, pour les articles dont nous nous préoccupons, ce commerce a atteint 415.520 lire; en 1910, il n’était plus que de 101.290 lire.
- Exportation. — Les principaux clients de l’Italie pour l’exportation de ces mêmes articles sont par ordre d’importance, la République Argentine, la Roumanie, la Turquie d’Europe et d’Asie, l’Uruguay, lë Chili et la France, seules puissances qui trouvent en Italie un écoulement de leurs produits de bonneterie de laine.
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-
-
-
- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de Coton (tricot molletonné : autre que bas et gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Expoi tâtions Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Gibraltar )) 450 » » )) » )) )> » )>
- Autriche-Hongrie 4 400 22.500 .. 16.450 » 1.720 480 390 )) 850
- Belgique » » )) 470 » » » » )) 425
- France 22.550 2.250 1.710 » )) 860 480 390 3.240 8.925
- Allemagne 272.800 » 17.670 470 1.060 1.720 1.920 1.560 3.240 4.675
- Grande-Bretagne 7.150 1.350 570 1.880 » 860 480 4.290 540 4.675
- Grèce » » » » » » « 390 » ))
- Malte » 18.000 )) 4.230 » 1.290 )) 5.070 » 5.100
- P ortugal » )) » » 4.300 )) » )) 2.125
- Roumanie » » »> 22.090 » 2.580 » 390 )) »
- Espagne 550 )) » 470 » » )) » )) »
- Suisse 8.250 6.300 570 9.400 » 1.290 )) 780 )) 3.400
- -p . ( d’Europe Turquie j d,As.e » 9.900 » 1.880 » 12.900 » 10.920 » 3.400
- * » 6.750 » 6.110 » )) )) 2.730 » 1.275
- Indes anglaises et Ceylan Possessions anglaises d Afrique • • » )) » 30.080 » 1 .290 » )) )) 425
- » » )) 1.880 » 2.150 » )) » 2.975
- Egypte » 34.650 )) 15.040 » 11.610 )) 8.580 » 3.825
- Tunisie • » 2 250 » 3.760 » 1 .290 » 3.120 » 5.525
- Autres contrées africaines • ... » » )) » » 1.720 » » » 1.700
- Etats-Unis 18.700 450 3.990 )) 18.020 860 4.800 )) 9-720 ))
- Mexique » )) » )) » » )) » » ))
- Brésil » » )) » » 1.720 » )) )) 850
- Pérou » » » * » )) 1.720 )) 3.900 » ))
- Argentine ..... .... )) 30.600 )) 15.510 » 3.870 » 11.310 » 9.350
- Uruguay » 7.200 » 1.410 » » » » » 1.275
- Chili )) 9.450 » » » » )) 6.240 )) 3.825
- Tripolitaine )) » )) 940 )) » )) 390 )) 425
- Erythrée. » )) )) » » 430 )) » )) 425
- Autres contrées de l’Amérique . . • )) » » 470 )) 1.290 )) )) » 425
- Bulgarie » » » » » 430 » » » 850
- Indes orientales hollandaises .... » )) « » » )) » » )) 425
- Perse » » )) » » » )) 390 » 5.100
- Candie ... » » )) » » )) » 780 » 850
- Zanzibar )) » » 5.170 )) 860 )) )) )) 2 125
- Monténégro ... )) » )) » )) » » 390 )) »
- Australie )) 450 )) » )) )) 390 » »
- Valeur totale Lire • 334.400 152.550 24.510 137.710 19.080 56.760 8.160 62.400 16.740 75.225
- o
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 177
- p.177 - vue 182/622
-
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-
- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de Coton (tricot simple : autre que bas et gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Bulgarie » )) » » » 2.100 )) 2.160 » 8.100
- Autriche - Hongrie 4.320 » 1 .000 14.000 1 .800 5.100 3.780 » 3.800 »
- France 4.800 26.000 3.000 11.900 900 600 2.100 540 5.700 10.500
- Allemagne 69.120 400 44.500 2.450 46.800 2.100 65.940 540 71.725 300
- Grande-Bretagne 1 .440 )) » 350 )) » 5.460 » 950 »
- Grèce )) 6.400 » >1 » » » 2.700 » 10-500
- Malte )) 800 » » » 900 » 5.130 » »
- Roumanie » 30.000 » 350 » » » » » »
- Suisse 1 .440 400 1.500 6.650 » 300 420 3.240 » 1.500
- r-r • ( d’Europe Turquie j » 47.600 » 65.800 » 34.200 » 47.520 » 5.100
- » » » » )) » » )) )) 3.300
- Indes Anglaises et Ceylan » 27.600 » 6.300 » 25.200 » 132.030 » »
- Egypte W 14.000 » 5.250 )) 1 .200 . » 2.970 » »
- Tunisie » 2.000 » » » 2.400 )) 1.350 » 1.200
- Etats-Unis » >) 4.500 » 9.900 1.200 5.800 540 2-375 »
- Amérique Centrale , » )) » 6 650 » 300 » 2.160 B 2.400
- Brésil. » 4.800 » i » » » 540 » »
- Pérou » 400 )) 700 » 7.500 )) » » 600
- Argentine . . J) 349.600 )> 224.000 » 132.000 )> 101.250 » 24.900
- Uruguay ... » 33.200 » 19.600 » 10.200 » 7.560 » 133.500
- Mexique . )) 3.600 « » » 9.900 » » » »
- Chili » 48.800 » 64.400 » 11.700 » 17.280 » 1.500
- Espagne » )) » )) » » » » » ))
- Portugal » » » ï) » » » » » 4 800
- Equateur » » » » » » » 540 » »
- Chine . . » ». » » » » » » » »
- Etablissements des Détroits .... » » » » » 300 » » » »
- Possessions anglaises d’Afrique. . . )) » » » )) » )) 270 » M
- Autres contrées africaines » 2.000 » » » 600 » » » ))
- Tripolitaine » » )) )) » » » » )) »
- Possessions anglaises en Asie. . . » » » » » » )) » » »
- Candie » 2.400 » » » » )) » » »
- Chypre » » » » » » )) « » »
- Australie » 7.600 » » » » )) » » »
- Valeur totale ..... Lire 81.120 605.600 54.500 428.400 59.400 247.800 83.580 328.320 84.550 208.200
- 178 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 179
- En 1910, la situation de l importation ne s’est pas sensiblement modifiée en ce qui concerne la valeur des articles. Nous trouvons, en effet, un chiffre d’affaires de 216.910 lire.
- Mais au lieu de trouver deux nations pour se partager les importations de ce genre d’articles, nous en rencontrons un nombre plus élevé. L’Allemagne tient la tête avec un chiffre d’affaires de 135.000 lire ; la France occupe le second rang avec 27.000 lire ; la Grande-Bretagne est au troisième rang avec 24.000 lire.
- Exportation. — Le commerce d’exportation d’articles de bonneterie en laine est infiniment plus actif que celui de l’importation.
- En 1906, le commerce total pour les articles autres que la ganterie et les vêtements a atteint 537.660 lire. En 1910, il s’est chiffré par 1.380.750 lire. Cette considérable augmentation est la preuve indéniable de la prospérité sans cesse croissante de cette industrie en Italie.
- Les principaux clients de l’Italie sont pour ce genre d’articles, la Turquie d’Europe, les îles de Ceylan, la Suisse et la France.
- Voici dans quelles proportions se sont modifiées de 1906 à 1910 les ventes de l’Italie dans ces pays :
- Valeur en lire
- 1906 1910
- Turquie d’Europe 245.420 774.550
- Ceylan 106 Tooo 127.050
- Suisse 44.600 4.900
- France 21.040 5.600
- De 1906 à 1910, voici quel a été le commerce d’exportation d’articles en bonneterie de coton fabriqués en Italie. Ces chiffres ne concernent que les principaux clients :
- Valeur en lire
- 1906 1910
- République Argentine. . . . 380.200 34.250
- Roumanie 30.000 y>
- Turquie d’Europe .... 57.500 8.500
- Turquie d’Asie 6.750 4.575
- Uruguay 40.400 134.775
- Chili 58.250 5.325
- France 28.250 19.425
- Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, il y a une moins-value très accentuée sur les ventes de bonneterie de coton fabriquée en Italie. Bien entendu, il ne s’agit, pour nos comparaisons et nos conclusions, que des articles dont nous avons parlé plus haut.
- Rappelons que les exportations françaises pour les mêmes articles ont atteint en 1910 le chiffre de 28.655.000 francs. Celui de l’Italie ne représente que 283.425 lire.
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-
- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de Laine (tricot simple autre que bas et gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Liré Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 1 .060 )) 4.400 » 1.050 » 3.150 )) 1.100 ))
- France 24.380 4.240 18.700 » 10.500 1.050 12.600 )) 14.300 ))
- Allemagne 78.440 1 .060 59.400 ï) 54.600 » 78.750 )) 100.100 ))
- Grande-Bretagne 4.240 » 1.110 » 2.100 » 4-200 )) 5.500 »
- Malte • » » » )) » 1.050 » )) » ))
- Suisse 2.120 18.020 11.000 2.200 1 050 1.050 2.100 4.200 1.100 2.100
- Turquie d’Europe » 155.820 » 63.800 » 205.800 » 122.850 » 103.950
- Turquie d’Asie » » » a )) » » )) 43.050
- Indes Anglaises et Ceylan » 106.000 » » » 2.100 » » » 127.050
- Indes Orientales et Hollandaises . • » )) » » )) )) )) )) » 1 .050
- Egypte » » » 24.200 » 32.550 » 55.650 » »
- Tûnisie )) )) » 1.100 )) ï) » )) » 1.050
- Etats-Unis .... » » 15.400 » 2-100 » 3.150 )) 2.200 »
- Brésil )) » » )) » 2.100 » » » »
- Pérou )) 6.360 )) 3.300 » 2. 100 » 1.050 » 1 050
- Chili )) 6.360 )) 25.300 » 2 100 » 14.700 >1 2.100
- Mexique » » » 9.900 » » y » » »
- Uruguay « )) 16.960 » 3.300 » » )) 11.550 » 6.300
- Amérique Centrale )) » )) 2.200 » » » 1 .050 V ))
- Argentine » 23-320 » 45.100 M 40.950 )) 10.500 » 24.150
- Tripolitaine « « 1.100 )) )) » )> )) 1 .050
- Portugal » » )) » )) » )) » » 1.050
- Afrique Espagnole » » )) » » » » » " 1 .050
- Grèce » » )) » )) )) )) » ï) 5.250
- Chypre )) » » » )) 1.050 » 1.050 )) 1 .050
- Roumanie )) 1.060 )) » » )) » » )) »
- Candie )) » ». » )) fi » » » 5.250
- Gibraltar « » » » v » )l i) »
- Australie .... )) 1.060 )) » )) )> )) )) » »
- Valeur totale. Lire • 110.240 340.260 110.000 181.500 71.400 291.900 103.950 222.600 124.300 326.550
- 180 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- p.180 - vue 185/622
-
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-
- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de laine (tricot molletonné : autre que bas et gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie ... ... 1.400 1 .400 1.450 » 1 .400 8.400 1 .400 2.800 2.940 7.000
- France 14.000 16.800 11.600 » 4.200 2.800 12.600 1.400 13.230 5.600
- Allemagne 156.800 1 .400 121.800 » 14.000 1 .400 22.400 1 .400 35.280 »
- Grande-Bretagne 9.800 » 5.800 1.450 1.400 » 9.800 )) 19.110 ))
- Tunisie » )) » 2.900 » 2.800 )) » » 5.600
- Grèce ... 1) » » 2.900 )) )) » )) » 1 .400
- Serbie . . » )) » 1.450 » )) » 1 .400 » 2.800
- Malte » 2.800 » » » 4.200 » 2.800 » 2.800
- Roumanie » » » )> » » )> )) » 4.200
- Suisse 1 .400 26.600 1.450 2.900 1.400 1.400 5.600 1 .400 8.820 2.800
- -p . x d’Asie I urquie { VT* ^ ' d Europe » 89.600 » 43.500 )) 64.400 » 651.000 » 670.600
- n )) » » )) 8.400 » 4.200 )) 128.800
- Autres contrées d’Asie » » » d » » » » » 1.400
- Egypte 22.400 » 21.750 » 25.200 » 110.600 )) 99.400
- Algérie )) » » 1.450 » « )) D » 1 .400
- Etats-Unis 1 .400 » 13.050 » 1 .400 » 9.800 1 .400 13.230 1.400
- Amérique Centrale » I. » » » >) « » » ))
- Pérou » 9.800 » » )) 1 .400 0 2.800 » 1 .400
- Argentine .... » 15.400 » .40.600 » 16-800 » 18.200 )) 82.600
- Chili » 1.400 » * 2.900 » 2.800 )) 14.000 » 7.000
- Colombie » )) w )) » )) )) » » 4.200
- Mexique . . » 5.600 » » » » 8.400 » 2.800
- Brésil » 4.200 » 1 .450 )) )) » » » 2.800
- Uruguay » )) » 13.050 » )> )) y> - )) 4.200
- Somalie italienne h » » » » » ).) 2.800
- Candie .... » )J » )) » » » » » 7.000
- Chypre » » » » » » » )> )) 4 200
- Indes anglaises » >) » » » ,i » » )) »
- Portugal ... . . #. . . . )) » » )) » » » » » •i
- Erythrée » » » 1 .450 » » » » » ))
- Valeur totale Lire. 184.800 197.400 155.150 137.750 23.800 140.000 61.600 821.800 92.612 1,054.200
- ü
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 181
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-
-
-
- 182
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- b) BONNETERIE DE LAINE
- Les importations de bonneterie de laine en Italie présentaient en 1906 la situation suivante :
- Allemagne................ 235.240 lire.
- France................... 38-380 —
- Le chiffre total d’affaires pour cette spécialité a atteint la même année la somme
- de 295.040 lire.
- On voit donc que l’Allemagne et la France sont les deux qui importent le plus.
- La diminution constatée en Suisse et en France est la conséquence des modifications apportées au régime douanier de ces pays et de l’Italie elle-même.
- c) BONNETERIE DE SOIE
- (autre que bas et gants)
- En ce qui concerne la bonneterie de soie, les statistiques italiennes ont jugé à propos de créer une infinité de rubriques qui correspondent aux droits de douane très différents appliqués en Italie, suivant la quantité de soie employée à la fabrication des articles.
- Pour la bonneterie toute en soie, la situation a été la suivante de 1906 à 1910 :
- Importation. — Les principaux clients sont l’Allemagne, la Suisse, la France et l’Autriche-Hongrie.
- Les quantités importées par ces pays ont varié au cours des cinq dernières années dans les proportions suivantes :
- Valeur en lire
- 1906 1910
- Allemagne . . . 111.000 43.000
- Suisse . . . 17.800 2.910
- France . . . 6.600 10.864
- Autriche - Hongrie . . . 6.700 1.358
- Le chiffre total des importations était en 1906 de 146.475 lire; en 1910 il n’
- plus que de 81.469 lire.
- Exportation. — Le commerce d’exportation de ces mêmes articles était en 1906 de 92.600 lire; en 1910 il n’atteint plus que 10.864 lire. Les principaux clients sont la Grande-Bretagne, Malte et la Suisse.
- Quant aux articles en tricot mélangé avec de la soie dans la proportion de 12 à 50 0/0, les importations étaient en 1906 de 3.480 lire ; en 1910, elles ont atteint 12.406 lire.
- Ces articles étant essentiellement soumis aux variations de la mode, il n’est pas surprenant que les ventes présentent d’une année à l’autre des variations qui peuvent paraître considérables.
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-
-
-
- I T'A LIE
- Bonneterie de Soie (tricot molletonné : autres que bas et gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 i 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lite Lire
- France 2.100 )) 50.715 )) )) 1 .140 2.716 )) 10.864 »
- Allemagne 17.200 )) 19.425 » 665 950 13.580 )) 19.206 »
- Grande-Bretagne ,3.400 » 3.255 )) 95 » 21.728 )) 11.543 3.880
- Suisse 1.900 23.600 1.470 8.190 » » 1.455 )) 2.910 776
- Autriche-Hongrie 6.700 )) » )) » » 194 » 1.358 »
- Belgique. . . » » » » » » » )) » »
- Indes Anglaises » » » » » » » )) » »
- Egypte » » » t » )) 475 » )} » »
- Argentine •» 6.100 )) )) » 3.800 « )) )> «
- Malte » » » » » « » )) » 6.208
- Gibraltar » » » 2.730 » » » )) » »
- Mexique » » » 16.485 » )) » )) » »
- Valeur totale Lire 31.300 29.700 74.865 27.405 760 6.365 39.673 )) 45.881 10.864
- o
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 183
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-
-
-
- ITALIE
- Bonneterie de Soie (Tricot simple : autre que Bas et Gants)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie )) » )) )) )) 800 164 )) ))
- France 4.505 » 29 430 )) 14.960 400 4.346 10.824 >) »
- Bulgarie » » )) )) » 400 )) )) )) .»
- Allemagne 94.095 » 59.850 )) 19.200 ï) 14.678 » 24.190 ))
- Suisse 15.810 » 1.170 » » )) 3 362 » » ))
- Grande-Bretagne 765 » 450 )) 720 » 6.724 » 11.398 >1
- Egypte » » » » » » ») )) )) ))
- Argentine « » » )) i) )) » » )) »
- Turquie d Europe » 62.900 » )) » 800 » » » ))
- Chili » )) » 18.990 » » » » » ))
- Etats-Unis . P )) » 7.830 » )) 574 » » »
- Valeur totale Lire 115.175 62.900 90.900 26 820 34.880 2.400 29.848 10.824 35.588 »
- 184 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
-
-
- ITALIE
- Bonneterie de Soie (Tricot mélangé avec de la soie de 12 à 50 0/0)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- TRICOT SIMPLE
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1910
- Importation» Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire
- France. • • ... 2.800 )) 170 »
- Autriche-Hongrie .... » >1 136 »
- Allemagne ... ... » » 2.210 »
- Grande-Bretagne » 1) 204 »
- Suisse » » 170 »
- Valeur totale • • Lire 2.800 )) 2.890 »
- TRICOT FAÇONNE
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1910
- Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire
- France 400 » 1.131 ))
- Allemagne 200 )) 3.900
- Grande-Bretagne. . • • 80 )) 2.574 »
- Autriche-Hongrie .... )) )) 546 ))
- Suisse » )) 1.365 »
- Valeur totale . . . Lire 680 )) 9.516 »
- ü
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 185
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-
-
- ITALIE
- Bonneterie de Lin (tricot simple et molletonné)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lite Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Allemagne 10.450 )) 1 .210 » 52.250 )) 40.050 )) 16.150 »
- France • 1.900 )) 41.280 )) » 15.040 1.900 )) 950 ))
- Suisse 1.900 )) )) )) » )) » » » ))
- Grande-Bretagne w » 1.090 )) » )) » )) » »
- Autriche-Hongrie • » )) » )) » » » )) » 2.140
- Valeur totale. ..... . Lire 14.250 )) 43.580 )) 52.250 15.040 41.950 )) 17.100 2.140
- 186 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 187
- LA GANTERIE DE TRICOT EN ITALIE
- C5?
- L’étude des statistiques italiennes démontre que le commerce des bas et des gants en tissu de tricot est prospère en Italie.
- Les articles en coton sont ceux qui fournissent les chiffres les plus élevés des statistiques.
- a) GANTERIE DE COTON
- Importation. — De 1906 à 1910, l’importation des bas et gants en coton s’est développée dans des proportions considérables. En 1906, elle représentait 133.500 lire. En 1910, elle a atteint la somme de 2.180.080 lire.
- Les Nations qui ont le plus bénéficié de cette augmentation, sont l’Allemagne, la France, la Suisse.
- Les chiffres suivants donnent la situation respective des importations de ces nations en 1906 et en 1910. “
- Valeur en lire
- Allemagne. . . France . . . .. Suisse .... Grande- Bretagne
- 1906 1910
- 14.750 1.977.590
- 9.900 86.510
- 3.300 63.320
- 2.400 31.200
- Exportation. — Contrairement à ce que nous avons constaté pour l’importation, nous devons enregistrer une baisse dans les exportations pendant la période des cinq années de 1906 à 1910.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Les principaux clients de l’Italie qui étaient les Indes anglaises, la Turquie d’Europe, l’Uruguay ont diminué l’importance de leurs achats.
- De 1906 à 1910 les ventes de bas et gants ont diminué dans les proportions suivantes :
- Valeur en lire
- 1906 1910
- Indes anglaises . . . 74.600 450
- Turquie d’Europe. . . . . . . 79.750 38.400
- Uruguay . . . 18.400 21.600
- Le chiffre total des exportations de bas et gants de coton, était, en 1906, de 258.250 lire; en 1910, il est tombé à 177.000 lire.
- La situation ne semble donc pas favorable à l’industrie italienne.
- b) GANTERIE DE LAINE
- Les importations et les exportations de ganterie en tricot de laine sont infiniment plus faibles que celles des articles en coton.
- Importation. — De 1906 à 1910, la situation accuse une plus-value importante (année 1906: 185.700 lire; année 1910; 359.675 lire).
- Les principaux fournisseurs sont l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.
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- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de Coton (tricot : bas et gants taillés)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Belgique » » » )) )) )) )) )) 530 »
- Autriche-Hongrie 1.350 » 1 410 2.350 3.520 » 3.200 " 530 »
- France 4.500 )) 2.820 )) 880 » 2.000 " 3.710 »
- Allemagne 39.150 )) 85.070 » 106.480 )) 71.200 )) 86.390
- Serbie » 2.250 » )) » )) » » » »
- Suisse • . 900 » 940 )) 1.760 )) 400 )> 2.120 1.350
- Turquie d’Europe » 69.750 » 940 )) 2.640 )) 11.600 » »
- Indes anglaises et Ceylan ' » 71.100 » 940 » » )) 71.600 « 450
- Egypte » 9.900 » 6.110 » 2.640 » » >' »
- Tripolitaine » 1.350 » » )) 440 « )) )) »
- Brésil » 450 » )) )) )) )) » » »
- Argentine » 4.050 » 15.510 » 29.920 )) 7.600 » 900
- Uruguay » 14.400 » 9.870 » 3.520 )' » )) 10.800
- Malte » » » 470 » 440 » « )) 900
- Turquie d’Asie » » » » ï) 440 » » » 3.150
- Tunisie » )) » * )) » 1.760 » )> )) »
- Chili » » » » « » >; 1.200 )) 450
- Roumanie • » » » » » 440 » v> >1 ï)
- Grande-Bretagne • • » » 940 470 440 » 400 )) )) »
- Etats-Unis » » » » 440 880 7.600 )) )) »
- Portugal » » » 1.880 )) » » )) » ï>
- Amérique centrale... .... » » » 1 .410 » )) » 400 » »
- Australie » )) » 470 » )) )) » » ))
- Erythrée )) « >1 940 » » » » » »
- Afrique anglaise du Sud )) » » 3.290 » » )) » )) »
- Valeur totale Lire 45.900 173.250 91.180 44.650 113.520 43.120 84.800 92.400 93-280 18.000
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 189
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- ' ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de Coton (tricot : bas et gants molletonnés)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 1.800 2.000 11.160 5.720 9.280 10.560 14.040 5.590 20.400 6.600
- France 5.400 » 22 940 » 21.460 1.920 35.360 2.580 82.800 3.600
- Allemagne 75.600 )) 447.020 » 549-260 3.360 642.720 9.030 1.891.200 4.800
- Grande-Bretagne 2.400 )) 12.400 7.280 10-440 » 11.440 860 31.200 »
- Grèce » 500 » » » » )) » » 1.800
- Malte )) 1.000 » 4.680 » 10.560 » 7.740 » 2.000
- Roumanie )) 9.500 » » » )) » » » ))
- Suisse 2.400 » 11.780 » 3-480 2.400 7-800 2.150 61.200 4.800
- -p • S d’Europe » 10.000 » 30.680 )) 18.240 )) 26 230 » 38.400
- Turquie . ( d,As.e » 500 » 1.560 » 4.320 » 24.940 » 32.400
- Indes anglaises et Ceylan )) 3.500 » 1.040 )) 480 » 4.300 » ))
- Erythrée » » » x> » 480 » 430 » 1.200
- Egypte » 41 000 » 35.360 » 43.680 » 42.570 w 8.400
- Afrique méridionale anglaise .... » )) » )> » » )) » » 600
- Tunisie » 4.000 » 8.320 » 25 440 )) 17.200 » 14.400
- Tripolitaine » » » 6.240 » 7.200 » 2.150 » 4.200
- Etats-Unis » 1 .500 » » » 1.440 » 2.580 )) 4-200
- Chili » )) » )) » 480 » )) » 3.600
- Pérou » 2.500 » )> » » » )) » ))
- Amérique centrale » » » 3.120 » )) » » » »
- Argentine » 4.000 )) 31.720 )) 13.920 )) 11.610 w 2.400
- Equateur » » » 1.040 » )> » » >) »
- Uruguay )) 4.000 )) 1.040 » 2.400 » 1.290 » 10.800
- Portugal » » » » » 1.920 )) 860 » »
- Australie. » 1 .000 » » » » » » » »
- Perse )) » » » )) » » 430 » »
- Candie » » » » » 2.880 )) 860 » 13.800
- Brésil » » » » )) )) » 860 » »
- Valeur totale Lire 87.600 85.000 505.300 137.800 593.920 151.680 711.360 164.260 2.086.800 159.000
- 190 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- ITALIE
- Tableau du Commerce de la Bonneterie de laine (tricot : bas et gants molletonnés) pour les années 1906 à 1910
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Liie Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 1.800 9.000 )) )) )) 1.800 » 1.800 1.900 ))
- France 18.000 » 18.500 )) 19.800 1 .800 23.400 » 15.200 5.400
- Allemagne 106.200 »> 297.850 » 156.600 1.800 167.400 1 .800 203.300 3.600
- Grande-Bretagne 30.600 » 44.400 )) 54.000 1 .800 66.600 )) 74.100 »
- Grèce )) 3.600 )) )) » )) )) )) » . »
- Malte )) 9.000 » » « 10.800 » )) » 1 .800
- Suisse '3.600 H 5.550 » 1.800 1.800 3.600 1.800 1.900 5.400
- Turquie d’Europe » 21.600 » )) » » » 50.400 » 3.600
- — d’Asie » 5.400 » )) )) )) )) 1.800 )) »
- Egypte )> 1.800 » )) » » » 10.800 » »
- Argentine » )) » 24.050 » )) )) 1.8 00 » 1.800
- Bolivie » )) » » » » )) » » 1.800
- Etats-Unis » i> » 6 » » 3.600 » 1.800 » 7.200
- Erythrée » » » 1.850 » » d )> » »
- Amérique Centrale » » » 7.400 » » » » » »
- Chili » )) » O LT» 00 » » » » « ))
- Bulgarie » » » )) » 1.800 » 1.800 » »
- Uruguay ... » » » )) . » )) » 5.400 » »
- Equateur. » » » ' » » 5.400 » » » »
- Roumanie • » « » » )> » » 3.600 » »
- Valeur totale Lire 160.200 50.400 366.300 35.150 232.200 30.600 261.000 82.800 296.400 30.600
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- ITALIE
- Bonneterie de Soie (tricot : bas et gants molletonnés)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Expoitations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie » )) )) 1) 600 » 6.732 » » »
- France 2.940 )) 35.530 •• 15.900 1 .000 22.338 » 29.172 i)
- Allemagne 35.070 )) 60.500 » 22.700 500 33.354 » 93.330 »
- Grande-Bretagne 3.255 » 17.380 » 1.500 200 11.526 » 3.774 »
- Suisse 2.520 )) 10.340 » 200 » 6.936 » « »
- Japon » » » » )) » » » 306 »
- Etats-Unis » \) )) » 200 » )) » » »
- Valeur totale Lire 43.785 >' 123.750 >1 41.100 1.700 80.886 » 126.582 ))
- 192 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- Boutons gravés et coloriés de la fin du XVIII' siècle D’après l’estampe de Esnault et Rapilly.
- LE
- BOUTON
- Boutons imprimés en camaïeu sur satin. Fin du XVIIIe siècle. D’après l’impression originale.
- HISTORIQUE
- Pour attacher le pallium sur l’épaule les dames grecques et romaines se servaient d’un petit crochet qui porte aujourd’hui le nom d’agrafe. L’agrafe antique est ordinairement recouverte d’un camée ou d’une pierre gravée et entourée de roses, de brillants. Le petit crochet peut prendre quelquefois l’apparence d’un serpent.
- A diverses reprises, l’agrafe réapparut, elle servit de signe de ralliement aux Parisiens, du temps d’Etienne Marcel. Elle était alors en argent émaillé de vermeil et d’azur, portant pour inscription « A bonne fin ».
- Le chancelier de l’Hôpital fit une ordonnance en 1561 pour défendre de mettre des agrafes d’or ou d’argent sur la ceinture. Ainsi l’origine de l’agrafe, aussi bien que celle du bouton correspond à un enjolivement du costume. Primitivement, on se contentait de cordons, qui n’avaient certes aucune prétention à l’élégance.
- Les boutonniers du moyen âge étaient corporation fort turbulente et fort importante, affiliée à celle des patenôtriers et susceptible, comme cette dernière, de travailler les métaux précieux. Les boutonniers voisinent avec de nombreux métiers et la délimitation de leur profession est sujette à de fréquents litiges.
- Il y a d’abord :
- 1° Les patenôtriers, boutonniers d’émail, qui succédaient peut-être aux faiseurs de boucles du livre des métiers. Leurs statuts datent de 1566. Ils peuvent faire des boutons d émail, dorure sur verre, boucles d’oreilles, objets de verrerie allant au feu ; la dorure sur os et sur corne leur est défendue.
- 2° Les patenôtriers d’os ou de corne, qui font renouveler leurs statuts en 1571.
- Ils façonnent l’os et la corne en boucles rondes, en carrés plats, en forme d’olives ou.... de tête de mort. Cette corporation est en somme l’ancêtre directe des fabricants de boutons d’os et de corne.
- Enfin, 3° les boutonniers d’or et d’argent, longtemps confondus avec les passe-
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- mentiers et que nous retrouverons aux XVII* et XVIII* siècles, époque de splendeur pour les boutons qui ornent tous les habits et tous les uniformes.
- Donc, au moyen âge, on achète aux patenôtriers des boutons d’or et d’argent qui servent de bijoux. Les chaperons à l’usage des femmes sont ornés de boutons d’argent et c’est là un luxe très modeste ; dans les comptes royaux, des chaperons de brunette, espèce de taffetas, étaient garnis de franges d’or et de soie et de boutons d’or de Chypre.
- Isabeau de Bavière, portant ses habits royaux, a sur son surcot de drap d’or mille enjolivements de cordons, de glands, de boutons resplendissants de pierres précieuses.
- Jusqu’au XVIIIe siècle, les paysans (hommes) font fort peu usage de boutons, ce que l’on voit surtout pour fermer leurs vêtements ce sont des cordons. Signalons à l’époque de la Renaissance, deux singulières utilisations des boutons : les femmes, particulièrement en Italie, ne sortaient qu’avec un masque qui ne portait point de cordons, mais un gros bouton de verre fixé à la hauteur de la bouche et qu’il fallait presser entre les dents pour maintenir le masque. Les galants étaient ainsi privés non seulement de la vue de leurs belles, à la promenade, mais encore de leur conversation, que ce bizarre usage rendait impossible.
- Le bouton servait aussi à relever les énormes jupes que portaient les femmes vers 1560 : « La queue de leurs robbes étaient constamment longue de six pas et assembloyent sous icelles quand elles les trainoient par les grandes salles ou églises force stercores ou crottes de chien, poussières, franges et autres saletez ; si elles ne les laissaient trainer quand elles étaient au bal, on leur attachait cette inutile queue sur le cropion avec un gros crochet de fer, un bouton d’os ou d'ivoire (Louis Guyon, sieur de la Nauche, Les diverses leçons) ».
- Lorsque les patriciennes vénitiennes quittèrent le vêtement dit à la dogalina XVIe siècle, elles prirent à la place une robe sans corset et brodée d’or, avec des manches ornées dans le sens longitudinal, de gros boutons de même métal. On portait également à Venise des collets chargés de boutons d’or émaillé. Mais ces boutons doivent si bien être compris dans le sens de bijoux, qu’à plusieurs reprises les lois somptuaires les atteignirent, et certain arrêt du grand Conseil interdit les boutons d’or et d’ambre coûtant plus de 10 sous.
- Tous les pays n’étaient pas aussi sévères, et l’industrie du bouton faisait parfois vivre son homme. Brantôme pense que Poltrot de Méré, l’assassin du duc de Guise avait rejoint, en 1559, Bouchard Vicomte d’Aubeterre, à Genève, lorsque celui-ci « y vivait de son métier de faiseur de boutons ». En France, l’édit de 1549 interdisait absolument l’or et l’argent sur les vêtements à l’exception toutefois des boutons d'orfèvrerie.
- Les Polonais avaient également sur leurs habits d’apparat de riches boutons ornés de pierres précieuses. Ils affectaient souvent la forme d’églantines avec une pierre au milieu. Nous ne pensons pas que ce soit par esprit d’imitation qu’Henri IV ait commandé « un cappot (ou manteau de pluie) de serge de Florence, doublé de faye avec parements de velours, garni de gros boutons à la polonaise ». Ce nom
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- générique devait indiquer plusieurs espèces de boutons qui, probablement étaient ici plus simples que ceux des boyards de la Pologne.
- Marie de Médicis, qui avait parfois de coûteuses fantaisies achète certain jour pour attacher et fermer ses gants, six boutons d’or émaillé, garnis d’un grand diamant
- ” ^Boutons d*orfèvrerie ”, fin du XVIIIe siècle T)*après une estampe de l époque.
- chacun. Ou encore organisant une loterie dans ses cabinets, comme distraction d’après midi, y fait figurer dix-huit boutons de diamant, du prix de 1.350 livres.
- Il est vrai qu’en envoyant leurs notes, les patenotriers orfèvres spécifient dans quelles conditions et par qui ont été joués ces objets, mais comme la part de la reine y était toujours supérieure à celle des autres, le compte devait être parfois assez lourd à régler.
- Anne d’Autriche a le goût des mêmes somptuosités, et lors de son arrivée en
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- France en 1615, elle porte un habit à l’Espagnole avec de grandes manches pendantes ornées de diamants qui lui servaient de boutons.
- Le règne de Louis XIV est l’apogée de la mode du bouton d’orfèvrerie sur les habits masculins.
- Déjà aux fêtes du mariage du roi de Pologne (1645) on avait admiré la suite de l’évêque de Warmie et du palatin de Posnanie vêtue d’habits rouges et jaunes ornés de grandes boutonnières d’orfèvrerie. Leurs vestes étaient également enrichies de boutons de rubis et de perles. Bientôt les élégants les imitèrent et portèrent des boutons nombreux serrés les uns contre les autres à l’ouverture de la veste, aux poches, aux manches. La garniture de ces boutons et boutonnières était de soie aurore jaune ou blanche, rappelant l’or ou l’argent.
- A ce moment, les variétés de boutons deviennent innombrables.
- Les boutonniers passementiers font des boutons de plusieurs grosseurs, façons et matières d’or et d’argent filés, de soie, de poils de chèvre, de fil de lin ou de chanvre, de crin, de jayet (jais). On fait des boutons en amande, à la brochette, à cul de dé, à l’épi, à garde d’épée, d’or uni, d’or façonné, de poil et de soie unie.
- Sur le bouton façonné, on exécute des dessins qui varient de façon incessante ; un ouvrier ne fait pas quelquefois dix garnitures de même dessin et l’on a souvent recours à son goût et à son imagination pour trouver du nouveau.
- Le bouton poil et soie est comme son nom l’indique un mélange de deux sortes de fils, mélange que le maître exécute lui-même au rouet et qu’il dévide sur la bobine qu’il donne toute préparée à l’ouvrier qui fera le bouton.
- Il y a encore des boutons de crin qu’on fait surtout en France et en Hollande, deux centres de production très estimés et dont la fabrication est très supérieure à celle de Liège. On fait aussi dans cette dernière ville, des boutons de fil, de laine, de verre et de rocaille.
- Ces diverses sortes de boutons sont faites sur des moules, lesquels étaient fabriqués par une corporation spéciale qui les taillait dans des bois durs, frêne, chêne, poirier. Antérieurement on avait fait des moules en corne.
- En 1566, Charles IX avait même promulgué un édit spécifiant que les moules des boutons, glands et olives devaient être faits simplement en cuir, carton ou drap, pour y appliquer une forte garniture de fil d’or. La fragilité de ces matières premières les firent abandonner pour le bois dur beaucoup plus résistant.
- Les boutons d’or et d’argent comprenaient encore le bouton en relief, pour lequel on emploie de minces feuilles de métal repoussées par en-dessous, à l’aide de « tas » gravés au poinçon, sur lesquelles les feuilles frappées épousent toutes les concavités et les convexités pratiquées par le graveur. Le bouton plané ou le métal en plein est monté sur un moule à l’aide d’une espèce de ciment.
- La matière de ces boutons est tantôt du plomb, tantôt de l’étain argenté, que les boutonniers fondent et argentent chez eux, tantôt du cuivre qu’ils prennent chez le fondeur ou de l’or et de l’argent pour lequel ils s’approvisionnent chez l’orfèvre.
- Approchant ainsi de toutes les corporations, les boutonniers sont en procès incessants pour maintenir leurs privilèges. Les boutonniers d or et d argent étaient d’abord confondus avec les passementiers, sous la même obligation de n’employer l’or
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- Boutons de la fin du XVIIIe siècle
- D’après La Galerie des Modes
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- fin que sur la soie et le faux or sur du fil ou de la filoselle (statut de Martin de Bragelonne, prévôt de Paris 1559).
- Au XVIe siècle, premier procès entre les deux branches de la corporation, les passementiers voulant interdire aux boutonniers la fabrication des boutons d’os ou de métal. Ce ne fut que le premier d’une longue série de procès qui eurent au XVIIIe siècle un succès de curiosité pour le public.
- En 1719 et en .1736, les boutonniers obtiennent enfin des statuts pour eux seuls. Mais les boutonniers continuent la série de leurs chicanes avec les tailleurs d’habits, qui garnissaient les habits de boutons taillés à même l’étoffe et faits par eux; avec les fondeurs de métal, qui de tout temps avaient fait des boutons de robe; avec les orfèvres enfin. Ceux-ci s’attri" buaient le droit de vendre des boutons de pierre de couleur, auxquels le lapidaire avait donné la forme ad hoc et qui recevaient ensuite une monture propre à l’usage de bouton.
- En 1718, un patenôtrier de corail, nommé Janin, avait découvert un procédé pour imiter la perle fine. Dès lors cette nouvelle fabrication devint une source fices pour la cor] patenôtriers boutonniers d’émail, et sur quinze maîtres, deux seulement continuèrent à travailler l’ambre et le corail, tous les autres faisaient de fausses perles.
- En 1723, pour donner satisfaction à tous, on fusionna les verriers et les émail-leurs qui, de leur côté, firent un contrat d’union et devinrent ainsi les fabricants d orfèvrerie d’imitation.
- On s’adressait encore aux orfèvres qui travaillaient autre chose que le clinquant, puisque M. de Létorière, sous Louis XV, se montrait en un jour de splendeur paré d un habit avec une garniture de grands et de petits boutons de prime d’opale enrichie de diamants.
- « Vers 1775, on imagina, nous dit M. Hayem, dans son remarquable travail
- aDncation ae- , , i ./X Sllr?' .
- de gros béné- . 4#
- orporation des - 7 "V ‘ ^ •
- Miniers d’émail, •'**’*'
- maîtres, deux ,1;
- — ? *fr
- “ Boulons à sujets sur papier Epoque Louis XVI. D*apres la gravure originale.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- sur le bouton à l’Exposition de 1900, des boutons miniatures qui formaient de véritables cadres, avec sujet peint ou gravé, verre protecteur et cercle d’or ou de cuivre
- servant à maintenir le tout.... Le boutonnier n’intervenait plus guère que dans la
- confection matérielle, l’arrangement des cercles, des verres, des boucles à coudre. Si le bouton était de qualité courante, on mettait sous verre de petites gravures coloriées sans valeur; mais si la qualité était Soignée, on allait jusqu’à la gouache d’artiste, à la miniature d’ivoire d’un Freudenberg. »
- Un joli sang bleu, en souriant aux dames, appuyait subrepticement du doigt sur un petit levier, qui faisait mouvoir un minuscule bas-relief peint et articulé, décorant l’intérieur d’un large bouton d’habit tenu sous verre. La scène représente le sacrifice d’Abraham, simultanément le petit levier fait baisser la tête d’Isaac agenouillé, lever le bras d’Abraham, armé d’un coutelas, et descendre l’ange qui intervient pour cureter ce bras.
- D’autres élégants plus simples se contentent de deux cercles de verre, entre lesquels un coléoptère, scarabée ou carabe est enfermé; on peut ainsi porter sur soi un herbier en miniature ou une collection entomologique.
- C’est à la Révolution que les boutons perdirent leur apparence de grand luxe, abandonnèrent leurs allures d’objets d’orfèvrerie, pour devenir vraiment une nécessité dans l’habillement. Le costume simple et austère des Roland, des Danton, des Desmoulins, bannit les aiguillettes, les flots de noeuds et de rubans. Les boutons de métal uni et plat restèrent le seul procédé d’attache du vêtement.
- Les femmes, par opposition avec la simplicité masculine du consulat, sur le chapitre bouton, reprirent l’usage antique de garnir de camées leur façon de péplum; et l’on vit Mme Tallien chez Barras, vêtue d’une tunique de statue grecque, dont les manches étaient rattachées sur les bras par des camées.
- Sous l’Empire, les boutons d’uniforme sont surtout intéressants à étudier et se rapprochent alors d’un chapitre tout spécial : « l’habillement militaire », lequel n’entre point dans notre cadre.
- A l’époque de la Restauration, pour égayer les habits de drap et rappeler un peu les chamarrures des années précédentes, quelques élégants reprirent au bal des gilets à boutons d’acier poli et taillé ou même des boutons de jais noir.
- Les élégances romantiques usent et abusent du bouton d’or. Un professeur au collège Stanislas, Théodore Burette, va faire ses cours en gilet à la Robespierre, avec frac vert à boutons d’or. De plus, le paletot s’orne de boutons de nacre larges comme des pièces de cinq francs.
- Les amazones elles-mêmes ferment leur corsage très ajusté par un rang de boutons d’or en forme de grelots cousus très rapprochés.
- Les boutons devinrent dès lors tyranniques s’implantant aussi bien le long des guêtres qu’à la jugulaire de la casquette. On a abusé d’eux comme on abuse de toutes choses. Chacun est libre, en regardant le dos de son voisin, de se demander à quoi servent les deux boutons placés derrière les habits, redingotes et jaquettes : ces deux pauvres exilés qui ont l’air d’être envoyés là à la recherche de quelque fantastique boutonnière.
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- Fabrication du Bouton
- es?
- Après avoir été très longtemps tributaires de l’Angleterre pour les boutons simples dont la fabrication avait été abandonnée par les anciennes corporations, on essaya d’établir rue Saint-Honoré, une usine. Louis XVI la dota même d’une subvention de 100.000 francs, mais l’affaire végéta et fut définitivement ruinée par la Révolution.
- Au moment du blocus continental, la rupture des relations commerciales avec l’Angleterre obligea la France à fabriquer de nouveau.
- On appliqua alors la protection à outrance, l’absence de concurrence étrangère amena une ère de prospérité. Les fabricants n’exportant pas ne pouvaient suffire à la demande en France. En 1836, l’importation brusque des boutons étrangers, favorisée par l’abaissement des droits et sans qu’une contre partie se soit produite en faveur de 1 introduction des matières premières, quelques ruines se produisirent.
- En 1853, l’industrie est de nouveau dans une situation très florissante. On emploie à cette époque un outillage déjà fort compliqué et les caprices de la mode obligent à sa fréquente transformation.
- On se sert de machines à vapeur, de tours, de découpoirs, de moutons, de balanciers, de chaudières, de fourneaux ; on fait appel à la chimie pour la dorure et l’argenture.
- Un graveur habile et soigneux est nécessaire pour l’exécution des boutons de livrées armoriés.
- Comme concurrence étrangère, la plus redoutable est celle de l’Angleterre pour les boutons de nacre et la fabrique de Bissingen dans le grand duché de Hesse qui fabrique spécialement des boutons en papier mâché.
- L’auteur du rapport de l’Expositiqn de 1855 se plaint que les fabricants de boutons semblent ignorer encore le système décimal et vendent leurs articles par douzaines et par grosses, que de plus les dimensions des boutons sont encore classées par les mesures tombées en désuétude et non par la désignation en millimètres.
- Détails sur l’Industrie du Corozo
- Le corozo est produit par le fruit du palmier tagua, il peut remplacer l’ivoire des éléphants pour bien des usages, mais surtout pour la fabrication des boutons.
- L’arbre pousse à l’état sauvage sur la côte Ouest de l’Amérique du Sud dans le Panama, la Colombie, l’Equateur (qui est mieux organisé que les autres pays pour en tirer parti de façon industrielle) et le Pérou.
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- Le tagua est un petit palmier avec un tronc très court, garni dans le haut d une touffe de feuilles d’un vert lumineux et en forme de plumes.
- Les fruits qui ressemblent un peu à la noix de coco poussent au nombre de 4 à 9 par arbre. Ils sont de la grosseur de la tête d’un homme et pèsent une dizaine de kilos. Leur écorce fibreuse est couverte de petites bosses ligneuses. C est dans l’intérieur de ces petites bosses que se trouvent les graines proprement dites qui, arrivées à maturité ont la dimension de petites pommes de terre, sont blanches et dures, finement granulées et ont toutes les caractéristiques de l’ivoire ; la noix contient 6 à 9 graines. Sa récolte pour chaque arbre est donc très variable, puisqu on peut avoir 24 graines au minimum et 81 au maximum.
- Dans le temps de la formation, la graine contient d’abord un liquide fluide, clair et insipide, qui sert de boisson aux voyageurs de la jungle. Rapidement ce liquide devient laiteux et répand une odeur agréable, qui le désigne aux gourmandises de certains petits animaux l’appréciant volontiers.
- Cette cueillette prématurée est donc déjà une cause de déchets dans la récolte. D’autre part il faut se garder de cueillir les graines à l’arbre, le fruit n’est pas mûr et porte de légères taches au centre. 11 faut attendre que les noix soient tombées par terre pour les récolter.
- Le palmier tagua n’ayant jamais été cultivé, on ignore quelle est la meilleure époque, dans une existence qui dure de 50 à 100 ans, où son rendement se trouve le plus considérable. On estime qu’à partir de la sixième année, l’arbre a atteint assez de développement pour produire son maximum.
- L’exportation annuelle est de 20,000 tonnes et pour la plus grosse partie provenant de Cartagena et de Savanilla, dans l’Equateur. La Colombie fait également un petit chiffre qui peut entrer en ligne de compte.
- On a, depuis quelques années, découvert que le palmier tagua pouvait s acclimater en Afrique, mais jusqu’ici l’exportation de ce dernier pays est restée très faible.
- Comme nous le disions précédemment, le principal emploi du corozo ou ivoire végétal est le bouton. On l’emploie aussi un peu pour faire des manches de parapluies, des pièces de jeux d’échecs, etc.
- Nous rapprocherons les boutons de corozo des boutons de nacre. Pour les deux fabrications et pour arriver à produire des objets d’un prix insignifiant, la main-d’oeuvre est fort importante et l’outillage des plus compliqués, qui changent d une usine à l’autre et suivant la matière première employée ; pour les boutons de nacre, on emploie divers coquillages, dont voici les principaux :
- Nacre blanche, nacre noire, scharbkay, troca, burgos, halliotide, palourde. Colombo, moule, goldfish, singah.
- Ces différents coquillages ont d’ailleurs pour lieux d’origine les points du globe les plus variés : le Japon, Makassar, Singapour, Sydney, Tahiti, Manille, Auckland, etc.
- Leur importation se fait en Europe par les ports de Londres et du Havre.
- Avant de venir s’aligner sur les cartes si'bien présentées où l’ouvrière trouvera tous les calibres qu’exige l’entretien du linge de toute une maison, depuis les caleçons
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- de Monsieur jusqu’aux guimpes de Madame, la nacre brillante aux jolis reflets, subira de nombreuses préparations ou manipulations.
- D’abord débitées, découpées et classées, les coquilles arrivées à être des embryons de boutons, seront confiées aux opérations du meulage, tournage, gravage et guillochage, et s’il y a lieu au perçage, ponçage et polissage.
- Ajoutons que le grand centre de cette fabrication est le département de l’Oise et que l’exportation est considérable.
- BOUTONS EN CÉRAMIQUE ET EN GALALITH
- Le corozo, la nacre sont des matières employées depuis très longtemps dans l’industrie du bouton ; il en est d’autres qui répondent mieux aux exigences de la mode et qui se prêtent plus facilement à l’obtention des formes et des coloris les plus variés : nous voulons parler des boutons en céramique et en galalith.
- Dès le milieu du XIXe siècle le bouton céramique était connu en Angleterre. En faisant une pâte de porcelaine spéciale où entrait en grande quantité le feldspath, on avait obtenu des plaques assez résistantes que l’on colorait très facilement à l’aide d’oxydes métalliques. Mais tout d’abord la main-d’œuvre très longue et très compliquée, les boutons étant découpés un à un à l’aide d’un système de balancier comme pour des monnaies, laissait les prix fort élevés : 8 francs la masse pour les boutons blancs. On cuisait ensuite par un procédé analogue à celui employé pour la porcelaine tendre, les boutons encastrés dans un manchon de terre cuite.
- M. Bapterose reprit cette idée première en l’améliorant énormément. La première modification qu’il introduisit dans la fabrication fut l’invention et l’adoption d’une presse qui amena la production à 500 boutons dans le même laps de temps nécessaire autrefois pour 1 bouton découpé au balancier. Les prix s’abaissèrent à 1 fr. 75 la masse. Mais les usines de Briare (Loiret) si intelligemment dirigées ne s’arrêtèrent point là dans la voie du progrès et adoptèrent des outils spéciaux permettant de réunir automatiquement l’anneau qui forme la queue au corps même du bouton. La vérification du degré de solidité se fait aussi mécaniquement.
- Le coloriage, l’émaillage, le polissage, sont arrivés à un tel degré de perfection que les produits de ces usines sont demandés dans le monde entier et que son énorme production atteignait dès l’année 1900, 1 million de boutons par jour.
- Une autre matière plastique, la galalith, obtient également depuis quelques années un légitime succès. Elle est à base de caséine et fabriquée exclusivement dans des usines sises à Levallois-Perret et à Landrecies (Nord). Elle imite à s’y méprendre l’ambre, le corail, la corne, l’écaille et, ne contenant aucune matière inflammable, est très supérieure au celluloïd pour remplacer cette dernière matière. Employée à froid, elle convient admirablement aux diverses manipulations habituelles de la fabrication des boutons. Elle se tourne, se scie, se perce, se fraise comme la corne elle-même.
- Il est, de plus, facile d’obtenir à l’aide de la galalith des boutons de tailles les plus différentes, ce qui est impossible avec le corozo dont les graines ont un diamètre limité.
- La matière elle-même n’est point dans son ensemble d’une teinte uniforme. On peut donc l’employer presque sans teinture et possédant quand même une patine spéciale analogue à la teinte de la corne.
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- Mais lorsqu’on veut se servir de la galalith comme imitation de corail, de jade, d’onyx, de marbre, on arrive très facilement à lui en communiquer l’aspect avec des couleurs d’aniline qu’on emploie mélangées à l’acide sulfurique concentré.
- On trempe dans ce mélange les plaques de galalith qui ont été tout d’abord polies. On les laisse bouillir dans cette solution pendant un certain laps de temps, puis on les lave à l’eau pure et on les laisse sécher dans un endroit chauffé.
- Les plaques ont ordinairement 40 centimètres sur 50 centimètres et 2 millimètres d’épaisseur, celles-là ne demandent guère que deux semaines de fabrication, mais cette durée s’élève progressivement pour arriver à un an et demi environ pour les plaques de 27 millimètres.
- La galalith se vend de 4 à 6 fr. le kilog. et ses déchets sont rachetés sur la base de 0 fr. 60.
- BOUTONS DE VERRE
- Cet article est très en vogue en ce moment par suite de la mode actuelle dont il est un important accessoire.
- La Bohême est son principal pays d’origine. Elle est arrivée à nous proposer des séries de formes les plus diverses et dans tous les coloris, et à des prix auxquels l’industrie française ne peut rivaliser.
- BOUTONS DE MÉTAL
- Ce bouton qui date de fort longtemps a toujours des débouchés considérables par les besoins de la Guerre, de la Marine et des administrations.
- Autrefois le bouton plat était en honneur, mais il a été remplacé depuis le règne de Louis-Philippe par le bouton bombé pour lequel notre industrie parisienne s’est toujours imposée par le fini dans la fabrication dû à un outillage très perfectionné créé pour répondre aux demandes les plus variées.
- * Bouton à sujet sur papier **, de Cépoque Louis XV VD’après la gravure originale )
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- VILLAGE ALPIN
- Les boutons, agrafes, perles et paillettes à l’Exposition de Turin
- en
- Le nombre des exposants à la Section française était de douze :
- SOCIÉTÉ DES AGRAFES FRANÇAISES
- 48, Rue Alexandre-Dumas, Paris.
- Fut fondée en 1828 par MM. Gingembre & Fils.
- Cette Société a pour objet la fabrication des agrafes, boucles, anneaux, boutons pression, oeillets en tous genres, boutons pour livrées, uniformes, boutons de fantaisie.
- Tous ces articles sont manufacturés par les machines automatiques construites dans l’usine même.
- L’usine très importante, qui se trouve 48, rue Alexandre Dumas, occupe un nombreux personnel. Et, en outre, du travail est donné au dehors, procurant de l’ouvrage à un nombre d’ouvriers plus grand encore.
- Des versements mensuels de 30 francs sont faits aux ouvriers quittant l’usine après 30 ans de service, aucune retenue n’étant faite pendant les années de présence. Les produits obtenus ont déjà été primés dans les Expositions précédentes :
- Lyon 1894 : Grand Prix.
- Liège 1905 : Diplôme d'Honneur.
- Londres 1908 : Grand Prix.
- Turin 191 1 : —
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- CHARLES AVERSENG.
- 77, Rue de Richelieu, Paris.
- Cette maison fut fondée le 1er juillet 1901 par le titulaire.
- A ses magasins 77, Rue de Richelieu, ses ateliers 11, Rue Saint-Augustin et 3, rue du Quatre-Septembre, et son usine à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise).
- A exposé un panneau et une décoration représentant un coucher de soleil sur la mer, façonné avec des paillettes, perles, tubes, et fantaisies en gélatine de sa fabrication qui était d’une exécution parfaite.
- Les produits fabriqués par cette maison sont d’une vente très courante, étant seul fabricant en France des tubes en gélatine, et l’exportation lui passe des ordres très importants.
- Plus de 3.500 modèles sont susceptibles d’être soumis à la clientèle.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes dans les expositions :
- Saint-Louis 1904 : Médaille de Bronze.
- Liège 1905 : Médaille d’A rgent.
- Milan 1906 : Médaille d’Or.
- Londres 1908 : Diplôme d'Honneur.
- Bruxelles 1910 : Membre du Jury.
- Turin 1911 : Grand‘Prix.
- DEBAUGE & Cie.
- 3 et 5, Rue la Feuillade, Paris.
- La fondation de cette maison remonte à 1855.
- Fournisseur depuis 45 ans du Ministère de la Guerre et de la Marine, de 16 Corps d’armée, d’armées étrangères, administrations, lycées, etc.
- Par ses produits très soignés, cette maison s’est attirée la clientèle de presque tous les pays étrangers, ce qui l’a incitée à créer des dépôts à Bruxelles, à Buenos-Ayres, à Santiago, etc.
- L’usine se trouve, 39, rue du Bois, où un très nombreux personnel fabrique journellement des quantités considérables de boutons en tissus, en métal, de la bouderie, des objets d’équipement, des broderies, des objets estampés et gravés.
- Cette maison ayant suivi depuis longtemps les Expositions y a remporté les plus hautes récompenses, qui l’ont fait classer parmi les premières maisons françaises.
- En 1867, à Paris, elle obtenait une Médaille de Bronze, en 1878, une Médaille d Argent, en 1889, une Médaille d’Or. Membre du Jury et Hors Concours à Anvers en 1894, en 1895 à Amsterdam, Diplôme d’Honneur, et depuis cette époque, elle recevait dans toutes ces manifestations de l’industrie parisienne, des Grands Prix à Bruxelles en 1897, en 1900 à Paris, à Saint-Louis, en 1904, Liège 1905, Milan 1906, Londres 1908, Bruxelles 1910, Turin 1911.
- Elle a établi une Caisse de secours pour les employés et ouvriers.
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- PAUL ET ANDRÉ DOUDELLE.
- Saint-Crépin (Oise).
- Maison fondée en 1865 par M. J. Doudelle, Père.
- A exposé des boutons de nacre qu’elle fabrique exclusivement. Son usine est située à Saint-Crépin, où elle occupe un très nombreux personnel ouvrier.
- A obtenu déjà aux expositions précédentes :
- Londres 1908 : Médaille d’Or.
- Bruxelles 1910 :‘Diplôme d’Honneur.
- Turin 1911 : Diplôme d'Honneur.
- LEPR1NCE & BARON.
- 4, Rue de Cléry, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1880.
- Elle fabrique les boutons de fantaisie en métal, nacre, galalith, acier décoré et gravé, boutons à l’aiguille et au crochet.
- Ces derniers viennent des Vosges, où MM. Leprince & Baron ont installé de nombreux ateliers; à Andeville dans l’Oise se trouve l’usine où se fabriquent les boutons de nacre.
- Cette maison est devenue une des plus importantes de notre place.
- M. Leprince fut membre du Jury à Paris en 1900 et Hanoi 1902. Des Grands Prix lui furent accordés à Saint-Louis 1904, Liège 1905 ;
- Milan 1906 : Membre du Jury.
- Londres 1908 : Membre du Jury.
- Bruxelles 1910 : Vice-Président du Comité.
- Turin 1911 : Grand Prix.
- G. LEROY & Cie.
- 35, Rue Chapon, Paris.
- Maison fondée en 1820 par MM. Cambray & Chrétien, qui eurent pour successeurs MM. Jean Petit et le titulaire actuel.
- Expose une superbe collection de perles fantaisie, qui sont fabriquées dans leurs usines de Paris, l’une 195 bis et 197, Rue Michel-Bizot, l’autre 3, Rue de Montreuil, à Pantin.
- Cette maison s’est spécialisée dans la fabrication de cette perle fausse, à laquelle elle est arrivée à donner l’orient de la vraie perle.
- A obtenu aux Expositions antérieures :
- Liège 1905 : Médaille d'Argent.
- Milan 1906 : Médaille d’Or.
- Londres 1908 : Médaille d’Or.
- Bruxelles 1910 : Médaille d’Or.
- Bruxelles 1910 : Diplôme d’Honneur à la Bijouterie.
- Turin 1911 : Diplôme d’Honneur.
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- MARCHAND-HEBERT & Cie.
- 40, Rue de l’Echiquier, Paris.
- Maison fondée en 1873, par M. Marchand-Hebert.
- Ne fait absolument que le bouton de nacre, qui est manufacturé dans trois Usines :
- A Andeville (Oise).
- A Hermiès (Pas-de-Calais).
- A Henonville (Oise).
- C’est a Andeville que M. Marchand Hebert jeta les bases modestes de son entreprise, il y a trente-sept ans. Il ne disposait alors que d’un outillage primitif et de quelques ouvriers, qu’il fallut former patiemment pour arriver à de bons résultats pratiques. Malgré les difficultés du début, la maison prospéra rapidement, les ateliers se développèrent, et au bout de dix ans, il eut une véritable usine, avec machines outils perfectionnées.
- Ce redoublement de production donna une extension nouvelle aux affaires de la maison, et l’on dût de nouveau songer à développer les moyens d’action.
- Les 3 usines ont contribué à la prospérité du pays où elles sont situées.
- L’exportation absorbe la majeure partie de la production, le reste est expédié sur tous les points de la France.
- La réputation de ces ateliers provient du grand choix des matières premières, et particulièrement le bouton en trocas, que cette maison a été la première à fabriquer, et qui imite la nacre franche et coûte 35 à 60 0/0 meilleur marché, ce qui a augmenté considérablement le chiffre d’exportation. Les concurrents étrangers ne sont pas encore arrivés à travailler cette matière.
- Dans les expositions antérieures, a obtenu :
- Paris 1900 : rTHÜédaille d’Or.
- Saint-Louis 1904 : —
- Liège 1905 : Grand Prix.
- Londres 1908 : —
- Bruxelles 1910 : —
- Turin 191 1 : —
- A fondé une caisse de secours administrée par un bureau de 15 Membres élus parmi le personnel.
- PARENT FILS & BOUCHARD.
- 103, rue Réaumur, Paris.
- Fondée en 1825, est une des plus anciennes maisons de la place de Paris. Elle a joué un rôle très important dans l’industrie des boutons, dont elle avait amélioré la fabrication, par suite d’innovations et de brevets qu’elle possédait et qui permit de faire apprécier ses produits des acheteurs étrangers.
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- Son usine .est située, 7, rue Pierre-Levée, d’où sort la plus grande partie de sa production, ce qui ne l’empêche pas de faire fabriquer à la main en province.
- Tous ces articles, qui portent la marque « A la Ruche », quels qu’en soient le genre et le prix, sont traités avec le même soin et le même fini, qui font sa réputation.
- Très ancienne dans le monde des exposants. M. Parent était Membre du Jury en 1900. Sa maison eut un Diplôme d’Honneur en 1897 ;
- En 1900: éftÜédaille d'Or.
- En 1901, à Glasgow : Diplôme d’Honneur.
- Grands ‘Prix à Liège en 1905 et Milan 1906.
- Londres 1908 : cJtâembre du Jury, Hors Concours.
- Bruxelles 1910 : — — où M. Parent fut rapporteur
- de la classe 86.
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- Une caisse de secours permet de venir en aide aux ouvriers dans le cas de maladie.
- A. RAYMOND, Fabrique de Boutons et Agrafes.
- Grenoble.
- Les débuts de cette maison qui remontent à 1865, furent pénibles et parfois difficiles.
- Pendant la guerre de 1870, l’industrie locale subit un arrêt qui risqua de ruiner la modeste fabrique. Cependant, on dut faire appel à toutes les énergies susceptibles de concourir à la défense nationale et c’est ainsi que M. Albert Raymond improvisa, pour ainsi dire, un atelier national pour la fabrication des capsules, boucles de ceinturons, articles de harnachement, etc.
- La guerre terminée, M. Raymond put revenir à sa fabrication et, de cette époque, datent les premiers perfectionnements introduits dans cette industrie.
- Au cours de sa carrière, M. Raymond a pris une foule de brevets pour des articles divers, parmi lesquels deux entre autres ont obtenu un succès considérable : le bouton rivé à hélice et le bouton-fermoir.
- Le premier date de 1872 et obtient d’emblée une vogue considérable dans l’industrie du gant et celle de la chaussure. Ce bouton qui supprimait la couture se fixait à l’aide d’une machine des plus ingénieuses.
- Le second remonte à 1886. Si l’on en juge par la faveur qui l’accueillit et qui ne s’est pas démentie depuis, on peut dire que ce bouton répondait à un réel besoin.
- Plus récemment, la maison a fait breveter sous le nom de Moderne et de Radium, un système ingénieux dans lequel l’étoffe ou le cuir du gant concourt à la formation du bouton lui-même, fournissant ainsi la solution du problème longtemps cherché d un bouton de nuance parfaitement assortie à celle du gant.
- Il convient de remarquer que le bouton-fermoir a donné naissance au bouton-pression à coudre dont l’emploi s’est tellement généralisé pour la fermeture des jupes, corsages, etc., que la^fabrication nationale atteint annuellement plusieurs millions de grosses.
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- La Maison Raymond s’était créé un débouché important en Allemagne.
- De nombreux procès donnèrent, jusqu’en dernier ressort, gain de cause à l’inventeur, mais pour maintenir la validité des brevets consacrée par les jugements, il était nécessaire de fabriquer dans le pays même.
- C’est là le motif de la création, en 1899, d’une filiale à Loerrach (Duché de Bade).
- Récompenses :
- En 1900, à Paris, elle exposait collectivement et individuellement pour la première fois et obtenait d’emblée un Grand Rrix.
- En 1906, à Milan, elle était placée Hors Concours, M. Raymond étant du Jury.
- En 1908, à Londres, elle était encore Hors Concours.
- En 1910, à Bruxelles, le Jury lui décernait un Grand ‘Prix.
- En 1911, à Turin — — —
- Œuvres d’Assistance. — Depuis seize ans, une Société fraternelle de Secours réunit tout le personnel. Cette Société reçoit une allocation annuelle de la maison.
- De plus, M. A. Raymond l’a dotée d’un capital inaliénable de 40.000 francs.
- Enfin, de vieux ouvriers reçoivent, sans avoir fait aucun versement, une petite rente annuelle variant de 150 à 200 francs selon leur temps de présence à la maison.
- Le personnel est relativement très stable; il compte actuellement plus d’une vingtaine d’ouvriers ou d’ouvrières ayant la médaille du travail.
- RUTEAU & Cie.
- 31, Rue Chapon, Paris.
- Maison fondée en 1840, fabrique exclusivement l’article connu sous le nom de « perle soufflée ».
- A exposé uniquement des produits de sa fabrication, employés pour les broderies : perles blanches et de couleurs, de toutes formes, appliques, etc... Pour mieux montrer l’effet que l’on en peut tirer, elle avait mis quelques jolies broderies exclusivement faites de ses articles. Les deux grands tabliers pour robes, qui drapaient tout le fond de sa vitrine, donnaient particulièrement une heureuse idée de l’emploi de ces articles dans la couture. L’un était tout en perles roses sur fond rose, l’autre en perles or et oxydées sur fond de tulle or.
- Mais malgré la grande diversité des articles exposés, ce n’était pourtant là qu’une représentation très restreinte de sa fabrication, car ces perles peuvent se faire en toutes couleurs et tous aspects pour répondre aux besoins de la mode.
- Pour satisfaire la grande demande de ces perles exportées dans le monde entier, ou elles sont connues sous le nom de « perles Topart », la maison possède :
- 10 A Paris, une usine ;
- 2° A Orry-la-Ville, une usine auxiliaire ;
- 3° Enfin, en province, des entrepreneurs qui font travailler un grand nombre de personnes.
- Cette maison participe depuis de longues années à toutes les Expositions organisées
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- parle Comité Français des Expositions à l’Etranger, dont elle fait partie, et y a toujours obtenu de nouvelles récompenses, auxquelles est venu s’ajouter le Grand Prix que lui a décerné le Jury de la Classe 133 à l’Exposition de Turin.
- A. VIOLET.
- 31, Rue des Petites-Ecuries, Paris.
- Maison fondée en 1893.
- Nous montre des tissus or pur, or et soie, or et coton, de la matière première à l’objet fini.
- Fabrique, 31, rue des Petites-Ecuries, Paris.
- Usine à Voiron (Isère).
- La fabrication comporte la plus grande variété de tissus du plus bas prix, soit 0,75 le mètre jusqu’à 300 francs le mètre.
- Récompenses obtenues à :
- Bruxelles 1910: Médaille d’Or.
- Turin 1911 : Diplôme d'Honneur.
- VALLÉE & MARION.
- 37, Rue des Trois Bornes, Paris.
- Maison fondée en 1855, par M. Dumont père, est la plus ancienne dans la fabrication des articles métalliques pour bretelles, jarretelles, ^supports chaussettes, etc..., et après avoir été dirigée par M. J. Dumont, fils du précédent, est passée dans les mains de MM. Vallée et Marion, en 1904.
- On ne connaissait autrefois que la boucle à ardillons, et c’est cette maison qui créa en France la boucle dite à pression, dont l’usage s’est généralisé très rapidement, entraînant presque partout la suppression des anciennes boucles.
- Un peu plus tard, la maison créait et lançait les pièces métalliques constituant les jarretelles pour dames, et les supports chaussettes, dont l’emploi est aujourd’hui universel.
- Les nombreux brevets pris par cette maison démontrent qu’elle a toujours tenu la tête dans cette industrie, et nous sommes heureux de pouvoir dire que dans les nombreuses expositions où elle a figuré, les Membres des Jurys l’ont récompensée de ses efforts, en lui décernant les récompenses suivantes :
- Paris 1889 : Médaille de Bronze.
- Bruxelles 1897 : Médaille d'Argent.
- Paris 1900 : — —
- Liège 1905 : Médùille d’Or.
- Milan 1906 : Diplôme d'Honneur.
- Bruxelles 1910 : Grand Prix.
- Turin 1911 : —
- En terminant, disons que cette maison lutte énergiquement avec l’étranger et réussit à faire donner la préférence aux articles français, tant en Italie, en Espagne, que dans l’Amérique du Sud.
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-
-
-
- FRANCE
- Tableau du Commerce des Boutons en France (Importations et Exportations) de 1906 à 1910
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Impoitations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne 4.775 204.573 7.852 191.371 15.269 201.676 7.400 225.500 12.900 228.600
- Allemagne 84.823 124.068 104.708 110.668 89.135 108.820 108.000 102.300 120.000 127-800
- Autriche-Hongrie. . . . • 12.583 )) 7.858 )) 12.743 )) 36.400 16.100 »
- Belgique 4.411 144.576 2.330 170.887 )) 124.245 y) 123.100 )) 98.300
- Russie » )) )) )) )) 15.148 » 2.570 )) 23.700
- Brésil » 34.494 )) 40.840 )) 32.183 )) 67.800 » 74.200
- Argentine » 29.142 )) 36.073 » 34.411 » 40.100 » 94.400
- Egypte )) 72.732 » 42.222 » 10.724 » 19.600 )) 23.800
- Suisse 768 » 347 )) 458 )) 1.500 )) 800 ))
- Espagne ........ » 39.810 )) 51.286 » 48 828 )) 44.100 » 54.400
- Régence de Tripoli .... » » » )) » » )) » » ))
- Etats-Unis )) 262.166 )) 174.105 )) 157.677 )) 201.700 » 176.300
- Turquie )) 32.243 » 23.077 )) 14.614 » 22.300 » 41.900
- Grèce » 21.830 )) )) )) )) » )) )) ))
- Afrique occidentale .... )) )) )) 22.662 )) )) )) )> )) ))
- Italie • 7.125 )) 4.444 » 3.630 12.183 3.000 )) 8.800 »
- Chili )) )) )) 15.621 » )) » )> )) )>
- Japon 1 .453 » 1.187 » 3.192 )) 4.900 )) 3.900 ))
- Colombie )) » » )) )) 9.172 » » )) ))
- Mexique ........ » 19.240 )) 13.184 )> 9.927 )) » » »
- Pays-Bas )) » » 34.964 )) )) » 15.900 » ))
- Portugal . )) » » )) » » » » . )) »
- Autres pays étrangers . . . 367 151.271 865 99.315 4.102 86.388 7.200 103.900 3.200 141.800
- Tunisie » )) )) 11.185 » 8.220 )) 9.200 )) 7.700
- Algérie » 36.621 » 40.035 )) 33.751 )) 23.000 )) 24.200
- Madagascar » )> )) )) )) )) )) )> )) ))
- Réunion » )) )) 9.643 )) 11.918 )) 13.000 » 7.800
- Indo-Chine )) )) » 19.116 » 17.729 » 5.900 )) 9.900
- Congo français » )> » 10.509 )) )) » » » »
- Autres colonies et protectorats )) 47.635 500 20.764 288 18.432 )) 23.100 100 24.000
- Quantités totales . . . Kg 116.305 1.220.401 130.092 1.137.527 128.817 956.046 168.400 1.066.200 165.800 1.182.100
- Valeur totale • • • - Fr. 686.200 10.739.529 767.543 10.010.238 760.020 8.413.205 993.560 9.382.560 986.510 10.461.585
- Taux de l’Unité . . .Fr. 5.90 8.80 5.90 8.80 5.90 8.80 5.90 8.80 5.95 8.85
- 212 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
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-
- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 213
- Situation Commerciale et Industrielle des Boutons en France
- de 1906 à 1910.
- !
- 93 i
- i iK
- L industrie des boutons est très prospère en France. Elle donne lieu à des transactions commerciales, dont le montant, à l’importation est, en général, de 700.000 fr., tandis qu’à l’exportation, notre commerce dépasse 10 millions.
- Sur le marché national, notre principal concurrent est l’Allemagne, dont les importations augmentent tous les ans. Cependant, ce pays fabrique à bon marché les modèles de nos fabricants français et les industriels allemands revendent en France une imitation grossière de nos types.
- L’Italie nous fournit surtout du bouton d’os, de nacre, de corozo et de corne. Dans le chiffre de nos importations, le commerce italien peut représenter une moyenne de 45.000 francs.
- La Grande-Bretagne nous vend du bouton d’étoffe, mais notre chiffre d’affaires est peu considérable, il était en 1906 de 4.775 kilogrammes; en 1910, il est de 12.900. On ne saurait voir dans cette augmentation une preuve des progrès de l’importation anglaise, car le bouton étant un article dont la mode est très variable il se produit d’une année à l’autre des écarts considérables dans les quantités vendues.
- A l’importation, nos principaux clients sont : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Italie et la Grande-Bretagne.
- Les quantités importées étaient, en 1906, de 116.305 kilogrammes, représentant une valeur de 682.000 francs; en 1910, les quantités importées ont étés de 165.800 kilogrammes, représentant une valeur de 986.510 francs, soit entre les cinq années un écart de 49.495 kilogrammes et une valeur de 300.310 francs.
- Exportation. — La France exporte de grandes quantités de boutons. Dans cet article, comme dans ceux où le goût et la bonne fabrication sont les qualités dominantes, l’article français jouit d’une incontestable supériorité et d’une réputation de premier ordre.
- A l’exportation, nos principaux clients sont, par rang d’importance, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Belgique, la République Argentine, etc., etc. Nos colonies fournissent aujourd’hui un marché avantageux aux fabricants français.
- En 1906, nos exportations se sont élevées à 1.220.401 kilogrammes, représentant une valeur de 10.739.529 francs.
- En 1910, la valeur de nos ventes de boutons à l’étranger a été de 10.461.585 fr., représentant une quantité de 1.182.100 kilogrammes.
- Soit entre les cinq dernières années un écart tout à fait modeste, ce qui démontre que notre clientèle étrangère, malgré les sollicitations constantes dont elle est l’objet de la part des fabricants étrangers, demeure fidèle à nos fabricants français.
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-
-
-
- ITALIE
- Boutons de Corozo -------------------- Statistiques italiennes — Commerce spécial.
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Norvège )) )) )) » )) )) » 10.920 )) 33.600
- Autriche-Hongrie )) » )) 933.240 )) 597.240 )) 615.720 )) 701.400
- France )) » » 167.160 )) 218.400 » 294.840 )) 191.520
- Belgique )) )) )) 13.440 )) 163.800 » 246.960 » 435.960
- Allemagne )) )) )) 1.357.440 )) 798.000 » 1.508.640 » 2.087.400
- Grande-Bretagne )) )) )) 102.480 )) 178.920 » 1.097.880 )) . 1.520.400
- Malte » » » 840 )) 4.200 » 4.200 )) ))
- Pays-Bas )) )) )) . - 680 » 12.600 )) 5.880 )) 21.000
- Portugual » )) )) 840 » 840 )) 1 .680 )) 4.200
- Russie » )) )) 134.400 » 246.120 )> 320.880 )) 588.840
- Suède » )) » 1 .680 » 840 )) 63.000 )) 87.360
- Suisse - )) » )) 932.400 ))• 919.800 )) 605.640 )) 618.240
- Turquie d’Europe )) )> » 33.600 )) 53.760 )) 107.520 )) 172.200
- Chine . '. . » )) » 46.200 )) 42.840 )) 16.800 )) 11.760
- Japon. )) )> )) 2.520 )) 2.520 )) 14.280 )) 37.800
- Indes britanniques et Ceylan. . • )) )) )) 11.760 )) 41.160 )) 180.600 )) 102.480
- Etablissements du Détroit. . . • )) » » 5.040 )) » » )) » »
- Turquie d’Asie )) » » 3.360 )) )) )) 3.360 )) 27.720
- Chypre )) )) » )) )> » )) 6.720 )) 840
- Australie » » » 34.440 » 51.240 )) 53.760 )) 79.800
- Egypte )) )) » 13.440 )) 10.080 )) 19.320 » 39.480
- Amérique Centrale )) » » 21.840 » 21.840 )) 16.800 » 21.000
- Argentine » » )) 463.680 » 367.920 » 295.680 )> 369.600
- Brésil )> )) )) 134.400 )) 110.040 )) 99.960 )) 256.200
- Chili » » » 75.600 )) 78.960 )) 68.880 )) 87.360
- Mexique » » » 31.920 » 54.600 )) 34.440 )) 20.160
- Etats-Unis » )) )) 96.600 )) 370.440 )) 314.160 )) 107.520
- Bulgarie » » )) » )) 840 » 840 )) 8.40
- Danemark » )) )) )) )) 840 » 31.920 )) 69.720
- Canada » )) » )) » )) )) 5.880 )) 17.640
- Grèce •» » )) )) )) 840 » 16.800 '> 12.600
- Roumanie )) » » » )) 5.040 )) 12.600 51.240
- Serbie )) » )> » )) 840 )) 3.360 » 2.520
- Espagne )) » » )) )) 12.600 )) 35.280 )) 115.920
- Indes orientales hollandaises . . . » » » )) )) 840 )) 10.920 )) 6.720
- Perse » » » » )) % 2.520 )) 4.200 )) 2.520
- Bénadir » » » » )) 2.520 )) )) )) »
- Erythrée » )> » )) )) 2.520 » 840 )) 840
- Tunisie » )) » )) )) 6.720 » 4.200 )) 2.520
- Pérou )) » )) » )) 5.040 )) 840 )) 17.640
- Uruguay » )> )) » » 2.520 )) 840 )) 24.360
- Valeur totale Lire » )) )> 4.620.000 » 4.389.840 )) 6.137.040 )) 11) 8.003.520
- Il (,1) Y compiis aux Expoitations de 1910 : lire 42-840, à destination de pays non ailltuis dtncmrr.és. I,
- 214 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
-
-
- Boutons de nacre
- ITALIE
- Statistiques italiennes
- Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Impottations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 2.422.450 5.350 2.903.300 40.750 2.427.650 5.000 2.630.750 5.000 1 366.225 9-375
- Allemagne 1.412.350 45.400 1.343.200 20.900 590.150 1 500 479-600 121.500 372.525 650
- Grande-Bretagne 6.350 )) 100 » 18.650 » 14.750 » 14.175 37.500
- Chine » » )) )) )) » 3.900 » » ))
- Egypte » » » )) )) 350 )) )) )) ))
- France 388.450 )) 297.350 16.600 357.950 145.850 328.900 59.500 154.825 450
- Suisse 155.050 )) 1.300 )) » )) 4.150 )) 8 050 1.075
- Japon » » 900 )> 14.400 )) 40.300 » 37.800 ))
- Etats-Unis » )) )) » 9.300 )) » )) )) 11 625
- Turquie d Asie 1 600 )) » )) 26.350 )) )) » 1 .250 4.775
- Turquie d’Europe )) » » )) » )) )> )) » 700
- Belgique )> )) )) » 2 150 )) 4.050 )) )) »
- Canada » )> )) » » )> )) » )) 1.600
- Tunisie 2.150 )) » & » » )) )) )) » )>
- Argentine )> 5.050 )) 10.850 )) 2 000 )) » )) 34.100
- Indes britanniques et Ceylan .... » )) )) 5.000 » » )) )) )> »
- Malte )) » » )) » )) )) » » 6.750
- Chili » )) » 3.850 )) 10.700 )) 2.800 » 13.650
- Erythrée )) )) )) » » 750 )) )) )) »
- Brésil » )) » )) )) 2 000 )) )) )) »
- Mexique )) )) » » » )) )) » )) 5.250
- Uruguay . . )) » )) )) )) 200 )) )) )) 3-925
- Valeur totale Lire 4.388.400 55.800 4.546.150 97.950 3.446.600 168.350 3 506.400 188.800 1.954 850 131.425
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 215
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-
-
-
- ITALIE
- Boutons d'Os -------------------- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination
- Autriche-Hongrie ....
- France .................
- Allemagne...............
- Grande-Bretagne ....
- Grèce................. •
- Malte...................
- Russie..................
- Espagne .......
- Suisse..................
- Turquie d’Europe. . • •
- Turquie d’Asie..........
- Chypre .................
- Indes Anglaises et Ceylan . Chine ........
- Japon. ........
- Colonies Hollandaises • •
- Egypte .................
- Etats-Unis..............
- Antilles................
- Amérique Centrale . • •
- Brésil..................
- Argentine...............
- Chili...................
- Australie...............
- Roumanie................
- Belgique................
- Autres contrées d’Asie . .
- Pérou ..................
- Bulgarie................
- Candie..................
- Pays-Bas................
- Portugal................
- Mexique.................
- Serbie..................
- Tunisie.................
- Autres contrées Africaines.
- Philippines.............
- Erythrée................
- Uruguay.................
- Autres pays . . . . • •
- Valeur totale.............Lire
- 1906
- Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire
- 950 38.950 )) 45.600
- 30.400 137.750 18.050 10.450
- 6.650 9.500 29.450 29.450
- » » » »
- )) )) )> 7.600
- » )) » 7.600
- » )) )) 950
- )) )) » »
- )) 92.150 » 60.800
- )) 91.200 )) 38.000
- » 6.650 » 3.800
- )) » » ))
- » 238.450 » 519.650
- » » » ))
- )) 5.700 » ))
- )) » )) »
- )) 129.200 » 69.350
- )) 368.600 )) 165.300
- )) )) )) »
- )) 5.700 )) 2.850
- » )) )) 950
- » 29.450 )) 222.300
- )) 9.500 )) 28.500
- » )) )) ))
- )) >) » ))
- » ' » » »
- . )) 5.700 )) ))
- )) 2.850 » »
- » )) » ))
- )) » » »
- )) » )) 2.850
- » )) » ))
- )) » » ))
- )) » )) »
- » )) )) ))
- )) 2.850 )) 1 .900
- )) )) )) 4.750
- » » )) 950
- )) » )) 1.900
- )) )) » ))
- 38.000 1.174.200 47.500 1.225.500
- 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- I ire Lire Lire Lire Lire
- 2.850 82.650 950 26.600 950 41.800
- 1.900 16.150 4.750 1 .900 1.900 950
- 8.550 12.350 2.850 16.150 1.900 9.500
- 1 .900 » 2.850 26.600 2.850 16.150
- » 3.800 )) 14.250 )) 20.900
- » 1 .900 )) )) » »
- » )) » 1 .900 )) 10.450
- )) » )) )) )) ))
- )) 28.500 )) 19.000 )) 1 .900
- )> 53.200 )) 65.550 )) 68.400
- )) 9.500 » 33.250 )> 46.550
- » )> )) )> » ))
- )) 284.050 )) 149.150 » 282.150
- )> )) » )) » »
- )) » » )) )) »
- )) » )) )) )) 4.750
- )) 19.950 )) 19.000 » 8.550
- )> 3.800 » )) )) 3.800
- » )) )) )) » »
- » 950 » )) » 950
- )) 9.500 )) 2.850 » 3.800
- )) 54.150 )) 10.450 )) 19.950
- » 1.900 )) 3.800 )> 6.650
- )) 950 » » )) ))
- )> 950 )) 2.850 4.750
- )) » )) 4.750 » ))
- )) ,, )) » » M i1
- » » )) )) )) » i
- )) )) » 12.350 )) 4.750
- )) )) )) 950 )) 950
- )) 1 .900 )) » » 2.850
- )) )) » )) )) 1 .900
- )) )) )) » )) 3.800
- )) )) » 950 )) ))
- )) » )) )) )) )>
- )) 2.850 » » » 1 .900
- » 1 .900 )) )) )) ))
- )) )) )) » ))
- )) 1 .900 » )) )) 950
- )) » » )) )) 7.600
- 15.200 592.800 11.400 412.300 7.600 576.650
- 216 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 217
- Situation Commerciale de l’Industrie des Boutons en Italie
- de 1906 à 1910 !
- d’après les Statistiques du Gouvernement Italien.
- C5?
- L’Italie fabrique les boutons de corne, d’os, de nacre, de corozo, d’émail et de verre, de papier mâché, de laine, de coton, de chanvre et de soie. Mais sa spécialité de fabrication demeure le bouton de corne, d’os, etc., sa production de boutons en tissus est très peu importante.
- Importation. — La France vend à l’Italie des boutons de corne, d’os, de nacre, de laine et de soie. Si nous sommes le principal fournisseur pour les boutons de corne et d’os, nos ventes en Italie sont très distancées par celles de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie et de la Suisse.
- Cependant, une constatation fort importante s’impose : l’Italie, dont le marché était accessible aux fabricants étrangers de boutons, a jugé nécessaire de procéder à une refonte générale de ses tarifs de douane, et depuis deux ans, les importations de boutons ont fléchi dans des proportions considérables.
- En 1906, l’ensemble des importations de boutons représentait une valeur de 4.804.016 lire; en 1910, ce chiffre est tombé à 2.192.015 lire, soit une différence de plus de 50 pour 100.
- Exportation. — L’Italie vend aux autres nations principalement : des boutons de corozo ; dans cet article, ses meilleurs clients sont : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Suisse, la République Argentine, la France et la Russie. L’exportation de cet article suit une marche progressive ; en 1907, elle était de 4.620.000 lire, en 1910, elle est de 8.003.520 lire.
- Des boutons de nacre : En 1906, l’importation de cet article était de 4.388.400 lire, en 1910, ce chiffre est tombé à 1.954.850 lire, tandis que les exportations qui étaient en 1906 de 55.800 lire, sont montées, en 1910, à 131.425 lire. Ce fait démontre que l’Italie, non seulement achète moins de boutons de nacre pour sa consommation intérieure, mais qu’elle se prépare à en fournir aux nations qui, antérieurement, lui en vendaient.
- Pour cet article, les principaux clients de l’Italie sont : la Grande-Bretagne, l’Autriche-Hongrie, les Etats-Unis, la Turquie d’Asie, etc.
- Des boutons d’os : Le fait que nous avons signalé pour les boutons de nacre se représente ici avec plus de force, pour les boutons d’os.
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-
-
-
- ITALIE
- Boutons de Corne. — Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lir Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie )) 14.250 )) 37.500 » 47.250 )) 2.250 » 4.500
- Belgique • • • • )) 6.000 )) )) )) 1.500 » 3.000 )) 18.750
- France 10.500 9.750 4.500 » )) 750 )) 7.500 » 36.000
- Allemagne » 3.750 )) )) » 9.750 » 29.250 2.250 52.500
- Grèce » 9.000 » 750 » 15.750 » 3.000 )) 13.500
- Espagne )) » » )) » 750 » » )) ))
- Suisse » 134.250 )) 40.500 » 41.250 )) 36.000 » 13.500
- .y . I d’Europe Turquie j d.Asie » 74.250 )) 56.250 )) 24.000 )) 7.500 )) 17.250
- )) 11.250 )) » )) » )) 6.750 )) 3.000
- Indes anglaises et Ceylan )) 110.250 )) 162.000 » 76.500 )) 73.500 )) 74.250
- Chine )) )) )) » )) 750 )) )) » ))
- Egypte )) 137.250 » 14.250 » 4.500 )) 4.500 )) 2.250
- Etats-Unis .... » )) » 2.250 » 1.500 » 15.000 » 35.250
- Amérique Centrale » )) )) » » » » )) » »
- Brésil )) 4.500 )) 2.250 )) 1 .500 )) 1.500 )) 13.500
- Argentine » 6.750 )) 6.750 » 750 » 4.500 )) 1.500
- Chili )) 1 .500 )) )) » » )) )) )) ))
- Grande-Bretagne 3.000 » )) )) » 5.250 )) 48.000 750 43.500
- Etablissements du Détroit » )) )) )) » )) )) )) » 1.500
- Pays-Bas . . . )) )) )) )) )) )) )) 15.000 )) 6-000
- Pérou )) )> )) 750 » )) )) )) )) 6.000
- Uruguay ..... ..... )) » )) )) )) » )) )) )) 750
- Australie • • )) 1 .500 » » » )) )) )) )) »
- Autres contrées océaniques .... » )) )) )) » )) )) » )) ))
- Candie » )) )) )) )) )) )) )) )) 1 .500
- Japon )) 10.500 )> )) » )) » » )) ))
- Maroc ... ....... » )) » )) » )) )) )) )) »
- Mexique » )) y, )) )) )) » 750 » »
- Bulgarie • • )) 0 )) )) )) » )) 750 )) »
- Serbie » » » )) » 2.250 )) 750 )) »
- Russie » 1.500 » )) » )) )) )) » 9.750
- Antilles » 1.500 » )) )) )) » » » »
- Indes orientales hollandaises .... » )) )) 4.500 )) » )) 5.250 » 2.250
- Afrique espagnole • » )) )) 1.500 )) » )> » » ))
- Roumanie » » » » )) . 2.250 )) 1 .500 )> 1 .500
- Danemark )) )) » )) )) » )) 5.250 )) 7.500
- Suède )) » » » )) » » 3.000 )) 5.250
- Norvège )) )) » )) » )) )) » » 750
- Vénézuéla )> )) » )) )> » » » )) 1.500
- Autres Pays » » » )) )) )) » » )) 1.500
- | Valeur totale Lire | 13.500 537.750 4.500 329.250 )) 236.250 )) 274.500 3.000 375.000 II
- 218 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
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-
- ITALIE
- Boutons de Porcelaine, d’Email et de Verré
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1901
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Belgique 33 7.920 33 » 33 33 33 13.310 33 13.860
- Autriche-Hongrie 40.150 » 24.200 33 8.250 33 12.100 33 9.130 33
- Vénézuéla 33 33 33 4.070 33 33 33 33 33 110
- France. . • 33 1 .980 880 » 33 110 550 1.650 33 440
- Etats-Unis 33 11.110 3) 20.130 33 4.950 33 1.210 33 220
- Allemagne 16.500 10.010 21.120 3.740 14.520 2.420 9 240 6.710 3.850 9.020
- Mexique » 3.300 33 660 33 1.540 33 10.230 33 »
- Chypre » 33 » » 33 33 33 33 33 330
- Suisse • 4.400 5.280 1 .210 5.940 6.820 7.920 1.760 2.750 770 1 .210
- Roumanie 33 » )) » )> 33 33 33 33 2.640
- Chili 33 )) » 220 33 33 33 33 33 33
- Grèce r » 3) 33 3) 33 33 33 3) 33 770
- Pays-Bas 330 220 r> 770 33 33 33 2.530 33 440
- Malte 3) » )) 33 33 33 33 110 33 220
- Argentine. • • )) 29.370 » 19.690 33 2.530 33 12.210 33 2.090
- Monténégro.... • • • • » 33 33 33 33 440 33 33 33 3)
- Grande-Bretagne... .... » 33 » 2.530 33 220 33 1 .760 33 990
- Pérou . . » 330 33 33 33 33 33 33 33 330
- Tunisie . . 33 660 33 880 33 33 33 33 33 33
- Brésil 33 880 » . 33 33 33 33 220 33 660
- -p . { d’Europe 33 18.150 33 ‘6.600 33 1 .540 33 11.660 33 8.030
- Turquie | d,Asie » 550 » 33 33 33 33 33 33 1 .980
- Egypte 33 9.350 >3 3.740 33 770 33 1.760 33 33
- Amérique Centrale et Méridionale . )> 2.640 3) 33 3) 4.950 33 37 37 220
- Japon 33 440 33 330 33 33 33 33 33 33
- Chine 33 330 y> 33 ' 33 33 33 33 33 33
- Australie. 3) 2.310 )) 660 3) 33 33 330 33 2.090
- Tripolitaine ... )) 220 33 33 33 33 33 33 33 33
- Indes Britanniques et Ceylan . . )) 12.870 )> 2.310 33 3.630 33 35.200 33 3.960
- Espagne » 770 » 33 33 110 33 330 33 33
- Russie » 7.040 » 33 33 33 33 880 33 33
- Autres Pays 3) 33 » 33 33 33 33 33 33 7.260
- Valeur totale Lire 61.380 125.730 47.410 72.270 29.590 31.130 23.650 102.850 13.750 56.870
- Ü
- CLASSE 133 O — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 219
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- ITALIE
- Boutons de Papier mâché ou de Matières similaires
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 1.560 )) 260 » 1.300 » 4.250 250 1.000 »
- Allemagne 81.900 » 77.740 4.940 94.120 )) 130.000 » 132.500 »
- Belgique 4.940 » 2.080 )) » )) )) » 1 .000 »
- France : 2.340 » 520 1 .560 )) )) 1 .000 )) 500 ))
- Grande-Bretagne 520 » » )) )) )) » » » ))
- Pays-Bas 4.680 )) 8.060 » 2.600 )) 9.750 » 5.000 ))
- Argentine » » » yy yy )> » )) )) yy
- Suisse 116.740 2.600 112.320 780 83.720 » 11.750 » 5.000 yy
- Etats-Unis » )) » » » » )) » )) yy
- Brésil. » » )) » )) )> )) » )) yy
- Canada. . ; )) )) » 2.860 )) » )) )) » yy
- Valeur totale Lire 212.680 2.600 200,980 10.140 181.740 )) 156.750 250 145.000 yy
- 220 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 221
- Cependant, si on constate, en 1910, une moins value considérable sur les importations, il faut reconnaître que la situation à l’exportation est également moins brillante qu’en 1906.
- En 1906, la situation était la suivante pour le bouton d’os :
- Importation................... 38.000 lire
- Exportation...................1.174.200 »
- En 1910, elle se présente ainsi :
- Importation................... 7.600 lire
- Exportation................... 576.650 »
- La valeur du commerce avec la France qui était en 1906, de 137.750 lire, est tombée en 1910 à 950 lire.
- ©es boutons de corne : L’exportation de cet article était en 1906 de 537.750 lire; en 1910 elle a été de 375.000 lire. En 1906, l’Italie vendait à la Suisse pour 134.250 lire; en 1910, cette nation ne représente plus que 13.500 lire dans le commerce des boutons italiens.
- Les principaux clients de l’Italie sont, pour cette spécialité : l’Allemagne, les Indes anglaises, la Grande-Bretagne, la France.
- Boutons de verroterie ' L’exportation de cet article a aussi subi une grande perte entre les années 1906 et 1910. Soit près de 50 pour 100 en faveur de 1906. Les principaux clients sont la Belgique, l’Allemagne, la Turquie d’Europe; mais les ventes sont peu conséquentes, puisque l’ensemble des exportations était en 1906 de 125.730 lire, et qu’en 1910, il ne représente plus que 58.870 lire.
- Quant aux autres genres de boutons, le commerce d’exportation est inexistant pour l’Italie.
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- ITALIE
- Boutons de Soie — Statistiq ues italiennes — Commerce spécial
- 1 Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Allemagne 35.700 » 68.100 )) 46.025 )) 128.062 )) 43.413 1.388
- Grande-Bretagne )) )) 62 )) 150 )) 9.738 » 2.500 )>
- Portugal )) » )) )) )) » )) )) )) ))
- France 8.220 )) 14.825 )) 6.500 )) 17.650 )) 7.437 2.937
- Suisse 2.796 » 25 » 262 )) 9.925 )) 6.175 ))
- Autriche-Hongrie )) )) )) )) » )) 1.575 )) » ))
- Espagne )) » )) )) )) » )) )> )) 700
- Valeur totale Lire 46.716 » 83.012 )) 52.937 )) 166.950 )) 59.525 5.025
- 222 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- ITALIE
- Boutons de Laine. ------------------ Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- France 14.280 )) 4.200 » )) )) 4.200 )) 3.360 ))
- Allemagne 26.880 )) 32.760 )) 840 )) 5.040 » 2.520 ))
- Turquie d’Asie y) )) )) » » » )) » » 840
- Autriche-Hongrie 840 )) )) )) )> )) 840 )) » »
- Turquie d’Europe )) )) » 1 .680 )) )) » )) )) ))
- Argentine )) )) )) )) )) )) )) 1 .680 )) ))
- Indes Britanniques et Ceylan .... )) )) » 840 )) )) )) » » »
- Valeur totale Lire 42.000 » 36.960 2.520 840 )) 10.080 1 .680 5.880 840
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- ITALIE
- Boutons de Coton — Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Allemagne 540 » 1.620 » )) )) )) )) 1.080 ))
- Grande-Bretagne )) )) » » )) » 540 )> )) ))
- Serbie )) )) )) » » )> » 540 )) »
- France )) )) )> )) » )) » » 540 ))
- cbiii » )> )) )) » )) )) » )) 540
- Valeur totale Lire 540 » 1.620 )) » )) 540 540 1.620 540
- Boutons de Lin et de Chanvre
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Grande-Bretagne 800 )) » » )) » )) )) )) ))
- Allemagne )) » )) )) » )) )) )) 790 »
- Valeur totale Lire 800 » » » » )) )) )) 790 ))
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- BUSTES
- MANNEQUINS et TÊTES DE CIRE
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- HISTORIQUE
- Son histoire est intimement liée à celle du corset, si l’on ne considère dans le mannequin que l’objet d’étalage donnant l’illusion du corps de la femme et représentant, quant aux lignes principales, l’aspect que la mode impose d’une façon tyrannique aux grandes, aux petites, aux grasses, aux maigres, aux anguleuses, aux rondes.
- Mais cette conception du buste est essentiellement moderne et c’est à la fin du XIXe siècle seulement que nous pourrons comparer les mannequins et la forme spéciale qu ils affectent, avec l’idéal féminin. Nous lui trouvons dans les siècles antérieurs d autres attributions qui n’eurent point certes uniquement : « La Mode » comme fin dernière.
- On connaissait au moyen âge certaines effigies qu’on substituait dès le XIIe siècle aux corps des rois et des grands dignitaires de l’Eglise qu’on exposait alors après la mort sur un lit de parade. Lorsque s’établit l’usage d’ensevelir différentes parties du corps en des sépultures éloignées les unes des autres (nos Rois léguaient très bien leur cœur ou leurs entrailles à un monastère de prédilection), il devint impossible de montrer à la foule les corps aussi mutilés ; on inventa les images faites à la ressemblance du mort. C était cette image qu’on revêtait des ornements royaux, exposait sur des lits de parade, et promenait sur les chars funèbres.
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- Henri V, roi d’Angleterre, mourut à Rouen, le 31 août 1422. N’ayant point été sacré à Reims malgré le titre de roi de France, qu’il s’était arrogé, les Anglais n’osèrent point accorder de leur propre chef les honneurs des caveaux de Saint-Denis
- au vainqueur d’Azincourt et voulurent le reconduire en Angleterre en faisant faire au pauvre défunt une promenade triomphale de Rouen au lieu d’embarquement. Ils fabriquèrent pour cela une effigie en cuir bouilli qu’ils placèrent sur le chariot. Cette semblance de cuir était « peinte moult richement, « portant en son chef cou-« ronne d’or moult pré-« cieuse et tenait dans sa « main dextre le sceptre « royal, et en sa senestre « avait une pomme d’or « comme l’empereur et « gisait en un lit dedans « le chariot le visage vers « le ciel. »
- Malgré la tristesse des temps et l’humiliation d’un tel cérémonial, la gaieté française ne perdait point ses droits. Un vieux chevalier messire Sarrasin, perclus, et ne pouvant assister au passage du cortège dans la
- “ Mannequin d’osier ” de la fin du XVIIIe siècle ville OU il habitait Se
- (D’après une gravure de la Femme séduite par son mari)
- fit décrire le mannequin,
- pourrait-on dire, du roi d’Angleterre. Le vieux chevalier demanda : « A-t-il ses houzeaux ? Non, lui répondit-on. Eh bien mes amis c’est qu’il les a perdus en voulant conquérir la France. » Et chacun dans le bon pays de Normandie de s’aller répéter le mot en en tirant favorable augure (anecdote citée par Ch. Louandre,. Les arts somptuaires).
- Cette coutume se perpétua pendant plusieurs siècles. Nous trouvons au sujet des obsèques de Henri IV les détails suivants : « Le corps après avoir été embaumé était placé dans un cercueil de plomb. Il restait dans une salle du palais durant un laps
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- Tête à coiffer ", du début du XIXe siècle ( D'après une caricature)
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- de temps de 10 à 20 jours pendant lesquels on confectionnait son effigie au vif d’après un moulage pris sur le corps. Cette effigie en cire et qui figurait aux obsèques était placée dans un lit de parade où un mannequin d’osier vêtu des habits du roi et auquel on adaptait la tête et les mains, représentait le personnage mort (E. Beaure-paire, Le Louvre et les Tuileries) ».
- Une promenade de mannequins moins macabre excita un jour de Carnaval la gaieté du peuple romain. Le poète burlesque Andréa imagina de fabriquer l’effigie de quelques vieilles courtisanes bien connues dans la ville, on ajouta leurs noms sur une pancarte et on les promena pour la plus grande joie des assistants dans toute la ville de Rome.
- Pour terminer la journée on jeta les mannequins dans le Tibre en chantant une chanson improvisée par Andréa. Le piquant de cette mascarade fut d’être donnée devant le Pape Clément VII en personne qui y prit quelque plaisir, [ajoutent les chroniques. (Détails empruntés aux Courtisanes à ‘Rome, par E. Rodocanachi).
- Le mannequin était dès le XVIe siècle en Italie, non seulement un plaisir grotesque de joie populaire analogue à nos « gayants » du Nord, mais déjà instigateur et importateur des modes nouvelles.
- Dans les auteurs qui s’occupèrent de la brillante vie de Venise à cette époque : « Charles Yriarte, La vie d’un patricien a Venise au XVIe siècle et P. Molmenti, La vie privée à Venise de l’origine à la chute de la République, nous avons trouvé des détails sur le curieux usage que voici :
- Le jour de l’Ascension, après la fête somptueuse des fiançailles du doge avec l’Adriatique, la foule se porte en masse dans une ruelle étroite de la Merceria qui va de l’horloge Saint-Marc au Rialto. L’objet de la curiosité, c’est le nouvel habillement d’une poupée grande comme nature exposée par un commerçant avisé qui ce jour-là l’a coiffée, ajustée, à la dernière mode de France.
- Quand le vertugadin gagne en ampleur, la collerette en hauteur, quand le corsage se décollète davantage ou qu’à la manche s’ajoute quelque ornement nouveau, la poupée suit immédiatement ces variations, dont le premier mouvement est donné par la cour des Valois.
- Les Vénitiennes ne prennent là, bien entendu, que l’idée d’un détail qui leur plaît et conservent malgré tout leur allure spéciale et pour ainsi dire leur goût de terroir, mais il est intéressant de constater que dès le XVIe siècle la mode parisienne influence toute l’Europe et que sur ce chapitre frivole notre supériorité est indiscutable.
- Avec l’avènement de la profession de coiffeurs de dame et la recherche de nouveaux effets, qu’on ne pouvait toujours essayer sur la tête même des clientes, naquit l’invention de la tête de bois coiffée de perruques artificielles. Les artistes coiffeurs les crêpaient, les frisaient à leur gré et ébauchaient les chefs-d’œuvre qui devaient faire leur renommée. M. Maulde de la Clavière dans Les Femmes de la ‘Renaissance assigne comme date à cette innovation le début du XVIe siècle.
- Henri IV qui tenait à honneur de ne point perdre sa réputation de galanterie auprès de sa future femme entretenait une correspondance d’amoureux avec Marie de
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- Médicis. Il est plein d’attentions pour elle et dans une lettre datée du 24 juillet 1600 annonce « qu’il lui envoie des poupines ajustées et vêtues à la française et lui promet un très bon tailleur » (La marquise de Verneuil et la mort d’Henri IV, de Charles Merki).
- C’est à Paris que les profondes inventions de la mode donnent des lois à l’univers. La fameuse poupée, mannequin précieux, affublé des modes les plus nouvelles, le prototype inspirateur passe de Paris à Londres tous les mois et va de là répandre ses grâces dans toute l’Europe. 11 va du Nord au Midi, pénètre à Constantinople, à Pétersbourg et le pli qu’a donné une main se répète chez toutes les nations humbles observatrices du goût de la rue Saint-Honoré.
- Durant tout le XVIIe et le XVIIIe siècle la petite et la grande Pandore partant de là vont gagnant les Cours étrangères faire adopter successivement les élégances de l’hôtel de Rambouillet, les somptuosités de Mme de Montespan, les robes austères inaugurées par Mme de Mainte non, les grâces de la Régence, la poudre et les paniers du temps de Louis le Bien-Aimé, les coiffures extravagantes et les caprices de Marie-Antoinette.
- Le grave philosophe Helvétius ne s’embarrassa-t-il point quelque jour dans son bagage d’une tête frisée destinée à initier les filles de la duchesse de Saxe-Gotha aux dernières roueries à l’aide desquelles les coiffeurs embellissent les charmantes femmes de la Cour de Versailles. La tête mal emballée arriva en fort mauvais état et Grimm ne cache point dans sa correspondance la joie maligne qu’il ressent à cette nouvelle, c’est à lui qu’on aurait dû s’adresser pour une commission aussi délicate, il aurait ajouté à l’envoi, comme attention supplémentaire, “ une considération”, petits paniers qui font fureur dans le moment (E. Scherer : £%üelchior Grimm, T^eoue des Deux Mondes du 1er décembre 1855).
- « Le goût de la France plane et vole alors sur l’étranger et sur toute l’Europe. Toute l’Europe est à la française. Toute l’Europe est soumise et asservie à nos modes tributaire de notre art et de notre commerce, de notre industrie, séduction, domination sans exemple du génie français que la Galerie des Modes attribue non au caprice, mais à l’esprit inventif des dames françaises pour tout ce qui concerne la parure et surtout à ce goût fin et délicat qui caractérise les moindres bagatelles échappées de leurs mains. Toute l’Europe a les yeux tournés vers la fameuse poupée de la rue Saint-Honoré, poupée de la dernière mode, du dernier ajustement, de la dernière invention, image changeante de la coquetterie figurée de grandeur naturelle sans cesse habillée, déshabillée, rhabillée au gré d’un caprice nouveau, né dans un souper de petites maîtresses, dans la loge d’une danseuse d’Opéra ou d’une actrice du Rempart, dans l’atelier d’une bonne faiseuse. Répétée, multipliée, cette poupée-modèle passait les mers et les monts; elle était expédiée en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne; delà rue Saint-Honoré elle s’élançait sur le monde et pénétrait jusqu’au sérail. Et lorsque les journaux de modes se fondent, ces journaux spéculent bien plus sur cette clientèle de l’Europe, que sur le public français. Leur ambition, leur «spérance est de remplacer la poupée, et leur préface annonce que, grâce à eux, les étrangers ne seront plus obligés à faire des poupées, des mannequins tou-
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- jours imparfaits et très chers oui ne donnent tout au plus qu’une nuance de nos modes (Cabinet des modes en ^86^ » (La jemme au XVIIIe siècle, E. et J. de Goncourt).
- « J’ai connu un étranger qui ne voulait pas croire aux poupées de la rue Saint-Honoré, que l’on envoie régulièrement dans le Nord, y porter le modèle de la coiffure
- Les Fashionables”
- Poupées à ressorts par brevet d.’importation et de perfectionnement (Jllbum de La Silhouette).
- nouvelle, tandis que le second tome de la même poupée va au fond de l’Italie et de là se fait jour jusqu’au fond du sérail. Je l’ai conduit en incrédule dans la fameuse boutique et il a vu de ses yeux, et il a touché et en touchant il semblait douter encore tant tout cela lui semblait invraisemblable. (Mercier, Tableaux de Paris). »
- Mais dès ce moment, le mannequin ne se contente plus d’être une simple poupée bien plus petite que nature et montrant en raccourci les innovations de la mode.
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- Quelques-unes de ces poupées, très précieuses d’ailleurs comme renseignements techniques nous sont parvenues et donnent une idée fort exacte de l’ajustement de nos aïeules.
- Du mannequin de Choisy auquel M. Léon Riotor fait allusion dans son opuscule il ne nous reste rien et nous sommes réduits aux conjectures sur son aspect extérieur.
- « On dit qu’Antoinette Poisson, nous raconte Monsieur Riotor, fit appeler son couturier Charmette et lui ordonna de bâtir « quelque chose pour essayer ses robes avant de les lui apporter pour juger de l’effet. Ce fut le mannequin de Choisy-Ie-Roi qu’on découvrit lors des fureurs Révolutionnaires dans les combles du château de la « Grande Mademoiselle ».
- Il fut probablement en osier. L’estampe du « Mari séduit par sa femme » nous prouve que ce genre de fabrication était familier au XVIIIe siècle.
- La tradition veut qu’un mannequin semblable ait donné aux frères Montgolfier l’idée de leur aérostat. Leur mère ayant mis une jupe de percale très légère sur un mannequin en osier, par suite d’une circonstance spéciale, le vent s’engouffra sous cette sorte de cloche et enleva tout l’appareil. Ce mince incident mit les ingénieux chercheurs sur le chemin de la théorie du plus léger que l’air. L’usage du mannequin était devenu si courant qu’en 1 763 un nommé Legros en avait fabriqué, habillé, ajusté trente de grandeur nature qu’il exposa à la foire de Saint-Ovide. En 1765 il avait chez lui cent poupées de ce genre qui, disait-il, donnaient une idée de ce nouvel art basé sur la proportion de la tête et l’air du visage.
- En 1772, enfin, les figures de Legros, toujours exposées à la foire de Saint-Ovide flagellaient la mode des coiffures à la Monte au Ciel montrant des femmes surmontées d’échafaudages ridicules, qui donnèrent à rire au public accouru pour les contempler (Mémoires de la République des Lettres).
- L’impératrice Joséphine possédait quelques-uns de ces mannequins auxquels elle trouvait commode d’accrocher les accessoires de toilette. Nonchalante et paresseuse, elle ne prenait aucun soin des shalls, écharpes, sacs à main, que sans ces commodes sosies elle n’eut point retrouvés. Jusqu’en 1850, l’osier régna sans conteste, ces objets étaient fabriqués par des vanniers. Oualle, au Pilier des Halles, rue Coquillère, affirme qu’ils existaient depuis 1797 mais aucune certitude ne nous est donnée à cet égard.
- En revanche Monsieur Riotor nous cite une liste fort complète des commerçants du XIXe siècle :
- 1835 : Boiché, mannequins en fil de fer. (Les Boiché père et petits-fils étaient ferblantiers. C’est en étamant des gouttières de fil de fer, puis divers appareils destinés à soutenir les fractures des membres, qu’il leur vint l’idée d’assembler les pièces et d’en construire des carcasses entières). |
- 1848: Vessière, rue Sainte-Avoie, n° 32, mannequins pour couturières et confectionneurs.
- 1858: Lagrange, rue Coquillère, mannequins d’osier rembourrés.
- 1860: Oualle, rue Coquillère, mannequins en osier.
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- Fessart, rue du Temple, 20, mannequins en carton peint pour tous les sexes. Pelletier, rue Saint-Denis, mannequins en carton recouverts de toile. Lavigne, 15, rue Richelieu, bustes pour couturières.
- 1866 : Maison Piau, rue Montmartre, mannequins rembourrés en osier.
- 1869 : Stockman, avenue de Clichy, bustes et mannequins en carton rembourré « d’après l’anatomie ».
- En 1865, Lavigne, le plus important des tailleurs mannequiniers vendait peut-être 5.0 bustes par an, aujourd’hui telle importante maison voit sa production s’élever jusqu’à 40.000 dans le même laps de temps. (Léon Riotor, Le Mannequin. Bibliothèque artistique et littéraire, Paris 1900).
- En 1867, un mannequin ordinaire se vendait 45 francs ; en 1875, 25 francs; en 1880, 20 francs ; en 1900, 12 francs.
- Le mannequin estimaintenant le complément indispensable de toute installation de couturière.
- L’ouvrière en chambre elle-même a son « bobin » qu’elle rembourre suivant la taille de la cliente. C’est l’objet d’un “Osier” 1797 prix modique et qu’elle transformera à son gré à l’aide d’une toile et d’un peu de ouate. Malgré tous les efforts le mannequin de taille courante n’a pu être détrôné par le moulage fait sur nature, dont les inconvénients sont multiples : nécessité de la présence de la personne à qui il est destiné, emplacement qu’il faudrait réserver à l’emploi pour chaque cliente d’un buste déterminé à conserver en vue de commandes successives. Le prix enfin qui ne manque pas toujours d’être fort élevé. Comme exemple typique, on peut citer un mannequin exposé à Londres en 1851, mannequin d’acier composé de 7.000 pièces séparées ; on lui donnait tous les mouvements et toutes les formes du corps humain. La réclame nous dit : il serait extrêmement commode pour les tailleurs. On pourrait ajouter : qui ne reculeraient point devant son prix d’achat un peu au-dessus des ressources ordinaires de la corporation soit 175.000 francs.
- Aujourd’hui le grand luxe des étalages c’est le mannequin à tête de cire approchant semble-t-il le plus possible de la réalité. Dès longtemps la
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- reproduction de la figure humaine à l’aide de cire a préoccupé nombre d’artistes et à certaine époque les petits médaillons avec effigie en cire furent fort en honneur en Italie surtout. Le musée Carnavalet en possède une collection très complète.
- Ces effigies peu à peu se transformèrent et donnèrent naissance au métier de cirier dont le principal but fut bientôt de faire des têtes pour coiffeurs.
- Le Dictionnaire des arts et métiers, 1773, nous donne les détails suivants sur ce métier :
- « Les ciriers en général sont du corps de l’épicerie qui est le deuxième des dix corps des marchands de Paris.
- * « Les cires blanches viennent de l’étranger et paient 10 livres de droits d’entrée
- suivant l’ordonnance du 3 février 1688 et 4 livres de droits de sortie conformément au tarif de 1654.
- « Pour préparer la cire on prend une once de cire vierge et un gros de sucre candie broyé très fin ; on fait fondre le tout, et on y ajoute une demi-once de noir de fumée et 2 ou 3 gouttes de térébenthine. Lorsque ce mélange est un peu refroidi on en forme de petits pains. Quand on veut tirer une empreinte on pétrit cette cire entre les doigts pour l’attendrir, on appuie l’objet sur la cire pour en tirer l’empreinte qui se trouve faite avec beaucoup de précision.
- « Cet art a été poussé loin de nos jours ; le sieur Benoit, peintre de profession a trouvé le secret de former sur le visage des personnes vivantes des moules dans lesquels il fondait des masques de cire qu’il animait en quelque façon par des couleurs et des yeux d’émail imités d’après le naturel. Ces figures revêtues d’habits conformes à la qualité des personnes qu’elles représentaient étaient si ressemblantes qu'on les prenait souvent pour les personnes mêmes. Les figures anatomiques de cet artiste ne l’ont point rendu moins célèbre que la beauté de ses portraits. »
- Avant Benoit on peut citer Jean Paolo du Pré dont il est question dans le journal d’Heroard et qui fut chargé de faire un buste de Henri IV aujourd’hui entré au musée Carnavalet. Le Syracusain Zambo qui avait commencé sa carrière à Florence aidé du chirurgien Guillaume de Novès, monta un cabinet anatomique qu’on allait admirer rue de Tournon. Plus tard, Curtius acquit dans ce genre une réelle célébrité, dont le retentissement est parvenu jusqu’à nous.
- Curtius modelait et coloriait ses figures de ses propres mains. Le plus souvent le bas du corps n’était guère qu’un informe mannequin assez exactement drapé de riches costumes. Mais les bustes étaient parfaits et la tête reproduisait la nature vivante de façon à produire illusion (Prud’homme, Miroir de Paris).
- Les principales scènes chez Curtius ne changeaient guère. Les actualités étaient un prétexte pour lui de modeler de nouvelles figures qui restaient en évidence tant que duraient leur vogue. On les éloignait peu à peu pour les débaptiser tout à fait lorsqu on les avait suffisamment oubliées.
- Au XVIIe et XVIIIe siècle nous retrouvons assez souvent trace du curieux usage que l’on avait de se faire cadeau de figures de cire.
- Mme de Thianges, sœur de Mme de Montespan, donna au duc du Maine une chambre dorée qui portait cette inscription : chambre du sublime ”.
- C’était une espèce de temple du goût au dedans duquel on voyait un grand
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- nombre de personnages en cire groupés de façon à former une composition allégorique. Abraham Bosse lui-même avait modelé l’effigie du duc du Maine assis
- dans un fauteuil entre Bossuet 'et le duc de la Rochefoucauld.
- Pour les étrennes de 1784 le chevalier de Boufflers ayant un cadeau galant à offrir fit choix d’une Corbeille Globe (les aérostats avaient mis à la mode le vocable au globe qui désignait des éventails, des tabatières, etc.)
- Cette corbeille garnie de rubans pékinés, et de gros bouquets de fleurs artificielles contenait un petit enfant de cire, habillé d’une chemise de gaze qui lui coûta 360 livres. Ce singulier cadeau ne fut point payé. Cette créance de 360 livres sur le chevalier de Boufflers figurait encore en 1813 dans l’actif de la succession de Mlle Bertin.
- A partir de 1788 apparaît pour la première fois la mention au Didot Bottin des têtes de carton pour modistes. A la restauration les têtes de cire pour coiffeurs ont grand succès, un certain M. Plaisir invente une exposition de ces nouvelles créations de coiffures pour dames. Une estampe satirique de Joly datée de 1823, nous le montre aménageant un étalage où sont disposés ses chefs-d’œuvre. Au «• Longchamps » de 1851 enfin, le public se pressait au-devant d’un cabriolet Milord où deux femmes parées, frisées, osaient “Fil de Fer” 1835 arborer un décolleté impeccable mais
- peut-être excessif pour le lieu. Vérification faite il s’agissait d’une réclame pour un coiffeur qui faisait promener dans cet apparat deux mannequins à tête de cire.
- On est arrivé de nos jours à une grande perfection dans ce genre d’industrie. Les uns préfèrent la jolie tête aux couleurs fraîches, aux grands yeux d’une pureté de dessin académique, aux lèvres ultra rouges s’entr’ouvrant parfois sur une rangée de dents plus vraies que nature. D’autres aiment la cire dite artistique plus réelle peut-être, acceptant l’irrégularité dans les traits à la condition qu’elle donne à la figure de la physionomie. Toutes sont supportées par des mannequins d’un moulage fort exact dont les poses sont combinées de diverses façons, mais qui tous du moins quant à la mode féminine conservent l’esthétique actuel, la taille haute à peine accusée, la poitrine basse et les hanches effacées. Ce seront de précieux documents de toilette pour nos arrières-petits-neveux si d’aventure il leur en parvient un intact.
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- En attendant ils donnent une charmante animation aux Expositions où les divers dioramas sont toujours très visités, et aux superbes étalages de nos grands magasins dont la réputation est mondiale. Ajoutons que cette industrie des bustes, mannequins et têtes de cire n’est plus un petit métier mais qu’elle fait vivre maintenant une intéressante population d’ouvriers et surtout d’ouvrières spécialistes, essentiellement française, ce qui nous autorise à donner quelques détails sur ce genre de fabrication jusqu’ici assez inconnu.
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- Fabrication du Mannequin
- en
- Elle peut se diviser en trois parties :
- 1 ° L’établissement de la structure proprement dite du buste ou « carcasse » qui est en carton;
- 2° L’habillage de cette carcasse avec des étoffes les plus diverses ;
- 3° Le travail du bois servant à la confection du pied qui supporte le mannequin, et à divers accessoires.
- La carcasse s’obtient de deux façons : soit en creux soit en bosse. Dans les deux cas on se sert d’un papier végétal dont les feuilles passent une à une sous les rouleaux d’une machine à encoller pour les imprégner de colle de pâte. On superpose ensuite ces feuilles en nombres différents sur un moule en plâtre approprié aux exigences de la mode.
- Le tout est placé dans une étuve portée à une assez haute température. Par la chaleur on obtient l’évaporation de toute la partie aqueuse, dont s’est imprégné le papier qui se transforme ainsi en carton. Ce résultat obtenu, la carcasse est ouverte avec un instrument tranchant sur tout un côté et enlevée de son moule. Recousue mécaniquement aussitôt après, la carcasse passe entre les mains de râpeurs chargés d’enlever toutes les boursouflures produites par le séchage. On obtient alors un carton parfaitement uni qu’on habille d’une feuille d’ouate sur laquelle la finisseuse va adapter l’étoffe dont sera recouvert définitivement le mannequin.
- L’habileté du coupeur peut donner plus ou moins de grâce au mannequin : une couture placée habilement faisant valoir l’élégance des lignes. Les tissus les plus divers sont employés : la doublure pour le mannequin bon marché, la toile pour le buste d’atelier qui est sujet à une grande fatigue, le satin de Chine, le satin, la moire, pour les bustes d’étalage qui se présentent ainsi d’une façon plus élégante. Quand le mannequin est recouvert d’étoffe on y adapte un cou, soit en bois, soit en métal ; des ronds de bras et un fond fait d’une planche en bois. 11 est ensuite traversé par un bâton qui vient se visser dans une poignée terminant la partie supérieure du cou, et le tout est
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- posé sur le pied dont les formes varient suivant les besoins : plateau rond quand le mannequin est destiné à être sur une table — trépied haut lorsqu’il repose sur le sol.
- A ces mannequins peuvent s’ajouter des bras qui augmentent l’illusion de la réalité.
- Depuis quelques années la tête de cire a été une adduction heureuse au mannequin.
- La tête s’obtient en coulant de la cire dans des moules ad hoc ; elle est égalisée au sortir de ces moules — des cheveux y sont implantés — des yeux de verre y sont posés et le maquillage commence. — C’est le point le plus délicat qui a fait d’énormes progrès quand on compare les bustes faits il y a une vingtaine d’années avec ceux de nos jours.
- En dehors de la régularité des traits d’une tête qui la rend plus ou moins séduisante, le coloris obtenu actuellement lui donne le teint le plus naturel.
- Ce que nous disons des têtes s’applique également aux bras et aux mains dont on voit des moulages absolument parfaits.
- Nous pouvons constater avec fierté que dans cette industrie toute nouvelle, notre pays jouit d’une supériorité incontestée sur toutes les autres nations. Paris étant le berceau de la mode et le mannequin français son premier instigateur, il aura toujours la préférence de l’étranger qui trouvera par lui la ligne dont il doit s’inspirer.
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- Le Mannequin à PExposition de Turin
- os
- Dans cette catégorie on comptait cinq exposants :
- DUBOC & Cie (Établissements STOCKMAN).
- 150, rue Legendre, Paris.
- Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire l’exposé sur notre maison, qui a été donné par M. Dehesdin dans son Rapport sur Milan.
- Maison fondée en 1869, s’est fait une spécialité de la fabrication des bustes et mannequins pour la nouveauté. Les articles très soignés sont fabriqués avec des matières premières de qualité supérieure.
- Pour la forme des bustes, elle s’efforce de la changer suivant les exigences de la mode, tout en conservant les proportions normales du corps.
- Elle fabrique des mannequins de luxe dont les coutures sont à peine visibles, et des bustes à empiècement qu’elle est parvenue à faire d’une seule pièce.
- Elle est en outre propriétaire de différents modèles montés sur des pieds artistiques et d’un certain nombre de brevets.
- Elle se préoccupe d’innover constamment des accessoires tels que cous et poignées, qui sont de petits objets d’art en fonte de cuivre ciselés.
- En contact permanent avec les plus importantes maisons créant la mode, cette maison est des mieux placées pour suivre leurs idées, s’en imprégner et les reproduire par des modèles qui varient et se succèdent constamment.
- Les Etablissements Duboc & Cie possèdent une usine à vapeur à Paris, 150, rue Legendre, et une usine électrique à Saint-Ouen, 85, rue Arago, où se fait exclusivement le travail du bois.
- Elle a des maisons de vente : à Londres, Bruxelles, Genève, Berne, Vienne, Alger.
- Elle participe d’une façon régulière aux Expositions Universelles, où elle a obtenu les plus hautes récompenses :
- Paris 1900 : Hors Concours, Membre du Jury.
- Hanoï 1902 : Hors Concours.
- Saint-Louis 1904 ; Liège 1905 ; Milan 1906 ; Londres 1908 ; Bruxelles 1910 ; Buenos-Ayres 1910: Grands Prix. Turin 1911 '.Membre du Jury, Hors Concours.
- Émile GIRARD.
- 7, rue Rébeval, Paris.
- Maison fondée en 1907.
- Exposa 7 mannequins recouverts de satin groseille et montés sur pied en métal ciselé et doré d’un effet très heureux; les coutures étaient cachées par des galons d’or.
- Usine sise à Paris, 7, rue Rébeval.
- A installé des succursales à Londres, Bordeaux, Lille et Nice.
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- Le Jury de l’Exposition de Bruxelles 1910 lui décerna une Médaille d’argent et celui de Turin 191 1, lui accorda la tMédaille d’Or.
- PIERRE IMANS.
- 10, Rue Crussol, Paris.
- Cette maison fabrique les bustes et têtes de cire, et a donné à cette industrie un essor insoupçonné jusqu’alors, grâce à la perfection atteinte dans l’expression, le coloris et le charme de ses têtes de femmes particulièrement.
- Elle avait à Turin un diorama représentant un embarquement au bord du lac de Côme, qui a été une des attractions de notre classe.
- Les personnages qui y figuraient, dans les poses les plus naturelles et les plus variées, donnaient véritablement l’illusion d’une scène de la vie réelle.
- M. Imans occupe un personnel d’artistes qui lui est très attaché et qu’il fait participer dans ses bénéfices, proportionnellement au temps de présence de chacun dans sa maison.
- On ne trouve dans aucun pays étranger une maison similaire à celle de M. Imans qui a aidé pour une large part au succès de notre classe, aussi bien à Turin qu’aux Expositions antérieures, par l’attrait indiscuté des scènes où figurent des sujets qui ont également été admirés au Palais de la Mode Italien et dans beaucoup d’autres pavillons.
- Exposant depuis 1900, il obtint à l’Exposition Universelle de Paris, une (Médaille d'argent, puis en 1904, à Saint-Louis, une Médaille d’Or ; en 1905, à Liège, un ‘Diplôme d'Honneur, et enfin les Grands Drix lui furent attribués depuis, à Milan 1906, Londres 1908, Bruxelles 1910, Buenos-Ayres 1910, et Turin 1911.
- LAMBERT Frères.
- 6, Rue Pierre Bullet, Paris.
- Maison fondée en 1830 par le père des titulaires actuels.
- L’usine est installée 6, rue Pierre Bullet, où se fabriquent des mannequins pour tailleurs, couturières et corsetières.
- Exposa des mannequins pour hommes, femmes, enfants, en moire vieux rose, sur des pieds en métal doré et ciselé formant un ensemble très élégant.
- A exposé antérieurement déjà à Bruxelles en 1910, où elle remporta une Médaille d’argent et obtint une (Médaille d’Or à Turin en 1911.
- ALBERT RAVENEL.
- 347-349, Rue Saint-Martin, Paris.
- La fondation de cette maison remonte à 1852 par M. Pacaud, à qui succéda de 1879 à 1907, M. Ravenel, père du titulaire actuel, qui lui succéda en 1908.
- Fabrique d’étalages, bustes, vitrines, pieds et appareils en cuivre poli, bronzé, oxydé ou nickelé, et en maillechort.
- Les articles exposés représentent les différents titres d’appareils derniers perfectionnements à l’usage de toutes les industries des accessoires du vêtement.
- Récompenses obtenues :
- Paris 1889, Mention honorable; Bruxelles 1910, Médaille d’Or; Turin 1911,
- Diplôme d’Honneur.
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- CHAPEAUX
- “ (Bonnets du XVIIe siècle Bulletin de la
- Société de l Histoire du Costume
- CS?
- HISTORIQUE
- Durant tout le moyen âge, la coiffure populaire fut le chaperon, et les auteurs les plus dignes de foi affirment que les premiers chapeaux ne firent leur apparition que sous Charles VI.
- Pourtant, un chroniqueur cité par Du Cange nous dit que le premier des Capétiens dût son surnom à l’habitude qu’il avait, étant enfantj de retirer son chapeau pour jouer.
- D’autre part, antérieurement au XIVe siècle, le chapeau était certainement une coiffure distinctive des classes. Cette jolie description d’un coin de Paris au temps d’Héloïse et M’Abélard, de M. de Waleffe, donne une idée des circonstances spéciales où l’on portait le chapeau.
- (( Héloïse allait muser aux boutiques installées sur le Grand ou le Petit Pont : boutiques d’orfèvres avec les cages d’oiseleurs accrochées à leurs auvents, boutiques pittoresques de taincturiers, escrivains, barbiers, esperonniers, fripiers, chasubliers.
- « Là devant circulaient du matin au soir, les Juifs en chapeau jaune, jeunes clercs en chapeau Vert et force cavaliers éclaboussant les bourgeois a pied, et force cochons vaguant au hasard jusque
- dans les jambes des chevaux. )> (Héloïse dupe d’Abélard, M. de Waleffe).
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- Le chaperon fut à la mode pendant 400 ans. Ce n’était tout d’abord qu’un capuchon destiné à préserver la tête suivant les circonstances.
- On le divisa bientôt en trois parties : La visagère, dont le nom est assez significatif, le guleron, que l’on pourrait qualifier de calotte ou de capuchon, qui s’appela aussi au
- XIIIe siècle lippumun, et la cornette, bande de tissu qui tombait dans le dos.
- Au XIVe siècle, on mit la tête dans la visagère et on transforma ainsi le chaperon en couvre-chef. Le guleron se drapa sur la tête et la cornette devenue parfaitement inutile, tomba si exagérément en arrière, qu’on prit l’habitude de l’enrouler autour du cou, où elle prit le nom de garde-col.
- Les transformations successives du chaperon l’amenèrent à l’état actuel, que nous connaissons sous le nom d’aumusse et de camail, dans l’habillement de certains dignitaires ecclésiastiques.
- Le christianisme, en affirmant, dès le VIe siècle, qu’il n’y avait d’autre servage que celui de Dieu, avait aidé à former la classe ouvrière qui se recruta parmi les hommes libres, ou tout au moins parmi ceux qui jouissaient d’une liberté relative, telle que la comprend la féodalité.
- Au fur et à mesure que les serfs s’en vont, dit M. Guérard, les artisans de toutes espèces arrivent... Ils ne se montrent cependant un peu nombreux qu au déclin du XIe siècle. A cette date, les uns s’attachent au service libre des abbayes, les autres s’établissent dans les grandes villes, qui sont toujours le foyer des libertés nouvelles, et qui offrent avec une sécurité individuelle plus grande, des éléments plus puissants à l’activité du travailleur.
- Parmi les artisans nommés par M. Guérard, comme attachés au service de 1 abbaye de Saint-Père de Chartres, on remarque les feutriers feltrarii, qui correspondent aux chapeliers modernes.
- Dans le livre des métiers (XIIIe siècle) d’Etienne Boileau, il est fait mention des chapeliers de feutre, des chapeliers de coton, des chapeliers de paon, des fourreurs de chapeaux, etc.
- Il faut cependant distinguer, sans aucun doute, les chapeaux de feutre qui se rapprochaient plus ou moins des chapeaux modernes, il y en avait des cylindriques,
- ‘ Coiffure à la Prussienne". — France vers 1777.
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- d'hémisphériques, et le feutre en était de loutre, de poil de chèvre ou de bourre, mais les chapeaux de coton paraissent n’avoir été que de simples calottes.
- Il est difficile de choisir un type de coiffure parmi les innombrables variétés de chaperons, coiffes, toques et bonnets qu’ont porté les deux sexes, assez dissemblables d’ailleurs, suivant la caste à laquelle on appartenait.
- Les chapeaux luxueux des dignitaires du haut clergé, des gros bourgeois, ne peuvent se comparer au couvre chef de laine du paysan.
- L’uniformité démocratique du costume moderne est un gain moral pour la masse, qui ne différencie guère, par l’extérieur, les plus favorisés de la fortune ; elle constitue un bénéfice pour les riches, déchargés d’une somptuosité de mise, jadis obligatoire.
- Tout ce qu’un millionnaire d’aujourd’hui peut mettre de plus fastueux sur sa tête est un chapeau de soie, 20 à 25 francs. Au XIVe siècle, un chapeau de lièvre se vendait de 18 à 27 francs.
- Un pareil couvre-chef, brodé d’or ou de soie, représente une centaine de francs de notre monnaie et ce n’était pas le plus coûteux de son espèce. A Paris, sous Philippe le Bel, un chapeau de feutre garni de perles montait à 107 francs, plus de 400 francs de nos jours.
- Les feutres dont les ouvriers se coiffaient ne leur coûtaient guère plus de 0,80 centimes à 2 francs. Mais l’on ne peut point supposer qu’ils fussent d’une confection bien soignée. Un paysan de Seine-et-Oise paye 1 fr. 30 son couvre-chef de laine, garn1 d’un cordon. Voilà sans doute la coiffure usuelle de l’homme de labeur. Celle du petit bourgeois ne lui coûte pas plus que 2 fr. 50, mais il n’aura pas de chapeau de feutre pour ce prix, celui-ci se payant de 4 à 5 francs, et encore pour les articles les plus ordinaires.
- Par chapeaux de bièvre, il faut entendre chapeaux de castor (la bièvre étant le castor de nos cours d’eau). On peut même voir un souvenir de l’extrême abondance de ces animaux dans le nom laissé à la petite rivière qui traverse Paris.
- Les chapeaux de bièvre firent fureur au XIVe siècle et furent, dès cette époque, couverts des broderies les plus somptueuses.
- On portait d’abord sur la tête un couvre-chef ou une calotte destinés à préserver du froid, et qui se nouait sous le menton. Le chapel se mettait au-dessus.
- Les laïcs seuls avaient le droit de se coiffer de cette manière. Les statuts synodaux du diocèse
- de Poitiers, de 1377, défendent aux ecclésiastiques d’en faire usage dans l’exercice de leur ministère.
- Sous François Ier, on obtint, moyennant le paiement de 15 livres, l’autorisation
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- Bonnet d'heiduqtie” (Société de THistoire du Costume)
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- de porter la calotte à l’Eglise. Le clergé a conservé cette mode de nos jours, sans rien payer.
- Les jeunes élégants de la Cour de Charles VII, sont coiffés de chapeaux
- ‘Vers 1785 (Galerie des Modes).
- coniques à forme tronquée, à petits bords de feutre mou, qu’on faisait alors en loutre, en poil de chèvre et même en bourre de laine ou de coton.
- On porta même certain chapeau tout à fait pointu, analogue à la coiffure que nous supposons aux magiciens. Entièrement relevé derrière et sur les côtés, il avançait en bec par devant. Un morceau d’étoffe appelé touaille se rabattait sur la forme. C’était
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- Uers 1787 (Galerie des Modes).
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- là que se plaçaient les ornements, franges de soie, crêtes de diverses couleurs et même pièces d’orfèvrerie, figurines ou chaînettes.
- L’Eglise ayant encore une fois mis son veto sur cette mode de coiffure, il fut interdit d’en augmenter la raideur par des apprêts; on permit d’empeser les gris ou les blancs, mais pas les noirs.
- Il était de bon ton de se couvrir la tête d’une calotte et de la surmonter d’un chapel.
- On trouve trace de cette mode jusque sous Louis XII.
- Signalons aussi comme couvre-chef le mortier, dont l’origine fut la coiffure habituelle des empereurs romains, adoptée par imitation par les premiers rois de France, surtout parmi ceux qui habitèrent le Palais de la Cité. Les souverains, en quittant ce vieux Palais, en laissèrent le privilège aux magistrats qui leur succédaient et particulièrement aux plus hauts placés de ces fonctionnaires.
- Le mortier du chancelier était en drap d’or bordé d’hermine, celui des présidents en velours noir avec deux galons pour le premier président, un seul pour les autres. Au temps des chaperons, le mortier se plaçait dessous, le chaperon directement sur la tête. Plus tard, il fut d’usage de le porter à la main.
- Les magistrats de second rang, les avocats, les ecclésiastiques, n’ayant pas le droit au mortier et voulant une coiffure distinctive, arborèrent des coiffures de carton recouvertes d’étoffe, qu’on appelait bonnets carrés et auxquels les ecclésiastiques ajoutèrent une houppe comme ornement. Ce qui fait dire à Pasquier : « Nous portions sur nos têtes rondes des bonnets carrés, en quoi l’on peut dire par grande bizarrerie, nous avions par hasard trouvé la quadrature du cercle ».
- Ce même Pasquier nous met au courant de la nouvelle invention du sieur Patrouillet, qui consistait : « en je ne sais quelle forme de quadrature grossière et lourde que l’on appelait bonnet à quatre brayettes ».
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- En 1505, on commença à séparer la calotte, qui prit elle-même l’importance d’une coiffure, parfois accommodée à la mode florentine ou*milanaise, qui va faire fureur à la Cour des Valois, sous le nom de toque. Elle était même parfois augmentée d’une résille placée sur la chevelure.
- Certaines provinces gardaient une coiffure leur appartenant, tel le Béarn, où règne d’ailleurs encore maintenant le béret. Les nobles seuls, au XVIe siècle y portaient le chapeau et celui du roi devait être plus orné que ceux de sa suite. Ainsi, Henri IV, tout pauvre qu’il fût, en avait-il plusieurs : un en castor, coûtant 11 livres, puis un de velours noir bordé d’argent fin et deux feutres gris, doublés l’un de velours et l’autre de taffetas, achetés chez les merciers du roi, Luillier et Joubert, sans compter chez Geoffroy Auverard, trois autres chapeaux noirs, de taffetas ou de velours et crêpe et... une aune deux tiers de velours orange, du prix de 11 livres 13 sols pour faire un bonnet de nuit.
- Sous Louis XIII, ce fut le triomphe des grands chapeaux de castor, dont les coiffures si populaires des mousquetaires ont perpétué le souvenir.
- C’est l’époque du chapeau noir de Caudebec, qui avait été inauguré par les partisans huguenots et servait de signe de ralliement avec la plume noire qui l’ornait : les pages de Marie de Médicis n’en voulurent pas d’autres. En 1650, ils s’étaient égayés, on les faisait gris avec une plume verte et on ne les portait que sous le bras. Le pays de Caux eut l’honneur de fournir à Louis XIV ce couvre-chef noir à plume blanche, devenu historique sur sa tête. Ces chapeaux se faisaient en laine d’agnelins, de ploc ou de duvet d’autruche, ou même de poil de chameau.
- En 1690, le rôle des tailles de la ville portait mention de plus de 200 lignes de chapeliers. M. Famchon nous dit, dans son remarquable rapport, paru à l’occasion de l’Exposition de Londres 1908 : « Qu’il y avait à Caudebec à la fin du XVIIe siècle, une communauté de chapeliers comptant une quinzaine de maîtres. Trois ou quatre seulement travaillaient pour leur compte, tandis que les autres qui n’avaient pas les moyens de tenir boutique, foulaient les chapeaux dans les ateliers plus fortunés. »
- M. Famchon nous dit aussi, à propos de cette question de corporation si importante et si stricte à cette époque, et où les règlements paralysaient toute possibilité de progrès, que sous Louis XIV : « le castor étant devenu fort cher, les chapeliers firent des chapeaux composés de castor et d’une étoffe à poil qu’on appelait demi-castor. Or, ce mélange que l’on ne dissimulait pas aux acheteurs, fut considéré par Colbert comme une falsification, parce qu’il faisait concurrence au castor, qui était un produit des colonies, et les demi-castor furent proscrits par la loi en 1664, sous peine d amende et de confiscation. On espérait ainsi entraver par ce moyen l’importation des chapeaux de castor que les Anglais réussissaient à introduire en France, malgré les droits élevés qui les frappaient. Plus tard, en 1673, l’amende fut portée jusqu’à 3.000 livres, dont la moitié revenait au dénonciateur, et l’on était passif de prison en cas de récidive. Malgré tout ce que fit l’Etat pour maintenir la suprématie du chapeau de castor, il dut renoncer à la lutte, et autoriser finalement au XVIIIe siècle la vente des demi-castor. »
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- Il est vrai que ces chapeaux de castor ne pouvaient être que l’apanage des plus fortunés, se vendant, à l’époque qui nous occupe, jusqu’à 400 francs.
- Plus tard, les beaux chapeaux seront moins chers, mais encore au-dessus des moyens de certains grands personnages, et au début du premier Empire, le prince de Monaco mourra si dédoré qu’il n’a même pas pu régler à Leroy un chapeau de 96 francs.
- Au XVIIIe siècle, les chapeaux de feutre plus ordinaires atteignaient encore 10 ou 1 5 fr.
- Dans le peuple, on se contentait alors du bonnet fait en laine ou en coton de toutes formes, mais d’un prix n’excédant guère 0.90 cent, à 1.50.
- Il y en a de tissus plus élégants, satin, brocard ou taffetas et pour tous les âges comme pour toutes les conditions, des bonnets d’Allemagne, des bonnets carrés, sans compter les bonnets à la Turque et les bonnets de nuit.
- Le chapeau fait partie de certaines livrées, chapeaux de laquais, de valet de ville, à 8 ou 1 2 fr. l’un, suivant la garniture.
- Le chapeau rouge du bourreau se paye 7 fr. et le chapeau noir du croque-mort vaut 5 fr.
- Beaucoup de chapeliers travaillaient en chambre. Dans une petite pièce sont rassemblés
- la chaudière, les tonneaux, le mortier et une centaine de formes pour chapeaux de feutre ou de laine foulée. L’artisan ne teint point lui-même et l’avance de marchandise est peu considérable, puisque nous trouvons dans l’inventaire de l’un d’eux, mort à Troyes en 1693 : « 13 chapeaux estimés 20 livres et en réserve 23 viels chapeaux, 7 douzaines de chapeaux foulés, non teints, estimés 84 livres ».
- D’ailleurs, un homme seul, comme le constate Y Encyclopédie, du XVIIIe siècle, n aurait pu suffire aux multiples opérations qu’exigeait la confection complète du chapeau, surtout lorsqu’il affecta la forme à bords relevés et triangulaires, dite à trois gouttières.
- si r on met à la suite des diverses manipulations, depuis le foulage et les 50 remises -à l étuve et au bassin, depuis les ponçages, les coupures, les affinages ; depuis les
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- apprêts gommés, les repassages au fer chaud et à la peau de chien pour les rober; depuis l’enlèvement de la jarre enfin, jusqu’au moment où l’on termine le chapeau, en y cousant les portes, les agrafes, les boutons et la ganse, on constate que les mains les plus variées ont concouru à son achèvement.
- Nous ne sommes pas loin d’ailleurs de l’époque où le chapeau de soie va remplacer le castor, ou le feutre, bien que ce nouveau couvre-chef ait rencontré une violente réprobation, dès le début. Déjà Businello, poète vénitien mordant et satirique raille, vers la moitié du XVIIIe siècle la mode du chapeau luisant qui semble gras.
- En 1797, un Anglais, peut-être après une visite à la National Galery, où il avait eu l’occasion de contempler l'Homme au chapeau de Van Dyck et de s’inspirer de l’étrange appendice cylindrique qui coiffe le noble Flamand, annonça aux siens son intention de sortir affublé d’un tube, premier ancêtre de tous ceux qui coiffent nos contemporains.
- On était au 15 janvier, et comme il n’était point encore question du Carnaval, les habitants de Cheapside, qu’il traversa pour arriver au Strand, s’ameutèrent sur son passage et le scandale fut public. Les journaux s’emparèrent de l’incident et menèrent tel tapage autour de cette innovation, que notre héros, un nommé Hetherington, dut comparaître devant le lord maire pour se justifier. Il présenta lui-même sa défense avec chaleur... « Déclare qu’il ne se croyait pas fautif, aucune loi anglaise n’interdisant à un libre citoyen de se coiffer d’un couvre-chef, quelque ridicule que soit ce dernier ». Son argumentation n’eut pas de succès : il dut fournir caution de cent livres sterling et fut condamné à des amendes considérables.
- Est-ce la disproportion de la peine qui fit le succès de l’aventure ? Ce récit vola de bouche en bouche, tant et si bien, qu’un grand Journal Le Times lui consacrait un commentaire dont l’allure prophétique est bien faite pour nous surprendre.
- « Cette coiffure, dite chapeau de soie, pour révolutionnaire qu elle soit, finira par s’imposer tôt ou tard à tout le monde. Aussi croyons-nous que la police, en arrêtant l’initiative a été mal inspirée ».
- Cette persécution fut intempestive et produisit l’effet contraire à celui qu on attendait, le chapeau s’imposa tellement que depuis plus d’un siècle, malgré toutes les tentatives faites pour le détrôner, il est toujours de mode. Les régimes ont changé, l’Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet, la République, ont vu des générations diverses, mais toutes se sont coiffées du tube inélégant et disgracieux.
- Les Jeune France de 1830 se mirent l’imagination à la torture pour corriger la cylindrique laideur du chapeau haut de forme, ce tuyau misérable, mais sans y réussir tout à fait. On en vit pourtant de gris à longs poils, de jaunes en paille, et de violets en étoffe peinte.
- Ce fut l’ère des chapeaux extravagants; il y eut des chapeaux mi-partie, tri-partie, il y en eut même de quadrillés.
- En 1834, on put voir cinq jeunes gens se promener dans le quartier latin avec des chapeaux de feutre blanc, où étaient représentés en jaune et en vert la cathédrale de Paris, Claude Frollo, l’écolier Jehan Frollo, Esmeralda et sa chèvre Djali, et la trogne hideuse de Quasimodo.
- On exhiba des feutres de toutes les tailles et de toutes les formes. On les décora
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- des noms les plus fastueux. Il y eut des feutres à la « Rubens», à la « Van Dyck», à la « Rembrandt », à la « Velasquez », sans que Ton sache à quelles formes s’appliquaient ces superbes appellations. Petrus Borel portait d’ordinaire un chapeau « Grand-d’Espagne ».
- Un autre romantique,
- Challamel, nous conte que, jeune, il était hanté de l’idée d’avoir un chapeau à la « Buri-dan ». Ce chapeau avait toute l’importance d’une manifestation ; quiconque l’adoptait prouvait par là son amour du moyen âge. Je n’ai jamais pu obtenir ce chapeau à la « Buri-dan » tant désiré : mes parents ont tenu bon contre mon effréné désir; mais, en revanche, j’ai gardé des longs cheveux comme bien d’autres adolescents, et je me suis acheté un poignard semblable à celui d’Antony avec les semaines qu’on me donnait ».
- Le chapeau rouge était l’attribut des Bousingots : Le Figaro se moqua de ces derniers, qui demandèrent raison au rédacteur. Karr et Roque-plan détachèrent chacun une épée de la panoplie. Un des Bousingots prit une épée et se mit en garde sans se décoiffer ;
- Karr se contenta, en vrai Guillaume Tell, de percer le chapeau rouge : ce fut un trophée sur lequel Roqueplan écrivit :
- Tête de Bousingot détachée du tronc (Confessions d’Arsène Houssaye).
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- Le chapeau du romantique fut toujours un feutre souple à larges bords, relevés ou rabattus, mais
- Projetant sur leur front leur ombre colossale.
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- Lorsqu’il était pointu par le haut, il distinguait tout de suite un artiste d’un poète, d’un bourgeois, et produisait le plus bel effet du monde au parterre des théâtres.
- Les chapeaux de peluche de soie, d’origine italienne, apparurent vers 1820, montés sur un carton. L’Angleterre les perfectionna, mais ce fut la France qui eut la gloire en 1854 d’inventer la carcasse, « galette » en langue technique, en toile
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- apprêtée. La corporation chapelière déploya des prétentions grandissantes qui aboutirent à une grève mémorable, à la fin du second empire, et à la fondation d’un syndicat ouvrier qui eut des lois calquées sur celles de l’ancien régime, résurrection du passé. Nul maître n’a le droit de faire plus d’un apprenti tous les trois ans ; seulement ils arrivèrent ainsi à ruiner leur industrie au profit de l’étranger.
- Pris individuellement, les élégants médisent de la mode, qui leur impose le couvre-chef rigide et solennel, et prodigieusement incommode, qui s’appelle le « chapeau haut de forme », mais les lois de l’absurde sont les plus puissantes et ce n’est qu’en rêve que nous avons pu croire parfois à l’abolition de ce symbole de la grande toilette masculine. Nous voyons dans les musées, qui pourraient être qualifiés de musées des supplices de la Mode, les casques de fer, les cols larges comme des plats du XVIe siècle, les perruques à la Louis XIV et autres réchauffantes d’avant la Révolution ; mais ce n’est pas encore tout de suite que nous y verrons relégué, parmi ces objets archaïques, le chapeau de soie.
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- Avant la Renaissance, époque à laquelle les coiffures des deux sexes sont nettement séparées et de genre différent, nous ne verrons guère mentionnées comme couvre-chef spécial aux femmes que la calotte des Franques, nommée « Obbon » et qui était chose si respectable qu’on était condamné par la loi salique à payer 15 sols d’or lorsqu’on le faisait tomber.
- Sous les Capétiens, nous rencontrerons diverses mentonnières et claque oreille ; plutôt coiffures et ornements que chapeaux proprement dits. Il nous faudra attendre 1300 pour voir s’imposer certaine invention originale où le parchemin servant de carcasse est recouvert d’étoffes variées, soie, drap ou velours. Ces singuliers chapeaux atteignaient d’ailleurs des prix très élevés ; une grande dame de 1340 payait 69 francs un chapeau semblable en velours fin, et une princesse mettait jusqu’à 760 francs pour en avoir un brodé d’armoiries et d’oiseaux.
- Leur cherté excessive explique que les chapeaux de cette époque soient restés objets de luxe dans la bourgeoisie. Dans le peuple, on a recours aux coiffures d’un prix plus modique.
- La femme d’un notaire de Montauban payait 2 fr. 43 son couvre-chef, en 1344 ; une métayère d’Orléans se contentait d’un chapeau de 3 francs.
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- Plus bas encore dans l'échelle sociale ; les bonnets de toile valent 1 fr. 20, et les filles du Midi enferment leurs cheveux dans des résilles à 15 centimes.
- Ces résilles ou réseaux étaient fort à la mode en 1320 : tressées en soie, elles portaient le nom de crépines et on les rehaussait d’ordinaire par un fronteau, par une bande de perles ou par un voile. A la fin du siècle, les crépines furent abandonnées pour les atours, coiffure où il entrait d’ailleurs quelques postiches, qu’on encadrait de bourrelets de formes variées et bizarres et qu’on rembourrait avec de l’étoupe par dessous.
- Quand cette coiffure avait la forme d’un béret, elle se nommait «escoffion ». Ce mot « d’escoffion » prendra l’allure d’un terme populaire, désignant les coiffures malpropres ou peu soignées des femmes du peuple. Les harengères qui se querellaient avaient, remarquait-on, l’habitude d’arracher leur escoffion.
- Le roi François Ier, fort intransigeant, n’admettait point que les femmes eussent des allures masculines, et les quelques tentatives faites pour acclimater les chapeaux à bords, n’eurent sous son règne, aucun succès. Il préférait les chevelures enjolivées d’ornements variés, de résilles en perles, de colliers ou de plaques d’or. On arriva, sous le règne de Charles IX, à en faire un tel abus, qu’une ordonnance de ce roi réglementa ainsi ces sortes de colifichets :
- « Ne pourront aussi femmes porter des dorures à leurs têtes (souvent ces dorures étaient des filigranes d’or de Gênes) de quelque sorte qu’elles soient, sinon la première année qu’elles seront mariées. »
- « Catherine de Médicis, dans des temps fort durs (comme le dit M. Mortier, dans le Rapport de 1900), obligée de courir les camps, adoptait résolument le chapeau des gens d’armes, c’est-à-dire un véritable melon moderne, à fond arrondi, tel que le portait le duc de Guise, lorsque Poltrot de Méré l’assassina. Il offrait contre l’averse l’abri de ses auvents, et c’est la raison qui le fait prendre à Catherine de Médicis, comme le montre la grande estampe de Périssius. La mode en dura peu toutefois, avant 1558, il eut été grotesque — après 1570, il était ridicule : la vieille reine elle-même n’eût voulu le reprendre. »
- Vers l’année 1587, les femmes s’engouèrent de la coiffure à l’espagnole. Cette dernière coiffure mérite une description, à cause de son élégance et de son étrangeté. C’était une riche toque espagnole brodée en or ou de galons artistement placés derrière la tête. Les cheveux étaient frisés sur le front, le tout s’accommodait avec plusieurs tresses, ornées de rubans et de pierreries, qui descendaient délicatement le long du cou et flottaient au vent. La coiffure à l’espagnole ne rencontre presque pas d’opposantes.
- Par la suite, la mode des petites toques plus ou moins ornées de plumes, se maintint pendant de longues années et les femmes de la Cour d’Henri IV continuèrent à être tellement empanachées lorsqu’elles sortaient, que Marie de Médicis considérera qu’elle sacrifie beaucoup à la simplicité en se contentant pour sa villégiature à Fontainebleau, d’un chapeau de fine paille de Florence garni de taffetas ou de soie incarnat, que lui envoie la grande duchesse de Toscane.
- Mais la faveur resta encore longtemps aux cheveux tarabiscotés, frisés, arrangés, garnis de tampons, avec lesquels la forme de la tête arrivait à une sorte de dôme étiré
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- Chapeau de Femme ”, — Epoque Louis XIII. (D’après une gravure de l’époque.)
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- commencement du XIXe siècle.
- en hauteur, sur lequel on posait quelques nœuds ou quelques menues voilettes de dentelle, analogue au bonnet des dames anglaises de nos jours.
- La cornette des belles années du règne de Louis XIV fut une simple passe bouillonnée qu’on plantait tout droit sur le sommet de la tête, elle y formait des rayons et les bouts étaient assez longs pour tomber sur la gorge après qu’ils y avaient été noués. Tout cela se portait fort en arrière, à cause de l’amas de boucles et de frisures qu’il y avait sur le front. C’est la coiffure Maintenon.
- Avec les cheveux poudrés et très aplatis de la Régence, on porte dans l’intimité du boudoir la cornette de gaze, et dans la rue la bagnolette ou capeline, qui encadra si joliment le visage mutin des Manon du temps.
- Puis on abandonne les bonnets pour les chapeaux de paille importés d’Italie, préférés aussitôt par les Françaises, qui les garderont pendant près d’un siècle.
- Le chapeau à peine naturalisé chez nous, revêt les formes les plus variées et se complète par les ornements les plus charmants et les plus bizarres.
- Telle modiste donne à ses chapeaux un fond perpendiculaire, perdu dans les flots de rubans ; telle autre leur adopte une énorme passe roulée en entonnoir surchargé de plumes ou de fleurs.
- On a calculé que dans l’espace de deux ans, les chapeaux de femme ont changé dix-sept fois de forme. Il y en eut qu’on appela « chapeaux bonnettes » parce que leur forme bouffante ressemblait à un bonnet. Il y en eut de tellement grands, qu’ils couvraient toute la personne comme un parasol. Chez Mme Guiot, rue Neuve-des-Petits-Champs, on a un joli bonnet baigneuse pour 41 livres.
- Mme de Lage de Volude paye 18 livres pour un chapeau à carcasse de gaze, linon à coulisse, avec tissu autour de la forme et nœud de ruban blanc.
- Un chapeau de paille blanche doublé de taffetas, large ruban anglais satiné de blanc, panache de côté et trois plumes plates blanches, bouillon de ruban derrière, se paye 96 livres chez Mlle Bertin. “
- Voilà le nom le plus célèbre dans la mode qui ait été conservé depuis plusieurs siècles. La gloire même de Leroy, le grand faiseur de la Cour Impériale, n’effacera point celui-ci. Lui était l’homme à tout faire des princesses ou des maréchales de l’ère napoléonienne, Rose Bertin était la modiste seulement, et la grande instigatrice des modes saugrenues
- ou baroques, ou des trouvailles charmantes qui ornèrent ces têtes de l’entourage de la Reine. Plusieurs furent fauchées prématurément par le couteau de Samson. Et si le coiffeur qui fut chargé de la dernière toilette de la tête mutilée de 1 exquise Lamballe, était tant soit peu philosophe, quelles réflexions ne dut-il point faire en songeant à l’antithèse du luxe fou qui parait toutes ces chevelures des
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- femmes de cour en 1780, opposé à la terrible besogne qui lui incombait en 1792. Au commencement du règne de Louis XVI, on ne pensait qu’aux fêtes, au plaisir et à la parure : les modistes étaient nombreuses rue Saint-Honoré, et les enseignes
- les plus variées désignaient aux élégantes leurs magasins favoris.
- Le mot galant devint si nécessaire à tous ces confectionneurs de jolis riens futiles et changeants, qu’il se retrouve avec régularité dans les devises qui les désignent : « Au bouquet galant » chez Briand, vis-à-vis de l’Oratoire ; « A la corbeille galante », chez Lemaire, près l’ancien Hôtel d’Aligre ; « Au trait galant » enfin, chez Moutier, le fournisseur attitré de la Dubarry.
- La corporation devint fort importante, et Louis XVI supprima, en 1 776, les jurandes et les communautés de commerce des arts et métiers : l’avocat général Scanier demande que les femmes obtinssent la maitrise, et parmi celles-ci particulièrement les marchandes de modes, les brodeuses et les coiffeuses, disant : « Ce serait ainsi préparer un asile à " Fontanges”. — ‘D’après b. ‘Picart. la vertu que le besoin conduit sou-
- Début du xviif siècle. vent au libertinage. » L’édit de
- février fut rapporté et l’on constitua 44 communautés d’art : celle des faiseuses, marchandes de modes et plumassières était la 18e.
- Désormais, pour exercer un commerce ou un métier, il se fallait faire inscrire sur un registre spécial. L’admission à la maitrise coûtait 300 livres sans aucun autre droit à payer pour celui qui avait été reçu de la communauté, le bureau fut nommé pour un an et ainsi formé:
- Syndics : Marie Jeanne Berlin.
- — Denise l’Etrier.
- Adjointes : Marguerite Danican Philidor, femme Fortin.
- — Madeleine Davaut, femme Roblin.
- Par opposition avec les coiffures exagérées du début du règne, on vit vers 1780, les femmes revenir à d’anciennes modes, qu’elles accommodèrent suivant leur goût. Voilà, d’après Louise Fusil, l’actrice, la description de la toque Henri IV, qui fit fureur à l’époque : « Ces petits chapeaux en velours relevés sur le devant, avec
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- une ganse de diamants ou de perles, surmontés de plumes blanches, étaient de fort bon goût. »
- Plus tard, en 1 784, ce fut le chapeau à la bohémienne, troussé dans une perfection rare, sur un modèle donné par une jeune dame de ce pays, dont tout Paris raffola. Ce chapeau, malgré une aigrette, de la passementerie, et un air particulièrement original ne fut point accepté de la reine. Elle se contentait alors de coiffures dont le bonnet en « sœur grise » fut un des types et se vendaient couramment 27 livres.
- Les jours sombres approchaient, l’affaire du collier, les premières émeutes populaires, furent les prodromes menaçants du grand orage où allait sombrer tout un monde, dont à distance, nous aimons à ressusciter les élégances fanées et désuètes.
- Quelle vision mélancolique que ce croquis léger crayonné par Mme de Boigne, à la veille de la prise de la Bastille.
- « L’été de 1 789, la reine fit une excursion à Bellevue, en voiture ; elle était vêtue d’un Pierrot de linon blanc brodé en branches de lilas de couleur, un fichu bouffant, un grand chapeau de paille, dont les larges rubans lilas flottants se rattachaient à l’endroit où le fichu croisait.
- C’était le temps où le Cabinet des Modes jetait cette présomptueuse boutade : « Nos marchandes de
- modes feront honte aux siècles passés et aux siècles futurs, qui dégénéreront nécessairement, parce que tel est le sort de ce qui est parvenu à la perfection ».
- Il est certain que la modification complète qui s’opère dans les mœurs du temps rendra difficiles les transactions commerciales. Au moment de l’avilissement de la valeur des assignats, on fut obligé de donner jusqu à 3.000 francs de papier monnaie
- pour un simple chapeau, qui n’avait rien de la somptuosité des poufs d'autrefois.
- Le directoire et ses modes renouvelées de l’antique allait ramener les coiffures à un volume raisonnable et les chapeaux à une simplicité du meilleur ton, que nous retrouvons dans un béguin de forme presque enfantine, ou bien dans un chapeau
- Chapeau de paille garni de rubans ”. — Fin du XVIIIe siècle. (D’après la Galerie des Modes.)
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- spencer à haute calotte cannelée avec plume de vautour. Puis le chapeau blanc à la Lisbeth, sur un toquet cerise, que la Saint-Aubin vient de mettre en vogue dans
- 1 opéra de Lisbeth au Théâtre Italien.
- Le renouveau de plaisir entraîne la société mondaine dans un tourbillon si irrésistible qu’on s’enchante tour à tour des inventions les plus variées, un opéra, un incident, une circonstance plus ou moins extraordinaire, met au goût du jour pour peu de temps, le chapeau à la Primerose, qui eut pour origine, paraît-il, une pièce de théâtre (homonyme lointaine de tel succès de nos jours à la Comédie Française) ou vingt autres couvre-chefs plus gracieux les uns que les autres, qui, pour extravagants qu’ils fussent, seyaient à merveille à ces visages provoquants et mutins.
- On porta des chapeaux de jockey, des chapeaux de courrier, des chapeaux de chasse garnis de velours coquelicot et pour monter à cheval, des chapeaux de feutre à long poil, d’un gris roussâtre, dont le bord est relevé tantôt à droite, tantôt à gauche, quelquefois sur le devant et qui ont pour ornement une ou deux plumes d’autruche fixées, de la couleur du chapeau. (La Mésangère, début du XIXe siècle.)
- Si nous consultons les gravures du Journal des Dames et de la Mode de 1797 à 1829 de ce La Mésangère, qui est vraiment l’encyclopédiste de toutes les frivolités masculines et féminines, nous constatons que les cheveux à la Titus de nos aïeules, les obligeaient à de nombreuses adjonctions de boucles et de frisures postiches cousues à même le chapeau.
- Puis ce sont les voiles de dentelles, demi voiles ou voiles entiers, que les plus jeunes et les plus fraîches relèvent sur la passe en auvent du chapeau, mais que les beautés mûres ou défigurées par la petite vérole, qui faisait encore tant de ravages à cette époque, baissent modestement sur le visage.
- Pendant toute la durée de l’Empire, les femmes adoptèrent à peu près exclusivement le chapeau à visière, en étoffe tendue, plus ou moins chargé de plumes, de rubans ou d’aigrettes, plus ou moins volumineux. A certains moments, ils atteignirent des dimensions assez respectables, pour être, comme de nos jours, proscrits du théâtre, si nous en croyons une caricature allemande de la fin de l’Empire, où deux femmes, ayant d’énormes cabriolets sur la tête, lisent gravement l’affiche suivante, placardée à l’entrée du parterre :
- « Les jolies femmes sont priées d’enlever leurs chapeaux, les autres le peuvent garder. »
- Puis, c’est avec l’avènement des Bourbons, celui de la toque à créneaux, qui est le signe intégral, l’affirmation absolue des tendances romantiques du retour au moyen
- âge*.
- Chapeau de paille garni de plumes ”. Fin du XVIIIe siècle.
- (<D’après la Galerie des Modes.)
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- Les grands fournisseurs d’alors étaient : Staub, Burty, Gagelin, Victorine Herbeault. Ces maîtres du goût ne craignaient pas d’affubler de leurs chefs-d’œuvre, même les têtes auxquelles une grande simplicité aurait le mieux convenu. Telle la duchesse d’Angoulême, dont les traits homasses s’alliaient on ne peut plus mal avec les retroussis et les panaches qui firent prime de 1815 à 1830. Epoque fertile en changements et où l’imagination des modistes ne se reposait guère, puisqu’on y peut compter plus de dix mille formes de chapeaux ou de bonnets différentes.
- La Taglioni eut une influence qui fut considérable ; elle se montre tantôt avec des bouquets qui menacent le ciel comme des flèches de cathédrales, tantôt avec des plumes caressant mollement la nuque, le tout assez souvent enveloppé d’un ravissant fouillis de gaze ou de mousseline.
- L’époqug romantique veut évoquer avant tout les souvenirs du moyen âge, et par là on entend d’ailleurs une époque assez indéterminée, qui s’étend jusqu’au delà de la Renaissance, et sans réclamer aucune des précisions de détails ou d’unité de style, qui font pour nous maintenant le principal mérite de ces sortes de reconstitution.
- Aux environs de la Révolution de Juillet, une aimable Bordelaise, désireuse d’être vêtue à la dernière mode, réclamera de son mari : « un petit manteau à la Henri III, nuance de trépassé revenu, une robe à queue Charles VII, avec un chaperon Henri II, le tout commandé chez Herbeault et chez Palmyre.
- L’été de 1830 vit deux événements que les femmes trouvèrent d’importance à peu près égale : la chute définitive des Bourbons et la chute provisoire des chapeaux de paille. On les remplaça par des couvre-chefs en carton sur lesquels étaient peintes des fleurs. « Les grands chapeaux de paille, imités de ceux des faneuses, écrivait le Journal des Dames et des Demoiselles, ont aussi vieilli que ceux des bergères de Florian ; les petites filles mêmes n’en veulent plus porter. »
- La forme d’ailleurs, pendant les premières années du règne ne varia guère. C’était encore le chapeau évasé de la Restauration, mais réduit à de moindres proportions. On leur donna de ces noms puérils et charmants, que trouvent sans effort les femmes, et où se révèle leur âme, par tant de côtés enfantine... On les appela des Bibis. Ouverts sur le front, resserrés sur les tempes, garnis d’un nœud de ruban au-dessus des cheveux, et surmontés d’une plume d’autruche, les bibis étaient maintenus par une mentonnière ornée de dentelles.
- Contre les bibis qui avantageaient surtout les jeunes femmes, les autres
- formèrent une ligue. De cette ligue naquirent les cabas ou paillassons.
- Nous trouvons alors :
- Les paillassons ;
- Les chapeaux de paille cousus ;
- ‘ Le Turban ”.
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- Les pailles belges à bords dentelés ;
- Les pailles de fantaisie, formant coquilles, losanges, etc.
- La paille est accommodée pour tous les goûts, pour toutes les classes. Si les grandes élégantes adoptent le chapeau de paille de Florence, fort coûteux, mais impeccable comme fabrication, dans la classe moyenne on se contentera de paille cousue, ou alors la modiste mélangera, pour plus de simplicité, la paille d’Italie ou encore la paille de riz et le crêpe lisse et fera ainsi de charmants chapeaux de jeunes filles.
- Pour monter à cheval, on se couvre la tête d’un large feutre de castor, maintenu par une jugulaire de soie et dont la forme rappelle les chapeaux d’archevêque.
- Pour nous autres, gens de sport, qui cherchons avant tout ce qui est pratique, dans les divers actes de la vie mouvementée que nous menons, semblable chapeau nous paraîtrait extravagant et peu convenable pour la promenade matinale à l’allée des poteaux.
- L’art de la modiste est le plus subtil de tous les arts et aussi le plus complexe dans ses emprunts.
- Cette science s’adapte aux pays d’Orient et d’Occident, aussi bien qu’à toutes les époques historiques et tour à tour, les couvre-chefs les plus gigantesques succèdent aux toques, aux casques, aux feutres Gainsborough, aux lampions Louis XIV, aux canotiers, aux tricornes, aux capelines, aux turbans, aux cimiers à panache.
- Mais n’oublions pas que la plus récente expression de la mode nouvelle nous semble toujours supérieurement exquise. Nous croyons toujours sincèrement que la femme ne fut jamais plus femme, plus reine, plus harmonieusement étoffée que lorsqu’elle est interprétée en beauté par la mode qui vient de naître.
- “ Coiffures de Dames ”. — jlllemagne. Commencement du XIXe siècle. (D’après les gravures originales).
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- Atelier de Chapelier ** — Allemagne. Début du XIXe Siècle. (D’après un livre de métiers)
- Fabrication du Chapeau de feutre
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- Feutre et paille servent encore dans l’industrie à désigner les diverses familles de couvre-chefs, mais les matières premières dont ils se composent ont singulièrement varié. Beaucoup de chapeaux de feutre sont en laine, beaucoup de chapeaux de paille sont en bois.
- Tant que les matières furent d’un prix fort élevé la chapellerie n’eut pour clientèle que les classes les plus aisées. La majeure partie de la population se coiffait de casquettes et de bonnets fabriqués avec toutes sortes d’étoffes.
- Au commencement du XVIIIe siècle on adopta un produit qui venait de Flandre. C était un feutre auquel on faisait subir un brossage dans l’eau bouillante. Par ce procédé ce poil devenait fin, brillant et fourni, mais comme il était d’une certaine longueur il se gonflait au vent et le chapeau qu’on avait désigné d’après sa provenance du nom de Flamand devenait disgracieux et lourd. Vers 1825 on remplaça les apprêts par des matières et des substances résineuses, gomme laque, sandaraque, dissoutes dans l’alcool à l’abri des variations atmosphériques.
- En 1842, dans le midi, on adopta un chapeau de feutre souple dont l’usage
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- bientôt se généralisa. Malheureusement l’importance des commandes amena une grève à Paris. Pendant que la région parisienne ne fabriquait plus, la province prit une place prépondérante. Ce fâcheux état de choses dura jusqu’en 1852 où un Américain importa en France la machine à battre.
- A mesure que le castor, pourchassé dans les Montagnes rocheuses, devenait rare et enchérissait sur les marchés d’Europe, on le mélangea à d’autres poils moins précieux, de là le demi-castor. Par la suite, on commença de le poser en dorure, à raison de 30 grammes par chapeau. Depuis que le poil de castor vaut 180 francs le kilog. son emploi est presque nul.
- Le rat musqué, importé de Buenos-Ayres, et le rat gondin, sorte de loutre terrestre, que les Etats-Unis vendent 45 francs la livre, sont trop coûteux aussi pour être utilisés. L’Allemagne nous envoie, avec ses propres lièvres, ceux d’Autriche, des Balkans, mais c’est surtout avec nos lapins que se font le melon pour les chapeliers, et la cloche pour la modiste. Sur 80 millions de peaux de lapins ou de lièvres, annuellement traitées dans nos pays, 70 millions environ viennent de simples clapiers indigènes. Le lièvre a la spécialité de fournir la sorte à longs poils, le garenne est recommandé pour la qualité mate.
- Mais suivant la préparation qu’on leur fait subir, on obtient tantôt le feutre poncé ou taupe, tantôt le posé ou le flamand. Pour qui s’intéresserait aux détails et au dessous des choses, nous dirons que nos chapeaux ronds ordinaires absorbent à peu près 100 grammes de poils, dont le prix est d’environ 1,60 et représente deux lapins domestiques. Il en faut quatre lorsqu’on emploie le garenne, puisque l’animal à l’état sauvage a le poil moitié moins abondant.
- Apportées par le chineur, qui s’approvisionne chez les ménagères, les gargottiers, ou simplement dans les boîtes d’ordures, les peaux de lapin arrivent chez le préparateur. Elles subissent la préparation préliminaire de l’éjarrage, en passant sous une lame de couteau qui les débarrasse de toutes les bourres folles. On les secrète pour favoriser le feutrage, en les plongeant dans une eau additionnée de mercure. Enfin on les rase.
- Ce travail n’est guère fait à la main, pas plus qu’au moyen de la roue qu’un homme actionnait en marchant, comme un écureuil dans sa cage, il est maintenant exécuté par une machine d’invention américaine. La plupart des machines dont se servent les chapeliers de nos jours se font aux Etats-Unis. Les machines à découper font 3.000 tours à la minute, chacune desservie par un ouvrier, découpe par jour 1.100 peaux, dont le cuir déchiqueté comme une poignée de crin ou de ficelle, tombe à terre, tandis que le poil apparaît rangé sur un plateau. Chaque plateau contient environ 40 toisons.
- Tout le poil recueilli sur une même bête n’a pas du reste la même valeur. Avant d’être soumis au travail du feutrage, il est d’ailleurs l’objet d’un triage délicat. La peau du lièvre, par exemple, est de trois nuances distinctes, d’un jaune gris à la pointe, noire au milieu et blanche contre la chair. Celle-ci dite émouchée se paie le double de la précédente. Dans la peau de lapin, le dos fournit une marchandise appréciée cinq fois plus chère que le ventre. Pour le castor, c’est exactement le contraire. Convertis en un tissu compact et solide, ces poils, qu’aucun lien n’unit plus entre eux,
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- tien que serrés côte à côte, offrent encore l’apparence d’une peau très lisse. Ensuite, on procède au feutrage.
- On commence à les secouer, les souffler en terme technique. Par suite, vient l’arçonnage, qui se fait à l’aide d’une corde à violon qui les groupe, les frotte, les met enfin en nappe régulière, ils commencent déjà à s’entrelacer et à prendre corps. Le bastissage leur donne une forme conique ou d’une cloche, le marchage et le couchage complètent la besogne, en serrant fortement les cornets et réglant leurs dimensions sur celles d’un patron de papier. Après le mouillage indispensable pour lui donner de la consistance, il est porté à la foule, plongé en de vastes baquets de fonte dont 1 eau maintenue à la température invariable de 100°, contient une dose légère d’acide sulfurique. Le prestigieux bonnet pointu de tout à l’heure, semblant fait pour les pierrots d’un cirque, se raccourcit à vue d’œil, s’aplatit en tous sens. Il se réduit au quart de son développement primitif, tandis que la substance gagne en épaisseur ou en force ce qu’elle perd en étendue.
- Après toutes ces transformations, pendant lesquelles le poil perd sa couleur primitive, le chapeau arrive au point où il peut être livré au chapelier. Le rôle du manufacturier est achevé, celui de l’artiste commence. En effet, s’il subsiste encore dans le faubourg quelques ateliers presque familiaux, rappelant avec leurs procédés manuels l’ancienne organisation du métier, le temps où chaque ouvrière confectionnait elle-même ses chapeaux, du commencement à la fin, « elle n’en produisait en moyenne que deux par jour» l’ensemble de la main-d’œuvre est devenu presque partout purement mécanique.
- Depuis la souffleuse et la bâtisseuse à injecteur, jusqu’à la fouleuse à marteau ou à rouleau, la transformation du poil en feutre se fait automatiquement, y compris le dressage des chapeaux d’hommes sur des modèles de bois sur lesquels on met la cloche humide encore au sortir de la foule.
- Cette extension du machinisme a réduit peu à peu le prix de façon du chapeau.
- Il est descendu de 4 fr. à 1 fr. 50 et enfin à 60 centimes. Ceci ne suffirait pas à expliquer comment le chapeau mou est arrivé à pouvoir se vendre 1 franc seulement au commerce d’exportation, si l’on ne savait qu’une invention a remplacé le feutre, c’est-à-dire le poil de lapin par la toison des agneaux, ou même par les déchets de peignage de laine.
- Ces derniers nous viennent de loin, car la France ne produit pas de laine assez fine pour cet emploi. Elle tire son approvisionnement de laine d’Australie, du Cap ou de la République Argentine. Cette laine, toute préparée, ne revient pas à plus de 2 fr. 50 le kilogramme ; il en faut 100 à 130 grammes pour faire un chapeau, dont la matière première ne représente guère plus de 30 centimes.
- C’est jusqu’ici le dernier mot du bon marché. Le vendeur de ce chapeau de laine à 1 franc (le chapeau de feutre ne se vend pas au-dessous de 2 fr. 65), ne parvient à en retirer un bénéfice que par l’énormité de sa production. Nous avons en France des usines qui livrent quotidiennement 1.000 chapeaux; il en existe une à Bruxelles qui fabrique plus de 2.000 chapeaux, et la plus importante, à Buenos-Ayres, atteint 5.000 chapeaux.
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- Dans ces usines, la laine n’est pas seulement ouverte, cardée, bâtie en cône comme le feutre, le cambrage, le tournurage des bords, l’appropriage qui donne le brillant final, tout cela se fait au moyen d’appareils perfectionnés sans cesse, sous le coup de fouet de la concurrence.
- Tel est l’article de grosse consommation variant à peine, un peu plus haut, un peu plus bas, mais uniforme chaque année, et tiré à des centaines de milliers d’exemplaires pour une tête quelconque de la plèbe masculine.
- LE CHAPEAU DES CHINOIS
- Le consul de Belgique à Hong-Kong vient de publier un curieux rapport, où il montre qu’une des conséquences du mouvement révolutionnaire actuel de la Chine sera la transformation, de plus en plus marquée de l’habillement de la population indigène, surtout dans les grandes villes.
- C’est ainsi que, par suite de la suppression de la natte, on constate la vogue grandissante des casquettes et des chapeaux de feutre mou. A Canton et à Hong-Kong, le nombre de Chinois qui se font couper la tresse augmente chaque jour dans des proportions tout à fait imprévues. Or, la suppression de la natte a pour inévitable corollaire une modification de la coiffure : la classique petite calotte ronde, avec son bouton rouge, bleu ou blanc, en lacet tressé, n’est plus portée par les Chinois émancipés. C’est la casquette dite anglaise que l’on voit, actuellement, sur la plupart des têtes à cheveux courts. Les stocks en cet article sont déjà épuisés, paraît-il à Hong-Kong et à Canton, et il y a en ce moment une demande considérable en Chine pour cette marchandise.
- Mais, pour que les fabricants de casquettes aient des chances de succès, sur le marché chinois, il faut avant tout que leurs produits soient bon marché. Ils doivent, en effet, pouvoir concourir avec les articles anglais et allemands qui se vendent, actuellement, au détail entre 50 et 80 centimes la pièce, soit environ 1 fr. 10 à 1 fr. 75. Ces prix s’entendent pour l’article de fabrication étrangère ; l’on trouve toutefois sur le marché encore d’autres casquettes faites sur place par des tailleurs chinois et qui se vendent au prix de 24 à 45 centimes, soit 60 centimes à 1 franc la pièce. Quant à la forme de ces casquettes, il n’y en a pas qui soit plus particulièrement en faveur. C’est uniformément la petite casquette anglaise de coupe ordinaire et en étoffe de coton ou mi-laine et mi-coton. On les porte plus spécialement vertes, grises et bleues.
- Les classes aisées portent aussi le chapeau mou en feutre, de préférence de forme ronde avec bord non ourlé. Ces chapeaux se vendent au prix de 1 fr. 80 à 3 dollars mexicains, soit de 4 à 7 francs environ.
- Voilà la première modification que l’usage du costume européen apporte en Chine. C’est dans un avenir prochain, et pour beaucoup d’autres articles, un nouveau débouché en perspective à notre activité commerciale.
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- Fabrication du Chapeau de paille C5?
- Nous empruntons à un opuscule paru après l’Exposition de 1878 une grande partie des détails suivants, sur la fabrication du chapeau de paille en Italie. Cette « Monographie de la paille à chapeau, par Théodore Ducessois, Marquis de Solfa-gnano », renferme en quelques pages un résumé très clair de cette industrie en Toscane.
- On continue à qualifier chapeau de paille, bien que la tige des diverses céréales n’y ait aucune part, le chapeau d’été.
- Il peut pourtant atteindre, par la matière même dont il est formé, un prix très élevé. Telle est en ce genre la classique paille d’Italie.
- En Toscane, cette industrie a occupé, dans les années prospères, jusqu’à 350.000 personnes et l’exportation s’est élevée à 14 ou 15 millions de francs.
- Ce fut et c’est encore aujourd’hui la seule industrie des femmes des environs de Florence qui, tout en se promenant ou surveillant les récoltes, font, avec une étonnante rapidité, ces tresses, d’une régularité telle que, lorsqu’elles sont cousues ensemble pour former un chapeau, on supposerait qu’elles sont faites d’une seule pièce.
- Un chapeau de paille d’Italie était autrefois indispensable dans une corbeille de noce et une femme à la mode en avait toujours un dans ses toilettes d’été.
- La paille à chapeaux est le produit de trois semences : la semone, grosse semence, Santa fiore, Sainte fleur, Marzuolo, semence de Mars.
- Le terrain se laboure au mois de mai. En octobre ou novembre suivant on procède à l’ensemencement. Au commèncement de juin, quand l’épi commence à gonfler avant la formation du grain, on arrache la paille par poignées appelées ménates, qui peuvent tenir dans la main, on forme ainsi des gerbes qu’on attache avec des genêts. On fait sécher la paille pendant huit jours, on la laisse à la rosée la nuit, au soleil le jour pour la blanchir (8 jours). La paille tachée est mise de côté pour la teinture.
- On défile la paille, on sépare la partie supérieure de l’inférieure, qui servira de nourriture aux bestiaux. On crible cette paille en 12 grosseurs différentes.
- Puis on divise encore les longueurs ainsi obtenues en deux parties, celle près de 1 epi (punta pointe), l’autre pédale ou pied.
- La pointe fait des pailles plus fines et de plus longue durée.
- La pédale est plus blanche, mais la qualité moins appréciée.
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- Les parties les plus employées sontfles sommités de chaque tube, qui atteignent la longueur d’environ 25 centimètres près de l’épi. La tresse se fait avec 11 ou 13 brins, la tresse à 7 brins s appelle maglina et sert à imiter la paille anglaise dite à picot.
- La 11 brins sert aux chapeaux dont on ne voit pas les points, c’est essentiellement la paille d’Italie.
- On trouve aux environs de Signa, San Remo et Empoli, une sorte de jonc appelé sericciolo, qu’après séchage on emploie comme du fil, l’enfilant dans une aiguille pour coudre le chapeau, mais cela sert surtout pour les chapeaux qui ne sont pas très fins.
- Quand on n’emploie pas le sericciolo, on se sert de fil qu’on cire légèrement.
- C’est avec cette paille que les paysannes du pays confectionnent les capelines ou cornets d’Italie, si souples et si moelleux au toucher qu’on dirait de l’étoffe. Les plus beaux peuvent valoir jusqu’à 2 ou 300 francs chaque. Chaque tresse eit faite de 13 bouts de paille et le cornet est composé de 220 rangées de tresses remaillées ensemble.
- La paille devant rester humide pour ne point casser, l’ouvrage s’exécute dans les caves, et une ouvrière ne peut s’y adonner plus de 4 heures par jour.
- De pareils chefs-d’œuvre ont du reste été rares de tous temps, et Paris tout entier n’en possède pas plus de quelques douzaines.
- Mais l’Italie du Nord et la Suisse nous fournissent, à des conditions assez modestes, des pailles faites avec la pédale du froment. Achetées par les négociants parisiens, elles sont envoyées dans l’Est ou le Midi de la France, où nos villageoises trouvent leur gagne pain de l’hiver à les coudre ou à façonner des chapeaux.
- Quant aux pailles d’origine française, elles sont trop grossières pour cet usage. La Lozère, le Tarn-et-Garonne, cultivent exceptionnellement quelques graminées destinées aux sortes les plus communes, tandis qu’il nous vient de la tresse estimée d’Allemagne et d’Angleterre. Est-ce prédisposition de certains sols? Seule par exemple, la province de Liège est capable de fournir la corde ou paille supérieure à l’éclat même à celle de Florence. Tout un coin de Belgique vit de cette industrie. L’enfant commence à tresser dès le jeune âge, plus tard il apprend à coudre. Un ouvrier adulte vient tous les ans en décembre à Paris appliquer des chapeaux sur les moules, jusqu’en juin, où il retourne travailler à la terre de son pays.
- La lutte est ouverte d’ailleurs pour cette marchandise comme pour toutes les autres entre les produits du monde entier. Ainsi, les paillassons anglais, un moment en vogue, ont été tués par ceux du Japon, ainsi encore dans son ensemble, la paille a peine
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- à se défendre contre les chapeaux pour la confection desquels on emploie le bois, les feuillages, les tiges d’arbustes ou de légumes, dont l’industrie contemporaine tire sans cesse de nouveaux éléments de chapeaux.
- De temps immémorial, les Japonais ont fabriqué des chapeaux de bois. Au moyen de couteaux à lames très minces et très affilées, ils découpent dans des lattes de bois des lanières longues de 0m40 environ, de 0m04 à CM)5 de large, épaisses de 0m01 à 0m015, qu’ils tressent pour en faire des formes d’aspects variés. Ils emploient à cet usage diverses essences de bois, sapin, saule, cerisier, cyprès, peuplier, etc. Ces tresses sont légères, souples, résistantes et prennent admirablement la teinture.
- Cette industrie nationale du pays où poussent les chrysanthèmes vient d’être, il y a peu de temps, nous apprend M. H. Durand dans la Revue scientifique, perfectionnée par un ingénieur nippon, elle s’est modernisée par ses soins et n’a pas tardé à prendre un développement considérable. Depuis l’année dernière, la production croissant toujours, il a fallu lui chercher des débouchés dans l’exportation, et voilà comment il se fait que les importateurs ne sont pas aujourd’hui sans ressentir de vives inquiétudes en présence de ce concurrent nouveau, qui menace de devenir rapidement redoutable.
- Les copeaux rabotés de façon spéciale sont placés sur des claies où ils reçoivent une véritable vaporisation d’eau froide, qui leur confère une certaine souplesse. Ils sont à demi-séchés ensuite, et alors prêts à être employés.
- La production annuelle s’est elevée au Japon pour 1904, à 3.500.000 paquets dont chacun représente 14 mètres et vaut à Tokio, 1 fr. 25 environ.
- Avant de servir aux usages courants de la chapellerie fine, les tresses sont trempées dans un bain d’encollage contenant en parties égales de la dextrine et de 1 amidon cuit. Elles vont ensuite, suivant le cas, au blanchiment et à la teinture, et sont disposées en forme de chapeaux, soit dans les manufactures européennes (France, Angleterre surtout), soit dans les trois grandes manufactures de Tokio-Komba, d Osaka et de Kyoto.
- Cette fabrication de paille artificielle pour chapeaux n’est pas la seule qu’ait
- / /ffrrfé en
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- adoptée l’industrie niponne. 11 en est une autre, plus curieuse qui, encore à ses débuts, supplantera probablement bien vite son aînée. Les bûches de bois, une fois décortiquées, sont traitées de la façon connue, qui permet d’obtenir la pâte de cellulose : on ajoute souvent dans la cuve à digestion des déchets de scieries et des fagots de bois taillis. Il en sort une pâte semi-fluide, qui est envoyée dans un autoclave où elle achève de cuire en présence de 1 p. 100 de soude caustique en solution aqueuse concentrée, et où elle est blanchie par passage d’un courant d’acide sulfureux. Elle est contrainte alors de passer sous pression à travers les trous d’une filière qui fait sortir des tubes interrompus de cellulose qui se solidifie au contact de l’eau d’une cuve dans laquelle elle est reçue et qui est coupée en longueurs convenables par des cisailles automatiques. Les tubes, très semblables au tube du chaume, sont traités par les produits d’encollage, et tressés pour la fabrication des formes dites “ canotiers on conçoit qu’au lieu de tubes, il soit aisé de faire sortir des filières suivant le diamètre et la forme de leurs trous, des rubans plats, imitant à s’y méprendre la paille manille ou la paille panama.
- Vers 1840, naissait à Strasbourg et dans la Lorraine allemande, le chapeau de latanier ou palmier yarey, dont la matière première venait de Cuba, République de l’Equateur, où il était fabriqué avec les feuilles de bombo naxa, léger et d’une apparence bien plus belle qu’aucun des similaires de l’époque, mais ce n’était plus le vrai Panama. Le couvre-chef nationaliste qui lui a emprunté ce nom, provenait du bois de nos peupliers indigènes. De même les fabriques qui emploient l’écorce des saules à Carpi, près de Modène, donnent à leur produit, on ne sait pourquoi, le nom de paille de riz.
- La moitié des chapeaux nommés de paille sont des chapeaux de bois, de sparte, de jonc commun, qui nous a fourni ces rustiques yokos qui tenaient plutôt de l’article vannerie, et leur aspect bizarre fut justement ce qui plut aux femmes : jusqu’au moment où les magasins de nouveautés purent les offrir à 25 cm., elles les abandonnèrent.
- Le chapeau de rotin, originaire de Java, où il se fabrique avec le bambou, eut peu après le même sort. Depuis longtemps connu, son prix élevé l’empêchait de se répandre. Les marchands étant parvenus à l’offrir meilleur marché, il fit fureur, mais aussitôt que chacun s’aperçut qu’il cessait d’être rare, il tomba dans le dernier mépris. Heureux l’inventeur d’une nouvelle tresse, s’il réussit à tenir secrète pendant quelques années, la nature du végétal qu’il a su lancer. Le premier qui, vers 1890, découvrit dans un cucurbitacé de la Réunion appelé chouchou, une matière à fabriquer les chapeaux et qu’il appela yedda, nom japonais, réussit à dérouter ainsi, pendant assez longtemps, ses collègues, il paya jusqu’à 120 francs le kilog. de cette matière afin qu’elle lui fut exclusivement réservée. Quand la provenance du fibre de ce légume fut connue et qu’il tomba dans le domaine public, son prix tomba à 20 francs.
- Il en fut de même du yowa, que l’on fit passer pour venir des Indes, mais, qui en réalité, venait de Tahiti.
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- EGLISE CRAN MADRE DE DIO
- Le Chapeau à l’Exposition de Turin
- Le nombre des exposants à la Section française était de douze :
- BARJON Fils,
- 53 & 55, rue du Temple, Paris.
- Fondation en 1869 par M. Barjon père.
- Expose rubans, soieries, galons, spéciaux pour chapellerie.
- Fait fabriquer sur ses indications tous ses articles à Lyon, Saint-Etienne et environs, créant ainsi tous des genres inédits.
- Depuis 30 ans, la caractéristique de la maison a été la création réputée partout de galons nouveautés et d’écharpes françaises pour enfants, qui jadis provenaient d’Angleterre.
- Récompenses: Bruxelles 1897, Médaille de Bronze; Bruxelles 1910, Médaille d Or, et Turin 1911, Diplôme d'Honneur.
- BOUNAIX.
- 59, rue du Temple, Pans.
- Maison fondée en 1848, par le père du titulaire actuel, qui était son collaborateur depuis 1877.
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- S’occupe spécialement de la fabrication des casquettes, coiffures et chapeaux en étoffes variées, pour dames, hommes et enfants. Elle s’est particulièrement distinguée dans l’adaptation des coiffures aux différents sports : auto, aviation, rowing, foot bail, voyage, etc..., qui s’adresse à leur clientèle de luxe.
- Fait également beaucoup l’article de livrées et d’administrations.
- S’était fait remarquer antérieurement aux expositions, par des articles qui lui ont fait obtenir :
- A Paris en 1900, Médaille d’Or; à St-Louis 1904, Médaille d’Or; à Liège 1905, Diplôme d’Honneur; à Milan 1906, Grand Prix; à Bordeaux et Buenos-Ayres, Hors Concours, et remporta à Turin 1911 le Grand Prix.
- H. BOUZINAC.
- A Saussade (Tarn-et-Garonne).
- Maison fondée en 1 796, par un aïeul du titulaire actuel, qui dirige la maison depuis 1903.
- S’occupe spécialement de la fabrication des chapeaux de paille cousus et exotiques pour hommes et enfants.
- Cette maison, qui avait déjà remporté une Médaille d’Or à Londres, en 1908, un Diplôme d’Honneur à Bruxelles en 1910, s’est vu accorder à nouveau un Diplôme d'Honneur à Turin.
- CHAMBROUX Louis-Eugène.
- 18, rue des Archives, Paris.
- Cette maison fondée en 1814, s’est spécialisée dans la dorure sur étoffe et sur cuir pour la chapellerie.
- Elle occupe un nombreux personnel et a déjà remporté antérieurement les récompenses suivantes :
- Nancy 1909, Médaille d’Or; Bruxelles 1910, Médaille d’Argent.
- Le Jury, très agréablement impressionné par son exposition, lui a accordé, à Turin, une Médaille d'Or.
- CRESPIN & PAPILLON.
- 41, Avenue de l’Opéra, Paris.
- Maison fondée en 1830, rue de Richelieu, par M. Juste Pinaud. En 1848 MM. Pinaud & Amour, s’adjoignirent M. Raynal comme associé et continuèrent de gérer la maison avec lui jusqu’en 1875, date à laquelle M. Pinaud se retirait des
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- affaires. Il était remplacé en 1882 par M. Crespin, qui resta seul associé avec M. Raynal, quand M. Amour se retira en 1891. Après le décès de M. Raynal, en 1903, M. Crespin transféra le Siège 41, avenue de l’Opéra, et prit comme associé M. Papillon.
- Sous ces diverses directions, la maison s’est toujours spécialisée dans les articles de luxe. Les chapeaux sont façonnés, mis en tournure, garnis dans ses ateliers, ce qui donne à ses articles un cachet spécial et qui les différencie des chapeaux faits mécaniquement.
- Cette marque est très demandée en Allemagne, Autriche, Chili, Japon.
- Depuis 1867, la maison a participé aux différentes expositions et compte parmi ses récompenses 5 Médailles d’Or et 2 Grands Prix, Bruxelles 1910 et Turin 1911, — était hors concours à Roubaix.
- Cette maison nous a exposé depuis les chapeaux d’uniforme, de grand gala, jusqu’au chapeau courant.
- DUPUY, CHAUTARD & Cie.
- 88, Rue Chàteau-Landon, Paris.
- Cette maison, une des plus anciennes de notre place, a été fondée en 1830.
- Elle s’occupe exclusivement de la fabrication des casques et chapeaux en moelle et liège pour colonies.
- Les articles fort bien présentés et parfaitement conditionnés lui ont valu de hautes récompenses aux Expositions antérieures.
- A Liège 1905 et Londres 1908, elle obtint deux Médailles d’Or — à Bruxelles 1910, un Diplôme d’honneur lui fut accordé, et à Turin 1911, le Jury lui conféra à nouveau la même récompense.
- GUILLAUME fils aîné & BOUTON.
- 51, Rue du Temple, Paris.
- Maison fondée en 1840. *
- S’occupe de la fabrication de la peluche noire pour la chapellerie, marque « Kallista », du velours, de la toile apprêtée, de bords pour chapeaux de soie, de fibres. Cuirs et peaux pour chapellerie, crêpes, brassards, conformateurs.
- Elle exploite deux usines pour la fabrication de tous ces articles : l’une à Voiron (Isère) ; l’autre à Montreuil-sous-Bois, oii un très nombreux personnel est occupé.
- S est spécialisée dans la fabrication des bords de toile apprêtée à la gomme laque pure, toiles apprêtées, caoutchoutées et guttées, coiffes adhérentes, dessous de bras.
- Elle exploite 15 brevets pour conformateurs, ressorts pour chapeaux mécaniques.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 19! !
- Suivant les expositions depuis longtemps, nous relevons les récompenses suivantes :
- Paris 1900, Médaille d’Or ; Londres 1908, Diplôme d’Honneur ; Bruxelles 1910 et Turin 1911, Grand Prix.
- LÉON.
- 21, Rue Daunou, Paris.
- Maison fondée en 1846 par le père des titulaires Joseph et Maurice Léon.
- Fabrique des chapeaux d’hommes et de dames, pour la ville et le voyage, coiffures d’auto, de sports, etc. Chapeaux de soie, de feutre, de paille, de soirée. Sont les propagateurs depuis 30 ans du chapeau de soie et feutre monté sur liège (coiffe adhérente) garni de cuir aérifère. Avaient exposé leur chapeau léger, poids plume, dont un pesait 95 grammes, et la cape « double feutre )), dont la coiffe est adhérente et en un feutre très mince, d’où grande légèreté, et en plus solidité double, puisque double feutre.
- Cette maison a deux succursales à Paris, trois succursales à Nice, Monte-Carlo, Vichy, et des dépôts à Berlin, Bucarest, en Belgique et Alsace-Lorraine.
- Exposant depuis longtemps, les plus hautes récompenses lui ont été accordées :
- Paris 1889, 2 Médailles de Bronze ; Paris 1900, 2 Médailles d’Argent ; Saint-Louis 1904 et Liège 1905, Médaille d’Or ; Milan 1906, Diplôme d’Honneur; Londres 1908, Bruxelles 1910 et Turin 1911, Grands Prix.
- E. MOTSCH.
- 42, Avenue de l’Alma, Paris.
- Maison fondée en 1887.
- S’est spécialisée dans les articles de grand luxe pour la ville, le sport, la chasse, la livrée et surtout pour la chasse et le sport pour dames.
- Avait exposé des coiffures variées, parmi lesquelles se remarquaient des chapeaux de chasse Louis XV pour hommes et dames, un chapeau de chasse « Lampion » des casquettes de jockeys, de livrées, de sonneurs de trompe, etc.
- Cette maison s’est attachée surtout à fabriquer des qualités de plus en plus fines, et notamment en poils de rat Gondin et de Castor, qui arrivent à l’état de cloches et sont mis en tournure et garnis.
- Cette maison a participé à peu d’expositions, elle débuta à Bruxelles 1910 et a Buenos-Ayres 1910, où deux Médailles d’Argent lui furent décernées. Elle remporta la Médaille d’Or à Turin.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VETEMENT
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- Les fils PINAY Jeune.
- 5 et 7, faubourg Poissonnière, Paris.
- Maison fondée en 1838. Les titulaires actuels ont succédé à la Maison Pierre Pinay Jeune et Leduc, qui provenait de la fusion de deux des plus anciennes Maisons de chapellerie.
- A exposé des chapeaux exotiques de tous pays : Java, Madagascar, ' Manille, Shanghaï, des chapeaux de Panama de toutes provenances, des chapeaux de paille cousus en tous genres, le chapeau dit : « le Radium », article déposé, fabrication spéciale de cette maison.
- Elle a une usine à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), où elle emploie un très nombreux personnel pour la fabrication de ses chapeaux de paille.
- Elle importe en très grande quantité tous les chapeaux exotiques.
- Sa fabrication est entièrement mécanique : blanchiment et apprêt spécial pour chapeaux de Java, Manille et Madagascar.
- La maison Leduc avait obtenu à Paris, en 1878, un Grand Prix; et, en 1889, M. Leduc, Membre du Jury, fit, comme Rapporteur du Jury, un ouvrage très documenté qui jouit d’une notoriété justifiée.
- Dans les grandes expositions, la Médaille d’Or avait été accordée à la maison Pinay & Leduc. — Milan 1905 lui valut un Grand Prix.
- A Londres 1908 : Membre du Jury, Hors Concours.
- Bruxelles 1910 : — —
- Turin 1911 : Grand Prix, —
- Une caisse de secours est instituée pour payer pendant un mois les jeunes mères de famille.
- Louis TREZEL.
- 48, rue du Temple, Paris.
- Maison fondée en 1860 par M. Gerbeau, à qui succéda M. Chagniat.
- S’occupe spécialement de la fabrication des casquettes et képis d’uniformes. Cette maison, très anciennement connue, est appréciée par le fini de sa fabrica tion et la qualité des matières premières qu’elle emploie.
- Sa fabrique est 48, rue du Temple.
- A obtenu précédemment :
- A Paris 1900, Médaille d’Argent ; à Bruxelles 1905, Diplôme d’Honneur.
- A Turin, le Jury lui a décerné à nouveau un Diplôme d’Honneur.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- TIRARD frères.
- Nogent-le-Rotrou.
- Maison fondée vers le milieu du XVIIIe siècle, et c’est de père en fils que la succession des chefs de la dite maison s’est opérée sans aucune interruption.
- Fabrique les chapeaux de feutre, souples et durs, pour hommes ; spécialisée dans la fabrication de l’article fin, s’adresse à la clientèle des chapeliers spécialistes du monde entier. Ecoule une grande partie de sa production aux Etats-Unis, où elle lutte avantageusement avec les fabriques américaines, malgré les droits protecteurs écrasants, au Canada, au Chili, en République Argentine, en Bolivie, etc., et dans les colonies françaises.
- La fabrication est entièrement mécanique; les dispositifs les plus perfectionnés assurent la ventilation des ateliers, l’enlèvement des buées, le chauffage.
- La manufacture Tirard frères fabrique simultanément les chapeaux de feutre et les chapeaux de laine, et, en ce genre, elle produit tout ce qui se porte dans tous les pays du monde où elle exporte.
- Fabriquant le feutre elle-même, elle a été amenée à utiliser cette matière de diverses façons ; c’est ainsi qu’elle a créé une fabrique de chaussures de feutre.
- On peut dire que cette maison est la seule à fabriquer des chaussures de feutre en manufacturant elle-même tous les produits dans ses usines.
- Les ouvriers sont tous affiliés aux Sociétés de secours mutuels locales.
- Tout apprenti, pour être admis, doit d’abord s’inscrire dans une Société de secours mutuels.
- Cette maison a déjà eu un Grand Prix à Paris en 1889, et en 1900 était Hors Concours. A Bruxelles 1910 : Grand Prix ; et à Turin 1911 : Hors Concours, Membre du Jury.
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-
- FRANCE
- Chapeaux de feutre de poils — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations
- Grande-Bretagne Pièces 483.454 Pièces 17.289 Pièces 465.869 Pièces 22 347
- Allemagne 16.405 » 15.154 7.983
- Suisse 4.861 )) 4.262 ))
- Autriche-Hongrie 17.305 )) 10.695 ))
- Italie 17.059 » 17.899 1 .327
- Espagne » 699 )) 1.705
- Egypte • • • • )) 17.214 )) 13.938
- Indes néerlandaises .... » » )) »
- Colombie » 4.520 )) 7.410
- Indes anglaises » » » »
- Haïti » 65.556 » 36.611
- Chili )> )) )) ))
- Argentine )) )) » »
- Turquie » , )) » 1.247
- Belgique )) » )) »
- Etats-Unis )) )) )) 14.753
- Amérique du Nord anglaise . )) )) )) 7.200
- République Dominicaine . • » )) » 5.440
- Autres pays étrangers . . • 2.074 54.361 400 22.541
- Réunion )) )) )) ))
- Tunisie 36 )) » 6.091
- Algérie » 47.157 380 25.135
- Madagascar et dépendances . » 9 629 » 4.089
- Sénégal » )) » 4.436
- Indo-Chine )) 15.171 5 13-645
- Guadeloupe )) 10.102 )) 5.740
- Martinique )) )) » ))
- Côte occident. d’Afrique autre )) » )) »
- Autres colonies et protectorats » 21.983 )) 12.060
- Quantité totale .... Kg 541 194 263.681 514 664 213.698
- Valeur totale . • • - Fr. 1.975.358 1.186.565 1.904.256 918.901
- Taux de l’Unité . . .Fr. 3.65 4.50 3.70 4.30
- (1) Et de laine et poils en 1910.
- 1908 1909 1910 (1) »
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- 492.876 32.101 481.586 11.063 557.098 15.026
- 20.552 5.609 32.166 2.611 35.061 »
- 6.866 )) 4.920 247 2.225 ))
- 14.224 » 8.197 » 4.729 ))
- 19.791 » 40.988 )) 68.235 2.019
- )) 754 » 2.833 » 2.589
- )) 14.567 )) 25.214 )) 18.626
- » » )) 4.167 )) 7.318
- » 7.860 )) 640 )> 3.540
- » )) )) 16.207 » 616
- » 27.486 )) 15.420 » 23.751
- )) )) )) 1.380 )> 322
- » 4.385 )) 2.470 » 6 320
- » 1.146 » 1 362 )) 1.750
- » )) )) » 4.221 11.170
- » 22.422 )> 3.106 326 9.563
- » » » )) )) »
- )) 9.410 » )) )) ))
- 1.719 )) 1.224 17.740 152 13.846
- » 14.822 » 2.314 3 11.590
- )) 5.599 » 5.162 )) 5.380
- )) 31.633 )) 34.509 )) 26.337
- )) 7.091 )) 5.909 )) 6.900
- 12 5.574 )) 5.454 )) 7.100
- )) 12.680 )) 7.930 )) 7.674
- )) 24.364 )) 4.258 » 8.090
- )) 5.683 )) 3.811 )) ))
- » » )) 3.929 )) 6 412
- )> 9.323 » 1.809 » 5.305
- 556.040 260.783 569.081 179.545 672.050 201.244
- 2.057.348 1.121.367 2.105.600 772.043 2.520.188 865.349
- 3.70 4.30 3.70 4.30 3.75 4.30
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- FRANCE
- Chapeaux de feutre de laine ---------------------------- Statistiques françaises — Commerce spécial.
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Grande-Bretagne • • 12.199 35.359 6.012 51.216 7.631 66.991 2.887 46.584 7.031 51.035
- Allemagne 49.401 12.536 45.788 8.193 33.722 9.156 30.437 18.639 32.732 5.528
- Belgique .... • • 8.674 29.451 )) 18.087 » 17.991 2.535 53.742 944 18.325
- 1 .027 » 1.300 5.699 1.002 » 892 2.981 633 ))
- Autriche-Hongrie 11.127 » » » )) » 3.338 « 1.555 »
- 59.140 3.668 75-947 1.904 89.115 1.823 69.122 2 410 66.594 3.598
- Espagne ... » 4.788 » 3.251 » 6.034 » 3.635 » »
- Egypte. Mexique » 606 » 5.037 » 5.829 » 3.840 )) 11.742
- » 28.855 » 64.689 )) 54.139 » 102.382 )) 61.184
- » 14.216 » » » » » 6.237 » »
- Argentine ... . • » 39.500 » 35.120 » 22.073 » 16.806 » 41.416
- Chili ... » 40.499 » 18.256 » 25.815 » 15.367 » 12.838
- Colombie . . » » )) 2.580 » 3.514 » 5.740 » 4.665
- Cuba » » » 5.730 » » » » » ))
- Afrique anglaise orientale . . » » » 1 510 » » » 2.953 » 1 .945
- Zones franches » « » 9.277 » 12.617 » 12.501 » »
- Indes anglaises ...... » » » 405 )) 300 » )) i) 230
- Etats-Unis » » » 21.979 » 26.713 » 88.171 » 68.831
- » » » » » 7.570 » » » »
- Turquie • Autres pays étrangers .... » )) » » » 5.576 » 5.333 » 10.130
- 136 62.624 4-535 33.497 4.800 26.713 106 34.324 127 (1)57.582
- Nouvelle Calédonie .... )) » >> » » » )) )) )) 6.590
- Guadeloupe )) » » 9.440 » 6.311 )) 8.271 » 19.460
- Sénégal )) » )t 3.278 » 4.128 » 1 .619 » 1.534
- Tunisie 1 » » 7.508 » 7.002 « 2.730 2 »
- Indo-Chine x> » » 34.636 » 10.482 » 22.927 » 38.840
- Algérie » 26.310 » 44.495 » 32.429 » 28.586 » 47.635
- Afrique Occidentale française autre. )) 2.781 )) » » 6.328 « 6.550 » 8.410
- Madagascar et dépendances. . » 16.406 « 15.609 » 12.174 )) 6.166 » 24.373
- Réunion )) 19 439 » 11.342 )) 26.181 )) 21.790 t) 31.206
- Afrique Occidentale autre . . » fj » 4.934 il )) )) » » »
- Guyane française » » » 9.665 » 9.61 1 » 5.459 » 7.291
- Martinique » » » 7.012 » )) » i) » ))
- Autres colonies et protectorats » 38 419 » 10.035 » 10.809 V 8.081 » 11.128
- Quantité totale Kg 141.705 375.457 133-582 444.384 136.270 419.257 108.317 533.824 109.618 559.324
- Valeur totale . . Fr. 283.410 694.595 267.164 822.110 272.540 775.625 218.634 987.574 230.198 1.034.749
- Taux de l’unité Fr. 2 » 1.85 2 » 1.85 2 » 1.85 2 » 1.85 2.10 185 1
- CD Dont pièces: 4.212 (Portugal) ; 9.760 Uruguay; 5.922 Canada et 17.992 Haïti, exportations 1910.
- 280 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 281
- Situation Commerciale de l’Industrie des Chapeaux
- en France
- es?
- CHAPEAUX DE FEUTRE DE POILS ET DE LAINE ET POILS
- Importation :
- 1908 ............................ 557.040 pièces
- 1909 ............................ 569.081 —
- 1910 ............................ 672.050 -
- L’augmentation qui n’avait été que légère (2 p. 100) en 1909 s’est accentuée pendant cet exercice et a atteint 15 p. 102 environ.
- L’Angleterre nous a fourni 557.098 pièces contre 481.586 pièces en 1909 L’Italie — 68.235 — 48.988 — —
- L’Allemagne — 35.061 — 32.166 — —
- L’Autriche — 4.729 — 8.197 - —
- La Belgique — '4.221 — > — —
- La Suisse — 2.225 — 4.802 — —
- Ces chapeaux importés dans divers états de finissage soit bruts, soit dressés, soit garnis, représentent :
- 19.094 pièces, environ 2 p. 100, à l’état de cloches au droit de .35, valeur
- 2 francs pièce...................................................Fr. 4 »
- 447.798 pièces, environ 66 p. 100, à l’état de dressés non garnis, au
- droit de 0.50 et 070, valeur 3 francs pièce......................Fr. 198 »
- 205.158 pièces, environ 32 p. 100, à l’état dressés et garnis au droit
- de 1 franc, 1 fr. 25 et 1 fr. 50 pièce, valeur 3 fr. 50 pièce. . Fr. 176 »
- Valeur aux 100 pièces La valeur moyenne reste à 3 fr. 75 la pièce.
- Fr. 378
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- 282
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Exportation :
- 1908 . 1909 . 1910 . 260.783 pièces 179.545 — 201.244 —
- Nous enregistrons avec satisfaction viron 12 p. 100. Nos principaux acheteurs sont : pour cet exercice, une augmentation
- Algérie . . . 26.337] pièces contre 34.509 pièces en 1909
- République Haïti. . . . 23.751 — 15.420 — —
- Egypte . . . 18.626 — 25.214 — —
- Angleterre . . . . . . 15.026 — 11.063 — —
- Réunion .... . . . 11.590 — » — —
- Belgique .... . . . 11.170 — » — —
- Etats-Unis . . . . . . 9.563 — » — —
- Guadeloupe. . . . . . 8.090 — » — —
- Indo-Chine . . . . . . 7.674 — » —
- Sénégal La valeur moyenne . . . 7.100 est de 4 fr. 40 la pièce. » —
- CHAPEAUX DE FEUTRE DE LAINE Importation :
- 1908 ......................... 136.270 pièces
- 1909 ..........................109.318 —
- 1910 ......................... 109.618 —
- Les importations sont restées stationnaires. Elles s’appliquent aux provenances
- suivantes :
- Pièces
- 1910 1909
- Italie . . . . 66.594 69.122
- Allemagne . . . . 32.732 30.437
- Angleterre . . . . 7.031 2.887
- Autriche . . . . 1.555 3.338
- Belgique . . . . 944 2.535
- 1.497 pièces, environ 1 p. 100, en cloches, au droit de 0.30 la pièce, valeur
- 0 fr. 75 pièce..............................................Fr. 0 75
- 45.918 pièces, environ 42 p. 100, dressés non garnis, au droit de
- 0 fr. 40 et 0 fr. 50 la pièce, valeur 1 fr. 60 pièce........Fr. 67 20
- 62.203 pièces, environ 57 p. 100, dressés et garnis, au droit de
- 0 fr. 60 la pièce, valeur 2 fr. 50 la pièce.................Fr. 142 50
- ' Valeur aux 100 pièces..................Fr. 210 45
- Valeur moyenne 2 fr. 10 la pièce.
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-
- FRANCE
- Chapeaux, Casquettes et Bonnets de drap, de crin ou autres tissus, et de fourrure
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910 (1)
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Grande-Bretagne 48.665 8.571 45.728 17.015 47.887 6.402 55.791 3.984 92.465 »
- Allemagne 2.697 10.123 1.562 6.638 1.356 4.741 3.351 5.367 3.838 2.880
- Suisse 6.195 4.612 12.073 3.081 3.721 1.221 1.157 1.480 902 360
- Italie 6.344 « 5.688 » 4.524 )) 2.552 » 450 ))
- Afrique Occidentale » 9.202 » 11.178 » 13.181 )) 4.060 » 8.704
- Belgique )) » » )) » » » 1.320 606 3.162
- Chili )) 4.462 » 5.558 » 4.618 » 3.869 » 3.370
- Autriche-Hongrie )) )) » )) )) » 470 )) 285 ))
- Turquie » » » » » 2.468 » 7.802 )) 2.414
- Mexique r » » » » » 3.000 » » )) »
- Argentine » )) » )) » 2,292 » 5.056 » 5.490
- Pérou » » » » » 3.320 » 2.940 » 4.242
- Canada » )) « 2.676 )) 3.320 )) )) )) 3.160
- Espagne » » » » » 1.675 » )) » »
- Grèce » » » » » 3.300 » 2.834 » »
- Etats-Unis » )) )) » )) 9 560 » 14.110 )) »
- Autres pays étrangers .... 1.817 19.632 1.523 14.322 682 8.241 1.043 5.220 225 (2) 11.706
- Zones franches » 4.426 » 8.226 )) » )) 7.089 )) »
- Saint-Pierre et Pêche .... » » » » » » » » » 5.620
- Indo-Chine )) » )) 24.574 » 13.206 )) 6.018 2 11.160
- Algérie » 36.084 » 38.319 250 38.329 » 39.094 » 42.534
- Tunisie » )) » 8.259 » 7.855 » 9.610 » 6.452
- Sénégal » 21.143 )) 38.391 2 53.872 )) 55.265 )) 66.378
- Afrique Occidentale française • » 43.891 » 37.973 » 12.378 » 24.308 » 44.060
- Congo français )) » )) )) )) )) )) 3.882 )) ))
- Nouvelle-Calédonie » » » » )) » » » » 4.326
- Autres Colonies et Protectorats. 202 14.590 » 11.759 1 13.374 27 6.599 » 10.078
- Quantité totale Fr. 65.920 176.736 66.574 227.969 58.423 214.325 64.391 209.907 98.773 241.768
- Valeur totale Fr. 112.064 291.614 113.176 376.149 99.319 353.636 109,465 346.346 167.914 398.917
- Taux de l’unité Fr. 1.70 1.65 1.70 165 1.70 1.65 1.70 1.65 1.70 1.65
- (I) Et Je cuir et Je peau"en 1910. — (2) Dont 1.970 pièces pour le Portugal.
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 283
- p.283 - vue 288/622
-
-
-
- FRANCE
- Chapeaux de soie — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910 (1)
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Pérou .... » » >; )) » )) )) 24 » »
- Grande-Bretagne • 574 547 438 412 451 )) 441 )) 617 616
- Belgique. . . » 426 » 855 )) 959 » )) )) »
- Chili .... • • )) 832 » 1.759 » 744 » 216 » 156
- Allemagne • » » 68 » » » » » » 84
- Haïti )) » » » )) » » 50 >> ))
- Etats-Unis. . K » )) » » 2.800 » 158 » 240
- Turquie. • • • • ... » » » 366 » » » )) )) ))
- Brésil ...... » » » » » )) » 40 » »
- Autres pays étrangers 43 1 .245 29 341 38 220 41 35 60 51
- Guadeloupe . » » )) )) » » )) " »
- Algérie » )) » 20 » » » » )) 80
- Tunisie ..... ... • , » » » 120 » » » » » »
- Autres Colonies et Protectorats. » » » » » » » » >7 »
- Quantité totale 617 3.050 535 3.873 489 4 723 482 523 677 1.227
- Valeur totale .Fr. 8 638 34 313 7.490 43.765 6 846 53.370 6.748 5.910 9.478 13.865
- Taux de l’unité -Fr. 14 » 11.25 14 » 11.30 14 )) 11.30 14 » 11.30 14 )) 11.30
- (1) Et mécaniques en 1910,
- 284 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- p.284 - vue 289/622
-
-
-
- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DE VÊTEMENTS
- 285
- Exportation :
- 1908 ....................... 419.257 pièces
- 1909 ........................ 533.824 —
- 1910 ........................ 559.324 —
- L augmentation constatée au dernier exercice s’est maintenue avec une légère accentuation d’environ 4 p. 100.
- Nos principaux débouchés sont:
- Pièces
- Etats-Unis 1910 . 68.831 1909 88.171
- Mexique . 61.184 102.382
- Angleterre . 51.035 46.584
- Algérie . 47.635 28.586
- République Argentine . . . . 41.416 16.806
- Indo-Chine . 38.840 22.927
- Ile de la Réunion . 31.206 21.790
- Madagascar . 23.667 »
- Guadeloupe 19.640 »
- Belgique 18.325 »
- Haïti . 17.992 »
- Chili 12.838 »
- La valeur moyenne reste à 1 fr. 85 la pièce.
- CHAPEAUX, CASQUETTES ET BONNETS DE DRAP, DE CRIN OU AUTRES TISSUS DE CUIR, DE PEAU & DE FOURRURE
- Importation :
- 1908 ....................... 58.423 pièces
- 1909 ....................... . 64.391 »
- 1910 ....................... 98.773 »
- L’augmentation de 10 0/0 qui s’était produite en 1909 s’est accentuée dans cet exercice et nous constatons une hausse de 53 0/0 des provenances ci-après :
- Pièces
- 1910 1909
- Angleterre . . . . 92.465 55.791
- Allemagne . . . . 3.838 3.551
- Suisse . . . . 902 »
- Belgique . . . . 606 »
- Italie . . . . 450 »
- La valeur moyenne reste à 1 fr. 70 par pièce.
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-
-
-
- 286
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Exportation :
- 1908 ........................ 214.325 pièces
- 1909 ..... .................. 209.907 »
- 1910 ........................ 241.768 »
- Le léger recul constaté en 1909 et 1908 d’environ 8 0/0 ne s’est pas maintenu et nous enregistrons cette fois une amélioration d’environ 14 0/0.
- Les pays suivants ont importé ces produits :
- Pièces
- 1910 1909
- Sénégal 66.378 55.265
- Etats Français de la Côte Occi-
- dentale de l’Afrique. . . . 44.006 24.308
- Algérie 42.534 39.094
- Indo-Chine 11.160 6.018
- Tunisie 6.452 9.610
- République Argentine .... 5.490 ?
- Pérou 4.242 »
- Pièces
- 1910 1909
- Chili 3.370 »
- Belgique 3.162 »
- Canada 3.160 »
- Madagascar 2.9.. »
- La valeur moyenne reste à 1 fr. 65 la pièce.
- CHAPEAUX DE SOIE ET MÉCANIQUES
- Importation :
- 1908 .............................. 489 pièces
- 1909 ............................... 482 —
- 1910 ............................... 677 —
- La valeur moyenne reste à 14 francs pièce.
- Exportation :
- 1908 ............................ 4.723 pièces
- 1909 ............................... 532 —
- 1910 ............................. 1.227 —
- La mode qui, par ses tendances, avait presque fait disparaître cette fabrication,, reprend légèrement ces articles.
- Valeur : 11 fr. 30 pièce.
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-
-
-
- FRANCE
- Chapeaux de Paille ou de toute autre matière, cousus, remaillés, engrenés ou noués
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910 (1)
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Expo i tâtions Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne 8.117 58.112 7.904 84.599 8.842 46.311 7.400 63.100 8.700 39.300
- Suisse • • 27.451 )) 24.630 )) 13.738 )) 11.000 t) 4.900 ))
- Italie 33.350 » 32 465 » 57.347 » 65.500 )) 45.500 )>
- Allemagne » 10.609 » 16.491 )) 21.576 » 16.000 )) 22.900
- Belgique » 19.160 » 21.449 » 13.261 » 11.400 )) 12.600
- Etats-Unis )) 13.923 » 24.731 )) 11 041 » 17 200 » 21.000
- Espagne » )) )) » » » » )) » »
- Mexique » 23.231 )) 15.645 » 18.174 » 17.000 » 25.200
- Brésil )) 26.135 )) 31.327 )) 22.165 » 24.800 » 34.800
- Egypte » » » 5.911 » 5.880 » 9.900 )) 13.500
- Argentine )) 14.883 )) 27.656 » 26.217 » 52.100 » 62.600
- Chili )) 28.780 )) 38.082 )) 26.794 » 28.500 fl 63.800
- Turquie . • • ... » ' » » 7.442 » 6.537 » 8.000 » 9.500
- Haïti » 12.758 )) » )) 6.982 » 11.700 )) 25.700
- Cuba » » » » » 9.675 )) 5.500 » »
- Pérou )) » » 12.026 )) 6.604 )) 15.900 » 8.500
- Colombie » » )) 10.545 )) 15.372 » 11.600 » 15.200
- Canada » » » 6.294 )) » )) » » »
- Uruguay )) » )) » )) 4.532 )) 7.000 800 10.800
- Autres Pays étrangers . . . 672 66.296 552 33.480 1.154 19.155 400 22.500 » 27.400
- Zones franches. ... » » )) 7.223 » 7.234 » 7.300 )) 6.500
- Algérie » 48.293 » 52.854 716 60.557 » 50.500 )) 54.800
- Madagascar et dépendances » 13.158 » 13.254 19 12.882 » 19.300 » 19.500
- Indo-Chine » 8.809 » 14.113 » 7.743 )) 13.300 » 17.500
- Martinique . • ... 2.107 17.463 » 15.874 » 10.796 )) 10.600 )) 16.000
- Guadeloupe » 9.143 » 8.010 » 8.316 » 9.100 » 18.500
- Réunion )) » » » » 4.832 » 7.200 » »
- Tunisie „ » » 9.640 » 7.527 » 6.400 » »
- Guyane française )) » » 8.872 » 4.357 » 5.700 )) 10.400
- Autres colonies et protectorats )) 28.242 1.073 13.215 » 6.654 )) 8.000 )) 16.000
- Quantité totale . . Kg 71.697 398.995 66.624 478.734 81.816 391.174 84.300 459.600 59.900 552.000
- Valeur totale . • • - Fr. 1.720.728 8.378.895 1.598.976 10.053.414 1.615.866 8.214.654 1.626.990 11.030.400 1.162.060 13.248.000
- Taux de l’Unité. . .Fr. 24 )) 21 )) 24 )) 21 » 19.75 21 )) 19.30 24 » 19.40 24 »
- (1) Chapeaux, cloches ou plateaux de paille, d’écorce, de sparte, de fibres de palmiet ou de toute autre matière végétale (nouvelle rubrique pour 1910) cousus, remaillés, etc.
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 287
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-
-
-
- FRANCE
- Chapeaux d’écorce, de sparte, de fibres de palmier ou de toute autre matière, tressés d’une seule pièce
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910(1)
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg- kg. kg. kg.
- Italie » » » 813 » 543 » >) 6.906 »
- Grande-Bretagne 25.046 929 34.252 690 37 044 3.167 31.000 900 20.000 2.100
- Allemagne 89.038 5.127 108.824 5.391 83.306 9.375 72.800 22.100 48.200 13.100
- t ! ( anglaises 28.518 )) )) )) 12.633 23.200 » 13 400 ))
- Indes j . , . . \ néerlandaises . . . 308.411 » 249.993 » 267.917 » 308.600 » 231.800 »
- Chine 203.531 » 202.440 » 205.077 » 166.800 » 98.700 »
- Belgique )) 7.205 » 7.865 » 425 » 8.800 » 2.400
- Etats-Unis ... ... » 3.982 » 9.108 » 236 )) 500 » 5.4CC
- Argentine » >) » )) » 2.362 » » » ))
- Zones franches. ..... » )) » » » » " )) « ))
- Haïti » )) » » )) )) » 3.200 P *’
- Philippines ....... » )) 18.910 » 12.557 19.400 » 20.400 »
- Turquie ... .... )) )) » « )) » » )) » 1.300
- Autriche-Hongrie » )) » 150 >) » » » » »
- Autres pays étrangers . . . 39.442 7.190 31.980 3 610 15.060 4.341 16.400 3.500 8.400 2.200
- Guyane française » » » « » )) » 1 .000 » ))
- Algérie . . » 636 » 249 » 322 » » » 100
- Martinique ...... » » » » » )) » 1 .600 )) y>
- Madagascar et dépendances » » 8.842 )) 7.990 )) 14.800 1) 9.100 )»
- In do-Chine » )) » 100 » )) » )) » 800
- Guadeloupe » » » » 3 228 » 700 » ))
- Autres colonies et protectorats 5.542 217 531 104 )) 196 » 800 )) 100
- Quantité totale 699.582 25.286 655.772 28.080 641.587 21.195 653.000 43.100 456.900 27.500
- Valeur totale .... Fr. 10.562.873 536.063 10.590.718 595.296 9.046.377 402.686 8.717.550 818.900 5.871.165 522.500
- Taux de l’Unité ... Fr. 15.10 21.20 16.15 21.20 14.10 19 » 13.35 19 » 12.85 19 »
- (1) Chapeaux, cloches ou plateaux de paille, d’écorce, de sparte, de fibres de palmier ou de toute autre matière végétale (nouvelle rubrique pour 1910) tressés d une seule pièce.
- 288 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 289
- FEZ OU BONNETS ROUGES
- Importation :
- 1908 .......................... 1 .245 pièces
- 1909 .......................... .1.254 —
- 1910 ..................... 1.191 —
- La diminution d’environ 53 p. 100 constatée en 1907 et d’environ 14 p. 100 en 1908 et 1909, se continue par une nouvelle baisse d’environ 10 p. 100.
- La valeur moyenne est de 2 fr. 40 par pièce.
- Exportation :
- 1908. . ..................... 31.758 pièces
- 1909 .......................... 28.203 —
- 1910 .......................... 20.460 —
- Soit une nouvelle réduction d’environ 28 p. 100 sur cet exercice. Ces produits sont exportés dans les pays suivants :
- Pièces
- 1910 1909
- Madagascar ................... 8.826 6.600
- Algérie....................... 7.000 7.590
- Sénégal.......................... 2.820 10.992
- Côte Occidentale d’Afrique. . . 1 .064 1 .500
- Congo.............................. 750 »
- La valeur moyenne est de 1 fr. 35 par pièce.
- CHAPEAUX CLOCHES OU PLATEAUX DE PAILLE
- d’Ecorce, de Fibre de Palmier ou de toute autre matière végétale a) Tresses Tune seule pièce
- Importation :
- 1908 ..................... 641.587 kilogr.
- 1909 ..................... 653.000 —
- 1910 ..................\ 456.900 —
- Nous constatons une forte diminution d’environ 30 p. 100 sur cet exercice.
- Les Indes hollandaises ont vu leur importation faiblir très sensiblement, puis-qu en 1909 elle s’élevait 308.600 kilogrammes, alors qu’elle n’est plus que de 231.800 kilog rammes.
- Trois causes principales paraissent avoir déterminé cette situation • les mauvaises saisons successives, la faveur moindre dont jouissent les chapeaux rotins. La troisième,
- 19
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-
- 290
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- plus grave, est la marche lente, mais progressive des importations faites directement, en Allemagne, d’abord, en Italie ensuite, alors que, jusque dans ces dernières années, la France recevait la presque totalité de ces produits.
- Notre chiffre d’affaires avec la Chine se restreint de plus en plus dans ses diverses importations : en 1908, 205.000 kilogrammes; en 1909, 166.000 et en 1910, 98.700 kilogrammes seulement.
- Les produits d’Alsace, palmiers et panamas, continuent également leur marche ascendante.
- Importation :
- 1908 ............................... 83.300 kilogr.
- 1909 ................................. 72.800 »
- 1910 ................................. 48.200 »
- Les importations de Madagascar ont subi également un léger recul, puisque de 14.800 kilogrammes en 1909, elles ne figurent plus que pour 9.100 kilogrammes en 1910.
- Il est entré environ :
- 231.800 kilogrammes, environ 50 p. 100 de chapeaux des Indes hollandaises, à 15 francs les 100 kilogrammes, valeur 9fr. 60. Fr.
- 98.700 kilogrammes, environ 21 p. 100, de chapeaux de Chine, à 15 francs les 100 kilogrammes, valeur 4 fr. 26...............Fr.
- 48.200 kilogrammes, environ 10 p. 100, de chapeaux d’Alsace (Allemagne) à 10 francs, et dont 200 kilogrammes à 300 francs les 100 kilogrammes, valeur 13 fr. 50.....................* Fr.
- 20.400 kilogrammes, environ 5 p. 100, de chapeaux des Philippines
- à 15 fr. les 100 kilogrammes, valeur 24 fr..............Fr.
- 20.000 kilogrammes, environ 4 p. 100 de chapeaux d’Angleterre, 10 francs, 13 fr. 60 à 18 fr. 60 les 100 kilogrammes, valeur 22 francs....................................................Fr.
- 13.400 kilogrammes, environ 3 p. 100, de chapeaux des Indes anglaises, à 15 francs les 100 kilogrammes, valeur 24 francs. Fr.
- 9.100 kilogrammes, environ 3 p. 100 de Madagascar exempts et à 15 francs les 100 kilogrammes, valeur 24 francs..............Fr.
- 6.900 kilogrammes, environ 2 p. 100 de chapeaux d’Italie, à 300 fr. les 100 kilogrammes, valeur 24 francs........................Fr.
- 8.400 kilogrammes, environ 2 p. 100. de chapeaux de Colombie et autres, à 10 francs, 15 francs et 300 francs, valeur 90 francs Fr.
- Les 100 kilogrammes. . . .Fr.
- 480 » 89 25
- 135 » 120 »
- 88 »
- 72 »
- 72 »
- 48 »
- 180 » 1.284 25
- Soit une valeur moyenne de 12 fr. 85 le kilogramme.
- La valeur moyenne a subi une diminution de 0 fr. 50 au kilogramme sur celle de 1 exercice 1909 pour les motifs prévus dans le précédent rapport. L’importation de tous les pays de production continue à ne se porter que sur les qualités inférieures.
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-
-
- FRANCE
- Tresses, nattes ou bandes de paille, d’écorce et de bois blanc, pour l’usage de la Chapellerie
- Statistiques françaises — Commerce spécial.
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 i 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Impoitations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne • • . 403.489 9.310 300.723 12.119 381.568 17.843 383.500 29.600 326.900 16.700
- Allemagne . • • . 22.967 )) )) 7.514 35.506 6.709 28.400 6.300 23.500 7 800
- Belgique 10.0Q5 4.512 )) 5.679 » 10.041 » 5.000 » 6.700
- Suisse 62.131 5.790 60.305 7.910 70.104 11.922 74 300 16.600 67.900 15.400
- Italie 168.070 15.322 189.688 5.220 246.064 2.270 240.100 12.600 187.600 7.100
- Chine 700.328 » 732.281 » 546.205 •» 769.100 » 998.600 ))
- Argentine » » » 6.889 » 8.989 » 10.500 » 21.000
- Japon 367.868 » 356.952 » 204.999 » 272.800 » 501.200 »
- Brésil » » » 5,780 )) 6.387 )) 10.400 » 12.400
- Etats-Unis .... » 4.984 » 12.672 )) 26.795 » 20.000 26.600
- Mexique. • • • • » » » 21.292 )) 9.782 )) 14.800 V 23.600
- Pérou » » » » y » » 4.400 » ))
- Chili » » )) 8.779 » 2.981 » 7.600 » 11.800
- Grèce » » )) 1.091 . » 812 » 200 » 100
- Uruguay . . » » )) » » 4.026 )) » » »
- Espagne )j » )) 4.614 » 6.184 y 5.100 » 7.300
- Haiti )) )) )) » » )) » 3.400 » ! »
- Autres pays étrangers . 17.282 43.821 36.798 8.683 14.630 7.686 24.000 12.500 28.100 19.200
- Martinique » )) » » » 248 » )) » »
- Algérie ...... )) 1.581 » 769 )) 1.900 » 2.800 )) ))
- Madagascar » 8 » 16 » » )) » » »
- Indo-Chine » )) )) 1 .402 » 260 » » )) ))
- Autres colonies et protectorats 188 841 104 729 )) 297 )) 300 » 4.400
- Quantité totale . . . . Kg. 1.752.408 86.169 1.676.851 111.158 1.499.076 125.132 1.792.200 162.100 2.133.800 180.100
- Valeur totale .... Fr. 12.442.097 1.318.386 5.282.081 1.700.717 5.771.443 1.914.520 6.899.970 2.480.130 7.254.920 2.755.230
- Taux de l’unité . . . Fr. 7.10 15.30 3.15 15.30 3.85 1530 3.85 15.30 3.40 15.30
- ( 1 ) Et autres de toute espèce, aux Importations et Exportations en 1906, et, pour les autres années, aux Exportations seulement.
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 291
- p.291 - vue 296/622
-
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-
- FRANCE I
- Tresses, Nattes ou Bandes, autres que de paille, d’écorce et de bois blanc, pour la Chapellerie
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- DE SOIE NATURELLE OU DE RAMIE (D DE COTON MÉLANGÉ O
- Pays de Provenance 1907 1908 1909 1910 Pays de Provenance 1907 1908 1909 1910
- et de 1
- Destination Importations Importations Importations Importations Destination Importations Importations Importations Importations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Allemagne ... ... 870 236 » 3.300 Italie » 291 » »
- Suisse 4.529 6.752 26.800 29.500 Suisse 3.197 1.164 700 500
- Italie 80 1.723 6.700 8.200
- Allemagne • • • » 135 )) »
- Espagne• )) 2 )) »
- Autres Pays )) » 1.700 200 Autres Pays . • 197 » )) »
- Quantité totale . . • Kg. 5.479 8.713 35.200 41.200 Quantité totale . • Kg. 3.394 1.590 700 500
- Valeur totale < . . - Fr. 219.160 348.520 1 .408.000 1.648.000 Valeur totale. • . Fr. 27.152 12.720 5.600 4.000
- Taux de l’unité . . • Fr. 40 )) 40 » 40 » 40 )) Taux de l’unité . . Fr. 8 » 8 )) 8 » 8 »
- (1) Nouvelles rubriques, à partir de 1907, aux Importations seulement.
- 292 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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-
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DE VÊTEMENTS
- 293
- 1° Provenances des Indes Hollandaises (Java). — Les finesses moyennes et grosses des rotins sont toujours en faveur comme en 1909.
- Les sortes « Bowens et Pandanus » sont moins achetées et cotées à très bas
- prix.
- 2° De Chine. — La consommation des divers articles n’a pas progressé et les Yokos ont à lutter contre l’article bon marché « Bowens et Pandanus ».
- 3° D’Alsace. — Même situation qu’en 1909 avec une très légère réduction dans l’importation.
- La valeur n’est plus que de 12 fr. 85 contre 13 fr. 35 en 1909 et 14 fr. 10 le kilogramme en 1908.
- Exportation :
- 1908 . . ........................ 21.195 kg.
- 1909 ............................ 43-100 —
- 1910 ........................... 27.500 -
- L’augmentation d’environ 100 p. 100 constatée en 1909 ne s’est pas entièrement maintenue. Les chiffres à l’entrée sont d’environ 28 p. 100 plus faibles que les précédents.
- Cette situation n’est que le résultat de la moins grande demande de chapeaux tressés rotins pour hommes ou dames ou cloches de toutes autres provenances.
- La vogue se soutient encore en Allemagne pour les chapeaux de Madagascar.
- Nos principaux acheteurs sont :
- L’Allemagne.....................avec 13. 100 kg. contre 22.100
- en 1909 et 9.375 en 1908
- Les Etats-Unis....................... 5.400 contre 500 en 1900
- La Belgique.......................... 2.400 —
- L’Angleterre............................. 2.100 —
- La Turquie .......................... 1 .300 —
- La valeur moyenne est de 19 fr. 80 le kilogramme (Tare 25 p. 100, 4 fr. 75 — 14 fr. 25).
- S
- CHAPEAUX COUSUS, REMMAILLÉS, ENGRENÉS OU NOUÉS
- Importation :
- 1908 ............................ 81.816 kg.
- 1909 ............................. 84.800 —
- 1910 ............................. 59.900 —
- Valeurs de Douane 31
- C’est l’Italie qui est toujours notre plus important fournisseur, soit avec ses chapeaux d’hommes en tresse de bois de Carpi, appelés « chapeaux de riz », soit avec ses plateaux ou chapeaux remmaillés pour modes. De 65.900 kilogrammes que cette importation indiquait en 1909, elle est retombée à 45.500 kilogrammes en 1910.
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- 294
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Les articles de Suisse sont également moins en faveur, puisque de 11.000 kilogrammes en 1909 nous voyons ce chiffre fléchir à 4.900 kilogrammes en 1910.
- Pour cet exercice, nous nous trouvons sous deux régimes : régime ancien avec taxation aux 100 kilogrammes et, depuis la loi du 29 mars 1910, régime de la taxation à la pièce. On a donc admis, afin de ramener l’ensemble des évaluations aux 100 kilogrammes, que 10 chapeaux équivalaient à 1 kilogramme.
- Et c’est dans ces conditions que nous allons chercher la valeur moyenne :
- 45.500 kilogrammes, environ 75 p. 100, de chapeaux d’Italie, taxés
- à 100 et 300 francs les 100 kilogrammes, valeur 19 francs. Fr. 1 .425
- 8.700 kilogrammes, environ 14 p. 100, de chapeaux d’Angleterre, et
- taxés à 100 et 300 francs les 100 kilogrammes, valeur 24 francs. . 336
- 5.700 kilogrammes, environ 11 p. 100, de chapeaux de Suisse et autres, taxés à 100 et 300 francs les 100 kilogrammes, valeur
- 18 francs. 180
- Les 100 kilogrammes...........................................Fr. 1.941
- Soit 19 fr. 40 le kilogramme.
- Exportation :
- 1908 .............................. 391.174 kil.
- 1909 .............................. 459.600 —
- 1910 .............................. 552.000 —
- Une nouvelle augmentation d’environ 20 p. 100 vient consacrer les efforts de nos industriels et commerçants.
- Malgré la concurrence redoutable des Italiens, notre exportation dans l’Amérique du Sud continue à se développer. Aussi inscrivons-nous avec plaisir en tête de nos principaux clients :
- Le Chili.............avec 63.800 kilog. contre 28.500 kilog. en 1909
- La République Argentine. 62.600 — 52.103 —
- L’Algérie................... 54.800 — 50.500 —
- L’Angleterre................ 39.300 — 63.100 —
- Le Brésil................... 34.800 - 24.800 —
- Haïti.................. 25.700 —
- Le Mexique............. 25.200 —
- L’Allemagne................. 22.900 —
- Les États-Unis......... 21.000 —
- La Guadeloupe.......... 18.500 —
- Madagascar.................. 17.500 —
- La valeur est de 24 francs le kilogramme (tare : 50 p. 100 = 12 francs.)
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-
- ITALIE
- Chapeaux de paille, garnis, excepté ceux garnis pour dames c,)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- | Pays de Provenance et de Destination 1907 1908 1909 1910 Pays de Provenance et de Destination 1907 1908 1909 1910
- Importations Importations Importations Importations Importations Importations Importations Importations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie .... 252 3.932 1.757 2.214 Report Lire 9.583 43.509 37.222 39.469
- Belgique 102 » » 108 Brésil 2 » » »
- France 6.170 21.925 13.788 12.444 Etats-Unis . 45 » 196 232
- Allemagne 898 11.003 11.782 15.304 Grèce » 2.530 » »
- Grande-Bretagne .... 1.305 6.167 6.773 9.092 Turquie d’Asie » 1.208 502 »
- Malte • 637 » )) 194 Australie » 152 282 »
- Suisse 189 360 3.122 113 Egypte » 108 » »
- Turquie d’Europe. . . . 21 )) » » Argentine » » 620 »
- Tunisie 9 122 » » Amérique Centrale . . . » » » 281
- A Reporter • • . Lire 9.583 43.509 37.222 39.469 Valeur totale . . . Lire 9.630 47.507 38.822 39.982
- ( 11 Rubrique nouvelle, à partir de 1 07. aux Impôt tâtions.
- Chapeaux, autres, de paille, non garnis (l)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Exportations Exportations Exportations Exportations Exportations Exportations Exportations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Belgique » 264.181 38.004 36.893 Report Lire 1.328.674 1.940.910 4.327.078 4.407.923
- Autriche-Hongrie .... 101.325 267.408 342.708 408.910 Chine. 17.862 » » »
- Russie » 29.085 19.731 21.040 Indes britanniques et Ceylan » » 4.500 1 .440
- Danemark 10.341 5.648 2.595 22.208 Indes hollandaises .... 8.511 » » 396
- Norvège, Suède » 5.731 9.094 17.937 Nouvelle Zélande. . . . » » 3.051 »
- France 467.702 847.578 969.513 736.105 Australie 6.010 » 15.279 1.913
- Portugal. » 5.707 156 3.240 Tunisie. » 1.260 1.047 12.294
- Allemagne 50.123 168.153 459 646 883.829 Egypte 12.945 33.069 55.116 50.087
- Roumanie )) 9.332 7.503 18.518 Afrique méridionale anglaise )) » 2.622 1.584
- Grande-Bretagne .... 383.575 200.152 2 303.421 2.080.390 Amérique Centrale . . . 47.340 743 6.543 2.921
- Malte. . • )) 4.253 8.588 4.910 Canada » » 10.810 67.311
- Grèce 68.137 738 1 .035 1 .386 Argentine . . . • 209.019 10.917 108.470 2.536
- Espagne » 8.901 1.148 5.706 Uruguay » 1 .027 52.851 17.242
- Pays-Bas 20.168 13.805 36.801 47.149 Brésil 48.034 2.304 64.500 41.384
- Serbie » 5.223 2.413 29.131 Pérou .... ... 21.032 )) 2.847 7.538
- Suisse 199.358 72.758 74.955 44.048 Chili 83.622 105 8.442 15.424
- Bulgarie » 18.126 17.790 29.544 Mexique 14.379 3.524 135 28.258
- Turquie d’Europe. • • 27.945 7.729 24.427 12.101 Etats-Unis 1.460.392 618.335 882.575 1.445.861
- Turquie d’Asie - 6.402 7.550 4.878 Amérique du Sud autre. . )) » 22.143 (2) 73.155
- Autres pays 23.711 1.974 1.049 23.681
- A Reporter• . . . Lire 1.328.674 1.940.910 4.327.078 4.407.923
- Valeur totale . • . Lire 3.281.106 2.614.126 5.569.058 6.200.948
- (1) Nouvelle rubrique aux Exportations, à partir de 1907.
- (2) Dont lire : Equateur 29.623 — Vénézuéla 34.418.
- o
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 295
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- ITALIE
- Chapeaux de paille, excepté ceux garnis pour Dames(l). --- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 1.440 673.050 4.022 279.451 7.616 141.660 6.917 48.170 16.846 97.600
- Belgique » 304.500 2.700 497.332 583 287.846 » 67.232 409 1.890
- Bulgarie, Serbie )) 525 » 14.891 » 5.876 » 48.464 » 20.077
- France 77.400 873.600 159.367 8.348 289.105 295.272 324.859 117.688 246.456 155.308
- Allemagne 19.920 1.475.950 45.609 2.304.886 55.098 353.344 58.811 49.568 118.786 92.133
- Grande-Bretagne 50.520 2.405.375 69.227 1.683.969 147.422 918 148 145.516 135.448 110.248 60.375
- Grèce » 41.300 » 9.557 )) 61.690 » 76.784 )) 74.420
- Malte ... • • .... 120 15.750 126 13.315 » 18.922 » 22.008 )) 33.408
- Pays-Bas 240 193.550 19.424 404.824 » 169.914 )) 15.184 )) 1 .395
- Portugal .... 8.640 2.625 » 210 » 1.932 )) 3.436 » 14.855
- Roumanie 120 » » 17.337 » 6.590 )) 10.196 » 29.778
- Espagne )) 14.000 )) 16.061 416 19.582 » 336 )) 7.532
- Suisse 5.160 2.549.225 14.582 3.513.080 5.909 1.534.946 3.765 41.028 16.168 35.855
- ™ . | d’Europe » 116.025 )) 39.431 » 82.502 » 30.692 315 245.916
- Turquie ( d,Asie )) 49.350 )) 37.636 » 17.414 )) 111.946 » 59.283
- Indes britanniques et Ceylan. . . • )) 42.350 57.964 9.112 143.458 9.766 210.200 34.752 10.332 6.450
- Autres possessions anglaises d’Asie . 8.640 12.950 11.998 6.440 (2)239.764 (8) 2.080 (*} 71.813 )) » 6.090
- Chine 4.800 72.800 3.992 31.517 » 18.280 997 13.060 » 2.025
- Japon 10.680 2.100 22.176 )) 17.572 464 34.801 » 55.802 3.440
- Possessions hollandaises orientales. . 101.880 25.375 193.960 10.836 218.068 22.400 435.579 15.056 582.368 18.185
- Philippines 960 1.925 2.658 13.143 31.136 5.600 40.675 8.940 31.827 14.662
- Egypte )) 65.275 » 78.967 » 127.012 » 115.468 )) 159.345
- Tunisie » 28.525 6 12.283 41 22.682 » 30.958 19.090
- Tripolitaine » 525 » 472 » 600 )) 600 1.300
- Russie . )> » )) )) )> 6.902 )) 2.558 » 20.478
- Siam )) )) )) 3.500 » 1.130 » 33.700 )) 83.735
- Etats-Unis .... 2.280 3.772.125 8.929 4.456.755 4.542 4.397.168 1.934 1.420.996 )) 1.828.570
- Afrique espagnole • • )) » )) 6.296 » 24.036 )) 14.380 » 43.038
- Mexique » 19.775 » 20.854 )) 42.006 )) 47.926 » 45.823
- Cuba et Porto-Rico » 41.650 )) 35.350 » 8.900 » 24.212 » 57.410
- Amérique Centrale autre 10.200 221.725 32.166 178.736 42.788 126.410 17.694 140.742 3.744 72.800
- Brésil 720 200.550 )) 74.086 » 228.360 » 460.800 » 664.873
- Pérou 4.320 86.800 » 52.253 227 102.048 2.009 70.314 118 160.428
- Argentine 3.600 886.550 » 480.242 700 703.692 » 744.692 » 981.550
- Uruguay » 25.200 » 13.575 )) 33.482 )) 21.558 141 150.028
- Chili. . 1.440 269.675 )> 313.154 45.382 156.454 » 224.334 » 312.163
- Autres pays de l’Amérique du Sud • » 1 .400 », 7.000 1.706 » 19.896 5.112 18.579 3) 162.904
- Suède, Norvège. Danemark .... » 2.975 » 836 )) 10.016 » 4.912 » 8.847
- Australie • • )) 36.575 » 19.918 79 27.766 » 111.128 » 96.370
- Autres Pays » 36.225 )) 3.470 2.160 5.374 904 6.614 » 17.161
- \\ Valèur totale Lire 313.080 14.567.875 648.906 14.669.123 1.253.802 10.000.266 1.376.37014.328.962 1.218.433/ 5.866.590 II
- (O A partir de 1907 : Chapeaux de paille ou de fibres de palme, d*écorce, etc., non garnis, aux importations ; et Chapeaux autres, de paille, garnis, aux exportations. CO ÉÀaVAissements du Détroit. — (.3) Dont lire *. Bolivie 23.695 ; Colombie 45.695 ; Equateur 31.267 ; Venezuela 35.630.
- 296 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- p.296 - vue 301/622
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-
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 297
- Situation commerciale de l’Industrie des Chapeaux
- en Italie
- 0?
- La situation commerciale de l’industrie des chapeaux est des meilleures en Italie.
- Les statistiques de ce pays consacrent une variété de rubriques très spécialisées aux chapeaux. Nous allons donc suivre pour notre exposé la classification de la douane, mais nous ferons observer dès l’abord qu’il nous a été impossible de faire une comparaison entre la situation en 1906 et 1910, pour cette raison bien simple que la plupart de ces rubriques ont été créées par la nouvelle législation douanière italienne, c’est-à-dire en 1907.
- CHAPEAUX DE PAILLE
- Pour cet article nous avons 3 rubriques différentes :
- 1° Chapeaux de paille, garnis, exceptés ceux garnis pour dames.
- Importation. — En 1907, elles ont atteint 9.630 lire, en 1910 elles sont montées à 39.982 lire. Le principal client est la France, cependant la concurrence allemande fait de grands progrès.
- Les statistiques ne font mention d’aucun chiffre à l’exportation.
- 2° Chapeaux de paille, exceptés ceux garnis, pour dames.
- Cet article est un de ceux qui donnent lieu aux plus fortes transactions dans le commerce italien des chapeaux. Les importations très inférieures aux exportations.
- Importation. — Le client le plus intéressant est représenté par les possessions hollandaises orientales. La France est au second rang.
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- 298
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Voici quelles ont été les fluctuations aux importations entre 1906 et 1910.
- Valeur en lire
- 1906 1910
- 313.080 1.218.433
- Les nations qui ont le plus augmenté leurs ventes sont par ordre d’importance : les possessions hollandaises orientales, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne.
- De 1906 à 1910 les importations de ces nations ont varié dans les proportions suivantes :
- Valeur en lire
- 1906 1910
- Possessions hollandaises orientales. . . . 101.880 582.368
- France . 77.400 246.456
- Allemagne . 19.920 118.786
- Grande-Bretagne . . . . 50.520 110.248
- Exportation. — De 1906 à 1910, les exportations italiennes pour ce genre d’articles ont baissé dans de grandes proportions. Elles étaient, en 1906 de 14.367.875 lire, elles sont descendues en 1910 à 5.866.590 lire.
- La comparaison de la situation entre 1906 et 1910, pour les principaux clients s’établit ainsi.
- Valeur en lire
- 1906 1910
- Suisse . . . . .... 2.549.225 35.855
- Grande-Bretagne .... 2.405.375 60.375
- Allemagne .... 1.475.950 92.133
- France .... 873.600 155.308
- Autriche-Hongrie .... 673.050 97.600
- Comme on peut s’en rendre compte la perte est considérable, elle est la conséquence des relèvements du tarif douanier italien.
- 3° Chapeaux autres, de paille non garnis
- Cette rubrique a été créée en 1907. Les importations sont nulles. Quant aux exportations, elles accusent en 1910 un progrès sensible sur 1906, nous trouvons en effet les chiffres suivants: Année 1906: 3.281.106 lire ; année 1910 : 6.200.948 lire. Les principaux clients sont : la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Suisse.
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- ITALIE
- Chapeaux de feutre de poils, garnis ou non, pour hommes ou garçonnets (excepté les chapeaux pour paysans)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial.
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910 .
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire*
- Autriche-Hongrie » 1.006 500 810 348 048 18. 822 501 184 30.084 614 841 24.714 897.451
- Belgique )) » » » 126 46 238 » 16 936 6.318 51.788
- France 9 500 244 500 51.890 35 778 35. 892 99 615 16.128 112 450 23.076 281-167
- Allemagne 5 000 14 250 12.630 242 876 8. 196 1.271 407 65.328 744 129 44.340 1 483.855
- Grande-Bretagne 8 500 1 125 26.410 1 770 59. 286 100 189 40.368 103 142 84.204 36.598
- Grèce » 1 500 )) » » 16 170 » 24 116 ». 36.366
- Malte » 15 000 )) 8 576 » 38 100 » 19 198 ». 25.584
- Pays-Bas » » » 14 546 » 16 263 » . 14 622 ». 15-.834
- Portugual » 25 125 » 3 000 » » )) » » 6.032
- Russie )) » » 259 )) 107 909 )) 95 787 » 144.008
- Espagne » 7 500 » » » 14 280 » 62 095 )) 10b.993
- Suisse » » 125 189 496 900 302 076 2.226 219 014 2.196 206.457
- Turquie d’Europe Turquie d’Asie » 25 125 540 P7 519 180 50 309 » 93 305 » 41.453
- » 4 125 )) » » 45 646 )) 65 401 » 47-015
- Indes britanniques et Ceylan. . . » 90 375 160 . 11 138 » 2 071 )> 7 807 » 70.139
- Chine » )) 66 000 » 19 043 » )) » » » 9.280
- Japon )) 1 875 15 18 000 » 5 684 )) 36 505 » 51.956
- Possessions hollandaises orientales. )) 30 750 » 8 858 » 197 ». 13 050 » 98.832
- Egypte )) 6 000 » 46 703 » 27 416 » 19 552 » 36.638
- Tunisie » 7 125 » 2 314 » 3 845 » 12 006 » 44.150
- Autres pays d’Afrique )) 15 750 » 1 430 » 3 923 )) 68 109 )) 127.899
- Etats-Unis )) 418 500 675 192 046 2. 160 90 358 » 100 839 » 320.015
- Mexique » 58 875 )) 114 773 » 12 453 » 392 596 » 1 .598.057
- Amérique Centrale » 340 875 » 69 611 » 43 048 )) 161 762 » 179-800
- Brésil )) 38 625 » 21 954 1 .488 3 996 )) 2 506 » 227.998
- Pérou » 33 750 » 32 213 )) 40 757 » 124 422 )) 949.060
- Argentine » 274 875 » 227 393 714 67 257 » 235 294 » 498.324
- Suède » » » » » 53 111 )) 77 523 » 167 411
- Uruguay » 12 250 » 1 875 » 1 1 705 )) 21 721 » 445.858
- Chili » 133 125 » 152 968 )) 83 688 » 402 439 )) 1 892.888
- Autres pays de l’Amérique du Sud » 1 125 )) )) » 10 358 )) 109 904 )) (3) 2 803.726
- Australie » 166 875 )) 86 483 )) 12 957 » 653 445 » . 2 211.644
- Danemark .» » » 15 150 )) 67 019 » 47 902 » 90.463
- Cuba .» » » « » 52 925 » 167 626 » 806.200
- Bulgarie )) » » » » 26 767 )) 75 255 )) . 110.676
- Norvège )) )) » » » 16 275 » . 4 576 » 34.086
- Roumanie » » » )) » 282 484 » 216 734 » 575.493
- Serbie )) » » » » 64 078 » 85 480 » 205.801
- Autres pays » 26 625 125 3 840 » 2 261 » (2)217 308 » (4) 1 .201.825
- Valeur totale Lire 23 000 3.058 125 93.380 1.947 457 127 .764 3.595 019 154.134 5.439 397 184.848 8 .133.920
- (1) A partir de 1907 : Chapeaux de feutre de poils (exceptés ceux garnis pour Dames), à l’importation ; et Chapeaux autres, de feutre de poils, à l’Exportation.
- (2) Dont lire: Siam, 82.209 — Nouvelle-Zélande, 43 796 — Philippines, 20.184 — Antilles Britanniques, 25*578 — Porto-Rico, 36 563»
- (3) Dont lire: Bolivie, 267*351 — Colombie, 1.312*198 — Equateur, 318.867 —- Vénézuéla, 804*953*
- (4) Dont lire: Philippines, 56*683 — Hong-Kong, 98.600 — Siam, 108*396 — Etablissements du Détroit, 272*868 — Antilles Britanniques, 557*769 — Canada, 75*377*
- o
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 299
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- ITALIE
- Chapeaux de feutre de laine, garnis ou non, pour hommes ou garçonnets (excepté les chapeaux pour paysans) ( 1 >
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Russie Lire 2.560 Lire )) Lire )) Lire 3.398 Lire » Lire 15.008 Lire » Lire 7 380 Lire )) Lire 31.388
- Autriche-Hongrie » 443.680 464 319.603 7.811 496.620 5.177 578.713 6.958 388.728
- Belgique » 64.960 » 2.970 154 108.493 » 235.826 2.593 261.875
- Bulgarie 1.440 )) )) 2.021 » 44.236 )) 62.269 )) 75.841
- France 2.400 9.120 8.081 226.714 15.289 209.158 11.634 111.925 23.456 165 876
- Allemagne 10.240 176.320 101 173.364 5.485 103.934 7.353 64.302 10.287 50.806
- Grande-Bretagne » 150.400 6.169 77.206 18.107 369.383 30.428 694.309 32.256 820.020
- Grèce )) 7.840 61 28.290 )) 17.148 )) 17.897 » 28.103
- Malte » 1 440 174 8.544 )) 4.230 )) 5.192 )> 15.704
- Pays-Bas )) 320 » )) » 13.374 » 18.644 593 125 606
- Portugal » 3.200 » 8.960 » 16.9i0 » 5.607 )> 21.373
- Danemark » )) » 9.760 )) » )) 2.648 » 2 800
- Espagne » 10.080 )) 36.253 )) 31.199 )) 27.799 » 21.115
- Suisse » 1.657.920 )) 594.354 587 466.099 442 196.393 448 90.473
- -r • { d’Europe.... Turqute . • ) d,As.e )) 32.320 186 69.883 )) 63.929 184 42.951 » 27.930
- » 18.560 » 14.558 )) 20.995 » 31.831 )) 23.110
- Indes Britanniques et Ceylan. . . » 99.200 3 158.618 )) 336.646 )) 319.414 )) 70.520
- Autres possessions anglaises d’Asie )) 19.520 » » » 21 » 1 .974 )) 16.345
- Chine » 112.800 » 710.922 )) 148.384 )) 274.085 » 45.173
- Japçn )) 1.280 » 19.168 » 1.743 » 12.390 )) 309.414
- Possessions hollandaises orientales. » 12.960 » 69.074 » 78.752 » 114.574 )) 128.016
- Egypte » 46.560 74 53.946 51 44.347 » 15.438 )) 23.789
- Tunisie » 4.640 )) 19.725 » 22.631 » 10.615 )) 11.795
- Cuba et Porto-Rico )) 109.600 )) 365.190 )) 207.834 » 492.659 » 564.695
- Philippines )) )) )) 27.002 )) 9.118 )) 16.467 » 177.879
- Etats-Unis » 895.840 186 361.390 97 294.903 134 275.669 840 i69 054
- Mexique )) 44.480 )) 230.030 )) 303.765 )) 213.670 » 168.130
- Amérique Centrale, autre .... » 478.720 )) 1.372.502 )) 515.202 )) 170.518 » 247.709
- Brésil )) 5.920 » 140.674 » 134.255 )) 72.424 )) 87.470
- Pérou )) 14.880 » 167890 » 703.484 )) 167.351 » 437.351
- Argentine )) 195.840 » 1 .118.754 )) 1.028.610 » 196.720 )) 379.869
- Uruguay » 11.360 » 44.451 )) 41.928 » 330.995 )) 323.887
- Chili » 189.760 )) 1.247.333 )) 355.135 y> 936.486 » 1 257.599
- Australie » 61.120 » 276.549 )) 184.522 » 52.137 » 90.662
- Siam » )) » 19.269 » 12.855 )) 49.508 » 160.218
- Roumanie )) » » )) )) 163.189 » 112,782 )> 252.130
- Etablissements du Détroit.... )) » » 40.608 » 6.755 » 54.331 » 563.160
- Afrique espagnole » )) )) 87.718 )> 98.584 » 125.598 » 161.565
- Serbie )) » )) » )) 29.554 » 7,054 » 35.450
- Autres pays » 11.040 )) 28 453 » 33.027 » (4)666.439 )) (5)1.113.901
- Valeur totale Lire (2) 16.640 13)4.909.760 15.512 8.167.548 47.581 6.735.960 55.352 6.792.784 77.431 9.047.269
- ( 1 ) A partir de 1907 : Chapeaux de feutre de laine (excepté ceux garnis pour dames) ; et Chapeaux autres, de feutre de laine, aux Exportations.
- (2) Chiffre de 1906, rappelé en 1 907, mais devenu 1 7 .840 lire, sans doute par suite de la nouvelle rubrique adoptée à partir de 1907.
- (3) — —- — 6.338,000 lire, — — — —
- (4) Dont lire : Bolivie 177-329; Colombie 67.352; Equateur 70 567 ; Vénézuéla 193.984.
- f51 Dont lire : Bolivie 103.303; Canada 139.295; Colombie 155.850; Equateur 94.474; Vénézuéla 100-783.
- 300 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 301
- CHAPEAUX DE FEUTRE
- Pour ce genre d’articles, nous trouvons également aux statistiques italiennes, trois rubriques :
- 1 ° Chapeaux de feutre de poils, garnis ou non, pour hommes ou garçonnets (excepté les chapeaux pour paysans).
- Importation. — Le commerce de ce genre d’articles est faible à l’importation. Néanmoins de 1906 à 1910, la situation accuse un réel progrès.
- En 1906 le chiffre de ce commerce était de 23.000 lire; en 1910, il a atteint 184.848. Les principaux clients sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la France.
- Exportation. — Ici, nous trouvons une situation très prospère. De 1906 à 1910 elle se présente ainsi :
- Année 1906: 3.058.125 lire. — Année 1910: 18.133.920 lire.
- Le tableau résumé suivant permet de se rendre compte des progrès faits par le commerce des principales nations pendant la période 1906-1910.
- Valeur en lire
- Autriche-Hongrie 1906 . . . 1.006.500 1910 897.451
- Etats-Unis . . . . 418.500 320.015
- Amérique centrale . . . 340.875 179.800
- République Argentine. . . . . . . 274.875 498.324
- France. .... . . . 244.500 281.167
- Australie. . . . 166.875 2.211.644
- Allemagne . . . 14.250 1.483.855
- 2° Chapeaux de feutre de laine, garnis ou non, pour hommes et garçonnets.
- Cet article donne également lieu à des transactions très importantes surtout pour les exportations italiennes.
- Les importations sont en progrès. Elles représentaient, en 1906, 16.640 lire ; en 1910, elles ont atteint 77.431 lire. Les principaux fournisseurs sont l’Allemagne et la France.
- Exportation. — Le progrès pour la vente de cet article est particulièrement sensible. En 1906, ce commerce était d’une valeur de 4.909.760 lire; en 1910, il a atteint 9.047.269 lire. Cette augmentation a surtout touché les nations suivantes : Le Chili, la Grande-Bretagne, le Pérou, le Brésil, Cuba et Porto-Rico, l’Allemagne. En ce qui concerne la France, les exportations de cet article en 1906 représentaient une valeur de 9.120 lire; en 1910, elles ont atteint 165.876 lire.
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- 302
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- 3° Chapeaux de n importe quelle qualité garnis pour dames.
- Le commerce pour ce genre d’articles est peu important. Les importations représentent en 1910, une valeur de 702.450 lire sur lesquelles la part de la France est de 609.990 lire. Quant aux exportations de 18.000 lire en 1906, elles ont passé à 99.000 lire en 1910.
- Enfin pour terminer cet exposé de la situation commerciale de l’industrie des chapeaux en Italie nous devons signaler que les statistiques italiennes font mention d’une catégorie de chapeaux en n’importe quelle autre matière, à l’exclusion de la paille et excepté ceux garnis pour dames.
- Cet article donne lieu à de faibles transactions, soit 200.000 lire à l’importation, dont 91.474 à l’Allemagne; et 146.000 lire à l’exportation dont 49.000 aux Indes Britanniques.
- COMMERCE DES TRESSES DE PAILLE EN ITALIE
- C5?
- L’industrie des tresses de paille et chapeaux de paille est très florissante en Italie.
- Pour les tresses de paille, l’importation représentait en 1906 une moyenne de un million de lire, en 1910 elle a passé à plus de deux millions.
- Les principaux clients sont l’Allemagne, la France, la Chine, le Japon, la Suisse.
- Quant à l’exportation elle est considérable, et représente un des principaux articles de l’Italie.
- Les principaux clients, sont : La Turquie d’Europe, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-Unis et la France.
- En 1906 le chiffre d’affaires était en chiffres ronds de onze millions de lire ; en 1910, il n’est plus que de neuf millions.
- Cette différence résulte d’une dépression sensible dans les exportations en Suisse : de 3.431.620 lire en 1906, elles sont tombées en 1910, à 133.940 lire.
- La réputation des tresseuses de paille en Italie fait affluer dans ce pays des quantités de pailles brutes qui sont réexportées, après avoir été travaillées.
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- ITALIE
- Commerce spécial
- Pays de. Provenance et de Destination
- Autriche-Hongrie...............
- Belgique ......................
- France.........................
- Allemagne ..................
- Grande-Bretagne................
- Grèce..........................
- Pays-Bas.......................
- Portugal..................
- Espagne........................
- Suisse.........................
- Turquie d'Europe...............
- Serbie.........................
- Indes Britanniques et Ceylan. . . Autres Possessions anglaises d Asie
- Chine..........................
- Japon. . • ....................
- Philippines....................
- Russie.........................
- Egypte • •••••••••
- Etats-Uriis ...................
- Mexique...................
- Amérique Centrale, autre ....
- Brésil.........................
- Pérou..........................
- Argentine.............. ...
- Uruguay........................
- Chili..........................
- Australie......................
- Cuba et Porto-Rico.............
- Hong-Kong......................
- Danemark, Suède, Norvège • •
- Roumanie ......................
- Bulgarie.......................
- Indes orientales hollandaises •
- Haïti et Saint-Domingue ....
- Algérie...............
- Colombie.......................
- Autres Pays....................
- Valeur totale..............Lire
- 1906
- 1907
- Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire
- 20.500 725.560 26.400 788.470
- 550 183.600 10.200 31.080
- 110.500 432.140 75.900 360.010
- 215.000 1.470.160 232.500 2.227.770
- 54.500 1 .'830.900 63.000 1.978.390
- )) 15.640 » 740
- 6 500 342.380 » 233.470
- )) 1.360 » »
- » 10.880 » 5.550
- 126.000 3.431.620 103.800 3.294.850
- » 8.500 » 15.170
- » )) » »
- 84.500 1 .360 81.000 »
- - 9.000 » )) ))
- 128.000 17.000 95.100 14 430
- 205.750 » 855.000 »
- )) » » 1.110
- » » » »
- 1.250 680 » 1.110
- 2 500 1.182.180 29.700 2.256.280
- » 680 » 14.800
- 3.000 15.300 )) 21.830
- )) 39.440 )) 22.570
- » 4.420 » 3.700
- )) 54.060 » 158.730
- » 1.360 )) 740
- » 91.460 » 87.890
- » 6.800 » 12.210
- » 9.520 » 29.230
- » )) 41.100 ))
- » » » 18.870
- » » » »
- » » )) ))
- » )) )) »
- » )) )) ))
- » )) )) »
- » » )) »
- 250 1.020 600 370
- 967.500 9.878.020 1.614.300 11.559.170
- 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- 19.520 347.550 16 640 205.100 31.525 166.130
- » 395.850 1.280 41.650 2.600 42.920
- 53.440 848.050 79.630 979.300 130.975 635.290
- 234.880 444.150 117.760 382.900 216.450 358.160
- 28.800 769.300 39.680 1.371.650 41.925 1.098.900
- 1 .920 2.450 » 4.200 )) 16.280
- )) 174.658 » 64.400 )) 5.920
- » 700 » 700 » 5.550
- » 14.000 » 7.350 )! 25.900
- : 156.480 921.550 216.320 227.850 188,175 133.940
- i » 1.050 i )) » » 6.660
- '! » 3.500 » 700 » »
- 13.760 » 12.160 » 44.200 370
- )) » )) •>) )) ))
- 80.640 1 .050 69.440 350 276.575 370
- 1.010.880 1 .050 676.160 )) 992.875 3.330
- )> )) » 3,150 » )>
- » 16.800 » 23.100 » 56.240
- )) 350 3.840 3.500 H 4.070
- 3.520 1.121.050 » 1.617.350 » 1.528.470
- » 21.350 » 3.850 » 65.860
- » 7.700 » 7,350 » 10.360
- » 25.900 )) 77.700 )) 125.800
- » 11.550 » 350 » 8.140
- » 84.000 » 166.950 )) 127.280
- » 3.150 » 37.800 » 19.240
- » 36.400 » 45,850 )) 86.950
- » 17.150 » 16.450 J) 61.420
- » 8.050 » 6.300 )) 9.520
- » )) » » » »
- )) - 1.750 » 1.050 - )) - 11.470
- » 6.300 » 2.450 )) 11.840
- » » » )) )) 4.440
- » » )) » » 1.110
- )) » » » )) 11.210
- )) » » )) )) 6.660
- » » » » » 1 .850
- )) . 4.900 ») 4.900 )) 4.440
- 1.603.840 5.290.950 1.232.640 5.304.250 1.925.300 4.657.190
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 303
- p.303 - vue 308/622
-
-
-
- ITALIE
- Tresses d'écorce, de Sparte, etc., pour Chapeaux
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Pays-Bas )) » )) 14.700 )) 360 )) 30.600 » 5.525
- Autriche-Hongrie » )) 1.050 42.000 4.420 357.840 11.560 544.680 650 230.750
- » )) » ï) )) 5.040 )) 6.840 )) 13.000
- Allemagne 990 3.630 76.300 2.100 20.400 502.920 18.020 1.078.920 29.575 1.240.850
- Espagne » )) » 5.600 )) 360 ))' 1 .440 )) 2.275
- Portugal )) 330 » )) )) )) )) 360 )) 2.925
- Roumanie » )) » )) )) 3.240 )) 5.400 » 8.775
- Etats-Unis » 15.840 » 423.850 )) 30.960 )) 558.360 )) 884.000
- Danemark ... » )) » )) )> )) )> 1 .080 650 3.575
- Brésil » y> » 16.450 » 12.960 » 5.760 )) 5.200
- Mexique )) » )) 10.500 » )) )) 720 )) y>
- Argentine • • )) 2.970 )> 21.350 » 13.320 )) 26.280 )) 4 550
- Serbie )) )) » » y> )) » 3.600 )) 4.550
- Chili » 660 » 8.750 » 680 )) )) » 1 .625
- Egypte ..... )) )) )) )) » 3.4C0 1 .440 » ))
- France... 8.250 » 1.750 87.500 15.300 218.160 10.540 621.000 11.700 681.200
- Uruguay )) » )) » )) » )) 6.480 » »
- Belgique » » » 88.900 )) 1 .440 )) 52.920 )) 67.600
- Grèce » » V )) )) » » )> » )) 2.600
- Grande-Bretagne. . . .... » 660 30.800 9.100 14.620 32.400 10.880 1 611.720 4.550 2.262.325
- Suède. . )) )) )) )> )> » )) » )) 1 .625
- Suisse 1.330 2.640 42.000 541.100 44.880 18.360 22 100 80.640 28.925 49.400
- Vénézuéla )) )) » » » )) )) )) » 3.900
- Chine )) )) 5.600 » 680 )) 16.660 )) 1 .625 ))
- Canada )) » )) y> )) )) )) )) )) 1 .950
- Japon )) )) 36.050 y> 35.020 )) 55.080 )) 11.700 ))
- Kong-Kong ' » )) 6.650 )) )) )) )) )) )) ))
- Australie )) 990 )) 1 .050 » )) )) )) )) 975
- Indes Britanniques et Ceylan . . » » » y.ï » » 15.300 )) » »
- Possessions Anglaises d’Asie (non
- dénommées) )) )> 1 .400 )) » )) )) )) » »
- Tunisie » » » » 40.120 » )) )) » »
- Amérique Centrale » 330 » 3.500 )) 3.960 )) 1 .440 » »
- Autres Pays » )) » 1 .050 )) 2.160 )) 2.160 )) 3.250
- j Valeur totale Lire 10.560 28.050 201.600 1.277.500 175.440 1.208 160 163.540 4.643.280 89.375 5.482.425
- 3C4 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- p.304 - vue 309/622
-
-
-
- ITALIE
- Chapeaux de n’importe quelle qualité, garnis pour dames
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Expc rtations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche - Hongrie 3.600 )) 2.772 648 8.940 2.385 12.210 6.135 19.890 8.250
- France 169.200 )) 198.270 2.520 371.840 4.950 543 720 8.745 609.990 6.495
- Allemagne • • 32.400 )) 20.358 36 26.010 1 .200 34.740 2.250 45.180 2.595
- Danemark, Suède, Norvège .... » )) )) )) » 2.355 » )) » »
- Grande-Bretagne 1 .800 » 3.330 72 17.580 465 28.260 1.500 19.770 495
- Bulgarie » » » » » 1.770 » )) » »
- Grèce • » )) 36 2.160 » 1 .350 » 795 » »
- Belgique )) )) » » » 660 )) » » »
- Malte .... » 3.600 252 . )) )) 2.250 » 45 » ))
- Russie • )) » 36 » » 45 )) » » »
- Espagne )) » » )) » » )) )) » ))
- Roumanie » » » 4.500 » 825 )) )) )) ))
- Suisse 1 .800 » 1 .908 50.004 3.270 270 3.210 3.015 6.450 1 .350
- Turquie d’Europe )) » 234 » )) 180 » )) )) 15.900
- Egypte )) » 18 66.852 )) 165 750 150 )) 135
- Chine )) » » 1 .080 » » » » )) »
- Tunisie )) » 162 126 420 150 390 )) 840 17.385
- Indes Britanniques et Ceylan.... » » » 2.250 » » » 75 » »
- Pérou • • » 9.000 126 900 » 4.305 » 750 » 120
- Canada )) » » 1 .800 )) » » » » ))
- Chili )) » » 1 .422 » 1 .500 » 180 )) 5.715
- Australie » » » » » 1 .590 » » » »
- Argentine • • » 3.600 18 5.400 » 11.715 » 32.310 )) 10.110
- Mexique » » )) » » 2.910 » » » »
- Brésil )) » )) » » 180 » 1.125 )) 3.750
- Bolivie » )) )) )) » » » )) » 15.750
- Uruguay ... )) )) » » » » » 11.745 » »
- Equateur » )) » » » )) » ï) » 7.800
- Autres Pays de l’Amérique du Sud- )) )) )) » » )) » )) :>) 1 5U
- Pays-Bas » » )) » » » » » » »
- Etats-Unis » » 1 .206 » 720 375 210 » 330 »
- Amérique Centrale )) 1 .800 » 1 .080 » 15 .» 4 500 » 3.000
- Autres Pays )) » » 720 )) 840 » 150 » »
- Valeur totale • Lire 208.800 18.000 228.726 141.570 428.580 42.450 623.490 73.470 702.450 99.000
- (1) A partir de 1907 : Chapeaux garnis pour Dames, à l’Importation comme à l’Exportation.
- o
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 305
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-
- ITALIE
- Chapeaux de n’importe quelle autre matière à l’exclusion de la paille et excepté ceux garnis pour dames (l)
- Statistiques italiennes — Commerce spécial »
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Bulgarie )) )) » » » 21 .345 » 48.000 )) 8.010
- Belgique )> )) 1 . 196 )) » 8.625 889 » 4.605 ))
- Autriche-Hongrie ... ... 750 4.500 6.926 81.833 1.594 123.218 15.127 13.871 15.844 3.536
- France 66.750 106.875 32.801 239.726 49.173 616.381 40.159 30.570 53.700 20.512
- Allemagne 30.370 » 29.681 2.134 36.990 25.403 36.030 32.411 91.474 304
- Grande-Bretagne 39.755 )) 22.301 6.075 33.926 17.321 84.626 1.500 61.297 »
- Portugal . . » 6.375 » 11.250 )) 2.314 i) 3.000 » »
- Grèce ........ ... » 1.125 » 3.514 » 75.555 » 24.581 » 7.669
- Suisse 6-375 16.875 4.399 98.198 8.239 161.771 8.452 1 .316 2.044 173
- —r . ) d’Asie » 15.375 19 25.556 » 82.759 » 43.987 » 21.326
- 1 urquie ) ri- f d Europe » 750 » » » 11.231 » 6.375 » 3.960
- Indes Britanniques et Ceylan . . . » 53.250 41 274.444 » 137.614 » 45.983 » 49.650
- Egypte .» 28.875 » 42.840 » 17.854 » 5.794 532 8.295
- Tunisie » 2.625 60 2.194 68 101 )) )) » 2.460
- Amérique Centrale » » » » » )) » 675 » ))
- Argentine » 5.625 » » 86 47.858 » 60.559 » 8.265
- Uruguay » » » . » )) 187 » »> » »
- Malte 375 3.000 38 » 49 2.018 » » » y>
- Vénézuéla » » » 1 .875 » )) » » » »
- Chine » 750 » 3.304 » 397 » ')) » »
- Etats-Unis 375 3.750 101 » 2.565 31-853 1.437 49.125 206 7.785
- Mexique . . » )) » » » 11.775 )) 7.226 » »
- Erythrée » )) » » » » » 1 .350 » 386
- Brésil » )) » )) » 3.604 » 3.146 )) 45
- Pérou » )f » » » 75.608 » 79.875 » »
- Chili » )) » )) » 22.781 » 23.190 » n
- Candie .... » )) » » » » » )) » 2.625
- Cuba » » » )) » 26.250 » 7.500 )) ï)
- Espagne » » » 2.318 » 9.041 » 9.983 » »
- Japon » 9.000 » » » 382 )) » » ))
- Serbie » » » » » 1 .084 » )) » 191
- Roumanie . » » » 13.125 » 1 .481 » 26.160 )) 379
- j Autres Pays » 2.250 169 5.307 165 1 .387 » 1.110 » 1.039
- | Valeur totale Lire. 144.750 261.000 97.732 813.690 132.911 1.037.198 186.720 527.287 229.702 146.610
- O) A Y Exportation, à partir de 1907, Chapeaux autres, de n importe quelle autre sorte.
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- CS?
- HISTORIQUE
- Depuis la célèbre Bérénice dont la chevelure se perdit quelques jours parmi les étoiles, les cheveux ont eu de nombreux emplois. Chez les romains, on avait tenté de les utiliser dans la fabrication des armes de guerre ; on les tressait, on les substituait à la corde de l’arc. Leur souplesse et leur élasticité se prêtaient à cet usage, mais leur trop vive sensibilité hygrométrique les fit bientôt repousser. Au surplus la coquetterie féminine commençait à cette époque à les utiliser.
- Les perruques furent fort en honneur aux époques de mollesse excessive et presque de décadence telle que sous les empereurs romains où le poète Martial flétrissant les moeurs de son temps s’écrie déjà : “ Dentibus atque comis nec te pudet uteris emptis'. N’as-tu pas honte de te servir de fausses dents et de faux cheveux? Vainement s’adressera-t-il à un certain Cœcilius “ Calvo turpius est nil comato — Il n’y a rien de pire qu’un chauve qui veut paraître chevelu. — La mode était plus forte que toutes les épigrammes et les empereurs eux-mêmes portèrent perruque, les médailles de Domitien nous le représentent avec une chevelure postiche quelque peu analogue à notre ancienne perruque à marteaux. II en est de même d’Othon et de Galba.
- Pourtant les premières perruques furent fort rudimentaires : elles consistaient en simples peaux de bouc (haedinas pellis). Les femmes heureusement se montrèrent plus difficiles. Juvénal parle d’édifices, de véritables tours dont elles se surchargeaient la tete, et Messaline dans ses équipées nocturnes au quartier de Suburre, est frappée du vers sanglant du même poète « dissimule ses noirs cheveux sous une perruque jaune » Nigrum flaüo crinem abscondente galero.
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- 30S
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Peut-être aussi était-ce déjà l'influence de la mode toute puissante, les cheveux d’un blond roux étaient considérés dans les Gaules comme le plus beau des ornements. Les dames romaines elles-mêmes trouvèrent cette mode si séduisante qu’elles achetèrent
- à grands frais des cheveux gaulois pour en faire des coiffures artificielles.
- Gallien, qui avait ramené des bords du Rhin dans son palais de Rome une maîtresse d’origine barbare, s’affublait pour lui plaire d’une perruque d’un blond ardent qu’il faisait poudrer d’or.
- Rappelons en passant la confusion de cette coquette dont Ovide avait pris la chevelure au sérieux jusqu’au jour où,entrant chez elle à l’improviste, dans son trouble, elle mit sa perruque à l’envers.
- Turbida perversas induit ilia comas
- Pourquoi aussi l’imprudente ne s’était-elle pas souvenue de cet aphorisme du même poète :
- Toute femme qui a peu de cheveux doit mettre à sa porte un gardien.
- “ Femme de qualité à sa toilette ”. — France, siècle de Louis XIV (D'après l'estampe originale')
- Quœ male crinita est custodem in limine ponat.
- Celles-là seules, ajoute-t-il, qui en ont beaucoup peuvent se permettre de recevoir quand on les peigne afin qu’on en voie les boucles ruisseler sur leurs épaules.
- Au début du moyen âge, la vie plus rude laisse moins de place aux préoccupations de luxe et les artifices de toilette sont simplifiés. Au XIIe siècle, les femmes se coiffent sans rien ajouter, elles partageaient leurs cheveux en bandeaux et fixaient par un cercle de métal un petit voile de batiste, ramenant sur leur poitrine deux tresses qui tombaient librement. Ainsi le visage gardait son importance et la chevelure son rôle naturel de cadre.
- Et l’on n’a même pas besoin de la sévérité dont fera montre plus tard l’Eglise à propos des femmes qui porteront des cheveux de mortes, où, ce qui est plus fâcheux, de personnes peut-être impures, peut-être criminelles, puisqu’on enterrait les religieuses avec les cheveux qu’on leur avait coupés, lors de leur prise de voile, attachés à leur ceinture.
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Sous Charles IX, on poudrait les cheveux avec de la poudre violette pour les brunes, iris pour les blondes, chêne pourri pour les femmes du peuple, qu’elle rendait rousses.
- Cette poudre, qui n’était pas employée à sec, mais que l’on faisait tenir à l’aide d’un mucilage, exigeait, ainsi que le fait remarquer Quicherat, nombre de lavages, pour rendre possible le passage du peigne sur ces têtes encollées.
- Dans la chevelure même, on employait des cercles de fer, comme étaient les arcelets servant à relever les cheveux au-dessus des tempes.
- Enfin, on se servait de tampons posés sur la tête, servant soit à tirer les cheveux pour donner la largeur au front, ce que l’on appelait les cheveux en raquette, soit pour les rassembler en étage au sommet de la tête, en leur donnant la forme d’une pomme, d’une poire, d’un couronnement d’édifice.
- On commença dès lors à porter des perruques, même de filasse.
- « C’est au XVe siècle, ditM.Fam-chon, dans son rapport si documenté, que paraît en France le mot perruque.
- D’après Littré il aurait pour origine le mot pilus, notablement altéré, tandis que Désobry et Bachelet prétendent qu’il vient du mot pari^os pour parros, jaune fauve, parce que les premières perruques étaient en cheveux blonds ».
- Sous Henri III et Henri IV, la mode des postiches était devenue courante, tout le monde s’en affublait.
- Tallemant des Réaux affirme tout crûment que la reine Marguerite étant devenue chauve de bonne heure avait de grands valets de pieds blonds, que l’on tondait de temps en temps.
- A cette époque d’ailleurs, malgré les invectives de gens de peu, tels que le poète Coquillart, la coiffure féminine atteignit des hauteurs de plus en plus compliquées : c’étaient des crêpages, de légers coups de fer, des insertions de faux cheveux, des boucles pleines de bijoux à la mode italienne. Ce fut ensuite la mode en France du blond vénitien, qu on appelait fil d’oro. Cesare Vecellio, cousin du Titien, nous apprend comment on 1 employait. La dame se rendait sur sa terrasse, lotionnait largement sa chevelure et
- <3
- CHAKX X X11 V
- Le Coiffeur . — Allemagne, XVIIIe siècle (D après l estampe originale)
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- restait assise des heures entières, exposée aux rayons du soleil, qui fixait la couleur. Pour protéger son visage, elle portait un chapeau sans fond, à larges bords, sur lequel les cheveux étaient étalés jusqu’à ce qu’ils fussent secs.
- Tous ces raffinements amenèrent les coiffeurs à augmenter leur importance. Jusqu’au XVe siècle, la profession était presque discréditée, et au moyen âge, les femmes qui faisaient métier de laver la tête aux hommes avec une lessive analogue
- à notre shampoing, ne jouissaient pas de la meilleure réputation, ce n’est que lorsque nous arrivons aux « atourne-resses » de la Renaissance que nous voyons leur condition se relever peu à peu pour être bientôt supplantée d’ailleurs par le coiffeur de dames.
- Le premier fut un homme de génie dans son genre, le sieur Champagne, qui manœuvra avec tant d’adresse que toutes les dames se disputaient ses services. Il eut de nombreux successeurs et au XVIIe et XVIIIe, la présence de cet auxiliaire semble nécessaire à la toilette de toute femme élégante.
- En même temps, nous apprenons les noms des premiers posticheurs : c’est d’abord Quentin qui inventa l’art de tresser les cheveux, de coudre ces tresses sur une coiffe légère et d’en former les chevelures entières.
- C’est Ervais qui, en 1680, a inventé le crêpe qui s’arrange mieux sur la tête et fait paraître la perruque plus garnie, quoique plus légère.
- Alors naît la grande époque de la perruque in-folio, de la crinière de lion, bien différente de la coiffure à la comète, par laquelle on avait débuté sous Louis XIII, qui n était qu’une addition de cheveux artificiels aux cheveux naturels et des perruques à calottes consistant en cheveux longs et plats attachés aux bords d’une espèce de petit bonnet dont on couvrait la tête tondue.
- Les plus habiles fabriquaient des perruques qui, malgré leur volume immense ne pesaient que six onces.
- « Louis XIV, qui avait eu une fort belle chevelure, se peignait lui-même, mais à trente-cinq ans, ayant pris perruque, il ne voulut pas avoir la tête rasée comme on le faisait communément. On composa pour lui des perruques avec des jours où étaient passées les mèches de ses cheveux >. (Etat de la France 1702. Détail de toutes les
- Coiffures de femme ”. — Jlngletene, XVIII' siècle. (D’après l’estampe originale.)
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 311
- fonctions qui se font à la Chambre du roy autour de sa Majesté, par qui et à quel moment elles sont faites, où est expliqué l’ordre du lever et du coucher du roy, par le sieur Trabouillet.)
- Pourtant le Roi Soleil avait donné un tel crédit aux perruques que l’on en vit sur toutes les têtes, depuis l’enfant à la mamelle jusqu’au vieillard décrépit, tous sont emperruqués.
- Si l’on excepte les lazaristes, eudistes et sulpiciens, tous les ecclésiastiques portèrent de fausses chevelures. La perruque d’abbé — c’était le nom — de courte et sans frisure qu’elle était d’abord, remplaça la perruque à calotte, se rapprocha rapidement des grandes perruques que recherchèrent les abbés coquets ; ces perruques étaient frisées, poudrées, parfumées, les plus galantes étaient celles qui s’appelaient des perruques de bichon ou à la moutonne, parce qu’elles ressemblaient au poil bien peigné des bichons et à la laine des agneaux. On faisait en général la perruque soignée avec des cheveux de femme,
- '
- recherchés avec soin dans les campagnes ; ceux de Flandre
- étaient particulièrement estimés.
- La gamme des tons était étendue.
- 11 y avait la perruque grisaille, les cheveux gris de Maure, le blanc agate, le blanc de lait, le quart de blanc, le blanc fond jaune, le châtain, le châtain clair, le châtain brun, le noir, le petit noir, le noir jais.
- Pendant quelques années, ce fut encore la mode des perruques blondes ; parurent ensuite les noires, puis les blanches ou poudrées.
- Les grands seigneurs ne dédaignèrent point de laisser leur nom à de nouvelles formes imaginées par eux, un toupet, par exemple, s’appelait « à la Fontanges », où les cheveux relevés et partagés laissaient voir le sommet de la tête.
- Peut-être les financiers de ce temps étaient-ils plus tradi-tionnalistes que ceux d’aujourd’hui, puisque la coiffure qui leur était attribuée revenant à une mode antérieure, s’ornait de deux longs tire-bouchons qui descendaient de chaque côté sur la poitrine.
- Quand la perruque in-folio fut disgraciée des petits maîtres, ils commencèrent
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- de suite à atténuer les inconvénients de pareils postiches sur la tête, inconvénients dont le moindre n’était pas la sensation d’extrême chaleur qu’ils engendraient. On commença donc par partager en deux cette épaisse chevelure pour la nouer pendant l’été, puis l’usage des perruques nouées se perpétra et l’enchaînement fatal des innovations, modes se modifiant et se succédant les unes aux autres, nous amène par les perruques à cadenettes, mot ressuscité du temps de Louis XIII, à celles à bout de rat (natte enroulée en spirale sur un ruban qui devait descendre aussi bas que possible), perruques à la régence, aux perruques à bourse,
- La bourse était un petit sac de taffetas noir gommé, décoré par une rosette de la même couleur et renfermant la partie inférieure des cheveux de l’occiput.
- Dès 1710, la plupart des militaires, officiers et soldats furent accommodés de la sorte, les chances de gâter le haut de l’uniforme par des cheveux flottants étant ainsi à peu près palliées.
- Du reste, l’habitude de porter perruque disparut assez vite de l’armée où les hommes, pendant plus d’un siècle (jusqu’aux guerres de la Révolution) laissant pousser leurs cheveux et les poudrant avec la grosse poudre dite alors graine d’épinards, s’accommodaient avec le toupet en vergette et la bourse à la brigadière.
- Durant tout le XVIIIe siècle, l’usage de la perruque fut général, non seulement en France, mais dans toute l’Europe.
- A Venise, en 1665, le patricien Vincignerra de Collato, apporta la première perruque : “ perruque somptueuse ” si l’on en croit les chroniqueurs de l’époque, puisqu’elle revenait à 3.000 francs.
- Cette mode n’eut d’abord aucun succès. Le Conseil des Dix 1 interdit par un décret en date du 29 mai 1668. Comme toutes les lois somptuaires, il eut immédiatement l’effet de stimuler les Vénitiens à le transgresser. Quelques années plus tard, la perruque était tellement entrée dans les moeurs qu’on faisait des sacrifices considérables pour pouvoir la conserver. Un jeune libertin, Nicolas Errizo, déshérité par son père pour s’être orné de faux cheveux, dut transiger avec l’hôpital de la Pitié, institué légataire à sa place, pour entrer en possession de la fortune de son père, et verser six mille ducats au dit hôpital pour pouvoir continuer à porter perruque.
- “ L’on vit des perruques à petites boucles pendantes dites gruppi (à nœuds), les perruques à la cortegiano (courtisan) avec raie au milieu, les perruques à la dolfina (dauphin) hautes et finissant en queue enfermée dans la bourse de soie noire. La perruque anathématisée par les décrets du Conseil des Dix devint au XVIIIe siècle, la coiffure nationale, et à ne point la porter, on risquait à Venise, de passer pour un homme sans considération.
- Tant varient les hommes avec le temps! Antoine Benigna, modeste chroniqueur, qui du fond de sa pharmacie, tenait registre de tous les commérages de la ville, de tout ce qu’il entendait et voyait, mentionne à la date du 7 janvier 1757, la mort du noble homme Antoine Correr, fils de feu Son Excellence de San Marenda, âgé de 84 ans, mort avec ses cheveux : dernier des patriciens sans perruque. (La vie privée à X)enhe, P. Molinenti).
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- A cette époque de poudres et de perruques, les barbiers pullulent, il leur suffit de quelques rasoirs et d’un peigne pour tenir boutique. Boutique peinte en bleu, semée de fleurs de lys, c est là un privilège auquel la corporation tient essentiellement, si bien que la désignation du bleu perruquier passera dans les mœurs.
- La Coiffure dans les premières années du XIX6 siècle {D*après une caricature anglaise)
- Le perruquier prétentieux, bavard et délié fera quelquefois fortune, comme ce Peirenc de Moras, qui commença par raser dans la petite boutique de son père, perruquier en Saintonge, vint à Paris, spécula sur les affaires de la Banque Law et mourut en 1732, maître des requêtes, possesseur de 12 à 15 millions et de l’Hôtel de Biron.
- Ordinairement, on rencontre dès le matin le garçon perruquier, le sac à poudre d’une main, le peigne de l’autre, se rendant au pas de course chez la pratique, à côté de qui, le soir, proprement habillé de noir, il pourra s’asseoir à l’Opéra.
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- C’est que le bourgeois, jaloux d’une prérogative qui le distingue des gens de labeur, tient à la perruque et la poudre. Sans doute c’est un assujettissement et une perte de temps, que de confier tous les matins sa tête à un perruquier, mais l’on s y résignait d’autant plus facilement que, dans la vie de province surtout, nos pères avaient beaucoup de loisirs.
- Lorsqu’on pouvait se payer le luxe, ne fût-ce que d’un seul domestique homme, on demandait souvent qu’il fut valet perruquier : Un seigneur demeurant à la campagne voudrait en 1784 trouver un domestique sachant raser et peigner une perruque. Il promet 50 écus de gages, l’habit «Je livrée aux jours de représentation, l’habit bourgeois le reste du temps.
- Joseph Vernet paie pour un laquais perruquier, étrennes et gages, 300 livres par an.
- Ce chapitre était assez important dans le budget de nos pères pour que Therriat, procureur du roi, en l’élection de Saint-Florentin, ayant eu des démêlés avec le sieur Gourey, artiste en perruques, vint à en terminer avec lui à la condition qu il consentit à l’entretenir de perruques pendant toute sa vie : « les dites perruques, dûment frisées et poudrées », acte du 17 mai 1749.
- Les hommes avaient devancé de plus d’un siècle les femmes dans le port de la chevelure artificielle, pourtant Mme de Motteville nous apprend que les Espagnoles qui accompagnèrent la reine Marie-Thérèse en France avaient la mise la plus ridicule du monde < des coiffures larges faites de faux cheveux, avec le front découvert et sans frisure. Les propres cheveux de la reine ne se voyaient point, elle en avait de faux qu’ils appellent monos. Je lui demandai de voir les siens, elle me les montra et j’eus sujet d’être satisfaite de leur beauté ».
- En France, il faut attendre la seconde moitié du XVIIIe siècle pour voir apparaître la perruque des femmes communément appelée chignon. Le désir de se soustraire au martyre causé par le long temps consacré à la frisure, acheva d’accréditer la perruque.
- La chronique nous a conservé le nom des coiffeurs des grandes dames de cette époque, qui contribuèrent à ce changement. Frison, qui fut mis à la mode par Mme de Prie; Dage, coiffeur de Mmes de Chateauroux et de Pompadour; Larsemeur, confident de Mesdames, filles du Roi.
- La Cour de France donnait à cette époque le ton de la mode à toute l’Europe et les intermédiaires en la circonstance sont quelquefois bien inattendus, la correspondance de Grimm avec Louise-Dorothée de Saxe, duchesse de Gotha, à l’occasion des négociations de mariage de la fille de cette princesse avec le tsarevitz Paul, nous le prouve.
- Le spirituel écrivain voudrait la princesse Wilhelmine en beauté pour la première entrevue, et les conseils d’une parisienne élégante lui permettent d’affirmer que les coiffeurs savent un secret d’ajouter des cheveux dits toupet sur le front, de façon à réparer le petit défaut d’un front trop dégarni. Mme la Dauphine (Marie-Antoinette) avait ce petit défaut, et il n’y paraît plus.
- L’exagération des coiffures allait devenir de plus en plus extravagante. Déjà Mme d’Oberkirch nous affirme que les femmes ont le menton à moitié chemin des
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- pieds, et que les prix des faux cheveux montent jusqu’à aboutir à 232 livres payées par la Saint-Huberty pour un chignon fourni par le perruquier de l’Opéra.
- Les proportions étaient tellement faussées par ces échafaudages de perruques qu’une femme en carrosse avait peine à s’y tenir et était obligée de mettre la tête à la portière, quand elle ne fut pas réduite à s’y mettre à genoux.
- “Femme à sa toilette en 1825 **. (D’après une lithographie de Langlumé)
- On aboutit enfin à la coiffure a la grand’mère, chef-d’œuvre de Beaulard, où l’on faisait baisser l'édifice d’un pied et même de deux en en touchant le ressort pour franchir une porte basse, ou encore, et c’est de là que vient son nom, pour se présenter aux grands-parents et éviter leurs réprimandes.
- Les coiffeurs s’étaient tellement multipliés que Duclos nous dit que le gouvernement s en préoccupa ; on fixa le nombre des coiffeurs à 600 et on leur fit défense de faire plus d’un apprenti tous les 3 ans. de tenir classes et écoles de coiffure et surtout de mettre dans leurs enseignes : « Académie de coiffure ».
- La Révolution allait se charger de réduire toutes ces excentricités.
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- En J 794, les cheveux sont coupés à la Titus et l’on va au bal des victimes coiffée à la sacrifiée, ce qui obligera d’ailleurs, quelques années plus tard, à reprendre les perruques dont on variait les couleurs selon les sociétés que l’on fréquentait.
- Les perruques devinrent un présent de noces. La fille de Lepelletier de Saint-Fargeau en reçut 12 de cette manière. « 11 est telle femme, dit Mercier, en 1800, qui en compte jusqu’à 40 dans sa garde-robe ; cela permet de changer chaque jour de physionomie. »
- On arrivait, malgré les noms empruntés à la mythologie, à ne plus savoir comment appeler ces inventions, témoin ce lycophon des coiffeurs, M. Palette, dont parle la Mésangère, en 1811, auteur d’une coiffure admirable, mais sans nom. invoquant les archéologues pour savoir sous quel consul ou quel empereur il convenait de la classer.
- Coiffures de Femme ** 1830
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- Préparation des Cheveux
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- En 1833, l’exportation des cheveux s’élevait à 16.351 kilos de cheveux non ouvragés et à 13.741 kilos de cheveux ouvragés.
- On achetait alors les chevelures au prix moyen de 5 francs le kilo, souvent aussi, on payait en marchandises, telles que indiennes et rouenneries dans l’Ouest, mousselines et calicots dans le Midi. C’était surtout au mois d avril et de mai qu’on faisait la récolte, en ayant soin de ne revenir dans les villages exploités qu après un temps assez long.
- On distingue dans le cheveu français trois qualités :
- 1° La coupe, que l?on trouve encore dans certaines régions pauvres, telles que la Creuse, le Limousin, la Savoie, la Bretagne... et les couvents ; 2° la démêlure de la, même tête; 3° la poubelle, c’est-à-dire le cheveu ramassé par les chiffonniers, qui fournit, malgré le mélange, une qualité qui n’est pas à dédaigner, mais dont les nuances ne sont pas franches.
- Le premier travail consiste à imprégner la démêlure de farine et à la passer dans la carde; puis à la décomposer, c’est-à-dire à faire les longueurs de 20 centimètres au plus, allant de 5 en 5 centimètres, ce qu’on appelle l’effilage.
- Lorsque le cheveu est décomposé, on procède au remettage, qui consiste, par une petite opération au savon noir, à mettre toutes les têtes ensemble, pour éviter que le cheveu ne matelasse.
- Les cheveux courts de 20 à 45 centimètres seront roulés sur des moules en bois, puis bouillis de cinq à dix heures et ensuite séchés dans des étuves le plus longtemps possible, la frisure n’en sera que meilleure. Nos cheveux frisés prennent alors la dénomination de croquignole, frisure forcée, ringlette. Tout cela servira à
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- * Coiffure de Femme 1820
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- faire des postiches classiques ou ornements tels que boucles, chichis, anglaises, etc. Les cheveux de 50 centimètres ou plus longs serviront à faire des branches, nattes et torsades. Le cheveu français long est plutôt rare ; aussi faut-il détirer parfois de 50 à 70 kilos de démêlures pour avoir 1 kilo allant de 70 à 80 centimètres ; c’est pour cela que depuis quelque temps, les cheveux longs sont très chers.
- Les autres provenances se travaillent de la même façon, mais avec beaucoup moins de soin.
- Dans ces dernières années ce commerce a pris, surtout en France, un développement considérable. Tout le monde porte des postiches ; aussi notre marché français a-t-il été envahi par des cheveux de tous les pays.
- Le cheveu français est de première qualité par sa finesse, ses teintes naturelles, sa nervosité, et, par conséquent, sa faculté de bien conserver sa frisure dans la fabrication du postiche ; mais il est rare, et les marchands qui en possèdent sont des privilégiés.
- Le cheveu italien nous arrive en grande quantité du Piémont, de la province de Naples, de Sicile, de Palerme; le meilleur est sans contredit le Piémontais, qui ressemble le plus au cheveu français; les autres provinces nous rendent de grands services par la quantité, mais non par la qualité. Le cheveu russe s’importe également en grand ; il est fort long. Il n’est pas rare de trouver des lots de plusieurs centaines de kilos où il mesure de 1 mètre à 1 m60, mais, par contre, sa couleur est mauvaise, et il est nécessaire de le passer au bain pour le rendre uniforme. Il est creux et ne frise pas ; on l’emploie lisse, et surtout, depuis deux à trois années, dans la fabrication du cheveu blanc chimique. La Bohème, l’Allemagne, l’Espagne, nous envoient aussi des cheveux, mais en très petite quantité.
- Le cheveu asiatique fournit à beaucoup près la plus grosse consommation ; le cheveu chinois nous arrive en caisses, par bateaux complets, déjà préparé, c’est-à-dire la démêlure détirée ; le lavage et le remettage se font en France.
- C’est le meilleur marché, la préparation coûte plqs que la matière première.
- La couleur est brun roux et, en général, d’une seule teinte ; alors, il a fallu songer, pour en tirer profit, c’est-à-dire faire toutes les teintes, avoir recours aux décolorants, aux teintures, et surtout aux bains pour l’adoucir, le rendre plus fin. A partir de ce moment, notre chinois prend le nom d’aminci, cheveu parisien et autres noms fantaisistes qui ne lui ajoutent aucune qualité.
- Mais il est mauvais et mieux vaudrait ne pas faire de postiches que d’employer le cheveu aminci, qui reste gros et dur. La teinte disparaît au bout de quelques jours ; ce postiche finit par avoir toutes les couleurs.
- Paris est devenu pour les cheveux un des marchés les plus importants du monde. On y reçoit le cheveu brut et on le réexpédie préparé et travaillé en Europe et en Amérique, par l’intermédiaire de Marseille et grâce à la facilité des transports, dans l’Afrique du Nord et dans les principaux ports du Levant.
- De ces derniers ports, on exporte par voie de terre la production parisienne, dans les grands centres d’Asie Mineure.
- Nous avons encore en France, comme marchés secondaires, Bordeaux et Lyon qui ont un important commerce local.
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- Certains hygiénistes ont entrepris, à diverses reprises, des campagnes aussi sévères que peu justifiées à l’endroit du postiche. Le travail préliminaire très consciencieux que subit le cheveu avant d’être livré à l’implanteur le rend absolument inoffensif. Tel qu’il est coupé, le cheveu serait impropre à la fabrication ; on est obligé de le carder, de le
- “ La Marchande de cheveux ”. — France, vers 1830 (D’après une lithographie de Frey)
- nettoyer à fond, de le faire bouillir à plusieurs reprises, ce qui le dégraisse complètement. On l’aseptise enfin, et lorsqu’il a subi toutes ces préparations, il a reconquis tout son brillant, toute sa souplesse.
- Les postiches sont alors à l’abri de tout reproche, les coquettes peuvent leur demander sans crainte le fini, le chic réclamé par la mode des coiffures sans cesse changeantes.
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- Organisation de la Corporation
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- Cette industrie fournit un travail rémunérateur à une importante population ouvrière. Plus d’un millier de personnes, dont 300 du sexe masculin sont employées à la confection des postiches et des ouvrages en cheveux. Quant aux établissements dans lesquels ils trouvent à utiliser leurs connaissances, on en comptait en 1906, lors du dernier recensement 123, dont 119 comprenaient de 1 à 20 personnes et 4 en comptaient de 21 à 100.
- Le sentiment d’une étroite solidarité unit les patrons et groupe leurs employés et ouvriers. Dans l’industrie des cheveux, et dans « l’Art » de la coiffure, on compte 67 syndicats patronaux et 2 fédérations de syndicats patronaux.
- La Chambre Syndicale Patronale « Comité des Coiffeurs de Paris » a organisé, avec succès, plusieurs écoles, où sont formés des ouvriers habiles. Nous citerons : l’Académie, Ecole Française de Modes et de Coiffures de dames, — Ecole de coiffure masculine, — Ecole d’apprentissage pour la fabrication des Postiches.
- Quant à l’industrie des cheveux, elle réunit ceux qui la pratiquent en une association dont le titre est : « Chambre Syndicale de l’Industrie des cheveux. »
- Du côté des ouvriers, on compte 53 syndicats, une Fédération de Syndicats, et un Syndicat mixte de patrons et ouvriers.
- Les œuvres sociales sont également nombreuses dans cette industrie. Les plus prospères sont : la Caisse humanitaire, qui est administrée par les femmes des membres de la Chambre Syndicale patronale, « Comité des Coiffeurs de Paris » ; la Société de Secours mutuels et de Retraites de Saint-Louis et Union ; l’Orphelinat des Coiffeurs de France; La Fraternelle (Société de Secours Mutuels).
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- JARDINS DE VALENTINO
- Les Cheveux à l’Exposition de Turin 1911
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- Le nombre des exposants à la Section française était de quatre :
- P. A. JENIN.
- 368, rue Saint-Honoré, Paris.
- Cette maison existe depuis 60 ans, mais le titulaire actuel n’en est propriétaire que depuis trois ans.
- Avait exposé un buste de femme coiffé à la Greco-Romaine et plusieurs coiffures et devants postiches.
- Ces postiches sont implantés sur tulle cheveu type point d’Alençon et sont indéfrisables.
- Le Jury lui a décerné une Médaille d’Argent.
- LALANNE.
- 100, Faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Cette maison fut fondée par le titulaire en 1902 et s’est fait une spécialité des coiffures en cheveux et postiches d’art. Par d’heureuses transformations, M. Lalanne a favorisé un commerce qui occupe une grande place parmi nos industries parisiennes.
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- Ayant participé à diverses expositions, elle a remporté des récompenses qui sont un témoignage de la perfection des articles qu’elle fabrique :
- Milan 1906 et Londres 1908, Médailles d Argent; Bruxelles 1910, Médaille d’Or ; à Turin, le Jury lui a décerné le Diplôme d’Honneur.
- G. LATOUCHE Jeune.
- 21, Rue Saint-Augustin, Paris.
- Maison fondée en 1847, qui fut d’abord maison de commerce d’écaiile, puis en 1863, passe aux mains de M. Douard, qui à son tour la céda à M. Latouche en 1884, lequel s’adjoignit, en 1899 l’industrie des cheveux, l’article se vendant dans la moderne clientèle. Il agrandit aussitôt son affaire, ayant voyagé en France et à l’Etranger, où il créa une succursale à Londres, 1, Golden Square, puis à Bruxelles, 23, rue de l’Hôpital.
- Nous avons pu remarquer dans la vitrine des cheveux blanc neige naturels, mesurant jusqu’à 1 mètre de long, chose excessivement rare qui ont fait l’admiration de tous les visiteurs, et beaucoup de cheveux du même genre de 90 à 60 centimètres, ainsi que des monceaux de cheveux frisure naturelle avec variations de nuances à l’infini, dans les tons les plus divers.
- M. Latouche a créé une société de secours mutuels en 1904, à laquelle son personnel est affilié.
- Suivant toutes les expositions, il y a remporté les plus hautes récompenses :
- Paris 1907, Médaille d’Or ; Hanoï 1902 et Saint-Louis 1904, Grand Prix ; Liège 1905, Membre du Jury et Hors Concours ; Milan 1906, Grand Prix ; Londres 1908, Membre du Jury et Hors Concours ; Bruxelles 1910 et Turin 1911. Grand Prix.
- Jules WOLF & Fils.
- 1 1, Boulevard Saint-Martin, Paris.
- Maison fondée en 1865, est une des plus anciennes dans ce genre.
- La réputation qu’elle a acquise provient d’efforts constants ayant pour but de stocker les cheveux de nuances et de longueurs rares, lui permettant de satisfaire aux demandes les plus difficiles.
- A créé une qualité très connue sous la rubrique « Cheveu de Paris ». Ce sont des cheveux d’Orient, travaillés par un procédé spécial qui, quoique meilleur marché, ont une souplesse et un brillant presque égaux aux cheveux de coupe naturelle.
- Ils sont d’un secours inappréciable pour les coiffeurs, dont le réassortiment en cheveux naturels est difficile ou trop onéreux.
- Les ateliers et usine sont situés à Grenelle, où un nombreux personnel est employé.
- Cette maison a déjà obtenu dans les expositions précédentes :
- Paris 1906, Médaille de Bronze ; Londres 1908, Médaille d’Argent ; Bruxelles 1910, Médaille d’Or, et le Jury de Turin lui a décerné le Diplôme d’Honneur.
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- Situation Commerciale pour la France
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- La France reçoit de grandes quantités de cheveux non ouvrés et exporte surtout des cheveux ouvrés. Ceci tient à ce que « les posticheurs et les coiffeurs parisiens sont de constants créateurs » ; on peut dire d’eux qu’ils sont le premier anneau de cette chaîne sans fin, qui sous le nom de mode parisienne, impose ses caprices au monde entier. (Rapport de M. Levois).
- Si l’on examine la situation commerciale de cette industrie en France, pendant les cinq dernières années, on constate que :
- Le taux de l’unité (kilogramme), à l’exportation comme à l’importation, n’a pas subi de grande augmentation, en ce qui concerne les cheveux non ouvrés.
- Au contraire, pour les cheveux ouvrés, le taux de l’unité (kilogramme) qui, en 1906 était de 30 francs à l’importation, est de 35 francs en 1910; celui de l’exportation, qui était en 1906 de 40 francs, a atteint en 1910, 50 francs.
- Le Rapporteur de la Commission permanente des valeurs en douane, remarque en 1910, « que les cheveux non ouvrés continuant à être très recherchés et difficiles à se procurer, les négociants français ont fait moins d’exportation et ont accru leurs achats à l’étranger », c’est ce que démontre le tableau suivant :
- * 1907 1908 1909 1910
- Quint, métr. Quint, métr. Quint, métr. Quint, métr.
- Importation.... . . . 3.028 2.727 3.819 4.188
- Exportation.... . . . 423 698 458 684
- A l’importation, le commerce des cheveux non ouvrés a été particulièrement actif avec les nations suivantes :
- La Chine à laquelle la France achetait en 1906, 163.675 kilogrammes de cheveux, en 1910, cette quantité a considérablement augmenté et atteignait 229.700 kilogrammes.
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- L’Italie, à laquelle nous achetons moins en 1910 qu’en 1906. La différence dans la quantité de nos achats de cheveux non ouvrés est de 10.000 kilogrammes.
- Le Japon, auquel nous achetons en 1906, 85.239 kilogrammes de cheveux non ouvrés, et qui, en 1910, ne nous en a fourni que 55.700.
- A l’exportation, notre principale cliente est la Grande-Bretagne. La France lui a vendu en 1910, 44.600 kilogrammes de cheveux non ouvrés : ce chiffre représente 75 0/0 de notre commerce à l’exportation.
- CHEVEUX OUVRÉS
- Les tendances que nous constatons pour les cheveux non ouvrés, ont leur influence logique sur les cheveux ouvrés et comme conséquence, nous remarquons que, pour ces derniers, l’importation a légèrement diminué d’importance, tandis que l’exportation s’est élevée. Ces tendances favorables n’ont d’autres raisons que celles que nous avons signalées : la vogue de la mode et la difficulté qu’on rencontre à se procurer les quantités de cheveux suffisantes pour satisfaire à (a demande.
- 1907 1908 1909 1910
- - Quint, métr. Quint, métr. Quint, métr. Quint, métr.
- Importation...... ... 83 163 155 145
- Exportation . . . . 155 296 338 326
- A l’importation notre principale cliente est l’Italie. Nos achats de çheveux ouvrés se sont considérablement développés avec ce pays. En 1906, l’Italie nous avait fourni 1.082 kilogrammes de cheveux ouvrés; en 1910 nous lui en avons acheté 9.000 kilogrammes.
- Après l’Italie nous pouvons signaler notre commerce avec la Grande-Bretagne et le Japon.
- A l’exportation, nos principaux clients sont :
- L’Allemagne. En 1906, nos ventes atteignaient 3.686 kilogrammes; en 1910, elles ont été de 13.400 kilogrammes.
- La Grande-Bretagne, à laquelle nous avons vendu, en 1906, 4.573 kilogrammes de cheveux ouvrés; en 1910, nos ventes ont atteint 7.600 kilogrammes.
- Les Etats-Unis avec lesquels nos transactions sont très actives.
- La valeur des cheveux est très variable. Elle dépend de leur finesse et de leur souplesse, de leur longueur et de leur couleur.
- En général, les cheveux frisés de 20 à 60 centimètres de longueur valent de 32 à 180 francs le kilo; les cheveux pour natte de 30 centimètres à 1 mètre de long valent de 35 à 450 francs.
- Les cheveux les plus chers sont les blonds et les blancs naturels.
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- FRANCE
- Cheveux non ouvrés — Statistiq ues françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne .... » 11.410 )) 22 059 » 37.762 14.800 18.900 10.800 44.600
- Allemagne » )) » 1.816 » » )) » 17.500 8.800
- » 5.588 » 2.881 » 6.104 » 6.000 » »
- Italie 46.063 » 47.816 » 35.578 2.934 39.100 » 37.900 »
- Espagne ' » 20 577 » » » » )) 6.600 » 4 200
- Indes Anglaises ») » » » » » 30.000 » 44.900 »
- Etats-Unis » )) » » » 7.901 » 5.200 » 1.900
- Chine .... .... 163 673 » 161.318 » 155.234 » 208.700 )) ; 229.700 »
- Egypte- » 3.686 )) 5.053 » « )) » »
- Japon. 85.239 » 85 034 » 55.745 » 67.700 )) 55.700 >.)
- Autres pays étrangers 19.273 6.541 6.238 '10.462 18.972 15.132 17.500 9.000 3.700 8.800
- Indo-Chine -- )) 2.436 » 7.179 )) 4.100 » 18.600 »
- Algérie )) )) » 59 " » » 100 » 100
- Quantité totale ........ 314.250 47 802 302.842 42.330 272 708 69.833 381.900 45.800 418.800 68.400
- Valeur totale Taux de l’unité ... . Fr. 2.246.888 549.723 2.241.031 507.960 2.045.310 855.454 2.940.630 583.950 3.224.760 872.100
- . Fr. 7.15 11.50 7.40 12 )) 7.50 12.25 7 70 12.75 7-70 12.75
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- FRANCE
- Cheveux ouvres ---------------- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne 826 4 573 590 4.349 )) 12.264 1.400 13.600 2.800 7 600
- Allemagne 614 3.686 390 4.863 628 3.094 1 .600 8.700 600 13.400
- Suisse )) 1 .930 )) 3.114 4 » » » » »
- Italie 1.082 » 5. 106 » 8.961 )) 7.800 » 9 000 »
- Chine 3.542 » 977 » » » 2.200 » » »
- Japon 1.298 » 860 » 4.056 » 800 » 1.500 »
- Indes anglaises 2.309 » » » 916 » )) )) » «
- Etats-Unis » » » 1 .503 886 7.532 » 6.200 » 7.000
- Espagne \\ 2.576 » )) » )) » » )) ))
- Autres Pays étrangers . . . . 487 2.006 306 1.670 855 6.595 1 .700 5.200 400 4.500
- Tunisie . 16 « » » » » )) » » ))
- Indo-Chine » » 120 » » )) » » » ))
- Algérie » » » )) » » » » » 100
- Autres Colonies et Protectorats . » )) » )) 84 » 100 200 ))
- Quantité totale 10.174 14.771 8.349 15.499 16.306 29.569 15.500 33.800 14.500 32.600
- Valeur totale Fr. Fr. 305.220 590.840 275.517 697.455 570.710 1.419.312 542.500 1.690.000 507.500 1.630.000
- Taux de l’unité 30 )) 40 » 33 )) 45 » 35 » 48 )) 35 » 50 )) 35 » 50 »
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 327
- Situation commerciale des Cheveux en Italie de 1910 à 1911
- C5?
- Cheveux bruts. — Le commerce des cheveux bruts est très actif en Italie, et il a pris, depuis ces dernières années, un développement qui se manifeste principalement à l’exportation.
- Importation. — Les principaux clients de l’Italie sont, par ordre d’importance :
- La France, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Grande-Bretagne.
- En ces cinq dernières années, les importations ont surtout progressé avec la France, l’Allemagne, la Chine, l’Autriche et la Tunisie.
- Ces diverses nations fournissent à l’Italie des cheveux bruts, qui sont travaillés dans les ateliers et, souvent, réexportés à l’étranger.
- La comparaison entre la situation en 1906 et celle de 1910, fournit les résultats suivants : importation, valeur en lire : 286.680 lire en 1906, 1 .067.580 en 1910. Différence en plus : 780.900 lire.
- Exportation. — Les principaux clients de l’Italie sont : La France, les Etats-Unis. l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Russie.
- En ces cinq dernières années, les exportations ont surtout progressé avec la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis.
- L’Italie demeure une des principales nations fournissant les cheveux nécessaires à la confection des postiches.
- La comparaison entre la situation de 1906 et celle de 1910, donne les résultats suivants : exportation : valeur en lire, 1906, 4.684.320 lire ; 1910, 14.009.670. Différence en plus : 9.325.350 lire.
- Cheveux non ouvrés. — Sur cet article, nous remarquons également un plus grand mouvement ; c’est ainsi que nous relevons les chiffres suivants :
- 1908 1909 1910
- quint, met. quint, mét. quint, met.
- Importation................ 2.727 3.819 4.188
- Exportation................ 698 458 684
- Malgré cette demande un peu plus forte, les cours que, depuis plusieurs années, nous trouvions toujours en hausse, sont restés stables, ce qui a facilité un courant d affaires plus satisfaisant.
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- 328
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Nous croyons donc pouvoir maintenir les estimations du précédent exercice
- kilogramme
- Importation
- Exportation
- francs
- 7.70
- 12.75
- Cheveux ouvrés. — Les transactions sur les cheveux ouvrés sont beaucoup moins importantes en Italie que sur les cheveux bruts. Cependant, depuis 1908, ce commerce semble prendre une certaine importance à l’exportation.
- Importation. — La valeur des transactions était en 1906 de 16.300 lire; en 1910, elle atteint 181.280 lires.
- Les principaux clients étaient en 1906, la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie ; en 1910, nous trouvons en plus la Grande-Bretagne.
- Si r on compare les importations de 1906 avec celles de 1910, on constate que :
- Les importations françaises étaient en 1906 de 14.600 lire, et qu’en 1910, elles ont atteint 89. 100 lire.
- Les importations allemandes étaient, en 1906, de 500 lire et qu’en 1910, elles ont atteint 71.500 lire.
- Exportation. — Les principaux clients de l’Italie qui, en 1906, étaient seulement la France et l’Italie, sont, en 1910, les grandes nations européennes et les états de l’Amérique, nous citerons l’Autriche-Hongrie, qui est devenue le principal client de la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne.
- Quant au montant des transactions, il était, en 1906, de 451 .350 lire, en 1910, il a sauté à 2.987.140 lire.
- Ces résultats démontrent l’incontestable prospérité de l’industrie des cheveux en Italie. Cependant, dans la section italienne, le Jury des récompenses n’a eu à examiner aucun fabricant ou coiffeur. Tous avaient jugé qu’ils devaient s’abstenir.
- Rien de particulier à signaler dans cet article pendant l’exercice 1910. Les transactions se sont continuées assez régulières et les prix restent inchangés.
- 1908
- quint, mét.
- Importation
- Exportation
- 163
- 296
- Evaluation
- Importation
- Exportation
- 1909
- quint, mét.
- 155
- 338
- kilogramme
- francs
- . 35
- . 50
- 1910
- quint, mét.
- 145
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- ITALIE
- Cheveux ouvrés — Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Autriche-Hongrie Lire 300 Lire )) Lire 19.470 Lire 1 .960 Lire 3.300 Lire 718.900 Lire 12.740 Lire 1.157.640 Lire 20.460 Lire 1.173.250
- Belgique » » » » ?) 560 » » )) »
- France 14.600 396 000 43.010 116.620 72.270 1.091.440 100.940 1.113.750 89.100 903.500
- Danemark )) » » )) )) 1 .960 )} )) )) ))
- Allemagne 500 )) 6.270 75.600 39.160 193.620 42.840 406.065 71.500 418.990
- Malte )) )) » )) )) 840 )) )) » »
- Grande-Bretagne ^ » )) » )) )) 221.480 3.780 307.065 110 169.520
- Norvège » » )) 37.380 » 140 » )) )> »
- Suisse 900 » )) )> » 26.180 280 12.705 110 ))
- Pays-Bas • • )) )) » 75.320 )) 420 )> )) )) ))
- Russie ,. ... )) )) yy )) » 15.400 )) » » 40.820
- Portugal )) » )) » )) 140 » )) )) ))
- Brésil )) )) )) » )) 4.340 )) )) » ))
- Argentine » )) » •fe )) » 560 )) » » 12.090
- Chili » )) » y) )> 1 .400 » )) )>
- Roumanie » )) » )) )) 840 » » » ))
- Etats-Unis )) 55.350 )) 156.100 )) 129.920 )) 272.085 . )) 268.970
- Espagne )) )) » )) » 3.500 )) » )) »
- Grèce » )) . 770 )) )) )) )> )) » ))
- Chine )) )) )) )) )) 700 1.120 » » »
- Egypte » )) )) )> » 4.060 )) )) » »
- Totaux . . • Lire 16.300 451.350 69.520 462.980 114.730 2.416.400 161.700 3.269.310 181.280 2.987.140
- Ü
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- ITALIE
- Cheveux non ouvrés ---------------------- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 ! 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 15.120 1.268.160 5.740 1.167.590 55.720 1.128 820 217.440 2.317.625 208.320 1.667.790
- Belgique » )) » 114.730 » 61.460 )) 332.625 )) 292.500
- France 232.260 2.287.500 496.510 Z.151 100 463.960 4.265.590 892.440 6.696.000 367.140 5.328.000
- Suède .... » » )) )) » 2.240 » » » ))
- Danemark. . )) » 420 » » )) )) » »
- Allemagne 32.040 29.340 69.510 130.690 103.110 760.760 365.640 1.496.000 292.980 446 490
- Argentine )) » 210 )) )) 350 )) 8.875 » »
- Grande-Bretagne 6.720 80.220 21.140 378.070 44.350 691.320 67.440 561.250 37.140 378.000
- Canada . » )) )) )) )) 350 » )) )) ))
- Roumanie )) )> )) » )) 15.470 )) 45.750 )) 14.310
- Suisse 540 » )) )) 1 .680 84.140 )) 5.125 3.000 46.620
- Russie . )) )) » )) )) 113.050 » 164 875 )) 108.540
- Chine . . )) )) )) » 14.140 )) 93 720 )) 141.300
- Pays-Bas )> )) )) 1 .400 » )) )) )) )) »
- Japon. • • )) )) 8.260 )) 910 » )) » 1 800 »
- Indes anglaises et Ceylan . . . » )) » » )> » )) 6.250 )) - ))
- Turquie d’Asie. . . .... )) )) » 8.400 » » » » )) »
- Egypte )) » » )) )) 350 )) )) 420 »
- Bulgarie )) )) )) » » 13.020 )) )) » »
- Tunisie » )) 280 )) )) 350 12 480 » 9-960 ))
- Grèce » » » )) » 2.240 )) )) )) »
- Etats-Unis » 1.019.100 630 2.004.520 8.330 2.098.530 6.240 7.485.125 5.520 5.727.420
- Espagne. » » )) » » 140 )) » )) ))
- Totaux Lire 286.680 4.684.320 602.280 5.967.920 692.230 9.238.180 1.655.400 19.119.500 1.067.580 14.009.670
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- .rr-çst" c£*irzH.u.s e >t—
- fa v<€*r- FïtUô *-C des Pe
- «£ la totocL* rendu.
- Le Marché aux Paniers"
- (Bulletin de la Société de 1*Histoire du Costume)
- LE CORSET
- 93
- HISTORIQUE
- On se figure généralement que la manie de se serrer la taille, afin de la conformer à la ligne fixée par la mode, est d’invention moderne.
- Erreur !
- On en faisait tout autant à Rome, en vue du même résultat.
- Le compliment le plus flatteur qu’on put adresser à une femme étant celui-ci : «Es pineca », vous êtes élancée comme un jonc. En limousin on dit: « lancad com une piboure », élancée comme un peuplier. Nous disions, il y a quelque dix ans : « une taille de guêpe ». C’est la même idée; la comparaison est-elle plus flatteuse?
- L’instrument du supplice était déjà le corset ; Pétrone en parle dans son « Saty-ricon ».
- Térence le désigne de même très clairement dans le second acte de l'Eunuque,
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- quand il fait la critique de ces mères qui abaissent les épaules de leurs filles et leur compriment la poitrine afin de les rendre plus minces.
- Quæ matres student demissis humeris esse Vincto pectore ut gracile fiant.
- Il ajoute : « Ont-elles un peu trop d’embonpoint (si qua est habitior paulo), dans la crainte qu’elles ne ressemblent à un athlète (ne pugilem esse aiant) », on leur diminue
- la nourriture (deducunt cibum\ Et il termine par ce trait si plaisant : «Voilà de quelle manière on les aime (itaque ergo aman-tur) ».
- 11 n’est peut-être pas inutile de rappeler que ces passages, qui paraissent extraits d’un ouvrage moderne, ont été écrits il y a environ vingt siècles.
- De tout temps la femme s’est plue à exagérer l’apparence de cerl aines lignes de son corps, et en même temps à en dissimuler d’autres. Le sexe fort a ainsi l’avantage d’être très renseigné sur une partie de l’esthétique féminine, tandis qu’ailleurs il est libre d’exercer sa divination ou sa curiosité.
- Le vêtement actuel drape étroitement la ligne des jambes, mais se transforme en cage rigide sur l’armature baleinée du corset.
- Au moyen âge, le corset n’était qu’un soutien-gorge de toile forte. Il n’empêchait point de se rendre compte de la structure des seins et du ventre. L’amoureux moderne d’une femme en costume tailleur est renseigné sur sa croupe, dont la jupe collante lui met le volume sous les yeux; mais qu’elle ait les plus jolis seins ou les plus laids, c’est pour lui la même et unique bosse de polichinelle.
- Au XIIIe siècle, on voilait dans des draperies très amples le mystère des jambes et on pouvait apprécier la délicatesse de la poitrine.
- Ce fut lorsqu’on adapta un lacet au simple bandeau de toile, vers le XIVe siècle, qu’on commença à avoir l’idée de réformer la ligne habituelle de la femme, en serrant davantage la base de la bande au-dessous des seins ; de là vint la première idée du corset.
- Idée mûrie et mise en pratique au XVIe siècle, pour le plus grand tourment de nombreuses générations qui allaient suivre.
- Voici comment on s’habille au début de la Renaissance : les femmes passent une casaque de damas à larges manches, ouverte très bas, en carré : dans cette ouverture, les femmes de chambre glissent une pièce de poitrine, généralement rouge, qu’elles lacent avec soin, de manière à bien mouler les formés ; au besoin, elles ajoutent quelques cambrures artificielles et serrent fortement à la taille ». (Les Femmes de la Renaissance, Maulde de la Clavière.)
- Le Vertugadin , d'après Les Menines de Velasquez. (Bulletin de la Société de l’Histoire du Costume)
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- Pour les grandes dames qui fréquentaient la cour, le supplice s’aggravait, et les filles de chambre étaient parfois obligées de se faire aider par des mains masculines pour accommoder leurs maîtresses, dans une sorte de harnais de toile d’or rembourré et soutenu par quelques brisés ou baleines.
- Quelques femmes de bon sens, dont Anne de France, protestent par leur abstention contre cette déformation subreptice du corps féminin. D’autres mêmes voient plus haut et plus loin le danger que peuvent courir, pour leurs maternités futures celles qui s’affublent des instruments de supplice, dont certains exemplaires nous ont été conservés. Louise Labbé, dans un poétique langage, dit qu’au lieu de s’enfermer dans un carcan, les femmes devraient ressembler à un cornet de feuilles qui s’ouvre de soi-même pour porter des fruits. Mais rien n’y fit : on prétend se rapprocher de l’art par ce procédé, et traduire les formes par des gaînes collantes, sans songer que c’est un collant baleiné et fabriqué que l’on obtient.
- Aussi quel art suprême ne faut-il pas à un Vélasquez pour donner l’apparence de la vie à ces pauvres infantes emprisonnées dans les corsets rigides, écrasées par les paniers envahissants et les vertugadins démesurés.
- La vertugale, vertugade ou vertugadin, qui avait succédé à la basquine, était le complément obligé du corset et comme sa contrepartie inférieure. Le costume féminin se trouve, grâce à cet appareil, composé de deux évasements contraires, issus de la ceinture. Du haut de l’espèce d’entonnoir supérieur, devant en carré à l’italienne, plus ou moins bas, on voit se dégager le haut de la poitrine, le col nu, la tête coiffée bas; à partir des hanches, la robe est une cloche allant en s’élargissant, et voilà réalisée la taille fine, objet de toutes les ambitions.
- Bientôt, on fit les buses apparents, certaines collections d’aujourd’hui conservent encore de ces coches là, véritables œuvres d’art, découpées, gravées damasquinées, sculptées quelquefois en fort relief ; en buis, en acier, en nacre, en ébène et dont la richesse faisait la gloire des élégantes.
- C’est alors une mascarade effroyable, un déguisement paradoxal pour se donner grand air, à l’aide des mules qui exhaussaient la taille, des coiffures savantes et compliquées surchargées de bijoux, d é-normes manches bouffantes qui égalaient bien chacune la grosseur du corps et reposaient sur l’armature de la jupe, aggravée désormais par un bizarre déplacement de ceinture. Les femmes avaient emprunté la coupe du pourpoint viril, avec l’adjonction de la
- panse artificielle. Leur corsage, toujours fort maintenu à la taille qui s’étranglait, avait un buse qui prenait ensuite une forme arrondie et rentrait dans sa partie inférieure. Il faut atteindre le règne de Louis XIII, pour que cet édifice s’écroulant, la femme retrouve une ligne se rapprochant de sa structure naturelle.
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- Sous les règnes suivants, les robes laisseront presque toujours apercevoir les corsets. Déjà en 1685, la femme de qualité a, sous son déshabillé « un riche corset entr’ouvert par devant à l’aide d’un lacet », dit Boursault. Le haut de son corps est orné d’un bijou qui porte les noms les plus suggestifs. Le boute-en-train ou le tatez-y,
- qu’on plaçait entre les deux
- //>/,'}.
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- seins.
- Ce genre négligé s’accentue sous Louis XV, où volontiers l’élégante : « laissera voir sous un manteau de lit, un corset garni sur le devant et sur toutes les coutures d’une dentelle frisée, mêlée d’espace en espace de soucis, d’hannetons » (La femme au XVIIh siècle, Edmond et Jules de Concourt).
- Les essais de suppression du corset, à l’aide d’un corsage baleiné n’eurent point grand succès. On aurait plutôt essayé de remplacer la baleine par quelque autre soutien.
- Les paniers qui, d’après la description de Diderot, étaient une espèce de jupon fait de toile cousue sur des cerceaux de baleine, placés les uns au-dessus des autres, de manière que celui du bas était le plus étendu, et que les autres allaient en diminuant à mesure qu’ils s’approchaient du milieu du corps (L'Encyclopédie Diderot), absorbaient d’énormes
- quantités de baleines. Le commerce hollandais en ressentait l’influence.
- Au mois de juin 1 722, les états généraux des Pays-Bas autorisèrent l’emprunt de six cent mille florins destinés à soutenir la compagnie formée dans l’Ost-Frise pour la pêche de la baleine, dont le commerce s’étendait chaque jour davantage, par la consommation extraordinaire des fanons ou côtes de baleines, employés pour les cerceaux des femmes. Il n’en reste pas moins vrai que tous les spécimens qui nous sont parvenus des corsets du XVIIIe siècle, sont garnis de baleines. C’est généralement une sorte de corsage de soie à créneaux sur les hanches, doublé de forte toile grise ; entre les deux étoffes sont glissées les baleines qui les soutiennent.
- Le Corset à la fin du premier Empire
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- L’usage en est répandu, jusque chez les femmes des artisans et la femme d’un cordonnier, en 1 723, possède un corps garni de baleines, couvert de siamoise avec sa pièce ouverte de soie rouge.
- La compression fut excessive tout le XVIIIe siècle, et le Comte de Vaublanc écrivait encore en 1782 : (( 11 faut se réjouir que les femmes se donnant par leurs
- corsets une taille raide, se privent ainsi du plus dangereux des attraits, de cette souplesse élégante qui, dans d’autres pays, est le plus séduisant de leurs charmes. » Malgré les petits vers galants de l’époque, dans le goût de ceux-ci :
- Dans un corset l’élastique baleine Doit comprimer avec art et sans peine Les doux contours d’un sein ambitieux En lui donnant un air voluptueux
- (Essais historiques sur les modes et la toilette françaises par le chevalier XXX).
- Pas plus sous Louis XVI que maintenant, on n’était arrivé à maintenir le corps de la femme sans lui donner la tentation d’exercer une pression plus ou moins forte toujours déplorable au point de vue physiologique.
- Après une éclipse totale sous le Directoire, où le corset n était souvent qu un simple
- 22
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- maillot, nous le voyons réapparaître triomphant à la cour de Napoléon. Une estampe de Debucourt, datant de 1805 « à la porte d’un riche » nous montre une sorte de valet de chambre qui porte sous son bras un carton avec cette mention : « Furet, artiste chimiste renommé pour la toilette, fournit des corsets à ressort, les bretelles élastiques pour les deux sexes, les maillots pour les faux mollets, toutes choses de son invention. »
- Un autre grand faiseur nommé Lacroix, dont la renommée était universelle, ajoutait au corset un petit coussin recouvert de taffetas blanc, qui s’attachait par devant pour donner à la taille un aspect plus cambré, les élégantes ne reculant pas devant le prix de 100 francs, relativement élevé pour l’époque, accouraient en foule chez Leroy. (Histoire du corset en France, Léoty).
- Avant l’apparition de ces deux noms, la corsetière elle-même n’existait pas, on donnait un corset à faire à la couturière, comme on le confiait à la blanchisseuse quand il était sale. Delacroix et Furet furent obligés de s’intituler “ chirurgien bandagiste ”, pour se faire accepter par leurs clientes, qui s’étaient d abord cachées en s’adressant à eux, par crainte de faire subir une atteinte à leur pudeur féminine : les directeurs en faisaient un cas de conscience, un simple changement d’épithète leva toutes les difficultés.
- « A la fin de l’Empire, les corsets étaient devenus presque aussi courts du bas que du haut... Des baleines placées obliquement de bas en haut, de dedans en dehors, maintenant l’écartement des seins, reçurent le nom de divorces. Sur le côté ce corset n’avait guère que 0.10 centimètres à 0.12 de hauteur (Histoire du Corset en France, Léoty).
- « En 1815, ajoute encore cet excellent auteur, dont l’ouvrage est si complet pour ces sortes de détails, le baleinage était résistant, l’étoffe presque toujours double, enfin le buse ordinaire long et épais ».
- A partir de la Restauration, la taille reprenant petit à petit sa place primitive, juste au-dessus des hanches, les femmes ont de nouveau une tendance à l’affiner et malgré les anathèmes de Charles X contre les « tailles de guêpe », celles-ci seront à l’ordre du jour.
- Le corset est une partie fort importante de l’ajustement féminin, toujours relativement coûteux, de 20 à 40 francs, et certaines femmes préfèrent les confectionner à la maison, pensant ainsi qu’elles réaliseront une économie. Dans ce cas, voici les conseils extrêmement pratiques donnés par une dame fort experte.
- Les principales étoffes qui peuvent être employées sont le basin, à fil dit basin de Troyes, le nankin des Indes, et la toile écrue. 11 faut une demi-aune à peu près de ces étoffes pour un corset ordinaire.
- L’aimable professeur indique dix sortes de corsets différents, dont on peut entreprendre la confection : « A un seul gousset, à deux goussets, à pièces, doublés, demi-corsets, ceintures pour le matin, à pâtes (sic), à la paresseuse, pour femmes enceintes, élastiques ou demi-élastiques. »
- Cette dernière dénomination ne désigne point, comme aujourd’hui, une étoffe dans la fabrication de laquelle il entrerait du caoutchouc, dont l’emploi était encore très limité. Il s’agit de fils de cuivre, très déliés et disposés en spirales, qui s’étendent
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- “ Corps à baleines du XVIIIe siècle (Collection Maurice Leloir et Société de l'Histoire du Costume)
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- et se resserrent très exactement selon la forme de l’objet qu’ils embrassent. C’est la manière la plus délicate de soutenir la taille, d’après l’auteur.
- Suivent quelques conseils d’hygiène ou d’élégance qui nous semblent aujourd’hui singulièrement surannés : « Les buses en acier sont condamnables en ce qu’ils rassemblent 1 électricité sur la poitrine et peuvent déterminer une irritation interne dans
- “ Vers 1840 ”
- (D’apiès une lithographie de l’époque)
- cette partie et celle de l’estomac. Pour éviter cet inconvénient, on les revêt de taffetas gommé.
- « Les buses de baleine ont tendance à relever en pointe ; quand vous vous apercevrez que les baleines fléchissent, porter le corset à l'envers (!) pendant quelques jours, cela suffira à le redresser. »
- Signalons encore comme ancêtre des jarretelles de 1910 le système de cordons préconisé par l’auteur, pour attacher les bas : « Une dame très élégante, que j ai connue autrefois, avait l’habitude de placer au droit fil des goussets du ventre, deux
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- larges rubans de fil, qui allaient passer dans une boucle aussi de ruban de fil cousue à chacun de ses bas à cet effet. Ces espèces de jarretières avaient pour objet d’empêcher le corset de relever sur les hanches, elles dispensaient aussi de porter des jarretières qui nuisaient à la circulation du sang. (Manuel des Dames ou l'art de la Toilette par Mme Celnart (Roret 1827).
- La femme de 1830 doit être mince à l’excès, on doit avoir peur, rien qu’en portant les mains à la taille, de la briser comme un fétu. La caricature du temps nous initie au genre de torture que subit l’élégante qui veut soutenir sa réputation de libellule. Un bourreau dans un cabinet de toilette garotte une jeune femme en lui serrant la taille, des convulsions secouent la pauvrette qui essaie encore de sourire. (Légende du croquis: « Comment on devient une femme à la mode ».)
- Dans un autre dessin intitulé Y Andromède romantique, nous voyons en parallèle une femme jeune, svelte et élancée, sous le manteau du matin qui l’enveloppe. Sa camériste lui présente un horrible corset, qui ouvre ses mâchoires d’étau dentelées et aussi effroyable que la gueule d’un monstre. Involontairement, la pauvre femme détourne la tête, cependant qu’elle offre son buste à l’impitoyable machine qui va lui broyer les os.
- En 1829, apparaît un certain M. Josselin, ancien passementier, qui change le corset en une pièce de mécanique. Voyant sa femme trancher son lacet parce qu’elle n’avait auprès d’elle personne qui put l’aider à délacer son corset par derrière, il fut frappé de l’inconvénient que présentait pareille servitude, en cas d’indisposition subite, il inventa le délaçage à la minute, grâce à une disposition particulière. 11 perfectionna sa première idée sur la sollicitation de son élégante clientèle, et créa des buses
- métalliques, avec dos à poulies, permettant de se lacer et se délacer soi-même
- promptement. Ces machines étaient fort ingénieuses paraît-il, mais de véritables pièces d’horlogerie, très délicates à établir. Les corsetiers n’exécutaient ces commandes qu’à regret, aussi M. Josselin fut-il obligé de s’établir lui-même corsetier pour faire triompher ses inventions. Il avait posé le premier le principe qu’une femme n’est bien corsetée que si elle ne sent pas son corset.
- L’auteur de ce chapitre spécial (B. Maurice, dans le « Travail universel »), Revue complète des Arts et de l’Industrie exposée à Paris en 1855, publiée sous la direction de J.-J. Arnoux, montre les inconvénients du corset tel que le comprenait
- la génération de 1830 : « Le corset affectait les formes dites gracieuses, moyennant
- quoi, il s’engage à ne plus violer les lois les plus rudimentaires de la physiologie et de l’hygiène, à ne plus couper en deux un appareil unique, celui de la digestion, à n’en plus comprimer un autre au moins aussi important, l’appareil respiratoire; à ne pas comprimer les glandes lactifères, au risque d’y déposer les germes du squirre et du cancer; à ne plus déplacer un organe qui joue un rôle plus important encore dans l’économie de la femme, sous prétexte de dissimuler l’exubérante richesse de l’abdomen. Regardez-moi un peu les femmes de Rubens : vous figurez-vous de pareilles formes dans un ancien corset ? Evidemment, dans un temps très court, le corset ou les femmes devaient périr, malheureusement, c’étaient presque toujours les femmes.
- De nos jours, en Allemagne, on mène une ardente campagne en faveur d un
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- costume plus conforme à la libre allure et au développement normal de ces êtres qui, selon St-Augustin, sont de jolis petits animaux qui se délectent dans la toilette. Les Allemandes surtout, faites pour la maternité, considèrent le corset comme un véritable préjugé féodal. Dans l’Europe centrale, on a bravement formulé des lois contre le port du corset, comme on le fit contre l’alcoolisme.
- Le Ministre de l’Instruction publique, Haret, en Roumanie, a interdit le port du corset en 1902, aux jeunes filles des écoles.
- Corsets sous le règne de Louis-Philippe
- Même défense en Bulgarie dans les écoles de l’Etat (circulaire Chichmanow
- 1904;.
- En Allemagne, interdiction du corset dans les écoles pendant les leçons de gymnastique.
- En Russie, ordre aux jeunes filles élèves des lycées et des hautes écoles de « déposer à l’entrée la cuirasse qu’elles portent sous le nom de corset. »
- Le corset d’aujourd’hui est certainement plus rationnel et moins dangereux que celui d’il y a 60 ans. Ce qu’il faut regretter c’est son étranglement à la hauteur des hanches. La base au lieu d’être large est devenue conique, et produit un déplacement dans les organes et une gêne dans leurs fonctions. Il faudrait protéger cette partie radieuse, ce renflement de la femme, que les primitifs peignaient si savoureusement, et qui faisait dire à un philosophe qu’elle représentait ce qu’il y a de plus sacré au monde, le premier domicile de l’homme.
- Evidemment, les pires modes furent toutes inventées pour dissimuler une tare physique, et les paniers, les crinolines, les vertugadins, les perruques et les jupes
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- longues, ont été mis en faveur par d’honnêtes dames dépourvues de cheveux, de hanches ou de taille normale.
- Nous ne devons pas souhaiter la disparition du corset, mais simplement l’évolution constante vers les formes se rapprochant le plus de la ligne naturelle, et laissant aux femmes l’aisance nécessaire pour se mouvoir aussi bien à la promenade qu’à la maison et le libre jeu de la respiration.
- Songeons que si le corset peut être abandonné sans danger par les nymphes, pour les femmes abondamment douées de formes opulentes, sa suppression pourrait être un désastre, et qu’il est nécessaire encore à toutes celles dont il corrige des imperfections de structure que les vêtements ne pourraient dissimuler.
- Corset sous le règne de Louis-Philippe
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- La Fabrication du Corset
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- Les fabricants de corsets savent mieux que personne comment sont construites les femmes des divers pays de l’Europe. Il faut, pour chaque nation, des modèles tout différents. L’Espagnole a beaucoup de ventre et peu de hanches, la taille courte et cambrée, elle cherche à cacher la protubérance de son buste. L’Anglaise au contraire est droite et tient à rester droite, il lui" faut un corset serré du haut en bas. Les Russes et les Scandinaves ont la taille longue, avec des lignes peu saillantes. Pour les Hollandaises et les Allemandes, il faut des corsets très emboîtants.
- Le tour de taille, dont la moyenne en Espagne est de 40 c/m, varie en France de 48 à 70 c/m. Il mesure de 56 à 58 c/m. en moyenne à Paris, oti les femmes sont paraît-il, plus minces qu’ailleurs.
- Le corset se fait tantôt en fuseau, tantôt en corbeille. Parfois il aplatit les hanches en faisant ressortir la croupe, que l’on capitonne, parfois il donne plus de largeur à l’épigastre, et l’on fait descendre la taille jusqu’au nombril. La mode, suivant ses caprices, avantage successivement les grasses et les maigres.
- De nos jours, le corset s’est transformé tout à fait. Le corset de 1770, avec son buse descendant le long du torse, comme une barre de fer, et le corset à poulie de la
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- Restauration, ne peuvent être comparés au corset moderne, souple comme un gant et pesant 200 grammes à peine.
- Des grandes usines à corsets créent tous les types imaginables, depuis les corsets de gros coutil pour les paysannes, jusqu’à ceux de damas de soie, de satin broché, etc. ; le tissu varie de 75 centimes à 20 francs le mètre. Il en faut 50 centimètres carrés. Cette industrie s’est développée depuis les 30 dernières années.
- On calculait en 1870 qu’il y avait à Paris 4.000 corsetières environ, établissant en moyenne un corset tous les deux jours. Avec ce que produisaient les ouvrières des autres villes de France, cela donnait un total de 1.500.000 corsets par an. Depuis cette époque, le chiffre d’affaires a triplé, le nombre des articles est quatre fois plus considérable, et pendant que le prix s’abaissait, la façon et la substance s’amélioraient.
- Notre production annuelle peut se monter à 55 millions de francs dont un quart seulement pour le corset sur mesures. Paris fabrique à lui seul autant que la province. De cette somme, la main-d’œuvre absorbe 25 % représentée par environ 20.000 ouvrières et un million d’ouvriers. Le salaire varie de 6 à 8 francs par jour pour quelques privilégiées, employées chez les grandes faiseuses, jusqu’à 1 fr. 50 pour les femmes qui travaillent chez elles, en faisant leur ménage, et les prisonnières des Maisons Centrales.
- On nous a fait admirer de jolis petits corsets roses, sortant des mains d’une jeune demoiselle, détenue à Clermont, qui avait étranglé ses deux enfants.
- L’une de ces grandes usines dont je viens de parler, livre à elle seule environ 100.000 corsets par an, coupés, cousus à la machine, la scie tournante découpe 36 pièces à la fois, en suivant le dessin tracé. Les divers morceaux sont réunis en paquets par douzaine, ils sont portés aussitôt à la couture, et ils subissent une foule de préparations, de sorte qu’un corset, avant d’être fini, passe par plus de 25 mains différentes.
- Sur le terrain des inventions mécaniques, presque toutes viennent d’Amérique. La supériorité des Américains est écrasante. Ainsi, un appareil imaginé par eux avait permis de poser des œillets dix fois plus vite qu’on le faisait auparavant. Enfin, une invention toute récente a pour résultat d’améliorer cinq fois encore la rapidité de cette besogne. Au lieu de mettre un par un les 16 ou 18 œillets, de chaque côté, la nouvelle machine, d’un seul coup, perce tous les trous, et y loge en même temps les petits morceaux de cuivre. On donne un apprêt spécial au corset, formé par un bain d’amidon. Ensuite on procède au garnissage avec des dentelles, des broderies etc., Ensuite, ils sont placés sur des moules chauds, qui communiquent aux baleines leur courbure définitive.
- Les corsets n’ont donc plus qu’à être mis en caisse ou sur des bustes, et ils s’acheminent vers leurs destinations, beaucoup sont dirigés sur le Canada. D’autres salles sont uniquement destinées aux commandes des magasins de nouveautés.
- Il y a dans chaque fabrique des ouvrières occupées uniquement à créer des modèles, sans parler des corsets orthopédiques, corsets pour les déviations du dorsal, les corsets pour les épaules non symétriques, l’abdominal et les corsets de grossesses, etc. Tous les articles bon marché sont vendus à peu près au prix de revient. Les plus humbles bourgeoises peuvent donc s’offrir le luxe discret des dessous soignes.
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- LE VIEUX CHATEAU
- Les Corsets à l’Exposition de Turin
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- Le nombre des exposants à la Section française était de neuf :
- G. BIGNON.
- 30, rue des Jeûneurs, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1868, et le titulaire actuel a pris la suite de la maison P. Dusaux.
- Elle fabrique en gros les corsets haute nouveauté, marque « A l’Aurore )).
- Elle applique la coupe rationnelle adoptée aux besoins de la mode actuelle.
- La commission et l’exportation à l’Etranger absorbent une grande partie de sa production.
- Le Jury de l’Exposition de Milan 1906 lui avait décerné une Médaille d’Or; celui de Bruxelles 1910, lui accorda le Diplôme d’Honneur, et à Turin, elle obtint le Grand Prix.
- Vve CADOLLE & Fils.
- 24, Chaussée d’Antin, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1887, à Buenos-Ayres et transférée à Paris en 1898. Sa spécialité est le corset sur mesures. Elle a apporté dans cette industrie des
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- perfectionnements qui se sont continués depuis les débuts des transformations accomplies en dix ans ; elle a créé le corset droit et le soutien-gorge, dont le succès a été considérable et qui sont très appréciés de la clientèle ; fournit la clientèle de luxe et les Grands Magasins de Nouveautés de Paris.
- Sa vitrine nous montrait des corsets, des soutiens-gorge et des ceintures.
- Exposant depuis fort longtemps, elle a remporté les récompenses suivantes :
- Paris 1900, Médaille de Bronze; Saint-Louis 1904, Médaille d’Argent ; Liège 1905, Milan 1906, Diplôme d’honneur; Londres 1908, Bruxelles 1910, Buenos-Ayres 1910, Grand Prix; Roubaix 1911, Membre du Jury, Hors Concours; Turin 1911, Grand Prix.
- CLAPIN.
- 7, rue Coq-Héron, Paris.
- Cette maison fut fondée par le titulaire en 1862.
- Elle s’était spécialisée dans le corset de fillettes et d’enfants jusqu’en 1900, époque à laquelle elle ajouta le corset de femme à sa fabrication.
- Sa manufacture de Paris, située, 7, rue Coq-Héron, est approvisionnée par 1 usine d’Orléans, 58, quai des Augustins, qui occupe un très nombreux personnel.
- Sa fabrication très soignée est fort appréciée, et sa marque P. C. est universellement connue.
- M. Clapin, qui suit les expositions depuis 1889, a obtenu les plus hautes récompenses.
- A l’Exposition Universelle de Paris en 1889, il remportait une Médaille d’Argent; aux Expositions d’Anvers 1894, Amsterdam 1895 et Paris 1900, trois Médailles d’Or lui furent décernées.
- L’exposition de Liège 1905 et Milan 1906 lui valurent deux Grands Prix.
- A Londres 1908 et Bruxelles 1910, nommé Membre du Jury, il fut Hors Concours. Enfin le Jury de Turin lui décerna le Grand Prix.
- ETABLISSEMENTS CLAVERIE.
- 234, Faubourg Saint-Martin, Paris.
- Maison fondée en 1885.
- Sous la marque de « Les Corsets de A. Claverie », cette maison fabrique exclusivement sur mesure des corsets de toilette de coupe strictement anatomique et élégante, des corsets médicaux, des corsets-ceinture, des ceintures, des maillots tissés sur mesure en un nouveau tissu élastique ajouré.
- Tous les >-< Corsets de A. Claverie » sont établis sur des modèles exclusifs et entièrement confectionnés dans les ateliers de Paris, 234, faubourg Saint-Martin.
- Les Corselets et Maillots élastiques sont tissés sur mesure et entièrement finis au métier dans les ateliers de tissage de leur usine modèle de Romilly-sur-Seine.
- Chaque modèle est établi sous la direction d’un docteur spécialiste et qu il s’agisse de corsets médicaux ou de corsets de toilette, toutes les créations sont spécialement étudiées selon les dernières données de la physiologie et de l’hygiène.
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- Ils laissent aux mouvements leur entière liberté et aux organes l’amplitude de leurs fonctions tout en répondant aux exigences de l’hygiène et de la mode.
- Avaient exposé à Turin : 5 Corsets choisis parmi les créations les plus remarquées de cette année, dont 3 corsets haute nouveauté en batiste brochée et damas de soie de coupe absolument nouvelle, munis de systèmes spéciaux de baleinage et permettant d’obtenir sans gêne une taille svelte ainsi que la ligne fine, longue et onduleuse de la mode actuelle.
- La vitrine contenait également un nouveau « Corset Tricot » de soie en tissu de tricot inextensible et un grand « Fourreau Maillot )) tissé sur mesure et entièrement fini au métier en un nouveau tissu élastique de soie ajouré.
- Ont également exposé 3 ceintures et corselets maillots tissés sur mesure, en tissu élastique ajouré, destinés à combattre l’obésité des hanches et de l’abdomen.
- Ont créé à Romilly une Société de secours mutuels et une caisse de retraite pour le personnel.
- Avaient obtenu : à Saint-Louis 1904, Médaille d’Argent ; à Liège 1905, Médaille d’Argent, et à Turin 1911 : Médaille d’Or.
- DELMOTTE
- 73, Rue Richelieu, Paris.
- Ancienne maison Quantin & Delmotte, qui fut fondée en 1862 par M. Quantin.
- Cette maison, très importante, s’occupe des fournitures pour corsets et possède 3 usines.
- Le tissage mécanique de la batiste unie et façonnée, se fait à La Varenne (Seine), le tissage à la main à Ligny-en-Cambrésis, et à Paris se trouve l’usine de fabrication des buses.
- Un nombreux personnel est employé à la fabrication de ces divers articles.
- M. Delmotte a obtenu les plus hautes distinctions dans les différentes expositions.
- Londres 1908, Bruxelles 1910, Buenos-Ayres 1911, Turin 1911 lui valurent des Grands Prix.
- Les Fils de DESPRÉAUX
- 21, Rue Turbigo, Paris.
- Cette maison est une des plus anciennes dans le genre, fondée en 1853, par M. Estivin, fut reprise en 1874 par M. Despréaux, père des titulaires actuels. Elle fabrique les tissus spécialement pour la confection des corsets et fournitures diverses nécessitées par cette industrie.
- Elle donne des travaux sur métiers à façon à Lyon, Saint-Etienne, Saint-Hilaire-lès-Cambrai et Paris, et occupe ainsi un très nombreux personnel ouvrier.
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- Suivant depuis longtemps les Expositions, elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Paris 1900, Médaille de Bronze ; Saint-Louis 1906, Médaille d’Argent ; Liège 1905, Médaille d’Or; Milan 1906, Diplôme d’honneur; Londres 1908, Bruxelles 1910, Grands Prix.
- Enfin à Turin, le Jury lui a à nouveau décerné un Grand Prix.
- Maurice GU EU DRÉ.
- 22, Rue Turbigo, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1883.
- Elle fait exclusivement le commerce en gros des tissus unis et brochés pour corsets, ainsi que les articles de mercerie pour le même article.
- Elle occupe un grand nombre de représentants qui visitent une clientèle fort étendue.
- Elle remporte à Bruxelles 1910 une Médaille d’Argent et le Jury de Turin lui a décerné une Médaille d'Or.
- KRETZ.
- 241, Rue Saint-Denis, Paris.
- Fut fondée en 1834.
- L’Usine est située à Romilly-sur-Seine (Aube) où travaille un très grand nombre d’ouvriers et ouvrières.
- On y fabrique le corset en tricot élastique et en tricot à mailles, le tissu pour jarretelles entrant dans la confection du corset; corset en tricot avec ou sans caoutchouc.
- Fabrication mécanique spéciale [à cette maison.
- Organisation d’une caisse de secours pour les ouvriers malades et allocation aux jeunes mères de famille.
- A exposé déjà antérieurement à Paris 1900, où la Médaille de Bronze lui fut accordée, puis à Londres 1908, Médaille d’Or. Enfin, le Jury de Turin lui accorda le Diplôme d’Honneur.
- PICARD & MINIER.
- 93, Rue Réaumur, Paris.
- La plus ancienne maison de la place de Paris qui, en dehors de son magasia 93, Rue Réaumur, a installé 3 importantes usines :
- 1° 61, Rue Saint-Charles à Paris..
- 2° A Thouars (Deux-Sèvres).
- 3° Au Lude (Sarthe).
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- Lesquelles sont mues à la vapeur et munies des derniers perfectionnements. Chaque usine s’est spécialisée dans son genre.
- Les corsets pour dames, fillettes et enfants fabriqués dans ces 3 usines sont vendus en gros dans les grands magasins de nouveautés et dans les maisons spéciales de corsets de Paris, France et Etranger.
- MM. Picard & Minier, en installant leurs usines de Thouars et du Lude ont apporté dans ces pays l’industrie du Corset qui n’y était pas connue et fait l’apprentissage de toutes leurs ouvrières.
- Depuis 1867, la maison Picard & Minier a participé à toutes les expositions et a obtenu les plus hautes récompenses :
- Paris 1867 et 1878 2 Médailles de Bronze; Barcelone 1888, Paris 1889, Médailles d’Or : Anvers 1894, Amsterdam 1895, Saint-Louis 1904, Diplôme d’Hon-neur ; Liège 1905, Bruxelles 1910, Qrands Prix; Milan 1906, Londres 1908, Turin 1911, Hors Concours, Membre du Jury.
- La maison a fondé en 1894 une Société de Secours mutuels « La Bergère » pour le personnel de ses usines.
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- FRANCE
- Corsets ---------- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 ! 908 1909 _ 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Grande-Bretagne 2.606 24.326 5 260 5.368 7.167 44.298 5.919 42.386 6.938 21.561
- Allemagne 7.033 23.685 8.544 29.697 8.655 36.443 13.137 17.798 13.049 33.228
- Pays-Bas 908 » » » » » » » )) »
- Belgique 45.109 10.682 54.477 15.029 52.571' 11.792 76.548 15.257 59.397 9.394
- Espagne 310 » 549 » » » » 5.229 » »
- Suisse . . » 17.293 » 18.816 1.019 21.182 )) 12.529 •• 8.550
- Tqrquie » 13.435 » 9.648 6.623 )) 7.417 » 9.980
- Italie » » » )) » » » » »
- Etals-Unis » » » )) » » 19.275 » ))
- Argentine )) » » )) " )) » )) )) 5.320
- Grèce « » > » » » » » » 4.200
- Egypte » » 7.680 » )) » 7.630 )) 10.600
- Aures pays étrangers 382 27.967 325 16.404 1 .019 18.196 994 16.078 1 .647 19.079
- Zones franches )) w » » )) ' 4.371 » 4.938 » 3.434
- Algérie 0 23.279 29.390 > 23.793 » 23.836 " 25.001
- Réunion » » » » » » >; 4.270 » »
- Tunisie » » » » >' » » V » 3.930
- Autres Colonies et Protectorats. . . 252 5.756 6.145 ” 6.645 » 3.219 2 3.612
- Quantité totale 56.600 146.423 69.155 138.177 70.431 173-343 96.598 172.862 81.033 157.889
- Valeur totale Fr. 226.400 1.464.230 276.620 1.381.770 281.724 1.733.430 386.392 1.798.620 324.132 1.578.890
- Taux de l’unité. 4 )) 10 « 4 » 10 » 4 » 10 « 4 » 10 » 4 » 10 ))
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- FRANCE
- Buses et Ressorts en acier, munis de leurs agrafes et boutons
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Expo.tâtions
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Allemagne r 3.507 )) 5.185 )) 13.699 )) 19.000 )) 12.800 ))
- Grande-Bretagne )) 52.369 )) 26.044 )) 26.755 » 39.100 200 14.800
- Espagne » 10.796 » 17.747 » 11.744 » 16.200 )) 29.400
- Suisse » » )) )) » )) » )) » )>
- Portugal )) » » )) )) )) )) » )) 1.100
- Belgique • » )) » » » )) )) )) 200 »
- Autres Pays Etrangers . . . . 306 10.550 351 ,13.722 599 13.908 .500 13.600 )) 14.500
- Algérie » )) » )> )) 249 )) 200 )) 1.400
- Autres Colonies et Protectorats. )) )) » 426 )) )) )) )> )) ))
- Quantité totale Kg. 3.813 73.715 5.536 57.939 14.298 52.656 19.500 69.100 13.200 61.200
- Valeur totale Fr. 21.734 420.176 31.555 330.252 81.499 300.139 111.150 393.870 75.240 348.840
- Taux de 1 unité Fr. 5.70 5.70 5.70 5.70 5.70 570 5.70 5.70 5.70 5.70
- ü
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 353
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-
-
-
- 354
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Le Commerce de Corsets en France en 1910
- et?
- L’industrie des corsets semble avoir été prospère en 1910/ comme elle 1 avait été en 1909. Cependant, l’exportation, qui était de 179.862 corsets en 1909, serait tombée à 157.889 corsets en 1910. M. Georges Dehesdin conteste l’exactitude de ces chiffres, aussi bien celui de 1909 que celui de 1910. D’après les renseignements qu’il s’est procuré à bonne source, notre exportation serait en réalité beaucoup plus importante. De plus, elle porte sur des corsets d’un prix relativement élevé, tandis que les corsets que nous importons, principalement de Belgique, sont des corsets très ordinaires, de prix très bas. Cette importation, qui a passé de 96.598 pièces en 1909, à 81,033 pièces en 1910, n’a du reste, qu’une importance minime en égard à la production française.
- 90
- Commerce des Corsets sur mesure en Italie
- Cf7
- Milan. — Il est très difficile d’indiquer des prix quelque peu exacts pour les corsets, attendu qu’ils varient énormément d’un fabricant à l’autre, suivant leur genre de clientèle et le quartier de la ville qu’ils habitent.
- En dehors des prix très chers qui sont faits à la clientèle riche, et dont on ne peut faire aucune moyenne, voici ceux que paie à peu près la bourgeoisie qui est la plus nombreuse :
- Coutil ordinaire, garni « cachalot » . . . . Lire 7
- — broché — — ....... 12
- — ordinaire — « baleine ».............. 16
- — broché — — ............. 20
- Batiste, garni « baleine ».................... 25
- Soie — — ..................... 30/40
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-
-
-
- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 355
- Ces prix peuvent être diminués ou majorés de 30 à 50 0/0 suivant la clientèle»
- Les corsetières sont très nombreuses à Milan et très peu d’entre elles ont des magasins.
- Les corsets avec bandes en caoutchouc orthopédiques ne sont généralement pas faits par les corsetières, la clientèle préférant s’adresser aux spécialistes malgré les prix très élevés qu’ils font. Pour ces articles, il n’est pas possible de donner des chiffres, même approximatifs, car ils varient beaucoup suivant le travail qu’ils exigent.
- L’industrie des corsets est très développée en Italie. Parme, Milan et Oleggio ont une production très considérable, surtout de l’article ordinaire et demi-fin ; quelques fabriques se sont aussi spécialisées âvec succès dans l’article plus fin en tissus de soie.
- Toutefois, l’importation de l’étranger se fait encore et principalement de la Belgique, un peu aussi de la France, mais en quantité limitée et presque exclusivement pour des articles de marque.
- iSTapies. — Il y a à Naples trois types de corsetières :
- 10 La petite corsetière en chambre, qui a deux ou trois ouvrières et qui fabrique des corsets sur mesure dans les prix suivants :
- Corsets coutil, coton et broché coton, de 8 à 10 francs, baleines longues;
- Corsets batiste, de 12 à 15 francs (soie néant).
- 2° Corsetières moyennes ayant un petit magasin :
- Corsets coutil, coton et broché coton, baleines longues, prix : 15 à 18 francs ;
- En batiste, genre corsetière, de 20 à 25 francs.
- En tissus de soie et broché soie, de 35 à 50 francs.
- 3° Corsetières ayant une installation plus importante, mais toujours magasin.
- Corsets coutil, coton et broché coton, baleines longues, de 25 à 40 francs ;
- En batiste et coutil première qualité, broché, mercerisé, genre corsetière, prix : de 40 à 60 francs ;
- En tissu soie et broché soie, genre corsetière, de 50 à 80 francs.
- Quant aux corsets avec bandes en caoutchouc orthopédiques, ils sont tous d’importation étrangère.
- Corsets de tout genre, en lin et chanvre, pour dames
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1907 1910
- Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire
- Allemagne. . (2) » 1.690 »
- Suisse. ..." )) » 3.380
- Egypte ........... 1 .700
- Valeur totale Lire. 1 .700 1 .690 3.380
- Nota. — Pas de Corsets en laine et en soie dans les statistiques italiennes. — (2) De 1906 à 1909, ni importations, ni.
- exportations pour ces deux pays.
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-
-
-
- ITALIE
- Corsets de tout genre, en coton, pour Dames
- Pays de Provenance et de
- Destination
- Autriche-Hongrie • • • •
- Crète.....................
- France....................
- Allemagne.................
- Grande-Bretagne...........
- Grèce.....................
- Malte.....................
- Espagne • ••••••
- . f d’Europe. . . Turquie. | d’Asie. . . .
- Possessions Hollandaises. .
- Egypte....................
- Amérique centrale . . . .
- Argentine . • ........
- Mexique...................
- Suisse....................
- Brésil....................
- Pérou ....................
- Chili.....................
- Tripolitaine .............
- Australie. ............
- Etats-Unis................
- Belgique..................
- Indes Britanniques ....
- Tunisie...................
- Autres Pays d’Afrique . .
- Vénézuela.................
- Candie....................
- Bulgarie..................
- Erythrée..................
- Equateur. .......
- Uruguay...................
- Valeur totale ....
- 1906
- 1907
- Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire
- 6.000 )) 11.970 630
- » )) » »
- 21.600 , » 32.130 630
- 13.800 )) 15.120 »
- 600 )) 1 260 »
- )) 8.710 » 7.560
- « 2.010 » 6.300
- )) )) » 1 .260
- » 37 520 )) 39.690
- )) 1.340 » »
- „ » » »
- » 10.050 » 630
- )) 2.680 » 3.150
- » 36.180 » 21.420
- )) 1.340 » »
- 600 1.340 » »
- » » » »
- » 6.030 » 4.410
- » 12 060 » 18.900
- » » » »
- )) » » ))
- 600 »> » »
- 600 » 2.520 »
- » )) » »
- » 670 » »
- )) 3.350 » »
- » » » ))
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- )) » » ))
- » » » »
- » » » ))
- » » » »
- 43.800 123.280 63.000 104.580
- (1) Afrique Espagnole.
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire
- 10.710 1 .260 22.050 630 40 600 700
- » )) » )) )) V
- 42.210 3.780 57.960 3.780 93 800 »
- 26.460 )) 31.500 630 88.900 1 .400
- 1 .260 )) 1.890 » 3.500 »
- » 4.410 » 1 .890 » 1 1 900
- » 6.300 » 7.560 » 18.200
- » 4 410 » 630 » »
- » 6 930 » 39.060 » 22.400
- » » » « »
- » » « » » »
- » 3.780 » 3.150 » 1 400
- » 3.780 » 4.410 » 700
- « 8.190 » 44.100 » 72.800
- » 1 .260 » 1 .260 )> »
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- 90.720 72.450 127.890 128.520 247.100 152.600
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- LA CRAVATE
- CS?
- HISTORIQUE
- En 1830, la cravate acquit une telle importance aux yeux des lions de l’époque, son choix, sa façon d’être nouée, sa couleur même dénotait si bien le degré du bon goût de son propriétaire que les plus grands esprits ne dédaignèrent point de s’en occuper.
- Balzac sous le nom baron de l’Empesé mit son prestigieux talent au service de cette question et son opuscule, aujourd’hui fort rare, est un modèle d’humour et de concision traitant en quelques pages ce sujet, tant au point de vue historique, qu’au point de vue conseils d’élégance.
- Il se justifie d’une pareille préoccupation en établissant dans sa préface que la cravate différencie entre eux les gens de lettres eux-mêmes : « La cravate du
- petit esprit ne ressemble point à celle du grand esprit et nous sommes certains que l’auteur du Pied de mouton ne dispose pas
- sa cravate comme l’auteur des .
- Martyrs.
- Comparez l’extérieur de “ Cravate à la Steinker«ue Règne de Louis XIV
- M. Auguste Hus avec celui de M. de Lamartine et vous verrez qu’il existe de notables différences entre la cravate classique et la cravate romantique ».
- Balzac affirme tout d’abord que les Romains usèrent de cravates. Mais le cou
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- nu dans l’antiquité se montrant musclé et d’une forme irréprochable étant un symptôme de beauté et de force, seuls les valétudinaires et les infirmes s’enveloppaient de linge qui achevait de les désigner à la pitié de leurs concitoyens. Exception faite pourtant des orateurs. Leur talent était hautement prisé dans la Rome antique et pour ne pas compromettre leurs effets par un organe affaibli et qui ne porterait pas, ils avaient autour du cou, lorsqu’il faisait froid, une sorte de mentonnière ou de mouchoir où Balzac voit l’origine de la première appellation de la cravate sous le nom « de mouchoir de cou ».
- Ce qui était nécessité de profession ou symptôme d’infirmité aux premiers siècles devint en Europe au moyen âge un ornement. Le tour de cou brodé des premières chemises, s’enjoliva bientôt d’un col ou rabat : pour fermer ce col un simple cordon parut peu élégant, on le fit en soie brodé orné de dentelle et sa forme prit l’apparence du rabat.
- Les fraises des Valois supprimèrent complètement la cravate, et elle était probablement fort oubliée lorsque, au XVIIe siècle, on créa un régiment de cavalerie légère à l imitation des éclaireurs de l’armée Allemande recrutés sur les confins de la Bosnie Turque. Ils importèrent en France le costume de leur pays dont une partie consistait en un carré long d’étoffe blanche enroulée autour du col. Du nom de ces soldats les « Croates » on fit cravates par une de ces déformations si fréquentes lorsqu’un nom propre est adopté par une langue étrangère. Ce régiment conserva son nom de royal cravate et la vogue resta au petit morceau d’étoffe qui le caractérisait.
- Vogue qui rencontra quelques résistances au début. Aujourd’hui, une toilette masculine sans col ni cravate est d’une négligence et d’un débraillé qui nous paraissent insupportables ; il n’en allait pas tout à fait de même sous Louis XIII. On peut lire dans le règlement du séminaire de Puylaurens en Languedoc : « Les escoliers en théologie seront modestes en leurs vêtements et ne porteront point de cravates, ni bourguignottes, ni de cannes, ni de bastons, ni autres choses contraires à la modestie, etc. »
- En 1650 cet accessoire de toilette remplaça définitivement les cordons garnis de gros glands qui attachèrent le collet rabattu du rabat. Les glands laissèrent un souvenir plus d’un siècle plus tard on trouve encore dans l’Encyclopédie ou Dictionnaire universel de 1771 la description suivante au mot cravate: « La cravate, en termes de boutonniers, est une bouffette composée de plusieurs brins de milanaise (sorte de soie) pliés au moule ferrés et liés à la bobine par le milieu et représentant un nœud de bourse à cheveux ». C’est là, à peu de chose près le gland moderne, ornement de passementerie qui termine quelquefois les cravates des corsages féminins.
- Sous Louis XIV les cravattes {sic) étaient presque toutes en dentelles. Les rabats permettaient de porter ostensiblement sur la poitrine les plus riches points coupés. A ce moment le lien de tour de cou ne servait qu’à maintenir les rabats et se dissimulait le plus possible. Le ruban passe ensuite au premier plan jet en 1693 la chaconne s’ajouta encore aux ornements accrochés autour du cou. C’était une sorte de cravate qui tombait dans l’ouverture de l’habit et flottait jusque sur le jabot.
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- (D’après ‘Daumier)
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VETEMENT
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- Au règne suivant, le gilet prit la place qu’on lui accorde dans le costume actuel, sous la forme d’une veste sans manches, on l’entr’ouvrit du haut pour laisser passer le jabot. Volant de toile de Hollande, point de Gênes, qui garnissait l’ouverture de la chemise sur l’estomac. Cette chemise il faut toujours la voir avec ses ornements de dentelles, dit un texte, car il n’appartient qu’à un vieil pénard d’être boutonné tout du
- “ La Cravate en 1793 ” — (Çravure de dKCodes italiennes)
- long. Le cou était maintenu dans les premiers cols ou tour de cou qu’on ait vus. Ils étaient en toile fine, faisaient deux fois le tour du cou, et leurs deux bouts venaient se nouer sous le menton.
- Les mousselines venaient des Indes-Orientales et surtout du Bengale. On appelait ces tissus de coton, des cravates, du nom de l’objet même qu’ils servaient à faire. On faisait des mousselines brodées au coton blanc, d’autres rayées fil et coton. Les brodées
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- faisaient huit cravates à la pièce, les rayées dix (Dictionnaire universel raisonné mis en ordre par de Felice).
- M. de Choiseuil avait imposé à l’armée un col militaire bouclé par derrière. Ce col était en crin noir pour les soldats, et garni de baleines ; seulement on ajoutait à l’intérieur un petit liseré blanc pour adoucir le contact avec la peau.
- Avec le débraillé révolutionnaire il n’est plus question de cols ni de cravates. Les vrais sans-culottes au temps des festins patriotiques pour mieux ressembler à Brutus et à Périclès exposaient aux regards de tous, non seulement leurs cous démocratiques comme un signe de puissance et de force physique, mais les jabots et la toile fine étaient devenus suspects, le collet de la chemise largement échancré devant, laissait la poitrine nue au contact de l’air.
- Viennent les Incroyables et l’Anglomanie, celte pièce de mousseline prend une ampleur inimaginable. Toutes les caricatures de l’époque en font foi c’est un détail du costume très facilement tourné en ridicule. Les cravates « écrouéliques » des élégants du bon genre les laissent dans l’impossibilité absolue de bouger la tête. Signalons à ce propos une affirmation de Balzac auquel nous en laissons toute la responsabilité n’ayant pu la contrôler. Ces cravates exagérées en hauteur auraient pénétré en France avec les modes anglaises ; de l’autre côté de la Manche on les portait depuis longtemps pour cacher les cicatrices d’un mal héréditaire et endémique chez nos voisins. Mal dont ils se sont assez rapidement débarrassés puisque les générations sportives de notre époque, à l’aspect vigoureux et solide n’en n’ont plus aucune trace.
- En France cette mode n’échappa point au ridicule. Dans un numéro de thermidor an III du Journal de Paris, sous la rubrique Médecine, Roederer consacrait à ces muscadins un article intitulé : « D’une nouvelle manière de jeunesse nommée le sexa » (pour qu’est-ce que c’est que ça que les incroyables prononçaient sexa).
- « Le signe pathognomonique de cette génération est un refroidissement de chaleur « naturelle qu’il est très difficile de vaincre à moins d’un habit boutonné très serré et « d’une cravate sextuplée où le menton disparaît et qui menace de masquer bientôt « jusqu’au nez. »
- Un chroniqueur des semaines critiques ou gestes de l’an V journal satirique aperçoit un incroyable arrêté devant une affiche et décrit ainsi sa cravate « de rouille vermicellée bleu et blanc de 8 pouces de haut. »
- Un jour d’émeute en l’année si agitée de 1195, à la nouvelle d’un mouvement de réaction, Napoléon s’écriait : « Ce sont des muscadins royalistes qui font cette levée de boucliers ». Mme d’Abrantès ajoute : « Les jeunes gens dont parlait Bonaparte portaient des redingotes grises avec des collets noirs et des cravates vertes. Cette cravate verte était le signe de ralliement anti-révolutionnaire plus encore peut-être que la perruque blonde de célèbre mémoire.
- Les militaires succédant aux régiments héroïques de 1793 portaient tous à nouveau le col de crin contre l’usagé duquel à la fin du règne Louis XVI, on avait réagi.
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- L’habitude de le serrer outre mesure avait cet avantage que, faisant gonfler et rougir la face du soldat, il lui donnait l’apparence d’une santé florissante qui n’était certainement point dûe à sa maigre chair habituelle ; en même temps ces guerriers valeureux prenaient un aspect farouche qui s’alliait assez bien avec le noble métier des armes.
- Des raisons de santé : vertiges, phénomènes de congestion, saignements de nez obligèrent les chefs à veiller à ce que la boucle ne serra pas le cou de façon exagérée.
- Les officiers pour se conformer à l’uniforme, tout en échappant à la gêne, portèrent jusqu’à la fin de l’Empire deux cravates sans nœuds apparents, la blanche dedans, la noire dehors.
- A la bataille de Waterloo l’armée fut fort étonnée de voir pour la première fois Napoléon en cravate blanche. Cela tenait seulement à ce que, dans la préoccupation du grand événement qui allait se décider, il avait oublié de mettre la noire dessus.
- Dans ces temps de lutte à outrance le moindre détail n’était point indifférent dans
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- la toilette militaire, cette anecdote sur le général Lassalle en fait foi : « J’avais reproché au brave général de Lassalle, alors jeune, sacrifiant à la mode, le volume de sa cravate. Le régiment qu’il commandait, charge, est ramené, charge de nouveau disperse la cavalerie ennemie et revient reprendre le bivouac. On m’annonce que le colonel avait reçu un coup de pistolet à la gorge : j’accours, on me montre une balle qui s était arrêtée dans l’épaisseur de cette même cravate dont j’avais tant blâmé la masse. Deux officiers et quelques hussards avaient reçu des coups de sabre sur la leur, et je fus obligé de convenir que les grosses cravates étaient quelquefois bonnes à quelque chose. (Dr Pezi, Dictionnaire des Sciences Médicales).
- 11 y eut des exceptions à cette mode. Moreau par exemple ne porta jamais autre chose qu une cravate de Levantine noire négligemment nouée autour du cou et retenue par un nœud bouffant.
- Sous Louis XVIII le col militaire devient un emblème séditieux surtout porté par les demi-solde, dont la grande redingote étoilée du glorieux ruban rouge et haut boutonnée ne montrait que le col cambré arrondi des deux côtés et soutenant le menton. On faisait ce fameux col souvent en velours noir ou quelquefois, par un singulier parti pris en cuir de Russie.
- En 1818 on s’avisa, pour simuler une cravate, d’ajouter au col un nœud et deux bouts pendants ce qui ramena l’usage du satin plus seyant d’ailleurs que la peau précédemment employée.
- A peu près vers la même époque les foulards furent introduits en France par les Anglais qui y représentèrent tout d’abord en dessins assez grossiers leurs victoires à Ouessant, Trafalgar, Waterloo, et les répandirent à profusion.
- Ainsi, dès leur apparition, les foulards de soie étaient descrédités, et ne se pouvaient porter que le matin.
- C’est que maintenant la cravate a un protocole fort rigoureux qu’un lion n’osera point enfreindre. En négligé le matin on met avec une redingote une cravate « d’écorce d’arbre » fond blanc à carreaux jaunes et à bordure bleu turquoise, qu’on noue parfois de côté. Le soir la cravate empesée et à bouts carrés (,Journal des Dames et des Modes /824). Les discipl es de Werther et de René ont comme enseigne de leur mélancolie inconsolable, le frac noir et la cravate de mousseline blanche attachée sur le côté également avec un diamant.
- Quelques années plus tard, si l’amazone est encore autorisée à nouer au-dessous du petit plissé qui garnit son col une cravate de gros de Naples à carreaux, le romantique intransigeant ne porte que la cravate noire, d’un noir d’ébène, d’un noir d’enfer qui enveloppe le cou tout entier et supprime toute trace visible de linge, la suprême élégance est à ce prix.
- Les fils de Louis Philippe avaient osé les premiers arborer le col noir à l’Opéra ce qui lui avait donné droit de cité.
- Brummel au contraire était le chaud partisan des cravates blanches, et il avait acquis la réputation d’être dans l’art de mettre sa cravate inimitable : il avait remplacé les lâches et molles mousselines que l’on portait avant lui, par un tissu légèrement empesé : « Le col fixé à sa chemise était si grand qu’avant qu’il fut replié il cachait
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- complètement sa tête et sa figure, et la cravate blanche avait au moins un pied de haut. Le premier coup d’archet était donné par le col de la chemise, que Brummel repliait à la mesure convenable ; puis alors, debout devant la glace, par une pression douce et graduelle de la mâchoire inférieure, il rabattait la cravate à des dimensions raison-
- Le Follet **
- (Gravures de Modes 1834)
- nables, la forme de chaque pli successif étant donnée par la chemise qu’il venait de rabattre (John Lemoine, Revue des Deux Mondes, août 1844).
- Aussi n’arrivait-il pas du premier coup à ce nœud impeccable qui le faisait l’arbitre incontesté des élégances masculines; souvent le sol de son cabinet de toilette était jonché de blanches mousselines dont le pliage, pourtant laborieux, ne lui avait point donné satisfaction : « Que voulez-vous disait-il ce sont nos erreurs ».
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Sa boîte à cravates devait être encore beaucoup plus volumineuse que celle préconisée par Balzac pour le voyage, à tout homme qui se respecte.
- La boîte doit être elle-même à double fond, à compartiment, et renfermer :
- 1° Une douzaine de cravates blanches unies.
- 2° Autant de cravates blanches à raies ou à pois.
- 3° Une douzaine de cravates de couleurs et de fantaisie.
- 4° Une douzaine de foulards tant à fonds unis que bariolés.
- 5° Trois douzaines de cols de chemises.
- 6° Deux cols en baleine.
- 7° Deux cravates de soie noire.
- 8° Un petit fer à repasser dont il a été fait mention spéciale dans le cours de l’ouvrage.
- 9° Comme dernier article le plus d’exemplaires possible de cet important ouvrage sans qu’il soit nécessaire de les faire relier pour les rendre plus plats (opinion de l’auteur).
- Cette liste donne une idée de l’importance que les dandys attachaient à l’élégance parfaite de leur cravate. La littérature est pleine de détails qui, d’un trait incisif personnifient les manies, les habitudes, les façons d’être particulières à une époque. En est-il beaucoup qui campe un personnage comme ce simple trait cueilli dans les œuvres de Balzac. « Bientôt ce fut un diplomate, personnage squelettique, marchant tout d’une pièce comme ces pantins dont Joly oublie de tirer les ficelles. Il était pris dans sa cravate comme une pomme dans un ruisseau par un temps de gelée. (Théorie de la démarche, Journal des Beaux-Arts et de la Littérature 1839).
- C’est à cette même époque que Roger de Beauvoir adressait parfois des lettres à « M. le Dr Véron dans sa cravate à Paris ».
- Cette suprématie, la cravate la perdit avec la Révolution de 1848 ; désormais elle sera le complément et non l’essentiel du costume masculin.
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- Les Cravates à l’Exposition de Turin
- 90
- Le nombre des exposants dans la Section française était de deux :
- DONCKÈLE & Cie.
- 2, Place des Victoires, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1830 par M. Klotz, à qui succédèrent les fils Eugène et Victor Klotz, qui continuèrent avec M. H. Mayer sous la raison sociale Klotz Jeune, l’exploitation de la manufacture de cravates.
- La Société Donckèle Doll & Cie prit la suite en 1894, chacun des associés était dans la maison depuis trente ans et intéressés dès 1882. M. Doll s'étant retiré l’an dernier, la Société Donckèle & Cie en resta seule propriétaire.
- Sa vitrine contenait des cravates présentées avec un goût artistique ; des étoffes aux couleurs chatoyantes, qui formaient un ensemble des plus harmonieux.
- La fabrication des cravates est surtout dirigée vers la haute nouveauté dans laquelle la marque de cette firme universellement connue a su s’imposer dans tous les pays.
- Depuis 1878, elle a suivi toutes les expositions, fut Hors Concours à Amsterdam 1883, Anvers 1885, Paris 1889, Chicago 1893.
- En 1900, M. Donckèle fut Membre du Jury, Glasgow 1901, Hors Concours, puis Président de Classe et de Jury à Liège 1905 et à Milan 1906, Président de Jury et de Groupe à Londres 1908 et à Bruxelles 1910. Enfin à Turin, ‘Président du Groupe XX.
- C. PLANTEVIGNES.
- 10, Rue d’Uzès, Paris.
- C’est le titulaire actuel qui fonda sa maison en 1887.
- Fabrique la cravate en tous genres, a créé spécialement les hautes nouveautés en écharpes et tissus pour cravates.
- Son exposition, très gracieusement disposée, montrait quelques spécimens de sa fabrication dans des tissus aux tons les plus variés et les mieux assortis, formant un ensemble des plus flatteurs.
- Les plus hautes récompenses lui ont déjà été décernées dans les expositions précédentes, où elle remporta :
- A Paris 1900 : Médaille d’Or; Liège 1905 : Diplôme d’Honneur; Milan 1906, Londres 1908; Bruxelles 1910, Grand Prix.
- Le Jury de Turin lui décerna un Grand Prix pour son exposition vraiment remarquable.
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- FRANCE
- Cravates et Cols-Cravates en tissus autres que de soie.
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Grande-Bretagne Allemagne Egypte Etats-Unis Suisse Chili Espagne Argentine Chine Mexique Brésil Turquie Suède Grèce Canada Autres pays étrangers Zones franches Algérie Indo-Chine Guadeloupe Sénégal Martinique Autres colonies et protectorats . . • kg. 665 155 203 » )) )) )) )) » » )) » )) » )) » )) » 154 » )) )> )) » )) )) » kg. )) )) )) 413 102 151 » )) )) » » » » » » )) » » 202 263 1.835 276 192 » » )) 95 kg. 256 131 445 » » » 331 » » )> )) )) )) )) » » )> » 2 » » » » » )) » )) kg. )) )) )) )) 49 87 » yy 90 » )) )) )) )) 230 » )> » 183 272 1.984 197 85 )) 614 )> )) kg. 440 316 343 » » )) 113 y> )) )) » » » » » » » )) 11 » » » )> » )) )) )) kg. )) 40 56 » » 56 » )) . » 280 » » 412 » » » » 1 13 350 1.154 98 )) )) 538 )) )) kg. 423 283 160 103 » » 173 » » )) » » )) » h » )) » 6 » » » » » )) » » kg. 95 » » » » 126 » » » » » 770 » 66 65 70 101 317 1.682 202 79 » 11 )) )) kg. 267 183 1.170 » ri 238 )) » » » » » » » » » » 58 )) )) » » )) » )) » kg- )) )) )) )) )) » 71 n )) » r> » )) 854 448 )) » 140 308 241 1 .190 287 140 » )) 161 28
- Quantité totale Kg- 1.117 3.529 1.165 3.791 1.223 3.097 1.148 3.584 1 .916 3.868
- Valeur totale Fr. 49.434 155.276 48.930 166.804 51.366 42 » 136.268 48.216 157.696 80.472 170.192
- 1 Taux de l’unité Fr. 42 » 44 » 42 » 44 » 44 )) 42 )) 44 )) 42 )) 44 »
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- FRANCE
- Cravates et Cols •— Cravates en soie — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Grande-Bretagne........ kg- 958 kg. )) kg. 1.614 kg. » kg- 1.544 kg. )) kg. 2.282 kg. 167 kg. 1.669 kg. 50
- Allemagne 2.222 » 1.988 )) 1.376 53 1.304 » 1.157 »
- Italie 3.943 )) 2.464 )) 3-709 84 3.891 » 1.512 »
- Belgique » 671 )) 281 )) » )> )) )) »
- Suisse )) » )) 205 826 » 1.228 153 525 »
- Espagne r » » )) )) )) » )) )) )) 80
- Autriche-Hongrie )) )) )) )> 664 )) 466 )) )) »
- Chili )) 110 » )) » )) )) » » 60
- Brésil • • )) )) » )) )) )) . » 381 » 120
- Turquie )) 140 )) 2.239 )) 375 » 115 » ))
- Australie » )) )) » )) )) » » )) ))
- Indes néerlandaises » )) » )) » )) )> 115 )) ))
- Argentine » )) » )) )) )) )) 205 )) ))
- Autres pays étrangers 407 255 1 .966 426 71 120 9 136 138 20
- Zones franches )) 156 » 248 )) 107 )) )) » 769
- Sénégal )) )) » » )) 78 )> 38 )) ))
- Algérie 76 380 » 873 » 617 )> 167 » 650
- Tunisie )) 157 )> » )) 136 » )) » »
- Indo-Chine )) » )) )) )) )) » 75 )) »
- Madagascar • • . • )) » )) 30 )) )> )) )) )) ))
- Côte occidentale d’Afrique autre. . )) » » 55 )) )> )) ?) )) »
- Autres colonies et protectorats . . . » 63 )) 20 )) 72 )) )) )) 50
- Quantité totale Kg. 7.606 1.932 8.032 4.377 8.190 1.642 9-180 1.552 5.001 1.799
- Valeur totale Fr. 768.206 291.732 811.232 660.927 827.190 247.942 927.180 234.352 505.101 271.649
- Taux de l’unité Fr. 101 )) 151 » 101 )) 151 » 101 » 151 »> 101 » 151 )) 101 » 151 ))
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- Situation commerciale de l’Industrie des Cravates
- en France
- CTr
- Pour examiner la situation de cette industrie, nous ne pouvions espérer trouver un guide plus compétent que notre honorable M. Geo Donckèle.
- Nous nous empressons de lui céder la plume et nous sommes convaincus que nos fabricants de cravates feront leur profit des indications, si précieuses, que leur donne M. Geo Donckèle.
- Il écrit : « Les chiffres relevés par la douane ne donnent pas une idée exacte de nos exportations de cravates. Voici un exemple : Une maison française a un chiffre de vente pour l’exportation dont le montant est le double de celui porté à la statistique des douanes. Ce manque de concordance tient à plusieurs causes, toutes indépendantes du service des douanes. En fait les cravates cousues renfermant des armatures ou fermoirs de fer et d’acier sont à peu près seules déclarées comme cravates confectionnées, les autres sont le plus souvent déclarées comme tissus de soie. De plus, un grand nombre d’expéditions sont faites en colis postaux et viennent se confondre dans les colis postaux renfermant de la soierie.
- « Voici le chiffre de l’exportation des cravates, tel qu’il figure au relevé des douanes, pour les quatre dernières années :
- EXPORTATION DES CRAVATES.
- (Année 1910-1907)
- En soie En autres tissus
- Quantités Valeur Quantités Valeur
- Kg. Fr. Kg. Fr.
- 1910 . . . . 1.799 271.600 3.868 170.200
- 1909 . . . . 1.552 234.400 3.584 157.700
- 1908 . . . . 1.642 247.900 3.097 136.300
- 1907 . . . . 4.377 660.900 3.791 166.800
- « En face de ces incertitudes, il est difficile de donner une évaluation quelque peu certaine du chiffre réel de cette exportation, mais il semble bien qu’il faudrait au moins tripler les valeurs qui figurent dans ce tableau, pour approcher de la vérité. »
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- L'ÉVENTAIL
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- HISTORIQUE
- “Colombine”, tapisserie du XVIII8 siècle (Société de l’Histoire du costume)
- Le titre est tout un programme et le sujet extrêmement vaste. (( Est-il bijou plus « coquet, hochet plus charmant, ornement plus expressif... Il devient tout à coup « l’interprète des sentiments cachés, la baguette magique des surprises féeriques, « l’arme défensive des entreprises amoureuses, le paravent des pudeurs soudaines, le « sceptre en un mot des plus troublantes beautés. » (Ëpitre dédicatoire, L’Eventail Uzanne). L’auteur de ces pages légères et ailées comme le sujet qu’il traite indique ici d’un trait finement exquissé toute la philosophie de cet emblème de l’éternelle coquetterie féminine. Son œuvre s’est imposée par des qualités littéraires de premier ordre. Elle a été précédée ou suivie d’articles ou de livres abondamment documentés, et sérieusement étudiés : le chapitre éventail aux rapports des expositions de Londres 1851, par M. Natalis Rondot, Paris 1867, M. Duvelleroy père, Paris 1900, M. Hayem, Londres 1808, M. Famchon, Histoire des éventails de Blondel et plus récemment des articles du Figaro Illustré de 1907 sur l’éventail au XVIIIe siècle, de L. Roger Milès, enfin un opuscule de M. Duvelleroy où l’histoire de l’éventail est rapidement contée de façon concise, mais précise. Il serait bien téméraire d’avoir l’intention de rénover le sujet en y apportant encore des détails curieux et inédits; nous nous contenterons de glaner de ci de là parmi ces opinions diverses et parfois de les mettre en contradiction sur certains points très controversés.
- Eve se servit-elle, comme l’insinue un aimable auteur, d’une feuille empruntée à la végétation luxuriante du Paradis terrestre pour tempérer la chaleur d’un éternel printemps.
- Les quartiers de noblesse de l’éventail remontant à de très lointaines époques, toutes les suppositions sont permises.
- Son usage chez les très vieilles races d’Extrême-Orient était tellement établi dès la plus haute antiquité que pour nous, son origine se perd dans la nuit de ces civilisations antiques encore si obscures et si fermées à nos investigations d’Occidentaux.
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- Chose extrêmement curieuse les Chinois connaissaient au début de l’ère chrétienne plusieurs formes d’éventails et attribuaient aux femmes honnêtes l’usage exclusif de l’écran rond, tandis que les courtisanes se servaient de l’éventail plissé. Pour lesquelles travaillait ce délicat artisan qui avait nom Chi-Ki-long, ancêtre très lointain de nos Martin du XVIIIe siècle qui avait trouvé le secret d’obtenir des feuilles d’or : « minces comme des ailes de cigale » et faisait avec ce décor qu’il appliquait sur l’éventail un fond somptueux aux fleurs, aux oiseaux qu’il peignait ensuite. Il terminait cette œuvre en la préservant à l’aide d’une feuille de mica posée en transparence. Quelle collection inestimable que celle qui pourrait de nos jours se vanter de posséder un de ces Kin-pou-mo-nam (ainsi se nommaient ces écrans) d’il y a vingt siècles.
- Il ne nous est bien entendu pas parvenu davantage de spécimens du tabella ou du tabellum romain. Nous en connaissons l’existence par leur effigie gravée sur des pierres ou dessinée sur des vases antiques, ou encore par les textes où il est fait de claires allusions à leur usage au théâtre : « le cavalier agitera l’air autour de sa belle avec un léger éventail. ».
- ‘Profuit et tenni ventum moüisse tabella.
- Cet éventail était une sorte de tissage de plumes de paon très artistement ajustées. « Cytnie, s’écrie Properee, veut que je lui donne un éventail fait de la queue d’un paon magnifique ».
- Et modo paüonis caude flabella superbœ.
- Au début du moyen âge l’éventail était un objet destiné aux cérémonies du culte, il restait dans les sanctuaires, on ne s’en servait guère dans la vie privée ; ce sont les pèlerins et les croisés retour du Levant, qui le rapportèrent un peu plus tard.
- En Italie, déjà d’usage courant au XIVe siècle, il fut encore plus répandu au XVe et XVIe.
- Les éventails de plumes étaient les plus anciens. Nous les trouvons dans les mains des grandes dames, modèles de Vecellio.
- Il reste encore en Orient aujourd’hui quelques contrées où l’on fait usage de l’éventail en forme de drapeau qui était connu à l’époque qui nous occupe dans les états barbaresques et avaient passé de là en Italie également. Citons encore l’éventail rond se repliant le long du manche servant d’axe, ou l’éventail en lames de bois rentrant les unes dans les autres. L’éventail plissé à la mode chinoise ne paraît en Europe qu’à la fin du XVIe siècle.
- A la cour d’Henri III la mode de l’éventail plissé fut adoptée même par les hommes, les jeunes gens frisés et fraisés s’en servaient comme d’un espèce d écran qui les abritait des rayons du soleil ou de la chaleur d’un foyer. Ces éventails répandaient alors dans l’air des senteurs exquises, étant pour la plupart, en peau d’Espagne parfumée.
- La légèreté de l’éventail l’emporta jusqu’au delà du détroit. Grâce à lui les Anglaises s’imaginèrent qu’elles jouissaient d’un climat tropical. L’histoire d’Angleterre nous garde souvenir du superbe éventail offert à la grande Elisabeth, cette reine vestale comme l’appelle Shakespeare.
- Au XVIIe siècle l’éventail ne quitta plus guère les mains des femmes qui le portaient à la maison, à la promenade, gesticulaient, commandaient, caquetaient et fleure-
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- “Eventails sous la Révolution' d’après une gravure de Modes anglaises.
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- taient avec ce sceptre en main. Dans le cérémonial des repas à la cour, où chez les très grands seigneurs, on dispose sur la table une pièce d’argent doré, sorte de corbeille qu’on appelle une nef et dont la distinction appartenait aux seuls gens de haut lignage. Le roi en se mettant à table y prenait sa serviette; et la reine y déposait au contraire ses gants et l’éventail qui ne la quittait point.
- Les galeries du Palais d’Abraham Bosse nous mettent au fait d’une des promenades favorites des élégants et des élégantes du règne de Louis XIII. Ils sont arrêtés devant l’étalage du mercier le seul commerçant qui ne fut point, d’après les statuts des corporations spécialisé à la vente d’un seul article, les cols, les dentelles les plus engageantes sont suspendues à sa devanture cependant que l’honnête marchand atteint le carton demandé par le client où se lit « éventails » en grosses lettres.
- Dans les attributions de l’éventail citées tout à l’heure nous avions oublié l’éventail séditieux emblème de révolte ; nous le trouvons aux mains de la Grande Made-
- Eventail Louis XV" (appartient à M. Duvelleroy)
- moiselle qui écrit : « Je m’allai promener dans les rues avec un bouquet de paille à mon éventail, noué d’un ruban bleu qui était avec la paille la couleur du parti de la Fronde {Mémoires de Mademoiselle de éM,ontpensier).
- A Venise les poètes célébraient en vers héroïques les éventails somptueux brillants de perles et de diamants aux manches d’écaille ou d’ivoire, d’un travail fini et précieux au léger voile de soie qui furent quelquefois peints par Rosalba Carriera ou quelques autres artistes en renom.
- La question de savoir jusqu’à quel point les grands artistes ont dessiné des œuvres authentiques peintes sur des feuillets d’éventail est particulièrement intéressante, mais elle est aussi des plus controversée ce qui, il faut bien l’avouer, laisse aux amateurs le champ très libre dans leurs attributions.
- Des dessins d’éventail le Louvre lui-même en possède plusieurs et d’une indiscutable authenticité.
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- M. Natalis Rondot cite ceux dus à « Raymond de Lafage dessinateur célèbre qui mourut vers 1680; l’on en connaît que l’un des Stella fit dans la manière du Poussin au XVIIIe siècle Watteau, Boucher et d’autres maîtres de leur école en firent également de pareils, mais il ne paraît pas, ajoute notre auteur, qu’aucun d’eux ait peint des feuilles ».
- Pour M. Uzanne il ne fait point de doute qu’au XVIIIe siècle les plus grands peintres aient collaboré à la décoration des éventails et il nous parle dans sa mono-
- graphie de l’Eventail des merveilles de l’art signées: Watteau, Moreau, Lancret, Pater Lemoine, Fragonard ou Beaudoin, Gravelot, Gilot ou Eisen. »
- A Boucher, M. Paul Mantz attribue sans discussion un éventail qui appartint à Marie-Antoinette et fit partie de la collection du Dr Piogey : « Certes si Boucher a jamais fait un éventail c’est celui-là. Il lui a été attribué par tous les connaisseurs et il est digne de son talent. » Nous avons eu entre les mains des notes écrites par un de nos éventaillistes modernes les plus compétents qui s’inscrit tout à fait en faux contre cette assertion et fait remarquer avec raison, pour appuyer ses dires, que l’Eventail est d’un style qui accuse certainement le milieu du règne de Louis XVI et que Boucher est mort en 1770. Ces mêmes notes se trouvent tout à fait d’accord avec l’opinion de M. Rondot qui, reconnaissant n’avoir vu qu’une seule ébauche de ce genre incontestablement signée Watteau, mais n’ayant d’ailleurs jamais été plissée, conclut en disant : « Il y avait au temps dont nous parlons des gens qui méritent le titre d’artistes et qui, dessinateurs et peintres médiocres, avaient comme praticiens une grande habileté. Ils ont peint à la gouache avec beaucoup d’art, des feuilles d’après les maîtres du XVIIe et XVIIIe siècle et surtout dans le style de Teniers, de Watteau et de Boucher. Les bordures et les ornements étaient faits par d’autres mains si l’exécution n’en est pas irréprochable, elle est du moins ordinairement très finie et la composition est en général pleine de distinction et d’élégance. »
- Ajoutons encore que l’opinion de M. Roger-Milès est identique aux deux der-
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- nières. Quelques peintres en renom nous dit-il se plaisaient à peindre à la gouache des feuilles d’éventails, dont la composition était souvent copiée par d’autres. Le revers était également d’une autre main que la face et d’une main moins experte.
- L’éventail du Dr Piogey eut les honneurs, après l’exposition de 1867, d’un article de L. Olivier Merson qui n’osant contredire ce que tous affirment dit « au caractère agréablement faux du coloris, aux charmes de l’exécution, tous les amateurs y reconnaissent sans hésiter une oeuvre de Boucher. » Et pourquoi pas ? et l’auteur ajoute
- ‘Eventail du XVII siècle” ( appaitient à M Duvelleroy).
- ensuite : « Il est bien certain que presque tous les éventails attribués aux peintres galants du XVIIIe siècle sont dus simplement à des pasticheurs peu célèbres, au sieur Pichard entre autres et à la dame Dore que mentionne un almanach de 1 773 (Exposition nationale de 1867. Publication autorisée par la commission impériale, Dentu éditeur).
- La légende s’était emparée de ces attributions fantaisistes et a brodé là-dessus des anecdotes plus ou moins authentiques. Ne trouvons-nous pas dans les mémoires du temps ce détail dont la véracité peut être mise en doute sur les débuts de la liaison de Louis XV avec la Pompadour : « Mme de Pompadour s’était jetée à la rencontre du roi dans la forêt de Sénart, rendez-vous des chasses royales, s’exposant à sa curiosité, le tentant à l’aide du plus coquet costume, agitant à ses yeux un éventail sur lequel, dit-on, un émule de Massé avait peint Henri IV aux pieds de Gabrielle ». Piètre moyen de séduction qui réussit pourtant.
- D’autres s’étaient servi de leur éventail pour abriter une sévère résistance.
- Si l’on en croit cette mauvaise langue de Duclos l’éventail servait parfois de rempart à la vertu, car il prétend que le mal d’yeux dont souffrait le Régent, venait d un coup d’éventail qu’il avait reçu de la marquise d’Arpajon un jour qu’il tentait auprès d’elle d’excessives libertés. — Anecdote citée par M. Roger-Milès.
- Est-ce pour affirmer ce symbole de l’éventail dans la vie d’une femme et rapprocher cet attribut du rôle qu’il joue parfois dans des circonstances délicates de leur existence, que Marie-Antoinette choisit, comme cadeau à la chevalière (?) d’Eon lorsqu’elle reparut en femme à la cour, un éventail. Mlle Bertin reçut l’ordre d’en
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- porter un de 4.000 livres avec ces mots : « Pour remplacer son épée, je l’arme d’un éventail et je la fais chevalière ». Et d’Eon écrivant au comte de Vergennes s’écriait à ce sujet: « Après le ciel, le Roi et ses ministres, Mlle Bertin aura le plus de mérite à ma conversion miraculeuse. » (Régnault de Beaucaron: Souvenirs historiques et anecdotiques).
- Pourtant un jour les éventails passèrent aux mains des hommes et parmi la gent
- Eventail Napoléon hT *’ (appartient à M. Duvelleroy)
- masculine de ceux qui, certes, auraient du être les derniers à en porter : les sergents recruteurs.
- Après une rixe entre gens de maisons et sous-officiers en 1 778 sur le quai de la Ferraille, M. le lieutenant de police fit défendre aux recruteurs de porter des cannes.
- Deux jours après on les vit se promener avec des éventails de la hauteur d’une canne qu’ils soutenaient par les lames d’en haut et dont le bas était plombé (Essais historiques sur les modes et la toilette f rançaise, par le Chevalier de XXX).
- Les cadeaux d’éventails étaient ordinairement accompagnés de quelques vers plus ou moins galants. Au début du règne de Louis XVI le Comte de Provence ayant cassé par mégarde un éventail de la reine lui en adressait un autre avec cette jolie pièce de vers imitée de Lemière :
- Doux instrument de vos plaisirs Heureux d’amuser vos loisirs Au temps des chaleurs trop extrêmes Je saurai de près vous ramener les zéphyrs Les amours y viendront d’eux-mêmes.
- Les éventaillistes formaient une corporation en dehors de laquelle il eut été bien difficile d’enluminer la moindre feuille de velin ou d’ivoire pour Chevalier Josse, Boquet Hébert, Race ou Mme Vérité les marchands les plus achalandés du temps.
- Nous nous représentons toujours lorsqu’on parle d’un éventail du XVIIIe siècle un objet de grande élégance et qui ne se-trouvait guère qu’aux mains des plus grandes dames. Il s’en faisait pourtant à tous les prix et à côté des 150 maîtres éventaillistes de
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- Paris, les merciers s’étaient réservés la fabrication des éventails très bon marché où la figurine imprimée était rehaussée de bariolages grossiers faits au pinceau ou à la poupée. Il en était dans ce genre ne valant pas plus de 15 deniers.
- M. Rondot cite une lettre qui lui fut adressée et qui montre que toutes les productions de ce temps-là ne furent point d’un égal bon goût : « J’ai possédé, dit la correspondante, un éventail de famille de date certaine 1715 et qui se trouvait dans la corbeille de mariage de la mère de mon arrière-grand -mère. C’était un immense éventail à bâtons de bois incrustés d’ivoire, la feuille de papier assez grossière représentait une sorte de fouillis, il y avait pêle-mêle des figures, des trophées champêtres, des chansons écrites à la main, des fleurs fantastiques. Somme toute c’est fort laid. »
- Bientôt toutes ces ber-gerades feront place à des emblèmes politiques, la collection des éventails populaires au musée Carnavalet nous prouve surabondamment que ce trophée féminin arborait parfois les emblèmes séditieux rappelant les grandes journées révolutionnaires :
- Prise de la Bastille, Serment du Jeu de Paume ou des portraits de personnages en vue.
- Les éventails étaient dits à « la Nation » en étoffe légère avec des emblèmes patriotiques, sur quelques-uns étaient dessinés des assignats ; les éventails à la Mirabeau s’ornaient de médaillons représentant les scènes de la vie du tribun ; enfin les éventails à la Marat faits d’un papier assez ordinaire avec les portraits de Marat et de Lepelletier séparés par une statue de la Liberté.
- Ces éventails, les danseuses de Tivoli ne pouvaient les porter à la main pendant la contredanse, elles ne pouvaient les mettre dans leurs poches, les modes à la Grecque ne leur laissant point la place de posséder une poche attenante à leurs robes « alors elles enfoncent l’éventail dans leur ceinture C était, nous dit M. Blondel, des
- Ûtts {îosûtme-- jSa/'ù-t-en .
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- « éventails en crêpe à paillettes ou en cèdre odorant ou de gris moucheté des Indes »,
- La plus masculine des femmes de ce temps saura définir à propos de l’éventail ce qui fait la g'ace, le charme des femmes coquettes et nonchalantes à l’image de Joséphine, ce qui, au milieu de cette société si mélangée, fait tout de suite distinguer la femme née de celle qui ne dut son élévation qu’au hasard des bouleversements de la société : Supposons, écrit Mme de Staël « une femme délicieusement aimable, magnifiquement parée, pétrie de grâces si, avec tous ces avantages, elle ne sait que bourgeoisement manier l’éventail, elle aura toujours à craindre de se voir l’objet du ridicule ; il y a tant de façons de se servir de ce précieux colifichet, qu’on distingue par un coup d’éventail la princesse de la comtesse, la marquise de la roturière. Et puis quelle grâce ne donne pas l’éventail à une dame qui sait s’en servir à propos. Il serpente, il se resserre, il se déploie, il s’élève et s’abaisse selon les circonstances ».
- Malgré l’éclat des grandes fêtes de la cour de Napoléon Ier, cet objet de luxe, l’éventail, n’était point en progrès. Et ce, comme l’insinue Mme de Staël, parce qu’il faut être une vraie grande dame pour le manier délicatement ; il ne nous est resté de cette époque que de très petits éventails pailletés en corne, en os, très simples.
- Les merveilles du XVIIIe siècle avaient émigré, au sens exact du mot, en Hollande, en Allemagne, avec les grandes familles de l’ancienne cour.
- Il fallut, si nous en croyons Mme Lefèvre-Deumier, chargée du chapitre « éventail » dans la « Revue complète des Arts et de l’Industrie exposés à Paris en 1855 », des circonstances spéciales pour qu’on songeât à les faire revenir en France.
- A la fin de la Restauration, on mit en honneur les quadrilles Louis XV, en costumes, aux bals de la Cour. A l’un d’eux parut une charmante jeune femme avec un éventail XVIIIe siècle authentique, souvenir de l’une de ses grand’mères. Cette exhumation d’un bibelot oublié parut du meilleur goût et enchanta nombre d’autres femmes, habituées de ces fêtes, qui voulurent toutes pouvoir s’énorgueillir d’en posséder quelques-uns. Bientôt ce furent presque des titres de noblesse dont se paraient seules celles dont les aïeules avaient paru à Versailles. Quelques femmes, ne connaissant point l’histoire de leurs ancêtres depuis les croisades, ne se tinrent point pour battues et firent revenir à prix d’or ceux qui étaient partis avec les émigrés de 1792 (se non è üero è bene troüato).
- L éventail est tellement nécessaire à toutes les fêtes, son succès est si grand que les hommes eux-mêmes, vers 1828, ne craignirent pas d’en faire usage et se targuèrent d’ailleurs pour cela d’un très haut exemple : le pape qui, dans les grandes cérémonies religieuses, est accompagné par des porteurs d’éventails.
- Chez les Espagnoles, l’éventail est resté essentiellement féminin. Les femmes de ce pays le manœuvrent avec tant de grâce qu’elles ont trouvé un mot spécial pour désigner ce mouvement continuel. On appelle abanicar le jeu de l’éventail et ojerar le jeu de la prunelle. Les deux jeux font la paire ; il suffit de l’un des deux pour perdre un homme.
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- Eoentail offert à S. M. La reine de Suède par le Conseil Municipal de la Ville de Paris, 1908 (Appartient à M. Duvelleroy)
- Fabrication de l’Éventail
- es?
- L’éventail est composé d une surface qui a la forme d’un segment de cercle et qui s’appelle « feuille ». Cette feuille est quelquefois simple, mais elle est plus habituellement formée de deux morceaux d’étoffe ou de papier collés légèrement l’un sur l’autre. Souvent elle se compose de papier doublé d’une peau de chevreau connue sous le nom de cabrétitte. On l’appelle aussi parfois peau de poule.
- De tout temps on a employé la peau ou le parchemin de préférence au papier dont les plis se fendaient et sur laquelle les peintures à la gouache n’avaient aucune solidité.
- Le secret du vélin est tombé dans l’oubli au moment de la Révolution.
- D’un usage courant au XVIIIe siècle cette peau spéciale ressemblait à un parchemin très blanc tout en étant plus souple que ce dernier. Elle s’est toujours employée simple sans être collée sur du papier. Les éventaillistes de l’époque ont gardé le secret de cette préparation.
- M. Blondel nous dit encore qu’il était connu en Italie sous le nom de « peau de poulet )\ A la Restauration M. Desrocher essaya de préparer pour cet usage, sous le nom de peaux de cygne, des peaux de chevreau très minces. Un naturaliste, M. Drevron, finit par découvrir un procédé qui lui permit de vendre des feuilles spéciales à MM. Vanier Duvelleroy et autres éventaillistes vers 1848, et à partir de cette époque les peintures sur peau purent être faites de façon solide et durable. Notons pourtant
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- que ces détails empruntés à l’ouvrage de M. Blondel sont mis en suspicion quant à la date par M. Duvelleroy qui nous affirmait il y a quelque temps avoir retrouvé des éventails datant de 1815 et 1820 peints et même imprimés sur peau de chevreau.
- Les matières les plus diverses ont d’ailleurs été employées pour la feuille de l’éventail. Le satin léger, la gaze, le tulle, le crêpe, la mousseline de soie, ont formé tour à tour le corps de la feuille ou ont servi à la doubler.
- Monture pied ou bois. — La feuille est fixée sur une monture qu’on désigne indifféremment sous la dénomination de pied ou bois quelle que soit d’ailleurs la matière qui la compose. Ainsi on dit un pied ou bois : de nacre, d’ivoire, d’acier ou d’argent. Les brins qui forment le dedans ou la gorge sont en même nombre que les plis de la feuille, c’est-à-dire de 12 à 24.
- Avant de fixer la feuille sur le bois on la met à plat dans un moule composé de papier très fort et plissé suivant les dimensions voulues. En pliant ce moule et en le serrant avec force, on imprime à la feuille des plis ineffaçables.
- Dans l’intervalle de chaque pli on introduit ensuite une branche de cuivre plate appelée sonde. Cette opération du plissé si simple aujourd’hui était très compliquée autrefois ; il fallait avoir recours à un tracé minutieux dont on ne devait point s’écarter. Le moule a simplifié cette partie de la fabrication.
- Les brins ont de 10 à 20 centimètres de longueur. C’est sur eux que s’exerce l’art du sculpteur qui les enjolive, les contourne suivant son inspiration.
- Les petites flèches qui les terminent et qui soutiennent la feuille s’appellent bouts.
- Les deux brins principaux qui suivent la feuille au-dessus dans toute sa longueur et qui seuls sont apparents lorsque l’éventail est fermé s’appellent maîtres brins ou panaches, ils forment la partie résistante de l’éventail. Ils sont percés dans le bas comme les autres brins et tous sont réunis dans leur partie inférieure par une broche en métal vulgaire ou précieux suivant la valeur de l’éventail. Cette broche forme rivet à l’aide de deux petits boutons ou deux yeux quelquefois ornés de pierres précieuses. Cette partie de l’éventail dans son ensemble se nomme la tête.
- Un grand nombre de bois d’éventails sont fabriqués dans l’Oise entre Méru et Beauvais. v
- Les principales matières employées sont la nacre, l’ivoire, la corne, l’os, l’écaille, le citronnier, l’alisier, le sandal, l’ébène, l’acacia, le prunier, le pommier et le poirier. Les ouvriers font sur le panache des mosaïques charmantes, ils connaissent depuis longtemps l’usage des incrustations découpent à jour l’os, la nacre, l’ivoire en fine dentelle au moyen de petites scies qu’ils fabriquent eux-mêmes dans des ressorts de montre.
- En résumé le pied d’éventail passe par les mains du débiteur, du façonneur, du polisseur, du teinturier, du vernisseur, du découpeur, du graveur, du doreur, du grilleur, du sculpteur, du pailleteur (qui pose les paillettes ou les pierres).
- La feuille de l’éventail se fait tout entière à Paris.
- En tout, un éventail passe au moins par vingt mains différentes et certains ne se vendent que 0.05 centimes !
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- VUE DU PAVILLON DE L’ALLEMAGNE
- L’Éventail à l’Exposition de Turin
- C5?
- Le seul exposant à la section française était :
- DUVELLEROY.
- 1 1, boulevard de la Madeleine, Paris.
- La maison fut fondée en 1827 par le père du titulaire actuel, qui prit très rapidement la tête de cette industrie. Il s’était assuré la collaboration de tous les grands artistes de l’époque, et il parvint à relever la fabrication des éventails dont le niveau artistique était bien tombé pendant la Révolution et sous le premier empire.
- M. Duvelleroy succéda à son père en 1881, et obtint à l’Exposition Universelle de 1889 la première médaille d’or donnée jusqu’alors aux fabricants d’éventails.
- Son Exposition de Turin comprenait les modèles habituels de cette maison, dans lesquels elle cherche à faire toujours nouveau, tout en conservant une note d’art. Il y avait plusieurs éventails de style aux montures sculptées et peintures sur peau ; un, entre autres, qui avait la monture en écaille blonde, était sculpté par Henneguy et peint par Maurice Leloir; d’autres, de fantaisies en dentelles, en broderies ou en plumes complétaient la série des genres pouvant être demandés dans cet article.
- En 1900, il fut nommé membre du Jury et obtint les Grands Prix à toutes les expositions.
- Le Jury de Turin lui a décerné la même récompense.
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- FRANCE
- Eventails et écrans à main, en bois et papier, et en bois et étoffes ou plumes (11
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes kilogrammes
- Autriche-Hongrie * • • • • )) )) 1.315 » 1.165 )) 1 .043 » 378 ))
- Allemagne • • )) )) 1.694 » » » 777 » 865 »
- Espagne 1 672 6.837 1 .058 923 579 87 754 610 756 992
- Japon 9.388 » 7.983 ) 11 962 » 11.260 » 10.604 »
- Grande-Bretagne. . 2.313 1.333 1.408 3.018 1 .253 2.451 787 2.810 1 .091 2 840
- Etats-Unis . • .... » 4.834 » 6.14'' 1) 3 410 » 4.181 . 2.760
- Brésil .... ... » 678 1) )) » 405 » » » 1 .744
- Uruguay. . .... » )) » » » » )) 128 » »
- Argentine. . . » 2 582 )) 9.097 » 3.754 » 1.577 )) 424
- Chine. » )) 26 » » » » )) 24 »
- Belgique ... ... » » » 1.993 » » » » » »
- Italie . 95 1.065 H 1.287 » » » 198 » ))
- Autres pays étrangers. . . . 2.466 4.195 417 3.434 1.321 5.267 305 4.148 219 3.651
- Algérie » 2.120 82 2.307 81 3.053 1.518 » 1 288
- Madagascar et dépendances. . » » » )) « » » 1 »
- Indo-Chine 8.781 » 2.541 .. 558 » 6 » 1 .223 »
- Tunisie . . . « )) » 791 » » )) » ))
- Autres Colonies et Protectorats 30 800 » 1.020 » 873 384 » 456
- Quantité totale Kg. 24.745 24.444 16.524 30.017 16.919 19.300 14.932 15.554 15.161 14.155
- Valeur totale Fr. 420.665 1.515.528 363.528 2.461.394 389.137 1.582.600 313.572 1.244.320 348.703 1.273.950
- Taux de l’unité Fr. 17 » 62 )) 22 )) 82 » 23 )) 82 )) 21 )) 80 )) 23 )) 90 ))
- (1 ) Rubrique en 1910 : Eventails et écrans à main tous autres (qu’en ivoire, nacre ou écaille.
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- FRANCE
- Éventails et écrans à main, en ivoire, en nacre ou en écaille
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne » 941 )) 1.142 » 485 » 702 » 272
- Espagne 10 » » » » )) )) )) 20 96
- Autriche-Hongrie 69 » 45 » 34 » 47 » 16 «
- Allemagne » )) 46 » 33 » 21 464 21 120
- Suisse ... » » » » » » » » » »
- Italie )) » » » » » » » 10 »
- Belgique » )) •i » » » » 806 51
- Autres pays étrangers .... 46 203 35 431 37 67 49 70 10 »
- Algérie » » 2 » » » » » » 40
- Indo-Chine 1 » » >) » » » >1 » ))
- Autres colonies et protectorats. » » » » » )) 11 » )) )>
- Quantité totale . Kg. 126 1.144 128 1 .573 104 552 117 2.042 77 579
- Valeur totale . Fr. 14.490 331.760 17.920 574.145 15.080 204.240 17.550 775.960 11-550 225.810
- Taux de l’Unité ..... . Fr. 115 » 290 ». 140 » 365 » 145 » 370 » 150 » 380 » 150 » 390 >
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 385
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Situation Commerciale de F Industrie des Éventails
- FRANCE
- Les éventails forment deux genres d’industrie.
- 1° Eventails et écrans à main, en bois et papier, et en bois et étoffes ou plumes. — Ce genre d’articles est celui qui donne lieu aux transactions les plus actives.
- Importation. — La valeur des importations a été en 1906 de 420.665 francs. En 1910, elle représente 348.703 francs.
- Le Japon, l’Indo-Chine, sont les deux principales nations qui nous vendent ce genre d’articles.
- Exportation. — La France vend des éventails à la Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Brésil et à l’Espagne. Ce commerce représente 1.515.528 francs dans nos exportations en 1906 ; sa part n’est pas moins faible dans notre commerce extérieur de 1910, elle atteint 1.273.950 francs.
- 2° Eventails et écrans à main, en ivoire, en nacre ou en écaille. — Dans ce genre d’industrie, le commerce d’importation est, pour la France, de 14.000 francs, en moyenne, l’Espagne, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne sont nos principales rivales.
- Les exportations varient de 250.000 francs à 350.000 francs. La Grande-Bretagne, l’Espagne, et l’Allemagne offrent à nos produits les meilleurs débouchés.
- ITALIE
- Les statistiques italiennes consacrent 2 rubriques aux éventails. Elles les classent de la façon suivante :
- 1° Eventails fins. — L’Italie offre un marché avantageux pour ce genre d’articles. Le Japon, l’Autriche-Hongrie, l’Espagne, l’Allemagne, la France y écoulent leurs produits. ç
- Le montant des importations, était en 1906, de 1.575.875 lire, en 1906, il représente 670.975 lire.
- Ces chiffres sont très supérieurs à ceux des exportations. Leur valeur en 1906, était de 52.150 lire; en 1910, elle est tombée à 10.530 lire, qui se répartissent à peu près également, entre l’Autriche-Hongrie, la France et l’Allemagne.
- 2° Eventails ordinaires. — La constatation que nous avons faite pour les éventails fins s’adresse également à ceux de qualité ordinaire. L’Italie en achète pour une somme élevée et en vend peu à l’étranger.
- En 1906, les importations atteignaient la somme de 509.650 lire, en 1910, elles représentent 204.880 lire. La Chine, l’Autriche-Hongrie, la France sont les principaux fournisseurs.
- Quant aux exportations, elles sont presque nulles. En 1906, l’Italie a vendu pour 6.095 lire d’éventails ordinaires; en 1910, la vente de cet article n’a représenté que 825 lire, dont 420 à la France.
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- ITALIE
- Eventails ordinaires — Statistiq ues italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 i 1910
- Importations Exportations Impoitations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Liie Lire Lire
- Autriche-Hongrie ........ 6.420 )) 27.910 2.535 11.814 1 .000 21.264 1.020 21.445 80
- France .... 16.960 » 30.120 » 29.472 » 19.680 60 10.510 420
- Allemagne 57.210 )) 23.075 » 8.388 » 28.770 » 6.720 »
- Grande-Bretagne )) )) 425 » 252 )) 2.886 » 1.830 »
- Malte 125 1.285 » 475 » » » » » »
- Espagne 11.270 )) 3.545 » 3.072 )) 1.428 )) » »
- ~ . i d Europe » » » » » 100 )) » » »
- TVq,™ | d,As.e » » » » )) 150 )) » » »
- Chine 1.300 » 20.395 » 216 » » » 164.375 »
- Japon 416.365 » 373.090 » 279.942 » 203.112 » »
- Egypte » » 195 ‘ 760 174 100 114 965 » »
- Argentine . . » 595 h )) » 505 )) » » » 7 c
- Uruguay >J )) » » )) » »
- Amérique Centrale .... . . Bulgarie » » )) )) » » 400 » » » » « » )) )) )) )J 250
- Grèce » 4.215 » 1.880 » 940 » 500 )) »
- Suisse » » 2.085 » )) 2.700 » 85 » ))
- Chili » » )) » )) 245 )) )) » »
- Etats-Unis » » 165 » 1.320 )) » w » »
- Autres Pays » » 15 » » 70 )) » » ))
- Valeur totale Lire 509.650 6.095 481.020 6.050 334.650 5.810 277.254 2.630 204.880 825
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- ITALIE
- Eventails fins -------------- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 136.815 16.730 342.405 180.675 1.500 283.200 7.140 303.175 2.070
- France 64-995 )) 28.700 )) 17.825 2.400 19.825 3.000 13.500 2.850
- Allemagne 94 360 9.135 82.485 » 12.325 1.500 2.300 150 28.050 1 .980
- Grande-Bretagne . . 5.880 » 525 2.765 175 )> 18.075 « 1.125 900
- Malte )) 3.500 210 5.285 » » » » )) ))
- Russie » » )) n » » )) )) » »
- Espagne 106.960 » 114.660 805 59.025 90 32.550 1 .020 43.575 1 .200
- Suisse • • » 1.330 840 » <> 1 .920 » » » )>
- Japon 1.165.920 )) 1.086.645 » 599.000 )) 412.600 » 277.400 »
- Egypte )) 5.600 245 » » 1 .680 125 >1 3.150 ))
- Etats-Unis » » » » » » » » 125 »
- Brésil. » 805 )) )) )) 1.440 )) 840 » »
- Argentine » 9.065 » 1.295 » 900 )) 3.390 » »
- Uruguay » » » » » 300 » 300 )) »
- Indes britanniques et Ceylan .... 945 » 41.685 )) » » )) » 150 W
- Aden » » 35 » » )) » » )) »
- Chine >• )) 26.495 )) >1 )) )) >1 » »
- Erythrée ... )) » 105 » » « » » » »
- Tunisie .... )ï » )) » » 150 » " » »
- Grèce » » il 19.600 » 1.140 » » » w
- Haïti et Saint-Domingue )) » >» )) « » » » » 1.530
- Cuba )) » » » )) » " 725 »
- Turquie d’Europe » 1.925 > » )) » » » »
- Amérique Centrale autre 4.060 )) » » » » » » »
- Autres pays ){ , » " » » 30 » • 390 » »
- Valeur totale • Lire 1.575.875 52.150 1.724.835 29.750 869.025 13.050 768.675 16.230 670.975 10.530 II
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- LES FLEURS ARTIFICIELLES
- ça
- HISTORIQUE
- Les pays où l’art de la fleur artificielle fut en honneur dès la plus haute antiquité sont la Chine et l’Italie - La France ne fit qu’imiter, et à une date relativement récente, les productions qui lui venaient auparavant d’au delà des Alpes.
- C’était, en Chine, dès le Xe siècle, une élégante façon de jeter le mouchoir aux favorites que consacrait cet ordre donné par un Empereur : toutes les dames du palais devaient imiter de leur mieux les fleurs de pêcher, à l’aide de feuilles de mica et s’en parer pour venir à la table de l’Empereur, qui accordait ses faveurs à celle dont le bouquet était le plus à son goût.
- Dès le XIIIe siècle, toutes les Chinoises portent des fleurs naturelles ou artificielles dans les cheveux. Les plus vieilles et les plus pauvres ne redoutent point de s en orner. On trouve de curieux détails à ce sujet dans les Mémoires concernant les Chinois (tome II, page 456 à 458).
- « La consommation prodigieuse des fleurs artificielles et leur bon marché vont au delà de tout ce que nous oserions dire ; il n’y a pas d’exagération à affirmer qu elles coûtent moins que les naturelles en France ».
- Ce qui nous frappa le plus, écrit un des pères de la mission de Pékin, fut la
- Le métier de fleuriste au XVIIIe siècle (D’après une estampe de l’époque)
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- manière dont les ouvriers taillent leurs différentes étoffes de soie, leur font prendre la forme qu’ils veulent avec des fers chauds et des moules, puis en varient les couleurs à leur gré.
- Déjà au XVIIIe siècle, on faisait en Chine des fleurs avec des tissus de soie dont quelques-uns étaient uniquement fabriqués pour cet usage. Les autres matières employées, à part la moelle spéciale d’un végétal appelé toung tsao, seront presque toutes mises à contribution en France et en Italie, pour arriver à une imitation de la nature aussi parfaite que possible. Avant la découverte des tissus spéciaux, les fleurs chinoises furent faites successivement en cocons de vers à soie, en fils de soie, en plumes d’oiseaux, en porcelaine, en jade, en nacre, en coquilles. Dans l’ancienne Rome, on avait employé à cet usage les métaux précieux, et les Romaines, pendant les repas ou dans les Temples, portaient volontiers dans leurs cheveux des couronnes de fleurs ou de fruits en or.
- Pour les parures plus modestes, le corps de la couronne était composé de bandelettes de papyrus ou d’écorce tournées et nouées, sur lequel on disposait des feuilles de palmier en argent.
- Au moyen âge, dans les couvents italiens, on conservait le secret de façonner des bouquets surtout destinés à l’ornement des autels, à l’aide de plumes, de parchemin, de clinquant: on employait aussi de fortes toiles gommées et, comme en Chine, des cocons de vers à soie. On appréciait particulièrement l’aspect fin, duveté, transparent, présenté par les fleurs fabriquées avec cette matière, qui avait en outre l’avantage de prendre facilement la teinture.
- Les procédés de fabrication étaient des plus simples, et l’on découpait les fleurs aux ciseaux.
- En France, à la même époque, on ne connaissait que les fleurs naturelles, dont on faisait une énorme consommation de mai à fin septembre pour la confection des chapels ou couronnes de fleurs, en si grande faveur aux siècles de la Chevalerie. ^
- « Galeran, magnifiquement vêtu d’une cotte et d’un surcôt de diaspre doré, fourrés d’hermine, avait sur la tête un chapeau de violettes et de roses. » (Le Roman de Galeran, comte de Bretagne, par le trouvère Renaut).
- Il n’y avait point de cérémonies d’éclat, point de noce, point de festin où l’on ne portât un chapel de roses.
- Ce chapel ou couronne placé sur la tête des convives rappelait les jours fastueux de la grande élégance romaine.
- Les amants en offraient à leur maîtresse. ,
- Les confréries dans les grandes fêtes de l’Eglise, les prêtres le jour de la procession de la Fête Dieu, ainsi que tous ceux qui assistaient à la procession, les religieuses le jour de leur prise d’habits, les nouvelles mariées, le jour de leur noce, portaient un chapeau de fleurs.
- Les filles nobles ne recevaient pour toute dot qu’un chapel de roses et quand elles étaient dotées, elles perdaient tous leurs droits à la succession de leur père et de leur mère.
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- Toilettes de bal 1834
- (D’après Gaoarni, Journal des Gens du Monde)
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Les chapeliers de fleurs étaient en même temps jardiniers, et comme leur métier était principalement établi pour servir les gentius houmes, ils ne payaient rien à l’entrée ou à la sortie de Paris pour leurs marchandises. Le repos dominical leur était sévèrement prescrit. « Nul chapelier de fleurs, est-il dit dans les statuts de la corporation en l’an 1260, ne doit cueillir ni faire cueillir au jour du Dimanche en ses courtils nulle herbe, nulle fleur à chapeaux faire » ; ils pouvaient du moins travailler de jour et de nuit et n’étaient point astreints à l’obligation de faire le guet.
- Certains auteurs prétendent que l’usage des chapels de fleurs s’est perdu dès le début du XIV* siècle.
- Un fait rapporté par les chroniqueurs de l’époque pourrait nous faire penser que longtemps encore les couronnes de roses furent en honneur.
- Aux fêtes du mariage d’Isabeau de Bavière et de Charles VI, un ange descendit sur une corde du haut des tours de Notre-Dame et vint déposer une couronne sur la tête de la jeune reine, au moment où elle passait. Le peuple voulut voir un heureux présage dans ce fait, que la couronne fut ajustée du premier coup et sans incident.
- D’autre part, Guillebert de Metz, qui nous fait récit de son voyage à la capitale, en 1407, nous dit dans ses mémoires qu’autour du Châtelet, à Paris, on fabriquait « quantité de chappeaux de fleurs et de verdures».
- « L’imposition des chapeaux de roses et de cresson valait au roi 10.000 l’an », continue notre voyageur.
- Pendant longtemps encore, les couronnes de roses ou de pervenches, restèrent redevances féodales, et cet ornement constituait le signe de dépendance du vassal vis-à-vis de son seigneur. #
- Dans les couvents, on apprit petit à petit à imiter la nature assez grossièrement d’ailleurs, avec du parchemin découpé, et les religieuses qui d’abord n’exécutaient ce travail que pour rehausser l’éclat des fêtes religieuses, en vendirent bientôt aux marchands merciers.
- En 1599, leur industrie est mentionnée pour la première fois dans la liste des corps de métiers.
- Depuis le XVe siècle, en Italie, où la fleur artificielle était arrivée à un plus grand degré de perfection, on s’en servait pour la toilette. A Bologne, on faisait des Iis, des fleurs d’oranger, des tubéreuses, dont les pétales étaient d’argent, les pistils et les fleurs de vermeil, spécialité que cette ville partageait avec Venise, où les bouquets de fleurs d’argent qu’on y fabriquait étaient fort recherchés des fiancées.
- A Gênes, on fabriqua pour la première fois des fleurs en batiste colorée au pinceau ; ces fleurs de petites dimensions, pour la plupart, furent répandues à profusion et quelques spécimens nous ont été conservés de cet art puéril et charmant.
- En France, sous Louis XIV, on substitua aux matières jusqu’alors employées, la chenille et les petits rubans de soie. Les rubans étaient plissés et maintenus par un fil
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- de laiton. Les fleurs faites avec ce procédé sont fort reconnaissables sur des portraits du temps : touffes roses, bleues ou blanches, ne se rapprochant guère d’un type de fleurs parfaitement défini et sans aucun feuillage pour les encadrer.
- On employait encore les fleurs artificielles pour orner les desserts, et la table qui en est couverte avec intelligence a l’air, au dire des contemporains, d’un véritable parterre. Le premier artiste qui ait vraiment conservé un nom pour l’habileté qu’il mit à imiter de plus près la nature, fut un nommé Séguin, originaire de Mende, habile chimiste botaniste. Il fit d’abord des fleurs à la manière chinoise, avec de la moelle de sureau ; il donna la première idée d’une sorte de fleur en feuille d’argent colorée, dont on se servit pour l’ornement de la toilette féminine.
- Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’invention du gaufroir, l’emploi de la batiste calandrée, pressée et colorée pour les fleurs, du taffetas lustré avec de la gomme arabique, velouté avec de l’eau d’amidon pour les feuilles, acheva de donner un nouvel essor à cette industrie. Il fut de mode de porter des bouquets de fleurs artificielles, comme nous le prouve le souvenir de jeunesse de Mme de Sabran, qu’elle contait encore de longues années après à ses enfants.
- « Mme de Montigny, ma grand’mère, était très dure et très sévère avec ses petites-filles. Un jour, je l’accompagnais dans une promenade en voiture : c’était alors la mode de porter à la main des bouquets de fleurs artificielles ; mon oncle m’avait fait présent de ces fleurs alors fort chères et fort belles, et joyeuse de mon joli bouquet, je le regardais à chaque instant.
- « Tout à coup ma grand’mère me fit une scène sur ce que je portais des fleurs, quoique je dusse savoir qu’elles lui feraient mal à la tête, j’eus beau protester qu’elles n’étaient pas naturelles, ma grand’mère me les arracha et les jeta dans la rue. »
- Si ces fleurs avaient eu une origine napolitaine, l’irascible grand’mère aurait pu avoir une excuse à cette injuste exécution.
- On était arrivé à Naples à donner aux fleurs artificielles le parfum des fleurs naturelles.
- La recette consistait à cacher au fond du calice un peu de sucre imprégné d’une de ces huiles essentielles dont le secret de fabrication était en possession des Italiens depuis longtemps.
- En 1760 transportant en France cette innovation, le sieur Pamard, le grand faiseur de la Cour, inventait les garnitures de robes en fleurs artificielles parfumées pour chacune à l’odeur qui lui est propre.
- Les costumes de cour, surchargés d’ornements, de ruchés, dits soucis, de hannetons découpés à l’emporte-pièce, de chenilles, de broderies en cordonnet, en perles, faisaient vivre toute une catégorie d’ouvriers et d’ouvrières logés de préférence dans les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin. C’était là aussi où on trouvait les fleuristes pour les bouquets de côté, les guirlandes de roses, les bouquets à mettre dans les cheveux et surtout « ces ornements appelés fougères, à cause de leur parfaite ressemblance avec la plante de ce nom s>. (Dictionnaire historique de la Ville de Paris et de ses environs, Hurtaud et Magny 1 779.)
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- La Fleur dans la Coiffure Féminine — Première moitié du XIX' Siècle.
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- La cour fit travailler ces ouvrières jusqu’au seuil de la Révolution, et on ne lit point sans mélancolie, sur le livre de comptes de Mlle Bertin, la mention des parures destinées à Mme Royale, alors à peine sortie de l’enfance.
- Au 20 septembre 1791 : une guirlande de scabieuses (18 livres), une de roses muscades blanches et une de roses, une guirlande de fleurs des champs ( 18 livres chacune).
- Le premier empire commence une ère glorieuse pour les fleurs artificielles, qui seront l’accessoire obligé de toutes les toilettes de bal pendant plus d’un demi-siècle.
- Un fabricant de fleurs en étoffe nommé Wenzel, ancien fournisseur de Marie-Antoinette, vendait, vers 1802, des produits très perfectionnés que Philippe de Renau-dière appelait « Enfants de l’Imposture ». Toutes les femmes voulurent en être parées, même celles dont la maturité avait le plus à redouter ce voisinage d’un symbole de jeunesse et de fraîcheur.
- Sous le Consulat, à une fête donnée par Mme Permon (coiffée elle-même de fleurs de chez Mme Roux), la duchesse d’Abrantès raconte que Joséphine était arrivée fort élégamment vêtue avec une coiffure et une robe garnie de coquelicots et d’épis d’or.
- Mais la grâce de cet ajustement excitait la jalousie des soeurs de Napoléon, et Pauline Leclerc ne put s’empêcher de s’écrier, de façon à être entendue, qu’elle ne comprenait pas comment on pouvait mettre ainsi des couronnes de fleurs à plus de quarante ans !
- Les comptes de Leroy indiquent pour toutes les princesses et les grandes dames des dépenses assez fortes au chapitre « Fleurs ». Pour la reine Hortense, une garniture de chapeau composée de huit bottes de violettes de Parme coûtera 96 francs.
- Généralement les bouquets seuls valent environ 24 francs, soit en roses pour la duchesse de Bassano, ou en fleurs mélangées marguerites bleues et bruyères pour la comtesse Walewska; pour la même une double guirlande destinée à garnir une robe entière, atteindra jusqu’à 220 francs, tandis que la grande duchesse de Russie se contentera d’une coiffure et d’un bouquet de scabieuses et de camélias pour 60 francs.
- Joséphine elle-même, malgré les critiques acerbes de sa belle-sœur, sacrifie au goût du jour pendant longtemps, puisqu’en six ans, chez différents spécialistes, Roux, Nattier, etc., son compte fleurs artificielles s’élève à 85.833 fr. 50. Quant à Marie-Louise, plus modeste dans ses dépenses, de 1810 à 1814, elle n’aura à solder pour les mêmes articles qu’une note de 3.000 francs.
- Dans ces quelques années, les chapeaux adoptent les formes les plus diverses et aussi, il faut bien le dire, parfois les plus grotesques : « le moule à pâtés, le casque de Minerve, la casquette de jockey », tous sont couverts de véritables parterres, bouquets ou touffes de lotus, de scabieuses, de jasmins, d’acacias et de jacinthes : c’est la folie du jour.
- Une femme élégante, d’après le baron Kotzbue, possède 365 robes, autant de coiffures et de bouquets, nombre de paires de souliers et.... 12 chemises.
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- On se servait aussi des fleurs artificielles pour remplacer les bouquets de fête. Le Préfet de la Seine, souhaitant la fête de la duchesse d’Abrantès, lorsque son mari était gouverneur de Paris, faisait apporter une corbeille remplie de fleurs artificielles, accompagnée de deux arbres en caisses représentant, l’un un oranger, l’autre un grenadier.
- Les jeunes filles ne vont point au bal sans un bouquet à la main, et c’est une cruelle humiliation pour la pauvre délaissée qu’aucun danseur n’a trouvé à son gré de garder pendant la contredanse le shall, l’éventail et le bouquet qui lui sont confiés par une compagne plus favorisée.
- Cet engouement pour les fleurs imitées qu’on préférait beaucoup aux fleurs naturelles, stimule le zèle des inventeurs et on emploie les matières les plus variées pour leur fabrication. Un sieur de la Bernardière, prend en 1822, un brevet pour l’emploi du fanon de baleine dédoublé et blanchi.
- En 1824, au bal de M. C. qui était fort brillant, les journaux de modes signalent une garniture faite d’une guirlande composée de pavots rouges, dont le cœur était formé d’un brillant monté sur un pivot mobile. « Ces pavots simples et légers paraissaient avoir été faits avec des barbes de plumes. »
- Une réclame pour les magasins de la Mère de famille, 17, place Feydeau, recommande les fleurs à l’Ourika (Hommage au succès du roman de la Duchesse de Duras) dont le calice est rouge et l’entourage bleu, faites avec des plumes de « jeai » (sic).
- « Les guirlandes de roses de Bengale, l’héliotrope, le jasmin, l’œillet, le laurier rose ou blanc, la rose bleue, furent tour à tour très portés, quand les modes troubadour, les chapeaux à créneaux, les manches à la mameluck, les cheveux à l’enfant, nous apportèrent un je ne sais quoi gothique et féodal, qui concordait si bien avec la littérature romancière et sombre, contournée, sentimentale et niaise de Ducray-Duminil, de Mesdames Radcliff ou de Chastenet ». (La Française du siècle, O. Uzanne.)
- On spécialise la fabrication et tel fabricant de feuillage ne fera point la rose ou l’œillet. On crée des étoffes nouvelles pour les feuillages, les bruyères, du papier spécial dont Angoulême et Ambert sont les centres de production. On fond et grave des outils spéciaux pour chaque espèce de fleurs. Enfin, pour qu’un ouvrier puisse atteindre le maximum d’habileté et de célérité, on ne lui confie plus qu’une partie de la tâche, toujours la même. Pour faire une rose simple, huit ou dix apprêts différents emploient huit ou dix mains également différentes.
- On fait encore des fruits qu’on dispose par grappes, en cire, en gélatine ou en bulles de verre soufflées et colorées. En 1839, brevet est pris pour des fleurs s’animant au moyen de mécanismes compliqués.
- Les femmes cherchaient à se surpasser en élégance et à porter à la main le bouquet de bal le mieux composé et imitant de plus près la nature. Volontiers, le bouquet prend la forme d’une pyramide, camélias ou roses au milieu, entourés de feuillage vert, de violettes, de très petites fleurs serrées les unes contre les autres. Leur complément était un bijou spécial composé d’un cornet d’or ou d’argent, qui tenait à
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- un anneau par une chaîne. On plaçait le bouquet dans le cornet et l’on entrait le doigt dans l’anneau, ainsi on était certaine, même en laissant tomber négligemment les fleurs le long de la robe, de ne point les perdre.
- Aux réceptions du Palais Royal, pendant la monarchie de Juillet, on admire»
- ornant les chevelures, dressées et contournées en « nœuds d’Apollon », le chêne vert qui donne son nom à la coiffure néréide, les fleurs des champs, les épis qui justifient les appellations mythologiques des coiffures Proserpine et Cérès.
- A l’Exposition de Londres de 1851, les fleurs artificielles eurent le plus légitime succès et dans le Rapport du 19e Jury, M. Nathalis Rondot, citant le nombre vraiment extraordinaire des matières spéciales entrant dans la fabrication, donne des renseigne-
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- ments fort précieux sur les conceptions diverses qu’ont les différents pays Européens de la fleur artificielle.
- « Venaient de l’Argovie des immortelles faites avec de la paille de blé, d’orge ou d’avoine ; de Leipzig, des fleurs d’argent faites au marteau ; de Berlin, en fonte de fer ; de Hambourg, sculptées dans de l’ivoire ; Londres expose des fleurs faites avec du cuir, de la laine à tapisserie, de la chenille ; d’autres avec des perles de verre, des fils de laiton vrillés, des navets et des topinambours découpés. »
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- “En 1854" (D’après une lithographie)
- Fabrication des Fleurs Artificielles
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- FLEURS POUR PARURES
- La copie des fleurs exige la réunion de trois éléments : les pétales, la tige et les feuilles. Leur imitation doit être parfaite, et en fait, elles deviennent de véritables trompe-l’œil qui ont le coloris et le velouté de la fleur naturelle.
- La première opération consiste à apprêter sur de grands châssis le nansouk, jaconas, batiste, taffetas, satin, mousseline, gaze ou crêpe, qui va se transformer en fleurs. Un ouvrier, muni d’une grosse brosse, enduit les étoffes tendues sur le châssis à apprêts d’un mélange d’amidon et de gomme qu’on laisse sécher.
- Démontées du châssis, les étoffes passent au coupeur ou frappeur qui, assis devant un billot de bois garni de plomb, pose dessus l’étoffe pliée en plusieurs doubles et la découpe à l’aide d’un emporte-pièce, dont les modèles innombrables atteignent plus d’un millier et demi d’exemplaires.
- Dans certaines fabriques, le découpage se fait avec une machine mue par la vapeur.
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- Jusqu’ici les pétales qui s’entassent par milliers auprès des ouvriers sont incolores. Au laboratoire du metteur en couleurs, on les trempe dans l’eau d’abord, puis on laisse tomber sur chacune d’elles une goutte de couleur, qu’on dégrade à la main ou au pinceau. Elles sont ensuite séchées dans une étuve.
- Il reste maintenant à classer ces pétales par espèces différentes, roses, lilas, œillets, marguerites ; on les réunit par tailles égales et par douze douzaines dans des boîtes qui sont portées aux ouvrières fleuristes proprement dites.
- Des ateliers spéciaux sont réservés à la fabrication du feuillage. L’aspect du premier fond est uniformément vert, il est modifié pour les différents modèles par l’ombreur qui, à l’aide d’un gabarit découpé suivant les nervures et posé sur l’étoffe verte, fonce certaines parties du feuillage.
- Un trait en fil de fer posé sous le feuillage et le gaufrage, qu’on opère à l’aide d’un balancier, aussi bien pour les formes simples et pleines, comme celles des feuilles de roses, que pour les feuilles trouées, déchiquetées des fougères, achèvent de leur donner du relief.
- Pour donner au feuillage un aspect plus conforme à la réalité, on le trempe dans un bain de cire vierge et on le frotte à la fécule de pommes de terre.
- Si les feuilles doivent être mates et non luisantes, la préparation change : on les enduit d’une colle spéciale, qui sert à retenir à leur surface la tontisse, poudre composée de déchets de drap ou d’étoffes de laine.
- C’est aux ouvrières fleuristes, dont nous avons parlé tout à l’heure, aux assembleuses d’abord, aux monteuses ensuite, qu’il appartient maintenant de réunir ces divers éléments pour en faire les branches ou les bouquets.
- Leur outillage se compose de porte-bobines en plomb, pot à colle, pince-bruxelles, pieds-de-biche, boules en bois ou en fer, sur lesquelles elles modèlent les pétales. Elles retournent ensuite les bords et creusent des stries à l’aide de leurs pinces. Sur un trait ou fil de fer de la longueur d’une tige et garnie d’ouate à la partie supérieure, l’ouvrière colle les pétales intérieurs et extérieurs, le calice, et enfin les sépales ou araignes. Pour achever une fleur, elle enroule du papier, de la baudruche ou de l’étoffe teinte en vert, en spirale sur le trait ou tige. ç
- La monteuse enfin rassemble fleurs et feuilles, en fait, suivant l’usage auquel elles sont destinées, branches, bouquets, touffes ou guirlandes. La quantité de feuillage ajouté aux fleurs est, suivant le prix, très variable; un bouquet de trois roses peut comporter seize feuilles, et de huit roses, quarante-huit. Des plantes entières ne comportant que deux œillets ont jusqu’à deux cent seize feuilles.
- Signalons d’importantes modifications apportées depuis quelques années à cette branche d’industrie qui, à Paris surtout, crée des chefs-d’œuvre.
- A l’ancienne tige rigide a été substituée la tige flexible en caoutchouc, sur laquelle tremble la fleur factice, s’incline comme la véritable et prête comme elle à s’envoler. Pour les calices, du tissu nouveau simule à s’y méprendre ceux des plantes elles-mêmes ; le papyrus ou moelle d’arabia procure la sensation grasse et froide au toucher de la chair vivante des corolles. Des apprêts spéciaux figurent les pistils et les étamines, et reproduisent ces petits organes avec toute la délicatesse de la réalité. Aux couleurs criardes et brutales a succédé la gamme des nuances fines de l’aniline.
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- Pour la fabrication des feuillages, on a imaginé des teintes qui reproduisent toutes les variétés botaniques. Les outils servant à découper les feuilles, et les moules d’acier gravé en creux au milieu desquels on imprime leurs formes, ont subi une transformation profonde.
- On ne savait jadis faire les fruits qu’en cire ou en verre, leur apparence était lourde et disgracieuse. Grâce à l’emploi de produits chimiques, on obtient maintenant des fruits mous, si subtils, que les dames peuvent, suivant les caprices de la mode, porter des cerises, des marrons, des légumes, où non seulement la vue mais le toucher se trompent.
- Que de substances entrent dans la fabrication de ces fantômes, fleurs ou fruits, peluche, nansouk ou jaconas, satin de coton, meilleur que celui de soie pure, mousseline, gutta-percha, colle de poisson, dextrine, verroterie travaillée à Venise, broca importé d’Allemagne, papier serpent fourni par l’Angleterre. Le tout mis en oeuvre par de nouveaux procédés qui, en se perfectionnant ont abaissé le coût des fleurs, de sorte que la consommation stimulée par la baisse des prix a doublé pendant les dernières années.
- C’est à Paris surtout que se fabriquent les fleurs. La fabrication est morcelée entre des maisons distinctes qui, chacune, ont spécialisé quelques détails et s’attachent à le porter au plus haut point possible de perfection.
- Les fleurs pour la toilette féminine, les plantes d’appartement, etc... chaque branche est exploitée par une série d’artisans qui n’en sortent pas. Une douzaine au moins se partagent la toilette, les uns ne font que la fleur d’oranger pour mariées, d’autres se confinent dans la bruyère, la fougère. De "chez ceux-là viennent les fleurs communes et de chez ceux-ci les fruits. Encore chaque atelier s’adonne-t-il à une fleur particulière; tel ne fera que les roses, tel autre que les pâquerettes, tel autre que les boutons. Certains ateliers ne fabriquent même pas les pétales, ils les attachent tout teints et préparés.
- On a adopté les procédés employés autrefois par l’Allemagne pour la gravure ; celle-ci se fait à la main avec un fer chaud ou une plume d’oie qui donne un ton plus ou moins foncé. Dans la fleur apocriphe, chaque pétale a sa face ou son revers différent, qui ne risque pas de s’imprégner de la nuance l’un de l’autre à la teinture. La coloration de ces produits de grand luxe se fait à l’alcool et exige des précautions minutieuses.
- Entre Paris et Londres, des liserons ou belles de jour passèrent du bleu au vert par suite d’un emballage défectueux. Des roses du plus beau rouge deviennent blanches en quelques heures dans un local fraîchement peint par la simple action de la térébenthine. Même l’ouvrier qui a une mauvaise haleine ou qui mangerait de l’ail aurait une influence néfaste sur la tonalité des parures.
- De ces fleurs superbes à l’enfantement desquelles collaborent un grand nombre d’artistes et qu’engendre un machinisme unique, il y a tout l’écart de la rose des riches à la rose des pauvres, de la rose de 10 francs à la rose de 25 centimes.
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- LA FLEUR ARTIFICIELLE EN ITALIE
- Après avoir été exploité très anciennement en Italie, le commerce des fleurs artificielles avait complètement disparu de la Péninsule. Au milieu du renouveau industriel et commercial qui s’est manifesté chez nos voisins, il y a 25 ans, la fleur artificielle a repris un essor nouveau et des usines ont été fondées à Turin, à Milan, à Naples.
- Les Italiens émigrants ont porté en République Argentine ce commerce de leur pays. Pour compléter l’agencement de leurs usines les Américains du Sud et les Italiens sont venus en France pour débaucher à prix d’or les premières de nos maisons parisiennes, mais la pratique leur a fait constater, au bout de quelques années, que ces femmes qui étaient arrivées tout imprégnées des exigences de la mode, avec un goût éclairé et sûr, perdaient bientôt cette qualité. Le chic, le goût, ce qui fait la mode, sont des aspirations qui demandent à être entretenues, soutenues par un entourage chercheur, délicat, artiste, qui renouvelle sans cesse les créations.
- Une femme transportée seule dans un pays étranger, n’a plus cette concurrence perpétuelle qui excite ses facultés créatrices, elle perd toute imagination et descend bien vite au rang de simple copiste.
- Les maisons italiennes ne font plus absolument que l’article ordinaire, qu’elles produisent à bien meilleur compte que nous ne le faisons nous-mêmes, par suite du bon marché de la main-d’œuvre. Ce fait que nous signalons pour l’Italie est également vrai pour l’Amérique, où nous faisions un chiffre énorme d’exportation, devenu presque nul, et qui ne survit qu’à l’aide de la nouveauté.
- Douanes. — Jusqu’à l’année dernière, la fleur artificielle n’était nullement protégée en France, où chaque pays pouvait introduire sa production comme bon lui semblait. On se contentait de protéger par un non sens bizarre les matières premières servant à la fabrication. Les mêmes matières réunies en une seule fleur, grevées d un prix de main-d’œuvre, entraient en franchise.
- En Allemagne, elles payaient un droit de 1.125 les 100 kilogrammes.
- Aujourd’hui, des réclamations incessantes sont arrivées à faire adopter une conclusion plus rationnelle et les fleurs en soie sont frappées pour entrer en France, d’un droit de 1.000 francs et celles en coton d’un droit de 600 francs.
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- VUE DU PAVILLON DU BRÉSIL
- La Fleur à l’Exposition de Turin
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- Plusieurs industriels de la Fleur avaient exposé en collectivité une vitrine ravissante, où figuraient sur une voiture de marchande des Quatre Saisons, des gerbes et des bouquets de fleurs les plus variées.
- Le Jury lui accorda une Médaille d’Or.
- Cette Collectivité était composée des six maisons suivantes :
- Marcel ARRONDEAU & Cie.
- 1, Rue Cunin-Gridaine, Paris.
- Cette maison fondée en 1878 (anciennement Maison Terrier) a exposé à Turin pour la première fois dans la collectivité.
- Dans l’ensemble des produits exposés les articles suivants étaient fournis par la maison Arrondeau; d’abord de grandes branches de mimosa fleuri, monture bois, remarquable comme travail et nuance, puis des bottes de giroflées aux tons mêlés du plus heureux effet, des bottes d’œillets (Malmaison) très fins et délicats, des quarantaines des jardins beaux panachés, et enfin une superbe gerbe de pélargonium naturel.
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- Toutes ces fleurs étaient la reproduction exacte d’après nature, et la nuance scrupuleusement observée.
- BARTHE.
- 29, Rue des Jeûneurs, Paris.
- Le titulaire actuel de cette maison en fut le fondateur en 1905. Elle s est spécialisée dans la fabrication de la rose et du feuillage, et avait exposé dans la Collectivité des bottes de roses Paul Néron, des branches et des bottes de boutons de roses mousseuses, qui avaient un aspect de fraîcheur remarquable.
- FEISSEL & MEYEUR.
- 10, Rue des Petites Ecuries, Paris.
- Maison fondée en 1909.
- Avait fourni dans l’exposition de la Collectivité des branches de lilas, 150 fleurs doubles avec feuillage, un bouquet de muguet avec feuillage, des myosotis, et un coussin de pensées.
- Cette maison s’est spécialisée dans la fabrication du lilas en branches 300 pétales, 57 boutons et feuillage, travail délicat fait en l’espace d’un mois par quatre ouvrières.
- HAUPT.
- 36, Rue d’Hauteville, Paris.
- Maison fondée en 1899.
- A fourni dans l’exposition de la Collectivité les gerbes de roses, bottes de roses France et boutons de roses de Nice.
- MARGELIDON (Alex).
- 40, Rue de Paradis, Paris.
- Le titulaire actuel fonda sa maison en 1907.
- Les produits qu’il avait exposés consistaient en violettes des bois, bouquets de violettes de Parme, guirlandes de glycines (ton naturel pour décorations).
- TRONCHE (Paul).
- 21, Rue d’Hauteville, Paris.
- Maison fondée en 1880 par lui-même.
- Fabrique la rose, la pivoine, la tulipe, crones, feuillage de houx, lierre corse, iris, et a obtenu les tons les plus naturels dans ces différentes espèces.
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- DIORAMA DE LA ROSERAIE DE L'HAY
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- JAVEY & Cie.
- 106, Rue Réaumur, Paris.
- Maison fondée en 1827, rue Bourbon-Villeneuve, à l’angle des Petits-Carreaux, c’est-à-dire à quelques mètres de l’emplacement qu’elle occupe aujourd’hui. C’était au début une fabrique de matières premières pour fleurs, que M. Javey père reprit en 1850. Il y a ajouté la fabrication de la fleur et du feuillage pour modes.
- En 1863, elle fut transférée au 224 de la rue Saint-Denis, où elle est restée 40 ans. En 1892, le titulaire actuel de la maison en devint propriétaire et développa la fabrication de la fleur et du feuillage pour modes- 11 a ajouté la fabrication des plantes et branches décoratives, et en 1900, il a adapté l’électricité à la décoration florale, en faisant breveter un système qui consiste à se servir des fils électriques en guise de tiges et à monter directement dessus les fleurs et les feuillages. Ces articles ont été exposés en 1900 à la Classe de l’Ameublement. En 1903, eut lieu le transfert de la maison du 224 de la rue Saint-Denis au 106 de la rue Réaumur.
- Cette maison n’a cessé de prendre une extension de plus en plus grande et il n’est pas douteux qu’elle soit de beaucoup la plus importante de celles qui fabriquent les différentes fleurs et feuillages destinés à tous les usages possibles. Elle a exposé à toutes les expositions universelles et à un grand nombre d’expositions régionales depuis 1844 ; elle a obtenu à ces différentes expositions toutes les récompenses possibles ; en dernier lieu, M. Javey a été nommé Membre du Jury à l’Exposition de Bruxelles en 1910 et est titulaire d’un Grand Prix à l’Exposition de Turin.
- Tant dans ses ateliers de la rue Réaumur que dans les quartiers excentriques de Paris et dans la périphérie, un très nombreux personnel est occupé à la fabrication ; cette firme a de plus dans le département du Cher un outillage avec lequel elle fabrique du feuillage très bon marché, destiné à concurrencer le feuillage allemand, article pour lequel la main-d’œuvre parisienne est beaucoup trop élevée.
- Cette maison comporte un certain nombre de rayons qui sont les matières premières, la fleur et le feuillage pour modes, l’article décoratif en tous genres (plantes, branches coupées, décorations électriques, motifs décoratifs divers), l’exportation, la couronne mortuaire ; elle a des voyageurs qui visitent la France, la Belgique, la Hollande ; elle a un représentant en Espagne et au Portugal, en Italie et au Canada, où l’article français est extrêmement prisé, et qui semble devoir être pour ces articles un champ très intéressant à exploiter.
- M. Javey avait fourni toute la décoration florale du diorama si admiré de la Roseraie de l’Haÿ, qui a été une des attractions les plus visitées de notre classe.
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- Situation Commerciale de l’Industrie des Fleurs en France
- L’industrie des fleurs artificielles, qui se trouvait déjà dans une situation défavorable à la fin des années 1908 et 1909, accuse encore cette fois un recul de près de 8 millions de francs sur le chiffre des exportations, soit près de 26 millions de francs en trois ans.
- Le marché américain, qui jusqu’ici semblait nous conserver ses préférences pour cet article, commence à nous être moins favorable.
- Avec l’Angleterre, la situation, déjà critique en 1909, ne paraît pas s’améliorer.
- 1909 1910
- Fr. Fr.
- Importation............... 1 043.000 1.638.000
- Exportation............... 27.805.000 19.408.000
- '• V
- Nous pouvons ajouter comme corollaire à la diminution des exportations, que cette industrie a ressenti un choc très sensible dans la disparition presque complète des garnitures de fleurs sur les chapeaux de femmes qui depuis trois ans sont uniquement ornés de fantaisies de plumes ou d’aigrettes.
- Cette mode étant au goût du jour, la situation commerciale des fleurs artificielles n est pas appelée, malheureusement, pour cette année encore à se modifier favorablement.
- 90
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- FRANCE
- KleurS Artificielles — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907
- Importations Exportations Importations Exportations
- Quantités Valeurs Quantités Valeurs
- kg. fr. kg. fr.
- Allemagne 22.620 )) 26.101 »
- Belgique 3.217 688.655 4.146 755.152
- Autriche-Hongrie • • • 2.317 )) 1 .992 ))
- Grande-Bretagne.... )) 24.758.341 99 32.780.086
- Etats-Unis » 9.263.096 )) 10.806.582
- Espagne • » )) 591 »
- Canada )) )) )) ))
- Argentine » » )) ))
- Mexique )) » » ))
- Chine )) )) 201 » *
- Suisse )) )) )) ))
- Autres pays étrangers . . 343 1.009.425 117 1.223.853
- Tunisie » *
- Algérie 52 112.614 » 118.170
- Autres colonies et protectorats. » »
- Quantité totale Kg 28.549 2 930.700 33.247 3.775.800
- Valeur totale Fr. 570.980 35.832.131 664.940 45.683.843
- Taux de l’unité .... Fr. 20 » A la valeur 20 » A la valeur
- ( 1 ) Nouvelle rubrique en 1910 : Fleurs, feuillages et fruits artificiels.
- 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Quantités Valeurs Quantités Valeurs Quantités Valeurs
- kg. fr. kg. fr. kg. fr.
- 26.528 » 22.800 )) 35.000 126.030
- 5.229 830.374 5.100 725.815 8.000 661.935
- 1 .317 )) 1 100 » 1 .300 »
- 272 22.731.163 » 17.525.129 )) 11.116.125
- )) 9.419.108 )) 7.933.188 2.000 5.952.994
- 246 )) )) » )) 240.410
- )) » » » )) 224.330
- )) )) )) » )) 220.380
- » )) » )) )) 99.720
- )) » )) » )) ))
- 26 )) )) » )) 169.678
- 343 1.387.450 800 1.5 34.805 500 477.579
- )) » )>
- 35 104.900 » 85.970 )) 110.100
- » )> ))
- 33.996 3.014.900 29•800 2.345.900 46.800 1.937.700
- 679.920 34.472.995 1.043.000 27.804.907 1.638.000 19.408.261
- 20 » A la valeur 35 » A la valeur 35 » A la valeur
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Situation Commerciale de l’Industrie des Fleurs artificielles
- en Italie.
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- L’industrie des fleurs artificielles, quoique originaire de l’Italie, est beaucoup moins développée dans ce pays qu’en France ou en Allemagne.
- Le marché italien est un bon débouché commercial pour nos fabricants français qui luttent contre leurs concurrents allemands.
- L’importation était en 1906 d’une valeur de 887.320 lire ; en 1910, elle représentait 1.838.130 lire.
- Cette augmentation a surtout profité à la France, à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.
- Voici quelle était en 1906 la valeur des ventes de ces pays et leur valeur en 1910.
- Valeur en lire
- 1906
- Allemagne........................ 433.090
- France . ............................. 360.710
- Autriche-Hongrie....................... 82.180
- Exportation. — L’Italie vend à l’étranger des fleurs artificielles ppur une valeur moyenne de 140.000 lire. La France, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Espagne sont ses principaux acheteurs, mais pour des sommes dont l’importance varie de 10 à 30.000 lire.
- En ce qui concerne les fournitures, l’Italie est un marché que ne négligent pas nos fabricants. Leurs affaires représentent en moyenne 23 0/0 du chiffre total des transactions.
- 1910
- 935.920
- 686.350
- 155.470
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- Fleurs artificielles
- ITALIE
- Statistiques italiennes
- Commerce spécial.
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lirè Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie .... 82.180 33.180 191.730 5.320 110.180 5.950 114.730 >1 155.470 29.050
- France 360.710 65.520 325.500 3.500 463.680 20.510 567.600 23.800 686.350 10 780
- Allemagne 433.090 1 680 553.770 490 561.610 6.440 784.700 3.080 955.920 20 860
- Grande-Bretagne » » 840 350 12.600 1 .680 » 2.590 » 3-570
- Malte » 20.020 3.080 8.260 )) 26 600 » 5.810 » 8.750
- Suisse 1.890 3.430 20.580 700 16.870 3.220 7.840 12.110 35.490 2.730
- Pays-Bas )) » 420 )) » » » » » »
- Espagne » » » 15.540 » 1.260 » 60.340 )) 22.750
- Egypte )) » » 3.010 » 18.480 » 8.470 )) 8.680
- Tunisie 420 5.530 » » » 2.030 » » » ))
- Erythrée » 7.560 )) » >) » » » » »
- Etats-Unis .... . . » . 2.170 70 32.060 » 350 » 350 1.190 8.750
- Brésil » » » 9.100 » 18.270 » » w »
- Argentine )) )) » » )) 15.260 » 41.580 » 10.920
- Turquie d’Europe .... )) )) » 43.616 » » )) » » »
- Indes britanniques et Ceylan . )) 1.540 » 4 270 » )) )) » » 280
- Uruguay » » » » )) 2.100 » 140 » ))
- Pérou » 6.860 » )) )) )) » » » »
- Tripolitaine » » » » )) 10.500 )) )) )) »
- Chili » » » >' » )) )) 2.100 » »
- Australie. ....... » 1.540 » )) » )) )) » » ))
- Autres pays (09.030 » 140 980 » 3.920 )) 3.500 (2)3.710 (3915.750
- Valeur totale . • • Lire 887.320 149.030 1.096.130 127.190 1.164.940 136.570 1 .474.970 163.870 1.838 130 142.870
- (1 } Japon. — (2) Dont : 2.870 lire de la Belgique. — (3) Dont lire : 5.390 Mexique, 5.740 Paraguay.
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- ITALIE
- Fournitures de Fleurs artificielles ----------- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lite Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie • • * • • • 16.120 » 13.420 )) 7.980 100 17.440 » 24.520 »
- Malte » » » » )> 340 )> )) » ))
- France 61.680 )) 36.360 » 38.680 2.400 27.800 » 42.760 3.840
- Mexique )) )) )) 400 » )) )) )) » ))
- Allemagne 92.480 )) 106.240 )) 94.900 )) 107.400 » 133.060 ))
- Espagne. . )) » )> 840 )) » » » » ))
- Grande-Bretagne . . . . . )) )) )) )) )) » )) » )) 520
- Etats-Unis » » 260 » )) )) » )) )) ))
- Suisse » » 4.060 y> )) )) 3.540 )) 2.920 460
- Turquie d’Asie » )) )) » )) 120 )) » » »
- Valeur totale 170,280 / )) 160.340 1.240 141.560 2.960 156.180 )) 203.260 4.820
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- LES GANTS
- C5?
- HISTORIQUE
- ÇMuuh- d& Fr-ance- .
- '.jDuch&t&e- d& Lorraine- •
- MWPPr
- Le gant avant d être comme il est pour nous, vêtement d’étiquette, si l’on peut ainsi s exprimer, et obligatoire dans certaines circonstances de la vie mondaine, fut d’abord un objet de nécessité.
- Se couvrir les mains, aussi bien pour travailler et se préserver des déformations ou des altérations de la peau que peuvent entraîner les travaux manuels, ou pour éviter les effets produits par les rigueurs de la température, fit certainement, dès la plus haute antiquité, inventer les « doigtiers » ou les mouffles de combat.
- Ces noms disent déjà que la distinction actuelle des gants à doigts séparés ou ceux où le pouce seul reste libre, était pratiquée.
- Les coquettes romaines adoptaient, suivant leur désir de faire apprécier plus ou moins la beauté de leurs mains ou de leurs bras, les digitales, gants entiers, ou les manica, simples mitaines, à l’usage de celles qui réellement ont les doigts bien faits et impeccables.
- Dès le VIe siècle, tous les indigènes de la Gaule portaient des gants, et lorsque les pirates normands assagis et devenus sédentaires, grâce à la vie facile qu’ils trouvèrent dans une de nos plus belles provinces, changèrent de costume, ils se mirent immédiatement à porter des gants qui étaient alors ou des gants d’été très légers, ou pour l’hiver des moufles de fourrure, sans séparation de doigts.
- Le Gant à la Cour des Valois ”
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- Actuellement le gant est un article de luxe ; sur 100 paires de gants fabriqués les deux tiers sont à l’usage des femmes. Pourtant, malgré les transformations ou peut-être même par suite de ces mêmes transformations (des causes différentes pouvant produire les mêmes effets) rien n’empêche d’augurer que prochainement, on en reviendra à se couvrir les mains pour les travaux manuels. Déjà il se fait en Amérique des gants à 2,50 la paire, très forts, mais doux et souples, recouverts à l’intérieur de petites lamelles de métal pour éviter l’usure, et employés par les ouvriers travaillant la pierre, le fer, la brique et autres métiers de fatigue.
- La main calleuse du travailleur est donc destinée à disparaître de la vie réelle.
- Les gants des maçons, des laboureurs, des servantes sont des articles fréquents dans les comptes, jusqu’à Louis XII ; ils disparaissent ensuite parce qu’ils étaient trop chers.
- Est-ce parce qu’au moyen âge les gants étaient presque des accessoires, des vêtements de travail, qu’il était interdit d’en porter devant les grands personnages? Cet usage s’est même perpétué jusqu’à nos jours dans les cérémonies de l’Eglise catholique. Dans maintes pratiques religieuses, les fidèles sont obligés de se déganter pour accomplir les rites.
- Sous les rois Robert et Philippe Ier, les gants étaient de rigueur en tenue de cérémonie, et les espèces en étaient fort variées.
- On les ornait de perles, on les confectionnait avec des matières d’un grand prix, telles que la soie. Ceux qui furent retrouvés dans le tombeau de l’abbé Ingon, mort en 1025, étaient exécutés à l’aiguille et formés de plusieurs systèmes de fils de soie croisés avec des distributions régulières et assez semblables au point d’Alençon.
- Jean de Garlande, dans son dictionnaire, énumère les diverses sortes de gants que les marchands de Paris vendaient aux écoliers de la ville, qu’ils trompaient sur la valeur réelle, soit dit en passant, avec une effronterie singulière.
- C’étaient des gants simples ou fourrés, avec des peaux d’agneau, de lapin ou de renard ; des mitaines en cuir ou en toile de lin. f
- Les peaux les plus précieuses employées dans la ganterie étaient tirées de l’Irlande, et Paris excellait alors, comme de nos jours, dans cette industrie.
- Il devait en être fait une assez grande consommation dans l’Université, puisque les écoliers devaient des gants à leurs examinateurs.
- si r on se reporte aux règlements des corporations du temps, on peut penser qu’il y avait 24 maîtres gantiers à Paris à cette époque. En effet, le dimanche n’était pas un jour de repos absolu, mais on appliquait un système de roulement (déjà) permettant aux uns de s’approvisionner, aux autres de se reposer.
- Pour les gantiers, l’ordonnance porte que chacun d’eux pouvait, en la bonne ville de Paris, vendre un dimanche sur six et qu’ainsi quatre boutiques au moins seraient ouvertes.
- Sans nous étendre sur les gestes et les expressions nés des différentes façons d’employer le gant comme symbole, il en est un qu’on peut rappeler pour montrer à quel point l’autocratie du suzerain et du vainqueur était alors absolue.
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- Un poète provençal nous conte, dans le récit de la croisade entreprise par Louis VIII contre les Albigeois, qu’en un conseil destiné à statuer sur le sort des habitants après la prise de Marmande, le roi présidait l’Assemblée : « Appuyé sur un coussin de soie, il jouait avec son gant droit cousu d’or ; et ce simple geste signifia l’extermination de tous les habitants. »
- Les gants étaient devenus d’une telle richesse que les gantiers en étaient arrivés à employer presque tous les cuirs et les fourrures les plus diverses.
- On trouve cités dans les comptes de cette époque des gants de chamois, de chevrotin, de cerf, de chat, de renard, de lièvre, de louveteau, de buffle, de chien, etc.
- En l’an 1386, le roi Charles VI usa 231 paires de gants, sa femme Isabeau 35 paires, et son frère le duc de Touraine 80 paires !
- Dans ces fournitures, c’est le chevrotin qui domine ; viennent ensuite les gants de chamois, de chien, de louveteau. On nommait gants simples ceux qui n’étaient pas doublés.Quelques-
- uns se boutonnaient très haut, comme le prouve cette mention : pour deux paires de gants de chien couverts en chevrotin. »
- En général, les gants au moyen âge couvraient le poignet comme les gants modernes, dits à la Crispin, même chez les femmes, ainsi que le remarque Quicherat, sur la statue de Catherine de Courtenai qui se voit dans les caveaux de Saint-Denis.
- Remarquons en passant que les dignitaires ecclésiastiques, qui ont de nos jours jalousement gardé un certain luxe dans l’usage des gants violets à glands d’or, que portent encore les évêques, se faisaient remarquer par la recherche qu’ils affectaient au XIVe siècle. Evêques, abbés et prélats ne portaient que des gants rehaussés de broderie d’or, tandis que les clercs et les simples prêtres devaient se contenter de gants austères, en cuir noir.
- " Boîte de Gants offerte à la Marraine ”. — 1823.
- 48 boutons d’or
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- ^Avec la Renaissance s’introduisirent en France les modes italiennes. Paris qui, jusqu’alors avait donné le ton, fut envahi par des tailleurs, des parfumeurs, des cordonniers, des gantiers lombards, florentins ou vénitiens. Suivant l’exemple des belles Vénitiennes qui, aux jours de fête de la sérénissime République, arboraient des gants de soie à broderies splendides, Elisabeth d’Angleterre aimait fort les gants roses à glands d’or; elle se fit peindre plusieurs fois, portant des gants à la main. Peut-être fut-ce avec ceux-là même dont le comte d’Oxford lui avait fait cadeau ?
- Montaigne ne sortait jamais sans gants : « Je me passerais autant mal aisément de mes gants que de ma chemise », écrit-il.
- Comme leur maître, les mignons de Henri III, mettaient des gants en se couchant; pendant le jour, ils en portaient deux paires passées l’une sur l’autre.
- Les gants de nuit, destinés à maintenir douces les mains de femmes de ces seigneurs, étaient soumis à une foule de préparations ; on les trempait dans des mélanges où entraient de la malvoisie, de l’ambre gris, du musc, de la civette et du benjoin.
- Les estampes d’Abraham Bosse nous montrent un étalage de mercier, se composant, d’éventails, de noeuds, de rubans, et de ces gants A l’Occasion », « A la Nécessité », « A la Cadenet », « A la Phyllis », « A la Frangipane », qui, entrés dans l’usage courant de la belle société, faisaient alors fureur.
- Les gants « à la Cadenet » avaient eu pour parrain Honoré d’Albret, seigneur de Cadenet, père du célèbre connétable de Luynes, et inventeur des cadenettes
- Tous ces gants étaient, suivant un usage vieux de plus d’un siècle, parfumés avec les odeurs les plus violentes, tel en témoigne ce passage des mémoires de Mlle de Montpensier :
- « Anne d’Autriche, la reine, ayant fait venir des hardes à Saint-Germain (où elle avait fui pendant la Fronde), il y avait un coffre de gants d’Espagne; comme on les visitait, les bourgeois commis pour cette visite, qui n’étaient pas accoutumés à de si fortes senteurs éternuèrent beaucoup, à ce que rapporta le page que j’avais envoyé ».
- Dans l’inventaire des meubles d’Anne d’Autriche (1666), il est ^mentionné 300 paires de gants. —
- C’était d’ailleurs un objet dont on faisait cadeau courammènt. Mazarin, par exemple, donnant une loterie en l’honneur de la reine d’ Angleterre, et où assistaient le roi, la reine mère et Mile de Montpensier, met parmi ses lots, des tables, des senteurs, des miroirs et des... gants.
- D’autres grands seigneurs en faisaient remettre à leurs convives féminins après t le repas. Henri de Nemours, voulant frapper le cœur de la maréchale de Thémines .lui fit « présenter des bassins de gants d’Espagne », nous dit Tallemant des Réaux.
- Dans ce cas, les gants, mouchoirs et autres accessoires de toilette se présentaient sur un salüe, plateau presque toujours oval et fait d’un métal précieux.
- Peut-être était-ce ainsi que Louis XIV fit cadeau à Mlle de La Vallière des gants en dentelle de Bruges, qu’elle.portait à la fameuse fête de Vaux, chez Fouquet, et dont les contemporains nous ont conservé la description, les représentant comme une merveille de bon goût et d’excessive recherche.
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- La (gantière . — Allemagne, XVIIIe siècle.
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- / A
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- M. Uzanne nous a transmis, d’après le livre commode des adresses de Nicolas de Blégny, le nom d’un certain nombre des gantiers parfumeurs, par exemple M. Rémy, devant Saint-Médéric, en réputation pour les bons gants de peau; Arsan, près l’abbaye St-Germain ;
- Richard, rue Saint-Denis, ^
- « Au Petit Saint-Jean ». renommé pour les gants de cuir de poule, et Richard, rue Galande, « Au Grand Roy », qui fait commerce de gants de daim.
- Le nom de gant de cuir de poule vous étonne, sans aucun doute, — on disait aussi gant de canepin, — ils étaient faits à l’usage des femmes pendant l’été, mais le prétendu cuir de poule n’était que l’épiderme de la peau de chevreau, et préparer cet épiderme était le triomphe réel des gantiers de Paris et de Rome. On faisait, paraît-il, ces gants en canepin si minces que la paire pouvait être enclose sans peine dans une coquille de noix. Ce devait être là une spécialité commune à plusieurs pays, puisqu’elle était également revendiquée par les habitants de la petite ville de Caudebec-en-Caux.
- Dans le courant du XVIIIe siècle, l’usage des
- gants tomba presque en désuétude; il est bien mentionné vers 1 726 la mode quelque peu extraordinaire qui se fit jour, de porter au printemps des gants fourrés de plume frisée, qui s’appelèrent « Barbichets ». Mais ce n’est là qu’originalité qui eut très peu de durée et le Mercure de France de 1732 nous apprend « qu’on prendra bientôt l’usage d’avoir les mains à nu et de proscrire entièrement les gants dont on commence à se passer ».
- Une visite au musée Carnavalet nous fera faire connaissance avec le gant révolutionnaire, ou les attributs ordinaires de la Liberté sont brodés sur le dos de la main. Les doigts sont larges et l’apparence beaucoup plus massive que celle des gants d aujourd’hui.
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- Les Gants en toilette de soirée ‘
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Peut-être les spécimens qui nous restent étaient-ils cousus « à l’anglaise ». C’était là de beaucoup les échantillons les plus appréciés, et l’on avait coutume de dire que pour qu’un gant fut bon, il devait être fabriqué en trois royaumes : « l’Espagne pour assouplir et préparer la peau, la France pour le tailler, et l’Angleterre pour le coudre ».
- En 1 794, les gants étaient des objets de luxe, et Napoléon qui ne se soignait pas encore les mains, qu’il ava t fort petites mais maigres et noires, n’en portait point parce que celte dépense était inutile.
- Plus tard, aux beaux jours de la Cour impériale, les belles dames en feront au contraire une folle consommation, assez peu dispendieuse, puisque chez le grand faiseur, la duchesse de Wellington ne paiera que 32 fr. 50 pour dix paires de gants longs ! !
- Pour pallier à ce que cette dépense avait d’excessif, certain journal de modes du temps, conseille aux femmes d’acheter les gants à la douzaine, coupés et non cousus. Ce qui fait une différence de prix de 50 0/0, mais oblige la cliente à se livrer au petit travail du surjet à domicile, ce après quoi on brode soi-même la piqûre, puis enfin on fait découper le bord à l’emporte-pièce.
- Le même article ajoute comme détail complémentaire que dans les parures de très grand genre, on garnit le haut des gants blancs longs, avec des ruches de blonde et des guirlandes de coques de rubans, luxe qui convient surtout, paraît-il, aux dames présentées (Manuel des Dames ou l’art de la Toilette, par Mme Celnard, 1827).
- Après 1830, les gants de chevreau ou d’agneau se vendirent en telle quantité que les fabricants augmentent les prix d’une façon extravagante, sous prétexte que le massacre de ces pauvres bêtes ne pouvait suffire à la consommation. Pourtant les élégants et les élégantes n’hésitaient point à en employer des quantités, les couleurs qui étaient alors de mode variant du gant glacé blanc, jaune paille, réséda, rose, au pain brûlé, étant par cela d’une extrême susceptibilité.
- Dès lors, les gants adoptés par les dandys qui, les manchettes retroussées sur le poignet, découvrant leurs gants jaune paille, à 2 fr. 50 la paire au moins, d’où leur nom de « gants jaunes », ne quitteront plus les hautes sphères de la société. (A. Karr, les Guêpes, 1839).
- Ceux qui vont chercher fortune ne quittent plus leur province en sabots, suivant une expression devenue elle aussi allégorique, mais bien dans la troisième classe du train omnibus. Le prolétaire actuel demeure les mains nues, du moins dans le sexe fort.
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- La Fabrication des Gants
- C5?
- Les gants deviennent de plus en plus un objet de nécessité. Heureux développement d’une industrie qui occupe en France plus de 150.000 personnes.
- 11 est vrai que nous exportons en quantité à l’étranger, quelquefois sous le nom d’une nationalité d’emprunt.
- Des gants fabriqués à Millau dans le Rouergue, vont chercher leurs boutons à Londres, d’où ils sont expédiés à Paris. Millau, qui a la spécialité des fromages de Roquefort faits avec le lait de ses brebis, est aussi un centre important de peaux pour les gants. On fait aussi des gants avec la peau de chèvres qui n’ont pas encore brouté l’herbe. La Toscane fournit des gants réputés, qui sont appelés de Turin. Mais en général, les peaux étrangères sont de qualité inférieure. Les meilleurs chevreaux sont originaires de Tours et Poitiers, où l’on pratiquait, il y a trois siècles, l’élevage.
- On fait aussi des gants en bœuf, en buffle, en chamois, qui sont de très bons services.
- Cette industrie a disparu du Poitou, mais Annonay, Grenoble, Saint-Junien (Haute-Vienne) sont des centres de mégisserie importants, où l’on traite l’agneau et le chevreau, suivant leur attribution, des gants de suède, de chamois, de daim ou de castor. Il ne s’est jamais fait de gants en peau de chien, ils seraient trop durs.
- Quant au chamois, il prête seulement son nom aux gants d’ordonnance, que fournit la peau d’agneau, d’abord imbibée d’huile tant qu’elle peut en contenir, et ensuite séchée et battue. Le castor n’est guère qu’un chamoisage de premier choix. Le suède s’obtient en mettant à l’envers des peaux qui n’ont pas assez de fleur pour être glacées.
- Un gant, avant d’être porté subit plus de quarante manipulations, y compris le passage dans la teinture, où il entre parfois des choses bizarres. Dans les teintes foncées, l’urine fut longtemps employée pour fixer la couleur. Telle usine de l’Est avait passé un marché avec un quartier de cavalerie de son voisinage, d où elle tirait des barriques remplies par la troupe, moyennant une indemnité d’ailleurs minime, qui servait à améliorer l’ordinaire des soldats.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Au moment de la conquête de Cuba par les Américains, les gants bleus firent fureur parmi les élégantes de New-York, ils avaient été fabriqués par une maison française qui s’était procuré une capote d’uniforme de l’armée fédérale et avait assorti exactement la nuance.
- C’est à Paris que tous les gants sont concentrés pour la teinture, dont la couleur est décidée d’avance, suivant le grain et la finesse de la peau.
- Les coutures sont faites en Normandie, en Bretagne ou dans les Vosges.
- Autrefois, la longueur et la largeur des gants étaient laissées à l’arbitraire. Aucune règle fixe ne les régissant, chaque ouvrier fabriquait suivant une pointure spéciale.
- Xavier Jouvin établit des proportions qui ont servi de base à un numérotage par lettre et par chiffre. Ce système, simplifié depuis cinquante ans, est tombé dans le domaine public.
- Depuis 1830, en France, la production annuelle s’est élevée de 10 à 30 millions de peaux.
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- VUE DU PAVILLON DES ETATS-UNIS
- Les Gants à l’Exposition de Turin C5?
- Les exposants dans la Section française étaient au nombre de deux :
- Georges EVRARD.
- 10, Rue Bachaumont, Paris.
- Cette maison, fondée par le titulaire date de 1904. Elle s’est spécialisée dans la ganterie en tissus. Son exposition consistait en des gants brodés et peints à la main et en gants genre Suède, imitation parfaite de la peau. Elle occupe un personnel considérable et a su par sa façon se créer une place prépondérante sur notre marché.
- A Bruxelles en 1910, le Jury lui avait décerné une Médaille d’Or. A Turin, le <Diplôme d'Honneur, lui fut accordé.
- GUIBERT Frères.
- A Millau (Aveyron).
- Cette manufacture fondée en 1875, est une des plus importantes qui contribuent à maintenir la ganterie française dans une voie féconde de progrès et de perfectionnements.
- En 1890, MM. Guibert frères, créèrent un outillage particulier pour traiter les peaux tannées, et réalisèrent une préparation spéciale, tendant à faire du tanné français un produit plus souple que le GoldTan et plus solide que le Nappa. Puis un peu plus tard, quand vint l’article Mocco, tenant le milieu entre le Suède et le Castor, produisirent leur genre Antilope qui, dans la consommation mondiale, fut un des premiers cotés.
- Le gant d’agneau et le Suède sont établis avec soin, de qualité supérieure et d une coupe élégante.
- Cette manufacture a remporté les plus brillants succès à Bruxelles en 1910, où le Jury de la Classe 86 lui décerna le Grand Prix et celui de la Classe 89, un Dipl ôme d’Honneur. A Turin, elle obtint à nouveau le Grand ‘Prix.
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- FRANCE
- Ganterie de Peau. — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Impoitaiions Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne- . • 34.751 245.273 31.162 175.297 30 576 196.958 30.751 248.000 41.798 264.100
- Allemagne 17.217 » 21.384 » 15.741 » 9.743 » 13.952 »
- Suisse » » » >> » » 14 » 53 »
- Italie 48.650 » 37.396 )) 8.036 )) 7.295 » 19.194 »
- Etats-Unis » 167.950 » 157.544 » 108.605 i) 149.900 » 135.600
- Autriche-Hongrie. • • 9.112 )) )) » 3.764 » 2.183 >' 3.119 »
- Canada » » » » )) » » » » 9.600
- Autres pays étrangers . 3.268 16.585 6 113 11.132 603 10.290 877 17 200 1.142 15.900
- Algérie )) » » 541 » ))
- Réunion ... . . M 539 \S 494 )) 124 » 400 M 500
- Autres colonies et protectorats \ » » )) 83 » ))
- Quantité totale. • 112.998 430.347 96.055 344.467 58.720 316.601 50.863 415.500 79.258 425.700
- Valeur totale .... Fr. 3.615.936 60.243.580 2.065.182 40.991.573 1.262.480 37.675.519 1.093.555 49.444.500 1.704.047 50.658.300
- Taux de l’Unité . • . Fr. 32 > 140 » 21.50 119 » 21.50 119 » 21.50 119 » 21.50 119 »
- 428 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 429
- Situation Commerciale de l’Industrie des Gants en France
- C5?
- OUVRAGÉS EN PEAU ET EN CUIR. — GANTERIE
- Importation :
- Quantités Valeur
- Douzaines de paires Francs
- 1908 .................. 58-720 1.262.000
- 1909 .................. 50.863 1.094.000
- 1910 .................. 79.258 1.704.000
- Il n’y a pas lieu de s’arrêter à l’augmentation constatée en 1910 sur les chiffres de 1909. Nous restons encore très loin des quantités importées en 1906 et 1907.
- L’Angleterre entre dans le chiffre de nos importations pour une proportion de plus de 50 0/0, l’Italie pour 25 0/0 environ. L’Angleterre nous vend principalement des gants d’homme de belle qualité d’une valeur moyenne de 40 francs la douzaine.
- Les gants italiens sont de qualité secondaire et de prix peu élevés. Les industriels français intéressés prétendent qu’une partie de ces gants n’entraient en France que pour être réexportés, la plupart du temps sous une marque française et ils ont émis à diverses reprises le vœu qu’une disposition législative oblige les importateurs à apposer à l’intérieur de leurs gants une marque indiquant le pays d’origine.
- Exportation :
- Quantités Valeur
- Kilogrammes Francs
- 1908 ................... 527.700 37.676.000
- 1909 ................... 692.500 49.445.000
- 1910 ................... 654.900 50.658.000
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- 430
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- L’Angleterre reçoit près des deux tiers du chiffre total de nos exportations en ganterie.
- C’est principalement à l’influence du marché américain que sont dues les variations brusques survenues depuis quatre à cinq ans dans l’industrie de la ganterie. L année 1910 n’a pas échappé à une légère alerte.
- Le marché américain nous demande surtout des gants portant une broderie spéciale dite broderie Brosser, formée de fils de soie entremêlés. Vers le milieu de l’année 1910, le gouvernement américain a brusquement frappé d’une augmentation de droits de 40 cents (environ 2 francs par douzaine) tous les gants portant ce genre de broderie à deux fils différents. Sur les réclamations des importateurs américains, l’application du nouveau droit a été retardée jusqu’à la fin de 1910 et, pendant le délai qui leur était accordé, nos fabricants ont trouvé le moyen de créer une nouvelle broderie à un seul fil représentant l’aspect de l’ancienne broderie Brosser.
- Il n’y a pas lieu de modifier nos taux d’évaluation des années précédentes en ce qui concerne la ganterie tant à l’importation qu’à l’exportation.
- La tare de 45 0/0 a été adoptée autrefois à cause de l’emballage particulièrement soigné que réclame la ganterie pour les longs voyages d’outre-mer.
- On emploie dans ce cas des caisses garnies de zinc et les gants sont entourés de flanelle.
- Actuellement en tenant compte de la proportion considérable de gants expédiés en Angleterre pour lesquels un emballage beaucoup plus simple suffit, et de la rapidité des traversées aux Etats-Unis, qui permet de réduire les précautions qu’on prenait autrefois, on a cru devoir proposer à la Commission de ramener de 45 à 35 °/0 la tare d’emballage pour les gants exportés.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 431
- Situation Commerciale de l’Industrie des Gants en Italie
- 9Q
- Région de Milan. — Les gants de peau, de fabrication française pourraient peut-être trouver un débouché à Milan dans les qualités bonnes et bien confectionnées, bien que la fabrication nationale rende la lutte assez difficile.
- En effet, les manufactures de Naples et de Milan sont non seulement en mesure de fournir les revendeurs du pays, mais font aussi une exportation considérable et qui s’est même énormément développée pendant les dernières années. D’après les statistiques officielles, l’importation de cet article n’atteint pas 200.000 francs par an, alors que l’exportation pendant les trois derniers exercices aurait passé de 2.500.000 francs à six millions. La France serait un des meilleurs clients de l’Italie, après l’Angleterre et l’Amérique du Nord.
- Les gants de peau sont soumis au droit de £ 20 les 100 paires. Les gants de fabrication indigène se vendent au détail Fr. 1,50/3 et 3,50 au maximum dans les magasins de luxe.
- Le commerce des gants de laine fil et soie français pourrait être intéressant, les produits français étant en général meilleurs que la marchandise allemande qui se vend en Italie, mais il est assez difficile de donner à ce sujet des renseignements ayant quelque valeur, sans avoir quelques indications plus exactes sur la fabrication des industriels intéressés; il existe tant de sortes de ces articles, qu’il est absolument nécessaire de voir la qualité avant d’établir s’il y aurait quelque chose à faire, ou non. L’Allemagne, et en particulier les fabriques de Chemnitz importent même en France des quantités considérables de gants.
- Région de Naples.
- Gants de peau, paires .
- — laine, simples
- — — ouvrés .
- — — façonnés
- Importation 1908
- Exportation
- Kilos
- Kilos
- 81 78.748
- 51 34 4
- »
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Importation :
- 1909 1908 1907
- 1° Gants de peau insignifiante. Quintaux Quintaux Quintaux
- 2° — de coton et chaussettes coupés .... 218 258 194
- — — — façonnés.... 1.368 1.024 815
- — — — autres simples. . 199 132 109
- 3° Gants de laine et chaussettes coupés 36 22 51
- — — — façonnés .... 145 129 198
- — — — autres simples. . 99 68 100
- — — — façonnés.... 44 17 107
- Kilos Kilos Kilos
- 4° Gants de soie ou filoselle et chaussettes coupés. 934 1.563 1.639
- — — — — façonnés . 793 411 1.125
- — — — aut. simpl. 364 436 1.010
- — — — — façonnés . 409 8 713
- 5° Gants soie mixte et chaussettes du 1 2 au 500/0,
- coupés 3 115 258
- Gants soie mixte et chaussettes du 12 au 500/0
- façonnés 447 733 833
- Gants soie mixte et chaussettes du 12 au 50 0/0 autres simples Gants soie mixte et chaussettes du 12 au 50 0/0 42 187 378
- façonnés 247 38 140
- Centaines de paires
- Gants de peau 1909 1908 1907
- Pour la France . . . . 2.116 2.558 1.016
- Grande-Bretagne. . . . 12.030 13.642 777
- Toutes les nations . Laine . . 22.270 20.874 Quintaux 8.616
- Gants et chaussettes coupés . . 43 2 12
- — — façonnés . . 46 17 19
- — — autres simples . . 212 278 165
- — — — façonnés . . . . Coton . . 587 100 95
- Gants et chaussettes coupés ........ . . 231 98 95
- — — façonnés . . 382 366 265
- — — autres simples . . . . . . 1.216 826 1.224
- — — — façonnés. . . . . . 160 132 293
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- ITALIE
- Gants de peau de toutes qualités, ainsi que simplement taillés
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire 1 .ire Lire
- Autriche-Hongrie 1.700 63•800 3.400 71.100 21.000 61 .320 28.200 31.000 9.900 92.500
- Belgique )) 34.760 )) 11.400 1 .200 49.560 )) 214.250 300 42.500
- France 38.420 376.860 44.540 304.800 77.700 716.240 60.900 529.000 71.700 575.500
- Allemagne 20.060 243.100 10.540 286.200 38.400 403.480 13.800 402.250 15.300 727.250
- Grande-Bretagne 4.420 211.640 16.600 233.100 35.400 3.819.760 53.100 3.007.500 51.000 4.252.500
- Grèce » » )) » » 560 )) )> )) 3.0( 0
- Malte 680 8.580 » 9.300 » 27.160 )) 41.250 )) 26.750
- Suisse » 371.800 340 401.400 3.900 65.520 2.700 . 233.500 600 112.250
- -r. . i d’Europe.... Turquie . . j d.Asie 2.040 » 5.280 5.280 » )) 12.600 4.500 )) » 10.080 3.920 » » 24.500 750 )) )) 19.000 4.000
- Japon. » 5.280 » 16.800 » 2.800 )> )) )) »
- T ripolitaine » » » 2.100 )) » )) » » » '
- Etats-Unis 7.140 403.040 2.040 1 .050.000 900 459.200 1.200 890.000 300 1.363.000
- Amérique Centrale, autre .... » 220 » 6.900 )) 2.520 )) 11 .500 )) 500
- Argentine » 26.620 2.720 30.600 )) 1 16.760 )) 48.000 » 37.500
- Australie » 59.620 )) 66.900 » 41.720 » 49.250 )) 180.500
- Egypte )) » » 4 800 )) 5.040 )) 22.500 900 3.000
- Tunisie )) » » 2.400 )) 560 » 1 .750 )) )>
- Mexique » )) ï) 1 200 » 1.120 )) 1 .000 y> 13.000
- Pérou )> 1.540 )) )) )) 1.400 )) )) » 750
- Danemark )) » )) 17.100 » )) )) )) » )>
- Chili )) » » )) )) » )> )) » 3.500
- Indes Anglaises et Ceylan.... » » » » » )) 2.750 » ))
- Pays-Bas )) » » 24.600 )) 4.200 » 18.000 » 5.000
- Brésil )) 660 )) 1 200 » 2.800 )) » )) »
- Uruguay )) 220 )) » » 1.960 )) )) )) ))
- Norvège )) )) )) 16.500 )) 840 )) )) » 2.000
- Suède ... » » )> 9.300 )) 560 » )) » »
- Canada » )> )) )) )> 2.240 )> )) » 8 000
- Roumanie )) )) )) )> )) 28.000 )) 33.000 » 43.500
- Russie » )) )) )) )) 1.680 )) )) » ))
- Gibraltar )) )) » » )) 2.240 )) )) » »
- Serbie » » )) )) » 2.240 » )) » ))
- Espagne )) » » » )) 840 )) 4.000 » »
- Monténégro )) )) » )) )) 280 )) )) » 750
- Portugal » » )) )) )) 560 )) )) )) 750
- Chine » )) )) )> » 840 » » )) ))
- Algérie )) » » )) » 840 » 750 » 250
- Congo belge » )) )) )) » 4.480 )) )) » ))
- Autres pays )) » » )) )) 1.400 » 1 .000 » 500
- Valeur totale Lire 74.460 1.818.300 80.240 2.584.800 178.500 5.844.720 159.900 5.567.500 150.000 7.517.750
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- Soie Gants et chaussettes coupés 40 Kilos 127
- — —- façonnés — 17 —
- — — autres simples. ...... 132 30 298
- — — — façonnés — 67 261
- — — mixtes avec soie du 12 au 50 0/0. — — — autres façonnés. 150 29
- Gants de peau. — L’Italie produisant les agneaux et les chevreaux et fabriquant le gant de temps immémorial, mais l’ayant admirablement perfectionné exporte annuellement 2.230.000 paires de gants contre une importation de quelques centaines.
- Il n’y a donc pas possibilité d’exporter le gant français en Italie ou on le fabrique aussi bien qu’en France et à plus bas prix.
- Il est évident que la fabrication italienne avant peu se sera emparée de son propre marché, grâce à la bonne qualité de ses produits et à leur bas prix.
- Il y a encore une centaine de gantiers qui, plus ou moins, vendent les gants tissés, mais il n’est pas possible de dire quels sont les cours, étant donné leur nombre.
- Les maisons qui fabriquent les gants en coton, soie, laine et tissus mélangés, doivent envoyer des voyageurs avec une large collection d’échantillons pour voir les acheteurs.
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- LA LINGERIE
- (3?
- HISTORIQUE
- LA CHEMISE
- ^M^|l|jsp
- Il est très difficile de déterminer ce qui correspond exactement à notre chemise actuelle entre les parties du vêtement du moyen âge ou même des âges antérieurs.
- Suivant Isidore de Séville, le premier nom sous lequel on désigne ce vêtement :
- « camisia » viendrait de l’usage qu’on avait de s’y envelopper pour dormir dans les lits :
- « in camis » (Du Cange, Glossarium) étymologie en contradiction flagrante avec les us et coutumes qui suivirent, puisque l’usage de mettre un vêtement quelconque au lit se perdit complètement pendant plusieurs siècles.
- Saint Jérôme parle de la chemise comme d’un vêtement qui de son temps était porté par les soldats de l’Empire.
- Dans la vie de Sainte Radegonde,
- Fortunat dit que les chemises de cette sainte, au moment où elle sacrifia ses ornements mondains, étaient tissées d’or ; ce qui en faisant la part de l’exagération poétique, veut dire qu’elles étaient ornées de broderies d’or;car si loin qu’eut été poussé le luxe, on a peine à comprendre qu’on se fut servi de tissus métalliques. La toile et les étoffes de fil les plus estimées étaient dans ces temps anciens fabriquées par les cardukes (peuple du Quercy) établis sur les bords du Lot, qui se livraient en grand à la culture du lin.
- Dès le VIIe siècle, les Bénédictins avaient deux tuniques de laine, l’une pour le jour, l’autre pour la nuit. En 81 7, Louis le Débonnaire confirme par ordonnance cette composition du costume monastique, l’usage du linge étant interdit par les règles des couvents.
- <Ap
- ( cite dame. cJ~l beaucoup mieux rua. nie fi dU. efroit cad.Lre.ni ci li .
- en fia. .chérit, plus et chemj.fi. quai. tsn riche et beau ve,
- J M i<t‘t L?chMï
- ’sefternent-. .
- ï%
- “Chemise . — Epoque Louis XIII.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- On les imposait comme redevance aux arrières-vassaux et dans maintes chartes, on trouve l’obligation d’en fournir un certain nombre.
- Les femmes serves étaient tenues d’en fabriquer pour leurs seigneurs un nombre déterminé. (Rapport de l’Exposition de Milan, Georges Dehesdin).
- Dans le polyptique de Saint-Amand, les femmes obligées de faire des « canisiles )) pouvaient racheter ce travail moyennant 8 deniers. Elles portent le nom de Canisilariæ, dans lequel on peut trouver ce nous semble l’origine du mot chemisières.
- On paye au IXe siècle la façon de 8 aunes de lin pour faire une canisilis, 4 deniers, 9 fr. 40. Trente belles chemises confectionnées valent 3 livres d'or. Vers l’an 900, ce prix s’abaissera à 12 deniers, soit 28 francs l’une.
- On peut donc affirmer qu’avec des noms divers et malgré son prix élevé, sous les Capétiens, le vêtement de toile que nous portons en premier sous le nom de chemise, était déjà d’un usage courant.
- Si nous pénétrons un peu dans l’intimité de la belle Héloïse, nous la voyons à la toilette du soir, après avoir accepté l’aide de la serve, qui l’aidait ordinairement pour délacer les multiples robes dont elle était vêtue et surtout le bliaut dont le justaucorps et le gorgerin moulaient étroitement son jeune corps, se trouver seulement revêtue d’une :
- (( Chemise ridée Qui de fils d’or était brodée ))
- Chemise longue et blanche se fermant sur le devant et aux poignets étroitement ajustés, ornée de petits plis désignés ici sous le nom de rides.
- Mais ce vêtement est exclusivement réservé à la toilette de jour. La civilité recommande de placer tous les vêtements sur la perche qui se trouve au bout de chaque lit, excepté la chemise et les braies, qui auront leur place sous le traversin. Un curieux passage du « Ménagier de Paris » nous apprend qu’en général on n’ôtait la chemise qu’après être entré dans le lit et qu’ainsi on la plaçait sous le traversin pour ne plus se déranger. Il ajoute encore : « Lorsque le feu des cheminées sera éteint partout, vos gens se retireront pour se coucher. Il faut qu’ils aient chacun sa chandelle dans un chandelier solide à large pied, qu’ils déposent au milieu de la pièce, qu’ils l’éteignent à la bouche ou à la main avant de se mettre au lit et non pas au moment où ils enlèvent leur chemise, c’est-à-dire en jetant le vêtement sur la chandelle. »
- Bientôt au mot vulgai e de camise, dérivant du latin camisier, viendra s’ajouter le mot « chaisne », ainsi que nous le voyons en quelque fabliau de l’époque
- ... Trayez vous arrier
- N’attouchiez pas à mon chaisne Sire chevalier.
- La chemise est désormais adoptée dans le costume civil comme dans le militaire ; pour les menus gens, elle était en toile de chanvre et souvent aussi, mais non pas exclusivement, comme on l’a dit à tort, en laine, bien que ces dernières fussent toujours en usage chez les religieux.
- Les bains étaient d’autant plus nécessaires aux religieux, dit don Calmet, qu ils n’usaient point de linge comme ils en usent aujourd’hui... On a pourvu à ces inconve-
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- “ Chemise vers 1600 (T)’après une gravure flamande).
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- nients par des chemises de serge qu’on porte et qu’on peut laver aussi fréquemment que le besoin ou la bienséance le demande. (( Ce besoin n’était pas encore bien fréquent puisqu’en l’espèce chaque chemise n’était lavée que tous les quinze jours. Presque toujours le linge était blanchi à la maison. La taille de 1 292 cite seulement 43 lavandières parmi lesquelles on remarque comme une exception Jehanne, lavandière de l’abbaye Sainte-Geneviève, rue du Moustier (aujourd’hui rue des Prêtres Saint-Etienne du Mont), les couvents avant eux-mêmes leurs vêtements et leur linge. On faisait chauffer de l’eau à la cuisine, et les objets blanchis étaient étendus soit dans le cloître} soit dans un séchoir spécial.
- Le métier de lingère était surtout pratiqué par des filles perdues qui, il faut le dire à la louange du XIIIe siècle, ne faisant point fortune avec les générosités de leurs galants, étaient obligées de chercher un gagne pain.
- Pour celles qui, d’une conduite irréprochable, étaient forcées de recourir à ce métier infamant, la vie était pénible et elles se trouvaient presque à l’écart de la société.
- Dans le roman de la Comtesse d’Anjou (XIIIesiècle), Jehan Maillart nous apprend que son héroïne voulant se cacher, acheta avec sa servante, du fil « des tavelles » et commanda au charpentier les « frainnes et les espées d’un métier et ainsi vécut en petite ouvrière sans autre distraction que les offices religieux ».
- Jean de Garlande se plaint pourtant du tort que la concurrence masculine fait à ces pauvres femmes vendant en leur lieu et place des nappes, des essuie-mains, des voiles et autres objets de toilette.
- Sous les Mérovingiens, pour sceller un contrat d’alliance d’une manière irrévocable, on donnait des cheveux. Sous les successeurs de Hugues Capet, on donna... sa chemise. C’est du moins ce qui arriva du temps de Louis IX: le vieux de la Montagne qui recherchait l’alliance du roi, lui envoya, pendant son séjour en Palestine, des ambassadeurs qui lui présentèrent une chemise et lui adressèrent cette singulière harangue : « Sire, nous sommes venus à vous de par notre sire, et il vous mande que tout ainsi que sa chemise est l’abellement le plus près du corps de la personne, ainsi
- “ Chemise Fin du XVIII' siècle **
- (D*après une illustration pour n Le Roi Candaule").
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- vous envoie-t-il la chemise que voici, dont il vous fait présent, en signifiance que vous êtes celui roi lequel il aime le plus avoir union et à entretenir. »
- La chemise de jour se généralisa vers 1300, dans les masses. C’est l’originalité de ce siècle en fait de vêtement d’avoir été le siècle du linge, et l’usage universel de la chemise est, à bien prendre, un événement considérable de ce temps. M. Jules Quicherat, qui n’eut garde de s’égarer dans les discussions précédentes sur la question de l’emploi de la chainse de laine ou de fil, nous dit positivement, à la date de 1340 : « La chainse se transforma en chemise, la chemise dans le sens où nous l’entendons, pièce fondamentale en toile de fil, que toute personne aisée voulut porter sur la peau ». Pourtant nous pouvons contredire cette assertion en ce sens que dès la première moitié du XIVe siècle, la chemise ne fut pas réservée aux personnes aisées : elle devint alors d’un usage universel. Non seulement l’inventaire d’un valet de chambre, dressé en 1361, comprend jusqu’à 13 chemises, mais encore nous voyons que des serviteurs de l’ordre le plus humble, de simples valets de ferme, ont une chemise à ôter quand ils se mettent au lit et une chemise à mettre quand ils en sortent. Dans un acte où il est question de bandes de jeunes garçons qui viennent de se débarrasser de leurs vêtements de dessus, pour jouer à la paume, on constate qu’ils sont tous en chemise. De pauvres femmes volent une grande toile à battre le blé pour s’en faire des chemises.
- Au fond des campagnes, on est déjà si riche en draps et en chemises qu’on fait une lessive à part pour le linge. *
- Un jour que Charles de Blois, au retour d’un voyage à Paris, passe par Saint-Aubin-du-Cormier, village situé sur les marches de Bretagne et de Normandie, qui ont tant souffert des guerres, il apprend que deux malheureux qui viennent de mourir n’ont laissé ni draps, ni chemises, ni linge d’aucune sorte pour les ensevelir. Et le bon duc, vivement apitoyé par une telle misère, de payer la messe et 15 sous pour les draps qui serviront de linceuls !
- Cette vulgarisation de l’usage du linge nous fait toucher à un point fondamental des progrès de la civilisation ; nous voulons parler de la découverte de l’imprimerie.
- Antérieurement au XIVe siècle, quand on rédigeait un acte quelconque, on se servait pour fixer l’écriture de parchemin, matière qui s’était peu à peu substituée au papyrus des anciens, conservé encore à l’époque mérovingienne. Au XIIIe siècle, le papier de coton importé à la suite des Croisades, commence à être employé principalement dans le Midi de la France. Mais ce papier fabriqué en Orient est d’un prix très élevé ; on ne s’en sert que pour écrire des documents courts et isolés, des lettres par exemple.
- L’abondance croissante de l’usage du linge, et comme conséquence, la facilité de fabriquer ainsi à des prix plus bas du papier de chiffe, porte le dernier coup aux vieux usages.
- Le papier devient dès lors de plus en plus commun. Sous Philippe de Valois, nous voyons pour la première fois paraître dans notre pays, des registres entiers composés de papier, remplaçant économiquement le parchemin. Ne pourrait-on pas voir là une des raisons qui ont facilité la vulgarisation de l’imprimerie ? L’usage du papier fabriqué exclusivement dans nos pays rendit plus facile l’application de l’invention de Gutenberg. Les livres auraient été longtemps très coûteux, s’il avait fallu les imprimer sur les papiers d’Orient.
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- A cette époque de transformation, à l’aube de ce grand mouvement qu’est la Renaissance, toutes les améliorations sont solidaires les unes des autres. L’acquisition d’un supplément de bien-être et d’hygiène, avec l’adoption presque générale de la chemise, pourrait fort bien avoir un lien avec la fabrication du nouveau papier qui servit à l’impression des premiers livres.
- '* Le Lever
- (Fin du XVIIIe siècle, Régnault).
- La chemise n’était pas encore un vêtement long et enveloppant. Elle était très courte et très étriquée, simple gilet de toile en réalité.
- La preuve, c’est que « les doublets », sorte de chemise cousue en double, partie du vêtement féminin, qui se portait sur la peau, sont cinq ou six fois plus chers que les chemises.
- Comme vêtements, les chemises et les doublets sont trop divers pour qu’on puisse
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- faire un rapprochement sur leur prix moyen. Il n’est pas commode d’ailleurs de trouver une base d’appréciation sérieuse pour les objets fabriqués au moyen âge. On sait facilement le prix d’un mètre de toile, le chiffre de la main-d’œuvre est plus difficile à établir. Les nouveaux systèmes de fabrication et de vente : spécialisation du travail, invention de la machine à coudre, débouchés plus nombreux et plus étendus, ont tellement modifié les transactions, que le salaire d’une ouvrière du XIVe siècle ne peut se comparer au salaire d’une ouvrière de 1910 pour la confection du même objet.
- Au XIVe siècle, le type le plus simple valait 1 fr. 50 ; la chemise de noces de la fille d’ un boucher, se payait 2 fr. 25. Et si « le doublet » d’une bourgeoise se payait 14 fr. et celui d’une dame noble 20 fr., il est des élégantes qui y mettaient jusqu’à 42 francs.
- Isabeau de Bavière mit en honneur le luxe du linge et à sa suite, les femmes de sa cour voulurent montrer qu’elles possédaient des chemises de toile de lin. Elles fendirent leurs manches, elles entr’ouvrirent même leurs robes sur les hanches, de manière à faire constater à tous le luxe de leurs dessous. Mais comme ces fantaisies étaient coûteuses, la vanité et la coquetterie leur suggérèrent un stratagème : on mit de la toile de lin seulement aux parties que le public pouvait voir ; le surplus de la chemise était en grosse toile de chanvre, appelée canevas, et tissée par les « cheva-nassiers ».
- Ainsi, est-ce comme cela qu’on peut comprendre les restrictions des auteurs du temps. Le linge de fabrication médiocre était vulgarisé, mais les belles toiles restaient article de luxe. Si la première chemise de lin d’Isabeau de Bavière avait paru une recherche inouïe, d’autres reines de France, dont Marie d’Anjou, femme de Charles VII, n’en possédèrent que deux; il est vrai qu’elles étaient de toile de Frise.
- En 1430, quelques tisserands des comtés de Chester et de Lancastre, commencèrent à tisser du coton pour en faire des vêtements. Jusqu’alors l’emploi du dit coton n’ayant été que de faire des mèches de chandelle.
- Les fabriques françaises de Reims, de Troyes, de Laval, étaient en pleine activité, mais l’on estimait dans l’Artois et les Flandres qu’une aune seule de toile équivalait à 87 livres de blé.
- En Italie, les prix devaient être moins considérables, pour qu’une courtisane de Rome, au XVIe siècle, puisse faire ainsi l’inventaire de sa garde-robe : « J’ai plus de 100 chemises de soie frangées d’or, je possède du linge plus blanc que la neige et en telle quantité que celui qui le voit en demeure stupéfait. Il est imprégné de rares senteurs. (Les courtisanes à Rome, Courtisanes et bouffons, E. Rodocanachi.)
- M. Georges Dehesdin, dans son Rapport de VExposition de Milan, où il fait avec autant d’autorité que d’érudition, l’historique de la chemise à travers les âges, nous conte que : « Anne de Bretagne résista avec une véritable opiniâtreté de Bretonne à l’invasion des façons italiennes rapportées en France par les femmes de fonctionnaires que Louis XII employa en Lombardie pendant sa domination éphémère sur cette contrée. » Néanmoins, plus d’un détail emprunté à la toilette des Milanaises et des Génoises prit faveur dans les villes et les châteaux. Ainsi les gorgerettes et les pièces d’estomac furent mises de côté.
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- « A leur place, on laissa voir au dégagement de la robe une encolure de chemise délicatement brodée. La chemise apparaissait encore aux manches de la cotte, qui furent faites de deux brassards ou de deux mancherons réunis par des rubans.
- « Sous le règne de François Ier, à l’extrémité de la chemise on place une petite garniture plissée ou froncée et que laisse voir le pourpoint échancré et décolleté comme le corsage des femmes.
- ** Chemise 1810
- « Biaise de Montluc, qui vivait à l’époque de Henri II décrivait la façon dont il était habillé pour assister à une cérémonie qui eut lieu en 1515, nous parle « d’une chemise ornée de soie cramoisie et de filet (dentelle et or) ». Les chemises de Charles-Quint, qui vraisemblablement étaient d’une richesse exceptionnelle, étaient vendues 25 francs à Bruxelles.
- Les chemises de femmes étaient également garnies avec cette recherche. Peut-être était-ce vêtement aussi élégant que la fameuse chemise de Marie de Clèves, dont les chroniques du temps nous ont conservé le souvenir. Au moment des fêtes du mariage de cette princesse, alors âgée de 16 ans, avec le prince de Condé (en 1572), le duc d’Anjou (futur Henri III) étant entré pendant un des grands bals
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- de la cour dans un réduit où il pensait réparer le désordre de sa toilette, causé par 1 extrême chaleur, se servit par mégarde, pour s’essuyer la figure, d’une chemise que la jeune mariée venait d’abandonner. 11 rentra dans le bal très impressionné, regarda Marie avec des yeux tout changés et oncques amoureux ne lui fut depuis lors plus fidèle ni plus tendrement dévoué.
- Plus tard, devenu roi de France, une de ses principales occupations sera de trouver le secret de maintenir droites à l’aide d’un empois spécial ses énormes fraises à tuyaux auxquelles l’amidon ne suffisait pas.
- L entretien et le savonnage de ces chemises coûtaient fort cher. Jehan de Ternier « lavandier du corps » reçut 7 livres pour avoir plusieurs fois savonné une chemise appartenant à Henri IV, il est vrai qu’elle était garnie d’or.
- Le Béarnais, en adoptant du linge aussi luxueux, suivait l’exemple de son père^ Antoine de Navarre, qui possédait également de très riches chemises. Il n’eut même pas le temps de les payer toutes, puisqu’en 1584 figure encore sur les comptes une chemise de nuit en toile damassée d’or et de soie rouge.
- Dans l’inventaire de 1581, on trouve : « sept chemises ouvrées de fils d’or où il y a des perles ; une chemise à ouvrage de soie noire ; 4 chemises, les 3 à ouvrage d’or et l’autre de soie blanche.
- Dans l’inventaire de 1634, nous voyons que dans le linge d’Henri IV, réclamé par Louis XIII, figurent « 23 chemises de toile fine à ouvrage de fil d’or et de soie de plusieurs couleurs, aux manchettes coulets et coutures. »
- Le roi exigea également autour de lui des trousseaux où le linge est en abondance.
- Celui de ses 12 pages comporte 8 chemises et autant de coiffes, de rabats et de paires de manchettes. Un lavandier spécial blanchit leur linge. Ces jeunes gens devaient être ainsi beaucoup mieux servis que la Grande Mademoiselle.
- Pendant la fuite du roi à Saint-Germain, au moment de la Fronde, elle nous dit dans ses mémoires qu elle était partie si démunie que : « l’on blanchissait ma chemise de nuit pendant le jour et ma chemise de jour pendant la nuit.
- Au début du XVIIIe siècle, les filles pénitentes de Saint-Magloire s’étaient fait une réputation pour le blanchissage du beau linge. Mais on leur reprochait de n’obtenir la blancheur du tissu qu’en remplaçant la soude par de la chaux, de brûler ainsi le linge, de le rendre dur et désagréable au toucher.
- Dès le XVIe siècle, les raffinés faisaient blanchir leur linge à l’étranger, en Hollande surtout, luxueuse coutume qui subsistait encore au XVIIIe siècle : « les eaux qui filtrent à travers les dunes, disait-on, étant parfaitement douces et claires ».
- Il y eut mieux encore, les négociants de Bordeaux envoyaient leur linge à Saint-Domingue, comme ils faisaient faire leurs chemises à Curaçao et raccommoder leurs porcelaines en Chine. C’est le comte de Vaublanc qui l’affirme.
- Les lingèresdu XVIIIe siècle, d’après Mercier, étaient filles du petit peuple et habituées à un travail assidu dont elles doivent tirer leur subsistance : « Monteuses de bonnets, nous dit-il, et ouvrières lingères, se séparent à dix-huit ans de leurs parents pauvres, prennent une chambre particulière et y vivent à leur fantaisie. » Dix à douze sous constituaient alors le salaire d’une journée de femme, journée plus dure que celle d aujourd’hui, puisqu’elle commençait dès l’aube.
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- Marlin, en 1791, traversant un village, près d’Etrépagny, nous peint les fileuses et les bonnetiers ouvrant leurs volets et se mettant à l’ouvrage dès sept heures du matin, tout en baillant d’ailleurs copieusement.
- Ajoutons qu’un arrêt du conseil du 21 août 1665 stipule qu’aucune fille ou femme ne pourra être reçue marchande lingère, si elle ne fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine!!!! (Détail cité par M. Famchon).
- Chemise d’enfant ” (‘Par Poullie, 1820).
- Dans certaines villes, les tisserands de toile sont très nombreux. Ils formaient la presque totalité des artisans.
- Les métiers sont bon marché, ne se payant guère plus de 8 à 10 livres. Plus chère est l’acquisition des matières premières, des fils de lin ou de chanvre qu il convertit en étoffe. Le maître travaille seul ou avec un apprenti, il a même quelquefois des métiers au dehors, chez des ouvriers en chambre.
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- A la fin du XVIIIe siècle, l’outillage se perfectionne, les ustensiles servant au métier d’un tisserand sont estimés 323 livres.
- Comme partout, nous trouvons des règlements très sévères et des sanctions inexorables s’ils sont enfreints : « A Rouen, l’on découvre un compagnon toilier travaillant clandestinement, les gardes de la corporation saisissent son métier et la toile qu il fabrique et les font vendre sur la place publique ; le malheureux compagnon est en outre condamné à une amende qui peut s’élever à 552 livres. (Les artisans et les domestiques d'autrefois, Albert Babeau).
- Le même auteur nous donne des renseignements d’après les inventaires qu’il a dépouillés, sur le nombre de chemises que possédaient les artisans et les bourgeois au XVIIIe siècle.
- En 1688, un compagnon blanchisseur possède huit chemises d’homme et quatre de femmes. En 1 703, un marchand de toile vend des chemises analogues à celles précitées 22 sols et les petites 16 sols.
- La servante d’un maire de Troyes avait en 1 747, 22 chemises, 32 cornettes,
- 18 bonnets en toile et mousseline en partie garnis de dentelle. C’est l’exemple de sa maîtresse qui, probablement l’incitait à faire des réserves de linge, puisque déjà la bourgeoisie tenait à honneur de garnir ses armoires de lingerie sérieuse et solide.
- MUe Delahante, qui habite Crépy-en-Valois, a 16 douzaines de chemises, son mari en possède 83 de lin ou de chanvre.
- Parmi les bourgeois de Troyes, où l’on ne tisse pas à domicile, mais où l’on achète la toile suivant ses besoins, M. Babeau n’a jamais rencontré de chiffres aussi élevés, 24 chemises c’est beaucoup, et une seule fois 72 chemises d’homme garnies de mousseline, rayées et brodées.
- Mais vient le Directoire, toutes ces élégances intimes, au moins pour les femmes, sont bannies sans retour. La chemise dépassant la taille s’arrangeait gauchement, un ajustement bien fait perdait toute sa grâce par les plis ondulants de ce vêtement antique, et il arriva un beau jour que la chemise et l’empois furent supprimés : « Vraiment, il y avait plus de deux mille ans que les femmes portaient ce vêtement et cela était d’une vétusté à périr... » On appelait cela se dévêtir à la Grecque.
- On se dévêtit si bien que le journal des Dames et des Modes nous apprend qu’on fut obligé de remettre au-dessus, sous le nom de tabliers-fichus, ce que l’on avait enlevé en dessous. « Cette parure peut, au premier coup d’œil, ne paraître qu un objet de luxe, mais si l’on vient à considérer la finesse transparente de la robe, qui souvent sert de chemise, on lui reconnaîtra la même utilité qu’aux tabliers de sauvage » (Journal des Dames et des Modes, 3 juin 1 789).
- Les femmes de l’entourage du premier Consul n’allaient pas tarder à ramener l’usage des trousseaux soignés et de la lingerie cossue et bien finie.
- Mme d’Abrantès écrit dans ses mémoires : « Mlles L’Olive et de Beuvry, lingères, alors fort en vogue, furent chargées de faire mon trousseau... D’une immense corbeille en gros de Naples rose brodée en chenille noire, étaient sortis une quantité de petits paquets noués avec des faveurs roses et bleues. C’étaient des chemises à manches gaufrées et brodées comme brodait Mlle L’Olive; des mouchoirs, des jupons, des canesous du matin, des peignoirs de mousseline de l’Inde, des camisoles de nuit, des
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- “ Jlllemagne ”
- (Commentdu XIXe siècle).
- bonnets du matin de toutes les couleurs, de toutes les formes, et tout cela brodé, garni de Valenciennes ou de Malines ou de point d’Angleterre ».
- En 1807, eut lieu le mariage de Jérôme Bonaparte avec la princesse Catherine de Wurtemberg, l’infatigable chroniqueuse qu’est Mme d’Abrantès, donne le détail de la toilette de la jeune fiancée, qui parut d’un démodé sans excuse, à ces fringantes jeunes femmes énivrés d’un luxe très récent.
- Après une chasse à courre dans les environs du Raincy, chacun était rentré chez soi pour procéder à la toilette du soir, lorsqu’une des femmes vint avertir la duchesse : « Ah! Madame, comment va-t-on faire? La princesse n’a pas de chemise ! »
- Les fourgons de la princesse repartis après que ses femmes eurent pris toute la toilette de leur royale maîtresse, la chemise avait été oubliée.
- « Si la princesse n’a pas de chemise, prenez-en une demi-douzaine des miennes, c’est cinq fois plus qu’il ne lui en faut. Et par où voulez-
- vous qu’elle y entre, Madame ? me dit Joséphine.
- « A cette époque, j’étais excessivement mince, et la princesse de Wurtemberg était énormément grasse au contraire.
- « Porte-leur toujours les chemises, lui dis-je, on en fera ce qu’on pourra ».
- Mlle Reidler porta une demi-douzaine de belles t * chemises de batiste brodée, avec les manches gaufrées
- ^ et à poignets. La princesse entra dedans exactement
- comme dans un étui. Quant aux poignets, on les coupa.
- Nous sommes loin des suppressions du Directoire, et dans toute la période qui va suivre, avoir des dessous soignés et de la lingerie irréprochable sera la grande préoccupation des élégantes.
- Signalons vers 1825 une modification importante dans la lingerie féminine : on remplace la camisole de nuit de fine toile de Hollande, par la chemise de nuit restée au moins dans ses grandes lignes, le vêtement des femmes d’aujourd’hui. Mais cette innovation parut hardie et un manuel des usages de l’époque recommande à ses clientes, si le temps est frais, et si elles craignent de voir dessiner trop leurs formes avec les cols rabattus et garnis, de mettre dessous un fichu de mousseline!
- Dans leurs exagérations intransigeantes, les romantiques supprimèrent pour les hommes la vue de ce petit triangle empesé, qui s’appelle un col de chemise. Qui ose ainsi se montrer en public est traité de « barbare »,
- * Allemagne”
- (.Commencement du XIXe siècle).
- ‘‘jillemagne
- (Commencement du XIXe siècle).
- hottentot
- epicier
- bourgeois », « philistin », pour tout dire d’un mot classique.
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- On n en fait plus usage, pour la belle raison qu’on n’en portait pas au moyen âge ni au temps des Valois. Il ne faut rien moins que toute la majesté olympienne de Victor Hugo et les tremblements de terreur qu’il inspire pour qu’on lui passe son petit col rabattu, concession à Joseph Prud’homme.
- Au point de vue fabrication, entre 1820 et 1835, une révolution s’opéra. Jusque-là, les femmes seules taillaient et cousaient les chemises d’hommes. Petit à petit les
- “La Chemise en 1835”
- lingères sentaient pourtant que leur clientèle masculine leur échappait ; elles avaient perfectionné leur coupe, mis en honneur les coudes arrondis et les poignets brisés sai>6 aucun succès. Deux tailleurs pour chemises (il n’est pas inutile de bien spécifier la dénomination de mauvais plaisants l’ayant travestie « tailleurs en chemises ») firent bientôt une grosse réclame et surent capter l’attention, grâce à des innovations. Ils imitèrent les tailleurs d’habits et se rendirent chez leurs clients pour essayer et prendre mesure, dans une élégante voiture, accompagnés d’un groom en livrée. La vogue leur donna bientôt la préférence et Paris fut doté d’une nouvelle classe d’artisans du costume : les chemisiers.
- Avec eux, la chemise empesée réapparut triomphante, si triomphante, qu’on en arrive à ces exagérations citées par le Journal des Demoiselles, de 1850, à propos de l’Exposition de Londres, où l’on vit une chemise d’homme sur les devants de laquelle on a brodé tous les monuments de Madrid et de Séville, palais et cathédrales ! ! !
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- LE PANTALON
- • /Ut'.'
- Voici un objet de la toilette féminine qui eut de fréquentes éclipses dans l’histoire des modes, bien que son usage, à en croire certains auteurs modernes, put être signalé dans la plus haute antiquité.
- Flaubert et Pierre Louys, deux délicats jaloux de l’exactitude historique la plus minutieuse, en font porter à leurs héroïnes. Au surplus, il nous serait peut-être difficile de ranger les caleçons de Salomé, noirs semés de mandragore, et les caleçons fendus de la reine Bérénice, dans des objets de lingerie, mais tout au moins, la forme était analogue à celle des mêmes objets que nous allons retrouver, d’abord portés par les Romaines, les fouilles faites à Pompeï ne laissant aucun doute à cet égard ; puis par les châtelaines du moyen âge, qui avaient une culotte d’étoffe à crevés, leur permettant de chevaucher à califourchon et en croupe.
- Ce n’était pourtant pas cette raison qui fit adopter aux courtisanes vénitiennes l’usage de la culotte masculine. Le reste de leur costume : leur fausse panse et leurs chaussures à hauts patins les rendant si majestueuses qu elles étaient inaptes aux exercices physiques.
- On put voir à l'exposition du costume, organisée en 1874, un portrait en pied grandeur nature, oii sous une jupe en gaze des plus légères, laissant deviner le dessous, on
- aperçoit une culotte descendant jusqu’aux genoux. Il ne paraît point que la noble dame du XVIe siècle représentée en cet accoutrement fut une courtisane. La culotte habituelle des femmes de cette classe était matelassée à la ceinture et munie de poches sur les côtés, c’était d’ailleurs un vêtement enjolivé, brodé et fort coquet, malgré les injures de Biaise de Vignère, qui appelle ces chausses provinçales braguesques, guesguesques et... marinesques.
- Débuts du XIXe siècle.
- ./,
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- “ Frauen Wesch”, Allemagne. Débuts du XIX' siècle.
- Ce qui est certain, c’est que, comme toutes les excentricités, d’usage en Italie, cette mode passa la frontière avec Catherine de Médicis: les uns en accusent sa nouvelle façon de monter à cheval, les autres, et avec plus de raison, l’intrusion parallèle du vertugade, qui écartait et faisait balonner les jupes.
- Toutes ou presque toutes les héroïnes de Brantôme portent des caleçons, et le joyeux conteur n’a garde d’oublier les détails de ces dessous des dames galantes, qui furent parfois en toile d’or ou d’argent.
- Il est probable que la vogue du pantalon féminin à cette époque avait pénétré
- dans les campagnes, et que non seulement les femmes de la cour, mais les paysannes en avaient adopté l’usage, à en croire un testament du 1erdécembre 1596, de Jeanne Moreau, femme de Denis Drouet, de Villebaron (Loir-et-Cher), qui laisse: « une cotte qui a le corps tané, une garde robbe avec le davant, et une paire de chausses de serge. » De même encore dans le Loir-et-Cher, la femme du seigneur de Clénor, décédée en sa maison seigneuriale le 14 mai 1615 laisse : « une paire de cannesons de furtine à usage de femme, estimée 4 sols, inscrit dans son inventaire. »
- Lorsqu’après l’assassinat de son mari, on vint arrêter la maréchale d’Ancre, du Hallier, capitaine des gardes, fut chargé de rechercher tous ses bijoux. Il eut l’infamie de fouiller jusqu’au caleçon : elle avait un caleçon de frise rouge de Florence. Elle répondit qu’en d’autres temps, elle ne l’eût point souffert, mais qu’en ce moment tout était permis, et du Hallier tâta le caleçon. (La civilité, l'étiquette, la mode, le bon ton du XIIIe au XIXe siècle, Alfred Franklin.)
- Au XVIIe et au XVIIIe siècle, disparition complète des caleçons. Les chroniques plus que légères nous renseignent assez abondamment sur maints incidents du temps des paniers, qui nous prouvent que l’usage de ce vêtement discret était tout à fait inconnu.
- C’est au théâtre que nous le revoyons pour la première fois, où il entre à la suite d’une innovation de la Camargo.
- « C’est Camargo qui osa la première fois raccourcir ses jupons et cette invention utile qui met les amateurs en état de juger avec connaissance les jambes des danseuses, a été depuis généralement adoptée; mais alors elle pensa occasionner un schisme dangereux. Les jansénistes du parterre criaient à l’hérésie et au scandale et ne voulaient pas souffrir ces jupes raccourcies ; les molinistes, au contraire, soutenaient que cette innovation nous rapprochait de l’esprit de la primitive église, qui répugnait à voir des pirouettes et des gargouillades embarrassées par la longueur des cotillons. La Sorbonne de l’Opéra fut longtemps en peine d’établir la sainte doctrine sur ce point de discipline qui partageait les fidèles. Enfin, le Saint-Esprit lui suggéra dans cette occasion difficile, un tempérament qui mit tout le monde d’accord ; elle se décida pour les jupes raccourcies, mais elle déclara en même temps, article de foi, qu’aucune danseuse ne pourrait paraître au théâtre sans caleçon.
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- Progrès de la toilette”. — Caricature anglaise 1801.
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- Cette décision est devenue depuis un point de discipline fondamental dans l’église orthodoxe par l’acceptation générale de toutes les puissances de l’Opéra. (Grim et Diderot, Correspondance littéraire philosophique et critique adressée à un souverain d’Allemagne depuis 1770 jusqu'en 1782.)
- Si Grim exerce sa verve sur un sujet aussi joyeux, Mercier nous renseigne davantage et nous dit que c’est une ordonnance de police qui enjoint à toute actrice ou danseuse de ne paraître sur les planches d’aucun théâtre sans caleçon.
- « L’actrice qui joue le rôle grave de Mérope n’en est pas plus dispensée que celle qui bondit et fait des cabrioles au-dessus des têtes pressées du parterre. Cette loi s étend depuis la salle de l’Opéra jusqu’à la loge du grimacier. » (Tableau de Paris).
- Avec les modes à la Grecque du Directoire, on adopte non le pantalon, mais le maillot, proche parent de la combinaison préconisée par les Américaines du XXe siècle.
- Les pantalons de soie rose chair adhéraient parfaitement et suivaient exactement les contours des femmes qui les revêtaient, mais ils ne furent qu’un palliatif insuffisant aux rigueurs de notre climat, qui fit tant de victimes parmi les femmes jeunes et charmantes qui se soumettaient à la folie des modes antiques. Leur règne fut donc éphémère ; ils disparurent avec la fin du XVIIIe siècle.
- Sous l’Empire, Hortense de Beauharnais s obstinant à porter des pantalons brodés ou de mousseline festonnée paraît une exception.
- C est originalité de sa part, aisément par-donnée d’ailleurs à la jolie femme et à la charmante reine qu’elle est.
- Vers la fin du règne de Louis XVIII, le pantalon fit une timide réapparition, vivement combattue par nombre d’adversaires, et il lui faut près de trente ans pour obtenir la place essentielle qu’il tient aujourd’hui dans la toilette de la femme.
- Au mois de mai 1822, quelques femmes reprirent le pantalon, c’étaient des femmes sans équipage; on ne les vit guère à pied que dans les galeries du musée, promenade où peu de personnes étaient admises. Leur pantalon blanc dépassait de quelques travers de doigt une blouse de batiste écrue (La Mésangère, Dictionnaire des Proverbes français).
- Le Journal des Dames de la même époque signale la mode récemment lancée des blouses pour les dames accompagnées de pantalons, il est vrai, ajoute le courriériste : « que deux compagnes de couvent se rencontrant avec leur grand chapeau de paille, leur blouse de toile écrue, leur pantalon et leurs guêtres, semblent plutôt deux jeunes paysans que deux Parisiennes. »
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- Chose extraordinaire, cette mode parfaitement décente, restait l’apanage des courtisanes. Malgré le timide essai fait par quelques élégantes de la Chaussée d’Antin, qui avaient voulu faire adopter la coutume turque des longs caleçons de mousseline, les femmes de la bonne société ne voulurent point suivre cet exemple.
- “ Pantalon de fillette 1834 ”
- On signale cependant des merveilleuses qui, pour monter à cheval, font faire des pantalons à mille raies froncés autour de la cheville et garnis de deux volants.
- C’est ordinairement la forme préconisée par les journaux de modes qui, bien timidement, se ralliaient à l’excentricité du pantalon.
- Le Journal des Dames nous parle de caleçons longs en mousseline de Suisse terminés par une broderie et assujettis par une agrafe au mollet, qu’il préfère aux
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- caleçons courts de laine fine terminés par une manchette de mousseline. Elégance qui nous semble pourtant d’un goût assez discutable.
- Même note dans la Vieille Maîtresse, de Barbey d’Aurevilly, où la Vellini était vêtue comme une femme qui descendrait de vaisseau après la traversée. Elle avait une robe de voyage en étoffe écossaise, à grands carreaux écarlates, avec un pantalon de même couleur. »
- En 1837, une Anglaise qui se risque à l’Opéra ainsi affublée, soulève un succès de curiosité : « Les cheveux en boucles flottantes sur ses épaules et tout autour de sa tête, une robe de mousseline très empesée et très écourtée, un large pantalon à deux rangs de garniture.
- Les devis de trousseaux de 1846 à 1850 ne comptent de pantalons que très exceptionnellement; quelquefois une douzaine à 5 francs pièce.
- On en met dans ses bagages lorsqu’on part en voyage, surtout pour excursionner en montagne. Ce sont des pantalons avec un entre-deux au bas, posé par-dessus un petit volant qui le termine. La garniture est tantôt une humble frivolité, tantôt une très petite Valenciennes.
- Aucune hésitation pour les jeunes personnes comme on disait alors, toutes en portent, horribles de forme, voilant la jambe jusqu’à la cheville, très décents, mais très bourgeois ; ils donnent l’air à toute la jeune génération féminine d’une troupe de pigeons pattus.
- C’est le rêve des fillettes de le quitter, ce jour-là elles se croient jeunes filles, presque femmes. Elles abandonnent le couvent, où l’usage du pantalon s’est implanté, si l’objet ne paraît plus d’une suprême inconvenance, le mot du moins est sujet à toutes les prohibitions, et ces bouches de quinze ans, aussi pudibondes que des Anglaises, ne sauront demander pour le désigner que des tiroirs ou des tuyaux de modestie!!!
- Le second Empire seul, avec sa mode de crinolines, nous débarrassera des compromis. Dans un chapitre spécial, nous constaterons la stabilité des modes sur ce sujet depuis cinquante ans.
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- LE MOUCHOIR
- Il est certain que les mouchoirs de l’antiquité n’avaient aucun rapport avec l’usage que nous faisons de ce carré de toile aujourd’hui et qu’ils servaient à essuyer la face et le cou lorsqu’on était en transpiration. Chez les Romains, d’ailleurs, l’action de se moucher était presque honteuse et les femmes essayaient de la dissimuler pour ne point déplaire au maître.
- Passons rapidement sur l’Orarium du moyen âge, resté aujourd’hui sous le nom d’étole ce qu’il était, vêtement ecclésiastique s’attachant au bras gauche, pour le prêtre, à la crosse pour l’évêque. Rieulfe, évêque d’Elne en Roussillon, fit à son église, en 915, présent de six de ces mouchoirs, dont l’un est orné de clochettes. Constatons
- une fois de plus que l’origine du mou-
- choir à moucher est fort obscure et que l’étymologie du mot elle-même est sujette à caution, puisque certains fantaisistes la font dériver de l’usage où l’on était sous Louis XIII de se servir de cet objet pour chasser les mouches.
- M. Franklin nous signale des mouchoirs dans les inventaires royaux de Charlotte de Savoye, veuve de Louis XI « trois mouchoirs brodéz d’or et de soye », et au moment de son mariage avec Charles VIII, Anne de Bretagne fit faire quatre douzaines de mouchoirs.
- Pour le Dr Cabanes, la tradition qui n’est, à vrai dire appuyée d’aucun document sérieux, veut que le pays d’origine du mouchoir ait été Venise, vers 1540, où on le con-importé en France, il aurait été de
- Espagne XVIe siècle ”
- (Bulletin de la Société de VHistoire du Costume.)
- naissait sous le nom de Fazzoletto. De là, suprême élégance et de vrai bon ton d’avoir un mouchoir à la cour de Henri II.
- Sous le règne de Charles IX, ne sachant qu’en faire, l’usage des poches étant encore inconnu, on était condamné à le garder à la main ou à le faire voisiner dans l’escarcelle avec les gants et les papiers.
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- De fait, comme c’était un objet très apparent et qu’on y déploie un grand luxe, il reste l’apanage des gens du monde élégant, qui ne se servent de lui que « quand le plus gros de la besogne est déjà fait ».
- Henri IV eut des périodes dans son existence où, courant les campagnes, son trousseau n’est pas des mieux garnis et où son valet de chambre ne peut compter que
- " Gravure italienne. — Fin du XVe siècle
- cinq mouchoirs. Aussi plus tard voudra-t-il que ni sa femme ni sa maîtresse, soient dépourvues des mouchoirs les plus élégants, Gabrielle d’Estrées en possédait en ouvrage d’or, d’argent et de soye, un entre autres qu’elle arbora un soir de ballet et qu’elle paya dix neuf cents écus. Après son décès, le roi ne voulut point qu’ils fussent perdus et les réclama.
- Dans l’inventaire de Marie de Médicis, il figure des mouchoirs ornés de point de Gênes frisé.
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- Telle était la nouvelle fantaisie de la mode, les marjolets de cour, comme les appelle Sully, portaient en leurs pochettes de petits, très petits mouchoirs brodés de point de Venise ou de Gênes et copieusement parfumés.
- Pendant que Croiselles écoutait la lecture de son contrat < il avait mis son mouchoir sur sa teste et en tenait un des glands dans sa bouche». Ce mouchoir était-il un gage d’amour? En Angleterre, l’usage était constant : « Dames et demoiselles, écrit Stowe, donnent à leurs galants, en signe de préférence, des petits mouchoirs de trois ou quatre pouces en carré brodés tout autour et ornés d’un bouton à chaque coin, les plus élégants sont garnis de dentelle d’or; ils coûtent 16 à 18 pences. Les hommes les portent à leurs chapeaux, comme gages d'amour de leurs maîtresses.
- Sous Louis XIII, nous revoyons le mouchoir sur la tête... des femmes qui 1 ajustaient sur leur chef avec des épingles. Pour lui, les lois somptuaires de Richelieu se départissent de leur rigueur et les collets, manchettes et mouchoirs peuvent être garnis de point coupé.
- C’est l’époque où Clyante lègue à Alcyone « un mouchoir de toile de Hollande garny d’un petit passement des Flandres et de galans de fleurs d’orange ».
- Suivant le siècle où ils furent écrits, les livres de civilité nous donnent des conseils différents sur l’usage du mouchoir.
- Erasme, au XVIe siècle, recommande de : « ne point se moucher à son bonnet, ce qui appartient aux rustiques ; se moucher au coude ou au bras convient aux pâtissiers ; se moucher de la main, si d’aventure au même instant tu la portes à ta robe n’est chose beaucoup plus civile. Mais recevoir les excréments du nez avec un mouchoir se retournant un peu des gens d’honneur, est chose honneste. Et si d’aventure quelque chose tombait à terre en se mouchant de deux doigts, il faut incontinent marcher dessus ».
- En 1644, les Lois de la galanterie donnent sur le même sujet des conseils d’élégance, dans un langage plus précieux, mais pour user du mouchoir d’une manière qui peut nous paraître étrange aujourd’hui, il n’interdit point d’en faire parade dans la conversation, au contraire : « à un certain temps de là, vous tirerez un mouchoir de vostre poche, que vous estallerez un peu pour en faire paraître la grandeur et la beauté de la toile plus tôt que pour vous moucher ».
- L.’expression même qu’on employait au XVIIe siècle, peut nous apparaître comme un pléonasme vicieux, maintenant que l’usage du mouchoir est parfaitement défini, on disait mouchoir à moucher, ce que condamne du reste Ménage, dans son Dictionnaire étymologique, où il est dit : « Mouchoir à moucher ». Comme ce mot de moucher donne une vilaine image, les dames devraient plutôt appeler ce mouchoir, de poche, comme on dit mouchoir de cou, que mouchoir à moucher. Les grands cols portés par les femmes au temps de Louis XIV avaient tous pour origine le mouchoir endentelle et quelquefois orné de quatre grosses houppes qu’on laissait tomber sur l’estomac.
- Il faut croire qu’à ces usages divers, le mouchoir avait perdu sa forme première, puisqu’un édit de Louis XVI, à l’instigation de Marie-Antoinette, qui se plaignait des formes et des dimensions trop variées des mouchoirs, fixe leur longueur et leur largeur sous forme de carré.
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- « Nous sommes informés que les différents Règlements donnés pour la fabrication des mouchoirs ordonnent expressément que la longueur desdits mouchoirs sera égale à leur largeur. La plupart des fabricants, et notamment ceux de Cholet, Vihiers et autres lieux sont dans l’usage abusif de donner aux mouchoirs qu’ils fabriquent beaucoup plus de largeur que de longueur, sous prétexte que, conformément à nos lettres patentes du 5 mai 1779, ils ont la liberté de les fabriquer dans les proportions prescrites ou dans des combinaisons arbitraires.
- Donné àVersailles le 23 septembre 1784 (cité par le Dr Cabanes,
- Mœurs intimes du passé).
- Désormais, les mouchoirs sont immuablement carrés, la Révolution conserva intactes les ordonnances royales relatives aux prescriptions de cette importance.
- Une utilisation inattendue des jeunes merveilleux, fut de servir à porter le mouchoir. Les robes à la Grecque n’ayant plus aucune poche, ne permettaient pas de le porter sur soi. 11 est vrai que * la charge n’était peut-être pas bien lourde, les mouchoirs valant 1700 livres la douzaine.
- L’art de se moucher n’avait pas le mérite d’être silencieux, puisque la Mésangère écrivait en 1797 : « On faisait un art de se moucher il y a quelques années.
- L’un imitait le son de la trompette,
- l’autre le jurement du chat. Le point de perfection consistait à ne faire ni trop de bruit ni trop peu. » Il y a longtemps que le juste milieu ne fait même plus question.
- La Restauration verra le triomphe du mouchoir brodé d’une finesse extraordinaire, dont les femmes garderont l’usage jusqu’à la fin du second empire.
- « On brode sur le coin d’un mouchoir, une guirlande de myrte et de roses, l’amour est à l’autre coin avec ses flèches et son carquois. Les jeux, les ris, sont aux angles opposés, c’est un dessin tout à fait anachréontique, et les sujets sont pris dans les vignettes du petit Almanach des Dames. {L'Indécis, Journal des dames et des demoiselles, 1817).
- On fit encore mieux, et Mme de Girardin, en 1836, nous fait des descriptions enchanteresses des petites merveilles en usage sous Louis-Philippe.
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- Les nouveaux mouchoirs sont irrésistibles, cette large rivière de jours qui les bordait l’année dernière, est cette année séparée par un entre-deux de broderie délicate, imperceptible, légère, fine, gracieuse à en radoter. On fait bien aussi de riches bordures en relief semées d’oiseaux, de paons, de perroquets brodés d’un travail merveilleux, mais ce sont des mouchoirs de caprice, qui ne peuvent servir tous les jours ; si l’on est triste, le moyen d’avoir recours à un perroquet pour essuyer ses larmes. (Lettres parisiennes du 9 novembre 1836).
- On a repris dernièrement toutes ces jolies broderies et nous les avons vues orner des coussins, des têtières dans les salons de nos élégantes. Libre à nous d’évoquer devant ces vieilles batistes jaunies, nos grand’mères à la soirée de famille, ou lentement, patiemment, sous une lampe Carcel, près de la petite table à ouvrage pleine de minuscules boîtes de bois, de carton, ornée de festons en papier doré ; jeunes filles et jeunes femmes songeaient, en brodant ces mouchoirs, à l’inconnu dont elles espéraient attirer l’attention, lors d’une prochaine rencontre, à l’aide du carré de fin linon que tiendra leur jolie main.
- A la Cour des Valois.
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- La Fabrication de la Lingerie
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- LA CHEMISE D’HOMME
- La première opération consiste à plier la pièce d’étoffe, suivant une longueur déterminée par une règle appelée rectomètre, en plusieurs doubles, de telle façon qu’elle arrive à former ce qu’en terme de métier on nomme matelas.
- Sur ce matelas, les traceurs, à l’aide de patrons spéciaux, marquent la séparation des différents morceaux qui vont composer la chemise. Certains modèles comportent des patrons atteignant le chiffre de 40 pièces différentes.
- La chemise est ordinairement composée d’espèces d’étoffes diverses ; on peut avoir à tailler les devants, cols et poignets dans de la toile et le corps dans du tissu de coton. Pour toutes, il faut tailler en supplément un ou plusieurs doubles d’une étoffe appelée triplure, qu’on intercale dans les cols et poignets.
- Les divers matelas ainsi préparés passent sous la scie à ruban qui, aisément, tranche quelques centimètres d’épaisseur. Une seconde suffit ainsi pour couper plusieurs douzaines de chemises. Certaines usines arrivent à fabriquer 200.000 douzaines de chemises par an. C’est pour les apprentis chargés de ce soin, et qui prennent les paquets aussitôt après le sciage, 190.000.000 de morceaux à séparer les uns des autres et à classer dans une année.
- Puis, les femmes entrent en scène, et à la machine, assemblent, couturent, piquent, font les boutonnières (qu’il faut couper ensuite) terminent enfin, à raison de 5 à 6 chemises par jour et par ouvrière, moyennant un salaire de 2 à 4 francs, suivant leur capacité.
- La concurrence est teirible pour les articles de grosse consommation, et certains articles tout à fait ordinaires peuvent descendre jusqu’au prix de douze francs la douzaine, c’est-à-dire un franc pour une chemise composée de 40 morceaux coupés, cousus et lavés. L’assortiment nécessaire dans une grande maison de lingerie est aussi fort élevé, et peut exiger cent cinquante séries au moins, suivant les tailles et les formes. On distingue souvent six formes de cols par saison, dans chacune desquelles il faut avoir l’assortiment de dix pointures, donc soixante douzaines de chemises pour avoir chance d’en vendre une.
- Il y a encore des régions qui demandent des chemises de formes spéciales. Celles envoyées à Lille et à Calais, dites chemises du Nord, fermées par derrière, ce qui évite l’usure des boutonnières du devant, ménagent un peu plus la dépense. A Saint-Etienne, on préfère les devants à plis croisant l’un sur l’autre. A Lyon, on emploie les devants mobiles tenus par deux pattes aux épaules.
- Ajoutons que, pour compléter la difficulté de classement, la mode change souvent
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- et accorde sa faveur tantôt aux cols Aiglon, Pétrone, papillons, anglais, français, niçois et que l’imagination du fabricant est mise à contribution pour indiquer par un nom facile à retenir et j e rapportant aux préoccupations contemporaines la création qui fera son succès.
- Les tissus qui servent à la confection de ces chemises sont maintenant exclusivement français venus de Normandie ou des Vosges pour les chemises blanches; ces deux provinces fournissent également les zéphirs de couleur, concurremment avec le Nord et la région du Rhône.
- Enfin, citons comme article de grosse consommation la chemise de flanelle de coton pour les travailleurs et les soldats. Pour les flanelles de coton, les centres de production sont les mêmes que pour les zéphirs. La fabrication de la flanelle de laine reste circonscrite dans les régions ou l’on fabrique le drap : Reims et Elbeuf.
- Au sujet de la vente de la chemise en détail, nous ne pouvons mieux faire que d’ajouter ici ces quelques détails donnés antérieurement par M. Dehesdin, placé plus favorablement que personne pour connaître les dessous de la question.
- « Le commerce de la lingerie de détail a pris, en ces dernières années, une très grande extension.
- « Il s’est créé, chez nous, à l’instar de Londres, des maisons qui se spécialisent dans la vente des articles d’habillement pour hommes, et, plus particulièrement, des chemises, de la bonneterie, des cravates ; certaines vendent également le vêtement, les chapeaux et la chaussure.
- « Le genre de ces maisons, tenant le milieu entre le magasin de nouveautés et le spécialiste en renom, exerce sur la clientèle homme une véritable attraction.
- « La raison de cette faveur est que la plupart des hommes n’aiment point acheter. Ils entrent dans un magasin en faisant les courses que nécessitent leurs affaires et se dérangent rarement pour aller « chiffonner ».
- « Les grands magasins de nouveautés, toujours fréquentés par une clientèle de femmes en quête d’une « occasion exceptionnelle », d’un objet « vendu à perte », au besoin même d’un article « donné pour rien », sont trop vastes, trop confus, trop adimés pour qu’un homme sache s’y retrouver.
- « Il est convenu que les grands magasins de nouveautés sont le domaine de la femme, et l’homme se retrouve plus à son aise pour faire choix des articles qu’il veut, dans une maison de détail.
- « Dans certaines familles, les fils ont les mêmes fournisseurs que le père et c’est ainsi que se conserve la tradition de ne pas admettre qu’on puisse acheter tout faits certains articles.
- « Ainsi, le même homme trouvera naturel de porter des gilets de flanelle et des caleçons confectionnés en gros, mais il ne pourra se passer de commander ses chemises aux détaillants, et de les faire exécuter sur mesure ; il est admis qu’on peut acheter certains articles dans un grand magasin, mais il est également entendu que d’autres articles sont plus avantageux à acheter chéz les détaillants.
- « En réalité, il n’y a là que des habitudes, et l’on peut dire sans crainte, qu à part de très rares exceptions, la qualité des articles correspond, dans toutes les maisons sérieuses, à des prix équivalents.
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- « Aussi les détaillants font exécuter ces commandes soit par des entrepreneurs spéciaux, soit, tout simplement, par les fabricants de lingerie en gros.
- « En ce qui concerne la fabrication, les maisons de détail coupent elles-mêmes leur commande qu’elles font exécuter par des entrepreneurs à façon.
- « Les tissus sont assez souvent les mêmes que ceux dont on se sert pour la fabrication en gros ; ils viennent des mêmes centres de production.
- « A côté de la clientèle courante, les maisons de détail ont la confiance des « snobs », ce sont en général de jeunes hommes, frais émoulus du collège, que la liberté grise et qui croient sincèrement que le premier devoir d’un « citoyen indépendant » est de se signaler à l’attention de ses contemporains par un genre bien à lui. Il paraît que le plus remarquable des genres est de porter des tissus fabriqués à l’étranger et de copier les contre-façons de modes françaises qui, à force d’être dénaturalisées, deviennent « un genre ».
- « Les tissus de fantaisie étrangers que la lingerie de détail utilise, viennent d’Angleterre, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, etc. ; ils sont, en général, plus coûteux que nos tissu: L ançais ; mais il faut déjà tenir compte de la majoration que leur font subir les droits de douane perçus à leur entrée en France ».
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- Dans les dernières années, la chemise blanche a presque totalement disparu pour faire place à la chemise de couleur, en zéphir, en percale, avec des devants de fantaisie.
- La chemise à col et manchettes fixes a été remplacée par la chemise à poignets, avec col et manchettes mobiles, ce qui a donné naissance à une véritable industrie.
- La moyenne des prix a augmenté en France et la chemise très ordinaire a fait place à un article supérieur.
- Les spécialistes pour hommes arrivent à concurrencer les grands magasins et à faire un chiffre d’affaires très important.
- La couture à la machine remplace presque partout la couture à la main. Les couvents qui, autrefois, fournissaient la principale main-d’œuvre des chemises cousues à la main, ayant disparu de France, firent profiter l’étranger, principalement la Belgique, l’Angleterre, l’Amérique du Sud de leur habileté et de la modicité de leurs prix. Ces pays nous font une concurrence terrible, pouvant produire maintenant avec la régularité et le fini dont nous avions seuls autrefois le monopole.
- Signalons que, dans la recherche du bon marché, due à l’extrême concurrence, et pour abaisser le prix de façon, on est arrivé à créer des machines pour coudre les boutons.
- Depuis l’année dernière, un article appelé « cellular » a été employé pour la confection de la chemise et a joui immédiatement d’une très grande faveur. Son pays d’origine est l’Angleterre où les sports plus anciennement implantés que chez nous, ont fait rechercher la confection d’un tissu répondant aux exigences de l’hygiène, pour tous les sportsmen.
- Tissu souple, à mailles très larges, permettant la respiration de la peau et suffisamment spongieux pour éviter les refroidissements immédiats.
- Aussitôt l’apparition de ce nouvel article, on l imita en France, où l’on fait l’article bon marché, répondant à la demande de grosse consommation, tandis que l’article anglais est toujours resté article de luxe.
- Le caleçon en toile a pris une extension considérable due probablement à l’habitude que l’homme a, depuis son séjour au régiment, de porter un caleçon.
- Les caleçons fantaisie, à l’aspect flatteur et élégant, ont remplacé presque absolument les caleçons de toile blanche.
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- LINGERIE DE FEMME
- L industrie de la lingerie de femme vient d’être très éprouvée, depuis deux ans, par suite de la transformation de la mode. La femme ayant remplacé le jupon et le pantalon par la combinaison en Jersey, l’exportation a également diminué en raison de 1 exode dont nous avons parlé dans le paragraphe précédent, des communautés religieuses dont les ouvroirs étaient principalement alimentés par la confection de la lingerie de femme.
- Nos industriels ont été obligés de se rejeter sur la campagne où la ménagère, après s être occupée de son intérieur et pris soin de ses enfants, consacre ses instants de liberté à la couture. Ce travail lui est procuré par les courtiers des grandes maisons parisiennes, qui viennent la trouver à domicile, lui apportant et lui emportant sa tâche, à intervalles réguliers. Cette manutention se complique souvent des difficultés de communication dans les régions éloignées des Vosges, par exemple.
- Le voyageur est alors obligé de donner rendez-vous à l’ouvrière à un carrefour en pleine forêt, et les intempéries des saisons rendent la tâche difficile pour le contrôle des réceptions et des livraisons.
- On comprend aisément, nous nous permettons de le faire remarquer en passant, la difficulté, sinon l’impossibilité que rencontre l’industriel pour l’application de la loi sur les retraites ouvrières en pareille circonstance.
- Il y aurait également en l’occurrence presque impossibilité pour l’industriel de garantir un minimum de salaire pour l’ouvrière travaillant à domicile.
- En dehors du travail donné aux paysannes, l’industriel est obligé d’avoir des ateliers où la main-d’œuvre varie de 3 à 5 francs par jour, toutes les ouvrières étant aux pièces.
- Par suite de la concurrence énorme qui est survenue dans cette industrie, aussi bien en France qu’à l’Etranger, le génie a fait naître des machines permettant une production intense, et par suite donnant un prix de façon beaucoup moindre qu’en employant uniquement « la main ».
- Ces machines sont surtout de 3 catégories : la machine à broder, à festonner, à surjeter. Beaucoup d’autres machines ont été également employées, mais sans avoir, jusqu’à présent du moins, pu remplacer efficacement le travail à la main, et parmi celles-ci on peut citer des machines à faire les boutonnières et à coudre les boutons.
- On peut cependant constater que malgré ces ingénieux efforts l’article fait à la main conserve toujours, sur tous les marchés, une supériorité méritée et incontestée.
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- La Lingerie en Italie
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- LINGERIE D’HOMME
- L’Italie se suffit non seulement à elle-même, mais fait un très gros chiffre d’exportation. Elle nous concurrencie principalement sur la côte d’Afrique, en Algérie, en Tunisie, au Maroc et également dans l’Amérique du Sud. Cette constatation nous évite de parler de nos exportations au delà des Alpes, qui sont absolument milles.
- Par contre la Grèce et la Turquie qui s’y approvisionnaient en grande partie vont leur échapper, et l’article français y est à l’heure actuelle très demandé.
- Cette industrie se trouvait localisée en Italie, comme la majeure partie de celles similaires, dans le Nord, principalement aux environs de Milan. La main-d’œuvre, très bon marché, caractéristique de ce pays, fait de lui un concurrent redoutable.
- L’article de principale fabrication italienne est la chemise de couleur imprimée, car pour la chemise blanche, l’Autriche et l’Allemagne lui restent nettement supérieures.
- Avec les progrès réalisés par la confection en gros, la chemiserie sur mesure a diminué d’importance, les perfectionnements dans la coupe ayant permis de satisfaire le client même le plus minutieux.
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- LINGERIE DE FEMME
- Au point de vue de l’exportation, l’Italie offre un très petit débouché à cette industrie.
- Les Italiens, rendant un hommage mérité au bon goût parisien, s’inspirent de nos modèles, qu’ils font, répéter en grande quantité chez eux, bénéficiant et d’une main-d’œuvre beaucoup inférieure à la nôtre et des droits de douane et de transport, grevant le coût de nos articles.
- Il n’y a guère que la lingerie riche, comme seuls savent la faire confectionner nos industriels parisiens, qui franchit les frontières.
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- VUE DU PAVILLON DE HONGRIE
- La Lingerie à l’Exposition de Turin
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- Le nombre des exposants dans la Section française était de dix-sept :
- E. BERTHELOT.
- 35, rue des Jeûneurs, Paris.
- Maison fondée en 1869 par M. Duc, à qui succéda le titulaire actuel.
- Cette maison créa des centres industriels à Vaucouleurs (Meuse), à Concourt et Eurville (Haute-Marne).
- Ces pays, très appauvris par la suppression des métiers à bras et le manque de travail, acceptèrent cette nouvelle industrie.
- C’est là que fut le berceau de la flanelle manufacturée.
- En 1875, la maison créa un atelier d’apprentissage et forma une pépinière d’ouvrières habiles, les unes travaillant en atelier, les autres chez elles.
- Ces ateliers d’apprentissage rendent les plus grands services à la population ouvrière.
- On peut dire que c’est grâce à cette maison que le sous-vêtement en flanelle se vulgarisa et devint un article de nécessité accessible à toutes les bourses.
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- Par son importance de fabrication, un nombre considérable d’ouvriers et ouvrières y trouvent des moyens d’existence.
- L’habitant s’est dirigé vers l’usine où il a trouvé un salaire supérieur, et actuellement le pays est réputé pour la fabrication du gilet et de la camisole de flanelle.
- La maison de vente est située à Paris, 35, rue des Jeûneurs.
- Exposant depuis de longues années, elle obtint les récompenses suivantes : Paris, 1889, Médaille d’Argent; Anvers 1894, Médaille d’Or; Amsterdam 1895, Diplôme d’Honneur; Paris 1900, Médaille d’Or; Milan 1906, Saragosse 1908, Londres 1908, Grands Prix; Bruxelles 1910, Hors Concours, Membre du Jury; Turin 1911, Grand Prix.
- GRANDS MAGASINS DU BON MARCHÉ (Fillot, Lucet, Caslot & Cie).
- Le Bon Marché ne fut d’abord qu’un très petit magasin de nouveautés.
- En 1853, M. A. Boucicaut en prit la direction et le développa, le transforma et lui donna sa forte organisation.
- Après son décès, en 1877, Mme Boucicaut, sa veuve, s’associa un certain nombre d’employés, et, en 1880, une Société en commandite simple fut constituée pour l’exploitation de l’établissement.
- Cette Société s’est ensuite convertie en une commandite par actions dont la raison sociale est actuellement Fillot, Lucet, Caslot & Cie.
- Le capital social de 20 millions est divisé en 64.000 actions. Toutes les actions sont entre les mains d’employés ou d’anciens employés de la maison, qui se trouvent ainsi propriétaires de l’établissement.
- Dans le cas de vente d’actions par adjudication, comme dans toute autre vente aux enchères, sont seuls admis à se rendre adjudicataires, outre les membres de la Société, les employés ayant deux ans au moins de présence dans la maison.
- Les employés participent aux bénéfices suivant leur situation hiérarchique, par un intérêt soit sur leurs ventes individuelles, soit sur celles de leur rayon, soit sur l’ensemble des affaires du Bon Marché, et encore par le moyen de Caisse de Prévoyance et Caisse de Retraites et de Secours, fondées en faveur des employés et ouvriers du Bon Marché, lesquelles sont alimentées exclusivement par les prélèvements exercés chaque année sur les bénéfices.
- Son exposition se distinguait par le fini de l’exécution et l’élégance des modèles, qui étaient la création de ses plus fines lingères. On y voyait des chemises avec empiècement en point de Gênes, en point d’Angleterre, en point de Flandre, avec mélange de broderies à la main, d’incrustations au point turc, formant un ensemble d un effet ravissant.
- Le Bon Marché, qui a toujours pris part à toutes les grandes Expositions, y a remporté les plus hautes récompenses :
- Paris 1889, Médaille d’Or; Amsterdam 1895, Hors Concours, Membre du Jury; Bruxelles 1897, Diplôme d’Honneur; Paris 1900, Hors Concours, Membre du
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- Jury; Saint-Louis 1904, Grand Prix; Liège 1905, Hors Concours, Membre du Jury; Milan 1906, Londres 1908, Bruxelles 1910, Grand Prix; Turin 1911, Hors Concours, Membre du Jury.
- B. BRUNSWICK.
- 82, Rue Saint-Sauveur, Paris.
- Cette maison date de 1903.
- S’est spécialisée dans la fabrication des blouses et robes, dans l’article bon marché, qui cependant sont conçues avec goût, d’une confection parfaite et inspirées de chic parisien.
- Cette firme a installé une maison de vente « A la Chaussée d’Antin », rue de la Chaussée-d’Antin, où elle vend uniquement les articles de sa fabrication.
- Elle a déjà obtenu dans les expositions antérieures une Médaille d’Or à Bruxelles en 1910 et à Londres en 1908 et le Jury de Turin lui a décerné à nouveau la Médaille d’Or.
- n
- Henri CERF.
- 22, Rue de la Banque, Paris,
- Le titulaire actuel fonda sa maison en 1901.
- Fabrique la robe, la blouse et le peignoir cousus à la main.
- Un très nombreux personnel est occupé tant dans les ateliers qu’à l’extérieur pour satisfaire aux commandes de cette maison qui a pris une grande extension.
- Elle avait remporté des Médailles d’Or, à Londres en 1908, à Bruxelles 1910, et cette récompense lui a été à nouveau accordée par le Jury de Turin.
- CHARVET.
- 25, Place Vendôme, Paris.
- Maison fondée en 1838, par le père du titulaire actuel, M. Christophe Charvet, s’est spécialisée dans la clientèle de luxe avec sa lingerie, cravates, etc., articles absolument parfaits confectionnés avec les matières premières les plus recherchées. S’est adjoint un rayon de tailleur pour hommes, peignoirs, robes de chambre, pyjamas.
- Nous avons remarqué dans sa vitrine ses différents articles présentés avec ce goût, tout particulier, qui a valu à cette maison sa réputation mondiale.
- Ayant toujours participé aux Expositions elle y a remporté les plus hautes récompenses.
- Le Jury de Turin lui accorda le Grand Prix.
- DEHESDIN & Fils.
- 91, Rue Réaumur, Paris.
- Cette maison, la plus ancienne dans l’industrie de la lingerie manufacturée, date de 1828, et fut fondée par M. D. Dehesdin, grand-père des chefs actuels.
- 11 fut le créateur en France de l’industrie de lingerie en gros.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Cette maison était située 52, rue Montmartre, et jusqu’en 1911, la raison sociale fut Dehesdin & Neveu.
- A cette époque, M. Emile Dehesdin prit comme associé son fils qui, depuis dix ans, était son collaborateur, et la raison sociale devint Dehesdin & fils.
- L’augmentation toujours croissante des affaires nécessita un agrandissement et en 1897, la maison fut transférée 91, Rue Réaumur.
- Des ateliers ont été établis par ces Messieurs dans le Cher, l’Indre, les Vosges, et deux usines à Saint-Sever-Rouen et à Roye (Somme).
- Prenant part depuis 1878 à toutes les Expositions Universelles, cette maison y a remporté les plus hautes récompenses.
- Elle fut Hors Concours à Paris en 1889, Bruxelles 1897 ; obtint le Grand Prix à Paris 1900, Saint-Louis 1904; fut Hors Concours à Liège 1905. M. Dehesdin fut rapporteur à Milan 1906.
- Ce rapport, ouvrage considérable, ou toutes les industries figurant dans la Classe 86 furent traitées avec autant d’érudition que de compétence, forme une véritable encyclopédie contenant les documents les. plus intéressants et les plus précieux, qui ont nécessité une somme de travail énorme et des recherches aussi nombreuses qu’ingrates et difficiles, valut à son auteur l’éloge de tous ses collègues.
- Secrétaire du Jury à Londres 1908. Président de la Classe 133 à Bruxelles 1910. Le Jury de Turin lui décerna le Grand Prix.
- Société du « GAGNE PETIT ».
- 23, Avenue de l’Opéra, Paris.
- Cette importante maison fut fondée en 1790 par M. Bouruet-Aubertot, au même emplacement qu’elle occupe aujourd’hui et qui s’appelait alors rue des Moineaux, butte des Moulins.
- L’affaire fut continuée par les fils, petits-fils et arrière-petits-fils.
- M. H. Bouruet-Aubertot, arrière-petit-fils du fondateur, en est le propriétaire administrateur depuis 1892.
- Ce grand magasin occupe une vaste superficie ; donnant rue Saint-Roch 34, rue des Pyramides 29, rue d’Argenteuil 22, et 23 avenue de l’Opéra.
- Tous les articles sont confectionnés dans les ateliers de Paris pour la lingerie de corps et dans les ateliers de Crépy pour la lingerie de maison.
- D’autres centres de fabrication se trouvent à Alençon et dans les Vosges.
- Cette très ancienne maison s’est créée une réputation justifiée par la qualité de ses marchandises faites avec des matières premières irréprochables, et les divers successeurs n’ont fait que l’affermir.
- Elle avait exposé des layettes, costumes d’enfants, articles riches et d’une fabrication parfaitement soignée, de la lingerie confectionnée en batiste, linon et garnie de broderies et dentelles fort remarquées.
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Elle avait du reste obtenu aux expositions précédentes les récompenses suivantes : Paris 1889, Médaille d’Or ; Paris 1900, Grand Prix; Saint-Louis 1904, Hors Concours, Membre du Jury.
- Enfin, le Jury de Turin lui a décerné le Grand Prix.
- Julien HAYEM & Cie.
- 38, rue du Sentier, Paris.
- Maison fondée en 1830.
- S’occupe de la fabrication de tissus riches pour chemises de luxe, chemises pour hommes, faux-cols, manchettes, cravates ; tissus soie pour cravates, pyjamas, caleçons, etc... manutentionne la matière première, tisse, blanchit, imprime la plus grande partie des tissus appliqués à ses articles de marque.
- La maison de vente est 38, rue du Sentier, et deux succursales existent à Lyon et Lille.
- Les manufactures se trouvent 165, boulevard Voltaire à Paris, à Montluçon (Allier), à Romorantin (Loir-et-Cher), à Montmorillon (Vienne), à Chabris (Indre), avec dépôts dans 50 bourgs et villages aux environs des manufactures.
- Un personnel excessivement nombreux est occupé tant dans les ateliers qu’au dehors.
- Cette maison s’est toujours attachée à conserver les traditions de la belle lingerie française, la perfection du travail à la main, le point artistique de la broderie et l’art de la coupe, le souci de la mode, qui ont toujours fait la réputation universelle de l’article français, en y associant selon les objets et d’après une méthode qui ne permet pas de confondre les procédés, l’application des machines les plus perfectionnées dans les derniers progrès de la science industrielle.
- M. Hayem a créé des écoles professionnelles, où les enfants depuis l’âge légal sont exercés aux travaux d’aiguille, et a installé à Paris une crèche ou nourricerie maternelle, qui rend les plus grands services aux ouvrières mères de famille.
- En 1900, M. Hayem fut nommé Rapporteur de la Classe 86, et l’ouvrage qu’il produisit fait autorité pour toutes les questions touchant l’industrie du vêtement.
- A Turin, Membre du Jury, Hors Concours.
- HIRSCH & Cie.
- 4, Boulevard Poissonnière, Paris.
- Maison fondée en 1904.
- S’est spécialisée dans la blouse, la robe de lingerie, brodée et cousue à la main, la robe de bal pour jeune fille.
- Elle occupe un personnel féminin très nombreux.
- A déjà exposé à Bruxelles, où la Médaille d’Argent lui fut accordée, ainsi qu’à Buenos-Ayres.
- A Turin, ses efforts ont été récompensés par un Diplôme d’Honneur que lui a décerné le Jury. Cette récompense est la meilleure preuve de l’intérêt porté par MM. Hirsch & Cie à la prospérité de l’industrie française.
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- Grands Magasins « AUX GALERIES LAFAYETTE »
- Paris.
- Société anonyme constituée en 1899 pour une durée de 50 années.
- Capital 30.000.000 de francs, divisé en 300.000 actions de 100 francs entièrement libérées.
- Le capital primitif était de 2.300.000 francs. Il a été porté à 3.600.000 francs en 1901 ; à 7.200.000 francs en 1903; à 10.000.000 de francs en 1905; à 15.000.000 de francs en 1906 ; à 22.500.000 francs en 1909 et au chiffre actuel de 30.000.000 en 1910.
- Le Capital Obligations de 20.000.000 de francs se compose de 40.000 obligations de 500 francs 4 1 /2 0/0, qui ont été émises cette année (1911) à 485 francs, amortissables en 35 ans au plus, de 1912 à 1947.
- Les Grands Magasins des « Galeries Lafayette » sont situés au centre de Paris, dans le quartier de l’Opéra.
- Ils s’étendent actuellement de chaque côté de la rue de la Chaussée d’Antin en deux immenses ailes qui s’ouvrent l’une sur la rue Lafayette et l’autre sur le boulevard Haussmann. Une terrasse monumentale, d’où l’on découvre un merveilleux panorama, couronne l’édifice.
- Leur création remonte à quelques années à peine et leur accroissement vraiment prodigieux constitue un des faits les plus curieux de l’histoire du Paris Moderne.
- D’abord confinées dans leur étroite et première installation de la rue Lafayette, les Galeries Lafayette s’étaient constitué une spécialité des articles de modes et de fournitures pour la couture.
- Les Galeries Lafayette exploitent aujourd’hui tous les articles dont la venté se fait actuellement dans les magasins de nouveautés, autant pour la toilette et l’habillement de 1 homme, de la femme et des enfants, que pour l’ameublement et tous les besoins domestiques.
- Les Magasins du boulevard Haussmann constituent un véritable modèle d’architecture élégante et pratique. Deux grands halls occupent tout le rez-de-chaussée. Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’immense clarté qui règne partout, qui inonde tous les rayons, pénètre les moindres coins.
- Les Galeries Lafayette procèdent actuellement à des agrandissements qui doivent porter au triple la surface des magasins.
- La Parisienne élégante et coquette en a fait un de ses magasins de prédilection. Elle y trouve réalisées, avec un goût des plus parfaits, toutes les exigences et toutes les fantaisies de la mode du jour.
- Dans ce cadre moderne, digne de leur clientèle élégante et mondaine, les Galeries Lafayette ne mettent en vente que des articles de haute et dernière nouveauté, de fabrication soignée et de qualité absolument garantie.
- Leur vitrine comprenait les modèles les plus intéressants en peignoirs, corsages, lingerie, corsets, robes, tous confectionnés dans leurs ateliers. Les objets exposés par cette importante maison avaient tous les traits de fraîcheur, de coquetterie, d’originalité et de goût si modernes qui donnent à ses créations un caractère tout personnel.
- Les récompenses obtenues aux Expositions sont les suivantes :
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- Paris 1900, Médaille d’Argent ; Saint-Louis 1904, Médaille d’Or et Diplôme d’Honneur ; Milan 1906, Diplôme d’ Honneur ; Londres 1908, Diplôme d’Honneur et Grand Prix ; Bruxelles 1910, 2 Grands Prix; Buenos-Ayres 1910, Grand Prix; Turin 1911, Grand Prix.
- LAMIEUSSENS.
- 2, rue d’Uzès, Paris.
- Maison fondée en 1898.
- La fabrique est située 91, boulevard Voltaire, où se confectionnent les robes et blouses de lingerie brodées à la main.
- Des efforts très sérieux sont faits par cette maison, qui a obtenu en 1905 à Liège une médaille d’Argent ; à Bruxelles en 1910, le Jury lui accordait une Médaille d’Or, et enfin à Turin elle remporta le Diplôme d’Honneur.
- GRANDS MAGASINS DU LOUVRE.
- Pans.
- Furent fondés en 1855 par M. Hériot, frère du commandant, et M. Chauchard, avec le concours d’un négociant retiré, M. Faret, et modestement installés dans un coin de l’immense pâté de maisons qu’ils ont fini par occuper entièrement. Ce pâté de maisons de la rue de Rivoli, avait été bâti par M. Isaac Pereire, qui songea à M. Faret, qui s’était occupé du commerce des nouveautés. Celui-ci se mit en relations avec M. Chauchard et M. Hériot, qui étaient employés au Magasin de « La Ville de Paris », ce dernier acheteur à la soierie. Au bout d’un an MM. Chauchard et Hériot rachetèrent la part de M. Faret 500.000 francs.
- A la mort de M. Hériot, son frère, le Commandant Hériot, lui succéda dans sa part d’intérêt, M. Chauchard restant seul chargé de la gérance de la Société jusqu’en 1885. A cette époque, M. Chauchard se retira et le Commandant Hériot prit la direction.
- Plus tard, la Société en commandite fut transformée en Société anonyme au capital de 22 millions.
- Cette maison connue de réputation mondiale pour la qualité irréprochable de ses marchandises, avait exposé à Turin une vitrine où se remarquaient des chemises en linon garnies de dentelle de Malines véritable, d’autres en Venise; des cache-corsets garnis de Valenciennes, des chemisettes garnies d’Irlande, etc., tous avec broderies à la main, sortaient de ses ateliers et étaient remarquables d’élégance, de bon goût et de parfaite exécution.
- Aux différentes Expositions, elle eut les récompenses suivantes : Paris 1889, Médaille d’Or; Bruxelles 1897, Diplôme d’Honneur ; Paris 1900, Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1906, Londres 1908, Grands Prix; Bruxelles 1910, Hors Concours, Membre du Jury ; Buenos-Ayres 1910, Grand Prix ; Roubaix 1911, Grand Prix; Turin 1911, Grand Prix.
- Des institutions créées en faveur des employés fonctionnent depuis 1880 ; nous nous y étendrons plus loin.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Grands Magasins de LA SAMARITAINE.
- Paris.
- Les magasins de la Samaritaine furent fondés en 1870, par M. et Mme E. Cognacq ; une progression constante et rapide du chiffre d’affaires nécessita des agrandissements continuels, et aujourd’hui, ces vastes magasins occupent deux immenses immeubles de chaque côté de la rue de la Monnaie, l’un s’ouvrant également sur la rue du Pont-Neuf et la rue de Rivoli.
- L’esthétique de ces bâtiments n’a pas été sacrifiée aux nécessités des agencements commerciaux, et on y voit la révélation d’un art architectural nouveau, s’adaptant aux besoins complexes de la vie moderne et donnant aux caprices de la mode le cadre de lumière et de gaieté qu’elle est en droit d’exiger avec les récents progrès apportés dans l’art de la construction.
- Le rayon de lingerie est un des plus importants de la maison.
- Toute la lingerie exposée est faite entièrement à la main, ainsi que la broderie. Les dentelles Valenciennes de fil sont de toute première qualité.
- La maison s’est toujours attachée à donner des articles très bien conditionnés, d’une coupe excellente et faits de matières premières absolument supérieures.
- M. et Mme Cognacq n’ont pas eu seulement l’ambition de donnera la Samaritaine une organisation commerciale de premier ordre, ils ont eu le souci d’en faire une œuvre sociale intéressante et les institutions de prévoyance et de philanthropie qu’ils fondent depuis quelques années : comptes de dépôt, livrets de retraite, fondations pour les vieillards, pouponnât, habitations à bon marché trahissent leur préoccupation constante d’assurer dans les plus larges limites le bien être à leur personnel.
- Assidu des Expositions, M. Cognacq y a été Membre du Jury, Hors Concours.
- Le Jury de Turin lui a décerné le Grand Prix.
- Etablissements A. ROUSSEAU.
- 16, Rue Bertin-Poirée, Paris.
- M. Roussseau, le titulaire actuel, prit la suite des affaires de l’ancienne maison Lallemand et donna une extension considérable à cette maison.
- Les magasins et bureaux sont situés à Paris, rue Bertin-Poirée 11, 13 et 15, et des annexes sont installées 7, 9 et 11. rue des Deux-Boules.
- Cinq usines modernes fonctionnent à Villedieu-sur-Indre, Elbeuf-sur-Seine, Niherne-sur-Indre, Rouen-Saint-Sever, et fournissent une production considérable de chemises, spécialité de cette maison.
- Tout un outillage mécanique très important a été installé pour améliorer le sort des ouvriers, tout le personnel est intéressé sur les bénéfices et sur la production.
- En dehors de la France, l’exportation absorbe environ le sixième de la production totale de ces établissements.
- Exposant pour la première fois en 1904, le Jury de Saint-Louis lui décerna la Médaille d’Or, — à Liège 1905, Milan 1906, Saragosse 1908, Londres 1908, Bruxelles 1910 etTurinl911, elle remporta le Grand Prix dans chacune déliés.
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- Albert SCHMIT.
- 168, Rue Saint-Denis, Paris.
- La date de la fondation de cette maison remonte à 1856 et avait pour raison sociale Schmit frères.
- Les magasins, bureaux et ateliers de commande sont situés 168, 170, 172, Rue Saint-Denis, à Paris.
- Une usine et une blanchisserie modèles ont été montées 151, Rue de Billancourt, dans lesquelles se trouvent réunis tous les perfectionnements connus à ce jour dans la fabrication.
- La maison a innové le repassage à la machine, supprimant toute fatigue à l’ouvrière et donnant un fini de beaucoup supérieur à l’ouvrage à la main.
- M. Schmit ne s’occupe exclusivement que de la fabrication des faux-cols, manchettes, plastrons en toile de fil, en percale, pour hommes et dames.
- Il est le fournisseur des principaux chemisiers faisant sur me;ure.
- Un très nombreux personnel est Jemployé dans cette usine, composé en majeure partie de femmes.
- Quoique très ancienne, cette maison n’a commencé à exposer qu’en 1906 à Milan, où le Jury lui décerna un Diplôme d’Honneur ; celui de Bordeaux en 1907 lui confirme la même récompense ; à Londres en 1908, exposant dans les Classes 86 et 115; Nancy 1909 Hors Concours, Membre du Jury; à Bruxelles 1910, M. Schmit, Membre du Jury, est Hors Concours; à Buenos-Ayres 1910, Grand Prix; à Roubaix 1911, Hors Concours, Membre du Jury.
- Le Jury de Turin lui accorda le Grand Prix.
- J. et L. SCHULMANN.
- 8, Rue du Sentier, Paris.
- Cette importante maison, fondée par les titulaires actuels a joué un rôle très important dans la fabrication des blouses, article qui n’existait pas il y a 25 ans (époque où l’on s’en tenait encore au vulgaire caraco) car elle a été la première à créer cette industrie, qui occupe actuellement tant de mains.
- Sa spécialité est la lingerie en gros. Ses bureaux et magasins de vente sont situés 8 et 13, rue du Sentier, et la manufacture 8, Rue de Citeaux, où l’aménagement comporte les derniers perfectionnements.
- Une production énorme sort de cette usine, qui occupe un personnel fort nombreux.
- Suivant les expositions depuis 1904, le Jury de Saint-Louis lui décerna une Médaille d’Argent ; à Liège 1905, elle remporta une Médaille d’Or, et à Milan 1906, un Diplôme d’Honneur lui fut accordé. Depuis cette époque, elle remporta le Grand Prix à Londres en 1908; Membre du Jury, Hors Concours, à Bruxelles 1910, et enfin à Turin, un Grand Prix lui fut attribué.
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- G. OUDINEAU.
- 39, Rue d’Aboukir, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1854. Elle s’occupe de la fabrication de trousseaux, de linge classique et fantaisie, de layettes, de robes et de costumes d’enfants, de blouses et corsages, de robes de lingerie, etc.
- Elle possède des Usines à Châtellerault, Buzançais, Connerré, où le travail se fait à la machine et à la main; un atelier mécanique à Saint-Quentin, et plusieurs autres ateliers pour le travail à la main.
- Elle a exposé un superbe déshabillé brodé à la main, ainsi que des corsages, des chemises, des pantalons, des objets de layette, faits avec le plus grand soin, et a montré qu’elle excelle aussi bien dans les articles de haute nouveauté que dans les articles courants.
- Exposant en 1900, à Paris, elle a remporté la Médaille d’Or. Des Grands Prix lui furent accordés à Milan 1906, Londres 1908, Bruxelles 1910 et Turin 1911.
- “THE SPORT’’, Maurice GALLAIS.
- 17 & 19, Boulevard Montmartre, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1894, sous l’appellation « The Sport ».
- Elle s’est spécialisée dans le trousseau pour hommes.
- M. Gallais avait exposé à Turin un superbe Diorama lumineux avec effet de nuit, représentant une terrasse de château, situé au nord de la rade de Villefranche (Côte d’Azur) où une famille prenant le thé, assiste au départ de jeunes gens habillés en costumes 1860, se rendant à un bal travesti (allusion au cinquantenaire fêté par la Ville de Turin).
- Une reproduction scrupuleuse jusque dans les moindres détails avait été observée dans tout ce que portaient les « lions » de cette époque.
- Cette attraction eut le plus grand succès et le Jury, devant l’effort énorme fait par M. Gallais lui accorda le Grand Prix.
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- DIOR AM A DE LA MAISON GALLAIS “ THE SPORT
- Départ pour un bal travesti (.1860) "
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- Situation commerciale de l’Industrie de la Lingerie
- en France
- C5?
- Notre collègue, M. G. Dehesdin, dont on connaît la compétence pour ce qui concerne l’industrie de la lingerie, a donné sur la situation commerciale de cette industrie les renseignements suivants :
- « Cette industrie (l), assez éprouvée depuis deux ans, paraît avoir été prospère en 1910. La mode, il est vrai, a favorisé en bien des cas la substitution de la combinaison à mailles aux vêtements de dessous en linge ; mais la lingerie classique, peu sujette aux variations de la mode, et les articles riches pour layettes, ameublement, corsages de lingerie et cache-corsets ont été très demandés, soit en France, soit à l’étranger. Nous en trouvons la preuve dans le chiffre de l’exportation, qui a passé de 604.200 kilogrammes valant 25.557.700 francs en 1909, et de 532.100 kilogrammes d’une valeur de 22.319.800 francs en 1908, à 658.700 kilogrammes valant 28.324.100 francs en 1910. C’est, en valeur, une augmentation de 10.8 p. 100 sur 1909, et de 22.5 p. 100 sur 1908. C’est la lingerie pour femme et enfant qui a fourni la grosse part de cette exportation ». Notre collègue, M. Georges Dehesdin, estime qu’elle en représente les deux tiers. Il fait remarquer que le succès de nos fabricants de lingerie est dû au goût avec lequel ils créent des modèles nouveaux, incessamment renouvelés, dans lesquels ils mêlent agréablement les divers points de dentelles à la broderie et aux rubans. Nos pièces de lingerie de luxe sont recherchées dans le monde entier, principalement par la riche clientèle américaine. Toutefois notre collègue appelle l’attention sur le danger qü’il y aurait pour l’exportation de ces articles de lingerie à prendre certaines mesures dont il est question en ce moment et qui auraient pour effet d’élever considérablement le prix de revient de ces produits qui ne peuvent être faits qu’à la main.
- Nous croyons intéressant de rappeler les chiffres de notre exportation d’articles de lingerie depuis dix ans.
- ( 1 ) Rapport de la Commission permanente des valeurs en douane.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- EXPORTATION DES PIÈCES DE LINGERIE COUSUES
- (Années 1901-1910)
- Quantités Valeur
- kilog. Francs
- 1910. ... 658.700 28.324.100
- 1909 604.200 25.557.700
- 1908 532.100 22.319.800
- 1907 770.200 33.312.300
- 1906 681.600 28.797.100
- 1905 607.800 24.767.700
- 1904 543.600 22.017.000
- 1903 424.300 17.396.100
- 1902 489.400 19.869.600
- 1901 492.900 20.455.700
- nous sommes rapprochés, en 1910, du chiffre de 1906, le plus élevé de la
- décade après celui de 1907. C’est un résultat satisfaisant.
- Pour compléter le travail si intéressant de notre collègue nous donnons les statistiques du commerce de la lingerie en France, pendant les années 1906 à 1910.
- De leur étude, il résulte que :
- De 1906 à 1910, le chiffre d’affaires à l’importation a sensiblement baissé. Il était, en 1906, de 1.883.228 francs, tandis qu’en 1910, il ne représente plus que 976.500 francs.
- Sur le marché national, nos principaux concurrents sont aujourd’hui l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse, et 1^ Belgique.
- A l’exportation, la valeur de nos ventes représentait, en 1906, 28.797.093 francs ; elles ont atteint, en 1910, 28.324.100 francs. C’est bien la preuve que nos articles de lingerie jouissent toujours auprès de la clientèle étrangère d'une faveur spéciale, grâce au goût et aux soins de nos grands fabricants.
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- Commerce spécial
- FRANCE
- Pièces de lingerie cousues — Statistiques françaises —
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportions Importations Exportations Importations Exportations
- Grande-Bretagne et Irlande. Allemagne Argentine Suisse • • Autriche-Hongrie .... Brésil Italie . . Chili Japon Belgique Egypte • Indes anglaises. . . . Etats-Unis • Mexique Colombie Cuba Espagne ........ Zones franches. Pays-Bas Uruguay Turquie ... ... Pérou .... .... Autres Pays étrangers . . . Algérie Tunisie . Indo-Chine I Guadeloupe “ Sénégal Madagascar et dépendances 1 Nouvelle-Calédonie. . • . Autres colonies et protectorats kg. 17.096 63.900 » 12.642 5.626 » 2.229 » 827 )) » » » » » » )) » » » » )) 3.783 1 .510 kg. 145.349 » )) )) » » )) » » 20.335 68.425 35.265 70.577 47.453 33.854 16.749 )) » » » » » 84.020 79-364 16.209 15.522 11.601 » » » 39.865 kg. 15.325 44 733 » 8.540 5.495 » 2.784 » 788 2.406 » )) )) )) >i » » » 246 » » » 2.733 931 kg. 139.498 )) » » )) » » » » 17.425 75.653 20.389 64.627 87.651 54.172 35.696 )) 15.562 « » » » 72.397 101.404 13.438 11.779 » » )) 14.907 45.629 kg. 18.014 41.061 » 8.132 1.712 » 2.220 » 1 .531 2.943 » » » » » » » » )) » » » 1.782 490 kg. 107.041 9.231 8.161 6.660 » 14.938 )) 6.496 » 77.930 26.863 » 42.224 19.226 16.102 12.197 )) 14.558 » 3.137 » » 29.982 70.894 9.654 9.264 )) 19.300 » )) 28.200 kg. 21.100 34.400 )) 8.400 2.500 » 2.400 » 2.300 3.000 » » » » » » « » » » » » 2.000 )) » » » » » » kg. 113.200 11.500 45.300 10.100 » 16.000 )) )) )) 55.200 51.600 » 61.900 9.800 11.200 » » 11.800 » » 6.200 10.000 38.900 78.400 12.800 14.000 )) 10.400 10.300 » 25•600 kg. 15.000 26.700 )) 5.300 900 » 1.100 )) 1.900 2.600 » » » » )) » » » » » 2.300 )) » » » » )) )) )) kg. 123.500 12.500 22.200 10.500 » 18.700 12.900 12.700 » 48.200 35.800 16.700 83.800 25.200 18.700 10.200 » » )) » 9.800 » 421500 78.700 11.200 9.800 » 8.400 16.800 10.300 19.600
- Quantité totale . . • Kg. 107.613 681.588 83.981 770.227 77.885 532.058 76.100 604.200 55.800 658.700
- Valeur totale . . . .Fr. 1.883.228 28.797.093 1.511.658 33.312.318 1.362.988 22.319.833 1.331.750 25.557.660 976.500 28.324.100
- Taux de l’Unité. . . Fr. 17.50 42.25 18 » 43.25 17.50 41.95 17.50 42.30 17.50 43 ))
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 481
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- 482
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Situation commerciale de l’Industrie de la Lingerie
- en Italie
- C5?
- La lingerie cousue ne donne pas lieu, en Italie, à des transactions considérables. La part qui revient à cet article peut être évaluée, en moyenne, à un demi-million. L’Italie vend peu et achète peu. Sa fabrication suffit à la consommation intérieure. Si l’on examine la situation commerciale, on fait les constatations suivantes :
- Importation. — En 1906, le chiffre d’affaires était de 163.200 lire, en 1910, il représente 392.600, soit :une augmentation sensible. Les principaux fournisseurs sont :
- Chiffre d’affaires
- 1906 1910
- lire lire
- L’Allemagne . . . 60.000 176.400
- L’Autriche-Hongrie . . . 7.200 96.600
- La Grande-Bretagne . . . 9.600 32.200
- La France . . . 20.400 30.800
- La France qui occupait le deuxième rang en 1906, est tombée au quatrième en 1910.
- Exportation. — En 1906 la valeur des exportations était de 466.800 lire, en 1910, elle a atteint 592.160 lire. Les principaux clients de l’Italie sont les Républiques de l’Amérique du Sud avec lesquelles les transactions varient de 1.400 lire à 46.000 lire. En Europe la lingerie italienne trouve quelques faibles débouchés sur les marchés français, allemand et autrichien.
- C5?
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- ITALIE
- Articles COUSUS de coton, en cols, poignets et chemises pour hommes — Statistiques italiennes —* Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Liie Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie . "v 7.200 )) 11.250 » 73.750 7.500 91.250 15.000 96.600 12.600
- France 20.400 )) 15.000 3.750 23.750 20.000 28.750 22.500 30.800 29.400
- Allemagne 60.000 1 .200 86.250 » 165.000 12.500 145.(00 26.250 176.400 18.200
- Suisse 1.200 8.400 )) 10.000 )) 33.750 2.500 36.250 4.200 46.200
- Gibraltar » » » » ». )) )) )) )) )>
- Grande-Bretagne 9 600 » 38.750 » 53.750 5.000 35-000 3.750 32.200 8.400
- Malte » 2.400 » )) » 1.250 )) » )) ))
- P ortugal 3.600 » » » » » » )) »
- Espagne » )) » 16.250 )) 15.000 )) 5.000 » y>
- Turquie d’Europe 1 .200 » » » 2.500 )) 11.250 » 12.600
- — d’Asie )) » » » )) 1 .250 )) 1.250 )) 4.200
- Egypte » 25.200 » 1.250 )) 6.250 )) 11.250 )) 9.800
- Tunisie )) 8.400 » 6.250 » 13.750 )) 22.500 )) 23.800
- Autres pays d’Afrique » 19.200 » (1)11 .250 )) (D35.000 » (I) 5.000 » (1)33.600
- Etats-Unis. » 15.600 » 10.000 )) 13.750 )) 13.750 )) 29.400
- Mexique » 38.400 » )) » 26.250 » 86.250 2.800 21.000
- Amérique Centrale. • « 46.800 » 61.250 )) 37.500 )) 33.750 )) 14.000
- Brésil. D 78.000 » 116.250 )) 67.500 » 33.750 » 36.400
- Pérou )) 33.600 )) 2.500 )) 13.750 )) 6.250 )) 30.800
- Argentine . . )) 31.200 » 82.500 )) 118.750 » 36.250 » 46.200
- Uruguay » 30.000 » 8.750 )) 2.500 )) » » 11.200
- Chili » 20.400 » 31 .250 » 26.250 )) 125.000 » 60.200
- Colombie )) » » » » )) )) » )> 49.000
- Australie )) 4.800 » )) » )) )) » )) »
- Indes Britanniques et Ceylan.... )) 14.400 )) )) )) 5.000 )> » » »
- Bolivie » )) » )) » » * )) » » 5.600
- Chine. ï) » )) 2.500 )) )) » » » »
- Possessions Hollandaises » » » )) )) )) )) 2.500 )) 1 .400
- Belgique 1.200 )) » )) )) )) )) » )) ))
- Philippines » » » 3.750 )) )) )) 3.750 )) 5.600
- Algérie » )) » 1.250 )) 1 .250 » )) )) ))
- Grèce » )) » )) » 1.250 )) 6.250 )) 8.400
- Roumanie » » » » )> 1 250 » 3.750 )) ))
- Erythrée » )) » » )) 6.250 » 2.500 )) 2.800
- Tripolitaine J) » » » )) 8.750 » » )) ))
- Vénézuéla. • » )) » )) )) 2.500 » 1.250 )) 4.200
- Autres Pays » )) )) » )) » )) (2) 2.500 )) (3)12.600
- Valeur totale Lire . 99.600 382.800 151.250 368.750 316.250 486.250 302.500 517.500 343.000 537.600
- (1) Afrique espagnole. — (2) Candie et Serbie. — (3) Russie, Serbie,- Haïti, Saint-Domingue et Porto-Rico.
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 483
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- ITALIE
- Articles cousus, de lin, de chanvre, de jute et d’autres végétaux filamenteux, en cols, poignets et chemises pour hommes
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie » 2.400 )) » 1 .240 2.480 8.680 1.240 3.720 ))
- Belgique » » )) » )) » )) '» »
- France 20.400 » 5.000 » 7.440 1 .240 4.960 1.240 7.440 11.160
- Espagne » 1.200 d » » » » » » »
- Allemagne 28.800 » 42.500 » 16.120 >» 16.120 » 16.120 ))
- Suisse » » » )) i 7.440 1 .240 3.720 » 1 240
- Grande-Bretagne 14.400 )) 31.250 )) 27.280 )) 28.520 « 22.320 ))
- Grèce ... » » »' )) » » )) 6.200 » »
- -r \ d’Asie 1 urquie \ ,*r-. * d Europe » » » 3.600 » )) )) )) >1 » )) » )) )) 3-720 » » » 6.200 ))
- Tunisie » » » 5.000 » 1 .240 )) 1 -240 » 2 480
- Tripolitaine » 1 .200 » 1 .250 » » » » » »
- Egypte » » » » » 1.240 » 3-720 » »
- Afrique Espagnole » » » » » 4.960 » » » »
- Malte )) »> )) » » » » )) » »
- Philippines . . » )) » » » )) ï) » » 1.240
- Etats-Unis » » » » )) )) » )> »
- Pérou » 12.000 » 17.500 » 22.320 )) 21.080 » 2.480
- Mexique . . « » » )) » )) » » » 1.240
- Uruguay » » « » » 1 .240 » 2.480 » 6.200
- Amérique Centrale » 30.000 » 52.500 » 4.960 » » » 1 .240
- Argentine » 20.400 )) 77.500 » 18.600 » 23.560 » 7.440
- Chili » 13.200 » 5.000 » 1 .240 » 19.840 » 4.960
- Brésil » » » 8.750 » 2.480 » )) » »
- Australie . . .... ... » » » )> « » » » »
- Vénézuéla » » » » » 1 .240 » » )) 1.240
- Indes Anglaises et Ceylan .... » » » « « )) » » 4 960
- Colombie » » » » » » » » » 1.240
- Haïti et Saint-Domingue 1) » » » » )) » )) » 1 .240
- Autres Pays » >1 » » » » » » » ))
- Valeur totale Lire. ~ 63.600 84.000 78.750 167.500 52.080 70 680 59.520 88.040 49 600 54.560
- 484 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- VUE DE L’ENTRÉE DU PAVILLON DE HONGRIE
- Parapluies et Cannes
- C5?
- Nous avons eu le regret de constater qu’à l’Exposition de Turin, aucune maison française n’était venue représenter cette industrie. Cette absence est d’autant plus fâcheuse que dans ces manifestations où le bon goût français tient toujours la première place, les maisons fabriquant la canne et le parapluie notoirement connues par les articles si réputés qu’elles produisent, auraient montré par comparaison avec ce que nous ont fait voir leurs collègues étrangers, que ces accessoires du vêtement marchaient de pair avec tout ce qui a été admiré unanimement et auraient ajouté à notre palmarès des grands prix à ceux remportés par leurs compatriotes de la classe 133 D.
- Peut-être regretteront-ils après consultation des statistiques que nous publions au cours de ce chapitre, de n’avoir pas montré aux industriels étrangers, que surtout dans l’article de luxe, ils ne craignaient pas la comparaison et que l’exposition de leurs modèles devait être un sûr garant d’une augmentation dans nos chiffres d’exportation. Ces démonstrations commerciales et industrielles à l’Etranger ayant une importance capitale pour notre réputation, ce qui est reconnu aujourd’hui comme absolument indéniable.
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- FRANCE
- Parapluies et Parasols en Coton --------------------------- Statistiques françaises — Commerce spécial.
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 19 10
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Egypte. . Indes Anglaises » 9.628 » 11.948 » 5.506 » 2.515 » 5.780
- » 25.300 » 43.317 » 17.416 » 49.495 » 20.120
- Colombie • • » 8.684 » 7.605 » 8.734 « 5.093 » 6.801
- Afrique anglaise orientale . . » » » 7.678 » » >i 4.564 » 5.804
- Grande-Bretagne • • 186 » 254 3.880 162 6.854 » 4.582 435 4.523
- Espagne ... Allemagne Turquie Belgique .... • Pérou » 3.882 » 6.196 » » » » » » » 3.976 » 5.137 » » )t 2.590 » » )) 4.230 )) 5-729 » 2.796 » » » )) » 4.603 )) 6-041 » » » 2.224 » 3.034 » 7.103 » 5.498 » 4.155 » 2.980 )> ))
- 2.637 » 4 • 606 629 7-486 » 10.831 » 14.495 »
- Argentine ... . • » » ») » » 2.405 » 4.308 « 4-345
- Chili » » » » » 2.978 » 0 )) »
- Uruguay . • ... Suisse ... » » » )) » » » 2 128 * » )) 2.220 2.177 » » )) )) )) » » 3-883
- Cuba » )) » » » » )) 2.820 » ))
- Chine » » » 2.230 » » » 2.100 » 3.200
- Portugal »> » » » A >' » » » 665
- Mexique Autres pays étrangers . • • » 89 » 51.125 » 190 7.587 17.439 » 366 19.081 )) 224 il 16.925 » 149 » 16.981
- Zones franches 8.381 3.443 8.468 2.408 7.931 2.802 7.792 3.759 10.549 4.171
- Sénégal Algérie » 42.674 » 45.102 A » » 39.824 10.373 45.933 16-876 44.385
- Tunisie » 10.390 34 » » "
- Côte Occidentale d’Afrique • 8.362 11.229 )) 6.122 )) 15•643
- Réunion .......... 902 186 fl » 9.342 14 15.293 12 ))
- Madagascar et dépendances. , 62 138 33.343 » . 31.312 74.990 60•889
- Indo-Chine 384.690 794.676 a 404.495 310.107 384.767
- Nouvelle-Calédonie .... 9.136 » )) » » »
- Autres colonies et protectorats 33.707 24.873 » 27.357 32.134 45.728
- Quantité totale 22.273 638.887 22.817 1 029.052 25.938 591.421 29.505 590.249 38.241 651.696
- Valeur totale Fr. 73 501 2 108.327 75.296 3.395.872 85.595 1.951.690 97.366 1.947.822 126.195 2.150.597
- Taux de l’unité Fr. 3.30 3.30 3.30 3.30 3-30 3.30 3.30 3.30 3.30 330
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 487
- Situation Commerciale de T industrie du Parapluie
- en France
- en
- Les statistiques de la douane française comptent trois classifications spécialement consacrées aux parapluies.
- 1 °) ‘Parapluies de coton. — Cet article est celui qui donne lieu aux transactions les plus actives avec l’Etranger.
- En 1906, la valeur de nos ventes au dehors représentait 2.108.327 francs, en 1910, elle a atteint 2.150.597 francs.
- Notre principal client pour les parapluies de coton est l’Indo-Chine. La valeur de nos ventes représentait en 1906, la somme de 1.159.477 francs, correspondant à 384.690 parapluies.
- En dehors de nos colonies, les Indes anglaises, l’Egypte et la Colombie sont les pays qui apprécient le mieux nos articles.
- La concurrence étrangère est relativement faible sur notre propre marché. La Belgique arrive en tête des nations qui nous vendent des parapluies de coton et ses expéditions représentent en moyenne 25.000 francs.
- 2°) Parapluies ou parasols d'alpaga. — Ces articles ne représentent qu’une très faible part dans nos échanges à l’Etranger.
- Les importations représentent une valeur qui varie de 19.000 francs à 834 francs.
- Quant aux exportations, celles de l’année 1910 ont été les plus fortes et leur valeur a été de 54.594 francs !
- 3°) Parapluies et parasols de soie. — En ce qui les concerne, l’importation de ces articles sur notre propre marché a dépassé en 1910, nos ventes à l’Etranger.
- Importation. — En 1906, la valeur des importations pour les parapluies de soie, représentait 224.445 francs. En 1910, l’année des grandes inondations, on a enregistré une plus-value considérable, 604.058 francs. Nos principaux fournisseurs sont l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Autriche et 1 Italie.
- Exportation. — La valeur de nos exportations pour cet article est de 418.015 francs en 1906 et de 181.324 en 1910. Nos principaux clients sont la Suisse, la Belgique, le Portugal et nos colonies, l’Algérie et Madagascar.
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- FRANCE
- Parapluies et Parasols en alpaga. — Statistiques Françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Grande-Bretagne )) » )) l )) )) » »
- Allemagne ... 288 » 217 49 80 » ))
- Argentine » 100 » 1 » )) 1 )) 4.000
- v 1.581 2.171 1.390
- Belgique )) )) 153 [ )) * 86 ))
- Italie ..... )) » » « . )) » ))
- Autres Pays étrangers 27 1 .056 40 74 22 \ 53 739
- Sénégal » 1 .473 1.487 » 995 » 430 » 2.600
- Tunisie )) » » » » » )) » »
- Côte Occidentale d’Afrique autre • )) )) » » » » » » »
- Algérie » » » » 3.090 » 4.584 )) 1.410
- Indo-Chine )) » » » » » » )) ))
- Guyane Française . » » 1 .200 » » tt » » »
- Saint-Pierre et Pêche )) » » » )) » 20 » »
- Autres Colonies et Protectorats . . » 414 532 » » » )) » 350
- Quantité totale 315 3.043 413 4.800 123 6.256 102 6.424 139 9.099
- Valeur totale Fr. 1 .890 18.258 2.478 28.800 738 37.536 612 38.544 834 54.594
- Taux de l’unité Fr. 6 » 6 )) 6 )) 6 )> 6 » 6 )) 6 )) 6 » 6 » 6 »
- 488 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- FRANCE
- Parapluies et Parasols en soie. — Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Impoitations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces
- Grande-Bretagne 5.285 2.722 6.632 549 5.869 583 7.628 510 6.867 371
- Allemagne 9.825 » 13.334 » 17.231 » 25.019 » 37.095 »
- Belgique 430 1.291 )) 1.427 » 2.480 » 1 .283 )) 674
- Autriche-Hongrie 1.056 » 1.309 » 1.971 )) 2.222 « 1 .142 ))
- Russie » » » 1 .285 » » » » » ))
- Italie 414 » 307 » » » 833 240 878 ))
- Egypte » » )) 665 » » )) >» » ))
- Chili )j 2.638 » 2.665 » » » » » ))
- Turquie » » » » )) » » » )) 380
- Suisse » » » 1 .987 » 243 » 595 )) 1 .208
- Etats-Unis » » » )) » w » )) » ))
- Espagne » » )) » » 652 » 285 » 313
- Portugal. ... ... )) » )) » » )) » )) » 938
- Argentine )) » » )) » 1 .408 » 291 )) »
- Pérou » » » % )) » » » » )) »
- Autres pays étrangers . . • 79 4.096 247 1.335 698 2.556 644 2.015 474 1 793
- Zones franches 176 » 192 479 » » » » » »
- Algérie )) 20.362 15.817 » 12.664 » 5.193 6.936
- Madagascar et Dépendances. » n » » « » 692 1 140
- Tunisie )) » » » » 13 » »
- Guadeloupe » » 1 54 » )) 951 )) » 1 10 »
- Indo-Chine >/ » » » » )> 211 »
- Sénégal )) » ' 1.552 )) » )) )) ' »
- Afrique Occidentale française autre • » » » 1 » » )) 80
- Autres Colonies et Protectorats )) 1.046 1.616 » 914 » 440 115
- Quantité totale ... 17.265 32.155 22.075 29.377 25.770 22.451 36.359 11.755 46.466 13.948
- Valeur totale Fr. 224.445 418.015 286.975 381.901 335.010 291.863 472.667 152.815 604.058 181.324
- Taux de l’unité ...... Fr. 13 )) 13 » 13 )) 13 )) 13 )) 13 )) 13 )) 13 » 13 » 13 ))
- CLASSE 133 D - ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 489
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-
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- ITALIE
- Parapluies et Parasols de n’importe quelle autre étoffe que la soie O.
- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Expoitations importations Exportations importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie )) 1 .200 354 296 5.715 226 4.083 2.264 1 .932 130
- Belgique )) )) 4 1 .996 )) 12 186 780 )) 1 .028
- France 400 37.400 1 .230 53.208 276 59.170 768 43.630 990 83.548
- Allemagne )) 2.800 290 3.812 426 4.716 1 047 5.636 894 11.388
- Grande-Bretagne 200 3.800 116 3.300 87 1.072 )) 186 302 1.484
- Pays-Bas )) )) » 140 » )) » 218 » ))
- Grèce » 1 .200 )) 600 )) )) )> )) )) 280
- Malte ... . . .... 200 7.600 16 17.120 » 1.464 )) 2.488 » 3.400
- Monténégro . . ... . . )) )) )) )) » 660 » 780 )> 240
- Portugal .... )) » » )) )) 148 » 3.192 )) 13.360
- Espagne )) » » 4.248 )) 500 )) » )) »
- Suisse )) 200 70 3.972 108 1.844 279 472 » 2.114
- Turquie d’Europe ... . . )) 1 .000 » 7.474 » 3.118 )) 500 )) 1 .022
- Indes britanniques et Ceylan.... )) 8.400 » 16.810 )) 4.134 )) 8.760 » 8.564
- Asie anglaise & autre )) 1 .000 )) 996 » 1.200 )) )) )) »
- Chine )) 10.400 » 14.194 » 96 » 480 » 13.390
- Japon )) )) )) )) )) )) )) 32 960
- Possessions hollandaises... )) 8. ZOO » 12.690 » 7.498 )) 7.000 )) 2.976
- Autres Pays d’Asie .... . . )) » )) 1 .984 » )) )) )) )) 1 .060
- Egypte » 14.600 » 4.026 » 92 » 2.264 )) 288
- Tunisie )) 36.800 » 27.608 » 29.294 » 20.434 )) 9.988
- Erythrée ... )) 6.600 » 11.124 » 4.978 )) 2.660 » 19.684
- Autres Pays d’Afrique )) 20.800 » 2)20.788 » (2)18.110 )) (2)9.710 » 63.300
- Etats-Unis .... 3.200 10.600 » 22.638 )) 8.206 » 5.186 » 8.384
- Mexique )) 20.800 )) 5.276 )) 7.904 » 9.360 )) 1.272
- Cuba et Porto-Rico )) 12.000 » » )) 400 » » )) 19.268
- Amérique Centrale & autre .... )) 116.600 )) 183.018 )) 52.780 » 29.348 )) 50.730
- Brésil )) 27.600 )) 67.670 )) 19.938 » 26.920 » 15.558
- Pérou )) 7.400 » 9.268 )) 60.396 » 24.582 )) 7.484
- Argentine )) 81.800 )) 156.092 )) 73.034 » 58.796 » 35.514
- Paraguay )) » )) )) )) » » » )) 720
- Uruguay )) 15.800 )) 16.516 )) 9.400 » 1.380 )) 51.210
- Chili. . )) 196.200 » 302.H2 » 15.714 )) 86.990 )) 120.304
- Autres pays de l’Amérique du Sud • )) 1 .800 » » )) 264 » )) » 38.198
- Australie • • » 9.000 )) 8.000 » 2.200 » 100 )) ))
- Turquie d Asie )) 1 .600 » » )) )> )> » )) 572
- T ripolitaine » 3.600 )) 310 » )) )) » » 360
- Algérie » y> )) 1 .600 » » )) » » ))
- Autres Pays )) 200 12 80 » 168 )) 448 # 16.828
- | Valeur totale Lire 4.000 667.000 2 092 978.966 6.612 388.736 6.363 | 354.564 4.150 1 604.546
- (\) Rubtique à partit de 1907 : Parapluies et parasols autres. — (2) Afrique Espagnole principalement.
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- T
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 491
- Situation Commerciale de l’Industrie des Parapluies
- en Italie
- C5?
- ‘Parapluies et parasols en alpaga et en coton. — Les importations de ce genre de parapluies se sont élevées en 1906 à 4.000 lire; en 1910, elles représentaient une valeur de 4.150 lire. Elles ont donc subi une légère augmentation. Le principal fournisseur est F Autriche-Hongrie.
- Exportation. — A l’exportation, la situation de 1906 à 1910 se présente ainsi. Année 1906: 667.000 lire ; année 1910: 604.546 lire. Les principaux débouchés sont l’Amérique centrale, le Chili, la France, la Tunisie.
- Parapluies et parasols en soie. — Dans ce genre d’articles, les importations sont supérieures à la valeur des exportations.
- Importation. — Les trois principaux fournisseurs de l’Italie sont l’Au triche "Hongrie, l’Allemagne et la France. L’ensemble des importations, au commerce spécial, représentait en 1906 une valeur de 122.400 lire; en 1910, le chiffre d’affaires a été de 454.400 lire.
- Exportation. — Pour cet article, nous retrouvons, comme clients, les mêmes qu’aux parapluies en coton. La République Argentine, le Chili, l’Amérique centrale, l’Uuruguay, offrent à l’Italie des débouchés pour ses parapluies en soie.
- En 1906, la valeur des exportations était de 91.000 lire, en 1910, elle est descendue à 67.977 lire.
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- ITALIE
- Parapluies et Parasols en soie^) — Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 51.600 2.100 85.917 30 299.136 917 310.400 903 225.770 763
- France 22.800 3.500 22.282 458 21.488 6.307 22.672 4.823 29.960 23.261
- Allemagne 38.400 )) 63.544 23 187.472 490 282.000 826 170.220 721
- Grande-Bretagne 7.200 » 31.980 )) 19.792 21 20.624 791 27.060 196
- Espagne ..... )) 700 )) )) » » )) 280 )) 42
- Suisse 1.200 700 5.538 173 5.296 2.520 )) » 940 1 .421
- Belgique )) » 52 » )) » 1.296 )) » ))
- Turquie d’Europe )) » » 405 » » )) 3.780 )) 273
- Possessions hollandaises » 2.100 )) )) )) » )) )) )) ))
- Japon 1 .200 700 78 )) )) » )) )) 170 »
- Erythrée » 4.900 )) )) » » )) )) )) »
- Egypte » )> » 450 )) 84 » )) » ))
- Afrique éspagnole .... . . Autres pays d’Afrique )> )) )) 11.340 )) 27.139 )> )) )) 980
- » 5.600 » 1 .231 y> 161 )) » » 637
- Etats-Unis » 700 104 3.450 » 56 )) 504 280 350
- Equateur » » » » » )) )) 3.024 )) 945
- Amérique Centrale . » 12.600 )> 11.888 » 2.786 )) 1 .001 )) »
- Brésil )) 9.100 39 6.990 » 1 .029 )) 1 .981 )) 490
- Pérou )) 2.800 » 1 .200 » 1 .218 )) 4.039 >J 5.873
- Mexique )) 5.600 » 1 .515 » » )) » » 378
- Argentine • • )) 17.500 )) 24.420 » 11.655 » 1.470 » 1.505
- Colombie » )) » » )) » )) )) )) 4.270
- Uruguay » : 6 300 » 7 500 » 11.249 )) 8.386 » 2.702
- Chili )) 14.000 )) 1.695 )) 1.652 » 3.192 )) 5 264
- Portugal )) 700 )) » )) )) )) )) )) 13.300
- Turquie d’Asie )) 700 )) » )) )) )) )) )) 350
- Australie )) )) )) » » )) » )) » 1.680
- Indes Britanniques et Ceylan . . )) 700 65 )) » 2.800 )) )) )) ))
- Autres Pays • )) » 26 » )) 203 » 700 )) 2.576
- Valeur totale Lire 1 122.400 91.000 209.625 72 768 533.184 70.287 636.992 35.700 454.400 67.977 ^
- (1) Rubrique à partir de 1907 ; Parapluies et Parasols de soie ou garnis de dentelles ou de tulles,
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- ITALIE
- Fournitures de Parapluies et Parasols — Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Expc rtations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Argentine .... » 80.500 » 96.830 8.400 17.400 » 13.000 )) 3.400
- Autriche - Hongrie 1.260 6.900 1.260 14.260 » 4.400 12.000 2.800 22.200 11.200
- Belgique 26.145 » 53.865 )) 32.400 )) 44.100 )) 38.200 »
- France ..... 73.080 690 124.740 5.720 112.500 200 45.900 6.800 13.200 200
- Allemagne 353.115 )) 325.710 » 431.100 200 525.600 » 527.200 200
- Grande-Bretagne 20.160 » 31.815 460 21.000 » 11.100 )) 13.800 ))
- Grèce ......... . . )) 1 .380 » 3.450 » 2.400 » 400 » 5.400
- Pays-Bas 73.710 )) 90.090 » 244.800 )) 96.900 » 111.400 »
- Roumanie » » » 3.680 » )) » 6.800 » 14.800
- Portugal » » » 230 )) )) » » » »
- Espagne » 9.430 » 12.190 » 9.800 » 2.800 )) 106.200
- Suisse 945 690 630 6.670 » 2.600 )) 1 .600 1 .000 3.600
- Turquie ^ d’Europe. . . .... 1 d’Asie )) 15.180 )) ‘ 39.100 » 5.200 )) 3.400 » 20.000
- » 920 » » » 200 » 200 )) 1.600
- Indes Britanniques et Ceylan. . . • » )) )) 460 » » » » 54.400
- Japon » » » 460 » )) » » )) »
- Egypte » 8.050 » 4.600 >' 3.600 )) 3.200 )) 1 .600
- Etats-Unis 3.780 1.150 » )) 1.800 » » 200 » 1 .400
- Brésil » 8.740 » 13.110 » 39.800 » 17.600 » 31.000
- Chili » » » 1 .380 » » » 3.000 )) »
- Uruguay ... » » » 19.320 » 600 » » » 600
- Pérou . • » )) » » » 200 » )) y) 200
- Amérique Centrale » )) 690 » » » » » 200
- Océanie » 4.140 » )) » » » )) » »
- Autres Pays )) )) )) 920 )) « » 600 » 3.000
- Valeur totale Lire 552.195 137.770 628.110 223.330 852.000 86.600 735.600 62.400 727.000 259.000
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 493
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- LA
- PLUME
- CS?
- HISTORIQUE
- L’emploi de la plume d’autruche, produit exotique, n’est certainement pas antérieur au XIVe siècle. Les croisés en avaient rapporté des spécimens qui furent considérés comme objets de grand luxe.
- Bien avant cette importation d’Orient, on avait songé en France à employer les plumes d’oiseaux de pays pour la confection des vêtements, au même titre qu’on employait la fourrure de certains animaux, pour rendre l’habillement plus chaud et plus douillet.
- A l’époque de Charlemagne, si les soldats portaient des tuniques de lin exactement adaptées aux formes du corps, les nobles et les princes se paraient dans les jours solennels, de manteaux tissés de plumes de paon.
- Durant tout le moyen âge, les plumes de paon furent fort en honneur. Les faiseurs de chapels de plumes de paon faisaient concurrence aux faiseurs de chapels de fleurs; la corporation est même séparée dans le livre des métiers, des faiseresses de chapeaux d’orfroi. Il est ajouté, après leur désignation : « Si les chapeliers de paon emploient « dans les chapeaux de l’étain doré qui n’a point été argenté avant de recevoir la « dorure, l’ouvrage sera regardé comme mauvais, brûlé comme tel et l’ouvrier paiera « au roi cinq sous d’amende ».
- Coiffure de femme sous Louis XIII (.d’après une gravure de David) •
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- Il faut d’ailleurs remarquer qu’au XIIIe siècle la chair du paon et du faisan était, suivant nos vieux romanciers, la nourriture des preux et des amoureux. Le plumage de ces oiseaux fut aussi regardé par les dames comme le plus bel ornement dont elles puissent décorer les poètes qui, le plus souvent, s’inspiraient uniquement de la gloire militaire et de l’amour. Les plumes du paon et du faisan servaient donc aux dames de la Provence à tisser des couronnes qu’elles donnaient comme récompense des talents poétiques.
- On trouve encore dans les comptes de la fin du XIVe siècle, mention des chapels de paon. La vogue s’en affaiblissait petit à petit, la plume d’autruche et les aigrettes commençant à être employées dans les costumes de grand apparat.
- L’importation des plumes fut fort longue à s’établir, de manière à répondre aux besoins de la consommation, et en 1345, la simple plume qui orne le chaperon se paye encore au poids de l’or.
- Ces coûteuses parures sont nettement réservées à l’ornement des coiffures des grands personnages, et dans les cérémonies que l’on pourrait qualifier d’officielles, un des hérauts d’armes du roi, choisi à chaque règne, portait le nom de Montjoye-St-Denis. Son costume fort riche était en velours violet garni de galons d’or. Il était coiffé d’une toque de velours noir enrichie d’un galon d’or, semée de deux rangs de perles et ornée d’aigrettes de héron. (De l’office des rois d’armes, par Vulson de la Colom-bière, collect. Leber, tome XIII).
- Dans leur histoire de la coiffure, MM. G. P. Eze et N. Marcel signalent une particularité qui pourrait aujourd hui nous paraître une anomalie : les plumes étaient exclusivement ornements masculins et aucune femme n’en pouvait porter.
- En souvenir des usages de la chevalerie, où le cheval d’armes acquérait une considération spéciale du fait de son rôle prépondérant dans la vie du chevalier, on ornait parfois avec un grand luxe de plumes, le chanfrein des chevaux.
- A son entrée dans Rouen, Charles VII montait un palefroi tout caparaçonné d’une housse de velours bleu semée de fleurs de lys d’or, dont le chanfrein était rehaussé de plaques d’or massif et de plumes d’autruche.
- Dans les pays voisins, en Italie et en Allemagne, particulièrement au XVe et au XVIe siècle, la plume était le grand luxe des femmes. Celles que nous montre Pisanello dans le recueil Vallardi au Musée du Louvre, disparaissent sous le poids des plumes qui les garnissent. Celles de Cranach ont des auréoles de plumes frisées qui pourraient presque être comparées aux coiffures des rois nègres de notre époque.
- En France, les têtes étaient ornées de façon plus discrète et les femmes n’avaient point encore beaucoup osé se coiffer de cet emblème réservé autrefois aux chevaliers.
- Brantôme, dans son troisième discours, voit dans le désir d’arborer une plume au chapeau, une des raisons qui invitent les femmes à prendre le costume masculin. Voilà pourquoi il n’est pas séant « qu’une femme se garçonne pour se faire montrer plus « belle, si ce n’est pour se gentiment adoniser d’un beau bonnet avec la plume à la « guelfe comme depuis peu de temps nos cavaliers d’aujourd’hui l’ont mis en vogue ».
- La reine Eléonore elle-même se contentait, à son entrée à Bordeaux, d’une toque relativement simple, le 5 juillet 1530. « La Royne était vestue à la mode espaignolle, « ayant en sa teste une coiffe ou crespine de drap d’or frizé faicte de papillons d’or,
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- « dedans laquelle estoient ses cheveux qui lui pendoient derrière jusques aux talons, « entortillez de rubbens ; et avait un bonnet de velours cramoisy en la teste, couvert « de pierreries où y avoit une plume blanche ». (Journal d’un bourgeois de ‘Paris, publié par Ludovis Lalanne). Elle faisait ainsi montre d un goût plus éclairé que son
- royal époux, dont les plumes d’autruche disposées à son chapeau et au chanfrein de son cheval complétaient le luxe fou au Camp du drap d’or.
- La toque des Valois portait comme ornement indispensable la plume ondulant sans cesse, flottant au vent, et prêtant sa grâce frêle et chatoyante au costume efféminé des jeunes hommes, tandis qu’elle donnait aux femmes un petit air cavalier, qui ne leur messayait point.
- François de Guise, quand il fut mandé par la Reine, le 5 juin 1561 (le jour où il tomba sous les coups de Poltrot de Méré) « portait un bonnet de velours noir avesque une plume rouge fort bien mise ».
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- Avec le règne de Henri IV le souvenir du panache, peut-être autant au figuré qu’au réel, vient à tous les esprits. Le panache blanc d’Ivry, pour célèbre qu’il soit, n’est point l’unique dont le Vert Galant fit l’acquisition. Il en avait de grandes quantités, et en général à ses couleurs. Il en achète treize à la fois à Nicolas Thomassin. Il en avait payé fort cher (300 livres) : un qui était composé de plumes d’oiseaux de paradis ; tout l’oiseau y était, oiseau des plus beaux et des plus rares (Henri IV, G. B. de Lagrèze).
- Au début du règne de Louis XIII, les chapeaux de castor très bas de fond et très larges de bords, permettaient le déploiement de deux superbes plumes. Les mousquetaires l’ont immortalisé, et nous nous plaisons à nous les imaginer balayant le sol, lors du geste noble qu’esquissent ces galants cavaliers en saluant les précieuses.
- Hommes et femmes maintenant font assaut d’élégance dans la garniture de leurs chapeaux, souvent enjolivés d’énormes bouquets de plumes, d’agrafes ou de boutons de diamants.
- Mlle de Montpensier porte des plumes d’autruche pour suivre les chasses de Louis XIII : « Nous étions toutes vêtues de couleur sur de belles haquenées richement caparaçonnées, et pour se garantir du soleil, chacune avait un chapeau garni de quantité de plumes ».
- Le roi Louis XIV, à l’âge de 8 ans, recevant le prince de Galles revêt un habit de satin noir brodé d’or et d’argent : « Des plumes incarnates et des rubans de la même couleur achevaient sa parure »...
- A la même fête, la duchesse de Montbazon vint parée de perles et d’une plume incarnate sur sa tête, et quoi qu’elle eût 40 ans, elle y parut dans un grand éclat de beauté. (Mémoires de Mmt de Motteüille.)
- Ainsi à tous les âges et dans toutes les circonstances, au début du XVIIe siècle, la plume d’autruche est de mise.
- La reine de Suède elle-même, malgré son laisser aller et son peu de souci de l’étiquette, n’ose se soustraire à cette marque d’élégance, et assistant à un ballet à la cour, elle porte à la main un chapeau garni de plumes noires.
- Sur leurs portraits, certaines femmes de la cour de Louis XIII représentées en décolleté et en grande toilette, portent dans les cheveux l’aigrette droite que les femmes chics de 1911 ne craignent point d’arborer au théâtre, pour compléter les coiffures compliquées qui ont remplacé les énormes chapeaux, lors de l’interdiction de ces derniers.
- Anne d’Autriche, paraît-il, aimait à orner ses blonds cheveux d’une aigrette de héron, dont la noirceur faisait ressortir la beauté de sa chevelure.
- Les gravures de Bonnard, qui servent de documents irréfutables, pour l’histoire de la mode sous Louis XIV, représentent tous les hommes empanachés. Les chapeaux étaient garnis de plumes blanches ou teintes, à barbes plus ou moins longues, selon le ton du jour. Le tour de plume fut conservé jusqu’en 1710. A la fin du règne de Louis XIV, ces tours de plumes prirent l’aspect de franges raides et droites, posées au-dessus du bord du chapeau.
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- Le costume enfantin suivant de très près celui des grandes personnes (l’idée d’un habillement spécial à l’enfance, lui permettant la liberté des mouvements, est essentiellement moderne) on voit de pauvres bambins de 7 ou 8 ans, l’épée au côté, et sous le bras, le grand tricorne empanaché. Bien mieux, le duc de Bourgogne encore au maillot a, d après une estampe, la tête ornée d’un énorme bouquet de plumes d’autruche, posées très en arrière.
- C’est le comble de l’inutile et du grotesque.
- 1795
- (Gallety of Fashion)
- Cet excès d’ornements allait en raison inverse des habitudes d’hygiène, et tel enfant fort élégamment vêtu, suivant le goût du jour, était en réalité plus négligé pour les soins de propreté que les enfants de nos plus humbles ouvriers. On est obligé de recommander aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école, simplement vêtus et sans plumes à leurs bonnets, non pas poudrés ni frisés, mais au moins peignés, exempts de vermine (détails cités par Albert Babeau, Artisans et domestiques d'autrefois).
- Signalons sous le règne de Louis XIV un retour à l’ancien usage de se servir de plumes d’oiseaux communs, pour remplacer la fourrure. Les marchands merciers vendirent même des espèces de manchons faits à 1 aide de ce procédé.
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- Ces manchons servaient de niches à de tous petits chiens, qu’il était de bon ton de porter avec soi.
- Les coiffures en « tapé », les capuchons ou les bagnolettes, et en général le volume de la tête extrêmement réduit, ne permettait point d’arborer des plumes, dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elles disparurent tout à fait dans l’habillement féminin, et même du tricorne masculin, avec l’abandon des tours de plumes. On les voit réapparaître pour certaines cérémonies et dans des costumes dont la composition est immuable depuis le moyen âge. Tel ce comte de Chastellux, brigadier aux armées du roi qui, en 1732, obligé de prendre possession du titre de chanoine d’Auxerre, revêtit par-dessus l’habit militaire, en bottes et en éperons, le surplis, l’aumusse sur la main droite, sur le poing gauche un faucon et un chapeau bordé couvert d’une plume blanche.
- Au moment de l’avènement de Marie-Antoinette, c’est avec le débordement du luxe de toilette qui l'entoure, l’ère d’une véritable folie pour les plumes qui commence.
- Mesdames Tantes, qui ne pouvaient se résoudre à adopter ces modes extravagantes, ni à copier la reine, qui ne suivait sur ce chapitre, que son caprice, appelaient ces plumes « des ornements de chevaux. »
- Elles étaient les seules à critiquer ouvertement les exagérations que d’autres prenaient plaisir à encourager au moins par leur silence. « La reine s’est composée « une coiffure toute garnie de plumes élevées, pour laquelle l’affection de cette « princesse est si prononcée qu’un jeune poète nommé Auguste, ayant adressé au « Mercure une chanson plaisante où il critiquait les plumes, les auteurs la lui ont « renvoyée et n’ont osé l’insérer, de peur de déplaire à la reine ». (Duclos, Mémoires secrets).
- La plus grande partie des dames de la Cour firent comme la reine et garnirent les bonnets parés et les chapeaux avec une extravagance qui ne nous paraît point du meilleur goût.
- L’éducation de l’œil s’était si bien faite à ces panaches que l’une d’elles nous les décrit avec un plaisir évident.
- « C’était, nous dit une contemporaine, un très beau coup d’œil dans la galerie de Versailles, que cette forêt de plumes qui ondoyaient au moindre souffle d’air. A la variété des couleurs, on eut dit un parterre ambulant caressé de quelques « zéphyrs. »
- Les ateliers de plumassiers connaissent un regain d’activité des plus pittoresques, et travaillent non seulement les plumes d’autruche destinées aux panaches, mais encore toutes les plumes susceptibles d’embellir une toilette de femme.
- Les maîtresses plumassières y garnissent une robe et son corsage de petites plumes tandis qu’autour de la pièce des grandes plumes de paon se dressent contre les murs et des petits panaches se balancent sur des cordes fixées au-dessous du plafond.
- Pour donner une idée du luxe extraordinaire déployé pour les coiffures, nous pouvons nous reporter au récit fait par la marquise de Valfons, du bal donné en l’honneur du grand duc et de la grande duchesse de Russie, le 8 juin 1781. La reine y
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- était habillée dans le costume de Gabrielle d’Estrées, portant un chapeau noir avec des plumes blanches et une masse de plumes de héron, rattachées par 4 diamants et une ganse de diamants ayant pour bouton le diamant nommé Pitt et valant 2 millions.
- 1820
- En février 1791, on relève encore sur les comptes de MUe Bertin, un chapeau garni d’une plume plate autour de la forme et d’un panache de deux plumes bleues sur le côté, valant 72 livres.
- La Révolution fauche tous ces panaches extravagants et comme nous le dit fort bien M. Dehesdin, il eut été impossible en France, en 1795, de suivre l’exemple des Anglaises qui exhibaient des plumes ayant trois fois la hauteur de la tête. A Paris, rappelant trop les folies de l’ancienne cour, elles auraient pu paraître un emblème
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- séditieux- Les estampes anglaises nous montrent la façon bizarre dont il était d’usage de placer ces plumes en avant, sur le haut du front et absolument droites à la façon d’une aigrette.
- En revanche, sous le Directoire, la venue d’un ambassadeur turc avait engagé les Parisiennes à s’affubler d’une sorte de turban, dont la calotte était ornée de perles et d’une plume de héron. La campagne d’Egypte mit en vogue d’énormes turbans multicolores et à plumes recourbées.
- Ainsi le luxe renaissait peu à peu, préparant les somptuosités de la cour de Napoléon.
- Les plumes sont une des plus grosses opérations de détail chez Leroy ; il se fournit lui-même chez Denevers et Rouyer, où la facture est de 15.000 francs en six mois, et chez Perrot, où elle monte à 13.000 francs dans le même temps.
- Il les revend au détail en moyenne 33 francs pièce. Certaine grande dame, comme Catherine de Russie, commande à la fois un diadème de 15 plumes, qu’elle paye 495 francs. Hortense, plus modeste, se contente de 7 plumes au même prix et fait parfois blanchir des garnitures défraîchies, à raison de 3 francs par plume. Mlle Clotilde, du Théâtre Impérial, fait des opérations qui ressemblent fort aux arrangements que consentent les petites modistes de nos jours. Ayant acheté une plume blanche teintée de jaune au prix de 15 francs, elle fait teindre en même couleur 5 plumes blanches. Leroy lui compte cette teinture un louis, et ainsi cette garniture sera encore bien légère dans son budget.
- Mme de Montalivet ne fait qu’une fois une folie pour une superbe toque de satin blanc, avec cinq plumes blanches, qu’elle paie au moins 200 francs. Pour les petits chapeaux négligés, une touffe de plumes de coq sera parfaitement de mise et ne dépassera pas 42 francs.
- Napoléon qui avait désiré que sa cour eut un éclat, ne le cédant en rien aux splendeurs du XVIIIe siècle, avait tout de suite imposé les plumes dans les cérémonies officielles ; elles y furent le symbole de la richesse et du luxe.
- Au milieu de l’Empire, par un revirement très fréquent et dont la contradiction n’est qu’apparente, les femmes ne les voulurent plus porter qu’en négligé, tombant avec abandon, flottant avec légèreté sur un chapeau du matin, en forme déjà dite de « pleureuses » renouées en franges de deux couleurs.
- Aux abords même de 1815 les grandes coquettes n’abdiquèrent point ces quolifichets. Etait-ce pour un chapeau du matin que Pauline Borghèse fait emplette chez Leroy d’un oiseau de Paradis de 800 francs, pendant que son frère est à l’Ile d’Elbe?
- Les plumes d’autruche ne régneront point sans conteste pendant la Restauration, elles seront concurrencées d’abord par les marabouts dont on fait des garnitures fines et légères. On met les enfants, à la campagne, à la recherche des petites plumes. Les élégantes font faire des parures avec la dépouille d’oiseaux du pays.
- En 1824, il n’est bruit que de la garniture complète d’une robe faite en plume de toucan. On sait que cet oiseau offre sur son col toutes les nuances de la couleur jaune orangé (rappelant la couleur Trocadéro alors à la mode). La garniture est évaluée
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- 3.000 francs. Un plumet de kakatoès jaune citron de la dernière élégance vaut 500 fr. (Journal des dames et des modes).
- En 1828, on piquait dans les coiffures d’Hippolyte une variété de plumes frisées de l’invention de M. Plaisir.
- 1830
- « Sous Charles X, apparaissent les premiers turbans de Paradis ; il paraîtra extravagant de dire ici que le résultat le plus pratique du voyage de circumnavigation de Dumont d’Urville, fut de mettre à la portée des classes bourgeoises le fameux turban de Paradis exclusif en 1828 à l’aristocratie du règne de Charles X. Les marins de la « Coquille » en 1824 en avaient rapporté un petit assortiment, mais ceux de « l’Astrolabe » et de la « Zélie » en 1839 en rapportent une quantité suffisante aux
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- convoitises élégantes de l’aristocratie du règne constitutionnel (Communication J. Forest aîné à la Société d’Acclimatation de France, cité par M. Dehesdin) ».
- Aussi est-il décidé dans les ateliers de Mme Planat, rue Richelieu, que pour la saison d’hiver de 1840, le chapeau élégant sera en velours épinglé ou en satin à la reine ; un esprit de la même couleur que l’étcffe, appuyé sur une aigrette se penche gracieusement sur la passe et jette sur l’ensemble un reflet chatoyant du plus bel effet.
- Sous ce même règne, les boas de plumes jouirent de la plus grande vogue ; ils donnent aux femmes un air provocant d’Eve en conversation avec le serpent. Elles le nomment « l’Infidèle » sans doute, dit l’une d’elles, parce qu’il glisse et veut toujours nous quitter.
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- Fabrication des Plumes
- Cf?
- L’ornement le plus coûteux que portent les chapeaux de nos contemporaines, ce sont les oiseaux. Le paradis blanc et noir vaut 60 francs. Les couroucous de l’Inde, les multifils, ou les gorges d’acier, se paient de 30 à 150 francs. On les imite fort, il est vrai, et les copies ne diffèrent pas trop du modèle. Le Faubourg Saint-Denis fabrique des petits volatiles, jadis importés du Japon, se vendent maintenant 50 centimes, alors qu’autrefois ils valaient 20 francs.
- La mode est extrêmement changeante, et à part la plume d’autruche, qui reste l’article important et toujours demandé, en ce qui concerne les oiseaux des pays américains, africains, océaniens, les femmes fixent leur préférence sur les espèces les plus variées, l’accordant tantôt au lophophore, tantôt au paradis, tantôt à la crosse et Laigrette. Ces dernières espèces arrachées aux têtes des hérons, le héron aigrette, et le héron crosse ou gayette, de beaucoup les plus chères, sont traquées sans merci par les chasseurs indigènes, dans certaines régions du Niger, du Dahomey et auprès du lac Débo. On détruit des millions de ces oiseaux chaque année ; les femmes élégantes ayant depuis peu donné toutes leurs préférences à ces petits plumets blancs, légers et mobiles.
- Les prix ont augmenté dans de très notables proportions^. L’once de crosse vaut maintenant 300 francs et le kilo 8.000 francs ; le gramme d‘aigrette 1 fr. 50 et le kilo 1.500 francs.
- Chaque oiseau ne porte guère plus d’un gramme de ces précieuses plumes sur la tête ; on tue quelquefois dans un même pays jusqu’à deux millions d’échassiers pour fournir 2.000 kilos d’aigrettes. Les négociants traitent généralement par once, l’on compte 1 .000 brins de crosse par once et 250 brins d’aigrette.
- (I) Par suite des caprices de la mode, ces prix ont doublé depuis le commencement de Tannée 1912.
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- On tue encore comme oiseaux au plumage brillant, employés dans la mode, les satyres, les martins-pêcheurs, les argus, les oiseaux de velours, les colibris, les incobars, les marabouts et les paradis qui, depuis 1830, ont à plusieurs reprises orné les têtes de§ femmes les plus élégantes.
- Les plumes dont on faisait grand usage en Europe au XVIe siècle provenaient presque toutes des Etats barbaresques. L’autruche était alors dans le Nord de l’Afrique. Les indigènes de l’intérieur la pourchassaient avec acharnement et vendaient sa dépouille aux navires provençaux ou génois qui touchaient la côte. Comme la consommation augmentait, les habitants d’autres pa ys où l’autruche vivait en troupes nombreuses, entreprirent ce commerce de plus en plus lucratif. On vit entrer dans la circulation des plumes d’Egypte qui venaient du Haut-Nil et de Nubie, celles du Yemen, de la Péninsule Arabique, celles de la Mésopotamie et du pays de l’Iran. Enfin, dans les dernières années du XVIIIe siècle, apparurent les plumes du Cap et celles du Sénégal, qu’on se procurait au Cap Bojador. Chacune de ces variétés avail des caractères propres, les animaux qui les fournissaient appartenant à des familles différentes.
- Les plumes de Syrie passaient pour les plus belles, très longues, fines, soyeuses, d’une parfaite élégance de formes, celles d’Egypte et de Barbarie, remarquables par leur souplesse et l’éclat de leurs couleurs venaient au second rang. Beaucoup moins appréciée était la plume du Cap, au duvet grêle. Quant à celles du Yemen, courtes, peu fournies, mal construites, on les appréciait fort peu. On n’estimait d’ailleurs que les plumes blanches et noires, les blanches surtout, qui se trouvent seulement sur l’oiseau mâle dont elles ornent les ailes et la queue. Fort rares par conséquent, celles-là se vendaient excessivement cher. Les plumes grises, au contraire, qui garnissent les autres parties du corps entier de la femelle, étaient si peu appréciées, que souvent les chasseurs ne se donnaient pas la peine de les recueillir. Des comptoirs d’Alep, du Caire, de Tunis ou de Tanger, les marchandises étaient dirigées sur Vienne ou Livourne; plus tard, un troisième marché s’établit à Londres pour la plume du Cap.
- Bien que la France ne reçut directement que les envois insignifiants du Sénégal, c’était pourtant chez elle qu’on venait s’approvisionner, car seuls ses ouvriers savaient manipuler la plume brute. Brute ou travaillée, les commerçants commencèrent vers 1830 à ne plus la trouver avec la même facilité qu’autrefois. Elle se raréfia depuis d’année en année.
- Les belles plumes valaient une cinquantaine de francs. Le renchérissement fut tel que ce produit semblait destiné à ne trouver bientôt plus que peu d’acheteurs.
- La chasse, depuis trois ou quatre siècles, avait dépouillé tant d’animaux que l’autruche redescendue d’abord du Nord de l’Afrique au Soudan, allait de plus en plus vers le Sud et était très difficile à capturer dans la région du Cap où elle s était réfugiée.
- Dans l’Iranj les mêmes causes produisirent les mêmes effets, et malgré la prodigieuse fécondité de l’animal, on pouvait croire qu’il devint un jour introuvable.
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- Nul n’ignorait que les anciens étaient parvenus à domestiquer l’autruche, aussi les tributs de Nubie, du Transvaal et de l’Orange, au lieu de tuer les animaux qu’ils avaient forcés, les gardaient captifs dans de vastes enclos pour les plumer à intervalles périodiques, mais l’élevage et la reproduction méthodique de cet oiseau étaient regardés comme une chimère.
- La Société Française d’Acclimatation mit la question au concours de 1856. Le prix offert par elle fut remporté en 1862 par M. Hardy, Directeur de la pépinière du Gouvernement Général de l’Algérie, qui avait obtenu de plusieurs couvées, un nombre de petits autruchons et les avait fait reproduire à leur tour. Stimulés par l’heureure issue de cette tentative, les colons anglais entreprirent de domestiquer l’autruche. Lorsqu’ils commencèrent, on ne comptait dans toute l’Afrique du Sud que 80 animaux domestiques; en 1865, 10 ans après, le nombre passait à 22.000 et atteignait 50.000 d’après un recensement officiel.
- L’exploitation des plumes suivit un développement extraordinaire. De 1.500 au début, elle s’éleva progressivement à 30.000, 60.000 et 90.000, représentant une valeur de 83 millions de francs, et devenant après les diamants et la laine le principal revenu de la colonie. Grâce à des appareils perfectionnés d’incubation, la réussite des couvées est toujours assurée. A 3 ans, l’autruche est parvenue à l’âge adulte et sa période de productivité dure une quinzaine d’années. L’entretien annuel coûte environ 90 francs par tête, et chaque animal donne environ 1 kg. 500 de plumes qui rapportent au minimum 250 francs, et ne dépassent pas 1.000 francs.
- L’élevage est donc très rémunérateur. Les plumes ne s’arrachent pas, elles se coupent à une petite distance de la peau, tous les 8 mois, au Cap. Les tuyaux restés sur l’animal se flétrissent et tombent au bout de quelques semaines, tandis que pointe une plume nouvelle.
- Les admirateurs systématiques du bon vieux temps, et il s’en trouve parmi les plumassiers comme ailleurs, prétendent que le duvet des autruches en liberté était comme tout ce qui pousse à l’état sauvage, plus fort que celui des oiseaux privés de maintenant ; que l’animal, parce qu’il se tourmente, se gratte, et qu’un coup de bec sur une plume lui fait perdre toute sa qualité. Les partisans du progrès trouvent au contraire que les oiseaux du Cap, par une nourriture appropriée et des soins intelligents, donnent une fort belle plume, tandis qu’ils n’en fournissaient autrefois que de médiocres. Un détail tendrait à prouver que le type actuel est dégénéré. On ne connaissait naguère que la plume simple, c’est-à-dire sans couture, ce qui prouve qu’elles sont très rares aujourd’hui, c’est qu’une plume n’est autre chose que la juxtaposition de deux ou trois cousues ensemble. Mais ainsi, on utilise les couteaux c’est le nom des spécimens communs, dont autrefois on ne pouvait rien faire. La plume brillante unissant la fermeté du duvet à la souplesse de la côte, n’est pas facile à trouver.
- Le touriste paie avec joie et rapporte dans ses bagages de Matarich ou du Cap, des plumes de 40 sous qui lui ont été vendues 10 francs. Mais les professionnels savent combien peu les 250 plumes dont se compose ordinairement le kilo peuvent fournir d’échantillons irréprochables. Entre le moment où elles quittent les ailes de l’oiseau et celui où elles arrivent aux ateliers de la modiste, la plume de fantaisie ou d’autruche passe par une série de préparations.
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- Elles sont plongées dans des tonneaux d’eau chaude, séchées à la vapeur,, elles sont ensuite battues à la machine, après avoir été recouvertes d’une poudre d’amidon, qui favorise leur épanouissement. D’autres procédés permettent de modifier la coloration primitive et de donner sur une seule plume des colorations différentes. Parmi ces inventions récentes, l’une des plus notables consiste dans le blanchiment de la dépouille grise ou noire de l’autruche.
- Les chimistes se servirent d’abord du bicarbonate de potasse décomposé par l’acide sulfurique, qui donne un ton plombé ou blanc impur. Plus tard, on se servit d’hydrocarbure et d’essence de térébenthine, pour arriver enfin à l’eau oxygénée, qui transforme en une blancheur éclatante les nuances dont on ne pouvait naguère tirer parti.
- La teinture des plumes s’exécute comme toutes les teintures, dans de grandes cuves ; elles y trempent plus ou moins longtemps, suivant la couleur que l’on veut obtenir. Le bois decampêche et le sulfate de fer leur donneront un noir brillant; l’acide acétique et le bois de Brésil les teindront en rouge; le safran et le jus de citron en rose ; l’alun et la gaude en jaune.
- Lorsque les plumes d’autruche doivent être bicolores, leurs bords seuls devant recevoir la teinture, celle-ci s’étend comme on l’étend sur les fourrures, à l’aide de pinceaux et éponges.
- Après avoir été séchées, les plumes sont apportées à des ouvrières qui les secouent, écartent les brins et coupent avec des ciseaux tous ceux qui, trop longs* enlèveraient à la plume son aspect de franges régulières. La côte est encore grattée au couteau et avec un morceau de verre, pour la rendre souple et facile à disposer sur le chapeau.
- A l’assortissage, on réunit sur un même tuyau plusieurs fragments de plumes avec des points de raccord, et en les soudant si bien les uns aux autres, que la plume a l’air d’avoir été arrachée telle que à l’aile de l’autruche.
- La dernière opération consiste à faire passer chaque brin sous le couteau à friser qui, manié par des ouvrières habiles, achève de donner à la plume son aspect délié, léger et soyeux.
- Lorsqu’il s’agit de reconstituer des ailes, ou même des oiseaux entiers, à l’aide de différents plumages, les ouvrières taillent d’après des patrons en carton, des carcasses d’ouate consolidées de fils de laiton. On colle sur ces carcasses, une à une, les plumes disposées à l’avance sur des établis, devant ces artistes femmes qui choisissent leurs plumes suivant un coloris gradué et avec le goût le plus sûr.
- On fait ainsi les parures les plus variées, composées à l’aide de dépouilles d’oiseaux de toutes couleurs, gouras couronnés, perruches, sifflets, moineaux même, dont le plumage gris fait ressortir les couleurs éclatantes des oiseaux exotiques.
- Des paradis, on retire plusieurs parures, les têtes et les ailes serviront à des usages fort différents du long plumage de la queue qui, pour les profanes, forme souvent à lui seul le paradis. Quand un même oiseau possède une queue très fournie et très abondante, on la divise et on en fait plusieurs garnitures.
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- Le montage des aigrettes et fantaisies est véritablement un art si l’on songe que faisant des prodiges pour améliorer, teindre, affiner les plumes des oiseaux les plus communs, l’industrie de la plume emprunte environ 98 0/0 de matières premières aux oiseaux de basse-cour.
- Donc 2 0/0 seulement des parures féminines appartiennent aux oiseaux sauvages mais cela représente une hécatombe encore beaucoup trop considérable des paradisiers, hérons, aigrettes, de telle sorte que la disparition de leurs espèces peut être à craindre. Presque toujours c’est au moment de leurs amours que ces oiseaux sont parés des plus belles plumes qui sont l’objet de la convoitise de tous les chasseurs. C est donc pour chaque aigrette récoltée non seulement la perte de la mère mais encore de 5 ou 6 jeunes hérons qui ne peuvent plus vivre dans les nids abandonnés.
- Le remède au mal serait la prohibition de la destruction des animaux. Il est inapplicable en l’espèce puisqu’il supprimerait le gagne-pain d’une intéressante catégorie d’ouvrières.
- L exemple de la réussite des élevages d’autruches montre la voie à suivre, 900-000 individus sont aujourd’hui domestiques dans l’Afrique australe et les femmes peuvent porter la plume au chapeau sans crainte. Pour les paradisiers, un riche Anglais sir William Ingran a lâché 47 de ces oiseaux dans Lîle Tabago aux petites Antilles. La garde d’un seul éleveur est suffisante pour qu’on puisse espérer dès maintenant leur reproduction. Un prix de 10.000 francs vient d’être fondé par la société Sciama pour 1 élevage des aigrettes. La question est assez pressante pour que ces initiatives privées méritent d’être signalées.
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- ÉTOLES ET BOAS
- On sait que jusque vers 1880, l’industrie des plumes pour parures ne comprenait guère que deux sortes de fabrications : d’une part, la très ancienne industrie des plumes d’autruche pour chapeau et d’autre part celle des plumes fantaisies pour modes, qui appliquait à la décoration du chapeau les plumages des animaux de nos pays et surtout ceux aux vives couleurs des oiseaux exotiques. On peut dire qu’à ce moment, l’industrie plumassière n’était que l’auxiliaire de la modiste. C’est alors, en 1877, que par une série de créations successives, invention de procédés nouveaux brevetés, mise en œuvre de machines nouvelles, etc... on arriva à former une branche neuve pour l’industrie des plumes. Ce fut d’abord la création d’une fourrure en duvets de dindon, qui eut un grand succès. On l’appliqua à la fabrication des chapeaux, des toques, des manchons, des cols. Cette fourrure donna lieu à un grand mouvement d’affaires. La matière première qui valait 20 centimes le kilo au début, monta bientôt à 15 francs le kilo.
- Vers 1884, l’introduction des plumes d’autruche du Cap sur le marché européen ayant fait baisser le prix de cette matière brute de 3.000 francs à 1.000 francs le kilo,
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- on eut l’idée d’utiliser à la confection de fourrures cette plume jusque-là réservée à l’ornement du chapeau. On imagina des métiers qui permirent d’en faire des cols, des palatines, des boas. Bientôt ces confections en plumes furent sur le cou de toutes les femmes élégantes, ce fut un grand succès pour la fabrication parisienne, et maintenant encore on estime que la production de ces articles monte à Paris à 20 millions par an.
- Plus tard encore on parvint, grâce à des procédés nouveaux, brevetés, à utiliser les plumes à côtes dures de l’oie, du dindon et du coq, jusque-là délaissées, et à les transformer en une matière souple, dont on put faire des collets, des étoles, des boas, des mantelets, etc. et à des prix tels qu’ils devinrent des objets de grande consommation, et plus de cinquante fabricants manufacturent maintenant ces plumes à Paris.
- La recherche constante de modèles nouveaux présentés à chaque saison à la clientèle, justifie la place prépondérante que l’industrie des fourrures en plumes a conquise dans l’industrie plumassière, et la suprématie qu’elle a gardée sur les imitations à l’étranger.
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- VUE DU PAVILLON DU SIAM
- Les Plumes à ^Exposition de Turin
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- Le nombre des exposants à la section française de Turin était de douze
- BENOISTON & Cie.
- 164 et 166, Rue du Temple, Paris.
- Maison fondée en 1869, par M. Benoiston.
- S’est spécialisée dans la fabrication des chapeaux de paille et feutre pour dames et dans la préparation de la plume d’autruche.
- La maison de vente se trouve 164 et 166, rue du Temple, et l’usine est située 18, rue Dupetit-Thouars.
- Un outillage très perfectionné, destiné à la fabrication, à la teinture et à la frisure a été introduit dans cette usine, qui a subi des agrandissements successifs et très importants, par suite d’un accroissement énorme du chiffre d’affaires.
- La vitrine de Turin avait attiré l’attention par ses nœuds en plumes de faisan et oiseaux-mouches, rubis, topaze; une très belle monture d’aigrette blanche avec petites ailes mercure, une écharpe de mousseline de soie brodée d’œillets entièrement en plumes; enfin une grande cascade de plumes d’autruche ombrées avec paradis même» nuances.
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- Cette maison a su se créer une place prépondérante dans l’industrie de la mode et des fournitures pour modes.
- Nous la voyons figurer depuis 1900 dans les Expositions, où elle a su remporter les récompenses suivantes :
- Paris 1900, deux médailles d’argent ; Hanoï 1902, Médaille d’Or; St-Louis 1904, Liège 1905, Diplômes d’Honneur; Milan 1906, Grand Prix; Londres 1908, Bruxelles 1910, Hors Concours, Membre du Jury.
- Et enfin, Turin 191 1, le Jury lui décerna le Grand Prix.
- G. BROSSARD.
- 49, Faubourg Saint-Martin, Paris.
- La vitrine de M. J. Brossard nous montre une superbe exposition de plumes d’autruche de toutes provenances et de toutes qualités, brutes et teintes.
- Cette importante maison fut fondée par le titulaire en 1885. Elle s’occupe spécialement de la teinture en noir des plumes d’autruche et sa marque « Noir de Paris » est bien connue du monde entier.
- Elle prit un développement considérable, grâce aux projets réalisés, qui permettent à tous les fabricants d’employer les plumes d’autruche en noir sous toutes les formes et dans tous les genres, plumes pour parures, boas, étoles, modes, éventails, passementeries, confections, etc.
- Il en est donc résulté une grande impulsion commerciale, qui a ouvert une ère de prospérité imprévue dans l’industrie des plumes.
- Son usine modèle à vapeur, avec un outillage mécanique perfectionné, est unique en son genre.
- La quantité de plumes d’autruche traitée en teinture par année est considérable ; leur valeur s’élève à plus de vingt millions de francs.
- M. G. Brossard a obtenu les plus hautes récompenses dans toutes les expositions. Ce fut d’abord à Rouen en 1896 et Bruxelles 1897, où il obtint des Médailles d’Argent, puis la Médaille d’Or lui fut décernée à Paris 1900; Hanoï 1902, Médaille d’Or; St-Louis 1904, Grand Prix; à Liège 1905, Milan 1906, Londres 1908, il fut Membre du Jury, Hors Concours; Bruxelles 1910, Grand Prix.
- A l’Exposition de Turin, il fut choisi comme expert du Jury où il apporta encore la collaboration la plus dévouée.
- J.-B. DEMARET.
- 1 30, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Maison fondée par le propriétaire actuel en 1880. S’occupe de la préparation déplumés fantaisie; elle nous montrait, à Turin, des oiseaux de Paradis naturels et dénaturés, pour garnitures, teints et rerriontés en fantaisie, des plumes d’aigrette, de crosses et gourahs, des plumes d’oiseaux de basse-cour et chasse.
- Sa spécialité est le paradis, la crosse et l’aigrette. La plus importante partie de sa fabrication consiste en ailes factices et fantaisies diverses, destinées à l'exportation*
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 515
- Les genres les plus variés sont fabriqués par un important personnel que M. De-maret a formé lui-même en faisant des apprenties payées qui, au bout de deux ans, deviennent des ouvrières dans la maison.
- Exposant depuis longtemps, M. Demaret a remporté les récompenses suivantes : Saint-Louis 1904, Médaille d’Argent; Liège 1905, Médaille d’Or; Milan 1906, Dipl orne d Honneur ; Londres et Bruxelles, Grands Prix ; Buenos-Ayres, Hors. Concours ; Turin, Grand Prix.
- G. GÉRARD.
- 111, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison, fondée en 1888, s’occupe principalement de la plume d’autruche pour parure; elle était autrefois 50, faubourg Saint-Denis.
- Elle fournit les parures toutes préparées, apprêtées et teintes aux modistes, et exporte à l’étranger une grande quantité de ces articles.
- Le soin et le bon goût apportés dans la fabrication ont contribué à favoriser la bonne renommée de l’article français et ont placé cette maison parmi les plus réputées. Elle fait également le commerce de la fleur artificielle,
- Exposant depuis longtemps, les récompenses suivantes lui ont été décernées : Paris 1900, Médaille d’Argent ; Saint-Louis 1904 ; Milan 1906, Médaille d’Or ; Londres 1908, Diplôme d’Honneur ; Bruxelles 1910, Grand Prix; Buenos-Ayres 1910, Hors Concours; Turin 1911, Grand Prix.
- J.-E. GRILLET.
- 9, faubourg Poissonnière, Paris.
- Fondée en 1812, cette maison, une des plus anciennes de la place, est la propriété du titulaire actuel depuis 1876.
- Elle fabrique d’une façon générale tous les genres qui peuvent se faire en plumes d’autruche et en plumes fantaisie.
- Elle s’est plus particulièrement spécialisée dans la fabrication des boas en plumes d’autruche et des étoles en marabout.
- M. Grillet est Président de la Chambre Syndicale des Fabricants de plumes pour parures, depuis 10 ans, fondateur et Président de la Caisse patronale de secours de cette industrie ; fondateur et président de la caisse de secours immédiats des ouvrières plumassières.
- Ayant suivi les expositions depuis fort longtemps, il y a obtenu les récompenses suivantes : Paris 1878, Médaille de Bronze; Paris 1900, Médaille d’Argent ; Bruxelles 1897, en collectivité, Médaille d’Or; Milan 1906, Diplôme d’honneur; Londres 1908, Hors Concours, Membre du Jury; Bruxelles 1910, Grand Prix; Roubaix 1911, Hors Concours, Membre du Jury ; Turin 1911, Grand Prix.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- P. GRISARD
- 28, rue Meslay, Paris.
- Le titulaire de la maison en est propriétaire depuis 1908.
- Il avait exposé à Turin dans une vitrine fort bien présentée des plumes pour parures, amazones, têtes, fantaisies d’autruche. Sa spécialité est surtout la plume d’autruche.
- Ayant exposé antérieurement, il avait obtenu les récompenses suivantes :
- Bruxelles 1910, Médaille d’Or; Roubaix 1911, Diplôme d’Honneur, et le Jury de Turin lui accorda à nouveau le Diplôme d’Honneur.
- Albert LOLLIOT.
- 4, Rue Martel, Paris.
- Maison fondée en 1894 par le titulaire actuel.
- Sa spécialité est la fabrication d’articles en plumes, pour modes, boas, étoles, pèlerines, etc., garnitures en plumes d’autruche et fantaisies, fourrures en plumes d’autruche et marabout, éventails en plumes, etc.
- Indépendamment de son usine, 4, Rue Martel, M. Lolliot a une fabrique à Livry (Seine-et-Oise).
- Ses innovations heureuses, le goût très parisien, l’élégance, le soin et les qualités multiples de ses articles ont placé cette maison au premier rang et lui ont acquis une renommée méritée auprès des acheteurs français et étrangers.
- Prenant part depuis longtemps aux Expositions, elle y obtint les plus hautes récompenses :
- A Bruxelles 1897 et Paris 1900, la Médaille d’Or lui est décernée; elle obtient des Grands Prix à Hanoï 1902, Saint-Louis 1904, Liège 1905, Membre du Jury, Hors Concours aux Expositions de Milan 1906, Londres 1908, Bruxelles 1910, Buenos- Ayres 1910.
- Enfin le Jury de Turin lui décerna le Grand Prix.
- MANTOU & Cie.
- 8, Passage Violet, Paris.
- Les titulaires actuels fondèrent leur maison en 1885. Ils font le commerce de la plume brute pour parures, oiseaux pour modes et naturalisateurs. Ils font l’importation des plumes pour plumeaux, pour la literie ; des oiseaux pour collections et musées et aussi la plume fine pour la haute mode.
- Cette firme possède deux maisons; l’une 8, passageViolet et l’autre 72, rue Riquet.
- MM. Mantou & Cie ont créé une caisse de secours immédiats pour le personnel, caisse patronale.
- Elle obtint à Milan en 1906 unè Médaille d’Or; à Bruxelles en 1910, un Diplôme d’Honneur.
- Le Jury de Turin, devant les grands efforts couronnés de succès faits par cette maison, lui accorda le Grand Prix.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Henri MAYER.
- 73, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1877 par M. Mirtil Mayer, frère du titulaire actuel.
- Elle prit une importance considérable, grâce à l’essor qu’elle sut donner à l’industrie de la plume pour parures, car ce fut M. Mirtil Mayer qui, le premier, créa la branche des tissus et fourrures en plume, en utilisant les duvets de dindon d’abord, puis plus tard la plume d’autruche. Il imagina des métiers qui permirent de faire avec ces plumes, des cols, palotins, etc.
- La spécialité de cette firme est la confection de boas, de cols, de manchons, d’écharpes en plumes et de plumes pour parures.
- Cette maison occupe un personnel considérable dans sa fabrique située rue Réaumur, 73. Ayant installé de nombreuses agences à l’Etranger, elle y fait apprécier nos articles français par la perfection de ses produits.
- Une caisse de secours fut fondée en cas de maladie, sous le nom de « L’Amicale de la Maison Mirtil Mayer et Frères ».
- Nous voyons cette maison aux expositions depuis 1900, à Paris, où elle remporte la Médaille d’Or; un Grand Prix lui est décerné à Saint-Louis en 1904.
- A Liège 1905, Milan 1906, Bruxelles 1910, Turin 1911, M. Mayer est Membre du Jury, Hors Concours.
- I. SALAMAN & Cie.
- 34, faubourg Saint-Denis, Paris.
- Cette maison fut fondée à Londres, en 1816, et n’a cessé d’occuper depuis une place prépondérante dans le commerce des plumes d’autruche.
- Depuis 1879, la maison de Paris, sous la haute direction de M. Guyot, s’est placée au premier rang des maisons similaires par l’extension qu’ella a su donner en France à l’importation des plumes d’autruche et par les services qu elle a rendus à l’industrie des plumes pour parures.
- Elle possède des branches dans les principales villes du Cap de Bonne-Espérance, à New-York et est en outre représentée sur les principaux marchés du monde.
- En 1889, M. Guyot était Membre du Jury; depuis lors, la maison a longtemps contribué au succès de la Classe 86, à l’Exposition de Liège en 1905, à Milan 1906, à Londres en 1908, Bruxelles 1910, par les Dioramas qu’elle avait installés. Des Grands Prix lui furent accordés par les Jurys de ces diverses expositions.
- Celui de Turin lui décerna également la plus haute récompense.
- F. SAMSON.
- 10-12, rue Richer, Paris.
- Maison fondée en 1903. Le titulaire fut le créateur de la fantaisie autruche et un des promoteurs de la plume noire, utilisant toutes les vieilles plumes et faisant de ces vieilleries de très jolies choses.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Son stand contenait des plumes pour parures si délicates dans la fantaisie de leurs formes, des pleureuses, des boas souples et enveloppants, et notamment deux plumes pensées du plus bel effet, qui constituaient un ensemble digne des plus grands éloges.
- Cette maison s’est fait remarquer par le choix considérable et l’inépuisable fantaisie de ses poufs et plumes pour parures dont elle obtient les teintes chatoyantes les plus diverses.
- Elle a déjà remporté les récompenses suivantes :
- Londres 1908, Médaille d’Argent; Bruxelles 1910, Médaille d’Or; Buenos-Ayres 1910, Hors Concours.
- Le Jury de Turin lui décerna un Diplôme d’Honneur.
- WALLACH & LÉVY.
- 20, rue de Paradis, Paris.
- Maison fondée en 1896. Fait le commerce de la plume fantaisie pour parures en tous genres et s’est créé une spécialité dans la plume de coq avec laquelle elle lutte avantageusement contre l’importation allemande.
- Elle exposa pour la première fois à Milan où elle obtint une Médaille d’Or.
- Le Jury de Turin lui décerna le Grand Prix.
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- FRANCE
- Plumes de Parure brutes de coq et dê vautour, sans distinction de couleur
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg- kg. kt kg. kg.
- Allemagne 21.877 34.093 22. 225 41 . 764 22.443 49. 514 28.500 52.200
- Espagne 12.202 » 9. 126 )) 11.210 » 40.200 »
- Autriche-Hongrie 47.984 4.799 75. 490 )) 88.949 » 75.100 »
- Italie ... 38.597 » 34. 212 )) 21.724 )) 16.000 y>
- Grande-Bretagne » 73.473 » 37. 624 » 98. 228 y> 85-400
- Etats-Unis » 58.784 )) 48. 760 » 67. 107 » 50.600
- Belgique » )) )) 27. 404 )) 13. 795 » »
- Autres pays étrangers 9.877 10.213 6. 490 10. 551 3.439 16. 027 6.300 13.200
- Algérie 249 » » 53 » » » »
- Tunisie » » » » » 37 » 100
- Quantité totale • Kg. 130.786 181.362 147. 543 166. 156 147.765 244. 708 166.100 201.500
- Valeur totale . Fr. 1.307.860 1.813.620 1 .770 .516 1.993 872 1.773.180 2.936 .496 1.993.200 2.418.000
- Taux de l’unité . Fr. 10 )) 10 )) 12 » 12 » 12 )) 12 » 12 » 12 ))
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 519
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- FRANCE
- Plumes de parure, brutes, autres que de coq et de vautour, blanches
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Grande-Bretagne Belgique Uruguay Argentine Chili . Allemagne Grèce Autriche-Hongrie Turquie Egypte Etats-Unis Brésil ... Chine Japon Italie • ... Autres pays étrangers. Algérie Tunisie Sénégal • .... I Autres Colonies et Protectorats kg. 78.657 » 8.155 1.937 » )) )) )) » » » » » » )) 2.988 129 kg. 4.989 3 291 » » » 5.391 )) » » » » » » » » )) 2.038 » )) )) » kg. 81.323 » 3.635 354 y> 1.163 )) 871 )) )> » » 524 » )> » 1.361 » )) » » kg. 20.930 3.342 » » 17.778 » » )) » » » )> » 3.856 » 3.612 » 8 » » kg. 88.859 » 12.867 4 555 1.385 » )) )) » » » » )) )) » )) 4.159 » » 58 )) kg. 2.069 4.572 » )> >) 3 329 >> 3.126 » » )) )> » )) 7.143 )) 1.897 » » )) )) kg. 90.905 » 19.599 7.871 » )) » 2.172 » )) » 1.253 4.392 1.919 )> » 4.127 72 » » 4 kg. 12.491 2.002 » » » 4.235 893 1.493 » )) )) » )) )> 2.494 3.425 1.321 » » » ))
- Quantité totale • • 91.866 15.709 89 231 49.526 111.883 22.136 132.314 28.354
- 41.339.700 7.069.050 41.046.260 22.781.960 51.466.180 10.182.560 66.157.000 14.177.000
- Taux de l’unité Fr. 450 » 450 » 460 » 460 )) 460 )) 460 » 500 » 500 ))
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- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Situation commerciale de l’Industrie des Plumes pour Parures
- en France
- 90
- L’industrie des plumes pour parures, qui, comme tout ce qui se rapporte à la mode, est plus ou moins exposée aux caprices de cette dernière, figure cette année au chapitre de nos exportations avec un chiffre d’ensemble très sensiblement inférieur à celui de l’exercice précédent de 4.103.000 francs. Si l’on se livre à un examen approfondi des différents chapitres de l’ensemble, on constate pour la série des plumes riches, matières brutes (autruche, paradis, crosses, aigrettes), une différence en moins de 11.652.000 francs, tandis qu’au contraire, pour la même série, matières apprêtées ou montées, on constate une différence en plus de 873.000 francs.
- En toutes autres circonstances, ces différences un peu disproportionnées entre matières brutes et fabriquées paraîtraient difficiles à expliquer, mais nous ne devons pas oublier que, pour la première fois, nos bases d’appréciation ont été établies avec une nouvelle nomenclature, une classification profondément remaniée et des taux d’évaluation souvent en très sensible augmentation sur les précédents.
- Nous nous trouvons donc pour cet exercice en face d’une situation nouvelle et tellement différente dans ses bases d’appréciation, que le résultat de l’état comparatif des chiffres doit être accepté avec beaucoup de réserve.
- Quoi qu’il en soit, 1 année 1910, grâce à la mode persistante des grands chapeaux, a été assez favorable à 1 ensemble des plumes riches (autruche, paradis, crosses, aigrettes).
- La plume de fantaisie, après une série d’années prospères, termine l’année 1910 avec de bien mauvaises indications, dont il faut rechercher l’origine dans l’application du nouveau tarif américain. Ce pays était le plus gros acheteur du genre.
- Les prix de matières premières de provenance du Cap ou des ventes publiques de Londres ont été assez fermes pour les belles qualités ; mais il n’en a pas été de même
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- pour les sortes employées pour la garniture du vêtement et les fourrures en plumes (boas, étoles, etc.), qui ont été aussi délaissées que pendant l’année précédente.
- 1909 1910
- francs francs
- Importation................. 85.340.000 79.000 • 000
- Exportation................. 67.066.000 62.964.000
- Avec l’Angleterre, les affaires ont été beaucoup moins actives. Au chapitre de l’importation, nous constatons une moins-value de 7.507.000 francs ; à celui de l’exportation, également une moins-value de 4.732.000 francs, différence d’autant plus sensible que l’année précédente nous avions au contraire, au titre '< Exportation », une plus value d’environ 15 millions de francs.
- Avec l’Allemagne, les affaires qui avaient été stationnaires en 1909, indiquent cette fois une notable faiblesse pour les deux chapitres.
- En ce qui concerne les Etats-Unis, la situation est presque sans changement, avec cependant tendance à diminution, surtout à l’importation.
- 7^
- FRANCE
- Plumes pour Parures — Statistiques françaises — Commerce spécial Année 1910 (nouvelle nomenclature)
- Plumes pour Parures :
- d’Autruche......................
- de Marabout des Indes et d’Oiseau de Paradis......................
- de Héron (crosses et aigrettes) . . Autres.......................*•
- ( Non apprêtées ni montées . 1 Apprêtées ou montées . .
- { Non apprêtées ni montées • f Apprêtées ou montées . •
- ^ Non apprêtées ni montées . 1 Apprêtées ou montées . •
- f Non apprêtées ni montées . f Apprêtées ou montées . .
- Totaux pour 1910. . . .
- Totaux pour 1909. . . .
- » » 1908. . . .
- » » 1907. . . .
- » » 1906. . . .
- Importations Exportations
- Fiancs Francs
- 52.403.600 2.646.800
- 807 600 8.564.800
- 2.589.000 »
- 4.400 ))
- 9.961.000 ))
- 22.500 995.000
- 12.738.640 11.584.720
- 473.600 39.172.350
- 79.000.340 62.963.670
- 85.339.550 67.066.380
- 78.051.539 44.086.495
- 63.203.919 44.424.874
- 60.396.134 26.903.324
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-
- FRANCE
- Plumes de Parure brutes autres que de coq et de vautour, noires
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne 874 3.976 2.961 1.653 3.000 655 1.302 131
- Allemagne )) » » » » 605 » 422
- Belgique » )) )) )) » » » 1.123
- Etats-Unis ' » » » » 490 » » ))
- Pays-Bas » » » » » )) » »
- Chine 210 » 2.409 » » )) 725 ))
- Japon )> » 700 » » » 763 »
- Italie » » » » )) » 664 »
- Argentine » » » » » )) 3.313 »
- Tripoli )) » 2.865 » 3.623 » » »
- Mexique » » )) )) » » » 1.400
- Uruguay 3.578 » 1.373 » )) » » 208
- Egypte )) )) » 6.358 » 1 .628 ». 5.485 »
- Autres pays étrangers 445 557 1 .241 131 1.122 440 1.013 192
- Indo-Chine » )) » » » » ))
- Tunisie ... Sénégal » » » » 133 » )) » » 1 42 » 35 » »
- Autres Colonies et Protectorats )) )) » » )) » »
- Quantité totale 5.107 4.533 18.040 1.784 9.864 1.742 13.300 3.476
- Valeur totale '. Fr. 204.280 181.320 631.400 62.440 345.240 60.970 465.500 121.660
- Taux de l’unité 40 » 40 » 35 » 35 » 35 » 35 » 35 » 35 »
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 523
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-
- FRANCE
- Plumes de parure, brutes, autres que de coq et de vautour, de toute autre couleur que noire ou blanche
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Russie kg. 89.634 kg. 19.481 kg. 82.886 kg. )) kg. 54.032 kg. )) kg. 42.000 kg. ))
- Grande-Bretagne. . 103.598 23.436 97.864 26.944 122.625 39.745 73.400 42.000
- Allemagne 102.409 40.390 143.960 65.794 152.561 46.085 111.100 27.200
- Belgique » 79.115 )) 74.124 » 48.311 » 79.000
- Espagne 19.512 )) 18.031 )) 19.408 )) )) ))
- Possessions anglaises de la Méditerranée. • )) )) » » )) )) )> ))
- Turquie » » )) )) )) )> » ))
- Egypte 20.644 )) )> » » » )) »
- Tripoli )) )) » » )) » )> ))
- Indes anglaises • ... 2.589 » » )) )> )) » ))
- Chine 12.642 )) 18.586 » 23.712 » 33.800 ))
- lapon 54.107 » 58.217 )) 76.346 )) 75.300 ))
- Etats-Unis 56.396 18.998 63.841 2U546 139 010 23.780 87.200 33.300
- Uruguay 12.521 )) » » » » )) »
- Argentine 21.111 )) 35.912 » )) » 15.200 ))
- Italie ... » )) )) )> 42.140 8.261 33.200 34.600
- Autriche-Hongrie )) » 22.205 )) 34.757 )) 37.400 ))
- Autres Pays étrangers 24.233 9.142 46.639 7.526 71 464 7.981 39.200 10.200
- Sénégal 2.991 3.165 » 4.233 » 3.300 ))
- Indo-Chine ... 7.714 >• 8 718 )) )> )) )) »
- Algérie ... » )) 187 » » » ))
- Autres Colonies et Protectorats 895 682 37 155 )) 600 »
- Quantité totale Kg. 530.996 190.570 592.706 198.158 740.443 174.163 551.700 226.300
- Valeur totale Fr. 17.522.868 6.288.810 19.559.298 6.539.214 24.434.619 5-747.379 16.551.000 6.789.000
- Taux de l’unité ^ pr, 33 » 33 )) 33 # 33 » 33 » 33 » 30 » 30 » '
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- FRANCE
- Plumes de Parure apprêtées, de coq et de vautour, sans distinction de couleur
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909
- Importations Exportations Impoitations Exportation* Importations Exportations Importations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Grande-Bretagne 45.319 )) 66.861 )) 149.645 )) 203.800
- Etats-Unis • 13 47.308 3» 65•849 3» 144.118 3» 166.100
- Espagne • • )) 1 560 )) 27 )) 100 ))
- Autres Pays étrangers 816 9 2.800 9 6-352 » 7.100
- Algérie )) » )) 7 )) » » ))
- Colonies et Protectorats . . .... » )) )) )) » » )) ))
- Quantité toi ale Kg- 13 93.443 1 .569 135.517 36 300.115 ICO 377.000
- Valeur totale . • Fr. 156 1.681.974 23.535 3.252.408 540 7.202.760 1 .800 9.048.000
- Taux de l’unité Fr. 12 » 18 » 15 » 24 » 15 » 24 » 18 » 24 »
- Plumes de Parure apprêtées, autres que de coq ou de vautour, blanches
- kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Italie » » )) )) )) )) 882
- Egypte » )) 197 )) » » ))
- Espagne » » )) » 116 )) »
- Grande-Bretagne )) 2.826 2.259 5 2.901 » 12.234
- Canada » » 10 )) )) 180 )) »
- Argentine )) y> | » » » » 190
- Allemagne » » ' )) )) )) » 136
- Autres Pays Etrangers )) 51 325 » 225 » 102
- Colonies et Protectorats )) )) )) » » )) »
- Quantité totale . . Kg. )) 2.877 10 2.781 5 3.422 » 11.544
- Valeur totale Fr. )) 2.157.750 6.500 2.224.800 3.250 2.737.600 )) 10.389.600
- Taux de l’unité. . Fr. )) 750 » 650 » 800 » 650 » 800 » » 900 »>
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 525
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-
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-
- FRANCE
- Plumes de parure apprêtées, autres que de coq et de vautour, noires
- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909
- et de
- Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Impoitations Exportations
- kg. kg. kg. kg. kg. kg- kg- kg.
- Grande-Bretagne » 397 » 862 » 3.191 » 409
- Etats-Unis )) )) )) » » )) )) 120
- Espagne 2 » )) )) )) 197 1 ))
- Australie » )) )) )) » » » »
- Italie )) » )) » » )> )) ))
- Argentine .... )) » » 131 » » » »
- Autres Pays étrangers » 234 )) 125 )) 99 )) 87
- Indo-Chine ...... » » » » )) )) )> »
- Tunisie » 13 » » )) )) » »
- Autres Colonies et Protectorats )) )) » » » » » ))
- Quantité totale 2 644 )) 1.118 )) 3.487 1 616
- Valeur totale Fr. 120 51.520 ,)) 78.260 » 244.090 50 43.120
- Taux de l’unité Fr. 60 » 80 » » 70 » » 70 » 50 » 70 »
- Plumes de parure apprêtées, autres que de coq et de vautour, de toute autre couleur que noire et blanche
- \ kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg. kg.
- Japon et Chine » .)) » 133 » (D 1.000 »
- Grande-Bretagne r 8.488 » 6.843 41 19.958 » 52.700
- Etats-Unis / 81.074 )) 80.183 1 162.597 )) 233.000
- Espagne . . \ )) 2.576 )) )> )) )) ))
- Indes anglaises )) )) )) 364 )) 2.100 »
- Autres Pays étrangers .... 6.056 1.122 5.754 95 4.486 700 15.100
- Algérie )) » » 763 » 142 » 200
- Autres Colonies et Protectorats )) 123 )) 106 » »
- Quantité totale . ... 470 95.741 3.698 93.649 634 187.183 3.800 301.000
- 1 j Valeur totale ... Fr, 21.150 7.659.280 166.410 7.491.920 28.530 14.974.640 171.000 24.080.000
- ' Taux de l’unité Fr. 45 » 80 » 45 » 80 » 45 » , 80 » 45 » , 80 »
- (1) Chine seulement.
- 526 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
- 527
- Situation commerciale de l’Industrie des Plumes de Parure
- en Italie
- 90
- Le commerce des plumes de parure, en Italie, se partage en deux catégories :
- 1° Plumes brutes
- Importation. — La France est le principal fournisseur de l’Italie. Ses importations sont très en progrès et leurs valeurs augmentent. En 1906, elles représentaient 239.360 lire; en 1910, elles ont atteint 935 425 lire. Dans ce commerce, l’Allemagne occupe le second rang.
- Exportation. — La situation aux exportations est également très favorable pour la France, qui est le principal acheteur de l’Italie. Avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie les exportations en France, accaparent le commerce italien.
- 2° Plumes ouvrées
- Importation. — Dans ce genre d’articles, la France et l’Allemagne se partagent le marché italien. Sur un chiffre de 4.560.100 lire la part de la France est de 1.855.350 lire et celle de l’Allemagne de 1.799.550 lire.
- Exportation. — Les exportations italiennes accusent une faible augmentation. Elles s’adressent à la France, à 1 Allemagne et aux Républiques Sud-Américaines. Leur valeur était en 1906, de 84.680 lire; en 1910, elle est de 192.560 lire. Cette augmentation a surtout touché le commerce français et allemand.
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- ITALIE
- Plumes de Parure, ouvrées — Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de
- Destination
- Autriche-Hongrie . . . .
- France...................
- Allemagne................
- Grande-Bretagne . . . .
- Suisse ..................
- Indes Anglaises et Ceylan.
- Etats-Unis...............
- Chili....................
- Argentine................
- Uruguay..............
- Tunisie..................
- Egypte...................
- Brésil...................
- Malte....................
- Erythrée............. •
- Espagne..................
- Aden.....................
- Japon....................
- Autres Pays..............
- Valeur totale....................Lire.
- (1) Provisions de bord.
- 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations^ Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- 415.710 » 636.740 » 798.250 20.300 783.990 29.000 800.110 12.180
- 1.059.890 30.450 1.491.720 )) 2.260.830 61.770 2.520.300 33.640 1.855.350 62.060
- 3.094.610 )) 1.166.530 » 1.735.380 29.000 1.613.550 29.000 1.799.550 41.180
- 1 .860 )) 3.720 )) 21.700 » 59.830 870 48.670 9.570
- 4.030 )) 50.530 6.380 37.820 2.900 2.170 )) 49.600 »
- 16.120 )) 3.720 » 930 )) 620 )) 620 ))
- 930 » 1 .860 )) 1.530 )) 1 860 J) 1.860 1.740
- )) » )) » )) » » » )) 12.470
- )) 32.770 » 1.160 )) » )) » » ))
- )) » )) )) » » )) )) )) 13.050
- )) )) )) » 2.170 » )) )) )) ))
- 930 17.690 6.510 » 5.890 )) 620 )) 2.790 ))
- » » » )) )) )) )) )) » ))
- 1 .240 )) 1 .240 )) )) )) )) 1 .450 )) 33.060
- 1 .240 )) )) » 8.990 » 8 990 » 310 ))
- » 3.770 » » )) )) » )) )) ))
- » )) 2 170 )) 10.540 )) 310 )) )) ))
- » )) 2.790 » » » 1 240 » 620 ))
- » )) )) » )) )) )) 620 0)7.250
- 2.596.560 84.680 3.367.530 7.540 4.884.050 113.970 4.993.480 93•960 4.560.100 192.560
- 528 EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
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- ITALIE
- Plumes de Parure, brutes ----------------------- Statistiques italiennes — Commerce spécial
- Pays de Provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Danemark. . » )) » » )) 280 )) )) )) ))
- Belgique » )) » » » 700 )) » )) ))
- Autriche-Hongrie 10.370 88.060 15.640 46.900 26.265 100.800 10.455 128.170 4.165 102.200
- France. 239.360 18.760 300.135 73 710 528.530 1.340.220 917.065 924.000 935.425 987.140
- Allemagne 98.430 )> 97.495 )> 259.505 154.420 244.205 36.820 530.740 45.920
- Grande-Bretagne 5.100 » » )) 78.285 7.840 236.725 )) 193.715 2.590
- Russie . )) )) )) » )) 5.110 » 4.900 )) 19.180
- Suisse )) )) 10.625 69.860 10.285 78.540 425 5.390 1.700 140
- Espagne » » y> » » 2.730 » )> » y>
- Chine » )) )) » )> )) )) )) )) »
- Indes hollandaises » » )) )) )) )) 5) )) 170 ))
- Uruguay 595 » . )) )) )) )> )) )) )) »
- Indes britanniques et Ceylan. » )) » )) * 2.295 )) 765 » )) »
- Autres Possessions anglaises d’Asie )) )) )) )) » )) 85 » » ))
- Brésil )) )) )) » 340 )) )) )) )) ))
- Etats-Unis 1 .020 » » » 425 )) » » » »
- Amérique Centrale )) )) 4.760 » 3.315 )) » )) » ))
- Argentine )) )) » » » )) 12.835 770 7.140 »
- Malte )) )) 340 » » )) » )) )) 5.040
- Erythrée 255 » 170 » 8.330 )) 935 )) » ))
- Japon . )) )> 6.120 )) 8.245 )) 255 )) )) ))
- •Vénézuéla » )) » )) )) » 85 )) 340 ))
- Tripolitaine » » » « 17.000 » 255 )) » »
- Egypte 7.480 » » » 510 » )) )) 2.550
- Valeur totale Lire 362.610 106.820 435.285 190.470 943.330 1.690.640 1.424.090 1.100.050 1.675.945 1.162.210
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- “ Fin du XVIII' siècle ” — (D’après une gravure de Boilly).
- TISSUS ELASTIQUES
- Cfl
- HISTORIQUE
- Classer ces notes rétrospectives sur l’usage de la jarretière dans les tissus élastiques, peut paraître un peu osé, puisqu’en réalité, l’usage du caoutchouc dans les vêtements ne remonte pas au delà de 1840. Mais pour nous, les deux choses sont si bien identifiées l’une à l’autre, qu’il importe peu en réalité que la jarretière ait été pendant de longs siècles une bande d’étoffe ou de tricot plus ou moins ornée. Nous connaissons encore l’usage des jarretières et on peut seulement regretter que leur élasticité actuelle dispense la femme de ce joli geste si exploité par les estampes et les gravures du XVIIIe siècle, et même du commencement du XIXe siècle : la jarretière qui glisse, qu’une élégante ou une Mimi Pinson, s appuyant sur une borne, relève rapidement, cependant qu’un indiscret lorgne le joli pied et le galbe fin du mollet.
- Quelques Gallo-Romaines portaient des jarretières sur la jambe nue comme des bracelets aux bras. Ces accessoires étaient particulièrement riches, véritables bijoux
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- enjolivés de camées, de pierres gravées et même de pierres précieuses. Elles eurent ensuite l’idée de remonter ces sortes de bracelets jusqu’au bas de la jambe, du petit caleçon de toile fine, qui était fixé par ce moyen.
- Pendant longtemps, on conserva l’habitude de maintenir ainsi les chausses qui, bouffant ou plissant aux genoux, s’y attachaient par le jarretier (mot désignant la paire de jarretières).
- II était de bon ton de porter ces jarretiers avec des aiguillettes, des ferrets d’or et d argent, qui pendaient de chaque côté du genou et ce n’était certes point pièce secrète du costume ; on les couvrait d’ornements, on y peignait des larmes, des devises.
- M. Franklin, dans la vie privée du temps des premiers Capétiens nous donne les détails suivants sur l’objet de cette dépense à la Cour de Chades VI.
- Dans le compte d’Isabeau de Bavière, je vois figurer les dépenses suivantes :
- « Demie aulne de satin azur pour faire des jarretières à lier « les chausses de la dite dame. » Plusieurs fois cette même mention se retrouve et le satin azur est toujours l’étoffe préférée d’Isabeau de Bavière.
- On était loin de nos bas bleus modernes, et la couleur n’engageait point encore la réputation. Le compte se termine par l’énoncé suivant :
- « Pour quatre onces d’argent doré fin vermeil employé ès « blouques ès mordans (plaque de métal qui, placée à l’extrémité du lien, facilitait l’entrée dans la boucle), et en plusieurs clos d’argent doréz pour la ferrure des deux jarretières de satin azur pour lier les chausses de Madame la Reine ». -*
- La Duchesse d’Orléans en 1400, portera même des jarretières d’or mouillées à larmes et à pensées. Elisée de la Marche n’a pas oublié la jarretière dans son poème sur la toilette des dames, à la fin du XlVe siècle, mais tout moraliste qu’il s’y révèle, il ne prétend point que les femmes doivent dissimuler leurs jarretières. II leur recommande seulement de n’y point laisser toucher par d’autres que par leurs maris. Et il ajoute : « qui met la main jusqu’à la jarretière prétendra plus haut advenir ».
- Dans le Dictionnaire du Mobilier, aux articles jarretières et brayes, Viollet le Duc, nous donne de précieux renseignements :
- « Pour danser, les dames portaient des hauts de chausses (caleçons) et des bas « de chausses, par conséquent des jarretières de soie brodée qui, serrées sur le bas de « chausses, au-dessus du genou, étaient croisées sous le jarret et venaient s attacher « au-dessus du genou. Les caleçons descendaient sur les jarretières plus ou moins haut « et ne serraient point la jambe ».
- La nouvelle mode de monter à cheval en passant la jambe sur l’arçon, importée par Catherine de Médicis, incita les femmes à avoir des recherches de coquetterie, pour faire valoir la rondeur de leur mollet.
- Rabelais nous dépeint ainsi la mode de son temps : « Les chausses montaient au-dessus du genou juste à la hauteur de trois doigts et la lisière était de quelque belle broderie ou découpure. Les jarretières étaient de la couleur de leurs bracelets, et serraient le genou par-dessus et par-dessous ».
- Marie Stuart n’abdiqua point cette préoccupation d’élégance au moment d aller au supplice. L’inventaire d’Edimbourg nous signale ses bas de soie bleue retenus par des jarretières de soie.
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- Première moitié du XIXe siècle (D’après une lithographie de Maurin)
- J.
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Ce n’est pas le seul souvenir macabre auquel soient alliées les jarretières. Elles faillirent un beau jour devenir instruments de supplice, si nous en croyons certaine chronique relative à Marguerite de Valois, femme d’Henri IV.
- Une rivalité existait de longue date entre deux de ses pages, sous les yeux mêmes de leur maîtresse, alors qu’ils chevauchaient à la portière de son carrosse, ils se prirent de querelle et Vermont finit par donner à son rival Datte le coup de dague mortel. Ce dernier était le favori de la reine Margot qui, dans un violent désir de vengeance, voulait faire exterminer immédiatement l’assassin:« Qu’on le tue, criait-elle,le méchant, qu’on l’étrangle, et joignant le geste à la parole : Tenez, voilà mes jarretières ».
- Nous retrouvons maintenant la jarretière dans le costume masculin. Après les énormes bottes basses, à revers épanouis qu’on adopta vers 1625, garnies en dedans d’un double et même d’un triple rang de batiste ou de toile de Hollande enrichie de point de Gênes, on revint sous Louis XIV aux bas de soie d’Angleterre, comme l’exigeait la mode, maintenus sous une jarretière. Il est vrai que la nécessité d’ajouter au costume mille accessoires élégants et inutiles fait adopter successivement les rhingraves et les canons.
- Les premiers étaient d’origine hollandaise : « C’était, dit Quicherat, une ample culotte qui tombait tout droit comme un jupon ; la doublure se nouait au genou. » C’était précisément ce cordon qui tenait lieu de jarretière.
- Les canons, au contraire, étaient de vraies manchettes adaptées aux jambes, et les flots de rubans qui les nouaient au-dessus servaient alors de jarretières. La vraie culotte ne tarde pas à être seule de mise ; on abandonne les volants après 1680, et on ajuste la culotte et le bas à l’aide des jarretières qu’on munit de boucles en orfèvrerie.
- « Cette coutume, disait le vieux maréchal de Vivonne, me coûte par an 5 ou 6 paires de manchettes en point d’Angleterre. » Elle résista longtemps à ce petit inconvénient, » et eut même des conséquences bizarres, comme celle de faire adapter aux jarretières de véritables serrures, dont nous trouvons mention dans le catalogue des objets précieux, qui furent vendus aux enchères après la mort du duc Charles de Lorraine et de Bar, le 21 mai 1781. Voisinant avec 57 bagues : « deux serrures agrafes d’or pour jarretières » (Le duc Charles de Lorraine et la cour de Bruxelles sous Marie-Thérèse, Lucien Perey).
- Il est quelquefois des rencontres pleines d’ironie et aussi un peu mélancoliques.
- A la vente d’un ex-conventionnel, un curieux acheta un tome dépareillé de la Nouvelle-Héloïse, parmi les pages qui depuis longtemps sans doute n’avaient point été feuilletées, l’acheteur trouva un ruban de soie, assez élégant du reste. Une note l’accompagnait : « Ce signet est formé avec un ruban vert qui servit autrefois de jarretière à la Camargo. (Chronique de Philibert Andebrand, B. Barère de Vieuzac.)
- Avec les Incroyables, dernière apparition des culottes courtes et des jarretières, qui prennent des proportions disgracieuses et incommodes, soit qu’on les termine par des rosettes ou des bouffettes de ruban, soit encore qu’elles viennent comme une sorte de martingale en cuir, rejoindre (derrière sur le mollet, une patte montant de la chaussure. Une boucle ferme ce bizarre attirail, dont l’élégance était des plus discutables.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Pendant ce temps, « Notre Dame de Thermidor, Thérèse Cabarrus, devenue la citoyenne Tallien, est la reine de la mode ; elle se montre à Frascati vêtue, ou plutôt dévêtue, d’une robe à l’athénienne fendue latéralement, laissant voir les jambes dans un maillot couleur chair, avec des cercles d’or a la place des jarretières (Mesdames nos aïeules, Robida).
- Ce furent les dernières recherches que nous laissent à noter les jarretières. La Restauration, temps de pruderie exagérée, bannit le luxe des dessous ; un des ouvrages favoris des demoiselles bien élevées est la confection des jarretières : on brode le satin au crochet sur un tambour ; on les fait au tricot ou en laine, à l’aide de nœuds coulants, pris les uns dans les autres, ce qui maintient le bas sans serrer la jambe. On les fait enfin en peluche ou en ruban pelucheux, sous lequel on coud un fil de cuivre très mince disposé en spirale et c’est ce que l’on appelle les jarretières élastiques.
- Vers 1830, on peut signaler le premier symptôme de l’apparition des jarretelles.
- Les dames élégantes, qui veulent être bien chaussées, portent des bas très fins et à jours ; mais pour ne pas souffrir du froid, elles ont en dessous des bas très longs couleur de chair. Ces derniers tiennent lieu de caleçons, et s’attachent à la ceinture comme ceux des enfants (Journal des Dames).
- C’est le premier signe de décadence. Les jarretières résistèrent longtemps, et puis elles ont cédé devant les exigences de nos modes actuelles et surtout de l’hygiène, qui proscrit cette entrave à la libre circulation du sang. Il n’y a plus que la très ancienne génération pour regretter le temps où : « l’œil attentif apercevait au haut d’une jambe divine une jarretière historiée et à rébus. » {La Française du siècle, Uzanne).
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- La Jarretière au siècle de Louis XIV” (D’après une gravure de l’époque).
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- MA.- n\V\ \'T Ui^KliAS
- ÀS3UÊB&&
- BAC C HAN AL IA VIVANT.
- h!L<rt, hsun'r’t hhtv?i‘p,', 'truc*Lu >t.-v T?mtM " Jht'ffcm'). ’ iiMikm dtnîfs&ck^mt M;d ft'ùnj; ‘Mh'.'tïn 'jïsdJn bfVcJt > ky*t <-n km^’ m
- ‘Les cordons remplaçant les bretelles**
- (Kermesse flamande d* après Martin de Vos, XVIe siècle).
- LES BRETELLES
- Au moyen âge et pendant très longtemps, les braies s’attachaient à la taille par un ceinturon qu’on appelait la braière ; de là l’expression si fréquente dans les vieux poèmes pour dire qu’un cavalier avait été coupé en deux : « Il est tranché jusqu’au nœud du braier. » En parlant des femmes qui, dans le ménage, intervertissent les rôles et font mentir le vers :
- « Du côté de la barbe est la toute puissance ».
- Nous disons aujourd’hui : « Telle femme porte les culottes ».
- On disait au XIIIe siècle : « Elle porte le braier ».
- Les paysans reliaient les chausses à la cotte par des aiguillettes qui, quelquefois, sous l’effort, se rompaient et laissaient passer la chemise. C’est un incident qui est nettement indiqué dans une miniature des antiquités des Juifs de l’école de Jean Fouquet, où un honnête tâcheron, occupé à bêcher la terre est si bien ployé sous sa besogne que la chemise sort largement de ses chausses. Cet effet inattendu en la circonstance sera recherché plus tard par les élégants du début du règne de Louis XIV, qui, à l’instigation de Candale, exagèrent le raccourci de leur pourpoint et baissent la ceinture, qui tenait le haut de chausses, pour laisser voir le flot de linge tout autour, si bien que les enfants des rues poursuivaient les élégants en leur
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- criant: « Monsieur, vous perdez vos chausses ». Donc à cette époque, l’usage des ceintures encore universel permettait cette aimable fantaisie.
- Les bretelles firent d’abord destinées à soulager les hommes trop gros ou les
- 4 W
- France, vers J 809
- enfants débiles, que la petite ceinture coupait ou fatiguait, ainsi que nous l’apprend le Dictionnaire de fréüoux, en 1771 : « tissu de fil ou de soie qui sert à soutenir les enfants ou les homnes un peu gros ».
- En 1792, il n’«st plus question de bretelles comme objet d’orthopédie, mais elles avaient si définitivenent conquis la faveur dans le costume masculin, que l’on trouve les premières annonces (es commerçants vendant des bretelles dans les journaux de l’époque.
- Ce fut alors ui enthousiasme général et certaine muse plutôt badine, et dont l’inspiration ne recferche pas particulièrement les sujets poétiques, nous l’apprend dans ces quelques v:rs... faciles :
- Aujourd’hui, du petit au grand Chacun veut porter des bretelles Et tel faute d’argent comptant Les remplace par des ficelles Le sexe veut se mettre au ton Et la blanchisseuse Javotte Pour mieux relever son jupon Prend les bretelles de sa hotte.
- Il est vrai que lauteur se permet de modérer cette ardeur pour la nouvelle invention par quelques restrictions qui, aujourd’hui, nous semblent exagérées. Jugez-en plutôt.
- L’usage des betelles est dangereux pour l’enfance et la jeunesse; il met souvent en courroux l’âge viril ; il fatigue les vieillards. » (Essais historiques sur les modes et la toilette Française parle Chevalier de XXX, Librairie Universelle 1824.)
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Historique du Caoutchouc
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- Les indigènes de l’Amérique du Sud ont ramassé de tout temps le caoutchouc au pied de certains arbres qui le fournissent après avoir été préalablement incisés.
- Ils s en servaient d’une façon très imparfaite, se contentant d’en faire des fruits et des animaux d un dessin très rudimentaire et surtout la forme grossière des pieds humains.
- Modelant en argile ces divers objets, ils trempaient leur moule dans le caoutchouc qui, s écoulant fraîchement des incisions, est encore à l’état pâteux ; puis faisaient sécher à l’air libre ou les exposaient à une fumée intense. Recommençant cette opération à diverses reprises, ils obtenaient, par l’adjonction de ces diverses couches de caoutchouc en dissolution, la forme très approximative d’une pomme, d’une poire ou de chaussures. Ils cassaient alors, à l’aide d’une ouverture agencée spécialement, la matrice d’argile et pouvaient envoyer en Europe quelque chose ressemblant à une balle, une poire ou à des souliers.
- Inutile de dire que cette fabrication primitive restait encore objet de curiosité et n’avait aucune utilisation pratique, lorsque les académiciens français furent envoyés, au XVIIIe siècle, au Pérou, pour mesurer l’arc du méridien.
- La Condamine, le premier, fut frappé par les propriétés spéciales du caoutchouc; il écrivait à Bougner, en 1736, qu’il avait vu des indigènes s’éclairer à l’aide de bâtons faits avec une résine élastique. On enveloppait ces sortes de torches avec des feuilles de bananiers pour pouvoir les tenir à la main.
- En continuant son voyage, il vit à Quito des vêtements imperméabilisés avec une dissolution de cette résine. Enfin, dans le Para, il trouva la Pao di Xiringa, ou arbre à seringue, nom donné par les Portugais à l’arbre produisant le caoutchouc.
- Ils fabriquaient, avec cette substance, des poires dont l’usage en thérapeutique a fait en Europe de grands progrès depuis ces temps reculés.
- Mais les remarques communiquées à l’Académie en 1 753 n’amenèrent point les Français à chercher l’application industrielle du caoutchouc.
- Jusqu’à la fin du siècle on ne signale, comme progrès dans cette voie, que la découverte par Fresneau, dans la Guyane française, d’un arbre produisant le caoutchouc, et les expériences de Macquer qui, dissolvant le caoutchouc dans de l’éther sulfurique, parvint à l’étendre à l’état liquide sur du carton, des étoffes, etc.
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- Jusqu’en 1820, on ne connut guère que des gommes à effacer nommées par les importateurs d’Angleterre “ India rubber”, « effaceur indien », et les pantoufles grossières dont nous parlions plus haut, que les Européens ne pouvaient se décider à chausser à cause de leur inélégance.
- Besson en 1793 et Champion en 1811 avaient bien essayé d’imperméabiliser les tissus en étendant des lamelles très minces de caoutchouc ; mais cette idée n’était pas arrivée à un rendement pratique lorsque Maskintosh, en Angleterre, inventa des vêtements qui prirent son nom. Deux étoffes recouvertes de dissolution caoutchoutée et collées l’une contre l’autre restaient assez flexibles tout en étant imperméables.
- La question avait été de trouver le dissolvant. On avait d’abord essayé, suivant le procédé Appert, d’expédier le caoutchouc à l’état pâteux, dans des vases hermétiquement clos. Mais les lames, ou plutôt les couches de caoutchouc n’étaient jamais régulières. Macquer avait usé de l’éther sulfurique, le prix très élevé de cette manipulation empêcha sa diffusion.
- Barnaud de Greenwich avait cherché à rendre des câbles inaltérables à l’eau en les imprégnant de caoutchouc. 11 s’aperçut alors que le meilleur dissolvant de cette matière était l’huile volatile qu’elle donne par la dissolution sèche.
- Ce furent enfin l’essence de térébenthine et le goudron de houille, qui furent essayés et employés avec succès. En étendant cette pâte sur les étoffes et en mettant le tout sous pression, on obtint les tissus imperméables.
- Les fils de caoutchouc étaient déjà précédemment employés ; on se contentait de découper les poires avec des ciseaux, pour en faire d’abord des sortes de feuilles en spirales, qu’on découpait elles-mêmes en fils plus ou moins grossiers. Le procédé était peu expéditif, l’ouvrier ne produisant pas plus de 90 à 100 mètres de fils par jour.
- Pour pouvoir obtenir des fils plus fins, MM. Ratier et Guibal, imaginèrent de distendre avec une pompe les poires ramollies dans l’eau bouillante et de les laisser dans un lieu froid pour que ce caoutchouc ainsi distendu et aminci put être découpé en bandes, puis en fils très minces.
- Plus tard, on améliora cette main-d’œuvre primitive, par l’emploi de machines appropriées et l’on produisit les fils de caoutchouc qui font le tissu élastique des bretelles, jarretières, pour lequel on n’avait employé jusque-là que les spirales métalliques.
- La fabrication de ces fils de caoutchouc constitua alors une industrie distincte de celle de l’imperméabilisation des tissus.
- En Amérique, M. Goodyear s’appliqua surtout à perfectionner les chaussures de caoutchouc. Il en obtint de parfaitement souples, dont l’élasticité résistait à toutes les températures et dont les surfaces n’adhéraient point l’une contre l’autre ; mais ce procédé qui lui donnait une telle supériorité restait secret, lorsque M. Handcok, un Anglais, prit un brevet spécial qui fit faire un grand progrès à la fabrication. Notons en passant que ce brevet dénommait volcanisation la nouvelle opération, mot aujourd’hui déformé et dont nous avons fait vulcanisation. La première appellation avait sa raison d’être dans ce fait que le corps employé était le soufre produit par les volcans. M. Handcok s’était en effet contenté, pour rendre le caoutchouc souple
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- et insensible aux intempéries, après l’avoir découpé à l’épaisseur voulue, de le tremper dans du soufre fondu.
- Ces différentes modifications de fabrication et les expériences de M. Payen prouvèrent, vers 1845, que le caoutchouc n’était pas une matière homogène comme on 1 avait cru jusque-là, mais qu’il était la synthèse de plusieurs corps, synthèse que malgré des essais nombreux, on n’est jamais parvenu à obtenir artificiellement.
- Mais dans les divers essais et manipulations, l’usage des dissolvants avait isolé différents corps formant le caoutchouc les uns des autres. Ainsi la gomme mystérieuse des arbres du Pérou vint à être mieux connue, et l’on ne s’égara plus dans des expériences inutiles, son usage se répandit universellement.
- A l’exposition de 1855, M. A. Faure, dans la revue complète des arts et de 1 industrie, publiée à cette occasion, peut dire : (( Tout le monde a pu voir, en parcourant les galeries du Palais, le caoutchouc, dont l’origine est si récente, se prêter à tous^ les emplois, à toutes les formes qu’il a plu de lui donner. Quand on se rappelle le temps peu éloigné de nous, où le caoutchouc ne servait encore qu’à effacer le crayon sur le papier, on est vraiment surpris de le voir aujourd’hui utilisé à faire des chaussures, des vêtements imperméables, des habillements complets de plongeurs, des tuyaux, des pompes, des peignes et même des meubles élégants dans lesquels la matière, par son poli et sa dureté, ne le cède en rien au bois le plus précieux. Qu’on me passe l’expression : on a mis le caoutchouc « à toutes les sauces ».
- LE CAOUTCHOUC A LA COTE D’IVOIRE
- Le gouvernement a fait publier cette année à Bingerville, une brochure qui a pour titre : Situation de la production et de Vexploitation du caoutchouc au début de Vannée 1911.
- Il y a là, pour le dire en passant, une preuve de la façon intelligente dont nos administrateurs coloniaux comprennent maintenant leur rôle.
- Des 22 pages de texte constituant la brochure, nous retiendrons la conclusion particulièrement intéressante :
- « La production du caoutchouc sauvage se maintient dans des conditions satisfaisantes à la Côte d’ivoire, si l’on ne tient pas compte des fraudes et adultérations contre lesquelles il convient d’agir énergiquement.
- « De vastes peuplements de Funtumia elastica à peine exploités, existent encore dans la moitié ouest.
- « L’est qui a fourni depuis plus de quinze ans de gros appoints, est plus épuisé. Toutefois, les campagnes de repeuplement permettront d’y remédier.
- « Dans des conditions ordinaires donc, la production du caoutchouc sauvage
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- dans la colonie permettrait d’augurer du plus bel avenir. Mais la vente du caoutchouc de plantation, dont les progrès se font à pas de géants, peut devenir désastreuse.
- « Le caoutchouc sauvage devra lutter contre un concurrent qui accaparera les marchés et à l’égard duquel il se trouvera en état d’infériorité sur deux grands points : la qualité et le prix de revient.
- « Quels que soient les efforts, il sera difficile d’obtenir des indigènes une qualité comparable au caoutchouc de plantation et de leur faire accepter les baisses de prix importantes qu’il faut escompter.
- « Cependant, il se dégage des données qui précèdent que la Cote d’ivoire se prête sur une grande partie de son territoire à la culture intensive des arbres à caoutchouc; l’Hévéa et le Funtumia y sont de culture facile et donnent de bons résultats. Il ne paraît pas non plus qu’il y ait des obstacles d’ordre économique. La main-d’œuvre qui est la plus grosse préoccupation des entreprises en Afrique occidentale, afflue de plus en plus à la Côte d’ivoire au fur et à mesure que s’ouvrent les routes du Soudan.
- « On pourrait donc presque dire que l’avenir est uniquement aux plantations d’arbres à caoutchouc dans la Basse-Côte d’ivoire.
- « Cependant, il y aura encore place sur les marchés pour les sortes sauvages pendant une période de transition dont la durée sera assurément proportionnelle aux résultats fournis par certaines mesures qui s’imposent, telles que l’amélioration de la qualité et la lutte contre les fraudes ».
- Cette conclusion pose avec netteté le grave problème qui domine maintenant la production du caouctchouc, à savoir la concurrence que doit faire à bref délai le caoutchouc de plantation au caoutchouc sauvage.
- Il paraît ressortir des explications données dans la brochure publiée par le gouvernement de la Côte d’ivoire que cette colonie peut offrir aux plantations d’arbres à caoutchouc de bonnes conditions physiques et économiques ; on fera bien de les mettre à profit si on veut conserver à ce pays l’important élément de son commerce extérieur qu’est le caoutchouc.
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- VUE DU PAVILLON DE LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le Caoutchouc à l’Exposition de Turin
- Le nombre des exposants dans la section française était de quatre.
- CHAUVET & Cie.
- 89, Rue Réaumur, Paris.
- La fondation de cette maison remonte au 5 octobre 1892.
- Elle s’est spécialisée dans la fabrication des bretelles, ceintures, supports à chaussettes et jarretelles.
- La fabrique est située 90, boulevard Ménilmontant.
- Elle nous montre dans son stand des bretelles avec boutonnières à rivures, arrêts et dos Betstack, des relève-chaussettes verticaux sans métal.
- Elle remporta une Médaille d’Or à l’Exposition de Londres 1908,
- En récompense des efforts qu’elle a faits, le Jury de Turin lui accorda un Diplôme d'Honneur.
- FAURE-ROUX.
- 15, Rue Marc Séguin, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1900, et bien qu’elle soit une des plus jeunes dans la spécialité des tissus élastiques, son développement a été très rapide. A l’atelier primitif, il fallut bientôt adjoindre un autre local qui, à son tour, ne tarda pas à être insuffisant.
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- Ce fut en 1904 que fut édifié le vaste établissement qui permit à cette maison de donner à ses affaires l’extension en rapport avec les sacrifices consentis. Dans cette usine modèle, toutes les dispositions ont été prises pour y assurer la bonne conservation du caoutchouc, matière qui se corrompt et se désagrège sous l’action de l’humidité, du courant d’air, de la gelée, etc.
- M. Faure-Roux a créé de belles nouveautés en tissus élastiques — un velours élastique agrémenté de pyrogravure.
- La marque de fabrique de cette maison « La Renommée » est effectivement connue sur tout le Globe, et chaque jour voit croître une réputation qui rejaillit naturellement sur l’activité commerciale et industrielle de Saint-Chamond.
- Le Jury de Turin lui décerna la Médaille d’Or.
- SOCIÉTÉ DU CAOUTCHOUC MANUFACTURÉ
- Cette Société, au Capital de 2.150.000 francs, a été fondée le 1er février 1905 par la réunion des Maisons Mouilbau-Chevreau et Vve A. Fayaud Fils & Gendre.
- Elle représente toute l’industrie du caoutchouc manufacturé (accessoires du vêtement) et par l’importance considérable et le développement qu’elle a su prendre, elle est devenue la première, non seulement de France, mais aussi des nations environnantes.
- A l’instar des grandes maisons américaines, la Société a réalisé tous les progrès modernes, tant au point de vue de la fabrication que de l’hygiène dans ses Usines et Ateliers.
- Son chiffre d’affaires est très important et sa clientèle répartie dans le monde entier.
- Depuis 1894, c’est-à-dire antérieurement à sa formation, les maisons Mouilbau-Chevreau & Vve A. Fayaud Fils & Gendre avaient pris part séparément à toutes les Expositions Universelles et la Société compte actuellement à son actif : 6 Grands Prix; 10 Médailles d’Or; 9 Diplômes de Hors Concours par suite des fonctions de Membre du Jury remplies par les chefs de la dite Société.
- M. Jean Mouilbau, Président du Conseil de Gérance de la Société du Caoutchouc manufacturé vient encore d’être, à Turin, chargé de l’organisation de la Classe 133 D : il y a rempli également les fonctions de Président du Jury, de Classe et du Groupe XX.
- LAFLÈCHE Frères & Cie
- 69, Rue Réaumur, Paris.
- Cette maison date de 1840, elle a été reprise en 1872 par M. Laflèche père, qui l’a dirigée seul jusqu’en 1899, époque à laquelle M. H. Laflèche est devenu son associé, et pendant une période de dix ans, la raison sociale a été J. Laflèche & fils.
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- En 1908, M. Laflèche père s’étant retiré, le fils aîné a pris la direction de la Maison avec un de ses frères comme associé, sous la raison sociale, Laflèche frères & Cie, leur père ayant conservé son concours comme commanditaire pour une part importante.
- Cette maison a toujours suivi une marche ascendante, le chiffre d’affaires a augmenté progressivement. Elle s’est surtout attachée à développer de plus en plus la fabrication, afin de s’affranchir des produits étrangers dont elle devait s’approvisionner autrefois.
- En 1906, la fabrique de Charonne étant devenue trop petite, MM. Laflèche installèrent une Manufacture importante à Roisel (Somme). Ils ont actuellement un matériel très bien monté pour la fabrication de nos articles, principalement les tissus pour Jarretelles, Bretelles, ainsi que pour les lacets élastiques employés en grandes quantités par différentes industries, et qui sont de bonne vente dans les maisons de mercerie et magasins de nouveautés.
- Leur Maison de Paris, située 69, rue Réaumur, sert de dépôt pour la vente des produits de la fabrique. Y sont également installés des ateliers pour la confection des Bretelles, Jarretelles, Jarretières, Supports-Chaussettes, Ceintures Hommes et Dames, etc., dont les tissus proviennent de sa fabrication.
- Récompenses obtenues : Paris 1878, Médaille de Bronze ; Paris 1889, Médaille d’Argent ; Bruxelles 1897, Médaille d’Or ; Paris 1900, Hors Concours, Membre du Jury; Bruxelles 1910, Grand Prix; Roubaix 1911, Hors Concours, Membre du Jury ; Turin 1911, Grand Prix.
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- FRANCE
- Ouvrages en tissus élastiques. --------------------------- Statistiques françaises — Commerce spécial
- Pays de Provenance 1906 1907 1908 1909 1910
- et de Destination Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Danemark Grande-Bretagne Allemagne . Autriche-Hongrie Belgique Suisse Italie • • ^ Espagne Etats-Unis Uruguay Argentine Brésil Canada Mexique . Chili Autres pays étrangers Indo-Chine T unisie Madagascar et dépendances.... Algérie Autres colonies et protectorats . . . kg. )) 44.005 21.526 » 6.034 2.682 133 )) » » » » » )) » 5.451 » . » » » 1 )) kg » 85 581 30.036 » 9.634 5.828 » 1.275 3.114 98 760 » » » » 12.114 2.652 kg. » 47.466 19.813 » 7.476 3.990 284 » » )) » )) » » )) 3.664 » » » » )) kg. 3.705 51.510 37.670 )) 20.630 6.865 » 1 .631 » » 876 2.273 )) )) )) 10.516 » » » 3.295 1.145 kg- » 50.694 21.597 2 305 6.108 2.756 93 » » » )) )) » )) » 132 4 » » )) )) kg. )) 33.781 24.098 » 7.610 2.693 1.749 647 » 196 1.069 1 .006 2.202 » » 9.363 1 .935 1 .071 » 2.808 160 kg. )) 51.800 34.300 » 7.500 2.600 » )) » » )> » )) » » 2 900 » » » » kg- » 28 000 25.300 » 13.700 2.700 2.900 600 6.900 » 1.300 » 3.100 » )> 10.300 200 » » 1 .000 » kg )) 47.300 30.300 3.400 5.200 1.800 200 » 300 )) » )) » » )) )) » )) )) kg- 4 400 23.900 25.800 » 10.500 4.400 » 1 .900 » )) 500 2.900 » » 800 12.400 » » » 600 800
- Quantité totale Kg. 79.831 151.092 82.693 140.116 83.689 90.388 99.100 96.000 88.500 88.900
- Valeur totale. ..... Fr. 1.197.465 2.568.564 1.240.395 2.381.972 1.255.335 1.536.596 1.982.000 2.112.000 2.212.500 2.400.300
- Taux de l’unité Fr. 15 » 17 » 15 » 17 » 15 » 17 » 20 » 22 » 25 » 27 »
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- Situation commerciale de l’Industrie du Caoutchouc en France
- OUVRAGES EN CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERCHA
- 1° Caoutchouc brut. — Les prix de la matière première, que le rapporteur précédent avait déjà très justement qualifiés d’extravagants pour l’année 1909, ont atteint, au cours de l’année 1910, des taux encore plus élevés. C’est ainsi que le kilogramme de caoutchouc brut, dont le cours moyen avait oscillé jusqu’en 1909 entre 9 et 18 francs, a été acheté au prix extrême de 33 francs. Il en est de même pour le prix des fils, qui ne dépassait généralement pas 25 francs, et qui s’est élevé en 1910, jusqu’à 48 francs.
- Ces cours ont en outre subi, malgré leur élévation, des fluctuations qui avaient été inconnues jusqu’à ce jour et qui ont apporté le plus grand trouble dans les diverses industries de transformation du caoutchouc.
- Ces fluctuations s’expliquent par les spéculations de plus en plus actives dont cette matière est l’objet.
- Ce défaut de stabilité dans le taux des achats a eu pour résultat d’entraîner un ralentissement sensible dans la fabrication de plusieurs des articles de caoutchouc.
- Certains industriels, en effet, en raison des inquiétudes que leur causaient l’élévation et le manque de fixité des prix de la matière brute, ont fermé leur usine pendant quelques mois, d’autres ont renvoyé une partie de leur personnel, ou ne l’ont fait travailler que pendant des demi-journées, la plupart enfin ont dû adopter des procédés de fabrication qui, tout en leur permettant de satisfaire les goûts de leur clientèle, ont pu leur éviter d’élever le prix de leurs produits à des taux susceptibles d’en restreindre la consommation.
- Il est d’ailleurs curieux de noter que, malgré la situation défavorable ainsi créée à l’industrie du caoutchouc, l’importation de la matière brute, loin de se ralentir en 1910, s’est accrue de 2.949.000 kilogrammes sur l’exercice précédent; elle s’est élevée en effet à 145.516 quintaux métriques au lieu de 116.026 en 1909 et de 100.233 en 1908. Cette progression dans les importations, qui semble à première vue incompatible avec le ralentissement signalé dans plusieurs branches de l’industrie du
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- caoutchouc, s’explique par le développement croissant de la consommation d un certain nombre d’articles et surtout de pneumatiques, pour cycles et automobiles, pour lesquels les quantités demandées augmentent sans cesse d’importance.
- 2° Produits fabriqués. — Le montant des importations et des exportations des divers produits fabriqués ne présente pas de variations très sensibles sur les chiffres de l’année 1909.
- Les importations ont augmenté pour trois produits : les tissus en pièces, dont il a été importé, en 1910, 395 quintaux au lieu de 239 en 1909, les tissus caoutchoutés pour cardes (298 au lieu de 187) et les vêtements confectionnés (381 au lieu de 287).
- Elles sont en baisse pour tous les autres produits et notamment pour les feuilles et les fils, dont nous avons importé seulement 2.952 quintaux contre 3.558 en 1909. Cette diminution s’explique, pour les feuilles, par le développement de la production nationale, nos industriels étant de moins en moins sur ce point tributaires de 1 étranger. Quant aux fils, qui ont subi une hausse encore plus considérable, la baisse, dans les importations, se justifie par l’obligation ou se sont trouvés les industriels, de réduire leurs achats au minimum en prévision d’une pression possible des cours.
- Ajoutons qu’il n’est entré en France en 1910 que 16.131 quintaux de courroies, tuyaux et clapets au lieu de 22.656 en 1909.
- Si nous considérons maintenant nos exportations, nous constatons qu’elles sont en hausse sur les tissus en pièces, les tissus caoutchoutés pour cardes et les vêtements confectionnés, mais cette hausse n est sensible que pour ce dernier article, dont nous avons exporté 619 quintaux au lieu de 454 en 1909.
- On note au contraire une diminution dans l’exportation de tous les autres produits et notamment des chaussures dont nous n’avons exporté que 762 quintaux contre 1 .057 en 1909, et des courroies, tuyaux et clapets pour lesquels nos ventes à l’étranger sont descendues de 26-430 quintaux en 1909 à 19.061 en 1910.
- Mais il y a lieu de remarquer, en ce qui concerne ces derniers produits, que la diminution survenue dans les importations s’explique en partie par ce fait que les pneumatiques autres que ceux pour vélocipèdes étaient, jusqu’en 1910, confondus sous la même rubrique que les courroies, tuyaux et clapets dans les statistiques de l’Administration des Douanes ; la création d’un article spécial, englobant toutes les catégories de pneumatiques, est donc venue diminuer dans une assez forte proportion le chiffre global des produits autrefois compris sous cette rubrique générale.
- Il résulte de cette disjonction introduite dans la nomenclature antérieure qu’il n’est pas possible de faire de comparaison, aucune statistique distincte n’ayant été dressée à cet égard en 1909, entre les chiffres d’importation des chapes, chambres à air ou pneumatiques pour cycles et automobiles. II faut signaler cependant que les importations de ces produits se sont élevées à 10.887 quintaux, et que ce chiffre est encore supérieur à celui de nos exportations qui ont atteint 9.248 quintaux, malgré l’importance considérable qu’a prise cette industrie en France.
- Si Y on rapproche les divers résultats ainsi obtenus, on constate que toute augmentation ou toute diminution dans les importations d’un produit déterminé a coïncidé avec une variation correspondante dans le montant des exportations ; c’est ainsi par
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- exemple que les tissus en pièces, les tissus caoutchoutés pour cardes et les vêtements confectionnés ont vu augmenter à la fois le chiffre de leurs importations et celui de leurs exportations, tandis que les autres produits (tissus élastiques, courroies, tuyaux et clapets) voyaient au contraire diminuer en même temps ces deux chiffres. On peut en conclure que les prix élevés de la matière brute n’ont pas sensiblement influé sur la fabrication des premiers de ces produits. Ce serait au contraire pour les seconds que la crise aurait particulièrement sévi et que la fabrication aurait dû être restreinte, en raison et des difficultés éprouvées par les industriels dans leurs achats et du ralentissement de la consommation entraîné par l’élévation des prix.
- Il est permis d’espérer à ce sujet que, grâce à la détente sensible éprouvée dans les cours du caoutchouc depuis le début de l’année 1911, cette crise touche actuellement à sa fin et que nos industriels trouveront dans des cours plus normaux et plus stables le moyen de rendre à cette branche de notre production l’activité qui l’avait signalée jusqu’ici.
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- ITALIE
- Passementerie et Rubans en caoutchouc et tissus élastiques
- Statistiques italiennes — Commerce spécial.
- Pays de provenance et de Destination 1906 1907 1908 1909 1910
- Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations Importations Exportations
- Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire Lire
- Autriche-Hongrie 50.220 16 740 57.800 10 200 197 200 6 8 0 297 000 6 .600 248 400 ))
- Belgique 7.440 5 580 17.000 15 300 34 000 )) 37 400 )) 50 600 »
- France 102.300 225 060 110.500 163 200 2^6 900 134 300 433 400 129 800 404 800 124.200
- Allemagne 450.120 7 440 472.600 1 700 673 200 8 500 1.111 000 24 200 1.550 200 11.500
- Grande-Bretagne 39.060 )) 102.000 » 115 600 1 700 176 000 )) 195 500 4.600
- Malte » 18 600 » 1 700 )> 1 700 )) » )) ))
- Grèce » 85 560 » 47 600 » 137 700 » 72 600 )) 140.300
- Russie » » )) » )) 1 700 » )) )) 2.300
- Roumanie » 1 860 )) )) )) 11 900 )) 37 400 » 23.000
- Portugal )) » )) )) )) 3 400 » )) )) 9.200
- Espagne )) 9 300 )) 17 000 » 42 200 )) 17 600 )) 71 .300
- Suisse 24.180 33 480 11.900 32 300 100 300 44 200 46 200 28 600 149 500 6.900
- Turquie d’Europe )) 96 720 )) 93 500 )) 73 100 )) 121 000 » 154.100
- Turquie d’Asie )> 20 460 » 6 800 » 1 700 )) 2 200 )) 82.800
- Chine )) 9 300 )) 5 100 » )) )) » )> 2.300
- Possessions hollandaises )) )) )) )) )) )> )) )) » 4.600
- Egypte )) 321 780 » 117 300 )) 115 600 )) 96 800 )) 165.600
- Tunisie )) 1 860 » » » » )) 2 200 » 2.300
- Autres pays d’Afrique )) 14 880 )) (l) 6 800 )) (1) 3 400 )> (l) 2 200 » »
- Etats-Unis 3.720 14 880 8.500 47 600 13 600 6 800 41 800 2 200 34 500 13.800
- Mexique » 7 440 » 30 600 )) 20 400 )) 8 800 )) ))
- Cuba et Porto"Rico » )) )) 22 100 )) 15 300 )) 24 200 )) 23.000
- Amérique Centrale autre .... » 14 880 y> 5 100 » 3 400 )) 4 400 » 2.300
- Brésil )) 602 640 » 508 300 » 705 500 » 750 200 )> 1.161.500
- Pérou )) 13 020 » 3 400 » )) )) 4 400 » 4.600
- Argentine » 831 420 » 683 400 )) 596 700 )) 1 .060 400 » 924 600
- Uruguay » )) )) 5 100 )) 6 800 » 6 600 )) 98.900
- Chili » 52 080 » 79 900 )) 57 800 » 63 800 )) 50.600
- Australie )) 22 320 » » » 5 100 )) )) )) ))
- Autres pays d’Océanie )) )) » )> » )) )) )) )) ))
- Indes britanniques et Ceylan. . • )) 3 720 )> 23 800 » 1 700 » 4 400 )) »
- Japon )) )) )) )) )) » » » )) »
- Autres possessions anglaises d’Asie )) 7 440 )) » » )) )) » » »
- Algérie » 46 500 » )) )) )) » )) )) ))
- Bulgarie )) » )> )) )) 1 700 )) 6 600 )) 2.300
- Philippines )) )) )) » )) 1 700 )) » )) ))
- V énézuéla » )) » » )) 1 700 » )) )) ))
- Siam )> » » )) » » )) )) )) 2.300
- Equateur» . . » )) )) )) » )) )) )) )> 2.300
- 11 Valeur totale ..... Lire 677.040 2.484 960 780.300 1.927. 800 1.400. 800 2.012 800 2.142. 800 2.477. 200 2.633. 500 3.091.200
- C\) Afrique, Espagnole,
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- CLASSE 133 D
- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Situation commerciale de l’Industrie du Caoutchouc
- en Italie.
- en
- L’industrie italienne en général a fait en peu de temps des progrès énormes, et c’est certainement une nation avec laquelle la France devra compter d’ici quelques années.
- En ce qui concerne particulièrement l’industrie des Tissus élastiques, plusieurs usines d’une certaine importance existent en Italie : par exemple la Société Anonyme Centenari & Zinelli, de Milan, qui trouve ses débouchés dans l’Italie et ensuite dans le Sud-Amérique. Elle est en concurrence avec les Anglais dont elle a adopté les genres : tissus faits en gomme fine, assez minces et par conséquent légers.
- Ces maisons ont un avantage sur les industriels français, parce qu’elles trouvent sur place les fils de caoutchouc, tandis que les Français restent tributaires des fabricants italiens, anglais, américains et allemands.
- En 1892, dans les nouveaux tarifs douaniers, des droits un peu élevés furent créés sur les fils de caoutchouc pour engager les industriels français à les produire, mais un seul a essayé et n’a pas réussi. C’est seulement depuis le mois d’avril dernier que ces droits ont été supprimés à la suite de réclamations successives de la part des intéressés.
- La France a considérablement développé l’industrie des tissus élastiques par ses créations nouvelles : par exemple, les tissus à collerettes, qui sont aujourd’hui en faveur auprès de la clientèle, sont une création essentiellement française et c’est encore chez nous qu’on trouve les plus jolis.
- L’Italie et l’Allemagne qui possèdent maintenant des manufactures importantes pour ces articles sont arrivées bien après l’Angleterre et la France. Si les Allemands, depuis quelques années, peuvent produire des tissus élastiques pour bretelles, les
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- Italiens n’en sont encore qu’à leur période d’essai. La France a été la créatrice et c’est encore elle qui exporte la plus grande quantité dans le monde entier.
- Des usines sont maintenant installées en Suisse, en Belgique, en Autriche, en Amérique, et il s’en monte en ce moment dans les pays du Sud.
- Cet article est devenu de première nécessité, personne maintenant ne peut plus se passer ni de bretelles, ni de jarretelles, ni de ceintures. Il y a encore d’ailleurs une multitude d’objets qui sont également des dérivés du caoutchouc et qui sont appropriés à tous les usages.
- En France, l’industrie des tissus élastiques est d’une très grande importance, il y a plus de 60 fabricants qui font un chiffre d’affaires élevé, et un nombre considérable de transformateurs de ces tissus en objets divers cités plus haut.
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- VUE DU PAVILLON DE RUSSIE
- EXPOSANTS ITALIENS
- Turin 1 91 1
- 90
- Ainsi que nous l’avons montré par le'tableau de la page 109 de ce rapport, presque toutes les nations avaient répondu à l’appel de la municipalité de Turin, et si dans notre Classe toutes n’exposaient pas, nous constatons cependant que dans le Groupe XX figuraient 24 nations.
- *
- * *
- Ce qui frappe d’abord dans la Section Italienne, c’est l’absence presque totale d’industriels de Milan !
- Il est regrettable que ce centre italien n’ait pas prouvé par une démonstration éclatante qu’il était plus que jamais en période d’accroissement et que le nombre de ses exposants fut en rapport avec son importance.
- Les divers accessoires du vêtement n’étaient représentés que par 77 exposants, parmi lesquels nous relaterons par industrie les maisons qui ont le plus attiré notre attention.
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- BONNETERIE
- BELLAVITA Daniele.
- 7, Via Carlo Ravizza, à Milan.
- Le Jury accorda le Diplôme d’Honneur pour l’importance de cette maison et la perfection des produits exposés; elle s’est spécialisée surtout dans l’article de sport.
- ROMANO GIACOMO e Figli (Maglificio).
- De Turin
- Cette maison fort ancienne date de 1874, a sa manufacture 4-6 via Foscolo et une maison de vente 2-4 via Santa Teresa. Elle fabrique la bonneterie de laine, de coton et de soie, fournisseur de la Maison royale elle a déjà obtenu de nombreuses récompenses dans des expositions antérieures.
- La Médaille d'Or lui fut accordée.
- BOUTONS ET AGRAFES
- BEVILACQÜA FRATELLI, VALERI & Cie.
- Turin.
- Cette Société obtint du Jury une Médaille d'Or pour ses produits exposés qui étaient fort bien présentés et d’un fini irréprochable.
- CHAPEAUX & MODES
- BORSALINO GIUSEPPE & FRATELLO (Société Anonyme).
- Alexandrie.
- Maison très importante et universellement connue, elle fut fondée en 1857. Cette société au capital de 5.500.000 lire occupe 2.000 ouvriers et accuse une production de 6000 chapeaux de feutre par jour.
- En dehors de l’écoulement de ses produits en Italie, elle fait un chiffre énorme d’affaires en exportation.
- Suivant depuis longtemps les expositions, elle y remporta les plus hautes récompenses. A Paris en 1900 nous la voyons déjà titulaire d’un Grand Prix, à Bruxelles en 1910 également. Le jury de Turin lui accorda à nouveau le Grand ‘Prix.
- BORSALINO G. B. fu LAZARO & Cie.
- Alexandrie.
- Cette maison de fondation plus récente a pris également un énorme développement. Elle fabrique le chapeau de feutre. Elle obtint un Grand Prix et deux Médailles
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- d’Or à l’Exposition italienne de Copenhague en 1908, et un Diplôme d’Honneur à l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1910.
- Un Diplôme d’Honneur lui fut également accordé à Turin.
- PALEARI AMBROGIO.
- Monza.
- Fort ancienne maison dont la fondation remonte en 1840.
- Elle fabrique le chapeau de feutre de laine pour homme, femme et enfant, et s’est spécialisée dans le chapeau poil posé de feutre très fin pour dames,
- Son usine occupe 800 ouvriers, une installation moderne nécessite 160 chevaux de force.
- Elle accuse une production journalière d’environ 1.500 chapeaux.
- Elle remporta une médaille d’argent à Milan en 1881. Son exposition de Turin lui valut le Diplôme d'Honneur.
- CAMPANI F1GLI DI R (SOCIÉTÉ).
- Via Gialio Uberti N° 6, Milan.
- Ne fait que le chapeau de paille pour homme, dont elle exposa les modèles les plus parfaits ; cette maison fut Hors Concours sur sa demande.
- CAMBIAGHI CAV. Giuseppe.
- Monza.
- Maison fondée en 1878, par le titulaire actuel. Fabrique le chapeau de laine fin et ordinaire pour hommes, son usine occupe 1200 ouvriers et donne comme production journalière 2000 chapeaux.
- Le jury de Turin lui accorda le Grand Prix.
- DAVELLA & Cie.
- Via Bernardino, 3, Andorno (Biella).
- Nous a montré dans une vitrine très bien [présentée des chapeaux de feutre absolument finis, très souples et aux teintes fort jolies. Une Médaille d’Or lui fut décernée.
- MERZAGORA (Fratelli).
- Via Vanchiglia, 16, Turin.
- Maison datant de 1890. S’est spécialisée dans la fabrication des casquettes de toutes qualités, pour enfants, jeunes gens, jeunes filles, fournit principalement les collèges et maisons d’éducation.
- Obtint à Turin la Médaille d’Or.
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- VERGE AT G. (Société Anonyme).
- Via Ludovica, 38, Milan.
- Cette maison qui avait déjà exposé à Milan en 1906, fabrique surtout le chapeau de paille et la casquette de sport.
- La perfection de ses articles lui valut le Diplôme d’Honneur.
- BEVILACQUA C.
- Via Basilica, 9, Turin.
- Fabrique de chapeaux pour dames, en feutre, paille et fantaisie; spécialité de tresses de paille pour chapeaux. Cette maison fait le gros, le détail et l’exportation. Remporta à Turin la cMédaille d’Argent
- MURA SILVIO (Cappellificio Fiorentino).
- Via Degli Alfani, 38, Florence.
- S’est spécialisé dans le chapeau féminin en tous genres, chapeau d’été et d’hiver, avait une jolie collection qui lui valut la Médaille d'Argent.
- CONT1 CAMILLO FU AMBROGIO.
- Corso San Celso, 25, Milan.
- Cette maison fabrique les formes en bois qui servent à établir ses chapeaux de femmes pour lesquels elle s’est spécialisée. Elle possède en outre une teinturerie où se finissent ses produits.
- Elle remporta une Médaille d'Ora l’Exposition de Turin.
- MELAN Giuseppe.
- Via Borgognone, 36, Milan.
- Important établissement moderne d’Italie pour la fabrication du chapeau de paille de luxe.
- Avait exposé pour la première fois à Bruxelles 1908 où le jury lui accorda la Médaille d’Or.
- Il remporta la même récompense à Turin.
- CORSETS ET FOURNITURES
- BORTOLINI Giuseppe & Cie.
- Parme.
- Exposa une série de corsets fort bien présentés et répondant aux exigences de \a mode, tout en conservant les proportions normales.
- Le Jury lui accorda la Médaille d’Or.
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- AGAZZI (Annibale).
- 12, Santa Margherita, Milan.
- Avait une vitrine de soutiens-gorge, de ceintures et de corsets qui lui valurent une Médaille d'Argent.
- D’autres maisons de corsets telles que :
- BERNI FILOMENA e figli, Via Repetta, à Rome ;
- BLAN EMILIA, 31, Via Lagrange, à Turin;
- CARETTA OLIVERI BEATRICE e Figli , Via Roma, à Turin ;
- PEPE MARIA, 5, Via Garibaldi, à Turin ;
- ZENONI BERGAMASCHI & Cie, 16, Corso Buenos-Ayres, à Milan;
- Dr MEILLE LUIGI, Via Principe Tommaso, à Turin ;
- WISSNER WILHEM, Via Bersaglio, 61, à Milan ;
- ROTA SEVERINO, à Turin.
- avaient rivalisé de goût pour la présentation de leurs articles et l’ensemble de cette industrie donnait en note claire très heureuse dans ce grand palais du Pilonetto,
- CRAVATES
- ATTILO FIZ & C°.
- Corso Regina Margherita, 24, à Turin.
- »
- Cette nouvelle firme vient de succéder à la maison Azimonti & C° et remporta la Médaille d’Or.
- ZAPPINO Nicola.
- Via Santa Chiara, 20, Turin.
- Fabrique exclusivement les cravates et bretelles, obtint une Médaille d'Argent.
- GALLIENI Luigi.
- Via Vitruvio, 3, Milan.
- Cette maison fabrique la cravate, l’étoffe pour cravate, le foulard, les pochettes de soie.
- En 1906 elle figurait déjà à l’exposition de Milan, où elle obtint la Médaille-d'Or, le Jury de Turin lui confirma la même récompense.
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- EVENTAILS
- RAMON CABRELLES.
- Calle Corona, 7, Valencia.
- Une très jolie vitrine d’éventails aux tons les plus chauds et les plus séduisants, nous fut présentée par cette maison. Le dispositif en était fort gracieux et le jury lui accorda la Médaille d’Or.
- FOURNITURES POUR MODES
- SOCIETA ANONIMA « IL TRUCIOLO »:
- Carpi (Modène).
- Cette société très importante s’occupe principalement de la fabrication des tresses pour chapeaux de paille, à la main et à la machine.
- Elle avait eu à l’Exposition de Milan en 1906 une Médaille d’Or, le jury de Turin lui accorda un Diplôme d'Honneur.
- TINELLI Luigi.
- 7, Corso San Celso, Milan.
- Cette maison s’est spécialisée dans la décoration artistique sur tissu, soie, velours mousseline, etc. Elle emploie un procédé qui lui est propre rendant inaltérable les applications de couleur sur les étoffes les plus diverses.
- Elle a un dépôt à Paris, 27, Rue Caumartin.
- Une Médaille d’Argent lui a été décernée.
- Nous avons également remarqué dans cette industrie plusieurs autres maisons telles que :
- RATTI Cesare di A.
- Via Sempione, 14, Monza.
- Fabrique de feutre et autres articles inhérents à la chapellerie.
- Société Anonyme INDUSTRIA MAROCCHINI.
- Via Alberto da'Giussano, à Milan.
- Fabrique de maroquin pour chapellerie.
- SOCIETA INDUSTRIALE PER la COPERTURA file di ferro in cotone et seta.
- Via Gius Verdi-Pratovecchio (Arezzo).
- Fabriquant uniquement le fil de fer recouvert de coton et soie.
- Qui remportèrent chacune une Médaille d'A rgent.
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- FLEURS ARTIFICIELLES
- ?
- Dans cette industrie, nous signalerons les vitrines des exposants suivants :
- La société Bronzo DINA & Cie.
- Galleria Subalpine, Turin.
- Fait la fleur artificielle en verre. Elle a exposé de très jolis spécimens qui lui firent obtenir du jury une Médaille d'Or.
- TORTA FRATELLI, de Turin.
- Fait la fleur en étoffe.
- FORS ATI (Maison italienne établie à Vienne) et CASTIGLIONI CORBETTA.
- LINGERIE
- Signalons en passant que dans cette branche beaucoup d’exposants avaient adopté pour présenter les articles lingerie, des bustes en verre dépoli, éclairés intérieurement par une lampe électrique, permettant de juger la transparence du linge. Nous avons remarqué dans les stands, les plus importantes maisons de la place en tête desquelles citons particulièrement :
- M. GROSSO, Léopoldo.
- Via Roma, 12, à Turin.
- Cette maison fait le linge d’homme et de dame, le trousseau, le linge de table, le linge de maison.
- En 1898, une médaille d’argent lui avait été décernée à Turin et en 1902 un diplôme.
- M. Grosso était membre du jury, et son exposition fort bien présentée lui valut les félicitations de ses collègues.
- Nous relaterons au hasard les maisons :
- MILANESE CIRTO.
- Via Plinio, 18, à Milan.
- qui avait exposé des chemisettes et du linge de corps pour dames qui lui valurent une Médaille d'Or.
- PARMIGIANI ENRICO.
- Piazza Castello, 26. à Twin.
- Fabrique de chemises, cols, cravates, etc. — Médaille d’Argent.
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- Société LUZZATO F. & C.
- Via Roma, Gênes,
- Très importante maison de linge brodé à la main, dentelles, etc., qui obtint un Qrand '{Prix.
- Société CALLIGARIS SORELLE V-
- Gallena Geisser, à Turin.
- Fait spécialement le vêtement confectionné fen lingerie et particulièrement celui d’enfant. — Médaille d’Or.
- Les Maisons : c
- ALTOBELLI PAOLINA.
- Via Genova, 10, Turin.
- Faisant la lingerie bon marché. — ^Médaille de Bronze.
- CECCHINI, MICCHIARELLI, Enrico.
- Via Vasco, 8, à Mondovi Piazza.
- Chemisettes en guipure d’Irlande, point de Venise, etc. — éM.édaille de Bronze. GIGANTE, Angelo.
- Corso Vittorio Emmanuele, 44, à Turin.
- Médaille de Bronze.
- LA SALLE, Alfredo (Soc.) di Cassisi e Géra succesori.
- Corso Venegia, 1, Milan.
- Fournisseur personnel de S. M. le roi d’Italie, obtint un Diplôme d’Honneur. MARINONI, Vittorio.
- Corso Regio Parco, 3, Turin.
- Maison de spécialité pour le linge d’homme.
- MORONI, Giuseppe.
- Via Cagnola, 67,1 Milan.
- Fait la chemise d’homme blanche et couleur, cols, manchettes, etc.
- Ces deux derniers exposants reçurent la Médaille d’Argent.
- OMBRELLES, jCANNES, PARAPLUIES
- Tandis que la France n’avait aucun exposant dans cette industrie, l’Italie était représentée par sept maisons : „
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- CAULA, Natale.
- Via Roma, 20, Turin.
- Le titulaire de cette maison était membre du Jury et il nous est agréable de nous souvenir des paroles si pleines d’amitié pour nous qu’il prononça au banquet donné au restaurant autrichien et qui est relaté dans ce rapport au paragraphe concernant les opérations du Jury.
- Cette maison est très importante; elle fait un gros chiffre d’affaires à l’exportation. M. Caula était déjà membre du Jury à l’Exposition de Turin en 1898.
- RAVANINI e CASTOLDI.
- Via Adige, 1 3, Milan.
- Maison qui ne fait que la canne, remporta la <Z%üédaille d'Or.
- FEDELE, Ernilio.
- 56, Corso Vittorio Emmanuele, Turin.
- Avait exposé une fort jolie série d’ombrelles qui lui firent décerner une Médaille d’A rgent.
- BIGLIOCCA, Bernardino.
- 33, Via Nizza, à Turin.
- Fait le parapluie et l’ombrelle.
- ROSSI, Remigio. ^
- Via Cernaïa, Turin.
- Maison d’ombrelles.
- Ces deux dernières maisons obtinrent la dXCédaille de Bronze.
- Nous avons remarqué plusieurs maisons exposant la canne-parapluie qui n’eut jamais chez nous la vogue qu’elle a en Italie.
- PLUMES POUR PARURES
- Nous signalerons quelques jolies vitrinfes dans ces articles et citerons entre autres, celles des maisons :
- BELLONI, Carlo (Societa Anonima per la lavorazione délia pluma).
- Via Agostino Bertani, 4, Milano.
- Avait une exposition fort belle de crosses, aigrettes, panaches, qui lui fit décerner la Médaille d’Or.
- BELLONI, Pietro.
- Casorate, 1, Milan.
- S’est spécialisée dans le boa. éftCédaille d’Argent.
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- BOSIO, Giuseppe.
- Magenta (Milan.)
- A une maison également à Turin, 14, Via Santa Teresa. La fondation de cette firme remonte à 1810. Elle fait surtout la plume pour mode, l’amazone, les pleureuses. S’est spécialisée dans le lavage tant à la machine qu’à la main et possède une teinturerie à vapeur.
- Le jury de Turin lui accorda la Médaille d'Or.
- LOCATELLI, L. (Société).
- 5, Via Gaiibaldi, Turin.
- Cette maison fait surtout le boa en pleureuses, est fournisseur de la maison royale d’Italie et d’Espagne. Exposa déjà à Paris et à Gênes. Se vit décerner une Médaille d'Argent.
- GATTI & Cie.
- Corso Sempione, Milan.
- Très importante teinturerie de plumes d’autruche qui obtint du jury la Médaille d’Or.
- TISSUS ÉLASTIQUES
- Citons dans cette catégorie la maison :
- GABBIATI ITALO.
- Via Molino délia Armi, 21, à Milan.
- Qui était seule à représenter cette industrie, elle y remporta une Médaille d’A rgent.
- Nous signalerons une erreur qui s’est produite dans la classification des bustes et mannequins étrangers affectés à la classe 132 et vus par le jury de cette classe, tandis que la même industrie en France faisait partie de la classe 133, ceci pour expliquer notre silence à ce sujet.
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- NATIONS ÉTRANGÈRES
- à l’Exposition de Turin 1911
- C5?
- BELGIQUE
- Six exposants seulement revenaient à notre classe.
- PIRSON G.
- 34, Rue du Boulet, à Bruxelles.
- Cette maison qui s’est spécialisée dans la confection de chapeaux d’enfants avait une vitrine fort bien aménagée qui lui fit obtenir le Diplôme d’Honneur. Elle avait eu déjà à Bruxelles en 1910 une Médaille d'Or.
- MANUFACTURE DE CHAPEAUX DE RUYSBROECK (Société anonyme)
- Ruysbroeck-lès- Bruxelles.
- Cette importante affaire fabrique le chapeau en feutre de poil et de laine pour hommes et dames, les cloches pour chapeaux de dames et les chapeaux mous.
- Elle remporta à Liège 1905, à Bruxelles 1910, le Grand Prix qui lui fut également accordé à Turin.
- COUPERIE DE POILS DE BRUXELLES (Société anonyme).
- 42, Rue d’Ars, à Bruxelles.
- Elle travaille le poil de lapin et de lièvre pour la fabrication du chapeau de feutre et préparer la matière première pour la chapellerie. Une Médaille d’Argent lui fut décernée.
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- P. DU TOICT & Cie.
- Bruxelles.
- Cette importante affaire, manufactures royales de corsets, à la marque P. D. a des maisons à Paris et Kiew (Russie).
- Elle fait un très gros chiffre d’affaires et emploie un personnel fort nombreux .
- Son chef de maison était membre du Jury à Bruxelles en 1910. Un Grand Prix lui fut accordé à Turin.
- DAY (Gustave).
- Rue des Ateliers, 3, à Bruxelles.
- Cette maison nous présentait avec beaucoup de goût dans une vitrine importante, des faux-cols, manchettes, chemises de sa fabrication.
- Suivant depuis longtemps les expositions elle y remporta les plus hautes récompenses. En 1889 à Paris, elle obtenait déjà une Médaille d’Argent, Anvers 1894, lui valut une Médaille d’Or, Liège 1905, le Diplôme d’Honneur. Grand Prix, à Milan 1906, Bruxelles 1910 et Turin 1911.
- HIRSCH & Cie.
- 29, Rue Neuve, Bruxelles.
- Cette maison est une habituée des expositions. Nous voyons M. Hirsch, membre du jury à Bruxelles depuis 1897 à 1911. Il l’était également à Turin.
- Cl57
- BRÉSIL
- Avait réuni dans notre classe 32 exposants. La mode, la fleur et l’ombrelle en formaient le principal contingent.
- Nous citerons rapidement les maisons vues par le jury de la Classe 133 : BOGGIANI, Antonio.
- San Paulo.
- Maison de bonneterie. — Médaille d'Argent.
- BICHELS, Alfredo.
- Parana.
- avait exposé trois chapeaux de dames. — Médaille de Bronze.
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- BALLESTRINO, Giuseppe. A.
- Via Asilo, n° 12, à Montevideo.
- Très importante maison fabriquant uniquement le chapeau de paille. Exposa à Milan en 1906, et à Bruxelles, 1910. Remporta une Médaille d’Or.
- BEZ-FONTANO, Antonio.
- Santa Catharina.
- Fabrique de chapeaux de paille. — é%Cédaille de Bronze.
- CHIRADIO, Francisco.
- Rio Grande do Sul.
- Fabrique de chapeaux de paille. — Médaille d’Or.
- MATARAZZO, Luigi & Cie.
- San Paulo.
- Fait les différents genres de chapeaux. — Médaille d’argent.
- RAMENZONI DANTE & Cie.
- San Paulo.
- Chapellerie importante. — Médaille d’Or.
- SCHR1TZMEYER, Adolphe & Cie,
- San Paulo.
- Grande fabrique de chapeaux. — Diplôme d’Honneur.
- SERRICHIO PEPE & Cie.
- San Paulo.
- Maison importante de chapellerie. — Médaille d’Or.
- VAROLI, Teobaldo.
- San Paulo.
- Spécialité de chapeaux d’amazones. — Médaille de Bronze.
- VENTURINI & RECCO.
- Rio Grande do Sul.
- Fait uniquement le chapeau de paille. — Médaille d’Argent.
- Fabrica di Spartilhos, B. PAUL A.
- Pernambuco.
- Grande fabrique de cravates. — Médaille d’Argent.
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- Z AN IR ATTI-GUELF O.
- Rio Grande do Sul.
- Fabrique de cravates. — <HM,édaille de Bronze.
- Sept exposants avaient envoyé des panneaux composés de fleurs artificielles du plus heureux effet. Des médailles de bronze et d’argent lui furent accordées.
- Dans la lingerie, trois vitrines furent examinées. Une médaille d’or fut accordée à la maison de ALMEIDO OCTAVIANO & Cie, de Pernambuco.
- La canne, l’ombrelle et le parapluie étaient représentés par six exposants. Signalons que dans cette nation une canne très en faveur est faite avec un bois spécial qui a la propriété, quand on le brise, de présenter une pointe acérée le transformant en un stylet, moyen de défense immédiat et qui explique sa vogue.
- Une fabrique très importante de ces cannes, COMMISSAO ESTADOAL, de Para, remporta le Grand Prix.
- JAPON
- Avait réuni dix-huit exposants qui se décomposaient ainsi :
- Fabrique de chapeaux............................
- Fleurs artificielles............................
- Fabriques d’éventails...........................
- — de cheveux postiches.................
- — de cannes et ombrelles...............
- Dans la première industrie, la maison
- 3 9 1
- 4
- SANSEISHOKAI,
- de Formose,
- remporta une Médaille d’Or.
- Cette fabrique avait déjà obtenu la même récompense aux expositions de Saint-Louis 1904, Liège 1905, Londres 1910.
- Citons, dans les fabricants d’éventails, la maison :
- ISHIZUMI KISABURO,
- de Kyoto,
- qui avait une très jolie collection de ces articles. Le jury lui décerna la Médaille d’Or, confirmation de la même récompense qu’elle avait eue à Londres en 1910.
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- CLASSE 133 D
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- CHINE
- Nous avons trouvé onze exposants de notre classe dans le pavillon de la Chine. L éventail dominait, et un Qrand Prix, dans cette industrie, fut accordé à la maison :
- SELIENKEE.
- Hantchou (Tchékian).
- Cette maison, renommée depuis fort longtemps, avait déjà obtenu à Paris en 1900, une Médaille d’Or; des Grands Prix lui furent également décernés à Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1906 et Nankin 1910.
- Les écoles de Minli et Minten nous montrèrent des fleurs artificielles très bien façonnées qui leur firent obtenir des Médailles d'Argent.
- Cfl
- ÉQUATEUR
- Un seul exposant représentait ce pays dans notre classe :
- La maison PINTADO DE VINUEZA ROSA.
- De Guayaquil.
- Travaillant la plume, avait exposé un panneau représentant les armes delà maison royale d’Italie fait de plumes d’oiseaux de la côte équatoriale. Il avait 1 mètre sur lm60. Participant déjà à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, une Médaille d’Or lui avait été décernée. La même récompense lui fut attribuée à Chicago, Buffalo, Quito, Guayaquil et Turin 1911.
- C52
- HONGRIE
- Huit maisons appartenant à la classe 133 D se trouvaient dans le pavillon de Hongrie :
- ROBERT GYULA.
- De Budapest.
- Nous montrait une vitrine de chapeaux qui lui valut la Médaille d’Argent.
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- ELSO DELMAGYARORSZAGI KALAPGYAR RESZVENYTAR-SASAG.
- De Temesvar.
- S’est spécialisée dans la fabrication des formes pour chapeaux d’hommes et de dames. Le Jury lui accorda une Médaille d’Or.
- FREUDIGER MOZES ES FIAI.
- A Budapest.
- Fabrique très importante de lingerie obtint la Médaille d’Or.
- KUNZ JOZSEF ES TARSA.
- A Budapest.
- Fabrique de tissus de feutre. Une Médaille d'Or lui fut également accordée.
- SZEKULESZ. R.
- De Budapest.
- Exposa une vitrine de fleurs artificielles aux tons les plus variés et se rapprochant idéalement de la nature.
- Le jury de Turin lui décerna une é%Cédaille d’Or.
- JOB. I. SIN.
- A Zagreb (Croatie).
- Fabrique spécialement l’ombrelle dont elle avait envoyé quelques spécimens très gracieux qui lui firent attribuer une c‘M.édaille d’Argent.
- ELSO SOPRONI GOMB ES FEMDISZARUGYAR, HILBERT ERNO ES TARSA RESVENYTARSASAG,
- A Sopron.
- Grande fabrique de boutons dans tous les genres — sa vitrine contenait les modèles les plus divers et présentés sous la forme la plus originale et avec un goût parfait. — Elle remporta à Turin une cVXCédaille d’Argent.
- Enfin une importante maison de tissus élastiques ; la firme
- ELSO MAGYAR CZIPORNGANI. Obtint une cTUCédaille d’Or.
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- CLASSE 133 D
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- GRANDE-BRETAGNE
- Dans un pavillon superbe, l’Angleterre nous montra six exposants qui avaient rivalisé de zèle pour présenter leurs produits sous le jour le plus favorable.
- Les vitrines avaient un dispositif absolument différent des nôtres qui mettait davantage en relief leurs articles.
- Citons parmi les maisons les plus importantes.
- CASH. J. & ]. Co Ltd.
- De Coventry.
- Cette manufacture très ancienne avait déjà exposé à Londres en 1862, où elle obtint une Médaille de Bronze; à Paris, en 1889, une Médaille d’Argent et en 1900, une Médaille d’Or.
- Elle fabrique la cravate en coton lavable, la cravate de soie, le peignoir de bain, les étiquettes, et une foule d’autres articles différents tels que rubans pour chapeaux de dames, nattes de soie, etc.
- Le jury lui accorda un Grand ‘Prix.
- CHRISTY & Co, Cie Ltd.
- Qui fait spécialement le chapeau pour hommes, a remporté le Grand Prix.
- GOUVERNEMENT DU PROTECTORAT BRITANNIQUE DE L’AFRIQUE ORIENTALE.
- Nous montra dans de nombreux articles d’exportation une série de plumes d’autruche de toute beauté qui lui firent décerner une médaille d'or.
- CSl
- PÉROU
- Etait représenté par la seule maison HILBECK F. e. C.
- A Piura.
- Grande fabrique de chapeaux à qui le jury accorda la Médaille d’Or.
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- RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
- Avait également un seul exposant :
- COLLECTIVITÉ DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE.
- Spécialité de chapeaux de panama. Sa vitrine contenait les spécimens les plus riches, et des articles d une finesse merveilleuse. Une Médaille d'Argent lui fut attribuée.
- csi
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Quatre exposants seulement nous permirent de nous rendre compte de quelques-uns des produits de cette grande nation.
- Deux fabricants de chapeaux :
- PELETERIA ARGENTINA (Soc. Anonyme). — Qrand Prix.
- RODOLFO F. RONCHETTI MARELLI LUIS Y CONTL — Diplôme
- d’Honneur.
- Une maison de fournitures pour modes :
- LOPEZ E FIGLIO, Viuda de G. - .Médaille d'Or. Et une maison de bonneterie :
- BARBIENNE ET ANTONINI. — Médaille d’Or.
- toutes de Buenos-Ayres.
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- ROUMANIE
- Trois industries de notre classe se trouvaient représentées dans le pavillon de cette nation par cinq exposants :
- J, BARASCH, Louis ROMEK, SIMIANESCU, LÉON,
- J. DOSTHEIMER
- de Bucarest, coiffures de dames. — Médaille de Bronze.
- — — — — Médaille de Bronze.
- — chapeaux d’hommes. — ^Médaille d’Argent
- — fleurs artificielles — Médaille d’Argent.
- — travaux en cheveux. — Médaille de Bronze.
- en
- SERBIE
- Seule la maison de bonneterie :
- MILAN JESCHMENITZA & Cie.
- De Belgrade.
- Exposa dans notre classe et obtint une Médaille d’Argent.
- en
- SI AM
- L’industrie de l’éventail en plumes seule eut un représentant en la
- Province di ASUDDHJA AZUTHIA
- Nous permet d’admirer quelques articles très joliment faits et présentés qui lui firent décerner une Médaille d’Or par le Jury de Turin.
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- URUGUAY
- Deux importantes maisons de Montevideo avaient exposé leurs produits.
- D’abord la firme :
- GIUSEPPE, A. BALLESTRINO.
- Via Asito n° 142 à Montevideo.
- Fabriquant uniquement le chapeau de paille, qui était déjà venue à Milan en 1906 où elle remporta une médaille de bronze et une médaille d’argent à Bruxelles 1910. Le Jury de Turin lui accorda une Médaille d'Or.
- Et la maison :
- COMBARRERE FRATELLI.
- Qui remporta également une Médaille d'Or.
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- LA MODE
- à l’Epoque de la Campagne d’Italie
- (1859-1860)
- es?
- S’il vous arrive de feuilleter les collections de journaux illustrés reproduisant les scènes qui ont présidé au départ des troupes pour l’Italie, vous auriez peine à croire que la femme de cette époque ait quelque analogie comme structure avec celle de 1912 dont les lignes volontairement simples et presque droites sont l’antithèse vivante des boursouflures de la crinoline d’il y a 50 ans. Ces contrastes sont généralement de règle au cours de l’histoire du costume. L’engouement des femmes se porte successivement sur les oppositions les plus marquées. Les innovations souvent jolies au début sont malheureusement vite déformées par une fausse éducation de l’œil qui amène invariablement à l’exagération dans un sens ou dans l’autre. Les modes du second Empire n’ont pas encore le recul nécessaire qui nous permet de les idéaliser à notre gré, elles ne sont que « démodées ». Elles n’ont pas pour nous le style que nous prêtons si volontiers à celles du XVIIIe siècle ou du premier Empire. A vrai dire pourquoi condamner la crinoline en exaltant la grâce surannée du panier? L’analogie est frappante, les drapés, les baldaquins, les retroussis de l’Impératrice Eugénie sont proches parents des falbalas et des pretintailles de 1780. Les uns et les autres s’allient avec une vie de luxe et de représentation où la femme est plus distante de l’homme que dans notre siècle de camaraderie et de sport, mais où elle sait être charmeuse quand même. Le buste avec la courbe gracieuse de 1 épaule tombante, la tête petite amenuisée mais élégamment couronnée de fleurs, de plumes, de bijoux (car on ne va point dans le monde sans coiffure) [ont de jolis mouvements rappelant ceux du cygne dont la
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- carène blanche s’éploie sur l’eau, tandis que la flexibilité de son cou gracieux suit ses moindres mouvements. Et de ce fait cette expression des poètes amoureux : « La femme au col de cygne » est contemporaine de la jupe large et de la nuque ployante.
- Telle élégante d’aujourd’hui qui déambule allègrement vêtue du trotteur démocratique ne se sentirait pas le courage de revêtir les lourdes étoffes supportées par la cage d acier. Cette cage fut d’abord en crin ce qui faisait dire à certaine
- étourdie qu’elle se confondait avec les sacs à raisin, et d’où l’étymologie de crinoline.
- « Les étoffes s’étageaient en draperies savamment disposées, de plissés et s’achevaient en longues traînes, difficiles à gouverner au milieu de la foule des salons. C’était un mélange de tous les styles : on plaquait des draperies à la Grecque sur l’ampleur des paniers Louis XVI avec la basquine des amazones de la Fronde et les manches pendantes de la Renaissance. Il était peut-être plus difficile qu’aujourd’hui de paraître charmante, et il fallait dans le glissement de la démarche, dans les gestes, dans une certaine souplesse du buste faire valoir l’harmonie qui naît de la grâce des formes et de l’habitude de s’observer, sinon le charme s’évanouissait » (Mme Carette, Souvenirs intimes de la cour des Tuileries).
- Toute une génération paya son tribut à la mode de la crinoline, les villageoises elles-mêmes en por-CBulletin de la Société de l’histoire du Costume) tèrent ; certains pays étrangers l’interdisaient : en Suède, par exemple, parce qu elle obstruait la voie publique. En Allemagne, sur le théâtre comme gênant le jeu des acteurs. En Amérique enfin, pour l’accomplissement des devoirs religieux, cette œuvre du démon n’ayant point l’entrée des confessionnaux.
- Dès 1859 Alphonse Karr annonce une prochaine transformation de la cage d’acier qui lui paraît destinée à renfermer un animal rare ou féroce. La crinoline rigide doit être remplacée par la carcasse indépendante. Invention merveilleuse d’après le satirique écrivain qui va permettre aux femmes de se rétrécir à volonté pour passer dans les portes, s’asseoir en voiture, au théâtre, ou seulement pour suivre leur fantaisie. Il trouve en outre une certaine saveur à cette phrase prononcée par une élégante : « Lisette, donne-moi ma carcasse indépendante ».
- Il conclut qu’il aime les femmes telles qu’il les voit et qu’il les aimera encore demain si elles inventent quelque chose de plus ridicule (A. Karr, les Guêpes, août 1859).
- Longtemps encore on aima les femmes en crinoline. Ce fut l’influence de la Princesse de Metternich alliée en la circonstance au couturier Worth qui décida quelques femmes après 1865 à arbôrer pour les bals les robes « abrégées », comme on les appela et le coup d’œil plut à beaucoup. Mérimée entre autres s’écria malicieusement : « que pour la première fois, il avait aperçu pendant la valse un grand nombre de jarretières et de pieds charmants ».
- ;t Sous-jupe d*acier Tavernier **. Crinoline de 1857
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- Bernard
- 1860
- (par Boutet de Monuel )
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- Vêts 1859 il y avait eu une tendance fâcheuse à raccourcir la taille, et le buste était plus gracieux, long et délié bien à sa place sur l’ampleur exagérée des hanches naturelles. Mais les femmes en bonnes courtisanes suivaient l’exemple de l’impératrice qui ayant les jambes longues et la taille haute imposait une silhouette en harmonie avec sa structure. M. Léoty dans son histoire du corset trouve l’expression de la taille courte inexacte : « La taille à cette époque différait beaucoup de celle que l’on faisait « sous le premier Empire, les corsets que l’on portait sous Napoléon III s’adaptaient
- Intérieur d’une Fabrique de Crinolines ”
- Milieu du XIXe siècle.
- (D’après une publication allemande).
- « parfaitement à la taille naturelle c’est-à-dire au bas des côtes, mais ils étaient très « échancrés du haut et courts du bas, ils laissaient de la sorte les épaules tombantes « et les goussets ne remontant pas la poitrine, la taille était moins élevée. »
- On recherche l’aisance, la grâce et la souplesse. On appelle le corset une seconde enveloppe naturelle. II est élégant, enrichi de belles dentelles : fine Valenciennes ou haute Malines de couleurs claires ; en taffetas ou en moire antique, blanc éventaillés de soie rose ou bleue ; en moire mais brodé de peluche pensée. Pour les corsets ordinaires la moire antique noire est solide et économique, elle est adoptée par les femmes pratiques. Citons encore une innovation, l’emploi du tissu caoutchouté en bande pour des corsages corsets attachés par devant à l’aide de boucles hygiéniques, sorte de corset de repos laissant toute la liberté des mouvements.
- C’est là le soutien rêvé pour le déshabillé sous lequel les femmes feront apercevoir l’élégance de leur lingerie. On fait des manches aux chemises qu’on termine autour du décolleté par des poignets brodés. Certaines broderies sont en coton de couleur bleu ou rouge et leur semis de petits pois en contrastant avec la batiste
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- blanche est d’un effet charmant. Ces combinaisons étaient dues à l’ingéniosité des lingères parisiennes qui n’avaient point trouvé grâce aux yeux de la future impératrice. Lorsqu’elle avait dû commander son trousseau elle s’était adressée à sa lingère espagnole. Celle-ci fort candide ne parvint pas à s’imaginer que l’Impératrice des Français désirât rien de plus élégant que les dessous habituels de Mlle de Montijo. Napoléon III lui-même ordonna un supplément de lingerie infiniment plus recherchée que la première commande. L’Impératrice resta pratique toute sa vie, et comme une vraie bourgeoise elle faisait raccommoder le linge aux Tuileries par 16 ouvrières payées à raison de 50 francs par mois sans être nourries ni logées.
- Certaine grande favorite fit d’une chemise une relique peut-être par orgueil, à coup sûr par un mépris du qu’en dira-t-on, laissa place à toutes les déductions possibles pour les historiens futurs en inscrivant dans un brouillon de testament cette simple phrase, où elle exigeait pour sa dernière toilette : « La chemise de nuit de Compiègne batiste et dentelle 1857. » {Mme de Castiglione, Les femmes du Second Empire, de F. Loliee).
- D’autres amoureuses plus sentimentales mais moins précises abandonnèrent entre les mains de leurs soupirants quelques-uns de ces mouchoirs qu’elles portaient ostensiblement laissant négligemment tomber la main qui suivait l’ampleur de la jupe. Mais quelle merveille était alors un mouchoir parfumé par les élégantes à l’Eau du Caucase. On trouve à la Sublime Porte plusieurs douzaines de mouchoirs sans que le même modèle s’y répète. (Les Modes Parisiennes, mars 1859). Mouchoirs Fontanges de forme ronde avec entre-deux faisant ondulation et Valenciennes pour le soir. Mouchoirs mauresques ou écossais blancs ou couleur avec chiffre François Ier pour le jour. Et surtout mouchoirs brodés le plus finement du monde avec des jours et des dentelles précieuses, objets de luxe que toute jeune mariée possédait en sa corbeille de noces.
- A un dîner chez la Princesse Mathilde, comme celle-ci mettait la conversation sur le fétiche qu’on préférait tenir de la femme aimée, Amaury Duval avoua ses préférences pour le gant.., le moule de la main.
- « Vous ne savez pas, ajoutait-il, ce que c’est que de demander en dînant son gant à une femme qui vous le refuse... Puis une heure après vous la voyez au piano, elle ôte ses gants pour jouer quelque chose, vous restez l’œil fixé sur ses gants. Alors elle se lève et les laisse tous les deux... Vous ne voulez pas les prendre... et puis une paire de gants n’est pas un gant, on va s’en aller... la femme îevient et n’en prend qu’un. Alors à ce signe qu’elle vous le donne, vous êtes heureux, heureux. » (Frédéric Loliee, Les Femmes du Second Empire),
- Les amoureux de tous les temps comprendront la pieuse émotion d’Amaury Duval devant le fétiche dérobé à la femme aimée. Les sentiments sont immuables dans leurs manifestations. Mais le gant négligemment abandonné par la belle amoureuse d’il y a cinquante ans doit être singulièrement démodé et si nous trouvions en l’an de grâce 1912, ce petit lambeau de peau piqué et jauni, déposé au fond d’un coffret, il amènerait sur nos lèvres un sourire mélancolique et railleur. Il sortait à l’époque de la maison en renom Victor Dupuy ou Fagner Laboullée, il était en peau glacée à trois boutons. On portait avec le grand décolleté le gant s’arrêtant au poignet sous le gros porte-bonheur en or. Il s’appelait le gant Joséphine, le gant Eugénie, et
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- sa souplesse moulait délicatement les mains les plus aristocratiques; il était coûteux, on ne connaissait pas encore les occasions dans les grands magasins et le gantier était une maison spéciale où l’on se fournissait parfois par grande quantité. Le maréchal Pellissier, lors de son mariage avec Mlle de la Paniega, parente de l’Impératrice acheta pour sa jeune fiancée une corbeille d’une trentaine de mille francs dont 1.200 francs de gants et une ombrelle à manche brisé de chez Cazal.
- La petite ombrelle marquise qu’on nommait alors à la Pompadour, objet de vitrine aujourd’hui, très caractéristique et très spécial, fut entre toutes les mains des contemporaines de la guerre
- ..
- d’Italie. II était nécessaire qu’elle fut ainsi : petite s’alliant avec 1 étroitesse du buste et ne formant point superposition avec 1 énorme ballonnement de la crinoline. Elle se portait aisément à la main sans toucher terre et suffisait à protéger le profil complètement découvert par le chapeau à bavolet. Sa joliesse est due justement à ses petites proportions : On l’orne de volants de Chantilly ou de dentelle duchesse. Si on a choisi la moire blanche, elle sera recouverte d’application. Les manches sont l’objet d’une recherche toute spéciale, en écaille incrustée d’or, en ivoire, en corail ; si le manche est en bois le pommeau est parfois en or ciselé avec cercle de turquoises, de grenats ou d’améthystes, on y fera graver son chiffre, à moins qu’on ne préfère
- « l’ombrelle de moire antique blanche recouverte d’une élégante passementerie en filets à boules de couleur qu’on appelle cazaline et qui est certainement ce qu’une élégante peut choisir de plus distingué en l’accompagnant d’un manche d’ivoire sculpté à simples filets. » (Les Modes parisiennes, juin 1859) •
- Chez ce même fournisseur Cazal, on trouve le parapluie d’homme dont Marcelin nous fournit cette sommaire description : « Ces Messieurs en vastes paletots anglais à larges épaules une main dans la poche de derrière, l’autre soutenant le manche d’un parapluie énorme et non moins anglais (Au vernissage sous l’Empire : Marcelin). Leur tenue se complétait d’une cravate basse en moire ou en satin noir peu voyante. La cravate avait perdu l’ampleur et l’importance qu’on lui attribuait sous Louis-Philippe.
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- r les jupons fnouvellement mis à la mode
- La Crinoline ” (par Daumier'
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- Le chapeau haut de forme évasé du haut, aux bords assez larges et abritant bien le front. C’était l’époque du triomphe de ce couvre-chef; il était de mise dans toutes les réunions élégantes : à Longchamps pour la promenade du Vendredi-Saint qui était pourtant fort en décadence, et pour les courses de la Marche, réunion où l’assistance triée sur le volet donnait la direction aux modes futures préludant ainsi aux grands succès de nos réunions sportives.
- C’était la joyeuse bande des viveurs de l’époque, qui en compagnie de « demoiselles » se montraient aussi bien aux courses qu’au restaurant acceptant d’ailleurs que ces femmes très en vue les traitent avec la plus grande désinvolture.
- « D’aucuns ont le chapeau vissé sur la tête, nous apprend Cora Pearl dans ses fantaisistes mémoires. A cette catégorie appartenait Pierre Daniloff. Beaucoup ont pensé qu’il portait perruque, cela m’eut étonnée. J’inclinerais plutôt à croire qu’il était né coiffé. Donc Daniloff gardait toujours son chapeau rivé à son chef. Rien ne m’agaçait davantage. Je lui dis une fois très franchement ma façon de penser à cet égard. La scène se passe dans un restaurant. Daniloff entra suivant son habitude sans qu’il fut possible d’apprécier au juste la couleur de ses cheveux. Je lui dis : « Otez votre chapeau. » Ce n’était pas la première fois du reste que je lui faisais la même observation. Il me répond : « Je ne peux pas, je m’enrhume dès que j’entre dans un
- cabinet de restaurant. » Une canne se trouvait à ma portée je la lui casse sur la tête....
- J’eus ensuite quelque regret, la canne était jolie et portait sur sa pomme un chiffre pour lequel j’avais la plus sincère estime ».
- Remplaçant le chapeau haut de forme, la coiffure élégante de l’été était le Panama jusqu’en 1860 ; il coûtait 200 francs au moins et ne s’était point étendu comme usage au delà d’un cercle de « lions » très restreint. On annonça soudain qu’un vaisseau arrivant de la Nouvelle Grenade avait débarqué lOO.OOOde ces chapeaux, c’était un monstrueux canard, mais la spéculation réussit. La paille était cueillie dans les plaines de Charenton ou dans les savanes de la Brie mais tout le monde eut son Panama.
- Précisément les femmes essayaient en même temps d’une nouvelle innovation. Le bataillon des belles impures dont faisait partie cette audacieuse Cora Pearl qui décoiffait si lestement les grands Seigneurs russes, souhaitaient vivement le dégagement de la nuque et l’abandon des brides qui engonçaient le cou et les épaules. Elles arborèrent le chapeau Paméla plat à larges bords. C’est la capeline de paille d’Italie souvenir du roman de Richardson publié au siècle dernier. Il cache la figure et donne à une petite femme harnachée d’une crinoline, l’air d’une potiche avec son couvercle, mais il fait fureur quand même.
- Depuis longtemps déjà le chapeau à bavolets était battu en brèche par les plus autes personnalités.
- L’Impératrice l’avait trouvé à son avènement, mais jamais elle ne l’avait admis pour elle. C’était vraisemblablement une mode inventée par quelques dames au col maigre et au cheveu rare.
- Aidée de Mme Virot qui tenait souvent à Saint-Cloud ou ailleurs de graves conseils pour fixer les modes, l’Impératrice supprima le bavolet en essayant de conserver avec de petites capotes à brides, sortes de fanchons aplaties, la ligne du
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- chapeau posé en arrière, qui dégageait si heureusement la régularité du profil en faisant apercevoir le bandeau bouffant largement autour du visage.
- Pour maintes circonstances, on abandonna ce qui longtemps après portait encore le nom de chapeau fermé. A la date qui précisément nous occupe les journaux de mode signalent « un petit bonnet mousquetaire pour les femmes sans prétention, qui ne posent pas pour le profil, coquet comme tout ce qui rappelle le temps de Louis XV, il a un charme tout particulier »
- 1859
- L,a £%Code (.d'apres Z’Iüustration).
- A Trouville, on porte le « Mahonnais » proche parent du Paméla aux bords également relevés. Cette mode après avoir suscité de nombreuses critiques à son apparition est devenue classique pour la campagne.
- Pour la chasse enfin où le lampion avait été ressuscité aussi empanaché que jadis donnant de la gaieté, de l’animation aux brillants cortèges qui s’égrenaient dans les forêts de Compiègne ou de Fontainebleau, l’habit pour les femmes comportait la casaque ronde à basques et à brandebourgs garnie de nombreux boutons.
- Les boutons étaient un des ornements favoris qui aidaient à garnir l’ampleur de la jupe. On les faisait en passementerie, diminuant de grandeur du bas de la jupe
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- au haut du corsage. On met encore sur des robes de foulard des petits boutons de velours s’égrenant même sur les manches.
- Pour les robes du soir, les mêmes boutons deviennent de véritables bijoux, corail ou améthyste, monté sur or et sur argent.
- D’ailleurs le luxe déployé dans les soirées est éclatant ; il ressuscite les splendeurs de jadis, abolies sous le règne bourgeois de Louis-Philippe, durant lequel M. Guizot apportait dans un petit paquet un col et un rasoir pour la villégiature du dimanche à Neuilly. Les fêtes des Tuileries sont pour le commerce de luxe une véritable aubaine : les femmes vont à l’envi les unes des autres, comme aux époques précédentes de l’histoire où l’insouciance amène fatalement la catastrophe ; tous s’efforcent par un train de maison, souvent très au-dessus de leurs moyens, de prouver que la prospérité est universelle et la joie sans égale. Le mot d’ordre est à ces fêtes impériales « des épaules et des épaulettes », et le grand décolleté triomphant fait la joie de l’essaim de jolies femmes où prenaient place la Comtesse de Castiglione, la Princesse de Metternich, Mme de Beaulaincourt, la Princesse Anna Murat, la baronne de Poilly. Cette dernière, bien qu’elle eut dépassé la première jeunesse, arborait un chignon célèbre qui faisait dire à une de ses amies : « Nous verrons bientôt Annette se coiffer d’un singe. (Souvenirs intimes de la Cour des Tuileries, Mme Carette.)
- Ces échafaudages savants étaient l’œuvre de Leroy, coiffeur de la Cour, au sujet de qui, au moment d’un voyage à Compiègne, eut lieu l’amusant quiproquo suivant :
- Un matin, le roi de Prusse Guillaume, désirant rendre visite à la Comtesse Walewska, ne voulut point être accompagné et se contenta de faire annoncer par une jeune camériste : « le roi ! » La brillante comtesse, devant ce vocable fidèlement rapporté, crut avoir à faire au Léonard du second empire et fit répondre par la même voie qu’elle n’avait point le loisir, pour le moment, de confier sa tête à l’artiste capillaire, qu’il ait à repasser le soir avant le dîner. Le roi de Prusse jugea inutile d’éclairer le malentendu et se retira ; une heure après, tous s’ébaudissaient au récit de cette méprise. Pour calmer la confusion de la Comtesse, Frédéric-Guillaume promit pour le lendemain une visite moins malencontreuse, espérait-il, tout en témoignant qu’il était le premier à rire de l’incident.
- A côté de la corporation toujours importante des coiffeurs, des goûts très spéciaux à cette époque avaient amené l’éclosion de deux petits métiers tombés dans l’oubli depuis lors. C’est d’abord la bijouterie en cheveux, industrie de luxe qui répond à un de nos sentiments les plus respectables, dit M. Maxime Gaussen, rapporteur de l’Exposition de 1867 • le besoin que l’on a de conserver quelque chose ayant appartenu à ceux que l’on a aimés.
- A l’apogée de l’engouement pour ces ornements assez peu folâtres au milieu du deuxième empire, la bijouterie en cheveux occupe 40 maisons en France, avec 50 dessinateurs et 500 ouvrières, qui sont employées à tresser, contourner les bracelets, les médaillons ou les tableaux, et gagnent facilement à ce métier 4 francs par jour. Et ces reliques, que volontiers nous enfouissons loin des regards curieux ou indifférents, étaient portés ostensiblement ; c’était, paraît-il, une « forme gracieuse )) donnée à des objets tristes et sévères, cette sorte de bijouterie servant d’emblème à la religion du souvenir.
- Tout aussi oubliée, mais pour des raisons différentes, est la seconde profession,
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- en marge elle aussi de l’industrie du cheveu. Il s’agit de la fabrication des résilles ou filets qui étaient 1 adjonction obligée à toutes les modes d’accommoder la chevelure en usage en l’an de grâce 1860.
- On fabrique ces résilles à la main, le procédé mécanique ne donnant point l’arrondissement progressif nécessaire à la dite résille pour qu’elle emboite bien la tête. Deux ou trois mille ouvrières font, à domicile ce travail, et Mathurine ou Jaquette, suivant son habileté, gagnera 1 fr. 50 ou 2 fr. 50 par jour à conduire du filet tout en surveillant
- 1864
- *' toilette de bal et de ville
- (D'apres H. Leloir, Mode Illustrée).
- son ménage. C’est surtout en Alsace et en Normandie que sont disséminées les ouvrières qui confectionnent ces espèces de sacs qui renferment aussi bien les chevelures déjà éclaircies que les tresses les plus opulentes.
- Pour l’exportation, la résille s’enjolive de cent façons variées : perles soufflées, perles taillées, verroterie de toutes couleurs, jais sous ses mille formes. Mais, agrémentée de ces ornements de sauvage ou fermée par un simple ruban, la résille dispense presque toujours de l’adjonction de faux cheveux, qui ne furent point alors fort en honneur.
- La coiffure était de taille restreinte et n’exigeait pas de postiches. Seules les personnes d’un certain âge ou complètement chauves adoptaient perruque complète. Mme de Wagner, lectrice de l’impératrice, depuis longtemps était coiffée de faux bandeaux ondulés du plus beau brun, lorsqu’un beau jour, au temps des succès d’Hortense Schneider, il lui prit fantaisie d’orner sa tête d’un bouquet de boucles folles d’un blond enfantin. La comtesse, qui comptait sur un véritable triomphe, fut fort étonnée de voir s’approcher le chambellan de l’impératrice, M. de Piennes, qui lui fit comprendre que pareille fantaisie n’était plus de son âge. Elle obéit à cette injonction et revint le lendemain avec sa perruque......d’ordonnance.
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- Elle se vengea en paraissant un soir en robe de tulle blanc rehaussée de larges nœuds rouges et coiffée, comme une Ophélie, d’une couronne de roses blanches. Elle avait 72 ans et rayonnait de plaisir.
- Mais le soir toutes les fantaisies étaient permises, les fleurs artificielles jouirent alors d une vogue qu’elles n’ont jamais retrouvée depuis. Les femmes ressemblaient à de véritables parterres. On dit que l’engouement était venu de l’Impératrice qui se prit d’une énorme passion pour les fleurs artificielles à la suite d’une représentation de Lucie de Lamermoor. Il se fonda en 1857 une société pour la fabrication de la fleur artificielle qui avait ses ateliers à Rueil et ses salons de vente 3, rue de Choiseul. Les magasins arrangés en cabinets et décorés de vitrines permettaient aux visiteuses d’essayer les fleurs. Cette passion fut la bienvenue pour 3 branches d’industrie qu’elle enrichissait, les soieries de Lyon, les papiers d’Angoulême et les jaconas d Alsace.
- On s’en sert pour orner les jardinières, entourer des cadres et des glaces à main. Une certaine Mme Traversa donne des leçons pour les exécuter en papier ou en cuir, elle fait des feuilles d’acanthe, de roseaux, de grosses grappes de lierre ou de houx.
- De jolies parures en camomille cultivée sont pleines de distinction.
- Dans les cheveux on porte encore des épis de seigle noués d’un brin d’herbe.
- On garnit les manteaux du soir de bouquets de camélias blancs faits en satin blanc avec feuillage de satin vert.
- L’Impératrice mettait sur ses robes souvent en tulle, de gros bouquets de fleurs variées et sur la tête les fleurs assorties en guirlandes rondes qui encadraient à merveille son fin profil.
- Mme de Castiglione portant les cheveux tirés droits sur la tête et la coiffure haute, l’ornait de grosses fleurs blanches ou bleues.
- De nos jours, une survivante de l’époque impériale avait conservé l’habitude de façonner elle-même ces charmantes fleurs analogues à celles qui l’avaient tant de fois parée.
- Lorsqu’elle recevait, Mme de Beaulaincourt, Sophie de Castellane était toujours assise à une petite table de bois blanc supportant l’attirail complet d’une fleuriste de métier et sous l’œil de ses nombreux ancêtres (les Castellane et les Contade dont les portraits ornaient les murs) collait, chiffonnait les pétales multicolores de frêles bouquets qu elle offrait à ceux qui étaient auprès d’elle.
- Cette grande vogue des fleurs nuisait au succès des plumes d’autruche. On ne les portait que sous la forme de puff (sic) très ramassés sur les chapeaux d’ailleurs trop petits pour qu’elles puissent s’éployer largement comme les amazones qui verront le jour dix ans plus tard.
- Quelques couronnes de marabouts blancs très légers autour de la figure.
- La comtesse Stéphanie Tascher de la Pagerie signale pour les séjours a Compiègne : « Un chapeau anglais rappelant ceux qu’on portait au temps de Charles Ier. Ces chapeaux ornés d’une plume couchée avec dentelle noire retombant sur le front vont en perfection » (Mon séjour aux Tuileries).
- Mais les plumes sont toujours les reines des grandes parures et se dressent invariablement dans les coiffures lorsqu’il y a des pierreries.
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- Ces occasions sont fréquentes au milieu de toutes les fêtes qui se succèdent,. On ne manque pas un grand jour de représentation à l’Opéra ou aux Italiens.
- Dans ce dernier théâtre, la célèbre Mme de Païva avait une loge qui faisait face à celle de l’Empereur.
- Un soir que la rampe brûlait les yeux, l’Impératrice qui portait à la main un éventail minuscule comme il était de mode alors, ne pouvait se préserver. L’Empereur
- 1860
- La JXÜocle (d'après / Illustration).
- remarqua combien Mme de Païva s était aisément mise à l’abri de pareil inconvénient avec un superbe écran japonais, et en fit la réflexion à un aide de camp. Celui-ci croyant faire sa cour aux souverains transmit ce désir à qui de droit. La marquise détacha l’écran disant : « Veuillez 1 offrir a Sa Majesté de la part d’une voyageuse, qui après avoir parcouru tous les mondes, l’a rapporté de Constantinople. »
- L’apparition de ce trophée dans sa loge ne réjouit guère l’Impératrice: « d une main nerveuse et comme si elle donnait un soufflet elle repousse l’écran1 devant
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- l’Empereur qui ne fait pas tant de façons et dit à l’aide de camp : « Nous aimerions mieux le feu de la bataille que le feu de la rampe » (Confessions d'Arsène Houssaye).
- Un autre éventail devint historique à la suite d’une représentation théâtrale, ce fut celui que la princesse de Metternich avait arboré comme un bâton de chef d’orchestre le soir de la première représentation de Tannhauser. Lorsque les « caraïbes » déchaînés se mirent à siffler et à conspuer la partition qu’elle voulait imposer au public parisien, la nerveuse princesse brisa le frêle éventail entre ses doigts crispés.
- Quelque temps après Beyens et le Comte de Solms organisèrent chez l’Ambassadrice des tableaux d’ombres parodiant les principales scènes de l’Opéra de Wagner.
- Une amie de la maison en robe et en bonnet d’ouvreuse avait eu la joyeuse idée de distribuer gratuitement à chaque spectatrice un éventail à bon marché pour le cas où ces dames hésiteraient à briser le leur par raison d’économie.
- L’éventail populaire était en 1859 absolument nécessaire: l’été fut torride. Les marchands ambulants chargeaient d’éventails de longues piques qu’ils présentaient avec insistance aux patients enfermés dans les omnibus.
- La même année on parle beaucoup de l’éventail que la Princesse Clotilde acquit à la succession de la reine d’Oude, éventail en soie blanche richement brodé d’émeraudes et de perles fines dont le manche en ivoire et or était splendidement orné de rubis et de 17 diamants de la plus belle eau.
- L’éventail est un luxe à la mode. Le roi Dom Ferdinand de Portugal peignait lui-même, des feuilles d’éventail représentant des sujets Louis XIV. Diaz, Gérôme, Eugène Lami, en peignirent de fort beaux qui ont aujourd’hui leur place dans de riches collections parisiennes.
- Comme en d’autres époques troublées de l’histoire toutes ces élégances, toutes ces fanfreluches, furent fauchées par l’orage révolutionnaire. A Versailles en 1870 les soldats, les officiers Prussiens avaient entre les mains des vêtements, des châles de l’Inde, des fourrures dont ils ne connaissaient pas la valeur, des épaves de garde robe de l’Impératrice abandonnées dans la précipitation du départ, ainsi qu’une infinité d’objets qu’ils offraient de céder aux personnes chez lesquelles ils logeaient.
- Le Vicomte de Beaumont Vassy dans ses souvenirs intimes du Second Empire nous dit avec quelle mélancolie plus tard au moment de la commune il assista à une semblable scène.
- Un atelier de Modistes et de Couturières avait été installé aux Tuileries au-dessus d’un des Appartements privés de l’Impératrice et où grâce à un ingénieux mécanisme, les toilettes toutes dressées sur un mannequin préparé à sa taille descendaient du plafond lorsqu’on avait besoin de s’en servir. Il m’est arrivé de m’arrêter philosophiquement pendant la Commune dans les appartements de l’Impératrice et d’être troublé dans mes méditations par l’expression bruyante de l’étonnement de femmes qui avaient eu la même curiosité que moi et auxquelles on montrait dans le plafond les traces de l’ingénieux mécanisme! (Histoire intime du second Empire.)
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- Un mannequin brisé et c’est la fin d’un règne dont les modes ne seront bientôt plus qu un souvenir. La mode Impériale admit les fards, les teintures, le luxe, 1 apparat et se fit critiquer publiquement au Parlement dans un discours prononcé par Dupin l’aîné en juin 1865 où il flétrissait la folie des femmes qui dépensaient de façon exagérée pour des futilités. Les femmes n’ont point changé malgré les vitupé-
- Eventail peint par Qavarni ( Collection Duvelleroy).
- rations des hommes politiques et elles trouvent toujours le moyen d’être charmantes aussi bien en 1912 qu’en 1859. Peut-être nous reprochera-t-on d’avoir trop parlé d’elles dans cette brève récapitulation et d’avoir oublié leurs seigneurs et maîtres? Un contemporain des guerres d’Italie vous dira lui-même combien sont plus intéressants les accessoires de toilette féminins :
- Les effets de votre mari
- Un manteau......... non pas de satin,
- Des lunettes.... mais en besicles.
- Un chapeau qui sait le latin,
- Et quelques autres gros articles Tout cela soit dit entre nous Coûta bien 500 francs, je gage.
- Si l’on en donne 30 sous N’en demandez pas davantage.
- Les vôtres :
- Des gants qui vous serraient la main, Des nœuds qui vous serraient la taille, Le bouquet mort sur votre sein Un jour de fête ou de bataille.
- Tout cela soyons un peu franc Coûta bien 30 sous je gage.
- Si l’on en donne 500 francs Ah ! demandez-en davantage.
- (Emile DESCHAMPS.)
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- Et puis ces femmes elles sont encore très proches de nous : cette brève revue de la mode en crinoline ne vous a-t-elle point rappelé quelque portrait très cher d’une mère, d’une grand’mère qui s’en para dans sa jeunesse ? L affection que nous portons à ces femmes que nous connûmes vieillies, nous aide à nous intéresser à cette évocation des Françaises de 1859.
- -üiüIIiJH PHPnnmmin»
- Le Jardin Français
- par fjjernard Boutet de Monvel (Appartient à Monsieur Hesséle).
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- «
- Œuvres Philanthropiques et Sociales
- a?
- La mutualité a pris un développement considérable depuis quelques années grâce aux idées d’épargne et de prévoyance qui ont été inculquées au travailleur par nos grands démocrates.
- Signalons aussi les efforts incessants des industriels et du haut commerce qui ont contribué puissamment par de gros sacrifices à l’édification de toutes ces sociétés augmentant le bien-être, et assurant une vieillesse tranquille à tous leurs employés.
- Au moyen âge la mutualité existait déjà sous la forme des corporations et des confréries qui secouraient leurs membres dans toutes les circonstances critiques. La Révolution les abolit, et c’est seulement en 1850 qu’une loi (15 juillet) réglementa pour la première fois les Sociétés de secours mutuels, antérieurement soumises au droit commun.
- Puis ce furent les décrets de 1852 et 1856 qui créèrent les Sociétés approuvées et les fonds communs de retraites.
- Enfin la fameuse loi de 1898 créa les sociétés libres qui se fondent sous le respect des lois.
- Dans notre classe, nous trouvons beaucoup d’industriels qui ont constitué au sein même de leurs ateliers des Sociétés [de bienfaisance, de mutualité, de coopératives et de caisses de retraites.
- Les chambres syndicales patronales de leur côté ont eu une action bienfaisante en créant des institutions organisées en faveur de leur personnel.
- Aussi nous citerons les plus importantes des œuvres sociales créées par les industriels figurant dans notre classe.
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- CAISSE DES RETRAITES
- L’ASSOCIATION GÉNÉRALE DU COMMERCE & DE L’INDUSTRIE DES TISSUS & DES MATIÈRES TEXTILES
- Cette Société approuvée le 1er mars 1898 a été formée entre les commerçants et les industriels faisant partie de l’Association Générale du Commerce et de l’Industrie des Matières textiles, et leurs employés et ouvriers des deux sexes. Elle a été constituée au profit des employés et des ouvriers adhérents à une Société de secours mutuels.
- Elle a pour but de leur constituer :
- 1 ° Une retraite ;
- 2° De leur servir des pensions de secours temporaires quand n’ayant pas l’âge voulu pour obtenir une retraite ils se trouvent dans un état de santé ou d’infirmité les mettant dans l’impossibilité de se livrer à un travail suivi ;
- 3° De leur servir des suppléments de retraites, suivant les ressources de la Société ;
- 4° De contracter en leur faveur des assurances individuelles ou collectives en cas de décès.
- Cette Société est administrée par un Comité de vingt-cinq membres, représentés au moins pour la moitié par les membres honoraires et complétés par les membres participants.
- Président d’honneur : M. G. Donckèle;
- Président : M. Mandard.
- La dernière situation de cette Société nous apparaît comme suit :
- Effectif de la Société au 31 décembre 1911 :
- 98 membres fondateurs; 38 membres honoraires; 12 membres adhérents; 862 membres participants.
- A la même date la situation est la suivante :
- Recettes :
- Membres fondateurs..................................................Fr.
- — honoraires.........................................• . —
- — adhérents............................................... —
- — participants.............................................—
- Dons. ..............................................................—
- Subventions ........................................................—
- Intérêts........................................................... —
- Total..............................Fr.
- Dépenses...........................................Fr.
- Capital............................Fr.
- 49.000 » 108.376 15 2.725 » 27.691 45 36.396 75 31.182 35 104.379 29
- 359.75(T99
- 10.510 30 349724fT69
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- Ainsi que le disait M. le Président Godet dans son discours de l’assemblée générale du 24 mars 1911 « ce beau résultat est la preuve la plus évidente et la plus manifeste que par l’entente, la cordialité, la sympathie, qui existent entre les patrons et leurs employés, on construit des édifices plus solides, plus résistants, plus durables, que par la méfiance et l’esprit de lutte. Cette oeuvre est un modèle de confiance réciproque et de fraternité. »
- LA SOLIDARITÉ COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE
- Approuvée le 1er février 1902, a été formée entre les commerçants et industriels et leurs employés et ouvriers des deux sexes pour :
- 1° Constituer une allocation aux ascendants de ses membres participants décédés;
- 2° Accorder des secours aux membres participants malades, blessés ou infirmes et à leur famille en cas de besoins urgents ;
- 3° Assurer tout ou partie des frais funéraires ;
- 4° Allouer des secours exceptionnels aux naissances des enfants des membres participants.
- La Société est administrée par un conseil composé de 14 membres pris moitié parmi les membres honoraires, moitié parmi les membres participants.
- Président d’honneur : M. Mandard, Président de l’Association des tissus ; Président : M. Guionvar.
- La situation au 31 décembre 1911 était la suivante :
- Recettes normales................".Fr. 35.299 53
- — complémentaires..............— 17.303 40
- — spéciales....................— 1 .372 85
- Total............Fr. 53.975 78
- membres donateurs. ... 29 1
- — honoraires ... 23 > Total . . 748
- participants. . . 696 )
- Cette oeuvre fondée en 1902 par MM. Emile et Georges Dehesdin et M. Vimont, est en pleine prospérité, et nous voyons ses ressources augmenter chaque année, malgré tous les secours qu’elle distribue. Nous constatons avec fierté le résultat obtenu par tous les hommes de cœur qui apportent leur concours et tendent la main à ceux moins favorisés et qui peuvent avoir besoin d’aide.
- CAISSE PATRONALE DE SECOURS
- A été instituée dans le but de venir en aide à d’anciens commerçants et industriels ou à leur famille, ayant appartenu à la corporation des tissus et matières textiles, réduits par des revers de fortune à des situations précaires.
- Cette caisse est alimentée par des cotisations de 10 francs versées par les membres de l’Association qui lui permettent chaque année de distribuer environ 1.500 francs de secours.
- Son effectif se compose de
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- Œuvres philanthropiques et sociales des Industries de la Mode
- C5?
- ASSOCIATION PROFESSIONNELLE ET DE SECOURS MUTUELS DE LA CHAPELLERIE POUR DAMES ET FOURNITURES POUR MODES.
- Siège social, 7, rue Rameau, à Paris.
- Cette Société autorisée par décision ministérielle du 23 janvier 1911a pour but :
- 10 De fournir les soins médicaux et les médicaments nécessaires à ses membres participants, malades ou blessés et facultativement à leurs conjoints et enfants ;
- 2° De payer une indemnité aux membres participants pendant la durée de l’incapacité de travail due aux maladies dont ils peuvent être atteints ou aux accidents qui peuvent leur survenir en dehors des cas prévus par la loi du 9 avril 1898, sur les accidents du travail ;
- 3° D’accorder en cas de besoins urgents des secours exceptionnels aux membres participants malades, blessés ou infirmes ;
- 4° De pourvoir à leurs funérailles;
- 5° D’allouer des secours au conjoint survivant ainsi qu’aux orphelins des membres participants décédés. En l’absence 'des deux, ces secours pourront être alloués éventuellement aux ascendants à la charge du défunt ;
- 6° De créer des cours professionnels ;
- 7° D’établir un office de placement.
- La Société se compose de membres honoraires qui par leurs souscriptions ou services équivalents contribuent au fonctionnement de la Société sans participer à ses
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- avantages, et de membres participants qui eux ont droit aux avantages précités en échange du paiement d’une cotisation de 0 fr. 65 par semaine et d’un droit d’admission de 3 francs.
- Au 31 décembre 1911, la situation de la Société était la suivante :
- Cotisations perçues de décembre 1910 à décembre 1911...............Fr. 4.268.801
- Dons anonymes.................................— 3.000 »
- Total. . . . — 7.268.80 A déduire indemnités de maladies, etc. . . . .’....................— 2.619 70
- Capital disponible..............— 4.649.10
- Se répartissant comme suit :
- Versé à la Caisse des dépôts et consignations :
- Comptes Courants disponibles........................Fr. 3.000 »
- Fonds de réserve.......................................— 500 »
- Versé à la Caisse de gestion........................................— 750 »
- En mains du Trésorier..............................................— 399.10
- Total. . ...................... — 4.649.10
- Président : M. Sabrou.
- SOCIÉTÉ DE SECOURS MUTUELS DE FLEURISTES ET PLUMASSIÈRES
- Cette Société accorde une retraite aux vieillards et des secours aux membres dans le cas de maladie.
- La cotisation des membres participants est de 30 francs par an, plus le droit d’admission ; celles des membres honoraires de 24 francs.
- Elle a comme Président : M. Chandelet, Emile.
- CAISSE DE SECOURS IMMÉDIATS DES OUVRIÈRES PLUMASSIÈRES
- Président : M. J.-E. Grillet.
- Cette caisse, alimentée par des versements patronaux de 10 francs par an et des cotisations des ouvriers et ouvrières, de 0 fr. 50, arrive à venir en aide aux employés, ouvriers et ouvrières, de l’industrie des plumes pour parures, tombés dans le besoin par suite d’accident, de maladie ou de chômage prolongé.
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- CAISSE PATRONALE DE SECOURS DE L’INDUSTRIE DES PLUMES POUR PARURES
- A l’instar de la caisse patronale de secours de l’Association des tissus, celle-ci qui a pour Président M. J.-E. Grillet, a également pour but de venir en aide aux fabricants et négociants victimes d’une mauvaise fortune, ou à leur famille.
- La cotisation annuelle est de 36 francs, les dons et versements, de 300 francs pour être bienfaiteur de la Société, 230 pour être donateur.
- SOCIÉTÉ POUR L’ASSISTANCE PATERNELLE AUX ENFANTS
- employés dans les industries des fleurs et plumes
- Reconnue d’utilité publique, cette Société s’est formée dans le but de protéger l’apprenti en le surveillant, l’encourageant et le moralisant.
- Elle lui facilite son instruction élémentaire en le perfectionnant dans la technique de son métier.
- N’anticipant pas sur les pouvoirs des parents, elle les seconde par l’appui qu’elle donne aux enfants pour faire valoir leurs aptitudes et récompenser leurs efforts.
- Elle a comme président : M. Caillaut.
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- Œuvre philanthropique de ^Industrie du Corset
- C5?
- LA CORSETIERE
- Siège social, 163, rue Saint-Honoré, à Paris.
- Cette Société de secours mutuels approuvée par arrêté ministériel du 18 novembre 1902, a été fondée par les Chambres syndicales du corset et de ses fournitures au profit des employés et ouvriers des deux sexes travaillant dans ces industries.
- Elle fournit gratuitement à ses adhérents :
- 1 ° Les soins médicaux et les médicaments ;
- 2° Une indemnité journalière de 1 franc en cas de chômage causé par la maladie;
- 3° Une somme de 100 francs pour frais funéraires;
- 4° Accouchement.
- La Société donne à ses adhérentes en cas d’accouchement :
- 1° Une somme de 30 francs prévue aux Statuts ;
- 2° Une allocation journalière de 1 franc pendant tout le repos forcé ;
- 3° Une somme de 10 francs) t . , . , , T ,
- .... fournies par la Caisse spéciale des eunes IVleres.
- 4° Une layette ) r v J
- En outre, une Caisse de Secours immédiats permet de venir en aide aux Sociétaires atteints par une détresse momentanée et imprévue ou une maladie prolongée.
- La Caisse des Jeunes Mères et la Caisse de Secours immédiats sont alimentées par des dons volontaires.
- La Caisse de Retraite-Maladie est destinée à donner aux Sociétaires âgés, la gratuité des services médicaux et pharmaceutiques.
- A la fin de chaque année, l’excédent des recettes sur les dépenses est réparti au prorata sur un Livret individuel de la Caisse Nationale des Retraites pour la Vieillesse à chaque Sociétaire;
- Un service de placement gratuit est installé au siège de la Société.
- La cotisation mensuelle est de 2 francs.
- La Cotisation de Membre Honoraire est de 20 francs pour une année.
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- La Société comprend également des Membres Perpétuels, Donateurs, Fondateurs et Bienfaiteurs.
- Effectif au 31 décembre 1910 :
- Membres participants................... 1 .260
- Membres à titres divers................ 232
- Tableau des Dépenses affectées aux Services Mutualité et Retraite :
- En 1903 ...........-...........Fr. 21.521 37
- 1904 .......................— 19.800 13
- 1905 .......................— 24.288 65
- 1906 .......................— 29.046 70
- 1907 .......................- 37.847 24
- 1908 .......................— 41.713 59
- 1909 .......................— 41.707 54
- 1910 .......................— 40.161 47
- Fr. 256.086 69
- Exemple de répartition des Dépenses (Année 1910) :
- Soins médicaux......................Fr.
- Médicaments..........................—
- Allocation journalière................—
- Frais funéraires..................
- Frais d’accouchement ...... —
- Secours aux Jeunes Mères.............—
- Layettes..............................—
- Secours divers.......................—
- Frais et balance portée au capital social. —
- Fr.
- 7.599 95 9.177 55 7.301 95 1.216 80 2.381 35 744 »
- 1.386 65 734 95 9.618 27
- 40.161 47
- Capital Social au 31 décembre 1910 : 42.147 02.
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- Institutions patronales diverses
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- A côté des Sociétés de secours mutuels et autres œuvres patronales privées dont nous avons parlé dans l’énumération des maisons ayant exposé à Turin, nous devons signaler spécialement quelques institutions créées par nos grands magasins
- GRANDS MAGASINS DU BON MARCHÉ
- Le Bon Marché a organisé toute une série d’institutions patronales destinées à améliorer la situation matérielle et morale de son personnel :
- Prévoyance Boucicaut. — (Caisse de Prévoyance des employés, fondée par M. Boucicaut, en 1876).
- Cette caisse assure à chaque employé un petit capital au jour de la vieillesse, en cas de décès de l’employé ce capital profite à sa famille. Elle est alimentée uniquement par un prélèvement annuel sur les bénéfices, dont le montant est fixé par la Gérance (340.000 francs en 1911).
- Tout employé non intéressé et comptant 3 ans de présence, reçoit un livret où sont inscrites chaque année les sommes qui lui reviennent augmentées d’un intérêt de 4 0/0.
- En août 1911 la caisse comptait 3346 participants et son capital s’élevait à
- 3.463.589 fr. 20. En outre elle avait depuis l'origine, distribué aux participants
- 4.505.589 fr. 10 qui viennent en augmentation du capital ci-dessus.
- Fondation Boucicaut. — (Caisse de retraites des employés, fondée par
- Mme Boucicaut en 1886).
- Cette caisse fonctionne sans aucune retenue sur les appointements, en faveur des employés non intéressés. Elle est alimentée par le produit des libéralités de la fondatrice et par un prélèvement de 5 0/0 sur les bénéfices de la Société civile du Bon Marché.
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- Elle alloue dés pensions viagères de 600 francs au moins, de 1.500 francs au plus, après 20 ans de présence, 45 ans d’âge pour les femmes, à 50 ans pour les hommes. Des secours exceptionnels peuvent en outre être accordés aux employés, aux veuves et aux orphelins.
- Au 1er août 1911, le capital augmenté des revenus accumulés du fonds spécial dont il va être question plus bas s’élevait à 10.221.840 fr. 90.
- Le 12 février 1897 les actionnaires ont voté un prélèvement sur les bénéfices de la maison pour former un fonds spécial dont les revenus sont versés à la caisse des retraites des employés du Bon Marché, le capital étant éventuellement appelé à faire face aux pensions que la Société aurait à servir à ses employés. Les produits accumulés de ce prélèvement s’élevaient au 1er août 1911 à 20.689.793 fr. 80, prélèvement porté de 7 à 8 0/0 à partir de 1910- Depuis l’origine, 1886, la Caisse des retraites du Bon Marché a constitué 938 pensions, par suite d’extinctions, elles se trouvent réduites à 743 dont 649 à des employés, pour un total de 465.670 francs et 94 pensions proportionnelles à des chefs et sous-chefs pour 32.700 francs, ensemble 498.370 francs.
- Fondation Fillot. — Cette oeuvre qui porte le nom de son fondateur est spécialement destinée à venir en aide aux veuves et orphelins des employés et ouvriers décédés du Bon Marché. Son capital provenant entièrement de dons s’élève à 718.913 fr. 15. Nombre des orphelins secourus : 70.
- Caisse de Secours et de retraites des ouvriers et ouvrières. — Fondée en 1892 en faveur des ouvriers et ouvrières reconnus dans le besoin, cette caisse est alimentée par les dons des actionnaires et par un prélèvement annuel sur les bénéfices, il n’est fait aucune retenue sur les salaires.
- Elle accorde : 1° des secours temporaires ou renouvelables aux ouvriers et ouvrières dans le cas d’accident ou de maladie, aux femmes en couches, aux veuves ou aux orphelins.
- 2° Des pensions de retraite aux ouvriers âgés de 55 ans et aux ouvrières âgées de 50 ans, après 25 ans de service, incapables de travailler. Les secours en pensions peuvent atteindre 365 francs par an, et exceptionnellement 500 francs. Capital au 1er août 1911: 1.021.532 fr. 55.
- Institutions diverses. — Epargne. — La maison reçoit les dépôts des employés jusqu’à concurrence de 2.000 francs ; intérêt de 5 0/0.
- Cours gratuits à l’usage des employés. — Musique vocale et instrumentale, escrime, espéranto, langues anglaise et espagnole. Envoi à Londres des élèves les plus méritants du Cours d’anglais.
- Logement des employés. — Les jeunes filles et les jeunes employés qui n ont pas leurs familles à Paris sont logés gratuitement par la Maison.
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- Allocations pour femmes en couches. — Les femmes en couches reçoivent une allocation de 100 francs pour les employées et de 60 fr. pour les ouvrières.
- Service médical. — Consultations gratuites tous les jours.
- Service militaire. — Les jeunes gens qui ont quitté la maison pour le service militaire sont réintégrés dans leur emploi ; pendant les périodes d’instruction de 23, 1 7 ou 9 jours, les employés touchent une indemnité personnelle de 2 francs par jour, plus 1 franc par jour pour chacun de leurs enfants.
- (Contant des charges pour institutions patronales en 1910-1911 :
- Prélèvements en faveur de la prévoyance Boucicaut, de la caisse de secours et de retraite des ouvriers et ouvrières, et du fonds spécial créé pour venir en aide à la
- caisse de retraite des employés.
- Bonification d’intérêt, etc...................Fr. 1.887.612
- Logement du personnel. — Service médical. —
- Indemnités aux femmes en couches .... 70.000
- Indemnités aux réservistes.................... 18.500
- Cours musique, escrime, bourses de voyages,
- bourses à l’Ecole commerciale............... 48.000
- Fr. 2.024.112
- GRANDS MAGASINS DES GALERIES LAFAYETTE
- Une caisse de prévoyance fonctionne depuis septembre 1909. Elle a pour but de constituer un capital aux employés titulaires de tout grade gagnant moins de 6.000 francs par an.
- Tout adhérent s’engage à verser à la caisse une somme égale à 5 0/0 de ses appointements et salaires.
- La direction verse chaque année une allocation égale au montant des retenues versées par le personnel.
- Les fonds en caisse après 22 mois d’exercice, c’est-à-dire au 31 juillet 1911 s’élevaient à 824.877 fr. 80.
- GRANDS MAGASINS DU LOUVRE
- La direction des Grands Magasins du Louvre, soucieuse de remplir d’une manière irréprochable les devoirs sociaux lui incombant, a créé depuis longtemps diverses institutions destinées à améliorer le sort des hommes qui lui ont consacré leur activité.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Au premier rang par l'importance de ses budgets et le nombre des employés qui en bénéficient, se place La Réserve de Prévoyance. Constituée en 1880 par MM. Chauchard & Cie, elle fut alimentée par une attribution en sus des appointements des employés fixée chaque année — en bénéficient tous les employés ayant six ans de présence non interrompue dans la maison au bout desquels un capital de 1.000 francs est déposé en leur faveur à la caisse des retraites pour la vieillesse instituée par l’Etat.
- A partir de la réalisation du contrat avec l’Etat il est versé à la caisse des retraites la somme annuelle de 200 francs au crédit du compte de l’employé — versement qui cesse quand ce dernier a atteint l’âge de 50 ans auquel commence à son profit le service de la rente.
- Les sacrifices pécuniaires se sont élevés de 1880 à 1910 à 9.692.400 francs qui • ont profité à plus de 4.000 employés.
- Caisse de Secours mutuels. — A été créée en 1876, alimentée d’abord par des dons et des cotisations de ses membres, elle a été depuis le 1er août 1900, une libéralité gratuite de la Société du Louvre qui a pris à sa charge le paiement des cotisations.
- Elle vient en aide à tout employé adhérent, accorde les soins du médecin et notes de médicaments.
- Depuis 35 ans la Société de Secours mutuels fonctionne d’une manière satisfaisante, la situation financière est prospère. Le solde en caisse à la fin du dernier exercice financier était de 40.000 francs, représentant presque les charges de 2 années.
- Assistance médicale et Sanatorium de Tournan. — La caisse d’assistance médicale fut créée en 1891 pour venir en aide aux employés malades les plus obérés.
- Des secours en argent et en nature sont distribués sous des formes variables, des séjours dans les villes d’eaux, dans les hôpitaux et maisons de convalescence sont payés aux employés malades.
- Chaque année le nombre de ses assistés varie de 4 à 500, nécessitant un coût de 30 à 40.000 francs.
- Les employés fatigués sont envoyés au sanatorium de Tournan installé à côté de l’hôpital Péreire à Tournan, où existe 16 chambres à coucher et un parc de 1 10 ares; cette fondation absorbe annuellement un budget de 3 à 5.000 francs.
- Allocations aux femmes en couches. — Après une année de présence dans la maison, ces dernières reçoivent une allocation de 75 francs.
- Une Société de tir et une Société vélocipédique reçoivent chaque année des allocations : la première de 2.000 francs, la deuxième de 1.000 francs.
- Des cours de langue anglaise ont été organisés et après un concours qui a lieu tous les ans, des bourses de voyage à l’étranger permettent aux plus méritants d aller compléter leurs connaissances.
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- ACCESSOIRES DU VÊTEMENT
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- Rente Hériot. — Grâce à une donation généreuse de 1 million de la veuve de l’un des fondateurs des magasins du Louvre, 35 anciennes vendeuses reçoivent une rente viagère, qui date du Ier janvier 1900, de 857 francs.
- Donation Chauchard. — En 1902, M. Chauchard faisait don aux employés du Louvre de sa propriété de Versailles, le pavillon de Madame.
- GRANDS MAGASINS DE LA SAMARITAINE
- M. et Mme Cognacq n’ont pas eu seulement l’ambition de donner à la Samaritaine une organisation commerciale de premier ordre, ils ont le souci d’en faire une œuvre sociale intéressante et les institutions de prévoyance et de philanthropie qu’ils fondent depuis quelques années : Comptes de dépôts, livrets de retraite, fondations pour les vieillards, pouponnât, habitations à bon marché, trahissent leur préoccupation constante d’assurer dans les plus larges limites le bien-être de leur personnel.
- Comptes de Dépôt. — La Samaritaine reçoit les dépôts de ses employés jusqu’à concurrence de 5.000 francs pour lesquels il est servi aux déposants un intérêt annuel de 5 0/0, cette mesure prise par M. Cognacq en 1901 dans le but d’encourager l’épargne, fut accueillie avec empressement par le personnel. Nous trouvons en effet dès la première année 601 déposants confiant à la maison 435.830 francs auxquels la caisse versait 21.792 francs d’intérêts :
- Le montant des dépôts doublait l’année suivante. En 1902, en effet, le nombre des déposants s’élève à 753, le capital déposé atteint 813.000 francs, et les déposants reçoivent 40.683 francs. En 1905 le compte des dépôts accuse 830 déposants, 1,303.470 francs de sommes déposées, et 65.173 fr. 50 d’intérêts versés.
- Livrets de Retraite. — Il est délivré après 7 années de présence à la Samaritaine, un carnet de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse à tout employé dont les appointements ne dépassent pas 4.250 francs. Pendant 2 ans la maison fait en faveur du titulaire un versement annuel de 500 francs. Les années suivantes les versements sont effectués moitié par M. Cognacq, moitié par le titulaire du carnet jusqu’à ce que soit atteinte la limite des versements autorisés par la Caisse nationale des retraites.
- La rente ainsi assurée à l’employé est proportionnelle aux années passées à la maison et peut atteindre 1.200 francs avec jouissance à partir de 55 ans. Elle est incessible et insaisissable, et à capital réservé : l’employé touche la rente, ses héritiers en ont le capital.
- Depuis 1896, M. Cognacq a ainsi versé à la Caisse nationale des retraites, plus d’un million en faveur de ses employés.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- La Samaritaine versait en effet :
- 45.000 francs en.............. . ... . 1896
- 66.500 ..................... 1897
- 65.400 — 1898
- 85.860 — . . 1899
- 101.040 — 1900
- 113.850 — 1901
- 131.500 - 1902
- 145.210 — 1903
- 175.360 — .'..................... 1904
- 218.710 — 1905
- 267.210 — 1906
- 320.658 — 1907
- 414.014 — 1908
- 464.514 — 1909
- 513.864 — 1910
- Fondation Cognacq. En 1900, M. Cognacq fondait à Reuil, dans l’ancien
- parc de la Malmaison, une vaste maison de retraite réservée principalement aux anciens employés du commerce de la nouveauté, qui, moyennant un versement modique, y trouvent satisfaites toutes les exigences de l’hygiène et du confort moderne.
- Permettre à des vieillards ayant des rentes très modestes de jouir du bien-être que leur auraient procuré des revenus plus forts et de finir leurs jours dans la société de personnes ayant mené une existence semblable à la leur, au lieu de vivre solitaires ou à la charge de leurs enfants : telle a été l’idée du fondateur.
- La Maison de retraite de Rueil contient cent lits et abrite actuellement quatre-vingt vieillards ayant leur chambre ou vivant en dortoir.
- Les anciens employés de la Samaritaine y sont accueillis gratuitement.
- Pouponnât de la Samaritaine. — Les jeunes mères sont souvent obligées d’envoyer leurs enfants chez des nourrices qu’elles ne connaissent pas, n’ayant personne autour d’elles pour s’occuper du bébé. L’enfant est plus ou moins bien soigné, et, si la nourrice n’est pas honnête, elle ne se fera pas faute d’exploiter les parents.
- M. Cognacq a créé à Rueil un Pouponnât où les dames, employées ou ouvrières, de la Samaritaine, peuvent confier leurs bébés jusqu’à l’âge de trois ans. Le Pouponnât est entièrement gratuit ; il prend tout à sa charge : layette, fournitures diverses, frais médicaux et pharmaceutiques. Les bébés sont visités tous les jours par le médecin attaché à l’établissement Ils sont en pleine campagne et les parents les voient toutes les semaines.
- Habitations à bon marché. — M. Cognacq, un des premiers à Paris, s’est préoccupé d’assurer aux travailleurs des logements confortables et salubres moyennant un loyer peu élevé. Il résolvait, en effet, l’an dernier, le problème des habitations
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- à bon marché en faisant construire, à Levallois-Perret, quatre importants immeubles où quatre-vingt-douze familles trouvent pour un loyer variant entre 190 et 390 francs les aménagements les plus modernes : maison chauffée au calorifère, gaz et chauffage à vapeur dans les appartements, garage à bicyclettes, buanderie, bains dans la maison et grand jardin commun aux quatre immeubles, où les enfants peuvent sans danger se livrer à leurs jeux sous l’œil de la mère.
- Jardin botanique de la* Jaysinia. — En 1903, Mme Cognacq décidait la création, à Samoens, dans la pittoresque vallée du Giffre, d’un jardin botanique dont l’importance unique fera le rendez-vous des botanistes du monde entier et qui sera, par conséquent, une véritable source de richesse pour la contrée. Cette œuvre, quoique se rattachant moins étroitement aux institutions précédentes, mérite cependant d’être signalée ici, car de nombreux employés de la Samaritaine sont originaires de ce pays, qui est celui de Mme Cognacq, et sont vivement intéressés à son développement.
- Un médecin, pourvu d’une dotation par Mme Cognacq, assure en outre à toute la commune ses soins à un tarif très modeste, dont profiteront également ces employés quand ils jouiront de leur retraite.
- Ces diverses institutions, et d’autres encore, telles que les allocations aux femmes en couches (elles reçoivent 100 francs à chaque bébé), le service médical gratuit, le logement des garçons non mariés, les secours aux employés atteints par des revers montrent le rôle que peut jouer actuellement un grand magasin au point de vue philanthropique, rôle qui s’accroît chaque jour par le souci constant des améliorations possibles et qui est le principal sujet d’orgueil du grand commerce parisien.
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- Situation financière de la Classe 1 33 D
- c>?
- Nous donnons ci-après, un état des recettes et dépenses de notre classe à la date du 1er Juin 1912.
- DÉPENSES MONTANT RECETTES MONTANT
- Terrain payé au Comité de l’Expo- Emplacements et vitrines payés par
- sition 84 146 » les Exposants 188.810 75
- Payé à Lucas et Cie — Vente de tapis 150 »
- Vitrines 40.000 ». Vente d’un vase 35 90
- Assurances diverses 1.111 50 Ristourne du Comité des Exposi-
- Indemnité payée à la Classe 133 B tions à l’Etranger 20.312 50
- pour organisation intérieure . . 875 »
- Ports payés à Gondrand Frères pour
- le transport de divers dioramas . 1.284 50
- Pierre Imans. — Dioramas. —
- Fleurs et plumes 596 »
- G. Avigdor et Figlé. — Tapis
- pour la Classe . 1.320 10
- Entretien et location des plantes . 140 »
- Quartara, Pouf 600 »
- En plus 12 mètres de terrain attri-
- bués à la Classe 1 33 B. . . . 780 »
- Bictenholz —- Photographies des <•
- membres du Jury et des vitrines. 790' 25
- P. Darbi. — Albums photogra-
- phiques de la Classe distribués
- aux personnages importants de
- l’Exposition. ....... 471 »
- Carré et Lefol. — Décors. . . . 4.076 »
- Frais Généraux :
- Appointements et gratifications
- aux garçons de l’Exposition.—
- Imprimés, timbres, télégrammes
- — Banquet offert au Jury
- étranger 9.430 10
- Ristourne de 1 1 % faite aux
- Exposants à la date du 31 mai
- 1912 sur une somme de Fr.
- 179.043,75 soit 19.694 75 j
- 165.315 20
- Reste en caisse à la date du 1er Juin. 43.993 95
- 209.309 15 S 209.309 15
- Comme l’accuse le bilan, il reste en caisse une somme de 43.993 fr. 65 qui servira à payer :
- 1° Le reliquat du compte Lucas et Cie;
- 2° Les frais divers non réglés de décoration de la Classe ;
- 3° Les honoraires de l’architecte;
- 4° Les frais du rapport.
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- UN DERNIER MOT
- C5?
- Notre tâche est achevée. Après avoir été effrayé par les matières si diverses qu’elle embrasse, nous nous y sommes vivement attaché. Cet intérêt même est le plus sûr garant de l’utilité de nos efforts et nous ne doutons pas que nos collègues en aient trouvé la trace au cours de ces quelques pages.
- L’exposition internationale de Turin a été une heureuse occasion de permettre à nos industries d’affirmer leur supériorité.
- Nous avons constaté avec une intense satisfaction, que malgré les progrès de la fabrication étrangère, nos articles conservent la faveur de la clientèle. Elle fait confiance à notre bon goût, à nos qualités de créateurs. Si elle ne peut se procurer nos créations, elle achète les objets qui s’inspirent de nos idées, de nos préférences, de notre initiative.
- Ainsi, rayonne d’un éclat merveilleux, le nom de notre cher pays.
- Mais cette satisfaction qui flatte notre amour-propre national ne doit pas demeurer la seule que nous procurent les expositions.
- Les grandes manifestations de l’activité économique des peuples doivent être pour les industriels français un puissant moyen d étendre leurs relations commerciales.
- Après nos devanciers dans la fonction de rapporteur nous croyons utile de signaler l’imperfection de notre représentation commerciale dans les expositions.
- Notre puissante association, le comité français des expositions à l’Etranger, que préside avec un si remarquable dévouement l’honorable M. E. Dupont, sénateur, s’est préoccupé de cette importante question.
- Elle mérite d’être résolue, car en donnant aux expositions internationales, le caractère de vaste marché d’affaires, les promoteurs s’assureront par avance, le concours d’une clientèle, qui aura un double intérêt à travailler au succès de l’entreprise, — l’intérêt patriotique d’abord, et l’intérêt commercial : l’un ne nuit pas à l’autre.
- A l’occasion de l’exposition de Turin ont eu lieu de belles manifestations de l’entente sympathique qui unit la France et l’Italie.
- 39
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- Ces temps derniers un léger nuage est venu troubler l’horizon mais le ciel a revu bientôt sa pureté et la manœuvre tentée pour rejeter l’une loin de l’autre, les deux sœurs latines a misérablement échoué.
- Le commerce français a éprouvé une vive satisfaction en le constatant.
- Le désir de développer nos relations commerciales avec l’Italie nous anime les uns et les autres d’une même bonne volonté. Cependant nos efforts se trouvent gênés par la nouvelle législation douanière italienne et par les progrès de la fabrication nationale.
- Malgré ces difficultés, le commerce français occupe un rang très honorable dans le commerce extérieur de l’Italie. Si l’Allemagne, grâce à sa situation privilégiée, et à sa production bon marché trouve en Italie des acheteurs plus nombreux, la France a la confiance de la clientèle riche et élégante.
- Nous avons la certitude que l’avenir nous conservera cette première place.
- C’est notre principal vœu.
- Nous tenons à remercier les chefs dévoués et éminents qui ont guidé notre action à Turin. M. Stéphane Dervillé et M. L. Bellan ont acquis des droits incontestés à notre reconnaissance ; le dévoué président de notre groupe, M. Géo Donckèle, et le non moins dévoué président de notre classe, M. Mouilbau ont donné encore une fois la mesure d’hommes de valeur et de chefs habiles.
- Nous devons un témoignage de gratitude à nos collègues et amis. MM. Dehesdin, Javey, Laflèche, Latouche, Henri Mayer, Oudineau, Parent, Rousseau, Tirard Villeminot, qui ont bien voulu nous renseigner sur les indutsries qui les intéressaient particulièrement, et aux si complaisants collectionneurs MM. Duvelleroy, Harrison, Maningue, qui ont obligeamment mis à notre disposition dans les richesses qu’ils possèdent, les documents dont nous avions besoin.
- Nos remerciements s’adressent également à d’aimables érudits MM. Maurice Leloir et Paul Cornu qui nous ont donné l’appui de leur précieuse collaboration pour l’illustration de notre Rapport.
- Grâce à leur complaisance et à leur bienveillance notre classe possède un travail dont l’illustration très complète peut fournir une précieuse documentation pour l’histoire de nos industries.
- Nous avons estimé que c’était une partie intéressante à développer et nos collègues exposants ne nous en voudront pas d’avoir remplacé la reproduction des vitrines par celle d’estampes et de gravures extraites de publications très recherchées par les amateurs et les professionnels.
- Ils voudront bien voir là une preuve nouvelle de notre bonne volonté et nous conserver toute la bienveillance dont ils nous ont honorés et dont nous avons été justement heureux.
- Nous disons à tous « merci »
- Paris, le '7 mai 1912.
- H. Duboc.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- <3?
- ABRANTÈS (Mémoires de la Duchesse d’.)
- ALMERAS (Henri d’), La vie Parisienne sous Louis-Philippe.
- ARNOUX (J.-J.)» Le travail universel. Revue complète des arts et de l’industrie exposée a Paris en 1855. AVENEL (Vfe) d’), Le mécanisme de la vie moderne, Paysans et ouvriers depuis 700 ans.
- BABEAU (Albert), Les artisans et les domestiques d’autrefois (Firmin Didot, 1 886).
- — — Les Bourgeois d’autrefois.
- BATIFFOL (Louis), La vie intime d’une reine de France au XVIIe siècle.
- BIEVRE (Cte Gabriel de), Le Marquis de Bièvre, sa vie, ses calembourgs (1747-1789).
- BLONDEL (S.). Histoire des éventails chez tous les peuples’a toutes les époques.
- BOUCHOT (Henri), Les élégances du second empire.
- — — La toilette a la cour de Napoléon /er (1810-1815).
- Bulletin de la Chambre de Commerce de Paris.
- Bulletin de la Chambre de Commerce de Milan.
- Bulletin de la Sociétété de l’Histoire du Costume.
- CABANES (Dp)> Mœurs intimes du passé.
- CARETTE (Madame, née Bouvet), Souvenirs intimes de la Cour des Tuileries.
- CHALLAMEL (Augustin), Histoire de la mode en France.
- CHEVALIER de X..., Essais historiques sur les modes et la toilette française (P. Mongie 1824). FELICE (de), Encyclopédie ou ‘Dictionnaire universel raisonné mis en ordre par, 1771.
- JAUBERT (abbé), Dictionnaire des Arts et Métiers, 1773.
- DUCESSOIS (Théodore-Marquis de Solfagnano), Monographie de la paille a chapeaux. — Exposition de 1878.
- DUFAY (Pierre), Le pantalon féminin.
- EMPESE (Baron Emile de 1’), L’art de mettre sa cravate (Librairie universelle), 1827.
- FERRARIO (J.). Le costume ancien et moderne (traduction française).
- FRANKLIN (A.), La vie privée au temps des premiers Capétiens (E. Paul 191 1).
- — — La civilité, l’étiquette et la mode du XIIIe au XIX0 siècle (E. Paul 1 908). FOURNIER (Victor), Le vieux Paris.
- GALLIER (Humbert de), Mœurs et vie privée d’autrefois.
- GONCOURT (Edmond et Jules de), Histoire de la Société Française pendant la Révolution.
- — — — La femme au XVIIIe siècle.
- HOUSSAYE (Arsène), Confessions de.
- Journal des Demoiselles (1850-1851).
- Journal des Dames et des Modes (1824-1833).
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-
-
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- 612
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- JAMES (Dr Constantin), Toilette d’une romaine au temps d’Auguste (Hachette, 1865).
- LANGLADE (Emile), La marchande de modes de Marie-Antoinette (M"e Bertin).
- LANGLOIS (Ch. V.), La Société Française au XIIIe siècle.
- LAGRÈZE (G. B. de) Henri IV.
- LEOTY, Histoire du corset en France.
- LESPINASSE (René de), Métiers et corporations de la X)ille de Paris du XIVe au XVIIIe siecle. LOLLIEE (Frédéric), Les femmes du Second fêmpire.
- LOUANDRE, Les arts somptuaires. — Histoire du costume et de l’ameublement (Hangard & Maugé 1 857).
- LUCE (Siméon), Histoire de Bertrand Du Guesclin et de son époque.
- MAIGRON (Louis), Le romantisme et la mode (Champion 1911).
- MÉSANGÈRE (P. de la), Journal des Dames et des Modes (1797-1833).
- MOLMENTI (P), La vie privée à Uenise, depuis l’origine jusqu’à la chute de la République. MONTPENSIER (Mémoires de Mademoiselle de).
- MOTTEVILLE (Mémoires de Madame de).
- MODES PARISIENNES (les) 1859-1860.
- QUICHERAT, Histoire du Costume en France.
- RACINET, Le costume historique. ,
- Rapport du 18e Jury, Exposition de Londres (1851).
- Rapport du 19e Jury, Exposition Universelle (1855) (Natalis Rondot, rapporteur).
- Rapport de l’Exposition de /867, Section V (Duvelleroy, rapporteur).
- Rapport du Jury International, Paris 1900, Classes 85 et 86 (J. Hayem & A. Mortier, rapporteurs). Rapport de la Classe 86, Exposition de Milan 1906 (G. Dehesdin, rapporteur).
- Rapport de la Classe 86, Exposition Franco-Britannique 1908 (R. Famchon, rapporteur).
- Rapport de la Commission permanente des valeurs en douane.
- UZANNE (O), La Française du siècle.
- L’éventail.
- Le sottisier des mœurs.
- VILLERMONT (Comtesse de), Histoire de la coiffure féminine.
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 90
- Avant-Propos ................................................................................... 5
- PREMIÈRE PARTIE
- Historique de l’Exposition de Turin......................................................... 9
- Règlement de la Section Française................................................ .... 21
- Une conférence de M. L. Bellan.............................................................. 33
- Travaux du Comité d’organisation et d’installation . ....................................... 41
- Superficie de la Classe 133 D et emplacement des exposants.................................. 51
- Inauguration de l’Exposition de Turin........ ............................................ 55
- — la Section Française.............................................................. 59
- La cérémonie d’inauguration ................................................................... 75
- Instructions données aux jurés français........................................................ 81
- Jury de Classe.............................................................................. 89
- Fêtes données à l’occasion de la réunion du jury international des récompenses............ 101
- Récompenses décernées aux exposants de la Classe 1 33 D.............................. 103
- Tableau des récompenses obtenues par les exposants de la Classe 133 D....................... 109
- Récompenses décernées aux collaborateurs et coopérateurs.......................................110
- Etude de la situation économique et sociale de l’Italie de 1860 à 1911...................... 119
- Avantages concédés au commerce et à l’industrie en Italie..................................... 125
- Emigration.................................................................................... 127
- Commerce entre la France et l’Italie.......................................................... 129
- lime PARTIE
- Industrie de la Bonneterie
- Historique.....................................................................................139
- Fabrication.................................................................................. 153
- Exposants.................................................................................. 155
- Situation commerciale en France............................................................ 161
- — Italie.......................................... . ........ 176
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- 614
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- Industrie du Bouton
- Historique..................................................................................... 193
- Fabrication....................................... ............................................ 201
- Exposants......................................................................................205
- Situation commerciale en France................................................................213
- — — en Italie......................................................................217
- Industrie des Bustes, Mannequins et Têtes de cire
- Historique.....................................................................................225
- Fabrication....................................................................................227
- Exposants..........................................................................................239
- Industrie du Chapeau
- Historique du chapeau d’homme...............................................................243
- — — de femme................................................................255
- Fabrication du chapeau de feutre..............................................................265
- — — de paille................................................................. 269
- Exposants..........................................................................................273
- Situation commerciale en France ...............................................................281
- — — en Italie.....................................................................297
- Industrie du Cheveu
- Historique.....................................................................................307
- Préparation des cheveux...................-....................................................317
- Organisation de la corporation.................................................................320
- Exposants......................................................................................321
- Situation commerciale en France................................................................323
- — — en Italie.....................................................................327
- Industrie du Corset
- Historique....................... .............................................................331
- Fabrication.................................* ..................... .......................345
- Exposants.................... .................................................................347
- Situation commerciale en France................................................................354
- — — en Italie.....................................................................355
- Industrie de la Cravate
- Historique.....................................................................................357
- Exposants......................................................................................367
- Situation commerciale en France......................... ......................................370
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- (
- CLASSE 133 D — ACCESSOIRES DU VÊTEMENT 615
- Industrie de T Éventail
- Historique........................................................................................371
- Fabrication .... .......................................................... 381
- Exposants.........................................................................................383
- Situation commerciale en France et en Italie......................................................386
- Industrie de la Fleur artificielle
- Historique........................................................................................389
- Fabrication.......................................................................................401
- Exposants.........................................................................................405
- Situation commerciale en France.............................................................406
- — — en Italie...................................................................412
- Industrie du Gant
- Historique...........................................................................................415
- Fabrication........................................................................................ 425
- Exposants........................................................................................... 427
- Situation commerciale en France......................................................................429
- — — en Italie...................................................................431
- Industrie de la Lingerie
- Historique de la chemise.............................................................................435
- — du pantalon.............................................................................449
- — du mouchoir...................................*......................................456
- Fabrication........................................................................................ 461
- Exposants............................................................................................467
- Situation commerciale en France............................................................. 479
- — — en Italie.............................................................. 482
- Industrie du Parapluie et de la Canne
- Situation commerciale en France . 487
- — — en Italie...............................................................491
- Industrie de la Plume
- Historique.......................................................................................... 495
- Préparation..........................................................................................507
- Exposants............................................................................................513
- Situation commerciale en France................... ...............................................521
- — — en Italie...............................................................527
- Industrie des Tissus élastiques
- Historique de la jarretière..........................................................................531
- — des bretelles......................................................................... 539
- — du caoutchouc...........................................................................541
- Exposants. ..........................................................................................545
- Situation commerciale en France.................................................................... 548
- — — en Italie...............................................................553
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- 616
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE TURIN 1911
- III me PARTIE
- Exposants italiens. •........................................................... ... 555
- Nations étrangères.......................................................................565
- IVe PARTIE
- La Mode à l’époque de la Campagne d’Italie (1859-1860).................................... 575
- Ve PARTIE
- Œuvres philanthropiques et sociales...................................................... 591
- — des Industries de la Mode............................................................594
- — de l’Industrie du Corset.............................................................597
- Institutions patronales diverses.............................................................599
- VIe PARTIE
- Situation financière de la Classe 1 33 D..................'...............................607
- VIIe PARTIE
- Un dernier mot...............................................................................609
- Bulletin bibliographique................................................................... 611
- ERRATA
- Page 244. — Cinquième ligne : Lippumum, partie du chaperon. Page 268. — Vingt-cinquième ligne : lire cents au lieu de centimes. Page 345. — Légende de la gravure : lire 1820 au lieu de 1280. Page 346. — Cinquième ligne : lire 1 m. 50 au lieu de 0,50.
- Imprimerie de Montmartre
- J. ARAGNO :: PARIS 4, Place J. - B. - Clément
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