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Groupe XIII B, classe 85. Industries de la confection et de la couture pour hommes, femmes et enfants
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- GROUPE XIII B
- CLASSE 85
- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE POUR HOMMES, FEMMES ET ENFANTS
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- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
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- EXPOSITION UNIVERSELLE ET INTERNATIONALE DE GAND 1913
- GROUPE XIII B
- CLASSE 85
- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE POUR HOMMES, FEMMES ET ENFANTS
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- M. Alfred MASSÉ, Député,
- Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes.
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- AVANT-PROPOS
- Le rapporteur serait heureux que, dans la critique, une indulgente excuse lui soit accordée, si Von juge, en parcourant ce volume, qu'il a dépassé son itinéraire normal en entrant dans des considérations concernant la participation générale de la France.
- Cette entrée en matière est la conséquence logique de son intime persuasion qui l'entraîne à croire encore que la Classe 85 est liée étroitement, par son éloquente et luxueuse collaboration, à l'action de la Section française pour assurer un beau succès d'ensemble.
- Il n'eut jamais l'idée d'usurper les attributions considérables du rapporteur général.
- Cependant, il lui semble utile, indispensable même, d'effleurer sommairement quelques questions facilitant la coordination de points spéciaux relatifs à ce rapport, afin qu'ils apparaissent distinctement et puissent démontrer l'idéal qui nous hantait, quand, nous nous décidions d'accorder toute notre confiance aux comités de direction et d'organisation qui, eux, escomptaient avec raison notre concours dévoué, pour nous joindre à la belle et généreuse manifestation des productions françaises.
- Quelques réflexions visent aussi à faire entrevoir V importance que nos gouvernants, avec prévoyance, apportaient à notre présence en bonne place et en excellente forme à l'Exposition universelle et internationale de Gand, en 1913.
- Nous eûmes la satisfaction de nous associer à cette solennité incomparable, où la France fut fêtée, acclamée, grâce à sa puissante participation, laquelle est Vindispensable élément de réussite et de succès dans ces vastes entreprises qui dévoilent au monde le génie créateur, l'intelligence, la volonté, l'art, la science, toutes ces qualités maîtresses que résume le labeur persévérant des peuples.
- Nous resterons les obligés de nos sympathiques voisins, les Belges, qui ont bien voulu nous convier à prendre place dans ce gigantesque tournoi industriel et commercial. Nous en rapportons une pointe d'orgueil, puisque ce fut une occasion nouvelle pour faire couvrir de gloire notre vénérée patrie, la grande France, forte, laborieuse et pacifique.
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- M. Pierre MARRAUD,
- Commissaire général du Gouvernement de la République
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- SECTION FRANÇAISE
- M. Alfred MASSÉ, Député
- Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes.
- M. Roger Fl GH 1 ER A
- Chef du Cabinet du Ministre
- COMMISSAIRE GÉNÉRAL DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE
- M. Pierre MARRAUD
- Conseiller d’Etat, Directeur général honoraire au Ministère des Finances.
- SERVICES ADMINISTRATIFS DU COMMISSARIAT GÉNÉRAL
- SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
- M. Eugène REGARD
- CHEF DU SECRÉTARIAT PARTICULIER
- M. SAS1AS
- MM. DUBOULOZ H1GNETTE
- ATTACHÉS
- MM. Georges MARRAUD SORNAY
- COMMISSAIRES ADJOINTS AU COMMISSAIRE GÉNÉRAL
- M. Félix AUFAURE | M. François CROZIER
- M. Fernand M O MM EJ A
- RAPPORTEURS GÉNÉRAUX
- M Félix AUFAURE
- M. Georges V1NANT
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- M. Emile DUPONT, Sénateur,
- Président du Comité et du Conseil de Direction du Comité français des Expositions à l’Etranger.
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- Comité français des Expositions à l’Etranger
- M. Émile DUPONT, Sénateur Président du Comité et du Conseil de Direction
- M. Roger SANDOZ
- Secrétaire général.
- Comité d’organisation de la Section française
- Président: M. Charles LEGRAND, ancien Président de la Chambre de Commerce de Paris.
- Yice-Présidents : MAI. Pierre ARBEL; L. BONNAT ; V LOURT1ES, Sénateur; Daniel MÉR1 LLON; Marcel SAINT-GERMAIN, Sénateur; Albert VJGER, Sénateur.
- Secrétaire général : M. Gaston ROUX.
- Secrétaires généraux adjoints : MM. MERM1LLJOD, Georges V1NANT. Trésorier : M. Jean FAURE.
- Trésorier adjoint : M. Auguste GUYOT.
- Membres ; MM. GABELLE ; Jules HETZEL ; Jules NICLAUSSE ; E. SAR-T1AUX ; NOËL, Sénateur; DE DION, Député; A. SART1 AUX ; POU-PINEL; Jules CAHEN; DREUX; Louis BONNIER; PÉROL; DAVID-MENNET; Georges DONCKÈLE ; C. CHABRIÉ ; P. TEMPLIER; Docteur BEURN5ER; Georges PALLA1N.
- Delegué du Comité : M. Emile CÈRE.
- Architecte en Chet : M. E.-Joseph de MONTARNAL.
- Services administratifs : MM. Max RÉVILLE, Léon DEL1LLE et Léon DRUJON, secrétaires.
- Service des Douanes : M. CARMANT, vérificateur, chef de service.
- Service du Gardiennage : M. le capitaine CHANET, Inspecteur.
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- M. Charles LEGRAND,
- Président du Comité d’organisation de la Section française.
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- HISTORIQUE DE LA VILLE DE GAND
- ASPECT GÉNÉRAL — SON PASSÉ SON IMPORTANCE — SES INDUSTRIES
- Gand (Gent en flamand) est une des villes les plus anciennes et les plus pittoresques de la Belgique. Capitale de la Flandre orientale, elle est située au confluent de l’Escaut et de ia Lys, s’irradiant en nombreux canaux intérieurs, formant une grande quantité d’îlots sur lesquels on a construit la ville.
- Sa population atteint 165 000 habitants vivant actuellement de nombreuses industries qui s’y développent toujours, grâce à sa situation géographique, ayant des débouchés directs, par deux de ses canaux, avec la mer.
- Ce centre manufacturier a l’avantage de se trouver entre Bruxelles et Ostende,à de très courtes distances et aussi à une heure de notre frontière.
- Au point de vue artistique, Gand s’impose si l’on considère les superbes vestiges des siècles passés ; le visiteur est émerveillé par quantité de monuments anciens qui consacrent son histoire.
- On y admire, entre autres, des églises datant des IXe et Xe siècles, la cathédrale de Saint-Bavon qui est une merveille; elle possède des toiles de maîtres, le beffroi, la Maison des mariniers, de vieux ponts, des musées, universités, conservatoire, etc., etc.
- On peut y voir un jardin botanique de premier ordre. Curieux aussi à visiter, le béguinage, qui forme une vraie ville où plus de 700 femmes y vivent faisant de la dentelle.
- On y admire aussi les ruines du château des Comtes, construit vers 870 par le fameux Baudouin Bras-de-Fer, pour défendre la ville contre l’invasion des Normands.
- Gand possède un passé glorieux ; combattant pour l’indépendance au XIIIe siècle, son territoire s’agrandissait; au XIVe elle eut un grand capitaine, un vrai Gantois, Van Artevelde. En 1500, Charles d’Autriche (Charles-Quint) y voyait le jour. Plus tard Louis XIV, Marlborough, Louis XV en faisaient le siège. C’est à Gand que Louis XVIII se réfugia pendant les Cent-Jours, etc.
- Au point de vue de l’émancipation économique, de longue date ses industries de tissage se sont fait remarquer. Plus près de nous on assistait à la fondation de grosses filatures de lin, coton, de fabriques de draps, damas, dentelles, de fonderies de cuivre, fer, de raffineries, de brasseries.
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- GROUPE XIII B.
- CLASSE 85
- Il faut citer la supériorité incontestée des Gantois pour l’horticulture ; on admire toujours leurs fleurs, les expositions des Floralies sont remarquables.
- Aujourd’hui, dans cette superbe cité laborieuse on remarque l’éclosion de grands magasins de nouveautés, de goût parfait et rappelant un peu ceux de Bruxelles. Toutes les industries y sont représentées et y prospèrent. Le dialecte de la contrée se rapproche de la langue allemande, mais on éprouve une vraie joie en constatant que le français s’y parle encore beaucoup et l’on espère que, par notre puissante participation au succès de l’Exposition gantoise, notre influence grandira et impressionnera les hautes sphères flamandes, qui ne voudront pas laisser abolir un langage qui leur est encore commun et vraiment plus nécessaire que jamais, les échanges devenant tous les jours plus intensifs et nos relations commerciales et industrielles plus agréables et plus prospères.
- Gand est en résumé une ville de haut intérêt par son caractère essentiellement artistique, son histoire, ses industries productives et son labeur considérable.
- Tout ceci la place au premier rang des grands centres de la Belgique.
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE
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- LA PARTICIPATION FRANÇAISE A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE GAND
- Au commencement de 1912 la France était sollicitée par le gouvernement belge de prendre une part officielle à l’Exposition qui devait s’ouvrir à Gand en 1913, sous le haut patronage du roi Albert.
- Il était convenu que cette Exposition serait au moins égale en importance à celles de Liège 1905 et Bruxelles 1910.
- , En prévision de notre acceptation, le Comité exécutif belge de l’Exposition et le Comité français des Expositions à l’étranger étaient entrés en rapport et une convention était intervenue. Il y fut traité notamment de l’emplacement qu’on nous concédait.
- Tout d’abord, une superficie de 18 000 mètres carrés au minimum, pouvant être portée à 30 000 mètres carrés, serait réservée à la Section française. Elle fut dans la suite amplement dépassée.
- Cet accord provisoire fut ratifié et devenait définitif le 12 février 1912.
- En conséquence, le 2 avril, un décret du président de la République désignait un commissaire général; M. Pierre Marraud, conseiller d’État, fut investi de ces hautes fonctions, pour représenter le gouvernement de la République française et organiser sa participation.
- Comme pour les autres expositions universelles et internationales, il y eut un rapport fait au nom de la commission du budget, le 28 juin 1912, à la Chambre des députés, lequel traitait du projet de loi relatif à notre collaboration à Gand en 1913. M. Emmanuel Brousse, rapporteur, demandait l’autorisation d’ouvrir un crédit de 820 000 francs.
- Le 3 juillet 1912, M. Touron, sénateur, aujourd’hui vice-président du Sénat, rapporteur de la commission des finances, déposait un rapport relatif à l’étude du projet de loi adopté par la Chambre. Ce rapport approuvait la concentration du total des dépenses entre les mains d’un seul ordonnateur, le ministre du Commerce et de l’Industrie.
- Le gouvernement avait primitivement fixé la dépense à engager à 1 326 000 francs, mais la Chambre réduisit ce crédit à 820 000 francs. Le Sénat approuva, adopta le projet de loi, lequel fut promulgué le 12 juillet 1912.
- Le 21 décembre 1912, le même rapporteur, le très compétent M. Touron, si versé dans les questions finances, commerce et industrie, faisait accepter par le Sénat un nouveau crédit proposé par la Chambre des députés, concernant la participation, écartée primitivement, de la manufacture nationale de Sèvres et de certains ministères.
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- GROUPE XIII B.
- CLASSE 85
- Il faisait donc voter une addition de 474 100 francs, comme l’indique le projet ci-dessous.
- LOI DU 28 DÉCEMBRE 1912
- Article unique.
- Le ministère du Commerce et de VIndustrie est autorisé à engager, pour la participation de la France à VExposition de Gand en 1913, en addition aux crédits ouverts par la loi du 12 juillet 1912, des dépenses qui ne pourront excéder la somme de 474 100 francs.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de VEtat.
- ... .
- En conséquence, si l’on considère avec soin les études approfondies des diverses questions de l’Exposition de Gand par la Chambre et le Sénat qui ont voté par deux fois des crédits s’élevant comme total à 1 294 100 francs spéciaux à cette manifestation, nous sommes amenés à cette conclusion:
- Que le gouvernement de la République française jugeait nécessaire et indispensable que notre participation soit brillante à la face du monde dans cette réunion, à Gand, d’une sélection des nations laborieuses.
- Imprégnés de cette idée, nous n’avions plus qu’à marcher, soutenus dans l’effort à donner par le gouvernement et aidés dans la réalisation par nos comités d’organisation et de direction.
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- NOTRE COLLABORATION — SA NÉCESSITÉ SES AVANTAGES
- L’Exposition universelle et internationale de Gand en 1913 a été une magnifique et imposante démonstration de l’activité mondiale.
- Des concours et des efforts remarquables apportés par les nations répondant à l’appel de la Belgique, il se dégage un fait indéniable et de haute portée, c’est que le gouvernement de la République (le premier sollicité parmi les puissances) a justifié la suprématie acquise antérieurement, sa très ancienne réputation y trouva l’occasion d’une réelle consécration.
- L’immense superficie de cette Exposition a permis de concéder à la Section française de considérables emplacements sur lesquels les constructions de nos palais de style bien français furent édifiées, distribuées, aménagées à souhait, pour mettre dignement en valeur nos innombrables produits.
- Nous avons le droit d’être fiers des élogieux compliments prodigués à nos représentants autorisés par S. M. le roi des Belges, par ses ministres, par la municipalité de Gand, qui furent émerveillés par la diversité infinie de nos conceptions, par notre génie dans les créations, notre goût si personnel apporté dans les moindres détails, où l’art et la grâce rivalisent avec le sens pratique.
- C’est assurément une de nos qualités maîtresses de savoir présenter même les choses les plus simples, les plus ingrates, sous un aspect agréable à l’œil, qui force l’attention ; cette faculté essentiellement parisienne est la conséquence directe du large esprit artistique qui nous domine et dans lequel nous ne cessons d’évoluer.
- Nous sommes malgré nous sous le joug enjôleur d’une ambiance qui nous enveloppe, qui nous baigne journellement ; atmosphère nécessaire à notre existence, puisqu’elle subsiste à l’état latent, en France et à Paris particulièrement ; royaume du goût, de la fantaisie et de la mode.
- C’est par ce faisceau de qualités solides que nous sommes arrivés progressivement à la perfection raffinée dans nos productions, et aussi en nous inspirant des créations de nos ancêtres que nous retrouvons accumulées dans notre belle histoire nationale, qui nous conserve intactes, ineffaçables, les merveilles enfantées dans les siècles passés, que nous jalousent tous les peuples.
- A cette histoire, déjà d’un intérêt considérable, nous cherchions encore à ajouter un chapitre, lequel sera l’honneur du XXe siècle.
- Il existe chez nous, dans toutes les classes sociales, un sens de goût particulier qui nous est propre et se manifeste en tout et partout; nous y adjoi-
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- CLASSE 85
- 2\
- gnons avec malice une pointe d’originalité qui n’a de bornes que lorsque le cachet artistique n’y trouve plus sa place.
- Si nous ajoutons à cela notre tempérament travailleur, notre désir de l’inconnu, nous sommes embarqués alors dans un courant violent de créations, d’inventions. C’est sans arrêt et avec passion que nous tournons les difficultés en produisant avec ardeur ce qui nous impose dans le monde, partout enfin où nous faisons pénétrer notre marque, où nous avons à rivaliser loyalement.
- L’industrie française de la couture pour femmes donne le ton à l’univers entier; c’est une industrie d’exportation. Elle satisfait par sa production, non seulement toute la clientèle française, mais elle fournit à l’étranger pour une valeur de plus en plus considérable de vêtements confectionnés pour femmes. Le commerce d’exportation français dans ces articles a doublé depuis dix ans, ainsi que le démontre le relevé ci-après :
- EXPORTATION DE FRANCE DE VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS
- POUR FEMMES
- 1904 ............................ 79.867.000 francs
- 1905 ............................... 98.564.000 —
- 1906 ............................... 89.911.000 —
- 1907 ............................... 89.601.000 —
- 1908 ............................... 76.362.000 —
- 1909 ............................... 92.598.000 —
- 1910 ............................ 117.756.000 —
- 1911 ............................... 132.636.000 —
- 1912 ............................ 157.181.000 —
- 1913 ............................... 158.074.000 —
- Ces chiffres, bien certainement, malgré leur importance très respectable, ne donnent pourtant pas les chiffres réels.
- L’exportation de la confection pour femmes comprend sous ce vocable les toilettes de luxe, mais ne peut toutefois compter les toilettes emportées de Paris par les clientes étrangères dans leurs malles avec leurs objets personnels.
- Une exposition dans une grande ville de Belgique pouvait donc être favorable à l’industrie de la couture française qui a en Belgique une importante clientèle.
- Les chiffres de la douane belge en ce qui concerne les vêtements de femmes, expédiés par colis séparés et non accompagnés, sont de peu d’importance. On comptait pour 1911 une valeur totale d’importation en‘; Belgique de 2667989 francs dont 1 442 745 francs de vêtements de femmes provenant de France. Il est à présumer qu’une quantité beaucoup plus grande est emportée
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE
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- par les voyageuses belges, dans leurs malles, avec les effets à usage qui sont exempts de droits de douane à l’entrée en Belgique. On évite ainsi l’acquittement de droits de douane qui sont particulièrement élevés. En effet les vêtements de femmes, simplement cousus, sans ornements ni broderies, doivent acquitter des droits de 15 0/0 ad valorem; les vêtements confectionnés finis, 180/0 et les vêtements en soie 20 0/0.
- La prépondérance que nous avons su conquérir par l’exhibition des qualités inimitables de notre labeur dans toutes les manifestations internationales, nous voulons la consolider, l’accroître encore si possible.
- Elle devient un exemple, une excitation pour les autres nations, qui mettent en œuvre aussi toute leur fièvre commerciale et industrielle pour lutter courtoisement, confraternellement, sur le terrain du travail, de la science et des arts.
- Il doit en découler fatalement une entente féconde, engendrant sinon la richesse, sûrement l’augmentation des ressources de tous les peuples, en assurant, par effet réflexe, la sécurité si nécessaire à une évolution mondiale prospère.
- Oui, on s’apprécie, on sympathise davantage avec ses voisins, on est heureux et fier de se mesurer dans ces Expositions, de constater ses progrès ou ses faiblesses et d’en tirer des conséquences utiles. Les relations et les échanges, en grandissant, créent une ère de fécondité profitable à tous.
- C’est là l’œuvre grandiose à atteindre.
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- GROUPE XIII B.
- CLASSE Sê
- FORMATION DES COMITÉS DE DIRECTION, D’ORGANISATION, D ADMISSION ET D’INSTALLATION DE LA CLASSE 85 (GROUPE XI1I-B)
- Industries de la Couture et de la Confection pour Dames,
- Hommes et Enfants.
- BUREAU DU GROUPE XIII-B President..... MM. DO NC KÈ LE (Georges).
- Vice-Présidents. . CASLOT (du “Bon Marché”); DEHESDIN (G.);
- REVERDOT (L.).
- Secrétaires..... HAYEM (Émile) ; SCHILLER (René).
- CLASSE 85
- Industries de la Confection et de la Couture pour Hommes,
- Femmes et Enfants.
- BUREAU
- Président.... MM. DŒUILLET.
- Vice-Présidents. GERBER ; PAQUIN ; ALLOUARD-CARN Y; BOGLER;
- BONNAIRE (Arsène) (Maison Laferrière); CHÉRUIT; DETROIS ; DURY (Ernest); GORSE(Jean); HALIM-BOURG (André); KRIEGCK (Nicolas); LAGUIONIE (Pierre); MANO NVILLERS (Auguste) ; REDFERN ; RONDEAU (Émile); SALOMON (Alexis); WORTH (Jacques).
- Secrétaires..... BOURDEREAU ; BRAILLON (Fernand); RODOL-
- PHE (E.).
- Trésorier.......... BIGORNE.
- Trésorier de la Collectivité de la Couture. DETROIS (H.).
- Rapporteur de la Classe.................. DETROIS (Henri), couturier.
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- M. G. DONCKELE, Président du Groupe XIII-B.
- M. DŒUILLET, Président de la Classe 85
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- ORGANISATION, DIRECTION, ADMISSIONS
- CLASSE 85 (GROUPE XIII-B).
- Le très mérité retentissement de l’Exposition de Bruxelles en 1910 décida les sphères gouvernementales belges à réaliser le projet de la municipalité gantoise (datant de 1908) qui était de profiter de la position avantageuse de la ville de Gand, de la richesse de ses monuments historiques et de son importance industrielle croissante, pour tenter de renouveler, dans ce joli cadre, une éclatante manifestation du travail.
- Comme nous l’avons vu, la France, pressentie, accorda son concours puissant le 12 février 1912.
- De son côté, le comité français se laissa gagner à ce projet, pensant bien triompher des difficultés prévues pour décider la vaillante troupe des exposants à tenter de nouveaux succès.
- Dans certains centres producteurs, entre autres dans la couture, la confection, on semblait peu disposé à s’y intéresser, trouvant exagérée une troisième exposition en sept ans dans le même pays.
- L’indécision menaçait d’aboutir au refus, le flottement des idées devenait plus accentué, bref il fallait un rien pour ruiner le projet.
- Les échanges de vues marchaient cependant entre les deux gouvernements, l’idée prenait de l’ampleur, la place réservée à la France était alléchante et bientôt les comités et bureaux étaient en voie de formation, nous allions être mis en demeure de nous prononcer.
- L’heureuse intervention de M. Donckèle, membre de la Chambre de Commerce de Paris, président du Groupe XIII-B, opérait rapidement son charme et son influence; dans une convocation spéciale pour traiter de cet objet notre résistance fut presque nulle, il fallut se soumettre !
- En effet, par sa diplomatie, la persuasion de son exposé, les raisons patriotiques invoquées, il obtint ce qu’il désirait de nous : une adhésion sans réserve.
- M. Donckèle nous avait fait valoir aussi que le gouvernement belge avait décidé qu’aucune autre exposition universelle n’aurait lieu en Belgique avant dix ans; que nous aurions mauvaise grâce, devant cet engagement, de ne pas aller récolter les nouveaux lauriers qu’on nous offrait à Gand.
- Des réunions se succédèrent où les plans d’ensemble furent soumis, étudiés, arrêtés avec le concours de M. Joseph de Montarnal, l’éminent architecte en chef de toutes nos grandes expositions. M. de Montarnal ne se contente pas de concevoir de jolis palais, il en distribue les surfaces avec sa compétence
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- éclairée, facilitant l’accès des stands, guidant pour la décoration afin de mettre en valeur les produits exposés de notre industrie de luxe qui (il ne l’oublie pas) attire la visite intéressante de l’élément féminin.
- M. de Montarnal, avec sa courtoisie coutumière, donnait satisfaction à chacun et à tous. Il a droit à nos sympathies et à notre gratitude.
- Dans ces réunions préparatoires de gros intérêts, les maîtres de la couture, les directeurs des grands magasins de nouveautés, les gros industriels de la confection et les tailleurs de luxe se mirent d’accord pour réaliser un ensemble très captivant, maintenant au-dessus de la critique: la Classe 85, réputée pour sa tenue artistique.
- Ce fut également dans une de ces réunions que furent arrêtées les attributions de chacun, la composition du bureau de la Classe, ratifiée par le comité français.
- 44 adhésions ont été recueillies pour la Classe 85.
- En voici la liste :
- 1. ALEXIS (Salomon), 38, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris (vêtements).
- 2. BESSAND, BIGORNE et Cie, 2, rue du Pont-Neuf, Paris (vêtements,
- “Belle Jardinière”.
- 3. BOGLER, 39, boulevard des Capucines, Paris (tailleur).
- 4. BRAILLON et Fils, 35, rue Berger, Paris (vêtements).
- 5. CARETTE, 121, boulevard Haussmann, Paris (tailleur).
- 6. COLLECTIVITÉ DE LA COUTURE (composée de 22 maisons pari-
- siennes dont la nomenclature existe plus loin).
- 7. COUSTOU (G.), 29, boulevard de Cambrai, Roubaix (Nord) (vêtements).
- 8. COZETTE et PERDRIAU, Tours (Indre-et-Loire) (vêtements).
- 9. ÉTABLISSEMENTS HALIMBOURG-AKAR RÉUNIS, 1, place des
- Victoires, Paris (vêtements).
- 10. FILLOT, CASLOT, DRU et Cie (“Au Bon Marché”), rue du Bac, rue
- de Sèvres, Paris.
- 11. GORSE (Jean-Jules), 57, rue Servient, Lyon (Rhône) (vêtements).
- 12. DUR Y (Ad.) et Fils, 1, place des Victoires, Paris (vêtements).
- 13. GRANDS MAGASINS DU LOUVRE, rue de Rivoli, Paris.
- 14. HARRISON (Géo), 18, boulevard Montmartre, Paris (tailleur).
- 15. KAHN (Paul), RODOLPHE et Cie, 130, rue Réaumur, Paris (vêtements).
- 16. KRIEGCK (Nicolas), 23, rue Royale, Paris (tailleur).
- 17. LAGUIONIE et Cie (“Au Printemps”), 64, boulevard Haussmann,
- Paris.
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- 18. PAQUIN (Limited), 3, rue de la Paix, Paris (couturier).
- 19. SOCIÉTÉ ANONYME DES ÉTABLISSEMENTS COUTURIER (P.),
- Fécamp (Seine-Inférieure) (vêtements).
- 20. SOCIÉTÉ ANONYME DES GALERIES LAFAYETTE, boulevard
- Haussmann, Paris.
- 21. THIÉRY et SIGRAND (Gaston Sigrand, successeur), 81, boulevard
- Sébastopol, Paris (vêtements).
- 22. TOURAILLE (H.), MEILLASSOUX et Cie, 39, rue Étienne-Marcel,
- Paris (vêtements).
- 23. VOISIN (J.), 144, boulevard Haussmann, Paris (tailleur).
- Le bureau et son président (tout spécialement) s’occupèrent alors d’ordonner les dépenses et les recettes pour faire une très belle manifestation.
- La Collectivité de la Couture ayant 22 participants et n’ayant été inscrite que sous un numéro avec les autres exposants, nous arrivons au nombre 44 comme adhésions, chiffre indiqué plus haut.
- JURY DE LA CLASSE
- SA COMPOSITION - SES TRAVAUX
- Les membres du Jury de la Classe 85 (Groupe XIII-B) (pour la France) avaient été nommés par décret du gouvernement de la République sur la proposition de M. le commissaire général en juin 1913.
- Jurés effectifs :
- BELGIQUE ............ MM. CHOQUE, Bruxelles.
- PILON (Magasin de la Bourse), Bruxelles. SOSTBERG (Maison Hirsch), Bruxelles.
- FRANCE .............. DŒUILLET, Paris.
- CASLOT (“Bon Marché”), Paris. CHÉRUIT, Paris.
- CARETTE, Paris DETROIS, Paris.
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- Jurés suppléants :
- BELGIQUE....... MM. MAERTENS-BERTRAND, de Gand.
- WIELEMANS-JOSSE, de Bruxelles.
- F RANCE............. SALOMON, Paris.
- VOISIN, Paris.
- LAGUIONIE (Pierre) (“Au Printemps ”), Paris.
- Le ministre de l’Industrie et du Travail de Belgique ratifie, le
- 29 juin 1913, cette liste des jurés nommés et présentés pour chaque pays par son commissaire général accrédité auprès du commissariat général du gouvernement belge.
- Le Jury international des récompenses fut convoqué à se réunir le
- 30 juin 1913 dans le palais des serres chaudes à l’Exposition de Gand.
- Tout d’abord, dans une réunion plénière présidée par M. le ministre de l’Industrie et du Travail belge, président d’honneur du Jury supérieur, il fut donné des indications spéciales pour élaborer la marche des opérations dans chaque Classe, de même, des instructions générales pour la formation du bureau de chaque Jury sur la teneur du procès-verbal et celle du rapport du secrétaire.
- Sur les mesures consistant à former après les travaux des Jurys de Classes les bureaux des Jurys de Groupes.
- Sur l’ordre des visites dans les Classes pour juger les stands.
- Puis l’indication des récompenses pour les rapporteurs, arrêtées comme
- suit :
- Hors Concours (membre du Jury) ;
- Hors Concours (expert du Jury) ;
- Diplôme de Grand Prix ;
- Diplôme d’Honneur;
- Diplôme de Médaille d’Or ;
- Diplôme de Médaille d’Argent ;
- Diplôme de Médaille de Bronze ;
- Diplôme de Mention.
- M. le commissaire général, en ce qui concernait la France, nous avait réunis avant cette assemblée plénière pour nous indiquer ce qu’il désirait que nous observions dans ces travaux d’examen et de distribution de récompenses, se mettant à notre disposition ainsi que ses collaborateurs pour se tenir en constante communion d’idées et nous aider à obvier aux difficultés qui pouvaient se présenter.
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- Les jurés rejoignaient ensuite leur Classe respective; après présentation, ils formèrent leur bureau qui fut composé comme suit, pour la Classe 85 :
- Président....................MM. DŒUILLET (G.), président de la Classe
- 85 française.
- Vice-Président.................... CHOQUE, président de la Classe 85
- belge.
- Secrétaire-Rapporteur............. WIELEMANS, juré suppléant belge.
- Secrétaire-Rapporteur pour le Commissariat français................ DETROIS(H.), juré effectif.
- Dans cette séance les membres du Jury, appelés à désigner le rapporteur de la Classe en fin d’exposition, proposèrent à l’unanimité leur collègue M. Detrois dont la nomination fut approuvée par M. le commissaire général.
- Puis, rendez-vous fut pris pour le lendemain, Ier juillet, à dix heures, à la Classe, pour commencer l’étude des stands des exposants.
- Un procès-verbal fut signé consignant les délibérations prises.
- Les travaux se succédèrent avec méthode et conformément aux instructions du Commissariat général.
- Après visite à la Section française, dont l’étude demanda deux grandes séances, nous nous rendîmes à la Section belge, pour opérer de la même façon, apportant le plus grand soin dans le concours que réclamaient de nous nos aimables collègues de la Belgique.
- Nous eûmes du reste la vive satisfaction d’avoir à juger de fort jolies choses que bien des nôtres auraient signées, étant donné le goût parfait qui se dégageait dans ce très gros effort de nos charmants voisins.
- En résumé, Belges et Français sympathisent vite, surtout aidés par une vie commune d’activité, d’efforts constants dans une même industrie, de besoins et de genre bien semblables, de désirs similaires. Cette entente naturelle se consolidait dans les déjeuners fraternels des jurés, dans leurs conversations intimes et très amicales.
- Nous terminions nos travaux, tous d’accord sur les récompenses attribuées, par la nomenclature arrêtée des diplômes à nos coopérateurs et collaborateurs.
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- OUVERTURE DE L’EXPOSITION
- INAUGURATION DE LA SECTION FRANÇAISE, DE NOTRE CLASSE
- 'EXPOSITION universelle et internationale de Gand, sous le haut
- I—j patronage de S. M. le roi des Belges, a été déclarée ouverte aux visiteurs le 26 avril 1913 par une visite officielle de LL. MM. le roi Albert et la reine Élisabeth accompagnées de S. A. R. le prince héritier, des personnages de la Cour et des membres du gouvernement.
- Ce fut une brillante cérémonie devant une foule empressée à manifester sa sympathie respectueuse sur tout le parcours du cortège royal qui se rendait aux Floralies de printemps, au cœur de l’Exposition.
- Dès la veille, la ville de Gand, cette cité admirable, unique par son cadre, ses souvenirs historiques, était en fête. Dans la soirée, un feu d’artifice superbe embrasait le fameux château des comtes, dont les glorieux vestiges se dressaient dans les lueurs ardentes et féeriques.
- Le roi est attendu ! Une fièvre intense gagne les plus calmes, on prévoit qu’il se prépare une imposante manifestation. De tous les coins de la Belgique, du nord de la France, de Paris, on arrive en colonnes serrées pour fêter la réalisation des conceptions géantes de l’activité et du travail des peuples.
- Les membres du bureau du Conseil municipal de Paris (le président Galli en tête) ont tenu à participer à cette fête. Ils sont reçus par M. Braun, le sympathique bourgmestre de Gand, et la municipalité, qui leur réservent l’accueil le plus cordial.
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- Si les travaux de l’Exposition ne sont pas complètement achevés (et cela se conçoit!), les floralies déjà s’y prélassent dans toute leur splendeur. Cette floraison d’azalées, de jacinthes, de tulipes, d’orchidées, aux mille tons radieux, chatoyants, forme un spectacle éblouissant et qui est surprenant, car le palais de l’horticulture en est couvert sur n ooo mètres carrés.
- M. MARRAUD, commissaire général, entouré du Comité d’organisation de la Section française, reçoit le roi Albert.
- Le roi, la reine et le prince Léopold avaient été reçus à la gare par M. de Kerchove d’Exaerde, gouverneur, qui leur adressait une allocution en français. M. le bourgmestre, lui, s’exprima en flamand.
- A l’Horticulture, plus de 6000 personnes attendaient les souverains. Au premier rang, nos ministres : MM. Alfred Massé, Clémentel, voisinant avec l’archevêque de Malines, les présidents du Sénat et de la Chambre belges, le gouverneur de la Flandre orientale, l’évêque de Gand, les ministres plénipotentiaires des nations étrangères, les commissaires généraux, dont M. Pierre Marraud.
- Puis, M. le sénateur E. Dupont, président du Comité français des Expo-
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- sitions, le Conseil municipal de Paris, le Comité d’organisation de la Section française, M. Charles Legrand à sa tête, M. Roger Sandoz, secrétaire général du Comité français, etc., etc., enfin toutes les notabilités belges et étrangères sans compter un nombre respectable d’exposants.
- M. Cooreman, ministre d’État, accueille les souverains et leur souhaite la bienvenue en flamand. Le roi répond dans le même dialecte.
- M. Jean de Hemptinne, commissaire général de Belgique, et M. Hubert, ministre de l’Industrie et du Travail, guident le couple royal dans sa visite, au milieu d’un concert d’acclamations chaleureuses.
- M. Hubert avait prononcé un discours en français; d’autres suivent, sans interruption, rappelant tous les efforts tentés pour faire de cette Exposition une somptueuse manifestation du commerce et de l’industrie au profit de la Belgique et des puissances ayant répondu à son appel. Certains y mentionnaient la joie éprouvée dans les sphères gouvernementales par le concours si empressé et si complet (inespéré même comme envergure) apporté par certains voisins et tout particulièrement par la France.
- La visite royale est terminée, les souverains retournent à la gare Saint-Pierre, encadrés par deux escadrons de la garde civique, sous une avalanche de vivats poussés par une foule en délire.
- Le roi, ému, remercie et félicite pour ce qu’il vient de voir, pour l’impression heureuse ressentie dans cette réception fastueuse et promet de revenir souvent, pour visiter en détail les merveilles qui vont s’accumuler dans ces palais d’aspect harmonieux et de lignes architecturales jolies, élevés avec art dans des parterres de fleurs savamment dessinés par des maîtres, voyant grand, beau et juste.
- Dans ces manifestations d’allégresse générale, les exposants français furent l’objet d’une débordante démonstration de courtoisie et de sympathie de la part de la municipalité gantoise et du peuple flamand.
- Le ministre du Commerce, M. Alfred Massé, venu spécialement de Paris à cette occasion, pour inaugurer au nom du gouvernement la Section française, s’est rendu compte qu’il y avait impossibilité absolue de donner suite à son projet. En effet, les palais n’étaient pas terminés, tant au point de vue décoration qu’à celui des stands qui ne possédaient pas le quart des objets à y exposer ; de plus, les grèves dernières avaient empêché de combler et d’aplanir les routes, les chemins d’accès; bref, cela s’annonçait bien, mais il fallait le temps matériel pour mettre tout au point.
- Envisageant ce qui restait à faire et tablant sur l’énergie de ses compatriotes pour donner le maximum d’efforts dans un temps relativement court, M. le ministre décida de revenir huit jours après, pour inaugurer officiellement la Section française.
- | Sans récrimination on se mit à l’œuvre, mais quelle somme de travail il fallut donner en huit jours pour transformer des murs nus en salons décorés
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- Une travée de la Section française
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- et des vitrines vides (les marchandises arrivées étant retenues en douane) en stands coquets, en pimpantes et luxueuses vitrines!
- Il faut louer l’ingéniosité de nos dévoués employés et ouvriers, qui, le sourire aux lèvres, par amour-propre national, firent des efforts surhumains. Comme sous le coup d’une baguette magique, à notre retour, le 4 mai, tout était en place, enfin on serait prêt pour, le lendemain, recevoir les hauts dignitaires, représentants de la République.
- Encore cette fois, à Gand, la Section française fut la première terminée et en état de recevoir les visiteurs assoiffés de curiosité pour nous voir, nous juger, nous critiquer.
- Donc, le lendemain, 5 mai 1913, M. Massé, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, inaugurait officiellement.
- Dans ce but, des trains spéciaux avaient amené de Paris, en quatre heures, quantité d’exposants, en dehors des membres des comités de direction, d’organisation et des membres du Conseil municipal.
- Un banquet fastueux ouvrait cette cérémonie. La salle des fêtes était trop petite, malgré ses dimensions notables, pour contenir les invités officiels, les membres du gouvernement et le nombre énorme des exposants.
- La cordialité qui présidait à nos agapes était vraiment bien française, on y escomptait déjà le succès final.
- A l’heure des toasts, nous fûmes invités à lever nos coupes en l’honneur du roi, de la reine et de la famille royale, sur la proposition de M. Alfred Massé, qui présidait.
- M. Davignon, ministre des Affaires étrangères de Belgique, portait à son tour la santé du président de la République française.
- Debout, nous écoutions respectueusement la Brabançonne et la Marseillaise, saluées de frénétiques et enthousiastes applaudissements.
- M. Charles Legrand, président du Comité d’organisation de la Section française, fit un discours bref, mais éloquent et bien de circonstance.
- M. Pierre Marraud, commissaire général, puis M. Massé, puis encore M. Émile Dupont, président du Comité français, prirent successivement la parole. Ce fut un assaut littéraire par de formidables jouteurs tels que MM. Braun, le bourgmestre de Gand, et M. de Hemptinne, commissaire général belge, M. Hubert, ministre (nos invités), qui tinrent à nous remercier, dans le même style académique, qu’ils cultivent et possèdent, se servant adroitement des ressources innombrables dont dispose notre riche langage.
- A trois heures, les ovations terminées, nous nous levions de table pour regagner rapidement nos Classes pour l’inauguration.
- Cette importante formalité commença par un arrêt au salon d’honneur de la Section française, où M. Marraud recevait M. A. Massé, représentant le gouvernement de la République.
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- Ici encore, de bien jolis discours de nos grands maîtres; enfin M. le ministre déclare ouverte la Section française.
- Maintenant, le cortège officiel est formé et l’on va procéder à l’inauguration des Classes.
- Le ministre est entouré de nombreuses personnalités officielles donnant le caractère de haute importance qui s’impose.
- Au hasard, dans le cortège, nous apercevons M. le sénateur Émile Dupont, son secrétaire général M. Sandoz, M. Fighiera, le sympathique chef du cabinet du ministre, qui est un ami pour nous, connu de longue date, ses hautes fonctions au ministère du Commerce l’incitant à nous suivre dans toutes les expositions à l’étranger; M. Tirman, directeur du personnel de la Marine marchande et des transports au ministère du Commerce, qui vient d’être nommé commissaire général de l’Exposition de San-Francisco; M. Regard, le secrétaire général du commissariat français ; M. Charles Legrand et son comité d’organisation, dans lequel nous saluons MM. Gaston Roux, Arbel, Mermilliod, Vinant, Jean Faure, Auguste Guyot, etc.; M. Émile Cère, délégué du Comité; l’architecte en chef, M. Joseph de Montarnal, etc., etc.
- M. P, Marraud guide le ministre, puis aussi M. Charles Legrand et les présidents de Groupes et de Classes, parmi lesquels nous saluons les nôtres, MM. Donckèle, Doeuillet et Reverdot.
- Avant de nous quitter, M. le ministre Massé, profitant de sa visite au stand des Postes et Télégraphes, qui dépendait de son administration, eut la délicate pensée de nous associer tous dans l’envoi d’un télégramme exprimant notre profond respect à M. le président de la République, en ce jour de fête nationale sur un territoire étranger, mais ami.
- La réponse venue de l’Élysée démontra la satisfaction ressentie par le chef de l’État de cette marque spontanée d’enthousiasme et de respectueuse sympathie.
- A l’issue de cette cérémonie, M. Massé rejoignait son collègue M. Bérard, qui venait d’inaugurer la Section des Beaux-Arts, et le soir, les ministres et leur cortège officiel regagnaient Paris, heureux d’avoir constaté la place élevée et digne que la France allait encore tenir à Gand, au milieu de toutes les nations accourues pour collaborer au succès de la civilisation toujours en progrès.
- Ce résumé d’une belle journée à l’honneur de la France serait incomplet s’il ne relatait succinctement la vision des préparatifs de cette fête.
- Qui n’a pas vu de ses yeux, ne serait-ce que dans notre Classe, l’effervescence outrée de tous, ignore ce que l’on peut faire en quelques heures.
- Cette féerique transformation faisait penser aux changements à vue de notre scène réputée du Châtelet.
- Dès huit heures du matin, les exposants, avec leur président, en redingote, en habit ou en bras de chemise, balayaient, essuyaient, frottaient, ou bien
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- encore, comme notre ami dévoué le vice-président du Groupe, M. Reverdot, qui, marteau et ciseau en mains, ouvrait les dernières caisses, déballait les mannequins, les cires, adaptait un bras, une coiffure, reformait un pli froissé, une draperie, jetait un ordre, communiquait enfin son ardeur pour être prêt le premier.
- Et c’était, dans toutes les Classes, la même animation, la même fièvre, les mêmes soins apportés pour être prêt à l’arrivée du cortège officiel.
- Cette transformation rapide produisit l’effet désiré; M. le commissaire général lui-même ne put retenir un cri de surprise agréable en le constatant.
- Le ministre nous exprimait sa satisfaction et ses félicitations.
- Notre président, M. Dœuillet, radieux, nous rapportait les compliments ministériels qu’il avait reçus, disait-il, en notre nom.
- En résumé, l’impression première de nos organisateurs et du public select venu ce jour-là était excellente, dépassant les prévisions et toute à l’honneur des collaborateurs de notre Classe.
- Le roi Albert revint, selon sa promesse, par deux fois, faire l’honneur de sa visite à la Section française.
- La reine, malheureusement souffrante, ne put s’arrêter comme elle le souhaitait devant nos vitrines, sélections des modes parisiennes, présentant toujours un attrait nouveau pour sa judicieuse critique; le roi, lui-même, le regrettait, ayant constaté nos efforts, mais se jugeant moins apte à en apprécier la réelle valeur.
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- Commentaire sur révolution de la Mode pendant un demi-siècle
- Devant le caractère essentiellement artistique qui se dégage de la Classe 85, devant l’importance mondiale que représente l’industrie de cette Classe, si l’on considère que le goût parisien à lui seul actionne tous les marchés étrangers, qu’il en est le moteur par ses créations sans arrêt, on est tenté de faire un exposé rétrospectif de la mode, lequel pourrait avoir un certain intérêt.
- Le rapporteur a éprouvé ce désir, trouvant alléchant de puiser des documents dans les nombreux éléments que contient notre histoire du costume.
- Il devait pourtant hésiter, dans la crainte de grossir ce volume démesurément, car mettre un pied sur ce domaine pouvait l’entraîner loin ; les descriptions, en effet, exigent des tableaux comparatifs, des reproductions de gravures à l’infini, même si l’on restreint ce travail à la marche, échevelée déjà, de la mode pendant le siècle écoulé. Car ce siècle s’enchaîne avec les précédents.
- Les couturiers, en effet, pour leurs créations, s’inspirent des siècles passés, ils se procurent des éléments aux sources les plus sérieuses : dans nos musées, nos bibliothèques, si richement pourvus dans ce genre.
- Tous ceux qui s’occupent avec passion de l’art du costume possèdent les superbes volumes de Racinet (Histoire du Costume historique des peuples), ceux aussi des frères Pauquet, de Quicherat, etc.
- De tous temps, et principalement depuis 1830, les illustrations, les publications du théâtre et de l’élégance à la ville, nous fournissent de précieux renseignements.
- Là aussi, dans le costume, tout se tient, il y a une progression normale et toutes les tentatives sont la conséquence d’une ambiance, d’un besoin; il y a corrélation entre les faits journaliers d’une époque et les recherches imposées dans sa production, mais ceci ne s’explique et ne se comprend qu’en suivant d’un bout à l’autre l’évolution sociale des mœurs d’un peuple.
- Ce n’est donc plus un volume qu’il faudrait pour détailler la genèse du costume, mais une bibliothèque entière à créer, car ceci devient d’un haut intérêt, c’est de l’histoire.
- Le rapporteur s’excuse de ne pas résister à la tentation de faire une simple sélection dans une période de cinquante ans et de rappeler par quelques dessins les transformations passionnantes, par leur diversité, du costume sous 1 Empire et la troisième République jusqu’à 1913.
- Pour entrer dans cet ordre d’idées, le rapporteur a cru devoir esquisser lui-même une robe par période décennale depuis 1860. Il donne ainsi des
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- copies de modèles exécutés à ces différentes époques par les couturiers en vogue qui étaient représentés seulement par une dizaine de maisons.
- Par la comparaison de ces figurines on se rendra compte du trajet parcouru dans cet art complexe de la toilette féminine. On y constatera surtout le changement des lignes qui transforme l’allure, de même que la disposition particulière à chaque étape de l’ampleur des tissus employés, laquelle change de place, allant de la crinoline au fourreau, des manches à gigot aux manches complètement plates, des tailles pincées à celles perdues dans un flou harmonieux, des jupes larges à l’excès au rétrécissement exagéré qui dévoile, par une fente adroitement étudiée, l’attache fine de la jambe, la cambrure du pied mignon des Parisiennes dernier cri.
- La robe actuelle est esthétique bien qu’entravée ; par la souplesse de la silhouette, elle nécessite le vague du corsage et amène une toute autre compréhension du corset, qui descend, diminue, devient ceinture, avant de disparaître.
- Ces modifications sensibles (la robe se faisant de préférence courte) entraînent aussi une perturbation heureuse dans la chaussure qui devient de plus en plus élégante, riche, fantaisiste ; les souliers à cothurnes sont en faveur, on les fait aussi assortis aux robes.
- L’étroitesse des jupes devait amener fatalement la suppression des jupons remplacés par des maillots ou fines combinaisons, conservant dans la ligne flexible la souplesse d’ondulations harmonieuses.
- En résumé, c’est une révolution faite pour affoler nos grand’mères, qui s’entouraient il y a trente ans encore d’amas de soies choisies très épaisses pour qu’elles se tiennent debout, tandis qu’aujourd’hui les tissus se réduisent à la plus simple expression et sont fabriqués avec des matières légères et souples pour le plus grand bien de nos voilages et de nos draperies à l’antique.
- Nos élégantes modernes n’ont rien à envier aux fameuses coquettes de la première République et du premier Empire ; les Tallien, les Récamier se voilaient très légèrement; les robes aujourd’hui peuvent varier comme coupe mais n’emploient pas plus d’étoffe.
- Il est regrettable que chez l’homme l’évolution dans ses atours suive d’aussi loin celle de la femme. La coupe s’est peu transformée. Si les retours intermittents de tous les styles se manifestent dans la couture, il n’en est pas de même pour l’homme ; depuis vingt ans nous stationnons ! A part quelques tentatives dans les teintes, la coupe des revers, nous en restons toujours à l’habit triste et peu avantageux. Nous attendons qu’un Pétrone nouveau se révèle, pour oser une exhibition sensationnelle, adéquate, dite d’élégance, et nous l’imposer. C’est le rêve de nos grands tailleurs du luxe masculin.
- Il est indéniable qu’il incombe à la femme, par sa grâce, une fonction à laquelle elle doit se soumettre, sous peine de déchoir de sa réputation, de son prestige : c’est de se maintenir, à toute heure du jour, dans une ambiance d’élégance séductrice.
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- CLASSE 85
- Aujourd’hui, le protocole de la toilette agonise, il se meurt ! Sous certains régimes, toujours chaque robe symbolisait une circonstance, une heure, une fête, la vie enfin de la haute société.
- Les admonestations des arbitres souverains vous y astreignaient, on ne pouvait s’en écarter.
- De nos jours, dans une même réunion les toilettes de formes les plus incohérentes pour le lieu s’y heurtent; on rencontre souvent, avec des robes d’après-midi, des tailleurs impeccables, des costumes de sport avec des robes décolletées. Ce sans-gêne, cette indifférence protocolaire est bien regrettable. Il fausse le goût, est préjudiciable à la correction, au bon ton, et par cela même à l’art et au commerce ; il dénature totalement l’objet d’une réunion et nuit à l’ensemble captivant qui doit toujours dominer quand l’élément féminin est appelé à se produire.
- Cet état de choses semble être une bizarre anomalie, car il est avéré que toute mondaine, à la réception d’une invitation pour se rendre à une soirée, à une répétition générale, à un mariage, à une exposition, se demande de suite : « Quelle robe vais-je mettre ? » Et, après inventaire de ce qu’elle possède, elle convient que rien n’est de circonstance et qu’il faut vite en faire exécuter une spéciale, avec indication précise du but et tenant compte de la tenue des bonnes amies qu’elle risque de rencontrer. Cette simple mais judicieuse constatation prouve que si les femmes ne sont plus soumises à l’ancien protocole obligatoire des cours, elles n’échappent pas à la nécessité de certaines conventions protocolaires qui ont leur charme puisqu’elles engendrent d’abord la préoccupation bien féminine de s’occuper de parures nouvellement créées.
- La toilette de la femme ne peut être laissée au hasard, il faut que le couturier, pour concevoir avec adresse une robe, s’inspire de sa destination. Elle doit varier comme coupe, tissus, garnitures, selon les circonstances, et elles sont nombreuses, les obligations mondaines !
- Visites officielles, amicales, familiales. Réceptions, galas, théâtres, restaurant, séances de musique, cérémonies religieuses, mariages, enterrements, sermons, vente de charité, promenades, courses, voyages à la mer, villes d’eau, montagnes, sport, que sais-je encore !
- On peut juger déjà par cette imposante nomenclature, bien qu’incomplète, des efforts formidables que nécessitent les compositions toujours nouvelles qui doivent sortir du cerveau chercheur de l’artiste appelé à réaliser des toilettes dans chacune de ces occasions, pour ne pas habiller les femmes de même façon ! Quelles prédispositions imaginatives faut-il pour pouvoir juger, décider instantanément des formes et des couleurs appropriées à mettre en valeur l’allure spéciale de la belle prêtresse qui va se parer de l’une de ces conceptions! Le couturier est obligé d’avoir une certaine connaissance des styles, de posséder le don des coloris et aussi des lignes. C’est, il faut l’avouer, par un entraînement sans trêve qu’il peut arriver à acquérir ces qualités.
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- CLASSE 85
- Souvent aussi, les remarques, les objections de ses clientes qui vivent dans une atmosphère de goût sont pour lui un puissant appui, car elles sont femmes avant tout, donc très coquettes, et ont étudié devant leur miroir les tons qui les avantagent, les lignes et les draperies qui les grandissent ou les amincissent. Heureusement que ce concours efficace se produit encore, car ces pauvres novateurs à outrance auraient vite besoin de douches, avec un tel surmenage.
- L’art, en résumé, doit être satisfait; toutes les variétés de nos conceptions, si elles méritent d’être appréciées, le doivent à leurs qualités artistiques.
- I La coquetterie féminine en est la cause, elle nous suggère la mode de demain, en nous invitant à tenir compte des besoins nouveaux, du bien-être, de la vie sociale, qui est soumise à d’étranges et rapides changements.
- Il faut tous les jours du plus séduisant, de l’inconnu ; c’est la troublante difficulté de l’inspiration hâtive !
- Autre difficulté, aujourd’hui de notre siècle : la femme n’a plus d’âge, elle est toujours jeune !
- On ne veut pas se décider à changer; du reste, les artifices multiples inventés voilent la marque des années.
- La femme du XXe siècle est surprenante d’habileté et d’imagination; elle sait vieillir sans le faire voir. Elle ne veut pas non plus s’en apercevoir. Elle nous offre la vision d’une jeunesse prolongée à l’infini jusqu’à ce qu’elle consente, enfin, du jour au lendemain, d’un seul coup, à revêtir l’allure d’une coquette douairière, ce qui est exquis, nous surprend et nous charme; aussi oublie-t-on maintenant de créer des modèles pour vieilles dames.
- C’est la mode, la mode seule, vraie fontaine de Jouvence, qui produit ce miracle!
- En fouillant le passé, elle lui emprunte la grâce, le charme, les lignes, les draperies somptueuses de l’antique d’abord, des XIVe, XVe et XVIe siècles, puis, du XVIIIe aussi, pour réaliser les rêves du XXe.
- La toilette féminine devient alors raffinée à l’excès, elle synthétise les évolutions qui se déroulent avec une rapidité vertigineuse à nos yeux éblouis, dans ce Paris unique au monde par son goût et sa force procréatrice dans le luxe.
- Aussi saluons avec admiration notre compagne, la Femme française, la Parisienne, qui est pour nous la constante évocation de la délicatesse et de la beauté et restera éternellement l’idéale inspiratrice des cerveaux créateurs dans le domaine de l’Art, le plus merveilleux attrait de la vie.
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA
- COUTURE
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- DESCRIPTION D’ENSEMBLE DE LA CLASSE 85
- FRANÇAISE
- SA SURFACE, SON ACCÈS, SA DÉCORATION, SES SUBDIVISIONS
- La Classe 85 occupait 1 250 mètres carrés dont 450 étaient réservés au salon de la haute couture parisienne.
- 800 mètres étaient occupés par les grands magasins de nouveautés, dans la spécialité concernant le but de la Classe ; par nos tailleurs de luxe et nos grosses maisons de confections pour hommes, dames et enfants.
- Comme on en jugera par le plan général annexé, la Classe 85 était placée et entourée avec logique et discernement.
- Le Comité d’organisation de la Section française avait tenu compte de notre importance et de l’attrait de nos produits sur les foules, et surtout, de la clientèle féminine formant la majeure partie des visiteurs, et qui (il faut le reconnaître) consacre le succès, le proclame avec véhémence ou l’annihile selon sa fantaisie.
- Très proches du salon d’honneur, sont d’abord les Classes réunissant les arts du mobilier, du bronze, de la tapisserie, de la musique, de la bijouterie et de l’ameublement.
- Le dispositif de ces belles industries donnait la sensation d’entrer dans un charmant hôtel particulier, de traverser son hall, ses salons luxueux avant d’être présenté à la belle maîtresse de maison.
- Nous admirons, en passant, notre importante voisine la Classe 86, qui par ses jolis dioramas, nous fait évoquer une très belle galerie de tableaux. C’est une succession de reproductions de toiles des maîtres du XVIIIe, entre autres, le portrait de Mme Molé par Mme Vigée-Lebrun, d’une exactitude rigoureuse; la lumière et le cadre donnent une note saisissante de vérité. Notre ami, M. Guyot ( du Comité d’organisation), fit aussi un petit chef-d’œuvre, son tableau (reproduction d’un atelier de plumes au XVIIIe) est d’un joli effet bien rétrospectif, l’attention y est retenue par de pimpants costumes du temps, signés Paquin.
- Enfin, on approche du boudoir de madame! On va la voir, l’étudier, la critiquer...
- La voici, c’est elle !... non, pas encore ! mais nous sommes dans ses appartements particuliers, c’est la Classe 85 !
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- UPE XIII B.
- CLASSE 85
- Elle va nous apparaître, bientôt, trônant dans sa grâce altière au milieu de tout ce qu’elle aime, de ce qui la pare et dont elle tire avantage, c’est à-dire les accessoires de la robe : la dentelle, les fourrures, les plumes, les broderies, les soieries. Tous ces détails précieux encadrent d’une harmonie parfaite nos stands, qui, eux aussi, préparent à l’admiration du superbe salon carré où se prélasse la divine créature... pardon... la divine... couture !
- C’est ici le lieu de toutes les audaces de la mode du jour. Elle se complaît au milieu de toutes ces industries sœurs où le luxe dans l’art est la dominante.
- Viennent alors, sous nos yeux émerveillés, les panoramas superbes de nos magasins de nouveauté, les importantes vitrines des maisons de confections en gros qui prouvent que le soin apporté à embellir la tournure des hommes n’est pas négligé, qu’il prend une grande extension. C’est bien notre tour d’être élégants ! d’abord il faut être coquets pour accompagner ces dames et leur faire honneur.
- Nos tailleurs réputés, eux aussi, nous y engagent, ils sont là très à leur place. Leurs fameux diplomates en grand uniforme ou en tenue de gala forment une haie princière à la porte du salon de madame.
- Comme on en juge, ce fut un groupement heureux de tout ce qui rappelle la vie moderne de la Parisienne, dans des décors élégants, somptueux, où les meubles de style, les bijoux rares, jusqu’aux nombreux détails liés à la couture formaient un attrait précieux pour un public spécial, de goût délicat, venant voir, contempler, critiquer, convoiter à plaisir, dans un même palais, les productions enchanteresses surgissant de ce Paris qui impose comme loi au monde sa fantaisie inépuisable.
- Il faut louer le président et son bureau d’avoir si bien compris cette installation où l’intérêt pour le visiteur était progressif et par cela même, sans fatigue.
- En effet, ce critérium de l’art sous toutes ses formes était édifié près de l’entrée principale, entouré de larges avenues fleuries, d’accès facile et agréable, par des belles voies tapissées où des sièges de repos étaient ménagés.
- Semblables dispositions et précautions prises attiraient naturellement un public épris d’art vers la Classe 85, notre œuvre, dont nous pouvons être orgueilleux, car elle fut très brillante, d’un avis unanime, pour le succès de la Section française d’abord et de ses collaborateurs en particulier.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE GAND 1913
- CLASSE 85
- COUTURE
- Section Française
- GORSE
- TOURAILl L
- HARRISSON
- HALIMBOURG
- Bureau
- DURY
- Classe 52
- Classe C6
- GALERIES
- KRIEGCK
- LOUVRE
- LAFAYETTE
- MARCHE
- PRINTEMPS
- BOGLER
- CARETTE
- A.SALOMON
- BRAILLON
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- GROUPE XIII R.
- CLASSE 85
- VISITE DE LA CLASSE 85
- Ces industries comprennent toute la confection et la couture pour femmes, hommes et enfants.
- La Classe 85 se décompose donc comme il suit :
- i° La confection en gros : hommes, femmes et enfants.
- 20 Les magasins de nouveautés (dans leurs rayons de couture et confection) .
- 3° Les tailleurs de luxe pour hommes.
- 40 La haute couture (les couturiers parisiens).
- La plus élémentaire courtoisie nous incite à donner à la couture la priorité dans l’étude de ce groupement, puisque c’est l’industrie spéciale de la femme, qui n’existe que pour elle et par elle.
- LA HAUTE COUTURE
- LE SALON DE SA COLLECTIVITÉ! — Dans ce salon baigné d’une douce lumière tamisée, c’est de l’art le plus raffiné une exquise vision ! pas fugitive, celle-ci! car elle se complaît dans cette atmosphère, elle en a pris possession, et tout visiteur s’en approchant s’y attarde avec complaisance, en étant imprégné.
- C’est le palais de la séduisante Parisienne, du charme fait femme, dans son originalité séductrice, dans sa grâce évocatrice et captivante, où l’air qu’on respire est parfumé. On y parle bas et l’on se sent envelopper, en y pénétrant, d’une ambiance de sensibilité, de rêverie idéale, vous conduisant insensiblement à l’extase.
- C’est la haute Couture !
- Ici, dans ce sanctuaire de la beauté, tous les dons exquis et gracieux que dégage la femme s’exaltent l’un par l’autre en une prenante et troublante unité.
- La décoration même des scènes animées attire l’attention, car elle dépasse la perfection.
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- i. Collectivité de la Couture parisienne.
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- 52 GROUPE XIII B. — CLASSE 85
- Pour faire œuvre consciencieuse de rapporteur, il faut mentionner l’artiste admirable qui composa avec tant d’habileté les superbes toiles de fond et les effets de lumière qui mettent en relief nos robes, souvent de coupes originales, mais toujours appropriées à la circonstance et à l’endroit choisi où semblent évoluer ces jolies femmes, en cire, hélas !
- Voici d’abord une galerie merveilleuse, précédée d’un perron royal au premier plan, laissant s’enfuir en un lointain de brume les arbres séculaires dans le bleu violacé de l’infini. On se croirait dans un parc réputé de Maisons-Laffitte, à une fête élégante où l’aristocratie parisienne est conviée.
- Les créations des Callot, des Redfern, des Paquin, des Reveidot, Lafer-rière, Beer, Margaine-Lacroix, que sais-je encore, s’y coudoient et font fort belle figure.
- En face, une reconstitution de l’hôtel Soubise. Dans ce cadre se trouvent à l’aise nos robes de style.
- On y admire et l’on reconnaît la note personnelle qui caractérise les Ché-ruit, les Lanvin, Martial Armand; on y retrouve Reverdot, Laferrière, Per-doux, Bernard, Robert, etc.
- Plus loin on peut à peine pénétrer sur la terrasse d’un riche restaurant mondain d’une côte d’Azur ou d’Émeraude, il n’y a plus de place, toute l’élégance parisienne y est déjà réunie.
- Que de robes fastueuses, que l’on dit très habillées ! Probablement la loi des contrastes, car elles le sont bien peu ! mais ce peu est si à sa place, si bien disposé, qu’il prend de l’importance sur ces jolies deesses aux lignes agréables et pures !
- Le public, qui contemple, s’intéresse fort aux auteurs qui signent : Dœuil-xet, Worth, Detrois, Buzenet, Jenny, Cauët, Martial-Armand, Robert, Rondeau-Legrand, Beer.
- Le merveilleux aussi a une fin ! Alors nous défilons devant la quatrième et dernière scène. Un hall superbe, au loin un parc, le lac reflétant de hautes futaies dans un clair de lune poétique. Le thé est servi, ces dames arrivent en parfaits tailleurs de soie ou lainage. Certaines, déjà parées pour un fin dîner, font admirer ce qu’elles vont lancer, c’est la mode de demain !
- Les coupables de ces diversités, certaines amusantes, énigmatiques, d’autres pratiques et correctes, sont encore Worth, Dœuillet, Buzenet, Jenny, Detrois, Perdoux, etc.
- En résumé, l’ensemble de ces compositions bien personnelles, bien parisiennes, a laissé une impression très flatteuse pour la couture qui était représentée ici par une sélection des maisons de Paris les plus réputées.
- Encore merci au talentueux et sympathique artiste Fournery, de réputation justifiée, l’auteur des jolis décors, et à son collaborateur, Raymond Deshayes.
- Merci aussi et félicitations à M. P. Imans qui s’inspire des tableaux du
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- | GROUPE XIII B.
- CLASSE 85
- Louvre pour modeler ses cires superbes, lesquelles se rapprochent toujours plus de la vérité.
- N’oublions pas de complimenter un plus jeune maître dans cet art, qui est en progrès, s’ingéniant à donner l’ondulation, la souplesse harmonieuse à des attitudes familières. Bravo pour M. Sestac qui opère avec Fournery déjà nommé.
- LA MAISON PAQUIN. — Un nouvel arrêt s’impose ! En effet, au centre de ce salon, de ce temple de goût, une autre importante vitrine, visible sur trois faces, remarquable par son originalité poussée et voulue. Son style athénien conserve la couleur, l’allure, l’ambiance du lieu même; les meubles, les coussins, les toilettes se tiennent dans des gammes cherchées, trouvées et réellement heureuses.
- On se presse pour y admirer de jolies petites femmes d’un demi-nu exquis; les robes qui les voilent sont de délicieuses draperies légères, évoquant des Thaïs modernes, portant à ravir de riches broderies retenant adroitement les tissus souples qui tomberaient en plis onduleux sans ces liens avisés.
- Tout ceci est nouveau, joli, savant même. C’est de la grande couture. N’insistons plus, trêve de commentaires, puisque cette tentative nouvelle, qui peut être inspirée autant de l’histoire antique que du théâtre moderne,est signée “Paquin”.
- Dans cette merveilleuse Couture, les auteurs de ces trouvailles délicates autant qu’harmonieuses, inspirées, il est vrai, par l’éternel charme féminin, ont le droit de s’enorgueillir du très vif succès obtenu grâce à leurs étourdissantes conceptions qui concourent toutes à un ensemble supérieur, d’un art incontestable, qui constitue une force qu’on nous jalouse, qu’on ne peut ni copier, ni égaler, ni surpasser.
- Ce fut, à Gand, un gros atout pour la gloire de la Section française.
- Voici la liste alphabétique des maisons parisiennes collaboratrices de la Collectivité de la Couture :
- BÉCHOFF-DAVID, 20, place Vendôme, Paris.
- BEER, 7, place Vendôme, Paris.
- BERNARD et Cie, 33, avenue de l’Opéra, Paris.
- BUZENET, 110, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- CALLOT Sœurs, 24, rue Taitbout, Paris.
- CAUET, 6, rue de la Paix, Paris.
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- 3. Collectivité de la Couture parisienne.
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- CLASSE 85
- CHÉRUIT, 21, place Vendôme, Paris.
- DETROIS, 43, rue du Bac, Paris.
- DŒUILLET, 18, place Vendôme, Paris.
- JENNY et Cie, i, rue Castiglione, Paris.
- LAFERRIÈRE, 28, rue Taitbout, Paris.
- LANVIN, 22, Faubourg-Saint-Honoré, Paris. MARDEL-ROBERT, 29, rue de la Boétie, Paris. MARGAINE-LACROIX, 19, boulevard Haussmann, Paris. MARTIAL et Cie, 10, place Vendôme, Paris.
- P AQUIN, 3, rue de la Paix, Paris.
- PERDOUX-BOUDEREAU et Cie, 40, rue Notre-Dame-des-Victoires, Paris.
- REDFERN, 242, rue de Rivoli, Paris.
- REVERDOT, 50, avenue des Champs-Élysées, Paris. ROBERT, 23, rue Louis-le-Grand, Paris. RONDEAU-LEGRAND, 6, avenue d’Antin, Paris.
- WORTH, 7, rue de la Paix, Paris.
- A part le caractère de futilité qui peut s’attacher aux yeux de certains hommes à l’exhibition de ces costumes féminins, il y avait pour les économistes avisés la manifestation d’une brillante industrie parisienne qui a en définitive une importance de premier ordre dans la vie des peuples civilisés. Si l’on conçoit alors, comme cela s’impose, que nous nous éloignons tous les jours des temps primitifs où l’homme et sa compagne vivaient simplement parés de peaux de bêtes, on sera forcé d’envisager les raisons sociales et philosophiques de l’art du costume et de ne plus apprécier ses productions comme des œuvres puériles ou des babioles coûteuses. Au point de vue social, le philosophe discernera que la coquetterie est une fonction vitale qui a sa grande valeur de nous faire vivre dans des attitudes de beauté, qui a le mérite d’un Stimulant constant contre la déchéance physique et qui répond en somme au sens inné qui tend à la perpétuation des races. Fort heureusement pour la généralité des individus, cette dissection utilitaire de l’art du costume n’a rien à voir avec le sentiment de satisfaire leur désir d’être bien vêtues.
- Au point de vue économique, ce philosophe, qui contemplait les jolis mannequins de cire parés des œuvres de nos grands couturiers, devait envisager encore les forces industrielles et commerciales qui sont mises en mouvement par les inventions de ces artistes.
- Les couturiers et tailleurs pour dames constituent en France avec tout leur
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- CLASSE S5
- personnel, employés et ouvrières, un organisme social d’un effectif de 750 000 personnes dont près de 300 000 travaillent à Paris et dans le département de la Seine. La confection pour dames et enfants, qui vit quelque peu apparentée avec cette haute industrie de luxe, compte de son côté en France un effectif producteur d’environ 16000 individus, dont moitié pour Paris. Il s’agit, dans ces conditions, non plus de babioles puériles que l’on puisse regarder d’un œil dédaigneux, mais d’une grande industrie française faisant vivre un nombre considérable de travailleurs dont les salaires atteignent pour le moins le chiffre formidable d’un milliard et demi de francs.
- C’est donc avec un certain respect que le visiteur averti pouvait regarder l’exposition des grandes maisons de la Couture française.
- LES TAILLEURS DE LUXE
- Par une exposition d’un ensemble parfait, très soignée dans le détail, les grands tailleurs pour hommes forçaient l’attention des visiteurs.
- Nous avions la preuve manifeste que cette autre grande industrie française est capable de soutenir victorieusement les plus dures critiques. La coupe impeccable, l’exécution parfaite, certifiaient les qualités de l’excellente main-d’œuvre française.
- On disait autrefois, qu’au point de vue de la perfection de la coupe des modèles, de leur création, l’industrie de la confection pour hommes en France dépendait des grands tailleurs de Londres, lesquels depuis longtemps donnaient le ton à l’art du tailleur dans le monde entier comme font les grands couturiers parisiens pour l’art de la couture.
- Nous nous élevons aujourd’hui contre ce jugement, et nous émettons des réserves sur la prédominance attribuée jadis aux tailleurs anglais.
- Il faut bien reconnaître que ce même goût incontestable qui nous fait les maîtres avérés dans l’art le plus difficile de la toilette féminine, peut inspirer les créations des tailleurs pour hommes et les guide dans la perfection qu’ils semblent bien du reste avoir acquise.
- Cette appréciation est plus qu’une opinion formulée à la légère, et l’on pourrait peut-être en avoir la preuve par des chiffres.
- C’est là encore une grande industrie française qui pourvoit aux besoins nationaux et alimente un chiffre d’exportation qui,sans atteindre celui de la couture féminine, n’en est pas moins très important, et s’accroît chaque année,, ce qui prouve son succès.
- La profession de tailleurs d’habits représente une corporation de 100 000 ouvriers en France dont environ 18 000 à Paris.
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- Les confectionneurs de vêtements tout faits donnent un effectif que l’on a évalué à 36 800 personnes dont 12 000 environ à Paris et dans le département de la Seine.
- Les salaires payés représentent environ 500 000 000 de francs par an.
- Malgré les mérites que l’on peut attribuer à la concurrence étrangère, les fournitures de cette industrie rivale comptent pour des valeurs de peu
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- d’importance et qui vont en diminution comme le montrent les chiffres ci-dessous :
- Importation en France des vêtements confectionnés pour hommes :
- ...................................... 3.676.000 francs
- 1912 ............................. 3-251.000 —
- 1913 ............................. 3.083.000
- Sur ces valeurs annuelles il faut compter plus de la moitié pour la provenance d’Angleterre.
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- Mais la valeur des exportations françaises des vêtements confectionnés pour hommes sont autrement importantes.
- Exportation des vêtements confectionnés pour hommes :
- 1911 ............................... 20.651.000 francs
- 1912 ............................. 26.206.000 —
- 1913 ............................... 24.165.000 —
- Le détail de ces chiffres est particulièrement suggestif en ce sens qu’ils montrent que notre concurrente, l’Angleterre, compte parmi nos meilleurs clients acheteurs de vêtements pour hommes ; elle en a importé, en 1913, pour environ 1 500 000 francs.
- La Belgique n’est pas une aussi bonne cliente, si l’on s’en réfère aux indications fournies par la douane française. Mais nous savons qu’il y a beaucoup plus en réalité que ce que la douane peut contrôler et que nombre de nos clients belges importent eux-mêmes sur leurs personnes, ou dans leurs malles ou valises, par conséquent sans dédouanement, des vêtements confectionnés à Paris.
- Les importations contrôlées de vêtements d’hommes en Belgique, c’est-à-dire les importations qui paient la douane assez considérable de 13 0/0 pour les vêtements en laine et de 15 0/0 pour les autres, se sont élevées en 1911 à une valeur de 1 403 373 francs.
- Sur cette valeur totale qui représente assez d’ailleurs la moyenne des années, les importations de vêtements d’hommes provenant d’Angleterre comptent pour plus de la moitié, avec une valeur de 803 000 francs, la France vient ensuite avec 276 533 francs de vêtements d’hommes importés et l’Allemagne en troisième rang avec une fourniture de 222 000 francs.
- On voit donc que la clientèle de Belgique donne sa préférence jusqu’à présent aux maisons anglaises, suivant en cela le courant de la réputation acquise et contre lequel il est difficile de remonter autrement que par des manifestations du genre de celle que les tailleurs parisiens ont faite en allant à l’Exposition de Gand.
- Peut-être se demandera-t-on pourquoi et comment les tailleurs de luxe sont arrivés à semblable perfection ?
- La logique donne la réponse :
- Ils n’auraient plus leur raison d’être, s’ils n’avaient considéré et compris rapidement que la confection se développait et deviendrait un danger pour eux, s’ils ne tentaient l’impossible en se surpassant.
- De ceci, nous assistons à de beaux efforts, dans la correction des lignes, dans la recherche des tissus de prix, dans l’impeccabilité de la main-d’œuvre, et alors ils restent à la tête de l’élégance masculine, dont ils sont plus que jamais les créateurs omnipotents.
- Cette volonté de faire merveilleusement s’est développée aussi par amour-
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE
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- propre national, dans les Expositions où ils entraient en lice avec les tailleurs réputés de certains pays voisins.
- Morale : « De l’émulation naît la perfection. » Ce qui nous force à constater toujours l’utilité des expositions pour affirmer le progrès.
- Les tailleurs de luxe ayant exposé sont :
- BOGLER, 39, boulevard des Capucines, Paris. CARETTE, 121, boulevard Haussmann, Paris. KRIEGCK, 23, rue Royale, Paris.
- VOISIN (J.), 144, boulevard Haussmann, Paris. HARRISON (Géo), 18, boulevard Montmartre, Paris.
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- LES CONFECTIONNEURS POUR HOMMES DAMES ET ENFANTS
- Derrière ces artistes créateurs qui ont droit aux plus grands éloges, les confectionneurs suivent de près, poussés d’ailleurs par les exigences de la consommation qui réclame d’eux une coupe de plus en plus soignée, une exécution plus finie et des garnitures plus riches. On peut donc constater des progrès rapides dans cette industrie des vêtements d’hommes qui a en France des centres de fabrication très importants, notamment à Paris, Lille, Nancy, Amiens, Marseille, Nîmes, Lyon, Toulouse, Angers, Tours, Limoges, Angou-lême, Roubaix.
- La confection pour dames et enfants est une autre industrie particulière-ment prospère en France.
- Elle emploie environ 18 ooo personnes, dont la moitié à Paris.
- Son chiffre d’affaires certainement très considérable se confond avec celui des couturiers et des grands tailleurs pour dames, dont nous avons vu plus haut l’importance.
- En résumé, la prospérité croissante de la grande confection est d’une heureuse influence sur les us et coutumes de la société moderne.
- Elle semble vouloir niveler les signes extérieurs qui désignaient autrefois les différences de situation.
- Depuis précisément que ces grandes manufactures répandent en province leurs belles productions à des prix remarquablement bas, le costume local, qui représentait une tradition, caractérisait une contrée, est appelé à disparaître.
- Tous les travailleurs, même ceux d’humble condition, se procurent un costume moderne ayant un rapport dans l’allure avec les snobs de nos grandes villes.
- La confection, par ses progrès, a fait œuvre sociale et démocratique utile, en inculquant une idée de respect humain, par une tenue correcte, qui donne l’illusion de la confusion des classes.
- De plus, cette petite coquetterie du travailleur l’entraîne aussi à modifier son langage, qui devient plus choisi, de meilleur ton, c’est le prestige de l’ambiance.
- En dehors de la question « affaires », il faut donc reconnaître que ce développement chez les peuples du désir d’une certaine recherche dans l’habillement évoque un relèvement du niveau moral, et la confection en gros ne se doute peut-être pas du rôle d’éducateur bienfaisant qu’elle joue dans l’évolution sociale du siècle, ce dont il faut la féliciter.
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- Les confectionneurs qui ont exposé à Gand sont les Maisons :
- SALOMON (Alexis), 38, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris.
- BESSAND, BIGORNE ( “ Belle Jardinière ”), 2, rue du Pont-Neuf, Paris. BRAILLON et Fils, 35, rue Berger, Paris.
- COUSTOU (G.), 29, boulevard Cambrai, Roubaix.
- COZETTE et PERDRIAU, Tours.
- DURY et Fils, 3, place des Victoires, Paris.
- HALIMBOURG-AKAR, .1, place des Victoires, Paris.
- GORSE (J.-J.), 57, rue Servient, Lyon.
- KAHN (P.), RODOLPHE et Cie, 130, rue Réaumur, Paris.
- COUTURIER (G.), à Féçamp (Seine-Inférieure).
- THIÉRY et SIGRAND, 81, boulevard Sébastopol, Paris.
- TOURAILLE, MEILLASSOUX et Cie, 39, rue Étienne-Marcel, Paris.
- LES GRANDS MAGASINS DE NOUVEAUTÉS
- Ils sont un nombre respectable à Paris et en province, on pourrait même les subdiviser.
- Ceux qui cependant ont exposé à Gand resteraient dans tout classement en haut de l’échelle, ce sont des Maisons de premier ordre par leur importance personnelle.
- Si nous nous reportons à un demi-siècle en arrière, nous verrons qu’à cette époque ces magasins se spécialisaient dans le détail des tissus et de la lingerie, laissant ainsi libre essor à quantité de petites industries qui formaient l’honorable moyen commerce.
- Aujourd’hui, la marche rapide des temps, l’évolution commerciale expliquent que ces Maisons détiennent d’innombrables spécialités d’articles dits de Paris. L’on avait pu croire que cet accaparement serait néfaste aux spécialistes, c’est du moins un reproche qui leur fut fait assez longtemps. Il semble aujourd’hui que ce soit une erreur.
- Le développement de l’activité mondiale, les progrès ingénieux, les inventions du siècle, le courage et l’énergie décuplés chez tous, petits et grands, cet ensemble, imprévu il y a cinquante ans, permet aujourd’hui de reconnaître que le soleil luit pour tous et inonde de ses rayons bienfaisants, non pas seulement ces quelques grosses maisons, par une projection particulière, mais aussi
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- toutes les industries parisiennes, du luxe et de la fantaisie, qui se révèlent et s’imposent selon les besoins nouveaux.
- Si l’on peut admettre que certaines touchent au summum de l’apogée, rien n’empêchera d’assister à l’ascendance progressive de toutes ces nouvelles affaires très différentes des grands magasins, par leur clientèle attitrée d’une classe très spéciale, par leurs produits particuliers, et de toute autre essence.
- En résumé, il faut loyalement reconnaître que ces vastes magasins sont des exemples de persévérance, de ténacité remarquable dans l’effort, d’ordre parfait, de compréhension élevée de la direction et d’audace dans l’entreprise, avec un système de ventes très particulier, d’expositions tentantes, de prix alléchants, d’occasions séductrices, et même de crédit, qui affolent la clientèle féminine et la mettent toujours en présence de véritables aubaines dont il faut profiter immédiatement si l’on est une femme économe et prévoyante.
- La règle directrice de ces grands magasins est de mettre à portée de la clientèle qui entre chez eux tous les objets les plus divers, afin que cette clientèle soit non seulement tentée de faire des dépenses, mais ne puisse aller faire d’autres dépenses ailleurs. C’est ainsi que certains de ces grands magasins de nouveautés arrivent à joindre à leurs ventes des salons de repos, où l’on y peut prendre le thé et faire sa correspondance.
- UNE DÉDUCTION TIRÉE DE LA PLACE IMPORTANTE DE LA FRANCE DANS LE MONDE
- Le résultat de notre effort à Gand fut de justifier la place prédominante acquise dans les Expositions antérieures par l’industrie française des vêtements et de la couture.
- Notre situation d’une prépondérance précise donne motif à envisager l’avenir, et à redoubler de vigilance en prenant les précautions indispensables pour rester au sommet atteint.
- Il est plus difficile de toujours planer que d’ascensionner progressivement.
- Une fois à une hauteur déterminée, il faut pour s’y maintenir non seulement de puissants points d’appui, mais une sûreté peu commune du gouvernail.
- La conclusion en découle d’elle-même : ne pas nous endormir sur nos lauriers ! Nous rappeler que, plus on est haut, plus la descente est rapide.
- Ce souvenir constant assurera la marche régulière du moteur merveilleux qui nous fait agir.
- C’est à la réalisation de nos conceptions, qui ne restent jamais à l’état de rêve, que nous devons nos succès. Une part en revient à nos coopérateurs,
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- à notre personnel ; chacun dans sa sphère y contribue par son dévouement, son intelligence, ses dons précieux d’exécution.
- Il faut donc que les chefs d’industries songent à s’assurer, toujours plus intime, cette collaboration étroite qui sert à imprégner l’esprit du monde de la supériorité incontestée de la France.
- Les industries de la Classe 85 l’ont compris et depuis longtemps déjà ont amélioré sensiblement le sort de leur personnel par des institutions étudiées pius loin et auxquelles il faut applaudir.
- POINTS DE VUE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SUR LES MAISONS
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- Les exposants, par le fait même de leur présence, prouvent qu’ils ne craignent pas de se livrer en pâture aux dents aiguisées de dame critique. En France, nous sommes débonnaires, mais, conscients de notre force, nous mettons en pratique des proverbes de bon sens avéré, comme ceux-ci :
- « Bien faire et laisser dire », ou bien encore : « On ne critique que ce qui est bien », « On a souvent besoin de plus petit que soi. »
- Ces axiomes, souvent médités, nous prédisposent à affronter les jugements les plus durs avec une parfaite sérénité.
- En conséquence, le Rapporteur n’hésitera pas à dévoiler quelques secrets touchant les importantes Maisons de la Classe 85.
- Il exposera aussi leur façon très heureuse de comprendre le socialisme en stimulant l’attachement de ceux qui les aident dans la réalisation de l’effort journalier.
- En dehors de la question primordiale qui intéresse chaque Maison, son chef est pris par quantité d’occupations qui gravitent autour de ses affaires.
- Tout d’abord, la chose publique lui prend un temps précieux.
- Tous les chefs d’industries et de maisons de commerce sont retenus par les Chambres de Commerce, les Chambres syndicales, expertises, arbitrages, écoles professionnelles, comités d’apprentissage, de prévoyance, etc., etc...
- En plus des services rendus à la société, ils veulent aussi rendre service à ceux qui les entourent et qui sont à la peine, ils veulent que dans la prospérité une part leur soit réservée.
- Les employés et ouvriers sont à l’abri des coups du destin par suite des mesures larges, en vigueur dans ces Maisons, ce qui répond aujourd’hui à ce beau et grand mouvement national de mutualité et de prévoyance sociale.
- ^ Nous avons donc devancé le gouvernement dans l’accomplissement de cette haute pensée « d’aider et de soutenir les faibles ».
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- Et le fait est possible à contrôler dans presque toutes nos industries, l’initiative patronale donne depuis longtemps des preuves palpables d’intérêt à son personnel.
- Souvent même on reste stupéfié et impressionné par les chiffres imposants que donnent les statistiques indiquant des prélèvements énormes sur les bénéfices. Il faut admirer la noble pensée des précurseurs de ces fondations intéressantes, les Boucicaut, les Hériot, etc., qui firent école et que tous les chefs de Maisons suivent dans ce bel élan de générosité et de justice.
- Cet exemple est suivi par tous, grands et petits industriels, même dans des centres modestes, proportionnellement à leur importance; chacun, sous sa responsabilité, s’inspirant des besoins particuliers de son entourage, opère dans le même but d’humanité.
- Chez certains, c’est une participation aux bénéfices ; chez d’autres, des caisses de Secours, des retraites, etc. ; chez tous, des secours immédiats pour maladies, couches, accidents ; chez d’autres encore, ce sont les situations qui sont élevées, l’intérêt sur les ventes mis à un taux important, différents autres intérêts accordés sur l’augmentation des affaires de l’employé et de la maison.
- Pour les ouvriers, il existe des participations identiques, chômage supprimé, élévation progressive des prix de façon qui atteignent comme dans la haute couture des tarifs inconnus jusqu’ici.
- Bref, des principes larges de bienfaisance sont appliqués selon les besoins, le milieu et les circonstances, ce qui est un appoint sérieux pour rapprocher dans des rapports amiables le travail et le capital qui doivent être liés étroitement pour le bien commun.
- QUELQUES INDISCRÉTIONS SUR LES MAISONS DE NOUVEAUTÉS
- Nous avons démontré plus haut l’énorme importance, au point de vue «affaires», de ces maisons; nous ajouterons, pour nous résumer sur ce point, qu’elles sont aujourd’hui un des reflets de la puissance économique nationale.
- Il reste maintenant à montrer leur bienveillance pour le personnel.
- En effet, la participation des collaborateurs et des coopérateurs, dans les résultats heureux d’une entreprise quelconque, semble à l’étude dans les sphères gouvernementales, elle passionne dans notre siècle et c’est justice.
- La Classe 85 dans toutes ses branches comprend depuis longtemps cette nécessité et félicitons entre autres les magasins qui la mettent en action avec largesse, comme le démontrent les détails ci-dessous.
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- LE “BON MARCHE”
- La Maison du “Bon Marché” qui a obtenu les plus hautes récompenses dans toutes les Expositions internationales, classée hors concours comme membre du Jury, dans certaines, apportait à Gand un concours particulièrement brillant.
- Sa jolie vitrine était une reproduction intéressante d’une scène de la vie moderne, genre de diorama animé par quantité de toilettes présentées sur des mannequins en cire d’attitudes et d’allures bien parisiennes.
- Il serait trop long de décrire le “Bon Marché” et les rouages superbes
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- de son administration, dont tous les services sont ordonnancés de magistrale façon. i
- Il faut se contenter de rappeler que c’est l’institution type de ces magasins, le plus ancien aussi et celui qui englobe les plus grosses affaires.
- Le “Bon Marché” ne fut à l’origine qu’un modeste magasin de mercerie et nouveautés. En 1853, M. Boucicaut en prit la direction, il le développa et lui donna la puissante organisation que nous connaissons.
- Après son décès, Mme Boucicaut lui succéda et se mit à la tête des affaires ; elle s’associa, en 1880, un certain nombre d’employés et constitua alors une société qui s’est ensuite convertie en une commandite par actions dont la raison sociale est actuellement “Caslot, Dru, Chambeau et Cie”.
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- Le capital social est divisé en actions, toutes entre les mains d’employés ou d’anciens employés qui se trouvent ainsi propriétaires de l’établissement.
- Les employés participent aux bénéfices, suivant la situation hiérarchique qu’ils occupent dans la maison, par un intérêt direct sur les bénéfices et par des caisses de prévoyance, de retraites et de secours.
- Toutes ces institutions sont alimentées exclusivement par des prélèvements sur les bénéfices, les employés ni les ouvriers n’ayant à faire aucun versement ni à subir aucune retenue.
- PRÉVOYANCE BOUCICAUT. — Fondée en 1876 par MM. A. Boucicaut et fils, continuée par ses successeurs, elle est destinée à constituer un capital à l’employé lors de son départ de la maison ou une dot aux jeunes filles. En cas de décès le capital profite à la famille.
- CAISSE DE RETRAITES DES EMPLOYÉS DU “BON MARCHÉ”.— Fondée en 1886 par Mme Boucicaut en faveur des employés non intéressés, alimentée par le produit des libéralités de la fondation.
- Des secours exceptionnels sont accordés aux employés, aux veuves et aux orphelins mineurs des employés décédés.
- CAISSE DE SECOURS ET DE RETRAITES. — Fondée en 1892 en faveur des ouvriers et ouvrières reconnus dans le besoin. Cette caisse est alimentée par les dons des actionnaires et par un prélèvement annuel sur les bénéfices.
- FONDATION FILLOT (ancien gérant). — Œuvre des veuves, des orphelins et des familles nombreuses.
- Cette oeuvre, qui porte le nom de son fondateur et qui a été constituée au moyen de dons, a pour but de venir en aide :
- i° Aux veuves et aux enfants des employés et ouvriers ;
- 20 Aux familles comprenant trois enfants.
- Pour aider les veuves à élever leurs enfants jusqu’à leur seizième année, la fondation Fillot leur accorde des allocations ou des secours mensuels.
- ÉPARGNE. COMPTES COURANTS. — La Maison reçoit les dépôts des employés à 5 % l’an.
- COURS GRATUITS. — Des cours gratuits ont été institués au profit des employés: musique vocale et instrumentale, escrime, langues anglaise et espagnole, espéranto.
- Les élèves les plus méritants sont envoyés à l’étranger aux frais de la Maison.
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- Ainsi, pour continuer les traditions léguées par les inoubliables fondateurs de la Maison et assurer le fonctionnement normal des institutions nouvelles, la Société actuelle prélève chaque année une grosse part sur ses bénéfices.
- Tout ceci prouve que la direction vise à améliorer sans cesse les conditions de son personnel qui forme une armée par le nombre, ce qui semble être la solution rêvée du problème social posé un peu partout aujourd’hui.
- Félicitons le “Bon Marché” pour les résultats obtenus, et en particulier la nouvelle direction ayant à sa tête le vigilant M. Caslot, qui était à Gand un des vice-présidents du Groupe XIII-B et membre du Jury de la Classe 85.
- LES “MAGASINS DU LOUVRE”
- Le “Louvre” fut fondé en 1855 par MM. Chauchard et Hériot, aidés des capitaux de MM. Pereire frères.
- Ce qui vient d’être dit pour le “Bon Marché” pourrait s’étendre, se généraliser pour les grands magasins de nouveautés en général et le “Louvre” en particulier, qui opère depuis sa fondation dans le même sens que son aîné, tant au point de vue de la marche croissante de ses affaires importantes que dans les procédés de direction.
- Les grands magasins du “Louvre”, qui ont collaboré à toutes les expositions internationales, y ont remporté les plus hautes récompenses.
- Cette fois encore, à Gand, leur vitrine fut très remarquée pour le goût parfait qui présidait à la disposition heureuse apportée dans la présentation impeccable de leurs productions.
- Le “Louvre” fut mis hors concours sur sa demande. Cette maison, qui a sans cesse augmenté, a dû s’agrandir plusieurs fois, en reculant d’abord l’hôtel de l’autre côté de la place du Palais-Royal, et dernièrement encore en faisant de nouvelles annexes.
- Au point de vue social, il faut admirer aussi ses institutions patronales.
- En effet, la direction du “Louvre”, convaincue que la prospérité de ses affaires est liée au bien-être de ses employés et soucieuse de remplir les devoirs sociaux qui lui incombent, a pris depuis longtemps des mesures pour améliorer le sort de tous ceux qui lui ont consacré leur activité.
- Parmi celles-ci, les unes sont des institutions de prévoyance ou d’assistance, destinées à mettre le plus possible à l’abri de la gêne l’employé privé de travail par l’âge ou la maladie.
- Les autres ont pour but de développer l’esprit de famille et d’encourager l’épargne.
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- Au premier rang, par l’importance de ses budgets et le nombre d’employés qui en bénéficient, il faut placer la réserve de prévoyance, constitué en 1880 par Chauchard et Cie.
- Des statuts intelligents ont été étudiés pour en rendre pratique la participation. De nouvelles dispositions y furent ajoutées en 1898 et 1904, toujours pour l’amélioration.
- La direction créait ensuite des secours, rentes viagères pour employés entrés tardivement à la Maison ou déjà âgés à la fondation de la réserve de prévoyance.
- LES RENTES HÉRIOT. — Mme Hériot faisait un don, en 1900, pour que le revenu soit affecté à 35 anciennes vendeuses.
- En 1913, la même bienfaitrice étendait sa gracieuseté à 6 nouvelles vendeuses, ce qui porte à 41 le nombre de rentes annuelles, sur cette donation.
- En 1909, M. Chaucharct, à sa mort, laisse une somme répartie proportionnellement à l’ancienneté des employés présents.
- La même année Mme Boursin faisait également un don important.
- En 1913, nouveau don au sanatorium de Bligny.
- En 1876, une caisse de secours mutuels fut créée; dès 1900, cette caisse devient une libéralité gratuite, la société prenant à sa charge le paiement des cotisations.
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- ASSISTANCE MÉDICALE. — Caisse créée en 1891 pour distribution de secours immédiats.
- Un sanatorium à Tournon, où 50 employés vont chaque année faire un séjour. Comme partout, secours aux femmes en couches.
- Le “Louvre” reçoit aussi l’épargne de son personnel, à 4%, etc., etc.
- En résumé, la Société des grands magasins du Louvre est consciente de sa responsabilité morale envers son nombreux personnel. Elle ne néglige rien du reste pour continuer et accroître ses belles institutions, qui répondent aux idées mutualistes du siècle.
- “MAGASINS DU PRINTEMPS”
- Le “Printemps”, fondé en 1865, au cœur même de Paris, réédifié en 1881 par l’architecte Paul Sédille, a subi en 1905, date à laquelle M. Laguionie fut appelé à en prendre la direction, d’importantes transformations et d’heureux agrandissements.
- Parallèlement à cette extension et à l’embellissement de son cadre, le “Printemps” a mis tous ses soins à perfectionner son organisation commerciale, en suivant d’une façon constante les évolutions de la mode.
- Grâce à cela,le “Printemps” voit son chiffre d’affaires augmenter progressivement et sa réputation a été consacrée par les hautes récompenses dans les dernières Expositions internationales.
- A Gand encore M. Laguionie fils était membre du Jury et le “Printemps” fut mis hors concours.
- POINT DE VUE PRÉVOYANCE. — AVANTAGES RÉSERVÉS AU PERSONNEL DU “PRINTEMPS”
- La caisse de retraites, de secours et de prévoyance pour le personnel des grands magasins du “Printemps” est uniquement alimentée par un prélèvement sur les bénéfices sociaux.
- RETRAITES. — Le service des retraites fonctionne au profit des employés remplissant les conditions suivantes :
- a) Vingt-cinq ans au moins de présence effective dans la Maison ;
- b) Cinquante ans d’âge au moins pour les hommes et quarante-six pour les femmes ;
- c) Une situation inférieure à 5 000 francs en moyenne pendant les dix années précédant la retraite.
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- SECOURS. — A la disposition de la gérance ; sont prélevés sur les fonds de la caisse ci-dessus, disponibles après le prélèvement des pensions de retraite.
- CAISSE SPÉCIALE DE SECOURS EN CAS DE MALADIE
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- FONDATION LAGUIONIE. — Elle est distincte de la caisse de secours. MM. Laguionie prennent à leur charge jusqu’à concurrence de 50 000 francs
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- par an les dépenses résultant de son fonctionnement. Elle assure aux employés dont le traitement annuel ne dépasse pas 3000 francs, en cas de maladie, une indemnité égale à la moitié de leur traitement quotidien avec un minimum de 3 francs par jour. Cette indemnité est payée pendant quinze jours.
- MARIAGES. — A l’occasion de son mariage il est accordé à tout employé ou employée une petite allocation.
- MATERNITÉ. — Afin de permettre aux jeunes mères le repos nécessaire, il leur est fait un versement espèces.
- NAISSANCES. — Les employés reçoivent à la naissance de chaque enfant une allocation prévue par les statuts.
- Fondation d’une société de tir et d’escrime fonctionnant trois fois par semaine.
- En résumé, les grands magasins du “Printemps”, à l’unisson des autres Maisons importantes de nouveautés, comprennent et mettent en pratique leurs sentiments humanitaires de prévoyance sociale, au profit de leur dévoué et intéressant personnel.
- “GALERIES LAFAYETTE”
- Ces grands magasins sont exploités par une société dite “Société anonyme des Galeries Lafayette”, ayant siège social à Paris, 40, boulevard Haussmann.
- FONDATION DE LA SOCIÉTÉ. — Ouverture de la petite boutique à l’angle de la rue Lafayette et de la Chaussée-d’Antin, en 1895.
- Constitution de la Société en août 1899. Les fondateurs furent MM. Théophile Bader et Alphonse Kah, directeurs actuels.
- Les “ Galeries Lafayette ” sont dirigées par un conseil d’administration dont M. Théophile Bader est l’administrateur délégué, et un directeur gérant, M. Alphonse Vuillaume.
- CAISSE DE SECOURS IMMÉDIATS. — Cette caisse est destinée à subvenir par des dons instantanés aux besoins des employés dignes d’intérêt. Elle est alimentée par des dons de la direction et est administrée par lesemployés.
- CAISSE DE PRÉVOYANCE. — Cette caisse a pour but de constituer un capital aux employés.
- Les “Galeries Lafayette” reçoivent en compte courant, avec intérêt à 5 %, les dépôts de leurs employés.
- Des cours gratuits de langues étrangères sont organisés.
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- CRÈCHE POUPONNIÈRE. — Cette fondation, qui ne peut profiter qu’aux mères nourrissant leurs enfants elles-mêmes, a pour objet la garde, pendant la journée, des nourrissons des employées. Elles peuvent venir les allaiter pendant les heures de travail.
- Les femmes en couches reçoivent comme partout des allocations.
- Déjà récompensée aux diverses expositions, depuis 1900, le Jury, à Gand, a décerné à cette importante Maison un autre Grand Prix.
- Nos félicitations à la direction des “Galeries Lafayette ” qui prouve aussi son modernisme en s’appliquant à mettre en œuvre son large esprit de prévoyance sociale envers les humbles collaborateurs de tous les instants, à la prospérité de la Maison.
- LES TAILLEURS DE LUXE POUR HOMMES
- Les tailleurs de luxe parisiens sont peu nombreux, si l’on compte ceux qui lancent les modes, imposent leurs conceptions, leur coupe et qui savent approprier une forme et un tissu à l’époque, au cadre, à la température de la saison, tenant compte aussi de la physionomie et de l’allure du client.
- Ces détails sont d’une importance capitale aujourd’hui où cette industrie a évolué par suite des changements et des complications apportés dans la vie moderne. Autrefois, l’habillement de l’homme était presque un uniforme, exception faite pour les grands siècles d’élégance que mentionne l’histoire, mais pendant le dernier cycle, tout le monde, avec plus ou moins d’allure, portait la même redingote ou la même jaquette.
- Aujourd’hui, grâce aux tailleurs de grand luxe, il faut varier sa garde-robe; il y a des tentatives d’habits de couleur,le gilet se fait de haute fantaisie et donne une note gaie qui fait valoir, par contraste, pantalon, jaquette ou habit noir.
- Les sports même ont amené des coloris intéressants et des coupes spéciales pour nos vêtements de voyage, d’auto ou de cheval: c’est cherché, étudié et résolu avec art.
- La diversité est grande, c’est déjà une supériorité sur le tailleur anglais de réputation avérée qui, lui, fait bien, mais toujours et pour tous, la coupe créée, adoptée, il n’en change pas; c’est moins de fatigue et de tracas. Ail right !
- Le tailleur anglais, si fort soit-il, vit de l’uniformité, tandis que le parisien vit du changement incessant, pour ne pas dire : de l’uniforme ôté.
- En résumé, la note dominante actuelle dans ces grandes Maisons, c’est de tenter à faire disparaître la trop pénible sévérité de nos habits noirs qui, bien
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- que corrects, sont la note attristée dans nos parterres chatoyants de toilettes féminines éblouissantes.
- Les hommes étaient comme les repoussoirs bienfaisants des dames, qui, elles, s’offrent toutes les fantaisies.
- L’initiative avisée de ces Maisons a atténué cette mauvaise copie anglo-mane qui n’avait en somme aucune raison d’être pour notre genre, notre caractère bien personnel.
- Assurément, Londres a du bon, mais sous son climat, avec ses habitudes, son genre d’existence.
- Paris, dont les divergences avec la capitale anglaise ont précisément contribué à resserrer les liens d’amitié, ne doit copier personne, il doit s’habiller à sa guise, suivant son ambiance très particulière.
- Toutes ces questions dans chaque corporation donnent à réfléchir, même dans le succès.
- Or, il faut déduire de ce que nous venons de constater que si nous voulons maintenir cette supériorité acquise pour obtenir cette perfection il faut dès maintenant songer à former des élèves à notre image, leur inculquer notre goût, notre méthode,nos idées; donc former des apprentis,il en est temps, ce que l’on a trop négligé en France.
- Les exposants, dans cette intéressante spécialité des tailleurs de luxe pour hommes, étaient :
- BOGLER, Paris.
- CARETTE, Paris.
- HARRISON (Géo), Paris.
- KRIEGCK, Paris.
- VOISIN, Paris.
- Maison BOGLER
- 39, boulevard, des Capucines, Paris.
- M. Georges Bogler succède à Bailly et Cie, Maison fondée en 1862, réputée à juste titre pour l’élégance de la coupe, le fini du travail et la qualité de ses tissus.
- Par suite de son décès en avril 1913, ses fils lui succèdent et continuent les traditions saines et heureuses léguées par leur père, pour le bon renom attribué à la Maison, laquelle le justifie.
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- La Maison Bogler est titulaire des récompenses suivantes :
- 1900 PARIS .....
- 1904 SAINT-LOUIS . .
- 1905 LIÈGE...
- 1906 MILAN .....
- 1908 LONDRES ...
- 1908 SARAGOSSE . . . 1910 BUENOS-AIRES 1913 GAND ......
- Médaille d’Or.
- Diplôme d’Honneur. Grand Prix.
- Membre du Jury. Hors Concours Grand Prix.
- Par sa participation constante dans toutes les Expositions à l’étranger, la Maison Bogler a prouvé les hautes qualités des tailleurs de luxe français, ce qui était une nécessité aux yeux de l’étranger qui aujourd’hui reconnaît notre supériorité.
- Maison CARETTE
- 121, boulevard Haussmann, et 12, avenue Percier, Paris.
- La Maison Carette n’a plus à lutter pour établir une réputation, elle est largement acquise et se maintient au sommet, continuant à donner le ton et le meilleur, dans la mode masculine essentiellement parisienne.
- M. Carette est lui-même un Parisien de Paris doublé d’un artiste peintre de grand talent, ce qui ne nuit pas à l’homme d’affaires ; il possède aussi des documents rétrospectifs sur l’histoire du costume et même des statistiques intéressantes.
- Sa haute clientèle l’entraîne particulièrement dans les costumes de vénerie et de sport, les uniformes officiels, les livrées de gala. Bref, c’est un maître, et, de plus, sous la simplicité et la distinction de l’homme du monde on lui découvre une délicate et sérieuse érudition.
- A l’exemple des maîtres Détaillé et Scott, il rêve des uniformes de son imagination savante, pour notre armée !
- Où s’arrêtera son activité ?
- La Maison fut fondée en 1882 par son propriétaire actuel. Son personnel est de 300 ouvriers et employés.
- La Maison est titulaire des plus hautes récompenses. Elle participe à toutes les Expositions. Cette fois encore, à Gand, hors concours, membre du Jury.
- INSTITUTIONS DE PRÉVOYANCE.— Une caisse de retraites qui assure après vingt ans de présence une rente et après trente ans une rente supé-
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- rieure, sans qu’aucune retenue soit pratiquée sur le salaire. Il a fondé aussi une caisse de secours, et des livrets de caisse d’épargne sont donnés à chaque naissance.
- Loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières, tous les versements sont faits par la Maison sans aucune retenue aux ouvriers.
- Tout ce qui précède explique et justifie que M. Carette soit officier de la Légion d’honneur, nous sommes heureux de le constater à nouveau.
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- Maison Géo HARRISON
- 18, boulevard Montmartre, Paris.
- Cette Maison prospère fut fondée en 1886 par son propriétaire actuel; elle s’agrandit sans cesse. Ses rapports avec les deux Amériques en sont une des causes, de même que l’extension de sa clientèle de province et parisienne.
- Il faut louer M. Harrison qui a su inspirer confiance à la flotte américaine dont il est maintenant le fournisseur attitré comme suite d’essais heureux dans une concurrence avec des nations amies.
- M. Harrison est secondé habilement par son fils dans la direction de son nombreux personnel et de ses différents services.
- Cette Maison a déjà obtenu les récompenses suivantes :
- 1900 PARIS .................... Médaille de Bronze.
- 1908 LONDRES .................. Médaille d’Argent.
- 1910 BRUXELLES ................ Médaille d’Or.
- 1913 GAND ...................... Diplôme d’Honneur.
- Maison KRIEGCK
- 23, rue Royale, Paris.
- Rappelons que cette Maison a été fondée en 1875 par son propriétaire actuel, que c’est le luxe qui y domine et qu’elle produit des merveilles du goût parisien.
- L’importance de ses relations d’affaires avec les riches élégants de l’Amérique du Sud l’a obligée à fonder des bureaux de vente en Argentine, au Brésil, au Chili, etc.
- Paris ne lui suffit plus !
- En dehors du costume de ville très chic, le maître Kriegck excelle dans l’uniforme des diplomates, des ministres des cours étrangères.
- Son chiffre d’affaires est incroyable, énorme pour une Spécialité de luxe, et il augmente toujours.
- La Maison Kriegck est titulaire de tous les grands prix aux Expositions
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- universelles précédentes; son chef était membre du Jury à Bruxelles, Turin, Roubaix, donc hors concours.
- M. Kriegck a eu la légitime satisfaction de voir couronner les beaux
- efforts de son activité, lorsqu’on lui conféra en 1911 la croix de chevalier de la Légion d’honneur à laquelle nous applaudissons encore, car son exposition à Gand la justifie amplement: “Noblesse oblige”. C’était sûrement sa devise !
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- Maison VOISIN
- 144, boulevard Haussmann, Paris.
- La maison Voisin avait une très belle vitrine.
- Fondée en 1830 par Merlet et Lacroix. M. Jean Voisin leur succède donnant de l’importance au tailleur sur mesures pour jeunes gens dans lequel il se spécialise.
- La pureté des lignes fait apprécier à sa valeur sa coupe correcte. La surveillance du travail dans ses détails est une affirmation de la Maison sérieuse qui veut satisfaire sa clientèle et tient à sa réputation.
- Soit à l’intérieur ou à l’extérieur, 130 employés et ouvriers y sont occupés.
- M. Voisin fait aussi œuvre de bon socialisme en se dévouant à une école d’apprentissage, il est même le fondateur d’une école de perfectionnement.
- La Maison Voisin qui exposait pour la première fois à Bruxelles en 1910 a eu une Médaille d’argent.
- Cette année, à Gand, M. Voisin, nommé juré suppléant, a été mis hors concours.
- LA CONFECTION EN GROS POUR HOMMES DAMES ET ENFANTS
- La confection pour hommes remonte à soixante-dix ans, c’est la plus ancienne.
- C’est la “Belle Jardinière” qui fonda à Paris cette industrie permettant aux classes moyennes de s’habiller avec goût, correction, à des prix relativement raisonnables.
- Cet exemple fut suivi rapidement; il se produisit des débouchés importants donnant naissance à d’autres maisons de spécialités différentes et qui aujourd’hui augmentent considérablement nos exportations.
- La confection pour dames, de beaucoup plus récente, s’affirme tous les jours en importance. On arrive à faire par quantité des choses très bien à des prix vraiment extraordinaires de bon marché; elle trouve un vrai débouché dans la nouveauté, qui lui réserve un gros chiffre d’affaires.
- Elle couvre de ses produits toutes les Maisons de province qui apprennent ainsi les modes dernières de Paris, un peu inspirées de la “ Haute Couture ”
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- Si
- sans en être la servile copie, car elle a ses modellistes, comme sa sœur du grand luxe.
- Également, la confection pour garçonnets et fillettes a donné lieu à la création de fortes Maisons qui font de gros chiffres en France et à l’étranger.
- Cette industrie de la confection répond en résumé aux besoins de luxe et de bien-être qu’on exige aujourd’hui dans toutes les classes sociales.
- C’est une force pour le résultat économique de la France, elle fait vivre ainsi des contrées entières, employant une infinité de citoyens.
- Voici la sélection des Maisons importantes qui représentaient cette vaste industrie à Gand :
- “BELLE JARDINIÈRE” BESSAND, BIGORNE et Cie.
- BRAILLON.
- COUSTOU (G.).
- COZETTE et PERDRIAU.
- DURY et fils.
- GORSE (J. et J.).
- H AL IMBOURG-AK AR.
- KAHN (P.).
- SALOMON (A.).
- THIÉRY et SIGRAND.
- TOURAILLE (H.), MEILLASSOUX et Cie.
- ÉTABLISSEMENTS COUTURIER (G.).
- “LA BELLE JARDINIÈRE”
- Maison BESSAND, BIGORNE et Cie, Paris.
- La Maison de la “Belle Jardinière” a été fondée en 1824 par M. Pierre Parissot qui le premier a entrepris de fabriquer à l’avance, à des prix de bon marché inconnus jusqu’alors, des vêtements suivant une échelle de tailles rationnelles.
- Comme dans la plupart des innovations, le public témoigna d’abord une certaine réserve J mais bientôt l’avantage de pouvoir acheter instantanément des vêtements tout faits fut si évident que le chiffre d affaires alla en augmentant.
- Entre temps, et pour repondre aux demandes venues de certaines parties
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- de la France, il dut créer des succursales dans les principales villes : Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Angers et finalement Saintes.
- En 1866, sous l’impulsion de M. Ch. Bessand, la maison fut transférée dans un immeuble qu’elle venait de faire construire sur les bords de la Seine, à l’extrémité du Pont-Neuf ; elle ne cessa dès lors de prospérer d’année en année. C’est, en fait, la plus importante Maison de confection du monde entier.
- Elle a dû recourir à la division du travail en créant deux grandes usines : l’une à Paris, spécialement affectée à la coupe et à la fabrication des vêtements de lainage, ayant un très gros personnel de coupeurs et ouvriers tailleurs des deux sexes ; l’autre à Lille, où sont occupés une armée de coupeurs, ouvriers tailleurs et ouvrières et où se fabriquent tous les vêtements en alpaga, en coutil et en toile.
- Plus de 10 000 ouvriers et ouvrières travaillent à domicile pour elle, tant à Paris qu’à Lille et dans quelques localités de la France.
- Une autre cause de son succès peut être attribuée à l’attachement de son personnel, dont le sort du reste a toujours fait l’objet des préoccupations de la direction. C’est ainsi que pour le garantir contre les inconvénients du chômage résultant soit de maladies ou infirmités, soit de vieillesse, elle a créé d’abord en 1869, c’est-à-dire il y a déjà quarante-quatre ans, deux Sociétés de secours mutuels, l’une pour les ouvriers et les ouvrières, l’autre pour les employés des deux sexes.
- En 1880 elle ajouta la création d’une caisse de retraites, y faisant des versements sur les bénéfices. Elle délivre encore aux employés arrivés à l’âge où ils ne peuvent plus travailler, une retraite suivant les besoins et les services rendus.
- M. Bigorne, chevalier de la Légion d’honneur, s’occupe de longue date des Expositions où nous apprécions tous sa parfaite urbanité et sa haute compétence.
- Il fut encore cette fois du bureau du comité de notre Classe, le président lui ayant confié le gros souci d’être notre trésorier; c’est un jeu, il est vrai, pour lui, ayant le talent et l’habitude d’actionner le roulement de gros capitaux.
- La “Belle Jardinière”, cette fois encore, fut récompensée, à Gand, d’un Grand Prix.
- Nous saluons la belle organisation de cette Maison sérieuse, l’un des types les plus parfaits des centres productifs, dont la France industrielle peut être fière.
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- BRAILLON (Charles) et ses Fils
- “AUX HALLES CENTRALES”
- 35, rue Berger, Paris.
- Maison fondée en 1820. Sa spécialité est le vêtement de travail surtout pour les commerces de l’alimentation.
- Ses articles sont vendus directement aux consommateurs.
- Ses produits sont réputés de bonne coupe et d’un grand usage.
- La Maison a fondé une caisse de retraites pour son personnel. Elle a obtenu plusieurs récompenses aux Expositions.
- Pour ses manifestations du travail, la Maison Braillon est déjà titulaire : d’une Médaille d’argent; de deux Médailles d’or; d’un Diplôme d’honneur; de quatre Grands Prix.
- En 1910, pour l’Exposition de Bruxelles, M. Charles Braillon fut nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- Le Jury, à Gand, lui a décerné un Grand Prix.
- Maison G. COUSTOU
- 29, boulevard, d* Cambrai, Roubaix.
- Cette Maison, fondée en 1889, s’est spécialisée dans la fabrication des vêtements caoutchoutés et imperméables pour hommes.
- M. Coustou est l’innovateur de cette industrie à Roubaix, qui maintenant emploie 1 200 ouvriers.
- Ses affaires s’étendent aussi à l’étranger, faisant une concurrence loyale à l’Allemagne et à l’Angleterre, tout à son honneur et à son profit.
- Sa fabrication s’élève annuellement à 60 000 vêtements.
- Le côté humanitaire n’est pas négligé par M. Coustou pour son nombreux personnel. Il accorde un secours aux femmes en couches, une prime à la naissance d’enfants.
- L’ouvrier malade est payé intégralement les deux premiers mois, ensuite la moitié du salaire lui est accordé.
- Il opère de même pour ses employés, aussi s’est-il assuré le concours d’un personnel nombreux ayant plus de vingt ans de présence.
- La Maison, dans une première Exposition, obtenait deux Diplômes d’honneur, et, cette année, à Gand, le Jury lui décerna un Grand Prix.
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- Etabli
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- Fécamp.
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- a succédé en i9II
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- Persuadé que le meilleur moyen de donner de l’extension à son établissement résidait dans l’union du capital et du travail, M. Couturier, aussitôt que sa Maison de confections pour dames eut commencé à lui donner des résultats appréciables, s’associa tous ses collaborateurs et de patron devint l’administrateur délégué des Établissements G. Couturier.
- C’est en 1902 qu’il avait monté de toutes pièces son atelier de confections à Fécamp. Son chiffre d’affaires fut d’abord de 200 000 francs pour dépasser le million en 1910; actuellement il dépasse 3000000.
- La fabrication des Établissements Couturier lui est toute particulière et concerne surtout la grosse clientèle.
- L’atelier de Fécamp occupe plus de 400 ouvriers, celui du Havre 250, de Rouen 150.
- Les Établissements fournissent la France, la Belgique, la Suisse, l’Algérie et la Tunisie.
- Le siège social des Établissements Couturier est à Fécamp, mais la maison de vente et d’achats est à Paris, 7, rue d’Aboukir, et M. Couturier y a installé un atelier qui s’occupe de création d’un genre plus releve, surtout en fantaisie.
- Les Établissements Couturier se sont toujours spécialisés dans le noir et leur réputation pour les cuirs employés et leur fabrication a attiré 1 attention de gros acheteurs qui ont réservé une large place à cette industrie.
- Le Jury leur décerna un Diplôme de Médaille d’or.
- COZETTE et PERDRIAU
- Tours.
- Ancienne Maison Franck frères et Jobet(i87o); E. Jobet ; E. Jobet et fils. Siège social à Tours, 24, rue de Metz. Bureau de vente àParis, 27, rue Croix-des-Petits-Champs. Ateliers à Tours, Issoudun, Montrichard, Chatellerault, Saint-Aignan, Neuvy-en-Manges. Chacun de ces ateliers est spécialisé.
- Tours, Issoudun, Montrichard fabriquent exclusivement la grande pièce (vestons ou pardessus); Chatellerault, le pantalon; Saint-Aignan et Neuvy-en-Manges, le gilet.
- La Maison est actuellement la seule en France ayant réalisé cette spécialisation qui assure une fabrication régulière et constamment surveillée. Production mensuelle : plus de 6 000 complets ou pardessus pour hommes
- et jeunes gens.
- Ses œuvres de prévoyance : Société de prévoyance entre les employés
- et ouvriers, Caisse de secours, Union musicale.
- Le Jury de Gand lui a décerné un Diplôme de Médaille d’or.
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- Maison Ad. DU R Y et Fils
- 3, place des Victoires, Paris.
- Cette importante Maison fut fondée en 1863 ; elle s’est spécialisée dans la confection en gros du costume de garçonnets et de jeunes gens.
- Elle participe toujours en bonne place à toutes les Expositions importantes. En 1900, à Paris, hors concours. Membre du Jury à Saint-Louis, Liège, Milan, Londres, des Grands Prix ainsi qu’à Bruxelles, Buenos-Aires, Turin. Un de plus vient de lui être décerné à Gand.
- Maison Jean et Jules GORSE
- 57 et 63, rue Seraient, Lyon.
- Maison fondée en 1860, spécialisée dans la fabrication de vêtements confectionnés pour hommes et jeunes gens.
- Elle occupe plus de 500 ouvriers, leurs confections ont un chic particulier et leur travail soigné tente à se rapprocher du tailleur sur mesures.
- Aussi son importance prend-elle toujours de l’extension.
- La Maison est titulaire de :
- 1900 PARIS........
- 1902 HANOI .......
- 1904 SAINT-LOUIS
- 1905 LIÈGE.......
- 1908 LONDRES . . .
- 1910 BRUXELLES
- Et cette fois aussi, un Grand Prix à Gand en 1913.
- Médaille d’Or. Diplôme d’Honneur. Grand Prix.
- Maison HALIMBOURG-AKAR
- 1, place des Victoires, Paris.
- Confections en gros pour hommes. Sa fondation date de 1850.
- C’est une puissance maintenant dans cette industrie.
- Elle y est parvenue, par la réunion des deux plus anciennes maisons de ce genre, et aussi par la perfection de leurs productions; la main-d’œuvre
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- y est soignée et très surveillée, ce qui contribue à l’accroissement constant de leurs débouchés à l’étranger.
- Ces établissements modèles occupent plus de 1 200 ouvriers répartis dans leurs usines de Flines, Issoudun et Montrouge; tout dernièrement ils en fondaient une quatrième à Orléans.
- Leurs machines sont actionnées par la force motrice électrique qui atténue la fatigue aux ouvriers.
- L’hygiène règne dans ces usines modernes et une société de secours mutuels a été fondée, elle comporte au bas mot 1 100 membres.
- La Maison paie à elle seule le quart des cotisations. Une importante indemnité est accordée aux ouvrières en couches.
- L’Amérique du Sud est amplement pourvue par la fabrication Halimbourg-Akar.
- La Maison est titulaire de toutes les hautes récompenses décernées dans les Expositions précédentes. Hors concours, membre du Jury, Milan 1906.
- Le Jury de Gand lui a décerné un autre Grand Prix.
- M aison Paul KAHN
- 130, rue Réaumur, Paris.
- Vêtements en gros, garçonnets, fillettes et babies.
- La Maison Paul Kahn a été fondée en 1870, créant dans l’industrie du costume d’enfants un genre nouveau.
- Son chiffre d’affaires considérable ne comporte que le gros qu’elle traite non seulement en France mais à l’étranger.
- Au costume garçonnet qui était son unique fabrication du début elle a ajouté le costume tailleur et les robes de fillettes.
- Depuis 1889 la Maison Paul Kahn a figuré dans toutes les Expositions universelles, elle y a obtenu les plus hautes récompenses. Sept Grands Prix sont venus successivement consacrer sa renommée.
- Membre du Jury à Paris en 1900, M. Paul Kahn fut plusieurs fois président des Jurys de Classes, de Groupes. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1898, il fut promu officier en 1903.
- En 1907, M. Paul Kahn s’est adjoint des collaborateurs qui, élevés depuis plus de vingt ans dans sa Maison, l’ont aidé à la diriger. Il a fondé sous le nom de “Maison Paul Kahn” la Société Paul Kahn, Rodolphe et Cie.
- A la disparition de son fondateur, la Société a prié Mme Kahn, collaboratrice de la première heure, de bien vouloir lui conserver son concours. La jeune direction s’efforce à maintenir la renommée si justement acquise et à Gand un nouveau Grand Prix est venu couronner ses efforts et son précieux concours.
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- Maison Alexis SALOMON
- 38, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris.
- Maison d’habillements en gros pour hommes et jeunes gens, vêtements de sport et uniformes pour administrations, fondée en 1877 par MM. Ouda Salomon et Alexis Salomon.
- Depuis 1904, M. Alexis Salomon est resté seul propriétaire de la Maison. La Maison emploie une centaine d’employés et environ 1 200 ouvriers; ces chiffres s’expliquent par la prospérité qui se dégage de ses affaires tant en France qu’à l’étranger.
- Leurs récompenses obtenues aux Expositions sont :
- 1889 PARIS...
- 1895 AMSTERDAM 1897 BRUXELLES 1908 LONDRES . .
- 1910 BRUXELLES
- 1911 TURIN ..
- 1913 GAND ...
- Médaille d’Argent. — d’Or.
- Diplôme d’Honneur.
- Grand Prix.
- Hors concours.
- M. Alexis Salomon était membre du Jury.
- Maison THIÉRY et SIGRAND
- (Gaston SIGRAND, Successeur)
- 81, boulevard. Sébastopol, Paris.
- Importante maison qui se généralise dans le vêtement pour hommes et se spécialise dans l’uniforme, la livrée administrative des Banques, sports.
- Elle possède une douzaine de succursales établies dans les principales villes de France, c’est dire sa prospérité.
- Il est regrettable que l’excès de modestie de la direction nous prive des documents demandés pour ce rapport, il eût été agréable au Rapporteur de dévoiler son historique depuis sa fondation et ses qualités diverses.
- Le Jury des récompenses, constatant l’effort et le concours utile apportés dans sa collaboration au succès de la Classe, a décerné à M. Sigrand une Médaille d’or.
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- H. TOURAILLE, MEILLASSOUX et C*
- 37 et 39, rue Etienne-Marcel, Paris.
- La Maison H. Touraille, Meillassoux et Cie est la continuation de laSociété veuve Thomann et Touraille créée le Ier janvier 1903, devenue ensuite Henri Touraille au Ier janvier 1906 et enfin la firme actuelle depuis le Ier janvier
- 1913-
- Cette Maison s’est toujours efforcée d’apporter dans ses créations un caractère de nouveauté tant au point de vue des matières employées que des formes.
- En plus de leur Maison de Paris, les propriétaires ont fondé une usine à Roubaix.
- Cette usine possède un matériel moderne en machines de toutes sortes, servant à la fabrication des costumes et manteaux; toutes ces machines sont mues à l’électricité.
- Cette usine, quoique de création récente (à peine un an), occupe déjà un personnel important d’ouvriers et d’ouvrières.
- La direction de la Société a l’intention de créer parmi ce personnel diverses œuvres de prévoyance et d’assurance qu’elle n’a pu réaliser encore en raison de sa constitution trop nouvelle, mais ces œuvres sont l’objet de ses études.
- Le Jury des récompenses lui a accordé un diplôme de Médaille d’or.
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- LA HAUTE COUTURE PARISIENNE
- De tout temps on s’attendait à l’éclosion formidable de cette industrie, qui s’imposait et répond si bien aux besoins et au goût de la femme qui vient au monde avec un penchant naturel pour la parure: elle inventa la coquetterie, laquelle engendra la mode par effet reflexe.
- Est-ce un excès du progrès dans la civilisation ou bien sa dégénérescence qui fit naître de certains préjugés un faux respect humain faisant déclarer parfois inconvenant le “nu pur” des lignes gracieuses de la compagne charmante du père Adam, que, par atavisme d’abord et respect filial ensuite, nous admirons encore comme lui, en artistes délicats?
- A moins que ce ne soit un bouleversement rapide de l’atmosphère et de la température du Paradis terrestre, qui donna l’idée à nos glorieux ancêtres de se couvrir, d’abord de peaux de bêtes, puis de tissus de laine de soie ! Toujours est-il que l’histoire nous apprend que les peuples civilisés s’enveloppent depuis toujours, soit par nécessité, coquetterie ou pudeur.
- Dans les siècles passés, on assiste à une évolution charmante du costume ; chaque époque, chaque régime eut sa mode caractéristique.
- “Tout change. La raison change aussi de méthode;
- “ Ecrits, habillements, systèmes, tout est mode.”
- (Racine fils.)
- Aujourd’hui, avec le progrès de la production, il y a autant de modes dans une année qu’il y a de mois !
- “ Sans cesse varions nos volages humeurs;
- “ Le temps conduit la mode et la mode les moeurs.”
- On croirait ce distique d’un poète d’aujourd’hui. Que dirait-il, le brave poète, de notre hâte ?
- Conséquence d’une ère d’électricité de vertigineuse vitesse, de besoin violent de réaliser les conceptions de nos cerveaux surchauffés qui taquinent sans relâche les documents des siècles précédents, pour en tirer des idées neuves, appropriées à la vie du jour, même à celle de demain.
- Aussi, la devise (pour les couturiers) devrait être :
- “Arriver avant de partir”.
- Elle eût été affolante pour nos pères, mais elle est bien celle du cycle que nous traversons.
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- Ces préliminaires jetés en hâte expliquent que la couture ne pouvait rester aux habitudes des XIVe et XVe siècles, où l’on demandait six mois et même une année pour broder et confectionner un costume. Il est vrai que les habits étaient chamarrés de métal précieux et que tout était fait à la main. De nos jours, il faut concevoir, couper et faire vite; il n’est pas surprenant de voir dans nos maisons en vogue des femmes élégantes commander une robe un matin pour mettre le soir même, ou pour une réunion le lendemain.
- Ceci donne une impresson exacte de la volonté, de la sûreté d’exécution et de l’habileté professionnelle mises en oeuvre par un entraînement progressif nécessité par les exigences multiples et rapides de la vie. Nous n’en sommes plus étonnés, c’est presque normal à nos yeux, car nos facultés d’assimilation s’y sont pliées et savent se conformer à de telles fantaisies.
- On dit souvent que la mode est une roue qui tourne! Nous voyons par exemple des tissus que l’on faisait il y a vingt-cinq ans, délaissés depuis, qui sont en faveur actuellement.
- Donc rien que ce détail expliquerait qu’en couture, après s’être couverte hermétiquement, la femme, petit à petit, arrive à se dévêtir, à s’enrouler de simples voiles.
- C’est la roue qui retourne aux temps anciens! Nous en sommes aujourd’hui au style grec, antique; pour peu qu’on remonte encore, et si ce n’était le peu de clémence des éléments et du soleil qui dégage moins de calorique, nous arriverions bientôt à faire revivre les temps préhistoriques.
- Doux rêve pour les artistes et fortune peut-être pour les fourreurs, mais ce serait la ruine de la couture !
- Pensons-y pour l’éviter, chers collègues.
- LA COLLECTIVITÉ DE LA COUTURE DANS SON ENSEMBLE
- Le président de la Classe 85, M. Dœuillet, qui était aussi le président en fonction de la Chambre syndicale, par la sympathie qu’il inspirait et son autorité bienveillante, a su réunir vingt-deux de ses collègues pour coopérer à un grand succès. Trois d’entre eux furent nommés membres du Jury de la Classe, MM. Dœuillet, Chéruit et Detrois.
- Les quatre grandes vitrines contenaient quarante-quatre robes de ville, tailleurs, d’après-midi et beaucoup du soir, grand décolleté.
- La mode du moment, suivie par ces vingt-deux maisons réputées, ne les
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- empêcha pas de conserver dans leurs créations la note spéciale propre à chacune, la caractérisant. On ne pouvait se tromper sur la touche artistique donnée à chaque toilette. C’était une signature, même pour les profanes.
- Il semble tout à fait inutile de décrire chacune de ces maisons de couture, qui toutes concourent au maintien de la réputation du goût parisien; elles se ressemblent toutes, variant seulement d’importance.
- Elles font de grosses affaires, et proportionnellement à leur chiffre, elles ont un personnel nombreux d’employés des deux sexes et un nombre considérable d’ouvriers et d’ouvrières habiles, spécialisés dans le manteau, la jupe, le corsage, les garnitures, les manches, la soutache, etc., pour le plus grand bien d’un ensemble dépassant la vraie perfection.o
- Les prix de façons sont excessivement élevés. On paie très cher le personnel, exigeant des valeurs et des mains expertes, d’une dextérité étonnante, promptes à rendre la pensée directrice des premières et des créateurs.
- La haute Couture à Paris est une des plus riches industries du luxe, faisant vivre largement des régiments d’ouvrières dans une ambiance d’art, pour le plus grand profit et la réputation de Paris, brillant rendez-vous de l’élégance mondiale.
- La Collectivité, nous l’avons dit, fut à Gand à la hauteur de l’attrait puissant sur les foules qu’en escomptaient les comités de direction de l’Exposition. C’est une force avec laquelle on compte et dont on ne peut se passer, puisqu’elle est vouée et dévouée à la coquetterie du chef-d’œuvre de la création.
- En résumé, la haute couture est un genre unique dans une spécialité; elle ne peut se confondre avec d’autres, d’essor cependant très important.
- Dans les Expositions, par nécessité et habitude, on groupe dans cette même Classe 85 tous les genres de costumes d’habillements pour hommes, femmes et enfants, mais on ne peut se méprendre sur leur diversité.
- Il est évident qu’on ne peut mettre en parallèle la haute couture avec les maisons de nouveautés, pas plus que les tailleurs de luxe avec la confection en gros, et cependant, ces quatre industries différentes forment un même groupe ayant toutes la même importance, bien que la société qui forme leurs clientèles se décompose en plusieurs classes, nécessitant la création de genres appropriés aux besoins de chacune d’elles.
- Or, la haute couture évolue toujours dans le luxe, la création de haute fantaisie, ayant aussi des attaches avec les styles d’art ancien dont elle s’inspire. C’est une recherche constante dans l’esthétique, la ligne, la forme, l’allure qui s’adresse à une société bien caractérisée, pour qui l’on peut tenter des créations osées, adaptées toujours à un type, à un cadre, à un milieu d’évolution, et c’est alors ce qui, par extension/constitue la mode de demain.
- Un jour viendra où la haute Couture exposera aux Beaux-Arts, et cela se conçoit si l’on regarde ce qu’il y a de recherches de dessin, de couleurs pour
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- obtenir une création heureuse, flatteuse pour l’oeil, pour éviter le heurt des contrastes violents, et rester dans une gamme, une tonalité de bon goût.
- Elle a déjà collaboré aux Arts appliqués, décoratifs, rétrospectifs, sans compter ses succès quand elle inspire les peintres et sculpteurs, même les auteurs dramatiques dans leurs compositions de scènes, portraits, théâtres, où les draperies, les plis harmonieux jouent un rôle important et nécessitent une collaboration éclairée des techniciens du chiffon.
- A Gand, la Collectivité obtenait encore un nouveau Grand Prix.
- LA COUTURE
- AU POINT DE VUE PRÉVOYANCE SOCIALE
- Là, moins qu’ailleurs, le personnel n’est à plaindre. Les salaires, nous l’avons dit, sont gros, très gros souvent, les idées larges ; la maladie, les vacances sont payées. Comme partout chez nos voisins de la confection et de la nouveauté il est accordé de larges secours en période de couches, naissances. Des sociétés intéressantes sont fondées depuis longtemps, s’améliorant chaque jour, et toutes les maisons se liguent pour y participer et les soutenir, ce qui fait le plus grand honneur à la corporation.
- Les Worth, les Aine et consorts dirigent les destinées de leurs fondations: “La Couture”, “L’Aiguille”, etc.
- Tous s’intéressent à la Mutualité maternelle, l’Abri, que sais-je encore, aux écoles professionnelles de la ville, aux comités d’apprentissage. Bref les couturiers sont humains et de premier jet, d’impulsions rapides et décisives, pour soulager les infortunes ou cataclysmes sociaux.
- Une seule maison de Paris avait exposé individuellement, malgré sa participation dans la Collectivité.
- C’est un principe de son fondateur,— une heureuse habitude,ajouterais-je, pour la satisfaction des yeux d’abord, et de la couture en particulier, qui ne pourrait être mieux représentée.
- C’est la Maison Paquin, qui cependant n’a plus à asseoir une réputation : elle est mondiale et dispense de toute description.
- Nous y avons vu Mme Paquin elle-même présidant à son installation, donnant judicieusement un avis sur une draperie, une attitude, recoiffant elle-même un mannequin. Tout ceci prouve que les grands maîtres commandent parce qu’ils savent faire, et c’est là une force énorme qui produit d’heureux résultats.
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- Il est particulièrement agréable au rapporteur de rappeler ici que nous avons tous eu la satisfaction d’applaudir à la suprême récompense décernée à notre aimable collègue, Mme Paquin : elle fut nommée l’an dernier au grade de chevalier de la Légion d’honneur, ce qui honore très hautement notre corporation et Paris artiste.
- Saluons cette importante organisation et aussi sa gracieuse et intelligente directrice qui, elle aussi, n’attend pas les décisions ministérielles pour faire du bon socialisme envers son nombreux personnel.
- STATISTIQUE GÉNÉRALE
- CRITIQUE ET DÉDUCTIONS
- La Section française couvrait à Gand environ 45 000 mètres, soit le tiers de l’emplacement de l’Exposition entière. Il y a bien loin des 16000 mètres que nous occupions à Bruxelles en 1897.
- Cette progression constante, même dans la surface des terrains concédés à la France, prouve que nous sommes dans ia vérité en faisant connaître toujours davantage nos productions; nous contribuons parce fait à l’intérêt général du pays, ce qui, du reste, se justifie par l’augmentation considérable du chiffre de nos échanges constatés par les statistiques officielles.
- En effet, depuis l’Exposition d’Anvers en 1894 le chiffre de nos exportations en Belgique s’accroît à chaque Exposition.
- En 1893, elles étaient de 500 millions; après Liège, en 1906, elles étaient de 804 millions; après Bruxelles, en 1910, elles dépassent le milliard. En 1911, elles augmentent de 25 millions.
- Sans donner à ces chiffres plus d’importance qu’ils n’en ont, comme coïncidence avec une exposition, on peut prévoir logiquement, étant donnée notre belle participation à Gand, qu’ils seront bientôt dépassés.
- Mais on peut faire mieux encore.
- Tous les commerçants, industriels et artistes qui apportent leur part contributive à la richesse économique de la France saluent avec joie et sans arrière-pensée les ententes que nos ambassadeurs et nos hommes d’État arrivent à sceller avec les nations voisines, même celles au delà des mers qui créent des Expositions.
- Nous concevons donc la nécessité de ne pas rester sur des succès passés, mais de les affirmer toujours davantage en paraissant partout où notre honneur l’exige et où l’on nous sollicite de nous mesurer.
- Ces manifestations internationales plaisent à notre caractère désireux de
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- mettre en valeur, dans ces joutes pacifiques, l’intelligence, l’art et le travail.
- Ces armes-là ne sont ni destructives, ni dévastatrices, bien au contraire, elles sont fécondes en récoltes abondantes, puisqu’elles étendent les relations, ouvrent des débouchés nouveaux à l’activité de tous, ce qui devient la source du bien-être général.
- Mais pour cela il faut que nos représentants obtiennent par leur haute diplomatie, pour leurs compatriotes prêts à les suivre au bout du monde, des tarifs spéciaux pour le transport des marchandises, et, par des traités de commerce, des tarifs réduits pour les frais de douane ; il faut qu’ils arrivent enfin à faciliter nos transactions, surtout dans les centres où l’on réclame notre concours. La production française a droit à des égards spéciaux et doit jouir des tarifs réduits pour ses transactions apportant le succès des entreprises par sa seule présence.
- La France n’a pas de traité de commerce avec la Belgique. Nos relations commerciales avec ce pays voisin sont à la merci des plus brusques remaniements et sans aucune utilité. Les deux nations se sont accordé simplement et d’une manière réciproque le traitement de la nation la plus favorisée, mais le tarif belge ne contient aucune modération sur les articles de luxe qui pourraient intéresser l’exportation française. Une convention commerciale avec la Belgique serait seule capable de faire obtenir à notre commerce un régime stable avec la Belgique et des droits d’entrée plus avantageux que les droits élevés que nous avons indiqués.
- Encore une déduction à tirer des chiffres inscrits d’autre part: c’est que pour forcer logiquement la marche progressive de l’importance de notre exportation, non seulement en Belgique mais partout ailleurs, même dans les Amériques, il faut que les exposants se décident à comprendre qu’il ne suffit pas d’étaler de jolies choses et d’attendre la clientèle, bien au contraire, l’étendue de la concurrence en tout engage à aller au client.
- Nous voyons beaucoup de nations plus jeunes dans les expositions qui emploient des moyens certes plus en rapport avec la nécessité actuelle : leurs exposants se font représenter, ont des employés à leurs stands expliquant l’utilité, vantant la valeur de leurs produits qui forcent le consommateur à s’y arrêter, à les considérer et peut-être à en parler. Ces employés prennent même l’adresse des visiteurs pour leur envoyer en d’autres circonstances des prospectus, offres de service ; ce système de propagande répété à l’infini donne sûrement un résultat heureux qui ne rend pas illusoires les sacrifices que souvent on s’impose.
- Il est utile et indispensable de se faire voir aux expositions même très rapprochées les unes des autres.
- Nous devrons aussi parfaire notre éducation au point de vue solidarité, ayant à défendre notre existence propre et personnelle, chose impossible en restant isolé.
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- La France, qui apporta à Gand la plus importante participation parmi celles des nations, laissera une impression profonde de sa force productive aux yeux des étrangers qui sont venus visiter cette jolie manifestation belge.
- Le concours de nos io ooo exposants prouve l’intérêt énorme qui se dégage de ces expositions internationales, utiles à tous les peuples.
- La réunion de tant d’expériences différentes, appropriées à chaque race, permet à chacun de comparer et de glaner des idées nouvelles qui seront étudiées, transformées, interprétées suivant des besoins particuliers.
- Ces échanges de vues, d’applications, qui sont du domaine de la rivalité courtoise, ne peuvent qu’enrichir les forces économiques des nations qui se rencontrent sur ce terrain du labeur mondial, le seul où l’on apprend à s’aimer et à sympathiser.
- Nous avons une preuve incontestable de cette cordialité entre voisins à la fin de chaque exposition. Dernièrement à Londres, nous constations, d’après les statistiques, qu’en vingt années l’exportation des produits français avait augmenté de 500 000 000, puisqu’elle arrivait en 1912 à 1 500 000 000 de francs pour la Grande-Bretagne.
- Il en est de même en Belgique, nos rapports sont de plus en plus courtois et de bonne amitié, aussi les conséquences sont-elles favorables pour les affaires de France et de Belgique.
- Il est juste de rappeler que les avantages obtenus ici sont la résultante efficace visée et préparée avec une diplomatie savante par le Comité français, sous la haute direction de son éminent président, M. le sénateur Émile Dupont.
- Nous sommes victimes de copies éhontées, les créations de notre cerveau inventeur voient le jour souvent dans un pays autre que celui où elles ont été conçues.
- De grandes maisons de l’étranger se procurent par des intermédiaires les modèles des grandes maisons de couture de Paris et les font copier soit en France, soit encore à l’étranger, pour les livrer facilement à meilleur marché que les maisons de Paris qui ont des frais bien plus élevés. On n’hésite pas d’ailleurs à mettre à ces copies des rubans de taille aux marques des grands couturiers de Paris ou bien on s’attribue la création en prétendant même que les couturiers parisiens sont les copistes.
- Il est nécessaire d’obvier à ces inconvénients qui nous sont préjudiciables et c’est par les avantages de la solidarité des chambres syndicales que l’on peut obtenir de nos jurisconsultes qu’ils complètent au plus tôt nos lois de protection par trop insuffisantes pour déterminer et garantir la propriété industrielle et commerciale.
- Les artistes, les littérateurs, les auteurs semblent avoir donné l’impulsion d’une évolution en ce sens et nous souhaitons que ces bienfaits s’étendent au commerce et à l’industrie de la couture par une action directe et énergique des pouvoirs publics.
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- CONSIDÉRATIONS SUR LA CLASSE 85 BELGE
- La Classe 85 belge que nous avions également à juger était vraiment très belle et, comme pour la France, ce fut un des gros appoints du succès de leur Exposition.
- Tout ce qui a rapport à la toilette féminine surtout demande une décoration d’ensemble qui flatte l’œil et reste dans l’ambiance de goût qu’elle dégage.
- Les importantes maisons de Gand et de Bruxelles l’ont compris et n’ont pas hésité à présenter leurs créations au public, par des scènes animées de la vie luxueuse. Salons, serres, boudoirs, tout était délicatement meublé, mettant en valeur les toilettes qui devaient dominer dans ce décor.
- La Belgique a fait un effort remarquable, nos confrères marchent à pas de géants, nous l’avouons sincèrement, reconnaissant qu’ils ont une facilité d’assimilation extrême. Nos rapports constants et agréables leur en procurant les moyens, ils sont souvent avec nous, voient, s’inpirent et savent en tirer des conceptions personnelles pour habiller leurs concitoyennes à la mode de Paris, ce que nous sommes loin de leur reprocher. Nous les en félicitons au contraire, et nous aussi du même coup d’en être les précurseurs.
- Voici, au hasard de la plume, les Maisons belges qui nous ont surtout frappés par leur installation artistique :
- GRANDS MAGASINS DE LA BOURSE, Bruxelles.
- MAISON HIRSCH et Cie, Bruxelles.
- COMPAGNIE ANGLAISE “OLD ENGLAND”, Bruxelles. WENZINER, Bruxelles.
- AUX NEUF PROVINCES, Bruxelles.
- LES GALERIES NATIONALES, Bruxelles.
- FRANÇOIS ALFRED, Bruxelles.
- “A L’INNOVATION”, Bruxelles.
- MAISON DU COIN DE RUE, Gand.
- MAISON HEYMAN DE KESEL, Gand.
- MAERTENS-BERTRAND, Gand.
- MAERTENS-VAN PEENE, Gand.
- NAGEL et ESDERS, Gand.
- RENSON Sœurs, Gand.
- SCHOENFELD, Gand.
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- En terminant cet exposé, nous adresserons particulièrement nos vifs compliments à M. Wielemens-Josse, de Bruxelles, notre très aimable collègue et secrétaire-rapporteur du Jury de la Classe, d’abord pour sa parfaite courtoisie, et également pour les soins éclairés qu’il a apportés pour organiser sa Classe, secondant en celà nos autres collègues, ses compatriotes si bienveillants, que nous voulons confondre dans un même souvenir, le meilleur. Nous avons nommé MM. Choque, vice-président du Jury (un Parisien souvent); M. Pilon, des magnifiques Magasins de la Bourse; M. Sostberg, de l’importante Maison Hirsch; M. Maertens-Bertrand, de Gand.
- Vive la Belgique, notre gracieuse et accueillante voisine qui a gagné toutes nos sympathies, grâce aux rapports aimables qui nous réunissent pour nos affaires communes et aussi par la cordialité de ses concitoyens!
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- APOTHÉOSE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE DE LA FRANCE
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES. — CÉRÉMONIE OFFICIELLE LES DISTINCTIONS HONORIFIQUES
- L’Exposition universelle et internationale de Gand fut close virtuellement par la cérémonie solennelle de la distribution des récompenses, présidée par le roi des Belges entouré des principaux personnages de la Cour, des ministres d’État, des représentants accrédités des puissances et des lauréats de la grande manifestation qui, pendant ces six derniers mois, y amena un immense concours de population.
- Tout le monde sait dans quelle importante mesure la France participa au succès de la Fair World des Flandres, mais ce que nous voulons indiquer, c’est la spontanéité des ovations qui accueillirent les hautes notabilités françaises qui y assistèrent.
- Devant les 18 ooo personnes qui se pressaient le lundi 27 octobre autour de l’estrade royale, dans la grande salle du palais de l’Horticulture, la France fut l’objet de chaudes manifestations de sympathie et d’amitié, non seulement de la part de M. Hubert, ministre du Travail, qui ouvrit la série des discours au monarque, mais encore de M. Cooreman, ministre d’État et président du Comité exécutif de l’Exposition, qui, mieux que tout autre, fut à même d’apprécier le concours que les exposants français apportèrent à l’ensemble de son œuvre.
- Puis lorsqu’on procéda à la remise des décorations et diplômes, ce fut un tonnerre d’applaudissements. Le gouvernement belge a tenu à gratifier nos représentants de hautes distinctions honorifiques, parmi lesquelles nous citerons: MM. Massé, ministre du Commerce, grand-cordon de la Couronne; Marraud, commissaire général de la Section française, grand-officier de l’Ordre de Léopold Ier; Charles Legrand, président du Comité d’organisation de l’Exposition, grand-officier de l’Ordre de Léopold II; E. Dupont, sénateur, grand-officier de l’Ordre de la Couronne; Fighiera, chef du cabinet du ministre, commandeur de l’Ordre de Léopold II; Regard, Faure, Arbel, commandeurs del’Ordre de Léopold II, etc., etc.
- Nos éminents compatriotes furent, on le sait, d’admirables artisans de la participation française à Gand.
- Avec une inlassable activité, servie par une intelligence, une science, une conscience,une expérience qu’on ne saurait vraiment trop louer, le commissaire général et le président du Comité français se dépensèrent sans compter.
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- Aussi ce triomphe public n’est-il que la juste récompense du labeur accompli.
- La distribution des récompenses s’acheva par un merveilleux défilé des nations, où celles-ci étaient représentées par une série de gracieuses ballerines du Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles.
- Celles qui personnifiaient la France garderont longemps le souvenir de l’ovation qui leur fut faite au passage, tandis qu’elles inclinaient gracieusement leurs drapeaux aux trois couleurs aux sons de la Marseillais? et du Chant du Départ.
- Le banquet qui suivait cette cérémonie fut également pour nos compatriotes une source de favorables impressions. Parmi les 'personnalités françaises qui se trouvaient aux côtés de M. Massé, ministre du Commerce, nous citerons : MM. Klobukowsky, ministre de France à Bruxelles; Marraud, commissaire général; Legrand, président du Comité français; Faure, trésorier; Guyot, trésorier adjoint; le sénateur Dupont; Quentin, président du Conseil général, et Chassaigne-Goyon, président du Conseil municipal.
- Les discours furent remarquables : M. Massé porta un toast au roi et à la famille royale; M. de Broqueville, ministre d’État, lui répondit en portant un toast au président de la République française.
- On sait quelle place occupe dans les conseils de la Couronne la haute personnalité de M. de Broqueville, mais ce que nous tenons à dire c’est la grande sympathie que le ministre belge professe pour la France et la nation française. Politicien de la plus grande envergure, diplomate averti, homme d’État consommé, M. de Broqueville, de même que M. Helleputte, l’éminent ministre des Travaux publics et de l’Agriculture dont l’autorité et la haute valeur sont si appréciées, connaît à fond notre pays, nos hommes politiques, nos artistes, nos savants; son discours fut chaleureusement applaudi.
- Nous devons signaler aussi le vibrant salut de M. Marraud à la ville de Gand et la délicate bienvenue souhaitée par M. Braun aux représentants de la Ville de Paris au nom desquels M. Chassaigne-Goyon répondit avec élégance et talent.
- Dans les éloges qui se formulèrent à l’occasion de cette cérémonie, il est bien évident que les exposants, en général, et ceux de la Section française en particulier, eurent leur large part.
- Cette brillante cérémonie clôtura dignement la série des fêtes de Gand et marquera une date glorieuse pour notre commerce parisien.
- Dans les éloges unanimes qui leur furent décernés, dans les encouragements officiels que le gouvernement français y ajoutera, les exposants de notre pays trouveront la juste récompense des sacrifices qu’ils firent avec désintéressement, mais déjà, nous en sommes persuadés, leur plus grande récompense est d’avoir contribué puissamment à accroître à l’étranger le prestige et la gloire de la France.
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- Faible écho du dernier banquet officiel de la cérémonie des récompenses
- Le rapporteur voudrait pouvoir rappeler textuellement les superbes péroraisons des hommes éminents qui illustrèrent ce banquet de clôture ; il tâchera d’en fixer au moins un aperçu en recopiant ici quelques passages de la poétique réplique, d’une tournure si littéraire, de M. l’échevin de Weert, répondant, au nom de la ville de Gand, à la brillante et savante allocution de M. Pierre Marraud, commissaire général du gouvernement français, lequel sut y mettre tout son cœur et toute son affabilité ; son autorité courtoise fit grande impression quand il fit l’apologie de la Section belge, de son commissaire général, de la municipalité de Gand et de la Belgique.
- M. l’échevin de Weert, répondant au nom de la ville de Gand, regrette qu’il ne soit plus de tradition de décerner comme jadis aux hôtes de marque et aux bienfaiteurs de la ville le droit de cité ou de bourgeoisie.
- « Vous souvient-il, dit M. de Weert, de la merveilleuse page (elle est classique) où Flaubert, dans Salammbô, décrit le départ des colombes! La fille d’Hamilcar suit, dans le ciel, leur vol vers des rives plus clémentes, une indicible tristesse s’empare d’elle et c’est en vain que sa nourrice tente de la consoler en disant: « Elles reviendront, maîtresse». La même angoisse nous étreint, car votre tâche est accomplie et vous ne reviendrez pas.
- «C’est l’heure mélancolique des adieux; adieux affectueux parce que vous avez servi non pas seulement votre pays et les intérêts de vos exposants, mais la Belgique et la Flandre, notre grande et notre petite patrie et notre chère ville.
- « Vous nous avez donné de grands exemples de patriotisme, de nobles et utiles leçons de choses, qui ne s’effaceront pas de sitôt de nos mémoires.
- « Peut-être songerez-vous de temps en temps à la vieille cité qui a tenté, dans la mesure de ses moyens, de vous être accueillante et hospitalière et direz-vous à vos compatriotes: « Elle est digne de son passé, de son renom de beauté, d’art et de travail, et ses fils, dans un effort énergique, ont su assurer son avenir ».
- « C’est notre orgueil, notre espérance, et votre jugement sera notre récompense. ]
- « Mais je m’en voudrais de ne pas associer à ces remerciements les représentants de la Ville de Paris et du département de la Seine qui nous donnent en ce moment une nouvelle preuve de sympathie. I
- « Ils ont été, à côté de nous, dans la vigne commune, parmi les ouvriers de la première heure, parmi ceux qui ont accueilli et stimulé notre initiative et assuré la vendange. Ils ont voulu rester fidèles aux traditions généreuses
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- de leur pays et de leur cité, au rayonnement intellectuel et social qui émane de Paris, j’entends du Paris qui travaille et pense.
- « C’est donc à la ville de Lutèce que je lève mon verre et à tous ceux qui la représentent ici. »
- L’Académie française aurait pu revendiquer de si belles pensées exprimées en un si pur langage. La poétique citation de Flaubert était une trouvaille littéraire rendant à merveille la suspension, pour un temps, de nos relations très amicales, qu’on ne peut oublier.
- Remerciements et adieux du Ministre et du Commissaire général aux Exposants français
- Après la superbe apothéose de la distribution des récompenses, M. le Commissaire général nous conviait, dans la salle des conférences de la Section française, à prendre une coupe de champagne, et profitait de cette réunion pour nous remercier de nos rapports agréables pendant le cours de l’Exposition.
- M. le ministre Massé était présent et il tint à nous redire, en quelques phrases précises, le rôle important que nous avions joué, et nous remerciant en son nom personnel, nous dit toute la satisfaction du gouvernement de la République, heureux de la belle entente de tous, pour le plus grand bien et le succès de notre grande France.
- Des trains spéciaux bondés étaient venus le matin de Paris pour Gand et repartaient le soir toujours bondés pour ramener ceux qui ne pouvaient attendre au lendemain.
- Une soirée de gala à l’Opéra nous fut offerte où nous applaudîmes un Gantois bien parisien aussi, le baryton Noté dans Rigoletto.
- Superbe salle: les ministres, le Conseil municipal y assistaient; beaucoup de dames gracieuses en toilette de gala jetaient une note claire et gaie au milieu de la correction des habits noirs rehaussés cependant de brochettes brillantes. On pouvait se croire à une première dans un de nos théâtres subventionnés.
- Ce fut la fin des réceptions officielles se rattachant à l’Exposition de Gand et à sa consécration, fixant en notre mémoire un souvenir précieux et impérissable.
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- CONCLUSION
- Faire le rapport de la Classe 85 tout particulièrement, qui ne comporte que de puissantes maisons d’affaires, que de très fortes entreprises, que de formidables organisations ayant même leurs fondations humanitaires spéciales de prévoyance sociale, c’est s’extasier sur la direction sûre et raisonnée de ces belles institutions qui emploient un nombre considérable d’ouvriers et d’employés des deux sexes.
- La logique veut donc qu’après avoir poussé ces justes cris admiratifs devant le puissant organisme qui actionne ces gros centres commerciaux et industriels, on en arrive fatalement à englober dans un même bouquet d’éloges leurs produits et ceux qui les exécutent.
- Il faut, en effet, que l’étude, la conception et l’exécution de leurs œuvres se tiennent étroitement dans la perfection pour que le monde entier se les arrache et qu’elles produisent des chiffres incroyables d’affaires permettant à tous et toutes d’aller toujours de l’avant.
- Cette fois encore, à Gand, dans cette belle Exposition où tous les pays du monde étaient représentés, il est juste de rappeler ce que Sa Majesté le roi des Belges a si hautement proclamé, « que la France restait merveilleusement inégalable dans toutes les branches ».
- Ce fut un concert d’éloges bien mérités ; nous pouvons en déduire que ce que nous présentions à la critique mondiale, malgré des audaces voulues, était apprécié et envié, nous sommes donc de bons collaborateurs du succès national.
- Dans le domaine de la couture, entre autres, quelles merveilles d’originalité où l’art domine et où l’on sent la volonté d’être personnel, d’honorer et de respecter les formes divines de la femme, non plus en l’emprisonnant, ceci est vieux jeu, mais en combinant une atmosphère à sa beauté, avec des tissus de souplesse extrême, drapés et chiffonnés avec science pour la voiler simplement de plis harmonieux et sobres, de nuages vaporeux qui semblent impalpables, ce à quoi tout être épris du beau applaudissait, et cela, pour la gloire de la couture parisienne qui rayonne sur le monde entier, de la confection, des grands magasins et des tailleurs de luxe qui forment la Classe 85, un des plus beaux fleurons de la Section française.
- Il nous reste à remercier la Belgique et la ville de Gand d’avoir mis à notre disposition, avec une courtoise sympathie, un cadre merveilleusement idéal. Les exposants français conservent à la Belgique une reconnaissance infinie pour son fraternel accueil et sa cordiale hospitalité.
- Vive Gand ! Vive la Belgique!
- Le rapporteur : H. DETROIS,
- Vice-Président de la Classe 85,
- Trésorier de la Collectivité de la Couture,
- Membre du Jury de la Classe 85,
- Membre du Jury du Groupe XIII-B et Secrétaire-Rapporteur du Jury du Groupe.
- Paris.— Janvier 1914.
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- LISTE DES RÉCOMPENSES
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- Le Jury des récompenses avait à juger 46 stands d’exposants, dont deux collectivités, l’une belge comprenant 5 membres, l’autre française comprenant 19 membres.
- 13 exposants (dont 8 Français) ont été de droit hors concours, étant membres du Jury.
- Un membre exposant fut mis hors concours sur demande, bien que n’étant pas du Jury.
- ! Il a été accordé 46 récompenses, les collectivités ne comptant que pour « une ».
- L’ensemble des participants de la Classe 85 (Section belge : 19, et Section française : 44) était de 63 exposants.
- RÉCAPITULATION DES RÉCOMPENSES AUX EXPOSANTS
- Totaux France Belgique
- Membres du Jury. Hors Concours .................. 13 dont 8 5
- Un Hors Concours sur demande (pas du Jury) .... 1 — 1 0
- Diplôme de Grand Prix............................ 17 — 12 5
- Diplôme d’Honneur................................. 4 — 1 3
- Diplôme de Médaille d’Or.......................... 4 — 4 o
- Diplôme de Médaille d’Argent...................... 0 — 0 0
- Diplôme de Médaille de Bronze..................... 0 — o 0
- Les exposants en collectivité ont droit à un diplôme de : Grand Prix collectif: 19 Français et 5 Belges.
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- RÉCOMPENSES ACCORDÉES A LA FRANCE
- Hors Concours, Membres du Jury
- DŒUILLET (G.) (couturier), Paris.
- CASLOT (“Bon Marché”), Paris.
- CHÉRUIT (couturier), Paris.
- CARETTE (tailleur), Paris.
- DETROIS (H.) (couturier), Paris.
- SALOMON (Alexis) (confections), Paris.
- VOISIN (J.) (tailleur), Paris.
- LAGUIONIE (Pierre) (“Printemps”), Paris.
- Hors Concours sur demande (non participants aux récompenses) GRANDS MAGASINS DU LOUVRE, Paris.
- Diplômes de Grand Prix
- BESSAND, BIGORNE et Cie, “La Belle Jardinière” (vêtements), Paris. BOGLER (tailleur), Paris.
- BRAILLON et Fils (vêtements), Paris.
- COUSTOU (G.) (vêtements), Roubaix.
- HALIMBOURG-AKAR (vêtements), Paris.
- GORSE (Jean-Jules) (vêtements), Lyon.
- KAHN (Paul), RODOLPHE et Cie (vêtements), Paris.
- KRIEGCK (Nicolas) (tailleur), Paris.
- SOCIÉTÉ ANONYME GALERIES LAFAYETTE (nouveautés), Paris. PAQUIN (couturier), Paris.
- DUR Y et fils (vêtements), Paris.
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- Grands Prix
- COLLECTIVITÉ DE LA COUTURE
- 1. BÉCHOFF-DAVID.
- 2. BEER.
- 3. BERNARD et Cie.
- 4. BUZENET.
- 5. CALLOT Sœurs.
- 6. CAUET.
- 7. JENNY et Cie.
- 8. LAFERRIÈRE (Société).
- 9. LANVIN (Jeanne).
- 10. MARDEL-ROBERT.
- 11. MARGAINE-LACROIX.
- 12. MARTIAL (Armand).
- 13. PAQUIN.
- 14. PERDOUX, BOUDEREAU, VERON.
- 15. REDFERN.
- 16. REVERDOT.
- 17. ROBERT.
- 18. RONDEAU-LEGRAND.
- 19. WORTH.
- Diplômes d’Honneur
- HARRISON (Géo) (vêtements), Paris.
- Diplômes de Médaille d’Or
- COZETTE et PERDRIAU (vêtements), Tours. ÉTABLISSEMENTS COUTURIER (vêtements), Fécamp. THIÉRY et SI GRAND (vêtements), Paris. TOURAILLE, MEILLASSON et Cie (vêtements), Paris.
- Pas de Médailles d’Argent, de Bronze, de Mention.
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- ÉTAT RÉCAPITULATIF DES RÉCOMPENSES ACCORDÉES AUX COLLABORATEURS DES EXPOSANTS
- Diplômes d’Honneur
- TANGUI (Mme), Maison Reverdot, Paris.
- REBU (Mme Faustine), Maison Reverdot, Paris. BALMANA (Pierre), Maison Kriegck, Paris. RABEAU (Romain), Maison Kriegck, Paris. BONNEAU, Maison Kriegck, Paris.
- LABBÉ (Laurent), Bon Marché, Paris. POUCHON, Bon Marché, Paris.
- JAQUETTE (Mlle), Bon Marché, Paris. BOURRÉ (Mme), Bon Marché, Paris.
- EWARD, Coustou, Roubaix.
- THOMAS, Louvre, Paris.
- MORNAS (Georges), Paul Kahn, Paris.
- LÉGER, Printemps, Paris.
- ASTORG (Mme), Printemps, Paris.
- Médailles d’Or
- DURAND AC (Mme), Reverdot, Paris. RICHARD (Mme), Detrois, Paris.
- BOULANGER (Mme), Detrois, Paris.
- FROUMY (Mlle Berthe), Detrois, Paris. PICARET, Chéruit, Paris.
- DESTÉ (Mlle), Laferrière, Paris.
- J OU VE NET (Mme), Laferrière, Paris.
- CAHEN (Eug.), Dœuillet, Paris.
- LABOUR (Mme), Dœuillet, Paris.
- BRETON, Bon Marché, Paris.
- BOULARD, Braillon, Paris.
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- PAUCELLIER (Mme), Braillon, Paris. DROMER, Braillon, Paris.
- PLOCQ, Bogler, Paris.
- GAUCHE, Bogler, Paris.
- THIÉNOT, Louvre, Paris. LERÉVÉREND (Mlle), Louvre, Paris. BLANDIN (Louis), Gorse, Lyon. GÉNIN (Jean), Gorse, Lyon.
- TANTE, Halimbourg, Paris. DELSAUX, Halimbourg, Paris. DINOT (Mlle), Printemps, Paris. MONFERT (Mlle), Printemps, Paris. MIGNOT (Mme), Printemps, Paris. BERGER (Mlle T.), Paquin, Paris. DUCREUZER (Mme), Paquin, Paris. SAGNER (Laurent), Paquin, Paris. DAUMONT (Mme J.), Paquin, Paris. BALMANA (José), Kriegck, Paris. RENARD (Mlle J.), Callot, Paris. CONCÉ (Mlle A.), Callot, Paris.
- Médailles d’Argent
- LAURENT (J.), Carette, Paris.
- BOLLAND, Bernard, Paris.
- DUJARDIN (Paul), Coustou, Roubaix. DUBOIS (Mme Victoria), Coustou, Roubaix. DACHET (Mme Jeanne), Coustou, Roubaix. BERNAUX (L.), Cozette et Perdriau, Tours. STRANSKY (I.), Galeries Lafayette, Paris. KAHN (Mme M.), Galeries Lafayette, Paris. HARRY (Mme), Halimbourg, Paris.
- GILLOT (Mme), Halimbourg, Paris. BLANLEUIL (Arth.), Harrison, Paris.
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE
- ni
- BLANLEUIL (Aug.), Harrison, Paris.
- TREMBLAY (V.), Alexis Salomon, Paris.
- WEINZ (Eug.), Alexis Salomon, Paris.
- ROME, Alexis Salomon, Paris.
- FREYSSENED, J. Voisin, Paris.
- FARET, J. Voisin, Paris.
- PAGÈS, J. Voisin, Paris.
- Médailles de Bronze
- CASSON (Mlle A.), Kriegck, Paris.
- CASSON (Mlle H.), Kriegck, Paris.
- MICHELIN (Ch.), Cozette et Perdriau, Tours.
- RAEL (Ch.), Cozette et Perdriau, Tours.
- MARÉCHAL (H.), Couturier, Fécamp.
- DEBRIS (Mme M.), Couturier, Fécamp.
- RAMBEAU (J.), Touraille, Meillassoux et Cie, Paris. SCHYMSCRITZ (Ad.), Touraille, Meillassoux et Cie, Paris. LE NOIR (Paul), Bon Marché, Paris.
- EMMANUEL (Mme), née Joséphine Favre, Bon Marché,
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’Argent
- PERLOT (Mlle B.), Reverdot, Paris. ESCARECH, Voisin, Paris.
- LAVEAU, Voisin, Paris.
- SALOMÉ (G.), Harrison, Paris.
- ZIMMER, Paul Kahn, Paris.
- BURGARD (Mme L.), Paul Kahn, Paris. SZYMANSKA, Printemps, Paris.
- MORLOT (Mlle A.), Printemps, Paris. HENRIOT, Printemps, Paris.
- COLLIGNON, Printemps, Paris.
- Paris.
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- 112
- GROUPE XIII B.
- CLASSE 8-ï
- Médailles de Bronze
- DEMENLEMEESTER (R.), Coustou, Roubaix.
- BÉCUSE (J.), Coustou, Roubaix.
- GROSSE (Mlle Antonia), Coustou, Roubaix.
- DEFRENNE (Mme Julia), Coustou, Roubaix.
- DUPRAT (Th.), Cozette et Perdriau, Tours.
- LISSAC (Louis), Cozette et Perdriau, Tours.
- GEMONT (Mme Léon), Cozette et Perdriau, Tours.
- FRASNOY, Paquin, Paris.
- NAVETTE, Paquin, Paris.
- RÉMY, Paquin, Paris.
- HUON (R.), Paquin, Paris.
- PERSON (Mlle Lucie), Harrison, Paris.
- Le Jury des récompenses, sur la proposition des chefs d’industrie, ayant indiqué les services rendus par certains ou certaines de leurs employés et ouvriers dans leur part contributive à l’Exposition, a jugé qu’il devait leur accorder les récompenses désignées ci-dessus.
- Il a donc été décerné à nos collaborateurs :
- 24 Diplômes d’Honneur,
- 41 Médailles d’Or,
- 27 Médailles d’Argent,
- 10 Médailles de Bronze,
- Soit 102 récompenses.
- Ces 102 diplômes ont été répartis entre la France et la Belgique.
- La France a eu dans notre Classe, sur le nombre indiqué plus haut :
- 14 Diplômes d’Honneur,
- 29 Médailles d’Or,
- 21 Médailles d’Argent,
- 10 Médailles de Bronze.
- Soit 74 récompenses accordées aux collaborateurs, suivant le détail de la liste présentée d’autre part.
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- INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE 113
- POUR NOS COOPÉRATEURS
- Sur 23 diplômes accordés pour les deux nations, 10 Médailles d’Argent et 13 de Bronze, la France s’est vu attribuer :
- 10 Médailles d’Argent,
- 12 Médailles de Bronze.
- Soit 22 récompenses accordées aux coopérateurs, suivant le détail de la liste présentée d’autre part.
- Le Rapporteur :
- H. DETROIS.
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- ... ...............—-----------------------—
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- TABLE DES MATIÈRES
- Avant-Propos............'............................
- Section française : Son Comité d’organisation........
- Historique de la ville de Gand.......................
- La participation française...........................
- Notre collaboration, sa nécessité, ses avantages . . . .
- Formation des Comités................................
- Organisation, direction, admissions..................
- Jury de la Classe : Sa composition, ses travaux . . .
- Ouverture de l’Exposition............................
- Commentaire sur l’évolution de la Mode...............
- Description d’ensemble de la Classe 85 française . . .
- La haute couture.....................................
- Maison Paquin (Exposition individuelle)..............
- Les tailleurs de luxe................................
- Les confectionneurs pour hommes, dames et enfants .
- Les grands Magasins de nouveautés....................
- Le “Bon Marché”................................
- Les “Magasins du Louvre”.......................
- Les “Magasins du Printemps”....................
- Les “Galeries Lafavette”.......................
- Les tailleurs de luxe pour hommes....................
- Maison Bogie ..................................
- Maison Carette.................................
- Maison Géo Harrison............................
- Maison Kriegck.................................
- Maison Voisin..................................
- La confection en gros pour hommes, dames et enfants
- La “Belle Jardinière”..........................
- Braillon (Charles) et ses Fils.................
- 7
- 15
- 19
- 21
- 23
- 26
- 29
- 31
- 34
- 41
- 47
- 50
- 54-95
- 58
- 62
- 63
- 67
- 69
- 71
- 73
- 74
- 75
- 76 78 78 80 80 81 83
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- 116 GROUPE XIII B. — CLASSE 85
- Maison G. Couston.................................................. 83
- Établissements G. Couturier........................................ 84
- Cozette et Perdriau................................................ 85
- Maison Ad. Dury et Fils............................................ 86
- Maison Jean et Jules Gorse......................................... 86
- Maison Halimbourg-Akar............................................. 86
- Maison Paul Kahn................................................... 87
- Maison Alexis Salomon............................................. 88
- Maison Thiéry et Sigrand........................................... 88
- H. Touraille, Meillassoux et Cie................................... 89
- La haute Couture parisienne............................................. 90
- La Collectivité de la Couture dans son ensemble.................... 92
- La Couture au point de vue prévoyance sociale....................... 95
- Statistique générale................................................. . 96
- Considérations sur la Classe 85 belge.................................... 99
- Apothéose du commerce et de l'industrie de la France.........-’.... 101
- Faible écho du dernier banquet officiel de la cérémonie des récompenses. 103
- Remerciements et adieux du Ministre et du Commissaire général aux
- Exposants français.............................................. 104
- Conclusion.............................................................. 105
- Liste des récompenses................................................... 106
- DEVAMBEZ, GR.
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