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Aide-mémoire pratique de tissage mécanique et en particulier du tissage du coton
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- PAREMENT
- POUR ENCOLLEUSES A GRANDE VITESSE
- Avantages résultant de son emploi :
- 1° Les tambours ne s’encrassent pas ;
- 2° L’adhérence de la fécule est complète ;
- 3° Les fibres du coton ne se séparent pas et ne forment pas de duvet ;
- 4° Les fils conservent leur élasticité, et la production est facilitée par la bonne marche des chaînes.
- Ce Parement se livre tout chargé pour les gros filés
- Il se fait aussi pour :
- Les articles laine et les mélangés.
- Les toiles à blanchir et les toiles fortes.
- COLLES & GÉLATINES
- Pour Encollage, Apprêt, Gommage.
- COLLE INALTÉRABLE
- Pour apprêt imperméable.
- COLLE GÉLATINE EN POUDRE
- SE DÉLAYANT DANS L’EAU FROIDE
- LOUIS MABILLE
- Usine à. Gennevilliers (Seine)
- I
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- A3o55f
- AIDE-MEMOIRE PRATIQUE
- DE
- TISSAGE MÉCANIQUE
- ET EN PARTICULIER
- DU TISSAGE DU COTON
- NOTIONS SUR LA COMPOSITION ET LA DÉCOMPOSITION DES TISSUS ANALYSE DES TISSUS FONDAMENTAUX FORMULES, RENSEIGNEMENTS USUELS, DONNÉES PRATIQUES POUR TOUTES LES OPÉRATIONS DU TISSAGE RÉGLAGE DES MACHINES ÉTABLISSEMENT DES PRIX DE REVIENT NOTIONS SUR LES GÉNÉRATEURS D’ÉLECTRICITÉ TRANSPORT DE FORCE, ETC., ETC.
- PHÉCÉDÉ DES
- PRINCIPES DE MÉCANIQUE SUR LES POULIES ET ENGRENAGES
- PAR
- Victor SCHLUMBERGER
- Manufacturier
- Officier de l’Instruction publique
- Grande Médaille d'honneur de la Société Industrielle de Mulhouse
- ET
- Paul DUPONT
- Directeur d’Usines
- Ancien sous-directeur de l’École de filature et de tissage de Mulhouse Ex-Membre du comité de mécanique de la Société Industrielle de Mulhouse
- DEUXIÈME ÉDITION
- PARIS
- LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE, BAUDRY ET C,«e, ÉDITEURS 15, Rue des Saints-Pères, 15 Maison a Liège, 21, Rue pe la Régence
- Tous droits réservés
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- TABLE DES MATIERES
- Préface de la i" Edition.........................................
- Avant-propos de la 2» Edition............................
- Introduction. —Résumé des principes de mécanique sur les commandes par poulies et par engrenages..........................
- Principe fondamental..........................................
- Exemples numériques...........................................
- Dimensions des engrenages.....................................
- Tableau des dimensions à donner au pas et à l’épaisseur des dents
- d’engrenages..................................................
- Vis sans fin...............................................
- Tableau servant à déterminer les nombres de dents ou diamètres
- des roues d’engrenages........................................
- Largeur des courroies.........................................
- Mesure des surfaces planes....................................
- Surfaces dans l’espace et volumes ...............................
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- PREMIÈRE PARTIE
- NOTIONS THÉORIQUES SUR LE TISSAGK
- Préliminaires. — Définitions................
- Analyse et décomposition des tissus.........
- Armures fondamentales. — De l’uni...........
- Du croisé...................................
- Du sergé. — Du satin........................
- Du brillanté................................
- Tissus à côtes ........................... .
- Reproduction d’un tissu analysé ou décomposé
- Exemple d’une disposition...................
- Remettage...................................
- Remettage suivi.............................
- Remettage à pointe..........................
- Remettage à retour. — Amalgamé..............
- Remettages en plusieurs corps...............
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- — II —
- Piquage en peigne.................................
- Tableau indiquant le retrait de divers articles coton.
- Ourdissage.........................................
- Lissage ..........................................
- Différents genres de mailles et maillons..........
- Fabrication des harnais...........................
- Recette pour le parement des harnais...............
- Travail...........................................
- Jeu des lames ....................................
- Fabrication des articles en chaînes de couleur. . . . Ourdissoir pour ourdir par couleurs séparées ....
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- DEUXIÈME PARTIE
- RÉGLAGE ET CONDUITE DES DIVERSES MACHINES DE TISSAGE
- Du Bobinoir..................................................
- Réglage du bobinoir..........................................
- Bobinoir d’écheveaux. — Bobinoirs perfectionnés..............
- Tarif des prix payés pour bobinage...........................
- De l’Ourdissoir. —Ourdissoir à bras..........................
- Ourdissoirs mécaniques. — Rentrage des fils...............
- Travail de l’ourdissoir. . . . . ..............................
- Vitesse et production de l’ourdissoir.................. . . ?
- Tarif des prix payés pour ourdissage.........................
- Du Parage ...................................................
- Composition et préparation du parement.......................
- Recettes de parement. .......................................
- Rentrage des fils à la machine à parer.......................
- Réglage et conduite de la machine à parer....................
- Chauffage des salles.........................................
- Calculs des productions et vitesses..........................
- De l’emploi du parement, — Tarif du parage...................
- De l’Encollage...............................................
- Recettes de colles...........................................
- Comparaison des frais entre la machine à parer et l’encolleuse, .
- Du compteur..................................................
- Peigne extensible............................................
- Des défauts..................................................
- Manœuvre de l’encolleuse.....................................
- Encolleuse à un tambour......................................
- Encolleuse système Victor Schlumberger pour encoller tous les
- numéros de 8 à 200........................................
- Encolleuses à tubulures et à cheminée d’air chaud............
- Du Rentrage..................................................
- Du Rappondage ou appondage...................................
- Du métier à tisser. — Montage de la chaine...................
- Réglage des lames ou harnais.................................
- Trame dans un pas ouvert et fermé. — Effet des pas...........
- Position de l’ensouple ......................................
- 61
- 63
- 68
- 69'
- 7°
- 71
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- 74
- ?5
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- — ni
- Du chasse-navette..............................
- Mouvement des lames. Tracé des excentriques . . .
- Mouvement d’uni.................................
- Mouvement de croisé, 4 marches..................
- Mouvement ppur sergé de 3 par la trame..........
- Mouvement pour sergé de 3 par la chaîne.........
- Mouvement pour sergé de 5........................ .
- Mouvement d’uni sur arbre du mouvement de croisé
- De l’arrêt......................................
- Du casse-trame................................
- Du frejn. — Mise en train du métier.............
- Des défauts au tissage..........................
- Des lisières....................................
- Rentrage des lisières..........................
- Des templets....................................
- Fuseaux pour navettes...........................
- (Garde navettes.................................
- Machine à imbiber les taquets. — Amendes........
- Distribution de la trame. — Du mouillage........
- Métiers à plusieurs navettes....................
- Divers genres de métiers nouveaux...............
- Mécaniques d’armures ou ratières................
- Humidification. — Ventilation...................
- ia3
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- i3i
- 133 ï34 i35 i35 ï37 i4i i4a
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- 146 ï47 148 j5o i5i
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- TROISIÈME PARTIE
- Du titrage des fils............................................
- Applications numériques..................................
- Tableau des poids en grammes de iooo mètres de fils de Numéro
- i à ioo. — Numérotage anglais................................
- Tableau comparatif des numéros français et anglais.............
- Echantillonnage................................................
- Numérotage de la laine..................................... . .
- __ du lin, de l’étoupe, du chanvre, du jute, de la soie. .
- Comptabilité d’un tissage. — Prix de revient...................
- Différents calculs sur les emplois de filés....................
- Tableau de la longueur de la trame sur un mètre de tissu. . . .
- Exemples de prix de revient de quelques tissus.................
- Tableau indiquant les portées contenues dans différentes largeurs
- de tissu.....................................................
- Tarifs de façons...............................................
- Comparaison des productions moyennes...........................
- Des diverses sortes de tissus..................................
- Tissus pour la vente en blanc. Calicots 6o P...................
- Poids des filés et prix de revient des calicots 7o P...........
- — — — 90 P et ioo P. .. .
- Genre cretonne...................................................
- Tissus façonnés et à armures.....................................
- Genre croisé.....................................................
- i58
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- IV
- Piqués et brillantes. ............................................
- Organdis, jaconas, nansouks. —Tissus pour impression..............
- Satins et satinettes..............................................
- Satins par la cliaine.......................................... .
- Proportions à observer entre les numéros de filés pour la chai ne
- et pour la trame................................................
- Moyens graphiques de représenter les emplois de filés et les prix
- de revient pour différents tissus...............................
- Emploi pour ioo mètres de différents numéros de trame.............
- Emploi pour ioo mètres de différents numéros de chaine .... Conditions de travail des ouvriers. —Œuvres d’assistance en cas
- , de maladie, etc..................................
- Notes, formules et données usuelles sur l’électricité dynamique et
- le transport de la force par l’électricité......................
- Machine à courants alternatifs.....................................
- Machine à courant continu..........................................
- Anneau Gramme.....................................................
- Réversibilité des dynamos....................................... .
- Modes d’excitation.................................................
- Machines à courants polyphasés....................................
- Ligne ............................................................
- Différents modes de transmission..................................
- ig3
- ï95
- i98
- 199
- 199
- 200
- 205 210 211 2X3
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- FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES
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- PRÉFACE DE LA lre ÉDITION
- L’accueil fait à notre Aide-Mémoire pratique de filature, les encouragements flatteurs que nous avons reçus d’un grand nombre de lecteurs et les sollicitations qui nous ont été adressées par plusieurs de nos souscripteurs, en nous montrant que le plan que nous nous étions tracé avait été justement conçu, et que nous avions atteint — au moins en partie — le but que nous nous étions proposé, nous ont engagé à faire pour le tissage, ce que nous avions tenté pour la filature.
- L’ouvrage que nous offrons aujourd’hui aux jeunes gens désireux de compléter leurs connaissances dans cette branche, contient également quelques renseignements qui, nous l’espérons, pourront être utiles aux contre-maîtres, aux directeurs et aux chefs d’établissements. Nous avons traité toutes les questions plutôt au point de vue pratique que théorique, sans cependant passer sous silence les not ions théoriques élémentaires qui conduisent à la décomposition et à la connaissance complète des tissus différents.
- L’industrie du tissage, comme celle de la filature, constitue un art et non une science, c’est-à-dire qu’on ne peut, au sujet de ces deux branches si développées aujourd’hui, établir et émettre des principes et des règles ayant force de loi. Les procédés mis en pratique et qui donnent d’excellents résultats chez les uns, sont souvent critiqués et rejetés par les autres ; nous avons donc cherché, tout en exposant les diverses méthodes d’opérer aujourd’hui suivies, à les envisager d’une manière générale, en montrant les conséquences diverses que peuvent avoir sur la production des traitements différents, afin de montrer à un directeur intelligent les essais qu’il pourra tenter, essais qui contribuent tous les jours aux progrès de l’industrie.
- Notre ouvrage s’adresse à un lecteur supposé placé dans un établissement industriel, à portée des machines, à même d’en étudier le détail et le fonctionnement ; nous n’avons donc pas
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- donné de dessins ni de descriptions proprement, dites ; nous n’avons traité que tics calculs qui se rapportent aux différentes machines et des modifications qu’y peut apporter le réglage.
- La première partie contient quelques notions théoriques indispensables sur la formation, la composition et la décomposition des tissus fondamentaux, qui permettront, d’effectuer l’analyse de tout autre tissujnous avons laissé de côté les articles tels que les gazes, les velours et les façonnés obtenus avec la mécanique Jacquard, comme faisant l’objet de fabrications plus spéciales,et qui nous eussent entraîné hors des limites du cadre que nous nous sommes tracé. — La deuxième partie est relative au réglage et, à la conduite des diverses machines et du métier à tisser. Enfin, dans une dernière partie, nous établissons les calculs relatifs au titrage des fils, aux emplois de filés, aux productions, à l’établissement des prix de revient, etc., etc.
- L’étude de ces trois parties devant, en quelque sorte, être menée de front, nous avons dù, pour éviter des répétitions, renvoyer le lecteur pour quelques définitions qui ne se trouvent pas dans une partie, à une autre partie de l’ouvrage.
- Notre œuvre n'est, pas sans doute encore exempte de critiques ; aussi nous tiendrons compte des omissions qu’on voudra bien nous signaler ; ce sera le meilleur moyen d’approcher de la perfection que nous ne nous flattons point d’avoir atteint et d’arriver au but que nous nous sommes proposé : être utile aux;, feunes gens débutant dansla carrière industrielle en remplissant une lacune qui existait dans les ouvrages traitant de la matière.
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- AVANT-PROPOS DE LA 2e ÉDITION
- Le succès qu’ont rencontré nos modestes ouvrages auprès du public industriel, en nous permettant de faire paraître cette nouvelle édition de VAide-mémoire pratique du tissage mécanique, nous a imposé, en même temps, l’obligation de répondre à la faveur de nos souscripteurs et lecteurs, en apportant toutes les améliorations possibles à notre travail. Nous avons donc revu et remanié avec soin les détails de notre texte en nous efforçant de ne laisser subsister aucune inexactitude ; nous avons, par des additions assez importantes, signalé les progrès nombreux accomplis et même ceux en voie d’accomplissement dans l’industrie du tissage depuis notre précédente publication, notamment dans la question de la généralisation de l’encollage des fils de tous numéros sur une même machine.
- La question de l’emploi de l’électricité comme agent d’éclairage et de transmission de force,présente trop d’intérêt aujourd’hui pour toute l’industrie en général, pour que nous ayons cru devoir ne pas la passer sous silence. Quoiqu’elle soit assez importante pour mériter une étude toute spéciale, et qu’elle semble dépasser peut-être le cadre de cet ouvrage, nous avons pensé qu’il serait utile d’accompagner nos données pratiques sur le tissage, de quelques définitions, notes et renseignements sommaires et précis à la fois, qu’il n’est plus permis d’ignorer, sur les organes d’engins aujourd’hui universellement répandus, sur leur fonctionnement, et sur la transmission à distance des forces électriques. L’industrie du tissage est, d’ailleurs, une de celles qui semble appelée à tirer le plus de profitd’une utilisation pratique de l’électricité, en raison de la situation d’un grand nombre d’établissements à proximité de forces hydrauliques naturelles, et des avantages que présentent pour un tissage, la division de la force motrice, et son application indépendante à chaque métier, variable en quelque sorte suivant les exigences de la fabrication. Nous devons ces données à l’obligeance de M. C. Pierron,
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- Ingénieur des arts et manufactures, secrétaire général de la Société Industrielle de Mulhouse ; nous sommes persuadés qu’elles intéresseront nos lecteurs, aussi nous sommes heureux de lui exprimer ici nos sincères remerciements.
- Nous remercions également nos nombreux souscripteurs qui, par leur bienveillant concours et leurs encouragements ont consacré le succès de ces opuscules pratiques. Nous espérons que leur approbation ne nous fera pas défaut pour cette nouvelle édition.
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- INTRODUCTION
- La solution des différentes questions qui se présentent journellement à résoudre dans le travail du tissage mécanique, ne nécessite pas la connaissance de mathématiques élevées ; nous n’avons à faire usage dans l’établissement des calculs que des règles élémentaires de l’arithmétique, règles de trois, règles de proportions, et des notions les plus élémentaires d’algèbre.Nous supposons donc le lecteur possédant ces connaissances sommaires, et nous ne les exposerons pas ici ; nous ne ferons que résumer brièvement les principes généraux de mécanique relatifs aux poulies et aux roues d’engrenage qui, une fois établis, nous dispenseront d’envisager ce point de vue de l’étude de chaque machine, et par conséquent nous éviteront de nombreuses répétitions. — Le lecteur qui n’aurait étudié que l’arithmétique sera ainsi à môme de résoudre également les autres questions qui lui seraient étrangères.
- RÉSUMÉ DES PRINCIPES DE MÉCANIQUE SUR LES COMMANDES PAR POULIES ET PAR ENGRENAGES.
- Les roues d’engrenage, les poulies, les tambours, dont l’emploi est si fréquent dans les machines, ont pour objet de transmettre l’action d’un moteur et d’en varier la vitesse dans des limites déterminées. Lorsqu’il s’agit de transmettre le mouvement d’un arbre à un autre arbre parallèle, les roues qui les font mouvoir sont appelées voues droites ou cylindriques parce que leurs génératrices sont parallèles. Les roues montées sur des arbres perpendiculaires ou inclinés sont appelées roues d’angle ou coniques, parce que les génératrices tendent vers un som-
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- met commun. Cependant les roues cylindriques à dentures héli— çoïdales peuvent aussi transmettre le mouvement à deux axes perpendiculaires.
- Quand deux roues droites ou coniques se transmettent le mouve-mentdel’uneà l’autre, elles tournent en senscontraire (fig. i);de sorte que si les axes sur lesquels sont placés ces deux roues doivent tourner dans Figure i. le même sens, il est nécessaire
- d’intercaler une troisième roue intermédiaire qui communique alors delà première roue à la deuxième (fig. 2), et il est essentiel d’observer que quelle que soit la grandeur de cette roue intermédiaire, elle ne change pas la vitesse relative des roues A et B, et par suite celle de leurs axes, car, dans le même temps, il y a le même nombre de dents en contact, c’est-à-dire que si la première roue A fait avancer la roue intermédiaire C de trois dents, celle-ci fera de meme tourner la roue B d’un même nombre de dents, et la même chose a lieu quels que soient le nombre et la grandeur de ces roues intermédiaires. Les roues intermédiaires ne servent donc qu’à varier le sens de rotation et à relier ensemble des roues éloignées.
- Faisons observer que ce principe ne s’applique qu’aux roues intermédiaires engrenant à la fois avec les deux premières. Il est évident que si l’axe de la roue intermédiaire porte deux roues différentes, non-seulement le sens de la rotation sera changé, mais aussi la vitesse, comme dans la disposition représentée (fig. 3).
- Figure 3.
- Figure 2.
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- Lorsque deux arbres parallèles sont, éloignés et que le mouvement est communiqué de l’un à l’autre par des tambours ou poulies embrassées par des courroies, la simple dispositiondes brins de la courroie suffit pour varier le sens de rotation des arbres (fig.4). Ainsi quand ces arbres doivent tourner dans le même sens,les brins de la courroie sont paral-lèlement placés sur la circonférence des tambours ou poulies, et dans le cas où les arbresdoivent opérer leur rotation en sens contraire, on fait croiser les brins de la courroie.
- Figure l\.
- Principe fondamental. — En faisant tourner sans glisser deux plateaux, poulies ou tambours l’un contre l’autre, chaque point de la circonférence de l’un vient successivement coïncider avec chaque point de la circonférence de l’autre et les arcs parcourus dans le même temps sont égaux. Alors si la première circonférence a un développement double de la seconde, celte dernière fera deux tours pendant que la première n’en fait qu’un.
- Il en sera de meme pour deux roues dentées qui engrennent ensemble : si l’une a /)8 dents par exemple, et l’autre 12, la roue de 12 dents fera 4 révolutions pendant que la première n’en fera qu’une.
- D’après ce principe général, les engrenages droits et coniques, comme les poulies et tambours employés pour les transmissions de mouvement, suivent les lois communes suivantes :
- io Le nombre des dents de deux roues en contact est proportionnel aux circonférences ou aux rayons et diamètres de ces mêmes roues.
- Ainsi en représentant par N, le nombre de dents d’une roue de rayon R et par n le nombre des dents d’un pignon r, on a la proportion :
- N____R
- n n
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- d’où l’on peut déduire toujours l’une des quatre quantités lorsqu’on en connaît trois. Ainsi l’on aura :
- ^ nR Nr
- ~r~ n R
- ^ N r ________n R
- n N
- 2» La vitesse des roues, poulies ou tambours, est en raison inverse de leur nombre de dents ou de leurs rayons.
- En représentant par Y la vitesse de rotation (nombre de tours dans un temps donné, ou encore, chemin parcouru par un point de la circonférence) de l’arbre qui porte une roue de rayon R et par v la vitesse de l’arbre de la roue du rayon r, on a :
- y r n
- on tire de là :
- V
- r v ~R
- n R N
- _ V R r _r o VR
- D'où l’on peut conclure cette règle générale facile à retenir et d’une application continuelle dans les fabriques.
- Pour obtenir le nombre de tours d’un arbre de transmission commandé par une poulie ou par une roue d’engrenage, on multiplie l’un par l’autre le nombre de tours de l’arbre de commande et le diamètre de la poulie ou le nombre de dents de la roue placée sur cet arbre, et on divise ce produit par le diamètre de la poulie ou le nombre de dents de la roue placée sur l’arbre commandé.
- Pour trouver le diamètre à donner à une poulie (ou le nombre de dents d’une roue) à placer sur un arbre pour avoir une vitesse donnée, on multiplie l’un par l’autre le nombre de tours de l’arbre de commande et le diamètre de la poulie (ou le nombre de dents de la roue) placée sur cet arbre, et on divise ce produit parle diamètre de la poulie ou le nombre de dents delà roue de l’arbre commandé.
- Exemples numériques : io Une roue de 240 millimètres de diamètre porte 75 dents : combien portera une roue de 1G0 millimètres qui doit engrener avec elle ?
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- — 9
- On a :
- n
- N r ~R
- 75 X 1G0 240
- = 5o dénis.
- 20 Deux roues en contact ont, la première 45 dents, la seconde Go, le rayon de la première est de i5o millimètres ; quel sera le rayon de la seconde ?
- n R Go X 15o
- r —-----=-----------' 200 millimètres.
- N 45
- 3o Une roue de 4oo millimètres de diamètre fait 26 tours par minute et doit en commander une autre qui fera Go tours par minute. Quel sera le diamètre de celle-ci ?
- V R 4oo X 25
- ---- =----------~ 166 millimètres.
- v Go
- 4° Une roue de 45o millimètres de diamètre fait dans une minute 125 tours; elle en commande une autre de 260 millimètres de diamètre ; quel sera le nombre de tours de celle-ci ?
- 45o X 125
- n = •---------= 225 tours.
- 25o
- Dans les problèmes précédents, nous avons pris indifféremment les rayons ou les diamètres des roues ou poulies ; il est évident que le résultat ne change pas, pas plus du reste, que si, au lieu du diamètre, on employait la circonférence correspondante, toutes ces valeurs étant proportionnelles entre elles.
- Les problèmes précédents n’ont rapport qu’aux dimensions et vitesses de deux roues ou poulies ; lorsque plusieurs systèmes de roues ou poulies établissent la transmission d’un axe A à un second B, il est facile de généraliser la règle précédente. En effet, on aura pour expression de la vitesse de la première roue intermédiaire par exemple :
- V
- v r
- TT
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- Cette roue, à son tour, transmettant la commande par une roue r à une roue R', l’expression de la vitesse sera :
- et ainsi de suite :
- Vm — “
- "RR' R" R'".... Rm
- Il suffit donc de multiplier le nombre de tours de la roue A par minute, par le rayon ou le diamètre de toutes les roues ou poulies qui commandent, et de diviser ce produit par le produit des rayons ou diamètres de toutes les roues commandées.
- Exemple : L’arbre A (fig-. 5) fait i!\ tours par minute ; il commande l’arbre B par des roues qui ont pour diamètre 4<>o, 600 et 3oo millimètres ; les roues commandées ont 200 centimètres, celle calée sur l’arbre B, 1,200. Combien de tours fera la roue B ?
- 24 X 4°o X 600 X 3oo
- V =-
- : 36 tours.
- 200 X 200 X 1200 Un calcul analogue permettra de déterminer le rayon ou diamètre de la roue B, connaissant le nombre de tours qu’elle doit faire 36.
- 24 X 4<>o X 600 X 3oo
- D =------------------------ = iniaoo
- 200 X 200 X 36
- D’après ce qui précède, connaissant la distance des centres de
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- deux arbres parallèles et le nombre de tours que chacun d’eux doit faire, il sera facile de déterminer les rayons des roues qu’ils doivent porter.
- Supposons des arbres distants de 160 millimètres ; le premier devant faire 60 tours pendant que le second en fera 4o, la vitesse étant inversement proportionnelle aux rayons, il suffit de diviser la distance 160 proportionnellement au nombre 60 et 4o ; le plus grand des deux résultats sera le rayon de la seconde roue et le plus petit celui de la première.
- 160 X 4° Go 4o iGo X 60 Go -|- 4o
- 64 millimètres, rayon de la ire roue.
- = 96 millimètres, rayon de la 2e ; (64 —J— 96r=z 160 mill.).
- Deuxième exemple. — Un arbre faisant iG tours par minute doit commander un autre arbre par une paire de roues d’engrenage à raison de 81 tours dans le même temps ; la transmission intermédiaire consiste en deux roues d’engrenage et deux poulies au moyen d’un axe intermédiaire ; la roue qui commande montée sur le premier arbre contient 54 dents, la première poulie de commande a 260 centimètres ; on veut déterminer le nombre de dents de la seconde roue et le diamètre de la poulie commandée.
- La solution de ce problème laisse évidemment une certaine latitude, car on peut se donner le diamètre de la seconde roue d’engrenage et en déduire le diamètre de la seconde poulie ou réciproquement ; si l’on veut faire le calcul d’une manière rationnelle il faut prendre pour vitesse de l’axe intermédiaire une moyenne entre les deux vitesses extrêmes, soit :
- on aura alors : iG X 54
- \j 81 X ib = 36
- = 24, nombre de la roue commandée.
- 36 X 25o
- = ni mil. 10, diamètre de la poulie commandée.
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- Si, par exemple, on pouvait disposer d’une roue de 32 dents, on aurait pour vitesse de l’intermédiaire :
- i6X54
- —------= 27 tours
- et :
- 27 X 25o
- = 84 millimètres, diamètre de la poulie commandée.
- Cette poulie étant un peu petite, on. aurait avantage à diminuer le nombre de dents de la première roue commandée ; si par exemple on se donne une poulie de 125 millimètres on aurait
- 81 X 125
- ----------= 4° tours 1/2, vitesse de l’arbre intermédiaire.
- 25o
- et
- 16 X 54
- -------= 21 dents, nombre de la seconde roue commandée.
- 4o,5
- Ces derniers problèmes montreront la grande variété de cas qui peuvent se présenter dans le calcul des roues et poulies et suffiront, pensons-nous, à indiquer la manière de les résoudre.
- On a souvent, dans les différentes machines industrielles, à calculer la vitesse circonférencielle des organes ou le développement dans un temps donné : cette vitesse et le développement varient pour chaque point en raison de sa distance à l’axe. Ils dépendent d’ailleurs du nombre de tours dans un temps donné. Ce nombre de tours se compte ordinairement par minute.
- n étant le nombre de tours par minute, le chemin parcouru dans ce temps par un point placé à la distance r de l’axe de rotation, sera visiblement 2 r. r n (la circonférence X par le nombre de tours) et la vitesse par seconde sera :
- on tire de là :
- Y
- 2 r. r n 60
- n
- V X 60
- 2 77 R
- et n
- r n r n 3o 9,55
- V _ y
- 2 77 R ~7d
- (V étant donné par minute).
- Si on considère un point placé à l’unité de distance de l’axe, c’est-à-dire à un mètre, l’expression de la vitesse pour ce point
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- 'çera — dans laquelle il n’entre de variable que le nombre de 3o
- tour*^. du système. C’est cette valeur que l’on désigne par le nom de vitesse angulaire.
- Applications : i° quelle est la vitesse à la circonférence d’un tambour dont le diamètre est de in io, le nombre de tours par minute étant i3o ?
- V = —- =7111 48 par seconde et par minute: 7,48 X 6o=448m 80. g,55
- 20 Un cylindre doit développer 18 mètres par minute ; son diamètre est de 32 millimètres ; combien de tours doit-il faire ?
- 18
- 7?X 0,032
- = 178 tours.
- 3° Quelle est la vitesse angulaire dans un système de rotation à 5Go tours par minute :
- t. n 3.i4 X 5Go
- 3o
- 3o
- Dimensions des engrenages. — Les cercles dont les rayons ont été déterminés par les règles précédentes sont appelés cercles primitifs. Vu la difficulté de déterminer exactement sur des roues existantes les diamètres primitifs, il est bien préférable de les remplacer dans les calculs par le nombre de dents qui est plus facile à compter et qui est le plus souvent marqué sur les roues par les constructeurs.
- Le cercle primitif dans un engrenage se trouve environ aux 5/9 de la hauteur de la dent ; c’est sur les cercles primitifs qu’a lieu le contact des roues, que l’on effectue la division des dents et que l’on mesure l’épaisseur de la denture. Le pas de l’engrenage est la distance qui mesure le milieu d’une dent au milieu de la dent suivante, ou bien encore c’est l’épaisseur de la dent prise sur le cercle primitif, plus le creux.
- Connaissant le pas de l’engrenage qui, pour deux roues en contact, doit être rigoureusement le même sur les circonférences
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- primitives, on obtient le nombre de dents de l’une des roues par la formule :
- N 2 ^ R ~~ P
- dans laquelle N représente le nombre de dents, R le rayon de la roue et p le pas de l'engrenage.
- Le diamètre D sera :
- La dimension principale à déterminer dans un engrenage est le pas qui, dans une denture bien exécutée = 2,1 fois l’épaisseur de la dent.
- Mais pour pouvoir déterminer l’épaisseur à donner à la denture d’une roue, il faut connaître l’effort que chaque roue doit successivement supporter.
- L’effort qu’une roue doit supporter s’obtient en divisant la quantité de travail en kilogrammètres (1) qu’elle y possède ou qu’elle doit transmettre, par la vitesse à la circonférence de son cercle primitif.
- Exemple : Une roue d’engrenage doit transmettre à sa circonférence primitive, qui a 2 mètres de rayon, une quantité de travail de 5oo kilogrammètres, en faisant 10 tours par minute ; quel est l’effort que la dent supportera ?
- La vitesse par seconde à la circonférence primitive sera :
- G<n 28 X 2m X 10
- ---------------=2” 09
- et
- 2'nog
- : 23g kilog.
- Quand on connaît l’effort que doit supporter la dent en fonte d’une roue, on obtient l’épaisseur de la dent en centimètres par la formule
- E = o,io5 \/p
- (1) Le kilogrammètre est l’unité de travail mécanique : il correspond à l’effort nécessaire pour élever un poids de 1 kilogramme à 1 mètre.
- Le cheval-vapeur est le travail mécanique de 75 kilogrammètres par seconde.
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- dans laquelle o,io5 est un multiplicateur constant pour la fonte et P l’effort supporté par la dent. Ainsi, dans l’exemple précédent on a :
- E = o,io5 \/239 = iGm/m2.
- Le pas de l’eng-renage sera :
- 16,2 X 2,1 =34 millimètres.
- Le multiplicateur o,io5 correspond à une longueur de dent L = 4 : 5 Ë ; il s’élève à 0,126 si L = 3 E, et descend à 0,077 si L — 8 E.
- TABLEAU des dimensions à donner an pas et à l’épaisseur des dents d’engrenage quand on connaît la pression qn’elles doivent supporter.
- PRESSION ROUES EN FONTE ROUES A DENTS DE BOIS
- en Épaisseur Pas de Épaisseur Pas de
- des dents eu l’eugrenage en des dents en l’eugrenage en
- kilogrammes m/m m/m m/m m/m
- kil. mill. mill. mill. mill.
- 5 2.3 4-9 3.2 6.8
- 10 3.3 G.g 4-7 9.8
- i5 4.0 8.5 5.G 11.8
- 20 4.6 9-7 6.4 13.4
- 3o 5.7 12.0 7-9 iG.G
- 4o 6.6 ï3.9 9-i 19.2
- 5o 7-4 i5.6 10.2 21.5
- 60 8.1 17.0 11.2 23.5
- 70 8.7 18.4 12.1 25.4
- 80 9-4 I9-7 12.9 27.3
- 90 9-9 20.8 i3.7 28.8
- 100 io.5 22.0 i4.5 3o.4
- 120 11.6 24.4 1G.1 33.8
- i5o 12.8 26.9 17.7 37.i
- i75 i3.8 29.! 19.1 40.2
- 200 14.8 3i.i 20.2 42.5
- 225 15.7 33.o 21.7 47-6
- 25o 16.6 34.8 22.9 48.x
- 275 17.3 36.3 23.9 5o.2
- 3oo 18.2 38.i 25.1 52.6
- 35o 19.6 41.2 27.1 56.9
- 4oo 21.0 43.2 29.0 60.9
- 5oo 23.4 49-i 32.3 67.9
- 600 25.7 54.o 35.5 74.6
- 700 27.7 58.2 37.2 78.3
- 800 29-7 62.4 4i.o 86.2
- 900 3i.5 G6.1 43.5 91.3
- 1000 33.2 69.6 45.8 96.2
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- Dans le tableau précédent, l’épaissenr des dents pour la fonte a été obtenue par la formule E =: o,io5 y/p , et pour les dents en bois, par E = o,i45 \/p •
- Dans les roues d’engrenage à grande vitesse, la denture peut être fine et réduite à un pas de 25 à 26 millimètres. La largeur L. dans le sens de la jante, égale à six fois l’épaisseur E de la dent. Le nombre de dents en contact supplée alors avantageusement à des dents plus fortes, mais moins en prise. Dans un engrenage fait sur bois, en supposant un pas de 26 millimètres, il faut compter i5 millimètres pour les dents en bois et 11 millimètres pour la dent en fonte.
- Pour la denture en bois, il faut augmenter l’épaisseur trouvée
- pour la fonte d’un tiers, ou se servir de la formule E = o,i45 \/P-
- Cette épaisseur serait alors 16,2 -|--— 21,6, et le pas
- 2, 1 X 21, G = 45, 3.
- Connaissant la quantité de travail transmise à la circonférence d’une roue, on détermine l’effort supporté à une distance donnée de l’axe, soit par la même roue, soit par une plus petite, soit par une plus grande montée sur le même axe, en divisant la quantité de travail trouvée, par la vitesse de la circonférence correspondante donnée.
- Exemple : Une roue hydraulique de 2™ 10 de rayon possède à la vitesse de i® Go par seconde à sa circonférence une force de i5 chevaux, ou 1.125 kgm. ; sur l’arbre de cette roue hydraulique est placée une roue d’engrenage en fonte de im 65 de rayon ; quel est : i« l’effort supporté par chaque dent en fonte de la roue d’engrenage ; 20 l’épaisseur de chaque dent ?
- 1125 kgm. X 2'« 10 „ # ,
- L’effort P = -----------—--------= 8q4 kos 70.
- 1® 60 X ira 65 y '
- L’épaisseur de la dent: o,io5 y 894,70 = 3 cent. i3. et le pas : 2,1 X 3,13 = 6 cent. 57.
- A l’aide de la table suivante, on détermine le diamètre en mètres d’une roue d’engrenage, connaissant le pas des dents et leur
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- nombre, en multipliant le diamètre correspondant dans cette table au nombre des dents, par le pas indiqué en mètres.
- Exemple : Quel est le diamètre d’une roue de 7b dents, dont le pas est de omo38 ?
- Le nombre correspondant dans la table à 70 est 23,872.
- 23,872 X oin o38 = o>nqo7, diamètre de la roue cherché.
- Les principales dimensions d’une roue d’engrenage dérivent de l’épaisseur de la dent. Ainsi la hauteur de la dent, mesurée dans le prolongement du rayon, égale généralement son épaisseur augmentée d’un tiers. L’épaisseur de la jante ou de l’anneau en fonte, dans le sens du rayon de la roue, égale l.’épais-seur des dents.
- Dans les bras des roues en fonte, où l’on néglige les nervures minces comme n’ayant d’autre effet que d’empêcher la flexion du bras, on détermine la largeur des bras, près du moyeu, par la formule :
- dans laquelle a représente l’épaisseur constante du bras ; b sa largeur, qui se réduit aux 4/5 depuis le moyeu jusqu’à la jante, et l’on fait généralement b = 5,5 a. P est la pression exercée et L la longueur du bras en centimètres.
- Pour éviter le bruit dans les usines, on emploie avec avantage des engrenages à dents de bois en contact avec des engrenages à dents en fonte ; le frottement est plus doux, et l’expérience a prouvé que l’usure se répartissait également sur la fonte et sur le bois. La perte de matière absorbée par le frottement est moindre d’un millimètre par année de travail journalier.
- Vis sans fin. — Pour produire un mouvement très lent, on se sert de l’engrenage d’une roue avec une vis sans fin. En effet, la roue ne tourne que d’une dent pour un tour de la vis, quand elle est à filet simple ; de deux dents quand elle est à filet double, etc.
- On calcule le diamètre de la roue de manière à lui faire dé-
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- TABLEAU servant à déterminer les nombres de dents on diamètres des roues d'engrenage quand on connaît le pas de la denture et réciproquement.
- NOMBRE do dents DIAMÈTRE NOM BR 13 de DIAMÈTRE NOMBRE dde DIAMÈTRE
- 10 3.183 58 1S.461 106 33.740
- 11 3.501 59 18.780 107 34.058
- 12 3.820 60 19.098 1 108 34.376
- 13 4.138 61 19.416 109 34.695
- 14 4.456 62 19.734 110 35.013
- 15 4,77i 63 20.053 111 35.331
- 16 5.093 64 20.371 112 35.650
- 17 5 411 05 20.689 113 35.968
- 18 5.729 66 21.008 114 36.286
- 19 6.048 67 21.326 115 36.604
- 20 6.366 21.644 116 36.923
- 21 6.684 69 21.963 117 37.241
- 22 7.002 70 22.281 118 37.559
- 23 7.321 71 22.599 119 37.878
- 24 7.639 22.917 120 38.196
- 25 7.957 73 23.236 121 38.514
- 26 8.276 74 23.554 122 38.833
- 27 8.594 75 23.872 12! 39.151
- 28 8.912 76 24.191 124 39.469
- 29 9.231 77 24.509 125 38.788
- 30 9.549 78 24.827 120 40.100
- 31 9.867 79 25.146 127 40.424
- 32 10.186 80 25.464 128 40.742
- 33 10.504 81 25.782 129 41.001
- 34 10.822 82 26.100 130 41.379
- 35 11.140 83 26.419 131 41.697
- 36 11.459 84 26.737 132 42.01.0
- 37 11.777 85 27.055 133 42.331
- 38 12.095 86 27.374 134 42.652
- 39 12.414 87 27.692 135 42.770
- 40 12.732 88 28.010 136 43.289
- 41 13.050 89 28.329 137 43.607
- 42 13.369 90 28.647 138 43.925
- 43 13.687 91 28 965 139 44.244
- 44 14.005 92 29.284 140 44.562
- 45 14.323 93 29.602 141
- 46 14.642 94 29.920 142 45!199
- 47 14.960 95 30.238 143 45.517
- 48 15.278 96 30.557 144 45.835
- 49 15.597 97 30.875 145 46.153
- 50 15.915 98 31.193 146 46.472
- 51 16.233 99 31.512 147 46.790
- 52 16.552 100 31.830 148 47.108
- 53 16.870 101 32.148 149 47.427
- 54 17.188 102 32.647 150 47.745
- 17.506 103 32.785 151 48.063
- 56 17.825 104 33.103 152 48.382
- 57 18.143 105 33.421 153 48.700
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- crire une révolution pour un nombre donné de tours de la vis par la formule :
- n nombre de tours de la vis. p pas.
- Largeur des courroies. — La résistance pratique d’une courroie en cuir est de o k. 2 par millimètre de section, soit de 20 k. par centimètre carré. L’épaisseur ordinaire est de 5 millimètres. On admet qu’une courroie peut transmettre la puissance d’un cheval vapeur lorsqu’elle a une largeur et une vitesse telle qu’elle développe dans une seconde une surface de i,5oo centimètres carrés ; d’après cette donnée, on détermine la lurgeur des courroies par la formule :
- L i5oo X F v
- F exprimant la force en chevaux vapeur et v la vitesse en centimètres par secondé.
- Exemple : Si F = 2 chevaux vapeur et v — 3 mètres par seconde, alors :
- i5oo X 2
- L = ----------— 10 centimètres.
- 3oo
- Cette formule satisfait aux conditions suivantes : 10 la courroie se développe sans glisser sur les poulies qu’elle embrasse ; 20 elle ne s’allonge pas notablement ; 3« elle résiste très-bien à l’effort de traction à transmettre.
- Il convient que les diamètres des deux poulies de transmission embrassées par la courroie ne dépassent pas le rapport de 1 à 3.
- On offre depuis un certain nombre d’années, à l’industrie, des courroies en coton, en caoutchouc, en poils d’animaux, etc., dont on obtient d’assez bons résultats.
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- 20 --
- Mesures des surfaces planes.
- NOMS SURFACES
- Triangle 3X2
- Parallélogramme B X H
- B + b
- Trapèze _2__XH
- Polygone régulier px2-
- Cercle 7T R2 OU TV —
- 4
- Secteur ax?
- 2
- Segment Surface secteur moins celle triangle inscrit.
- Ellipse A a
- Couronne rx(“=£)
- B == base ; II = hauteur; P = périmètre; A = apothème; a= arc ; A a grand et petit axe ; Dcf grand et petit diamètre ; R = rayon ; b = petite base.
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- Surface dans l'espace et Volumes.
- CORPS. SURFACES LATÉRALES. SURFACES TOTALES. VOLUMES.
- Prisme P X H PH + 2B B X H
- Pyramide L* + b 2 Ibxh
- Cylindre 2 X H 2"r (g + r) “>•2 II
- Cône TT r g (g + r) H 3
- Tronc de cône r. (r + r’) g 7T (r + r') g + ri -f r'2 - 7711 (1-2 + r'i + rr’)
- Zone 2tR II 77 (2 RII -f (»-2 -1- r'2))
- Sphère 4 77 R2 - 77R3 - 4.13 R3 3
- Secteur sphérique 2- 77 R2II 3
- Segment sphérique 2-RH 77 (rRII + 7-2 4- r'2) ^ (rî + r'â, +177 113
- 2 6
- B = hase ; II hauteur ; P périmètre ; h hauteur d'un des triangles latéraux ; g génératrice ; R rayon de la sphère ; r et rf rayon de base des solides.
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- PREMIÈRE PARTIE
- NOTIONS THÉORIQUES SUR LE TISSAGE
- PRÉLIMINAIRES. — DÉFINITIONS
- Le Tissage est l’ensemble des opérations nécessitées pour la conversion des fils en tissus. À part les tulles et certains tissus du genre dentelles, tous les autres en général résultent de l’entrelacement dans un ordre quelconque ou déterminé à l’avance de deux séries de fils. Les uns disposés parallèlement les uns aux autres s’étendent d’un bout à l’autre de la pièce, on les nomme Jils de chaîne at leur ensemble constitue une chaîne : les autres sont déroulés par la navette et insérés successivement dans l’intérieur de la chaîne passant alternativement sur et sous un certain nombre des premiers fils, on les appelle fils de trame et la longueur de fil passée alternativement dans le tissu dans le sens transversal, se nomme duite.
- On comprend aisément que le mode d’entrelacement ou de croisement de la chaîne et de la trame peut être varié à l’infini ; c’est cette variété qui, jointe à celle de la matière et à la grosseur des fils employés produit les différents effets de tissus.
- La variété des entrelacements est désignée sous le nom d’ar-mures ;
- Les premières ou armures fondamentales, comprennent les unis, les croisés, les sergés, les satins, etc. etc. qui servent de base à la fabrication des tissus même les plus compliqués. Les secondes ou armures façonnées sont celles qui forment dans le tissu des figures, fleurs ou effets façonnés quelconques.
- Les armures sont trop nombreuses et le cadre que nous nous sommes tracé pour cet ouvrage, trop restreint pour nous permettre de nous étendre à l’étude complète des armures façonnées et des appareils mécaniques qui permettent de les réaliser. Nous renvoyons à cet égard aux ouvrages spéciaux. Nous ne parlerons donc que des diverses armures fondamentales.
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- Un tisseur ayant un échantillon d’un tissu à reproduire doit d’abord l’analyser et le décomposer, c’est-à-dire rechercher la nature des textiles qui entrent dans sa composition, étudier et noter l’ordre de croisement des fils.
- Analyse et décomposition des tissus. — La méthode la plus simple et la plus généralement employée pour noter et représenter la composition du tissu consiste à figurer par une croix, sur du papier quadrillé ordinaire, la levée des fils de chaîne sur ceux de la trame. Dans ce papier quadrillé les lignes elles-mêmes représentent dans un sens les fils de chaîne et dans le sens perpendiculaire ceux de la trame. Les signes X seront placés aux points d’intersection des lignes. (Voir fig. 6, 7, 8 et suivantes).
- Pour la représentation des armures dessin ou façonnées dont le rapport (c’est-à-dire le nombre de fils nécessaires pour former un effet complet) est assez étendu, on emploie du papier plus serré, dit de mise en carte et au lieu de marquer par des X la levée des fils de chaîne, ou les pris, on remplit de couleur, le carreau correspondant, et on laisse en blanc ceux qui doivent indiquer le passage de la trame sur les fils de chaîne ou les sautés. En général et à moins d’indication contraire, ce sont les lignes ou interlignes verticaux qui représentent le sens de la chaîne.
- Pour décomposer un tissu, il n’y a pas de règle absolue, car quoique le détissage se fasse habituellement dans le sens de la trame, il peut également se faire dans le sens de la chaîne. Ce choix dépend le plus souvent de la nature et de la qualité des matières dont l’étoffe est formée et du plus ou moins de facilité que présente l’un ou l’autre sens pour le détissage. On peut également opérer par l’endroit ou par l’envers de l’échantillon, pourvu que le pointage que donne la décomposition soit régulièrement indiqué sur le papier quadrillé ou de mise en carte, Dans ce qui suivra, nous admettrons que le détissage se fasse dans le sens de la trame et l’endroit du tissu en dessus.
- Avec le papier quadrillé, il faut encore se munir pour la décomposition, d’une bonne loupe ou compte-fils pour constater la réduction du tissu (c’est-à-dire le nombre de fils en chaîne et en
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- trame au centimètre ou au quart de pouce) et, pour rechercher l’ordre de croisement des fils, de pinces aux branches effilées ou d’une longue aiguille pour les séparer un à un.
- Avant tout, il faut commencer par rechercher quelle est la chaîne et quelle est la trame du tissu à décomposer. A défaut de lisière dans l’échantillon qui indique immédiatement le sens de la chaîne, on pourra se baser sur l’un des indices suivants.
- io Le textile le plus résistant et à plus forte raison un fil retors peut être considéré généralement comme étant la chaîne, car le fil de chaîne est habituellement plus gros que le fil de trame et est beaucoup plus tordu à la filature. La trame est généralement, dans les tissus courants d’une dizaine de numéros plus fine que la chaîne et a beaucoup moins de torsion.
- 20 Dans toute étoffe écrue tissée en chaîne et en trame simple, celui des fils qui est paré ou encollé et qui par conséquent se présente sous un aspect plus lisse, tout en étant le plus résistant, est la chaîne et l’autre le plus duveteux et le moins résistant la trame.
- 3° Comme les dents du peigne laissent presque toujours une trace plus ou moins visible sur le tissu, c’est encore un moyen qui peut faire reconnaître quelle est la chaîne et quelle est la trame.
- Le sens de la chaîne étant reconnu, on coupe l’échantillon en droit fil puis on sort quelques duites, de manière à former une espèce de frange avec les fils de chaîne, frange destinée à soutenir les duites lors du détissage et à faciliter la recherche du croisement des fils. Il est indispensable toutefois, avant de procéder à l’analyse, de fixer sur cette frange un fil qui servira de point de départ pour le pointage de chaque duite. A cet effet, il suffit de couper une petite partie des fils de la frange et de faire partir la décomposition du premier fil resté le long de la frange. On commence alors à détisser en ayant soin de saisir et d’écarter délicatement avec la pointe de l’aiguille, toutes les duites les unes après les autres, et d’en noter le croisement fil par fil avant de les enlever définitivement. Tous les fils couvrant la trame ou les pris, qui par conséquent ont dù lever lors du tissage, s’indiquent sur le papier quadrillé par une petite croix à l’intersection des
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- lignes horizontales et verticales et les fils sous la trame ou les sautés restent en blanc.
- L’analyse ne donnera la reproduction intégrale du tissu que si elle est faite très exactement. Si pendant l’opération on prenait deux duites à la fois ou encore, ainsi que cela arrive fréquemment, on enlevait une duite sans en avoir étudié l’évolution, le travail serait manqué et devrait être recommencé. Il faut surtout, lorsqu’on détisse un échantillon, ne pas formuler trop vite son jugement ni se baser sur les premières indications fournies par l’analyse pour en deviner le reste ; on serait exposé à commettre de graves erreurs, car un certain nombre de fils détissés les premiers peuvent indiquer une armure qui souvent ne tarde pas à changer complètement sur les fils suivants. Ce n’est donc qu’après avoir retrouvé plusieurs fois le même ordre de croisement qu’on peut s’arrêter et se prononcer sûrement.
- Pour reconnaître la nature des matières dont un tissu est formé on peut, indépendamment de la longueur et du caractère des fibres, s’aider du moyen suivant: en brûlant un fil de provenance végétale, coton, lin, etc, la combustion est prompte et nette et laisse peu de résidus, tandis que les fibres de provenance, animale laine, soie, etc, répandent une odeur caractéristique et laissent un résidu gras et charbonneux.
- ARMURES FONDAMENTALES
- 3* duite
- De l-uni. — Si l’on divise les fils formant une chaîne en deux nappes, l’une composée de tous les fils de rangs pairs, par exemple, et la seconde des fils de rangs impairs et que, faisant lever et baisser alternativement ces deux nappes on insère successivement une duite entre elles, dans l’intervalle de deux mouvements, on obtiendra l’armure toile ou uni la plus sim-
- Figure 6.
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- — 27 —
- pie de toutes et la plus employée pour les tissus à usage courant. Eu examinant cette armure, on reconnaîtra facilement que la première duile, de meme que les autres duites de rangs impairs du tissu, sont toutes recouvertes par les fils de rangs impairs de la chaîne et la seconde duite, ainsi que les autres duites paires par tous les fils de rangs pairs de la chaîne. On aura donc à pointer par des petites croix :
- à la première duite, tous les fils de chaîne de rangs impairs,
- à la seconde duite, tous les fils de chaîne de rangs pairs,ainsi que le représente la figure 0, en répétant le pointage de la première duite sur toutes les autres duites impaires et celui de la seconde duite sur toutes les duites paires.
- Pour reproduire l’uni, il suffira donc théoriquement de deux lames (i) placées l’une devant l’autre, l’une portant tous les fils de rangs impairs de la chaîne et l’autre tous les fils de rangs pairs, que l’on fera lever alternativement ; et, en général : le nombre de lames nécessaire pour reproduire un tissu est donné par celui des fils qui lèvent ou qui tissent différemment l’un de l’autre. Dans l’uni, on ne trouve que deux fils qui lèvent différemment.
- Nous verrons néanmoins ci-dessous, que dans le tissage mécanique de l’uni, on fait usage en pratique de quatre lames ; les tenues sont d’autant moins fréquentes que les mailles des lisses sont moins serrées et rapprochées sur les lames ; chaque lames portant ainsi moitié moins de fils, ceux-ci risquent moins d’être entraînés par le mouvement de montée d’une lame à laquelle ils
- L’uni est un tissu sans envers, puisque la moitié des fils de la chaîne reste au-dessous d’une duite pendant que l’autre moitié passe au-dessus de cette même duite, et ainsi de suite à chaque insertion de trame.
- Du croisé. — Le croisé appelé aussi battavia dont l’analyse ou l’armure est représentée (fig. 7)
- 1. Supposant le lecteur ayant un métier sous les yeux, nous nous dispensons de donner la définition de ce mot dans ce chapitre théorique ; on trouvera plus loin des détails relatifs à cette question.
- n’appartiennent pas.
- r TTT
- Fig. 7. — Croisé.
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- est comme l’uni un tissu classique et d’une fabrication très courante. Il n’a non plus d’envers puisque chaque fil de chaîne lève sur deux duites consécutives pour rester ensuite deux fois en fond sous les deux duites suivantes et que le sillon est produit à chaque duite par la levée simultanée de deux fils, tandis que les deux autres fils restenten fond. Lerhytme de l’armure est donc de deux pris et de deux sautés et le pointé de chaque rangée horizontale oude.chaque duite n’est autre que le pointé de la rangée précédente reculé d’une case soit vers la droite, soit vers la gauche, selon que le sillon de la croisure doit être fait de gauche à droite ou de droite à gauche.
- Du sergé (Jig. 8). — Le sergé T"' (fig. 8) oppose de simples liages à
- __________________________ des effets de flotté plus ou moins
- -----,f---------j;--------étendus. Le pointé décoche, c’est-
- ~3f---------!f--: à-dire avance ou recule d’un fil à
- chacune des insertions de trame, Fig. 8. Sergé de 5. par conséquent chaque point de
- liage est diagonalament voisin de celui qui le précède et de celui qui le suit. La contexture du sergé est donc oblique et comme le plus petit sergé possible, celui de trois (fig. 9), exige trois cases de base et trois de hauteur, il en résulte que le sergé est un tissu avec envers, puisqu’il y a toujours au moins deux fils sautés contre un pris, Fig. 9. — Sergé de 3. et par la meme raison dans le sergé de 5, par exemple, de quatre sautés contre un pris.
- Du satin. — Le caractère des satins est de rompre l’ordre du liage, en évitant le plus possible les diagonales ou sillons réguliers.
- Dans les satins pairs ou impairs de quatre, de cinq, de huit, etc., le rhythme est de un pris et de tout le restant des fils de sautés, ce qui produit également un tissu avec envers puisqu’un seul fil lie, tandis que tous les autres restent en fond. La différence du satin avec le sergé est que le décochement n’est plus continu et qu’il 11e se fait plus de un à un et suivant une diagonale nettement accusée ; il est alternatif ou sauté. En effet,
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- Fig-, io. — Analyse d’un salin ordinai;
- l’armure du satin ordinaire de huit par exemple représentée fig-. io, montre que :
- Le ier fil lie à la H'c duite,
- 2C » » 5e »
- Le 3e fil lie à 1; 1 2e duite.
- /,e » » Ge »
- 5e » » 3e »
- 6e » » 7e »
- 7e » » »
- 8e » » 8e » et ainsi de suite
- d’où il résulte que les fils impairs de chaîne i, 3, 5, 7 lèvent successivement sur les quatre premières duites du rapport, tandis que les fils pairs 2, t}, G et 8 lèvent ensuite sur les quatre dernières. Cette armure a l’inconvénient de laisser sur le tissu destraces de liage très apparentes qui ne conviennent pas pour la fabrication des satins soie. On la remplace avec avantage par la suivante fig. 11 qui consiste à faire lever :
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- — 3o —
- — Analyse d’un satii
- soie.
- Le icr fil à la ir<* duite,
- 3e
- 4e
- 5e
- 6e
- 5e
- 8e
- 3e
- fie
- et ainsi de suite.
- Ici le liage des fils est produit par le pris des fils en sautant toujours deux fils de chaîne et deux duites. Il n’y a donc plus de continuité dans un sens diagonal ; les points de liage se trouvent isolés les uns des autres et aucune diagonale régulière plus ou moins inclinée n’apparaît plus à l’endroit du tissu. Dans cet article, un des éléments est généralement en excès sur l’autre pour couvrir ce dernier et cacher les points de liage sinon complètement, du moins le plus possible. C’est le textile en excès qui fait face d’endroit, et c’est précisément la grande concentration ou réduction serrée des fils de ce textile qui produit la beauté de ce tissu.
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- Dans les croisés, les sergés et les satins, les rapports en chaîne et en trame sont égaux, c’est-à-dire que la mise en carte de chacune de ces armures contient toujours autant de cases en hauteur qu’en largeur.
- Les croisés, sergés et satins se subdivisent en de nombreuses sortes ayant pour base des combinaisons de numéros divers en chaîne et en trame.
- Ces tissus se font aussi avec 4> 5, 6, 7, 8, 9, 10 lames et même plus suivant qu’on désire allonger plus ou moins l’effet de l’armure fondamentale décrite ci-dessus.
- Les satins se font en satins par la chaîne ou satins par la trame, suivant que l’effet de l’armure est produit dans le sens de la chaîne ou dans celui de la trame.
- Du brillanté. — Le brillanté est un tissu produit d’une va-
- luite _ ' 6 1 Z H S1 0 rit <IU ïté de petits effets de trame ii flotte sur la chaîne, et ur qu’il soit bien réussi, il ut qu’il soit suffisamment lité en trame floche et peu rdue qui fasse bien ressor-• les effets. Le brillanté nous servira îxemple pour rechercher le >mbre de lames indispen-ble pour reproduire un iSU.
- 1 po
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- iu L.C l€ ;s h TM ÎS
- 2:
- 3?
- 5?
- 7?
- 8?
- 10'
- n
- Fig. 12. — Analyse d’un brillanté.
- L’armure représentée fig. 12 est celle d’un brillanté composé
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- de 20 fils en chaîne au rapport, c’est-à-dire que les 21e, 22e, 23e fils, etc., seront la reproduction des ie,2e, 3e, etc. Théoriquement, le ier fil et tous ses similaires, 21e, 41e, Oie, 8i«, etc., devront être rentrés dans une même lame, les 2e, 22e, 42e, 62e, 82e, également et ainsi des autres, et il suffira pour obtenir le tissu décomposé, de faire lever chacune de ces lames dans l’ordre donné par le pointage de chacune des duites successives de l’armure. Mais en observant attentivement cette armure, on remarquera promptement que les 3e, 70, et 9e fil par exemple lèvent exactement sur les mêmes duites que le iei‘ ; le 8e sur les mêmes que le 2e ; on pourra donc rentrer les fils qui lèvent d’une manière semblable dans la même lame, et faire réduire ainsi le nombre des lames nécessaire qui théoriquement devraient être de 20.
- Ainsi la ire lame contiendra le 1er, le 3e, le 7e et le 9e fil.
- 2C » 2e 8e
- 3e » 4e Ge
- 4e « 5e fil seulement
- 5e » 10e et le 20e
- 6e » ne 19e
- 7e » 12e 18e
- 8e » i3e 17c
- 9e » i4e 16e
- 10e » i5e fil seulement
- l’il ne faudra en réalitéque 1 0 lames au lieu de 20 pour
- la reproduction de l’échantillon donné.
- Tissas à côtes. —Dans les tissus qui se composent de bandes unies et d’effets tels que des côtes en travers formées par la réunion de deux ou de plusieurs duites passées dans des ouvertures similaires de chaîne, on est forcé, pour pouvoir les produire, de rentrer (remettre en terme de tissage) les fils des lisières dans des lames toutes distinctes de celles qui portent ceux du fond.
- II s’en suit qu’au tissage, tandis que les lames qui portent les fils du fond font alternativement de l’uni et de la côte, celles qui portent ceux dos lisières continuent à faire de l’uni, de sorte que
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- les duites pour la côte insérées dans des mêmes ouvertures de chaîne, se trouvent ainsi retenues aux extrémités du tissu et empêchées de revenir sur elles-mêmes.
- D’autres articles tels que ceux composés par exemple d’un fond uni entrecoupé de rayures satinées ou sergées, ne peuvent également être tissés que par deux corps de lames bien distincts. L’analyse d’une armure semblable montre, en effet, que les fils de l’uni exigent des lames différentes de celles des fils sergé ou satiné. Il en est de même des tissus appelés petits façonnés qui se composent d’un fond uni, par exemple, qui s’étend d’une lisière à l’autre et sur lequel se trouvent parsemés de petits effets produits par une seconde chaîne. Nous indiquerons plus loin une disposition simple et ingénieuse pour tisser les lisières en uni, avec un corps de lame qui tisse une autre armure quelconque.
- Les tissus qui se composent de plusieurs armures différentes présentent parfois certaines difficultés pour faire raccorder le dessin, chaque armure contenant un nombre différent de duites au rapport. Il est donc indispensable pour obtenir l’effet complet de chaque armure, d’étendre la mise en carte complète sur un total de duites qui soit divisible par le rapport en trame de chaque armure différente. Ainsi, si chaque échantillon se composait d’un fond uni avec rayures en satin de cinq, d’autres, rayures en sergé de huit, et de plus, par exemple d’un petit effet entre deux pointillés s’étendant sur 12 duites, il faudrait pour en établir la mise en carte, prendre un total de duites qui soit divisible à la fois par 2, par 5, par 8 et par 12 ; le plus petit nombre divisible étant 120, on représentera la carte par 120 coups de trame. Dans le rapport, l’armure unie sera par conséquent reproduite Go fois ; le satin de 5, 24 fois ; le sergé de 8, i5 fois, et l’effet pointillé, 10 fois. S’il en était autrement, l’une ou l’autre des armures serait incomplète, ce qui produirait des interruptions d’effets, et par suite des défauts visibles et d’un vilain aspect.
- Nous bornerons à cet exposé sommaire des principales armures fondamentales notre étude sur les différents tissus. Le cadre que nous nous sommes tracé pour cet ouvrage essentiellement, pratique et élémentaire, ne nous permet pas d’entrer dans le
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- détail de la décomposition et de la reproduction des différents autres genres de tissus tels que les cannelés, les piqués, les gazes, les velours, et les façonnés obtenus par la mécaniqùë Jacquard.
- Ayant donc décomposé les différentes armures fondamentales, nous allons examiner en détail les indications nécessairës à donner à un contre-maître ou à l’ouvrier pour régler les différentes opérations à effectuer pour convertir définitivement en tissu l’échantillon donné et décomposé.
- Reproduction d’un tissu analysé ou décomposé
- Les différentes opérations par lesquelles doit passer un échantillon jusqu’à sa confection en tissu, et qui doivent nécessàire-ment toutes concorder entre elles, sont :
- La réduction du tissu en chaîne.
- Le remettage ou rentrage des fils de la chaîne dans les lames.
- L'ourdissage de la chaîne.
- Le lissage ou la commande des harnais.
- Le travail ou la réduction du tissu en trame, et enfin le tissage ou le jeu des lames selon que le nécessite l’armure.
- L’ensemble des données concernant ces diverses opérations, constitue ce qu’on appelle une disposition.
- Nous donnons ci-dessous un exemple de disposition relative à l’article le plus simple : l’uni ou calicot, et nous examinons ci-après en détail chacune des parties de cette disposition.
- Calicot en 73 4/5 F.
- Sur un peigne de iG dents au centimètre, en go centimètres de largeur.
- Remettage.
- 8 dents à - ni- -1422 —
- remis amalgamés sur 4 lames.
- 8 — 2 — lisière.
- i44° dents.
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- Oui'dissage.
- 16 fils chaîne colon simple no 27/29 ourdis double pr lisières. 2848 — — — 27/29 pour le fond.
- ___— ~ — 27/29 ourdis doubles pr lisières.
- 2912 fils.
- Lissage.
- 4 lames de chacune 720 mailles sur 90 centimètres de largeur. Travail.
- Rapport de l’armure : 2 duites trame coton simple no 36/38, en moyenne 38 duites au centimètre.
- Jeu des lames.
- La fig\ i3 représente ainsi qu’ils se trouvent sur le métier à
- Fig. i3. — Exemple d’i iîis de chaîne
- disposition d’uni :
- ïuettes d'enve
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- lisser le rouleau de chaîne, les baguettes d’enverjure, les lames, le peigne et le tissu.
- Les fils de la chaîne sont indiqués sur la gauche par des traits verticaux et leur rentrage dans les différentes lames est donné par un petit signe qui a la forme d’un Y.
- Les autres traits verticaux sur la droite représentent le jeu des lames dont la levée à chaque duite est indiquée par des croix.
- En fabrique, pour abréger le tracé des figures de chaque disposition, on se contente d’indiquer les traits horizontaux et verticaux avec le rentrage des fils de la chaîne et le jeu des lames, en laissant tout le reste de côté.
- Analysons à présent en détail chacune des indications que renferme la disposition précédente :
- Calicot en *?3 -4/5 I*. — Se lit calicot en 72 poi'tées 4/5. — La portée est une unité conventionnelle qui sert à déterminer le nombre de fils de chaîne qui entre dans la composition d’un tissu. Dans le lissage du coton, la portée comprend l\o fils, de sorte qu’un tissu composé de 72 4/5 P doit comprendre :
- 4° X 4
- (72 x 4o) X — = 2912 fils (1).
- Dans le commerce, on néglige d’indiquer les fractions de por-
- .4
- tées ; on désignera donc l’article 72—P comme 72 P ; il n’y a
- 5
- guère que dans les articles fins, tels que jaconas, organdis, etc., qui se font d’habitude sur un fond invariable de 05 i/4 P que l’on désigne l’article tel quel : 05 i/4 P.
- En fabrique, à l’ouvrier, on indique toujours le nombre exact de portées y compris les fractions : 70 1/4 P, 72 4/5 P, 73 1/2 P, etc., car il faut naturellement se baser sur le total exact des fils pour disposer les harnais, peignes etc.
- Remettage. — Le remettage est l’opération qui consiste à rentrer les fils de la chaîne dans les mailles des lisses de toutes les lames exigées par l’armure. On désigne également par ce
- (1) Dans le tissage des matières plus fines que le coton, comme la soie par exemple, la portée comprend 80 fils.
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- mot la Configuration graphique qui indique à l’ouvrière r'e'n-treusc, l’ordre dans lequel les fils doivent être rentrés.
- La première lame est celle qui se trouve placée le plus loin de l’ouvrier et par conséquent la première du côté du rouleau de chaîne. Le remettage, comme l’opération du piquage en peigne, qui la suit, se fait en partant de la gauche et en allant vers la droite.
- Après avoir analysé une armure, si l’on note le rentrage des fils successifs, i, 2, 3, etc. qui tissent différemment, dans les lames 1, 2, 3, etc., d’un corps de lame, il arrive que le remettage se présente sous certaines formes régulières résultant de l’effet ou du dessin du tissu ; on simplifie donc l’indication de ce remettage en le désignant simplement dans la disposition par une des dénominations généralement adoptées et dont nous allons énumérer les principales :
- i« Remettage suivi. — L’effet du remettage suivi est de répéter le môme sujet, croisure ou dessin dans le môme sens, pour former un ensemble sans interruption ni reprise visible. Dans un équipage de quatre lames, par exemple, avec le remettage suivi, on rentrera :
- Le ior fil dans la ire maille de la iro lame (fig>\f\). 2e » 1 i-c » 2e »
- 4° »
- 5e »
- rc
- 4« »
- 1 re »
- Ce » 7e » 8c »
- 20 »
- 2« »
- 2C »
- 3 e »
- /je » et ainsi de suite
- Luues
- 1er 2.e 3e 4e Cours
- 7e 8e 3e l(fllc
- Dupont. — Tissage.
- Figure 14.
- 3
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- Les quatre premiers fils rentrés constituent nn cours, de sorte que les 5c, Oc, 7e et, 8c fils suivants forment ensemble un second cours, etc.
- a» Remeltage à pointe. — Si au lieu de rentrer tous les fils comme dans le cas précédent, on rentre un premier cours suivi, puis un second dans l’ordre inverse en supprimant toutefois le redoublement des premiers et des derniers fils de chaque cours, le sujet se trouvera répété alternativement dans un sens et puis dans l’autre produisant un effet symétrique de chaque côté du dernier fil du premier cours.
- Avec le remettage à pointe, les fils seront rentrés dans un corps de huit lames, ainsi qu’il suit (ftff. i5):
- ' Cours
- 2'"e Cours
- Figure 1
- Le 1er fil dans la 1*'° maille de la i>'c lame.
- 2e » jl'C » 2C »
- 3c » ire » 3c »
- 4c » ire » 4« »
- 5e » 1 re » 5e »
- Ce » » 6c »
- 7e » ire » 7e »
- 8e » » 8e »
- 9e » 2e » 7e »
- 10e » 20 » 6e »
- ne » 2C » 5e »
- 12e » 2° w 4e »
- i3e » 2° » 3° »
- i4e » 2C » 20 »
- et ainsi de suite.
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- — 39 —
- Le cours se compose par conséquent de \[\ fils, puisque dans chaque lame se trouvent rentrés deux fils à l’exception des ire et 8e lames qui n’ont qu’un fil. Les ire Cl 8e lames seront donc maillées avec moitié moins de lisses que les six intermédiaires.
- Dans l’armure du brillanté ci-dessus, figure 12, les 9 premiers fils seront remis à pointe dans les 5 premières lames, et les 11 fils suivants seront remis également à pointe dans les 5 autres lames.
- 3° Remettage à retour, jig. iG. — Ce remettage supposé également avec 8 lames, diffère du précédent, eu ce que les ire et 8e lames, au lieu de porter un fil, en ont deux rentrés simultanément l’un après l’autre, ce qui porte à iG le total des fils d’un cours. On produit avec ce remettage à fort peu de chose près le môme effet qu’avec le précédent, si ce n’est que la pointe, au lieu d’être’d’un seul fil, est faite ici avec deux fils.
- 1er Cotirs
- 2ewe Cours
- Figure iG.
- ier 20 3° 4e Cours
- 4° Remettage amalgamé, Jig. 17. —Le remettage amal-magé très employé pour le tissage mécanique du calicot consiste à passer :
- Figure 17.
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- 4o -
- ICC fil clans la i''e maille de la ire lame.
- 20 » ire » 3e »
- 3e » ire » 3e »
- 4° » ire » 4e »
- 5e » 2e » ire »
- Ce » 2e » 3e »
- 7° » 20 » 2e »
- 8e » 2e » 4e ))
- et ainsi de suite.
- C’est le remetlagc que nous avons indiqué dans la disposition donnée pour exemple,//<?. i3. On peut évidemment employer également le remettage suivi, en changeant l’ordre de levée des lames, mais le remetlagc amalgamé présente cet avantage que les fils impairs de la chaîne étant tous rentrés dans les deux premières lames, et tous les fils pairs dans les deux dernières, il s’en suit qu’elles peuvent par deux ou par paires, être attachées au cylindre porte-lames d’un métier à tisser ordinaire à deux excentriques, ce qui produit ainsi nécessairement l’armure unie tout en divisant mieux les fils de la chaîne, et en évitant les tenues auxquelles on serait exposé si on n’employait que deux lames.
- Les quatre remettages ci-dessus sont considérés comme des remettages fondamentaux, il suffira donc dans les dispositions de les indiquer par leur nom.
- Restent maintenant encore :
- 5o Les remettages en plusieurs corps, qui s’emploient pour le tissage d’étoffes telles que cannelés, piqués, etc., qui exigent deux ou trois corps de chaîne superposées dont les fils se trouvent rentrés dans les mêmes dents. On désigne comme premier corps de lames, celui qui est le plus rapproché du rouleau de chaîne et comme dernier corps celui qui en est le plus éloigné.
- Ce dernier genre de remettage ne peut pas s’indiquer par une dénomination dans la disposition. Il est indispensable d’en stipuler exactement la configuration graphique ou d’indiquer l’ordre du rentrage des fils. On dira alors : Remettage suivant disposition.
- Piquage en peigne. — Après leur rentrage dans les lames, les fils sont passés dans les dents du peigne. Les pénis du-
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- peigne sont, plus ou moins serrées suivant que le nombre des fils de chaîne est plus ou moins nombreux pour une même largeur de tissu. Il est donc nécessaire de choisir un peigne en rapport avec ce nombre de fils. De plus le peigne, de même que les lames, doit être établi d’après la largeur de l’étoffe que l’on veut tisser en y ajoutant toutefois une certaine quantité pour le retrait que l’étoffe subit au lissage et au blanchiment et qui varie de 3 à io o/o.
- Les lames doivent être faites exactement sur la réduction du peigne pour que les fils de la chaîne soient maintenus dans une direction rectiligne parallèle.
- L’article que nous avons pris pour exemple, comprend pour le piquage en peigne :
- iO fils doubles de lisière, 1 2848 fils pour le fond, > ensemble : 2880 fils.
- 16 fils doubles de lisière J
- Ici nous rentrons deux fils dans chaque dent du peigne, il 2880
- faudra donc que le peigne ait —— = 1 l\l\o dents sur une largeur
- de 90 cent., les peignes se désignant par le nombre de dents au
- . , 14 /( o
- centimètre, nous aurons pour nombre : ------------ = îfi dents ;
- 0°
- l’étoffe après tissage n’aura plus alors que 83 à 85 cent, de largeur.
- Si le tissu devait avoir 90 cent, de largeur après fabrication, il faudrait prendre un peigne de 97 à 98 centimètres de largeur, qui aurait alors environ i5 dents en moyenne au centimètre.
- Dans les dispositions, on indique toujours l’empeignagc exact, cela facilite le calcul des emplois de matières, etc.
- Le retrait d’un article après tissage varie suivant que l’article est tissé à trame sèche ou à trame mouillée. Les numéros des fils de chaîne et, de trame employés par la fabrication influent aussi sur la laize du tissu. Il est difficile de donner des règles fixes pour l’empeignage à donner pour tel ou tel tissu ; la pratique seule peut indiquer au directeur ou aux contre-maîtres quel est l’empeignage exact pour obtenir après tissage une laize donnée.
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- Voici néanmoins un tableau des empoignasses à donner pour quelques sortes les plus courantes :
- TABLEAU INDIQUANT LE RETRAIT DE DIVERS ARTICLES COTON
- NOMBRE DE PORTÉES EMPEI- LARGEUR APRÈS TISSAGE OBSERVATIONS
- 3/4 5o 1 m 01 0 m 90 Trame mouillée.
- 5o 0.97 3/4 0.91 1/2 Trame sèche.
- )) fïï) 1.01 0.90 —
- )) Go 0.97 3/4 0.90 —
- » G8 0.97 1/2 0.90 —
- )> 7° o.<)8 0.90 —
- )) 70 I.OI 0.90 Tramemouillée.
- » 71 I.OI 0.90 —
- » 72 I.OI 0.90 —
- » 73 1.01 0.90 —
- » 75 o-99 0.90 —
- » 79 o-99 0.90 —
- )) 84 o-99 0.90 —
- » 88 °-99 0.90 —
- » 82 0.89 1/2 o.85 —
- » 87 0.88 o.84 Trame sèche.
- 7/8 •r,9 1.13 1.06 —
- » 60 1.13 1 .ofi Tramemouillée.
- » 69 1 -13 1 .oG —
- » 74 1.13 1.0G —
- » 84 1.13 1 .oG —
- » 93 1.13 1 .oG —
- 9/8 94 1.35 1.28 —
- » 113 i.35 1.28 Trame sèche.
- » i4o 1.35 1.28 —
- 136 cent. 112 i.43 i.3G —
- » 120 i.43 1/2 1.30 —
- i m. 42 1.02 1/2 o-99 Trame mouillée.
- » 46 1.02 1/2 o-99 —
- » 47 I .02 I/2 o-99 —
- Organdis. 03 o.85 1/2 0.82 —
- Jaconas. r,4 o.85 i/4 0.82
- Suivant que l’on modifiera les numéros des filés entrant dans la composition de ces différents articles, il faudra augmenter ou diminuer l’empeignage ; nous le répétons, c’est surtout une question d’appréciation et d’expérience pratique.
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- Le peigne du métier à tisser est un organe très délicat qui demande à être établi avec une très grande perfection, car la moindre irrégularité peut laisser sur le tissu un défaut irréparable. Le peigne a pour but tout en chassant les duites et en les serrant les unes contre les autres, de maintenir les fils régulièrement répartis dans les dents, semblablement espacés à leur place. Dans l’exemple que nous avons cité ci-dessus, nous avons rentré deux fils dans chacune des dents du peigne, il est clair que suivant que le compte en chaîne (nombre de fils au quart de pouce) est plus ou moins élevé, on rentrera plus ou moins de fils dans la même dent. Ce rentrage n’est pas cependant tout à fait arbitraire, car, ainsi quenous le feronsremarquer plus loin, le nombre de fils en tient peut avoir une influence assez importante sur la régularité, et la beauté de l’aspect de certains tissus.
- Primitivement, les dents des peignes étaient faites en jonc fendu longitudinalement ; de cet espèce de jonc appelé rotin vient le nom de nos ou rot par lequel on désigne encore le peigne dans beaucoup de localités.
- Aujourd’hui les dents des peignes sont généralement en métal, fer ou laiton ; elles sont fixées par chacune de leurs extrémités à deux tringles appelées jumelles au moyen d’un fil de cuivre ou de laiton, et quelquefois de fil de lin poissé dont la grosseur est en rapport avec l’écartement que les dents du peigne doivent avoir. Les peignes établis avec du fil poissé ont des jumelles en bois et se désignent par lenom de peignes poissés ; on les emploie surtout à cause de la modicité de leur prix, car les peignes soudés sont d’un prix plus élevé. Il est plus facile de remplacer une dent cassée à un peigne poissé qu’à un peigne soudé pendantque la chaîne est montée sur le métier, car il suffit de ramollir au moyen d’un fer chaud la poix qui fixe les dents, à la place à réparer, pour pouvoir remplacer rapidement la dent cassée sans salir le tissu.
- Avec un peigne soudé, l’opération prend plus de temps, et salit presque inévitablement le tissu. Malgré cela, les peignes soudés sont employés plus couramment que les autres à cause de leur grande solidité et de leur rigidité.
- Les jumelles sont en fer, la ligature (appelée aussi liure ou
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- mollier) en métal. 1*0111'les tissus qui se tissent à trame mouillée, on se sert souvent de peignes à dents de cuivre ou de laiton qui ont sur celles en acier, l’avantage de s’oxyder moins facilement.
- L’écartement entre les deux jumelles qu’on appelle la foule intérieure du peigne, dépend de la finesse de la chaîne, du jeu du battant, et de la foule qui est donnée aux lames. Elle est en moyenne de Go à 05 mil!, pour les toiles fines ; de 05 à 75 mil 1. pour les tissus ordinaires,et de 7b à 85 mill.pour les articles gros. Il est indispensable au tissageque le peigne ne reste pas encrassé, et l'encrassement se produisant assez rapidement depuis l’emploi des chaînes encollées on se trouve bien de donner une hauteur aux dents du peigne, un peu supérieure à celle que nous venons d’indiquer.
- U11 peigne peut durer deux ans quand il sert pour articles forts ou mi-forts, et tisser de 78 à 90 pièces de 85 mètres, soit environ 7000 à 7500 mètres de chaîne. Pour articles fins, il peut durer trois ans et tisser le double ou le triple de pièces suivant la vitesse donnée aux métiers.
- Il existe depu is quelque temps des machines à faire les peignes automatiquement. Elles sont trèspratiques et se composent, d’une cisaille qui partage en parties égales de la longueur voulue des dents, le lil de laiton ou d’acier disposé en rouleaux de longueur indéfinie.
- Ces dents sont amenées automatiquement par des glissières entre des tringles de métal ( jumelles). Leurplacc respective dans le peigne est marquée par un fil de fer enroulé en ressort à boudins, qui leur donne l’écartement voulu. Au sortir de la machine, le peigne est porté au soudeur qui fixe les dents d’après la méthode habituelle ; chaque machine produit de quoi alimenter facilement un tissage de 1000 métiers en peignes très réguliers et exacts. On l'èglc le nombre et l’écartement des dents au moyen d’un compteur et de pignons spéciaux.
- Ourdissage. — Ourdir c’est classer et assembler en une longueur égale et déterminée, un nombre de fils désigné par la disposition, dont l’ensemble prend le nom de chaîne.
- Pour que l’ouvrière ourdisseuse puisse faire son travail, il faut lui indiquer : le nombre de fils qui doivent former la chaîne ;
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- Si ces fils doivent ôlre ourdis doubles, triples, etc ;
- Le nombre de fils destinés à former les lisières ;
- La longueur que doit avoir la chaîne.
- Dans la disposition ci-dessus, nous voyons indiqués :
- 16 fils coton simple 27/29 ourdis doubles p. lisières, c’est-à-dire 32 fils
- 2848 — 27/29 pour le fond, ci. 2848 »
- 16 — 27/29 ourdis doubles pour lisières 32 »
- 2880 Total 2912 »
- ou 72 portées 4/5.
- Nous n’avons, comme on l’a vu ci-dessus, que 2880 fils en réalité à passer en peig-ne, mais chacun des 32 fils des lisières devant être composé de la réunion des deux fils simples le compte de l’ourdissage doit comprendre la totalité des fils simples, pour donner celui des bobines à placer sur la cantrc.
- Les lisières sont les bandes étroites qui forment en quelque sorte les bordures de chaque côté du tissu et qui sont ordinairement composées ou de fils plus gros ou de fils de même grosseur que ceux du fond et ourdis doubles, ou encore très souvent de fils retors. La trame opère alternativement son retour pour ses insertions successives, contre les fils extrêmes de chaque lisière et comme en raison du retrait que subit le tissu, c’est sur elles que se porte en grande partie la fatigue du tissage, c’est là la raison pour laquelle on ourdit les lisières avec des matières plus fortes et plus résistantes que celles du fond. Les lisières constituent un des points les plus importants de la fabrication, et il est essentiel de donner tous ses soins à produire des lisières pures, nettes etirréprochablcs d’exécution. Les lisières se tissent le plus souvent en uni, et au moyen de dispositifs spéciaux ou à défaut, par de petites lames portant les mailles nécessaires pour les fils des lisières.
- Quand les lisières doivent être tissées dans l’armure du fond, ces lames spéciales deviennent inutiles etles fils des lisières sont rentrés dans les premières et les dernières mailles des lames qui tissent le fond. Nous indiquerons au chapitre du métier à tisser, une disposition spéciale pour tisser les lisières en uni.
- Toutes les chaînes sont envergées. L’eiwerjure consiste à diviser la totalité des fils en un certain nombre de parties ou nappes similaires destinées à faciliter la vérification et la bonne marche
- 3.
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- (lu travail. L’enverjure fil à Jll, également appelée en croix sert à retrouver ou à mettre chaque fil à sa place respective lors du remettag’e, du rappondage ou du tissage, c’est par conséquent la division régulière des fils pairs et impairs de la chaîne. L’enverjure par portée qui s’emploie pour les chaînes ourdies à hras et en houdin sert pour la mise en râteau lors du montage ou pliage de la chaîne, opération qui a pour but de répartir également sur le rouleau ou ensouple et dans la largeur voulue tous les fils ramassés en masse.
- L’enverjure se fait en passant entre les fils divisés comme il est indiqué ci-dessus une baguette ou une ficelle, que l’on appelle baguette ou cordon d’enverjure.
- Lissage. — Le lissage consiste dans la confection des lames. Une lame se compose de deux baguettes en bois d’environ trois centimètres de hauteur sur huit à dix millimètres d’épaisseur, appelées liserons dont la longueur varie suivant la largeur de l’article à produire et sur lesquelles se tricotent les lisses nécessaires pour la confection du tissu. Les lisses se nouent au furet à mesure de leur confection autour de ficelles appelées crislelles qui se fixent aux extrémités des liserons et maintiennent ainsi l’ensemble des mailles sur la largeur voulue. Sur le milieu des lisses sont formées des mailles en œillet dont la forme varie selon l’usage et le genre de tissu à la confection duquel elles sont destinées ; ce sont ces mailles en œillet qui reçoivent les fils de chaîne et leur communiquent leur mouvement au tissage. La hauteur totale d’une lame varie de 22 à 25 centimètres, et on appelle harnais ou équipage, l’ensemble des lames quel qu’en soit le nombre, avec le peigne, nécessaires à la confection d’un tissu.
- Les mailles des lisses les plus employées sont à boucles, comme l’indique la fig. 18. Il y a encore les mailles à nœuds simples dites de levée, lorsque le fil est passé sur la maille (fig. 19) et de rabat lorsque le fil est passé, sous la maille fig. 20).
- Pour tisser les chaînes do lin et de laine, on se sert le plus souvent de lisses avec maillons en acier ou en cuivre (fig. 21).
- Il y a aussi les mailles à calottes qui servent à la fabrication des articles gaze.
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- On emploie depuis peu, avec avantage, un nouveau genre de
- harnais à lis-*
- Fig*, 18 Fig, 19 Fig. 21 Fig. 20
- d’obtenir à volonté des vides, des bandes ou des rayures.
- Ces harnais à lisses d’acier se font également extensibles : on peut ainsi régler leur écartement suivant le compte de chaîne du tissu ou la laize à obtenir.
- Fabrication des harnais.
- Depuis un certain temps, les harnais ne se font plus que rarement à la main ; la plupart des tissages sont outillés de manière à faire leurs peignes et leurs harnais à l’établissement même, et à les parer, les brosser et vernir mécaniquement.
- Les machines à tricoter les harnais, de construction américaine ou anglaise, sont très ingénieuses ; elles produisent automatiquement tous les harnais nécessaires à un tissage quel qu’en soit le nombre de portées et la composition.
- Une de ces machines bien réglée peut facilement produire en une journée de 11 heures :
- En 70P, 3 harnais de 4 lames, soit 12 lames.
- Pour satin : 82P, 2 harnais de 5 lames, soit xo lames.
- — 87P, la même quantité.
- Pour articles fins :
- 2 1/2 harnais de 4 lames, soit 10 lames; pour ces harnais la vitesse de la machine doit être ralentie.
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- Les fils dont on se sert pour la fabrication des harnais sont des colons retors ou câblés, c’est-à-dire qui ont subi deux torsions.
- Par exemple, pour tisser les chaînes en coton no 28-3o on emploie habituellement des lisses faites avec du n<> 36 à 9 brins.
- Pour les nos 40-42 — n° 46 à 9 —
- — Oo — Go à 9 —
- — 100 — 80 à 9 —
- — 120 — 100 à 9 —
- Il existe des machines spéciales pour la fabrication des harnais à maillons d’acier ou de cuivre ; d’autres font les mailles tout en fil avec nœuds complets ou simple culotte suivant le désir du fabricant.
- Les harnais terminés à la machine à tricoter sont passés sur des baguettes, puis parés et brossés, c’est-à-dire trempés d’abord dans une auge remplie à moitié à peu près d’un parement spécial.
- 11 existe bien des recettes de colles pour parer les harnais ; nous avons vu employer la suivante avec succès.
- Recette pour le parement des harnais.
- 35 litres d’eau.
- 5oo grammes de farine de sagou.
- 5oo grammes de gélatine.
- Faire fondre la gélatine dans l’eau très lentement; puis délayer dans un litre d’eau, à petit feu :
- 26 grammes de savon blanc.
- 100 grammes de cire blanche.
- 12 — de potasse.
- Mélanger la moitié de ce litre de solution aux 35 litres de parement ci-dessus. Ces 35 litres de mélange serviront pour parer 80 à i5o harnais suivant leur laize.
- Le harnais paré, peut être brossé sur la machine à brosser qui se compose d’un chariot vertical muni de rails glissant sur des galets fixés au plafond de l’atelier. Ce chariot animé d’un mouvement de va-et-vient présente la lame qui y est fixée et tendue au moyen de crochets, à une paire de brosses circulaires faisant
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- 4oo à 5oo tours à lu minute. Lu lame passe lentement entre ces brosses qui couchent le duvet du fil et en enlèvent l’excès de parement.
- Au sortir de cette machine, la lame est bien lisse et le parement a pénétré le fil de part en part.
- Il faut alors la suspendre dans un endroit chaud et ventilé jusqu’à ce qu’elle soit complètement sèche, en ayant soin de la tenir bien tendue au moyen de poids pour éviter la fermeture ou le bouchcment des mailles.
- Au bout de deux ou trois jours, quand la lame est bien sèche, on la vernit ; cette opération se fait encore très facilement au moyen d’une machine spéciale à vernir qui se compose d’un chariot horizontal sur lequel on accroche et on tend la lame. Le chariot mis en mouvement au moyen d’une manivelle, glisse sur des rails qui l’amènent sous une paire de cylindres placés au milieu de la machine et qui trempent dans une petite auge remplie de vernis. La lame s’engage entre ces cylindres et s’imprégne de vernis sur la largeur voulue qui est déterminée par la longueur même des cylindres. L'excédent de vernis est ensuite enlevé et réparti convenablement sur toute la lame au moyen de brosses, soit à la main, soit par une machine spéciale.
- Le vernis employé se compose de :
- Huile de lin : Litharge :
- Terre d’ombre :
- Sel de Saturne : Succin :
- Ess. de térébenthine :
- kil. 7.600
- — 0.750
- — 0.100
- — 0.400
- — 0.900
- — 0.7O0
- Ce vernis s’obtient en faisant cuire à petit feu dans une chaudière pendant 3 à 3 1/2 heures, l’huile de lin avec la litharge et la terre d’ombre. Ces deux dernières matières doivent être renfermées dans un petit sachet en feutre ou en drap bien fermé qui plonge simplement dans l’huile. Le succin étant fondu, on l’ajoute au mélange mais seulement quelques minutes avant que la cuisson soit terminée. Le liquide une fois retiré du feu et devenu tiède, on y verse en les mélangeant, l’essence de térébentine. et le sel de Saturne. La préparation de ce vernis étant difficile et
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- longue, on a plus d’avantage à se le procurer tout fait chez les fabricants spéciaux. Un harnais bien préparé ainsi doit pouvoir servir à tisser de 2.000 à 2.5oo mètres d'articles ordinaires.
- Dans la disposition ci-dessus, le remettage indique qu’il y a dans le peigne \L\i\o dents contenant chacune 2 fils, soit en tout 2880 fils ; chaque lame devant contenir le même nombre de fils 2880
- on aura sur chacune :—— = 720 mailles. — Il y aura donc à
- faire L\ lames de chacune 720 mailles sur la môme largeur que le peigne, c’est-à-dire de 90 centimètres. — Dans le cas de reine liages figurés, dont quelques lames peuvent contenir beaucoup plus ou moins de fils les unes que les autres, il suffit de remettre au lamier le tracé d’une seule figure ou d’un rapport en ayant soin de lui indiquer combien de fois il doit être répété sur toute la largeur.
- Lorsqu’un fabricant fait faire les harnais dans un établissement spécial, le maillage sur les lames de tous les remettages, celui suivi excepté, doit toujours être guidé par une disposition qui indique exactement la répartition des lisses sur chacune des lames. — Il est bon d’envoyer en même temps des baguettes donnant les longueurs exactes du harnais, baguettes sur lesquelles on aura préalablement tracé les répartitions des lisses sur les lames. Cette précaution est surtout bonne à prendre quand il s’agit de la fabrication de harnais pour tissus à bandes ; on évitera ainsi toute erreur.
- Travail. — Dans le travail, 011 inscrit le nombre de duites dont se compose le rapport de l’armure et qui correspond toujours au nombre d’excentriques et de cartons qu’au métier à tisser il faut pour reproduire le tissu. On y inscrit de plus la nature et le numéro des filés dont doit être tramée la pièce en ayant soin lorsqu’elle exige d’être faite de plusieurs matières ou couleurs différentes, de les inscrire exactement dans l’ordre où il faudra les passer les unes après les autres au tissage.
- La moyenne du nombre de duites au centimètre, reconnue à l’analyse, y est inscrite également et sert pour établir le prix de
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- revient de l’article. En Alsace on compte généralement les dui-tages au quart de pouce.
- Ajoutons ici qu’on appelle chefs, des pelils filels ou bandes de couleurs, qu’011 lisse au commencement et à la fin de chaque pièce ou de chaque coupe et qui ont pour but principal d’en clore le commencement et la fin. — Ces chefs 1res variés d’ailleurs comme couleurs et comme filets, servent aussi dans beaucoup de maisons à faire distinguer entre eux les différents articles. — Dans certains cas, les chefs doivent résister à l’opération du blanchiment ; il faut alors employer des filés en couleurs dites yvand teint. Ouand les tissus ne sont pas destinés à des commandes spéciales et. sont utilisés soit pour l’impression, soit pour la vente directe par le fabricant, les chefs tissés peuvent être supprimés et remplacés par des chefs imprimés à la main en une ou deux couleurs. Quoique ces chefs soient plus économiques on préférera toujours les chefs tissés qui flattent la marchandise et lui donnent aussi plus d’authenticité.
- Jeu des lames. — Pour indiquer le jeu des lames, on trace une série de lignes parallèles à la direction des fils de chaîne et en nombre égal à celui des duit.es composant le rapport du dessin, et à l’intersection de chacune de ces lignes avec celle représentant la lame, on marque par une croix les lames qui doivent lèvera chaque duite successive; la disposition doit donc contenir autant de pointés différents qu’il y a de dui-tes au rapport.
- L’analyse et le remeîtage étant indiqués, le pointé du jeu des lames se fait très facilement. En effet, dans l’exemple ci-dessus (fig. i3), l’analyse nous montre, que les fils, i, 3, 5, 7, 9, etc., doivent lever à la ire duite; ces fils étant rentrés dans les ire et, ae lame, et dans aucune autre, nous mettrons une croix à l’intersection des lignes représentant chacune de ces lames, et de la ligne verticale représentant, la duite ; et à la seconde duite, les fils 2, l\, 0, 8, 10, etc., doivent lever, ces fils sont tous rentrés dans les lames 3 et 4, nous pointerons donc ces deux lames sur la ligne figurant la 2e duite,
- De même dans l’exemple de brillanté ci-dessus (fig. 12)
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- A lu i1^ duilc, doivent lever les fils 2, l\, G, 8, 10, 12, i/j, iG, 18 et 20 rentrés dans les lames 2, 3, 5, 7 et 9, nous avons donc pointé chacune de ces lames à la ire duite.
- A la 2e duite, doivent lever les fils 1, 3, G, 9, 11, i3, i5, 17, 19, rentrés dans les lames, 1, 3, G, 8, 10 ; nous avons pointé ces cinq lames et ainsi de suite.
- Les deux analyses que nous avons données du satin, fig. 10 et ii, contiennent également le remettage et le jeu des lames et pourront servir de complément aux deux exemples ci-dessus.
- Fabrication des articles en chaînes de couleur
- La fabrication des articles en chaînes de couleur ayant pris une très grande importance depuis un certain nombre d’années, nous croyons utile de donner quelques renseignements sur l’ourdissage de ces chaînes, qui est l’opération la plus difficile et dont dépend la bonne réussite du travail. Ce travail étant bien fait, l’encollage ou le parage va tout seul. Admettons que l’on ait à tisser un dessin composé en chaîne ainsi qu’il suit :
- 2/1 fils bleu foncé....... '
- 2 — blanc................
- 3 — rouge................
- 2 — blanc................
- G — bleu clair...........
- 2 — blanc................
- 3 — rouge
- 2 — blanc...................
- G — bleu clair..............
- 2 — blanc..................
- 3 — rouge..................
- 2 — blanc...................
- 23 — bleu foncé..............
- Nous allons en donner l’ourdissage d’abord pour machine à
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- parer écossaise. La machine à parer comportant 8 rouleaux ourdis, appelons nos i, 2, 3, l\, les rouleaux d’un côté de la machine, et 5, 0, 7 et 8 ceux de l’autre côté, en commençant par le haut, et rappelons que les fils sont rentrés dans le peigne d’enverjure de la machine à parer de la manière suivante :
- ier fil, rouleau n° i. 20 — n» 3.
- 3« — no 2.
- 4t! — no /,.
- iei' côté de la machine.
- ier fil, rouleau no 5. 2e — no 7.
- 3e — no 0.
- 4e — no 8.
- 20 côté de la machine.
- Comme nous avons moitié des fils sur chacun des côtés de la machine, il s’en suit que pour former le dessin complet :•
- Le ior fil partira du rouleau no 1 Le 5° fil partira du rouleau no 2 2e » _ » 3 Ge » » G
- 3e » ' » 3 7e » » 4
- 4° » » 7 8« )) » 8
- Par conséquent le 1 er bleu sera sur le rouleau no 1 ; le 2° bleu sur le rouleau n° 5 pour être sur le rouleau d’cnsouplc à la suite du premier bleu ; le 3e sur le rouleau no 3 ; le 4e sur le rouleau n° 7, etc., etc. Pour ne pas étendre démesurément celle énumération, et pour en faire saisir l’ensemble plus simplement, nous la figurerons graphiquement, Jig. 22.
- Dans la mise en carte ci-contre, les numéros 1, 5, 3, 7, 2, G, 4, 8, sont les numéros des rouleaux ourdis tels qu’il se trouvent sur la machine à parer. Représentons les quatre couleurs dont se compose le dessin par les signes suivants.
- —3f—3jf—*
- Figure as.
- X = bleu foncé O = blanc | — roug’e V = bleu clair
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- Les a4 premiers fils bleu foncé sont à placer l’un à la suite de l’autre sur la mise en carte en allant toujours de haut en bas, puis viennent les 2 blancs à la suite des 24 bleus foncés et qui sont sur les rouleaux 1 et 5, puis les 3 rouges à la suite des 2 blancs qui tombent sur les rouleaux 3, 7, 2, puis 2 blancs qui tombent sur les rouleaux 0 et 4-
- On donnera donc à l’ourdisseusc la feuille d’ourdissage suivante, et en lisant sur la mise en carte les lignes horizontales, on aura :
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- icr Rouleau. 2e Rouleau. 3e Rouleau. 4e Rouleau. 5' Rouleau. G° Rouleau. 7e Rouleau. 8e Rouleau.
- 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé
- i blanc. i rouge. i rouge. 2 blanc. i blanc. 2 blanc. i rouge i bleu clair.
- i bleu clair. 2 bleu clair. i bleu clair. i bleu clair. i bleu clair. i bleu clair. i bleu clair. i rouge.
- i rouge. i rouge. 2 blanc. i rouge. i rouge. i rouge. 2 blancs. i bleu clair.
- i bleu clair. 1 blanc. 2 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé i bleu clair. 3 bleu foncé 3 bleu foncé 3 bleu foncé i blanc. 3 bleu foncé
- i\ io fils. 21 io fils. io fils. 10 fils io fils. io fils. io fils. 10 fils.
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- Admettons que cet article doive cire tissé en Go P sur 80 cent, (soit 2400 fils).
- L’ourdisseusc répétera ce rapport de 10 fils, 3o fois pour chaque rouleau, 3oo X 10X8 = 2400. Il y aurait en plus à ajouter les lisières. On met ordinairement 2 fils de lisières en retors blanchi aux deux lisières, soit 4 fils par rouleau ourdi.
- Ce dessin est très simple et peut cire fait sans difficulté à l’en-colleuse sans crainte que les couleurs se confondent ou déteignent l’une sur l’autre, en admettant toutefois que les couleurs employées soient solides et qu’elles résistent à l’eau.
- Dans le cas d’une encolleusc, nous aurons la mise en carte et la feuille d’ourdissag‘c suivantes (,ftg. 23), en observant que la garniture de chaîne est ici de six rouleaux et même seulement de quatre, si on a un cadre d’ourdissoir suffisamment grand.
- On a ici sur le i«r et le 2® rouleau un rapport de \L\ fils et sur les 4 autres un rapport de i3 fils; en répétant ces rapports 3o fois sur chaque rouleau, on a :
- Figure 23.
- 3o X i4 X 2 = 84o fils sur les deux premiers rouleaux.
- 3o X i3 X 4 = 10G0 fils sur les quatre autres.
- Total : 2400 fils ou Go P.
- i bleu foncé.4 bleu foncé
- 1 rouge
- 1 rouge
- T rouge
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- Autre exemple.
- Admettons maintenant un autre dessin de la composition suivante, dont nous taisons commencer le rapport au milieu de la plus large bande noire pour avoir moitié à une lisière et moitié à l’autre.
- 9 fils noir. . . , i — blanc., i — rouge. . i — orange.
- 3 — noisette 3 — blanc..
- 3 — noisette i — orange.
- 3 — noisette 3 — blanc..
- 3 — noisette i — orange, i — rouge. . i — blanc..
- 9 — noir...,
- En opérant comme précédemment, nous formons la mise en carte, jhj. a/J, en admettant les signes suivants :
- /|3 fils au'rapport.
- Figure 24.
- x = noir v = orange o — blanc n = noisette 1 = rouge
- D'après cette mise en carte et en lisant les lignes horizontales, nous aurons comme précédemment à donner la feuille d'ourdissage suivante :
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- Eu admettant cet article en 53 3/4 P sur 80 ceiit. Soit 2i5o fils,
- icr Rouleau ae Rouleau 3e Rouleau 4e Rouleau 5e Rouleau 6e Rouleau 7e Rouleau 8e Rouleau
- 2 noirs i noir i noir i noir i noir i noir i noir i noir {
- i blanc 3 noisette i rouge 3 noisette 4 blanc i noisette i orange i blanc '
- i noisette i noir i noisette i noir i noir i orange i noisette i noisette
- i rouge i blanc i noisette i blanc i orange
- i noir 2 noir i noir i noir i noir
- 6 fils 5 fils 6 fils 5 fils 6 fils 5 fils 5 fils 5 fils
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- nous répéterons 5o fois le rapport sur chaque rouleau, et nous aurons :
- 5oXhX3= 900 fils pour les 1er, 3e et 5e rouleaux, 5oX5X5=i25o » pour les autres rouleaux.
- Total : 2i5o » ou 43 3/4 IL
- L’ourdissage pour encolleuse est très simple. Il suffilde diviser le nombre total des fils sur 4, 5 et G rouleaux et en faisant autant que possible des rouleaux tous de la même couleur. En résumé, il n’y a pas pour l’encolleuse de règle absolue à donner comme pour la machine à parer. L’encolleur sera obligé de disposer ses fils pour former autant que possible les dessins, et les ren-treuses devront se guider sur la composition des chaînes pour le rentrage, ou mieux encore se conformer à l’ordre donné par la carte.
- Ourdissoir pour ourdir par couleurs séparées.
- Dans la fabrication des articles en chaînes de couleurs,on peut employer avantageusement des ourdissoirs spéciaux qui permettent de changer rapidement et sans être obligé d’ourdir de nouveaux rouleaux de coton couleur, les dessins, rayures ou combinaisons de rayures d’un tissu.
- Au lieu de faire des rouleaux d’ourdissoir de 1 mètre à 1 mètre 5o de largeur, cette machine réduite dans ces proportions 11e fait que des rouleaux de i5 à 20 centimètres de largeur. On dispose ces rouleaux sur une barre fixe en variant leur disposition d’après la couleur de chacun ou Suivant les largeurs et les écartements à donner aux bandes.
- Ainsi, par exemple, oü se propose de faire un article ayanti
- 1 bande de 4o fils blancs, 1 baildc de 35 fils blancs,
- 1 » 10 » rouges, i » 119 » violets,
- i » 21 » bleus, i » 3o » bleus,
- 1 » 53 » verts.
- On placera derrière l’encolleuse sur une bai're fixe, un rouleau eonteûant les fils blattes, puis A côté sur la même barre, un
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- (io —
- autre de ces rouleaux contenant les io fils rouges,et ainsi de suite pour tout le dessin. Ces rouleaux peuvent à volonté varier de largeur, suivant le compte de fils que. l’on veut y faire entrer.
- Cette disposition a l’avantage de permettre au fabricant d’employer les mêmes rouleaux, quel que soit la rayure à faire, avantage que l’on n’a pas quand on ourdit exprès pour chaque dessin des rouleaux spéciaux, qui ne peuvent plus, ou seulement rarement, servir pour un dessin de composition différente en largeurs et en combinaisons de rayures.
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- DEUXIÈME PARTIE
- RÉGLAGE ET CONDUITE DES DIVERSES MACHINES DE TISSAGE
- DU BOB1NOIR
- La première opération que subissent les fils de chaîne après leur réception et leur vérification est le Bobinage. Elle consiste à renvidcr les fils livrés sous forme d’écheveaux et de fuseaux, par la filature, sur des bobines cylindriques dont la grandeur varie selon l’usage auquel elles sont destinées ; le bobinage a en outre pour but de débarrasser le fil des impuretés, débris de feuilles, de capsules, boutons, etc., qui ont pu y rester incorporés.
- Le bobinoir est une machine très simple dont la production se calcule très facilement ; il suffit de déterminer le diamètre moyen d’enroulement de la bobine, et de chercher le nombre de tours des broches par minute. C’est l’excentrique qui, en commandant la montée et la descente du guide-fils, détermine la forme de la bobine. On lui donne généralement aujourd’hui une courbe telle que les bobines aient une forme bombée au milieu, c’est celle sous laquelle elles peuvent renfermer le plus de fils ; à cet effet l’excentrique communique aux guide-fils un mouvement uniformément retardé d’abord (correspondant à l’enroulement du fil sur la moitié de la hauteur de la bobine) puis uniformément accéléré ensuite sur l’autre moitié. La détermination de la forme de l’excentrique est du domaine de la construction, néanmoins nous indiquerons sommairement la manière très simple d’en obtenir la courbe. La hauteur dont se déplacent les guide-fils est donnée par la différence entre le plus petit rayon Dupont, — Tissage, 4
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- cl le plus grand rayon de l’excentrique, cette différence constitue la coursa de l’excentrique, le guide-fils pour produire la forme bombée devant se déplacer moins vite sur le milieu de la bobine qu’aux extrémités, c’est-à-dire parcourir des espaces inégaux dans des temps égaux; on partagera la circonférence décrite avec le grand rayon en un certain nombre de parties égales, et la course én un môme nombre de parties qui iront en décroissant des deux extrémités de la course, jusqu’au milieu ; on mène des circonférences par les points de division et des rayons par les points de division de la circonférence ; les points de rencontre des rayons et des circonférences de même rang donneront la forme cherchée.
- Dans un grand nombre de machines, l’excentrique est muni d’une coulisse de réglage, au moyen de laquelle on peut varier l’excentricité, c’est-à-dire la course, ce qui permet d’utiliser les bobines de dimensions différentes.
- Déterminons à présent le diamètre moyen d’enroulement. La bobine pleine a par exemple 92 millimètres de diamètre aux deux extrémités et n5 millimètres au milieu ; son diamètre moyen sera :
- **5 + O2
- 2
- io3 millimètres 5.
- Comme le fuseau de la bobine vide a 3o millimètres de diamètre le diamètre moyen d’enroulement sera :
- 3o X io3,5 3
- = GO millimètres
- 75.
- Le tambour qui commande les broches et sur lequel est calée la poulie motrice a 200 millimètres de diamètre, il fait par exemple 160 tours à la minute, les noix des broches ayant 32 millimètres de diamètre, elles ferolit par minute :
- 1G0 X 200
- ---------- == 1000 tours
- 32
- et la quantité de fil enroulé par niinütd seôa :
- GG1WC75 x3.i4X 1000 ou eiivii'on 210 mètres La production pratique dépend de l’habileté des ouvrières et
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- de leur nombre. Une ouvrière soigne en moyenne pour les bo-binoirs en gros de3o à l\o broches ; pour les bobinoirs en mi-gros de !\o à 45 broches ; pour les bobinoirs en mi-fin de 36 à 44 broches ; pour ceux en fin, qui travaillent généralement des filés de première qualité 4° à 5o broches. La production pratique peut être évaluée de 55 à 7b 0/0 de celle théorique. Connaissant la production par broche et par jour en longueur de fil, on cal-
- L.
- culera le poids par la formule établie plus loin : Pz: ——
- Le calcul que nous avons établi ci-dessus n’est évidemment pas absolument juste au point de vue mathématique, attendu que la longueur de fil contenue sur une bobine est égale à la somme des termes d’une progression arithmétique, dont chaque terme est le diamètre successivement croissant de chaque couche, mais en présence de l’écart qui existe entre la production pratique et le rendement théorique, le calcul n’a pas grande im-porlancc, et le rendement moyen se constate plus facilement par les carnets des bobineuses.
- Voici quelques productions moyennes courantes :
- En n« 14 une ouvrière produit environ 4o kilos.
- 18 » 38
- 20 » 38
- 28/29 » 3o
- 3 o/3 2 » 3o
- 4o » 2.5
- 5o » 25
- Go » 23
- 80 » 18
- 90/100 » 18
- 120 » 12
- Par journées de 11 heures de travail.
- Ces productions ont plutôt augmenté par suite de perfectionnements apportées aux bobinoirs.
- Réglage du foobinoir. — La bobine de chaîne ou fuseau doit occuper sur le râtelier une position telle que le déroulement
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- du fil s’effectue sans qu’il subisse une trop forte tension : l’axe de la broche doit donc être exactement dans la direction de la première latte sur laquelle passe le fil. Cette latte de forme bombée est généralement recouverte de panne laine (sorte de drap pelucheux destiné à arrêter les impuretés demeurées dans le fil) ; elle peut être déplacée dans le sens de sa longueur d’une quantité égale environ à la moitié de l’écartement entre les broches d’une môme rangée, pour permettre de faire passer le fil sur une surface de panne neuve quand celui-ci s’y est tracé un chemin et l’a usée.
- Les fuseaux doivent être bien embrochés ; les broches sur lesquelles ils sont montés doivent autant que possible être semblables aux broches des métiers à filer qui ont servi à faire les bobines, car si la broche est Irop mince à son extrémité, la pointe de la bobine n’est pas maintenue et il peut arriver que plusieurs couches de fil se dévident en môme lemps. Si c’est la partie inférieure qui est d’un diamètre trop faible, il arrive que lorsque la bobine louche à sa fin, la partie qui reste n’est plus serrée contre la broche et se trouve entraînée. Toutes ces causes peuvent augmenter le déchet dans de fortes proportions. Pour éviter ce dernier défaut, il suffit de mettre des petits ressorts sur la partie inférieure de la broche.
- Le fil en passant sur la latte bombée garnie de panne, subit une tension qui produit des bobines d’autant plus dures et serrées que la tension est plus forte. Cette lension doit pouvoir être réglée à volonté et diminuée pour les filés de qualité médiocre, qui sans cela, cassent continuellement. Si le fil présente des coupures ou des parties faibles et défectueuses, il y a nécessairement aussi casses produites par l’effet de cette tension, et il est préférable qu’elles se produisent au bobinoir qu’à l’ourdissoir, où elles occasionnent des arrêts plus longs.
- En quittant la latte, le fil passe sur les brosses où il doit se débarrasser des cosses, boutons, etc. En arrière de ces brosses, se trouvent les petits guides en tôle munis de rainures ou fentes verticales pour le passage du fil. Ces rainures doivent être évidemment en rapport avec la grosseur du fil pour empêcher toutes les impuretés de quelque nature qu’elles soient, de passer et de se renvider sur la bobine. Quand on a des restes que l’on ne
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- peut achever de bobiner comme il vient d’ètredit, on les bobine ordinairement en les disposant sur une broche horizontale spéciale placée en regard de la place de chaque ouvrière. La bobine correspondante à cette broche spéciale a une noix d’un diamètre un peu plus grand que les autres : elle tourne donc à une vitesse un peu moindre. La disposition des brosses sur le guide-fil môme, qu’on rencontre encore dans quelques bobinoirs, n’est pas la plus avantageuse ; il vaut mieux les mettre à proximité de la latte bombée, afin d’éviter que le duvet, les boutons, pailles, etc., dont le fil se débarrasse, ne tombent en avant de la rainure du guide fil pour former à un moment donné des bouchons que le fil rencontre et qu’il cherche à entraîner, ce qui le fait casser. Dans ce cas, et pour avoir toujours la môme tension, la brosse devra être disposée de manière qu’elle ne participe pas au mouvement du guide-fil pour que le fil conserve toujours le môme angle dans quelque position que se trouve le chariot par rapport à la latte et, aux brosses.
- Au lieu de faire passer le fil sur une latte recouverte de panne, on le fait passer sur la môme latte, mais garnie de brosses ; le fil ne doit pas s’engager trop fort dans la brosse qui doit. être très garnie ; une brosse peu garnie ne feraitpas d’effet. A la suite de ces brosses, le fil passe par des crochets à rainure où les boutons, grosseurs, etc., sont arretés. Ces crochets sont montés sur une latte fixée à des supports à coulisse qui permettent de donner aux fils la tension voulue.
- Les mouvements de la machine doivent s’opérer sans choc et sans temps d’arrêt. Le chariot ou guide-fil doit marcher bien régulièrement et, être réglé de manière qu’en même temps qu’il arrive d’un coté au haut de sa course, il arrive de l’autre côté à son point inférieur.
- Le passage des cordes sur le tambour doit être tel qu'une môme corde fasse tourner quatre broches, deux de chaque coté et sans qu’il y ait croisure, pour éviter une usure rapide de la corde. Il y a une proportion de broches i sur iîo qui marche plus lentement et qui serf à dévider les restes.
- Les bobines en bois sont en plusieurs pièces. Les disques en pin, mélèze ou sapin, formant les deux rebords extrêmes sont en deux pièces juxtaposées et collées ensemble, en disposant les
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- fibres du bois à angle droit ; cette précaution prévient la casse des bobines dans leur manipulation ou dans leur chute.
- Le trou de la douille qui relie les disques au fût doit être légèrement supérieur au diamètre de la broche pour que l’ouvrière n’éprouve aucune difficulté à les rentrer. Deux hoîtes ou douilles en bois dur forment les deux extrémités de la bobine, de manière à ne laisser que ces deux extrémités en contact avec la broche, pour diminuer le frottement lors du déroulage de la bobine à l’ourdissoir.
- Bobinoir d’écheveaux.—Quand la chaîne est livrée sous forme d’écheveaux on bobine généralement horizontalement en plaçant l’écheveau sur un asple ou guindre disposé à cet effet ; le chariot guide-fil au lieu d’avoir un mouvement vertical alternatif, a un mouvement de va-et-vient horizontal. Les bobines sont placées sur des petits tambours, qui les entraînent par friction, elles sont guidées dans leur mouvement de montée dans les coulisses d’un levier à contrepoids qui les maintient suffisamment appuyées sur le tambour pour assurer leur rotation.
- Ce genre de bobinage est employé pour le lin ; les écheveaux sontmontés surdes dévidoirs à G bras. Pour les filés fins et surtout pour la soie, on se sert de guindres composés de deux petits tambours à lanternes formés de deux disques légers en bois,réunis par des liges en fil de fer disposées en couronne très près de la circonférence extérieure. Chacun des tambours supérieurs est disposé sur un axe en porte-à-faux monté sur un levier articulé et qu’un contrepoids tend à faire relever. On peut ainsi facilement placer et enlever l’écheveau, l’un des côtés du tambour étant toujours libre, et l’écheveau est maintenu suffisamment tendu dès quele levier est abandonné à lui-même.
- Une préparation préalable de l’échevette est nécessaire pour qu’elle se dévide bien.
- Bobinoirs perfectionnés. — On emploie avec succès, depuis quelque temps, des bobinoirs munis d’un appareil d’épluchage, consistant :
- io En une plaque en acier poli de huit centimètres de hauteur,
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- dans laquelle sont pratiquées des entailles où passe le fil. Devant, chaque entaille se trouve une entrée conique et à l’arrière, un guide-fil ayant la forme d’une demi-lune mobile et déplaça b le.
- a<> D’un certain nombre de brosses composées de lames élastiques en acier fixées à une traverse en bois ; ces brosses maintiennent la propreté de la plaqueen acier du guide-fil et enlèvent la poussière et le duvetà chaque montée et descente du chariot.
- La disposition des rangées de brosses est telle que chaque fois que le chariot se trouve au plus bas de sa course, les brosses dépassent le guide-fil de quelques millimètres en hauteur, et chaque fois que le chariot se trouve au plus haut de sa course, les brosses se trouvent en dessous du guide-fil. Comme la plaque d’acier guide-fil se trouve dentée par le bas et que les brosses netloyeuses ont une certaine inclinaison,ellessc nettoient d’elles-inèmes à chaque descente.
- Ho D’un rouleau garni d’une peluche fine tournant en sens inverse du fil et servant à l’éplucher et à le maintenir tendu. Ce rouleau tourne à raison de huit, tours par minute et afin d’éviter la coupure delà peluche, il est muni d’un mouvement de va et vient.
- Pour le maintenir propre, on a installé à l’arrière une plaque de cardes qui frotte sur ce rouleau.
- Les avantages résultant de cette nouvelle disposition consistent dans une meilleure marche au tissage, les fils faibles cassent tous au bobinoir; il y a un meilleur nettoyage et épurage complet des grosseurs. Par suite la production est meilleure aux ourdissoirs, encolleuscs cl métiers à tisser.
- Le bobinoir à broches Rabbeth pour bobiner des fils faits sur métiers continus à tubes traversant, est aussi très pratique et marque un progrès de plus réalisé dans ces machines préparatoires.
- Le bobinoir enroulant en pelotes cylindriques à
- spires croisées les fils venant de la filature, au lieu de les enrouler sur des bobines d’ourdissoirs, est très recommandé. Les pelotes ainsi obtenues ressemblent à celles produites sur les rota-frotteurs
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- et se placent alors directementsur les ourdissoirs, sur des broches en buis ordinaires. Ces pelotes contiennent une longueur de fil à peu près double de celle des bobines habituelles, leur volume n’c-tant pas limité. L’ourdisseuse ayant à changer ses bobines moins souvent, a moins de perte de temps, la production se trouve augmentée et le travail facilité.
- TARIF DES PRIX PAVÉS POUR BORINAGE.
- NUMÉRO DE CHAINE PRIX PAR KILOGRAMME
- i4 0 f. o3
- iG 0 04
- 18 0 o5
- 20 LT5 O O
- 24 0 o5
- 27/29 0 oG
- 3o/32 0 oG
- 35 0 07
- 4o O O 00
- 45 oc 0
- 5o 0 08
- 55 0 09
- Go 0 09
- 70 0 10
- 75 0 11
- 80 0 12
- 85 0 12
- O» 0 i3
- 100 0 i5
- 110 0 17
- 120 0 20
- i3o 0 23
- i5o 0 2G à 0 28
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- On économise totalement ainsi des bobinesen bois ou en papier comprimé qu’on emploie d’habitude sur ourdissoirs.
- Les chiffres ci-dessus représentent une moyenne des prix payés pour bobinage ; tout dépend de la force du lil et beaucoup du traitement en teinture.
- DE L’OURDISSOIR.
- Nous avons défini ci-dessus le but de l’ourdissage ; les machines qui servent à cette opération s’appellent ourdissoirs et se composent de deux parties : 10 La contre, appelée aussi châssis, cadre ou rame, qui porte les bobines venant du bobinoir, et 20 Vourdissoir proprement dit, sur lequel s’enroule la chaîne. On emploie encore, pour la fabrication de certains articles, l’ourdissoir à bras, ou ourdissoir à lanterne, mais ceux qui sont le plus répandus sont les ourdissoirs mécaniques, soit avec mouvement de recul, soit avec application de casse-fils, c’est-à-dire de dispositif produisant, automatiquement l’arrêt de la machine lorsqu’un fil vient à casser.
- Pour former l’ensouplc définitive, qui sera placée sur le métier à tisser, les fils peuvent être ourdis sur [\ ou 8 rouleaux séparés lorsqu’ils sont parés à la machine à parer écossaise, et sur 2 à G rouleaux lorsqu’ils passent à Vencollense. Dans le premier cas, on pare sur un coté de la machine seulement, dans le cas des 8 rouleaux, on pare sur les deux cotés de la machine. —Chaque rouleau d’ourdissage recevra donc soit la i/8«, soit la i/G° partie de la totalité des fils dont se compose la chaîne : Dans les comptes légers, on peut 11e mettre que 4 rouleaux, mais ne pas dépasser 4oo à 4a0 fils Par rouleau, excepté pour la chaîne 120, où l’on met jusqu’à 8 à 900 fils. Nous avons déjà vu, à propos de l’ourdissage des chaînes-couleur, qu’il importait de répartir les fils sur chacun de ces 8 ou G rouleaux dans un ordre déterminé et qui dépend de l’ordre des fils dans le rapport du dessin ; il importe également pour les chaînes ordinaires d’observer avec soin la répartition suivant le rentrage à la machine à parer, afin que les fils se présentent bien exactement à leur place sur l’ensouplc finale,
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- Ourdissoir à bras. — Les chaînes ourdies à liras sonl enver-gées au moyen du râteau dans lequel passent les fils avant de s’enrouler sur l’ourdissoir ; il est disposé pour recevoir l\o ou 80 fils sur deux rangs. Ces fils passent dans les œillets dont sont munies les dents du râteau. Les deux rangées de dents sont indépendantes l’une de l’autre et mobiles, de sorte qu’en soulevant l’une on divise les fils de chaîne en deux nappes, et on obtient ainsi un premier pas d’enverjure. En soulevant ensuite l’autre rangée de dents, on obtient le second pas d’enverjure. Ces deux pas sont ainsi maintenus par des chevilles fixées à une traverse de l’ourdissoir, et dès que la chaîne est entièrement ourdie on passe â chaque encroix une ficelle qui conserve ainsi l’enverjure.
- On enverge par portées en divisant â la main la moitié des fils du râteau. On croise ainsi ces deux moitiés sur des chevilles et l’on répète cette enverjure â l’inverse pour le retour de la chaîne. L’enverjure est le commencement de la chaîne au tissage, c’est-à-dire qu’on en enroule d’abord sur l’ensouple l’extrémité divisée en portées de plus ou moins de fil; ces portées sont mises dans un râteau pourbien diviser la chaîne. L’enverjure du bout, fil à fil, se conserve pour les baguettes au tissage. La production de cet. ourdissoir n’est plus en rapport avec les nécessités de la fabrication mécanique actuelle, aussi n’est-il plus employé que lorsqu’on y est forcé par les dispositions de la chaîne à ourdir ; les ourdissoirs mécaniques produisent plus, à meilleur compte et en meilleure qualité, aussi leur usage est-il général.
- OURDISSOIRS MÉCANIQUES. - 1 jcs organes essentiels en sont les mômes dans les differents systèmes imaginés par les constructeurs : à recul mécanique, à differents casse-fils, etc. Notre but n’étant pas d’étudier ni de comparer chacune de ces diverses dispositions, nous ne nous y arrêterons pas cl exposerons de suite le réglage de l’ourdissoir en général.
- Rentrage des fils. — L’ourdissoir a deux peignes, soit un peigne fixe contenant autant de dents que l’on peut mettre de bobines dans le cadre ; et un peigne mobile que l’ont peut changer
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- suivant les differentes largeurs des rouleaux à ourdir. Le rentrage des fils dans le peigne d’arrière se fait, quelle que soit la eantre employée, en commençant par le milieu et en allant vers les côtés. Pour les cantres verticales, on rentre dans la dent du milieu le fil de la bobine supérieure de la rangée verticale du sommet de l’angle, et l’on continue à rentrer les fils de cette rangée dans les dents suivantes en allant de haut en bas, jusqu’à ce qiie tous les fils soient rentrés ; à partir du milieu, le rentrage se fait symétriquement.
- Pour les cantres horizontales, on opère de même en ayant soin de prendre pour le premier fil à rentrer dans la dent du milieu celui de la bobine se trouvant au milieu de la eantre et la plus éloignée de la machine, et l’on continue le rentrage en ligne droite en se rapprochant de l’ourdissoir. Une rangée terminée, on commence la suivante de la môme manière, et l’on continue ainsi pour toutes les rangées en allant toujours de l’extrémité de la eantre vers l’ourdissoir. L’autre moitié se rentre de la même manière, c’est-à-dire du milieu vers l’autre extrémité de l’ourdissoir.
- Le rentrage du peigne d’avant se fait également le plus souvent en allant du milieu vers les extrémités. Dans quelques tissages, on opère néanmoins le rentrage en commençant par le bas de la eantre ; nous croyons la manière d’opérer que nous venons d’indiquer préférable.
- Travail de l’ourdissoir. —Quand un fil casse, lors même que l’ouvrière s’en aperçoit immédiatement ctqu’ellearrête la machine, il arrive, par suite de la vitesse acquisedu rouleau, qu’une certaine longueur de fil se trouve encore renvidée ; de là la nécessité de faire tourner le rouleau en sens inverse pour retrouver le fil cassé. Dès que l’ouvrière s’aperçoit de la rupture d’un fil, elle arrête la machine, et prend une des baguettes en fer qui se trouvent à sa disposition sur le côté de la machine, qu’elle place sur les fils au-dessus de la première rainure, celle la plus rapprochée de la eantre ; elle déroule une certaine longueur de chaîne en imprimant au rouleau un mouvement en sens inverse ; les fils n’étant plus tendus, la baguette par l’effet de son propre poids descend dans la rainure et entraîne la
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- — -j'ï —
- chaîne ; en descendant de o m. 800, par exemple, la longueur de fil déroulé est du double ou de 1 111. (loo. Si l’extrémité du fil 11’est pas retrouvée après la descente de la première baguette, l’ourdisscuse en fait descendre une seconde, puis une troisième, etc. Sitôt que le fil cassé se présente, elle arrête le déroulement de la chaîne ; elle prend le fil d'une des bobines placées à cet effet sur une tringle au-dessus de la machine et qu’elle rattache au bout retrouvé. Puis elle fait remonter les baguettes en remettant la machine en marche et en ayant soin d’enlever les baguettes au fur cl à mesure qu’elles arrivent au haut de la rainure.
- Quand la dernière baguette est, remontée et enlevée, elle arrête la machine, recherche à la cantrc le fil cassé qu'elle pusse par le peigne d’arrière, et dès qu’il est arrivé au peigne d’avant, elle le rattache au fil de la bobine, et remet la machine en marche.
- Vitesse et production. — En donnant au tambour une vitesse de /|2 tours par minute, celui-ci ayant 0 m. 420 de diamètre, on obtient pour la vitesse d’enroulement, :
- 42Xo,42oX>î,i4=-j5'm. 44o-
- Mais l’ourdissoir est la machine dont la production pratique s’écarte le plus de la production théorique, en raison des nombreux arrêts nécessités par la rupture des fils, le garnissage de la cantrc, etc., on 11c peut, guère compter en conséquence que sur un rendement effectif de /|0 p. 0/0.
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- TA'RI'K Dfcs l’KIX PAYÉS POUR OURDISSAGE’
- NUMÉROS DE CHAINE PRIX PAR KILOGRAMME
- i4 0 f. 01
- 16 0 01
- 18 0 01
- 20 0 02
- 2/4 0 02
- 27/29 0 02
- 3o/32 0 02
- 35 0 o3
- 4o 0 0 Oi
- 45 0 04
- 5o 0 04
- 55 0 o5
- 60 0 oü
- 70 0 07
- 75 0 08
- 80 0 09
- 85 0 10
- 90 0 11
- 100 0 i3
- 110 0 14
- 120 0 17
- i3o o 19
- 180 0 20
- Les chiffres ci-dessus représenten t une moyenne des prix payés pour ourdissage ; ce tarif" est variable avec le nombre de fils et n’est vrai que pour des comptes moyens.
- DU PARAGE
- Le parage est une des opérations les plus importantes du tissage.
- 5
- Dupont. — Tissage.
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- C’est en grande partie de la manière plus ou moins parfaite dont elle a été exécutée et des soins qu’on y a apportés que dépend la bonne marche du métier à tisser et par suite la bonne qualité du produit et le chiffre de la production.
- Comme on le sait, le parage a pour but d’enduire et de pénétrer les fils de chaîne d’une substance agglutinante qui en couche les duvets et en rend la surface lisse et polie, et qui leur donne en même temps la consistance voulue pour supporter le frottement du peigne pendant le travail du tissage. Cette substance s’appelle parement.
- Dans les machines à parer, les fils enduits de parement sont soumis à l’action de deux brosses qui couchent parfaitement le duvet et lissent les fils ; le séchage de ceux-ci se fait à air chaud et par des ventilateurs. La machine à parer remplit donc parfaitement le but à atteindre, mais la production en est faible, tant à cause du séchage qu’à cause du brossage des fils qui ne peut se faire par des mouvements rapides. Néanmoins, malgré les avantages incontestables d’économie, d’emplacement, d’entretien et de main-d’œuvre que présentent les encolleuses, ces dernières machines ont été longues à se répandre dans l’industrie, et ce n’est que depuis les perfectionnements apportés depuis quelques années à leur construction, qu’elles sont employées couramment.
- Vu l’importance de cette question, et le peu de renseignements pratiques qui ont été publiés à ce sujet, nous y consacrerons plus de place et plus de développements que nous ne l’avons fait aux questions précédentes.
- Le bon résultat du parage est dù beaucoup à la composition et à la cuisson du parement ou de la colle.
- Composition, et préparation du parement.
- Le paiement primitivement employé par les tisseurs à la main avant que l’industrie du tissage mécanique ait acquis ^importance qu’elle a aujourd’hui était composé de farine, de suif, de savon, mélang-és dans des proportions différentes. Il est peu de substances qui n’aient été essayées depuis et préconisées dans
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- ce but sans qu’on puisse réellement recommander l’une plutôt que l’autre des innombrables recettes offertes aux fabricants, car il y a à cet égard presqu’aulant d’opinions diverses qu’il y a de manufacturiers.
- Les parements sont à base de farine fermentée, ou de fécule de pommes de terre ou d’amidon ; ce n’est que par exception que l’on emploie des gommes ou d’autres produits donnant une matière gommeuse. A cette base, on ajoute soit de la glycérine, soit des savons ou des graisses pour donner de la souplesse, ainsi que les matières que l’on trouve dans l’industrie sous le nom de parement.
- Le kaolin, la craie et la terre de pipe sont quelquefois employés pour donner du poids au fil.
- On ajoute un peu de soude à la cuisson du parement lorsque les eaux sont calcaires ou que la fécule ou l’amidon ne sont pas bons, comme cela arrive certaines années où la pomme de terre mûrit mal.
- Le sulfate de cuivre est ajouté pour empêcher le parement de se décomposer vite et prévenir les chancissures dans les tissus tissés à trame mouillée.
- Le sulfate de zinc et certains sels sont employés pour rendre le fil collé un peu hygrométique.
- Le léïogomme ou les gommes et colles donnent plus d’adhérence au parement, mais employés en trop forte proportion ils donnent de la dureté.
- Il faut varier un parement suivant le numéro du fil, la réduction et la nature du tissu à produire, Ce qui explique la variété des parements employés.
- La nature du coton influe aUSsi sur la colle à employer, certains cotons fins et tordus prennent difficilement la colle.
- Pour faire de la farine feénlentée, on prend 3 kilog. de levain tju’on fait délayer dans 3 litres d’eau. On verse ce mélange dans uh baril de 200 à 3oo litres et dn y ajoute autant de kilog. de farine tjue de litres d’eau, jusqujà ce que le baril soit plein au tiers ou à la moitié. Le mélangé maintenu dans un lieu chaud ne tarde pas à aigrir et peut être employé au bout de quelques jours.
- Ydici quelques recettes de parement d’un emploi courant:
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- — 7G —
- Eau : 100 litres. Fécule, kil 8.60
- Leïogomme, o.3oo
- Sulfate de cuivre, o.ioo Eau : xoo litres. Léïogommc, kil. o.iôo Cristaux de soude, o.i5o Fécule, 10 »
- Eau
- Eau : 100 litres. Farine, kil. 5 »
- Colle de Cologne, 0.260
- Sulfate de cuivre, 0.200
- Eau : 100 litres. Fécule, kil. i4 »
- Léïogomme, 0.376
- Colle de Cologne, 0,37.6 Sulfate de cuivre, 0.200
- 100 lit Fécule, kil.
- Farine fermentée, Eau de colle forte, Sulfate de cuivre,
- Primitivement, on ouvertes, cliaulïces à
- » Pour chaînes blanchies 00 Eau : 100 litres.
- 00 Sulfate de zinc, kil. 0,200
- no Suif, 0.160
- Cire jaune, 0.100
- Glycérine blonde, 0.260
- (Ne mélanger la glycérine qu’après la cuisson et au moment de vider la colle dans l’auge), a préparé le parement dans des marmites feu nu ; puis, plus tard, dans des chaudières à double fond à circulation de vapeur ; cette préparation était très-longue et exigeait une grande surveillance, car il fallait remuer constamment le mélange. Actuellement on n’emploie plus guère que l’appareil à haute pression, connu sous le nom d’appareil Simon, qui opère rapidement la cuisson du parement.
- Pour préparer le parement dans cet appareil, 011 introduit par l’entonnoir l’eau dans laquelle on a préalablement fait dissoudre le sulfate de cuivre ou de zinc lorsqu’on en emploie. Puis, après avoir mélangé à sec dans un baquet, la fécule et le léïgomme ou autres matières, 011 les empâte avec un peu d’eau tiède, et on les ajoute à l’eau dans l’appareil. O11 ouvre ensuite le robinet de vapeur, en ayant soin de laisser le robinet purgeur un peu ouvert pour que l’air puisse s’échapper et de le fermer aussitôt que la cuisson commence. Par un des petits robinets placés sur le devant de l’appareil, on fait sortir de temps en temps un peu
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- de parement pour juger de son degré de cuisson ; s’il est limpide, clair, filant et collanl, il est bon à l’usage ; on arrête la vapeur et on le laisse écouler par le robinet de sortie placé au bas de l’appareil.
- La colle employée à froid vaut mieux que le parement fraîchement cuit.
- Il est bon d’avoir deux baquets dans la salle, on y verse le parement et on travaille avec la colle de l’un pendant qu’on laisse refroidir celle de l’autre. Il vaut encore mieux pouvoir mettre dans un seul baquet toute la colle d’un jour et ne la travailler que le jour suivant. De cette manière si une. cuite laisse un peu à désirer, on la mélange aux précédentes et on obtient ainsi un parement régulier.
- Le parement chaud est plus fluide, il en passe une certaine quantité par les cylindres ; pendant la marche la colle se refroidit et les cylindres en laissent passer une autre proportion, d’où inégalité d’encollage. Avec de la colle froide ce défaut est évité complètement.
- Il faut souvent changer la colle dansl’auge des machines,et s’arranger de façon à ce que ces auges soient d’une contenance aussi réduite que possible ; une simple planche garnie suffit souvent.
- La fi g. 20 est une épure représentant les organes essentiels de la machine à parer, et les roues de commande qui vont nous servir à calculer les vitesses, productions et différents pignons de change. La figure ne représente que la moitié de droite de la machine ; l’autre moitié étant symétriquement semblable.
- On voit que les fils des 4 rouleaux ourdis a, a , a" , a" étagés sur le bâtis, passent d’abord dans le peigne ouvert ou râteau c, sur le cylindre en bois ou porte-fils b, puis entre les cylindres d et e (tous deux recouverts de drap et que l’on désigne par les noms de cylindres de pâte et de pression) ; à la sortie des cylindres la chaîne est envergée par une, deux ou ti'ois baguettes, suivant la force des fils ; les fils sont passés ensuite dans les huit rangées de trous de la planchette en cuivre ou en porcelaine h destinés à bien diviser les fils qui se présentent ainsi comme deux nappes à l'action des brosses r/, g' ; celles-ci commencent à agir sur le fil près delà planchette et se meuvent
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- alternativement en brossant les fils toujours dans le même sens, qui est celui contraire à leur marche.
- La chaîne passe ensuite au-dessus du ventilateur n,et les fils qui la composent se divisent un à un dans les dents du peigne soudé ou peigne d’enverjure i, pour passer sur et sous les rouleaux ou porte-fils en bois y, k, et venir enfin s’enrouler sur l’en-souple destinée au mélier à tisser. La planche ou cloison o dirige le courant d’air chaud du ventilateur entre la planchette h et le peigne d’enverjure /, et sert à garantir de la chaleurles fils encore sous l’action des brosses, car les fils une fois secs, la brosse n’a plus d’action sur eux et ne peut plus en coucher le duvet.
- Rentrage des fils à la machine à parer.
- Nous avons déjà, à propos de l’ourdissage, montré l’importance de disposer les fils sur les rouleaux, et de les rentrer dans les divers peignes et la planchette de la machine à parer dans un ordre déterminé afin qu’ils se trouvent dans la disposition voulue sur l’ensouple du métier à tisser; il importe également d’observer ce rentrage pour que les fils reçoivent tous au même degré l’action des brosses et pour faciliter la recherche des fils cassés.
- A cet effet, on prend une ensouple sur laquelle se trouve un reste de chaîne, et on la place dans ses supports, au milieu de la machine. On rentre d’abord un côté de la machine, en commençant par passer les fils dans le peigne d’enverjure, puis dans la planchette et ensuite dans le peigne ouvert ou râteau, et cela dans l’ordre suivant :
- Le premier fil à gauche est passé dans la première dent, qui est une dent soudée du peigne d’enverjure, puis dans le premier trou de la première ligne du haut de la planchette et enfin dans la première dent du peigne ouvert ; ce sera le premier fil à gauche du rouleau a ; le second fil passe dans la seconde dent, qui sera une dent non soudée du peigne d’enverjure, puis dans le premier trou de la cinquième ligne de la planchette et ensuite dans la première dent du peigne ouvert, avec le fil précédent ; ce sera le premier fil du rouleau a”.
- La seconde paire de fils sera formée des premiers fils des rouleaux a’ et a'", qui passent ensemble dans la deuxième deqt
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- du peigne ouvert ; relui du rouleau a esl passé dans le premier trou delà troisième ligne de la planchette, et de là dans la troisième dent, qui esl une dent soudée du peigne d’enverjure ; celui du rouleau a" passe dans le premier trou de la septième ligne de la planchette, puis dans la quatrième dent qui est une dent ouverte du peigne d’enverjure. La troisième paire est composée des seconds fils des rouleaux a et a" qui passent ensemble dans la troisième dent du peigne ouvert ; celui du rouleau a entre dans le premier trou de la seconde ligne de la planchette et ensuite dans la cinquième dent qui est une dent soudée du peigne d’enverjure ; celui du rouleau a" passe dans le premier trou de la sixième rangée de la planchette et dans la sixième dent, qui est une dent ouverte du peigne d’enverjure. La quatrième paire est composée des seconds fils des rouleaux a et a", qui sont passés ensemble dans la quatrième dent du peigne ouvert ; celui du rouleau a entre dans le premier trou de la quatrième ligne de la planchette et ensuite dans la septième dent qui est une dent soudée du peigne d’enverjure ; celui du rouleau a" passe dans le premier trou de la huitième ligne de la planchette et ensuite dans la huitième dent qui est une dent ouverte du peigne d’enverjure. La cinquième paire est composée des troisièmes fils des rouleaux a et a" qui passent ensemble dans la cinquième dent du peigne ouvert. Celui du rouleau a entre dans le second trou de la première ligne de la planchette et ensuite dans la neuvième dent qui est une dent soudée du peigne d’enverjure ; celui du rouleau a" passe dans le second trou de la cinquième ligne de la planchette, et ensuite dans la dixième dent qui est une dent ouverte du peigne d’enverjure. En continuant à opérer ainsi jusqu’à la fin, on aura rentré :
- i° Tous les fils des rouleaux a et a" dans les dents impaires, et tous les fils des rouleaux a et«'" dans les dents paires du peigne ouvert.
- a» Tous les fils impairs du rouleau a dans la ice ligne de la pi.
- — pairs — a — 2e --
- — impairs — a' — 3o —
- — pairs a' — 4e —
- — inipairs — a" — 5e —
- — pairs — a" — fie —
- — impairs — a" — T —
- •r- pairs — «"' — 8e
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- 3o Tous les fils des rouleaux a et a" dans des dents soudées du peigne d’enverjure, et lous les fils des rouleaux a" ci a dans des dents non soudées du peigne d’enverjure.
- Les fils des lisières, lorsqu’ils sont ourdis doubles, se rentrent aux extrémités deux pour un, tout comme un fil simple.
- Dès que le rentrage est achevé, on commence par appondre aux fils rentrés ceux des rouleaux ourdis. A cet effet, on commence par le rouleau a qu’on appoint aux fils rentrés dans la première et dans la seconde ligne de la planchette, puis ceux du rouleau a aux fils rentrés dans la troisième et dans la quatrième ligne de la planchette ; puis ceux du rouleau a" à ceux des cinquième et sixième ligne de la planchette, et enfin ceux du rouleau a" aux fils rentrés dans les septième et huitième ligne de la planchette.
- Au fur et à mesure qu’un rouleau est, appondu, on le place sur des traverses en bois qui reposent d’un côté sur les cylindres, et de l’autre sur une brosse ou une pièce en bois placée en travers sur les supports du peigne d’enverjure. (Juand les fils de toute la garniture sont appondus, on place les rouleaux dans leurs supports, et on fait un peu marcher la machine, en opérant avec précaution jusqu’à ce que tous les tors des fils aient passé au travers du peigne ouvert, de la planchette cl du peigne d’enverjure ; puis on réunit les deux nappes sur l’ensouple ; on désigne par le nom de premiers les fils de la nappe qui s’enroule la première sur l’ensouple, et par seconds ou derniers, ceux de l’autre nappe qui s’enroule sur la première. L’envcrjure doit être faite sur chacune de ces nappes. A cet effet, on sort le. peigne d’enverjure de ses supports, et on l’abaisse; la moitié des fils appuie sur la partie soudée de la dent, tandis que l’autre moitié monte jusqu’au haut du peigne; dans l’espace vide formé par ces deux parties,, on passe une baguette ou tringle percée d’un Irou auquel est, attacée la ficelle d’enverjure. On obtient l’enverjure inverse en élevant le peigne ; alors une partie des fils se trouve posée sur la soudure des dents, et l’outre partie descend à fond ; par cette seconde ouverture on passe de même une ficelle d’enverjure.
- Le rentrage des fils, au lieu de s’effectuer sur la machine meme, se fait également et souvent sur un métier et dans un
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- local à pari et dans le même ordre que nous venons d’indiquer on apporte alors la garniture loutc rentrée sur la machine.
- Réglage et conduite de machine à parer.
- Pour bien conduire une machine à parer, il faut un ouvrier habile, expérimenté et d’une exactitude scrupuleuse ; car, outre qu’il doit rattacher rapidement les fils cassés, il doit aussi enlever des fils, autant, que possible, toutes les impuretés, grosseurs, boulons, qui ont pu échapper au bobinage et à l'ourdissage.
- Il faut avoir soin d’entretenir, en les changeant souvent, les brosses à l’état de propreté. Une brosse à laquelle s’est, attaché du duvet qui colle les soies ensemble, brosse mal et sépare mal les fils. Parmi les soins qui incombent au pareur, il faut citer surtout le réglage de la quantité de colle sur le fil.
- On règle loujours la brosse du bas plus profondément dans les fils que celle du haut, soit () rangs au lieu de 4 pour celle du haut.
- On donne de 11 à 12 coups de brosses au même endroit de la chaîne.
- Pour des comptes légers et des numéros fins, il faut employer des brosses lendres à soie longues et moins fournies que pour de gros numéros et- des comptes forts. On prend pour le fin des brosses neuves et pour le gros les brosses coupées.
- Tous les fils de la chaîne devront être bien également tendus sur toute la longueur de la machine, et il est bon de leur faire subir autant de tension qu’ils peuvent en supporter en serrant convenablement l’écrou de la roue de friction. Pour obtenir une bonne friction il est, essentiel que le cuir soit un peu élastique ; lorsqu’il est trop dur, il faudra le graisser avec du saindoux, et lorsqu’il est trop mou, le frotter avec de la craie. Il est donc nécessaire de le vérifier de temps en temps et de le tenir en parfait état, car un dérangement ou un mauvais fonctionnement peut causer l’arrêt de l’ensouple, et par suite l’enroulement des fils autour du cylindre de pâte quand on ne
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- peut pas arrêter la machine à temps, ce qui occasionne de graves désordres.
- Pour régler la position des brosses, on amène la brosse inférieure bien au milieu de sa course, et on fixe la brosse supérieure sur la lanière de manière que les milieux des brosses soient sur une ligne verticale ; dans cette position les balanciers sur lesquels sont montés les supports des brosses doivent être dans une position horizontale. Les arbres à vilebrequin doivent être diamétralement opposés l’un à l’autre, et la forme de l’excentrique telle que le galet reste immobile pendant que la brosse fournit sa course. Le repos de l’excentrique correspond à un angle de u4°. La lanière en cuir qui commande le mouvement des brosses doit être convenablement tendue, pour qu’elles n'agissent pas par saccades ni qu’elles couchent mal le duvet du fil. Elles doivent commencer leur course aussi près que possible de la planchette pour qu’elles séparent bien tous les fils. La hauteur des galets sur les excentriques se réglera de manière que la brosse inférieure prenne les 6 rangées inférieures de la planchette, et l’autre, les 4 rangées supérieures. Chaque machine à parer a une série de brosses de rechange, et l’ouvrier doit remplacer celles en fonction dès qu’elles sont sales, c’est-à-dire suivant la grosseur des cotons travaillés toutes les 1/2 ou 3/4 d’heure et seulement toutes les heures pour des cotons fins et propres. Les brosses sales sont lavées à l’eau chaude. La longueur des soies des brosses est, quand elles sont neuves, de 60 millimètres environ ; quand les bouts commencent à se fendre il faut les couper de quelques millimètres.
- Lorsque l’ouvrier arrête sa machine pour un certain temps, il ôte les brosses en ayant soin de bien diviser les fils en faisant glisser la planchette depuis ses supports jusqu’aux baguettes placées devant les cylindres pour éviter que les fils ne se collent entre eux. A la reprise du travail, il doit humecter avec une brosse à main tous les fils, depuis la planchette jusqu’aux cylindres ; ensuite passer la même brosse imbibée de parement, sur les mêmes fils, et mettant la machine en marche donner quelques coups de brosses du peigne d’enverjure à la planchette. Lorsqu’il y a rupture de fils, le pareur doit immédiatement attacher un fil au bout flottant, puis chercher l’autre extré-
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- mité en se guidant, d’après le lil, qui forme paire avec lui. A cel effet, il enfonce la main dans la chaîne à l’endroit, où le fil s’est rompu et après l’avoir divisée légèrement pour former une route libre, il cherche la partie correspondante du fil qu’il y fait passer dès qu’il l’a trouvé, et rattaché.
- Lorsque le fil se rompt aux rouleaux d’ourdissage, le parcur, au moyen du levier disposé à cet effet, soulève un peu le cylindre de pression afin de pouvoir séparer les fils jusqu’au peigne ouvert.
- Les cylindres de pâte et de pression sont en fonte, et recouverts d’une enveloppe en cuivre autour de laquelle est un sac en drap : on coud ce sac d’avance et on l’enfile ensuite sur le cylindre.
- On entoure généralement le cylindre de pression d'une bande de calicot avant de mettre le drap. On augmente ou on diminue la pression du cylindre au moyen du levier à contrepoids qui appuie sur les extrémités du cylindre de pression. Quel que soit le numéro du fil, on règle la pression de façon que la quantité, de colle voulue imprègne le fil ; on cuit la colle de manière à ce qu’il en passe toujours assez, tout en laissant au cylindre un certain poids pour pouvoir le varier si cela est nécessaire.
- Le sacs qui recouvrent les cylindres doivent être remplacés dès (ju’ils ne sont plus en bon état. La couture qui joint les deux bords de l’enveloppe doit être laite avec, beaucoup de soins et de manière qu’on ne remarque pas la moindre grosseur à cel endroit, car cela produirait sur les fils un excès de parement. — On trouve maintenant dans l’industrie des manchons en drap fabriqués spécialement d’une seule pièce, sans coulure, sur toutes mesures indiquées ; ces manchons sont assurément préférables aux sacs cousus à la main.
- Lorsqu’on a remplacé un sac, il faut avoir soin d’augmenter la pression sur les cylindres, car les fils s’imprègnent, de parement beaucoup plus qu’auparavant. Les cylindres doivent toujours être tenus très proprement ; le pareur doit fréquemment enlever au moyen du ràcloir destiné à cet, effet et d’une brosse en chiendent, les impuretés provenant soit du parement, soit des fils qui y restent attachées. Les défectuosités des cylindres sont
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- de ne plus èli'c ronds, le cuivre se boursouffle et il s'attaque à la long-ue.
- La bâche ou auge clans laquelle on met le parement est en bois, et ordinairement d’une forme trapézoïdale, les deux parois parallèles aux cylindres étant inclinées de manière que le haut de l’auge soit plus large que le fond. La grande ouverture de l’auge doit se trouver en avant du cylindre de pâte. Le fond de la bâche est percé aux deux extrémités d’un Irou par où s’écoule le parement lorsqu’il s’agit de la vider et de la nettoyer. Pour les articles lins et même ordinaires, on se contente parfois d’une auge qui se compose d’un bout de planche fermée aux extrémités et ayant pour fond un morceau de drap épais bien cloué au bas de la planche et dont l’autre extrémité appuie en se recourbant un peu contre le cylindre de pâte.
- On changera 3 ou l\ fois par jour suivant l’état de propreté de la chaîne les baguettes qui la divisent et que l’on place devant les brosses pour faciliter la séparation des fils. Pour des filés gros et un compte-fort, on peut mettre trois baguettes, jamais deux; mais une seule suffit dans la plupart des cas pour un compte-fort et fortement imprégné de colle. On place la baguette entre les !\ rangs du haut et les 4 du bas. Dans quelques établissements, les baguettes sont supprimées tout à fait.
- Les disques des ensouples doivent tourner parfaitement rond ; l’écartement entre les deux doit être égal à la largeur des fils empoignés dans le peigne d’enverjure. Si l’écartement est plus grand, les fils des lisières ayant trop de place s’enroulent sur une circonférence qui n’augmente pas proportionnellement au diamètre d’enroulement des autres fils ; il en résulte une plus faible tension et les fils des lisières deviennent lâches et sont mal brossés. On peut alors, pour remédier à cet inconvénient, enrouler avec les fils de petites bandes de papier, mais il ne faut employer ce moyen que quand le défaut est réel et qu’on n’y peut remédier autrement. Si, au contraire, l’écartement des disques est inférieur à l’empeignage du peigne d’enverjure, les fils des lisières s’amoncellent et s’enroulent sur un cercle dont le diamètre augmente plus vite que le reste des fils, ils sont alors trop tendus et se cassent facilement.
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- Il faut de même, pour que la chaîne se développe bien régulièrement, que les cylindres aient partout le même diamètre. La pression exercée sur les cylindres presseurs doit être égale de chaque côté et aussi forte que les fils en peuvent supporter. Lorsque le parement est faible, il faut diminuer la pression des rouleaux et augmenter la température des salles, afin d’enlever le surcroît d’humidité dont le fil est imprégné. Il faut avoir soin de ne jamais laisser le parement s’épuiser dans les bâches, car il en résulte des places faiblement parées; il faut veiller surtout à ce que le parement ne manque pas du côté des lisières. Dès que le parement est gâté, il faut l’enlever complètement et ne pas en remettre du frais par dessus qui ne tarderait pas à se gâter également par son mélange avec l’autre. Avant de mettre la machine en marche, il est bon, si même le parement dans la bâche n’est pas altéré, d’en mettre du frais aux deux extrémités pour les lisières. Les lisières étant un des points les plus importants du tissage, il faut y donner beaucoup de soins et par conséquent bien les parer.
- Chauffage des salles. — La température des salles de parage varie suivant l’état hygrométrique de l’air, de 20 à 3o° centigrades. Elle dépend aussi des articles plus ou moins forts que l’on fait. Le système le plus habituellement employé est le chauffage à air chaud ; il est moins coûteux, expose moins aux incendies, ne dessèche pas autant le fil et lui conserve plus d’élasticité.
- Les tuyaux de vapeur sont placés horizontalement et à nu sous les machines ; ils sont disposés en set'penlins. L’eau de condensation est recueillie par un extracteur d’où elle s’écoule au dehors.
- Calculs des productions et vitesses
- Dans la machine à parer, c’est par le changement des pignons des cylindres de pâte et de la friction qu’on augmente ou qu’on diminue la production. Il est clair qu’une chaîne duveteuse et malpropre devra recevra plus de coups de brosses pour une même longueur qu’une chaîne dont le fil est propre et sans duvet. Pour obtenir ce résultat, il faudra diminuer la vitesse des
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- cylindres en conservant la vitesse des brosses ; mais par suite la production sera diminuée.
- Il faudra aussi changer ces pignons suivant les différents comptes et numéros déchaîné; ce sont ces différents calculs que nous allons établir.
- Les pignons de change sont placés :
- Aux roues de la friction ;
- Aux roues des cylindres de pâte ou à l’extrémité de l’arbre à excentriques.
- Pignon de change du cglindre de pâle.
- Avec les pignons indiqués sur l’épure, l’arbre moteur faisant i3G tours par minute, la vitesse de l’arbre à excentriques-sera :
- 130 X — X ~ = 34 tours.
- 32 9 3
- Le nombre de tours du cylindre de pâte sera :
- 24 3 2
- 34 X — X—3 tours 422-72 10G
- La vitesse ou longueur de chaîne développée V, s’obtiendra en multipliant ce nombre de tours T par la circonférence du cylindres D, ou : Y — T î:D = 3,422 X 0d 10 X 3,141G = 11» 1825. En général on aurait :
- pp r. D
- V = 34 X formule dans laquelle toutes les quantités
- sont constantes, sauf p qui est le pignon de change. En appelant K la quantité constante, on aura :
- V = p\\
- 34 X 32 X 3,i4 X O) 72 X 10G
- 10 /
- — = 0,0492
- D’où il sera facile de calculer p connaissant la vitesse que doit avoir la chaîne, ou en d’autres termes le nombre de coups de brosses à donner par unité, de longueur.
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- Pignon de la friction.
- Théoriquement, lu vitesse de l'ensouple devra èlre la même que celle du cylindre de pâte. En lui supposant, un diamètre de ioo millimètres, on aura l’égalité suivante :
- 28 X 22 3.i/, X 0.100 X i3G X - X — X-74 72 80
- La vitesse de la chaîne est égale au développement de l’en-souple multipliée par son nombre de tours par minute.
- Dans cette égalité toutes les quantités sont constantes, sauf Y et X qui est le pignon de change, on aura donc :
- En posant :
- 3.i/f X 0.100 X i3G X 28 X 22 lh X 72 X 80
- V V
- V = KX d’où X = - =----------
- lv o.otioq
- Le résultat obtenu sera juste théoriquement, et en admettant que la roue de 80 dents soit fixe sur l’arbre, mais comme elle n’est entraînée que par friction, il faudra, pour ne pas être obligé de serrer trop fort l’écrou de la friction, prendre un pignon d’un nombre de dents un peu plus élevé que celui trouvé par le calcul, afin que l’ensouple ait une tendance à marcher plus vite qu'il n’est nécessaire et que les fils soient tendus.
- Pignon du compteur.
- Le compteur a pour but d’indiquer à l’ouvrier que la longueur de chaîne fixée pour une coupe a passé ; à cet effet, une roue munie d’un butoir agit sur une sonnerie qui se met en mouvement au moment voulu. L’ouvrier applique alors à la main sur les fils de chaîne, à quelques centimètres de la lisière, une marque de couleur qui servira de repère au tisserand pour couper sa pièce. Cette marque représente d’habitude les initiales de la raison sociale du fabricant.
- Supposons que nous voulions donner aux pièces une longueur
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- de ioo mètres, il faudra pour que la sonnerie fonctionne tous les ioo mètres que la roue de 90 dents ait fait un tour. Déterminons le nombre de dents .7* du pignon de change.
- Le cylindre de pâte qui commande le compteur a un développement de oui 11 o X 3.i/|, il devra donc faire un nombre de tours exprimé par :
- 100
- 0.110 X 3.i4
- = 289.5,
- et pendant ce temps la roue de 90 dents devra faire un tour, d’où l’égalité :
- 289,5 x 112 90“
- 112V00
- æ — ---------= 34 dents.
- 289,5
- En généralisant, et en désignant par L, la longueur des coupes que l’on désire avoir, on aura :
- o,no X 3,i/i X 112 90
- 90 X 110X 3,i4 X 112 constante K 348i.f>3 ' £ — l — j]
- Production. — La production en mètres d'une machine à parer s'obtiendra en multipliant la vitesse par minute par le nombre de minutes contenues dans une journée de travail, et par un coefficient de rendement pratique qu’on peut estimer 7.5 0/0 de celui théorique. Ainsi, pour une journée de 12 heures, la production sera :
- P = V X Go X 12 X 0,75.
- Nous allons appliquer les formules déterminées ci-dessus à quelques exemples.
- I/60 portées 3/4 chaîne 20, 18 à 22 duites au 1/4 de pouce. Longueur ; io4 mètres.
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-
-
- 9° —
- P = -
- Friction :
- Compteur :
- Cylindres : Vitesse : im,i53 (pour 34 coups de brosse).
- V _im,x53 0,0492 0,0492
- V
- = —-— r= 19 dents.
- 0,0009
- On prendra un pignon de 25 à 2O dents.
- _348i,03
- 104
- Production par jour de 12 heures.
- P im,i53 X 60 X 12 X 0,76 = G22m,Go soit près de G pièces. 2/ 70 portées 3/4 chaîne 28, 28-32 duites. Long Cylindres : Vitesse : om,8G3.
- o,8G3
- P = —-0,0492
- _ o,863
- 0,0609
- On prendra 20 à 22 dents.
- 3481,63
- Friction :
- X = -
- - = 2.3 dents.
- - — 33 dents.
- = in dents. 1
- - = 14 dents.
- . G3 mètres.
- Compteur :
- 63
- - =: 55 dents.
- Production : P = o,8G3 X Go X 12 X 0,7.5 = /|66 mètres.
- 3/ 75 P 3/4 chaîne 32 — 3o/36 duites. Longueur 63 mètres. Même vitesse et mêmes pignons que pour l’article précédent. 4/ 80 P 3/4 chaîne 4o — 34/38 duites. Longueur 67 mètres. Cylindres : Vitesse : om,8oo.
- 0,800
- p —---------= 16 dents.
- 0,0492
- Friction :
- X - -
- 0,800
- 0,0609
- On prendra 18 à 20 dents.
- 348i,63
- i4 dents.
- Compteur :
- 67
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- Production : om,8o X 12 X Go X 0,75 =: 432 mètres.
- 5/ 90 P 3/4 chaîne 5o. 38-42 duites. Longueur 67 mètres. Même vitesse et pignons que pour l’article précédent.
- 6/ 100 P 3/4 chaîne 4». 3G-4o duites. Longueur G3 mètres. Cylindres : Vitesse : 0,7875.
- 0,7870
- Friction :
- p =——— = i5 dents. o,o4q2
- 0,787.5
- X =---------= 12 dents.
- o,oGoq
- On prendra iG à 19 dents.
- 348i,G3 ' “ 63 ~
- Compteur :
- Production :
- P = 0,7870 X 60 X 12 X 0,76 = 4s5 mètres. On aura donc en résumé :
- PORTÉES CHAINE DUITES LONGUEUR DE LA PIÈCE PIGNON DU CYLINDRE PIGNON DE LA FRICTION PIGNON DU COMPTEUR PRODUCTION PAR JOUR
- 60 20 18/22 I 04m 23 20 33 G 22 m Go
- 70 28 28/32 G 3 *7 22 55 4 GG rn
- 75 32 3o/36 G3 17 22 55 406 m
- 80 40 34/38 G 7 iG 20 52 4321>1
- 9° 5o 38/42 G? iG 20 52 432 m
- 100 4o 36/4o 63 i5 19 55 425 m
- On remplit ordinairement les ensouples des métiers à tisser. Celles généralement employées en Alsace contiennent de Goo à 700 mètres de chaîne.
- Le pareur doit pour chaque ensouple reculer un peu le compteur afin d’allouer une marge de quelques mètres pour couper après la marque et quelques mètres pour commencer avant la première pièce. On fait et on doit faire toutes les pièces égales, en
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- ne parant au commencement et à la fin de la chaîne que juste ce qu’il faut pour pouvoir tisser les marques. Les marques se font entre la planchette et contre le peigne d’envcrjure.
- Une machine à parer exige une force de i,4o à i,5o cheval-
- vapeur.
- De l’emploi du parement.
- üh. 27-29 » i5 grammes par portée et par 100 mètres.
- 3o » i4 » » »
- 3 2 » 13.12 » » »
- :ui » 11.66 » » »
- 38 » 11 .o5 » »
- /|0 » xo.5o » » »
- 42 » 10 » » »
- 44 » 9.55 » » »
- 40 » 9.12 » » »
- 48 » 8.75 » » »
- 5o » 8.40 )> » »
- Go » 7 » » »
- 70 » 6 » » »
- 80 » 5.25 » » »
- 0° » 4.66 » » )>
- 100 » 4.20 )) » »
- 110 » 3.82 » » »
- 120 » 3.5o » » »
- i3o )> 3.22 » » »
- i4o « 3 » » »
- i5o » 2.80 » » »
- Ces chiffres supposent que tout le parement est absorbé par le fil, mais il a été reconnu qu’il y a toujours un tant o/o de perdu. En général l’emploi du parement varie suivant le compte travaillé, et c’est la pratique seule qui indique au fabricant quelle est la proportion exacte de parement à employer pour tel ou tel numéro de chaîne ou pour tel ou tel compte travaillé.
- Tarif du parage.
- Le tarif dépend de la production et la production dépend du séchage; le pareur bien au courant de son métier peut arriver à gagner de 55 à 58 francs par quinzaine pour sortes faciles, ou de 60 à 62 francs par sortes plus réduites les tarifs variant suivant les maisons, nous nous abstenons d’en donner un exemple.
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- DE L’ENCOLLAGE
- Dans le principe, les échevettes de chaîne étaient cuites dans un bain de colle ou d’apprêt, puis dévidées sur des bobines avec lesquelles on ourdissait les chaînes. — Pour les chaînes fines et les tissus forts, le tisserand à bras parait sa chaîne avec de l’apprêt qu’il appliquait au moyen de brosses à main.
- Il était beaucoup entravé dans son travail, car cette opération se faisait sur le métier. On a imaginé après cela d’encoller les chaînes en boudins et de les sécher sur des machines à un très grand nombre de tambours, puis les chaînes encollées étaient montées sur des rouleaux. — Ce système d’encollage a été remplacé par une encolleuse construite en Angleterre sur laquelle la chaîne était encollée au large et les fils mieux séparés ;• ce fut l’origine des encolleuses actuelles.
- Trouvant dans le travail de l’encolleuse une grande économie de façon sur la machine à parer, on a cherché à la perfectionner pour l’adapter à toutes les chaînes, et dans ce moment elle tend de plus en plus à remplacer la machine à parer dite écossaise.
- Nous ne nous étendrons pas sur les divers tâtonnements par lesquels eurent à passer les constructeurs pour créer « la Sizing » ou encolleuse ; nous nous bornerons à décrire cette machine universellement employée aujourd’hui et qui grâce aux perfectionnements journaliers qui y sont apportés, ne tardera pas à faire disparaître les anciennes machines à parer.
- Dans la machine à parer, la colle ou pâte épaisse forme un enduit sur le fil et couche le duvet ; dans l’encolleuse, la colle est plus liquide, et pénètre le fil en laissant à sa surface une forte proportion de duvet, c’est ce qui empêche encore de l’employer pour tous les genres de tissus.
- L’encolleuse ordinaire, du modèle le plus couramment employé, se compose :
- io De la bâche à colle ;
- 20 Des tambours ;
- 3o Du système d’enroulement et compteur.
- En général, toutes les encolleuses quel que soit leur système, ont une bâche à colle, un système de tambours ou de tuyaux
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- séclieurs et un système d’enroulage de la chaîne sur l’ensouple destinée au métier à tisser.
- Une cheminée ou hotte, dont la fonction est d’aspirer la vapeur produite par la cuisson de la colle et le séchage de la chaîne, se trouve placée au-dessus de la bâche à colle et des organes séclieurs.
- La bâche, construite en bois, est garnie intérieurement de feuilles de cuivre et munie dans le fond d’un serpentin en cuivre ou en fonte, percé de trous, dans lequel on fait arriver la vapeur destinée â cuire la colle.
- Les tambours, au nombre de deux, sont en cuivre, montés sur des axes qui tournent librement sur des galets renfermés dans les supports, pour diminuer le frottement et faciliter leur rotation et leur entraînement par les fils. — Ils sont creux et comme tous les récipients destinés â contenir de la vapeur, sont construits de manière à supporter une pression pouvant s’élever à deux ou trois atmosphères. Ils sont pourvus à l’intérieur de gouttières disposées en forme de spirale et qui servent à l’évacuation de l’eau de condensation. L’eau condensée contre les parois intérieures des tambours est déversée par ces gouttières dans un tuyau communiquant par l’axe creux des tambours à un purgeur ou extracteur placé au pied de chacun d’eux.
- Les encolleuses ordinaires sont munies de deux tambours de diamètres différents, celui qui est le plus près de la bâche à colle est le petit tambour et a un diamètre de im,5o; le grand tambour placé immédiatement derrière lui a un diamètre de 2 m. à 2m,5o, suivant les machines.
- Deux bâtis en fonte, indépendants de la machine et placés à environ 1 mètre de distance de la bâche, sont disposés de manière à recevoir les rouleaux ourdis ; le déroulage de ces rouleaux est réglé, comme dans les machines à parer, au moyen de courroies munies de poids que l’on augmente suivant les besoins.
- Les fils de chaîne réunis en une seule nappe sont amenés dans la bâche après avoir passé sur un rouleau de tension et un rouleau guide et sont plongés dans la colle en ébullition, par un rouleau mobile en cuivre qui les fait pénétrer plus ou moins dans la colle.
- Deux paires de rouleaux, l’un en cuivre qui baigne en partie
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- dans la colle, l’autre garni de flanelle, expriment l’excédent de colle entraîné par les fils.
- La nappe, imprégnée de colle, est passée sur le grand tambour, en faille tour et revient sur le petit tambour pour repasser en dessous du grand tambour et d’un ventilateur placé derrière celui-ci. On la ramène ensuite sur la table d’enverjure, et enfin, après avoir passé dans le peigne extensible, elle entoure un rouleau qui se trouve devant la machine et qui reçoit son mouvement de la transmission.
- Une ensouple commandée par une friction enroule les fils au sortir de ce rouleau d’appel et les fait avancer sur la machine. Ce sont eux qui communiquent aux tambours leur mouvement de rotation et il n’y a que les cylindres de colle inférieurs, le ventilateur, le rouleau d’appel et le compteur qui reçoivent leur mouvement de la transmission. La friction a un rôle secondaire à jouer au point de vue de la bonne marche de la chaîne ; l’ouvrier qui a l’habitude de l’encolleuse sait exactement quel est le degré de tension maximum qu’il peut donner au fil qu’il travaille. Il n’y a pas de règle fixe à cet égard ; il faut se baser sur le numéro de fil travaillé, sur le plus ou moins de force du parement et sur la vitesse d’enroulage de la chaîne.
- La tension sur i’ensouple peut, outre par la friction, être augmentée en dégrenant l’arbre qui conduit les cylindres de colle et en laissant ainsi à la nappe le soin de leur imprimer leur mouvement de rotation.
- Une forte tension du fil est nécessaire pour obtenir une chaîne bien serrée sur I’ensouple. Il est évident qu’il ne faut pas forcer cette tension qui sans cela occasionnerait de nombreuses ruptures de fils, fatiguerait la chaîne et donnerait de forts mauvais produits ; mais il faut opérer d’une manière intelligente et rationnelle, et ce n’est guère que par une grande pratique de la machine qu’on arrivera à la perfection.
- Un appareil presseur est d’habitude placé au-dessous de l'en-souple et sert à maintenir la chaîne bien égale et serrée pendant la marche.
- Pour les gros numéros de chaîne coton nos 5 à nos 20, la tension sera donnée dans son maximum, c’est-à-dire que l’on dé-
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- grénera les cylindres de colle et qu’on serrera autant que possible la vis de la friction.
- Pour les numéros de 20 à 3o-3z, on pourra également laisser dégrénés les cylindres de colle, mais la friction devra être moins serrée.
- Pour les numéros 3o à l\o, il faudra engrener les cylindres de colle et ouvrir la friction de moitié.
- Pour les chaînes 44? 5o, Go et 70, la friction sera presque ouverte, le seul poids des tambours sécheurs étant suffisant pour bien tendre ces chaînes.
- L’appareil presseur sera maintenu de même pour tous les numéros, c’est-à-dire aussi serré que possible sur l’ensouplc. Cet appareil, composé d’un levier monté à son centre sur pivot, porte à son extrémité supérieure un petit rouleau de fonte qui est maintenu pressé contre la chaîne en dessous de l’ensouplc entre les deux disques, et cela au moyen de contre-poids suspendus à l’extrémité inférieure.
- Plus le poids suspendu à cette extrémité sera lourd, plus sera forte la pression du rouleau de fonte contre la,chaîne enroulée sur l’ensouple. Il faut que le rouleau presseur ait exactement la largeur de l’ensouple entre les deux plateaux ; il est donc urgent d’avoir plusieurs de ces rouleaux coupés aux laizes exactes des articles que l’on travaille.
- Il est de la plus haute importance que les lisières soient toujours bien pressées, car si elles faisaient saillie sur la chaîne, elles se travailleraient mal au lissage.
- Les ensouples doivent être bien rondes et vérifiées sur le tour avant d’èfre envoyées à l’encolleusc pour y être garnies.
- Toute cncolleuse est munie d’un mouvement spécial de marche lente, mouvement qui se compose d’un manchon que l’on engrène à volonté pendant un arrêt de la machine et qui communique alors au moyen de la transmission à tous les organes de la machine, un mouvement de marche peu sensible, mais assez accentué cependant pour que la colle n’ait pas le temps de se solidifier sur un même point des fils. On engrène ce mouvement chaque fois que l’on change d’ensouple, que l’on recherche un fil cassé dans la bâche à colle, sous les cylindres, ou
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- (juc l’on fuit des cnverjurcs, en un mot chaque fois qu’il faut arrêter momentanément pour une raison quelconque la machine pendant que la colle est en ébullition. On évite ainsi les places dures et trop encollées. Lorsque la machine fonctionne bien, la limite de production est le séchage, car ce n’est qu’à la condition que le séchage (lu fil n’en souffre pas qu’on peut augmenter la vitesse de la machine.
- Un cncolleur est payé de o à (5 francs par jour, il conduit seul la machine et n’a qu’un manœuvre pour l’aider à enverger, pour porter les rouleaux et remplir la bàclic à colle quand, celle-ci n’est pas réunie à la cuve à mélanges par un conduit spécial. Ce manœuvre est payé à raison de i .00 à 2 fr. par jour. Il cxisle dans cerf «ai ns établissements un tarif de primes qui servent à encourager l’encolleur. Quand il est reconnu qu’une partie marche très bien au lissage et que l’encolleur tout en atteignant la production voulue a livré de bonnes chaînes, il est d’usage de lui remettre une prime variant de o,o3 centimes à o,ou centimes par coupe encollée ; soit pour une partie de 7000 mèfres à raison de 80 mètres par pièce, une prime de 2 fr. 5o à 4 francs.
- Ces primes ne s’accordent que lorsqu’il s’agit d’un article qui offre des difficultés d’exécution sur l’encolleuse ou qui est tout nouvellement monté. L’ouvrier est ainsi stimulé et est porté à faire de son mieux. Cette manière d’opérer a l’avantage de pousser la production quel que soit le numéro travaillé, à son maximum sans nuire à la qualité des chaînes.
- Comme nous l’avons dit à propos de la machine à parer, la colle sera d’autant meilleure qu’il entrera moins de substances dans sa composition ; un mélange simple et logiquement composé donnera toujours de bonnes chaînes. La meilleure manière de procéder, est d’adopter une colle à hase de corps gras : savon ou suif, glycérine, etc., de la mélanger en quantités reconnues suffisantes à la quantité d’eau voulue et d’y ajouter de la fécule suivant la force à donner aux articles travaillés.
- Quand il s’agit de tissus très couverts ou d’articles fins, on ajoutera au mélange des matières augmentant l’élasticité ou faisant adhérer la fécule. On emploie souvent des sulfates de Dur OINT. — TiüSAUE.
- G
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- cuivre ou de zinc pour faire adhérer Ja fécule et prévenir la moisissure dans les pièces.
- La cire blanche donne du glaçage aux fils ; la glycérine leur donne du moelleux et de l’élasticité.
- Il existe des quantités de recettes de toutes sortes, chaque établissement à la sienne : aussi nous bornerons-nous à citer trois recettes pour divers numéros, qui ont toujours donné d’excellents résultats.
- On mélange souvent à la colle :
- De la glycérocolle,
- Du leïogomme,
- Des farines ou fécules de sagou, de pommes de terre, de riz, etc.,
- Du savon blanc,
- Des gélatines,
- Des savons verts ou noirs,
- Du suif,
- Du saindoux, etc., etc.,
- Ces ingrédients se ressemblent tous quant à leur effet et varient suivant les idées du fabricant.
- Recettes de colles.
- Pour articles forts. — Chaînes n°s 5 à 20.
- Pour 3oo litres d’eau,
- Kil. 4- Parement à base de lichen ou parement à base de savon.
- Kil. 55. Fécule de pommes de terre blanche et non grillée.
- Kil. o.5o, sulfate de cuivre.
- Kil. 0.04, colophane.
- Pour articles mi-Jins. — Chaînes nos 25 à 3i.
- Pour 3oo litres d’eau.
- Kil. 3. parement comme ci-dessus.
- Kil. 5o. fécule de pommes de terre;
- Kil. o.5o, sulfate de cuivre.
- 1/2 litre de glycérine blonde.
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- Pour articles fins. — Chaînes «os 40, 5o, Go, 70, 76.
- Pour 3oo litres d’eau,
- lvil. a.5o parement comme ci-dessus
- Kil. 45. ou lvil. 4o, fécule de pommes de terre,
- Kil. o.5o, sulfate de cuivre,
- I litre de glycérine blonde,
- Kil. o.o4, colophane ou cire blanche.
- Ces mélanges se font dans une grande cuve en bois de sapin, munie d’un agitateur mù par la transmission ; une prise d’eau placée au-dessus de cette cuve permet de verser de 3 à l\oo litres d’eau (la mesure habituelle est de 3oo litres). Les divers ingrédients qui doivent composer la colle, étant exactement .pesés, sont jetés dans cette eau et s’y mélangent rapidement. A la mise en train, l’aide encolleur remplit aux trois quarts la bâche à colle, de ce mélange qu’il puise dans la cuve au moyen d’un arrosoir de la contenance de 10 litres. Il est préférable d’établir un robinet au bas de la cuve, les divers ingrédients étant toujours mieux mélangés dans le fond de la cuve qu’à la surface.
- On introduit la vapeur dans le serpentin et la cuisson commence ; il faut laisser cuire à gros bouillon pendant une demi heure à trois quarts d’heure avant de mettre en train, et, pendant la marche, l’aide a soin de renouveler la colle en y versant de demi heure en demi heure 1 ou 2 arrosoirs pleins de mélange frais puisé dans la cuve.
- II existe depuis plusieurs années, des appareils à cuire, placés près de la bâche et qui y introduisent automatiquement le mélange et par quantités égales. La colle est déjà cuite en arrivant et n’a plus qu’à être maintenue chaude dans la bâche à colle ; ces appareils sont d’un emploi presque général aujourd’hui.
- Afin d’enlever l’excès de colle et de lisser le duvet du fil, on adapte souvent après la bâche à colle et au-dessus du petit tambour, trois tringles plates en bois, recouvertes de panne ou de grosse flanelle. Le fil frotte sur la première de ces tringles, sous la deuxième et sur la troisième, puis de là arrive sur le grand tambour.
- On applique aussi entre ces tringles deux baguettes rondes en
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- fer qui divergent les fils et les séparent pour les empêcher de coller entre eux. A la dernière des tringles en bois, sont fixés sur les cotés, deux peignes destinés à séparer l’un de l’autre les fils de lisières.
- Dans certains systèmes d’encolleuses, on a remplacé le séchage sur tambours par celui à air chaud, un grand nombre de dispositions ont été essayées et ce système paraît avoir sur le premier l’avantage de fournir des chaînes moins rudes et plus uniformes dans l’encollage. Les chaînes faites sur ces machines usent moins de harnais ; en effet, un fil séché au tambour sera aplati et formera des angles dont les faces seront garnies de colle séchée faisant en plan l’effet d’une lame de scie. Le séchage à air chaud se faisant moins rapidement, la colle reste mieux adhérente au fil.
- Les encolleuses à air chaud sont toutefois abandonnées presque partout: le grand inconvénient du passage de la nappe de fils, enfermés à l’intérieur d’une chambre de chaleur fermée a découragé les tisseurs de l’emploi de ces machines.
- Il arrive fréquemment en effet, qu’à l’intérieur de cette enveloppe fermée des fils de chaîne cassent et s’enroulent autour des cylindres. L’accident ne peut se constater de suite et quant à la sortie des fils on aperçoit de grandes solutions de continuité dans la nappe, il est, trop tard pour y remédier. Une eneolleusc où la nappe de fils passe à l’air libre, permettant ainsi à l’ouvrier de vérifier instantanément et à chaque place le bon état de la chaîne, constitue ce qu’il y a de mieux, de plus pratique et de plus sûr. Les tambours peuvent être réglés à volonté au degré de température voulue, tandis qu’une encollcuse fermée emploie beaucoup plus de vapeur, une grande quantité de calorique est dépensée en pure perte malgré les affirmations contraires des constructeurs prônant ces systèmes. Par exemple l’encollage d’une chaîne n° io, iL\ ou 20 nécessitera dans une eneolleusc ouverte une pression de 8 à 10 kilos au grand tambour; une chaîne no 100 à 120 de 1 à 2 kilos; tandis que dans une encollcuse fermée la vapeur devra toujours être admise à son maximum de tension.
- Dans les encolleuses fermées, l’encollage des fins est absolument impossible et pour les sortes fortes, que ce soient des nu-
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- méros xo, il\, 20 ou 4° il sera nécessaire d’avoir la vapeur à une pression de 8 à 10 kilos pour obtenir le degré de chaleur invariable nécessaire pour un bon séchage.
- L’aperçu suivant des frais de main-d’œuvre occasionnés par les machines à parer, rendra clairement sensible l’importance de celte question. Un tissage de 600 métiers, faisant des articles forts, mi-forts et fins, ayant une production moyenne de 20 mètres par jour par métier, soit 12.000 mètres en tout, emploie de
- 17 a 18 machines à parer, produisant chacune 7 pièces ou 700 mètres. La main-d’œuvre serait donc :
- 18 pareurs à Go francs = 1080 francs par quinzaine.
- 2 laveurs de brosses à 24 francs = /j8 — —
- 1 contre-maître à = G5 — —
- Ensemble : = ny3 —
- Dans le même tissage :
- 2 encollcuses produisant Gooo mètres coûteraient comme main-d’œuvre.
- 2 cncolleurs à Go francs = x3o francs par quinzaine.
- Fr. 1G2 — —
- plus....................... 18 — représentant le
- quart du temps que le contre-maître du bobinage et de l’ourdissage consacrerait à la surveillance des encollcuses, soit un total de 180 francs de frais par quinzaine ou une économie de : ioi3 francs de main-d’œuvre sur le compte des machines à parer détaillé ci-dessus.
- Nous avons parlé ci-dessus du compteur, du peigne extensible et des cônes ; nous allons reprendre l’un après l’autre ces divers organes afin de définir le rôle de chacun d’eux.
- Du compteur. — Le compteur dans Pencolleuse a pour but de marquer mécaniquement la chaîne à la fin de chaque pièce. Le système est des plus simples; la nappe des fils avant d’arriver à la table d’enverjure, passe sur un rouleau creux en tôle dont le diamètre est calculé de manière que quand 1 mètre a passé, le pignon commandant le tampon marqueur avance d’une
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- dent. Ainsi si l’on veut marquer la nappe des fils quand 80 mètres auront passé, et se seront enroulés sur l’ensouple, il suffira de placer sur l’axe de ce rouleau i pignon de 80 dents et ainsi de suite, soit i dent pour un mètre.
- Les pignons different de disposition et souvent de dentures ; nous ne donnons pus de croquis de compteur, il suffit de savoir qu’avec tous les compteurs bien compris, pour avoir des pièces de :
- 80 mètres, il faut sur le rouleau i pignon de 80 dents.
- 85 » » i » 85 »
- 90 » » i » ()0 »
- etc., etc.,
- Le tampon s’imbibe de couleur dans un petit bassin dans lequel il plonge; la couleur peut se changer pendant la marche si on le désire. Au lieu d’un tampon on peut employer une petite brosse ; les fils sont alors mieux teints et la marque est plus apparente.
- Cônes. — Les cônes sont remplacés dans les nouvelles machines par le cylindre d’appel, nous n’en parlerons donc pas.
- Feigne extensible. — Le peigne extensible doit être de construction soignée et de denture aussi fine que possible afin d’éviter les vides et d’avoir une nappe bien unie dont chaque fil soit à sa place sur l’ensouple.
- Le meilleur système de peignes extensibles est celui à charnières dit à extension mathématique; on en fait aussi avec dents fixées dans un ruban élastique ou entre les spires de petits ressorts à boudins; ces derniers peignes ne sont pas exacts et se détériorent rapidement. L’encolleur à la mise en train, a soin de resserrer le peigne et ce n’est que quand i ou 2 mètres de fils sont enroulés sur l’ensouple, qu’il donne à la nappe sa largeur exacte en ayant soin de faire arriver les lisières aussi près que possible des disques de l’ensouple.
- A la fin d’une chaîne, il resserre de nouveau le peigne pour les 2 ou 3 derniers mètres, le laisse ainsi jusqu’à ce que la nouvelle chaîne soit bien en train, après quoi il l’allonge de nouveau à la laize voulue.
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- Les encolleuses les plus courantes sont faites pour encoller des laizes de 2 mètres maximum.
- Des défauts. — Parmi les défauts qui se présentent le plus fréquemment pendant la marche de l’encolleuse, nous signalerons en première ligne le marnais séchage des Jils qui se produit quand les tambours ne sont pas chauffés suffisamment ou que la vitesse de la machine est Irop grande et que les fils n’ont pas le temps de sécher; la chaîne devient alors laineuse, ce qui est un défaut capital. N’étant pas suffisamment secs, les fils collent entre eux et se déroulent mal sur le métier à tisser.
- Ils cassent entre les baguettes d’enverjure ou en arrivant aux harnais et il devient impossible de tisser de pareilles chaînes.
- Les chaines molles provenant d’une mauvaise tension et d’une pression mal réglée, peuvent être évitées en tendant les rouleaux d’ourdissoirs placés devant la machine ; il faut pour cela serrer davantage les courroies qui forment frein autour de ces rouleaux.
- (Juant la colle est mal cuite, que tous les ingrédients composant le parement ne sont pas suffisamment mélangés, il se produit dans la chaîne des places faiblement encollées qui naturellement marcheront mal sur métier.
- La colle mal cuite n’adhère pas aux fils. La vapeur doit maintenir constamment la colle en ébullition pendant la marche; le parement doit être bien mélangé par l’agitateur avant d’être introduit dans la bâche à colle. Il faut amener régulièrement et à intervalles égaux du parement frais dans la colle en ébullition ; on arrivera ainsi à éviter ce défaut.
- (Juand il arrive que des Jils cassent pendant la marche, qu’ils s’enroulent autour des cylindres de colle, autour des baguettes, ou qu’ils s’accrochent au peigne, il faut que l’cncolleur ou son aide les enlèvent de suite et, les rattachent, sans quoi ces fils en feraient casser d’autres autour d’eux et occasionneraient ainsi des places défectueuses dans la chaîne et manqueraient au tisserand.
- La marque doit être mise exactement à la fin de chaque coupe ; l’encolleur doit veiller à ce que la couleur soit toujours suffisante dans le petit bassin et que le compteur fonctionne bien ;
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- cela pour éviter les fausses coupes très préjudiciables au tissage.
- A l’arrôt, on arrosera avec de l’eau fraîche, les cylindres de pression qui auront été auparavant soulevés hors de la bâche à colle et mis dans leurs supports ad hoc. Le drap qui les recouvre sera remplacé dès qu’il deviendra trop dur ou qu’il sera brûlé. On évitera de laisser la colle dans la bâche en cas d’arrêt prolongé pour éviter la moisissure on les croûtes qui rendent cette colle impropre au travail.
- La machine doit être proprement tenue dans toutes ses parties ; on évitera les taches d’huile, les éclaboussures de colle ; en un mot il faut pour conduire l’encolleuse, un homme intelligent, adroit et soigneux qui connaisse à fond toutes les parties de sa machine et qui soit bien au courant des qualités requises pour faire une bonne chaîne.
- Manœuvre de lamachine. — On place les rouleaux ourdis dans leurs supports, dans le sens du déroulement. Il est bon qu’ils soient travaillés sur le même ourdissoir afin d’avoir la même longueur de fil et de finir en même temps. On règle les supports au moyen de vis de réglage de manière à ce que les disques des rouleaux soient bien alignés et qu’ils se déroulent tous de la même façon ; leur frein est également réglé de même, la tension devant être égale pour chacun. L’ouvrier attache l’extrémité de la chaîne se trouvant sur le rouleau a (fig. a(>) qu’il divise en plusieurs mèches, à celles du rouleau h, puis les mèches du rouleau c â celle du rouleau d, et celles du rouleau e à celle du rouleau /’. Au moyen d’une règle ou latte qu’il passe ensuite sous les mèches des rouleaux a et b, il amène la nappe formée par la réunion de ces deux rouleaux, au-dessus du rouleau c, puis sous le rouleau d où elle vient se rejoindre à celle formée par la réunion des rouleaux c et d. Cette nouvelle nappe, composée des quatre rouleaux a, b, c, d, est passée au-dessus du rouleau e, puis au-dessous du rouleau f et formée alors des mèches réunies de six rouleaux est conduite jusque sur le cylindre A.
- La nappe passe ensuite sous le cylindre de tension B qui, mobile dans une glissière, monte ou descend suivant que la chaîne
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- se tend ou se détend, en suit toutes les ondulations et la maintient ainsi à une tension égale et constante entre les cylindres A et C.
- Entre li et C, se trouve un râteau ou peigne P, mobile dans un tube en 1er muni d’une rainure longitudinale qui livre passage aux dents. On le maintient relevé en le tenant à la main jusqu’à l’arrivée des ficelles d’enverjure, puis on le rabat en le tournant dans ses supports pour diviser la chaîne en parties qu’on retrouve alors devant et qu’on met dans le même ordre dans un peigne extensible d’un môme nombre de dents ; cela dans le but d’étaler uniformément la nappe et l’enrouler ainsi sur l’en-souple.
- La chaîne, après avoir passé sur le cylindre creux C, passe sous le cylindre cannelé D que l’on relève ou abaisse à volonté à la main au moyen d’une crémaillère. Ce cylindre, appelé rouleau plongeur, a pour but de faire entrer la nappe dans la colle. A la mise en train, ce cannelé est complètement relevé, on fait donc directement passer la nappe entre la paire de cylindres E, F, puis entre E’ et F’. E et E’ sont de forts cylindres recouverts d’une feuille de cuivre pour en éviter la détérioration par la colle bouillante. F, F’ sont leurs cylindres presseurs, très lourds et recouverts de drap ou molleton pour ne pas abîmer le fil. La bâche étant remplie de colle et la machine en train, on descend le rouleau D dans la colle au moyen de la crémaillère, jusqu’à moitié de son diamètre en faisant ainsi plonger la nappe de fils au fond de la bâche. Les fils s’imbibent entièrement de colle; les cylindres E, E’ au moyen de leurs presseurs F, F’ en expriment le trop plein ; la chaîne rencontre alors les lattes recouvertes de panne où le duvet du fil se lisse et se nettoie, avant d’arriver au grand tambour.
- Du grand tambour G, la nappe, après en avoir fait le tour, passe sur le petit tambour 11, en fait aussi le tour et repassant sous le grand tambour sans le toucher, arrive sous un ventilateur I. Ce ventilateur achève le séchage des fils qui passant sur un cylindre de renvoi L et sur une tringle fixe M destinée à les éloigner du ventilateur, arrivent sur le rouleau de compteur K. C’est sur l’axe de ce rouleau que se trouve le pignon de change que l’on varie suivant la longueur à donner aux pièces.
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- Du rouleau K, la nappe arrive sur la labié d’enverjure et passe, divisée en plusieurs parties envergées entre les baguettes en fer i, 2, 3, 4> 5, puis sur le peigne d’extensible R pour se rendre sur l’ensouple en passant entre les deux rouleaux d’appel N et O et sur le porte-fils S.
- Nous avons dit que le cannelé D est complètement relevé à la mise en train : chaque fois qu’on arrête la machine, 11e serait-ce que pour quelques instants, ce cannelé doit être relevé ainsi que les cylindres dépréssion F et F’que l’on place dans des supports spéciaux : de cette manière, la chaîne ne trempe plus dans la colle et les fils ne risquent pas de se coller les uns aux autres, ce qui occasionnerait des places très défectueuses.
- Lorsque les mèches ont dépassé d’environ 5o à Go centimètres la bâche à colle, on abaisse alors le cannelé D qui fait plonger la chaîne dans le parement, on replace les cylindres de pression F, F’ sur ceux de colle E, E’ et on fait les enverjures, opération qui a lieu comme suit ;
- Une ficelle double, un peu plus longue que la laize des rouleaux, est passée entre la nappe formée par les rouleaux a et b puis une seconde ficelle entre cette nappe et celle formée par le rouleau c. On passe ensuite une troisième ficelle entre la nappe obtenue par la réunion de ces trois rouleaux et celle du rouleau d. Une quatrième ficelle sépare les fils du rouleau e de la nappe formée par les rouleaux a, b; c, d, enfin une autre ficelle sépare les fils du rouleau f de la nappe composée des cinq premiers rouleaux. Les fils des 6 rouleaux, ainsi envergés, on met la machine en marche, on relève le peigne P qui divise la chaîne en petites parties à peu près égales, ce qui facilite l’empeignage sur le devant de la machine, et on laisse marcher la machine jusqu’à ce que les ficelles d’enverjure aient dépassé le rouleau du compteur K ; on arrête alors l’admission de la vapeur et on soulève les cylindres de pression F et F’ qu’on a eu soin de bien laver, et on les met dans leurs supports spéciaux. La cuisson de la colle a été arrêtée également, on détend la chaîne au moyen du débrayage spécial qui permet de dérouler un peu l’ensouple et l’on procède à la mise en peigne.
- Pour cela, on place entre les dents du peigne extensible R, les petites mèches séparées par le peigne de derrière P. Ceci fait,
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- on remplace les ficelles d’enverjure, par des baguettes ou tringles en fer creux dont nous avons déjà parlé. Ces baguettes d’enverjure sont habituellement au nombre de cinq, celle qui se trouve le plus près du grand tambour est souvent plus grosse que les autres pour mieux séparer les lils.
- Malgré le nombre de rouleaux employés, qui peut varier suivant les articles, de 5 à 8, l’enverjure se fait toujours de la môme manière ainsi que la mise en peigne.
- Ces opérations terminées, on fait de nouveau cuire la colle, on replace les cylindres de pression sur ceux de colle, on tend la chaîne et on marque le commencement de la coupe au moyen du tampon imbibé de couleur. Le peigne extensible étant réglé de manière que les fils s’enroulent sur l’cnsouple, à la laize voulue, on fixe solidement, au moyen de la friction, l’ensouple sur laquelle on a préalablement attaché la nappe des fils. On met, en train et il n’y a plus d’autres soins à donner que de rafraîchir la colle par des additions régulières et de quantité égales de parement frais; renouveler de temps en temps les enver-jures, rattacher les fils cassés et changer les ensouples quand elles sont remplies.
- On enverge les fils à l’achèvement de ces dernières au moyen d’un peigne de métier à tisser, coupé dans le sens de la hauteur et, dont les dents ont été arrondies aux extrémités. La chaîne étant encore tendue sur l’cncolleuse, on passe le fourreau du peigne sous la nappe et on fait entrer à travers la chaîne les dents du peigne dans ce fourreau qu’on assujettit ensuite au peigne par deux ou trois ligatures. On remplace depuis quelque temps ces peignes par des pinces de construction spéciale.
- Pendant les heures d’arrêt, la chaîne devra être détendue, les cylindres de pression et le tendeur relevés, l’admission de la vapeur arrêtée dans la bâche à colle et dans les tambours. On aura soin d’arroser chaque fois les cylindres de pression F et F’ pour en enlever le parement.
- La manœuvre d’une cncolleusc à air chaud est la même sauf <[uc la nappe des fils a un parcours à accomplir au-dessus et en-dessous de tuyaux ou quelquefois de plaques remplies de va-1 peur; ces organes remplacent les tambours. Les cnvcrjurcs* la
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- mise en peigne, la tension, cuisson de colle, etc., restent les mêmes pour tous les systèmes.
- Nous ne donnons pas l’exemple de tarif de paies pour l’encollage ; les ouvriers encolleurs et les aides sont payés à la journée.
- Nous terminerons ce chapitre par quelques noies sur deux autres types d’encolleuses offertes à l’induslrie dans le cours des dernières années, dans lesquelles la. solution de la question de l’encollage pratique de tous les numéros sur une machine unique a été tentée avec certaines chances de succès.
- Encolleuse à 1 tambour, entourée d’une enveloppe métallique ou en bois enfermant complètement le tambour, les organes principaux et une partie de la bâche à colle.
- Dans ces cncolleuscs,spécialement construitespourcoton,lcpelit tambour est supprimé; le grand tambour qui a habituellement 2 mètres et quelquefois 3 mètres de diamètre est actionné par le bas, par un pignon engrenant avec une couronne dentée fixée sur le tambour; ou souvent simplement au moyen de poulies et plateaux de friction. — Les constructeurs en enfermant le tambour ont cherché à utiliser toute la chaleur développée par cet appareil pour obtenir un séchage rapide du fil qui permette d’augmenter la vitesse générale de la machine et d’atteindre aussi des productions allant de 10 à 18000 mètres en numéros ordinaires. C’est, pour faciliter encore la production et diminuer les chances de rupture des fils que le tambour est, commandé par organe mécanique actionné par la machine elle-même — engrenage ou friction; le fil n’exerce donc plus aucune traction sur Je tambour mais 11c fait que circuler autour de lui pour se sécher. — La friction de la poitrinière seule, agit sur le fil qu’elle attire pour l’enrouler sur l’ensouple. — En théorie cette machine parait réunir toutes les conditions désirées pour obtenir un travail et un rendement parfait de l’encolleuse ; en pratique elle présente encore des inconvénients graves qui militent en faveur de l’ancien système à tambours libres découverts et actionnés par la nappe de fils elle-même. Les numéros fins tout d’abord, sont impossibles à traiter sur une encolleuse fermée; la chaleur trop sèche, trop continue en quelque sorte, qui se dégage à l’in-
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- t'éricùr de'ces chàm'bres fermées lait sauter les fils, quand il s’agit de numéros plus fins que le numéro üo La vitesse admise et possible pour numéros gros ou ordinaires devient impraticable pour numéros fins; dès lors les avantages de'production disparaissent et les inconvénients résultant du séchage trop brusque du fil, de l’enroulement des fils entre eux à l’intérieur de la cage, de la consommai ion cx-cessive de la colle subsistent largemen t et annihilent en parlie les avantages que 1’eniploi de ce genre de machines permettrait d’espérer. Les essais faits jusqu’à présent n’ont pas été absolument heureux, sauf peut-être pour numéros gros ; mais dans les conditions actuelles de l’industrie il est indispensable qu’un tissage soit pourvu de machines propres à traiter tous les numéros, avec une bonne production pratique et de bonne qualité.
- Encolleuse système Victor SchJLumlberger pour encoller tous les numéros depuis la chaîne 8 jusqu’aux chaînes numéros 200 m/m et au-dessus.
- En terminant la partie concernant l’encollage dans la première édition de notre « Aide-mémoire » nous disions :
- « Le jour où une machine capable d’encoller des chaînes no io « à 120 et au-dessus sera créée, la machine à parer disparaîtra de « tous les tissages et n’existera plus qu’à l’état de souvenir. » Nous annoncions également nos études et nos recherches dans cette voie en nous engageant à en publier les résultats : ce n’est pas à nous qu’il appartient de déclarer si la question a été résolue.
- Convaincu toutefois de la possibilité de réussir l’encollage des numéros fins, l’inventeur de cette nouvelle disposition a modifié ses machines de façon que le fil, en quittant le grand tambour, a encore un parcours libre de plus de trois mètres sur la table d’envcrjurc pour compléter le séchage, pour être en*-vergé, séparé et pour arriver ensuite au peigne de devant et aux rouleaux d'appel.
- Cette longueur de 3 mètres do table d’enverjure déterminée à la suite de nombreux essais a donné d’excellents résultats.
- Les fils fins provenant de cotons très soyeux, il arrive très-facilement dans les machines où les baguettes d’envcrjurc sont trop rapprochées entre elles, que les fils s’enchevêtrent les uns Dupont, — Tissage.
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- dans les autres, la soie du coton formant boule et ils cassent par paquets, rendant ainsi la marche impossible :
- Les organes de la machine exigeaient un fonctionnement plus délicat; nous avons apporté à la friction, à la pression, aux rouleaux d’appel des modifications importantes et les peignes d’enverjure ont été faits à dentures très fines pour bien diviser les fils. La planchette à trous des machines a parer, a été remplacée par un peigne excessivement fin, placé à la partie arrière de l’encolleuse près de la bâche à colle. Pour le devant de la machine nous avons établi un peigne ayant le même rapport de dents; ce peigne extensible, à sections triangulaires, monté sur cadre mobile, est muni de dents pouvant être démontées et variées de finesse suivant les articles à produire. Cette disposition permet d’obtenir avec n’importe quel numéro de fil, une régularité d’enroulement sur ensouple absolument rigoureuse.
- Il est, en efFct, indispensable pour les articles fins d’employer des peignes très fins afin de diviser les fils. La nappe étant mince, les fils ne seraient pas sans cela soutenus et maintenus à leur place par les voisins, et avec un peigne divisant les fils seulement par mèches, il se rassembleraient par parties et se sépareraient mal aux enverjures.
- Les fils doivent marcher absolument droit sur la machine, chacun à sa place, sans enchevêtrement ni collage. C’est dans la marche parfaitement rectiligne du fil que réside la principale condition de bonne marche de la chaîne sur métiers. La table d’enverjure étant établie à une longueur de 3 mètres entre le cylindre du compteur, et les rouleaux d’appel, comme nous l’avons dit, la friction et la pression perfectionnées, on peut avec ces machines, encoller sans autres modifications que les changements de peignes, de colle et de pignons, les numéros les plus forts en chaîne nos io ou i4 et passer immédiatement après aux numéros 120 à i/jo m/m ou au-dessus. En un mot, on peut parcourir facilement dans la même semaine, sans aucun inconvénient, toute la gamme des comptes de numéros de fils avec des productions de :
- 17000 mètres pour ntrm 'ros gros i5ooo mètres id. moyens
- i4ooo id< id. fins
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- par journées de 11 heures de travail, en excellente qualité; les chaînes ainsi produites permettent d’obtenir aux métiers à tisser 28 à 3o mètres pour numéros 120 à 200 mm. par journée de 10 heures 1/2 de travail et les autres numéros en proportion.
- Nous avons maintenu sur cette cncollcusc les 2 tambours l’un de deux mètres de diamètre, l’autre de 1 m. 65.
- Pour numéros surfins, ils sont chauffés à 1 kilo.
- Pour numéros fins à 2 à 4 kilos id. ordinaires 6 à 8 id.
- id. gros 8 à 10 id. de pression.
- La bâche à colle est munie d’un avant cuiseur.
- Ces machines permettent d’encoller également bien la lajne et la soie.
- M. Victor Schlumberger a obtenu, en i8q3, pour son encolleuse, le prix XXII de la Société industrielle de Mulhouse, consistant en une grande médaille d’honneur.
- iEncolleuses à tubulures et à cheminée d’air chaud.
- Ce système, que nous ne citons que pour mémoire, n’est guère employé que pour l’encollage de la laine, et encore a-t-il été avantageusement remplacé par les encolleuses à tambours pour ces mêmes produits.
- La bâche à colle munie d’un double-fond chauffe la colle au bain-marie : les fils imprégnés de colle passent dans une grande cheminée carrée de 8 à 10 mètres de hauteur, munie de fenêtres à guillotine et à l’intérieur de laquelle une série de tuyaux de vapeur entretiennent une chaleur régulière et suffisante pour sécher le fil. La nappe des fils fait de nombreux circuits du haut en bas de cette cheminée et s’y trouve conduite au moyen de rouleaux tendeurs jusqu’à la sortie qui s’effectue dans le bas près du rouleau du compteur.
- Le séchage est complété à l’aide de ventilateurs et par le passage sur la table d’enverjure. Cette machine offre le grave inconvénient de perdre une certaine longueur de nappe pour chaque partie, car la fin et, le commencement servent soit à amener la nappe dans la cheminée par dessus chaque rouleau d’appel
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- soit à rattacher la partie suivante. De plus, les inconvénients do toutes les cncollcuses fermées et à air chaud décrits ci-avant subsistent, aussi ce système a-t-il été abandonné peu à peu.
- DU RENTRAGE
- La chaîne parée ou encollée est portée au rentrage, où des ouvrières spéciales appelées rentreuses sont chargées de la passer, fil par fil, dans les harnais et dans les peignes suivant les dispositions qu’on leur aura préalablement remises et comme il est expliqué dans le chapitre traitant du remettage et du lissage; nous ne reviendrons donc pas sur cette question.
- L’ouvrière rentreuse se place en face d’un chevalet de bois sur lequel sont placés la chaîne à rentrer et le harnais dans lequel elle doit être rentrée.
- Elle passe un crochet de forme aplatie appelé passelle, au travers de chaque œillet ou maille et le retire après qu’une aide placée derrière le harnais a mis sur cette passelle le fil à rentrer. Cette opération se fait excessivement vite et les ouvrières au bout d’un certain temps acquièrent, une telle habitude qu’elles peuvent facilement rentrer de u à i/j lames par journée de n heures de travail en articles ordinaires 70 portées.
- Voici quelques données concernant la production au rentrage et les prix de façon payés pour les articles les plus courants :
- Pour 11 heures de travail.
- En .r>op , üüP et OoP — 4 harnais de l\ lames, soit i(> lames.
- En 70P— 3 1/2 harnais de /\ lames, soit i/\ lames.
- En 72P , 73P, 74p—3 i/4 ou 3 harnais de L\ lames, soit i3 lames à 12 lames.
- En satin 82P — 2 1/2 harnais de 5 lames, soit 12 lames,
- En satin 8/jP, 851’, 87P — 21/2 harnais de 5 lames, soit 12 lames.
- En articles 8op, 82P, 84’\ 88p, 90 P — 3 harnais de [\ lames soit 12 lames.
- En articles larges, façonnés, laizes :
- De 9/8, 0/7, /|//(, 7/8, Ci//} — 1 harnais de 8 à 10 lames.
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- En général on compte pour une bonne ouvrière une production de 260 portées par jour soit 10.000 fils rentrés.
- Le prix de façon payé à l’ouvrière rentreuse est de :
- 1 fr. 5o par ioo portées pour uni.
- 2 fr. par ioo portées pour façonnés de 5 à 7 lames.
- 3 fr. par 100 portées pour façonnés de 8 à i5 lames.
- La rentreuse partage sa paye avec son aide suivant convention entre elles.
- Ces prix s’entendent pour rentrage des fils au travers des lames et du peigne. '
- A l’ouvrière appondeuse on paye :
- I fr. par 100 portées appondues.
- II existe des machines à rentrer et à appondre mécaniquement mais elles 11c sont pas employées dans nos régions vu leur peu de commodité et leur faible production.
- Quand tous les fils sont rentrés dans le harnais, on les rentre dans les dents du peigne 2 par 2 ou souvent 3 par 3 et même 4 par 4 suivant l’article. On ne met que deux fils en dent pour les articles courants et ordinaires.
- Cette opération a lieu comme la précédente au moyen d’une passette sur laquelle l’aide place le fil, que retire ensuite l’ouvrière placée de l’autre côté du peigne.
- Toutes les opérations préliminaires se trouvent ainsi terminées et la chaîne munie de son harnais et de son peigne es1 portée au tissage pour y être montée sur le métier désigné.
- Le rappondage ou appondage est l’opération qui consiste à nouer les fils d’une nouvelle chaîne à ceux d’une chaîne terminée sur le métier à tisser et que l’on apporte dans ce but à l’atelier des rappondeuses.
- On laisse d’habitude un reste de fils qui dépasse le harnais et quand les fils de la nouvelle chaîne ont été appondus à ce restant de l’ancienne chaîne, on tire la nappe au travers du harnais et du peigne et la nouvelle chaîne se trouve ainsi rentrée plus rapidement.
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- ETJ MÉTIER A. TISSER.
- Nous venons de passer en revue les opérations préparatoires nécessaires pour faire une bonne chaîne ; il nous reste à suivre celte chaîne sur le métier à tisser en indiquant quels sont les points à observer pour la convertir en tissus de bonne qualité. Nous supposons le lecteur placé en face du métier et au courant des divers organes qui le composent ; nous n’entrons donc pas dans la description détaillée du métier en lui-même et nous nous bornons à donner les indications indispensables pour le réglage de celui-ci dans ses parties essentielles.
- Montage de la chaîne. — Le monteur de chaînes va prendre au rentrage la chaîne qui lui est désignée et qui se trouve rentrée dans le peigne et dans le harnais voulus.
- Il place l’ensouplc munie de son équipage, dans les supports disposés à cet effet à l’arrière du métier. Il déroule un peu l’en-souple et place le peigne dans la rainure du battant dont il fixe ensuite le chapeau. Il suspend provisoirement le harnais au milieu du métier, au moyen de deux lattes en bois passées de chaque côté sous les baguettes supérieures des lames et qui reposent à un bout sur le chapeau du battant et à l’autre bout sur le porte-fil du métier.
- Ceci fait, il tire la chaîne d’environ 20 centimètres vers la poitrinière et la maintient, dans cette position en meltantune corde du frein sur l’ensouple, puis noue la chaîne bien également sur une baguette reliée par les ficelles au rouleau régulateur. Les lames s’attachent ensuite aux ficelles des lanières de la tringle porte-galets fixée sur le cintre du métier. Les lames de devant sont reliées par leurs baguettes supérieures au petit galet, celles de derrière le sont de la même manière au grand galet.
- On enlève ensuite les deux lattes sur lesquelles elles reposaient et on procède à leur attache par le bas en les reliant par leurs baguettes inférieures aux marchetles en bois fixées sur les marches que les excentriques font mouvoir. On fait ensuite tourner le rouleau régulateur jusqu’à ce que les baguettes d’attache
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- aient dépassé la poitriniére, on charge les freins et la chaîne étant ainsi montée on passe au réglage du métier.
- Avant de parler du réglage, il est utile de rappeler que les métiers à tisser se distinguent en métiers droits et en métiers gauche. — Ouand on se place devant la poitriniére, le métier droit est celui dont les poulies sont à droite, éloignées du bâtis, et dont le col du vilebrequin est long. — Le métier gauche est celui dont les poulies sont à gauche, rapprochées du bâtis et dont le col du vilebrequin est court. — L’ouvrier, auquel d’habitude on confie deux métiers, se place entre un métier droit et un métier gauche, tournés de manière que leurs poitrinières se trouvent l’une en lace de l’autre et distantes entre elles de soixante â soixante-dix centimètres.
- On emploie toujours une seule poulie sur la transmission pour commander deux métiers, les courroies sont donc disposées de manière â ne pas se superposer pendant la marche, aussi la poulie de la transmission est-elle un peu plus large que le double d’une paire de poulies de métier (poulie fixe et poulie folie). Cette disposition exige que l’un des arbres à vilebrequin soit plus long que l’autre (métier droit) d’un peu plus que la largeur d’une paire de poulies, afin d’avoir ses poulies extérieurement â celles de l’autre métier (métier gauche).
- Les colonnes avec les supports de transmission se trouvent entre les ensouples afin qu’elles ne gênent pas l’ouvrier et que les courroies qui viennent des poulies motrices soient également hors de sa portée. Les courroies pour une paire de métiers sont â brins parallèles pour l’un des métiers et croisés pour l’autre ; on ne fait jamais marcher la courroie de toute sa largeur sur la poulie fixe pendant que le métier marche ; on laisse d’habitude le quart de sa largeur sur la poulie folle.
- Les vitesses les plus courantes lorsqu’on a affaire â des métiers solides et en bon état, sont de :
- 200 â 220 coups de battant par minute pour articles 3/4 unis, tels que cretonnes, calicots, madapolams, etc.
- 170 â 200 coups â la minute, pour façonnés 3/4, de 5 â 9 lames en filés ordinaires, tissés avec ratières.
- 120 â 1 (>o coups â la minute pour façonnés faits avec mécaniques Jacquard,
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- On arrive même dans certains tissages à une vitesse de 200 coups avec des mécaniques Jacquard perfectionnées.
- i5o à 170 tours à la minute pour métiers larges unis !\/l\, 9/8, 7/8, 5/4.
- i4o à i5o coups à la minute pour métiers larges façonnés. i3o à i4o — — — unis, G/4.
- 120 à i3o — — — — 8/4.
- i4o à i5o — — articles lins, tels que jaconas,
- organdis, mousselines, etc.
- i3o à i4o coups à la minute pour articles très fins façonnés.
- i3o à i4o — — — — et à
- plusieurs chaînes.
- On ralentira ces vitesses pour les articles chaîne et trame laine ou soie, ou mi-laine et mi-soie.
- Les articles surfins, tels que organdis ou mousselines chaîne 11“ 200, trame n° 3oo, sont tissés mécaniquement à des vitesses de 100 à 120 coups à la minute.
- Réglage des Lames ou Harnais. — Le jeu des lames doit être réglé de telle sorte que celles de devant descendent quand la navette part du coté des poulies.
- Les foules doivent être régulières, l’une aussi haute que l’autre, les lames de niveau et les fils bien nets, afin que la navette puisse passer franchement et qu’elle ne ba/niie pas en entrant dans les boîtes. (Juand un pas est plus grand que l’autre, on a une toile pairée en trame, défaut très apparent dans les tissus légers tels que mousselines, organdis, etc.
- Pour tisser à pas ouvert, il faut que la foule ne soit pas encore fermée quand le peigne arrive, afin que la duite se loge librement. On obtient de cette façon des toiles pairées en chaîne, et jamais le tissu n’est aussi couvert et d’aussi belle apparence que lorsqu’on tisse à pas fermé.
- Dans le pas fermé, la foule est en avance sur le coup de battant; il arrive alors que quand la navette est passée et que le peigne vient frapper la duite, les lames commencent déjà leur mouvement pour l’autre foule, et dès lors il v a une légère croi-
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- sure des fils qui enferme la duilc. Le peigne en venant frapper contre le tissu pour mettre la duilc à sa place est oblige de la faire passer entre cette croisure, ce qui égalise et répartit convenablement les fils de chaîne en produisant un tissu à grain en relief et bien couvert, chose très avantageuse, surtout pour les tissus légers.
- Trame dam tnt pua ouvert et fermé.
- Nous croyons intéressant d’entrer dans quelques détails sur les différents effets produits par cette avance ou ce retard de la foule ; il sera facile alors de régler le métier suivant le résultat à obtenir.
- Si l’on considère un fil de trame dans une étoffe tissée à pas ouvert, et que l’on fasse une section transvcrvale dans la toile suivant ce fil, les fils de chaîne au moment où la trame est chassée, seront en n, a\ a ", etc (Jîg. 27), et en b, b', b", etc., et la trame restera parfaitement tendue en c.
- a a a a
- @ © ® Q © © ^
- © ' © © © @ © ©
- Tj V "b" bM'
- Figure a7.
- Dans le pas fermé, au contraire, les fils de chaîne a, a', a" (Jig. 28) sont en bas, et ceux b, b', b" en haut, les lames étant croisées au moment où la trame est chassée.
- La trame est dans ce cas contournée autour des fils de chaîne et est apparente.
- Figure 28
- Effet des Pas.
- Dans le premier cas, la chaîne contourne la trame; dans le
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- second, la trame contourne la chaîne. Dans une étoffe tissée à pas ouvert, la chaîne est apparente, elle est pairée', la même étoffé tissée à pas fermé présente l’effet contraire, c’est-à-dire que la trame prend le dessus, sépare les fils de chaîne et les dépaire.
- Une pièce en chaîne coton et trame laine, tissée à pas fermé fera ressortir la laine et ressemblera à un tissu pure laine ; à pas ouvert, au contraire, le coton sera très apparent. Un tissu de laine, à pas ouvert, sera rude, à grain carré ; tandis qu’à pas fermé il sera plus feutré ; la trame passant difficilement entre les fils de chaîne se feutre, la pièce est plus moelleuse et le toucher rude de la chaîne est remplacé par celui plus doux de la trame.
- Les chaînes laine manquent d’une force suffisante pour supporter l’effort du frottement de la trame quand les lisses sont fermées ; les fils de chaîne n’étant pas parfaitement ronds, l’effort de la trame sur les grosseurs est assez grand pour occasionner de fréquentes ruptures ; aussi la laine qui demanderait à être tissée à pas très fermé ne peut pas l’être aussi facilement que le lin ou le coton.
- Pour certains tissus de coton, on dcmandequ’ils soient propres, bien garnis et non pairés; il faudrait donc les travailler à pas fermés mais on n’arriverait pas, malgré toute la tension qu’on donnerait à la chaîne, à mettre le nombre de fils voulus au i/4 de pouce. De plus les chaînes tissées à pas fermé souffriraient trop, il y aurait beaucoup de casses par suite des boutons et des grosseurs qu’elles renferment. Les toiles de lin, devant avoir un grain serré, la trame paraissant autant que la chaîne, doivent être tissées à pas fermé ; mais comme dans le cas précédent, la chaîne présente des grosseurs et des boutons.
- Il ne faut donc pas indistinctement appliquer le pas fermé à toutes les étoffes, mais il faut en modifier l’ouverture non seulement suivant la nature du tissu, mais encore suivant la nature des chaînes.
- Position de VEnsouple.
- La position du rouleau d’ensouple a une grande influence sur la nature des produits d’un métier ; considérons (fig. 29) le cas
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- où la poitrinière a, les lisses b, b' et l’ensouple c ou le porte-fil vibrateur cl sont sur une même ligne.
- tension égale. Dans ce cas en tis- ^
- sant à pas ouvert ou à pas fermé, les effets précédents se produiront.
- Si, au contraire (fig. 3o), on élève le porte-fil vibrateur d, les lames étant croisées, les fils de chaîne auront les directions g h i et g k i.
- Figure 3o.
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- Lu ligne g h i étant plus court, que celle g k i, les fils de chaîne en h seront moins tendus que ceux en le.
- Pas ouvert. — Dans ce cas, si nous faisons une section suivant le fil de trame (fig. 31), les fils de chaîne a, a, a'' sont
- Figure 3i. b \ ces
- derniers fils b, b', b", par leur tension, pousseront les fils de trame de la ligne b vers a et les contourneront d’une manière analogue au pas fermé.
- Pas fermé. — Le pas fermé est exagéré par la position plongeante des lames ; car les fils a ( fi g. 3a) étant fortement tendus, obligeront les fils de trame à contourner encore plus ceux déchaîné que dans le pas fermé simple.
- Figure ,'ls.
- L’effet’des lames plongeantes est donc le même que celui du pas fermé, mais plus sensible, car la chaîne b, peu tendue, se contourne autour des fils de trame. Si l’on fait une section suivant la {longueur de la pièce, on aura :
- Pas ouvert,[lames, droites. jjç; <
- Pas ouvert, lames^~o plongeantes j.th
- Pas fermé, lames'f droites. jtb
- Pas fermé, lames{ CO plongeantes. )û>
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- Dans les deux premiers cas, la trame oblige la chaîne à se contourner, dans les deux derniers, la chaîne oblige la trame à se contourner, dans le deuxième et le quatrième cas, les effets sont un peu changés par l’excès de contournement de la Irame et de la chaîne.
- Ctiasse-Navette. — Le mouvement du chasse-navette différé suivant les métiers : ceux dits à fouets verticaux ou dans le battant et ceux à fouets horizontaux. Le réglage du coup de taquet ou chasse-navette est du reste le même pour tous les genres de métiers. Le moindre obstacle peut en empêcher le fonctionnement régulier, il faut que la navette ne parte pas trop tôt, car elle pénétrerait dans la foule alors que celle-ci n’est pas ouverte et briserait les fils sur une grande largeur. Quand, au contraire, la navette part trop tard, elle pénètre dans une foule se fermant rapidement et il en résulte un frottement qui en retarde le passage. Ce frottement ne fait que s’accentuer par suite de la fermeture de la foule et finalement la navette s’y trouve prise et frappée par le peigne qui vient serrer la duite ; les fils supérieurs formant la foule sont alors cassés sur toute la largeur de la pièce ce qui produit un grave défaut dans le tissu; l’ouvrier quelqu’habile qu’il puisse être n’arrivant pas à renouer les fils sans qu’il en reste des traces dans la pièce.
- La navette doit être chassée avec la force strictement nécessaire pour accomplir sa course; si le coup du taquet est trop faible, la navette sera retardée ou arrêtée en route par le moindre obstacle et si le coup du taquet est trop fort, la navette agrandit trop rapidement le trou du taquet, se détériore, finit par adhérer au taquet et est alors également retardée dans sa marche, prise par la foule et fait casser des fils ; quand il se produit trop de choc à l’arrêt de la navette, la trame se brise également. Il y a de plus, une usure rapide de la navette et du laquel. Pour éviter ces deux défauts, il faudrait que le lancé de la navette eût lieu au moment où les vilebrequins sont à l’extrémité de leur course horizontale.
- Celle règle est d’une application presque impossible en pratique car quelque rapide que soit la succession des deux mouvements, les vilebrequins ne restent pas stationaires pour attendre
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- le passage de la navette. Il faut donc que celle-ci soit en avance ou en retard suivant les cas sur l’ouverture complète de la foule. Il y a avantage en général à lui donner du retard ; c’est pourquoi on règle la position de l’excentrique de manière à ce qu’il n’agisse sur le chasse-navette qu’au moment où le vilebrequin a dépassé un peu le point le plus bas de sa course.
- Pour les métiers marchant à grande vitesse, par suite du peu de différence qui existe entre les vitesses de la navette et du battant, il faut donner de l’avance à la navette, ce que l’on obtiendra en faisant agir le mentonnet, un peu plus tôt sur le galet ou en tournant vers l’intérieur du métier la partie supérieure du manchon d’embrayage de l’excentrique.
- Si au contraire, on veut faire retarder la navette, on y arrive dans les métiers à fouets horizontaux par exemple, en faisant frapper le galet par le mentonnet un peu plus tard, ou bien en tournant vers l’extérieur du métier la partie supérieure du manchon du fouet.
- Le mentonnet doit agir de toute sa longueur sur le galet et en son milieu. Pour augmenter la force du coup, on rapproche l’ex-centrique de l’axe de l’arbre du fouet et pour en diminuer la violence, on l’en éloigne. Ouand le mentonnet est usé ou que le boulon de ce mentonnet est desserré, on obtient un mauvais lancé.
- La navette en arrivant dans la boîte de chasse doit y entrer facilement, c’est pourquoi les joues de chasse sont un peu plus écartées à l’entrée de la boîte qu’à l’autre extrémité.
- Il ne faut pas donner trop de jeu, car la navette en repartant peut fouetter et sauter hors delà foule. Le saut de la navette provient aussi du mauvais état du taquet, qui alors la fait dévier de sa course ; il en est de môme lorsque le peigne est étroit et qu’il laisse des vides vers les boîtes à navettes. Ces vides doivent, dans ce cas, être remplis avec des parties coupées d’un peigne usé que l’on place bien à fleur avec le peigne.
- Les autres causes du saut de la navette sont les suivantes :
- Une foule qui n’est pas franche.
- Des mailles trop longues qui permettent aux fils de se mettre en travers de la foule.
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- Trop d’avance ou de retard pour le mouvement de la navette.
- Des templets placés trop haut.
- Des fils de chaînes cassés et entrelacés soit dans les harnais, soit entre les harnais et le peigne, soit derrière les baguettes.
- Une navette trop usée à côtés arrondis.
- Un peigne mal fixé.
- Un battant mal réglé, qui n’est pas droit ou pas à fleur avec la plaque de la boîte de chasse.
- Un autre point important à observer, c’est que la navette ait assez de force pour repousser, lors de son entrée dans la boîte de chasse, la languette contre laquelle elle vient appuyer.
- Nous compléterons cette partie en donnant quelques indications sur la disposition et le tracé des excentriques destinés à produire le mouvement des lames pour le tissage des différentes armures fondamentales.
- Mouvement des lames. — Tracé des excentriques.
- On sait qu’à chaque coup de battant, c’est-à-dire à chaque tour de l’arbre à vilebrequin, la navette doit être lancée d’une extrémité de la chasse à l’autre, et une ou plusieurs lames doivent monter ; la navette se trouvant, au premier tour, à droite par exemple, se trouvera au second tour à gauche; les excentriques qui font mouvoir les fouets qui chassent la navette, ne devront donc agir que tous les deux tours de l’arbre à vilebrequin, ou en d’autres termes, l’arbre sur lequel ils sont montés devra avoir une vitesse moitié moindre de celle de l’arbre à vilebrequin.
- Dans un métier produisant le tissu le plus élémentaire, c’est-à-dire l’uni, et dont nous pouvons supposer les fils de chaîne rentrés dans deux lames seulement, pour simplifier le raisonnement, on a également deux excentriques faisant mouvoir chacun une lame; or, à chaque coup de battant, une seule des deux lames doit lever, ou encore chaque lame doit lever tous les
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- deux coups de battant, les excentriques qui provoquent le mouvement des lames pourront donc être montés pour le mouvement de l’uni sur le même arbre que les excentriques de fouet, qui fait un demi-tour pour un tour de l’arbre à vilebrequin.
- On voit de suite, par ce qui précède, que pour tout autre tissu qui comporte au rapport en trame plus de deux duites, c’est-à-dire qui nécessite plus de deux lames, chaque lame étant commandée par un excentrique, l’excentrique ne devra faire qu’un seul tour pendant l’insertion de la totalité des duites composant le rapport ; s’il y a d lames et d duites, chaque lame devant lever toutes les d duites, l’arbre des excentriques des lames ne fera qu’un i/d de tour pour i de l’arbre à vilebrequin, s’il y a cinq lames et cinq duites, il ne fera qu’un cinquième de tour, etc., etc. ; les excentriques des lames ne peuvent donc plus être montés sur le même arbre que les excentriques de fouet qui doit toujours faire un 1/2 tour pour 1 de l’arbre à vilebrequin.
- L’emploi des excentriques pour la levée des lames n’est guère appliqué que pour les armures fondamentales régulières qui ne dépassent pas un nombre de b lames ; au delà, on emploie les mouvements désignés sous le nom de mécaniques d'armures, ou plus généralement de ratières et dont les combinaisons différentes sont très nombreuses et des plus variées.
- Avec les ratières on peut tisser des articles comportant jusqu’à do lames : passé ce nombre, l’emploi de la mécanique Jacquart devient indispensable.
- Nous allons examiner succinctement la forme et la disposijion des excentriques pour le tissage des diverses armures fondamentales.
- Mouvement d’uni (fig. ?>-]). — 4 lames, dont deux lames A (1 et 2), contenant tous les fils pairs, et deux lames B (3 et f\), contenant tous les fils impairs (remettage amalgamé).
- En pratique, il faut 1/2 tour de l’arbre à vibrequin pour le
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- passage de la navette, et comme pendant le tour entier du même arbre, il doit ne se produire que la montée des lames ou Pou-
- Figure 37.
- verture de la foule et le passage de la navette, il reste donc l’autre 1/2 tour pour le mouvement des lames.
- 1/2 tour de l’arbre à vilebrequin correspond à \/l\ de tour de l’arbre à excentrique. On aura donc :
- 1 /2 tour de l’arbre à vilebrequin = 1 /4 tour de l’arbre à excentrique. Passage de la navette.
- 1/2 tour de l’arbre à vilebrequin = i/4 tour de l’apbre 4 excentrique. Montée des lames A,
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- 1/2 tour de l’arbre à vilebrequin — i/4tour de l’arbre à excentrique. Passage de la navette.
- 1/2 lourde l’arbre à vilebrequin = i/4 tour de l’arbre à excentrique. Montée des lames B.
- Théoriquement, nous ne parlons que de la montée des lames ; la disposition de la ligure 87, montre clairement que le même mouvement qui produit la montée d’une paire de lames, produit en même temps l’abaissement des deux autres; chacune se meut d’une quantité égale à la demi-foule.
- Pendant le passage de la navette, les lames doivent rester immobiles, cette période comprend donc un temps d’arrêt ou une partie concentrique de l’excentrique.
- Actuellement, nous avons tous les éléments voulus pour le tracé de cet organe :
- On trace deux circonférences avec deux rayons dont la différence est égale à la course de l’excentrique. La course dépend évidemment de la foule ou de l’ouverture à donner aux lames, et variera suivant les positions respectives, du centre d’oscillation des contre-marches C et C, des galets D et D' et des points d’attache des tringles 15 et K'; on la déterminera facilement par une épure. Divisant ces deux circonférences en quatre parties égales par deux diamètres perpendiculaires, deux quarts diamétralement opposés des deux circonférences représenteront les deux temps d’arrêt de l’excentrique pour le passage de la navette ; il suffit maintenant de relier ces deux arcs de cercle par une courbe convenable, cette courbe dépend du mouvement que l’on voudra imprimer aux lames ; si l’on veut les faire mouvoir d’un mouvement uniforme, on divisera le quart de la circonférence en un certain nombre de parties égales, 8 par exemple, et la différence entre les deux rayons ou la course en un même nombre de parties égales ; on mènera des rayons par les premiers points de divisions ; l’intersection des rayons et de circonférences de même rang détermine des points dont la réunion forme la courbe cherchée.
- Il est préférable cependant d’avoir pour ces deux périodes un mouvement des lames uniformément accéléré d’abord jusqu’au
- tour
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- milieu de la course, puis uniformément retardé jusqu’à la fin.
- Excentrique de l’uni. — Course : 55 mill*" Ce changement n’entraî-Temps d’arrêt : 1/4. - Grand rayon 110 mill- ne d>aulre modification
- dans le tracé de l’excentrique, que la suivante : au lieu de diviser la course en parties égales, on la
- \\ divise en parties croissan-
- ^ tes jusqu’au milieu, et, dé-
- i croissantes ensuite (fig.
- ! 38). Un des moyens les
- / plus simples pour faire
- f cette division consiste à
- décrire un demi cercle sur la course prise comme diamètre ; on divise ce demi-cercle en autant de parties égales qu’on a divisé le quart de la cir-
- ’Eohflle: Ver.
- conférence correspondant au mouvement des lames; par les points de division de la circonférence, on abaisse des perpendiculaires sur le diamètre (mené dans le rayon prolongé), qui se trouve ainsi partagé dans les conditions voulues. C’est par ces points de division qu’on tracera les circonférences dont la rencontre avec les rayons déterminera les points de la courbe.
- Le métier étant au repos, il faut que les lames soient bien de niveau; que les attaches des lanières soient bien partagées de chaque côté de l’axe F de la tringle porte-galets, et qu’il y ait un léger jeu entre les excentriques et les galets des marches ; les ficelles d’attaches ne doivent par conséquent, pas être trop tendues.
- Comme les lames de derrière sont plus éloignées que celles de devant, elles doivent lever davantage afin de produire la même ouverture de foule que celles de devant ; c’est pour cette raison que les petites poulies sur lesquelles sont fixées les attaches des lames de derrière sont d’un diamètre un peu plus grand que celles des lames de devant.
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- Mouvement de croisé, 4 marches. — L’armure du croisé ordinaire, f\ lames (fig. 7), montre que'chaque lame doit être levée pendant le passage de deux {luîtes consécutives et rester immobile pendant le passage de deux autres. Les quatre lames levant à la suite les unes des autres et indépendamment, il faut un excentrique pour chacune; ces excentriques seront semblables puisqu’ils doivent chacun faire lever la lame deux fois et la laisser immobile deux fois ;
- A la irP duite ils feront lever la irc et la 20 lame. 2° — 2e et la —
- 3- — 3- et la 4e —
- 4" — 4° et la ire —
- Comme il y a quatre duites au rapport, l’arbre à excentriques ne fait que \/L\ de tour pour un tour de l’arbre à vilebrequin, comme nous l’avons dit ci-dessus.
- Déterminons maintenant les divisions de l’excentrique.
- D’après ce que nous avons dit ci-dessus, il faut pour le passage de la navette, 1/2 tour de l’arbre à vilebrequin, soit 1/8 de tour de l’excentrique ; les périodes de mouvement se partageront ainsi que le montre le tableau ci-dessous qui en fait mieux saisir l’ensemble qu’une longue explication.
- 1" dut l e. — l.ame levée 2' (luile. — Lame levée 1” <1 ilîl.c. — Lame en tond 2' (luite.— Lame en fond
- Passage (1e la navette : 1/8 tour Passage de la navette : 1/8 tour Mouvement des lames : 1/8 tour Passage de la navette : 1/S tour Mouvement des lames : 1/8 tour Passage de la navet te : 1/8 tour Mouvement des lames : 1/S tour Mouvement des lames : 1/S tour
- Temps d’arrêt : 3/8
- Temps d’arrêt : 3/S
- Total ; 1 tour
- L’onsemble du rapport exigeant 4/8 de tour pour le passage de la navette (4 fois), il reste 4/8 pour le mouvement des lames; comme il doit y avoir f\ mouvements, chacun aura également 1 /8 de tour.
- Enfin, chaque lame devra rester immobile pendant 3/8 de tour pour le passage de deux duites, c’est-à-dire que l’excen-trique aura deux temps d’arrêt de 3/8 diamétralement opposés. Après la construction détaillée que nous avons donnée de l’ex-
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- ccntrique de 1’uiii,, ccfllc-e-L ne présentera pas- de difficultés, elle se fera de la même manière.
- Les excentriques étant répartis régulièrement autour de l’arbre, les temps d’arrêt se croiseront de i/8 ; en effet, on a 4 parties de 3/8 sur la même circonférence, soit 12/8 ou 4/8 de plus que la circo nféren ce c n t ière, — si 011 les plaçait l’une à la suite de l’autre; chacune d’elles sera donc reculée de 1/8; il est nécessaire d’ailleurs qu’il en soit ainsi, puisque deux lames sont en fond simultanément pour le passage d’une duite, et
- que ce passage correspond à 1/8 de lour.
- La disposition des marches est à peu près la môme que pour l’uni ; mais les lames sont reliées d’une façon différente : la ir0 l’est avec la 3e, la 2e avec la 4°? les fils étant rentrés d’après le remettage suivi. L’examen de l’armure montre en effet que quand la première lame est levée, la troisième est baissée, et réciproquement; de même quand la deuxième est levée, la quatrième est baissée. Aussi est-il nécessaire que la tige de suspension de chaque paire de lames soit indépendante de l’autre ; on a donc deux balanciers D (fig. 4o) sur lesquels sont montés les petits galets auxquels sont fixés les cuirs d’attache des lames. La position des excentriques ne permettant pas que les quatre lames puissent être de niveau, quand le métier est au repos les balanciers sont maintenus relevés pendant le travail soit par un excentrique, soit par un petit arbre coudé E ; les lames sont ainsi tendues et les excentriques en contact avec
- Excentrique (lu croisé. — Course : 40 milt0' Arrêt : 3/8. — U ranci rayon : 123 »
- i
- Figure 3y.
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- les galets des marches. Quand, pour rentrer un fil de chaîne cassé, on veut mettre les lames de niveau, on abaisse les ba-Mouvemcnt de croisé i marches
- /
- Figure l\o.
- lanciers, au moyen d’une poignée P qui rabat le vilebrequin ou fait tourner l’excentrique ; les lames se trouvent ainsi dégagées.
- Dans un grand nombre de métiers on trouve un autre mouvement de croisé qui diffère surtout du précédent en ce que les excentriques sont disposés en dehors du bâtis, ce qui en rend le démontage et le remplacement plus facile quand on veut changer l’armure produite ; chaque marche est reliée par une tringle' à un levier monté sur un petit arbre mobile dans un support
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- fixé sur le cintre du métier. Chaque levier est terminé par un secteur auquel est fixé le cuir d’attache de lames. Les excentriques sont les mêmes que dans la disposition précédente ; il y a évidemment autant de petits arbres munis de leviers que de lames ou d’excentriques. Comme l’action des excentriques se fait sentir sur les lames par le haut à l’inverse de la disposition précédente ; celle-ci sont reliées parle bas, la ir0 avec la 3% et la 2e avec la 4 e ; elles sont libérées par une pédale pour leur mise de niveau.
- Mouvement pour sergé de 3 par la trame. —L’armure de ce sergé (fig. 9) montre que chaque lame doit rester levée pendant un passage de navette et en fond pendant deux passages.
- L’arbre à excentriques devra faire un tour pour trois de l’arbre à vilebrequin, soit i/3 de tour par tour de l’arbre à vilebrequin.
- D’après ce qui précède :
- La lame doit être levée pendant 1/2 de tour de l’arbre à vilebrequin, soit 1/6 de tour de l’excentrique.
- La lame doit être en fond pendant 1/2 de tour de l’arbre à vilebrequin, soit 3/6 de tour de l’excentrique, il reste donc un 1/6
- Ce mouvement est monté de la même manière que celui de quatre marches; seulement le pignon de commande de l’arbre à excentrique est différent puisque celui-ci doit faire 3 tours au lieu de 4 ; en outre le mode de suspension des lames n’est plus le même, puisque les lames sont indépendantes l’une de l’autre et doiventagir chacune isolément. On fixe à chaque lame un ressort Fig- 4i. à boudins (appelé tire-
- pour la descente et 1 /6 pour la montée. Mouvement pour sergé de 3 par la trame .
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- lames) ou eir caoutchouc attaché d’une part soit à une traverse' en bois, soit au plancher et qui ramène la lame à sa position après que l’excentrique a agi (lig. 41)-
- tf'
- tt r
- Figure 4-2.
- Mouvement pour sergé de 3 par la Chaîne. — L’armure de ce sergé (fig. l\z) diffère de la précédente en ce que chaque lame doit rester levée pendant deux passages de navette, et en lond pendant un passage. Le rapport des vitesses de
- Mouvement pour sergé de 3 par la chaîne.
- l’arbre à vilebrequin sera de i à 3 comme pour le mouvement précédent ; les divisions de l’excentrique seront aussi de 0, dont 3/0 pour le temps d’arrêt (grand rayon de l’excentrique, lame levée), i/O pour la descente de la lame, i/O pour le temps d’arrêt (petit rayon de l’excentrique, lame en fond) et i/G pour la montée de lame (fig. 4^)-Cette armure peut aussi être comparée à celle du croisé, en observant que le rapport des duiles n’est que de 3 au lieu de 4 ; on arrive au même résultat que ci-dessus.
- Comme deux lames sont levées simultanément pour le passage d’une duite, les temps d’arrêt se croisent de i/ô.
- Figure 43.
- Mouvement pour sergé de o. — L’armure de ce sergé indique (fig. 8) que chaque lame doit rester en fond pendant 4 passages de navettes et levée pendant un passage. Le rapport en trame étant de 5 duiles, l’arbre à excentriques fera i tour pour 5 de l’arbre à vilebrequin, ou i/5 pour i.
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- Comme précédemment, le temps pendant, lequel une lame doit rester levée est égal à 1/2 tour de vilebrequin, ou 1/10 de tour d’excentrique ; le temps pendant lequel elle devra rester en fond, c’est-à-dire pendant quatre passages de navettes sera 3 1/2 tours de vilebrequin, soit 7/10 de tour de l’arbre à excentriques (quatre mouvements de fouets et trois mouvements de lames) ; il reste alors 1/10 pour la montée et 1/10 pour la descente (fig. 44)-La construction de cet excentrique ne diffère pas de celle des autres, seulement pour le mouvement des lames, on relie généralement les deux points extrêmes des temps d’arrêt par une ligne droite en arrondissant les angles. Chaque lame est attachée séparément comme pour le mouvement précédent et rappelée par un ressort fixé au plancher.
- Mouvement d’uni sur arbre du mouvement de croisé. — D’après ce que nous venons d’exposer, les différents mouvements pour armures autres que celle de l’uni ne peuvent pas être montés sur le même arbre que les excentriques de fouet, ce qui nécessite toujours un temps assez long pour le montage de l’un ou de l’autre mouvement-Pour éviter cette perte de temps, on monte généralement sur l’arbre du mouvement de croisé un second système d’excentriques dont on se sert à volonté, et qui permet de tisser l’armure unie. Quant on veut employer l’un ou l’autre système d’excentrique, on n’a qu’à faire glisser sur l’arbre de manière à le mettre en contact avec les galets des marches, le système dont on a besoin.
- Dupont, — Tissage. 8
- Mouvement pour sergé de 5.
- Figure 44-
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- L’arbre des excentriques ordinaires d’uni fait i/:2 tour pour 1 de l’arbre à vilebrequin, tandis (jue celui du croisé ne fait que i/4 de tour ; le temps d’arrêt d’un excentrique d’uni étant de 1 /4 tour comme nous l’avons vu, si on veut le monter sur l’arbre du mouvement du croisé, il devra être deux fois moindre, c’est - à-dire 1/8, pour correspondre encore à 1/2 tour de vilebrequin ; les mouvements de montée et de descente seront aussi respectivement de j/8 : soit ensemble 4/8, de sorte qu’il faudra deux excentriques sur une même circonférence, on aura donc un système composé de deux excentriques doubles pour quatre tours du vilebrequin ou pour 4 duites. La construction est du reste semblable à celle de l’excentrique que nous avons déjà étudiée, et la suspension des lames est la même que pour le métier d’uni
- (% 45).
- .Arrêt. — C’est sur l’extrémité de la languette qu’appuie le levier fixé à la tringle d’arrêt. ; cette languette étant repoussée par la navette, relève la patte de la tringle d’arrêt qui peut alors passer librement au-dessus de l’encoche du support d’arrêt appelé aussi botte à caoutchouc.
- Dès que la navette cesse d’agit* sur la languette, la tringle est sollicitée vers le bas par un ressort à boudin fixé aux épées.
- Lorsque la navette n’arrive pas dans une des boîtes ou qu’elle reste prise dans la foule, les leviers n’étant plus repoussés par la pression de la navette, ne relèvent pas les pattes qui viennent s’encocher dans les supports d’arrêts et empêchent ainsi le bat-
- Mouvement d’uni sur l'arbre du mouvement de croisé.
- Figure 45.
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- tant d’avancer. Il faut que l’encochement se fasse bien, sans quoi il arriverait souvent que lors d’une enfermnre par la grande tension des fils en cet endroit, il y eût rupture d’une partie de la chaîne, chose difficile et très longue à réparer. En môme temps que l’encochement se fait, le débrayage a lieu et cela de la manière suivante : Les supports d’arrêt sont fixés à coulisse au bâtis ; l’un deux, celui du côté des poulies, porte un nez qui appuie contre le ressort de détente. Au moment de l’encoche-ment, le support d’arrêt reçoit un choc et est ramené un peu en arrière et par ce recul dégage le ressort de détente de son encoche, le ressort agit alors et la courroie passe avec la fourche de débrayage, de la poulie fixe sur la poulie folle.
- Casse-Trame. -— Cet organe, le plus délicat du métier à tisser, est difficile à bien régler ; il doit fonctionner non-seulement quand la trame est cassée ou que la navette est vide, mais il ne doit pas agir dans d’autres moments pour éviter des arrêts fréquents et inutiles du métier. Ce défaut se rencontre assez fréquemment, surtout quand le jeu de la fourchette n’est pas tout à fait libre et qu’elle rencontre autre chose que la trame, soit les barreaux de la grille, soit le fond de la rainure qui doit lui livrer passage.
- Pour que la trame agisse sur la fourchette, il faut qu’elle soit prise entre les barreaux de la grille et les dents de la fourchette qui doivent dépasser la grille d’environ o,oG«nn ; si elles pénétraient trop, on courrait risque de couper la trame. La queue de la fourchette doit tomber le plus près possible de son encoche afin qu’elle n’ait pas le temps de sauter par dessus. Trop près ne vaut rien non plus car elle pourrait alors s’encocher trop facilement ; o,02»nn à o,o3nnn sont suffisants.
- Le rappel de la fourchette doit être fait quand le vilebrequin arrive au i/4 de sa course en avant, c’est-à-dire quand le peigne vient frapper la duite. Malgré ce réglage il peut cependant arriver qu’il ne fonctionne pas, dans ce cas, le défaut se trouve ailleurs ; les principales causes qui peuvent contrarier le bon fonctionnement de cet organe sont :
- Quand la navette est trop en retard ou mollement lancée, la trame n’agit pas alors sur la fourchette et le débrayage a lieu.
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- Il a aussi lieu quand le ressort de la boîte à navette est trop faible et laisse du jeu à la languette ou lui permet de ne pas fonctionner. Il s’opère encore quand la trame ondule et qu’clic n’est pas tendue. Enfin, quand la lanière du taquet vient toucher le casse-trame ou que la chasse a du jeu latéralement dans ses supports.
- Le défaut contraire a lieu, c’est-à-dire que le casse-trame ne débraye pas quand le ressort de détente est trop faible, qu’il n’a pas assez de flexion ou qu’il ne repose pas franchement contre le levier.
- Frein. — Le frein d’arrêt aux métiers de construction récente, agit sur le volant du vilebrequin chaque fois que le casse-trame ou la languette de la boîte à navettes produisent l’arrct du métier. Cet arrêt a lieu alors d’une manière instantanée, le frein, par la pression qu’il opère sur le volant arrêtant net le vilebrequin permet d’éviter les feintes ou clairs qui se produisent presque toujours quand la trame casse et que le volant avant de s’arrêter fait encore deux ou trois tours.
- Mise en train du métier.
- La mise en train d’un métier à tisser est la même pour tous les comptes en chaîne ou en trame, c’est-à-dire que le monteur des chaînes commence par produire la première foule et y fait passer la navette à plusieurs reprises. Il fait ensuite lever la deuxième foule, y fait également passer à plusieurs reprises la navette et cette opération répétée plusieurs fois, forme une sorte de canevas qui permet de voir approximativement si les foules sont bien formées et si les organes du métier fonctionnent bien. On néglige de rentrer les fils cassés pendant cette opération préliminaire qui n’a absolument pour but que de former un fond de tissu. On avance un peu la chaîne en agissant sur le rouleau régulateur et on tisse quelques duites à la main, puis on s’assure de nouveau que les lames lèvent à la hauteur voulue, que la navette est bien réglée, après quoi, on tisse mécaniquement quelques centimètres de tissu. On procède alors au rentrage de tous les fils cassés ou sortis des lames pendant le
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- montage; on vérifie de nouveau les diverses parties du métier; on fixe et règle les (emplois et l’on met définitivement en train.
- Le commencement de la pièce se marque, comme nous l’avons dit, par plusieurs fils de couleur disposés de façon convenue et appelés chefs. Quand l’ouvrier a tissé quelques mètres de tissu, on fixe la toile sur le rouleau enrouleur ; on vérifie à nouveau le duitage et quand on s’est assuré que tout est bien en ordre, on abandonne le métier aux soins de l’ouvrier qui à partir de ce moment est responsable des défauts qui pourraient se produire dans le tissu.
- Des défauts. — Ce n’est que par la bonne qualité, de ses produits que le fabricant arrive à se faire connaître avantageusement, à accroître ainsi sa clientèle et par suite à faciliter l’écoulement de sa marchandise. — Il faut donc que dans un tissage, tout concoure à améliorer autant que possible la qualité du tissu, et il est naturel que dans ce but le fabricant établisse un contrôle sévère sur toutes les opérations que nous venons de passer en revue et principalement sur la fabrication de la pièce en elle-même. Le métier monté et réglé, la qualité de la pièce ne dépend plus guère que de l’ouvrier tisseur et ce n’est que dans des cas exceptionnels tels que : la rupture d’une lame, casse d’une pièce quelconque du métier pendant la marche ou encore par une mauvaise chaîne, laineuse, c’est-à-dire mal parée ou encollée, que sa responsabilité peut être dégagée.
- Sauf ces cas, c’est lui que l’on rend responsable des défauts qui se produisent dans le tissu cl qui tous peuvent s’éviter par une attention et des soins soutenus. Tels sont les :
- Fils courus : Fils cassés soit derrière le harnais soit entre le harnais et le peigne et que l’ouvrier par négligence ne rattache pas de suite. Il se produit alors dans le tissu une solution de continuité ou sillon dans le sens de la chaîne et de longueur variable suivant que l’ouvrier y remédie plus ou moins vite. Ces sillons produisent un très vilain effet et s’aperçoivent môme après la teinture ou le blanchiment.
- Nids on pas de chats : Faisant l’effet de plusieurs fils courus l’un à côté de l’autre. Ce défaut a pour cause, la rupture de plusieurs fils de chaîne derrière les harnais ou entre le harnais
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- et le peigne. En s’accrochant et s’emmêlant les uns aux autres, ces fils forment dans le tissu une place vide souvent assez large, offrant l’aspect d’une solution de continuité dans le sens de la chaîne. Il n’y a que la trame d’apparente et la chaîne à l’endroit du nid manque complètement par suite de la rupture de ces fils. Dès que l’ouvrier s’aperçoit du défaut, il doit détisser la pièce jusqu’à ce que le nid aiL disparu, c’est-à-dire enlever la trame duite à duite et à la main jusqu’à ce qu’il arrive à l’endroit où le défaut a commencé; il réglera alors son peigne de manière à ce qu’il touche exactement le tissu et recommencera à tisser.
- Feintes on clairs: Chaque fil.de trame ou duite, qui ne se maintient pas à la place qui lui est assignée dans le tissu par le pignon régulateur, produit une feinte ou vide dans le sens de la trame. Ce défaut a lieu quand le régulateur ne fonctionne pas bien ou que l’ouvrier dans le but d’augmenter sa production, avance à la main le rochet du régulateur ; la trame ne conserve alors pas la place qu’elle doit occuper et il se trouve un trop grand espace vide entre deux duiles. (Juand une canette est achevée et que l’ouvrier la remplace par une fraîche, il devra avoir soin, surtout dans les tissus lins, de bien régler le peigne contre le tissu avant de mettre en train, car sans cela il peut aussi se produire des feintes.
- L’ouvrier doit détisser quand il s’aperçoit de ce défaut, et avertir le contre-maître quand c’est par suite du mauvais fonctionnement du rochet du régulateur qu’il se produit.
- Trames éboulées : Ce défaut est. l’inverse des feintes ; c’est-à-dire qu'au lieu d’un vide en trame, l’ouvrier se trouve en présence soit de grosseurs provenant d’un défaut de filature, soit de plusieurs couches de fils qui se déroulent à la fois de la canette. Il doit dans les deux cas détisser pour faire disparaître ce défaut et régler à nouveau le peigne contre le tissu.
- Places légères : N’ayant pas le duitage voulu, sans que pour cela, il y ait feintes; provenant soif d’un faux pignon au régulateur, soit de l’ouvrier qui fait avancer à la main le rochet pour produire davantage.
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- Ce défaut est très grave et on ne saurait être assez sévère à ce sujet, car un faux duitage déprécie complètement la marchandise, et occasionne le plus souvent un refus de la part de l’acheteur.
- Bande en trame : Effet opposé du précédent, réunion de plusieurs duites serrées l’une contre l’autre.
- Ce défaut provient d’un rouleau enrouleur qui ne fonctionne pas, d’une ensouple dont le frein est lâche ou d’un faux pignon et qui ne fait pus suffisamment avancer la toile.
- Lisières frangées ou bouclées : Proviennent du mauvais réglage des lames de lisières, d’un templet mal réglé ou d’une chaîne laineuse.
- Pour y remédier, il faut avant toute chose, relever autant que possible les lames de lisières, en les réglant de manière à ce que la foule étant ouverte, les fils de lisières dépassent un peu la partie supérieure de la foule. On a soin de régler à la même hauteur les deux côtés de ces lames.
- Si la foule est bien réglée, il faut voir si le défaut ne provient pas d’une ensouple mal ronde qui motiverait les lisières défectueuses par suite de l’inégalité de tension résultant de diamètres différents.
- Un templet mal réglé est aussi souvent cause de la mauvaise marche des lisières, soit que les dents du templet les tiennent trop lâches ou trop tendues ; soit que les fils soient accrochés par des dents recourbées ou détérioriés; un hou réglage du templet est nécessaire pour .avoir des lisières nettes et irréprochables.
- La trame trop peu tendue à son passage dans la foule produit souvent des boucles aux lisières ; on y remédie en clouant du feutre ou même un petit morceau de bois devant le trou de sortie du fil, dans l’intérieur de la navette ; le fil de trame se déroule alors moins facilement et reste toujours tendu.
- Les passages pairés en trame proviennent soit d’un mauvais réglage du régulateur, soit d’un coussinet usé à la bielle du vilebrequin ; d’un métier mal nivelé ou encore d’une tension inégale de la chaîne. Ce défaut produit l’effet de deux ou trois duites rapprochées les unes des autres et suivies d’une feinte, et
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- se continuant ainsi dans tout ou partie de la pièce. On y remédie en vérifiant le frein de l’ensouple, les bielles, 1’enroulage et le plus souvent en remettant le métier d’aplomb.
- Frein pour ensoaple : On évite beaucoup ces défauts d’enroulage, feintes, plis légers, places pairées en trame, etc., par l’adoption de freins au lieu de cordes ou de chaînes pour en-souple. Ces freins se composent d’un levier fixé au bâtis du métier et terminé par une mâchoire s’emboîtant sur le disque de l’ensouple, disque qui d’habitude reçoit, la corde à poids pres-seurs ou la chaîne à poids. Cette mâchoire, grâce â un système de ressorts à boudins attachés au bâtis du métier, ne serre pas suffisamment l’ensouple pour l’empêcher de suivre le mouvement de déroulage qui lui est imprimé par le peigne frappant le tissu, mais la tient assez fixe pour que la régularité du déroulage soit des plus exactes.
- Tissus paires en chaîne : Même effet que précédemment, mais se produisant dans le sens de la chaîne. On y remédie en remontant le porte-fil derrière le métier et cela jusqu’à ce que l’effet pairé ait disparu. Il y a des tissus spéciaux que l’on tisse à dessein pairés en chaîne.
- Petites feintes aux lisières produites soit par le templct, soit par une attache défectueuse des lames de lisières. Ce défaut ne se remarque bien souvent que quand la pièce est enlevée du métier et que l’on examine le tissu au jour.
- Ces petites feintes qui se produisent à intervalles égaux sont faciles à éviter et quand elles proviennent du tcmplet il ne faut pas hésiter â adopter un meilleur système que celui employé. Ce défaut est également produit par une mauvaise tension des cordes qui glissent inégalement sur l’ensouple.
- Il existe encore quelques défauts, qui tous proviennent de l’inattention de l’ouvrier et que nous ne signalerons qu’en passant, ce sont :
- Les taches d’huile, de graisse ou de savon.
- Les bouts de tubes ou autres corps étrangers tissés dans la pièce.
- Des déchirures provenant d’accrocs ou de coupures faites par les ciseaux, par la pince à éplucher ou par toute autre cause quelconque.
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- Les éraillures, dans les articles fins, provenant du rouleau sablé, defaut qui ne se produit que quand l’ouvrier ayant fini sa pièce, la déroule trop vite et sans soins.
- Les grosseurs, boutons, inégalités de toute sorte que l’ouvrier doit enlever soit avec sa pince à éplucher, soit en détissant.
- Fils pendants que l’on doit couper aux ciseaux.
- Enfin les places défectueuses sur toute la largeur de la pièce et provenant de nombreux fils cassés par suite du saut de la navette.
- Il arrive aussi que dans les tissus façonnés, un crochet de ratière casse ou que par suite de la rupture ou de manque d’une cheville aux carions, un crochet ne travaille pas à son tour. Il se produit alors des défauts en chaîne ou en trame qui obligeront l’ouvrier à détisser; il préviendra aussi le contre-maître qui remettra la ratière en bon état de fonctionnement. Les fils accrochés derrière les baguettes produisent des faux-nids ou fils de chaînes bouclés ou tirés.
- Un peigne défectueux, auquel il manque une dent ou dont lés dents n’ont pas toutes le même écartement doit être de suite réparé; une dent plus écartée que les autres produisant dans le tissu une solution dans le sens de la chaîne que l’on peut comparer à un fil couru.
- Lisières. — Il faut savoir combiner les lisières suivant la composition du tissu, c’est-à-dire que pour un tissu fait en chaîne numéro A, il faudra faire des lisières en chaîne numéro A double ou à trois brins. Il n’y a aucune règle fixe à cet égard, ce n’est que par une longue pratique qu’on arrive à établir exactement les combinaisons voulues. La règle théorique est que tout tissu doit avoir scs lisières faites en môme numéro que le fond mais par deux fils tordus ensemble et passés dans la meme maille et dans la même dent du peigne. Sauf pour des comptes légers et filés fins pour lesquels ont met 3 fils doubles en dent pour la lisière.
- Exemple : Pour un tissu en chaîne 28, il faudrait des lisières faites en fils de chaîne 28 double, tordus ensemble et passés ensemble.
- Cette règle n’est pas exactement suivie en pratique si ce n’est pour quelques sortes courantes ; pour les autres sortes on combine les lisières de la façon reconnue la meilleure. Dans les
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- tissus fins, chaîne n° 80, les lisières peuvent se faire en chaîne n° xoo, triple.
- Dans ceux en chaîne ioo les lisières en n° 120 triple.
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- et ainsi de suite.
- Dans les sortes chaînes l\o, 5o, Go, on emploie souvent des lisières de numéros 70 à 100 doubles et môme triples.
- Rentrage des lisières. — Le rentrage des lisières diffère aussi suivant les tissus fabriqués. Nous avons déjà vu, en parlant des tissus à côtes, que les lisières nécessitaient pour être tissées un corps différent de celui du fond. Dans les unis, la lisière se tisse en uni ordinaire, suivant l’armure ci-dessous (fig. 46), Lisières Fond avec la seule
- ^ différence que
- les fils de lisières sont doubles dans la même maille et que chaque dent du peigne en renferme quatre ou même souvent plus, au lieu de deux pour le Figure 40. fond.
- Dans les tissus façonnés ordinaires, la lisière se tisse dans l’armure du fond, tels sont les croisés, sergés, bazins, moleskines, etc. : elle est alors rentrée dans les dernières mailles des lames du fond, mais toujours faite en fils doubles ou triples suivant les cas.
- Pour les tissus façonnés, soignés et destinés à l’impression ou à la teinture, il faut des lisières en uni. O11 les fait soit dans l’armure unie ordinaire (fig. 40), soit en l’armure dite gros de Tours indiquée (fig. 47) et tissant par deux fils de lisières doubles pu triples dans le même pas ;
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- Lisières.
- Figure 47.
- Cette armure fait bien ressortir les lisières qui forment légèrement saillie sur le restant du tissu et tranchent d’une manière prononcée sur le fond. En satin ou sergé, les lisières faites comme le fond se roulent et forment des défauts en impression ou teinture. Il faut naturellement deux petites lames spéciales pour les lisières ainsi tissées, lames qui n’auront que le nombre de mailles correspondant au total des fils de lisières et qui travailleront à part et indépendamment du reste du tissu.
- Quand l’armure du tissu ne permet pas de rentrer les fils des lisières dans les lames du fond, on emploie avec avantage pour donner le mouvemen t aux mailles dans lesquelles ils sont rentrés, la disposition suivante représentée (fig. 48).
- Un petit support spécial A placé de chaque côté du métier reçoit dans le bas une tringle en fer a qui traverse le métier, et dans le haut la tigeô sur laquelle sont montés les galets des cuirs d’attache des mailles, line seule marche G actionnée par l’excentrique B, communique à la tringle a un mouvement alternatif de rotation par l’intermédiaire d’une petite roue dentée et d’une chaîne galle b\ un ressort à boudins d maintient la marche C contre l’excentrique. Le mouvement de la tringle est à son tour transmis aux mailles des lisières au moyen de deux galets et de deux chaînettes semblables placées à chacune de ses extrémités.
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- La rotation alternative de la tringle a produit ainsi la montée et la descente régulière des petites lames, f, g; les lisières tissent ainsi en uni.
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- Figure 48.
- Dans les satinettes, croisés, sergés, tissus dits crêpes ou ceux dits grains de poudre : il sera bon de rentrer les lisières comme l’indique la fig. 4<)-
- Les premier et deuxième fil travaillant ensemble, rentrés dans les mailles de lisières î et a et dans la première dent du peigne.
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- le troisième fil travaillant seul, rentré dans la troisième maille et seul dans la deuxième dent du peigne.
- Lisières Fond
- Figure 4g.
- Les quatrième et cinquième fils travaillant ensemble, rentrés dans les mailles de lisières 4 et 5 et dans la troisième dent du peigne.
- Le sixième fil travaillant seul, rentré dans la sixième maille et seul dans la quatrième dent du peigne.
- Et ainsi de suite.
- Cette question des lisières est très importante, car un tissu pourvu de belles lisières bien nettes, aura plus de valeur aux yeux de l’acheteur qu’un tissu de même nature peut-être mieux tissé dans le corps de la pièce, mais avec lisières frangées ou plus ou moins défectueuses sous un autre rapport.
- Du Templet. — Le choix du templet n’est pas à dédaigner et il faut savoir varier de système suivant l’article travaillé.
- Les templets à trois cylindres de cuivre avec denture fixe sont bons pour sortes soignées, madapolams, articles façonnés, etc.
- Les templets à un rouleau garni de petites roulettes dentées à inclinaison variable sont bons pour sortes courantes, fortes ou soignées, mais il existe des tissus dans lesquels il ne doit pas subsister de trous ; ils ont aussi l’inconvénient d’ètre difficiles à
- Dupont. — Tissage.
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- régler et do déchirer ou abîmer le tissu quand ieur réglage n’csl pas correct..
- Ces trous provenant de la denture dos roulottes ou dos cylindres no peuvent être évités complètement. Un dos meilleurs systèmes à employer dans ce cas est la roulette horizontale dentée, ne faisant qu’un seul trou dans la lisière, trace qui no sc voit plus après le lissage; ou le système do tcmplets à pinces qui ne fait pas de trous du tout.
- Les tcmplets composés d’un cylindre de fonte ou de fer, à cannelures, et qui est de la laize de la toile, ne laissent non plus de traces mais ces cylindres reviennent fort cher et ne sont pratiques (jue pour sortes mi-fortes et tissées à trame sèche.
- Pour des tissus à lisières spéciales, on emploie avec succès le templel à un cylindre muni d’une seule roulette mobile dentée et placée horizontalement sous la pièce, de chaque coté; les traces du templet. sont alors à peu près nullcs. On n’emploie pas de tcmplets pour les articles fins et surfins, laizes 3/4, et peu duitées ; en général jamais pour organdis ou articles qui se rétrécissent peu.
- Fuseaux pour navettes.
- Les fuseaux qu’on emploie pour fixer les canettes de trame dans les navettes, diffèrent suivant les sortes de (rames travaillées et selon qu’on les tisse à sec ou mouillées.
- Quand on tisse à trame mouillée, on se sert plus spécialement de fuseaux en laiton ou en métal recouvert, d’une mince couche de laiton ou d’un enduit inoxydable.
- Ces fuseaux, surtout ceux qui sont en laiton, se détériorent assez vite et se cassent facilement, occasionnant ainsi une forte dépense annuelle et souvent des accidents de fils cassés tout le long de la chaîne.
- De nombreux essais ont été faits pour remédier à ces inconvénients; un des genres de fuseaux qui semble avoir le mieux réussi et pouvoir être substitué avec avantage aux fuseaux en laiton ou en nlétal doublé, c’est celui en aluminium.
- La broche tout entière ainsi que son pivot sont en aluminium ;
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- le ressort qui maintient la canette est seul en cuivre. Ces fuseaux par leur longue durée procurent en résumé une économie sur les autres, bien que le prix d’achat, en soit un peu plus élevé.
- Pour la laine, la soie et le lin, on se sert souvent de fuseaux en bois ou en fer. Pour les canettes produites sur les métiers continus, à tubes traversants (ring-throstlcs), on garnit le fuseau en métal d’une petite forme en bois de la dimension du tube de la canette; celte disposition est très pratique.
- G arde-navettes.
- Les garde-navettes sont prescrits par la loi dans plusieurs pays; dans les tissages où les métiers sont très larges ou marchent, à plus de 200 coups de battant à la minute, le garde-navette s’impose, lors meme que la loi n’en ferait pas une obligation. Les garde-navettes les plus connus, se composent de tringles fixées aux battants de diverses manières et qui peuvent se déplacer facilement à la main quand l’ouvrier a besoin de rattacher un fil.
- A la remise en marche du métier ces tringles reprennent leur position primitive par l’effet de leur propre poids et protègent le parcours de la navette.
- On a adopté récemment dans plusieurs tissages d’Italie et d’Alsace un garde-navette assez pratique ; il est constitué par des anneaux excentrés qui se fixent sur le battant à 20 centimètres l’un de l’autre. Ces anneaux affectent à peu près la forme allongée d’une poire ; pendant la marche, le petit bout est abaissé vers le passage de la navette, le gros bout touche au battant.
- Quand l’ouvrier veut rattacher un fil, il relève le petit bout verticalement ; le gros bout, plus lourd, maintient alors l’anneau vertical jusqu’à la remise en marche.
- La navette ayant 3o centimètres environ de longueur et les anneaux étant distants de 20 centimètres, le saut de la navette est rendu presque impossible; jusqu’à présent cette disposition ingénieuse semble être une des plus pratiques et des plus efficaces, de toutes celles imaginées.
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- Machine à imbiber d’huile les taquets.
- Il est reconnu qu’un taquet bien imbibé d’huile a une durée de travail beaucoup plus longue qu’un taquet sec ou insuffisamment gras.
- Il existe des appareils spéciaux pour imbiber les taquets; le plus pratique de tous consiste en un récipient cylindrique d’environ 2 mètres de hauteur sur un mètre de diamètre, placé verticalement sur le sol. Il est en communication par le bas, au moyen d’un tuyau muni d’une soupape de retenue, avec une pompe pneumatique d’assez faible calibre.
- Après l’avoir rempli de déchets ou résidus d’huile, on y suspend accrochés à des tringles en fer, des chapelets composés de 5oo à iooo taquets, de manière que ces taquets plongent complètement dans l’huile et en sont bien recouverts.
- Le couvercle étant alors bien boulonné et le récipient hermétiquement fermé, on donne quelques coups de la pompe pneumatique, et la pression communiquée à l’huile la fait pénétrer dans les taquets. Chaque jour, on donne ainsi quelques nouveaux coups de pompe ; on remplace, lorsqu’il est nécessaire l’huile dont le niveau baisse assez rapidement à mesure que les taquets s’en imbibent.
- On obtient alors, au bout de trois semaines environ, des taquets pénétrés d’huile jusqu’au cœur, ce qui leur assurera une durée extrêmement longue au tissage, même dans le cas d’une vitesse de marche du métier portée au maximum.
- Amendes,
- Dans les maisons désireuses d’établir leur réputation de bonne fabrication, ontientà ceque les pièces livréesparlc tisseursoient autant que possible irréprochables sous tous les rapports. Un des moyens les plus efficacement employés pour atteindre ce but est l’adoption d’un tarif d’amendes ou de rabais applicables à chacun des différents défauts qu’on remarque dans la pièce. On donne par contre des primes aux ouvriers ayant livré des pro-
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- duits sans défauts et l’on arrive ainsi à les stimuler et à perfectionner leur production.
- Ces tarifs varient suivant les maisons, nous ne pouvons donc que donner un aperçu de l’échelle qu’on pourrait au besoin adopter pour l’application des amendes et des primes.
- Pour un nid, déchirure ou une grande feinte dépréciant complètement la pièce, on ferait un rabais à l’ouvrier de 3 à 4 francs, par pièce de 85 mètres pour articles soignés.
- Pour une ou plusieurs grandes feintes, fils courus, Iramcs éboulées, etc., de a à 3 fr.
- Pour de mauvaises lisières, trous du tcmplet, tissu pairé et tous les autres défauts que l’ouvrier doit signaler au contremaître et faire modifier, de i à a francs, suivant les cas.
- Le contre-maître supporte également une réduction de salaire, proportionnée au total des amendes infligées aux ouvriers de sa salle, soit de o,/|0 centimes à i franc, suivant les cas, par pièce punie.
- Le monteur de chaîne supporte de 0,20 cent, à o,5o cent, d’amende par pièce punie.
- De cette manière, contre-maître et monteurs de chaînes sont intéressés à la paye des ouvriers et tiennent à ce que les pièces produites dans leurs salles soient en belle et bonne qualité.
- En compensation de ce tarif d’amendes, il est bon d’établir un tarif de primes et hautes-primes fixées de manière à augmenter la paye de l’ouvrier et auxquelles participent également le contremaître et les monteurs de chaînes.
- Tout le personnel a donc intérêt à une production à la fois élevée et irréprochable.
- Quoique une amende infligée à un ouvrier pour une pièce manquée ne représente pour le fabricant qu’un bien faible dédommagement du préjudice que cette pièce lui cause, il en est qui préfèrent ne pas s’appliquer à eux-mêmes le produit de ces amendes et les versent, après chaque paye à la caisse des malades ou caisse de secours qui existe dans l’établissement.
- Le chef d’établissement évite ainsi loute mauvaise interprétation de la part de l’ouvrier ; l’effet produit est d’autant, meilleur qu’il est plus clairement prouvé à l’ouvrier qu’on 11e cherche pas à diminuer sa paye dans un but d’exploilation, mais
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- qu’on n’a en vue que l’intérêt et la réputation de la maison en exigeant des pièces exemptes de tous défauts.
- Distribution de la trame.
- Nous avons vu en détail quels sont les points à observer pour la préparation d’une chaîne et son montage, il nous reste encore à parler des moyens les plus couramment employés pour préparer la trame et pour la distribuer à l’ouvrier suivant l’ouvrage sur métier.
- Les articles forts, cretonnes, moleskines, calicots ordinaires, madapolams forts en chaînes nos et trame n°s G à 3o se
- tissent d’habitude à trame sèche ; c’est-à dire que chaque ouvrier reçoit le nombre de kilos jugé nécessaire pour tisser une pièce. La trame est pesée dans un local spécial appelé « distribution de trames » on y ouvre les caisses venant de la filature et après vérification chaque ouvrier reçoit pour les articles ci-dessus un nombre de canettes (pu poids de trame) déterminé à l’avance (voir le chapitre des emplois) et qui sont prises directement dans les caisses venant de la filature.
- Du mouillage. — Pour les articles fins ou madapolams soignés, on mouille la trame, soit dans des machines faisant le vide au moyen de la vapeur, soit dans les pompes pneumatiques où le vide se fait par l’aspiration de l’air.
- Pour que la duite entre plus facilement dans un article très fort, on mouille la Irame avec de l’eau de savon, la quantité de savon vert varie suivant les articles à faire. Pour les organdis, jaconas et mousselines, on mouille la trame avec de l’eau pure.
- La distribution de la trame se fait dans des boîtes en bois ou en treillis de fil de fer dont chaque ouvrier est muni, ce sont d’habitude des garçons appelés « porteurs de canettes » qui passant, à heures fixes dans les salles, prennent les boîtes vides des ouvriers et les leur rapportent remplies de la trame qu'il leur faut ; on évite ainsi les allées et venues inutiles et les perles de temps qui en sont la conséquence.
- Les canettes à mouiller sont embrochées sur un fuseau de fer qu’on fait sortir mécaniquement après le mouillage, sur la machine à exprimer l’eau de savon des canettes.
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- Outre les machines à mouiller, à exprimer l’eau de savon, machines à tricoter les harnais, à vernir, à brosser, etc., les tissages bien montés possèdent encore des machines à métrer les pièces, des tambours à sécher les pièces, machines à gratter, feutrer, machines à donner de l’apprêt aux cretonnes, moleskines, etc ; machines à retordre pour faire le fil de lisières ou de harnais, enfin, des machines à tresser les ficelles de bobinoirs.
- Nous ne donnons pas la description de ces diverses machines dont les types sont à peu près uniformes pour tous les tissages, quels que soient les articles travaillés.
- Métiers à plusieurs navettes.
- Dans les combinaisons auxquelles se prêtent les tissus, combinaisons si nombreuses qu’on peut être tenté de les qualifier d’infinies, on peut arriver à une grande variété d’effets par la disposition differente ou les changements de la chaîne, comme numéros, nature de textile et principalement nuances ; ces divers changements dans la chaîne n’entraînent aucune modification dans le métier à tisser ; la disposition à donnera l’ourdissage seul variera.
- Il n’en est pas de même quand on veut produire un tissu avec des trames differentes qui nécessitent l’emploi de plusieurs navettes ; ces différentes navettes ne peuvent trouver place dans la même boîte de chasse et entraînent une modification dans la disposition de celte partie du métier. Cette modification constitue les métiers à plusieurs navettes. C’est ainsi qu’on construit des métiers pouvant recevoir depuis deux jusqu’à douze navettes différentes. Ces genres de métier rentrent dans deux systèmes différents : les métiers à bottes montantes, et les métiers dits à botte revolver.
- Dans les premiers, les boîtes à navettes sont disposées l’une au dessus de l’autre et supportées par une tige qui se déplace verticalement suivant les exigences de la composition du tissu, de manière à présenter à l’action du taquet la navette voulue. Dans les métiers dits revolver les navettes sont au contraire disposées régulièrement dans des cavités ménagées au pourtour d’uq.
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- ---- I u‘2 —
- prisme qui peut tourner autour de son axe d’un angle plus ou moins grand, de manière à présenter également la navette voulue de niveau avec le battant. Le système revolver est celui qui permet d’appliquer au métier le plus grand nombre de navettes. Dans quelques-uns de ces métiers, les navettes ne peuvent travailler que dans l’ordre où elles sont placées, par exemple, i, 2, 3, i, 2, 3,4,*-. et ainsi de suite ; dans d’autres, au contraire, plus avantageux, les navettes travaillent dans un ordre quelconque en sautant une ou plusieurs couleurs. Lcchangcmcnt des navettes est généralement déterminé par des cartons percés de trous ou des planchettes munies de chevilles suivant les exigences du dessin, comme dans les mécaniques d’armures.
- Le nombre des combinaisons diverses imaginées par les constructeurs pour les mouvements des métiers à plusieurs navettes est si élevé, que l’examen et la description des plus importants d’entre eux exigeraient un ouvrage spécial ; nous ne nous prononcerons donc pas sur le plus ou le moins de mérite respectif de chacun d’eux ; le meilleur système sera en général le plus simple, le plus facile à démonter et à régler.
- Les métiers à boîtes montantes sont employés le plus souvent pour articles tissés duite à duile ; articles à côtes ou à trame colon, laine, soie ou d’autres textiles alternant à tour de rôle dans le tissu.
- Les métiers à boîte révolver s’emploient principalement pour les tissus couleurs, carreaux écossais, etc.
- Les métiers à battant brocheur employés pour tissus riches et façonnés sont de construction spéciale. Outre la boîte à navette ordinaire appliquée aux métiers simples, le battant est disposé de manière à recevoir un nombre de petites navettes variant suivant le dessin à brocher sur le fond.
- Ces métiers sont d’un emploi général pour la fabrication des articles dits brochés, des jacquards, des bazins avec fleurs brochées sur le fond, etc, etc.
- Divers progrès ont été signalés récemment dans la construction des métiers à tisser; sans être encore adoptés dans la pratique en remplacement des systèmes connus quelques-uns de ces
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- métiers offrent cependant un intérêt de nouveauté assez grand pour que nous croyons ne pas devoir les passer sous silence.
- Cette question de perfectionnement, du métier à tisser, d’innovation dans les procédés suivis jusqu’à présent, de transformation plus ou moins complète des moyens mécaniques adoptés, va continuer certainement à provoquer les études et les recherches d’ingénieux novateurs et d’industriels compétents, et il est hors de doute que sous peu nous aurons à constater de sérieux progrès issus de cet ensemble de travaux. Nous citerons sommairement aujourd’hui :
- Le métier mécanique pouvant tisser deux pièces à la fois. — Dans ce système, de création américaine, le tissage se fait simultanément sur deux chaînes superposées, un ouvrier ayant deux métiers pourra donc produire quatre pièces à peu près dans le même temps, qu’il en produirait deux dans les métiers actuels.
- Le métier supprimant la navette. — Un chariot muni d’un mouvement de va-et-vient est enchâssé dans le battant à l’endroit où pase d’habitude la navette.
- La canette de trame est disposée sur ce chariot de manière à être lancée au travers de la foule par l’impulsion qu’à le chariot dans la boîte de navette.
- Pendant que la canette glisse au travers de la foule le chariot suit le même mouvement en dessous de celle-ci à l’extrémité de sa course. La canette retombe sur le chariot dans la boîte à navettes opposée et reprend le même mouvement pour la deuxième foule, etc.
- Le métier tissant deux pièces à la fois. — Ce métier produit au milieu de la pièce à l’aide d’un appareil spécial, de fausses lisières aussi belles que des lisières courantes. La pièce terminée, on coupe entre les deux lisières du milieu pour séparer les deux pièces. Ces métiers sont d’habitude plus larges que des 3/4 ordinaires.
- Le métier circulaire tissant deux pièces ensemble en forme de sac. Dans ce genre de métier une fausse lisière se fait à chaque moitié du sac par un appareil spécial. Le sac terminé sur la longueur voulue, on coupe les lisières et les deux pièces se trouvent séparées l’une de l’autre.
- y.
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- Le métier dont les navettes se remplacent au fur et à mesure que les canettes se terminent. Ce remplacement est effectué par un mécanisme du même genre que ceux des métiers revolver.
- Le métier américain dont la canette de trame seule se remplace par un mouvement spécial ayant également de l’analogie avec les métiers revolver.
- Enfin le métier ordinaire ma par Vélectricité avec porte-fil mobile électrique et frein électrique.
- Il existe déjà des tissages entiers dont les métiers sont actionnés par l’électricité ; à chaque métier est adjoint une petite dynamo. Par là se trouvent aussi supprimés les transmissions poulies, courroies et le graissage des transmissions et poulies de métiers. L’arrêt et la marche de chaque métier sont indépendants des autres ; la vitesse aussi peut être variée à volonté suivant les articles traités.
- Le prix de revient de ces petits moteurs est encore élevé, mais il est permis de s’attendre à ce que ces applications d’électricité se développent et se généralisent de plus en plus au fur et à mesure que les frais d’installation pourront être réduits. Ces applications deviendraient alors accessibles à tous les établissements manufacturiers et entreraient dans le domaine de la pratique.
- Mécaniques d’armures ou ratières.
- Nous n’entrerons pas davantage dans la description des mécaniques d’armures appelées vulgairement ratières, dont la variété est peut-être encore plus grande que celle des métiers à plusieurs navettes.
- Comme nous l’avons déjà dit, ces appareils ont pour but de produire le mouvement des lames et ils sont indispensables pour le tissage des articles autres que les armures fondamentales qui nécessitent l’emploi d’un nombre élevé de lames, ou dont les lames ne peuvent lever dans un ordre régulier ; dans ce cas, les excentriques ne pourraient être employés.
- La plupart de ces appareils sont à simple effet ou à simple foule et n’agissent sur les lames que pour les faire monter ;
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- d’autres sont à double foule et font de plus baisser les lames qui doivent rester en fond. Les ratières sont généralement placées au-dessus du métier et fixées au cintre ou à la traverse du haut de celui-ci disposée à cet effet ; d’autres peuvent se placer au plafond de la salle et ont ainsi une stabilité plus grande ; mais l’accès en devient plus difficile et les réparations et le réglage plus longs. Elles enlèvent aussi beaucoup de clarté dans les salles, ce qui est un grave inconvénient.
- D’autres enfin se placent sur le côté du métier, soit au-dessus, soit encore sur le sol : ce ne sont pas les moins avantageuses, car entre autres avantages, elles présentent ceux de ne pas laisser tomber d’huile sur le tissu en fabrication, de pouvoir être fixées plus solidement et d’être d’un accès plus facile.
- Le mouvement des ratières leur est, en général, communiqué par l’arbre à vilebrequin ; le mouvement des lames est produit par des crochets qui soulèvent celles-ci ou qui les laissent en fond, suivant qu’ils sont pris ou laissés par un couteau ad hoc animé d’un mouvement alternatif, c’est-à-dire suivant que le carton chargé de repousser les crochets sera ou non percé d’un trou : suivant les systèmes un trou correspond soit à un pris, soit à un laissé.
- Un carton correspond à chaque duite et le couteau effectue autant de mouvements que le battant. Mais ce mouvement du couteau et des différentes autres parties de la ratière, cylindre à cartons, etc., est souvent un empêchement à ce que l’on puisse faire marcher le métier à la même vitesse qu’un autre métier similaire à excentriques, car les vibrations multipliées et les saccades dues à une trop grande vitesse, peuvent causer une détérioration rapide et des dérangements fréquents de l’appareil. C’est ce motif qui a engagé plusieurs constructeurs à commander les mouvements de la ratière par l’arbre du bas ou arbre à excentriques qui, comme on le sait, a une vitesse moitié de celle de l’arbre à vilebrequin. Cette modification de vitesse nécessite par conséquent deux couteaux agissant alternativement pour soulever les crochets auxquels sont fixées les lames. Le cylindre porte-cartons seul, reste commandé par l’arbre à vilebrequin pour présenter un nouveau carton à chaque duite.
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- Les ratières construites d’après ce principe, présentent ainsi des avantages marqués sur les autres systèmes et ont un fonctionnement très doux et très régulier; elles comportent jusqu’à 3o crochets.
- En général, l’appareil qui devra fixer le choix du fabricant ou du directeur sera, comme pour les métiers à plusieurs navettes, celui qui, à prix égal, joindra à une grande simplicité, la plus grande facilité de montage, de réglage et d’entretien ; la question de prix a ici également une grande importance, car le coût de ces appareils varie dans de très grandes proportions : de io à 3oo fr.
- Entre différents appareils de ce genre expérimentés et adoptés depuis quelques années dans certains lissages, et marquant un progrès sensible sur les anciennes ratières, nous citerons :
- La mécanique Fougère, ainsi dénommée parce qu’elle est destinée uniquement au tissage des articles Pelcins, Fougères, Câblés, etc., et tous ceux d’armure à peu près identique.
- Cet appareil est constitué spécialement par un jeu d’excentriques placé sous le métier, et par un système particulier d’attache des lames ; il se rapproche des appareils similaires usités pour les satins, et rend d’excellents services.
- Depuis peu, on est môme arrivé à produire sans la mécanique Jacquard le tissage des pois, petites fleurs, bandes, carreaux, etc ; l’organe principal de Indisposition nouvelle qui permet cette substitution avantageuse, est un cylindre placé sous le métier, et garni d’un nombre de chevilles en rapport avec le dessin à produire. Nous ne pouvons donner une meilleure idée de cet appareil qu’en le comparant à certains instruments de musique à manivelle, en vogue depuis plusieurs années; au lieu d’actionner une note, chaque cheville actionne une lisse. Les harnais employés avec, cette mécanique sont spéciaux et composés de lisses indépendantes l’une de l’autre.
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- Humidification. — Ventilation.
- La ventilation des ateliers des établissements industriels est rendue obligatoire dans plusieurs pays. — Dans les tissages, on installe généralement des ventilateurs assez puissants du côté du Nord. Ces ventilateurs placés dans les murs aspirent l’air extérieur et le refoulent à l’intérieur des salles. D’autres ventilateurs placés au Sud, sont alimentés au contraire par l’air intérieur des salles qu’ils projettent au dehors.
- Il s’établit ainsi un courant d’air continu dans les couches supérieures de l’atelier, produisant l’expulsion de l’air vicié par la présence du personnel, et l’introduction d’une même quantité d’air frais nouveau. On remédie à l’inconvénient d’avoir souvent un air trop sec, surtout en été, ou dans les journées où domine le vent du Nord, par l’adoption dans chaque salle, d’appareils humidificateurs.
- On en construit de systèmes assez variés. On peut recommander pour leur simplicité, soit un ventilateur central unique distribuant dans les salles de l’air frais humidifié par son passage sur des claies continuellement recouvertes d’eau fraîche, soit des appareils d’humidification spéciaux, placés au plafond et produisant la pulvérisation de l’eau, froide en été, tiède en hiver.
- On a constaté dans tous les établissements où l’humidification a été appliquée d’une façon rationnelle, que la production par métier a augmenté dans des proportions atteignant jusqu’à i4 o/o; de plus, la santé des ouvriers se trouve améliorée d’une façon sensible.
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- TROISIÈME PARTIE
- 1)11 TITRAGE DES FILS
- Le titre ou numéro d’un fil est le rapport qui existe entre sa longueur et un poids fixe ; il indique donc le degré de finesse du fil. Pour indiquer cette finesse on peut rapporter soit un poids variable à une longueur fixe, soit une longueur variable à un poids fixe pris pour unité.
- Pour le coton, c’est la deuxième hypothèse qui forme la base du numérotage. L’unité de poids fixe est de 5oo grammes, et le numéro du fil indique le nombre de fois mille mètres qu’il faut pour peser 5oo grammes.
- Ainsi un fil No 27 indique que 27000 mèlres pèsent Boogram.
- — No 5o — 5oooo — —
- Une longueur de 100 mètres se nomme écheveau-, l’écheveau de 1000 mètres formé au dévidoir à échantillonner se compose ordinairement de 10 échevettes de 100 mètres.
- De la définition qui précède, on tire les relations qui lient entre elles le numéro et le poids d’un écheveau de fil.
- Soit N le numéro, Pe le poids d’un écheveau de 1000 mètres.
- On a N 1000 = 5oo grammes, d’où :
- 5oo 5oo
- Pe — — et N = —
- Ainsi le poids d’un écheveau No 27 est :
- 5oo
- P = —= 18 gr. 5iq 27
- Le numéro du fil dont un écheveau pèse i3 gr. 158 est
- n=J«l = 38.
- 13,158
- En généralisant, on pourra trouver le poids d’une certaine longueur de fil L dont on connaît le numéro, par une simple règle de trois :
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- — i5q —
- 5oo ( 5oo L L
- Si iooo mètres posent — , L métrés pèsent -------- == — , ou
- 1 N 1 îooo N aN
- On tire de là :
- L = aPN et N = — .
- 2P
- Faisons observer que dans ces formules le poids P est donné en grammes et la longueur L en mètres.
- Telles sont les relations qui lient entre elles une longueur et un poids quelconque de fil et le numéro de ce fil.
- Applications numériques.
- io Quel est le poids de 72000 mètres de fil de n° ->.L\ ‘?
- 72500
- P = ------- = 1010 «t. dp.
- 2 X A n J
- 20 Quelle est la longueur de 2/jG3 grammes de fil de n° 18?
- L = 2 X 2/i03 X 18 = 88GG8 mètres.
- 3° Quel est le numéro d’un lil dont 83G5o mètres pèsent 100 gr. G 5
- 83G5o
- N
- 2 X 1ioo,Oë
- = 38
- A l’aide des formules qui précèdent, proposons-nous de déterminer le numéro résultant de la réunion de deux fils de numéros différents, et de longueurs égales.
- Ce numéro N, qu’011 serait tenté de croire égal à la moyenne arithmétique entre les deux numéros composants n et «’ s’ob-L
- tiendra par la formule N — — , P le poids total étant composé de la somme des poids des deux lils p cl p Or, le poids p du fil n sera —
- 2H
- l
- Celui p' du fil n' sera —
- 2ti
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- — i6o —
- Le poids total
- ,n
- +
- n
- D’où en remplaçant :
- l
- nn
- n -(- n'
- N =
- On trouverait de môme que le numéro définitif résultant de la réunion de quatre fils de numéros ni, n, r, q, sera
- mnrq
- N =
- nrq -j- mrq -j- mnq -}- mnr
- Il en serait de même pour un nombre plus grand de fils.
- Cette formule n’est absolument juste que si les fils réunis ne sont pas tordus : la torsion produisant un raccourcissement du fil en modifie le n° d’une manière d’autant plus sensible qu’elle est plus forte, et que toutes choses égales, le fil est plus gros.
- Pour être appliquée avec une précision dans le cas de retors, la formule devrait être corrigée par un coefficient établi par des expériences. On voit, du reste, a priori que la torsion a pour effet d’abaisser un peu le n° du fil.
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- TABLEA U des poids en grammes de 1000 mètres de Jils de divers N°s.
- N01 POIDS eu grammes. K°‘ POIDS grammes. N” POIDS en grammes N” POIDS en grammes.
- ! 500. 26 19.231 51 9 804 70 6.579
- 2 250. 27 18.519 52 9.615 77 6.494
- 3 166.067 2S 17.857 53 9.446 78 6.410
- 4 125. 29 17.241 54 9.259 79 6.329
- 5 100. 30 16.607 55 9.091 80 0.250
- 6 83.333 31 10.129 50 8.92S 81 6.173
- 7 71.429 32 15.025 57 8.772 82 6.098
- 8 02.500 33 15.152 58 8.021 83 6.024
- 9 55 556 34 14.706 59 8.475 84 5.952
- 10 50.000 35 14.2^6 60 8.333 85 5.822
- 11 45.455 30 13.889 01 8.197 80 • 5.814
- 12 41.G67 37 13.514 02 8.065 87 5.747
- 13 38.462 38 13.158 03 7.936 88 5.682
- 14 35.714 39 12 821 04 7.S12 89 5.61S
- 15 33.333 40 12.500 05 7.092 90 5.556
- 10 31.250 41 12.195 66 7.570 91 5.495
- 17 29.412 42 11.905 67 7.463 92 5.435
- 18 27.778 43 11.628 68 7.353 93 5.370
- 19 20.310 44 11.304 69 7.246 94 5.319
- 20 25.000 45 11.111 70 7.143 95 5.203
- 21 23.809 40 10.809 71 7.042 90 5 208
- 22 22.727 47 10.638 72 6.944 97
- 23 21.739 48 10.417 73 0.819 98 Ô! 102
- 24 20.833 49 10.204 74 6,757 99 5.051
- 25 20.000 50 10.000 75 0.067 100 5.000
- Numérotage anglais. — La base du numérotage anglais est la livre anglaise de l\và grammes. Le numéro indique le nombre de hanks (ou échcveaux) de 8^0 yards ou 7G8m,07Q2 contenus dans la livre.
- (i hank est formé par 7 lays composés chacun de 80 tours du dévidoir anglais dont le périmètre est 111137157 (1 yard 1/2) donc 80 X 7 X 1,371 r»7 = 7G8100792). 7681110792 pesant 453 grammes, la
- . , 768,08 V 'r,0°
- longueur qui pese 5oo grammes sera :----------- ou environ
- 453
- 84y mètres.
- Les numéros anglais sont aux numéros français dans le rapport de 1 à 0,8/17, ou encore comme 20 eçt à 17,
- Na a
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- d’où
- — IÔ2
- Nf = Na X o,847
- Na = -
- Nf
- 0,847
- ainsi, étant donné un numéro anglais, pour trouver le numéro français correspondant, on multipliera le numéro par 0,847 et pour trouver le numéro anglais correspondant à un numéro français, on divisera ce dernier par la même quantité 0,847.
- Le tableau suivant donne les numéros français et anglais correspondants. A égalité de numéros les fils de numéros anglais sont plus gros que ceux de numéros français.
- TABLEAU comparatif des Numéros anglais et français.
- N°s Anglais Français N°« Anglais Français Anglais Français Nos Anglais Français
- 0.25 0.212 29 24.554 60 51.10 91 77.—
- 0.50 0.423 : 30 25.504 61 51.90 92 77.92
- 0.75 0.635 31 26.240 62 52.70 93 78.76
- 1 0 846 32 27.200 63 53.50 94 79.60
- 2 1.693 33 28.000 64 54.40 95 80.55
- 3 2.540 34 28.900 65 55.20 96 81.40
- 4 3.368 35 29.30 66 56.10 97 82.24
- 5 4.233 36 30.60 67 56.9 98 83.09
- 6 5.080 37 30.64 68 57.8 99 83.94
- 7 5.930 38 31.30 69 58.6 100 84.78
- 8 6.775 39 31.90 70 59.3 110 93.25
- 9 7.620 40 33.90 71 60.1 120 101.75
- 10 8.470 41 34.80 72 61.2 130 111.17
- 11 9.313 42 35.70 73 62— 140 119.64
- 12 10.160 43 36.50 74 62.9 150 128.11
- 13 10.990 44 37.40 75 63.3 160 136.58
- 14 11.854 45 38.20 76 64.6 170 145.05
- 15 12.700 46 39.10 77 65.4 180 153.52
- 16 13.547 47 39.90 78 66.2 190 161.99
- 17 14.394 48 40.80 79 67.1 200 169.50
- 18 15.240 49 41.60 80 67.7 210 177.97
- 19 16.087 50 42.30 81 68.5 220 186.44
- 20 16.934 51 43.30 82 69.4 230 194.94
- 21 17.781 52 44.20 83 70.2 240 203.48
- 22 18.027 53 45.90 84 71.1 250 211.85
- 23 19.474 54 46.10 85 71.9 260 220.32
- 24 20.361 55 46.70 86 72.8 270 228.79
- 25 21.168 56 47.60 87 73.6 280 237.26
- 26 22.014 57 48.40 88 74.5 290 246.73
- 27 22.861 58 49.30 89 75.3 300 254.25
- 28 23.708 59 50.20 90 76.2
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- Echantillonnage. — Pour échantillonner les fils on se sert de la romaine ; pour vérifier la romaine, on suspend au crochet des poids correspondants au poids de l’écheveau de différents numéros; l’aiguille devra indiquer exactement les numéros respectifs.
- Un autre mode de vérification basé sur la construction théorique de la romaine, et sans l’exactitude de laquelle elle ne peut fournir des données exactes, c’est que le bras vertical portant l’aiguille et le bras horizontal auquel est fixé le crochet doivent former un angle rigoureusement droit.
- Pour échantillonner les fils, on prend 5 bobines et on fait i/|0 tours du dévidoir; le périmètre de celui-ci étant i'"/|28, on obtient ainsi :
- 5 X Mo X u428 = 99<)inbo soit i,ooo mètres à cause des superpositions.
- On peut n’avoir pour échantillonner qu’une longueur de fil inférieure à 1000 mètres ; dans ce cas, le numéro métrique exact s’obtient très facilement par la formule suivante :
- .T' LX»
- L étant la longueur échantillonnée et n le numéro trouvé correspondant.
- (Si L mètres marquent un numéro », un mètre marquera un numéro n fois plus élevé ou L X n C1 1000 niètres marqueront un
- X
- numéro iooo fois moindre ou-
- 10»
- Exemple : 700 mètres de fil indiquent, à la romaine le im /jo, quel est le numéro métrique?
- n=7ooX^=28
- Laine. — Il existe plusieurs systèmes de numérotage pour la laine.
- En France 011 emploie généralement un dévidoir de im44 de circonférence; avec 5oo tours, on a une longueur de 720 mètres qui est celle de l’écheveau ou échée. Le poids de l’échée comparé à 5oo grammes donnera le numéro, de sorte que :
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- — r 64 —
- le no i donne 720 mètres pour 5oo grammes et i44o mètres au k.
- » 12 » 864o » 17280 »
- » 4o » 28800 » 57600 »
- Le numéro indique donc dans ce cas, le nombre d’échées de 720 mètres contenus dans 5oo grammes.
- Dans le rayon industriel de l’Alsace, le système employé ne diffère du précédent qu’en ce que la longueur de l’écheveau ou échée est 700 mètres, au lieu de 720 mètres ; le périmètre du dévidoir est de im4o, dont 5oo tours donnent 700 mètres.
- Dans le système anglais, qui est assez répandu, le poids qui sert de base est la livre de 463 grammes ; le périmètre du dévidoir est de 1, 1 1/2 ou 2 yards soit 0111914 à 1111820 auquel on fait faire 280 ou 56o tours, on obtient aussi l’écheveau ou hank de 56o yards ou 5i2 mètres. Le numéro indiquera, dans ce système, le nombre de fois 56o yards ou 5i2 mètres contenus dans un poids de 463 grammes.
- Depuis quelque temps, l’usage se répand de plus en plus en Alsace, du numérotage basé sur l’écheveau de 1.000 mètres.
- Lin. — L’écheveau de lin filé, dévidage anglais, est de 30oo yards, le paquet est de 100 écheveaux ou 36oooo yards, quel (jue soit le numéro du fil. Le paquet contient par conséquent 329000 mètres.
- Le no 1 anglais est celui dont le paquet de 329000 mètres pèse 54o kil., de sorte que le no G anglais, paquet de 329000 mètres, pèse 90 kilogrammes ; le n° 16 pèse 34 kilogr., le 110 70 pèse 8 kilogr. le n» 90 pèse 6 kilogr., le no 100 pèse 5 kil. 1/2. etc., etc.
- Etoupe, Chanvre, Jute. — On emploie également le numérotage anglais. L’unité de longueur est l’échevctte de 3oo yards ou 274 mètres pour un poids de 463 grammes ou livre anglaise.
- Le no 1 donne 1 échevettc pour 463 grammes.
- 2 — 2 — —
- 4 - 4 - -
- Soie. — L’unité de longueur est de 4oo aunes ou 480 mètres, et le poids, le grain ou denier de la livre de Montpellier ou de Lyon qui est de 414 grammes. Ainsi, le litre du fil est le nombre
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- de grains que pèse ce fil pour une longueur de 400 aunes ou' 48o mètres.
- Les numéros les plus usités varient de 5o grains = 2 gr. 055 à 10 grains = 0 gr. 53i pour une longueur constante de 4oo aunes.
- Schappe ou bourre de soie. — La base est de 1000 mètres pour 1 kilogr. pour le n° 1 ; 2000 mètres pour le no 2. II résulte que la bourre de soie est au coton dans le rapport de 1 à 2, de sorte que la schappe n° 10 équivaut à du 20 coton.
- COMPTABILITÉ D’UN TISSAGE
- DÉTERMINATION DES PRIX DE REVIENT
- Il est indispensable d’avoir, dans un tissage, une comptabilité qui donne d’une manière claire et précise tous les renseignements relatifs aux frais de main-d’œuvre, aux frais généraux, aux emplois de filés, pour chacune des differentes opérations qu’ils subissent jusqu’à leur conversion définitive en tissus, à la production par jour et par métier, etc. C’est au moyen de ces renseignements que l’on détermine le coût d’un métier par jour et que l’on arrive à établir le prix de revient des différents articles fabriqués. Une comptabilité doit être simple et exempte d’écritures inutiles ; nous n’en donnerons pas de modèle, car ce serait sortir du cadre de notre ouvrage ; au point de vue où nous nous sommes placé, nous pensons d’ailleurs que le lecteur a sous les yeux les différents livres, formulaires ou rencontres qui servent à établir la comptabilité d’un tissage ; ces modèles sont exposés dans d’autres ouvrages qui pourront être consultés au besoin.
- Nous supposons donc qu’on trouvera facilement dans les livres de la fabrique les renseignements qui nous sont nécessaires pour l’étude spéciale que nous allons faire de l’établissement des prix de revient.
- Pour que la marche d’un établissement donne des résultats satisfaisants, elle doit rapporter d’abord de quoi couvrir les achats de matières premières et les frais divers de fabrication ;
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- elle doit de plus, produire encore, par an, les intérêts à 5 o/o des capitaux engagés dans l’entreprise, puis une somme pour l’amortissement et la dépréciation du matériel que l’on peut estimer à io o/o, et enfin, encore un bénéfice que nous fixerons par exemple à io o/o, soit au total 25 o/o du capital engagé, condition qui ne pourra être remplie que si les produits de l’établissement trouvent un débouché rapide, c’est-à-dire si la marchandise fabriquée est de bonne qualité; il importe donc que le tissage soit alimenté par de bons filés, en qualité et en régularité de numéros, car c’est seulement avec une bonne matière première que les ouvriers peuvent arriver à uixe forte production ; il est clair, qu’il faut de plus chercher à réduire autant que possible le coût du métier par jour, c’est-à-dire éliminer d’un établissement tous les ouvriers inutiles. Comme production, il faut pousser successivement les vitesses aussi loin que le permet l’état des machines et celui des filés que l’on emploie.
- Le prix de revient d’un tissu se compose en général, comme celui de tous les produits industriels, du prix de la matière première et de la façon. Nous entendons par façon, les frais de main-d’œuvre, de toute nature, et les frais généraux, c’est-à-dire tous ceux autres que la main-d’œuvre, tels que intérêts du capital engagé et amortissement, dont nous avons parlé ci-dessus, assurances, contributions, entretien, chauffage, éclairage, etc. Ce n’est guère qu’après plusieurs années de marche, qu’il est possible d’établir, d’une manière exacte, le montant des frais généraux d’un tissage, car il se présente au début un grand nombre de frais imprévus de toute sorte qui ne se renouvellent plus par la suite.
- Comme chaque année, les livres indiquent exactement le montant des sommes dépensées tant pour façons de tissage que pour la marche de l’établissement, on n’aura qu’à ajouter à ces sommes les intérêts du capital des meubles et immeubles, et celui du fond de roulement pour obtenir le montant annuel des frais généraux et par conséquent le coût d’un métier à tisser' par année et par jour. Si N métiers ont coûté F pendant D jours, un seul métier en un seul jour aura coûté F : ND, ou la somme déboursée divisée par le produit du nombre de métiers par le nombre de jours.
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- PAR ANNÉE
- Pour un tissage qui fait le même article sur tous ses métiers, ou au moins des articles de même production, on peut établir par la dépense totale de l’année divisée par le nombre de mé-tiers, le coût du métier; et en divisant ce coût par le nombre de mètres produits dans l’année, arriver exactement à la façon par mètre.
- Dans le cas où un tissage produit des articles de production differente, il faut procéder autrement.
- On divise alors les frais en :
- i° Frais généraux de tissage qui comprennent les :
- a. Frais de consommation.
- Combustible (pour tissage seulement) ; comprend force motrice et chauffage.
- Éclairage (id.)
- Entretien de bâtiments (id.)
- Entretien de machines (id-)
- Fournitures, graissage, cuirs, cordes, ficelles, pièces déta-j chées, ensouples, savon vert, etc.
- ] Harnais et peignes, brosses, déchets de nettoyage, etc.
- b. Frais généraux de main-d'œuvre de tissage.
- Contre-maîtres et monteurs de chaînes. — Journaliers dans les salles.
- Personnel au mouillage, manœuvres, portier, directeur, part du tissage aux chauffeurs, mécaniciens, gardes de
- Inuit, service d’incendie.
- Le tout par métier et par année.
- o
- O
- Frais de main-d’œuvre à l’ouvrier tisserand par ioo mètres produits (les primes et bonifications rte sont jan^ais comprises).
- Main-d’œuvre de rentrage.
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- 2°' JP'our la préparation, bobinage, ourdissage et parage.
- I a. Frais de consommation.
- j Combustible (pour préparation seulcmenl), force motrice
- Iet chauffage.
- Eclairage (id.)
- Entretien de batiments (id.)
- Entretien de machines (id.)
- Fournitures, drogues, brosses, graissage, cuirs, pièces ^ ‘ détachées, drap et flanelle, — déchets de nettoyage,
- panne.
- Planchettes et peignes, entretien des bobines et rouleaux. b. Frais généraux de main-d'œuvre de préparation.
- Contre maître, journaliers, part aux frais de chauffeurs et mécanicien, portier, gardes de nuit, service d’incendie, etc.
- Main-d’œuvre de bobinage, d’ourdissage, de parage ou d’encollage par ioo mètres.
- Pour le tissage, les frais établis par année, divisés par le nombre de métiers, donnent les frais par métier, qu’on divise par le nombre de mètres produits de chaque genre d’article pour avoir la façon ; on ajoute les frais établis aux ioo mètres pour avoir la façon de tissage*
- Pour le parage, on établira le total des frais généraux, qu’on divisera par le nombre de pièces produites, et on y ajoutera pour chaque sorte les frais établis aux ioo mètres.
- Il convient, en effet, de séparer la préparation du tissage pour arriver à une façon sensiblement exacte, car les frais de préparation peuvent être les memes par xoo mètres, et la production au tissage varier à cause du duitage, du simple au double ; l’erreur qu’on ferait serait trop grande pour qu’on ne soit obligé d’entrer dans plus de détails dans le prix de revient qu’il n’en a été question dans le cas où la production est à peu près uniforme.
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- Lorsqu’on fait des façonnés ou des jacquards, aux frais indiqués ci-dessus, viennent s’ajouter ceux de la ratière ou de la mécanique.
- Lorsque dans un tissage il y a plusieurs genres de laizes, on admettra pour des métiers larges, 4/4 ou plus, un coefficient pour ces métiers, en considérant par exemple qu’un métier 4/4 représente les frais généraux de i i/4 métier 3/4 ; ce sont des données qu’on établira sûrement au bout de quelque temps de marche.
- Un livre spécial établi en colonnes, dans lesquelles sont consignées sous les différents titres donnés ci-dessus, et pour chaque quinzaine, les sommes diverses, permettra d’établir les frais à chaque instant.
- Pour se rendre approximativement compte de la façon, on établit souventsimplement les frais par métier et par an, en comprenant, tous les frais, préparation comprise, et on les divise par la production ; mais lorsqu’on réfléchit que les façons se discutent à 1/2 centime au mètre, il convient d’établir un prix de revient plus exact.
- Sous les différents titres indiqués, nous n’avons pas prévu tous les articles et toutes les dépenses d’un tissage, car cela est variable d’un établissement à un autre. — Les intérêts et amortissements viennent s’ajouter à ces prix de façon, et sous ce titre sont compris les intérêts et amortissements comptés sur la dépense d’établissement, immeubles et machines ; ils sont établis par métier et chaque sorte de tissu en supporte une part proportionnelle à la production du métier à tisser.
- Il y a en plus les intérêts sur marchandises qui sont proportionnels à la valeur du tissu fabriqué. On a égard à la durée du temps que les filés mettent à se transformer en tissu et que le tissu met à être facturé.
- On vend ordinairement avec un escompte qui est déduit du prix de vente.
- Pour se rendre un compte exact du prix de revient, il convient dans un tissage, d’établir par expérience : l’emploi de colle pour les articles différents à produire, car il ne sera pas le même pour tous. Souvent on demande pour un article fort un parement qui donne du corps au tissu, et une cretonne pesant en Dupont. — Tissage. 10
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- chaîne 12 kilos les 100 mètres, demandera 3 kilos de colle sèche qui reviendra à 1res. 1.80 ou 2 aux 100 mètres, tandis que le même compte en jaconas pesant 2 kilos aux 100 mètres ne demandera que 5oo grammes de colle, soit environ pour 1res. o,3o, ce qui représente une différence de fres. i,5o à 1,70 par 100 mètres.
- Il est nécessaire de se rendre compte aussi du raccourt en chaîne et en trame et de ne pas admettre un chiffre uniforme ; ainsi la même cretonne pourra employer I) 0/0 (cinq pour cent) en plus de filés que celui calculé, c’est-à-dire environ pour fres. 3, de filés en plus, sans compter le déchet.
- Un jaconas emploiera la quantité théorique, plus le déchet. 11 convient donc lorsqu’on manque de données précises, de se rendre compte de ces différences par expérience. Une comptabilité spéciale doit être établie au parage pour se rendre compte du déchet de chaîne et la même comptabilité doit être établie à la distribution de la trame et cela de manière à ce qu’on connaisse l’emploi pour chaque pièce tissée. Le poids des tubes est à compter comme déchet.
- Maintenant que nous avons indiqué la manière de déterminer l’un des éléments qui entrent dans la composition du prix de revient, la façon, il nous reste à calculer la quantité de filés que contient un échantillon ou une pièce de tissu donnée.
- L’habitude est encore presque générale d’établir les comptes au i/4 de pouce; étant donnés les comptes de fil en chaîne et en trame au i/4 de pouce, il sera facile d’en déduire le nombre de fils au mètre, et par suite au centimètre, sachant qu’il y a i48 quarts de pouces au mètre.
- Ce nombre de fils au centimètre étant trouvé, on le multiplie par la largeur du tissu (exprimée en centimètres), puis par la longueur de la pièce (exprimée en mètres). Le résultat donne la longueur de tous les fils de chaîne supposés bout à bout ; il sera facile d’en trouver le poids en divisant le total par le double du numéro du fil, suivant la formule exposée ci-dessus : on ajoutera à ce poids 2 à 3 0/0 pour déchets, et, suivant le cas, autant pour raccourt au tissage.
- Lorsqu’on connaît le nombre de portées, la question se simplifie, puisqu’il suffit de multiplier le nombre de portées par 4o
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- pour avoir immédiatement le nombre de fils contenus dans la chaîne.
- Pour la trame, on multipliera le nombre de duites au centimètre par la largeur, non du tissu, mais de l’empeignage, et ce produit par la longueur de la pièce. On en trouvera le poids de même que pour la chaîne, et on y ajoutera environ 3 à 5 o/o de déchets. Les deux poids de chaîne et de trame réunis, compris le déchet, donneront le poids du coton nécessaire dans une pièce.
- Le retrait ou raccourt au tissage a lieu par les sinuosités et les enlacements que forment tous les fils d’une chaîne autour de chaque duite de trame ; il sera évidemment d’autant plus prononcé que les duites seront plus rapprochées et le fil plus gros ; c’est ainsi qu’il peut arriver pour les comptes serrés et en grosse trame jusqu’à 8 o/o et au delà.
- La trame, au moment où elle se dévide hors de la navette, éprouve une tension due au mouvement rapide de celle-ci ; elle est prise dans cet état, par les fils de la chaîne, sur toute la longueur du peigne, qui la maintient ainsi tant qu’elle est en contact avec lui.
- Lorsqu’elle est abandonnée à elle-même par le peigne et par les templets, elle tend à se rétrécir à partir du lemplet jusqu’au rouleau de toile ; ce retrait en largeur du tissu est d’autant plus considérable que la tension de la chaîne est plus forte, que la trame est plus fine et plus serrée. La distance plus ou moins grande entre les templets et le rouleau de toile, la trame plus ou moins mouillée, influent également en plus ou en moins sur le retrait du tissu.
- Nous allons donner différents exemples de ces calculs.
- io Combien faut-il de mètres de fil pour faire une chaîne de 5o mètres, réduction 3ooo fils.
- 3ooo X 5o = iooooo mètres.
- 2° Combien faut-il de mètres de trame pour produire oo mètres de tissu avec l\o duites au centimètre et un empeignage de
- 0"!()(J0 ?
- 4o X 0,990 X 5o X ioo = 198000 mètres.
- 3« i3o mètres de chaîne en 3Goo fils ou 90 P pèsent 5 kilogr., combien pèseront aon1'1"^, en admettant que la réduction ne soit que de 2800 fils ?
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- Les longueurs d’un même fil étant proportionnelles aux poids, on a :
- i3o X 36oo 200,57 X 2800
- d’où
- 200,57 X 2800 X fi
- •Gk.
- 13o X 3Goo
- 4° i3o mètres de chaîne en 3Goo fils pèsent 5 kilog., combien pourra-t-on faire de mètres en 2800 fils ou 70 P avec 0 kilogr. ? 13o X 36oo x X 2800
- i3o X 3Goo X 0
- x z=z --------------= 200m07
- 2800 x 5
- 5° Si i3o mètres en 3Goo fils pèsent 5 kilogr., combien devra-t-on mettre de fils pour obtenir une longueur de 2oom57 avec G kilogr. de filés?
- i3o X 3fioo 200,57 X x
- i3o X fiO°° X 0
- x — ------------------- - 2800 fils.
- 200,57 X fi
- Comme on le voit, ces trois problèmes se servent réciproquement de preuves.
- G» Quels sont les emplois en chaîne 27/29 et en trame 3G/38 qu’il faut pour produire 100 mètres de calicot 3/4 — 70 P — 21 fils trame, empeignage omQ8o ?
- Le nombre de fils contenus dans la chaîne sera :
- 70 X 4o = 2800 fils, auxquels il faut ajouter 32 fils doubles pour les lisières (iG de chaque côté), fraction de portée que nous avons dit être négligée dans les désignations, soit 2832 fils, dont la longueur sera : 2832 X 100 = 283200 mètres.
- ^ en kilogr.
- Le poids sera, d’après la formule (P = 283200
- 2000 Nj Kil. 5,o5o
- 5Gooo
- 5 0/0 pour déchets et raccourt. 0,
- Pour la trame, on aura :
- 21 X 148 ~~3to8 dui(os au mèlrc
- Kil. 5,272
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- dont la longueur sera :
- 3io8 X om<)Bo empeignage X 100 — 3o4584 mètres.
- Le poids sera, en kilogr.
- —— = Kil. 4,ii0 ) .
- 74000 r k-1*- 4,239
- -J- 3 0/0 déchet. 0,123 )
- L’emploi en chaîne sera donc lvil. 5,272
- Et en trame 4>23q
- Ensemble total. Kil. 9,5ii
- Les emplois de filés en chaîne et en trame se comptent habituellement pour 100 mètres.
- 70 Une pièce de calicot écru, de 70 mètres de long, parée à l’en-colleuse, a en tissu o'npoo de large et pèse, étant exempte de toute humidité, kilogr. 9,100. Elle a en chaîne 32 fils 9 et en trame l\i duites 4 au centimètre. Quels sont le poids et les numéros des cotons employés?
- La chaîne contient :
- 82 fils9X9° c> — 29G0 fils, soit, avec /|0 fils pour les lisières, 3ooo
- 3ooo fils ou----- 75 P.
- 4o
- La longueur est : 3ooo X 7b mètres rrr 228000 mètres, auxquels il convient d’ajouter 4 0/0 pour le raccourt subi au tissage, soit 284000 mèt.
- Pour la trame on a :
- 41 fils 4X 99 c. X 7-r) mèt. = 807398 —
- (L’empeignage compté à o’nqpo) ------------
- Ensemble. 54i395 mèt.
- Le poids de la pièce est de : kilogr. 9,100
- Mais il faut déduire le poids de la colle, soit environ i5 gramme par P et par 0/0 mètres. — 0,900
- Restent net : kilogr. 8,200
- Le numéro moyen sera, d’après la formule ci-dessus :
- 541395m
- --------— da,OI
- 2 X 8200
- En comparant entre eux la grosseur des fils de la chaîne avec ceux de la trame, et ensuite à des filés types, et sachant, au sur-
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- plus, que dans ce genre de tissus, la trame est habituellement de dix numéros plus élevés que la chaîne, on est porté à admettre pour la chaîne du numéro 27/29, et pour la trame du numéro 36/38. Il suffit d’ailleurs de faire la preuve, et l’on devra obtenir le poids net de 8 k. 200 ci-dessus.
- 234000
- On aura pour la chaîne : -----=: kuog. 4>I7o>
- 563oo
- et pour la trame :
- 307390_ 74000
- - 4,ii>4
- Total. kilog. 8,332 c’est-à-dire le poids cherché à très peu près, et que l’on obtiendrait tout à fait exact, en admettant pour la chaîne du numéro 28 1/2, et pour la trame du 37 1/2.
- 8<> Un échantillon percale paré à la machine écossaise, ayant en largeur et en longueur om20o, soit 4 décimètres carrés, indique à la romaine le numéro 134- U y a 35 fils 5 au centimètre en chaîne et 38 fils 5 au centimètre en trame. Quels sont le poids et le numéro des fils pour une pièce de 100 mètres, sur o'nqoo de largeur ?
- Le numéro 134 à la romaine correspond à un poids de
- i34
- = 3 gr- 7Sl
- Si 4 décimètres carrés pèsent 3 gr. 731, un mètre de tissu ou 90 décimètres carrés pèseront :
- 3 gr. 731 X 90 no ---------------— 83 gr. 9
- 4
- et 100 mètres pèseront 8 kilogr. 3go.
- On retombe alors dans le problème précédent :
- La chaîne contient 35 fils 5 X 90 cent. =3196 fils et avec 44 fils de lisières 324o fils ou 81 P.
- 324o X 100 = 324ooo mètres et, compris 4 0/0 de raccourt au tissage : 336960 mètres.
- Pour la trame, on a :
- 38 f. 5 X 99 cX 100 = 381115 —
- Ensemble. 718075 mètres.
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- Le poids de la pièce étant kil. 8,3qo nous déduisons pour pare-
- o,0.r)O (8 gr. par P. et par o/o m.)
- Restent net. kil. 77/10 Le numéro moyen sera :
- = /,«,:«•
- 2 x nh*
- Les filés paraissant être pour la chaîne du numéro !\\/!\i, et pour la trame de 01/02, la preuve donne :
- Pour la chaîne : ——= kilos /j,oGo 83ooo
- 38iix5
- Pour la trame : --------= 3.700
- io3ooG
- Total. Kilos 7„8Go, c’est-à-dire à peu de chose près le poids ci-dessus.
- Si l’on avait à se rendre compte d’un échantillon tissé dans des proportions telles que l’on conçut des doutes sur l’exactitude des nas trouvés au moyen des calculs précédents, 011 déviderait une certaine longueur de la trame que l’on pèserait à la romaine. La romaine micrométrique Saladin peut rendre également des services dans le cas où i'011 n’aurait qu’un très petit échantillon du tissu à analyser, et qu"une minime longueur de fil. Connaissant ainsi le n» du fil de trame, on en déduira facilement celui de la chaîne.
- Les deux tableaux suivants facilitent et permettent d’accélérer les calculs <jui peuvent se présenter sur les tissus. L’un, pour la chaîne, indique le nombre de portées correspondant sur différentes largeurs, au nombre déterminé de fils de chaîne qui se trouve sur un quart, de pouce. L’autre pour la trame, indique le nombre de mètres correspondant à un nombre de duites donné sur un quart de pouce, en diverses largeurs et pour un mètre de toile.
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- TABLEAU de la longueur de la trame sur un mètre de
- LARGEURS de la TOILE LARGEURS du PEIGNE DUITES
- 10. 11. 12. 13. 14. 15. 10. », 18. 19. 20. 21.
- cent. cent. mot. 1 |
- 5/8ou 75 0.81 1198 1317 1437 1557 1677 1797 1 1916 2030 2150 2276 2396 2515
- 3/4 » 90 0.97 1435 1579 1722 1866 2009 2153 2290 I 2440 2584 2727 2871 3014
- 7/8 » 1,05 1.13 1671 1838, 2005 2173 2341 1 2508 2675 1 2842 3009 3177 3343 3511
- 4/4 >. 1,20 1.29 1909 2100 2291 2482 2672 2863 I 3054 3245 I 3436 3627 381S 4009
- 9/8 ». 1,35 1.45 2140 2300 2575 2789 3004 1 3219 | 3433 304S : 802 4077 4292 4506
- 5/4 » 1,50 1.61 2382 2021 2859 3097 3335 1 3574 ; 3812 4050 42S9 4527 4765 5003
- 0/4 » 1,80 1.93 2850 3142 3427 3713 3998 i 4284 4570 I 4855 I 5141 5427 5712 5998
- 7/4 » 2,10 2.25 3330 3603 3990 4329 4662 1 4995 5328 1 5061 : 5994 0327 6600 6993
- 8/4 » 2,40 2.57 3803 4183 4564 4944 5325 | 5705|6085 1 0406 OS40 1 7220 7607 1 7987j
- Exemples de prix de revient de quelques tissus.
- Nous faisons observer que les chiffres ci-dessous n’ont pas une valeur absolue comme exactitude, le cours des filés étant très variable, et les prix de façons ainsi que les frais généraux différant sensiblement d’un établissement à un autre. Il estclair que les anciens établissements payés depuis longtemps, c’est-.à-dire qui n’ont plus rien à inscrire au chapitre de l’amortissement
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- toile,avec différents duitages et largeurs dépeigné.
- AU QUART DE POUCE.
- 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 30. 32. 34. 30. “ 40.
- 2635 2755 2876 2996 3115 3231 3355 3595 3836 4076 4316 4555 4795
- 3158 3301 3115 3588 3732 3876 4019 4306 4593 4881 5168 5455 5743
- 3677 3815 1011 1180 4317 4511 46S1 5015 5350 5681 6018 6353 00S7
- 1200 1391 15 SI 4772 1963 5151 5315 5727 6109 6191 6872 7251 7636|
- 4721 4935 5150 5365 5579 5794 6008 6138 0867 7290 7725 8154 8584
- 5212 5180 5718 5957 6195 6133 0671 7148 7621 S101 8578 9051 9531
- 6281 0509 6855 7111 7426 7712 7997 S569 9110 9711 10,282 10,853 11,121
- 7320 7059 7992 8325 8658 8991 9321 9990 10,650 11,322 11,988 12,651 13,320
- 8367 8718 9128 9509 9389 10,269 10,050 11,110 12,932 13,092 11,453 15,214
- se trouvent, dans des conditions plus favorables que lestissages de création récente. Par contre, ceux-ci ont pour eux le bon état du matériel, les perfectionnements apportés aux machines et à l’installation, etc.
- Prix de revient d’un calicot Go P. 3/4, 20 duiles au 1/4 de pouce, o*n,97 d’empeignage, ch. 27/29, tr. 30/38.
- Chaîne coton n« 27/29 simple, kilos. . 4*S^4 )
- Déchet 2 o/y — 0^,09 > 4^,60 à
- Racorni rt 4 °/o — 0^,17 )
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- 2 fi*.70 le kil. Fr. 12,4 2
- (Les prix sont calculés pour 100 mètres.)
- Trame coton no 36/38 simple : 3k,88 \ Déchet 3 0/0 ok,i2 \ ^ ’ à 2 fr^h i5, »
- TABLEAU indiquant les portées contenues dans différentes largeurs de toile d’après le nombre dejils srn‘ un quart de pouce.
- 15 1/2
- 21 1/2
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- — r79 —
- Report : Fr. 27,42'
- Bobinage : 4k,fi° à 0 fr. oO 0,27 j
- Ourdissage’4k,60 k 0 fr. 02 0,09 J
- Encollage o,i5 /
- Tissage 3,25 ( 9,8(V
- Frais généraux : 1 fr. 35 par'
- Main-d’œuvre payée
- aux ouvriers
- métier et par jour, en comptant sur une production de 22 mètres par jour soit pour 4 i/2 jours.
- 6,10
- Total Fr. 37,28
- Prix de revient du mètre : o fr. 372.
- Prix de revient d’nn reps 53 P, 28 duites au centimètre,chaîne coton n° iO, trame laine 25, onqgoo d’empeignage.
- Chaîne coton no 16 simple.
- Déchet 2 0/0 Raccourt 3 o/0 Trame laine n» 25 simple.
- Déchet 3 0/0 Bobinage, ourdissage, parage. Fr. o,g5 J
- Main-d’œuvre du tissage. 6, »f i5,3o
- Frais généraux. 0,35 1
- Blanchiment, de la chaîne. 2 » /
- 0k,02O \
- ok,i32 ( 6k,g5o à 2 fr. i3,go ok,ig8 \
- 7k, 200 )
- ok;2,0 | 7M1O i 8 fr. 59,33
- Prix de revient d'un piqué 97 1/2 P. Chaîne piqué 05 P. = 2G00 (ils
- — fond 32 1/2 P = i3oo fils
- Total. Fr. 88,53
- larg. d’empeig.om,9co
- 72 duites au centimètre ;
- Chaînecoton n°/|0 simp. p. piq. kil. 3,a5o )
- Déchet 3 °/o °>°97 ! [ 3k,G72 à 3 f. 4° 12,48
- Raccourt 10 °/0 o,325
- Chaîne cot. n° 3o simp. p. fond : K. 2,170 )
- Déchet 3 °/0 o,oG5 ( 2k,343 à 2 f. 85 0,67
- Raccourt 5 °/0 0,108 J
- Trame colon n°5o simple, kilos Déchet 5 °/0 0,48o j 0,324 ) 0k,7o4 à 4 f- 4o 29,50
- A reporter : Fr. 48,05
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- — ï8o —
- Report : Fr. 48,65
- DobinagC, ourdissage,parage, Fr. 1,26 Main-d’œuvre du tissage. i5, »
- Frais généraux. 12,5o
- 2,5o
- Total. Fr. 67,40
- Nous terminerons l’élude de ces différentes questions par quelques mots sur l’établissement des tarifs de façons, et sur la comparaison des productions d’un tissage dans un temps donné.
- Tarifs de façons.
- Il n’est pas besoin d’insister longuement sur les avantages qui ressortent pour un industriel de payer ses ouvriers d’après la quantité de travail produite par eux. C’est la manière la plus sûre, la plus rationnelle, qui évite le mieux les contestations et c’est le meilleur moyen d’attacher les ouvriers à leur travail. Le principe sur lequel repose un tarif bien établi est celui-ci : Un ouvrier, quel que soit l’article à la fabrication duquel il est occupé, doit gagner par jour à peu de chose près la même somme. Les prix de façon par kilogramme ou par mètre sont donc inversement proportionnels aux productions.
- Ainsi, connaissant la production moyenne à laquelle peut arriver par jour un ouvrier, et le salaire qu’on veut lui attribuer par jour, il suffira de diviser ce chiffre par celui de la production, pour trouver le prix à payer par kilogramme ou par mètre produit. Mais les productions sont susceptibles, surtout dans un tissage, de varier suivant l’habileté de l’ouvrier, il faut donc s’efforcer de le stimuler autant que possible on y arrive par la manière d’établir le tarif.
- Des deux éléments nécessaires à sa confection, on saura trouver le premier, puisqu’on n’aura qu’à relever le chiffre des productions moyennes en chaque article et pour chaque machine, sur les livres spéciaux tenus à cet effet. Quant au deuxième élément où le prix convenable à assigner à la journée de chaque catégorie d’ouvriers, il varie évidemment suivant la localité, l'établissement et les usages de la région. C’est donc une affaire
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- d'appréciation dans laquelle il faut agir avec beaucoup de prudence. Gomme règle, il vaut mieux fixer les prix trop bas que trop hauts, quitte à être obligé de les élever quelque peu plus tard, car on conçoit combien il est difficile une fois un prix établi de le réduire si l’on aperçoit qu’il est trop élevé.
- Dans quelques établissements on procède simplement comme nous venons de le dire, et les ouvriers sont, une fois le tarif établi, payés au prorata de leur production. Une pareille méthode les stimule peu, et là où l’habileté de l’ouvrier entre pour beaucoup dans la quantité de production, il est préférable d’appliquer la méthode suivante qu’on peut appeler Méthode des tarifs progressifs : Etablir de faibles prix de journées, mais compenser ces bas prix par de larges primes plus que proportionnelles aux augmentations de production correspondante, de façon que l’ouvrier trouve le plus grand avantage possible en produisant la plus grande somme de travail qu’il lui est possible, sans que ce soit au détriment de la qualité. Les primes doivent être combinées de telle sorte que si l’ouvrier par mauvaise volonté ou par paresse ne produit qu’un minimum, son gain soit proportionnellement et très sensiblement plus faible que s’il avait consciencieusement travaillé, afin qu’il se voit obligé de faire mieux. Cette méthode de tarif est surtout applicable au tissage, car nous le répétons, la production non-seulement en quantité,mais encore en qualité dépend beaucoup de l’assiduité du tisserand.
- Pour éviter un travail qui souvent répété serait pénible pour les employés du bureau, on a adopté la méthode du payement par quinzaine, de préférence à celui fait régulièrement à la fin de chaque semaine. (Quelques maisons mêmes payent leurs ouvriers toutes les fins de mois seulement. Le payement par quinzaine est universellement, adopté dans les tissages et représente pour l’ouvrier la somme des mètres ou des pièces livrées par lui pendant 12 jours de travail et calculée suivant le tarif des façons, primes et hautes primes adopté dans la maison où il travaille et dont il lui est donné connaissance à son entrée dans l’établissement.
- Cette première méthode consiste à taxer le mètre à 0 fr. 01, o fr. 02, o fr. o3, o fr. o/|, ou o fr. o5 de façon, suivant l’article produit ; puis à établir une série de primes et hautes primes Dupont. — Tissage. ii
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- variant aussi suivant l’arliclc fabriqué. La première prime se donne d’habitude après les 20 premiers mètres, puis les hautes primes se fixent après 25, 3o ou l\o mètres.
- Exw : Un article se payant 0 fr. o5 le mètre.
- On aura : Façon, 85 mètres à o,o5 — fr. 4 25
- Prime par 20 mètres — )) 3 »
- Haute prime pour 85 mètres — » 5 »
- Total — fr. 12 25
- Le salaire moyen de l’ouvrier sera compté par exemple de 2 fr. à 2 fr. 5o par jour. — Les chiffres ci-dessus ne sont d’ailleurs donnés que comme exemple et n’ont aucune valeur absolue. La méthode qui consiste à payer l’ouvrier par pièce est la plus généralement adoptée. Le tarif est basé sur la quantité possible que l’ouvrier peut produire en chaque article et les primes établies dans le but de le stimuler sont également graduées suivant que l’article offre plus ou moins de difficulté d’exécution.
- Comparaison des productions moyennes.
- Quelques manufacturiers, pour se rendre compte de la marche de leur établissement et comparer le rendement d’un exercice à celui de l’exercice précédent, se contentent de mettre en regard le nombre de pièces ou de mètres produits dans chacune des campagnes, et c’est sur ces chiffres qu’ils basent leur appréciation. Cette manière d’opérer, juste pour un établissement qui fait constamment le même article, constitue une grave erreur, lorsque, comme c’est le cas le plus général acluellemeent, la fabrication varie très souvent dans le cours d’une campagne.
- La production d’un métier étant en raison inverse des duitages du tissu et du nombre de coups de battants, on ne peut comparer directement entre eux que les chiffres de production d’articles de même duitage et de mêmes laizes. Dans le cas contraire, pour avoir une base exacte d’appréciation, il faut ramener les différents articles à un type unique; nous allons établir une formule générale qui permettra d’arriver facilement à ce résultat.
- Supposons que l’on ait fabriqué dans le cours d’une campa-
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- gne trois articles ayant respectivement i5 duites, 20 duites et 25 duites ; l’article type servant de comparaison est l’article de 20 duites dont la production a été par exemple 22 mètres par jour pour l’exercice précédent ; la production normale étant inversement proportionnelle aux duitages (le nombre de coups de battant restant le même), elle devra ctre pour ces 3 articles.
- 22 X 20
- 1 — Article in duites : -------- = 20 m 33
- i5
- 2 — Article 20 duites : 22* mètres
- 3 — Article 25 duites :
- 22 X 20
- = 17 ai Go.
- Le tissage ayant marché dans les mêmes conditions que précédemment, on voit que les productions que l’on doit obtenir pour les trois articles sont très différentes ; on serait donc mal fondé à comparer les chiffres de 29 mètres 33 et de 17 mètres Go à celui de 22 et à conclure que la production a augmenté pour l’un et a baissé pour l’autre. Il faut ramener ces deux chiffres au terme de comparaison 22 ; pour cela, il suffit de les multiplier par le rapport direct des duites.
- Si donc les moyennes de production constatées par la comptabilité du tissage sont de 29m,33, et de 17111,00, on aura :
- 29.33 X i5
- 1 — Article i5 duites :
- 2 — Article 20 duites :
- - = 22 métrés
- 3 — Article 26 duites :
- 17.Go X 25
- ------------= 22 »
- 20
- On en conclura que la production n’a pas varié.
- Supposons, au contraire, qu’au lieu de ces chiffres, on ait constaté 27 mètres et 19 mètres, on aurait :
- . . 27 X i5
- 1 — Article i5 duites : --------= 20 m 25
- 20
- 2 — Article 20 duites :
- 22 mètres
- 19 X 25
- 3 — Article 25 duites : —1--------= 23 m 75
- 20
- Ces trois chiffres peuvent être comparés directement et nous constatons ici une différence en moins pour le premier article et Une différence en plus pour le troisième.
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- Nous venons de prendre dans ces calculs la production moyenne d’un métier par jour, il est clair que l’on pourra aussi bien prendre le nombre de pièces ou de mètres produits dans l’année soit par un métier, soit par un même nombre de métiers faisant le même article.
- Nous avons également supposé jusqu’à présent, que les articles comparés avaient la même laize; or, cet élément variable dans la confection des tissus a surtout comme influence sur la production, la variation de vitesse qu’il nécessite dans la marche du métier. Cette variation de vitesse modifiera donc les résultats obtenus ci-dessus, et la solution définitive s’obtiendra facilement en observant que la production doit être également en raison inverse de la vitesse du métier.
- Reprenons les mêmes exemples :
- 1. Article i5 duiles. Laize ( 22 X 20 X 160 3/4 1G0 coups de battant ( i5 X i4°
- 2. Article 20 duites. Laize (
- 4/4 i4o coups de battant
- • =33n
- 3. Article 25 duites. Laize j 22 X 20 X i3o
- iG m 34
- Produc-
- tions
- norma-
- les.
- 5/4 i3o coups débattant ( 25 X i4o
- Pour ramener ces produits au chiffre de 22, on aura comme précédemment :
- o 33m5a X *5 X i4o 20 X ïGo
- 22 id
- iGm34 X 2,F> X I4°
- 1. Art. i5 duites -
- 2. Art. 20 duites
- 3. Art. 25 duites -
- • = 22 mètres.
- - ~ 22 id.
- 29 x l3°
- Si au lieu des chiffres précédents, on a constaté pour les art. 3/4 et 5/4 battant à 1G0 et à i3o coups par minute, des productions de 3i mètres et de 18 mètres, on aurait :
- 3i X l5 X i4°
- ------_ 2o'»34, chiffre inférieur à la production
- 20 X JGo
- normale.
- 2. 22 mètres
- 3 18 X 25 X 140
- 3. ----- ---------= 241132,
- 20 x 1^°
- normale.
- :hiffrc supérieur à la production
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- et en général :
- P X I> X n
- ^ d X V ’
- formule dans laquelle :
- P. est la production trouvée pour l’article nouveau.
- D, son duitage.
- V = la vitesse du métier sur lequel il est produit.
- d, le duitage de l’article produit précédemment, et servant de type de comparaison.
- v, vitesse du métier faisant le dit article.
- Nous supposons dans les calculs précédents que la production est exactement inversement proportionnelle aux duitages ; en pratique, il n’en est pas tout à fait ainsi.
- Dans les tissus forts faits avec de bonnes chaînes, les casses et les arrêts sont généralement moins fréquents que dans le tissage des articles en filés très fins ; il faudra donc encore avoir égard aux considérations de ce genre et modifier le chiffre obtenu par un coefficient convenable, suivant les cas.
- DES DIVERSES SORTES DE TISSUS
- La nomenclature que nous donnons sous ce titre, comprend les divers tissus les plus couramment employés. Les chiffres que nous donnons sont approximatifs et ne doivent servir que comme exemples pour rendre sensible au lecteur la manière de procéder pour établir ces divers tissus et aussi pour lui en faire connaître à peu près la composition.
- L’uni, malgré sa contexture fort simple, est une des armures fondamentales qui donne lieu à la plus grande variété de tissus, variété basée sur la réduction des fils en chaîne et en trame et sur leur grosseur respective. Ces causes influent singulièrement sur l’aspect du tissu ; elles en déterminent des types tout à fait distincts, et les dénominations différentes qui les font distinguer les uns des autres à la vente.
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- Tissus pour la vente en blanc.
- Calicots. — Les calicots sont faits en filés ordinaires, c’est-à-dire en chaîne 27/29 et en trame 36/38.
- La série des Go P 18 Jils chaîne se fait en 12, i/j, 16, 18 et 20 fils trame et sur les laizes 2/3, 3/4, 4/4? -V4? b/4? 7/4? 8/4 et même 9/4. Ce g-enre de tissu est très courant sur la longueur 3/4. Ces tissus sont en général destinés à l’exportation et sont vendus en blanc apprêtés. Ouoique légers et clairs en chaîne et en trame, on leur applique un fort apprêt pour boucher les mailles, de manière à leur donner l’aspect d’un tissu fort et bien garni. Cette sorte doit être tissée très corsée, c’est-à-dire dépairée en chaîne et sans clairières en trame ; on est peu exigeant sur la nature et la netteté des filés employés.
- Compte de revient d’un 60 P 3/4 18 Jils chaîne, trame en filés coton de l’Inde.
- L’omra à 60 fr., les 5o kilogrammes au Havre, la chaîne 28 à 2 fr. 45 et la trame 30/38 à 2 fr. Go.
- L’emploi des filés pour un Go P 18 fils trame et par 100 mètres est :
- chaîne 27/29 4 kil. Go à 2 fr. 4o ii fr. 27 (
- trame 30/38 3 kil. 70 à 2 fr. Go 9 fr. 62 j 27 fr. 89
- façon pour 100 mètres 7 fr. '
- Voici le prix de revient de la série des Go P établis comme dans l’exemple précédent.
- | aoyxinu | POIDS de la CHAINE POIDS de la TRAME PRIX de la CHAINE PRIX de la TRAME SOMMES K O u* PRIX de REVIENT
- la 4k6oo ak35o 11 f. 27 G f. 11 17 38 4 fr. OC î+4
- i4 » a 600 « G 90 C— OC 5 a3 17
- iG ). 3 100 » 8 oG 19 33 G a5 33
- 18 » 3 700 » 9 Ga 20 89 7 27 89
- 20 » 4 o3o » 0 00 21 75 8 29 75
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- La même série peut se faire en filés Louisiane, bas, ou qualité mêlée, et les prix sont de quelque peu plus élevés. Ils sont d’ailleurs très variables suivant l’état des stocks,surtout pour les sortes qui ne sont pas très courantes et suivant la qualité de la marchandise. Un second choix se cote facilement 2 à 3 centimes de moins qu’un premier choix.
- Les 70 P 21 fils chaîne se font en 21, 22, 23, 24, 26, 28 et 3o fils trame, en chaîne 27/29 et en trame 30/38 ou 3o.
- POIDS des fdès et Prix de revient des 70 P 3/4- Chaîne 27/29. Trame 36/38
- Les filés en coton Louisiane. La chaîne à 2 fr. Go, la trame à 2 fr. 70.
- W 0 H 5 ' a POIDS de la CHAINE POIDS de la TRAME PRIX de la CHAINE PRIX de la TRAME FAÇON PRIX NORMAL EN ÉCRU (i) s » II g s PU
- ai bk2 70 4k200 i3 f. 70 11 f. 34 10 f. of.39 0 48
- 22 » 4 4ôo » 12 01 II C O 0 49
- 24 » 4 900 » i3 23 12 0 43 0 5a
- 2G » 5 3oo )) 14 3i 14 0 Cl O 0 5q
- 28 « O O C- » i5 39 iG 0 53 0 G2
- 3o » 6 100 » iO 47 18 0 55 0 64
- (1) Nous entendons par prix normal, le prix auquel devrait être vendu l’article pour donner au fabricant un bénéfice rémunérateur. La comparaison de ce prix, ou du prix de revient, avec ceux des tissus courants publiés par les principales places industrielles pourra montrer qu’il est souvent supérieur au prix de vente. Les cours des tissus varient, en effet, suivant l’état du marché et des stocks existants, la situation des affaires, l’offre et la demande, et sont surtout fixés par la spéculation. Il peut donc arriver qu’en certains moments, un fabricant produise des tissus qu’il vendra sans bénéfice, et même souvent avec perte ; il a néanmoins plus d’avantage à opérer ainsi qu’à laisser chômer tout ou partie de son établissement ; la compensation se trouve le plus souvent dans la fabrication de nouveaux articles demandés par la mode dont le cours est fixé dans de meilleures conditions,
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- Ces tissus, surtout ceux fortement duités, nécessitent une chaîne de première marque, une trame très ouverte, la fabrication doit en être très régulière et soignée et les filés exempts de boutons, surtout la trame qui dans les comptes forts est très apparente et couvre la chaîne. Les 70 P en nos ordinaires se font sur les laizes de 3/4 à 8/4- Les tissus ordinairement désignés sous le nom de calicots les plus courants d’Alsace, sont les Go P. 16 à 20 fils ; les 68 P. 20 fils ; les 70 P, 21 fils. Les sortes les plus duitées rentrent dans les madapolams et les renforcés dans l’ar-•ticle shirting.
- POIDS des Jilés et Prix de revient des 70 P. — 22 fils, c/t° 28.
- 5.700
- f>. 000
- G 320
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- Les 76 P. 22 Jils chaîne rentrent dans le genre des madapo-lams. Ce tissu doit être fait en filés Louisiane, la marchandise belle et très soignée. Les 76 P. se font en chaîne 28 ou en chaîne 3o et en trame 3o, 36/38 ou 4°/42> en 22> 24j 26, 28, 3o, 3a, 34 fils sur 3/4 ou 90 centimètres de largeur. La sorte la plus courante se fait en nos ordinaires chaîne 28 et trame 36/38.
- La différence de poids de la chaîne entre le n° 28 et le n° 3o est de kos 0.400 pour 100 mètres et la différence de prix serait sur toutes les sortes de i/4 centime environ.
- Les 80 P. 24 fils chaîne se font en chaîne 28 ou 3o, et en trame 36/38 ou 4o/42- La chaîne doit être en très bon Louisiane, et pour les sortes très fortes, en jumel. Cet article se fait surtout en 26, 28, 3o, 34 et 36 fils trame. On comprend que pour .pouvoir mettre des duitages aussi forts dans un compte de chaîne très fourni, il faut une très bonne chaîne, très nette et très résistante et une trame très souple et très ouverte ; sans ces deux conditions, il serait impossible de tisser les 32, 34 et 36 fils.
- POIDS des jilés et Prix de revient des 80 P, i!\ fils, chaîne 28
- DUITAGE j H u 3 ° g % POIDS DE LA CHAINE POIDS DE LA TRAME W 8§<g. 2 ^ " G § “g K g „ G ^ ^ PRIX DE FAÇON J S * K
- 26 36/38 5kgoo kos 5.4oo 16 f. 52 i5 39 i5 46 91
- 28 » » 5.8oo » 16 53 17 5o o5
- 3o » » 6.200 )) 17 67 19 5o 53 69
- 32 40/42 » 6.o5o » 18 i5 24 58 67
- 34 » » 6.400 » 19 12 27 62 64
- 36 45 » 6.100 » 21 35 32 69 87
- Les 26 à 3o fils peuvent se faire en trame 36/38, mais on aurait trop de difficultés pour les duitages plus forts à employer ce numéro, c’est pour cela que dans le tableau qui précède les 32 et
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- 34 fils sont en trame 4o et les 36 fils en trame 45- L’impression et le blanc emploient beaucoup les 8o P 24 fils et 36 fils trame 5o.
- Les 90 P., 38 Jils, chaîne l\o et trame 5o se font surtout de 3o à 38 fils trame, c’est un genre de percale qui sert exclusivement pour le blanc.
- POIDS de filés et Prix de revient des 90 P, 28 Jils, chaîne 4» et trame 5o
- DUITAGE N° DE LA TRAME POIDS DE LA CHAINE POIDS DE LA TRAME FAÇON
- 3o 5o K08 4.600 k08 4.56o 23 fr.
- 34 5o » 5,a3o 26 fr.
- 36 55 » 5. i5o 29 fr.
- Ce genre de percale, qui est destiné à une consommation spéciale, doit être fait en très belle matière et la fabrication très soignée.
- Les 100 P, 3o Jils, chaîne 5o et trame 60 se font en differents duitages et jusqu’à 4°/42 fils trame. Les filés sont en jumel cardé ou peigné. Le poids d’un 100 P, chaîne 5o et trame 60 avec 4o fils au 1 /4 de pouce est de kos 9.6.60 les 0/0 mètres et son prix suivant qualité peut aller jusqu’à 1 fr., le mètre sur 3/4 ou 90 centimètres de largeur.
- Genre cretonne. On désigne sous le nom de cretonnes des tissus épais et lourds faits en filés gros nos, chaîne 8, 10, 12 à 20 et trame 10 à 24. Généralement, dans les marchés qui concernent ces tissus, on stipule le poids des 100 mètres en outre du nombre de portées et du duitage. Suivant les numéros de filés employés et le rapport entre la chaîne et la trame, on obtient un grain tout à fait différent ; aussi ce genre comprend un très grand nombre de sortes variant suivant les usages auxquels ils sont destinés. Nous ne prendrons que quelques exemples.
- Les cretonnes à grain carré sont généralement les plus Jour-
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- des, il y a peu de différence entre le numéro de la chaîne et celui de la trame, et l'égalité de grosseur du brin en travers et en long est presque parfait. On exige pour ces tissus beaucoup de main et souvent même de la raideur, ce que l’on obtient en employant des filés en bon coton, en excluant les déchets, en encollant fortement la chaîne et en mouillant la trame.
- T, , ( 16 fils, chaîne n° io ou 54 P. sur qo cent. ) ,
- Une cretonne n > pesera
- ( de larg. 14 fils trame n° 12 ) r
- en écru environ kos 20,600 les 100 mètres. Une cretonne forte avec la même chaîne et 16, 17 fils trame n° 12, pèse en écru k°s 24 les 100 mètres. Le même genre de tissu en 16 fils chaîne n° 12, 18 fils, trame n° 16 pèse en écru kos 19.600 environ et l’emploi des filés est pour la chaîne kos g.3oo et pour la trame kos 8.5oo, soit ensemble k°s 17.800 environ. La façon ne peut pas se calculer d’après celle payée pour les calicots, car un article fort est plus difficile à faire et la production est sensiblement diminuée. Pour une cretonne analogue à celle de kos 2o.5oo on paye 9 à 10 fr. de façon, c’est-à-dire à peu près la même que pour un 70 P 21 fils, chaîne 28 et trame 36/38. Les cretonnes pour la vente en écru doivent être faites en filés de coton neuf. La marchandise doit avoir une belle apparence ; pour la vente en blanc, il faut qu’elle soit exempte de boutons, et pour la teinture, on peut employer des filés en déchets ou mélange de déchets.
- Les cretonnes ou le genre shirting en forte chaîne et bien dui-tées en trame plus fine que la chaîne, ont un grain long d’un très bel aspect. Il existe une très grande variété de ce genre, dont voici quelques exemples.
- ( iG fils, chaîne n° 16, poids kos 6.900 1 kos 12.900 pèse en
- ( 20 fils, trame n° 26, poids kos 6 ) écru environ : ko 14.
- Ce même article peut se faire en 22, 24, 26, 28 fils trame et le poids en écru variera de kos 14 à 16 ou 17 les 100 mètres et les façons de fr. 12 à fr. 18 les 100 mètres.
- ( 18 fils chaîne n° 20 poids kos 6.200 ) kos i3.8oo pèse en
- ( 20 fils trame, n° 26, poids kos 7.600 ) écru kos i5.
- Cet article sc fait en 20, 24 et même 3o fils et son poids en écru varie de kos j5 a kos i8.5oo les 0/0 mètres; la façon varie de i4 à 24 fr., les 0/0 mètres.
- Tissus façonnés et à armures. — On sait que l’armure d’un
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- tissu est, l’ordre dans lequel se fait l’enchevêtrement des fils de trame avec ceux de chaîne. Le nombre des armures et les genres differents de tissus que l’on peut produire sont pour ainsi dire infinis. Les armures principales sont :
- i° L’armure toile ou unie qui comprend les genres que nous venons d’examiner.
- 2° Le sergé comprenant le coutil, le croisé, le sergé proprement dit, les lastings.
- 3° L’armure satin.
- 4° L’armure moleskine, velours, etc.
- Genre croisé. — Nous laisserons le genre coutil qui est spécial aux lissages de lin pour étudier les croisés. Cet article se fait à peu près dans tous les comptes et tous les numéros de filés ; il se désigne par le nombre de fils en chaîne et le nombre de croisurcs au quart de pouce.
- Pour les compter, on met la loupe obliquement sur le tissu, et dans le sens des côtes ; ainsi on dira d’un croisé, c’est un compte 70 P, 8,9, 10 côtes suivant le nombre des croisurcs qu’il y aura au 1/4 de pouce. Le croisé étant produit par un effet de trame, il faut, pour avoir un beau tissu en côtes bien ressorties, ne pas prendre un compte trop réduit en chaîne et chasser un grand nombre de fils d’une grosse trame bien ouverte. Les sortes de croisés les plus courantes sont les comptes (io, 08 et 70 P, en chaîne et 8, 9, 10, 11, et même i3 côtes en trame au \/!\ de pouce.
- En 70 P chaîne, un croisé 8 côtes a 2/1 fils en trame
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- — 32 —
- — 30/37 —
- — 40/42 —
- — 45/45 -
- On remarque que dans le tissu croisé, on peut insérer beaucoup plus de duites que dans l’uni ; aussi à égalité de fils en trame, les façons sont un peu réduites. Les croisés s’emploient à faire des vêtements, des meubles, des doublures ; aussi en fait-on de certaines sortes très lourdes et très fortes. Les croisés pour habillements et doublures sont souvent grattés et tirés à
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- poil, comme les draps de laine. Pour ces tissus, il faut donc une grosse trame bien ouverte ; une trame en coton et fortement tordue ne donnerait pas de poils.
- M. Edouard Gand donne dans son cours de lissage les trois formules suivantes :
- K = — i /n2+ 1
- m V
- D = ym2 K2 -F2 F = yjm* K2—D2
- dans lesquelles,
- K, est le nombre de croisures ou côtes.
- F, est le nombre de fils en chaîne au centimètre.
- D, le nombre de duites au centimètre.
- D
- n, le rapport —du nombre de duites au nombre de fils.
- m, le rapport de l’armure croisé ou batavia — 4*
- Les lastings, les velours et les moleskines qui sont généralement destinés à la confection d’habillements pour hommes, sont épais et doivent être très solides. Dans les velours et les moleskines, c’est la trame qui fait l’effet et couvre complètement la chaîne ; on chasse dans ces tissus souvent au delà de ioo fils au i/4 de pouce et la chaîne est ordinairement en fils retors. Dans les lastings l’effet est produit par la chaîne ; ils s’emploient également pour habillements et sont teints et imprimés.
- Les articles }>iqné et brillanté se confondent quelquefois sous le nom générique de piqués, cependant la façon en est tout à fait, différente.
- On fait surtout les brillantés dans les comptes 60 et 70 P en chaîne n° 28 et 18, 20 et 24 fils au 1/4 de pouce en trame. Les brillantés forts se font en filés plus gros, en comptes moins réduits, mais assez fortement duités en trame iG à 20. Les brillantés fins se font en chaîne 5o avec 28 fils chaîne et 3o fils trame 5o ; c’est un article analogue à celui employé pour l’impression. Les piqués et brillantés sont destinés surtout à l’article layette et confection et se vendent exclusivement en blanc apprêté et souvent l'envers tiré à poil.
- Les articles légers, tels que mousselines, organdis, jaconas et
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- tarlatanes, se lissent d’habitude sur de petits métiers construits très légèrement et battant à une vitesse de ioo à i5o coups à la minute. Les articles mousselines se font en chaînes n° 60, 70 et 80. Trame de même numéros dans les duitages de 28, 29, 3o, 32 et34 fils, laize 3/4, 0,82 à o,85 centimètres de largeur.
- Les organdis tissés en chaîne n° 100, 110, 120, i3o, se font en 5o P, 55 P, Go P,03 P et 65 P, avec des trames nos joo, 110, 120, i3o et i5o, vitesse de n5 à 120 coups à la minute, duitages de i5, iG, 18, 20, 22 et 24 duites au 1/4 de pouce, laizes, 0,80 centimètres, 0,82 centimètres ou o,85 centimètres.
- Les jaconas en chaîne nos 30, 60, 65 ou 70 en 55 P, Go P, 62 P, G3 P, 64 P et 65 P (souvent même 67 P), trames nos 60, 70. 80, 90, 100, 110, duitages de 15, 16, 17, 18, 19 et 20 duites au 1/4 de pouce ; vitesse de 110 a 125 coups à la minute, laizes de 0,82 à 85 centimètres.
- Ces articles se font ainsi que les tarlatanes (genre de mousselines) pour l’industrie de la fleur, pour rideaux, confection pour dames, etc.
- Les nansoucks, cambrics, etc., se tissent en grandes laizes, dans les chaînes n°s 40, 5o, Go, 70, 76 et duitages de 20 à 32 duites en trames de mômes nos que Ja chaîne.
- Tissus pour impression.
- Les principaux articles, les plus courants pour l’impression sont les suivants :
- a) Les G8 portées 20 fils
- fi)
- c)
- d)
- e)
- 70 —
- 75 —
- 80 —
- 22/18 fils
- j calicots chaîne 27/29 trame 3G/38.
- 26 fils cretonnes chaîne 27/20 trame 36/38. 2G fils percales, chaîne 4o, trame 5o.
- | Jaconas, chaîne 60, trame 100.
- g) — 22/21, organdis, chaîne 120, trame i5o.
- h) Des brillantés 21/24. Chaîne 28, trame 37.
- i) — — 2G/3o. Chaîne 5o, trame 5o.
- b) Des satins 26/5o. Chaîne 60, trame 60.
- et certains articles modes ou façonnés variant d’année en
- /) — 22/20
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- Les façons qu’on paye sont variables, mais en moyenne on peut les estimer à :
- 7 à 7 1/2 centimes pour les sortes a)
- 8 à 8 1/2 - — — h)
- 10 — — — — c)
- 8 - - - e)
- 8 - - - - /)
- 12 à 15 — — —a)
- 10 à 11 — — — h)
- ï8 — — — — i)
- Satins et satinettes.
- Il y a quelques années que l’article satin ou satinette est en faveur auprès des imprimeurs. La composition même de ce tissu permet au moyen de l’apprèt, d’imiter des effets de soie ou de laine et d’offrir ainsi au commerce un article à effet et dont le prix de revient est à la portée de tout le monde. Nous ne reviendrons pas sur l’armure des salins, armure analysée et qui se subdivise en diverses séries, dont les principales sont les satins de 5, satins de 8 et satinsde 12 lames. Ces articles s’entendent pour satin par la trame, c’est-à-dire dont l’effet est produit par la trame seule pendant que la chaîne ne forme que canevas destiné à renforcer le tissu.
- On comprend aisément quel parti peut tirer l’imprimeur, d’un article dans lequel la trame seule est apparente et qui lissé avec des filés en matières soignées a du brillant en écru déjà. Les satins les plus courants se font en chaîne n° 27/29, trame n» 36/88 à 5 lames. D’aulres spécialement tissés pour impression, en chaînes n° 4-0, 5o, 60, ont des duitages de 80, 35, f\o et 5o fils au i/4 de pouce en trames n° 3o à 70. Ces tissus sont destinés aux articles de confections, robes, parasols, éventails. ; d’autres en filés plus gros, de chaîne 27/29, à chaîne l\o et de chaîne 14 à chaîne 20 avec des trames de mômes numéros servent aux articles d’ameublement. Quelques-uns de ces tissus se traitent en
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- teintes unies, sans impression et prennent alors les noms de failles, mi-laines, zanellas, satins glacés, satins moirés, etc., etc. L’avantage du tissu dont nous parlons est de se prêter par sa souplesse à tous les usages ; grâce à l’espèce de canevas formé par la chaîne, il peut être renforcé à volonté tout en conservant le brillant donné par la trame ; c’est un article agréable, chaud et souple et qui peut même se laver grâce à un apprêt spécial que lui donnent les imprimeurs.
- Il a complètement remplacé sur nos marchés l’article crêpe qui était il y a quelques années apprêté de la même façon.
- On fait des satins fins, genre organdis également à 5 ou 8 lames. Chaînes n° 100, 120, i3o. Trames 100, 110, 120, i3o. Duita-ges assez serrés et comptes de Go â 72 portées. Ces articles apprêtés comme les mousselines ou organdis ont également de l'avenir.
- Satins par la chaîne.
- Ces tissus employés pour ameublement,pour doublures oupour maroquinerie se tissent â rebours des satinettes ordinaires, c’est-â-dirc que l’effet se produit par la chaîne seule et que la trame n’a plus quele rôle secondaire de relier les fils de chaîne entre eux. Cet article doit donc être tissé en filés de choix pour la chaîne, tandis qu’il est inutile d’employer des trames trop belles. L’important pour bien réussir cet article est de rentrer les fils de chaînes par 3 fils en dent et de prendre des peignes à dentures fines, de manière que les fils de chaîne aient entre eux le moins d’écartement possible. Il faut donc avoir soin de faire lever le fil de trame qui forme le soubassement, au milieu d’une dent,ou pour nous expliquer plus clairement, il faut que si les fils 1, 2, 3, sont rentrés ensemble dans une même dent, la trame ne recouvre que le fil 2 et jamais les fils 1 et 3. Il est facile de s’arranger à ce que le travail ait lieu de cette manière et on évitera ainsi beaucoup d’inconvénients lors de l’apprêt du tissu. La chaîne seule faisant l’effet de satin est par suite de la composition de l’armure portée à se désunir, soit que les fils déchaînés étant mal rentrés dans les dents du peigne, tendent à s’écarter outre mesure, soit que la trame de numéro (rop faible par rapport à
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- celui de la chaîne ne soit pas assez forte pour i'elenir les fils de chaîne unis entre eux.
- La trame ne paraît que sur i fil de chaîne, tandis qu’il y en a toujours 4 complètement libres ; il faut, donc que le tisseur étudie à fond la relation qui doit exister entre la chaîne et la trame et qu’il règle son travail, de telle sorte que la trame ne puisse à l’apprêt se briser entre les fils de chaîne.
- Il est arrivé bien souvent que des tisseurs ont eu de sérieux désagréments avec leurs acheteurs et même souvent avec l’imprimeur ou le teinturier pour n’avoir pas observé la loi de la relation des numéros pour ces tissus satins par la chaîne. En général, quand un tissu est bien fait dans ces sortes, il faut p'ouvoirle tirer avec force dans tous les sens, sans que ni la chaîne ni la trame ne cèdent. Les salins par la chaîne se font dans toutes les laizes ; les sortes les plus courants sont :
- 3 fils en dent — chaîne et trame n° i!\
- 3 fils en dent — chaîne et trame n° 20
- — chaîne et trame n° 28
- G fils en dent — chaîne n° 3o/3a trame n° 20
- — chaîne n° 35 trame n° 3o
- — chaîne n° /|0 trame n° 3o
- — chaîne n° 5o trame n° /jo
- On rentre aussi par 5 fils en dent ; ce rentrage pour grandes laizes surtout est préférable à celui de G dents.
- J1 existe encore une sorte de satins, appelée satins pour parapluies, se lissant en fond à 5 ou 8 lames avec bande de sergé ou autre armure, en organsin, laine ou colon de gros n°. Ces gros tissus, faits en 3o, /jo et 5o centimètres de largeur, sont pourvus au milieu de lisières séparées par une dent vide. — On tisse deux pièces à la fois que l’on sépare ensuite en coupant lesillon formé au milieu du tissu parla dent laissée vide dans ce but.
- En général, l’apprêt ajouté à la teinture et à l’impression rendent chaque article propre à des emplois bien divers ; nous n’avons fait que donner quelques exemples des tissus et dénominations les plus courantes ; ces articles et dénominations varient à l’infini.
- L’impression a employé à diverses reprises différents tissus
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- dont voici les principaux, mais ils n’ont jamais été aussi courants que les sortes déjà indiquées.
- Les piqués, \
- Les mousselines de laine, l)ure lai,lc’ et chaîne coton’ lrame Les croisés, J laine mérinos Pei8'née'
- Bcirrèges. — Chaîne soie grège, trame laine mérinos.
- Barrèges anglais. — Chaîne coton retors, trame laine longue. Orléans. — Chaîne coton retors, trame laine longue.
- Beps. — Mi-laine, même composition.
- Cachemire d’Ecosse, pure laine mérinos.
- Ces tissus, excepté les mérinos, les Orléans et les mi-laine ont C>4 centimètres de largeur, les autres sont lissés sur 90 centimètres.
- La différence qui existe entre les fils déchaîné et de trame est ordinairement de 10 numéros pour les calicots destinés à l'impression. Cette différence augmente dans la proportion de la finesse des fils ; ainsi, si l’on emploie dans les chaînes n°s aff, 28 et 3o, de la trame 3G, 38 et/jo, on se servira pour les chaînes fines en 110 Go, 70, 80 et 90 de trames nos 80, 9!), 100, 110 et 120. Le nombre de fils en trame est, alors de 1,2, 3 et même de 8 et 10 plus élevé qu’en chaîne sur un quart de pouce. Ces différences de numéros et de duites donnent aux tissus parla torsion légère et le soyeux de la trame, une surface polie et une souplesse qui conviennent très bien pour recevoir les couleurs de l’impression.
- Pour les calicots destinés au blanc ou à la teinture, les cretonnes, les cotonnades ou toiles de ménage, on 11’observe pas ces proportions. Ces tissus sont, comme nous l’avons dit précédemment, le plus souvent carrés, c’est-à-dire qu’ils contiennent autant de fils en trame qu’en chaîne et qu’il y a peu ou point de différence entre les numéros de chaîne et de trame.
- Moyens graphiques de représenter les emplois de filés et les prix de revient pour différents tissus.
- Nous n’avons pas besoin de faire ressortir les avantages que présente la représentation par des courbes, des résultats de cer-
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- tains calculs, des prog-ressions déchiffré, des variations de toute nature.
- En mécanique, on représente ainsi les lois de mouvement ; journellement on en l'ait des applications nombreuses dans les observations météorologiques, dans la statistique, dans les chemins de fer, etc.
- Le premier avantage de l’emploi de celte méthode est la facilité qu’on a de juger d’un coup d’œil de l’ensemble de la série que l’on a établi ; le second est la promptitude avec laquelle on arrive à obtenir un grand nombre de résultats.
- M. Gustave Dollfus a fait une application intéressante des représentations graphiques aux divers calculs qui se présentent au tissage, tels que emplois de filés, prix de revient, etc, consignés dans une communication à la Société industrielle de Mulhouse. Les exemples suivants montreront la simplicité du procédé,et les nombreux cas dans lesquels il est susceptible d’être adopté.
- Emploi pour ioo mètres de différents nos de. trame pour différents (laitages.
- Sur une ligne horizontale, on porte des divisions égales représentant les divers duitages, chaque division représentant une duite. Sur les ordonnées élevées par les points de division, on porte les longueurs représentant les poids en kilogrammes de la trame nécessaire pour ioo mètres déterminés pour les différents duitages et pour différents numéros de trame, l’ordonnée étant divisée en parties égales dont une représente un kilogramme. Il suffira évidemment, pour chaque courbe, c’est-à-dire pour chaque numéro de trame et chaque largeur de tissu, de déterminer les emplois de trame de deux duitages différents, car les emplois étant proportionnels aux duitages, les lignes obtenues sont des lignes droites.
- Emploi pour 100 mètres de différents «os déchaîné pour différents nombre de portées.
- Comme dans le tableau précédent, on portera sur une ligne horizontale, des divisions égales représentant le nombre de fils
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- de chaîne au \/t\ de pouce, chaque division représentant un fil et le nombre des portées étant calculé par 90 centimètres de largeur.
- Sur les ordonnées élevées par les points de division, on porte les longueurs représentant à une échelle donnée, les poids en kilogramme déterminés pour différents nombres de portées et différents numéros de chaîne. Les lignes obtenues en joignant les points de division pour un même numéro de chaîne et différents nombres de portées sont, comme dans le cas précédent, des lignes droites..
- On peut de môme établir des tableaux pour les prix de revient des differents tissus, suivant les differents prix des cotons en laine ou en filés, pour les prix de façon, pour les productions moyennes par quinzaine ou par jour,etc., etc.
- Ces tableaux devront être établis pour chaque établissement, d’après les conditions de marche dans lesquelles se trouve rétablissement ; au surplus, ils donneront toujours plutôt desmoyennes que des indications exactement précises.
- Conditions de travail des ouvriers. — Œuvres d’assistance en cas de maladie, etc.
- Le personnel ouvrier dans l’industrie du tissage se trouve placé dans des conditions de travail plus favorables que celles d’un grand nombre d’autres industries, les unes plus pénibles, les autres plus malpropres, d’autres enfin, malheureusement malsaines ou nuisibles à la santé.
- Les pays qui se sont le plus signalés jusqu’à présent par leurs efforts et leurs œuvres en vue d’améliorer les conditions matérielles et morales du travail de l’ouvrier, son bien-être, la sécurité de son existence en cas d’incapacité du travail ou d’âge avancé, sont tout d’abord l’Angleterre, l’Alsace ensuite, puis l’Allemagne; la France n’arrive qu’en quatrième ligne. Les autres états ne suivent encore que de loin les progrès tentés et réalisés dans ce sens.
- En Angleterre, l’ouvrier tisseur ne travaille que dix heures par jour, avec arrêt du travail à onze heures, le samedi matin.
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- On sait que cette suspension du travail manufacturier et commercial est générale en Angleterre le samedi après-midi.
- En Alsace et dans toute l’Allemagne, les ouvrières ne peuvent pas travailler plus de io heures par jour; les hommes pendant ii heures, et les enfants au-dessous de iG ans, 8 heures seulement. Les samedis, l’arrêt a lieu à 5 heures du soir ; il est accordé une demi-heure en plus pour le nettoyage. Le travail du dimanche est formellement interdit, ainsi que le travail de nuit pour toutes les industries textiles. Les veilles de jours fériés l’arrêt a lieu également à 5 heures du soir, les lendemains de certains jours de fêtes légales sont fériés également.
- Un fait digne de remarque à signaler en faveur de la généralisation de ces mesures, et qu’une des maisons les plus importantes d’Alsace signalait déjà, il y a un certain nombre d’années, après en avoir pris l’initiative, c’est que la production brute par métier n’a pas diminué malgré la réduction des heures de travail et de marche des usines. Le bon état de santé des ouvriers et leur aptitude au travail, s’en sont ressentis également d’une manière avantageuse.
- On sait l’opposition générale résultant surtout de difficultés pratiques d’application, qu’a rencontré en France la mise en vigueur de la loi du 2 novembre 1892 ; elle a été telle que la journée de travail de 11 heures est encore actuellement généralement tolérée; un nouveau projet est en discussion en vue d’une unification de la durée des heures de travail pour tout le personnel ouvrier sans distinction d’àge ni de sexe ; son adoption rallierait, pensons-nous, la majorité des chefs d’industries.
- Les caisses de secours aux malades et d’assurances en cas d’incapacité de travail sont obligatoires en Alsace, en Allemagne, en Angleterre et sont à la veille de l’être en France.
- Les caisses d’assistance en cas d’invalidité, particulières à l’Allemagne, procurent une pension aux ouvriers qui arrivés à l’âge de 70 ans, travaillent encore. Cette pension est indépendante des secours auxquels ils peuvent avoir droit de recevoir des autres caisses spéciales en cas de maladie ou d’incapacité. — Les caisses de secours aux malades défrayent l’ouvrier des frais de médecin, de pharmacien, d’hôpital pendant i3 semaines, et lui délivrent pendant toute la durée de la maladie la moitié de son salaire
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- quotidien. En cas de décès, les frais d’inhumation sont également payés par la caisse et la famille du décédé reçoit une indemnité égale à io fois le salaire journalier de l’assuré. — Les fonds de ces caisses sont constitués : deux liers par les chefs d’établissement, suivant un tarif spécial ; l’autre tiers est retenu aux ouvriers sur le montant de leurs gains.
- On n’ignore pas ce qu’ont fait en France un grand nombre d’industriels, dans cet ordre d’idées. Inspirés seulement parleurs sentiments philanthropiques, par le souci de ne passe désintéresser du sort et du bien-être de leurs employés au dehors de l’usine, ils se sont signalés par des créations et des fondations auxquelles ils contribuent pour une large part et qui assurent aux ouvriers, l’assistance en cas de maladie, la facilité de se procurer tout ce qui est nécessaire à la vie, et de se loger à des conditions de prix aussi réduites que possibles, de devenir propriétaires de leurs habitations. — D’autres œuvres encouragent et rémunèrent l’épargne et constituent une retraite pour les vieux jours, etc.
- Ces diverses institutions organisées suivant les idées particulières de chacun, quoique concourant au même but, sont trop différentes dans leurs détails d’applications pour qu’il soit opportun d’en aborder l’examen; un grand nombre d’ailleurs sont connues, et une telle étude dépasserait notre but.
- Dans d’autres établissements, des Compagnies privées, d’Àssu-rances contre les risques les plus divers, cl de Prévoyance, pour la plupart très sérieuses et solides coopèrent à l’action des patrons et moyennant une prime à taux fixe, proportionnée au montant annuel des salaires payés, garantissent ceux-ci contre tout recours ou responsabilité, en même temps qu’elles assurent tous les secours à l’ouvrier arrêté dans son travail ; ces combinaisons pratiques semblent réaliser assez convenablement le but poursuivi et reconnu par tous indispensable à atteindre; elles évitent du moins aux chefs d’établissements industriels de se voir placés en permanence sous le coup des aléas onéreux toujours menaçants qui se remarquent dans le projet sur le point d’être voté par le législateur. Il semble permis de croire qu’il suffirait d’étendre un peu ces combinaisons et de les rendre obligatoires dans une certaine mesure pour donner satisfaction aux patrons comme aux ouvriers, sans exiger la constitution d’un surcroit
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- de capitaux, charge bien lourde dans les conditions actuelles de l’industrie, qui ne sera pas possible pour tous.
- Nous avons pu signaler de sérieux progrès et des innovations importantes réalisés dans l’industrie du lissage mécanique, dans le cours de ces dernières années. Nous ne doutons pas qu’un avenir peu éloigné nous permette d’en constater de nouveaux non moins appréciables. Aidé par le goût sûr et le génie inventif d’artistes novateurs, on a pu voir produire à l’aide et par la combinaison des textiles les plus divers, coton, laine, soie, lin, jute, ramie, etc., etc., les tissus les plus compliqués, les plus curieux et les plus beaux à la fois. Il n’est pas jusqu’au verre qui n’ait été en quelque sorte asservi et assoupli sur le métier à tisser. Le fil de verre étiré au chalumeau est converti en bobines de trame; lissé ainsi avec une chaîne de soie, cette alliance du verre et de la soie produit les effets les plus heureux pour la confection de tissus élégants propres à faire des robes de soirée, des décorations d’ameublement, ombrelles, cravates, etc.
- On est en droit d’attendre surtout beaucoup d’une application rationnelle plus étendue de l’électricité à l’industrie du tissage; sous ce rapport, nous serions appelés à assister à un renouvellement ou une transformation à peu près complète des machines et agents de transmission généralement adoptés jusqu’à ce jour ; dans un certain nombre d’établissements déjà, la force motrice principale est due à l’électricité, dans d’autres, chaque métier est actionné isolément par une petite dynamo spéciale indépendante. On conçoit l’avantage énorme qui pourra résulter de l’adoption d’une installation de ce genre — par la suppression de tous arbres de transmission, courroies, poulies, etc. — Il y a, dans cette utilisation de forces naturelles négligées en raison de leur éloignement des centres industriels,leur transformation en travail mécanique à distance, et leur dissémination facultative, une question qui fait l’objet des études de spécialistes et qui sera certainement résolue avec succès.
- Ce sont ces considérations qui nous ont engagé à terminer notre ouvrage sur le Tissage par quelques définitions et données sur l'Electricité, accompagnées d’indications théoriques condensées, sur le transport à distance des forces motrices.
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- DÉSIGNATION des quantités électriques. C/2 W J C G S c/i UNITÉS RELATIONS
- Force électromotrice, ou tension, ou
- différence de potentiel (pression)... E Volt I T E
- Intensité de courant ou courant (débit). I Ampère I =: -R
- Résistance (frottement, perte de charge). R Ohm (loi de ohm)
- Quantité Q Coulomb (ampère-seconde) i ampère heure — 3Goo coulombs
- Capacité c Farad Un condensateur de i farad, chargé à la tension de i volt, renferme une quantité d’électricité égale à i coulomb.
- Travail T Joule (volt-coulomb) T — OE ; i joule zz kilogrammètre 9.81
- Puissance W Watt (volt-ampère) j WzzIE: 1 watt — killrppar seconde 9.81 1 watt zz — cheval-vapeur. 736 1000 watt zz 1 kilowatt ou Poncelet — zz i35q ch.
- - 1/0 Z
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- Notes, formules et données usuelles sur l’électricité dynamique et le transport de la force par l’électricité.
- Dans les tissages, comme dans le plus grand nombre des établissements industriels, on tend de plus en plus à remplacer l’éclairage au gaz par l’éclairage électrique, les deux systèmes à arc et à incandescence sont également en faveur, soit employés seuls soit concurremment l’un avec l’autre. Dans les deux cas, les tensions employées sont généralement de iio ou 120 volts ; les lampes à incandescence, de 16 bougies, et les lampes à arc, de 4 à 6 ampères (ces dernières d’une puissance de 3oo bougies). Le tableau de distribution du courant dans les différentes lignes, ainsi que la machine dynamo sont généralement placés dans un local spécial, et à portée du mécanicien. La machine dynamo est actionnée par moteur spécial et peut au besoin, être reliée au moteur principal, pour éviter les inconvénients résultant d’un arrêt accidentel ; plus généralement, par mesure d’économie, la dynamo est reliée par manchon d’embrayage au grand moteur.
- Pour avoir approximativement la force nécessaire à un éclairage électrique, il suffit de multiplier les volts par le nombre total des ampères et de diviser le produit par 5oo.
- VI
- N =-----
- 5oo
- Pour l’éclairage à arc, on emploie l’arc direct entouré d’un globe en opale ou l’arc renversé, agissant par réflexion ; ce dernier système exige des lampes un peu plus forles etpar suite plus de force motrice.
- Dans une installation d‘éclaix*age électrique, il faut veiller à ce que les fils soient bien isolés et les coupe-circuits bien visibles et bien accessibles.
- Principes fondamentaux.
- Le principe du transport de la force par l’électricité repose sur les phénomènes d’induction magnétique découverts par Faraday Dupont. — Tissage. i$
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- en 1831. C'est, en vertu de ces phénomènes que l’énergie mécanique peul se transformer en énergie électrique, et, inversement,. IJ nous est impossible de comprendre commentccttctransformation s’opère; mais nous pouvons nous en faire une image parlant aux yeux parla conception des lignes de force magnétiques ; l’existence réelle de ces lignes n’est nullement démontrée ; mais leur conception s’harmonise avec l’expérience, et, de plus, elle permet de déduire, des conséquences nouvelles découlant, des faits observés.
- Les lignes de force se forment près des aimants et autour des conducteurs électriques. Elles se manifestent sur une feuille de papier étendue au-dessus d’un aimant et qu’on saupoudre de limaille de fer; les particules de fer se disposent en courbes que
- magnétiques ; leur ensemble s’appelle fanlô-memagnétique (fig.ôo). Chaque ligne forme une courbe fermée, qui part de l’un des pôles et, va rejoindre l’autre pôle. Théoriquement les lignes s’étendent jusqu’il l’infini ; en pratique, on appelle la zone dans laquelle leur influence se fait sentir champ magnétique (fig. 5i).
- Si Ton suspend verticalement au-dessus de l’aimant une longue aiguille aimantée, on voit que son extrémité inférieure est repoussée par l’un des pôles et attiré par l’autre et que son extrémité se meut suivant une, ligne de force. Si l’on remplace, cette aiguille aimantée par une autre plus
- nous admettons être les lignes de force
- Fig. 5o.
- Champ magnétique d’un aimant.
- Fig. 5i.
- Lignes de force d’un barreau aimanté.
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- courte suspendue horizontalement en son milieu à la surface du papier, on voit qu’elle se place de façon à être tangente à la ligne de force qui passe par son centre.
- Pour exprimer l’intensité d’un champ magnétique, on admet que toutes les lignes de force aient la même intensité, mais que leur nombre par unité de surface varie ; l’intensité s’exprime donc par le nombre d’unités de lignes.
- Considérons à présent un fil métallique traversé par un courant électrique ; passons ce fil dans une feuille de papier et saupou-drons-la de limaille de fer ; nous voyons la limaille se disposer en cercles concentriques autour de la section droite du fil (fig. 62).
- Le fil est environné dans toute sa longueur de lignes de forces circulaires ou, comme on dit, d’un tourbillon magnétique. Une longue aiguille aimantée suspendue au-dessus de la feuille a
- une tendance à tourner autour du fil ; elle suit les lignes de force, et par conséquent à angle droit avec, le fil.
- Si, au lieu d’un fil droit, nous prenons un fil courbé, une boucle (fig-. 53), et si l’on place le petit aimant au milieu, on obtiendra une action beaucoup plus intense, et l’aiguille aimantée se mettra à Fig- 52- angle droit avec le plan
- Champ magnétique d’un courantélectrique. {je'j.l ]J0ucie_
- Une grande partie de l’énergie, qu’on est convenu d’appeler courant électrique dans un fil, consiste donc à entretenir ces tourbillons magnétiques ; ce sont ces tourbillons qui agissent sur l’aimant et tendent à le mettre à angle droit avec le fil conducteur.
- Considérons maintenant un simple fil conducteur et introdui-sons-le dans le ch smp de force magnétique d’un aimant, de façon à couper les lignes de forcedu champ. Ces lignes dévelop-
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- Fig. 53.
- Ligne de force autour d’une spire circulaire parcourue par un courant.
- pe.ront momentanément autour du fil des tourbillons magnétiques, et si l’on relie ses deux extrémités à un galvanomètre sensible, on observera que les tourbillons donnent naissance à un courant électrique momentané dans le fil ; le g-alvanomctre indique que ce courant se forme aussi longtemps qu’on approche le fil de l’aimant en coupant les. lignes de force ; et lorsqu’on éloigne le fil, il s’y produit un courant en sens inverse. Il en serait de môme si, au lieu de plonger le fil dans un champ magnétique, nous l’approchions d’un conducteur parcouru par un courant et, par suite, entouré d’un tourbillon de lignes de forces.
- Il est évident que les mômes phénomènes s’observeraient si, le fil restant immobile, on en approchait l’aimant ou le fil parcouru par un courant.
- Ces phénomènes ont reçu le nom de phénomènes (Vinduction. Nous observons, au moyen du galvanomètre, que le courant qui se développe, ou courant induit, est à la fois perpendiculaire au sens du mouvement et à la direction des lignes de force, et qu’il vient toujours de la droite des lignes de force vues du point d’où part, le mouvement du fil. (La direction se détermine, d’ailleurs, par la conception bien connue du nageur ou bonhomme d'Ampère.)
- Nous constatons, en outre, que l’intensité du courant et, par suite, la grandeur de la force électromotrice qui lui donne naissance sont directement proportionnelles à la vitesse du mouvement et au nombre de lignes de force que coupe le fil par seconde, c’est-à-dire à l’intensité du champ magnétique dans le cas d’un aimant, et à l’intensité du courant dans le cas d’un fil conducteur.
- Si, au lieu de prendre un fil droit, nous l’enroulons sur lui-même, de manière à constituer une bobine et à faire couper les lignes de force du champ par chaque spire de la bobine, l’intensité du courant augmente évidemment, et nous constatons
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- qu’elle est aussi proportionnelle au nombre de tours de fil dont se compose la bobine.
- Enfin, nous observons un fait très important : Lorsqu’on introduit le fil ou la bobine dans le champ de force, on ne se trouve pas dans les mêmes conditions que lorsqu’on meut ce fil ou cette bobine n’importe où dans l’espace ; on éprouve une résistance qui nécessite une dépense d’énergie mécanique et cette dépense est proportionnelle au produit de l’intensité du courant induit par sa force électromotrice. Cette résistance et l’effort qu’il faut développer pour la vaincre sont d’autant plus considérables que la résistance électrique de la bobine est plus faible, toutes choses égales d’ailleurs ; et il va sans dire que si le circuit est ouvert de telle sorte qu’aucun courant ne peut y passer, aucune force ne s’opposera au mouvement du fil.
- Une autre conséquence de la présence des tourbillons magnétiques autour d’un conducteur traversé par un courant, c’est que si l’on enroule un de ces conducteurs en spirale, il se comporte comme un aimant ; c’est ce qu’on appelle un solénoïde (fig. 54)
- Un solénoïde se comporte comme les aimants ; il est attiré ou repoussé par eux ou par d’autres solénoïdes. Si l’on y introduit un barreau de fer, il s’aimante, et on a ainsi un électro-aimant. Le barreau de fer augmente en outre l’action magnétique aux extrémités ; il redresse les lignes de force ou tourbillons formés près de chaque spire du conducteur et en fait passer un plus grand nombre par les extrémités du solénoïde. Cela tient à ce que le fer présente environ sept cents fois moins de résistance au passage de lignes de force que l’air, et que, par suite, il attire vers lui les lignes qui se fermeraient à l’intérieur des fils.
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- Machine à courants alternatifs.
- Nous possédons mainlemant les éléments pour constituer une machine électrique.
- Voici un tracé représentant une machine idéale de ce genre (fig. 55) N et S sont les deux extrémités ou pôles d’un aimant ou d’un électro-aimant ; ces extrémités sont alésées de manière à former une cavité cylindrique, dans l’intérieur de laquelle on peut faire tourner une spire unique de fil. L’une de ses extrémités est reliée à l’axe Machine idéale à conra,ll& alternatifs, de rotation, l’autre à un manchon métallique qui est isolé de l’axe ; des ressorts de contact ou balais s’appuient l’un sur ce manchon et l’autre sur l’axe et permettent de recueillir le courant. Les lignes de force traversent horizontalement de N en S la cavité cylindrique; pendant chaque révolution, le fil les coupe deux fois. Dans la position représentée, c’est-à-dire la manivelle étant horizontale, le fil coupe les lignes de force avec la vitesse maxima ; la force électromotrice induite est donc maxima. Lorsque la manivelle est verticale, le fil se meut parallèlement aux lignes de force, il n’en coupe aucune ; donc aucun courant ne s’y développe ; puis, la manivelle redevenant horizontale, mais dirigée vers N, le taux des lignes de force coupées et la force électromotrice passent de nouveau par un maximum ; seulement les lignes étant coupées en sens contraire, le courant qui prend naissance est de sens contraire à ce qu’il était auparavant.
- Ainsi, pour les quatres positions de la manivelle, le courant passe successivement par un maximum d’un certain signe, puis par zéro, puis par un maximum du signe contraire, puis encore par zéro*
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- Si l’on f.nil, tourner la manivelle dans le sens de la flèche, le courant sortira de la machine par le balai BJ5 pour y rentrer par Bâ pendant tout le temps où la manivelle se trouve à droite du diamètre vertical ; il s’écoulera, au contraire, par Bâ pour rentrer par Bj, pendant le temps où la manivelle sera à gauche du diamètre vertical. Pour chaque révolution de la manivelle, nous aurons donc un courant dans un sens, puis un courant en sens contraire : la machine est à courants alternatifs.
- Machine à courant continu.
- Pour redresser ces courants, de manière à ce qu’ils soient dirigés dans le meme sens, il nous faut adopter le dispositif suivant (fig-, 50) : au lieu de relier le fil à l’axe, faisons-lui traverser cet axe en l’isolant, de façon à constituer une spire rectangulaire, dont les extrémités sont reliées aux deux moitiés d’un cylindre métallique fixé sur un àme en bois.
- En faisant mouvoir cette spire dans le sens de la flèche, il se développera en ah un courant, de a vers h ; et en cd un courant de d vers c ; les deux courants sont donc dirigés dans le môme sens lorsqu’ils parcourent la spire. Pendant que la manivelle continue à tourner, le courant décroît et devient égal a zéro pour la position verticale; à ce moment, les balais touchent en même temps les deux moitiés du cylindre métallique ou commutateur et, un instant après, les connexions se renversent, : le balai B» touche alors le demi-cylindre f et le balai Bj? le demi-cylindre g ; mais en même temps, le sens de la force électromotrice a changé dans les deux fils, le fil cd pénétrant dans le coté droit du champ magnétique et le fil ah dans le côté gauche. Le courant extérieur circule donc dans le même sfeils que
- Fig. 56
- Machine idéale à courant continu.
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- précédemment et va en croissant de zéro à un maximum qu’il atteint quand la manivelle se trouve dans sa position horizontale.
- Il est évident que, pour augmenter la puissance de la machine, on peut remplacer le fil rectangulaire unique par une bobine formée d’un grand nombre de spires isolées les unes des autres (fig. 67). Une pareille bobine ou une combinaison de plusieurs bobines se nomme armature.
- Dans une pareille armature, les lignes de forces qui passent entre les deux pôles N et S ont à franchir une couche d’air considérable ; on facilitera le passage de ces lignes et on augmentera
- l’intensité du champ dans lequel se meut l’armature en remplissant avec du fer une partie de l’espace qui sépare les pièces polaires ; l’espace qui convient le mieux est évidemment celui qui est circonscrit par les spires de l’armature ; en d’autres termes, pour
- Fig. 57
- augmenter la puissance de la machine, il faut enrouler les spires de l’armature sur un noyau de fer.
- Une des premières dynamos construites sur ce principe est celle de Siemens, imaginée en i855
- et munie de l’armature dite en forme de navette (fig. 58). Le noyau a une section en forme de double T, le fil étant logé dans les rainures.
- Nous avons vu qu’un pareil induit Drésente deux ooints morts ; on
- Fig. 58
- courant. Les courants produits par les deux bobines s’additionnent à chaque instant.
- On peut de même admettre six ou huit ou un nombre pair de
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- bobines, cl plus leur nombre sera grand, plus la force électromotrice et le courant approcheront de. la constance.
- Anneau Gramme.
- Armature en anneau sections.
- quatre
- Mais on peut aussi disposer les spires du fil sur un anneau continu, comme l’indique la ligure fu), où l’on a placé quatre bobines sur un anneau. On peut, disposer ainsi un nombre quelconque de bobines sur un anneau ; ce genre d’armature est celui de Paccinotti ou Gramme ; sa forme la plus courante est représentée figure Go : une hélice continue de fil est enroulée sur l’anneau, et, certains points de l’hélice sont reliés aux lames du commutateur; les balais Lq et servent de liaison entre l’armature et, le circuit extérieur. Les lignes transversales représentent les lignes de force ; s’il n’y avait pas d’anneau, ces lignes passeraient directement de pôle a pôle ; le fer de l’anneau a pour effet de modifier leur allure, elles suivent la voie où elles rencontrent la moindre résistance, c’est-à-dire elles passent le plus longtemps possible dans le fer et ne s’échappent dans l’air qu’à la circonférence extérieure de l’anneau. L’espace central est, par suite, presque entièrement dépourvu de lignes de force.
- D’après ce que nous avons vu à propos de la machine à courant continu idéale à un L'g- Go
- fil, il est facile de se rendre Armature en anneau de Paccinotti et compte du sens des forces de Gramme (aaneaa de famine), électromotrices dans les fils entourant l’anneau Gramme. Le sens
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- des courants déterminés par ces forces élcctromotriccs est indiqué par des flèches. Les fils 1 et 7, qui, pour l'instant, se meuvent parallèlement aux lignes de force, 11e sont le siège d’aucune force élcctromotricc, tandis que, dans les fils 4 et 10, qui se déplacent perpendiculairement, à ces lignes, la force électromotrice est maxima. Par suite de la continuité de l’hélice qui enveloppe l’anneau, les forces élcctromotriccs dans les fils 2, 3, 4, h et G s’ajoutent les unes aux autres, et il en est de même de celles des fils 12, 11, 10, 9 et 8, les deux circuits se trouvant à chaque instant reliés parallèlement. Le courant pénètre dans l’induit par le balai B2 ou balai négatif; là il se partage entre les deux circuits parallèles qui se réunissent de nouveau au balai B1? au balai positif, pour se rendre dans le circuit extérieur.
- On obtient une image exacte de ce qui se passe dans une armature à anneau en représentant chaque spire ou bobine par une pile, dont la grandeur serait proportionnelle au courant et à la force électromotrice de la bobine ; on obtiendrait alors une couronne de piles montées comme l’indique la figure Ci.
- Fig. Oi
- Couronne de piles représentant, l’induction successive dans l’enroulement de l’anneau Gramme.
- Fig. 62
- Si, au lieu de relier les spires de l’hélice au commutateur, nous en réunissons les deux extrémités à deux bagues isolées l’une de, l’autre, nous nous trouvons dans les conditions de la machine à courants alternatifs (fîg. (>2). Une pareille machine a été construite par
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- Gramme, qui a laissé l’armature fixe cl, qui a rendu mobiles les électro-aimants disposés à l’intérieur de l’anneau.
- En reliant l’hélice d’un anneau Gramme ordinaire à courant continu en deux points diamétralement opposés avec deux bagues métalliques isolées l’une de l’autre (fig. G3), on peut aussi recueillir des courants alternatifs sur ces bagues.
- Dans la position représentée sur la figure 03, les spires ABC se trouvent toutes induites dans le meme sens, et il en est de même des spires ADC qui sont reliés parallèlement aux spires ABC ; dans cette même position, le courant est maximum ; la machine continuant à tourner, une partie des spires de ABC viennent s’engager dans le coté droit du champ magnétique et se trouvent induites en sens contraire, et il en est de même d’une partie des spires CDA ; donc le courant extérieur diminue et devient nul au moment où les points A et C viennent couper le diamètre horizontal, c’est-à-dire après une rotation de 90 degrés. Après cet instant, le courant change de sens, il devient maximum lorsque toute la partie ABC de l’anneau est située à droite du diamètre vertical, puis repasse par zéro pour changer à nouveau de signe. De même que dans la machine idéale représentée figure 55, on obtient, pour chaque révolution de la machine, deux courants en sens contraires.
- Supposons qu’on dispose une machine à courant continu, de manière à ce que, d’un coté de l’anneau, les spires soient reliées à un commutateur comme dans la figure Go, et que, de l’autre côté, le fil soit relié à deux bagues concentriques comme dans la figure G3, on pourra, dans ces conditions, recueillir à volonté du courant continu et des courants alternatifs.
- Fig.03
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- Heversibilité des dynamos.
- Jusqu’à présent,, nous n’avons parlé que de machines productrices d’électricité. Mais si nous nous reporlons au principe électro-dynamique que nous avons expliqué au moyen de la conception des lignes de force, nous constatons que, puisque nous éprouvons une certaine résistance en introduisant un fil conducteur traversé par un courant dans un champ magnétique, inversement, un pareil fil, suspendu librement, sera repoussé dans le champ par une force égale à celle que nous avons dù développer auparavant. Si donc on lance dans une dynamo un courant égal à chaque instant à celui qu’elle développerait à uue certaine vitesse, elle se mettra à tourner en sens inverse à cette même vitesse. Toute dynamo est théoriquement susceptible de fonctionner comme moteur et les termes machine dynamo et moteur électrique peuvent être employés l’un pour l’autre.
- Mais l’expérience a prouvé qu’en dépit de cette réversibilité, la meilleure dynamo ne constitue pas toujours le meilleur moteur et que certains détails doivent être modifiés selon l’usage auquel la machine est destinée. La position des balais sur le commutateur, notamment, n’est pas la même pour les deux genres de machines. Si nous nous reportons au schéma de l’anneau Gramme (fig. 60), nous voyons que le balai, lorsqu’il touche simultanément deux lames du commutateur, établit une connexion directe, un court-circuit, entre les deux extrémités de la spire qui aboutit à ces deux lames ; si cette spire se trouve, à ce moment, dans le diamètre neutre, elle ne coupe pas de lignes de force, donc elle n’est le siège d’aucun courant et ce court-circuit est inoffensif; mais il se trouve que le diamètre neutre ne coïncide pas avec la ligne neutre géométrique qui est le diamètre vertical ; il est situé en avant dans les machines génératrices ; on n’est pas d’accord sur les causes de ce phénomène ; on l’a attribué à une certaine paresse du noyau à l’aimantation et à la désaimantation ; mais cette hypothèse est de nouveau abandonnée. La meilleure position des balais, c’est-à-dire le meilleur angle de calage des balais, se déterminé toujours expérimentalement. Cet angle est en avance sur la ligne neutre géométrique dans les dynamos et en arrière de cette ligne dans les moteurs. Si une dynamo doit
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- servir de moteur, il faut donc caler les balais en arrière de'la- ligne neutre.
- D’autres propriétés encore distinguent les dynamos des mo--teurs, notamment en ce qui concerne la forme et l’enroulement des inducteurs. Quoiqu’on puisse toujours employer une dynamo génératrice comme réceptrice, il vaudra mieux faire une distinction entre les deux et n’employer comme motrices que des machines spécialement construites dans ce but.
- En ce qui concerne les induits, on en distingue de trois espèces : i° le tambour ou cylindre, dont l’enroulement repose sur le principe de la navette de Siemens ; 20 Vanneau, qui fait l’objet de l’enroulement de Paceinotti ou Gramme ; 3° le disque, qui est aussi roulé suivant le principe de Gramme, mais qui est placé perpendiculairement au plan que celui-ci occupe dans une machine.
- Quant aux inducteurs, ils ont toujours la forme d’un fer à cheval, de manière à amener dans le champ les deux pôles de l’aimant. On distingue les inducteurs simples, doubles et multiples.
- Modes d’excitation.
- Une question très importante est celle du mode d’excitation des électro-aimants. Paceinotti excitait les inducteurs de sa machine à l’aide d’une pile électrique. L’idée de prendre le courant lui-même ou une partie du courant formé par la machine date de i8G7 et a été émise simultanément par Siemens, Wheatstone et Varley.Cependant,pour de grandes installations, on est de nouveau revenu depuis au système d’excitation séparée, au moyen d’une dynamo spéciale ; pour les machines à courants alternatifs, cette excitation séparée est indispensable.
- On distingue donc, en général, outre l’excitation séparée (fig. 04)5 trois mo des d’excitation :
- Dupoxt. — Tissage.
- Fig. 04.
- Excitation séparée.
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- ift Excitation on circuit ou on série (fig\ 05). Dons ocs machines, tout le courant passe par les inducteurs. Tout accroissement de résistance dans le circuit d’une pareille machine produit une réduction du courant, et, pur suite, une diminution de la puissance de hi machine. Si, au contraire, la résistance diminue, le courant d’excitation augmente, et, par suite, la force cl cctrom o I ri ce éga 1 emen I.
- 2° Excitation en dérivation ou shunt (lig. 05). Le fil des électro-aimants est pris en dérivation sur le circuit extérieur. Le nombre de spires de cette dérivation et le diamètre du fi 1 dépendent de l’intensité du champ. Si la résistance dans le circuit extérieur augmente, il en résulte qu’une plus grande partie du courant passe par la dérivation ; l’intensité du champ magnétique est donc augmentée et, par suite, la force éleetromolrice aussi. Par contre, la machine est plus sensible aux variations de vitesse, par suite de l’induction du 111 en dérivation sur lui-même, ou, comme on dit, de la self-induction. La self-induction d’un courant est un effet analogue à l’inertie. De même qu’un volant, une foismis en marche, tend à continuer son mouvement quand la cause qui l’a déterminé cesse d’agir, de même un courant circulant autour d’une bobine tend à s’écouler même après la rupture de toute connexion avec la source dont il émane. Comme dans les dynamos shunt, la dérivation se compose d’un grand nombre de spires, la self-induction dans cette dérivation est plus grande que dans le circuit extérieur. Une variation (le vitesse de la machine affectera donc le courant dan:; le circuit principal
- Fig. Go.
- Excitation en circuit ou en série.
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- plus que dans la dérivation, c’est-à-dire que la machine ne donne pas un courant constant pour une vitesse variable.
- 3° Excitation simultanée en circuit et en dérivation, ou enroulement componnd (fig. G7). L’enroulement comprend un grand nombre de spires d’un fil fin prison dérivation sur les balais, et un petit nombre de spires d’un fil gros, monté en série avec le circuit extérieur. On voit immédiatement que cette combinaison réunit les qualités des deux autres systèmes sans en présenter les défauts. Si la résistance de la ligne augmente, la dérivation augmente l’intensité du champ magnétique ; si la vitesse de la machine varie, l’enroulement en série Excitation en circuit et en rendra moins sensibles les effets de la dérivation (Compound). self-induction due à la dérivation.
- D’autres combinaisons sont encore employées ; on peut construire des dynamos en série, avee excitation partielle séparée, et des dynamos en dérivation, avec excitation partielle séparée. Suivant les besoins de la ligne, les machines doivent être construites d’après l’un de ces systèmes, de manière à obtenir, pour les génératrices, un courant constamment suffisant pour les besoins. de la distribution, et pour les réceptrices ou moteurs une vitesse constante pour les charges variables qu’on leur impose.
- Machines à courants polyphasés ; champs magnétiques tournants.
- Les machines à courants polyphasés sont de date toute récente; pour expliquer leur mode de fonctionnement, il nous faut remonter à une expérience très ancienne, connue sous le nom d'expérience du disque d’Arago. En 1824, Gambey observa que, si l’on fait tourner rapidement une aiguille aimantée autour de son
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- Fig. 08
- Disque d’Arago.
- pivot et qu’on l’abonne ensuite à elle-même, cette aiguille s’arrête rapidement lorsqu’on en approche une masse de cuivre.
- Arago renversa l’expérience ; il se servit d’un disque en cuivre qu’il fit tourner au-dessous d’une aiguille aimantée — séparée du disque par une plaque de verre, afin d’empêcher que les courants d’air n’agissent sur l’aiguille (fig. 68) — et observa que l’aiguille se met à tourner dans le même sens que le disque.
- Voici l’explication du phénomène, d’après Arago : Le disque, en passant sous les pôles de l’aimant, devient le siège d’un système très compliqué de forces électromotrices qui donnent naissance à des courants ; certains de ces courants traversent les lignes de force émanant de l’aimant, et il se produit ainsi des forces qui provoquent la rotation. Il existe entre l’aiguille et le disque une sorte de frottement électro-magnétique, grâce auquel l’aimant est entraîné par le disque; il est donc évident qu’on peut faire tourner soit le disque, soit l’aimant, et entraîner celui des deux qui est au repos. Seulement, si l’on veut produire l’entraînement du disque par l’aimant, c’est-à-dire renverser le dispositif d’Arago, il faut prendre un aimant puissant; dans ces conditions, on peut recueillir de l’énergie mécanique sur le disque en mouvement.
- On ne possède pas de données précises sur la nature des courants qui prennent naissance dans le disque ; mais on a reconnu que, seuls, les courants dirigés suivant des rayons ou les composantes radiales des courants produisent des forces mécaniques. Pour produire un entrainement efficace, il faut par conséquent remplacer le disque continu par un système de conducteurs disposés de façon à forcer les courants à suivre une direction radiale, comme il est indiqué dans la figure Gg. Le disque se trouve ainsi substitué par une véritable armature de
- Fig. Gg
- Expérience du disque d’A-rago au moyen d’une armature.
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- fils fermés sur eux-mêmes, l’aimant droit étant remplacé par un aimant en fer à cheval dont les deux pôles entourent l’armature.
- Supposons l’aimant et l’armature montés sur des axes indépendants ; si l’on fait tourner l’aimant, on peut recueillir sur l’armature, qui se trouve entraînée, une partie de l’énergie dépensée ; de même on peut faire tourner l’armature et se servir de l’aimant comme récepteur.
- Un pareil système peut donc servir à transmettre de l’énergie, seulement la distance est nulle. C’est grâce à la découverte des courants alternatifs polyphasés, produisant des champs magnétiques tournants, qu’on est parvenu à séparer le système en deux parties, à placer l’aimant dans un endroit et l’armature à plusieurs kilomètres de là.
- Cette découverte est due au professeur Fcrraris, qui la communiqua, en mars 1888, à l’Académie de Turin. Voici la teneur succincte de cette communication : Soient deux circuits parcourus par des courants alternatifs de môme période, mais de phases différentes, c’est-à-dire tels que si, par exemple, le courant de l’un des circuits est maximum, celui de l’autre est nul, et réciproquement. Supposons que les deux circuits soient constitués par deux bobines à angle droit AaaaA' et BbbbB' (fig. 70) et qu’un cylindre en cuivre C, suspendu librement à un fil, occupe le milieu des deux bobines (c’est-à-dire que Taxe du cylindre coïncide avec la ligne d’intersection des plans moyens des circuits). Les courants AA' et BB' produiront, un champ magnétique qui n’est jamais égal à zéro et qui tourne autour de Taxe 00 ; ces courants remplacent donc l’aimant de la figure 69. Le cylindre C devient le siège des courants pareils à ceux du disque d’Arago et tourne dans le même sens que le champ magnétique. M. Ferraris ajoute que l’expérience réussit aussi
- avec un cylindre en fer formé de Expérience d^u professeur Fer- disques cn lô]c mincc séparés entre
- eux par des rondelles de papier;
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- flans ce cas, l’hypothèse des courants induits doit évidemment être écartée, et la rotation est due à l’aimantation du fer. Si celle-ci suivait exactement les périodes des courants AA' et BB', le cylindre resterait immobile ; mais, par suite du retard que met le fer à s’aimanter et à se désaimanter, le cylindre se trouve entraîné dans le même sens que le champ.
- Pour produire les deux courants à phases déplacées, M. Fer-raris s’est servi d’une dynamo unique à courants alternatifs, sur laquelle il a pris deux circuits en dérivations, en intercalant dans l’un d’eux une résistance. Il termine sa communication en faisant observer que son appareil 11e pourrait jamais avoir une valeur industrielle comme moteur, et que la seule application possible serait celle des compteurs électriques.
- Mais les événements ont démontré que le savant professeur a méconnu lui-même l’importance de sa découverte. En effet, au mois de mai 1888, Tesla présenta à VAmerican Institnte of Elec-trical Engineers un moteur industriel basé sur l’emploi d’un champ magnétique tournant. Pour produire les courants à phase déplacée nécessaires à la constitution du champ tournant, on pourrait utiliser deux machines identiques marchant exactement à la même vitesse, mais dont les périodes, tout en étant de même durée, 11e seraient pas synchrones ; on arriverait facilement à ce résultat en calant les deux machines sur un même axe et en déplaçant les induits l’un par rapport à l’autre d’un certain angle. C’est ce procédé qu’a employé Tesla ; pour simplifier, il s’est servi d’un seul et même inducteur et a enroulé les deux induits sur la même armature ; de sorte que, si nous nous reportons au tracé idéal de la machine à courants alternatifs (fig. 62), il suffirait de disposer un deuxième enroulement sur l’anneau et d’en relier les deux extrémités à deux bagues Bj et B., pour recueillir sur celles-ci des courants alternatifs de même période, mais de phases différentes que Ceux recueillis en Bl5 IL, ; la position du deuxième enroulement sur l’anneau dépendrait de la différence de phase à obtenir.
- Tesla disposa quatre enroulements sur l’anneau et relia en tension les enroulements diamétralement opposés (fig\ 71). Les
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- courants sont déplacés d’un quart de période. Ils sont transmis par quatre fils à un moteur composé d’un anneau fixe enroulé comme celui de la figure 71 et d’un disque central mu par le champ tournant et sur l’axe duquel on recueille la puissance mécanique.
- Au mois d’octobre 1888, Brad-ley, un autre Américain, publia un brevet dans lequel il décrit une disposition qui consiste à
- Fig. 71.
- Machine de M. Tesla.
- relier simplement un anneau Gramme, en quatre points cardinaux, avec quatre bagues, sur lesquelles on recueille deux courants alternatifs déplacés de 90° (%• 72)-
- Dans la position représentée, la différence de potentiel entre les bagues B3 et B,( est nulle, tandis qu’elle est maxima entre Bj et B2 ; un instant après, elle diminue entre Bt et B3, tandis qu’elle augmente entre Ba et B4, et, après une rotation de 90°, elle est maxima entre ces deux bagues, tandis qu’elle est tombée à zéro entre B, et IL. Pendant le quart de révolution suivant, le courant recueilli en Bt et Bs a changé de signe et est maximum lorsque la tension entre B3 et B/(. est devenue nulle, et ainsi de suite. Les courants sont donc bien diphasés, et leurs phases different de you. Pour les utiliser, il faut quatre fils.
- L’idée de n’employer que trois fils est également duc à Brad-ley, qui, en août 1889, indiqua le moyen de recueillir des courants triphasés en reliant l’enroulement d’un anneau Gramme, en trois de ses points, à trois bagues Bj B2 B3 (fig. 78). Si l’on
- A
- Fig. 72.
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- décompose les connexions de ce dispositif, on obtient la figure 7/j, qui montre que les trois trouvons de l’anneau forment un triangle et sont reliés parallèlement ; Bradley indique qu’on
- Fig. 73. Fig. 74.
- peut aussi adopter le dispositif en étoile (fig. et 76), où les tronçons sont reliés en tension deux à deux. Quel que soit le mode de connexion adopté, les courants recueillis entre les trois
- Fig. 75. Fig. 7G.
- bagues sont déplacés de 1200 et leur somme algébrique est constamment égale à zéro.
- Les courants recueillis sur ces machines sont complexes ; si l’on considère la figure 7O, 011 voit que le courant circulant dans les fils 1 et II résulte de la somme des courants produits dans les enroulements OB! et OB2 ; or, les maxima des tensions de ces courants ne se produisent pas simultanément, et la tension dans la conduite I — II est inférieure à la somme des tensions de OBj etOB2. Il en est de même dans le cas de la connexion en triangle (fig. 74) : les enroulements Bj B3 et Bt B2 B3 sont reliés parallèlement, mais le courant qui circule dans le circuit I et
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- II est inférieure à lu somme des courants engendrés en B, Bâ, Bj B3 et B2 B3. La même remarque s’applique aux circuits I— III et II — III.
- Ligne.
- Dans tous les diagrammes que nous avons indiqués, les machines sont supposées construites avec deux pôles seulement ; c’est le moyen le plus simple d’en exposer le principe, mais il va de soi que, dans la pratique, les machines sont munies de pôles multiples ; on évite ainsi l’emploi de trop grandes vitesses.
- Dans une transmission électrique, un élément très important est la ligne, c’est-à-dire les conducteurs qui relient la station génératrice à la station réceptrice.
- D’après la formule générale qui relie l’intensité d’un courant
- E
- à sa force électromolrice et à la résistance du conducteur I — —
- R
- (loi de Ohm), on voit que I, l’intensité, est d’autant plus grande, pour une force électromotrice donnée, que R, résistance, est plus petite. On aura donc d’autant moins de perte dans la ligne que la résistance du conducteur à laisser passer le courant sera plus petite, c’est-à-dire que la section du conducteur sera plus grande.
- D’autre part, on voit que, pour une résistance donnée, l’intensité est d’autant plus grande que E, la force électromotrice, est grande ; on a donc intérêt à marcher à une force électromotrice élevée lorsqu’on ne veut pas dépasser une section donnée du conducteur. C’est pourquoi il y a économie à employer de grandes tensions pour transmissions à grande distance. Si l’on multiplie par E les deux membres de la formule de Ohm, on obtient : E2
- El =— ; or, El produit de la force électromotrice par l’intensité,
- c’est la puissance, exprimée en watts (i watt =--------kilogram-
- 9.81
- mètre par seconde) ; on voit donc de plus que, si l’on diminue R
- i3.
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- de moitié, par exemple, la puissance devient double ; tandis que si on double la force électromotrice, la puissance augmente du quadruple. Il y a donc plus d’avantage à marcher à une tension élevée que de réduire la résistance, c’est-à-dire que d’augmenter la section des conducteurs.
- D’autres considérations encore déterminent le choix de cette section ; ce sont le prix de la matière dont est composé le conducteur, le prix des poteaux et leur nombre dans le cas d’une ligne aérienne, le prix des conduites dans le cas d’une ligne souterraine.
- On a réuni toutes ces conditions dans une formule, qui tient aussi compte du nombre annuel d’heures, pendant lesquelles la totalité, les trois quarts, la moitié ou une fraction quelconque de l’énergie est employée. Au moyen de cette formule, on détermine dans chaque cas particulier la section du conducteur la plus favorable.
- On emploie généralement aujourd’hui, pour les conducteurs, le cuivre ou le bronze siliceux. Voici quelques chiffres relatifs à ces métaux, au fer et à l’acier :
- MÉTAL CONDUCTEUR RÉSISTANCE à la rupture, en kilogrammes, par millimètre carré CONDUCTIBILITÉ
- Cuivre pur 27 IOO
- Bronze siliceux 44 97
- Fer 4i iG
- Acier fondu 93 10
- On voit que le bronze siliceux est mécaniquement tout aussi résistant, môme plus résistant que le fer, et presque aussi bon conducteur que le cuivre ; il réunit les qualités de ces deux métaux et est particulièrement apte pour les lignes aériennes,quoi que son prix soit plus élevé que celui du cuivre.
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- Le bon isolement de la ligne est de la plus haute importance, afin d’éviter les pertes par la terre ; de récentes expériences exécutées avec des courants de grande tension ont montré qu’on peut transmettre de pareils courants sans que les pertes dépassent io °/°
- Différents modes de transmission.
- Une installation pour le transport de la force par l’électricité se compose donc d’une, station génératrice, comprenant une ou plusieurs dynamos actionnées par une force hydraulique, à vapeur ou autre, puis de la ligne et enfin de machines réceptrices.
- En ce qui concerne les réceptrices, on peut distinguer trois cas généralement :
- i° Celui où tout le courant est immédiatement et entièrement transformé en énergie mécanique ;
- a» Celui où le courant est distribué et utilisé en plusieurs endroits, soit comme énergie mécanique, soit pour l’éclairage ;
- 3° Celui où le courant sert uniquement pour l’éclairage.
- Nous ne nous occuperons que des deux premiers cas. Jusque dans ces derniers temps, les machines à courant continu ont été seules utilisées pour le transport de la force ; mais, par suite de la formation d’étincelles sur le commutateur, ces machines ne peuvent servir que pour des tensions peu élevées ; le maximum qu’on ail produit, avec un seul anneau, est de 3,ooo volts (on est bien allé plus loin en montant deux anneaux en série, mais, même avec cet artifice, on ne peut pas dépasser 5,ooo volts.)
- Or, d’après ce que nous avons vu à propos de la ligne, il y a économie à employer des courants à tension élevée dés que la distance devient de quelque importance. Donc les machines à courant continu ne sont pas aptes à transmettre des courants à une grande distance.
- Les courants alternatifs ont le grand avantage de permettre la production facile de tensions élevées, au moyen de transformateurs. Les transformateurs reposent sur les phénomènes d’inductions que nous avons décrits au début : lorsqu’on approche un
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- conducteur d’un fil traversé par un courant, c’est-à-dire lorsqu’on introduit ce conducteur dans le tourbillon magnétique de ce fil, il se forme un courant induit. Si l’on enroule les deux fils en bobines l’un au-dessus de l’autre, et si l’on fait passer des courants alternatifs dans l’une d’elles, il se forme dans l’autre bobine des courants qui sont à chaque instant de sens contraire à ceux de la première, et dont la tension sera d’autant plus grande que le nombre de spires de la bobine induite sera plus grand.
- La forme la plus ancienne des transformateurs est celle bien connue de la bobine de Rhumkorf. Ils ont été perfectionnés pour l’industrie par Jabblochkoff, Gaillard et Gips, Zypcrnowsky et d’autres. L’avantage de l’emploi des transformateurs est de pouvoir produire des courants à basse tension dans les machines, puis de les transformer en courants à tension élevée, de les utiliser comme tels ou de les retransformer en courants à basse tension.
- Mais l’inconvénient des courants alternatifs, au point de vue du transport de force, c’est qu’il n’existe pas encore de moteur à courants alternatifs qui soit utilisable industriellement. Pour que les courants produits par une machine alternative ordinaire fassent mouvoir une deuxième dynamo identique, il faut que les deux machines marchent déjà exactement à la même vitesse,afin que chaque alternance dans la machine génératrice corresponde à une période identique dans la machine réceptrice. Il faut que les deux machines soient synchrones. S’il n’en est pas ainsi, la réceptrice ne tourne pas ; elle ne peut donc pas se mettre en mar-marche elle-même, à moins de n’exiger aucun effort pour tourner, ce qui est pratiquement impossible.
- La solution nouvelle des courants alternatifs à phases multiples est venue modifier considérablement les conditions'du transport de la force. En effet, avec ces courants, qui peuvent se transformer comme les courants alternatifs ordinaires, les machines réceptrices n’ont pas besoin d’être synchrones avec les génératrices, et elles se mettent en marche sous charge, grâce au champ magnétique tournant.
- Au point de vue du transport de la force et chaque fois qu’il s’agit d’une distance de quelque importance, les machines à cou-
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- ranfs polyphasés constituent donc un grand progrès, malgré la nécessité d’employer trois fils au moins pour relier la station génératrice aux réceptrices. Les difficultés provenant du voltage élevé nécessaire pour la transmission à grande distance — difficultés dues aux collecteurs et à l’isolement général des machines — sont considérablement atténuées dans le système à trois phases. D’abord les collecteurs n’existent plus, et on peut même supprimer les bagues de contact utilisées dans les machines alternatives ordinaires ; les pertes par les étincelles et les dangers qu’elle créent, sont donc supprimées. D’un autre côté, en ce.qui concerne l’isolement des machines, on voit immédiatement qu’on peut employer des transformateurs dont l’isolement n’offre aucune difficulté (grâce à l’emploi d’un bain d’huile dans lequel les appareils sont plongés en entier). Il n’y a donc aucun inconvénient à employer toujours le voltage le plus économique, tout en évitant le danger, soit pour le personnel, soit pour les machi-chines elles-mêmes.
- L’emploi des courants polyphasés a ouvert un champ nouveau au transport de la force et tout porte à croire que de grands progrès vont être effectués dans cette voie. Ce système ne pourrait être dépassé que par des moteurs à courants alternatifs ordinaires, capables de se mettre en marche sous charge.
- FIN
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