Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- 3. E. I. N.
- Bibliothèque
- DEj LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- SOUS LA DIRECTION DU SECRÉTAIRE DE LA SOCIÉTÉ
- M. ED. COLLIGNON
- 1901 (2e Semestre)
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration.
- {Extrait du Règlement.)
- «wotrrue MD C CCT
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- 1901
- ...A
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- 100e ANNÉE.
- JUILLET 1901.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- PRÉSIDENCE DE M. LINDER
- PRESIDENT DE LA SOCIETE
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Linder, président de la Société. A ses côtés siègent : MM. Lavollée, Le Chatelier, Lindet, et Voisin Bey, vice-présidents, M. Collignon, secrétaire de la Société. M. Isaac, jumi-dent de la chambre de Commerce de Lyon, est invité à prendre place au Bureau.
- M. le Président ouvre la séance par le discours suivant :
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- DISCOURS DE M. LINDER
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Mesdames, Messieurs, mes chers Collègues,
- La cérémonie qui nous réunit en ce jour devrait, ce semble, n’inspirer à chacun de nous que des idées de joie et de satisfaction. Pour beaucoup d’entre vous, lauréats de nos prix et de nos récompenses, elle ne marque en effet qu’un jour de fête; mais à d’autres elle rappelle le souvenir des amis et des collègues qui ont disparu pour toujours dans l’année, et elle voile notre réunion d’une ombre de deuil et de tristesse. C’est que l’année qui vient de s’écouler a été cruelle pour notre Société ; seize de ses membres, dont cinq du Conseil, ont été frappés par la mort. Avant d’ouvrir la séance, permettez à votre Président, conformément à une pieuse coutume, devenue la règle, de consacrer un dernier hommage à leur mémoire.
- M. Chcitin, président de notre Comité d’agriculture et membre de la Société depuis 1864, s’est éteint le 13 janvier dernier, à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Dans une séance récente, M. Prillieux vous a dit comment, simple fils de villageois, sans fortune, notre vénéré collègue sut, par son intelligence aidée d’un travail et d’une persévérance opiniâtres, triompher, dans les circonstances les plus difficiles, d’obstacles en apparence insurmontables et forcer, dès le début de sa carrière, la porte du succès. Ce début pénible, Chatin ne l’oublia jamais, non qu’il lui fût amer, mais parce qu’il tenait à l’épargner, autant que cela était en son pouvoir, à ceux de ses nombreux élèves que les difficultés de la vie auraient pu rebuter, et dont il se montrait non seulement le maître ingénieux et savant, mais, plus encore, le conseiller sûr et bienveillant.
- Ses travaux sont trop connus pour que j’en parle ici en détail; nombreuses et variées sont les questions auxquelles il a touché, soit chimiques, botaniques, agricoles ou d’hygiène. Je me bornerai à vous rappeler ses recherches sur les égouts de Paris, sur la composition des eaux en France, à Londres, en Suisse, en Italie, en Allemagne, — sur la diffusion de l’iode dans l’air, l’eau, le sol arable, les divers minéraux, — toutes questions dont
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- l’importance n’a fait que grandir depuis la date éloignée à laquelle il les avait abordées en précurseur. Aucune vie n’a été plus heureuse que la sienne, n’en ayant guère connu que les douceurs et fort peu les déboires. Quand la mort termine ainsi de longues existences, le coup qu’elle frappe reste très douloureux sans doute, mais on l’accepte comme la solution inévitable d’une loi de la nature, et la dure séparation devient plus facile à supporter. La mort, au contraire, devient cruelle, quand elle atteint inopinément des hommes, comme Maxime Cornu, jeunes encore et dans le plein épanouissement de leur développement scientifique.
- Maxime Cornu, de même que Chatin, était membre de notre Comité d’agriculture; il n’avait que cinquante-sept ans, lorsqu’il nous a été enlevé.
- Je n’ai pas la compétence spéciale nécessaire pour vous retracer sa vie et je dois laisser ce soin à une voix plus autorisée que la mienne. Je crois cependant pouvoir vous en dire assez, pour vous permettre d’apprécier l’importance du vide que sa disparition laisse parmi nous.
- L’étude des végétaux inférieurs a été le but des premières recherches de notre collègue, qui, dès ses débuts, s’est dévoilé crvptogamiste de premier ordre. On était alors à l’époque où le phylloxéra commençait à étendre ses ravages à travers l’Europe et où les savants du continent s’acharnaient à lutter pour la destruction du terrible insecte. Ceux qui se souviennent de ce temps savent le rôle considérable que notre éminent collègue joua dans cette lutte.
- Quand le moyen de combattre efficacement le mal fut trouvé, Cornu, portant ses efforts vers les questions complexes que soulève la flore crypto-gamique de la France, s’attacha successivement à l’étude du mildew et à celle de l’anthracnose de la vigne, puis il s’attaqua aux maladies parasitaires des plantes cultivées.
- En 1884, Cornu avait été chargé de la chaire de culture au Muséum. Dans cette position, il a rendu à cet établissement les services les plus grands et les plus variés : par son enseignement, la part active et dévouée qu’il prit à la restauration des serres et des jardins, et surtout par son cours de cultures coloniales, pour lequel il dut établir, entre le Muséum et les colonies de tous les pays, une correspondance incessante, qui eut pour effet la création, dans notre Musée national d’histoire naturelle, d’une incomparable collection de plantes et de graines nouvelles, d’un intérêt scientifique et pratique de premier ordre.
- En s’occupant de ces œuvres, qui n’ont pas dû peu contribuer à user ses
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- forces, Cornu travaillait patriotiquement pour la France, à laquelle il se montra toujours jaloux de réserver l’avantage d’être la première dans les-découvertes horticoles et dans l’application de ces découvertes à l’agriculture.
- De même que le Comité d’agriculture, votre Comité du commerce a subi deux pertes bien regrettables.
- M. Maurice Block était membre du Conseil de la Société depuis 1856 ; pendant près d’un demi-siècle, il n’a cessé, soit comme simple membre, soit comme président du Comité du commerce, de participer à nos travaux avec un dévouement, une assiduité d’autant plus remarquables, qu’il devait dérober le temps qu’il y consacrait aux exigences de nombreuses tâches, auxquelles il avait à suffire. La mort l’a surpris inopinément, en pleine activité, quelques jours après la séance du Comité qu’il a présidé pour la dernière fois.
- M. Block comptait parmi nos plus éminents économistes. M. Levasseur, son collègue et son digne émule à l’Institut et dans notre Comité du commerce, vous retracera prochainement, avec l’autorité de sa science et la chaleur sympathique d’une vive amitié, la longue et noble carrière de ce vénéré collègue, dont le souvenir restera comme l’exemple de la droiture, du désintéressement, de l’indépendance d’esprit et de caractère, unis cà une véritable modestie et à la plus affable amabilité.
- Peu d’entre nous, Messieurs, ont eu la bonne fortune de collaborer dans notre Comité du commerce avec M. Natalis Rondot, dont son collègue et ami, M. C.Lavollée, a récemment, ici même, fait revivre la physionomie si personnelle et si intéressante. Dans sa longue carrière, de 1843 à 1901, M. Natalis Rondot n’a cessé de consacrer aux intérêts du commerce français, avec une abnégation absolue, toutes les ressources de son intelligence et de son infatigable activité. D’une rare indépendance alliée au plus complet désintéressement, notre regretté collègue s’était acquis, principalement en matière d’industrie textile, une autorité incontestée. Dans le commerce des-soies notamment, il fut l’un des initiateurs des rapports commerciaux;devenus si importants aujourd’hui, entre la place de Lyon et. la Chine, et à cette occasion, l’un des promoteurs de la grande Compagnie des Messageries maritimes. Ses ouvrages et ses nombreux rapports sur l’industrie et l’art de la soierie ont rendu, et rendent encore aujourd’hui, d’inestimables services; mais M. Natalis Rondot n’était pas seulement un industriel et un économiste du plus grand mérite et qu’entourait le respect de tous, il était en même
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- temps un artiste véritable, un collectionneur, érudit et sagace, des documents intéressant l’histoire et la technologie de sa chère industrie de la soie, et c’est à ces goûts artistiques que la ville de Lyon lui doit la création de son Musée d’Art et d’industrie, création célèbre, dont les résultats sont des plus féconds, et que l’étranger n’a pas tardé à imiter.
- Notre Comité des Arts mécaniques vient, à son tour, de perdre subitement, frappé par une maladie foudroyante, l’un de ses membres les plus éminents et les plus écoutés, M. Hirsch, inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers. Chez ses collègues, il laisse le souvenir d’un ami excellent et sûr, d’un savant praticien, toujours prêt à rendre service, sans jamais compter ses peines. Dans le personnel de la Société, dont il a été, trois ans, l’un des vice-présidents, il laisse un vide qui sera difficile à combler.
- Parmi les membres de notre Société, la mort nous a encore enlevé : MM. Badois, ancien vice-président de la Société des ingénieurs civils de France, ingénieur hydraulicien de grand mérite, à qui l’on doit l’exécution de nombre de travaux de distribution d’eaux, tous couronnés de succès, et, dans ces dernières années, l’étude d’un projet hardi d’alimentation de Paris par les eaux du lac Léman; Digeon, lauréat de notre Société, mécanicien très ingénieux, qui laisse, pour continuer son œuvre, un fils, à qui nous adressons de tout cœur l’expression de notre plus vive sympathie; Guyenet, autre mécanicien, également lauréat de notre Société, auquel on doit de véritables merveilles de mécanique, parmi lesquelles les grues mobiles du montage de la tour Eiffel, et, en collaboration avec M. de Mocomble, la plate-forme roulante de l’Exposition de 1900; Ainstin, lauréat de notre Société pour ses remarquables appareils de chauffage; Guéroult, ingénieur à Folenbray, Hoffmann, à Berlin; Lagrange, à Chisseaux ; le colonel Merlin, Petit, ingénieur, et Suillot, manufacturier, à Paris.
- Messieurs, l’un de mes prédécesseurs au fauteuil de la présidence de la Société vous disait, il y a quelques années, à pareille séance, qu’entre la science, qui fait les découvertes, et l’industrie qui les applique, il est nécessaire d’établir un lien qui permette d’appeler l’attention des savants sur les recherches de nature spéciale, dont l’industriel a besoin et que le souci des affaires ou le défaut de ressources l’empêche d’aborder. Depuis lors, notre Société est entrée largement dans la voie féconde qui lui avait été indiquée, en subventionnant largement, avec ses propres ressources et
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- avec des dons importants mis libéralement à sa disposition par des industriels généreux, des recherches d’une utilité incontestable et capitale pour les industries auxquelles elles se rapportent. Ces recherches entreprises, quand il y a eu lieu, dans toutes les branches de la technologie, par des expérimentateurs de premier ordre et absolument désintéressés, sous le contrôle et souvent même avec le concours actif de membres de notre Conseil, ont produit jusqu’à présent des résultats très remarquables, qui vous ont été déjà signalés et sur lesquels je n’insiste de nouveau, aujourd’hui, que parce qu’il m’échoit la bonne fortune, en ma double qualité de président de la Société et de président de la Commission des alliages, de pouvoir vous présenter le plus important d’entre eux, sous la forme saisissante et concrète d’un beau volume, qui renferme, réunis sous un format accessible à tous, les travaux de notre Commission des alliages, complétés par de nombreuses et importantes annexes.
- Je vous présente ce magnifique ouvrage, Messieurs et chers collègues, non seulement avec un très vif sentiment de reconnaissance envers ceux qui ont bien voulu y collaborer par leurs travaux ou leurs subventions, mais, disons-le hautement, avec un vrai sentiment de fierté, car il fait le plus grand honneur à notre Société autant qu’aux auteurs, et ajoute un noble titre de plus à ceux, si nombreux déjà, qui lui donnent droit à la reconnaissance de l’industrie française.
- Un pareil succès est bien fait pour nous encourager à persévérer dans la voie où nous nous sommes engagés. Ainsi ferons-nous. Dès cette année même, le Conseil n’a pas hésité à engager de nouvelles et très importantes recherches, les unes sur des questions déjà traitées dans ce premier volume, mais dont l’étude est loin d’être épuisée; les autres sur des sujets divers, tels que le poinçonnage et le rivetage ; /’unification des mécanismes et des principales pièces d’horlogerie ; la navigation aérienne ; l'étude des ciments et celle des argiles céramiques. De plus et en dehors des travaux subventionnés par notre Société, nous offrons, toutes grandes ouvertes, les colonnes de notre Bulletin aux auteurs de travaux originaux qui offrent un intérêt sérieux pour l’industrie et dont la publication serait trop onéreuse par d’autres voies ; tels, par exemple, les Mémoires de MM. Frémont et Osmoncl sur le pliage des éprouvettes d’acier, et la très remarquable étude de M. Co-dron sur le travail des machines-outils, qui a valu, l’année passée, à son auteur, un de nos prix de mécanique.
- Vous le voyez, Messieurs, fidèle à ses traditions séculaires, la Société
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- d’Encouragement pour l’Industrie nationale n’oublie pas son glorieux passé; mais si, pour l’accomplissement de sa tâche, ni la science, ni le dévouement des collaborateurs ne lui font jamais défaut, toutes les fois qu’elle y fait appel, il n’en est plus de même souvent quand elle s’adresse aux intéressés pour une question plus prosaïque sans doute, mais non moins indispensable, la question d’argent. Or, d’une part, les expériences et les publications scientifîqu es coûtent extrêmement cher; d’autre part, plus les industries progressent, en s’attaquant à des problèmes de plus en plus difficiles, plus les solutions de ces derniers deviennent coûteuses, en raison des développements et des ressources qu’elles exigent pour être véritablement utiles. Un simple coup d’œil jeté sur le livre des Alliages suffira pour vous en fournir la preuve.
- Mieux que personne, Messieurs, vous savez combien il est difficile aujourd’hui, à l’industrie française, de lutter contre la concurrence des industries étrangères, et combien, par conséquent, c’est un devoir impérieux, pour tous ceux qui ont encore quelque souci de l’avenir de la France, de contribuer, selon leurs forces, au succès de cette lutte. Il est, à ce point de vue, d’un intérêt capital que nos industriels puissent trouver chez nous, pour résoudre les difficultés d’ordre technique et scientifique qui les embarrassent, des ressources semblables à celles que nos concurrents Étrangers rencontrent, soit dans leurs laboratoires nationaux, soit, surtout, dans des institutions privées, analogues à la nôtre, mais bien plus largement dotées. Aussi, tout en exprimant de nouveau notre plus vive reconnaissance aux généreux donateurs de notre Commission des Alliages, dont les noms figurent en tête de ce volume, espérons-nous avec confiance que leur générosité n’est pas épuisée, et qu’il n’hésiteront pas, si la nécessité nous force d’y faire un nouvel appel, à rendre à l’industrie française l’aide matérielle et pécuniaire dont elle pourra avoir besoin.
- La Société décerne, cette année, sa grande médaille à la Chambre de commerce de Lyon, pour Y organisation de la mission commerciale qu’elle a envoyée en Chine. Cette mission, qui a duré trois ans, de 1895 à 1897, a réussi au delà de toute espérance, d’une part grâce aux généreux subsides de la Chambre de commerce de Lyon et de celles des villes qui ont participé à son œuvre, mais surtout grâce au courage, au dévouement et à l’habileté des membres de la mission dirigée successivement par M. le consul Rocher, .puis par M. Brénier. Notre vénéré collègue M. C. Lavollée, qui a été, lui
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- aussi, l’un de nos missionnaires commerciaux en Chine, et des premiers, vous dira tout à l’heure les titres de la mission lyonnaise à la reconnaissance de la France, non seulement par les services immédiats et considérables qu’elle a rendus à son industrie, mais aussi par l’important exemple d’initiative féconde et de dévouement à la chose publique qu’elle a donné au pays. La grande médaille est la distinction la plus haute dont nous puissions disposer chaque année; nous sommes heureux de pouvoir la décerner aujourd’hui à un lauréat qui la mérite à tant d’égards. Espérons que l’exemple sera suivi et qu’on profitera de la leçon. Beaucoup de nos grandes industries ignorent trop, en effet, ce qui se passe à l’étranger, non seulement dans les pays lointains, mais souvent même à nos portes.
- Le prix institué par notre Comité d’agriculture pour la meilleure étude sur Vagriculture et /’économie rurale d'une province ou d'un département, nous attire toujours un grand nombre de candidats; c’est la preuve manifeste du vif intérêt que la question provoque. Plusieurs des travaux présentés ont une très réelle valeur, et quelques-uns de ceux qu’on a jugés dignes d’être publiés dans notre Bulletin, ont mérité les suffrages des agricultures. Cette année, nous avons eu pour ce prix quatorze candidats, et il a fallu à mon éminent ami et collègue, M. Risler, pour ne pas reculer devant la lecture et l’analyse de tant de mémoires, le courage, qui ne lui fait d’ailleurs jamais défaut quand il s’agit de travaux agricoles à juger, travaux dont plusieurs des auteurs se trouvent parfois avoir été jadis ses élèves à l’Institut agronomique. Ainsi qu’il arrive souvent en pareille circonstance, quelques-uns de ces travaux, très importants et d’une grande originalité, se suivent dans la course au prix, de si près, ne se différencient que par de si faibles valeurs, qu’il eût été peu équitable d’attribuer la totalité du prix à un seul des rivaux de mérites si voisins; le prix a donc été partagé et des encouragements ont été accordés à MM. Triboudeau, Lièvre, Marre, Coaloret, Fasquelle et Follet, dont M. Risler vous exposera les titres divers.
- La question de Y utilisation des eaux est l’une des plus importantes et des plus discutées de l’agriculture; aussi, notre Comité d’agriculture a-t-il été des mieux inspirés en proposant, il y a deux ans, pour son étude, un prix de 2000 francs. Deux concurrents, dont un, porteur d’un nom illustre doublement cher à notre Société, nous ont envoyé des mémoires, qui leur ont mérité à chacun un encouragement de 1 000 francs. M. Ronna, dont vous avez souvent déjà pu apprécier la compétence en cette matière délicate, vous
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- exposera tout à l’heure les titres de ces lauréats dans un résumé du trè& remarquable rapport qui les justifie.
- Le Comité des arts chimiques, sur le rapport de M. Vincent, a accordé un encouragement de 1 000 francs à M. Horsin-Déon, pour la seconde édition de son Traité, aujourd’hui classique, de la fabrication du sucre de betteraves.
- Sur la proposition de la Société chimique de Paris, nos deux prix de 500 francs, destinés à encourager les jeunes chimistes à diriger leurs recherches scientifiques dans une voie utile à l’industrie, ont été attribués à MM. Richard Fosse et Marcel Guichard, pour leurs travaux sur le $-bina-phtol et le molybdène; M. Lindet vous présentera dans un instant un résumé de ces remarquables études.
- Le prix Fourcade pour les ouvriers des fabriques de produits chimiques est décerné, cette année, à M. P. Gagneur, ouvrier depuis cinquante et un ans chez M. Guimet.
- Il ne me reste plus, avant de donner la parole à nos rapporteurs, qu’à remercier, comme chaque année, et de tout cœur, les collaborateurs de nos conférences et de notre Bulletin : MM. Brillouin, Guillaume, Frémont et Osmond, Guillet, Le Chatelier, Bénard, Benaud, Bostaing, Ronna, Sauvage et Sartiaux; c’est par eux qu’ont été animés la vie de nos séances et l’intérêt de notre Bulletin; et c’est en leur disant, avec confiance, au revoir, que nous leur remettrons, tout à l’heure, notre médaille commémorative habituelle.
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- PRIX ET MÉDAILLES
- DÉCERNÉS DANS LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 28 JUIN 1901
- GRANDE MÉDAILLE
- La Société décerne ehaque année, sur la proposition de l’un des six Comités du Conseil, une grande médaille en or aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l'industrie française pendant le cours des six années précédentes.
- Le Conseil d’administration de la Société, sur la proposition du Comité du Commerce, décerne en 1901 la grande médaille, à l’effigie de Chaptal, à la Chambre de Commerce de Lyon (1). Organisation de la Mission lyonnaise en Chine.
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES
- PRIX FOURCADE
- POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Ce prix de 1000 francs a été fondé par les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative de M. Fourcade et avec sa coopération, en faveur du simple ouvrier ayant le plus grand nombre d’années de service dans une même maison appartenant à l’une des industries représentées dans cette classe.
- rapport de M. E. Collignon, Secrétaire.
- Le prix annuel de 1 000 francs, que nous devons à la libéralité de M. Fourcade, est décerné, cette année, à M. Pierre Gagneur, ouvrier depuis le commencement de l’année 1850 chezM. Guimet, fabricant de bleu d’outremer à Fleurieu. Pendant ces 51 années de services ininterrompus,
- (1) Bulletin de mai 1901, p. 597.
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- PRIX ET MÉDAILLES.
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- M. Gagneur a constamment donné l’exemple d’une conduite irréprochable et d’un dévouement absolu à ses patrons ; il mérite à tous égards la récompense que nous sommes heureux de lui décerner aujourd’hui, en lui souhaitant de tout cœur encore de longs jours heureux au milieu de l’affection des siens et du respect que mérite une vie si honorable.
- PRTX DE 2000 FRANCS
- POUR UNE PUBLICATION UTILE A L’INDUSTRIE CHIMIQUE OU MÉTALLURGIQUE
- Un encouragement de 1 000 francs est décerné à M. Horsin-Déon, pour son ouvrage sur la Fabrication du sucre de betteraves (1).
- DEUX PRIX DE 500 FRANCS pour des recherches scientifiques de chimie utiles a l’industrie
- Ces prix sont décernés : Fun à M. Richard Fosse, pour ses travaux sur le ^ Binaphtol, l’autre à M. Marcel Guichard, pour ses travaux sur le Molybdène.
- rapport de M. Lindet, sur les travaux scientifiques
- deM. Richard Fosse.
- M. Richard Fosse, docteur ès sciences, ancien interne en pharmacie, aT pour acquérir son titre de docteur, établi la monographie du (3-binaphtol ou (3-binaphtylol et de ses composés.
- Depuis, élargissant le cercle de ses études, il a appliqué à d’autres phénols les réactions que le (3-binaphtol lui avait fait connaître.
- M. Fosse s’est tout d’abord préoccupé de rechercher un mode de préparation du (3-binaphtol plus satisfaisant que ceux employés d’ordinaire; l’oxydation du (3-naphtol par les sels de cuivre, et spécialement par l’acétate, lui a permis de préparer rapidement le (3-binaphtol, avec un rendement qui peut atteindre jusqu’à 92 p. 100.
- L’étude des composés d’un corps ne peut être faite aujourd’hui que si sa constitution est, pour ainsi dire, scientifiquement garantie. Aussi,
- (i) Bulletin de mai 1901, p. 625.
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- M. Fosse a-t-il, dès le début, établi la structure du p-binaphtol ; puis il a soudé, sur les quatre hexagones que ce corps représente, des groupements d’alcools, d’aldéhydes et d’acides.
- C’est ainsi qu’il a combiné l’alcool isopropylique et le glycol au (3-binaphtol, et qu’il a, à côté de ces éthers-oxydes, préparé les éthers-sels, le diacétate, le dipropionate, le dibutyrate du ,8-binaphtyle ; qu’il a soudé sur la molécule primitive les molécules aldéhydiques, et obtenu les acétals méthyléniques, éthylidénique, benzylidénique du (3-binaphtol ; qu’il a enfin préparé des dérivés chlorés et bromés.
- La méthode nouvelle que M. Fosse a imaginée pour préparer ces acétals (action des chlorures de méthylène, d’éthylidène, de benzylidène sur le binaphtol en présence de la potasse alcoolique) s’applique-t-elle à la préparation des acétals des autres phénols? M. Fosse a pu de cette façon, préparer des acétals éthylidéniques du phénol ordinaire, du crésol, du naphtol a et de la résorcine.
- Enfin, en faisant réagir le chloroforme sur le naphtolate de soude, M. Fosse a obtenu un composé fort intéressant, analogue à l’aldéhyde sali-cylique, dans la série du naphtalène, l’aldéhyde oxynaphtoïque, a, (3, qu’il a combinée avec l’aniline, l’ortho et la paratoluidine, la naphtylamine et dont il a fait l’oxime et la phénylhydrazone.
- Ces dérivés doivent présenter des propriétés antiseptiques, comme les matières premières dont elles dérivent : propriétés qui pourront, sans doute, être avec avantage utilisées par la médecine et l’industrie.
- En outre, il est probable que, comme les naphtols, les composés de M. Richard Fosse pourront être associés aux diazoïques et former des matières colorantes, dont l’industrie profitera.
- rapport de M. Lindet sur les travaux scientifiques
- de M. Marcel Guichard.
- M. Marcel Guichard, préparateur au laboratoire d’Enseignement de la chimie appliquée à la Faculté des sciences, a concentré ses recherches sur l’étude du molybdène et de ses composés.
- Les oxydes du molybdène, et principalement les oxydes anhydres, étaient jusqu’ici mal déterminés. On admettait, entre l’acide molybdique anhydre MoO3 et le bioxyde de molybdène MoO2, une série de trois oxydes anhydres intermédiaires; on admettait également un sesquioxyde anhydre.
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- M. Guichard a montré que, seuls, les oxydes MoO3 et MoO2, devaient être considérés comme les oxydes anhydres du molybdène. On constate la production du bioxyde dans toutes les réactions où différents auteurs avaient cru voir se produire des oxydes intermédiaires.
- La liste admise des oxydes hydratés devaient également appeler l’attention de M. Guichard; il l’a soumise à une vérification sévère, et cinq de ces oxvdes hydratés sont seuls restés debout : deux oxydes acides, l’oxyde Mo207. 5H20, de M. Péchard, et l’acide molybdique Mo03.wH20; deux oxydes basiques, le bioxyde hydraté Mo02.«H20, et le sesquioxyde Mo203.nH20; enfin, un oxyde salin, l’oxyde bleu, dont il a fait une étude très adroite et dont il u déterminé la formule Mo02.4Mo03.6H20.
- Les sulfures de molybdène formaient dans les traités classiques une série de trois corps dont la teneur en soufre croissait en progression arithmétique, MoS2.MoS3.MoS4; aces bisulfure, trisulfure, tétrasulfure, M. Guichard a ajouté un sesquisulfure, Mo2S3, qu’il a obtenu à l’état cristallisé; il a fait cristalliser également le bisulfure, que l’on ne connaissait qu’à l’état amorphe, et il a reproduit ainsi la molybdénite.
- Cette étude des sulfures devait conduire M. Guichard à préparer le molybdène, par une méthode nouvelle. Ayant constaté que le sesquisulfure, comme d’ailleurs tous les sulfures de molybdène, perdent leur soufre à la température du four électrique, il a proposé d’extraire industriellement le molybdène de son minerai sulfuré, la molybdénite, au lieu de soumettre, comme l’avait fait M. Moissan, l’oxyde à la réduction du charbon. Le jour où la métallurgie fera appel au molybdène, elle se souviendra de la méthode de M. Guichard.
- Enfin, M. Guichard a préparé le premier iodure anhydre de molybdène, le biiodure, et il a entrevu l’existence d’un tétraiodure.
- Les applications du molybdène ne sont pas encore très nombreuses, et se limitent à la préparation de certaines couvertes céramiques; mais on ne saurait prévoir l’avenir des découvertes du laboratoire ; l’emploi des métaux rare à la fabrication des capuchons Auër montre que nous assistons chaque jour à des applications imprévues de découvertes purement théoriques.
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- AGRICULTURE
- Rapport de M. Risler, sur le prix d'Agriculture, pour une étude sur Fagriculture d'une province.
- Nous avons eu cette année 14 concurrents pour le prix de 2 000 francs qui doit être décerné à la meilleure étude sur Vagriculture et l'économie rurale cl'une province ou d'un département. Mais, parmi ces 14 études, il y en a 2 qui s’occupent presque exclusivement des terrains d’une des régions agricoles de la France et que nous devons remettre à l’année prochaine; il y en a 5 qui ne répondent bien ni au programme de 1901, ni à celui de 1902 et que nous pouvons laisser de côté. Il en reste 8 dont deux presque égales comme mérite surpassent beaucoup toutes les autres; ce sont :
- 1° Une étude sur ïagriculture et l'économie rurale du département du Pas-de-Calais, par M. J. Triboudeau, professeur départemental d’agriculture d’Arras. M. Triboudeau commence par une excellente description des formations géologiques qui caractérisent dans le département 3 régions : l’une, la plus étendue, qui ressemble à la Picardie et au pays de Caux avec sa craie couverte d’argile à silex et de limon des plateaux, et ses cultures de céréales et de betteraves à sucre ;
- La 2e sur les côtes de la Manche, le Boulonnais, îlot de jurassique et d’infracrétacé qui a la même origine que le pays de Bray et les mêmes caractères agricoles, forêts et herbages avec élevage de cheval ;
- La 3e au Nord, le commencement de la grande plaine des terrains tertiaires et quaternaires et des alluvions de la Flandre.
- Dans chacune de ces régions il cite et décrit en détail quelques fermes de grande, moyenne ou petite culture, il n’oublie pas les excellentes analyses que M. Pagnoul a faites des terrains et il arrive ainsi à nous en donner une image très exacte.
- Dans la 2e partie de son étude M. Triboudeau s’occupe successivement de chacune des productions agricoles du Pas-de-Calais : blé, betteraves, colza, lin, etc., fait leur histoire économique depuis le commencement du siècle et indique les perfectionnements que l’on y a faits et ce qu’il serait
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- possible d’y faire encore. Un des chapitres les plus intéressants est celui qui concerne les nouvelles méthodes de production des graines de betteraves riches par le bouturage ou le greffage, que M. Gorain, d’Offekergue, a sinon trouvées, du moins perfectionnées. Puis viennent des chapitres, qui ont aussi beaucoup de mérite, sur le marché d’Arras, sur la propriété et sa valeur aux diverses époques et dans les diverses localités, sur le fermage, sur le personnel agricole et les salaires.
- Le seul reproche que l’on puisse faire à M. Triboudeau est de ne pas s’être occupé de la production animale.
- Nous décernons à M. Triboudeau un encouragement de 1000 francs.
- Le 2e travail qui nous paraît mériter une de nos plus hautes récompenses, c’est une monographie agricole et économique du Beaujolais, par M. André Lièvre, ingénieur agronome.
- Ici c’est le climat surtout qui différencie les zones de culture : dans la plaine, les prairies fécondées par les inondations hivernales de la Saône, puis les collines^ avec leurs célèbres vignobles et, au-dessus de ces collines, aux altitudes qui ne permettent plus la maturation du raisin, des bois. Presque partout, le sol est d’origine granitique; il n’y a d’exception que pour les alluvions de la vallée et quelques parcelles de trias ou de jurassique. Toutes ces régions sont très bien décrites par M. Lièvre, mais il s’attache particulièrement à la zone des vignobles, et il nous fait connaître dans tous ses détails son admirable organisation du métayage et ses procédés de culture.
- La question des engrais est particulièrement bien traitée; elle s’appuie sur les analyses de terres nombreuses faites avec soin par M. Lièvre lui-même.
- Nous décernons à M. Lièvre un encouragement de 600 francs.
- 3° M. Marre, professeur départemental d’agriculture à Rodez, nous présente unè monographie agricole du département de VAveyron.
- La description des différentes régions de ce département, moins parfaite que dans les deux premiers mémoires au point de vue géologique et au point de vue chimique, est plus complète au point de vue pratique. Ainsi, dans les montagnes basaltiques d’Aubrac et sur les granités et les schistes des Ségalas, il ne néglige pas de nous parler du bétail ; il nous donne des renseignements fort intéressants sur son élevage et la fabrication des fromages du pays et sur les plateaux calcaires des Causses. Ce sont les brebis dont le lait donne le principal revenu. Ce lait sert à faire le fromage de Roquefort et M. Marre nous donne des détails très instructifs sur une des fromageries
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- les plus importantes, celle de M. Trémolet, à Lapanouse-de-Séverac.
- Nous décernons à M. Marre un encouragement de 400 francs.
- 4° M. Gabriel Fasquelle, professeur départemental d’agriculture et M. follet, directeur de l’école normale de Sairit-Lô, nous ont envoyé des études agricoles sur le département de la Manche. C’est un volume de 256 pages, imprimé à Saint-Lô, qui nous arrive avec beaucoup de photographies d’animaux et de vues du pays, de cartes géologiques, agronomiques, statistiques, etc., et de graphiques complétant ces cartes. 11 y a dans tout cela beaucoup de travail et l’on peut y prendre une connaissance assez exacte de ce riche pays et de ses divisions principales, le Cotentin, l’Avranchin, la Hague, etc., de ses systèmes de culture, des chevaux et des bêtes à cornes qu’on y élève, des beurre, cidre, etc., qu’on y fabrique, puis de la valeur des terres, qui décline depuis vingt ans, et des salaires qui, par contre, augmentent de plus en plus.
- Nous décernons à MM. Fasquelle et Follet une médaille d'argent.
- 5° La monographie agricole de Y arrondissement de Tournon (Ardèche) par M. Arthur Coaloret, professeur spécial d’agriculture, ne manque pas de mérite. Autour du mont Mézenc, ce sont les basaltes qui prédominent. Du reste, presque tous les terrains de cet arrondissement sont formés par la décomposition du granité ou du gneiss, ce sont des terrains pauvres en chaux et en acide phosphorique assimilable. Les expériences faites par M. Coaloret dans ses champs d’essais et de démonstrations fournissent aux cultivateurs d’excellents renseignements sur les engrais à employer pour les diverses cultures. L’auteur a comparé également les différentes variétés de blé, de pommes de terre, de graines fourragères, etc. Il donne des détails intéressants sur la viticulture, sur les plantations du mûrier et l’élevage des vers à soie. Il insiste sur l’importance qu’il y a de remplacer la race bovine du Mézenc par la race Tarentaise : à nourriture égale, une vache tarentaise donne moitié plus de lait qu’une vache du Mézenc, 6 litres par jour au lieu de 4. En résumé, les agriculteurs peuvent trouver dans le mémoire de M. Coaloret bien des conseils utiles.
- Nous décernons à M. Coaloret une médaille d'argent.
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- Rapport fait, ait nom du Comité d'Agriculture, par M. A. Ronna, sur le prix de 3 000 francs pour la meilleure étude sur remploi agricole de Veau en grande culture.
- En proposant un prix de 3000 francs pour la meilleure étude sur l’emploi de l’eau en grande culture, et sur les moyens les plus propres à assurer l’utilisation agricole de nos petits cours d’eau et de nos grands canaux d’arrosage, le Comité, appréciant les progrès considérables réalisés depuis une trentaine d’années dans un certain nombre d’États du centre et du nord de l’Europe, l’Allemagne en particulier, indiquait incidemment qu’il conviendrait d’exposer ces progrès et d’étudier rapidement jusqu’à quel point, et moyennant quelles modifications, les principales mesures d’ordre financier, administratif, législatif ou technique qui ont contribué, dans ces États, au développement de l’arrosage, pourraient s’adapter à notre organisation administrative.
- Votre rapporteur doit constater, dès le début, que les auteurs des deux mémoires présentés concurremment pour obtenir le prix de la. Société ont perdu de vue le but essentiel du programme, et se sont occupés presque exclusivement de la partie accessoire, traitant d’améliorations foncières de toute nature qui n’ont aucun rapport avec l’arrosage, quoiqu’elles résultent de l’application de nombreuses lois, et du fonctionnement d’associations syndicales sur le même type que celles des irrigations proprement dites.
- Dès lors, les exemples font défaut, qui montrent la pratique et les avantages de 1 irrigation dans la grande culture. Quelques-unes des monographies de l’un des deux mémoires se réfèrent à des opérations plus ou moins vastes, en vue de l’arrosage, mais elles sont connexes de travaux de régularisation des cours d’eau, d’endiguements ou de dessèchements. Par cela meme, les divers modes d’appropriation des ruisseaux, des rivières, des fossés, etc., ne font l’objet d’aucune étude spéciale. Enfin, les données statistiques recueillies ne permettent pas d’embrasser, dans les pays précités,
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- les progrès de l’irrigation, distincts de ceux des autres améliorations foncières,- à cause de leur insuffisance, ou de leur caractère trop approximatif.
- L’importance qu’il pouvait y avoir à se rendre compte de l’opportunité des réformes à introduire, et de la mesure dans laquelle quelques-unes des dispositions appliquées en Allemagne et ailleurs, si elles étaient adoptées en France, contribueraient à relever notre production agricole, n’a pas été démontrée malgré la peine que les auteurs se sont imposée, et quel que soit l’intérêt de leurs recherches.
- Les entreprises d’irrigation, confondues le plus souvent avec celles d’assainissement et de dessèchement, sont examinées sans plus de détails que celles des syndicats de curage et de rectification des cours d’eau, de distributions d’eau potable, de défrichements et reboisements, de réunions parcellaires, de constructions de chemins d’exploitation, ou de bâtiments ruraux, etc.
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- Dans le mémoire qu’il présente, M. L. Faure, ingénieur hydraulique, attaché au Ministère de l’Agriculture, aborde successivement les sujets suivants :
- Chapitre premier.
- 1. Des bienfaits de l’irrigation, et de la plus-value des terres sous le rapport de l’accroissement de richesse et de prospérité qu’elle procure sous tous les climats et sous toutes les latitudes.
- 2. De l’état d’infériorité des irrigations en France.
- 3. Des causes diverses qui s’opposent à leur extension : canalisation des eaux, et préparation des terres arrosables.
- Chapitre II.
- 1. Étude du service technique des améliorations (génie rural), ressortissant aux ministères ou aux directions de l’agriculture dans les divers États de l’Allemagne et de l’Autriche.
- 2. Législation des eaux et des syndicats en Allemagne. Exemples : les lois hes-soises pour les associations d’arrosage ; les lois badoises pour les associations entre industriels et agriculteurs.
- 3. Institutions de banques agricoles ou caisses de prêts en Allemagne, en faveur des entreprises d’améliorations foncières. Exemple : banque agricole de l’État bavarois.
- 4. Progrès des syndicats en Prusse pendantles cinq années 1891-1896, et en Alsace-Lorraine.
- Chapitre III.
- Application en France des mesures pratiquées en Allemagne.
- 1. Création d’un service public dont le personnel serait recruté à l’Institut national agronomique et à l’École forestière pour les ingénieurs agricoles, et dans les Ecoles
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- spéciales de Vaucluse, du Lézardeau, etc., pour les agents secondaires, à l’effet de provoquer et de créer des associations, et de diriger leurs opérations.
- °2. Réformes de la législation actuelle des eaux, et des lois sur les syndicats.
- 3. Mesures financières propres à favoriser les entreprises d’utilisation agricole des eaux, etc.
- Votre rapporteur se bornera à soumettre quelques observations générales au sujet de cette importante étude sur l’Allemagne, et de ses conséquences pour notre pays.
- M. Faure a déjà publié, tant dans les Annales de l'Institut national agronomique (1896), et dans le Bulletin du Ministère de ïAgriculture (1896), que dans un rapport sur l’enseignement de l’irrigation et du drainage, au sujet du Congrès international de ï enseignement agricole en 1900, un travail très complet sur le rôle des syndicats en Allemagne, leur organisation et leur mode de fonctionnement, ainsi que sur les réformes auxquelles entraînerait leur assimilation en France. De même, il a procédé à une discussion circonstanciée des modifications que comporterait notre enseignement de l’hydraulique dans les écoles supérieures et secondaires d’agriculture.
- En rééditant ce qui se rapporte aux lois hessoises des 14 juin et 13 juillet 1887, qui offrent, selon lui, les plus grandes facilités en vue de la constitution des syndicats jouissant du concours de l’État, et placés sous sa surveillance, l’auteur néglige le point le plus instructif, qui eût été de signaler leur efficacité pour l’extension des arrosages en particulier, et leur supériorité relativement aux autres lois similaires.
- Sous le rapport du concours financier accordé aux entreprises syndicales, M. Faure remet simplement sous nos yeux le résumé des statuts de la Banque agricole d’État en Bavière, fondée dans le but de faciliter les améliorations foncières. Or, depuis la promulgation de cette loi, 1er avril 1884, jusques fin 1895, pendant dix années, la Banque aurait consenti, sur 694 prêts, s’élevant à 2 336 200 marks, 88 prêts seulement, soit 817316 marks, ou 35 p. 100 environ, aux entreprises d’irrigation proprement dite. 11 eût été d’un intérêt majeur de connaître les détails de ces dépenses, en regard des avances consenties, mais surtout d’apprendre moyennant quelles sommes, et quels résultats les nombreux Instituts financiers de l’Europe centrale ont contribué à la création de nouvelles dérivations, pour développer les arrosages par l’entremise des syndicats.
- Tout en reconnaissant, d’accord avec l’auteur, que l’intervention de l’Etat peut s’exercer, indépendamment de l’établissement de grands canaux,
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- 1° Par une meilleure législation des eaux et des associations syndicales;
- 2° Par une meilleure organisation du service hydraulique ;
- 3° Par le crédit facilité pour les entreprises hydrauliques, sous forme de subventions, d’avances à long terme, de garanties d’intérêt, etc.
- Votre rapporteur ne saurait se dissimuler que les moyens suggérés, pour développer en France l’utilisation des eaux en agriculture, suivant ce qui se pratique en Allemagne, presque exclusivement au profit des prairies, ne sont guères compatibles avec nos lois actuelles, nos institutions et notre organisation administrative.
- L’infériorité constatée de la législation française en matière d’eaux, est le plus sérieux obstacle à la généralisation des arrosages. Tant que la propriété de toutes les eaux ne sera pas du domaine public et que l’État ne sera pas maître d’en disposer librement, au mieux des intérêts de l’agriculture; tant que la servitude d’aqueduc ne sera pas définie par le code, il y a fort peu à attendre de modifications de détail, empruntées à l’Allemagne, ou des lois multiples non codifiées qui varient d’un État à l’autre, quant au régime et à la nature des eaux, à leur entretien et à leurs procédés d’utilisation. D’autre part, la propriété des eaux, qui est de l’État, en ce qui regarde les cours d’eau navigables et flottables, et les canaux construits de main d’homme dans un intérêt général, est, en Allemagne, des particuliers, pour toutes les autres eaux.
- Seule, la législation lombarde, devenue la législation italienne, qui a inscrit dans le code civil l’attribution à l’État de toutes les eaux sans distinction, et la servitude d’appui pour leur prise et leur passage, grâce à son admirable simplicité et à sa jurisprudence parfaite, peut favoriser l’extension des arrosages.
- M. Faure n’en propose pas moins des amendements aux lois françaises des mois d’avril 1845 et juillet 1847, sans citer les paragraphes, ni libeller les modifications qu’il a en vue, à savoir ;
- 1° Déclaration de plein droit des servitudes d’aqueduc, sans recours aux tribunaux;
- 2° Concession de prises d’eau en avant, quand la topographie des lieux l’exige, sur les fonds d’autrui ;
- 3° Jouissance de tous barrages ou écluses possédés par autrui, moyennant participation aux frais de premier établissement et d’entretien;
- 4° Juridiction du juge de paix, au lieu de celle des tribunaux, en matière de litiges et de règlements d’indemnités ;
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- 5° Extension des lois précitées au profit des associations entre propriétaires, ou des syndicats autorisés.
- Relativement aux syndicats mêmes, dont l’efficacité s’est affirmée avec un succès toujours croissant en Allemagne pour les améliorations foncières, M. Faure fait remarquer que la loi française de 1884 ne pourra avoir d’effet utile sur le développement des irrigations, que si le principe y est établi, d’après lequel l’autorité judiciaire, sur une simple demande de la majorité des intéressés, accorde la constitution des syndicats, et cela, conformément aux lois en vigueur en Italie, depuis 1865.
- En d’autres termes, la majorité exigée en France actuellement, pour que le préfet autorise une association, devrait être celle exprimée par le vote des intéressés, sur base de la surface arrosable, et non pas de l’impôt payé. En outre, les intéressés comme en Allemagne, absents ou abstentionnistes, lors du vote, devraient être comptés comme favorables à l’entreprise. Enfin, un simple arrêté préfectoral, sans recourir à un décret préalable d’utilité publique, rendu en Conseil d’État, devrait suffire pour autoriser les syndicats d’arrosage.
- Toutefois les réformes jusqu’ici mentionnées ne sauraient donner des résultats pratiques, d’après l’auteur, que si la France possède, à l’instar de l’Allemagne, un corps spécial de fonctionnaires techniques, les uns d’ordre supérieur (œkonomie commissàr, bauinspecior, kultur inspector, kultur ingénieur), les autres d’ordre inférieur (Wiesenaufseher / kultur teehniker, wiesen-baumeister), ayant pour mission, au contact des populations rurales, de provoquer la création de syndicats, de dresser les plans et devis des opérations et de diriger l’exécution des travaux.
- Votre rapporteur ne suivra pas l’auteur dans les développements considérables qu’il donne à cette idée, pas plus que dans les détails de réorganisation de l’Institut national agronomique et de l’École forestière, où il compte recruter le personnel supérieur, et des Écoles spéciales de Vaucluse, du Lézardeau, de Saulxures-sur-Moselotte, etc,, destinées à former le personnel inférieur.
- En attendant que les cadres du nouveau service des eaux soient alimentés par ces écoles, les professeurs d’agriculture départementaux et les agents forestiers pourraient être utilisés parallèlement aux fonctionnaires de la Direction de l’Hydraulique, qui dépend du Ministère de l’Agriculture : ingénieurs et conducteurs déjà détachés du Ministère des Travaux publics.
- Étant donné que ce projet borné aux irrigations fût praticable, on se
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- demande quel serait le rôle d’ingénieurs de l’État auxquels incombe déjà l’administration des cours d’eau, des canaux, etc., juxtaposés à des ingénieurs agricoles, mis à la disposition des communes, des associations et des particuliers, et chargés de l’aménagement et de l’épandige des eaux sur le sol. Mais le projet, d’après les programmes mêmes de refonte et de supplément des cours professés dans nos Écoles supérieures et pratiques, et aussi d’après la durée du stage, s’étendrait, dans l’esprit de l’auteur, à toutes les améliorations foncières quelconques, voire même à la formation d’ingénieurs géomètres et de professeurs de génie rural. Dans ces conditions, la confusion d’attributions de deux services d’origine distincte, empiétant sur celles de branches administratives qui relèvent d’une ou de plusieurs directions de Ministères, ne tarderait pas à faire naître des conflits d’intérêts au détriment, en premier lieu, de l’agriculture.
- En insistant avec tant de conviction sur l’urgence de créer de toutes pièces un nouveau rouage administratif, M. Faure semble oublier que les systèmes d’irrigation ont été l’ouvrage du temps. « Nos canaux et nos « digues », écrit Jaubert de Passa, dans son Mémoire six les cours d'eau et les canaux d'arrosage des Pyrénées-Orientales (1821), < ne sont point le « produit de l’art proprement dit, ni d’un corps instituépour enseigner les « méthodes. L’industrie a tâtonné, modifié, adopté des procédés, et le cuiti-« valeur a pratiqué avec succès les règles de l’hydraulique, sans en avoir « jamais appris les éléments. Cependant, on veut nous assujettir à sou-« mettre tous les travaux aux avis d’un homme de l’art. On exige des plans « rédigés à grands frais, etc. »
- Et, de fait, les belles irrigations des Pyrénées-Orientales, des Vosges, de la Provence, comme celles de la Lombardie, du Piémont, et du midi de l’Espagne, n’ont pas eu besoin, pour se créer et s’étendre, du concours d’ingénieurs et d’agents sortant des Écoles. Ce sont les agriculteurs qui ont pourvu d’eux-mêmes aux installations les plus remarquables et les plus délicates remontant aux temps les plus reculés, sous la protection de bonnes lois et de coutumes fidèlement observées. Il en a été de même aux États-Unis où les irrigations, dans certains États, se sont tellement développées à une date toute récente, sans l’aide de techniciens diplômés.
- Sur le chapitre des moyens financiers, propres à favoriser les syndicats, M. Faure estime que les lois de 1856 et 1858, pour les travaux de drainage à entreprendre avec le concours du Crédit foncier, pourraient être amendées et étendues aux opérations d’arrosage. Il rappelle que la Commission supé-
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- rieure de 1878, pour l’aménagement et l’utilisation des eaux, avait proposé d’appliquer à ces entreprises le principe de la garantie d’intérêt de l’État; qu’en 1880, le Conseil d’État avait élaboré un projet de loi en ce sens. Le Gouvernement, en 1892, présentait une loi réglant le fonctionnement des Sociétés de crédit pour venir en aide aux agriculteurs, par l’émission d’obligations.
- Les récentes lois de 1894 et 1899 sur le crédit agricole suffiraient aujourd’hui, toujours d’après l’auteur, pour que les syndicats constituent des sociétés de crédit ou s’affilient à de telles sociétés, et se procurent les fonds qu’exigent les opérations définies par leurs statuts.
- Inutile, semble-t-il, de faire remarquer combien le crédit, sous forme d’avances, même sans intérêt, remboursables par annuités que fournissent des caisses locales recourant à une caisse régionale, diffère de celui que les banques agricoles d’État, en Allemagne, procurent directement aux associations, comme aux particuliers, pour des améliorations reconnues utiles et viables, sans garantie hypothécaire, et moyennant des prêts à très long-terme, à des taux d’intérêt très réduits.
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- Dans le second mémoire remis par M. le baron Louis Thénard, chargé de missions par le ministère de l’Agriculture, le plan encore plus généralisé que le précédent, puisqu’il s’étend à chacun des Etats de l’Allemagne distinctement, et à l’Autriche-Hongrie, embrasse une étude plus vaste et plus détaillée, qui ne s’est pas spécialisée plus que l’autre dans l’examen des arrosages.
- Il suffira, pour en juger, sous le rapport de l’ensemble, d’énumérer les principales divisions.
- Première partie. — Considérations générales.
- Chapitre premier. — Organisation politique et administrative; configuration physique; climat; situation économique agricole; production et population des États de l’Allemagne.
- Chapitre II. — Idem, pour l’Autriche et la Hongrie.
- Partie. — Législation.
- Chapitre premier. —Régime des eaux dans les pays précités; nature et propriété des eaux; entretien et utilisation; barrages et irrigations par fossés et par canaux écoulement des eaux; dessèchements.
- Chapitre 11. — Des associations en Allemagne (Prusse, Alsace-Lorraine, Bavière,
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- grand-duché de Bade, Wurtemberg, Saxe, duché de Hesse), et en Autriche. Statuts de syndicats constitués en Moravie, avec les formulaires annexes.
- 3e Partie. — Améliorations agricoles.
- Chapitre premier. — Remembrement des parcelles.
- Chapitre II. — Pratique des irrigations.
- Rôle de l’eau dans la végétation.
- Effets de l’arrosage,
- Nature des eaux,
- Époques des arrosages,
- Volumes d’eau nécessaires suivant les saisons, les terres; colmatage ou arrosage de prairies,
- Pertes d’eau,
- Prises d’eau (roues, chaînes à godets, barrages, canaux principaux),
- Systèmes d’irrigation; colmates; arrosages souterrains; arrosages associés au drainage ;
- Dessèchements.
- 4e Partie. — Organisation des services d’amélioration et recrutement du personnel.
- Chapitre premier. — Allemagne.
- Prusse. Service technique. — Écoles supérieures techniques. — Programme des cours de l’École supérieure d’agriculture de Berlin. — Programme id. de l’Académie agricole de Bonn-Poppelsdorf.
- Bavière. Service technique. — Personnel.
- Grand-duché de Hesse. Service technique. — Programme des cours de l’École polytechnique de Darmstadt (génie rural).
- Grand-duché de Bade. Service technique. Personnel des Kultur ingénieur.
- Wurtemberg. Service technique; personnel id.
- Saxe. Service des associations agricoles. Personnel des œkonomie commissàr.
- Alsace-Lorraine. Service des améliorations. — Personnel des Kultur-lmpector et Wiesenbaumeistér..
- Chapitre II. — Autriche.
- Ministère de l’agriculture; son organisation; bureaux techniques; service des améliorations. — Institut R. I. agronomique de Vienne; programme des cours. Écoles R. I. techniques. — Programme des cours de l’École polytechnique de Brünn (Moravie).
- Chapitre III. — Hongrie.
- Ministère de l’agriculture; service hydraulique agricole. Direction des eaux; services techniques. Conseil national des eaux. Personnel. — Programme des cours de l’École de Kassa.
- Chapitre IV. — Dessèchements. ‘
- Service en Hongrie. — Associations d’endiguement.
- Service en Autriche. — Améliorations de Jaispitz (Moravie) ; construction de réservoirs ; barrages et réservoirs à Jaispitz.
- Chapitre V. — Mise en culture des tourbières.
- Études sur la culture des tourbières. — Applications en Autriche et en Bavière.
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- Chapitre VI. — Emploi des eaux résiduelles des sucreries de betteraves pour l’irrigation.
- Applications de Bodenbender (grand-duché de Hesse).
- oe Partie. — Statistique et mesures financières.
- Chapitre premier. —Statistique des travaux d’amélioration. Allemagne et Prusse; Autriche et Hongrie.
- Chapitre II. — Mesures financières.
- Associations coopératives de crédit Schultz et Delitsche; banque centrale coopérative de Berlin.
- Associations Raiffeisen. Fédération centrale des associations agricoles.
- Banque d’État des fédérations affiliées et des caisses agricoles (1895).
- Banques agricoles indépendantes (1879).
- Banque d’État agricole de la Bavière (1884).
- Banque de Saxe (Landrentenbank).
- 6e Partie. — Monographies.
- 1. Irrigations de Baunact, Basse-Franconie (Bavière).
- 2. Améliorations de Bruckhausen. — Syke-Thedinghausen, Brunswick (Prusse).
- 3. Irrigations de Leeste. Brinkum (Hanovre).
- 4. Irrigations de Müden-Nieclenhofer (Hanovre).
- 5. Endiguement et dessèchement du delta de Meruel (Prusse orientale).
- 7e Partie. — Conclusions.
- Chapitre premier.— Personnel des améliorations.
- Chapitre II. — Législation et syndicats.
- Chapitre III. — Améliorations.
- 8e Partie. — Annexes.
- Loi du 11 mai 1877 (Alsace-Lorraine).
- Loi du 30 juin 1884 sur les améliorations de culture du sol, et ordonnance sur le régime des eaux (Autriche).
- Règlement de l’École royale hongroise des agents hydrauliques, àKassa; programme de l’enseignement de trois années.
- Loi du régime des eaux, 23 juin 1885 (Hongrie).
- La simple énumération des matières traitées dans ce volumineux mémoire prouve combien de sujets étrangers par le fait au programme du prix ont été envisagés par l’auteur.
- Aussi bien, la première et la troisième partie en entier, que la quatrième partiellement, en ce qui regarde les programmes d’enseignement des écoles, les dessèchements, la mise en culture des tourbières, l’emploi des eaux des sucreries, et la sixième partie, en tant que les monographies, avec cartes et plans à l’appui, se réfèrent à de vastes opérations d’ensemble, sans
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- parler des annexes de la huitième partie, ne sauraient rentrer, malgré tout leur intérêt, dans le cadre d’une étude sur l’arrosage.
- Dès lors, votre Rapporteur, sous bénéfice des observations déjà formulées, croit devoir s’attacher uniquement au résumé, ainsi qu’aux conclusions qui figurent dans la septième partie du mémoire de M. Thénard.
- Et d’abord, relativement au personnel supérieur du service des améliorations en Allemagne, recruté dans les Écoles polytechniques, ou dans les Écoles d’ingénieurs, dont deux seulement, à Munich et à Darmstadt, possèdent une section de génie rural où, après avoir fait un stage de plusieurs années dans le service même, les titulaires acquièrent le titre d’ingénieur de l’État,M. Thénard se contente de reproduire en ces termes l’opinion du Président de la Société d’agriculture de Posen :
- « Les propriétaires considèrent ces fonctionnaires comme de bons ingé-« nieurs, qui n’ont toutefois aucunes connaissances de l’agriculture pratique, « et, par là, ne rendent pas les services que l’on serait en droit d’attendre « d’eux. Ils font leurs études agricoles sur place, aux dépens des agricul-« teurs. Ceux qui sortent des universités font des géomètres, nullement « agriculteurs, auxquels les cultivateurs doivent donner les conseils pra-« tiques.
- « Parmi les agents subalternes, les uns correspondent à nos conducteurs « des ponts et chaussées, et les autres, n’ayant reçu aucune éducation clas-« sique, leur sont inférieurs ; ils font seulement exécuter les plans. »
- Ces agents n’en rendraient pas moins, d’après l’auteur, d’utiles services pour les entreprises d’irrigation, et peut-être doit-on leur attribuer une part importante dans les nombreux petits travaux exécutés en Allemagne pour les améliorations du sol. Comme il n’y a pas de grands canaux, sauf trois, la comparaison, de ce chef, est toute en faveur de l’œuvre accomplie en France.
- En règle générale, rien d’uniforme n’existe dans l’organisation et dans l’installation des bureaux techniques, pas plus en Allemagne qu’en Autriche et en Hongrie, où les ingénieurs agricoles sont des agents, tantôt de l’État, tantôt des provinces, et tantôt des sociétés d’agriculture, recrutés dans les Écoles polytechniques ou dans les Instituts agronomiques de Vienne ou de Magyar Ovar.
- On aura de la peine à comprendre comment un tel personnel, sans connaissances agronomiques, autres que celles acquises après un stage plus ou moins long parmi les cultivateurs, puisse faire acte d’initiative, s’il était
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- ÉTUDE SUR L’EMPLOI AGRICOLE DE l’eAU EN GRANDE CULTURE. 29
- possible d’en créer un similaire en France, et aider d’une manière efficace au développement des arrosages.
- Au point de vue de la législation, l’auteur est décidément affirmatif quant à la nécessité d’une loi spéciale pour les irrigations et les améliorations foncières ; en effet :
- En Hongrie, jusqu’à la promulgation de la loi de 1885 (donnée en annexe), il était presque impossible d’obtenir une autorisation pour l’arrosage.
- Dans le Wurtemberg, faute de bonnes lois, les syndicats et le personnel technique des améliorations n’ont témoigné de leur activité que pour les réunions territoriales.
- En Bavière, malgré l’ancienneté de l’enseignement technique hydraulique (1822), c’est seulement depuis la loi de 1852 que les associations se sont constituées en grand nombre, d’après le principe de la contrainte exercée par une majorité de propriétaires représentant les deux tiers de la surface.
- Ce principe admis par les autres États allemands, aux termes des nouvelles lois, a été le levier qui a permis de syndiquer les communes, les propriétaires et les cultivateurs.
- En France, le respect des droits de la propriété individuelle, qui a entouré jusqu’ici la faculté de contrainte de conditions plus rigoureuses, s’opposera de quelque temps à des modifications conçues dans un intérêt trop collectif.
- D’ailleurs, la facilité de contrainte exercée en Allemagne, observons-nous, n’offre rien de caractéristique en elle-même, car, dès le xne siècle, grâce à leur initiative, les communes lombardes et, plus tard, les fueros en Espagne constituèrent les premières associations d’arrosage. Ces associations avaient l’avantage inappréciable de consacrer pratiquement la réunion des cultivateurs et des possesseurs du sol, de même que les habitudes de communauté qui ont contribué à étendre les irrigations les plus complètes, et à fertiliser à un si haut degré des territoires jusqu’alors rebelles à toute culture.
- En France également, les chartes et cartulaires, du xe au xne siècle, sont encore aujourd’hui les titres authentiques des concessions d’eau et d’arrosage, octroyées aux cosmunes et aux propriétaires en syndicat des Pyrénées, de Vaucluse, etc.
- L’association est donc bien la condition premère pour faire disparaître
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- non seulement le morcellement du sol, comme conclut M. Thénard, mais encore pour vulgariser l’épandage des eaux dans la culture.
- C’est seulement depuis la loi du 21 mars 1884 sur les syndicats, d’après l’auteur, que l’association en France serait devenue une force économique, réduite jusqu’alors à son minimum d’action.
- Par les lois des o novembre 1894 et 31 mars 1899 sur le crédit agricole, les syndicats en France se trouveraient dans des conditions favorables pour se procurer les ressources nécessaires aux travaux d’amélioration. Les deux voies nouvelles où l’on paraît s’engager résolument sont destinées à seconder l’initiative des agriculteurs, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter le personnel de l’hydraulique, ou de songer à un service nouveau auprès des corps électifs.
- Enfin, sous le rapport des formalités administratives, les facilités offertes par nos règlements seraient analogues à celles des autres pays étudiés, quant aux droits d’usage de l’eau, aux moyens d’utilisation et aux syndicats en général.
- En présence de conclusions aussi opposées, voire même contradictoires, sur une situation différemment appréciée par les auteurs des deux mémoires, votre Rapporteur ne saurait se prononcer, ni sur les vues optimistes de l’un, ni sur les réformes préconisées par l’autre.
- Pour ce qui regarde les arrosages proprement dits, aucune des deux études, comme il a été dit dès le début, ne répond au programme du prix offert par la Société, et votre Rapporteur croit devoir conclure qu’il n’v a pas lieu de le décerner.
- Si. toutefois, en considération des recherches multiples, des informations précieuses et des documents soigneusement recueillis à l’étranger, et traduits, que renferment les deux mémoires, en vue d’une étude plus appropriée à la condition actuelle des arrosages en France, le Comité jugeait convenable de tenir compte de la somme de travail représentée, votre Rapporteur n’hésite pas à proposer d’accorder à titre d’encouragement, à chacun des concurrents, un prix de 1 000 francs, en leur adressant les remerciements avec les éloges de la Société.
- A. Ronna.
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- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES
- DÉCERNÉES POUR LES INVENTIONS UTILES OU LES PERFECTIONNEMENTS DANS LES ARTS INDUSTRIELS
- Rapports des differents Comités (Voir le tableau, p. 31)
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport sur les travaux de M. Francesco Sinigaglia, présenté au nom du Comité des Arts mécaniques, par M. J. Hirsch,membre du Conseil.
- Le nom et les ouvrages de M. Sinigaglia sont bien connus de tous les ingénieurs qui s’occupent d’études sur les appareils à vapeur. M. Sinigaglia a eu le mérite d’être l’un des premiers à faire connaître en Italie les études de cette nature, et à ouvrir cette voie féconde de recherches, dans laquelle d’autres de ses compatriotes n’ont pas tardé à s’engager à sa suite.
- En 1889, M. Sinigaglia publiait, en italien, un Traité des machines à vapeur. Cet ouvrage, immédiatement traduit en français, eut un véritable succès dans le monde des spécialistes. Il renferme surtout un exposé magistral des applications de la thermodynamique au fonctionnement des machines à vapeur; cet exposé est remarquable à la fois par sa simplicité et par sa clarté; l’ouvrage présente en outre des résultats intéressants, dus aux recherches propres de l’auteur, sur divers sujets théoriques, tels que d’influence des enveloppes de vapeur, le rendement des machines à expansion multiple, les effets de la surchauffe, le rôle des régulateurs de vitesse, etc. Notre éminent collègue, M. Dwelshauvers-Dery, qui fut un des maîtres de M. Sinigaglia, a fait un compte rendu fort élogieux de cet ouvrage dans la Revue générale des Scietices.
- M. Sinigaglia a écrit de nombreuses études sur les machines et les chaudières à vapeur; plusieurs de ces études ont paru dans les publications françaises, XEncyclopédie Léauté, la Revue de mécanique, etc. Ces
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- MÉDAILLES
- I. — LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- ta Ph p P ro 'p O K NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. MM.
- 1 Boucher. Appert. Fabrication mécanique des bou-
- teilles (1).
- 2 Debray. Sauvage. Rapports de la Commission des mé-
- tbodes d’essai des matériaux (2).
- 3 Dormoy. Livache. Émaillage mécanique (3).
- 4 Rivière et Lecq. Tisserand. Manuel de l’agriculteur algérien (4).
- 5 Rolet. Lindet. Étude sur la composition du lait (5).
- 6 Sinigaglia. Hirsch. Ouvrages et travaux de mécanique.
- 7 Société des usines Simon. Institutions de prévoyance (6).
- a gaz du Mans.
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- MM. MM.
- 1 Gérard Lavergne. Diligeon. Ouvrage sur les automobiles.
- 2 Rocca, Tassy et de Muntz. La végétaline (7).
- Roux.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR
- M. M.
- 1 Samain. Barbet. Compresseur.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- MM. MM.
- 1 Guédon. Sauvage. Distribution pour locomotives (8).
- 2 Grinninger. Leroux. Ouvrage sur la fabrication des lam-
- pes à incandescence (9).
- (1) Bulletin de mai 1901, p. 606. — (2) Bulletin de mai 1901, p. 321. — (3) Bulletin de janvier 1901,
- p. 17 . — (4) Bulletin de mai 1901, p. 633. — (5) Bulletin de mai 1901, p. 644. — (6) Bulletin de
- juin 1901. — (7) Bulletin de décembre 1900, p. 709. — - (8) Bulletin de décembre 1900, p. 705. —
- (9) Bulletin de mai 1901, p. 629.
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- SUR LES TRAVAUX DE M. FRANCESCO S1NIGAGLIA.
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- écrits se sont fait vivement apprécier par la profondeur et la précision des vues, ainsi que par l’abondance et le choix excellent des documents. Mieux que tout autre, M. Sinigaglia s’entend à montrer les points délicats des problèmes industriels, à en dégager les solutions, et à en faire comprendre le sens et la portée ; c’est un vulgarisateur émérite.
- A l’Exposition de 1900, M. Sinigaglia comptait présenter ses beaux ouvrages. Malheureusement, la caisse qui contenait ces volumes s’est égarée et n’a pu être retrouvée; par suite de cet accident, M. Sinigaglia s’est vu privé des récompenses élevées sur lesquelles il était en droit de compter.
- Votre Comité des Arts mécaniques estime que la Société d’Encourage-ment est en situation de réparer, au moins dans une certaine mesure, les conséquences déplorables de cette mésaventure fâcheuse.
- 11 a en conséquence l’honneur de vous proposer de décerner à M. Sinigaglia une médaille d’or pour l’ensemble de ses travaux.
- Signé : J. Hirsch, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 28 mars 1901.
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- Tome 101. — 2e semestre. —Juillet 1901.
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- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES.
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- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes, qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société, des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies. Ces médailles sont remises à :
- MM. Brillouin, séance du 22 mars 1901 —Les chronomètres de marine.
- Guillaume, séance du 25 janvier 1901. — Les travaux du Congrès de physique de 1900.
- Frémont et Osmond. —Pliage des burettes entaillées (1).
- Guillet, séance du 26 décembre 1900. —L’aluminothermie.
- Le Ghatelier. — Technique de la métallo graphie microscopique.
- Renard, séance du 11 janvier 1901. — V'aéronautique à l'Exposition de 1900 {2).
- Renaud, séance du 23 novembre 1900. — Nos ports de commerce.
- Rostaing. — Fabrication de la pâte d'alfa (3).
- Ronna. — IJ agriculture de l’avenir (4).
- Sauvage, Séance du 22 février 1901. — La locomotive en 1900.
- Sartiaux (E.), séance du 24 juin 1901. —Les électro-sémaphores du Chemin de fer du Nord.
- (1) Bulletin de février 1901, p. 254. — (2) Bulletin de mars 1901, p. 327. — (3) Bulletin d’avril 1901, p. 455. — (4) Bulletin de janvier 1901, p. 30.
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- MÉDAILLES
- II. — LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- H efl a PS _o p Z NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- - 1 Billaud (Gilbert). 44 Contremaître à la Cie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey.
- ' 2 Bonnard (Gustave) 42 Surveillant à la Cie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey.
- 3 Bourquelot (Jules) . 39 Chef d’équipe à la Cie des Chemins de fer de L'Est, à Mohon.
- 4 Buisson-Chavot (Claude-Louis). . 41 Contremaître aux Établissements Ch. IHnat, à Allevard (Isère).
- 5 Caban (Auguste) 35 Modeleur aux Ateliers de la Cie des Chemins de fer de l'Ouest, à Sotte-ville.
- 6 Capobianco (Antonio)...... 10 Mécanicien à la Raffinerie de Chan-tenay-sur-Loire.
- 7 Cappe (François) 41 Ouvrier chez MM. Blanzy, Poure et Cie, à Boulogne-sur-Mer.
- 8 Caquand (Amand) 28 Chef d’équipe de glucoserie à la Société des Amidonnerieet Glucoserie, à Haubourdin.
- 9 Damiens (Jules-Alfred).. . . . . 31 Contremaître aux Établissements Kuhlmann, à Lille.
- 10 Dieppedalle (Désiré-Séverin).. . 33 Monteur aux Ateliers de la Cie de l'Ouest, à Sotteville.
- tl Feuillas (Jacques) 38 Chef d’équipe ajusteur aux Ateliers de la Cie P.-L.-M., à Arles.
- 12 Gallot (Mme Aglaé) 42 Ouvrière à la Société anonyme des papeteries du Marais et de Sainte-Marie.
- 13 Guillet (Laurent).. . 0 * , . . 57 Monteur de ressorts aux Établissements Ch. Pinatfa Allevard (Isère).
- 14 Guilmin (Nestor-Albert) 25 Chauffeur à Y Administration de l'Assistance publique, à Paris,
- 15 Hennebique (Félix). 47 Ouvrier mannelier aux Établissements Kuhlmann, à Lille.
- 16 Hocquard (Auguste) 44 Chef d’équipe à la Cie des Chemins de fer de l’Est, à Épernay.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT. --- JUILLET 1901.
- w Ph Pi H ÉTABLISSEMENTS
- P O *0 NOMS ET PRÉNOMS. > Ph Z g AUXQUELS
- ê: ^ a O ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 17 Huot (Jean-Louis'i 49 Lamineur à la Cie des Forges de Châ-tillon et Commentry, à Montluçon.
- 18 Jacolliot (Isidore) 50 Chef d’atelier d’ajustage à la Cic des Forges de Châtillon et Commentry, à Yierzon.
- 19 Ledan (Mme Julie-Eugénie). . . . 42 Ouvrière à la Société anonyme des papeteries du Marais et de Sainte-Marie. :
- 20 Lestang (Léonard) 43 Ouvrier à la Compagnie générale des Omnibus.
- 21 Lique (Ferdinand) 38 Sellier garnisseur aux Ateliers de la Cie P.-L.-M., à Oullins.
- 22 Lirot (Mrae Aline) 40 Ouvrière à la Société anonyme des papeteries du Marais et de Sainte-Marie.
- 23 Yanabelle (Louis-Jules) 28 Contremaître à la Société anonyme des Amidonnerie et Glucoserie, à Haubourdin (Nord).
- Le Secrétaire de la Société,
- Ed. COLLIGNON,
- Inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté, au nom du Comité des Arts mécaniques, par M. G. Rozé,
- sur les Appareils de pesage et de contrôle inventés et construits par
- M. Edmond Cliameroy.
- Les établissements Chameroy, pour la construction de balances, de bascules, d’appareils de mesurage, de comptage et de contrôle automatique, etc., ont été honorés par la Société d’Encouragement d’une médaille d’argent, en 1870, puis d’une médaille de platine en 1876, décernées à M. Chameroy père. Depuis cette dernière date, M. Chameroy fils a pris la direction de ces établissements et a apporté un grand nombre de perfectionnements propres à satisfaire aux exigences toujours nouvelles de l’industrie et du commerce.
- Un des objets poursuivis avec autant de persévérance que de succès est l’inscription du résultat d’une mesure ou d’une pesée. Les divers procédés imaginés et appliqués successivement par M. Edmond Chameroy, aux instruments qu’il construit ou à ceux déjà existants, présentent la plus grande variété, chaque mode nouveau de solution étant approprié à des besoins spéciaux. Il est à observer que de telles dispositions doivent satisfaire à des conditions souvent difficiles à concilier telles que la précision, la certitude de fonctionnement en toute occasion, la rapidité, la simplicité des manoeuvres, la netteté des résultats ; et, quand il s’agit d’appareils de contrôle, il faut encore mentionner les exigences relatives à la protection des appareils contre toute action susceptible de fausser les indications commise par maladresse ou par malveillance.
- Telles sont, d’une façon générale, les difficultés que M. Chameroy a dû vaincre par une constante application et une ingéniosité inépuisable. Les succès toujours croissants obtenus par ses nouveaux appareils et les|hautes distinctions qui lui ont été accordées, témoignent des services qu’il a su rendre.
- Parla nature même des choses dont il s’agit, il serait difficile d’exposer •en détail la raison d’être et les avantages de dispositions diverses dont le
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- ARTS MÉCANIQUES.-----JUILLET 1901.
- grand mérite est de répondre de la manière la plus simple et la plus économique aux exigences multiples de chaque cas particulier; il convient donc de limiter cet exposé aux seules indications générales propres à caractériser le rôle des principales innovations.
- En 1884, M. Chameroy a disposé les diverses parties de l’appareil inscrivant le résultat de la pesée de manière que les nombres exprimant le poids brut, puis celui de la tare, déterminés successivement, soient inscrits sur le même ticket, le second au-dessous du premier : ainsi, la soustraction peut être effectuée sans transcription. Dans le même ordre d’idées, M. Chameroy, en 1894 et 1895, a réalisé un dispositif auxiliaire de bascule imprimant le poids sur une bande de papier en travers, de manière que les résultats de pesées successives s’inscrivent les uns au-dessous des autres et que la totalisation peut être obtenue par l’addition immédiate sans transcription. Cette disposition est d’autant plus à considérer qu’il est bien établi que les erreurs dans les calculs numériques proviennent le plus souvent d’une méprise dans l’opération de la transcription et que, de plus, les erreurs de cette sorte sont ordinairement les moins faciles à découvrir et à corriger.
- M. Chameroy a ensuite apporté à ces inventions diverses modifications propres à les rendre applicables aux instruments construits antérieurement, à compléter leurs indications, par exemple, en y ajoutant l’inscription de la date, à perfectionner les dispositions en vue de satisfaire aux exigences de l’emploi des divers appareils de pesage, bascule, pont-bascule, dans les services de l’octroi, du poids public, des abattoirs, etc. Par exemple, pour éviter les inconvénients que présente l’impression des chiffres à sec, par gaufrage du carton ou du papier, M. Chameroy a réussi à vaincre les difficultés spéciales qui jusque-là avaient fait écarter le mode d’impression, à l’encre grasse, des chiffres de la pesée.
- Enfin, tout récemment, en 1899 et 1900, M. Chameroy a combiné un ensemble de dispositions mécaniques propres à enregistrer le passage des wagons ou wagonnets en un point de la voie ferrée, par exemple, au lieu d’installation d’un pont-bascule. Cet appareil peut notamment servir, parla comparaison avec les résultats enregistrés par la bascule, à contrôler si tous les wagons qui ont circulé en un temps donné ont bien été soumis à l’opération de la pesée avec inscription automatique. Pour écarter toute chance de fraude, le taquet sur lequel agit la roue du wagon ne peut être écarté en permanence, par un calage accidentel ou volontaire, sans entraîner le déplacement d’une pièce auxiliaire qui rend la voie impraticable. Ainsi les fonc-
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- SUR LES APPAREILS DE PESAGE ET DE CONTROLE. 39
- tions ne pourraient subir de perturbation qu’à la suite de la destruction des organes de l’appareil. Une disposition auxiliaire peutpermettre d’inscrire sur. un compteur spécial le retour à vide des véhicules.
- Tels sont, très sommairement exposés, les principaux progrès réalisés par M. Chameroy en vue de satisfaire aux exigences les plus variées des services administratifs, commerciaux ou industriels. C’est ainsi, aussi bien que par les soins apportés à la construction, que M. Edmond Chameroy a réussi à conserver et développer encore la réputation incontestée des établissements dirigés d’abord parM. Chameroy père. Non seulement M. Chameroy donne satisfaction dans une large mesure aux besoins nationaux, mais encore il exporte en certains pays d’outre-mer une grande partie des instruments qu’il construit.
- Le Comité des Arts mécaniques, appréciant comme il convient les services ainsi rendus à l’industrie nationale par M. Edmond Chameroy, a l’honneur de vous proposer de le remercier des ses intéressantes communications, et de décider l’insertion, au Bulletin, du présent rapport.
- Signé : C. Rozé, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 juin 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS
- Par M. Codron, lauréat de la Société d’Encouragement (Suite) (1).
- Cisaillage
- Le cisaillage peut être considéré comme un tranchage avec deux lames LL', dont Lun des biseaux se trouve dans le plan fictif de séparation (fig. 147). Il se produit, au début de l’opération, une coupe par pénétration de chaque outil dans la pièce, en même temps qu’une pression énergique sur les faces d’about des lames, puis les parties se séparent par arrachement, flexion ou glissement carac-
- Fig. 147.
- térisé, actions qui se combinent et sont plus ou moins complexes selon la nature du métal.
- Nous distinguerons le cisaillage ou tranchage d’un seul coup au moyen de lames à tranchants parallèles, et le cisaillage progressif au moyen de lames à tranchants obliques ou avec des lames circulaires.
- (1) Bulletin de janvier, mars, avril, p. 482.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
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- Tranchage d'un seul coup. —Ce procédé s’applique aux barres de petite largeur relative et de forte épaisseur, aux profilés, à des pièces minces découpées en pleine tôle et dont on veut prévenir toute déformation.
- Les lames ont dans ce cas un angle d’acuité de 80 à 90°, pour déterminer, autant que possible, un cisaillage direct, un glissement peu oblique des parties
- P= 90000
- Fig. 148. — Phases principales du cisaillage d’une pièce de fer.
- Pression moyenne par mmq, de surface d’appui : p = — 75 kg.
- qui se séparent par la pression croissante exercée sur les lames (1). Si l’angle d’acuité était assez inférieur à 80°, les lames s’ébrécheraient dans la coupe des fortes épaisseurs, supposée faite à froid; des lames à angle aigu et à tranchant
- (1) Nous entendons par rupture de glissement ou de cisaillement, celle classiquement définie par le mode d’action de deux lames de cisaille. On sait que, dans la résistance de la pièce, la plus grande tension des fibres du prisme élémentaire déformé ne se produit pas dans le plan de la section cisaillée, mais obliquement, suivant un angle qui varie avec la ductilité. L’angle qui correspond à la rupture ne s’éloigne guère de 45° pour les métaux tels que le fer, Facier doux. La tension ou traction qui produit la séparation des parties diffère un peu de la résistance de traction directe, parce que, dans le cisaillement, les résistances de traction et de cisaillement sont en jeu simultanément et se composent.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- oblique détermineraient une pression locale élevée qui détériorerait rapidement les outils; ou bien, dans le cas de sections profilées, ces lames produiraient des déformations prononcées ou des déchirements.
- Considérons une pièce de section rectangulaire placée entre deux lames LL (fig. 148) à tranchants droits parallèles qui se rapprochent. La pièce se trouve soumise à deux efforts P au contact des faces CD et CD7 ; ces efforts croissent rapidement avec la pénétration (fig. ISO) jusqu’à la valeur qui correspond sans tenir
- Fig. 149.
- compte des frottements P'/, à la résistance au glissement qui précède le début de la rupture. Ces forces P se répartissent suivant une loi indéterminée ; les composantes les plus fortes sont assurément voisines du point Ç. Les résultantes P sont à une distance /, et forment un couple P/, qui détermine un autre couple P7', dont les efforts ou pressions P' s’exercent sur les faces verticales CE et G'E', des lames en contact avec la pièce. Les réactions P' tendent à écarter les lames du plan de coupe CC'.
- Présentée horizontalement, la pièce, si elle reste libre, prend une position de plus en plus inclinée à mesure que la pénétration des lames se poursuit, et tant que les efforts P progressent. La déviation de l’horizontalité est le plus souvent prévenue par une force P", due à l’appui de la partie B de la pièce contre
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
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- un arrêt disposé à cet effet, ce qui réduit les valeurs des forces P' particulièrement sur la lame L. Lorsque les forces P atteignent leur valeur maximum, elles ont déformé la pièce symétriquement par rapport au point o, milieu de GG'. Un glissement général de chaque partie A et B s’est déjà produit (fig. 148). Si on décompose la pièce en tranches parallèles aux faces supérieure et inférieure, on remarque que les tranches les plus voisines des outils sont plus déformées que celles qui avoisinent la ligne d’axe primitif de la pièce. La distance d mesure la projection de la déviation de cette ligne qui passe par le centre o. Les tranches
- o i U 3 u 5 10 15 8
- Pénétrations.
- Fig. 150. — Diagramme de cisaillage avec lames parallèles relative à une barre de fer carrée de 60 x 60 mm.
- voisines de chaque lame ont été comprimées fortement et réduites en épaisseur. (Dans la pièce considérée, la pression moyenne par millimètre carré a atteint 75 kilogrammes.) A droite de la lame L et à gauche de la lame L', ces mêmes tranches se sont infléchies et sont en partie tranchées. Ces déformations générales correspondent à une première phase de l’opération. Dans une deuxième phase, va se produire la rupture progressive (on admet un métal assez ductile, tel que du fer misé) des tranches suivant la ligne sinueuse GOG' située de part et d’autre de la droite G G', ou suivant une ligne qui s’en écarte peu. Les forces PP' tendent à déchirer la pièce dans chacun des angles CG', où il existe déjà une solution de continuité due à la coupe des premières fibres par l’outil.
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- Les déchirures commencées se propagent à mesure du rapprochement des lames; les efforts P diminuent rapidement (fig. 150); un vide se produit entre les pièces (fig. 149) dont chaque partie continue à se trouver maintenue, par exemple, pour la partie A, d’une part sur la face CD, et d’autre part sur la face C E', tout en étant encore retenue par les tranches non déchirées. Le glissement relatif s’est accentué; les fibres des tranches non rompues se sont infléchies davantage à leur tour, la distance d est augmentée. Finalement, les déchirures
- se rencontrent (fig. 151), atteignent toute l’épaisseur, donnent lieu, vers leur point de rencontre, à une brisure qui laisse ou non une trace caractéristique (fig. 152-153). Théoriquement, la rencontre doit se faire au point o; pratiquement, l’une des déchirures s’accentue plus que l’autre ; un ressaut se produit au voisinage de ce point o. Selon la contexture du métal, la tangente d’inflexion à la surface séparative est plus ou moins inclinée par rapport à la droite GOG' (fig. 153). De plus, on constate que les tangentes aux diverses fibres, aux points de rupture correspondants, font des angles y qui croissent quelque peu à partir de la fibre d’axe; sans doute parce que les efforts de flexion et par suite de traction ont plus de prépondérance vers la fin de l’opération qu’au début. Les parties A et B sont donc séparées par coupe des outils; par déchirement, écartement,
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
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- par flexion dus aux efforts P et P', par glissement dû aux efforts tranchants P. Ces derniers, étant prépondérants, sont ceux qui ont le plus d’action et caractérisent plus particulièrement ce genre de rupture.
- Sur les figures 152 à 163, qui se rapportent à des barres de fer, les différentes zones de déformations sont indiquées. Avec du fer provenant de mises soudées, les diverses zones apparaissent nettement par une attaque avec un acide, tandis que le fer fondu et l’acier ne les accusent pas, attendu que le métal est homogène. Les lignes indiquées sont donc fictives, elles ont été tracées sur la surface avant l’opération ou se rapportent à des mises de fer. Avec ce métal, ou avec ceux de ductilité analogue, la zone principale, soit celle de rupture plus ou moins
- Fig. 133.
- brusque par glissement, est toujours nettement caractérisée; elle se distingue par un aspect dénotant des arrachements très courts, sous des angles qui varient quelque peu, ainsi que le montrent les lignes longitudinales extérieures, lesquelles s’infléchissent vers la ligne de rupture.
- Quand on cisaille une matière très élastique telle que le caoutchouc, la déformation est très grande avant que l’arrachement se produise. Les figures 164 à 168 montrent les déformations relatives à une bande de 20 millimètres d’épaisseur.
- Lorsque les tranchants des lames se trouvaient à 1,5 millimètre de distance l’une de l’autre, la coupe s’étendait seulement sur 5 millimètres de hauteur, d’un seul côté (fîg. 167), ce que l’on constatait en retirant la pièce.
- Avec une distance entre les lames de 1 millimètre, la coupe s’étendait sur 10 millimètres de profondeur d’un côté et sur 4 millimètres de l’autre côté (fig. 168). Cet exemple accuse donc bien des déchirures assez différentes, et parfois, la déchirure ne se propage que d’un seul côté jusqu’à la séparation
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- A HT S MÉCANIQUES. - JUILLET 1901.
- complète. Les lignes tracées sur les faces latérales montrent les déviations prononcées qu’elles affectaient.
- La pièce étant libre en ses parties A et B, elle se place obliquement à la ver-
- Fig. 154 à 163.
- Fig. 164 à 168.
- ticale et les lames agissent à la manière de deux tranches dont les bissectrices des angles d’acuité ne sont pas en prolongement.
- Cette disposition s’accuse particulièrement quand les lames (fig. 169) n’ont pas un plan de coupe commun, quand elle s’écartent tant soit peu; la pièce est
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 47
- alors très oblique; la rupture, pour du fer rond, est, par exemple,celle indiquée par la figure 169. Il importe donc de maintenir la partie principale de la pièce
- Fig. 170. — Cisaillage de fer à différentes températures.
- perpendiculaire aujplan de coupe. Si l’on opère avec du fer à chaud ou de l’acier, en produisant une série de coupes successives, on constate des déformations
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1901.
- plus ou moins accentuées selon la température (fig. 170 et 170 bis). On remarque bien le peu de ductilité du fer vers les températures qui donnent l’aspect bleuâtre ou verdâtre; la rupture se fait alors sous faibles pénétrations avec un bruit caractéristique dénotant la fragilité. Le cisaillage d’un échantillon permet ainsi de se rendre compte de la ductilité d’un métal aux diverses températures. Nous ne préconisons pas ce genre d’essai comme devant supplanter les autres plus précis du contrôle de la ductilité (1); mais, pour le forgeron, la coupe d’une barre à chaud, d’un lingot en billettes, permet par la déformation de la rupture de comparer et de déduire des indications utiles.
- Au contraire, un métal très ductile, tel que le plomb, exige des pénétrations
- Fig. 170 ùus. — Coupe d'acier vers 600°.
- à fond (fig. 171-172-173). De même avec l’acier doux à haute température (fig. 173 bis). Dans ces exemples, les angles de glissements y se rapprochent de 90° et les fibres se rompent presque par traction directe pour peu qu’il y ait du jeu entre les outils. Les lames doivent se croiser pour détacher complètement les parties qui restent adhérentes, tout en glissant l’une contre l’autre sur toute leur épaisseur. Néanmoins, avec le plomb, une zone terne d’arrachement reste apparente lorsque la section n’a pas été en contact pressé déterminant Je poli de la surface. Le cuivre, le laiton accusent des coupes (fig. 174-173) analogues à celles du fer ductile. L’acier à outils se brise violemment, les pénétrations des lames sont très faibles (lig. 176-179).
- (I) On ne saurait, à notre avis, remplacer avantageusement, par d’autres, les épreuves si simples de pliage et de traction. Cette dernière assure les moindres écarts dans l’estimation des nombres qui peuvent en ressortir, tant au point de vue de la résistance absolue de traction du métal, qu’au point de vue de la ductilité par la mesure de la striction, que trop souvent on néglige, pour apprécier celte propriété essentielle qui est en rapport avec la fragilité. Une épreuve de flexion en combinaison avec une épreuve de cisaillement donnent lieu à des phénomènes plus complexes et présentent beaucoup plus d’aléas de non-concordance dans les rapports de résistance que l’on peut en déduire.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 49
- Sans nous attacher davantage à tous les phénomènes auxiliaires qui se passent dans ce genre de cisaillage, et comme l’estimation des forces P est,
- Fig. 174. — Cuivre.
- Fig. 175. — Laiton.
- Fig, 171 à 173. — Plomb.
- vSavure.
- Fig. 173 bis. — Coupe d’acier vers 1 000°.
- pour ainsi dire, la seule possible dans des essais, ce sont ces forces que nous considérons dans la relation d’équilibre, laquelle comportera simplement la Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901. 4
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1901.
- résistance principale dite de cisaillage R rapportée à la section courante de la
- Fi . ne à 179. — Acier à outils.
- pièce, soit en posant pour une section rectangulaire d’épaisseur a et de largeur
- b :
- soit :
- R _ Ç _ J?
- S ~ a b’ P = R a b,
- relation qui concorde assez bien avec les résultats des essais.
- On pourra encore faire ressortir la pression maximum p par millimètre de longueur de lame, soit :
- Le rapport n, entre la somme des pénétrations et l’épaisseur a, sera aussi considéré, de même que le rapport m de l’effort moyen à l’effort maximum P, de sorte que l’énergie de cisaillage à lames parallèles, serait exprimée par la relation :
- t = m P x n a = m n aR a b = ni n a2 b R.
- L’énergie par millimètre carré de section serait :
- T
- ~ i = -—; = m n a R. a b
- La pression moyenne p' sur la surface d’appui des lames sera facile à déduire par la connaissance de la largeur d’empreinte c, en posant :
- Si l’on fait intervenir la force P",qui maintient la pièce perpendiculaire au plan de coupe (fig 180), elle a pour effet de réduire fortement ou d’annuler la réaction latérale de la lame L. On est conduit à admettre que la réaction verticale Pj,sur la lame L ,est égale à la somme P + P ;. Et c’est pourquoi, dans ce cas, la lame L' pénètre plus profondément dans la pièce que la lame L. Il est
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 51
- rationnel de réduire cette fo’rce P" au minimum en augmentant sa distance au plan de coupe, en maintenant la barre assez loin de ce pian, ce qui d’ailleurs fatigue moins l’ouvrier lorsque la barre est tenue à la main.
- Il est également logique de mobiliser la lame L et de fixer la lame L/ au bâti afin que l’effort moteur soit celui P. Cependant il faut noter que le moment de l’effort P doit aussi équilibrer le moment de la force P' qui s’exerce au contact de la face verticale de L', ce qui tend à égaliser les forces P et PPr
- Cisaillage de cornières. — Dans une cornière (fig. 181), l’effort P détermine
- deux réactions P' =
- — normales aux ailes de la cornière.
- Ko
- 2 cos 45e
- La résistance normale, si chaque aile était libre, serait : a b R= P'. Mais, les
- Fig. 180.
- deux ailes étant solidaires et la coupe se faisant dans le sens de P plutôt que dans le sens de P', on peut considérer la section projetée d’épaisseur a' et de largeur 2 b' qui est d’ailleurs égale à la section 2 a b de la cornière, attendu que „ b'
- 1 on a \ a — a! sin 4b° et b = —nr, soit : 2 a b — 2 a! I' et P = 2 a! b' R
- sin 4d°
- = 2 a b R.
- Comme les valeurs de R et de t1 varient avec l’épaisseur des pièces, on peut admettre, ainsi que le montrent les essais, que ces valeurs pour les cornières concordent avec celles pour les barres plates d’épaisseur : a1 — \/2cd = 1,414 a.
- On retrouve, dans la coupe des ailes, des déformations (fig. 182) analogues à celles des barres plates.
- Essais de cisaillage à lames parallèles. — La disposition adoptée pour les essais de cisaillage comprenait (fig. 183) deux lames L rechangeables à volonté, montées sur des blocs de fonte B ajustés dans la bride C de la machine à essayer, de manière à les bien guider. L’un des blocs B s’appuyait contre la pièce D mobile exerçant la pression. La pièce P était ou non calée pour s’opposer à une flexion prononcée.
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- Fis. 182.
- Fig. 183.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 53
- Les lames avaient un angle d’acuité 8 — 85°.
- Éprouvettes de fer d'épaisseur variable. — Les éprouvettes de fer ont été débitées dans une même barre de fer laminée de 60 millimètres de largeur; les épaisseurs ont été de : 4, 10, 15, 20 millimètres.
- » k S
- Fig. 184. — Cisaillage de fer avec lames parallèles : 0 = 85. Efforts pour sections de 40 millimètres de largeur et d’épaisseur variable.
- Nous avons obtenu les courbes A (fig. 184) pour les variations des efforts à mesure de la pénétration.
- L’éprouvette de 20 millimètres d’épaisseur s’est rompue avec une pénétra-
- 6 5
- tion totale des deux lames égale à 6nini,5, soit un rapport : n = ~ = 0,32.
- Pour l’éprouvette de 4 millimètres d’épaisseur, la pénétration de rupture était 18
- de 1,8, soit : n = —^— ='0,45.
- 4
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- On constate que les pénétrations qui déterminent la rupture sont assez faibles.
- En considérant d’autres coupes de fer analogue, on peut admettre que le rapport n varie entre 0,25 pour les très fortes épaisseurs (80 millimètres) et 0,45 pour les très petites; avec du fer très ductile, la valeur de n atteint 0,50 et plus, selon l’épaisseur. Ce coefficient est donc des plus variables; son influence sur l’énergie de cisaillage étant prépondérante, il importe de l’estimer au plus près dans chaque cas particulier.
- L'effort maximum P correspond au commencement de la déchirure; celle-ci
- Cisaillage de fer sveclam.es parallèles &=85° Résistances Rjiar millimétré carré de section et Energie s 8”____d°--------d°----------
- 30
- 25
- 20
- 10
- K9
- 126,5
- 25,7
- -y 25,5
- Kgr
- erg
- ies
- B J_ __-.-U/2 H9m
- 10 15
- Fi-. 185.
- 20'
- s’accentue, puis la séparation se fait à un moment donné, brusquement sous un effort moindre.
- i
- Les coefficients de résistance R = — varient quelque peu avec l’épaisseur.
- Épaisseurs
- 20
- R = 2o,o
- 10 4 mm.
- 26,5 29 kg.
- La courbe A (fig. 185) représente la variation de R dont la valeur s’élève avec les faibles épaisseurs.
- Le coefficient de résistance à la traction de ce fer, avec une section de 25 x 10 a été de Rt = 39^,4, l’allongement sur 200 millimètres s’est élevé à 9,5 p. 100 avec striction peu prononcée faisant ressortir la résistance sous l’effort de rupture à R2 = 4G,3.
- Les rapports des coefficients de cisaillement et de traction pour l’épaisseur 10 millimètres seraient donc :
- R _ 26,5 R, ~~ 39)4
- = 0,64
- R__ 26,5 R2— 46,3
- = 0,57,
- et
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- 55
- Deux éprouvettes, l’une prise à la barre et l'autre recuite, ont donné les mêmes résultats à quelques dixièmes de kilogramme près.
- Pour cette variété de fer, l’énergie de coupe relative à la section 40 X 20 — 600 millimètres carrés, s’est élevée à 97 kilogrammètres, de sorte que l’effort moyen
- m P =--=
- 97
- et le rapport
- na 0,32X0,020
- 15150 15150
- P 20 400
- m =
- = 15150 kg.
- = 0,74.
- L’énergie par millimètre carré de section ressort à t//1 = —^
- avec l’épaisseur 15 millimètres, l’énergie t = 66 kilogrammètres. le rapport
- 66
- m ==
- l’énergie
- P na 15 400 X 0,366 X 0,015 ,, 66
- == 0,779,
- X 15
- -, — 0k*m,ll.
- 0kgm,12
- Les épaisseurs 10 et 4 millimètres donnent respectivement 0kgm,095 et 0kgni,05 pour l’énergie par millimètre carré.
- Les variations de t" sont indiquées sur la ligure 185, courbe B. On pourrait en déduire — 0,0035« + 0,05.
- La valeur de x"x augmente donc sensiblement avec l’épaisseur tandis que le coefficient m augmente quand l’épaisseur diminue. Comme, d’autre part, la structure du fer présente de nombreuses catégories, il n’est guère possible d’établir une moyenne générale de la valeur de qui s’éloignerait peu de la réalité.
- Les pressions moyennes ‘par millimètre carré de surface d’appui des lames ont varié de 70 à 80 kilogrammes, vers l’arête tranchante, ces pressions peuvent au moins être doublées.
- En outre, d’autres essais nous ont montré que le coefficient R peut varier de 20 à 34 kilogrammes selon la catégorie de fer, l’épaisseur de la pièce et l’état d’émoussement des arêtes tranchantes.
- La vitesse a aussi pour effet d!augmenter la valeur de ce coefficient.
- A titre d’exemple, soit à cisailler une barre de fer à froid de 60 X 60 = 3600 millimètres carrés de section.
- L’effort maximum pourrait atteindre, en tablant sur une valeur de R = 25 kilogrammes pour du bon fer en forte épaisseur :
- P =3600 X 25 = 90 000 kg.
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- bt)
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- L’énergie de cisaillage t serait, en prenant :
- X, = 0,0035 a + 0,05 = 0,0035 X 60 -b 0,05 = 0,26, t = 0,26 x 3 600 = 936 kgm.
- Une cisailleuse travaille d’une façon intermittente; elle est munie d’un volant qui emmagasine l’énergie suffisante pour couper la pièce présentée. Si la cisailleuse marche à raison de 10 courses doubles par minute, le travail de coupe rapporté à la seconde, serait :
- 936 X 10 60
- 156 kgm.
- Le rendement étant supposé de 0,50, la puissance développée serait de :
- soit environ 3 poncelets.
- L’effort tangentiel moyen à la poulie de 0ra,800 de diamètre que peut comporter une telle cisailleuse chaussée par une courroie animée d’une vitesse de 6m,50, serait :
- 312
- 6,50 — 48 k£->
- valeur qui ne nécessiterait qu’une assez faible largeur de courroie, mais que l’on augmente pour parer aux coups de force vive qui se développent au moment du travail des lames.
- A l’usine de Fives-Lille, la cisailleuse des forges, modèle Fairbairn, présente
- les éléments qui suivent :
- Plus forte barre de fer de section carrée à couper à froid............. 100 x 100 millim.
- — — rond : diamètre =.................... 120
- Diamètre de la poulie de commande...................................... 0,900
- Nombre de tours par minute............................................. 340
- Vitesse circonférentielle.............................................. 16m,00
- Section de la courroie............... ................................. 200 x 10
- Commande par deux couples de roues d’engrenages.
- Poids du volant de 2,00 de diamètre.................................... 1 600 kg.
- Vitesse circonférentielle au volant.................................... 35 mètres.
- Course de la lame mobile............................................... 144 millim.
- Nombre de courses par minute. ......................................... 15
- A vide, l’effort tangentiel moyen au volant =.......................... 21 kg.
- Puissance à vide à la vitesse de 35m = 35 x 25 =....................... 875 kgm.
- Coupe d’une barre de fer carrée de 100 xiOO.
- Effort sur les lames pour R = 25 kg. P = 100 x 100 x 25 =.............. 250 000 kg.
- Énergie de coupe par millimètre carré : ti = 0,0035 a + 0,05 = . . . . 0,4 kgm.
- Énergie totale de coupe : t = 100 x 100 x 0,4 =........................ 4 000 kgm.
- Cette coupe se faisant à peu près en une demi-seconde, la puissance développée sur la cisaille au moment de la coupe serait de 8 000 kgm.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 57
- Le volant doit emmagasiner la presque-totalité de l’énergie de coupe 4 000 kgm., avant l’opération.
- On voit que ce volant possède une vitesse (35 mètres) bien élevée, et supporte des efforts considérables quand on cisaille les épaisseurs maxima. Il en est de même des engrenages dont les dents se sont brisées; aussi, par prudence, on ne dépasse pas des coupes supérieures à 70 millimètres d’épaisseur.
- Pour emmagasiner 4 000 kilogrammètres en trois secondes environ, la cour-
- roie doit développer un effort moyen de
- 4 000 16X3
- = 83 kg.
- Le rendement étant estimé à 0,50, cet effort s’élèverait à r-rrr — 166 kg.
- 0,50
- 21 X 2
- à ajouter l’effort moyen à vide à la courroie, soit ^ — — 46.
- Effort total ; 212 kg.
- Puissance moyenne développée à la courroie = 212 X 16m = 3392 kgm., soit 34 poncelets.
- Les coupes étant le plus souvent de moindre épaisseur, cette puissance se réduit de beaucoup.
- Considérons un lingot d’acier très doux de 200 X 200 = 40 000 millimètres carrés de section, tranché à chaud au rouge cerise.
- La résistance R peut être estimée à 10 kilogrammes. L’effort maximum serait :
- P = 40 000 X 10 = 400 000 kg.
- A cause de la grande ductilité, prenons m = 0,6 et /i=0,5. L’énergie de tranchage :
- T = m n a2 b R = 0,6 X 0,5 X 40 000 X 200 x 10 = 24 000 000 kgmm = 24 000 kgm.
- Soit, par millimètre carré de section, -r//1 = -=-f =0,6 kgm.
- 4U UIMJ
- Si la vitesse de coupe est de 40 millimètres par seconde, la durée de la coupe serait :
- m a 0,6 X 200 o„
- 1T = 40 = 3 ‘
- La puissance développée ressortirait à :
- 24 000 _ ,
- —-— = 8 000 kgm.
- soit 80 poncelets.
- Les cisailleuses coupant de telles pièces comportent un mécanisme hydraulique dont le rendement est d’environ 0,50, de sorte que la puissance de coupe serait d’environ 16 000 kgm.
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- Il y a avantage à opérer à température plus élevée lorsqu’il s’agit de gros lingots, soit vers 1 000° ; dans ce cas, la résistance de cisaillement peut s’abaisser entre 4 et 5 kilogrammes par millimètre carré.
- Par exemple, soit un lingot de 320 x320 = 102 400 millimètres carrés de section.
- L’effort maximum s’élèverait à :
- 102 400 X 5 = 512 000 kg.
- La valeur de m peut encore être prise égale à 0,6, tandis que celle de n doit être portée à 0,70, en supposant une très grande ductilité.
- L’énergie de cisaillage serait :
- soit :
- rn n a2 è R = 0,6 X 0,7 X 102 400 X 0,320 x 5 = 68 812 kgm. 68 812
- 102 400
- _ ok8'X67.
- Avec une vitesse de coupe de 91 millimètres par seconde, la durée de la coupe serait :
- m a___ 0,60 X 320 _ an
- 9T= 9Ï = 2 '
- La puissance développée pour le cisaillage s’élèverait à :
- 68812
- —-— = 34 406 kgm.
- soit 344 poncelets.
- Avec un rendement général de 0,50, l’énergie totale dépensée pendant la coupe serait de 688 poncelets.
- Dans une cisailleuse tranchant de tels lingots, MM. Delattre et Cic, de Fer-rière-la-Grande, ont adopté un piston de presse de 0,400 de diamètre, soit une surface de 1 256 centimètres carrés.
- La pression par centimètre carré serait donc voisine de :
- 512 000 1 256
- 410 kg.
- Dans une telle cisailleuse du modèle Breuer et Schumacher, le nombre de coups par minute est variable à volonté jusqu’à un certain point.
- MM. Delattre admettent que l’on peut donner 15 coups par minute, ce qui ne s’éloigne guère de l’hypothèse admise ci-dessus pour la vitesse de coupe.
- Ces divers exemples montrent comment il est possible d’appliquer les relations de résistance et d’énergie aux cas multiples de la pratique.
- Essais de cornières de fer. — Les lames pour les cornières ne s’ajustant pas toujours exactement entre les ailes, les efforts ne se répartissent pas aussi uni-
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-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 59
- formément qu’avec les barres plates ; l’une des ailes cède parfois avant l’autre ; néanmoins, la rupture totale est le plus souvent brusque. Les sections de séparation sont analogues à celles figure 485 bis.
- Fig. 185 bis.
- Nous n’avons opéré que sur quelques échantillons de cornières en fer ordinaire prises à la barre.
- Les diagrammes obtenus sont indiqués figure 186.
- P
- Le coefficient de résistance R = ~ a varié comme suit :
- Dimensions. . . 20 x 20 25 X 25 50 x 50 60 x 60 80 x 80
- ‘ ' 3 5 7 8 10
- Sections J ^ jmm2 225 665 896 1500
- Effort P 3 800 6 200 16 600 23 300 36 400
- Coefficient R. . . 34,2 27,5 24,9 26 24k^,2
- Pendant la coupe, l’éprouvette était maintenue dans une position perpendiculaire au plan de coupe.
- La valeur de R la plus élevée correspond à la cornière
- 20 X 20 3
- dont le métal
- était peu ductile; de plus, en mince épaisseur, le coefficient R est toujours plus élevé qu’avec de plus fortes épaisseurs.
- Les ruptures donnaient lieu à la projection des parties, parfois avec violence.
- Nous n’avons pas jugé utile de rechercher les coefficients de résistance de traction pour les comparer avec ceux de cisaillage. Les rapports ne doivent pas s’écarter de ceux déjà signalés.
- Cisaillage d’acier à outils. — En opérant à froid sur des pièces d’acier à outils de section 11 x 11 et 20 X 15, nous avons obtenu les courbes des efforts P (fig. 187). Les ruptures très brusques accusent un coefficient n compris entre 0,2 et 0,25. L’éprouvette de 20 X 15 a donné une résistance R = 42 kilogrammes. La résistance de traction R1? rapportée à la section primitive, s’est élevée, pour cet acier, avec une éprouvette de 10 millimètres de diamètre, à 92 kilogrammes
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- par millimètre carré; l’allongement pour cent sur 100 millimètres était de 9,2 p. 100.
- Le rapport
- L’énergie de cisaillage t", — 0,75 kgm. par millimètre carré.
- 80x80
- 30000
- 25000
- 60x60
- 20000 --
- 15000 - •
- 10000..
- 5000-
- 1000
- Fig. 186. — Cisaillage de cornières en fer.
- Fig. 187. — Cisaillage d’acier fondu à outils avec lames parallèles 9 = 83.
- L’éprouvette de 11 X 11 a nécessité un effort de 4 700 kilogrammes pour sa rupture par cisaillage, soit une résistance de R = 38,8 kg.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 61
- Cet acier a donné, comme résistance de traction R, =85,8 kilogrammes, avec un allongement de A = 9,6 p. 100 ; striction très faible ; soit un rapport :
- R 38,8
- 85,8 °i^°-
- Les essais de cisaillage avec des éprouvettes d’acier dur nécessitent l’attache des parties qui se séparent, sinon elles sont projetées avec force. Les lames se
- Fig. 188 à 195. — Cuivre.
- détériorent, ce qui oblige à restreindre les essais pour ne pas constater de discordances entre les résultats.
- Les aciers ordinaires constituent toute une gamme de variétés comprises entre le fer et l’acier à outils ; ils ont donc des valeurs de R et de t", intermédiaires entre celles que nous avons trouvées pour le fer et l’acier considérés.
- Ces valeurs de R et de seraient comprises respectivement entre 30 à 45 kilogrammes et 0,10 à 0,07 kgm.
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- ARTS MÉCANIQUES
- JUILLET 1901.
- On constate que l’acier à outils exige moins d’énergie de cisaillage qu’un fer quelque peu ductile.
- Ce fait doit être retenu lorsqu’on considérera la coupe des aciers secs sous forme de copeaux. Il concorde aussi avec les résistances vives dues aux chocs,
- Fig. 196 à 201. — Cisaillage de cuivre avec lames parallèles. Cassures.
- qui montrent que des aciers peu ductiles, dits fragiles, se brisent, tandis que de bons fers ductiles résistent mieux.
- R
- Les rapports des résistances 5- varieraient de 0,70 pour les échantillons de
- tli
- R
- grande ductilité, à 0,45 pour ceux de faible ductilité; tandis que le rapport peut varier de 0,3 pour les fers et les aciers les plus ductiles à 0,45 pour les aciers
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 63
- peu ductiles. Les différences sont donc très grandes entre les résistances, tandis qu’elles le sont moins entre les énergies rapportées au millimètre carré de section cisaillée.
- Cisaillage de cuivre avec lames parallèles. — Nous avons adopté des éprou-
- 138 kgm.
- * -
- Fig. 202. — Cisaillage de cuivre en barre étirée avec lames parallèles, 0 = 850. Efforts relatifs à diverses sections carrées.
- vettes à section carrée dont les côtés ont été de 40, 30, 15 millimètres (fig. 188 à 201).
- La figure 202 indique les courbes des efforts dont l’allure est asséz arrondie vers les valeurs maxima.
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- ARTS MÉCANIQUES. --- JUILLET 1901.
- Le coefficient n varie de 0,3 à 0,5. La rupture brusque ou séparation finale ne se produit qu’après un glissement prononcé des parties, ainsi que le montrent les figures 188 à 195 à différentes périodes de l'opération.
- L’éprouvette de 40 millimètres de côté a donné la cassure (fig. 196 à 198) avec zones particulières bien nettes.
- P
- Les résistances R = g ont varié de !Sk§,l pour l’éprouvette de 40 x40 à
- 16 kilogrammes pour celle de 15 X 15 (fig. 203).
- Line éprouvette de traction débitée dans la barre commune au diamètre de
- Résistance R -
- _P
- S
- Énergies Ti".
- 10
- [5
- 10
- O
- fte K
- i
- ^ bo ^
- Epaisseurs.
- Fig. 203. — Cisaillage de cuivre en barre étirée avec lames parallèles, 6= 8o°,
- 11 millimètres a accusé une résistance R1 = 26kg,3 et un allongement, sur 100 millimètres, de 30 p. 100, un diamètre à la striction de 8,5, une résistance à la section de rupture R, = 40k§,5; ce qui donne les rapports :
- R_
- Ri
- 26,3. 0,61’
- R_ _ 16 IL 40,5
- 0,4.
- Une éprouvette de 15x15, cisaillée avec des lames dont le 0 était égal à 90°, a donné la courbe A en pointillé (fig. 202); la valeur de R s’est élevée à 20kg',4. D’autres coupes, avec 0 = 85° mais les arêtes des lames étant un peu émoussées, ont accusé des valeurs de R égales à 18 et 19 kilogrammes. Les énergies t'L ont été de 0kgm,138 pour la barre de 40 millimètres, et de 0kgm,12 pour celle de 30 X 30. Elles diffèrent peu de celles afférentes au fer, tandis que les résistances R ont des écarts plus élevés. Cela tient à la ductilité plus grande du cuivre par rapport à celle du fer considéré ci-avant.
- Cisaillage avec lames obliques. — Le cisaillage progressif par lames obliques (fig. 204 à'207) s’applique aux petites épaisseurs relatives et aux grandes largeurs ou longueurs, telles que celles des tôles, des larges plats.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 65
- La coupe se fait peu à peu, à chaque coup de cisaille et à mesure de la présentation de la pièce.
- L’angle d’acuité des lames varie de 50 à 90°, selon la dureté du métal; l’inclinaison des tranchants est comprise entre 5 et 15°. La pratique adopte un angle do 6 à 10° afin qu’on ne soit pas obligé de donner une trop grande course
- .. x
- ; — i'A
- Fig. 204 à 209.
- à la lame mobile, et pour éviter une flexion et un arrachement trop prononcés des parties qui se séparent comme en figure 206-207.
- En outre, avec un angle trop grand (fig. 208), la pièce serait repoussée. L’angle de prise de deux lames obliques se détermine facilement, avec une cisailleuse ordinaire à leviers articulés, en présentant aux tranchants des éprouvettes cylindriques (fig. 210). * ^
- Pour le fer, la valeur de l’angle pour laquelle la pièce recule est de 30 à 34°. selon l’état des tranchants. Cet angle varie peu pour les divers métaux.
- Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901. 3
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1901.
- L’action des lames obliques est plus complexe que celle des lames parallèles. Les figures 211 à 212 ter indiquent les phases du début de l’opération, qui
- Fig. 210.
- comprend : une pénétration des outils dans le métal, une coupe partielle, un glissement dans le plan de coupe en même temps qu’une flexion, deux déchire-
- Fig. 211. — Oscillage progressif d’une bande de fer misé avec lames obliques, a = 90°.
- ments opposés dans le plan de coupe, avec écartement latéral qui favorise la séparation. Celle-ci se fait peu à peu, d’une façon pour ainsi dire continue,
- Fig. 211 bis.
- dans les limites des longueurs découpées et sous un effort qui reste sensiblement constant, mais quelque peu inférieur à l’effort maximum qui se produit au début de l’arrachement, ainsi que le montre le diagramme fi g. 213.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS
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- Pour déterminer les éléments de résistance et d’énergie du cisaillage progressif, considérons une pièce à section rectangulaire d’épaisseur a, dont le plan moyen contient la bissectrice de l’angle a des deux lames L et 17 (fig. 214).
- Fig. 212. — Cisaillage progressif d’acier extra-doux, avec lames obliques, a = 10°.
- Les lames, ayant pénétré de la quantité précisément égale à celle qui produit le commencement de la rupture, sont qp contact latéral suivant les triangles tels que ABC. Les efforts par millimètre de longueur de tranchant ont pour valeurs
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- Fig. 212 1er. — Cisaillage de plomb avec des lames obliques, a = 13° ; épaisseur, 7 millimètres ; 0 =80u.
- lOOOO
- 8000
- 1 2 3 4- 5 6 7 8 9 10
- Fig. 213. — Diagramme de eisaillagc'd’une bande de fer de 13 millimètres d’épaisseur avec des lames obliques, a — 10°, 0 = 80°.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 69
- proportionnelles approximatives les longueurs limitées par la courbe BF. Ces efforts pourraient être déduits des essais faits avec des lames parallèles. On pourrait admettre qu’ils sont proportionnels aux pénétrations en chaque point considéré de la lame, soit aux ordonnées du triangle ACB, dont AB serait l’axe des abscisses.
- En tout cas, si p' est l’effort moyen par millimètre de longueur de tranchant, la résultante Pt, appliquée en E, vers le tiers de AB à partir de A, serait égale à :
- fh =pf x A B = p' b'.
- na
- . . /ec&
- AC étant la pénétration maximum, égale à : —, il vient :
- jà
- n a n a p'
- .
- 2 sin -2
- soit :
- Pi =
- a.
- 2 sin -
- En considérant l’effort p qui correspond à la résistance de cisaillage R au moment de la rupture, ou l’effort p qui s'exerce par millimètre courant au voisinage du point A, nous avons vu précédemment que p est une fonction de
- p «R .... .
- l’épaisseur a et de R, et si on admet que p = - = il viendrait :
- _ p . ,, a R b' n a1 R Pi = 2 X A B — — =
- 4 sin ~2
- On voit que l’effort P4 serait, d’après l’hypothèse admise, égal à la moitié de l’effort «AR qui correspondrait à des lames parallèles attaquant une pièce de largeur b’.
- . sin a
- Pour une même épaisseur a, cet effort Pd est d’autant plus petit que ^ es^ grand.
- Lorsque a ne dépasse pas 10°, la longueur b de tôle qui correspond à b' est très peu différente de b'.
- Ainsi, pour :
- a 2
- = 5° b = b' cos -= b' X 0,996.
- Dans les cisailles ordinaires à leviers articulés, l’effort P4 peut être déduit facilement d’essais.
- On peut en déduire :
- 2 sin ^ Pf
- P
- n a
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- Dans les cisailles à guillotine, l’effort moteur P est dirigé verticalement, et la relation
- P n a p' ___________ n a~ Il
- 1 COS a .a a,
- 2 sin r, 4 sin ^
- o) Q
- permet de calculer P1 connaissant P et a. On pourra faire ressortir le rapport :
- P np' cos a n a R cos a T/
- _ — _L-------—------------= K a.
- 2 sin -
- 4 sin ^
- Pour une valeur donnée de a, le rapport — aurait'des valeurs croissant proportionnellement avec les épaisseurs, et l’effort P = K a2 varierait comme le carré de l’épaisseur.
- On peut encore poser :
- p__nap' cos a
- a a
- 2 sin -2
- et appliquer cette relation, si l’on connaît jo'.
- Notons aussi que la composante P2 = Ptga (fig. 214) est précisément la force
- qui tend à repousser la pièce de gauche à droite; elle doit être inférieure à l’adhérence des lames sur la pièce, condition toujours satisfaite avec les angles a
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
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- adoptés par la pratique. De plus, a n’étant guère supérieur à 10°, et cos 10° égal à 0,985, Pt et P sont pratiquement égaux, d’autant plus qu’on néglige les frottements P2/ qui se développent sur les guides du coulisseau porte-lame et ceux dus aux réactions sur la face verticale de la lame mobile, réactions qui se reportent sur la face d’appui du coulisseau contre la tête du bâti.
- Quant à la flexion des parties séparées, flexion due à l’inclinaison des lames par rapport à la pièce, elle n’est pas négligeable; elle aurait pour effet d’aug-
- Fig. 21S à 217.
- menter, dans une certaine mesure, les efforts découpé oblique comparés à ceux de coupe parallèle.
- Les efforts de flexion, qui croissent comme le carré de l’épaisseur, sont en partie compensés par la réduction de résistance que présente la pièce dès que la déchirure première s’est produite.
- La relation d’équilibre relative à l’effort constant devrait s’établir en considérant les phénomènes au moment où la coupe se fait (fig. 215 à 217).
- Il y aurait lieu de faire intervenir :
- l°La résistance au glissement proprement dit dans le plan de coupe, laquelle est de la forme ab'^l =. Pr
- 2° Le moment résistant de flexion dans la section de coupe, égal à
- soit
- 3° Le moment résistant dans la section de la bande de largeur b", section qui
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- ARTS MÉCANIQUES.
- JUILLET 1901.
- correspond à la naissance de la partie non déformée, moment qui aurait pour valeur
- lt.j a2 b" 6
- = P, X 2/3 b'\
- soit :
- P, =
- R., a2 //
- 4 b'
- 11 viendrait alors P = Pa + P2 + P3.
- La résultante des trois coefficients de résistance Rx Il2 et R3 qui se trouvent dans des directions rectangulaires deux à deux serait :
- \/ R2! + R2 o + IL2 = R = coefficient de cisaillage.
- Ce coefficient (de résistances composées) serait donc beaucoup plus grand que celui de flexion simple ou que celui de cisaillement simple, ce que font ressortir les essais ci-après. 11 nous parait très difficile d’apprécier exactement la combinaison de ces divers phénomènes. Par approximation, on pourrait admettre que les deux premières actions correspondent au cisaillement par lames parallèles, et les éléments de la troisième pourraient être déduits par différence.
- Nous ne pouvons ici entrer plus avant dans cette question des plus complexes.
- Nous avons simplement recherché, dans des essais signalés plus loin, l’in-lluencedela largeur de la bande coupée, influence qui montre que, dans les essais de cisaillage à lames obliques, et surtout dans les essais comparatifs, il importe d’opérer avec une bande de même largeur pour toutes les éprouvettes, sinon, il se produit des écarts sensibles dans les résultats. Il faut aussi que la partie opposée à la chute soit assez longue ou large pour ne pas se déformer par flexion. Il en est de même lorsque la partie principale de la pièce est maintenue en contact sur toute la longueur de l’une des lames, soit la lame inférieure horizontale, et que la pièce est assez résistante, la déformation de flexion se totalise sur l’autre partie qui est ordinairement la chute. Dans ce cas, la pénétration de la lame supérieure a une action quelque peu prépondérante pour la coupe, attendu que la réaction sur la lame inférieure se répartit sur une plus grande longueur, ce qui ne favorise pas la pénétration de cette lame. Quand on fait varier l’angle a, jusqu’à prendre des valeurs supérieures à 20°, les efforts de poussée P2 et les effets de la flexion modifient les conditions admises ci-dessus.
- Énergie de cisaillage avec lames obliques. — Lorsque les lames (fig. 214) ont attaqué, cisaillé une longueur de pièce égale à AA' = b, chacune d’elles a parcouru un chemin A'D' ----- DE' égale au déplacement de l’effort sur sa direction.
- Le travail de cette force, supposée constante pendant la coupe courante, est donc Pf X DE'.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
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- Le travail t des deux lames, pour cisailler la longueur b, est de :
- . x . X
- a 2 P b sin 2 n a p' b sm ^
- t = 2 P. D E' = 2 P, b sin ^ =------------ =-------------- = n a p' b.
- 1 1 2 COS a .a
- -2 sin ^
- uR n a2 b R
- Gomme p = -y t =—-—.
- La surface cisaillée étant S = l’énergie par millimètre carré de section serait de :
- n a? b R n a R
- °Lab
- 2
- Sur la figure 214, w a b correspond aux deux rectangles tels que AGC'À' = ABB'A7, soit à la surface de pénétration pendant la coupe prolongée.
- Les essais conduisent à l’estimation de t, et à la mesure de n; on peut déduire 2r t"
- les valeurs de R = —— = —— et les comparer avec celles obtenues pour le nœb na
- cisaillage à lames parallèles.
- Mais, il ne faut pas perdre de vue que les éléments du cisaillage sont des
- Fig. 211 bis.
- plus variables pour un même métal. Si les lames s’écartent, si les tranchants ne se trouvent plus dans les mêmes conditions de coupe; si les lames ont un long usage, les efforts peuvent être doubles de ceux qui correspondent à des lames fraîchement affûtées.
- Quand la lame mobile L (fig. 217 bis) est à double inclinaison, et qu’elle attaque la pièce à droite et à gauche, on conçoit qu’il suffit de doubler l’effort relatif à une seule coupe, et de même l’énergie. Cette disposition adoptée pour les tôles de faible épaisseur est rationnelle, la course est ainsi réduite de moitié.
- (.A suivre.)
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- AGRICULTURE
- Études sur la composition du lait et des produits de la laiterie, par Antonin Rolet, Ingénieur-Agronome, Chimiste à VEcole nationale d’industrie laitière de Mamirolle (1).
- composition anormale
- Nous avons dit que des états physiologiques ou pathologiques particuliers pouvaient amener une altération profonde dans la composition du liquide sécrété ou dans les quantités produites. Nous allons en donner quelques exemples.
- Influence du rut. — On sait que les ardeurs génésiques se renouvellent à intervalles assez réguliers (vingt jours environ), lorsque la vache n’a pas été satisfaite par l’accouplement ou que celui-ci n’a pas été fécondant.
- L’influence de cet état particulier de la bête ne se fait pas sentir seulement sur le lait au moment de l’apparition des signes particuliers, mais encore pendant une période plus ou moins longue qui précède ou qui suit le rut.
- L’élément qui semble le plus atteint est la matière grasse, le taux des autres principes ne subissant que de légères variations, à en juger seulement par l'extrait sec, déduction faite de la graisse (tableau XLVI a). Le lait a présenté dans tous les cas ses qualités organoleptiques.
- Vache A.
- ACIDITÉ. DENSITÉ. MATIÈRE GRASSE. POIDS.
- dates. —
- MATIN. SOIR. MATIN. SOIR. MATIN. SOIR. MATIN. SOIR.
- • degrés. degrés, p. 100. p. 100. kilog. kilog.
- 7 juin 20 20 33,3 32,2 2,95 2,80 5,4 5,0
- 9 — 19 19 31,2 31,9 4,30 3,70 5,4 5,4
- 12 — 19 20 32,9 32,9 2,85 2,90 5,8 5,6
- 14 — 18 19 32,6 31,7 3,4 3,6 5,6 5,6
- 15 — 19 18 35,0 32,6 2,7 3,9 5,4 7,2
- 16 — (rut). 19 18 32,1 32,2 4,15 4,35 4,8 5,2
- 18 — 18 19 31,1 31,6 2,75 3,7 5,6 3,4
- 21 — 19 19 33,9 33,8 3,15 2,85 6,0 5,2
- 27 — 18 18 30,9 32,8 5,6 4,7 4,8 5,6
- 28 — 19 19 32,2 31,7 3,7 3,35 5,0 5,4
- (1) Voir les Bulletins de mai et juin 1901, p. 644.
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- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE.
- 75
- Mammite. — Cette affection, appelée encore lèche, a atteint la mamelle de la vache B vers la fin décembre.
- Le lait fourni par le seul trayon engorgé était mousseux, à goût salé, à mauvaise odeur, de couleur jaunâtre, et contenait de légers caillots.
- Vache B.
- ACIDITÉ. DENSITÉ. MATIÈRE GRASSE. POIDS.
- DATES. —
- MATIN. SOIR. MATIN. SOIR. MATIN. SOIR. MATIN. SOIR.
- degrés. degrés. p. 100. p. 100. lcilog. kilog.
- 10 juin 19 20 32,9 33,1 2,85 3,25 7,2 7,8
- 12 - 20 20 34,3 32,8 2,7 2,95 8,2- 8,8
- 13 — 20 20 33,3 34,3 3,4 3,3 6,4 7,2
- 14 — 18 18 33,8 31,7 2,3 2,7 8,0 7,6
- 15 — (rut). 19 19 31,8 33,1 3,75 3,95 6,4 8,6
- 16 — 18 18 32,6 32,3 4,10 4,35 7,2 8,6
- 5 juillet 18,5 18 33,7 32,9 2,8 3,65 6,6 8,0
- 6 — 19 17 34,9 31,8 2,5 4,35 6,4 8,4
- 7 — (saillie). 18 18 34,3 31,5 3,25 3,9 6,4 8,0
- 11 — 17 17 34,1 30,0 2,70 4,3 6,4 8,0
- 12 — 16 17 32,4 33,1 3,75 2,9 6,2 6,8
- 15 — 18 17 32,4 30,9 2,90 4,6 6,4 7,4
- 7 sept, (saillie) . . 13 14 31,3 28,2 1,0 5,4 5,0 8,0
- 8 — 18 16 28,4 30,8 6,4 4,1 3,8 4,8
- 12 — 17 17 32,8 31,4 2,6 4,6 5,6 4.2
- 26 octobre, (rut). . 17 18 32,5 30,2 1,85 4,55 3,2 4,6
- 27 — 17 18 31,6 30,7 3,90 5,10 5,6 4,2
- 28 — (saillie) . 17 18 32,3 32,9 2,15 2,90 1,2 5,8
- 29 — 18 18 29,1 31,5 7,4 3,6 4.6 3,6
- 30 — 18 17 33,9 30,8 3,15 4,20 4,0 4,0.
- Le 20 décembre au soir Je contrôle a donné pour'ce lait prélevé séparément :
- Acidité. . .........................11°
- Densité.............................1 022
- P. 100.
- Matière grasse......................3,85
- Sucre...............................1,06
- Au bout de soixante-cinq heures, à la température de la chambre (12°) l’acidité n’était encore que de 18°.
- A partir du 22 décembre, alors que l’acidité était de 13°,5, ce même lait a été maintenu au lacto-fermentateur à la température de 40°.
- Son acidité après seize heures était de 70°.
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- TABLEAU XLVI a. Exemples de composition anormale tirés des essais journaliers.
- MATIÈRE EXTRAIT M. (i. EXTRAIT SEC
- 0 . NT T I (m. g. déduite).
- DATES. < li A s su. SL Ex .S. 0 B S ER V ATIO N S.
- Matin. Sait. Matin. Sair. Matin. Soir. Malin. Sai r. Malin. Sair. .Malin. Sair. Matin. S ii.“.
- Vc che 1.
- kg. kg. dcgr. dcgr.
- 7 juin .... 5,4 5,0 20 20 33,3 32,2 2,95 2,80 12,1 11,7 0,24 0,23 9,15 8,90
- 12 — 5,8 5,6 19 20 32,9 32,8 2,85 2.90 11,9 12,0 0,23 0,24 9,05 9,10
- 15 — 5,4 7,2 19 18 35,0 32,6 2,70 3,90 12,25 13,05 0,22 0,29 9,55 9,15
- 16 — 4,8 5,2 19 18 32,1 32,2 4,15 4,35 13,30 13,5 0,31 0,32 9,15 9,15 Chaleurs.
- 27 — 4,8 5,6 18 18 30,9 32,8 5,6 4,7 14,0 14,0 0,38 0,33 9,0 9,30
- 16 octobre. . . 3,0 3,0 18 18 33,0 31,7 2,6 4,2 11,6 13,2 0,22 0,31 9,0 9,0
- 2 novembre. . 4,2 4,2 19 22 32,7 32,1 3,15 5,6 12,25 14,98 0,25 0,37 9,10 9,38
- 12 décembre. . 5,0 4,6 18 19 35,4 34,6 3,25 3,9 13,05 13,55 0,24 0,28 9,80 9,65
- 18 février 1900. 2,4 1,6 17 17 34,8 35,7 2,8 5,45 12,35 15,55 0,22 0,35 9,55 10,10
- 25 — 1,4 1,0 17 16 34,8 34,4 2,1b 1,60 11,5 10,8 0,18 0,14 9,35 9,20 Dernier jour do lactation.
- Vache B.
- 12 juin .... 8,2 8,8 20 20 34,3 32,8 2,70 2,95 12,15 12,0 0,22 0,24 9,45 9,05
- 11 juillet. . . . 6,2 6,8 17 17 34,1 30,0 2,70 4,30 12,0 12,9 0,22 0,33 9,3 8,6 Chaleurs le 7 juil let.
- 7 septembre. . 5,0 8,0 13 14 31,3 28,2 1,0 5,4 9,2 13,72 0,10 0,39 8,2 8,32 Saillie.
- 8 — 3,8 4,8 18 16 28,4 30,8 6,4 4,1 14,92 12,85 0,42 0,31 8,52 8,75
- 26 octobre. . . 3,2 4,6 17 18 32,.5 30,2 1,85 4,55 10,57 13,3 0,17 0,34 8,72 8,75 Chaleurs.
- 28 — 1,2 5,8 17 18 32,3 32,9 2,15 2,90 10,9 12,0 0,19 0,24 8,75 9,1 Saillie.
- 29 — 4,6 3,6 18 18 29,1 31,5 7,4 3,0 15,37 12,50 0,48 0,28 7,97 8,9
- 14 décembre. . 5,4 4,4 18 18 33,1 33,1 3,15 5,25 12,4 14,7 0,25 0,35 9,25 9,45
- 20 — 5,6 4,4 18 16 31,8 32,0 2,0 5,25 10,65 14,5 0,18 0,36 8,65 9,25 Mammite.
- 21 — 5,0 3,6 19 19 31,3 29,9 8,0 5,7 17,0 14,59 0,45 0,39 9,60 8,89
- 5 avril 1900. . 1,8 2,2 15 16,5 29,9 33,0 2,8 4,17 11,1 13,5 0,25 0,30 8,30 9,33
- 21 mai 2,4 0,5 » 11 » 25,1 )) 4,80 )) 12,2 » 0,39 7,4 )) Derniers jours do lactation.
- 26 — )> 10 » 27,4 1,30 )) 8,7 » 0,14 » 7,4 »
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- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 77
- Quand au lait des trois autres trayons, il ne présentait à l’œil qu’une légère coloration jaunâtre, sans autre caractère anormal, on lui a trouvé :
- Acidité.........................16°
- Densité.........................1 032
- P. 100.
- Matière grasse..................5,25
- Sucre....................... 4,00
- Marche de l’acidité : après soixante-cinq heures, 32°,h à la température de 12°. Au lacto-fermentateur, à 40°, après six heures et demie, acidité 79° (caillé) (acidité initiale 16°,5).
- Le lendemain, 21 décembre, la composition pour le mélange du lait des quatre trayons a été
- Matin. Soir.
- Poids du lait .... 5k 3k,6
- Acidité .... 19° 19°
- Densité .... 1031,3 1029,9
- P. 100. P. 100.
- Extrait sec .... 18,86 »
- Matière grasse .... 8,00 5,70
- Lactose .... 3,28 ))
- Sels minéraux .... 0,94 »
- Caséine »
- Marche de l’acidité : 52°, après cinquante-trois heures à la température de 3°.
- Conclusions : La réaction acide est faible, le sucre diminue considérablement, la matière azotée augmente; forte proportion de sels minéraux. — Marche de l’acidité, lente.
- Fièvre aphteuse, ou cocotte. — Pendant la durée des recherches, cette maladie a atteint quelques vaches du pays. Nous avons trouvé à divers laits les caractères suivants :
- Lait n° 1. — (Pis atteint). Légers caillots.
- Traite du soir (16 novembre) :
- Acidité...........................19°
- P. 100.
- Extrait sec.........................13,01
- Matière grasse...................... 4,10
- Sucre............................... 5,12
- Sels minéraux....................... 0,73
- Caséine............................. 3,06
- Marche de l’acidité : 20°, vingt-quatre heures après, à la température de 15°; Caillé très floconneux après quatorze heures au lacto-fermentateur, à la température de 40°.
- Lait n° 2. — (Mamelle saine.) Yache malade depuis quinze jours;
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- I
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- AGRICULTURE. --- JUILLET 1901.
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 79
- Acidité trente-six heures après 18° (température, 15°). Au lacto-fermentateur à la température 40°, caillé après douze heures.
- Lait n° 3. — (Mamelle saine.) Vache malade depuis huit jours.
- Traite du 16 novembre, matin.
- Acidité.......................18°
- Densité....................... 1 032,1
- P. 100.
- Matière grasse................3,45
- Acidité 19°, après trente-six heures à 15°. Au lacto, à la température de 40°, caille après neuf heures.
- Acidité 18°, trente-six heures après (température, 15°}> Au lacto, à température de 40°, caillé après onze heures.
- En somme, quand la mamelle est saine, l’affection n’a pas de répercussion sensible sur la composition chimique du lait.
- ANALYSÉ CHIMIQUE
- L’analyse chimique a porté sur 30 échantillons du lait do la vache A et sur 40 de la vache B. Chaque dosage a été fait en double, et c’est la moyenne des deux analyses qui figure dans chaque colonne des tableaux XLV1I, XLIX et L.
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- Les résultats obtenus sur 10 centimètres cubes de lait ont été rapportés à 100 centimètres cubes, l’eau étant représentée par la différence à 100 de l’extrait sec.
- Le calcul de l’eau n’a, il est vrai, qu’une importance secondaire, mais cette façon de l’obtenir n’est pas exacte, car en réalité elle constitue le complément de l’extrait au poids des 100 centimètres cubes de lait
- Soit, par exemple, un échantillon de densité 1032,2 qui dose 12,31 p. 100 d’extrait. On ditdans le cas ordinaire qu’il renferme 100 — 12,31 = 87-r,^9 p. 100 d’eau, alors qu’en réalité ce poids est de 103s' ,22 — 12?,',31 = 90sl',91.
- En somme il serait plus rationnel de ramener le tout à 100 grammes en se basant sur la densité. Dans ce cas, on obtient évidemment des chiffres plus faibles. Cette différence a son importance quand on a à comparer un lait fraudé au même lait pur. Exemple :
- Composition calculée pour 100 cc. Composition calculée pour 100 gr Lait, suspect. Lait pur. Lait suspect. Lait pur.
- Densité................... 1 024 1 032,2 1 024 1 032,2
- P. 100. P. 100. P. 100. 1L 100.
- Extrait sec................. 9,13 12,31 8,93 11,92
- Matière grasse.............. 2,81 3,74 2,74 3,62
- Lactose..................... 3,31 4,78 3,23 4,63
- Sels minéraux............... 0,37 0,73 0,33 0,70
- Caséine..................... 2,46 3,06 2,41 2,97
- On voit que la différence des extraits, dans le premier cas, est de 3sr,16 et de 2«r,99 dans l’autre hypothèse.
- L’écart pour les deux procédés est faible, il est vrai, mais pourquoi multiplier les chances d’erreur alors que celle-ci est bien facile à éviter.
- Pour l’analyse chimique de nos échantillons, nous avons suivi la méthode préconisée par notre éminent maître M. Duclaux (1).
- Vache A. —Tableaux XLVII, XLVIIL —L’analyse du 11 mai (lendemain de la parturition) montre que le colostrum est plus riche que le lait normal sauf pour le lactose, qui est en proportion beaucoup plus faible. C’est surtout la matière azotéequidomine. C’est là un faitgénéral. Nous avons trouvé pour une autre vache âgée de 4 ans, à son deuxième veau, et quatre heures et demie après le part :
- Acidité...........................36°
- Densité........................... 1041,7
- P. 100.
- Extrait sec..........................25,64
- Matière grasse..................... 10,72
- Sucre................................ 2,50
- Sels................................. 0,92
- Caséine............................. 11,50
- (J) Duclaux, Le lait, études chimiques et mkrobiuloyiques.
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- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 81
- TABLEAU XLVIII. Composition moyenne d’après l’analyse chimique. Vache A.
- Eau
- 86.98 %
- Extrait sec
- 13.02%
- Matière Grasse
- 3.61 %
- Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901.
- G
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- TABLEAU XLIX.
- Analyse chimique (composition p. 100 en volume).
- Vache B.
- N\TURE DATES DU PRÉLÈVEMENT DES ÉCHANTILLONS.
- dos MAI 1891). JUIN. JUILLET. SEPT. OCTOBRE NOVEMBRE. DÉCEMBRE. JANVIER 1900.
- éléments. 28 S. 12 s. (1). 27 S. 12 s. 27 s. 28 s. 16 s. 25 s. 26 m. (1). 28 s. (1). 29 m. 2 s. 3 m. 7 S. 8 m. 29 s, 30 m. 14 s. 15 m. 2 s. 3 m.
- Matière grasse. . 3,47 2,82 3,80 3,21 3,97 5,10 3,40 4,54 1,86 2,91 7,41 3,75 4,45 .4,0 3,51 3,72 3,64 5,20 3,83 4,56 3,72
- LacLose 4, ai 3,00 O O io 4,78 5,01 4,72 5,30 4,26 4,29 4,77 4,41 4,64 4,93 4,63 4,63 4,53 4,53 4,74 4,63 4,74 4,71
- Sels minéraux. . 0,92 0,75 0,72 0,79 0,74 0,73 0,74 0,79 0,81 0,84 0,78 0,80 0,79 0,76 0,77 0,77 0,80 0,80 0,78 0,78 0,80
- Caséine (par différence). . . . 5,62 3,44 3,23 3,38 2,68 3,75 3,53 3,34 3,3 3 3,98 4,74 3,60 3,71 3,74 3,45 3,60 3,53 3,95 3,55 4,00
- Extrait sec . . . 14,35 12,01 12,75 12,16 12,40 14,30 12,97 12,90 10,30 12,07 16,58 1 13,77 ' 3,10 12,65 12,47 12,57 14,27 13,19 13,63 13,23
- Eau (différ. à 100). 85,43 87,99 oo -I O'- 87,84 87,60 85,70 87,03 87,10 89,7 87,93 83,42 80,07 86,23 80,90 87,35 87,53 87,43 85,73 86,81 86,37 86,77
- Extrait, déduction faite de la matière grasse. 11,08 9,19 8,95 8,95 8,43 9,20 9,57 3,36 8,44 9,16 9,17 10,18 9,32 9,10 9,14 8,75 8,93 9,07 9,36 9 ,07 9,51
- Rapport de la matière grasse à l’extrait. . . . 0,23 0,23 0,29 0,26 0,32 0,35 0,26 0,35 0,18 0,24 0,44 0,26 0,32 0,30 0,27 0,29 0,28 0,36 0,29 0,33 0,28
- Densité 40,5 32,8 30,4 33,1 30,8 32,0 32,7 30,2 32,5 32,9 29,1 31,9 31,6 31,4 30,0 32,9 33,6 33,1 32,9 32,8 31,5
- Acidité 32° 20° 19° 17° 17° 18° 17« 18° 17° 18° 18° 19° 18° 18° 18° 19° 18° 18° 18° 19° 18°
- (1) Saillie. —
- ce
- hS)
- AGRICULTURE. — JUILLET 1901
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- TABLEAU L. Analyse chimique (Composition p. 100 en volume). Vache B (suite).
- DATES DU PRÉLÈVEMENT DES ÉCHANTILLONS.
- NATURE des JANVIER 1900. FÉVRIER. MARS. AVRIL. MAI. ils
- ÉLÉMENTS. 21 22 7 8 2 3 14 15 2 3 18 19 3 4 15 21 23 25 27 £ = '•§i
- S. M. S. M. S. M. S. M. S. M. S. M. S. M. M. M. M. M. M. 23
- Matière grasse. . . . 4,21 3,51 4,09 3,68 4,06 3,21 4,16 3,86 5,19 3,70 4,42 4,17 4,26 3,94 4,64 4,81 3,77 2,73 2,36 3,990
- Lactose 4,82 4,65 4,72 4,62 4,65 4,95 4,73 4,76 4,92 4,96 4,30 4,58 4,31 4,20 3,38 2,93 3,53 2,29 2,24 4,688
- Sels minéraux. . ... 0,77 0,78 0,77 0,78 0,78 0,78 0,80 0,79 0,81 0,81 0,75 0,78 0,77 0,78 0,85 0,85 0,88 0,94 0,94 0,779
- Caséine (par différ.). 3,80 3,70 3,53 3,85 4,46 3,63 3,64 3,81 3,97 3,55 3,78 3,62 3,90 4,01 4,01 4,13 4,59 4,59 4,97 3,685
- Extrait sec 13,60 12,64 13,11 12,93 13,95 12,57 13,33 13,22 14,89 13,02 13,25 13,15 13,24 12,93 12,88 12,72 12,77 10,55 10,51 13,142
- Eau (différ. à 100). . 86,40 87,36 86,89 87,07 86,05 87,43 86,67 86,78 85,11 86,98 86,75 86,85 86,76 87,07 87,12 87,28 87,23 89,45 89,49 86,858
- Extrait(M. G. déduite). 9,39 9,13 9,02 9,25 9,89 9,36 9,17 9,36 9,70 9,32 8,83 8,98 8,98 8,99 8,24 7,91 9,00 7,82 8,15 9,15
- Rapport de la matière
- grasse à l’extrait. . 0,30 0,27 0,31 0,28 0,29 0,25 0,31 0,29 0,34 0,28 0,33 0,31 0,32 0,30 0,36 0,37 0,29 0,25 0,22 0,30
- Densité 32,5 32,4 31,9 32,1 32,4 33,1 32,2 32,1 33,6 32,8 30,6 30,9 30,9 31,8 27,0 25,2 30,6 27,1 28,0 1032
- Acidité . . . . . . . 17° 17° 18° 17° 18° 18° 18° 18° 18° 18° 16° 16° l7o 16° I40 Ho 13° Ho 10° 17°,7
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE.
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- TABLEAU LI. Composition moyenne d’après l’analyse chimique. Vache B.
- Eau
- Extrait sec
- Matière grasse
- 86.88%
- 13.12%
- 3.99%
- Nj'y a'
- Caséine
- Lactose
- 'Sels minéraux
- 3.68%
- 4.68%
- 0.77%
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- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 85 Pour une deuxième, de 9 ans, donnant 20 litres par jour, qui avait mis bas
- le 17 février à 4 heures du matin, les suivants : on a trouvé ce jour Acidité. à 6 heures 1 /2 du matin Densité. Matière grasse. p. 100.
- 17 février, 6 h. 1/2 matin. . . .... 35° 1 042,3 5,31
- 17 — 5 h. 1/2 soir. . . . .... 26° 1037 2,34
- 18 — 6 h. 1/2 matin. . . .... 23° 1 034,45 3,10
- 18 — 5 h. 1/2 soir. ... .... 25° 1 035,55 3,16
- 19 — 6 h. 1/2 matin. . . .... 25° 1 034,85 2,85
- 19 — 5 h. 1/2 soir. . . . .... 25° 1 035,60 3,35
- 20 — 6 h. 1/2 matin. . . .... 23° 1 034,1 2,25
- 26 — 5 h. 1/2 soir. . . . .... 19° 1 033,85 2,75
- 27 " — 6 h. 1/2 matin. . . .... 19° 1 033,25 2,15
- 1er mars 5 h. 1/2 soir. . . . .... 20° 1 034,2 3,43
- 2 — — . . . .... 19° 1 032,75 3,45
- Ainsi donc, peu après le vêlage, la matière grasse descend au-dessous de la normale.
- On remarquera aussi dans les analyses du tableau XLYII que d’une façon générale les taux de caséine, sucre et sels augmentent sensiblement à la fin de la période de lactation. Les derniers jours la matière grasse diminue dans de notables proportions.
- Vache B. — Tableaux XLIX, L, LI. — L’accroissement du poids des sels vers la fin de la lactation est ici plus apparente. La matière grasse et le sucre diminuent, tandis que la caséine augmente.
- CONCLUSIONS
- On peut tirer de ces études les conclusions générales suivantes :
- Acidité. — L’acidité est très élevée pendant les premiers jours qui suivent la parturition. Elle descend au-dessous de la moyenne à la fin de la lactation.
- En période normale, le degré varie de 16 à 20.
- Dans certaines affections pathologiques ou physiologiques, le rut en particulier, le degré d’acidité peut sortir des limites ordinaires.
- Il n’y a pas de différence bien accentuée en faveur de l’une des deux traites du matin et du soir.
- Densité. — Très forte au début, la densité va en décroissant pendant le premier tiers de la durée de la lactation, augmente dans le deuxième tiers, pour diminuer de nouveau dans les derniers mois.
- Dans les conditions normales de la production, le minimum n’a jamais atteint moins de 1,029. Mais sous l’influence de l’instinct génésique, le poids spécifique s’est abaissé jusqu’à 1,025.
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- Pendant le premier tiers de la période de lactation, la traite du matin est plus dense que celle du soir. La différence est presque nulle au milieu de cette période; enfin c’est la traite du soir qui l’emporte pour les derniers mois (hiver, espacement des traites).
- Pour le mélange des laits, le poids spécifique est plus élevé le soir que le matin pendant les cinq premiers et les trois derniers mois de l’année. En juin, juillet, août et septembre, alors qu’il s’écoule à peu près une égale durée entre les traites, il n’y a pas de prédominance marquée.
- La moyenne, pour l’année, est de 1 032, le minimum de 1031.
- Matière grasse. — La matière grasse est l’élément le plus sujet aux variations.
- Le lait du soir est en général plus riche en graisse, surtout pour les mois d’hiver. •
- Avec le mélange des laits, c’est en avril, mai, juin et juillet que l’on constate les taux les plus faibles.
- Extrait sec. — La matière grasse influe le plus sur les variations de l’extrait.
- La proportion des matières sèches, non grasses, est moins sujette aux fluctuations mais en général, dans les conditions ordinaires, elle augmente ou diminue avec celle de la matière grasse. Ainsi on peut constater qu’un lait riche en graisse n’a pas forcément une faible densité, de même qu’un autre, pauvre en cette matière, peut avoir un poids spécifique faible.
- Les taux des éléments fixes, dans le mélange des laits, sont moindres en juin, juillet, août et septembre que pour le reste de l’année.
- Quantités de lait. — Les quantités de lait vont en diminuant.
- La traite du matin est plus abondante que celle du soir, surtout vers la fin de la période de lactation.
- Richesse du lait. — Les aliments aqueux, de même que le séjour plus prolongé dans la mamelle augmentent la teneur du lait en eau.
- Le lait s’enrichit en matière grasse et en extrait à mesure qu’approche la fin de la lactation, tandis que la quantité diminue.
- En général, plus le lait est abondant, moins il est riche; c’est ainsi que le lait du soir est plus concentré.
- La proportion des sels minéraux croît les derniers jours de la lactation.
- Pour les deux cas considérés, le lait de la jeune vache est moins riche que celui de la vache plus âgée.
- Comparaison des traites. — Il se produit des écarts quelquefois assez considérables, au point de vue de l’acidité, de la densité, de la matière grasse, et de l’extrait, pour le lait de deux traites consécutives, ou de deux traites à vingt-quatre heures d’intervalle.
- On voit, par ce qui précède, que la composition du lait ne présente pas un
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- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 87
- caractère de fixité absolu, et que nombreuses sont les causes qui peuvent amener un changement notable dans les proportions de ses éléments.
- Aussi on ne saurait trop conseiller, dans le cas d’expertise, d’analyser comparativement, toutes les fois qu’il sera possible, le lait pur prélevé à l’étable, à la traite correspondante, à vingt-quatre heures d’intervalle seulement.
- Et encore, dans l’interprétation des résultats, doit-on toujours tenir compte du nombre des vaches, de l’heure de la traite, de l’époque du vêlage et du rut, de l’état de santé des animaux, du mode d’affourragement, etc.
- Lorsqu’il s’agit d’un lait individuel, il est prudent de se baser surtout sur le sucre et les sels, éléments les moins variables; l’extrait sec, à notre humble avis, ne devant intervenir, pour ce cas particulier, qu’en troisième ligne.
- Enfin, dans le but de faciliter la tâche au chimiste, et d’atténuer le plus possible les erreurs qui pourraient provenir des difficultés que présente toujours le traitement d’un lait caillé, il convient d’ajouter aux échantillons, lors de la saisie par-devant les deux témoins, avant de cacheter les flacons, un antiseptique destiné à conserver le liquide jusqu’au moment où il devra être soumis à l’analyse.
- A ce titre, le formol est un agent des plus actifs, 10 gouttes seulement (soit à peu près 1/5 de centimètre cube), dans un demi-litre de lait, le préservent de la coagulation pendant plus de cinq jours, à la température de 19° environ.
- Fabrication et composition de quelques fromages et du beurre.
- Les procédés de dosage que nous avons suivis dans cette partie de notre travail sont également ceux que M. Duclaux a décrits dans ses études chimiques et microbiologiques sur le lait.
- Lait et petit-lait. —Nous avons analysé successivement le lait et le petit-lait, ce dernier provenant de la fabrication des fromages, en distinguant les éléments en suspension et les éléments en solution, la séparation étant obtenue par la filtration de chacun de ces liquides à travers la bougie de porcelaine du filtre Cham-berland.
- Fromages. — Les fromages ont été étudiés à l’état frais, au sortir du moule, puis, une fois mûrs, au moment de les livrer à la consommation.
- EMMENTHAL
- Renseignements de fabrication. — Quantité de lait employée, 835 kilogrammes/dont 703 kilogrammes de lait entier provenant de la traite du matin, et 132 kilogrammes de lait écrémé, de la traite de la veille au soir, maintenu
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- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- douze heures au repos, et écrémé à la poche percée, ce qui a donné 9 kilogrammes de crème, soit en tout 844 kilogrammes de lait travaillés.
- Acidité du lait 18°. — Température de la mise en présure, 32°. — Présure (macération de la caillette de veau dans la recuite), lht,5, dans 7ht,5 d’eau au moment où on l’ajoute au lait. —Acidité de la présure, 43°;
- Durée de la coagulation, 38 minutes.
- Nature du caillé obtenu : consistance moyenne.
- Durée du décaillage, 22 minutes. — Durée du repos, 5' + 8’.
- Durée du brassage, T + 10'. — Durée du brassage sur le feu 36 minutes.— Température de la cuisson, 36u. — Durée du brassage hors du feu, 50 minutes.
- Température à la sortie du fromage, 50°, — Grosseur du grain : moyen.
- Acidité du petit-lait après le décaillage, 11°.
- Poids du petit-lait, 740 kilogrammes, soit 88,6 p. 100 du lait.
- Poids du fromage, 80k,5. — Rendement 9,64 p. 100.
- COMPOSITION DU LAIT ET DU PETIT-LAIT
- Lait. Petit-lait.
- Eléments Eléments Éléments Éléments
- en en en en
- Entier. suspension. solution. Entier. suspension. solution.
- P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100.
- Matière grasse 3,58 3,58 » 0,61 0,61 ))
- Sucre. . . . 4,81 » 4,81 5,12 » 5,12
- Caséine (par différence). 3,80 3,60 0,20 1,04 0,64 0,40
- Phosphates . 0,35 0,25 0,10 0,10 )) 0,10
- Sels solubles 0,39 )) • 0,39 0,42 )> 0,42
- Extrait. . . 12,93 12.93 7,29 7,29
- COMPOSITION DU FROMAGE FRAIS
- P. 100.
- Eau 39,01
- Matière grasse 29,09
- Sucre............................... 2,35
- Caséine, etc. (différence)..........26,79
- Sets minéraux....................... 2,76
- COMPOSITION DU FROMAGE APRES QUATRE MOIS ET DEMI DE MATURATION
- P. 100.
- Eau......................... 35,73
- Matière grasse...............29,87
- Caséine (différence) .... 30.26
- Sel marin..................... 0,93
- Sels minéraux................. 3,21
- P. 100.
- Caséine filtrable............7,97
- Rapport de maturation. . . 0,26
- AzH3 libre par kilogramme. » AzH3 combinée par kilogr. . »
- Acide butyrique..............3,81
- En dehors du fromage, le lait travaillé a donné du beurre fin, du beurre de petit-lait et enfin des résidus : petit-lait écrémé, babeurre.
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-
-
-
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 89 Voici comment se répartissent les rendements :
- Kilogr. P. 100.
- Fromage frais . . 80,50, soit 9,53 du lait travaillé
- Beurre fin . . 3,00 — 0,35 —
- Beurre de petit-lait .... . . 3,75 — 0,44 —
- Petit lait maigre . . 686,5 — 81,33 —
- Babeurre fin 7,0 ) — 3,19 —
- Babeurre de petit-lait. . . . . 20,0 j
- Perte 5,16 —
- 100,00
- GRUYÈRE
- Lait travaillé, 406ks,33.
- Pour le fromage, 305k§',67 de lait entier, 93k®,33 de lait écrémé, crème 7^,33. Acidité du lait, 18°. — Température de la mise en présure, 32°.
- Présure de caillette, lm,3/4, diluée dans 3 litres d’eau.
- Durée de la coagulation 37 minutes, du décaillage, 21 minutes. .
- Nature du caillé : moyen.
- Durée du repos après le décaillage, 5 minutes; du brassage, 10 minutes. Durée du brassage sur le feu, 45 minutes. — Température de la cuisson, 56°. — Durée du brassage hors du feu, 35 minutes.
- Grosseur du grain : moyen. Température à la sortie du fromage, 51° Acidité du petit-lait après le décaillage, 11°.
- — . — — la sortie du fromage, 11°.
- Poids du fromage au sortir de la presse, 39 kilogrammes; rendement 9,75 p. 100.
- Poids du petit-lait, 352 kilogrammes, soit 88 p. 100 du lait.
- COMPOSITION DU LAIT ET DU PETIT-LAIT
- Lait. Petit-lait.
- Eléments Éléments Éléments Éléments
- en en en en
- Entier. suspension. solution. Entier. suspension. solution.
- P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100.
- Matière grasse. . . . . . 3,67 3,67 » 0,56 0,56 ))
- Sucre. , . . 4,77 » 4,77 5,07 » 5,07
- Caséine . . . 3,69 3,19 0,50 1,08 0,47 0,61
- Phosphates . . . 0,37 0,24 0,13 0,13 » 0,13
- Sels solubles. . . . . . . 0,38 )) 0,38 0,41 » 0,41
- Extrait................... 12,88 12,88 7,25 7,25
- COMPOSITION DU FROMAGE FRAIS
- P. 100.
- Eau...................................39,65
- Sucre................................. 2,65
- Matière grasse........................29,31
- Caséine, etc. (par différence). . . . 25,61
- Sels minéraux......................... 2,78
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-
-
-
- 90
- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- COMPOSITION DU FROMAGE APRÈS QUATRE MOIS DE MATURATION
- P. 100.
- Eau....................36,59
- Matière grasse. .............30,14
- Caséine (par différence). . 29,42
- Chlorure de sodium. . . . 0,54
- Sels minéraux.......... 3,31
- P. 100,
- Caséine filtrable..... 6,27
- Rapport de maturation. . . 0,21
- AzH3 libre par kilogr. . . «
- AzH3 combinée par kilogr. »
- Aeide butyrique p. 100. . . 1,67
- RENDEMENTS
- Les 407k&,33 de lait travaillé ont donné :
- Kilogr. P. 100.
- Fromage frais . . , . 39,00, soit 9,59 du lait.
- Beurre fin . . . . 2,33 — 0,57 —
- Beurre de petit-lait — 0,45 —
- Petit-lait maigre . . . . 311,50 — 76,47 —
- Babeurre fin . . . . 4,16 j — 6,29 —
- Babeurre de petit-lait . . . . 21,50
- Perte . . 6,63 —
- 100,00
- PORT-DU-SALUT
- Poids du lait travaillé, 755 kilogrammes. — Poids employé pour le fromage, 743 kilogrammes, dont 242ks,5 de lait écrémé et 500ks,5 de lait entier.
- Acidité du lait, 19°. — Température à la mise en présure, 35°. — Quantité de présure liquide du commerce, 126 centimètres cubes dans 4 litres d’eau.
- Durée de la coagulation, 40 minutes, du décaillage, 20 minutes, du repos, 12 minutes. — Nature du caillé, dur. Durée du brossage, 15 minutes.
- Mise en moules, 1 h. 1/2 après la mise en présure.
- Acidité du petit-lait après décaillage, 12°.
- Poids des fromages, 88 kilogrammes, soit 11,8 p. 100 de lait. Rognures, lk=,250.
- Poids du petit-lait, 616 kilogrammes, soit 82ks,9 p. 100 du lait.
- COMPOSITION DU LAIT ET DU PETIT- -LAIT
- Lait. Petit-lait.
- Éléments Éléments Éléments Éléments
- en en en en
- Entier. suspension. solution. Entier. suspension. solution.
- P. 100. P. 100. P. 100. P, 100. P. 100. P. 100.
- Matière grasse. . . . . . 3,51 3,51 )) 0,43 0,43 ))
- Lactose . . . 4,89 » 4,89 5,23 » 5,23
- Caséine . . . 3,80 3,47 0,33 1,06 0,74 0,32
- Phosphates . . . . . . . 0,37 0,23 0,14 0,15 )) 0,15
- Sels solubles . . . . . . 0,39 )) 0,39 0,42 )) 0,42
- 12,96 12,96 7,29 7,29
- Extrait
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-
-
-
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE. 9J
- COMPOSITION DU FROMAGE FRAIS
- P. 100.
- Eau................................50,21
- Matière grasse. . .................25,57
- Caséine........................... 22,02
- Sels minéraux...................... 2,20
- COMPOSITION DU FROMAGE APRÈS DEUX MOIS DE MATURATION
- P. 100.
- Eau........................ 46,46
- Matière grasse..............26,21
- Caséine. ....................23,66
- Chlorure de sodium. . . . 1,31
- Sels minéraux................ 2,36
- P. 100.
- Caséine filtrable.......... 5,38
- Rapport de maturation. . . 0,27
- AzH3 libre par kilogr. . . 0,19
- AzH3 combinée, par kilogr. 5,98 Acide butyrique p. 100. . . 2,17
- RENDEMENTS
- Les 755 kilogrammes de lait travaillé ont donné :
- Kilogr. P. 100.
- Fromage . . . . 88,000, soit 11,66 du lait.
- Rognures . . . . 1,250 — 0,16 —
- Reurre fin . . . . 3,15 — 0,41 —
- Beurre de pelit-lait . . . . 2,22 — 0,29 —
- Petit-lait maigre . . . . 578,00 — 76,55 —
- Babeurre fin . . . . 7,500 | — 2,98 ' —
- Babeurre de petit-lait .... . . . . 15,00
- Perte . . 7,95 —
- 100,00
- CAMEMBERT
- La mise en présure se fait à trois reprises différentes, qui ont porté sur un poids total de lait non écrémé de 127 kilogrammes. — L’acidité du mélange des trois laits était de 21°.
- /re coagulation: Poids du lait, 58k§,5. — Température à la mise en présure, 30°. — Température de la salle, 20°. — Présure liquide, 5 centimètres cubes dans 300 centimètres cubes d’eau. Durée de la coagulation, 1 h. 3/4.
- 3e coagulation : Poids du lait, 34 kilogrammes. — Température de la mise en présure, 30°. — Présure liquide, 3 centimètres cubes dans 200 centimètres cubes d’eau. — Durée de la coagulation, 1 h. 47'.
- 3e coagulation : Poids du lait, 34ks,5. — Température à la mise en présure, 30°. — Présure liquide, 3CC + 300cc d’eau. — Durée de la coagulation, 1 h. 3/4.
- Poids total des 68 fromages au sortir des moules, 25 kilogrammes, soit 19,68 p. 100 du lait. Rognures, lks,9.
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- 92
- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- Poids du petit-lait, 81 kilogrammes, soit 63,77 p. 100 du lait.
- COMPOSITION DU LAIT ET DU PETIT- -LAIT
- Lait. Petit-lait.
- Eléments Eléments Eléments Éléments
- en en en en
- Entier. suspension. solution. Entier. suspension. solution.
- P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. P. 100
- Matière grasse. . . . . . 4,01 4,01 » 0,29 0,29 »
- Lactose . . . 4,92 » 4,92 5,31 » 5,31
- Caséine . . . 3,73 3,33 0,20 0,90 0,58 0,32
- Phosphates .... . . . 0,30 0,19 0,11 0,12 » 0,12
- Sels solubles . . . . . . 0,44 » 0,44 0,46 » 0,46
- Extrait sec.............. 13,40 13,40 7,08 7.08
- COMPOSITION DU FROMAGE FRAIS
- P. 100.
- Eau.................................68,23
- Matière grasse......................16,37
- Caséine............................ 14,51
- Sels minéraux....................... 0,69
- COMPOSITION DU FROMAGE APRÈS DEUX MOIS DE MATURATION
- P. 100. P. 100.
- Eau . 52,98 Caséine filtrable. .... 4,0i
- Matière grasse . 23,71 Rapport de maturation. . . 0,21
- Caséine insoluble . . . . 15,06 AzH3 libre par bilogr. . . . 0,13
- Caséine soluble. . . . 4,06 AzH3 combinée par kilogr. 0,62
- Chlorure de sodium. . 3,21 Acide butyrique p. 100. . . 0,49
- Sels minéraux .... . 0,98
- FABRICATION DU BEURRE
- I. — Beurre de crème montée au repos.
- 302 kilogrammes de lait ont été laissés au repos, dans des rondots plats d’une vingtaine de litres, à la température de 5°. Ils ont donné, après douze heures, 20ke,5 de crème, prélevée à la poche percée.
- Lait entier mis au repos.
- Acidité............................. 19°
- Densité......................... 1 033,7
- Matière grasse au Gerber........... 3,65
- Degré d’écrémage..................... »
- Lait écrémé. 19°
- 1 034,05 2,45 32,87
- La crème, réchauffée à 26°, est mise à s’acidifier dans une salle à 18°, puis barattée après vingt-sept heures.
- La baratte « Progrès » employée a été rincée au préalable avec de l'eau à 47°.
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-
-
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE LA LAITERIE 93
- Acidité de la crème, 60°. — Température après quelques tours, 18°. Nombre de tours de la baratte, 45 par minute. — Durée du barattage, 40 minutes. — Température à la fin du barattage, 19°. — Température de la salle, 12°.
- Le beurre est d’abord délai té dans la baratte avec 10 litres d’eau à 16°, puis malaxé à sec sur un malaxeur rotatif. — Température de la salle, 12°.
- Poids du beurre obtenu, 7 kilogrammes. 1 kilogramme de beurre a exigé 2k®,93 de crème.
- Poids du babeurre, 12ks,5, renfermant au Gerber 0,15 p. 100 de matière grasse. Densité 1 036,5. Acidité, 65°. — Perte, 1 kilogramme.
- ANALYSE DU BEURRE LE MÊME JOUR
- P. 100.
- Eau.................................15,96
- Matière grasse......................83,34
- Sel marin........................ »
- Sucre de lait....................... 0,34
- Sels minéraux....................... 0,11
- Caséine, etc. (par différence) . . . 0,25
- II. — Beurre de petit-lait.
- Le petit-lait qui constitue le résidu de la fabrication des fromages contient encore une certaine quantité de beurre, que l’on extrait de diverses façons.
- On peut laisser le liquide au repos au frais, pour ne pas trop favoriser l'acidification, la matière grasse monte à la surface et on la baratte.
- On peut l’extraire immédiatement dans la chaudière après la sortie du fromage, en élevant la température à 75-80° et en ajoutant un liquide acide (HCl petit-lait aigri, ou aisy). Il monte à la surface des flocons formés en majeure partie de matière grasse : ce sont les brèches que l’on baratte après acidification.
- Enfin, le meilleur procédé consiste à écrémer le petit-lait à l’aide d’un appareil centrifuge.
- ÉCRÉMAGE DU PETIT-LAIT
- 421 kilogrammes de petit-lait, provenant de la fabrication du gruyère, sont passés à l’écrémeuse Mélotte à bras, à bol vertical, du type de 400 litres à l’heure.
- Nombre de tours de la manivelle : 43 à la minute.
- Température du petit-lait à l’entrée...... 48°,5 au début, 44° à la fin
- — — à la sortie ..... 46°,5 — 43° —
- Température de la crème à la sortie....... 46° — 42,5 —
- — de la salle.................. 10°,5
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- 94
- AGRICULTURE.
- JUILLET 1901.
- Poids de la crème obtenue, 30 kilogrammes, soit 7,12 p. 100 du petit-lait. Poids du petit-lait maigre, 388 kilogrammes.
- Degré d’écrémage, 83,3 p. 100 de la matière grasse.
- Petit-lait gras. Petit-lait maigre
- Densité . . ................... 1027,2 1027,8
- Matière grasse (Gerber)........ 0,6 0,1
- barattage de la crème
- Les 30 kilogrammes de crème ont été laissés s’acidifier à la température initiale de 26° (température de la salle, 12°), et barattés après trente-six heures.
- Baratte « Progrès » 50 tours à la minute. — Acidité au moment du battage, 50°, température, 16°. Durée du barrattage, 40 minutes; température à la lin, 15°; température de la salle, 10°. —Délaitage dans la baratte, avec eau à 16°. — Malaxeur rotatif, avec eau, à 10°.
- Poids du beurre, 2k®,200, soit 7,33 p. 100 de la crème et 0,32 p. 100 du
- petit-lait.
- Poids du babeurre. ..... 26 kilogr.
- Densité....................... 1 026,6
- Acidité....................... 45°
- Gerber........................ 0,6
- ANALYSE DU BEURRE LE JOUR MÊME
- P. 100.
- Eau..................................15,32
- Matière grasse.......................83,91
- Sel marin........................ »
- Lactose.............................. 0,41
- Sels minéraux........................ 0,06
- Caséine, etc. (par différence). . . . 0,30
- III. — Beurre de brèches.
- Apres la sortie de l’Emmenthal, il reste dans la chaudière 696 kilogrammes de petit-lait. On ajoute 35 kilogrammes de petit-lait aigri (acidité, 55°) et 5 kilogrammes d’aisy (acidité, 70°), puis on porte la température à 86°. La quantité de brèches obtenue a été de 50 kilogrammes. Après vingt heures d’acidification, celles-ci ont été soumises au barattage. — Acidité, 45°. — Température au moment de la fabrication, 24°. — Vitesse de rotation de la baratte, 55 tours à ia minute.
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-
-
- ÉTUDES SUR LA COMPOSITION DU LAIT ET DES PRODUITS DE
- LA LAITERIE. 95
- Poids du beurre obtenu, 3ks,22, soit 6,31 p. 100 des brèches. 46kg,2 (0,88 de matière grasse au Gerber).
- ANALYSE DU BEURRE LE JOUR MÊME
- P. 100.
- Eau.................................15,83
- Matière grasse......................83,07
- Sel marin........................ »
- Lactose............................. 0,36
- Sels minéraux....................... 0,07
- Caséine, etc. (par différence) . . . 0,67
- Babeurre,
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-
-
-
- CHIMIE
- RÉACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS PAR M. DeVal.
- L’aluminate de chaux, en s’hydratant, peut fixer trois équivalents de sulfate de chaux en se transformant en sulfo-aluminate de chaux.
- On a pensé qu’il y avait là un moyen de doser l’aluminate de chaux contenu dans les ciments de Portland.
- Le procédé de dosage consiste à mettre le ciment en contact avec une quantité de sulfate de chaux précipité un peu supérieure à celle qui serait fixée par l’alumine du ciment supposée à l’état d’aluminate de chaux; à maintenir le tout humide et à doser, au bout d’un certain temps, l’acide sulfurique du sulfate de chaux fixé.
- Avec les ciments non hydratés, pour lesquels on aurait à craindre que l’humidité n’en détermine la prise, l’essai se fait dans un tube d’essai avec 20 parties d’eau. En agitant fréquemment, on empêche le ciment de faire prise.
- Avec les ciments hydratés, on forme une pâte avec deux parties de ciment finement broyé, une partie de sulfate de chaux et une partie d’eau. On maintient cette pâte humide en la plaçant sur une feuille de papier à filtrer dont les extrémités plongent dans l’eau.
- Au bout de quelque temps, on délaye cette pâte ou le contenu du tube d’essai dans une quantité d’eau suffisante pour dissoudre la totalité du sulfate de chaux. Le sulfate de chaux qui n’a pas été fixé par l’aluminate de chaux se dissout. Après filtration et lavage à l’eau de chaux, on traite le résidu par le chlorhydrate d’ammoniaque qui décompose à l’ébullition le sulfo-aluminate, et, dans la liqueur claire, on dose l’acide sulfurique, dont on déduif le sulfo-aluminate et par suite l’aluminate de chaux.
- Divers ciments de Portland, dont les analyses sont indiquées dans le tableau n° 1 ci-joint, ont été traités par le sulfate de chaux après avoir été pulvérisés de façon à passer à travers le tamis à 5 000 mailles. L’essai a eu lieu sur le ciment anhydre et ensuite sur le ciment hydraté, on a obtenu l’hydratation en gâchant le ciment avec la moitié de son poids d’eau et en formant des briquettes qui ont été maintenues pendant trois mois dans l’eau à l’abri de l’acide carbonique.
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-
-
- RÉACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS.
- 97
- TABLEAU N° 1
- Analyses des ciments essayés avec le sulfate de chaux.
- DÉSIGNATION DES CIMENTS. SILICE. SILICE INERTE. ALUMINE. PEROXYDE DE FER. CHAUX. MAGNÉSIE. ACIDE SULFURIQUE. PERTE AU FEU. OBSERVATIONS.
- 1 Ciment avec excès de
- chaux 0,16b 0,018 0,0b7 0,023 0,686 0,008 0,009 0,030
- 2 Ciment avec excès de
- chaux 0,198 fl 0,0b 8 0,020 0,681 0,010 » 0,015
- 3 Ciment avec excès
- d’argile 0,188 » 0,057 0,018 0,665 0,009 )) 0,065
- 4 Lonquety (enduits). . 0,208 0,220 0,066 0,026 0,608 0,009 0,013 0,043
- b-G Ciment de Mantes. . 0,217 0,008 0,078 0,030 0,599 0,009 0,015 0,040
- 7-8 — portduHavre. 0,21b 0,013 0,071 0,027 0,619 0,008 0,009 0,035
- 9 — Ruoms. . . . 0,190 0,008 0,044 0,019 0,615 0,008 0,009 0,100
- 10 Ciment Lonquety (Ma-
- comerie). . . 0,203 0,018 0,072 0,026 0,616 0,009 0,013 0,040
- 11 Ciment anglais. . . 0,217 0,008 0,072 0,034 0,599 0,009 0,015 0,040
- 12 Ciment de Fourmain-
- traux-Desvres . 0,212 0,006 0,074 0,026 0,636 0,011 0,010 0,020
- Ciments de laboratoire préparés à l’École des Mines.
- 13 Ciment 2/7 avec excès
- d’alumine. . . 0,158 » 0,100 )) 0,460 )) )) 0,277
- 14 Ciment 10-32 avec ex-
- cès de chaux. . . . 0,168 » 0,044 » 0,505 )) )) 0,280
- Après leur sortie de l’eau, les éprouvettes ont été séchées à basse température sur le couvercle d’une étuve, puis elles ont été broyées de façon à passer à travers le tamis à 5 000 mailles.
- Avec le ciment ainsi pulvérisé, on a formé une pâte, comme on l’a dit plus haut. Cette pâte assez consistante a été moulée par pression sous forme de barrettes. Ces barrettes, mesurées et pesées, ont été placées sur une feuille de papier à filtre maintenue humide. Le tout a été recouvert d’une cloche pour éviter l’évaporation et l’accès de l’acide carbonique.
- Les barrettes ont augmenté de volume et de poids. L’aug'mentaticn de volume et de poids, assez rapide au début de l’expérience, paraît stationnaire au bout de quelques jours, pour se manifester de nouveau. L’allongement des barrettes peut, avec le temps, atteindre 39 p. 100.
- Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901.
- 7
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-
-
-
- 98
- CHIMIE
- JUILLET 1901.
- RÉACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS
- 99
- table,
- Résumant les essais de ciment , N° G
- hi avec le sulfate de chaux.
- DÉSIGNATION DURÉE CIMENT CIMENT HYDRATÉ =========^
- "
- dos de ANHYDRE ALLONGEM. SO3 SO3 PERTE OBSERVATIONS
- C I M E N T S . l'expérience. SCD fixe. p. 100. pouvant être fixé. fixé. au feu.
- » )) )> 0, 088 » 0, 360 - j
- 17 jours 0, 038 » » » )) !
- Ciment avec excès 1 mois )) 18,8 )) 0, 095 )) »
- 1 1 mois I /2 )) )> » 0,104 J) » :
- de chaux.
- 2 mois )) )) » 0,111 )>
- 4 mois 1/2 » )) » 0,132 ))
- j 6 mois » )) )) 0,145 ))
- / » » )> 0,106 )) 0,280 '
- Autre ciment 1 mois 0,050 16 » 0,074 ))
- 2 ) o » )) 0, 101 »
- ) avec excès de chaux. 3 — )) 28,5 0,108 ))
- } 6 — » » » 0,158 ))
- / 1 )) )) )) 0, 101 )) 0,280 -i1 j!
- 3 Ciment avec excès ( 1 mois 0,052 18 V 0,071 » ;
- ! d’argile. 1 4 — )> 26 » 0,112 » “
- I ( 6 — )) 26 » 0,135 »
- j )) 0,057 » 0,120 )) 0,240 Voir n° 10.
- 19 jours )) )) )) )) ))
- 4 ) Ciment Lonquety. \ Enduits. \ 1 mois 43 jours » )) ';>2 » » 0,104 0,148 )) »
- J 2 mois 1 /2 )) 25 » 0,174 »
- 1 f 5 mois )) » . » 0,191 »
- 1 7 — )) )) )> 0,212 »
- J » )) )) 0,146 „ ))
- 25 jours 0,071 » )) )) 0,230
- \ Ciment de Mantes ] 1 mois )) 25 » 0,130 »
- 0 (non tamisé). \ 1 mois 1 /2 2 mois )) )) » )) )) )) 0,159 0,168 )) D '
- I f 4 — » )) )) 0,186 ))
- j j 8 — )) )> )) 0,195 » J
- 1 ! )) )) )) 0,143 )) 0, 250
- \ Le même ciment i 23 jours 0,087 1) )> » »
- 6 .) passé au tamis / 1 mois )) 34 » 0,134 ”
- j 5000 mailles. J 2 mois 1/2 y » )) 0,159 »
- f 5 mois ') )) )) 0,188 >'
- ! 1 1 7 — )) )) 0,186 ))
- 10
- 12
- 13
- désignation des CIMENTS. DURÉE de l’expérience. CIMENT ANHYDRE . SO3 fixé. ALLONGEM. p. 100. Il MENT I SO3 pouvant être fixé. YDRATÉ. SO3 fixé. PERTE au feu. OBSERVATIONS.
- » » » 0,137 )) 0,235
- 1 mois )) 23 )) 0,128 ))
- Ciment du port 1 mois 1/2 )) )) )) 0,148 »
- du Havre (non tamisé). 1 53 jours 0,084 » » ))
- 4 mois 1/2 )) » )) 0,196 »
- 8 mois » » » 0,194 ))
- )) » )> 0,129 )) 0,250
- 8 jours )) 7 )) 0,084 ))
- Le même ciment | 22 — )) 25 )) 0,100 )>
- passé au tamis 2 mois 1/2 » 39 » 0,119 )) “
- 5000 mailles. ' 5 mois » 39 )) 0,157 ))
- 8 — )) » )) 0,194 ))
- 11 - )) » n 0,198 »
- )) » » 0,082 )) 0,280
- | 45 jours 0,048 )) )) » >
- Ciment Ruoms. 2 mois 1/2 » 19,4 » 0,067 )) U
- 5 mois » » )) 0,108 ))
- 10 - )> » )) 0,151 ))
- » » )) 0,132 )) 0,255 Voir n“ 4.
- 25 jours 0, 068 » )) )) )>
- Ciment Lonquety. 40 — )) 32 )) 0,121 ))
- Macomerie. 3 mois » » )) 0,135 ))
- o — )) » » 0,193 »
- 8 - )) » )) 0,209 ))
- 0,139 )) 0,220 La pâte a durci. Elle
- n’a plus augmenté de vo-
- 21 jours 0, 070 7,7 » )) » lume, et la quantité de
- Ciment anglais. i 2 mois » 7,7 )) 0,084 )) S O3 fixe est restée stationnaire, celle du ciment
- g 0,082 )) hydraté diffère peu de
- celle du ciment anhydre.
- » )) )) 0,137 )) 0,220
- Fourmantraux. ; 25 jours 0,072 )) » )) »
- Desvres. I 3 mois » 32 » 0,146 ))
- I 7 — »> P )) 0,191 ))
- 1 — * / 17 jours » 34 0,235 0,197 0,277
- Ciment de laboratoire j 1 mois 0,228 » )) )) »
- 2/7 1 1 mois 1 / 2 )) » )) 0,204 ))
- (2 - - » )) )> 0,321 »
- 1 / )) » )> 0,103 )) 0,280
- Ciment de laboratoire 1 17 jours )) 22 )) 0/110 ))
- 10-32. 1 mois 0,160 )> )) )> »
- ^ k 2 —• 1 » )) » 0,157
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- 100
- CHIMIE.
- JUILLET 1901.
- Après un certain temps, les barrettes ont été de nouveau mesurées et pesées. Une portion correspondant à un gramme de ciment a été prélevée pour servir au dosage de SO3 fixé.
- Le reste de la barrette a été replacé sur le papier humide, pour servir plus tard à d’autres dosages de SO3, jusqu’à ce que la quantité de SO3, étant devenue constante, indique la fin de la réaction.
- Nous avons résumé dans le tableau n° 2 les résultats de ces expériences.
- Les ciments non hydratés fixent dans le même temps moins de SO3 que les ciments hydratés. Entre vingt et trente jours, la quantité de SO3 fixé est environ la moitié de ce que fixerait leur alumine si elle était entièrement à l’état d’alu-minate de chaux.
- Après un temps qui varie de un mois à trois mois, les ciments hydratés ont fixé une quantité de SO3 équivalente à celle du sulfate de chaux nécessaire pour transformer toute leur alumine en sulfo-aluminate à trois équivalents de sulfate de chaux. On serait tenté de croire que l’on est arrivé au terme de l’expérience; mais, en la prolongeant, la quantité do SO3 considéré comme fixé augmente encore, et dans une assez forte proportion, comme l’indique le tableau n° 2.
- Cette augmentation, qui se produit de la même façon sur tous les échantillons, ne peut être attribuée à une erreur d’expérience.
- Il y a d’ailleurs une certaine concordance entre deux opérations faites à deux mois d’intervalle sur deux échantillons d’un même ciment (le ciment de Mantes, nos 5 et 6).
- L’un de ces échantillons n’avait pas été passé au tamis 5 000 mailles. Au bout d’un mois, la quantité de SO3 fixé est 0,130 pour l’une et 0,134 pour l’autre, ce qui est sensiblement la même chose. Après un mois et demi pour l’un et deux mois et demi pour l’autre, on a, dans les deux cas, 0,157. D’après le calcul, il ne devrait y avoir que les 0,143 de SO3 fixé.
- La même concordance a lieu sur deux échantillons du ciment du port du Havre après huit mois (nos 7 et 8).
- En présence de cette augmentation toujours croissante de SO3 fixé, nous avons, pour arriver plus vite à un maximum, fait intervertir la chaleur.
- L’expérience a été faite dans des tubes d’essai bouchés et placés dans un bain-marie. Le ciment mis en expérience pouvait fixer 0,112 de SO3.
- Après 48 heures, il y avait 0,072 de SO3 fixé.
- Après 6 jours — 0,077 —
- La température de 100° pouvant modifier l’hydrate d’aluminate de chaux et gêner la réaction, les tubes ont été retirés du bain-marie et placés dans l’eau maintenue entre 40 et 45°.
- Au bout de deux mois, il n’y avait encore de fixé que 0,084 de SO3, et 0,089
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- RÉACTION du sulfate de chaux sur les ciments. 10J
- au bout de sept mois. Tandis, qu’avec le même ciment à froid, on avait obtenu 0,98 i au bout de seize jours et 0,189 au bout de deux mois.
- La chaleur avait activé la réaction dans les premiers jours de l’expérience ; mais, après le sixième jour, la réaction n’avait fait que des progrès insensibles. La quantité de SO3 fixé est restée à peu près stationnaire, tandis que, dans les expériences à froid, elle augmente constamment. , ^
- On a dû rechercher si, dans les ciments, il n’y aurait pas d’autres corps que l’alumine capables de fixer de l’acide sulfurique, ou s’il ne se formerait pas un sulfo-aluminate à plus de trois équivalents de sulfate de chaux.
- Nos recherches ont porté sur le silicate de chaux, le carbonate de chaux, le peroxyde de fer, le sulfo-aluminate de chaux et le ferrite de chaux.
- Le silicate de chaux. — Obtenu en précipitant le silicate de soude par le chlorure de calcium et mis en pâte avec la moitié de son poids de sulfate de chaux, puis placé dans les mêmes conditions que les ciments. Au bout de cinq mois, la pâte n’avait pas augmenté de volume et n’avait fixé que des traces non dosables de SO3.
- Le mélange par parties égales de silicate de chaux et de sulfo-aluminate de chaux, traité de la même façon avec le sulfate de chaux, n’avait pas, au bout d’un mois, fixé de SO3, et n’avait pas augmenté de volume.
- Le carbonate de chaux. — En faisant digérer SO grammes de carbonate de chaux précipité dans une solution de sulfate de chaux contenant ler,210 de SO3 par litre, le litre de cette solution, essayé de mois en mois, n’a pas varié pendant trois mois.
- On a mis en présence le carbonate de chaux et le sulfate de chaux à l’état naissant en précipitant le sulfate d’ammoniaque additionné d’un excès de chlorure de calcium par le carbonate d’ammoniaque. Le précipité a été placé dans une quantité d’eau distillée suffisante pour dissoudre tout le sulfate de chaux qui aurait pu se former. Après filtration, le précipité avait retenu un peu de sulfate de chaux, qui s’est dissous peu à peu à la suite de macérations successives dans l’eau distillée. Il n’y a pas eu fixation de sulfate de chaux.
- Peroxyde de fer. — 2 grammes environ de peroxyde de fer (1) ont été mis en digestion dans une dissolution de sulfate de chaux dans l’eau de chaux. La liqueur, qui renfermait (h’1’,80 de SO3 par litre, n’en contenait plus que 0,46 au bout de deux mois. Le titre de la liqueur est resté stationnaire encore pendant deux mois. Le précipité recueilli et lavé a été traité à plusieurs reprises par 500 grammes d’eau distillée. Il a abandonné peu à peu presque tout le sulfate de chaux qu’il contenait. Lorsque beau distillée n’a plus dissous que des traces de SO3, le précipité a été traité par HCl. Il ne renfermait plus que 0sr,0034
- (1) Préparé à froid.
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- CHIMIE.
- JUILLET 1901.
- de SO3 soit 0,0017 pour 1 gramme de peroxyde de fer : résultat à peu près négatif.
- Sulfo-aluminate de chaux.— Ce corps a été mis en pâte avec la moitié de son poids de sulfate de chaux et traité comme les ciments. Le sulfo-aluminate de chaux seul renfermait 0gr,190 de SO3. Après trois mois, il n’y a pas eu augmentation de volume et on a trouvé, comme SO3 fixé, 0,187, c’est-à-dire celui du sulfo-aluminate. Il m’y avait pas eu fixation de SO3.
- Ferrite de chaux. — Le ferrite de chaux a été préparé en précipitant l’azotate de fer par un lait de chaux de façon à former Fe203,4Ca0.
- Ce ferrite, devenu parfaitement blanc, a été mis dans une solution de sulfate de chaux. Cette solution s’est appauvrie peu à peu. Lorsque la teneur en sulfate de chaux est devenue à peu près constate, on a filtré et recueilli le précipité qui a été lavé et mis en digestion pendant un mois dans 500 centimètres cubes d’eau distillée. On a filtré et renouvelé l’opération de mois en mois pendant six mois.
- Les quantités de SO3 dissoutes ont été les suivantes :
- grammes.
- lrc macération................... . . . . 0,041
- 2e — ..............................0,021
- 3° — 0,011
- 4e — 0,009
- 9e — 0,005
- 6e — ..............................0,006
- L’eau distillée ne dissolvant plus que des quantités très faibles de SO3, le précipité a été traité par HCl. Il contenait :
- Peroxyde de fer...........................1,00
- Chaux.....................................1,65
- Acide sulfurique..........................0,38
- Il manque un peu de chaux pour former les éléments du ferrite et du sulfate de chaux (il faudrait 1,665 au lieu de 1,65).
- Le ferrite de chaux paraît donc fixer du sulfate de chaux.
- De tous les corps qui entrent dans la composition des ciments ou qui peuvent s’y former, il ne paraît y avoir, indépendamment de l’aluminate de chaux, que le ferrite de chaux qui pourrait fixer ducarb onalede chaux (1). Mais on a vu que le carbonate de chaux à l’élat naissant et le peroxyde de fer précipitent de petites quantités de sulfate de chaux, qui résistent en un premier lavage, et que l’on ne peut enlever que par des macérations plusieurs fois répétées dans l’eau distillée. On a dû rechercher si, dans les expériences sur les ciments, le même fait ne se produirait pas, et si l’excès de sulfate de chaux, considéré comme fixé,
- (I) Ce corps ne paraît pas exister dans les ciments de Portland.
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- RÉACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS.
- ne serait pas seulement retenu dans la pâte, qui est devenue très compacte, et que l’on ne parvient à développer qu’en l’écrasant avec le doigt.
- Avant de doser SO3, on a fait digérer la portion de pâte correspondant à 1 gramme de ciment dans 500 centimètres cubes d’eau distillée pendant quarante-huit heures, puis pendant huit jours. L’eau distillée ne paraissait avoir dissous que des traces négligeables de SO3. Cependant, après deux mois, l’eau distillée avait dissous 0^,050 de SO3.
- Le ciment pouvait fixer 0,143 de SO3. La pâte en avait retenu précédemment 0,186. Par des digestions successives, elle en a abandonné à l’eau distillée :
- grammes.
- Au bout de deux mois.................................. 0,050
- Elle en retenait encore.................................0,126
- Total.........................0,176
- On devrait retrouver 0,186, mais les traces de SO3 dissous dans les digestions précédentes n’ont pas été dosées.
- Ce quhl convient de remarquer, c’est, qu’après les digestions dans l’eau distillée, la pâte ne retenait plus que 0,126 de SO3, quantité inférieure à ce que pouvait fixer l’alumine du ciment.
- Une autre pâte d’un ciment qui pouvait fixer 0,106 de SO3 et qui en avait retenu 0,184 a été soumise à des macérations successives dans 500 centimètres cubes d’eau distillée.
- Pendant la lro macération qui a duré 3 jours l’eau distillée
- avait dissous......................................... 0,011 de SO3
- Pendant la 2e qui a duré 5 jours. .......................... 0,003 —
- — la 3e — 5 —............................... 0,004 —
- — la 4e — 4 —............................... 0,007 —
- — la 5e — 14 —.................................0,016 —
- — la 6e —. 5 —.................................0,013 —
- Total en 37 jours. •............. 0,054 —
- On a remplacé l’eau distillée par de l’eau chargée de chaux. Après trois macérations, chacune de quarante-huit heures, l’eau de chaux n’avait pas dissous de traces de SO3. On a repris l’eau distillée qui a continué de se charger de SO3; après quatre macérations, l’eau distillée avait enlevé au précipité 0®T,020 de SO3. L’expérience se poursuit. Si l’on retranche l’acide sulfuriqne dissous par ces différentes macérations, soit 0,0524 + 0,020 = 0,074 de 0,181, on a 0,107, qui correspond presque exactement à la quantité de SO3 que peut fixer le ciment. L’eau distillée va continuer son action dissolvante ou décomposante, car elle décompose le sulfo-aluminate de chaux.
- Une autre portion de pâle correspondant à 0,778 de ciment et pouvant fixer 0,111 de SO3 a été soumise à des macérations dans l’eau de chaux étendue de
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- CHIMIE.
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- son volume d’eau. Lorsque l’eau de chaux n’a plus présenté de traces de SO3 le précipité a été traité par le chlorhydrate d’AzH3; après filtration, on a dosé l’acide sulfurique lixe, on a trouvé 0,114, ce qui est très voisin de 0,111.
- Dans une autre expérience en cours, l’eau de chaux dissout, pendant chaque macération de quarante-huit heures, de 0,002 à 0,003 de SO3.
- Il paraît donc évident que, indépendamment de SO3 fixé par l’aluminate de chaux, la pâte retient elle-même du sulfate de chaux assez fortement pour qu’il résiste au simple lavage du précipité.
- Ces expériences seront poursuivies, mais sur des échantillons conservés complètement à l’abri de l’acide carbonique. Cet acide décompose le sulfo-aluminate en mettant le sulfate de chaux en liberté comme l’indique l’expérience suivante :
- Un ciment dont la pâte avait été mal préservée de CO2 avait fixé les quantités suivantes de SO3 :
- grammes.
- Après 40 jours..............................0,067
- — 80 —..................................0,129
- — 4 mois................................0,092
- — 6—..................................0,061
- La quantité de SO3 fixé décroît à partir du quatrième mois. Après six mois, la portion de pâte, correspondant à un gramme déciment, contenait 0,210 de CO?.
- En résumé, les ciments anhydres fixent plus lentement le sulfate de chaux que les ciments hydratés.
- Avec les ciments hydratés, indépendamment du sulfate de chaux fixé par l’aluminate de chaux, la pâte de ciment et de sulfate de chaux maintenue humide retient une quantité de sulfate de chaux, insoluble dans une quantité d’eau suffisante, qui augmente avec le temps, et qui peut rendre inexact le dosage de SO3 fixé par l’aluminate de chaux.
- Le même fait se produit avec des ciments théoriques, préparés à l’Ecole des Mines, et ne renfermant que de la silice, de l’alumine et de la chaux. Il est particulier aux ciments, car on a vu que les pâtes faites isolément avec du sulfate de chaux et du silicate de chaux; du sulfate de chaux et du carbonate de chaux; du sulfate de chaux et du sulfo-aluminate de chaux et même avec un mélange de silicate de chaux et de sulfo-aluminate de chaux, ne retenaient pas de sulfate de chaux.
- Dans les expériences relatées ci-dessus, on a employé, pour un gramme de ciment, 0gr,500 de sulfate de chaux à 2 équivalents d’eau. Dans ces conditions, la plus grande quantité de SO3 qui puisse être fixé serait de 0gr,232 ; on peut remarquer que, dans la plupart des expériences, on approche de cette limite (ciments nos 4, 5, 7, 8, 10, 12).
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- RÉACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS.
- 105
- D’après cela on peut supposer que toute l’alumine du ciment se trouve à l’état d’aluminate de chaux, puisque cet aluminate arrive à fixer assez de sulfate de chaux pour se transformer entièrement en sulfo-aluminate de chaux. Cette transformation, que l’on suit par le dosage de SO3, a lieu progressivement, et on n’en reconnaît la fin que lorsque la quantité de SO3 retenue par la pâte dépasse celle qui pourrait être fixée si la totalité de l’alumine se trouvait à l’état d’aluminate.
- On ne peut reconnaître si, au début de l’expérience, tout ou une partie de l’alumine se trouve à l’état d’aluminate.
- Lorsque la quantité de SO3 retenue par la pâte dépasse les prévisions du calcul, on peut, par des macérations successives et prolongées dans l’eau de chaux, dissoudre l’excès du sulfate de chaux. Lorsque l’eau de chaux ne donne plus de traces de SO3, le dosage de l’acide sulfurique fixé se rapproche des chiffres donnés par le calcul.
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- ARTS CHIMIQUES
- VALEUR RELATIVE, AU POINT DE VUE I)U TANNAGE, DES DIFFÉRENTES MATIÈRES TANNANTES;
- LEUR RAPIDITÉ POUR TANNER ET DONNER DU POIDS AVEC DES INDICATIONS SUR LEUR
- qualité. (Recherches de VAssociation des négociants en cuir. Laboratoire de recherches
- des industries du cuir de Londres, Institut Hérold. S. E.). Mémoire paru dans le
- Journal ofthe Society of Chemical industry, 31 mai 1901, p. 426.
- Cette étude fut entreprise à la demande de M. C. E. Parker, qui, avec l’honorable compagnie des négociants en cuir, du col. S. B. Berington et du comité de l’éducation technique, pourvut aux fonds nécessaires pour mener à bien ce travail et aux honoraires des auteurs de ces recherches.
- Les lignes d’après lesquelles nous arrêtâmes ce travail en vue de trouver les matières qui produisaient le meilleur cuir pour les diffe'rents usages et de constater leur rapidité de tannage, devaient nécessairement être contrôlées par l’analyse chimique. En conséquence, la première partie du travail devait être faite au laboratoire pour voir si la méthode moderne d’analyse du tannin et du pouvoir tannant, établie d’après les règles de l’Association internationale des chimistes du commerce des cuirs, était correcte, si elle pouvait être considérée comme donnant la valeur tannante d’un extrait d’une matière tannante et si les résultats obtenus dans une analyse d’un échantillon de matière tannante étaient admissibles dans la pratique.
- Dans la méthode ordinaire d’analyse avec la peau en poudre, la solution de tannin ou la solution de la matière à analyser est prise d’une force qui n’excède pas beaucoup 0,3 p. 100 de tannin. Évidemment, si on prend seulement 100 centimètres cubes de la liqueur, dans le procédé de tannage et 7 grammes de peau en poudre, on emploie un très grand excès de peau en poudre, bien plus que suffisant pour absorber toute trace du tannin ou des matières tannantes. C’est pourquoi il fut décidé de vérifier l’exactitude du procédé en prenant, pour un poids donné de peau en poudre, un large excès de liqueur tannante, de force connue, de déterminer le poids du cuir ainsi produit, de déterminer par le procédé Kjeldahl la proportion d’azote dans le cuir qui en résulte et de calculer, d’après le poids de la peau en poudre employée, le poids du cuir qui aurait été produit ; enfin, de déterminer par l’analyse la quantité de matière soluble dans la liqueur qui a été absorbée, afin de voir si les résultats concordaient. S’ils concordaient avec tout degré d’exactitude, il était établi, d’une manière parfaite et absolue, que cette méthode d’analyse à la peau en poudre, comme on l’emploie actuellement, constitue une méthode exacte d’analyse et donne au tanneur la valeur absolue d’un extrait ou d’une matière tannante.
- Un autre point que l’on espérait élucider et qui n’a pas été étudié antérieurement, était de savoir si les matières solubles, en dehors du tannin, d’une matière tannante
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- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- 107
- on d’un extrait jouaient un rôle important dans la formation du cuir, et, de plus, de déterminer quelle quantité de tannin était combinée avec la peau en poudre et ne pouvait en être enlevée par lavage ; enfin, d'autre part, combien de tannin était attiré purement physiquement, et déposé mécaniquement sur les surfaces de la fibre et dans les pores.
- Ce travail préliminaire fut exécuté d’abord en employant une solution contenant 2 p. 100 de tannin, puis 4 p. 100 et ensuite 10 p. 100; on opéra sur de la peau en poudre, et, ensuite, sur des râpures grossières de peau.
- Les opérations furent conduites comme il suit : on prit 250 centimètres cubes de liqueur tannique, de force telle qu’elle contenait exactement 4 p. 100 de tannin, et, dans un cylindre en verre d’une capacité de 2 litres, on plaça 10 grammes de peau en poudre et 250 centimètres cubes d’eau. Ce cylindre de verre fut fixé dans un appareil à agiter, et agité pendant une heure, jusqu’à ce que la peau en poudre fût complètement gonflée. Ensuite, à des intervalles d’une demi-heure, avec un mouvement régulier, on ajouta 50 centimètres cubes de la liqueur, jusqu’à ce que toute la liqueur ait été employée. L’appareil fut mis en mouvement encore une heure; enfin, après trois heures, le tannage était complet, et il fut constaté que c’était suffisant. D’autres expériences furent faites pendant six heures, mais elles donnèrent les mêmes résultats. On remarque de plus que 250 centimètres cubes d’une solution à 4 p. 100, plus 250 centimètres cubes d’eau, font 500 centimètres cubes d’une solution à 2 p. 100 de tannin pour 10 grammes de poudre en peau.
- Le tout fut alors retiré du cylindre, placé sur un large entonnoir fermé avec de la laine de verre et laissé égoutter douze heures, puis bien pressé. Le cuir fut alors pesé et, une portion étant prise pour la détermination de l’humidité, on le calcula à l’état sec. Une portion du. cuir ainsi formé fut prise et lavée sur un entonnoir avec un litre d’eau distillée; le cuir restant fut pesé de nouveau, après égouttage, et on détermina l’humidité. Nous obtenons ainsi le poids actuel de cuir sec produit, et, secondement, la quantité actuelle de cuir après lavage ou, en d’autres termes, la quantité de tannin combiné d’une manière permanente avec la peau en poudre.
- La liqueur filtrée du premier égouttage fut analysée, et, par différence avec sa force primitive, nous avons la quantité absorbée par la peau en poudre; l’eau de lavage donne ce qui est enlevé par le lavage. Tous ces éléments, calculés comme on le voit dans le tableau A, coïncident, d’une manière tout à fait concluante.
- Le cuir, avant et après lavage, fut ensuite examiné par la méthode Kjeldahl, et, d’après les résultats obtenus, on calcula la quantité de tannin absorbée par rapport au poids initial de la peau en poudre. En comparant ces trois résultats réunis dans le tableau A, pour une solution à 2 p. 100, on remarquera que les chiffres coïncident avec un degré d’exactitude auquel les critiques de la méthode d’analyse par la peau en poudre ne se sont jamais attendus.
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- 108
- ARTS CHIMIQUES.
- JUILLET 1901.
- TABLEAU A
- Solution à 2 p. 100 en 10 grammes de peau en poudre avant lavage.
- Poids obtenu Poids obtenu par détermination Poids Gain
- par de évalué en
- Matières. analyse. l’azote. directement. poids.
- gr. gr. gr. p. 100.
- Extraits de bois de chêne . 21,6 21,5 21,7 141
- — de châtaignier (non décoloré). . . 20,7 20,9 20,9 132
- — décoloré.. . . . . 20,2 20,0 20,1 123
- — de quebracho . . 26,0 26,0 25,9 187
- d'hemloch brut . . 22,2 22,1 22,1 145
- — décoloré . 23,2 22,7 23,2 157
- Après lavage. gr. gr. gr. Perte de poids par le lavage, p. 100.
- Extraits de bois de chêne . 15,9 16,2 15,8 27
- — de châtaignier (non décoloré. . . 16,8 17,3 17,3 20
- — — décoloré.. . . . . 15,8 15,5 15,2 22
- — de quebracho . . 20,2 19,4 19,7 24
- — d’hemloch brut . . 17,8 17,7 18,0 19
- — — décoloré . . 17,7 17,9 18,2 22
- Des séries d’expériences semblables furent faites d’une manière identique, en employant une solution à 4 p. 100 et finalement, une solution à 10 p. 100. En comparant ces tableaux, on constate une correspondance semblable entre le poids final, les résultats par la méthode Kjeldahl et la perte de force montrée par l’analyse.
- TABLEAU B Solution à 4 p. 100.
- Avant lavage. Après lavage.
- Perte
- Poids Poids de
- Poids par Poids Gain Poids par Poids poids
- par détermination évalué en par détermination évalué par
- Matières. l’analyse. de l’azote, directement. poids. l’analyse. de l’azote. directement, lavage.
- gr. gr. gr. p. 100. gr. gr. gr. gr.
- Vallonnée 23,8 24,5 24,5 181 15,9 16,4 16,4 33
- Myrobalan 20,3 20,5 20,5 135 14,9 15,0 15,1 26
- Écorce de chêne . . 26,3 26,7 26,7 207 19,0 19,0 19,0 29
- Mimosa 21,6 21,3 21,3 145 15,2 14,9 14,5 32
- Bois de quebracho.. 23,1 23,1 23,2 166 17,5 17,8 17,8 24
- Racine de canaigre. 28,6 33,1 33,5 274 18,6 19,9 20,3 39
- Extrait de bois de chêne 30,3 29,8 Solutions ci 10 30,8 p. 100. 242 17,8 17,9 18,8 39
- Extrait de châtaignier, non décoloré 28,6 28,8 30,2 235 17,7 17,7 18,3 39
- Extrait de châtaignier décoloré . . 28,0 ao oo CA 29,6 229 16,9 17,3 17,3 40
- Quebracho décoloré. 40,7 40,9 40,9 354 27,1 27,3 27,2 33
- Hemloch brut. . . . 31,8 31,6 34,3 270 22,9 22,4 23,4 31
- Hemloch décoloré.. 34,3 34,8 34,9 313 19,9 19,7 19,9 58
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- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- 109
- Pour faire un travail encore plus exact, od exécuta une seconde série d’expériences sur une échelle un peu plus grande. A cet effet, on prit des copeaux ou des raclures de peau en quantité légèrement plus grande, avec un plus grand volume d’eau. On prit 15 grammes de raclures de peau et on les traita avec un litre de solution à 4 p. 100 faite avec douze matières tannantes différentes. Toutes les expériences furent menées identiquement comme précédemment, c’est-à-dire que les raclures furent gonflées avec de l’eau et les solutions tannantes furent introduites successivement et graduellement.
- Comme les morceaux de peau étaient plus gros, le temps fut plus long, et le poids obtenu, le montant dutannin non combiné et du tannin combiné furent reconnus exac tement les mêmes comme ci-dessus.
- TABLEAU G Raclures de peau.
- Solutions à 4 p. 100.
- Poids total. Après lavage.
- D’après Poids Gain D’après Poids Perte
- Matières. l’analyse. final. en poids. l’analyse. final. par lavage.
- gr. gr- p. 100. gr- gr- p. 100.
- Vallonnée 33,8 35,8 190 24,0 24,2 32
- Myrobalan 29,1 28,3 126 20,7 20,1 29
- Écorce de chêne.. . 56,0 51,8 322 30,2 30,2 41
- Mimosa 40,8 40,6 223 27,6 27,0 33
- Bois de quebracho -. 40,0 40,8 226 17,9 17,2 57
- Extrait de quebracho...... 40,9 41,4 227 29,6 29,8 28
- Racine de canaigre 31,8 38,2 205 31,1 31,2 19
- Extrait de châtaignier décoloré.. 32,0 32,3 164 25,4 25,6 27
- Bois de chêne décoloré 39,9 39,8 223 27,8 27,2 31
- Bois de chêne brut 41,1 40,8 231 28,4 28,7 29
- Hemloch décoloré 44,0 43,8 251 20,9 20,6 53
- — brut 42,0 42,5 245 30,4 30,5 28
- En comparant les analyses de la liqueur avant et après, on trouve que les matières autres que le tannin jouent certainement un rôle important dans le tannage, et, sous une forme ou une autre, elles entrent en combinaison pour former du cuir. Mais, dans plusieurs cas, on constate que le montant de la matière insoluble augmentait fréquemment pendant le tannage. Pour en trouver la cause, on entreprit une autre série de recherches menées comme il suit :
- On prépara fraîchement une solution forte de Vallonnée, pendant les mois d’été, avec de la bonne Vallonnée de Smyrne et on l’analysa. La densité de la liqueur était 1,095. Un échantillon de cette solution fut retiré du fût et mis dans une bouteille qui fut placée dans le laboratoire, bien bouchée, dans un endroit chaud, mais à l’abri de la lumière. Le gros de la solution fut conservé dans le fût, couvert avec une couche d’huile d’environ un quart de pouce pour empêcher l’évaporation. A peu de jours d’intervalle, la solution était bien agitée afin que l’air eût un libre accès; le fût était placé dans un endroit frais. Ni moisissures, ni décomposition ne se montrèrent pendant l’expérience. De temps en temps on fit des analyses des solutions du fût et de la bouteille, la dernière analyse étant faite au cœur de l’hiver. L’échantillon du laboratoire, après un repos de cinq mois, fut placé au dehors pendant quatorze jours, à la lumière, à l’air et au froid. Les tableaux suivants montrent les résultats analytiques obtenus.
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- HO
- ARTS CHIMIQUES. —- JUILLET 1901.
- Analyse du liquide du fût.
- Vallonnée. Substances tannantes. Liqueur récemment Après préparée. 56 jours. . . 14,64 11,97 Après 91 jours. 11,40 Après 132 jours. 10,76 Après 153 jours. 10,98 Après 191 jours, 10,80
- Matières non tannantes . . 6,60 6,64 6,72 6,88 6,70 6,80
- Matières insolubles. . . , . 0,64 2,81 3,68 3,84 4,34 4,52
- Eau , . 78,12 78,58 78,20 78,52 77,98 77,88
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Pourcentage de la perte force tannante. . . en 18,24 23,13 26,64 25,00 26,23
- Analyses de Véchantillon du laboratoire.
- Substances tannantes. . 14,64 13,16 12,74 12,22 12,06 ))
- Matières non tannantes, . . 6,60 6,56 6,62 6,46 6,36 »
- Matière insoluble. . . . 0,64 1,78 1,76 2,28 2,38 »
- Eau 78,12 78,50 78,88 79,04 79,20 »
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 »
- Pourcentage de la perte force tannante. . . . en 10,11 12,98 16,53 17,75
- Analyse ultérieure de Véchantillon 6 du laboratoire exposé pendant quatorze jours après un repos de cinq mois.
- Substances tannantes.................................... 12,34
- Matières"non tannantes.................................... 6,34
- Matière insoluble......................................... 2,38
- Eau....................................................... 78,74
- 100,00
- Comme on le voit dans ce dernier tableau, l’exposition à la lumière, au froid et à l’air, pendant quatorze jours, de la solution de l’échantillon du laboratoire, après un repos de cinq mois, ne semble pas avoir un effet appréciable. L’échantillon, cependant, montre une perte de 17,75 p. 100 de force en tannin, après le repos de cinq mois, et cette perte, quelque considérable qu’elle soit, n’est pas égale à la perte du liquide du fût, après un repos qui n’était pas inférieur à deux mois. La perte, dans le cas du liquide du fût, semblerait avoir atteint son maximum après un laps de temps de 19 semaines.
- Des expériences similaires furent faites avec une solution de Myrobalan fraîchement préparée, qui avait, au début, une densité de 1,096. Les mêmes précautions furent prises avec cette solution; les résultats sont consignés dans le tableau suivant :
- Liqueur fraîchement Après Après Après Après Après Après
- Myrobalan. préparée. 11 jours. 53 jours. 88 jours. 129 jours. 150 jours. 188 jours.
- Substances tannantes. . . 14,66 12,66 11,96 11,48 11,30 11,22 11,40
- Matières non tannantes . . 5,98 7,44 7,58 7,48 7,46 7,46 7,46
- Matière insoluble. . . . , . 1,52 2,06 2,81 3,06 3,24 3,44 3,24
- Eau . . 77,84 77,84 77,65 77,98 78,00 77,88 77,90
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Pourcentage de la perte force tannante. . . . en 13,64 18,42 21,69 22,92 23,66 22,23
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- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- ni
- On voit encore ici une très grande perte de force tannante, quoique cette perte ne soit pas aussi forte qu’avec la Vallonnée, et le maximum ne semble pas avoir été atteint en plus de trois semaines. Il est, cependant, intéressant de noter le rapide accroissement des matières non tannantes après un repos ne dépassant pas onze jours, accroissement qui est de 24 p. 100.
- Un fût de solution de Mimosa fut essayé de même ; fraîchement préparée, la liqueur avait une densité de 1,058. On remarquera que cette liqueur se présente comme toute différente des autres; sa perte totale en force tannante, après un repos de neuf mois, était un peu inférieure à 2 p. 100.
- Liqueur fraîchement Après Après
- Mimosa. préparée. 118 jours. 254 jours,
- Substances tannantes 11,16 11,14 10,94
- Matières non tannantes 4,92 4,80 4,58
- Matière insoluble 0,10 0,12 0,56
- Eau 83,82 83,94 83,92
- 100,00 100,00 100,00
- Pourcentage de la perte en force tannante. „ 0,179 1,97
- Les analyses données dans ces tableaux furent faites en double, en employant la même peau en poudre, qui était conservée dans un flacon bien bouché.
- Les trois substances choisies sont caractéristiques de leurs classes ; les Myroba-lans sont une des matières les plus communes des séries des tannins du pyrogallol; le Mimosa représente les tannins du Catéchol, et la Vallonnée, comme l’écorce de chêne, possède les éléments caractéristiques de ces deux classes de tannins.
- La matière insoluble, déposée de ces liqueurs, fut trouvée, comme on s’y attendait, être de l’acide ellagique, connu d’autre part, en tannage, sous le nom de fleur (bloom). Celle-ci est une matière extrêmement importante pour la fabrication du cuir, car les praticiens ont généralement supposé que la fleur, ou acide ellagique, était formée par la décomposition ou le dédoublement des matières autres que les tannins et non pas aux dépens des tannins. Les résultats précédents montrent, cependant, que toute la décomposition se fait seulement aux. dépens des tannins. Ce qui explique pourquoi une liqueur, après un séjour sur les peaux, dans la fosse ou dans une fosse sans peaux, devient douce et moins astringente; ils expliquent aussi pourquoi, un lot de peaux tannées étant placé dans une solution forte et récemment préparée de Vallonnée et laissé en repos pendant un mois, les peaux, à la fin, n’avaient pas augmenté pratiquement de poids, mais, si la liqueur est analysée avant et après, on trouvera qu’elle a perdu environ 10 p. 100 de sa force tannante. Jusqu’à présent, les tanneurs ont été généralement sous l’impression qu’une grande quantité de tannin était perdue, soit par fermentation, soit par d’autres causes; mais les résultats précédents montrent que le tannin n’est pas perdu, sauf dans le sens qu’il s’est décomposé en acide ellagique, qui se dépose dans et sur le cuir et dans les liqueurs.
- Une autre conclusion pratique à tirer des résultats précédents est que, comme une liqueur tannante fraîche dépose rapidement de la fleur, la liqueur doit être préparée aussi rapidement que possible et employée fraîche sur les matières depuis longtemps en couches. Il n’est probablement pas prudent, dans le tannage du cuir de semelle, de pomper les liquides des couches inférieures pour les ramener à la partie supérieure,
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- parce que, dans ces conditions, la fleur, qui est une substance donnant du poids, se filtre dans les lessives, et la liqueur, en retournant aux matières, ne possède plus le même pouvoir au point de vue du poids à donner, comme si c’était une liqueur fraîchement préparée. Pour cette raison, aussi bien que pour les autres, il est meilleur de passer ces couches de liquides au travers de la fosse à tan, au lieu de les renvoyer aux lessives.
- Tout le travail précédent fut fait en double, et, dans certains cas, en triple. Chaque analyse, par tannage ou par la méthode de Kjeldahl, fut faite en double sur des échantillons doubles, ce qui représente plus d’une année de travail.
- Nous avons la prétention d’avoir réussi à prouver, malgré les erreurs ordinaires d’expérience, que la méthode à la peau en poudre, telle qu’on l’emploie actuellement, est une représentation exacte de l’aptitude d’une matière tannante à former du cuir; que l’excès de tannin employé n’entraîne pas de différences pratiques sur les résultats, à l’exception, naturellement, de former un poids plus grand; mais, dans le travail, les résultats sont proportionnels. Cependant, nous consentons à admettre que la matière citée, par les chimistes du commerce des cuirs, comme formée de snbstances solubles ne contenant pas de tannin, peut largement ajouter au poids du cuir, en étant retenue dans les interstices des fibres de la peau, mais elle ne se combine pas avec la fibre et peut être enlevée par lavage. Pour cette raison, un plus grand pourcentage de ces non-tannins solubles ajoutera à la valeur des matières tannantes par suite de la formation d'acides organiques qui engraissent et gonflent la peau et facilitent ainsi le dépôt d’une plus grande quantité de tannin dans les fibres du cuir.
- Partie 'pratique.
- En vue de déterminer quelles relations existaient entre les résultats obtenus au laboratoire et ceux obtenus dans la pratique, nous instituâmes une série d’expériences.
- Dans ce but, on se procura 24 peaux, toutes dans les mêmes conditions de pelanage et, autant qu’il fut possible, de caractères semblables, uniformes en grandeur, poids et épaisseur. Elles furent placées dans une solution nommée « borophénol» (préparée en dissolvant 2 p. 100 d’acide borique et 0,5 p. 100 de phénol) en vue d'enlever la chaux de la surface des peaux avant de les placer dans les jus.
- En pratique, ce traitement par un agent décalcarifiant devient plus général. Jusqu’en ces derniers temps, on comptait que les liqueurs avaient une acidité suffisante pour enlever la chaux de la surface des peaux, mais l’usage du borophénol ou d’un autre agent décalcarifiant est à recommander. Les peaux étaient aspergées et bien lavées après ce traitement.
- Les peaux, pour notre expérience, furent spécialement choisies bien à point, toutes aussi égales que possible en poids et qualité, amenées dans notre atelier à l’état connu, telles qu’elles sortent du pelanage. Chaque peau a été coupée (rôunded), c’est-à-dire qu’on a enlevé les têtes et les autres parties accessoires, et elles avaient très exactement 6 pieds de long sur 4 pieds de large. Chacune fut coupée en 6 morceaux de 24 pouces carrés, sans avoir deux morceaux de la même peau dans la même cuve; par conséquent, chaque cuve contenait un lot de douze petits morceaux, chacun d’eux représentant une peau différente.
- Avant de placer les peaux dans la décoction de tannin connue sous le nom de jus
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-
- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- 113
- ou jusée (suspender liquor), chaque peau, comme il a été dit, avait été coupée en six morceaux, faisant un total de 144 pièces de peau, chacun mesurant 24 pouces sur 24. Comme on examinait 12 matières tannantes différentes, il était nécessaire d’avoir 12 cuves distinctes, correspondant à ces matières tannantes, et le tannage fut conduit jusqu’au bout dans chaque cuve.
- Quand on travaille sur une grande échelle dans la tannerie, le cuir est généralement passé de cuve en cuve dans des liqueurs plus fortes. Dans le cas présent, manquant de place, on trouva plus commode de renforcer successivement les jus dans les mêmes cuves.
- On donna la même force à chacun des jus, c’est-à-dire 0,25 p. 100 de tannin, ainsi qu’il a été déterminé dans la méthode de la peau en poudre, et cela sans avoir égard à la force de l’écorce. Les liqueurs furent uniformément renforcées en même
- 1
- temps. Après trois jours, les premiers jus furent renforcés par l’addition de — pour 100
- de tannin; après deux jours, la force fut augmentée de
- 1
- I
- P-
- 100 de tannin. Les jus
- furent renforcés, à des intervalles de 3 à 4 jours, de—p. 100 de tannin dans les cuves,.
- 4
- jusqu’au 34° jour, où les pièces furent enlevées des perches auxquelles elles étaient suspendues, et la période de coudrement (handler stage) commença.
- Une analyse des jus, ainsi qu’il est montré dans le tableau suivant, intéressera certainement comme fixant l'état de ces jus; mais, à cause de leur décomposition par le temps, ce qui forme des acides, etc., il est impossible de regarder leur analyse comme la mesure exacte de l’absorption du tannin par la peau.
- Aréomètre
- pour les Matières
- extraits. Substances non
- (Barkomètre.) tannantes. tannantes. Insoluble. Eau.
- 0 p. 100. p. 100. p. 100. p. 100.
- Vallonnée 12,5 1,18 1,12 0,48 96,92
- Myrobalan. ....... 12,5 1,82 1,30 0,32 96,56
- Écorce de chêne 9 1,17 0,89 0,26 97,68
- Mimosa 5 1,13 0,37 0,08 98,42
- Rois de quebracho. . . . 4 1,02 0,40 0,06 98,52
- Extrait de quebracho . . 4 1,01 0,35 0,16 98,48
- Canaigre 11 1,22 1,46 0,21 97,11
- Extrait de châtaignier.. . 9 1,36 0,71 0,22 97,68
- Rois de chêne 12,5 1.56 1,26 0,26 96,92
- — — ... 13 1,70 1,38 0,24 96,68
- Hemloch 9 1,32 1,12 0,14 97,42
- Extrait d’hemloch 9 1,15 1,27 0,14 97,50
- Le degré de tannage que les jus accomplissent est dû à leur passage au travers de la peau, le trait principal étant la coloration des pièces et leur gonflement. En se reportant au tableau 4, on verra à quel degré le cuir est formé au 34e jour.
- Comme résultat de la décomposition du tannin et des matières non tannantes, une certaine quantité d’acides est produite, et le degré d’acidité produite diffère d’après les matières tannantes employées. Cette acidité est due à un mélange d’acides acétique, pro-pionique et lactique, et est extrêmement importante, le gonflement du cuir, dans les premières phases, en dépendant largement.
- Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901. 8
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- ARTS CHIMIQUES. --- JUILLET 1901.
- Pour achever cette période des cuves de suspension (suspender stage), on a, pour chacune des douze décoctions tannantes, déterminé leur acidité, en titrant 10 centimètre cubes de la liqueur avec de l’eau de chaux titrée, par la méthode de Procter. On obtint les résultats suivants :
- TABLEAU I
- 10 centimètres cubes de liquide. Matières.
- Vallonnée..........................
- Myrobalan..........................
- Écorce de chêne....................
- Mimosa.............................
- Bois de quebracho..................
- Extraits de quebracho..............
- Racine de canaigre.................
- Extrait de châtaignier décoloré. . . .
- — de bois de chêne décoloré . .
- — — — non décoloré
- Essence fluide d’hemloch...........
- Extrait d’hemloch..................
- Eau de chaux. Expression en grammes d’acide acétique par litre.
- cc.
- 3,8 1,14
- 14,4 4,32
- 4,0 1,20
- 1,7 0,51
- 2,3 0,69
- 1,9 0,57
- 2,3 0,69
- 2,4 0,72
- 3,8 1,14
- 3,9 1,17
- 3,8 1,14
- 7,o 2,25
- La température des liquides des cuves était de 20° G.
- Pour la seconde période [handler stage), les pièces sont placées à plat, l’une sur l’autre, dans les cuves et les liqueurs tannantes sont notablement rafraîchies; dans chaque cuve on ajoute une quantité de liqueur fraîche suffisante pour élever la force de 0,5 p. 100 du tannin actuel. Les liqueurs furent systématiquement renforcées tous les cinq à six jours avec 0,5 p. 100 de tannin en volume. A chaque addition de tannin frais, on retirait une quantité correspondante de la vieille liqueur. Dans cette période, commele nom l’indique,les peaux étaient coudrées (liandled) fréquemment en les retirant de la cuve, en les laissant égoutter sur le bord pendant quelque temps, puis en les remettant dans le liquide. Enpratique,les peaux sont passées d’une cuve dans une autre, car on emploie une série de cuves. La durée de cette période de travail fut de 40 jours. La température des liquides était descendue à 17° C. par suite du temps plus froid.
- Le tableau suivant mordre la nature de ces liquides à la fin de cette période de travail.
- TABLEAU II
- Barkomètre. Substances tannantes. Matières non tannantes. Insoluble. Eau.
- O p. 100. p. 100. p. 100. p. 100.
- Vallonnée 22 2,27 1,77 1,04 94,92
- Myrobalan 25 3,02 2,08 0,81 94,09
- Ecorce de chêne 19,5 1,72 2,20 0,45 95,63
- Mimosa 11 2,00 0,84 0,26 96,90
- Bois de quebracho 7 1,66 0,43 0,06 97,85
- Extrait de quebracho 7 1,33 0,79 0,13 97,75
- Canaigre 20 1,92 2,08 0,81 95,19
- Châtaignier 15 1,98 1,12 0,55 96,35
- Extrait de bois de chêne. . 19 2,20 1,96 0,34 95,50
- Extrait de bois de cliênc décoloré 20 2,49 2,01 0,32 95,12
- Essence d’hemloch 13,5 1,98 1,50 0,16 96,36
- Extrait d’hemloch 13,5 2,13 1,42 0,01 96,44
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-
- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- 115
- On commença alors la période finale du tannage. Cette période est connue sous le nom de « mise en couches » (layers) ou de « mise en dehors des cuves » (lai/ aivay pits). Le but de la mise en couches est de communiquer de la fermeté, d’augmenter le poids du cuir et de déposer de llacide ellagique ou fleur (bloom). Pour cette période, les pièces sont placées à plat, avec une couche depierre ponce entre chacune d'elles; on choisit cette substance pour remplacer lamatière tannante ordinairement employée. La pierre ponce joue le môme rôle en permettant aux liqueurs de circuler librement entre les peaux, mais, par son caractère inerte, elle necompliquait pas le problème en augmentant la force tannante des liquides, et, par un dépôt de fleur dans ou sur la peau, elle ne troublait pas la question de poids.
- Dans cette période de travail, la force des liquides tannants est augmentée systématiquement à des intervalles définis, qui sont connus techniquement comme la première mise en couche, la deuxième mise en couche, la troisième, la quatrième, et ainsi de suite.
- La force des liquides pour la première mise en couche était augmentée seulement de 0,5 p. 100 de tannin, et laissée pendant six jours, ce qui constitue la période de la première mise en couche. Pour la seconde mise en couche, la force était augmentée de 1 pour 100 de tannin et les peaux y restaient pendant sept jours. Avant la troisième mise en couche, toute la vieille liqueur était enlevée, les cuves nettoyées, et on remplissait de nouvelle liqueur; chacune des liqueurs fraîches avait la même force, et contenait 4 p. 100 de tannin. Pour la quatrième et dernière mise en couche, les liqueurs étaient renforcées par 1,5 de tannin, et les pièces y restaient seize jours; après quoi le tannage était complet.
- Le tableau suivant donne les analyses des liqueurs de la quatrième mise en couche, quand le tannage était complet.
- TABLEAU III
- Matières
- Substances non
- Barkomètre. tannantes. tannantes. Insoluble. Ëau.
- O ' p 100. p. 100. p. 109. p. 177.
- Vallonnée 33 3,13 2,75 1,56 92,56
- Myrobalan 33,5 2,56 3,92 1,36 92,16
- Écorce de chêne 45 3,42 5,30 1,24 90,04
- Mimosa 24 3,96 1,84 0,60 93,60
- Bois de quebracho 15,5 3,40 0,56 0,28 95,76
- Extrait de quebracho. . . . 13 2,71 0,53 0,28 96,48
- Canaigre 40 3,24 3,64 2,38 90,74
- Extrait de châtaignier.. . . 27 3,64 1,48 0,80 94,08
- Extrait de bois de chêne.. 32 3,26 3,18 0,88 92,68
- Extrait de bois de chêne décoloré . 33 3,28 3,58 0,84 92,30
- Essence d’hemloch 24 3,46 2,38 0,48 93,68
- Extrait d’hemloch.. .... 24 3,18 2,54 0,30 93,98
- En réunissant dans des tableaux les résultats des analyses des liquides obtenus à chaque période, notre but n’est pas d’essayer de doser le tannin ajouté par une analyse systématique de ces liquides, parce que, comme nous l’avons déjà dit, une telle méthode ne pourrait être adoptée avec aucun degré d’exactitude, et aussi parce que,
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- ARTS CHIMIQUES.
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- à chaque addition de liquide frais, on retirerait un volume correspondant de l’ancien liquide, ce qui ferait des complications. L’intérêt de ces tableaux repose dans leur comparaison.
- L’attention a récemment été attirée, dans les milieux techniques, sur la question des lectures de l’aréomètre pour jus de matières tannantes (barkomotcr), comme représentant la force des liqueurs tannantes. La pratique du barkomètre et les calculs basés sur sa lecture sont fort en vogue chez les tanneurs. Le barkomètre est une sorte d’aréomètre; les lectures du barkomètre correspondent aux deux derniers chiffres de la densité; ainsi, une densité de 1,060 serait 60° du barkomètre; 1,024 serait 24° du barkomètre. Cependant, tandis que le barkomètre ne donne pas d’indications sur la teneur en tannin, les différences indiquent les pertes avec une exactitude suffisante dans la pratique. La comparaison des lectures du barkomètre avec le pourcentage des matières tannantes, dans le tableau précédent, montre qu’il n’existe aucune relation entre les lectures du barkomètre et la force de la liqueur en substances tannantes.
- Les matières tannantes, autres que celles à l’état d’extrait, avaient autrefois à ctre lessivées avant d'ctrc employées. Lelessivage est une opération qui consiste à extraire les substances tannantes avec de l’eau. Les solutions aqueuses de tannin ainsi obtenues diffèrent complètement l’une de l’autre dans leur action et dansles changements qu’elles subissent au cours des diverses opérations. Par exemple, la décoction de Vallonnée s’acidifiait avant d’être employée, et la décoction de Myrobalan l’imitait rapidement; ces deux liquides déposaient aussi une quantité considérable d’acide ellagique. Les liqueurs restaient ensuite complètement claires.
- Les pièces furent alors séchées grossièrement et pesées, un échantillon moyen étant pris pour l’humidité. Elles furent alors remises dans leurs couches respectives et y restèrent une semaine. Les peaux furent ensuite lavées dans de l’eau à 45° C., mises à égoutter et accrochées pour sécher. Le jour suivant, on constata qu’une forte moisissure s’était formée pendant la nuit sur le cuir tanné à la canaigre. La peau fut immédiatement décrochée et nettoyée avec un linge imbibé d’acide carbolique, puis suspendue de nouveau. Quatre jours après, la même peau fut trouvée de nouveau couverte d’une forte moisissure, et le cuir tanné au Myrobalan était aussi dans les mêmes conditions. Les deux peaux furent traitées à l’acide carbolique comme précédemment. Trois jours après, les mêmes peaux présentaient de nouveau la même indication de moisissure et subirent le même traitement.
- La dessiccation fut très lente et se fit dans une chambre un peu sombre, sans faire usage d’huile, comme c’est l’usage dans le cas du cuir mis à sécher. On ne fit usage de la chaleur que quand la dessiccation fut presque complète. Au séchage, les peaux à la canaigre et au myrobalan montrent une contraction, la dernière se contractant plus fortement et devenant excessivement dure et cornée. Tous les cuirs étaient très fermes après avoir été séchés : la vallonnée et le châtaignier semblaientavoir déposé le plus de fleur..
- Dans la pratique, les peaux sont fréquemment passées au sumac pour améliorer leur couleur. On ne le fit pas pour ne pas affecter les résultats analytiques.
- Les peaux de chaque cuve furent également divisées en trois portions pour permettre divers essais. Un lot fut simplement huilé sur le grain avec de l’huile de morue et suspendu pour sécher; c’est ce qui constitue le finissage brut (rough fi-nishing). Un autre lot fut nettoyé et chevillé. Cette opération est exécutée avec des cuerses, ou lisseurs en pieire, en travaillant du côté du grain, le but étant d’étirer le
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- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
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- cuir, d’enlever les plis et de débarrasser la surface des graviers, de la fleur, des saletés; après quoi, la peau est huilée avec soin à la main ou à la machine, pour effacer le grain et enlever encore de la fleur, puis, elle est huilée avec soin sur le grain avec de l’huile de morue et suspendue jusqu’à demi-siccité, puis étirée à la main ou à la machine, puis huilée de nouveau et remise à sécher partiellement; après quoi, elle est roulée avec un fort rouleau en cuivre, mise une fois de plus à sécher, roulée de nouveau; enfin, on complète la dessiccation à l’étuve.
- Le troisième lot fut corroyé, opération qui consiste à faire pénétrer de la graisse dans le cuir pour le rendre souple et imperméable.
- Pendant tout le cours du tannage, des échantillons étaient périodiquement pris dans chaque peau, et toujours dans la meme partie de la peau, de manière à assurer l’uniformité des échantillons. La méthode adoptée fut celle qui consiste à découpera l’emporte-pièce de petites sections de la peau (des rondelles d’environ un demi-pouce). Ces échantillons furent analysés et la quantité de cuir formé calculée dans chaque cas. Le tableau 4 montre les résultats obtenus.
- TABLEAU IV
- POURCENTAGE APRÈS UN NOMBRE DE JOURS ÉGAL A : I iqueur
- Anale.
- Matières. 1 3 6 il 22 34 52 79 86 121
- Peau.. . 96,0 91,9 89,0 85,5 76,2 67,0 60,0 59,4 55,4 51,6 50,6
- Tannin. . 4,0 8,1 11,0 14,5 23,8 33,0 40,0 40,6 44,6 50,4 49,4
- Peau.. . 97,9 93,2 88,1 86,9 82,2 69,6 66,2 63,2 61,3 59,0 58,6
- Myrobalan Tannin.. 2,1 6,8 11,9 13,1 17,8 31,4 33,8 36,8 38,7 41,0 41,4
- Écorce de chêne. . Peau.. . 98,6 94,0 90,1 84,5 80,9 69,4 67,0 59,9 54,6 49,4 47,3
- Tannin.. 1,4 6,0 9,9 15,5 19,1 30,6 33,U 40,1 45,4 50,6 52,7
- Peau.. . 95,6 89,8 86,0 81,5 76,6 68,5 58,8 56,3 54,4 52,4 51,8
- Tannin. . 4,4 10,2 14,0 18,5 23,4 31,5 41,2 43,7 45,6 47,6 48,2
- Peau.. . 95,0 89,2 87,6 81,8 72,7 60,3 59,2 57,1 54,9 49,6 48,1
- Bois de quebracno. Tannin. . 5,0 10,8 12,4 18,2 27,3 39,7 40,8 42,9 45,1 50,4 51,9
- Extrait de quebra- Peau.. . 95,1 88,6 87,1 82,3 74,7 61,6 58,7 54,2 53,7 48,4 47,5
- cho Tannin.. 4,9 11,4 12,9 17,7 25,3 38,4 41,3 45,8 46,3 51.6 52,5
- Canaigre Peau.. . 96,2 91,0 89,0 85,3 70,3 60,1 57,3 56,2 55,8 54,6 53,8
- Tannin. . 3,8 9.0 11,0 14,7 29,7 39,9 42,7 43,8 44,2 45,4 46,2
- Extrait de châtai- Peau.. . 96,0 90,4 89,4 84,2 77,2 66,9 60,2 58,4 56,7 53,0 51,4
- gnier Tannin.. 4,0 9,6 10,6 15,8 22,8 33,1 39,8 41,6 43,3 47,0 48,6
- Peau.. . 95,7 89,6 87,0 80,3 73,8 66,1 65,1 58,6 56,4 52,6 50,3
- Bois de chêne. . . Tannin. . 4,3 10,4 13,0 19,7 26,2 33,9 34,9 41.4 43,6 47,4 49,7
- Bois de chêne non Peau.. . 94,8 90,6 88,4 79,3 72,6 68,3 60,7 56,8 54,5 51,5 50,6
- décoloré Tannin. . 5,2 9,4 11,6 20,7 27,4 31,7 39,3 43,2 45,5 48,5 49,4
- 95.6 92,8 90,2 87,5 74,2 61,2 56,6 54,9 52,1 50.6 50,5
- Hemloch clarifié. . Tannin. . 4,4 7,2 9,8 12,7 25,8 38,8 43,4 45,1 47,9 49,4 49,5
- Peau.. . 96,9 94,2 92,2 86,3 78,6 67,3 61,3 56,4 53,6 52,9 51,0
- Extrait d’Hemloch.. Tannin.. 3,1 5,8 7,8 13,7 21,4 32,7 38,7 43,6 46,4 47,1 49,0
- Chaque progrès dans le tannage était contrôlé avec soin par la balance.
- Le tableau 5 montre la quantité de cuir obtenue avec une quantité définie de peau et le pourcentage du gain en poids dans les cuirs formés pour chacune des matières tannantes.
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- TABLEAU V
- MATIÈRES TANNANTES. , POIDS DE PEAU humide. EAU pour cent. POIDS DE PEAU calculé sèche. POIDS DU CUIR brut produit. j HUMIDITÉ POUR CENT dans le cuir brut. POIDS DU CUIR calculé sec. GAIN POUR CENT 1 dans j la formation (tu cuir. I POIDS DU CUIR corroyé. EAU POUR CENT dans le cuir corroyé. POIDS DU CUIR corroyé sec. GAIN POUR CENT après corroyage.
- Vallonnée 23,(560 72 6,568 16,299 18 13,365 103,4 2,165 17 1,792 20,4
- Myrobalan 23,772 72 6,599 14,120 18 11,579 75,6 2,045 17 1,693 20,0
- Écorce de chêne 23,081 72 6,407 16,065 18 13,174 105,6 2,310 17 1,917 23,0
- Mimosa 23,298 72 6,467 15,327 18 12,569 94,5 2,385 17 1,980 24,0
- Bois de quebracho. . . . 23,439 72 6,507 15,750 18 12,915 98,4 2,210 17 1,834 20,0
- Extraits de quebracho. . 23,419 72 6,501 15,791 18 12,949 99,1 2,410 17 2,000 22,0
- Canaigre 23,328 72 6,476 15,349 18 12,587 94,3 2,165 17 1,797 16,0
- Extrait de châtaignier. . . 23,000 72 6,385 15,547 18 12,750 99,6 2,175 17 1,805 18,0
- ^Extrait de bois de chêne.. 24,001 72 6,662 16,304 18 12,370 100,7 2,380 17 1,975 22,0
- Extrait de bois de chêne non décoloré 23,222 72 6,446 15,939 18 13,070 102,7 2,360 17 1,958 18,0
- Essence d’hemloch. . . . 24,166 72 6,708 16,065 18 13,175 96,4 2,355 17 1,954 20,0
- Extraits d’hemloch. . . . 23,750 72 6,593 15,558 18 12,755 93,4 2.330 17 1,934 25,0
- Les résultats obtenus et insérés dans le tableau 5 offrent une comparaison intéressante avec les résultats obtenus au laboratoire et insérés dans le tableau 6. On reconnaîtra que, dans ce cas, la science apporte une remarquable conclusion à la pratique.
- TABLEAU VI
- montrant la composition du cuir brut obtenu par l’analyse et calculé d’après le poids.
- PAR L’ANALYSE. PAR LU POIDS.
- Matières. Peau. Tannin. Peau. Tannin.
- Vallonnée 50,6 49,4 49,1 50,9
- Myrobalan 58,6 41,4 56,9 43,1
- Écorce de chêne 47,3 52,7 48,6 51,4
- Mimosa 51,8 48,2 51,4 48,6
- Bois de quebracho . 48,1 51,9 50,3 49,7
- Extrait de quebracho 47,5 52,5 50,2 49,8
- Canaigre 53,8 46,2 51,4 48,6
- Extrait de châtaignier 51,4 48,6 50,0 50,0
- Extrait de bois de chêne 50,3 49,7 49,9 50,1
- Extrait de bois de chêne décoloré,. . . 50,6 49,4 49,3 50.7
- Essence d’hemloch 50,5 49,5 50,9 49,1
- Extrait d’hemloch 51,0 49,0 51,6" 48,4
- La question qui, maintenant, se pose est la suivante : quelle est la quantité de
- tannin combinée actuellement avec la fibre de la peau pour constituer le cuir? Pour
- y répondre, on prit un échantillon des douze tannages à l’état brut, et, après l’avoir
- assoupli, on en lava une portion avec un litre d’eau, à froid. Ce fut suffisant pour
- enlever par lavage toutes les matières tannantes non combinées. Le cuir fut alors
- séché, et la quantité de tannin retenu est donnée dans le tableau 7.
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- TABLEAU VII
- montrant l’analyse du cuir après lavage et, par suite, les tannins non combines.
- Matières. Peau. Tannin. Enlevé par lavage,
- p. 100. p. 100. p. 100.
- Vallonnée . . . 58,65 41,35 8,0
- Myrobalan . . 61,23 38,77 2,6
- Écorce de chêne . . 56,29 43,71 8,0
- Mimosa . . . . 55,50 44,50 3,6
- Bois de quebracho . . 54,90 45,10 5,8
- Extrait de quebracho ...... . . 52,70 49,30 3,2
- Canaigre . . 56,90 43,10 3,1
- Extrait de châtaignier . . 57.90 42,10 5,4
- Extrait de chêne décoloré . . 57,30 42,70 7,1
- — non décoloré. . . . 58,65 41,35 8,1
- Essence d’hemloch . . . . 52,80 47,20 2,3
- Extrait d’hemloch . . 56,70 43,80 5,8
- D’après les résultats donnés dans le tableau 4, il semblerait que la décoction d’écorce de chêne possédât la plus grande affinité pour la peau, se combinant avec elle pour donner du cuir au taux de 52,7 p. 100 dont plus de la moitié est absorbée durant les trente-quatre premiers jours de l’expérience. La réputation de l’écorce de chêne comme une excellente matière pour former du cuir est appuyée par nos expériences. L’extrait de Quebracho suit de près, étant présent dans le cuir au taux de 52,5. Il possède un pouvoir de pénétration plus rapide que l’écorce de chêne.
- L’extrait aqueux de bois de Quebracho se rapproche pour la formation du cuir, se combinant au taux de 51,9.
- L’extrait de bois de chêne décoloré est un peu en avant de l’extrait de chêne non décoloré, le premier donnant 49,7 et le second 49,4 du cuir total produit. Leur pouvoir pénétrant est très bon; dans les deux cas, plus de 50 p. 100 de tannin sont absorbés durant les vingt-deux premiers jours.
- L’essence d’Hemloch marche de pair avec les extraits de bois de chêne, si on considère la valeur maximum de combinaison, mais son pouvoir de pénétration est bien inférieur. Cet extrait est un extrait mélangé, 30 p. 100 de sa force provenant de l’écorce de quercitron. La vallonnée a une bonne valeur de combinaison, qui est de 49,4 p. 100, mais elle pénètre très lentement. L’extrait d’hemloch vient après; c’est insignifiant, car il a une valeur de combinaison de 49 p. 100, mais il n’a pas une si grande affinité pour la peau. L’extrait de châtaignier possède d’excellentes propriétés de pénétration, mais son maximum de combinaison tombe un peu au-dessous de celui des autres extraits, n’étant que 48,6 p. 100 du cuir total produit. Le mimosa forme du cuir avec la peau au taux de 48,2 p. 100, la moitié environ étant absorbée durant les trois premières semaines.
- Le pouvoir pénétrant de la canaigre est aussi remarquable, car il se combine au taux d’environ 30 p. 100, pour un maximum de 42,2 p. 100, en trois semaines.
- Il est évident, alors, que la longueur du temps du tannage avec cette substance excédait beaucoup celle nécessaire pour produire du cuir et que le petit gain de tannin absorbé parla peau ne compense pas cet excès de temps.
- Le myrobalan vient après, avec une valeur de combinaison de 41 p. 100. Sa faible
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- ARTS CHIMIQUES.
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- valeur de combinaison n’est pas compensée par son pouvoir pénétrant qui est à peu près égal à celui de l’écorce de chêne.
- La bonne concordance entre les résultats de l’analyse et ceux obtenus en calculant, d'après le poids de la peau sèche, le poids du cuir sec obtenu, comme le montre le tableau 6, a déjà été indiquée.
- Le pourcentage du tannin obtenu par pesée directe,comme le montre le tableau 6, établit une relation directe avec les résultats de la colonne montrant le pourcentage du gain en poids dans le tableau 5, la différence étant probablement due à la difficulté de déterminer exactement le taux de peau sèche d’après la peau humide. Il apparaîtrait de ces résultats que la valeur de combinaison d’une matière tannante n’indique pas nécessairement sa valeur au point de vue de l’augmentation de poids.
- L’écorce de chêne maintient encore sa supériorité par suite de sa propriété de donner du poids. L’extrait de Quebracho, cependant, ne la suit pas. Cela doit être dû à ce que cet extrait est du tannin presque pur, et que, par conséquent, il ne possède pas les constituants qui sont capables d’augmenter le poids. L’extrait aqueux de Vallonnée vient après, sous ce rapport. Le bois de chêne non décoloré tient le troisième rang au point de vue de la qualité de donner du poids, suivi immédiatement par l’extrait de bois de chêne décoloré, ainsi qu’on devait s’y attendre, ces deux matières possédant naturellement des propriétés susceptibles de donner du poids.
- Cela expliquerait que les constituants, au point de vue du poids donné, d’une substance tannante sont les matières autres que les tannins et les produits insolubles qui sont fournis par un dédoublement des tannins. Comme on l’a montré dans la première partie de ce travail, la Vallonnée possède ce pouvoir à un très haut degré, pas moins de 14 p. 100 des tannins étant transformés en matières insolubles en quatre semaines. Les petites particules insolubles, qui se trouvent toujours dans les extraits de tan du commerce, ont probablement aussi une certaine part pour donner du poids au cuir. Pour la raison que la Vallonnée possède cette caractéristique, on en use largement, en pratique, comme matière de saupoudrage, c’est-à-dire placée entre les peaux sous forme de poudre, quand elles sont dans le liquide. Les pièces sont laissées en couches pendant un certain temps, la fleur insoluble se déposant dans le cuir et sur la surface.
- L’extrait de châtaignier a le cinquième rang, suivi, au point de vue de la qualité de donner du poids, par l’extrait de Quebracho, le bois de Quebracho, l’Hemloch clarifié, le mimosa, la canaigre et l’extrait brut d’Hemloch. Tous ceux-ci varient de 12 p. 100 de l’un à l’autre.
- Le Myrobalan, comme d’ordinaire, vient un peu après, avec une différence de 17 p. 100 entre lui et l’extrait d’Hemloch, ou, exactement, 30 p. 100 de moins que l’écorce de chêne.
- Si l’on discute le tableau 7,il apparaît que le pourcentage de tannin, capable d’être enlevé par lavage à l’eau froide, diffère d’après les substances. Nous nous limiterons, cependant, à ne considérer que le tannin retenu par la peau. L’extrait de Quebracho offre la plus grande résistance au lavage, car 49,3 p. 100 restent dans la peau. L’Hemloch clarifié vient après, suivi parle bois de Quebracho avec 45,1 p. 100. Le mimosa est d’environ 2 p. 100 en avant de l’écorce de chêne, cette dernière ayant une valeur de combinaison de 47,3 p. 100. Les extraits de Canaigre et d’Hemloch se rangent ensemble avec 43,2 p. 100.
- Ils sont suivis par l’extrait de bois de chêne décoloré ayant une valeur de combi-
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- VALEUR RELATIVE UES MATIÈRES TANNANTES.
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- naison de 42,7 p. 100. L’extrait de châtaignier suit de près avec 42,1 p. 100. Le bois de chêne non décoloré vient ensuite avec la Yallonnée, tous deux ayant la même valeur de combinaison de 41,3 p. 100. Le Myrobalan ferme la liste avec 38,7 p. 100.
- Pour estimer la valeur pratique de ces chiffres, il faut tenir compte de ce que le cuir était coupé en fragments avant le lavage. Avec le lavage et le nettoyage ordinaires, la perte ne sera pas si grande, mais les rapports seront encore bons.
- Quant aux cuirs corroyés, ils ont tous été traités de même. Si nous examinons la colonne montrant le pourcentage de gain en poids, après corroyage, dans le tableau 5, on voit que les divers cuirs tannés ont des capacités différentes pour absorber la graisse et autres matières pesantes. L’extrait d’Hemloch gagne le plus, par le corroyage, augmentant de 25 p. 100 en poids.
- L’Hemloch est employé par les tanneurs en Amérique, et l’on dit que les cor-royeurs américains peuvent augmenter le poids du cuir de 50 p. 100, tandis que 20 p. 100 est le gain moyen dans le tannage anglais. Nos expériences semblent indiquer ce fait que l’Hemloch possède des affinités naturelles pour absorber la graisse. La canaigre semble, pour l’augmentation de poids, être la dernière des douze substances, l’augmentation étant seulement de 16 p. 100 après le corroyage.
- On pourrait peut-être dire que ce gain en poids est très influencé par la méthode employée pour faire pénétrer la graisse ainsi que par la nature de la graisse employée. Le point important pour la pratique est de savoir combien on peut introduire de graisse sans qu’il y ait excès dans le cuir.
- Dans le travail précédent, toutes les peaux furent corroyées exactement de la même manière, avec la même graisse, la même quantité, les mêmes méthodes pour chaque peau, ce qui rend les résultats comparables.
- Couleur.
- Comme la couleur d’une peau tannée joue un rôle très important dans la valeur de cuir, au point de vue commercial, nous estimâmes utile de rechercher l’action de la lumière sur la couleur des différents tannages. Dans ce but, nous prîmes des échantillons, partiellement couverts pour éviter l’exposition à la lumière, l’autre partie de chaque échantillon étant librement exposée à l’action de la lumière solaire. Les différentes peaux tannées restèrent, dans ces conditions, exposées à la lumière du nord pendant six mois, d’avril à novembre.
- Les tannages les moins influencés par la lumière sont ceux au bois de chêne décoloré et non décoloré. Puis, vient l’extrait de châtaignier, suivi de près par la Vallonnée. Le tannage à l’écorce de chêne est un peu foncé. Les deux tannages au Quebracho sont considérablement foncés; les deux tannages à l’Hemloch le sont aussi plus qu’on ne pouvait l’attendre d’un tannage qui n’est pas très clair au début. La Canaigre et le Mimosa, tous deux clairs au début, foncent à un très haut degré par exposition à la lumière ; c’est là un des traits de tous les tannins de la série du catéchol.
- Qualité.
- Afin d’obtenir la qualité des différents tannages au point de vue commercial, nous sollicitâmes l’opinion de plusieurs tanneurs, corroyeurs et négociants en cuir bien connus. L’opinion unanime est que les tannages à l’extrait de bois de chêne sont supérieurs, comme représentant de bons tannages, bien francs. Celui à l’écorce de chêne
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- est décrit comme étant bien ferme, bien plein et convenable pour courroies ou semelles.
- Le tannage à l’Hemloch serait bon pour courroies et semelles ; celui à la Vallonnée était spongieux et ne conviendrait que pour des courroies, ce qui est probablement dû à ce qu’on avait fait usage d’une liqueur ayant déjà déposé beaucoup de sa fleur. Si la Vallonnée avait été employée directement, le cuir aurait été ferme, grâce au dépôt de la fleur sur les fibres.
- Le tannage au Myrobalan est décrit comme étant très doux et mal rempli, et le Quebracho comme convenable pour les articles à bon marché. Le tannage à la canaigre est condamné, comme étant le plus pauvre de la série.
- Ce qui précède est une opinion sur le cuir fini; or, dans la pratique, le tanneur n’use pas d’une seule substance, mais d’un mélange de plusieurs substances. Par exemple, il ne s’ensuit pas, parce que le cuir tanné à la canaigre est condamné, que cette canaigre ne devrait pas être employée dans les premières périodes de tannage. Des praticiens ont grande confiance dans le Myrobalan parce qu’il est connu comme produisant de l’acide, en graissant le cuir et lui donnant aussi une bonne couleur claire-Le tanneur n’use pas du Myrobalan dans les dernières périodes, mais il se sert du bois de chêne ou de la Vallonnée pour donner de la fermeté et du poids. Certains font usage d’Hemloch après la seconde période de travail (handler stage).
- En vue de déterminer à quel degré la matière tannée résistait à la pénétration de l’humidité, on a fait une série d’expériences au moyen d’un cylindre de cuivre mesurant douze lignes sur deux, à une des extrémités duquel on fixa une fermeture à vis, entre laquelle on plaçait un morceau de cuir; le cylindre était ensuite rempli d’eau froide et on notait l’heure. La pénétration de l’eau au travers du cuir fut observée avec soin et, dès qu’une goutte se formait, on notait de nouveau le temps; la pénétration de l’eau se faisait du côté du grain.
- Matières.
- Vallonnée................
- Myrobalan................
- Écorce de chêne..........
- Mimosa...................
- Bois de quebracho........
- Extrait de quebracho. . . .
- Canaigre.................
- Extrait de châtaignier.. . .
- Bois de chêne............
- Bois de chêne non décoloré Essence d’hemloch .... Extrait d’hemloch........
- Epaisseur du cuir Temps
- en pouces de 25,nra,4.
- 0,23
- 0.23
- 0.27
- 0,23
- 0,23
- 0,23
- 0,23
- 0,22
- 0,31
- 0,22
- 0,27
- 0,25
- de pénétration en minutes.
- 17
- 00
- 0
- 11
- 3
- 2
- 9 h. 30 min. 13 12 9
- 11
- 10
- Ce tableau exige à peine une explication, excepté, peut-être, au sujet de la grande différence entre la canaigre et les autres substances. L’immense supériorité de la canaigre, comme tannage résistant à l’eau, est due très probablement au dépôt d’une grande quantité d’hydrates de carbone qui sont contenus dans la canaigre, et qui, après dessiccation, offrent une grande résistance à la pénétration de l’humidité.
- Le tableau suivant intéresse évidemment, comme montrant la résistance relative à la traction pour le cuir à semelles fini et le cuir corroyé.
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- VALEUR RELATIVE DES MATIÈRES TANNANTES.
- 123
- Matières.
- Vallonnée. ...............
- Myrobalan.................
- Écorce de chêne ..........
- Mimosa....................
- Rois de quebracho . . . .
- Extrait de quebracho......
- Canaigre..................
- Extrait de châtaignier. . .
- Bois de chêne.............
- Bois de chêne non décoloré.
- Essence d’hemloch.........
- Extrait d’hemloch.........,
- Cuir à semelles brut. Cuir corroyé.
- Livres Livres
- par section par section
- d’un pouce carré (1). d’un pouce carré.
- . . 2,713 2,982
- . . 2,882 2,534
- . . 1,980 2,578
- . . 2,485 3,727
- . . 2,385 3,777
- . . 3,031 3,180
- . . 2,236 2,882
- . . 3,167 4,411
- . . 1,926 2,767
- . . 2,488 3,450
- . . 2.302 3,130
- . . 2,584 3,280
- au commerce des cuirs de la
- îs de deux années d’étude, les
- de ce travail, ont la confiance q
- de la valeur pour le tanneur en l’aidant à mieux connaître les complications que ren-' contrent les principes de l’art du tannage, et, aussi, que son exécution marquera le point de départ d’une investigation plus scientifique du problème complexe que présente la transformation de la peau en cuir. Seuls, les chimistes qui ont tenté d’examiner ce problème peuvent estimer complètement toutes les difficultés que les auteurs ont rencontrées, en opérant avec des substances de constitution encore indéterminée et qui sont sensibles aux plus faibles modifications.
- Comme conclusion, un semblable travail doit nécessairement exiger une assistance étrangère, et les auteurs prennent cette occasion pour remercier les membres du commerce des cuirs qui ont aidé, de la façon la plus précieuse, ces recherches en fournissant les diverses matières tannantes et en donnant leur avis technique.
- Les remerciements des auteurs sont dus spécialement au Dr J. Gordon Parker, directeur de l’Institut Herold, sous la direction duquel ces recherches furent entreprises, pour son aide et ses conseils constants.
- (1) Une livre par pouce carré vaut 0k,068 par centimètre carré.
- Acu. Livache.
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- MÉTALLURGIE
- propriétés des aciers coulés, d’après M. J. O. Arnold (1).
- Les recherches exposées dans ce mémoire, qui est le premier d’une série, ont été commencées, il y a environ six ans, dans les aciéries et les laboratoires du Sheffield University College ; le programme comprenait la détermination de :
- 1° L’influence de la composition chimique sur les propriétés mécaniques et la microstructure des aciers coulés;
- 2° L’influence du recuit sur les propriétés mécaniques et la structure de ces aciers ;
- 3° L’influence des variations de la chaleur spécifique sur leurs propriétés mécaniques;
- 4° L’influence des procédés de fabrication, notamment de la différence, s’il y en a une, entre les aciers coulés au creuset et au four à réverbère;
- 5° L’influence de la masse, c’est-à-dire la différence entre les propriétés des petites et des grosses pièces en fonte d’acier;
- 6° L’influence du traitement thermique sur les fontes d’acier recuites et non recuites ;
- 7° L’influence de la trempe à l’huile sur les fontes d’acier recuites ou non ;
- 8° L’influence du silicium et du manganèse sur la chaleur de récalescence au point de transformation du carbone Ar 1, afin d’en tirer, si possible, des indications thermiques sur la formation des carbures doubles et triples;
- 9° Les propriétés relatives des aciers coulés et similaires recuites après forgeage.
- Composition chimique. — Il faut, dans une recherche des meilleures compositions des fontes d’acier, se rappeler les spécifications actuellement imposées pour s’assurer la meilleure qualité. On exige ordinairement une résistance de rupture maxima de 47 kilogrammes par millimètre carré avec allongement de 20 p. 100 sur 50 millimètres et un angle de pliage de 90° au moins, sur une barre de 25 millimètres de côté. Atin d’étudier l’influence de la composition chimique sur ces propriétés mécaniques, on fabriqua des échantillons d’aciers coulés en séries de trois groupes distincts :
- Groupe A : Fonte en fer et presque pur carbone, avec très peu de soufre de manganèse et de phosphore.
- Groupe B : Fer, carbone et silicium, avec très peu des autres éléments.
- Groupe C : Fer, carbone et manganèse, avec très peu des autres éléments.
- (1) Iron and Steel Institute. Meeting de mai 1901.
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- PROPRIÉTÉS DES ACIERS COULÉS.
- 125
- GROUPE A, FER ET CARBONE
- Ce groupe, dont l’étude fait l’objet de ce mémoire, bien que, peut-être, le moins ntéressant au point de vue pratique, est, en réalité, d’une importance capitale, parce qu’il constitue un point de départ pour la détermination exacte de l’influence du manganèse et du silicium. Les séries essayées consistent uniquement en aciers au creuset fabriqué avec le meilleur fer de Suède. Les fontes ont été coulées dans les lingotières en sable sec, en groupes de quatre barres de 44 millimètres de diamètre, venues en croix au bout d’une tige de 76 millimètres; poids total, environ 13 kilogrammes. Deux des barres de chaque coulée étaient détachées pour être recuites, et les deux autres essayées telles quelles; on retirait facilement de ces pièces les éprouvettes nécessaires pour les essais de résistance et de micrographie.
- Dimensions des éprouvettes pour les essais de tension et de compression : 143 millimètres de diamètre sur 510 de long; pour le pliage, 255 de long sur 19 de diamètre; pour la micrographie, des coupes transversales seulement, de 13 millimètres de diamètre sur 2mm,5 d’épaisseur; pour la détermination de la densité, des barres polies de 51 millimètres de long sur 9mm,5 de diamètre.
- Méthode de recuit. — Pour protéger ces petites barres des scories, on les enferma, pendant leur recuit, dans des boîtes en fonte remplies de chaux vive; ces boîtes étaient maintenues à la température de 950° pendant soixante-dix heures, et on en relirait les fontes suffisamment refroidies après une centaine d’heures. La courbe de ce refroidissement est donnée par le diagramme figure 1 en fonction du temps et des températures. On remarquera que la période de ségrégation des éléments de ces fontes cesse une vingtaine d’heures après la fermeture du four; en fait, la chute de tempéra-ture de 750 à 550°, période vitale, où se détermine la structure finale des fontes ordinaires, ne dure que trente heures; la période prolongée du refroidissement lent de 550 à 30° n’a que peu d'influence sur cette structure, mais elle est d’un intérêt capital au point de vue des retraits inégaux des masses de sections variables qui se produisent quand on les refroidit trop vite.
- Malgré les précautions prises pour éviter l’oxydation, il se produisit, pendant le recuit, une décarbonisation notoire des fontes sursaturées, et avec une oxydation du carbone bien plus rapide dans la cémentite que dans la martensite.
- Densité. — Les résultats des recherches ont été, en ce qui concerne la densité, complètement négatifs; la seule remarque digne d’intérêt est que, en règle générale, mais pas toujours, la densité augmente un peu par le recuit; mais on n’a pas pu établir de corrélation entre les densités des fontes et leurs propriétés mécaniques.
- Corrélations mécaniques, chimiques et microqraphiques. — Les deux échantillons désignés par les marques Fe B et 473, de fer presque pur, à 0,07 et 0,06 p. 100 de carbone, recuits dans des conditions identiques, présentèrent des différences déconcertantes, comme il s’en rencontre souvent dans la pratique. Le FeB constitue probablement un record des fontes d’acier au creuset fer et carbone. Il s’est, après recuit, montré, sous tous les rapports, l’égal de l’acier doux forgé. Le 473, au contraire, ne donna que des résultats mécaniques déplorables, incapables d’être améliorés par le recuit, bien qu’il en modifie considérablement la structure. En présence de ces faits, on fit un examen micrographique de ces échantillons avec un soin exceptionnel; tels que. coulés, leurs structures ne différaient pas sensiblement, mais après recuit, la
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- 126
- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1901.
- structure très cristalline du 473 se manifesta sous une faible attaque, qui n’en révéla aucune dans le Fe B. Sous une très forte attaque, la même pour les deux, le Fe B montra de très larges cristaux de ferrite à joints serrés, et le 473 de petits cristaux de ferrite avec joints lâches, en ce sens que l’acide creusait de grands espaces entre ces cristaux. Ce cas est loin d’ètre le seul où la présence de très grands cristaux soit associée à une grande ductilité, comme si l’état des joints avait, sur les propriétés mécaniques, une influence plus grande que celle de la dimension des cristaux. Quant à la cause même de ces différences cristallographiques et mécaniques, elle est encore
- - TEMPERATURE MOYEN N E
- DES F!
- inconnue; peut-être réside-t-elle dans la différence des températures initiales des coulées.
- La coulée 458 renfermait 0,37 p. 100 de carbone, et l’influence de cet élément s’y fit sentir par une augmentation de la résistance de 3 kilogrammes environ par millimètre carré et une diminution considérable de la ductilité, principalement dans les arreaux non recuits.
- Comme cette teneur de carbone est la plus fréquente en pratique, on coula trois autres lingots de même teneur, dans l’espoir d’y voir se reproduire les variations que l’on constate souvent en pratique dans des coulées de composition chimique presque identique; malheureusement, la microstructure ne jette aucune lumière sur ce sujet.
- Les variations des propriétés mécaniques des aciers coulés à 0,4 de carbone peuvent se résumer comme il suit :
- Dans le métal simplement coulé, la limite d’élasticité varie de 21 à 27 kilogrammes par millimètre carré et la résistance à la rupture de 34 à 38 kilogrammes, avec unallon-
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- PROPRIÉTÉS DES ACIERS COULÉS
- 127
- gement de 5 à 8,4 p. 100 sur 50 millimètres; la striction varie de 5,9 à 12,3 p. 100, et l’angle de pliage de 32 à 90°.
- Après recuit, la limite d’élasticité varie de 14 à 19 kilogrammes par millimètre carré, la résistance à la rupture de 33 à 38 kilogrammes ; l’allongement, sur 50 millimètres, de 12,5 à 24,5 p. 100 et la striction de 1 à 29 p. 100 ; tous les barreaux recuits se plient en double sans crique.
- La coulée CC2, (fig. 2) à 0,50 p. 100 de carbone, présenta.de très curieuses propriétés; ses barreaux se rompaient si vivement qu’il était impossible de distinguer la charge limite d’élasticité de celle de rupture, bien que l’existence d’une différence entre ces deux charges fût indiquée par un faible allongement de 3 p. 100, l’angle de pliage fut insignifiant : 12°; le recuit fit tomber la limite d’élasticité de 28 à 23 kilogrammes par millimètre carré et relever la résistance à la rupture de 29 à 41 kilogrammes ; l’allon-
- Tel que.
- Recuit»
- Fig. 2. — GC2. Grossissement, 31S diamètres
- gement fut très remarquable, atteignit 20,5 p. 100 .avec une striction de 16 p. 100 seulement et un angle de pliage de 86 p. 100, résultats tout à fait anormaux.
- L’étude de la microstructure du CC2 a révélé quelques principes fondamentaux des propriétés mécaniques des petites coulées non recuites riches en manganèse et pauvres en silicium.
- La fragilité des barreaux non recuits semble due à deux principales causes, dont la première est la faible adhérence entre les lignes de jonctions longues et tranchées des constituants; malgré la forme en treillis de leur section,ils sont, en réalité, constitués par des cellules allongées de perlite granulaire noire, entourées de cloisons épaisses de ferrite pâle. La seconde cause de la fragilité : les lignes brunes tracées presque exclusivement au travers de la ferrite et englobant de gros groupes de deux constituants, est certainement la plus puissante. Ces lignes d’extrême fragilité seront étudiées plus à fond à propos des coulées du groupe B : fer, carbone et silicium; nous ne ferons ici que quelques remarques préliminaires à leur sujet.
- Il y a quelques années, M. J. E. Stead, à qui M. Arnold avait indiqué ces curieuses-cloisons enveloppantes, en confirma l’existence dans les petites pièces coulées, et, tout en reconnaissant leur fâcheux effet mécanique, R les considéra comme d’une
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- MÉTALLURGIE.
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- nature analogue à celle de scories très fusibles dissoutes et se séparant pendant le refroidissement. L’auteur n’a pu confirmer cette manière de voir parce que, avant l’attaque, elles sont invisibles et, par suite, probablement d’une nature métallique ; il les considère comme un sulfo-siliciure métallique de fer fusible se ségrégeant sous une forme granulaire menue. M. Stead a d’ailleurs retiré, par des tamisages successifs, et de coulées analogues, un résidu riche en silicium et en soufre. Ces cloisonnements ne sont dangereux que dans les petites coulées à teneur moyenne en carbone. Leur présence est souvent révélée à l’attaque par un dégagement d’hydrogène sulfuré qui recouvre le fer adjaçant d’irisations de sulfures; le recuit les détruit’, en général, et les transforme en plaques de pur sulfure de fer, comme sur la micrographie fig. 2, et la disparition de ces cloisonnements suffit, en grande partie, pour expliquer l’augmentation de la ductilité et de la ténacité produite souvent par le recuit dans les
- aciers coulés, principalement dans ceux où les éléments étrangers sont conslitués surtout par du carbone et du silicium; enfin, il semble qu’une faible teneur en soufre soit plus favorable qu’une grande à la formation de ces cloisonnements dangereux.
- A la teneur de 0,6 p. 100 de carbone, on franchit, au point de vue mécanique, un point critique; la ductilité baisse sensiblement, ainsi que la limite d’élasticité et la résistance de rupture.
- L’examen des coulées 522 et 573 a démontré que les aciers coulés très riches en carbone ne peuvent, même après recuit, se comparer qu’aux bonnes fontes grises. Les micrographies du 522 (fig. 3) avant et après recuit, montrent que le recuit y oxyde une grande quantité de cémentite. Dans les barreaux recuits, ce qui reste de cémen-tite forme de larges cloisonnements, qui renfermaient primitivement de laperlite; et, pendant le lent refroidissement, les lamelles de cette perlite se sont agrégées en plaques épaisses, qui se seraient, sans doute, par un refroidissement encore plus lent, converties en globules. Dans ce cas, il paraît certain que, en raison de la grande différence de leur coefficients de dilatation, les cloisons de cémentite se sont, en grande partie, détachées de leurs noyaux.
- La courbe fig. 4, qui donne les angles de pliage çn fonction des teneurs en car-
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- PROPRIÉTÉS DES ACIERS COULÉS.
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- bone, représente, avec une certaine. approximation l’influence de cette teneur sur la ductilité des aciers coulés recuits; on y remarque, à partir de 0, 55 p. 100 de carbone, une chute subite de la ductilité, qui disparaît presque pratiquement.
- Traitement thermique. — Les données micrographiques et mécaniques suivantes ont présenté des résultats typiques du traitement thermique des petites coulées en opérant sur quatre barres de 9mm,5 coulées en fer presque pur, à 0,36 p. 100 de carbone.
- Barreau n° 660, non recuit. Microstructure habituelle en treillis, mais avec, pour une faible teneur en silicium, les cellules de ferrite attaquées imprégnées à un degré inusité de couches minces de sulfo-siliciure.
- Les essais de résistance ont donné les résultats suivants : limite d’élasticité par
- 0 0 1 0 2 0 3 0 4 0 5 0 6 07 0 8 0*9 10 I I 1-2 13 14 I
- CARBON %
- Fig. 4.
- millimètre carré 21 kilogrammes; résistance de rupture 21 kilogrammes allongement 10 p. 100 sur 50mm; striction 2,20 p. 100. C’était donc un métal à peine supérieur à une bonne fonte grise.
- N° 660 recuit JLsl micro structure a montré, comme d’habitude, une masse uniforme de cristaux de ferrite, sans trace de sulfo-siliciure et avec de larges plaques de perlite décomposée, perlite dans laquelle les lamelles de Fe2C s’étaient largement séparées en petites pièces de cémentite.
- Les essais de résistances ont donné les résultats suivants, très médiocres : limite d’élasticité, 15 kilogrammes par millimètre carré; résistance de rupture 35 kilogrammes; allongement 14,5 p. 100; striction 15 p. 100?
- iV0 660, tel que cmlé fuis réchauffe lentement pendant une heure, jusqu’à 850°, maintenu une heure à cette température, et refroidi à l’air libre.
- Tome 101. —2e semestre. —Juillet 1901.
- 9
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- MÉTALLURGIE.
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- La microstructure montra une masse agglomérée de ferrite, avec petits grains de ferrite noire; pas de sulfo-siliciure, texture beaucoup plus fine que celle des barreaux recuits.
- Les essais de résistance ont donné les résultats suivants, supérieurs à ceux du barreau recuit : limite d’élasticité 21 kilogrammes par millimètre carré; résistance à la rupture 42 kilogrammes; allongement 13,50 p. 100; striction 18,60 p. 100.
- N° 660, recuit puis réchauffé comme le barreau précédent.
- Microstructure presque identique mais plus fine.
- Résistance limite d’élasticité 25 kilogrammes par millimètre carré ; de rupture 37 kil., 5 ; allongement 11 p. 100; striction 9 p. 100.
- L’ensemble de ces résultats semble démontrer que le meilleur traitement à faire subir à des fontes d’acier cassantes, à 0,4 p. 100 de carbone, consiste à les réchauffer pendant une heure environ à une température supérieure de 50° à leur point critique le plus élevé, puis à les laisser se refroidir à l’air.
- CONCLUSIONS PRATIQUES
- D’après les résultats de ces essais préliminaires, le fer pur et l’acier au carbone ne constitue pas des métaux susceptibles de satisfaire aux spécifications actuellement imposées pour les fontes d’acier; on peut bien leur assurer la ductilité voulue, mais sans la ténacité corrélative, de sorte que les métaux essayés sont, à l’exception du fer pur, presque sans intérêt industriel. Néanmoins, ils constituent la base d’après laquelle on pourra déterminer exactement l’influence mécaniq ue du silicium et du manganèse.
- Propriétés comparatives des aciers coulés et forgés. Dans certains cas, des aciers coulés ont pu présenter des propriétés presque identiques à celles des aciers forgés; mais ce sont des exceptions très rares; en général, les propriétés mécaniques des fontes d’acier recuites sont très inférieures à celles des aciers forgés, et ceci est d’autant plus remarquable que des aciers coulés et forgés de propriétés mécaniques très différentes peuvent présenter la même densité, la même composition chimique et la même microstructure ; en voici quelques exemples.
- ACIER. CARBONE p. 100. LIMITE d’élasticité en kil. par mm2. RÉSISTANCE à la rupture en kil. par mm2. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION p. 100.
- Coulé et laminé. . . . 0,21 27 40 42,1 67,8
- Coulé et recuit .... 0,16 15 31 31,0 47,0
- ün voit, par les chiffres du tableau ci-dessus,que l’acier laminé est bien supérieur comme ténacité, ductilité et limite d’élasticité à l’acier coulé.
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- FONTE DE NIOBIUM.
- 131
- Cette supériorité est encore plus accentuée quand on passe aux teneurs en carbone élevées, comme on la voit par les chiffres du tableau ci-dessous:
- ACIER. CARBONE p. 100. LIMITE d’élasticité en kil. par mm1 2 3. RÉSISTANCE à la rupture en kil. par mm2. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION p. 100.
- Coulé et laminé. . . . 0,89 39 62,4 13,0 15,4
- Coulé et recuit .... 0,83 30 29,0 4,0 1,7
- Aux teneurs encore plus élevées, les différences sont encore plus remarquables :
- ACIER. CARBONE p. 100. LIMITE d’élasticité en kil. par mm2. RÉSISTANCE à la rupture en kil. par mm2. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION p. 100.
- Coulé et laminé. . . . 0,38 28 47 34,5 56,3
- Coulé et recuit .... 0,40 16 38 24,5 29,0
- La supériorité du métal laminé se maintient, et grandement jusqu’à des teneurs de 1,20 p. 100 de carbone :
- ACIER. CARBONE p. 100. LIMITE d’élasticité en kil. par mm2. RÉSISTANCE à la rupture en kil. par mm2. ALLONGEMENT p. 100. STRICTION p. 100.
- Coulé et laminé. . . . 1,20 55 61,65 8,0 7,8
- Coulé et recuit .... 1,10 20 12,86 0,0 0,0
- Par contre, en général, le recuit, qui est favorable aux aciers coulés, est nuisible aux aciers laminés. (G. R.)
- NOUVEAU TRAITEMENT DE LA NIOBITE; PRÉPARATION ET PROPRIÉTÉS
- de la fonte de niobium. Note de M. Henri Moissan (1).
- L’étude du métal niobium est encore très incomplète, et nous ne connaissons aucune de ses propriétés. Nous rappellerons rapidement que Henri Rose (2) avait cherché à préparer ce corps simple en décomposant le fluoxyniobate de potassium par le sodium. D’après Delafon-taine (3), la poudre noire obtenue dans cette réaction n’est qu’un oxyde inférieur de niobium. A la suite de ses belles recherches sur les composés fluorés du niobium et du tantale, Mari-
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 1er juillet 1901, p. 20.
- (2) Henri Rose, Pogg. Ann., t. GIY, p. 310.
- (3) Delafontaine, Archives des Sciences phys. et nat. de Genève, t. XXVII, p. 167; 1886.
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- MÉTALLURGIE.
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- gnac (1) a repris l’étude de cette question. Il a d’abord réduit le Iluoniobate de potassium par le sodium, et il a recueilli une poudre de couleur noire ou grisâtre, dont la densité variait de 6 à 6,6, et qu’il regardait comme un hydrure de formule INbFL 11 a réduit ensuite le fluonio-bate de potassium par l’aluminium. Dans ces conditions, il a préparé un alliage de niobium et d’aluminium voisin de la formule Nb AIL
- Enfin M. Roscoë (2), par la réduction du chlorure de niobium dans un courant d’hydrogène, en s’entourant des précautions qu’il a décrites dans son Mémoire classique Sur la 'préparation du vanadium, a obtenu une poudre de couleur grise d’une densité de 7,06 et ne renfermant plus que 0,27 pour 100 d’hydrogène.
- Traitement de la niobite. — Nous sommes partis, dans ces recherches, d’une niobite de provenance américaine, d’une densité de 5,75. Elle se présentait en cristaux agglomérés assez volumineux et se pénétrant les uns les autres. Elle renfermait : acide niobique et tantalique, 83,20; fer, 7,58; manganèse, 3,82; elle contenait, en outre, une petite quantité de silice. Cette niobite grossièrement concassée était triée à la main pour éliminer les fragments riches en silice.
- Le minéral réduit en poudre a été additionné de charbon de sucre, puis aggloméré par pression et chauffé au four électrique 7 à 8 minutes avec un courant de 1000 ampères sous 50 volts. Pendant l’expérience, la totalité du manganèse et la plus grande partie du fer et du silicium sont volatilisées. Il reste une fonte grise de couleur claire, à cassure cristalline, qui contient tout le niobium et le tantale combinés avec le carbone sans graphite libre. Cette fonte renferme de 2,18 à 2,34 de carbone. Chaque préparation permet d’en obtenir 600 grammes.
- Cet alliage est réduit en poudre grossière, puis attaqué par une solution d’acide fluorhy-drique pur additionnée d’une petite quantité d’acide nitrique. Après filtration, le liquide est traité par le fluorhydrate de fluorure de potassium, de façon à produire, avec l’acide tantalique, un fluotantalate et, avec l’acide niobique, un fluoxynobiate. On sépare ces deux sels, grâce à leur différence de solubilité, en suivant exactement la méthode assez délicate indiquée par Marignac. La petite quantité de fer qui reste dans le fluoxyniobate est précipitée par le sulfhy-drate d’ammoniaque. Le fluoxyniobate de potassium est ensuite purifié par des cristallisations successives. Lorsque la chauffe de niobite et de charbon a été bien faite au four électrique, la fonte doit fournir, par dissolution dans l’acide fluorhydrique, un liquide incolore. En effet, s’il reste du manganèse, il se forme une solution brune qui est due à l’action de l’acide fluorhydrique sur le carbure de manganèse.
- Le fluoxyniobate de potassium est ensuite transformé en acide niobique qui, après calcination, est tout à fait blanc.
- Préparation de la fonte de niobium. — Nous avons fait un mélange de : acide niobique 82 ; charbon de sucre 18, répondant à la formule
- Nb1 2 O5 + 5C = 2Nb + 5 CO.
- Ce mélange, légèrement humecté d’essence de térébenthine, a été aggloméré par pression sous forme de petits cylindres qui ont été ensuite calcinés lentement au four Perrot. Un certain nombre de ces cylindres ont été disposés dans une nacelle de charbon, placée au milieu d’un tube de même substance, au milieu de notre four électrique à tube. La durée de la chauffe est très courte; elle doit être de trois minutes avec un courant de 600 ampères et 50 volts. La décomposition est violente. On voit l’acide niobique entrer rapidement en fusion, et aussitôt la réaction se produit avec une vive effervescence. Dès que cette dernière est ter-
- (1) Marignac, Recherches sur les combinaisons du niobium {Ann. de Chim. et de Phys., 4e série, t. VIII, p. 5; 1886) et Recherches sur la réduction du niobium et du tantale (Arch. des Sciences phys. et nat. de Genève, t. XXXI, p. 89; 1868).
- (2) Roscoe, Chemical News, t. XXXVII, p. 25.
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- FONTE DE NIOBIUM.
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- minée, on arrête la chauffe. Après refroidissement, la nacelle renferme un lingot bien fondu, peu adhérent au graphite et à cassure franchement métallique (1).
- Propriétés physiques. — La fonte de niobium est assez dure; elle raie profondément le verre, et facilement le quartz. Au chalumeau à gaz oxygène, il nous a été impossible de l’amener à l’état liquide. Son point de fusion est donc supérieur à 1800°; au four électrique, elle se liquéfie avec facilité.
- Propriétés chimiques. — La fonte de niobium chauffée légèrement dans une atmosphère de fluor devient incandescente et fournit d’abondantes fumées blanches d’un fluorure volatil. A la température de -f 203°, elle est attaquée par le chlore avec un grand dégagement de chaleur, et il se produit le chlorure de niobium volatil Nb Cl3, de couleur jaune d’or. La vapeur de brome l’attaque à une température un peu supérieure en fournissant un sublimé jaune à peine coloré. A la température de fusion du verre, l’iode est sans action.
- La fonte de niobium réduite en poudre et chauffée dans un courant d’oxygène prend feu à 400°; l’incandescence est très vive, et il se fait un acide niobique léger, qui paraît foisonner au moment de la combustion. La réaction est identique en présence de l’air, bien que la température de combinaison soit plus élevée. La vapeur de soufre, à la température de 600°, ne produit qu’une attaque superficielle. Le sélénium et le tellure sont sans action à la même température.
- Lorsque l’on chauffe celte fonte de niobium réduite en poudre dans un courant d’azote à 1 200°, chaque parcelle de métal se recouvre d’une belle couche jaune plus ou moins profonde, d’un azoture de niobium, dont nous donnerons plus tard la composition. Mais, à une température de 500° à 600°, l'azote, le phosphore, l’arsenic et l’antimoine sont sans action apparente sur cette fonte de niobium.
- L’action du carbone est assez curieuse. Maintenu peu de temps à l’état liquide, en présence de graphite, le niobium absorbe lentement du carbone qui entre en combinaison. En chauffant l’acide niobique en présence d’un excès de charbon, nous n’avons pas encore obtenu de fonte contenant un excès de graphite.
- Le niobium s’allie difficilement avec les métaux; le sodium, le potassium et le magnésium peuvent être distillés sur cette fonte de niobium sans s’y combiner. Il ne donne pas de combinaison avec le zinc. Chauffé avec du fer doux à la température de fusion du métal, une petite quantité entre en combinaison. L’examen d’une surface polie de cet alliage de fer et de niobium a montré : 1° des fragments de niobium non altérés; 2° des stries irrégulières d’une combinaison de fer et de niobium ou d’un carbure double de fer et de niobium ; 3° un milieu ferrugineux très abondant servant de dissolvant.
- L’acide chlorhydrique gazeux attaque la fonte de niobium au-dessous du rouge sombre et sans incandescence; il se dégage de l’hydrogène, et il se sublime un chlorure d’un blanc jaunâtre.
- A la température ordinaire, le niobium ne réagit pas sur l’eau; même à 600°, la vapeur d’eau et l’hydrogène sulfuré n’exercent aucune action sur la fonte de niobium réduite en poudre.
- Le gaz ammoniac passant au rouge sur cette fonte en poudre fine est complètement dissocié en hydrogène et azote. Le niobium, dans cette expérience, ne change pas de poids et il paraît se faire une décomposition semblable à celles qui ont été indiquées par MM. Ramsay et Young.
- Le gaz acide sulfureux est réduit avec incandescence vers 600°. Le protoxyde d’azote au rouge sombre produit une combustion très vive, et il reste une poudre grise qui ne renferme pas d’azote. La réaction est incomplète. Avec le bioxyde d’azote, on obtient le même résultat, et la combustion est plus vive. L’anhydride phosphorique est réduit par la fonte de niobium au rouge sombre, avec une abondante volatilisation de vapeurs de phosphore. Le gaz acide
- (1) Le refroidissement doit se faire autant que possible à l’abri de l’azote de l’air.
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- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1901.
- carbonique est décomposé au rouge avec production d’oxyde de carbone. L’acide iodique et l’anhydride arsénique sont réduits avec incandescence à une température plus basse. Le sesquioxyde de chrome maintenu au four électrique avec la fonte de niobium liquide est réduit avec facilité et donne un alliage cassant de chrome et de niobium.
- Le protoxyde et le bioxyde de plomb additionnés de niobium pulvérisé déllagrent dès que l’on chauffe légèrement. Les deux chlorures de mercure sont décomposés au rouge sombre avec formation de chlorure de niobium et mise en liberté de mercure.
- l a fonte de niobium est attaquée par la potasse en fusion; il se fait un niobate alcalin et de l’hydrogène se dégage.
- Le sulfate de potassium en fusion est réduit par le niobium avec production de sulfure de potassium et de petits cristaux bleus insolubles dans l’eau bouillante, et présentant au microscope l’apparence de petits cubes. Le chlorate de potassium ne réagit pas sur le niobium avant sa température de décomposition. Mais lorsque cette température est atteinte, la réaction se produit avec une vive incandescence. De môme, l’azotate de potassium chauffé à sa température de décomposition fournit au contact de la fonte de niobium un violent dégagement de vapeurs nitreuses.
- La solution d’acide fluorhydrique attaque lentement la fonte de niobium. Au contraire, l’acide chlorhydrique et l’acide azotique n’exercent aucune action sur ce corps même à leur température d’ébullition. L’acide sulfurique n’est pas décomposé à froid par la fonte de niobium réduite en poudre fine. En chauffant, l’attaque se produit avec une grande lenteur; l’acide se colore en brun et il se précipite de l’acide niobique. La fonte de niobium n’est pas attaquée par l’eau régale, tandis qu’elle se dissout rapidement dans un mélange d’acide lluo-rhydrique et d’acide nitrique.
- Analyse. — Le dosage du carbone dans la fonte de niobium a été fait par combustion dans l’oxygène. La fonte réduite en poudre fine était placée dans une nacelle et chauffée dans un lube de verre de Bohême. La combustion se fait avec une grande facilité, et nous nous sommes assuré qu’elle est rapidement complète. Du poids d’acide carbonique recueilli il est facile de déduire le poids du carbone combiné. Nous rappellerons que, dans toutes les fontes que nous avons préparées jusqu’ici, nous n’avons jamais rencontré de graphite libre (1). Nous indiquerons ci-dessous quelques-unes de nos analyses :
- 12 3 4 5
- Carbone combiné.......... 3,40 3,15 2,93 2,71 2,30
- Conclusions. — En résumé, l’emploi du four électrique permet d’obtenir avec facilité une fonte mixte de niobium et de tantale de laquelle, en appliquant la méthode de Marignac, on peut séparer le niobium et le tantale sous forme de composés oxygénés.
- L’acide niobique, qui était irréductible par le charbon à la plus haute température de nos fourneaux ordinaires et à celle du chalumeau à gaz oxygène, peut être réduit dans mon four électrique et donner une fonte très dure, ne contenant qu’une petite quantité de carbone combiné. Cette fonte, qui reste solide à la température de fusion du platine, qui est à peu près inattaquable par les acides, qui n’exerce pas d’action au rouge sur la vapeur d’eau, qui brûle dans l’oxygène avec facilité en produisant un acide stable, possède en même te.mps des propriétés réductrices très curieuses. Cet ensemble de réactions éloigne le niobium des métaux et rapproche ce corps simple du bore et du silicium.
- (1) Nous nous sommes assuré, dans des expériences préliminaires, que la fonte de niobium ne dissolvait pas l’azoture du même corps simple.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ESSAIS DE ROUES TANGENTIELLES, D’APRÈS M. E. Keely (1).
- Ces essais ont été exécutés au laboratoire du Sibley College, à Ithaca, au moyen de la chambre à roues représentée par la figure 1, extrêmement commode pour y installer et expérimenter, dans des conditions comparables et rigoureusement définies, des
- Fig 1. — Installation des essais de roues Pelton au Sibley College.
- roues tangentielles de toute espèce. L’ajutage qui fournit le jet moteur peut s’ajuster en hauteur et en inclinaison.
- L’eau sous pression était fournie par une pompe à vapeur duplex refoulant dans un réservoir d’air assez grand pour maintenir la pression invariable. On employa quatre ajutages de 8, 9,5, H et 13 millimètres de diamètre, et à coefficients de débit de 98, 100, 99 et 89 p. 100, déterminés en laissant ces ajutages remplir, sous des charges connues, un réservoir pesé sur une bascule, et en notant le temps nécessaire
- (1) Sibley Journal of Engineering, juin 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1901.
- à ce remplissage. Le coefficient faible de l’ajutage de 13 millimètres est dû à ce que sa section n’était pas rigoureusement circulaire.
- La roue, connue sous le nom de roue Maelstrom (n° 3, fig. 2), a ses augets termine's en spirale de manière à couper le jet aussi peu que possible et seulement quand il passe d’un auget au suivant. L’auget n° 2, construit par l’usine Risdon, à San Francisco, est semblable à ceux des roues Pelton ; celui de Doble (n° 4), aussi à San Francisco, se distingue de ceux de Pelton par la suppression de la lèvre d’entrée, qui détourne une partie du jet; ici, l’arête médiane de l’auget pénètre immédiatement dans le jet et le coupe dans un seul plan.
- On sait que, pour que les roues tangentielles aient leur rendement maximum, il faut que l’eau y entre sans choc et en sorte sans vitesse, et que, pour satisfaire à cette
- Fig. 2. — Types d’augets n° 1, De Rener; 2, Risclon; 3, Maelstrom ; 4, Doble.
- dernière condition, la vitesse tangentielle de leurs augets doit être égale à la moitié de celle du jet, en supposant nul le frottement de l’eau sur l’auget; en pratique, ce frottement intervient, ainsi que celui des paliers et la résistance de l’air, de sorte que le rendement maximum s’obtient avec des vitesses inférieures de 5 à 15 p. 100 à la vitesse théorique.
- Il faudrait, en outre, pour atteindre le rendement maximum, que le jet fût renvoyé exactement à 180° de sa direction primitive, ce qui est (fig. 4) impossible en raison de la présence du godet suivant, qui s’opposerait alors à la sortie de l’eau ; en pratique,
- l’angle minimum b, de sortie, est donné par la formule tang b = — - dans laquelle t
- 2 tc. R
- est la somme des épaisseur de l’auget et du jet au point de sortie et R le rayon de la roue. Dans la roue de Willans (ûg. 3), on peut obtenir le retournement ou la réflexion du jet à 180°, parce que les augets y sont télescopés de manière à éviter leur choc par ce retour.
- On a, sur le diagramme figure 6, indiqué, pour 8 de s roues essayées et numéro
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- ESSAIS DE EtOUES TANGENTIELLES.
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- tées en abscisses de 1 à 8, les rendements maxima obtenus avec un môme ajutage de 9mra,5 et des charges A B C et D de “ï2m,40, 71m,63, 40 mètres et 57m,60; ces maxima
- Fig. 3. — ltoue Willans.
- sont donnés par l’intersection des ordonnées 1,2, 3... avec les courbes A B C D ; on voit que ces rendements ne dépassent guère, pour des roues de ce diamètre (400 millimètres), le chiffre de 75 p. 100.
- Fig. 4.
- La courbe OMIR (fig. 7) représente les variations du rendement d’une roue Willans de 400 millimètres avec la vitesse relative du jet d’un ajutage de 9mm,5, sous une charge de 71m,60; les abscisses 0, 0.2, 0.4... 2, indiquent le rapport du double de la
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1901.
- vitesse tangentielle de la roue à celle du jet. Avec des augets convenablement disposés, la courbe du rendement a, jusqu’au point M, la forme d’une parabole; puis, au delà, elle s’abaisse plus rapidement, parce que l’eau passe entre les augets, comme on
- le voit en figure 5. On voit que, pour laisser libre passage au jet J, le temps que l’eau met à aller de l à 2 doit être le même que celui employé par l’auget 3 à aller en 2, et le nombre des augets doit être tel que cette condition soit remplie au point M; s’il y en a trop, on perd cet avantage, et le rendement s’abaisse en outre par l’augmentation
- du frottement de l’eau sur les augets, ses chocs en retour sur ces augets, etc. La courbe OISC (fig. 7) représente le frottement des paliers et la résistance de l’air au mouvement de la roue, et, si l’on ajoute ses ordonnées à celles de la courbe OM1R, on obtient le rendement final des augets, en éliminant les autres pertes mécaniques; ce rendement est constant et égal à 93 p, 100.
- laminoir Hodgson et Norton (1).
- Dans ce laminoir, le rapprochement des cylindres est commandé automatiquement par un cylindre hydraulique dont la distribution est menée par une commande
- (1) Bulletin de mai 1898, p. 641.
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- LAMINOIR HODGSON ET NORTON.
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- reliée aux cylindres mêmes du laminoir. Les vis 77, qui commandent l’écartement des cylindres du laminoir sont (fig. 1 et 2) actionnées par la crémaillère 9 du cylindre hydraulique 13, en prise avec les pignons 8 8, fous sur 7, et portant chacun une vis
- Fig. 1 et 2. — Laminoir Hodgson et Norton. Élévation et plan.
- 10, engrenée avec un pignon 11, calé sur 7; on peut ainsi commander, par ces vis et à la main, chacune des vis 7 indépendamment, pour le réglage en parallèle des cylindres lamineurs.
- La tige du piston du cylindre 13 porte (flg. 1 et 7) une barre 14, à encoches 15.
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- Fig. 5 et 6. — Laminoir Hodgson et Norton. Détail de la manœuvre des tiroirs 18 et 19.
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- LAMINOIR HODGSON ET NORTON.
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- facile à remplacer par une autre, et c’est l’écartement de ces encoches qui détermine la longueur des courses successives du piston de 13 et des rapprochements correspondants des cylindres du laminoir.
- La distribution de l’eau sous pression est faite au cylindre 13 par quatre valves 18, 19, 20 et 21, dont deux : 18 et 19, conjuguées par une bielle et manœuvrées par les leviers 22 (fîg. 6). La valve 20 est (fig. 7) commandée par la barre 14 au moyen du
- Fig. 7. — Laminoir Hodgson et Norton. Schéma du fonctionnement.
- levier 23 et du galet 24, qui tombe dans les encoches 15. La valve 21 est commandée par (fîg. 3) la came 25, montée à frottement sur le tourillon du cylindre de laminoir 3, et le renvoi 26, 27, 28; et la rotation de cette came est arrêtée, à chaque renversement du laminoir, par l’un des tocs 29.
- Le tiroir 18 (fig. 7) qui ouvre l’échappement de l’eau sous pression, est commandé, comme nous l’avons vu (fig. 6) en même temps que 19 et est relié par le tuyau 30 à l’avant du cylindre 13 ; le tiroir 19 est relié par 34 à l’eau sous pression et par 32 et 33 aux deux bouts du cylindre 13, ainsi qu’à l’échappement 31. On voit aussi (fig. 7) que 20 relie par 30 l’avant du cylindre 13 au tiroir d’échappement 18, relié, d’autre part, à ce même avant par la valve 21 et le tuyau 35.
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- Quand les tiroirs 18 et 19 occupent les positions figure 7, de manière à ouvrir l’échappement à l’avant et l’admission à l’arrière du cylindre 13, le piston de ce cylindre reste néanmoins immobile parce que 30 est encore fermé par 20 et 35 par 21 ; mais, dès que la rotation du laminoir est renversée, sa carne 25 (fig. 3) ouvre 21 pendant un instant de manière à laisser l’eau s’échapper de l’avant du cylindre 13 assez pour permettre à son piston de faire franchir au galet 24 l’encoche de 15 où il se trouve, et d’ouvrir ainsi la valve 20; cette ouverture permet au piston de 13 de continuer son mouvement jusqu’à ce que le galet 24 retombe dans l’encoche 15 suivante, referme 20, et s’arrête; puis la même opération se renouvelle à chaque renversement de la marche du laminoir.
- A la fin du laminage, quand toutes les encoches 15 y ont passé, on ferme en 22 la communication entre 30 et 31 par 18, et on fait communiquer 32 et 31, par 19, avec admission de l’eau sous pression, par 33, à l’avant de 13, dont le piston, revenant à gauche, ramène 14 dans sa position primitive, ainsi que les cylindres du laminoir.
- presse Hughes a faire les billettes
- Cette machine prend les gros lingots d’acier dès qu’ils sont suffisamment refroidis pour être manipulés, les coupe en billettes et les presse de manière à en supprimer
- Fig. 2, 7 et 8. — Presse Hughes. Coupe transversale et variante des mâchoires.
- le crèux et à les rendre aussi homogènes que possible. On évite ainsi soit la coulée en petits lingots, soit le passage desgros lingots dans un laminoir blooming spécial, suivi de leur découpage en billettes : la fabrication des billettes est plus rapide et moins coûteuse.
- Le moule à lingot 9 (fig. 1) est amené, par le chariot 8, au-dessus de l’ouverture 18, et, quand le lingot s’y est suffisamment refroidi, le fond 10 de la lingotière, accroché en 17 aux billettes 15, est retiré de 9 par le cylindre hydraulique 11 et le renvoi 12, 13, 14 (fig. 1 et 4) ; le lingot tombe alors sur l’avant 6 du piston 4, comme en figure 5, où il arrive, guidé par 18 et appuyé sur le bloc 2 par le bras 9, que commande la paire
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- Fig. 1, 3, 5 et 6. — Presse Hughes à faire les Miettes. Coupe verticale, plan-coupe et détail.
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- de cylindres 21 (fig. 4). On fait alors avancer le piston 4, de manière à couper le bout du lingot entre 6 et 7, comme en figure 6, et à l’y comprimer; on laisse ensuite le piston 26, toujours en pression, rappeler le piston 4, et l’on chasse, par le piston du cylindre 23 (fig. 2), la billette ainsi coupée à sa longueur et comprimée sur les galets transbordeurs 25.
- Afin d’assurer l’homogénéité du lingot, le moule 9 est disposé de manière à lui donner la forme amincie aux extrémités que l’on voit en figure 3, de sorte que la
- Fig. 4. — Presse Hughes. Elévation.
- pression des matrices 6 et 7 s’exerce d’abord au centre du lingot, où il est le plus poreux, puis, progressivement, aux deux bouts, vers lesquels se produit l’écoulement du métal.
- On peut aussi, comme en figure 7 et 8, comprimer le métal avant de le couper, la descente du lingot se faisant alors en deux temps.
- CHAUFFAGE DES CHAUDIÈRES AU CHARBON PULVÉRISÉ A LA FABRIQUE DE CIMENT Alpha (1).
- Comme le savent nos lecteurs (2), l’emploi des fours tournants chauffés au pétrole ou au charbon pulvérisé est très répandu, presque universel dans les manufactures de ciment aux États-Unis, et le succès du charbon pulvérisé, pour ce chauffage, a tout naturellement incité 'a en tenter l’application aux foyers des chaudières.
- . Cette application, qui n’est d’ailleurs pas nouvelle (3), a particulièrement bien réussi dans la grande usine modèle de la Compagnie Alpha, dont les établissements, situés à Alpha (New-Jersey), ont leurs chaudières chauffées au moyen de charbon pulvérisé par une installation due à la Engineering and Poivdered Fuel C°, de Philadelphie.
- Le charbon employé est de la houille bitumineuse tout-venant; il est d’abord pul-
- (1) Engineering News, 20 juin.
- (2) Bulletin de janvier et de juin 1899, p. 121 et 887.
- (3) Bulletin de février 1897, p. 291.
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- CHAUFFAGE DES CHAUDIÈRES AU CHARBON PULVÉRISÉ.
- vérisé en grains de la grosseur d’un grain de blé, puis, s’il contient plus de 6 p. 100 d’humidité, passé dans un sécheur du type Gummer, constitué (fig. 6) par un cylindre horizontal tournant chauffé extérieurement par un foyer et traversé par un courant d’air. Du sécheur, le charbon tombe dans un magasin (Coal Bin, fig. 1), puis au broyeur (fig. 2 et 3), aux boulets duquel il arrive par son axe vertical.
- Air ôeparator
- Finished Mate rial-
- Fuel Storaqe
- Raw
- Material
- Fushe/r |
- 'Burner
- Fig. 1. — Chauffage des chaudières au charbon pulvérisé. Disposition générale.
- Du broyeur, la poussière de charbon passe au séparateur à air, où il tombe par le tuyau central A (fig. 4) en E et se mêle au courant d’air déterminé par le ventilateur G qui le rejette sur l’écran de l’enveloppe, et où les particules les moins fines se séparent en G; la poussière de charbon ainsi formée passe par F dans uu magasin qui le distribue aux chaudières, et les gros de G reviennent au broyeur.
- Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
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- Du magasin, la poussière de charbon est amenée par une vis (fig. 5) au brûleur à
- injection d air, où il brûle sans fumée, comme un jet de gaz. L’allumage se fait par un feu de bois, puis la chaleur du foyer suffit à en assurer la continuité. Quand les pro-
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- ALLÈGE POUR CHARBONS CLARKE
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- portions d’air et de charbon sont bien réglées pour une combustion parfaite sans excès d’air, la chaleur est très intense et les murailles du foyer doivent être construites en briques réfractaires de première qualité, principalement aux points directement frappés par la flamme ; il y faut des briques siliceuses ou des scories de ciment.
- , Des essais exécutés par M. de Kinder sur un foyer de chaudière tubulaire à retour de flamme ainsi alimenté ont montré que la combustion était parfaite quand on marchait presque sans fumée, avec environ 14 kilogrammes d’air par kilogramme de charbon.
- Comme on peut, en donnant à l’air une vitesse suffisante, forcer à volonté l’injection de charbon, il est facile de forcer aussi, avec ce système, la vaporisation des chaudières ; et l’on peut citer comme exemple un essai exécuté sur une chaudière à tubes d’eau Stirling (1) dont on a pu presque doubler la vaporisation en passant d’une
- ' x ", " ' , :
- Fig. 6. — Sécheur Cummer.
- dépense de 400 kilogrammes de charbon par heure à 590 kilogrammes, et ce avec des vaporisations peu différentes de llk°,12 et 12 kilogrammes d’eau par kilogramme de combustible.
- Pour bien marcher, le charbon doit être pulvérisé très fin, et, dans cet état, il ne peut être conservé sans crainte de s’enflammer spontanément. Quant au prix de la pulvérisation, on peut l’estimer en moyenne, de 0 fr. 50 à 1 fr. 25 par tonne ; la machinerie nécessaire pour broyer et séparer 75 à 100 tonnes de charbon par vingt-quatre heures exige 24 chevaux, ou environ le centième de la puissance que ce charbon peut produire sous une bonne chaudière ; c’est moins que la dépense exigée par nombre de grilles à alimentation mécanique.
- allège pour charbons Clarke (2).
- Nous avons fréquemment signalé les remarquables dispositions adoptées aux États-Unis pour la manutention des charbons et des minerais, dans les ports et sur les
- ’ (1) Bulletin d’avril 1894, p. 175. - '
- (2) Engineering News, 20 juin, p. 445.
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- rivages des mines (1) ; l’allège que nous allons décrire en est un nouvel et très intéressant exemple, car elle permet de transborder de grosses charges très rapidement : au taux de 125 à 135 tonnes par heure, presque automatiquement, et en les pesant en même temps.
- La coque de l’allège a (fig. 2 à 3) 44 mètres X5m,20x9m, 15 de large : capacité, 1 000 tonnes ; elle est divisée en 7 trémies de 4m,88 dans le sens de la longueur de l’allège sur 8m,50 d’ouverture à leur partie supérieure ; et chacune d’elles est pourvue, au bas (fig. 4), de trois portes de 560x610 millimètres, débouchant sur un canal
- Fi". 1. — Allège Clarke.
- qui s’étend sur toute la longueur de l’allège, et dans lequel circulent les godets d’un convéyeur. Ce convéyeur emporte le charbon au haut d’une tour, où il est pesé par deux bascules automatiques, dans lesquelles les godets successifs se déchargent alternativement, et de ces bascules (Scales, fig. 5), le charbon est déchargé dans des chutes qui le distribuent au navire en chargement.
- Le fond de chacune des trémies est constitué par deux vantaux à charnières, de 3m,35x4m,88, commandés par des cylindres hydrauliques (fig. 4) de 150xlm,0’7 de course, au nombre de deux par vantail, et conjugués de manière à marcher rigoureusement d’accord, malgré les inégalités de leurs charges. Cette liaison est réalisée par une valve hydraulique automatique à deux voies, qui commande l’admission de l’eau
- (1) Bulletins de décembre 1895, p. 1367 ; janvier, février, mai, décembre 1896, p. 139, 280, 750 et 1681 ; février et novembre 1897, p. 294 et 1518 ; janvier, avril, juillet 1898, p. 90, 496 et 897; janvier et mai 1899, p. 140 et 790,
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- ALLÈGE POUR CHARBONS CLARKE.
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- sous pression aux deux cylindres du même côté d’un vantail. Tant que le bord extérieur du vantail soulevé reste horizontal, ce robinet reste dans sa position moyenne, admettant l’eau également aux deux cylindres de ce vantail; mais, dès que l’une de ces extrémités se lève plus que l’autre, la valve étrangle l’admission au cylindre correspondant, jusqu’à ce que l’horizontalité soit rétablie. L’eau sous pression est fournie par une pompe avec accumulateur logée, comme les chaudières, à l’arrière de l’allège, et l’on peut aussi commander à la main les distributeurs des cylindres par des leviers sur le pont.
- Les portes des trémies sont des plaques de fonte montées sur des glissières disposées de manière à ne pouvoir se boucher par le charbon, et elles sont commandées
- Route of Conveyor
- Ig 5cjpper |j
- Route of Conveyor
- Fig. 2. — Allège Clarke. Schéma du fonctionnement.
- par des leviers embrayables (fig. 6) sur un arbre que mène un cylindre à vapeur; les embrayages de ces leviers sont commandés du pont, ainsi que la distribution du cylindre à vapeur. A côté des portes, au fond des trémies, se trouve un racleur rotatif (fig. 4) à pics, qui désembrouille le charbon et en facilite l’écroulement; ce racleur est commandé par une transmission à chaînes que l’on peut débrayer à volonté.
- Les godets du convéyeur, du type représenté en figure 8, pivotés sur deux axes, sont disposés de manière que leurs bords se recouvrent et ne laissent pas de charbon passer entre eux; leur trajet est indiqué sur le schéma fig. 2; les galets de leur chaîne sans fin sont constammept guidés par les rails directeurs et porteurs, et l’on voit, en figure 5, comment ils se déversent alternativement dans chacune des bascules.
- Au taux de 125 tonnes par heure, élevées à 22m,80, hauteur de la tour, la puis-
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1901.
- sance théorique à dépenser est d’environ 10 chevaux 6, auxquels il faut ajouter au moins 1 cheval pour les résistances passives; le moteur est de 20 chevaux, sa vitesse
- Fig. 3. — Allège Clarke. Coupe transversale schématique.
- 'K—-4-0 ~--H'
- Fig. 4. — Allège Clarke. Coupe transversale de la coque.
- varie de 200 à 250 tours par minute, les 200 tours correspondant au débit de 125 tonnes par heure. La chaudière verticale, de lm,50 de diamètre, tarée à 50 chevaux, est timbrée à 4k®,2.
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- ALLÈGE POUR CHARBONS CLARKE.
- toWimhJ.
- Fig. 5. — Allège Clarke. Pesage,
- I' 2' v v 5' 6'
- Fig. 6 et 7. — Allège Clarke. Commande des portes,
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1901.
- Les bascules, du type Clarke à cylindres tournants, pèsent par quart de tonne, de sorte que, au taux de 125 tonnes par heure, chacune d’elles fonctionne deux cent cinquante fois par heure; un compteur électrique enregistre les pesées sur le pont;
- Fig. 8. — Allège Clarke. Détail d’un godet.
- ces bascules, très précises, à 1 p. 100 près, sont aussi très solides, car elles ne manifestent aucune usure après une année de service.
- Cette manutention du charbon se fait sans le détériorer, et avec six hommes seulement, dont un commandant et un mécanicien. Le chargement du navire se fait sans le concours d’aucun de ses hommes; cette allège fonctionne avec un plein succès depuis un an, à New-York, sous la direction de Y Automatic Coaling and Weighing Barge C°, 71 Broadway.
- LE POINÇONNAGE DES MÉTAUX D’APRÈS M. H.-V. LoOS (1).
- Dans les expériences sur le pressage de l’acier dont nous avons rendu compte dans notre Bulletin de février 1900 (p. 290), M. Loos avait constaté que, d’après les chiffres donnés par sa poinçonneuse hydraulique, la résistance au poinçonnage était inférieure de 30 p. 100 environ à celle ordinairement admise et à celle constatée pour le cisaillement.
- De nouvelles expériences n’ont fait que confirmer celte assertion en apparence paradoxale, mais que M. Loos explique en remarquant que le poinçon de la machine des essais marchait cinq ou six fois moins vite que ceux des poinçonneuses mécaniques usitées dans l’industrie, de sorte que les phénomènes d’écoulement du métal qui se produisent pendant leur poinçonnage sont tout différents; et, de cette constatation, il déduit que, pour s'assurer le meilleur rendement, le poinçon devrait marcher à deux vitesses : lentement pendant sa pénétration et vite pendant son retrait. C’est d’ailleurs en appliquant ce principe que MM. H opes et Townsend ont pu, dans des expériences célèbres, poinçonner des écrous ayant plusieurs fois le diamètre du poinçon.
- Les nouvelles expériences de M. Loos, exécutées sur des tôles d’acier d’épaisseurs mesurées au micromètre, ont donné, comme résistance par centimètre carré de section arrachée, avec des poinçons biseautés, 2 900 kilogrammes en augmentant un peu avec l’épaisseur de la tôle, et jusqu’à 3200 kilogrammes, ou 25 p. 100 de plus, avec
- (1) Journal of the Franklin Institute, juin 1901, p. 456.
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- LE POINÇONNAGE DES MÉTAUX.
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- PREMIÈRE SÉRIE
- Tôle de 6 millimètres acier. Poinçon de 25 millimètres biseauté. Un trou.
- Tôle de 6 millimètres. Poinçon de 26 millimètres plat. Un trou.
- Tôle d’acier de 8 millimètres. Poinçon de 25 millimètres biseauté. Un trou.
- Tôle de 8 millimètres. Poinçon de 26 millimètres plat. Un trou.
- Tôle d’acier de 9mm,5. Poinçon plat de 26 milli- Tôle d’acier de 11 millimètres. Poinçon plat
- mètres. Un trou. de 26 millimètres. Un trou.
- Tôle d’acier de 11 millimètres. Poinçon de 24 millimètres biseauté. Un trou.
- Tôle de 13 millimètres. Poinçon de 24 millimètres biseauté. Un trou.
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- .......7
- U--___________________________________
- Tôle de 9mm,5. Poinçon de 25 millimètres biseautés. 4 trous.
- ; ^
- «2--------------------
- Tôle de 9mm,5 acier. Poinçon de 25 millimètres plat. 5 trous.
- / t j
- 1 1 i -4-,
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- T” » \
- Tôle de 13 millimètres. Poinçon de 25 millimètres biseauté. 4 trous.
- Tôle de 14 millimètres. Poinçon de 25 millimètres plat. 3 trous.
- Tôle de 11 millimètres. Poinçonne 25 millimètres biseauté. 3 trous.
- Tôle de 11 millimètres. Poinçon de 25 millimètres biseauté. 4 trous.
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- LAMINOIR POUR TÔLES DE LA CARNEGIE STEEL C° DE HOMESTEAD. 155
- des poinçons plats, résistance alors presque indépendante de l’épaisseur des tôles; de sorte que, aux épaisseurs de 13 à 14 millimètres, la résistance est à peu près la même pour les deux espèces de poinçons.
- Ces résultats concordent avec ceux obtenus pour le cisaillement, où, à partir d’épaisseurs de 45 à 50 millimètres, le biseautage de la lame n’a plus d’effet.
- Les tôles essayées, en acier Martin basique, avaient une résistance à la rupture de 42 kilogrammes par millimètre carré.
- Tableau des expériences (figures p. 153 et 154).
- Épaisseur des tôles Résistance en kil. par mm2 de section.
- milimètres. Poinçon biseauté. Poinçon plat.
- 6 Première série . . . . 2 800 3 470
- 8 Première série . . . . 2 760 3 220
- 9,5 Deuxième série . . . . 3 000 2100?
- 11 Première série . . . . 2 900 2 880
- 13 Première série . . . . 2 970 ))
- Deuxième série . . . . 3 090 2 700?
- 14 Première série . . . . 3 200 ».
- Deuxième série . . . . 3 200 3185
- Troisième série. .... . . . . 3150 »
- Les diagrammes de ces expériences sont donnés par les figures.
- laminoir pour toles de la Carnegie Steel c° de homestead
- La Carnegie Steel C° décida, au mois de juillet 1898, d’établir à Homestead un laminoir universel pour tôles de 45 mètres de longueur et de lm,20 de largeur (1). Le terrain disponible de 9 mètres en contre-bas de l’aciérie était utilisé comme dépôt de scories. Gomme on était très pressé, on décida de remblayer le terrain, mais d’établir les fondations sur le sol naturel. On dut envoûter une petite rivière affîuente et les fondations furent, à l’exception de celles des fours à réchauffer, de la machine, du laminoir et des chaudières, en voûtes sur pieds-droits en béton, avec espaces intermédiaires comblés et soigneusement pilonnés. Au mois d’août 1898, on commença les études, et une année après, le laminoir a pu être mis en fonction. Les frais totaux d’installation ont atteint 3 350 000 francs. La capacité du laminoir est de 500 tonnes en vingt-quatre heures.
- La chaufferie (fig. 1) comporte 56 chaudières du type Cahall, chacune de 250 chevaux, avec grilles automatiques ; chaque groupe de 4 grilles est actionné par une petite machine à vapeur. Le charbon est levé des soutes par une noria dans le réservoir du four et amené aux grilles.
- Le chargement du charbon sur les grilles est commandé par des moteurs électriques. Les cendres tombent en arrière des grilles sur un plan incliné d’où, après qu’on a ouvert un registre, elles arrivent dans un wagonnet. Celui-ci est soulevé par
- (1) Stahl und Eisen, 15 juin 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1901.
- Laminoir de Homesleacl.•
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- LAMINOIR POUR TÔLES DE LA CARNEGIE STELL C° DE HOMESTEAD. 1B7
- un monte-charge (à droite de la figure 3) et les cendres sont déchargées dans un wagon de chemin de fer.
- Fig. 3. — Chaufferie du laminoir de Homestead. Coupe transversale
- Les figures 1 et 2 montrent la disposition des cylindres du laminoir et des transbordeurs.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — JUILLET 1901.
- - GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS AU PORT DÉ ROTTERDAM (1)
- Cette installation a été établie par la société Nagelet Kaemp de Hambourg.
- Treuils. — Les treuils, à l’exception d’un seul, sont logés dans un bâtiment spécial (fig. 1 à 3), avec un pont roulant pour le montage et le démontage des différents
- mécanismes. Les moteurs électriques, ainsi que les freins, sont manœuvres par le mécanicien qui se tient dans une cabine très élevée (fig. 1 et 2). Les freins sont actionnés au moyen de petits moteurs électriques. Pour le chargement et le déchargement du charbon, il faut effectuer les opérations suivantes :
- 1° Soulèvement et abaissement de la plate-forme mobile. . Treuil de soulèvement.
- 2° Basculement de la plate-forme basculante............ Treuil à bascule.
- 3° Soulèvement et abaissement de la gouttière..........)
- 40 Chargement et inclinaison de la gouttière...........} Treml de la Souttlère-
- 5° Soulèvement de la charge............................ Treuil de levée.
- 6° Pivotement de la grue............................... Treuil de pivotement.
- (1) Zeitschaft des Vereines deuischer Ingénieure, 8 et 15 juin 1901.
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARRONS.
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- Les opérations 3 et 4 sont seules exécutées à la main dans le bâtiment du treuil'; elles s’effectuent rarement.
- On a dû prendre des précautions spéciales pour l’établissement de la ligne, la tension étant de 500 volts et le climat de Rotterdam très humide.
- Fig. 1 bis. — Manutention des charbons du port de Rotterdam. Ensemble d’une grue.
- La charge est toujours abaissée par le freinage des induits des moteurs, les induits étant reliés en court-circuit à l’aide d’une résistance intercalée. L’intensité du courant de freinage est, de la sorte, proportionnée à la charge ; la vitesse de l’abaissement est en raison inverse de la résistance intercalée dans le circuit du courant de freinage, que l’on règle au moyen de rhéostats à gradins. Pour les treuils de soulèvement et de bascules, on a fait usage de moteurs en dérivation, dont
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- NOTES DE MÉCANIQUE
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- Fig. 1 et 2. — Manutention des charbons du port de Rotterdam. Ensemble d’une grue.
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS. 161
- l’enroulement de charge n’est pas interrompu mais seulement affaibli pendant les arrêts au moyen de résistances intercalées. Les autres treuils sont actionnés par des moteurs en série.
- Le treuil de soulèvement soulève la plate-forme qui pèse, avec le wagon chargé, 44 tonnes, à la vitesse de 0m,33 par seconde. Cette plate-forme est suspendue
- Fig. 3. — Grue figure 2. Vue de côté.
- à un câble en fils d’acier de 40 millimètres (fig. 4 et 6). Le tambour du treuil (fig. 7 et 9) est actionné par un moteur de 130 chevaux fixé sur la même plaque que la plate-forme et qui fait faire à la commande 870 tours par minute.
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- Le rapport de transmission à 3 gradins est de : - x - + - X — • Le tambour a un
- 4 3 5 00
- diamètre de lm,00, le pas des engrenages est de 100 millimètres, l’épaisseur des dents est double de celle qui serait nécessaire. Les roues dentées calées sur l’arbre du tambour, ainsi que les engrenages intermédiaires, sont en acier moulé, ceux des moteurs sont en fonte et en cuir brut. L’arbre de la commande est muni d’un frein Tome 101. — 2e semestre. — Juillet 1901. 11
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- à friction (fig. 10 et 11), de sorte que si le courant était coupe' brusquement, [la
- Fig. 7 à 13. — Treuil de soulèvement.
- charge resterait suspendue. Lorsqu’on a soulevé la charge à la hauteur voulue, on met
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- Fig. 14 et 15. — Paliers du treuil, figure 7. — Fig. 16 à 18. — Câbles du treuil de bascule.
- -777777777777777777777777777777
- '777777777777/777777777777777777,
- Fig. 19 à 22. — Treuil de bascule et son commutateur. (Heben) levée, (Hait) arrêt, (Senken) descente, (Bremsen) train.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1901.
- en action, par l’arbre de transmission intermédiaire, un commutateur-disjoncteur; le mouvement du treuil est alors arrêté par les freins à encliquetages (fig. 1: et 12). Pendant l’abaissement, les contrepoids de serrage des freins sont (fig. 10) soulevés à l’aide
- Xy/yz/yX/y/Æ-;,
- rd. 4400
- vXv'X//yZ,v//////'
- Fiç. 23 à 2'3. — Disjoncteur de sûreté pour les treuils de levée et, de bascule.
- d’un moteur spécial (tig. 13) avec dash-pots de façon que les freins se serrent sans choc. Comme la plate-forme seule ne pèse pas beaucoup plus que les contrepoids, on est obligé, dans les cas où la plate-forme est abaissée sous le wagon, de lui fixer un câble spécial qui s’enroule autour du tambour du treuil de soulèvement. Les pdiers de ce
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS.
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- treuil sont munis de rouleaux en acier ^fig. 14 et 15). Le commutateur placé dans la cabine du mécanicien est identique à celui du treuil de basculement.
- La partie moyenne de la plate-forme portant le wagon est basculante ; du côté de l’eau, cette partie est supportée par deux boulons en acier et elle peut être basculée au moyen de deux câbles fixés sur la traverse postérieure du treillis.
- Les câbles sont amenés au treuil de basculement, comme le montrent les figures 16 à 18. Le mécanisme de ce treuil fonctionne à vide lors du soulèvement et
- Fig. 26 à 28. —Câbles du treuil de la gouttière.______________j
- de l’abaissement de la plate-forme; pour cette raison, on a prévu un contrepoids qui entre en action dès que les câbles de basculement ne sont plus suffisamment tendus. A cet effet, on a disposé sur le tambour du treuil de basculement, entre les deux brins de câbles, un troisième brin. Ce treuil est muni de trois transmissions (fig. 19 à 21). 11 est actionné par un moteur électrique de 60 chevaux-vapeur et fait 500 tours
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- par minute. Le rapport de transmission est : - X ^ xï = 56‘ C°mrne 011 a affaire
- ici à des efforts moindres que dans le cas de treuil de soulèvement, on n’a prévu qu’un seul frein à friction et encliquetages, ce frein est également actionné par un moteur spécial et muni de dash-pots. La plate-forme peut être inclinée de 50 centi-
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- mètres ; dès que cette inclinaison est obtenue, le courant est interrompu au moyen d’un disjoncteur final, actionné mécaniquement lors de l’abaissement de la plateforme basculante; son poids propre suffit à opérer le mouvement, la vitesse est alors réglée au moyen du frein du moteur.
- Fig. 29 à 32. — Guidage des câbles de la gouttière.
- Les commutateurs placés dans la cabine du mécanicien sont identiques pour le soulèvement et pour le basculement. Leur schéma est donné par la figure 22.
- Les figures 23 à 25 montrent le disjoncteur final, destiné à limiter la course des treuils de soulèvement et de bascule. Dans les deux appareils, le deuxième arbre intermédiaire actionne une vis verticale av sur laquelle se déplacent, pendant la
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- course deux écrous et br L’écrou b1 coupe, dans la portion la plus élevée de la
- plate-forme mobile, le circuit du moteur au moyen du disjoncteur cl; l’écrou b2 le fait dans la position la plus basse, au moyen du disjoncteur c.v Lorsque la plate-forme
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS.
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- basculante s’est mise en position, le circuit du moteur qui actionne les freins est
- Fig. 42 à 50. — Grue auxiliaire.
- fermé par un deuxième conducteur venant du mécanisme de réglage du treuil de
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- soulèvement, de sorte que, au moment où la plate-forme commence à s’abaisser, le frein mécanique du treuil de bascule est de nouveau desserré. Cette fermeture du circuit du moteur du frein est nécessaire, car autrement le treuil de bascule ne pourrait pas fonctionner à vide pendant rabaissement de la plate-forme. Les disjoncteurs instantanés ne sont pas, dans le treuil de basculement, fixés sur le bas, comme dans le treuil de soulèvement, mais bien posés sur une pièce en fonte qui peut se déplacer sur une deuxième vis a2, également verticale (fig. 25). Celle-ci est actionnée, au moyen d’une transmission à roues coniques, par le treuil de soulèvement de
- Fig. 51 à 53. — Câbles de la grue auxiliaire.
- façon qu’elle fasse, pendant la course de la plate-forme, le même nombre détours que la vis ax. Par conséquent, les écrous bx et b2 ne sont pas déplacés pendant le soulèvement et l’abaissement de la plate-forme vers le disjoncteur cx — c2; ce n’est que lorsque, pendant le basculement, le treuil de soulèvement s’arrête, que les écrous se déplacent vers les disjoncteurs.
- La gouttière est actionnée par deux treuils, qui peuvent être embrayés à tour de rôle avec l’arbre du moteur. Cet embrayage est effectué à la main. L’un de ces treuils est destiné au soulèvement et à l’abaissement de la gouttière, l’autre à modifier son inclinaison.
- La disposition schématique des câbles des deux treuils est donnée par les
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS. 171
- figures 26 à 28. Ces treuils portent quatre câbles, qui s’enroulent d’abord autour de quatre poulies placées l’une à côté de l’autre sur un support à axe incliné (fig. 29 et 30) et ensuite autour de deux paires de poulies placées l’une au-dessous de l’autre sur le montant (fig. 31 et 32) pour arriver au sommet du treillis. De là, les câbles sont conduits par des poulies vers le côté le plus rapproché de l’eau (fig. 33 et 34). Le soulèvement et l’abaissement de la gouttière se font à la vitesse de 65 millimètres, et l’inclinaison de son extrémité d’avant à 100 millimètres par seconde. Le rapport de transmission devenant, dans ce cas, considérable, on a intercalé entre le moteur et le treuil un engrenage hélicoïdal (fig. 34 à 37). Le moteur développe une puissance de 17 chevaux et actionne une vis sans fin qui fait 700 tours par minute. Sur l’arbre qui porte la roue hélicoïdale, on a placé deux embrayages à mâchoires, pour commander les deux treuils. Chacun d’eux est muni d’un frein qui peut être
- i
- Fig. 54 et 55. — Rotation de la colonne, figure 42.'
- desserré au moyen d’un moteur. On n’a pas prévu de dispositif pour limiter la course, les vitesses de ces treuils étant faibles. De chaque côté de la gouttière, on a disposé des pieds-de-biche qui s’insèrent dans les crémaillères des montants d’avant du treillis; de la sorte, on peut décharger les câbles de soulèvement. Les pieds-de-biche sont engagés et dégagés à la main. Le commutateur placé dans la cabine du mécanicien est à ruban horizontal, mais il est actionné au moyen d’un volant à la main porté par un arbre vertical. Le schéma de ce commutateur est indiqué par la figure 38. Le moteur est excité en série. Le poids de la gouttière suffit toujours pour mettre les treuils en action dès que les freins sont desserrés ; par suite, il n’est pas nécessaire de faire usage du courant pour le démarrage.
- La grue auxiliaire est destinée à décharger dans le navire vide un cône de charbon afin que le charbon qui tombe de la gouttière ne soit pas écrasé. Elle est fixée sur le treillis au moyen d’une colonne pivotante (fig. 40 et 41) ; la volée peut varier de 3m,5 à 7m,5, l’inclinaison de la flèche étant modifiée par le câble qui s’enroule autour
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- d’un tambour actionné à la main au moyen d’un mécanisme à manivelle. La charge est soulevée et abaissée avec une vitesse de 0m,6 par seconde. Le câble, qui vient du treuil (fig. 47) placé dans le bâtiment des machines, s’enroule autour des poulies fixées sur le treillis (fig. 51) et arrive à la grue. Le treuil est muni d’un moteur spécial pour le desserrage des freins, mais il ne comporte pas de dispositif pour limiter automatiquement la course; ce moteur fait 630 tours par minute et développe une puissance de 18 chevaux. La colonne de la grue tourne sur des billes (fig. 54). Le commutateur est semblable à celui du treuil de la gouttière.
- Le schéma du tableau (fig. 56) est semblable à celui des commutateurs des treuils de soulèvement et de basculement, à la différence, qu’entre la position d’arrêt et la position de soulèvement, on a intercalé une position correspondant au frein qui sert à arrêter le crochet vide qui se lève, puisque le frein à cliquet n’agit pas dans le sens du soulèvement. Le moteur est bien accessible dans la cabine du mécanicien ; il fait
- Fig. 56. Fig. 57.
- 1000 tours par minute et développeune puissance de 4 chevaux. Le commutateur est semblable à celui du treuil de soulèvement, le volant à main est calé sur un arbre vertical, de sorte que son pivotement coïncide avec le mouvement de la flèche de la grue. Son schéma est indiqué par la figure 57. Pour pouvoir inspecter aisément les nombreuses poulies à l’intérieur du treillis, onl’amuni de galeries et d’échelles.
- La Ptate-forme mobile (fig. 58) est guidée par des galets le long du treillis. De chaque côté, elle est munie de poutres en A, qui sont reliées en haut par une transversale. Du côté de l’eau, on a disposé, à droite et à gauche, une plate-forme du haut de laquelle on peut suivre le mouvement du contenu du wagon pendant le basculement, et d’où l’on peut, en cas de nécessité, régler la chute du charbon au moyen de longues perches. Dans la plate-forme mobile on a logé la 'plate-forme basculante (fig. 59 et 60) assez large pour que des rails puissent être placés sur ses deux poutres principales. Du côté du bassin, elle repose sur des chaises (fig. 61 à 63) autour desquelles la plate-forme peut basculer. La poutre transversale d’arrière est prolongée, de façon que sa longueur soit égale à la largeur de la plate-forme mobile, et elle est munie, aux deux extrémités, de tourillons sur lesquels agissent les câbles du treuil de basculement. La plate-forme basculante, lorsqu’elle n’a pas été basculée, se pose sur les poutres transversales de la plate-forme mobile (fig. 59). Les rails, sur la plateforme basculante, sont surélevés de 120 millimètres du côté du bassin. De la sorte, le wagon, lorsqu’il roule sur la plate-forme, est arrêté. Pendant qu’il dépasse un peu
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS.
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- l’entaille de sa position d’arrêt, les verrous a (fig. 64 et 65) sont poussés sur les rails et empêchent le wagon de rouler en arrière ; en même temps, et par un mouvement connexe les deux verrous l sont retirés, et la plate-forme est ainsi empêchée de se soulever lorsqu’elle est vide. Pour plus de sûreté, on fait passer par le crochet de raction d’arrière du wagon une forte chaîne amarrée sur la traverse arrière de la
- plate-forme basculante; cette chaîne permet au wagon de se déplacer jusqu’à sa position extrême vers l’avant, mais l’empêche de retourner en arrière. Lors du basculement, le wagon roule immédiatement vers l’avant et renverse par son poids deux crochets (fig. 66 et 67) qui maintiennent l’essieu d’avant.
- Le poids de la plate-forme mobile est équilibré par des contrepoids qui se meuvent dans des puits du treillis métallique (figures 68 et 69). La plate-forme basculante est également équilibrée par des contrepoids.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- En cas de rupture d’un câble, on a prévu un parachute (fig. 70 à 73) disposé de façon que la plate-forme mobile ne puisse pas occuper une position oblique et détériorer le treillis. A cet effet, cette plate-forme n’est pas suspendue à deux câbles séparés, mais à un seul brin de câble fermé (fig. 4 à 6). Sur les guidages des montants du treillis, on a fixé, de chaque côté de la plate-forme, des crémaillères lourdes A, en acier moulé, dans lesquelles engrènent des pignons Z, en fonte, placés dans la carcasse de la
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- Fig. 59 et 60. — Plate-forme basculante.
- plate-forme à une hauteur telle qu’ils ne restreignent pas l’espace libre. Ces pignons ç mettent chacun en mouvement, par une transmission à engrenages, un disque de frein a, de lm,40 de diamètre. Par l’action des ressorts sur le levier du frein b, celui-ci est serré. Le brin de câble a, par contre, tendance à desserrer le frein; en effet, la poulie à gorge c, qui peut osciller autour du point fixe i, maintient le levier du frein dans la position où il est desserré, et agit par la tension du câble et les leviers e g d. Lorsqu’un câble se rompt, la tension du ressort agit et le ruban du frein est tendu. Le ruban détendu du frein est dégagé du disque par des contrepoids h.
- La gouttière qui, du côté du bassin, bat le gravier jusqu’en son milieu (fig. 74à 78) a une longueur de 7m,560, et sa largeur est, à l’extrémité supérieure, de 3m,605 et à l’extrémité inférieure de lm,990. Au sommet, on a fixé une rallonge qui se déplace sur des galets le long des poutres inférieures de la gouttière et peut être rabattue ou relevée au moyen d’un volant à main et d’une vis et roue hélicoïdale. Cette rallonge sert, lorsque les navires sont très larges, à décharger du charbon dans les soutes qui se trouvent éloignées du mur de quai; les ouvertures des soutes sont alors surmontées
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARRONS.
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- de trémies. La gouttière est articulée à un armature portée par une poutre spéciale qui peut se déplacer sur le montant du treillis, et sur laquelle est fixé le brin de câble du treuil de la gouttière servant au soulèvement et à rabaissement de celle-ci. Le cliquet destiné à décharger le treuil de la gouttière est indiqué sur la figure 77.-
- Quant à la manière dont l’installation est desservie, les figures 79 à 81 indiquent la répartition, sur les deux étages de la cabine du mécanicien, des leviers de manœuvre et autres dispositifs servant à régler les mouvements. Dans l’étage supérieur, on a placé les deux commutateurs des treuils de soulèvement et de basculement, ainsi que le commutateur du treuil de la gouttière. Les résistances appartenant aux deux pre-
- !! 1! O
- miers commutateurs, ainsi que les commutateurs, rarement employés, de la grue auxiliaire, ont été logées dans l’étage inférieur ; dans un coin de l’étage supérieur, on a placé le moteur du treuil de pivotement de la grue. Les commutateurs des treuils de soulèvement et de basculement sont placés sur le plancher en arrière du mécanicien; ils sont manœuvrés chacun par un levier placé dans un support en fonte et relié par une tige avec la couronne dentée de démarrage de la boîte du commutateur. Le mécanicien se tient entre les deux leviers et dessert : avec la main droite, le treuil de soulèvement (levier a), avec la main gauche le treuil de basculement (levier b); lorsque le levier a est déplacé vers l’avant, le soulèvement est opéré, lorsqu’il est déplacé vers l’arrière la charge est abaissée. Le volant à main du commutateur qui dessert le treuil de la gouttière est placé à gauche, à une certaine distance du point où se tient le mécanicien. Les leviers de commande sont disposés de façon que chacun d’eux soit maintenu dans sa position moyenne dès que l’autre s’écarte de la sienne, de sorte que le soulèvement et Je basculement ne puissent pas s’interposer.
- Dans les deux étages de la cabine, on a placé des tableaux de distribution avec les
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- appareils de mesure nécessaires pour chaque moteur ; un disjoncteur instantané
- Fig. 64 à 69. — Verrouillage du wagon sur la plate-forme basculante et contrepoids.
- bipolaire, placé dans l’étage supérieur, est destiné à servir de commutateur de détresse pour les deux grands moteurs De plus, on a prévu, dans le bâtiment des ma-
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS
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- Fig. 70 à 73. — Parachute de la plate-forme mobile.
- Tome 101. — 1er semestre,
- Juillet 1901
- 12
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- NOTES DE MÉCANIQUE... — JUILLET 1901
- Fig. 74 à 78. — Gouttière.
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- GRUES ÉLECTRIQUES ROUR LA MANUTENTION DES CHARBONS. 179
- chines, un commutateur principal; on y a également placé les bouchons fusibles
- Fig. 79 à 82.
- G, étage supérieur ; H, étage inférieur; A, levée et descente de la gouttière ; Manœuvres B, plate-forme basculante ; C, plate-forme mobile ; E et F, pivotement et levée de la grue auxiliaire; P, contrepoids; M, treuil de levée; N, grue; O, bascule; L, gouttière.
- entre l’installation qui nous occupe et le réseau de distribution de la ville. Tous les
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1901.
- conducteurs sont en câbles à revêtement de plomb asphalté et entourés de rubans de fer. La figure 82 donne le schéma du distributeur de toute l’installation.
- Outre le mécanicien qui se tient dans la cabine supérieure, deux hommes sont encore nécessaires pour desservir l’installation : ils se placent aux plates-formes supérieures du côté du bassin.
- Appareils accessoires.
- 1° Cabestan.— Pour amener les wagons, on se sert d’un cabestan électrique, placé en avant du treillis, et qui, à la vitesse de lm,2 par seconde, développe un effort de
- Fig. 83 à 85.— Cabestan électrique
- 1,5 tonne (flg. 82 à 85). Ce cabestan est muni d’un frein puissant. Il est actionné par un moteur pour tramways excité en dérivation, de 30 chevaux, et fait 600 tours par
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- GRUES ÉLECTRIQUES POUR LA MANUTENTION DES CHARBONS.
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- minute. On a pris des précautions pour que le moteur ne puisse jamais être surchargé. Pour faire démarrer le cabestan, on pousse la pédale qu’on voit à droite de la figure 83.
- 2° Butées pour le navire. — De chaque côté du treillis, on a disposé, à lm,5 au-des-
- Fig. 86 à 88.
- 130 \jee.
- Fig. 89.
- sous du plancher, des butées (fig. 86 à _88) qui se déplacent à angle droit par rapport aux murs de quai et qui portent à leurs extrémités des galets.
- Vitesse des manœuvres et consommation du courant.
- Le diagramme (fig. 89) indique les différentes manœuvres. Les aires I à Y correspondent respectivement :
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------
- I au soulèvement de la plate-forme mobile ;
- II au soulèvement de la plate-forme basculante jusqu’à ce que le wagon s’engage dans leur crochet d’arrêt;
- III au basculement de la plate-forme basculante ;
- IV à l’abaissement de la plate-forme basculante ;
- V à l’abaissement de la plate-forme mobile.
- Les traits pleins sont relatifs à la consommation du courant, les traits discontinus à la vitesse. Les manœuvres IV et V s’effectuent généralement sans dépense de courant du réseau urbain ; pour IV, on a de temps à autre besoin d’un peu de courant pour aider le poids de la plate-forme basculante, ce poids ne suffisant pas toujours, avec le wagon vide, à vaincre la résistance au démarrage.
- La partie électrique de l’installation a été construite par MM. Siemens et Halske, de Berlin.
- SUR UN NOUVEAU JOINT A ANGLE VARIABLE, par M. G. KœnigS (1).
- Il y a quelque temps, le joint de Cardan a été, ici même, l’objet de plusieurs communications. Cela m’a porté à penser que l’Académie voudrait bien accorder quelque intérêt à un joint à angle variable que j’ai imaginé et dont j’ai l’honneur de placer sous ses yeux un exemplaire construit dans le Laboratoire de mécanique de la Faculté des sciences.
- L’inconvénient du joint de Cardan, c’est l’irrégularité avec laquelle il transmet la rotation d’un arbre à l’autre. On a cherché des joints possédant la propriété de transmettre intégralement la rotation. Deux ont été proposés. L’un est le joint Clémens, qui figura à l’Exposition de Philadelphie, l’autre est le manchon Goubert. Ce qui distingue ce dernier joint, c’est le dispositif qui permet de faire varier l’angle formé par les deux arbres, sans que la transmission intégrale da la rotation cesse de se produire au cours même de cette variation continue.
- Le joint que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie possède la même propriété caractéristique, en sorte qu’il ne faut pas voir dans cet appareil uniquement la possibilité de transmettre intégralement la rotation d’un arbre à l’autre, mais encore, et j’insiste sur ce point, la possibilité de faire varier continûment et indépendamment l’angle que ces arbres forment entre eux. Le dispositif est à deux paramètres.
- Il est fondé sur le principe suivant :
- i Imaginons deux arbres, A et A', dont les axes géométriques Oæ et Ox, concourent en un point O. Les coussinets dans lesquels s’engage l’arbre A sont solidaires d’un bâti B, et les coussinets où s’engage A' sont solidaires d’un bâti B'. Les bâtis B et B' s’articulent suivant une charnière U, dont l’axe géométrique passe au point O et y coupe à l’angle droit les axes Ox et Ox1. Dans ces conditions, il suffira de faire jouer la charnière U pour faire varier l’angle que forment entre eux les axes Ox et Oæ'.
- 11 s’agit maintenant de relier entre eux les arbres A et A' par un dispositif qui les rende solidaires au point qu’ils tournent dans leurs coussinets avec la même vitesse angulaire, quel que soit l’angle des axes Ox et Ox'. En outre, ce dispositif devra permetlre le jeu libre de la charnière U.
- Pour cela, ouvrons la charnière U de manière que Oa? et Ox1 viennent dans le prolongement l’un de l’autre, position spéciale que j’appelle P°. Concevons alors que deux corps C et C' aient été calés sur les arbres A. et A' respectivement, puis, dans cette position particulière Po, traversons l’ensemble des corps C et C' par un cylindre de révolution qui forme verrou avec chacun de ces corps, et dont l’axe géométrique soit parallèle à la droite xox', mais sans
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 15 juillet 1901, p. 139.
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- SUR UN NOUVEAU JOINT A ANGLE VARIABLE.
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- se confondre avec elle et même en étant éloignée à une distance convenable. Considérons le plan II normal en 0 à la droite xox' et appelons Oi le point où il coupe l’axe du cylindre. Le plan II coupe en deux le cylindre : une première partie D s’engage dans le corps C,la seconde partie s’engage dans le corps C'; nous l’appelons D'. Articulons entre elles ces deux parties D et D', au point Oi, au moyen d’une charnière W dont l’axe géométrique soit parallèle à celui de la charnière- U. Dans ces conditions, il est clair que, si l’on essaie de faire jouer la charnière U, la charnière W jouera aussi, grâce au glissement des cylindres D et D' dans les corps C et C' respectivement. Nous pourrons ainsi placer les axes ox et ox' sous un angle relatif quelconque 0,-
- Concevons maintenant que l’on fasse tourner sur lui-même l’arbre A; les axes géométriques des cylindres D et D', à savoir Oiy et (Ry', restent respectivement parallèles aux axes ox et ox' des arbres A et A' et s’élèvent ou s’abaissent ensemble de la même quantité que le point Oi par rapport au plan xox'. Il en résulte, puisque les axes Oiy et Oiy1 sont aux mêmes distances des axes ox et ox' respectivement, que les arbres A et A' tournent ensemble de la même quantité.
- Pour assurer la régularité du guidage, au lieu d’un seul couple de cylindres articulés D et D', on peut en introduire plusieurs. Le modèle présenté à l’Académie met en jeu quatre cylindres symétriquement disposés.
- Ce dispositif offre une particularité très singulière. La position Po constitue pour lui une position de bifurcation.
- Alors en effet que, dans toute autre position, le mécanisme fonctionne à deux paramètres, dans la position P0 certains déplacements deviennent possibles qui amènent le mécanisme à prendre une autre série de déformations très ditférenles des premières.
- Pour en rendre compte, prenons le mécanisme dans la position Po et imprimons à un couple de cylindres D, D', soit un glissement suivant son axe, soit une rotation autour de cet axe, soit les deux en même temps, de façon que le point CL sorte du plan de symétrie de l’appareil, ou que l’axe de la charnière W cesse d’être parallèle à l’axe de la charnière U. Alors, si l’on essaie de faire jouer la charnière U, on constate qu’elle est verrouillée et que l’angle appelé 0 demeure égal à 180°. Les arbres A et A' sont assemblés et n’en forment plus qu’un. En revanche, les deux cylindres D, D', qui sont également assemblés, peuvent prendre un mouvement de verrou qui est, comme on sait, à deux paramètres. Si donc le nombre des couples de cylindres employés est égal à j, le nouveau mécanisme contient (2 j + 1) paramètres indépendants. Ce nouveau dispositif n’est plus propre évidemment au même objet que le précédent, mais on pourrait instituer sur son principe un verrouillage de sûreté à clefs multiples.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JUILLET 1901
- De la Smithsonian Institution. Annual Reports, 1899, 2 vol. in-8, 600 p., et Bureau of American Ethnology annual Reports, 1895-1897, 2 vol. in-4, 500 p. Washington Government Printing office.
- Les Carbures d’hydrogène. Recherches expérimentales, par M. Berthelot, 3 vol. in-8, 500 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Monographie de l’horticulture en Hongrie, par le Dr Ch. Schebersky,in-4, 64 p. 47 pl.
- De la collection Scientia. La série de Taylor et son prolongement analytique, par M. Hadamard, et Production et emploi des courants alternatifs, par M. L. Barbillon. Paris, Naud.
- Les télégraphes sans fil à travers les âges, par M. E. Piérard, brochure in-8, 31 p. Paris, Dunod.
- Vereins. Deutscher Ingenieure. Réunion de Kiel. Album, in-8, 231 p.
- Du ministère du Commerce. Statistique des grèves en 1900. Législation ouvrière et sociale en Australie et Nouvelle-Zélande, Mission B. Méton. Répartition des forces motrices à vapeur et hydrauliques en 1899.Publication de l’Office du travail, Imprimerie nationale.
- De l’Encyclopedie Lcauté. Galvanoplastie et Galvanostégie, par M. A. Minet. Expertises et arbitrages, par M. F. Rigaud.
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- LITTERATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Ou 15 Juin au 15 Juillet 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. ÇN. . . . Chimical News (London).
- Cs.......Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- &P... . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E........Engineering.
- E’.......The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.......Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- . Engineering Magazine.
- . Engineers and Shipbuilders in Scotland (Proceedings).
- . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- Je........Industrie électrique.
- lui ... . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB. . . . Institution of Brewing (Journal). I>a . . . .La Locomotion automobile.
- En . . . .La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.........Nature (anglais).
- Pc........Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. desmachines.
- Rcp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- ScP. . . . Société chimique de Paris (Bull.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, de statistique et de légis-
- lation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- TJSR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZOl. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekt-en-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1901.
- AGRICULTURE
- Betteraves (la) (Greswind). RCp. 30 Juin, 370; 14 Juillet, 383.
- — Semis en paquets (Ringelmann). Ap. 27 Juin, 818.
- Bétail. Caisses de prévoyance pour sa mortalité. Ap. 20 Juin, 790.
- — (hygiène du). Ap. 4 Juillet, 19.
- Blé (magasin à). JNA. Mai, 439.
- Champ d’Expériences du parc des Princes. Culture de 1901 (Grandeau). Ap. 11 Juillet, 37..
- Cheval de trait belge. Ap. 5 Juillet, 14.
- Cidre (le). SNA. Mai, 426, 469.
- Culture maraîchère aux environs de Paris. Bilan d’une exploitation (Grandeau). Ap. 4 Juillet, 10.
- Engrais. Fumure verte. Culture des lupins. Ap. 20 Juin, 186.
- — Débuts de la germination, évolution du
- soufre et du phosphore (André). CR 24 Juin, 1577.
- Faucheuse automobile. Decring. E. 20 Juin, 800. Gruyère (fabrication du). Ap. 4 Juillet, 12. Grêle. Canons paragrêle. Ag. 13 Juillet, 36. Huile d’olives. Fabrication à la ferme. Ap. 20 Juin, 791.
- Insectes (destruction des). Ag. 22 Juin, 989. Machines agricoles des concours de Posen.
- VDI. 13 Juillet, 993.
- Pin Sylvestre (le). SNA. Mai, 411.
- Poules (petites). Ap. 4 Juillet, 16.
- Semoir à rayons Le Gaulois. Ag. 6 Juillet, 22. Vigne. Champs d’expériences de la Société de viticulture de Meaux. SNA. Mai, 377.
- CHEMINS DE FER
- Accidents aux États-Unis. Rgc. Juin, 617. Attelage Westinghouse. RM. Juin, 692.
- — Geogeghan. E. Ï2 Juillet, 49.
- Chemins de fer métropolitain de Vienne.
- Rgc. Juin, 569.
- — métropolitain de New York. VDI.
- 22 Juin, 865, 907.
- — Kharkow-Nikolaieff. transport des blés
- Rgc. Juin, 600.
- — Toul à Pont-Saint-Vincent. Rgc. Juin, 521.
- Chemins de fer. Économiques belges. Rgc. Juin, 614.
- — de l’Uganda. EM. Juillet, 548.
- — électriques (les) (Carde). SA. 12 Juillet,
- 641; Monorail Langen. EE. 13 Juillet, 41. _
- — — Issy-Moulineaux. Gc. 6 Juillet, 149. Chariot transbordeur électrique. PLM. Rgc.
- Juin, 555.
- Fenêtre de wagons Ranscher. Rt. 25 Juin, 273. Locomotives italiennes à l’Exposition. Rgc. Juin, 562.
- — américaines en Angleterre. E'. 12 Juil-
- let, 40.
- — Compound Worsdell. E. 5 Juillet, 13.
- — Express South-Eastern and Chatliam.
- E. 20 Juin, 802.
- — — du North-Eastern. Rg. Gc. 22 Juin,
- 121.
- — — Chicago - Rock - Island- Delaware-
- Lakanawa. RM. Juin, 688.
- — A 6 roues couplées Wisconsin Central.
- ld. , 691.
- — A 6 roues couplées, Père Marquette. Rr.
- ' RM. Juin, 690.
- — (combustion dans les). E'. 21 Juin, 647. — Foyers Vanderbilt. RM. Juin, 692.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles électriques. Electricia Contai.
- le. 25 Juin, 271.
- — à pétrole (le carburateur) (Lavergne).
- La. 20 Juin, 386.
- — — Lorry pour transport des dépêches.
- Ri. 6 Juillet, 263.
- — — tracteur Jouffret et Bony. RM. Juin,
- 693.
- — — pétro-électriques (accumulateurs
- pour). Jm. 20 Juin, 394.
- — à alcool. Gc. 29 Juin, 140.
- Tramways électriques à Londres. E. 12 Juillet, 55; E1. 12 (ld.), 42; Frein de la British Electric. E. 12 Jidllet, 61.
- — à câbles d’Edimbourg. E’. 12 Juillet, 27.
- — à air comprimé. Omnibus de Paris. Gc.
- 13 Juillet, 169.
- Vélocipèdes. Frein Hitchcock. RM. Juin, 697.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Derniers progrès. Rt. 25 Juin, 277; Bp. 13 Juillet, 450.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1901.
- 487
- Acétylène. Radicaux acétylo-métalliques (Berthelot). CR. 24 Juin, 1525.
- Acétals (recherches sur les). (Delépine). ACP. Juillet, 378.
- Alcool (industrie de F) à l’Exposition (De la Goux). Gc. 22 Juin, 123.
- Aluminate de magnésium (Dufan). ScP. 5 Juillet, 669.
- Acides chlorhydrique et nitrique pur:préparation (Meade). CN. 28 Juin, 106.
- — azotique. Fabrication (Volney). Cs.
- 29 Juin, 544.
- Aldéhyde formique. Produit de la combustion incomplète des composés organiques. (Mulliken et French). CIV. 12 Juillet, 15.
- Brome. Extraction (Betts). Eam. 22 Juin, 783. Benzols. Examen. Cs. 29 Juin, 567.
- Brasserie. Divers. Cs. 29 Juin, 597.
- — La zymase. Id., 598.
- — Bières arsénicales. Id., 644.
- Carbone. Action des hautes pressions (Ma-
- jorna). RCp. 16 juin 340.
- Carbure de calcium pouvoir réducteur. Cs. 29 Juin, 582.
- — Application à la chimie industrielle. Rcp. 14 Juillet, 412.
- Cellulose. Solutions sulfétiques résiduelles (Seidel). Ms. Juillet, 451.
- — Développement de l’industrie du bois. Id., 456.
- Chrome électrolytique, azoture, oxyde. CrO.
- (Ferée). JcP. 20 Juin, 617-620. Chlorure d'argent (action des radiations solaires sur le), en présence de l’hydrogène (Journaux). CR. 24 Juin, 15-58. Constantes capillaires des liquides organiques (Gruge et Baud). CR. 17 Juin, 1481. Chaux et Ciments (essais des). Cs. 29 Juin, 539,
- — — Divers. Cs. 29 Juin, 580.
- Chlore (oxydes de). (Reychler). ScP. 5 Juillet, 659.
- Diffusion (travaux récents sur la). N. 20 Juin, 193.
- Eau oxygénée commerciale (Arth). Ms. Juillet, 435.
- Eaux potables. Recherches et dosage des azotates (Cazeneuve et Défournil). ScP. 20 Juin, 639.
- Égouts. Épurations des eaux (Rouchy). Pc. 15 Juillet, 62.
- Équilibres chimiques. Réactions de deux bases mises simultanément en présence de l’acide phosphorique (Berthelot). CR. 24 Juin, 1517.
- — Formation des phosphates insolubles
- par double décomposition, phosphate de soude bibasique et azotate d’argent (Berthelot). CR. 17 Juin, 1449 ; 1er Juillet, 5.
- Essence divers. Cs. 29 Juin, 603.
- — de bergamote. État actuel (Theulier).
- Rcx>. 30 Juin, 361.
- Explosifs. Nitrocelluloses (stabilité des). Cs. 29 Juin, 609.
- Fermentation. Nouveau milieu pour anaérobies (Martelly). Ms. Juillet, 437. Hydrogène liquide, point d’ébullition (Dewar)# AcP. Juillet, 417.
- Lithium (combinaison des sels haloïdes de) avec l’ammoniac et les amines. ACP. Juillet, 317.
- Gaz tf éclairage. Becs incandescents. Fuerster-heim. Cs. 29 Juin, 565.
- Laboratoire. Divers. Cs. 20 Juin, 618.
- — Aciéries (analyse dans les) (Bibliogra-
- phie) (Brearley). Phosphore. CN. 21 Juin, 289.
- — Acidimétrie de l’acide arsénique (Astruc
- et Tarbouriech), CR. 1er Juillet, 36.
- — dosage du calcium dans le ferro-sili-
- cium. Cs. 29 Juin, 539.
- — — du manganèse dans le ferro-man-
- ganèse et l’acier au nickel. (Norris). Cs. 29 Juin, 551.
- — vanadium, détermination des traces en
- scories. Cs. 29 Juin, 620.
- — Essais au chalumeau (Richards). CN. 12 Juillet, 13.
- Mercure. Action de l’oxyde mercurique sur les solutions aqueuses des sels métalliques (Maithe). CR. 24 Juin, 1560.
- — et sa production. Cs. 29 Juin, 584. Niobium. Préparation de la fonte de (Moissan).
- CR. 1er Juillet, 20.
- Or. Point de fusion (Holborn et Day). CN. 28 Juin, 304.
- Oxycelluloses (les). Cs. 29 Juin, 575.
- Papier. (Fabricationmécanique du). Em. Juillet, 518.
- — A l’Exposition. Vds, 6 Juillet 956.
- — Les piles (Haussner). Dp. 13 Juillet, 437.
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- 188
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1901.
- Photographie, développement de l’image impressionnée par des rayons monochromatiques de longueurs d’onde différentes. (Abnez). RSL. 9 Juillet, 300.
- Poids atomiques (les). Phipson. CN. § Juillet, 2.
- Pétrole et Chimie des naphtènes. (Schell). Ms. Juillet, 440.
- — Utilisation des déchets des industries des huiles minérales. (Ulzer). Ms. Juillet, 451.
- Phosphore. Préparation de l’oxyde phosphoreux. (Besson). CR. 24 Juin, 1556.
- Réactions chimiques dans les systèmes dissous ou gazeux; Tension de vapeur. Hypothèse d’Avogadro (Ponsot). CR. 24 Juin, 1551.
- Sels basiques renfermant plusieurs oxydes métalliques (André). CR. 24 Juin, 1563.
- Sténochimie (25 ans de) (Walden). Ms. Juillet, 421.
- Soufre (Trioxyde de) Us. 29 Juin, 518.
- Sucrerie. Triple suturation au point de vue chimique. (Andrlick). Ms. Juillet, 457.
- — Mélasses et résidus analogues, id. 466.
- — Mesure du pouvoir rotatoire. Variation avec la température et la longueur d’onde. (Pellat). AcP. Juillet, 289.
- Tannage. Cuirs pour reliures. Rapport du Comité. SA. 5 Juillet, 621. — Au chrome. Cs. 29 Juin, 595. Divers, — Cs. Juin, 593.
- — Résines et vernis. Divers, Cs. Juin, 591.
- Teinture. Réserves sous rouge de paranitra-nilines (Richard). MC. Juillet, 161.
- — Industrie des matières colorantes. (Le-moult). Rs. 13 Juillet, 33.
- — Couleurs organiques artificielles : progrès de leur chimie (Buntrak). MC. Juillet, 163.
- — Indigo artificiel (Haller). MC. 1 Juillet,
- 165.
- — Synthèse de 1’ (Matthews). Cs. 29 Juin,
- 551.
- — Divers. Cs. 29 Juin, 568, 572.
- — Action de la température sur les tein-
- tures (Browes). Cs. 29 Juin, 574.
- Thallium. (Chlorobromures de) (Thomas). CR.
- 17 Juin 1487.
- Thermomètre. (Évolution du) (Bolton). Rs. 22 Juin, 784.
- Tungstène. Séparation des acides tungstique et silicique (Wells et Metzger). CN.
- 5 Juillet, 3.
- Verre. (Constitution du) Jackson. Cs. 29 Juin, 555.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Crise industrielle et financière. Ef.
- 6 Juillet, 5.
- Accidents du travail. Réfection de la loi. Ef. 29 Juin, 920.
- Chine. Vallée du Yang-Tsé-Kiang. Ef. 22 Juin, 877.
- Grèves des mécaniciens aux États-Unis. EM. Jitil-let, 586.
- Octrois. Suppression à Lyon. Ef. 22, 29 Juin, 873, 913.
- Retraites ouvrières en Belgique. Musée social. Juin. (Discussions delà loi des) Ef. 6 Juillet, 1,9.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Bois. (Ininflammabilité des). Ri. 22 Juin, 248.
- — Conservation Rutgers. IC. Mai, 689. Carreaux d’asphalte comprimé. Cim. Juin, 519.
- Ciment armé. (Ouvrages en.) (Resal). Rt. 10 Juin, 248. (Le Ciment). Juin, 86.
- Centres mécaniques employés en Bavière. Ac. Juillet, 98.
- Ponts de Manheim. (Concours des) VDI. 22 Juin, 883. En béton de las Segadas. Le Ciment, Juin, 81.
- Tunnels. Emploi du bouclier. Rt. 25 Juin, 267.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au plomb (théorie des) (Do-lezalek). EE. 29 Juin, 480.
- — Skwirsky. Placet. Collins. Porter. Mu-hle, Hewitt. Bœse. Ricks. EE. Juillet, 30-35.
- — Utilisation des anciennes plaques. Eli.
- 29 Juin, 403.
- — à oxyde de nickel. le. 25 Juin, 277.
- — Calcul d’une batterie pour un travail
- donné (Norden). EE. 6 Juillet, 36. Clapets électrolytiques. le. 10 Juillet, 300. Norden. Elé, 13 Juillet, 17.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1901.
- 189
- Distribution sur la Tyne. E. 22 Juin, 810.
- — par triphasés. EE. 29 Juin, 486. Dynamos de l’Electrotechnische Industrie.
- EE. Juin, 468.
- — 1000 lcw. Siemens et Halske. Exposi-
- tion de 1900. EE. 6 Juillet, 1. Rieter, (id.), 14.
- Alternateur Sauter-Harlé. EE. 22 Juin, 442. — Oerlikon. E. Juin, 833.
- — (Couplage des).‘Théorie graphique (Ha-
- nappe). Ru. Mai, 148.
- Moteurs asynchrones. Théorie graphique (Blondel). EE. 22 Juin, 429. (Couplage des) Grob. S., 447.
- — Triphasé Lahmayer pour pompes de mines. E. 3 Juillet, 10.
- — Interruption dans les moteurs shunts sans étincelles (Krause). EE. Juillet, 72.
- Éclairage. Lampe électrolyte. Rash. EE. Juin,488.
- — Machines à condensation dans les usines d’éclairage (Picois). ie. 28 Juin, 269.
- — Arcs à courant continu. Recherche du
- laboratoire central (Janet). SE. Juin, 281.
- — Incandescence. Lampe Raab. EE. Juin,
- 488. Hewitt', à vapeur de mercure. Clé. 13 Juillet, [21. Allumage pour lampe à corps de deuxième classe, id., 486.
- Électro-chimie. Divers. Cs. Juin, 389.
- — Théories modernes (Minet). Rap. 14 Juil-
- let, 397.
- — Fabrication des électrodes (Strauss).
- RCp. 16 Juin, 343.
- — Affinage du cuivre et de ses alliages.
- Elé. 22 Juin, 389.
- — Séparation du cobalt et du nickel par
- voie électrolytique (Balachowsky). CR. 17 Juin, 1492.
- — Procédé de graphitisation de l’Acheson
- C°. EE. 29 Juin, 499.
- — Câble Witzenham à couches alternati-
- vement conductrices et isolantes. EE. 29 Juin, 300.
- — Chrome électrolytique (Férié). ScP. 20
- Juin, 617.
- — Préparation électrolytique de l’acide
- permanganique (Elbs). EE. 29 Juin, 300.
- Magnétisme. Images magnétiques (Jaeger). EE. 22 Juin, 457.
- Mesures magnétiques par la méthode balistique. Elé. 22 Juin, 387; 6 Juillet, 2. — Transformateurs pour instruments de mesure Thomson-Houston. Elé. 22 Juin, 393.
- — Voltmètre statique pour très hautes tensions (Benischke), EE. 22 Juin, 464.
- — Compteurs à tarif variable (Goisot). EE. 6 Juillet, 27.
- — Ondographe Hospitalier. EE. 12 Juillet, 64. le. 10 Juillet, 295.
- — Redressement des ordonnées des enregistreurs. le. 10 Juillet, 299.
- Pertes diélectriques dans les condensateurs et câbles. Elé, 6 Juillet, 11.
- Résonance dans les circuits à courants continus (Armagnat). EE. 29 Juin, 465. Stations centrales Hagneck. VDI. 6 Juillet, 937.
- — (Pilotes etréglagede la tensiondansles).
- le. 10 Juillet, 293.
- Télégraphe. Mercadier, E. 28 Juin, 521.
- - Rowland. Elé. 13 Juillet, 23.
- — Multiple Baudot. EE. 12 Juillet, 75.
- HYDRAULIQUE
- Chutes d'eau pour la production de l’énergie électrique. (Utilisation) des. Pm. Juillet, 88.
- Pompes express Riedler. VDI. 29 Juin, 923.
- — Centrifuge d’Abbey Mills. RM. Juin, 699.
- — à double effet. Wilcox. E. 2 Juillet, 4. Puits artésiens en Australie. EL 21 Juin,'635. Robinet Draulletta. Gc. 22 Juin, 128 . Turbines. Station électrique de Hagneck.
- VDI. 6 Juillet, 937.
- Tuyauterie (Joints de) en Amérique. E'. 21 Juin, 637.
- MARINE, NAVIGATION
- Boussole. Nouvelle cause de déviation. Rmc. Juin, 1338.
- Canal de Dortmund-Ems. VDI, 6 Juillet, 947. Constructions navales. Résistance transversale des navires. E. 5 Juillet, 30.
- Dock flottant de Port-Mahon. E', 5 Juillet, 17. Êvaporateur condenseur. Blan et Baillie. Ri.
- 6 Juillet, 265.
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-
-
- 190
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -— JUILLET 1901.
- Gouvernail Alley et Mac Lellan. FJ. 21 Juin , 644.
- — Boothman. RM. Juin, 707.
- Machines marines du Cap Yerde. VDI.
- 29 Juin 1901.
- _ — Paquebot à turbines King Edward. E. 5 Juillet, 16.
- Marines de guerre. Défense des stations de charbon. E'. 21 Juin, 633.
- — .Naviresmarchands auxiliaires (Brassey).
- E. 28 Juin, 853.
- — Anglaise. E. 22 Juin, 807 ; 12 Juillet, 153.
- E'. 12 Juillet, 43; Rmc. Juin, 1257; 1344.
- — — Canonnière Teal. E. 28 Juin, 847 ;
- E. 28 Juin. 676.
- — — CroiseurLeviathan. E' 12 Juillet,Mj.
- — Allemande. Rmc. Juin, 1351.
- — États-Unis. Rmc. Juin, 1353.
- — Japon. Rmc. Juin, 1357.
- — Torpilleur à pétrole Yarrow. E. 20 Juin. 803.
- — Sous-marin. Type Holland. Rmc. Juin.
- 1323.
- Monte-canots Welin. E. 22 Juin. 815.
- Paquebot « Korea. » Ligne du Pacifique. E’. 5 Juillet, 12.
- Pas de Calais. Ancienne navigation. E1.28 Juin, 672.
- Porte de cloison hydraulique Stone. E. 12 Juillet, 48.
- Vitesse des navires. Limite économique (d’Eyn-court). E. 28 Juin, 854.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseurs Mac Lellan et Alley. E'. 21 Juin, 642; Walker. ld., 651; Pokorny et Wittekind. Stewart. RM. Juin, 714.
- Balances automatiques Christensen et Dewing. RM. Juin, 668.
- — Bascule Reisert. RM. Juin, 715. Chaudières.
- — à tubes d’eciu Okes et Serve E'. 21 Juin,
- 651; Penham. E. 5 Juillet, 27; Thor-nycroft, Montupet. Stirling, Worting-ton, Durr. Leclerc et Schmitbuhl. RM. Juin. 675.
- — — Babcox-Wilcox. E. 20 Juin, 798.
- — — Théorie de la circulation (Jannin).
- Bam. Juin, 511.
- Chaudières à la mer.E'. 20 Juin, 669; 12 Juillet, 41.
- — Clapet d’arrêt Richter. RM. Juin, 680. Pompe alimentaire Woodeson. E.
- 28 Juin, 827.
- — Réchauffeur Barrett. Ri. 22 Juin, 242. — Foyers Reboul, Houston. RM. Juin, 681 ; au pétrole Clarkson. E'. 12 Juillet, 47.
- — Grilles Tibbits. Hoffmann. RM. Juin, 683.
- Surchauffeurs Leclerc et Schmitbuhl. RM. Juin, 679; Sinclair, Durr, Lowell* Id. 684.
- — Soupapes de sûreté Lohbiller Stern.
- RM. Juin, 643.
- Câbles métalliques. Fabrication à Wakefield. E'.
- 12 Juillet, 35.
- Ensacheur Simon. Ri. 6 Juillet, 269.
- Froid. Machines Doane. Ri, 22 Juin, 241.
- — Essais de Cardiff. E. 28 Juin, 823. Graisseur. Shaeffer Budenberg. RM. Juin, 709. Imprimerie. La Monotype. La. 22 Juin, 56, Indicateur de vitesse différentiel Kilboy. E.
- 5 Juillet, 27.
- Levage. Manutention des charbons. Ef. 20 Juin, 875.
- — Ascenseur Otis. AMa. 22 Juin, 625 ;
- 13 Juillet, 714. Samain. RM. Juin, 709.
- — Pont roulant électrique Kolben. EE.
- 23 Juin, 452.
- — (Appareils de) à l’Exposition. VDI. Juin,
- 874.
- — Transbordeur Holsay. Ru. Juin, 712.
- — Treuils Grisson. Norris. RM. Juin, 711. Machines-outils. Ateliers Weir. E. 20 Juin,
- 795. William et Robinson. Ama. 22 Juin, 613. — de constructions navales (Outillage des). EM. Juillet, 525.
- — Répartition des frais d’ateliers. EM.
- Juillet, 508.
- — Exposition de Glasgow. E'. 28 Juin, 664.
- E. 12 Juillet, 46.
- — Bordeuse Davis. RM. Juin, 671.
- — Forgeage àl’étampe (Horner). E. 21 Juin,
- 791. 12 Juillet, 37.
- — Billes : polisseuses Shultr. RM. Juin, 699. — Boulons : machines à forger les Haskins.
- RM. Juin, 699.
- Forgeuse Rice. RM. Juin, 701.
- — Fraiseuses Reineker. Dp. 22 Juin, 395,
- 29 Juin, 411.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1901.
- 191
- Machines-outils. Dubosc. Ri. 6 Juillet, 261.
- ____ Coupe-tube Wathier. RM. Juin, 699.
- ____ Meule. Brown et Sharpe. AMa. 29 Juin,
- 659.
- ____ — Affûteuse Falkman. E. 12 Juillet,
- 45.
- — Machines à faire les douilles de porte-
- plumes. Merlet. In. 6 Juillet, 93.
- — Tour à revolver Herbert. E. 5 Juillet, 6. Moteurs à vapeur (Équilibrage des) Mac
- Alpine. E. 12 Juillet, 63.
- — à condensation dans les stations élec-
- triques (Picou). EE. 12 Juillet, 69.
- — Verticales simple effet. Ally et Mac-
- Lellan. E'. 21 Juin, 642. Restler. E. 28 Juin, 8l(j.
- — — Dunlop. RM. Juin, 710. Ruston-
- Proctor. E'.b Juillet, 3. Clarke-Chap-mann. E'. 12 Juillet, 31.
- — Économiseur Taylor. Gc. 13 Juillet, 180.
- — Condenseurs et pompes à air (Nadal).
- RM. Juin, 609.
- — — Snyder. Thompson. RM. Juin, 720.
- — Distribution à soupapes Robey.E.28 Juin,
- 833.
- — — Déclics Street et Robinson. RM. Juin,
- 666.
- — — Iskolski Hudson. RM. Juin, 723.
- — Régulateurs Davidson et Wilson. RM.
- Juin, 723. Conti, Frickard. Id. 724; volants (Stead). VDI. 13 Juillet, 981.
- — — Stuffing-box Texier, Reynolds, Sex-
- ton. RM. Juin, 726.
- — Turbine Hodgkinson. RM. Juin, 720.
- — à ammoniac Windhausen. RM. Juin,
- 727.
- — à, gaz Rollason. Hamilton. RM. Juin,
- 730.
- — — allumage Hamilton, Gaus, Porter.
- RM. 29 Juin, 731; magnéto Holzer-Cabot. Élé. 28 Juin, 401.
- — — de hauts fourneaux E'. 5-12 Juillet,
- (Dutreux). Gc. 22 Juin, 117, 133, 6-13 Juillet, 158, 185; (Greiner). RM. Mai, 139.
- — — Épuration des gaz (Deschamps).
- RM. Juin, 622.
- — — Régulateur de circulation d’eau
- Pradel. Bam. Juin, 635.
- — à, pétrole à l’Exposition RM. 13 Juillet,
- 988. Concours de Cardiff. E. 22 Juin, 807, 829. Paragon. Ri. 29 Juin, 253. |
- Mac-Mahon. Électric Vehicle C°,Comp. française. RM. Juin, 733, 735. Moteurs à alcool. Expériences de Hohenheim. Ap. 27 Juin, 817.
- Sécurité (Appareils de) à l’Exposition (Schmer-ber). Gc. 29 Juin, 138, 6-13 Juillet, 164,177.
- Ventilateur Sirocco. Er. 21 Juin, 650.
- MÉTALLURGIE
- Cuivre, progrès de sa métallurgie (Schnabelt). Pm. Juillet, 102.
- Fer et acier. Aciéries du Cap-Breton. EM. Juillet, 871.
- — Sidérurgie dans l’Oural méridional (Gouvy). IC. Mai, 714.
- — Sous-produits de la fabrication du fer. Eam. 28 Juin, 782.
- — Chariot électrique pour poche de coulée. Gc. 22 Janvier, 129.
- — Haut fourneau à enveloppe d’eau Sahlin. E. 12 Juin, 66.
- — Fonderie de tuyaux aux États-Unis. E'.
- 28 Juin, 659.
- — Fours continus (les). Dp. 13 Juillet,
- 444.
- — Laminage des rails, tôles (Pasquier).
- Ru. Mai, 121.
- Or. (Métallurgie de F). Rt. 10 Juin, 257.
- Plomb. Progrès de la métallurgie (Schnabel). Pm. Juillet, 107.
- MINES
- Bitume. Dépôts de Cardenas (Cuba). American Journal of sciences, Juillet, 33.
- Cables plats en aloès pour extraction à grandes profondeurs (Vertougeu). Ru. Mai, 151.
- Dépouilleuses Jeffrey. Ri, 29 Juin, 254.
- Électricité. Transport d’énergie aux ardoisières de l’Anjou. Éle. 13 Juillet, 18.
- — (Emploi de F) haveuses et perforatrices. Préparation mécanique des minerais et des charbons. Im. XV.
- États-Unis. Production minérale en 1900. Eam. 29 Juin, 826.
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-
-
-
- 192
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1901.
- Grisou et explosifs de sûreté (Chalon). Rt. 10 Juin, 259.
- — Causes des explosions. Er. 5 Juillet, 13. Manganèse. Dépôts de Quélin, États-Unis. American Journal of sciences. Juillet, 18, Mercure. Mines de Brewster, Texas. Eam. 15 Juin, 749.
- Or. Région de Golovine Bay, Alaska. Eam. 15 Juin, 751.
- — Draguage à Nome. Eam. 22 Juin, 785 ; en Californie. Id. 29 Juin, 823.
- Russie du Sud. Mines et usines métallurgiques en 1900 (Spilberg). RM. Mai, 206. Sondeuse Calix. RM. Juin, 719.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
-
- 100e ANNÉE.
- AOUT 1901.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ Rapport fait par M. Daubrée, au nom de la Commission des fonds,
- SUR LES COMPTES DE LEXERCICE 1900
- Messieurs,
- Conformément à l’article 31 de nos Statuts, j’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des fonds, le résumé des comptes de l’exercice 1900.
- lre PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR DÉBIT
- 1° Cotisations des mem- 1° Prix, médailles et ré-
- bres de la Société (681 cotisa- compenses diverses 13 052,15
- tions à 36 francs) 24 516 » 2° Bulletin : frais de ré-
- 2° Dons divers 4 987 » daction, d’impression et d’ex-
- 3° Abonnement au But- pédition 37 208,62
- letin de la Société 3 852 » 3° Impressions diverses :
- 4° Produit de la vente au Annuaire, Comptes rendus. . 4 402,45
- numéro du Bulletin de la So- 4° Bibliothèque : traite-
- ciété 1 109,35 ments des agents, acquisi-
- 5° Locations diverses. . 11 454,35 tions, abonnements,reliures,
- 6° Arrérages de rentes : fiches 8 208, 85
- 3 p. 100. ... 59 976 » 31/2 p. 100. . . 1 351 » j fil 327 » 5° Agence et Économat : traitements des agents et
- 7° Intérêts de fonds en employés, frais divers. . . 16 907,96
- dépôt 0, 70 6° Jetons de présence. . 4 170 '»
- A reporter. . . 107 246,40 A reporter. . . 83 950,03
- Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901. 13
- p.193 - vue 191/856
-
-
-
- 194
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 4 901.
- AVOIR DÉBIT
- Report........... 107 246,40 Report............ 83 950,03
- 7° Hôtel de la Société :
- A. Aménagement, entretien, 1
- réparations.. 1 989,01 J
- B. Mobilier. . . 940,65 f
- C. Chauffage, éclairage, eau, > il 206, 39
- téléphone. . 5 101,61 l
- D. Contributions,assurances j
- et divers. . . 3 175,12 j
- 8° Frais d’expériences . 7 396, 50
- 9° Allocation pour le
- Grand Prix..................... 1 500 »
- 10° Pensions................ 3 500 »
- 11° Souscriptions et dons
- divers..................... 120 »
- TÔT672, 92
- Excédent de dépenses reporté de l’exercice 1899. 3 713,89
- 111 386,81
- Les recettes s’élèvent
- à......................... 107 246, 40
- Il ressort un excédent de dépenses sur les
- 107 246,40 recettes de. ................ 4 140,41
- Comme en 1899, nos recettes sont restées stationnaires en 1900; le nombre des sociétaires est en légère diminution; de 689 à la fin de 1899, il n’est plus que de 681 en 1900.
- Par contre, le chiffre de nos dépenses a subi un accroissement très faible, il est vrai, mais suffisant pour ramener une augmentation du déficit que nous avions commencé à réduire en 1899. Les dépenses qui s’élevaient en 1899 à 111 020 fr. 45 avec un excédent de dépenses de 3 713 fr. 89, se sont chiffrées en 1900 à 111 386 fr. 81 avec un déficit de 4140 fr. 41.
- Comme les années précédentes, ces dépenses ont profité dans une large mesure à l’industrie nationale; tout en continuant à doter sérieusement le fonds des recherches, des expériences et des conférences, il importe d’arriver, par la voie des économies, à faire complètement disparaître le déficit qui, depuis quelques années, figure dans nos comptes. Grâce à l’état de prospérité de notre Société, il suffira de continuer à faire montre de prudence et d’attention pour atteindre rapidement ce résultat.
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-
-
-
- î
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. - AOUT 1901. 195
- *e PARTIE
- FONDATIONS, DONS ET COMPTES SPÉCIAUX 1° Grand Prix de la Société.
- Ce prix, de 12000 francs, est destiné à récompenser tous les six ans une découverte ou un perfectionnement présentant un intérêt capital pour notre industrie nationale.
- Il a été décerné en 1895; une somme de 1500 francs a été prélevée, en 1900, sur les fonds généraux pour augmenter la réserve en vue du prochain prix. . '
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations................... 7 918, 83
- Subvention reçue des
- fonds généraux.............. 1 500 »
- Intérêts des sommes déposées........................ 116,87
- 9 535, 70
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 1616,87
- Le montant des sommes déposées à la Caisse des Dépôts et Consignations s’élève à 9535 fr. 70.
- 2° Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Les intérêts de cette fondation doivent être capitalisés jusqu’en 1933. Capital au 31 décembre 1899 : 6 447 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899. Arrérages. . .
- 554,50 Achat de 177 francs de
- 6 509,75 rente 3 p. 100 ............. 5 948,15
- 7 064, 25
- Reste 1116 fr. 10 dans la caisse de la Société.
- Le capital de cette fondation se trouve portéà6 624 francsde rente 3p.100.
- p.195 - vue 193/856
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-
-
- 196
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- AOUT 1901.
- 3° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But: récompenser tous les six ans, par un prix de 12000 francs, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de notre industrie nationale. Le prix a été décerné en 1898.
- Legs primitif : 40 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p 100 de 2 000 francs.
- AVOIR
- Solde de 1899 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations ................. 7 432,23
- Arrérages............. 2 000 »
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations............. 108,95
- 9 541,18
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1900 s’élèvent à 9541 fr. 18, versés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- DEBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations ... 2 108, 95
- 4° Legs Bapst.
- Legs primitif: 2160 francs de rente 3 p. 100; a servi à établir deux fondations.
- lre Fondation. — But: venir en aide aux inventeurs malheureux. Capital : un titre de 1 565 fr. 20 de rente 3 p. 100.
- DÉBIT
- Secours à 14 inventeurs . . 2 230 »
- AVOIR
- Solde de 1899.......... 1 585, 80
- Arrérages............... 1 565, 20
- 3151 »
- Beste disponible dans la caisse de la Société, 921 fr.
- 2eFondation. —But:aiderles inventeurs dans leurs travaux etrecherches. Capital : 3 594 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Arrérages. ,............ 3 594, 80
- DÉBIT
- Solde en dépenses de 1899. 429, 65
- Allocations à des inventeurs. 1 880,25
- 2 309,90
- Beste en recette, pour cette année, 1 284 fr. 90 dans la caisse de la Société.
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-
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- 197
- 5° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Capital : 1 036 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899 Arrérages. .
- 1 019, 65 Payé onze annuités de bre-
- 1 036 » vet...........................
- 2 055,65
- 1150 »
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 905 fr. 65.
- 6° Fondation de la princesse Galitzine.
- But : servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des arts économiques.
- Legs primitif: 2 000 francs.
- Cette fondation n’ayant pas encore reçu d’application, les intérêts s’en sont capitalisés.
- Capital au 31 décembre 1899 : 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899............. 743 »
- Arrérages ........ 244,80
- 987,80
- DÉBIT
- Achat d’une obligation de
- 3 p. 100 de l’Est .... 461,30
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 526 fr. 50.
- Capital au 31 décembre 1900 : 18 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 7° Fondation Carré.
- But : analogue à celui de la fondation précédente.
- Legs primitif : 1000 francs.
- Jusqu’ici les intérêts ont été capitalisés en attendant une destination spéciale.
- Capital au 31 décembre 1899 : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOTR DÉBIT
- Solde de 1899............ 223,98 Néant.
- Arrérages................ 100, 80
- 324,78
- Reste en recette à la caisse de la Société : 324 fr. 78.
- Capital au 31 décembre 1900 : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 8° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux de l’industrie des cuirs.
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- 198
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- Capital au 31 décembre 1899 : 35 obligations 3 p. 100 de l’Est,
- 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- Aucun secours n’a été distribué en
- AVOIR
- Solde de 1899............. 1 158,77
- Arrérages ................ 705, 60
- 1864,37
- 899.
- DÉBIT
- Achat de2obligations3p. 100
- de l’Est............... 922, 66
- Allocation de 2 secours . . 600 »
- 7522766
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 311 fr. 71.
- Capital au 31 décembre 1900 : 37 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- 9° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Même but que la précédente, à part la différence des industries. Capital au 31 décembre 1899 : 73 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899 1 085,41 Achat de 4 obligations
- Arrérages 1 057, 93 3 p. 100 de l’Est. . . . 1 843, 16
- Remboursement d’une obli- Allocation d’un secours.. . 250 »
- gation amortie 491,63
- 2 634,97 2 093,16
- Reste en recette, dans la caisse de la Société : 541 fr. 81. Capital au 31 décembre 1900 : 76 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 10° Fondation Christofle etBouilhet en faveur d’artistes industriels malheureux. Capital: 29 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1898........... 580,05
- Arrérages............... 417, 60
- 997,65
- DÉBIT
- Achat d’une obligation
- 3 p. 100 de l’Est. . . . 461,31
- Allocation d’un secours . . 300 »
- 761,31
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 236 fr. 34.
- 11° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- Rut : secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- 199
- Capital au 31 décembre 1899 : 46 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899............. 956,66
- Arrérages................. 662, 40
- 1 619,06
- DÉBIT
- Achatde 3 obligations 3p.100
- de l’Est.............. 1 383,96
- Allocation d’un secours . . 300 »
- 1 683,96
- Excédent des dépenses sur les recettes : 64 fr. 90.
- Le capital de la fondation se trouve porté à 49 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 12° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers malheureux de cette industrie.
- Capital au 31 décembre 1899 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1899. ...... 178,85 Néant.
- Arrérages............... 144 »
- 322785
- Reste en recette, pour cette année, dans la caisse de la Société : 322 fr. 83. Capital au 31 décembre 1900 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 13° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- But: décerner tous les six ans un prix à celui qui aura le plus contribué au progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Legs primitif : 13169 fr. 83.
- Capital au 31 décembre 1899 : 43
- AVOIR
- Solde de 1899, versé à la Caisse des Dépôls et Consignations............ 5 052,04
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations............. 74, 97
- Coupons des obligations de l’Est.................. 619, 20
- 5 746,11
- Les sommes déposées à la Caisse à 5738 fr. 21.
- obligations 3 p. 100 de l’Est.
- DÉBIT
- Une allocation.......... 1 000 »
- Yersé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 686,17
- 1 686, 17
- des Dépôts et Consignations s’élève
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ AOLT 1901.
- 200
- 14° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- s '
- Capital au 31 décembre 1899 : 11 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899............. 720,67
- Arrérages................. 206, 40
- 927, 07
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 465 fr. 76.
- Capital au 31 décembre 1900 : 12 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- DEBIT
- Achat d’une obligat. 3 p. 100 de l’Est................... 461, 31
- 15° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- But : décerner tous les cinq ans un prix de 500 francs à l’auteur d’un perfectionnement apporté au matériel ou aux procédés du génie civil ou de l’architecture.
- Legs primitif : 2315 fr. 75.
- Capital au 31 décembre 1899 : 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899 Arrérages. .
- 412 ,60 216,00
- 628,60
- .Néant.
- DÉBIT
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 628 fr. 60. Le capital est de 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 16° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade, (industrie des produits chimiques).
- But : créer un prix annuel pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- Capital : 1 titre de 1 000 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- DÉBIT
- Arrérages
- 1 000 »
- Prix décerné en 1900 . .
- 1 000 »
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- 201
- 17° Fondation du général comte d’Aboville.
- But : décerner 3 prix à des manufacturiers qui auront employé à leur service, pendant une assez longue période de temps, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles, et les auront ainsi soustraits à la mendicité.
- Legs primitif : 1 000 francs.
- 5 prix ayant déjà été décernés, le capital est réduit à 1 obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899. Arrérages. . .
- 19, 50 14, 40
- DEBIT
- Néant.
- 33, 90
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 33 fr. 90.
- 18° Legs Giffard.
- But : la moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6 000 francs pour services signalés rendus à l’industrie française ; l’autre moitié, à distribuer des secours.
- Legs primitif : 50000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 1 949 francs.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- Solde de 1899..........
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. .
- Arrérages .............
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations..........
- 847,85
- 2 098, 97 1 949,00
- 30,24 4 926, 06
- DEBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations.......
- Allocation d’un secours. .
- 1 004, 74 400,00 l 404, 74
- Reste en recette à la caisse de la Société : 1 422 fr. 35.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 3103 fr. 71, comme réserve pour le prochain prix à décerner.
- 19° Fondation Meynot.
- But : créer un prix destiné à récompenser les inventions, progrès et perfectionnements intéressant la moyenne ou la petite culture.
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- 202
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- AOUT 1901.
- Legs primitif : 20000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100
- de 730 francs.
- AVOIR D É BIT
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . 1121,89 Arrérages 1024,72 Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations 15,88 Remboursement d’une obligation amortie 491,62 2 654,11 Solde en dépense de 1899. 1 216, 25 Achat d’une obligation 3 p. 100 de l’Est 459, 20 Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 745,88 2 421, 33
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 1 867 fr. 77.
- Excédent des dépenses sur les recettes : 889 fr. 11.
- Capital au 31 décembre 1900 : un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs et 20 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 20° Fondation Melsens.
- But: création d’un prix triennal de 500 francs pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Legs primitif : 5000 francs, représentés par 13 obligations 3 p. 100 de
- l’Est. Le prix a été décerné en 1899.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1899 422,40 Arrérages 187, 20 609,60 Néant.
- Reste dans la caisse de la Société : 609 fr. 60.
- 21° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- Don primitif : 6 326 fr. 14.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1899 594, 90 Arrérages 316,80 Néant.
- 911, 70
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- 203
- Solde en recette à la caisse de la Société : 911 fr. 70.
- Capital au 31 décembre 1900 : 22 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 22°- Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- But: création d’un prix triennal de 1 000 francs, destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 9846 fr. 75, représentés par un titre de 335 francs de rente 3 p. 100.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- Solde de 1899. Arrérages . ,
- 2 359,90 335 »
- 2 694,90
- DEBIT
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 2 694 fr. 90.
- 23° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- But: création d’un prix.
- Don primitif: 2 556 fr. 30.
- Capital actuel : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- La fondation est restée sans emploi en 1900.
- AVOIR
- Solde de 1899 Arrérages . .
- 427,33 100, 80
- Néant.
- DEBIT
- 528,13
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 528 fr. 13.
- 24° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- But : secourir des ouvriers malheureux appartenant à cette industrie. Don primitif : 400 francs.
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-
-
- 204
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- Capital au 31 décembre 1899 : 1 obligation 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DEBIT
- Solde de 1899 Arrérages .
- 108, 97 14, 40
- 123,37
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 123 fr. 37.
- 25° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- But : création d’un prix.
- Don primitif : 3869 fr. 85.
- Capital au 31 décembre 1899 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1899. . . Arrérages .........
- DÉBIT
- 476.25 Achat d’une obligation
- 144 » 3 p. 100 de l’Est............
- 620.25
- 458, 98
- Reste en recette à la caisse de la Société : 161 fr. 27.
- Capital au 31 décembre 1900 : 11 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 26° Fondation des exposants de la classe 75 à l’Exposition universelle de 1889
- (viticulture).
- But : prix à décerner à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne : l’altise ou la cochylis.
- Don : 1000 francs.
- AVOIR
- DÉBIT
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . .
- Intérêts des sommes déposées ......................
- Solde de 1899............
- 1 015 »
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . .
- 15, 21 12, 77
- 1 042, 98
- 15, 21
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 12 fr. 77; en dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 1030 fr. 21.
- 27° Fondation de Salverte.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des beaux-arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 francs
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1901.
- 205
- à un ouvrier français, appartenant à la corporation du bâtiment, moral, habile, âgé de 60 ans au moins, père d’une famille nombreuse qu’il aurait bien élevée.
- Don primitif : 1 000 francs, qui ont été employés à l’achat de 29 francs de rente 3 p. 100.
- La fondation ne remonte qu’à 1896 et le prix n’a pas encore été décerné.
- AVOIR
- Solde de 1899. . . . Arrérages........
- DÉBIT
- 97, 35 Néant.
- 29 »
- 126, 35
- Reste en recette à la caisse de la Société : 126 fr. 35.
- 28° Souscriptions perpétuelles et à vie.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899 .......... 641,11
- Souscriptions à vie : 2 versements.................... 1 000,00
- Souscript. perpétuelles :
- 1 versement................ 1 000, 00
- 2 641, 11
- Achat de 78 francs de rente 3 p. 100..................... 2 630,90
- Solde en caisse: 10 fr. 21.
- Le capital constitué par les souscriptions perpétuelles et à vie comprend 2 627 francs de rente 3 p. 100.
- 29° Table décennale du Bulletin.
- AVOIR
- Solde de 1899 déposé à la Caisse des Dépôts et Consigna-
- tions .........................1 219, 88
- Intérêts.................... 17,92
- Annuité de 1899............. 300, 00
- 1 537,80
- DEBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations............ 317, 92
- Solde : 1 537,80 déposés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Le bilan de notre Société, arrêté au 31 décembre 1900, est annexé à notre rapport.
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-
-
- 206 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ---- AOUT 1901.
- Votre Commission a constaté l’exactitude et la parfaite régularité des comptes que nous venons de vous présenter et vous propose de les approuver.
- Elle vous demande aussi de vous associer à elle pour adresser un témoignage d’affectueuse reconnaissance à notre Trésorier, M. Goupil de Préfeln, qui, depuis de si longues années, gère avec tant de zèle et de dévouement les finances de notre Société et contribue dans une si large mesure à sa prospérité.
- Lucien Daubrée.
- Lu et approuvé en séance, le 1$ juillet 1901.
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-
-
- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1900
- ACTIF
- Immeuble de la Société....................... 600.000 »
- Portefeuille de la Société................... 2.144.609,56
- Portefeuille des fondations.................... 605.612,87
- Portefeuille du fonds d’accroissement.......... 224.253,94
- Caisse, Banquiers :
- Crédit Foncier............................... 40620
- Caisse des Dépôts et Consignations........... 32.354 58
- Caisse du Siège social....................... 935 94
- Caisse du Trésorier.......................... 42 653,73
- Fonds généraux : Solde débiteur.............. 4.140,41
- Débiteurs divers................................. 4.736,28
- Solde débiteur du compte : Fondation deMilly,cte cl. 64,90
- — — — Roy. 1.792,79
- — — — Meynot. 889,11
- 2.744.609,56
- 829.866,81
- Total de l’actif.
- 46.400,45
- 11.326,49
- 3.632.500,31
- PASSIF
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la Société. ^ 2.744.609,56 Valeurs des fondations....................) 829.866,81
- Sommes provenant des fondations, classes et comptes spéciaux versées dans la Caisse de la Société, qui en est débitrice.
- Jollivet............................
- Bapst (A.)........................
- Bapst(J.).. ......................
- Christofle........................
- Galitzine...........................
- Carré...............................
- Fauler..............................
- Legrand.............................
- Christofle et Bouilhet..............
- Giffard.............................
- Baccarat............................
- Menier..............................
- Baude...............................
- D’Aboville..........................
- Melsens.............................
- Savalle.............................
- Parmentier..........................
- Classe 51 (1889)....................
- — 21 (1889)...................
- 63 (1889)...................
- — 75 (1889)...................
- Souscriptions perpétuelles et à vie. De Salverte.........................
- .116,10
- 921,00
- .284,90
- 905,65
- 526,50
- 324,78
- 341,71
- 541,81
- 236.34 .422,35
- 322,85
- 465,76
- 628,60
- 33,90
- 609,60
- 911,70
- .694,90
- 528,13
- 123,37
- 161,27
- 12,77
- 10,21
- 126.35
- Réserves provenant des fondations, dons et comptes spéciaux, versées à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Grand prix do la Société............................. 9.535,70
- Prix d’Argenteuil.................................... 9.541,18
- Prix de la Classe 27 (1867).......................... 5.738,21
- Prix Giffard......................................... 3.103,71
- Prix Meynot.......................................... 1.867,77
- Classe 75 (1889)..................................... 1.030,21
- Table décennale du Bulletin.......................... 1.537,80
- Créanciers divers.............................................
- Total du passif.
- 14 250,55
- 32.354,58
- 11.418,81
- 3.632.500,31
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- Bapport présenté par M. Bordet, au nom des censeurs, sur les comptes de l’année 1900.
- Messieurs,
- Le compte qui vous est présenté pour les fonds généraux fait voir que les dépenses de l’exercice 1900 ont dépassé les recettes de 426 fr. 52. Ce déficit, peu important par lui-même, n’appellerait aucune observation de la part de vos censeurs si deux circonstances ne venaient pas l’aggraver.
- Tout d’abord, nous remarquons parmi les dons une somme de 2487 francs versée par M. Howe et qui constitue une recette exceptionnelle ; en réalité on a donc dépensé, en 1900,2913 fr. 52 de plus que ne l’auraient permis les ressources normales de la Société et, cependant, il n’y a, dans les dépenses, aucune charge extraordinaire.
- En outre, nous sommes obligés de constater que, depuis 1895, le compte des fonds généraux présente un déficit. A cette époque on a fait, dans l’hôtel de la Société, des travaux qu’on a voulu payer sur les ressources annuelles, et ces ressources ont été insuffisantes. Depuis lors, on n’est pas arrivé à éteindre l’arriéré: il a diminué en 1896, 1897 et 1899, mais il a augmenté par suite des excédents des dépenses de 1898 et de 1900.
- Cette situation appelait naturellement l’attention du Conseil, et nous sommes heureux d’ajouter qu’en votant le budget de l’année courante, il a pris les mesures nécessaires pour la faire cesser.
- En ce qui concerne les fondations, les comptes qui vous sont présentés montrent que les sommes, dont on n’a pu trouver un emploi conforme aux volontés des donateurs, ont été régulièrement capitalisées.
- Nous avons constaté que notre comptabilité est tenue avec toute la régularité désirable ; aussi nous vous proposons d’approuver les comptes de l’exercice 1900.
- Nous nous associons en même temps et de tout cœur aux remerciements si mérités que la Commission des fonds adresse à notre cher trésorier.
- Signé : Lucien Bordet, censeur.
- Lu et approuvé en séance, le 1% juillet 190L
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport sur un programme $ expériences relatives à l'étude de la Constitution chimique des argiles de France, par M. Vogt, directeur des Services techniques de la Manufacture de Sèvres.
- Longtemps on a appliqué le nom d’argile à toute matière qui avait la propriété de faire pâte avec l’eau, sans s’occuper de sa constitution chimique. Puis on crut pouvoir distinguer plusieurs variétés parmi les argiles et leur attribuer des formules dans lesquelles le rapport de la silice à l’alumine prenait les valeurs 1,5 — 2— 2,5 — 3, en se basant sur les résultats d’analyses totales, dans lesquelles souvent le dosage des alcalis avait été négligé, faites sur des matières argileuses simplement séparées par lavage des sables qui les accompagnaient.
- Aujourd’hui, il semble bien établi par de récentes études des argiles faites en suivant des méthodes plus rationnelles, que toutes les matières argileuses — en exceptant cependant les marnes et les ocres, — sont des mélanges de silicate d’alumine hydraté (2Sio2-AP03-2H20), la matière plastique par excellence, et de débris plus ou moins abondants de roches diverses.
- Les méthodes analytiques qui ont permis d’arriver à cette conclusion, sur la constitution des argiles, sont celles plus ou moins modifiées que M. Ch. Gmelin avait le premier appliquées à l’étude des phonolithes; c’est d’après ces méthodes que je suis arrivé à reconnaître le mica blanc, l’allo-phane à côté de la kaolinite dans quelques argiles.
- Bien qu’un grand nombre d’argiles de France aient été analysées, peu l’ont été par ces moyens d’investigation qui en font mieux connaître la constitution, et il y aurait, je pense, intérêt pour l’industrie céramique, ainsi que pour celle des ciments, à en entreprendre l’application à une nouvelle étude des argiles les plus importantes de notre sol.
- Si, de plus, les échantillons soumis à l’analyse, au lieu d’être pris au hasard dans les carrières, étaient prélevés avec le discernement que pourrait y apporter un géologue, il est probable que les résultats obtenus rendraient service non seulement à l’industrie, mais encore à la science.
- Tome 101. — 2e semestre. —Août 1901. 14
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- ARTS CHIMIQUES.
- AOUT 1901.
- Les gisements d’argiles sont trop nombreux en France pour songer à les étudier tous; de plus, le temps que nécessite une analyse complète d’une argile est trop long pour qu’on puisse en entreprendre un grand nombre. Si l’on veut des résultats dans un délai relativement court, il est donc présentement nécessaire de limiter les recherches aux plus importantes argiles à étudier. Si cette première étude donne les résultats intéressants qu’on est en droit d’en attendre, elle pourra être complétée plus tard par des travaux ultérieurs.
- En laissant de côté les marnes et les argiles marneuses, ces premières études poliraient porter sur :
- 1° Les Kaolins de :
- Saint-Yrieix (plusieurs carrières)......................Haute-Vienne.
- Beauvoir, près Lapeyrousse..............................Allier.
- Collettes............................................... —
- Vaublanc, par Plemet....................................Côtes-du-Nord.
- Marcus..................................................Ariège.
- Louhossoa...............................................Basses-Pyrénées.
- Eyzies..................................................Dordogne.
- Marcliainville..........................................Orne.
- La Sauvetat.............................................Lot-et-Garonne.
- 2° Les Argiles réfractaires de :
- Montereau (Villeneuve-le-Roi, pt-s.-Yonne et Sens (Yonne). Seine-et-Marne.
- Barsons....................................................Hautes-Pyrénées.
- Beleu...................................................Ardennes.
- Bollène.................................................Vaucluse.
- Gournay (Forges-les-Eaux)...............................Seine-Intérieure
- Saint-Girons............................................Ariège.
- Labouchade (creusets de Verreries)......................Allier.
- Mussidan et autres....................................... Dordogne.
- Savenas (creusets à acier)............................Ardèche.
- Turenne.....................................................Corrèze.
- 3° Les Argiles à grès de :
- LaChapelle-auxTPots (Ors-en-Bray).......................Oise.
- Noron, leTronquet, près Bayeux..........................Calvados.
- Ciry-le-NToble (terre à grès du Gharolais]..................Saône-et-Loire.
- Banc de Saint-Amand-en-Puysaie..........................Nièvre.
- s’étendant jusqu’à et au delà de Saint-Sauveur........Yonne.
- Saveignies..............................................Oise.
- Montreuil (arrondissement de Saint-Lô)..................Manche.
- Rambervillers...........................................Vosges.
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- ÉTUDE DE LA CONSTITUTION CHIMIQUE DES ARGILES DE FRANCE. 211
- 4° Argiles à briques et tuiles de :
- Fresnes,....................................................Seine.
- Salernes....................................................Yar.
- Vanves, Issy, Arcueil, Gentilly, Vaugirard..................Seine.
- Provins et environs.........................................Seine-et-Marne.
- Boulogne....................................................Pas-de-Calais.
- Breteuil-sur-Iton et environs...............................Eure.
- Foret-de-Lalonde (près Rouen)...............................Seine-Inférieure.
- Ce travail demandera certainement plus d’une année, peut-être un an et demi, pour être exécuté avec soin, en admettant que le chimiste qui en sera chargé y consacre tout son temps.
- M. Lavezard, élève de l’École de chimie et physique, qui travaille depuis trois ans au laboratoire de la manufacture de Sèvres, serait apte, je crois, à mener à bonne fin cette longue et délicate étude des argiles françaises.
- DÉCISION PRISE EN COMITÉ SECRET DU 22 MAI 1901
- Le Conseil de la Société d’Encouragement adopte, sur l’avis de son Comité des arts chimiques, les propositions de M. Vogt, et décide qu’une somme de 3000 francs sera mise à la disposition de M. Lavezard pour une étude chimique des argiles de France. La moitié de cette somme sera imputée sur le budget de l’exercice 1901 et l’autre moitié sur le budget de 1902.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. A. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- SUR LA NORIA SYSTÈME LEMAIRE.
- M. Mahoudeau, publiciste, a présenté à la Société d’encouragement un système breveté de noria, connu sous le nom de « pompe Lemaire » et dû à M. H. Lemaire, fabricant de machines à cigarettes, à Paris, 152, rue de Rivoli.
- La noria est connue depuis l’anliquilé. On la trouve sous des formes très variées dans tous les pays, et elle est surtout employée à l’élévation de l’eau. La Société s’est occupée de ces appareils dès 1815, et, en 1820, elle en a encouragé l’application à l’aide d’un concours spécial.
- La noria de M. Lemaire est (fîg. 1 et 2) constituée par des godets très petits, d’une capacité d’un vingtième de litre seulement. Chaque godet est articulé, au-dessous du fond, sur un axe transversal rivé aux deux joues de la chaîne sans fin. À sa partie supérieure, cette chaîne passe sur une roue formée de deux tourteaux, calés sur un arbre et laissant entre eux un vide pour le passage des godets.
- Ceux-ci, en arrivant sur la roue, s'inclinent et ils basculent dès que leur centre de gravité dépasse la verticale de l’axe d’articulation. Ils déversent leur contenu dans une auge disposée au-dessous de la roue et débordant celle-ci en largeur. Cette auge est percée d’un orifice inférieur sur lequel s’assemble le tuyau d’évacuation.
- Ces dispositions ont pour objet principal de capter, sans pertes, l’eau emplissant les godets. Elles font de la pompe Lemaire un appareil plus soigné, mais probablement aussi d’un prix un peu plus élevé que la généralité des norias.
- Nous avons vu, dans des cultures maraîchères de Montrouge, une pompe Lemaire installée sur un puits dans lequel l’eau se trouve à une vingtaine de mètres de profondeur. Cette noria, mue à la main, fonctionne bien. Il ne retombe dans le puits aucune partie de l'eau élevée.
- Un grand nombre de ces norias ont été livrées tant à l’étranger qu’en France et aux colonies.
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- SUR LA NORIA SYSTÈME LEMAIRE.
- 213
- Comme on l’a dit, l’extrême petitesse des godets estime des caractéristiques de la pompe Lemaire.
- Cette propriété pourrait être utilisée pour le puisage dans des tubesde faible diamètre, comme par exemple ceux de sondages.
- Fig/1. — Noria Lemaire.
- Fig. 2. — Détailles godets.
- C’est ainsi, qu’en 1876, M. Hanriau employait une pompe à chapelet fonctionnant dans un sondage pour amener des eaux superficielles jusqu’à une couche absorbante et créer ainsi une force motrice. Notre ancien prési-
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1901.
- dent, M. Haton de la Goupillière, a présenté un rapport à la Société sur cette intéressante disposition (1).
- Le Comité des arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier M. Mahoudeau de sa communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin avec les figures qui l’accompagnent.
- (1) Bulletin, année 1876, p. 1.
- Signé : Brull, Rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 12 juillet 1901.
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- arts mécaniques
- i °o
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS
- Par M. Godron, lauréat de la Société d’Encouragement (Suite) (1).
- CISAILLAGE AVEC LAMES CIRCULAIRES
- Les lames (fig. 218 à 220) de forme cylindrique ou légèrement tronconiques, ont une ligne de coupe circulaire. Deux lames étant disposées de manière à se croiser (fig. 222), si on introduit une pièce d’épaisseur convenable, la rotation des deux outils en sens inverse, détermine l’entraînement de la pièce et sa coupe suivant le plan tranchant des lames.
- Diamètre minimum à donner auxlames pour une épaisseur a. — Le diamètre des lames circulaires n’est pas arbitraire si l’on s’impose que l’entraînement doit se produire sans poussée de la pièce.
- Pour les métaux tels que le fer, le cuivre, l’angle de prise variant de 28° à 34°, il ne faut pas que l’angle a des tangentes (fig. 223), correspondant aux points de contact avec la pièce, soit supérieur à ces valeurs.
- Pour une épaisseur donnée a, un croisement s des lames de rayon p, on
- peut poser : >
- a 2 p (s —f- o'j
- 0 B = p cos -1 2
- P
- soit :
- P =
- 2(1 — cos ^
- Pour s = 4 millimètres, valeur suffisante pour assurer la bonne marche des lames, même après une certaine usure d’affûtage, pour 16°, valeur extrême,
- A
- et
- cos -= 0,938, il vient :
- 2 ’
- 2P = 7T=-
- (1 — 0,958)
- (1) Bulletin de janvier, mars, avril, juillet, p. 40.
- = 100 4- 25 a.
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- 216
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- La bonne pratique adopte ordinairement pour le diamètre des lames D= 30 a.
- Cette relation montre qu’il convient de ne pas exagérer le croisement e dont dépend aussi la flexion que subit la pièce, flexion prononcée lorsque la bande coupée est de faible largeur, flexion que l’on atténue en disposant un guide à proximité de la bande.
- Réactions sur les lames. — La pièce d’épaisseur a saisie entre les deux disques (tig. 223), donne lieu au contact, à des efforts dont on ne saurait déter-
- o'
- Fig. 223,
- miner la répartition ; mais, on peut admettre que chaque résultante N passe au tiers de i’arc de contact vers l’axe 00'.
- Les deux forces N ont une résultante horizontale P qui est précisément l’effort de poussée qu’il faudrait développer pour faire avancer la pièce, faire tourner les lames, produire le cisaillage.
- C/v
- On pourra déduire, à très peu près, l’angle - de chaque force N avec OO' et
- 2 N sin ^ = P. 2
- poser :
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. ' 217'
- La force P étant connue par des essais, on déduira N; et connaissant la vitesse v de coupe, l’énergie dépensée par seconde pour la coupe sera :
- T = P».
- Notons que l’angle a est précisément l’angle des lames ou des tangentes aux contacts des points d’application des forces N; cet angle augmente avec l’épaisseur a, ce qui a pour effet, comme nous le verrons ci-après, de favoriser Ja réduction relative des forces N.
- ESSAIS DE CISAILLAGE AVEC LAMES OBLIQUES
- Influence de la largeur de la bande coupée. — Dans les essais de cisaillage avec lames obliques, il importe, tout d’abord, de se rendre compte de l’influence de la largeur de la lame coupée.
- Efforts maxima de début.
- Effort moyens de coupe prolongée.
- o - C,L
- ~ V--
- 3500
- 3000
- Z500
- CLz
- ZOOO
- 1000
- _ JP_z____
- -
- 0 5 10 15 20
- Largeurs des bandes.
- Fig. 224. — Cisaillage de fer avec lames obliques, a =10°, 9 = 80°. Influence de la largeur de la bande coupée.
- A cet effet, nous avons opéré sur des éprouvettes de fer prises dans une même barre pour chaque série, en faisant varier les largeurs de bandes b" depuis 5 millimètres jusqu’à 100 millimètres. Avec une largeur au-dessous de S millimètres, la coupe ne serait plus du cisaillage proprement dit pour les épaisseurs 4 millimètres et 6mm,5 adoptées; elle se rapprocherait trop de la coupe sous forme de copeau. L’angle a des tranchants était de 10°, l’angle d’acuité était de 80°,
- La figure 224 indique, en ordonnées, les efforts maxima qui se produisent au
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- 218
- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1901.
- début de l’opération, et les efforts moyens en coupe courante. Les abscisses sont les largeurs des bandes.
- Pour les épaisseurs considérées, ces largeurs augmentent les effort s d’une façon importante entre b et 60 millimètres; la différence s’élève à H 700 — 2 700 = 1 000 kilogrammes pour l’épaisseur Gmm,b ; à ! G00—• ! 100 = b00 pour l’épaisseur 4 millimètres. Au-dessus de 00 millimètres de largeur de bande, la déformation de flexion, pour ces épaisseurs, no s’étend plus sur la largeur totale de la bande; les efforts restent h peu près constants.
- Si, en Ire deux largeurs b", = 15n,n! et h"., — f0!,!'", on considère l’accroissement d’effort, diî à La ce roi s se ment de largeur b", — //',, on peut estimer approximativement la valeur du coefficient de résistance de .flexion de la bande dans le sens de la largeur et déduire ensuite les efforts de flexion pour des lar-
- geurs données.
- On peut poser :
- Pour la bande de 6mm,5, b' = 12 millimètres, P",-?'', = 500 kilogrammes. On tire :
- 500 X "2.x 12 X 6 3 X 6,5 -2 X 25
- 22ka',7,
- valeur acceptable pour du fer laminé fléchi dans le sens transversal aux fibres, la résistance de flexion dans ce sens étant très réduite pour les éprouvettes soumises aux essais.
- Si, maintenant, nous recherchons la valeur de l'effort IL qui correspond à la flexion pour une largeur de bande de 15 millimètres, il suffit de poser :
- P.
- 3 IL o2 b"y 2x0 //
- 3 X 22,7
- 0.5 - X 1 5
- 2 X fi X 12
- = 300 kg.
- Déduisant cet effort sur l’ordonnée d’abscisse lo millimètres, on obtiendrait un point de la courbe afférente aux efforts du cisaillage sans flexion :
- On déterminerait de meme d’autres points, et en admettant dans les limites d’abscisseso millimèlrcsetOO millimètres, queP3 est proportionnel à la largeur//' ; il viendrait pour b" = 30 millimètres, P3 — 2 x 300 = G00 kilogrammes; pour b" = 60, P3 = 1200 kilogrammes. Ces valeurs sont portées sur les ordonnées delà courbe BCD, à partir de cette courbe, pour donner la courbe B C D'.
- Ln appliquant la relation simple :
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 219
- aux largeurs de bandes 5, 20, 40, 50 et 100 millimètres et pour les efforts moyens de coupe prolongée relatifs à l’épaisseur a — 6m,5, il vient pour :
- sin - = sin 5° = 0,087; COS a = COS 10°: = 0,985 n = 0,35
- a2 = 6,3 -‘2 = 42,25 : R = 0,024 P.
- Largeurs des bandes. . . . 0 20 40 60 100 millim.
- P 2 700 3 300 3 700 3 750 3 780 kg.
- R = 64,28 79,2 88,8 90 90,7
- Les énergies par millimètre carré seraient en appliquant la relation
- T ", =:W«R=: 0,35 X X R . .„„n ... .... , ^
- 1 —2— ----------2---------=1,135 R en kilogrammillimetres soit0,00113o R
- en kilogrammètres, soit :
- t'\ = 0,073 0,09 1 1,02 lkgm,025.
- Ces valeurs montrent bien les grandes variations des coefficients R et x'’1} les difficultés de comparer entre eux les essais de cisaillage avec lames obliques, si on n’opère pas dans des conditions très peu différentes, sinon identiques.
- Dans les séries d’essais qui suivent, nous avons adopté une largeur de bande commune de 30 millimètres, attendu que, dans la pratique, ce sont des chutes, qui ne s’écartent pas beaucoup de cette valeur, que l’on tranche le plus souvent. Pour des largeurs plus grandes, il faut augmenter la valeur des efforts de coupe. Dans des essais comparatifs au plus près, il conviendrait d’adopter des chutes semblables, c’est-à-dire des chutes ayant des largeurs proportionnelles aux épaisseurs.
- Influence de Vangle a, des tranchants. — Nous avons opéré avec des bandes de plomb, de cuivre,defer delO millimètres d’épaisseur. Sur la figure 225 sont rapportés, en ordonnées, les efforts maxima etlesefforts moyens de coupe prolongée ; les abscisses sont les angles a, que nous avons fait varier de 5° en 5° jusqu’à 30°, limite pour laquelle la pièce parfois glissait, ce qui obligeait à la maintenir par un effort assez faible.
- Pour ces trois métaux, on ne saurait donc dépasser la valeur de 30° pour a.
- Les courbes très régulières ont une allure hyperbolique qui correspond d’ailleurs avec la relation :
- na2 R G
- 1 a . a‘
- 4 sin - sin 7.
- 2 2
- L’axe des ordonnées est une asymptote, puisque pour a 0, cas des lames parallèles, P1 seraitinfini; lalongueur de coupe le seraitaussi théoriquement; mais en pratique elle se limite à la largeur de la pièce. C’est pour prévenir un accroissement rapide de l’effort de coupe, que dans les lames à leviers articulés, on
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- 220
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- donne à la lame mobile, un trancha,ni courbe qui peut satisfaire à la condition
- que l’angle a reste constant en tous les points de la coupe; ou bien, on s’impose que la coupe est proportionnelle à l’angle parcouru par la lame mobile, ce qui conduit à donner un profil en spirale (fig. 226.)
- Efforts maxima dits de première rupture. Efforts moyens de coupe prolongée.
- Fig. 225. — Cisaillage de plomb, cuivre et fer en faisant varier l’angle des lames. Épaisseur des pièces, 10 mm. 0
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- expériences sur le travail des machines-outils.
- 221
- On voit que les efforts P1 diminuent rapidement avec la valeur de a, et qu’il serait avantageux d’adopter des angles compris entre 15 et 20°. Les outils fatigueraient moins qu’avec l’angle de 10°, couramment admis.
- Ainsi, pour la bande de fer de 10 millimètres d’épaisseur, avec l’angle de 10°, il faut un effort maximum de près de 6000 kilogrammes, tandis, qu’avec l’angle de lo°, cet effort se réduit à 4 200 kilogrammes. L’angle étant de 5°, l’effort s’élève à 9100 kilogrammes.
- En considérant les efforts moyens de coupe prolongée, ces efforts sont respectivement : pour
- 5° 10° 15° 20° 25° 30°
- 7 800 4 900 3 450 2 950 2 650 2 500 kg.
- Pour le cuivre, les efforts varient dans des proportions analogues, tandis que, pour le plomb, métal à faible résistance, les variations sont petites.
- Si, pour le fer, nous recherchons les résistances de cisaillage
- a
- 4 sin - P
- Z
- na2cos a’
- en adoptant pour n la valeur moyenne 0,3, soit :
- 4 X sin | P sin ^
- R = =-------nr--1-----= 0,133 P ----"
- 0,3 x 100 COS a ’ COS a
- il vient, pour
- a = 5° 10°
- R = 45 57
- 20° 30°
- 72 99 kg.
- On constate que, si les efforts totaux diminuent rapidement avec les angles <x, la résistance réelle ou fictive R, au contraire, augmente de 4o à 99 kilogrammes en accusant le diagramme (fig. 226 a).
- Quant aux énergies par millimètre carré de section cisaillée, elles prennent les valeurs :
- n a R 0,3 X 0,010 R
- = 0,0015 R
- t/'j = 0,0675 0,085 0,108 0ksm,148
- Nous avons trouvé, avec une éprouvette delà même barre de 10 millimètres d’épaisseur et des lames parallèles, une énergie = 0,092ksm > 0,085. Ces lames exigeraient donc plus d’énergie, et de plus grands efforts que les lames obliques.
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- ART-S MÉCANIQUES.
- AOUT 1901.
- Par exemple : une tôle de 2 mètres de largeur et de 10 millimètres d’épaisseur développerait sur des lames parallèles un effort :
- P = R s = 25 X 2 000 X 10 = 500 000 kg.
- tandis qu’avec une coupe progressive au moyen de lames inclinées.à 10° l’effort se réduirait à 4 900 kilogrammes.
- Hé si stance de cisaillage du fer en faisant -varier «,
- 1000-
- 700-
- 500 —
- et=10 P
- 100
- O 1 Z 3 ‘t S
- Fig. 227. — Cisaillage de plomb avec des lames obliques, a = 10, 9 = 80', Épaisseurs variables.
- Cisaillage de plomb avec lames obliques, a — 10°,0 = 80°; largeur de bande 30 millimètres. — Nous avons opéré sur des épaisseurs de 3,10, 15 et 20 millimètres. Les diagrammes (fig. 227) accusent des courbes régulières pour les efforts de coupe P.
- N cause de la grande ductilité du métal, l’effort maximum qui correspond au
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- début du déchirement, se produit à des pénétrations qui font ressortir un coefficient n compris entre 0,70 et 0,80 (fig. 228-229). Ensuite l'effort diminue pour
- Fig. 228. — Cisiftllage de plomb. a = 10°, 6 = 80°. Épaisseur — 15 mm.
- rester à très peu près constant pendant la coupe prolongée. En fin de coupe, la
- résistance à la flexion diminue et l'effort de coupe s’abaisse plus ou moins rapidement selon l’épaisseur.
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- 224
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- Si nous appliquons la relation :
- _ 4 Sm 2 P _ 4 X 0,087 P „ P
- ^ n a2 cos a 0,80 X 0,985 a2 a2’
- il vient, en considérant seulement les efforts de coupe courante : Pour :
- a = 20 15 10 5 millim.
- P = 910 600 370 110 kg.
- R = 1,02 1,2 1,66 2 kg.
- La valeur de R décroît avec l’épaisseur, ce qui concorde avec les résultats du cisaillage à lames parallèles.
- Les énergies par millimètre carré de section, en appliquant la formule t/' = nali, sont pour :
- a = 20 15 10 5
- X, = 0,008 0,0072 0,0065 0k*m,004
- Les énergies de coupe diminuent avec l’épaisseur.
- Cisaillage de cuivre sous épaisseurs différentes avec lames obliques a = 10°, 9 = 80°.
- Les épaisseurs cisaillé' es ont été de O 10 16 millim
- Exig ;eant des efforts maxima de . 1 700 4100 8 300 kg.
- Des efforts moyens de coupe prolongée de. . . 750 2 600 6 000 kg.
- Les diagrammes sont représentés (lig. 230).
- Dès que la déchirure commence, une chute d’effort se produit brusquement, puis l’effort se relève et varie quelque peu pendant la coupe courante.
- La pénétration au début de la coupe est toujours plus grande qn’ultérieurc-ment (fig. 231).
- Le coefficient n relatif à la coupe courante est compris entre 0,32 et 0,4, de sorte que la relation du coefficient de résistance R devient :
- soit pour :
- R =
- a
- 4 sill r 2
- n cos a
- 4 X 0,087 0,985
- X
- n cr
- = 0,353
- P
- n a2
- a —• 5
- n = 0,4
- R = 26,4
- 10 16 millim.
- 0,35 0,32
- 26 25kg',5
- On voit que les.variations de R sont petites entre les épaisseurs 5 et 16 millimètres considérées.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS
- 225
- Cisaillage de cuivre avec lames obliques << = 10° 0 =ao°
- Efforts de rupture et efforts moyens de coupe prolongée Epaisseurs x . jo .I6rnm
- 15000
- 5000
- îooo
- 0 1 2 3 4- 5 S 7 8 P 10 11 12 13 /4 15 16
- Fig. 230.
- Fig. 231. — Cisaillage de cuivre a’vec lames obliques, a = 10°, 0 — 80°.'
- Les énergies par millimètre carré ont les valeurs :
- n naR,
- ' 1 ~' 2
- soit pour : a = 5 10 16 millimètres
- • A = 0,0264 0,0455 0kgra.065
- valeurs croissant avec l’épaisseur.
- Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901.
- 13
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-
- ARTS MÉCANIQUES.
- AOUT 1901.
- Cisaillage de fer, a = 10°, 6 = 80°. — Les éprouvettes, prises dans une même barre, ont accusé :
- Épaisseurs . a = 5 10 15 20 millim.
- Efforts maxime 2150 5 950 10 500 14 700 kg.
- Efforts moyens de coupe courante. . 1 700 4 600 8 000 12 100 kg.
- Les diagrammes obtenus sont indiqués (fig. 232).
- Le métal n’étant pas très ductile, les pénétrations (fig. 233-234) ont donné
- CisailLagre de fer plat avec lames obliques = io° -O- = 80°
- 0,106 z
- 20000
- 15000
- \scur-20
- lOOOO
- 6000 -
- 1000
- 0 1 2 0^567 63 10
- Fig. 232,
- des valeurs de n s’écartant peu de 0,25. On peut adopter ce coefficient pour les diverses coupes et déduire les valeurs :
- a
- 4 sin 2 P 4 X 0,087 P P
- R — n cos a a2 — 0,25 X 0,985 Xa2 ~ 1,41 â2’
- soit pour :
- a = 5 10 15 20 millim.
- R = 96 64 50 42k*,5
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 227
- Le coefficient de résistance diminue quand l’épaisseur augmente. Notons ici, que nous constaterons à la coupe par copeaux, des variations analogues.
- 'l
- y >
- Fig. 233 et 234. — Cisaillage de fer avec lames obliques, a = 10°, 0= 80°.
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1901.
- Les énergies ont respectivement pour valeurs :
- t" = 0,06 0,08 0,0935 0^,1062
- Les variations des énergies sont donc assez élevées. Les valeurs de augmentent avec l’épaisseur.
- Cisaillage de fer rond, cl = 10°,0 = 80°. — Le fer rond se prête bien à la recherche des variations des éléments de cisaillage. Les essais donnent des résultats bien concordants lorsqu’on les répète, ce qui est facile.
- Cisaillage de fer rond avec lames obliques
- &- 80
- 7000
- 6800
- 5000
- 3000
- I-----------------------------S--------------------------------------
- 2000
- ~\ 21,3
- 10OO
- 0 12 3 8-56
- Fig. 235.
- Nous avons opéré en réduisant une même tige de fer recuit en divers tronçons de : 2, 4, 6, 10, 15, 20 millimètres de diamètre et en renouvelant la coupe à plusieurs reprises pour chaque éprouvette afin d’obtenir des moyennes précises. Les efforts de rupture, pour un même diamètre, n’ont d’ailleurs présenté que de faibles écarts.
- Les courbes A (fig. 235) se rapportent à chacun des diamètres. Le rapport n de la somme des deux pénétrations, au diamètre, a varié de 0,25 pour le diamètre de 20 millimètres à 0,4 pour le diamètre de 2 millimètres. En moyenne on pourrait adopter n = 0,3.
- L’extrémité de chaque partie de la pièce présente une déformation accentuée (fig. 236-237) que l’on atténue (fig. 238) pour l’une d’elles, en la faisant appuyer dans une lunette ou trou cylindrique que présente la lame fixe, et qui répartit mieux la pression.
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-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 229
- La variation des efforts maxima donne la courbe B, les abscisses étant les diamètres.
- En rapportant ces efforts maxima aux diamètres, on déduit :
- 130
- 4
- as , 550 ,1000 „ 2100
- 65 kg. —j- = 127 ——- = 166,6 -77- = 210 4 b 10
- 4 200 15
- 280
- 6 800 20
- = 340
- Ces valeurs portées en ordonnées donnent la courbe C. Les coefficients de
- P
- résistance par millimètre carré de section : R = — donnent la courbe D. Les
- valeurs de R varient de 21ks,3 pour le diamètre, 20 millimètres à 40kg,6 pour le diamètre 2 millimètres.
- Ces valeurs sont beaucoup plus faibles que celles respectives trouvées pour
- Fig. 236 à 238. — Cisaillage de fer rond avec lames obliques, a = 10°, 9 = 10°.
- le fer plat, ce qui montre bien l’influence de la flexion sur les bandes. Une éprouvette de traction de 10 millimètres de diamètre et de 100 millimètres de longueur a donné pour ce fer, une résistance rapportée à la section primitive Rt = 40ks,2 et une résistance de rupture rapportée à la section sous charge ou de striction : R2 = 44k?,3. L’allongement était de 14 p. 100.
- La résistance de cisaillement pour le diamètre, 10 millimètres étant de 26ks,25. le rapport
- R 26,25 Rj “ 40,2 — °’65,
- R_
- R,
- 26,25
- TÜ3
- 0,59.
- tandis que le rapport
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-
- 230
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1001.
- Divers autres essais, nous ont montré que les tiges de fer de petit diamètre : 3 à 5 millimètres donnent des résistances de cisaillage qui varient de 40 à 50 kilogrammes par millimètre carré de section.
- On constate, ce qui n’a rien d’étonnant, que selon la catégorie de fer, le coefficient de résistance varie dans des limites très étendues; que le diamètre ou l’épaisseur de la pièce a une influence marquée sur les résultats, ce qui a pour effet de modifier les lois simples admises de prime abord.
- L’énergie t", s’est élevée :
- Pour les diamètres........ 20 15 10
- A......................... 0,053 0,044 0k»m,034
- Cette énergie décroît donc rapidement avec le diamètre dans ces limites, et ne saurait être prise comme élément de comparaison simple.
- Chez MM. Paindavoine, constructeurs de charpentes en fer, à Lille, une cisailleuse poinçonneuse triple coupant jusqu’à 25 millimètres d’épaisseur et poinçonnant 25 millimètres de diamètre, sur 20 millimètres d’épaisseur, a deux volants de 0,90 de diamètre, une poulie de 0,60 qui tourne à 240 tours par minute. Cette machine exige dans la marche à vide un effort tangeutiel au volant qui varie de 7 à 12 kilogrammes, soit en moyenne 9k§,5 (dans la mesure de l’effort, on a eu soin de faire tourner le volant commandé en sens inverse de la poulie folle qui est restée chaussée de sa courroie de 150 x 8 millimètres).
- La vitesse tangentielle au volant étant de :
- 3,14 X 0,90 X 240 60
- 30.
- La puissance dépensée à vide est d’environ 11,30 x 9,5 = 107 kilogram-mètres, soit un poncelet. La vitesse de la courroie ressort à 7m,50, vitesse assez élevée, afin que les volants de petit diamètre possèdent une puissance vive suffisante.
- Les lames ayant un angle a. de 10°, si l’on fait des coupes de fer de 25 millimètres d’épaisseur, avec chutes de 30 millimètres de largeur, le coefficient de résistance peut être pris égal à 45 kilogrammes, en considérant les valeurs indiquées ci-devant pour le fer, et en tenant compte de ce que les lames sont usagées.
- L’effort vertical sur la lame mobile serait :
- P
- a- R
- IJl
- 25 ”2 X 45
- = 20 000 kg.
- Il faudrait augmenter cet effort si la largeur de la chute est supérieure à 30 millimètres et si les lames sont très émoussées. Si la longueur de coupe est de 200 millimètres en admettant une énergie nette par millimètre carré égale à
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-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 23)
- 0ks,n,125, la section exigera une énergie totale de 0,125 x 200 x 25 = 025 kilo-grammètres. A raison de 12 coups de cisaille par minute, l’énergie de cisaillage rapportée à la seconde, serait :
- 12 X 625 60
- = 125 kgm.
- Si le rendement du mécanisme est de 70 p. 100, la coupe exigerait :
- 125
- ôTto
- 178 kgm.
- L’énergie à vide étant de 107 kilogrammètres.
- Le rapport de l’énergie nette ou utile à l’énergie totale ne guère de :
- 178
- 285
- = 0,62.
- s’éloignerait
- L’effort moyen à la courroie serait :
- 285
- 7,5
- 38 kg.
- La section de courroie 150 X 8, est adoptée pour parer aux coups de force vive qu’elle subit surtout quand on poinçonne.
- Dans ce cas, l’effort sur l’outil peut atteindre, pour un diamètre de 25 millimètres dans une tôle de 20 millimètres d’épaisseur en supposant un coefficient R = 30 kilogrammes, une valeur :
- Tzda R = 3,14 X 25 X 20 X 30 = 45 000 kg.
- En comparant ce nombre avec celui 20000 kilogrammes relatif au cisaillage, on voit que la machine fatigue davantage en poinçonnant qu’en cisaillant sur plat.
- . , 100 x 100,
- Mais, lorsqu’on cisaille, par exemple, une cornière de ------- soit une
- section d’environ 2 775 millimètres carrés, et si on admet une résistance R = 25 kilogrammes, l’effort s’élèverait à :
- 2 775 X 25 = 69 375 kg.
- De tels efforts à développer momentanément imposent l’emploi de volants, sinon la courroie glisserait et tomberait.
- Souvent, on poinçonne et on cisaille en même temps: les efforts se combinent donc entre des valeurs assez grandes, et la puissance développée peut varier dans une telle machine triple, depuis 1 poncelet à vide, jusqu’à 4 poncelets dans les fortes coupes, mais d’une façon périodique.
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-
-
- 232
- ARTS MÉCANIQUES.
- AOUT 1901.
- A l’usine de Fives-Lille, une cisaille pour tôles de 35 millimètres d’épaisseur, à lames inclinées de 10°, course de 80 millimètres, pouvant couper 450 millimètres de largeur, exige à vide, un effort tangentiel de 18 kilogrammes au volant de 3 mètres de diamètre tournant à 100 tours par minute, soit une vitesse de 15m,70.
- L’énergie à vide est :
- 14,70 X 18 = 282 kgm.
- Effort de coupe :
- p = = 35 X.3?,>< 40 = 35 000 kg.
- 1,41
- 1,41
- Avec une largeur de coupe de 400, en admettant une énergie nette par millimètre carré de 0ksm,150, la section exigera une énergie totale de 0k§m,150 X 300 X35—2100 kilogrammètres, à raison de 10 coups par minute, l’énergie de cisaillage rapportée à la seconde serait :
- 2100 X 10 60
- - 350 kgm.
- Le rendement étant de 60 p. 100, la coupe exigerait :
- 350
- 0,60
- = 583 kgm.
- L’énergie totale = 583 + 282 = 865 kilogrammètres, soit près de 9 poncelets au moment de la coupe.
- L’effort tangentiel moyen à la courroie possédant une vitesse de 7,85, sans tenir compte de l’action du volant, serait :
- 865
- 7,85
- = 110 kg.
- La poulie a un diamètre de lm,500 et une largeur de 0m,200; elle tourne à 100 tours par minute.
- La courroie double a une largeur de 180 millimètres.
- Considérons une cisailleuse de forge découpant des tôles d’acier extra-doux de 30 millimètres d’épaisseur avec des lames de 2 mètres de longueur inclinées à 10°. Le coefficient R étant pris égal à 40 kilogrammes, l’effort sur les lames serait d’environ :
- P =
- a2 R 1,4 ~
- 30 X 30 X 40
- 1,4
- 25 700 kg.
- L’énergie pour la coupe de 2 mètres, en prenant = 0k£m,125, est :
- 2 000 X 30 X 0,125 = 7 500 kgm.
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-
-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 233
- à raison d’une coupe complète en 15 secondes, la puissance exigée par la coupe serait :
- 7 500 15
- = 500 kgm.,
- soit 5 poncelets.
- Tablant sur un rendement de 0m,50, le moteur qui actionnerait directement une telle cisailleuse devrait avoir une puissance effective de 10 poncelets à arbre d’attaque.
- Supposons qu’il s’agisse de plaques d’acier doux de 60 millimètres d’épaisseur, coupées à froid sur 2 mètres de longueur, chute de 30 millimètres de largeur; l’effort de coupe pourrait être estimé, en faisant R = 30 kilogrammes, à cause de la forte épaisseur, à environ :
- P
- a2 R
- TJ
- 60 X 60 X 30
- M
- = 77 000
- kg.
- L’énergie totale dépensée pour la coupe, serait d’environ :
- S X 0,125 = 2 000 X 60 X 0,125 = 120 000 X 0,125 = 15 000 kgm.
- La coupe totale étant faite en 20 secondes, la puissance développée serait :
- 15 000 20
- = 750 kgm.
- La lame mobile étant actionnée par pression hydraulique, et le compresseur étant mû directement par un piston-vapeur, comme dans la cisailleuse de MM. Breveret Schumacher, le rendement peut être évalué à 0,40. La puissance totale à fournir pendant la coupe s’élèverait à :
- £^ = 1875 kgm.,
- •
- soit de 18 à 20 poncelets.
- Ne perdons pas de vue que si la coupe se fait en pleine tôle, les efforts et les énergies peuvent être augmentés de moitié. Lorsque la coupe est faite à chaud au rouge sombre, ces éléments peuvent être réduits de moitié.
- De plus, il faut tenir compte de l’état des lames, de la vitesse, des chocs, et prévoir des efforts au moins doubles pour le calcul des organes.
- C’est ainsi que dans une cisailleuse pour tôles d’acier de 40 millimètres d’épaisseur et 3m,500 de longueur, MM. Delattre et Cie, Cie de Ferrière-la-Grande, ont tablé sur un effort de coupe de 450000 kilogrammes, alors que l’application de la formule relative à des lames en bon état, sans chocs, à faible vitesse
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-
-
- 234
- ARTS MÉCANIQUES.
- AOUT 1901.
- donne pour l’inclinaison adoptée de 8° = ol et en admettant pour de l’acier demi-dur à froid une valeur R = 60 kilogrammes et un rapport n = 0,3 ;
- n a2 R cos d
- • a
- P = 4 sin -
- 2
- 0,3 X 40 - 2 X 60 X 0,990 4 X 0,07
- = 100 000 kff.
- ,, Ma R 0,3 x 0,040 x 60
- L énergie par millim. carre d'x x —^^-----------------------------= 0kgm,36.
- L’énergie totale = 3 500 X 40 X 0,36 = 50 400 kgm.
- A raison de 4 coups de cisaille par minute, le coupe de 3m,500 se fait en 7".
- L’énergie nette de cisaillage rapportée à la seconde est :
- 50400
- 7
- 7 200 kgm.
- L’énergie moyenne de cisaillage rapportée à la seconde ressort à :
- 4 x 50 400
- 60
- 3 360 kgm.
- En tablant sur un rendement de 0,50, le moteur devrait fournir pendant la coupe une puissance de :
- 7 200
- 0,50
- 14 400 ksrrn.
- soit 144 poncelets ; mais en moyenne, le volant agissant comme régulateur, il produirait :
- 3 360
- 0,50 “ 6 720 kgm’’
- soit 67 poncelets.
- Le constructeur a adopté un moteur de 90 poncelets, ce qui permet de parer aux diverses éventualités de la marche.
- Essais de cisaillage avec lames circulaires. — Le cisaillage à lames circulaires étant plus continu que celui avec lames obliques, se prête bien à faire des essais. Nous avons opéré sur du cuivre avec une cisailleuse ordinaire de force moyenne, installée chez MM. Wauquier, constructeurs à Lille, et dont les éléments sont :
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-
-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 235
- Diamètre des lames......................................................... 0,160
- Croisement des lames. . ... ............................................... 2 millim.
- Angle d’acuité 6 =......................................................... , 80°
- Nombre de tours par minute................................................. 5,5
- Vitesse de pourtour V =.................................................... 0m,046
- Diamètre de la poulie...................................................... 0,800
- Nombre de tours de la poulie par minute.........................................20.
- Vitesse circonférentielle à la poulie V7 =. . *............................. . 0,837
- Module ou rapport entre la vitesse à la poulie et celle au pourtour des lames = = 18,2 (1)
- 0,04o
- Effort à la poule, à vide....................................................... 3 kg.
- Largeur des chutes..............................................................30 millim.
- Épaisseurs 1,5 2 3,5 5 6
- Effort moyen à la poulie P7 =. . . . 5,5 7 15 33 48 kg.
- Effort net à la poulie. .... . . . 2,5 4 12 30 45 kg.
- Effort tangentiel aux lames : P =. v Angle 2 de la résultante des réac- 46 73 220 546 820 kg.
- . a tions - — . . .1 . . . 2 ^ 12° 12°,307 13°,307 15° 17°
- Sin ^ — . . i . . . 2 0,208 0,216 0,233 0,259 0,292
- P Résultante des réactionsN — ^ . a 2sm - = 110 168 470 1 040 1 375 kg.
- Travail net de cisaillage par seconde
- i = P t 1,05 1,675 5,5 12,5 I8b£,08
- Id. par millimètre carré de sectiont/7i = 0,0152 0,0182 0,031 0,054 0,068
- R — 111 - _IÜL _ n a 0,2 a . 50 kg. 45^,5 45 kg. 54 kg. 57 kg.
- La figure 239 indique les variations de abscisses. t" et de P', les épaisseurs étant le
- OC .
- Les valeurs de - ont été déduites de l’épure, figure 240.
- La valeur de et, par suite, celle fictive ou relative de R, pour l’épaisseur
- (I) On sait que pour déduire le module d’une telle machine, il suffit de poser successivement les relations du travail entre les diverses chaînes cine'matiques qui constituent Je mécanisme de transmission de l’énergie : 1° L’égalité de l’énergie développée à la courroie et celui tangentiel au pignon d'engrenage où il se développe un effort P'7 avec vitesse y77, soit P' y7 = P77 y"; 2° L’égalité de l’énergie à la roue sollicitée aussi par P" et à la roue sollicitée par un effort P777 possédant une vitesse y777,soit : P" y77 = P777 y777 ;3° L’égalité de l’énergie P"’ y777 , transmise par l’arbre commun à l’une des lames sollicitée par un effort P à la vitesse y, soit P 777 Y" = Py.
- Multipliant ces égalités, il vient :
- P v 0 837
- PV = Py soit p/ = L — -L—— — 18,2 et P = 18,2 P7. .
- ‘ Ï 0,046
- Dans ces relations on néglige les frottements, mais on en tient compte par un coefficient de rendement général qui ressort des essais mêmes.
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-
- 236
- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1901.
- a = o millimètres, sont notablement plus élevées que celles obtenues par lames parallèles (oc = 10°), à la machine à essayer avec laquelle nous avons trouvé :
- = 0,0264 et R = 26kM,
- soit environ deux fois moins qu’avec la cisailleuse, de sorte que le rendement du mécanisme serait seulement de 50 p. 100.
- Fig. 239. — Essais de cisaillage avec lames circulaires.
- Ce rapport se réduit encore si on tient compte du travail à vide qui s’élève
- 3 1
- pour l’épaisseur 5 millimètres au 39 — Jq du travail de cisaillage, soit alors :
- = 0,054 + 0,0054 = 0,0594.
- Le rendement général serait :
- 0,0264 0,0594 —
- 0,44, valeur faible pour une machine
- d»nt le mécanisme comporte simplement une commande par courroie et trois arbres reliés par deux couples de roues d’engrenages cylindriques.
- Nous constaterons plus loin des rendements analogues.
- La cisailleuse considérée n’exigerait pendant la coupe maximum de 6 milli mètres, qu’une puissance de 40 kilogrammètres. Sa poulie était chaussée d’une courroie de 80 X 5.
- Essai fait avec une cisailleuse à engrenages et 'poulie de commande par courroie. — En enroulant sur une corde sur la poulie et mesurant les efforts par un dynamomètre, on a relevé la variation des efforts tangentiels P' (fig. 241), pendant la coupe d’une bande de fer de 7 millimètres d’épaisseur et de 90 millimètres de largeur. Les efforts P7 ont été pour chaque position correspondante de
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-
-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 237
- i’axe de l’excentrique en les reportant au-delà du cercle de rayon r' = 360 millimètres qui est celui de la roue d’engrenage commandée par le pignon de
- ! , t
- Fig. 240.
- rayon r" — 40 millimètres. II importe, dans les relations d’équilibre,'de tenir compte des frottements sur les tourillons en admettant un coefficient f— 0,1.
- Le rayon rx des tourillons de l’arbre de la poulie = 20 millimètres; celui de l’arbre de l’excentrique r\ = 33 millimètres; celui du tourillon de manivelle
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-
-
- 238
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- r"i=Tô millimètres; le rayon de manivelle r' = 10 millimètres. Si on considère l’effort P' = 30 kilogrammes qui se rapporte à la position horizontale de
- ^ V
- Fig. 241.
- l’axe de l’excentrique, on peut déduire l’effort P" sur les dents nages par la relation :
- soit :
- P'L = P" r" + (P" + P') fr„
- P’ (L —/>,) _ 30 (250 — 0,1 X 20) r" -+ f i\ 40 + 0,1 X 20
- 177 kg.
- d’engre-
- L’effort P sur la lame se déduit de la relation :
- soit :
- P " r'=Pr + (P" + P) fr\ + P f r" „
- P" (r' -F- fr\) 177 (360 — 0,1 X 35)
- r + f r\ fr", "10 + 0,1x35 + 0,1 X 25
- = 8 940 kg.
- Ce nombre concorde bien avec ceux des essais sur le fer signalés précédemment dans les coupes directes.
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-
-
- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- 239
- En admettant un effort moyen P' = 30 kilogrammes pendant la durée de la coupe qui correspond à 2,5 tours de la poulie, l’énergie dépensée serait :
- t = 2,5 X 30 X 2 X 3,U X 0,0250 = 117^,7.
- L’énergie par millimètre carré de section serait :
- 1_7X90"
- 0kgm,184.
- L’effort moyen de coupe P étant estimé 3 900 kilogrammes, et le chemin total 90 ...... (............. , , 1'
- de la coupe étant de = 15 millimètres^l’inclinaison des lames = - ), l’énergie utile est :
- soit un rapport :
- tv = 3 900 X 0,015 — 58^,5, tv 117,7
- 58,5
- = 0,50.
- La marche à vide nécessitait un effort tangentiel moyen P' = 2 kilogrammes. Si on suppose 10 coups de cisaille par minute, il faut 90 tours delà poulie et
- '^rUiagramme enregistré aoitomatiguement
- le travail total serait : (90 X 2 x 3,14 X 0,250 X 2) + 10 X 117,7) = 1 459,6kgm., soit une puissance par seconde de :
- soit environ 1/4 de poncelet.
- Dans cette application, l’énergie à vide est environ le 1 /4 de l’énergie dépensée par l’outil.
- La figure 242 montre deux diagrammes des efforts développés tangentielle-mcnt à la poulie de commande de la cisailleuse. Celui en trait continu a été rapporté d’après les mesures directes, le deuxième, en traits interrompus, a été
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- 240
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- relevé par un dynamomètre enregistreur. L’allure d’un tel diagramme est très variable avec l’épaisseur de la tôle, la vitesse du volant de la machine dont la
- Fig. 243. — Tarage du dynamomètre.
- Diamètre de poulie de la cisaille = 0,509; développement : 3,14 X 0,509 = 1,60; pour montée et descente, il faut 9 tours = 14,40; le travail =14,40 X (effort tangentiel) ; 9 tours de poulie correspondent à x tours du dynamomètre, soit :
- 14,40
- 3,14 X 0,300
- = 12,5 tours.
- Or 1 tour de poulie du dynamomètre corespond à 12,4 du tambour et 152 mm. de développement compris entre deux hauts de course consécutifs correspondent à 9 tours de la poulie de la cisailleusc, soit à un chemin de 14,40. Une demi-course correspond à 76 mm. de développement du tambour, soit à un chemin = 7,20 parcouru par les efforts tangentiels que les ordonnées y mesurent. Le travail est donc : 7,20 X {y, ordonnée moyenne).
- puissance vive entre enjeu, ies variations de la vitesse que subit la lame pendant la coupe. C’est ce que montrent les essais à vitesse variable qui suivent.
- Essais de cisaillage à vitesse variable. — Dans ces essais à vitesse variable, nous avons recherché l’influence de la puissance vive du volant de la cisailleuse, et la variation des énergies dépensées.
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 241
- - Nous avons opéré d’abord à vide, puis sur divers échantillons de bandes de fer de largeur et d’épaisseur constantes pour une meme série d’opérations.
- La cisailleuse était commandée (fîg. 243) par le dynamomètre enregistreur, et celui-ci par le plateau d’un tour à 8 vitesses dont nous en avons utilisé 6, ce qui nous a donné :
- Vitesses. .............. nos 1 2 3 4 5 6
- • Nombre de coups par minute. , . 1,33 2,44 4,33 7,55 12 21
- Nous avons relevé plusieurs diagrammes pour chaque essai et nous avons choisi les plus réguliers d’entre eux. D’ailleurs, les différences n’étaient pas très
- Â’tr,L bi-c A* cc.c Ji
- cuJ
- Fig. 244. — Cisailleuse à vide.
- grandes, attendu que la bande de fer était coupée alors que la machine possédait à chaque fois sa vitesse normale.
- On conçoit que, si on pratiquait des coupes répétées sans interruption, iî se -produirait des ralentissements trop prononcés et les essais ne seraient plus comparables. ,
- Cependant, les diagrammes se rapportent à deux coups de cisaille donnés successivement, parce que le tambour du dynamomètre, à la vitesse de développement adopté, permettait de les relever ainsi sans ambiguïté.
- Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901.
- 16
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- IÇiTo 0r0.ru m- ehrto.
- ARTS MÉCANIQUES. ---- AOUT 1901.
- Dans les plus fortes épaisseurs coupées, l’allure des courbes était sensiblement la même, car pendant la course à vide, le volant reprenait sa vitesse normale, de sorte que dans l’estimation de l’énergie, on pouvait prendre à volonté la longueur du développement au tambour, à partir d’un point plus ou moins rapproché de ceux qui correspondaient au haut et au bas de course.
- Marche à vide (fig. 244). — Les 6 diagrammes de la marche à vide montrent, par leur simple aspect, qu’à mesure que la vitesse augmente, les variations des efforts sont moins répétées. Le volant régularise la marche tout en n’évitant pas les périodes d’accélération et de retardation dues au mouvement du coulisseau porte-outil.
- Sur ces diagrammes, sont repérées les positions de haut et de bas de course qui concordent avec les variations principales des efforts.
- 50
- Q 1,33 2M ir.SS
- —r~
- 20 ît ooïvjrs
- Fig. 245. — Marche à vide.
- Les surfaces de ces diagrammes ont été rapportées pour chaque partie de la course double, c’est-à-dire pour la montée, puis pour la descente. Elles ont été exprimées en kilogrammètres. Portées en ordonnées (fig. 245), en prenant pour abscisses le nombre de courses doubles par minute, elles accusent la courbe abc. Cette courbe montre que pour la marché à vide, la dépense d'énergie diminue quand la vitesse augmente.
- Rappelons que, pour la meule de grès, outil bien équilibré, nous avons trouvé qu’en travail la dépense d’énergie augmentait avec la vitesse.
- On voit qu’il importe, pour chaque espèce de machine, de faire des essais particuliers en se gardant de généraliser.
- La figure 246 est un diagramme de mise en marche à vitesse de régime à raison de 21 coups par minute.
- On y constate des chutes d’efforts prononcés que l’on ne peut guère expliquer
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS.
- que par des glissements de courroies entre le dynamomètre et la transmission principale, glissements qui se caractérisent par le bruit qui leur est spécial, glissements que Ton côns tatai t, en effet, aux mises en route brusques, sur la poulie de l’arbre de couche dont la courroie n’était pas assez tendue.
- Marche avec coupes de 90 X 7 (fig. 247). — La plus grande vitesse : à 21 coups par minute, donne de faibles variations dans le diagramme correspondant;
- L’action du volant pesant 150 kilogrammes est très prépondérante.
- Avec la vitesse à 12 coups, les chutes d’efforts dans la période de non-coupe s’accusent. A la fin de la coupe, le volant ayant ralenti, il emmagasine de l’énergie, puis, quand il repossède sa vitesse normale, lacourbe a ses ordonnées très réduites.
- Avec la vitesse à 7,55 coups, les ordonnées du travail augmentent fortement, et pendant la période de non-travail, elles se réduisent vers celles de l’allure à vide.
- Enfin, à la vitesse de 4,3,3 coups, la progression des ordonnées du travail s’accuse encore davantage.
- Les surfaces comparées des énergies montrent d'une façon très nette que les grandes vitesses exigent moins d'énergie que les petites.
- Ainsi à la vitesse de 21 coups, on trouve 141,84 kilogrammètres; à la vitesse de 4,33 coups, on a 232,56 kilogrammètres, soit un rapport : 141,84
- 232,56 — 0’61, '
- f'
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- 244
- ARTS MÉCANIQUES. — AOUT 1901.
- L’énergie totale dépensée par millimètre carré dè section cisaillée serait :
- 141 84
- A la vitesse de 21 coups : = 0,225 kgm.
- 232 56
- A la vitesse de 4,33 coups : ^ =0,37 kgm.
- A la vitesse de 12 coups ordinairement adoptée par la pratique pour les petites et moyennes cisailleuses, l’énergie dépensée par millimètre carré serait : 163,8
- = 0,260 kgm.
- A la vitesse de 2,44 coups, le volant n’avait pas assez de puissance vive pour
- Fig. 247. — Cisaillage du fer.
- 21 coups.
- 12 coups.
- 7 coups 55.
- 4 coups, 33
- obtenir une coupe sans ralentissement prononcé et glissement de la courroie, ce qui ne permettrait plus d’obtenir des diagrammes comparables.
- C’est aussi à l’action régulatrice du volant qu’il faut attribuer la moindre dépensé d’énergie à mesure que la vitesse s’accentue, à mesure que les perturbations vives s’atténuent. C’est donc avec raison que les constructeurs munissent les cisailleuses de volants qui tournent à grande vitesse.
- Retenons que les énergies ci-dessus sont environ quatre fois plus élevées que celles déduites pour la coupe directe à la machine à essayer. Sans doute, parce que les lames étaient usagées et parce que les résistances passives avaient une importance relativement grande.
- Bande de 71 X 7 (fig. 248). — Les diagrammes relatifs à la bande 71 X 7 sont
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS. 245
- très analogues à ceux de la bande 90 X 7. Lés surfaces de travail sont un peu moins étendues, ce qui se conçoit, puisque la largeur est réduite. ;
- 17 coups.
- 7 coups !
- Fig. 248. — Cisaillage du fer (71 x 7).
- L’énergie totale dépensée par millimètre carré de section cisaillée ressort :
- Vitesse à 21 coups
- 12 coups
- 2,44 coups
- 90
- t"--------= 0kgm 181
- 1 — 497 >
- 115,2
- 497
- 0kgm,231
- 198,72
- 497
- = 0kgm,4
- Bande de 70 X 5,5 (fi g. 249). — La comparaison des diagrammes, qui se rapportent à 6 vitesses, montre moins de variations dans les énergies. Celles des efforts sont prononcées jusqu’à 7,55 coups par minute. A 42 coups et à 21, les différences sont assez faibles.
- L’énergie dépensée par millimètre carré de section cisaillée est :
- Vitesse : . . . ....
- 21 coups
- 82,80 82,80 70 X 55 — 385 —
- 12 coups
- 92,16
- = 0,239
- 1,33 coups
- 117,36
- 385
- 0kgm,305
- 385
- 385
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- ARTS MÉCANIQUES.
- AOUT 1901
- Bande de 45 X 6 (fig. 250). — Mêmes observations que pour la bande qui précède. Énergies dépensées : . ’
- T
- //
- 1
- 76,32
- 270
- = 0,284
- 77,76
- 270
- = 0,288
- 102,24 ~27Ô~
- 0kgm,380
- Bande de 40 X 4 (fig. 251). — Les surfaces relatives au cisaillage s’accusent toujours mieux dans les faibles vitesses que dans les grandes, ce qui se comprend, le volant à grande vitesse ayant une puissance vive relative très forte par rapport à l’énergie de coupe.
- ks
- Ntl
- Fig. 249. — Cisaillage du fer (70 X 5,5).
- Faisons encore ressortir les valeurs de l’énergie par millimètre carré de section aux trois vitesses principales, 21, 12 et 1,33 coups, soit :
- 46,08
- = 0,289
- 44,28
- 160
- —- 0,270
- 57,6 _ 160 ~
- 0kgm,360
- 160
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- Fig. 250. — Cisaillage du fer (45 x 6). _
- Fig. 251. — Cisaillage du fer (40 x 4).
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1901.
- Bande de 31 x 4 (fig. 252). — Cette bande a donné les valeurs :
- T
- n
- 1
- 42,48
- 124
- 0,343
- 30,96
- 124
- = 0,249
- 43,92 124 ~~
- 0^,355
- La figure 253 permet de comparer les diverses variations des énergies aux diverses vitesses pour chacune des sections. On constate que l’allure des lignes brisées ou des courbes fictives qui les remplaceraient et qui correspondent aux sections 90 x 7 et 71 X 7 ont beaucoup d’analogie. Celles des sections 70 x 5,5
- Lr
- Fig. 252. — Cisaillage du fer de 31 x 4.
- et 45 x 6 accusent moins de variations aux grandes vitesses, les courbes tendent vers l’horizontale.
- Il en est de même pour les sections 40 x 4 et 31 x 4. Cependant, pour cette dernière, l’énergie s’accroît avec la vitesse maximum.
- Si nous considérons la vitesse de 12 coups par minute, les énergies pour les différentes bandes accusent les valeurs : 0,260, 0,231, 0,239, 0,288, 0,270, 0,249 kilogrammètres par millimètre carré de section, et l’on voit qu’elles sont très voisines d’une valeur moyenne 0,257 kilogrammètres, résultat très probant en faveur de la bonne pratique qui s’est arrêtée à la vitesse de 12 coups, guidée par l’expérience de l’usage prolongé qui est la routine judicieuse du praticien, routine qui a devancé l’étude comparative.
- Cette valeur moyenne de l’énergie dépensée par unité de section de surface cisaillée permet d’obtenir approximativement la puissance dépensée à la courroie de commande, par une cisaille ordinaire coupant une section S, en admettant une épaisseur inférieure à 10 millimètres. A chaque coup de cisaille, l’énergie
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- EXPÉRIENCES SUR LE TRAVAIL DES MACHINES-OUTILS
- 249
- serait : 0,257 S. A raison de 12 coups par minute, on aurait ; 12 x 0,257 S, et
- 12x0 257 S
- par seconde, la puissance serait ——^——= 0,0514 S. kgm.
- Par exemple, une barre plate de 100 X 10 = 1 000 millimètres carrés exigerait
- 1,23 2,44 4,33 11 21 Ou
- 1 % 3 4 S 6 J 8 9 1° 11 il 13 14 if 16 if 18 1$ lo 11 jxu m,in.
- Nombre de coups par minute.
- Fig. 253. — Courbes xprimées par les surfaces des diagrammes enregistrés au dynomomètre. Énergie absorbée par le cisaillage sous différentes vitesses. Cisaillage du fer.
- pour des coupes répétées, une puissance de 0,0514 x 1000 = 51,4 kilogram-mètres, soit environ 0,5 de poncelet.
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- 250 ARTS MÉCANIQUES. ----- AOUT 1901.
- Quand il faut vérifier, à chaque coup, la position de la pièce, on perd ordinairement un coup sur deux, de sorte que le travail utile se réduit, et le travail total aussi, dans des proportions variables avec la section de la pièce.
- Sur la figure 253, nous avons aussi indiqué, pour les sections 90 x 7, 71 X 7 et 31 X 4, la variation des efforts maxima tangentiels à la poulie du dynamomètre. Ces courbes ont des allures analogues à celles des courbes relatives aux énergies.
- Les efforts sont plus grands à petite vitesse qu'à grande vitesse, à cause de l’action du volant.
- (.A suivre.)
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- MÉTROLOGIE
- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL DES POIDS ET MESURES
- par Ch. Éd. Guillaume.
- Le système métrique est né, pour ainsi dire, avec le siècle qui vient de finir; pendant ces cent années d’existence, il n’a cessé de se développer, refoulant devant lui les anciens systèmes des poids et mesures, compliqués pour la plupart, et dont aucun n’avait réussi à s’étendre sur plusieurs pays à la fois. Les peuples qui, les premiers, bénéficièrent de son idéale simplicité et de son admirable ordonnance ont oublié les systèmes d’autrefois, et il est bien peu d’hommes de notre génération qui, en France par exemple, connaissent d’autres poids et d’autres mesures que ceux du système métrique. Privés d’un point de comparaison, ignorants des complications des autres systèmes, nous sommes devenus insensibles à son progrès, et ses anniversaires passent inaperçus. Mais il n’en est pas ainsi partout. Il est des pays où le centenaire récent du système métrique a été signalé par des fêtes publiques; et lorsque, l’an dernier, les lointains échos de ces fêtes arrivèrent à son berceau, on apprit, non sans un peu d’étonnement que, dans d’immenses contrées, ce système est considéré comme une merveille et son adoption prochaine comme un grand bienfait.
- Mais un texte de loi ne suffit pas pour qu’un système de mesures soit réellement employé; il est nécessaire, en outre, que les unités sur lesquelles il repose soient représentées par des étalons précis, et, pour l’unification internationale, il faut que les étalons prototypes qui, dans les divers pays, représentent les unités de longueur et de masse, soient identiques les uns aux autres. C’est le Bureau international des Poids et Mesures qui a créé cette identité pour le système métrique, en mettant en œuvre des méthodes que nous examinerons plus loin en détail.
- Les procédés de mesure, dont le Bureau a fait une constante étude, y ont subi d’importants perfectionnements; mais au moment même de sa création, la métrologie était arrivée déjà à un état relativement avancé, à la suite de recherches nombreuses, exécutées dans les principaux pays de l’Europe, et dont le but immédiat avait été l’établissement et la comparaison des étalons au degré de perfection exigé par la science de chaque époque ; une rapide es-
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- 252
- MÉTROLOGIE.
- AOUT 1901.
- quisse de ces recherches est nécessaire pour comprendre les considérations qui guidèrent les premiers travaux de la Commission internationale du Mètre ; c’est à ce résumé historique que sera consacrée la première partie de ce travail.
- LES ÉTALONS DES ARCHIVES DE FRANCE
- A diverses reprises, dans les deux derniers siècles, la géodésie précéda la métrologie proprement dite, ou du moins dicta ses progrès. La mesure de la Terre, avec la précision nécessaire à la détermination de sa forme et de ses dimensions, exigeait plus.que les expériences faites alors dans les laboratoires, et surtout que les mesures commerciales. Les classiques déterminations géo-désiques, entreprises par l’initiative de l’Académie des Sciences de Paris, contribuèrent ainsi puissamment au progrès de la métrologie, et leur histoire nous renseigne assez exactement sur la précision qu’à diverses époques on se flattait d’atteindre (1).
- Au milieu du xvme siècle, on ne cherchait pas à dépasser le dixième de millimètre. Les longueurs étaient ajustées dans des gabarits, et des comparaisons ultérieures, faites soit à l’aide d’un compas à verge, soit en vérifiant la continuité de leurs surfaces terminales à la loupe ou au toucher, démontraient leur suffisante égalité.
- Un très grand progrès fut accompli à la fin du xvme siècle à l’occasion des travaux entrepris en vue de fixer les prototypes du système métrique. Les étalons n’étaient plus ajustés dans des gabarits invariables, mais, au contraire, comparés entre eux sur une règle portant, à une de ses extrémités, un talon saillant, et, à l’autre, un curseur muni d’une division et d’un vernier. Un butoir, amené au contact de la règle, était repéré sur le vernier, et ainsi, comme le déclare Delambre, on atteignit des résultats « ne s’écartant pas de la rigoureuse précision d’un deux-centième de ligne, ce qui est insensible. » En un demi-siècle, la précision des mesures avait donc sensiblement décuplé.
- Les étalons employés par Borda dans les mesures des bases géodésiques étaient constitués par des bandes de platine que l’on pouvait placer dans le même alignement, et que l’on prolongeait par des languettes glissant dans des coulisses, de manière à les amener au contact, tout en mesurant exactement la quantité dont il avait été nécessaire de les allonger. En même temps, la règle de platine était comparée à une bande de laiton qu’elle recouvrait dans toute sa
- (1) Pour l’histoire du développement de la métrologie, depuis l’année 1750 environ jusqu’à l’époque actuelle, on consultera avec intérêt le beau mémoire de M. J.-René Benoît, inséré au tome Ier des Rapports présentés au Congrès international de Physique de 1900; et, pour l’histoire du système métrique, l’ouvrage très documenté de M. G. Bigourdan : Le Système métrique des Poids et Mesures (Paris, Gauthier-Villars, 1901).
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 253
- lon'gueür, et à laquelle elle était Solidement fixée par une extrémité. De la différence de longueur des deux règles, on déduisait leur température dans les mesures sur le terrain, après l’avoir déterminée dans des expériences préliminaires faites au laboratoire. !
- Les quatre étalons employés par Borda étaient longs de deux toises. L’un d’eux fut considéré comme étalon principal, et reçut le nom de Module. Les longueurs des bases, et, par conséquent, cellë de l’arc de méridien mesuré par Delambre et Méchain, furent exprimées par rapport au module, et ce fut encore en fonction de cet étalon que fut donnée la longueur du Mètre, qui fut déclaré égal à la fraction 0,256537 du module. =
- Tous les étalons employés jusqu’alors étaient des règles à bouts; il était donc naturel de rattacher le mètre au même système.
- Le passage de la toise au mètre, qui n’en est pas une partie aliquote, nécessita une opération compliquée, dans laquelle on assembla, bout à bout, un certain nombre de règles, qui furent ensuite comparées entre elles. Cependant, grâce à la grande habileté des opérateurs et au soin extrême de leurs mesures, grâce aussi certainement à une part d’heureuse chance, le mètre se trouva réalisé, conformément à sa définition numérique, avec une précision que l’on ne dépasserait aujourd’hui qu’en faisant usage des appareils les plus perfectionnés (1). Mais il ne faut pas oublier que l’on ne prétendait pas, à cette époque, dépasser sensiblement la précision du centième de millimètre, et que les étalons étaient construits seulement de manière à satisfaire sûrement à cette exigence. Il n’est pas inutile d’ajouter dès maintenant, afin d’éviter une exagération trop fréquente dans l’appréciation de l’exactitude réellement atteinte dans ces mesures, que les différences trouvées récemment entre les règles de Borda s’écartent des anciennes équations relatives d’une quantité supérieure à l’erreur commise dans l’opération, beaucoup plus difficile, du passage du module au mètre.
- Le Mètre des Archives de France, qui devintle prototype du système métrique, et ses deux témoins : le Mètre du Conservatoire et le Mètre de l’Observatoire, furent construits d’une manière identique, par agglomération de la mousse de platine obtenue par précipitation d’un sel dissous. Ces règles ont 25 millimètres de largeur, le Mètre des Archives a 4 millimètres d’épaisseur, et les autres 3,5 millimètres. Par définition, le mètre devint égal à la distance des centres des faces terminales de l’étalon des Archives à la températuré de la glace fon-
- (I) Dans des comparaisons faites il y a quelques années et sur lesquelles je reviendrai à l’occasion des étalons géodésiques, nous avons trouvé en effet, M. Benoît et moi, pour le module en fonction du mètre, une longueur différant de la valeur de définition de 5[x seulement, c’est-à-dire d’un peu plus de lu pat mètre, grandeur négligeable si l’on tient compte du mode de construction des étalons.
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- 254
- MÉTROLOGIE. --- AOUT lflOl.
- dante, sans aucun recours à la relation numérique avec module et par là même avec le méridien terrestre.
- La réalisation de l’étalon du kilogramme fut confiée à Lefèvre-Gineau qui^ aidé pour une partie du travail par Fabbroni, fit construire, par Lenoir, un cylindre creux de laiton dont les dimensions étaient de 243,5 millimètres dans les deux sens, dont le volume était un peu supérieur à 11 décimètres cubes, enfin dont le poids dans l’eau était de 200 grammes. Les dimensions de ce cylindre furent rapportées, au moyen du comparateur à levier, à la longueur d’une règle égale à la seizième partie du module, et qui avait été comparée aux quinze règles, sensiblement égales, formant, avec elle, cette longueur totale. Les diamètres furent mesurés en huit sections droites et les hauteurs en douze points de trois cercles tracés sur les bases. Les pesées hydrostatiques furent faites à la température de la glace fondante. On trouva que la définition théorique du kilogramme lui assignait une valeur égale à 18 827,15 grains, et on construisit, sur cette donnée, l’étalon en platine pur des Archives.
- Pour nous rendre compte du degré d’exactitude auquel pouvait prétendre le résultat de Lefèvre-Gineau et Fabbroni, supposons que l’erreur possible des mesures, estimée par les contemporains à 0mm,01, ait été vraiment atteinte, et que les dimensions adoptées pour le cylindre aient été systématiquement faussées de cette quantité. Il en résultera, sur chaque dimension, une erreur relative de 1/24 350, trois fois plus forte sur le volume, c’est-à-dire une erreur de 123 milligrammes sur le kilogramme.
- Les divers observateurs qui, depuis cette époque, ont répété la détermination de la masse du décimètre cube d’eau, ont trouvé des écarts généralement plus considérables; mais ces écarts étaient tantôt positifs, tantôt négatifs, à tel point que le sens même de l’erreur qu’avaient "pu commettre Lefèvre-Gineau et Fabbroni resta incertain jusqu’à ces dernières années.
- J’anticiperai sur des résultats que nous trouverons ultérieurement, en disant qu’en réalité, le kilogramme est un peu plus lourd que la valeur correspondant à sa définition, mais probablement de 30 à 50 milligrammes seulement, quantité si petite qu’en soumettant l’eau à une pression comprise entre une atmosphère et demie et deux atmosphères, la masse du décimètre cube à 4° serait égale au kilogramme. L’erreur commise dans la réalisation du kilogramme est probablement comprise entre le quart et la moitié de celle qui résulterait de l’erreur systématique que nous avons supposée possible dans les mesures de Lefèvre-Gineau et Fabbroni; les mesures des dimensions du cylindre auraient donc été, en moyenne, exactes à trois microns près environ. Mais on peut aller plus loin; la réduction des observations originales à l’aide de constantes mieux connues aujourd’hui fait apparaître, en effet, le kilogramme comme un peu trop lourd, à tel point que si ces expériences avaient été réduites d’emblée avec des
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL.
- 255
- coefficients parfaitement exacts, on serait probablement encore, malgré les mesures les plus parfaites de ces dernières années, dans le doute au sujet du signe de Terreur du kilogramme.
- Ce résultat, comme aussi l’étude détaillée des procédés employés par Lefèvre-Gineau et Fabbroni, nous montre combien leur détermination réunit une entente parfaite des procédés de la métrologie avec un soin extrême dans l’exécution et un grand bon sens dans la discussion des résultats. Ces mesures furent beaucoup plus parfaites que la plupart de celles qui furent instituées ultérieurement pour les contrôler (1).
- Il ne faudrait pas cependant, comme on Ta fait à plus d’une occasion, passer d’un extrême à l’autre, et, après avoir émis des doutes insuffisamment motivés sur l’exactitude de cette détermination fondamentale, prétendre qu’on ne puisse faire mieux aujourd’hui. On ne saurait trop répéter, qu’à l’époque de la création du système métrique, on ne prétendait pas réduire Terreur des mesures de longueur notablement au-dessous du centième de millimètre, et que, lorsque les résultats arrivèrent à un plus haut degré de perfection, le hasard vint en aide aux observateurs très entendus, habiles et soigneux, auxquels fut dévolu l’honneur de donner au monde les étalons du nouveau système.
- Si, aujourd’hui, nous pouvons, à bon droit, prétendre que les premiers étalons du système métrique sont devenus insuffisants, il ne saurait en résulter aucune critique pour ceux qui les construisirent. Ces étalons correspondaient parfaitement à leur but, et, à une époque où la limite de précision des mesures de longueur était le centième de millimètre, ils permettaient d’obtenir mieux; ils devançaient donc leur temps, et devaient suffire pour une longue période. Mais, à son tour, la métrologie les devança, et les rendit impropres à servir de base fondamentale aux unités métriques; c'est alors que la nécessité d’établir le système des poids et mesures sur des bases scientifiques plus précises, en
- (1) Voici, en effet, les nombres résultant, après discussion, des mesures faites pendant le xixe siècle au sujet de la masse du décimètre cube d’eau à 4° ;
- Dates.
- Observateurs.
- Masse
- du décimètre cube d’eau.
- 1798-1821
- 1821. . .
- 1823. . .
- 1841. . . 1890. . .
- Shuckburgh et Kater. Stampfer.
- Berzelius, Svanberg et Akerman. Kuffper. Clianey.
- lk&, 000457
- 0,999 750
- 1,000 296
- 0,999 931 0,999 823
- Nous donnerons plus loin le résultat des mesures les plus récentes, avec la valeur actuellement la plus probable de la masse du décimètre cube d’eau. Il suffit de noter ici que l’écart maximum entre les valeurs déterminées au cours du siècle dépasse 700 milligrammes.
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- même temps que sur une plus large organisation, devint une condition absolue de Son expansion. .
- Nous analyserons les circonstances qui rendirent cette organisation néces-^ saire, et qui furent une conséquence naturelle des progrès de la métrologie au cours du xix® siècle.
- LES PROGRÈS DE LA MÉTROLOGIE DEPUIS LA CRÉATION DU SYSTÈME MÉTRIQUE JUSQu’a
- L’ORGANISATION INTERNATIONALE
- Après l’effort très grand fait par les illustres fondateurs du système métrique, on put observer ce phénomène, fréquent dans l’histoire scientifique, d’un retour en arrière dans les lieux mêmes qui avaient vu le plus grand progrès. Douze ans après la promulgation du système métrique, la législation française admit un système mitigé, qui n’était plus celui de la toise, du pied de Roy et de la livre poids de marc, mais qui rétablissait le pied, la toise et la livre en fonction du mètre et du kilogramme. Au point de vue scientifique, le recul ne fut pas moindre, car c’est à peine si, dans la première moitié duxixe siècle, on trouve la mention d’une mesure faite avec des soins comparables à ceux que les créateurs du système avaient apportés à leurs déterminations.
- En revanche, on voit, en divers pays, les mesures progresser, et des idées nouvelles se faire jour en métrologie.
- En Angleterre, les relevés topographiques conduisent à faire des comparaisons étendues, et la construction des étalons procède d’idées différentes de celles qui avaient eu cours jusqu’alors. Dès 1798, sir Georges Shuckburgh déterminait des étalons à traits, c’est-à-dire des étalons définissant une longueur par la distance des axes de deux traits tracés à la surface d’une barre de métal; et, en 1802, son comparateur à microscopes fut apporté en France pour une comparaison des étalons anglais avec les étalons métriques, comparaison qui, répétée ultérieurement par Kater, servit jusqu’à ces derniers temps de base aux équivalents légaux, bien que l’erreur sur le chiffre admis fût de l’ordre de 1/40000.
- Kater semble, dans ses comparaisons, avoir tenu moins grand compte que la commission française des erreurs dues aux températures ; en revanche, il indiqua le premier, en 1826, que la distance de deux traits marqués sur la surface d’une règle dépend de son mode de support, et imaginait, pour atténuer cette erreur, de faire supporter une règle très mince par une barre très rigide. C’était une solution hybride et incomplète du problème de la flexion, qui fut résolu plus tard, en Angleterre, par la commission nommée pour restaurer les étalons des poids et mesures détruits dans l’incendie du Parlement en 1834. Cette commission, dont Airy présenta, en 1857, le rapport la à Société royale et dont le travail peut, à bon droit, servir de modèle, construisit des étalons de
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- forte section, ayant un pouce au côté, et munis, près des extrémités, de puits mettant à découvert le plan des fibres neutres (fig. 1). Au fond de chaque puits était enchâssée une petite cheville d’or bien polie, et portant un des traits définissant l’une des extrémités du yard. Les comparaisons furent faites à l’aide de microscopes micrométriques, à objectifs achromatiques de fort grossissement.
- Par l’ensemble des procédés employés et par le soin apporté à ce travail, les mesures de la Commission anglaise se rapprochent beaucoup de ce qu’on pratique encore aujourd’hui. Cependant, ainsi que le dit M. Benoît dans le rapport déjà cité : « Ses résultats ont malheureusement perdu une certaine partie de leur valeur absolue, par suite de deux circonstances. En premier lieu, la résolution de fixer la température normale de l’étalon à 62° F. (16° 2/3 C.), résolution inspirée sans doute par le désir de ne rien changer à de vieilles traditions, et par des considérations de commodité pratique qui n’ont plus pour nous aucune importance; cette résolution, dis-je, devait inévitablement, en liant la définition même de l’unité à une mesure thermométrique, introduire dans celte définition un certain degré de vague et d’imprécision. On ignorait alors que la définition d’une échelle thermométrique « par la dilatation du mercure dans le verre » n’est point suffisante et conduit à autant d’échelles différentes qu’il Fig' *' “ Yard éla!on; coupe longituainale existe de sortes de verre; on ignorait également les lois des variations des thermomètres et les méthodes propres à en tenir compte et à en éliminer les effets. En deuxième lieu, il paraît certain que, malgré l’extrême souci qui hanta constamment la Commission de construire ses règles d’une matière stable et exempte de toute variabilité avec le temps, malgré les efforts qu’elle fit pour tâcher de leur garantir cette qualité, elle n’y put réussir qu’imparfaitement. Si l’on met en regard avec les comparaisons de Sheepshanks celles qui ont été faites depuis en Angleterre, aux Etats-Unis et en France, sur un certain nombre de ces étalons, il est difficile d’échapper à la conviction qu’ils ont changé, depuis l’origine, de quantités sensibles. Pour cette double raison, il nous serait impossible de garantir que la relation qui a été déterminée récemment, au Bureau international des Poids et Mesures, entre le Mètre et l’Imperial Standard Yard dans son état actuel, corresponde à la valeur primitive de l’unité du système britannique, jusqu’au degré d’approximation avec lequel la Commission anglaise s’était proposé et s’était flattée de fixer cette unité. »
- Kupffer qui, en Russie, fit, à lui seul, un travail métrologique extrêmement considérable, en établissant la sagènenormale légalement définie par la longueur de 7 pieds anglais, et en lui comparant la plupart des étalons européens, utilisa Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901.
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- MÉTROLOGIE.
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- aussi les règles à traits. Ses recherches, dont les principales s’étendirent de 1833 à 1841, sont postérieures à celles de Shuckburgh et Kater, mais antérieures à celles de la seconde commission anglaise. Il eut, d’ailleurs, avec les métrolo-gistes anglais des rapports fréquents, put leur emprunter certains perfectionnements et leur en communiquer d’autres. C’est lui qui semble avoir substitué à la croisée de fils des micromètres d’autrefois deux fils parallèles entre lesquels le trait est encadré pour les mesures, qui sont devenues dès lors beaucoup plus précises.
- « Cependant, dit M. Benoît, l’étalon à bouts n’était pas abandonné. En 1823, Bessel avait fait construire par Fortin une copie de la Toise du Pérou qui était une simple règle plate de fer terminée par des surfaces sensiblement planes et perpendiculaires à sa longueur. Bessel, semble-t-il, nourrissait, à l’égard des règles à traits, quelques préventions, qui lui avaient été inspirées par les observations de Kater sur l’influence des courbures et sur l’influence de l’équation personnelle de chaque observateur, double influence qu’il est aisé de faire disparaître dans des étalons convenablement construits. La toise à bouts s’adaptait mieux, d’ailleurs, aux expériences que Bessel avait en vue, et dont l’objet devait être la détermination de la longueur du pendule battant la seconde à Kœnigs-berg. Cette même règle lui servit, en 1835, à ajuster un nouvel étalon pour le royaume de Prusse, étalon qui était encore une règle à bouts, en acier, mais dont les extrémités étaient formées par des pièces de saphir incrustées dans le métal.
- « La toise de Kœnigsberg devait prendre plus tard une importance particulière dans l’histoire de la géodésie, parce qu’elle devait devenir, d’une façon plus ou moins directe, la base adoptée comme point de départ pour une grande partie des triangulations européennes faites pendant le xixe siècle ».
- En France, le service des poids et mesures était centralisé au Conservatoire des Arts et Métiers, qui, peu à peu, perfectionna son outillage, et fit construire, en particulier, par Gambey, un comparateur à déplacement longitudinal permettant de comparer des mètres à bouts ou à traits, ou même d’exécuter des tracés. C’est à ce programme complexe qu’on cherche encore à satisfaire dans des comparateurs construits récemment dans un but mi-scientifique, mi-industriel.
- La plupart des opérations faites au Conservatoire avant la période de rénovation du système métrique poursuivaient un but plutôt industriel que scientifique; cependant, il faut en excepter quelques déterminations comme celles que firent, en 1859 et 1863, Régnault, Le Verrier, Morin et Brix, sur les étalons métriques que l’Etat prussien possédait depuis 1827, et qui devaient servir, à partir de 1868, d’étalons provisoires du système métrique dans la Confédération de l’Allemagne du Nord. On peut citer aussi les comparaisons faites par Tresca et Perrier pour déterminer les étalons géodésiques de 3 mètres de longueur construits antérieurement sur les indications de Porro.
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 259
- Dans les divers travaux qui viennent d’être rapidement esquissés, la métrologie s’était peu à peu transformée. Des idées nouvelles s’étaient substituées à celles qui prévalaient au moment de la création du système métrique. En même temps, l’Europe se couvrait de vastes réseaux de triangles destinés à fixer la position exacte d’un grand nombre de points, tant pour la confection des cartes que pour la détermination de la forme et des dimensions de la Terre. Puis des comparaisons partielles de certains groupes d’étalons étaient faites en divers lieux, notamment à Soiithampton, où Clarke réunissait, en 1864 et 4865, un grand nombre d’étalons originaux, dont il déterminait les rapports. Et, de la synthèse de tous ces résultats, se dégageait de plus en plus nettement cette idée : que de nouveaux progrès étaient subordonnés à la reprise, sur des bases internationales, de travaux semblables à ceux de la Commission du mètre ou de la Commission anglaise, et dans lesquels on profitât des perfectionnements imaginés pendant une période s’étendant déjà sur plus de soixante années. C’est de cette idée qu’est né le Bureau international des Poids et Mesures.
- LA CONVENTION DU MÈTRE
- La Conférence géodésique de 1867 et l'action des Académies de Paris et de Saint-Pétersbourg.
- Au cours de la Conférence géodésique pour la mesure du degré dans l’Europe centrale réunie à Berlin en 1867, la nécessité d’une réforme de la métrologie pour les besoins de la géodésie fut longuement discutée,et la Conférence adopta un projet dont les articles principaux sont les suivants :
- Article 7. — Afin de définir l’unité commune de mesure pour tous les pays de l’Europe, et pour tous les temps aussi exactement et aussi invariablement que possible, la Conférence recommande la construction d’un nouveau mètre prototype européen. La longueur de ce mètre européen devrait différer aussi peu que possible de celle du mètre des Archives de France, à Paris, et il doit, en tout cas, lui être comparé avec la plus grande exactitude. Dans la construction du nouvel étalon prototype, il faut avoir surtout en vue la facilité et l’exactitude des comparaisons nécessaires.
- Art. 8. — La construction du nouveau prototype, ainsi que la confection et la comparaison de ses copies destinées aux différents pays, devrait être confiée à un comité interna-tional, dans lequel les États intéressés seraient représentés.
- On le voit, le projet élaboré par l’Association géodésique était limité à l’étalon de longueur, et ne faisait aucune mention de l’étalon de masse, qui ne présentait pour elle aucun intérêt. Mais le projet de l’Association géodésique devait être bientôt complété et puissamment appuyé par l’intervention de l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg qui, en 1869, proposa à l’Académie des Sciences de Paris une action commune pour l’établissement du système métrique international des poids et mesures.
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- Les Comptes rendus des séances de T Académie des Sciences nous ont conservé, de cette période, le souvenir de discussions qui dégénérèrent parfois en débats assez vifs. D’éminents académiciens, insuffisamment métrologistes, entraient difficilement dans l’esprit du projet. Ainsi, le vénérable Chevreul disait, le 8 octobre 1869, en des termes empreints d’une certaine violence : « Si la Conférence géodésique de Berlin projette de remplacer le mètre de l’an VIII, c’est qu’elle le trouve défectueux. Eh bien ! le trouvant tel, je ne comprends pas la phrase... Ce mètre européen devra différer aussi peu que possible du mètre de l’an VIII (1).
- Il convenait de citer cette opinion, assez répandue à l’époque de ces discussions, et suivant laquelle la création d’un nouveau prototype du mètre était ou superflue ou nuisible. Mais nous avons vu quels progrès avaient été réalisés depuis le commencement du siècle, dans la construction et la comparaison des étalons. On avait substitué au Mètre des Archives, barre flexible aux extrémités de laquelle il fallait appliquer des palpeurs, de robustes règles à traits, tracées sur le plan des fibres neutres, et que l’on observait avec des microscopes à fort grossissement. On évitait ainsi les déformations générales ou locales de la règle, les chances de détérioration par des contacts maladroits, le danger des poussières s’interposant entre la règle et les palpeurs; bref, on substituait à un étalon et à des procédés créés pour une époque où le centième de millimètre était la limite de la précision cherchée, des méthodes susceptibles de donner très simplement une précision beaucoup plus grande. A ces considérations, qui n’échappaient pas aux auteurs du projet de l’x\ssociation géodésique, s’ajoutait le fait qu’une règle à traits est immédiatement comparable avec sa subdivision, tandis qu’une règle à bouts constitue un étalon d’une seule longueur; que, en dehors de cas particuliers, la science fait usage de toute longueur sans que l’unité fondamentale soit privilégiée, et que le véritable étalon des laboratoires est une règle divisée qui, si elle porte tous les millimètres, fournira 1000 étalons progressant de 1 millimètre jusqu’à 1 mètre, tandis que le même avantage n’est donné, dans le système abouts, que par une collection de 1000 étalons différents.
- Ce n’est pas à dire que l’étalon à traits soit toujours préférable à l’étalon à bouts; nous rencontrerons des cas où il en est autrement; mais, pour l’étalon fondamental du Système métrique, le problème n’admettait plus qu’une solution, restée actuelle encore aujourd’hui, celle de la création d’un étalon à traits, robuste, inaltérable et tracé sur le plan des fibres neutres.
- Par la décision de comparer le mieux possible le nouvel étalon à celui des Archives de France, on assurait la continuité entre les travaux anciens et les
- (I) Voir Annexe I. L’opinion de Chevreul se modifia après la lecture du rapport de J.-13. Dumas, reproduit dans cette annexe.
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL.
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- recherches futures, et on donnait aux déterminations ultérieures une certitude et une facilité bien plus grandes dans les comparaisons.
- Les Travaux de la Commission internationale du Mètre (1).
- Les premières réunions de la Commission internationale du Mètre eurent lieu à Paris en août 1870. Bientôt interrompues, elles furent reprises en septembre 1872. C’est surtout dans ces réunions que l’adjonction de l’étude du kilogramme au programme des travaux devint définitive; en même temps, ce pn> gramme fut étendu aux questions de métrologie générale.
- Dès la première séance, il fut donné lecture des propositions élaborées parla Commission dans ses premières réunions, ou par le Comité des recherches pré-
- (i) La Commission internationale était constituée comme suit :
- Allemagne.............Dr Foerster.
- Angleterre............Sir G.-Biddell Airy, W.-H. Miller, Chisholm.
- République Argentine . Mariano de Balcarce.
- Autriche .............Dr J. Herr, Dr von Lang.
- Hongrie. .............E. de Krusper, C. de Szily.
- Bavière...............De Jolly.
- Belgique..............H. Maus, Stas, Heusschen.
- Chili.................C. Gay.
- Colombie..............Torrès el Caïcedo.
- Danemark.............. Hollen.
- Espagne...............Général Ibafiez.
- États-Unis d'Amérique. J. Henry, J.-E. Hilgard.
- Rép. de [l’Équateur . . Aguirre y Montufar.
- France................L. Mathieu, Général Morin, Le Verrier, Faye, Fizeau, H. Sainte-Claire
- Deville, Général Jarras, E. Becquerel, Eug. Peligot, H. Tresca,
- Grèce.................Soutzo.
- Haïti.................(Non représenté).
- Italie................Marquis J. Ricci, G. Govi.
- Nicaragua.............Michel Chevalier.
- Pays-Bas. ............Stamkart, Bosscha.
- Pérou................. Don Pedro Galvez, Dr E. Bonifaz.
- Portugal..............Général Morin.
- Russie................De Jacobi, Otto Struve, H. Wild.
- Saint-Siège...........Le R. P. Secchi.
- San-Salvador..........Torrès el Caïcedo.
- Suède................. Général baron Wrede.
- Norvège...............Dr Broch.
- Suisse................ Dr Ad. Hirsch.
- Turquie...............H. Husny Bey.
- Uruguay...............Don Mathéo Margarinos Cervantès.
- Venezuela.............• . Dr Eliseo Acosta.
- Wurtemberg............Dr Steinbeis.
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- paratoires. Voici le texte du programme complexe qui fut, dès ce jour, proposé aux délibérations de la Commission :
- « 1. Pour l’exécution du mètre international, on prend comme point de départ le mètre des Archives, dans l’état où il se trouve.
- 2. Jusqu’à l’époque des comparaisons définitives, le mètre des Archives ne devra servir à aucune comparaison.
- 3. Les comparaisons définitives devront être faites, en premier lieu, avec des touches cylindriques à génératrices verticales, et semblables à celles du comparateur original de Lenoir, puis avec des touches semblables à celles des comparateurs employés plus récemment, sous réserve d’employer ensuite tout autre moyen que les circonstances pourraient suggérer.
- 4. Avant ces comparaisons, les détails des surfaces terminales devront être examinés par des moyens optiques convenablement appropriés; mais aucun appareil à contact ne pourra être employé dans le même but qu’après les vérifications mentionnées dans l’article 3.
- 5. D’après les résultats de toutes ces recherches, la Commission définira la longueur à donner au mètre international.
- 6. Le mètre international doit-il être un mètre à traits ou un mètre à bouts?
- 7. Quelle est la matière en laquelle le mètre international devra être construit?
- 8. Quelle forme convient-il de donner au mètre international?
- 9. Le mètre international doit-il être accompagné de thermomètres qui lui seraient spécialement affectés?
- 10. Quel mode de support convient-il d’employer pour que le mètre international soit constamment maintenu dans une condition autant que possible invariable?
- 11. A quelle température doit-il avoir la longueur du mètre des Archives?
- 12. Dilatation.
- 13. Comparateur.
- 14. La Commission émet le vœu que, dans l’intérêt delà science géodésique, le Gouvernement français fasse mesurer à nouveau, en temps opportun, une des anciennes bases françaises.
- lo. Utilité de la création, avant la fin des opérations de la Commission, d’un bureau international des poids et mesures à Paris, entretenu aux frais communs des Etals intéressés, sous la direction d’un Comité permanent et la haute surveillance de la Commission internationale dans ses réunions périodiques.
- 16. Le kilo gramme international doit-il être déduit directement du kilogramme des Archives, dans son état actuel, ou être construit à nouveau en partant d’une définition théorique?
- 17. En tout cas, il est nécessaire de déterminer, par les moyens les plus
- précis, le poids du décimètre cube d’eau distillée. •
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- LA CONVENTION DU METRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 263
- 18. Quelle est la matière en laquelle le kilogramme international doit être construit?
- 19. Quelle forme convient-il de donner.au kilogramme international?
- 20. Le kilogramme international doit-il être rapporté à la pesée dans le vide ou au poids dans l’air, dans des conditions déterminées?
- 21. Etudier l’influence des milieux, en ce qui concerne l’invariabilité du poids.
- 22. Poids spécifique et dilatation.
- 23. Balance et instruments accessoires. »
- Ce programme contient une partie en quelque sorte administrative et une partie technique. En ce qui concerne la première, la Commission avait pleins pouvoirs pour prendre des décisions ; la seconde, au contraire, exigeait des études que se répartirent ses membres les plus compétents.
- Pour les étalons de longueur, le développement de la métrologie conduisait aux mesures à traits ; mais deux questions fort importantes restaient à résoudre : Quelle devait être la forme du mètre prototype, et quelle devait en être la matière? Henri Tresca s’occupa de la première de ces questions, H. Sainte-Claire Deville de la seconde, à l’étude de laquelle l’avaient particulièrement préparé ses grands travaux sur les métaux de la mine de platine. Le platine pur étant trop mou, il proposa, après de nombreux essais, de s’en tenir à un alliage de platine avec 10 p. 100 d’iridium, et la commission se rallia à ce projet.
- Les progrès de la technique et des arts de précision n’ont point encore démenti la justesse des vues de Sainte-Claire Deville, car le platine iridié est resté, depuis cette époque, le type de l’alliage le plus parfait que l’on puisse réaliser, tant pour sa dureté que pour son inaltérabilité et ses propriétés élastiques. On a souvent dépassé, depuis cette époque, la teneur de 10 p. 100 d’iridium, dans le but d’obtenir des alliages de plus en plus durs; mais la dureté de l’alliage de Sainte-Claire Deville est, d’une part, absolument suffisante pour permettre les plus beaux polis et des tracés de la plus grande perfection, et d’autre part le prix très élevé de l’iridium prescrivait de ne pas abuser de ce métal.
- Tresca, qui avait beaucoup manipulé la règle de platine du Conservatoire, avait bientôt reconnu son insuffisante rigidité, et était gagné d’avance à des étalons peu déformables. L’importance du plan des fibres neutres comme support des tracés ne faisait aucun doute pour lui ; cependant la considération du prix prohibitif des étalons, s’ils étaient construits en platine iridié dans la forme des étalons anglais, tout comme la crainte de déformations irrégulières dans des barres de section non uniformes, l’engagea à étudier certaines sections déréglés réalisant à la fois la condition de la mise à découvert du plan des fibres neutres dans toute leur longueur et un allégement maximum des profils.
- Voici les données numériques relatives à diverses sections qu’il étudia :
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- Tableau des données mécaniques des différents profils (voir fig.2).
- DÉSIGNATION DES PROFILS. AIRE DU PROFIL S on mm2. MOMENT d’inertik I en mm1. COEFFICIENT DE RAIDEUR. I : S ItAmilITS entre les MOMENTS d’inortie. iu ['l'ours entre les COEFFICIENTS de raideur.
- Profils rectangulaires. 1. Étalon des Archives. . . 100 133 1,33 1,000 1,00
- 2. Étalon du Conservatoire. 87,5 089 1,02 0,670 0,77
- 3. Mètres de Gambey (en laiton) 210 857 4,08 6,431 3,05
- Profils carrés. 4. Côté de 10 millimètres. . 100 833 8,33 6,250 6,25
- 5. — 15 — . . 225 4 219 18,75 31,641 14,06
- 6. — 20 — . . 400 13 333 33,33 100,000 25,00
- 7. Côté de 25 millimètres (yards anglais) 625 32 552 52,08 244,140 39,06
- Profil rectangulaire à bords creux. 8. Règle provisoire en platine iridié 271,46 5 226 19,25 39,19 14,44
- Profils en H (nervures de 3 millimètres). 9. Profil simple de 16 millim. 117,82 1 873 15,90 14,00 11,93
- 10. Profil de 16 millim. avec 125,45 2 424 , 19,32 18,18 14,49
- talons 11. Profil simple de 20 millim. 152,31 3 677 24,14 27,58 18,11
- 12. Profil de 20 millim. avec talons 167,08 5 522 33,05 41,41 24,79
- Profils en X (nervures de 3 millimètres). 13. Profil simple de 16 millim. 106,87 1 954 18,28 14,65 13,71
- 14. Profil de 16 millim. avec talons 122,65 2 642 21,72 19,82 16,29
- 15. Profil simple de 20 millim. 132,35 3 864 29,19 28,98 21,90
- 16. Profil de 20 millim. avec talons 150,92 5 213 34,53 39,10 25,90
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- Parmi les profils étudiés, celui qui possède le plus grand coefficient de raideur pour des dimensions données est le profil en X, avec talons, dont les constantes sont calculées sous les chiffres 12 et 16. Mais, pour avoir le vrai coefficient de mérite, en tenant compte du prix du métal, il faut diviser les nombres de la dernière colonne par ceux de la première, de manière à établir ainsi la
- petitesse des flexions que l’on peut obtenir pour un prix donné. Dans ces conditions, l’excellence delà section en X devient encore plus évidente.
- La réalisation de cette section est, il est vrai, d'une assez grande difficulté, mais l’augmentation du prix de façon qui en résulte est largement compensée par l’économie du métal. En revanche, lorsqu’il s’agira d’appliquer les mêmes principes à un métal peu coûteux, on attribuera une moins grande importance à la matière réellement employée dans la section, et on tiendra un plus grand
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- MÉTROLOGIE.
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- compte des difficultés du travail. Lorsque le déchet sera sans valeur aucune, on cherchera les formes les plus simples mettant à découvert le plan des fibres neutres, et on augmentera la raideur par un grandissement des cotes, à moins cependant qu’une limite de poids ne soit imposée aux étalons, comme le cas se présente en géodésie.
- A l’issue des réunions de 1872, la Commission condensa ses discussions dans quarante résolutions (1), qui se résument dans la conservation des valeurs représentées par les étalons des Archives et leur remplacement par les étalons internationaux, la création du Bureau international des Poids et Mesures et le programme de travail de cet établissement.
- La Convention du Mètre, qui consacra la création du Bureau international des Poids et Mesures, fut signée à Paris le 20 mai 1875. En voici le texte:
- Article premier. — Les Hautes Parties contractantes s’engagent à fonder et entretenir, à frais communs, un Bureau international des Poids et Mesures, scientifique et permanent, dont le siège est à Paris.
- Art. 2. — Le Gouvernement français prendra les dispositions nécessaires pour faciliter l’acquisition ou, s’il y a lieu, la construction d’un bâtiment affecté à cette destination, dans les conditions déterminées par le Règlement à la présente Convention.
- Art. 3. — Le Bureau international fonctionnera sous la direction et la surveillance exclusives d’un Comité international des Poids et Mesures (2), placé lui-même sous l’autorité d’une Conférence générale des Poids et Mesures, formée de délégués de tous les gouvernements contractants.
- Art. 4. — La présidence de la Conférence générale des Poids et Mesures est attribuée au président en exercice de l’Académie des Sciences de Paris.
- Art. 3. — L’organisation du Bureau, ainsi que la composition et les attributions du Comité international et de la Conférence générale des Poids et Mesures, sont déterminées par le règlement annexé à la présente Convention.
- Art. 6. — Le Bureau international des Poids et Mesures est chargé :
- 1° De toutes les comparaisons et vérifications des nouveaux prototypes du mètre et du kilogramme ;
- 2° De la conservation des prototypes internationaux;
- 3° Des comparaisons périodiques des étalons nationaux avec les prototypes internationaux et avec leurs témoins, ainsi que de celles des thermomètres étalons;
- 4° De la comparaison des nouveaux prototypes avec les étalons fondamentaux des poids et mesures non métriques employés dans les différents pays et dans les sciences;
- 5° De l’étalonnage et de la comparaison des règles géodésiques
- (1) Le Comité international se compose de 14 membres élus parla Conférence, et du directeur du Bureau, qui en fait partie de droit. Voici la liste complète des membres du Comité, avec la date de leur élection. Les noms en italiques sont ceux des membres actuels du Comité.
- MM. Broch, Foerster, Govi, Herr, Hilgard, Hirsch, Husny-Bey, Ibanez, Morin, Stas, de Wrede, Wild (1875); Gould, de Krusper (1879), J.-B. Dumas (1880), J. Bertrand (1884), Aguiar, Christie, von Oppolzer, Thalèn (1885),von Lang (1887), deMacedo (1887), Arndsten, Brioschi, Cha-ney(iS9i),deArrillaga, de Bodola, Hepitès (1894), Ferraris, Mendeleef (1895), Blaserna, Michel-son (1897), Cornu, Hasselberg (1900) Directeurs MM. Govi (1875), Broch (1883), Benoît (1889).
- (2) Voir annexe IL
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- - 6° De la comparaison des étalons et échelles de précision dont la vérification serait demandée, soit- par des Gouvernements, soit par des sociétés savantes, soit même par des artistes ou des savants.
- Art. 7. — Le personnel du Bureau se composera d’un directeur, de deux adjoints et du nombre d’employés nécessaire.
- A partir de l’époque où les comparaisons des nouveaux prototypes auront été effectuées et où ces prototypes auront été répartis entre les divers États, le'personnel du Bureau sera réduit dans la proportion jugée convenable.
- Les nominations du personnel du Bureau seront notifiées par le Comité international aux Gouvernements des Hautes Parties contractantes.
- Art. 8. — Les prototypes internationaux du mètre et du kilogramme, ainsi que leurs témoins, demeureront déposés dans le Bureau; l’accès du dépôt sera uniquement réservé au Comité international.
- Art. 9. —Tous les frais d’établissement et d’installation du Bureau international des Poids et Mesures, ainsi que les dépenses annuelles d’entretien et celles du Comité, seront couverts par des contributions des États contractants, établies d’après une échelle basée sur leur population actuelle.
- Art. 10. — Les sommes représentant la part contributive de chacun des États contractants seront versées, au commencement de chaque année, par l’intermédiaire du Ministère des Affaires étrangn s de France, à la Caisse des dépôts et consignations à Paris, d’où elles seront retirées au fur et à mesure des besoins, sur mandats du Directeur du Bureau.
- Art. 11. — Les Gouvernements qui useraient de la faculté, réservée à tout État, d’accéder à la présente Convention, seront tenus d’acquitter une contribution dont le montant sera déterminé par le Comité sur les bases établies à l’article 9, et qui sera affectée à l’amélioration du matériel scientifique du Bureau.
- Art. 12. — Les Hautes Parties contractantes se réservent la faculté d’apporter d’un commun accord à la présente Convention toutes les modifications dont l’expérience démontrerait l’utilité.
- Art. 13. — A l’expiration d’un terme de douze années, la présente Convention pourra être dénoncée par l’une ou l’autre des Hautes Parties contractantes.
- Le Gouvernement qui userait de la faculté d’en faire cesser les effets en ce qui le concerne sera tenu de notifier son intention une année d’avance, et renoncera, par ce fait, à tous droits de copropriété sur les prototypes internationaux et sur le Bureau.
- Art. 14. — La présente Convention sera ratifiée suivant les lois constitutionnelles particulières à chaque Etat; les ratifications en seront échangées à Paris dans le délai de six mois ou plus tôt si faire se peut. Elle sera mise à exécution à partir du 1er janvier 1876.
- En foi de quoi, les plénipotentiaires respectifs l’ont signée et y ont apposé le cachet de leurs armes.
- Signé: Hohenlohe, Apponyi, Beyens, Vicomte d’Itajuba, M. Balcarce, L. Moltke-Hwitfeldt, Marquis de Molins, Carlos Ibanez, E.-B. Washburne, Decazes, G. de Meaux, Dumas, Nigra, P. Galvez,. Francisco de Riveiro, José de Silva Mendes Leal, Okouneff, Adels-ward, Kern, Husny, E. Acosta.
- Fait à Paris, le 20 mai 1875.
- Cette Convention mit fin à l’existence active de la Commission internationale du Mètre, qui abandonna l’exécution de ses décisions à la Section française, chargée de la confection des étalons métriques, et au Comité internatio-^
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- pal despoidset mesures, qui eutdès cetteépoquela haute surveillance du Bureau.
- J’anticiperai sur l’histoire de cet établissement en disant que la première partie de son programme put être considérée comme accomplie lorsque, en 1889, les étalons furent distribués à tous les Etats qui en avaient fait la commande en temps utile. Mais, depuis que les travaux avaient été prescrits par les quara:: décisions de la Commission, les recherches du Bureau lui-même avaient montré que certaines exigences de ce programme pouvaient passer à bon droit comme exagérées, et le Comité international en simplifia certaines parties; en revanche, il fut complété et sensiblement augmenté sur d’autres points, et il en résulta un accroissement considérable dans les travaux du Bureau.
- D’une manière générale, on peut dire que les attributions du Bureau international n’ont cessé de croître, grâce au succès de ses recherches et par le fait même du développement scientifique dans le dernier quart de siècle.
- Nous allons maintenant, sans égard pour l’ordre chronologique chercher à embrasser les diverses branches de l’activité du Bureau dans les vingt-cinq années écoulées, et donner une image de son organisation actuelle.
- Le Bureau international des Poids et Mesures (1).
- Aussitôt après la signature de la Convention du mètre, le Gouvernement français mit à la disposition du Comité international le domaine national du
- Fig. 3. — Le Pavillon de Breteuil, Bureaux et habitations, côté ouest.
- Pavillon de Breteuil (fig. 3 et 4), situé à mi-côte du parc de Saint-Cloud, en un endroit isolé et bien protégé contre les trépidations, condition nécessaire à la
- (1) Les pages qui suivent sont un très court résumé des publications du Comité et du Bureau international, qui comprennent actuellement 22 volumes de Procès-verbaux (in-8) et H volumes de Travaux et Mémoires (in-4); le tome XII est sous presse.
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- bonne marche des travaux prévus. Le Comité fit alors réédifier les bâtiments d’habitation et fit construire les laboratoires spécialement aménagés pour des mesures de haute précision. /
- Dans la construction des locaux destinés aux observations, on eut surtout en vue la solidité de l’ensemble et une protection aussi parfaite que possible contre les variations de la température extérieure. Le bâtiment, dont les figures 5 et 6 donnent le plan et une coupe, se compose d’un gros massif protégé d’un côté par un avant-corps et de l’autre, par la colline qui s’en trouve à une petite dis-
- » *Fig. 4. — Le Pavillon de Breteuil, côté est.
- tance. Le rectangle comprenant les salles 11, 12, et 13 est de construction toute récente ainsi que le couloir souterrain.
- Les salles d’observation, construites sur un modèle uniforme, sont extrêmement spacieuses. Elles sont entourées de murs épais, constitués par deux enveloppes que sépare une substance mauvaise conductrice delà chaleur. Un couloir entoure le massif formé par les grandes salles, qui reçoivent leur lumière par des lanternes élevées, isolant pour chacune d’elles une sorte d’entonnoir pris dans un grenier de 3 mètres de hauteur. Ces lanternes sont fermées par un vitrage supérieur et par une ou deux glaces à la partie inférieure. Les rayons directs du soleil ne pénètrent jamais dans la salle elle-même ; ils frappent les
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- parois de la lanterne au-dessus des glaces inférieures, et ne peuvent influencer que bien peu la température des salles. La protection est si efficace que, dans les jours les plus chauds de l’été, alors que l’écart entre la température extérieure et celle de l’intérieur atteint une dizaine de degrés, les variations diurnes dans les salles dont on a soin de tenir les portes fermées dépassent rarement un dixième de degré, et un enregistreur peut fonctionner souvent plus d’une.
- A
- Fig. 5. — Plan de l'Observatoire du Bureau international, situé à l’ouest du Pavillon (fîg. 3).
- Salles. 1, Comparateur géodésique. — 2, Comparateur universel. — 3, Comparateur à dilatation, appareil Fizeau, petit baromètre.— 4, comparateurs Brunner et Hartmann. — 5, Balances, grand baromètre, machine à diviser.— 6, Appareil Michelson, balance hydrostatique. — 7 et 8, Thermomètres à gaz. — 9 et 10, Étude du thermomètre à mercure et de l’élasticité des métaux. — 11, Mesures électriques et expériences d’optique. — 12. Batterie d’accumulateurs. — 13, Manipulations chimiques.— B, Vestibule d’entrée. F, Couloir entourant les principales salles d’observation. La base géodésique est située au-dessous du couloir antérieur FF. — AB CD, coupe brisée de la figure 6.
- semaine sans que son indication s’écarte sensiblement d’une ligne horizontale.
- Dans des conditions d’isolement aussi parfaites, la plus grosse perturbation est due souvent à l’observateur, dont la chaleur propre, dans une salle où il se tiendrait pendant une journée entière, pourrait élever la température de plusieurs dixièmes de degré.
- Mais on peut, si on le juge nécessaire, atténuer encore ces variations, en remplaçant, pendant l’absence de l’observateur, la chaleur qu’il engendre par celle d’une petite flamme de gaz brûlant dans un poêle, dont les produits de combustion sont enlevés par un tuyau très long, régnant sur trois parois de la salle et répartissant le mieux possible sa chaleur.
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- En hiver, pour éviter la trop grande humidité, il est bon de maintenir la température des salles un peu au-dessus de la température moyenne de la saison. On y parvient dans de très bonnes conditions, en munissant les poêles à gaz d’un thermo-régulateur, imaginé par M. Benoît, et représenté dans la figure 7.
- Le gaz passe en permanence par un petit robinet que l’on met en veilleuse, mais l’alimentation principale est faite par une branche de la canalisation. Un tube de verre, qui porte une fente près de son extrémité, plonge dans le mer-
- Fig. C. — Observatoire du Bureau inlcmalional; coupc brisée suivant A B C D de la ligure b. La coupe montre le comparateur à dilatation avec ses piliers et sa fondation.
- cure fermant un gros thermomètre à essence de pétrole. Ce régulateur, dont le fonctionnement est évident, maintient la température d’une salle à un dixième de degré près, aussi longtemps que la température extérieure reste inférieure à celle pour laquelle il est réglé.
- Toutes les expériences très délicates sont faites dans des salles ainsi aménagées. Les salles de l’avant-corps (salles 7 à 10), et les salles récemment construites (11, 12 et 13) sont destinées à des recherches exigeant une constance moins parfaite de la température.
- Les parquets des salles d’observation sont suspendus sur des poutrelles appuyées sur les murs. Les instruments, en revanche, sont portés par des piliers
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- m
- * i 1
- Æ
- reposant directement sur le sol, et qui traversent les planchers auxquels ils ne sont reliés que par des toiles empêchant les poussières ou les courants d’air de
- remonter du sous-sol ; mais la liaison entre les pi-: liers et le parquet est trop souple pour que les tré-
- pidations puissent passer de l’un à l’autre.
- Outre les salles dont il vient d’être question, il vi a été créé récemment, en vue des mesures géodé-siques, un couloir enterré se confondant, dans le plan, avec le passage antérieur. Ce couloir, dont la longueur utilisable est d’environ 40 mètres, com-I porte une installation servant à l’étalonnage des appareils que l’on emploie dans la mesure rapide des R? bases.
- I La légende accompagnant le plan donne une in-
- dication sommaire de l’afTectationdes diverses salles, que nous reprendrons plus tard en détail.
- Les travaux du Bureau international se répartissent tout naturellement sur deux sections, chargées respectivement des mesures de longueur et des pesées. Mais toute mesure de longueur est affectée par la température, le résultat de toute pesée dépend de la densité de l'air, indiquée elle-même par sa température et la pression à laquelle il est soumis. Le thermomètre et le baromètre sont donc les auxiliaires obligés des déterminations de longueur et de masse, et le progrès de ces dernières est lié à celui des mesures accessoires; l’étude du thermomètre et du baromètre ont donc préoccupé le Bureau international. Ces instruments donnent la valeur des variables dont les résultats cherchés sont les fonctions; il est donc naturel de commencer par indiquer les pro grès réalisés dans leur instruction et les perfectionnements auxquels a conduit l’étude minutieuse qui en a été faite.
- iî
- Fig. 7. — Thermo-rogulateur de salle, gouvernant le courant de gaz alimentantle poêle.
- (A suivre.)
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- CHIMIE
- four rotatif Lessing et Rheinfeld. u
- L’usage des fours rotatifs se répand de plus en plus dans un grand nombre d’industries chimiques, principalement, comme le savent nos lecteurs, dans l’industrie des ciments. Les perfectionnements récemment apportés à ces appareils par MM. Lessing et Rheinfeld sont intéressants, parce qu’ils paraissent de nature à en améliorer le fonc-
- Fig. 1, 2 et 3. — Four tournant Lessing et Rheinfeld. Ensemble de l’installation.
- tionnement et le rendement, notamment par une meilleure récupération des chaleurs perdues.
- Dans leur ‘procédé, la matière à calciner est introduite, à l’état convenablement concassé, par a (flg. 1 et 4) dans les sécheurs tournants b et c, armés (fig. 5) de cannelures longitudinales qui ramassent cette matière et la laissent retomber pendant qu’elle descend dans ces tubes, en sens inverse du courant des gaz chauds qui sortent du four tournant d. De là, la matière, suffisamment chauffée, passe en e, d’où un élévateur l’apporte aux broyeurs pulvérisateurs; et, de ces broyeurs, elle passe, par /*, au four tournant d, puis, de ce four, au four vertical i, avec cône n, l’empêchant de s’y tasser. Ce four vertical reçoit en l du gaz combustible chaud et en k de l’air également chaud, et qui se mêle au gaz pour former une colonne verticale de flammes traversant i, d, c Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901. 18
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- n
- Fig. 4 à 6. — Four tournant Lessing et Rlieinfeld. Plan de l’ensemble et coupe transversale du four ci.
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- - FOUR ROTATIF LESSING ET RHE1NFELD.
- et è, aidée, s’il le faut, d’une flamme supplémentaire introduite directement en d par m. La chaleur intense de cette flamme en i, agissant sur la poussière qui tombe dans ce four, la grille à fond, à la température de l’incandescence, sans danger de la voir s’agglomérer.
- Le cylindre k, garni, comme b et c, de rainures, est très long; la matière, qui y arrive à sa température la plus élevée, est intimement mélangée aux courants d’air frais qui entrent par les ouvertures o, par où elle tombe en u et dans les cylindres w. Chacun de ces tambours v, qui tourne sur les galets r, reçoit la matière en y, par
- Fig. 9 à 12. — Four tournant. Lessing et Rheinfeld. Détail du four.
- la trémie circulaire C et entoure une chaudière tubulaire j (fig. 7) sur les tubes de laquelle la matière est distribuée par les palettes ær, pour s’évacuer, complètement refroidie, par yr.
- Le four tournant d est représenté en détail par les figures 9 à 12 ; il repose sur des paliers à billes qui permettent d’en faire varier l’inclinaison, et sa garniture cannelée est parcourue de canaux é, qui reçoivent, de f et de l’anneau fixe et étanche d, de l’air comprimé; cet air, filtrant au travers des pores du garnissage, en empêcherait l’encrassement et la dégradation.
- On voit que, dans ce procédé, la matière à calciner marche constamment en sens contraire des gaz qui la chauffent, et dont la chaleur est ainsi méthodiquement utilisée, puis récupérée en grande partie par la chaudière, que la matière même chauffe après sa calcination ; cette utilisation peut être rendue plus complète encore en faisant passer les gaz, au sortir de c, au travers d’un troisième sécheur s (fig. 1), pour des marnes, argiles, etc. G. R.
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- MÉTALLURGIE
- le cuivre et l’oxygène, d’après E. Heyn, Ingénieur à Chariottenbourg.
- M. Heyn a étudié la solubilité de l’oxyde de cuivre dans le cuivre métallique. Tous les métaux ont plus ou moins la propriété de dissoudre à l’état fondu une partie de leur oxyde inférieur. Le cuivre présente cette particularité à un très haut degré. Apres la solidification, l’oxyde reste emprisonné dans la masse solide, en y créant le plus souvent des zones de moindre résistance. C’est pour cela que la plupart des métaux fondus au contact de l’air deviennent très cassants, et il faut, pour conserver leur malléabilité faire avant la coulée une addition d’un corps avide d’oxygène, tels que Al, Mg, Si, Mu.
- Ces faits sont bien connus au point de vue qualitatif; M. Heyn s’est proposé de
- uto
- ÎOSO
- 37 31
- Fig. 1.
- préciser par des mesures exactes les conditions de la dissolution de l’oxydule Cu20 dans le cuivre métallique.
- En premier lieu, il a déterminé la fusibilité des différents mélanges Cu et Cu20. Le tableau ci-dessous et la courbe figure 1 donnent les points de solidification commençante de ces alliages.
- Cu20 p. 100 .......... 0,08 1,16 1,75 3,4 3,5 4,7 6,3 9
- Point de solidification. 1102 1095 1089 1084 1084 1116 1149' 1186
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- LE CUIVRE ET L’OXYGÈNE
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- (1) 9 p. 100.
- Fig. 2 (nos 1 à 7). — Échantillons de cuivre oxydé. Grossissement en diamètre. 123 après simple polissage, sans aucune attaque.
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- MÉTALLURGIE.
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- Cette courbe présente un point minimum correspondant à la teneur en Cu20 de 3,4.'» p, 100 et à Ja température de 1084°. C’est le mélange eutectique.
- M. Heyn a fait la métallographie des memes échantillons de cuivre oxydé. Les figures ci-dessous (fig. 2, n° 1 à 7) représentent la structure des mélanges dont les points de fusion ont été donnés plus haut. Les photographies ont été prises après simple polissage sans aucune attaque, en utilisant simplement la différence des pouvoirs réfléchissants du cuivre et de foxydule.
- Les numéros croissants des figures correspondent aux teneurs croissant en oxy-dule. La photographie du mélange à 6 p. 100 d’oxydule manque, de sorte que le n° 7 est le mélange à 9 p. 100.
- Les photographies 6 et 7 montrent l’oxydule de cuivre comme élément de première consolidation, et les photographies 1, 2, 3 montrent le cuivre dans les mêmes conditions. Les photographies 4 et 5 ont bien la structure caractéristique des mélanges eutectiques. H. L. C.
- sur la trempe du bronze, d’après C. T. Heycock et F. H. Neuville (1).
- L’influence de la trempe sur les propriétés mécaniques des bronzes sont depuis longtemps connues. M. Stamfield, dans l’étude de la fusibilité de ces alliages, aobservé des temps d’arrêt pendant leur refroidissement, semblant indiquer des transformations successives du métal solide, comme on en observe dans l’acier. L’effet de la trempe serait facilement explicable si elle pouvait empêcher quelques-unes de ces transformations de se produire.
- Les expériences ont porté sur l’alliage de composition pondérale et atomique.
- Gu. . . . 69,36 Cusi Sn]9.
- Sn. . . . 30,44
- La figure ci-dessous donne la courbe de refroidissement de cet alliage.
- Le temps d’arrêt principal M N O correspond à la solidification de l’alliage; les
- Fig. 3. — Courbe de refroidissement de l’alliage CusiSmg : en poids 69,56 Cu et 30,44 Sn.
- temps d’arrêt secondaires P et A à des transformations ultérieures dans le métal solide. Pour préciser la nature de ces transformations, on a trempé des échantillons de cet alliage à différentes températures correspondant aux points 1, 2, 3, 4, 5 de la figure.
- (1) Royal Society, London, 28 février 1901.
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- LA TREMPE DU BRONZE.
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- Ces échantillons furent polis puis attaqués par l’ammoniaque concentrée.
- L’alliage trempé au point i, au cours de la solidification, a présenté des dendrites
- plus riches en cuivre, tout à fait semblables à celles que l’on observe'dans le bronze ordinaire à 10 p. 100 de Gn (fig. 4).
- Trempé au point 3 ou 3A, mais avant le point de transformation P, l’alliage est absolument homogène (fig. 5).
- Enfin trempé au-dessous du point P, on obtient les mêmes apparences que sur le
- Fig. S. — Cu83-3 Sn16.7 : 72,8. Cu. 27.2 Sn. Grossissement 3C0.
- métal refroidi lentement (fig. 6). La surface est divisée en larges polygones séparés par une bande de matière un peu moins dure.
- Au-dessous du point Q, la structure générale reste la même, il s’est cependant pro-
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1901.
- duit une nouvelle transformation qui est accusée par une coloration plus intense du fond uniforme sous l’action des réactifs.
- On peut expliquer ces faits de la façon suivante. Au moment de la solidification, il se sépare des cristaux une solution solide plus riche en cuivre que le mélange fondu. Au fur et à mesure du refroidissement, les nouveaux cristaux déposés sont moins riches en cuivre et, en même temps, les cristaux précédemment déposés abandonnent par diffusion une partie de leur cuivre pour revenir à la composition correspondant à
- Fig. 6. — Cusi- Snl9. : 69.6 en 30,4 Sn. Grossissement 60.
- à l’état actuel d’équilibre, de telle sorte que la composition de toute la matière solide est à chaque instant uniforme, jusqu’au moment de la solidification finale, où cette composition est identique à celle du mélange fondu initial. Par refroidissement ultérieur, en arrivant au point P, cette solution solide se trouve saturée d’un composé nouveau qui commence à cristalliser et continue à la faire progressivement jusqu’au point Q. Celui-ci doit correspondre au dédoublement final de la solution finale en son eutectique.
- Ce serait tout à fait le même phénomène que celui qui se passe dans les aciers à 0,2 p. 100 de C. Séparation de martensite d’une composition finale uniforme et identique à celle du métal fondu ; plus bas, vers 800°, cristallisation de ferrite au sein de cette martensite, et continuation de cette cristallisation jusqu’au point de récalescence correspondant au dédoublement final de la martensite en son eutectique.
- H. L. C.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- l’interféromètre Michelson( 1)
- Cet appareil, qui permet de mesurer des longueurs et des épaisseurs au millième de millimètre, est fondé, comme son nom l’indique, sur le principe des franges d’interférences, telles qu’elles se produisent dans le phénomène bien connu des anneaux de Newton. D’après ce principe, on sait que, si un faisceau lumineux frappe une plaque de verre AB (fig. 1) derrière laquelle se trouve inclinée une seconde lame CD, les points tels que cg i k, où la distance de AB à CD est égale à un nombre entier de demi-longueurs d’onde (1/2 1.) sont obscurs par suite de l’interférence des ondes arrivant sur AB et réfléchies sur CD, tandis que les points f h et y, distants d’un nombre fractionnaire de demi-longueurs d’onde, restent brillants, de sorte que les franges développées enc^i h, donnent les distances des lames en ces points en demi-longueurs d’onde; si l’on approche ou éloigne les lames d’une demi-longueur d’onde, les différentes franges s’éloignent ou se rapprochent du point de rencontre des deux lames d’une longueur égale à cg\ comme la longueur d’onde de la flamme du sodium est d’environ 1/2000 de millimètre, et que l’écartement des franges peut être mesuré au micromètre à 1/20 près, on voit que l’on peut ainsi apprécier l’écartement des lames à 1/80000 de millimètre près, ou à un millionième de pouce.
- Voici comment ce principe est appliqué dans l’interféromètre de Michelson, récemment perfectionné par M. Stretton, profe-seur, comme lui, à l’université de Chicago. Les rayons d’une source lumineuse S (fig. 2) rendus parallèles par un collimateur L, frappent à 45° la plaque de verre A, recouverte d’une couche demi-transparente d’argent, qui laisse une partie de ces rayons traverser A vers B et D, et réfléchit l’autre sur le miroir C; les rayons ainsi envoyés sur les miroirs normaux C et D sont réfléchis par eux sur A, qui laisse passer le rayon de C au télescope T, et réfléchit celui de D. Les rayons venus de L en C doivent donc traverser A trois fois avant de passer en T, et la plaque de verre compensatrice B, de même épaisseur que A, et coupée dans le même verre, est insérée entre A et D de manière que les rayons de D doivent traverser deux fois B et une fois A avant d’arriver en T. Les rayons envoyés à T de C et de D traversent donc la même épaisseur du même verre, de sorte que les effets d’interférence dus aux épaisseurs de ces plaques sont compensés. Si les miroirs C et D sont à égale distance de A, et perpendiculaires aux rayons incidents, l’image D’ de D coïncidera avec C; si D s’incline, il en sera de même de D', et il se produira des franges en D7 et G comme entre le's lames de la figure 1, le centre ou point de départ de ces franges se trouvant à l’intersection de C et de D'. Cette intersection virtuelle sera donc marquée par une bande noire, de chaque côté de laquelle se développeront des franges symétriques, et ces franges se déplaceront, comme celles de la figure 1,
- (1 ) American Machinist, 27 juillet et 3 août.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1904.
- quand on rapprochera ou éloignera C de A, de sorte que ces déplacements pourront se mesurer avec une précision extrême.
- Quand les distances AD et DG sont presque égales, les miroirs sont disposés de manière que les franges apparaissent sous la forme de bandes horizontales ou verticales, dont la distance se compte à partir du réticule de T; si ces distances diffèrent notablement, on dispose les miroirs de manière que C et D' soient parallèles, et les
- C A
- Fig. 1.
- franges apparaissent alors, comme dans les anneaux de Newton, en cercles concentriques, qui s’étendent à mesure que D' s’éloigne de G.
- Gomme les longueurs d’onde sont, dans le verre, environ les 2/3 de ce qu’elles sont dans l’air, on voit que, si l’on fait tourner légèrement le compensateur B, de manière à augmenter ainsi l’épaisseur de verre qu’il interpose entre D et A, on augmentera aussi le nombre des ondes entre A et D, ce qui produira un déplacement des franges, comme si l’on avait reculé le miroir D. De là la faculté de remplacer les franges par B sans toucher à C ou D.
- On reconnaîtra facilement sur la figures, en exécution, les miroirs et plaques de la
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- l’interféromêtre michelson.
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- Fig. 2. — Principe de l’interféromêtre Michelson.
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- S
- A B
- Fig. 4. — Interféromètre Michelson. Mesure des angles.
- Fig. 3. — Interféromètre Michelson. Plan et élévation.
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- figures, qui doivent être, bien entendu, montés avec la plus grande précision, notamment en ce qui concerne le chariot de C, sur scs glissières abc et ed, cette dernière à 45° decb, et rigoureusement parallèle à b. Ce chariot est commando par une vis d’un pas de 1/2 millimètre, rodée, aussi uniforme et exacte que possible, et dont l’écrou est empêché de tourner par le talon f. Les miroirs A et B sont fixés sur une plaque de bronze, dans des châssis en bronze, au moyen de vis qui les appuient sur le cadre de ces châssis ; on commence le réglage de l’appareil au moyen de ces vis, et on le termine en ajustant le miroir D par les vis s et s' , à ressorts t et t', très fines, et d’une grande précision; le châssis de D est fixé à son bâti par une tige d’acier E, qui se courbe sous la pression des vis t et t', de sorte que cet ajustage se fait sans jeux dans les deux sens.
- La vis du chariot porte un vernier F, divisé en 100 degrés, commandé par une vis
- Fig. 5. — Interfcromètre Michelson dispose pour la vérification des vis.
- W, débrayable quand on veut marcher vite, avec tête G, divisée en 1/25 de tour, de sorte que chacune de ces divisions correspond à un déplacement du chariot de 1/5000 de millimètre, et qu’il faut tourner W de 1,5 de ces divisions pour déplacer le chariot d’une demi-longueur d’onde du sodium, ou produire le déplacement d’une frange; il est donc très facile de suivre les mouvements de ces franges et de les compter au passage.
- Pour vérifier l’exactitude de la vis, qui ne doit nulle part varier de plus d’un millième, on tourne le compensateur B (fig. 2) de manière que l’une des franges noires d’une lumière monochromatique soit juste sur le point de disparaître au centre du réticule, puis on tourne W (fig. 4) d'un quart de tour, ce qui correspond, avec de la flamme de sodium, au passage de, par exemple, 424,26 franges; on ne compte pas ces franges, mais on mesure exactement la fraction 0,26 au moyen du compensateur B, en notant, sur son vernier, l’angle dont il faut le tourner pour amener la dernière frange au réticule ; on refait la même opération après un nouveau quart de tour de la vis, et ainsi de suite; si la vis est exacte, les fractions de franges ainsi relevées ne doivent ,pas s’écar-
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- l’interféromètre michelson.
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- ter notablement, et elles donnent très exactement la valeur des irrégularités delà vis.
- Pour la mesure des petits angles, on emploie la disposition figures 5 et 6, avec les miroirs C et D montés sur une règle pivotée en P sur une colonne d’acier de 50 millimètres de diamètre. Si l’on fait tourner cette règle à droite, C se rapproche et D s’éloigne de A ; si ces déplacements sont d’un quart de longueur d’onde, l’effet sera le même que si l’un de ces miroirs s’était reculé d’une demi-longueur, et il se produira le déplacement
- Fig. 6. — Interféromètre Michelson disposé pour la mesure des angles.
- d’une frange. La longueur de la règle est de 250 millimètres; pour déplacer G d’un quart de longueur d’onde, il faut tourner la règle de 0,2 secondes, et comme on peut lire le 1/20 du passage d’une frange, on voit que l’on peut ainsi apprécier le centième de seconde.
- Pour vérifier, au moyen de l’interféromètre disposé comme en figure 5, l’exactitude d’une règle ou d’une glissière N (fig. 7), on monte les miroirs G et D sur le chariot N de cette glissière, et l’on amène, en déplaçant le miroir E par son vernier F (fig. 6), la frange centrale du système au centre du réticule, puis on note le déplacement des franges correspondant à chacun des déplacements du chariot, et aussi le sens de ces déplace-
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- ments, qui donne les hauts et les bas successifs de la glissière,, ce qui permet de les localiser et de les corriger. Ces retouches doivent être exécutées avec le plus grand
- Fig. 7. — Interféromètre Michelson disposé pour la vérification des droites.
- soin, et vérifiées seulement après le complet refroidissement de la pièce. Les règles les mieux dressées par les procédés ordinaires ne le sont qu’au 1/400 de millimètre, et l’interféromètre en permet la rectification au 1/100000.
- CANAUX EN BOIS POUR IRRIGATIONS AUX ÉTATS-UNIS (1)
- Nous avons déjà signalé à nos lecteurs les conduites en bois dont on fait, aux États-Unis, principalement dans les États de l’Est, un si fréquent et important usage (2). Nous sommes heureux de pouvoir aujourd’hui compléter ces notions par quelques données sur les canaux en bois employés, comme ces tuyaux, pour les irrigations et aussi pour l’amenée des eaux aux turbines et autres moteurs hydrauliques. Ces données sont empruntées à un remarquable travail de M. Samuel For lier, publié dans la collection des Water Supply and Irrigation Papers, Geological Survey, de Washington, collection des plus précieuses, peu connue chez nous, et qui devrait se trouver aux mains de tous ceux qui s’occupent d’irrigation et d’hydraulique agricole.
- L’emploi des canaux en bois pour l’irrigation a été inauguré, aux États-Unis, il y a une cinquantaine d’années, par les pionniers de l’Utah, dans les Montagnes Rocheuses; depuis, leur usage s’est considérablement répandu, bien qu’ils soient peu durables et difficilement étanches. Leur bon marché et la facilité de leur construction, quand on dispose du bois nécessaire et sur place, les font, malgré ce grave défaut, préférer aux canaux plus durables mais plus chers, en ciment par exemple, de même que l’on a longtemps préféré, dans les distrièts éloignés des centres industriels, aux États-Unis, les ponts en bois, pour chemins de fer, aux viaducs en fer et en acier qu’ils ont partout supplantés dès que les ressources de l’entreprise l’ont permis. Ces canaux ne doivent être considérés que comme des ouvrages temporaires, mais, néan-
- (1) Conveyence of Water Irrigation : Canals. Fiâmes, etc., par M. S. Fortier U. S. Geological Surney, Wasington.
- (2) Bulletin d'août 1896, p. 1092, et de février 1899, p. 319.
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- CANAUX EN BOIS POUR IRRIGATIONS AUX ÉTATS-UNIS.
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- moins, fort utiles dans certains cas, qui doivent se rencontrer fréquemment dans nos colonies. ,______________________________________,
- «St-
- Fig. 1.
- Les premiers canaux en bois furent établis très grossièrement, en simples planches de 50 millimètres d’épaisseur, posées bout à bout, en mauvais bois, ce qui donnait
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- lieu à des fuites considérables, que l’on pouvait à peine bouclier quand la fente entre les planches se présentait tournée vers le haut, comme en a (fig. n° a à c), mais impossible à réduire quand elle se présentait comme en figure b. Les figures c de /'représentent quelques-unes des solutions qui furent tout d’abord appliquées avec plus ou moins de succès pour éviter ces fuites; les couvre-joints devaient d’après l’auteur, être placés à l’extérieur et non pas dans l’eau, comme en c, car les joints verticaux entre les planches se remplissent alors de sédiment qui les bouche, et le soleil ne les fait pas voiler. Le type d n’a pas réussi; il double presque la dépense, et les boues qui s’accumulent entre les planches supérieures de 50 millimètres et les extérieures, de 55 millimètres se gèlent en hiver, de manière à en disloquer l’assemblage et à rou-
- Fig. 2. — Canal sur pieux.
- vrir les fuites. Il en a été de même du joint à rainure et languette g, d’une exécution coûteuse et ne résistant pas au voilement des planches.
- L’auteur recommande, avec des bois bien travaillés et séchés un temps suffisant à l’air, la disposition i, qui convient pour des épaisseurs de 40 à 45 millimètres, avec les bords de l’assemblage peints à la céruse pour les petits canaux et garnis d’asphalte chaud pour les grands; il est facile de calfater les fuites de ce joint quand il s’en produit par le retrait.
- Le joint h, avec languette de 16 X 22 millimètres, exige des planches plus épaisses : de 65 millimètres par exemple; on achève de rendre ce joint étanche en insérant des coins dans sa fente verticale supérieure.
- Supports: — Les supports de ces canaux sont, le plus souvent, des pieux en bois (fig. 2) ; après avoir enfoncé ces pieux à fond, on les arrase au niveau voulu et on y
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- CANAUX EN BOIS POUR IRRIGATIONS AUX ÉTATS-UNIS. 289
- boulonne les poutres transversales, de 250 x 610 millimètres dans l’exemple (fig. 2) sur lesquelles on cloue les poutres longitudinales, au nombre de cinq de
- Fig. 3. — Chevalet pour petit canal.
- 125 X 355 millimètres au cas figuré. Les pieux se pourrissent rapidement au ras de terre; ils sont gâtés au bout de 7 ans dans toute la partie à 0m,60 sous terre; la meilleure manière de les réparer est d’enlever cette partie perdue, repiquer en terre le
- Fig. 4. — Canal à flanc de coteau.
- bout sain du bois et intercaler entre le pieu ainsi réparé et le canal un treillis de la hauteur voulue.
- Lorsqu’on prend pour supports des chevalets, les plus fréquemment adoptés sont, pour les petits canaux, ceux du type figure 3 ; on en multiplie les montants si l’importance du canal l’exige; mais, dans tous les cas, il serait, d’après l’auteur, désavenla-Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901. 19
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- geux de dépasser, pour ces chevalets, une hauteur de trois mètres; il faudrait alors remplacer le canal en bois par autre chose : un siphon renversé, par exemple.
- Fig. 6. — Canal de Bitterroot.
- ,lies figures 4 et 5, qui s’expliquent d’elles-mêmes, représentent l’installation de canaux en bois à flanc de coteaux, en remplacement d’un canal en terre devenu dange-reux, ou sur roc taillé en gradin.
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- Les poteaux verticaux de ces canaux sont reliés entre eux soit par des jambes de force clouées au sol du canal, soit (fig. 2) par des traverses horizontales, et ce dernier procédé est le plus économique pour des canaux ayant jusqu’à 6 mètres de large. Ces poteaux ne sont que rarement assemblés à tenon et mortaise avec les planches,
- 'prift Boita *
- Fig. 7. — Chevalets du canal de Bitterroot.
- assemblage difficile et qui ne lient pas; on les pose simplement (fig. 2 et 4) sur entaille carrée, avec, s’il y a lieu, renforcement par des ferrures (fig. 6).
- On peut citer, comme très remarquable, le canal de la ferme de Bitterroot, près de Hamilton, Montana, d’une longueur totale de 8 kilomètres. Les poteaux, espacés de ltn,20, sont en deux pièces de 50 X 150 millimètres, cloués sur des traverses inférieures et supérieures de 100X 150; les planches, assemblées comme en figure 6,ont
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- 63 millimètres d’épaisseur; les fuites sont tout à fait insignifiantes : environ 3 litres par seconde et par kilomètre.
- Les figures 9 et 10 représentent : la première un type courant de petits canaux, et la seconde un type de l’auteur, remarquable par ses assemblages étanches.
- Fig. 8.
- Protection des extrémités. — Les raccordements des canaux en bois avec les canaux en terre ou les tuyaux en bois doivent être exécutés avec le plus grand soin, car ils donnent lieu, sans cela, à de graves inconvénients; quand ils franchissent des ravins,
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- il faut toujours les prolonger un peu au delà du ravin dans lequel ils débouchent, car de petites fuites négligées en ces points pourraient occasionner des désastres.
- Le raccordement du canal se fait souvent au moyen de becs ou éperons, de préfé-
- Fig. 10.
- rence inclinés comme en figures 11, avec, si possible, des blocailles en pierre disposées comme en figures 12, pour éviter les tourbillons à l’entrée du raccordement.
- Les sections et pentes de ces canaux doivent toujours être calculées très largement
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- en raison de la rugosité du bois et de la résistance des boues et dépôts qui se forment dans ces canaux, dont les eaux sont souvent très chargées.
- Fig. 11. — Plan et élévation d’un raccord.
- Fig. 12.
- Canaux demi-cylindriques. — Ces canaux, dus à M. Guy Sterling, datent de 1893; on
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- ESSAI COMPARATIF DU TIRAGE NATUREL ET DU TIRAGE PAR VENTILATEUR. 295
- peut les considérer comme une sorte de compromis entre les canaux que nous venons de décrire et les tuyaux en bois proprement dits (1 ); ils ont été depuis perfectionnés par M. Hall. L’un des plus importants est celui de Santa Anna, Redlands, Californie, qui a 3400 mètres de long et une section de lm2,60. Ses douves, de 2m,45 de long, sont assemblées et cerclées comme celles des tuyaux. Le canal de Telluride* pour une transmission de force, a (fig. 13) 2 500 mètres de long et une section de 2m2,60; les douves assemblées par lames en fer à mi-bois sont à joints élagés ou rompus
- Fig. 13. — Canal demi-cylindrique Hall.
- et reposent sur des cadres en bois espacés de 3 mètres à 3m,60; leurs cercles en tiges d’acier de 13 millimètres sont espacés de 0m,80.
- Ces canaux demi-circulaires franchissent plus facilement les courbes, et leurs fuites peuvent se réparer en partie par le serrage de leurs boulons ; ils ne sont pas en contact avec le sol, ce qui en prévient la pourriture ; il n’y entre pas de clous ; si les douves fléchissent, il est facile d’y remédier en ajoutant un support au point faible.
- ESSAI COMPARATIF DU TIRAGE NATUREL ET DU TIRAGE PAR VENTILATEUR (2)
- Cet essai a été exécuté en avril 1900, sur des chaudières de la station électrique de Nuremberg, sur une batterie de 12 chaudières tubulaires disposées comme l’indique la figure 1, avec un ventilateur Sturtevent installé en Y, près de la chaudière n° 12 et relié (fig. 2) au carneau D par un raccord de 750 millimètres de diamètre. Les chaudières n° 1 à 10 avaient chacune 90ra2 de chauffe, et les deux chaudières Duplex 11 et 12 chacune 250m2; leurs gaz se rendent ordinairement par un carneau commun R dans une cheminée de 50 mètres de haut et de 2m,20 de diamètre intérieur au sommet.
- (1 ) Bulletin de juillet 1899, p. 920.
- (2) Power, juillet. 1901.
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- On pouvait marcher à volonté au ventilateur ou avec la cheminée, en fermant ou en ouvrant le registre S, et l’on pouvait, en outre, isoler la chaudière 12 au moyen du registre D et la faire marcher seule au ventilateur.
- Le ventilateur était commandé par un moteur à vapeur à cylindre de 101,6 millimètres X 76,2 de course, vitesse maxima 650 tours.
- Les essais ont porté sur les chaudières 11 et 12 seulement, parce qu’elles suffisaient à la dépense pendant le jour. La composition des gaz du foyer était donnée par un appareil d’Orsat, leur température était relevée jusqu’à 500° par un thermo-
- mètre à mercure et au delà par un pyromètre Le Chatelier; on employa, pour l’évaluation de la fumée, les cartons de Ringelmann, gradués de 1 à 5, on mesura séparément, par condensation, la vapeur dépensée par la machine du ventilateur.
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- ESSAI COMPARATIF DU TIRAGE NATUREL ET DU TIRAGE PAR VENTILATEUR. 297
- Les principaux résultats de ces essais sont donnés dans les tableaux et au diagramme figure 3, qui donne la marche du ventilateur.
- Avec la houille de la mine de Shamrock, la dépense de charbon nécessaire pour vaporiser 1 000 kilos d’eau a augmenté de 4,7 p. 100 avec le ventilateur. L’emploi de ce ventilateur a permis de maintenir la vaporisation au taux voulu avec des houilles sales et inférieures de la mine Richardt, mais avec une dépense en argent supérieure de 17 p. 100 environ à celle qu’entraîne l’emploi du charbon de Shamrock avec le
- Uépense de vapeur par heure éfup
- Dépense de vapeur en y de la dépense totale
- Tirage, en avant des ventilateurs
- Tovrs par minute 557 gh
- tirage naturel; en outre, l’emploi du ventilateur n’a pas amélioré l’allure de la fumée.
- Les résultats de ces essais sont donc plutôt défavorables au ventilateur, mais on aurait pu les améliorer par l’emploi d’un moteur moins rudimentaire et l’utilisation de sa vapeur d’échappement au réchauffage de l’eau d’alimentation.
- Vapeur dépensée au ventilateur.
- Nombre Tirage moyen Température Vapeur
- de tours en avant des gaz dépensée
- du ventilateur du en avant par
- par minute. ventilateur du ventilateur. heure-kilogr.
- 23 AVRIL
- Moyennes. . . . . 421 26,1 240 261,5
- 24 AVRIL
- Moyennes. . . 614 56 237 463
- Moyennes. . . . . 495 37 233 317
- 25 AVRIL
- Moyennes. . . . . 557 46 224 386,5
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- Surface do chauffe S. 2X250^!i00m2 C II E M I N É E. VENTILATEUR.
- Surface do grille G. . 2X4 ------ 8 m2 1900 MOYENNES 1900 MOYENNES 1900
- 20 avril. 21 avril. 23 avril. 24 avril. 25 avril.
- Durée des essais II. 8 08 8 00 16 08 8 00 8 00 16 0 7 22
- Nature du charbon Shamrock Noisettes Shamrock Noisettes Mine Ricliarilt non lavé.
- Dépense totale kg. 4 926,0 4 930,0 9 858,0 5206,0 5 406,0 10 612,0 5 626,0
- — par heure kg. 609,7 616,3 613,0 651,0 675,8 663,4 779,2
- — par heure et mètre carré
- de grille . . . .kg. 76,2 77,0 76,6 81,4 84,5 82,9 97,4
- — de chauffe .... kg. 1,22 1,23 1,23 1,30 1,35 1,33 1,56
- Vaporisation par heure et par
- mètre carré de chauffe. . kg. 10,40 10,3 10,17 10,86 11,39 11,12 10,67
- Tirage en mm. d’eau avant les
- carneaux 5,3 5,5 5,9 7,1 12,4
- Tirage en mm. d’eau en avant
- du registre 10,3 10,0 11,2 13,4 19,5
- Tirage en mm. d’eau en avant
- du ventilateur 25,8 41,6. 45,8
- Vaporisation par kg. de charbon. 8,23 8,38 8,30 • 8,35 8,42 8,39 6,85
- — ramenée à 100°. kg. 8,42 8,57 8,49 8,54 8,61 8,58 7,00
- Prix du charbon par 100 kg. M. 2,36 2,36 2,36 2,36 2,36 2,36 2,10
- — des 1000 kil. de vapeur. M. 2,86 2,81 2,84 2,82 2,80 2,81 3,07
- — des 1000 kil. de vapeur. M. 2,80 2,75 2,78 2,76 2,74 2,75 3,01
- ÉTUDE CRITIQUE SUR LA THÉORIE GÉNÉRALE DES MÉCANISMES. Note de M. G. KœnigS (1).
- Le nombre sans cesse croissant des combinaisons mécaniques, la complication toujours plus grande des dispositifs que l’industrie met en jeu rendent aujourd’hui indispensables la coordination des résultats déjà acquis en la matière, ainsi que l’institution d’une doctrine générale, susceptible de guider le chercheur et de lui frayer, au moins dans une certaine mesure, la voie de l’invention. Si l’on se rapporte à l’état de l’enseignement en France sur ce point de nos connaissances, on constate que l’on en est encore à la vieille classification de Monge, plus ou moins corrigée par les idées de Willis.
- La définition de Monge, d’après laquelle un mécanisme est un dispositif propre à transformer un mouvement dans un autre, est encore tout à fait courante. D’après cela, tout mécanisme donne lieu à la considération de deux mouvements : celui qui est donné et celui que le mécanisme sert à produire.
- On sait comment, en partant de ces deux mouvements, Monge et les savants de son école ont établi une classification célèbre, la première d’ailleurs qui ait été produite en la matière, car auparavant les traités consacrés aux machines n’étaient que de simples nomenclatures ou énumérations descriptives, sans aucun souci de comparaison ni de coordination.
- Willis a très justement critiqué la classification de Monge. Il lui reproche de n’avoir égard qu’à un certain efïetproduit, et de se désintéresser tout à fait du procédé employé,
- (1) Académie des sciences, 5 août 1901.
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- ÉTUDE CRITIQUE SUR LA THÉORIE GÉNÉRALE DES MÉCANISMES. 299
- en laissant de côté l’étude de la constitution intime du mécanisme. Aussi, le savant anglais, tout en reprenant, avec de judicieuses modifications, le point de vue de Monge, a-t-il bien soin d’introduire en même temps un autre ordre d’idées, dans lequel on voit intervenir la nature des liaisons mises en jeu. Par là, Willis s’est montré vraiment novateur. Mais il n’est pas lui-même à l’abri de la critique.
- C’est, en effet, surtout sur la nature du contact établi entre les couples de profils qui sont en prise que se porte son attention. Si ce contact comporte, par exemple, un roulement sans glissement, Willis placera le mécanisme dans une certaine catégorie; dans une autre catégorie, au contraire, si le contact comporte un glissement. Malheureusement, tout mécanisme présente plusieurs couples de profils en contact : le caractère de chacun de ces contacts peut n’être pas le même, en sorte qu’un mécanisme se trouve appartenir à une catégorie ou bien à une autre, suivant que l’on s’arrête à la considération d’un contact ou à celle d’un autre. Ainsi la roue de la voiture forme galet avec le rail ou avec le sol, tandis qu’elle forme glissière circulaire avec l’essieu. Willis a donc, si l’on veut, classé les divers genres de contact que peuvent présenter les profils en prise, mais il semble difficile de faire reposer sur cette considération une classification générale.
- L’ouvrage de Laboulaye a accentué encore les idées de Monge, en prétendant leur donner une base dogmatique et une justification a priori. Une tentative de ce genre a un intérêt historique réel; par son principe même, elle marque un pas en avant, puisqu’elle a pour objet de faire pénétrer la doctrine dans le domaine déductif. Il est à regretter que Laboulaye n’ait eu à appliquer son idée qu’à une doctrine aussi peu défendable.
- Bélanger a essayé de concilier Monge et Willis. M. Haton, dans son beau Traité des mécanismes, s’est franchement placé en dehors des idées de Monge et a adopté un point de vue analogue à celui de Willis.
- Deux idées préconçues ont pesé d’un poids très lourd sur l’œuvre des premiers cinématiciens. La première, c’est que la théorie des mécanismes devait revêtir la forme d’une classification. La seconde, c’est l’erreur qui, depuis Monge, consiste à ne voir dans un mécanisme qu’un moyen de transformer le mouvement.
- Classer de prime abord des êtres aussi complexes que le sont et peuvent le devenir les mécanismes, eût dû, semble-t-il, apparaître comme chimérique a priori. C’est plutôt dans les idées générales qui président à leur constitution qu’il conviendrait de mettre de l’ordre et d’apporter l’esprit de coordination.
- Telle, en effet, a été l’idée de Reuleaux.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À LA RIRLIOTHÈQUE I)E LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au 15 Septembre 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CIV. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CIi. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.........................Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le................Industrie électrique.
- lm . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- IME. . . . Institution of Mechanical Engi-
- neers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . . La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Ms...............Moniteur scientifique.
- MC. . .
- N.. . Pc.. .
- Prix. . Rcp .
- Rgc. .
- Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- SAF .
- ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR. .
- VDl. .
- ZOl. .
- Revue générale des matières colorantes.
- Nature (anglais).
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue générale des sciences.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Revue scientifique.
- Réforme sociale.
- Royal Society London(Proceedings)
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- Société chimique de Paris ( Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin-de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- Zeitschrift des Yereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1901. -
- 301
- AGRICULTURE
- Agriculture coloniale (L’) (Sagnier). Ag. 27 Juillet, 143.
- — maraîchère. Production des environs de
- Paris. Ap. 25 Juillet, 101.
- Bétail. Huile de foie de morue et élevage des veaux. Ap. 25 Juillet, 108.
- — Race porcine normande. Ap. 1er Août, 144.
- Betterave à sucre. Expériences de Capelle.Ag. 3 Août, 183.
- Charbon de céréales combattu par le formol. Ap. 18 Juillet, 70.
- Champignons des maisons. Ap. 8-15 Août, 165,
- 201.
- Charmes. Essais du Plessis (Ringelmann). Ap. 1er Août, 139.
- Criquets (Lutte contre les) en Charente. Ag. 3 Août, Ml.
- Engrais. Phosphate scorifié (Grandeau). Ap. 18 Juillet, 69.
- — (Rapidité de nitrification des) (Welhers
- et Fraps). CN. 26 Juillet, 45.
- — Utilisation des vinasses et vins perdus par maladie (Garrigon). CR. 22 Juillet, 252.
- — Répression des fraudes. Ap. 1er Aoitt, 134.
- — Le compte des fumiers. Ag. 3 Août, 173.
- Lait. Écrémage spontané. Ap. 9 Août, 175. Farines. Rendements en pain (Balland). CR. 23 Juillet, 251.
- Forêts. Météorologie forestière. Observations à l’École forestière (1867, 1899) (de Bonvelle). BMA. Juin, 240.
- Greniers mobiles (Les). Ap. 25 Juillet, 112. Silos à grains, Ap. 15 Août, 210.
- Gruyère. Fabrication. Ap. 18-25 Juillet,! 1, 105 ; 1er Août, 142.
- Herbe fraîche. Conservation parenmeulage. Ap. 1er Aoiit, 135.
- Irrigateurs. Captage dessources (Gandot). Ag. 27 Juillet, 141.
- Silos à grains. Ap. 8 Août, 170. Moissonneuses-lieuses. Expériences de Chalon. Ag. 27 Juillet, 150.
- Plantes médicinales. Culture dans le Nord de la France. Ap. 25 Juillet, 102. Pommiers. Maladie nouvelle par le Diplodia. Ap. 1er Août, 138.
- Vigne. Phylloxéra. Destruction par le carbure de calcium (Vassilieri). BMA. Juin, 222. Bouillies cupriques, moyen d’éviter la fraude. Ap. 15 Août, 207.
- — • Expériences de la Station oenologique
- du Gard en 1900 (Kayser et Barba). BMA. Juin, 229.
- — Vins. Recherche de l’acide salicilique (da Silva). ScP. Juillet, 726.
- — — (Distillation des) dans le Midi. Ag.
- 3 Août, 284.
- — — Indicateur d’acidité (Runyan). CN.
- 9 Août, 65.
- CHEMINS DE FER
- Chauffage des voitures. Cie du Nord. Ru. Juillet, 121.
- Chemins de fer français en 1900. Causes de l’augmentation des dépenses. Ef. 3 Août, 157.
- — électriques (Les) (Cardew). SA. 19-26
- Juillet, 653, 665 et à vapeur. Comparaison (Cserhati). EE. 27 Juillet, 130.
- — — Métropolitain de Paris. Programme
- d’exploitation. Gc. 20 Juillet, 195.
- — — Bex. Gryon Villars. Gc. 10 Août, 233.
- — — (Les). Rgc. Jidllet, 88.
- — — Train. Sprague. Ln. 10 Août, 170. — T oui à Paul-Saint-Vincent (Ligne de).
- Rgc. Juillet, 3.
- Gare d’Orsay. Manutention des bagages. Rgc. Juillet, 34.
- Locomotives américaines en Angleterre. E'. 26 Juillet, 89, 100; 10 Août, 139.
- — autrichiennes à l’Exposition de 1900.
- Rgc. Juillet, 59.
- — express. London Chatham. E1. 19 Juil-
- let, 71. État français. Pm. Août, 117.
- — — 6. Couplées du North-Eastern. E'.
- 26 Juillet, 82.
- — — 4. Couplées. Great Western. E'.
- 2 Août, 115. Érié. Rr.l(Id.), 79.
- — — — État hongrois. E'. 10 Août, 144.
- — — 3 couplées. Intercolonial canadien.
- RM. Juillet, 76.
- — Échappement. Player. RM. Juillet, 83.
- — Explosion de Knottingley. E'. 10 Août,
- 149, 155.
- — Entretoises Nixon et Thomson. RM.
- Juillet, 85.
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- 302
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1901.
- Locomotives. Récliaulfeur d’alimentation. RM. Juillet, 83.
- — Grille Kincaid. RM. Juillet, 85. Matériel roulant. Chemins de la Ithodésia. E. 10 Août, 181.
- — — à l’Exposition de 1900. VDi. 10
- Août, 117.
- Signaux. RépétiteurCousin Rochatte etSou-brier. Ri. 27 Juillet, 295.
- — pneumatiques. E. 2 Août, 157; E1. 10
- Août, 151,
- Tarif réduit pour marchandises en Allemagne.
- Résultats. Rgc. Juillet, 82.
- Voie. Éclisse Ward. Gc. 3 Août, 229.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à pétrole légers. E'. 19-26 Juillet, 58, 81 ; 2 Août, 111.
- — — 6 chevaux Diedrich. La. 1er Août,
- 486.
- — électriques. Dépense d’exploitation. La.
- 25 Juillet, 475.
- — à vapeur. Serpollet. Ru. Juillet, 141.
- — — Camions Thornycroft. Coultbard.
- RM. Juillet, 86.
- — Transmission Eudelin. Dyer. RM. Juillet, 89.
- Tramways électriques Rarbillon et Griftisch par distributeur à échappement (Rey-nal). EE. 20 Juillet, 98.
- — — London United. E'. 19 Juillet, 62.
- — — et l’électrolyse. Elé. 3 Août, 70.
- — — Contacts lvingsland. Ri. 20 Juillet,
- 281. Tosi-Parboni. EE. 10 Août, 213. Barbillon. Grifflsch. Gc. 27 Juillet, 212.
- — à câbles d’Edimbourg. E1. 19 Juillet,
- 57.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides bromkydrique. Réaction sur l’argent (Jouniaux). CR. 22 Juillet, 228.
- — carbonique. Fabrication. Ms. Août,
- 498.
- — azotique. Nouveautés dans sa fabrica-
- tion. Ms. Août, 504.
- — sulfurique. Procédé’ au contact. Ms.
- Août, 506. Garniture des tours de Gay-Lussac. Id., 507.
- Acétals (Recherches sur les) (Delépine). ACP. Août, 482.
- Air atmosphérique. Séparation des gaz le moins volatils et leurs spectres (Lweing et Dewar). CN. 26 Juillet, 37; 2 Août, 51 ; RsL. 30 Juillet, 389.
- Baryum.Fabrication de l’oxyde. Ms. Août, 508.
- Bois. (Conservation des) (Besson). RCp. 28 Juillet, 432.
- Brasserie. Préparation des levures basses fermentant à haute température (Jac-quemin). ScP. Juillet, 734.
- Calorimétrie. Corrections des pertes de chaleur (Richards). FL Août,% 1.
- — Divers. Cs. Juillet, 734.
- Céramique. Modification des propriétés physiques de l’argile par sa dessiccation. Ms. Août, 513.
- — Analyse rationnelle de l’argile. Ms Août, 517.
- Cérium, Production de l’oxyde pur (Sterba). CR. 22-29 Juillet, 221, 294.
- Cellulose. Éthers mixtes et acides nitragents (Cross et Bevan). CR. 9 Août, 61.
- Chaux et ciments. Chaux cristallisée (Jouve). ScP. Juillet, 710.
- — Industrie du Portland en Californie. Eam. 20 Juillet, 71.
- — Les mortiers hydrauliques (Chouliat-chenko). Le Ciment. Juillet, MO.
- Cæsium (Étude du) (Chabrié).CR. 27 Juillet, 336. 295.
- Cristallisation des Solutions salines. N. 1er Août.
- Cuivre. Action de l’hydrate cuivrique sur les dissolutions de sels métallifères (Mailhe). CR. 22 Juillet, 226.
- Eaux. Épuration par le fer. Usine de Choisy-le-Roi. Rt. 25 Juillet, 319.
- Egouts. Eaux d’épuration bactériologique (Rouchy). Pc. 1er Août, 103.
- Essences et parfums. Divers. Cs. Juillet, 742.
- Fermentation (Théories géométriques de la chimie de) (Pope). SA. 2-9 Août, 677, 690.
- — (Levure. Nutrition azotée de la) (Thomas). CR. 29 Juillet, 312.
- Gaz (Séparation mécanique des) (Marra). Gc. 20 Juillet, 197.
- Hydrogène (Liquéfaction de). N. 25 Juillet, 317 (Dewar). RsL. 30 Juillet, 360.
- Laboratoire. Divers. Cs. Juillet, 747. Acide salycilique. Dosage dans les vins et matières alimentaires (Pellet). Ms. Août, 494.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1901.
- 303
- Laboratoire. Analyse des gaz par l’électricité (Berthelot). ACP. Août, 433.
- — — par laspectroscopie (Berthelot). Id.,
- 447.
- Influence du sélénium sur certains essais. Cs. Juillet, 751.
- Abréviation des calculs de chimie (Richards). Fi. Août, 109.
- Molybdène. Oxydes, sulfures et iodures (Guichard). AcP. Août, 498.
- — (Alliages d’aluminium et de) (Cusillet).
- CR. 27 Juillet, 291.
- Nitrocellulose (Contribution à la science de la) (Lunge et Deber). CN. 19-26 Juillet, 30, 41 ; 2 Août, 55.
- Optique. Mesure des longueurs d’onde dans le spectre solaire (Perot et Habry) CR. 15 Juillet, 153.
- — L’interféromètre. AMa. 27 Juillet, 772. — Réseaux obtenus par la photographie de franges achromatiques (Merlin). CR. 22 Juillet, 215.
- . — Théorie nouvelle de la dispersion (Ques-neville). Ms. Août, 525.
- — Continuité des spectres dus aux solides et aux liquides incandescents (Décombe). CR. 29 Juillet, 282.
- Oxygène industriel (P) Pictet. CC. Juin, 878. Ozone. Densité et poids moléculaire. CN. 19 Juillet, 33.
- Papier. Les piles. Dp. 27 Juillet, 474.3-10 Août 490.
- — Divers. Cs. Juillet, 739.
- Pétrole roumains. Bases azotées dans le (Griffiths et Bluman). ScP. Juillet, 725. Revue du Ms. Août, 481. Au Texas. Cs. Juillet, 690.
- Photographie. Plaques sensibles à l’ultraviolet (Schumann). CN. 26 Juillet, 40; 2 Août, 51.
- — Procédés) d’impression à l’aide de la) (Carlioz). Ce. 3 Août 223.
- Potasse. Hydrates de solides. Études thermiques (de Forcrand). CR. 15 Juillet, 157.
- Radium. Radio-activité des sels de (Curie et Debierne). CR. 29 Juillet, 276. (Heen). Rs. 10 Août, 161.
- Résines et vernis. Divers. Cs. Juillet, 728. Solubilité des mélanges de sulfates de cuivre et de soude. (Massol et Maldes). CR. 29 Juillet, 287.
- Soude. Hydrates solides. Étude thermique des (de Forcrand). CR. 22 Juillet, 223.
- Soufre. Industrie en Sicile. Ms. Août, 510.
- Sulfate de cuivre. (Cristallisationdu) (Hopkins). CN. 26 Juillet, 42.
- — de magnésium. Fabrication. Ms. Août, 500.
- Sucrerie. Développement dans l’Inde. E'. 2 Août, H0.
- Tannage. Divers. Cs. Juillet, 729.
- Teinture. Divers. Cs. Juillet, 733-754. De laine en noire par le nitrosulfure de fer (Prud’homme). SiM. Mai, 177.
- Aniline. Nouvelle préparation (Sabatier et Sandereur). CR. 5 Août, 321.
- — Enlevage par réduction au moyen de la soude caustique et de la dextrine (Wilhelm). SiM. Mai, 180.
- — Noir d’acétylène (Depierre). SiM. Mai, 189.
- — Matières colorantes à base d’anthraqui-none (Buntrock). MC. 1er Août, 193.
- — Impression des tissus. Progrès récents. MC. 1er Aoilt, 198.
- — Divers. MC. 1er Août, 205. Cs. Juillet, 700, 709, 710.
- — Revue de (Reverdin). Ms. Août. 486.
- — Matières colorantes chromées dérivées de la phénilhydrazine (Caseneuve). ScP. Août, 758.
- Tension de vapeur des solutions (Ponsot). CR. 5 Août, 341.
- Thiosulfate de soude. Action sur les solutions métalliques à hautes températures et pressions (Norton). American journal of Science. Août, 115.
- Thermomètres (Verres des) aux températures élevées (Mac Lettan.)F. Juillet, 63.
- Uranium (Observations sur F.) A trois basses températures (Becquerel). CR. 22 Juillet, 199.
- Vinaigre. Différentiation biochimique des principaux ferments (Bertrand et Sar-crac). ScP., Juillet, 731.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Angleterre, Recensement de 1901 et mouvement de la population. Ef. 20 Juillet, 85.
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- 304
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1901.
- Brevets. Nouvelle procédure (Hardingham). E. 19 Juillet, 100.
- Enseignement industriel en Hongrie. Ef. 10 Août, 201.
- Famille. Organisation dans le nouveau Code Allemand (Crétinon). Rso. 1er Août, 154.
- Grèves. Des Dockers de Marseille. Musée Social. Juillet. Aux États-Unis, E. 2 Août, 156. E'. 19 Juillet ; 68, des Chemins de fer corses. Ef. 27 Juillet,
- 117.
- Impôts. Les moins values et leurs conséquences. Ef. 20 Juillet, 81.
- Indo-Chine en 1900. Ef. 3 Août, 167.
- Liège Industrie (du) (Raboum). Rs. 10 Août, 177.
- Marines marchandes et navigation commerciale, Ef. 10 Août, 195.
- Métaux; prix et consommations dans les 10 dernièresannées. Cuivre et plomb. Ef. 10 Août, 199.
- Repos du Dimanche en France. Rso. 1er Août, 230.
- Secours mutuels. Situation des Sociétés de la France. Ef. 27 Juillet, 120.
- Sociétés par actions en France. Ef. 10 Août, 193.
- Sucres et boissons,enlSS9-l900.BMA, Juin,21\. 291.
- Tarifs maxima et minima. Extension du système. Ef. 3 Août, 157.
- Travail de la femme à Lyon. Syndicats de femmes. Rso. 1er Août, 182.
- — (Conseil supérieur du).Ef. 3 Août 163.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PURLICS
- Barrages en maçonnerie. (Résistance des) (Ruf-fieux). APc. 1901,5.
- Çiment. Rapport delà commission des voûtes (Le Ciment). Juillet, 97.
- Travaux publics de l'Allemagne (Dartein). APc. 1901,1.
- Ponts (Rivière desj dans l’Inde. E' 9 Août, 135.
- — Viaduc de Mussy. APc. 1901 (6).
- — De Manheim sur le Neckar. Vrds. 27
- Juillet, 1055; 10 Août, 1129; de Tal-Y. Cafn sur la Conway. E. 2 Août, 145.
- Ponts. Démontable chute par gauchissement (Périssé). IC. Juin, 823.
- — Articulé en béton de las Sagadas. Le Ciment. Juillet, 103.
- — Tournant de Carnavon, E’. 2 Août, 127. Tunnel du Simplon, Etat d’avancement. Rgc. Juillet, 84. Métropolitain de Paris. Ac. Août, 120.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs Croller. Hanscom. Hebner. Crent. EE. 20 Juillet, 105. Edison. EE. 27 Juillet 124. Dp. (Id.) 469. Machine Tufentlial à estamper les plaques. EE. 20 Juillet, 107.
- — Max. le. Juillet, 318.
- Chauffage électrique. Appareils de la Gold Car Heating Co. Elé. 27 Juillet, 49. Dynamos. Oerlekon, à l’Exposition. EE. 20 Juillet, 77. Ivririg (Id.). 3 Août, 137. Bréguet, 165.
- — Balais tournants Rouge et Feget. EE. 3 Août, 186.
- — Conduites directement parles moteurs. Réglage (Larché). VDI. 20 Juillet, 1017.
- — Alternateurs de 180 K.w. de la Société d’Éclairage électrique. EE. 10 Août, 193.
- — Système Siemens et Halske pour faire varier l’excitation du champ. EE. 3 Aoiit, 185.
- — Construction systématique des alternateurs (Larché). E. 10 Août, 173.
- — Moteurs Lamme. EE. 27 Juillet, 140.
- — — à vitesses variables par pôles mo-
- biles Couffinhal et Wagner. EE. 3 Août. 187.
- — — Alternateur Dery. E1. 10 Aoiit 152. Éclairage arc Lampe. Bardou. Élè. 19 Août,
- 81.
- Électro-Chimie. L’industrie de Y. Cs. Juillet, 673 (Swan). L’action électro-chimique (Redd). Fi. Juillet, 46.
- — Phénomènes périodiques de l’électro-
- lyse (Kœlegen). EE. 27 Juillet, 143.
- — Formation des perchlorates(Winteler).
- EE. 26 Juillet, 146. Des alcalis. Cs. Juillet, 715.
- — Les diaphragmes (Le Blanc). EE. 27
- Juillet, 152.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOÛT 1901.
- 305
- Électro-chimie. Chrome électrolyiique (Neumann),. EE. 27 Juillet, 154.
- __ Réciprocité de l’influence des solubilités
- (Welmore). EE. 27 Juillet, 155.
- — Divers. Cs. Juillet, 725.
- Hystérésis. Décollage produit par 17e. 23 Juillet, 326.
- Mesures des hautes résistances (Rood). American Journal of Science. Août, 91. Magnétiques par la méthode balistique (Montpellier et Alliamet). Élé. 20, 27 Juillet, 31, 56.
- — Oscillographes (les). (Blondel) Rgds. 15,
- 30 Juillet, 612,659.
- — Ondographe Hospitalier. Courbes de phé-
- nomènes périodiques obtenus. le. 25 Juillet, 323.
- — Phasemètre Frank Holden. EE. 3 Août,
- 183.
- Pertes d’énergie par les diélectriques. Ic. 25 Juillet, 317.
- Piles étalon. (Étude des). Élément Werton. CG. 3 Août, 191.
- Redresseur électrolytiques. Pollak. EE. 27 Juillet, 117.
- Télégraphié sans fil. Expériences de Marconi entre Antibes et la Corse. EE. 20 Juillet, 93. Cm. Juillet, 35.
- —- (Progrès de la) (Slaby). VD1. 27 Juillet, 1047. Application des résonateurs de Hertz (Johnson). EE. 3 Août, 178. Transmission des ondes hertziennes dans les liquides conducteurs (Nord-man). CR. 5 Août, 339.
- — Bedell. Ëlé. 3 Août, 65.
- — Protection de fils contre les courants
- industriels. Règlements. Élé. 10 Août, 90.
- — Dragage des câbles sous-marins (La-
- rose). EE. 10 Août, 197.
- Téléphonie. Annonciateurs téléphoniques sans fil pour postes secondaires. Ic. 25 Juillet, 321.
- — A grande distance Pupin, EE. 3 Août,
- 168.
- Transformateur rotatifs. Théorie (Colles). Fi. Juillet, 12.
- Transports d’énergie, à 33 000 volts. Elé. 10 Août, 93.
- HYDRAULIQUE
- Pompes centrifuges pour les docks Tangye. E'. 26 Juillet, 84.
- — à grande vitesse. Fafeur. Ri.
- — Odesse. RM. Juillet, 91.
- — Merryweather (Id.), 92.
- — des eaux de Hampton. E1. 2 Août, 123.
- — de Nashua. RM. Juillet, 89.
- — à gaz Gobbe. Ru. Juillet, 125.
- — à air Morris. E1. 2 Août, 119.
- Usines de la vallée de l’Areuse (Baling). APC. 1901 (3).
- Turbines 3000 chevaux. Niagara. VDI. S Août, 1095.
- MARINE, NAVIGATION
- Canal Dortmund-Ems. VDI. 20 Juillet, 1009. Dock flottant. Marine espagnole. E. 19 Juillet, 95.
- Échouage du paquebot /’« Iraouaddy ». Rmc. Juillet, 1425.
- Machines marines de canots. Striikland. E'. 10 Août, 137.
- — Progrès depuis dix ans (Mac Kehnie). E'. 10 Août, 157.
- Marines de guerre. Cuirassés modernes (Wilmot). E'. 2 Août, 111.
- — Cuirasses actuelles, leur résistance pen-
- dant le combat. Rmc. Juillet, 1541.
- — Artillerie navale (Dawson). E. 9 Août, 199.
- — — allemande. Rmc. Juillet, 1558.
- — — anglaise. Croiseurs « Hyacinth » et
- « Minerva ». E1. 19 Juillet, 63. Rmc. Juillet, 1566. E. 9 Août, 189.
- — — — Développement pendant le der-
- nier cinquantenaire. Rmc. Juillet, 1460.
- — États-Unis. Transport Summa. E. 19 Juillet, 79. Rmc. Juillet, 1572.
- — — Croiseur Charleston. E'. 26 Juil-
- let, 87.
- — — Italie. Rmc. Juillet, 1574.
- — — Russie. Rmc. Juillet, 1576.
- — — Turquie, ld., 1577.
- Propulsion des navires: Théorie (Mansel). E'.
- 10 Août, 143. Calcul des propulseurs hélicoïdaux (Chaigneau). Bam. Juillet, 648.
- Pas-de-Calais (Histoire de la navigation du). E'. 2 Août, 114.
- Tome 101. — 2e semestre. — Août 1901.
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- 306
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1901.
- Pêche allemande dans le Nord. Rmc. Juillet, 1625.
- Port de Brême. Rmc. Juillet, 1594. Régularisation des rivières de l’Allemagne du Nord (Robert). APC. 1901 (2).
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Câbles (Fabrique de) à Wakefield. E'. 29 Juillet, 98.
- Chaînes sans soudure par laminage annulaire. Rc. 25 Juillet, 328.
- Changement de marche Bail. RM. Juillet, 114. Compresseur d’air Boréas. Ri. 13 Juillet, 273.
- — Hallander. RM. Juillet, 115.
- — Stumpf, Taylor, d’Auria (Id.), 116.
- — de la Compagnie des Omnibus. Usine de
- Billancourt. Gc. 20 Juillet, 185.
- — hydraulique Ferraris. Eam. 13 Juil-
- let, 35.
- Drague à pétrole pour dragages d’entretien.
- (Wender). APc. 1901 (7).
- Chaudières (Évaluation de la puissance des), EM. Juillet, 684.
- — à tubes d’eau à la mer. E'. 26 Juillet, 95.
- E. (Id.), 121, 124.
- — — Durr. E. 19-26 Juillet. 80, 129.
- E. Août, 164.
- — — Stralendorf. Société d’automobiles.
- Société industrielle. RM. Juillet, 63.
- — Appareils de sécurité (Sinigaglia). RM.
- Juillet, 18.
- — Cheminée en ciment armé. Gc. 3 Août, 229.
- — Circulateur Makin. E'. 26 Juillet, 88.
- — Détendeur D’Esté. Ri. 13 Juillet, 275.
- — Eaux pour chaudières. E'. 19 Juillet, 67. Chimie des dépôts (Ridenour). Fi. Août, 113. Filtre Duplex. RM. Juillet, 67.
- — Grattoir pour tubes. Lantac. E. 26 Juillet, 136.
- — Grilles American Stocker C°. RM. Juillet, 73. Lutz (Id.), 76.
- — Injecteur Sticker. RM. Juillet, 68.
- — Joint tubulaire Borrowman. Ri. 10 Août, 316.
- — Niveau d’eau. Winn. E'. 20 Août, 117.
- Hopkinson. RM. Juillet, 75.
- Chaudières. Réchauffeur d’alimentation Jons-son. RM. Juillet, 74. Stewell (Id.), 75.
- — Soupapes de sécurité Hopkinson, Fer-
- nold. RM. Juillet, 73.
- Essoreuse pour séparation mécanique des gaz.
- Marza. Ri. 10 Août, 313.
- Horlogerie. Horloge électrique Barr. E. 26 Juillet, 117.
- Joint à angle variable Kœnigs. CR. 15 Juillet, 139. Joints d’obturation (Buard). Bam. Juillet, 739.
- Levage (Appareils de) à l’Exposition de 1900. VDI. 20 Juillet, 1027.
- — Manutentions aux docks de Pennarth.
- E'. 26 Juillet, 91.
- — des minerais aux Grands Lacs. EM. Août,
- 657.
- Basculeurs des docks de Penarth. E'. 2 Août, 118.
- — Crochet à air comprimé Rutherford. RM. Juillet, 92.
- — Freins pour grues (Ernst). VDI. 3-10 Août, 1081, 1123.
- — Grue électrique à plateau de 1500 kilogrammes. Ri. 3 Août, 301. Flottante de 80 tonnes. Port de Santos. E. 9 Août, 182.
- — Manutention des bagages au quai d’Orsay. Ri. 10 Août, 314.
- Machines-outils. Ateliers aux États-Unis.
- EM. Juillet, 677, Stanley à Newark. E. 19 Juillet, 71. Ransome (Ici.), 71. Vickers. E. 26 Juillet, 110. De construction navale (Disposition des). (Dunn). E. 2-9 Août, 169, 183.
- — — L’interchangeabilité (Id.), 741.
- — Alésoir Hulse et Bâtes. RM. Juillet, 94. — Clé à vérous Lacore. Bam. Juillet, 730. — Fraiseuse Cincinnati. AMa. 27 Juillet, 582.
- — — Richards. RM. Juillet, 56.
- — - - AutomaLic M. C° RM. Juillet, 96.
- — Forge à l’étampe (Horner). E. 26 Juil-
- let, 105.
- — Limeuse Cochrane. AMa. 27 Juillet,
- 780.
- — Marteau Massey. Ri. 13 Juillet. 275. Tan-
- nett Walker. RM. Juillet, 97.
- — Meules Reinecker. Dp. 27 Juillet, 477.
- — Perceuse pour brides de tuyaux. Addy.
- E. 2 Août, 139.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1901.
- 307
- Machines-outils. Perceuse Burwell. RM. Juillet, 101.
- — Tours à commande électrique. Schuma-
- cher. AMa. 3 Août, 809. A lunettes Dreyer et Cabish. RM. Juillet, 102. à revolver. Polter et Johnson (Id.), 106. Avanceur Yon-Pitler (ld.), 109. Porte-outil Hartness (Id.), 110.
- — Chuck, Kummel et Goodrich. RM. Juillet, 113.
- _ Raboteuses latérales Richards. RM. Juillet, 60. Boneberg. RM. Juillet, 101J
- — Scies à rubafns, réglage de la poulie folle. Ri. 20 Juillet, 284.
- — Machine à vis Tanney. RM. Juillet, 111.
- Hakewessel (Id.), 112.
- Moteurs à, vapeur 8000 chevaux. Allis. RM. Juillet, 45.
- — Analyse du diagramme (Brauer). Dp.
- Août, 501.
- — Demi-fixes Wolf. VDI. 21 Juillet, 1066.
- Pm. Août, 114.
- — Bielles Hunt. RM. Juillet, 120.
- — Détente et compression Duchhauvers et Duchesne. RM. Juillet, 6.
- — Distributions Marshall et Wigram, Da-vey Paxman, Wilson, Konig, Robey. RM. Juillet, 121.
- — (Équilibrage des machines). E. 19 Juil-
- let, 92. (Mac Alpine) (Id.), 97.
- — Condenseurs Worthington, Wheeler.
- RM. Juillet, 123.
- — Enveloppe (Rôle de P). (Duchesne). Ru. Juillet, 212.
- — Piston Wheelock. AMa. 27 Juin, 790.
- — Stuffing box métallique Ward. E. 2 Août, 163.
- — Soupapes de Cylindres, Pignet, Schreidt. RM. Juillet, 124.
- — Régulateur Shanks. E'. 10 Août, 137.
- — Turbines Parsons. Essai. RM. Juillet, 49. Ashton, Yiale (ld.), 124.
- — à gaz à l’Exposition (Freytag). VDI.
- 27 Juillet, 1063.
- — — Westinghouse. RM. Juillet, 126.
- — — de 1000 chevaux Raymond. RM.
- Juillet, 53.
- — — de hauts fourneaux (Deschamps).
- RM. Juillet, 27. Souflerie Stumpf. RM. Juillet, 55. Nettoyeur Korting. - Gc. 10 Août, 244.
- Moteurs à Gaz. Régulateurs Bouer, Gard-ner. RM. Juillet, A 21.
- — — Mise en train Bellamy (Id.), 128.
- — à, pétrole Bravo, Diesel. RM. Juillet,
- 129.
- — — Essais de Cardiff. (Id.), 131. Résistance des matériaux. Essais à la
- flexion par choc de barreaux entaillés (Charpy). IC. Juin, 848.
- — Résistance des plaques encastrées (Bar-rett). AMa. 10 Août, 828.
- Sécurité (Appareils de) à l’Exposition de 1900 (Schmerber). Gc. 20-27 Juillet, 193, 207 ; 3 Août, 225.
- MÉTALLURGIE
- Alumino-thermie (L’) (R. Austen). N. 8 Août, 364.
- Fer et acier. Ancienne sidérurgie au Japon. SuE. 15 Août, 841. Porosité des lingots. SuE. 15 Août, 857. Presse à lingots de 1000 tonnes. Gc. 10 Août, 240.
- Fonderie;moulage mécanique des engrenages. O Neil. Ri. 13 Juillet, 274. Machine à couler Roheisen. SuE. 15 Août, 850. Minerais complexes. Métallurgie des (Gin). Bam. Juillet, 689.
- Or. Essais des minerais (Smit). CN. 9 Août, 62.
- Plomb. Progrès de sa métallurgie (Gautier). Pm. Août, 122.
- MINES
- Asphaltes du Keutucky. Eam. 10 Août, 165. Bassin de l’Est. Industries minières et métallurgiques. Ru. Juin, 292.
- — Lorrain-Luxembourgeois. Ru. Juillet,
- 108.
- Boccard portatif. Hathorn. E'. 10 Août, 152. Colonies françaises. Richesses minérales (Pela-tan). Ru. Juin, 225; Juillet, 1.
- Câbles plats en aloès pour extractions à grandes profondeurs (Étude des). (Verton-gen). Ru. Juin, 264.
- Chine. Étude géologique du Nord de la (Le-prince Ringuet). AM. Avril, 346. District de Verde Arizona. Eam. 10 Août, 169.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1901.
- Épuisement. Pompe différentielle Davey. E'. 10 Août, 141.
- Électricité. Emploi aux ardoisières de l’Anjou. Elé. 27 Juillet, 50; 3-10 Août, 73, 82.
- — — aux mines du grand-duché du Luxembourg. Ru. Juillet, 116. Au Comstock, extraction. Eam. 3 Août, 140.
- Fer. Gisements de Briey. Ru. Juillet, 43.
- Fonçages et installation d’un puits de 1000
- mètres à Ronchamp (Poussîgne). Im. Mai, 159.
- Fonçages en Australie. E10 Août, 135.
- Or. Dragage en Californie. Eam. 13 Juillet, 41.
- — Côte de l’Afrique ouest. Eam. 20 Juil-
- let, 67.
- — Mine Reynolds, Géorgie. Eam. 20 Jv'l-
- let, 68.
- Parachutes (Théorie des) (Henry). Ru. Juillet, 158.
- Le Gérant : Gustave Richakb.
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- 100® année.
- SEPTEMBRE 1901.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- *
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur un système d’obturateur pour becs de gaz, par M. le
- capitaine d’artillerie Girardville, 6, rue Michelet, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- Messieurs,
- La plupart des becs de gaz présentent -l’inconvénient de donner lieu à des fuites qui augmentent avec l’usure des robinets. Bien que les odeurs caractéristiques et désagréables du gaz d’éclairage ordinaire et de l’acétylène. prémunissent le consommateur contre certains accidents, ces fuites, sans parler de la dépense, sont toujours redoutables.
- Les gaz inodores et notamment l’oxyde de carbone, mélangé ou non à d’autres fluides combustibles, sont plus dangereux encore, parce qu’ils s’infiltrent de façon insidieuse à travers l’air ambiant et parfois ne se révèlent que par des explosions violentes et des intoxications mortelles.
- Frappé de l’imperfection des appareils en usage, M. le capitaine Girardville s’est efforcé d’y remédier au moyen d’un système d’obturateur, qu’il soumet à votre appréciation. Deux points essentiels constituent l’invention : la fermeture du robinet effectuée de manière à obtenir le contact intime des surfaces d’occlusion, et la garniture de la clef à l’aide de joints particuliers.
- Tome 101.
- 2e semestre. — Septembre 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- SEPTEMBRE 1901.
- Sur le raccord fileté, qui existe dans tous les appareils et qui doit porter le brûleur, M. Girardville visse une pièce en bronze cylindro-conique A (fig. 1) à deux pas intérieurs superposés.
- Le pas inférieur sert tout d’abord, comme il vient d’être dit, à former raccord. Le pas supérieur reçoit la clef évidée du robinet B (fig. 2), filetée
- Fig. 1 et 2.
- A. Raccord cylindro-conique à douille pas de vis intérieur. — B Clef évidée du robinet (en bronze) avec filetage extérieur correspondant au pas do vis intérieur de la partie haute de A. — C Ajutage en acier, percé d'un trou central el fileté extérieurement pour se visser à la partie inférieure et intérieure du raccord A, vis-à-vis de l'embase de la clef B. — 1 et 3 gorges annulaires formant joints et garnies do suif ; 2 gorge intermédiaire remplie de glycérine. — D Plan de l’embase venant appuyer sur l’ajutage C, lors de la fermeture du robinet, o, o, o, o Petit,? orifices également répartis autour de l'embase D pour le passage du gaz, de l'ajutage C à l’intérieur do la clef B.
- extérieurement; ce filetage est interrompu, sur la hauteur, par trois gorges annulaires 1, 2, 3, formant autant de joints.
- Les deux gorges extrêmes sont garnies de graisse, de suif, par exemple, la gorge intermédiaire est remplie de glycérine ; ce liquide s’oppose au passage du gaz quand bien même le filetage a pris du jeu. A la partie inférieure, la clef se termine par une embase cylindrique, forman t saillie au centre d’un cercle 1), percé de quatre petits orifices. Yis-à-vis, et à distance convenable (réglée au moyen du pas inférieur du raccord) se visse un ajutage conique eu acier C, percé d’un trou central. Aussi longtemps que le robinet est ouvert, c’est-à-dire que l’embase de la clef est écartée de l’ajutage, le gaz arrive, à
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- SUR UN SYSTÈME d’oBTURATEUR POUR BECS DE GAZ.
- 311
- travers ce dernier, aux quatre orifices ci-dessus mentionnés et, par le canal intérieur de la clef, jusqu’au brideur. Lors de la fermeture du bec, l’embase (en bronze) vient clore l’ouverture du cône d’acier, dont la pointe pénètre légèrement dans le métal relativement mou qui lui est superposé. Cette pénétration assure une occlusion absolue. L’usure pouvant résulter, à la longue, de ce serrage énergique est sans inconvénient, parce qu’elle est facilement compensée par le vissage de l’ajutage.
- L’obturateur breveté par M. le capitaine Girardville n’est pas encore dans le commerce. Cet ingénieux dispositif mérite d’être soumis à une expérimentation prolongée, qui démontre l’utilité d’une fabrication industrielle permettant d’établir le nouveau robinet dans des conditions de prix favorables à sa généralisation. En conséquence, le Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier l’inventeur de sa communication et de voter l’insertion au Bulletin, du présent rapport, accompagné des dessins utiles à la représentation de l’obturateur, et d’une légende explicative.
- Signé : Édouard Simon, Rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 12 juillet 1901.
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- COMMERCE
- LES ÉTATS DANUBIENS
- Par Joseph Mallat, Professeur d}Économie commerciale (1).
- II
- Économie sociale. —Croates, Serbes ou Roumains, les peuples desquels nous nous occupons sont essentiellement pasteurs et cultivateurs. Le travail de la terre a toujours été considéré chez eux comme le plus digne de l’homme, et le commerce de ses fruits comme celui auquel on peut se livrer avec honneur. Aussi les institutions sociales ont-elles généralement eu pour objet les intérêts ruraux et la vie patriarcale s’y est-elle conservée avec des formes très appropriées aux temps, mais avec des principes immuables.
- Il n’est donc pas surprenant que les villes aient mis bien longtemps pour se développer et qu’à peine commencent-elles à être ce que, depuis bien des siècles, elles sont dans le reste de l'Europe (2).
- La Zadruga croate, la Zadruga serbe sont des institutions qu’on doit souhaiter voir perpétuer, car elles assurent la richesse ou tout au moins le maintien de l’aisance chez le cultivateur.
- Qu’est-ce que la Zadruga?
- La Zadruga. — La Zadruga est une institution qui procède du clan écossais et de la société de famille, le pueblo d’Amérique. Cette institution remonte à la plus haute antiquité, et, alors que les révolutions amenaient la disparition de la plupart des autres institutions, celle-ci demeurait vivace et faisait ressembler les peuples slaves du sud au peuple hébreu au temps des douze tribus, au temps des familles patriarcales.
- Reconnue par la loi serbe, la Zadruga est ainsi définie par l’article 507 de son Code civil :
- « La Zadruga est une communauté de vie et de bien fondée et appuyée sur la parenté naturelle ou adoptive. »
- (1) Voir le Bulletin de mars 1901.
- (2) On compte en Serbie près de 2 500 villages ou chefs-lieux d’Opchtinas qui se développent graduellement et deviennent petit à petit des bourgs ruraux assez importants.
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 313
- Elle a une durée perpétuelle et constitue une personne civile. Elle peut agir en justice . Elle se compose d’autant de personnes qu’en comporte la famille. Elle vit sur un domaine collectif indivisible, dans un enclos et sur des terres que tous les membres possèdent en commun, à titre égal de propriétaires mais dont aucun n’a le droit de vendre ni d’hypothéquer une part indivise. Le père, chef de la Zadruga, vit là avec ses fils et ses petits-fils. La fille qui se marie reçoit une dot mais elle ne peut réclamer sa part du bien commun. Celui qui quitte sans esprit de retour perd ses droits. A la mort du père, la Zadruga élit son nouveàu chef.
- Cette institution, précieuse comme œuvre de moralisation, ne l’est pas moins comme œuvre de prospérité sociale. Elle évite le morcellement, l’émiettement de la propriété et de ces droits de succession et de mutation qui sont la ruine du petit cultivateur ; elle maintient dans l’union si utile à l’établissement et à la conservation des fortunes tous les membres de la même famille, et leur assure la force qui résulte partout et toujours de l’union. ,
- De nouvelles dispositions des lois Serbes autorisent la dissolution de la Zadruga, mais sous des conditions restrictives qui en sont encore une sauvegarde. Les municipalités, toutefois, de peur que ces dispositions ne facilitent par trop la disparition de cette institution, encouragent au contraire son développement en mettant à sa disposition des terres qui ont jusqu’ici composé leur patrimoine communal.
- En Croatie, la Zadruga perd de sa popularité. Sous l’iniluence magyare elle tend à disparaître, et M. Emile de Laveleye, dans une étude sur l’évêque Strossmayer publiée il y a quelques années dans la Revue des Deux Mondes, met dans la bouche d’une vieille Croate les doléances des vieillards en présence de l’affaiblissement de l’esprit de famille résultant des dissolutions trop fréquentes des Zadrugas.
- La Moba. — A côté de la Zadruga, les Slaves du sud pratiquent la moba, autre institution patriarcale ou plutôt usage rural, qui est une forme de la solidarité entre agriculteurs de la même commune et des bonnes relations de voisinage.
- Le Slave de la péninsule balkanique n’aime pas à louer ses services, mais il prête volontiers un concours désintéressé à charge de revanche. Un paysan qui, à l’époque de la récolte, n’est pas en mesure, à l’aide de ses propres forces, de faucher ses foins ou de rentrer ses céréales, prie ses voisins de lui venir en aide tel jour. Les voisins arrivent au jour dit avec tous leurs outils et sont, pendant un jour ou deux, les hôtes de celui qu’ils aident à faire la récolte. Il n’est pas question de paiement, le service rendu reposant sur une parfaite réciprocité : c’est la Moba.
- La culture des terres, les céréales et la vigne sont les objets de l’agriculture
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- dans les Etats balkaniques. Leur vente en est presque le seul commerce, avec celui des produits de l’élevage.
- Agriculture. — Tous les animaux domestiques et de boucherie dont on cultive les espèces en Europe sont l'objet de l’élevage sur les collines qui dominent le Danube, la Save, les deux Morawa et la Maritza et trouvent dans les vallées de ces cours d’eau les pâturages qui leur sont nécessaires. Le bœuf serbe a une robe gris sale et les cornes semblables à celles des bœufs allemands. Sa viande est de très bonne qualité. Le porc y est l’objet d’un grand commerce. On y a beaucoup élevé le buffle pour les travaux agricoles, mais aujourd’hui on lui préfère le cheval, parce qu’on a reconnu que, là où deux ou trois paires de buffles étaient nécessaires, on peut, avec deux chevaux, faire le même travail. En Bulgarie, en Macédoine et en Bosnie, on se sert beaucoup du buffle pour le roulage sur les routes et pour les longs transports.
- Race chevaline. — On travaille particulièrement en Dalmatie et en Bosnie à l’amélioration de la race chevaline. Le produit du croisement de la race serbe avec la race arabe est de petite taille, peu élégant mais vif, alerte, très dur à la fatigue et son pied est d’une incomparable sûreté. M°r Strossmayer, avec ses haras d’étalons hongrois, a fait faire des progrès considérables à l’élevage du cheval daus toute la presqu’île.
- Forêts. — Les forêts seraient une source d’incalculables richesses pour les pays qui nous occupent, et particulièrement pour les Serbes et les Roumains, si l’exploitation en était faite avec intelligence et méthode. Les forêts sont, en effet, dans ces contrées et en Transylvanie, très nombreuses et très étendues. Toutes les essences forestières de l’Europe y sont représentées par des sujets beaux, vigoureux et de très bonne qualité. On y trouve particulièrement le chêne rouge, dont les facettes marbrées sont très prononcées, et qui fournit un bois magnifique pour la fabrication des meubles.
- Quelques intéressants essais d’exploitation ont été tentés avec plus ou moins de succès, mais jusqu’ici inhabilement.
- Concessions d’exploitation. — Yoici que vont s’ouvrir de nombreuses gares de chemin de fer sur des lignes multiples reliant les centres forestiers à tous les points de transit correspondant à toutes les grandes lignes d’exportation. Ce sera alors le moment d’essayer de nouveau l’exploitation des forêts par les procédés mécaniques, les seuls qui puissent donner des résultats rémunérateurs.
- La législation en la matière n’est pas la même pour tous les Etats danubiens. Il est, en général, assez facile d’obtenir des concessions de coupe de forêts, mais il faut toujours être très prudent et s’assurer, qu’après avoir obtenu une concession ponr un prix déterminé, une autre autorité que celle avec laquelle on a traité ne viendra pas, à son tour, en demander le paiement.
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
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- Les arbres fruitiers sont'très nombreux, surtout au centre de la Pénisule. La pomme, la cerise, la noix y sont l’objet d’importantes transactions; mais c’est surtout le pruneau qui y est l’objet d’une culture intensive et constitue une des richesses de la Serbie et des pays circonvoisins. Il n’y a pas de village où quelques habitants au moins n’aient un enclos de ce produit, et nous ^verrons par les statistiques à quels trafics il donne lieu. Ln 1880 on évaluait à 15 à 20 millions de kilogrammes l’exportation des pruneaux pour la seule Serbie.
- Le lin, le chanvre et le tabac sont également produits en abondance par l’ancienne Turquie d’Asie et trouvent de faciles débouchés sur les marchés voisins d’Orient et d’Occident.
- La soie. — Comme les mûriers s’y développent d’une façon tout exceptionnelle, il serait naturel que la culture du ver à soie y fût pratiquée sur une large échelle. Il n’en est cependant rien parce que les paysans serbes manquent de l’éducation nécessaire à cette branche de l’industrie agricole.
- 11 n’en fut toutefois pas toujours ainsi.
- On dit que c’est vers 1720 ou 1730 que le gonverneur du Banat (Hongrie), le comte de Mercy — un Belge — introduisit en Serbie la culture du mûrier pour l’usage du bombyx de la soie. Le ver à soie de l’espèce balkano-albanaise fut cultivé et donna des résultats appréciés. La production de la soie en Serbie se développa rapidement tandis que l’exportation des cocons en Italie commençait à se faire sérieuse. Tombée à peu de chose vers le milieu du xixe siècle, la culture du ver à soie, malgré les encouragements du gouvernement serbe, ne s’est guère relevée et l’abaissement du prix de ses produits amène sa rapide décadence.
- Enfin, le miel, la cire et la laine sont l’objet d’un important commerce.
- Cette nomenclature des produits de l’agriculture n’est point complète. A peine donne-t-elle une idée de la variété des ressources que peut tirer de son sol vraiment fécond l’agriculteur péninsulaire lorsqu’il met de l’intelligence dans son travail.
- Eaux minérales et thermales. — A côté de ces productions du sol, qui ont une valeur effective dans la fortune publique, il en est d’autres auxquelles on a bien jusqu’ici reconnu des qualités précieuses, mais dont on n’a encore tiré aucun parti économique, ce sont les sources d’eaux minérales. La plupart d’entre elles furent connues et appréciées des Romains.
- Elles sont abondantes, et, sous un climat aussi clément, aussi tempéré, entre les 39e et 46° degrés de latitude nord, entre les 14e et 25e degrés de longitude est, avec les facilités de transports que procure la grande voie ferrée qui rejoint Paris à Constantinople en passant à proximité des grandes capitales européennes, on est surpris que des eaux auxquelles des sommités médicales comme le Dr Lindenmayer ont reconnu des propriétés thérapeutiques considérables, n’aient
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- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- jusqu’ici donné naissance à aucune de ces villes d’eaux que fréquentent les étrangers et qui sont, pour les pays qui ont le bonheur de les posséder, une source inépuisable de richesses.
- Stations balnéaires. — Malgré la beauté des sites, malgré les facilités de communication, l’installation dans les stations thermales de la Serbie, qui en possède de nombreuses (1), est encore tellement primitive que seuls les malades du pays et des pays circonvoisins les ont jusqu’ici fréquentées.
- Une société financière, solidemenî constituée, qui saurait offrir des garanties suffisantes à la municipalité de Wrntzé, par exemple, dont les eaux sont comparées comme vertu à celles d’Ems et de Carlsbad, pour obtenir le privilège de l’exploitation de ses sources et de celles d’Yochanitza « l’eau jaillissante la plus chaude connue en Europe » qui en sont voisines, et qui, en ce magnifique site, créerait des établissements confortables capables d’attirer et de retenir les étrangers, aurait bien peu de peine à en faire une station mondaine de premier ordre. La seule réclame intéressée des Compagnies de chemins de fer a mis à la mode des stations qui avaient par elles-mêmes beaucoup moins de charmes et dont les eaux étaient bien moins efficaces.
- Le sol de la péninsule balkanique n’est pas seulement riche en humus, en matières azotées et fertilisantes produisant des céréales, des vignes, des pâturages et des forêts ; son sous-sol ne possède pas seulement des sources thermales et des eaux minérales riches en principes curatifs; ses richesses minéralogiques sont considérables et il n’est peut-être en Europe que l’Angleterre et la Belgique pour posséder des centres miniers aussi rapprochés les uns des autres.
- Mines et charbons. — Le lignite et la houille abondent dans la vallée sud du Bas-Danube et dans celle de la Morawa. Des gisements très riches de cuivre sulfuré ou pyriteux, de dorite, des minerais de fer, d’hématite alumino-siliceuse, de plomb, de zinc, de galène, d’antimoine, sont répandus en abondance dans la région baignée par la Drina et dans toute la vallée de la Save. Et, chose intéressante à noter, ces gisements qui offrent des couches d’épaisseurs très variées se trouvent souvent presque à fleur de terre,mais généralement aune très faible profondeur.
- Les Croates, les Serbes, les Bulgares et les Roumains ont eu longtemps peu
- (1) Nous ne pouvons citer toutes les eaux minérales qui se rencontrent sur de nombreux points de la Serbie.
- Les plus connues sont celles d’Arandjelovatz, Aleixinatz, Rybar, Wrntzé, Smardan-Bara, Nisch, Vranja, etc., etc.
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
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- de dispositions pour l’industrie. Leur éducation industrielle est à peine commencée, aussi leurs richesses métallurgiques n’ont-elles été jusqu’ici exploitées que par quelques compagnies anglaises ou autrichiennes qui ne paraissent pas avoir parfaitement réussi.
- Exploitation des carrières. — Il paraît, qu’avant la conquête turque, des Ragusains et des Allemands avaient commencé à ouvrir d’importantes carrières et des mines qu’ils durent abandonner lorsque les prescriptions du Koran furent imposées aux provinces soumises à la domination ottomane. Le Koran défend, en effet, de creuser le sol pour en extraire des pierres et des minerais.
- Mais ces peuples, qui paraissaient si éloignés de toute culture industrielle, commencent à s’ouvrir à la civilisation occidentale. Ils ne s’opposent plus à l’exploitation de leur sol et accordent facilement des concessions aux étrangers qui viennent installer chez eux des industries métallurgiques. Ils les considèrent comme des éducateurs qui leur portent de nouvelles sources de prospérité nationale et s’intéressent au succès de leurs entreprises.
- Études géologiques. — Nous ignorons cela en France et nous paraissons même très peu soucieux de l’apprendre, tandis que nos plus puissants voisins envoient là-bas des missions composées d’ingénieurs et de techniciens pour procéder à des analyses et à des sondages, prélever des échantillons, se renseigner sur les ressources en main-d’œuvre que possède le pays et sur la législation qui régit les exploitations minières.
- Ces ingénieurs et ces techniciens sont préalablement munis de cartes géolo- * giques fort bien faites et de rapports officiels adressés à leurs gouvernements par des agents spécialements chargés de ces études. Car il ne faut pas croire, qu’en ces Etats de la péninsule balkanique, il n’y ait pas de géologues et de minéralogistes, de chimistes savants aussi capables que dans quelque autre nation que ce soit ; il ne faut pas supposer que leurs gouvernements ne soient pas exactement renseignés sur la valeur des richesses que renferme leur sol. Je ne veux pour preuve de la vérité de mon assertion, que le rapport publié en 1874 dans le Srbske Novine, journal officiel du royaume de Serbie, par M. Kofif-mann, ingénieur des mines au département des finances.
- D’après l’estimation du rapporteur et d’après l’étude qu’il en a faite, les seules mines de Serrié (sur la Morawa) ne contiennent pas moins de 27 millions de quintaux métriques de charbons.
- Pourquoi nos industriels français n’ont-ils pas eu l’idée d’aller là-bas prendre une place qui eût assurément été honorable au milieu de leurs concurrents?
- La question de la main-déœuvre. — Ont-ils de bonnes raisons à donner de cette abstention?
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- COMMERCE.
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- Ils en donnent certainement. Ils allèguent d’abord la difficulté de trouver sur place la main-d’œuvre nécessaire à de grandes entreprises et se servent pour cela d’une phrase devenue un vieux cliché, car nous l’avons retrouvée il y a plus de quinze ans dans une étude où elle pouvait être alors l’expression de la vérité^ où elle était, en tous cas, la confirmation de ce que nous avons dit à propos de la moba : le Slave de la péninsule balkanique n’aime pas à louer ses services, sa fierté le lui défend.
- Cette phrase, la voici :
- Le paysan roumain, comme le paysan serbe, est essentiellement agriculteur. L’ouvrier n’existe pas, dans ces pays, en tant que classe sociale, c’est-à-dire que tous, à de très rares exceptions près, possèdent un bout de champ, soit en propriété, soit à titre de ferme. Dans ces conditions, dès que la terre a besoin de leurs soins, ils délaissent tout autre travail pour se consacrer à sa culture.
- Donc on ne saurait compter sur eux comme ouvriers industriels.
- Certes, le Slave méridional est fier. Le Monténégrin particulièrement est si fier qu’il croirait abaisser sa dignité en se livrant à quelque commerce. En revanche, après l’agriculture qui est une noble occupation, la chasse est considérée par lui comme un passe-temps dans lequel l’homme s’élève moralement au-dessus de tous ceux qui s’astreignent à un autre labeur. La fierté du Monténégrin est la même que celle du Castillan qui, drapé dans son manteau, passe sa vie à se promener sur les places de Séville ou de Cadix, vit dans la misère la plus profonde et supporte toutes les privations plutôt que de s’occuper à une œuvre servile.
- Certes aussi, le Serbe est fier et il est parfaitement vrai qu’à celui qui lui demande s’il y a une noblesse en Serbie, il répond toujours : « Mais oui il y a une noblesse, et tous les Serbes en sont. »
- Mais ce qui est aussi parfaitement vrai, c’est que, sous l’influence de la civilisation occidentale et de l’indépendance qui a donné un nouveau champ à l’initiative privée, il s’est produit depuis quelques années une transformation sensible dans les conditions sociales des peuples de la péninsule balkanique et que les Etats qui la compoaent sont en voie de développement industriel et de croissance sociale.
- Les nouveaux moyens de communication, la grande voie ferrée qui relie l’Orient à l’Occident en traversant complètement les pays qui nous intéressent ont considérablement aidé à cette transformation et donné raison aux prévoyances de M. de Reverseaux, aujourd’hui ambassadeur de France à Vienne, qui m’écrivait le 27 avril 1886 :
- A mon sens, l’établissement des chemins de fer est de nature à changer les conditions économiques de la Serbie (il aurait pu ajouter : et des autres États Danubiens), en mettant les indigènes en contact avec les Occidentaux et en leur faisant connaître une existence et un bien-être qu’ils ignorent.
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- Formation de centres populeux. — L’œuvre est largement commencée. L’accroissement de la population des villes, la formation d’importants centres populeux en de petites bourgades qui, avant d’être devenues stations de chemin de fer, comptaient à peine quelques centaines d’habitants, voici une démonstration péremptoire de notre allégation.
- Et en effet, on trouve en Bulgarie et en Roumélie orientale, des villes de 20 000 habitants et au-dessus, on en trouve de 30, 50, 60 et 80 000 en Roumanie (Bukarest compte près de 195 000 habitants). Eu Serbie, laissant de côté Belgrade dont la population, de 27 000 âmes en 1883,, est aujourd’hui de 60 000, Kraguievatz et Nisch, accrues de 7 000 âmes dans le même espace de temps, nous voyons que Kgnajevatz a gagné 2 000 habitants depuis qu’une gare de chemin de fer la dessert, que Semendria est en croissance de 1580, Pirot de 3 278, Yrania ou Wranja de 1180 et ainsi de suite.
- Il se forme des centres populeux et il devient facile d’y trouver des ouvriers. Cela deviendra même d’autant plus facile que les Slaves méridionaux n’aiment pas à s’expatrier : ils tiennent à leur sol. Or, ils sont très prolifiques — la population de la Serbie s’est accrue de 27 p. 100 dans les dix-huit dernières années — et les travaux de la campagne ne pourront pas longtemps suffire à occuper les bras valides. Il leur faudra forcément ou aller demander du travail à l’étranger ou, ce qui sera bien plus conforme à leurs sentiments, s’occuper dans l’industrie nationale.
- Avis de M. E. de Borchegrave en 188$. — La fierté slave est, du reste, depuis quelque temps du moins, beaucoup plus une fiction qu’une réalité. Nous empruntons le passage suivant au Rapport si bien fait, adressé en 1883 à son gouvernement, par M. Emile de Borchegrave, ministre résident de Belgique à Belgrade.
- L’industrie, au sens étendu qu’on lui donne dans les pays producteurs de l’Europe, n’existe pas en Serbie. Malgré la richesse du sol, l’abondance des mines, des forêts, des charbonnages, le pays a encore tout ou presque tout à créer dans cette sphère. Une sorte de nonchalance dédaigneuse, le manque d’habitude et peut-être un sentiment exagéré d’indépendance empêchent le 'Serbe de s’adonner aux divers travaux que nécessite le soin d’une grande industrie; toujours est-il que les établissements industriels qui se sont installés en Serbie sont presque tous aux mains des étangers.
- Néanmoins, le travail personnel existe; le travail domestique est même très développé ' dans le pays. C’est ainsi que la plupart des objets de nécessité, étoffes et habillements, par exemple, sont, par tout le pays, confec.tionnés chez les paysans eux-mêmes.
- L’éminent rapporteur fait suivre ces observations de l’énumération des petites industries qui existent en Serbie et de leur état à l’époque de son enquête. Il résulte de cette enquête que quelques industriels allemands, anglais ou belges ont fondé des manufactures qui sont devenues prospères et que les ouvriers qu’ils y emploient sont à peu près tous de nationalité serbe.
- Nos facultés de lettres, de droit et de médecine de Paris reçoivent tous les
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- ans un certain nombre de jeunes Albanais, de jeunes Roumains et de jeunes Serbes, qui viennent étudier pour devenir diplomates, avocats, médecins; mais, me disait récemment le ministre de l’un de ces Etats, vos écoles industrielles no verront venir vers elles nos nationaux que lorsque vous leur aurez appris l’application des études qu’on y fait, lorsqu’ils auront vu les résultats des sciences qu’on y professe.
- *
- * *
- Cette question de la main-d’œuvre étant écartée, on a fait une seconde objection :
- Comment de grandes industries établies en Serbie, en Bulgarie ou en Roumanie écouleraient-elles leurs produits?
- Quels seraient leurs débouchés ?
- Cette objection est moins inspirée par la prudence que par une insuffisante connaissance de la marche vers le progrès dans les pays de la péninsule balkanique.
- Une pareille question, en effet, porterait juste s’il s’agissait de l’Annam ou de Madagascar, pays récemment arrachés aux ténèbres de l’état sauvage; pays ou tout est à faire tant au point de vue des voies de communication qu’à celui de l’éducation physique et morale; pays, enfin, situés au milieu d’autres non moins arriérés et dont les besoins sont tout aussi grossiers.
- Débouchés des produits de /’industrie. —Mais, dans les Etats danubiens, acquis à la civilisation en même temps que les autres pays de la vieille Europe, dans les Etats danubiens tributaires depuis longtemps des nations industrielles de l’Occident, les grandes industries peuvent se créer sans crainte et produire en confiance, leur fabrication s’écoulera aussi bien et trouvera d’aussi faciles débouchés que celle des grandes usines de Belgique ou d’Angleterre.
- Si la grande industrie n’existe pas en ces pays, la petite industrie et le travail domestique y sont bien développés. La tonnellerie, la coutellerie, la chaudronnerie, la fabrication du drap et la tannerie exigent l’emploi d’un grand nombre d’outils que les indigènes sont obligés de demander à l’industrie étrangère. Les brasseries, les moulins à vapeur, les fabriques de spodium (noir animal) les manufactures de poterie sont obligés de recourir à l’étranger pour leurs machines et leurs pièces mécaniques; les manufactures de l’Etat, fabriques d’armes, arsenaux, fabriques de poudre de guerre, fabriques d’allumettes, font venir d’Allemagne leur matériel, leurs machines-outils, leurs instruments de précision.
- Consommation intérieure. — Donc, déjà, et dans l’état actuel, une importante consommation à l’intérieur est assurée aux produits de la grande industrie.
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- Mais, en admettant que cette consommation intérieure ne soit pas un débouché suffisamment assuré, il n’y a aucun empêchement à faire l’exportation. Les voies de communication sont non seulement nombreuses, mais encore très faciles. Les routes bonnes et bien entretenues relient entre elles les grandes villes et celles-ci sont reliées aux ports de commerce par voies fluviales et par voies ferrées. Le roulage n’est pas plus coûteux que dans le reste de l’Europe et il est assuré par des bœufs solides, par des buffles très résistants et par des chevaux entraînés.
- Voici pour le présent. Dans un avenir très rapproché la condition de la grande industrie sera encore bien améliorée.
- Avant les événements de 1876 et 1878, un chemin de fer avait été construit dont le point terminus en Hongrie se trouvait sur le Danube à une faible distance de Belgrade, à Naïsatz. Par Vienne et Pesth, il reliait la Sirmie à l’Europe occidentale. Un autre avait pour point terminus Uskub dans le territoire de Kossovopolie et reliait la Turquie au sud de la Serbie.
- Chemins de fer. — A cette époque, un homme de talent, un Français que la fortune trahit plus tard cruellement, M. Bontoux avait préparé un gigantesque tracé d’autres voies ferrées dont le réseau devait mettre en communication toutes les villes importantes de la péninsule et les relier au port de Salonique, d’un côté, à Raguse de l’autre. Un autre Français, M. Kush, avait, lui aussi, fait des ouvertures aux gouvernements turc, russe et autrichien pour l’exécution d’un plan de voies ferrées dont il était l’auteur.
- Le traité de Berlin imposa aux Serbes et aux Bulgares la construction de certaines voies ferrées pour faciliter les relations commerciales entre l’Orient et l’Occident.
- En exécution de cette prescription, le gouvernement serbe fit examiner les projets qui lui étaient soumis. Les combinaisons si bien étudiées de M. Bontoux firent écarter le tracé Belgrade-Alexinatz, présenté par M. Kush, malgré la concurrence d’entre preneurs austro-hongrois et d’une puissante société belge alliée à des financiers considérables (1), le président général du Conseil d’administration de Y Union générale de Paris signa le 3 février 1881, avec le gouvernement royal de Serbie, une convention pour l’établissement du premier chemin de fer de l’État serbe.
- Le tracé dont les études techniques furent faites par la même société française qui avait fait ou préparé les lignes ferrées de Turquie et de Macédoine, société présidée et dirigée par le comte Vitali, élève de l’École centrale de Paris, longe, dans la majeure partie de son parcours — 363 kilomètres environ — la vallée de la Morawa dont elle ne s’écarte un peu que pour desservir Nisch, et
- (1) La Serbie, par M. E. de Borchegrave.
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- joint Belgrade à Vranja, c’est-à-dire qu’elle traverse la Serbie du nord au sud, reliant la ligne Vienne-Buda-Pesth au port de Salonique. C’était la mise en communication de la Péninsule tout, entière avec l’Europe occidentale.
- D’autres lignes secondaires comme importance economique furent construites ; l’une traversant la Bosnie et suivant les vallées de la Drina et de la Lim relia Sseraicwo (Bosna Serai) à Mitrovitza et à la ligne Uskub-Salonique, une autre, traversant la Boumanie, reliait Pesth à B'ukarest. Enfin, Sophia fut relié à la grande ligne par Nisch et Pirot. Ces grandes artères achevées, chaque Etat sentit l’intérêt qu’il y avait, soit pour l’accroissement du bien-être de ses nationaux soit au point de vue de la sécurité nationale, à construire de nouvelles lignes commerciales et stratégiques, et bientôt des embranchements vinrent se greffer sur ces voies principales et, rameaux reliés à ces troncs vigoureux, portèrent la sève du progrès et de la civilisation dans des contrées que, jusqu’alors, les difficultés de communication avaient retenues en dehors du mouvement intellectuel, économique et social.
- C’est alors que commença à se produire ce phénomène dont nous parlions tout à l’heure : l’affluence vers les villes des bras que n’occupait plus assez utilement la campagne. Des centres populeux se formèrent dans les petites bourgades devenues stations de chemin de fer et s’y développèrent assez rapidement pour que les gouvernements, soucieux de plus en plus d’assurer la prospérité de leurs Etats, fissent étudier de nouveaux projets qui tout en multipliant ces centres missent leurs marchés en rapports plus directs avec les marchés européens, les délivrassent de la tutelle dangereuse des grands Etats voisins et les missent à l’abri de tous conflits avec eux sur des lignes internationales.
- Nouvelles lignes serbes. — La Serbie est en avance à cet égard. Elle a fait faire les études d’un réseau complet comprenant plus de 900 kilomètres de voies et la Skouptchina a voté il a y bientôt deux ans l’exécution de cet immense réseau qui fait l’objet de la loi du 6 décembre 1898 publiée au Journal Officiel du royaume
- Eh bien, la concession des douze lignes composant ce réseau a été faite à une société anglaise représentée par MM. Edward Calthrop et Marcus de Londres, et nous, Français, qui avons les premiers travaillé aux chemins de fer serbes, nous n’avons pas seulement tenté de disputer à l’adjudicataire le plus petit tronçon de son entreprise.
- Et cependant, les entrepreneurs qui firent les premiers chemins de fer serbes ne firent-ils pas en même temps leurs affaires personnelles? N’y réalisèrent-ils pas des bénéfices plus que raisonnables — exception faite, toutefois, de ceux que la guerre d’Orient nrrêta dans leurs travaux — et eurent-ils à se plaindre de la façon dont ils étaient traités dans ces pays où, pour assurer la sécurité de leurs personnes et de leur bourse, les gouvernements mettaient à leur disposition
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- gendarmes et pandours? M. Pons et M. Fortuné Gaudin, qui. passèrent plusieurs années dans l’Europe orientale, tant comme ingénieurs faisant les études préparatoires des tracés que comme entrepreneurs de Jots plus ou moins importants de ces chemins de fer, conservèrent le souvenir de l’accueil empressé qu’ils reçurent partout des Slaves méridionaux, des Bulgares et des Turcs au milieu desquels ils opérèrent.
- Puisqu’en ce moment nous sommes en Serbie, et avant de pousser plus loin nos considérations, disons que depuis le 31 décembre 1873 (12 janvier 1874) il existe dans ce pays un loi qui, si elle e?t une marque de la sollicitude du roi Milan Ier pour le développement physique de son royaume, peut être encore considérée comme une invitation aux industriels étrangers à venir en Serbie fonder d’importantes exploitations.
- Loi pour rencouragement de l’industrie. — Cette loi a, en effet, pour but d'encourager le développement de l’industrie dans le pays en accordant aux entrepreneurs, sociétés ou particuliers, des faveurs spéciales. Ainsi, une entreprise industrielle dont l’introduction paraît utile, peut recevoir un monopole d’exploitation pendant quinze ans. L’importation de machines et de parties de machines, d’outils et d’instruments, de même que l’importation de matériaux et de matières premières, de charbons et autres objets nécessaires pour l’érection ou pour l’exploitation de l’établissement, ont lieu en franchise de droits de douanes et d’autres taxes accessoires. L’exploitation des produits ouvrés ou demi-ouvrés provenant d’établissements serbes peut être légalement exemptée de droits douaniers, si tant est qu’il en soit exigé à la sortie. Toutefois, ces deux exemptions ne peuvent, de même que l’exonération de tout impôt direct, être accordées que pour dix ans.
- Si, pour l’établissement d’une fabrique ou d’une importante entreprise industrielle, la concession d’un terrain appartenant à l’Etat est jugée nécessaire, elle peut avoir lieu gratuitement si la perte pour le trésor ne représente pas 1 200 francs de revenu; néanmoins, la durée de l’usage est limitée à trente ans, et le terrain concédé ne peut en aucun cas devenir la propriété de l’entreprise.
- L’Etat cède, s’il le juge nécessaire, pendant quinze ans, des parties de forêts ou du bois à un établissement industriel, sous la condition que les coupes aient lieu conformément aux règlements forestiers existants, et que le reboisement ait lieu sans retard.
- Aux termes de la même loi, et ceci est capital à noter, les étrangers peuvent acquérir le terrain nécessaire pour l’établissement d’une fabrique ou d’une entreprise industrielle; mais cela seulement pour un terme de trente ans et moyennant la déclaration qu’ils reconnaissent la juridiction serbe (1). Enfin, la loi
- (1) Les récents traités ont rendu cette dernière clause sans objet : désormais, l’étranger appartenant à un État signataire devient acquéreur sans restrictions.
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- prévoit le cas où les privilèges susmentionnés cesseraient d’être en vigueur avant l’expiration du terme assigné à l’exploitation.
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- Quelles sont donc les industries qu’on peut utilement installer dans les Etats danubiens et balkaniques?
- Toutes ou à peu près toutes celles qui relèvent de l’exploitation minière ou qui l’ont pour objet immédiat et celles qui dérivent de la minéralogie, à commencer par le charbon.
- Minéralogie et métallurgie. — Depuis plusieurs années déjà les économistes industriels s’inquiètent du prochain épuisement des mines de houille jusqu’ici connues. Leurs savantes statistiques établissent que, dans un temps prévu et dont l’échéance est proche, ce producteur de la force motrice fera totalement défaut. Ces calculs sont basés sur des données très étudiées et leur pessimisme ne paraît point forcé, mais on paraît n’avoir fait entrer en ligne de compte que les gisements jusqu’ici exploités. On a complètement oublié d’introduire dans ces chiffres un facteur cependant appréciable, on a omis d’y comprendre les bassins houillers des pays slaves méridionaux. Or, nous l’avons dit, ils sont nombreux et importants.
- Dans nombre de cas, la couverte est très mince et on pourrait exploiter beaucoup de mines de houille à ciel ouvert.
- Dans les cas où les sondages annoncent une trop grande profondeur des gisements, l’exploitation par puits est rendue facile par la proximité d’immenses forêts dans lesquelles on trouvera en abondance tous les bois nécessaires au boisage des galeries.
- Sous-produits de l’industrie minière. — Les mines de houille sont si nombreuses et paraissent si riches dans ce sol, qu’au commencement, une extraction trop intensive ne trouverait peut-être pas un débouché suffisant dans son emploi comme combustible; mais le traitement de la houille par des procédés chimiques donne aujourd’hui des sous-produits, des dérivés dont l’écoulement devient de plus en plus facile. Ce ne sont plus seulement le goudron et les couleurs, mais de nombreux alcaloïdes et jusqu’à des produits fort recherchés par la parfumerie.
- Nous venons de dire que la houille intensivement exploitée ne trouverait peut-être pas tout de suite un débouché suffisant comme agent producteur de force motrice. C’est que, en effet, il n’est peut-être pas de pays au monde où la force motrice naturelle soit aussi abondante que dans les vallées des Alpes Dinariques, du Pinde, des Karpathes et des Balkans et de leurs prolongements. Donc c’est surtout l’exportation qui devra être visée par les Compa-
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- gnies de charbonnages que ne suffirait pas à décharger de leur production la consommation des chemins de fer et la batellerie à vapeur.
- La force motrice naturelle est abondante en ces vallées, et elle y est très considérable.
- La force motrice hydraulique. — S’il est quelque chose qui frappe l’économiste dès qu’il met le pied dans les régions cis-danubiennes, s’il est une observation qui s’impose à son attention c’est, avant tout, la constatation de l’immense valeur industrielle, de l’incalculable capital représenté par ces eaux vives, par ces chutes naturelles inutilisées et cependant d’une captation généralement si facile. Leur représentation en francs ou en livres représente pour le moindre de ces Etats la fortune d’une grande nation, d’une grande puissance industrielle, et pour moi, je reste rêveur en songeant au repos improductif dans lequel cette immense fortune a été si longtemps tenue sous la tutelle de la paresse orientale.
- Combien de millions de chevaux-vapeur, combien de milliards d’hectowats et d’ampères représente la valeur dynamique de ces sources abondantes dont on n’a qu’à vouloir pour s’en rendre maître !
- En France, nous l’ignorons encore. Les Serbes commencent à s’en rendre compte. Mais les Autrichiens, les Allemands, les Anglais, les Belges et les Américains ont, eux, depuis bien des années déjà, fait ce calcul. Ils ont vu là un champ propice pour de fructueuses opérations et ils guettent le moment où des voies ferrées sillonneront en tous sens ces riches contrées pour y prendre position et y créer d’importants établissements.
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- De grandes usines métallurgiques peuvent se fonder là-bas avec toute assurance de succès. v
- Hauts fourneaux. — Fontes et aciers. — Les hauts fourneaux qu’on établirait dans la vallée de la Morawa trouveraient dans les forêts voisines le charbon nécessaire à l’affinage. Ils pourraient, ainsi que ceux de Maidanpeh dans la vallée du Danube, entre Négotine et Dolni-Milanowatz, procurer à la mécanique et aux besoins des ménages des fontes de bonne qualité et des aciers dont, assure-t-on, les qualités ne le céderaient en rien à celles des aciers de Suède. La facilité d’obtenir du gaz, par la combustion des houilles riches qui se trouvent tout auprès, permettrait le puddlage et la régénération Siemens à des prix très rémunérateurs.
- La fonderie trouverait-elle sur place les sables à mouler qui lui seraient nécessaires?
- Cela ne fait pas de doute, puisque déjà des essais ont été faits avec succès.
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- La fonderie, en produisant les pièces mécaniques, les roues et les volants serait assurée d’un débit d’autant plus grand que jusqu’ici, il a fallu payer, pour se les procurer, des prix de transport excessivement élevés.
- Le laminage aurait pour débouchés intérieurs, immédiats, toutes les forges qui sont aujourd’hui tributaires, pour un gros chiffre, de la Russie et de l’Allemagne et aussi les compagnies de chemins de fer qui, pour l’établissement de leurs voies et leur entretien, vont avoir besoin de quantités considérables de rails.
- Taillanderie. — La taillanderie, aujourd’hui obligée de se fournir à l’étranger, attend impatiemment que la production de l’acier industriel la délivre de cet asservissement.
- Instruments agricoles. — Mais c’est la fabrication des instruments agricoles qui doit particulièrement appeler, entre la mer Adriatique et la mer Noire, d’intelligents constructeurs qui peuvent être assurés d’avance du facile écoulement de leurs produits. Pendant longtemps, et récemment encore, c’était le paysan qui confectionnait les instruments aratoires dont il avait besoin; mais voici quelques années que l’usage de la charrue en fer a été introduit dans la plupart des pays danubiens et cet outil détrône l’ancienne ralitza des Bulgares et des Turcs. La ralitza entame à peine le sol, alors que la charrue en fer le laboure profondément. La routine abandonne ses errements et s’en trouve bien.
- Par contre, il serait inutile de tenter l’introduction dans ces pays de la machine agricole. Le terrain ne s’y prête absolument pas; il n’est ni assez plat, ni suffisamment étendu pour qu’on y puisse utiliser la faucheuse, la semeuse ni la moisonneuse. Tout au plus la batteuse pourrait-elle y rendre des services. Je ne sais si elle a été essayée ni si elle y serait admise.
- Chaudronnerie. — La chaudronnerie, très répandue en Serbie et dans l’Albanie, la Bosnie et la Bulgarie, puisqu’il n’est presque pas de ville qui n’y ait son fondeur de clochettes ou son fabricant d’appareils de distillation, emploie une grande quantité de cuivre qu’on trouve en abondauce, en amas et en rognons à l’état de cuivre sulfuré et de cuivre pyriteux, disséminé plus ou moins régulièrement en de puissants filons de porphyre siénitique.
- L’exploitation des carrières de cuivre, sauf peut-être de celle de Maidanpeh, se fait d’une façon peu rationnelle et qui est loin de produire ce qu’on pourrait en tirer. Il en est de même du zinc et des mines de plomb de la vallée de la Morawa.
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- Terre cuite. — Les industries qui ont la terre pour matière première, celles du plâtre, de la chaux, du ciment sont de celles qui attirent peu l’étranger vers
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- des pays éloignés, aussi nous contenterons-nous de dire qu’elles pourraient cependant être exploitées avec fruit dans la péninsule des Balkans; quant à la terre cuite, poterie du bâtiment, céramique, faïencerie et même porcelainerie, ces branches du travail industriel méritent d’attirer l’attention. L’argile plastique, le quartz et même le kaolin sont très répandus dans le sol de ces pays et s’y rencontrent par bancs importants. Quelques grandes tuileries mécaniques, des manufactures de tuyaux et de poterie verraient en peu de temps fructifier le capital qu’on aurait mis à leur disposition; leur fabrication serait assurée d’un considérable écoulement.
- Industries du bois. — Il en serait de même de toutes les industries du bois. Exploitations forestières, scieries mécaniques, fabriques de meubles peuvent en toute confiance tenter des établissements dans ces contrées forestières; la matière première s’y trouve à bon marché et de qualité supérieure.
- La menuiserie française, celle de Paris particulièrement, connaît les bois de Roumanie pour les employer couramment; il est vrai qu’elle préfère payer de grosses commissions de courtage à des maisons allemandes qui les lui procurent, plutôt que d’aller elle-même sur place traiter avec les exploitants. Les bois de Serbie valent ceux de Roumanie, quelques-uns même leur sont supérieurs. Exploitées avec intelligence, les forêts de Serbie et de Bulgarie seraient une mine d’or pour les entrepreneurs qui voudraient en essayer.
- Exploitations forestières. — Il y a quelques années, quelques Français tentèrent des exploitations forestières en Transylvanie et en Roumélie. Peu ont réussi. D’abord le lieu de leurs exploitations était mal choisi, loin des moyens de transports et dans des contrées où la main-d’œuvre était encore difficile à trouver; ensuite le bacchich, élevé à la hauteur d’une institution dans tous les pays où il se trouve des fonctionnaires turcs, absorbait le plus clair de leurs bénéfices. Loin de décourager nos nationaux, ces exemples doivent être considérés par eux comme un apprentissage dont ils n’ont pas eu à faire les frais mais duquel ils doivent bénéficier.
- La papeterie. — Nous ne terminerons pas cette revue des industries que l’on pourrait établir dans les Etats cis-danubiens sans parler de la papeterie, industrie vraiment française, etque nous nous sommes laissé dérober par tous nos voisins.
- L’imprimerie fut importée de très bonne heure chez les Slaves occidentaux. On connaît des missels et autres livres liturgiques imprimés au Monténégro en 1 SI9 et 1563 (1). Il paraît même que, vers la fin du xvesiècle,on imprima à Obod un bréviaire appelé Y Octave, et qu’antérieurement à cette époque, les Serbes possédaient des ateliers de typographie. Mais ce n’est que depuis que l’instruction s’est répandue qu’on imprime dans toutes les villes de la péninsule des
- (1) Voir Les Provinces danubiennes, par Chopin, p. 192, col. 1.
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- livres, des revues savantes et des feuilles quotidiennes d’informations politiques, travaux pour lesquels il s’y consomme de très grandes quantités de papier.
- D’autre part, on fume beaucoup la cigarette dans toute l’Europe orientale, et c’est l’Occident qui fournit le papier dont on l’enveloppe, comme aussi le papier à écrire et celui à imprimer.
- Or, que faut-il pour fabriquer du papier?
- Avant tout, une eau courante très claire et de la cellulose végétale obtenue par un traitement que l’on fait subir soit à de vieux chiffons et à de vieux cordages, soit à des matières ligneuses, soit enfin, à la paille des céréales. La charge, qui y est ajoutée en plus ou moins grande quantité, consiste en fécule ou en kaolin, et la colle est fournie par toutes sortes de gélatines animales; charge et colle entrent, du reste, pour peu de chose dans la fabrication du papier.
- Il suffit, je pense, de cette nomenclature des objets nécessaires à la fabrication du papier pour que tout de suite on puisse conclure qu’en Serbie, aussi bien qu’en Bosnie, en Roumanie et en Bulgarie, il est possible de créer de très importantes papeteries. Il faudrait, toutefois, avoir soin de les placer sur des cours d’eau roulant sur un fond calcaire plutôt que sur un ruisseau dont les eaux puissent être chargées de matières minérales qui produiraient dans le papier des taches d’oxydation et amèneraient sa prompte détérioration.
- L’industrie papetière en appelle deux autres : celle de la toile métallique et celle du feutre. Bien que d’exportation très facile, les cylindres de toile métallique et les manchons de feutre pourraient également être fabriqués dans des manufactures à proximité des centres papetiers, puisque, ainsi que nous le disions il n’y a qu’un instant, le cuivre n’y fait pas défaut. Quant à la laine, objet d’une importante exportation de ces pays, elle est fournie par les moutons des nombreux troupeaux qui s’y engraissent.
- De tout ce qui précède, il résulte que les Etats cis-danubiens possèdent dessus et dans leur sol de très grandes richesses, et cependant ils sont obligés de demander à l’industrie étrangère à peu près tout ce dont ils ont besoin, sauf les produits nécessaires à l’alimentation qui font, au contraire, l’objet d’une importante exportation de leur part.
- C’est à l’étude des transactions commerciales auxquelles donnent lieu ces importations et ces exportations que nous allons consacrer la troisième partie de ce travail.
- III
- Rien n’est plus intéressant à consulter que les statistiques douanières et les rapports adressés au ministère du Commerce et de l’Industrie par nos agents consulaires. Leurs chiffres, généralement établis avec le plus grand soin et puisés
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- à des sources officielles, peuvent être envisagés à de nombreux points de vue et permettent des comparaisons pleines d’enseignements. On pourrait leur adresser le reproche de n’être pas toujours dressés sur un plan parfaitement uniforme, mais comme chacun essaie d’être ou plus complet, ou plus original, il n’y a pas trop lieu de regretter la part d’initiative privée qu’on y rencontre.
- Nous avons demandé à ces rapports les -renseignements commerciaux nécessaires à l’établissement de cette troisième partie. Nous ne pouvons évidemment tous les analyser, mais dans ceux que nous passerons en revue, nous trouverons des éléments suffisants pour asseoir nos conclusions.
- BULGARIE
- La principauté de Bulgarie et Roumélie orientale (1) occupe dans la presqu’île des Balkans une superficie de 97 260 kilomètres carrés et comprend une population de 3 312 500 habitants, soit 34/1 par kilomètre carré. Ses principales villes sont Philippopoli avec 34 000 habitants, Sofia avec 33 000, et Choumla avec 23 000. Son littoral sur la mer Noire est assez étendu et elle y possède quelques ports importants.
- La France entretient auprès du gouvernement bulgare un ministre plénipotentiaire de deuxième classe, et elle a un consul général à Sofia.
- M. Lanel qui occupait ce dernier poste en 1889 adressa, le 16 mars de cette année, au ministre du Commerce de la République française un rapport dans lequel il analysait les trois fascicules qui venaient de paraître du recueil intitulé : Statistique du commerce de la Bulgarie arec les pays étrangers. Ces fascicules publiés par le ministre des Finances étaient afférents aux années 1882-1883-1884.
- (1) La réunion de la Roumélie à la Bulgarie date du 18 septembre 1885. Nous n’avons pas à faire ici l’historique de la révolution rbuméliote dont la nouvelle fut transmise au ministre des Affaires étrangères de la République française par trois dépêches : la première de M. Boysset, consul de France à Philippopoli, la seconde par M. de Lacretelle, vice-consul de France à Varna, et la troisième par M. Flesch, agent et consul de France à Sofia. Voici cette dernière :
- « Sofia, le 18 septembre 1885. — TÉLÉGRAMME. — Les agents étrangers ont été autorisés par le président du Conseil à faire savoir à leurs gouvernements respectifs que la réunion de la Roumélie à la Bulgarie est accomplie, que le prince de Bulgarie a accepté et qu’il est parti de Varna aujourd’hui pour Philippopoli où il arrivera demain. Une assemblée de plus de 3 000 personnes vient de se tenir sur la place du palais à Sofia. Il y a été résolu : 1° de prier le prince de Bulgarie de protéger la Roumélie et d’y envoyer des troupes bulgares; 2° de demander à l’empereur de Russie de prêter son appui. A Sofia, la population manifeste beaucoup d’enthousiasme sans que l’ordre soit troublé. »
- Le lendemain, 19 septembre, nouvelle dépêche de même origine : « Les troupes du camp de Choumla se dirigent à marche forcée vers Jambole. Le prince Alexandre se presse d’arriver à Philippopoli pour que les puissances soient placées devant un fait accompli. »
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- 330
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- Il ressort de ce rapport et de ces statistiques que la Bulgarie importait alors pour 46 359033 francs de produits étrangers de toute nature, et que ses exportations qui se montaient déjà à 35 297 160 francs consistaient principalement en produits du sol, c’est-à-dire de l’industrie agricole, la seule exercée dans ce
- pays :
- Les céréales y entraient pour...............16 479 947 francs.
- Les bestiaux, pour.......................... 4 864 231 —
- Les œufs, le fromage, le miel, pour........... 1255 957 —
- Les pruneaux, pour............................... 79 320 —
- Les cocons, pour................................. 53 630 —
- Les peaux, tannées ou non, pour............. 1 046 037 —
- Les céréales étaient surtout achetées par :
- L’Autriche-Hongrie, pour.................... 587 455 francs.
- L’Angleterre, —...................... 11 500 028 —
- L’Italie, —...................... 809 747 —
- La Roumanie, —...................... 1492911 —
- La Tnrquie, —...................... 743 228 —
- La France, —...................... 1 346 576 —
- La Turquie achetait à peu près tous les bestiaux, et l’Autriche une grande partie des peaux dont les centres de production bulgares étaient :
- Sofia qui livre annuellement 20 à . . 25 000 peaux de moutons et 70 à 80 000 d’agneaux.
- Widdin qui exporte annuellement. 25 000 peaux d’agneaux et 10 000 de chevreaux
- Piewna — 12000 — — 4 000 —
- Wratza — 6 000 — — 40 000 —
- Kustendil — 8000 — — 18 000 —
- Lom Palanka — 7 000 — — 00 000 —
- Doubnitza — 3 000 — 10 000 —
- Berkowatz — 3 000 — — 20 000 —
- On construisait alors le chemin de fer de Tzaribrod à Philippopoli, mais on n’avait encore comme ports d’embarquement que Sistow, Widdin, Rahowa, Lom-Palanka et Nicopoli.
- Le rapport de M. Lanel contenait, à l’usage de nos commerçants français, divers renseignements quant aux conditions de place à faire à leurs correspondants de Bulgarie s’ils voulaient lutter avantageusement contre la concurrence. Il leur indiquait jusqu’aux genres préférés, comme largeurs et comme dessins, des étoffes à importer et il ajoutait que, grâce aux nouveaux moyens de communication qui lui étaient offerts, le commerce français devait pouvoir faire concurrence à celui des autres pays pour un certain nombre d’articles.
- Nous devons particulièrement retenir les deux observations suivantes de notre agent général de France à Sofia, en 1889.
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 331
- 1° Une concurrence redoutable nous est faite par l’Autriche qui introduit en Bulgarie des savons et de la parfumerie de sa fabrication sous des étiquettes françaises. Même observation au sujet des conserves alimentaires; la France a sans doute sa part, et une part très importante dans l’importation de ces produits, mais une partie d’entre eux est vendue par l’Autriche et l’Allemagne sous des étiquettes françaises. De même pour les fromages, dont un grand nombre que l’on donne comme étant de provenance française, ne sont que des produits très inférieurs que l’Autriche a fabriqués.
- 2° Il est un moyen auquel le commerce austro-hongrois a eu recours pour donner à ses opérations en Bulgarie une impulsion plus grande encore. La création à Sofia d’un dépôt d exportations. Cent quarante-sept négociants, membres de la Société austro-hongroise d'exportation de Yienne se sont syndiqués à cet effet. L’établissement dont il s’agit, bien que ne se rattachant pas directement à la société précitée, a pris le nom d'agence de dépôt d’échantillons de la Société austro-hongroise d’exportation.
- Suivent les renseignements relatifs au fonctionnement de cette institution. Et M. Lanel concluait ;
- Pendant que l’Autriche-Hongrie consacre de si grands efforts à l’extension de son commerce dans la principauté, et que l’Allemagne, dont les importations en Bulgarie ont sensiblement augmenté, semble suivre l'Autriche dans cette voie, que font les commerçants français pour essayer de soutenir leur concurrence, tout au moins dans la vente de certains articles? Pour se former une opinion exacte à cet égard, on ne saurait mieux faire que de se reporter aux considérations que M. le ministre de la République à Belgrade a développées dans un rapport publié par le Moniteur officiel du commerce du b avril 1888; elles s’appliquent avec une exactitude absolue à l’état de nos relations commerciales avec la principauté. Il semble, en réalité, que les commerçants français se désintéressent absolument de ce marché.
- Voyons maintenant quel était l’état commerciel de la Bulgarie en 1898 et à quelles réflexions les statistiques de cette année donnèrent lieu de la part de notre consul à Sofia.
- BULGARIE
- Tableau comparatif du mouvement général du commerce pendant les années 1884 et 1897.
- 1884 1897
- Importations 46 359 033 72 730 250 Augmentation. 26 371 217
- Exportations 35 297160 66 537 007 Augmentation. 31239 847
- Total du mouvement. . 81 656193 139 267 257 Augmentation. 57 611 064
- De l’examen de ces tableaux, il ressort, qu’en ces quatorze dernières années, le mouvement général du commerce extérieur de la principauté a pris un accroissement de 57611 064 francs et qu’une forte part de cette augmentation revient aux exportations (31 239 847 francs), ce qui estime marque certaine de
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-
- 332
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- Importations en Bulgarie
- PRODUITS IMPORTÉS. AUTRICHE -HONGRIE. ANGLETERRE. ALLEMAGNE. ITALIE.
- 1884 1898 1884 1898 1884 1898 1884 1898
- Sucre et sirops 2 512 665 2 826 586 )) )) )> » »
- Boissons fermentées, eau mi-
- nérale, huile de table.. . . 1 792 813 388 757 ») )) » » »
- Café, cacao et thé " 265 524 654 748 )> )) )) 522 963
- Tannin, matières tinctoriales,
- couleurs 174 971 171622 188 346 » » )) ï)
- Drogues pour l’usage médical. 94 764 290 590 » )) 137 921 )) »
- Bougies, savon et parfumerie. 136 281 )) )> )) )) )) ))
- Matières inflammables. . . . 140 930 412 769 )) >» )) )) )>
- Terre cuite, porcelaine . . . 130 397 89 235 )) )> » )> ))
- Verrerie 397 762 593 226 )) )) 80 027 » ))
- Métaux non précieux bruts. . 216 100 123 738 )) 68 072 230 517 P ))
- Métaux non précieux ayant
- subi une demi-fabrication. 242 798 217 456 1 173 689 67 171 198 102 » »
- Articles en fer à l’exception
- des machines et appareils. 737112 136 085 )) 413 721 198 203 » ))
- Papiers et cartons 769 935 1 488 280 )) » )) )) »
- Cuir brut et peaux 320 390 219 171 )) ta )) 319 247 112 704 670102
- Articles en cuir travaillé. . . 612 240 346 344 » <13 » 275 830 )) 45 055
- Fils, ouates, matières à lilcr. 531 241 1 393 788 4 159 520 55 983 190 202 )) 382 725
- Tapis, feutres, tissus de poils. 85 789 » » — 40 308 1 794 298 )) »
- Articles d’étoffes 1 384 599 1 720 530 3 796 565 G 448 170 )> )> 148 009
- Bonneterie 166 642 414 737 )) S 22 852 311 802 c> »
- Passementerie et boulons. . 86 670 214 375 )) ta • 27 231 . » )) »
- Dentelles, broderies, blondes. 108 989 » )) -G O 23 955 )) » )) *
- Vêtements, linge de corps C/7 <v
- confectionné 1 192 737 1 233 267 » 41 603 290 494 )) ))
- Chapeaux, plumes de parures,
- fleurs' artificielles 149 648 308 336 )> •» 119 508 » 88 827
- Soieries (fils et tissus). . . . )> )) )) » )3 )) ))
- Soieries et laines )) 104 777 )) » 132 766 » )>
- Machines, instruments et ap-
- pareils 140 238 784 029 )) 70 140 507 732 » ))
- Quincaillerie, bimbeloterie,
- articles de luxe 166 343 608 472 )) 36 024 664 079 » ))
- Sel de cuisine et épices . . . » )) )) )) 712 091 150 880
- Riz )) )) » )> )) 313 681 121954
- Huiles minérales, essences. . )) » » )) )) )>
- Confitures et articles de con-
- fiserie )) )) )) » )) )>
- Vernis, laques, etc » )) )) )> )) »
- Bois et industries diverses. . » 2 419 894 )) )) » » ))
- Totaux**. . . 12 390 105 21 614 362 9 972 868 23 077 913 1 315 230 10 623 657 1 138 476 3 158 <51
- 12 390 105 9 972 868 1 315 23ü 1 138 4/0
- Différences. .... 9 224 257 13 105 045 9 308 427 2 020 275
- * Ces chiffres sont puisés : 1° Dans le Rapport sur la situation économique et commerciale do la Bulgarie dressé le 16 mars 1889^1*
- 2° Dans _ lo Rapport sur le commerce de la Bulgarie en 1897 dressé le 22 juin 1898 par M. Perroud, vice-consul do France a. £ ^ ** La différence entre ces totaux et ceux que donnerait l’addition dos colonnes au lias desquelles ils se trouvent est ropieaci i
- NOTA BENE. — Les chitfr°s
- LES ÉTATS DANUBIENS,
- 333
- en
- l884 et en 1898.
- UfoH>ne!’ gé.r?nt âe l’agence et consul de France à Sofia (Bulletin consulaire français, année 1889, 1er fascicule, juillet).
- 'livers m4'°f^Cîe^ d11 Commerce, n° 790 du 18 août 1898).
- ai actes secondaires dont la nomenclature aurait inutilement allongé celle que nous donnons et qui seule nous intéresse.
- ^Présentent des francs.
- RUSSIE. ANGE. ÉTATS -UNIS. TURQUIE. BELGIQUE.
- 1884 1898 1884 1898 1884 1898 1884 1898 1884 1898
- )) 73 870 33 430 )) )) » ))
- 455 779 » 56 557 )) 112123 384 167 166 507 44 000 » )> 1 186 821 )) ))
- )) 69 484 » )) )>
- )> 15 859 82 341 )) )) ))
- )) )> 22 856 96 200 » 480 718 89 893
- » )) )) )) » )>
- )) >3 80 677 » )) ))
- )> 33 095 31 600 )) )) 372 039
- )) )) » » )) S )) 190 045
- P & 248 828
- )) » 36 753 )) )) P P a )) 85 865
- )) )) 102 710 )) )) C/7 07 » ))
- » )) )) 50 675 )) ta )) ))
- 462 576 140 7 44 299 449 31 226 )) Æ O 600 297 £ ))
- 121 949 )> )) 16 700 » C/7 0) 03 P » 03 P »
- » )) » )) )) U CT* G 799 513 & a ))
- )) )) » 100 335 » )) » 412 650 )) » P s ci S )) )) P a » 57 734
- P )) )) )> )) J <v 307 368 <p »
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- C/7 C/3
- <D 07
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- )) )) 130 898 226 077 )) » )>
- )) )) 175 393 243 816 )) )> 68 892
- » » » >3 )> 217 645 262 694 »
- » )) )) )) )) )) »
- » )> )) >3 » )) »
- )) 172 745 » )) )) » ))
- 630 946 2 172 935 » » 620 277 )) ))
- » » 62 043 )) » )) ))
- » )) 31 169 )) » )> ïî
- )) )) )) )) )> )) ))
- 1 671 250 4 209 018 2 007 578 4117603 620 277 328' 525 )> 9 488 518 )> 2 367 679
- 1 671 250 2 007 578 >>
- 2 537 768 2 110 025 »
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-
- MOUVEMENT COMMERCIAL EXTÉRIEUR DE LA BULGARIE EN 1898
- Importations.
- Exportations.
- CO
- CO
- HÊS*
- PRODUITS IMPORTÉS. MONTANT en francs. LA FRANCE y est comprise pour PRODUITS EXPORTÉS. MONTANT en francs. LA FRANCE y est comprise pour
- Cuirs, peaux et produits de la peausserie. . 3 953 205 499 546 Oiseaux de basse-cour. 131 000 108 700
- Étoffes, matières et produits textiles. . . . 21 955 629 745 310 OEufs 1 725 500 42 500
- Pierres, terres, verres et leurs produits. . . 2 815 526 612 896 Froment. 2 814 628 1 125 500
- Huiles, graisses, bougies, savons 2 539 713 632 195 Blé tendre roux 25 177 000 3 158 300
- Métaux et produits de la métallurgie. . . . 10 722 336 230 947 Seigle. 2 351 500 62 000
- Parfumeries 142 429 35 770 Avoine 370 700 62 250
- Fruits, légumes, graines, denrées coloniales. 6 051 180 81 867 Orge . . 3 882 300 154160
- Boissons spiritueuses 1 627 238 53 517 Maïs 10 510 466 553 860
- Produits chimiques 666 754 51 500 Haricots 1 096 300 138 178
- Papeterie (matières et produits) 1 913 356 219 800 Graines de moutarde 42 000 42 000
- Machines, instruments et appareils 5 100 000 116 650 Essence de roses 2 575 797 544 560
- Conserves 534 838 49 000 Peaux 2 211 200 757 332
- Divers 14 708 046 981 688 Cocons Soie écrue et bourre de soie Divers 932 212 253 761 57 363 789 536
- 72 730 250 4 310 686 soit 12 716404
- 5,93 % 66 537 007 7 150 000
- soit 9 °/o
- Voici, du reste, le chiffre de participation des autres pays dans cette somme de 72 730 250. Nous occupons le cinquième rang :
- Autriche-Hongrie.. 20 454 821
- Angleterre.. , . . 17 383 630
- Allemagne......... 9 390 544
- Turquie........... 7 444 885
- Belgique............ 3 716 259
- Russie.............. 3 166 416
- Italie.............. 2 707 315
- Roumanie............ 1 532 336
- Divers pour la différence.
- Les importations de la France en Bulgarie se
- sont élevées à.............................. 4 310 686
- Ses exportations à............................. 7 150 000
- Différence. . . . 2 839 314
- Près de 3 millions en faveur des exportations.
- COMMERCE. -- SEPTEMBRE 1901.
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-
- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 335
- prospérité économique. Le commerce des céréales et celui des cocons ont pris une extension considérable.
- M. Peroud, vice-consul de France à Sofia, qui a rédigé le rapport relatif à l’année 1898 (l),est très sobre d’observations. Nous lui empruntons toutefois celle-ci qui prouve que les avis de son prédécesseur ont été peu écoutés par ses nationaux :
- J’insisterai ici sur les progrès réalisés par le commerce allemand au cours des dix dernières années, car cette constatation est de nature à stimuler l’initiative de nos négociants. Les Allemands se sont pliés avec une habileté remarquable à toutes les exigences de cette place : leurs représentants visitent fréquemment le pays : ils se sont en outre insinués dans les bonnes grâces des acheteurs bulgares en recourant à un moyen irrésistible ici, le crédit à long terme. Les importations allemandes ne dépassaient pas 3 900000 francs environ en 1889; elles ont atteint le chiffre de 12 100 000 francs en 1894.
- Cet exemple prouve, une fois de plus, qu’un des principaux facteurs du succès dans ces contrées est la propagande sur place par des voyageurs. La question du crédit, on ne saurait assez le répéter, joue, elle aussi, un rôle prépondérant en ce pays. Les Allemands et les Autrichiens accordent couramment 4, 6 et même 9 mois parfois pour le paiement des marchandises qui sont d’un placement facile, et certaines maisons allemandes n’hésitent pas à faire de plus grandes concessions lorsqu'il* s’agit d’évincer un concurrent plus exigeant.
- Et la conclusion finale de ce rapport est celle-ci qui prête à de sérieuses réflexions :
- En 1898, nos achats ont dépassé de 2 838 674 francs la valeur de nos importations en Bulgarie.
- Des rapports que nous venons d’analyser, il nous a paru intéressant de relever quelques chiffres comparatifs qui ont servi à dresser le tableau ci-contre. Il fait connaître, en même temps que les principaux objets de l’importation bulgare, la part pour laquelle y concourent les principaux Etats commerciaux du monde. Il présente également pour la plupart les éléments constitutifs de la marche progressive du commerce de ces Etats avec la Principauté de Bulgarie et Roumélie orientale.
- SERBIE
- Le royaume de Serbie comprend 48 589 kilomètres carrés et sa population qui approche de 2 360 000 habitants présente depuis quelques années une augmentation soutenue qui est du meilleur augure pour son avenir (2). Il résulte, en effet, des derniers recensements et des plus récentes statistiques que le nombre des naissances dépasse annuellement celui des décès de 17 p. 100 et
- (i) Moniteur officiel du Commerce, n° 866 du 23 novembre 1899.
- ,|g) En 1888 la population de la Serbie était de 2010 612 habitants.
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- 336
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- qu’en raison d’améliorations dans l’hygiène populaire ou d’augmentation du bien-être des masses, les décès décroissent sensiblement depuis une dizaine d’années.
- D’après son Budget d’État de 1898, les recettes de la Serbie sont de. . . G3GOOOOO francs.
- Les dépenses de (1).................................................... 62 300 000 —
- Ce qui donne un excédent de recettes de................................. 1 300 000 —
- La dette de l’État serbe se montait à la même époque à.......... 407 400000 —
- Son service exigeait (intérêts et amortissements)...................... 17 700 000 —
- Les produits nets de l’État (chemins de fer, monopoles) sont de......... 2 200 000
- Ces produits semblent devoir s’améliorer par une sage administration des chemins de fer dont l’État a repris à l’exploitation directe en 1890. Quant à l’administration des monopoles, qui gage les emprunts serbes, elle a été réorganisée. Son organisation nouvelle, tout en étant loin de présenter la même sécurité que les commissions européennes qui fonctionnent en Turquie, en Grèce, en Égypte, offre cependant déjà plus de garanties que l’ancienne.
- La richesse privée est, elle, en croissance sensible. Il suffit pour le démontrer de dire qu’en 1888, le mouvement des fonds dans les banques, caisses d’épargne ou d’associations s’élevait à 251 475 000 francs et que dix ans plus tard il se montait à 1 631 335 000 francs.
- L’instruction publique y est en progrès.
- En 1870 on comptait en Serbie 441 écoles fréquentées par 42 788 enfants.
- En 1880 — — 614 — — 64 464
- En 1890 — — / 44 — — 57 00b
- En 1898 — — 1014 — — 74068
- Depuis quelques années, la sollicitude du gouvernement serbe s’est portée sur l’amélioration de ses moyeus de transports et, après le rachat fait en 1890 de ses voies ferrées, il a fait étudier de nombreux projets qui ont abouti au vote par la Skouptchina de douze nouvelles lignes présentant un développement d’environ 900 kilomètres.
- Yoici le tableau des voies ferrées de Serbie avec l’indication des principales stations qu’elles desservent ou desserviront.
- (1) Le Budget de la guerre entre pour 23 p. 100 dans les dépenses totales.
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-
-
- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 337
- Lignes de chemins de fer de l’État serbe.
- Cu c3 X
- <D ‘W C!
- w s
- o Qh
- kil.
- 1° de Belgrade à Vrania (de Vienne à Salonique, par Uskub).............. 354
- Dessert: Belgrade-Topchidère-Palanka-Velika Plana-Lapovo-Iagodina Tchoupria-Paratchin-Alexinatz-Nisch-Leskowatz-Vrania.
- 2° de Nisch à la frontière Bulgare...................................... 98
- Dessert : Nisch-Bania-Sveta Petka-Biela Palanka-Pirot Tzaribrod.
- 3° de Seniendria à Velika Plana......................................... 45
- Dessert: Semendria-Saranowatz-Lassovik-Velika Plana.
- 4° de Lapovo à Kraguievatz.............................................. 29
- Dessert : Lapovo-Batoschina-Kraguiewatz.
- 5° de Kladovo à Kniajewatz..............................................164
- Dessert : Kladovo-Brza Palanka-Negotin-Zaïtcliar-Kniagewatz.
- 690
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- 1°
- 2°
- 3°
- 4°
- 5°
- 6°
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- 8°
- 9°
- 10°
- 11°
- 12°
- de Belgrade à Obrenovatz, Laikovatz, Valiévo, Korinitza et Loznitza (1). de Stalatz à Kruschevatz, Trstenik, Kralievo. Tchaktchak, Podjega et
- Oujitzé..........................................................
- de Oujitzé à Kremna, Mokragora et la frontière bosniaque............
- de Valiévo à Ossetchina, Zavlaka, Loznitza et la frontière bosniaque. . .
- de Bladinovatz à Aranghelovatz, Lazarovatz et Laïkowatz.............
- de Kraguiewatz à Gouberetz et Kraliévo..............................
- de Nisch à Prokouplié, Konrschoumlié et la frontière turque.........
- de Paratchin à Lukovo, Boliévatz et Zaïtchar........................
- de Nisch de Kgniajewatz (terminant le circuit Kladovo-Nisch-Belgrade). de Doubrevitza (sur le Danube) à Pojarivatz, Petrowatz, Jagoubitza et
- Zaïtchar.........................................................
- de Petrowatz à labaré et Velika-Plana...............................
- de Schabatz à Leschnitza et Loznitza................................
- 150
- 150
- 40
- 50
- 75
- 45
- 70
- 75
- 50
- 125
- 30
- 30
- 890(3)
- Voici maintenant le tableau du mouvement sur les voies ferrées en exploitation pendant l’année 1897 :
- Voyageurs transportés......... 655 000 ) ,
- Têtes de bétail. . ...........joonan 5 837 000 francs
- Tonnes de marchandises. . . . 133 000 ]
- (1) Pour établir ces chiffres, j’ai mesuré sur la carte les distances qui séparent les stations projetées en suivant à peu près les vallées; c’est dire que mes chiffres ne sont qu’approximatifs.
- (2) La durée de la concession n’est pas déterminée, mais ne peut dépasser 90 ans. Le gouvernement royal se réserve le droit de rachat avant que soit expiré ce délai, mais au plus tôt 30 ans après la mise en exploitation.
- La largeur des voies sera ou normale (lm,435) ou étroite (0m,76).
- (3) Un pont va être constrnit sur le Danube à Kladovo à frais communs par les Etats serbe et roumain pour relier les chemins de fer des deux pays.
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 339
- Il y a en Serbie un réseau télégraphique qui développe 8,106 kilomètres de fils et est desservi par 128 stations ou bureaux dont les recettes, pour le dernier-exercice, se sont élevées à 2 054 000 francs.
- Ce pays est, comme tous ceux de la péninsule balkanique, essentiellement producteur agricole.
- On évaluait ainsi la récolte de 1897 :
- Céréales............................... 71 102 600 francs.
- Paille................*................ 19 263 646 —
- Foin..................................... 23 945 400 —
- Vin (1).................................. 20 613 200 —
- Divers................................... 57 349154 —
- Valeur totale de la récolte. . . . 192 274 000 francs.
- Et on estimait de la manière suivante la valeur de son bétail de ferme :
- Porcs . . ......... 915 400 têtes \
- Bœufs................ 904 400 — | valant
- Moutons. ............ 3 094 200 — J 140 377 000 francs.
- Chèvres.............. 526 000 — )
-
- 11 y a en Serbie une cinquantaine de villes et environ 4 400 villages ou bourgs. La France entretient, auprès de la cour de Belgrade, une Légation dont le titulaire était en 1884 M. de Reverseaux, aujourd’hui ambassadeur à Vienne.
- Ce diplomate adressa, le 25 août 1884, au ministre du Commerce, un rapport sur la Situation économique delà Serbie en 188*2 (Bulletin consulaire français, année 1885, 1er et 2e fascicules).
- Nous empruntons d’abord à ce rapport les chiffres suivants, qui, tout en établissant que depuis 1872 la Serbie était au point de vue commercial en état de progrès sensible (2), nous feront connaître les principaux objets d’importation et d’exportation de ce pays.
- (1) On évalue à 34 000 hectares la contenance des terres consacrées à la culture de la vigne.
- (2) La colonne des unités importés en Serbie en 1872 donne, total........ 78,046,565
- Celle des unités importées en 1882 donne. ............................... 162,819,836
- L’augmentation est donc de. ...... ....................... 92,773,271
- c’est-à-dire que la consommation a plus que doublé et cependant le pays n’a pour ainsi dire pas encore connu les bienfaits de la paix.
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- 340
- COMMERCE
- SEPTEMBRE 1901.
- Tableau comparatif de l’IMPORTATION des principaux produits en Serbie
- en 1872 et 1882.
- PRODUITS. Unités. En 1872. En 1882. AUGMENTATION.
- Papier Feuille. 59 915 000 128 266 000 68 351 000
- Cuivre Oke (1). 72 305 429 536 357 231
- Farines. Id. 1 746 096 2 976 342 1 230 246
- Pétrole Id. 517127 4 320 468 3 803 341
- Huiles Id. 315639 1 723 972 1 408 333
- Café Id. 518 689 1 723 972 1 205 283
- Sucre Id. 1 337 394 6 207 718 _ 4 870 324
- Riz Id. 520102 2 347 448 1 827 346
- Bougies de stéarine . . Id. 178 298 279 978 loi 680
- Savon Id. 30 351 149 588 - 119237
- Fer Id. 4 034 370 11 540 669 7 506 299
- Toile américaine . . . Id. 788 920 1 390 380 601 460
- Coton Paquet. 72 274 1 463 765 1 391 491
- (1) L’oke égale 1 kilogr. 280 grammes.
- Tableau comparatif des principaux articles de l’EXPORTATION serbe
- en 1879 et 1882.
- PRODUITS. UNITÉS. En 1879. En 1882.
- Bœufs Tête. 37612 16 621
- Vaches Id. 3 657 2 333
- Veaux Id. 624 159
- n ( gras Id. 177916 114109
- ( maigres Id. 99 570 126 437
- Moutons Id. 42 899 39 469
- Agneaux Id. 46 752 12 800
- Chèvres Id. 9 648 3125
- Froment Oke. 13 507 685 3 4 481 332
- Seigle Id. 838 521 2 652 600
- Orge Id. 469 265 1 326 751
- Maïs et avoine Id. 5 107 329 7 061 924
- Peaux Pièce. 1 296 992 1 404 541
- Eau-de-vie Oke. 29 512 060 180 260
- Pruneaux Id. 13589170 25 759 388
- Noix de galle Id. 1 732 545 531015
- Vins Id. 4 448132 4 360 486
- Laine Id. 137457 134 871
- Suif Id. 15 098 48 901
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- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 341
- Ce qu’il importe surtout de noter dans le rapport à M. de Reverseaux ce sont ses appréciations générales puisque, comme nous l’avons vu dans le rapport de M. Lanel elles sont également applicables à la Bulgarie :
- Le commerce et l’agriculture vont prendre leur essor (en Serbie), les richesses du sol, qui sont considérables, pourront être exploitées et les étrangers appelés à concourir à cette nouvelle existence, à laquelle, plus que tout autre, la France doit prendre part. — Les conditions, en effet, sont favorables pour elle. Notre commerce, peu connu malheureusement jusqu’ici, jouit d’une réputation d’honnêteté incontestée ; on sait que nos produits sont supérieurs comme qualité et comme bon goût à.ceux de l’Autriche et de l’Allemagne.......
- Jusqu’à présent, les négociants français se sont laissé distancer par les Autrichiens et les Allemands, qui ont inondé la Serbie de voyageurs de commerce, tandis que les nôtres n’ont pas fait leur apparition; aussi nos articles sont-ils peu connus, ou faussement connus, car beaucoup d’entre eux qu’on vend ici comme français ne sont autre chose que des produits autrichiens de second ordre et dont le prix est fort élevé.
- Il ne faut pas compter que les Serbes iront en France solliciter les relations; la longueur et le prix du voyage, aussi bien que la difficulté de parler notre langue, les en empêchent. Il serait donc utile qu’à défaut de commis voyageurs notre commerce fit connaître ses produits par un dépôt d’échantillons à Belgrade et à Nisch.
- Examinons maintenant la situation commerciale de la Serbie en 1897, c’est-à-dire quatorze ans après le rapport de M. de Reverseaux.
- Nous allons puiser nos indications dans le Rapport de M. Marie, consul honoraire chargé de la chancellerie de la Légation de France à Belgrade.
- Ce rapport, très court, est très sobre d’observations; avant de l’analyser comme chiffres, nous copions ce paragraphe :
- Le mode de paiement adopté par les maisons autrichiennes et allemandes consiste en traites payables à trois et quatre mois de vue pour les denrées coloniales et six mois pour les produits manufacturés.
- Une prolongation de délai pour faciliter les paiements est souvent accordée, sans intérêts, aux créanciers qui n’auraient pas fait honneur à leur signature à l’échéance fixée.
- Les conditions de paiement des maisons anglaises sont les suivantes : trois mois, à compte ouvert sans traite. Ce délai expiré, ces maisons réclament un intérêt pouvant s’élever à 5 p. 100.
- Tableau comparatif du mouvement général du commerce extérieur de la Serbie
- pendant les années 1883 et 1897.
- 1883 1897
- Importations Exportations 51 042 127 5 806 200 45 313 824 35 939 981 Diminution. . . Augmentation. . 6 328 303 . 50133 781
- Total du mouvement. . 57 448 327 101 253 805 Augmentation. . . 43 805 478
- Ces chiffres prouvent avec éloquence l’état prospère du commerce de la Serbie, qui dans un laps de quatorze ans a vu s’élever de 5 millions, c’est-à-dire Tome 101. — 2° semestre. —Septembre 1901. 23
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- 342
- COMMERCE. --- SEPTEMBRE 1-901.
- Importations en Serbie
- DÉSIGNATION DES PRODUITS. AUTRICHE 1883 -HONGRIE. 1897 ANGLE" 1883 rERRE. 1897 ALLEM 1883 agne. 1897
- Papiers 547 912 804 918 » )) » 81069
- Tabac et cigares • . » )) )) )) )) 87 460
- Laines et poils )) 2 344 466 )) )> ,» 1 318400
- Fils de laine )> 172 601 )> 41 900 » 417 352
- Laine de moutons brute )) 447 668 » )) )) 46490
- Étoffes en laine 360 197 846 840 )) 347 967 D 223 842
- Couvertures et rideaux non confectionnés. » 490 177 » 89 809 )) 184333
- Velours et peluches en laine » 8 781 » )) 3 072
- Bois et ouvrages en bois 2 097 102 1 120 198** )) )> » ))
- Animaux et produits d’animaux » 698 751 )) » ))
- Poissons frais ou conservés » 110 394 » » » »
- Fromages )) 5 530 )> » » ))•
- Vins )) 43 178 )) )) » »
- Cognacs, rhums et liqueurs » 7 096 » » » ))
- Sel )) » )> » )) )>
- Charbon de terre )) 398 249 » )> )) »
- Poterie, faïence et porcelaine )) 145 256 )) » )> 74 370
- Verrerie )) 131 124 » » )> »
- Métaux 743 143 3 013 874 )) » 352 053 443 917
- Peaux, caoutchouc, gutta-percha » 2 554 770 )> 217 662 1 052 58b 769 630
- Denrées coloniales 503 596 2 014 196 » 304423 » ))
- )) 196 768 » 47 017 )) »
- Sucre 1 289 670 1 648 071 » » » »
- Riz )) 62 873 » 197 229 )) )>
- Médicaments, prod. chimiques et couleurs. 301731 916180 » )) » 282 049
- Substances grasses et savons )> 780 653 )) 191280 » 81 953
- Machines, instruments )) 697 053 )) 128 108 )) 304140
- Armes )) 13 390 )> » )) ))
- Coton, chanvre, filaments végétaux. . . . )> 840 627 » 3 260 069 » ))
- Fils de coton teints ou imprimés )) 300 932 )) 122303 » 24 397
- Tissus de coton » 289 595 989 666 212 397 » 21 863
- Treillis pour vêtements militaires .... )> » )) )> » »
- Toiles fines. )> 54 336 )> » » 3 622
- Soieries 93 238 537 382 9 800 )) 3 033 »
- Quincaillerie )) 729 859 » » 53 818 •270410
- Habits confectionnés,chapeaux, parapluies. » 2 619 872 » )> )) 225 581
- Broderies sur tissus )) 31 613 )) )) » 9 323
- Divers 805 418 )) )) » » ))
- 6 744 006 999 466 1461489
- * Ces chiffres sont puisés : 1° Dans le Rapport sur la situation économique do la Serbie dressé le 25 août 1884 par M- 0 nanceller*0 2° Dans lo Rapport sur le commerce de la Serbie pendant l'année 1897 dresse par M. Marie, consul honoraire chargé do a c ** Dans ce chiffre, les meubles rembourrés et tapissés figurent pour 21 431 francs. , NOTA BENE. - Les cium
- LES ÉTATS DANUBIENS.
- 343
- en 1883 et 1897*.
- ITALIE. RUSSIE. FRANCE. TURQUIE. DIVERS.
- 1883 1897 1883 1897 1883 1897 1883 1897 1883 1897
- » )) 9 660 )> )) ))
- )> » ï) 448 675 )) ))
- » )) 20 760 607 415 )) C* O c: Ci O
- » )) )) 93 862 » ))
- )) » )> » 483 096 )) 18 546
- )) 26 121 )) 13 295 » » »
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- )) » 238 800 )) )) » »
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- )) )> )) 980 ' » » 7771
- )) 43150 » » 354 307 )> 34 728
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- » » )) >, )) )> 540 470
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- 26 330 )> )) )ï )) » »
- 729146 362 493 2413 605 1 089 989 3 727 624
- deTa R6 ^ ®eÉ?rade (Bulletin consulaire français, armée 1885, 1er et 2e fascicules).
- a légation de France à Belgrade {Moniteur Officiel du Commerce, a» 808 du 22 décembre 1898).
- ^présentent des francs.
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- 344
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- presque rien, à près de 55 millions le chiffre de ses exportations tout en diminuant, très peu, c’est vrai, le chiffre de ses importations.
- Mouvement du commerce extérieur (Tableau comparatif du) d’après le coup d’œil économique sur la Serbie, par M. Victor Lévy.
- NATIONS. ANNÉE 1890. ANNÉE 1898. P. 100 de 1898.
- Autriche-Hongrie 70 474 626 75 972 058 78,51
- Allemagne 6 112020 4170 923 3,67
- Angleterre 5 098 234 3013579 2,52
- Turquie 4810145 5 167 337 5,30
- Amérique 1 700 347 1 304 815 1,20
- Bulgarie' 4 541 296 2 487 648 2,26
- Roumanie 1 254 050 1 416 668 1,45
- Italie 386 823 519 529 0,41
- Bosnie 524 405 390 835 0,52
- FRANCE 868 824 735 809 0,82
- Russie 1 056 909 999 695 1,39
- Suisse 701 773 441 361 0, 32
- Grèce 50 409 15 285 0,02
- Belgique 161 163 232 948 0,19
- Autres pays » 876 918 1,40
- 97 741 014 97 745 408 100,00
- ROUMANIE
- Le royaume de Roumanie, pays transdanubien et cis-karpathique, est formé delà Moravie, de la Yalachie et de la Dobroutcha. Sa superficie est de 132 000 kilomètres et sa population (1894) de 5 411 000 habitants, en augmentation de 35 000 depuis 1892.
- Ses principales villes sont :
- Bukarest avec...................... 194633 habitants.
- Braïla..................................... 50 000 —
- Galatz.................................... 60 000 —
- Berlad..................................... 27 000 —
- Jassy...................................... 80 000 — dont 50 000 juifs.
- (La question de la naturalisation des juifs, imposée à la Roumanie par le traité de Berlin, a longtemps été l’objet de nombreux incidents diplomatiques et a retardé jusqu’au mois de novembre 1879 la reconnaissance par les puissances du gouvernement de ce pays.)
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- LES ETATS DANUBIENS.
- 345
- Les villes de 20 000 habitants sont nombreuses dans ce pays, dont le développement économique est devenu considérable depuis quelques années. Le commerce d’échange et l’industrie y ont pris un accroissement tout à fait imprévu, de nombreuses fabriques se sont montées, des études minéralogiques ont été faites par tout le pays. On a trouvé dans sort sol montagneux de l’or, beaucoup de fer, du mercure et d’abondantes sources de pétrole qui ont donné naissance à l’industrie du raffinage.
- Les Allemands se sont abattus par nuées sur la Roumanie où ils sont, on peut le dire, les maîtres de l’industrie et du commerce d’échange. Toutefois, les ingénieurs français sont très appréciés et on utilise leurs services avec un grand empressement.
- Les sciences sont particulièrement cultivées par les Roumains qui envoient tous les ans de nombreux étudiants à Paris et à Berlin pour y étudier le droit, la médecine et les sciences physiques et naturelles.
- L’agriculture se développe, elle aussi, rapidement. La fondation d’un crédit agricole l’y a aidée et la pousse vers le progrès. On compte aujourd’hui en usage 300 000 charrues en fer et 15 000 machines semeuses, faucheuses et batteuses. a
- La valeur des machines importées en trois ans, de 1888 à 1890, se décompose comme suit :
- De l’Allemagne. .................... 13000000 francs.
- De l’Autriche....................... 8 300 000 —
- De l’Angleterre..................... 7 000 000 —
- De la France................... 250000 —
- Delà Suisse...................... 200000 —
- De l’Amérique....................... 50 000 —
- Ces quantités sont au moins du double pour les années suivantes, mais la proportion en notre défaveur n’a pu que s’accentuer, toujours pour les mêmes causes : prix plus élevés et manque d'offres tendant à faire connaître nos produits (1).
- La Roumanie est un pays très boisé. Environ les 2/5 de sa surface sont couverts de forêts dont plus de la moitié appartiennent à l’Etat qui possède près du quart de la superficie totale du pays.
- Dès que l’on s’éloigne du Danube pour remonter du côtés des montagnes, les forêts font leur apparition, rares d’abord, puis plus fréquentes, elles couvrent la plus grande partie du sol lorsqu’on arrive à la montagne proprement dite.
- Les forêts les plus proches du Danube sont d’essences variées, parmi lesquelles dominent le chêne rouvre et le chêne pédoncule ; ce n’est guère que dans la chaîne des Karpathes proprement dite que l’on trouve l’épicéa et le sapin; mais alors ils couvrent ces montagnes en épaisses forêts séculaires d’une venue admirable (2).
- (1) Communication de M. A. Crié, conseiller du commerce extérieur de la France, au Moniteur officiel du Commerce, n° 790 du 18 août 1898.
- (2) Conférence de Et. Famin à la Société forestière de Franche-Comté, le 15 juillet 1894,
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- 346
- COMMERCE.
- SEPTEMBRE 1901.
- Dans ce sol humide et fertile, le chêne pousse trop vite pour fournir du bois de bonne qualité. Il est cassant et peu nourri. Le hêtre, au contraire, donne du bois de bonne qualité, très recherché pour le charronnage et pour les outils agricoles que des ouvriers hongrois confectionnent en forêt avec une dextérité et une habileté incomparables et à un prix excessivement réduit.
- Ce sont des Français qui, les premiers, importèrent en Roumanie l’industrie du bois, et à leur école se formèrent plusieurs Roumains intelligents et pratiques qui, aujourd’hui, exploitent les établissements que diverses raisons et particulièrement le manque d’esprit de suite firent abandonner par leur fondateur.
- Le matériel employé varie beaucoup suivant les localités ; dans les montagnes où la force hydraulique abonde, on a adopté la scierie helvétienne, toute en bois avec turbine pour chaque scie. Dans les grandes usines, on se sert plus usuellement de la vapeur et des scies à cadre qui sont fournies par les fabricants de Vienne, de Buda-Pesth et de Berlin, nos fabricants français s’étant complètement laissé distancer pour ce genre de machines, tant au point de vue du prix qu’à celui de la construction, la machine allemande, beaucoup plus massive, permettant une installation moins coûteuse que les fondations nécessaires au bon fonctionnement d’une machine française.
- , Les bois de Roumanie alimentent actuellement la Turquie, la Syrie, la Grèce ; l’Egypte en fait une énorme consommation et ils viennent maintenant jusqu’en Tunisie; il en est également expédié dans les Indes et jusqu’en Australie.
- Le roi de Roumanie qui s’occupe lui-même de l’exploitation des forêts dont il est propriétaire, a fait faire des installations remarquables. Ses usines fournissent les chemins de fer, l’armée et de nombreuses administrations.
- La navigation sur le Danube est presque entièrement entre les mains de la Société autrichienne privilégiée, dont la flotte se compose de 190 vapeurs et 737 remorqueurs. Le service de la navigation sur la mer Noire est fait par la société de navigation à vapeur russe; mais le gouvernement roumain a acheté en 1890 à la Compagnie autrichienne le chantier de Turn Severin; il possède actuellement cinq grands vapeurs et un service de remorqueurs, et il paraîtdisposé à réunirentre des mains roumaines tous les transports du Danube et du Pruth.
- Le réseau des chemins de fer roumains comprenait, en 1883,1184 kilomètres produisant un bénéfice net de 8 millions; en 1896, il était de 2 930 kilomètres et le bénéfice net s’élevait à 18 millions. De nouvelles lignes sont projetées et de nouveaux services de navigation sont à l’étude pour entrer incessamment en exploitation. Lorsque ces lignes seront faites, la Roumanie se trouvera rattachée, d’une part avec l'Allemagne occidentale par Rotterdam, de l’autre par Constantinople, Salonique et Alexandrie avec les diverses parties de l’Orient (1).
- (1) Il ne lui manquera plus qu’une ligne vers Samboun pour assurer ses communications avec l’Asie Mineure, lorsque le réseau des chemins de fer aura été complété dans cette région.
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- M. Henry, ministre de la République française à Bukarest, termine la communication à laquelle nous empruntons ce renseignement (1) en faisant remarquer qu’avant même que le port de Kustendjé (Constantza) ne soit achevé, on voit se dessiner successivement le plan qui a présidé à sa création et qui, par l’établissement de trains rapides, de fils télégraphiques directs, de tarifs réduits avec l’Allemagne, et l’ouverture des lignes maritimes vers les diverses échelles du Levant tend à faire de ce port roumain l’entrepôt du commerce allemand sur la mer Noire et le point de départ de l’expansion germanique vers l’Orient.
- Yoilà qui donne à réfléchir.
- Nous avions cependant une bonne place à prendre en Roumanie et notre attitude désintéressée, on pourrait dire chevaleresque, nous avait valu bien des sympathies ; pour le démontrer, nous croyons à propos de publier la traduction littérale de la Protestation adressée (en juillet 1885) par les 'principaux négociants de Galatz à M. Bratiano, président du Conseil des ministres à Bukarest.
- A personne plus qu’à nous, habitant un port en nombreuses relations d’affaires avec la France et la Turquie et qui avons eu beaucoup à souffrir, dans ces derniers temps, par la suppression du port franc, par l’établissement irréfléchi des tarifs des chemins de fer et une foule d’autres mesures vexatoires; à personne plus qu’à nous, disons-nous, n’incombe le devoir d’élever la voix en présence de la décision prise par le Gouvernement d’appliquer, à partir du 1er juillet prochain, le tarif autonome, aux marchandises importées de France et de Turquie,
- A qui, Monsieur le Président, profitera une telle mesure? aura-t-elle pour effet de protéger l’industrie nationale, seule justification possible de l’application d’un régime protectionniste ?
- Par les débats survenus dans la presse, tant roumaine qu’étrangère, sur cette question, tout le monde a pu se convaincre que notre pays n’a rien à gagner à l’application projetée des taxes d’entrée sur les marchandises françaises et turques et que nous ne ferions par là que le jeu du commerce autrichien surtout allemand. En observant, en effet, sérieusement la statistique de l’importation des pays visés par le tarif autonome, nous voyons que presque aucun de leurs articles n’est produit dans notre pays, de sorte que nous serons obligés de nous les procurer ailleurs.
- Que gagnera la Roumanie à ce changement? Rien; au contraire, elle perdra; car, la concurrence diminuant, les prix hausseront.
- D’autre part, si, usant de représailles, comme il est probable, les pays frappés mettent les mêmes taxes sur nos produits, n’est-il pas évident pour quiconque que nous subirons des pertes immenses?
- Nous ne croyons pas nécessaire de nous servir de chiffres dans cette pétition qui n’a d’autre but que de vous exposer brièvement nos désirs, surtout à vous qui, sans doute, devez connaître la question à fond; mais nous ne pouvons nous empêcher de nous rappeler que ce que nous exportons surtout en F’rance, ce sont nos céréales, et en Turquie, en outre des céréales, des bois de construction, du fromage, de la farine, et autres produits ; ces deux pays se fourniront ailleurs, au dommage irréparable de la Roumanie.
- L’objection consistant à dire que la France a imposé nos blés ne peut être sérieuse, car l’Allemagne a fait la même chose; si donc nous ne pouvons traiter ces deux pays sur le pied de la plus parfaite égalité, l’application à la France seule du tarif autonome n’a d’autre signification qu’une prime d’encouragement donnée au commerce allemand, qui nous traite tout aussi mal.
- (1) Moniteur officiel du Commerce, n° 827, du 4 mai 1899.
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- COMMERCE.
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- Dans cle telles circonstances, nous sommes forcés d’apporter respectueusement à votre connaissance qu’il nous est impossible de souffrir davantage. Le pays est déjà très indisposé par les nombreux maux qui l’accablent et nous en particulier, habitants de Galatz, nous sommes tombés, sous tous les rapports, dans un état déplorable.
- Nous espérons, Monsieur le Président, que le Gouvernement de Sa Majesté, mieux avisé, s’apposera à l’application de mesures qui ne peuvent enfanter que des désastres.
- Anterchi, Président de la Chambre du Commerce.
- (Suivent les signatures de 300 principaux négociants de Galatz.)
- Enfin, c’est grâce à la France que la Roumanie possède quelques bons ports sur la mer Noire, et aujourd’hui elle a abandonné ce marché aux Allemands qui ont accaparé ces ports.
- Récemment, le consul général de France à Leipzig nous apprenait qu’il venait de se constituer une Société de 'protection des intérêts allemands en Roumanie et que, dans sa première séance, on avait discuté, entre autres choses, les moyens de sauvegarder les intérêts financiers de ses membres. Le comité de cette société est chargé d’organiser un service d’information et de surveillance permanent, ce qui permettra de se rendre bien compte de la situation commerciale du Royaume.
- Les personnes qui composent ce comité et qui ont une connaissance spéciale de ces contrées ont assuré que la situation des affaires en Roumanie est moins défectueuse qu’on pourrait le croire (Moniteur officiel du Commerce, n° 856 du 23 novembre 1899).
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- *
- Nous avons négligé de réunir sur le mouvement général du commerce d’échange de la Roumanie des documents statistiques aussi nombreux que ceux que nous nous sommes procurés à l’égard de la Serbie et de la Bulgarie. Nous avons toutefois lu avec intérêt le rapport sur le commerce de Galatz pendant l’année 1897 adressé au gouvernement français par M. G. Wiet, consul général.
- Notre représentant à Galatz constate que le gouvernement roumain accorde toutes sortes de facilités aux fabriques qui viennent s’y fonder : exemption des droits de douane à l’importation des machines que nécessite l’installation des usines; idem pour les matières premières; concession de terrains pour l’installation des fabriques; enfin, prime à certains produits destinés à l’exportation.
- En terminant, M. Wiet ajoute :
- Les grandes usines, fabriques, etc., en France ont pour principe de ne pas traiter directement avec les négociants établis ici. Les voyageurs de commerce ne visitent pas assez
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- Mouvement commercial extérieur de Galatz pendant l’année 1897 (1).
- IMPORTATIONS EXPORTATIONS DIFFÉRENCE
- A GALATZ. DE GALATZ. EN FAVEUR
- NATIONS. OBSERVATIONS.
- Poids Valeur Poids Valeur des des
- en en en en importations. exportations.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs. francs. francs.
- France 18 545 814* 28 353 992 31 888 787 3 902 124 24 451 868 )) * Les importations de la France
- Angleterre 74151 874 23 096 250 175 937 264 21 473 492 1 622 758 )> comprennent :
- Allemagne 5 113732 13 728 728 928132 237191 13 491 537 >r francs.
- Belgique 10173 050 13 636 795 21 341123 4177 841 9 458 954 )) Iiiz, produits farineux. . . 84 200
- Autriche-Hongrie. . . 19 437 499 9 666103 736148 123 468 9 542 635 )) Sucro raffiné Produits coloniaux .... 2 141 898 314 520
- Turquie 10243 047 9 026 873 17148 473 3 375 257 5 651 616 )) Sucs végétaux 317 000
- Italie 3194134 4 532 981 12 587 681 1 391 562 3 141419 )) Huiles 480 320
- Russie 6 601 723 Produits chimiques .... 2 483 217
- 3 896 583 6 077 059 594493 3 302 090 » Soies et tissus de soie. . . 1 115 300
- Suisse 261 907 1 676 854 3 331 858 1 446 529 230 325 » Autres tissus 275 751
- Hollande 697 377 1 105 961 2 432 381 228 942 877 019 )) Poterie, vitrification. . . . 458 251
- Grèce Papeterie 98 950
- 1 443 254 889 324 1 594164 186 900 702424 )) Métaux divers 19 748 753
- Bulgarie. ...... 202418 95 370 5 987166 1 573 826 )) 1 478 456 Quincaillerie 178 192
- Suède et Norvège. . . 16 748 27 365 218 044 34 951 » 7 586 Peaux et cuirs Matières tinctoriales . . . 61 749 140 158
- Espagne 39 400 22100 1 191 060 184852 » 162 752 Cotons, laines 274 341
- Serbie 1 867 4 494 178 894 340 340 » 174 346 Conserves alimentaires . . 130 148
- 150123 844 109 759 773 281 578 234 39 271 768
- (1) Les indications qui ont servi à établir 4 mai 1899). ce tableau sont tirées du Rapport de M. G. "Wiet, Consul général de France (Moniteur officiel du Commerce, n 827, du
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- nos parages et n’y font que des séjours de trop peu de durée. Dans un pays comme la Roumanie, il faut que le représentant de la maison pour laquelle il traite voie plus souvent le négociant. Notre marché est assailli de commis voyageurs allemands; pourquoi ne ferions-nous pas comme eux?
- On le voit, tous nos consuls de la péninsule jettent ie même cri : Si nous sommes concurrencés, - c’est que nous ne prenons pas la peine de nous défendre.
- Nos importations en Roumanie ont atteint, en 1898, la somme de 4 millions tandis que nous y achetions pour 21 millions de produits divers.
- ALBANIE, MONTÉNÉGRO, BOSNIE
- Des deux premiers de ces petits États, nous n’avons rien à dire dans ce chapitre. Le Monténégrin n’a pas encore ouvert son entendement à la vie sociale telle que nous la comprenons et il faudra beaucoup de tact pour lui faire adopter ce que nous appelons notre civilisation.
- Le Monténégro ne possède un code que depuis 1855. Il faudrait le transcrire pour donner une idée de l’état d’âme de ce peuple fier, dont le trésor le plus précieux fut toujours la liberté. Nous n’entreprendrons pas de l’analyser, ce serait sortir de notre cadre.
- L’Albanie est un peu moins rude quant aux mœurs, et ses coutumes se ressentent du voisinage de l’Epire. Toutefois, sa capitale Sienogorod, pas plus que Cettigné la capitale du Monténégro, ne peuvent être considérées comme des centres à rechercher par le commerce d’exportation.
- Quant à la Bosnie, elle est, comme la Croatie, une province de l’empire autrichien. Sa population se compose de chrétiens latins, de chrétiens grecs, de turcs musulmans, de juifs et de tziganes. Ces derniers, qu’on appelle généralement bohémiens, mènent la vie de pasteurs nomades au milieu des vastes pâturages qui forment la plaine située entre Kouprès et Snitza. Le pays est parsemé de nombreuses forteresses qui étaient au temps jadis les chefs-lieux des voiwo-dies ou capitaineries. Seraïevo appelée aussi Bosna-Seraï est la capitale de la Bosnie. C’est là qu’était le palais du visir, vaste édifice en bois de la construction la plus grossière. Un chemin de fer réunit cette ville à Brod en suivant la vallée de la Bosna ou Lassowa.
- L’empire austro-hongrois a fait preuve d’une grande habileté politique pour s’attacher l’Herzégovine.et la Bosnie soumises à sa domination. Il a conservé la forme extérieure de la plupart des institutions auxquelles ces pays paraissent le plus attachés et, peu à peu, il a transformé les unes et s’est débarrassé des autres après les avoir poussées à exagérer leurs défauts.
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- Les communes d’écoles sont une institution propre à l’Orient.
- Ce lie sont pas de simples paroisses, puisqu’elles ont h administrer à la fois des fonds d’églises et des fonds d’écoles et éventuellement aussi des aumônes, puisqu’elles remplissent une sorte d’emploi de juge de paix dans les affaires de famille et d’héritage; mais c’est surtout à l’entretien et à l’administration des écoles de la confession qu’elles se consacrent (1).
- Le gouvernement austro-hongrois laissa fonctionner les communes d’écoles sans intervenir dans leur fonctionnement; puis, en 1882, il suspend celles de Mostar et les déclare dissoutes pour s’être livrées à des menées politiques; bientôt après (en 1884), il les rétablit, mais, entre temps, il a fait subir à leurs statuts de sensibles modifications.
- D’autre part, le clergé de l’église grecque avait toujours prélevé sur ses fidèles un impôt appelé wladikarina. Le gouvernement commença par faire ressortir aux yeux des orthodoxes combien il serait juste et conforme aux maximes de l’égalité entre les cultes, de faire disparaître cette sorte d’impôt de capitation religieuse à laquelle seule leur confession était soumise, puis il démontra au clergé grec que cette institution semblait le mettre dans un état d’infériorité vis-à-vis des prêtres des autres cultes qui étaient, eux, rétribués par l’Etat, était humiliante pour l’église orthodoxe. Et la wladikarina fut supprimée.
- Pour les fidèles de la religion catholique romaine, l’Autriche obtint du Pape de conserver tous ceux des privilèges, droits et coutumes, de l’Eglise de Bosnie, qui ne se trouvaient pas contraires à la discipline de l’Eglise de Rome. C’est ainsi que les religieux franciscains, très populaires et influents, furent maintenus dans les fonctions ecclésiastiques qu’ils occupaient, tandis que le clergé séculier devait leur prêter le concours de sa collaboration.
- L’Au triche-Hongrie n’oublia pas que les musulmans étaient nombreux en Bosnie et en Herzégovine. Elle s’empressa de donner satisfaction à leurs vœux en leur constituant, si l’on peut s’exprimer ainsi, une Eglise autonome dans ces provinces. Mais il fallait mettre à sa tête un homme de science éprouvée, d’honorabilité et de pureté de vie parfaites et d’un âge assez avancé pour qu’il n’y eût pas à craindre qu’il devînt un organisateur de rébellion. Par bonheur, le mufti de Seraïewo, Hilmy-Effendi, remplissait toutes ces conditions et jouissait parmi ses coreligionnaires d’un prestige mérité. Un décret impérial du 17 octobre 1882 le créait reis-el-ulema en Herzégovine et Bosnie, avec 8 000 florins d’appointements, c’est-à-dire un traitement égal à celui de l’archevêque catholique.
- C’est par ces moyens et d’autres analogues, c’est en inscrivant à son budget 200 000 florins pour frais de culte pour les trois confessions, que le gouvernement autrichien a attaché et rattaché à lui les populations bosniaques. C’est en
- (lj La Question religieuse en Bosnie et en Herzégovine, par M. Gabriel Charmes (Revue des Deux Mondes, année 1885).
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- sachant se plier à leurs mœurs, qu’en attendant de les avoir assimilés aux siennes, il a pris sur ces nouveaux sujets une influence qui s’accuse de jour en jour parles développements commerciaux et sociaux de ces provinces.
- CONCLUSION
- Les études que nous venons de résumer nous ont conduit aux conclusions suivantes, qui firent l’objet de la communication verbale que nous eûmes l’hon neur de faire le 12 janvier 1900 à la Société cïEncouragement pour l’Industrie nationale.
- Nos relations commerciales avec l’extérieur sont loin de prendre l’importance quelles devraient avoir. Nous ne cherchons pas à créer de nouveaux débouchés à notre exportation et nous laissons envahir notre marché par les produits de l’industrie étrangère.
- La démonstration de ces deux vérités est trop facile à faire, et ce n’est pas seulement à Paris, entre la gare Saint-Lazare et l’Opéra, entre la place de la Concorde et le Palais-Royal, qu’il devient de plus en plus difficile de trouver l’enseigne d’un magasin ou l’annonce d’un produit faites en langue française, mais à Bordeaux, à Marseille, à Pau, dans la plupart des villes qui furent autrefois l’orgueil de notre industrie nationale, on ne s’habillera bientôt plus, on ne se restaurera bientôt plus, on ne se meublera bientôt plus que des produits de l’industrie étrangère.
- Après avoir été les maîtres de la mode, après avoir été les juges incontestés du bon ton et du bon goût, nous nous sommes laissés aller à copier la mode, à chercher la note du bon ton et du bon goût chez les peuples pour lesquels nous n’avions autrefois que critiques acerbes; et tandis qu’encore, par delà l’Océan, on attend fiévreusement de connaître les créations de l’invention parisienne pour les imiter, nous faisons violence à nos goûts naturels pour adopter les créations de l’invention étrangère.
- Voilà pour le marché intérieur.
- Pour l’exportation c’est pis encore.
- Les chiffres ne sont et ne peuvent être ni optimistes, ni pessimistes ; leur essence est d’être exacts. Aussi le philosophe économiste qui, de temps en temps, jette un coup d’œil dans les brutales statistiques, tombe-t-il en de sombres rêveries en constatant l’énorme différence qu’il y a entre nos progrès et ceux de nos concurrents sur les marchés étrangers.
- Mais ce que les chiffres ne révèlent pas; ce que l’observateur attentif ne parvient à découvrir qu’au prix de patientes recherches, c’est que les statistiques même les plus scrupuleusement faites, même les plus exactes, sont encore bien
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- loin de nous donner une idée juste et précise de la situation du commerce français d’exportation.
- Et comment cela?
- Tout simplement parce que les statisticiens sont obligés de comprendre dans les chiffres de nos exportations toutes les marchandises qui passent nos frontières, tous les produits du commerce ou de l’industrie qui font transit en douane, sans distinction de la nationalité des maisons qui les expédient; parce que, et bien que cet aveu soit pénible à faire, je le dois à la vérité, en France, près de la moitié des maisons qui font de l’exportation sont des maisons étrangères (1).
- Et, ici encore, je puis le répéter, ce ne sont pas seulement le quartier du Marais, celui du Sentier et le faubourg Saint-Antoine, qui deviennent de grands comptoirs allemands, anglais, autrichiens ou américains; ce n’est pas seulement à Paris, dans les gares des chemins de fer, sur les quais de grande et
- (1) La lecture de cet arlicle de journal ne m’a pas fait hésiter une minute à maintenir toutes mes appréciations.
- M. Ad. D.-H. dit :
- « Les négociants français sont accusés fréquemment et bien à tort de manquer d’initiative, d’etre routiniers, d’ignorer et même de dédaigner les lointains marchés où Anglais, Allemands, Américains, réalisent à l’heure actuelle d’immenses bénéfices. »
- Et il ajoute :
- « Rien de plus injuste qu’un tel jugement porté bien à'ia légère par des gens qui, la plupart du temps, n'ont jamais quitté le coin de leur feu et qui sont d’autant mieux placés pour donner des conseils ou adresser des critiques qu’ils n’ont jamais fait ce qu’ils recommandent aux autres. »
- Ce reproche ne pouvait viser mon travail puisque je ne l’avais encore communiqué à personne. Il ne pouvait être qu’à l’adresse des journalistes qui, ignorant les services que rend notre corps consulaire ou jugeant du singulier au général, font de lui une sévère critique que tout au plus méritent quelques-uns de nos agents.
- Cette conférence était écrite lorsque, dans le Petit Journal du 22 décembre 1899 parut sous la signature Ad. D.-H., un arlicle intitulé La France au loin, arlicle dans lequel l’écrivain, que je n’ai pas l’avantage de connaître, apprécie, tout autrement que je ne le fais, l’état de notre commerce d’exportation, le corps de nos consuls et la confection des statistiques commerciales.
- « La besogne du plus grand nombre de nos consuls, dit encore l’auteur de la France au loin se borne à envoyer, à intervalles réguliers, au quai d’Orsay, des traductions et des coupures de journaux, sans se faire, d’ailleurs, la moindre illusion sur le sort réservé à leurs envois. Ils savent parfaitement que leurs rapports seront classés soigneusement, sans être lus. »
- Nous ne croyons pas que les rapports qui nous ont aidé à établir les statistiques, dont nous avons été peut-être trop prodigue mais que nous aurions pu donner encore plus complètes, grâce aux envois périodiques des consuls de la France au loin, soient de simples coupures de journaux. Quand aux appréciations qui les accompagnent, elles prouvent bien quelque sollicitude de la part de ces messieurs pour l’accroissement de nos relations commerciales sur les marchés étrangers. Si ces rapports ne sont pas lus, ce ne saurait leur être imputé à crime et nous croyons, qu’au lieu de les blâmer, la plupart du temps, on devrait leur adresser des encouragements et des félicitations.
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- de petite vitesse qu’on peut constater le cosmopolitisme des maisons qui font l’exportation, mais dans tous les centres industriels, dans tous les ports, dans toutes les villes commerçantes, dans toutes les régions manufacturières, nous constatons la même mainmise de l’étranger sur notre commerce d’exportation.
- On s’émeut de voir que, dans nos belles colonies, dans les plus riches surtout, en Tunisie et à Madagascar, on laisse les étrangers prendre une place prépondérante et on se préoccupe à peine s’ils s’installent chez nous en maîtres de la finance, en maîtres du commerce et de l’industrie, en maîtres de la fortune publique.
- Je ne veux rechercher ici ni les causes ni même les effets de ce cosmopolitisme. Il me faudrait entrer dans le développement de considérations économiques que vous êtes bien plus aptes à juger que je ne le suis moi-même. Je constate, voilà tout.
- * *
- Depuis quelques années, le ministère du Commerce et de l’Industrie a fait de très louables efforts pour obtenir un relèvement de notre commerce d’échango.
- Tirant un parti précieux des moyens dont il dispose, il a d’abord créé XOffice national du Commerce extérieur (3, rue Feydeau) doté d’un organe officiel. (Le Moniteur officiel du Commerce, paraissant tous les jeudis. — Sa fondation remonte à 1882.) Il a ensuite fondé un comité de conseillers choisis parmi les plus autorisés d’entre les exportateurs et les explorateurs. En un mot, il s’est ingénié à mettre dans les mains de notre commerce et de notre industrie métropolitains des instruments qui semblaient devoir les aider dans un rapide relèvement.
- Les Chambres de commerce, de leur côté, et quelques municipalités ont, dans le même but, institué des dotations en vue de fournir des bourses de voyage aux meilleurs élèves de cours à la tête desquels elles entretiennent un personnel enseignant particulièrement choisi.
- Les Sociétés de géographie commerciale, d’expansion coloniale, se multiplient pour engager nos jeunes hommes, au moment où ils entrent dans la vie, à porter leur activité au service de terres nouvelles, vastes et inexploitées, que le sang de leurs aînés ou les habiletés de la politique ont faites terres françaises, et à devenir, en même temps que les pionniers de la civilisation, les auxiliaires de notre commerce, les champions de notre industrie.
- La Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale fait, de son côté, et j’en puis parler librement dans son enceinte, puisque je n’ai pas l’honneur de lui appartenir, de louables efforts afin de maintenir et de développer, dans les sphères intelligentes et éclairées de l’industrie et du commerce parisiens, les
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- qualités qui en ont fait longtemps les maîtres incontestés du bon goût et de la science industrielle sur tous les marchés du monde.
- En accordant gracieusement le haut patronage de votre institution à la conférence que je fais aujourd’hui, vous affirmez une fois de plus, Messieurs, qu’il n’est pas de question qui vous soit indifférente, quand il s’agit d’intérêts nationaux à soutenir ou à défendre.
- *
- * *
- Tous les efforts tentés jusqu’ici en vue de faire renaître les beaux temps de notre expansion industrielle et commerciale semblent aboutir à de bien minces résultats. En tous cas, les résultats acquis ne correspondent-ils pas avec les sacrifices faits dans ce but.
- Si nous en recherchons les causes, nous les retrouvons nombreuses et d’autant plus, difficiles à combattre qu’elles prennent leur existence dans un amour excessif de quiète jouissance qui, déjà depuis bien des années, s’est insinué dans notre tempérament national. Nos capitalistes et un grand nombre de commerçants français préfèrent aujourd’hui, aux sollicitudes qu’exigent les affaires sur les marchés étrangers, les spéculations financières ou industrielles — cependant sujettes à bien des surprises — mais qui, si elles offrent tout autant d’aléa, nécessitent moins d’efforts de travail.
- Quant à la jeunesse de nos jours, subissant la contagion de l’exemple, elle ne se sent aucun goût pour les opérations de négoce, qui demandent trop d’esprit de suite et quelque énergie et ne promettent de récompense qu’au courage persévérant.
- Dans ses rangs, les professions libérales trouvent de nombreux aspirants; les fonctions rétribuées par l’État en trouvent davantage; et si, en France, on étudie encore beaucoup les lois commerciales, la législation internationale, les questions douanières, les traités de commerce, c’est très rarement pour en faire usage dans une maison d’exportation, mais généralement pour préparer des examens dans les programmes desquels ces matières sont imposées, et pour devenir fonctionnaire.
- Des missions sont envoyées au loin ; les explorateurs ne manquent pas, qui vont reconnaître des plages lointaines et poser les jalons de routes commerciales à travers des tribus jusqu’alors réputées hostiles; au mépris des plus grands dangers, ils nous préparent des entrées en relations qui promettent d’être fructueuses, mais lorsque, exténués et fiers des résultats obtenus, ils sont rentrés en France et y ont rendu compte de leurs exploits, s’il se trouve bien des mains pour les applaudir, des langues pour les louer, il ne se trouve guère de jeunes gens pour aller recueillir le bénéfice de leurs aventures.
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- Ce long préambule m’a semblé la préface nécessaire aux conclusions que je vais tirer des chiffres et des faits précis qui constituent ce travail.
- *
- >;< *
- J’étais jeune lorsque furent signés le traité de San Stefano et celui de Berlin, desquels sortirent l’organisation politique et les limites territoriales des provinces ou principautés jusqu’alors désignées sous la dénomination plus générique que géographique de danubiennes.
- J’étais jeune lorsque se déroulaient dans les Balkans et sur les rives du Danube, dans les vallées profondes de la Morawa et des autres cours d’eau qui sillonnent cette contrée rocheuse et boisée, les guerres qui, comme celle à laquelle nous assistons depuis quelques mois, laisseront dans l’histoire militaire du xixe siècle le souvenir impérissable des actes de courage que peut inspirer et soutenir le sentiment de la confiance en son droit contre le droit de la force.
- Dès ce moment, je me sentis une sorte d’attraction vers ces Croates, qui ont conservé, à travers les siècles et les révolutions, une organisation sociale à laquelle, malgré notre civilisation avancée, raffinée, nous aurions beaucoup de choses à emprunter; vers ces Serbes, peuple pasteur et paysan, dont l’histoire n’est qu’une suite de faits glorieux n’ayant tous eu qu’une cause unique : la conquête de l’autonomie nationale, la conquête de la liberté. Je me sentais, enfin, de la sympathie pour ces Bulgares — autre rameau détaché de la grande famille slave — dont l’indomptable énergie fut longtemps la barrière devant laquelle vinrent se briser les efforts de l’Islam, et j’éprouvai un vrai sentiment douloureux en constatant l’inutilité de tant d’efforts, qui eussent été féconds en grands résultats, s’ils eussent été combinés en vued’une action commune, et qui n’aboutirent qu’à l’affaiblissement par suite de la lutte de race qui armait continuellement ces bras généreux pour des guerres fratricides.
- Cette sympathie me portait naturellement à suivre de loin les événements qui se déroulèrent dans cette grande péninsule, lorsque ce que nous sommes convenus d’appeler les hasards de la vie m’obligea de m’occuper de ces mêmes pays en tant que marchés commerciaux.
- Succédant à mon père comme professeur d’études commerciales dans le chef-lieu d’un département où l’industrie papetière était alors une source de richesse, je fus chargé, coup sur coup, de la partie technique de la constitution d’une société pour la fabrication des papiers par les procédés nouveaux et des opérations préparatoires à la liquidation d’une des plus anciennes maisons de papiers d’Angoulême.
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- Là, je constatai, qu’après avoir fait avec les principautés balkaniques un chiffre d’affaires assez important, cette branche de l’industrie française n’exportait plus en ces contrées que des quantités infimes de ses produits.
- Il est vrai que l’industrie papetière était encore, en France, sous le régime de la loi de 1872, et que l’impôt de guerre qui la frappait la mettait en mauvaise posture pour lutter contre la fabrication belge et la fabrication allemande qui commençaient déjà à se développer de façon inquiétante pour nous. Il est vrai, encore, que la contrefaçon de nos marques par les maisons autrichiennes commençait déjà ces opérations qui sont la ressource de ceux qui, ne se reconnaissant pas assez de génie pour lutter avec des armes courtoises, emploient volontiers les armes déloyales.
- Il me souvient, à cet égard, d’une lettre que je reçus d’un négociant de Belgrade qui me disait en substance ceci :
- « Fournissez-nous donc des papiers à cigarettes sous des enveloppes semblables à celles dont je vous envoie des échantillons et j’en vendrai des masses. »
- Orr des plis de sa lettre, s’échappèrent des vignettes qui n'étaient autre chose que de pitoyables contrefaçons de celles sous lesquelles nos fabricants angou-moisins avaient fait adopter là-bas nos papiers à cigarettes pour l’exportation. L’une d’elles, par exemple, reproduisait, très haut en couleurs, le tableau si connu d’un de nos peintres militaires : Les Dernières Cartouches. C’était bien là, il me semble, de la concurrence déloyale. Son auteur était une maison austro-hongroise.
- Quelques années plus tard, je dirigeais, pour le compte d’une société en commandite, les services d’une importante fabrique de céramique et j’eus la curiosité de rechercher quels étaient les débouchés nouveaux que pourrait bien se créer à l’étranger l’industrie de la terre cuite. Mes recherches se portèrent encore, et naturellement, vers les pays danubiens, et il résulta de mes investigations qu’après quelques efforts, assez mollement tentés, du reste, la fabrication française avait à peu près renoncé à expédier là-bas ses produits.
- Il en était à peu près de même de la quincaillerie, du fer ouvragé, du meuble et de beaucoup d’autres produits de notre travail national qui souffrait déjà du manque de débouchés à sa production, ce qui était un présage de la crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.
- Pourquoi donc se rebutait-on si facilement?
- Avait-on des raisons sérieuses de croire qu’il n’y avait point pour nous une place à prendre sur ces marchés?
- J’étais convaincu du contraire.
- En effet, depuis 1884, j’étais en commerce de correspondance amicale avec quelques personnages mieux en place que personne pour porter sur cette question un jugement sûr et solidement établi.
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- C’étaient M. Émile de Borchegrave, ministre résident de Belgique à Belgrade; M. le marquis de Reverseaux, ministre plénipotentiaire, qui fut président de la Commission du Danube et qui représente actuellement la France à Vienne en qualité d’ambassadeur ; c’était encore le diplomate de carrière doublé de l’érudit historien qu’est M. le baron d’Avril; c’étaient, enfin, nos consuls dans les principales villes de l’ancienne Turquie d’Europe.
- Je m’étais procuré les rapports officiels de ces messieurs à leurs gouvernements, et ils mettaient une bonne grâce, dont je leur suis reconnaissant, à me fournir, avec leurs observations, quelques précieux documents inédits ou récemment publiés.
- Or, de ces lettres, de ces rapports et de ces documents, qui forment l’une des collections les plus précieuses de ma bibliothèque, il ressort, qu’à ce moment, où l’attitude des représentants de notre gouvernement avait acquis à la nation française, non seulement dans le monde diplomatique et officiel, mais encore dans le commerce et dans le peuple de ces petits nouveaux États des sympathies considérables, nous n’avions qu’à savoir en tirer parti.
- Il ne faut, en effet, pas oublier, qu’au Congrès de Berlin, c’est la France qui empêcha de grandes iniquités d’être commises ; c’est elle qui éleva la voix et se fit l’avocate de la Roumanie sacrifiée ; ce sont les plénipotentiaires français qui proposèrent, qu’en compensation de la Bessarabie, rétrocédée à la Russie, le territoire de la Roumanie s’étendît jusqu’au port de Mangalia sur la mer Noire ; les autres puissances avaient l’intention de la contenter de la Dobroutcha échancrée pour la circonstance. Il ne faut pas, non plus, oublier que la présidence de la Commission technique européenne chargée de la délimitation de la frontière roumano-bulgare (1879) étant échue au délégué français, —M.Lalanne, membre de l’Institut, — c’est à peu près à lui seul qu’il faut attribuer la solution pacifique de la question irritante du pont de Sillistria sur le Danube.
- Le traité de Berlin avait imposé aux nouveaux États la construction de certaines voies ferrées pour faciliter les relations entre l’Orient et l’Occident.
- Ces lignes furent étudiées puis construites par des ingénieurs et par des entrepreneurs français. Les ingénieurs qui en firent les études se souviennent volontiers de l’accueil hospitalier qu’ils reçurent des populations slaves et bulgares, et l’un d’eux, M. Fortuné Gaudin, qui, avec feu M. Pons, travailla particulièrement en Serbie et en Macédoine, se plaît aujourd’hui à se rappeler les bons souvenirs qu’il a conservés de ces contrées. Il se plaît souvent à me parler de l’empressement que mettaient ces rudes paysans à assurer sa sécurité et de la bienveillance avec laquelle le souverain de Serbie, qui daigna lui accorder une honorable distinction, les évêques nationaux et les supérieurs des couvents le recevaient et lui offraient des distractions qui lui faisaient plus facilement supporter le séjour prolongé sur une terre étrangère.
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- Malgré cette position privilégiée pour le commerce français et la réputation de probité dont jouissent en Serbie nos négociants, le chiffre de nos exportations commençait déjà, en 1883, à y diminuer fortement. Sur un chiffre de 51 540 000 francs, nous ne figurions déjà plus que pour 400 000 francs, représentés par environ 10 000 kilogrammes de soie (1).
- Or, dans son rapport du 25 août 1885, M. le marquis de Reverseaux exhortait les commerçants français à prendre la part à laquelle la France avait droit dans l’existence économique nouvelle de la Serbie ; il indiquait en même temps les moyens à employer pour conserver les relations à nouer avec ce pays, et plaçait au premier rang la visite périodique de la clientèle par des voyageurs de commerce ; car, le croirait-on, ceux de nos manufacturiers qui désiraient, à cette époque, trouver en Serbie des débouchés pour leurs produits employaient le seul moyen qu’ils n’eussent jamais dû essayer, ils chargeaient des maisons allemandes ou autrichiennes du soin de présenter et de faire valoir leurs marchandises, C’était une fatale inconséquence, qui mettait aux mains de nos plus redoutables concurrents le moyen le plus sûr de nous dépouiller.
- M. de Reverseaux continuait ses conseils à notre commerce par cette phrase qui, vraie alors, n’a perdu depuis rien de sa valeur :
- Il serait utile, qu’à défaut de commis voyageurs, notre commerce fît connaître ses produits par un Dépôt d’échantillons à Belgrade et à Nisch; de son côté, la légation de la République pourrait mettre à la disposition des Chambres de commerce françaises une collection en plusieurs exemplaires des articles les plus recherchés en Serbie et indiquer des représentants sérieux et honnêtes dont le nombre est très restreint et qui, par conséquent, demandent une commission assez élevée : 5 à 6 p. 100 pour les articles courants et au moins 2 ou 3 p. 100 pour les articles plus importants. C’est, d’ailleurs, les conditions qu’ils font aux négociants autrichiens et allemands qui accordent également un crédit de quatre ou six mois. En somme, ce sacrifice n’est pas exorbitant dans un pays où le commerce en gros gagne sur tous les articles, sauf sur les denrées et les cotonnades, de 10 à 20 p. 100 et le commerce en détail de 20 à 30 p. 100 et où la France bénéficie, par suite de son traité de commerce, du traitement de la nation la plus favorisée (2). Il ne faut pas, d’ailleurs, oublier que l’ouverture du chemin de fer d’Arlberg, en facilitant les rapports commerciaux entre la France et la Serbie, supprimera les frais de transit à travers l’Allemagne.
- Si j’ai transcrit ici ce long paragraphe, c’est parce qu’il donne la note des observations que contenaient à cette époque tous les rapports de nos consuls dans la péninsule balkanique.
- Celui de M. Lanel, gérant de l’agence et consulat général de Sofia, bien que plus récent de plusieurs années, formule les mêmes conclusions.
- (1) Je néglige ici quelques chiffres de minime importance. Les tableaux que j’ai donnés plus haut les rétablissent dans leur absolue exactitude.
- (2) Traité d'amitié, de commerce et de navigation conclu le 18 janvier 1883, entre la France et la Serbie. — Il porte les signatures de M. Eugène Duclerc, sénateur, Président du conseil, ministre des Affaires étrangères, et pour la Serbie, de M. Jean Mariwovitch, envoyé extraordinaire ministre plénipotentiaire.
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- Les Bulgares, de même que leurs voisins les Serbes, traitent peu volontiers les affaires par correspondance; ils tiennent à se rendre compte par eux-mêmes du genre et de la qualité de la marchandise qu’on leur propose. Les commerçants les plus importants de Sofia sont même accoutumés à se rendre, comme ceux de Belgrade, une ou deux fois par an à Pesth et à Vienne pour y faire leurs achats. Ce n’est donc point par l’envoi de prix courants et de prospectus que les fabricants français parviendront à nouer des relations commerciales avec la Bulgarie et à lutter contre les Autrichiens dans l’importation des produits pour lesquels la concurrence est possible. Il est absolument nécessaire qu’il aient recours à une représentation plus vivante de leurs intérêts, qu’ils envoient en Bulgarie des commis voyageurs chargés d’étudier les différents marchés, de faire connaître leurs produits et, au besoin, de choisir sur les lieux un agent commercial.
- Il serait même de l’intérêt des principales maisons de commerce françaises d’imiter l’exemple que leur donnent celles d’Autriche et de Hongrie et de se syndiquer afin d’installer à Sofia un dépôt d’échantillons de leurs articles. Ce dépôt pourrait être établi sans grands frais et serait le meilleur mode de vulgarisation de l’industrie française.
- A la même époque, M. Frabian, gérant du vice-consulat de France à Erzoum, faisait entendre les mêmes observations et donnait les mêmes avis :
- L’approvisionnement de tous les articles manufacturés venant de la France a continué (en 1888) d’être effectué par l’entremise de commissionnaires indigènes résidant à Constantinople. Cette situation ne fait que mieux ressortir l’urgence d'établir quelques agents commerciaux chargés de représenter les principales branches de notre industrie. Ces intermédiaires contribueront, non seulement à donner, en facilitant les relations françaises, un plus grand essor entre ce pays et la France, en ce qui concerne les articles reçus jusqu’à ce jour indirectement,mais encore à introduire dans ces contrées une grande variété cle no3 produits manufacturés qui y sont encore inconnus.
- Pourquoi ces conseils ne furent-ils pas entendus chez nous?
- Pourquoi ces appels ne trouvèrent-ils point d’écho en France?
- Pour les raisons que je développais au commencement de cette conférence, Le Français reste chez lui. Et comme il lui faut une excuse à cet attachement exagéré et mal entendu au sol natal, il en trouve plusieurs.
- Les affaires avec certains pays étrangers, dit-il, ne sont pas rémunératrices en raison des risques qu’elles font courir et il n’est pas certain que le bénéfice qu’on retirerait de celles qui seraient tentées sans ceux-ci suffisent à couvrir les frais de voyages engagés.
- Quant à aller y fonder des industries, ajoute-t-on, ce serait folie puisqu’on n’y trouverait pas sur place la main-d’œuvre nécessaire.
- La première de ces objections, contredite par les faits, puisque nous avons établi que la fortune publique est prospère dans la presqu’île, est de plus victorieusement combattue par l’exemple de tous nos voisins, qui n’ont pas les mêmes craintes, et voient leurs entreprises couronnées de succès, c’est-à-dire aboutir à de jolis bénéfices.
- Quant à la seconde, c’est un vieux cliché qui put avoir sa valeur en 1875 ou 1880 mais qui, aujourd’hui, nous l’avons démontré, prouve seulement l’ignorance de l’évolution économique et sociale qui s’est produite depuis une vingtaine d’années dans les Etats balkaniques et danubiens.
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- Depuis dix-sept ans, non seulement nous n’avons pas gagné de terrain, mais, sur plusieurs points, nous avons perdu celui que nous avions acquis. Cette constatation inspirait la phrase suivante, que je retrouve dans une lettre que m’écrivait, il y a quelque temps, un diplomate de mes amis :
- Si j’avais pu réaliser mon projet d’amener nos commerçants français à prendre en Serbie la place vacante, la civilisation eût été plus rapide; mais nous n'aimons pas à quitter la France et mes efforts n’ont été couronnés d’aucun succès.
- Et cependant, nous l’avons vu, la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie sont en voie de développement commercial et de croissance sociale. Des centres d’affaires s'y créent et les dispositions pour le négoce s’y accusent et s’y multiplient.
- Ce développement, dû en grande partie aux moyens nouveaux de communication, a donné pleinement raison aux prévisions de M. de Reverseaux qui m’écrivait, le 27 avril 1886 :
- A mon sens, l’établissement des chemins de fer est de nature à changer les conditions économiques de ces pays en mettant les indigènes en contact avec les occidentaux honnêtes et en leur faisant connaître une existence et un bien-être qu’ils ignorent.
- Et, en effet, les Bulgares, les Serbes, les Jugo-Slaves, les Roumains, qui paraissaient peu enclins aux opérations commerciales, ont secoué leur indolence native, qu’on avait qualifiée de haine du progrès, et on constate, dans tous ces peuples, le réveil de facultés qui ne demandaient qu’à se développer.
- Nous avons donné les statistiques officielles du mouvement commercial de quelques-uns de ces États. Il en résulte que tandis, qu’en 1893, nous exportions en Serbie pour 475935 francs de produits divers, en 1897, nous n'en exportions plus que pour 362 493 francs, ce qui ne représente que 1,29 p. 100 du total des importations de ce pays, l’un de ceux dans lesquels se dessine peut-être plus sensible le mouvement vers le progrès que je tiens à constater.
- En 1883, nos envois de soieries en Serbie se chiffraient par 402 799 francs
- en 1897, ils ne se montent plus qu’à............................. 65 729 francs
- et nous n’y expédions plus une pliée de cotonnade.
- Nos exportations de laines et lainages pendant l’exercice 1897 sont en recul de 5 175 francs sur l’exercice précédent, et, après avoir été les approvisionneurs des Serbes pour les papiers, nous ne leur en vendons plus que pour 9 660 francs.
- Nous avons de grandes et fortes colonies ét cependant, sur une consommation de près d’un million de francs en riz, café, sucre et huile, qui se fait en Serbie, l'importation française n’entre que pour quatre mille francs (4 000 francs).
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- Enfin, tandis que nos produits pharmaceutiques jouissent d’une réputation incontestée dans tous les pays du monde, ils sont presque inconnus des Serbes
- qui ne nous en achètent que pour............................ 87 818 francs
- sur une consommation de..................................... 1 286 047 —
- la différence, soit.........................................ï 198229 —
- étant fournie par l’Allemagne et l’Autriche qui, le plus souvent, livrent de mauvaises contrefaçons de nos marques, qu’elles font ainsi discréditer.
- Ne terminons pas cette excursion à travers les statistiques sans constater que, si nos exportations en Serbie diminuent sensiblement, en revanche, nos importations prennent une sérieuse importance. Tandis, qu’en 1893, nous n’importions de ce pays que pour 178 269 francs, en 1897, nous en
- avons importé pour....................................... 427 670 francs, c’est-à-dire que
- nous avons versé dans les caisses serbes. 249 301 francs de plus que nous n’en avons retiré.
- Notre chiffre d’exportations en Bulgarie a été, en 1898, de 4 310 864 francs.
- M. le consul de France à Solia signale avec plaisir que « la France prend la cinquième
- place, gagnant ainsi un rang, avec une augmentation de 193 000 francs sur l’année 1897,
- C’est, ajoute-t-il, le cliilfre le plus élevé que nos envois aient atteint depuis dix ans.
- Cette constatation est certes de nature à nous donner quelque satisfaction. Mais lorsque, épluchant les chiffres que M. le consul de Sofia a réunis à l’appui de son rapport, nous constatons, par exemple, que, pour les soieries, nous sommes en déficit de 42 250 francs sur l’exercice précédent; que, alors qu’en
- 1884 nous exportions en Bulgarie pour............................. 130 898 francs
- de soies, fils et tissus et pour.................................. 175 393 —
- de soieries et laines, les statistiques actuelles n’accusent plus, pour cos deux
- articles réunis qu’un total de.................................... 115 000 francs,
- qu’enfin, alors, qu’en 1884, nous faisions avec la Bulgarie un chilfrc de près de 500 000 francs en tissus divers, nous sommes aujourd’hui tombés à zéro, nous ne pouvons nous empêcher de dire que nous perdons les places conquises, que nous capitulons devant l’ennemi.
- Et cependant nous continuons de plus on plus d’être tributaires de la Bulgarie. Notre consul à Sofia établit, dans son rapport précité, que nos achats y dépassent nos ventes d’une importance de près de 3 millions de francs.
- Notre quincaillerie, notre verroterie, notre poterie, nos bougies et nos savons prennent de moins en moins le chemin de l’Orient, mais notre or continue d’y affluer.
- Si je ne craignais d’allonger outre mesure ce chapitre des comparaisons, je pourrais démontrer, qu’alors que nous achetons à la Roumanie, dans les contrées forestières des Karpathes et des Balkans, des quantités énormes de bois,
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- nous ne savons même pas profiter de l’intérêt que nous aurions à les acheter de première main et que c’est par l’intermédiaires de négociants hongrois que nous traitons ces importantes affaires.
- Mais, à quoi bon nous attarder à des réflexions plutôt désagréables? A quoi bon démontrer plus longuement que nous cédons trop volontiers la place à nos concurrents? Il sera plus utile de déduire de ce qui précède quelques enseignements pratiques.
- Mais quel écho puis-je espérer pour ma voix, lorsque je viens de faire la constatation du peu de résultats qu’ont obtenu les voix bien plus autorisées de nos consuls jetant le même cri?
- De vaillantes feuilles, revues et journaux, ont déjà tracé à leurs milliers de lecteurs le tableau attristant des résultats de notre apathie industrielle et commerciale. Il n’y a pas de preuves qu’ils aient été entendus, et si la proportion du chiffre de nos nationaux établis à l’étranger était partout analogue à celui des Français établis en Serbie, nous pourrions dire qu’il n’est pas utile de développer tant de science, d’user tant d’encre pour obtenir un si mince résultat. D’après le dernier relevé de la population serbe, sur 15 717 étrangers établis dans le royaume, on compte 68 Français. Et cependant la vie est facile dans les Etats danubiens, elle y est presque à bon marché.
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- Si notre rôle d’économistes est de signaler au commerce français les observations que nous suggèrent nos études, le sien semble être de s’en désintéresser absolument, surtout lorsque nous lui indiquons quelque marché nouveau sur lequel il trouverait une place à occuper. Et lorsque, presque malgré lui, on lui propose une fourniture à faire sur une place étrangère, il met à la traiter un manque de souplesse déconcertant. Il ne demande pas « à quelles conditions » mais il impose les siennes. Il ne se départ pas plus de son mode particulier d’emballage que des 90 jours d’usance de ses lettres de change et, comme pour bien préciser son peu d’enthousiasme pour les affaires extérieures, il demande à ses commissionnaires un dû-croire exorbitant.
- Il y a cependant partout, comme en France, des conditions de place auxquelles il faut se conformer, et ce n’est qu’en s’y soumettant que nos commerçants français arriveront à prendre le rang qui leur revient sur les marchés étrangers.
- Que, si la prudence leur dit de prendre de sages précautions, ils ne doivent pas oublier que nous avons à l’étranger tout un corps de consuls dont c’est, le devoir de les renseigner, et qu’il est rare que ces agents de la France ne le fassent avec conscience et empressement.
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- Je suis arrivé au terme de la tâche que je me suis imposée; j’ai eu soin d’écarter la passion qui fait apercevoir sous un jour faux les questions sur lesquelles on lui laisse prendre parti. Je n’ai pas voulu, non plus, envisager la situation qui pourrait être faite aux Etats danubiens s’il survenait en Europe quelques événements politiques qui peuvent être prévus mais dont on ne saurait sans témérité préjuger les effets. Si la prévision d’une révolution gouvernementale devait être un obstacle aux transactions internationales, quel serait l’Etat en Europe, quel serait l’État dans le monde connu avec lequel il serait possible de traiter des affaires?
- Je considérerais avoir utilement travaillé en publiant cette étude si j’apprenais qu’elle a décidé un certain nombre de nos jeunes Français, au sortir des Ecoles, à former une caravane d’instruction allant vers le bas Danube afin d’y vérifier sur place l’exactitude des choses que j’ai avancées; j’accompagnerais de mes vœux ces voyageurs qui, j’en ai la ferme conviction, ne reviendraient de là-bas qu’avec le ferme désir d’y retourner, mais cette fois pour y mettre en pratique les conseils, qu’à la suite de nos consuls, je leur ai soigneusement donnés.
- Les terres lointaines qui appellent notre activité sont nombreuses. Je viens d’en désigner une, que je connais plus particulièrement, qui offre des aspects pleins d’intérêt et qui possède sur beaucoup d’autres l’avantage d’être déjà en pleine activité de vie économique et sociale.
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- RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX
- ESSAI DES MÉTAUX PAR PLIAGE DE BARRETTES ENTAILLÉES
- par M. Ch. Frémont.
- La fragilité du métal a toujours été une des grandes préoccupations des consommateurs de fer et d’acier.
- Au xvne et au xvme siècle, le fer était essayé au choc : Swedenborg nous dit dans son Traité du fer, imprimé en 1734, que les marchands qui* achetaient de grandes quantités de fer en Suède et en Angleterre, pour les expédier dans d’autres pays, avaient soin d’effectuer divers essais préalables et notamment l;essai de choc :
- « Quand ils doutent de la nature d’une barre de fer, ils la jettent de toute leur force sur un coin de fer arrêté dans un morceau de bois, ou sur quelque autre point d’appui de fer et bien aigu; ou bien ils posent la bande sur ce coin et font toucher dessus avec des masses : si les coups marquent sur le fer sans qu’aucune partie de la barre se casse, c’est un signé de ténacité. »
- Grignon, le savant métallurgiste du xviii0 siècle, écrit dans son livre Essai d’artillerie, en 1775 :
- La première épreuve à laquelle on soumettra le fer pour s’assurer de sa qualité, sera de couper les barres aux deux extrémités pour en reconnaître le grain :
- « .... Pour ce, on entamera les surfaces, avec une tranche, sur des lignes correspondantes, puis on achèvera de séparer les bouts en les rompant à coups de masse; l’on examinera le fer à la cassure. » On composera le lot de la première qualité, des barres à cassure charnue, c’est-à-dire du fer nerveux qui s’arrache ; le nerf sera long, bien charnu, d’un grain cendré, argentin, bien tordant. — Les barres à cassure grenue en fer qui se rompt seront mises dans le lot de seconde qualité.
- Ainsi dès le xvme siècle, et probablement avant, les métallurgistes essayaient le fer en pratiquant à la tranche des entailles correspondantes et en opérant la rupture par le choc du marteau.
- Plus tard, cet essai au choc sur barreau entaillé fut pratiqué d’une façon
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- analogue, mais mieux définie : pour unifier l’entaille, on tarauda les fers ronds et carrés, le pliage au marteau s’opérant sur la partie taraudée (1).
- Si l’essai au choc effectué sur barreau entaillé a été constamment employé dans les usages de la pratique, depuis plusieurs siècles, ce n’est pas parce que les praticiens ignoraient Fessai de traction.
- L’essai de traction, décrit par Réaumuren 1722, appliqué par Musschenbrœk pour ses nombreuses recherches de résistance des métaux, puis ensuite par Pcr-ronet, Gauthey, Soufflot, Rondelet, Navier, etc., ne servit en réalité à tous ces expérimentateurs que pour étudier la résistance des métaux et pour en déduire, en appliquant un certain coefficient de sécurité, la résistance maximum qu’ils jugeaient à propos de ne pas dépasser dans les efforts qu’ils attribuaient aux métaux employés.
- L’essai de traction n’est devenu un essai de recette que depuis 1860, à la suite d’une importante étude due à M. David Kirkaldy, étude coïncidant avec l’apparition et le développement des aciers Bessemer. La méthode répondant au besoin nouveau de classer numériquement les nouveaux produits, et les essais au choc qui n’avaient pas encore été mis en état de fournir des chiffres, furent laissés de côté.
- Cependant, on peut reprocher à l’essai de traction d’être une méthode longue, coûteuse, pas toujours applicable à cause des grandes dimensions nécessitées parla confection des éprouvettes, peu précise et surtout incomplète, car elle ne renseigne pas sur la fragilité, c’est-à-dire sur la propriété de résister plus ou moins à certaines actions brusques, chocs, etc., produisant la rupture sans déformation permanente.
- Tous les constructeurs savent en effet que des aciers, ayant donné d’excellents résultats à l’essai de traction, se brisent quelquefois sous un choc même léger, ou après un travail vibratoire plus ou moins prolongé.
- Je rappellerai quelques exemples cités par MM. Lebasteur et Considère : Dans son livre Les Métaux ci ïExposition de 1878, M. Lebasteur rapporte que :
- « Certains fers provenant du district des Ardennes, ayant été essayés par traction, ont donné les résultats suivants :
- Premier échantillon. — Résistance par millimètre carré.........48 kilo".
- — Allongement...............................14p. 100.
- Deuxième échantillon. — Résistance par millimètre carre........ 72 kilog.
- — Allongement. . . ......................20 p. 100.
- « Ces fers de forge présentaient une grande ductilité à froid; les barres se ployaient parfaitement au marteau sans se criquer; mais, si l’on préparait au
- (1) Procédés de fabrication dans les forges. — Cours sur le service des officiers d’artillerie approuvé par le ministre de la Guerre. Paris, 3 août 1838.
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- burin une très légère incision à la surface d’une barre, elle se brisait net en cet endroit, sous un coup de marteau modéré : le métal, quoique ductile, étaitdonc fragile sous des chocs. »
- Vers lamême époque en 1880, j’avais à mon compte personnel une entreprise de ferrures de wagons, une partie de ces ferrures était à découper; j’achetai dans les Ardennes du fer de qualité qui donna d’excellents résultats aux essais de traction. Mais à la livraison je constatai, à ma grande stupéfaction, qu’au déchargement par renversement de la petite voiture qui servait au transport de ces ferrures, beaucoup de pièces se brisèrent.
- Douze mille pièces furent ainsi rebutées; j’appris à mes dépens que la fragilité n’est pas décelée par les essais de traction.
- M. Considère cite un exemple analogue :
- Une cornière d’acier de 13 millimètres d’épaisseur, qui avait subi avec plein succès les essais habituels de réception, s’était brisée en tombant à terre; ces
- essais avaient donné les résultats suivants :
- Résistance à la rupture.......................................... 50kil,50
- Limite pratique d’élasticité....................................33kil,90
- Allongement de rupture sur 100 millimètres do long..............27 p. 100
- Contraction de la section de rupture............................53 p. 100
- M. Lowthian-Bell, le Jern-Kontor, de Suède, ont signalé des faits semblables.
- Les curieuses avaries des chaudières du Lividia en 1881 et les cas signalés en 1885 par M. Maginnis sont encore des résultats de fragilité.
- J’ai eu l’occasion d’étudier plusieurs avaries de chaudières dont la cause était la fragilité au choc de l’acier, quoique celui-ci fut très ductile à la traction.
- Les accidents causés par la fragilité de l’acier peuvent être de la plus grande gravité, une explosion de chaudière, un déraillement à la suite de rupture par fragilité d’un rail, d’un bandage, d’un essieu, etc.
- Ils peuvent dans des cas moins graves, occasionner des pertes d’argent très importantes, je citerai à ce sujet deux exemples dont j’ai été témoin tout récemment :
- Une conduite d’eau d’une grande longueur fut exécutée avec des tôles d'acier de 14 millimètres d’épaisseur, roulées en tuyaux de 43 centimètres de diamètre; le constructeur de ces tuyaux spécifia dans sa commande à la forge que les tôles résisteraient à 40 kilogrammes et auraient un allongement de 20 p. 100, mais il n’indiqua pas d’essai de choc en prévision de la fragilité.
- A la recette les essais de traction donnèrent 41k”,35 à 43kg,40 et 23,75 à 25,50 p. 100 d’allongement sur éprouvettes de 20 centimètres.
- Dès le début de la mise en service de cette conduite d’eau, des chocs produits par des coups de bélier, occasionnés par le fonctionnement brusque des vannes, firent rompre une grande partie des tuyaux. Des essais de choc indi-
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- quèrent alors une très grande fragilité de l’acier employé. La perte d’argent subie par le constructeur fut de 125 000 francs.
- Je citerai encore une récente installation mécanique dans laquelle huit gros arbres à vilebrequins du poids de dix tonnes et du prix de 30 000 francs chacun, se sont successivement rompus apres un fonctionnement de quelques mois.
- Des barreaux d’essais prélevés les uns dans des parties n’ayant subi aucun effort, les autres dans des parties aussi voisines que possible des cassures, donnèrent également à l’essai de traction une résistance de 39 kilogrammes à 39k®,50 et un allongement de 25 à 29 p. 100.
- Des essais de choc sur éprouvettes entaillées firent constater dans toutes les parties une fragilité excessive.
- La fragilité non prévue aux conditions de recette a donc été cette fois encore la cause pour les fournisseurs d’une perte de plusieurs centaines de mille francs.
- C’est donc une grande erreur de considérer un acier comme nécessairement et absolument non fragile parce qu’il possède une grande ductilité dans certains essais, notamment dans l’essai par traction.
- En résumé, si l’on essaie au choc les aciers qui se sont rompus brusquement en service, on constate toujours, et sans aucune exception, qu’ils sont fragiles.
- Il est vrai que des aciers fragiles ont souvent donné un très long service sans se briser, mais cela tient évidemment à ce qu’ils ne se sont pas trouvés soumis à des conditions spéciales de rupture qui peuvent cependant se produire dans la pratique; il est donc nécessaire de n’employer que des aciers constatés non fragiles par des essais spécifiques.
- La recherche de la fragilité dans la recette de l’acier de construction est de la plus grande importance; qu’un acier ait un peu plus ou un peu moins de ténacité ou de ductilité il n’en résistera pas moins bien, parce qu’on fait toujours travailler le métal fort au-dessous de sa limite élastique; et en effet, sauf erreur de calcul, une pièce d’acier ne se rompt que pour cause de fragilité ; des pièces qui ne supportaient statiquement pas plus de 3 ou 4 kilogrammes par millimètre carré, se brisent net par suite de chocs, de vibrations répétées ou de tout autres causes.
- L’essai de traction ne renseignant pas sur cette fragilité du métal, la plupart des cahiers des charges pour combler cette lacune prescrivent en supplément des essais de pliage, perçage par chocs, etc.
- Malheureusement ces essais pratiques sont ou mal appropriés à leur destination ou confiés à des ouvriers habiles qui procèdent avec tant d’adresse qu’ils parviennent généralement à plier, percer, etc., à la satisfaction des agents, les métaux les plus médiocres; aussi en pratique on y a très rarement recours et on se contente d’effectuer uniquement l’essai de traction.
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- Depuis quarante ans que les forges ont eu comme principale condition de recette l’essai de traction, elles se sont appliquées à donner satisfaction, à ce point de vue, aux demandes les plus variées des acheteurs, mais elles ne se sont généralement pas inquiétées de la fragilité, les essais qui auraient pu la montrer n’étant spécifiés que dans de rares cahiers des charges.
- Aujourd’hui que les graves et importants accidents dus à la fragilité sont plus connus et constatés, que les ingénieurs les redoutent et cherchent à les éviter, les forges s’appliqueront à produire des aciers répondant aux conditions d’essais de choc, comme elles se sont appliquées jusqu’ici à donner satisfaction aux conditions d’essais de traction. Les usines peuvent fournir des aciers non fragiles, puisque sans le chercher, elles en livrent déjà qui satisfont à l’essai de fragilité. Il faut arriver à ce qu’elles ne livrentpas d’autres aciers. Poussées par la concurrence, elles y arriveront rapidement, d’autant plus qu’elles connaissent bien, pour la plupart, les conditions de travail permettant d’obtenir ces résultats.
- Méthodes proposées pour mesurer la fragilité des aciers.
- Lorsque les marchands, dès les xvnc et xvmc siècles, essayaient le fer en le jetant sur un coin de fer ou en frappant dessus après l’avoir posé sur ce coin, ou bien quand ils classaient leur métal d’après la cassure à nerf du fer qui s’arrache et de la cassure à grain du métal qui se rompt brusquement; ils appréciaient la qualité mais ne /’évaluaient pas, car ils ne mesuraient pas la résistance vive du métal.
- Ces procédés primitifs d’essai au choc durent être ainsi modifiés pour répondre aux besoins actuels.
- La première modification, apportée dans ce sens, consista à opérer la rupture du métal à essayer, par coups successifs d’un mouton tombant d’une même hauteur sur un barreau de dimensions déterminées; le nombre de coups nécessaires pour obtenir la rupture était supposé donner la mesure cherchée.
- Réaumur avait, dès 1722, mesuré la dureté de l’acier par le nombre de coups de marteau nécessaire pour faire pénétrer un ciseau d’une profondeur donnée. Ce procédé appliqué à la mesure de la fragilité a plusieurs inconvénients, non seulement il est long et fastidieux mais il fausse les résultats.
- Je citerai les résultats d’essais effectués comparativement par un seul choc ou par plusieurs.
- Un acier à 40 kilog. de résistance à la traction et à 23 à 2o p. 100 d’allongement a été essayé par pliage statique, par pliage au choc avec un marteau de 10 kilog. tombant d’une hauteur de chute de 1 mètre, puis d’une hauteur do chule de 3 mètres, les éprouvettes essayées étaient de dimensions et d’entailles absolument semblables.
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- Voici les résultats de ces essais :
- Sens en long.
- Kgm.
- Pliage statique = 22,5
- Pliage au clioc : hauteur / mètre 10 + 10 + 2 = 22 — — 10 + 10 + 1 = 21 — hauteur 3 mètres — 7
- Sens en travers. Kgm.
- = 17,o 10 + 3 = 13 10 + 9 = 19 = 6
- Ce métal essayé par coups successifs paraît très bon dans les deux sens, mais essayé avec rupture obtenue d’un seul coup, il a été reconnu fragile.
- Cela montre que les résultats des essais effectués par coups successifs pourront souvent différer peu des résultats obtenus en effectuant le pliage statique. Il a été proposé par plusieurs expérimentateurs de procéder différemment
- B
- Fig. 1. — Diagrammes du pliage de deux aciers de qualités différentes, rompus sous le même angle de pliage.
- et de demander au contraire que l’éprouvette essayée résiste à tel coup de mouton sans se rompre.
- Ce procédé a deux inconvénients :
- 1° Il y a possibilité de contestation sur l’appréciation arbitraire du commencement de rupture;
- 2° On ne mesure pas la résistance vive totale du métal.
- C’est à la suite de contestations de ce genre, à propos d’essais statiques de pliage, que je fis; le 22 février 1897, une communication à l’Académie des sciences proposant l’enregistrement du phénomène complet pour éviter les divergences d’appréciation.
- On obtient ainsi des diagrammes do la forme représentée figure !.
- Soient ABC et A B D deux de ces diagrammes superposés.
- Sur ces diagrammes l’origine de la rupture n’est plus douteuse; elle est au
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- point B, mais on ne peut pas obtenir de semblables diagrammes dans l’essai de choc, essai qui est d’ailleurs indispensable, et quand même on le pourrait, il resterait la seconde cause d’appréciation fausse : les aciers donnant les diagrammes ABC et ABD, l’essai étant arrêté au point B, paraîtraient semblables; ils sont en réalité très différents; car l’un a une résistance vive supérieure à celle de l’autre. Il faut trouver un autre critérium.
- JEn outre l’arrêt juste au commencement de la rupture aurait un autre inconvénient, c’est que, ne renseignant pas sur la résistance vive complète du métal, il ne serait pas possible de juger le degré d’homogénéité de l’acier, ce qui est, sans contestation possible, de la plus grande importance.
- L’essai au choc doit donc être effectué d'un seul coup de mouton produisant la rupture.
- C’est pour répondre à cette condition sine qua non qu’on a depuis plusieurs années employé le procédé suivant :
- Sur une barrette d’une assez grande longueur de l’acier à essayer on pratique une série d’entailles également espacées, on encastre dans un étau cette barrette en ne laissant ’ dépasser que l’extrémité pour recevoir le choc du mouton, l’entaille étant à fleur de l’étau.
- On laisse tomber le mouton d’une hauteur déterminée, si l’éprouvette choquée n’est pas rompue, on opère sur les suivantes en ne donnant chaque fois qu'un seul coup, mais en augmentant successivement la hauteur de chute jusqu’à ce qu’on ait obtenu la rupture. Si l’éprouvette s’est au contraire rompue au premier coup, on continue d’essayer les suivantes en diminuant chaque fois la hauteur de chute jusqu’à ce qu’il y ait une éprouvette non rompue.
- La mesure de la résistance vive du métal est alors supposée être comprise entre deux coups successifs l’un ayant rompu, l’autre n’ayant pas rompu l’éprouvette.
- Ce procédé a plusieurs inconvénients, en outre des tâtonnements quelquefois assez nombreux avant d’arriver à déterminer la rupture, il exige une assez grande quantité de métal puisqu’il ne donne le résultat qu’après l’essai de plusieurs barrettes ; mais il suppose le métal homogène et enfin il ne décèle pas sûrement la fragilité, la vitesse du marteau au moment du choc n’étant pas toujours suffisante.
- Tel acier qui se rompra avec un travail de N kilogrammètres produit d’un poids P tombant d’une hauteur H, se rompra avec une quantité de travail plus faible que N, mais produite par un poids plus faible tombant d’une hauteur plus grande.
- La vitesse du marteau au moment du choc, ce qu’on appelle la vitesse d’im^ pact, a donc une grande influence.
- Il faut donc, dans l’essai de choc, donner au marteau une vitesse d’une cer*
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- taine importance à déterminer par l’expérience, et comme il faut obtenir la rupture de l’éprouvette à chaque coup de mouton, car il ne serait pas pratique d’essayer sur une succession d’éprouvettes, avec des marteaux de 1, puis 2, puis 3 kilogrammes, etc. ; il faut dès lors disposer d’un marteau dont le poids, sous la hauteur de chute déterminée, occasionne toujours la rupture, quelle que soit la qualité du métal. Cette hauteur ne doit pas être inférieure à 3 ou 4 mètres, car des aciers pour blindages dont les éprouvettes ont été reconnues non fragiles à l’essai de choc à cette vitesse, ont toujours été constatés non fragiles à un essai à vitesse très supérieure : aux essais au canon.
- Mais pour pouvoir évaluer la quantité de travail absorbé pour produire cette rupture, il est indispensable de mesurer le travail résiduel que possède en force vive le marteau du mouton après rupture de l’éprouvette.
- Aussi après de nombreux essais de choc, je fis, dès l’année 1895, un mouton basé sur le principe de la mesure de la force vive résiduelle ; mes expériences m’ayant donné toute satisfaction, j’indiquai dans une communication à l’Académie des sciences du 4 octobre 1897, ce principe nouveau de mesure du choc dans un mouton construit de telle façon que le marteau porte-poinçon vienne frapper des crushers ou deux ressorts après avoir opéré la rupture de l’éprouvette; les crushers sont d’autant plus écrasés ou les deux ressorts d’autant plus comprimés par le choc du marteau qu’il reste plus de force vive (1).
- En pratique, les crushers ne peuvent être employés que lorsqu’il ne s’agit d’essayer qu’une petite quantité d’éprouvettes, mais lorsque le nombre d’essais devient important, il faut employer les ressorts.
- Le mouton que j’ai imaginé sur ce principe est représenté par la figure 2 qui donne la photographie de la partie inférieure.
- Le mouton est à double effet, c’est-à-dire qu’il porte deux marteaux, ce qui a l’avantage d’équilibrer tout le système et de permettre à deux ouvriers d’essayer en même temps pour la production intensive d’essais au choc.
- Il me suffira de décrire un des moutons.
- La chabotte se compose de deux parties réunies par des boulons ; entre ces deux parties se trouve serré le montant qui porte les guides; deux enclumes sont boulonnées sur les côtés opposés de la chabotte, l’ensemble pèse plus de 700 kilogrammes.
- Le poids du marteau étant de 10 kilogrammes, on voit que la chabotte est 70 fois plus lourde.
- L’enclume en fonte porte en avant et en arrière de la matrice deux trous
- (1) Ce principe de mesure du choc par évaluation de la force vive résiduelle a, depuis, été employé par plusieurs expérimentateurs, M. Bent Russell a notamment fait à la Société des ingénieurs civils américains, le 5 janvier 1898, une communication sur des essais de choc effectués avec un pendule d’un hauteur de chute de 2o centimètres.
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- cylindriques et verticaux servant de logement à deux ressorts à boudin en acier trempé.
- Fig. 2. — Mouton à double effet pour Fessai au choc.
- Chacun de ces deux ressorts a un diamètre extérieur de 48 millimètres, une longueur totale de 30 centimètres avec 19 spires d’acier de 12 millimètres de diamètre, son poids est de lk^',900.
- Tome 101. — 2e semestre. — Septembre 1901. 25
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- La flèche à la compression statique est de 1 millimètre pour 25 kilogrammes de pression.
- Un chapeau en acier dur recouvre le tout et pose directement sur la face supérieure des ressorts. C’est ce chapeau ou plate-forme qui reçoit le marteau après la rupture de l’éprouvette; sous l’effet du choc, il s’abaisse en comprimant les ressorts et c’est l’espace ainsi parcouru qui est mesuré.
- Et, comme les ressorts rebondissent après le choc, ils repoussent violemment ce chapeau ; pour amortir ce nouveau choc, le chapeau est maintenu par deux ressorts dont un est visible sur le devant de l’enclume de la figure 2.
- Ces ressorts ne sont pas ceux qui servent à mesurer le travail résiduel du marteau, ils servent uniquement d’amortisseur au chapeau.
- De chaque côté de la chabotte et à droite de l’opérateur, un petit treuil permet d’élever le marteau rapidement et avec un faible effort.
- Chaque marteau est composé de deux ilasques réunies par des boulons, au milieu en dessous et bien dans l’axe est le coin-poinçon, une goupille le retient et l’empêche de tourner.
- Le crochet d’attache du marteau qui le relie à la corde de traction est à déclenchement automatique.
- L’ouvrier n’a donc pas à s’occuper de la hauteur de montée du marteau, après avoir placé convenablement son éprouvette sur la matrice, l’entaille en dessous et bien en face de l’arête du coin-poinçon, il tourne le treuil et le marteau se déclenche aussitôt qu’il atteint la hauteur de 4 mètres. Les fragments de l’éprouvette tombent au centre de la matrice et sont recueillis dans une petite cuvette venue de fonte avec l’enclume,
- Sur la gauche de la chabotte, du côté opposé au treuil, un appareil spécial suit l’affaissemeut par compression des ressorts et reste témoin de la course ainsi parcourue.
- Un levier amplifie la compression réelle des ressorts et permet une lecture facile de la mesure effectuée avec une précision plus que suffisante.
- En effet l’erreur de mesure de la hauteur de chute à la lecture de la compression des ressorts à l’aide de cet appareil spécial est moindre
- de 1 centimètre pour une hauteur de chute de a0 centimètres.
- 2 — — 1 mètre.
- 3
- 4
- 2 mètres.
- 3 —
- 4 —
- Dans la pratique des essais, la force résiduelle doit être celle qui correspond à une. chute de 1 à 2 mètres, l’écart possible entre la lecture et la hauteur réelle de chute, c’est-à-dire l’erreur commise ne dépasse pas 3 centimètres, ce qui équivaut à un travail de : 10 kilogrammes x 0m,03 = 0,3 kilogrammètres.
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- Pour des aciers de bonne qualité, la mesure du travail résiduel permettra ainsi d’évaluer la mesure du travail exactement dépensé pour effectuer la rupture à environ 1/75 près.
- Pour les aciers très fragiles qui donneront, par exemple, un travail de rupture de 2 ou 3 kilogrammètres au lieu de 20 kilogrammètres qu’ils devraient donner s’ils n’étaient pas fragiles, l’erreur pourrait être même de 1 kilogrammètre, que cela n’aurait aucune importance dans la pratique des recettes.
- A LLi
- Fig. 3. — Graphique de la compression des ressorts en fonction de la hauteur de chute
- du marteau.
- Pour connaître la hauteur de chute du marteau correspondant à la compression des ressorts, on trace expérimentalement le diagramme de cette compression en laissant tomber successivement le marteau de hauteur croissant jusqu’à 4 mètres; la ligne des abscisses marque les hauteurs de chute suivant une échelle arbitraire, par exemple, 4 centimètres d’abscisses pour une chute de 1 mètre, elles ordonnées marquent en vraie grandeur les compressions indiquées à l’extrémité de l’aiguille qui amplifie les courses réelles du ressort et obtenues à ces chutes diverses.
- La figure 3 représente ce diagramme ainsi obtenu; sur l’arc AB décrit par
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- l'extrémité de l’aiguille on trace la position que celle-ci occupe après chacune des chutes successives du marteau de 10 centimètres en 10 centimètres, par exemple, ce qui correspond à un travail de kilogrammètre en kilogrammètre. La courbe des points de rencontre des parallèles menées par chacune des positions correspondantes des chutes de marteau et des ordonnées menées par les hauteurs de chute donne la courbe des compressions des ressorts, c’est une parabole.
- ê
- La méthode renseigne en même temps sur la fragilité et sur l’homogénéité.
- Un acier est homogène si toutes les éprouvettes prélevées sur lui donnent des résultats voisins; il est non fragile si l’essai de pliage par choc donne une résistance vive suffisante.
- Exemple : Un acier ayant donné à la traction 42k°r,25 et 43ksr,70dc résistance avec 30,25 p. 100 et 30 p. 100 d’allongement sur éprouvettes de 20 centimètres, a donné dans les essais de pliage sur barrettes de 10 X 8 X 30, entaillées à la scie de 1 X 1 et essayées au mouton de 10 kilogrammes tombant de 4 mètres, les résultats suivants :
- Pli âges statiques Pliages au choc .
- Travail moyen au choc
- — minima —
- — maxima —
- Sens en long. Sens en travers.
- K g ni. Kgm.
- 23 à 24,5 15 à 18
- 24,5 18
- 29,5 18,5
- 26,5 21
- 29,o 23,5
- 27,5 18,5
- 25 24
- 26 19
- 26 18,5
- 26,2 21,5
- 29,5 23
- 30 21
- 27,3 20,3
- 24,5 18
- 30 24
- Ce métal destiné à la confection de chaudières peut donc être considéré comme non fragile et comme étant d’une homogénéité pratique très suflisante. Une tôle de chaudière de locomotive a donné pour des essais semblables :
- Essais de chocs.
- Travail moyen.
- — minima
- — maxima
- Sens en long. Sens en travers.
- Kgm. Kgm.
- . 32 28,8
- . 30 23,5
- . 35 32
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- Dimensions de l’Éprouvette.
- Après avoir choisi la méthode d’essai au choc il faut déterminer les dimensions de l’éprouvette.
- Gomme nous le verrons plus loin, il y a tout intérêt à prendre des éprouvettes aussi petites que possible, mais en ne perdant pas de vue que les essais de recette étant avant tout des essais d’atelier, la précision nécessaire à l’ajustage de l’éprouvette et à la méthode d’essai ne dépasse pas la précision que les ouvriers d’une habileté moyenne ont l’habitude d’apporter dans leur travail quotidien. Or les ouvriers mécaniciens, serruriers, constructeurs, etc., ont l’habitude d’ajus_ ter au dixième de millimètre, on peut donc sans exagération leur demander de préparer les éprouvettes d’essai avec cette approximation habituelle.
- Depuis plusieurs années j’ai eu l’occasion de faire exécuter dans beaucoup d’ateliers, par les ouvriers de professions les plus diverses, plus de dix mille éprouvettes prismatiques à la section de 10 millimètres de large sur 8 millimètres d’épaisseur, et jamais, dans aucun cas, l’ajustage n’a été au-dessous de cette précision ; très souvent même l’ajustage a été plus précis qu’il n’était nécessaire.
- Pour rompre ces éprouvettes confectionnées avec les aciers industriels j’utilise le mouton que j’ai indiqué et dont le marteau est du poids de 10 kilogrammes ; c’est un type de mouton très employé dans les ateliers d’essai et l’approximation de la mesure peut être d’environ un tiers de kilogrammètre, ce qui est plus que suffisant pour les essais au choc.
- J’ai été conduit à adopter cette section de 10m X 8m à la suite de nombreux essais et de diverses considérations.
- Les tôles pour chaudières, pour coques, — les larges plats employés dans la construction des ponts; — les cornières et les profilés divers n’ont souvent que 8 millimètres d’épaisseur.
- Il est donc nécessaire, si l’on veut essayer la plupart des aciers employés dans la construction, de prendre pour épaisseur de l’éprouvette au plus cette épaisseur des métaux laminés à 8 millimètres.
- Pour la largeur de l’éprouvette on a plus de latitude, mais il n’y a aucun avantage à l’exagérer, au contraire ; il est pratique de prendre un peu plus large qu’épais pour éviter la confusion sur le sens du pliage de l’éprouvette; si l’éprouvette avait une section carrée, il faudrait une marque particulière pour que l’ouvrier ne se trompe pas de sens au pliage; en prenant une section un peu plus large que haute, il est facile de faire de suite la distinction sans chercher une marque. J’ai pris 10 millimètres, parce que cette dimension décimale est suffisamment plus grande que l’épaisseur 8 millimètres.
- J’ai pris pour longueur environ 30 millimètres, parce que cette dimension
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- découle directement de l’épaisseur choisie: 8 millimètres ; en elîet, pour plier l’éprouvette il faut donner au poinçon une épaisseur de 3 millimètres à l’extrémité et de 4 millimètres environ au corps.
- L’éprouvette à la fin du pliage a ainsi une épaisseur totale de 8 + 4 + 8 = 20 millimètres ; j’ajoute, pour le passage dans la matrice, 1 millimètre de jeu, l’écart entre les deux points d’appui est donc de 21 millimètres; la surface d’appui des deux extrémités doit avoir une portée de 3 à 4 millimètres, cela fait ainsi, pour la longueur totale, 27 à 29 millimètres. La longueur 30 millimètres convient donc très bien.
- Un essai peut même se faire au besoin avec 25 millimètres de longueur d’éprouvette.
- Gomme je l’ai montré, ces dimensions sont d’un ajustage pratique par nos ouvriers habituels; une expériencede plusieurs années l’a confirmé. Il n’y adonc aucune objection sérieuse à l’emploi d’éprouvettes exécutées à ces dimensions.
- Ces dimensions me permettent de faire économiquement de très grandes quantités d’essais.
- Les frais de préparation de l’éprouvette sont peu élevés, il faut en moyenne une demi-heure à un ouvrier très ordinaire pour confectionner une éprouvette en opérant simplement avec une scie à main et une lime.
- Dans un atelier installé pour une production intensive de ces éprouvettes, le temps nécessaire à la confection sera moindre, ainsi que le prix de revient.
- Ces petites dimensions permettent d’extraire des éprouvettes de toutes les parties des tôles et au besoin de déchets produits au cours de la fabrication: chute de barres, parties découpées, débouchures, etc., de toutes les parties des barres profilées, dans le sens en long et dans le sens en travers du laminage : rails, bandages, cornières, etc.
- Les essais répétés dans une même région ou dans les diverses parties d’une même tôle, d’une même barre, permettent d’évaluer le degré d’homogénéité, Ce qui en pratique est de la plus grande importance.
- Il ne suffit pas que la moyenne des essais de résistance vive d’un métal atteigne une quantité déterminée, il faut surtout que les écarts existant entre les divers essais effectués sur le même métal ne dépassent pas une certaine limite. Ainsi une tôle de chaudière en acier extra-doux (de 35 kil. à 40 kil., et 30 p. 100 à la traction) a été essayée au choc, par une éprouvette avec entaille aigue dessus et dessous; le résultat de cet essai de choc correspondit à la moyenne acceptable.
- J’ai pu, dans le morceau rompu de cette éprouvette, détacher six petites éprouvettes de 10 X 8 X 30. Ces éprouvettes entaillées d’un trait de scie ont donné au choc les résultats suivants : 20,5 kilogrammètres —18,5 — 18,5— 16 — 7 et 5 kilogrammètres.
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- Cette tôle est donc fragile dans certaines parties, malgré un résultat indiquant une qualité suffisante à l’essai du morceau primitif d’où les six éprouvettes ont été extraites.
- Il n’est pas exact de croire que les défectuosités locales sont sans importance. Il est nécessaire de les évaluer à leur juste valeur.
- Ces essais, effectués dans diverses parties du métal, soulèvent la question de l’homogénéité; cette question est un objet de préoccupation pour les producteurs et les consommateurs et elle a motivé la nomination d’une commission spéciale de l’Association internationale pour l’essai des matériaux.
- Les causes du manque d’homogénéité de l’acier sont complexes : les principales sont la liquation dans les lingots et l’inégale vitesse de refroidissement des couches inégalement éloignées. Mais je n’ai pas l’intention d’aborder, ici un sujet qui demande de longues et méthodiques recherches; j’ai voulu seulement montrer que le mode opératoire auquel je me suis arrêté pour la détermination de la fragilité se prête facilement à son étude.
- De la forme et des dimensions de l’entaille.
- Pour déterminer la rupture dans les métaux ductiles comme les aciers durs, il est nécessaire de limiter la zone d’allongement; sans cette précaution, l’éprouvette se plierait le plus souvent à bloc sans se rompre.
- J’ai effectué, au début de mes expériences, une série d’essais pour déterminer la forme et les dimensions de l’entaille.
- J’ai commencé par pratiquer une entaille de 5 millimètres de largeur avec les angles arrondis, le pliage s’est effectué à bloc sans rupture; j’ai alors diminué progressivement la largeur de l’entaille, et je suis arrivé à un résultat pratique avec une entaille de 1 millimètre de largeur, et avec les angles arrondis, ce que l’on obtient convenablement par le trait de scie.
- Il est indispensable, pour pratiquer ce sciage, d’employer les lames de scie ayant de la voie, afin d’obtenir les angles arrondis au fond de l’entaille.
- La largeur de l’entaille dépendant de la scie est peu susceptible d’écarts, mais la profondeur peut varier sensiblement d’une éprouvette à l’autre, si l’ajusteur n’y prend pas soin.
- Pour vérifier les dimensions de cette entaille, je me sers d’un compas représenté figure 4. Les deux becs ont 1 millimètre d’épaisseur, ce qui permet de constater de suite si l’entaille est bien de largeur voulue, et la pointe mobile du compas marque sur un arc gradué les dixièmes de millimètre, ce qui permet de mesurer exactement la profondeur.
- Il est donc possible de vérifier rapidement et facilement les entailles des éprouvettes; néanmoins, comme il faut toujours admettre qu’en pratique indus-
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- trielle il se peut qu’il y ait une petite différence dans l’ajustage, il est nécessaire de connaître quelle est l’influence qui peut en résulter sur les résultats de l’essai.
- J’ai découpé dans un morceau d’acier non fragile, que je savais homogène, six éprouvettes semblables à mon type habituel; j’en ai entaillé deux exactement à 1 millimètre de large et 1 millimètre de profondeur; j’en ai entaillé deux autres en donnant une profondeur double : 2 millimètres, mais à la même largeur de 1 millimètre; enfin, les deux dernières ont été entaillées à la profondeur
- Fig. 4. — Compas de mesure pour permettre de calibrer la profondeur de l’entaille des éprouvettes.
- habituelle de 1 millimètre, mais à une largeur double, en opérant avec deux lames contiguës.
- Une éprouvette de chacune de ces trois sortes a été marquée d’un P, pour être essayée à la pression statique ; Fautre éprouvette a été marquée d’un C, pour être essayée au choc.
- Ces éprouvettes sont représentées sur la figure 4. Les éprouvettes marquées P ont été essayées au pliage statique, les éprouvettes marquées C n’ont pas encore subi l’essai.
- On voit marquée 1 l’éprouvette à entaille habituelle, marquée 2 l’éprouvette à entaille deux fois plus profonde, et marquée 3 l’éprouvette à entaille deux fois plus large.
- La figure 5 montre les diagrammes d’essai de pliage statique des éprouvettes
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- 1 et 2. On voit que l’éprouvette qui porte une entaille d’une profondeur double a exigé un peu moins d’effort, mais sur une course un peu plus grande, de sorte que la quantité de travail n’est pas sensiblement différente.
- Fig. 5. — Diagrammes du pliage d’un acier non fragile.
- N° 1. D’une éprouvette entaillée de 1 millimètre de large sur 1 millimètre de profondeur.
- N° 2. — - 1 — — 2 — —
- La figure 6 montre les diagrammes d’essai de pliage statique des éprouvettes 1 et 3. On voit que les deux éprouvettes ont exigé le même effort, ce qui est
- Fig. 6. — Diagrammes du pliage d’un acier non fragile.
- N° 1. D'une éprouvette entaillée de 1 millimètre de largeur sur 1 millimètre de profondeur. N» 3. — — 2 — — 1 — —
- naturel, mais que celle qui a l’entaille la plus large a exigé l’effort sur une plus grande course au pliage, ce qui a nécessité une plus grande quantité de travail. Gela s’explique facilement; il suffit de remarquer que la partie de métal
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- RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX.
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- intérèssée est plus longue et, par conséquent, qu’il se produit un plus grand allongement des fibres.
- Les essais au choc n’ont pas donné les mêmes résultats que les essais statiques.
- L’éprouvette n° 1 a exigé...............................28 kgm.
- — n° 2 — 27 —
- n° 3 — 30 —
- Les trois chiffres sont presque égaux.
- J’ai refait les mêmes expériences avec un acier fragile statiquement. Cet
- Fig. 7. — Diagrammes du pliage d’un acier fragile.
- N° 1. D’une éprouvette entaillée de 1 millimètre de large sur 1 millimètre de profondeur. N» 2. - - 1 - — 2 — '
- Fig. 8. — Diagrammes du pliage d’un acier fragile.
- N0 1. D’une éprouvette entaillée de 1 millimètre do large sur 1 millimètre de profondeur.
- N'3. — — 2 — — . .1 — -
- acier ayant donné à la traction 45 kilogrammes, et 25 p. 100 d’allongement. La figure 7 représente les diagrammes des pliages des deux éprouvettes
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- prises dans cet acier, et entaillées l’une (diagr. t) du trait de scie habituel de 1 millimètre de large et de 1 milllimètre de profondeur, l’autre (diagr. 2) d’une entaille de meme largeur, mais de 2 millimètres de profondeur.
- La figure 8 représente comparativement le diagramme du pliage d’une éprouvette entaillée du trait de scie habituel (1 millim.), et celui du pliage d’une éprouvette entaillée d’un trait de scie d’une largeur double : 2 millimètres.
- Les essais au choc ont donné les résultats suivants :
- L’éprouvette n° t acier fragile a exigé ....... 3ûo,5kgm.
- — n° 2 — — ...........3 à 4
- — n° 3 — — ....... 6,5 —
- L’influence des dimensions de l’entaille paraît donc être peu importante surtout dans l’essai au choc.
- Or, si l’on remarque que dans ces expériences il y a eu grande exagération
- Fig. 9. — Diagrammes du pliage d’un acier non fragile.
- N° 1. D’une éprouvette entaillée avec une lame de scie neuve.
- N° 2. — — — très usée.
- des différences possibles dans les dimensions du trait de scie, afin de mieux en constater les effets, on en conclura immédiatement qu’il n’y a pas lieu de tenir compte des petites différences qui peuvent survenir dans la pratique et qui ne dépassent guère 1 ou 2 dixièmes de millimètre.
- La figure 9 représente les deux diagrammes de pliage statique effectués sur deux éprouvettes avec entailles de 1 millimètre de profondeur, mais l’une, le numéro 1, pour une éprouvette entaillée avec une scie neuve; et l’autre, le numéro 2, pour une éprouvette entaillée avec une scie complètement usée. La différence dans le travail n’est pas très différente.
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- J’ai effectué, au choc, une série d’essais sur des éprouvettes entaillées avec une très vieille lame de scie complètement usée, et parallèlement une autre série d’essais sur des éprouvettes entaillées avec une lame neuve.
- Un acier fragile pour lequel l’influence devait être le plus sensible, m’a donné aux essais :
- Kilogrammètres.
- Entailles avec la vieille lame........ 1 1,5 2 3 1
- — lame neuve. ..... 5 1 1 1,5
- Pour un acier non fragile :
- Kgm.
- Entaille avec la vieille lame.............................30
- — lame neuve................................27,5
- Les écarts sont ceux que l’on rencontre avec une lame ordinaire, ils ne sont dus qu’à l’hétérogénéité du métal et, par conséquent, on peut affirmer que les résultats sont sensiblement les mêmes, que la lame soit neuve ou qu’elle ait déjà notablement servi.
- On a émis diverses objections relativement à l’emploi de l’entaille de la scie.
- Ainsi on a craint que les légères stries longitudinales que laisse la lame dans le fond de l’entaille soit une cause occasionnelle de rupture, surtout pour les aciers fragiles.
- Or, la figure n° 10 montre la photographie au grossissement de 5 diamètres des cassures de six éprouvettes d’acier prises au hasard et sur lesquelles cinq sont en acier fragile et une en acier non fragile ; il est facile de constater que les ruptures n’ont pas suivi une génératrice rectiligne du fond de l’entaille.
- On peut constater, sur toutes les éprouvettes qui ont été entaillées avec une lame de scie ayant de la voie, qu’elles se rompent toujours vers le milieu de l’entaille, jamais dans les angles qui sont alors arrondis, et jamais suivant une génératrice rectiligne. Il en est autrement dans les ruptures en porte-à-faux, où l’angle de l’entaille le plus voisin de l’encastrement subit un effort plus considérable.
- D’ailleurs, pour connaître exactement la valeur des défectuosités apparentes de l’entaille par trait de scie, j’ai effectué parallèlement sur les mêmes aciers des éprouvettes entaillées les unes à la scie et les autres avec une fraise circulaire à très petites dents et à contour arrondi.
- Les résultats des essais au choc que je donne ci-dessous, montrent très nettement qu’il n’y a pas de différence sensible, que l’éprouvette soit entaillée avec la lame de scie ou avec la fraise, les écarts constatés sont dus à l’hétérogénéité des aciers, car ils sont tantôt dans un sens et tantôt dans un autre, sans
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- Fig. 10. — Photographie de six cassures d’éprouvettes permettant de constater que la déchirure se fait
- selon une ligne sinueuse.
- (Grossissement : 5 diamètres.)
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- jamais dépasser comme importance ceux qui ont été relevés dans les autres essais par série sur ces aciers :
- Pliago au choc.
- Essais à la traction. Pliages statiques. Entailles à la scie. Entailles à la fraise.
- Allong.
- Résistance. sur 20 cont. En long. En travers. En long. En travers. En long. En travers.
- Ivilog. P. 100. Kgm. Kgm. Kgm. Kgm. Kgm. Kgm.
- 47 24 9,5 8 13 6 10 6,5
- 60 25 4,5 2,5 4,5 4 6 6
- 44 28 12,5 10 6 6 6, .5 4,5
- 37 30 22 20 9 7 1 ' 7,5
- 33 25 12,5 2 9 3 3 2
- 33 . 32 21 20 5,5 3 4 3,5
- 43 27 5,5 6 3 4 5, ,5 4,7;
- 60 22 15,5 4 7 3,5 6, 75 3
- 50 20 5,5 12 7 5 6 4
- 40 23 22,5 17,5 22 13 21 19
- 53 23 4 3 5 2,5 3, 2 3
- 49 27 20,5 6 22 19, ,5 21,5 21,5 5 2421,5 21,5 24 4
- 46 27 25 12 30, 5 29 29 26 17,518. ,5 26,5 26 30 16 17, 517
- 43 28 22 19 24. ,5 25 23,5 30 22,5 19 21,5 22,523 24 19,1 i 23 23,5
- 50 26 24,5 6,5 20 22 22,5 23 5 5 22,522,5 21,5 i 4,5
- Conditions de réception.
- Le choix de la nuance d’acier étant basé sur la résistance à la traction par cette raison que celle-ci sert au calcul des résistances de la construction, il est clair que la première condition portée au cahier des charges sera l’indication de la résistance à la traction, mais on évitera de resserrer les limites de cette résistance et on donnera au contraire, autant qu’il sera possible, do la latitude au métallurgiste.
- La résistance à la traction ayant une approximation plus large, dans beaucoup de cas, la précision de la mesure n’aura plus la même rigueur qu’on est tenté d’exiger actuellement.
- Dans la pratique des recettes, pour être renseigné rapidement et économiquement sur la résistance à la traction d’un acier, il suffira de pratiquer un essai de cisaillement. C’est ainsi que je procède depuis plusieurs années sans avoir j'amais constaté d’erreur sensible.
- J’effectue le cisaillement sur l’un des deux fragments de l’éprouvette qui m’a servi à l’essai de pliage au choc.
- Lorsque je peux prendre 40 millimètres pour longueur de l’éprouvette, je la réduis à 30 millimètres en donnant successivement deux coups de cisaille.
- Si je suis suffisamment approvisionné d’éprouvettes de 30 millimètres du même acier à essayer, j’utilise une de ces éprouvettes pour effectuer alors
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- quatre cisaillements successifs, j’ai la résistance à la traction et une indication du degré d’homogénéité à la traction.
- Dans ces conditions, l’essai de cisaillement donnant indirectement la résistance à la traction a les avantages suivants :
- Il ne coûte rien puisqu’il peut être effectué avec les débris de l’éprouvette essayée au pliage.
- Il permet de déduire la résistance à la traction dans le sens en long et dans le sens en travers du laminage.
- Il est au moins aussi exact que l'essai habituel de traction, comme je le montrerai plus loin.
- Dans une note à l’Académie des sciences, du 10 décembre 1894, j’ai indiqué la similitude des diagrammes obtenus par les cisaillements effectués dans le même morceau de métal et les changements appréciables dans les diagrammes au moindre changement de qualité du métal.
- Dans une autre note à l'Académie, du 4 octobre 1897, je rappelai cette propriété qui permet de déduire la ténacité ou résistance à la traction du métal cisaillé.
- Pour l’application pratique de ce procédé, il me reste à faire connaître la loi qui permet de déduire la résistance à la traction de la résistance au cisaillement effectué entre deux lames parallèles.
- Si, après avoir choisi une collection d’échantillons d’aciers industriels donnant la gamme des résistances allant des plus doux aux plus durs, par exemple de 32 kilogrammes à 95 kilogrammes de résistance à la traction et qu’on trace un graphique en portant en abscisses les résistances à la traction et en ordonnées les résistances au cisaillement correspondant aux résistances à la traction, on obtient pour lieu géométrique du cisaillement une ligne droite (fig. 11) et on constate que les écarts, soit en dessus, soit en dessous de cette droite, sont plutôt moindres que les écarts constatés entre les essais de traction effectués sur le même métal.
- On sait qu’il n’est pas rare de trouver dans les essais de traction effectués sur une même barre d’acier, des écarts de 3, 4 et 5 kilogrammes par millimètre carré de section.
- Or, les écarts constatés dans les essais de cisaillement sont du même ordre, toute proportion gardée, et témoignent des mêmes divergences dans l’homogénéité.
- Un acier donne des écarts à la traction et au cisaillement d’autantplus faibles qu’il est plus homogène.
- On peut donc employer le cisaillement pour en déduire la résistance à la traction.
- Dans les cas de contestation qui seront certainement très rares, ou simplement dans le doute, il suffira de faire l’essai habituel de traction.
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- Si on appelle C la résistance maximum au cisaillement et T la résistance maximum à la traction par millimètre carré, on a :
- C = (T X 0,35) + 6ks,5.
- T = (C — 6,5)
- 0,35
- La limite élastique du cisaillement d’un acier permet d’avoir, avec une certaine approximation, la limite élastique à la traction de cet acier, car le rapport
- Résistance au asaiftement jxir millimètre camé
- Résistance à fa traction par millimètre carré
- Fig. 11. — Graphique dormant la résistance à la traction d’un acier, en fonction de la résistance
- au cisaillement.
- (Echelle : 2 millimètres pour 1 kilog. de résistance.)
- entre la limite élastique et la résistance maximum de rupture d’un acier paraît être le même pour le cisaillement et pour la traction.
- Mais, en pratique, il est souvent difficile de déterminer exactement sur les diagrammes de cisaillement et de traction la position de la limite élastique.
- Pour vérifier la concordance du rapport de la limite élastique à la rupture du cisaillement avec le même rapport de l’essai de traction, j’ai relevé la limite élastique apparente sur les diagrammes de cisaillement de 22 échantillons d’acier dont les résistances à la traction variaient de 33 kilogrammes à 96 kilogrammes; et, en comparant le résultat ainsi trouvé avec le chiffre déduit de l’essai de traction, j’ai constaté de faibles écarts.
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- ESSAI DES MÉTAUX PAR PLIAGE DE BARRETTES ENTAILLÉES.
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- Après l’essai de résistance, le cahier des charges devra indiquer la méthode à employer pour essayer la fragilité.
- Elles ont été décrites plus haut et se résument en une ligne : rupture d’un seul coup de mouton et avec une hauteur de chute de 4 mètres.
- Pour la quantité de travail que devra nécessiter la rupture de l’éprouvette aux dimensions indiquées 10 x 8 X 30, entaillée d’un trait de scie, cette quantité, à mon avis, ne devra pas être inférieure, pour les aciers au-dessous de 50 kilogrammes de résistance, à 18 kilogrammètres, pour les éprouvettes prises en long, et à 16 kilogrammètres, pour les éprouvettes prises en travers.
- Voilà, en effet, les quantités de travail absorbées pour la rupture de quelques aciers non fragiles; les chiffres obtenus résultent d’au moins 8 essais par acier :
- Travail dépensé pour rupture d’éprouvettes en acier non fragile.
- Éprouvettes prises dans le sens en long :
- Essai de traction. Pliage par choc.
- Résistance. Allong. sur 20 cent. Travail moyen. Travail maximum. Travail minimum.
- Kilog. P. 100. Kgm. Kgm. Kgm.
- 39 30 28,80 32 23,50
- 42 28 25 30 22,50
- 43 30 27,30 30 24,50
- 45 22 25,40 29 22,50
- 46 28 25,40 30,50 26
- 49 27 21,50 24 19,50
- 50 25 22,35 25 20
- Éprouvettes prises dans le sens en travers :
- 37 » 21,43 23,50
- 38 )> 20,50 24
- 40 » 21,7 23
- 19
- 18
- 19,50
- Tome 101. — 2e semestre. —Septembre 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES
- . d’après M. J. Mac Kechnie (1).
- Economie de combustible. — Cette économie a été, comme l’indiquent les chiffres du tableau ci-dessous, moins accentuée pendant la dernière décade que pendant les précédentes; on n’a gagné, sur la précédente décade, que 10 grammes environ de charbon par cheval-heure indiqué, et 220 grammes pendant ces 20 dernières années, et ce résultat a été obtenu sans compliquer la machinerie.
- Cette économie est due, entrés grande partie, à l’augmentation des pressions, qui atteignent aujourd’hui 14 kilogrammes avec les machines à triple expansion et 15 kilogrammes avec les quadruples; cette haute pression permet d’obtenir des chaudières une plus grande puissance par mètre carré de chauffe; elle est passée, pendant cette décade, de ,0m2,30 à 0m2,28 par cheval; la vitesse des pistons s’est accrue de 2m,60 à 4m,45, et même 4m,80 par seconde.
- TABLEAU I. — Résultats moyens de machines marines, 1872, 1881, 1891, 1901.
- Chaudières, Machines, Charbon. Résultats moyens.
- 1872 1881 1891 1901
- Pression de la chaudière 3k,60 5k,5 nk 14k
- Chauffe par m2 de grille » 30,4 31 38 et 43 *
- Chauffe par cheval indiqué O"'2,4 0,37 0,30 0,28
- Charbon par m2 de grille » 68k 73k 88 et 137 *
- Tours par minute 55,67 59,76 63,75 87
- Vitesse du piston en mètres par seconde. lm, 90 2,35 2,65 3,30
- Charbon par cheval heure indiqué. . . . 0k, 95 0,83 0,70 0,68
- Moyenne en long voyage » • 0k,91 0,80 0,70
- * Aux tirages naturel et forcé.
- On a aussi considérablement amélioré l’économie par tonne mile des grands cargos, dont la dépense de combustible croît moins vite que le tonnage; le diagramme (flg. 1) montre comment cette dépense diminue avec la dimension des cargos, dont le poids mort augmente moins vite que la capacité, ainsi que la section immergée, un cargo de 5 000 tonneaux exige une machine de 3 475 chevaux pour une vitesse de 13 nœuds, tandis qu’un cargo de capacité triple ne demanderait qu’une puissance double ; il dépensera 2 kilogrammes de charbon au lieu de 3 kil. 6 par 100 tonnes mile; la dépense de charbon par cheval-heure est, en moyenne, de 680 grammes; en outre, la dépense de
- (1) Institution of Mec/ianical Engineers. London, Meeting de juillet 1901,
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- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES.
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- construction est plutôt diminuée, ainsi que celle du personnel, par suite de l’amélioration des appareils de manutention.
- TABLEAU II. — Résultats moyens des paquebots Cunard 1899-1900.
- Dépense de charbon.
- Nom Vitesses Tours Course Vit. du piston Tonnes Kil.
- du Voyage. en 1. H. P. par en en mètres par par I.H.P.
- navire. nœuds. minute. millim. par seconde. jour. par hre.
- Saxonia. t Liverpool à Boston. 14,5 ( Boston à Livprpool. 15,0 10,078 10,230 76 77 lm,37 lm,37 3,45 3,50 138 136 0,60 0,60
- Ultonia. | Liverpool à Boston. 11,5 3,997 60 lm,22 2,75 66 0,68 .
- ( Boston à Liverpool. 11,8 4,292 71 lm,22 2,80 62 0,65
- Cette économie est la principale raison de l’augmentation du tonnage des paquebots, dont un grand nombre dépasse aujourd’hui 10000 et même 13 000 tonneaux, tandis que, il y a dix ans, on ne dépassait que rarement o 000 tonneaux. On remarquera (tableau Y et VI) que, en matière de grands navires, l’Allemagne arrive à égaler l’Angleterre.
- Pressions aux chaudières. — En général, on préfère, comme chaudières cylindriques,
- • 10-
- « 00-
- 0 8 OOO 11,000 18000
- Poids mort en cargaison.
- Ini Tiah. Rhet sun ’oübi ve/Â 'me
- IkaWO no MO 160 180 ZOO %20 MO 260
- Détente.
- les chaudières simples. La pression la plus élevée atteinte avec ces chaudières a été de 19 kilogrammes, mais, dans la marine de guerre, on atteint souvent 21 kilogrammes avecles chaudières à tubes d’eau, pression supérieure de 24 p. 100 à celle de la marine marchande, et de 100 p. 100 aux pressions admises il y a dix ans.
- Il semble que la limite soit atteinte avec les chaudières cylindriques, car, pour une pression de 20 kilogrammes, et pour un diamètre de 3m,90 seulement, l’épaisseur des tôles est de 40 millimètres; on retrouve cette épaisseur dans la chaudière de l’Ortona (fig. 3), de 5ra,25 de diamètre, mais dont la pression n’est que de 14 kilogrammes.
- Tirage et vaporisation. — On emploie de moins en moins, dans la marine marchande, le tirage en chambre de chauffe fermée; on préfère employer de l’air préalablement chauffé soit par le système du vent forcé avec cendrier fermé, comme dans le type Howden, soit avec le tirage par aspiration forcée; dans les deux cas, on utilise
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — SEPTEMBRE 1901.
- une partie de la chaleur perdue des gaz. La puissance totale des navires pourvus du système à vent forcé est de 3 406 000 chevaux, etil s’est montré des plus économiques : 620 grammes de charbon par cheval-heure indiqué en voyage transatlantique des Cunard : Saxonia et autres. On peut, avec ce système, augmenter la combustion par mètre carré de grille et la vaporisation par mètre carré de chauffe. Le rapport de la surface de chauffe S à celle G de la grille, qui s’abaisse parfois à 30, est ordinairement de 42 à 43 au lieu de 38,3 pour le tirage naturel; en un mot, la surface de chauffe des chaudières cylindriques s’est ainsi accrue de 30 p. 100 environ de ce qu’elle était il y a 10 ans par mètre carré de grille; on brûlait, par mètre carré de grille et par heure : 68 kilogrammes en 1881, 73 en 1891, et on brûle aujourd’hui 88 kilogrammes au tirage naturel et 137 au tirage forcé; la surface de chauffe par cheval est tombée de 0m-,3 à 2m2,7, et la puissance par tonne de chaudières s’est élevée de 16 chevaux, 5 à
- Fig. 3 et 4. — Chaudières du paquebot ürlonia.
- 20 et 23 dans les transatlantiques et même à 30 dans certains paquebots du Pas de Calais.
- Emploi du pétrole.— L’on n’a pas fait de grands progrès dans cette voie; le prix du navire à pétrole, avec ses soutes étanches, augmente facilement de 50 000 fr. pour un bateau de moyenne taille. Les avis sont encore partagés sur le meilleur système de bruleur; le pulvérisateur mécanique exige une garniture en briques au foyer pour en maintenir la température; le pulvérisateur à vapeur entraîne une perte d’eau de 100 à 150 litres pour une machine de 1 000 chevaux; avec l’injecteur à air, il faut dépenser aux compresseurs autant de vapeur que pour le pulvérisateur à vapeur.
- La vaporisation est de 12 à 15 kilogrammes par kilogramme de pétrole et même plus, ramenée à 100°. L’emploi du pétrole préalablement volatilisé par de la vapeur surchauffée dans une cornue paraît présenter de grands avantages, et donner une vaporisation encore plus grande. Dans la marine de guerre, on semble avoir difficile-
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- TABLEAU Iir. — Performances de navires construits en 1889-1893.
- (Données fournies par la British and African Stearn Navigation Company, Limited.)
- N° DU VOYAGE. PORTS ET DATES. DURÉE DU TRAJET. LONGUEURS DU TRAJET EN MILES. NOMBRE DE TOURS. TOURS PAR MINUTE. VITE d’après l’hé- lice. SSE réelle. RECUL POUR CENT. TIRANT MOYEN. DÉPLACEMENT MOYEN. POIDS MOYEN. I. H. P. MOYENNE. CHARBON PAR JOUR. CHARBON PAR I. H. P.
- 14 Borna, 1889. — Liverpool à Ténériffe, oct. 1893. . . j. h. m. 7 13 0 1660 608,430 56,0 nœuds. 9,67 nœuds. 9,16 5,3 met. 5,20 tonnes. 4264 tonnes. 2486 950 tonnes. 16,55 fe.il. 0,73
- 29 Liverpool à Ténériffe, fév. 1898 6 22 45 1660 602,760 60,2 10,39 9,95 4,2 5,64 4673 2895 1110 22,00 0,85
- 33 Liverpool à Ténériffe, mai 1899. 6 22 0 1660 599,210 60,1 10,37 10,00 3,5 6,00 5047 3269 1160 23,10 0,86
- 39 Liverpool à Madère, fév. 1901 6 9 0 1440 511,960 55,7 9.61 9,41 2,0 5,90 4897 3119 1100 22,60 0,86
- 9 Loanda, 1891. — Liverpool à Madère, sept. 1893. . 5 23 30 1440 536,010 62,2 10,20 10,03 1,6 5,10 4686 2726 870 15,75 0,77
- 10 Liverpool à Madère, déc. 1893 6 6 17 1440 554,680 61,5 10,08 9,58 4,9 5,70 5352 3389 860 16,20 0,8
- 12 Liverpool à Grand Canary, juill. 1894 7 3 0 1660 611,950 59,6 9,78 9,70 0,8 5,43 4756 2793 780 16,70 0,9
- 36 Liverpool à Grand Canary, via Madère, juin 1900. 7 10 15 1700 660,350 61,7 10,11 9,53 5,73 5,26 4888 2925 860 17,55 0,86
- 2 Batanga, 1893.—Liverpool à Grand Canary,mars 1894. 6 20 0 1660 640,840 65,1 10,67 10,12 5,1 5,00 4679 2549 950 18,65 0,83
- 6 Liverpool à Grand Canary, via Ténériffe, mars 1895. 6 22 50 1700 643,670 64,3 10,54 10,18 3,4 5,10 4810 2680 950 19,00 0,85
- 11 Liverpool à Grand Canary, juin 1896 6 14 30 1660 624,020 65,6 10,75 10,47 2,6 5,00 4653 2523 990 21,50 0,87
- 28 Liverpool à Grand Canary, via Madère, juill. 1900. . 7 .1 30 1700 675,900 66,4 10,89 10,03 7,9 5,46 5180 3050 1050 21,70 0,86
- TABLEAU IY. —- Performances de navires marchands avec machines compound, puis à. triple expansion.
- (Renseignements fournis par Cayzer, Irvine and C°.)
- LONGUEUR DK CHAQUE VOYAGE EN NŒUDS. DI DU À fl O o J A bD MENSIOT NAVIB 3 bD So cô ;s E. C o 3 U r0 CU fl .O POIDS MORT. DIAMÈTRES ET COURSE DES MACHINES. PRESSION. . à * 1 tu £ uJ A S VITESSE MOYENNE. DÉP DE CHj! Ton- nes Par jour. E5NSE LRBON. Kil. par I.H.P. heure. NŒUDS PAR TONNE DE CHARBON. TIRAGE.
- “ A ” 1878 Résultats de 6 steamers avec machines compound (moyenne de 7 voyages). 20 416 mèt. 93 mèt. 10,50 mèt. 7,40 tonnes. 3000 millimètres. 860 1,60 1,07 kil. 5,6 700 nds. 8,2 16,5 1,0 12,0 Naturel.
- “A” Résultats des mêmes steamers avec mach. à triple expansion (7 voyages). 20 504 93 10,50 7,40 3000 560 860 1,50 1,07 11,2 1000 9,5 15,0 0,635 14,8 Howden forcé.
- “ B ” 1880 Résultats de 6 steamers avec machines compound (10 voyages 20 973 100 12,20 8,00 4200 990 1,90 . 1,22 6,0 1230 9,45 27,17 0,92 8,33 Naturel.
- “B” Résultats des mêmes steamers avec mach. à triple expansion (10 voyages). ! 20 478 100 12,20 8,00 4200. 620 1 1,70 1,22 12,6 1650 10,4 24,25 0,630 10,2 Howden forcé.
- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES. 393
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- SEPTEMBRE 1901.
- ment obtenu, avec les chaudières à tubes d’eau, la même vaporisation au pétrole qu’au charbon; on a pu, dans un essai de trois heures, brûler jusqu’à 440 kilogrammes de charbon par mètre carré de grille et par heure, et l’on n’a pas pu atteindre l’équivalent avec le pétrole ; en fait, la puissance maxima obtenue avec le pétrole par TAmirauté, sur la chaudière à petits tubes du Surley, est la moitié environ de celle donnée par le charbon. Comme auxiliaire du charbon, le pétrole présente de grands avantages; mais, dans tous les cas, son emploi présente des risques spéciaux, comme l’a montré l’accident récent survenu sur un vaisseau allemand.
- Grilles mécaniques. — Les grilles mécaniques, très répandues à terre, ne le sont que très peu à la mer, où il semble qu’elles ont un bel avenir, principalement avec les grandes grilles des chaudières à tubes d’eau pour la marine marchande, car il faut, pour y réaliser une combustion économique, distribuer le charbon en charges fréquentes et uniformes. Aux États-Unis, on a adopté, sur quelques navires des lacs, des grilles mécaniques à chaînes, qui ont dépensé 0kg,90 et 0,kg 70 par cheval, avec des feux de 165 et 423 kilogrammes de charbon par mètre carré de grille.
- Vapeur surchauffée. — On a pu, à la pression de 19 kilogrammes, et avec une surchauffe de 32°,arriver à ne dépenser que 450 grammes de charbon par cheval; mais il faut craindre la multiplicalion des pièces du surchauffeur en des endroits inaccessibles, difficiles à inspecter, et qui ne le seront que si l’on donne une prime d’économie de charbon.
- Economie théorique des hautes pressions. — Cette économie théorique est représentée par le diagramme (fig. 2), dont la courbe du bas donne les économies réalisables, par rapport à une pression initiale de 7 kilogrammes par centimètre carré, avec des pressions allant jusqu’à 22kg',5 et des détentes allant jusqu’à 22; on voit que ce bénéfice augmente moins vite que lapresssion.
- L’avantage de la quadruple expansion pour des pressions inférieures à une vingtaine de kilogrammes est encore discutée, de sorte qu’elle ne s’est pas répandue aussi rapidement qu’on l’avait espéré ; parmi les vapeurs enregistrés au Lloyd pendant ces neuf derniers mois, il n’y en a que 3 p. 100 à quadruple expansion, et ce fait ne saurait être attribué à la crainte de multiplier les mécanismes, car la pratique de doubler le cylindre de détente des triples expansions s’est très répandue, même avec des pressions de 14 kilogrammes.
- Difficultés de hautes pressions : tuyaux et joints. — Les hautes pressions ont amené, tout d’abord, l’abandon de certains matériaux pour la tuyauterie des chaudières ; les tubes en acier étiré sans soudure ou soudés sans recouvrement ont remplacé ceux en cuivre; pour les grandes valves et les coudes, on emploie souvent le bronze, mais on leur préférerait l’acier coulé si on pouvait donner à ses fontes la légèreté voulue; son emploi est retardé par la presque-impossibilité de fournir des pièces sûres en fonte d’acier mince. Dans la marine militaire, tous les tuyaux sont en acier, à partir d’un diamètre de 75 millimètres pour des pressions de 18 kilogrammes, et de 40 millimètres pour 24 kilogrammes; les tuyaux en acier sont, jusqu’à 150 millimètres de diamètre, en acier étiré avec brides en acier sans soudure vissées ; au delà ils sont en acier soudé, avec couvre-joint sur la soudure et brides soigneusement rivées. On peut courber les tubes d’acier jusqu’au diamètre de 100 millimètres, et l’on espère pouvoir aller au delà de manière à diminuer le nombre des boîtes d’expansion. Les joints des tuyauteries ont aussi dû subir des modifications; les figures 5 à 7 en donnent quelques-unes. Dans le type du Powerfull (fig. 5) le joint est fait par un fil de cuivre de
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- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES. 395
- section triangulaire; ce joint, qui résiste parfaitement à l’essai hydraulique, ne tarde pas à se piquer par l’action galvanique et à fuir; en outre, les dilatations et contractions de la ligne de tuyauterie déplacent l’anneau de cuivre et le sortent de son logement. Pour éviter cet inconvénient, on essaya le joint fig. 6, mais sans éviter les
- King Alfred.
- A
- N
- m
- Anneaux de 300 n,/m De 300 à 500 >»/,»
- De 500 et au-dessus
- Fig. 9. — Détail des anneaux de cuivre. Échelle 2/3.
- Fig. 5 à 9. — Types de joints à brides.
- corrosions inséparables du contact du fer et du cuivre. Les joints fig. 7 et 8 sont l’un en acier sur tube d’acier, l’autre en cuivre avec brides en métal brasé, dressées à la main, avec joint sur peinture au minium; l’auteur pense qu’il serait plus simple et moins coûteux de faire ce joint avec brides non dressées sur carton mince d’amiante imbibé d’huile, matière qui, dans certains joints de tuyaux d’alimentation, a supporté des pressions allant jusqu’à 42 kilogrammes.
- TABLEAU Y. — Cargos du Nord Atlantique.
- Dépla- Coefficient Poids Charbon
- Dimensions. Tirant. cernent, de déplacement. mort. Vitesse. I.H.P. parlOOtonnes.
- mèt. mèt. met. mèt. tonnes. tonnes. nœuds. kil.
- 120 X 14,0 X 8,9 ' 7,47 8 640 0,69 5 000 13 3 475 3,63
- 126 X 14,5 X 9,5 7,80 10 240 0,696 6 000 13 3 725 3,22
- 135 X 16,0 X 10,0 8,00 11870 0,702 7 000 13 3 970 2,95
- 140 X 16,3 X 10,4 8,23 13 500 0,71 8 000 13 4225 2,75
- 145 X 17,0 X 10,8 8,50 15100 0,715 9 000 13 4 475 2,60
- 150 X 17,7 X 11,0 8,70 16 750 0,72 10 000 13 4 725 2,45
- 160 X 18,7 X 11,5 9,14 19 850 0,728 12 000 13 5 200 2,20
- 165 X 19,9 X 12,0 9,35 21470 0,732 13 000 13 5 430 2,10
- 167 X 19,6 X 12,4 9,55 23 070 0,736 14 000 13 5 675 2,18
- 174 X 20,4 X 13,0 9,86 26150 0,742 16 000 13 6130 2,00
- ^BLEAU VI. — Tonnage des navires lancés en Angleterre de 1892 à 1900.
- Tonnage. 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900
- 2 000 à 2 999 104 75 100 88 89 73 79 57 47
- 3 000 à 3 999 67 63 90 75 83 74 141 129 119
- 4 000 à 4 999 23 18 25 30 23 23 28 39 56
- 5 000 à 5 999 8 5 14 9 35 15 23 27 26
- 6 000 à 6 999 g 6 4 6 6 5 13 15 17
- 7 000 à 7 999 » 1 2 ' 4 8 13 9 12
- 8 000 à 8 999 » » » 1 4 ) 2 2
- 9 000 à 9 999 » » » 1 1 2 i 2 . 1 4 4
- 10 000 à 10 999 >. » >. » )) \ J \ )
- 11 000 à 11999 » » » 1 3 } 4 9 1 4
- 12 000 et plus. » » 1 » ) I ) 4
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- NOTES DE MÉCANIQUE.------SEPTEMBRE 1901.
- Disposition des cijlindres. — On peut dire que, en tant qu’il s’agit de machines à grandes vitesses, la pratique a sanctionné (tableau VIII), d’une façon presque universelle, l’emploi des machines quatre manivelles commandées par quatre cylindres à triple ou quadruple expansion et disposés suivant le système Yarrow-Schlick-Tweedy ; il y a dix ans, la plus grande puissance était de 20 000 chevaux indiqués et la plus grande vitesse de 20,7 nœuds, actuellement on dépasse 36000 chevaux et 23,5 nœuds en marche courante, et ce résultat est dû à la compagnie allemande Yulcain, de Stettin, qui a construit les deux transatlantiques les plus rapides et est en train d’en construire deux autres plus rapides encore.
- Il y a dix ans, on divisait très rarement le cylindre de basse pression des triples expansions, et le plus grand diamètre ne dépassait pas 3 mètres; on opéra cette
- Fig. 10.
- Campania (1893), 30 000 chev.
- Fig. 11.
- Kaiser Wilhelm der Grosse (1898), 28000 chevaux.
- Fig. 12.
- Deutschland (1900), 30 000 chev.
- Fig. 13.
- II. M. S. King Alfred (1901), 30 000 chevaux.
- Fig. 14.
- Kronprinz Friedrich (1901).
- duplication sur la Campania, où l’on obtint, avec deux cylindres de basse pression de 2m,50, une puissance supérieure de 50 p. 100 à celle de la machine à cylindre de 3 mètres. Le très grand avantage d’un bon équilibrage et de l’atténuation des vibrations n’a fait qu’encourager cette pratique du dédoublement du cylindre de basse pression, en triple et quadruple expansion, avec les cylindres en tandem disposés par paires de manière à s’équilibrer. Grâce à ce dédoublement, même dans des machines de 18000 chevaux, le diamètre des cylindres de basse pression ne dépasse pas 2m,60, au lieu de 3 mètres avec un cylindre unique, pour 10 000 chevaux avec des pressions d’admission respectives de 15ks,40 et 10k^,35; il n’y a pas lieu de chercher à agrandir ces cylindres, mais on aurait peut-être avantage, avec des pressions encore plus élevées, à multiplier encore les expansions et les cylindres parce que toute augmentation du nombre des manivelles tend à diminuer les vibrations. Les diagrammes (fig. 10 à 15) montrent que l’on peut disposer les manivelles multiples et leurs contrepoids de manière à réduire les vibrations au point que, sur le Deutschland, par
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- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES.
- 397
- exemple, les vibrations, mesurées aux extrémités de ce navire de 206 mètres de long, ne dépassent pas 5 millimètres.
- Rapports des volumes des cylindres. — Les hautes pressions ont conduit à augmenter le rapport des volumes des cylindres de basse (LP) et de haute pression (HP). Il y a dix ans, avec des pressions de llkg,5 environ, ces rapports étaient, en moyenne, les suivants :
- LP/HP = 6,77 IP/HP = 2,56 LP/IP = 2,64
- actuellement, avec des pressions de 12kgr,60, ils sont de
- LP/HP = 7,55 IP/HP = 2,74 LP/IP == 2,76.
- Le rapport LP/HP ne s’écarte presque pas de la moyenne 7,55, tandis que les autres rapports varient considérablement. Sur les paquebots du Pas de Calais, à traversées rapides et courtes, on se rapproche de la pratique des contre-torpilleurs, où l’on recherche plutôt la réduction du poids des machines que leur économie; avec des pressions de Ukg,5 à 12kg,6, le rapport LP/HP tombe à 5,25 et 5,93. Dans les grands paquebots et cargos, où l’économie de combustible est très importante, l’on n’a pas, en général, augmenté la détente proportionnellement à la pression, car on n’y considère pas les très grandes détentes comme avantageuses au total. Sur les croiseurs à triple expansion, avec des pressions de 15 kilogrammes, le rapport LP/HP est passé, de 5 qu’il était aux pressions de 11 kilogrammes, à 5,66, puis il s’est élevé à 7,1 pour les pressions de 17kg,5. Avec les quadruples expansions, ces rapports sont plus grands qu’avec les triples, et, en moyenne, de
- LP/HP = 10,25 2e IP/HP = 4,40 lre IP/RP = 1,96
- Il serait très désirable que l’on fît, sur cette question des rapports des cylindres, une série d’expériences comparatives, mais leur exécution présente les plus grandes difficultés ; à leur défaut, la pratique et quelques essais isolés semblent indiquer que, en triple et quadruple expansion, l’on n’a pas intérêt à pousser très loin la détente, au point de vue de l’économie de charbon par cheval effectif, économie qui ne se confond pas toujours avec celle par cheval indiqné.
- Enveloppes de vapeur. — Avec les hautes pressions, et surtout avec la vapeur surchauffée, l’utilité de ces enveloppes est discutable aux cylindres d’admission; dans bien des cas, on conserve l’enveloppe avec cylindre intérieur constitué par une virole séparée, qui assure un frottement très doux, plus doux que celui de la fonte même du cylindre, mais sans y envoyer de la vapeur; les essais des croiseurs Argonaut et Hyacinthe paraissent favorables à la suppression de l’enveloppe; elle est encore utile dans les machines lentes et à grande détente de la marine marchande, mais fort peu, et disparaîtra probablement avec les hautes pressions.
- Equilibrage des tiroirs. — Les hautes pressions ont nécessité l’emploi d’anneaux ou cadres d’équilibrage aux tiroirs de basse et intermédiaire pression; les types représentés par les figures 16 à 18 sont ceux adoptés avant les chaudières à tubes d’eau, pour des pressions de 12 kilogrammes. En figure 16, l’anneau en bronze A est rendu étanche par deux garnitures d’amiante pressées^par un second anneau à ressorts; en figure 17, la garniture d’amiante est remplacée par un segment métallique Rams-bottom; il en est de même en figure 18, avec un perfectionnement : la faculté de régler les ressorts de poussée du cadre par des boulons. Le dispositif fig. 19 était
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- TABLEAU VII. — Nombre des grands navires des différentes nations en 1891 et 1901.
- TONNAGE.
- Au-dessus de 13 000.
- — — 12 000.
- — — Il 000.
- — — 10 000.
- — — 0 000.
- — — 8 000.
- — — 7 000.
- — — 0 000.
- — — r; ooo.
- TABLEAU VIII.
- Dimensions et poids de la machinerie des navires-types modernes.
- Nom du navire Deulschland. Kaiser Wilhelm der Grosse. IL. AI. S. Kinr/ Alfred. Celtic. Duke of Corn-v:all. Juno et Doris. Imlrani.
- Constructeurs Vulcan Co., of Stcttin. Vulcan Co., of Stcttin. Vickers, Sons, & Maxim, Limited Barroxv. llarland et Wolf, Belfast. N. C. and A. C. N. C, and A. Co. N. C. and A. Co.
- Propriétaires Iïambiir^-Ame- rican. North German Lloyd. Amirauté anglaise. AVIiite Star. L. and N. W. Ry. Co. Amirauté anglaise. T. B. îtoyden ami Co.
- Date de livraison 1900 1898 1901 1901 1898 1896 1894
- Longueur totale 210"’ 197"’ 160"’ 212"’ 98"’ 113’” 126’”
- Entre perpendiculaires 208 190 152 207 95 107 121
- Largeur 20,10 20,11) 21,70 23 11,28 16,46 1 4,60
- Profondeur 13,10 13,10 12 14,70 5,35 10,40 9,80
- Tonnage Brut 10 502 tonneaux. 14 349 tonneaux. 8 700 tonneaux. 20 880 tonneaux. 1 540 tonneaux. 3 773 tonneaux. 4 994 tonneaux.
- Tirant 8"’, 81 8,54 7,90 10 4,65 6,25 7"’,62
- Déplacement 23 020 tonneaux. 20 880 tonneaux. 14 200 tonneaux. 33 55)0 tonneaux. 2 830 tonneaux. 5 600 tonneaux. 10 930 tonneaux.
- Type de machine 0 cylindres, qna- 4 cylindres, 4 cylindres, 4 cylindres, 4 cylindres, 3 cylindres. 3 cvlindres,
- druple expan- triple expansion triple expansion quadruple ex- triple expansion triple triple
- sion, système Schiiek. système Schiiek. \arroxv, Schiiek et Txveedy. pansion. 'Yarroxv, Schiiek et Txveedy. expansion. expansion.
- Nombre de manivelles Diamètre des cylindres de chu- 4 925 925 2"',01 1 "’,32 2*28 2,45 4 2,nj07 1,10 1,80 •4 840 1"V20 1"\73 4 860 868 067 3 3
- que machine 2,04 2,70 1,87 2,40 2.07 2,49 967 838 1"’,25 1,88 686 DM2 lm,83
- Course Vitesse du piston en mètres par 1,85 1,75 1 22 1,60 838 990 1.22
- seconde )) 4,43 4,80 ,> 4,40 4,66 3,20
- Nombre et type des chaudières. 12 doubles et 1 simples. 12 doubles et 2 simples. 13 Belleville avec économiseurs. 8 doubles. 4 simples cylindriques. 8 simples cylindriques. 2 doubles cylindriques.
- Nombre des foyers 112 104 43 48 10 24 8
- Pression 15k,4 12.0 Cliaud.21.mai,li. 17,5 15 13 11 13
- Surface de chauffe totale. . . . 7 940m, 7 830 0 089 3 877 1 020 1 630 567
- — de grille totale 195’” 242 214 93 29,5 5.3,7 17,7
- Tirage Il o xv d en. Cendrier ouvert. Naturel. Forcé. Cendrier fermé forcé. Cendrier fermé forcé. Naturel.
- Puissance indiquée totale. . . . 3.5,000 30 000 30 000 13,000 5 5.20 9 830 2 120
- \itesse moyenne maxinia. . . . Encombrement siiperflciel des machines et chaudières par 2.3,31 knols. 22,79 knots. 23 knots. 16,0 knots. 19,75 knots. 20 knots. 10,75 knots.
- 1. II.P Poids total de la machinerie et 0m2,40 0,39 0,32 0,90 0,38 0,41 0,46
- de l’eau 5 070 tonnes. 4 100 tonnes. 2 500 tonnes. 2 975 tonnes. 612 tonnes. 904 tonnes. 455 tonnes.
- I. IL P. par tonne de machinerie. 0,35 0.71 12 4,37 9,02 j 10,88 4,00 1
- CO
- O
- 30
- NOTES DE MÉCANIQUE. SE PT EMBUE 1901.
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- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES.
- 399
- destiné à une petite machine marchant à 15kK,5; le type de Vickers (fig. 20), pour pressions de 21 kilogrammes, avec garniture métallique à coins, a donné pleine satisfaction; la tension des ressorts y est réglée par des boulons, comme en figure 18, mais avec addition d’un arrêt empêchant le tiroir de se soulever plus qu’il ne le faut pour céder aux coups d’eau; dans la variété de ce type représenté par la figure 21, cette levée est limitée par des taquets logés dans les boulons mêmes de serrage des ressorts.
- Fig. 17
- -”tï3“-S3r—-s?!
- Fig. 24. — Machine de contre-torpilleur de 3 000 chevaux.
- Fig. 22 i
- Fig. 16 à 23.
- Anneaux d’équilibrage des tiroirs.
- Fig. 23.
- Machine de navire marchand de 3| 000 chevaux à la même échelle que la Ag. 24.
- Les types fi g. 22 et 23 sont adoptés par la marine marchande pour des pressions de 12 à U kilogrammes.
- Vitesse du piston. — Cette vitesse s’est, comme nous l’avons dit, considérablement accrue; en voici la moyenne pour différents types de navires :
- Vitesse du piston par seconde. Course.
- Paquebots océaniques à grande vitesse............ 4m,70 lm,70
- Paquebots océaniques à vitesse moyenne .... 3m,75 1m,40
- Cargos........................................ 2"',53 lm,20
- Paquebots rapides du Pas de Calais............... 4m,45 0m,85
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- NOTES DE MÉCANIQUE
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- Ces grandes vitesses exigent un graissage plus soigné, principalement aux portées des manivelles et au bas des paliers principaux, dans lesquelles il faut ménager de larges saignées pour y assurer une libre circulation de l’huile, mais ces vitesses n’ont pas accru le nombre des accidents, faciles à éviter par une construction plus soignée et l’emploi de meilleurs matériaux.
- Diamètre et résistance des arbres. — Les accidents aux bouts des arbres d’hélices sont fréquents, dus principalement aux corrosions; le tableau ci-dessous donne les dimensions proposées par différentes autorités pour les arbres d’une machine à triple expansion, à pression de 12 kilogrammes, et avec cylindres de 585, 955 et 1111,60 X lm,14.
- Efforts supportés par les pièces des machines dans les cargos et les contre-torp illeurs. — Les figures 2 4 et 25 font bien ressortir le contraste entre les machines de ces deux types extrêmes, dont le tableau ci-dessous donne les fatigues, doubles, en moyenne, dans la machine du torpilleur.
- Fatigue en kilogrammes par millimètre carré.
- Arbre ................................
- Tige de piston .......................
- Boulons des grosses têtes de bielles .
- Filetage de la tige de piston.........
- Cylindre de haute pression............
- — intermédiaire................
- — de basse pression............
- Facteur de sûreté, boulons de bielles.
- — tige de piston. . .
- — filetage...........
- Résistance minimum acier..............
- — fonte...........
- Cargo. Contre-torpilleur
- 80 tours. 390 tours.
- 7 500 chevaux. 0 000 chevaux.
- 2,10 4,4
- 1," 3,7
- 3,0 0,0
- 2,0 0,4
- 2,9 3,0
- 2,10 3,4
- 1,8 1,6
- 12,0 7,570
- 20,1 12,75
- 13,2 7,35
- 4’ik,0 48\0
- 13,0 15,0
- Types de machines de la pratique courante (fig. 26 à 38). — Les paquebots Duke of Lancaster et Duke of Cornwall, construits en 1894 et 1898, pour la Compagnie du London and North Western Ry, service de Fleetwood et Belfast, sont presque identiques, à deux hélices, avec machines construites de manière à pouvoir donner à l’occasion un fort coup de collier, faire le trajet en 5 heures et demie au lieu de 6 heures et demie pour rattraper la marée. Le premier de ces paquebots avait deux machines à triple expansion, avec cylindres de 610, 914 et ln,,40 X 840, pression llks,5, vitesse 150 tours, puissance 5 400 chevaux; les machines du second, également à triple expansion, mais à quatre manivelles, avaient des cylindres de 560, 865, 970 et 970 X 840, puissance 5 700 chevaux, vitesse 160 tours, pression 12k-,60; on remarquera l’augmentation corrélative de la pression de la vitesse et de la puissance.
- On peut faire une comparaison analogue entre les machines des cargo Voila et Sokoto, construits, l’un en 1892 et l’autre tout récemment, pour le même service: le Volta a une seule machine à triple expansion, avec cylindres de 585, 965 et lm,57 x lm,07, pression llktyl2, puissance 1400 chevaux à 70 tours, vitesse des pistons lm,50 par seconde; les machines du Sokoto (fig. 38) ont des cylindres de 585, 965, lm,60 X lm,14, puissance 1 800 chevaux à 85 tours, vitesse des pistons 3m,25, pression
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- LA MACHINERIE MARINE PENDANT CES DIX DERNIÈRES ANNÉES. 401
- 12ks,60. On y a en outre ajouté un réchauffeur d’alimentation et remplacé l’hélice en fonte par une hélice à moyeu en acier et ailes en bronze.
- Le paquebot Orlona, construit en 1898 pour la Pacific S team Navigation C°, peut être considéré comme un excellent type de paquebot moderne à très longues traversées, avec une cargaison payante bien plus profitable que celle des transatlantiques de luxe; ses machines ont (fig. 3“2 et 33) des cylindres de 760, lm,26 et 2m,ll X lm,37, puissance 85 350 chevaux à 82 tours.
- Les machines du King Alfred (fig. 34 à 38) peuvent être considérées comme repré-
- Fig. 26 à 28. — Machines du paquebot Duke of Lancaster.
- sentatives de celles des navires de guerre modernes; leurs dimensions comparatives sont données aux tableaux VIII et IX.
- Machines enfermées. — Les machines des contre-torpilleurs, qui marchent à de très grandes vitesses : 420 tours par minute, ont rendu presque nécessaire l’adoption de types fermés, avec graissage forcé, très avantageux, car l’espace laissé entre les deux machines ne dépasse pas, sur ces bâtiments, lin,05. La figure 39 représente une machine Yarrow, qui contraste avec le type ouvert correspondant (figures 40 et 41); ces machines fermées fonctionnent parfaitement bien sur des contre-torpilleurs à 30 nœuds, et peuvent inspirer autant de confiance que si elles étaient parfaitement visibles.
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- TABLEAU IX. — Encombrement de la Machinerie dans les navires de guerre et marchands modernes.
- PRESSION. I. IL P. E NCOM P. lt E M E NT H O RIZ O N T A L.
- TYPE NOMS. TYPE (a) en pleine marclie tirage forcé. MACHINES CHAUDIÈRES TOTAL des mètres carrés par I. II. P.
- DU NAVIRE. CHAUDIÈRES. chaudières. machines. (b) en pleine marche tirage naturel. (c) marche normale. longueur X largeur. mètres carrés par I. H. P. longueur X largeur. mètres carrés par I. H. P.
- kil. mèt. met. mèt. mèt.
- Cuirassé, 1895. . . Majeslic. Cylindriques. 10,9 10,3 {a) 12,000 {/>) 10,000 (c) 6,000 13,20 X 14 {b) 0,019 24,2 X 13,8 {b) 0,034 (b) 0,053
- Cuirasse, 1900. . . Dune an. Belleville. 21 17 (b) 18,000 15,85 X 11,10 {b) 0,012 28,6 X 13,8 (b) 0,022 {b} 0,034
- Croiseur, 1892 . . Crescent. Cylindriques. 1.0,9 10,3 {a) 12,000 (b) 10,000 (c) 6,000 12,20 X i l {b) 0,017 28,5 X 11,28 [b) 0,032 {b) 0,049
- Croiseur, 1909 . . Ilof/ue. Belleville. 21 17,5 {b) 21,000 (c) 16,000 12,3 X 11,5 (b) 0,013 30 X 13,4 10 X 10,3 {b) 0,024 {b) 0,037
- Croiseur, 1901 . . Km g Alfred. Belleville. 21 17,3 {b) 30,000 (c) 22,500 20,50 X 14,35 [b) 0,009 27,4 X 13,4 13,7 X 12,3 13,7 X 9,7 {b) 0,022 {b) 0,031
- Croiseur, 1901 . . Monmouth class. Belleville et Niclausse. 21 17,3 [b) 22,000 18 X 12,3 (6) 0,01 27,4 X 11,9 13,7 X 10,4 {b) 0,020 {b) 0,030
- Croiseur, 1890 . . Pelorus. Normand. 21 17,3 {a) 7,000 (b) 5,000 (cj 3,500 11,4 X 10.4 (b) 0,024 21,4 X 7,30 {b) 0,037 [b) 0,061
- Contre - torpilleur, 1900 Vixen. Yickers Express. 17,1 17 (a) 6,000 8,80 X 5,50 0,008 20,20 X 4,25 0,014 0,022
- Paquebot du canal Duk of Cornwa.ll. Cylindriques. 10,5 {a) 5,517 8,23 X 10,30 (a) 0,015 12,20 X 10 (a) 0,022 (a) 0,035
- Cargo Indrani. Cylindriques. 10,5 [b) 2,120 8,60 X 9,90 0,04 9,75 X 10,35 0,047 0,051
- Transatlantique. . Kaiser Wilhelm der Grosse. Cylindriques. 12,5 {b) 28,000 21,90 X 16,8 0,013 22,3 X 16,5 22,3 X 16,o (b) 0,026 {b) 0,039
- Transatlantique. . Deutschland. Cylindriques. 15,1 (a) 35,000 26,5 X 17,07 0,013 24,4 X 16,7 24,1 X 16,5 18,9 X 6,40 0,027 0,040
- Moyen Gel lie. Cylindriques. 15 (b) 13,000 — — — — 0,09
- Transatlantique. . Gampania. Cylindriques. 11,5 {!>) 30,000 15,20 X 17 0,009 25 X 16,9 20,5 X 16,9 0,026 0,035
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- Machines auxilièrcs; garnitures de pistons. — A l’origine des hautes pressions, on perdait beaucoup par les fuites aux garnitures des^ pistons et des tiges, tantjaux
- Fig. 29 et 30. J— Machines du paquebot Duke oj Cornvjall.
- 0
- Fig. 31 et 32. — Machines des cargo Bornu et Sokoto.
- machines principales qu’aux auxiliaires. On a essayé avec succès des garnitures de tiges en un mélange de métal antifriction en poudre, de graphite et de pétrole, serré entre deux bagues de vulcanite ou de métal, ce qui est préférable. Tout récemment,
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- on a constaté que les garnitures métalliques sont inutiles pour les pistons et les tiges des cylindres de basse pression ; dans la marine de guerre, les garnitures non métalliques sont préférées pour les c}dindres de basse pression.
- Fig. 33^et 34. — Machines du transpacifique Ortona à 2 hélices.
- Fis
- yu uy * u yu uy
- Fig. 35. — Coupe par le cylindre intermédiaire IP de la machine figure 36.
- Fig. 39. — Machine enfermée de torpilleur Yarrow.
- On pourrait diminuer la dépense de vapeur considérable des auxiliaires en com-poundant la plupart de leurs machines; mais le surcroît de poids qui en résulterait est, dans la marine de guerre du moins, une objection à cette mesure. On devrait remplacer par des tiroirs plats équilibrés les tiroirs-pistons des machines auxiliaires, la plupart sans garnitures, et qui ne tardent pas à fuir considérablement ; actuellement,
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- ces tiroirs-pistons sont garnis de segments analogues à ceux des pistons des machines principales.
- Le système d’échappement fermé de Sir John Duston consiste à relier tous les échappements des machines auxiliaires aux vaporisateurs et aux boîtes des tiroirs de basse pression des machines principales par des valves spéciales, et à leurs conden-
- Fig. 36 et 37. — Machines du croiseur King Alfred.
- seurs auxiliaires par des valves qui s’ouvrent dès que la pression dépasse 2 kilogrammes au-dessus de celle de l’atmosphère, de sorte que ces condenseurs ne reçoivent que la vapeur inutilisable par les vaporisateurs. Les connexions avec les boîtes des tiroirs de basse pression permettent, quand on les ouvre, d’y utiliser l’échappement des auxiliaires. Avec ce système, la contre-pression est augmentée aux machines auxiliaires; mais, comme elles sont presque toujours des compound à double détente Tome 101. — 2° semestre. — Septembre 1901. 27
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- seulement, cette contre-pression leur laisse encore une marge suffisante et en régularise la marche; le grand avantage du système est de permettre l’utilisation de la chaleur latente de la vapeur d’échappement des machines auxiliaires au lieu de l’envoyer au condenseur.
- On a proposé d’actionner une partie des machines par l’électricité, et ce serait
- Fig. 38. — Machines du croiseur Kinr/ Alfred.
- avantageux comme emploi d’une partie de l’énergie d’un système considérable de distribution d’électricité engendrée d’une façon économique, principalement pour la commande des ventilateurs-et autres appareils très éloignés des tuyauteries principales. Néanmoins, l’emploi général de l’électricité, principalement dans la marine américaine, ne s’est pas montré très favorable, en raison surtout delà difficulté avec laquelle les dynamos se prêtent aux coups de collier, comme dans le cas du levage
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- d’une ancre, où il faut développer très vivement un effort considérable; on ne doit pas, d’autre part, employer l’électricité pour les auxiliaires indispensables à la marche des machines principales, et pour lesquelles la question de la sûreté du fonctionnement prime celle de l’économie.
- Pompes à action directe. — Le tableau XI donne quelques résultats d’essais avec des pompes à action directe et à manivelles; on y voit que la dépense de vapeur des pompes directes est très inférieure, en simple et en compound, et que leur rendement mécanique est supérieur d’environ 10 p. 100.
- Le propulseur. — La question du propulseur n’a guère fait de progrès; on emploie de plus en plus deux hélices, en raison surtout de la sécurité que ce système procure en cas d’accident à l’une des hélices; on a aussi, sur un ou deux navires de faible tirant d’eau, adopté trois hélices, commandées chacune par une machine à triple
- Machine de contre-torpilleur de 600 chevaux (détail du graissage).
- expansion, ce qui présentait l’avantage de marcher avec l’hélice centrale seule en allure lente, les deux autres tournant folles ; on obtient ainsi une marche en croisière économique; mais le système des trois hélices n’est peut-être pas économique en lui-même. On a, pour obtenir un résultat analogue, pourvu la machine du croiseur russe Olga d’un quatrième cylindre qui, en pleine marche, ne sert qu’à déplacer de la vapeur, avec son piston toujours en équilibre,tandis qu’en marche à petite vitesse, il sert de quatrième en détente; mais on ne possède encore aucune donnée expérimentale sur le fonctionnement de cette machine.
- Vitesse des navires. — On a, pendant ces dix dernières années, réalisé, de ce chef, de très grands progrès, comme le montre le tableau X; le torpilleur à turbo-moleur Viper a atteint 37 nœuds ; le grand transatlantique Deulschland fait 23n,51, et le City of Du-b lin, paquebot de 3 096 tonneaux pour la traversée du canal, 23n,62, avec une machine à triple expansion, quatre cylindres et une pression de 12 kilogrammes, fournie par quatre chaudières cylindriques doubles à vent forcé,
- Comparaison des vitesses; poids et encombrement. — Ainsi que le montre le tableau VIII, dans la marine militaire, on dispose de moins de poids et d’espace pour les machines que dans la marine marchande; la puissance, par tonne de machinerie,
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- TABLEAU X. — Navires rapides des principales nations maritimes en 1890 et 1901.
- N A V 1 R K S. ENSEMBLE. GRANDE- BRETAGNE. ALLEMAGNE. FRANCE. ÉTATS -UNIS. BELGIQUE. RUSSIE. HOLLANDE, AUTRICHE, ITALIE, JAPON ROUMANIE, CHILI, ESPAGNE, SUÈDE ET DANEMARK.
- 1891 1901 1891 1901 1891 1901 1891 1901 1891 1901 1891 1901 1891 1901 1891 1901
- 20 nœuds et au-dessus. . 8 58 8 32 » 3 „ 7 „ 4 „ 6 „ 1 „ 3
- 19 et 19 1/2 17 34 8 21 6 2 » 3 » » 3 3 » 4 » 1
- 18 1/2 6 8 5 3 1 3 )) » » >» » » » » » »
- 18 13 39 12 33 » 2 » » » » » » » » 1 4
- n 1/2 24 26 11 13 3 1 10 12 » » » >» » » » »
- n 18 64 13 42 4 1 1 5 » 5 » 3 » » » 8
- If» 1/2 24 23 » 15 „ 1 « 3 » 1 » » » » » 1
- ni 9 70 17 41 2 7 1 3 l 10 >» » » » 3 9
- 15 1/2 43 34 5 13 » 8 1 1 » 9 » » » <> .3 3
- 15 41 121 38 78 4 3 8 16 1 1 2 1 12
- TABLEAU XL — Dépense de vapeur des pompes directes et à manivelles.
- SANS CONDENSATION. SANS CONDENSATION.
- Types des pompes A M ANI VELLES. D IRECTES. DIRECTES.
- Simples ou compound Simples. Compound. Compound. Simples. Simples. Double Compound. Simples.
- A I? C I) E F G H
- Durée de l’essai min. 30 30 30 120 30 30 30 30
- Pression de vapeur à la pompe. . . kil. 9,1 11,4 7 7,2 10,3 10 7,3 7
- l’ours par minute 12,76 20,63 9,4 12,45 24,43 10,26 11,93 6,3
- Déplacement par tour 25 25 25 13 95 105 54 54
- Charge de l’eau kil. 12,6 3,64 2,40 11,2 5,1 13,6 13,5 . 13,6
- Kil d’eau par kil. de vapeur 57,9 277 î-O r~ GO C'i 87,7 288 135,75 86,5 76,4
- Vapeur par cheval indiqué 30,5 21,7 33 24 17,2 14 22,5 24,7
- Vapeur par cheval effectif 38 27 39 27,6 18 15 25 27
- Rendement mécanique 0,824 0,802 0,844 0,873 0,941 0,926 0,908 0,919
- A, pompe Weir à deux cylindres à vapeur de 216 millimètres, et deux pompes de 165 X 305 de course. — 1 et C, pompe Weir à deux cylindres à vapeur de 127 X 246
- de diamètre et 2 corps de pompe de 165 X 305. — D, pompe Weir alimentaire, cylindre à vapeur de 200 mm. de diamètre, pompe de 130 X 380 de course. — E, pompe
- Weir de ballast, cylindro do 254 mm. do diamètre, pompe do 315 X 610 do course. F, pompe Weir, cylindre de 355 X 660 mm. de diamètre, pompe do 241 X 610 de
- course. — Essais G et 11, avec la partie haute pression do la pompe h.
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- est presque double et l’encombrement en plan réduit de 25 p. 100. Le rapport de la surface de chauffe à celle de la grille, qui est de 39 avec le tirage forcé Howden, tombe à 32 avec le tirage ordinaire, et à 31 avec les chaudières Belle ville. Sur les paquebots transatlantiques d’il y a dix ans, la puissance par tonne de machinerie était de 6cll,75 environ, à peu près la même qu’aujourd’hui, et l’encombrement superficiel de 0m2,5 par cheval, un peu plus que de nos jours. D'autre part, sur le cargo moyen Indrani et sur le Celtic, la puissance par tonne est inférieure de 50 p. 100 et l’encombrement par cheval presque double. Si l’on compare le paquebot du canal Duke of
- Fig. 42. — Disposition des turbines à vapeur. Projet pour un navire de 7 000 chevaux.
- Cornwall et le croiseur de seconde classe Doris, tous deux à chaudières cylindriques et vent forcé, le croiseur, bien que marchant à une plus faible pression, a l’avantage d’une plus grande vitesse de piston, et développe 10oh,88 par tonne, au lieu de 9 chevaux sur le paquebot.
- Quant au poids des machines, en 1881, la moyenne, pour les navires marchands, était de 4ch,66 par tonne; en 1891, elle était de 4ch,8 pour les cargo, et aujourd’hui de 4ch,4 ; pour les transatlantiques rapides, elle reste, depuis dix ans, à peu près constante et de6c\7 ; dans la marine de guerre, elle est passée de 6 chevaux 1/4, en 1881, à 10 chevaux en 1891, et actuellement à 12 chevaux, tous au tirage naturel.
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- NOTES? DE MÉCANIQUE.
- SEPTEMBRE 1901.
- On voit, par le tableau IX, que le plancher de la salle de chauffe est, par cheval, et sur les transatlantiques, plus grand avec les chaudières cylindriques qu’avec les Belle-ville : 0m-,26, au lieu de O"1-.“2-2. tandis que, sur les navires de guerre, les chaudières
- Fig. 43 et 44. — Comparaison entre les turbines et les machines ordinaires du projet fig. 42.
- marines cylindriques exigent O"'2,325; sur le Pelorus, à chaudières express à petits tubes, cet encombrement est de 0m2,36. En ce qui concerne l’encombrement horizontal de la machine proprement dite, il varie beaucoup; il est plus grand sur les
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- LES MACHINES A VAPEl'H SURCHAUFFÉE.
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- croiseurs que sur les navires marchands, où la hauteur, pratiquement illimitée, permet les cylindres verticaux en tandem, et il faut, sur ces derniers navires, mesurer très strictement l'espace aux machines, en raison de la très grande valeur du fret; on peut évaluer, en effet, à 5 000 francs par an le rapport de chaque mètre carré sauvé aux machines sur les quatre ponts.
- Les turbines à vapeur. — La dépense de vapeur des turbines à vapeur employées pour l’électricité est, en moyenne, de 6 kilogrammes par cheval-heure, pour des puissances de 1 000 chevaux environ, et cette économie serait considérable sur un navire marchand allant presque toujours longtemps en pleine puissance; elle serait moindre pour les navires de guerre, à marche très variable; mais leur légèreté les rend très avantageuses en bien des cas, et il semble qu’elles ont un très bel avenir. La figure 42 donne le schéma d’une installation de turbines de 7 000 chevaux, avec trois turbines, dont deux à vapeur à basse pression, et celle du milieu à haute pression pour la marche avant, et qui tourne à vide quand les deux autres marchent en arrière; la commande de ces diverses turbines se fait facilement par des valves disposées de manière qu’elles ne puissent interférer; pour 7 000 chevaux, l’encombrement comparatif des turbines et des machines ordinaires est donné par le tableau ci-dessous :
- Machines
- ordinaires. Turbines.
- Poids, machines et cheminées........... 270 tonnes 190 tonnes
- Encombrement horizontal................ 85"13 85m-
- Volume................................. 100“:i 300“^
- Résumé et conclusions. — La pression aux chaudières est, dans ces dix dernières années, passé de 11 à 14 et 19 kilogrammes dans la marine marchande, et 21 kilogrammes dans la marine de guerre; la vitesse des pistons est passée de 2m,75 à 3m,05, et même 4m,50 dans la marine marchande, 41U,80 dans la marine de guerre, et même 6m,60 sur les contre-torpilleurs. La puissance par tonne de machinerie est passée de 6 à 7 chevaux; la vitesse des navires marchands est passée de 20u,7 à 23n,38 ; pour les grands cuirassés, elle est passée de 22 à 23 nœuds. La dépense de charbon est tombée, pour les navires océaniques, de 0kg,8 à 0kg,7 par cheval-heure; il y a dix ans, il fallait dépenser 4kg,5 pour transporter une tonne à 100 miles, et aujourd’hui lkg,8 seulement.
- LES MACHINES A VAPEUR SURCHAUFFÉE, D’APRÈS M. II. Lenke (1).
- L’économie due à la surchauffe est très considérable; mais,pour en retirer tout le profit, il faut la pousser jusqu’à des températures de 350 à 380u, ce qui exige des précautions spéciales, môme avec le graissage à l’huile minérale. Ces températures très élevées accentuent considérablement les déformations des cylindres par l’inégalité de réchauffement de leurs diverses parties, dont les épaisseurs sont inégales ainsi que les obstacles opposés à leur libre dilatation; les chemises rapportées se resserrent aux extrémités et coincent les pistons si l'on n’y a pas ménagé le jeu nécessaire; avec des enveloppes de vapeur à 260°, le graissage devient impossible, il faut renoncer à ces enveloppes. Les segments des pistons doivent être en fonte, jamais, ainsi que
- :1 ; Mémoire lu à YInternational Cuni/ress of Engineering, Glasgow.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- toutes les parties frottantes en contact avec la vapeur surchauffée, en acier coulé ni en bronze. Le cuivre perd 40 p. 100 de sa résistance à ces températures, on ne doit pas l’admettre pour les coudes des tuyauteries ; la meilleure matière, pour ces tuyauteries, est le fer ou l’acier en tuyaux le plus longs possible afin de réduire le nombre des brides ; de 0° à 380°, le fer se dilate des 0,0037 de sa longueur, et il faut assurer le libre jeu de cette dilatation.
- Les garnitures des stuffing box supportent parfaitement la surchauffe, mais il faut les placer aussi loin que possible des parties chaudes du cylindre, leur réserver le jeu nécessaire pour la dilatation des tiges et n’y pas employer de métaux fondant à la température de la surchauffe.
- Les distributeurs à nombreuses nervures, comme les tiroirs plats et les robinets Gorliss ordinaires, ne supportent pas facilement la surchauffe au delà de 230° environ, même s’ils sont petits, et les grands tiroirs sont rebelles même aux faibles surchauffes, à moins de les graisser par une circulation forcée. Les tiroirs-pistons conviennent parfaitement en raison de la répartition uniforme de leur métal, mais ils exigent néanmoins certaines précautions; les ailettes qui relient le pourtour de ces tiroirs au moyeu ne doivent pas, dans les tiroirs ajustés par rodage et sans garnitures, se prolonger jusqu’aux surfaces frottantes, qu’elles rendraient polygonales par leur dilatation; et on doit roder ces tiroirs dans des manchons plus petils que ceux dans lesquels ils doivent travailler afin de tenir compte de la dilatation des tiroirs. Gomme le cylindre du moteur se dilate plus ou moins que sa boîte à tiroirs, il faut munir cette boîte d’un manchon dans lequel travaille le tiroir, et disposé de manière à ne pas se déformer par ces dilatations inégales. Les joints entre ces manchons et leurs boîtes doivent, afin d’en assurer l’étanchéité, être étagés et à garnitures en minces anneaux d’amiante; le manchon est pressé sur ces anneaux par des vis, et l’étanchéité est assurée par l’élasticité de l’amiante. Les longs tiroirs, rafraîchis ou non par la vapeur d’échappement, se grippent, il faut les faire le plus courts possible ; il ne faut pas y employer de segments, la vapeur passe derrière eux, augmente leur pression et les frottements; comme on ne peut pas garantir l’étanchéité des tiroirs-pistons, il faut les faire du plus petit diamètre possible. La vapeur surchauffée peut passer dans les conduites 30 à 40 p. 100 fois plus vite que la vapeur saturée, et il faut en tenir compte dans l’établissement de la distribution. Les tiroirs-pistons glissant l’un dans l’autre, comme ceux des distributions Rider et Meyer, sont impraticables avec la surchauffe.
- Les soupapes à double siège peuvent aussi se recommander, mais aussi avec certaines précautions ; il arrive souvent, quand on chautle les machines pour leur mise en train, que les tiges des soupapes s’échauffent plus que leurs stuffing box, ce qui les y fait frotter au point que leurs ressorts ne peuvent pas les refermer, il convient que cette fermeture soit desmodromique.
- Une machine construite en tenant compte des remarques qui précèdent marchera, même à double effet, avec une forte surchauffe, aussi régulièrement et sûrement qu’avec de la vapeur saturée.
- La dépense de vapeur surchauffée par cheval-heure indiqué est, en outre, presque indépendante de la puissance de la machine : 4kg,60, avec de la vapeur à 1lk8,5, pour une machine de 80 chevaux, et 4 kilogrammes pour une de 1 000 chevaux. Avec la vapeur très surchauffée, les très hautes pressions sont inutiles ; il n’est pas besoin de dépasser 11 à 12 kilogrammes; l’influence des parois du cylindre est bien moindre
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- avec la vapeur surchauffée, de sorte que l’emploi des triple et quadruple expansions n’y amène aucune économie; mais, pour les grandes puissances, les machines à détentes multiples conservent néanmoins tous leurs avantages organiques. La raison de l'économie de la vapeur surchauffée est l’augmentation de son volume spécifique et la diminution de la condensation dans les cylindres.
- Les bonnes machines monocylindriques et à condensation, dépensent, par cheval indiqué, 8k8,60 à llks,30 de vapeur saturée et à 6 et 7 kilogrammes, dépense qui s’abaisse à 6 et 7 kilogrammes avec la vapeur surchauffée, parce que l’on évite, avec cette vapeur, les condensations dues aux grandes différences de température entre l’admission et l’échappement; en calories par cheval indiqué, la dépense tombe ainsi de 100 et 125 calories à 75 et 85.
- La dépense des machines à simple effet et sans condensation est, avec la vapeur surchauffée, de 7 à 8 kilogrammes par cheval indiqué, la même que pour une com-pound à condensation avec de la vapeur saturée; les compound sans condensation consomment de 6 à 7 kilogrammes de vapeur surchauffée; les compound à condensation ne dépensent guère que 4k8,50 à la pression de 10 kilogrammes, et parfois moins : 3ks,80. Pour améliorer le rendement en charges très variables, M. Schmidt a introduit un réchauffeur intermédiaire à soupape automatique de manière à maintenir la température des parois des cylindres assez basse pour assurer le graissage aux différents degrés de détente.
- En ce qui concerne le prix des installations à vapeur surchauffée, comme elles dépensent de 30 à 40 p. 100 moins de vapeur que celles à vapeur saturée, on peut diminuer d’autant les chaudières, ce qui compense la dépense d’installation du surchauffeur. A dépense de vapeur égale, la machine à vapeur surchauffée est moins coûteuse que celle à vapeur saturée, plus simple, et marche à une pression moins élevée; ainsi une machine monocylindrique est aussi économique avec de la vapeur surchauffée que la compound avec la vapeur saturée; la dépense d’huile n’est pas augmentée.
- Les quelques insuccès de surchauffeurs mal établis ne doivent pas décourager les mécaniciens; la vapeur surchauffée est toujours économique, et permet d’obtenir avec des machines très simples et petites la même économie qu’avec de grandes machines à distributions compliquées. L’emploi de la surchauffe est donc à recommander avec toutes les machines, mais le degré de surchauffe doit varier avec les circonstances et la nature de la machine, son choix doit être laissé à l’expérience et au jugement de l’ingénieur.
- SUR LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DES MÉCANISMES et ESQUISSE D’UNE THÉORIE GÉNÉRALE
- des mécanismes (1). Notes de M. G. Kœnigs.
- Reuleaux a su échapper à la préoccupation de ses devanciers : d’instituer a priori une classification générale. Pour lui, si une telle classification est possible, elle ne saurait résulter que d’une étude préalable approfondie. C’est cette étude qu’il se propose, avec l’espoir d’arriver à dégager et à mettre en lumière des principes généraux qui se trouvent mis en œuvre dans tout mécanisme. Il entrevoit comme but suprême la constitution d'une doctrine déductive, car, dit-il expressément, la théorie des machines doit être fondée sur la déduction. Armé d’une telle méthode, on peut espérer devenir assez maître du sujet pour y obtenir, par la voie
- (1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 19 août et 2 septembre, et Bulletin d'août 1901, p. 298.
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- synthétique, des progrès, peut-être même des découvertes, dusjusqu’ici au hasard et à la merveilleuse divination de quelques hommes de génie; on aura réussi à frayer la voie à Vinvention.
- Le point de départ de Reuleaux est sa définition de la machine, définition dont il discute lui-même chaque terme :
- Une machine, dit-il, est un assemblage de corps résistants, disposés de manière à obliger les forces mécaniques naturelles à agir en donnant lieu à des mouvements déterminés.
- Nous nous arrêterons à ces termes : mouvements déterminés. Reuleaux, en effet, conçoit la machine comme desmodromique, c’est-à-dire à liaisons complètes.
- Nous considérons, écrit-il, comme perturbateur tout mouvement qui diffère de celui que l’on s’est proposé d’obtenir, et nous cherchons à prévenir la production de tout mouvement de ce genre, en déterminant convenablement les corps dans lesquels doivent se développer les forces latentes (les forces de liaison , ce qui revient à donner aux corps que nous faisons entrer dans la composition de la machine une disposition, des formes et une résistance telles que chacun des corps mobiles ne puisse prendre qu’un mouvement unique, et précisément celui qui est nécessaire.
- Il se trouve ainsi amené à opposer l’un à l’autre le système machinal, où tous les mouvements sont imposés d’avance parla constitution même de la machine, et le système cosmique, où les mouvements résultent, au contraire, de la nature des forces.
- Ce premier point posé, Reuleaux observe que les corps de toute machine agissent les uns sur les autres par contacts directs. Le siège de ces contacts est le couple d’éléments cinéma-tiques, lequel se compose d’un profil S pratiqué sur le corps A et d’un second profil S' pratiqué sur le second corps A'; ce profil S' est l’enveloppe du profil S dans le mouvemeut déterminé que doit prendre A par rapport à A'.
- Un ensemble de corps unis ainsi les uns aux autres par des couples d’éléments constitue une chaîne cinématique. La chaîne est essentiellement desmodromique, c’est-à-dire que sa déformation ne dépend que d’un seul paramètre variable.
- Une chaîne cinématique desmodromique (Reuleaux dit aussi fermée), dont on a fixé un membre, constitue un mécanisme.
- En résumé, le mécanisme est une chaîne cinématique fermée ; il est composé de couples d’éléments ; ces derniers portent en eux-mêmes les formes enveloppes des mouvements que les corps en contact doivent avoir les uns par rapport aux autres, de telle sorte que tous les mouvements autres que ceux qu’on désire réaliser se trouvent forcément exclus du mécanisme.
- Mais, en fait, il arrive souvent que les mécanismes, même les plus courants, ne sont pas à liaisons complètes; plus souvent encore, les couples d’éléments, même dans le cas d’une chaîne desmodromique, ne sont pas eux-mêmes desmodromiques. Reuleaux ne pouvait manquer de se heurter à cette difficulté. Pour la résoudre, il introduit la notion de clôture. Voici, du reste, comment s’exprime Reuleaux à ce sujet :
- Dans l'étude des couples d’éléments, nous avons supposé jusqu’ici que l’appui réciproque des deux éléments cinématiques combinés pour former un couple avait lieu d’une manière complète, c’est-à-dire que chacun des deux corps, en raison de sa faculté de résistance, enveloppait l’autre, de manière à rendre le couple desmodromique par lui-même... Dans certaines circonstances, cependant, on peut se dispenser de satisfaire en toute rigueur à une semblable condition ; c’est ce qu’on peut faire, par exemple, lorsqu’on a pris la précaution d’éliminer du couple les forces sensibles agissant suivant certaines directions.
- Pour arriver à ce résultat, en supposant, par exemple, qu’une force P soit capable de provoquer un mouvement perturbateur, on applique préventivement une force directement opposée, mais d’intensité supérieure, égale à (P + Q). On aura ainsi réalisé la clôture par force. Reuleaux introduit aussi la clôture par chaîne, où il est fait appel à des procédés cinématiques au lieu des procédés dynamiques.
- Dans tous les cas, pour Reuleaux, clore un couple non desmodromique, c’est suppléer à ce
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- PRINCIPES GÉNÉRAUX DES MÉCANISMES.
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- qui lui manque pour qu’il fonctionne comme s’il était desmodromique, en produisant, par conséquent, ce mouvement nécessaire qu’il doit prendre dans la chaîne totale dont il fait partie. C'est en quelque sorte ce mouvement nécessaire qui définit le couple aux yeux de Reuleaux, plus encore que les profils physiquement réalisés.
- Pour s’en rendre entièrement compte, examinons la théorie qu’il propose pour le plan incliné.
- On désigne ainsi une surface plane inclinée à l'horizon, sur laquelle tend à glisser un corps qui est en contact avec elle par une section plane et qui est soumis à l’action de la gravité... Ordinairement on omet de dire que le corps ne peut glisser que parallèlement à la direction du plan (lisez : parallèlement aux lignes de plus grande pente;, c’est-à-dire qu’il doit être appuyé convenablement pour obtenir ce résultat et, en second lieu, qu’il doit être disposé de manière à ne pas pouvoir se séparer de ce plan. En d’autres termes, on suppose implicitement que le corps est accouplé avec la surface sur laquelle il repose, de manière à fournir un mouvement rectiligne; le couple considéré n'est donc pas autre chose, en définitive, qu’un couple de prismes [glissière prismatique ou rectiligne].
- Rien n’est plus faux. En tant que mécanisme, le plan incliné est une réalisation du cas de deux corps en contact par une face plane. L’inclinaison sur l’horizon du plan de contact est une relation purement dynamique. Le mouvement suivant les lignes de plus grande pente est le fait des forces appliquées et des conditions initiales. Parla confusion qu’il établit, Reuleaux s’écarte de la distinction édictée par Ampère entre la Cinématique et la Dynamique, distinction à laquelle il souscrit du reste hautement dans d’autres parties de son Traité.
- La raison de cette erreur, c’est, qu’après s’être affranchi du préjugé de la classification, Reuleaux eût dû aussi s’affranchir de cet autre, qui consiste à ne voir dans un mécanisme qu’un moyen de transformer ou de produire un mouvement. En réalité, un mécanisme ne réalise pas autre chose qu’un certain état de liaisons entre des corps résistants, et le mouvement qui est appelé ou non à s’y produire dépend des forces appliquées. La théorie des mécanismes, c’est l’étude des liaisons dans les machines.
- Toute machine comporte un ensemble de corps matériels résistants, soumis à des liaisons réciproques, sur lesquels on amène les forces naturelles à agir en vue d’un effet voulu, cet effet pouvant consister en un état d’équilibre ou en un état de mouvement.
- Il faut ainsi distinguer dans une machine deux éléments bien distincts. D’abord l’ensemble des corps qui la composent et le système des liaisons établies entre ces corps; c’est cela qui constitue le mécanisme. En second lieu, viennent les forces que l’on fait agir sur le mécanisme. La nature et la distribution de ces forces achèvent de définir la machine, en sorte qu’un même mécanisme donnera lieu à autant de machines qu’il existera de systèmes différents de forces, susceptibles de lui être appliqués.
- Considérons dès lors un mécanisme, et appliquons-lui un certain système de forces; trois cas peuvent se présenter :
- 1° Les forces se feront équilibre sur le mécanisme considéré et nous aurons alors réalisé une machine statique.
- 2° Les forces produisent un certain mouvement de l’ensemble; nous aurons alors une machine fonctionnant à l’état cinétique. Il convient d’observer que le mouvement dépendra, non seulement de l’état constructif du mécanisme, mais aussi de la nature et de la distribution des forces; l’état initial pourra également être appelé à jouer un rôle, malgré que l’on s’arrange ordinairement pour que l’influence de cet état initial se trouve éliminée au bout d’un certain temps de marche.
- 3° Enfin, il pourra arriver que les forces appliquées aient pour effet de rompre l’état des liaisons existantes et de dissocier le mécanisme.
- Cette dernière hypothèse est habituellement passée sous silence; elle a pourtant une importance considérable.
- Observons en effet, d’une part, qu’il serait impossible de démonter un mécanisme et que
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- par conséquent, il eût été impossible d’effectuer l’opération inverse, à savoir, le montage, sans l’existence de certains déplacements dissociatifs, c’est-à-dire qui provoquent la rupture de l’état des liaisons. Les forces capables d’opérer ces déplacements dissociatifs seront directement utiles chaque fois que l’on voudra procéder au démontage, soit total, soit partiel. Or, en dehors des cas où le démontage est rendu nécessaire par des considérations accessoires telles que les réparations ou le nettoyage, il faut observer que, dans bien des cas, le démontage d’un mécanisme rentre dans son mode normal de fonctionnement : exemple, un verrouillage, une serrure, un déclenchement.
- Dans les cas, au contraire, où la production du démontage doit être l’exception, il faudra s’attacher à éviter ces déplacements dissociatifs. Le champ des forces qu’il est possible d’appliquer à un mécanisme se trouve limité par cette nécessité.
- Les cinématiciens ont été et sont encore en désaccord (voir Willis, Reuleaux, Laboulaye) sur le rôle que les forces peuvent bien être appelées à jouer dans la théorie des mécanismes considérés au point de vue purement cinématique.
- 11 semble au premier abord que, d’après la conception même de la cinématique selon Ampère, ce rôle doive être nul. Mais les remarques précédentes nous amènent naturellement à faire une réserve, en nous permettant, en même temps, de donner une mesure exacte du rôle des forces dans la théorie des mécanismes. Il ne faut pas que les forces appliquées provoquent la dissociation du mécanisme. On conçoit que la description d’un mécanisme se complète par l’examen de ces déplacements dissociatifs et par celui des forces susceptibles de provoquer ces déplacements.
- Cette remarque si simple et parfaitement évidente, appliquée à propos, fournit la clef de diverses questions fondamentales et, en particulier, suggère la notion qu’il convient de substituer à la notion de clôture par force imaginée par Reuleaux.
- Nous avons appelé mécanisme un ensemble de corps résistants, soumis à des liaisons réciproques. Nous supposerons d’abord, pour simplifier, que ces corps sont des solides rigides. Nous étendrons ensuite nos considérations au cas où il existerait des corps déformables, tels que membranes, cordes, fluides.
- Les liaisons se trouvent réalisées par le contact direct de chaque corps du mécanisme avec certains autres. Nous appellerons contigus deux membres qui se touchent.
- Soient A et B deux membres contigus. Un certain système S de profils géométriquement définis se trouve pratiqué sur le corps A; ces surfaces S sont le lieu géométrique des points par où le corps A touche ou est appelé à toucher le corps B. Ce système S sera appelé, suivant la locution de Reuleaux, un élément cinématique. Le corps R porte un système S' analogue à S; S' est le lieu des points par où B touche ou est appelé à toucher le corps A; S' est l'élément cinématique conjugué de S. L’ensemble des éléments conjugués S et S'constitue un couple d’éléments cinèmatiques.
- Dans une prochaine communication, nous nous proposons d’examiner l’état des liaisons qui peuvent résulter, entre deux corps, de l’établissement, entre ces corps, d’un couple d’éléments cinèmatiques.
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- LITTÉRATURE
- ,D E S
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au 15 Septembre 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. .. . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- lm .... Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- IoB. . . . Institution of Brewing (Journal). La .... La Locomotion automobile.
- Ln ... . La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. .
- N.. . PC. . Pm. .
- RCp .
- Rgc. .
- Rgds..
- Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- SAF .
- ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR. .
- VDl. .
- ZOl. .
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Revue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietvLondon(Pioceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- . Société chimique de Paris (Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- . Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’agriculture de France (Rulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Yereines Deutscher lngenieure.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1901.
- AGRICULTURE
- Beurre et margarine. Composition des. Ap. 12 Sept., 330.
- Bétail. (Pain pour le). Ag. 24 Août, 288.
- — Race bovine gasconne. Ap. 3 Sept., 308. Blé et seigle. Culture au Parc des Princes. Ap. 3 Sept. 298; de Riéti, Ag.l Sept., 384.
- Chanvre. Culture dans l’Ouest. Ap. 29 Août. 3 Sept. 270, 306.
- Constructions rurales. Fondation des. Ringel-mann. Ap. 22, 29 Août. 241,273. Cidreries industrielles. Ap. 3 Sept., 303. Clarification des cidres (Vincent). RCp. 8 Sept., 454.
- Faucheuse automobile à pétrole Deering. Gc. 3 Août, 281.
- Fermes expérimentales au Canada. Ap., 22 Août,
- 238.
- Fraisier. Culture aux environs de Paris. Ap., 22 Août, 246.
- Friches. Avantages et inconvénients. Ag. 14 Sept., 414.
- Greffes. Éducation en Champagne. Ag. 14Sept., 419.
- Irrigation de la vallée du Nil. E. 6 Sept., 336. Lait et industrie laitière en basse Normandie. Rs. 7 Sept. 300.
- — Ferme laitière du Lauraguais. Ap. 12 Sept., 332.
- Maïs (le). Ag. 31 Août, 335.
- Pommes de terre de Puisaux. Ap. 29 Août, 268.
- — Maladie bactérienne (Delacroix). CR.
- 26 Août., 417.
- — (Gangrène de la). Ap. o Sept., 302. Ag.
- 7 Sept., 367. Ap. ; 2 Sept., 342, 347. Prairies humides. Transformation des. Ag.
- 7 Sept., 376.
- Rizières. Aménagements aux États-Unis. Ap. 22 Août, 247.
- Sauterelles. Invasion dans les Deux-Sèvres. Ag. 31 Août, 346.
- Sécheresse de 1901 et les cultures intercalaires (Grandiais). Ap. 22 Août, 233.
- Semoir en ligne nouveau. Ag. 24 Aoiît, 299.
- Silos à ventilation. Ap. 12 Sept., 339.
- Tomate (Culture de la). Ag. 14 Sept., 412. Vigne. Égrappage des vendanges. Ag. il Août,
- 239.
- — Destruction de la cochylis et de l’eudé-
- mis. Ag. 31 Arnît, 342.
- Vigne. Pépinières de vignes. Ap. 12 Sept. 337.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer. Métropolitain de Vienne. Rgc. Août, 103.
- — Militaire au Soudan. E. 13 Sept., 385. — Français en 1900. Statistique. Rgc. Août, 156.
- — En Chine. Rgc. Sent., 258-262.
- — Australiens. E. 13 Sept., 386.
- Électriques (Les) (C. Wilson). E. 6 Sept., 334.
- — Ligne des Invalides à Versailles. Rgc-Août, 169. Gc. 14 Sept., 313.
- — Berthoud à Thoune. Rgc. Sept., 181. De Boston. Id., 267.
- — Exposition de 1900. EE. 7 Sept., 353.
- — Box. Gryon Villars. Gc. 17 Août, 249.
- — Locomotive à crémaillère de l’Ouest Lyonnais. Gc. 31 Août, 386.
- — Voitures automotrices de l’Allgemeinen.
- VDi. 7, 14 Sept,., 1261, 1303.
- Freins Schortt, Christensen. RM. Août, 223* Bruggmann. Id., 226.
- Locomotives à l’Exposition, VDI. 31 Août.
- 1225. 7, 14 Sept., 1273,1319. Anglaises Rgc., Sept., 197.
- — A grandes vitesses. RM. Août, 213.
- — Théorie (Nadal). Rgc. Sept., 211.
- — Russes à l’Exposition de 1900. Rgc.
- Aoiît, 145.
- — Américaines en Angleterre. E'. 30 Août,
- 220; 6 Sept., 237.
- — Compound Chemins hongrois. E'.
- 13 Sept., 265.
- — à 6 roues couplées express. E'. 23 Août,
- 202.
- — à 8 roues couplées, Caledonian. Ry. E.
- 30 Août, 275, du Great Northern. E’.
- 6 Sept., 231.
- — Articulée llagans. RM. Août, 211.
- — Alimentation en marche. Dp. 17 Août,
- 527.
- — Influence des incrustations. Rt. 25 Août,
- 369.
- — Distributions Marshall, Younghursband,
- RM. Août, 218,
- — Pare-étincelles. E'. 6 Sept,., 255.
- — Remplacement des tubes. RM. Août, 218.
- — Surchauffeur Konig. RM. Août, 221
- — Voie étroite (0m, 75). Delta, Ry. E.
- 6 Sept., 32t.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1901.
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- Rotonde pour locomotives du chemin de fer de l’Est. E. 13 Sept., 334.
- Signaux. Répétiteur Marin des signaux optiques sur la machine. Ri. 34,31 Août, 334-342.
- Wagons italiens à châssis tubulaires. Rt. 10 Aoiît, 3bl.
- — Attelages américains. RM. Août, 220.
- — Éclairage à l’acétylène (Chaperon et Moreau). RCp. 8 Sept., 470.
- TRANSPORTS DIVERS Automobiles. Essais de durée. E'. 13 Sept., 277.
- — Au pétrole (Les moteurs) (Lavergne). Ri.
- 14 Sept., 364. Hertell. RM. Août, 227. — A vapeur de 6 tonnes. E. 6 Sept., 313.
- — Électriques. (Moteurs pour) (Garnier). le, 10 Août, 342. Moteurs et combi-nateurs (Rosset). Pm. Sept,, 133. Electricia. Rt. 10 Août 343.
- — Changement de marche Stearns. Iden. RM. Août., 229.
- — Fonctionnement des freins. (Petot). CR. 26 Août 410.
- Tramways électriques. Exploitation à New-York. Rgc. Août, 176.
- — de Cassel, au gaz pauvre. Rt. 10 Sept.,
- 389.
- — Traction multiple. E'. 6 Sept. 236.
- — Supports pour lignes aériennes à grande
- portée. EE. 31 Août, 330.
- — Appareil de sûreté Schonberger, pour lignes aériennes. EE. 31 Aoilt. 332.
- — Appareils portatifs pour l’éclissage élec-
- trique des rails. EE. 31 Août. 333.
- — à contacts Schuckert. Elé. 7 Sept., 153. — Chasse-corps (Blanc), Gc. 7 Sept., 305.
- — Joint (Falk). Elé. 14 Sept. 167. Bicyclettes. (Roues libres de) (Bourlet). Gc.
- 7, 14 Sept., 303, 318.
- — à 2 chaînes. Ln. 14 Sept., 251.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène brut. Sapurificatiou pour l’éclairage.
- Ms. Sept., 569. Éclairage des trains. Rcp. 8 Sept., 470.
- Acoustique. Fonctionnement des petits tuyaux d’orgue fermés (Davis). American Journal of Science, Sept., 185.
- Acide sulfurique. Procédé Kessler. Cs. Août, 807.
- Arsenic. (Industrie de 1’). E. 16 Août, 223. Brasserie. Divers. Cs. Août, 824.
- — Examen des combustibles employés en malterie au point de vue de leur arsenic (Ling). loB, Mai, 314.
- — Micoderma Cerevisiæ (von Laer). Id., 337.
- Chaux et Ciments. Fabrication des mortiers chez les Romains. Le Ciment, Août, 117.
- Conserves alimentaires. Divers. Ms. Sept., 597-615. (Industrie des), en France. Rgds.
- 15, 30 Août, 700, 751.
- Cæsium-tellure (fluorure de) (Wells et Willis). American Journal of Science. Sept., 190 et Thorium (chlorures). Id., 191. Dissolvants (Pouvoir dissociant des) (Jones). CN. 13 Sept., 136.
- Distillerie (Emploi des mucédinées en) (Boul-langer). Rgds. 15 Août, 690.
- Eau oxygénée commerciale (analyse de F). (Sisley). Mc. IerSept., 209.
- — Fabrication par l’acide oxalique (Nicolle). Ms. Sept., 576.
- Émaillage (F). E'. 23 Août, 194; 6,13 Sept., 238, 264.
- Équilibres chimiques (Recherches sur les).
- (Boudouard). ACP. Sept., 5.
- Essences et parfums. Écorce d’orange, de rose allemande. Ms. Sept., 377, 581. Explosifs (Rapport annuel sur les). E'. 23 Août, 195,
- — Essai de la chaleur (Tullen). Ms. Sept.,
- 592.
- Fermentation. Théorie géométrique (Pope). SA.
- 16, 23 Aoûit, 701-713.
- Gaz. Séparation centrifuge. Marra. Ri. 17, 3 Août, 323, 341; 14 Sept., 368.
- Gaz d’éclairage. Becs incandescents. Théorie. Cs. Août, 790.
- Graisses diverses. Cs. Août, 816.
- Laboratoire. Divers. Cs. Août, 837.
- — Acidimétrie de l’acide phosphorique
- par l’eau de baryte (Cavalier). ScP. Sept., 796.
- — Calcium-strontium et barium, dosage
- en oxalates (Peters). American Journal of Science. Sept., 216.
- — Détermination des phosphates dans les
- eaux potables. CN. 16 Août, 78.
- — de l’acide carbonique dans l’eau (Id.),
- 16, 30 Août, 80, 101.
- p.419 - vue 415/856
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-
-
- 420
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1901.
- Laboratoire. Pouvoir dissociant de différents dissolvants (Jones). CN. 30 Août, 106. — Analyseur d’air (Woodman Richards).
- Technology Quarterly. Juin, 92.
- — Essais d’or. Cs. Août, 839.
- — Recherche des poisons minéraux (De-nigès). PC. 15 Sept., 241.
- Industries chimiques en Allemagne. E. 16 Août,
- 221.
- Nitrocelluloses (les) (Lunge etBebie). CN. 16, 23, 30 Août, 76, 88, 100; 13 Sept., 133-Optique. Polissage des lentilles (Raleigh). N. 13 Août, 383.
- — Constitution de la lumière blanche (Corbino). CR. 26 Août, 412.
- — Télémètre Pouech. Ln. 17 Aoiît, 186.
- — Platoscope Berger. Ln. 24 Août, 203. Papier. Divers. Cs. Août, 830.
- — Les piles. Dp. 17, 24, 3 Août, 322, 341, 336; 7, 14 Sept., 576, 589.
- — A l’Exposition de 1900. VD1. 7 Sept., 1280.
- Poids moléculaires à la température de l’ébullition (de Forcrand). CR. 12 Août,368. Photographie. Jumelle Bellieni. Ln.l Sept.,2'i~.
- — Divers. Cs. Août, 833.
- Produits chimiques h. l’Exposition de 1900 (Bernard). Ms. Sept., 545.
- Sucrerie. Industrie dans l’Inde. E’. 23, 30 Août, 189, 217.
- — Divers. Cs. Août, 820, 842.
- — Sucre en briques Dunierewski. Cs. Août, 823.
- — Sulfure de mercure. Action de l’hydro-
- gène (Pélabon). ScP. Sept., 177. Tannage. Divers. Cs. Août, 819.
- Teinture. Divers. Cs. Août, 796. Théorie de la. Ici., 804.
- — Progrès dans l’impression des tissus.
- (Noelting et Blum). MC. 1 CTSept., 215.
- — Indigo. Fabrication, etc. Cs. Août, 802. Tungstène et molybdène. Chaleur spécifique.
- (Defacqz et Guichard). ACP. Sept., 139. Verre. Divers. Cs. Août, 809.
- Zéro absolu. Moyen de l’atteindre (Martin). CN. 16 Août, 73.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail. Législation en Hollande et Suède. Ef. 24 Aoilt, 263.
- Accidents du travail. Assistance par le travail en France. Ef. 14 Sept., 365. Alcoolisme. (La femme et la lutte contre F) (KeclhofF). Rso. 16 Sept., 409.
- Bière. Production et consommation. Ef. 7 Sept., 332.
- Change. Dépréciation dans les pays à finances avariées. Ef. 24, 30 Août, 257-289. Coopératives aux États-Unis (Kent). DoL. Juillet, 563.
- Corporations et syndicats. Ef. 7 Sept., 327. Femmes belges, travail dans la grande et la petite industrie (Julin). Rso. 16 Sept., 385.
- France. Recensement en 1901. Ef. 24 Août, 262.
- — Commerce extérieur au xixe siècle (Bichon). Rgds. 30 Août, 759.
- Industrie salicole dans l’Ouest. Crise actuelle. Ef.
- Journée de 8 heures. Rso. 16 Août, 346.
- Liberté religieuse. Son action féconde (MBr Ire-land). Rso. 6 Sept., 440.
- Marines marchandes, et navigation commerciale. Ef. 17 Août, 227.
- Métaux. Consommation et prix dans les 10 dernières années. Ef. 17 Août, 229. Œuvres sociales pour femmes et jeunes filles.
- 16 Août. Ef. 31 Août, 293.
- Ouvroirs de Paris (Travail dans les). Rso. 4 Sept.,
- 278.
- — Les maisons du Bon-Pasteur. Id., 287. Paris. Administration de la ville. Budget en 1902. Ef. 14 Sept., 363.
- Périodes prospères et leurs liquidations. Ef. 24 Août, 259.
- Pensions de vieillesse. Loi belge de 1900. Rs.
- 17 Août, 207.
- Retraites ouvrières. Projet de loi et consultation des intéressés. Ef. 14 Sept., 361. Settlements sociaux (Escard). Rso. 16 Sept., 416. Sociétés par actions en France. Ef. 17 Août, 225. Successions. Lois et coutumes dans le Sud-Ouest de la France. Rso. 16 Août. 321. Trades Unions (Congrès des). E. 10 Sept., 367. Trust en Allemagne. E'. 23 Août, 201.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Çiment et béton armés. Pont de Porto-Rico. Le Ciment. Août, 113.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- SEPTEMBRE 1901.
- 421
- Ciment. (Considération sur les ouvrages en) {Id.), 119.
- Fermes de charpentes (Calcul des). (Haller). Bam. Août, 807.
- Planchers divers. Dp. 14 Septembre, 581.
- Ponts de Halle. VDI. 17 Août, 1161.
- — Redheugh. E'. 30 Aoiît, 223 ; 6 Septembre, 242.
- — Passerelle de l’Exposition. E. 6 Septembre, 320.
- — de Brooklyn (Accident).Rt. 10 Sept., 385. Tunnels des tramways de Boston. E'. 23
- Août, 196.
- — du Métropolitain de New-York. Gc.
- 24 Août, 273. De Paris. Ac. Septembre, 130.
- — Entre l’Angleterre et l’Irlande. E. 7
- Septembre, 335.
- Voûtes (Résistance des). (Cosyn). Ac. Septembre, 143.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs Edison. Ri. 31 Août, 349. Lugard, Wiegand, Mac-Rae, Bow-Ker, Goldstein, Bary. EE. 14 Septembre, 392.
- — Union. le. 10 Septembre, 401-404.
- — Théorie. (Abel). EE. 14 Septembre,
- 406.
- Champ électrique produit par des variations magnétiques (Crémieu). AcP. Septembre, 85.
- Courants polyphasés (Distributions par). (Ebo-rall). SA. 13, 20 Septembre, 749, 761. Dynamos. Fabrication méthodique (Lasche).
- E. 16, 23, 30 Août, 20b, 241, 277.
- — Groupe électrogène à double courant
- Siemens et Halske. EE. 31 Août,
- 309. De 132 Kw. Sautter Harlé. EE.
- 7 Septembre, 349.
- — Alternateurs de la Société alsacienne.
- EE. 17 Août, 250 de 122 Kw. Siemens et Halske. EE. 14 Septembre,
- 397.
- — Commutatrice de 500 Kw. Siemens et
- Halske. EE. 31 Août, 318.
- — Génératrices asyonchrones. EE. 17 Août,
- 255. Polyphasées Gasnier. EE. 6 Sep-tembre, 381.
- — Marche en parallèle dans les systèmes
- alternatifs (Meyer). Ic. 25 Août, 635. Tome 101. — 2e semestre. — Septembre 1901.
- Dynamos. Isochronateurs Breguet pour le couplage des dynamos compound en quantité. EE. 17 Août, 253.
- — Commutatrices (Calcul des). (Meyer).
- EE. 14 Septembre, 316.
- — Représentation stéréométrique des potentiels dans les circuits parcourus par les courants triphasés (Corbino). EE. 17 Août, 256. Sie. Juillet, 339.
- — Essais des (règles des ingénieurs allemands). Élé. 17 Août, 105.
- — Moteurs asynchrones Alioth à courants triphasés. EE. 31 Août, 322. Heyland avec facteur de puissance égale à l’unité. le. 10 Septembre, 389. Théorie graphique (Verhoeckx). EE. 14 Septembre, 399.
- Éclairage (Progrès d’). Janet. Rs. 31 Août, 257.
- — Arc. Lampe Bremer. Essais. Sie. Juillet, 360.
- — — (Mécanisme de Y) (Ayrton et Perry).
- RSL. 12 Septembre, 410
- — Incandescence Nerst. Su. 24 Août, 195. Électro-chimie. Divers. Cs. Août, 815.
- — Les fours électriques (G. Richard). EE.
- 17 Août, 229.
- — Situation en Allemagne. Élé. 7 Septem-
- bre, 145. En Europe, fit. 14 Septembre, 367.
- — Nickelage au tonneau. Élé. 17 Août, 101.
- — Préparation des membranes osmoti-
- ques par l’électrolyse (Morse et Horn). CN. 30 Août, 106.
- Interrupteur rapide pour bobines d’induction.
- Contremoulins et Gaiffe. le. 10 Septembre, 397.
- Mesures (Appareils de) (Armagnat). EE. 24 Août. 14 Septembre, 269, 389.
- — Compteurs Blathe-Japy. le. 10 Août,
- 347. Frank Holden. Élé. 7 Septembre, 148. A paiement préalable. Élé. 14 Septembre, 165.
- — Mesure des courants alternatifs et po-
- lyphasés (Addenbrooke). EE. 24 Août, 283. Des ondes de courants alternatifs (Laws). Technology Quarterly. Juin, 105.
- — Ampèremètre périodique Atkinson.
- Élé. 31 Août, 136.
- — Wattmètre thermique Bauch pour cou-
- 28
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-
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-
- 422
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1901.
- rants continus et alternatifs. le. 10 Septembre, 391.
- Orgue électrique Védovelli. Elé. 17 Août, 97. Stations centrales. Barrage de Poses. Oc. 24 Août, 265.
- — Sur la Tyne. E'. 13 Septembre, 378. Télégraphie sans fil. Perfectionnements.
- EE. 17 AoiH, 2G2. Télégraphe Row-land. EE. 31 Août, 333. Marconi et Wireless G0. EE. 7 Septembre, 383.
- — Rôle des antennes (Turpain). EE. 17
- Août], 256. Étude des cohéreurs (Guthe). EE. 17 Août, 261.
- — Tétotographie Ritchie. Elé. 24 Août, 113. Téléphonie. Arc électrique employé comme
- récepteur. SiE. Juillet, 371.
- — Poste multiple Dardeau. EE. 24 Aoiît,
- 281. Tableau sans cordons pour petits postes (Mix et Genest). Élé. 31 Août, 129.
- — Constantes acoustiques et optiques du
- téléphone (Wien). EE. 24 Août, 292.
- — A grande distance. Pupin Thomson et
- Reed. EE. 31 Août, 325; 7 Septembre, 374.
- — Transmetteur de l’administration des
- postes. Élé. 14 Septembre, 161. Transformateurs à courants alternatifs. Facteur de résistance. le. 25 Août, 369.
- — rotatifs Sauter-Harlé. EE. 17 Août,
- 253.
- — Électrolytique Pollak. Sie. Juillet, 323.
- HYDRAULIQUE
- Bornes-fontaines à débit limité. Gc. 17 Août, 260.
- Distributions d’eau des villages. E1. 23 Août, 192.
- — de Merthyr Tydwill. E1. 6 Sept., 239. Multiplicateurs de pression. A.Ma. 7 Sept., 939. Pompes des égouts de Barking. E'. 16 Août,
- 171.
- — Oddie, May, Siemens. RM. Août, 231.
- — Belier Dorming. RM. Août, 234. Turbines centripètes Hemmer. E'. 16 Août,
- 163.
- — Escher-Wyss. VDI. 24 Août, 1189.
- — du Niagara. Id. 31 Aoiil, 1239.
- — Régulateur Ganz. EE. 24 Août, 278. Goodwin. RM. Août, 234.
- MARINE, NAVIGATION
- Canal Dortmund-Ems. E. 6,13 Sept., 338, 377. Cargo Doxford. VDI. 14 Sept., 1313. Constructions navales. Ateliers de la Cly-debank C°. E. 23, 30 Août, 243, 275.
- — Déplacements et dimensions des navires.
- (Normand.) E. 6 Sept., 343.
- Docks de Barrow. (Stillmann.) E. 30 Août, 285. Hélices (Recul des). E’. 30 Août, 225.
- — Parsons. RM. Août, 253.
- Machines marines Simpson-Strickland. E.
- 16 Août, 212.
- — ûuncan. E'. 13 Sept., 263.
- — Progrès dans les dix dernières années.
- (Mac Kechnie.) E’. 23 Août, 206.
- — (Fabrication des). (Thomson.) E. 13
- Sept., 379.
- Marines de guerre. Contre-torpilleurs (Les). E’. 16 Août, 176.
- — allemande. Rmc. Août, 1752.
- — anglaise. (L’Ingéniorat.) E’. 6 Sept., 237.
- Rmc. Août, 1745.
- — États-Unis. Transport « Summer ». E.
- 16 Août, 214.
- — Blindages, plaques Brown. Essais. E.
- 23 Août, 204.
- Marines marchandes. États-Unis. Rmc. Août, 1770.
- — Angleterre. Rmc. Août, 1789.
- Paquebot. Ivronprinz Wilhelm. E. 13 Sept.,
- 370.
- Pas de Calais. Histoire de sa navigation. E!. 6 Sept., 240.
- Propulsion hydraulique. Théorie et pratique.
- (Marchand Bey.) RM. Août, 163. Régularisations du Nil. E. 6 Sept., 329.
- — du Mississipi. (Ockerson.) E. 13 Sept.,
- 381.
- — Estuaire de la Clyde. (Stevenson.) E. 13 Sept., 382.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Le Santos Dumont. Ln. 17 Août, 185. (Espitalier.) Rs. 14 Sept., 333.
- — Emploi de l’électricité. (Hospitalier.) le. 10 Août, 341.
- Air comprimé. Vanne de la Compagnie des omnibus. RM. Août, 259.
- Balance automatique Clarke. AMa. 24 Août, 893.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMRRE 1901.
- 423
- Changement de marche Seeiey. RM. Août, 258. — Dehaitre. Ri. 14 Sept., 365.
- Chaudières.
- — à tubes d’eau. Thornycroft. E. 16 Août,
- 213.
- — — Robinson, ShuRz, Solomiac, Yar-
- row, Musher. RM. Août, 200.
- — — Wigzell. E. 6 Sept., 316.
- — — Lagosse. Rt. 25 Août, 363. Pm. Sept.,
- 143.
- — — Essais du Minerva et du Hyacinth.
- E. 30 Août, 283, 291. E'. 30 Août, 225 ; 6 Sept., 249.
- — Alimentateur Lindemann. RM. Août, 203.
- — — pompes Lamond. E. 6 Sept., 317. — Gazogènes Duff. E1. 16 Août, 165. Fau-
- gé. Gc. 14 Sept. 323.
- — Grilles mécaniques diverses. Dp. 31 Août, 549; 7, 14 Sept., 573, 386.
- — — Yicar. RM. Août, 204.
- — Foyers à paille Conner. RM. Aoiît, 206.
- — — ondulé Brown et Nodder. Id., 206.
- — — à vent forcé Brown et Wallace. Id.,
- 207.
- — — Meldrum. E'. 13 Sept., 272.
- — — à pétrole Clarkson. Id., 206.
- — — Porte Durr. Id., 205.
- — — Chargeuse-peseuse Ingray. E. 6
- Sept., 324.
- — Niveau d’eau Todd. RM. Août, 207.
- — Surchauffeur Davey Paxmann. RM. Août, 209.
- Compteur de vapeur Gehre. Gc. 31 Août, 288. Courroie différentielle Scholtz. Ri. 14 Sept., 365.
- Freins hydrauliques. Théorie. (Vallier.) RM. Août, 152.
- Froid. Liquéfaction de l’air. (Pictet.) E. 10 Sept., 368.
- Imprimerie. Presse Hoe. E. 23 Août, 256. Indicateur de vitesse Car lier. Gc. 31 Août, 293. Levage (Appareils de) à l’Exposition. VDI. 24 Août, 1197.
- — Manutention des minerais aux États-Unis. SuE. 15 Sept., 953.
- — Transporteur Mackrow et Cameron. RM. Août, 236.
- — Porte-blocs Fidler. Ri. 7 Sept., 355. Machines-outils. Ateliers, méthodes (Weir
- et Richmond). E. 13 Sept., 377.
- — Premium System (Rowan). Id. 383.
- Machines-outils. Affûteuse Panhard-Levas-sor. RM. Août, 238.
- — Forge à l’étampe (Horner). E. 6 Sept.,305. — Fraiseuses Duhosc. RM. Août, 239.
- Bouhey. Pm. Sept., 130.
- — Laminoir à tubes Stiefel. RM. Août, 250 — Machine à tailler les pignons Fellows. RM. Août, 193.
- — Limeuse à levier Jacquot et Taverdon, Ri. 14 Sept., 362.
- — Riveuses à air comprimé Allen, Car-lisle. RM. Août, 248.
- — Marteau Cochrane. E'. 16 Août, 172.
- — — Yealdej;. Ri. 14 Sept., 361.
- — — pneumatiques Ross. E. 23 Août,
- 249.
- — Meule universelle Batli. AMa. 24 Août, 898.
- — — Roper. 242.
- — Tours Springfleld. AMa. 31 Août, 916.
- — — Brophy. RM. Août 249.
- — — à arbres coudés Schiess. AMa. 14
- Sept., 961.
- — — vertic-alHetherington.E.13SepG,374.
- — Polisseuse Nash. RM.Août, 247.
- — Perceuses, portatives (Capitaine). VDI.
- 24 Août, 1203.
- — — électriques Lorenz. EG13 Sept., 279.
- — — Helme et Wickham pour chaudières.
- RM. Août, 243.
- — — radiale Mill. RM. Août, 245.
- — Machines à bois à l’exposition de Glas-
- gow. E. 30 Août, 283.
- — — ébarbeur pour pavés en bois. Gc.
- 24 Août, 276.
- Métrologie. Mesure en longueur d’onde de quelques étalons à bout (Perot et Fabry). ACP. Sept., 119.
- Moteurs à vapeur. Théorie (Hermann). Dp. 17, 24 Août, 517, 536.
- — à détentes multiples (Lelong). AM. Mai,
- 455.
- — à vapeurs combinées. Gc. 13 Sept. 321.
- — Expériences sur une machine Weyer et
- Richmond (Hirsch). RM. Août, 133.
- — Corliss Cochrane. E1. 16 Août, 170.
- — 100 chevaux Beer. Ri. 7 Sept., 354.
- — Verticale, triple expansion Macther et
- Platt. E'. 30 Août, 216.
- — (Essais de) Règles de Y American Society
- of Mechanical Engineers. RM. Août, 178.
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-
-
-
- 424
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1901.
- Moteurs à, vapeur. Distributions Davey-Pax-mann, Weighton et Barns. RM. Août, 264. Kienast. VDI. 7 Sept., 1295.
- — Régulateur Mac Laren. RM. Août, 262. — Stuffing Box Ward. RM. Août, 263.
- — surchauffe (avantage de la) (Lenke). E.
- 6 Sept., 342; E'. 13 Sept., 275.
- — Turbines Parsons.Essais. E. 6 Sept., 339.
- — à, Gaz à l’Exposition (Lavergne). Gc.
- 17, 31 Août, 258, 283.
- — (Étude des) au laboratoire de l’univer-
- sité de Gôttingue (Meyer). VDI. 14 Sept., 1297.
- — Schwartz. RM. Août, 265.
- — à gaz de hauts fourneaux (Osmann).
- SuE. 1er Sept., 905 ; lm. XV, 485, 493. Hamilton. RM. Août, 265.
- — Gazogène abois Faugé. Gc. 14 Sept. 323.
- — Allumage Croissant. La. 29 Août, 550.
- — à pétrole à l’Exposition de 1900. Dp.
- 7 Sept., 565.
- — Duplex. RM. Août, 266.
- — — Carburateurs Quéry. Ln. 17 Août,
- 192. De Lesly, Pinckney. RM. Août, 267. Divers. Ri 24, 31 Aoïiti 335, 345; 7 Sept., 356. Ké cheur La. 12 Sept., 562.
- — — Locomobile Ruston Proctor. Ri. 24
- Août, 333.
- Résistance des matériaux. Fragilité de l’acier tPourcel). Gc. 17 Août, 254.
- — Machine à essayer de 25 tonnes (Chauvin). Bam. Août, 791. De 100 tonnes. Université de Glasgow. E'. 13 Sept., 283.
- — Conservation des bois (Berson) RCp.
- 8 Sept. 456.
- Ventilateurs. (Rendement des).E!Ad>Août, 176. Transmission par poulies variables Wacke et Krieger. RM. Août, 259.
- Ventilateur Farcot pour tunnels. La. 14 Sept., 241.
- MÉTALLURGIE
- Aluminothermie en métallurgie (Clerc), lm. XV, 573.
- Cuivre. Développement de sa métallurgie. E. 23 Août, 269.
- Fer et acier. Organisation d’une petite aciérie (Lurmann). Gc. 24 Août, 275.
- — Hauts fourneâux de Mariupolsk. SuE.
- 1er, 14 Sept., 914, 984.
- — Machines soufflantes des forges d’As-kam. E. 13 Sept., 363.
- — Moulages d’acier, lm. XV, 493.
- — Fonderie. Cubilot Barrett. E. 6 Sept., 324.
- Fours Siemens nouveaux. Rt. 10 Sept. 391. Mercure en Italie. Cs. Août, 831.
- Or. Essais des minerais complexes (Smit). CN. 16, 23, 30 Août, 74, 89, 98; 13 Sept., 134.
- — (Métallurgie de 1’). lm. XV, 627.
- — Tellurures de la région de Kalgoorlie. AM. Mai, 531.
- — Progrès en 1899-1900 (Gautier). Pm.
- Sept., 137.
- MINES
- Électricité. Emploi dans les mines de la Californie du Nord. Eam. 31 Août, 271; 9 Sept., 300.
- Exploitation des gros filons (Godfrey).Eam. 17, 31 Août, 199, 269.
- Houille. Son origine. E. 23 Août, 243.
- Or. Exploitation des placers par draguage. lm, XV, 692.
- Pétrole. En Californie. Eam. 24 Août, 227.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 1008 ANNÉE.
- OCTOBRE 1901.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- MÉTROLOGIE
- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE EURE AU INTERNATIONAL DES POIDS ET MESURES
- par Ch.-Éd. Guillaume (1).
- ÉTUDES THERMOMÉTRIQUES
- Les résolutions de la Commission du mètre, dont Lune était que les thermomètres à mercure, seraient comparés de temps à autre au thermomètre à air reflètent le discrédit dans lequel était tombé le thermomètre à mercure au moment des délibérations de 1872. On vivait alors sur une opinion du grand métrologiste Régnault, qui avait trouvé, dans les variations du verre, un obstacle insurmontable à la mesure précise des températures_au moyen de cet instrument.
- Une sous-commission présidée par Edmond Becquerel, et dont M. J. Boss-cha fut le rapporteur, avait déclaré que « dans les thermomètres à mercure, l’influence de la dilatation de l’enveloppe de verre, dont la composition et la structure moléculaire peuvent varier considérablement d’un thermomètre à l’autre, rend presque entièrement illusoire l’avantage que fournit l’emploi d’un corps thermoscopique, liquide ou gazeux, exactement défini dans toutes ses propriétés. La dilatation de l’enveloppe étant le septième environ de celle du mercure, il en résulte que les thermomètres à mercure, bien calibrés et dont les points fixes ont été rigoureusement déterminés, peuvent présenter entre eux, aux températures ordinaires, des écarts de quelques dixièmes de degré. »
- (1) Voir te Bulletin d’août 1901.
- (2) Voir, pour les détails, de nombreux mémoires insérés dans les tomes I à VI des Travaux et Mémoires, et leur résumé dans Ch.-Ed. Guillaume : Traité de Thermométrie (Paris, Gauthier-Villars). ,
- Tome 101. — 2e semestre. — Octobre 1901.
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- MÉTROLOGIE.
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- Cette appréciation était-elle sans appel? C’est la première question dont eut à s’occuper le Bureau international. Jusque-là, les déplacements de l’échelle du thermomètre à mercure avaient paru se soustraire à toute loi; tantôt une élévation de température déprimait le zéro, tantôt elle le relevait; ou encore, dans des expériences successives, on pouvait observer des mouvements de sens inverse. Cependant une élude minutieuse du phénomène, à laquelle plusieurs physiciens prirent part, mais dont le principal honneur revient sans doute à M. J. Per-net, avait appris à distinguer entre plusieurs causes des mouvements d’abaissement et de relèvement. Elle avait montré, de plus, que, lorsque le zéro varie, l’échelle entière se déplace, au moins en première approximation, d’un mouvement parallèle, et que, lorsqu’on rapporte chaque température au zéro mesuré immédiatement après sa détermination, les indications d’un thermomètre à diverses époques deviennent comparables.
- Quant aux mouvements inverses, pour une même cause apparente, ils sont dus, comme on pouvait s’y attendre, à deux phénomènes distincts. L’un, consistant dans le relèvement du zéro par l’action d’une température élevée, est attribuable au recuit, et, lorsqu’il est accompli, 11e se reproduit plus. C’est le phénomène propre aux thermomètres neufs, et que l’on observe même aux températures ordinaires, par un déplacement très lent du zéro. L’autre est une lente mise en équilibre du verre chaque fois qu’on en modifie la température. Si l’on porte brusquement une tige de verre de 0° à 100° par exefnple, elle s’allonge subitement d’une certaine quantité, mais la déformation complète n’est atteinte qu’au bout d’un temps plus ou moins long. Dans le passage inverse, le même phénomène se produit, avec cette différence qu’il est beaucoup plus lent.
- Mis en possession du mode opératoire très simple, indiqué par M. Pernet, et de la loi reliant les positions successives définitives du zéro avec la température, que M. Pernet avait trouvée exprimée par le carré des températures, comptées à partir du zéro ordinaire, on reconnut bien vite que l’opinion de la Commission n’était pas l’expression définitive des faits, et les concordances satisfaisantes trouvées entre des thermomètres divers firent espérer que l’on aurait mieux encore si l’on choisissait le verre des thermomètres de telle sorte que les variations du zéro fussent réduites au minimum.
- Au commencement du siècle, on se servait d’un verre assez dur pour la fabrication des thermomètres; puis les constructeurs, autant pour la facilité du travail qu’en raison de la grande transparence des verres plombeux, adoptèrent peu à peu ces derniers pour cette fabrication. En Angleterre, le recul fut moins accentué qu’en France; en Allemagne, il le fut plus; et, comme les déplacements du zéro augmentent avec la fusibilité du verre, il advint que, à mesure que l’on recherchait une plus grande précision, les thermomètres, considérés au point de vue de leurs déformations, devenaient plus mauvais. Un thermomètre
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- français, construit il y a une vingtaine d’années, dont on déterminait le zéro après un long repos à la température ordinaire, et que l’on chauffait ensuite à 100°, éprouvait un abaissement de toute l’échelle de 4 dixièmes de degré environ. Avec des thermomètres allemands, le déplacement était parfois double. Les variations avec le temps atteignaient souvent un degré ou plus. Quant à celles que produisait un séjour prolongé à une température élevée, comprise par exemple entre 300° et 330°, elles étaient si considérables qu’elles détruisaient
- Fig. 8. — Positions successives du zéro d’un thermomètre en verre dur ou en cristal amené graduellement de 0° et 100°.
- tout espèce d’accord entre l’échelle et les températures. M. Crafts a trouvé des ascensions atteignant 26 degrés. Des déplacements de 10 à 15 degrés n’étaient pas rares dans les instruments couramment employés dans des laboratoires.
- A la suite d’études exécutées au Bureau international, par MM. Pernet, Benoît et Marek, et au cours desquelles diverses sortes de verre ou de cristal avaient été expérimentées, on fut conduit à rechercher des verres de plus en plus durs, et, finalement, on proposa l’emploi d’un verre très dur, assez semblable au verre à vitres, que fabriquait M. Guilbert-Martin, à Saint-Denis. Chargé par le Dl Brocli, alors directeur du Bureau international, d’étudier, sous la direction de M. Benoit, les propriétés thermométriques de ce
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- verre sur des thermomètres fabriqués par Tonnelot, je reconnus, dès l’année 1883, que variations ses étaient inférieures àcel'esde tous les verres employés depuis plus de cinquante ans. Les variations entre 0° et 100° pour le verre dur et le cristal étudiées vers cette époque sont indiquées dans la figure 8.
- La figure 8 bis établie par des observations commencées en 1885 et poursuivies jusqu’à ces derniers temps contient, à titre d’indication, les positions moyennes successives du point zéro observé sur huit thermomètres en verre dur, à partir d’une date très peu postérieure à leur construction. Après peu d’années, l’ascension devient presque insensible.
- Années
- Fig. 8 bis. — Diagramme de l’ascension graduelle du zéro, observée sur huit thermomètres
- en verre dur.
- A la même époque, des études poursuivies en Allemagne, notamment par M. R. Weber et M. H.-F. Wiebe, avaient conduit à formuler des lois reliant les variations du verre à sa composition chimique. On avait trouvé, en particulier, qu’une des conditions de modifications très faibles était la présence d’un seul alcali, alors que le mélange de la soude et de la potasse en quantités équivalentes donnait des variations très considérables. L’analyse du verre Guilbert-Martin remplissait cette condition, et, comme il était industriel et d’une fabrication uniforme, on l’adopta pour la construction des thermomètres de premier ordre du Bureau international, ainsi que pour ceux qui étaient destinés à accompagner les mètres. Beaucoup plus tard, les recherches qui, de Berlin, avaient été transportées à léna, dans le beau laboratoire que dirige M. Schott, firent
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- trouver un verre encore sensiblement plus invariable, qui a été adopté en Allemagne pour la thermométrie. Malheureusement, ce verre, qui est un silico-bo-rate, est difficilement attaqué par l’acide fluorhydrique, qui ronge à la fois la tige du thermomètre et le vernis servant à la protéger en dehors des traits, de telle sorte que ces derniers sont généralement un peu empâtés. Ces difficultés n’ont pu être surmontées que récemment.
- Les études préliminaires une fois terminées, on commença, au Bureau international, l’examen régulier des nombreux thermomètres, d’un modèle uniforme, destinés à servir dans les instruments du Bureau, ou à être livrés aux Etats signataires de la Convention, en même temps que les mètres étalons; puis, ce service, une fois organisé, se perpétua en vue de la fourniture de thermomètres de premier ordre aux établissements scientifiques; nous verrons plus loin que ces études ont été fort utiles pour l’unification de la mesure scientifique des températures. Grâce à l’examen constant et sévère des instruments livrés par les premiers constructeurs, M. Tonnelot au début, M. Baudin plus tard, la fabrication du thermomètre à mercure n’a cessé de progresser, et a atteint aujourd’hui un degré de perfection qu’il sera bien difficile de jamais dépasser sensiblement.
- ÉTUDE DU THERMOMÈTRE A MERCURE
- La température que définit le thermomètre à mercure est donnée par la dilatation relative du mercure dans le verre, rapportée à la dilatation mesurée entre la température de la glace fondante et la température de la vapeur d’eau en ébullition sous la pression atmosphérique normale.
- Lorsqu’on applique cette définition théorique à un instrument réel, on fait implicitement les hypothèses suivantes : les points marqués 0 et 100 correspondent aux températures 0° et 100°; les divisions gravées sur l’échelle indiquent des fractions du volume du tube proportionnelles à leur rang; le réservoir et le mercure n’éprouvent pas d’autres variations que celles qui sont dues au changement de la température; en d’autres termes, les pressions agissant à l’intérieur et à l’extérieur du réservoir sont constantes.
- En pratique, aucune de ces conditions n’est remplie, et l’étude du thermomètre consistera à déterminer toutes les corrections qui, appliquées aux lectures, les amènent à ce qu’elles seraient si l’instrument était théoriquement parfait.
- La façon dont on doit entendre la dilatation du verre est indiquée par le précepte donné plus haut sur la série des opérations, consistant à déterminer le zéro api'ès la température mesurée.
- Les quatre causes d’erreur qui viennent d’être indiquées imposent un nombre égal d’études distinctes : calibrage, détermination de l’intervalle fondamental,
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- détermination de l’action des pressions extérieures et intérieures. Nous allons les passer en revue.
- Calibrage. — Le thermomètre étant complètement terminé et pourvu d’une division équidistante faite à la machine à diviser, on commence par isoler, à l’intérieur du tube, par une opération qui demande une certaine pratique, une colonne de mercure ayant une longueur approximativement déterminée d’avance, et prescrite parun diagramme particulier. On place le thermomètre sur l’appareil représenté figure 9, et, à l’aide de viseurs, on détermine la longueur de la colonne en divers points du tube, en la rapportant à la division du thermomètre. Cette opération est faite à l’aller et au retour pour éliminer les variations de la
- Fig. 9. — Appareil pour le calibrage des thermomèlres.
- température, et dans les calibrages importants, elle est répétée plusieurs fois. A la rigueur, ces observations suffiraient pour donner les corrections en des points distants de la longueur de la colonne, mais elles seraient sans contrôle. Pour en créer un, on répète les mesures avec une colonne de longueur double, puis avec une de longueur triple, etc., et toutes les observations sont ensuite combinées entre elles. Puis, pour terminer, on subdivise le plus souvent en un certain nombre de parties, par un calibrage serré, les sections dont les corrections extrêmes ont été ainsi déterminées.
- Par exemple, lorsqu’un thermomètre porte une division non interrompue de 0 à 100, on isole d’abord une colonne de 20 degrés, puis une de 40, etc., et on effectue les observations dans les positions suivantes :
- Colonne de 20 0.20 20.40 40.60
- 60.80
- 80.100
- Colonne de 40.
- 0.40
- 20.60
- 40.80
- 60.100
- Colonne de 00 0.60
- 20.80
- 40.100
- Colonne de 80. 0.80
- 20.100
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- On obtient, de cette façon, les corrections des points 20, 40, 60, 80, celles des points 0 et 100 étant supposées connues.
- Ensuite, on isole des colonnes de 2 degrés, 4 degrés, etc., qui servent aux observations indiquées ci-après :
- Colonne de 2. Colonne de 4. Colonne de 6. Colonne de 8
- 0.2 0.4 0.6 0.8
- 2.4 2.6 2.8 2.10
- 4. G 4.8
- 6.8 16.20 14.20
- 18.20
- 20.22 20.24 20.26
- 22.2 i 22.26 22.28
- Lorsque, de cet important ensemble d’observations, on a tiré les valeurs des corrections de 2 en 2 degrés, on trace une courbe qui les réunit d’un trait continu, et sur laquelle on lit les corrections de toutes les divisions, généralement en dixièmes de degré.
- Un thermomètre du modèle que nous venons de supposer est forcément d’assez notables dimensions; il est d’un maniement difficile et dangereux pour un opérateur peu exercé. Aussi, lorsqu’on n’a en vue qu’une région restreinte de températures à mesurer, il convient d’y adapter le thermomètre en supprimant les parties superflues de l’échelle. Dans l’établissement des modèles adaptés à chaque cas particulier, il ne faut pas perdre de vue que le thermomètre, s’il est destiné à constituer un instrument indépendant, doit porter les points 0 et 100, et toutes les parties de l’échelle qui sont nécessaires pour rapporter à ces points fixes la portion que l’on veut utiliser. Les portions supprimées sont remplacées par des ampoules, que les constructeurs habiles arrivent à ajuster avec une surprenante exactitude.
- Ainsi, un thermomètre peut porter une division continue de 0 à 60, puis une ampoule, et immédiatement au-dessus le point 100. On déterminera, avec des colonnes ayant approximativement 50 degrés, la différence entre les sections (0. 60), (50. 100), d’où on déduira la correction du point 50. Puis on calibrera la partie inférieure comme on l’a vu faire pour le thermomètre continu. La figure 10 donne un certain nombre de modèles de thermomètres à division réduite, susceptibles d’èlre calibrés.
- La précision d’un calibrage bien fait est très grande, comme l’indiquent les écarts entre les résultats directement observés et les résultats calculés par des observations en très grand nombre, et se contrôlant mutuellement. Dans on
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- problème physique aussi simple, qui se réduit, à proprement parler, à une question de géométrie, les erreurs probables ont une signification réelle, et
- Fig. lu. — Thermomètres à mercure de divers modèles.
- A à -J. Th^rmomètrcs-cRalous susceptibles d’être entièrement corrigés par une étude individuelle. K à M. Thermomètres exigeant une comparaison.
- donnent une limite vraie de la précision des résultats. Mais, par surcroît, de nombreux calibrages ont été répétés par des observateurs différents, et il est
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- devenu certain que, dans un thermomètre très bien fait, divisé en dixièmes de degré, calibré par une bonne méthode et par un observateur exercé, aucune
- Fig. 11, 11 bis et 11 ter. — Appareil servant à la détermination du point 100, des thermomètres à mercure; ensemble et détails.
- des corrections de calibre ne comportera une erreur supérieure à vn millième de degré.
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- Détermination des points fondamentaux. — Le thermomètre T est d’abord exposé à la vapeur d’eau en ébullition dans un appareil dérivant de celui de Régnault, et qui, dans un modèle établi principalement parM. P. Chappuis, se compose (fig. 11, 11 bis et 11 ter) d’un tube à doubles parois A, monté sur un axe creux B que portent des paliers Mn Mo, réunis à une chaudière G et à un condenseur E. La vapeur, passant par un des paliers, parcourt la moitié de l’axe, coupé au mdieu, entre dans le tube intérieur qu’elle suit dans toute sa longueur, redescend par le manchon extérieur, se condense et retombe au fond de la chaudière. Le tube peut tourner autour de l’axe creux et être placé verticalement ou horizontalement ou dans toute autre direction. De la sorte, on peut déterminer directement l’action de la pression exercée sur le mercure et le réservoir par la colonne atteignant le point 100. L’appareil porte un manomètre à eau II indiquantla surpression intérieure. La pression atmosphérique est déterminée immédiatement avant la lecture du thermomètre. On choisit, pour ces observations, des journées où le baromètre n’éprouve pas de grandes variations.
- Aussitôt retiré de l’appareil à ébullition, le thermomètre est plongé dans de la glace râpée, abondamment trempée d’eau, et contenue dans une cloche de verre généralement double A (fig. 12) ; il est doucement pressé, par le ressort C, contre les fourchettes B. L’observation du point 0 peut être faite au bout de une à deux minutes d’immersion.
- Coefficient de pression extérieure. — Nous venons de voir qu’on peut déterminer l’action de la pression intérieure en même temps que le point d’ébullition. Mais il vaut mieux déduire cette aciion du coefficient relatif à la pression extérieure, en se servant des formules de l’élasticité.
- Pour cette détermination, le thermomètre est enfermé dans un tube de
- FÎ2‘. 12.
- Appareil servant à déterminer le point 0 des thermomètres à mercure.
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- verre T contenant du mercure dans plir avec de la glycérine. Ce tube porte deux robinets qui permettent de le mettre en communication avec l’atmosphère ou avec un réservoir dans lequel on a fait le vide à l’aide de la trompe à eau. Le réservoir du thermomètre plonge dans le mercure, qui égalise la température. Le tube est entouré d’eau à la hauteur du réservoir, ce qui permet d’éviter les variations rapides de la température. Les observations sont faites alternativement sous des pressions très ditférentes, mesurées au moyen d’un manomètre M, et combinées de manière à éliminer la marche de la température et les erreurs d’observation.
- Je n’insisterai pas sur certaines actions auxquelles le thermomètre est soumis, telles que la variation de courbure du ménisque, qui occasionne des changements appréciables de la pression, dont il faut tenir compte dans les observations de très haute précision, et qui limitent la possibilité d’allonger
- le fond (fig. 13), et que l’on a achevé de rem
- J3. — Appareil pour la détermination du coefficient de pression des thermomètres à mercure.
- indéfiniment le degré du thermomètre. En effet, plus le tube est fin, plus ces ac-
- tions sont marquées; et, comme il n’est jamais possible de les éliminer complètement, on atteint bientôt des erreurs supérieures à celles des lectures.
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- Comparaisons. — Par la série des opérations qui viennent d’être décrites, on détermine les corrections qui, appliquées à un thermomètre forcément imparfait, en font un instrument idéal. Mais on ne peut pas affirmer a priori que deux instruments ainsi corrigés fourniront des indications identiques; une épreuve directe peut seule renseigner sur la concordance de ces indications (1).
- Comme on l’a vu plus haut, les comparaisons exécutées au Bureau international entre des thermomètres faits avec les verres anciens et d’une construction assez imparfaite avaient fait naître l’espoir de constater une bonne concordance des thermomètres lorsqu’on opérerait dans des conditions plus parfaites.
- En 1884, je comparai entre eux cinq thermomètres en verre dur, deux à deux en série fermée à des températures comprises entre 0° et 3o°, et variant de 5 en S degrés. L’erreur probable moyenne de l’indication d’un thermomètre, par rapport à la moyenne de l’ensemble, fut trouvée égale à quinze dix-millièmes de degré. L’année suivante, opérant avec des thermomètres encore mieux construits et plus parfaitement étudiés, M. Chappuis obtint, entre —10° et 78°, une concordance presque deux fois meilleure. Depuis cette époque, des comparaisons sans nombre ont été faites entre des thermomètres étudiés individuellement, toujours avec le même succès. On peut en conclure que l’échelle du thermomètre à mercure, fait avec un verre de composition déterminée, est la même pour tous les instruments dans les limites de précision des meilleures observations.
- Si les thermomètres sont faits avec des verres différents, leurs indications divergent à toute température à l’exception de 0° et 100°; mais les divergences suivent une allure parfaitement régulière, et on réussit généralement à rassembler, dans une formule du deuxième ou du troisième degré, un très grand nombre d’observations réparties sur tout l’intervalle [0-100], avec des écarts ne dépassant pas en moyenne le millième de degré (2).
- Ces résultats portent avec eux la réhabilitation complète du thermomètre à mercure, et la réfutation des opinions anciennes, qui le représentaient comme un instrument capricieux et fantasque, sur lequel on ne pourrait jamais fonder une mesure précise de la température.
- Les expériences systématiques de comparaison des thermomètres avaient été exécutées sur des instruments neufs. Ne pouvait-on pas craindre qu’en vieillissant
- (1) Voir note p. 38.
- (2; Ainsi, les comparaisons que j'ai faites, en 1883, entre deux lliermomèlres en cristal et deux en verre dur, à treize températures comprises entre 0° et 30°, ont conduit à la formule très simple
- te — tv=t (100 — t) (14,126 — 0,0311 t) 10—6, qui représente toutes les observations avec un écart moyen de 0,0009 deyré.
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- ils ne donnent des résultats différents? L’épreuve a été faite pour chacune des corrections isolées, sur de nombreux thermomètres étudiés à plus de dix ans d’intervalle, sans que jamais, dans des instruments qui n’avaient pas été soumis à des températures élevées, on pût soupçonner, en dehors des variations de la position du point zéro, des changements qui pussent faire supposer que l’instrument s’était modifié.
- Cet ensemble de résultats a une importance considérable. Le fait qu’un thermomètre reste comparable à lui-même dispense d’études répétées. La concordance de différents instruments, à la seule condition qu’ils soient fabriqués avec le même verre, permet de limiter l’étude de chaque thermomètre à l’examen individuel de ses erreurs, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à un thermo-mètre-étalon ou à un thermomètre à gaz pour les établir.
- Tout laboratoire possédant les appareils d’étude individuelle des thermomètres pourra, dès lors, transformer un instrument imparfait en un indicateur parfait des températures, sans qu’il soit nécessaire d’établir la valeur de ses indications par des comparaisons.
- Môme pour les thermomètres que l’on désire soumettre au Bureau international, dont le personnel est rompu à ce genre d’études, le fait d’être dispensé des comparaisons constitue un gain considérable. La comparaison de deux thermomètres à mercure entre eux, avec une précision de l’ordre du millième de degré, est beaucoup plus laborieuse qu’une étude individuelle. La détermination directe par le thermomètre à gaz comporte des complications d’un tout autre ordre, comme nous allons le voir.
- Mais l’étude individuelle d’un thermomètre à mercure, tout en faisant, d’un instrument imparfait, un indicateur correspondant à sa définition théorique, est impuissant à renseigner sur la signification véritable de ses indications. La dilatation relative du mercure dans le verre n’est pas un phénomène sur lequel on puisse fonder une échelle rationnelle des températures (1), pour l’établissement de laquelle il faut nécessairement avoir recours au thermomètre à gaz. Cependant, le problème se pose maintenant sous une forme infiniment plus avantageuse qu’autrefois. Les thermomètres du même verre donnant des indications
- (1) Il convient de s’entendre sur cette affirmation. Si l’on connaissait, avec une précision absolue, les fonctions donnant la dilatation du mercure et du verre dans un intervalle de température étendu, et comprenant en tous cas les points 0° et 100°, rien ne serait plus facile que de calculer une échelle rationnelle en partant des indications du thermomètre à mercure. Mais la théorie montre que, au degré de précision exigé aujourd’hui, cette échelle dépend des termes supérieurs des fonctions de dilatation, qu’aucune méthode directe n’a permis d’évaluer jusqu’ici. En réalité le calcul direct n’est pas absurde, mais il manque totalement de sensibilité. (Voir Traité de thermométrie, p. 268.)
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- concordantes, il suffira d’en comparer un groupe au thermomètre à gaz pour que les, écarts trouvés s’appliquent immédiatement à tous les thermomètres de même espèce dont on n’aura fait que l’étude individuelle.
- LE THERMOMÈTRE A GAZ
- La définition des températures par la dilatation des gaz a eu une foi tune singulière. A l’époque où, pour la première fois, Gay-Lussac trouva que les divers gaz soumis à ses expériences possédaient la même dilatabilité, il commettait, sur la valeur moyenne de cette grandeur, une erreur de 2 à 3 p. 100 environ, et ce fut, comme dans l’exemple célèbre des lois de Kepler, le peu de précision de ses mesures qui lui permit d’énoncer une loi dans la vérification de laquelle les erreurs couvraient très largement les écarts réels.
- Ayant découvert cette relation approximative, Gay-Lussac pensa qu’en définissant arbitrairement les échelles thermomélriques par la dilatation d’un gaz quelconque, on ferait disparaître la diversité des mesures usitées jusque-là. Gomme, d’autre part, la loi de Mariotte devait rester longtemps encore incontestée, il était indifférent de rapporter les températures à la dilatation réelle d’un gaz soumis à une pression constante, ou à la variation de sa force élastique sous uu volume constant. La pensée de Gay-Lussac n’alla pas au delà de cette conception, pour ainsi dire administrative, d’une unification possible grâce à une heureuse coïncidence qui semblait bien cacher une loi naturelle.
- C’est ainsi que, pendant plus d’un siècle, les physiciens rapportèrent les températures au thermomètre à gaz, on vertu d’une simple convention, et par une entente tacite.
- Puis, presque en même temps, le développement de la Thermodynamique d’une part et les expériences précises de Régnault d’autre part firent voir que, dans la dilatation d’un gaz, il y avait plus qu’une relation de hasard avec une échelle rationnelle des températures, mais que les écarts de la loi de Mariotte, et les différences dans la dilatabilité de divers gaz obligeaient à regarder de près la définition empirique de Gay-Lussac. On conçut le gaz parfait, défini par une série de propriétés dont les gaz réels s’approchent plus ou moins entre certaines limites de température et de pression, et on arriva, en tenant compte des écarts mesurables des propriétés réelles des gaz par rapport à l’état parfait, à définir une échelle indépendante de la considération de tout corps réel, et dont la dilatation de chaque gaz donnait une image plus ou moins approchée. Je reviendrai sur ces considérations; mais il nous suffit de savoir, pour le moment, que la dilatation d’un gaz peut permettre de définir pratiquement, au moyen d’une correction expérimentale, une échelle thermométrique fondée sur la thermodynamique, et ayant une existence théorique réelle, indépendante des
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- propriétés de la matière. D’après ce qui vient d’être dit, nous saurons que la dilatation d’un gaz sera d’autant plus exactement proportionnelle à la température exprimée dans celte échelle que ce gaz sera plus voisin de l’état parfait, c’est-à-dire, au moins pour une première classification, qu’il sera plus éloigné de sa liquéfaction. L’ensemble de nos connaissances sur les gaz nous fera présumer que l’hydrogène doit fournir une échelle très voisine de l’échelle thermodynamique, et que les autres gaz difficilement liquéfiables, tels que l’oxygène et l’azote, s’en éloigneront davantage ; enfin, que des gaz tels que l’acide carbonique, l’anhydride sulfureux, le gaz ammoniac, donneront des divergences plus grandes encore. Nous pourrons penser aussi que les échelles iront en divergeant de moins en moins à mesure que la température s’élèvera, c’est-à-dire qu’on s’éloignera davantage des conditions de la liquéfaction.
- Description du thermomètre à gaz. — On peut concevoir le thermomètre à gaz sous deux formes distinctes : on peut utiliser soit la dilatation réelle du gaz, soit sa variation de pression, et, à première vue, des raisons de pratique expérimentale devront seules décider du choix de la méthode.
- Or, comme il est relativement difficile de mesurer un volume, tandis que la mesure d’une pression est une opération aisée, on préfère, en général, maintenir le gaz sous un volume que l’on maintient artificiellement constant en faisant varier la pression qu’il supporte, et que l’on détermine à chaque température.
- Un thermomètre à gaz se compose nécessairement d’un réservoir contenant le gaz, et d’un manomètre auquel il est relié. Le réservoir est soumis à la température à mesurer, le manomètre y est soustrait. Tous deux sont réunis par un tube, dont la température, variable d’un bout à l’autre, est généralement assez mal connue, et que Ton fait aussi étroit que possible, pour laisser une très petite fraction du volume du gaz dans ces conditions défectueuses au point de vue de la mesure. Le volume de ce tube, avec la chambre dans laquelle il débouche dans le manomètre, constitue ce qu’on appelle Xespace nuisible. L’incertitude résultant de cet espace insuffisamment défini tient, non point à son volume absolu, mais au quotient cle ce volume par celui du réservoir exposé à une température uniforme; donc, lorsqu’on aura réduit au minimum le volume de l’espace nuisible, on améliorera encore les conditions, en donnant au réservoir la plus grande capacité possible.
- Au Bureau international des poids et mesures, les premières recherches sur le thermomètre à gaz ont été faites par M. Peruct; le réservoir de son thermomètre était en verre, et était relié au manomètre par un tube de platine; un baromètre placé à côté du manomètre, sur le môme socle, indiquait la pression agissant sur la branche ouverte du manomètre. On fixait la position des ménisques en visant, au moyen d’un calhétomèlre à trois lunettes, le milieu de l'espace compris entre une pointe très fine en verre noir, et son image dans le ménisque
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- de mercure, qu’on amenait, par le déplacement d’un réservoir latéral, à une distance de quelques centièmes de millimètre de la pointe. Les mesures, faites successivement sur les quatre ménisques, étaient reportées sur une règle divisée, suspendue à côté du baromètre.
- Après avoir étudié, avec un soin extrême, un certain nombre de thermomètres à mercure, M. Pernet les compara au thermomètre à gaz, à des températures comprises entre 0° et 35°. Ces mesures remontent à l’époque où. l’on commençait à substituer le verre dur au cristal dans les thermomètres à mercure, et se rapportent, pour la plupart, à des instruments à enveloppe de cristal; mais si elles ont perdu, de ce fait, une partie de l’importance qu’elles avaient alors, il faut reconnaître que, par les nombreuses recherches de détail auxquelles elles ont donné lieu, elles ont conduit à des perfectionnements divers et considérables dans la mesure des pressions, dans les procédés de comparaison, etc., en même temps qu’elles ont fourni un premier exemple de mesures dans lesquelles il ait été tenu compte de toutes les causes des erreurs que l’on considère encore aujourd’hui. M. Pernet, appelé à d’importantes fonctions à l’Institut physico-technique de l’Empire d’Allemagne, puis à l’Ecole polytechnique fédérale, n’eut pas l’occasion de reprendre ses recherches et de les étendre aux thermomètres en verre dur.
- Peu après son départ, la suite de ces mesures fut confiée à M. P. Ghappuis, qui put d’emblée les entreprendre dans des conditions plus favorables, en raison des progrès réalisés, dans l’intervalle, dans la construction du thermomètre à mercure. M. Chappuis facilita considérablement le travail en introduisant, dans la construction de l’appareil, une simplification ingénieuse consistant à faire plonger le tube du baromètre dans la branche ouverte du manomètre. De cette façon le ménisque libre du manomètre se confondait avec le niveau du baromètre dans la cuvette, et, de plus, la branche fermée de ce dernier, recourbée au-dessus du manomètre, permettait une lecture simultanée des ménisques, sans que le cathétomètre eût besoin d’être déplacé.
- La figure 14 représente l’appareil destiné à la mesure des pressions. Le baromètre B est porté par un écrou e que commande une vis; il plonge dans la branche m du manomètre, tandis que la branche mr, qui lui est reliée par un petit tube, peut servir comme cuvette du baromètre, si l’on désire employer l’appareil pour la mesure de la pression atmosphérique. La pièce d’acier P, dont le détail est donné dans la figure 13, relie ce tube à la branche fermée n du manomètre, au sommet de laquelle débouche le tube c transmettant la pression du gaz; elle porte une pointe d’émail très fine servant de repère. Un réservoir latéral, que l’on peut déplacer d’un mouvement lent ou rapide à la main ou à l’aide d’une vis, permet d’amener toujours le ménisque inférieur à l’affleurement de la pointe. En déplaçant verticalement le baromètre on peut amener
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- l’une des pointes tout près du ménisque supérieur. Ce détail de la pièce
- ‘.'Cl \N r\ u L. I
- Fig. 14. — Manomètre du thermomètre à gaz. Fig. 15 et 15 bis. — Détail du manomètre.
- d’acier reliant les deux branches du manomètre est donné dans la figure lo bis.
- Tome 101. — 2° semestre. — Octobre 1901. 30
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- Eig. 16. — Grand thermomètre à gaz construit par M. 1\ Chappuis.
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- La figure 16 montre l’ensemble de l’appareil, avec le cathétomètre à trois lunettes, monté sur un monolithe, la règle qui se trouve sur la gauche du manomètre, le réservoir en platine iridié, de 1 litre de capacité V, les chaudières G et G', surmontées de réfrigérants R et R;, et un couvercle formant, avec l’auge inférieure, une étuve dans laquelle le thermomètre à mercure et le thermomètre à gaz peuvent être chauffés dans une vapeur convenablement choisie. La même étuve sert à déterminer le point 100 du thermomètre à gaz; dans ce cas, il est nécessaire de tenir compte de la pression à l’intérieur de l’étuve, indiquée par le manomètre à eau e.
- Les observations dans les vapeurs ont été cependant exceptionnelles ; en général, elles étaient faites dans un liquide remplissant l’auge, et dans lequel plongeaient à la fois le réservoir Y et les thermomètres à mercure.
- Le tube d sert à introduire le gaz dans l’appareil.
- Résultats. — Il est superflu d’insister sur les précautions minutieuses qui furent prises pour remplir le réservoir de divers gaz purs et parfaitement secs, sur la détermination très soignée des constantes de l’instrument, notamment de la dilatation du réservoir et de son coefficient de pression, signalée pour la première fois par M. Pernet, et les nombreuses corrections que nécessite le calcul exact de ia température lorsque les pressions brutes ont été mesurées.
- Je dirai seulement que, dans une première recherche on compara à un grand nombre de températures comprises entre — 25° et + 100°, deux séries de quatre thermomètres à mercure parfaitement étudiés, au thermomètre à gaz rempli successivement d’hydrogène, d’azote et d’acide carbonique. On établit ensuite des formules de réduction des thermomètres à mercure, à chaque thermomètre à gaz, déduites de l’ensemble des mesures, et dans lesquelles les écarts entre les observations directes et le calcul restèrent dans les limites de quelques millièmes de degré. On put alors, en combinant ces diverses formules entre elles, déterminer les écarts entre différents thermomètres à gaz. Enfin, en les rapprochant des expériences précédemment décrites, on put exprimer, en fonction du thermomètre à hydrogène, les marches des thermomètres à mercure construits avec des verres différents (1).
- Le diagramme (fig. 17) résume cet ensemble d’expériences, en montrant quels sont Jes excès des indications fournies par chacun des thermomètres portés au diagramme, en fonction des indications du thermomètre à hydrogène, qui se confondent avec l’axe des abscisses.
- (I) L’écart entre les indications du thermomètre en verre dur et celles du thermomètre à hydrogène est exprimé, conformément aux expériences de M. Chappuis, entre —23°et+ 100° par la formule :
- P — T* = f(100 — fr) (61,839 — 0,4733 tv + 0,001138 ^)10~6
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- Les expériences qui viennent d’être décrites montraient, d’une façon précise, la grandeur des écarts entre les lois de la dilatation des divers gaz, et rendaient plus évidente la nécessité de choisir le gaz à la dilatation duquel les températures seraient dorénavant rapportées. Pour les raisons qui ont été indiquées précédemment, le Comité international des Poids et Mesures arrêta son choix sur le thermomètre à hydrogène, et décida de rapporter, pour tout son service, les températures à ce thermomètre, dont l’ensemble des indications constitue ce qu’on est convenu d’appeler Xéchelle normale des températures (1). Cette décision a été généralement acceptée par les physiciens, et même l’échelle normale a reçu la sanction légale dans un grand nombre de pays, en même
- Crista./
- Tristard^-
- Azote
- Fig. 17. — Divergences de divers thermomètres.
- temps que les étalons du mètre et du kilogramme dont on parlera ultérieurement.
- Une seule question se pose encore au sujet de l’échelle thermométrique normale : Quel écart présente-t-elle par rapport à l’échelle thermodynamique ? A cette question, il n’est pas encore possible de répondre d’une façon précise et définitive ; mais les points de repère que l’on possède actuellement permettent d’affirmer que, entre 0° et 100°, le plus grand écart est certainement inférieur à un demi-centième de degré, et serait même, d’après plusieurs auteurs, inférieur au millième. Si donc on juge utile un jour de substituer à l’échelle normale l’échelle théorique, on n’aura plus à modifier que d’une quantité presque insignifiante les résultats exprimés en fonction de la première.
- Recherches sur h équation caractéristique des gaz. — Les travaux qui viennent d’être résumés avaient conduit, dès l’année 1887, à une première étape assurant
- (1) Le Comité international a défini plus complètement l’échelle normale, en spécifiant que la pression de l'hydrogène à 0° doit faire équilibre à une colonne de mercure de 1 mètre de hauteur.
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- à la thermométrie une suffisante stabilité ; elles furent bientôt complétées par d’autres mesures destinées à faire mieux connaître les propriétés élastiques et thermiques des gaz. Ces mesures, faites en entier par M. Chappuis, ont fourni des résultats qui constituent un précieux contrôle des recherches théoriques concernant l'équation caractéristique. Ces dernières, prises dans leur ensemble, sont de deux ordres distincts; les unes font intervenir, avec une précision moyenne, les propriétés des gaz dans un intervalle de température étendu, et sous de très fortes pressions. Leur point de départ est la loi de Aan der Waals, et celles qui en sont dérivées; leur meilleur point d’appui expérimental se trouve dans les admirables recherches de M. Amagat. Les autres entrent dans le petit détail des phénomènes, et les considèrent, pour le moment, dans des limites
- Fig. 18.
- encore étroites de pression, ayant en vue surtout l’extrapolation vers les pressions très faibles, où les gaz deviennent de plus en plus parfaits ; c’est à ce genre de recherches que se rapportent les mesures de M. Chappuis.
- Je renverrai, pour le détail de ces mesures, cà des publications en préparation et à une note présentée par M. Chappuis au Congrès international de physique, de 1900 (1) ; mais il convient de mentionner qu’elles ont porté essentiellement sur l’échelle thermométrique fournie par les trois gaz précédemment étudiés, observés sous pression constante ou sous volume constant, entre 0° et 100° en partant de pressions initiales variables.
- En limitant les mesures sous pression constante à. un petit nombre de températures, M. Chappuis a pu obtenir une précision élevée. L’artifice est le suivant : Entre le réservoir proprement dit du thermomètre à gaz et le manomètre,
- (I; Rapports présentés au Congrès international cle Physique [réuni à Paris en 1900, t.I,p. 131.
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- on intercale un appareil en verre V (fig. 18), composé d’une ou de plusieurs boules successives, reliées par des tubes étroits portant un trait d’affleurement d. Le volume de chacune des boules a été mesuré avec précision, et les températures sont réglées de manière que le mercure affleure toujours au trait.
- Ayant ainsi examiné le thermomètre à hydrogène sous des pressions initiales, comprises entre 1 mètre et lm,39 de mercure, dans des réservoirs de platine iridié et de verre, M. Chappuis trouva, pour tous, des indications identiques dans les limites des erreurs d’observation.
- Il n’en est pas de même des autres thermomètres, qui, pour des pressions initiales diverses, diffèrent d’autant plus que le gaz est à un état plus éloigné de l’état parfait. Nous pouvons donner, à titre d’exemples, quelques-uns des résultats obtenus dans ces mesures. Le diagramme (fig. 19) montre les diffé-
- Fig. 19.
- rences entre le thermomètre à hydrogène, représenté par l’axe des abscisses, et le thermomètre à azote sous volume constant et sous pression constante, cette dernière étant de 1 mètre de mercure à toute température dans le second cas, et de 1 mètre à 0° dans le premier.
- Des résultats analogues sont contenus dans le diagramme (fig. 20) pour le thermomètre à acide carbonique sous diverses pressions.
- Les relations exprimées par le diagramme (fig. 19) sont sensiblement linéaires à partir de 60° environ. Si donc on déterminait l’intervalle fondamental du thermomètre entre 100° et 200° par exemple, on aurait, pour toutes les températures supérieures à 60°, une concordance presque parfaite entre le thermo_ mètre à azote sous les pressions ordinaires et l’échelle normale. Aux températures inférieures, le-thermomètre à azote donnerait des indications plus basses, et qui, à 0°, atteindraient deux centièmes de degré. En corrigeant de cette quantité la position du zéro d’un thermomètre à azote, sous la pression précédemment indiquée, on amènera ce dernier à la concordance avec le thermomètre à hydrogène à toutes les températures élevées.
- Cette remarque a une importance considérable, car l’hydrogène, traversant tous les corps chauffés, est impropre à la pyrométrie; mais il peut être remplacé
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- par l’azote, sans qu’il en résulte d’erreur appréciable dans la détermination des températures.
- Les expériences qui viennent d’être décrites permettent de calculer, par extrapolation, le coefficient limite de dilatation des gaz étudiés, c’est-à-dire le coefficient correspondant à une pression infiniment faible, qu’il est impossible de déterminer directement.
- On trouve ainsi :
- Gaz Dilatation limite
- Hydrogène..................................... 0,003 662 5
- Azote........................................ 0,003 661 3
- Ces nombres sont extrêmement voisins l’un de l’autre (1), et comme l’extrapolation les rend un peu incertains, ils peuvent être considérés comme prati-
- AT
- ni. Pc.
- I-P.C.
- Fig. 20.
- quement identiques; ils font donc reparaître la loi de Gay-Lussac non plus sous sa forme primitive d’une loi générale, mais comme une loi limite.
- Mesure des températures basses. — En possession des résultats qui viennent d’être rapidement énumérés, on put songer à étendre les recherches thermométriques à des régions où n’avaient pas encore pénétré les mesures de précision. D’ailleurs, l’occasion ne s’en fit pas attendre. En septembre 1888, le Comité international de Météorologie, réuni à Zurich, décida de s’adresser au Comité des Poids et Mesures pour le prier de faire exécuter des expériences en vue de faciliter la mesure des températures les plus basses que l’on atteigne à la surface de la terre. Cette étude n’était pas superflue, même pour la météorologie, qui, cependant, ne peut pas prétendre encore à une haute précision. En
- 1) Le même résultat numérique a été trouvé récemment, pour l’hydrogène,à la Chambre centrale des Poids et Mesures de l’Empire russe, par M. J. Lebedefî.
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- effet, la construction des thermomètres à alcool était, à cette époque, si peu réglée, que des thermomètres livrés par divers constructeurs renommés pouvaient parfaitement différer entre eux de o ou 6 degrés à la température de — 70°, que l’on avait observée au centre de la Sibérie. L’étude de la haute atmosphère, qui commençait à préoccuper les météorologistes, rendait l’établissement d’une bonne mesure des basses températures plus actuelle et plus nécessaire.
- A cette époque, on en était encore à l’opinion exprimée, Vers 1840, par Isidore Pierre, qui considérait l’alcool comme le meilleur liquide thermométrique aux basses températures. Mais, depuis lors, toute la chimie organique avait été créée, et fournissait d’innombrables liquides incongelables aux températures qu’il s’agissait de mesurer. Les dérivés de la benzine semblèrent, dès l’abord, particulièrement intéressants, et, à la suite d’études préliminaires faites par M. Chappuis et moi, nous nous arrêtâmes provisoirement, sur le conseil de M. Louguinine, au toluène, qui présente sur l’alcool les avantages suivants : sa température d’ébullition sous la pression atmosphérique est voisine de 111° ; à l’état parfaitement anhydre, il est encore fluide à — 120° ; à toute température, sa
- A . B
- Fig. 21. — Thermomètre à toluène.
- fluidité est beaucoup plus grande que celle de l’alcool, assurant la descente bien plus rapide du liquide, dont les parois restent humectées lorsque la température baisse ; enfin, bien que très avide de faibles traces d’eau, il en est bientôt saturé, et cesse d'attirer l'humidité alors que l'alcool s’hydrate indéfiniment.
- Les thermomètres types à toluène furent construits conformément à la figure 21. Ils furent divisés en parties équidistantes chiffrées arbitrairement, et remplis d’abord de mercure, puis calibrés. On déterminait le volume des ampoules par des opérations spéciales, puis on ouvrait le thermomètre par le haut, on en retirait le mercure, et on le remplissait de toluène, de telle sorte que, à la température de 0°, le niveau du liquide atteignît la région A. L'ampoule avait été ajustée de façon que le point 100 fût dans la région B.
- L’étude individuelle des thermomètres s’achevait, comme pour ceux à mercure, par une détermination de l’intervalle fondamental et du coefficient de pression; mais ici, la compressibilité du liquide est plus importante que la déformation du réservoir. Le thermomètre étant nécessairement rempli d’air, la pression intérieure est variable, mais l’ampoule supérieure sert à atténuer ces variations, que l’on peut calculer aisément, les divisions tracées à l’extrémité de la tige permettant d'en déterminer exactement le volume.
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- L’expérience acquise sur ies thermomètres à mercure ne laissait aucun doute sur la concordance que donneraient, en principe, les thermomètres à toluène ; mais il restait à déterminer les limites de la précision qu’ils permettent d’atteindre. Les comparaisons, faites dans un bain d’alcool refroidi par l’acide carbonique, conduisirent au résultat très satisfaisant d’une concordance comprise toujoursdans le vingtième de degré jusqu’à — 7o°.
- La dilatation du toluène est loin de suivre une loi linéaire, et diminue rapidement à mesure que la température s’abaisse. Il en résulte que, comme dans les thermomètres similaires, l’espace occupé par un degré devient de plus en plus petit à mesure qu’on descend. Pour déterminer les écarts entre le thermomètre à toluène et l’échelle normale, M. Chappuis construisit un nouveau thermomètre à gaz (fig. 22), fondé sur le même principe que celui qui a été décrit, mais de dimensions réduites, et permettant des lectures plus rapides. Les résultats de ces comparaisons sont donnés dans le diagramme (fig. 23), qui peut servir à corriger les indications d’un thermomètre à toluène quelconque, dont les corrrections individuelles ont été déterminées.
- Les recherches furent ensuite étendues à des thermomètres remplis de xylène, de cymène, de cu-
- Fig. 22. — Petit thermomètre ù gaz.
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- mène, d’éthylbenzine, mais on s’en tint définitivement au toluène. On avait, bien entendu, étudié aussi quelques thermomètres à alcool, pour permettre de réduire les observations anciennes.
- Depuis que les conclusions de ce travail ont été publiées, un grand nombre
- 15 degrés
- Fig. 23.
- de constructeurs ont adopté le toluène pour les thermomètres de précision aux températures basses. Ces thermomètres sont couramment employés aujourd’hui, et certains d’entre eux ont servi à des observations importantes. Je citerai notamment ceux que M. Fridtjof Nansen emporta dans son célèbre voyage dans
- Fig. 24.
- les régions arctiques, et qui, avant son départ, avaient été comparés au Bureau international.
- Mesure des températures élevées. — L’étude du thermomètre à mercure a été poursuivie jusqu’à 200°, et des comparaisons ont été faites entre cet instrument et le thermomètre à gaz jusqu’à cette température. Les résultats furent très satisfaisants jusqu’au delà de 150°; mais, entre 180° et 200°, ils devinrent
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- plus variables, de telle sorte qu’à cette dernière température, le dixième de degré semble à peu près toucher à la limite de ce que le thermomètre à mercure permet vraiment de garantir. Le diagramme figure 24 contient les résultats de ces mesures, réunis à ceux précédemment indiqués.
- Le thermomètre à résistance. — L’étude des procédés électriques de mesure des températures était depuis longtemps inscrite au programme des travaux
- Fig. 23. — Thermomètre à résistance. Fig. 25 bis. — Clef et connexion des bobines.
- du Bureau, lorsque M. Callendar, puis M. Griffiths, de Cambridge, montrèrent, par une étude très soignée de la variation de la résistivité du platine pur, qu’en prenant certaines précautions il était possible d’arriver à rendre à peu près invariables les spirales de ce métal chauffées au delà de 1 000°, et d’obtenir, par ce moyen, une mesure très précise de là température; et, tandis que la méthode thermo-électrique se développait surtout en France et en Allemagne, la méthode des résistances était de plus en plus employée en Angleterre.
- A l’Observatoire de Kew, englobé récemment dans le Laboratoire national
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- du Royaume-Uni, on s’était occupé de la question, et le Comité de la Société Royale, chargé de la surveillance de cet observatoire, avait demandé au Comité international d’entreprendre cette étude en commun.
- En 1897, M. J.-x\. Harker vint à Sèvres, emportant les appareils de mesure électrique construits chez MM. Crompton et Cic, et devint le collaborateur de M. Chappuis pour la comparaison des thermomètres de platine au thermomètre à gaz.
- La figure 25 représente, en demi-grandeur environ, un thermomètre à résistance. Un fil de platine très fin, enroulé sur un croisillon de mica, est prolongé par deux fils plus gros, aboutissant à de petits godets fixés dans une pièce d’ébo-nite. Deux autres fils, réunis entre eux au niveau de la bobine, sont fixés à deux autres godets; le tout est contenu dans un tube de verre ou de porcelaine, que ferme hermétiquement la pièce d’ébonite, munie d’un robinet.
- Dans les comparaisons, la bobine avec les fils de raccordement est introduite dans une branche d’un pont de Wheatstone, tandis que l’autre fil, dans le circuit opposé, sert à compenser la variation de résistance des fils de jonction, dont la température est variable et mal connue. Les connexions sont faites, dans les godets, par un alliage facilement fusible. Le pont est constitué en partie par des bobines de manganine, en partie par une bande du même alliage, sur la tranche de laquelle on déplace le contact amenant l’équilibre. Les clefs mettant les bobines hors circuit sont construites, ainsi que le montre la figure 25 bis, de manière à établir un contact très parfait entre deux joues que l’on serre par une manette agissant sur un plan incliné.
- Dans les expériences faites au Rureau international les comparaisons ont pu être poussées jusqu’au voisinage de 600°, en faisant usage d’un bain de nitre contenu dans une vaste cuve de tôle à triples parois (fig. 26), isolée par de la bourre d’amiante, et chauffée sur tout son pourtour par une rampe de gaz. Les produits de la combustion passent d’abord dans l’enveloppe extérieure, puis descendent le long de la cuve, et sont entraînés au dehors par le tuyau C. Dans le bain se trouvent un agitateur A, et deux tubes de fer contenant les thermomètres.
- Les résultats de ces comparaisons ont confirmé les conclusions de MM. Cal lendar et Griffiths, qui avaient réussi à représenter les écarts entre l’échelle normale et celle du platine, par une formule du second degré, de la forme :
- T — tlit = o T (100 — T).
- Pour divers thermomètres, MM. Chappuis et Harker on trouvé des valeurs de & peu différentes, et dont la moyenne est sensiblement égale à 0,154.10“®. Le diagramme fig. 27 montre la grandeur des écarts entre les deux échelles. La température d’ébullition du soufre donnée par ces mesures est égale
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- à 443°,2 sous la pression atmosphérique normale. Régnault avait indiqué 448°,38; et, en calculant ses expériences par un procédé plus correct, on trouve 447°,31. D’autre part, M. Griffiths avait donné 444°,33.
- SU?!
- fiiiiiPiPl
- Fig. 26. — Appareil pour les comparaisons thermométriques dans du salpêtre fondu.
- Les résultats récents sont sans doute plus exacts que ceux de Régnault, mais l’écart peut sembler encore trop considérable étant donnée la concordance de chacune des séries de mesures; une étude plus parfaite de la dilatabilité des
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- réservoirs de porcelaine des thermomètres à gaz pourra atténuer cet écart (1).
- Résultats accessoires. — Les recherches thermométriques du Bureau international, modestement commencées dans le but de permettre une mesure plus précise des températures ordinaires, ont dépassé, à la fois, considérablement leur programme primitif et l’espoir que l’on avait pu fonder au sujet des progrès qu’elles seraient susceptibles de faire naître. La création d’une échelle normale des températures, le perfectionnement des procédés d’étude des thermomètres à mercure et la détermination de leurs corrections dans un intervalle étendu, le perfectionnement incessant de leur construction à laquelle le Bureau inter-
- Fig. 27.
- national a puissamment contribué par des indications données aux constructeurs, l’adoption du verre dur, la création du thermomètre à toluène, l’étude précise des propriétés élastiques et thermiques des gaz, une détermination très soignée des constantes des thermomètres électriques, tels sont les principaux services rendus à la science par les études thermométriques faites au Bureau international. Mais les résultats de ces recherches ont eu de plus lointaines répercussions. L’étude complète de quatre cents thermomètres de premier ordre, a répandu, dans les laboratoires, les observatoires, les instituts météorologiques ou les services des poids et mesures, des témoins précis do l’échelle normale, et ont permis runification des résultats de toutes les mesures
- (1) Une mesure de la dilatation de la porcelaine dure de la Manufacture royale de Berlin, récemment exécutée par MM. Holborn et Grüneisen, pour des températures comprises entre 0° et 1000° conduirait en effet à abaisser de 0,5 degré le résultat trouvé par MM. Chappuis et Harker.
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- où la température intervient comme l’une des variables. L’importance de cette unification ressortira avec évidence de l’exemple suivant :
- Les valeurs trouvées par des observateurs très habiles pour l’équivalent mécanique de la calorie différaient, jusqu’à ces derniers temps, au delà des limites de précision qu’il semblait légitime d’attribuer à chaque mesure; or, il y a quelques années, l’incertitude dans les échelles thermométriques employées fut signalée comme la cause d’incertitude la plus évidente des résultats. Les thermomètres de Joule ayant été comparés par M. Schuster à un étalon fourni par le Bureau international, ceux du professeur Rowland par MM. Ames et Day, à d’autres de ces étalons, et, d’autre part, M. Griffiths ayant vérifié que ses thermomètres concordaient avec ceux du Bureau, tandis que MM. Schuster et Gannon se servaient d’un de ces instruments dans leurs mesures personnelles, les résultats, qui présentaient de beaucoup trop fortes divergences, en vinrent à concorder sensiblement mieux qu’on n’eût osé l’espérer.
- Par les perfectionnements qu’elle a subis, la thermométrie a pu s’attaquer à de nouveaux problèmes, tels que la mesure des pressions atmosphériques par la température d’ébullition de l’eau, et dépasser de nouveau le baromètre transportable qui avait été, pendant un temps, plus digne de confiance. Puis, comme le baromètre est soumis à l’action de la pesanteur, tandis que le thermomètre est soustrait à son influence, on a pu songer à obtenir, par comparaison d’un thermomètre hypsométrique et d’un baromètre en divers lieux, un moyen rapide de déterminer la valeur de l’aceélération de la pesanteur, avec une précision bien suffisante pour les réductions des météorologistes, sinon pour les études géodésiques proprement dites (1).
- LE BAROMÈTRE
- La description, donnée à propos du thermomètre à gaz, des procédés de mesure des pressions, dispensera d’entrer dans de minutieux détails au sujet du baromètre.
- Dans la mesure de la pression atmosphérique, on peut avoir en vue soit des déterminations rapides, soit des évaluations très précises. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de faire usage de tubes larges, ce qui oblige à employer, pour fixer la position des ménisques, invisibles dans une lunette, l’artifice déjà indiqué, consistant à faire réfléchir dans le mercure une pointe fine en émail noir.
- Dans les baromètres normaux du Bureau international dont l’instrument
- (1) Cette méthode, dont j’ai indiqué le principe dans un rapport présenté en 1886 au Comité international des Poids et Mesures, a été appliquée avec succès à de nombreuses déterminations faites, à l’aide de thermomètres étudiés au Bureau international, par le professeur Mohn, Directeur de l’Institut météorologique de Norvège.
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- Fig. 28. — Baromètre normal et manomètre du Bureau international.
- BB,baromètre: M, manomètre; R, règle divisée; C, cathétomètre; D et E, réservoirs servant à régler la haute du mercure dans le baromètre et le manomètre.
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- La pièce centrale peut tourner sur elle-même, de manière à amener successivement le tube et la règle R dans le champ des lunettes. P, piston plongeur servant à modifier le niveau du mercure.
- Tome 101. — 2e semestre. — Octobre 1901.
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- MÉTROLOGIE.
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- représenté dans la figure 28 est le type le plus parfait, le tube BB est fixe dans un bâti (voir aussi fig. 14, 15 et 16), et se relie, par le bas, à une pièce d’acier par l’intermédiaire de laquelle il communique avec un réservoir latéral, contenant du mercure, qui lui est relié par un tube d’acier entouré d’une chemise de plomb. Le tube fermé, recourbé, à la partie supérieure, de manière à se trouver verticalement au-dessus de la branche ouverte, porte une ou plusieurs pointes d’émail soudées au verre, et coudées verticalement dans son axe. Le tube inférieur est muni d’une armature supportant une pointe droite, que l’on peut élever ou abaisser d’un mouvement micrométrique.
- Un cathétomètre à deux lunettes G permet de viser, entre les pointes et leurs images, et de reporter la distance des ménisques sur une règle divisée R.
- Pour mesurer la pression atmosphérique, on abaisse d’abord le réservoir latéral, puis on le relève de manière à amener le ménisque supérieur, sous sa forme ascendante, à une très petite distance de la pointe supérieure. On descend ensuite la pointe inférieure jusqu’à proximité du ménisque, puis on fait quelques pointés alternés aux deux lunettes.
- Le même bâti porte un manomètre dont l’une des branches, M, contient six pointes, ajustées dans son axe, et distantes l’une de l’autre de 16 centimètres environ. Ce tube est en communication avec un baromètre, susceptible de se déplacer verticalement d’une quantité égale à la distance de deux pointes successives, et avec un réservoir E permettant d’amener le niveau à l’affleurement do l’une quelconque des pointes fixes. Le déplacement du baromètre permet de subdiviser à volonté l’intervalle de deux pointes.
- Ce baromètre a été construit par M. Marek, puis transformé par M. Benoît. La verrerie, d’une exécution très difficile, en a été confiée à M. V. Chabaud.
- Si l’on veut opérer rapidement, en renonçant à la plus grande-précision, on se sert d’un baromètre à tubes plus étroits (fig. 29) mais de même diamètre, dans lesquels le ménisque bombé peut être visé directement avec un réticule. Un plongeur P, que l’on enfonce dans un tube latéral, fait remonter simultanéme nt les deux ménisques, en assurant leur parfaite propreté et l’identité de leur courbure.
- L’ensemble, beaucoup moins lourd que dans le premier instrument, est beaucoup plus mobile, ce qui a permis de monter le tube sur un fer à double T tournant autour d'un axe vertical, et portant en outre la règle divisée R. Les lunettes restent fixes pendant une mesure, et on amène successivement le baromètre et la règle dans leur champ. Ce dispositif a l’avantage de dispenser d’un ajustage très précis du mouvement de rotation.
- Il est difficile d’estimer l’exactitude vraie atteinte dans les mesures de la pression atmosphérique. Il semble cependant que, dans des conditions très favorables, des erreurs du-centième de millimètre ne sont pas dépassées.
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- MESURES DE LONGUEUR
- Une longueur peut être définie pratiquement, comme nous l’avons vu, soit par la distance des axes de deux traits, soit par la distance de deux surfaces parallèles. Elle peut être aussi de plus ou moins grande étendue, et, suivant les divers cas qui se présentent en pratique, les méthodes de mesure sont essentiellement différentes. Nous les passerons successivement en revue.
- 3IESURES A TRAIT
- Méthodes.
- Le seul procédé actuellement en usage pour fixer la position d’un trait déterminant l’un des termes d’une longueur, consiste à le pointer au moyen d’un microscope muni d’un micromètre oculaire portant une ou plusieurs paires de fils parallèles qui servent à encadrer l’image du trait. Le grossissement qu’il est possible d’employer dépend essentiellement de la qualité des surfaces et des traits, et de la perfection de l’éclairage. Autrefois, un grossissement de vingt diamètres ne pouvait guère être dépassé; mais, dès les premiers travaux exécutés au Bureau international, on pensa pouvoir, sans inconvénient, atteindre 50 à 60 diamètres. Aujourd’hui, la perfection des tracés s’est tellement accrue que des grossissements de 150 à 200 diamètres sont aisément supportés.
- Dans les anciens étalons, le poli était généralement assez imparfait, et même si les surfaces étaient sensiblement planes, on s’en tenait à un doucissage. Lé poli speculaire, permettant des tracés très fins, fut pratiqué pour la première fois au Conservatoire des Arts et Métiers sur les règles destinées au Bureau international, et ces conditions de tracé furent adoptées pour toute la série des mètres étalons exécutés avec une admirable perfection par M. Gustave Tresca, à qui la Section française avait confié ce travail. Les traits avaient de 6 à 8 microns de largeur, et leurs bords, vus avec un grossissement de 60 diamètres, paraissaient en général parfaitement rectilignes ; leurs petits défauts n’apparaissaient bien nettement que sous de plus forts grossissements. Reprenant, ultérieurement, l’étude des tracés, M. Benoît est parvenu à une plus grande perfection encore, et a exécuté des divisions nombreuses en traits de 2 microns de largeur, dont les bords sont si parfaitement rectilignes qu’un grossissement de 200 diamètres n’en fait pas encore apparaître les défauts. On pourrait penser que, dans l’avenir, le perfectionnement dans cette voie sera
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- indéfini. Mais, lorsqu’on y regarde de plus près, on arrive bien vite à se convaincre que l’on s’approche déjà d’une limite qui ne saurait être dépassée. A mesure que les traits deviennent plus fins, les défauts du métal, vus avec des grossissements croissants, deviennent plus évidents, les moindres piqûres apparaissent, les défauts de planéité interviennent pour la mise au point, le champ se rétrécit, l’éclairage devient plus difficile et donne de plus en plus aux traits une teinte grisâtre. Enfin, plus les traits sont fins, moins ils ont de profondeur, et moins ils résistent aux contacts nécessités par le nettoyage répété de la surface.
- Le système d’éclairage des microscopes a la plus grande importance pour l’exactitude des pointés, et doit être étudié avec le plus grand soin. JDans l’emploi, aujourd’hui exclusif, du poli spéculaire, il est nécessaire d’utiliser la réflexion régulière, en même temps que la mise au point exige que les surfaces soient perpendiculaires à l’axe du microscope. Dans ces conditions, les deux seuls modes d’éclairage possibles sont obtenus ou bien à l’aide d’un miroir couvrant intérieurement ou extérieurement une partie de l’objectif tandis que l’autre sert à former l’image (fig. 30), ou bien au moyen d’une glace non argentée, placée intérieurement (fig. 30 bis), et renvoyant, par toute sa surface, à travers l’objectif, la lumière qu’elle reçoit d’un projecteur, tandis qu’au retour elle est traversée par le faisceau formant l’image.
- Les microscopes de grandeur moyenne sont généralement ajustés de telle sorte que le pas de vis du micromètre corresponde, dans l’image, à un dixième de millimètre. Le tambour du micromètre, divisé en 100 parties, donne le millième de millimètre ou micron par lecture directe, et l’appréciation des fractions donne le dixième de micron. Les pointés sur un bon trait se font avec une précision de quelques dixièmes de micron, et tendent vers le dixième pour des traits extrêmement parfaits, avec de forts grossissements.
- On détermine la valeur exacte du pas de la vis en mesurant, dans une étendue aussi grande que possible, une longueur connue, généralemeni 1 millimètre, qui, dans les cas ordinaires, est entièrement compris dans le champ. Ce n’est qu’avec de très forts grossissements qu’il est nécessaire de se servir d’une distance plus réduite.
- Le micromètre peut permettre de déterminer directement de petites longueurs, en fonction du pas de vis, dont les irrégularités ont été préalablement déterminées par des procédés analogues au calibrage d’un thermomètre. La plus grosse difficulté de telles mesures réside dans l’obtention de la mise au point parfaite, qui influe naturellement sur la grandeur de l’image; mais, aussitôt que les grandeurs à mesurer excèdent l’étendue du champ, il est nécessaire d’opérer avec deux microscopes, comme nous allons le voir.
- Le comparateur. — Un comparateur pour les mesures à traits se compose de
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- deux microscopes et des organes nécessaires pour porter les étalons, les protéger contre les variations de la température, et permettre de les amener, d’un
- Fig. 30 et 30 bis. — Divers modes d'éclairage des microscopes.
- mouvement rapide suivi d’un déplacement micrométrique, dans la position exacte qu’ils doivent occuper.
- Le déplacement lui-même peut se faire par un mouvement transversal ou longitudinal. Dans le premier cas, les longueurs à comparer sont l’une à côté de l’autre; dans le second, elles sont bout à bout (1). Ce dernier dispositif est
- U U
- AB CD
- ,_I ..~.Z=3__________I =3----
- Fig. 31. — Comparaison par déplacement longitudinal.
- imposé lorsqu’on veut comparer les diverses sections d’un même étalon, divisé par exemple dans toute sa longueur, ou bien aussi pour comparer des longueurs qui, tout en excédant l’étendue du champ du microscope, sont plus petites que
- (I) La comparaison, par mouvement longitudinal, de deux étalons placés côte à côte, usitée dans certains comparateurs, peut conduire à des erreurs importantes si le mouvement n’est pas rigoureusement rectiligne.
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- ]a distance minima des deux microscopes. Dans ce dernier cas, les deux étalons^ AB, CD (fig. 31), sont placés dans le prolongement l’un de l’autre, sur un même support qui peut se déplacer dans le sens de la flèche. L’un des microscopes pointe le trait A et l’autre le trait G; puis on amène le trait B sous le premier microscope, et le trait D devra apparaître dans le champ du second. En réalité, on compare les distances AG et BD, dont la partie commune BC s’élimine à la condition d’être restée invariable pendant la mesure, ce dont on s’assure en répétant plusieurs fois le mouvement de va-et-vient.
- Description des instruments.
- Comparateur de Brunner. — Cet instrument (fig. 32) est destiné à la comparaison des règles de 1 mètre de longueur. Ses microscopes sont fixés, par des équerres de métal, à deux piliers de pierre reposant sur un massif en maçonnerie. Un solide bâti, placé sur le même massif, porte une auge à double enveloppe, contenant un support muni de deux bancs que commandent des organes de réglage. Chacun de ces deux bancs est pourvu de deux rouleaux sur lesquels reposent les règles, et de fourchettes destinées à supporter deux thermomètres. Le chariot, monté sur quatre solides galets, peut se déplacer d’avant en arrière de manière à amener l’auge sous les microscopes ou à l’en dégager complètement. On peut [rendre une roue solidaire de l’axe de deux des galets, et la commander au moyen d’une vis tangente. Deux auges différentes peuvent être adaptées au comparateur. L’une, destinée à des comparaisons dans l’eau, est munie d’un agitateur. L’autre, pour la comparaison des règles dans l’air, est pourvue d’une double enveloppe en cuivre rouge entourant les règles et les thermomètres, enfin d’une glace recouvrant le tout à l’exception des ouvertures nécessaires aux observations et au passage des organes de réglage.
- Comparateur à dilatation.— On peut, au moyen de cet instrument (fig. 33 et 33 bis), déterminer la dilatation d’une règle de 1 mètre. Ses organes sont assez semblables à ceux du comparateur Brunner ou, tout au moins, remplissent un but analogue. Il possède deux auges à doubles parois, reliées à une canalisation permettant de faire passer, dans l’auge extérieure, de l’eau en un filet dont on règle à la fois la température dans une grande cuve placée hors de la salle, et le débit par un robinet gradué.
- L’espace E compris entre les deux auges est rempli d’eau ; l’une des auges maintenue à température constante contient une règle de comparaison à laquelle on reporte constamment la distance des microscopes; l'autre sert à porter successivement à des températures différentes la règle dont on veut connaître la dilatation. Les auges portent des lunettes A servant à lire les ther-
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- momètres, et sont munies d’agitateurs W. Le bâti qui les supporte repose sur des galets G, dont une roue tangente peut-être rendue solidaire au moyen des écrous D; la rotation de la roue est commandée par la tringle F.
- Pour la plupart des mesures, on simplifie l’opération en plaçant à Ja fois, dans l une des auges, la règle à déterminer, avec une règle dont la dilatation est connue, et on se borne à mesurer la différence des dilatations, ce qui évite de régler la température de deux auges. Chaque auge est munie de quatre thermomètres.
- Comparateur géodésique. — Les étalons utilisés en géodésie avaient autre-
- Eig. 32. — Comparateur pour les règles de 1 mètre, construit par les frères Brunner.
- fois une longueur de deux toises. Ceux que l’on construisit ensuite portaient, à la fois, des traits à cette même distance et à la distance de quatre mètres. Aujourd’hui, la plupart de ces étalons ont une longueur de quatre mètres, choisie de manière à réduire au minimum le nombre des portées sur le terrain, tout en restant dans des limites acceptables pour le poids des appareils. Le comparateur destiné à mesurer leurs constantes doit permettre à la fois de repérer leur longueur en partant d’un étalon métrique, et de dé terminer leur dilatation entre les limites de température où ils doivent être employés dans les mesures de bases.
- Il répond u ce double but par les dispositifs suivants :
- Cinq piliers de pierre (fig. 34), reposant sur une solide fondation en maçonnerie, portent des microscopes exactement alignés, et constituant, par leur
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- ensemble, quatre comparateurs de 1 mètre à la suite l'un de l’autre. Deux autres microscopes déterminent une droite parallèle à la première. Un cadre reposant sur des galets roule sur des rails encastrés dans la fondation, et porte deux vastes auges munies, l’une de deux bancs, l’autre d’un seui banc, que l’on peut déplacer d’un mouvement micrométrique. Le cadre lui-même est commandé par une vis qu’actionne un moteur, et peut transporter les auges de manière à amener la première successivement soit sous la première rangée de microscopes, soit sous les deux microscopes isolés. Les auges sont munies
- Fig. 33. — Comparateur à dilatation, construit par ta Société r/enevoise.
- d’agitateurs commandés par des moteurs électriques ; et, pour l’établissement et l’entretien de températures diverses, l’intervalle séparant les parois des auges intérieure et extérieure communique, par de larges tuyaux de caoutchouc, avec des cuves extérieures à la salle, ou avec un serpentin autour duquel on peut tasser de la glace.
- L’étalonnage, c’est-à-dire la détermination de la longueur d’une règle de 2, 3 ou 4 mètres se fait au moyen de la rangée de o microscopes et de la première auge. La règle à déterminer est placée sur l’un des bancs, tandis que l’autre porte la règle étalon de 1 mètre. Toutes deux sont réglées de manière que
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- Fig. 33 bis. — Comparateur à dilatation, plan et coupe.
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- les traits terminaux de l’étalon, et les traits limitant le premier mètre de la barre géodésique viennent se substituer dans le champ des deux premiers microscopes. La comparaison étant faite, on transporte l’étalon en face du second intervalle, et ainsi de suite.
- Pour la mesure d’une dilatation, on opère comme pour les règles de
- Fig. 34. — Comparateur pour les étalons géodésiques, construit par la Société genevoise.
- 1 mètre, soit avec les deux auges et les deux microscopes isolés, soit, pour les mesures relatives, avec Pauge munie de deux supports, ce qui permet de se servir soit des microscopes de la première rangée, soit de ceux de la seconde.
- Comparateur à déplacement longitudinal (fig. 35). — Cet instrument, de
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- construction récente, est destiné à comparer de faibles longueurs, par le procédé précédemment indiqué (p. 63), ou à déterminer les erreurs de division d’un étalon.
- Il se compose d’une sorte d’auge très robuste en fonte, reposant sur trois vis calantes, et contenant, dans son intérieur, une double glissière longitudinale sur laquelle peut se déplacer un banc mû par une crémaillère que commande une roue à tête divisée. Sur ce banc s’en placent d’autres dont on peut régler la hauteur, et qui sont destinés à porter la règle à étudier ou les étalons à com-
- Fig. 35. — Comparateur à déplacement longitudinal, exécuté par, MM. Bariquand et Marre,
- à Paris (1).
- parer. Sur la surface supérieure, bien dressée, de l’auge, on fixe, par des vis, les supports de deux microscopes, qui peuvent être mis à une distance quelconque comprise entre 1 mètre et 0m,l environ. La roue de commande peut être mue à la main ou à l’aide d’un levier qu’on cale sur son axe. Sa division est seulement destinée à renseigner, à une fraction de millimètre près, sur les déplacements que l’on provoque, afin d’éviter toute erreur sur les traits que l’on pointe.
- Comparateur universel (2). — Ce comparateur (fig. 36) réunit à la fois les
- (1) Sur des indications de MM Benoît et Guillaume.
- (2) Étudié avec la coopération de M. Marek.
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- Fig. 36. — Comparateur universel, exécuté par MM. Slarke et Kammerer, à Vienne.
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- deux mouvements, transversal et longitudinal, et la mobilité des microscopes. Il permet, par conséquent, d’effectuer tous les modes de comparaisons. Il se compose d'une double poutre en fer A, reposant sur deux piliers, et portant deux microscopes dont la distance peut dépasser 2 mètres, et d’un lourd chariot B roulant sur des rails, et que surmontent trois paires de colonnes creuses G dans lesquelles peuvent se déplacer, dans le sens vertical, des pièces mobiles supportant deux bancs D et une règle divisée E de 2 mètres de longueur. L’observateur a sous la main des manettes de commande pour le mouvement transversal du chariot et pour la mise au point de chacun des bancs et de la règle. Les microscopes M sont susceptibles d’un déplacement rapide ou micrométrique. L’instrument est complètement enfermé dans une enveloppe de bois, munie, seulement à l’avant et à la partie supérieure, de glaces, permettant d’éclairer les microscopes et d’observer les thermomètres. Les micromètres et les manettes de commande sont seuls visibles à l’extérieur.
- L’entraînement du chariot se fait par des rubans d’acier sur lesquels la commande de déplacement transversal agit simultanément. Les autres mouvements sont alors transmis par des tiges carrées s’engageant dans des pièces entraînées par le chariot, et glissant sur les tiges.
- Pour les déplacements longitudinaux, on place, sur l’un des bancs, un chariot que gouverne une crémaillère et un pignon réuni, par un joint à la Cardan, à une tringle descendant verticalement par le haut du comparateur.
- Les mesures à cet instrument ne peuvent être faites que dans l’air.
- Le comparateur universel possède d’autres organes destinés à la détermination des épaisseurs, et qui seront décrits plus loin (p. 78).
- MESURES A BOUTS
- Méthodes.
- Lorsqu’un étalon est limité par deux surfaces parallèles, les procédés mis en œuvre pour sa détermination sont essentiellement différents de ceux qui viennent d’être décrits. Ces procédés, très variés dans le détail, se ramènent tous à trois méthodes distinctes : par contact direct, par réflexion d’un objet, et par la production de franges d’interférence, dans les surfaces terminales de la pièce à déterminer.
- La méthode des contacts directs est la plus anciennement employée, et c’est encore celle qui sert exclusivement dans l’industrie. Toutes les mesures au pied à coulisse, au sphéromètre, au micromètre d’atelier l’utilisent sous des formes diverses.
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- En principe, elle consiste à amener, contre la pièce à mesurer, deux contacts mobiles dont on repère la distance, puis à appliquer, dans une autre opération, ces deux contacts l’un contre l’autre pour déterminer leur point de départ. Dans les deux cas, la position des contacts est déterminée soit au moyen d’une division par rapport à laquelle on la repère, soit par une vis dont on lit la course sur un tambour. Dans le premier .cas, la mesure à bouts se ramène à une mesure à traits; dans le second, les longueurs sont rapportées à la valeur du pas de la vis, que l’on détermine soit en mesurant une pièce étalon dont l’épaisseur a été établie par le premier procédé, soit en fixant sur la vis une échelle divisée dont on rapporte le déplacement à un étalon à traits de valeur connue.
- Comme nous le verrons, il existe des instruments dans lesquels les mesures par une vis ne font intervenir cette dernière que pour un très petit intervalle, la valeur inconnue d’un étalon étant alors rapportée à la mesure connue d’un autre étalon de même nature et approximativement de même valeur.
- Le procédé optique a déjà été mentionné à propos de la lecture du baromètre. C’est ce procédé de réflexion d’une pointe dans la surface dont on cherche à déterminer la position qui a été employé dans la comparaison du Mètre des Archives de France avec le Prototype international provisoire à traits, duquel a été déduit le Prototype définitif. Dans la détermination que nous avons faite, M. Benoit et moi, d’étalons à bouts en platine iridié demandés par quelques Etals, nous avons utilisé un important perfectionnement de cette méthode, imaginé par M. Benoit, et consistant à faire réfléchir, dans la surface terminale de la règle, un fil d’araignée horizontal C D, tendu parallèlement à la règle, sur deux fils verticaux A B en contact avec elle (figure 37).
- Le champ était vivement éclairé, dans la moitié découverte, par une glace placée au-dessous de la règle. On apercevait alors le fil d’araignée et son image comme deux droites très fines et parfaitement délimitées, dont on pointait la position moyenne ; de cette manière, les règles à bouts étaient pour ainsi dire transformées en règles à traits.
- Nous verrons que cette méthode, qui semble à première vue très exacte, ne l’est en réalité que lorsque certaines conditions particulières, relatives aux propriétés des objectifs, sont satisfaites.
- La méthode interférentielle consiste à produire, entre la surface à très peu près plane dont on veut déterminer la position et une autre surface servant de repère, les franges d’interférence qui peuvent être de diverses natures, mais dont les plus simples en théorie sont les anneaux de Newton. Soit A ! fig. 38) une surface convenablement réfléchissante, B une surface de verre, ou mieux une surface très faiblement argentée de manière à ne réfléchir qu’une fraction de la lumière incidente. Les faisceaux réfléchis sur A et B interféreront, et, s’ils sont sensiblement monochromatiques, ou si les surfaces sont très voisines, on aper-
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- cevra des franges colorées en lumière blanche, ou noires et claires en lumière monochromatique, dont chacune dessinera, dans toute son étendue, une courbe d’égale distance des deux surfaces. La distance des deux franges noires ou claires correspondra à une différence de l’épaisseur d’une demi-longueur d’onde de la lumière monochromatique employée. Si cette dernière est cellede la soude, dont la longueur d’onde est égale à 0y,589 environ, la distance de deux franges correspondra à une différence d’épaisseur égale à 0;x,2 995.
- Jusqu’ici, le1 phénomène que nous utilisons ne peut servir qu’à déterminer les différences d’épaisseur de la couche d’air comprise entre les deux surfaces, et d’en déduire la forme de l’une d’elles si l’on connaît celle de l’autre, procédé couramment employé dans la construction des instruments d’optique. Mais supposons que la distance des surfaces vienne à varier. Lorsque cette variation aura
- Fig. 37. — Disposition des fils d’araignée Fig. 38.
- sur une règle à bouts.
- atteint une valeur égale à Og.,2995, chaque frange se sera déplacée de manière à venir occuper la place de la frange précédente; et, si l’on a suivi ce mouvement, on connaîtra la valeur de ce déplacement. Pour le déterminer avec une précision très grande, on munit la surface transparente B d’une série de repères qui peuvent être de petites taches ou des points gravés et disposés en quinconce. On détermine la position de chacun de ces points par rapport aux franges voisines, dans chacune des observations destinées à fixer la distance relative des deux surfaces, et, par la moyenne des lectures dans chaque position, on obtient une précision de quelques centièmes de frange, c’est-à-dire de l’ordre du centième de micron. On voit que ce procédé permet de mesurer les déplacements relatifs des deux surfaces avec une précision au moins dix fois supérieure à celle des meilleurs pointés au microscope. Cette indication peut suffire pour le moment. Nous verrons plus loin comment on peut mesurer, par des méthodes analogues , non seulement la variation qu’éprouve la distance de deux surfaces, mais cette distance elle-même.
- La méthode interférentielle est pratiquement sans erreurs si on la compare
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- aux deux autres procédés de détermination d’un étalon limité par ses surfaces extrêmes. Nous allons passer rapidement en revue les erreurs auxquelles les autres méthodes sont sujettes.
- En premier lieu, les procédés dans lesquels une règle à bouts est transformée, pour la mesure, en une règle à traits, soit par l’adjonction de pièces divisées, soit par Ja réflexion de fds d’araignée dans ses faces terminales, sont soumis à toutes les erreurs des pointés sur des traits, et ne pourraient, de ce fait, prétendre à une exactitude égale à celle de la comparaison directe des étalons à traits que si le contact ou la réflexion n’introduisaient aucune nouvelle erreur.
- Au sujet de l’incertitude des contacts, l’opinion des métrologistes s’est modifiée, dans ces dernières années, dans un sens favorable à la méthode, surtout à la suite des études faites par le commandant Hartmann lorsqu’il était directeur de l’atelier de précision à la Section technique de l’Artillerie. lia montré, contrairement à une opinion régnante, que des contacts successifs, effectués dans des conditions semblables entre les mêmes surfaces, donnaient un repérage très concordant, à la condition que la forme de ces surfaces fût convenablement choisie, c’est-à-dire, comme on le savait déjà, qu’elle possédât une courbure moyenne s’éloignant à la fois suffisamment des extrêmes qui sont le plan et la pointe. Il reste cependant, dans ces contacts successifs, une erreur constante résultant de la pression qui s’exerce entre les surfaces, et dont la grandeur est une fonction compliquée de l’effort, du rayon de courbure des surfaces et du module d’élasticité de la matière de l’étalon. Cette erreur s’élimine de la comparaison de deux étalons semblables au moyen du même appareil, mais elle subsiste en valeur absolue, et reparaîtra en partie lorsque l’un de ces étalons servira isolément pour la détermination de la valeur d’une pièce de forme différente. De grands efforts ont été faits pour éliminer autant que possible cette erreur dans les étalonnages ou pour la déterminer dans les cas où l’élimination était impossible, ainsi que nous le verrons plus loin. Dans la pratique des mesures, on cherchera à opérer sur de grands rayons, et avec des efforts aussi réduits que possible.
- Lorsque les longueurs sont exprimées directement à l’aide d’une vis, il peut résulter une erreur appréciable du fait que la vis n’occupe pas toujours une position semblable dans son écrou. M. Benoît a trouvé, par exemple, que la vis verticale d’un sphéromètre abandonné pendant plusieurs heures, se pose au plus bas de l’écrou, tandis que, lorsqu’on lui a fait faire quelques tours sur elle-même, la mince couche d’huile qui s’est introduite entre elle et l'écrou la soulève d’une quantité voisine de 1 micron. Cette erreur n’influe pas sur la comparaison de deux épaisseurs, mais fausse le point de départ delà vis. Elle intervient ici directement, par toute sa valeur, tandis que, dans les micromètres des microscopes,
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- elle est divisée, dans le résultat, par le grossissement de l’objectif, qui est généralement voisin de 10.
- Le procédé optique de comparaison des règles à bouts semble, à première vue, aussi précis que la détermination des étalons à traits. Cependant, il est ici une circonstance qui a, sur la mesure, une influence considérable, et sur laquelle on ne saurait trop insister, c’est la mise au point de l’image.
- La règle à bouts couvrant la moitié du champ (fîg. 39), c’est l’autre moitié de l’objectif qui seule contribue à former l’image. Lorsque celle-ci se trouve dans le plan du réticule, l’objectif étant supposé aplanétique, le pointé a lieu exactement au point correspondant à la surface dont on veut déterminer la position. Mais, si la mise au point est imparfaite, l’image est déplacée d’un coté ou de l’autre suivant le sens de l’erreur de l’ajustage. Or l’expérience enseigne que ni la netteté de l’image ni la parallaxe déterminée par un déplacement de l’œil ne permettent de mettre au point avec une certitude suffisante pour éviter, dans les mesures, des écarts de plusieurs microns ; mais on resserre les limites des écarts en utilisant le procédé suivant dû à M. Cornu.
- On introduit, dans une pièce adaptée au microscope, un écran métallique mobile d’avant en arrière, portant deux fentes qui permettent de découvrir successivement la partie centrale et la partie marginale de l’objectif. On pointe l’image dans une des positions de l’écran, puis on la déplace, et on pointe de nouveau; si les deux mesures donnent un écart sensible, on corrige la mise au point jusqu’à ce que l’écart tombe au-dessous des limites des
- erreurs d’observation. Fi„ 39
- Malgré l’emploi de ce procédé, les erreurs des mesures sont encore assez grandes comparées à celles qui affectent le pointé d’un trait; et surtout, lorsque l’objectif n’est pas parfaitement aplanétique, les hypothèses sur lesquelles repose la méthode ne sont plus satisfaites, et la mise au point peut être en défaut toujours dans le même sens, ce qui entraîne des erreurs constantes sur les mesures.
- Appareils.
- L’emploi de la méthode optique n’exige aucun appareil spécial, et tout comparateur pour les mesures à traits peut servir dans ce but; les autres procédés mettent en œuvre des instruments particuliers. Je me limiterai aux grands appareils, les sphéromètres étant bien connus.
- Tome 101. — 2e semestre. — Octobre 1901.
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- Comparateur automatique du commandant Hartmann. — Cet appareil (fig. 40 et 40 bis) est surtout destiné à comparer entre elles des broches servant de jauges dans la fabrication des armes à feu; mais la grande perfection de son mécanisme, la précision des résultats qu’il fournit et la commodité de son emploi étendent son usage bien au delà du domaine auquel il était primitivement destiné.
- Un solide banc d’acier supporte deux poupées A, B, dont l’une est dans une position invariable à une extrémité du banc, tandis que l’autre peut occuper une situation quelconque, dans laquelle on l’amène à l’aide d’une vis, et où on la fixe solidement en la calant sur le banc. Un transporteur, que l’on place au milieu de l’intervalle des deux poupées, porte les deux étalons que l’on veut comparer, et qu’il amène successivement, par le jeu automatique de la machine, entre les butoirs des poupées. La pièce A porte un écrou dans lequel s’engage une vis dont la tête est solidaire d’une poulie à deux gorges, munie de dix tiges flexibles portant des pointes à leur extrémité. Un tambour enregistreur se trouve en face de la circonférence que décrivent ces pointes lorsque la poulie tourne sur son axe.
- Dans l’une des gorges est fixé un fil qui vient se relier à une cheville C portée par une courroie animée d’un mouvement continu, et qui, dans la moitié de sa course, entraîne la poulie, tandis que, dans l’autre moitié, elle la laisse revenir en arrière. Pendant celte dernière partie du mouvement, la poulie est entraînée par un poids P dont la valeur dépasse le moins possible l’effort nécessaire à sa marche régulière. Cette même cheville agit, dans son passage par l’extrémité inférieure de sa course, sur une poulie qui commande le transporteur T au moyen d’une bielle. Elle actionne aussi, à l’autre extrémité du mouvement, un bras L dont l’usage sera indiqué dans un instant.
- Les étalons étant en place, l’appareil est mis en mouvement au moyen d’un moteur électrique agissant sur la poulie inférieure qui entraîne la courroie. La poulie de la vis tourne alors en entraînant cette dernière, qui pousse à son tour une tige d’acier à bouts plans qu’elle amène au contact de l’étalon contre lequel elle est maintenue par le poids P. La poulie s’arrête alors, et le bras L pressant sur une des tiges enfonce dans le papier de l’enregistreur la pointe qui la termine, et marque un trou dont la position sert de repère à celle de la poulie. La cheville ayant dépassé le sommet de sa course tend de nouveau le fil de commande de la poulie, et ramène la vis en arrière. Au moment où elle est le plus éloignée possible de l’étalon, à l’extrémité de sa course, le transporteur enlève l’étalon qui se trouvait entre les butoirs, et met l’autre à sa place. Le même jeu recommence, un second trou vient se marquer dans le papier de l’enregistreur qui, dans l’intervalle, a fait un petit mouvement, puis le premier étalon est ramené, et ainsi de suite. Le résultat que l’on peut relever au bout
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- Comparateur automatique du commandant Hartmann; partie supérieure.
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- MÉTROLOGIE
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- d’un instant, est donné par deux lignes de points horizontales, dont la distance
- témoigne de la différence de longueur des étalons. Le pas de la vis étant de
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- 1 millimètre, et le tour mesuré sur les pointes de 2 mètres, la distance moyenne des lignes de points devra être divisée par 2000 pour donner la différence vraie des étalons que l’on compare.
- Quant à ces étalons, ils sont constitués par des tiges d’acier de 12 millimètres de diamètre, dont les extrémités, qui ont été trempées très dur et recuites pendant longtemps, ont la forme de calottes sphériques centrées sur le milieu de l’étalon. En se présentant entre les deux plans parallèles qui les enserrent pour la mesure, les étalons peuvent, grâce à cette particularité, occuper des positions légèrement variables sans qu’il en résulte de différence appréciable sur leur longueur apparente.
- Uue petite modification du transporteur peut lui faire exécuter un mouvement progressif par petits sauts, de 2 millimètres par exemple. Si l’on place alors entre les butoirs une tige cylindrique, elle viendra présenter ses diamètres successifs à la mesure, et la ligne de points marquée sur le tambour dessinera son profil, dont les variations seront amplifiées 2 000 fois.
- Le comparateur Hartmann donne des résultats dont la précision apparente est du même ordre que celle des mesures sur les bonnes règles à traits, au moins lorsqu’il est appliqué à la détermination d’étalons d’une construction identique; il donne encore de très bons résultats dans la détermination d’une longueur constituée par l’ensemble de plusieurs étalons mis bout à bout dans un tube, à la condition qu’elle soit comparée à une longueur à peu près égale, constituée par le même nombre d’étalons, donnant, comme courbure totale des surfaces en contact, un nombre peu différent de celui que possède le premier assemblage. Dans les autres cas, il est nécessaire de connaître parfaitement l’effort, assez grand et légèrement variable, qui s’exerce sur les surfaces. Dans la détermination de valeurs absolues, la grandeur de l’effort et la difficulté de le déterminer obligent à appliquer aux mesures brutes des corrections un peu incertaines, et qui diminuent sensiblement la précision de la méthode. Pour des comparaisons de cette nature, comme pour les déterminations absolues, il est nécessaire d’avoir recours à un autre appareil.
- Comparateur à réglettes mobiles. — Le comparateur universel a été muni, il y a quelques années, d’un banc (fig. 41), construit sur mes plans par MM. Bari-quand et Marre, et destiné en premier lieu à mesurer les dimensions d’une série de cylindres, en vue de la détermination de la masse du décimètre cube d’eau; il a été ultérieurement complété de manière à permettre la délermination d’étalons tels que ceux qui accompagnent le comparateur Hartmann (fig. 42).
- Deux règles, à bouts sphériques R, sont placées dans des coulisses en regard, ajustées de manière à être dans le prolongement exact l’une de l’autre; ces règles sont entraînées l’une vers l’autre par des poids P, et peuvent être ramenées en arrière au moyen d’un treuil qu’on commande soit à la main, soit à
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- l’aide d’un fil passant par une ouverture pratiquée au haut de l’instrument. Des galets montés sur des ressorts que l'on peut tendre à volonté soutiennent légèrement les règles de manière à diminuer le frottement dans les glissières, et à permettre de réduire au minimum le poids moteur. Une plate-forme centrale, fixée au sommet d’une forte vis Y, est destinée à recevoir les pièces à mesurer, portées elles-mêmes sur des supports convenablement aménagés. Chacun d’eux
- Fig. il. — Appareil servant à déterminer des épaisseurs en valeur absolue par le procédé des contacts;
- mesure du diamètre d’un cylindre.
- se compose d’une embase rectangulaire montée sur des vis calantes. L’un (fîg. 43) est muni d’un disque divisé sur son pourtour, et creusé de manière à loger des cercles sur lesquels viennent reposer les cylindres dont on veut mesurer les diamètres. L’autre (fig. 44) est surmonté d’une plaque de même forme, pourvue de deux rangées de paliers dans lesquels on place des rouleaux supportant les cylindres pour la mesure de leur hauteur.
- Enfin, dans le creux du premier disque, on peut introduire l’embase d’une sorte de chevalet sur lequel on place les étalons à bouts (fig. 42).
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- Les règles étant au contact de la pièce à mesurer, on détermine, au moyen des deux microscopes du comparateur universel, la distance de deux traits de repère, tracés très près des centres de courbure des sphères terminales. Par le mouvement transversal du comparateur, on amène, dans le champ des microscopes, une longueur tracée sur une règle étalon, et exactement connue. Lorsque le cylindre est vertical, on peut le faire tourner autour de son axe au moyen d’une roue d’angle commandée de l’extérieur, et qu’on déclenche une fois
- Fig. 42. — Détail de l’appareil précédent mesure d’une jauge.
- le mouvement effectué. On mesure ainsi les divers diamètres d’une même section droite. Puis, en élevant progressivement le cylindre au moyen de la vis que supporte la plate-forme, on atteint ses diverses sections droites.
- Pour déterminer une série de hauteurs sur un même cercle de base centré sur l’axe, on peut agir, aussi de l’extérieur, sur les rouleaux portant le cylindre, et qui l’entraînent dans leur mouvement.
- Les réglettes mobiles R les plus ordinairement employées ont 500 millimètres de longueur et le trait de repère, placé sensiblement au centre de courbure des calottes, est au milieu de la règle; mais, pour déterminer des
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- étalons supérieurs à 250 millimètres, on se sert de règles plus courtes qui,
- Fig. 43. — Support d’un cylindre pour la mesure de ses diamètres.
- Fig. 44. — Support d'un cylindre pour la mesure de ses hauteurs.
- écartées au maximum sur les coulisses, permettent de mesurer des étalons à bouts de 1 mètre de longueur.
- Filai orne Ire Fizeau. — Cet instrument utilise la méthode interférentielle
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- pour la mesure de la dilatation de petits échantillons, grâce à l’extrême précision que garantit l’emploi des franges.
- Un trépied de platine iridié (fig. 45) composé d’une plate-forme traversée par trois vis, supporte, sur des pointes refoulées, la pièce à étudier, et sur les vis, une lentille plan-convexe, dont la face inférieure est destinée à produire, avec la surface supérieure de l’échantillon, les anneaux ou franges d’interférence.
- Fig. 43. — Dilatomètre Fizeuu.
- Un prisme D, disposé au-dessus de la lentille, renvoie verticalement un faisceau de lumière monochromatique qu’il reçoit d’une source extérieure. Le phénomène est observé à l’aide d’une lunette.
- Dans le modèle de cet appareil appartenant au Bureau international, et dont les accessoires ont été construits sur les indications de M. Benoit, le trépied est surmonté d’une épaisse enveloppe de cuivre rouge B entourée d’une gaine de verre E qui se trouve elle-même à l’intérieur d’une cloche de cuivre G garnie
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- do feutre. Le tout est entouré d’une caisse de zinc dont la double enveloppe peut, pour certaines expériences, être remplie d’eau ou de glace.
- Au-dessous de l’appareil se trouve une flamme de gaz que g'ouverne un thermo-régulateur A composé d’un interrupteur à mercure assez semblable à celui qui a été décrit précédemment, mais dans lequel l’ascension du mercure est produite par la vaporisation d’un liquide volatil, dont une petite quantité se trouve à l’extrémité d’une ampoule de verre.
- Quatre thermomètres couvrant deux à deux les intervalles (0.50) et (50.100) indiquent la température du trépied. Des fenêtres a, b, c, permettent de lire les thermomètres ou d’observer les franges.
- Comparateur interférentiel de M. Michel-son. — La détermination de la valeur absolue d’étalons de grandes dimensions en fonction des longueurs d’onde lumineuses, abordée par plusieurs physiciens, a été réalisée pour la première fois, d’une façon complète, au moyen des procédés imaginés par M. Michelson, et primitivement destinés seulement à résoudre le problème inverse, de déterminer la valeur exacte des longueurs d’onde en fonction du mètre. Ces procédés ont été mis en œuvre au Bureau international par le savant physicien américain, et ont été, depuislors, appliqués à divers problèmes de métrologie. La description des ingénieux dispositifs qu’il a imaginés pour parvenir à effectuer ces mesures sont inséparables de l’exposé complet de sa méthode, sur laquelle je reviendrai dans la suite (p. 146). 11 est nécessaire, auparavant, de donner un rapide résumé des travaux accomplis à l’aide des instruments qui viennent d’être décrits.
- tracé d’un étalon
- Le tracé d’une règle peut être fait soit automatiquement, soit en copiant un étalon existant. Dans ce dernier cas, les deux étalons sont placés sur un même chariot à déplacement longitudinal. Le premier trait de l’étalon primitif étant pointé au microscope, on marque, à l’aide d’un tracelet de diamant, le premier trait de l’autre règle; puis on amène le deuxième trait sous le microscope, après avoir, au besoin, déplacé préalablement les fds du micromètre de manière à tenir compte de l’erreur de position de ce trait; on marque le deuxième trait, et ainsi de suite.
- C’est par ce procédé qu’ont été divisés les mètres de platine iridié dont il sera question au chapitre suivant, et qui portent seulement trois traits à chaque extrémité. Mais ce procédé est peu pratique lorsqu’une division doit comprendre un grand nombre de traits. .L’emploi d’une machine à diviser est alors beaucoup plus expéditif et plus exact, parce qu’il permet d’éviter les perturbations qu’apporte, à l’uniformité de la température la présence de l’opérateur.
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- Machine à diviser la ligne droite. — Cette machine, construite par la Société genevoise, permet de diviser une longueur un peu supérieure à 1 mètre sans avoir à faire de reprise. Elle est du système à chariot mobile, celui-ci étant susceptible de se déplacer de sa propre longueur, ce qui exige une coulisse de longueur double. Le mouvement du chariot lui est communiqué par un écrou entraîné par la vis de la machine, et qui agit toujours dans le même sens, sans pouvoir ramener le chariot en arrière. Ce dernier ne repose sur la glissière que par une partie de son poids, le reste étant soutenu par des galets montés sur des ressorts. Le tracelct est à poste fixe, en face du milieu de la coulisse, et son mouvement est commandé par un mécanisme qui le laisse reposer d’abord sur la surface à tracer, puis l’entraîne avec une vitesse uniforme et le soulève lorsqu’il est arrivé au bout de sa course.
- La machine porte deux systèmes de correction : l’un est destiné à modifier la division proportionnellement, de telle sorte que l’on puisse diviser, en mille parties par exemple, des longueurs voisines de 1 mètre, et variant d’une manière tout à fait continue. Cette correction permet, entre autres, de tenir compte des variations de la température, et de donner à la règle que l’on divise sa valeur exacte à une température choisie arbitrairement. La deuxième est destinée à éliminer les irrégularités de la vis. Dans ce but, l’écrou est muni d’une tige qui glisse le long d’une règle parallèle au banc, mais que l’on a échancrée de manière à donner à l’écrou un retard variable suivant les erreurs de la vis en ses différents points. La correction progressive est obtenue au moyen d’une pièce montée sur le chariot, et contre laquelle vient buter l’écrou. Par un système analogue au précédent, mais dans lequel une tige prend contact sur une règle droite dont on peut modifier l’obliquité, la butée peut s’éloigner progressivement du chariot, augmentant ainsi d’une quantité constante l’action de la vis motrice.
- Cette machine est entièrement automatique; elle est actionnée par un moteur électrique, et permet de tracer un millier de traits en seize heures environ, le tracelet ayant alors une vitesse propre assez faible pour que ces traits ne présentent aucun défaut, si la surface du métal est parfaitement polie.
- La machine est munie de microscopes permettant de contrôler immédiatement son travail. D’après l’étude qui en a été faite par M. Benoît, elle donnait, avant toute correction, des divisions dont aucune ne s’écartait de 10 g de la position exacte qu’elle aurait dû occuper sur une règle de 1 mètre, divisée en millimètres. La perfection de la vis est donc remarquable. Les écarts seront, d’ailleurs, encore sensiblement réduits par la correction au moyen du guidage de l’écrou.
- (A suivre.)
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- MARINE
- LES MARINES DE GUERRE MODERNES Par M. L. de Chasseloup-Laubat (i).
- ITALIE
- MONOGRAPHIES
- Cuirassés : Duilio. — Italia. — Andrea Doria. — Sardegna. — Amm. di Saint-Bon. — Benedetto Brin. — Nouveaux cuirassés.
- Croiseurs cuirassés : Vettor Pi.sani. — Francesco Ferruccio. — Giuseppe Garibaldi.
- Croiseurs protégés : Vesuvio. — Piemonte. — Calabria.
- CUIRASSÉS
- DUILIO
- Cuirassé à tourelles fermées construit sur les plans de M. Brin;mis en chantier en 1872, à Castellamare, achevé à la Spezzia ; lancé le 8 mai 1876.
- Le Datidolo, navire similaire, a été lancé à la Spezzia en 1878; il a été entièrement refondu. Les travaux, entamés en novembre 1894, ont été achevés en 1900, et les caractéristiques principales sont aujourd’hui les suivantes :
- Longueur entre perpendiculaires.................. 103m,30
- Longueur totale.................................. 109m,16
- Largeur ......................................... 19ra,75
- Tirant d’eau moyen................................. 8m,23
- — arrière..................................... 8m,36
- Déplacement . . . . ;...........................H 277 tonnes.
- Hauteur métacentrique............................. lm,283
- s sommaire des poids s’établit ainsi :
- Tonnes.
- Coque et accessoires................................... S 294
- Cuirassement........................................... 2 330
- Appareil moteur........................................ 1 364
- Artillerie..........................................• 672
- Gréement, machine électrique, équipement, vivres. . . 337
- Eau de réserve et matériel léger pour le remplissage
- des compartiments cellulaires ........... 210
- - Combustible................................ ........ 870
- Total................... 11277
- (1) Voir le Bulletin de mars, avril, septembre, octobre, décembre 1900; février, juin 1901.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Coque. — Coque en fer et acier, avec double fond s’étendant sur 70 mètres de largeur ; avant et arrière droits ; 102 compartiments étanches. Puissant éperon en fer forgé à 4m,25 sous l’eau, en saillie de 2m,75. Un mât militaire vers le milieu du navire ; deux cheminées au centre du navire.
- Protection. —Flotteur central de 32m,00 de long, descendant jusqu’à lm,60 au-dessous de l’eau et protégé par une ceinture de 530 millimètres. Au-dessus, réduit blindé à 430 millimètres, de 2m,7o de hauteur, englobant la base des tourelles fermées, tournantes, qui s’élèvent au-dessus de ce réduit, au milieu du bâtiment, une à tribord avant, l’autre à bâbord arrière. Ces coupoles, de 10 mètres de diamètre et 3 mètres de haut, sont blindées à 254 millimètres, en acier harvcyé.
- Pont blindé à 50 millimètres, sous-marin, sur toute la longueur du navire: pont blindé supérieur de 30 millimètres, entre les cloisons des deux réduits.
- Blockhaus en avant de la cheminée avant.
- Machines. — Deux machines à deux cylindres de 1111,625 et 3‘",048 de diamètres respectifs, avec i"’,319 de course de piston, donnant une puissance totale de 8 045 chevaux indiqués.
- Deux hélices à quatre ailes, de 5m,25 de diamètre et 5m,94 de pas. Vitesse: 15 nœuds
- Les dix chaudières cylindriques primitives ont été remplacées par des chau-diè res aquitubulaires en 1899.
- Approvisionnement de charbon de 1 250 tonnes.
- Armement (1). — 4 canons de 254 millimètres, par paires, dans les tourelles, avec 4m,80 de commandement et champ de tir de 310°;
- (1) L’armement primitif comprenait! canons Armstrong de 100 tonnes (432 millimètres) dans les tourelles, mais l’artillerie moyenne n'était représentée que par 2 canons de 120 millimètres.
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- 7 canons de 152 millimètres, à tir rapide, avec masque, dont 1 en pointe sur la teugue, 2 en retraite, 4 en abord à l’arrière ;
- 5 canons de 120 millimètres, à tir rapide, dont 1 en retraite directe et 4 sur
- u "Q"u “ "Q/te
- Dandoln.
- la nouvelle teugue, de part et d’autre et en arrière du canon de 152; également avec masques ;
- 16 canons de 57 millimètres, tir rapide ;
- 8 — 37 millimètres, tir rapide ;
- 2 mitrailleuses ;
- 4 tubes lance-torpilles. '
- Equipage de 487 hommes.
- ITALIA
- Construit sur les plans de M. Brin.
- Lancé a Castellamare, le 29 septembre 1880. Le navire similaire Lepcmto a été lancé à Leghorn (chantiers Orlando ), en 1883.
- Dimensions :
- Longueur totale.................
- — entre perpendiculaires. .
- Largeur ........................
- Tirant d’eau moyen normal. . . . Surface immergée du maître-couple Déplacement.....................
- lin lia. Eepnnfo.
- 124m,70 i 24,u,70
- J 22m.07 122m,07
- :>2ra 47 22m,17
- 8m,53 8m,64
- 104“-’, 4 171m-,2
- 1 iî 850t 13 iiîiO1
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- LES MARI ES DE GUERRE MODERNES.
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- Coque. — Coque en acier ; double fond; revêtement en bois et zinc (1); 144 compartiments étanches; avant presque droit. Eperon. Un seul mât sur Yltalia qui a six cheminées sur l’axe; quatre cheminées par groupe de deux sur le Lepanto. Le poids de la coque est d’environ 5 000 tonnes pour chacun des deux navires.
- Protection. — Pont blindé à 75 millimètres, à 0m,70 au-dessous de la flottaison dans l’axe, et descendant à 1111,70 en abords. Au-dessus, tranche cellulaire montant à lm,o0 au-dessus de la flottaison.
- Fig. ICO. — Kalia.
- Réduit central blindé à 480 millimètres, établi diagonalement sur le gaillard, de tribord avant à bâbord arrière. Les parois de ce réduit ont une hauteur de lm,50 et une inclinaison d’environ 24° sur la verticale; elles protègent la base de tourelles barbettes qui contiennent les grosses pièces de 432 millimètres et sont blindées à 500 millimètres en métal compound. Passage à munitions central blindé à 400 millimètres.
- Les cheminées sont cuirassées à 400 millimètres, jusqu’à 0”\90 au-dessus de la flottaison, par des plaques ayant une inclinaison de 30°.
- Machines. — Quatre machines à trois cylindres; deux hélices de 5m,94 de diamètre.
- (1) Pas de revêtement sur le Lepanto.
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- OCTOBRE 1901.
- Vingt-six chaudières du type Amirauté ovales, en six compartiments (sur le Lepanto, il y a huit chaudières de ce type et seize chaudières locomotives).
- Fig. 161. — Lepanto.
- Puissance des machines du Lepanto: 16000 chevaux au tirage forcé, avec
- ! (4-80)
- Fig. 162. — Italia.
- 18n,38 aux essais à 93t0U1's,5. Les machines primitives auraient été remplacées sur les deux navires en 1898.
- Approvisionnement de 1 630 tonnes de charbon.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Armement :
- 4 canons de 432 millimètres (103 tonnes) dans les barbettes, aux extrémités du réduit, avec commandement de 9m,73 ;
- 8 canons de 132 millimètres, répartis ainsi qu’il suit, d’après le Naval Annual de Brassey :
- là l’arrière, en retraite directe ;
- 6 par le travers, en avant du réduit (1) ;
- 1 à l’avant, en chasse directe ;
- 4 canons de 120 millimètres, à tir rapide en flancs, vers l’avant;
- 12 canons de 57 millimètres à tir rapide;
- 24 canons de 37 millimètres, tir rapide (34 sur le Lepanto).
- 4 tubes lance-torpilles ;
- 750 hommes d’équipage.
- ANDREA DORIA
- h'Andrea Daria a été lancé en 1885, à la Spezzia. Les deux autres navires similaires : Francesco Morosini et Ruggiero de Laurin, ont été lancés : le premier à Venise en 1885 également, le second à Castellarnare en 1884.
- Andrea Doria.
- Fig. 16;
- Les dimensions principales sont :
- Longueur........
- Largeur ........
- Tirant d’eau arrière Déplacement . . .
- 100m,00
- 20m,00
- 8m,90
- 11 204 tonnes.
- Coque. — Coque en acier avec double fond. Eperon. Un mât central ; deux cheminées sur l’axe.
- (1) Sur le Lepanto, ces six pièces sont plus en avant que sur Yïtalia. Tome 101. — 2e semestre. — Octobre 1901.
- 33
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Protection. — Blindages en acier du Creusot. Ceinture de 450 millimètres d’épaisseur maximum, s’étendant au milieu du navire sur 50 mètres de longueur; les extrémités sont reliées à l’avant et à l’arrière par des traverses perpendiculaires à l’axe, de 360 millimètres d'épaisseur.
- Au-dessus, réduit d’une trentaine de mètres de longueur, blindé à 450 millimètres également et fermé par des traverses de 360 millimètres. Ce réduit abrite les gros canons de 106 tonnes, protégés en outre par des glacis blindés à 360 millimètres.
- Pont blindé de 75 millimètres, sous-marin sur toute la longueur.
- Machines. — Puissance : 10 300 chevaux indiqués. Deux hélices. Vitesse : 17 nœuds.
- Approvisionnement de charbon : 850 tonnes.
- Artillerie. — L’artillerie comprend :
- 4 canons de 434 millimètres, placés par paires dans le réduit supérieur et protégés par des masques
- 2 canons-culasse de 152 millimètres, l’un sous la teugue, l’autre à l’arrière.
- 4 — de 120 millimètres, à tir rapide;
- 10 — de 57 — —
- 17 — de 37 — —
- 11 y a cinq tubes lance-torpilles, dont deux sous-marins.
- Equipage de 505 hommes.
- SARDEGNA
- Cuirassé à réduit central et tourelles barbettes, mis en chantier à la Spezzia en 1884; n’a été lancé qu’en 1890 et n’a fait ses essais qu’en 1894.
- Les deux autres navires similaires, le Re Umberto et la Sicilia, ont été lancés : le premier en 1888 à Castellamare, le second à Venise, le 6 juillet 1891.
- Dimensions :
- Longueur............................... 12.jm,13
- Largeur................................ 23,40
- Tirant d’eau............................ . 8,74
- Déplacement............................ 14 440 tonnes.
- Coque. — Coque en acier, avec double fond d’une hauteur moyenne de 1111,10 ; 144 compartiments étanches; éperon de 2 mètres de saillie; mât militaire unique au centre du navire; trois cheminées, une dans l’axe, vers le centre, deux en arrière du mât militaire, de part et d’autre de l’axe.
- Protection. — Ceinture d’une épaisseur variant de 102 millimètres à 50 millimètres, s’étendant sur près des deux tiers de la longueur dans la partie centrale du navire, et complétée à l’avant et à l’arrière- par deux traverses blindées à
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- 70 millimètres, en plaques mixtes. Au-dessus, tranches cellulaires protégées par un blindage de 102 millimètres, qui monte jusqu’au pont principal.
- Tourelles barbettes à contour polygonal et à muraille inclinée à 23° sur la verticale, avec plaques de 330 millimètres.
- Pont blindé de 50 à 110 millimètres, en dos de tortue, descendant en abord au can inférieur de la ceinture, sous-marin à l’avant et à l’arrière.
- Blockhaus blindé à 350 millimètres.
- Machines et chaudières. — Quatre machines à triple expansion et trois cylindres, attelées deux à deux sur chaque ligne d’arbre, avec manivelles calées à
- Fig. 165. — Scirdegna.
- 120°. Deux hélices à trois branches, de 6m,10 de diamètre et 6m,7o de pas. Dix-huit chaudières cylindriques tubulaires à retour de flamme, timbrées à 7 kilogrammes, et disposées en trois groupes de six chacun (un à l’arrière des machines, les deux autres à l’avant). Chaque groupe se trouve dans un compartiment spécial et complètement indépendant. La surface de grille totale est de 124m2,5 et la surface de chauffe de 3 441m2.
- Aux essais préliminaires, la Sardegna a fourni, par mer calme, une vitesse de 1811,97 au régime de 92.5 tours et avec une puissance de 13165 chevaux obtenue au tirage naturel. A l’essai officiel -de trois heures, la vitesse a été de 19n,06 en moyenne, avec 94,8 tours et 14190 chevaux; le navire n’était pas en pleine charge, son déplacement n'étant que de 14170 tonnes.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Les essais au tirage forcé ont été interrompus par des avaries survenues aux ventilateurs; la puissance atteint dans ce cas 22 800 chevaux à 100 tours, et la vitesse 20 nœuds.
- L’approvisionnement de charbon est de 1 200 tonnes.
- Artillerie. —Chaque tourelle cuirassée renferme 2 canons-culasse de 343 millimètres (67 tonnes), placés à 8m,20 au-dessus de l’eau, avec champ de tir de 240°’
- 8 canons de 152 millimètres, à tir rapide; 4 de chaque bord, dans des demi-tourelles, dans la superstructure, au niveau à peu près des grosses pièces : 2 tirant par le travers, 1 en chasse et 1 en retraite, pour chaque bord;
- 16 canons de 120 millimètres, à tir rapide, dont 12 dans la batterie non
- 120 120
- 120 120
- Fig. 166. — Sardegnci.
- blindée, au-dessous des pièces de 152, avec masques en acier, et 4, par paires, sur les gaillards, de part et d’autre et un peu au-dessus encore des canons de 340.
- 15 canons de 57 millimètres, à tir rapide;
- 10 canons de 37 millimètres, à tir rapide;
- 2 mitrailleuses ;
- 11 y a 5 tubes lance-torpilles, dont 2 sous-marins.
- 785 hommes d’équipage.
- AMMIRAGLIO DI SAINT-BON
- Cuirassé à réduit central mis en chantier à la fin de 1893, en même temps que le navire similaire Emmanuele Filiberto, le Saint-Bon, construit à Venise, a
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- été lancé lé 29 août 1897; le Filiberto, construit à Castellamare, près de Naples, a élé lancé également en 1897.
- Dimensions :
- Longueur.................................. 103 mètres.
- Largeur................................... 2lm,00
- Tirant d’eau arrière...................... 7m,55
- Déplacement............................... 9 800 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; double fond; compartiments étanches nombreux et coflerdam.
- Doux cheminées dans l'axe; mât militaire unique au milieu.
- Poids de la coque et accessoires : 3 920 tonnes.
- Protection.—Ceinture complète en acier au nickel, de 102 millimètres d’épais-
- Fig. 167. — Saint-Bon.
- seur aux extrémités, 250 millimètres au centre, s’élevant à 1 mètre environ au-dessus de la flottaison et surmontée d’un blindage de 150 millimètres abritant l’artillerie moyenne et qui s’étend jusqu’au delà des tourelles.
- Au-dessus se trouvent: au milieu, un réduit rectangulaire protégé à 50 millimètres; en avant et en arrière, des barbettes blindées à 250 millimètres.
- Pont blindé courbe, sur toute la longueur, de37 millimètres d’épaisseur dans la partie horizontale et de 76 millimètres dans les parties inclinées; la partie horizontale se trouve à 0m,6o au-dessus de la flottaison, les parties inclinées descendent jusqu’au can inférieur de la ceinture, à lm,53 au-dessous de la flottaison. Au-dessus de la batterie, deuxième pont blindé à 54 millimètres.
- Le poids total de la cuirasse est de 2 324 tonnes.
- Machines. — Deux machines à triple expansion à trois cylindres en deux compartiments séparés.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Douze chaudières cylindriques eu quatre compartiments.
- Puissance au tirage naturel: 9000 chevaux, avec vitesse prévue de 16 nœuds (1) ; au tirage foicé : 14000 chevaux et 18 nœuds.
- Approvisionnement de charbon : 600 tonnes, pouvant être porté à 1 000 tonnes, indépendamment du combustible liquide.
- Armement. — 4 canons de 254 millimètres, par paires dans les deux tourelles barbettes avec commandement de 7 mètres à l’avant et 6m,75 à l’arrière;
- 8 canons de 152 millimètres, à tir rapide, dans le réduit blindé, 4 en abord et 4 dans des pans coupés aux quatre angles ;
- 8 canons de 120 millimètres, à tir rapide, au-dessus du réduit blindé, avec masques : 4 de chaque côté, savoir 2 tirant par le travers, 1 en chasse et 1 en retraite ;
- 8 canons de 55 millimètres, à tir rapide;
- 12 canons de 37 millimètres, à tir rapide ;
- 5 tubes lance-torpilles sous-marins.
- Equipage de 632 hommes.
- BENEDETTO BRIN
- Cuirassé à tourelles barbettes en construction à Castellamare, en même temps que deux autres : Principessa Elena et Regina Margherita; un quatrième navire semblable, Ammiraglio Recchia, est prévu. Regina Margherita a été lancé le 30 mai 1901, il avait été mis en chantier en novembre 1898.
- Dimensions :
- Longueur entre perpendiculaire?............ 130 mètres.
- Largeur.................................... 23m,80
- Tirant d’eau............................... 8m,23
- Déplacement................................ 13 400 tonnes.
- Protection. — Ceinture de 152 millimètres au milieu, s’amincissant à 50 millimètres aux extrémités et s’étendant sur 80 mètres de longueur à partir de l’avant; cette ceinture monte à lm,50 au-dessus de la flottaison.
- Deux tourelles barbettes dans l’axe, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, protégées à 254 millimètres.
- Réduit central protégé par un blindage de 152 millimètres, avec, au niveau du pont supérieur, aux quatre angles, des tourelles blindées aussi à 152 mm. pour les pièces de 203 millimètres.
- Pont blindé courbe, de 38 mm. dans la partie horizontale et 86 mm. dans les pentes.
- (1) Au tirage naturel, avec 9 374 chevaux, !a vitesse de 17n,5 a été obtenue.
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Pont blindé horizontal, de 40 millimètres, au-dessous du réduit.
- Il existe une traverse d’arrière.
- Machines. — Deux machines à triple expansion à quatre cylindres; chaudières Belleville (1). Puissance évaluée à 19 000 chevaux au tirage forcé et vitesse prévue de 20 nœuds; au tirage naturel, 18 à 18n,o. L’approvisionnement normal de charbon sera de 1 000 tonnes; il pourra être doublé.
- Armement. — 4 canons de 304 millimètres, par paires dans les tourelles principales ;
- 152 152 152 152 152 152
- Fi"’, 1G8. — Benedetto Brin.
- 4 canons de 203 millimètres, à tir rapide, dans les tourelles, aux angles du réduit central sur le pont principal, avec commandement de 8m,50 ;
- 12 canons de 152 millimètres,à tir rapide, dans la batterie;
- 10 canons de 76 millimètres, tir rapide, sur le pont supérieur;
- 6 canons de 47 millimètres, tir rapide;
- 2 mitrailleuses Maxim;
- 4 tubes lance-torpilles sous-marins.
- Equipage de 783 hommes.
- NOUVEAUX CUIRASSÉS
- En 1900, la construction de quatre petits cuirassés, de 8000 tonnes de déplacement, avait été décidée ; ces cuirassés devaient porter les noms de Amalfi,
- (1) Sur la Regina Margherita, 28 chaudières Niclausse.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Genova, Pisa et Venezia, mais leur construction a été abandonnée et remplacée par celle de deux cuirassés plus puissants : Regina Ellena et Re Vittorio-Emma-nuele III mis en chantier, respectivement, à la Spezziaet à Castellamare. Un troisième navire similaire : Roma, doit être construit ultérieurement.
- Le type a été étudié par MM. Masdea et Cuniberti, en voici les principales caractéristiques :
- Longueur totale......................... 14o mètres.
- Longueur entre perpendiculaires.........132m,60
- Largeur ................................ 23m,00
- Tirant d’eau arrière.................... 7m,90
- Déplacement............................. 12 600 tonnes.
- La protection comprendra une ceinture complète de 250 millimètres d'épaisseur maximum, avec une batterie centrale blindée à 200 millimètres et un pont blindé à 50 millimètres. Le tout en acier harveyé.
- La puissance des machines sera d’environ 20 000 chevaux-vapeur, devant donner une vitesse prévue de 21n,5. L’approvisionnement normal de charbon sera de 1 000 tonnes, il pourra être doublé. Il y aura deux hélices.
- L’armement comprendra :
- 2 canons de 305 millimètres, dans des tourelles barbettes à l’avant et à l’arrière, blindées à 203 millimètres.
- 12 canons de 203 millimètres, tir rapide, par paires dans six tourelles blindées à 152 millimètres. Pas de canons de 150 millimètres;
- 12 canons de 76 millimètres, tir rapide;
- 12 canons de 47 millimètres, tir rapide ;
- 4 tubes lance-torpilles sous-marins.
- CROISEURS CUIRASSÉS VETTOR PISANI
- Le Vettor Pisani a été mis en chantier à Castellamare le 7 décembre 1892, et lancé le 14 août 1895; le Carlo Alberto, bateau similaire, dessiné par M. Masdea et mis en chantier le 1er février 1892, a été lancé à la Spezzia le 23 septembre 1896.
- Coque. — Coque en acier, à double fond sous les machines. Compartiments étanches. Teugue de 26 mètres de long.
- Deux mâts militaires; deux cheminées entre les mâts.
- Dimensions :
- Longueur................................ 99 mètres.
- Largeur................................. 18 —
- Tirant d’eau arrière.................... 7m,20
- Déplacement............................. 6 500 tonnes.
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Protection. — Ceinture de 152 millimètres, en acier nickel sur toute la ligne d’eau; au-dessus, batterie blindée à 152 millimètres sur 45 mètres de long entre
- Fig. 169. — Vetlor Pisani.
- les mâts, terminée par des cloisons de 152 mm. et couverte d’un pont blindé de 50 millimètres; un pont blindé de 22 à 37 millimètres s’étend, d’ailleurs, sur
- I' —PONT PRINCIPAL
- j;—PO NT DE BATTERIE
- Fig. 170. — Vetlor Pisani.
- toute la longueur du navire. Le blockhaus est blindé â 150 millimètres.
- Machines. —Deux machines à triple expansion en deux compartiments séparés, donnant 8 000 chevaux et 18 nœuds au tirage naturel, et 13 000 chevaux et
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- 20 nœuds au tirage forcé. Deux hélices à quatre aiJes. Huit chaudières cylindriques, travaillant à 10k,9.
- Approvisionnement normal de charbon de 600 tonnes, pouvant être porté à 1 000 tonnes, indépendamment du combustible liquide.
- Aux essais (1er juillet 1899), le Vettor Piscini adonné une puissance moyenne de 8290 chevaux, avec une dépense de combustible de 0k",889 par cheval et par heure. Le Carlo Alberto avait donné 19 nœuds aux essais avec 13 270 chevaux.
- Armement. — 12 canons de 152 millimètres à tir rapide, dont 8 dans la batterie blindée, en abords, et 4 aux angles d’une batterie découverte sur le pont supérieur, avec masques;
- 6 canons de 120 millimètres, à tir rapide, dans la batterie supérieure découverte, savoir : 1 à l’avant en chasse, 1 à l’arrière en retraite, 4 en flancs, entre les pièces de 152, tous avec masques;
- 2 canons de 75millimètres, à tir rapide;
- J 0 canons de 57 millimètres, à tir rapide ;
- 10 canons de 37 millimètres, à tir rapide;
- 2 mitrailleuses ;
- 5 tubes lance-torpilles sous-marins.
- Equipage de 500 hommes.
- FRANCESCO FERRUCCIO
- Lancé en 1898, à la Spezzia. Un autre navire semblable : Basilicata, doit être construit.
- Longueur................................ 104m,84
- Largeur.................................. 19m,58
- Tirant d’eau.............................. 7m,il
- Déplacement............................7 500 tonnes.
- Ceinture complète de 152 millimètres d’épaisseur.
- Pont blindé, formé de deux tôles dont l’épaisseur totale varie de 35 à 20 millimètres.
- Batterie centrale hexagonale, protégée par un blindage latéral de 152 au-dessus de la ceinture et par des traverses obliques, à l’avant et à l’arrière, de même épaisseur (152 millimètres).
- Tourelles avant et arrière protégées à 254 millimètres.
- Machines. — Puissance de 13 500 chevaux; vitesse : 20 nœuds. Deux hélices.
- Chaudières Nielausse.
- Approvisionnement de charbon de 650 tonnes, pouvant être porté à 1 000 tonnes.
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Artillerie. — 1 canon de 254 millimètres, monté en barbette à l’avant;
- 2 canons de 203 millimètres à tir rapide, dans la barbette d’arrière;
- 10 canons de 152 millimètres, à tir rapide, dans la batterie sur le pont principal ;
- 4 canons de 152, à tir rapide, aux angles de la batterie du pont supérieur, avec masques;
- 16 canons petits calibres (76 et 47 millimètres);
- 2 mitrailleuses Maxim;
- 4 tubes lance-torpilles sous-marins.
- GIUSEPPE GARIBALDI
- Le quatrième navire du même type construit sur les chantiers Ansaldo et Compag nie, à Sestri-Ponente. Le premier Garibaldi, mis en chantier par le gou
- Fig. 171. — Giuseppe Garibaldi.
- vernement italien en 1895, fut vendu à la République Argentine avant son lancement, à la condition qu’un second navire identique serait mis immédiatement en chantier par le gouvernement italien; ce second navire est devenu le Cristobal Colon espagnol. Le troisième Garibaldi a été également acheté par le gouvernement argentin et est devenu le Pueyrredon. Ces quatre navires ont été mis à flot en quatre années environ; le GaribaldiIV notamment, mis en chantier le 21 septembre 1898, a été lancé le 29 juin 1899.
- Le Varese, construit à Livourne, dans les chantiers Orlando, a été mis en chantier en septembre 1898 et lancé le 6 août 1899; il est du même type; c’est
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- également le troisième navire construit, les deux premiers ayant été vendus à la République Argentine, savoir : General San Martin en mai 1898 et General Belgrano en septembre 1898.
- Le Garibalcli IV est un peu plus grand que les précédents; ces dimen-
- sions sont :
- Longueur entre perpendiculaires.......... 100 mètres(1).
- Largeur.................................. 17m,90
- Tirant d’eau............................. 7m,32
- Déplacement.............................. 7 000 tonnes.
- Coque. —Coque en acier; double fond sous les machines; compartiments étanches; un mât militaire entre les deux cheminées situées dans Taxe.
- \ 254-
- Varese.
- Protection.— Ceinture totale de 152 millimètres, en acier au nickel, s’élevant à 1m, 10 environ au-dessus de la flottaison.
- Cuirasse de flanc à 152 millimètres en acier nickel de Terni, montant jusqu’au pont des gaillards, sur les deux tiers de la longueur du navire, et dont les extrémités sont réunies par des traverses obliques.
- Pont blindé à 50 millimètres, au-dessus de la batterie.
- Deux tourelles tournantes aux extrémités, blindées à 152 millimètres dans les parties fixes et dans les parties mobiles.
- (I) Les dimensions du Varese sont : longueur entre perpendiculaires, I04m,86; largeur, I8m,76; tirant d’eau moyen, 7m,10; déplacement, 7 500 tonnes.
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Machines. — Deux machines à triple expansion. Puissance : 13500 chevaux; vitesse prévue : 23 nœuds. Chaudières Niclausse pour le Giuseppe Garibaldi, Belleville avec économiseurs pour le Varese (1).
- Approvisionnement de charbon de 700 tonnes pouvant être doublé. Armement. — L’armement comprend :
- 1 canon de 254 millimètres dans la tourelle avant;
- 2 canons de 203 millimètres dans la tourelle arrière;
- 14 canons de 152 millimètres, à tir rapide, dont 10 en batterie blindée à 152 millimètres et 4 sur le pont supérieur;
- 10 canons de 76 millimètres, à tir rapide;
- 6 canons de 47 millimètres, à tir rapide;
- 2 mitrailleuses ;
- 4 tubes lance-torpilles sous-marins.
- Equipage de 450 hommes.
- CROISEURS PROTEGES
- VESUVIO
- Construit à Livourne, par les chantiers Orlando en 1886. r Du même type :
- Giovanni Bausan, lancé en 1883 à Elswinck, par la maison Armstrong, et construit sur les mêmes plans que VEsmeralda chilien;
- Etna, lancé en 1885 à Castellamare ;
- Stromboli, lancé en 1886 à Venise;
- Fieramasco, lancé en 1888, par les chantiers Ansaldo.
- Dimensions :
- Longueur................................. 86 mètres.
- Largeur.................................. 13 —
- Tirant d’eau moyen. ..................... 5m,8o
- Déplacement..............................3 300 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; double fond; compartiments étanches.
- Protection. — Pont blindé cintré; la partie horizontale, à 0m,30 au-dessus de la flottaison, a 38 millimètres d’épaisseur; les parties inclinées ont 50 millimètres et descendent à lm,20 au-dessous de l’eau.
- (1) Aux essais (20 octobre 1900), le Varese a donné au tirage naturel (essais de 6 heures) 9 200 chevaux, 96 tours et 18“,3 de vitesse moyenne, avec une consommation de 0k,940 par cheval-heure. Au tirage forcé, le General Garibaldi IV adonné 15 200 chevaux et dépassé la vitesse garantie de 20 nœuds.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Machines. — Deux machines à triple expansion ;
- Quatre chaudières cylindriques.
- Puissance : 7 700 chevaux.
- Vitesse : 17 nœuds.
- Approvisionnement normal de charbon : 650 tonnes.
- Armement. — L’armement comprend :
- 2 canons-culasse de 250 millimètres, en barbettes blindées à 125 millimètres, sur plates-formes tournantes, à chaque extrémité du navire; champ de tir : 240° ;
- 6 canons-culasse de 150 millimètres, à pivot central, en encorbellement sur le pont supérieur; champ de tir: 130°; masques en acier;
- 5 canons de 57 millimètres, à tir rapide;
- 3 canons de 37 millimètres, à tir rapide ;
- 4 tubes lance-torpilles.
- 315 hommes d’équipage.
- PIEMONTE
- Construit par la maison Armstrong, d’Elswick, en 1888. Dimensions :
- Longueur totale............................. 9im,44
- Largeur..................................... Llm,ü8
- Tirant d’eau moyen............................ 4m,57
- — arrière.......................... um,10
- Déplacement.............................. 2 600 tonnes.
- Coque. — Coque en acier, avec nombreux compartiments étanches; double fond. La flottaison est cellulaire et sert de soute à charbon. Deux mâts militaires légers. Deux cheminées entre les mâts militaires.
- Protection. — Pont cuirassé de bout en bout, en forme de trapèze, avec partie horizontale de 25 à une quarantaine de centimètres au-dessus de la flottaison à charge normale, et parties inclinées en abord, de 75, descendant à O111,80 environ au-dessus de la flottaison.
- Le blockhaus est blindé à 75 millimètres.
- Machines. —Deux machines verticales à triple expansion et quatre cylindres de 0m,914, 1111,397 et lm,524 de diamètres respectifs et course de 0m,686. Chaque machine commande une hélice et se trouve dans un compartiment séparé.
- Quatre corps de chaudières à double façade, timbrés à 10k=,9.
- Huit ventilateurs pour le tirage forcé.
- Au tirage naturel, la puissance des machines a été de 7 050 chevaux, et la
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- 504
- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- vitesse 20n,4 avec 160 tours à la minute; au tirage forcé, la puissance a été de 12 780 chevaux, la vitesse de 22n,3 et le nombre des tours 185.
- Fig. 173. — Piemonte.
- L’approvisionnement de combustible n’est que de 200 tonnes, il peut être porté à 500 tonnes.
- Armement. — L’artillerie comprend :
- 6 canons de 152 millimètres, à tir rapide,placés : 1 en chasse et 1 en retraite,
- 120 120,
- 120 120 120
- Fig. 174. — Piemonte.
- dans l’axe du navire, avec champ de tir de 270°, et 4 en tourelles en encorbellement sur les flancs, avec champ de tir de 155°; boucliers de 120 millimètres;
- 6 canons de 120 millimètres, à tir rapide, installés par moitié sur chaque bord
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- au centre du navire, entre les tourelles des canons de 152 mm., avec champ de tir de 120°; boucliers de 120 millimètres;
- 10 canons de 57 millimètres, à tir rapide, dont 8 dans les hunes et 2 sur la passerelle ;
- 6 canons de 37 millimètres, à tir rapide, sur les flancs du navire;
- 4 mitrailleuses Maxim de 10 millimètres;
- 3 tubes lance-torpilles.
- Equipage de 246 hommes.
- CALABRIA
- Lancé à la Spezzia, en 1893.
- Du même type :
- Lombardia (Castellamare, 1890);
- Liguria (chantiers Ansaldo, 1893);
- Etruria (Orlando, 1891);
- Umbria (Orlando, 1891).
- Dimensions :
- Longueur entre perpendiculaires....... 76 mètres.
- Largeur................................... 12m,35
- Tirant d’eau arrière....................... 5m,32
- — milieu............................... 5m,05
- Hauteur métacentrique, 0m,52, portée à 0m,82l en remplissant les doubles fonds. Déplacement....................................2 500 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; compartiments étanches; double fond à huit com-
- Fig. 173. — Etruria.
- partiments sous les chaudières. Fausses quilles de 24 mètres de long, dont la largeur, de 0m,50 d’abord, a été portée ultérieurement à 0m,80. Doublage zinc. Deux mâts à signaux; une cheminée.
- Toms 101. — 2e semestre. — Octobre 1901. • 34
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- MARINE.
- OCTOBRE 1901.
- Protection. — Pont blindé, en dos de tortue, de 50 à 24 millimètres d’épais seur, sous-marin.
- Machines. — Deux machines à triple expansion. Quatre chaudières cylindriques. Aux essais, les machines ont donné, au tirage forcé, avec 137 tours, 4 094 chevaux; la vitesse maximum n’a pas dépassé 17n,4 par calme plat. Aux essais de six heures, au tirage naturel, la vitesse a été de 14",5 avec 2 439 chevaux et 78 tours.
- L’approvisionnement de charbon est de 500 tonnes. La Calabria a été agencée pour le chauffage mixte.
- Les essais des autres navires de la même classe ont donné les résultats suivants, d’après le Naval Annucil de 1895 :
- DÉPLACE- MENT. TIRANT d’eau moyen. TIRAGE NATUREL. TIRAGE FORCÉ.
- Pression. Tours. Puissance. Vitesse. Pression. Tours. Puissance. Vitesse.
- Chevaux. Mètres. Kilog. Chevaux. Nœuds. Kilog. Chevaux. Nœuds.
- Lombardia. 2 380 4,74 9,8 116 2610 1 0 9,8 149 6010 18,4
- Liguria. . . 2 250 4,54 10,1 127 3 44 i 15,9 10 145,4 5 536 18,1
- Etruria. . . 2 280 4,02 10,1 126 4 602 16,9 10,7 142 7 019 18,8
- Umbria. . . 2 283 4,82 9,7 [27 4 910 17,7 10,4 140 7 400 18,9
- Armement. — L’armement comprend :
- 4 canons de 152 millimètres, à tir rapide, avec masques, 2 à l’arrière et 2 à l’avant ;
- 6 canons de 120 millimètres, à tir rapide, avec masques, savoir : 4 entre les canons de 152, 1 à l’avant, 1 à l’arrière;
- 8 canons de 57 millimètres, à tir rapide;
- 12 canons de 37 millimètres, à tir rapide.
- Il y a 2 tubes lance-torpilles sous-marins.
- 257 hommes d’équipage.
- (A suivre.)
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- CHIMIE
- FABRICATION DU CIMENT EN FOURS TOURNANTS, d’après
- MM. Stanger et Blount (1).
- Les fours rotatifs pour ciments ont été introduits en Angleterre en 1885, par Ramome, dont l’appareil consistait (fig. 1) en un cylindre A, incliné et tourné sur des galets par le mécanisme à vis sans fin B; la matière arrivait de la trémie C, descendait dans le four où elle était brûlée par les gaz d’un gazogène admis en D, et tombait dans le puits E; les poussières soufflées hors du four étaient recueillies en F et ramenées à la trémie, Ransome pensait que le ciment
- Fig. I. — Four tournant Ransome.
- pulvérisé très fin, avant son entrée dans le four, n’aurait pas besoin d’être broyé de nouveau après son grillage, mais il oubliait que la température nécessaire pour ce grillage est telle que le ciment y devient plastique et cohérent, de sorte qu’il se réagglomère en nodules, quelle que soit la finesse de sa pulvérisation à son entrée dans le four. Le four Ransome n’eut aucun succès en pratique’, aux points les plus chauds du four, la scorie adhérait sur les parois en un anneau empêchant le passage de la matière, et une grande partie de cette matière était soufflée hors du four; en outre, l’emploi de gaz de gazogène sans régénérateur rendait les opérations incertaines, et, quand on ajouta un régénérateur, il ne tarda pas à être obstrué par les poussières. Le ciment était de prise beaucoup
- (1) Civil Enginecrs, London, 20 février 1901
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- CHIMIE.
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- trop rapide. Le four n’avait que 7“,50 de long, longueur tout à fait insuffisante pour un emploi économique du combustible, et qui occasionnait la destruction du tube d’amenée du ciment brûlé par les flammes.
- M. W. Stokes perfectionna considérablement le four de Ransome en utilisant les chaleurs perdues par les gaz et les scories. Pour produire une tonne de ciment de bonne qualité, il faut employer environ 1 tonne 1/2 de matière sèche, renfermant 1 tonne 1/8 de chaux et 3/8 de tonne d'argile; la chaleur de son chauffage est employée en grande partie à la décomposition du carbonate de chaux qui exige, pour 1 12o kilogrammes, une dépense de 478 012 calories, et comme les autres réactions de faible importance thermique, les unes endother-miques et les autres exothermiques, s’équivalent à peu près, on peut admettre qu’il faut, pour transformer 1 tonne 1/2 de matière en 1 tonne de ciment, dépenser théoriquement environ 480 000 calories, ou 60 kilos de charbon à 8 000 calories, soit 6 p. 100 du poids du ciment grillé: cette dépense théorique minima est toujours notablement dépassée en pratique.
- Dans tout procédé rationnel et continu de grillage de ciment, on emploie l’air qui entre dans le four à refroidir les scories, et les gaz sortant du four à échauffer la matière avant son entrée dans le four; on peut admettre, pour la température des scories 100°, au sortir du four, et 300° pour celle des gaz sortants. Si l’on emploie un charbon tenant 80 p. 100 de carbone et 5 p. 100 d'hydrogène, il faudra, pour le brûler, dépenser théoriquement 11 kilogrammes d’air par kilogramme de charbon et pratiquement 22 kilogrammes, qui passeront de 16°, par exemple, à 300°; en outre, l’acide carbonique provenant de la décomposition du carbonate de chaux devra aussi être porté à 300°, de sorte que la quantité de chaleur nécessaire pour produire 1 000 kilogrammes de ciment grillé ou scorie se décompose comme il suit :
- Pour la décomposition de 1125 kilogrammes de carbonate
- de chaux............................................ 478 012 calories.
- Chaleur perdue dans la scorie, de chaleur spéciiique 0,2,
- élévation de température 85°........................ 17000 —
- Chaleur emportée par les gaz.
- a) 495 kilogrammes de CO2 du carbonate de chaux.
- b) 23 x kilogrammes de produits de la combustion, de chaleur spécifique 0,24, élévation de température 285°. . (23 x -f 495) x 0,24 x 285
- en désignant para? le nombre de kilogrammes de charbon nécessaire pour griller 1000 kilogrammes, de sorte que, si l’on prend pour puissance calorifique de ce charbon 8 000 calories, on a l’équation :
- 8000 x = 17000 calories (chaleur des scories) + 478012 (chaleur de décomposition du carbonate de chaux + ; 23 x + 495' x 0,24 x 285 (chaleur emportée par les gaz),
- qui donne :
- a? = 82,3 kilogrammes.
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- FABRICATION DU CIMENT EN FOURS TOURNANTS.
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- ou 8,23 p. 100 du poids des scories : chiffre qui, majoré de 20 p. 100 pour tenir compte des pertes par rayonnement, donne 9.88 p. 100 comme la dépense minima possible dans ce cas; en pratique, cette dépense doit être au moins doublée.
- Si la matière est humide, la dépense du charbon est considérablement augmentée ; avec 10 p. 100 d’eau, elle s’élève théoriquement à 19,40 p. 100, et, en tenant compte du rayonnement, à 23,28 p. 100 du poids des scories.
- Si les gaz s’échappent à 200° au lieu de 300, cette dépense tombe à 17 p. 100.
- Sous une autre forme, la dépense de chaleur se répartit comme il suit :
- Avec des matières sèches
- Chaleur de décomposition du carbonate de chaux
- — perdue dans la scorie..............
- — emportée par les gaz...............
- Avec des matières humides à 40 p. 100 d’eau :
- Chaleur de décomposition du carbonate de
- chaux. . . . .......................
- Chaleur perdue dans la scorie........
- Chaleur nécessaire pour vaporiser l’eau et employée à porter la vapeur à la température
- des produits de la combustion.......
- Chaleur perdue dans les produits de la combustion y compris l’acide carbonique du carbonate ...............................
- On voit immédiatement l’importance de l’économie réalisée par l’emploi de matières sèches et pourtant, dans la pratique anglaise, on ajoute délibérément 40 à 50 p. 100 d’eau en partie parce que l’on considère cet excès d’eau comme indispensable à la perfection du mélange des matières.
- L’appareil de Stokes comprend (fig. 2) un four tournant A, de lm,50 de diamètre et de 10m,50 de long, on tôles d’acier, monté sur galets qui lui laissent toute liberté de dilatation ; les gaz passent, au sortir de ce four, au cylindre B, de 12 mètres de long sur 3m,60 de diamètre, tournant lentement sur galets. La matière est déversée méthodiquement sur ce tambour, sur lequel elle adhère et se sèche en un tour, puis en est grattée par un racleur à chaînes et envoyée au four de calcination A. De ce four, la scorie tombe dans le refroidisseur C, de 4m,50 de long sur lm,50 de diamètre, en acier sans garniture réfractaire, avec nervures pour absorber la chaleur des scories; l’air qui a refroidi ce cylindre est employé au gazogène du four, de sorte que l’on utilise ainsi en partie la cha-
- Températuro des gaz sortant du four.
- 200° 300»
- 30,8 p. 100 35,1 p. 100
- 1/1 — 1,2 -
- 46,3 — 49,3 —
- 21,8 — 14,4 —
- 72.6 p. 100.
- 2.6 —
- 24,8 —
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- leur des scories. Malheureusement des difficultés de détail empêchèrent le succès pratique de cet appareil très bien compris dans son ensemble. Le mélange de chaux et d’argile employé dans les anciens procédés ne convenait pas pour le nouveau, parce qu’il y manquait les cendres du combustible solide (coke) qui, avec les anciens fours, agissaient comme un supplément d’argile; le ciment nouveau, prive des sulfates dérivés du coke, prenait trop rapidement, il fallait y ajouter du gypse pour ralentir cette prise; mais la principale difficulté était celle de maintenir une température suffisamment constante et uniform-daos le four de calcination, et, en outre, on ne réussit pas à se procurer un gare nissage durable pour ce four. Les briques réfractaires ordinaires se corrodaient rapidement, les briques basiques de magnésie étaient trop coûteuses et trop conductrices et celles en bauxite trop friables.
- Four tournant Stockes.
- C’est aux États-Unis, que les idées de Ransome et de Stokes ont fructifié, grâce, en partie, à la facilité avec laquelle on put y employer le pétrole, bien que son emploi ne soit plus nécessaire aujourd’hui.
- L’usine de Y Atlas Cernent C°, à Northampton, Pennsylvanie, emploie actuellement 51 fours tournants du système Hurry et Seaman{\) avec un débit de 8000 à 9 000 barils par jour (8 à 9 000 tonnes par semaine); c’est probablement la plus grande manufacture de ciment du monde, et elle est en train de monter une batterie nouvelle de 48 fours, qui doublera presque sa production, ce qui démontre bien le caractère économique et pratique de ses procédés.
- La matière employée à la compagnie Atlas est un schiste calcaire renfermant 70 p. 100 environ de carbonate de chaux et de Ja pierre à chaux tenant 98 p. 100 de ce carbonate, les deux mélangés de manière à produire un ciment normal. Ces matières, broyées dans des broyeurs (rates (2) et passées au
- g) Bulletin de janvier cl, juin 1899, p. 121 et 887.
- (2') Bulletin de janvier 1897, p. 110.
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- tamis tournant, sont séchées au sécheur tournant, rebroyees très fines au broyeur Huntington, puis transportées par un élévateur au-dessus des fours de calcination, dans des trémies qui en contiennent assez pour les alimenter pendant quarante-huit heures, de manière à permettre d’arrêter les broyeurs le dimanche sans arrêter les fours.
- Les fours tournants, groupés deux par deux (fig. 3) ont 18 mètres de long sur 2 mètres de diamètre à la partie supérieure et lm,50 au bas, montés sur galets et inclinés de 1/15; leur vitesse de rotation varie de 9 à 32 tours par heure suivant l’état de l’opération ; au bas, se trouve un brûleur de charbon en poussière, avec injection d’air, dont la ilamme est suffisante pour porter au rouge le bas des fours; la température des gaz s'abaisse graduellement du bas au haut du four, dont ils s’échappent presque froids dans la cheminée. La rapi-
- Fotu’S de VAllas Cemeni C
- dité de la descente est réglée par l’inclinaison du four et sa vitesse de rotation de manière que, lorsque la matière arrive au bas du four, dans sa partie au rouge, longue de 3 mètres environ, le carbonate de chaux est déjà décomposé, l’eau vaporisée et la réaction entre la chaux, la silice et l’alumine déjà com mencée pour se terminer complètement dans la zone chaude.
- Le charbon employé à l’Atlas présente la composition suivante :
- Hydrocarbures volatils .................. 30,42 p. 100
- Carbone fixe. ................................... 00,30 —
- Cendres........................................... 8,38 —
- Humidité.......................................... 0,90 —
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- On peut aussi employer de l’anthracite, plus dur à broyer, mais combustible excellent; la poussière du charbon est amenée uniformément à l’éjecteur à air par un conveyeur à vis; l’on ne parvint à réaliser un bon et simple brûleur qu’après de nombreux essais, avec des ventilateurs, etc. de toute espèce.
- Le garnissage du four présenta aussi de nombreuses difficultés. La brique réfractaire ordinaire renferme environ oo à 7o p. 100 de silice, 20 à 40 p. 100 d’alumine; elle se comporte comme un acide vis-à-vis de la scorie de ciment Portland, riche en chaux et basique, se fondant avec elle en un flux analogue aux scories de hauts fourneaux; cette réaction inévitable détériore le ciment et ruine le garnissage.
- Comme l’alumine est moins acide que la silice, on a essayé des briques riches en alumine, et notamment celles de la composition suivante :
- Silice (SiO2)................................. . . . 55,82 p. 100
- Alumine (A1203) . ................................ 37,98 —
- Oxyde de fer (Fe203).................................. 4,02 —
- Chaux (CaO) . ........................................ 0,00 —
- Magnésie (MgO)....................................... 0,78 —
- Soude (NaO).......................................... 0,88 —
- Potasse (KO), ........................................ 0,37 —
- mais ces briques,encore trop acides,ne résistent pas; elles doivent être basiques.
- On ne saurait trouver un garnissage basique meilleur que la scorie de ciment elle-même, mais il n’est pas facile d’en faire des briques ; aussi, MM. Harry et Seaman ont-ils inventé un procédé pour recouvrir les briques du garnissage d’une couverte de ces scories; voici comment on procède :
- On applique sur la partie du four exposée à la plus haute température une couche de sel marin, on chauffe le four, on y introduit une charge de matière, et on la chauffe au rouge de manière qu’elle devienne plastique et adhère au garnissage sur lequel on la presse et onia bat en une épaissenr suffisante pour protéger les briques de la corrosion; l’emploi d’une couche de sel marin pour faciliter tout d’abord l’adhérence du ciment n’est pas nécessaire, on peut s’en dispenser en portant les briques nues à une température suffisamment élevée pour assurer l’adhérence du ciment.
- Ce procédé simple et ingénieux a révolutionné la technique des fours tournants; le ciment produit est de qualité aussi satisfaisante et aussi uniforme que celui des meilleurs fours fixes. A sa sortie des fours, la scorie tombe (fig. 3) dans un second cylindre de 9 mètres de long sur 0’1’,90 de diamètre, tournant six fois plus vite que le four, garni de briques et traversé par un courant d’air qui alimente ensuite la flamme du four en lui restituant la majeure partie de la chaleur des scories: ces dernières, modérément chaudes, tombent sur trois broyeurs arrosés d’eau. Ces broyeurs écrasent facilement les agglomérations
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- formées dans le four et qui n’ont pas grande consistance; delà, la scorie humide et broyée passe dans un troisième cylindre tournant de 18 mètres de long sur lm,50 de diamètre, garni de nervures en fonte qui mélangent et désagrègent la matière; un courant d’air traverse ce cylindre et emporte dans la cheminée la vapeur des broyeurs et, pendant leur passage dans ce dernier cylindre, la scorie est arrosée d’un filet d’eau de manière qu’elle sorte légèrement humide. De ce dernier cylindre, la matière passe dans des trucs de 10 tonnes qui les portent aux pulvérisateurs d’où le ciment sort saturé d’une certaine quantité d’eau, mais néanmoins sec, de sorte qu’il n’est plus nécessaire de laisser ce ciment se perfectionner par un long repos, pendant lequel cette saturation se produit.
- Ce ciment est d’excellente qualité ; il a donné aux essais, d’après la méthode de Bauschinger, les résultats suivants, en centièmes de millimètre, sur barreaux de 100 millimètres.
- Barreaux humides dilatation
- Premier jour............ 1,5
- Deuxième jour........... 3,5
- Vingt-huitième jour. . , . 4,5
- Barreaux secs, contraction.
- 9,5
- 13,5
- Sa composition est la suivante :
- Silice (SiÜ-).......................................... 20,30 p. 100
- Résidu insoluble (sable et argile)......................... 0,44 —
- Alumine (Al'20:ij.......................................... 7,26 —
- Oxyde de fer (Fe20:i)...................................... 3,24 —
- Chaux (CaO)............................................... 61,90 —
- Magnésie (Mgo)............................................. 3,10 —
- Acide sulfurique (SO3)..................................... 1,33 —
- Acide carbonique (CO2)..................................... 0,33 —
- Eau........................................................ 1,97 —
- Potasse, soude et pertes................................... 0,04 —
- Avant son expédition, ce ciment est additionné d’un peu de plâtre pour en ralentir la prise. Presque toutes les manipulations des matières, depuis leur arrivée à l’usine jusqu’à la sortie du ciment en barils, se font mécaniquement.
- Une installation pouvant fabriquer 2 800 tonnes de ciment par semaine comprend 14 fours, avec autant de brûleurs de charbon en poussière et de cylindres refroidisseurs, 7 broyeurs et 7 refroidisseurs finaux, 4 broyeurs Gates, 1 sécheur tournant pour les matières brutes et 4 broyeurs Huntington. Les broyeurs sont commandés par un moteur de 2 500 chevaux et les fours, refroidisseurs, etc., par une machine de 300 chevaux, avec double en réserve.
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- Le prix de revient de la tonne de ciment s’établit comme il suit :
- Francs.
- Matières premières....................................... 2 25
- Charbon pour la force motrice (20 p. 100 du ciment produit!
- à 8 fr. 50 la tonne.................................... y;;;;
- Charbon pour la calcination (30 p. 100 du ciment produit à
- 9 fr. 55 la tonne)................................. 2 75
- Salaires (45 francs par semaine)......................... 3 75
- Entretien, graissage, etc................................ 3;7()
- Surveillance, laboratoire, administration................ 1,45
- 15,45
- il faut 159 ouvriers, dont 118 manœuvres.
- Avec l’ancien procédé, qui exige une dépense de charbon pour la calcination, égale à 40 p. 100 du poids de ciment au lieu de 30 p. 100, le prix de revient monte à 17 fr. 50 et 24 francs la tonne.
- Aux usines de l’Atlas, on n’emploie que des matières premières sèches; aux usines de la Bronson C°, à Bronson (Michigan), la matière première est une marne
- Fig. 4. — Four de la Bronson C°.
- calcaire, draguée dans un marais et mélangée avec de l’argile en une pâte renfermant 40 p. 100 d’eau, comparable à celles employées en Angleterre, mais avec moins de chaux, puisque l’on n’y emploie pas de combustibles à cendres; cette pâte est pompée directement dans le haut du four tournant (fig. 4), séchée et calcinée en une seule opération. Le haut de ce four n’a pas de garniture réfractaire, mais est garni d’ailettes qui brassent et ramènent la pâte en la brisant en petits nodules bien adaptés à la calcination; ces fours ont 18 mètres X lm,50 de diamètre; la température des gaz à la sortie est de 310°; le chauffage se fait au pétrole avec briques de magnésie dans la zone chaude; ces briques sont coûteuses d’achat et d’entretien; chaque four produit 120 tonnes de scorie par semaine. Aux usines de Hemmoor, près de Hambourg, on emploie aussi de la pâte à 40 p. 100 d'eau, avec de la poussière de charbon soufflée par un ventilateur et scories passant dans un cylindre en fer à nervures intérieures, traversé par l’air allant au brûleur. Les scories ne sont ni broyées, ni arrosées d’eau; la production d’un four est de 200 tonnes par semaine, avec une dépense de charbon égale à 30 p. 100 du poids des scories.
- Un four du type normal, pour matières sèches, et produisant 200 tonnes par
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- RECHERCHES SUR LE CUIR POUR RELIURE.
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- semaine, a 18 mètres de long; s’il ne dépensait que le charbon théoriquement nécessaire, ou 8,23 p. 100 du poids des scories, les gaz en sortiraient à 300°. En fait, la dépense de charbon s’élève à 30 p. 100 du poids des scories, de sorte que 72 p. 100 de sa chaleur est perdue et que les gaz s’échappent du four à 1085° environ. La chalenr de ces gaz suffirait, en les refroidissant à 300°, pour dessécher la matière nécessaire à la production d’une tonne de scories, même si elle renfermait 61 p. 100 d’eau; on voit que la dépense de charbon, dans ces fours à sec, est beaucoup trop forte ; on pourrait la réduire en augmentant leur longueur et en forçant en conséquence leur débit. D’autre part, bien qu’il ne faille pas dépenser en pratique plus de charbon avec une pâte à 40 p. 100 d’eau qu’avec des matières sèches, il faut néanmoins réduire cette eau le plus possible : à 30 p. 100 par exemple, pour assurer la production normale du four malgré les irrégularités inévitables de son alimentation.
- Il faudrait donc augmenter la longueur des fours destinés à la calcination des pâtes à 40 p. 100 d’eau, la porter à 27 mètres comme on l’a déjà fait, et même à 30 mètres, si les dilatations et contractions ne s’y opposent pas.
- En résumé, les fours tournants ont une telle supériorité d’économie et de qualité qu’ils ne tarderont pas à supplanter les anciens fours fixes, en Europe comme aux Etats-Unis. La caractérisque de leur emploi, aux Etats-Unis, est la manutention entièrement mécanique des matières et le chauffage par du charbon en poussière, seul combustible disponible en Europe; en outre, ils produisent un ciment naturellement mûri, et qu’il n’est plus nécessaire d'aérer par un long emmagasinement.
- G. R.
- RECHERCHES SUR LE CUIR POUR RELIURE
- Une commission anglaise, nommée en février 1900, vient de publier un rapport sur le cuir employé dans la reliure (J. Soc. arts, 49-621-638). Nous avons pensé qu’on lirait avec intérêt le résumé suivant, qui en a paru dans the Journal of the Society of Chemical Industry (Août 1901, p. 819).
- La Commission nomma deux sous-commissions; la première devait visiter les bibliothèques importantes et la seconde avait pour mission de rechercher les causes de l’altération et de la détérioration sur cuir au point de vue scientifique.
- La première sous-commission visita un grand nombre de bibliothèques, parmi lesquelles celles du British Muséum, de Bodleian, de l’Université de Cambridge, de l’Athenæum Club, du Patent Office et de la Société chimique, ainsi que d’importantes bibliothèques particulières. Elle constata que les plaintes relatives à l’altération prématurée du cuir moderne, employé pour la reliure, étaient justifiées par les faits, et que les livres reliés pendant les
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- CHIMIE.
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- quatre-vingts ou cent dernières années montraient avec évidence une détérioration beaucoup plus rapide que ceux reliés antérieurement. Beaucoup de reliures récentes montraient une altération nette après une durée qui ne dépassait pas dix ou même cinq années. Elle conclut que, quoique le cuir de toutes les époques montrât des signes d’altération, la détérioration devient plus générale sur les livres reliés après 1830, et que les livres reliés après 1860 se montraient encore plus détériorés. La détérioration des reliures en veau de la fin du xix° siècle peut être attribuée autant à l’excessive minceur qu’à la pauvre qualité de la matière.
- La sous-commission trouve que, dans les bibliothèques où l’on n’employait pas de lumière artificielle et où la ventilation était bonne, les reliures étaient généralement en meilleur état que dans le cas contraire. Quand on faisait usage du gaz, les reliures étaient dans le plus mauvais état, spécialement sur les rayons supérieurs. La lumière solaire et, plus encore, la lumière solaire directe ont un effet de désagrégation sur le cuir.
- Pour les cuirs anciens (du xv° et du xvi° siècle) la peau de porc blanche, probablement tannée à l’alun, est la plus durable, mais sa dureté excessive et son manque de flexibilité rendent le cuir inutilisable dans la plupart des travaux modernes. Le vieux veau brun s’est bien conservé, mais il perd sa flexibilité et devient raide et cassant quand il est exposé à l’air et à la lumière. Les reliures de mouton, des xv° et xvi° siècles, sont restées souples et flexibles. Des exemplaires de maroquin rouge, depuis le xvie jusqu’à la fin du xvme siècle, furent trouvés en bon état, et, de tous les cuirs indiqués, celui-ci semblait être le moins affecté par les diverses épreuves auxquelles il avait ôté soumis. Les reliures en maroquin antérieures à 1860 furent généralement trouvées en bon état, mais, après cette date, le maroquin semblait être beaucoup moins digne de confiance, et, dans beaucoup de cas, il était devenu complètement avarié. Depuis 1830 environ, il semble qu’on ait employé du veau de bonne qualité. Les reliures en peau de mouton, datant de la première partie du siècle, furent trouvées pour la plupart en bon état; mais, depuis 1860 environ, on trouve difficilement de la vraie peau de mouton. Les peaux de mouton furent grainées pour imiter d’autres cuirs, et les imitations de cuirs grainés sont généralement trouvées en plus mauvais état que beaucoup d’autres reliures, excepté, peut-être, pour celles en peau de mouton très mince.
- Les cuirs modernes, teints en présence d’acide sulfurique, doivent tous être condamnés. Dans à peu près tous les cas, on trouva que le cuir de Russie s’était avarié, au moins pour les cinquante dernières années.
- Le travail de la seconde sous-commission, qui était composée de chimistes particulièrement compétents dans le traitement du cuir, chercha spécialement à élucider les points suivants : examen de la nature de l’altération du cuir employé
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- RECHERCHES SUR LE CUIR POUR RELIURE.
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- pour la reliure, examen des causes de cette altération, recherche des meilleures méthodes de préparation du cuir pour la reliure et considération des conditions nécessaires au point de vue de la conservation des livres.
- La sous-commission fit un grand nombre d’essais et d’analyses sur des échantillons de reliures altérées, ainsi que sur les cuirs employés pour la reliure, et elle trouva que l’altération qui était la plus fréquente était ce qu’elle dénomma une « altération rouge » {réel decay) ; elle estimait qu’on pouvait la différencier en ancienne et en nouvelle, l’ancienne altération rouge se constatant antérieurement à 1830 environ, et la nouvelle étant postérieure à cette date. Dans l’ancienne altération, le cuir devient dur et cassant, la surface n’étant pas facilement enlevée par le frottement; cet état se rencontre surtout dans les livres reliés en veau tanné à l’écorce de chêne. La forme récente affecte à peu près tous les cuirs, et, dans les cas extrêmes, semble absolument détruire les libres.
- Une autre forme de détérioration, se remarquant plutôt dans les livres plus récents, rend le grain du cuir susceptible de s’écailler par le plus faible frottement. On remarque dans presque tous les échantillons de cuir de Russie une forme très intense d’altération rouge. Dans beaucoup de cas, le cuir fut trouvé complètement désorganisé (rotten) dans toutes les parties exposées à la lumière et à l’air.
- On ht une importante série d’expériences en vue de déterminer les causes d'altération des reliures. La sous-commission trouve qu’elle est causée à la fois par des influences mécaniques et chimiques. Parmi ces dernières, il y en a qui sont dues à des méprises du fabricant de cuir et du relieur, et d’autres qui proviennent du manque de ventilation et du chauffage, ainsi que de l’éclairage des bibliothèques. Dans certains cas, des cuirs inférieurs sont finis (par des procédés nuisibles par eux-mêmes) de manière à imiter les meilleures qualités de cuir; mais, en réalité, le tort dont sont responsables le fabricant et le relieur doit être attribué plus à l’ignorance de l’effet produit par les moyens employés pour donner au cuir les qualités extérieures exigées pour la reliure qu’à la production intentionnelle d’un article inférieur.
- La sous-commission donne des instructions minutieuses sur la préparation des cuirs convenant à la reliure et traite en détail du tannage, de la dessiccation et du finissage, ainsi que de la préservation des livres.
- Les conclusions générales qui suivent sont le résultat de longues séries d’expériences et de recherches. On y voit, en résumé, que les tannins catéchols qui comprennent le turwahr, le qucbracho, l’hemloch, l’écorce de larix et le gambier ne conviennent pas au cuir pour reliure duquel on exige de la durée, et que le sumac donne un cuir beaucoup plus stable, tandis que le myrobolan occupe une place intermédiaire, mais plus rapprochée du sumac. Lacassie, qui
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- CHIMIE.
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- est une matière tannante employée pour les peaux de mouton et de chèvre du Levant, s’est montrée absolument impropre. Les cuirs au sumac, dans certains cas, paraissaient se colorer en noir, mais cela était probablement dû à la falsification du sumac par le pistachier dont le tannin se rapproche étroitement de celui de la cassie.
- De toutes les influences auxquelles les livres sont exposés dans les bibliothèques, les produits de combustion du gaz, sans doute à cause des acides sulfureux et sulfurique qu’ils contiennent, se montrent les plus nuisibles; mais la lumière et, spécialement, la lumière solaire directe et l'air chaud possèdent une action délétère qui, antérieurement, avait été à peine soupçonnée, et l’on ne peut trop insister sur l’importance d’une température modérée et d’une parfaite ventilation.
- On examine ensuite les succédanés du cuir pour reliure, mais on trouve qu’ils n’étaient pas aussi durables que le cuir bien préparé, tout en durant plus longtemps que le cuir de Perse ou le cuir mal préparé.
- La Commission recommande de Remployer que du sumac pour le tannage du cuir destiné à un travail de choix, et de préférer les peaux de veau ou de chèvre. Les peaux employées doivent être en bonne condition et de préférence des peaux sèches ou en saumure, plutôt que des peaux salées à sec. On ne doit pas user, pour les ramollir, de bains putrides ou de traitements mécaniques violents. Les vieux pelains, dégageant une forte odeur d’ammoniaque et contenant une grande quantité de bactéries, doivent être évités. Une importante cause de dommage est fréquemment due au manque de soin dans le trempage et l’ébourrage, et la Commission recommande vivement la substitution d'un agent chimique à l’emploi ordinaire des confits. Elle conseille un tannage légbr et condamne un palissonnage excessif et un dolage trop énergique.
- „ On a trouvé que l’habitude de nettoyer et de blanchir les peaux au moyen d’acide sulfurique est une des causes les plus fréquentes d’altération, et l’addition d’acide sulfurique au bain de teinture est également condamnée; on recommande de le remplacer par des acides organiques.
- L’acide nitrique, employé par le glaçage, se montre un agent de destruction, et le glaçage par voie humide fut condamné. L’habitude des relieurs de laver le cuir avec de l’acide oxalique fut trouvée préjudiciable, et on condamne également très fortement l’habitude de pulvériser du sulfate de cuivre sur le cuir, pour produire le veau moucheté (Calf sprinkled, Calf tree). La tension du cuir sur les livres, obtenue à l’aide de l’humidité, a un mauvais effet.
- Pour préserver les livres dans les bibliothèques, la Commission recommande des verres teintés, qui arrêteront les énergiques rayons actiniques de la lumière.
- Ach. Livache.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- laminoirs et transbordeurs Hubcr et Kennedy.
- Dans le train de laminoirs de M. Y. Hubcr, le lingot sorti du four à réchauffer 1 (fig. 1) est amené par les galets 2, que commande la dynamo 4, au blooming 33a; de là, il va, par 3, aux cylindres verticaux 6, aux dégrossisseurs horizontaux 77a et aux seconds cylindres verticaux 8, et ce d’une façon continue, les différents cylindres s’ali-
- Fig. 1. — Laminoir Uuber. Plan.
- mentant les uns les autres. Des cylindres 8, les galets 9, commandés par la dynamo 10, amènent le lingot entre les cylindres 11 et 12 du trio 1 1, 12, 16 ; lig. 3). d où il passe sur une série de.galets 13, commandés par friction; ces galets sont montés sur un châssis mobile verticalement qui, soulevant l’arrière du lingot, à sa sortie de U et 12, l’appuie sur les galets 15, tournant en sens inverse de 13, et qui passent ainsi le lingot entre les cylindres 12 et 16; de ces cylindres, le lingot passe aux galets 17, comman-
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- dés par friction, d’où il est transbordé latéralement aux galets 18, qui le passent au duo finisseur 19; de ce finisseur, le lingot passe, parles cylindres 20, au palier B.
- La commande des cylindres 3 et 3a est (fig. 1) telle que 3a tourne plus vite que 3 dans la proportion de l’allongement du lingot, et ce par une transmission à cordes du moteur A, qui commande directement le laminoir 7,7a; les laminoirs 8 et 6 sont commandés par cordes, l’un de l’arbre de 3a et l’autre de l’arbre de 7, et tous à des vitesses croissant comme l’allongement du lingot.
- La réduction du lingot effectuée par les cylindres 6 est très faible, mais celle des
- cylindres 7 peut varier de 5 à 50 p. 100, et comme on ne peut pas adapter leur vitesse à chacune des variations de cette réduction, on leur donne la vitesse correspondant à la réduction maxima, et l’on commande 6 par un mécanisme qui augmente automatiquement la vitesse de 6 quand la réduction par 7 diminue. A cet effet, le pignon 24 (fig. 1 et 9) commande l’arbre 23 par un pignon 22, fou sur 23, avec manchon 25, à paires de cliquets 26, 26a, en prise avec le rochet 27, calé sur 23, et pressés sur 27 par des ressorts 28; ces paires de cliquets 26 et 26a sont disposés de façon que, l’une d’elles entrant en prise avec 27, l’autre ne vient en prise qu’après une rotation en avant du pignon 22 égale à la moitié du pas des dents de 27. Quand la réduction du laminoir 7 diminue, il entraîne le lingot à une vitesse plus grande que celle correspondant à la vitesse de 6, mais cet entraînement de 6 peut se faire sans aucun inconvénient par le
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- jeu des cliquets. Quant aux cylindres 8, comme leur réduction est faible, on peut les commander sans inconvénient, toujours à la vitesse de 7a.
- Les galets 13 sont (fig. f) montés dans un châssis 29, guidé en 30 sur les glissières 31, et supporté par (fig. 2a) deux pistons hydrauliques 33, 31, dont l’égalité de levée est assurée par leur conjugaison au moyen des renvois 30-35, pivotés en 32. Les galets 15 sont montés sur le châssis 37, fixé aux colonnes 31.
- Fig. 1 b. — Laminoir Huber. Suite du plan fig. 1 a.
- Le transfert des galets 17 aux galets 18 s’opère (fig. 3) par une série de bras 39, que le cylindre hydraulique 17 commande parjc renvoi 10, 15, 18, 11, 10, de manière que,
- 6 o
- dû o,
- Fig. 2. — Laminoir Iluber. Élévation correspondant au plan fig. I.
- soulevés comme en pointillés par la rotation de leur arbre 10, ils passent le lingot sur les rails 18, qui les descendent sur 19.
- Les cages des laminoirs de Kennedy sont l'fig. 5), très robustes en trois pièces réunies par quatre gros boulons; les coussinets 8 y sont assujettis par leurs collets 10 et les talons 9, qui les empêchent de tourner. Le graissage se fait par 11 et 12, avec récupération de l’huile par 13 et l’intérieur des cages.
- Le transbordeur de lingot de Kennedy est représenté parles figures 11 à 13, où l’on a indiqué en 2, 3 et 1 les différentes positions du lingot, avec retournement R 90° de 3 à 4.
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- 2e semestre. — Octobre 1901.
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- Le transféreur se compose d’une série d’étriers 6, 6', reliés par un guide 7 et supportés en 8 par des parallélogrammes 9-10, commandés, des cylindres 14 et 19, par les renvois 18, 12, 11 et 18, 17, 16, la; le petit cylindre hydraulique 20 sert au rappel du piston 19.
- Les pièces occupant les positions fig. 12, pour faire passer le lingot de 2 en 4, on
- Fig. 2 a. — Laminoir Buter. Élévation correspondant au plan fig. 1 a.
- ouvre l’échappement du cylindie 19, de sorte que le cylindre 20 amène 8 dans la position pointillée en le faisant pivoter sur b, déposant ainsi le lingot retourné sur les galets avanceurs 5.
- Pour passer le lingot de la position 12 à la position 13, sans le retourner, on laisse
- Laminoir Buter. Élévation du finisseur.
- l’eau en 19 et 20, et on l’échappe de 14 de manière à faire passer 10 de la position pointillée à la position en traits pleins.
- Dans le type de transbordeur-redresseur Huher représenté par les figures 14 à 30, le fer, un fer plat ou une bande par exemple, passe, au sortir des laminoirs finisseurs 1 (fig. 13) dans le canal 2 à bec 2a, mobile de manière à permettre de le guider dans l’une ou l’autre des branches a ou b du canal 3, séparées par la cloison 4. A cet effet, le bec 2a estcommandé par le levier 3 (fig. 15 bis) et la bielle 6, qui lui impriment le va-et-vient transversal nécessaire.
- Les compartiments a et b du canal 4, sont dans le prolongement des canaux 7
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- et 7a (fig. 25 et 30} à galets transbordeurs moteurs 8, sur lesquels le fer est pressé par les galets fous 9 correspondants, montés (fig. 29) sur des bras 12, pivotés en 13 sur un arbre dont les bras 14 soulèvent 12, et qui est commandé, des bras 15, par les tringles 16, actionnées (fig. 15) par les leviers 17, 18, 21 et 17a, 18a, 21a, que les cylindres hydrauliques 19 et 19a commandent parles renvois 20, 21 et 20a, 21a; ces cylindres
- mm
- T ' ,s i
- 30-1
- Fig. 4. — Laminoir lïuber. Fig. 5 à 8. — Laminoir Kennedy. Détail de la cage
- Coupe III-1II fig. 2 a. et d’un tourillon.
- sont reliés par les tuyaux 22 et 22a aux distributeurs 23 et 23a, manœuvrés par les leviers 24 et 24a.
- Dès que le fer arrive, ainsi entraîné par les galets 8 et 9, au sortir du canal 3, on admet l’eau sous pression à celui des cylindres 19 ou 19a correspondant au canal 7 ou 7a où se trouve engagé le lingot, de manière qu’il soulève les galets 9 correspondants, et arrête ainsi l’avancement du lingot; pour faciliter cette manœuvre, les galets 9 sont équilibrés par des contrepoids ou des ressorts 26 (fig. 16). Après la sortie des lingots de 3, on admet, par les distributeurs 30 et 30a (fig. 15 et 15 bis) l’eau sous pressiou aux cylindres 89 et 89a(fig\ 16 et 16 bis) qui commandent (fig. 24 et 24 bisi les
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- glissières 31 et 31a, dans lesquelles sont coulissés les axes 32 et 32a des bras 33 et
- Fig. 9. — Laminoir lluber. Détail de l’embrayage 22 (fig. 1).
- Fig. 10. — Laminoir Kennedy. Demi-coupe longitudinale.
- 33a !fig\ 26) du levier 33, coulissé pour recevoir l’extrémité du bras 33 (fig. 24 bis)
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- O
- Transbordeur Kennedy. Plan.
- Fig. 12. — Transporteur Kennedy. Vue par bout.
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- calé sur l’arbre 36, auquel il imprime ainsi une oscillation tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, suivant celui des cylindres 89 ou 89a que l’on fait agir.
- L’arbre 36, qui court tout le long de la machine, porte une série de bras 37, 37a,
- Fig. 13. — Transbordeur .Kennedy. Vue par bout.
- (fig. 12, 15, 16) qui, par leurs oscillations, rejettent les fers sur les tables A et A7, disposées à droite et à gauche de la machine. On a, pour assurer la simultanéité de l’action de tous les bras 37 et 37“, disposé sur l’arbre 36 un certain nombre de bras 35“ (fig. 23
- « >e
- Fi». 14. — Transbordeur redresseur Huber. Elévation.
- et 15) commandant par 34“ des leviers 38b, correspondant aux bras 38 (fig. 26) du levier 34, auxquels ils sont reliés par des cordes 39 et 39“ (fig. 18) avec contrepoids 39b (fig. 23). Le rappel des glissières 31 et 31“ se fait par les pistons de cylindres hydrauliques 41 et 41“ (fig. 23 bis) tirant sur les cordes 40 et 40“ (fig. 25).
- Immédiatement au-dessus des tables A et A', se trouvent (fig. 14,17,19 bis, 25,28 et 30)
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- Transbordeur Jïuber. Élévation
- '17 16
- Transbordeur Iluber. Plan de la fi
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- Îi28
- les paliers 42 et 42% fixés aux glissières 43 et 43% montées sur les guides 44 et 44“ assujettis aux fers à T 45 des traverses 46. Les glissières 43 et 43a sont articulées aux
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- Fig.%16. — Transbordeur Ihiber. Élévation, suite de la fig. 15.
- extrémités de balanciers 47 et 47% pivotés en 48 et 48% portés en 49 et 49a sur des galets 50, roulant sur des glissières 51 et 51% pourvues d’encoches 53 et 53“ (fig. 27).
- Fig. 16 a. — Transbordeur iluber. Plan de la fig. 10.
- Quand on avance ces glissières à gauche (fig. 27), leurs encoches soulèvent ainsi les leviers 47 et 47“ et les paliers 42 et 42“, équilibrés en partie par les contrepoids B et B'. Les glissières 51 et 51' portent à leur extrémité des mâchoires 54 et 54% que l’on peut
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- serrer par les vis 55 et 55a sur les cordes 40 et 40a, de manière à les rendre solidaires des glissières 31 et 3ta.
- Les galets 56 et 56a (fig. 29) des paliers 42 et 42a portent sur les galets 57 et 57a dont les arbres 58, commandés par l’arbre 10, tournant en sens contraire des galets avanceurs 8 et 9, mais à une vitesse moindre, de sorte qu’ils tendent à ramener le fer pris entre eux en sens contraire de l’avancement donné par les galets 8 et 9, comme l’indiquent les flèches des figures 17, 27 et 28.
- Sur les fers à T 69, roule, avec galets 62 (fig. 21 et 22), un chariot avec guides 63 et
- 1ô 16
- XSL
- Fig. 17. — Transbordeur Huber. Élévation. Suite de la fig. 16.
- 63a (fig. 30) pour les tiges 64, 64a, articulées aux leviers 65 et 65a (fig. 22 bis) qui, par leurs galets 66 et 66a, reposent sur les glissières à plans inclinés 67 et 67a, que l’on peut relier par les pinces 54 et 54a aux cordes 40 et 40a de manière à les rendre solidaires des glissières 51 et 51a. Les deux mécanismes leveurs des glissières 67 et 51 sont (fig. 21 et 22) reliés par les fers en U 61, qui constituent le chariot de leurs pinces.
- En disposant les coins 67 et 67a différemment que ceux de l’arrière de ce chariot, on peut ne faire porter les blocs 68 et 68a (fig. 30) des tiges 64 et 64a sur les tables A et et A' qu’après l’avant du chariot, ce qui est facilité par l’articulation de ces blocs ou patins à leurs tiges au moyen des boulons 70 et 70a (fig. 22). Lorsque l’on admet l’eau
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- sous pression au cylindre 89 (fig. 16), le palier 42 (fîg. 29) de l’avant et le patin 68 de l’arrière se lèvent avant que les bras 37 et 37a ne se déplacent, grâce au jeu laissé par la coulisse 31 (fig. 24), de manière que leur fer pris par ces blocs en permette le transbordement sur la table A, sous les patins 42 et 68 ; ceci fait, on admet l’eau à l’extrémité opposée du cylindre 89% de manière que le cylindre 41 (fîg. 23) tirant sur la corde
- Fig. 18. — Transbordeur lluber. Plan de la fig. 17.
- 40 et la glissière 31, abaisse 42 et 68 sur le fer; les patins 68 serrent fortement le fer en avant sur la table A, pendant que les galets 56 et 57 (fig. 29) le tendent et le redressent par leur traction.
- Le transfert du fer des tables A et A' aux magasins C et C7 se fait (fîg. 29) par les bras 70 et 70% articulés aux bras 37 par les bielles 71 et 71% à coulisses 72, 72% et rappelés sur le fond de ces coulisses par les ressorts 73 : ces bras 70 et 70a sont pour-
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- vus, au bas, de sabots /4 et 75 (fig. 29 et 30) disposés de manière à rejeter le fer sur C et G' puis sur B et B'.
- Pour le cas où le fer venant du laminoir 1 (fig. 15) serait plié ou tordu, on a disposé en 76 et 76a (fig. 24) des crochets qui, lorsque les bras 33 et 38 du levier 34 (fig. 24 et 25) se déplacent à gauche par exemple, en figure 24, 76 enclenche le bras 77 et l’em-
- n rri
- Fig. !!). — Laminoir IJuber. Plan de la figure 19 bis. Suite de la fig. 18.
- pêche de revenir, avec les bras 37, au retour de la glissière 31, de manière que les bras 37 maintiennent le fer sur A ou A', jusqu’à ce que ce fer soit pris par les patins 42; en ce moment, le taquet 78 de 31 déclenche 77 de 76, et permet le rappel de ce levier et des bras 37, 37a par le cylindre 89a.
- Les paliers 42 et les blocs 60 (fig. 29) portent des presseurs à ressort 79, réglables à volonté, de manière qu’ils viennent serrer le fer sur les tables C et C' et l’y main-
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- Fig. 19 bis. — Laminoir ïluber. Élévation de la fig. 19.
- Fig. 20. — Transbordeur Huber. Élévation. Suite de la lig. 19 bis.
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- Transbordeur Huber. Élévation. Suite de la fig. '20
- Fig. 21 dis. — Transbordeur Huber. Plan de la fig. 21.
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- Fig. 22. — Transbordeur Ihiber. Élévation. Suite de la tig.20.
- Fig. 22 bis. — Transbordeur Huber. Plan de la lig. 22.
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- tiennent pendant son refroidissement afin d’utiliser sa contraction pour le tendre.
- — Transbordeur Huber. Elévation. Suite de la fig. 22.
- Fig. 24 et 2 4 bis. — Transbordeur Huber. Plan et élévation. Suite de la lig. 23.
- Ceci compris, voici comment fonctionne le système.
- Le fer arrive de la dernière passe finisseuse dans l’une des divisions du canal 3,
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- la division a, par'exemple, d’où il passe au canal 7, entraîné par les galets 8 et 9, dont
- Fi". 23 bis. — Transbordeur lluber. Plan de la fi". 23
- mm
- d— XÏÏT
- I". 23 et 20. — Transbordeur Huber. Détail du levier 38 et coupe XI1-X1I fig. 17.
- le cylindre, à distribution commandée parle levier 24, arrête l’entraînement dès que le fer sort de 3. On admet alors l’eau sous pression, par 30, au cylindre 89, qui tire la
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- LAMINOIRS ET TRANSBORDEURS HUBER ET KENNEDY.
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- Fig. 27. — Transhordeur Huber. Coupe XIII-XII1, fig. 25.
- Fig. 28. — Transbordeur Iluber. Coupe XIV-XIV,
- fig- 19. •
- Tome 101, — 2e semestre. — Octobre 1901.
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- glissière 21, dont le premier mouvement entraîne par la corde 40 les coins 51 et 67 de manière à lever 42 et 68, puis le levier 34, repoussé par l’extrémité de la coulisse de 31, tire la corde 39 de manière que les bras 37 ou 37a amènent le fer sous 42 et 68; au retour de la glissière 31, 42 et 68 s’abaissent, 68 serrant le fer sur la table A pendant que les galets de 42 le tendent. Pendant cette opération, un deuxième fer est amené du laminoir, dans la division b de 3, puis transbordé de même sur la table A', et rejeté, après dressage, comme le premier, de A; sur C' et B'.
- ACIER POUR OUTILS
- Les essais faits à l’annexe de Yincennes, en 1900, avec un acier pour outils obtenu par les procédés Taylor-White, ont attiré l’attention sur ce produit. Depuis quelques années déjà, un certain nombre d’aciéries, produisant de l’acier au creuset, s’étaient posé le problème de fabriquer un acier à outils permettant de donner à l’outil une plus grande vitesse en suivant l’une des deux voies : 1° produire des aciers à outils suivant un procédé tenu secret par le fabricant ; 2° améliorer d’une façon notable les aciers qui durcissent naturellement à l’air. Pour étudier des différentes questions que la fabrication de ces aciers a soulevées, la section de Berlin, de l’Association des ingénieurs allemands, chargea un certain nombre de ses membres de s’entendre avec les directeurs de plusieurs ateliers de constructions mécaniques dans le but de faire des essais avec ces aciers. Le rapport de cette Commission vient d’être publié (1).
- En premier lieu, la Commission décida de faire appel au concours de quelques producteurs des aciers à outils ; les essais devaient être faits dans les ateliers dirigés par les membres de la Commission avec des pièces à ouvrer de nature à se prêter au travail par ces aciers, après que les fournisseurs eurent indiqué les vitesses de coupe, les avances et les épaisseurs de copeaux maxima. Bien qu’on ait eu à sa disposition sept ateliers notables, il a paru à la Commission qu’il serait rationnel de faire ouvrer à l’aide des aciers à essayer les mêmes pièces [dans le même atelier. [A cet effet, la succursale Meuronde des Niles Tool Works a fourni un de ses tours très puissants, et l’Allgemeine Elektricitâts-Gesellschaft un moteur triphasé.
- En tenant compte de la durée de l’outil, on devait déterminer :
- 1° La surface que l’on pouvait tourner dans l’unité de temps, avec une épaisseur donnée des copeaux, une vitesse et une avance de coupes quelconques ;
- 2° Le poids des copeaux d’épaisseurs maxima et sans prescrire les deux autres facteurs (vitesse et avance).
- On avait choisi comme pièces à ouvrer des arbres en fonte grise, en acier moulé et en acier Martin-Siemens forgé ou laminé, présentant des résistances variables. Le tournage ne devait durer que deux heures, après quoi l’acier était mis au rebut. On ne s’est pas borné uniquement aux travaux exécutés sur le tour; nombre d’essais ont porté sur le rabotage et sur le taillage de fraises.
- Trois producteurs d’aciers à outils ont fourni leurs produits : nous les désignerons par a, (î et y.
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieare, 28 septembre 1901.
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- Bornons-nous à dire que la plupart des pièces à ouvrer étaient en fonte. On désignera cette série d’essais par A. La série B est relative aux pièces travaillées dans les ateliers des Niles Tool Works; ces travaux étaient exclusivement effectués au tour. Dans les essais ayant pour but la détermination du poids de copeaux, on a laissé aux fournisseurs des aciers le choix de la vitesse de coupe, de l’avance et de l’épaisseur des copeaux; dans ceux ayant pour but la détermination de la surface tournée, on avait prescrit l’épaisseur des copeaux de 4mm,8. On a ouvré les pièces suivantes :
- Arbres. Longueur. Diamètre ou côté du carré, Résistance. Allongement.
- mm. mm. kg par cm2. p. 100.
- Fonte . 3 000 500 » »
- Acier moulé . 3 000 500 42 à 50 26
- t 1750 400 40,8 25,5
- Acier Martin-Siemens, forgé. 1730 400 63,3 18
- ( 1750 400 77,5 13,5
- Carré en acier Martin-Siemen: s. 1500 300 63,3 18
- La série B a donné des résultats plus favorables pour certains matériaux que la série A. Mais le travail simultané de pièces, la comparaison que l’on avait en vue entre les aciers de différents fournisseurs, ainsi que le nombre restreint de pièces à ouvrer ont apporté certaines restrictions lors des essais. Pour chaque coupe, on commençait immédiatement avec la vitesse de coupe, les avances et les épaisseurs de copeaux maxima, pour obtenir les résultats les plus favorables. Il n’était pas]possible d’accroître ces facteurs graduellement; en outre, on ne pouvait pas tenir compte de la dureté variable des matériaux, des endroits poreux, ni enfin de la qualité souvent défavorable de la couche supérieure de la pièce à ouvrer. D’autre part, les points plus doux auraient pu être enlevés avec une plus grande vitesse. Parfois, la couche supérieure n’était pas partout suffisamment étendue pour qu’on pût déterminer d’une façon définitive la capacité et la durée maxima des aciers; lors de l’attaque de la partie dont on disposait, on enlevait trop peu de copeaux, et la capacité de l’acier n’était pas suffisamment utilisée ; d’autres fois, lorsqu’on voulait déterminer la capacité maximum de l’acier, on entamait un copeau trop fort et on réduisait de la sorte la durée de l’acier. En conséquence, les résultats de la série B (essais effectués aux ateliers Niles) sont très incomplets ; toutefois, on a fourni aux producteurs des aciers à outils une première occasion favorable de mettre en œuvre des matériaux les plus divers et^ grâce à l’expérience acquise, de perfectionner encore davantage leurs produits.
- Le tableau suivant (p. 541) donne la composition chimique des arbres ouvrés aux ateliers Niles :
- Les aciers essayés étaient, d’après le procédé de fabrication de leurs arêtes coupantes :
- a) Trempés à l’air, — trempe naturelle, — ou bien, suivant le procédé connu, trempé légèrement à l’eau ;
- b) Trempés par un procédé tenu secret.
- Les aciers trempés par un procédé secret étaient fournis par les producteurs à l’état achevé, et essayés. On peut les affûter, comme tous les autres aciers à outil, après usure ; mais, dès que la partie trempée était usée, on était obligé de la
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- renvoyer an fabricant, comme c’est le cas habituellement avec les limes. Cette condition doit être remplie tant que le procédé de trempe n’aura pas été breveté; ensuite on pourra acquérir les installations pour la trempe.
- FONTE. .a a P O S P O o a ^ 5 {j x ^ g O P *o ^ O Sh fcb < Ht & S Ë c g S f S g p £ s. ^ < - w H o X PS t* uT S ^ 2? a ~ o S S O £ K P U V ^ Cj cj o 4 ^ S 35 ça E-t -o Sh ^ S o Û S P O P c Ü H ë 3 ** jr m Û ^ p 4 « ^ < 2 33 c* “O PS Sh jj? < t- •a £ *£ ' ^ r1' h ^ g CS g 3 ü S ^ p CO c£ £ ^ ’33 co g a rn 5 < cb Z &
- p. 100. 9,91 p. 100. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100.
- Carbone total -.j dont 3,46 de graphite. 0,58 0,30 0,54 0,63 0,50
- Silicium 2,03 0,81 0,05 0,21 0,20 0,22
- Cuivre 0,01 0,12 0,11 0,10 0,14 0,13
- Aluminium 0,01 0,06 0,01 0,01 0,01 0,07
- Nickel et cobalt 0,08 0,04 0,02 0,04 0,08 0,07
- Manganèse 1,00 1,27 0,58 0,93 1,22 0,52
- Magnésium » traces traces )> » »
- Phosphore 0,23 0,02 0,07 0,03 0,05 0,04
- Soufre 0,10 0,03 0,05 0,023 0,05 0,013
- Fer 92,53 97,70 98,81 98,093 97,62 98,435
- Totaux 100,00 100,00 100,00 100,00 100.00 100,00
- La liste suivante contient l’énumération des aciers et de leurs marques de fabrique qui ont été fournis par les trois fabricants pour les essais A et B.
- Fournisseur Trempés à l’air Trompés
- des aciers à outils. Nombre. Marque de fabrique. Nombre. par un procédé secret.
- a................. 64 L »
- p................. 16 « Titan-Boreas. »... 18 « Rapide »
- y................. 86 Diamant 000 ........... 13 « Schnelldreher » (1)
- Une partie des aciers à trempe naturelle était fournie par les fabricants sous forme de tiges, et les arêtes furent taillées dans les différents ateliers où ont été faits les essais; une autre partie était fournie à l’état achevé.
- Le cqTitan-Boreas » de l’usine [3, ainsi que la marque L de l’usine a, sont portés, lors de la trempe, à 850° environ et ensuite refroidis à l’air. Le « Diamant 000 » de l’usine y doit, pour être trempé, être porté à une température qui varie de 210 à 960°. L’usine a chauffe un certain nombre de ces aciers, marque L, à la chaleur rouge sombre, les refroidit ensuite à l’air, et les trempe finalement dans l’eau.
- Ainsi que nous l’avons indiqué dans le tableau qui précède, le procédé de confection et de trempe des aciers « Rapide » (usine £) et des aciers « Schnelldreher » (usine y) sont encore tenus secrets.
- Quant à la comparaison des aciers trempés par un procédé secret avec ceux trempés
- (1) Traduction littérale : tourneur rapide.
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- à l’air ou à l’eau, les trois établissements métallurgiques ont présenté les observations suivantes :
- L’usine a connaissait bien la possibilité de confectionner les aciers à outils pour une vitesse considérable de coupe et à l’aide desquels on peut enlever des copeaux épais; mais ce qui est nouveau, c’est le débouché de ces aciers, en d’autres termes, ïa possibilité d’utiliser ces aciers sur des tours beaucoup plus puissants que jusqu’ici, permettant de mettre davantage les aciers à contribution. D’après l’usine a, la composition des aciers ne constitue aucun secret; il s’agit d’alliages du fer avec du carbone, du manganèse, du tungstène, du chrome, du titane, etc. Du pourcentage de ces additions, dépend la résistance des aciers; plus ce pourcentage est élevé, plus il est difficile d’usiner ces aciers. Par suite, l’usine a a cru devoir adopter les alliages tels que le consommateur puisse confectionner lui-même les aciers, après avoir reçu une instruction à cet effet. Pour cette raison, et étant donné que la capacité de travail des aciers les meilleurs, trempés naturellement, est aussi élevée que celle des machines-outils dont on fait usage actuellement, l’usine a a renoncé jusqu’ici à confectionner elle-même les aciers et n’a présenté aux essais que son acier trempé à l’air, marque « L ».
- L’usine y n’a exécuté que peu de travaux avec son acier « Schnelldreher ». Cette usine a déclaré qu’elle ne recommandera des aciers de cette marque que lorsque ces aciers dépasseront, comme capacité de travail, très considérablement ceux de la marque « Diamant 000 » trempés à l’air. Elle est encore hors d’état de livrer des aciers marchands de qualité uniforme dépassant cette capacité. D’autre part, l’usine y a montré dans quelques ateliers où les essais ont été faits, qu’elle est bien à même de fournir des aciers marque « Schnelldreher » à l’aide desquels on a pu exécuter des travaux tout à fait remarquables. Mais ce n’étaient que des aciers choisis et non marchands.
- Par contre, l’usine (i s’occupe déjà depuis quatre années de la confection des aciers « Rapide » et sa production n’accuse actuellement que 3 p. 100 de rebut. Elle a donné l’assurance que l’acier « Rapide » dont on a fait usage dans les essais, est identique à ses aciers marchands, que ceux-ci sont de qualité uniforme et non pas accidentellement de qualité excellente. La Commission, vu les nombreuses préventions existantes, a cru devoir précisément essayer la qualité de cet acier. Pour cette raison, on avait, dans les différents gteliers, fait usage d’un nombre suffisant d’aciers et constaté que le rebut n’était pas plus élevé que dans le cas de n’importe quelle autre sorte d’aciers connus.
- Pour les essais faits aux ateliers Niles, l’usine ^ mit à la disposition de la Commission tout son dépôt d’aciers de Berlin, auquel la Commission prit environ 50 pièces. Malheureusement, il ne fut pas possible de faire usage de tous ces aciers; en effet, ils présentaient, par rapport à ceux des deux autres usines, des sections trop réduites et des arêtes trop étroites. Du reste, l’usine en question recommande ses aciers surtout pour des travaux exigeant un grand effort ; il n’aurait, par suite, pas été rationnel de faire usage de ces aciers trop faibles. Pour cette raison, on a demandé à l’usine directement 80 tiges. Ces aciers diffèrent, au dire du fabricant, entièrement de l’acier Taylor-White, quant à l’alliage et à la trempe. De plus, chaque acier peut être usé de 40 à 80 millimètres avant qu’on soit obligé de le retailler.
- Quant aux résultats, on peut dire, en règle générale, que le poids de copeaux enlevés dépasse de beaucoup celui indiqué par certains auteurs comme pouvant être
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- effectués sur les meilleurs tours. Les numéros des procès-verbaux de l’usine a s’étendent de 301 à 348 et de 601 à 640 ; ceux de l'usine p, de 101 à 198 et de 401 à 438 ; enfin, ceux de l’usine y, de 201 à 299, de 501 à 513 et de 801 à 809. Les plus forts numéros, à l’exception de la dernière série, sont relatifs aux essais dans les ateliers Niles.
- Nous donnerons quelques chiffres, en tenant compte de ce que la durée des essais ne dépassait pas deux heures :
- Fonte (poids de copeaux). — Les chiffres les plus élevés ont été .obtenus par l’essai n° 633 (acier trempé à l’air) qui a enlevé 4kg,75 de copeaux par minute, l’essai ayant duré environ trente minutes, et par le n° 424 (acier trempé par un procédé secret), qui a enlevé 6kg,56 par minute, l’essai ayant duré presque exactement deux heures et sans que l’acier ait été usé.
- Surface tournée. — Chiffres les plus élevés, n° 425 (trempe secrète) ayant enlevé 0m2,1028 par minute, l’essai ayant duré une heure sans user l’acier. Viennent ensuite n° 515 (trempé à l’air) ayant enlevé 0m2,0725 par minute, après une durée d’essai de une heure sans usure notable de l’acier; n° 634 (trempé à l’air) ayant enlevé O312,07 par minute, l’essai avait duré dix-huit minutes ; n° 424 (trempe secrète) ayant enlevé 0m2,065 par minute, au bout de deux heures, sans usure notable de l’acier. Au point de vue de la surface tournée, les aciers essayés se sont beaucoup mieux comportés (dans les essais de deux heures) que les aciers ordinaires. Il n’en est pas de même en ce qui concerne le poids de copeaux.
- Acier Martin Siemens. — Les résultats généraux paraissent plus favorables pour les aciers essayés que pour les aciers ordinaires.
- Poids des copeaux. — Les chiffres les plus élevés, en tenant toujours compte des essais de deux heures de durée, ont été fournis par l’essai n° 433 (trempe secrète) ayant enlevé environ 3kg,5, par minute, l’essai ayant duré environ trente minutes; viennent ensuite le nos 432 et 136 (également à trempe secrète) ayant enlevé de 2kg,5 à 3 kilogrammes par minute. L’acier qui a enlevé le plus par minute est celui de l’essai n° 434 (2kg,38) sans usure notable; il est à trempe secrète. En général, les aciers à trempe secrète ont fourni les chiffres les plus élevés (9 numéros); les poids des copeaux enlevés varient de 2kg,15 à 3kg,5 par minute; 5 d’entre ces aciers n’étaient pas usés d’une façon notable. Les deux numéros 627 et 501 figurent parmi les essais avec aciers à trempe à l’air qui ont enlevé le plus de copeaux (de 2kg,09 par minute environ) ; mais l’un (n° 627) était usé au bout de 15 et 26 minutes respectivement.
- Surface tournée. — Capacité de travail beaucoup plus élevée des aciers à trempe secrète que celle des aciers à trempe à l’air. Les nos 262, 137,161, 136,433 (tous aciers à trempe secrète) ont enlevé respectivement 0m2,129, 0m2,115, 0m2,089, 0m2,075 et 0m2,0685 par minute avant d’être usés ; la durée des essais était respectivement de 12, 21, 20, 100 et 30 minutes. Le n° 263 (trempe secrète) a enlevé 0m2,0625 par minute sans être notablement usé au bout d’une heure. Les aciers à trempe des essais à l’air (nos 509 et 510) ont enlevé chacun environ 0m2,05 par minute, mais ils étaient hors d’usage au bout de peu de minutes.
- On a fait également quelques essais sur des cylindres à surface durcie tournés et meulés, dans lesquels on a pratiqué des cannelures au moyen d’aciers spéciaux. Ces essais étaient faits sur des cylindres de mêmes provenance et dimensions, et avec la vitesse de coupe de 7IBm,5 par seconde qui paraît être la plus rationnelle. La trempe
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- NOTES DE MÉCANIQUE.-----OCTOBRE 1901.
- des aciers spéciaux était confiée aux établissements Austchengsguer, qui les ont fournis. Le tableau suivant résume les résultats de ces essais.
- Usine. Marque. vitesse cie coupe en mm. par seconde. Copeaux totaux enlevés. Surface totale trouvée.
- a. . . Acier pour cannelure 7,.j kil. 0,146 0,137
- T- • Spécial très dur.. . 7,5 0,192 0,179
- P- • • O X 7,5 0,097 0,087
- Durée du travail jusqu'à l'usure de l’arête, minutes. 309,56 357,83 184,73
- Le nombre total des essais fut de plus de 800, et on a essayé 260 aciers environ. La dépense de force était plus grande que dans les travaux de tours ordinaires.
- LES SYSTÈMES BINAIRES, LES COUPLES D’ÉLÉMENTS CINÉMATIQUES ET LES CHAINES SECONDAIRES
- Notes de M. G. Kœnigs (1).
- Les positions relatives que deux corps solides peuvent prendre l’un par rapport à l’autre dépendent de six paramètres. Si l’on assujettit ces positions à des conditions déterminées, cela revient à restreindre le champ de variations de ces six paramètres : on se trouve alors avoir défini ce que nous appelons un système binaire,
- Si les conditions restrictives se traduisent par (6 — k) équations finies entre les six paramètres, les positions relatives de deux corps dépendent seulement de k paramètres; le système binaire a le degré k de liberté.
- La conception du système binaire est donc purement abstraite, elle est indépendante des moyens que l’on peut employer pour réaliser physiquement un tel système, pour en opérer le giddage.
- Si l’on établit entre deux corps A et B un couple d’éléments cinématiques, ces corps forment par cela même un certain système binaire. Muis la réciproque n’est pas vraie; il n’arrivera que fort rarement de pouvoir guider un système binaire au moyen d’un simple couple d’éléments. Trois conditions seront pour cela nécessaires :
- 1° Il faudra que l’ensemble des conditions qui représentent analytiquement le système binaire soit équivalent à un système d’équations exprimant le contact de certaines surfaces S, Si, S2, ..., pratiquées sur le corps A, avec d’autres surfaces S', Sh, SU, .... pratiquées sur le corps B.
- 2° Cette condition étant remplie, il faudra que ces surfaces, physiquement réalisées, puissent entrer en contact, ce qui ne se pourra pas toujours; par exemple, s’il s’agissait de mettre en contact un hyperboloïde et un plan.
- 3° Enfin, les deux premières conditions étant vérifiées et les corps A et B placés dans une position relative où les contacts sont établis comme il convient, il faudra que le système ne puisse recevoir aucun mouvement relatif capable de faire cesser les contacts existants et de dissocier de cette manière le couple.
- La première et la dernière de ces trois conditions demandent des explications.
- Dans la première, on voit que nous ne faisons intervenir au rang des liaisons entre corps solides que les contacts géométriques entre surfaces, ce qui ne donne que des équations en termes finis. Nous mettons donc de côté le frottement en tant gu’organe de liaison.
- Le frottement, en effet, est une force au même titre que la pesanteur. Deux cônes de friction ne présentent, au point de vue cinématique, que deux disques circulaires assujettis à
- (1) Comptes rendus de l’Académie des sciences des 23 septembre, 7 et 21 octobre 1901.
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- LES SYSTÈMES BINAIRES ET LES COUPLES D’ÉLÉMENTS CINÉMATIQUES. 54o
- demeurer en contact. S’ils sont faits d’une matière susceptible d’un parfaitpoli, ils tourneront l’un devant l’autre indépendamment. Dans le cas contraire, ils s’entraîneront par suite du développement de la force de frottement. C’est tout à fait analogue à ce qui se passerait si, aprèsavoir taillé une pièce d’un mécanisme dans une substance légère, on construisait ensuite un mécanisme identique en taillant cette même pièce dans une matière très lourde. Dans un cas comme dans l’autre, les différences qui tiennent au choix de la matière employée ne changent pas la nature du mécanisme, elles ne font que modifier l’état des forces qui s’exercent sur lui. Du moment où l’on introduit dans un mécanisme la considération du frottement, il commence à devenir une machine.
- La troisième condition donne lieu à d’importantes remarques.
- Les contacts ayant été établis dans une position déterminée, il y a des déplacements infiniment petits relatifs que les corps ne peuvent recevoir par suite de ces contacts. Nous dirons que le couple d’éléments appuie les deux corps contre ces déplacements relatifs.
- Les autres déplacements relatifs infiniment petits sont de deux sortes. Les premiers sont ceux que les corps peuvent recevoir sans que cesse le contact entre les divers couples de surfaces conjuguées. Ces déplacements correspondent à la variation des paramètres dont dépend le système binaire qui se trouve réalisé par le fait’même des contacts supposés. Ces déplacements peuvent être effectués librement, chacun dans son propre sens ou dans le sens opposé. Pour ce motif nous les appelons déplacements dicinétiques.
- Mais il est d’autres déplacements qui présentent cette particularité que les corps sont appuyés contre le déplacement opposé, en sorte que ces déplacements ne peuvent se produire que dans un sens. Pour ce motif nous les appelons déplacements monocinétiques. Les déplacements monocinétiques, s’ils se produisent, ont pour effet de faire cesser certains contacts et de dissocier par conséquent le couple.
- Il y aura donc deux catégories de couples d’éléments. Les uns, que nous appellerons parfaits, ne possèdent pas de déplacement monocinétique : exemple, le couple vis-écrou. Les autres, que nous appellerons imparfaits, possèdent de tels déplacements : exemple, la roue d’un wagon sur le rail.
- La troisième condition semble exclure ces derniers couples, mais il suffit que les déplacements monocinétiques ne soient jamais appelés à se produire.
- Nous appelons clôture d’un couple imparfait tout procédé qui a pour résultat de prévenir la production des déplacements monocinétiques. Il y a des procédés cinématiques de clôture : il y en a aussi de dynamiques, en entendant par là que l’on s’abstiendra d’appliquer des forces capables de provoquer les déplacements proscrits. C’est en cela que consiste pour nous la clôture par force, qui serait mieux nommée clôture par abstention des forces.
- Faisons observer qu’en dehors des déplacements monocinétiques, il y a des déplacements dicinétiques susceptibles de produire la dissociation du couple. Ce sont ceux qui se produisent aux limites, c’est-à-dire lorsque, le contact de deux surfaces conjuguées venant à s’opérer sur la frontière au delà de laquelle l’un des profils cesse d’exister, il se produit un déplacement qui fait franchir cette frontière au point de contact. C’est par le contact aux limites que le couple vis-écrou se trouve dissocié.
- Les couples d'éléments cinématic[ues, soit qu’on les considère en eux-mêmes, soit qu’on les compare entre eux, soit enfin qu’on ait égard à leur manière d’être dans les chaînes dont ils font partie, présentent des propriétés générales que nous allons passer en revue.
- C’est ainsi que nous avons reconnu déjà, dans une précédente Communication, qu’un couple d’éléments est parfait ou imparfait ; qu’if admet, en certains cas, des déplacements dissociatifs aux limites.
- La nature des contacts donne lieu à une autre catégorie de propriétés intrinsèques. Deux surfaces conjuguées S et S' du couple peuvent, en effet, se toucher soit par des points isolés, soit en tous les points d’une ligne, soit encore suivant une étendue superficielle finie.
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- Les couples de cette dernière catégorie sont au nombre de six : trois à un paramètre, un à deux, et deux à trois paramètres.
- Les couples à un paramètre sont le couple vis, le couple rotoïdc, le couple prismatique, étudiés par Reuleaux sous le nom de couples d’emboîtement. Le couple à deux paramètres est le couple verrou. Les couples à trois paramètres sont le couple sphérique et le couple plan.
- Dans ces six couples, le mouvement comporte un glissement sans roulement; aussi M. Haton de la Goupillière les avait-il déjà signalés, plus complètement que Reuleaux, au titre de glissières.
- Il arrive souvent que, dans un couple, les contacts réalisés soient plus que suffisants pour assurer le guidage du système binaire que ce couple réalise, en sorte que le couple assure surabondament ce guidage. On peut dire que, dans ce cas, le couple est surabondant.
- Quelquefois, pour assurer plus de stabilité au guidage dans le passage par certaines positions critiques, on rend le couple surabondant dans une certaine étendue seulement. On dira alors que le couple est momentanément surabondant.
- Lorsque deux couples d’éléments produisent le guidage d’un même système binaire, nous dirons d’eux qu’ils sont équivalents.
- Cette notion en amène une autre, qui comprend toute la catégorie des engrenages.
- II se peut que le guidage d’un système binaire se trouve, dans une certaine étendue continue de positions, réalisé au moyen d’un couple d’éléments C; puis, dans une étendue voisine, au moyen d’un autre couple d’éléments G7, équivalent au premier ; puis, dans une autre étendue de positions, par un troisième couple C", équivalent à C et G', et ainsi de suite. Nous regarderons ces couples G, C, G", ... comme formant un seul couple, mais un couple discontinu.
- Ordinairement, le couple C' entre en prise avant que le couple G ait cessé d’y être : les couples discontinus sont donc habituellement momentanément surabondants.
- La place et le rôle que tiennent dans la chaîne les divers couples qui relient ses membres donnent lieu à de nouvelles propriétés des couples.
- Une chaîne peut être conçue sous une forme abstraite analogue au système binaire. Ce sera un ensemble de corps solides rigides dont les positions relatives sont soumises à certaines conditions, représentées par des équations entre les paramètres de position relative de tous les membres de la chaîne autour de l’un d’eux.
- Si l’on prend deux membres A et B quelconques de la chaîne, ces membres constituent un certain système binaire, par le fait même qu’ils font partie de la chaîne. Ce système binaire pourra, dans certains cas, être intégralement guidé par un couple d’éléments établi entre les membres A et B; dans d’autres cas, on ne pourra réaliser, au moyen d’un couple, qu’une partie du guidage de ce système binaire ; dans d’autres cas, enfin, aucun couple établi entre A et B ne pourra réaliser ce guidage, même partiellement.
- Prenons ainsi les corps de la chaîne deux à deux, et établissons entre ces corps le plus de couples d’éléments qu’il est possible. 11 peut arriver qu’on ne parvienne pas, par ce procédé, à réaliser l’état de liaisoas supposées dans la chaîne et données a priori sous la forme analytique. Alors la chaîne est irréalisable mécaniquement (1).
- Si, au contraire, les couples établis assurent la réalisation de l’état de liaisons, la chaîne se trouve construite par le fait même.
- Nous appelons génériquement couplage d’une chaîne l’ensemble des couples d’éléments établis entre ses divers membres. Tout ce qui a été dit des couples s’étend au couplage. Le couplage est surabondant, lorsque l’abolition de certains contacts ou de certains couples laisse intact le guidage de la chaîne. Deux couplages sont équivalents, lorsqu’ils réalisent le même état de liaisons dans une chaîne. Le couplage sera discontinu, lorsque, dans un certain continuum
- (1) A moins de faire intervenir des forces, comme le frottement, l’élasticité, etc.
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- LES SYSTÈMES BINAIRES ET LES COUPLES ü’ÉLÉMENTS CINÉMAT1QUES. 547
- de positious relatives des membres de la chaîne, on aura eu recours à un certain couplage C, pour recourir, dans un continuum adjacent, à un couplage C' équivalent au couplage C, le même fait pouvant du reste se répéter plusieurs fois.
- Si l’on se reporte maintenant à l’un quelconque des couples d’éléments qui participent au couplage, couple que nous supposons établi entre deux membres A et B de la chaîne, deux cas peuvent se présenter.
- Il peut arriver que le couple d’éléments réalise complètement à lui tout seul le guidage du système binaire que les corps A et B forment dans la chaîne totale, en sorte que la suppression de tous les autres membres de la chaîne ne changerait rien à ce système binaire. Nous dirons alors que le couple est autonome dans la chaîne.
- Mais il peut arriver et il arrive souvent le contraire. Le couple d’éléments établi entre les corps A et B peut fort bien ne réaliser qu’une partie des liaisons qui représentent le système binaire A et B, en sorte que l’effet de la chaîne est de restreindre la liberté que le couple laisserait aux corps A et B dans leur mouvement retatif l’un par rapport à l’autre. Pour ce motif, nous dirons alors que le couple est restreint par la chaîne. C’est ainsi que l’on peut construire les chaînes desmodromiques dans lesquelles aucun des couples qui figurent au couplage n’est desmodromique.
- Un cas important de couple restreint est celui de la clôture par chaîne d’un couple imparfait. Imaginons un couple imparfait dans une chaîne qui ait pour effet de restreindre ce couple par l’empêchement des déplacements monocinétiques. Le couple imparfait se trouvera clos par le fait même, et ainsi se trouve acquise, sous une forme exacte et précise, la clôture par chaîne d’un couple imparfait.
- On remarquera que cette notion s’applique aussi bien aux couples à plusieurs paramètres qu’aux couples desmodromiques.
- Si, dans une chaîne cinématique T, on supprime certains membres et que les membres conservés forment encore une chaîne cinématique, nous donnons à cette chaîne résiduelle T le nom de chaîne secondaire. Deux cas peuvent alors se présenter :
- . En premier lieu, il peut se faire que la chaîne U' présente le même état de gêne entre ses membres, soit lorsqu’on l’isole, soit lorsque l’on conserve autour d’elle le reste de la chaîne totale F. On pourra dire alors que la chaîne secondaire U' est autonome dans cette chaîne totale.
- Mais il pourrait arriver, au contraire, que l’effet des membres supprimés fût de restreindre la liberté propre à la chaîne secondaire prise isolément, auquel cas on dira que la chaîne secondaire T' est restreinte dans la chaîne totale T.
- Les chaînes secondaires autonomes offrent de l’intérêt au point de vue de l’analyse et de la décomposition d’une chaîne. On s’efforcera, en effet, de décomposer une chaîne en chaînes secondaires autonomes, dont le fonctionnement individuel pourra être étudié indépendamment du reste.
- Les membres de la chaîne totale non compris dans les chaînes autonomes en lesquelles elle aura été décomposée servent d’organes de connexion ou de connecteurs entre ces diverses chaînes autonomes; leur rôle est de solidariser ces chaînes entre elles.
- Parfois on aura obtenu cette solidarité au moyen d’un couple d’éléments établi entre un membre de l’une des chaînes secondaires et un membre d’une autre chaîne secondaire autonome.
- Dans tous les cas, la décomposition en chaînes autonomes pouvant, presque toujours, être opérée de plusieurs manières, la fonction d’organe de connexion attribuée à un membre n’a rien d’absolu et se trouve subordonnée au mode de décomposition. On voit par là combien peu profonde serait une classification fondée sur la nature de ces intermédiaires ou connecteurs.
- Passant à un autre point de vue, toute chaîne cinématique peut être regardée comme réalisant le guidage du système binaire formé par deux de ses membres : A et B par exemple
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 4901.
- Mais ordinairement la totalité de la chaîne ne concourt pas à ce guidage, en sorte que la suppression de certains membres n’intéresse pas le système biniaire (A, B). On pourra donc supprimer ainsi certains membres dans,la chaîne totale, jusqu’à ce que l’on arrive à une chaîne telle que la suppression de n’importe quel membre aurait pour effet d’altérer le système binaire considéré. D’une telle chaîne secondaire, nous dirons qu’elle est attachée au système binaire (A, B).
- Observons d’ailleurs que plusieurs chaînes differentes peuvent être attachées de la sorte à un même système binaire. Elles constituent des guidages équivalents de ce système.
- Si de telles chaînes coexistent comme chaînes secondaires dans une même chaîne totale, leur ensemble réalise un guidage surabondant du système binaire (A, B).
- Faisons ici la remarque évidente que, si, dans la chaîne totale, on supprime tous les membres qui ne font pas partie de l’une des chaînes secondaires attachées au système binaire (A, B), rien ne se trouve changé aux conditions du guidage, surabondant ou non, de ce système binaire.
- Ces membres supprimés sont, en quelque sorte, parasites à l’égard du système binaire (A, B). Leur existence dans la chaîne ne peut tenir qu’aux nécessités du guidage d’autres systèmes binaires et aux dépendances cinématiques que l’on veut établir entre ces nouveaux systèmes et le premier :
- Ainsi, dans la locomotive, le mécanisme de la distribution vis-à-yis du système de bielle et manivelle qui concourt directement à la mise en marche.
- La considération des chaînes secondaires attachées à un'système binaire va nous permettre de définir avec précision un cas singulier de guidage, qui est assez fréquent et dont aucun auteur jusqu’ici n’a analysé le principe.
- Considérons une chaîne cinématique T, attachée à un certain système binaire (A, B). Soient Mi, W2,..., un les n paramètres dont dépend la configuration de la chaîne; désignons aussi par Vi, vp les p paramètres (p<6) dont dépend le système binaire (A, B). Il est clair que,
- puisque le système binaire est inclus dans la chaîne, les paramètres v sont des fonctions des um Il en résulte d’abord que l’on a p<n.
- Le cas de p = n n’a pas d’intérêt spécial. Mais si p<^n, on peut faire un changement de variables et substituer aux paramètres u de nouveaux paramètres comprenante!, vp e^
- (n—p) autres variables vp+i) Vp+2,..., vn .
- Imaginons alors que l’on fasse varier seulement ces (n —p) derniers paramètres. Les p premiers vl7 c-2,..., ^restant constants, les corps A et B restent au repos relatif, tandis que se déforme le reste de la chaîne T.
- La chaîne T opère donc le guidage du système binaire dans des conditions spéciales telles qu’une infinité de formes de la chaîne corresponde à une position relative déterminée des membres A- et B. Nous caractériserons ce cas singulier de guidage, en disant que le guidage du système binaire (A, B) par la chaîne F est un guidage flottant.
- Les colliers à billes des roues de bicyclettes offrent un exemple de guidage flottant. De même, le mode de suspension de la poulie de la machine d’Atwood.
- Voici un exemple très différent :
- Que l’on veuille réaliser le fait d’une tige XY qui doit demeurer équipollente, dans un plan donné, à une tige AB. On introduira une tige A' B' intermédiaire, équipollente à AB et à XY, et formant parallélogramme articulé avec chacune de ces deux tiges. Mais, au lieu d’une seule tige, on peut en introduire plusieurs, A' B7, A" B", A/7/ B'/7, formant : A7 B7 parallélogramme articulé avecAB, àlaquelle elle reste équipollente; A77 B'7 avec A'B7, A777 B7,/avecA"B77, et finalement XY avec Toutes ces tiges sont alors équipollentes entre elles et, en particulier, XY avec AB.
- La chaîne construite, formée de cette suite de parallélogrammes articulés, réalise donc bien le système binaire souhaité entre AB et XY. Mais le guidage est flottant, puisque, si l’on fixe invariablement les tiges AB et XY dans une position déterminée quelconque, le reste de la chaîne conserve encore la faculté de se déformer.
- C’est un danger de l’ordre de considérations que nous exposons ici, d’offrir de trop nom-
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- LES SYSTÈMES BINAIRES ET LES COUPLES D’ÉLÉMENTS C1NÉMATIQUES. 549
- breuses occasions de sortir du terrain de la Mécanique pure pour verser dans l’abstraction. Les chaînes secondaires s’y prêteraient aisément; il serait intéressant de poursuivre, au point de vue abstrait, le développement des notions qui précèdent, et de construire à leur propos une théorie se rattachant à ces principes de l’ordre dont parle Poinsot dans ses Réflexions sur les principes fondamentaux de la théorie des Nombres.
- Mais, au point de vue des applications, où nous désirons nous tenir, la constitution d’une telle théorie semble inutile, car elle comporte des généralités beaucoup trop élevées eu égard aux quelques cas particuliers qui se trouvent mis enjeu dans les machines.
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- LIVRES ET OUVRAGES REGUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN JUILLET, AOUT ET SEPTEMBRE 1901
- Du Ministère du Commerce et de l'Industrie. Bulletin de l’Inspection du Travail, 1901 ? n° 2 (Direction du Travail). Brochure 8°, 90-142.
- Poisons industriels (Office du Travail). 8°, 450 p.
- Congrès international de mécanique appliquée. Résumé des travaux (Exposition universelle de 1900), 1901. Brochure 8°, 28 p. Imprimerie Nationale.
- Législation ouvrière et sociale en Australie et Nouvelle-Zélande. Mission de M. Albert Métin (Office du Travail), 1901, 1 vol. 8°, 200 fr.
- Matériel et procédés de la filature, etc., à l’Exposition de 1900. Rapport du Comité d’installation. Brochure 8°, 20 p.
- Du Ministère de l'Instruction publique. Épitaphes du vieux Paris, formé et publié par E. Raunié, tome III, vol. 4°, 670 p.
- Œuvres complètes de Cauchy, vol. XII. Paris, Gauthier-Villars.
- Du Ministère des Colonies. L’Agriculture pratique des pays chauds. Bulletin du Jardin colonial, juillet-août 1901. Brochure 8°, 128 p.
- Du Ministère des Finances. Rapport de l’administration des monnaies et médailles,
- 1901, 1 vol. 8°, pl. 362 p.
- Du Ministère des Travaux publics. Recueil de lois, ordonnances, décrets concernant les services dépendant du ministère des Travaux publics, lre série, tome 7, 1852-55-1901. 1 vol. 8°, 672 p.
- Projet de régime nouveau pour les ordures ménagères de Paris, par M. P. Vin-cey. In-4°, 83 p. Paris, Chaix.
- Production et distribution de l’énergie pour la traction électrique, par M. H. Martin. In-8°, 760 p., 869 fig. Paris, Béranger.
- Éléments des machines, leur calcul et leur construction, par M. C. Bach. Traduc. tion Desmarets. in-8°, 580 fig. et atlas de 54 pl. Paris, Béranger.
- Traité pratique des machines marines motrices, par M. J.-B. Girard. In-8°, 2 vol. 1400 p., 809 fig. Paris, Béranger.
- Statistique des chemins de fer français au 31 décembre 1899. Documents divers. lre partie : Intérêt général, France, Algérie, Tunisie, 1901. 1 vol. 4°, 412 p.
- Les ravages de la Pyrale dans le Beaujolais, par MM. Gastine et Vermorel. Brochure.
- Conférence sur la machine-outil moderne, par M. G. Richard, 1901. Brochure 4°, 72 p. Paris, Dunod.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1901.
- 551
- L’électricité à l’Exposition de 1900 ; 5e fasc. : Canalisation et appareillage, par M. E. Hospitalier; 9e fasc. : Téléphonie et télégraphie, par M. L. Montillot, 1901. Brochures 4°. Paris, Dunod.
- La mécanique à l’Exposition de 1900; 14elivraison. Le matériel agricole, par M. Ringelmann. In-4°, 224 p., 363 flg. Paris, Dunod.
- Règle à calculs, modèle spécial, par M. A. Beghin, 1902. Brochure 8°, 108 p. Paris, Béranger.
- Installations modernes de chaudières à, vapeur, par M. E. Reinerl, traduction Des-marest. In-8°, ISO flg. Paris, Béranger.
- Cours de mécanique élémentaire, par M. Moulan. In-8°, 1124 p. 1067 flg. Paris, Béranger.
- Recueils statistiques, Plomb, cuivre, zinc, étain, argent, nickel, aluminium et mercure, établis par la Metallgesellschaft et la Metallurgische Gesellschaft A.-G., 1901. Brochure 4°, 76 p. Francfort-sur-Mein.
- Étude complète du bassin ferrifère de Briey et de la formation ferrugineuse lorraine, par M. Francis Laur, avec carte, 1901. Brochure 8°, 96 p. Paris, Soc. des Pub. Sc. et lncl., 26, rue Brunei.
- Traité de la teinture et de l’impression des matières colorantes artificielles,
- 4e partie, couleurs azoïques nouvelles, matières colorantes rouges, par M. Jos. Depierre, 1900-C1. vol. 8°, 516 p. Paris, Béranger.
- Cours d’électricité, par M. H. Pellat. Tome I, Électrostatique, lois d’Ohm, thermo-électricité, 1901. Vol. 8°, 328 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Courants polyphasés et alterno-moteurs, par M. S. P. Thompson. Traduction Boistel. In-8°, 359 flg. Paris, Béranger.
- Guide pratique pour les calculs de résistance des chaudières à vapeur, par MM. G.
- Huin etE. Maire, avec la collaboration de M. H. W. Meunier (Actualités scientifiques), 1901. Brochure 8°, 64 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Leçons sur les moteurs à gaz et à pétrole, par M. L. Marchis (Actualités scientifiques), 1901, Vol. 12°, 172 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Traité pratique des Chemins de fer d’intérêt local et des Tramways, par M. Pierre Guédon, 1901. Vol. 8°, 384 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Droit commercial et législation industrielle, par M. Louis Martin (Bibliothèque du conducteur de travaux publics), 1901. 1 vol. 8°, 671 p. Paris, Dunod.
- Galvanoplastie et Galvanostégie, par M. Ad. Minet (Encyclopédie des Aide-mémoire Léautë), 1901. Vol. 8°, 185 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Expertises et arbitrages, par M. Rigaud (Encyclopédie des Aide-mémoire Léaulé), 1901. Vol. 8°, 177 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Fabrication et emploi des chaux hydrauliques, par M. Boero. In-8°, 148 flg. Paris, Béranger.
- Essais et vérifications des canalisations électriques, par M, P. Charpentier. In-8°, 265 flg. Paris, Béranger.
- Vade-mecum financier de l’assureur et de l’assuré contre les accidents du travail, par M. G. Déport, 1901. Vol. 8°, 150 p. Paris, Maulde.
- Rapport sur les vignobles de la Côte-d’Or en 1900, présenté au Conseil général du département, par M. L. Magnien, 1901. Brochure 8°, 12 p. Dijon, Sirodot-Carré.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1901.
- Rapport sur le service des champs d’expériences et de démonstrations, par
- M. L. Magnien, 1901. Brochure 8°, 14 p. Dijon, Sirodot-Carré.
- De VEncyclopédie Léautè, Analyse des matières grasses, par M. Halphen. In-lS, 170 p. Paris, Gauthier- Villars.
- Carburation du gaz à froid et carburation de l’air, par M. A. Bouvier. In-8°, 29 p., 3 pl. Paris, Mouillot.
- Du Comité des houillères de France. Réponse au questionnaire de la Commission de la durée du travail dans les mines. In-4°, 65 p.
- Le vanillier, sa culture, préparation et commerce de la vanille, par MM. H. Lecomte et Chabot. In-8°, 228 p. Paris, Naud.
- Jahrbuch der Elektrochemie, publié par MM. le Dr W. Nermst et le Dr W. Borchers, 7e année, 1901. Vol. 8°, 596p. Halle, W. Knapp.
- Handbuch der Galvanoplastik, par M. Konrad Taucher, 6° édition, 1901. Vol. 8° 346 p. Francfort-sur-Mein, H. Keller.
- Die Krupp’sche Bucherhalle 1900-1901. In-8°, 5 pl.
- Die Metallfarbung und deren Ausführung, par M. Georg Buchner, 2e édition, 1901. Vol. 8°, 252 p. Berlin, M. Krayn.
- Die Techniken des Tiefdruckes, publié par M. Walter Ziegler, 1901. Vol. 8°, 185 p. Halle, W. Knapp.
- Memoranda of the origin, plan and results of the field and other experiments conducted on the farm and in the laboratory at Rothamsted, par Sir J. Henry Gilbert, 1901. 3 brochures 8°, 23, 17 et 12 p. Rothamsted, Herts.
- The Minerai Industry, statistics, technology and trade in the United States and other Countries, to the end of 1900, tome 9, 1901. Vol. 8°, 936 p. New-York, Scientific Publishing Company.
- Fifteenth annual Report of the Commissioner of Labor, 1900. Vol. 8°, 864 p.
- Washington, Governmentprinting Office.
- On the cheapest form of Light, par MM. S. P. Langley et F. W. Very (Smithsonian Miscellaneous Collections), n° 1258, 1981. Brochure 8°, 20 p. Washington.
- Anales de construcciones civiles, minas et industrias del Peru, publiées par l’École des Ingénieurs de Lima, 2e série, tome I, 1901. Brochure 8°, 164 p. Lima, J. Mesinas.
- Institution of Naval Architects. Transactions. 1901. In-4°, 367 p., 40 pl.
- Institution of Civil Engineers. London, Proceeclings, vol. CXLV (1901). In-8°, 416 p., 7 pl.
- Mechanical Ventilators. Report of the Committee of the North of England Institute of Mining and mechanical Engineers, par M. W. Brown. In-8°, 100 p.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A UA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Septembre au 15 Octobre 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. ... Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. ... Chimical News (London).
- Cs. . . . . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- BoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. .. . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- lm . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Ms........Moniteur scientifique.
- Tome 101. — 2e semestre. —
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- MC. .
- N... . PC. .
- Pm. . RCp .
- Rgc. .
- Rgds..
- Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- SAF .
- ScP. . Sie. . .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . TJ SR. .
- VDl. .
- ZOl. .
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Revue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietvLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Ve-reins.
- Octobre 1901.
- 37
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- 554
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1901.
- AGRICULTURE
- Bétail. Baclois (Cagny). SNA. Juil., 631.
- — Bœufs limousins. Ag. 21 Sept., 459.
- —- Race porcine limousine. Ag. 21 Sept., 458.
- — Bovine ferrandaise. Ap. 26 Sept., 401. — Bovine du Shropshire. Ap. 3 Oct., 436.
- — Alimentation par la mélasse. Ag. 21
- Sept., 470; 5 Oct.. 533.
- Betteraves. Essais d’arracheurs. Ag. 3 Oct., 547.
- Beurre. (Commerce du). Ef. 5 Oct., 467.
- Blé. Magasins en Russie (Espitallier). Gc. 21 Sept., 336.
- — Hybridation (des). Ap. 26 Sept., 396; 3 Oct., 433.
- — Blé jaune à barbes. Ag, 5 Oct., 532.
- — Charbon du Ap. 10 Oct., 459.
- Caséine (la) (Lazé). Ap. 3 Oct., 438.
- Cidre. Préparation en Maine-et-Loire. Ap.
- 26 Sept., 393.
- — Céleri à côtes. Culture et conservation. Ag. 12 Oct., 373.
- Engrais. Fraudes dans les. Ag. 21 Sept., 463. — Fumures minérales. Ag. 21 Sept., 465. — Action desphosphates(Grimm).Ms. Oct., 655.
- — Superphosphate marchand,préparation (Elschner). Ms. Oct., 658.
- — État de division de l’azote dans les engrais chimiques. Ici., 662.
- — Utilisation des scories de hauts fourneaux (Elbers). Id., 662.
- — Application aux arbres fruitiers. Ag. 12 Oct., 577.
- Forêts. Les branches gourmandes. Ag. 28 Sept., 494.
- Fourrages mélassés. Ap. 26 Sept., 406.
- Friches. Avantages et inconvénients. Ap. S. 15 Oct., 538, 169.
- Grêle. Fusées hydrofuges. Ag. 21 Sept., 457. Lupin vert (ensilage du). Ag. 28 Sept., 492. Machines agricoles du Canada (Frost). F.
- 27 Sept., 444; 4 Oct., 497.
- — Au concours de Posen. VDI. 12 Oct., 1463.
- Métayage (le) (Heuzé). INA. Juil., 644.
- — Mouton. Élevage en France. SNA. Juil. 659.
- Prairies artificielles. État actuel en France (Larbalétrier). Rgds. 30 Sept., 836.
- Pulpes. Conservation des. Ap. 26 Sept., 404. Porcherie dcDecize. Ap. 10 Oct., 467.
- Pyrale. Destruction par les pièges lumineux. Ag. 5 Oct,, 545.
- Routes fruitières (les). Ap. 3, 10 Oct.. 429, 463.
- CHEMINS DE FER
- Accidents en Angleterre. Statistique 1899. Rgc. Oct., 368.
- Bandages. Ruptures et avaries en Allemagne. Statistique. Rgc. Oct., 313. Chemins de fér de l’Uganda. E. 27 Sept. 443. — Métropolitain de New-Yoï’k. E. 4, 11 Oct., 477, 507.
- — de Londres. Em. Oct. 1.
- — Anglais (dépenses des). E. 11 Oct., 524. — Électrique de la Jungfrau. le. 25 Sept., 413.
- — — pour métropolitains. E. 11 Oct., 521.
- Comparaison avec les locomotives à vapeur. Dp. 28 Sept., 613.
- — — Rapides Siemens et Halske. VDI.
- 28 Sept., 1369; 5, 12 Oct., 1414, 1457.
- — — Barmen-Elberfeld. EE. 5 Oct., 15. Frein à main bilatéral. E' 10 Oct., 387. Locomotives. Tendance moderne des (Rous
- Marten). E' 20 Sept., 291.
- — Américaines et anglaises. E'. 20 Sept., 306.
- — Belges à l’Exposition de 1900. Pm. Oct., 146.
- — Compound dans l’Amérique du Sud (Gould). E. 27 Sept., 463.
- — — 4 cylindres Société hanovrienne.
- Gc. 28 Sept., 343.
- — Northern Pacific à 4 essieux couplés RM. Sept., 343.
- — de banlieue Nord. Bgc. Oct., 341.
- — à 3 et 4 essieux couples du Great
- Northern E' 4 OcC, 345. RM. Oct., 307. i — Explosion de Knotlingly. RM. Sept., 347. — Surface de chauffe, des. E'. 4 OeC,351. — Pare-étincelles Drummond.E'. 28 Sept., 336.
- — Jette-feux. E! 28 Sept., 388.
- — Tiroirs équilibrés. Essais au chemin de fer de l’Est. RM. Sept., 290.
- — Dépôt du Philadelphia Reading. RM. Sept., 348.
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- LITTÉRATURE DES PÉR10DIQUÉS.
- OCTOBRE 1901.
- 5oo
- Signaux. Pratique actuelle (Timmis). E. 11 Oct., 531. Divers. Dp. 12 Oct., 647.
- — Répétiteurs sur la machine. Ri. 28 Sept., 385.
- — — Block. Krizig. 201. 27 Sept., 629.
- — — Cabine électrique de croisement
- Taylor. Rgc. Oct., 391.
- Voie. Procédés mécaniques d’établissement des. Ef. Sept., 395.
- — Toul à Pont-Saint-Vincent. Construction. Rgc. Oct., 279.
- Wagons italiens. E. 11 Oct., 515.
- — de 30 tonnes du Caledonian. Ry. E.
- Oct., 354.
- — Chargeur de wagon Hunt. RM. Sept., 348.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à pétrole. Les moteurs (La-vergne). Ri. 21, 28 Sept. 376, 385; 5, 12 Oct. 394, 404.
- — Électrique divers. Pin. Oct. 153. Tramways électriques. Parachutes pour lignes aériennes (Jameson) E. 4 Oct., 500. (Schœnberger). Eté. 12 Oct., 227.
- — — Usine de Malakoff. Gc. 5, 12 Oct.
- 1901, 377.
- — Freins Westinghouse. Ri. 28 Sept., 381.
- — Trolley. Vedoville, 22, 12 Oct., 49. Bicyclettes. Freins, etc. (Bourlet). Gc. 21, 28,
- Sept., 338, 348; 5 Oct., 365.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Nouveautés. Dp. 21 Sept., 608.
- Acide sulfurique normal et semi-normal, préparation (Meade). Ms. Oct., 642.
- Acoustique. Localisation des noeuds et des ventres en air libre (Davis). American Journal of Science. Oct., 263.
- Blanchiment. Mather and Platt. E. 27 Sept., 439.
- Bois. Distillation des. Cs. 30 Sept., 885.
- Boulangei'ie automobile Schweitzer. En. 21 Sept., 264.
- Brasserie. Bières arsenicales. Cs. 30 Sept. , 917; Ms. Oct.. 652. CN. 11 Oct. 173.
- Caoutchouc du Congo. Cs. 30 Sept., 911.
- Carbures de calcium et de silicium. Emploi pou la réduction des minerais. Ms. Oct., 636, 638.
- Céramique. Composés plombeux en (Thorpe). Cs. 30 Sept., 897.
- Chaleurs de fusion et de volatilisation de quelques éléments (de Fourcrand). CR. 39 Sept., 513.
- Chloral. (Hydrate de). Poids moléculaires à la température de l’ébullition (de Fourcrand). CR. 16 Sent., 474.
- Ciments et mortiers. Divers. Cs. 30 Sept., 901.
- — Nouvel emploi des pouzzolanes (Leduc). Ms. Oct., 633.
- Combustion dans les foyers industriels (Bau-douard). ScP. 5 Oct., 833.
- Eaux. Stérilisateur Waterhouse Forbes. Fi. Oct. 295.
- Egouts. Résidu baetériel irréductible et l’humus (Rideal). CN. 27 Sept., 149. Émaillage. E' 28 Sept., 322; 4 Oct., 347. Essences etparfums. Divers. Cs. 30Sept., 926.
- — Essence de thym (JeancardetSatie).ScP-
- 5 Oct., 893.
- — La cinchonine (Jungtleisch et Leger). ScP. 5 Oct., 880.
- Ferrocyanures de calmium et de plomb (Miller et Fischer). CN. 4 Oct., 170.
- Gaz d’éclairage. Puissance calorifique. Calorimètres Ilempel. Cs. 30 Sept., 880.
- — beau carburé. Gc. 12 Oct., 385. Gazogène Porter. Gc. 5 Oct., 371.
- Graisses diverses. Cs. 30 Sept., 908.
- Huile de lin et ses falsifications. Cs. 30 Sept., 909.
- Hydrogène. Sa place dans le système périodique (Martin). CN. il Sept., 155.
- — Spectre de F— et de ses composés (Trow-bridge). American Journal of science. Oct., 310.
- Industrie chimique anglaise à la lin du xixe siècle (Frankland). CN. 20 Sept., 137.
- — Rapport duChiefInspector. Cs. 30Sept., 893.
- Laboratoire. Divers. Cs. 30 Sept., 932.
- — Dosage de l’acide carbonique dans l’eau
- (Elms et Benneker). CN. 4 Oct., 164.
- — — du soufre dans la pyrite de fer
- (Anenzat). Ms. Oct., 633.
- — — de la chaux par le citrate {Ici.),
- 650.
- — — du phosphore et du carbone dans
- l’acier. Ms. Oct., 646. 647.
- — — de l’albumine. (ld.), 654.
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-
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-
- 656
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1901.
- Laboratoire. Dosage du potassium dans les sels de potasse. (Id.), 663.
- — — de petites quantités de manganèse.
- [Id.), 648.
- — — de l’argent par fonte plombeuse et
- coupellation causes des pertes (Prost) Ru. Sept. 354.
- — — Volumétrique du bismuth. Id. 650.
- — — du cuivre. Id., 650.
- — — de l’acide phosphorique. (Id.), 660-— Analyse du ferro-silicium et du silico-
- spiegel. Ms. Oct., 644.
- Manganèse. Sulfate de sa sensibilité (Richards et Fraprie). CN. 27 Sept., 156.
- Résine et Vernis. Cs. 30 Sept., 911. Nitrocelhdoses. Les (Lunge et Rebie). CN. 20, 2 Sept., 144, 153, 4, 11 Oct., 166, 178. Optique. Le Réfractomètre, formules du (Cornu). CR. 16 Sept., 463.
- Papier. Divers. Cs. 30 Sept., 925.
- Platine et Iridium. Dosage dans la mousse de platine (Leidié et Quennessen). ScP. o Oct., 841.
- Séchoir. Dispositions actuelles. E'. 11 Oct., 386.
- Sélénium. E. 21 Sept., 412.
- Sucrerie. Divers. Cs. 30 Sept., 915.
- Sulfure de carbone. Industrie du. E. 27 Sept., 453.
- Tannerie. Divers. Cs. 30 Sept., 912.
- Teinture. Divers. Cs. 30 Sept., 887, 890, 893. MC. 1er Oct., 246.
- — Théorie delà (Schell). Ms. Oct. 625.
- — Substitution de la gélatine à l’albumine pour fixer les pigments insolubles et les couleurs d’aniline sans mordants (Binder et Spuder). DcM. Juillet, 330.
- — Action des phosphores alcalins sur les
- mordants de chrome (Binder et Zun-del). Id., 331.
- — Carminone. Cs. 30 Sept., 887.
- — Colorants oxyazoïques sulfones (Sisley).
- ScP. 5 Oct., 862.
- — Progrès de l’impression des tissus
- (Sansone et Caberti). Me. 1er Oct., 241.
- Théorie atomique (Rucher), lis. 5 Oct., 417. Uranium et Vanadium. Analyse des minerais. Ms. Oct., 647.
- Verrenpalin et albâtre. Cs. 30 Sept., 899.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Mouvement économique, rapport décennal du ministère des Travaux publics. Ef. 12 Oct., 501.
- Arbitrage et conciliation aux États-Unis (Wil-loughby). Musée social. Sept.
- Belgique. Récentes lois sociales (Nyssens). Rso 16 Oct. 541.
- Brevets et marques de fabrique déposées au Conservatoire des arts et métiers. Pi. 28 Sept., 389.
- Concentration et dispersion de Vindustrie et du commerce. Ef. 28 Sept., 429.
- France. Recensement des industries et professions dans le Sud-Est et l’Ouest-Midi. Ef. 12 Oct., 499.
- Industrie chimique anglaise. Situation à la fin duXIXesiècle (Frankland). CN. 20Sept., 137.
- Japon. Situation financière. Ef. 28 Sept., 434.
- Mineurs. Revendications des. Rso. 16 Oct., 589; au congrès international de Londres. Musée social. Août.
- Platine. Production, prix et emploi. Ef. 12 Oct., 503.
- Population et exportation. E. 27 Sept., 451.
- Taxe nouvelle sur les terrains non bâtis. Ef. 21 Sept., 393.
- Syndicats en France. Ef. 28 Sept., 433.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Chauffage et ventilation. Université de Glasgow. E'. 20 Sept., 312.
- Ciments. Tuyaux en ciment et mortier. Le Ciment. Sept., 133.
- — armé. Ouvrages en. Le Ciment. Sept., 143.
- — Épreuves des. ZOI, Tl Oct., 665.
- Exposition de Dusseldorf en 1902. Dp. 5 Oct.,
- 629.
- Maçonneries, pendant les gelées emploi de la soude. Le Ciment. Sept., 131.
- Marbre. État de l’industrie du — en France (Boyer). Rgds. 15 Sept., 781.
- Mortiers. Expérience sur l’adhérence des. Le Ciment. Sept., 137.
- Ponts à arc articulés Théorie des (Lean). E’. 28 Sept., 323.
- — de Redheugh. E. 4 Oct., 484.
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-
- LITTERATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1901.
- 557
- Ponts. Lépine à Paris. Ac. Oct., 146. République Argentine, son développement. Ef. o Oct. 466.
- Russie. Industrie du fer et de l’acier en. Ef. o Oct., 461.
- Sociétés par actions. (Statistique.) Ef. 5 Oct., j 463.
- Tunnel du Simplon. E'. 28 Sept., 328. Ventilation des locaux habités. Gm. Sept., 221. Voûtes. Résistance des. Ac. Oct., 154.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Résistance intérieure. Elé.
- 12 Oct., 225.
- Analyseur d'induction Rémond. Ln. 12 Oct.. 317.
- Câbles électriques. Fabrication. G:. 12 Oct.. 388. Convection électrique. Effet magnétique de la (Crémieu). ACP. Oct., 145.
- Courants alternatifs. Etude graphique (Ha-nappe). Ru. Sept., 306.
- Diélectriques. Pertes d’énergie dans les (Stein-metz). EE. 5 Oct., 27.
- — passage du courant au travers des
- diélectriques liquides (Schweidler). EC. 5 Oct., 29.
- Distributions. Sur la Tyne. E!. 20 Sept., 293. — Polyphasées (Eborall). SA-27 Sept., 773. 4, 11 Oct., 785, 797.
- — réglage Feldmann. EE. 12 Oct., 50. Disjoncteurs électro-pneumatiques au métropolitain de New-York. Elé. 5 Oct., 209.
- Dynamos à l'Exposition. EE. 21, 28 Sept., 438, 465.
- — de 400 kw. E1. 20 Sept., 309.
- — Alternateurs. Compoundage en excitation compensée. Elé. 21 Sept., 184. j
- — Théorie graphique des moteurs asyn-
- chrones (Blondel). EE. 28 Sept., 482.
- — Démarreur automatique pour moteurs
- polyphasés. Ic. 10 Oct., 457.
- — Alternomoteur sans balais (Fisher
- Hinnen). EE. 5 Oct., 5.
- Éclairage. Régime des (Bochet). EE. 5 Oct., 30.
- — Résistance et force électro-motrice
- (Duddell et Ayrton). R*L. 27 Sept., 512.
- — Arc. Lampe de la Compagnie de Nancy.
- Elé. 21 Sept., 177.
- Éclairage à doubles paires de charbon (Bril. lié). EE. 5 Oct., 33.
- — — lampe Bromer. Elé. 5 Oct., 213.
- — — Recherches sur l’arc à courant con-
- tinu (Laporte et Léonard).EE.28 Sept., 482.
- — — (Peukert). le. 10 Oct., 451.
- — — Résistance et force contre-électro -
- motrice. Ici., 454.
- — — Arcs en vase clos. EE. 28 Sept., 504. — Incandescence. Lampe Nerst. Ri. 28 Sept.,
- 387.
- Électro-chimie. Fabrication du ferro-silicium (Gin). Bam. Sept., 981.
- — Divers. Cs. 30 Sept., 905.
- — Actions électro-chimiques sur l’acétylène. EE. 5 Oct., 36.
- — Séparation simultanée du fer et du nickel des mélanges de leurs solutions (Kuster). EE. 5 Oct., 39. Etalonnage des appareils électriques (Broderick). EM. Oct. 24.
- Mesures. Indicateur de fréquence Lincoln. le. 2 Sept., 431.
- — Appareils de la General Electric C° pour courants alternatifs. EE. 5 Oct., 22.
- — Etalonnage et essai des machines électriques (Kapp). le. 10 Oct., 145.
- — Mesure industrielle des faibles résistances (Edgecumbe). EE. 5 Oct., 24.
- — — des courants sinusoïdaux (WTen).
- EE. 5 Oct., 24.
- — Méthodes stroboscopiques pour déterminer la fréquence et le glissement (Bemsekke). EE. 5 Oct., 27.
- — Boîte à mesures pour cables Edelmann. Elé. 5 Oct., 217.
- — Compteurs delaLuxsche Industrirwerk. EE. 12 Oct., 63.
- — Galvanomètres très sensibles (Menden-hall et Waidner. American Journal of Science. Oct., 249.
- — Thermo-électrique Margot. EE. 12 Oct., 64.
- — Méthode pour examiner la résistance et l’isolement des conducteurs (Rabi-nowicz). EE. 12 Oct., 62.
- Oscillations électriques d’ordre supérieur. Recherches expérimentales (Lamolte). AcP. Sept., 205.
- — ^Réflexion métallique des) (Chend-
- mann). EE. 12 Oct., 65.
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- 5o8
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTORRE 1901.
- Stations centrales. Battersea. E'. 4 Oct.,
- 349.
- Signaux horaires Kintner. Élé. 28 Sept., 193. Souffleur d’étincelles d’Arsonval. le. 10 Oct., 438.
- Télégraphie sans fil. Divers (Turpain). EE. 21 Sept., 423. Antibes-Calvi. Ln-21 Sept., 238. Rôle des antennes (Blondel). EE. 21 Sept., 433. Théorie des cohéreurs (Guthe et Throw-bridge). EE. 5 Oct., 17.
- — Multiplex et ordinaire sur un même
- circuit iMercadier). CR. 16 Sept., 472. Téléphone. Nouveau régime français. Elé. 12 Oct., 227.
- Transport de forces de San Ildefonso. Mexico. Gc. 12 Oct., 377.
- Transformateurs synchrones et asynchrones (Essais de). Gc. 21 Sept., 340.
- HYDRAULIQUE
- Filtres mécaniques Mather etPlatt. E. 20 Sept., 402.
- Norias (Travail des). Ap. 10 Oct., 470.
- Pompes rapides Erhardt. E. 20 Sept., 403.
- — triple Evans. Ri. 3 Oct., 393.
- — à l’Exposition de 1900 (Gutermenth).
- Y DI, 12 Oct., 1441.
- Turbines. Usine de Chèvres. Ri. 21 Sept., 373.
- — radiales (les) (Muller). Dp. 28 Sept., 619.
- — à l’Exposition de 1900. VDI, 28 Sept.,
- 1386.
- — Hemmer. RM. Sept., 350.
- — Tyler (Id.), 352.
- Zuiderzee (Le). E1. 28 Sept., 324.
- MARINE, NAVIGATION
- Brise-glaces Scotia. E1. 20 Sept., 308.
- Canot descenseur Welin. E'. 28 Sept., 337.
- — Canal Dortmund-Ems. VDI. 5 Oct., 1406. Constructions navales. Vitesse et forme des quilles. E!. 28 Sept., 333.
- — Organisation des ateliers (Dunn). RM. Sept., 318.
- Hélices (Réactions des). Analyse graphique (Adam). E. 20 Sept., 429.
- Machines marines Mac Kie et Baxter. E. 27 Sept., 443.
- — à l’Exposition de Glasgow. VDI. 12Oct.,
- 1449.
- Marines de guerre. Armement des navires marchands (Garnt). E. 20 Sept., 431. — Russie. Croiseur Novic. E'. 11 Oct., 377. — Turquie. Cuirassé Mesondie. E. 11 Oct., 529.
- — Perte du torpilleur Cobra. E. 27 Sept., 432.
- — Les sous-marins. E'. 15 Oct., 384. Torpilles Whitehead. Ateliers de Fiume. E. 20 Sept., 395.
- Marine marchande anglaise et ses concurrents. E. 27 Sept., 435.
- Paquebots. Transatlantique Philadelphia. E1. 20 Sept., 305.
- Pas de Calais (Navigation du). Histoire. E'. 4 Oct., 345.
- Phares. Progrès en France (Quinette de Ro-chemont). E. 20 Sept., 419.
- Port de Bilbao. E. 27 Sept., 460.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseurs Boreas. E. 4 Oct., 475. Normand, Frank, Little, Dujardin. RM. Sept., 369.
- Bascule automatique Denison. E. 4 Oct., 483. Calcul. Machine Torrès à résoudre les équations. RM. Sept., 269.
- Chaudières. Essais de vaporisation (Guédon). Bcim. Sept., 867.
- — (Conduite économique des) (Hague).
- EM. Oct., 91.
- — à tubes d’eau Passmann. E'. 20 Sept.,
- 310. Stratton, Belleville, du Temple, Armstrong et Day, Hammond, Parker, Wiggrell. RM. Sept., 332.
- — Foyer Rossell. Ri. 21 Sept,, 375.
- — Grilles mécaniques. Diverses. Dp. 21
- Sept., 599. Meldrum etClayton, Proc-tor. RM. Sept., 336.
- — Pompe alimentaire Clark-Chapmann,
- Ri. 28 Sept., 381.
- Crosse Clay. RM. Sept., 367.
- Embrayage Philippe. Gc. 28 Sept., 357.
- Essorage de l’acide carbonique du gaz de bois. Ri. 12 Oct., 408.
- Laboratoire de mécanique de l’école technologique de Stuttgard (Bach). VDI. 21. Sept., 1333.
- Levage. Tapis roulants. Exposition de 1900. VDI. 21 Sept., 1349.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1901.
- 5o9
- Levage. Ascenseur hydro-électrique Otis. ' AMa. 28 Sept., 1031, 5 Oct., 1055. !
- — Dépôt du Philadelphia-Reading. RM. | Sept., 348. j
- — Élévateurs Haviland et Farmer. Mur- i ray. RM. Sept., 353. 1
- — Frein Andrews. RM. Sept., 367.
- — Transporteur Temperley. Rgc. Oct. 382. Machines-outils. Ateliers de construction de machines marines. Puissance néces- ! saire pour les actionner (Crighton et Riddell). E. 20 Sept., 422.
- — Outillage des machines (Ashford) E-11 oct., 505.
- — A l’exposition de Buffalo. AMa. 28 Sept., 1023, 5 oet., 1050. j
- — Alésoir vertical. Hoefer. AMa. 21 Sept., \ 996.
- — Affûteuse Guest. RM. Sept., 355.
- — Forgeage à l’étampe. E. 4 Oct., 469.
- — Cloutière Roth. RM. Sept., 357.
- — Acier pour outils Taylor-White. RM. Sept., 361.
- — Meule de front. Gorton. AMa. 21 Sept., 990; à rectifier Norton. RM. Sept., 357.
- — Machines à tailler les pignons Gleason.
- R If. Sept., 311.
- — Perceuse radiale Western. AMa.
- 21 Sept., 986. Électrique Hopkinson. EE. 12 Oct., 42. Aléseuse portative Capitaine. Gc. 5 Oct., 368. Multiple Whitte et Popp. Ri., 11 oct., 405.
- — Raboteuse porte-outil Lehman et So-
- botka. RM. Sept. 363.
- — Tour vertical double. Smith et Coventry
- E'. 4 Oct., 361; Électrique Lubert. EE., 12 Oct., 43. Von Piller, Muller. RM. Sept., 305; à manivelles Moll. Ri. 3-12 Oct., 395-404. !
- — Fraiseuses.. Diviseur universel. AMa.
- 21 Sept., 998.
- — Taraudeuse pour écrous Riggs. RM. j
- Sept., 364.
- Machines à bois. Fendeuse. Glover. E.
- 27 Sept., 433. j
- Moteurs à vapeur, à l’Exposition de 1900, i Schmidt et Delu. Ru. Sept., 249. Construction en 1900 (Sauvage). AM. Juin, 579.
- — Demi-fixe Wolf Compound. Dp. 5 Oct., 640.
- Moteurs à vapeur. Rapide Sisson. E'. 20 Sept., 293.
- — Condenseur Schaffstadt. RM. Sept., 380.
- — Distributions Thirron, Fitchbuig, Ste-gen, Buckeye. RM. Sept., 380.
- — Écoulement de la vapeur (Rateau). E. 27 Sept., 444.
- — Récupérateur Rateau. Ë. 27 Sept., 466. — Turbine Hodgkinson. RM. Oct., 379.
- — à gaz Butler. RM. Sept., 383. Forward.
- E. 11 Oct., 317.
- — — Allumage électrique Hollzer, Cabol.
- Ri. 28 Sept., 385.
- — — Refroidissement des (H. Shaw). E.
- 20 Sept., 327.
- — — Étude des — à l’université de Gœttin-
- gue (Meyer). RM. 22 Sept., 1340.
- — — A gaz de hauts fourneaux (Des-
- champs). RM. Sept., 290.
- — à, alcool. Concours des. Ri. 21 Sept.,
- 378; E'. 4 Oct. 358.
- — à pétrole. Panhard-Levassor. RM..
- Sept., 383.
- — — Carburateur Moorwood Bennett. E.
- 4 Oct., 480.
- Puissance. Prix de revient de la (Gray). Fi. Oct., 275.
- Résistance des matériaux. Essais au choc sur les barreaux entaillés (Charpy. Pourcet). Gc. 28 Sept. 351-354.
- — Facteurs de sûreté (les) (Smith). E’.
- 11 Oct., 388.
- Ventilateurs. (Théorie des). E’. 28 Sept., 335 i AMa. m Sept., 1033.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Le Magnalium (Wilson) (Diegel). Société d’Encouragement de Berlin. Sept. 298 ; Ms. Oct., 642.
- — Analyse des métaux blancs (Ibbotson
- et Brearley). CN. 4 Oct., 167. Aluminium. Importance commerciale. E. 27 Sept., 464.
- Bronze. Poudre de, — fabrication en Allemagne. USR. Sept., 65.
- Cuivre. Réduction des minerais en Europe. USR. 1 Sept.
- — Effet des petites quantités d’arsenic
- (Ivewis). Ms. Oct., 639.
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-
- 560
- OCTOBRE 1901.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Fer et acier. Traitement rationnel des aciers.
- (Ridsdale). E. 4 Oct., 498. Acier Martin. SuE. 1 Oct., 1021.
- Théorie des aciers. J. Yon Jonsdorf. Société d’Encouragement cle Berlin. Sept., 194. — Aciéries américaines. SuE., la Oct., 1097.
- — Acier au nickel. Applications industrielles (Guillaume). EM. Oct., 79.
- — Coke. Industrie de sous-produits (Irvin)
- EM. Oct. 41.
- Fonderies. Aux États-Unis. E’. 28 Sept., 321. 4-11 Oct., 349, 374.
- — Équilibre des appareils oscillants
- (Demogeot). Bam. Sept. 910.
- — Amélioration des (Longmuir). EM.
- Oct., 60.
- Hauts fourneaux. Constitution des laitiers. SuE. 1 Oct., 1024.
- — Américains. Manutentions. SuE. 1 Oct.,
- 1035.
- MINES
- Brésil. Ressources minières. Eam. o Oct., 429. Bourrage. Rapport de la commission des explosifs. AM. Juin. 563.
- Cuivre. Mines d’Ashio, Japon. EM. Oct., 69. Électricité. Emploi dans la Californie du Nord. Eam. 14 Sept., 330.
- Galène. Prospectage au district de Joplin. Eam. 21 Sept., 361.
- Hongrie. Industrie minérale en 1899. Am., Juin, 621.
- Or. Grown Mountain, Géorgie. Eam., 21 Sept., 355.
- Pétroles du Wyoming. Eam. 21 Sept., 358. Préparation mécanique. Concentration des minerais en Cornouailles. Eam. 14 Sept., 327.
- Ventilateur Guibal de 6 mètres de diamètre à Anzin. Pm. Oct., 150.
- Z inc. Mines au Kansas. Eam. 14 Sept., 326.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
- 100e ANNÉE.
- NOVEMBRE 1901.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté au nom du Comité des Arts mécaniques
- SUR LA PRESSE POUR HUILERIES, DITE A PRESSION DE CHAMP, DE M. HeUCLIN,
- par M. Ed. Sauvage.
- Dans la presse présentée par M. L. Heuclin, ingénieur à Dunkerque, les graines oléagineuses, qu’il s’agit de comprimer, sont disposées en galettes rectangulaires relativement minces, et la pression s’exerce non sur le plat, mais latéralement sur les petits côtés : cette disposition est faite pour faciliter l’écoulement de l’huile par les deux grandes faces de la galette.
- Pour former ces galettes, les graines sont introduites, à l’aide d’une trémie, entre les plaques d’acier, qu’on peut écarter pour la facilité du chargement : une pression normale les rapproche ensuite à la distance voulue. La galette étant maintenue par des fermetures sur trois de ses faces latérales, on fait pénétrer contre la quatrième face un piston plat et mince, poussé par une presse, hydraulique de préférence.
- Pour l’écoulement de l’huile, les deux plaques latérales qui enserrent la galette sont revêtues de feuilles d’acier munies de perforations et de rainures suffisamment petites.
- L’appareil peut être multiple, et présenter une série de galettes parallèles, pressées par des pistons en même nombre.
- D’après M. Heuclin, cette pression latérale, substituée à la pression sur la grande face, permet d’appauvrir plus complètement les matières comprimées.
- j>ome 101. — 2e semestre. — Novembre 1901.
- 38
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-
-
- 562
- ARTS MÉCANIQUES. --- NOVEMBRE 1901.
- L'appareil dispense de l’emploi des sacs dans lesquels on enferme souvent les graines à presser. Cette suppression est évidemment désirable. Il semble que les canaux ménagés pour l’écoulement de l’huile sont assez petits pour ne pas être engorgés par les matières solides, étant donnée la grande surface des plaques à perforations et à rainures.
- Le tableau ci-dessous, communiqué par M. Heuclin, donne le résultat de la compression de tourteaux de pavot des Indes, de sésame et de graines de coton, épais de 4 centimètres. Avec une épaisseur de 10 centimètres, les résultats sont à peu près les mêmes, ainsi qu’avec d’autres graines oléagineuses.
- PRESSE DE CHAMP HEUCLIN TRAVAILLANT SANS TISSUS Résultats obtenus avec des tourteaux de 4 centimètres d’épaisseur.
- Dimension des tourteaux, 50 x 20 x 4 cm.
- NATURE de la GRAINE. DURÉE DE LA PRESSION. PRESSION SUR LE CHAMP du tourteau j au cm2. HUILE CONTENUE i daiis 100 kg. de graines. HUILE RESTANT dans le tourteau par 100 kg. de graines pressées. TENEUR Elï HUILE par 100 kg. DU TOURTEAU 1 après la pression. HUILE EXTRAITE par la pression de 100 kg. de graines. OBSERVATIONS.
- Pavot des Indes, non cylindre, la graine mise telle quelle dans la presse. miuutes. 15 kg. 300 48 kg. 9,5 p. 100. 15,40 38,5 La pression à froid.
- Pavot des Indes,non cylin-dré, lagraine mise telle quelle dans la presse. 15 400 48 7 11 à 12 41 La pression à froid.
- Sésame non cyündré, la graine mise telle qu’elle dans la presse. 15 300 50 10 16,40 40 La pression à froid.
- Coton cylindré et passé sous les meules, chauffé ethumecté, 2e pression. 15 300 5,40 La pression à froid.
- Il est à remarquer qu’après compression les graines restent entières, ce qui permet de reconnaître facilement la nature des tourteaux.
- Le Comité des Arts mécaniques vous propose de remercier M. Heuclin de son intéressante communication et de publier dans le Bulletin de la Société le présent rapport.
- Signé : Sauvage, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 8 novembre 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. A. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques sur un
- foyer du système Kudlicz, construit par M. Ch. Donders, fondeur à
- Nancy.
- M. Ch. Donders, fondeur et constructeur à Nancy, 1, rue de la République, a soumis à la Société un foyer pour générateurs de vapeur et fourneaux de divers genres. L’invention de ce système de foyer remonte à 1891 ; elle est due à M. Kudlicz, fondeur à Prague, et elle a été accueillie avec faveur en Autriche et en Allemagne.
- Votre rapporteur a étudié la communication de M. Donders et il s’est livré à une enquête sur le fonctionnement d’un certain nombre de foyers en service. Il a recueilli ainsi d’intéressants renseignements qui lui ont été fort obligeamment donnés par divers ingénieurs.
- M. Donders exploite le brevet français de ce foyer depuis 1895 et il a apporté à la construction quelques perfectionnements.
- Le foyer Kudlicz a été combiné pour brûler tous les combustibles. Il parait surtout intéressant pour l’utilisation des menus maigres et des résidus de peu de valeur tels que tannée, sciure de bois, charbons schisteux séparés par triage ou lavage des tout-venants des houillères, poussiers de coke, escarbilles, fraisil de boîte à fumée de locomotives.
- Le foyer Kudlicz est muni d’une soufflerie à jets de vapeur et fonctionne ainsi à tirage forcé sous pression. Cette pression est variable suivant la nature du combustible et l’allure du feu. Elle est souvent de quelques centimètres d’eau.
- Pour les chaudières à vapeur, la grille est formée (fig. 1 à 4) par un jeu de plaques juxtaposées, en fonte, de 3à 4 centimètres d’épaisseur, percées de trous coniques de 20 millimètres à l’entrée et de 3 à 4 millimètres à la sortie. Il y a, par mètre carré de grille, environ 1300 de ces trous, ce qui
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- donne seulement de 1 à 1,5 décimètre carré à la section de passage de l’air.
- Les plaques perforées constituent la face supérieure d’un caisson plat en tôle et fonte, ayant toute la longueur du fourneau et légèrement incliné vers l’arrière. Suivant la largeur du fourneau, le foyer comprend un ou plusieurs de ces caissons. Chacun d’eux est relié à l’avant à la boîte à tuyères. Celle-ci fait saillie sur la façade de la chaudière.
- L’avant de la boîte à tuyères porte les injecteurs à vapeur qui aspirent
- Fig. 2 et 3. — Grilles Iîudlicz à surfaces planes et inclinées.
- l’air de l’extérieur et le refoulent dans le caisson. 11 y a généralement trois tuyères coniques de 3 à 4 millimètres de diamètre s’engageant au centre d’orifices circulaires de 10 centimètres de diamètre. Le mélange d’air et de vapeur traverse les trous de la grille et soulève le combustible menu chargé sur cette grille; celui-ci se trouve ainsi dans de bonnes conditions pour se brûler complètement.
- Les injecteurs sont alimentés par une prise de vapeur établie sur la chaudière même. Ils sont pourvus de vannes de réglage.
- La grille se charge et se nettoie comme une grille ordinaire.
- La boîte à tuyères est munie d’un couvercle à charnière légèremen t
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- SUR UN FOYER DU SYSTÈME RUDLICZ.
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- incliné, qui permet de s’assurer du bon fonctionnement de la soufflerie. On peut aussi, par cet orifice, introduire dans le caisson, une petite raclette pour retirer le peu de cendres qui viendrait à tomber de la grille. Cette quantité est toujours très petite.
- Le refroidissement de la grille par le courant très divisé d’air et de
- — Grilles Kudlicz pour chaudière à foyer intérieur.
- vapeur humide qui la traverse empêche l’adhérence des mâchefers; ceux-ci s’enlèvent facilement.
- L’activité du feu se règle en faisant débiter plus ou moins de vapeur par les injecteurs.
- Les cendres provenant d’un combustible pulvérulent, sont très ténues, et sont entraînées dans les carneaux où elles se déposent. Il faut les extraire de temps en temps, ce qui exige des arrêts d’autant plus fréquents que le vide disponible dans les carneaux est moins grand.
- On peut facilement et rapidement installer le foyer Kudlicz sous tous les
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- types de chaudières pour peu que les carneaux soient asséz grands. Ce foyer convient surtout aux générateurs pourvus de cheminées insuffisantes ; il supplée au tirage par l’insufflation de l’air. Un autre avantage de ce foyer est de s’opposer aux rentrées si préjudiciables de l’air extérieur par les maçonneries poreuses ou disloquées des générateurs en créant une pression dans toutes les parties du fourneau.
- La grille Kudlicz, dont le principe est favorable à une combustion complète, ne donne pas lieu à une production abondante de fumée noire.
- Lorsqu’on substitue à une grille ordinaire une grille Kudlicz de même surface, on peut obtenir, malgré la consommation des injecteurs, une quantité de vapeur aussi grande qu’auparavant. Cette production n’est obtenue qu’en brûlant des menus de bon charbon tels, par exemple, que les menus d’anthracite.
- Il n’en est naturellement plus de même lorsque la substitution est suivie d’un changement de combustible et de l’emploi de déchets de faible capacité calorifique. Ceux-ci exigent, de plus, un soufflage énergique qui entraîne une forte consommation de vapeur. La quantité de vapeur disponible se trouve réduite et il faudrait, pour la maintenir, augmenter la surface de grille.
- M. Donders nous informe que plus de cinq cents foyers Kudlicz sont actuellement en service en France. Il produit un grand nombre de témoignages de satisfaction accompagnant souvent une nouvelle commande.
- Votre rapporteur a vu un foyer Kudlicz en service dans les importants établissements de M. Lemoine, fabricant d’essieux et de ressorts à Ivry-sur-Seine.
- Cette grille était alimentée avec du fraisil repris dans les résidus accumulés provenant des divers foyers de l’établissement et qui couvraient une grande surface de terrain.
- Le fonctionnement de l’appareil est satisfaisant. Le nettoyage du carneau pour l’enlèvement des cendres doit se faire assez fréquemment.
- Il est remarquable de voir produire de la vapeur avec un combustible aussi médiocre que le fraisil dont un échantillon est mis sous vos yeux.
- Quatre foyers Kudlicz sont en fonctionnement dans les ateliers des chemins de fer de l’Est, à Épernay. Les générateurs sous lesquels ils sont installés sont du type semi-tubulaire à deux bouilleurs. Leur surface de chauffe est de 120 mètres carrés et la surface de la grille est de 3m2,34,
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- • SUR UN FOYER DU SYSTÈME RUDL1CZ. 567
- Le combustible employé est le fraisil de boîte à fumée de locomotives dont la composition moyenne est la suivante :
- Carbone........................................6a p. 100
- Matières volaliles............................. 4 —
- Cendres........................................22 __
- Eau............................................ 8 __
- L’allumage seul se fait avec des briquettes ou de la houille de bonne qualité.
- Le fraisil a remplacé des menus demi-gras d'Ànzin, dont la composition était, en moyenne :
- Carbone.......................................65 p. 100
- Matières volatiles..............................15 —
- Cendres.........................................18 —
- Eau............................................. 2 —
- Les essais faits aux ateliers d’Épernay ont montré que le pouvoir de vaporisation du fraisil n’était que les deux tiers de celui du charbon qu’il a remplacé. La production de vapeur utile est de 4 kilogrammes par kilogramme de fraisil introduit sur la grille.
- La quantité de fraisil brûlé par heure et par mètre carré de surface de grille varie de 60 à 120 kilogrammes.
- L’emploi du fraisil présente de légers inconvénients : la conduite du feu est plus difficile qu’avec la houille parce qu’il faut charger le feu plus fréquemment et enlever souvent les mâchefers qui sont abondants. De plus, il faut nettoyer souvent les carneaux.
- Malgré ces inconvénients et bien que la puissance de vaporisation se trouve diminuée en raison du faible pouvoir calorifique du fraisil, l’emploi de ce combustible permet de réaliser une notable économie.
- Les quatre foyers Kudlicz installés à Épernay consomment annuellement 2 400 tonnes de fraisil qui représentent le chargement de 600 wagons.
- La compagnie des chemins de fer de l’Ouest a fait installer successivement quatorze grilles Kudlicz dans les ateliers de Sotteville.
- Le combustible employé est aussi le fraisil de boîte à fumée. Une sensible économie est réalisée sur le prix de revient de la force motrice, malgré les frais de manutention et la dépense importante de vapeur des injecteurs.
- La Société houillère de Flines-les-Raches (Nord) a successivement installé seize foyers Kudlicz qui lui donnent satisfaction. La vapeur est produite avec des fines maigres et impures à 9 p. 100 de matières volatiles.
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- Le moyen employé dans les applications qui viennent d’être rapportées pour produire une pression sous la grille en entraînant directement l’air par des jets de vapeur est facile à installer et fonctionne simplement. Par contre, comme on le sait, il est peu économique, le rendement en est médiocre. Votre rapporteur croit savoir, bien qu’il n’ait pu faire d’expériences à ce sujet, que les injecteurs consomment au moins le dixième de la vapeur produite par le générateur desservi. Avec certains combustibles pauvres, cette proportion est sans doute dépassée.
- Mais rien n’empêcherait, dans certains cas spéciaux, de rechercher une économie sur cette consommation de vapeur par l’emploi de ventilateurs pour alimenter la soufflerie. On construit aujourd’hui des ventilateurs
- O (O; (o; (o) (o) (o) (p) (o) (o;- (o; ;o) (o) (o) o.
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- Fig. 5 et 6. — Grilles Kudlicz pour résidus de boîtes à fumée de locomotives, ateliers de Sotteville.
- à rendement élevé qui peuvent se commander très aisément par l’électricité et dont le débit se règle facilement. On munirait chaque foyer d’un ventilateur ou l’on alimenterait tout un groupe à l’aide d’un seul appareil et d’une canalisation appropriée.
- Comme on le voit, les services rendus par le foyer Kudlicz sont importants et ils sont bien appréciés. Les industriels qui ne sont pas trop à l’étroit pour la production de la vapeur, estiment beaucoup la possibilité d’utiliser des combustibles médiocres, d’un prix peu élevé.
- Pour ces raisons, le Comité des Arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier M. Donders de son intéressante communication et de voter l’insertion au Bulletin du présent rapport accompagné des croquis du foyer Kudlicz et d’une légende explicative.
- Signé : A. Brüll, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 8 novembre 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Édouard Simon, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur un système de manivelle de sûreté pour appareils de levage, breveté s. g. d. g, par M. Charles Fagedet, contremaître mécanicien, demeurant à Paris, 10, rue Delambre.
- Messieurs,
- Dans les appareils de levage tels que treuils, grues, cabestans, etc., le détour plus ou moins brusque, plus ou moins accéléré des manivelles, lors de la descente de la charge, occasionne fréquemment des accidents graves. Aussi de nombreux dispositifs ont-ils été proposés et essayés en vue d’y obvier; la plupart reposent sur l’intervention soit de freins placés à portée de l’ouvrier, soit de manchons d’embrayage permettant de maintenir ou de dégager la charge suivant besoin. L’un des plus simples, appliqué au cric et imaginé par M. Dubois, a été présenté ici même par la Société alsacienne de constructions mécaniques et a fait l’objet d’un rapport favorable de la part de notre collègue, M. Sauvage (1). Ces divers systèmes ne sont cependant pas exempts d’inconvénients et le principal tient à l’obligation, pour l’opérateur, d’effectuer lui-même le détour de la manivelle, ou de laisser ce détour se produire à une allure plus ou moins vive.
- Avec le dispositif breveté par M. Fagedet, la manivelle n’est actionnée que pendant l’ascension de la charge; elle reste toujours immobile au cours de la descente. A cet effet, l’inventeur solidarise la manivelle avec un manchon conique, qui porte la roue d’encliquetage et qui s’engage à frottement doux sur un second cène fixé à l’extrémité de l’arbre de l’appareil. Un ressort assure, par l’intermédiaire d’une vis de serrage, l’emboîtement des deux cônes et, par suite, l’entraînement de l’arbre dans le sens de rotation de la manivelle. Aussi longtemps que le ressort agit, l’adhérence des surfaces emboîtées détermine le levage, ou bien la suspension de la charge au
- (1) Bulletin de la Société d'Encouragement, 1892. 4e série, t. VIII, p. 832.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- cran d’arrêt du cliquet. Pour déterminer la descente, il suffît de desserrer légèrement la vis à l’aide d’un levier à main, qui simultanément comprime le ressort; ce desserrage, en diminuant l’adhérence des cônes, permet, sous l’effort de la charge, un désemboîtement partiel et le détour de l’arbre, sans que le manivelle, solidaire du cône extérieur, participe au mouvement.
- Aucune fausse manœuvre n’est à redouter, car si l’ouvrier abandonne
- Fig. 1. — Coupe A B (fig. 2). Fig. 2. — Vue en bout.
- a, arbre de treuil. — a', carré de l'arbre a. — b, cône fixé sur le carré a'. — c, manchon conique à rochet. — d, plateau fermant le manchon c. — e, vis de serrage. — f, grain en acier recevant la vis e. — h, plaque de recouvrement du ressort g. — g, ressort agissant par l’intermédiaire de la pièce i sur le levier I. — i, pousse-levier. —j, cliquet. j' couvre-cliquet fixé à demeure. — K, manivelle. — L, levier à main pour déterminer et régler la descente de la charge. — l, graisseur. — m, m, dents du rochet.
- momentanément le levier dont il vient d’être question, le ressort se détend et détermine l’arrêt immédiat du déroulement.
- L’appareil Fagedet a été monté dans les ateliers Marinoni, et nous devons à l’obligeance du directeur, M. Jules Michaud, d’avoir pu en constater le bon fonctionnement. Après avoir fait soulever à la grue un cylindre de machine typographique pesant environ 300 kilogrammes, nous avons très aisément, et d’une main, réglé et suspendu la descente de ce cylindre à plusieurs
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- SUR UN SYSTÈME DE MANIVELLES DE SÛRETÉ POUR APPAREIL DE LEVAGE. 571
- reprises. La solution du problème semble donc aussi pratique qu’élégante. En vous demandant, Messieurs, de remercier l’inventeur de sa très intéressante communication, nous avons l’honneur de vous proposer l’insertion au Bulletin, du présent rapport, accompagné de deux dessins et d’une légende explicative.
- Signé : Édouard Simon, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 8 novembre 1901.
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- MÉTALLURGIE
- ACIER
- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI
- par M. E. de Loisy.
- Depuis la communication à la Société des Ingénieurs civils (1), où M. A. Pourcel a résumé d’une façon lumineuse les conditions théoriques et économiques de la production de l’acier Martin en partant de fonte qu’on affine par addition de minerai (procédé au minerai ou Ore Process), suivant l’antique procédé de Réaumur appliqué à nos engins modernes, il n’a été fait, à ma connaissance, que peu de communications sur ce sujet.
- Parmi les plus récentes, il convient de citer celle de M. A. Moneill, ingénieur des usines Carnegie, à Pittsbourg, faite à la réunion de l’Iron and Steel Institute en mai 1900, et celle du professeur H. M. Howe, au Congrès de 1900.
- L’une et l’autre m’ont engagé à demander l’hospitalité du Bulletin de la Société d’Encouragement pour ces quelques notes sur une variante consacrée en Russie par plusieurs années de pratique, mais inconnue, je crois, en France.
- Elle mérite cependant l’attention des métallurgistes à plusieurs points de vue. Elle est un exemple typique de l’ore process absolu, je veux dire de l’emploi unique de fonte, sans addition de riblons ; elle permet un affinage très régulier et rapide, une excellente déphosphoration, et, de plus, conduit à un boni en métal plus élevé qu’on ne l’observe d’habitude.
- Je veux parler de la modification connue en Russie sous le nom de procédé des frères Goriaïnof. Elle consiste essentiellement à préparer à l’avance une sorte de scorie affinante, composée d’un mélange de minerai de fer et de chaux — qui, comme on le sait, est fusible entre certaines limites de composition — et à y incorporer ensuite, soit liquide, soit solide, la fonte à affiner. Il serait fort aisé de citer nombre d’usines où la fusibilité, a priori paradoxale, du mélange de chaux et de peroxyde de fer, a été utilisée au Martin; mais je crois que l’utilisation systématique de ce phénomène n’a pas été faite avant ces deux ingé-
- (1) Comptes rendus de la Société des Ingénieurs civils, mai 1891.
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- NOTE SLR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
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- nieurs. Quoi qu’il en soit du côté historique de la question, je décrirai le procédé Goriaïnof tel qu’il se pratique depuis une dizaine d’années en Russie, en exposant avec plus de détails ce que j’ai été à même d’étudier à l’usine de Nadiejdinski, dans le nord de l’Oural.
- Voici la description qu’en donne le professeur J. Timé, à la suite d’une visite à l’usine de Briansk à Ekaterinoslaw, en 1894, dont l’un des deux frères Goriaïnof était directeur.
- « Cette usine a mis en œuvre, en 1894, un perfectionnement du procédé Martin par les frères Goriaïnof consistant en l’emploi de minerai fondu dans une proportion de 25 p. 100 de la fonte à traiter.
- « Cette modification a eu pour résultats la possibilité de diminuer le scrap, et de réduire de 12 à 6 heures la durée d’une opération, et par conséquent d’augmenter la production du four et de diminuer le prix de revient du lingot. » D’après les documents fournis au professeur Timé, ce prix de revient serait tombé de 178 francs à 137 francs la tonne. Je ne citerai pas les chiffres détaillés qu’il donne, attendu qu’ils se rapportent à des conditions trop spéciales — une usine nouvelle et un pays neuf— pour être comparables avec les données courantes.
- « La marche du procédé est la suivante : on fond au préalable, sur la sole d’un four Martin, du minerai de fer (c’était alors du minerai de Karnovatka contenant 87,32 Fe,03, 7,70 SjO,, 2,87 A1203); pour le liquéfier, on employait 17,6 p. 100 de dolomie, qu'on a d’ailleurs bientôt remplacé par 40 de chaux. Le minerai fond facilement. Après fusion, on verse dans le four la fonte liquide. 11 se produit alors une violente effervescence de toute la masse, qui augmente jusqu’à quatre fois de volume; aussi les fours ordinairement employés pour le procédé au minerai se sont-ils trouvés peu appropriés, et a-t-il fallu en construire de plus fortes dimensions. Pour fondre à l’avance le minerai et abréger ainsi l’opération, on projetait alors à l’usine de Briansk un petit four spécial chauffé aux résidus de naphte avec foyer Nobel. La cuvette du four était formée de blocs de fer chromé équarris, dont les joints étaient remplis à refus de fer chromé moulu arrosé d’un épais lait de chaux (1). »
- C’est dans des conditions à peu près identiques que le procédé Goriaïnof fut introduit à l’usine de Nadiejdinski. Cette usine, construite après l’obtention d’une importante commande de rails pour le Transsibérien, n’avait guère à hésiter sur le procédé à choisir pour l’obtention de son métal. Ses quatre fourneaux au bois, non munis encore d’appareils à vent chaud, donnaient une fonte trop froide pour une marche régulière au Bessemer. D’autre part, la rareté du riblon dans l’Oural (et Nadiejdinski est à 300 kilomètres du chemin de fer, les
- (I) Gorny Journal, mai 1897.
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- MÉTALLURGIE.
- NOVEMBRE 1901.
- voies d’eau, fort détournées d’ailleurs, n’élant navigables que 2 à 3 mois d’été), la restreignait à peu près exclusivement à l’ore process.
- De fait, elle est actuellement munie de 5 fours Martin de 13 t. 1/2, dont 4 à sole neutre marchant en fonte et minerai, et 1 à sole acide passant seul les chutes de rails produites à l’usine.
- Les fours ne présentent pas de particularité spéciale. La sole et les piédroits sont en fer chromé; cette matière est, on le sait, fort abondante dans l’Oural où nombre d’usines l’utilisent (1) ; les gazogènes au bois sont de grandes cuves rectangulaires.
- La coulée de l’opération précédente étant faite, on répare la sole en y jetant 400 kilogrammes de dolomie calcinée et 200 de fer chromé pulvérisé : cette opération dure de 20 à 40 minutes. On procède ensuite au chargement du minerai et delà chaux, le premier à l’état de tout venant; la seconde était chargée primitivement en poudre ; on reconnut plus tard qu’il était préférable de la charger en morceaux de la grosseur du poing, la fusion n’en était pas retardée, et la durée du four sensiblement accrue à cause du moindre entraînement des poussières qui scorifiaient les brûleurs et les chambres.
- Le chargement dure une vingtaine de minutes, et la fusion complète du mélange deux heures à peu près. La fonte est alors chargée à l’état solide. La charge se compose exclusivement de gueuses, qu’on remplace partiellement, parfois par une lingotière hors service, chargée telle quelle sans la casser. La composition de la fonte s’écarte peu de la moyenne suivante :
- C.......................................3,40 — 3,90
- Mn......................................0,40 — 0,60
- Cu......................................0,01 — 0,10
- Pli..................................... 0,020 — 0,035
- S.......................................0,010 — 0,025
- Quant au silicium, il oscillait de 0,25 à 1,10 avec la fonte au vent froid, pour atteindre jusqu’à 2,40 avec l’emploi du vent chaud à partir de juin 1899.
- (1) Je crois nécessaire de donner quelques détails sur la manière dont le fer a été dosé séparément à l’état de protoxyde et de peroxyde dans ces composés.
- Tout d’abord pour le mélange feiro-calcaire, cela ne présente aucune difficulté ;ce composé finement pulvérisé étant presque immédiatement soluble dans l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique étendu au demi, légèrement chauffés, il suffisait de faire deux attaques successives, l’une dans un courant de CO2 pour ne doser que FeO, et l’autre avec réduction subséquente pour doser Fe total Fe2Ü3 par différence.
- La scorie, par contre, est beaucoup plus difficile à attaquer. On peut arriver à y déterminer séparément ces éléments de deux façons qui ont toujours donné des résultats extrêmement concordants et, par conséquent, se corroborent l’une l’autre: soit en attaquant la scorie avec un grand excès de fondant sans action oxydante ni réductrice, à base de borates et carbonates alcalins, par exemple; soit, plus aisément, en la dissolvant par HF1 pur ou mélangé de S04H2 dans un courant de CO2.
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- Le chargement durait de 30 à 50 minutes, la fusion de la charge et la période d’ébullition 2 heures à 2 h. 1/2 et l’affinage calme, avec la mise au point, 1 heure à 1 h. 1/2. L’opération totale prenait un peu moins de 8 heures, et on arriva aisément, à la fin de 1898, à faire 3 opérations 1/2 par 24 heures au début de la campagne, et à ne pas tomber au-dessous de 3 à la fin.
- La campagne d’un four atteignait 220 à 250 coulées de 13 t. 5. La qualité secondaire des produits réfractaires et des briques de silice en particulier, fabriquées à l’usine même avec des matières premières des environs, rendrait assez peu juste la comparaison avec des fours où l'on emploie des produits de première marque.
- La scorie préalable, que, pour éviter toute confusion dans ce qui suit, je désignerai sous le nom de mélange ferro-calcaire, présentait la composition suivante :
- TABLEAU I
- SiO- ADO2 Fe GaO MgO MnO Cu Ph s
- Minerai ordinairement employé Minerai ordinairement cm- 3,24 1,43 64,76 1,32 0,28 0,39 0,10 0,026 0,04
- P'oyé 3.50 1,45 64,50 1,33 0,31 0,36 0,11 0,032 0,03
- Mélange ferro-calcaire . . 4,18 4,08 50,36 20,30 1,53 0,39 )) )) ))
- )) )) 5,10 '2,47 55,30 13,46 0,71 0,69 » » »
- » » 4,68 2,13 56,47 13,75 2,59 0,95 » )) »
- » » 00 2.0 1,01 56/22 15,30 0,83 1,01 )) »
- On comprend aisément que la fonte étant chargée à l’état solide, chaque gueuse fond baignée dans le mélange affinant, et chaque goutte, pour ainsi dire, gagne le fond du bain en abandonnant presque immédiatement son silicium et son phosphore, comme le montrent les analyses faites au cours d’une même opération, que je cite plus loin.
- Le carbone, naturellement, s’élimine avec plus de lenteur et son départ s’accompagne du bouillonnement bien connu, lequel va s’affaiblissant jusqu’à l’affinage complet.
- Les tableaux II et III indiquent la marche d’une opération.
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- TABLEAU II
- C7Ï
- <7i
- HEURES DES PRISES. SlOa A1'203 FeO Fe-’O3 MnO CaO Mg'O G SI Mn Pli s
- ( llh,55 4,18 4,08 20,37 49,32 0,39 20,35 1,53
- Mélange ]
- ( 1 heure. 4,08 4,21 21,90 47,38 0,39 20,43 1,53
- Moyenne de la charge. 3,90 1,02 0,44 0,0301 »
- 2h,45 32,14 7,00 12,47 1,54 3,35 35,30 8,01 1,20 0,074 0,20 0,011 0,015
- 3",50 31,69 7,24 8,01 1,74 3,24 38,31 8,89 1,00 0,025 0,21 0,010 0,014
- 4",20 31,34 8,15 7,55 0,87 3,09 40,01 9,01 0,80 0,037 0,22 0,010 0,013
- 4U,45 29,72 7,14 6,85 2,45 2,85 41,00 10,08 0,48 0,052 0,22 0,011 0,011
- 5",10 28,72 7,11 0,85 1,72 2,78 41,32 11,69 0,44 0,028 0,90 0,012 0,013
- 5'’,35 addition 5h,42 29,44 7,83 6,15 2,01 0,90 41,53 11,91 0,42 0,110 0,90 0,010 0,011
- Charge : Fonte grise............
- — truitée..............
- Boccages lingotières. .
- Addition : Ferro-manganèse . . .
- Ferro-silicium . . . .
- 555 pouds — 9l,100 200 — = 3‘,280
- 105 — == ll,700
- 14l,080
- 10 pouds = O1,164 G - = 0l,098
- 0‘,262
- Minerai. . . 170 pouds = 2l,780
- Chaux ... 90 — = lt,465
- A jouté pendant l’opération : Minerai. . . 38 pouds == 0l,020
- Chaux ... 19 — = 0l,310
- Obtenu : lingots........... 894p = 141,650
- 1/2lingot et scrap. 9p = 0l,147
- 14l,342
- d 4l,797
- MÉTALLURGIE. - NOVEMBRE 1901.
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- Tome 101. — 2e semestre. — Novembre 1901.
- TABLEAU III
- HEURES SiOs. FeO. Fe20;, Cr03 MnO CaO MgO Fo c Si Mu Pli. s
- Mélange 2,42 23,10 43,81 — 0,37 23,39 3,56 48,06
- Fonte 3,74 2,27 0,65 0,056 0,020
- 2'*,20 dès la fusion. 30,04 21,59 1,24 0,68 4,23 24,15 6,87 17,64 2,19 0,030 0,17 0,010 0,020
- 2‘*,35 30,52 13,06 0,41 1,10 4,24 30,37 7,93 10,36 1,69 0,030 0,17 0,018 0,014
- 2>‘,45 30,46 10,24 0,70 1,12 4,13 25,98 8,13 8,47 1,58 0,027 0,16 0,020 0,015
- 2\55 Addition de minerai. . . 29,56 13,41 1,56 1,14 4,08 24,15 8,12 11,52 1,42 0,023 0,16 0,018 0,014
- 3 » de chaux 28,08 13,06 1,39 1,30 4,05 29,07 10,42 11,14 1,15 0,022 0,17 0,018 0,014
- 3",20 » dominerai. .... 28,01» 13,02 1,71 1,36 4,01 27,71 10,78 11,37 •0,96 0,023 0,16 0,012 0,015
- 3“,35 » » 27,32 12,67 1,70 1,39 3,95 27,82 10,92 11,18 0,76 0,019 0,15 0,018 0,014
- 3",«5 Chaux et minerai .... 27,92 11,47 1,97 1,42 3,92 28,11 10,83 10,33 0,60 0,018 0,16 0,012 0,013
- 4»,5 28,68 10,27 1,49 1,44 3,91 29,05 10,97 9,04 0,50 0,022 0,15 0,013 0,013
- 4", 10 28,78 9,59 1,32 1,36 3,92 30,11 11,04 8,17 0,44 0,010 0,19 0,014 0,014
- 4", 15 29,58 8,84 1,87 1,05 3,87 30,55 12,06 8,18 0,41 0,011 0,18 0,018* 0,013
- 4",25 Addition 29,52 8,06 1,96 1,30 3,87 31,33 11,66 7,65 0,32 0,013 0,19 0,018 0,013
- 4h,30 29,26 8,24 1,07 1,27 4,46 30,03 11,48 7,15 0,40 0,031 0,98 0,022 0,012
- Dans la poche, au début. 30,66 5,86 0,50 1,64 6,89 27,63 8,57 0,43 0,015 0,68 0,027 0,011
- Fin de la coulée 0,43 0,016 0,67 0,027 0,011
- Éprouvette forgée. . . . 0,45 0,016 0,67 0,026 0,012
- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
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- 578
- MÉTALLURGIE.
- NOVEMBRE 1901.
- La charge de l’opération du tableau III était :
- Minerai. 200 p = 3l,280 ... , l 4a p
- nu a a At’ ., ajoute en marche 1
- Chaux . 00 p = 0l,985 ( 20 p
- Fonte grise...............................378 p
- )> truitée............................. 240 p
- Boccages lingotièi es..................... 82 p
- Addition :
- Ferro-manganèse à 78 p. 100............... 10 p
- Fonte manganésée à 2,5 p. 100.............. 3 p
- Ferro-silicium à 10 p. 100................. 5 p
- On a obtenu :
- Lingots............................. 922-° p =
- Scraps .............................
- = 07 , 140
- = 01 ,328
- = 9* O O
- — 3' ,940
- — U ,330
- 147 ,790
- = 07 ,164
- = 07 ,030
- = 07 ,080
- 07 ,294
- 151, ,084
- = to», 130
- 0l, 410
- 15S 340
- 5 par les
- santés de la scorie en magnésie.
- Il est possible d’étudier de plus près le mécanisme do l’affinage, c’est-à-dire les réactions qui se produisent entre le mélange ferro-calcaire et le bain métallique.
- Tout d’abord cette fusion paradoxale de deux éléments séparément infusibles — je ne tiens pas compte de la silice, en trop petite quantité pour avoir une action efficace — évoque l’idée d’une combinaison. En fait, on connaît plusieurs combinaisons du sesquioxyde de fer avec les métaux alcalins et alcalino-terreux, où ce corps se comporte commç un acide ferrique.
- Pelouze a décrit le ferrite de calcium Fe, 03 (CaO)'" obtenu par voie humide; H. Sainte-Claire Deville a préparé par voie sèche le ferrite de magnésium Mg0Fe203, Frémy ceux de Iv, Na et Ebelmen un ferrite de zinc Zn0Fe203 cristallisé comme la franklinite (1). C. List a obtenu par voie humide les ferrites CaOFe,03, BaOFe.,0.,, MgOFe,03, CuOFe,03, MnOFe.CL, et J. Percy, dans une expérience qui se rapproche davantage des conditions qui nous occupent, a préparé un ferrite de calcium en cristaux volumineux, à éclat métallique, en chauffant au rouge blanc, et laissant lentement refroidir, un mélange d’oxyde
- (1) Pelouze, Ann Ph. et Ch. XXXIIt, p. 5.— C. List, Deutsche Chem. Gescllschaf't, 1878,p. loi 2. — J. Percy, Philosophical Magazine, XLV, p. 663. — G. Rousseau et Bernheim, C. R., 106 et 107, passim.
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- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
- 579
- ferrique et de chaux, ou de carbonate de chaux. Enfin G. Rousseau et Bernheim ont obtenu des ferrites hydratés de K et Na.
- La formation d’une combinaison analogue dans le mélange ferro-calcaire est fort probable; je n’ai pas eu le loisir de la caractériser.
- Mais il était naturel de penser que ce mélange pouvait absorber aisément de l’oxygène en formant des combinaisons analogues aux ferrâtes de la forme FeOgR. On connaît en effet les ferrâtes solubles de K et Na, donnant par double décomposition les ferrâtes insolubles BaFeCF, SrFeCF, CaFeOL On conçoit qu’un tel composé, riche en oxygène, éliminerait avec une grande énergie les métalloïdes de la fonte et que la rapidité de l’opération en serait grandement augmentée.
- En réalité, il n’en est pas ainsi : tous les essais que j’ai tentés, tant au laboratoire qu’aux fours eux-mêmes, pour produire, par oxydation directe — la seule intéressante ici —, une telle combinaison, n’ont pas donné de résultats. Ce corps eût été facile à caractériser et à doser par la réaction qui a servi à J. de Mollins pour en établir la composition (1).
- 2Fe04 Ba + 8KI + 16 HCl = 2BaCl2 + 8KC1 = 2FeCl2 + 8H20 + 412
- Au contraire, j’ai observé que ce mélange ferrocalcaire, sous l’influence d’une atmosphère tant soit peu réductrice, perdait une partie de son oxygène avec la plus grande facilité, et qu’on arrivait aisément au four Martin lui-même à obtenir un composé contenant presque exclusivement le fer à l’état de protoxyde.
- Les deux expériences suivantes me paraissent caractéristiques à cet égard.
- La première a été faite sans rien changer à la manière dont le fondeur conduisait son gaz.
- Le mélange, fini de charger à 7 h. 15, était à peu près fondu à 8 h. 10 au moment où l’on a prélevé la première éprouvette :
- Heures. Fes 03 Fe 0 Fe total.
- Prélevé à : 8,10 49,62 26,65 55,31
- — 8,30 37,01 38,22 55,63
- — 8,45 36,04 39,27 GO 20 20
- — 9,10 27,07 56,98 56,94
- ce qui donne la courbe suivante, où les ordonnées représentent le fer correspondant au protoxyde ou au peroxyde (fig. 1) :
- La quantité à l’origine a été calculée d'après le rapport respectif, de Fe,Ü:, à Fe O dans le minerai employé (Tableau I).
- (I) J. de Mollins, Deutsche Chem. Gesellschaft, 1871, p. 626.
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- 580 MÉTALLURGIE. ---- NOVEMBRE 1901.
- La seconde expérience, au contraire, a été conduite en maintenant le gaz
- Fe total
- aussi réducteur que possible, tout en assurant la chaleur nécessaire à la fusion :
- Heures. Fe» 03 Fe 0 Fe total.
- Fini de charger : 1,25 » )> »
- — ;2,oo 51,33 18,98 50,79
- — 2,30 39,10 30,99 51,47
- — 2,50 21,78 46,47 51,37
- — 3,35 2,91 63,08 51,14
- résultats que représente le graphique suivant (fig. 2) :
- Fe total
- On voit combien est aisée, dans ce mélange, la réduction à l’état de FeO. Il
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- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
- 581
- semblerait donc que cette réaction soit désavantageuse âu point de vue de la rapidité de l’affinage subséquent, et qu’on aurait tout intérêt à laisser, par une oxydation ménagée, le fer à l’état de sesquioxyde, si du moins on ne peut l’amener à un état plus avancé d’oxydation. Mais, malgré nombre d’essais, il ne m’a pas été possible d’observer une différence sensible entre la durée d’opérations où le mélange avait été réduit à dessein, et d’opérations où il avait au contraire été maintenu en atmosphère oxydante pendant la fusion. Or, en y regardant de plus près, on voit que, loin d’être défavorable, cette facile réduction du mélange est une condition d’économie avantageuse pour le procédé.
- Comparons en effet les deux réactions : suivant que l’on opère l’oxydation d’une même quantité de métalloïdes — silicium, pour fixer les idées — en mettant enjeu l’une ou l’autre des réactions, l’on aura :
- Avec Fe203 :
- Si + ~ Fe203 - SiO* + * j - + 80,7 cal. (1)
- Avec FeO :
- Si + 2FeO = SiO, + Fe = 70 cal. (2)
- réaction qu’il faut faire précéder de la suivante pour amener Fe203 à l’état de FeO :
- FeoO3 + CO = 2 FeO x CO2 + io cal. (3)
- Donc, déjà, au point de vue thermique l’une et l’autre sont à peu près équivalentes, et l’avantage resterait même à la seconde.
- Mais considérons maintenant la quantité de fer que chacune apporte au bain métallique :
- Pour 1 kilogramme de Si la première donne
- 4 ^ = 2ks,66 de fer, et la
- 3 X 28
- i 2 X 06
- seconde -------
- 28
- 4 kilogrammes, soit 1,3 fois plus que
- la première, en met-
- tant enjeu, évidemment, une quantité de minerai 1,5 fois plus grande aussi.
- Or ces lk8,33 en plus, ainsi directement transformés en acier, n’ont pas nécessité les frais de fabrication de la fonte, non plus que les frais de l’opération Martin, puisque loin d’avoir besoin d’être affinés, comme s’ils étaient introduits à l’état de fonte, ils sont le véhicule du produit affinant dont ils constituent en quelque sorte un sous-produit.
- Les seuls frais dont on devrait les grever seraient donc ceux de la réduction par l’oxyde de carbone suivant l’équation (3). Mais on a vu combien cette réduction était aisée, et que, sans la chercher intentionnellement, on la produisait sur les deux tiers de la masse. Il y a donc tout lieu de croire qu’elle ne nécessite pas un excédent de combustible bien sensible.
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- TABLEAU IV. — Semaine du 16 au 22 juin 1899,
- JOURNÉES RE TRAVAIL. NOMBRE DK COULÉES. CHARGÉ EMPLOYÉ OR TENU BONI sur la FONTH.
- Pendant la semaine. 1 Depuis le I commencement de la campagne. Pendant la semaine. | Pendant 1 la campagne. b1 O N T E (poiuls). MINERAI (pourîs). BOIS (sagènes cubiques). DOLOMIE (pouds). LINGOTS entiers. MOULAGE SCRAPS et 1 /2 lingots.
- Four n° 2. . . 7 19 22 58 18 696 3 813 30,34 633 19 42910 290 510 1 5 3310
- Four n° 3 53 20 155 17104 3 033 42,60 ÎJ7(> 17199!ft )) 1 190 1 28510
- Four n° 4 7 34 19 91 16 424 3 330 45.43 503 17 386JO )) 455 1 4171(1
- Total de la semaine
- pour les 3 fours. 21 106 Cl 304 52 224 10178 124,43 1 773 54014 290 2155 4 235:l°
- 983 811 fonte
- Depuis le lftr janv. 40 0 11 43 13 465 chutes 190 396 2 997,24 3 906 1028 391 1 130 29 417 60 322,5
- 1 340 lingotiers*
- POUR 100 DE V O N T E ON A O B T E N U : PENDANT LA SEMAINE. DEPUIS LE I1'1' JANVIER.
- Lingots. Scraps . d’où : Boni . .
- 103,98
- 4,12
- 8,10
- 103,09
- 2,94
- 0,04
- POUR 100 DE LINO OTS ON A E Al P L O Y É : PENDANT CETTE SEMAINE. DEPUIS LE l" JANVIER.
- Fonte . Chutes.
- Scraps et boccages. .
- Boni.................
- Dolomie..............
- Bois (eu m:t par tonne).
- 96,08
- 7,84
- 3,28
- 1,33
- 95,66
- 1,31 (chargées aux fours basiques pendant les arrêts du four acide).
- 0,13
- 5,85
- 3,29
- 1,70
- Uï
- QO
- Î\S
- MÉTALLURGIE. - NOVEMBRE 1901.
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- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
- 583
- On brûle lst,6o à lst,75 de bois de pin par tonne de lingot, ce qui correspondrait à peu près à 300 kilogrammes de houille, si l’on adopte les chiffres de Scheurer-Kestner (1), c’est-à-dire à une consommation très faible.
- Les réactions théoriques que j’ai citées plus haut, et implicitement supposées complètes, ne se produisent évidemment pas quantitativement sur toute la masse de minerai chargée. Il doit se produire un équilibre chimique, variable avec la température, qui, pour une scorie et une fonte de compositions données, déterminent la quantité de fer que le minerai abandonne à la scorie et celle qui passe dans le bassin métallique, Mais, quelles que soient ces conditions de répartition, il demeure certain qu’on a tout intérêt à utiliser la seconde des deux réactions, c’est-à-dire la réduction préalable de Fe203 en FeO, puisque, toutes choses égales d’ailleurs, elle augmente la quantité d’acier provenant du minerai, c’est-à-dire, en quelque sorte, la quantité de fer obtenue par « procédé direct ».
- Il ressort de cet examen qu’un des avantages du procédé Goriaïnof est l’augmentation du boni en métal résultant de cette possibilité de réduction préalable du mélange ferro-calcaire pendant sa fusion.
- De fait la fabrication accuse des chiffres plus élevés qu’avec l’orc process ordinaire.
- Voici, par exemple, les résultats d’une semaine, extraits du livre de roulement; qui sont donnés dans le tableau de la page ci-contre.
- Il peut être intéressant d’examiner à quel moment se fait cette rentrée du fer du minerai dans le bain métallique, si elle est progressive ou concorde avec une phase déterminée de l’opération.
- Les analyses des éprouvettes métalliques renseignent déjà à cet égard, en montrant la marche de l’affinage, corrélatif de cette rentrée du métal. Mais il est un élément de la scorie qui le montre d’une façon beaucoup plus nette encore. C’est l’alumine : ce corps, en effet, ne peut être introduit par la fonte, comme la silice; il ne peut provenir que de la sole; mais celle-ci, revêtue de dolomie comme je l’ai dit plus haut — laquelle ri’en contient, calcinée, que 1,50 environ, moyenne de six analyses — a beau se laisser dissoudre par la scorie, on ne pourrait expliquer ainsi que la teneur en alumine du mélange ferro-calcaire soit seulement moitié de celle de la scorie immédiatement après la fusion de la fonte, ainsi que l’indique le tableau V.
- Il faudrait en effet, concomitamment, qu’il se dissolvàt une proportion de magnésie équivalente — et la dolomie employée en contenait 33 à 34 p. 100 — ce qui n’a pas lieu d’après les teneurs qu’accuse la scorie : le tableau V indique, pour sept opérations différentes, la composition du mélange ferro-calcaire immédiatement avant la charge de la fonte, puis celle de la scorie dès que la charge
- (U' Scheurer-Kestner. Pouvoir calorifique des combustibles.
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- MÉTALLURGIE. --- NOVEMBRE 1001.
- métallique est fondue. Elles montrent toutes que, dans la scorie, la teneur en alumine est à peu près le double de ce qu’elle était dans le mélange : la moyenne est 2,02. Puisque cet élément n’est introduit qu’en quantités infimes par la dolomie de la sole, il faut admettre que la scorie s’est concentrée au double, autrement dit que la quantité totale en est deux fois moindre que celle du mélange ferro-calcaire. Cette diminution ne peut être due qu’à la quantité de fer cédée dans l’intervalle au bain métallique, quantité d’autant plus grande qu’elle se trouve masquée par l’apport de silice provenant de la fonte et dont la teneur est jusqu’à dix fois plus forte dans la scorie que dans le mélange.
- TABLEAU V
- SiO* alo3 FeO CaO MgO Fe Al* 03 scorie..
- AI2O3 mélange
- j ( mélange \ scorie 3,00 2,21 43,73 21,58 24,07 2,12 47,396 2,36
- 31,70 5,22 1,10 7,84 39,79 9,68 6,87
- ^ ( mélange 5,02 2,31 34,60 29,17 23,23 2,28 46,91 1,90
- ( scorie 31,22 4,39 0,91 8,48 29,22 8,15 7,20
- jjj | mélange 3,06 2,42 39,67 26,80 22,49 1,07 48,628 1,64
- ( scorie 27,26 3,97 2,27 9,69 40,17 7,76 9,115
- jy | mélange ( scorie 2,32 2,82 26,49 21,24 21,91 1,71 49,08 2,15
- 27,30 6,08 1,43 7,14 42,12 9,88 6,564
- Y ( mélange 3,04 3,18 43,87 29,93 21,05 1,75 48,54 1,84
- ( scorie. 28,02 5,85 1,87 6,01 41,16 9,66 5,986
- yj | mélange ( scorie 2,88 2,65 17,29 52,77 19,72 1,12 53,15 1,905
- 30,94 5,05 1,98 9.41 38,95 10,17 8,707
- yjj ( mélange 5,52 2,21 44,41 17,02 22,73 3,38 44,33 2,43
- ( scorie 29,06 5,37 1,39 6,53 39,83 11,36 6,055
- Composition moyenne des
- mélanges 3 j oo 2,54 38,84 38,34 22,17 1,91 48,29 ))
- Composition moyenne des
- scories 29,34 5,16 1,56 7,87 41,60 9,52 7,21 »
- Rapport de l’élément
- scories. . 8,26 2,03 1 1 1,88 4,98 1
- mélange.. 24,90 4,86 6,69
- La courbe ci-jointe (fig. 3), qui traduit les variations de composition de la scorie citée dans le tableau II, met ce fait en évidence.
- On voit donc que l’affinage du silicium se produit à peu près complètement pendant la fusion de la charge, ainsi que l’avait déjà très nettement constaté
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- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
- 585
- M. Pourcel. «Les analyses prouvent, écrivait-il, que pendant la fusion le silicium passe tout entier dans la scorie ; le phosphore s’oxyde ensuite en proportion plus grande que le carbone. Lorsqu’on traite une fonte blanche où le manganèse est incorporé à l’état de carbure, c’est ce corps qui résiste le plus énergiquement à l’action oxydante. Tandis que le phosphore est déjà réduit à l’état de traces, 0,015 à 0,02, on dose encore dans le métal 0,15 à 0,20 de manga-
- addition
- Fig. 3.
- nèse. » Les analyses que j’ai citées à mon tour confirment absolument ces résultats.
- Quant à l’élimination du phosphore, la grande pureté des fontes traitées à Nadiejdinski empêchait toute investigation sérieuse de ce côté. Tout ce que l’on peut constater, sur les analyses citées plus haut, c’est que la minime quantité de phosphore contenue s’élimine également pendant la fusion, et que la scorie le laisse partiellement rentrer après l’addition recarburante. Le décrassage, tout à fait inutile avec de pareilles fontes, n’était en effet pas pratiqué.
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- MÉTALLURGIE.
- NOVEMBRE 1901.
- On peut dire, toutefois, qu'a priori le procédé Goriaïnof est dans d’excellentes conditions pour déphosphorer, puisqu’il donne, avant la fusion mémo du métal, une scorie oxydante et ultrabasique.
- Mais, à ce sujet, nous trouvons des documents expérimentaux intéressants dans la communication faite à la Réunion de l’Ironand Steel Institute à Londres, en mai 1901, par M. Ambroz Moneill, ingénieur des usines Carnegie à Pittsburg. Le procédé qu’il décrit comme son invention propre est exactement celui des frères Goriaïnof, qu’il a reproduit sans le connaître, fort probablement. Au lieu de charger la fonte solide comme nous le faisions à Nadiejdinski — où cependant l’installation avait été organisée pour la charge liquide — il la charge liquide, comme à l’usine de Briansk. Mais j’emprunte la description môme de l’auteur : « Les fours étaient de 40 tonnes. On commence par charger 3 tonnes de calcaire, répandu sur toute la sole, puis 10 à 1:2 tonnes de minerai selon la teneur en silicium de la fonte. Le minerai employé était de l’hématite rouge du lac Supérieur, contenant Fe 64, Pli 0,10, Si 3, Mn 0,10. On chauffe environ une heure et demie jusqu’à ce que le minerai soit près de fondre, mais non tout à fait fondu, et l’on ajoute alors la fonte liquide prise soit du mélangeur, soit directement du fourneau. Cette fonte contenait :
- C............................................3,90 — 4,10
- Pli..........................................0,50 — 0,80
- Si...........................................0,50 — 0,90
- Mn...........................................0,80 — 0,90
- S............................................0,04 — 0,07
- Il se produit une réaction vive, mais non tumultueuse. Comme la température des parties composant le bain n'est relativement pas très élevée, l'oxydation du phosphore se produit avec une extrême rapidité. Fn môme temps que lui, s’oxydent le silicium, le manganèse et une partie du carbone. Cette partie de l’opération est caractérisée par la formation rapide d’une scorie basique. Au bout d’ane heure à peu près, le phosphore est éliminé du métal, c’est-à-dire que sa teneur est inférieure à 0,04, de môme que le silicium et le manganèse. La scorie produite bouillonne fortement et se déverse d’elle-même par-dessus le seuil; il serait désirable de faire un décrassage complet ; on se contente en pratique d’enlever les huit dixièmes de la scorie de manière à laisser le bain à peine recouvert par celle qui reste. A ce moment, c’est-à-dire une heure après l’addition de la fonte liquide, la scorie et le métal présentent à peu près la composition suivante :
- SiCh. ..... 20 p. 100 C..........2 — 2,5
- Fe................. 20-25 Ph . . . . » 0,04
- PoO;;............... 3-5 S' .... » 0,04
- CaO................ 20-25 Si ... . traces.
- Mn . . . . traces.
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- NOTE SUR UNE VARIANTE DU PROCÉDÉ AU MINERAI.
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- Je ferai remarquer en passant que cette scorie me paraît bien pauvre en chaux et que ce doit être là une cause de sa richesse en fer.
- Le reste de l’opération se continue comme d’habitude. On élève la température, et la décarburation se produit alors jusqu’au point désiré. On l’accélère, à l’occasion, en ajoutant du minerai.
- Yoici les chiffres que cite Fauteur pour deux fours :
- Nombre de coulées'par semaine (de 6 j. de travail . . 18 16
- Tonnes de métal fondues............................ 718 662
- Métal obtenu pour 100 tonnes cbariiérs.............101,3 103,1
- Durée moyenne d'une coulée.........................7h,30 8h,20
- Le boni en métal serait sans doute plus élevé avec une scorie plus calcaire et avec réduction préalable du minerai par les gaz pendant sa fusion.
- En résumé, le procédé au minerai modifié par les frères Goriaïnof me parait présenter plusieurs avantages sérieux : l’opération est sensiblement abrégée, la déphosphoration rapide et complète, l’affinage extrêmement régulier. Les usines de Nadiejdinski fabriquent depuis plusieurs années par ce procédé un acier à rail d’une composition remarquablement constante. Il est inutile d’ajouter qu'il se prête également bien à la fusion fonte et riblons ; dans ce cas, la durée est notablement abrégée; avec le même four, qui donne 3-3,o coulées par vingt-quatre heures, on atteint aisément quatre coulées en chargeant moitié fonte et moitié riblons.
- L'acier extra-doux s’obtient également sans difficulté spéciale.
- Notons enfin qu’on pourrait encore gagner une heure à une heure et demie par coulée en fondant à part, dans un petit four spécial, le mélange ferro-cal-caire
- E. DE Loisy.
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- MÉTROLOGIE
- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL DES POIDS ET MESURES
- PAR Ch.-Éd. Guillaume (1).
- RÉSULTATS DES MESURES DE LONGUEUR
- L’un des points essentiels du programme du Bureau international devait consister à fournir, aux Etats signataires de la Convention du Mètre, des étalons de longueur et de masse parfaitement étudiés. Nous avons vu déjà que la Commission internationale avait adopté, pour les étalons de longueur, une forme et une matière spécialement étudiées par Tresca et Sainte-Claire Deville. La construction de ces étalons incomba à la Section française, qui fit établir deux séries d’étalons; les uns, pour lesquels on utilisa une coulée faite au Conservatoire, contenaient de petites quantités de ruthénium et de fer, avec des traces de rhodium et de cuivre; les autres, livrés par MM. Johnson, Matthey etCie, à Londres, et achevés par les soins de la Section française, furent trouvés, conformément aux indications de Sainte-Claire Deville, contenir presque exactement neuf parties de platine pour une d’iridium, sans impuretés appréciables. Les premières comparaisons destinées à mettre le Bureau en possession d’une copie du mètre des Archives furent exécutées, sous la surveillance d’une commission mixte (2), par MM. Benoît et G. Tresca.
- Ces comparaisons eurent lieu au Conservatoire des Arts et Métiers, dans l’automne 1881 et dans l’hiver suivant. Elles furent exécutées, comme il a été dit, par la méthode optique, l’objet réfléchi dans chacune des faces terminales du mètre des Archives étant une pointe très fine en métal. La mise au point a toujours été contrôlée par le procédé Cornu, et on a fait varier la température entre 4° et 18°. L’étalon à traits désigné par le symbole I2 dont la valeur a été déterminée par ces comparaisons fut remis au Comité international par la Section française en présence deM. Tirard, ministre du Commerce de laRépublique française,le 22 avril 1882. L’équation résultant, pour cet étalon, de toutes les comparaisons réduites à 0° était égale à + 6 g., 03; mais, considérant que le chiffre décimal était incertain de toute sa valeur, on a conservé pour cet étalon l’équation + 6 p„.
- (1) Voir le Bulletin d’août et d’octobre 1901.
- (2) Membres de la commission, MM.. Broch, Foerster, Stas, pour le Comité international ; Dumas, Tresca, Cornu, pour la Section française.
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 589
- Aussitôt en possession de cette copie du mètre des Archives, on s’occupa, au Bureau international, de créer une série d’autres étalons semblables, destinés à l'usage du Bureau, puis les étalons commandés par les États furent mis à l’étude au fur et à mesure de leur livraison par la Section française.
- Détermination des subdivisions du Mètre. — Parmi les premiers étalons étudiés au Bureau international, se trouvait une règle normale, divisée en millimètres, et destinée à fournir des longueurs quelconques inférieures à 1 mètre. Son étude achevée, on se trouva en possession de décimètres, de centimètres et de millimètres parfaitement connus, et on put, en particulier, mesurer la valeur micrométrique des vis adaptées aux microscopes des divers comparateurs.
- Il est superflu d’indiquer le détail des études très complètes auquelles la première règle normale fut soumise par M. Benoit. Depuis cette époque déjà lointaine, les procédés de recherche ont pu être un peu simplifiés, et il sera plus intéressant d’indiquer leur état actuel.
- Remarquons d’abord que l’on peut posséder des étalons de toute longueur millimétrique inférieure à 1 mètre sans avoir à déterminer les erreurs de division de tous les traits d’une règle. Si l’on connaît la position de tous les traits centimétriques et celle des traits millimétriques du premier centimètre, on pourra toujours, en combinant un trait centimétrique avec un trait millimétrique, convenablement choisis, obtenir la valeur exacte d’une longueur quelconque. Ou bien aussi, le même résultat sera obtenu si l’on connaît tous les décimètres et les millimètres du premier décimètre. Dans les deux cas, le nombre des traits qu’il faut connaître est le même; mais la première combinaison a l’avantage de fournir un grand nombre d’intervalles centimétriques se contrôlant les uns par les autres. Ainsi, lorsqu’on voudra déterminer une longueur de 55 centimètres par exemple, on aura le choix entre quarante-six intervalles différents, dont le premier est compris entre les traits 0 et 550, le dernier entre les traits 450 et 1 000.
- L’étude des subdivisions d’une règle a lieu, comme le calibrage d’un thermomètre, par la comparaison des divers intervalles entre eux. La règle étant portée dans un comparateur longitudinal, on place, sur le même support, et dans son alignement exact, une règle auxiliaire ayant 100 millimètres de longueur. L’un des microscopes vise alors le premier trait de cette règle (fig. 31, p. 461) et l’un des traits limitatifs de l’un des décimètres de la règle; puis, par un déplacement simultané des deux étalons portés sur le même chariot, on amène sous les microscopes Je second trait de la règle auxiliaire et le second trait limitatif du décimètre qu’on lui compare. Lorsque cette opération a été faite pour tous les intervalles décimétriques de la règle, on connaît la différence de chacun d’eux par rapport à la règle auxiliaire, et par conséquent leurs différences entre eux.
- A la rigueur, ces données suffiraient pour déterminer les erreurs de position
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- MÉTROLOGIE.
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- de tous les traits décimétriques, mais elles seraient sans contrôle, et pourraient couvrir de grosses erreurs, telles que des fautes d’écriture, toujours possibles; de plus, l’incertitude des corrections, due à la simple addition des erreurs fortuites, irait en croissant des bouts au milieu de la règle.
- Voici comment le contrôle est obtenu : les microscopes sont amenés à une distance de 200 millimètres environ, et on mesure, en fonction de cette distance, les intervalles 0-200, 100-300,... 800-1 000. Puis, les amenant à une distance de 300 millimètres, on leur compare les intervalles 0-300,... 700-1 000, et ainsi de suite, pour finir par une comparaison des intervalles 0-900 et 100-1000. En faisant les différences, on élimine la distance des microscopes, qui n’a évidemment aucune signification, et de laquelle on n’exige que d'être peu variable pendant la mesure, les comparaisons étant toujours faites un certain nombre de fois à l’aller et au retour. La comparaison des décimètres est faite, en général, par un procédé plus compliqué, pour la seule raison que les grands microscopes
- Fig. 46. — Résultat de l’étude d’une règle.
- du comparateur universel ne peuvent pas être rapprochés jusqu’à 100 millimètres.
- En traitant toutes les observations par un système de compensation très simple, on obtient les valeurs de tous Jes décimètres.
- On établit ensuite la correspondance entre les décimètres deux à deux, le premier avec le sixième, le second avec le septième, etc., et on compare chaque centimètre de l’un avec tous les centimètres du correspondant, par la méthode suivante : les microscopes étant placés à 41 centimètres, on compare les intervalles 90-100 et 500-510, ou plutôt les intervalles 90-500 et 100-510. Puis, plaçant les microscopes à 42 centimètres, on fait les comparaisons 80-500, 90-510, 100-520, qui donnent la valeur relative des intervalles 80-90, 90-100, avec 500-510, 510-520, et ainsi de suite, pour finir par comparer les intervalles 0-10 et 590-600. Un même calcul donne alors les corrections de tous les centimètres des deux intervalles correspondants. La même opération, répétée pour tous les intervalles, fournit les corrections de tous les centimètres de la règle.
- Le même procédé s’applique aux millimètres du premier centimètre, dont on choisit le correspondant en un endroit quelconque de la règle, par exemple à l’autre extrémité ou au milieu. De cette façon, un grand nombre d’intervalles millimétriques seront donnés par deux ou même par trois combinaisons dis-
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- tinctes, ce qui permet de choisir suivant la commodité de l’installation d’une expérience, et a, de toutes façons, l’avantage d’offrir un contrôle.
- Les erreurs de division des règles modernes bien exécutées ne sont pas très considérables, et, surtout, elles présentent une continuité suffisante pour permettre au besoin une interpolation pour les millimètres. La figure 46 montre à titre d’exemple, les erreurs de division d’une règle construite par la Société genevoise et étudiée récemment.
- ÉTUDES DES MÈTRES PROTOTYPES. DILATATION
- Je donnerai maintenant un rapide résumé des travaux auxquels a conduit la détermination des étalons métriques de premier ordre distribués aux Etats.
- Tout d’abord, il fallut déterminer leur dilatation. Cette opération fut exécutée par la méthode absolue pour l’une des règles, celle portant le numéro 6, et par la méthode relative pour les autres. De plus, toutes les règles appartenant au Bureau international furent étudiées par la méthode absolue, de telle sorte que l’on put établir une compensation entre tous les résultats absolus et relatifs obtenus.
- Nous fûmes chargés, M. Benoît et moi, de l’ensemble de ces déterminations. Chacun de nous fit quarante séries de mesures de la longueur de la règle principale, à des températures comprises entre 0° et 38°, ordonnées en groupes alternativement ascendants et descendants. Puis, trente autres règles en plus des étalons du Bureau, lui furent comparées à huit températures. Noici un exemple d’une telle détermination :
- Dilatation relative des règles Nos 1 et 6.
- Températures. 1 [6] Obs. — Cale
- « u. [A
- 0,139 + 1,16 — 0,03
- 4,762 + 1,26 — 0,16
- 10,548 + 0,83 + 0,23
- 21,217 + 0,83 + 0,17
- 24,606 + 1,21 — 0,24
- 31,060 + 0,77 + 0,16
- 33,996 -+- 1,16 — 0,24
- 37,298 + 0,80 + 0,09
- Les observations des deux premières colonnes étant introduites dans la formule
- y = x + ait,
- on détermine les valeurs de x et de a qui satisfont le mieux à l’ensemble des
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- MÉTROLOGIE.
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- résultats observés ; puis, reportant ces valeurs dans toutes les équations, on trouve les erreurs résiduelles inscrites dans la dernière colonne.
- La comparaison nous dit que, pour chaque degré dont la température s’élève, la règle N° 1 se dilate de 0^,0063 en moins que la règle N° 6 prise comme type.
- On ne s'en tint pas là ; à chaque extrémité de chacune des règles, on préleva un échantillon de 15 millimètres de hauteur, et M. Benoît détermina, au moyen de l’appareil Fizeau, la dilatation du métal de la moitié des règles. Les résultats de ces mesures, dont on ne tint pas compte, il est vrai, dans les équations finales, eurent néanmoins pour effet de donner un excellent contrôle de l’homogénéité de l’alliage.
- Il est utile d’indiquer rapidement en quoi consiste une mesure au moyen de l’appareil Fizeau.
- L’échantillon à étudier est d’abord placé sur les trois pointes repoussées dans la plate-forme (fig. 45, p. 481) ; puis, la lentille étant posée sur les trois vis, on éclaire le tout à la lumière du sodium descendant verticalement sur le trépied; on observe les franges à l’œil nu et on agit sur les vis de manière à modifier l’inclinaison de la lentille jusqu’à ce qu’on aperçoive un petit nombre de franges, 4 ou 5 par exemple, sur toute la surface de l’échantillon, ce qui accuse une variation d’épaisseur de la lame d’air, d’un bord à l’autre, inférieure à 2 microns. On place ensuite le trépied dans son étuve, puis on porte le tout à la température la plus élevée, de manière à bien lui donner son assise. Au bout d’une douzaine d’heures, on observe la température et on note la position des franges. On abaisse alors le thermo-régulateur et, douze heures plus tard, on peut faire une seconde observation. Une mesure complète comprend en général de 25 à 30 observations.
- En définitive, le résultat compensé de toutes ces observations fournit une relation entre la dilatation des vis du trépied et celle de l’échantillon, exprimée en fonction de la longueur d’onde de la lumière employée, après qu’on a fait une petite correction pour tenir compte de la petite différence d’épaisseur égale à celle de la lame d’air. Toutes ces dimensions sont d’ailleurs mesurées au sphéromètre avec le plus grand soin.
- Quant à la dilatation même du trépied, elle a été déterminée antérieurement par des observations faites par une méthode identique, en établissant des interférences avec une différence de marche de 10 millimètres environ.
- Je n’insisterai pas, pour le moment, sur les corrections à appliquer aux mesures pour tenir compte de la variation de densité, et par conséquent d’indice de réfraction de l’air. Cette question sera étudiée plus tard, à propos des résultats généraux.
- Équations des règles.—Le travail de détermination des règles de premier ordre devant être fondamental pour l’établissement du système métrique, il ne fallait
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- îiégliger aucune précaution pour assurer à cette étude le plus haut degré de perfection. 11 fut donc décidé que les comparaisons seraient tout à fait symétriques et aussi nombreuses que le permettait le temps dont on disposait.
- Le diagramme suivant, établi par le D1’ O.-J. Broc-h, servit à organiser ces mesures :
- On porta les numéros des règles en cinq rangées de six règles chacune, et on combina chaque nombre du tableau avec tous ceux de la même ligne et de la même colonne, ce qui donna toutes les combinaisons des règles que l’on devait comparer deux à deux entre elles. En outre, toutes furent comparées au prototype provisoire s
- Chacune des combinaisons donna lieu à quatre comparaisons, faisant intervenir les règles dans des positions différentes et symétriques, après des retournements bout pour bout sous les microscopes, et un échange d’avant en arrière par rapport aux observateurs.
- Le calcul de cet imposant ensemble de comparaisons, faites en majeure partie par MM. Boinot et Isaachsen, conduisit à une première valeur de chaque étalon en fonction du prototype provisoire. On choisit alors, parmi tous les étalons, celui dont l'équation, déduite du prototype, se rapprochait le plus de la valeur du mètre des Archives, savoir le N° 6, dont la valeur avait été trouvée égale à I2 — 5^,99, et qui fut dès lors désigné par pf.
- La règle N° 6 fut alors mise en dehors du tableau, remplacée par une autre, et chacune des règles lui fut comparée. Enfin, un nouveau calcul fournit les équations définitives des étalons par rapport à la règle N° 6, qui fut déclarée le prototype international. La compensation de tous les résultats lui avait fait attribuer la valeur I, —6r,03 à 0°, valeur qui, par un singulier hasard, se trouva être rigoureusement identique à celle qu’on s’était proposé de réaliser.
- Les comparaisons qui viennent d’être décrites ont été faites au comparateur Brunner. Les microscopes de ce comparateur ont aussi servi à déterminer la valeur de chacun des millimètres tracés de part et d’autre des traits limitatifs des mètres, et destinés à servir pour la mesure de la tare des microscopes dans les comparaisons futures.
- On se rendra compte de la perfection réalisée dans la confection des règles en comparant entre eux les nombres ci-dessous, qui montrent à la fois le degré d’homogénéité réalisé dans la fabrication de l’alliage (1), et la précision
- (i) I/égalité des coefficients du terme en T2 est arbitraire. Ce coefficient est très difficile à déterminer, et les observations ne pouvaient pas donner sa valeur avec une suffisante précision ; d’autres recherches avaient montré qu’il était certainement beaucoup plus semblable dans les diverses règles que les observations directes ne pouvaient l’indiquer; on s’est donc borné à déduire ce coefficient d’une moyenne d’un grand nombre de règles, et à calculer le coefficient du ternie en T, de manière à satisfaire le mieux possible aux observations.
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- avec laquelle les tracés ont été faits par M. Gustave Tresca. Ces premiers résultats furent soumis à la Conférence générale de 1889 et sanctionnés par elle, après quoi les étalons furent attribués par tirage au sort aux Etats, ainsi qu’il est indiqué ci-après :
- Prototypes en alliage pur.
- P T : lm 4- 8u;liol T -f Oa,00100 T-
- h — lm + 6a,0 + 8a,644 T + 0a,00100 T2
- Étalons. Valeurs à 0“ Dilatations. États.
- ni a u a —
- N° 1 1 - Cl + 8,657 T + 0,00100 T2 Italie.
- N® o = 1 — C> + 8,663 T — Suisse.
- N° 3 = 1 + 0,1 + 8,642 T — Norvège.
- N® 4 = 1 — 0,8 + 8,632 T — France.
- N° o = 1 + 2, J + 8,647 T — Finlande.
- N° 7 = 1 + 0,3 + 8,649 T — Bavière.
- N° 8 = 1 - 0,* + 8,648 T — France.
- N° 9 = 1 — C- + 8,643 T Italie.
- N" 10 = 1 — 0,8 + 8,659 T Portugal.
- N° 11 1 - O.È + 8,650 T — •Acad, de Saint-Pétersbourg
- N® 12 1 0,0 + 8,638 T — Belgique.
- N° 13 = 1 + 0,8 + 8,647 T — Bureau international.
- N® 14 = 1 - U 8,646 T Hongrie.
- N° 1 0 — 1 — 0,1 + 8,655 T — Autriche.
- N° 16 = 1 — 0,f + 8,633 T — Grande-Bretagne.
- N® 17 = 1 + 0,1 + 8,653 T — Espagne.
- N° 18 = 1 — U + 8,642 T — Allemagne.
- N° 19 = 1 + 1,1 + 8,655 T — Autriche.
- N® 20 = 1 + 0,8 4- 8,673 T — France.
- N» 21 - 1 + 2,5 +’ 8,665 T . — États-Unis.
- N° 22 1 - 1,3 + 8,667 T — Japon.
- N® 23 = 1 — C0 + 8,661 T — Belgique.
- N° 24 = 1 + 1,8 8,670 T — Espagne.
- N° 25 —- 1 + 0,7 8,648 T Mexique.
- N® 26 = 1 + 0,9 + 8,647 T Bureau international
- N® 27 - 1 — 1,6 + 8,657 T — États-Unis.
- N° 28 = 1 -f- 0,5 4. 8,650 T — Russie.
- N® 29 = 1 — 2,8 + 8,674 T Suède.
- N° 30 - 1 + 2,8 + 8,638 T — Serbie.
- N° 31 — 1 + 0,6 + 8,658 T France.
- Prototypes en alliage du Conservatoire.
- Ét .alons. V. alours à D° Dilatations. Etats.
- Na 1 = ni î ’J. i- 8,3 'J. 'J. 8,637 T - 0.00100 T2 Belgique.
- N® 3 = i + 2,7 + 8,624 Danemark.
- N®. 12 = i + 3,3 “ 8.634 États-Unis.
- N® 13 = î + 3,3 + 8,633 — Bureau international.
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- Une autre série, moins importante, d'étalons de platine iridié fut étudiée ultérieurement et ces étalons furent distribués, à partir de 1892, aux États dont les commandes étaient parvenues trop tard au Comité international.
- Précision clcs résultats. •— Il est intéressant de se demander quel est l’ordre de l’exactitude atteinte dans ces diverses déterminations, et quel est le degré d’uniformité qui a été garanti dans rétablissement du Système métrique par la distribution des étalons de premier ordre à tous les Etats ayant adhéré à la Convention du mètre. On pourrait, à cet égard, suivre un procédé pour ainsi dire automatique, et consulter la valeur des erreurs probables des équations trouvées; mais il est certainement plus correct d’examiner en détail chacune des phases de l’opération très complexe qui a conduit à ce résultat, et d’en déduire une estimation globale de l’erreur restante. C’est ce qu’a fait M. Benoît, dans son rapport présenté à la Conférence générale de 1889, en un passage qui mérite d’être textuellement rapporté.
- « Si l’on considère en effet :
- « 1° Que l’erreur probable de la détermination d’une règle par rapport au prototype international, résultant des comparaisons au comparateur Brunner, a été trouvée de ±0iJ-, 04 pour les règles de la première série, et de dzOu, 00 pour les règles de la seconde ;
- (( 2° Que l’incertitude du coefficient de dilatation du prototype international paraît difficilement, d’après la concordance extrêmement satisfaisante des déterminations directes et des vérifications indirectes de ce coefficient, devoir faire craindre des erreurs qui dépasseraient -f 0 u, 1 dans les longueurs calculées du prototype, entre les limites de température des observations;
- « 8° Que les déterminations des coefficients de dilatation des autres prototypes, par la méthode relative, peuvent faire craindre à leur tour, en moyenne, des erreurs qui seraient, dans le même intervalle de température, un peu plus grandes, sans dépasser pourtant beaucoup cette limite;
- « 4° Que les erreurs introduites par l’emploi de ces coefficients, pour les réductions des observations de la température de comparaison à la température zéro, ont dû nécessairement se compenser dans une certaine mesure, et s’éliminer partiellement, aussi bien que les erreurs des comparaisons elles-mêmes, par l’effet des combinaisons variées suivant lesquelles les règles ont été comparées, et des différences de température de ces diverses comparaisons;
- « o° Que, en outre, les erreurs restantes, du fait de ces coefficients de dilatation, se trouvent combinées, dans les équations finales de toutes les règles, avec les erreurs des comparaisons elles-mêmes, de manière à donner au résultat total une probabilité qui croit à partir de zéro et tend vers un maximum pour les températures voisines des températures ambiantes ordinaires; qu’en conséquence, il est permis de s’attendre à ce que, dans toute application de l’équation
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- MÉTROLOGIE.
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- d’une règle à des opérations faites à la température ordinaire d’un laboratoire, une part au moins de ces erreurs devra disparaître;
- « On pourra conclure que les équations des prototypes données ci-après conduiront à la connaissance des longueurs absolues de ces prototypes avec une incertitude probable moyenne qui, dans les conditions habituelles des opérations métrologiques, c’est-à-dire jusqu’à 20° ou 25° de température, sera comprise entre Ou-, 1 et (0,2, et dépassera peut-être un peu cette dernière limite pour des températures plus élevées. Telle est, en effet, l’évaluation de l’approximation qui nous paraît réellement avoir été atteinte. Une étude attentive de tous les détails de cette longue et complexe suite d’opérations nous a convaincu que, si le travail était intégralement recommencé, la discordance moyenne entre les nouveaux résultats et les anciens pourrait être très sensiblement de l’ordre de grandeur que nous venons d’indiquer(1). »
- Les étalons ayant été distribués comme il a été dit précédemment, le mètre prototype international fut enfermé dans un caveau, d'où il ne sortit plus que pour des comparaisons importantes faites en 1892. Depuis cette époque, il n’a pas été extrait du caveau, et tous les résultats fournis parle Bureau international ont été déduits des étalons qui lui avaient été attribués, le mètre n° 26, la règle n° 13 de l’alliage du Conservatoire, puis, plus tard, comme contrôle, d’une autre règle en alliage Matthey, désignée par le symbole T3, et qui avait été comparée au prototype international. Ce dernier est accompagné d’un mètre témoin, le n° 13 de l’alliage Matthey, attribué par le sort au Bureau.
- PERMANENCE DES ÉTALONS
- Les considérations qui précèdent nous renseignent sur l’homogénéité atteinte dans la diffusion de l’unité métrique au moment même des comparaisons ou très peu après cette époque. Mais il est légitime de se demander si la conservation des étalons sera suffisamment parfaite pour que l’exactitude des déterminations ne soit pas en partie illusoire. A cette question, d’une importance capitale pour la permanence du Système métrique, la comparaison des règles permet de répondre par une probabilité. On pourrait penser, il est vrai, que, toutes les règles se modifiant lentement et simultanément, leurs équations relatives devront rester identiques si même leur valeur absolue a changé. Cependant, les observations peuvent donner une certitude un peu plus grande. Parmi les étalons comparés au Bureau international, il en est d’époques diverses et de fabrications différentes. Certains d’entre eux n’ont été employés qu’exceptionnellement, et
- (I; Travaux et Mémoires, t. VIJ, p. 81.
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- sont restés, pondant des périodes très longues, enfermés dans un caveau à une température presque constante, tandis que d’autres ont été soumis à des variations fréquentes et étendues de la température, de telle sorte que, s'il existe quelque variation absolue, elle se manifestera probablement par des changements relatifs avec le temps.
- En rassemblant les résultats obtenus, en diverses circonstances, par la comparaison des règles du Bureau international, on peut établir le tableau ci-contre des équations par rapport au prototype international.
- Quelques mots d’explication sont ici nécessaires : les mèLres pi, 26, T3 et 13 sont les seuls qui possèdent un tracé parfait. Les règles rï\ et T,, faites en 1880, ont des traits très larges et sur poli mat. Les traits de la règle IY sont défectueux. On ne pourra donc apprécier, avec les exigences actuelles, et imposer les limites de précision que l’on pense avoir obtenues récemment qu’aux règles du premier groupe. Or on voit immédiatement que, pour toutes les comparaisons faites entre ces étalons seuls, la concordance est parfaite entre des observations distantes de plusieurs années. Le résultat apparemment différent trouvé avec les règles Tj et T, ne peut pas lui être sérieusement opposé. On remarquera, en effet, que ces étalons n’ont jamais été comparés directement au prototype international, auquel tous les résultats sont rapportés, et que, de plus, la comparaison avec la règle n° 13, faite en 1881, conduit à un résultat pratiquement identique à ceux trouvés pour cette règle, en 1889 et 1893. Le premier de ces nombres avait été déduit d’une comparaison avec Tj et T,, comparés eux-mêmes à I.,.
- Le tableau ci-contre confirme donc tout d’abord l’indication donnée au sujet de la limite de précision atteinte dans les comparaisons, et rend très improbable une variation relative des étalons.
- ÉTALONS A BOUTS
- Quelques États avaient demandé, dès l’origine des travaux de la Commission internationale du Mètre, qu’il leur fut remis des étalons à bouts en platine iridié, d’une construction très parfaite. La confection de ces étalons et leur détermination fut entreprise après celle des mètres à traits. Leur section, calculée par H. Tresca, était celle d’un X symétrique par rapport à un plan horizontal. Les extrémités, travaillées optiquement par M. Gustave Tresca, étaient perpendiculaires à la règle.
- On employa, pour déterminer ces étalons, le procédé optique précédemment décrit, et, pour quelques-uns d’entre eux, celui des palpeurs. C’est au cours de ces mesures que l’on fut conduit à faire la critique du procédé optique, et, finalement, on convint d’adopter, pour les différences des règles, celles qui avaient été données par le procédé optique, tandis que leur valeur absolue fut déduite des
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- comparaisons faites par les palpeurs. Malgré des mesures très nombreuses et de minutieuses vérifications, il ne sembla pas, finalement, que les équations de ces étalons fussent, à beaucoup près, déterminées avec la même certitude que celles des étalons à traits.
- ÉTALONS DIVERS
- Les attributions du Bureau international ne sont pas limitées, ainsi que nous l’avons vu, à la détermination de tous les éléments des étalons métriques. Il a aussi pour mission l’étude des étalons anciens ou de ceux d’autres systèmes de mesures encore en usage, et dont il est intéressant de connaître la relation exacte avec le mètre. Enfin, conformément au vœu émis par l’Association géodésique internationale en 1807, il a, dans son programme général, l’étude des étalons employés à la mesure de la Terre.
- Ces divers travaux ont constitué une part d’autant plus importante dans les occupations du Bureau international, que les étalons qui viennent d’être énumérés présentent entre eux de grandes différences quant à leur forme, àleur construction, à la perfection de leur définition, soit par des traits, soit par des surfaces, et ont obligé à créer des appareils auxiliaires presque pour chaque cas particulier. Il est d’ailleurs assez difficile d’établir entre eux une classification, certains de ces étalons ayant été employé en Géodésie et dans le Service des Poids et Mesures. Tel fut le cas, par exemple, de la toise de Bouguer et La Condamine, dite toise du Pérou, qui resta, jusqu’à l’avènement du système métrique, l’étalon fondamental des mesures de l’ancien système français. Nous ne pourrons donc les passer en revue que dans un ordre imparfait. Les quelques détails qui seront donnés à propos de chacun d’eux en montrera bien toute la diversité.
- Toise du Pérou et régies de Borda. — La célèbre Toise du Pérou est une barre plate en fer, terminée par deux talons dont la distance, prise à une ligne du fond, définit la valeur. En outre, deux points marqués dans le prolongement des talons en donne une autre valeur, qui, dans tous les usages, fut considérée comme identique avec la première. Cette toise fut doublée pour constituer l’une des règles de Borda, d’où l’on partit pour déterminer le mètre. Si donc, pratiquement, le mètre fut déduit, comme nous l’avons vu, du Module de Borda, sa valeur numérique, au moment du passage d’un système à l’autre, fut indiquée en fonction de la Toise du Pérou. La relation admise était :
- 1 toise = 1,949 036 0 mètre, ou 1 mètre =0,513 074 0 toise.
- Cette toise fut déterminée, en 1887 et en 1890, par rapport aux étalons du Bureau, par M. Benoît, qui fit. dans les premières comparaisons, des détermi-
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- nations dans l’air, à des températures comprises entre 3°,22 et 18°,87, et en déduisit un coefficient de dilatation égal à 0,00001156, tandis que les nouvelles comparaisons, comprenant 48 mesures, furent limitées à des températures comprises entre 16°,23 et 18°,33, enserrant de près la température de 16°,25 C. (13° R), à laquelle cet étalon était défini. Pour ces comparaisons, la règle était prise entre deux pièces d’acier, la touchant par la génératrice d’un cylindre, et que l’on rapprochait ensuite. Les pièces utilisées étaient au nombre de huit, formant six combinaisons indépendantes.
- L’état de la Toise, assez défectueux si on le compare à la perfection des étalons actuels ne permit pas d’atteindre dans ces mesures une très grande exactitude; quelques-unes d’entre elles donnèrent, en effet, des résultats s’écartant de la moyenne d’un peu plus d’un centième de millimètre. Cependant, les déterminations de 1887 et celles de 1891 ne diffèrent de leur moyenne commune que de 3g. environ.
- La toise à points fut déterminée par des visées au microscope. Mais, ces points, qui avaient servi aux opérations faites avec les compas à verge, sont aujourd’hui en très mauvais état, et les pointés laissent une assez grosse incertitude.
- Les valeurs trouvées finalement par M. Benoît sont les suivantes :
- m
- Toise à points. . . . 1,949001;
- Toise à bouts .... 1,949090.
- Ces résultats sont rapportés à la température de définition, c’est-à-dire à 16°,25 C. Ils concordent entre eux dans les limites du dixième de millimètre qu’on n’avait pas prétendu dépasser dans la confection de la toise.
- Les quatre règles de Borda ont été décrites précédemment. Leur étude au Bureau international consista d’abord dans la détermination de leur longueur, à l’aide de palpeurs. Ces mesures ont été faites sans que les règles eussent quitté leurs supports de bois ; puis elles en furent retirées, et on détermina leur dilatation en se repérant sur des traits tracés à la distance de 3 mètres. Ce travail a été fait entièrement au comparateur géodésique, et, comme la longueur des règles, égale à 2 toises, est peu inférieure à 4 mètres, on donna aux palpeurs une longueur telle que la règle, ainsi complétée, atteignît 4 mètres entre repères. La valeur des palpeurs, entre les mêmes repères, fut ensuite déterminée au comparateur universel.
- Borda indique, dans son rapport inséré dans le célèbre ouvrage Base du Système métrique, que le mètre doit être égal à 0mod,256 537, d’où l’on déduit: Module = 3m ,898 073.
- Il indique en outre :
- [21 = M — 4P- ; [3] = M — 89; [4] = M — 89-.
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- Or, les mesures, faites par M. Benoit et moi en 1891, ont donné :
- m
- A 16°,25 Module = 3,898 068
- — N° 2 ^ 3,898 014
- — — 3 — 3,868 037
- — — 4 3,898 084
- La dernière colonne indique les différences par rapport aux valeurs de Borda. Une seule d’entre elles est importante et dépasse sensiblement les limites de la précision que l’on prétendait atteindre à la fin du xvmc siècle. Or un procès-verbal conservé aux archives du Bureau des Longitudes (1) constate que, au cours d’une mesure faite ultérieurement aux environs de Brest, cette règle tomba sur les chevalets, et dut être redressée.
- L’erreur commise dans le passage du module au mètre est si petite qu’on est obligé d’attribuer une concordance aussi remarquable à une part d’heureuse chance. Nos propres observations supporteraient facilement une partie de la différence, et, d’autre part, la comparaison du mètre des Archives avec le mètre I2 ne peut prétendre à une exactitude meilleure que le micron.
- Toise de Bessel et toise n° 9 du Bureau géodésique prussien. — La toise dont Bessel a fait le point de départ de ses célèbres mesures a joué un rôle important dans la géodésie de l’Europe centrale. C’est à elle, en effet, qu’ont été comparés directement ou indirectement la plupart des étalons géodésiques qui ont été employés en Allemagne et dans les pays voisins depuis sa construction par Fortin, en 1823, jusqu’à la création du Bureau international.
- Cette toise est constituée par une barre de fer doux à bouts plans, d’un poli médiocre. Comparée par Arago et Zahi tmann à la toise du Pérou, elle fut trouvée plus courte que cette dernière de 1/1278 de ligne, c’est-à-dire de lg.,8.
- La toise n° 9 est aussi en fer, à section rectangulaire. Elle se prolonge par de petits cylindres tournés avec des surfaces terminales en saillie et parfaitement polies. Elle porte une inscription indiquant qu’elle a été trouvée de 0lig,00331 (7^,4) plus longue que la toise de Bessel.
- M. Benoît a trouvé, pour ces deux étalons, les valeurs, à 16°,2o C. et les dilatations suivantes :
- m
- Toise de Bessel.............. 1,949 061 x = 0,000 011 60
- — N° 9 .......................1.949067 x = 0,000011 06
- On voit tout d’abord que la comparaison entre ces toises avait donné un résultat très sensiblement exact. Mais la valeur de la toise de Bessel qui, suivant
- (1) Voir Wolf, Recherches historiques sur les étalons dés poids et mesures de l'Observatoire de Paris, etc. (Annales de l’Observatoire, Mém., t. XVII, p. 37).
- Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. CX1I, p. 770; 1891.
- Différences.
- — 5 n
- — 55
- — 8
- — 19
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- le rapport légal alors admis entre le mètre et la toise du Pérou, devait être égale à 1,9490318, se trouve être de 26g,2 plus grande, ou, en valeur relative, de 1 71000.
- Toutes les longueurs exprimées en valeurs métriques en partant de cette toise doivent être augmentées dans cette proportion. Or, comme le faisait remarquer M. le général Derrécagaix, lorsque les résultats dos mesures de M. Benoît furent connus, la triangulation française, comparée par les côtés communs à celle des pays dans lesquels on était parti de la toise de Bessel, accuse une différence systématique dont la moyenne est de 1/66 000. Donc, en définitive, si l’on corrige les résultats d'après les comparaisons récentes, on ramène la discordance à n’être plus que de 1/600 000, quantité qui est à la limite de précision des opérations géodésiques.
- Par les comparaisons qui viennent d’être indiquées, on put ainsi faire disparaître une anomalie jusque-là inexplicable, et qui avait conduit les géodésiens à épuiser toutes les hypothèses pour arriver à en trouver la cause.
- La double-toise N de Poulkovo et les doubles-toises autrichiennes. — Le premier de ces étalons est constitué par une robuste barre de fer, dont les extrémités, tournées en goujons, ont leurs faces terminales parfaitement polies. 11 avait été comparé en 1852, à Poulkovo, à une copie de la toise de Bessel, puis en 1869, par Clarke, à Southampton, à d’autres copies de la même toise, enfin à Berlin, en 1877, à la toise n° 9 dont il vient d’être question. Les comparaisons au Bureau international ont été exécutées par M. Sokolof et moi, en 1893. En adoptant la valeur correcte de la toise de Bessel et de celles qui en dérivent, on trouve les valeurs suivantes fournies par ces quatre groupes de comparaisons, à 16°.23 (T) :
- Poulkovo, 18.72....................... 7,898 173
- Southampton. 1869..................... 3,898 164
- Berlin, 1877.......................... 3,898 143
- Sèvres, 1893 ......................... 3,898 162
- On signala, dès le début, dans les comparaisons de Berlin, faites avec interposition d’une lame de verre, une cause d’erreur dont la correction devrait augmenter un peu le résultat. Jusque-là, on avait adopté pour la double toise N la valeur 3m,898101. Or, comme toutes les mesures géodésiques faites en Russie avaient été rapportées à cet étalon, on a été conduit à en modifier sensiblement les résultats.
- Les doubles-toises autrichiennes sont des barres plates en fer, à bouts plans, portées sur des poutres en bois. Leur construction remonte à l'année 1810.
- (1) A. Sokolof, Comparaison de la double-toise N de l’observatoire de Poulkovo avec le mètre international (Bull, de l’Aead. imp. des Sc. de Saint-Pétersbourg. 1894’.
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- Elles ont été déterminées, comme les règles de Borda et la règle N, au moyen de palpeurs qui les complétaient à 4 mètres. Les mesures de leur équation et celle de leur dilatation ont été exécutées par M. Benoit et moi, en 1894, La comparaison antérieure de ces règles au mètre avait été fort médiocre; en revanche, leur détermination en fonction de la toise de Vienne ( Wienerklafter) avait été bien faite par Stampfer en 1850. On put, dès lors, déduire des nouvelles comparaisons à la fois la valeur métrique de la triangulation autrichienne et celle de la toise de Vienne, dont la valeur, d’après cet ensemble de comparaisons, est égaie à l'1’,896 513.
- Le yard. — Le rapport légal du yard au mètre avait été déduit des comparaisons faites par Arago et Rater, qui avaient conduit à admettre :
- i yard — 0,'-H4383 mètre ou 1 mètre = 39,37079 pouces.
- Les comparaisons de Clarke avaient fourni, pour la valeur du yard, un résultat supérieur de 1/100 000 au nombre qui précède, et M. Tittmann avait adopté, d’après un ensemble de comparaisons diverses, un nombre encore plus élevé. L’incertitude de ces résultats rendait nécessaire une nouvelle comparaison précise et systématique, qui a été faite, en 1895, par M. Benoît . Dans ce but, deux étalons du Yard, comparés à Y Impérial standard, furent envoyés au Bureau international, où ils furent à leur tour comparés à une règle divisée, l’une en bronze (N) , l’autre en platine iridié (IV), puis comparés de nouveau entre eux. L’équation relative de chacune des règles a été établie par seize séries de comparaisons, faites en doublant les huit combinaisons de position de deux règles, l’une par rapport à l’autre. Bien que les dilatations des diverses règles fussent connues, on s’attacha à ne faire les comparaisons qu’à des températures assez voisines de celle à laquelle le yard est défini, savoir 16°,667 C. (62° Fahrenheit).
- En réduisant le tout à la température moyenne de 15°,5, on trouva les résultats immédiats donnés ci-après (P.C.VI et N° 12, yards en bronze; N et IV (1), règles du Bureau international) :
- [j. p.
- P.C.VI - N = + 92,62 — 0,10
- N° 12 - N = + 99,00 -r 0,41
- P.C.VI IV = + 278,58 — 0,16
- N° 12 IV - + 284,93 - 0,15
- P.C.VI N° 12 - — 6,37 -f- 0,25
- IV - N — 185,95 — 0,31
- Les erreurs résiduelles inscrites dans la dernière colonne, et résultant de la compensation de ces six résultats partiels combinés entre eux pour donner la valeur relative des quatre règles, montrent bien le degré de précision atteint dans ces mesures très importantes.
- (1) Respectivement entre les divisions 80-994 et 6-920.
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- La conclusion finale de ce travail est contenue dans les relations suivantes :
- 1 yard = 0,914 399 2 mètre ou 1 mètre = 39,370113 pouces.
- valeurs qui diffèrent de 1/57 000 de celle qui avait été admise jusque-là. Le rapport légal a été modifié à la suite de ces mesures.
- ÉTALONS GÉODÉSIQU LS MODERNES
- Tous les étalons géodésiques modernes sont des règles à traits ayant en général, 4 mètres de longueur. Leur emploi sur le terrain est le suivant :
- Les extrémités dame base géodésique, dont la longueur est de quelques kilomètres, sont marquées par des repères scellés dans le sol. Un chevalet portant
- "F !
- Fig. 47. — Règle géodésique sur le terrain; détail des supports.'
- une lunette plongeante est d’abord placé au-dessus du premier repère, de manière à faire coïncider l’image de ce dernier avec le réticule de la lunette. Celle-ci est alors remplacée par un microscope à court foyer, qui constitue le point de départ delà mesure. A une distance de 4 mètres de ce premier microscope, on en place un second, aligné dans la direction de la base, et entre les deux, en des points déterminés d’avance, on pose deux autres supports (fig. 47) munis d’organes de réglage, et sur lesquels on dispose la règle, dont on amène l’un des traits limitatifs dans le champ du premier microscope, tandis que l’on achève de régler le second de manière à pouvoir pointer l’autre trait limitatif (fig. 48, ensemble). On mesure alors, au moyen de la règle, la distance des microscopes, puis on
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- Fig. 48. — Règle géodésique sur le terrain; élévation et plan.
- D’après Iiunf./. et Saavedua : Expériences faites avec l’appareil à mesurer les bases
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- reporte en avant celui qui était en arrière, on transporte simultanément les supports et la règle, on détermine une seconde portée de 4 mètres, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on atteigne l’autre extrémité de la base ou un repère de fin de journée qui fait intervenir de nouveau la lunette plongeante. Les appareils sont couverts d’une baraque, les protégeant contre les variations trop brusques de la température, et que l’on transporte en même temps.
- On comprend que, malgré cette précaution, la mesure de la température vraie
- Fig. 49 a.
- Fig. 49 a'.
- Fig. 49 b.
- Fig. 49 b'.
- Fig. 49 c.
- Fig. 49 c'.
- Règles géodésiques monométalliques.
- des étalons constitue l’une des difficultés principales d’une mesure de base. Certaines règles monométalliques, munies de thermomètres appliqués contre la barre, sont employées sans autre protection que celle de la baraque. Dans d’autres cas, on maintient la règle en permanence plongée dans l’eau ou noyée dans de la glace pilée, ce qui complique singulièrement les transports et les manipulations. Enfin, à l’exemple de Borda, on emploie fréquemment aujourd’hui le système bimétallique platine-laiton.
- Parmi les règles-étalons ayant joué un rôle important dans la géodésie
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- du dernier quart de siècle, il convient de citer les étalons en fer du général Iballez et du Service géographique de l’armée française, constitués par de robustes barres obtenues par l’assemblage, au moyen d’équerres E, d’une lame verticale F, avec une lame horizontale H (lig. 49 a et «'); la règle de 10 pieds anglais appartenant au Service géodésique de la colonie du Cap, se composant d’une simple barre très robuste, entaillée à ses extrémités, de manière à mettre à découvert le plan des fibres neutres (fig. 49 b et b') ; cette barre, enfermée dans une boîte de bois, est accompagnée de deux thermomètres, dont les réservoirs sont noyés dans des trous pratiqués à sa partie supérieure; les règles de Suède,
- a
- I
- i
- Fig. 50. — Règle géodésique bimétallique; pian, élévation et coupe
- de Norvège et de la République Argentine (fig. 19 c et c), en fer doux de Suède, d’une seule pièce, entaillées aux extrémités jusqu’au plan des fibres neutres. Les éléments de ces trois étalons identiques ont été calculés par le D1’ O.-J. Broch.
- Les règles bimétalliques importantes ont toutes été construites par Brunner ; elles sont au nombre de cinq appartenant respectivement à la France, à l’Espagne, à l’Allemagne, à l’Italie et à l’Égypte. Elles se composent (fig. 50) d’un support de fer H E F semblable à la barre constituant la règle monométallique Ibanez, au sommet duquel on a fixé un certain nombre de pièces de laiton J portant deux rouleaux superposés sur lesquels viennent se placer une règle delai-ton L et une règle de platine P. Une fenêtre pratiquée dans cette dernière (lig. 51) laisse émerger une pièce fixée à la règle de laiton, portant une division qui vient affleurer en regard d’une autre division pratiquée sur le bord de la fenêtre. On
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- lit, à chaque portée, à la fois le trait principal de la règle de platine et la division de la règle de laiton la plus voisine, ou aussi les deux traits comprenant entre eux celui de la règle de platine, et l’on en déduit, au moyen d’une table calculée d’avance, la longueur de la règle de platine, considérée comme étalon principal.
- La discussion des avantages et des inconvénients des deux systèmes d’étalons nous entraînerait loin de notre sujet ; d’ailleurs, nous aurons l’occasion de mentionner quelques progrès réalisés dans la construction de ces étalons à la suite des travaux faits au Bureau international. Pour le moment, il suffira d’indiquer rapidement les études auxquelles ont donné lieu les étalons qui viennent d’être énumérés, études analogues à celles qui ont été exécutées sur deux règles de fer faisant partie de l’outillage du comparateur géodésique. Ces règles, désignées par G, et G2, sont semblables à la règle de fer du général Ibanez. Les
- c \ d : ;
- Fig. 51. — Règle géodésique; fenêtre de la règle de platine (vraie grandeur).
- tracés en sont cependant plus fins et pratiqués sur des goujons de platine iridié, enfoncés profondément dans la face supérieure de la règle qu’ils affleurent.
- L’étude de ces divers étalons a consisté en des étalonnages répétés, en partant d’un mètre étalon, vérifiés par des comparaisons directes des longueurs correspondantes, et notamment de leur longueur totale, et enfin, en une mesure très complète de leur dilatation.
- Les mesures de dilatation au comparateur géodésique sont très pénibles. Il s’agit, en effet, d’amener à des températures différentes, et d’y maintenir, dans d’étroites limites, deux auges de 4 mètres de longueur, et de plus de 30 centimètres de largeur et de profondeur; puis, lorsque la température est parfaitement réglée, d’effectuer une série de comparaisons des deux règles dont une, ramenée chaque jour à la même température, sert de terme fixe, et dont l’autre est à l’étude. Or, lorsque la température que l’on veut atteindre pour l’une des auges est très éloignée de la température ambiante, le réglage exige une douzaine d’heures, et les observations plusieurs heures. La préparation de l’expérience, commencée par un aide, débute vers 4 heures du matin, et dure jusqu’au milieu de l’après-midi. Les mesures, faites en double, prennent souvent
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- une partie de la soirée. De cette façon, en une forte journée de travail, chacun des observateurs arrive à déterminer un couple de valeurs correspondantes de la température et de la longueur de la règle, c’est-à-dire à marquer un point sur la courbe des dilatations. On voit qu’avec les arrêts inséparables d’operations aussi pénibles, une détermination complète, comprenant en général vingt mesures exige bien près d’un mois de travail.
- L’étude des règles du Bureau international a éLé faite en 1884 par M. Benoit, avec ma collaboration. Malgré des difficultés de toute nature, augmentées du fait que le comparateur géodésique n’avait pas encore fonctionné, et nécessita quelques retouches au cours du travail, les résultats furent très concordants ; en effet, les dilatations trouvées par chacun des observateurs ont été les suivantes ;
- Étalons. OIjs. Formules. Allongements de 0° à 40°.
- Règle Gi. 1 B a 1 1 ï:î'.i + 7,32 l 10 9 1 877 u.
- i G (11 440 + 7,52 l) 10 s 1 878
- Règle G>- ( « (11 403 -F 7,96 t) 10 " 1 875
- l G (il 389 + 8,14 0 10-,J 1 874
- La concordance ressort surtout de la comparaison des allongements calculés entre 0° et 40°, c’est-à-dire sur un intervalle plus étendu que celui des mesures directes.
- Règles bimétalliques de é Institut géodésique prussien, du Service géographique de l'Armée française, et de l'Institut géodésique d'Espagne. — Ces trois règles, sur lesquelles repose la triangulation de plusieurs grands pays, ont été soumises à des études très complètes et qui, pour les deux premières, ont été répétées à diverses reprises, après les mesures fondamentales sur le terrain.
- Pour la première et la troisième, les études ont été faites par M. Benoît avec ma collaboration. Pour la règle française, les mesures ont été dirigées aussi par M. Benoît, mais avec la collaboration de MM. le commandant (aujourd’hui colonel) Defforges, et MM. les commandants Bourgeois, de Mussy, de Fonlongue, Barisien et Tracou. L’ensemble de ces études n’a donné lieu jusqu’ici qu’à des rapports présentés au Comité international, et insérés soit dans les Procès-verbaux, soit dans les Rapports aux Gouvernements et à des notices remises par M. Benoît, aux directeurs des services intéressés ; mais ces notices n’ont pas été livrées à la publicité, et je me bornerai à indiquer ici les résultats principaux de ces études,
- La règle bimétallique de l’Institut géodésique prussien fut remise au Bureau international pour la première fois en 1886, et y resta quelques mois; elle y revint en 1891, pour y rester deux ans. Pendant ces deux périodes, elle a été Tome 101. — 2e semestre. — Novembre 1901. 41
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- soumise aux études suivantes : Mesure de la dilatation; étalonnage par G2 puis par 12; comparaison avec la règle bimétallique française; comparaison avec la règle monométallique française; comparaison avec G4; enfin, en 1891, étalonnages à trois températures différentes en partant de l’étalon N° 26 en platine iridié. En outre, un certain nombre de traits voisins des extrémités ont été déterminés, et des expériences ont été faites par M. Benoît en vue de mesurer l’effet des flexions des règles ou du support sur la longueur totale de l’étalon de platine ou de celui de laiton.
- Pour la règle française, les études n’ont pas été moins complètes. La dilatation a été mesurée par trois observateurs différents, MM. Benoît, Defïorges et Tracou, les étalonnages ont été faits avec de nombreux contrôles, en 1887, puis de 1890 à 1893; enfin en 1901 après les mesures en Roumanie et en Turquie, et avant le départ de l’expédition du Pérou, la règle a été étalonnée de nouveau par M. Benoît et moi.
- La règle espagnole a été étudiée seulement après les principales mesures des bases d’Espagne, et n’a fait qu’un séjour au Bureau international, où elle a pu être comparée, en série fermée, aux règles similaires de France et de Prusse, après avoir été étalonnée avec les mêmes soins que les précédentes.
- Les règles bimétalliques construites par Brunner constituent certainement des étalons géodésiques très supérieurs aux étalons anciens. Les frottements, qui ont dû intervenir d’une façon marquée dans les règles de Borda, ne produisent plus, dans les règles modernes, que de petites déformations qui ne laissent guère subsister, sur l’équation que l’on doit admettre à un moment donné dans les mesures de laboratoire, que des incertitudes inférieures aux erreurs inévitables des mesures d’angles. On peut craindre seulement que, dans les opérations sur le terrain, leur construction délicate ne permette pas d’en tirer tous les avantages qu’elles posséderaient comme instruments de laboratoire, et on peut se demander si, finalement, on n’obtiendrait pas des résultats aussi bons ou même meilleurs avec des appareils moins parfaits en apparence, mais plus rustiques et moins sujets à des déformations accidentelles.
- Les mesures faites par M. Benoît ne sont pas sans donner quelques craintes à cet égard. Plaçant, entre chacune des règles et l’un des quatorze rouleaux qui la supportent, une cale d’épaisseur connue, il a pu déterminer l’effet des flexions sur l’un ou l’autre des étalons. Ces effets sont naturellement très différents pour les deux règles, puisque celle de platine est tracée près du plan des fibres neutres, tandis que, pour celle de laiton, la face supérieure en est assez éloignée. Les cales employées par M. Benoît avaient 0mm,23; elles étaient introduites séparément entre l’une des règles et l’un quelconque des rouleaux, ou deux rouleaux placés symétriquement par rapport au centre de la règle.
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- Voici quelques-uns des résultats trouvés pour la règle allemande; ceux qui ont été tournis par les autres étalons leur sont pratiquement identiques.
- Rouleaux relevés Platine. Laiton.
- simultanément. a tj.
- 1 et 14 — 3,0 — 22,9
- 2 — 13 + 3,4 + 30,6
- 3 — 12 — 1,4 — 7,2
- 4—11 — 0,1 — 0,3
- Les signes des écarts s’expliquent facilement si l’on considère le sens des dénivellations esquissées dans la figure 52.
- Ces résultats montrent que, dans les opérations sur le terrain, on devra éviter avec le plus grand soin les poussières qui, en s’introduisant entre les règles et leurs supports, pourraient produire des flexions et modifier la distance des traits de repère.
- Règles en fer cVEspagne, de France, de Suède, de Norvège, de la République Argentine. — La première règle géodésique en fer étudiée au Bureau fut celle queBrurmer construisit sur les indications du général Ibanez.En 1885, M. Benoît détermina sa dilatation, en fît l’étalonnage, et la soumit à des épreuves diverses en vue de mesurer les variations accompagnant des déplacements donnés des points de support. La règle française fut étudiée ultérieurement, avec la collaboration de M. le commandant (aujourd’hui général) Bassot, et de M. le capitaine (aujourd’hui colonel) Defforges.
- Ces deux règles ne présentèrent, soit dans la mesure de dilatation, soit dans l’étalonnage, aucune anomalie qui ne pût s’expliquer par des erreurs d’observation, les pointés étant, il est vrai, rendus assez difficiles par le fait que les traits des règles, destinés à être observés avec un grossissement moindre que celui des microscopes du Bureau, étaient un peu trop larges pour être pointés dans de très bonnes conditions. C’est peut-être pour cette raison que des mesures, faites toujours pour un même mode de support des règles, mais après que celles-ci eurent été soulevées soit par le milieu, soit par les bouts, donnèrent des résultats indécis. Les règles GA et G2, du même système, mais dont l’ajustage avait été moins parfait, tandis qu’au contraire leurs traits étaient plus fins, avaient montré des longueurs un peu différentes dans ces conditions et on avait été conduit finalement à libérer complètement la lame verticale, et à la considérer comme constituant seule la règle géodésique, la semelle horizontale n’étant plus qu’un support destiné à la maintenir au moyen de quelques équerres servant seulement de guides.
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- Des expériences spéciales, faites sur la règle française, ont montré que, si l’on déplace les rouleaux de 1 cm. symétriquement au voisinage des points normaux de support, la distance des traits extrêmes de la règle se modifie d’environ 1 micron. On devra donc avoir soin, en campagne, de placer toujours les rouleaux sensiblement à la même distance, repérée par des traits marqués à la peinture sur la semelle de la règle.
- Les trois autres règles, construites, comme il a été dit, sur les indications du Dr Broch, présentent, par rapport aux précédentes, l’avantage d’être d'une seule pièce, et d’être tracées sur le plan des fibres neutres. De cette manière toute crainte relative à des déformations résiduelles attribuables à un mode de support antérieur est éliminée, et, de plus, la position des rouleaux devient à peu près indifférente dans d’assez larges limites. Cependant, comme les règles n’ont plus la forme d’un T renversé, et sont dépourvues de semelles (lig. 49 c et c), on a fixé, pour plus de commodité, les rouleaux à la règle.
- Ces barres, tracées seulement dans les échancrures pratiquées aux extrémités pour atteindre le plan des fibres neutres, ne purent pas être étalonnées mètre par mètre. Leur longueur a été mesurée par M. Benoit, au moyen de comparaisons avec plusieurs des règles géodésiques de premier ordre qui se trouvaient au Bureau au moment de leur étude. Je déterminai ensuite leur dilatation par la méthode relative.
- Des trois règles qui viennent d’être mentionnées, deux surtout ont joué un rôle important en géodésie; ce sont les règles d’Espagne et de Suède. La première a servi à mesurer la plupart des bases espagnoles et les trois bases suisses. La seconde a été emportée par l’expédition suédo-russe, rentrée récemment du Spitzberg, après une campagne de deux ans.
- La règle française a été employée à des mesures de contrôle; mais les vraies valeurs des bases françaises ont été déduites de la règle bimétallique.
- Bar l'ensemble des études qui viennent d’être rapidement esquissées, et qui ont nécessité plusieurs années d’un travail assidu, le Bureau international a pu résoudre, au moins en une première approximation, l’une des plus importantes questions de son programme général. Non seulement il a pu, grâce aux mesures d’étalons anciens, faire disparaître à tout jamais des anomalies qui avaient donné lieu à d’abondantes discussions parmi les géodésiens, mais encore il a pu fournir, aux principaux pays d’Europe, les éléments de correction des règles nouvelles, construites en utilisant toutes les ressources de la technique moderne, et qui, soit avant leur étude, soit ultérieurement, ont servi à établir les bases de départ de tous les grands réseaux de triangles qui sillonnent le continent européen.
- L’action du Bureau ne s’est pas arrêtée là; par la force même des choses,
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- des études prolongées et répétées, dans des conditions où les causes d’erreurs étaient éliminées aussi bien que possible, ont fait apercevoir les petits défauts qui auraient échappé indéfiniment dans des études entrecoupées, et dans des conditions où les petites erreurs pouvaient être aussi bien attribuées aux observations qu’à des défauts des instruments. En mettant en évidence de légères imperfections qu’on n’avait pas soupçonnées auparavant, les études faites au Bureau international ont permis d’y remédier et de modifier, pour l’avenir, la construction des règles de bases de manière à en rendre l’emploi plus certain. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
- DÉTERMINATION DES MASSES
- Méthode et instruments.
- Le seul procédé usité pour la comparaison précise des étalons de masse consiste dans l’emploi de la balance à bras égaux. Mais un calcul élémentaire montre, immédiatement, que la haute précision requise dans ces comparaisons ne peut pas être réalisée dans l’ajustage d’un fléau, de telle sorte que, dans des pesées exactes, on ne peut se dispenser de faire usage d’un procédé éliminant autant que possible le défaut d’égalité parfaite des deux bras. On peut, dans ce but, procéder par double pesée, ainsi que l’indiqua Borda, ou par échange des poids sur les plateaux, procédé enseigné par Gauss. Si l’on pouvait admettre que, entre les deux parties d’une pesée par l’une de ces méthodes, le rapport des bras fût resté identique, on pourrait s’en tenir à cette seule opération. Mais il est facile de se rendre compte du fait que des variations extrêmement faibles et presque inévitables de la température peuvent modifier ce rapport d’une quantité supérieure à celle des erreurs que l’on cherche à éviter. On se rapprochera certainement des conditions réelles en supposant que la température varie lentement et d’une façon continue dans la cage d’une balance convenablement disposée; et, en faisant un certain nombre de pesées alternées, on éliminera aussi complètement que possible cette variation.
- Nous avons vu quelles ont été, dans la construction des salles d’observation du Bureau international, les précautions prises en vue de réaliser des conditions de température aussi bonnes que possible autour des instruments; dans des salles ainsi aménagées, la présence d’un opérateur au voisinage d’une balance constitue l’élément perturbateur de beaucoup le plus considérable.
- Pour remplir les conditions qui viennent d’être indiquées, les balances devront permettre l’échange des poids sur les plateaux, et toute la manœuvre en général, sans nécessiter le voisinage immédiat de l’observateur. Pendant toutes les opérations, la cage de la balance devra rester fermée, aussi bien pour
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- éviter les variations rapides de la température que les remous de l’air ou la chute des poussières sur les plateaux ou sur les poids.
- Ces diverses conditions ont pu être réalisées par l’emploi d’ingénieux mécanismes, qui existent au Bureau international sous deux formes très différentes. Le premier est dû à M. Arzberger, de Vienne, et a été réalisé par M. Scliorss dans les balances de M. Rueprecbt, l’autre a été imaginé et construit par M. Bunge, à Hambourg.
- Balances de Rueprcchl. — Dans les balances de Rueprecbt (fig. 53), les plateaux r portent un évidement en forme de croix, avec une ouverture latérale. Tout près des plateaux se trouvent, portées par des bras fixés à des axes verticaux, des croix .s disposées de manière à pouvoir traverser de haut en bas les vides des plateaux. Autour de la colonne de la balance, est disposé un transporteur constitué par deux plateaux solidaires x, montés sur une roue dentée, et pouvant décrire une demi-circonférence autour de la colonne.
- Ces divers organes sont commandés par des pièces masquées dans le socle de la balance, et que l’on actionne de l’extérieur en agissant, par une rotation continue, sur des tiges qui émergent seules, et auxquelles on peut fixer des tringles légères de plusieurs mètres de longueur.
- Pour échanger les poids sur les plateaux, on actionne, par l’une de ces tringles, et par l’intermédiaire d’une roue d’angle, la roue dentée C, solidaire de l’excentrique D en contact avec le disque F, portant l’axe de rotation de la croix. Celle-ci se trouve, au début de l’opération, sous le plateau de la balance, sur lequel repose l’un des poids par l’intermédiaire d’une plaque de quartz ou de platine. L’un des segments de l’excentrique soulève d’abord la croix, dont la tige est butée contre un guide qui l’empêche de tourner. Au plus haut de sa course, le disque entre en contact avec le deuxième segment de l’excentrique, centré sur l’axe de la roue C, et qui lui communique un simple mouvement de rotation sans changer son niveau. Enfin, le troisième segment, symétrique du premier, laisse descendre, dans le transporteur, la croix qui le traverse de haut en bas, et dépose le poids en son milieu. On fait alors décrire une demi-circonférence au transporteur, puis on agit, sur les croix mobiles, en sens contraire du premier mouvement, de manière à ramener les poids sur les plateaux. Les poids étant en place, on manœuvre deux autres tringles qui déclenchent successivement les plateaux et le fléau par l’intermédiaire de pièces coudées commandées par des vis à plusieurs filets.
- Pour l’observation, le fléau porte un petit miroir o, au-dessus duquel se trouve un prisme à réflexion totale/?, fixé au bâti de la balance. Près des manivelles de commande des tringles, c’est-à-dire à k mètres de distance environ, est placée une lunette servant à observer les mouvements d’une échelle divisée, réfléchie dans le prisme et le miroir mobile.
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- Grâce a cet ensemble d’organes, on peut, après avoir préparé une pesée,
- Fig. 53. — Balance Rueprecht. munie du mécanisme de transposition de M. Avzberger.
- abandonner la balance de manière à laisser s’établir l’équilibre de tempéra-
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- ture, puis, sans s’approcher à moins de quatre mètres de l’instrument, déclencher les plateaux et le lléau, observer les oscillations, arrêter la balance, échanger les poids, bref, procéder à toutes les opérations de la pesée.
- Le Bureau international possède trois balances munies du mécanisme qui vient d’être décrit.
- Balance de Bunr/e. — Cette balance (fig. 5i et 55) est spécialement destinée
- Fig. 54. — Balance de Bunf/e destinée aux pesées dans le vide.
- aux pesées dans le vide. Elle permet d’opérer le déclenchement et les transpositions comme dans la balance Rucprecht, et, de plus, d’ajouter des poids additionnels à droite ou à gauche, pour établir l’équilibre, ou déterminer la sensibilité.
- Les plateaux sont en forme de croix, et le transporteur est constitué par un bras tournant autour du pilier, et portant à ses extrémités des plaques évidées a qui peuvent, par un mouvement vertical, enlever les poids ou les remettre, ou
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- 1 os échanger par une rotation d'une demi-circonférence. En arrière de la balance se trouve une sorte d’étagère e, représentée en plan au-dessous de la balance, et portant une série de poids filiformes posés par leurs extrémités dans deux rainures en regard. Une sorte de cuiller mobile peut être amenée au-dessous de l’étagère, la traverser de bas en haut, enlever un poids, et venir le poser à
- Fig. y.'i. — Balance de Bunr/e; détail.
- droite ou à gauche dans une pièce / en forme d’U fixée à la suspension du plateau.
- Tous les mouvements sont transmis de l’extérieur par des axes rodés et graissés comme des robinets, et effectuant une série de mouvement très ingénieusement combinés. Le mouvement destiné à poser les poids additionnels, par exemple, est commandé par un quadrilatère CG agissant à la manière d’un pantographe, et dont tous les mouvements sont répétés par une pièce que
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- l'observateur a constamment sous les yeux, lui donnant une image exacte des transpositions effectuées.
- La balance est enfermée dans une cage en cuivre épais, percée de fenêtres circulaires fermées par des glaces qui s’appuient sur les bords rodés des fenêtres.
- On voit, sur la figure 54, une pompe pneumatique, imaginée par M. Thie-sen, et dans laquelle la glycérine passant d’une grosse sphère de verre dans une sphère inférieure aspire l’air à la partie supérieure de l’appareil. On fait, au moyen d’une machine pneumatique ordinaire, un vide partiel dans la boule inférieure, pour provoquer l’écoulement de la glycérine.
- Balance Stückrath. — Dans les balances qui viennent d’être décrites, le fléau est porté sur un couteau, ainsi que les plateaux; ou, plus exactement, ceux-ci sont suspendus à un système articulé comprenant deux couteaux en croix. Mais on arrive plus aisément à un réglage parfait, dans les balances à faible charge, en substituant à l’arête d’un couteau deux pointes fines en pierre dure. Ce dispositif a été employé dans une petite balance de Stückrath, dont la charge maxima est de 1 gramme.
- Balances hydrostatiques. — Ces balances elles-mêmes ne diffèrent pas, en principe, de celles qui viennent d’être décrites. Cependant, comme dans ces instruments, l’échange des poids sur les plateaux est impossible, le mécanisme de transposition n’existe pas, et on opère par la méthode de Borda. Le vase contenant l’eau dans laquelle le corps doit être immergé se trouve dans un compartiment situé au-dessous de la cage proprement dite, avec laquelle il ne communique que par les tubes destinés à laisser passer les fils servant à suspendre à l’un ou à l’autre des plateaux, le corps à peser.
- Une pesée hydrostatique comprend deux opérations. Dans l’une, le corps à peser est suspendu à la balance, que l’on équilibre par des poids placés sur des plateaux ; dans l’autre, le corps est enlevé cl remplacé, du même coté, par des poids qui ramènent l’équilibre.
- Les dispositions permettant la manœuvre du corps immergé sont intéressantes; ellos font partie du vase d’immersion, et ont été réalisées, au Bureau international, sous des formes diverses.
- Dans un appareil construit sur les indications de M. Marek, le vase est porté par un plateau P (fig. 56) placé au sommet d’une colonne C à laquelle on peut donner, au moyen de la roue R, filetée intérieurement, un mouvement de haut en bas sans rotation. Le corps est porté par un plateau E suspendu à la balance et qui, pendant les pesées, se trouve à une petite distance d’un support en forme de croix, posé sur le fond du vase. Lorsque la première pesée a été faite, on agit sur la roue B de manière à enlever le corps à déterminer. La balance reste alors chargée de tout l’équipage additionnel qui avait servi à la première pesée, tandis qu’elle est débarrassée du corps seul dont on veut connaître le poids dans Peau.
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- La charge que l’on placera sur le plateau supérieur pour ramener l’équilibre
- Fig. ;>6. — Vase et appareils auxiliaires pour les pesées hydrostatiques.
- sera donc égale au poids cherché, à la petite correction près due à l’immersion
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- plus grande, dans la deuxième pesée, des fils très fins supportant le plateau inférieur à travers la surface libre de l’eau. Le support représenté dans la figure 56 a été remplacé plus tard par celui de la figure 57, permettant de n’employer qu’un fil de suspension.
- M. Marek et M. Thiesen ont modifié ultérieurement le support inférieur de manière à permettre de coucher les cylindres pour faciliter le dégagement des bulles qui se déposent toujours sur les corps immergés, et dont on se débarrasse par ébullition dans un vide relatif (fig. 58 et 61).
- M. Chappuisa remplacé plus tard le mouvement général du vase par un dis-
- Fig. rj7 et 58. — Supports pour les pesées hydrostatiques.
- positif permettant de soulever seulement le support à l’aide de deux tringles auxquelles il est fixé.
- Dans un travail récent, au cours duquel il était nécessaire de faire des pesées hydrostatiques de cylindres amassez fortes dimensions, j’ai employé un vase (fig. 59), construit sur mes indications par MM. Bariquand et Marre, et dont la capacité est de vingt litres environ. Ce vase est muni, sur deux génératrices diamétralement opposées, de deux vis dont le mouvement est rendu synchrone par une roue dentée tournant sur un axe fixé au fond du vase. Ces vis assurent le mouvement simultané de deux barrettes dans lesquelles sont serrées des sangles élastiques, se moulant sur le cylindre qu’elles portent, et s’adaptant, par conséquent, à des cylindres de dimensions très différentes. L’étrier suspendu
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- Fig. d'J. — Vase servant aux pesées hydrostatiques de cylindres de grandes dimensions,
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- au fléau porte également deux barrettes que l’on peut éloigner plus ou moins du centre de suspension, suivant les dimensions des cylindres que Ton se pro-
- pose de peser, et auxquelles sont fixées deux sangles dont la distance peut être réglée à volonté.
- Le vase est posé sur une plaque de verre rodée, que l’on peut recouvrir d’une cloche dans laquelle on fait le vide, afin de chasser toutes les bulles
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- entraînées par l’étrier et le cylindre. La plaque est portée par un chariot roulant sur deux: rails, et facilitant le transport de l’appareil.
- Les figures 60 et 61 montrent, l’une en élévation, l’autre en perspective, divers détails de l'organisation d’une pesée hydrostatique, dans la cage proprement dite de la balance, et dans une cage inférieure qui en est solidaire.
- Fig. (32. — Grande balance hydrostatique de liueprechi,
- Dans l’un des cas, le vase contenant feau distillée est à doubles parois, permettant de réaliser une uniformité plus grande de la température par un brassage énergique de l’eau contenue dans l’espace annulaire. Ce vase, construit sur les indications de M. Thiesen, lui a servi à déterminer la dilatation de l’eau par la pesée d’un cylindre de quartz, La pièce c de la même figure facilite, à la fois, ^e réglage en hauteur et l’orientation de l’étrier suspendu à la balance.
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- La principale balance hydrostatique du Bureau international est représentée dans la ligure 62. On reconnaît, dans la cage inférieure, le vase de la figure 59, et, sur le plateau de droite, une tare formée par des poids en nickel, tandis que, à gauche, des poids en platine iridié établissent l’équilibre de la balance, à laquelle l’étrier est resté suspendu. Cette balance permet de peser jusqu’à 5 kilogrammes.
- La cause d’erreur la plus importante dans les pesées hydrostatiques réside dans les actions capillaires qu’éprouve le fil de suspension en traversant la surface de l’eau. Le mouillage irrégulier qui se produit en général, et la variation de forme du ménisque amortissent très rapidement les oscillations de la balance, qui sont réduites, après deux ou trois élongations, à un mouvement rapide et de peu d’amplitude, dans lequel le bord du ménisque ne quitte plus le point du lil auquel il s’est arrêté, et forme comme une pellicule élastique ajoutant son action à celle de la pesanteur.
- Plusieurs physiciens ont tenté d’éliminer dans la mesure du possible, par une certaine combinaison des observations et un mode de calcul particulier, les erreurs dues à ce phénomène. Mais la solution complète de cet important problème a été donnée pour la première fois par M. F. Kohlrausch, qui, par l’emploi d’un fil platiné, a obtenu un mouillage très régulier, augmentant à peine l’amortissement, et n’ayant plus aucune action sur l’équilibre. Depuis qu’on emploie au Bureau international le procédé de M. Kohlrausch, la précision des pesées hydrostatiques a considérablement augmenté.
- RÉSULTATS DES l'ESÉES
- Principe d’une pesée. — Dans la comparaison des deux étalons de masse, on ne cherche pas à réaliser l’égalité complète ; la petite différence qui subsiste est exprimée en fonction d’un coefficient que l’on nomme la sensibilité de la balance, et qui correspond exactement à la tare des micromètres dans les cum-paraisons des étalons de longueur. Il existe cependant, entre ces deux coefficients, une différence importante, c’est que la tare des micromètres est pratiquement constante, tandis que, dans les balances très sensibles, les inclinaisons correspondant à une même surcharge dépendent de la charge existante, et varient même, dans des proportions qui sont loin d’être négligeables, par des circonstances fortuites dont il est impossible d’évaluer l’effet. Ces variations obligent à déterminer la sensibilité à chaque pesée, en ajoutant, à la plus faible charge, une masse additionnelle qui la fait passer au-dessus de l’autre charge. Dans les pesées de précision faisant intervenir 1 kilogramme de chaque côté, la charge additionnelle est de l’ordre du milligramme. Dans les pesées hydrosta-
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- tiques de corps volumineux, elle atteint 10 milligrammes tandis qu’elle se réduit au dixième de milligramme dans les plus petites balances. La sensibilité s’exprime en fonction des divisions de l’échelle dont le mouvement apparent, observé dans la lunette, indique les déplacements du fléau. Les balances de premier ordre servant à la comparaison des kilogrammes ont une sensibilité de 25 à 50 divisions par milligramme. La lecture directe du dixième de division dans les élongations à droite et à gauche, d’où l’on déduira la position d’équilibre, correspond donc à quelques millièmes de milligramme. Or, le centième de milligramme est égal au cent millionième des grandeurs que l’on compare, et des pesées successives ne peuvent donner une concordance de cet ordre que si l’égalité ou plutôt le rapport, très peu différent de l’unité, des bras du fléau se maintient avec une approximation de cet ordre dans des opérations successives constituant la pesée complète. Une telle constance exigerait que la différence de température des deux bras se maintînt invariable à une fraction de millième de degré près, ou que, dans les repos successifs que l’on fait subir au fléau pour échanger les poids, l’arête de contact, comme aussi la position des couteaux aux extrémités du fléau, se retrouvât la même avec une approximation de l’ordre du millième de micron.
- Ces considérations nous montrent en premier lieu quel degré d’uniformité et de constance la température doit posséder à l’intérieur d’une balance de précision ; mais elles font douter aussi de la possibilité d’arriver à soulever et à reposer le fléau et les plateaux avec une précision telle qu’il n’en résulte pas des erreurs hors de proportion avec la sensibilité de la balance. En réalité, les conditions se renouvellent, dans les balances très bien construites, avec une constance surprenante, et bien supérieure à ce que l'on pourrait penser. Toutefois, cette constance n’est pas absolue, et on élimine mieux les erreurs fortuites en opérant plusieurs transpositions dans une même pesée qu’en cherchant à déterminer avec une très grande précision la position d’équilibre pour chaque opération individuelle.
- Dans ces derniers temps, on a cherché à réduire encore les petites erreurs provenant des arrêts des balances en munissant les fléaux ou les arrêtages d’organes assurant un contact permanent des couteaux avec leurs plans (1).
- Étalonnage. — La comparaison de deux étalons du kilogramme se réduisant finalement à l’expression de leur différence en fonction d’un étalon de 1 milligramme, ce dernier devient, au même titre que le millimètre dans la comparai-
- (1) L’emploi de la balance pour la détermination de la constanLe de la gravitation nécessite des précautions encore très supérieures à celles qu’il est possible de prendre dans la comparaison des étalons. M. Poynting, à Birmingham, MM. Kônig, Richarz et Krigar-Menzel, à Spandau, ont été ainsi conduits à se servir de la balance dans des conditions beaucoup plus parfaites que celles qui sont décrites ici.
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- son des longueurs, l’étalon secondaire dont il convient tout d’abord déposséder une valeur exacte.
- L’étalonnage d’une série de poids, permettant de descendre successivement du kilogramme au milligramme, est donc une opération fondamentale, qui doit précéder tout ensemble de comparaisons précises de masses presque égales entre elles. Cet étalonnage peut se faire d’après divers diagrammes, qui reviennent tous, finalement, à comparer un certain nombre d’étalons entre eux et à leur somme. Par exemple, on pourra comparer au kilogramme les étalons de oOO, 200 et 100 grammes, ceux de 200 étant en double. On comparera ensuite §00 au reste, les deux pièces de 200 entre elles, puis la pièce de 100 avec une autre pièce de même valeur prise dans une autre série, et considérée comme pièce auxiliaire, aux deux étalons de 200. La pièce auxiliaire de 100 sera remplacée, dans une boîte complète, par l’ensemble formé parles pièces de 50, 20, 20 et 10; puis on passera à la série 5, 2, 2, 1, et ainsi de suite, la pièce de 1 de la plus petite série (1 gramme ou 1 milligramme suivant rétendue des boîtes) étant doublée dans la boîte elle-même, ou par une pièce prise dans une autre boîte.
- Le diagramme qui vient d’être indiqué n’est pas le seul qui puisse être employé, ni même celui qui se prête au calcul le plus simple et le plus symétrique. On trouvera dans les publications du Bureau international l’indication de diverses combinaisons, plus oumoins avantageuses suivant le but que l’on poursuit, auxquelles on s’est arrêté dans divers cas.
- Le Bureau international possède, outre un certain nombre d’étalons en platine iridié du kilogramme, deux boîtes de platine iridié construites par Oertling à Londres, une série complète, de 400 grammes à 1 gramme, d’étalons en quartz construits par Laurent à Paris, et un certain nombre de séries de moindre importance.
- Le prototype international et les prototypes nationaux. — En 1878, MM. Johnson, Matthev et Cio furent chargés de fournir à la Section française de la Commission internationale du mètre, trois cylindres de platine iridié pur destinés à constituer des étalons du kilogramme. Ces cylindres, livrés au printemps 1879, furent d’abord fortement comprimés au moyen du plus puissant balancier de la Monnaie de Paris, et remis à l’habile constructeur Collot pour leur ajustage approximatif. Pendant ce temps, l'alliage était analysé indépendamment par Stas et IL Sainte-Claire Deville.
- Le premier ajustage fut contrôlé par des comparaisons faites avec le kilogramme de l’Observatoire de Paris (copie de celui des Archives'!, au moyen d’une balance installée à l’Ecole normale supérieure. Puis on entreprit des comparaisons des trois nouveaux kilogrammes avec l’étalon des Archives, mis à la disposition de la Commission. Enfin, après un nouvel ajustage, on procéda aux com-
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- paraisons définitives, qui eurent lieu à l’Observatoire de Paris. J.-B. Dumas et l’amiral-Mouchez prirent part aux pesées au nom de la Section française, avec O.-J. Brocli et J.-S. Stas représentant le Comité international; ils furent aidés par MM. C ollot et Clément.
- Au cours de ces opérations, le volume des trois nouveaux étalons fut déterminé par des pesées hydrostatiques; maison craignit qu’une telle opération ne fut susceptible de modifier la masse de l’étalon des Archives, et on se borna à estimer son volume aussi bien qu'on put par d'autres procédés. Le 18 octobre 1880, les membres de la Commission signèrent le procès-verbal d’achèvement du travail, et formulèrent ainsi sa conclusion :
- « On peut donc déclarer, avec toute certitude, que le kilogramme 1ÂIII et le kilogramme des Archives de France coïncident, quant au poids dans le vide, dans la limite de l'incertitude dans laquelle on se trouve sur le volume du kilogramme des Archives. »
- Le kilogramme KIII fut remis au Comité international en même temps que le Mètre I, dans la séance du 2b avril 1882, dont il a été question plus haut.
- Dans sa séance du 4 octobre de la même année, le Comité international décida que, « jusqu’à l’époque du sanctionnement définitif des nouveaux prototypes, on adopterait, pour les travaux du Bureau international des Poids et Mesures, comme unité de poids, le kilogramme R1I1 ». Enfin, dans sa séance du 3 octobre 1883, il prit la résolution suivante :
- « Le Comité international des Poids et Mesures,
- « Considérant que la résolution n° 3i de la Coinmissio n internationale du mètre, d’après laquelle le choix des prototypes internationaux parmi tous les autres prototypes devait avoir lieu seulement à la fin de toufesles opérations ayant servi à établir les équations relatives des prototypes, a été dictée essentiellement par l'intention d'assurer ainsi la plus grande égalité possible enfre les nouveaux proîotypes métriques et les prototypes des Archives;
- » Vu qu’il résulte du Rapport de la Commission mixte, présenté au Comité dans la dernière session, que le poids du kilogramme KHI est identiquement égal à celui du kilogramme des Archives, dans les limites des erreurs de détermination; et que, par conséquent, on ne peut pas admettre la possibilité qu'un autre des kilogrammes prototypes puisse se rapprocher davantage du kilogramme des Archives;
- )> Considérant, d’un autre coté, que, si l'on choisit dès à présent le prototype international, auquel il faudra rapporter les équations de tous les autres, on pourrasimplilier notablement le schéma, et diminuer considérablement le nombre de toutes les combinaisons de pesées qui doivent servir à la détermination des équations ; et que, en outre, on assurera ainsi, d’une manière plus facile et plus complète, Légalité des erreurs probables des équations de tous les prototypes ;
- » Considérant enfin que, si le prototype international n’était choisi qu’après avoir passé par toutes les combinaisons de comparaisons avec tous les autres prototypes, il serait exposé à bien plus d'usure et d’accidents que si, en le choisissant dès à présent, on le réservait jusqu'à la fin dos opérations, pour le comparer ensuite, conformément à la résolution n° 31 de la Commission du mètre, à tous les autres prototypes, dans l’air et dans le vide, opérations pendant lesquelles le kilogramme international pourra rester tranquillement placé sur le plateau de la balance
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- MÉTROLOGIE.
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- » Faisant usage du droit que l’article 3 des dispositions Iransitoires lui a réservé, de modifier les décisions de la Commission internationale de 1872, le Comité décide :
- » Le kilogramme K111, dont l’équation par rapport au prototype des Archives a été déterminée égale à zéro par la Commission mixte, est choisi pour prototype international du kilogramme. »
- La commande des quarante kilogrammes prototypes destinés aux Etats fut transmise par le gouvernement français à MM. Johnson, Matthey et C‘°, en septembre 1882. En mai de l’année suivante, le platine, analysé parStas et Debray, fut trouvé parfaitement pur. L’iridium, fréquemment vérifié, ne fut reconnu à un état de suffisante pureté qu’au mois de février 1884. Jusque-là, il avait toujours contenu des quantités de fer et de rhodium dépassant la tolérance. Les cylindres eux-mêmes, trop lourds de 30 à 130 grammes, furent livrés au Bureau en septembre 1884. Après un premier ajustage fait par M. Collot, et suivi du marquage au brunissoir, les kilogrammes, trop lourds de quelques milligrammes, furent rapportés au Bureau, où M. Thiesen entreprit la détermination de leur densité par des pesées hydrostatiques. Enfin, un dernier ajustage, par des retouches méthodiques, fréquemment contrôlées par des pesées, amena les kilogrammes à leur masse définitive.
- Au fur et à mesure de leur ajustage, les kilogrammes entrèrent dans les comparaisons prévues. Comme pour les mètres, on les disposa en un rectangle, qui comprenait sept lignes et six colonnes, et chaque kilogramme fut comparé aux cinq autres étalons de la meme ligne et aux six autres de la même colonne; en outre, tous furent comparés an prototype international. Chaque comparaison comprit quatre pesées complètes; les étalons étant portés dans toute l’opération sur de petits plateaux en quartz, on échangeait, après la deuxième pesée, leurs positions sur les plateaux, de manière à éliminer complètement ces derniers.
- Les pesées furent ainsi poursuivies pendant plusieurs années simultanément sur deux balances Rueprecht, et sur la balance Bunge, qui, en raison de sa bonne fermeture, servit aux comparaisons avec le prototype international qui resta ainsi, autant que possible, à l’abri de la poussière, et soustrait à des nettoyages toujours dangereux. Les pesées furent exécutées par M. Thiesen, aidé de M. Kreichgauer.
- Le résultat de tout ce travail est donné dans le tableau ci-après. La limite de tolérance pour l’ajustage avait d'abord été fixée à 0,2 milligramme; mais, par suite d’un polissage trop énergique, quelques étalons ayant dépassé la limite de la tolérance, le Comité international ne crut pas devoir retarder l’achèvement du travail par trop de rigueur, et accepta tous les étalons dont le défaut de masse ne dépassait pas 1 milligramme. Cette décision fut sanctionnée par la Conférence internationale de 1889.
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- Prototype. Densité. Valeur.
- H. . 21,55148 1 kg.
- Numéro Numéro
- du du
- prototype. Densité. Valeur. Distribution. prototype. Densité. Valeur. Distribution.
- kg mg ktr mg
- 1 . . 21,5398 1 + 0,002 Témoin de|F 22. . 21,5504 1+0,053 Allemagne.
- 2 21,5400 — 0,953 Roumanie. 23. . 21,5496 — 0,061 Finlande.
- 3 . . 21,3417 + 0,021 Espagne. 24. . 21,54-39 — 0,191 Espagne.
- 4. . 21,5436 — 0,075 Etats-Unis. 25. . 21,5111 + 0,107 France.
- 0 , , 21,3455 + 0,018 Italie. 26. . 21,5469 — 0,032 Acad, de St-Pclersbourg.
- o. . 21,5441 + 0,169 Japon. 27. . 21,5320 -r 0,145 Danemark.
- 7 . . 21,5487 — 0,530 (Disponible). 28. . 21,5117 + 0,210 Belgique.
- 8. . 21,5430 + 0,200 (Disponible). 29. . 21,5380 — 0,949 (Disponible).
- 9. . 21,5423 + 0,282 Bureau interuatioti.il. 30. . 21,5466 + 0,123 Japon.
- 10. . 21,5426 + 0,228 Portugal. 31. . 21,5491 + 0,162 Bureau iuiertuitional-
- il . . 21,5466 + 0,008 Serbie. 32. . 21,5476 + 0,070 (Disponible).
- 12. . 21,5485 + 0,068 Russie. 33. . 21,5482 + 0,061 Autriche.
- 13. . 21,5439 — 0,154 France. 34. . 21,5511 — 0.073 France.
- 14. . 21,5402 + 0,247 Autriche. 35. . 21,5476 + 0,191 France.
- lü. . 21,5335 + 0,226 Ravi ère. 36. . 21.5498 + 0,157 Norvège.
- IG . . 21,5480 + 0,056 Hongrie. 37. . 21,5458 + 0,244 Belgique.
- 17. . 21,4979 + 0,211 France. 38. . 21,5474 + 0,183 Suisse.
- 18. . 21,545 4 + 0,0/0 Royaume-Uni. 39. . 21,5509 — 0,118 Japon.
- 19. . 21,5453 — 0,276 Italie. | 40. . 21,5470 — 0.037 Suède.
- 20. . 21,5509 — 0,039 Etats-Unis. ; Kl. . 21,5531 !- 0,127 Témoin défi.
- 21 . . 21,5511 + 0,063 Mexique. | K IF. 21,5531 — 0.474 France.
- L’examen de ]a colonne des densités montre que l'alliage des kilogrammes est très homogène à tous les points de vue. Un seul étalon présente une densité sensiblement trop faible, due probablement à l’existence d’une petite cavité. Cet étalon ne révéla, d’ailleurs, aucune anomalie, ni aucune variation dans les comparaisons, ou à la suite des pesées hydrostatiques. La cavité supposée est donc sans aucune communication avec l’extérieur.
- Dans les comparaisons des prototypes entre eux, on a trouvé, comme erreur probable d’une pesée, une valeur moyenne de 0m-,007 environ, et comme erreur probable de l'équation d’un étalon, 0"'-,002.
- VARIABILITE DES ÉTALONS DE MASSE
- Le calcul complet des erreurs résiduelles des pesées qui viennent d’être décrites a fait apparaître certaines variations de quelques-uns des étalons dans le cours des trois années sur lesquelles ces comparaisons se sont réparties. De plus, certains d’entre eux ont montré, après des lavages, une valeur un peu supérieure à leur valeur normale, suivie d’une diminution progressive qui les y ramenait en quelques semaines. Ces variations, cependant, sont
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- MÉTROLOGIE.
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- restées en général de l’ordre du centième de milligramme, et une seule d’entre elles a atteint 0,04 milligramme. La cause de ces variations n’a pas été parfaitement élucidée. D’ailleurs, les étalons variables ont été en petit nombre, et la plupart des étalons ont accusé des valeurs relatives constantes, dans les limites des erreurs possibles des pesées.
- Les petites variations constatées au cours des déterminations, comme aussi la possibilité d'une usure par l’emploi des étalons, ou d’une absorption des gaz de l’atmosphère dans certaines conditions particulières, fait désirer un contrôle périodique des étalons nationaux. Ce contrôle a commencé dix années après la distribution des prototypes, et quelques Etats ont renvoyé leurs étalons de masse au Bureau international. Un certain nombre de comparaisons ont déjà été faites; mais, en étudiant de près les limites d’erreurs des résultats, il a semblé que, par suite d’un emploi presque continu pendant une vingtaine d’années, les principales balances du Bureau étaient un peu moins bonnes qu’au début. Le travail fut alors interrompu, et les balances renvoyées aux constructeurs. L’achèvement du travail a été remis à une date ultérieure. Cependant, on peut dès maintenant indiquer, à titre tout à fait provisoire, les conclusions suivantes, empruntées à un rapport présenté récemment au Comité international par M. Benoit (1).
- Huit étalons du kilogramme ayant été comparés, en série fermée, par groupes de deux avec les deux étalons d’usage du Bureau, n° 9 et n° 31, les écarts entre les valeurs nouvelles et les anciennes, en supposant la moyenne des étalons du Bureau demeurée invariable, seraient les suivants :
- Numéros des prototypes. mg
- 2 (Roumanie)................ + 0,001
- a (Italie)..................... —0,020
- 22 (Allemagne)...............—0,016
- 28 (Belgique)................—0,013
- 36 (Norvège)................. 4- 0,013
- 37 (Belgique)................ -4 0,027
- 38 (Suisse).................. -4 0,021
- 40 (Suède)................... -4 0,007
- Ces écarts sont, comme on le voit, très minimes, et ne dépassent pas sensiblement les erreurs possibles des déterminations récentes, encore incomplètes et beaucoup moins étendues que les comparaisons anciennes.
- Si cependant on soumet ces expériences à une discussion minutieuse, on s’aperçoit que les valeurs par rapport au n° 9 diffèrent en moyenne de celles qui ont été trouvées parle n° 31 de 0m",04 en moyenne; et finalement, on trouve que
- (1) Procès-verbaux des séances de 1000.
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- les étalons 31. 22 et 28 pourraient avoir diminué de 4 centièmes de milligramme environ, tandis que, pour les sept autres, les écarts entre les anciennes valeurs relatives et les nouvelles se tiennent dans des limites beaucoup plus restreintes.
- Plusieurs de ces étalons ont servi à de nombreuses opérations, et ont pu subir un peu d’usure ; et on ne pourra formuler des conclusions certaines que lorsque des comparaisons étendues auront été faites avec des kilogrammes restés sous cloche depuis l'époque des premières déterminations. Pour le moment. on devra considérer les variations indiquées ci-dessus comme représentant un maximum des changements qui ont pu réellement se produire. Elles devront être certainement plus petites dans l’avenir, soit qu’on doive les attribuer à des causes naturelles, dont l’action doit tendre vers une limite, soit que l’usure ait pu jouer un rôle important, et qui ira aussi en s'atténuant lorsque les comparaisons fondamentales avec les étalons nationaux de second ordre auront été achevées.
- (El suivre.)
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- MARINE
- LES MARINES DE GUERRE MODERNES Par M. L. de Chasseloup-Laubat (1).
- JAPON
- (monographies)
- (Cuirassés. — Yashima. — Shikishima. — Gardes-côtes. —- Hi-Yei. — Malsushima. — Croiseurs cuirassés. — Chyoda. — Asama. — Croiseurs protégés. — Aaniwa Kan. — YosMno.
- CUIRASSÉS
- YASHIMA
- Le Yashima a été construit à Elswick et lancé le 23 février 1896.
- Le Fuji Yama, similaire, a été construit aux Thames Iron Works, et lancé le 31 mars 1896.
- Dimensions :
- Longueur totale.............................. I2om,57
- — à la flottaison (non compris l’éperon). 121m,9l
- Largeur....................................... 22m,40
- Tirant d’eau moyen....................... 8 mètres.
- Déplacement................................ 12 400 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; double fond; compartiments étanches. Deux mâts militaires; deux cheminées au milieu, sur l’axe.
- Protection. — Ceinture blindée en acier harveyé de 59 mètres de longueur sur 2m,44 de hauteur, dont lm,52 au-dessous de la flottaison au tirant d’eau normal. Au milieu, la ceinture a 457 millimèlres ; son épaisseur diminue jusqu’aux extrémités, où elle se réduit à 356 millimètres. Les extrémités sont reliées par des traverses normales à l’axe, de 356 millimètres, passant en avant de la base des tourelles.
- Au-dessus de la ceinture, blindage de 100 millimètres jusqu’au pont principal.
- (1) Voirie Bulletin de mars, avril, septembre, octobre, décembre 1900; février, juin, octobre 1901. 4
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- Pont plat blindé à 60 millimètres; ce pont esta 0m,90 au-dessus de beau dans sa partie centrale, il s’abaisse au-dessous de la flottaison aux extrémités.
- Fig. 17G. — Yashhna.
- Deux tourelles barbettes en forme de poire, dans l’axe, à l’avant et à l’arrière; chacune d’elles est pourvue d’un blindage de 3o6 millimètres, descendant jus-
- Fi2'. 177. — Yashhna.
- qu’au pont principal. Au-dessous jusqu'au pont blindé, le blindage n’a plus que 229 millimètres, mais il se trouve en arrière du blindage de 100 millimètres.
- A chaque barbette il y a deux écrans de 101 millimètres d’épaisseur entre le pont principal et le pont blindé; ces écrans ne sont pas tout à fait normaux à
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- <>34
- la section transversale, celui d’avant incline un peu vers l’arrière et celui d'arrière vers l’avant. En arrière de ces écrans et par suite des barbettes, le blindage a une épaisseur de 127 millimètres.
- Blockhaus blindé à 33G millimètres à l’arrière de la tourelle avant; il y a un deuxième poste à l’arrière avec blindage de 76 millimètres. Tous les blindages sont en acier liarveyé.
- Machines. — Deux machines à triple expansion, avec cylindres de 1"‘,016, 1ni,499 et 2m,235 de diamètre et course de 1in,14. Puissance de 9730 chevaux au tirage naturel avec 17u,26, et de 14 073 chevaux au tirage forcé (pression d'air de 37 millimètres), avec vitesse de 19n,22 (1).
- Dix chaudières cylindriques dans quatre compartiments; deux de trois chaudières chacun à l’avant, et deux de deux chaudières à l’arrière; vapeur à 10^,9.
- Approvisionnement de charbon de 700 tonnes, pouvant être porté à 1 200 tonnes.
- Armement :
- 4 canons de 303 millimètres, deux dans chaque barbette avec commandement de 7m,55 et champ de tir de 240°.
- 10 canons de 152 à tir rapide en casemates blindées à 132 millimètres, savoir : six sur le pont supérieur et quatre sur le pont principal; les deux canons de l’avant sur le pont supérieur ont un champ de tir de 90" en avant et de 60° en arrière; les deux canons de la partie centrale embrassent 60° de chaque côté.
- 20 canons de 47 millimètres, à tir rapide, dont 8 sur les passerelles, 8 sur le pont principal et 4 dans les pavois;
- 4 canons de 23 millimètres, à tir rapide, dans les hunes;
- o tubes lance-torpilles dont4 sous-marins.
- Le Yashima est destiné à porter pavillon d’amiral. Il a 640 hommes d’équi-page.
- sniKisimiA
- Mis en chantier aux Thctmes Iran Works le 1er mai 1897, lancé le 1er novembre 1898, a fait ses essais en septembre 1899. Agencé pour porter pavillon amiral.
- Trois autres similaires : Hatsuse, lancé à Elswick le 27 juin 1899, Mikasa lancé le 8 novembre 1900 à Barrow et Ascihi lancé à Clydebank (Chantiers John
- (I) Aux essais, le Fuji a donné :
- Tirage naturel : 16a,8 avec 10 200 chevaux indiqués ;
- Tirage forcé : 18n,o8 avec 14 100 chevaux et 120 tours.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Brown et O) le 3 mars 1899. Ces navires sont les plus grands cuirassés à flot. Dimensions :
- Longueur totale............................ 133in.30
- — entre perpendiculaires................ 121IU,02
- Largeur................................. 23 mètres.
- Tirant d’eau moyen...................... sm,30
- Déplacement............................. 13 000 tonnes.
- 'L’Ascihiei le Mi la sa ont un tonnage de 13 200 avec 129m,3û de longueur entre
- C " C
- perpendiculaires.
- Coque. — Coque en acier, avec double fond; cloisonnement longitudinal et transversal. Quilles latérales. Deux mâts militaires; trois cheminées entre les mâts. Eperon robuste.
- Protection. — Tous les blindages sont en acier au nickel harveyé. Ceinture
- totale de 2"',30 de hauteur, dont 1"',70 au-dessous de la flottaison normale; épaisseur de 229 millimètres au milieu dans toute la hauteur sur i7m,30 de long ; cette épaisseur diminue vers les extrémités jusqu’à 102 millimètres (I).
- Au-dessus de la ceinture, jusqu’au pont principal, blindage de 132 millimètres sur une longueur de 76'",20 entre les deux tourelles barbettes; celles ci sont reliées à la ceinture par des traverses blindées courbes à 303 millimètres et à la cuirasse mince par des traverses de 132 millimètres.
- (T> Sur le Mihasa, la ceinture présente à l’avant un épanouissement formé d’une plaque de 31 millimètres et venant renforcer l’éperon. La ceinture légère s'élève jusqu’au pont supérieur pour former un réduit blindé dans lequel se trouvent. 10 canons de 132 millimètres. En revanche le pont blindé n’aurait que 31 millimètres d’épaisseur dans la partie horizontale et 70 millimètres aux pentes.
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- B36
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- NOVEMBRE 1901.
- Pont blindé trapézoïdal, s’élevant au milieu à 0m,80 au-dessus de la flottaison et rejoignant en abord le can inférieur de la ceinture. Epaisseur: 63 millimètres, avec plaques supplémentaires de 37 millimètres sur les parties inclinées dans le flotteur blindé central; en dehors de ce flotteur, pont sous-marin blindé à 63 millimètres.
- Le pont principal est aussi blindé à 25 millimètres dans le flotteur centrale Deux barbettes à plan circulaire, sur l’axe, à l’avant et à l’arrière, blindés.
- Fig. 179. — Mikasa.
- à 356 millimètres au-dessus du pont supérieur et à 250 millimètres au-dessous jusqu’au pont blindé; manœuvre hydraulique.
- Blockhaus à l’avant, blindé à 356 millimètres, avec tube de 203 millimètres; poste de commandement à l’arrière blindé à 76 millimètres.
- Machines. — Deux machines à triple expansion, avec cylindres de 0'n,864, 1m,346, et 2m,13i de diamètre et course de lm,219. Vingt-cinq chaudières Belle-ville, avec surface de chauffe totale de 3 716 mètres carrés. Vapeur à 21 kilogrammes détendue à 17k^,6 aux machines. La puissance aux essais a été, sur le mille mesuré, de 14 667 chevaux indiqués, avec une vitesse de 1911,03 au tirant d’eau normal (1).
- fl) Aux essais de consommation au tirage naturel (mars 1900) YAsahi a donné 12 947 chevaux et une vitesse de 17a,o, avec une consommation de 0k,72 par cheval-heure; le 23 mars, quatre courses sur un parcours de 12 1/4 milles marins, avec gros vent, ont donné 10 000 chevaux et 18n,3 au tirage forcé. Pour le Mikasa et YHatsusc la vitesse serait également de 18 à 18 1/2 nœuds.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Approvisionnement de charbon de 700 tonnes, pouvant être porté à 1400.
- Armement. — 4 canons de 30b millimètres (40 calibres), à tir rapide, par paires dans les barbettes, avec champ de tir de 240° dans toutes les positions ; manœuvre hydraulique.
- 14 canons de lb2 millimètres, de 4b calibres, à tir rapide, dans des casemates blindées à 152 millimètres à l’extérieur et à bl millimètres à l’intérieur, dont 8
- Fig. 180. — Shikishima.
- sur le pont principal en flancs et 6 sur le pont supérieur tirant, 2 en chasse, 2 en retraite et 2 par le travers (1) ;
- 20 canons de 76 millimètres, à tir rapide ;
- 12 canons de 47 millimètres, à tir rapide; b tubes lance-torpilles dont 4 sous-marins (2).
- Le Shikishima portera pavillon d’amiral. Son équipage sera de 741 hommes.
- Pour le Mikasa l’équipage prévu est de 93b hommes.
- (1) Sur les autres navires les 14 canons de 152 millimètres sont répartis ainsi qu’il suit : 10 sur le pont principal dans une batterie centrale blindée et 4 sur le pont supérieur, aux angles de cette batterie. Une muraille en acier règne en arrière des canons de 152 de la batterie centrale.
- (2) Le tube aérien a été supprimé sur Y As alu et sur le Mikasa.
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- .MARINE. ---- NOVEMBRE 1901.
- GARDES-COTES
- HI-YEI.
- Ce navire a été lancé en 1878.
- Dimensions :
- Longueur.............................. 70,u,40
- Largeur................................ J2m,40
- Tirant d’eau............................. 5m,28
- Déplacement.......................... 2 200 tonnes.
- Coque. — Fer et acier.
- Protection. — La coque est protégée par une ceinture de 114 millimètres. Ce n’est pas un cuirassé dans le sens usuel du terme; il n’y a pas de cuirasse contre les coups d’enfilade et pas de pont cuirassé.
- Machine. — Une seule machine développe une force de 2 490 chevaux.
- Aux essais, la vitesse correspondante a été de 13 nœuds.
- L’approvisionnement de charbon est de 280 tonnes.
- Armement. — L’armement se compose de : 3 canons Krupp de 17 centimètres, et 6 de 15 centimètres; 6 canons de 76 millimètres à tir rapide, 4 mitrailleuses ou canons-revolvers complètent l’armement.
- Équipage. — L’équipage est de 308 hommes.
- Ce bâtiment a une valeur militaire des plus médiocres; il sert actuellement de navire-école.
- MATSUSHIMA
- Deux autres navires semblables : Isukushima et Hashidate, avec cette seule différence que le gros canon est à l’avant au lieu d’être à l’arrière comme sur le Matshushima.
- Le Matsushima et YItsukushima ont été construits aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, à la Seyne, oii ils furent lancés en 1889 et 1890. U Hashidate a été construit à l’arsenal de Yakoshika, où il fut lancé en 1891.
- Le Matsushima, par suite de la disposition de sa grosse artillerie, est beaucoup plus marin que les deux autres navires. C’est sans doute pour cette raison que l’amiral Ito l’avait choisi pour porter son pavillon à la bataille du Yalou.
- Dimensions :
- Longueur extrême.......................... 99 mètres.
- Longueur de flottaison en charge.......... 95m,15
- Longueur entre perpendiculaires........... 90 mètres.
- Largeur................................... 13m,54
- Tirant d’eau en charge, arrière. ...... 6m,43
- — — moyen................... 6m,03
- Déplacement............................... 4 278 tonnes.
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- Coque. — Coque en acier, à double fond flottaison cellulaire; deux cloisons longitudinales et treize cloisons transversales étanches. Un mat militaire, une cheminée dans l’axe en avant du mât.
- Protection. — Pont blindé sons-marin, dont le livet est à ln,,7o au-dessous de la flottaison avec O"1,97 de bouge dans la maîtresse partie. Ce pont est formé de tôles d’acier de 20 millimètres, réduites à 10 millimètres en abord, et rivées sur un double bordé formé de deux tôles de 10 millimètres.
- Ilashkîale.
- Fig. 181.
- Tourelle blindée à 300 millimètres, reliée aux œuvres vives par un tube de l !n,86 de diamètre intérieur, blindé à 250 millimètres.
- Blockhaus blindé à 100 millimètres.
- Machines. — Deux machines à triple expansion. Les diamètres des cylindres sont : 0m,390, 0111,620 et 1111,440, avec course commune de 1 mètre. Les deux hélices sont en bronze, à quatre ailes. Puissance maximum : 5 760 chevaux. Vitesse, 17 nœuds.
- Deux groupes de chaudières formés chacun de trois corps cylindriques à trois foyers, soit six corps et dix-huit foyers (T). Timbre à 12 kilogrammes. Surface de grille : 36 mètres carrés; surface de chauffe: 1418 mètres carrés. Approvisionnement de charbon de 400 tonnes avec surcharge possible.
- (I) Va recevoir des cliaudières Belleville à économiseurs.
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- MARINE.
- NOVEMBRE 1901.
- Armement. — L’armement de guerre de VItsnkushima et du Hashiaate se compose de :
- 1 canon Canet de 32 centimètres (38 calibres), en tourelle à l’avant, avec champ de tir de 270°;
- "S
- Fig. 182. — Matsustûma.
- 10 canons Canet de 12 centimètres, à tir rapide, en batterie à l’arrière de la tourelle ;
- 1 canon Canet de 12 centimètres, à tir rapide, en barbette à l’arrière Le navire peut tirer :
- Centimètres.
- En chasse................................2 canons de 12
- En retraite..............................1 — de 32
- Par le travers......................... 1 — de 32 et 6 de 12.
- Le Matsushima a : 1 canon Canet de 32 centimètres, de 38 calibres de longueur, en tourelle à l’arrière, avec champ de tir de 270°;
- 12 canons Canet de 12 centimètres, à tir rapide, en batterie sur l’avant de la tourelle.
- Les deux canons avant peuvent faire feu en chasse.
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- Le navire peut donc tirer :
- Centimètres.
- En chasse..............................2 canons de 12
- En retraite........................... 1 — de 32
- Par le travers.........................1 — de 32 et 6 de 12
- L’armement de chacun des trois navires se complète par : o canons Hotchkiss de 57 millimètres à tir rapide;
- 11 mitrailleuses Ilotchkiss de 37 millimètres;
- i tubes lance-torpilles, 2 fixes à l’avant et à l’arrière, 2 mobiles parle travers; 436 hommes d'équipage avec un amiral à bord.
- CROISEURS CUIRASSÉS
- CHIYODA
- Construit chez James et George Thomson à Clydebank (Glascow) ; lancé en 1889. A pris part à la bataille du ATilou.
- Dimensions :
- Longueur......................... 94m,5U
- Largeur.......................... 12m,80
- Creux............................ 7m,21
- Tirant d’eau moyen........... 4m,27
- Déplacement...................... 2,450 tonnes.
- Coque. — Formes élégantes; l’avant forme éperon et le brion de l’étrave est assez arrondi. 84 compartiments étanches. Gouvernail partiellement balancé. Trois mâts; une seule cheminée.
- Protection. — Un pont cuirassé règne de bout en bout. Vers le milieu du navire la partie plate de ce pont est au-dessus de la flottaison. Elle se raccorde sous la ligne de flottaison en abord avec la coque à l’aide de deux parties inclinées.
- Ce pont, d’une épaisseur totale de 23 millim., est formé de deux tôles : la tôle supérieure est en acier chromé et la tôle inférieure en acier Martin-Siemens. On a voulu ainsi placer extérieurement un métal dur de façon à faire ricocher les projectiles, et intérieurement un métal mou faisant office de matelas, de parc-éclats, et pouvant être bosselé sans se rompre.
- Sur les deux tiers environ de la longueur le bâtiment a une bande de cuirasse d’acier chromé assez étroite et ayant une épaisseur d’environ 10 centimètres; il a également deux tranches de cellulose.
- Enfin, les soutes à charbon complètent la protection.
- Machines. — Deux machines verticales à triple expansion. Elles développeut ensemble 3 600 chevaux à l’allure de 230 tours à la minute. On atteint alors une vitesse d’environ 19 nœuds.
- Tome 101. — 2° scinalrc. — Novembre 1901. 43
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- NOVEMBRE 1901.
- La vapeur est fournie par six générateurs en tôle d’acier de 5m,50 do long et de 2m,12 de diamètre. Ces chaudières sont placées dans deux compartiments étanches où l’on produit le tirage forcé à l’aide de ventilateurs de lm,52 de diamètre tournant à 250 tours à la minute et actionnés par une machine spéciale, à cylindre unique, et à action directe.
- Approvisionnement de charbon de 240 tonnes, pouvant être doublé.
- Armement. — L’armement comprend :
- 10 canons Armstrong, de 120 millimètres, à tir rapide, ainsi répartis : 1 à l’avant, 1 à l’arrière, 4 de chaque bord.
- 14 canons Ilotchkiss de 47 millimètres, tir rapide;
- 3 mitrailleuses ;
- 11 y a 3 tubes lance-torpilles.
- Equipage de 320 hommes.
- A S AM A
- Lancé le 23 mars 1898, à Elswick.
- Le Tokiwa, navire semblable, a été lancé à Elswick le 6 juillet 1898. deux autres semblables, Idzumo et Iicate, en construction dans les mêmes chantiers ont été lancés le premier en septembre 1899, le second en avril 1900. Le Yciku-mo, lancé en 1899 aux chantiers Yulcan, à Stettin et 1 ’Adzuma, lancé également en 1899 aux chantiers de la Loire à Saint-Nazaire, no diffèrent que légèrement des croiseurs construits à Elswdck.
- Dimension* :
- Longueur entre perpendiculaires..............I2ilu,40
- Largeur....................................... 20m,48
- Tirant d’eau moyen............................. 7m,40
- Déplacement................................9 750 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; franc-bord élevé. Deux mâts militaires ; deux cheminées dans l’axe entre les mats pour VAsama et le Toliwa, trois cheminées pour les autres.
- Protection. — Ceinture harveyée totale de 178 millimètres au centre, s’amincissant jusqu’à 88 millimètres aux extrémités, sur 2,n, 13 de hauteur, dont 0m,61 au-dessus de la flottaison (1). Au-dessus, blindage de 152 millimètres sur 79 mètres de longueur, s’élevant sur la hauteur de la batterie jusqu’au pied des casemates pour l’artillerie moyenne, entre les tourelles dont il vient protéger la base.
- Les tourelles barbettes sont blindées à 152 millimètres et pourvues de carapaces; le blockhaus d'avant est blindé à 305 millimètres, celui d’arrière à 76; les casemates à 152 millimètres, et les tubes à munitions à 76 millimètres.
- (i Ceinture de 152 millimètres seulement sur le Yakumo et YAdzuma pour lesquels le pont blindé a 63 millimètres d'épaisseur.
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- Pont blindé trapézoïdal en acier doux de 51 millimètres sur toute sa largeur, descendant en abord jusqu’au can inférieur de la cuirasse et formant la partie inférieure du caisson blindé. Un autre pont blindé de 25 millimètres règne au-dessus du réduit central cuirassé.
- Machines. — Deux machines à triple expansion, à quatre cylindres (1), avec course de 990 millimètres, construites par MM. Humphrys, Tennant et C°. Douze chaudières cylindriques ( 2) donnant la vapeur à 10k@,9. Aux essais (février 1899 i, FAsama, àpleine puissance, au tirage naturel, a donné un peu plus de 13 000 chevaux à 140 tours et avec une vitesse moyenne de 20n,37. Aux essais au tirage
- Fig. 183. — Asama.
- forcé, avec une mer calme, mais un fort vent, la vitesse réalisée (mesurée au loch) a été de22ü,07, et la puissance de 19 000 chevaux, au régime de 158 tours.
- Approvisionnement normal de charbon: 700 tonnes,pouvant être porté à 1500.
- Armement. —4 canons de 203 millimètres,à tir rapide (io calibres), par paires dans les tourelles barbettes axiales, avec champ de tir de 160° de chaque côté ; commandement de 7m,69 pour les pièces de l’avantetde 7m,30 pour celles de barrière ;
- 14 canons de 152 millimètres, à tir rapide (3) , savoir : 6 sur le pont principal; et 4 sur le pont supérieur.
- (1) Il y a deux cylindres basse pression.
- (2) Les autres croiseurs similaires auront des chaudières Belleville.
- (3) Sur le Yakumo et VAdzuma, il y a 4 canons de 152 millimètres en casemates aux quatre angles de la batterie sur le pont principal et 6 sur le pont principal, protégés par des masques, au centre du navire.
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- Ces 10 canons sont placés dans des casemates blindées à 152 millimètres;
- nrnnrn
- Asama
- o- /
- Fig. 18o.
- Adzwna.
- 4 d’entre eux tirent directement en chasse et 4 autres en retraite directe. Les
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- 4 casemates supérieures (avant et arrière) sont superposées aux casemates correspondantes du réduit inférieur et les prolongent.
- Les 4 autres canons de 152 millimètres sont placés sur le pont supérieur et protégés par de simples masques.
- 12 canons de 76 millimètres, tir rapide;
- 7 canons de 47 millimètres, tir rapide;
- 5 tubes lance-torpilles, dont 4 sous-marins (1).
- Equipage de 500 hommes pour YAsamaoX le Yakumo, de 670 pour YIoz-iimo et Y hua te.
- CROISEURS PROTÈGES
- NAN1WA KAN
- Construit à Elswick, sur les plans de sir William White, ainsi que le navire identique Takatchiho Kan. Ces deux navires ont été lancés en 1885.
- Dimensions :
- Longueur entre perpendiculaires........... 91m,44
- Largeur................................... 14 mètres.
- Tirant d’eau moyen........................ 5m,64
- Déplacement............................... 3 650 tonnes.
- Coque. — Coque en acier; compartiments étanches. Éperon très robuste. Deux mâts, une cheminée centrale.
- 254
- 152 '
- Fig. 186. — Naniwa-Kcin.
- Protection. — Pont blindé, endos de tortue,de 50 millimètres dans la partie horizontale située, dans l’axe, à 0'11,305 au-dessus de la flottaison et 76 millimètres
- (T) Sur Yldzumo et Ylwate, le tube aérien est supprimé.
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- dans les parties inclinées qui descendent en abord jusqu’à lm,22 au-dessous de la flottaison.
- Blockhaus protégé à 50 millimètres.
- Machines. — Machines horizontales, d’une puissance de 7 235 chevaux, donnant une vitesse de 18:1;72. Deux hélices. Pour le Takatchiho, la puissance est de 7 120 chevaux et la vitesse 4 8",77.
- Dix chaudières cylindriques en deux compartiments.
- Approvisionnement de charbon de 350 tonnes, pouvant être porté à 800.
- Armement. — 2 canons de 254 millimètres, dans l’axe, un à chaque extrémité, en barbettes, à manœuvre hydraulique, avec champ de tir de 240°.
- 6 canons de 132 millimètres, tir rapide, par le travers en encorbellement;
- 6 canons de 47 millimètres, à tir rapide ;
- Toutes ces pièces sont pourvues de masques en acier;
- 10 mitrailleuses ;
- 4 tubes lance-torpilles aériens;
- 350 hommes d’équipage.
- YOSHINO
- Construit à Elswick, par la maison xirmstrong, et lancé en 1892. Ressemble
- 120
- Fig. 187. — YO'Sltino,
- beaucoup au 0 de Julio et au 25 de, Mayo, construits également par xlrmstrong, mais il est plus grand et a un double fond.
- Dimensions :
- Longueur . . Largeur. . . Tirant d'eau. Déplacement
- 4 loO tonnes
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- Le Kasagi et le Chitose, lancés : le premier à Philadelphie, en 1898, le second à San Francisco, en 1899, sont des Yoshinos d’un déplacement un peu plus fort
- o-- O
- Fig. 188. — Takaaago.
- (4 900 tonnes); il en est de même pour le Takasago, construit à Elswik et dont le déplacement est de 4 250 tonnes.
- Coque. — La coque en acier est très cloisonnée et assez faible d’échantillon;
- Fig. 189. — Tcikasago.
- double fond; compartiments étanches. Deux mâts militaires; deux cheminées sur l’axe entre les mâts.
- Protection. — Le pont cuirassé en dos de tortue, a une épaisseur de 43 millimètres dans la partie horizontale et de 114 à 89 millimètres sur les pentes. Le
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- poste du commandant est très légèrement blindé à 102 millimètres. Ces blindages sont en acier.
- Machines. — Deux machines à triple expansion et quatre cylindres, développant ensemble 15 750 chevaux au tirage forcé, 10 320 au tirage naturel, actionnant chacune une hélice. Course du piston : 838 millimètres. Aux essais au
- Fig 190. — (’hitose, (pont blindé).
- tirage naturel, la vitesse a été de 2.1",6; elle s’élève à 23 noeuds avec le tirage forcé (1).
- Huil chaudières cylindriques pour le Yoshmo el le Takasago ; douze pour les deux autres.
- L’approvisionnement normal de charbon est de 350 tonnes, mais il peut être fortement augmenté.
- Armement. — 4 canons de 152 millimètres, à tir rapide, dont 2 dans l’axe, à l’avant et à l’arrière, avec champ de tir de 270°, et 2 en encorbellement, à l’avant, pouvant tirer en chasse directe et jusqu’à 60° en retraite, soit un angle total de tir de 150° :
- (1) Le Chitose aurait fait 23n,7 aux essais (Scient. American, 29 juillet 1899).
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- LES MARINES DE GUERRE MODERNES.
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- 8 canons de 120 millimètres, à tir rapide, dont 6 sur les flancs, avec champ de tir de 120°, et 2 à l’arrière, pouvant tirer en retraite et par le travers jusqu’à 135° à partir de la retraite directe;
- 22 canons de 47 millimètres, à tir rapide;
- o tubes lance-torpilles.
- Le bâtiment peut tirer :
- En chasse directe avec 3 canons de 132 millimètres, en retraite avec 1 canon de 152 millimètres et 2 de 120 millimètres;
- Par le travers avec 3 canons de 152 millimètres et 4 de 120 millimètres.
- Sur le Takasago, le Kasagi et le Chitose, l’artillerie est ainsi composée :
- 2 canons de 203 millimètres, à tir rapide (4 coups en 64 secondes) dans l’axe à l’avant et à l’arrière, protégés par des masques de 115 millimètres, avec champ de tir de 270° ;
- 10 canons de 120 millimètres, à tir rapide, sur le pont supérieur : 6 tirant par le travers, 2 par le travers et en retraite et 2 par le travers et en chasse; également avec masques.
- La petite artillerie comme sur le Yoshino.
- 350 à 400 hommes d’équipage.
- (d suivre.)
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- METALLURGIE
- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ALLIAGES CUIVRE-ALUMINIUM
- Note de M. Léon Guillet, présentée par M. Ditte (1)
- Les alliages cuivre-aluminium ont déjà été l’objet d’études très approfondies de la part de M. Le Chatelier (2).
- J’ai pensé, qu’en appliquant à ces alliages la méthode que j’ai décrite pour ceux de tungstène et d'aluminium et pour ceux de molybdène et d’aluminium, je pourrais isoler les combinaisons des métaux cuivre-aluminium prévues par la courbe de fusibilité et par les recherches métallographiques. La présente Note a pour objet les résultats de ces recherches.
- Je suis parti d'oxyde de cuivre chimiquement pur, que j’ai préparé en traitant du cuivre électrolytique par l'acide azotique et en calcinant l'azotate obtenu.
- Toutes les expériences ont été faites sur 500sr de matière, à l’exception toutefois de celles très riches en aluminium, qui sont beaucoup moins violentes que les premières, et dans lesquelles j’ai agi sur 3k» de mélange.
- J’ai toujours utilisé Al en grains scindés entre les tamis 25 et 30 : il est impossible, par suite delà violence de la réaction, d'utiliser Al en poudre. Voici les résultats auxquels je suis arrivé :
- 1° La limite d’inilammation a lieu pour la réaction correspondant théoriquement au composé Cu AT" ;
- 2° L'expérience correspondant à la formation théorique de Cu donne un culot qui n'est pas attaqué par II Cl étendu et ne correspond qu’à 93, 49 pour 100 Cu ;
- 3° Tous les culots compris entre les expériences qui donneraient théoriquement Cu et Cu5 Al sont, de couleur or; ils ne sont pas attaqués par IICl étendu et ne semblent formés que de Cu + la combinaison Cm* Al;
- 4° Les culots des expériences correspondant à la formation théorique Cm1-Al et Cu3Al laissent dans HCl étendu un résidu très nettement cristallisé, qui correspond à la formule Cu3 Al. Ce composé est un de ceux prévus par les recherches de M. Le Chatelier.
- L’analyse faite par voie électrolytique a donné :
- Cu : 87,11: 87,63; 87,73. En théorie : 87,35
- 5° Les culots correspondant à, la formation théorique de Cu2Al CuAl traités par IICl étendu laissent un résidu très bien cristallisé. Si l’on attaque ce résidu par l'acide azotique concentré, on obtient, en très petite quantité (2 à 3 pour 100). une poudre noire insoluble dans cet acide et dans l’eau régale.. Cette poudre a un aspect cristallin très net au microscope et semble être un siliciure d’aluminium et de cuivre très riche en silicium (73 pour 100). Quant à la partie soluble dans l'acide azotique, elle correspond au composé CuAl.
- On trouve ce produit sous forme de petits cristaux dans les culots: mais ils sont très difficiles à isoler. Ce doit être la combinaison qu’a indiquée M. Le Chatelier dans son étude micrographique des alliages cuivre-aluminium, et qu’il donnait comme voisine de Cu AL
- 6° Les culots donnés par les expériences qui conduisaient aux composés Al- Cu et Al3 Cu sont entièrement cristallisés. On y trouve, à l'intérieur de grands alvéoles, de magnifiques cristaux eu aiguilles, qui atteignent jusqu’à 2cm et 3cm de longueur. Ces cristaux peuvent être aisément séparés
- (1) Comptes rendus de l’Academie des Sciences, 28 octobre 1901, p. CSL
- (2) Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, avril 1893, juin 1899, sep-
- tembre 1900.
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- CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES ALLIAGES CUIVRE-ALUMINIUM.
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- <-le la masse, mais ils sont Ion jours recouverts d'aluminium. C'est l’expérience correspondant à la turmation théorique de Cu ;A1 qui donne les meilleurs résultats. Comme ils sont attaqués par II Cl et K OH étendus. <>n ne peut les avoir purs qu'en opérant comme il suit: on les traite par l'acide azotique concentré et bouillant: l'aluminium s'y dissout très lentement et l'on voit très nettement le moment précis où commence l'attaque des cristaux: on arrête alors l'action de l'acide. Ces cristaux correspondent à la formule Al-Cu.
- Ces cristaux se présentent également sous forme de grandes lamelles qu'il est, en général, fort diflieile de séparer de la masse. Ces lann-lles rappellent absolument par leurs dispositions les microphotographies de l'alliage Al-Cu données par M. Le ('.batelier I .
- Si, d autre part, on broie tries finement la masse du culot contenant ces cristaux, et si on la traite, comme je l'ai dit. par l'acide azotique, on obtient la même combinaison AU2 Cu. en poudre cristalline.
- Les culots obtenus dans les expériences correspondant à AU Cu ne sont formés que par le composé AI-Cu + Al en excès plu> ou moins grand.
- Je résumerai mes reelie cbes dans le tableau suivant :
- Exaé rien vos correspondant
- à la Composition ( omposii ion
- lérrnation tliuuriijue de du culot brut. du résidu dans II Cl étendu.
- Cu Cu d:;.:;:; Cu = Obéi:!
- CiUAU Cu r 00,54 Cu = 00.dt)
- Cu-' Al Cu =- SS.Üt Cu = SS,dé
- Cm Al Cu . ST.02 Cil — TT.od | Compose Cu;; AI.
- Cu:i Al Cu Sti.O 5- Cu -- ST. 11
- CiU Al Cu : • : OS, i b Cil = 00.02 ) Composé' Cu Al
- Cu Ai Cu — Od.SO Cu = OS. 00 ) -r silieiure d'aluminium
- Cu Al- eu c- :;:c;!2 Cu —- Ü5.0 5 J Composé Ai- Cu.
- Cu Al- Cu 5-0..'4 Cu d 5.-2 5
- Cu Al; ( ii lut ine 1 < d'alumine et ne puuvanl être trié.
- En résumé, en appliquait! à l'oxyde de cuivre la méthode que j'ai indiquée pour les acides tungstique et molybdique. j'ai pu isoler les trois combinaisons qui ont été signalées dans les éludes de M. Le Cliafelier et qui correspondent aux formules Cu:Àl, CuAl. Al-Cu. la combinaison CuAl étant obtenue mélangée avec 2 à 3 pour 100 d’un siliciure de cuivre et d’aluminium.
- A, Huile/in de la Huciélc <VEneourageineiil. septembre lttOü.
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- CHIMIE
- SUR UNE NOUVELLE MÉTHODE DE MANIPULATION DES GAZ LIQUÉFIÉS EN TUBES SCELLÉS.
- Note de M. Henri Moissan (1).
- Depuis quelques années, nous avons eu l’occasion de faire un assez grand nombre de iéac-tions au moyen de gaz liquéfiés, et nous pensons qu’il est utile d’indiquer quelques-unes des précautions que nécessitent ces expériences.
- On sait que la question de la liquéfaction des gaz, dont l’étude a été reprise à partir des importantes recherches de notre confrère M. Cailletet, est entrée aujourd’hui dans une voie véritablement industrielle.
- Nous manions maintenant avec facilité l’acide carbonique solide et l’air liquide; il est vraisemblable que, dans peu de temps, les belles expériences de M. Dewar sur la liquéfaction de l’hydrogène pourront être réalisées dans la plupart des laboratoires. Il nous sera possible de parcourir ainsi une gamme de températures très étendue, depuis la température du four électrique, 3o00o, jusqu’à celle de l’ébullition de l’nydrogène liquide, — 225°.
- Lorsque nous avons exécuté, en collaboration avec M. Dewar, dans le beau laboratoire delà Royal Institution, nos recherches sur la liquéfaction du tluor, nous avons utilisé couramment, pour l’obtention des températures de — 80°, l’évaporation lente d’un mélange d’acide carbonique solide dans l’alcool éthylique (2).
- Voulant appliquer ce procédé aux nombreuses manipulations d’un laboratoire de chimie, nous avons cherché tout d’abord quel élait le liquide qui nous permettait de dissoudre l’acide carbonique solide en plus grande quantité et, par conséquent, d’obtenir'un froid plus intense. Nous indiquerons rapidement quelques-unes des expériences qui ont été faites à ce sujet. Le mélange d’acide carbonique solide et de liquide était placé dans un vase à espace annulaire vide d’air pour que la perte par rayonnement fût aussi petite que possible. Pour activer l’évaporation, on faisait traverser le mélange par un courant d’air rapide. Ce gaz avait été séché au préalable par son passage dans deux grands flacons de dix litres, dont le premier contenait des fragments de ponce imbibés d’acide sulfurique et le second de gros morceaux de chlorure de calcium poreux. En employant l’air à la température ordinaire du laboratoire, c’est-à-dire à — 18°, on obtient avec alcool éthylique et l’alcool méthylique une température constante de de — 85°.
- (1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 11 novembre 1901, p. 768.
- (2) On sait depuis longtemps que, d’après les indications de Faraday ot de Thilorier, on peut employer un mélange d’éther et d’acide carbonique solide pour obtenir ces basses températures. Cette manipulation n’est devenue pratique dans les laboratoires que depuis la préparation industrielle de l’acide carbonique liquide. En 1888, MM. Cailletet et Colardeau ont publié dans nos Comptes rendus une Note sur l’étude des mélanges réfrigérants obtenus avec l’acide carbonique solide et ils,ont atteint les températures suivantes : éther éthylique, — 77°; chlorure de méthyle, — 82°; acide sulfureux,— 82°; éther acétamylique, — 78°; trichlorure de phosphore, — 76°; alcool absolu, — 72°, et liqueur des Hollandais, — 60°. En faisant le vide sur ces mélanges, ainsi que Faraday l’avait conseillé, ils ont obtenu avec le chlorure de méthyle une température de — 100°.
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- SUR UNE NOUVELLE MÉTHODE DE MANIPULATION DES GAZ LIQUÉFIÉS. 653
- Avec l’acide carbonique solide et le chlorure de mélhyle ou bien l’aldéhyde éthylique, la température s’abaisse à — 90°. L’éther acétique saturé d’acide carbonique solide, avec lequel il paraît former une combinaison, descend à— 95°. Enfin, l’acétone, qui dissout une quantité d’anhydride beaucoup plus grande, prend une température de — 98°.
- Pour cette raison, nous donnons toujours, dans le laboratoire, la préférence au mélange d’acétone et d’anhydride carbonique.
- Lorsque l’on a besoin d’atteindre une température plus basse, on peut l’obtenir facilement en refroidissant l’air sec qui active l’évaporation du mélange réfrigérant. Pour cela, on fait passer cet air dans un serpentin métallique au milieu d’un premier mélange d’acétone et d’anhydride carbonique maintenu à la température de — 80°. L’air froid, arrivant alors dans le second mélange d’acétone et d'anhydride en excès, peut abaisser sa température jusqu’à — 110°.
- Pour les températures plus basses, il faut employer l’air liquide, ou miejix l’oxygène liquide. On obtient ainsi, et d’une façon constante, une température de — 182°,5. S’il était besoin de températures moins élevées on peut utiliser l’ébullition de l’oxvgène ou celle de l’air liquide sous pression réduite.
- Lorsque l’on veut faire réagir un gaz liquéfié sur un solide, on peut utiliser la pression qu’il fournit à la température ordinaire si son point critique est assez élevé pour le maintenir liquide dans un tube de verre scellé.
- La difficulté consiste seulement à sceller le tube contenant le gaz liquéfié. Pour tourner cette difficulté, il suffît de refroidir le tube suffisamment pour faire passer tout le corps liquide à l’état solide. Dans ces nouvelles conditions, on peut faire le vide dans le tube contenant le gaz solidifié au moyen d’une trompe à mercure et sceller ensuite le verre avec facilité. Avec quelque habitude et en laissant une épaisseur de verre assez grande dans la partie effilée, on obtient des tubes pouvant résister à des pressions de 200atm à 300atm.
- Pour ces expériences, nous employons couramment des tubes en cristal de 10mm de diamètre extérieur et de 6mm de diamètre intérieur. Nous avons maintenu dans ces tubes, pendant des années, soit de l’ammoniac, soit du chlore, soit de l’hydrogène sulfuré liquides.
- Si les pressions doivent être plus fortes, nous utilisons des tubes de 7miu de diamètre extérieur et de 3mm de diamètre intérieur. Nous conservons dans de semblables tubes scellés et dans les mêmes conditions, de l’acétylène liquide et de l’acide iodhydrique liquide. Cette méthode s’applique très bien dans le laboratoire à la conservation des gaz secs et purs.
- Enfin, lorsque la pression doit s’élever jusqu’à 300atm, nous employons des tubes n’ayant plus que lmm,o de diamètre intérieur et Glum de diamètre extérieur.
- Nous rappellerons à ce sujet les expériences que nous avons faites sur le sulfammonium, sur faction de l’iode en présence de l’ammoniac, ou sur l’action de l’acétylène liquide sur les métaux alcalins.
- Lorsque l’on solidifie de l’acétylène, on remarque que ce corps prend très facilement l’état cristallin. Sorti du tube de verre, cet acétylène solide peut être allumé en un point, et il brûle alors avec une flamme fuligineuse comme un morceau de camphre ou de benzine solide.
- C’est en appliquant ces méthodes que, dans notre laboratoire, M. Defacqz a pu étudier l’action de l’acide iodhydrique liquide sur certains chlorures métalliques, et que M. Lebeau a pu poursuivre ses recherches sur l’action des métaux alcalins en présence de l’hydrogène arsénié liquide.
- Lorsque l’expérience est terminée, l’étude des produits de la réaction est très facile. 11 suffit de refroidir le tube pour solidifier tous les gaz qui s’y trouvent et de disposer l’extrémité effilée du tube en communication avec une pompe ou une trompe à mercure. On casse ensuite la pointe de verre du tube scellé, puis, en laissant lentement s’élever la température de l’appareil, on peut fractionner les différents corps gazeux et liquides qui se sont produits. Les corps non volatils à la température ordinaire restent au fond du tube. Avant de casser la pointe du tube refroidi, il est utile de s’assurer par une expérience préliminaire que tous les gaz sont solidifiés.
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- CHIMIE.
- NOVEMBRE 1901.
- Certaines précautions doivent toujours être prises dans ces expériences; en particulier, on doit avoir des gaz aussi purs que possible et, surtout, il faut éviter toute trace d’humidité. Nous ajouterons que toutes les réactions dans lesquelles l’hydrogène peut être mis en liberté ne peuvent pas être étudiées par cette méthode. La pression à l’intérieur du tube de verre devient trop forte et les tubes éclatent. Enfin, si l’on évitait l’explosion, il faudrait pousser le refroidissement, dans ce cas, jusqu’à la solidification de l’hydrogène, ce qui actuellement est assez difficile.
- Du reste, dans ces conditions, la réalisation de ces expériences dans le verre devient à peu près impossible. En effet, lorsqu'on soumet un tube de cristal à la température d’ébullition de l’oxygène, il se trempe et se brise souvent en revenant à la température ordinaire. Cette propriété complique singulièrement les expériences entreprises au-dessous de — 200°. On peut éviter en partie cette difficulté en laissant les tubes revenir très lentement à la température ordinaire et en les maintenant pendant plusieurs heures à des températures intermédiaires de — 110° et de — 30°.
- Nous ferons remarquer, en terminant cette Note, que ces manipulations sont toujours dangereuses et que l’on doit prendre degrandes précautions dans le maniement des tubes de verre renfermant des gaz et des liquides sous des pressions élevées.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- 'essais pour déterminer la variation de la résistance a la traction et de l’allongement DE RUPTURE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE, d’après J7. C. Bac/i.
- M. C. Bach a publié (1) la suite des résultats d’essais que nous avons donnés dans le numéro de mars 1901 du Bulletin (p. 398;. Ces nouveaux essais ont porté sur du bronze dont la composition était la suivante :
- 87 cuivre: 8.7 étain: 4,3 zinc.
- Ce bronze essayé à la température de 2(U a donné les résultats consignés dans le tableau 1.
- TABLEAU I
- désignation. gu brun ze. i i uni ma: d SKCT10X - <('-4 I.OXCUKl'R Oe la partie cylindrique du diamètre d CIIA DE ut: /' RUE LUCRE 1‘ d- 1 ATT.ONGEMKNT de rupture sur 2<t0 mm. x ; X \
- ,„> cnO mm ksn-arei..* p. ino p. !(,n
- ' Sch B c a iM.iO 3.1 t 220 7 300 2 3 11 12.8 iiv:
- - 7 a •2.110 3.1 i 220 7 770 2 473 13.3 10.2
- — S a 2-.00 3,14 220 7 320 2 393 12,7 18,8 1 !
- — 9 a 2.00 3,14 220 7 8 10 2 497 20.3 20.7 : f
- — 10 a 2.00 3.11 220 7 070 2 4 13 14.8 17.2
- Moyknxks 2 431 13.2 17,1 | i
- La détermination de la striction est incertaine en raison des irrégularités de la cassure.
- l/analyse de douze échantillons a donné :
- Cuivre...............83.90 à 87.00 p. 100
- Étain................ 8.78 à 9.7,7 —
- Zinc................. 3.01 à 4.00 —
- T Zeitschrift des Vereiues deulsuher fiu/enieure, 19 octobre 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1901.
- A) ESSAIS DES BARRETTES 2 A 4 A LA TEMTÉRATURE ORDINAIRE.
- Les barrettes 1
- = 3cm2,17; la barrette n° 4 avait un diamètre de 2cm7003 et une section de 3cni2716 ; la longueur d’essai était, pour les quatre barrettes, de 15 centimètres. Les essais-ont été faits en appliquant aux barrettes des efforts variables modifiés toutes les 2 minutes, jusqu’à ce que les allongements totaux permanents et élastiques fussent constants.
- Barrette n° 1.
- à 3 avaient la môme section cylindrique médiane f-X2,012i'
- Ie
- Température de 21°, 4 à 21°,5.
- Charges extrêmes en kg.
- Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm. Différence entre les.
- allongements
- totale. kg. par cm- totale. permanente. élastique. permanents.
- 500 et 1 000 157,7 et 315,5 2,51 0,00 2,51 2.51
- 500 et 1500 157.7 et 473,2 5,05 0,03 5,02 2,57
- 500 et 2 000 157,7 et 630,9 7,88 0,29 7,59
- 500 et 2 500 157,7 et 788,6 11,33 2“ ESSAI Température de 22°,3 ; 1,10 r 22°,6. 10,23
- Charges extr< "mies en kg. Allongement sur 15 cm. en 1 /1000 de cm. Différence entre les
- Il allongements
- totale. kg. par cm2 totale. permanente. élastique. permanents. 2,59
- 500 et 1 000 157,7 et 315,5 2,59 0,00 2.59 2.57
- 500 et 1 500 157,7 et 473,2 5.16 0,00 5.16 2.56
- 500 et 2 000 157,7 et 630,9 7,72 0,00 7,72 2,53
- 500 et 2 500 157,7 et 788,6 10,30 0,05 . 10,25
- Les allongements élastiques consécutifs du deuxième essai, ont donné comme valeur moyenne :
- 2,59 + 2,57 + 2.56 + 2,53
- 2,56,
- d’où un coefficient d’allongement de :
- 2,56
- 1
- 1 600 X 15 X 157,7 92-1 000.
- La suite de l’essai à la traction a donné les résultats suivants :
- Résistance à la traction 'R).................................................. 2 705 kg. par cru2
- Allongement de rupture sur 200 millim. (mesuré après rupture) (A.............. 22 p. 100
- Contraction (S................................................................ 26,8 p. 100
- Coefficient d'énergie, ou travail mécanique que la barrette absorbe jusqu'au moment où la charge maximum est appliquée; correspondant à faire 11 B C D (fig. 1), rapporté au centimètre cube de la masse primitive de la barrette (.r). 4ks,69 par cm-
- Coefficient d’énergie (.r)
- Résistance de rupture à la traction (R) x allongement de rupture A par centimètre
- 4,69
- ““ 2 705 X'0 00022 = °-'9'
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU RRONzE AVEC LA TEMPÉRATURE. 657
- 6
- Allongement de 33 mm. sur 1. = 150 mm.
- Barrette n'
- 1er ESSAI
- Température de 19°,5 à 20°,0.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm. Différence entre'les
- totale. kg. par cm- totale. permanente. élastique. permanents.
- 2,36
- 500 et 1 000 137,7 et 315,5 2,46 0,10 2,36 2,48
- 500 et 1500 157,7 et 473,2 5,09 0,25 4,84
- 2,67
- 500 et 2 000 157,7 et 630,9 8,12 0,61 7,51 2,36
- 300 et 2 300 157,7 et 788,6 11,53 1,48 10,07
- 2e ESSAI
- Température de 22°,2 à 22°,9.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm. Différence entre le:
- totale. kg. par cm2 totale. permanente. élastique. a 11 o n g cmciits permanents. 2,52
- 500 et 1000 157.7 et 315,5 2,52 0,00 2,52
- 2,32
- 500 et 1 500 137.7 et 473,2 5,04 0,00 3,04 2,54
- 300 et 2 000 157,7 et 630,9 7,59 0,01 7,58 2,51
- 500 et 2 300 157,7 et 788,6 10,15 0,06 10,09
- Allongement élastique moyen :
- 2,32 + 2, 52 + 2,54 + 2, 51
- coefficient d’allonaement : 4
- 2,33 1
- 1 000 X 15 X loi,7 93.''» 000
- Tome 101. — 2° semestre. — ISovembre 1901. 44
- Résistance à la traction 2 705 kg. par
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- 658
- NOTES DE MÉCANIQUE
- NOVEMBRE 1901.
- La suite de l’essai à la traction a donné les valeurs suivantes :
- R. . ............................................................. 2 432 kg. par cm2
- A.........................................................'. . . . 15,6 p. 100
- S................................................................. 21,1 —
- correspondent à Taire A B C D -fig. 2 et rapporté au cm3 de la masse primitive de la barrette.................................. 3k?,07 par cm3
- R X A (par centimètre de longueur, en mètres)
- 1 3
- Fig. 2.
- Barrette n° 3.
- '1er ESSAI
- Température de 20°,8.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm. Différence entre les
- totale. kg. par cm-
- totale. permanente. élastique. permanents 2,71
- 500 et 1 000 157,7 et 3iô,5 2,71 0,00 2,71
- 2,71
- 500 et 1 500 157,7 et 473,2 5,42 0,00 5,42
- 2,70
- 500 et 2 000 157,7 et 630,9 8,12 0,00 8,12 2,71
- 500 et 2 500 157,7 et 788,6 10,86 0,03 10,83
- 2e ESSAI
- Température de 20 °,0.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm. Différence entre les allongements
- totale. kg. par cm2 totale. permanente. élastique. permanents 2,57
- 500 et 1 000 158,2 et 316,5 2,61 0,04 2.57
- 2.64
- 500 et 1 500 158,2 et 474,7 5,49 0,28 5,21 2,71
- 500 et 2 000 158,2 et 632,9 8,55 0,63 7,92
- 500 et 2 500 158,2 et 791,1 12,15 1,50 10,65 2,7o
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE.
- 659
- Cette barrette confirme le fait, constaté déjà dans les essais antérieurs sur du bronze, que, tandis que, dans le premier essai, les allongements croissent plus rapidement que les tensions, dans le deuxième, c’est-à-dire après que la charge a été appliquée déjà ils leur sont proportionnels.
- Allongement élastique moyen :
- 2,71 + 2,71 + 2,70 + 2,71 _
- 4 ’ ?
- Coefficient d’allongement :
- ______2,71 __ __ 1
- 1 000 X 15 X 157,7 872 900'
- R.................................................................. 2 372 kg. par cm'2
- A....................................................................... 13,9 p. 100
- S....................................................................... 21,1 —
- x correspondent à l’aire A B G D (fig. 3) et rapporté au cm3 de la
- masse primitive de la barrette...................................... 3ke,07 par cm3
- Rapport :
- X
- R X A (par centimètre de longueur, en mètres)
- ê
- Allongement de 2imm,0 sur 1 = 150 mm.
- Barrette n° 4.
- 1er ESSAI
- Température de 20°,8 à 21°,0.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1/1000 de cm
- totale. kg.par cm2 totale. permanente. élastique,
- 300 et 1 000 158,2 et 316,5 2,69 0,00 2,69
- 500 et 1 500 158,2 et 174,7 5,38 0,00 5,38
- 300 et 2 000 138.2 et 632,9 8,04 0,00 8.04
- 500 et 2 500 138,2 et 791,1 10.76 0,04 10.72
- Dilïérence entre les allongements permanents.
- 2,69
- 2,69
- 2,66
- 2,68
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- 660
- NOTES DE MÉCANIQUE
- NOVEMBRE 1901.
- 2e ESSAI
- Température de 20°,0 à 20°,3.
- Charges extrêmes en kg. Allongement sur 15 cm. en 1 /1000 de cm. Différence entre les-allongements permanents.
- totale. kg. par cm- totale. permanente. élastique.
- 500 et 1 000 157,7 et 315,5 2,59 0,02 2,57 2,57
- 2.6f
- 500 et 1 500 157,7 et 473,2 5,38 0,17 5,21 2,80
- 500 et 2 000 157,7 et 630,9 8,54 0,53 8,01
- 2,81
- 500 et 2 500 157,7 et 788.6 12,73 1,91 10,82
- Allongement élastique moyen :
- 2,69 + 2,69 + 2,66 + 2,68
- 2,68
- Coefficient d’allongement :
- 2,68
- 1
- 1 000 X 15 X 158,2 835 400
- Résistance à la traction (R'.................................. 2 456 kg. par cm2
- Allongement de rupture sur 200 millim. (mesuré après rupture) (A)..................................................... 16 p. 100
- Striction (S)................................................. 16,1 p. 100
- Coefficient d’énergie, correspondant à faire AB C D (fig. 4) (x). . 3ks,28 par cm3
- R X A (par centimètre de longueur en mètres)
- (g
- Allongement de 25,0 mm. sur 1^=150 mm.
- Fig. 4.
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE. 661
- Les moyennes des résultats des quatre éprouvettes sont les suivantes :
- Coefficient d’allongement
- 1
- 914 000 _r 935 000 + 872 900 1 885 400
- 904 000
- n, T). . . , . 2 705 + 2 432 + 2 372 + 2 250
- ;K; Résistance a la traction : -------------^-------------- = 2 491 kg. par cm2;
- . , , 22,0 + 15.6 + 15,9 + 1G.0
- [Aj Allongement de rupture : --------------,----------= 17,4 p. 100:
- Striction :
- 26,8 + 21,1 + 21,1 + 16,1
- = 21,3 p. 100;
- (.rî Coefficient d'énergie : +,69 + 3,0i—, T—3k«,52 par cm3:
- R X A (par centimètre de longueur, en mètres)
- 0,81.
- La barrette n° 1 était donc supérieure à tous les points de vue aux trois autres. Le bronze essayé précédemment (Bulletin de mars 1901, p. 395) avait donné les résultats suivants :
- Coefficient d'allongement
- Résistance à la traction. Allongement de rupture.
- Striction................
- Coefficient d'énergie. . .
- 1
- 967 000
- 2 395 kg par cm2 36,3 p. 100 52,1 —
- 6^,90 par cm3
- B) Essais des barrettes nos 5 à 8 et 42 à 47 à la température de i 00°.
- Ces barrettes étaient immergées, pendant l’essai, dans un bain de palmine à température assez élevée pour qu’on pût supposer que la température de la barrette atteindrait au moment voulu 100°. En agitant le bain, on obtenait une température presque identique en haut et en bas.
- Le four à réchauffer les barrettes est représenté en figures 5 à 6; ainsi qu’on le voit, il est placé dans une machine à essayer verticale.
- Les résultats d’essai, ainsi que le montre le tableau III, sont, en ce qui concerne la résistance à la traction et l’allongement de rupture, de beaucoup inférieurs à ceux donnés par les tableaux I et IL Comme d’après l’expérience acquise lorsque les métaux sont identiques, on ne peut s’attendre à une diminution notable de la résistance à la traction à 100°, et comme, d’autre part, on a souvent observé, dans le cas du bronze, que des pièces d’un même bronze, auxquelles on attribue une même composition, montrent des écarts considérables au point de vue de leur résistance, on a fait des essais sur d’autres barrettes à 100°; les résultats en sont consignés au tableau IV.
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- 662
- NOTES DE MÉCANIQUE
- NOVEMBRE 1901.
- Ils diffèrent considérablement des essais du tableau III, et correspondent "plutôt à ceux auxquels on pouvait s’attendre après les essais des tableaux I et II.
- Four à réchauffer les barrettes d’essai
- Fig. o et 0
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-
- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE. 663
- TABLEAU III 100».
- DÉSIGNATION. des éprouvettes. UlUI ÊTRE d SECTION 1t "i d' LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA DE RD P RGE PTURE P : d-4 ALLONGEMENT de rupture de 200 mm. STRICTION.
- cm cm- mm kg kg par cm - p. 100 p. 100
- Sch B 5 2,00 3,14 220 5 820. 1 834 11,6 13,4
- — 6 2,00 3,14 220 3 900 1 879 11,5 12,4
- - 7 2,005 3,16 220 6 810 2 155 14,9 17,7
- — 8 2,005 3,16 220 6 870 2 174 16,8 19,3
- — 43 2,00 3,14 220 6 710 2 137 13,1 16,2
- Moyennes 2 040 13,6 15,8
- TABLEAU IV
- 100°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTION - d* 4 LONGUEUR de la partie cylindrique dediamètre d, CHA DE RU P RGrE PTURE 77T ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICTION.
- cm cm2 mm kg kg par cm2 p. 100 p. 100
- Sch B 44 2,005 3,16 220 7 580 2 399 17,5 17,7
- — 45 2,005 3,16 220 8330 2 636 23,5 22.2
- — 46 2,005 3,16 220 7 840 2 481 20,0 21,2
- — 47 2,00 3,14 220 7510 2392 19,2 18,8
- Moyennes 2 477 20,1 20,0
- G) Essais des barrettes ??os 9 à 12 et 39 à 42, à 200°.
- Les barrettes étaient plongées, comme précédemment, dans un bain de palminer Les résultats d’essais sont consignés au tableau Y. Les irrégularités que montrent ces chiffres, ainsi que les défauts des cassures ont rendu nécessaires de procéder aux essais d’autres barrettes, dont les résultats se trouvent au tableau \ I.
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- 664
- NOTES DE MÉCANIQUE
- NOVEMBRE 1001.
- TABLEAU V
- 200°.
- DÉSIGNATION. MA MÈTRE d SECTION TC — d~ 4 LONGUEUR. de la partie cylindrique de diamètre d CHA DE RU P RUE PTURE P:* 4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICITON.
- cm cm- mm kg kg par cm2 p. 100 p. 100
- Sch B 9 2,00 3,14 220 6120 1949 8,1 11,5
- — 10 2,005 3,16 220 7 380 2 335 14,0 15,9
- — 11 2,00 3,14 220 . 7 020 2236 20,2 23,2
- — 12 2,00 3,14 220 3 900 1879 12,5 13,4
- — . 40 2,00 3,14 220 6 080 1936 10,7 13,4
- Moyennes . 2 067 13,1 15,5
- TABLEAU VI 200°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTION TC - d2 4 LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA DK RL P RGE PTURK TT P : - d* 4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICTION
- cm cm2 mm kg kg par cm* p. 100 p, 100
- Sch B 39 2,00 3,14 220 7 240 2 306 15,0 15,3
- — 41 2,005 3,16 220 7 780 2 462 21,0 23,1
- — 42 2,00 3,14 220 7 460 2 376 17,7 18,8
- Moyennes 2 381 17,9 19,1
- D) Essais des barrettes nos i 3 à i 6 à 250°.
- Les résultats d’essais sont donnés par le tableau VII.
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE. 665
- TABLEAU VII
- 230°.
- DÉSIGNATION. DliMÈTRB d SECTION 4# LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA DE RC P RGE PTURE P : — d-4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICTION.
- cm cm- mm kg kg par cm- p. 100 p. 100
- Sch B 13 2,003 3,16 220 6 630 2 104 11,9 14,9
- — 14 2,003 3,16 220 6 120 2 127 12,2 14,9
- — 15 1,995 3,13 220 6 020 1 923 12.0 13,1
- — 16 2,00 3,14 220 6 180 1 968 12,3 13,4
- Moyennes. . . 2 031 12,1 14,1
- E) Essais des barrettes nos 17 à 20 à 300°.
- Les barrettes étaient immergées, pendant la durée de chaque essai, dans un bain composé par parties égales d’azotate de potasse et d’azotate de soude. En. agitant le liquide, on obtenait presque la même température en haut et en bas du bain. Les résultats sont consignés au tableau VIII.
- TABLEAU VIII 300°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTI0S îd* Î4 LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA Dlî RU - ' P RGE PTURE P : - d* 4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICTION.
- cm cm* min kg kg par cm2 p. 100 p. 100
- Sch B 17 2,00 3,14 220 4 950 1 316 7,4 8,6
- — 18 2,00 3,14 220 5 110 1 627 9,0 13,4
- — 19 2,00 3,14 220 5 040 1 603 5,1 6,7
- — 20 2,005 3,16 220 3 150 1 630 5,6 6,3
- Moyennes. . . 1 610 [6,8 8,8
- L’aspect des cassures présente beaucoup moins de variations que dans les essai précédents. Une barrette montre des fissures transversales que l’on a déjà observées dans les essais précédents à la température de 300°.
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- 666 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ NOVEMBRE 1901.
- F) Essais des barrettes nos 21 à 24 et 38 à 350'\
- Le bain était le même que le précédent. Les résultats sont les suivants :
- TABLEAU IX
- 350°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTION - d* 4 LONGUEUR do la partie cylindrique de diamètre d CH A DE RU1 P RGK 'TURK. P :-di 4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. Y O 2 •a
- cm cm- mm kg kgpar cm- p. 100 p. 100
- Sch B 21 2,00 3,14 220 3 720 1185 » ’>
- — 22 2,00 3.14 220 3 910 1243 2,8 1,9
- — 23 2,00 3,14 220 3 310 1118 2,1 1,9
- — 24 2,00 3,14 220 3 460 1102 1,6 1.0
- — 38 1,91 2,87 220 3 270 1139 1,4 1,0
- Moyennes. . . . 1158 2,0 1,5
- La cassure est lisse, correspondant à un allongement et à une striction faibles.
- G) Essais des barrettes nos 25 à 28 et 37 à 400°.
- Même bain que pour E. Les résultats sont donnés dans le tableau X. L’aspect de la cassure est encore plus lisse que dans le cas F.
- TABLEAU X 400°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTION t: - d* 4 LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA DE RU P RGE ’TURK P : - d-4 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. STRICTION.
- cm cm- nnn kg kg par cm- p. 100. p, 100.
- Sch B 25 2,00 3,14 220 3 150 1 003 0,9 0,6
- — 26 2,00 3,14 220 3 300 1031 •1,1 0,6
- — 27 2,00 3,14 220 3 800 1210 » »
- — 28 2,00 3,14 220 3 830 1 226 1.9
- — 37 2,005 3,16 220 3 390 1 073 » »
- Moyennes .... 1 113 15.2 1.0
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU BRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE. 667
- H) Essais des barrettes nos 29 à 32 à 420°.
- Même bain que pour E). Les résultats sont consignés dans le tableau XI. La striction n’était plus déterminée. L’allongement de rupture tombe à 0,5 p. 100 ; la surface des barrettes n’accuse plus aucune modification.
- TABLEAU NI 430°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SKCTÎO-V 77 - d2 l LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre ri CIIA DU RU P RGE PTURE 7t P : - (P 2 ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm. X O 5 eh :T.
- cm cm- mm kg kg par cmî p, 100J p, 100
- Sch B 29 s O O O cm" 3,16 220 2 800 886 " »
- — 30 2,00 3,14 220 2 610 831 0,3 0
- — 31 2,00 3,14 220 2 630 844 0,3 0
- — 32 2,00 3,14 220 2 390 761 0,4 0
- Moyennes 831 0,5 0
- I) Essais des barrettes nos 33 à 36 à 500°.
- Même bain que pour E). Les résultats d’essais sont donnés dans le tabl eau XII. Au sujet de l’aspect des barrettes, même observation que ci-dessus.
- TABLEAU XII 300°.
- DÉSIGNATION. DIAMÈTRE d SECTION - d2 4 LONGUEUR de la partie cylindrique de diamètre d CHA DE RU P RGE PTURE ALLONGEMENT de rupture sur 200 mm STRIATION.
- cm cm- mm kg kg par em! p. 100 p. 100
- Sch B 33 2,00 3,li 220 2 320 739 0,3 0
- — 34 2,00 3,14 220 2 330 748 0,3 0
- — 35 2,00 3,14 220 2130 678 » »
- — 36 2,00 3,14 220 1910 608 0,23 0
- Moyenne 693 0,3 0
- Dans la figure 7 on a porté en abscisses les températures et en ordonnées les valeurs moyennes des tableaux II, IV, VI, VIII, IX, X, XI et XII. Les valeurs moyennes des
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- 668
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1901.
- tableaux III et V sont indiqués par des points isolés sur des abscisses respectives correspondantes à 100° et 200°.
- Dans la figure 8 on a porté en ordonnées les allongements de rupture des tableaux
- des Températures
- Températures
- II, IV, VII, VIII, IX, X, XI et XII. Les valeurs moyennes des tableau III et V sont indiquées par des points isolés sur leurs abscisses respectives.
- 1) Analyse du bronze.
- Cette analyse est donnée par le tableau XIII,
- a) moyenne des tournures de toutes les barrettes ;
- b) tournures de la barrette......................................... 1 (tableau II)
- c) ~ - 3 ( - II)
- d) — — 22 ( — IX)
- «) - - 25 ( - X)
- f) - ~ 28 ( - X)
- g) — de l'une des extrémités de la barrette...............26 ( — X)
- h) — de l’autre extrémité de la barrette..................26 ( — X)
- /) — de l'une des extrémités de la barrette...............21 ( — X)
- j) ~ ~ - .............27 ( - X)
- k) tournures de la barrette.........................................41 ( — IV)
- l) — — ...................................... 47 ( — IV)
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- VARIATION DE LA RÉSISTANCE DU RRONZE AVEC LA TEMPÉRATURE. 669
- Les tournures k et l furent au préalable mélangées aussi intimement que possible le chimiste qui a fait l’analyse ignorait que k et l provenaient du même métal.
- TARLEAU XIII
- a b c d e f S h i j k 1
- Cuivre 86,67 86,30 86,45 86,35 86,35 86,25 86,63 86,30 85,90 85,93 86,92 87,00
- Étain 8,88 8,78 8,92 8,99 8,90 9,35 8,97 9,10 9.71 9,73 8.95 8,97
- Zinc 3,95 4,30 4,20 4,05 3,95 3,95 3,93 4,02 3,95 3,95 3,75 3,64
- Plomb 0,498 0,38 0,39 0,58 0,51 0,35 0,44 0,46 0,39 0,36 0,355 0.37
- Fer 0,036 0,05 0,05 0,09 0,08 0,06 0,05 0,07 0,06 0,05 0,055 0,05
- Phosphore . . . . 0,040 0,025 0,040 0,016 0,018 0,025 0,015 0,021 0,037 0,030 0,020 0,025
- Arsenic traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces
- Antimoine ....
- Soufre Etc.
- Récapitulation.
- Le bronze essayé qui, à la température ordinaire (tableau II), présentait :
- Une résistance à la traction It de..............................2 491 kg. par cm2
- Un allongement de rupture A de.................................. 17,4 p. 100
- Une striction S de.............................................. 21,3 —
- ne possède plus aux températures que :
- v VI VII VIII IX x XI XII
- 100" 200" 250° 300° 350" 400° 450° 500°
- R = 2 477 2 381 2 031 1 610 1 158 1 113 831 693 kg. par cm2
- A = 20,1 17,9 12,1 6,8 2,0 1,5 0,5 0,3 p. 100
- S = 20,0 19,1 19,1 8,8 1,5 1,0 0 0 —
- Si l’on désigne ces valeurs à la température ordinaire par 1, on obtient les rapports suivants :
- Résistance à la traction.
- 20o 100" 200° 250° 300" 350" 700° 450° 500" C.
- 2 491 2 477 2 381 3 031 1 610 1 158 1 113 831 690
- 1 0,99 0,96 0,81 0,65 0,46 0,45 0,33 0,28
- En d’autres termes, la résistance à la traction est, à 100°, presque la même qu'à la température ordinaire; à 200°, elle est diminuée de [4 p. 100, à 250° de 18 p. 100, à 300°; de 35 p. 100, à 350°; de 54 p. 100, à 400°; de 55 p. 100, à 450°; de 67 p. 100 et à 500° de 72 p. 100.
- Dans le cas du bronze précédemment essayé, on a trouvé les rapports suivants :
- 20» 100" 200» 300» 400» 500» C.
- 2 325 2 424 2 243 1 358 625 442
- 1 1,01 0,94 0,57 0,26 0,18
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- NOVEMBRE 1901.
- 670 NOTES DE MÉCANIQUE. ----
- Allongement de rupture.
- 20“ 100“ 200“ 250“ 300“ 350“ 400“ 450“ 500“ t
- 17,4 20,1 17,9 12,1 6,8 2,0 1,0 0,5 0,3
- 1 1,16 1,03 0,70 0,39 0,11 0,09 0,03 0,02
- L’accroissement considérable de l’allongement de rupture à 160°, ainsi que sa valeur grande à 200° devront être mis au compte des défauts du métal que l’on rencontre souvent dans les bronzes.
- Dans les essais précédents avec du bronze, on a trouvé :
- 20“ 100“ 200“ 300“ 400“ 500“ C.
- 36,3 33,4 34,7 11,5 0 0
- 1 0,98 0,96 0,32 0 0
- Striction.
- 20“ 100“ 200“ 250“ 300“ 350“ 400“ 450“ 500“ C.
- 21,3 20,0 19,1 14,1 8,8 1,0 1,0 0 0
- 1 0,94 0,90 0,66 0,41 0,07 0,05 0 0
- Dans le cas du bronze précédemment essayé, on a trouvé :
- 20“ 100“ 200“ 300“ 400“ 500“ C.
- 52,1 47,4 48,2 16,2 0 0
- 1 0,91 0,93 0,31 0 0
- La comparaison entre les diagrammes figures 7 et 8 et ceux que l’on a obtenus dans le cas du bronze auquel nous venons de faire allusion, montre la concordance de la chute des résistances à la traction et des allongements de rupture dès que l’on a dépassé 100° centigrades. Seulement dans le cas du bronze qui nous occupera chute est moins rapide, surtout pour l’allongement de rupture qui était, dans les essais précédents, à la température ordinaire, de 36,3 au lieu de 17,4 p. 100.
- Au sujet de l’emploi de ce bronze pour les boîtes de soupapes, les tuyaux, etc., on peut tirer les mêmes conclusions que dans le cas du bronze précédemment essayé. Ce métal doit être exclu partout où il pourrait se trouver au contact de la vapeur fortement surchauffée, et ne peut être recommandé pour de la vapeur même faiblemen t surchauffée.
- PONT ROULANT DE FONDERIE ACTIONNÉ PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Ce pont a été construit par la Elektrizitâts-Aktien- Gesellschaft, de Prague-Visot-chan, pour les aciéries de Prague, à Klodno. Dans la même fonderie, se trouvent, depuis plus d’un an, trois ponts roulants électriques fonctionnant sans inconvénient avec la même vitesse que celui qui est l’objet de cette notice (1).
- Les caractéristiques du pont sont les suivantes :
- Puissance...................................... 10 tonnes.
- Portée......................................... 11 mètres.
- Vitesse sous charge de 6 à 10 tonnes...........I2m,25 par minute.
- — de 3 tonnes................23 met. —
- Vitesse de translation du chariot..............45 — —
- — du pont...................................90 — —
- fl) Zeitschrift des Vereines deutsclien Ingenieure, 26 octobre 1901.
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- PONT ROULANT DE FONDERIE ACTIONNÉ PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- 671
- Le pont est actionné par un courant triphasé de 500 volts et de "23 périodes par seconde.
- Plate-forme. — La plate-forme est constituée par deux poutres en tôle de section en I (fig. 1 à 2). Pour les raidir dans le sens transversal, on a placé, du côté de la plateforme du mécanicien, une troisième poutre au milieu de laquelle on a disposé le moteur de translation du pont. Comme ce moteur actionne l’arbre longitudinal par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’une roue hélicoïdale, il se produit une pression sur les dents qui tend à fléchir latéralement la poutre auxiliaire. Pour combattre cette
- 1 et 2.
- tendance, on a prévu un raidissement; de plus, la possibilité du coinçage de la plateforme par suite de la répartition inégale de la charge sur les quatre galets de roulement est ainsi atténuée au possible.
- Pour abaisser autant que possible le centre de gravité, les poutres de la plateforme ne sont pas au-dessus de la caisse des engrenages, mais au même niveau, et les âmes de ces poutres sont prolongées jusqu’aux parois extérieures de la caisse auxquelles elles sont rivées. La caisse des engrenages est constituée par poutre en caisson de 700 millimètres de hauteur avec parois frontales closes. La poutre auxiliaire est posée contre ces parois. Les galets de la plate-forme ont 730 millimètres de diamètre ; ils sont en acier moulé.
- En supposant la charge utile égale à 6000 kilogrammes, le poids de la plate-forme à 3 000 kilogrammes et le poids propre des poutres à 140 kilogrammes par mètre courant,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1901.
- elles travaillent à 455 kilogrammes par centimètre carré. L’effort de cisaillement maximum est de 80 kilogrammes par centimètre carré.
- Le moteur est placé au milieu de la plate-forme de service et commande, par un pignon en acier forgé, la grande roue en fonte portée par l’arbre longitudinal; le pignon à un pas de 22 millimètres et 22 dents, la grande roue 71 dents de 75 millimètres de large.
- L’arbre longitudinal, de 65 millimètres de diamètre, porte à chacune de ses extrémités un pignon en acier à 14"dents de 150 millimètres de large, avec pas de 90 millimètres ; chacun d’eux engrène avec une couronne de 84 dents portée par les galets de roulement. Comme le'rapport de transmission est de 1 : 19,2, les galets font, à 720 tours par minute de l’arbre du moteur', 37,3 tours par minute, et comme, de plus, le diamètre des galets est de 756 millimètres, la vitesse de translation est de 88 mètres par minute. La pression exercée par chaque galet est, le contact entre galet et le rail ayant 60 millimètres de large, de 10 kilogrammes par centimètre carré. En supposant le coefficient du frottement de roulement égal à 0,08, celui du frottement de tourillon à 0,01, on obtient, avec un diamètre de tourillon de 70 millimètres, une résistance au mouvement de 195 kilogrammes environ. Pour le calcul, on a doublé cette valeur, afin de tenir compte du frottement de l’engrenage droit. On obtient, comme la puissance à développer par le moteur, 8 chevaux environ pour une charge de 6 tonnes. On a adopté un moteur de 10 chevaux.
- L’arbre est supporté par 4 paliers en forme de console avec coussinets de bronze tout près des pignons. Grâce àja disposition du moteur au milieu de la plate-forme, la torsion de l’arbre est répartie uniformément, de sorte qu’aucun galet ne peut devancer l’autre. On a ainsi évité le coinçage qui se produit dans les ponts roulants à disposition dissymétrique et à grande vitesse de translation.
- Le moteur et le mécanisme de translation sont représentés en fig. 3 à 5.'Au milieu de l’arbre, immédiatement après le grand engrenage de 71 dents, on a placé un disque de frein muni d’encoches en forme de coin dont l’angle est de 90°. Le ruban du frein est garni de pièces en bois articulées ; au milieu, il est divisé par une articulation que l’on peut régler facilement et raidir au moyen de deux vis. Les extrémités du ruban sont suspendues à deux leviers coudés, l’un pour le mouvement d’avant, l’autre pour le retour. L’armature du frein est formée d’un solénoïde à courant alternatif, dont les noyaux en u sont constitués par des tôles en fer isolées de 0mm,3 d’épaisseur. L’armature est suspendue par deux boulons'en bronze à la plaque supérieure de compression et reliée avec un amortisseur de course au-dessous de l’aimant. A la tension de 400 volts, et l’armature étant en son point le plus bas, l’aimant peut exercer un effort de traction de 30 kilogrammes en soulevant la pièce attirée de 50 millimètres. L’enroulement excitateur est monté en parallèle avec l’inducteur du moteur, de sorte que lorsqu’on l’intercale dans le circuit, le frein est desserré par le soulèvement de l’armature. Dès que le courant est coupé, l’armature retombe.
- Chariot. — Les figures 6 à 9 montrent que le chariot est peu encombrant et simple. Le moteur 'destiné à soulever la charge fait 360 tours par minute et développe 42 chevaux; le moteur de translation fait 720 tours et développe 10 chevaux. Les galets de roulement sont chargés uniformément par leur poids propre et celui à soulever. Les rapports de transmission son adaptés de façon que le tambour autour duquel s’enroule la chaîne supportant la charge soit très bas, pour combattre les mouvements de bascule, dangereux dans les ponts à grande vitesse.
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- PONT ROULANT DE FONDERIE ACTIONNÉ PAR L’ÉLECTRICITÉ.
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- Le mode de suspension de la charge à la chaîne est très important. Pour réduire le diamètre du tambour et obtenir une grande sécurité contre la rupture des chaînes, on suspend le plus souvent la charge à plusieurs brins de câbles ou de chaînes. Mais comme les flammes des poches à couler auraient pu brûler l’âme en chanvre du câble
- -£> -Q-
- C----
- 0 0-0
- Fig. 3 à 5. — Moteur de translation du pont.
- en fil de fer, on a préféré des chaînes calibrées. Pour tenir, de plus, compte de l’obliquité des brins de la chaîne qui se produit lorsqu’on manœuvre rapidement les charges, on a suspendu la chaîne de façon que les quatre brins soient uniformément chargés, même lorsque la charge est soulevée obliquement. On y est parvenu en enroulant les chaînes autour du tambour dans des rainures hélicoïdales à droite et à
- Tome 101. — 2e semestre. — Novembre 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1901.
- gauche, symétriquement par rapport à l’axe (fig. 8), et en les faisant passer, d’autre part, sur une poutre fixe portée par le chariot qui égalise automatiquement les tensions des différents brins de la chaîne (fig. 7).
- Hi)-\
- Fig. G et 7. — Chariot, élévation et plan.
- Les rapports de transmission pour la levée résultent des données suivantes:
- Le moteur fait 360 ou 720 tours par minute;
- La vis sans lin est à 3 filets, son pas est de 44mm,4;
- Roue hélicoïdale : 30 dents en bronze phosphoreux ;
- Pignon porté par l’arbre de la vis sans fin : 30 dents; pas 44,3, largeur 160 millimètres;
- Grand engrenage sur l’arbre du tambour : 66 dents ;
- Diamètre du tambour : 476 millimètres;
- Rapport de transmission des galets de chaînes : 1 :2 ;
- Il en résulte que la vitesse de soulèvement est de 244 millimètres par minute, lorsque le moteur fait 720 tours et que la charge est de 3 tonnes; cette vitesse est de 112 millimètres à 260 tours du moteur et pour une charge de 6 à 10 tonnes.
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- PONT ROULANT DE FONDERIE ACTIONNÉ PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- f 4 V*
- 0/ O
- L’engrenage hélicoïdal est enfermé dans une boite en fonte. La vis sans fin, en acier, est trempée et ajustée à la meule; de chaque côté, elle est munie de bagues de butée avec billes en acier. Les paliers de la vis sont à bague de graissage; ils contiennent 21 billes en acier de 13 millimètres de diamètre, et comme la pression, suivant l'axe est, â la charge de 10 tonnes, de 36k=,10 environ, chaque bille n’a à supporter que 130 kilogrammes.
- Sur l’arbre de la vis, on a disposé deux freins, dont l’un est électro-magnétique et dont l’autre constitue un frein de détresse pouvant être actionné par une pédale située dans la cabine du mécanicien.
- Le rendement total de l’appareil de levage est de 63 p. 100, ce qui, en supposant le rendement du moteur égal à 90 p. 100, exige une puissance de 37 chevaux. On a pris un moteur de 70 chevaux.
- En ce qui concerne le réglage du moteur on en a réglé la vitesse par le renverse-
- Schnilt C-D
- 8 et 9. — Chariot, vue par bout. Coupe transversale.
- ment des pôles. Le mécanicien peut , sans quitter son siège, modifier la vitesse en agissant sur un seul levier. Le moteur est construit pour Set 4 pôles; il fait, à 23 périodes par seconde, respectivement 373 et 730 tours, et avec 1 p. 100 de glissement 360 et 700 tours. Le fait que le moteur doit pouvoir développer la même puissance à 360 tours qu’à 720 a rendu son étude assez ardue. En général, il faut supposer que le rendement est le plus favorable à 540 tours, de sorte que le moteur fonctionnera avec un bon rendement, lorsque la charge est maxima, à 360 tours, et, lorsqu’elle est minima, à 720 tours.
- L’inverseur de pôles est couplé mécaniquement avec le démarreur, de sorte que les pôles ne sont renversés que lorsque le démarreur du moteur opérant la levée de la charge est au repos et que, par conséquent, ce moteur est déwatté.
- Pour la translation du chariot, on emploie un moteur spécial dont les rapports de transmission résultent des données suivantes :
- Vis sans fin en acier, pas 22mm,22, diamètre moyen 79mm,3;
- Roue hélicoïdale en bronze phosphoreux : 28 dents, largeur moyenne 60 millimètres;
- Roue dentée en acier moulé, portée par l’arbre de la roue hélicoïdale; pas = 25aim,S; 27 dents de 65 millimètres de large ;
- Roue dentée, en acier moulé, sur le deuxième arbre intermédiaire, pas = 25mm,8, 34 dents;
- Roue dentée, en acier moulé, sur l'arbre du galet de roulement, pas = 25mm,8, 42 dents;
- Galet de roulement, diamètre : 320 millimètres.
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- Il en résulte que la vitesse du chariot est de 49m,8 par minute. Comme le chariot pèse 5 tonnes et la charge 6 tonnes, la pression totale sur le galet est de 27k",o0 et la pression spécifique de 13kg',7 par centimètre carré. En supposant les mêmes valeurs que dans le cas de la carcasse du pont roulant, la résistance au mouvement sera,.
- Fig. 10 à 13. — Cabine du mécanicien.
- pour un diamètre de tourillon du galet de 60 millimètres, égale à 522 kilogramme» environ. En admettant un rendement, dès la première transmission par engrenages, de 97 p. 100 et celui de deuxième de 98 p. 100, la puissance du moteur sera de 7 et 6. On a pris un moteur de 10 chevaux.
- Les fig. 14 à 17 montrent les dispositifs de réglage placé dans la cabine du mécani-
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- LES OUTILS PNEUMATIQUES. 677
- cien. En tournant le dos aux démarreurs, il n’a devant lui que 3 leviers verticaux ; il actionne avec son pied gauche le frein de détresse.
- Rh+cstaî
- cfcfbb
- <55==»
- l
- Fig. IL — Schéma de la distribution.
- /
- La prise de courant est effectuée par un contact à galets et ressorts de 3 pôles. Le courant ‘est amené au moteur du chariot, par un contact à galets de 20 pôles.
- LES OUTILS PNEUMATIQUES D’APRÈS M. J. C. TClite.
- Nous avons souvent entretenu nos lecteurs des outils pneumatiques frappeurs, riveuses, perceuses, amenés, pour la plupart, d’Amérique, et qui commencent à se répandre chez nous; les figures ci-jointes, empruntées à une communication faite par M. J. C. Taite au Congrès des ingénieurs de l’exposition de Glasgow, montrent bien avec quelle facilité ces machines s’appliquent aux travaux les plus divers, principalement sur les chantiers de constructions navales et de montage des ponts.
- Le riveur à longue course de Boyer (1) permet de river sur les coques de navires des rivets de 40 millimètres de diamètre ; cet appareil, très puissant et relativement doux à la main, est monté sur une articulation sphérique qui lui permet de prendre toutes les directions ; sa distribution s’ouvre par une gâchette ou par une simple valve.
- Dans le type de riveuse représenté par la figure 1, le contre-coup du marteau est
- (1) Bulletin.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- reçu par une bouterolle à air comprimé, symétrique du frappeur, et appuyée sur la poutre en rivetage. Il est fréquemment employé dans le rivetage des coques de navires.
- La figure 4 représente l’application de ces appareils au rivetage et au perçage des entreponts de navires ; cet emploi exige des rivets plus longs que le rivetage à la main parce que les rivets posés mécaniquement remplissent complètement leurs trous.
- Les figures 2 et 3 montrent l’application aux travaux de ponts, où ils sont des plus précieux en raison de l’économie qu’ils procurent et de la facilité avec laquelle ils s’adaptent au montage grâce à leur extrême mobilité. Au Missouri and Kansas Ry, d’après M. Manning, deux hommes et un chauffeur posent, par journée de 10 heures,
- Fig. 1. Fig. 2.
- en moyenne 500 rivets au lieu de 250 avec trois hommes et un chauffeur dans le rivetage à la main ; on a même pu poser, en un jour, avec un seul riveur à air comprimé et un homme de plus pour enlever les boulons d’assemblage, etc., jusqu’à 700 rivets.Les rivets étaient mieux posés qu’à la main, les têtes mieux finies. Le prix des 500 rivets par jour revient à 8 fr. 20 le cent, au lieu de 18 fr. 25 à la main, et en marchant deux fois moins vite. M. Edinger emploie les outils pneumatiques pour le perçage des gros trous de boulons dans les maçonneries des ponts, à la Southern Pacific C°, avec une économie de 50 p. 100, comparée au perçage à la main; pour le perçage des poutres des charpentes, on arrive à une économie de 50 p. 100; l’économie au rivetage est de 35 p. 100 ; le prix des échafaudages est considérablement réduit, car il suffit de les faire pour deux hommes seulement. Au pont de Godaveri, dans l’Inde, M. Walton a employé simultanément le rivetage à la main et à la machine, avec de l’air comprimé
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- LES OUTILS PNEUMATIQUES.
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- à 7 kilogrammes dans un réservoir alimentant quatre machines, sans que la pression y baissât au-dessous de 5kg,6 ; en bonne marche, ces machines posaient, par jour, jusqu’à t 000 rivets de 25 millimètres, à un prix de revient trois fois moindre que le rive-
- Fig. 3.
- tage à la main. En Angleterre, le rivetage revient, par cent rivets, à 5 fr. 60 au lieu de 13 fr. 10 à la main, pour des rivets de 20 millimètres.
- Fig. 4.
- La figure 6 montre une ingénieuse disposition des perceuses à air comprimé, employées pour le perçage de longues poutres du ponts.
- La figure 7 représente un coupe-tubes de chaudières locomotives ; cet outil, emmanché à la place du foret sur la perceuse pneumatique, est pourvu d’un piston
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- poussé par l’air comprimé, et qui pousse un coin passé sous le bloc du coupe-tubes, ainsi pressé contre la paroi du tube à couper. On peut, avec cet outil, couper un tube en acier de 70 millimètres de diamètre en cinq secondes. On emploie fréquemment les outils pneumatiques pour le mandrinage des tubes, le perçage des entretoises, le taraudage de leurs trous, cette opération se faisant avec une économie de 175 francs par chaudière. Le rivetage des soles de wagons par les outils pneumatiques
- Fig. 3.
- donne une économie de 18 fr. 90 par wagon; dans les ateliers d’un chemin de fer français, on cite, comme travaux effectués par ces outils, le découpage, en un quart •d'heure, d’un trou de 405 millimètres de diamètre, sur une chaudière de locomotive,
- Fig. (i.
- en tôles de 11 millimètres, et le mandrinage de tubes de 45 millimètres en 27 secondes.
- Les outils pneumatiques s’emploient en chaudronnerie pour le rivetage, le matage et l’ébarbage, notamment pour certaines chaudières à tube d’eau, où l’on ne peut pas employer les riveuses hydrauliques; on les emploie aussi (fig. 9) pour le rivetage des grands réservoirs.
- Aux chantiers de construction de navires de Cramp, à Philadelphie, on emploie 236 perceuses pneumatiques, 75 riveuses de coques, 22 de ponts, 41 de poutres,
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- •l-U bouterolles, 390 frappeurs Boyer, 110 ébarbeuses; la longueur totale des tuyaux d’amenée de l’air comprimé est de 13 000 mètres, avec 132 connexions sur les chantiers et 394 sur les coques actuellement en construction. Le prix de revient y est, par rivet, de 13Cfcnt,20 au lieu de 23c£mt,5o à la main.
- Aux forges de Coltness, où l’on employait 90 ouvriers pour le dressage des fontes, on n’en emploie plus que 20 avec des outils pneumatiques et 23 manœuvres, qui seront, peu à peu, éliminés par des outils nouveaux.
- poinçonneuse iiydraulique Graves.
- Dans cette poinçonneuse construite par les Camden Iron Works, à Camden, New-Jersey, l’eau sous pression amenée (fig. 1) par le tuyau 8 (fig. 2 et 4) au distributeur
- Fig. 1 et 2. — Poinçonneuses Graves, détail des déclics.
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- 13, passe, quand les pièces de ce distributeur occupent les positions figures 4, de 8 au cylindre 4 du piston poinçonneur par les orifices 11 et le tuyau 5; puis, quand le distributeur remonte, son piston 10 sépare 8 de 5 et fait communiquer 3 avec
- Fig. 3. — Poinçonneuse Graves.
- l’échappement 7 par les orifices 11; le piston de 4 remonte alors, rappelé par son ressort 6.
- La tige 12-21, du distributeur est chargée par un croisillon 14, à ressort 20 et dash-pot 16, et elle repose par son manchon 22-24 (fig. 4) sur le ressort 23, appuyé sur le croisillon 25, solidaire du cylindre 26, qui glisse sur le piston 27, fixe, et à tige 28 creuse, reliée par le tuyau 30 avec le tuyau 5, de sorte que l’eau sous pression entre en 26 et s’en échappe en même temps que dans le cylindre poinçonneur.
- Quand les différentes pièces de la machine occupent les positions figure 3, le piston
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- poinçonneur est, ainsi que le distributeur, au haut de sa course, avec 5 et 30 ouverts à l'échappement. Pour faire descendre le poinçon, on abaisse la pédale 35, qui amène le déclic 32 dans la position figure 1, où il permet au ressort 20 d’abaisser le distributeur parce que le cylindre 24 peut descendre librement sur le piston 27, ouvert à l’échappement. A la fin de cette descente du distributeur, le levier 31 vient, comme en figure 2,
- s’enclencher en 35, et l’eau sous pression est admise à la fois sur le piston poinçonneur et dans le cylindre 26 ; le piston poinçonneur descend, et le cylindre 26 monte en comprimant le gros ressort 23, et, à la fin de cette montée, le levier 37 vient, comme en figure 3, s’enclencher en 36.
- Quand le piston poinçonneur arrive au bas de sa course, l’écrou 42 de la tige 40, entraînée par ce piston, rompt le déclic 35, laissant le ressort 23, plus puissant que
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- 20 et appuyé sur le levier 37, immobilisé par 36, remonter le distributeur de manière qu’il ouvre à réchappement les cylindres 4 et 26. Le piston poinçonneur remonte alors, et, au haut de sa course, l’écrou 41, rompant le déclic 26, permet aux différentes pièces de reprendre les positions figure 1, avec 31 renclenché par 32, et l’ensemble prêt pour une nouvelle opération.
- Si l’on veut que ces opérations : montée et descente du piston poinçonneur, se succèdent sans arrêt, il suffit de maintenir la pédale 33 constamment baissée ; dans ce cas, en effet, dès que le piston poinçonneur, arrivé au haut de sa course, déclenche 36, le piston du distributeur, repoussé par le ressort 20, redescend et rouvre le cylindre 4 à l’admission.
- La longueur des courses du piston poinçonneur se règle très exactement par les écrous 41 et 42.
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- PROCES-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 12 juillet 1901
- Présidence de M. Linder, président.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remer-cîments aux donateurs, les ouvrages signalés à la page 915 du Bulletin de juin.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Legrand (Victor), ancien président du Tribunal de Commerce de la Seine, présenté par M. Lavollée;
- M. Paixhans (Louis), à Bretteville-sur-Laize (Calvados), présenté par M. Qui-nette de Rochemont;
- M. Radiguet, constructeur d’instruments pour les sciences, à Paris, présenté par MM. Carpentier et G. Richard;
- M. Delà grave (Charles), libraire-éditeur, à Paris, présenté par MM. Haller et G. Richard.
- Rapports des Comités. — Sont présentés et approuvés les rapports de MM. Rordet et Daubrée, au nom des censeurs et de la Commission des fonds, sur l’exercice de 1900.
- M. Brull (Arts mécaniques), sur la noria de M. Lemaire.
- M. Simon (Arts mécaniques), sur le robinet à gaz de M. Girardville.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 190 J.
- Séance du 25 octobre 1901.
- Présidence de M. Linder, président.
- M. le Président annonce que la Société d’Encouragement a reçu, pendant les vacances, les deux dons suivants :
- Du Comité de la classe 32 de VExposition de 1900 (Chemins de fer), une somme de 500 francs, pour être affectée à la Commission des alliages.
- Une somme de 2 034 francs du Comité d'installation de la classe 19 (Machines à vapeur), pour être distribuée, sur les propositions du Comité des Arts mécaniques, en secours aux inventeurs malheureux ou à leurs familles.
- M. le Président adresse, au nom de la Société d’Encouragement, ses plus vifs remerciements aux Comités des classes 32 et 19.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Antonio Capello fait part de la mort de son beau-père, M. Rada y Delgado, membre correspondant du Comité du commerce.
- La Société française de photographie met à la disposition de la Société d’Encouragement une carte pour ses conférences de 1901-1902.
- M. Robin fils, 79, faubourg du Temple, demande une annuité de brevet pour un châssis dé automobiles supprimant le dérapage. (Arts mécaniques.)
- M. V. Lefebvre, 82, rue de l’Hôtel-de-Ville, demande une annuité de brevet pour un appareil applicable au chauffage des ballons. (i4rts mécaniques.)
- M. Fraisse remercie la Société de l’annuité de brevet qu'elle lui a accordée pour son système d’éclisse de rails à cornières.
- M. L. Weber, 9, passage de la Brie (IXe), demande l’aide de la Société pour l’exécution de dessins géométrigues destinés à l’enseignement. (Beaux-Arts.)
- M. J. Revin, à Avesnes (Nord), envoie de nouveaux renseignements sur sa machine à jambes. (Arts mécaniques.)
- M. Marcel Lunet, ingénieur, 192, rue Michel-Bizot, dépose un pli cacheté relatif à un moteur à gaz à détente variable.
- M. Morin, 15, rue Renan, présente de nouveaux renseignements sur sa turbine à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Thirion, 139, rue de Bagnolet, demande une annuité pour un robinet verseur. (Arts mécaniques.)
- M. F. Laur présente, pour concourir au prix du Comité du commerce, son ouvrage sur le bassin ferrifère de la Lorraine.
- M. A. Cordebart, 12, rue Fromentin, à La Rochelle, présente un apparei d!alimentation pour chaudières. (Arts mécaniques.)
- M. P. C. Bourdin, 15, boulevard de la Chapelle, se présente comme candidat aux prix pour une découverte empêchant les bois de jouer. (Beaux-Arts.)
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- M. Rinat, 38, rue d’Haute vil le, présente à la Société une lampe électrique à incandescence. (Arts économiques.)
- M. Delaurier, 77, rue Daguerre, présente un amateur. (Arts mécaniques.)
- M. A. Pichon, 29, grande-rue, à Villejuif, demande une annuité pour un moteur hydraulique. (Arts mécaniques.)
- M. P. de Chimkevitch, 42, rue Hamelin, présente un bateau sous-marin. (Arts mécaniques.)
- M. P. Renaud remercie la Société de la subvention accordée au journal le Mois scientifique et industriel.
- M. Cusinberge remercie la Société des allocations accordées à d’anciens ouvriers de son usine, qui envoient aussi leurs remerciements.
- M. Rlérie, à Argenlieu (Oise), présente un mécanisme cVhorlogerie. (Arts mécaniques.)
- M. P. Vallée demande une annuité de brevet pour des gants à l'usage des bicyclistes. (Arts économiques.)
- M. A. Rarbier, 6, rue Janin, à Lyon, présente un métier pour rubans. (Arts mécaniques.)
- M. L. T 'ison, 2o, boulevard de la République, à Abbeville, présente un produit pour protéger les zincs et les galvanos. (Beaux-Arts.)
- M. le Directeur de l’École Saint-François-Xavier, à Alexandrie, demande le concours de la Société pour la bibliothèque de ce collège. (Bureau.)
- M. Delaurier, 77, rue Daguerre, présente une roue élastique pour automobiles. (Arts mécaniques.)
- M. Ducretet, 77, rue Claude-Bernard, présente ses travaux sur la télégraphie sans fils. (Arls économiques.)
- M. F. Rouillon, 152, rue Croix-Nivert, demande une annuité de brevet pour un moteur à air comprimé. (Arts mécaniques. )
- M. G. Jouanno, 53, rue Dupleix, demande une annuité pour un appareil à accorder les violons. (Arts économiques.)
- M. Maillard, décorateur, 12, rue des Lions, demande une annuité de brevet pour un procédé de décoration des meubles. (Beaux-Arts.)
- M. le ministre de l’Agriculture communique à la Société la circulaire suivante, relative à la création, au ministère de l’Agriculture, d’un office de Renseignements agricoles :
- Ce nouvel organe de mon Administration répond à une nécessité urgente de notre époque. L’ouverture de pays neufs à la grande culture, l’accroissement de production de certains grands pays, le développement considérable des chemins de fer, des voies de navigation, des communications postales et télégraphiques, les progrès importants accomplis par la science agricole, ont modifié, depuis un certain nombre d’années, les conditions économiques de tous les pays. Il en est résulté, en France comme dans tous les vieux États, une crise générale dont souffre l’agriculture. Cette situation difficile de la première de nos industries nationales a éveillé la sollicitude du Gouvernement. Il a voulu offrir aux agriculteurs une aide efficace dans la lutte difficile qu’ils ont à soutenir en organisant, au siège même de l’administration de l’Agriculture, un Office de renseignements agricoles. Cet Office a pour
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- mission de fournir au monde agricole des informations rapides, exactes et complètes sur la production nationale et la production étrangère, sur les centres de consommation, sur les prix de l’intérieur et du dehors, sur les conditions de transport, sur les conditions du travail agricole et sur les progrès de toute nature accomplis ou à l’étude pouvant intéresser l’agriculture nationale.
- J’ai pensé, Monsieur le Président, que, pour une œuvre entreprise en vue de l’intérêt agricole, il m’était permis de compter sur le concours et la collaboration de tous les groupements d’agriculteurs, et plus particulièrement des sociétés d’agriculture et des comices agricoles. Ces associations, en effet, sont rattachées par des liens étroits au ministère de l’Agriculture qui suit de très près leurs travaux et leur accorde des subventions à titre d’encouragements.
- Ce concours et cette collaboration des sociétés d’agriculture et des comices agricoles pourront consister utilement, d’une manière générale, dans l’envoi à l’Office de tous renseignements et documents relatifs à l’agriculture, aux industries agricoles et au commerce des produits agricoles, ainsi que dans la transmission des vœux et desiderata touchant les intérêts de l’agriculture.
- En centralisant les renseignements recueillis et en les portant ensuite à la connaissance de tous, l’Office établira, au profit des agriculteurs, un lien permanent entre les diverses régions de la France. Quant aux vœux et desiderata, ils seront non seulement centralisés par l’Office, mais ils seront, de plus, soumis à une étude sérieuse et approfondie.
- Je me réserve, d’ailleurs, de m’adresser fréquemment, sous forme d'enquêtes, aux sociétés et aux comices, afin de m’éclairer de leurs avis et recueillir les renseignements qu’ils pourront posséder sur un certain nombre de questions importantes, dont la solution me semble pouvoir être plus sûrement atteinte en la poursuivant par cette voie.
- Je vous remercie à l’avance du concours éclairé que vous voudrez bien me prêter, ainsi que des communications que’vous ne manquerez pas, j’en suis persuadé, d’adresser aussi nombreuses et fréquentes qu’il vous sera possible à l’Office de renseignements agricoles. De son côté, ce service s’empressera de vous faire parvenir les renseignements que vous pourriez avoir à lui demander et qu’il serait en mesure de vous fournir.
- Communication. — M. Rateau fait une communication sur les Ventilateurs et pompes centrifuges à hautes pressions.
- M. le Président demande si personne n’a d’observation à présenter au sujet de la communication de M. Rateau.
- Personne ne prenant la parole, M. le Président remercie M. Rateau de sa remarquable communication, qui sera reproduite au Bulletin.
- Séance du 8 novembre 1901.
- Présidence de M. H. Le Chatelier, vice-président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Biard, membre de la Société, ingénieur au chemin de fer de l’Est, fait hommage de son mémoire : « Statistique des ruptures et avaries de bandages aux chemins de fer de l’Union allemande (1887-1896). »
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- AI. F. Legier présente à l’examen de la Société son ouvrage sur Y Histoire de la fabrication du sucre en France. (Agriculture.)
- M. F. de Chcimpville présente, pour concourir au prix du Comité d'agriculture, son ouvrage intitulé : La France agricole et commerciale. (Agriculture.)
- AI. Garçon présente à la Société son Dictionnaire des industries tinctoriales, et remercie la Société de l’intérêt qu’elle porte à ses travaux.
- M. Bonau remercie la Société de l’annuité de brevet qu’elle lui a accordée pour une charrue.
- M. le Ministre de l'Agriculture envoie à la Société des cartes d’entrée à VExposition des moteurs et appareils utilisant l'alcool, ouverte, au Grand Palais des Champs-Elysées, du 16 au 24 novembre.
- Correspondance imprimée.—M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 690 du présent Bulletin.
- Déclaration de vacance. — M. Collignon déclare, au nom du Comité de mécanique, une vacance, par suite du décès de M. Ilirscb.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Beigbeder, ancien ingénieur des poudres et salpêtres, présenté par M. Grimer.
- M. H. Frnault, constructeur mécanicien, à Paris, présenté par M. Krcutz-berger.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants, présentés au nom du Comité des Arts mécaniques :
- M. Brull, sur la grille Kudlitz.
- AI. Sauvage, sur la presse pour huileries de M. Heuclin.
- M. Simon, sur la manivelle de sûreté de M. Fagedet.
- Communications. — Sont présentées les communications de :
- M. Frugier, sur Yaluminite, nouvelle porcelaine.
- AI. Grangcr, sur les laboratoires industriels cïAllemagne.
- AJ. le Président remercie et félicite vivement Al Al. Frugier et Grangcr de-leurs très intéressantes communications, qui seront reproduites au Bulletin.
- Tome 101
- 2e semestre. — Novembre 1901.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1901
- Royal Society of New South Wales. Proceedings. 1900. In-8°, 400 p. Édité par la Société à Sydney.
- Société d’Agriculture de Valenciennes. Année 1900. Recueil des lois, ordonnances, règlements et circulaires, concernant les services dépendant du ministère des Travaux publics. 2e série, vol. IX, 1897, 1898. In-8°, 772 p. Paris, imprimerie Jousset.
- Du Comité des Houillères de France. Mémoires et observations présentés par les propriétaires de houillères à, la Commission du travail de la Chambre des députés le 6 novembre 1901, au sujet de la proposition de loi tendant à réduire à huit heures la durée de présence des ouvriers dans les mines. Jn-80, 82 p. Au siège du Comité, 55, rue de Châteaudun.
- Note sur les transports par camions automobiles, par M. Bret. In-8°, 107 p. Extrait
- des Annales des Ponts et Chaussées.
- Du Ministère du Commerce. Description des brevets d'invention. (1899.) N° 292 783 à 293 G46.
- De VEncyclopédie Leauté. Le Vin, par M. H. Astrug. In-8°, 208 p. Paris, Gautliier-Villars.
- De la Royal Society, London. Philosophical Transactions. Série A (Mathématiques et Physique, vol. 195 et 196) et série B (Biologie), vol. 193.
- Régime des embranchements particuliers des chemins de fer, par M. Jean de la Ruelle. In-8°, 72 p. Paris, Dunod.
- Bergbahnen der Schweiz. 1900, par M. E. Stubb. In-8°, 191 p. Wiesbaden,
- Bergmann.
- Agenda agricole et viticole, par M. Vermorel. In-18, 200 p., Montpellier, imprimerie Coulet.
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- OUVRAGES REÇUS.
- NOVEMBRE 1901.
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- Institution of Civil Engineers, London. Proceedings. Vol. CX-LVI 190L.
- De la Bibliothèque technologique. Instruments et méthodes de mesures électriques industrielles, par M. H. Avmagnat. 2e édition. In-8°, 614 p.. 228 fîg. Paris. Nand.
- Prescriptions de sécurité relatives aux installations électriques à courant fort.
- Basse, moyenne et haute tensions. Publiées par l’Association des électro-techniciens allemands. 3 plaquettes. In-18, 40 p. Paris, Dunod.
- Éléments d’automobiles, par M. J. Raudry de Saunier. In-8°, 192 p., 30 iig. Paris, Dunod.
- Société d’Agriculture de la Marne. Mémoires. 1899-1900. ln-8°, 392 p. Chàlons-sur-Marne, imprimerie O. Toble.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À UÀ RIRUIOTHÈQUE DE UÀ SOCIÉTÉ
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP . . . Annales de Chimie et de Physique.
- AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
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- E’........The Engineer.
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- EE........Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
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- Scotland (Proceedings).
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- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
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- Ln . . . .La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms.Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colo-
- rantes.
- N.......Nature (anglais).
- PC. .. . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. desmachines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs.........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt.........Revue technique.
- Ru.........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA.........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
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- Sie........Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL.........Bull, de statistique etde législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
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- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher ln genieure.
- ZOl. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Arcliitekten-Ve-reins.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1901.
- 693
- AGRICULTURE
- Blés tendres à épi compact. Ag. 19 Oct., 613.
- — Destruction du charbon. Ap. 14 Nov.,
- 619.
- — Résistance à l’infection charbonneuse
- (Grandeau). Ap. J9 Oct., 490.
- — Origine de l'amidon du grain de blé
- (Dehérainet Dupont).CR. 11 Nov.,774. Chambres consultatives cV agriculture. Ag. 19 Oct., 609.
- Bétail. Avenir en France. Ag. 26 Oct., 641.
- — Fièvre aphteuse (Mesures d’hygiène
- contre la). Ag. 16 Nov., 776.
- — Race bovine bretonne. Ag. 19 Oct., 618.
- — — mancelle. Ap. 26 Oct., 529.
- — — garonnaise. Ag. 26 Oct., 661.
- — Lapin bélier. Ap. 7 Nov., 596.
- — Ferme et moutons d’Orsigny. Ag. 9
- Nov., 739.
- Beurre. Conditions de production dans les Pays-Bas. Ap. 24 Oct., 524; 7 Nov., 585.
- Chevaux (Toux nocturne des). Ap. 19 Oct., 491.
- — Russes et hongrois. Ap. 19 Oct., 499. Engrais appliqués aux arbres fruitiers. Ag. 19 Oct., 625.
- — Solubilité des engrais phosphatés dans les acides organiques (Sutherst). CN. 25 Oct., 199.
- — Influence des éléments minéraux qui se rencontrent à faible dose dans les plantes, sur le développement de la végétation. Ap. 14 Nov., 630.
- Epicéas. Restauration des peuplements (Mer).
- Ag. 2-9 Nov., 790, 73!.
- Fraises (Emballage de). Ap. 14 Nov., 627. Lait. Calcul du mouillage et de l’écrémage simultanés (Genin). CR. 4 Nov., 743. — Effets de ta congélation (Bordas et llacz-koroski). CR. 4 Nov., 759.
- Mais (Charbon du). Ap. 14 Nov., 622.
- Métayage et participation aux bénéfices dans l'agriculture. Ef. 26 Oct., 573. Meunerie. Issues de blé de mouture par meules et par cylindres ; comparaison (Lindet). Pc. 15 Nov., 433.
- Osier et les engrais. Ap. 24 Oct., 527.
- Prairies. Amélioration dans l’arrondissement de Pontarlier. Ag. 26 Oct., 657; 5 Nov., 699.
- Routes fruitières. Ap. 19 Oct., 492.
- Scaroles et chicorées. Conservation hivernale. Ap. 26 Oct., 533.
- Vigne. Utilisation des marcs de vendange. Ap. 26 Oct., 525.
- — L’Endemis Botrana dans la Gironde.
- Ap. 31 Oct , 554; 6 Nov., 592.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fér souterrains (Les). E. 25 Oct., 583.
- — État français. Statistique 1900. Rgc. Nov., 485.
- — métropolitains. New-York. E. 18-25Oct.,
- 547, 576 ; 8-16 Nov., 637, 675.
- — de l’Uganda.Plans inclinés. Rt. 10Nov.,
- 489; E'. 1er Nov., 460.
- — à une ou deux files de rails, comparés
- au point de vue de la circulation en courbes (Philippe). APC. 1901, n° 22. — Électriques à grande vitesse de l’Allge-meine. EE. 26 Oct., 133 ; Rt. 10 Nov., 501.
- — — Invalides-Versailles. Gc. 26 Oct., 413.
- — — Milan-Gallarate. EE. 2 Nov., 164.
- — — souterrains dans les villes. Enquête
- du métropolitain de Londres. E1. 8-16 Nov., 490, 504; E. 8-16 Nov., 658, 689.
- — — Locomotives électriques à l’Exposi-
- tion (Godfernaux). Bgc. Nov., 442. Frein Stop. RM. Oct., 465.
- Locomotives belges à l’Exposition. Pm. Nov., 162.
- — américaines (Étude sur les) (Oudet).RM.
- Oct., 389.
- — Type Atlantic (Millwaukee. Saint-Paul). RM. Oct., 459.
- — Express de l’État allemand. Essai comparatif. Rt. 10 Nov., 497.
- — Compound express. Est français. E. 25 Oct., 180. de la Société italienne des chemins de fer méridionaux. Essais comparatifs avec les compound de lu Compagnie de l’Ouest (Decourt). Rgc. Nov., 411.
- — articulée Malet. Chemins bulgares. £'.
- 25 Oct., 16 Nov., 433, 500.
- — Tender. 3 couplés Barclay. E'. 1er Nov., 449.
- — à air comprimé. Compagnie de l'Ouest.
- Ln. 26 Oct., 349.
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-
-
- 694
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1901.
- Locomotives (Foyers de) (Riehter). Dp. 19 Oct., 661.
- — entretoises Stroudley. RM. Oct., 464. Rails. Joints Sneinig et Hofmann. Rt. 10 Nov., 602.
- Station de Victoria à Nottingliam.£.16Aoi'.,G72. Signaux. Divers. Dp. 16 Nov., 730.
- — Enregistreur des disques fermés de la
- Compagnie du Midi. Rgc. Nov., 439. Vitesse des express en Amérique et en Europe. Rgc. Nov., 604.
- Wagons de 32 tonnes de la Darlington Wa-gon C°. E. 18 Oct., 649.
- — de 26 tonnes Piekering. E. 1 'TNov., 627,
- — Train royal canadien. E'. 8 Nov., 478.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Camions automobiles (Transports par; (Bret). APC. 1901, n° 17.
- — Détermination de la puissance dispo-
- nible à la jante. le. 26 Oct., 469.
- — électriques. Moteurs et combinateurs.
- Pin. Nov., 170.
- — à alcool. La. 17 Oct., 667; 7 Nov., 706.
- — à éther Desvignes. LO. 16 Nov., 106.
- :— à pétrole (De Dion), 6 chevaux. La. 17, Oct., 663. Albion. RM. Oct., 466. Pa-nhard-Rêvasser légère. LO. 16 Nov. 104. Moteurs à grande etpetite vitesse (Lavergne). Ri. 19-26 Oct., 418, 422; 2-9 Nov., 433, 449. Volume utile des cylindres. La. 7 Nov., 710. Silencieux Buck. ld., 713.
- — à vapeur. Camion Ellis.fLIL Oct., 467.
- — Roue directrice Smith.La. 17 Oct., 666.
- — Arrêt de sûreté Stevens. La. 7 Nov.,
- 713.
- Tramways parisiens en 1900. Gc. 19 Oct., 402.
- — Electriques Sprague à unités multiples, j
- Gc. 26 Oct., 419.
- — à courants alternatifs simples sur les
- lignes de grande longueur. le. 10 Nov., 496.
- de Budapestli. ZOI. 27'Vor., 704.
- — à contacts, de Munich. E1. 26 Oct., 423;
- 1er Nov., 446; 8 Nov., 472.
- Vélocipèdes. Frein Pugli. RM. Oct., 468.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Divers. Dp. 2-9-16 Nov., 702,719, ;
- 737. RCp. 3 Nov., 671. J
- Acétylène.(LTsine à-gaz riche en) du P.-E.-M. Gc. 26 Oct., 421.
- —• Éclairage des locomotives Cook. Rt. 2 Nov., 436.
- — Chaleur de dissociation (Mixter). American Journal of Science. Nov., 347. Acide sulfurique sans chambres de plomb, procédé Wenmacken. Pm. Nov., 167. Air confiné. Régénération par le bioxyde de barium (Desgrez et Balthazard). CR. 11 Nov., 791.
- Anhydrides sulfurique et disulfurique (Oddo). ScP. 5 Nov., 897.
- Bichromates alcalins. Fabrication (Beltzer). Rcp. 17 Nov., 581.
- Brasserie. Divers. Cs. 31 Oct., 1008.
- Chaux et ciments. Four rotatif. Timm. Le Ciment. Oct., 305.
- — Pouzzolanes. Action de l’eau de mer.
- Artificielles. Ms. Nov., 718, 722.
- — Constitution de ciments hydrauliques (Rebuffat). Ms. Nov., 720.
- —• Théorie de la prise (Zulkowski). Cs. 31 Oct., 990.
- Chimie. Classification de la littérature chimique au Patent office de Washington (Hill). CN. 26 Oct., 203; 1er Nov., 2t0. Chlore (Oxyde du) (Reychler). CN. 15 Nov., 234.
- Calcio-ammonium et lithium-ammonium, décomposition par le chlorure d'ammonium (Moissan). CR. 4 Nov., 715. Catalyse en solutions concentrées (Craftsj. CA7.
- 25 Oct., 205; 1er Nov., 213.
- Caoutchouc. Explosion d’un vulcaniseur. E. 18 Oct., 562.
- Céramique. Divers. Cs. 31 Oct., 988. Combustibles. Puissance calorifique (Adams). Cs. 31 Oct., 973.
- | Cæsium. Fluorures doubles antimoniaux (Wells et Metryer). CN. 18 Oct., 194.
- — Chaleur totale de combinaison, valeur minima (De Fourcandj. CR. 28 Oct., 681.
- Dilutions (Points d'inversion des) (Colson). CR. 14 Oct., 585.
- Eau oxygénée (Recherche et dosage de l’acide oxalique dans F) (Roche). Ms. Nov., 694.
- Essences. Diverses. Gs. 31 Oct., 1014.
- — de N'eroli et de petit grain (Jeantard et Satie . ScP. 3 Nov., 934.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1901.
- 695
- Essences detorpenées LéotardRCp. 20 Oct., 340.
- — Huile de cade Cathelineau et Hausser’.
- ScP. 3 Toi-., 931.
- Eaux résiduaires. Epuration biologique Cal-mette . Rs. 26 Oct.. 327.
- Eau oxygénée. Action sur M’oxyde d'argent (Berthelot). CR. 14 Oct., 333. Explosifs. Divers. Cs. 31 Oct., 1020.
- Fluor. Utilisation des gaz lluorés dégagés dans la fabrication des superphosphates (Elsclmer). CN. 8 Toi1., 222.
- Gaz liquèftér, préparation et application (Mathias). Rgds. 30 Oct., 13 Toc. 903-903.
- — à Veau. Carburé. Gc. 19 Oct., 399.
- — à l'air. Carburé de la Cic du gaz aéro-
- gène. Ri. 16 Toc., 434.
- — Nuisibles. Tours de condensation (Clem-
- mer). Eam. U Oct., 453.
- Goudrons (Progrès de l’industrie des) en Angleterre et en Allemagne (Green:. CT. 18-25 Oct., 185, 197.
- Huiles et graisses. Diverses. Cs. 31 Oct., 1003. Hydrogène. Sa place dans le système périodique (Brauner . CT. 13 Soc., 233. Industries chimiques depuis l’Exposition de 1900 (Guilleth Gc. 9,10 Toc., 21,44. Laboratoire. Or et argent, essais au chalumeau (Richards). CN. 18. Oct., 192.
- — Pipette densimétrique Girardet. ScP.
- o Nov., 936.
- — Simplification des calculs de chimie (Richards). CT. 23 Oct., 201.
- — Acidimètre de l'acide phospliorique
- par les alcalino-terreux (Cavalier). ScP. 5 Tor., 903.
- — Analyse des vins. Ms. Toc., 725, 732.
- — Détermination des persulfales (Peters
- et Moodg). American Journal of sciences. Nov., 307.
- — Dosage volumétrique du ’ manganèse (Ramage). CN. 1er Nov., 209.
- — Four Moissan au chalumeau oxv-hy-
- drique. ACP. Nov., 289.
- — Séparation du fer. CR. 28 Uct., 680.
- Loi périodique (Mendeleef . RCp. 20 Oct., 533. Nilrocclluloses (les'. Lunge et Bebie. CT. 18, 25 Oct., 189, 200.
- Optique. Théorie des trois couleurs de Max-vell. Application au choix des encres Clay. et Abney). RsL. 8 Tor., 26.
- Ozone (Formation de F). CR. il Nov., 789. Pétrole. Etat: actuel de l'industrie 'Caros). RCp. 17 Toc.. 391.
- Produits chimiques à l’Exposition de 1900 ;Gloess et Bernard . Ms. Nov., 673. Radium Réactions chimiques déterminées par le (Berthelot . CR. 28 Oct., 639. (Becquerel;, ld., 709.
- Résinas. Divers. Ms. Nov., 718.
- Savons (Structure des'. Cs. 31 Oct., 1004. Sléarinerie et savonnerie. Progr ès depuis 1900 (Guillet). Gc. 9 Toc., 21.
- Surfaces métalliques. Modifications par la lumière (Buisson). ACP. Nov., 320. Sucrerie. Divers. Cs. 31 Oct., 1007.
- — Moulina cannes Stevart. E. 8 Toc., 646. Tannerie. Divers. Cs. 31 Oct., 1005. Teinture. Divers. Cs. 31 Oct., 978, 982.
- — Gravure pour impression par photo-’ graphie avec écran (Depierre). MC.
- ! P’1'Toc., 257.
- j — Mercerisage du coton ; emploi du’refroi-; dissement (Lefèvre). MC. l"r Toc., 238.
- ! -- Constitulion et synthèse des matière-
- colorantes naturelles (Thomas). RCp. 3 T o v., 3 i.
- \ Thermomètre électrique Callendar. E. 8 Tor.. 644.
- Thorium (Nouvel élément avec le) (lïaskei-ville . CN. 18 Oct., 187.
- Uranium'e t ses composés (Aloy). ACP. Nov. , 412, — Séparation et dosage (Kern). CN. 8, 15 Toc., 224, 236.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Révision des tarifs. USR. Nov., 311. Chine (affaires de,;. Ef. 9 Toc., 633.
- ! Compagnonnage. Mœurs et coutumes .Martin,
- I Saint-Léon). Usa. P'r Tor., 644.
- Etats-Unis. Stalistiques des villes. Dot. Sept.. 813.
- — Fédération australienne de l’industrie anglaise. E'. 18 Oct., 395.
- France. Avenir des finances. Ef. 26 Oct., .*05. — Marine marchande, projet de loi. Ef. 2 Tor., 597.
- ; — Commerce extérieur en 1900. SL. Oct..
- 330. 362.
- ) — Caisse des dépôts et consignations. Ef.
- j 9 Toc . 629.
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-
- 696
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- NOVEMBRE 1901.
- Grève générale (la). Rso. Ier Nov., 660.
- Impôt sur le revenu en Saxe. SL. Oct., 409. Japon. Situation économique. E. 8 Nov., 636. Mutualité familiale (Cheysson). Rso. 1er Nov., 621.
- Paris (Ville de). Programme d’une Session. Ef. 9 Nov., 636.
- Propriété foncière, nouvelle forme en Allemagne. Ef. 9 Nov., 631.
- Secours mutuels et retraites pour femmes (Société de) en Belgique (Berryer). Rso. 16 Nov., 701.
- Soie (production de la). Ef. 19 Oct., 531. Succession. Influence des lois et coutumes successorales sur la propriété foncière et la population en France. Ef. 26 Oct., 567.
- Syndicats professionnels cle femmes (Flornoy). Rso. 1er Nov., 675.
- Vins. Production de 1872à 1900.SL. Oct., 403.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Ciment armé (Revêtement en béton de) du chenal d’accès au port d’Ëpinal (Barbet et Hausser). APC. 1901, n° 25.
- — (Résistance des voûtains en).Le Ciment.
- Oct., 145.
- — (Planchers en). Le Ciment. Oct., 152. Excavateur Bunnell. E'. l''r Nov., 464.
- Fondations en terrains sablonneux aquifères
- (Casse). IC. Sept., 562.
- Mur de quai (Construction d’un) dans la baie d’Agha. APC. 1901, n° 342.
- Pièces rectangulaires fléchies (Calcul des) (Me-mager). APC. 1901, n° 19.
- — métalliques. Appareil enregistreur des
- déformations locales (Schroeder). VDL 1901, n° 20.
- Ponts de Brooklyn (Accident au). Rt. 10 Nov., 485.
- — de Redheugb. E. 18 Oct., 550; 8 Nov.,
- 644. Lépine à Paris. Ac. Nov., 162.
- — des chemins de fer néerlandais. (En-
- quête expérimentale sur les longerons des) (Ivist). APC. 1901, n° 21.
- — Barente. Page. Gc. 17 Oct., 401.
- — (Spécifications des) au point de vue des
- constructeurs. E'. 8 Nov., 471.
- — Expérimentation des ponts (Rabut). j
- Rgc. Nov., 457.
- Voûtes en maçonnerie. (Poussées des) (Auric). APC. 1901, n° 23.
- — (Résistance des) (Cosyn). Ac. Nov., 170.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Edison. EE. 19 Oct., 93. Schmidt, Wagand. Ici., 2 Nov., 178.
- — Stroll. EE. 16 Nov., 258.
- — Peigne de la Société électrique du Nord. EC. 9 Nov., 218.
- — Empatage des plaques; machine Kank. EE. 19 Oct., 96.
- — (Diagrammes de courts-circuits des) .IcZ.,
- 98.
- — Réducteur automatique Jacoby. EE. 16 Nov., 260.
- — Mesure de la résistance intérieure (Bru-ger). Id., 100.
- — (Influence de la température sur la ca-
- pacité des). (Liagre.) EE. 2 Nov., 149. — Moules Davies, Rooper, Crutcher. EE.
- 2 Nov., 179.Grould. Id., 16 Nov. 258. — Presse à plombs. Ba^.se. EE. 9 Nov., 219. Canalisations aériennes. (Établissement des). Loppe. Sie. Août, 455.
- Convection électrique. Expériences de Ilowland (Crémieu). ACP. Nov. 299. Distributions polyphasées. Eborall. SA. 18, 25 Oct., 809, 821. 1 ™ Nov., 833. Dynamos. Alternateurs nouveaux.le. 25 Oct., 472. Compound, Hutin et Leblanc. Ht. 25 Oct., 457. (Construction et établissements des). Rc. 25 Oct., 471.10 Nov., 482.
- — Courants de Foucauld dans les pièces
- polaires des machines à courant continu. le. 10 Nov-, 493.
- — Commutatrices. Stabilité de la marche.
- (Leblanc.) CR. 28 Oct., 679; 16 Nov., 229.
- — Temps périodique d’un alternateur couplé. (Soubrier.) EE. 2 Nov., 177. Moteur triphasé de 500 cliev. Elé. 19 Oct., 244.
- — alternatif, simple sans balais (Fisher-
- Ilirmen). EE. 29 Oct., 104.
- — Asynchrone sans déphasage. EE. 26 Oct.,
- 117. Théorie graphique des moteurs asynchrones (Verliockx et Blondel). Id., 131.
- — commande à distance, commutateur.
- * Sauter-Harlé. Id., 104.
- p.696 - vue 692/856
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1901.
- 697
- Moteurs. Anneaux à collecteurs iLeblanc'. El. 26 Oct., 113.
- Éclairage de la fabrique'de cellulose d’Oder-hafen. EE. 26 Oct., 131.
- — Arc. Lampe Hackl.En. 19 Oct., 331 delà Compagnie internationale d'électricité. EU. 2 Nor., 277.
- Incandescence. Lampe Nerst. Eté. 19 Oct., 241 ; EE. 9 Nov., 223.
- — Cooper-Hewitt. Eté. 16 Nov., 303. Électrochimie. Divers. Cs. 31 Oct., 999.
- — Industrie électrochimique en Europe. Élë. 19. 26 Oct., 246, 264. Aux Etats-Unis. Etc. 9 nov., 297.
- — Anodes en carbone. Cs. 31 Oct., 999.
- — Appareil Neumann pour obtenir des
- métaux en couches compactes ou spongieuses. Élc. Nov., 223. Électrogravure en relief'. Hofman. Gc. 26 Oct., 424-.
- Groupe électrogène domestique de Dion. FJc. 9 Nov., 289.
- Mesures. Coefficient de fréquence des courants périodiques. Méthode Kempf. Hartmann. EU. 19 Oct., 248.
- — Compteurs. Ude, W'irth. EC. 26 Oct., 133. — Indicateur Frank pour le tracé des courbes des phénomènes éleclriques variables. EE. 16 Nov., 238.
- — Voltmètres et ampèremètres thermiques Chauvin et Arnoux.Ie. 23 Oct., 2 Nov., 473, 273.
- — Recherche des défauts et contrôle d’iso-
- lement des réseaux électriques 'Charpentier). EE. 9 Nov., 196.
- — Woltmètre à lecture directe. (Arma-gnat.) EE. 16 Nov., 263.
- Stations centrales aux Etats-Unis. Élc. 9 Nov., 293.
- — de Durde. EE. 2 Nov., 183; d'Italie, EM.
- Nov., 1 83.
- Télégraphie sans fil. Divers. EE. 19 Oct., 77. Téléphone. Commutateur multiple. N'ix et Genest. Élë. 26 Oct., 237. Allemand. Pour 30 abonnés. Élé. 16 Am;., 310. Transformateurs rotatifs. Etude graphique de la régulation (Blondel). EE. 9 A’or., 206.
- HYDRAULIQUE
- Compteur d’eau. Frose. RM. Oct., 469.
- Pompes verticales. Ilayward-Tvler.E'. 18 Oct., 411; de Hampton. E'. 1er Nov., 432.
- Pompes. Compound Pearn. Ri. 9 Abu., 441.
- — Mather et Plat, à quadruple effet. Ri.
- 26 Oct., 421.
- — Électriques Glenfield. E. 23 Oct., 391.
- — Centrifuge Richards. RM. Oct., 470.
- — Roue élévatoire Guthire. RM. Oct., 472. Turbines à l’Exposition Reschel . YDs. 2.
- 16 Nov., 1362, 1631.
- — Radiales (Construction des . VDi. 9 Nov..
- 1603.
- MARINE, NAVIGATION
- Cale du port de Las Palmas. E. 23 Oct., 367. Constructions navales. Emploi de l’acier au nickel (Brochard). AM. Juillet, 2 4. Résistance des coques à profils circulaire parabolique et elliptique et vibrations des coques à hélice (Chai-gneau;. Ram. Oct., 1001.
- — Cutter-rapide. Simpson-Strickland. E .
- 8 Nov., 479.
- Doclts flottants pour Khartoum. £'. 23 Oct., 438. Écluses. Étanchéité des poteaux tourillons des portes. Meunier.) APC. 1901, n° 31. Engrenages. Avantages d’augmenter l'obliquité des dents en souffrance (Bruce). Ailla. 26 Oct., 1140.
- Machines marines. Propulsion des navires. Mansell. E'. Nov., 463.
- Marine de guerre. Croiseurs cuirassés. Étude comparative. (L. Nicolas. R me. Sept.. 1823.
- — perte du contre-torpilleur Cobra. E.
- 18 Oct., 1er Nov. 623, 333 E'. 1823 Oct.. 407, 424-; 8 Nov., 646.
- -- Française. Croiseur Juré a de la Gravièrc, EJ. Nov., 303.
- — Anglaise. Rmc. Sept., 1919. Flotte ac-
- tuelle et son développement pendant le dernier cinquantenaire. Rmc. Sept.. 1492. Croiseur armé liing Alfred. E. 1e1' Nov., 610.
- — Américaine, kl., 1937.
- — Allemande. Rmc. Sept., 1918.
- — Hollandaise. Rmc. Sept., 1919. Italienne.
- {Id.) 1932.
- — Sous-marins. Étude du mouvement dans
- le plan vertical. (Hovgaard.) Rmc. Sept., 1892.
- — Torpilles Orling. EL 23 Oct., 434. Sur
- l’eau. E'. 8 Nov., 483.
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- 698
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1901.
- Marine marchande Japonaise. Rmc. Sept., 1994. Russe. Id., 1972.
- — Transformationdu matériel (Vétillard). APC. 190J, n° 16.
- — Compagnie Norddeutscher Lloyd de Brême. Rmc. Sept., 1962.
- Paquebot* transatlantiques. Lorraine et Savoie. Gc. 16 Aor., 33.
- Pêcheries norvégiennes. RMc. Sept., 1977. Phares. Feux, éclairs rapides. iBrehner.) E. 18 Uct., 364.
- — ùl’Exposition de 1900. YDI. 260cd.,152Ü. Port de flottage de Praguesmichov. APC. 1901,
- n° 24.
- Rivières. Travaux de régularisation. (Vauthier.) APC. 1901, n° 18.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Air comprimé. Compresseur Compound. Dun-can. E. 1er Xov., 610.
- — Max Pryde, Turman, Enoch, RM. Oct.,
- 487. *
- Accouplement élastique et isolant. Zodel. le 23 Oct., 476.
- Broyeurs. Sturtevant. Ri. 19 Oct., 413.
- Calcul. Machine à résoudre les équations.
- Torres. RM. Oct., 420.
- Chaînes (transmissions par). RM. Oct., 492. Chaudières. Accidents en 1899. APc. 1901, n° 26.
- — ii tubes d’eau. Dixon et Scott, Hawthorn,
- Stirling, Hornsby et Roberts, du Temple. RM. Oct., 430. Sulzer. Ri. 2 Xov., 434. Guyot-Dutemple, FJ. 16 Xov., 310,
- — au pétrole. Flannery. E'. 18 Oct., 413.
- — Analyse des gaz du foyer, Arndt. RM.
- Oct., 447.
- — Circulateur Smiles. RM. Oct., 433.
- — Epuration des eaux d’alimentation. E!
- 18 Oct., 414. (Stromeyer). E. 25 Oct. 395.
- — Clapets de retenue de vapeur. Bulletin
- de la Société cVEncouragement de Berlin. Oct., 231.
- — Alimentateur Sauter-Harlé. RM. Oct.,
- 453.
- — Clapet automatique de sûreté Hopkin-
- son. Ri. 16 Xov., 436.
- — Hargreaves. E'. 25 Oct., 429. Anderton,
- Bolton et O. Brien. RM. Oct., 459-460.
- Chaudières. Surchauffeurs (les! (Abraham). AM. luit., 39.
- — Tuyaux de cuivre pour surchauffe. E . 18 Oct., 408.
- — Foyers Meldrum, Donaldson, Mac Cor-mick, Kiensie et Sargust. RM. Oct., 456.
- — Injecteur Prussmann. RM. Oct., 457.
- — Réchauffeur d’alimentation Cowan. RM. Oct., 459.
- — Régulateur d’alimentation Clarskon, Dean. RM. Oct., 458.
- — Soupape Schmidhauer. Ri. 9 Xov., 446. Freins dynamométriques électromagnétiques Sumens et Halske, Pasqualini. EF. 9 Xov., 189.
- Horloges électriques à l’Exposition de Glasgow. Elé. 26 Oct,., 263.
- Levage. Bigue de 120 tonnes du port du Havre. Gc. 9 Xov., 17. De 80l à Rio de Janeiro. SuE. 15 Xov., 1237.
- — Résistance des crochets de grues (God-
- man). E. 18 Oct., 537.
- — Élévateurs américains. EJ. 18 Oct., 413. — Grue roulante de 20 tonnes Wilson. E. 8 Xov., 661. Électrique Russell. E. 16 Aor., 682.
- — Crochet peseur, Avery. E. 18 Oct., 561. à air comprimé Halsy. RM. Oct.. 473.
- — Manipulations dans les forges. Société, d’Encouragemcnt de Berlin, Oct., 215. — Embarquement mécanique des charbons. Mines de Maries. En. 19 Oct.. 323.
- — Frein See. RM. Oct., 473).
- — Eraser-Chalmers et Hughes. Id. 489-490,
- — Transporteur Temperley. VDI. 19 Oct., 148.
- — Treuil Siemens et Halske. RM. Oct. 475. — Pont roulant électrique d’aciérie àKol-ben.YDI.26 Oct., 1513. De l’atelier de Benrach. VDI. 2 Xov., 1559.
- — Ascenseurs de la Tour Eiffel. VDI. 9-1 u
- Aor., 1586-1622.
- — Cableway à la mine de Silver King.
- Eam. 9 Aor., 596.
- — Monte-charge électrique à la glacière
- de Montiucon. Ri. 16 Xov., 453. Machines ci écrive des). (Beyercus). Dp. 9 Aor., 711.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1901.
- 999
- Machines-outils. Ateliers américains. EM. hov., 220. Palmers, outillage électrique. E. P'1' Aor. 007. Herbert. AMa. 2 Aor., Itiili-IITO.
- — Outillage des'Ashford). E. 18 Oct.,'639; 1er Aor., 602.
- — — à air comprimé (Taite). E. 1er Aor.,
- 014.
- — Types nouveaux de Reineker. AMa. 26 Üct., 1129.
- — Progrès des (Ruppert), VDI. 9 .Aor., 1597. — Taille d’une vis à filets carrés. AMa. 2 Aor., 1160.
- — Cisaille Klein. RM. <>ct., 476.
- — Emboutisseur Stirling. RM. Oct., 477.
- — Forge à l’étampe (llorner). E. 25 Oct.’ 568; 15 Aor., 669.
- — Fraiseuse Smith et Coventrv.E. 15 Aor., 675.
- — Porte-outils universel Batli. AMa. 2 Aor., 1162.
- — Rais de vélocipède, fabrication Baty. E'. 15 Aor., 512.
- — Marteau Cochrane. E. 15 Aor., 691.
- — Mandrineur hydraulique Aewali. E'. 1er .Aor., 464.
- — Mortaiseuse Sharp-Stewart. E. 8 Aor., 641.
- — Meules. Appareil de protection Mayer et Schmidt. Ri. 19 Oct., 413.
- — Perceuse Herman. RM. OcL, 478
- — — Bickford. AMa. 9 Aor., 1177.
- — Raineuse Smith et Coventry. RM. Oct., 478.
- — Raboteuse Sentker. VDI. 16 Aor., 1636. — Scies (gardes pour), Mann . Gc. 2 Aor..
- A .
- — Tubes (matriçage des). AMa. 26 Oct., 1133.
- — Tour Mac Lellan pour tampons. RM.
- Oct., 480.
- — —• vertical, Richards. E . 8 Aor., 189-
- — a bois. Raboteuse sur 3 faces. Ilofmann.
- Ri. 2 .Aor., 433.
- Moteurs à vapeur américains et européens (Dawson). Ern. .Aor., 101.
- — — Coefficient de régularité des. EE.
- 16 .Aor., 243, 252, 263.
- — Hargreaves. E . 25 Oct., 428.
- — Mac-Laren. £'. 18 Oct., 398.
- — ’Whitfîeld. RM. Oct., 499.
- — Condenseur Paragwanalh.Ed/. Oct.,501.
- Moteurs à vapeur. Distributions Aordberg. RM. Oct., 435.
- — — Colvin, Sauer. RM. Oct., 500.
- — Palier (rupture d’un). VDI. 2 Aor.. 1567.
- — Régulateur Whitekead. £'. l'-r .Aor,, 461.
- — Volant, Steeet et Robinson. RM. Oct., 501.
- — à cther. Susini. La. 26 Oct., 340.
- — à gaz. Essais des Mechanieal Engi-
- neers.E. 25 Oct., 593; 8.Aor., 638,663. Règles du Mechanieal Engineers américains. RM. Oct.., 437.
- — Allumage électrique Moulin. LO. 15 .Aor., 108.
- — à gaz de hauts fourneaux, puritication.
- Cocke. 2 Id.. E’. 8 Aor., 487.
- — Gazogène, Loomis. RM. Oct., 503.
- — Gaz Mond. VDI. 9 Aor., 1593.
- — et vapeur, Genty. RM. Oct., 502.
- — cl pétrole. Représentation graphique du
- cycle !Merdeux). RM. Oct., 433. Hea-decli. E. 18 Oct.., 548.
- — à alcool (Arachequêne). Ay. 9 Aor., 735. — Essais de Ruydmann. le. 10 Aor., 497.
- Résistance des matériaux. Variation de la résistance des bronzes avec la température (Bach). VDI. 19 Oct., 1477.
- — Résistance des plaques (Guy). AMa. 26 Oct., 1134.
- Ressorts (flexion des) à lames plates (Dorgeot), Ram. Ote., 1105.
- Ventilateur Sirocco. Ri. 26 Oct., 423; RM. Oct., 494.
- Vis petites, pas de la British Association. E. 18 Oct., 563.
- Vomograplde. Applications à la mécanique (Soreau). Ic. Août, 191-512.
- MÉTALLURGIE
- Alliages (les). (K. Rose). SA. 8-16 hoc., 847-858./
- Aluminothermie (F). (Goldschmidt). SuE. 1er Aor., 1155.
- Alliages. Coulée sous-pression Cothias. Cs. 31 Oct., 997.
- Briquettes en débris de bois, Heidenstam. £'. 1er Aïov., 465.
- (Ancre. Extraction, procédé Sebillot. Prn. hov.. 163.
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-
- 700
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1901.
- Fer et acier. Séparation du graphite de la martensite (Tiemann). Métallogra-phiste. Oct., 313.
- — Traitement correct des aciers (Redsale). E. 1-16 Nov., 633-693.
- — Aciéries américaines. SuE. 1-15 Nov.,
- 1168-1220.
- — Emploi du naphte dans les usinesrusses. Gc. 2 Nov., 9.
- — Fonderie aux États-Unis.E'. 23 Oct.,421 ; 1-8-16 Nov., 447, 473, 499. Cubilot nouveau. E'. 16 Nov., 514.
- — Gazogènes et fours Martin (Lancauchez). Ic. Sept., 567.
- — Hauts fourneaux (emploi de l’arc élec-
- trique dans les). Earn. 9 Nov., 604.
- MINE S
- Accidents dans les mines anglaises. Eam. 19 Oct., 490.
- Bornéo. Région du Sud-Est (Gascuel). AM. Juil., 5.
- Californie. Mines de Basse-Californie. Eam. 19 Oct., 437.
- Chili. Situation minière et métallurgique (Vattier). IC. Sept., 335.
- Électricité. Locomotive électrique des mines de Vicoigne et de Nœux. Gc. 16 Nov., 46.
- États-Unis. Mines du Gilpin, Colorado. EM. Nov., 203,
- Épuisement de la mine du Horcajo, pompes électriques Subrer. VDI.2 Nov., 1549. — Machines hydrauliques. Gç. 2 Nov., 1. Fonçage par congélation Fixary au puits d’Aubué. Bam. Oçt., 1088.
- Gypse au Kansas. Ecim. 9 Nov., 602.
- Houillères russes. E. 18 Oct., 555.
- Malaisie. Mines de Pahany. Eam. 2 Nov., 509. Mexique (industries minérales du (Struthers). Eam., 26 Oct., 530; 2 Nov., 561; EM. Nov., 247.
- Nouvelle-Galles du Sud. Recherches minérales. Eam. 19 Oct., 491.
- Or. Filon de Morro Velho, Brésil. Eam. 19 Oct., 485. DePitgao Philippines. Eam.dNov., 599.
- — Draguage en Géorgie. Eam. 2 Nov., 564. Zinc. Distillation Ferraris. Cs. 31 Oct., 997.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 100e ANNÉE.
- DÉCEMBRE 1001.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Edouard Simon, au nom du Comité des Arts méea-niques, sur le métier mécanique pour ruban, système A. Barbier, b. s. g. d. g.
- Messieurs,
- Les métiers à tisser le ruban se distinguent des autres métiers à tisser par diverses particularités : la largeur réduite des produits a naturellement conduit les constructeurs à disposer le bâti et les organes de manière à fabriquer plusieurs pièce à la fois. Par contre, cette simultanéité ne leur a pas permis, comme dans-le tissage des étoffes larges, de lancer une navette unique d’un bord à l’autre du battant; il leur a fallu assurer le guidage et le transport, entre les lisières de chaque ruban, de navettes en nombre égal à celui des pièces. La circulation des navettes est généralement due à l’interposition d’une longue crémaillère horizontale glissant sur le battant et entraînant, au moyen de deux pignons par ruban, de courtes crémaillères inversement fixées au dos de chaque navette. Le va-et-vient de la crémaillère motrice résulte des déplacements alternatifs de bâtonnets verticaux désignés sous le nom de marionnettes, et auxquels un jeu de courroies relie cette crémaillère.
- Lorsque, au lieu d’un article uni, il convient de tisser un certain nombre de couleurs, la multiplicité des organes alourdit le ballant sur lequel s’étagent les rangs superposés de navettes, complique les transmissions de Tome 101. — 2e semestre. — Décembre 1901 i 47
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- 702
- ARTS MÉCANIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- £ü
- ~i / ~ 7' j d y—d
- Fig. 1. — Ensemble du métier vu en arrière du châssis porte-navettes. — Fig. 2. — Face antérieure du châssis coupé par la moitié. — Fig. 3. — Face postérieure de lamêfne section. — Fig. 4. — Coupe verticale de la figure 3. — Fig. ü — Coupe horizontale de la figure 3.
- a, «, Châssis porte-navettes. — b, b. Peignes de battant. — d, d. Leviers oscillants des peignes. — c, c. c. Pignons en prise avec les crémaillères fixées au dos des navettes. — i, i, i, i. Pignons de petit diamètre montés sur les axes des pignons c, c. — g. g, g. Crémaillères coulissant dans l’épaisseur du châssis a. — h, h. Galets de renvoi.
- — »i, m, m. Rubans métalliques reliant les crémaillères g, g, aux curseurs. —
- j, Curseurs glissant dans les coulisses horizontales k-k du châssis a.— e, e. Coulisses des navettes ménagées sur la l'ace opposée du même châssis.
- — f, f. Tringles-guides du châssis v.
- — /, l. Taquets de chasse. — n, n. Navettes. — 0, o. Oovertures pratiquées dans le châssis a pour le passage des peignes b. —p, p. Leviers des chasse-navettes. — q, q. Pièces d’entraînement des leviers p, p. — r, r.
- — Loquets formant butée contre la saillie s des pièces q, pour produire l’oscillation des chasse-navettes p. — t, t. Petits leviers destinés à soulever l'un des loquets r, r, lorsque le chasse-navette correspondant ne doit pas fonctionner. — u. Galet porté par le levier coudé v et repoussé par le curseur qui vient d’être chassé, pour soulever le loquet t à l’aide du cordon x.
- riTITRtTTTriTTTTÏÏTTTTmTTIli
- Tnnrnrmi;
- htg. 1 a o. — Appareil pour conduire les navettes.
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- MÉTIER MÉCANIQUE POUR RUBAN BARBIER.
- 703
- mouvements destinés à régler les changements de trames et les évolutions de toutes les pièces mobiles. Nous ne pourrions, sans dépasser le cadre d’un simple rapport, décrire même sommairement les métiers en usage,
- Fig. 9. Fig. 10.
- ' V
- Fig. 6.
- Fig. 7.
- Fig. 6 à 12. — Appareil de changement de navettes.
- Fig. 0. — Elévation latérale et coupe partielle de l’appareil. — Fig. 7. — Vue de face et coupe partielle de l’appareil. — Fig. 8. — Came des boites à navettes. — Fig. 9 à 12. — Details des tringles, des chaînes et du tambour de commande dans diverses situations.
- a. Tambour horizontal. b. Arbre du tambour a. — c4, es, c3. — Chaînes métalliques d’égales longueurs, fixées des doux bouts aux tringles d. — d, d. Tringles ou tiges en forme do T. — e, e. Attaches des chaînes eq, es, sur une mémo génératrice du tambour a mais ou des points différents des diverses chaînes. — es, es, c4. Situations variables de la génératrice e, e du tambour a, suivant la mise en action do l’une ou l’autre dos tringles d. — f. Arbre moteur du métier. — g. Boîte à navettes. — h, h. Crochets articulés avec les tringles d. — i, i. Ressorts tendant à faire prendre les crochets h. —j,j. Leviers coudés agissant en sons inverse des ressorts i, aussi longtemps qu’ils ne sont pas soulevés par la mécanique Jacquard. — k, k. Cordes des leviers j, suspendues aux crochets d’une mécanique Jacquard. — l. Griffe à mouvement de va-et-VÎent vertical. — m. n, o. Commande de la griffe, par manivelle et bielles. — p. Bascule destinée à maintenir le levier j dans la position j' pendant le soulèvement du crochet h, q. — r, r. Cames commandant les balanciers q et les bielles r' dos boîtes à navettes g, — s. Ressort Servant à équilibrer le poids de la boîte g. — t. Courbe en spirale reliée par une corde au ressort s, et destinée à compenser la tension du ressort. — x. Goujon d'arrêt, solidaire du levier g et do la came s, pour l’immobilisation do la boîte pendant le passage do la navette,
- dont l’industrie stéphanoise sait tirer si bon parti.L’élude en a été faite avec Une compétence particulière par MM. G. Lebois, directeur de l’École pratique d’industrie de Saint-Étienne, et P. Frécon, contremaître à la même
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- 704
- ARTS MÉCANIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- école, dans une monographie (I) d’autant plus opportune que le besoin de produire toujours plus vite et à meilleur marché, de diminuer l’encombrement des machines, et de réduire la dépense de force motrice , provoque de nombreuses recherches et détermine des perfectionnements importants dans l’outillage de la rubanerie.
- Le métier soumis à votre examen par M. A. Barbier (2) est précisément destiné au tissage du ruban nouveauté à plusieurs navettes. Deux parties essentielles le caractérisent :
- 1° L’appareil pour conduire les navettes;
- 2° L’appareil de changement de navettes.
- 1. Appareil pour conduire les navettes. — Le châssis servant de support aux navettes n’est plus solidaire du battant, qui se compose simplement des peignes en même nombre que les pièces de ruban, et qui se trouve ainsi notablement allégé. Le cadre porte-navettes, n’ayant pas à suivre les oscillations du battant, n’est animé que d’un mouvement alternatif d’ascension et de descente pour présenter au niveau des peignes les navettes nécessaires.
- Afin de diminuer la longueur de ce châssis qui, avec les battants de construction courante, excède de beaucoup la largeur du bâti, la course des crémaillères a été réduite. Dans ce but, les pignons commandant les navettes ne sont pas directement actionnés par lesdites crémaillères ; ils sont cia-vetés sur les axes d’autres pignons de plus petit diamètre, et les derniers sont en prise avec les crémaillères raccourcies. La réduction de diamètre des engrenages fait qu’un moindre déplacement latéral des tringles dentées détermine le même nombre de tours des pignons actionnant les navettes.
- De plus, la commande des crémaillères a été simplifiée : aux extrémités opposées de chacune de ces tringles, se fixent des rubans métalliques qui, après avoir passé sur des galets de renvoi, se terminent vers le battant par des curseurs guidés, à droite et à gauche du métier, dans des rainures horizontales; ces rainures sont ménagées au niveau des coulisses guide-navettes mais sur la face opposée du châssis. Les curseurs reçoivent tour à tour, suivant l’ordre où se présentent les navettes correspondantes, l’impulsion de taquets commandés par des leviers de chasse, analogues aux
- (1) Les métiers à tisser le ruban. Saint-Étienne, 1899. — Imprimerie et lithographie A. Waton.
- (2) 6, rue Janin, à Lyon.
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- MÉTIER MÉCANIQUE POUR RUBAN BARBIER.
- 70 O
- sabres qui, dans les métiers à tisser les étoffes larges, lancent la navette d’un bord à l’autre. En se déplaçant, les curseurs entraînent les rubans métalliques dont ils sont solidaires, avec, simultanément, les crémaillères auxquelles ces rubans sont reliés et, par conséquent, les navettes.
- 2. Appareil de changement de navettes. — 11 existe déjà nombre de dispositifs destinés à produire les changements de navettes dans les métiers à tisser mécaniques; l’appareil monté sur le métier Barbier a été étudié pour le tissage des rubans, mais il est susceptible d’autres applications. L’organe principal est un tambour ou manchon horizontal,placé latéralement au bâti et actionné successivement par autant de chaînes métalliques que l’article tissé comporte de navettes; ces chaînes d’égale longueur sont suspendues, des deux bouts, à des tringles verticales alternativement animées d’un mouvement d’ascension et de descente par l’effet des crochets d'une mécanique Jacquard, mais sont fixées en des points variables de leur longueur sur une meme génératrice du tambour, qu elles enveloppent partiellement. Suivant que telle des tiges es! soulevée, la chaîne qu’elle commande fait tourner le tambour d’une quantité différente. Ces déplacements angulaires déterminent, par l’intermédiaire d’une came agissant sur un levier articulé avec la boîte à navettes, les diverses altitudes de cette boite et, par suite, la présentation, au moment voulu, de la trame qui doit être fournie.
- Le spécimen que nous avons mi fonctionner à Lyon, cette année même, travaillait avec 12 navettes par ruban et 3 700 lils de chaîne, en ceinture façonnée de 28 centimètres de large, c'est-à-dire dans un article des plus difficiles. La vitesse était de bO à 70 coups de battant par minute; elle peut atteindre à 120 coups avec, des rubans étroits. Celle accélération est due, en partie, à la moindre longueur du ballant, en partie à l’indépendance de ce battant et du châssis porte-navettes. Ee battage accéléré n'occasionne cependant pas le relâchement ou déened lissa <p> de la trame. Ajoutons que le battant frappe librement le tissu comme sur le méfier à bras employé par la soierie lyonnaise; que l’ouvrier peut, à son gré, élever ou abaisser le châssis porte-navettes pour rechercher et rattacher plus commodément les fils cassés; que, d’ailleurs, la distance du tissu au corps de maillons se trouvant réduite, les fils de chaîne sont moins fatigués et cassent peu; que la disposition adoptée facilite aussi l’emploi de tringles ou planches pour faire le fond du tissu; que le fonctionnement des navettes, quel qu’en soit le nombre, est très régulier; enfin, qu’il n’est point nécessaire de changer le battant pour passer d'un article à plusieurs navettes à un ruban à une seule navette.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- En diminuant les prix de revient des beaux articles nouveautés, les perfectionnements réalisés par M. Barbier permettront d’apporter à l’industrie rubanière de nouveaux éléments de succès. L’inventeur devra, néanmoins, compter avec les habitudes acquises, et surtout avec l’impossibilité de remplacer, à court délai, [tout un outillage moins économiqne sans doute, mais partiellement ou totalement amorti. Ce nous est un motif de plus pour insister sur les avantages du nouveau métier, et pour vous demander de prendre en sérieuse considération les efforts et les mérites de celui qui l’a conçu. Nous vous proposons donc, Messieurs, de remercier M. A. Barbier de sa très intéressante communication et de publier au Bulletin le présent rapport avec les figures utiles et les légendes explicatives.
- Signé : Edouard Simon, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 13 décembre 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. E. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- sur un appareil a mesurer l’épaisseur des coussinets, présenté par
- M. A. Joly.
- Pour mesurer avec précision et facilité les pièces de machines, on se sert en général d’appareils spécialement établis suivant les formes et les dimensions de ces pièces. C’est ainsi qu’on emploie des calibres dans lesquels la pièce doit se placer exactement ; parfois les jeux de calibres sont doubles et comprennent pour chaque vérification un calibre maximum et un calibre minimum, de manière à comprendre entre deux limites bien déterminées les écarts admissibles. Pour la mesure des pièces dont l’usure fait varier les dimensions, les appareils spéciaux sont nécessairement plus compliqués que les simples calibres, mais le principe reste toujours le meme : l’instrument est spécialement établi en vue de la mesure facile et précise des cotes qu’on veut vérifier.
- Dans cette classe d’instruments se range un appareil présenté par M. A. Joly, dessinateur aux chemins de fer de l’État, pour la mesure de l’épaisseur des coussinets d’essieux. Un moyen peu commode pour mesurer cette épaisseur, qu’il est nécessaire de vérifier de temps en temps, consiste à lever le véhicule et à retirer le coussinet ; avec l’appareil de M. Joly, ce lavage devient inutile, il suffit de démonter le dessous de boîte, qui contient le réservoir d’huile et le tampon graisseur, démontage très simple (1).
- Une fois le dessous de boite enlevé, comme on le voit sur la figure, si un repère indiquait le point à la boîte posé sur le dessus du coussinet, il suffirait de mesurer la distance qui sépare ce repère du dessous de la fusée d’essieu (cote d -)- 0 du dessin) et d’en retrancher le diamètre de la fusée (d), facile à mesurer.
- En réalité, le repère en question n’existe pas, mais les tôles des chemins
- (1) Les boîtes à porte sonl fondues en une seule pièce : l'appareil en question ne leur serait pas applicable.
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- arts mécaniques.
- DÉCEMBRE 1901.
- de fer de l’Élat étant construites avec précision, la cote de distance verticale, entre la portée de la boîte sur le coussinet et sa face d’assemblage avec le dessous de boîte, est connue d’avance; il suffît d’y ajouter la distance verticale (x) entre cette face d’assemblage et le dessous de la fusée pour avoir la cote h + x = cl -f e, d’ou l’on déduit le diamètre d.
- Ces deux mesures sont données par l’instrument, ainsi que le montre
- JJiamètres
- la figure. 11 suffît de faire porter les talons T et T, sur la face inférieure de la boîte et d’amener l’index horizontal au contact de la génératrice inférieure de la fusée, en faisant tourner un écrou à molette placé dans la poignée : l’index montre la cote cherchée sur une réglette verticale graduée. Cette réglette peut d’ailleurs être déplacée suivant la valeur de la cote h, qui varie d’un type de boîte à un autre.
- Pour mesurer le diamètre de la fusée, on se sert des deux curseurs C et Co, qui coulissent sur une réglette graduée horizontale, véritable pied à coulisse,
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- APPAREIL A MESURER l’ÉPAISSEUR DES COUSSINETS. 709
- Le poids de l'instrument est d’environ lks,o, il est facilement maniable.
- Il convient de remarquer que si cet appareil a pu être appliqué à des boîtes du matériel de chemins de fer, c’est parce que ces boîtes ont été exécutées avec une cote h exactement observée. Jusqu’à l’emploi de l’appareil de mesure, cette observation exacte de la cote pouvait paraître inutile; cet exemple montre l’intérêt de l’exactitude dans la construction des pièces de machines : la précision de dimensions à première vue indifférentes devient souvent précieuse soit pour l’application d’un instrument de mesure comme dans l’espèce, soit pour des modifications ou additions de pièces. On sait d’ailleurs que la construction précise est souvent la plus économique, au moins pour les pièces construites en séries nombreuses. En résumé, l’appareil de mesure présenté par M. Joly est ingénieusement combiné. Votre Comité des Arts mécaniques vous propose de le remercier de sa communication, et d’insérer au Bulletin le présent rapport avec la figure qui l’accompagne.
- Signé : Sauvage, rapporteur.
- Lu et approuvé en .séance, le A) novembre 1901.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. E. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- SUR LA FRISE A EMBRÈVEMENT ET A LANGUETTE BATARDE, présenté par
- M. Joly.
- Les parois verticales des wagons couverts à marchandises sont formées de frises appuyées contre des montants, et ces frises doivent former un assemblage bien étanche, afin que les marchandises soient préservées de la mouille. Les assemblages à pénétration par rainure et languette, ou par fausse languette formée d’une bande de fer feuillard, sont efficaces à ce point de vue ; mais le remplacement d’une frise, qui est fréquemment nécessaire, exige le déplacement de plusieurs autres, qui sont souvent avariées par cette opération. Aussi emploie-t-on très fréquemment les assemblages à recouvrement, obtenus en coupant obliquement le bord des frises (fig. fi, 8 et 9).
- Le remplacement d’une seule frise est alors facile, sans toucher aux autres, et l’assemblage est assez étanche. Cependant le retrait des bois peut faire ouvrir les joints, et la pénétration de l’eau est alors à craindre sous l’action du vent qui lui fait remonter le plan déclive formé par la coupure de la frise.
- Pour éviter cet inconvénient, M. .Joly, dessinateur aux chemins de fer de l’État,ajoute une petite languette à coupe oblique de la frise, dans l’assemblage (fig. 11), qu’il dénomme à embrèvement et a languettes bâtarde, de sorte que deux languettes contiguës se touchent toujours par deux faces verticales, môme après retrait. Afin que le démontage des frises isolées reste toujours possible, M. Joly a été conduit à pratiquer un léger biseau sur la face extérieure de la frise, ainsi qu’on le voit sur la figure 12, afin que la présence des montants ne s’oppose pas au déplacement de la frise.
- Ce genre de frises a été appliqué à des wagons des chemins de fer de l’État. Cette disposition est ingénieuse. Toutefois elle n’est peut-être pas
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- FRISE A EMBRÈVEMENT ET A LANGUETTE BATARDE.
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- Assemblage à embrèvement et à languette bâtarde.
- Fig. 1 à 12. — Asssemblages des frises des wagons.
- Fig. 1. — Joint à fausse languette. (Etat, Compagnies rachetées ;
- Est, wagons destinés au transport des matières pulvérulentes).
- Fig. 2. — Joint à rainure et à languette. (État, P-O., P.-L.-M.)
- Fig. .'i. — Joint à languette bâtarde, dissimulant le retrait du bois. (Compagnie internationale des AV.-L. et Métropolitain de Paris.
- Fig. 4. — Boulon à griffes assujettissant les frises 2 à 2. Wagons couverts de l’État prussien.'
- Fig. — Joint en V ou à chevrons. (Wagons découverts de l’État prussien.)
- Fig. 6. — Joint en sifflet. (Wagons découverts de la Compagnie de l’Est.)
- Fig. 7. — Joint à feuillures. (Planchers des wagons américains.)
- Fig. 8. — Joint à embrèvement. (AVagons couverts des Compagnies Est et Ouest, non destinés au transport des matières pulvérulentes.)
- Fig. 9. — Joinl à embrèvement. (Wagons couverts de la Compagnie du Midi.)
- Fig. 10. — Dégagement d’une frise a, avec les joints à pénétration.
- Fig. 11. — Joint à embrèvement et à languette bâtarde. En essai au réseau de l’État français.)
- Fig. 12. — Dégagement d’une frise â embrèvement et à languette bâtarde.
- Nota. — La figure 11 montre que ce joint reste étanche malgré le
- retrait du bois, ce qui n'existe pas dans le cas des joints figures 5, 6, 8
- et 9.
- 10.
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- encore d’une efficacité absolue, parce que le retrait des bois se fait sentir aussi suivant leur épaisseur et parce que de légères déformations accidentelles peuvent empêcher en certains points le contact des parties verticales, qui n’est prévu que sur une très petite largeur. On peut craindre aussi que la fausse languette ne soit un peu fragile et quelquefois exposée à rupture.
- Ces critiques peuvent paraître un peu sévères, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un point de détail de grande importance par suite du nombre immense de frises employées et de l’importance des avaries de mouille, M. Joly doit être félicité pour la solution ingénieuse qu’il a imaginée, solution qui mérite d’être soumise au contrôle d’expériences multipliées. Votre Comité vous propose d’insérer au Bulletin le présent rapport avec la planche qui l’accompagne.
- Signé : Sauvage, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 13 décembre 1901.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. de Luynes, au 110m du Comité des Arts chimiques, sur l’ouvrage de M. V. Thomas intitulé : Guide pratique de teinture moderne.
- M. V. Thomas, préparateur de chimie appliquée à la Faculté des sciences de l’Université de Paris, a présenté à la Société un ouvrage intitulé : Guide pratique de teinture moderne.
- Dans ce volume de 950 pages, l’auteur, après quelques notions sur les lois générales de la chimie et sur la théorie de la teinture, étudie d’abord les fibres textiles, animales et végétales ; il passe ensuite en revue les matières colorantes employées en teinture : en premier lieu les matières colorantes naturelles, dont la description est souvent trop négligée dans les livres actuels consacrés à la teinture et, en second lieu, les matières colorantes artificielles dont il donne la constitution, les propriétés et les principales applications. Le reste de l’ouvrage est consacré à la teinture proprement dite. Les machines à teindre y sont décrites, avec des figures à l’appui, ainsi que tous les appareils employés pour le blanchiment. On trouve aussi de nombreuses recettes pour la composition des bains de teinture.
- L’ouvrage se termine par des notions relatives à l’art du teinturier dégraisseur.
- Par l’abondance des matières, par tous les renseignements relatifs aux propriétés et à l’emploi des matières colorantes, ce livre peut être consulté très utilement par les industriels et par les chimistes qui veulent s’initier à la pratique des applications des matières colorantes.
- Le Comité des Arts chimiques vous propose de remercier M. Thomas de son intéressant ouvrage et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : De Luynes, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 13 décembre 1901.
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- MÉTROLOGIE
- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL DES POIDS ET .MESURES
- par Ch.-Éd. Guillaume (1).
- RÉSULTATS GÉNÉRAUX
- Les études longues et minutieuses exécutées au Bureau international, tout en assurant, conformément au point le plus important de leur programme, l’uniformité parfaite des unités métriques dans la majeure partie du monde civilisé, ont fourni, de plus, une base certaine pour l’équivalence des poids et mesures dans les pays, peu nombreux, qui n’ont pas encore adopté définitivement le système métrique, et un point de départ numérique sûr pour leur future réforme. Elles ont permis aussi de coordonner mieux les mesures des dimensions et de la forme de la Terre, et de faire disparaître des écarts qui n’étaient plus en harmonie avec la précision moyenne des résultats actuels de la mesure des longueurs et des angles.
- Il convient de dire aussi que l’action du Bureau international sur la géodésie n’a pas été limitée à la détermination directe des étalons employés à la mesure des bases. Dans quelques pays, des réseaux géodésiques importants ont été mesurés avec des règles qui n’avaient pas été étudiées au Bureau international, mais dont la détermination avait été faite sur place au moyen d’étalons fournis par le llureau (2).
- Mais les déterminations d’étalons de toutes sortes n’ont pas pu être exécutées avec le degré de perfection qu’on s’était proposé d’atteindre, sans conduire à de nombreuses études de détail sur les propriétés de la matière, et tout particulièrement sur scs variations, en fonction de la température, de la pression, ou sous l’action du temps. Si les mesures destinées à fournir l’équation d’un étalon sont d’un intérêt immédiat pour la métrologie de précision, en
- (1) Voir le Bulletin d’août, d’oclobre'el novembre 1901.
- (2) L’un des plus importants parmi ces étalons est le mètre abouts désigné sous le nom de Comittec Mêler et employé par la Commission géodésique des États-Unis pour la détermination des appareils qui ont servi à la mesure d’üii arc de parallèle de l’Atlantique au Pacifique. Les déterminations de cette nature exécutées conformément au paragraphe 6 de l’article 6 de la Convention du Mètre ont occupé, de tout temps, une place importante dans l’activité du Bureau international; il ne pouvait être question d’en donner ici le détail.
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 71)
- revanche les résultats accessoires sont plus importants pour la physique générale, à laquelle ils fournissent des coefficients dont elle fait un constant usage. Quelques-uns de ces résultats ont été précédemment indiqués; nous allons passer rapidement en revue ceux qui n’ont pu être mentionnés jusqu'ici.
- DILATATION DES SOLIDES
- Mesures à l'appareil Fizeau. — De très nombreuses déterminations ont été faites à l'aide de cet appareil par M. Benoît. J’ai déjà mentionné les mesures relatives à la dilatation des échantillons prélevés sur les étalons métriques. Leurs résultats, mieux encore que ceux fournis par le comparateur, ont permis de découvrir les très petits defauts d’homogénéité de l’alliage, défauts extrêmement minimes, et qui ne pouvaient être mis en évidence que par l’emploi d’une méthode d’une grande sensibilité. Mais, à un point de vue général, il est plus intéressant d’indiquer les résultats des déterminations faites sur quelques métaux purs ou industriels, ainsi que sur certains cristaux susceptibles de servir ensuite comme types de dilatation pour le tarage des appareils.
- Le tableau suivant résume les déterminations les plus importantes faites par M. Benoît :
- Substances.
- Quartz.
- Béryl, j Spath d’Islande.
- ( Dans la direction parallèle à l’axe...............
- \ Dans la direction perpendiculaire à l’axe.. . . . .
- Dans la direction parallèle à l’axe................
- Dans la direction perpendiculaire à i'axe..........
- Dans la direction parallèle à l’axe . . . . Dans la direction perpendiculaire à l’axe .
- Platine pur. Iridium pur,
- , H
- Or monétaire a — 12
- Acier recuit
- Bronze phosphoreux.
- Pauvre en phosphore, dur. Riche en phosphore, dur..
- ) Pauvre en phosphore, recuit. I Riche en phosphore, recuit..
- Verre dur français......
- Glace de Saint-Gobain. . . . Verre thermométrique d’iéna.
- Coefficients moyens de dilatation
- dans l'échelle du thermomètre à hydrogène.
- 7 161, ,4 + 8 ,01Ti 10 -‘J
- 13 234. ,6 + 11 ,63T)10- -9
- 1 347, 8 + 4 ,12 T) 10 •0
- 1 002. ,0 + 4 ,37T) 10 -9
- 23 133, ,3 + il ,80 T) 10-
- 3 378, ,2 4- 1 ,38 T) 10 rJ
- 8 901 + 1 ,21 T) 10 -Il
- 6 338 + 3. ,21 T)10- 11
- 14 371 4- 3 ,19 T) 10
- 10 334 4- ,23 T) 10 »
- 16 664 4- 4, ,62 T) 10
- 16 994 + 4, ,96 T) 10 9
- IG 373 + 3, .08 T) 10- 9
- 16 971 -4 3, ,11 T) 10 9
- 7 373 4- h 42 T 10-
- 7 231 4- L 15 Tl 10 -!l
- 7 362 + L ,39 T) 10- -9
- Tous les résultats contenus dans le tableau ont été établis par des expériences faites entre 0° et 85° environ. En principe, les formules 11e devraient pas être
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- employées en dehors de ces limites; mais la dilatation de certains corps est si régulière et, de plus, les mesures faites à l’appareil Fizeau, employé avec habileté, sont si précises, que l’extrapolation conduit parfois à des résultats étonnamment exacts. En rapprochant, par exemple, les nombres relatifs au platine déduits du tableau ci-dessus de ceux qui ont été trouvés récemment par MM. Hol-born et Day par des expériences directes poussées jusqu’à 1000°, on peut établir la comparaison suivante :
- Dilatation du platine en millimètres par mètre, d'après
- Température. M. Benoît. MM. Holborn et Day
- 250° 2,301 2,304
- O O 4,753 4,759
- 750 7,356 7,392
- 1 000 10,111 10,205
- Jusqu’à 500°, la concordance est tout à fait surprenante, et à 1000°, l'écart n’atteint pas encore 1 p. 100.
- Mesures au comparateur. — Il est intéressant d’indiquer la valeur trouvée, par M. Chappuis, sur un réservoir en verre dur, dont on put, par un dispositif particulier, déterminer la dilatation jusqu’à 100°. Les mesures ont donné, pour la dilatation moyenne, entre 0° et T :
- a = (7 267 + 5,16 T) 10
- L’emploi considérable que l’on fait aujourd’hui du verre dur donne à ce résultat une assez grande importance.
- J’ai consacré aussi de nombreuses mesures au comparateur à l’étude des propriétés de certains métaux ou alliages, parmi lesquels je citerai tout d’abord quelques bronzes, dont deux au nickel. Les formules de dilatation trouvées pour ces alliages sont reproduites ici :
- Bronze à 10 p. 100 d’aluminium. ...................(16 323 + 3,90 T) 10~9
- phosphoreux.................................(16 437 + 7,50 T) 10_fl
- — à 35 p. 100 de nickel.......................(14 666 + 5,54 T) 10-n
- — à 40 — — (constantes)..............( 14 479 + 4,48 T) 10~'J
- Pourle nickel,dont quatre barres de diverses provenances ontété examinées, les mesures ont conduit à la moyenne suivante :
- a = (12 512 + 6,76 T) 10“9.
- Par extrapolation, jusqu’à 250°, on trouve un allongement de 3,52 mm. par mètre. MM. Holborn et Day ont trouvé récemment 3,49 mm. ; mais à 500°, l’écart est considérable, à cause de la variation de volume accompagnant la transformation qui se produit à 380°.
- Les recherches les plus étendues ont porté sur les aciers au nickel, dont
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- les singulières propriétés ont vivement attiré l’attention des physiciens et des métrologistes.
- Les aciers au nickel peuvent appartenir à deux catégories distinctes; ils peuvent être réversibles ou irréversibles, en ce sens qu'à une même température ils existent à un seul état ou à deux états distincts, suivant le traitement qu’ils ont subi, et notamment suivant le cycle de température qu’ils ont décrit.
- Les variations magnétiques de ces alliages sont très caractéristiques de leui état. Le diagramme, ligure 03, établi à la suite des recherches de J. Hopkinson, de ,\l. Osmond, de M. Dumas, de M. h. Dumont et des miennes, donne une idée approximative de leurs transformations consécutives des changements de la température. Dans la région des faibles teneurs, l’alliage montre les premières traces de magnétisme, au refroidissement, en atteignant la courbe AB; et, à
- Nickel pour cent
- Kit;'. ICI. — Transformations des aciers an nickel.
- partir de là, le magnétisme* augmente rapidement à mesure que la température s'abaisse. Mais, au réchauffement, il ne disparaît que sur la courbe CD. Au contraire. la courbe EF indique la limite d’apparition ou de disparition du magnétisme dans les alliages à plus forte teneur. Dans la région moyenne, voisine de 25 p. 100, l’alliage peut subir les transformations réversibles ou irréversibles, suivant les températures qu'il atteint.
- Les courbes du diagramme se rapportent à des ferro-nickels additionnés de très petites quantités de métaux ou métalloïdes étrangers. En général, les impuretés ont plus d’action sur les courbes irréversibles que sur les courbes réversibles. Ainsi, une addition de 1 p. 100 de carbone ou une addition de 2 à 3 p. 100 de chrome à des ferro-nickels contenant de 20 à 25 p. 100 de nickel repousse la courbe AB jusqu'à des régions très basses, et même inaccessibles. La région pratique des alliages réversibles s’étend alors vers les faibles teneurs. En revanche, pour des alliages très purs de fer et de nickel, le point de croisement des Tome 101. — 2e semestre. - Décembre 1901. 48
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- deux courbes est un peu à droite de l’endroit marqué dans le diagramme.
- Ces quelques indications étaient nécessaires pour l’intelligence de ce qui va suivre, car la notion de réversibilité ou d’irréversibilité s’applique non seulement aux propriétés magnétiques, mais à toutes les propriétés des alliages étudiées jusqu’ici.
- Considérons un alliage de la première catégorie, contenant par exemple io p. 100 de nickel. Si on le refroidit à partir de la température de la forge, on constate qu’après s’être contracté suivant une droite Ail, figure 6i, il commence à s’allonger à partir d’une certaine température ! 130° dans notre cas), en suivant
- Fig. Iî4. — Variations (Je volume d’un acier-nickel irréversible.
- une courbe DE. Finalement, à une température très basse, il recommence à se contracter.
- Si alors on le réchauffe, il se dilate eu suivant une ligne sensiblement droite, et reste sur cette ligne aussi longtemps qu’il n’a pas été amené à une température élevée, où il subit la transformation inverse.
- Si maintenant, au lieu de refroidir l’alliage jusqu’à sa transformation complète, on l’arrête à mi-chemin, en D par exemple, il suivra, en se réchauffant, une ligne telle que DC. Quant à l’inclinaison des droites AB, CD, elle varie progressivement à mesure de la transformation de l’alliage, passant de la valeur 18,10“G environ, correspondant à la dilatation du laiton, à la valeur 10,o. I0~e, qui est celle du coefficient de dilatation de l’acier ordinaire.
- Les alliages du groupe réversible ont, en général, à l’état magnétique, une dilatation plus faible que celle des aciers ordinaires. A l’état non magnétique)
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- ail contraire, leur dilatation est très élevée, voisine de celle du laiton. Entre ces deux extrêmes, la dilatation varie progressivement, sur un intervalle plus ou moins grand, qui coïncide avec la dernière partie du passage de l’état magnétique dans l’état non magnétique,
- L’ensemble des dilatations d’un de ces alliages est donc représenté par une courbe telle que OABC (fig. 65), la région AB, qui est celle du passage, étant plus ou moins élevée sur l'échelle des températures suivant la teneur en nickel. La courbe EF, lig. 65, représente à peu près le mouvement du point B en fonction île la teneur.
- Il est particulièrement intéressant de suivre l’allure de la portion OA aux diverses teneurs. Le tableau suivant reproduit quelques-uns des résultats obtenus. Les alliages pour lesquels le nickel est seul indiqué contiennent de petites quantités de carbone, de manganèse et de silicium, mais sont exempts de chrome ! 1 ).
- Fi”, üü. — Diagramme de la dilatation d'un acier an j nieke .
- Dilatation de quelques aciers au nickel,
- Le:-' alliages
- Nickel. Chrome. Form nies ' le dilatation.
- p. 100. p. 10U.
- 26,2 » 113103 + 21,23 t) i0-!l
- 27,0 (11288 a_ 28,89 U' 10-9
- 28,7 )) (10 387 + 30,04 /.) 10--9
- 30,4 » ( 4 570 + 11,94 t'y 10-»
- 31,4 » ( 3 395 + 8,85 t) 10-9
- 34,6 » ( 1 373 + 2,37 tj 10~9
- 35,6 O ( 877 + 1,27 t) 10“,J
- 37,3 » ( 3 457 — 6,47 t) 10“9
- 30,4 r, ( 5 357 — 4,48 t) io-9
- 4i,4 » ( 8 508 — 2,51 t) 10-9
- 48,7 » ( 9 843 0,13 t) 10~9
- 10,2 2,5 (19 496 + 4,30 t) 10-9
- 21,3 3,0 (18 180 + 4,30 t) 10-9
- 34,8 1,3 : 3 580 — 1,32 t) 10-9
- 3 5,7 1,7 ( 3 373 + 1,65 t) 10-9
- 36.4 O,1.» 4 433 — 3,92 t\ 10-9
- ; nécessair es à celle é lude ont été gracieusement four
- Société de Commentry, Foureliumb au 11 et Decazeville ; .
- liy, ont été communiq u ées aussi par la S oeiété.
- au Bureau m-
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- Les résultats qui précèdent ont été établis pour des températures comprises entre 0° et 38° environ. Us montrent que, dans cette région de températures, la dilatation des aciers ail nickel, partant d’une valeur élevée à la limite des réversibles, s’abaisse graduellement, passe par un minimum situé non loin de 36 pour 100, et remonte lentement vers la dilatation du nickel pur.
- Ces résultats n’ont, d’ailleurs, rien d'absolu. A toutes ces teneurs mais surtout, au voisinage de 36 pour 100, de faibles additions de chrome ou de manganèse élèvent sensiblement la dilatation, qui, avec les proportions de ce dernier métal les plus ordinairement employées en métallurgie, atteint facilement le double de la plus faible qui soit indiquée ci-dessus. La trempe, le recuit, l’écrouissage la modifient diversement.
- Il est intéressant, cependant, de suivre la marche du second coefficient de la formule, dont la valeur indique la courbure de la ligne représentative dos dilatations dans l’intervalle considéré. Aux teneurs voisines de 28 pour 100, la courbure est très considérable à la température ordinaire, parce qu’on se trouve alors dans la région désignée par AB (fig. 65). Aux teneurs plus faibles, on a déjà dépassé cette région, tandis qu’on s’en approche seulement aux teneurs supérieures à 30 pour 100. Plus loin, le coefficient va en baissant de plus en plus, passe par zéro non loin du minimum de la dilatation, devient négatif et s’annule de nouveau vers 48 pour 100. 11 existe, par conséquent, deux groupes d’alliages dont la dilatation est une fonction linéaire de la température, et une série d’autres pour lesquels la courbe des dilatations est concave vers le bas. Ce résultat, que l’on n’avait pas encore constaté, a permis d’intéressantes applications de ces alliages.
- Les mesures, moins précises, poussées jusqu’à 200°, ont permis de tracer un réseau des dilatations vraies des alliages, ainsi que l’indique le diagramme, lig. 66.
- Je n’insisterai pas sur les singulières variations que les aciers au nickel peuvent subir soit par l’action du recuit, soit sous la seule iufluence du temps, et me bornerai à dire que ces variations, pour les alliages réversibles, sont tout à fait analogues à celles qu’éprouve le verre, et qui ont fait craindre pendant longtemps qu’il fût toujours impossible de faire de bonnes mesures au moyen du thermomètre à mercure. Il suffira de dire que l’amplitude de ces variations est d’autant moindre que l’on s’éloigne davantage de la région de la transformation magnétique, et devient insensible pour les alliages contenant au moins 45 pour 100 de nickel. Elles sont, d’ailleurs, absolument indépendantes des changements qui se produisent dans les métaux ou alliages écrouis, par le fait de la disparition progressive de l’écrouissage.
- La théorie de ces changements, comme en général la théorie des singulières variations des aciers au nickel, a donné lieu à des discussions, auxquelles on pris part MM. Le Chalelier, Duhem, Osmond et Dumas. Ces changements ont
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL. 721
- été ramenés à l’idée d’un équilibre chimique ou physico-chimique variable avec-la température, et dans lequel on envisage soit une transformation progressive d’une combinaison plus ou moins complète du fer avec le nickel, soit le simple passage du fer ou du nickel magnétiques dans la variété non-magnétique, amenée à une température en général très inférieure à celle de la transformation des métaux purs, et étendue sur un large espace de température.
- M. Dumas ajoute à cette dernière théorie l’idée, fondée sur de nombreuses expériences, que le magnétisme du fer est, par sa nature, doué d’hvstérèse thermique, qui apparaît dès que, par une addition d’un corps étranger, on exagère ses manifestations; au contraire, le magnétisme du nickel ne serait pas doué
- Fi'i/GB. ;—^Dilatations ivraies des aciers-nickelsfréversibles.
- d’hystérèse. Les courbes AB, CD du diagramme, fig. 63, correspondraient donc aux transformations du fer, la courbe EF à celle dujnickel. j
- Les propriétés singulières des aciers au nickel réversibles ont conduit à des applications importantes aux appareils de mesure, et même à l’industrie. La très faible dilatation d’une catégorie d’entre eux les désignait spécialement pour la construction des pendules compensés, dispensant ainsi de l’emploi du mercure ou des nombreuses tiges, d’un ajustage délicat, du pendule à gril. On obtient la compensation complète de la dilatation d’une tige d’acier nickel simplement en posant sur l’écrou une lentille de fonte ou de laiton de dimensions telles que ses variations remontent le centre d’oscillation d’autant que les changements de la tige rabaissent, lig. 67 A. Ou bien aussi, on peut entailler la lentille jusqu’à son centre, et la faire reposer sur un cylindre extensible par un pas de vus (système Thury, fig. 67 A) ou sur un ensemble composé de deux cylindres superposés, dont, pour des raisons pratiques de construction, on conserve la hauteur dans tous les cas, mais qui sont constitués par deux métaux différents donnant, au
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- cylindre composite, la dilatation que l’on veut obtenir (Système Riefler). Ces trois systèmes de pendules sont aujourd’hui d’un usage courant.
- L’emploi des alliages peu dilatables dans toutes les mesures que l’on cherche à rendre précises sans que les conditions de température soient parfaites peut en augmenter beaucoup l’exactitude, ou dispenser des minutieuses précautions qu'elles rendent nécessaires.
- Les mesures géodésiques sont le type le plus important d’opérations de cette nature, et nous avons vu déjà quelles sont les complications d’outillage qu’impose la connaissance toujours imparfaite de la température. A la demande de M. le général Bassot, directeur du Service géographique de l’armée française, nous avons cherché, M. Benoît et moi, à résoudre de la façon la plus pratique
- la question de la mesure des bases au moyen d’une règle, en adoptant les dispositifs suivants :
- Une forte barre d’acier-nickel à 36 p. 100, à section en H de 40 mm. au carré, tracée sur le plan des fibres neutres, est portée par un appui fixe et un rouleau fixés sur le fond d’une caisse en alliage d’aluminium enfermant complètement la règle, et dont on ne relève que les extrémités pour les lectures. La règle porte des thermomètres dans le fond de la rainure supérieure, et un niveau symétrique par rapport au trait central.
- La section très évidée et cependant robuste de la règle a permis de l’amener à ne plus peser que 23 kilogr. environ, c’est-à-dire entre la moitié et le tiers du poids total des règles de quatre mètres employées jusqu’ici. Le poids de la boîte est voisin lui-même de 25 kilogr., de telle sorte qu’en restant dans des limites de poids inférieures à celles qui avaient été admises, on a pu obtenir un étalon géodésique très robuste, entièrement protégé contre les heurts ou les changements irréguliers de la température, et au surplus très peu sensible aux variations qu’elle subit encore.
- Mais l’emploi des alliages peu dilatables s’est montré surtout efficace combiné avec le procédé rapide de mesure des bases imaginé par M. Jaderin, et consistant à déterminer la distance comprise entre deux repères successifs à l’aide d’un fil, tendu sous un effort constant, et dont la longueur est généralement de 24 mètres. La mesure de la température du fil présente naturellement d’assez grandes difficultés, queM. Jaderin avait tournées en partie par l’emploi du système bi-métallique. La distance des repères était alors mesurée successivement
- Fig. 67, — Pendule compensé à lige d’acier au nickel.
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- avec un fil d'acier et un fil de laiton, et leur température, supposée égale, était déduite de la différence trouvée.
- Dans les dernières opérations faites par la commission suédo-russe du Spitz-berg, M Jiiderin a appliqué lui-même les fils peu dilatables à la mesure des bases, et, suivant les détails qu’il a bien voulu nous communiquer, l’opération a conduit à un succès complet,
- Le même système est employé actuellement pour la géodésie rapide de la Colonie du Cap, exécutée sous la direction de Sir David Grill, et des fils de l’alliage le moins dilatable ont été remis à diverses missions géodésiques coloniales envoyées par le Service géographique de l’Armée française.
- Une application particulière des aciers au nickel a été faite récemment à la correction de l’erreur secondaire de la compensation des chronomètres. La substitution, à l’acier du balancier compensateur ordinaire d’un acier-nickel convenablement choisi permet de donner au balancier une action exactement symétrique de la variation du spiral qu’il s’agit de corriger. De cette manière, on a pu faire disparaître complètement le défaut de proportionnalité de la compensation, résultat que l’on n’avait obtenu jusqu’ici qu’au prix d’une complication assez grande dans la construction du balancier. Le nouveau système a été adopté par divers horlogers.
- Dilatation du mercure et de Veau . —Les importantes recherches faites par M. Chappuis sur les propriétés caractéristiques des gaz usuels ont déjà été rapidement résumées à propos du thermomètre à gaz fondé sur les variations de leur volume spécifique ou de leur force élastique. Dans une direction un peu différente, il a fait une excellente détermination de la dilatation des deux liquides les plus fréquemment employés dans les mesures physiques, l’eau et le mercure.
- Pour ce dernier, les résultats de Régnault étaient demeurés sans contrôle. Et, malgré la grande confiance qu’ils méritaient, il semblait, d’après ses appréciations mômes, qu’il fût possible de serrer de plus près la vérité.
- Les mesures ont été faites par la méthode du thermomètre à déversement. Le réservoir, en verre dur, de 1 mètre de long et de 1 litre environ de capacité, était terminé par un tube de verre exactement calibré. On élevait la température du réservoir de manière à en chasser une certaine quantité de mercure, que* l’on pesait. Puis on laissait redescendre la température, et on faisait, le long du tube calibré, une série de mesures à des températures diverses, de manière à opérer comme avec un dilatomètre ordinaire, de très faible amplitude et de grande sensibilité. La précision d’une pesée étant très grande, comparée à celle d'une lecture unique sur le tube, et à celle de la détermination correspondante de la température du réservoir, on ramenait ces deux parties de la détermination à une valeur comparable par la répétition de cette dernière.
- Les mesures de M. Chappuis ont embrassé un intervalle de température corn-
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- pris entre 0° et 100°. Les formules résumant ces déterminations sont les sui vantes :
- Dilatation cubique relative du mercure dans le verre dur.
- a — (160 207 — 26,916 T + 0,169 21 T2) 10-9.
- Dilatation vraie du mercure :
- a = (182 008 — 11,3804 T + 0,169 21 T2) 10~9.
- La formule déduite par le Dp Broch des mesures de Régnault, après quelques corrections, était la suivante :
- a = (181 792 + 0,175 T + 0,035 12 T2) 10-®.
- On jugera de l'accord de ces déterminations par les nombres ci-dessous qui donnent, pour diverses températures, l’allongement d’une colonne de 1 mètre de hauteur initiale, parlant de 0°, et supposée renfermée dans un tube invariable; cet accord est beaucoup meilleur que ne pouvait le faire prévoir la précision attribuée par Régnault lui-même à ses déterminations.
- Allongements.
- Température. Régnault. Chappuis,
- mm. mm.
- 10° 1.8180 1,8192
- 20 3,6362 :3,6369
- 30 5,4549 5,4546
- 40 7,2742 7,2729
- 50 9,0944 9,0930
- La dilatation de l’eau a été étudiée par M. Marek et par M. Thiesen, à l’aide de pesées hydrostatiques d’une pièce de quartz, enfin, par M. Chappuis, d’abord à l’aide du dilatomètre qui vient d’être décrit, puis plus tard en faisant usage du réservoir de platine iridié du thermomètre à gaz.
- Le procédé était encore celui du thermomètre à écoulement; mais, comme il aurait été impossible de déterminer exactement les quantités d’eau chassées du réservoir par l’élévation de la température, l’eau était enfermée sous du mercure, qui remplissait en partie un réservoir auxiliaire en verre, maintenu à la température ambiante, que l’on déterminait soigneusement. L’augmentation du volume de l’eau provoquait le départ d’un égal volume de mercure, et, pour le reste, on opérait comme pour les déterminations qui viennent d’être décrites. Dans certaines expériences, faites avec un réservoir sphérique, M. Chappuis a pu opérer avec de l’eau en surfusion jusqu’à — 12°. A cette température, la congélation subite produisit la rupture de l’appareil.
- Il est très difficile de renfermer, dans une formule unique, les résultats relatifs à la dilatation de l’eau sur un large intervalle de température, et il est préfé-
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- râble, pour les applications, de se rapporter aux nombres d’un tableau obtenu par interpolation des/ésultats directs.
- Les données suivantes, trouvées à diverses époques, montrent quelles étaient autrefois les erreurs commises dans cette importante détermination. Dans les dernières années, au contraire, les résultats se sont considérablement rapprochés.
- D K X SITE DE 1, ’ K A C
- Déterminations anciennes (I).
- Température. HallstWim. 1805 Muncke. 1828 Stampt'er. 1831 Pierre. 1845 Kopp. 1847
- 0° 0,990 000 883 887 884 877
- 4 1,000 000 000 000 000 000
- D 0,999 994 992 989 991 994
- 10 0,999 783 737 716 737 753
- la 0,999 270 153 104 153 182
- 20 0,998 464 272 189 273 312
- 25 0,997 372 127 009 131 170
- Déterminations récentes.
- Température. Marek. Thiesen. Chappu i». Thiesen l'T
- (éch. normale''. 1884 1887 1892 1897 1900
- 0'J 0,999 864 867 868 867 868
- 4 l,00O000 000 000 000 000
- 5 0,999 993 992 992 992 992
- 10 0,999 731 727 728 727 727
- 14 0,999132 127 129 128 126
- 20 0,999 248 230 233 233 230
- 25 0,997 072 074 073 071
- 30 0,995 671 679 675 673
- 35 0,994 » 065 062 058
- 40 0,992 U 244 247 241
- D'autres mesures exécutées de 1890 à 1892 par MM. Maiy, Scheel. Kreitling, ont donné des résultats voisins des précédents.
- Etude de l’indice de réfraction de l’air
- L’indice de réfraction des gaz a été étudié par de nombreux physiciens, mais certains résultats sont restés pendant longtemps assez contradictoires pour que l’on ne pût en tirer aucune loi générale. M. Mascart a mis, pour la première fois, hors de doute, la proportionnalité du pouvoir réfringent de certains gaz à leur
- (11 Reproduites ici d’après Herr, U cher das Verhaltniss des Bergkrijsta/l-kUoyrammes, etc. Vienne, 1870. Les trois chiffres quifsuivent la virgule sont communs à toutes les déterminations.
- (2) Mesures effectuées à l'Institut physico-technique de Charlottenbourg.
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- densité, lorsque celle-ci varie parla pression, même lorsqu’elle n’est pas proportionnelle à cette dernière. Mais ses mesures de la plate-forme ne permettaient pas de conclure à une relation analogue pour les variations de densité dues au changement de la température.
- M. Benoît fut conduit à s’occuper de cette question pour évaluer le facteur de correction dans la détermination de la dilatation du trépied de l’appareil Fizeau. Dans cette mesure, faite par des franges avec une grande différence de marche, la variation de l'indice de la lame d’air contenue entre la surface métallique et celle de la lentille est assez considérable pour modifier très sensiblement la distance optique de ces deux surfaces.
- Pour déterminer la correction résultant de cette variation, M. Benoît munit l’appareil Fizeau d’une cloche en verre dans laquelle on pouvait faire le vide, et fît ainsi 83 mesures doubles, successivement sous la pression atmosphérique et sous une très faible pression, les distances des deux surfaces étant repérées chaque fois sur 33 points marqués sur la lentille. Ces mesures faites consécutivement à chaque température ont ainsi donné, pour chacune d’elles, l’indice vrai de l’air dans les conditions de température et de pression observées. En résolvant d’une façon un peu différente les équations déduites de ces mesures, M. Benoît a trouvé les deux paires de valeurs suivantes du pouvoir réfringent et de sa variation :
- n0 — 1 = 0,000 292 36 ou 0,000 292 23 8 = 0,003 669 9 ou 0,003 661 7,
- et il a formulé ses conclusions en ces termes :
- « 1° L’indice de réfraction de l’air atmosphérique sec, à la température de 0° et sous la pression de 760 millimètres est :
- n0 = 1,000 292 3.
- Ce nombre est sensiblement plus faible que celui que l’on a admis assez généralement d’après Biot et Arago (1,0002 943), et presque identique à celui qui a été donné par M. Mascart (1,000 292 7).
- « 2° Le coefficient de variation avec la température dans l’expression :
- ni — 1 _ ___1_
- Ho-1 1 "f- r-< t
- est précisément égal au coefficient de dilatation de l’air sous pression constante, tel qu’il a été trouvé par Régnault. Je crois donc qu’on peut conclure que la loi de la proportionnalité de la réfraction à la densité, vérifiée sur une grande échelle pour les pressions par d’autres observateurs et mise en doute pour les températures, est également exacte pour celles-ci, au moins dans les limites entre lesquelles j’ai opéré, c’est-à-dire entre 0° et 80°. »
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- Se fondant sur les conclusions de M. Benoît, et pensant qu’elles étaient l’expression d’une loi naturelle, M. Daniel Berthelota élaboré une méthode pyrométrique mettant en œuvre un procédé interférentiel de mesure de l’indice de réfraction de l’air, d’où sa température est déduite par extrapolation linéaire. Les valeurs qu’il a données pour divers points de fusion, celui de l’or notamment (1 064°), présentent une concordance remarquable avec ceux qui ont été déduits, par MM. Holborn et Wien de la variation de force élastique de l’azote. Cette concordance confirme les conclusions de M. Benoît, et montre qu’elles se vérifient pour un intervalle de température beaucoup plus étendu que celui dans lequel il avait cru devoir, par une légitime prudence, en limiter l’énoncé.
- [A suivre.)
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- ARTS MÉCANIQUES
- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR H AUI ES PRESSIONS,
- MUS PAR TU R R INES A VAPEUR
- ou par moteurs électriques ( 1 ), par M. Rateau, Membre du Conseil,
- Jusqu’à ces derniers temps, on n’obtenait pas avec les ventilateurs centrifuges des pressions ou des dépressions supérieures à 0nl,50 de colonne d’eau environ. J’en ai bien vu qui donnaient 60 centimètres, toutefois c’était et c’est encore exceptionnel. Nous allons voir qu’en accouplant un ventilateur, convenablement construit, à une turbine à vapeur, on peut obtenir 10 fois plus avec une seule roue et autant que l’on veut avec plusieurs.
- En ce qui touche les pompes centrifuges, on ne leur demandait pas d’élever à plus de 12 à 45 mètres de hauteur, il n’y a pas bien longtemps encore. Récemment, quelques constructeurs sont parvenus à des hauteurs bien plus grandes soit avec une seule roue mobile, comme M. Schabaver de Castres (2), soit à l’aide de deux ou plusieurs roues disposées en tension, comme MM. Sul-zer de Winterthur (3) (jusqu’à 150 mètres) ou comme M. Mather Reynolds (4).
- A la vérité, la difficulté n’est pas de produire de grandes hauteurs, mais de les obtenir avec un bon rendement mécanique, c’est-à-dire avec le minimum de pertes dans l’appareil. Ici encore, la turbine à vapeur, en donnant le moyen de transmettre une grande puissance par un arbre tournant très vite, rend faciles des hauteurs d’élévation de 200 à 300 mètres et meme davantage avec une seule roue de pompe offrant un bon rendement mécanique.
- Le grand développement de l’électricité dans ces dernières années donne beaucoup d’intérêt aux engins à mouvement rotatif continu qui se prêtent à la commande directe par moteurs électriques. C’est ainsi que les pompes centrifuges électriques, appliquées jusqu’ici seulement dans le cas des petites hauteurs, peuvent être maintenant employées pour les grandes hauteurs d’élévation qui paraissaient réservées aux seules pompes à pistons, comme par exemple dans
- (1) Ce travail est Je développement de la communication faite dans la réunion du 25 octobre i901.
- (2) Bulletin de la Société d’Encoura;/ement, juin 1900.
- (3) Zeitschrift des Vcreines deutscher Ingénieur e, 12 octobre, 2 novembre 1901.
- (4) Revue industrielle, 18 janvier 1890.
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- 1 épuisement des mines à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. Mais les moteurs électriques ne tournent généralement pas assez vite pour qu’on atteigne ces grandes pressions avec une seule roue mobile; on est alors obligé, comme je vais l’expliquer tout à l’heure, d’en disposer plusieurs en tension sur le même arbre.
- Avant de décrire les machines qui ont été construites par les ateliers Sautter-Harlé à Paris, conformément à mes théories, avec la collaboration de M. Jean Rey, il peut être utile, pour la clarté du sujet, de dire quelques mots des propriétés fondamentales des ventilateurs et des pompes centrifuges. Nous parlerons des deux genres de machines à la fois, car elles ont exactement les mêmes propriétés; il n'y a de différence entre elles que par la densité du fluide qui les traverse.
- Propriétés principales des ventilateurs et pompes centrifuges. — Considérons un ventilateur ou une pompe déterminée, et supposons qu’on fasse tourner la roue mobile à une vitesse constante ; la machine consommera une certaine quantité de travail Tm sur son arbre, grâce auquel elle donnera un débit Q et une hauteur de pression H que nous estimerons en colonne même du fluide qui traverse l’appareil. Ce débit et cette pression dépendent non seulement de la vitesse de la machine, mais encore des conditions dans lesquelles se présente le circuit extérieur où la pression II est utilisée. Si l’on modifie ce circuit extérieur, le débit et la pression varieront aussi. Le débit, par exemple, peut varier entre O et un certain maximum Qra qui est obtenu lorsque, l’appareil étant mis dans la situation que j’appellerai en court circuit, par analogie avec l’électricité, la hauteur de pression H est nulle.
- Nous pouvons construire des courbes en portant en abscisse le débit Q de l’appareil, et, en ordonnée, soit la pression H donnée par la machine qui correspond à un certain débit Q (la vitesse de rotation restant toujours constante par hypothèse), soit la puissance Tm transmise à l’arbre, soit le rendement mécanique p de la machine, ce rendement étant le rapport entre le travail utile & QH qu’elle fournit par seconde et la puissance Tm transmise à l’arbre. Voici, par exemple, des courbes telles qu’on les obtient par l’expérience sur une certaine pompe.
- Ces courbes affectent des formes variables suivant le système de ventilateur ou de pompe, leur allure générale est toujours la suivante : la courbe des hauteurs de pression a uné forme parabolique, avec un sommet plus ou moins aplati; la courbe de la puissance transmise à l’arbre est assez voisine d’une droite allant en s’élevant cà mesure que le débit croit; mais, suivant la forme des ailes, cette courbe de la puissance transmise monte plus ou moins vite qu’une droite; la courbe du rendement mécanique affecte toujours la forme d’une sorte
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- de parabole passant par l’origine et par le point du débit limite; le sommet de cette parabole correspond au rendement maximum pm de la machine.
- Il faut, autant que possible, dans la pratique, mettre l’appareil dans cette condition du rendement maximum afin d'en tirer le meilleur parti ; c’est ce que j’appelle la « marche normale » de la machine. Un voit ainsi que, en
- marche normale, il y a un débit normal déterminé et une hauteur d’élévation déterminée pour une vitesse de rotation donnée.
- Quand on change la vitesse de rotation, ou bien quand on modifie les dimensions de l’appareil, tout en le laissant semblable à lui-même, les courbes que nous venons do décrire changent alors, mais en conservant les mêmes formes. J’ai indiqué (1) comment on peut les réduire à des courbes, caractéristiques de chaque type d’appareil, indépendantes de la vitesse de rotation et de la grandeur de la machine en réduisant les débit, hauteur et puissance transmise à l’arbre, à des coefficients indépendants des unités de mesure. Il suffit, pour cela, de les diviser par des puissances appropriées de la vitesse périphérique u et du rayon r de la roue mobile.
- Les coefficients que j’ai en vue sont : le rendement mécanique :
- OH
- le coefficient de débit :
- le coefficient manométrique :
- le coefficient de la puissance transmise
- Tm
- O
- u r2
- 9 H
- F- =
- fl TIn ____a ô
- (1) traité des Turbo-machines, 1900, Dunod, éditeur.
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- A titre d’exemple, je donne, dans la figure 1, les courbes caractéristiques ainsi définies, pour mon système ordinaire de pompe centrifuge pour petites hauteurs d’élévation, et, dans la figure 2, celles de mon système ordinaire de ventilateur centrifuge tel qu’il est connu dans les mines.
- On voit, par ces deux exemples, que les courbes, quoique ayant la même allure générale, peuvent différer beaucoup d’un genre d’appareil à un autre.
- 11 résulte de la fixité de ces courbes caractéristiques pour chaque type de
- machine — fixité qui peut se démontrer par la théorie et qui se vérifie par l’expérience— des lois qu’il faut bien connaître pour tirer des ventilateurs et des pompes la meilleure utilisation. Je signalerai, en particulier, la loi suivante sur laquelle j’ai appelé l’attention il y a bientôt dix ans (1) : en marche normale, une pompe centrifuge commejun ventilateur donnent un débit proportionnel à la vitesse de rotation et une hauteur de pression proportionnelle au carré de cette vitesse de rotation ; de sorte que le débit, toujours en marche normale, c’est-à-dire en
- (1) Considérations sur les turbo-machines, et particuliérement sur les ventilateurs. Bulletin de la Société de l’industrie minérale, lrc livr., 1892, page 40 du tirage à part (Chevalier, libraire à Saint-Étienne).
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- maximum de rendement mécanique, est proportionnel à la racine carrée de la hauteur de pression. L’on avait cru, et l’on croit encore généralement qu’une pompe centrifuge doit fournir un débit constant ou à peu près constant, quelle que soit la hauteur d’élévation ; et c’est l’ignorance de la loi fondamentale précédente qui a fait penser que ces appareils étaient incapables de procurer de grandes pressions avec un bon rendement mécanique.
- On remarquera que, lorsqu’on s’écarte de la marche normale de l’appareil, le rendement mécanique baisse ; mais il ne baisse d'abord que très lentement, en sorte que le débit peut pratiquement s’écarter d’environ 30 p. 100 en plus ou en moins de sa valeur normale sans que le rendement soit notablement inférieur à son maximum; c’est-à-dire qu’il est possible, dans la pratique, de faire varier le débit du simple au double, sans inconvénient. Les appareils à force centrifuge jouissent ainsi d’une grande souplesse d’application.
- J’ai parlé de la hauteur d’élévation ou de la pression totale donnée par la machine, sans distinguer la partie de cette hauteur afférente à l’aspiration et la partie qui correspond au refoulement; peu importe, en effet, la manière dont se partage la hauteur totale de part et d’autre de l’appareil. Une pompe, par exemple, peut être placée à un point quelconque de la hauteur totale d’élévation; elle peut même être placée en siphon au-dessus du réservoir de refoulement (1); cela n’a aucune importance; la hauteur totale d’élévation est indépendante de la position de la pompe sur le circuit extérieur. Il y a toutefois une restriction à faire: il faut que la dépression dans l’ouïe ou orifice d’entrée de la pompe ne tombe pas à une valeur trop voisine de zéro, parce qu’alors il surviendrait un phénomène gênant, que nous pouvons appeler cavitation, qui a été constaté pour les hélices propulsives à grande vitesse et qui se produit également dans les pompes centrifuges lorsque, la pression à l’entrée de la pompe étant faible et la vitesse d’entrainement des ailes étant grande, l’eau ne peut suivre le revers de ces ailes. La continuité de la veine fluide est alors rompue, il se forme des poches d’air et le rendement tombe rapidement.
- VENTILATEURS A HAUTE PRESSION
- jDescription. Les figures 3, 4, 5, montrent, en coupe, en plan, et en per-
- spective, un ventilateur centrifuge pour haute pression associé sur le même arbre avec une turbine à vapeur. Celle-ci est semblable à celle que j’ai décrite dans le Rapport au Congrès International de mécanique appliquée en 1900. Le ventilateur
- (1) Nous avons installé de cette'manière une grosse pompe pour l’alimentation du bassin à flot du port de Bordeaux. La pompe débite jusqu’à 2m3,o0 d’eau par seconde. Elle puise l’eau dans la Garonne et la refoule dans le bassin à flot dont le niveau se trouve à 2 mètres en des sous de l’axe de la pompe. Cette machine fonctionne ainsi depuis deux ans.
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- est formé par une roue mobile en acier d’une construction spéciale, permettant de dépasser une vitesse périphérique de 2oû mètres par seconde. Cette roue tourne dans une volute en fonte, percée au centre de deux ouïes symétriques qui puisent l’air dans l’atmosphère. On pourrait y disposer un tuyau d’aspiration s’il était nécessaire. L’air est soufllé par la roue dans un diffuseur ou amortisseur composé d’une partie plate et d’une volute collectrice qui l’amène à la buse de sortie du ventilateur.
- Dans notre appareil d’essai, la roue de la turbine à vapeur avait 30 centimètres de diamètre et la roue mobile du ventilateur centimètres de diamètre.
- Le graissage et la régulation de cette machine sont effectués d’une manière toute spéciale.
- Graissage. — En ce qui concerne le graissage, on a profité de la forte pression de l’air pour remonter l’huile, au moyen d’un émulseur, d’un bassin inférieur où elle est recueillie, à un bassin supérieur d’où elle s’écoule aux paliers. Cet émulseur se voit en coupe dans la figure 6. Il se compose de deux tubes verticaux Tome 101. —2e semestre. — Décembre 1901. 49
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- parallèles réunis à la partie inférieure, dont l’un A part du fond de la boîte à huile inférieure, tandis que l’autre B aboutit à la boîte à huile supérieure. Dans le tube B débouche, en m, un petit tuyau amenant un peu d’air du ventilateur. Cet air pénètre en petites bulles dans ia colonne d'huile B, en sorte que le poids spécifique moyen de cette colonne se trouve abaissé suffisamment pour que, sous
- la pression de la colonne A , l’huile soit obligée de s’élever jusqu'au bassin supérieur.
- Réglage. — Le réglage est obtenu par un régulateur pneumatique (1) permettant de rendre invariable soit la pression donnée par le ventilateur, soit le volume qu’il débite. Use compose d’un cylindre D (fig. 3), dans lequel se trouve
- (t) On pourrait évidemment employer un régulateur centrifuge (à boules) ordinaire ; mais alors, comme il n’est pas possible de monter ce régulateur sur l’arbre même de la turbine, à cause de l’énorme vitesse angulaire de celui-ci, il faudrait réduire la vitesse sur un arbre auxiliaire à l’aide d’un engrenage ou d’une vis tangente. C’est pour éviter cette complication que j’ai imaginé défaire le réglage au moyen du ventilateur lui-même.
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- un piston que l’on voit en détail en I (fig. 22) ; la lige de ce piston est attachée par une petite bielle au point c du levier abc qui est assujetti à osciller autour de l’axe b7 et qui attaque en a la tige de l’obturateur.
- Le cylindreD communique à ses deux extrémités, par les tuyaux ef, (fig. 3 et 4)
- Fig. ü.
- respectivement avec un tube droit c (fig. 22'j et un tube de Pilot f, placés l’un et l’autre dans la buse de refoulement du ventilateur. Les deux faces du piston contenu dans le cylindre 1) sont ainsi soumises à des pressions qui diffèrent entre elles d’une quantité proportionnelle au carré de la vitesse de Pair dans la buse du ventilateur, c’est-à-dire proportionnelle aussi au carré du débit. La poussée verticale, de bas en haut, qui en résulte est équilibrée par le poids même
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- clu piston, renforcé au besoin par une masse additionnelle, et par un ressort r dont la tension, variable avec la position du piston, donne au régulateur la stabilité qui convient.
- Pour empêcher un emballement de la machine, dans le cas où le débit viendrait à être diminué, il suffit de placer, sur le fond supérieur du cylindre D, une soupape S (fig. 22^ qui s’ouvre lorsque la pression de l’air dépasse une certaine limite.
- Lorsqu’on veut régler la pression donnée par le ventilateur, et non par le débit, on met la partie supérieure du cylindre en communication avec l’atmosphère au moyen d’un robinet à trois voies placé sur le tuyau e, et on laisse,
- naturellement, la partie inférieure en communication avec le refoulement du ventilateur.
- Au lieu d’un piston, il est préférable quelquefois d’employer un diaphragme en caoutchouc, qui évite les frottements latéraux du piston.
- Résultats cl'expériences. — Les expériences ont été exécutées de la manière suivante, dans les ateliers Sautter-IIarlé, à Paris, qui ont construit la machine. J’ai fait moi-même les mesures avec le concours de M. Châtelain, ingénieur de ces ateliers.
- Sur l’orifice de refoulement du ventilateur (fig. 4), on avait placé une buse pyramidale en fonte, formée de deux joues latérales parallèles fixes, et de deux lèvres opposées mobiles autour d’une charnière à la façon d’un bec de canard. Grâce à des vis, on pouvait faire varier l’écartement de ces lèvres, en sorte qu il était facile de donner à l’orifice de sortie de la tuyère convergente, ainsi constituée par cette buse, telle valeur voulue.
- La pression de refoulement du ventilateur dans la buse était mesurée au moyen d’un manomètre à mercure. De cette pression, on déduisait par le calcul le débit d’air.
- Pour différentes valeurs de l’orifice de sortie de la buse, on a fait varier la vitesse de rotation depuis 8000 jusqu’à20 200 tours par minute. La vitesse périphérique du ventilateur a ainsi atteint 265 mètres par seconde, et la pression de refoulement 42cra,4 de mercure, c’est-à-dire jusqu’à oin,80 de colonne d’eau, ou plus de 1/2 kilog par centimètre carré.
- La vitesse de rotation de l’arbre du ventilateur était réduite au trentième par une vis sans fin, et mesurée à l’aide d’un compteur de tours et d’un chronomètre.
- Suivant la puissance réclamée par le ventilateur, on ouvrait une, deux ou trois tuyères de la turbine à vapeur, à l'aide des volants commandant les aiguilles de fermeture des tuyères.
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- Afin d'évaluer le rendement total de l’ensemble de la machine, ventilateur et turbine, nous relevions la pression P dans la boîte à vapeur en amont des tuyères d’injection sur la roue mobile. Quant à la pression d’aval, elle était toujours égale à 1 kilog. par centimètre carré, à peu près, puisque l’échappement se faisait dans l’atmosphère. Connaissant le nombre des tuyères ouvertes et la section au col de chacune d'elles, il était facile de calculer, par les formules que j’ai indiquées (J), d’abord la dépense totale do vapeur et ensuite la puissance théoriquement disponible. Pendant les essais, le régulateur était, bien entendu, immobilisé afin qu'il ne trouble pas la pression dans la boîte à vapeur.
- Les expériences consistaient donc à relever, pour des ouvertures croissantes de la buse et pour un nombre déterminé de tuyères à vapeur :
- 1° La pression P en amont de celles-ci;
- 2° Le nombre de tours N de la machine;
- 3° La pression II au refoulement du ventilateur.
- Voici maintenant comment on calculait le débit Q, la puissance utile créée T„, la puissance théorique T, du courant de vapeur, puis les coefficients y, 3 et p.
- Débit Q. — Le débit Q, estimé à la pression atmosphérique est égal à la section S de la buse multipliée par la vitesse d’écoulement V. Comme la buse est convergente, on peut prendre le coefficient de dépense égal à l’unité, car les expériences de Ilirn ont établi que ce coefficient de dépense ne diffère de l'unité que de 1 à 2 centièmes au plus.
- Pour obtenir rigoureusement la vitesse V, il faudrait appliquer la formule générale
- rp
- Y- __ j d p
- Y,l ~ I
- ^ P
- dans laquelle, du reste, il y aurait lieu de tenir compte, pour l’évaluation du poids spécifique îr,de la variation des températures pendant la détente.Mais le calcul ainsi fait aurait été très laborieux. On peut le simplifier considérablement en remarquant que la variation de pression n’est pas très considérable, qu elle n’a pas dépassé 58 p. 100 de la pression d’aval. Il est dès lors permis de calculer la
- V2 A p
- vitesse V, sans grande erreur, en prenant la formule —; = , dans laquelle on
- donne au poids spécifique "la valeur moyenne qu’il a entre la pression d’amont P et la pression d’aval p ; c’est ainsi qu ont été trouvés les chiffres inscrits dans la septième colonne des tableaux d'expériences et de calculs (p. 710).
- (1) Rapport au Congrès international de mécanique appliquée, 1900.
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- La pression H sous laquelle l'écoulement se produit est donnée, dans la sixième colonne, en mètres d’eau. Et, pour le calcul du poids spécifique il faut tenir compte de la température initiale de l’air qui était de 38° ce jour-là dans la salle d’expériences. (Les 24 et 2d juillet 1900 ont été deux journées très chaudes.)
- Le volume débité Q s’obtient ensuite en multipliant cette vitesse Y par la section S qui est donnée dans la deuxième colonne des tableaux.
- On peut se demander si ce calcul donne le volume d’air ramené à la pression et à la température atmosphérique. Je ferai remarquer que la compression de l’air dans le ventilateur est sensiblement adiabatique ainsi que sa détente dans la buse, à cause du temps très court qu’il met à traverser l’appareil. Si donc il n’y avait aucune perte par frottements et tourbillonnements, l'abaissement de température pendant la détente serait exactement égal à l’élévation pendant la compression, en sorte que l’air reprendrait la température qu’il a à l’entrée dans le ventilateur. On voit dès lors que l’air doit sortir de la buse avec une température un peu plus élevée que celle de l’atmosphère et que l’augmentation correspond aux pertes mécaniques par frottements. Quand le rendement du ventilateur atteint 06 p. 100, cette augmentation de température est d’environ 7° par mètre de pression IL Elle n’est donc pas considérable.
- Puissance utile T„. — Dans le calcul de la puissance utile, il faut naturellement tenir compte, puisque ici les variations de pression ne sont pas négligeables vis-à-vis de la pression atmosphérique, de la réduction du volume pendant la compression. Je me suis borné, pour trouver les chiffres inscrits dans la onzième colonne des tableaux, à multiplier la variation de pression par le volume
- ramené à la pression moyenne, c’est-à-dire Q —--------„ .. ,, . Le nombre ainsi
- ‘ J 10 + 0, o 11
- obtenu est un peu supérieur à celui auquel aurait donné lieu la compression isothermique de l'air ; mais, par contre, notablement inférieur à celui qui correspond à la compression adiabatique.
- Puissance théorique T,. — Pour avoir la puissance théoriquement disponible dans le llux de vapeur, il faut diviser le poids de vapeur débité dans la turbine par la consommation théorique K par cheval.
- Le débit de vapeur est donné par la formule suivante :
- I — s P I<>, 'i0 — 0,91) log P ;,
- dans laquelle > est la section totale des tuyères au col et P la pression amont en valeur absolue. Ce débit se trouve alors exprimé en grammes par seconde si
- (1) Par contre, la température de Pair dans le ventilateur avant qu'il ne se soit détendu dans ta buse de sortie est beaucoup plus élevée. L'air s'échauffe pendant sa compression dans cette machine comme dans un compresseur ordinaire.
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- est mesuré .s en centimètres carrés et P en kilogrammes par centimètre carré; il suffit de le multiplier par 3,6 pour l’avoir en kilogrammes par heure.
- La dépense théorique K se calcule par la formule que j'ai donnée ailleurs, d après la pression d’amont P et la pression d’aval p (pression atmosphérique),
- ^ 0.95—0.92 log P
- h = 0.85 + —;---r=—;—“—»
- log P — log p
- en kilogrammes par cheval-heure.
- En divisant I par K, on a les nombres des puissances théoriques en chevaux que j’ai inscrits dans la douzième colonne du tableau.
- Coefficient o, g, d. — Le rendement mécanique + de l’ensemble est le rapport de T„ à Tj ; ce rendement est inscrit dans la dernière colonne du tableau.
- Le coefficient manométrique g, que j’ai défini dans mes études sur les turbo-machines, et rappelé précédemment, ne peut pas être détermine d’une manière précise à cause de la variation du poids spécifique de l’air pendant qu’il traverse l’appareil; aussi n’est-ce pas précisément ce coefficient que j’ai calculé, mais le rapport de la pression H au carré du nombre de tours N. Le chiffre de ce rapport, multiplié par I O8 pour en simplifier l’écriture, est inscrit dans la neuvième
- 10s H . n
- colonne; on peut, d’ores et déjà, remarquer que ce rapport varie de 1,18 à
- 1,1-2, et qu’il croît, pour la même ouverture de la buse, avec la vitesse de rotation. Gela est dû à l’augmentation du poids spécifique de l’air pendant qu’il est comprimé à travers la roue mobile du ventilateur. Dans les ventilateurs ordinaires, où la variation de pression est relativement faible par rapport à celle
- de l’atmosphère, on ne constate rien de pareil; le rapport — y est invariable
- pour la même ouverture de la buse.
- Si l’on prend les \7aleurs de ces rapports qui correspondent! aux faibles v fesses de rotation, on en déduit le coefficient manométrique vrai y. du ventilateur ; en marche normale, c’est-à-dire sur l’orifice de 228 centimètres carrés,il est égal à 0,66.
- Le coefficient de débit à, s’exprime par le rapport -L_ dans lequel Q est le
- débit évalué comme il est dit précédemment, u la vitesse périphérique du ventilateur (au bout des ailes) et r le rayon du ventilateur. On doit, bien entendu, estimer ces quantités avec des unités concordantes; par exemple, Q en mètres cubes par seconde, u en mètres par seconde et r en mètres.
- Les valeurs du coefficient de débit ainsi déterminées sont inscrites dans la dixième colonne du tableau.
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- TABLEAUX I ET II Turbine ventilateur â haute pression.
- Diamètres : turbine 0m,300 — Ventilateur 0m,250 — Tuyères 9 millimètres. Essais des 24 et 25 juillet 1900.
- NUMÉROS d’ordre. SECTION DE LA BUSE. NOMBRE DE TUYÈRES P H S P PRESSION „ AMONT dans la turbine. VITESSE 2 du VENTILATEUR. HAUTEUR S TOTALE utile on eau. DÉBIT <0 du VENTILATEUR. 108H N2 E- C ~ S 8 g 6 TRAVAIL H = UTILE. TRAVAIL H " THÉORIQUE. ê O M H P°
- cm- Kg/cm2 ts/m mètres. m3/sec. chev. chev.
- 1 8,25 2 3,40 10 500 1,39 0,128 1,26 0,069 2 22 18,2 0,122
- 2 )) )) 4,40 13 000 2,08 0,168 1,23 0,063 4,25 28,2 0,151
- 3 )) )) 5,40 15100 2,85 0,178 1,25 0,058 6,01 39,0 0,154
- 4 )> )> 6,40 16 950 3,65 0,215 1,27 0,062 9,05 50,3 0,180
- 5 )) )) 7,40 18 500 4,50 0,214 1,32 0,057 10,85 62,4 0,174
- 6 15,4 )) 2,70 8 200 0,84 0,189 1,25 0,112 2,03 11,5 0,177
- 7 )) )) 3,85 10 000 1,38 0,239 1,38 0,117 4,13 22,5 0,184
- 8 » »» 5,50 13 700 2,52 0,315 1,35 0,113 9,52 41,1 0,232
- 9 » 6,67 15 400 3,23 0,351 1,36 0,112 13,28 53,7 0,229
- 10 » » 7,40 16 600 3,75 0,374 1,36 0,110 16,16 62,4 0,259
- 11 )) )) 8,30 17 700 4,32 0,397 1,38 1,110 19,38 73,9 0,262
- 12 22,8 )) 3,50 9 350 1,20 0,332 1,37 0,174 5,02 19,2 0,261
- 13 « )> 5,40 12 050 1,91 0,412 1,32 0,167 9,62 39,0 0,247
- 14 » )) 7,30 14750 2,90 0,496 1,33 0,165 17,04 61,1 0,279
- 15 » » 8,40 15 900 3,33 0,518 1,32 0,160 20,12 75,2 0,268
- 16 » )) 9,80 16950 3,88 0,562 1,34 0,162 25,67 88,2 0,291
- 17 30,3 » 4,40 9 500 1,07 0,419 1,18 0,217 5,74 28,2 0,204
- 18 )) )> 6,40 12 500 1,84 0,538 1,18 0,211 12,20 50,3 0,243
- 19 )> )) 8,40 14800 2,70 0,638 1,23 0,211 20,53 75,2 0,273
- 20 » » 10,10 16 500 3,44 0,710 1,26 0,212 28,36 97,3 0,292
- 21 19,0 3 6,0 15 400 3,16 0,429 1,34 0,136 15,93 68,5 0,233
- 22 )) )) 7,5 17 750 4,26 0,486 1,37 0,134 23,48 95,5 0,246
- 23 )) )) 9,3 20 200 5,80 0,551 1,42 0,134 34,73 130,0 0,267
- 24 22,8 » 0,4 15 200 3,08 0,509 1,33 0,164 18,49 76,0 0,243
- 25 )) « 8,2 17 750 4,20 0,581 1,34 0,160 27,71 109,0 0,254
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- En examinant ce tableau d’expériences, on peut faire plusieurs observations intéressantes. D’abord on remarque la puissance énorme développée par uu petit ventilateur de 25 centimètres de diamètre seulement. La pression qu’il donne a atteint om,80 d’eau; c'est un véritable compresseur.
- Le débit Q s’est élevé jusqu'à 700 litres par seconde, et la puissance utile créée a atteint 45 chevaux, pendant que la turbine donnait environ 80 chevaux sur l’arbre.
- Courbes caractéristiques. — On peut tracer les courbes caractéristiques du ventilateur et de la turbine, en portant en abscisse le coefficient de débit à et en ordonnée le rendement total v. Mais, pour le même orifice de la buse, le rendement croît avec la vitesse parce que la turbine à vapeur a un rendement d’autant meilleur qu'elle tourne plus vite et donne plus de puissance ; on doit donc tracer les courbes caractéristiques pour des vitesses peu différentes les unes des autres.
- Si l’on porte les points de coordonnées 4, o0 sur un papier quadrillé, ainsi qu’il est représenté sur la figure 7, on constate que ces points se rangent assez régulièrement sur des courbes qui sont les courbes carac téristiques à vitesse croissante. Celles qui sont figurées sur le dessin correspondent aux vitesses de 11 000, 14 000, 17 000, 20 000 tours par minute.
- On voit par ces courbes caractéristiques que, en pleine marche (c’est-à-dire en marche normale), le rendement total p0 dépasse 28 p. 100, ce qui est un très bon résultat, car cela fait ressortir pour le ventilateur un rendement d’environ 56 p. 100, celui de la turbine devant être voisin, d’après les expériences que j’ai données d’autre part, de 50 p. 100.
- Les compresseurs à piston ordinaires, associés avec des machines à vapeur à piston, ne donnent pas souvent des rendements plus élevés, et encore faut-il considérer que le travail utile dans les compresseurs est généralement évalué en prenant l’air à la température relativement élevée avec laquelle il sort de la machine, tandis qu’ici, nous l’avons supposé ramené à la température atmosphérique ou du moins à une température peu supérieure.
- Applications. — Les ventilateurs à haute pression ainsi mus par turbines à vapeur peuvent trouver application dans tous les cas où l’on a besoin de pressions supérieures à environ 1 mètre d’eau, par exemple pour le soufflage des cubilots, des hauts fourneaux, des cornues llessemer, etc. On peut même les emploper comme compresseurs d’air pour des pressions allant jusqu’à 5 kilogrammes et au delà s’il est nécessaire.
- Avec une seule roue mobile, comme nous l'avons vu, il est facile d’obtenir, en partant de la pression atmosphérique, une pression de un demi-kilogramme par centimètre carré, c'est-à-dire 1,5 absolu. Userait possible d’aller jusqu’à 1 kilogramme (c’est-à-dire 2 kilogrammes absolu , mais il vaut mieux, à partir de 1,5 absolu environ, conjuguer plusieurs ventilateurs semblables en tension, ce qui
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- est aisé. La pression de refoulement de l’un à l’autre ventilateur croit alors suivant une progression géométrique, car la surpression donnée par chaque ventilateur est proportionnelle au poids spécifique de l’air, lequel est lui-même proportionnel à la pression , — la température étant supposée constante —, Si, avec le premier ventilateur, on passe de la pression de 1 kilogramme par centimètre carré (qui est celle de l’atmosphère) à lk-,5, après le deuxième ventilateur on aura
- 1,5”, c’est-à-dire 2,23; au troisième 1,3'*, c’est-à-dire 3,4 ; au quatrième 1 ,3 ,c’est-à-dire 5 kilogrammes, et ainsi de suite.
- Le rendement mécanique de ces ventilateurs compresseurs serait peut-être inférieur à celui des compresseurs ordinaires bien établis, mais la différence ne serait pas grande. Nous avons vu que le rendement total du ventilateur et de la turbine à vapeur atteint, pour un très petit appareil, près de 30 p. 100; par conséquent, la consommation de vapeur par cheval utile en air comprimé et par heure ne serait pas supérieure, avec une machine à condensation, à 12 kilogrammes. Les compresseurs ordinaires n’arrivent pas à beaucoup moins. Pour une forte machine on aurait évidemment des rendements meilleurs.
- Si l’on compare ces engins centrifuges aux ventilateurs Roots, on leur trouve une supériorité incontestable, car ces derniers appareils n’ont pas ordinairement
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- un rendement mécanique supérieur à 36 ou 40 p. 400, tandis que les ventilateurs centrifuges auraient environ 60 p. 100, un peu plus ou un peu moins suivant leurs dimensions.
- Une application où ils semblent tout désignés, c’est le soufflage des hauts fourneaux, pour lesquels il n’y a pas ordinairement besoin d’une pression de vent supérieure à un demi-kilogramme par centimètre carré. Dès lors, une seule roue mobile permettrait d’atteindre ce chiffre. La machine serait très petite et peu coûteuse et son rendement serait très convenable. Ainsi, par exemple, pour souffler un hautfourneau débitant 160 tonnes de fonte par jour et absorbant 9 mètres cubes d’air (à la pression atmosphérique) par seconde à la pression do un demi-kilogramme par centimètre carré, il suffirait d’un ventilateur ayant une roue mobile de 0m,80 de diamètre tournant à 6000 tours par minute; la turbine à vapeur ne serait pas plus grande. En raison de la grande puissance de cette machine (500 chevaux utiles), le rendement total 1 turbine et ventilateurs atteindrait, d’après mon estimation, 40 p. 100, c’est-à-dire que la consommation de vapeur, en supposant l’application de la condensation, ne dépasserait pas 9 kilogrammes environ de vapeur par cheval utile en air comprimé et par heure.
- Il semble dont* que ces ventilateurs conjugués avec turbine à vapeur soient appelés à trouver un large champ d’application pour le cas très important du soufflage des hauts fourneaux.
- Ventilateurs accouplés avec moteurs électriques.— Si on doit commander le ventilateur par un moteur électrique, il n’est pas possible de pousser bien loin la pression en se servant d’une seule roue mobile; la vitesse de rotation des moteurs électriques n’est généralement pas suffisante pour cela. On peut, en ce cas, recourir à des ventilateurs multicellulaires semblables aux pompes dont nous allons maintenant parler.
- POMPES A HAUTE PRESSION AVEC MOTEUR ÉLECTIUOUE
- Quand on doit associer ensemble un moteur électrique et une pompe centrifuge pour grande hauteur d’élévation, il est nécessaire de mettre plusieurs roues conjuguées en tension. Cette nécessilé provient, d’une part, de la vitesse insuffisante des moteurs électriques, et, d’autre part, de rintluence des pertes externes dans la pompe fuites aux joints et frottements dans le liquide ambiant). Si l’on voulait, en effet, n’utiliser qu'une seule roue, on serait conduit, pour réaliser la vitesse périphérique nécessaire, à un diamètre de roue mobile tel que le débit serait relativement faible pour ce diamètre, et alors les pertes externes prendraient une si grande importance qu’elles feraient tomber beaucoup le rendement mécanique.
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- L’expcrience montre qu’on peut pratiquement aller jusqu’à environ 30 mètres avec une seule roue dans de bonnes conditions de rendement mccanicjue. Au delà, il convient d’associer ensemble plusieurs roues en tension, d’autant plus que la hauteur d’élévation est plus grande.
- Description de la pompe multicellulaire, — Le principe de notre pompe, que
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- Pompe, mulliodlulaire.
- L’eau arrive par 7 en 8 dans les canaux 1, limités par les aubes 11 de la première roue, 'pii la projet tout, par ‘J, entre les aubes fixes 10 d’un dill'useur 0 i.jui en empêche les tourbillonnements, et ainsi de suite, d’uni' roue à l’autre, avec une pression croissant de 7 au refoulement 13. Pour équilibrer la poussée de l'eau sur les roues, les disques 23 et 24 de chacune d’elles sont inégaux, et le diamètre I)' de 21 est moindre que celui 1)- de 21, dit manière que la poussée de l’eau admise derrière 20 par les fuites au pourtour de la roue équilibre la poussée de cette même eau sur 24 ; on achève le réglage de cot équilibre en reliant les deux fonds du cylindre 20 l'un avec le tuyau de refoulement en 28 et l’autre à un point de l'enveloppe de la pompe choisi de manière que la différence des pressions ainsi exercées sur les deux faces du piston 25. calé sur l'arbre 2, et qui tourne librement, dans 20, complète l'équilibrage. Le stuffing-box de l'aspiration est à bague d'eau fournie par le tuyau 21. La purge de l’air se fait par les robinets 20, l'amorçage de la pompe par 20. et les vis 22 servent à décoller et soulever le dessus de 1 enveloppe après en avoir desserré les boulons.
- nous appelons « multicellulaire », consiste à grouper un certain nombre de roues mobiles sur le môme arbre et à les réunir en série, de manière qu'elles soient traversées par le même courant liquide. La pression communiquée au courant croît d'une roue à l’autre, chacune d'elles donnant une fraction de
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- hauteur égale à la hauteur totale divisée par le nombre des roues ; c’est ainsi que, dans une pompe multicellulaire élevant l’eau à 200 mètres et formée de dix roues, chacune de celles-ci ne produit qu’une pression de 20 mètres.
- Les figures 8, 9, 10 montrent une coupe par l’axe d’une pompe à sept roues, une coupe transversale et une perspective de la pompe accouplée à un moteur électrique à courant triphasé. Comme on le voit sur la coupe, les roues sont unilatérales, c’est-à-dire que chacune d’elles n’a qu’une ouïe, et elles sont enfilées sur l’arbre l’une derrière l’autre, toutes dans le même sens. Chacune des roues tourne à l’intérieur d’un diaphragme circulaire dans lequel sont ménagés des canaux d’écoulement du liquide d’une roue à l’autre. Tous les diaphragmes sont engagés dans des rainures à l’intérieur de l’enveloppe; cette enveloppe est divisée par un plan diamétral en deux moitiés qui sont assemblées par boulons. L’un des fonds du corps de pompe, devant la première roue, porte le
- 3
- tuyau d’aspiration; l’autre bout du corps de pompe est fermé par une pièce dans laquelle sont ménagés la volute collectrice et le tuyau de refoulement de la pompe; le palier qui supporte l’extrémité de l’arbre est venu de fonderie avec cette pièce.
- Dans ce genre de machines on rencontre deux difficultés principales : 1° obtenir un bon rendement mécanique; 2° réaliser un équilibrage longitudinal suffisant.
- Pour avoir un bon rendement mécanique, il faut, autant que possible, éviter les pertes de charge par frottements et tourbillonnements à l’intérieur de la machine et principalement dans les canaux de retour qui conduisent le liquide du refoulement d’une roue à l’ouïe de la suivante. Gomme on le voit figure 8, les canaux qui ramènent le liquide au centre ont, en coupe diamétrale, la forme d’un U renversé; la première branche de cet U sert de diffuseur et la seconde
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- DECEMBRE 1901.
- branche est précisément la branche de retour. Ici, notre machine a un dispositif particulier. Si l’on n’y prenait garde, dans le retour vers le centre, le liquide qui a reçu de la roue précédente un mouvement giratoire prendrait des vitesses tangentielles de plus en plus grandes à mesure qu’il se rapprocherait de l’axe dans son mouvement vers l’ouïe de la pompe suivante, le mouvement tourbillonnaire étant régi par le théorème des aires exactement comme le mouvement des planètes autour du soleil ; il arriverait alors, si on laissait la giration se pro-
- Fig. 10.
- duire librement, que la pression s’abaisserait dans la branche de retour de J’LI d’une quantité presque égale à celle dont elle s’est augmentée dans la roue et dans le diffuseur précédents. Pour éviter cet effet funeste, nous disposons dans le canal de retour des ailettes fixes d’une forme appropriée figure 9, grâce auxquelles le courant liquide est conduit sans tourbillonnements nuisibles à l’ouïe de la roue suivante où il arrive avec la vitesse voulue pour être saisi par les ailettes mobiles avec le moins de chocs possible.
- Le deuxième écueil qui se présente dans les pompes à haute pression est
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS.
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- l’équilibrage longitudinal; il est particulièrement à redouter dans un système comme le nôtre où toutes les roues sont dissymétriques et tournées du même côté. Si l’équilibre n’est pas réalisé, le palier de butée, qu’il faut toujours mettre pour assurer la position des roues mobiles dans le corps de pompe, supporterait une pression excessive ; il chaufferait, s’userait, gripperait même et la pompe serait rapidement mise hors de service.
- Nous résolvons la difficulté de différentes manières indépendantes les unes des autres. D'abord nous faisons la roue mobile avec des joues latérales de diamètres différents. L’une des joues, celle qui est du côté de l’ouïe, s’étend jusqu’au bout des ailes, tandis que l’autre, qui fait corps avec le moyeu claveté sur l’arbre, ne va que jusqu’à un diamètre notablement plus faible que celui des ailes. On peut calculer le diamètre de cette dernière joue de façon que la roue mobile soit individuellement équilibrée.
- Toutefois, il peut encore rester un certain résidu de poussée. Nous parvenons à nous en débarrasser au moyen d’un petit piston fixé au bout de l’arbre (ainsi qu’on le voit sur la figure 8) et se mouvant sans frottement dans un cylindre dont les deux extrémités peuvent être mises en communication par des tuyaux avec des points convenablement choisis sur le corps de pompe. On comprend qu’on puisse, par ce moyen, exercer une poussée complémentaire sur l’arbre soit dans un sens, soit dans l’autre, de manière à obtenir l’équilibrage parfait. C’est lors des essais en usine qu’on fait ce réglage complémentaire, une fois pour toutes. Si d’ailleurs l’équilibrage ne se maintenait pas en service, c’est-à-dire si l’on observait une poussée notable sur le palier de butée, il serait aisé, en déplaçant convenablement les tuyaux sur le corps de pompe, de revenir à l’équilibre parfait. Pour reconnaître le moment où on y est parvenu, nous donnons un peu de jeu longitudinal aux coussinets de butée.
- Le montage d’une semblable pompe est simple. On peut, sans difficulté, disposer l’une derrière l’autre, dans un seul corps de pompe, jusqu’à 10 et même 12 roues mobiles et plus encore s’il était nécessaire. Nous avons réalisé, dès le début, des pompes ayant 7 roues mobiles.
- L’arbre ne traverse le corps de pompe que d’un côté, généralement du côté de l’aspiration, comme dans la pompe représentée dans les lig. 8 à 10. La garniture est alors facile à faire et à maintenir étanche. Mais nous en avons aussi fait dont l’arbre sort par le côté haute pression, comme par exemple dans la pompe représentée dans la ligure 11. Jusqu’à des pressions de 100 à 120 mètres, la garniture peut être maintenue sans trop de suintements d’eau.
- Gomme on le comprend, le principe de notre système est de ne faire produire à chaque roue mobile qu’une hauteur de pression ne dépassant pas ordinairement lo à 20 mètres. Dans ces conditions, la vitesse de l’eau dans les canaux de la pompe et dans les joints entre les parties fixes et mobiles est peu
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- DÉCEMBRE 1901.
- élevée, et l’usure qui en résulte est insensible si l’eau est propre. Nous avons des pompes multicellulaires en fonctionnement depuis plusieurs années qui, à la
- Fig. 11.
- visite, n’ont montré qu’une usure inappréciable môme avec des eaux très acides. S’il y a des particules solides entraînées dans l’eau, du sable par exemple, il y aura évidemment quelque usure.iMais nous pensons qu’elle ne sera pas gênante tant que la proportion des matières solides se tiendra dans les
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- Ventilateurs et pompes centrifuges pour hautes pressions. 749
- limites habituelles. Dans les cas où on la redouterait, nous avons des dispositions spéciales permettant soit de remplacer facilement les parties où elle se produit, soit d’empêcher le sable de venir dans les joints où il est susceptible de porter le trouble.
- Expériences. — J’ai fait, depuis dix ans, un très grand nombre d’expériences sur les différents systèmes depompes centrifuges construites d’après mes théories, et spécialement, dans ces derniers temps, sur les pompes à grande hauteur d’élévation. Je donnerai ci-après les résultats principaux obtenus avec ces dernières.
- Dispositif expérimental. — On ne peut songer à élever réellement l'eau, en usine, à des hauteurs allant à plus de 100 mètres; mais cela n’est nullement nécessaire. 11 suffit de refouler l’eau en pression dans un tuyau muni d’un robinet. En ouvrant plus ou moins ce robinet, on change les conditions du circuit extérieur de la pompe et, par là, le débit. On a donc toute facilité pourrelever les courbes caractéristiques
- de l’engin soumis à l’essai.
- Nos pompes d’expériences étaient mues directement soit par des moteurs électriques à courant continu soit par des moteurs à courant alternatif triphasé. Les expériences consistaient à relever chaque fois, en marche régulière de la pompe :
- 1° La vitesse de rotation;
- 2° La hauteur d’aspiration;
- •1° La pression de refoulement, qui, additionnée de la hauteur d’aspiration, donne la hauteur totale II d’élévation fournie par la pompe; cette pression de refoulement était mesurée avec unbon manomètre métallique préalablement vérifié;
- 4° Le débit Q à l’aide d’une cuve jaugée de 7 mètres cubes de capacité;
- 5° Le voltage et le débit du courant électrique fourni aux bornes du moteur ; généralement, celui-ci était ensuite étudié au frein de Prony, de manière à en connaître très exactement les pertes, et à déduire, par soustraction, la puissance exactement transmise à l’arbre de la pompe.
- Tome 101. — 2e semestre
- Décembre 1901
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- no
- ARTS MÉCANIQUES.
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- Je donnerai successivement les résultats d’essais de pompes pour haute pression à une roue mobile, à deux roues mobiles, à cinq roues mobiles et à sept roues mobiles.
- 1° Pompe à une roue mobile. — La pompe aune roue mobile, dont les résultats sont donnés dans le tableau ci-dessous, avait été commandée pour fournir un débit de 60 mètres cubes à l'heure à la hauteur de 30 mètres. Elle a fonctionné dans un puits près de Marseille, pendant plusieurs années, en donnant 80 mètres cubes à cette hauteur de 30 mètres.
- La pompe est mue par un moteur électrique à courant continu; l’arbre est disposé verticalement, ainsi qu’on le voit sur la figure 12, de façon qu’on puisse suspendre le tout dans un puits. La roue mobile a un diamètre périphérique de 208 millimètres. On a enfermé complètement le moteur en vue de permettre le fonctionnement même dans le cas où la machine viendrait à être noyée.
- TABLEAU III
- Pompe à 1 roue. D — 208 millimètres. Essais de septembre 1897.
- NUMÉROS d’ordre. NOMBRE 2 de TOURS. g H g JH M Cl) G H « P S ÎZ ° II H w S H " % Q < H < H T„ WATTS TOTAUX DÉPENSÉS aux bornes du moteur. WATTS PH1IMS AU MOTEUR électrique. RENDE méca: Total. P° IME N T TIQUE Pompe seule. p B o § = 5 ps £ < H [1 5
- 1 par min. 1 630 mètres. 16,86 j lit\/sec. 14,00 kgm. 236 watts. 6 105 watts. 1 565 0,379 0,510 0,523 0,072
- 2 2 000 26,10 14,50 37 9 9 020 1 920 0,411 0,524 0,540 0,060
- 3 2 110 30,53 15,70 479 9 722 1 952 0,483 0,605 0,567 0,002
- 4 2 260 33,35 16,40 547 11 536 2 056 0,463 0,567 0,538 0,060
- 5] 2210 33,40 16,40 548 11 862 2 092 0,453 0,550 0,563 0,061
- 6 1 760 21,50 9,20 198 4 985 1 685 0,389 0,590 0,573 0,043
- 7 2 160 32,40 11,46 371 9 485 2 055 0,384 0,490 0,572 0,044
- 8 2 200 32,30 11,46 370 9105 2 055 0,398 0,515 0,551 0,043
- 9 1 780 23,76 6,90 164 4 948 1 668 0,325 0,490 0,620 0,032
- 10 1 960 27,73 7,50 208 5 915 t 895 0,345 0,508 0,597 0,032
- lij 2 100 30,59 7,90 242 6 588 1 978 0,360 0,512 0,573 0,0314
- 12 2150 31,70 8,06 255 7 575 2 055 0,320 0,455 0,566 0,0312
- 13, 2 200 31,70 8,06 255 7 775 2 085 0,322 0,440 0,540 0,0305
- 14 1 740 13,60 13,70 213 5 690 I 630 0,367 0,515 0,425 0,0623
- 15 2 180 25,42 17,75 452 11 050 2 000 0,402 0,491 0,442 0,0679
- 16 2 250 27,65 18,32 506 il 960 2 110 0,413 0,503 0,451 0,067
- 17 1 640 18,70 12,30 230 5 360 1 570 0,421 0,597 0,572 0,0624
- 18 2 050 30,60 11,26 245 7 790 1 930 0,434 0,578 0,600 0,0438
- 19 2 090 32,04 8,10 260 7 270 2 050 0,351 8,489 0,005 0,0323
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS. 751
- On voit, par ]e tableau des essais, qu’à la vitesse prévue de 2200 tours par minutera hauteur d’élévation, en marche normale, atteint 30 à 33 mètres et le débit 60 mètres cubes à l’heure. Le rendement mécanique maximum de la pompe seule
- o. 02
- s’élève à plus de 55 p. 100. Par là se trouve vérifié ce que j’annonçais précédemment, à savoir : qu’on peut atteindre, dans de bonnes conditions de rendement
- mécanique, une hauteur d’élévation de 30 mètres avec une seule roue mobile mue par moteur électrique.
- La figure 13 montre les courbes caractéristiques de cette pompe déduites des résultats d'essai.
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- 752 ARTS MÉCANIQUES. ---- DÉCEMBRE 1901.
- J’ai aussi essayé récemment des pompes centrifuges plus puissantes débitant 300 mètres cubes à l’heure à 26 mètres de hauteur, avec une seule roue mobile, et ayant plus de 65 p. 100 de rendement mécanique.
- 20 Pompe à deux roues mobiles. — Voici ci-après les résultats obtenus avec une pompe à axe horizontal de petite dimension ayant deux roues en tension de 120 millimètres de diamètre. On voit paries courbes caractéristiques (fig. 14), déduites des chiffres du tableau, que le rendement mécanique de cette petite pompe atteint environ 55 p. 100. Des pompes analogues ont été fournies comme pompes à incendie dans des usines et à bord des navires de guerre.
- TABLEAU IV
- Pompe à 2 roues D = 120 millimètres. Essais du îj juin 1901.
- RENDEMENT
- NOMBRE
- de
- DÉBIT, de la
- mètres.
- par minute.
- Le rendement du moteur a été de 0m,70 environ, en marche normale.
- 3° Pompe à cinq roues mobiles.— Une pompe ayant cinq roues mobiles, à axe vertical, mue par moteur électrique à courant continu, a été fournie à une mine comme pompe de fonçage. Cette machine est représentée dans la figure 1J. Des pompes analogues ont été construites aussi avec seulement deux et trois roues mobiles. Voici, dans le tableau ci-après, les résultats donnés par cette pompe dont les cinq roues, toutes pareilles, ont un diamètre de 270 millimètres. Les mesures ont été faites très soigneusement par M. Viennot, chargé des essais de recettes aux ateliers Sautter-Harlé.
- Le graphique delà figure 15 traduit en courbes les résultats obtenus; on y constate que le rendement p0 de l’ensemble du moteur et de la pompe atteint 60 p. 100 en marche normale, et que le rendement p de la pompe seule est voisin de 70 p. 100. Ces résultats vont se trouver continués par les essais d’une pompe à 7 roues mobiles. On voit encore dans le tableau qu’à la vitesse de 1365 tours par
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS
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- TABLEAU Y
- Pompe à 5 roues I) — 270 millimètres. Essais des 18 et 23 octobre 1901
- NUMEROS d’ordre. h iÿ 3 Z N iV 5 S 2 ^ < s S H DÉBIT Q P H Tu x. ‘O x r T . rr* c 2 $ 3 g s O *2 X c 2 << U ^ p -2 9 ^ RENDI MÉCA> TOTAL :ment IQUK. POMPE U s £
- 1 par min. 1 480 mètres. 108 lit5 'sec. 16,3 kgm. 1 700 watts. 34 800 watts. 4 570 0,496 0,570 0,484 0,043
- 2 1 340 . 86 0 0 13 400 2 130 0 0 0,469 0
- 3 1 380 93 6,8 632 21 000 3 430 0,295 0,352 0, 479 0,019
- 4 1 350 90 15 1 350 26 300 3 630 0,504 0,584 0,485 0,043
- 0 1 380 94 22 2 2 082 35 600 4 740 0,575 0,663 0,48-4 0,062
- 6 1 365 86 30 O OC '"M 42 400 5 740 0,596 0,689 0,452 0,085
- 7 1 280 75 32 2 400 38 600 4 950 0,610 0,700 0,449 0,097
- 8 1 430 102,5 12,85 1 310 30 000 4 180 0,430 0,485 0,493 0,035
- 0 1 178 52,5 37 1 945 34 900 4 450 0,546 0,626 0,372 0,121
- 10 1 140 26,5 50,5 1 339 36 800 4 760 0,356 0,409 0,196 0,171
- 11 1 130 16, a 52,8 870 37 200 4 810 0,229 0,263 0,125 0,180
- 12 1 212 7 3,5 0 0 12 190 3 099 0 0 0,494 0
- 13 1 215 75,5 6,15 461 16 500 3 270 0,274 0,343 0,494 0,0197
- 14 1 215 75,5 6 450 16 400 3 270 0,269 0,336 0,500 0,0192
- u;> 1 212 75,’i 14,4 1 085 22 800 3 610 0,4-66 0,554 0,500 0,04-62
- 10 1 218 76,5 14,4 1 085 23 100 3 629 0,460 0,546 0,508 0,0462
- 17 1 204 70 25,8 1 815 30 900 4 220 0,576 0,667 0,4-68 0,0826
- 18 1 231 65,5 34,1 2 220 36 600 4 770 0,596 0,686 0,421 0,106
- 19 1 210 48 42,5 2 040 39 300 5 300 0,508 0,587 0,320 0,136
- 20 1 110 33,50 49,6 1 110 40 500 7) 3.30 0,4-14 0,476 0,230 0,158
- 21 1 202 24,5 : >, i 1 360 42 400 5 440 0,314- 0,360 0,140 0,177
- 22 1 214 14 58,1 789 44 000 5 630 0,176 0,202 0,090 0,186
- 23 1 218 10.50 56,9 600 44 200 5 610 0,132 0,151 0,073 0,182
- 24 1 450 110,50 9,6 J 050 31 300 4 350 0,3 30 0,383 0,530 0,0257
- 2l\ l 450 103,50 22,6 2 320 44 000 5 730 0,520 0,598 0,4-84 0,0."i 9 6
- 20 1 450 107 12,07 1 360 28 700 3 964 0,4-72 0,54-3 0,500 0,034-0
- O7 1 425 103,5 28,2 2 920 48 100 6 170 0,592 0,675 0,505 0,077
- 28 1 430 107 10 1 070 28 100 3 887 0,382 0,443 0,520 0,0273
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- minute la hauteur d’élévation est de 86 mètres et le débit de 108 mètres cubes à l’heure; ce sont là à peu près les conditions de la marche normale.
- a
- j
- o, 06
- 4° Pompe à sept roues mobiles. — Voici enfin les résultats relevés sur une pompe à sept roues mobiles, à axe horizontal, mue par moteur électrique à
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS. 755
- courant triphasé. L’ensemble de la pompe et du moteur est représenté en perspective dans la figure 10. Plusieurs pompes identiques ont été fournies à différentes mines pour des hauteurs comprises entre 100 et 125 mètres. Lame d’elles, notamment, fonctionne depuis plusieurs mois dans une mine du département du Gard, en donnant un débit de 75 mètres cubes à l’heure à la hauteur de 120 mètres, non compris fes pertes de charge dans les conduites. Le diamètre des roues est aussi de 270 millimètres, comme dans le cas précédent.
- Le graphique de la figure 16 montre clairement les courbes caractéristiques déduites des résultats donnés dans le tableau ci-après.
- TABLEAU VI
- Pompe à 7 roues, D = 270 millimètres.
- Essais des 14 et 10 août 1901.
- X 2 c N ~ —, C II — o Q j Tu 1 y- f ï, Z > X ** ~ X x Z K K.N DI mkca: Total. :ment sN>ri-:. Pompe seule. ~ X U. I \
- par min. mètres. lit5./SCC. k^m./sec. wat.ls. watts.
- I 1 220 103,7 11,3 1 172 27 200 3 910 0,423 0,494 0,479 0,036
- 2 I 200 103,7 17,6 ! 830 33 000 4 900 0,344 0,042 0.310 0,037
- 3 1 194 100,7 19,0 1 910 33 800 3 000 0,334 0,631 0,302 0,062
- i 1 140 94,0 20,7 1 942 34 200 3 200 0.337 0.636 0,491 0,070
- 1 IGG 90,0 22,6 2 170 3G 700 3 300 0,380 0,677 0,494 0,073
- 6 1 440 144,0 7,66 1 100 32 600 4 700 0,330 0,393 0,493 0,021
- i 1 200 99,0 2 G, 4 2 G20 30 100 7 430 0,312 0,600 0,483 0,088
- 8 1 180 97,0 22.0 2 130 33 900 3 800 0,382 0,694 0.487 0,073
- 9 1 200 104,0 11,1 1 1 30 27 100 3 910 0,416 0,484 0,492 0,036
- 10 1 130 91,0 23,73 2 160 38 300 5 300 0,331 0,642 0,476 0,080
- Le rendement mécanique maximum de l’ensemble a atteint près de 60 p. 100 comme précédemment, le moteur a courant triphasé ayant à peu près le même rendement que le moteur à courant continu de l’autre pompe. A la vitesse de 1 200 tours par minute, et en marche normale, le débit atteint 85 mètres cubes à l’heure, et la hauteur 100 mètres. En poussant la vitesse, on est arrivé à une hauteur de 144 mètres dans l'essai n° 6 et même jusqu'à plus de 150 mètres dans des expériences non relatées ici.
- A titre d’indication, j’ajouterai que l'encombrement de cette pompe est le suivant : longueur 2"1.50, largeur, O1",80, et hauteur, 0m,90.
- Remarque. — 11 ne sera peut-être pas inutile de comparer les résultats que
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- DÉCEMBRE 1901
- nous venons de rencontrer avec ceux qui ont été obtenus sur une pompe Scha-baver, à un« seule roue, d’un diamètre presque égal à celui des pompes précédentes, savoir 285 millimètres au lieu de 270. Rappelons ci-dessous les chiffres indiqués dans le rapport de M. Masson à la Société d’Encouragement (1).
- TABLEAU VII.
- Pompe Schabaver à 1 roue, D =285 millimètres. Essais des 4 et 5 septembre 1899.
- NUMÉROS d’ordre. a g S c ë - o O CH £ x % Rac < H ~ II Q PUISSANCE motrice; NÉCESSAIRE sur le renvoi de mise en marche. ^ TRAVAIL p UTILE. RENDEMENT -o de la POMPE. t4 D o O ^ £ U ® a ^ Q s
- par min. mètres. lit'./sec. chx-v. chx-v.
- 1 1 290 22 14,63 8,6 4,2 0,49 0,58 0.037
- 2 1 250 20 12,46 6,9 3,3 0.48 0,57 0,033
- 3 1 878 42 8,16 12,7 4,5 0,36 0,53 0,014
- 4 1 886 50 23,60 26,2 15,8 0,60 0,62 0,043
- 5 1 912 49 22,04 26,0 14,4 0,55 0.59 0,038
- 6 2 468 80 18,36 41,0 19,7 0,48 0,58 0,025
- 7 2 479 83 17,36 43,0 19,2 0,45 0,59 0,023
- 8 2 700 95 12,20 40,75 15,5 0,38 0,57 0,014
- 9 2 822 103 12,15 48,5 16,6 0,34 0,57 0,014
- Le graphique de la figure 17 traduit ces résultats. On voit, par ce graphique et par le tableau, que le rendement maximum de cette pompe ne paraît pas dépasser 56p.'100(2)et que,pour donner une hauteur de 83mètres parexemple,avec un débit de 62 mètres cubes à l’heure, analogue aux débits et hauteurs de nos pompes à 5 et 7 roues, il faut tourner à 2 500 tours par minute au lieu de 1 100 à 1 200; et le rendement mécanique delà pompe seule tombe, dans ces conditions, à une valeur inférieure à 48 p. 100.
- Applications. — Il me semble superflu d’insisler sur les applications possibles de ces pompes centrifuges multicellulaires. Elles peuvent évidemment se substituer avec avantage aux pompes à piston dans beaucoup de circonstances où actuellement on emploie celles-ci; notamment, comme pompes souterraines
- (•1) Je cite les chiffres de la pompe en question parce que ce sont les seuls qui ont été publiés, à ma connaissance, pour^des hauteurs dépassant 50 mètres.
- (2) Les points expérimentaux ne se rangent pas bien sur des courbes régulières. Nous avons tracé les courbes de manière à passer, le mieux possible, au milieu des différents points.
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- dans les mines et comme pompes de fonçage dans le creusement des puits. Nous en avons donné des exemples ci-dessus.
- Comme pompes souterraines, si le puits de mine n’a pas plus de 200 à 300 mètres de profondeur, on peut faire l’élévation de l’eau d’un seul jet, avec une pompe unique. Dans le cas contraire, il convient de diviser la hauteur totale en plusieurs jets de 100 à 200 mètres. L’installation comprend alors une série de plusieurs pompes étagées dans le puits. Il existe une semblable disposition réalisée dans les mines de Horcajo, en Espagne, par la Maison Sulzer de Win-terthur.
- Disons cependant qu’il nous paraît possible, sous certaines conditions, d’at-
- teindre 500 mètres et plus d’un seul jet, avec une pompe unique mue par un moteur électrique triphasé. Nous faisons en ce moment des projets pour de semblables hauteurs de refoulement.
- Comme pompes de fonçage, les appareils centrifuges accouplés avec moteurs électriques (et mieux encore peut-être avec turbines à vapeur, nous allons le voir tout à l’heure) me paraissent préférables aux machines à piston à cause de leur faible encombrement, de leur faible poids et de la facilité avec laquelle on peut suspendre l’appareil au bout de chaînes. Quelques étais suffiraient pour maintenir la pompe en place. Il y aurait peut-être à craindre, dans cette application, que les matières sableuses en suspension dans l'eau occasionnent une usure rapide de la pompe. Mais, ainsi que je l'ai expliqué précédemment, je pense que
- (i ) Zeitschrift des Vereines deutscher Inyenieure, 2 novembre I Vin].
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- s’il n’y a pas trop de sable, l’inconvénient sera négligeable, et que, s’il devenait gênant, il serait facile de disposer dans la pompe des anneaux amovibles, facilement remplaçables, aux endroits où l’usure se produirait. De plus, on pourrait peut-être arrêter les grains de sable en tamisant l’eau avant l’entrée dans la pompe. Le tamis serait disposé de façon à pouvoir être aisément nettoyé.
- Comparaison entre les pompes à piston et les pompes centrifuges. — Il est intéressant de comparer entre elles les pompes centrifuges et les pompes à piston; leurs propriétés ne sont pas les mêmes; et, à certains égards, elles se trouvent opposées.
- Si l’on suppose la vitesse constante, ce qui est ordinairement le cas lorsque la machine est conduite par un moteur électrique, on sait que les pompes à piston produisent un débit constant à une hauteur qui peut être quelconque, tandis que les pompes centrifuges donnent une hauteur d’élévation sensiblement constante et un débit variable. Ainsi, par leur essence même, ces machines donnent, la première, un débit constant et une hauteur variable, et l’autre une hauteur constante et un débit variable. Il y a là, pour les pompes, l’opposition bien connue que M. Murgue a fait ressortir depuis longtemps pour les ventilateurs qu’il a appelés olumogen.es et déprimogènes.
- Or, dans la plupart des applications, la hauteur à produire est constante, tandis qu’au contraire on a besoin généralement de faire varier le débit. A ce point de vue, la pompe centrifuge est mieux adaptée que la pompe à piston. L’on peut, il est vrai, avoir des dispositions qui permettent de modifier le débit d’une pompe à piston ; d’abord en faisant varier la vitesse du moteur, ensuite en donnant au piston de la pompe une course variable.
- De même, s’il est nécessaire, l'on peut prendre des dispositions pour faire varier la hauteur d’élévation donnée par une pompe centrifuge. Gela est facile lorsque le moteur est à courant continu, car alors il suffit de modifier la vitesse de rotation, en agissant sur le courant d’excitation au moyen d’un rhéostat; la hauteur produite étant proportionnelle au carré de la vitesse, on obtient par ce moyen d’assez grandes différences de hauteur avec une variation relativement faible de la vitesse.
- Mais il est des cas où il n’est pas possible de changer la vitesse autrement que dans des limites très étroites; par exemple lorsque le moteur, à courant triphasé, est alimenté par un réseau où la fréquence du courant est constante. Nous ne sommes pas pour cela désarmés. Nous pouvons obtenir une variation de hauteur par échelons, avec notre pompe multicellulaire, en enlevant des roues dans le corps de pompe. Cette solution est très bonne quand l’on a à déplacer l’appareil (ce qui se présente quelquefois) d’un étage d’une mine à un autre.
- (1) Bulletin de la Société de VIndustrie minérale, 1873, 3e livraison; 1875, 4e livraison; 1880, lre livraison.
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- Ce déplacement ne se faisant qu’une fois ou quelques fois seulement dans le cours de l’existence de la pompe, il est très acceptable que l’on démonte la machine pour y enlever des roues ou pour en ajouter.
- Si, au contraire, ayant besoin de faire varier fréquemment la hauteur d’élévation. comme dans le cas du fonçage d’un puits, l’on trouve que le démontage de la pompe est une sujétion inacceptable, nous avons une autre solution très commode qui consiste à mettre plusieurs tubulures de refoulement sur le corps delà pompe, autant qu'il y a de roues, s'il le faut. En raccordant le tuyau de refoulement à l’une ou à l’autre de ces tubulures, on obtient des hauteurs d’élévation différentes pour une vitesse constante de la pompe. L’on peut de cette manière faire varier la hauteur d’élévation progressivement depuis zéro jusqu’au maximum qui est obtenu avec la dernière tubulure de refoulement.
- Nous avons dit que les pompes centrifuges donnaient un débit variable ; il faut cependant ne pas perdre de vue que, si l’on veut maintenir le rendement mécanique à un chiffre élevé, il convient de ne pas réduire par trop le débit au-dessous de sa valeur normale ou de ne pas l’augmenter beaucoup au delà de cette valeur. Quanta la manière dont on obtient le réglage du débit, c’est extrêmement simple. Il suffit de placer une vanne sur le tuyau de refoulement (par exemple à la sortie de la pompe) et de donner à la pompe une vitesse un peu supérieure à celle qui serait strictement nécessaire pour obtenir la hauteur d’élévation totale. Dès lors, en ouvrant plus ou moins la vanne, on a plus ou moins de débit.
- On peut même fermer complètement la vanne tout en laissant la pompe continuer à tourner, cela n’occasionnera aucun inconvénient; la pression donnée par la pompe sera un peu augmentée, mais extrêmement peu. Avec les pompes à piston, il n’en serait pas de même; si on fermait brusquement le tuyau de refoulement, on risquerait d’amener la rupture d’un des organes de cette pompe.
- Gomme on le voit, les pompes centrifuges offrent une très grande souplesse de débit et de hauteur d’élévation. C’est là un très réel avantage.
- D’autre part, rappelons que le rendement mécanique qu’elles offrent est très comparable à celui des pompes à piston. Si on compare entre eux ces engins pris isolément, le rendement mécanique des premières est sans doute un peu inférieur à celui des secondes. Mais si l’on tient compte de ce que la machine doit être accouplée à un moteur électrique, on voit que la pompe centrifuge regagne la différence parce qu elle s’attelle directement, tandis que la pompe à piston exige un engrenage intermédiaire qui fait perdre une notable proportion de la force motrice. Ou bien, si on veut l’atteler directement au moteur, il faut ralentir beaucoup celui-ci en lui donnant des dimensions exorbitantes, ou accélérer la vitesse de la pompe au delà des limites habituelles, ce qui occasionne un abaissement considérable du rendement et est une cause de détérioration rapide des clapets.
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- Une autre propriété intéressante des pompes centrifuges, qu’il convient de signaler, consiste en ce fait que la force motrice qu’elles réclament quand elles ne débitent pas, même sous la hauteur de charge normale, est une petite fraction de la force motrice qui correspond au débit normal. Dès lors, le couple au démarrage est faible; ce qui est précieux pour l’accouplement avec certains moteurs électriques. Avec les pompes à piston, au contraire, le couple au démarrage est sensiblement le même que celui de la marche normale, à moins que l’on ne réduise temporairement la hauteur de refoulement par une soupape ou un robinet de décharge.
- A ces divers avantages des pompes centrifuges, il faut ajouter encore ceux qui résultent d’une grande simplicité et d’une grande robustesse. Elles n’exigent que peu de surveillance, peu d’entretien et presque aucune dépense de graissage, puisque les seuls organes où il y ait à verser de l’huile de temps en temps sont les deux paliers de la dynamo.
- POMPES AVEC TERRINES A VAPEUR
- L’accouplement, des pompes centrifuges avec les turbines à vapeur permet d’atteindre des résultats surprenants, ainsi qu’on va le constater par les expériences que je rapporte plus bas.
- Nous avons combiné des groupes de pompes-turbines avec notre turbine à une ou deux roues symétriques et avec notre turbine multicellulaire pour grandes puissances.
- J’ai déjà donné l’année dernière, dans mon Rapport au Congrès de mécanique appliquée, les dessins d’ensemble d’une petite pompe centrifuge montée sur le même arbre qu’une turbine à vapeur de 30 centimètres de diamètre.
- Ce sont les résultats d’essais, vraiment remarquables, de celte pelile pompe que je vais exposer. Ces essais ont été retardés par suite de diverses circonstances. Ils n’ont pu être faits que tout dernièrement. J’annonçais qu’il serait possible, avec cette machine, d'obtenir une hauteur de pression dépassant 200 mètres; en réalité, nous sommes parvenus jusqu’à 300 mètres et nous n’aurions pas eu de peine à aller encore plus loin, si nous n’avions craint de faire éclater les tuyaux de refoulement qui n’étaient prévus que pour une pression de 200 à 250 mètres.
- Les figures 18, 19 et 20 représentent l’ensemble de la turbine à vapeur et de la pompe centrifuge attelée directement sur l’arbre de la turbine. Celle-ci est faite avec deux roues mobiles disposées en compound, c’est-à-dire que la vapeur les traverse successivement. Toutefois, pour les expériences, nous n’avons
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- utilisé que la première roue, après avoir enlevé la deuxième, afin de pouvoir évaluer aussi exactement que possible le rendement propre de la pompe. Nous avions, en effet, précédemment étudié très complètement à des vitesses variables une turbine à une roue (exactement pareille à celle qui conduisait la pompe)
- Fig. 18.
- attelée à(un dynamo à courant continu; nous pouvions donc savoir, avec une approximation suffisante, le rendement propre de la turbine à vapeur à une seule roue. Quelques-uns des résultats d’essais de la turbine-dynamo sont donnés dans mon Rapport au Congrès de mécanique.
- La petite pompe se voit en P, figure 18 et 19; elle reçoit l’eau par le tuyau d’arrivée A et elle la refoule dans une tuyère conique à laquelle succède le tuyau
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- d’évacuation. La roue mobile de la pompe est semblable à celle des pompes à basse pression que la maison Sautter-Harlé construit habituellement, c’est-à-dire, aussi, analogue aux ventilateurs, système Rateau, que l’on connaît. Les ailes de la roue sont géométriquement définies par la surface que j’ai appelée « conicyclide ». Le diffuseur est du type composé comme dans mes ventilateurs, c’est-à-dire qu’il est formé d’une partie plate et d’une volute spiraloïde.
- La roue mobile n’a que 8 centimètres de diamètre ; elle est représentée en coupe diamétrale, dans sa vraie grandeur, par la figure 21, l’ouïe a 36 millimètres de diamètre.
- L’équilibrage des poussées longitudinales est, dans cette machine, de première importance, car on comprend que s’il subsistait seulement quelques dizaines de kilogrammes, cette poussée, à la vitesse de 15000 à 18 000 tours par minute, aurait vite fait de mettre le palier de butée hors de service. Cet équili-
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- brage est exécuté dans cette petite pompe d’après les procédés que j’ai indiqués à propos de la pompe multicellulaire, c’est-à-dire que nous avons donné aux joues de la roue mobile des diamètres différents, ainsi que cela se constate sur
- la coupe de la figure 21. Le diamètre du fond de la roue a pu être calculé a priori de telle manière que l’équilibrage était à peu près rigoureusement réalisé pour tous les débits et pour toutes les vitesses.
- Réglage. — Le réglage de la vitesse est assuré d’une façon très particulière (1),
- (1) J’ai cherché à éviter ici (comme pour Je ventilateur) le régulateur centrifuge ordinaire, parce qu’il aurait fallu réduire la vitesse par un engrenage, ce qui eût été peu élégant.
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- analogue à ce que j’ai déjà indiqué pour le ventilateur à haute pression, mais cependant d’une manière plus complète. Le dispositif de réglage est représenté dans la figure 22. Il permet de contrôler simultanément le débit de la pompe et la vitesse de rotation de la turbine.
- La tige E de l’obturateur est placée sous la dépendance d’un levier ABC, dont le point B est attaché au piston hydraulique F et dont le pont C est articulé
- Fig. 20 bis.
- à la tige du piston à air I. Le piston F se meut dans le cylindre M dont le fond inférieur est mis en communication avec le trou H percé dans le tuyau d’aspiration de la pompe, immédiatement avant l’ouïe, et dont le fond supérieur est relié à un tube de Pitot G disposé à l’intérieur du tuyau d’aspiration. Dans ces conditions, le piston F reçoit de bas en haut une poussée proportionnelle au carré de la vitesse de l’eau dans l’ouïe de la pompe, c’est-à-dire, par conséquent, au carré du débit. Cette poussée est équilibrée par un ressort R dont on peut faire varier la tension en tournant plus ou moins l’écrou supérieur autour de la tige du piston, filetée à cet effet.
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- Le piston I se meut dans un cylindre N dont la partie inférieure est mise en communication avec un petit ventilateur centrifuge auxiliaire (voir figures 18 et 19), disposé au bout de l'arbre de la machine. Ce ventilateur exerce une pression d’air proportionnelle au carré de la vitesse, pression qui est équilibrée par le poids propre du piston, d’une part, et par le petit ressort que l’on voit attaché au point D du levier ABC, figure 22, d’autre part. Ce ventilateur et le piston I servent ordinairement de limiteur de vitesse pour la turbine en cas d’emballe-
- Fi". 21.
- ment. Mais ils peuvent servir aussi pour assurer la constance de la vitesse, si on le désire.
- Lorsque c’est le réglage du débit qui fonctionne, le piston I est en bas de sa course et le point C du levier sert de point de rotation; c’est alors le piston F qui, en montant ou en descendant, ouvre ou ferme l’obturateur de la vapeur. Si, au contraire, c’est le réglage de la vitesse qui agit, le piston F est en bas de sa course, le point B sert de point fixe pour la rotation du levier ABC, et c’est le piston I qui, par son déplacement dans le cylindre, effectue la fermeture ou l’ouverture de l’obturateur.
- Ce procédé de réglage fonctionne très bien, car les efforts que les pistons I et F exercent de bas en haut sont considérables. Pour le piston F, cet effort Tome 101. — 2e semestre. — Décembre 1901. 31
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- dépasse 10 kilogrammes, et, pour le piston I, la poussée est d’environ 0 kilogrammes, on Félèverait aisément à beaucoup plus que cela s’il était nécessaire.
- Résultats (Vexpériences. — Nous avons fait sur cette machine un grand nombre d’expériences, de manière à relever les courbes caractéristiques à des vitesses croissantes depuis 9 000 tours jusqu’à 18 000 tours par minute.
- La petite pompe jetait l’eau dans une caisse jaugée où on pouvait mesurer le
- Fig. 22.
- débit. Mais, pour éviter de faire cette mesure chaque fois au moyen de la caisse, nous avions placé à la sortie du tuyau un ajutage conique convergent (d’un diamètre final de 23 millimètres exactement) et un manomètre sur le tuyau un peu avant l’ajutage. La pression lue sur ce manomètre permettait de calculer le débit après avoir fait un tarage préalable de l’ajutage par jaugeage direct, à plusieurs reprises, dans la caisse.
- Sur le tuyau de refoulement, à 1 mètre environ de la pompe, etàune dizaine de mètres avant l’ajutage de sortie, était disposé un robinet permettant de faire varier le débit. C’est à ce robinet que la forte pression produite par la pompe était en grande partie consommée.
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- T) 7
- Des manomètres métalliques étalons étaient placés sur le tuyau d’aspiration et sur le luyau de refoulement de manière à avoir, parla différence des pressions absolues, la hauteur d’élévation utile II réellement donnée par la machine.
- La vitesse de la turbine était réduite au trentième par une vis sans fin placée au bout de l’arbre en vue de compter les tours une fois le régime établi; on y avait installé aussi un tachymètre Buss permettant de se rendre compte a chaque instant de la vitesse. La mesure de la puissance de la turbine s’exécutait comme je l’ai expliqué à propos du ventilateur à haute pression; nous ou-vrions une, deux ou trois tuyères suivant le besoin et nous mesurions, par des manomètres appropriés, la pression absolue P de la vapeur à l’amont des luyèr es,et la pression absolue /> à l’aval de la turbine.
- Ainsi, chaque expérience consistait à relever, après avoir mis la machine en régime permanent :
- 1° Les deux pressions manométriques à l’amont et à l’aval de la pompe;
- 2° La pression manométrique h sur l’ajutage de sortie du tuyau de refoulement ;
- 3° Le nombre de tours n de la machine1 ;
- i° Les pressions P et /> à l’amont et à l'aval de la turbine à vapeur.
- Et, pour plusieurs des essais, nous avons fait un jaugeage direct du débit, de manière à connaître le coefficient de dépense de l’ajutage à eau.
- Les résultats d’expériences sont résumés dans le tableau page 7(58.
- Nous constatons, d’après ces chiffres, que cette petit*1 pompe, n’ayant que S centimètres de diamètre de roue, a pu produire, à IS 000 tours par minute, une hauteur de pression s’élevant jusqu’à 300 mètres pour un débit réduit, et une hauteur de 203 mètres avec le débit normal de 12 litres par second*1. Le travail utile en eau élevée atteint alors plus de 10 chevaux. Ce sont là, assurément, des résultats très remarquables.
- Quel est, maintenant, le rendement mécanique de celte petite machine ?
- Nous pouvons avoir facilement le rendement total de l’ensemble de la pompe et de la turbin*1 à vapeur, car nous savons calculer, d’après les méthodes déjà indiquées précédemment, la puissance théoriquement disponible dans le courant de vapeur qui traverse la turbine en tombant de la pression absolue P à la pression absolue p. Le tableau p. 708 contient précisément une colonne où est inscrite la puissance théorique calculée Tt. En faisant le rapport de Tu à T,, on a le rendement mécanique total p0.
- Si, sur un graphique, nous portons ce rendement total en ordonnée avec le coefficient de débit d en abscisse, nous avons, ligure 23, les courbes caractéristiques de ce rendement à diverses vitesses. On voit que le rendement croit avec la vitesse. Cela, en effet, doit être ainsi, caria turbine n’atteint son rendement maximum que bien au delà de 18 000 tours par minute. A cette vitesse de
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- TABLEAU VIII
- Turbine-pompe D = 80 millimètres. Essais de novembre 1901.
- h C • K Û S c P Q £ S _ o Z N O r. d t x 8 ~ .2 t/2 2 É % P PRESSION ™ AVAT< - dans la turbine. SÎ 3 o z 02 H > s 5 « n 3 B H < .t <; h ” IIU DÉBIT Q > è h p ^ Tu -S ci o -5 S o Tt H £ ^ < M H Q g Z P" H ^ J — A § Ah % H O [l z 7? ^ H E = c 5
- 1 par minute 9 000 kgs/cm-, 2,3 kgs/cmü. 0,31 i mètr es • 80 lit«/sec. 0 chevaux• 0 chevaux . 9,35 0 0,551 0
- 2 )) 3,23 0,29 i 78 2,24 2,34 15,70 0,149 0,540 0,0371
- 3 )) 4,1 0,30 )) 74,5 3,9 3,89 20,83 0,186 0,515 0,0649
- 4 )) 4,23 0,37 » 74 3,86 3,82 20,80 0,183 0,515 0,064
- 5 )> 4,3 0,30 » 71 4,69 4,44 24,10 0,184 0,490 0,0727
- 0 )> 3,2 0,37 » 62,3 6,10 5,10 27,2 0,188 0,432 0,10.2
- 7 )) 3,3 0,30 » 64 6,31 5,56 30 0,185 0,442 0,108
- 8 » 6 0,37 » 57 7,60 5,80 33,10 0.175 0,394 0,126
- 9 )) 6,63 0,37 )) 46.3 9,57 5,92 37,8 0,157 0,326 0,161
- 10 )) 3,6 0,37 )) 46 8,72 5,35 30,2 0,177 0,320 0,144
- il » 6,1 0, 9 U 32,5 11.4 4,93 33,3 0,148 0,226 0,189
- 12 12 000 3,3 0,283 2 124 3.90 6,44 34,8 0,185 0,482 0,0485
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- 24 » 7,2 0,33 » 190 8,23 20,8 73,55 0,275 0,480 0,0822
- 23 )) 8,33 0,53 » 180 10,36 24,8 92 0,270 0,45 4 0,133
- 26 )) 9,4 0,65 » 151 13,4 27 102 0,264 0,380 0,144
- 27 » O 0,44 )) 196,5 3,85 10,12 49,2 0,226 0,486 0,0384
- 28 » 6,23 0,52 » 188 5,83 14,60 62,5 0,2.34 0,468 0,058
- 29 )) 7,33 0,60 )> 166 9,6 21,30 77,5 0,274 0,412 0,0955
- 30 )) 8,8 0,68 » 149 12,32 25 91,2 0,272 0,370 0,125
- 31 » 9,63 0,73 » 121 15 4 24,9 101 0,218 0,300 0,153
- 32 )) 10 0,77 » 104 16,72 23,2 103 0,253 0,253 0,166
- 33 )) 3,3 0,30 187 5,37 13,4 44 0,248 0,467 0,0535
- 3 4 » 4,7 0,11 » 200 3,46 9,22 46 0,20 0,496 0,0344
- 3.» )> 7,4 0,63 » 166 9,5 21,0 76 0,275 0,412 0,0943
- 30 18 000 6,20 0,70 3 304 3,20 21.10 83 0,255 0,532 0,0432
- 3 i » 3,4 0,80 )) 300 7 28,0 101,2 0,277 0,522 0,0585
- 38 » 8,2 0,85 » 290 8,92 34,6 115 0,301 0,508 0,0/42
- 39 )) 9,6 1,0 )> 263 12 42,1 134 0,313 0,460 0,100
- 40 )) 8,2 0,75 o 286 M3 20,3 80,10 0,254 0,393 0,0442
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS.
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- J8 000 tours, le rendement total o0 de l'ensemble de la pompe et de la turbine atteint 31,bp. 100, la turbin e échappant à la pression atmosphérique C’est un fort joli résultat pour une si petite machine. Quant au rendement de la pompe seule, il est sensiblement indépendant de la vitesse.
- o,/o
- Tsous obtiendrons ce rendement maximum pm de la pompe, si nous connaissons h1 rendement propre de la turbine. Or. on peut déduire ce dernier d expériences antérieures très nombreuses que nous avons faites sur une turbine de même diamètre faisant mouvoir une machine électrique à courant continu et dont nous avons publié quelques résultats dans notre Rapport sur les turbines à vapeur au Congrès de mécanique appliquée en 1900. En tenant compte de ce ren-
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- ARTS MÉCANIQUES. --- DÉCEMBRE 190t.
- tiennent qui dépend non seulement de la vitesse de rotation, mais encore du
- p
- rapport — de la pression d’amont à la pression d’aval, on obtient les chiffres
- inscrits dans le tableau ci-après :
- Nombre 4e tours par minute n = 9 000 12 000 15 000 18 000
- Rendement mécanique total maximum := 0,19 0,24 0,275 0,31
- Rendement mécanique de la turbine seule. . . . -J - 0,31 0,40 0,47 0,52
- Rendement mécanique maximum de la pompe seule g,„ = 0,61 0,00 0,585 0,593
- On voit par là que, malgré son très petit diamètre, cette pompe à haute pression a un bon rendement mécanique, certainement voisin de 0,60. Il n’est pas douteux qu’une pompe de plus grandes dimensions donnerait un rendement supérieur à 0,6b.
- La hauteur d'élévation n’a pas dépassé, dans nos expériences, 304 mètres. Nous n’avons pas cherché à aller plus loin parce que nous n’avions prévu la résistance des pièces de la pompe et des tuyaux de refoulement que pour 200 à 250 mètres seulement et parce que la turbine à vapeur n’était pas faite pour une vitesse dépassant de beaucoup 15 000 tours par minute. Il n’y aurait pas de difficulté, je pense, à prendre une roue de plus grand diamètre et à pousser la pression au delà de 300 mètres. En sorte que l’on peut prévoir qu’une petite pompe ayant, par exemple, 120 millimètres de diamètre à la roue mobile et tournant à 15 000 tours par minute, donnerait plus de 400 mètres de hauteur d’élévation avec un débit normal de 20 litres par seconde, soit une puissance utile de plus de 100 chevaux.
- Et, en associant deux, trois ou quatre de ces pompes en tension, soit par des tuyaux allant de l’ime à l’autre, soit mieux sous la forme d’une pompe multicellulaire, il serait aisé de produire une pression permettant de refouler l’eau à une hauteur de 500, 750, 1 000 mètres et plus. Il n’y a donc pas de pression, dans les limites ordinaires de la pratique (les pompes d’accumulateurs exceptées) qu’on ne puisse produire avec les pompes centrifuges comme avec les pompes à piston. Nous sommes loin, on le voit, de l’opinion encore récente que les pompes centrifuges étaient impuissantes à dépasser une hauteur de 10 à 15 mètres, avec un bon rendement mécanique.
- Applications. — Les applications de pareilles pompes centrifuges à haute pression, mues par turbines à vapeur, peuvent être très nombreuses. Elles offriraient des avantages de premier ordre qui peuvent se résumer comme suit ;
- Installation peu coûteuse ;
- Encombrement extrêmement réduit ;
- Très grande légèreté ;
- Conduite et entretien des plus faciles, très peu de dépense d’huile de graissage.
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- VENTILATEURS ET POMPES CENTRIFUGES POUR HAUTES PRESSIONS. 771
- Comme applications principales, je citerai leur emploi :
- Comme pompes de fond à vapeur, dans les mines ; pompes de fonçage ; appa-reils de secours en cas de venue d’eauuimprévue, etc.;
- Comme pompes à incendie ;
- Aussi comme pompes pour l’alimentation des chaudières; ou pour l’élévation des eaux de ville, etc., etc.
- En un mot, chaque fois qu’il s’agit de pressions supérieures à 4 ou 5 kilogrammes par centimètre carré ou de hauteurs supérieures à 40 ou 50 mètres. Pour des hauteurs plus petites, l'attaque directe ne serait plus convenable a moins de consentir un abaissement du rendement mécanique. On peut alors,
- dans ce cas, recourir à une réduction de vitesse par engrenage, ainsi que l’a déjà fait M. de Laval avec ses turbines à vapeur.
- La figure 24 représente une pompe centrifuge accouplée directement à une turbine à vapeur à roues multiples de notre système. Cette machine a été étudiée pour un refouleur de déblai. Elle doit fournir un débit de 450 litres par seconde à une pression de 85 mètres, c'est-à-dire une puissance utile de plus de 500 chevaux. La vitesse de rotation serait d’environ 1 800 tours par minute.
- Une semblable machine conviendrait admirablement bien pour l’élévation d’eau de ville.
- J’estime que la pompe aura un rendement mécanique de 70 p. 100. Quant à la turbine à vapeur, son rendement est de 65 p. 100. D’où un rendement total de 0,70 x 0,65 = 0,455, soit 45 p. 100. Avec une pression de vapeur de 10 kilogrammes par centimètre carré et un vide au condenseur de 70 centimètres de mercure, on produirait le cheval utile en eau élevée avec une consommation
- 3,9
- de vapeur de = 8kK,65 à l'heure. Les ensembles de pompes à piston et
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- ARTS MÉCANIQUES.
- DÉCEMBRE 1901 .
- moteurs à piston à double ou triple expansion ne donnent pas des résultats beaucoup meilleurs.
- CONCLUSION
- En résumé, nous voyons que nous avons aujourd’hui, grâce aux turbines à vapeur, le moyen de produire des pressions de 5 à 6 mètres d’eau avec des ventilateurs centrifuges prenant l’air à la pression atmosphérique, ainsi que des hauteurs d’élévation de 200 à 300 mètres, avec des pompes centrifuges, et cela avec une seule roue mobile, dans de bonnes conditions de rendement mécanique. Que l’on associe deux, trois, quatre roues en tension et il n’y a pas de difficulté à obtenir des pressions d’air de lk@,26, 2k",5, 4 kilogrammes par centimètre carré, ou des pressions d’eau de 500, 750, 1 000 mètres, etc.
- D’un autre côté, par l’accouplement direct avec des moteurs électriques, si, pour maintenir le rendement mécanique à une valeur raisonnable, on ne peut guère dépasser 50 centimètres d’eau avec une seule roue de ventilateur, ou 30 mètres de hauteur d’élévation avec une seule roue de pompe centrifuge, il est aisé, en associant plusieurs roues mobiles en tension sur le même arbre dans un seul corps de pompe (jusqu’à 10, 12 et même davantage s’il le faut), d’atteindre des chiffres beaucoup plus forts, en proportion du nombre des roues en tension.
- Sans doute, ces appareils à force centrifuge n’ont pas un rendement mécanique aussi élevé que celui des machines à piston bien établies. Cependant, outre que la différence n’est pas aussi grande qu’on serait tenté de le croire (on le constate par les expériences qui ont été relatées précédemment), ils rachètent cette infériorité, si infériorité il y a, par des qualités importantes : prix d’établissement moins élevé, faible encombrement, facilités de mise en marche et d’entretien, peu de chances d’avarie, fondations peu importantes, enfin surveillance réduite au minimum. Dans beaucoup de cas, quand on les connaîtra mieux, ils sont appelés, j’en suis convaincu, à rendre de bons services.
- En terminant, qu’il me soit permis d’exprimer mes remerciements d’abord à MM. Sautter-Harlé qui ont fait avec moi les frais de la construction et des essais des appareils dont je viens de parler, ensuite à M. Jean Rey, ingénieur en chef, dont la collaboration constante m’a été si précieuse dans ces études théoriques et pratiques, et enfin aux ingénieurs des ateliers qui ont apporté tous leurs soins aux études et aux expériences.
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- MÉTALLURGIE
- LES ALLIAGES D’ALUMINIUM ET DE MAGNÉSIUM, PAR M. O. BOlldOUard.
- 4 Dès 1866, Wœhier yl j avait essayé de préparer les alliages d’aluminium et de magnésium en fondant les deux métaux sous le chlorure de sodium; il avait ainsi obtenu des mélanges renfermant une combinaison définie insoluble dans le chlorhydrate d’ammoniaque et la soude froide, et se présentant sous la forme d’une poudre métallique blanc d’étain, très brillante ; mais il n'avait pu y reconnaître une cristallisation bien nette.
- Parkinson (2) a obtenu un produit renfermant 25 p. 100 de magnésium, en fondant les métaux dàns un creuset brasqué avec delà magnésie pure et fraîche. D’une façon générale, l’introduction du magnésium dans un alliage a pour résultat une extrême fragilité.
- Plus récemment, M. Mach a préparé un alliage d’aluminium contenant 10 à 12 p. 100 de magnésium, plus léger que l’aluminium, d’une couleur semblable à celle de l’argent, pouvant être tourné, percé, taraudé.
- Je me suis proposé d’étudier les alliages d'aluminium et de magnésium, en utilisant les nouvelles méthodes d’investigation scientifique introduites dans la science pour déterminer la constitution ehimique des alliages. Parmi les propriétés physiques qui semblent devoir conduire à des résultats précis sur cette constitution chimique des alliages, les principales sont la structure cristalline, la conductibilité, la face électromotrice de dissolution, la fusibilité.
- ÉTUDE DE LA FUS11SILITÉ DES ALLIAGES d’aLUMINIUM ET DE MAGNÉSIUM
- Les points de fusion de l'aluminium et de magnésinm étant relativement peu élevés, tous les essais ont été faits dans des tubes en verre vert, en présence de gaz d’éclairage, ou mieux d’hydrogène, alin d’éviter l’altération des métaux. Chaque essai portait sur 10 grammes de matière. La mesure des températures s’effectuait an moyen du couple thermo-électrique de M. Le Chatelier.Pour protéger le couple contre l’action destructive des métaux fondus, on l’introduit dans un tube de verre de quelques millimètres de diamètre fermé d’un bout, après
- (1) Annalen Ch. Pharm., t. 138, p. 2o3.
- ;2) Chemical Society (2), t. 5, p. 117,
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 4901.
- 774
- avoir isolé les fils de platine et de platine rhodié d’une façon convenable à l’aide d’un fil d’amiante. Le galvanomètre employé était le galvanomètre à microscope, modèle Carpentier.
- Pour déterminer la température exacte de solidification, on amène le mélange
- Proportions d'aluminium en poids
- Fig. 1.
- des deux métaux à une température supérieure à celle de fusion, puis on laisse refroidir : on suit le déplacement du réticule au moyen d’un compteur à secondes, en notant le temps mis par ce réticule pour passer d’une division à celle immé-
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- LES ALLIAGES d’aLL'MIXIUM ET DE MAGNÉSIUM.
- 77 O
- diatement inférieure; dans le tableau ainsi établi, on cherche la division du micromètre correspondant au plus grand intervalle de temps.
- \7oir les résultats obtenus :
- Al p. lûu AIg p. 1 oo Al p.ion AI g p. 100
- en poids;. en poids' . Températures ion poids,). (en poids'. Températures
- 100 650° 35 65 455°
- 90 10 485 30 70 424
- 80 20 530 °3 73 356
- 70 30 432 20 80 432
- 00 4o 450 15 85 432
- :;o :iü 402 10 90 437°,3
- 40 .i.'i 443 3 95 595
- 40 60 430 100 633
- Si l’on construit la courbe (lig. 1). en portant en abscisses les proportions en poids d’aluminium et en ordonnées les températures, on remarque que cette courbe présente deux maxima (733" et 762°) et trois minima (336°, iio° et 432°); entre les proportions do 10 et 20 p. 100 d’aluminium, la portion de courbe est sensiblement parallèle à l’axe des abscisses. Les deux points maxima mettent en évidence l'existence de deux combinaisons définies d’aluminium et de magnésium :
- AUIg- et Al Mu.
- Au cours de cette étude de la fusibilité des alliages d'aluminium et de magnésium, j’ai recueilli des données sur leurs propriétés mécaniques. Au point de vue de la malléabilité, les alliages contenant, dans des proportions variant de 0 à 13 p. 100. soit de l’aluminium, soit du magnésium, pourraient seuls devenir intéressants. Si nous partons de l’aluminium pur, et si nous y introduisons des quantités croissantes de magnésium, la fragilité augmente progressivement pour devenir maxima [tour les proportions suivantes : 30 Al, 30 Mg ; cet alliage se brise entre les doigts et peut être pulvérisé au mortier de porcelaine. Puis, si nous augmentons la proportion de magnésium, introduit jusqu’à revenir au magnésium pur, la fragilité diminue elle-même progressivement. Ces données s’accordent avec l’observation générale donnée par Parkinson.
- ÉTl'DE AI IC R O S C O J ’ I o U E DUS ALLIAGES DALL'AIl.VJ L'AI ET DE MAGNES1UA1
- Pour éviter de préparer un grand nombre d’alliages de compositions différentes, j’ai essayé d’appliquer à l’aluminium et au magnésium la méthode de superposition des métaux préconisée par M. Le Chatelier (1) pour les alliages cuivre-aluminium et cuivre-zinc. Aux difficultés inhérentes à la méthode elle-
- I Huit. Soc. Eiwoirrnt/i'uii'iil, septembi'o 1000.
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- DÉCEMBRE 1901.
- même (formation d’une couche d’oxyde à la surface des métaux), s’en ajoute une nouvelle due à la facilité avec laquelle le magnésium brûle à l’air. Quoique j’aie tenté bien des fois de fondre les deux métaux sous le chlorure de sodium, sous un mélange à poids égaux de chlorure de sodium et de potassium, sous le charbon, soit simultanément, soit successivement, je n’ai eu que des résultats peu satisfaisants.
- En employant 5 grammes de chaque métal, et variant autant qu’il était possible le procédé opératoire, je n’obtenais jamais que des culots de 6 à 7 grammes. De plus, si la partie inférieure du culot métallique était très compacte, la partie
- Kig. 2. — AILMg pn|issa^<' m ba--ivli(T . : 12Ü.
- supérieure, au contraire, était excessivement cassante, même entre les doigts (nous verrons plus loin que la combinaison Al Mg est excessivement fragile).
- L’examen micrographique de la partie compacte, dans deux essais, m’a permis de mettre en évidence les cristaux d’une combinaison dont l’analyse conduit à la formule Al4 Mg. Dans un cas, par simple polissage, on aperçoit, même à l’œil nu, de longues aiguilles qui, examinées au microscope, rappellent beaucoup le cémentite (fig. 2). Dans l’autre cas, les cristaux ne sont apparus qu’après attaque de la surface polie par l’acide chlorhydrique à 10 p. 100 ; ils se présentent sous la forme de magnifiques dendrites. Dans les deux cas, les cristaux de la combinaison définie ont été séparés par attaque du culot par l’acide chlorhydrique à 10 p. 100 ; l’analyse a donné :
- Al : 81,o Al : 82,3
- Mg : 18,9 Mg : 17,3
- 9
- Dans un essai de superposition par fusion dans le gaz d’éclairage, j’ai obtenu
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- LES ALLIAGES d'aLUMINIUM ET DE MAGNÉSIUM.
- / / /
- un culot métallique dont l’analyse de la partie compacte a donné Al : 83,2 et Mg : 16,8, — et celle de la partie cassante :
- Al m
- Enfin, dans une fusion faite avec S'i d’aluminium et L'i de magnésium sous un mélange de tluorure de calcium et de cryolithe, j’ai eu un culot très homogène, en suspension dans le bain de sels fondus : au microscope, même après attaque par l'acide chlorhydrique, la potasse ou l’iode, la surface polie ne laisse
- Ei.v. •>. — ADMir attaque à HGI. lu p, ino Grossissement : 12.'i.
- Fi». 4. — AILM» attaque à Rolf. 10 p. 100 . Grossissement : 12a.
- rien apparaître. Le métal, malléable, a donné à l’analyse 80.t d’aluminium et 19,6 de magnésium.
- Etant donnés ces premiers résultats, j’ai donc été obligé hic reprendre la méthode ordinaire : faire une série d’alliages de compositions différentes, et les étudier successivement de façon à ne pas laisser inaperçues quelques combinaisons.
- En faisant varier les proportions d’aluminium de 0 à 100, j’ai préparé une série de neuf échantillons qui ont été examinés au microscope Le Chatelier. L’examen des surfaces polies était fait avant et après attaque par des réactifs convenables. L'acide chlorhydrique à 10 p. 100 m’a donné de bons résultats avec tous les alliages ; la potasse à 10 p. 100 convient pour les alliages riches en aluminium, et le chlorure d'ammonium à 10 p. 100 pour ceux riches en magnésium. Les attaques ont toutes eu lieu au trempé. Voici les résultats que j ai obtenus.
- L'acide chlorhydrique et la potasse décèlent l'existence, dans l’échantillon
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- 70 Al — 30 Mg, do magnifiques dendrites, dont quelques-uns rappellent les formes cristallines hexagonales de la glace (fig. 3 et 4). L'attaque de l’échantillon 30 Al — 70 Mg par l’acide chlorhydrique et le chlorure d’ammonium met à nu des cristaux arborescents très nets, noyés dans une masse de texture analogue à la perlite, formée très probablement par un eutectique (fig. 3).
- L’examen micrographique de l’échantillon 30 Mg — 50 Al ne m’a donné rien
- Grossissement 12îi. Grossissement : 12.1.
- de bien net. Cet alliage est d’ailleurs très cassant, et le polissage, déjà difficile par suite du peu de dureté du métal., l’est encore plus à cause des nombreuses cavités que l’on voit sur la surface polie. L’échantillon 40 Al — 60 Mg, au contraire, par une attaque modérée à l’acide chlorhydrique, laisse apparaître des cristaux très irréguliers dans lesquels on peut reconnaître la forme générale de dendrites (fig. 6).
- COMBINAISONS DÉFINIES FORMÉES PAR l’aLUMINIUM ET LE MAGNÉSIUM
- Dans cette dernière partie du mémoire, je vais indiquer les moyens qui m’ont permis d’isoler les combinaisons définies de magnésium et d’aluminium, par suite de confirmer les indications données par l’étude de la fusibilité de ces alliages, ainsi que par leur examen microscopique.
- 1° AlMg2. — La composition centésimale théorique de cet alliage correspond à 36 d’aluminium et 64 de magnésium.
- Le meilleur procédé permettant d’isoler la combinaison AlMg2 consiste à traiter à froid le culot métallique 30 Al-70 Mg par le chlorhydrate d’ammoniaque
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- LES ALLIAGES d’aLUMLNIUM ET DE MAGNÉSIUM. 779
- a 10 p. 100; il se fait un dégagement gazeux, et il reste dans le fond du verre une poudre cristalline que l’on recueille et analyse.
- Ces cristaux sont très longs à laver, et ils s’altèrent par un lavage prolongé à l’eau froide ou chaude : les métaux s’oxydent. Le mieux est de les laver à l’eau aiguisée chlorhydrique, à l’eau et à l’alcool; on sèche rapidement et on passe au tamis 100. Les cristaux restant sur le tamis sont analysés. Les résultats obtenus sont très concordants :
- Al 35,4 36,7 35,8 35,8 34,9 35,4
- Mg 64,4 63,2 64,3 G4>1 65,1 64,5
- On peut aussi isoler la combinaison AlMg'2 par l’emploi de l’acide chlorhydrique à 10 p. 100; un essai m’a donné 34,5 d’aluminium; magnésium non dosé.
- Ayant fait un alliage répondant à la formule théorique AlMg2 (36 Al et 64 Mg), et l’ayant traité par le chlorhydrate d’ammoniaque à 10 p. 100, il s’est séparé une poudre cristalline qui a donné à l’analyse :
- Al : 35,4 et Mg : 64,5
- La densité de AlMg2 déterminée par les liquides lourds est égale à 2,03.
- 2° Al Mg. — La composition centésimale théorique de cet alliage correspond à 32,9 d’aluminium et 47,1 de magnésium.
- Pour obtenir cette combinaison définie, il suffit de traitera chaud les culots métalliques 40 Al — 60 Mg et 30 Al— 30 Mgparle chlorhydrate d’ammoniaque à 10 p. 100. La poudre cristalline obtenue est très difficile à laver, et si l’on prolonge trop longtemps le lavage à l’eau bouillante, une grande partie est transformée en oxydes. Il est préférable de laver à l’eau acidulée chlorhydrique, à l’eau, à l’alcool; on sèche et passe au tamis 100. Les cristaux restant sur le tamis sont débarrassés des oxydes qui les souillent, à l’aide de l’iodure de méthy-
- lène, en utilisant les différences de densités.
- L’analyse a donné les résultats suivants :
- 1° Pour les cristaux venant du culot 40 Al — 60 Mg :
- Al 52,1 53,4
- Mg 48,0 46,3
- 2° Pour les cristaux venant du culot 30 Al —= 30 Mg.
- Al 51,4 51,5
- Mg 48,4 48,6
- J’ai indiqué précédemment qu’en essayant de faire des culots métalliques par superposition des deux métaux, la partie supérieure de ces culots était toujours excessivement cassante; l’analyse de quelques fragments m’a donné 33,3 Al et 46,3 Mg.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1901.
- La densité de Al Mg déterminée par les liquides lourds est égale à 2,15.
- 3° AP Mg. — La composition centésimale théorique de cet alliage correspond à 81,8 d’aluminium et 18,2 de magnésium.
- Le meilleur procédé permettant d’obtenir la combinaison définie APMg consiste à traiter Je culot 70 Al — 30 Mg par l’acide chlorhydrique à 10 p. 100, à froid. 11 reste une poudre cristalline que l’on lave rapidement à l’eau et à l’alcool, et que l’on sèche. Elle donne à l’analyse 82 d’aluminium et 18,1 de magnésium. Ces résultats s’accordent avec ceux mentionnés dans la première partie de ce mémoire, et que je rappellerai simplement :
- Al 81,3 82,3 83,2 80,4
- Mg 18,9 17,5 16,8 19,6
- La densité de cette combinaison définie, déterminée par la méthode des liquides lourds, est égale à 2,58.
- SUR LES ALLIAGES DU STROMIUM AVEC LE ZINC ET LE CADMIUM.
- Note de M. Henri Gautier (1).
- Les propriétés du strontium sont actuellement peu connues, et ce que nous en savons résulte de l’étude de produits dont aucune analyse n’a jamais été publiée. Les savants qui se sont occupés de ce métal, Davy, Bunsen et Matthiessen, se sont principalement attachés à l’isolement du calcium et ne consacrent que peu de lignes à la préparation du strontium, qu’ils se bornent à donner comme identique à celle du calcium.
- A la fin de son Mémoire relatif à la préparation du calcium, Caron annonce qu’il a obtenu des alliages du zinc avec le baryum et avec le strontium, mais il n’en donne ni les analyses ni les propriétés et ne dit pas s’il est parvenu à en extraire le métal alcalino-terreux.
- Le peu de précision de ces résultats m’a engagé à reprendre l’étude de la préparation du strontium; ce sont les premiers résultats de cette étude que je viens soumettre à l’Académie.
- J’ai d’abord cherché à répéter, avec le chlorure de strontium, l’expérience décrite par Caron pour la préparation de l’alliage zinc-calcium à partir du chlorure de calcium. Il se forme bien, dans ces conditions, un alliage de zinc et de strontium, mais, en faisant varier les proportions de matières employées et la température de réaction, il m’a été impossible d’arriver à un alliage renfermant plus de 2 p. 100 à 3 p. 100 de strontium.
- Pour faciliter la mise en liberté du strontium et la formation de son alliage avec le zinc, j’ai alors songé à traiter le chlorure de strontium par le sodium, en présence, non plus du zinc, mais du chlorure de zinc.
- L’opération a été faite en mettant en présence 100 grammes de sodium avec 200 grammes d’un mélange à poids égaux de chlorures de strontium et de zinc préalablement fondu. Ces substances ont été placées dans un creuset en fer muni d'un couvercle à vis, et l'on a chauffé le tout au rouge franc pendant une heure environ.
- Après refroidissement, quand on ouvre le creuset, on trouve à la partie supérieure un alliage ternaire de sodium, zinc et strontium. Celui-ci a été divisé en petits fragments et traité par l’alcool
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences. 0 décembre 10(11.
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- SUR LES ALLIAGES DU STRONTIUM AVEC LE ZINC ET LE CADMIUM.
- 781
- absolu pour éliminer le sodium: mi obtient pour résidu de cette attaque une poudre métallique s'altérant facilement. a 1 humidité et que l’on sèche dans un courant d'hydrogène sec après lavage à l'éther anhydre, (.et alliage présente une teneur de strontium qui varie de 12 à 14 p. 100. Il est donc beaucoup plus riche que celui fourni par la méthode de Caron, mais le rendement total en alliage est toujours faible. Le chlorure de zinc est, en effet, très volatil à la température à laquelle on opère: il en est de même du sodium, et ci's deux vapeurs viennent réagir à la partie supérieure du creuset sans donner lieu à 1 etlet utile que l’on cherchait à obtenir par la mise en liberté du zinc au contact même du chlorure de strontium.
- Dans une autre série d’essais, j’ai remplacé le chlorure de strontium par l’iodure. La différence des chaleurs de formation des iodures de sodium et de strontium étant supérieure à celle des chlorures correspondants, on pouvait espérer, par cette substitution, arriver à des alliages plus riches. L’expérience est venue confirmer cette prévision,
- On a opéré, dans un creuset en fer à couvercle vissé, avec un mélange de lût) grammes de zinc. 50 grammes de sodium et 200 grammes d'iodure de strontium parfaitement sec. Le fond du creuset ayant été maintenu pendant deux jours au rouge cerise, tandis que le haut n'était, qu’au rouge sombre, on a trouvé, après refroidissement, le contenu du creuset divisé en trois couches distinctes : une supérieure, peu épaisse formée de sodium : une moyenne, verdâtre, contenant de l’iodure de sodium* et enfin, une couche inférieure parfaitement fondue, dure, cassante et constituée par un alliage de zinc, et strontium à 18 p. 100 de ce dernier avec des traces de sodium. Avec les proportions indiquées, le rendement en alliage est de 100 grammes environ,
- Je ne pouvais chercher à extraire le strontium de cet alliage par distillation du zinc dans un creuset de charbon, comme Caron l’avait, proposé pour le calcium, car j’aurais vraisemblablement obtenu pour résidu du carbure de strontium, et j'ai alors songé à mettre à profit, pour la séparation des deux métaux, l’extrême volatilité du zinc dans le vide signalée, il y a longtemps déjà, par M. Demareay (U pour le zinc et quelques autres’métaux. Je pensais que te zinc pourrait distiller et que j'obtiendrai le strontium comme résidu.
- L’alliage de zinc et de strontium, contenu dans une nacelle de fer, a été placé dans un tube en porcelaine de Berlin, relié à une extrémité, par un mastiquage, à une trompe à mercure et fermé, à l’autre, par un plan de verre rodé permettant d’observer ce qui se passait dans le tube. Le tube de porcelaine était chauffé au moyen du dispositif préconisé depuis plusieurs années par M. Charpy dans ses recherches sur la trempe de l'acier (2) et qui consiste à entourer le tube d'une spirale métallique maintenue chaude par le passage d’un courant d'une intensité donnée.
- J'ai chauffé d’abord 2 heures à 350°, puis ensuite une heure au rouge sombre. A l'ouverture du tube il ne restait rien dans la nacelle: le strontium s’était volatilisé en même temps que le zinc.
- Des essais analogues ont été alors recommencés en remplaçant le zinc par le cadmium, qui est beaucoup plus volatil.
- En opérant comme avec le zinc, on obtient des alliages de cadmium-strontium renfermant en moyenne 18 à 20 p. 100 de métal alcalino-terreux. Ges alliages peuvent être enrichis par distillation dans le vide dans un tube de verre, à une température de 230° à 300° environ. Après trois heures de chauffe d'un alliage à 20 p. 100, je suis arrivé à 28 p. 100 en chauffant pendant une journée entière, j'ai obtenu un alliage à 43 p. 100.
- L’alliage riche prend par la lime un beau poli, mais la surface brillante se ternit très vite au contact de l’air.
- Il décompose l’eau rapidement en laissant un résidu de cadmium pulvérulent.
- Dans l’oxygène, il brûle lentement au rouge sombre en se recouvrant d’oxyde qui ralentit la combustion.
- Au contact du soufre fondu et bien avant l’ébullition, il y a une vive incandescence, formation de sulfure de strontium et de sulfure jaune de’cadmium.
- (1) Demarçay, Comptes rendus, t. XCV, p. 183.
- (2) Charpy, Bulletin de la Société d’Encouragement, 1893.
- Tome 101. — 2e semestre. — Décembre 1901. o-
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- METALLURGIE.
- DÉCEMBRE 1901.
- La vapeur de phosphore réagit lentement au rouge en donnant un phosphure décompo-sable par l’eau.
- Dans le chlore, l’alliage donne lieu à une combustion extrêmement vive sous l’influence l’une légère élévation de température; il se forme du chlorure de strontium et du chlorure le cadmium qui se trouve volatilisé.
- L’iode réagit avec incandescence au rquge sombre.
- Enfin l’alliage absorbe l’hydrogène au rouge sombre pour donner de l’hydrure de strontium qui peut être séparé du cadmium par vaporisation de ce dernier dans le vide. L’hydrure qui se forme ainsi est blanc, très altérable à l’air; celui que j’ai obtenu contenait un peu de strontiane et son analyse, déduction faite de cette strontiane, conduit, pour l’hydrure, à la formule SrH2.
- Je poursuis l’étude de ces réactions et j’espère pouvoir bientôt soumettre de nouveaux résultats à l’Académie.
- SUR l’ÉTAT DU SILICIUM DANS LES FONTES ET LES FERROSIL1CIUMS A FAIBLE TENEUR.
- Note de M. P. Lebeau (1).
- Les différents auteurs qui se sont occupés de rechercher sous quelle forme existe le silicium dans les fontes et dans les aciers n’ont pu jusqu’ici émettre une opinion décisive.
- M. Osmond (2), continuant les expériences calorimétriques de MM. Troost et Ilautefeuille (3) sur des fers siliciés à. teneur plus faible en silicium, conclut de scs déterminations que le « silicium peut se combiner au fer avec dégagement de chaleur, mais le composé est dissocié par un excès de fer et ne subsiste que lorsque la pression du silicium dans l'alliage est suffisante.
- Dans son travail sur la résistance électrique des aciers, M. Le Chatelier (4) admet, par analogie avec ce qui se passe pour beaucoup d’autres alliages, que dans les aciers le silicium n’est pas isolé à l’état de siliciure, mais se trouve à l’état « de mélange homogène, dissolution solide ou mélange isomorphe, comme l'est le carbone de trempe ».
- D’autre part, MM Carnot et Goûtai (5) ne purent isoler aucun siliciure défini des fontes siliciées ordinaires. Ils s’expriment ainsi i « Nous sommes portés à croire que le refroidissement produit le décomposition du siliciure Si Fe ou bien que ce siliciure constituée avec l'excès de fer une dissolution solide ou mélange homogène. «
- Enfin, M. Stead (6), étudiant par les procédés micrographiques l’influence du silicium à des teneurs voisines de 4 p. 100. admet que tout ce métalloïde est à l’état de solution solide dans le fer, qui garde sa forme habituelle très bien développée.
- De notre côté nous n’avons rencontré aucun composé de fer et de silicium dans les résidus des traitements des fontes silicieuses par les réactifs les plus variés.Toutefois, cette étude des fontes siliceuses et celle que nous avons faite des propriétés des siiiciures de fer définis nous permettent d’affirmer que le silicium existe dans les fontes à l’état combiné sous la forme de siliciure Si Fe2.
- Il nous a été facile d’établir que le silicium est entièrement combiné dans ces produits métallurgiques, par l’examen méthodique de leurs résidus d’attaque par l’acide azotique ou le chlorure double de cuivre et de potassium. Nous nous étions assurés préalablement que ces réactifs étaient absolument sans action sur le silicium amorphe, alors même qu’il est très divisé. En chauffant pendant douze heures un poids déterminé de silicium amorphe très léger, provenant de la lévigation d’un silicium amorphe préparé par le procédé de M. Vigouroux, avec ces solutions, nous avons toujours retrouvé intégralement le silicium employé. Or, dans
- (1: Comptes rendus de l’Académie des sciences, 9 décenlbre 1901.
- (2) Osmond, Comptes rendus, t. CXI11, p. 474; 1891.
- (3) Troost et Hautefeuille, Comptes rendus, l. LNXXI, p; 264;
- (4) Le Chatelier, Comptes rendus, t. GXXVI, p. 1709; 1898.
- (•i,i Carnot et Goutal, Annales des Mines, t. XVII; 1900.
- f6i Stead, .Journal of the Iron Institut, 1898.
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- SUR l’état DU SILICIUM DANS LES FONTES ET LES FEEROS1LICIUMS.
- aucun cas, les résidus de 1 altaque des fontes par ces mômes liquides ne renfermaient de silicium libre. 11 ne peut donc y avoir de doute sur ce point.
- Il nous restait a déterminer la nature du composé défini de fer et de sicilium pouvant exister dans ces produits.
- Dans la série des expériences que nous avons faites sur la préparation des siliciures de fer définis et notamment dans l’étude des combinaisons qui sont susceptibles de prendre naissance, lorsqu’on fait varier les facteurs du système: cuivre, fer, silicium, nous n’avons jamais obtenu de siliciure de fer renfermant une quantité de silicium inférieure à celle exigée par la formule Si Fe-.Les seuls composés que nous avons pu préparer sont les siliciures Si-Fe, Si Fe et Si Fe2.
- Le siliciure de fer Si2 Fe ne se formant qu’en présence d’un grand excès de silicium ne présente aucun intérêt dans ce cas. Quant au silicium Si Fe, l’examen de ses propriétés nous a montré qu’il était facilement dissociable et ne saurait exister dans un milieu pauvre en silicium. Cette facile dissociation a été établie dans un certain nombre d’expériences parmi lesquelles nous citerons la suivante :
- Un poids déterminé de ce composé Si Fe a été additionné d’une quantité d’argent suffi sanie pour le dissoudre complètement. On a fondu le mélange. Le culot obtenu a été ensuite traité par l'acide azotique. Le résidu insoluble renfermait, au lieu du siliciure Si Fe non magnétique, le siliciure Si Fe-magnétique et du silicium libre. Ce dernier a pu être isolé par faction lluorliydrique. En opérant sur très peu de matière nous avons pu obtenir une décomposition presque totale suivant l'équation
- 2 Si Fe = Si Fe- + Si.
- Poids d'argent employé. ltFr,,S; siliciure Si Fe . 0frr,20S ; Si libre isolé par IIF. (js'.dR 1. Théorie pour 2 Si Fe = Si Fe2 + Si : Si libéré par (»sr.208 Si Fe. 0,rp034.
- Le composé Si Fe ne pourra donc pas exister en présence d’un excès de fer et ne peut en conséquence être un constituant des fontes siliceuses.
- Il n’en est plus de même pour le siliciure Si Fe2. Ce dernier ne se dissocie pas lorsqu’on le chauffe dans l’argent. Il se dissout dans ce métal en fusion; mais, après refroidissement et attaque du culot par l’acide azotique, on le retrouve en totalité. Il n’y a pas trace de fer dans la solution, ni de silicium libre.
- Les résultats ont été identiques à la température d’ébullition de l’argent au four électrique, et à la température de 1000°, déterminée à l’aide de la pince thermo-électrique.
- Ce composé doit donc exister dans les fontes, et il est facile d’expliquer pourquoi il ne se trouve pas dans les résidus d’attaque par les réactifs habituels. Im effet, le siliciure Si Fe2 en cristaux, préparé au four électrique, est à peu près inattaquable par l’acide azotique étendu ou concentré; mais si on le porphyrise, il s’altère très lentement et, après dix à douze heures, on constate la présence de fer en solution, et la poussière cristalline examinée au microscope a perdu son éclat. Chaque petit fragment est entouré d’une gaine de silice opalescente. Si l'on tient compte de la grande solubilité de ce composé dans le fer, on voit qu’il peut donner avec facilité une solution solide dans laquelle son état d’extrême division le rend attaquable par les différents réactifs : cette propriété était déjà manifeste pour un produit de synthèse très divisé. Ajoutons que la température de la formation et l’état allotropique du fer dans cette combinaison peuvent également jouer un rôle.
- Nous pouvons donc conclure que les fontes siliceuses renferment tout le silicium a 1 état combiné sous la forme du siliciure Si Fe2. Ce composé étant très soluble dans un excès de fer donne facilement une masse homogène par refroidissement. Il ne pourra apparaître à 1 état isoléj dans les produits siliciés, que lorsqu'il sera en proportion supérieure à celle que devra renfermer la solution saturée dans le fer, vers son point de solidification. Ces résultats sont d’ailleurs en parfait accord avec les expériences de M. Le Chatelier et les examens micrographiques ds M. Stead,
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- CIMENTS
- ACTION DU SULFATE DU CHAUX SUR LES CIMENTS, PAR M. L. DeVal.
- Il résulte d’expériences précédentes que les ciments de Porllancl réduits en pâte avec la moitié de leur poids de sulfate de chaux précipité,maintenus constamment humides à l’abri de l’acide carbonique fixent, avec le temps, des quantités de sulfate de chaux qui arrivent à dépasser celles que fixerait leur alumine si elle était entièrement à l’état d’aluminate de chaux.
- Des ciments théoriques obtenus au laboratoire de l’Ecole des mines et correspondant exactement aux formules :
- (1) 10 Si U2 Al- 0;; 32 Oa O
- (2) 2 Si O2 Al2 0:i 7 Ca O
- se sont comportés comme les ciments de fabrication courante en présence du sulfate de chaux.
- L’alumine du premier, pour se transformer en sulfo-aluminate, pouvait fixer 0,175 de sulfate de chaux et celle du second 0,400.
- Le sulfate de chaux fixé pour un gramme de ciment est :
- (i) oo
- Après 16 jours.............. 0,187 0,334
- — 2 mois.................... 0,226 0,545
- — 7 mois.................... 0,315 —
- Le premier ciment a lixé moins de sulfate de chaux que le second; mais il convient de remarquer que la proportion d’alumine n’y est que de 4 p. 100, tandis qu’elle est de 16 p. 100 dans le second, c’est-à-dire quatre fois plus grande.
- Si on représente par 100 le sulfate de chaux, que l’alumine pourrait fixer pour se transformer en sulfo-aluminate, la proportion de sulfate de chaux fixé pour les deux ciments de laboratoire, serait :
- Ciment n° 1. Ciment n° i.
- Après 16 jours................ 106 p. 100 83 p. 100
- — 2 mois................ 132 — 136 —
- — 7 mois................ 180 — — —
- Ces ciments ont bien retenu des quantités de sulfate de chaux supérieures à celles qui seraient nécessaires pour transformer toute leur alumine en sulfo-aluminate.
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- ACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS.
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- L’expérience faite dans des tubes scellés à la lampe a conduit au même résultat.
- Le sulfate de chaux fixé par un gramme de ciment a été :
- Ciment n° 1. Ciment n° 2.
- Après 2 mois..................... 0.222 0,445
- — 7 mois........................ 0,260 0,547
- Il y a encore excès de sulfate de chaux fixé.
- Si le sulfate de chaux n’est pas en entier fixé par l'aluminate de chaux, il est fortement retenu par la masse du ciment, car il devient presque insoluble dans l’eau de chaux.
- La pâte du ciment n° 2, qui après deux mois avait fixé 0,545 de sulfate de chaux, a été reprise et mise en digestion dans un litre d’eau de chaux exempte d’acide sulfurique.
- Le dosage de SO;i a donné après une macération fréqucxmment agitée :
- Après 6 jours par litre.......................... 0,0062
- — 2 mois — ........................ 0,0064
- — 4 mois — ........................ 0,0061
- L’acide sulfurique retenu par le précipité a été de 0,319, ce qui correspond à 0,542 de sulfate de chaux, chiffre très voisin de 0,545, ce sulfate de chaux était donc insoluble dans l’eau de chaux qui, en 24 heures, aurait pu en dissoudre 2-’, 300.
- Une autre série d’expériences a été entreprise avec des ciments qui, dans une série d’expériences antérieures, s’étaient montrés particulièrement capables de résister sans désagrégation à l’action des solutions de sulfate de magnésie et de sulfate de chaux. Ils font partie de la collection des ciments étudiés, au point de vue de l’action de l’eau de mer, par M. H. Le Ghatelier.
- Ces ciments sont :
- 1° Ciment au fer, dans lequel l’alumine a été remplacée par le sexquioxyde de fer;
- 2° ( riment avec gaize ;
- 3° Ciment avec poussières lourdes n" 2;
- 4° Ciment anglais.
- Le cimentait fer, dont la composition répond à la formule 5 Si (U LV < L 17 ( la O, avait été préparé au laboratoire en même temps que les ciments à 1 alumine étudiés plus haut. 11 n’a pas augmenté de volume après mélange avec du sulfate de chaux. La barrette, qui au début, avait une longueur de 06 millimètres, avait, au bout d’un mois, une longueur de 05 millimètres : il y avait plutôt réduction de volume. La barrette avait durci et on a du l’écraser au pilon pour y doser le sulfate de chaux fixé.
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- CIMENTS.
- DÉCEMBRE 1901.
- Ce dosage a donné pour un gramme de ciment :
- Après I mois................................... 0,027
- — 3 mois et demi........................... 0,027
- Le ciment au fer, en présence du sulfate de chaux, ne retient que des quantités très faibles de ce corps; il n’augmente pas de volume et continue de durcir. Il paraît donc insensible à l’action du sulfate de chaux.
- Ciment avec gaize. — Ce ciment a été préparé aux usines de Boulogne en mêlant poids égaux de ciment ordinaire et de gaize grillée. La barrette de ciment avait, au début de l’expérience, une longueur de 64 millimètres ; elle atteint au bout d’un mois 71 millimètres d’où résulte un allongement de
- 11 p. 100.
- Le sulfate de chaux fixé pour un gramme de ciment est :
- Après 1 mois................................... 0,042
- — 4 mois...................................... 0,030
- L’alumine de ce ciment pour se transformer en sulfo-aluminate pouvait fixer 0,119 de sulfate de chaux, elle n’en a fixé, au bout de quatre mois, que 0,056, c’est-à-dire 47 p. 100, moins que la moitié.
- Comme le ciment au fer, la barrette du ciment avec gaize a durci au contact du sulfate de chaux, mais ce ciment est plus sensible à l’action de ce corps que le ciment au fer.
- Ciment avec poussières lourdes. — Ce ciment avait été préparé, à titre d’expériences, aux usines de Boulogne avec un surdosage en argile. Il avait donné, en raison de cette composition anormale, une grande quantité de poussières à la cuisson. Un gramme de ciment hydraté contient 0,057 d’alumine et peut fixer 0,205 de sulfate de chaux. La longueur de la barrette était de 67 millimètres, elle a atteint, au bout d’un mois, 82 millimètres, d’où un allongement de 22 p. 100.
- Le sulfate de chaux fixé a été de :
- Ap rès 1 mois — 4 mois
- soit les 68 p. 100 de ce qui était nécessaire pour transformer l’alumine en sulfo-aluminate.
- Ciment anglais. — Ce ciment a été, parmi les différents ciments Portland expérimentés, celui qui a présenté la plus grande résistance à la décomposition. Un gramme de ce ciment hydraté contient 0,056 d’alumine, qui peut fixer 0,204 de sulfate de chaux.
- La barrette, qui avait une longueur de 70 millimètres, a atteint, au bout d’un mois, une longueur de 82 millimètres, d’où un allongement de 17 p. 100.
- 0,110
- 0.131
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- ACTION DU SULFATE DE CHAUX SUR LES CIMENTS.
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- Le sulfate de chaux fixé par un gramme de ciment est :
- Après 1 mois..........................\ . . 0,096
- —• 4 mois................................. 0,164
- La pâte de la barrette est restée molle.
- Le ciment anglais a retenu plus de sulfate de chaux que les précédents, mais il n’en a retenu que 80 p. 100 de ce que pouvait fixer son alumine,
- EN RÉSUMÉ !
- Les ciments de laboratoire d’une composition analogue aux ciments de Port-land ordinaires fixent, au bout de deux mois, plus de sulfate de chaux qu’il n’en faut à leur alumine pour se transformer en sulfo-aluminate.
- Les ciments qui se sont montrés capables de résister aux solutions salines n’ont pas, au bout de quatre mois, retenu assez de sulfate de chaux pour transformer la totalité de leur alumine en sulfo-aluminate. Le ciment avec gaize n’en a fixé que 47 p. 100; le ciment avec poussières lourdes 63 p. 100, et le ciment anglais 80 p. 100.
- Le ciment au fer est remarquable par son indifférence en présence du sulfate de chaux.
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- CHIMIE
- PRODUCTION ET MAINTIEN DES BASSES TEMPÉRATURES. Note dû M. d’ArSOnval (1).
- L’emploi des basses températures étant un précieux moyen de recherche, il y a avantage à en vulgariser l’emploi. C’est pourquoi je crois devoir faire connaître, àla suite de la communication de notre confrère M. Moissan, et sur sa demande, quelques petits moyens qui pourront rendre service, à ce point de vue, dans les laboratoires.
- Pour aller jusqu’à—- 60°, on peut se contenter du chlorure de méthyle, à condition, comme je l’ai indiqué déjà, de le mettre dans un vase poreux de pile. On évite ainsi, par l’évaporation spontanée, la nécessité de souffler dans le liquide.
- Pour descendre jusqu’à— 112° et même — 115°, l’acide carbonique ou l’acétylène suflisent. L’un et l’autre prennent l’état neigeux à la température et à la pression ambiantes. Pour dissoudre cette neige, le meilleur des dissolvants est certainement l'acétone, que j’emploie exclusivement.
- L’acétylène, par exemple, comme l’ont montré MM. Claude et Hess, se dissout en grandes quantités dans l’acétone. Cette solution augmente considérablement à mesure que la température s’abaisse, de telle sorte qu’à — 80°, par exemple, l’acétone dissout plus de 2 500 fois son volume d’acétylène. La neige d’acide carbonique se comporte comme la neige d’acétylène, tout en restant moins soluble que cette dernière.
- Avec la neige d’acide carbonique et l’acétone seuls, on peut aisément descendre à— 115°, à la condition de refroidir préalablement l’acétone. Ce mélange constitue un véritable mélange réfrigérant; la fusion de la neige carbonique dans l’acétone, refroidis tous les deux préalablement, au même degré, se fait avec une absorption de chaleur qui abaisse de 20° la tempéra-turr initiale du mélange.
- Enfin, pour refroidir l’air insufflé dans le mélange neige-acétone, j’utilise l’évaporation même de l’acide carbonique, en employant un double serpentin en étain, constitué par un tube intérieur de 5 millimètres de diamètre, enfilé dans un deuxième tube de 10 millimètres. Ces tubes, de 6 à 10 mètres de long, sont ensuite roulés en serpentin et leurs différentes spires séparées par un épais matelas de laine. Le tout forme un échangeur de température, comme dans la machine de Linde. L’air, pris à la température du laboratoire, est insufflé de haut en bas dans le tube de 5 millimètres et vient barboter dans le vase contenant le mélange neige-acétone. Les gaz froids dégagés passent dans le deuxième serpentin de 10 millimètres concentrique au premier et circulent de bas en haut, c’est-à-dire en sens inverse de 1 air qui arrive. Il y a ainsi échange des températures dans l’appareil à contre-courant, et l’air insufflé se trouve refroidi gratuitement, sans qu’on soit obligé d’avoir un mélange réfrigérant.
- La neige d’acétylène est aussi maniable que la neige carbonique et s’évapore plus lentement encore que cette dernière et à une température plus basse, — 85°. Cela tient à sa grande chaleur latente de fusion (qui est d’au moins 55 cal. par kilogramme) pour passer de 1 état solide à l’état liquide.
- L’acétylène, de même que l’acide carbonique, ne prend pas l’état liquide à la pression atmosphérique; il lui faut une pression supérieure d’un tiers d’atmosphère environ. Si l’on place en effet de la neige d’acétylène dans un tube de verre et qu’on bouche ce dernier, on
- 1 t'oiirjles rendus de l'Académie îles Sciences, U décembre 1001.
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- PRODUCTION ET MAINTIEN DES BASSES TEMPÉRATURES.
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- voit la neige fondre très lentement et la pression se maintenir à l’intérieur du tube égale à environ 24 centimètres de mercure, tout le temps que dure la fusion. M.Claude a utilisé cette propriété pour proposer un moyen simple de transport de l’acétylène.
- Pour descendre au-dessous de — Mo0, il faut avoir recours à l’air liquide. Ce dernier s’obtient commodément aujourd’hui avec les machines Linde, dont j’ai décrit le principe dans une précédente note il).
- Dans la pratique, il est nécessaire d’avoir une machine assez puissante. Celle que j’ai actuellement (et qui figurait à l’Exposition de 1900) prend de 18 à 20 chevaux de force et donne facilement 7 à 8 litres d’air liquide à l’heure, en pleine marche. Il faut environ trente-cinq minutes pour atteindre le,point de liquéfaction. Ee maniement en est néanmoins délicat et ne peut être confié qu'à des mains exercées pour être sans danger.
- Quand on a de l’air liquide, il est possible d’obtenir et de maintenir constantes toutes les températures au-dessous de la température ambiante. Voici comment je procède :
- D'abord, il faut constituer un vase imperméable à la chaleur le plus possible et placer dans ce vase un bain incongelable aux plus basses températures.
- Comme vase, j’utilise les vases argentés à deux parois entre lesquelles on fait le vide. J’ai décrit ces vases dans ma note de 1898 : ils sont maintenant connus de tous les physiciens.
- Comme bain liquide, le plus incongelable est l’éther de pétrole ou gazoline du commerce. Avec des gazolines très volatiles, on peut descendre jusqu’à — 160° sans les congeler. Elles peuvent servir à faire des thermomètres, ainsi que l’a montré Kohlrausch, et M. Démichel m’en a fourni plusieurs l’année dernière.
- Depuis, on est arrivé, par des rectifications successives, à obtenir des éthers de pétrole qui ne se congèlent pas même à —194°, température d’ébullition de l’air liquide à la pression normale.
- Pour refroidir le bain de gazoline au degré voulu, il suffit de placer à sa partie supérieure un petit vase métallique annulaire (ou une simple spire de serpentin en étain) dans lequel on laisse tomber l’air liquide goutte à goutte. Pour obtenir cet écoulement, je bouche une carafe en verre argentée, contenant l’air liquide, avec un bouchon percé de deux trous. Par le premier, passe un tube plongeur ; par le deuxième, un tube court portant à l’extérieur un bout de tube de caoutchouc qu’on peut écraser plus ou moins avec une pince à vis. L’ensemble rappelle une pissette de chimiste.
- Pour faire écouler l’air liquide en quantité voulue, il snffit d’écraser plus ou moins le caoutchouc avec la pince. Si le caoutchouc est complètement écrasé, l’air gazeux qui se dégage constamment dans la carafe, ne trouvant pas d’issue, exerce une pression sur le liquide, qui s’écoule violemment par le Lube plongeur dans le refroidisseur. En desserrant graduellement la vis qui écrase le tube de caoutchouc, on règle facilement l’écoulement de l’air liquide et, par conséquent, la température du bain de gazoline. Il est possible de régler automatiquement cet écoulement d’air liquide par un dispositif approprié, mais cette complication m’a paru inutile dans la pratique (2).
- La chaleur de volatilisation de l’air liquide est d’environ 6o calories par kilogramme, d’après les mesures que j’ai faites antérieurement.
- Avec des vases argentés cylindriques, d’un litre environ de capacité, la perte par apport extérieur de chaleur à la température de — 194° peut être réduite à 20 grammes d’air liquide à l’heure, quantité très faible, comme on le voit, et rendant l'emploi de l'air liquide très pratique.
- ,1 Yuir Comptes rendus, 1898.
- 2. Depuis quelque temps, les constructeurs allemands fabriquent des vases cylindriques présentant une tubulure à la partie inférieure; ces vases sont encore plus commodes pour laisser écouler l'air liquide.
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- NOTES DE MÉGANIQUE
- Pompes Holly du service des eaux de Boston (1)
- La Hooly Manufacturing C°, de Lockport (New-York), est l’une des plus renommées des États-Unis pour la construction de grandes machines destinées au service des
- distributions d’eau. Fondée en 1859, c’est à elle que l’on doit notamment les célèbres machines installées par un de ses ingénieurs : Gaskill, en compound, d’abord hori-
- (1) Engineering News et Engineering Record, 14 novembre" 1901.
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- POMPES HOLLY DU SERVICE DES EAUX DE BOSTON.
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- zontales : type des eaux d’Auburn : 1), puis verticales avec balancier inférieur (2); type de lvalamazoo ; vinrent ensuite les types compound verticales, à double et triple expansion, avec liaison directe des pistons moteurs à ceux des pompes ; machines de Pittsburg, de Philadelphie, de YVheeling, de Nashville;, et celles de Boston, que nous allons décrire. Peu à peu, par une suite de perfectionnements méthodiques, l’usine Holly est parvenue à réaliser des pompes ayant un rendement des plus élevés : de
- Eig. 2. — Pompe lloll>/ de Cliesnut lliII. Vue par bout.
- 17?) 620 000 pieds livres par 1 000 livres de vapeur sèche, ou de 621 000 kilogrammètres par kilogramme de vapeur, ou encore de 166 692 000 pieds livres par million d'unités thermiques anglaises contenues dans la vapeur fournie à la machine, soit de 87 kilogrammètres par calorie, correspondant à un rendement thermique absolu de la machine égal à 87/126 = 0,206 (exactement 20,86 p. 100 à l'essai d’une des machines de Boston) en eau montée, avec un rendement organique allant jusqu’à 96.53 p. 100.
- Les machines de Boston sont installées à deux stations; Cliesnut Hill et Spot Pond ;
- 1) Van Xoslrand’s Enyineering Maf/azine. octobre 188:». p. 207. bnt/ineerin;/, 15 lévrier 1884, p. 141 American Machinist, 14 novembre ISS'i.
- ,2 American Machin'ml, U"' moi ISSU, Enf/ineerin;/, janvier-février ISSU p. 17. cl 26 avril 1889. p. 183-
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- notes de mécanique.
- DÉCEMBRE 1901.
- elles sont toutes (fig. 1 et 2) du type vertical à triple expansion, avec plongeurs coffi--mandés directement par les tiges des pistons moteurs; ces plongeurs à simple effet, avec garniture extérieure,sont au nombre de six par machine (fig. 3 à 6) avec autant de chapelles de refoulement et d’aspiration. Les machines de Chesnut Hill doivent débiter, par 24 heures, 139 000 mètres cubes sous une charge de 18m,30, et celles de Spot Pond 91 000 mètres sous une charge de 38m,10; elles sont du même type que celles de Chesnut Hill, avec des cylindres moteurs plus grands et des plongeurs plus
- \o°0;crAo°o
- Plan E-F-G-H.
- A-B-C-D.
- n o
- )n n ; n
- )n. n a
- - / .................>,
- --------------1.
- Fig. 3 à fi. — Pompe IIolli/. Détail du corps de pompe.
- petits; la course de toutes ces machines est de lm,52, la pression de la vapeur à l’admission est de 10k°,50, la vitesse des machines de Chesnut Hill est de 30 tours par minute et celle des machines de Spot Pond de 25 tours.
- Aux machines de Chesnut Hill, les distributeurs pour l’admission et l’échappement de la vapeur aux petits et moyens cylindres, ainsi que ceux de l’admission au grand cylindre, sont du type Corliss ; l’échappement du petit cylindre se fait par des soupapes à Spot Pond, l’échappement des moyens cylindres et toute la distribution des grands sont à soupapes. Tous ces distributeurs sont (fig. 9) commandés par un arbre de
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- POMPES IIOLLY Dü SERVICE DES EAUX DE BOSTON.
- 71)3
- distribution mené de l'arbre principal par des engrenages; la détente aux cylindres de haute pression, soumise à un régulateur, peut ('dre aussi contrôlée à la main. A Chesnut Hill, la détente aux moyen et grand cylindres est aussi réglable à la main; a Spot Pond, on peut régler ainsi celle du moyen cylindre. Les cylindres sont enveloppés de vapeur aux parois et aux fonds, avec, entre les cylindres de haute, intermédiaire et basse pressions, deux réchauffeurs-réservoirs de volumes égaux à (1 3/4 et - 3/4 fois ceux des cylindres qui les précédent. La vapeur de réchauffage passe de la
- Oischarc
- Fig. 7 et 8. — Pompe Holh/. Détail du condenseur et du réchauffeur.
- chaudière à l’enveloppe du petit cylindre, de cette enveloppe au premier réchauffeur, de là, sous une pression réduite, à l'enveloppe du moyen cylindre, puis au second réchauffeur, d'où elle va, sous pression réduite, à l’enveloppe du grand cylindre.
- Chacune des machines est pourvue (fig. 7 et 8), à Chesnut Hill, d'un condenseur à surface de 67m-,5 et de 73 mètres carrés à Spot Pond, surmontés d’un réchauffeur (Heater \ d’alimentation de 14 mètres carrés ; chaque machine commande sa pompe alimentaire et un compresseur d’air pour charger les réservoirs des pompes.
- Les clapets des pompes sont en caoutchouc, de 106 millimètres de diamètre, présentant une section de débit égale au double de celle des plongeurs.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1901.
- La vapeur est fournie par des chaudières cylindriques tubulaires avec réchauffeurs Green.
- Eig. 9. — Pompe tiolbj. Distribution.
- Les principales données de ces machines et les résultats de leurs essais sont les suivants :
- Stations de Chosnut Hill, Spot Poml.
- Cylindres diamètre petit.. . 3 machines. 0'"/t32 1 machine. 0m,399
- — — moyen 0nl,793 P", 10
- — — grand P",22 P .575
- -= — course P",523 P”,523
- =- Espaces nuisibles petit 1,5 0/0 1 0/0
- — — — moyen 1,3 0,0 0,5 0/0
- *- — — grand 1,10 0/0 0,5 0/0
- Diamètre des plongeurs 940 7G7
- Diamètre des tuyaux d’aspiration et de refoulement 914 760
- Diamètre des volants 5™, 18 om,18
- Poids de chaque volant 13 6101 ll 15 420
- Tours par minute 29 24,4
- Vitesse des pistons en mètres, par seconde. 1“,43 im,22
- 1 Diamètre. . . 2"’,47 2m,30
- CbaudièresS.aChosnutHill \ Sn\85 8m.84
- et 2 „ Spot l'on, 1. j Tll))L.s nom]lre. 3 8 \ 236
- Diamètre intérieur 50m/m 60
- — Longueur 4n,,o0 4m,50
- Pour chaque j Chauffe baignée par Peau c. . 29 5m- 150
- chaudière. ( — par ta vapeur. — 8 60
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- POMPES HOLLY DU SERVICE DES EAUX DE BOSTON.
- 795
- Station de Chesnut Hill. Spot Pond
- 3 machines. 1 machine.
- Grille q 3-2.6 3-2,10
- Calorimètre CP A 63 0m2,55
- Rapport r/c 36.57 49.38
- Chauffe de l'économiseur. . 158-2 138-2
- Pressions aux chaudières. 10k,8 10k,6
- — aux machines.. . . 1Ük. 6 10k,5
- Vide en millimètres de mercure 690 680
- Pressions au 1er réchauffeur 1,7 o 1,72
- — au 2e — —, 0 3 o —0,28
- — à la lre enveloppe 10,6 10.5
- — à la 2e — 2,8 2,8
- — à la 3e — ... 0,22 0,19
- Résistance ou frottement moyen en chevaux. 11,58 3,47
- Puissances indicpiées au petit cylindre. 112,38 131,93
- — — au moyen — 104,10 138.22
- — — au grand — 107,20 174,32
- — totale 323,88 464,47
- Effective en eau montée 286,37 448.33
- Vapeur sèche par cheval-heure indiqué. 5k,10 3 kil.
- Calories par cheval-heure indique. . . Vaporisation par kil. de charbon sec m- 31,02 30,30
- menée à 100° sans économiseur. . . 11,68 11,60
- Vaporisation par kil. de charbon sec ru-
- menée à 100° avec économiseur. . . 12,04 12,27
- Vaporisation par mètre de chauffage et par
- heure 8k,32 7k,30
- Charbon sec par cheval-heure indiqué. . 3 kil. 4k,6
- — — effectif. . 5,83 l)
- Rendement en kilogrammètres par kil. de
- vapeur sèche . 47,203 52,086
- — en kilogrammètres par calorie . 80 87
- Rendement en kilogrammètres par kil. de
- charbon sec 47,200 52,080
- Rendement organique 88,42 0/0 96,53 0/0
- Chaudière avec économiseur 82,9 0/0 84,64
- — sans — 80,4 0:0 80
- Rendement thermique total du moteur 20,22 20,85
- Broyeur Chesler (1) et Wegerif.
- Dans cet appareil, le broyage se fait entre deux galets a et b (fig. 1) de forme tronconique, se touchant par une génératrice ee, avec leurs axes cc et dd dans un même plan (fig. 2) mais non parallèles; en faisant arriver la matière à broyer parallèlement à la ligne ee, on lui assure une égale répartition sur cette ligne, de sorte que le broyage s’exécute sans empâtement des galets.
- En exécution, le galet supérieur a est monté dans un châssis gfh, pivoté sur les axes ii, suffisamment écartés pour éviter tout gauchissement du galet aa ; le châssis fg est maintenu latéralement par les joues jj fixées en />’ au bâti l. Le châssis gf est chargé en son sommet m, de manière que cette charge se répartisse uniformément
- (1; D'après une communication de M. E. D. Gliester au Congrès de 1 Exposition internationale de Glasgow,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -— DÉCEMBRE 1901.
- sur les deux portées du galet, par un ressort à boudins multiples, appuyées sur m par le plateau p, et serrées par le plateau o et les écrous q d’un boulon fixé en r au bâti
- Fig. 1 à 3. — Principe du broyeur Chester et Wegerif. — Fig. 4 et o. — Broyeur Chester et Wegerif. Élévation et plan.
- Fig. 3.
- /, et qui traverse la fourche s de g. L’écartement des galets a et b est déterminé par l’épaisseur du tas t, sur lequel s vient buter au bas de sa course.
- Là poussée due à l’obliquité des plans de rotation des deux galets a et h est reçue, pour chacun de leurs axes, par une butée à billes ivv (fig. 8) réglable par une vis x;
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- BROYEUR CHESTER ET WEGERIF.
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- le galet inférieur b est commandé par une poulie 7, et a par une poulie à corde - : ces galets tournent dans le même sens comme l'indiquent les flèches de la fig. 2.
- La matière arrive aux galets par la trémie A, et on peut, en relevant le galet comme en la fig. 7, dégager entièrement le galet b pour le visiter.
- Fig. 7. — Broyeur Chester et Wegerif avec cylindre supérieur relevé.
- Aux essais, un de ces broyeurs, avec un moteur d’une puissance indiquée de 14 chevaux, a broyé, en 24 heures, 150 tonnes de quartz aurifère assez finement pour en assurer la cyanuration facile. Il est construit par MM. E. Chester et C°, 120, Bishopsgate Street, Within, London.
- Tome 101. — 2e semestre. — Décembre 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1901-
- moteur a val'KUK froide Bahr end et Zimmermann (1).
- Le principe bien connu de cette machine est celui des machines à vapeur combinées, dont le prototype est le moteur classique de Du TremOley (1850) (2), principe dont l’application se comprendra facilement par le schéma (fig. 1).
- La vapeur de la machine ordinaire à vapeur d’eau A s’échappe dans un condenseur à surface B, dont les tubes sont parcourus par un liquide à point de vaporisation très bas, au cas particulier, par de l’acide sulfureux, et les vapeurs de cet acide vont agir dans le moteur C, d’où elles s’échappent au condenseur D, dont les tubes sont parcourus par une circulation d’eau froide, et d’où l’acide sulfureux, refroidi et reliquéfié, est refoulé par la pompe centrifuge E au condenseur B; c’est donc toujours la môme mass^ d’acide sulfureux qui circule dans le moteur G et les deux condenseurs D et B, en 'utilisant la vapeur de la machine A comme source de chaleur.
- La vapeur de la machine A s’échappe à 100° si elle marche sans condensation, et à 50° environ si elle est à condensation; l’eau de circulation dont on se sert aux condenseurs est, en moyenne, à 15°, et c’est la chute de température de 100 — 15 = 85° ou de 50— 15 = 35° que l’on utilise en profilant de la grande volatilité de l’acide sulfureux. Cet acide bout à la pression atmosphérique à la température de S°, et ses pressions, aux différentes températures, sont données par les deux courbes, fig. 2, de Régnault et de Sapitchewsky, peu différentes l’une de l’autre; on voit, qu’entre 15 et 50°, les pressions absolues de vaporisation de l’acide sulfureux varient entre 3 et 9 kilogrammes par centimètre carré; la température de 50° correspond à un vide de 50 p. 100 au condenseur de la machine à vapeur d’eau A.
- On a installé, dans le laboratoire du professeur Josse, au collège technique de Charlottembourg, une machine à acide sulfureux de 60 chevaux, alimentée par la vapeur d’une machine expérimentale à triple expansion de 150 chevaux, àcylindres de 270,130 et 670 x 505 de course; vitesse 150 tours; la machine à acide sulfureux est à un seul cylindre de 256 X 505 de course, attelé sur le môme arbre que la machine à vapeur. Ce cylindre est en fonte, sans enveloppe de vapeur, mais avec enveloppe partielle de feutre ; la distribution se fait par des soupapes Colemann, commandées par des arbres oscillants dont les stuffmg box sont d’un entretien plus facile que ceux des tiges à mouvements alternatifs; les tiges de ces soupapes sont entièrement enfermées, avec leurs dash-pots, à l’abri de l’humidité de l’air, condition essentielle pour éviter la formation de l’acide sulfurique. Le stuffmg box de la tige du piston, extrêmement long, est en deux parties, dont l’extérieure, non soumise à la pression de l’acide sulfureux, est constituée par une simple garniture en tresse de coton. Il ne faut introduire au cylindre aucune graisse; les parois du cylindre se sont montrées intactes après plusieurs mois de marche.
- Le condenseur d’acide sulfureux D (fig. 1) est superposé au vaporisateur B, et tous deux sont constitués par des cylindres de 3m,05 de long, de 885 et lm,05 de diamètre, avec tubes entièrement en fer, comme leurs cylindres, de 70 mètres carrés de surface pour l’acide sulfureux, et de 160 mètres carrés pour la vapeur d’eau; le vaporisateur est constitué de manière à pouvoir supporter une pression de 20 kilogrammes par
- ;], Traction and Transmission, décembre, p. 2o2.
- (2) Manuel du conducteur de machine» à vapeur combinées ou binaires (Lyon, 18-jU, ,
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- MOTEL'K A VA PEU II EKOIDE BEI1RENI) ET ZIMMERMANN.
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- centimètre carré, et le condenseur une pression de N kilogrammes. Ces appareils, condenseurs et vaporisateurs, très bien établis, onl parfaitement marché pendant un an; les variations de température, qui ne dépassent guère, en moyenne, une dizaine de degrés, ne provoquent pas de dilatations dangereuses, et l'on pourrait réduire les dimensions du vaporisateur, oil les échanges de températures sont beaucoup plus actifs qu’au condenseur 1); la continuité de la marche de la pompe E a été assurée par un dispositif très simple1 il).
- Aux essais, avec une dépense de vapeur d'eau de. o kilogrammes par cheval-heure indiqué à la machine à vapeur seule, la machine auxiliaire augmentait la puissance
- ZIZJ
- , — Moteur A. vapeur froide Hchrend el Zimmermann.
- de l’ensemble de 3-4,2 p. 100, ce qui réduisait cette dépense de vapeur à 3k",S par cheval. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec un vide de 70 p. 100, parce que la diminution de puissance du cylindre de détente de la machine à vapeur est compensée par l’augmentation de celle de la machine à acide sulfureux et par la diminution de la perte aux parois du cylindre de détente de la machine à vapeur, perte notablement plus grande avec un vide de 80 p. 100. La condensation dans le cylindre à acide sulfureux est très faible.
- On a indiqué, sur les diagrammes fig. 3 et 7, ceux de la machine à acide sulfureux par des hachures : en vraie grandeur à droite et, au-dessous, en dimensions ramenées à celles du grand cylindre de la machine à vapeur.
- Le gain maximum réalisé par l’emploi de la machine à acide sulfureux : 42,1 p. 100 a été obtenu avec de la vapeur d’eau saturée, et en marche très économique de la machine à vapeur.
- 1: Revue de mecanique, oetubiv 19ÛU. p. à'h
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- DÉCEMBRE 1901.
- En ce qui concerne l’utilisation seule de la vapeur d’échappement, les courbes de la figure 2 montrent que, en passant d’un vide de 80 à un vide de 70 p. 100, la pression de l’acide sulfureux passe, au vaporisateur, de 11 à 14 kilogrammes, de sorte que le rendement de ce vaporisateur est plus élevé quand le vide diminue; mais, d’autre part, en raison de la viscosité des vapeurs d’acide sulfureux, les pertes par la résistance et les frottements des conduites augmentent rapidement avec sa pression ; elles sont très élevées, aux diagrammes figure 9 et 10, comme l’indiquent les hachures, et on pourrait les réduire en interposant entre le vaporisateur et le cylindre de la machine à acide sulfureux un réservoir intermédiaire. En fait, chaque cheval-heure indiqué gagné par la machine à acide sulfureux ne nécessite l’emploi que de 15 kilogrammes de vapeur d’échappement, avec un vide de 80 p. 100 et à 150 tours, et l’on aurait pu descendre à 14 kilogrammes, résultat des plus intéressants.
- Avec de la vapeur surchauffée, on a pu, sans inconvénient, supprimer le cylindre de moyenne pression de la machine à vapeur, en envoyant la vapeur directement du
- Kg. per
- sg. centimètre abs.
- Fig. 2.
- petit cylindre au grand, de sorte qu’il semble inutile, avec les moteurs à vapeur froide, de recourir à la triple expansion; la double expansion serait tout aussi avantageuse, et l’ensemble du système ne comporterait plus que deux cylindres à vapeur et un à acide sulfureux.
- Quant à la dépense d’eau de refroidissement ou de circulation, avec de l’eau prise à 16° et portée à 17°, elle s’est élevée d’un tiers environ par rapport à la dépense avec la machine à vapeur seule, et elle est retombée à son chiffre normal quand on a laissé cette eau s’élever â 20 ou 25°.
- L’usine de construction mécanique de Berlin a récemment installé à la station électrique de Markgrafenstrasse une machine à acide sulfureux de 175 chevaux, à cylindres de 455 X 760 de course, qui donne 150 chevaux à 130 tours. La distribution est faite par un seul tiroir commandé par un excentrique soumis au régulateur.
- Accouplées aux machines à vapeur, ces machines à vapeur froide ne sont guère recommandables que pour des installations qui marchent sans interruption pendant une grande partie de la journée, et principalement pour celles à condenseur central; mais elles peuvent être très utiles dans les fabriques de produits chimiques, par exemple, en utilisant les chaleurs perdues des vapeurs de concentration ; elles peuvent aussi utiliser, mais avec des appareils assez encombrants, la chaleur de l’eau de
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- MOTEUR A VAPEUR FROIDE BEHREND ET ZIMMERMANN.
- 801
- refroidissement des moteurs à gaz ; on peut encore signaler leur utilité dans ce cas
- Fig. 3 à 10. — Diagrammes des machines configurées à vapeur et à acide sulfureux.
- particulier de certaines mines où l’on dispose d’eau froide et de sources thermales, et où le combustible est extrêmement citer.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- DÉCEMBRE 1901.
- LES CHEMINS DE FER ÉLECTRIQUES A TRÈS GRANDES VITESSES, ESSAIS DE L'Allgemeine Electricitats et de la maison Siemens et Halske (1).
- Une Société d’études : la Studiengesellschaft fur Electrische Schnellbahnen, constituée sous les auspices du gouvernement allemand par les principales maisons d’électricité allemandes, a récemment provoqué, de la part de la Société VAllgemeine Electricitats Gesellschaft et de la maison Siemens et Halske, la construction de locomotives et véhicules électriques destinés à être essayés sur la ligne de Berlin-Zossen, tronçon de 23 kilomètres, avec courbes de rayon de 1 000 mètres au moins et rampes maxima de 1/184, conformément au programme suivant, en voie normale avec rails sur traverses en bois.
- La voiture, pouvant renfermer 30 voyageurs et passer au gabarit des chemins prussiens, sera portée par deux bogies de trois essieux chacun : poids total par essieu en charge 16 tonnes. Le courant électrique sera triphasé à 10 000 volts et 43 à 50 périodes par seconde : collecteurs, commutateurs et régulateurs aux deux extrémités de chaque voiture ; vitesse de marche, 200 à 220 kilomètres à l’heure ; les moteurs électriques ne doivent manifester aucun échauffement après un parcours de 250 kilomètres.
- Chaque voiture aura deux freins indépendants, mécanique et électrique.
- Voitures de V « Allgemeine ».
- Après plusieurs projets, on s’arrêta au type tlg. 1 à 6, satisfaisant aux conditions fondamentales du stationnement du conducteur en avant et de la disposition des appareils de manière à réduire au minimum la longueur des câbles et connexions, tout en assurant aux voyageurs le plus grand confort possible. A cet effet, l’appareillage : prise des câbles, dispositifs de. sûreté et transformateurs, est disposé au milieu de la caisse, dans un compartiment séparé des voyageurs par un puits d’air à double compartiment en fer. Le conducteur se tient en avant, dans un compartiment séparé des voyageurs, où il n’y a pas de connexions à haute pression, et il exerce son contrôle au moyen de transmissions mécaniques.
- Il ne fallait pas songer à refroidir les transformateurs par une circulation d’air pris au-dessous de la voiture à cause de la poussière soulevée à ces grandes vitesses ; cette circulation se fait, comme l’indiquent les ligures 7 à 10, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, suivant la marche du train, au moyen de deux manches à vent, avec prise sur le toit, séchage et filtrage de l’air avant son passage dans les transformateurs.
- Le poids total de la machinerie est de 29 850 kilogrammètres, dont 6 500, ou 6kit,5 par kilowatt, pour les transformateurs; 12 800 pour les moteurs, ou 13 kilogrammes par cheval en marche normale, et 4kil,30 en marche forcée; 4 750 kilogrammes pour les rhéostats et régulateurs; 2 600 pour les freins et les accumulateurs d’éclairage; 1 000 pour les câbles ; 1 400 pour les perches des trolleys.
- Les dynamos, non enfermées, sont (fig. 11 à 13) exposées â l’air qui refroidit par une large surface leurs armatures lamellaires.
- Après de longs tâtonnements, on prit le parti de suspendre (üg. 14) les moteurs
- (1) Vereines Deulscher Inyenieure, 7, 14 et 28 septembre 1901, mémoires de MM. Lasche et Reicliel ; communication de M. Lasche au. Congrès de l'exposition de Glascow, Traction and Transmission, vem bre, p. 152.
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- VOITURES DE l’aLLGEMEINE .
- 803
- aux boîtes à graisse par de longs ressorts assez puissants pour ne fléchir que de quelques millimètres, et réglables par un taquet a, disposé de manière que leur flexibilité soit très souple pour les deux ou trois premiers millimètres et très raide ensuite jusqu’à 8 ou 10 millimètres; le moteur est fixé à une cage en tôle assujettie sur ces ressorts et guidée latéralement par les guides b, et l'armature du moteur est calée sur
- Fi". 1 ;i — Voilure île FAll(/eineine. Ensemble
- un arbre creux enfilé sur l'essieu (fig. 15). Cet arbre creux attaque les roues calées sur l’essieu par l’accouplement représenté' parles ligures 15 et 16, à doubles bras élastiques attaquant la jante des roues par des osselets symétriques avec un frottement presque nul, d’une sensibilité telle qu’il fléchit, en pleine vitesse, pour une dénivellation de a millimètres sur 15 mètres.
- Il fallait s’assurer de la possibilité' de faire tourner 1 arbre creux du moteur, en acier au nickel, dans des coussinets en antifriction à ces vitesses énormes de 18 mètres par seconde ; à cet effet, on installa le dispositif d essai représente par la figuie 17,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1901.
- où l’on faisait tourner, dans un coussinet subissant de bas en haut une levée égale à la charge en marche sur la voiture, un bloc d’acier au nickel du même diamètre que celui de l’arbre creux; ce bloc était monté sur un arbre commandé par une dynamo dont on mesurait l’effort à chaque instant; on dut renoncer au graissage forcé en raison des difficultés du raccordement des tuyaux aux bogies avec leurs pivotements, et l’on prit comme moyen de graissage un disque de grand diamètre calé (fig. I l) sur l’arbre et tournant dans un bain d’huile; ce disque a donné, entre des vitesses de glissement de 2 et de 25 mètres par seconde et des pressions du coussinet sur l’arbre variant de
- Voiture de VAllr/emeine. Schéma des circuits et connexions.
- 2 à 5 kilogrammes par centimètre carré, les résultats indiqués par les diagrammes (fig. 18 et 19), dans lesquels on a porté en ordonnées les coefficients de frottement g, et en abscisses les vitesses de glissement v et les températures.
- Les dispositifs de mise en train sont montés au milieu de la voiture afin de réduire au minimum la longueur des câbles. L’installation d’un rhéostat régulateur pour une puissance aussi variable et importante, 3 000 chevaux, était particulièrement difficile, et, pour l’étudier expérimentalement, on établit l’appareil représenté par la figure 20. Dans cet appareil, un moteur triphasé de 300 à 400 chevaux est directement accouplé à un volant assez lourd pour exiger, afin d’atteindre la vitesse correspondant à celle de la voiture au bout de 15 secondes, un torque correspondant à une puissance de
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- VOITURES DE l’aLLGEMEIXE.
- 805
- 400 chevaux. Une pompe centrifuge commandée par une dynamo fait continuellement circuler de l’eau autour des lames métalliques d’un rhéostat liquide interposé dans le
- ranousrï::
- m m
- o et 6
- Voiture de lAlli/cmeuie. Ensemble des connexions.
- Eig. 7 à 10. — Voiture de l'Allf/eineine. Refroidissement des transformateurs.
- circuit de l’armature, et la hauteur de ce liquide est réglée par un robinet ou un déversoir; le courant est d’autant*plus fort que ce niveau est plus élevé. Les lames
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1901.
- ont une forme telle que leur surface soit très faible et leur écartement très considérable au bas, puis que cet écartement soit très faible au haut, de manière à éviter les mises en court circuit métalliques aux grandes puissances. L’eau qui vient de
- i
- Fig. 11. — Voiture (le YAlU/emeine. Ensemble d’un essieu moteur.
- s’échauffer par son passage dans le rhéostat traverse un serpentin où elle se refroidit, et ce refroidissement, joint à l’effet propre au renouvellement môme du liquide, suffit
- Fig. 12. — Voiture de YAlhjcineuie. Armature d'un moteur.
- pour assurer le bon fonctionnement de l’appareil dans les circonstances les plus difficiles. C’est le débit de la pompe centrifuge qui règle la rapidité de la mise en train, de sorte qu’il suffit de limiter ce débit par une valve régulatrice pour éviter que le
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- VOITURES DE L ALEGEMETNE
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- Fiir. 1:>. — Voiture do YAllurmehie. Indueleur fixe d'un mofour.
- — Voiture de VAllf/emeine. Détiiil d'un essieu.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- DÉCEMBRE 4 901.
- mécanicien ne provoque un démarrage trop rapide; et, d’autre part, le mécanicien peut, en agissant sur cette valve, modérer à volonté la vitesse. Ce dispositif donne
- Fig. 15. — Voiture de YAlU/emeine. Détail d’un essieu moteur
- Fig. la. — Voiture de YAllycmeine. Accouplement des roues.
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- VOITURES DE l’aLLDEMEINE.
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- des démarrages progressifs et très doux ; en outre, il peut être manœuvré très facilement à la main.
- Chaque voiture porte un frein Westinghouse à air comprimé, divisé en deux parties : une pour chaque bogie, commandé de la plate-forme d'avant, et donnant une pression de 170 p. 100 de la charge des roues pour tenir compte de la faiblesse du coefficient de frottement aux très grandes vitesses d’environ 50 mètres par seconde, et ces freins sont pourvus d'un dispositif permettant d’abaisser cette pression quand
- Fig. 16 bis. — Voiture de FAllr/emeine. Dét;iil de l'accouplement.
- la vitesse diminue. En outre, les moteurs eux-mêmes sont disposés de manière à faire frein, en ouvrant le circuit de l’armature au moyen du rhéostat, puis, soit en le fermant sur le circuit continu des accumulateurs, soit en renversant les phases de son circuit, que l’on ferme plus ou moins par le rhéostat, selon l’intensité que l’on désire pour le freinage ; on a adopté ces deux modes de freinage pour éviter la détresse par suite de la rupture, par exemple, d’un plomb dans le circuit de contre-courant des accumulateurs.
- Le courant est amené par trois câbles aériens (fig. -1) superposés au moyen de collecteurs en archet, qui se prêtent mieux que le trolley aux déflexions des câbles ; il y a ainsi un archet pour chacune des phases ; chacun des systèmes de trois archets est disposé au-dessus d’un bogie, et cette duplication des archets assure la marche en cas de raté de l’un d’eux ; ces archets sont en lames d'aluminium appuyées par des ressorts.
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- 810 NOTES DE MÉCANIQUE. —- DÉCEMBRE 1001.
- Les principales dimensions de la voiture, construite par MM. Zvpen et Charliehde Deutz, pour 50 voyageurs, sont les suivantes : longueur totale, 21 mètres, largeur, 2m,60, entre les pivots des bogies, 13m,30, hauteur des tampons, 'tm,065. Les pivots des bras et les isolements des câbles sont essayés à 20 000 volts.
- Eig. 17. — Appareil de VAllyerneine pour l’étude du graissage des essieux.
- Le diamètre des roues est de lm,2o ; chacun des bogies est à trois essieux, dont deux moteurs, et celui du milieu porteur, écartement des essieux lm,900, empattement de chaque bogie 3m,80; charge par essieu, environ 14 tonnes. Le châssis du bogie repose sur des ressorts à boudins suspendus aux extrémités des ressorts à lames qui
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1901.
- Chacun des moteurs, d’une puissance normale de 250 et maxima de 750 chevaux l'ait normalement 960 tours par minute, correspondant à une vitesse de 225 kilomètres à l’heure, et reçoit le courant réduit par les transformateurs de 1 200 à 435 volts, tension qui a permis l’emploi de l’enroulement bifurqué représenté par la figure 13; l’inducteur est à barres isolées par un tubage en mica, et, pour faciliter les démarrages, l’enroulement de l’armature est à deux phases au lieu de trois. La partie fixe du moteur supporte l’arbre creux de l’armature par deux paliers (fig. 21), dont l’un porte les balais et les bornes ; les moitiés inférieures de ces paliers s'enlèvent facilement de manière à permettre l’accès des balais; l’anneau graisseur de chaque palier plonge dans l’huile de 30 à 40 millimètres; l’arbre creux est écarté de l’essieu de 30 milli-
- Fig. 21. — Voilure de Y Allyemeine. Détail des balais et paliers.
- mètres, et il est maintenu latéralement sur un des paliers seulement, l’autre bout de l’arbre restant libre de se dilater.
- Les ressorts de l’accouplement des roues avec l’essieu creux du moteur sont fixés au moyeu par des coins disposés de manière que l’action de la force centrifuge contribue à leur serrage.
- Les transformateurs sont à trois noyaux disposés parallèlement avec l’enroulement intérieur de basse tension : 435 volts, formé par une grosse spirale en cuivre séparée de l’enroulement extérieur à haute tension par un cylindre de mica ; de forts courants d’air passent, comme nous l’avons vu, dans ce noyau et entre les deux enroulements. Les noyaux sont supportés en leur milieu de manière à éviter les déformations par les vibrations de la voiture à laquelle letransformateurestsuspendupardes boulons.
- Les câbles de haute tension sont, outre leur gaine d’isolement essayées à 20 000 volts, posés sur des doubles isolants, et pourvus de plombs de sûreté qui garantissent complètement la voiture; leur disposition générale est indiquée sur les figures 4 et 5 ; ils aboutissent aux bogies par des suspensions élastiques qui leur permettent de se prêter aux mouvements de ces bogies.
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- voiture Siemens et iiaeske.
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- Le conducteur de la voiture en commande toutes les manœuvres par une seule manette ; un ampèremètre lui indique constamment la charge des moteurs, un tachy-mètre lui donne la vitesse de la voiture ; cette manette commande les commutateurs, le freinage électrique et le rhéostat de mise en marche. A sa gauche, se trouve la manette de commande du frein Westinghouse, et. à sa droite, celle du frein à main des manœuvres d gare.
- Pour les essais préliminaires, on a monté les hogies de la voiture sur ur.e plate-lorme d’essais où chacun dcs( essieux moteurs reposait sur quatre galets en acier roulant à 1 800 tours en pleine marche, et pourvus de freins; ces galets, au profil du rail, étaient entraînés par l’adhérence des roues des essieux ; on a pu ainsi s’assurer de la bonne marche des moteurs, et se préparer aux essais délinitifs sur la voie.
- 1 oit.nre Siemens el Halske.
- Avant de construire leur voiture dont l’ensemble est représenté par la figure -20, MM. Siemens et Halske se sont livrés à une série d'expériences très intéressantes sur la résistance probable de l’air aux très grandes vitesses.
- L’appareil employé pour ces expériences se compose (iig. 22 et 28; d'un axe ver-
- Fig. 22. — Appareil Siemens el llalsln- pour 1 UImie de la résislancu de l’air.
- tical commandé par une dynamo de 200 chevaux, et entraînant, au bout d’un bras de ;Sm,275 de rayon, deux surfaces à la rotation desquelles l'air opposait une résistance mesurée par la puissance déployée par le moteur. L'inducteur de ce moteur était (iig. 28) excité séparément, de sorte qu'il marchait en dérivation à vitesse constante pour un voltage donné, et l'armature ôtait excitée par le courant d’une dynamo séparée variable à volonté; la mise en marche et l'arrêt se faisaient par un rhéostat liquide; la vitesse était donnée par un compteur Morse.
- On essaya successivement des surfaces planes rectangulaires, puis paraboliques, comme celles tig. 21 ; les résultats en sont figurés par les courbes du diagramme (fig. 25 ; ils montrent, qu'avec des surfaces paraboliques analogues à celles présentées par l’avant de la voiture, la résistance est, par unité de maître couple, environ le tiers de celle des surfaces planes normales au vent. A la vitesse de 200 kilomètres, cette résistance est d’environ 00 kilogrammes par mètre carré, soit 10 kilogrammes pour Tome 101. —21' semestre.— Décembre 1901. 54
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- .NOTES DE MÉCANIQUE
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- une section de 10 mètres carrés, prévue pour la voiture, de sorte que, si l'on admet le chiffre très élevé de 4kil,5 par tonne pour la résistance de roulement, et 100 tonnes pour le poids de la voiture, la puissance nécessaire pour tirer cette voiture, à la vitesse
- Fig. 23. — Appareil de Siemens et Halske pour l'étude de la résistance de l’air. Schéma des circuits
- [< -3*5 -+ - - 2C5 • • ->{-f • 2Ô o - -
- de 55 mètres par seconde, serait, au crochet d’attelage, de (900 + 150) 55/75, ou de 990 chevaux, soit, en nombre rond, de 1 000 chevaux.
- La voiture pèse, en réalité, 911,500, dont 20 700 kilogrammes pour la caisse et les freins, 27 300 pour les bogies et leurs essieux, 18 000 pour les moteurs et leur suspension, 12 300 pour les transformateurs, 4 000 kilogrammes pour les 50 voyageurs, le conducteur et le mécanicien. La voiture a (flg. 20) 21 mètres de long, 2m,o60 de
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- VOITURE SIEMENS ET HALSKE.
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- large; hauteur du toit au-dessus du rail 4m,30 ; diamètre des roues des bogies lm,2o0, empattement 3111,80, d’axe en axe des bogies 14“',30; double suspension (fig. 27) par ressorts à boudins et lamellaires ; à chaque bogie, deux essieux moteurs et celui du milieu porteur; frein Westinghouse.
- L’appareillage électrique est divisé en deux parties renfermant chacune (a) deux
- Kqr prr g rnêtre- aîul KjlrWafi
- JtcrohUicius of Motor for Lines JV£,V.
- Fig. 2o. — Résistance de l’air.
- Courbe I, calculée par la lormulc P— 0.1225 kil. par mètre carré: courbe II. mesurée avec une surface plane de 1 mètre carré on kil. par mètre carré; courbe III. mesurée avec une surface de O"1-.00; courbe IV. résistance totale avec surface parabolique, en kilowatts; V, résistance à vide en kilowatts : VI. résistance effective nécessaire pour vaincre la résistance, de l'air avec surface parabolique, en kilowatts: VII, résistance mesurée avec une surface parabolique de en kil. par mètre carré.
- moteurs, deux séries de résistances, deux démarreurs, deux commutateurs et deux coupe-circuits de sûreté (6), un grand transformateur avec ses connexions et plombs de sûreté (c), une pompe à air comprimé avec petit transformateur, réservoir d’air et plombs de sûreté (d), un collecteur de courant >), une plate-forme de mécanicien avec manipulateur à air comprimé pour la commande des manoeuvres et appareils indicateurs, suivant les connexions indiquées sur les figures 28 et 29.
- Chaque moteur, enfilé (fig. 30) directement sur son essieu, peut développer, au
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE 1901.
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- Fig. 26. — Voiture Siemens et Halske.
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- VOITURE SIEMENS ET HALSKE.
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- démarrage, 750 chevaux et, en marche normale, 550; son circuit primaire reçoit le courant à 1100 volts en marche normale, et à 1 850 au démarrage; le réglage, au démarrage, se fait par des rhéostats insérés graduellement dans le circuit secondaire des moteurs, qui part avec 650 volts ; ces résistances sont en fds métalliques disposés
- Fii:. 2(> bis. — Voilure Siemens et Halske.
- dans les panneaux aérés de la voiture, La tension de t 150 à 1 850 volts est donnée par les grands transformateurs, à commutateurs manœuvres, de la plate-forme du mécanicien, au moyen de l’air comprimé. Le courant de 1 150 à 1 850 volts arrive à l’inducteur tournant du moteur par trois anneaux de bronze isolés au mica et huit balais de carbone facilement accessibles ; cet inducteur esta corps en disques lamellaires avec barres ; l’enroulement triphasé de l’induit est aussi sur barres et lamelles ; le rhéostat
- Fig. 27. — Voiture Siemens el Halske. Détail d'un bogie.
- de démarrage est divisé en 29 degrés, correspondant chacun à une variation de puissance de 20 chevaux, et leur ensemble est disposé de manière que 1 on ne puisse mettre en charge les moteurs que successivement, de façon à éviter les à-coups. Les commutateurs de mise en train sont commandés soit à la main,?par une transmission
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- à chaînes et une manette de chaque plate-forme, soit par de l’air comprimé et deux cylindres : un petit, toujours sons pression, et un grand, relié au réservoir d’air pour le démarrage seulement et marchant en opposition du petit sur une même crémaillère en prise avec un pignon de la commande des rhéostats ; pour couper le circuit, on lâche l’air du grand cylindre, et le petit ramène le commutateur au zéro avec une rapidité réglable par le mécanicien.
- Chaque moteur reçoit son courant du grand transformateur par trois commutateurs
- 10,000 Volts
- 30 te 115 A mp per TransO
- —WMVvW—
- —WWMW—
- -^vWMWA-
- pAAAAAi
- -WiWWVV-'
- pAAAAA-i
- 1160 to 1850 Volts 120 tc2S0Amp.per Motjor
- 1 ) Motors
- Motors
- 64-0 to 1000 Volts 230 to 460 Amp. per | Motor
- I Vnit
- Fig. 28. — Voiture Siemens et llulske. Schéma des connexions.
- A, collecteurs; B, ligne égalisatrice; C, distribution: D et E, commutateurs d’avant et d'arrière; F, plomb de sûreté; G et H, grands et petits transformateurs: I, pompes à air; K, commutateurs; L, commutateurs des moteurs; M, résistances; N, mises en train.
- pe moyenne tension : un pour chaque phase, et un commutateur principal, qu’il suffit de tourner pour retrancher du circuit un moteur hors de service.
- Les archets sont (flg. 30) montés au nombre de trois à chacune des extrémités de la voiture, sur des tubes Mannessmann de 200 millimètres de diamètre intérieur, et que le mécanicien peut orienter sur leurs pivots ; les archets sont appuyés sur les fils de prise par des ressorts et des panneaux poussés par le vent de la marche.
- L’air comprimé des freins et des manœuvres est fourni par deux pompes électriques aux extrémités de la voiture ; elles aspirent par minute, à la vitesse de 190 tours, 400 litres d’air, et les compriment à 6 kilomètres; leurs moteurs triphasés reçoivent leurs courants d’un petit transformateur.
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- VOITURE SIEMENS ET IIALSKE
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- CZ3
- N '»ilure siet/ten* et Hahl-v. Sr11i .iré aérai des connexions.
- A et 1>, commutateurs d avant et d’arrière; moteurs compresseurs; 1) et K. commutateurs îles transformateurs; f et (t, commutateurs des mot ours [ ot 2, 4 et 4 : I i 11. rési<tances ; II, mises en t ra in : ïv, c vlindre à air comprini(;.
- Voilure Sip;nens el Ilalshe. Détail d’un essieu moteur.
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- Les moteurs ont été essayés avec des résultats satisfaisants jusqu'à 200 chevaux ; les rhéostats ne s’échauffent pas dangereusement sous des conditions bien supérieures à celles de leur service futur, et leur commutateur ne donne pas d’étincelles
- Ei<p 31. — Voiture Siemens et liais l-e. Détail des archets.
- sensibles sous un courant de 500 ampères 40 volts; les transformateurs ont bien supporté, un jour entier, une tension de 20 000 volts; les connexions ont été essayées sur la voiture complètement équipée à 15 000 volts, avec les moteurs tournant à vide.
- CONSTRUCTION DES ROUES MOBILES DE TURBINES RADIALES
- Les turbines des types « Francis » et « Hercule » se répandent de plus en plus. M. N. Baashuns a publié récemment une méthode pour le calcul de leurs aubes (1). Généralement, on suppose que l’arête de sortie se trouve dans une surface de niveau ou d’égale vitesse, et que cette vitesse normale, égale à celle qui règne dans le tuyau d’aspiration, est acquise à l’arête de sortie. Mais il est vraisemblable, qu’à chaque point de cette arête, correspond une vitesse différente. Par suite, pour déterminer l’angle de la développante du cercle de l’arête de sortie en ce point, il faut y connaître la vitesse de l’eau et la vitesse à la périphérie. Cette dernière vitesse est connue en tous les points. La direction et la grandeur de la vitesse de l’eau sont données par la trajectoire de l’eau et par les surfaces de niveau. Le procédé suivant a pour but de déterminer facilement les trajectoires des filets d’eau et les surfaces de niveau en un
- l Zeitschrift des Yereines deulscher Inf/enieure, I» novembre 1901,
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- CONSTRUCTION DES ROUES MOBILES DE TURBINES RADIALES.
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- point quelconque de la turbine, ce qui permettra de construire des aubes avec une exactitude suffisante.
- Envisageons d abord une turbine Francis. Dans ce cas, l'eau entre dans la roue mobile suivant un rayon et a sur toute la longueur la vitesse constante.
- o , ______L_
- r. De B sin a
- dans laquelle Q est le débit de l’eau. D1' le diamètre de la roue, B la largeur et x l’angle de sortie de la couronne directrice.
- La surface determinee par cette formule est une surface de niveau. La direction de
- l’eau est peu à peu déviée et elle sort du tuyau d’aspiration suivant l’axe. La grandeur de ce changement de direction est connue et, en remarquant qu’à partir du point où ses contours intérieur et extérieur sont parallèles, le tuyau d’aspiration se comporte par rapport aux surfaces de niveau comme un tube cylindrique (figures 1 et 2)dans lequel ces surfaces sont des plans perpendiculaires à l’axe, on possède, pour chaque turbine Francis, une deuxième surface de niveau facile à construire, dont on peut faire usage pour tracer les trajectoires de l’eau et les surfaces de niveau en chaque point entre l’entrée et la sortie de l’eau.
- Les projections des trajectoires des filets d'eau sont données en o et u, figure 3 puisque, dans les turbines de ce type (turbines à siphon), l’eau remplit entiè-
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- rement la roue mobile. En prenant pour contour intérieur un quart de cercle tangent à l’arbre et pour contour extérieur le quart de cercle tangent au tuyau d’aspiration, il est naturel de supposer que la trajectoire des fdets entrant entre o et u présentera une forme semblable à celle des filets qui entrent en o et u; par suite,
- la projection de ces trajectoires rabattues dans le plan du papier sera semblable à
- celle des trajectoires des fdets entrant en o et u et composée de quarts de cercle et de droites.
- Pour tracer une trajectoire de l'eau, supposons la turbine décomposée en plusieurs petites turbines. A cet effet, nous diviserons l’une des surfaces de niveau en un certain nombre de tronçons, nous chercherons sur l’autre surface de niveau les parties qui débitent les mêmes volumes d’eau, et nous réunirons les point-s correspondants ainsi trouvés par des quarts de cercle et par des droites de façon à obtenir une figure semblable au contour extérieur. Alors, d’après la figure 3, on aura la relation :
- (TT r2 — TT Cr __TT Do b We
- (n R2 — 7rr'-) cv tt De B v:B ’
- en désignant par tce la vitesse relative de l’eau lors de son entrée dans le vannage. Après réduction, l’équation ci-dessus devient :
- r- —r- b r2 — /'-
- R2 — r'2 = R 011 17
- r
- = Const.
- On peut calculer à l’aide de ces formules les différentes valeurs de r lorsque b varie ou, ce qui revient au même, on divise la surface de l’anneau circulaire en un nombre de parties égal à celui des divisions de la largeur B. On trace, en outre, deux fois autant de trajectoires de l’eau que l’on veut plus tard tracer de développantes de cercle sur l’arête de sortie de l’aube pour en déterminer le corps. Au moyen de ces trajectoires, on détermine les surfaces de niveau situées entre la surface de niveau d’entrée et celle de sortie. Ces surfaces intercalaires sont normales aux trajectoires, et, par suite, il s’agit de tracer une courbe qui coupe à angle droit un faisceau de cercles. On le fait en élevant (fig. 4) en un point de la trajectoire principale du fdet d’eau une perpendiculaire qui coupe les deux trajectoires auxiliaires. Aux deux points d’intersection ainsi obtenus, on élève des perpendiculaires à la trajectoire auxiliaire la plus rapprochée, et on les prolonge jusqu’à ce qu’elles coupent la trajectoire suivante, et ainsi de suite. En réunissant les points d’intersection des trajectoires principales par un trait continu, on aura la surface de niveau, dont la grandeur peut être mesurée de la manière suivante. On divise la surface de niveau en tronçons égaux, dont la largeur b (fig. 5) peut être facilement mesurée ; en général il restera une partie bf. On peut considérer ces tronçons comme 'des droites dont les centres de gravité sont en leur milieu. Si l’on mesure les distances r, r' rv entre ces centres de gravité et l’axe de la turbine, faire de la surface de niveau sera de :
- F = 2 tt (ri + ...+ n) b + 2 tt r' b'
- Ces surfaces de niveau sont amenées à passer par les points d’intersection de l’arête de sortie, choisie arbitrairement, avec les trajectoires principales des filets d’eau, et ensuite on mesure leur grandeur. Le débit Q et les différentes surfaces de
- niveau F donnent, en tenant compte de la relation W = la composante de la vitesse
- r
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- de l'eau, qui varie pour chaque surface de niveau et par suite aussi pour chaque
- \ / \
- - -A_
- point de l’arête de sortie. Cette composante de la vitesse, normale à la surface de niveau, est tangente au point correspondant de la trajectoire de l’eau.
- Cotte détermination des trajectoires de l’eau n’est pas rigoureusement exacte. Les surfaces de niveau lit et IV (fig. 6) n’ont généralement pas la même aire. Par suite, les
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- vitesses qui leur correspondent sont inégales. Dans la turbine élémentaire fghc les filets limites de et ih sont parallèles. La surface annulaire di est par conséquent égale à la surface annulaire ch. Mais comme le débit élémentaire est invariable, les vitesses devraient être égales, ce qui ne se peut pas en réalité, puisque les surfaces de niveau III et IV ne peuvent pas, en général, avoir la même aire.
- Mais on pourrait rectifier ces trajectoires en calculant, sur les surfaces de niveau, celles qui ont le meme débit que les turbines élémentaires déterminées par les surfaces I et IV. Les points ainsi obtenus devraient être réunis par un trait continu qui
- représenterait la trajectoire exacte de l'eau. Dans la ligure 6, la trajectoire rectifiée! serait donnée par la courbe cd! e'f. La surface de niveau serait ainsi déplacée; mais ce déplacement ne modifierait notablement ni la grandeur des surfaces, ni la direction des trajectoires de filets d’eau. La courbe edef diffère si peu de cd'e'f que les erreurs dues au maintien de la première courbe sont négligeables surtout vis-à-vis des erreurs dues au passage des angles aigus.
- Une deuxième incorrection consiste dans l’expression surface de niveau. Cette désignation n’est réellement exacte qu’à l’entrée de l’eau et dans le tuyau d’aspiration, mais non entre ces deux points; en effet, dans cet espace intermédiaire, la courbure de la trajectoire donne lieu à la production d’une force centrifuge grâce a laquelle les surfaces normales ne sont plus des surfaces de niveau. Mais si 1 on voulait tenir
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- compte de 1 influence de lu iorce centrifuge, ainsi que du frottement aux parois des aubes, on compliquerait trop le procédé graphique.
- Les trajectoires ainsi déterminées sont utilisées pour la détermination de la direction des vitesses de 1 eau, au moyen desquelles on construit ensuite les développantes du cercle à la sortie; les surfaces de niveau donnent en outre les grandeurs des com-
- posantes de la vitesse w de l’eau qui, combinées avec la vitesse à la périphérie, déterminent l’angle de l’épure de sortie. Mais en général on détermine ces vitesses sans tenir compte du rétrécissement dù aux aubes.
- Dans la figure 7, la surface de niveau I est tout à fait rétrécie par les aubes; la surface VI, par contre, est entièrement dégagée. Toutes les surfaces de niveau intermédiaires sont plus on moins rétrécies. Mais ce rétrécissement ne s’opère pas d'une
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- façon uniforme sur une même surface de niveau, il varie avec les angles qui diffèrent partout. Pour en tenir compte dans une certaine mesure, on peut procéder de la manière suivante. Dans le cas de la surface de niveau I, le rétrécissement n’est pas le même en haut et en bas ; celui d’en haut est de
- celui d’en bas est de
- yo ---
- /o
- sin
- ÂT~
- s
- Cpu 0 — sin yu _ t —
- tu t
- Dans ces formules t désigne le diamètre de l’entrée, s l’épaisseur de 1 aube et X l’angle de sortie de l’eau. Pour calculer <po, il faut d’abord déterminer y o, donné par
- t g
- Yo
- \Vl_
- 1)0
- (v0 étant la vitesse à la périphérie).
- Comme W4 doit être déterminé sans tenir compte du rétrécissement par les aubes, on peut admettre que cette valeur sera un peu plus grande lorsqu’on fait entrer enligne de compte le rétrécissement, soit de 10 à 13 p. 100. On calculera donc y par la formule :
- Pour trouver le rétrécissement moyen ym , on posera
- CPo +
- et on obtiendra alors, pour la vitesse rectifiée à la surface de niveau I :
- Les autres surfaces sont également rétrécies par les aubes, mais moins que la surface I. On peut tenir compte de ce rétrécissement de la manière suivante : supposons qu’on ait tracé la trajectoire moyenne de l’eau de la turbine figure 7. Cette trajectoire coupe les différentes surfaces de niveau aux points 1 à 6. Développons en abscisses (fîg. 8) la courbe 1-6 avec, pour ordonnées, les vitesses de l’eau. La vitesse Wt la surface de niveau I, devant être augmentée parce que cette surface est rétrécie de ym par les aubes, portons cette vitesse W'4 à partir du haut de Wx et joignons le bas de W'j au bas de W6. Les ordonnées ainsi prolongées représenteront les vitesses rectifiées.
- On peut procéder de la même façon dans le cas d’autres turbines, par exemple de la turbine « Hercule ». A cet effet, on part d’un tube conique (fig. 9j; les trajectoires sont alors des génératrices de ce cône et les surfaces de niveau des sphères décrites de son sommet.
- Un récipient de la forme de la figure 10 peut être considéré comme constitué par un grand nombre de tubes coniques. Les trajectoires ne sont plus alors des droites mais des courbes que l’on obtient en déterminant les points correspondants des différentes surfaces de niveau. Sur ces courbes on doit tracer les développantes
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- de cercle à la sortie. Celles-ci sont ensuite transportées dans le plan, après quoi on trace les horizontales nécessaires pour la construction du corps de l'aube.
- Tandis que, dans le cas de la turbine Francis, les surfaces de niveau sont déterminées par des cylindres et des anneaux circulaires, on a, dans le cas de la turbine
- « Hercule », une troisième surface de niveau, la calotte sphérique C (fig. ht). De même que les autres, cette surface doit être divisée en un certain nombre de parties égales. La surface d’une calotte sphérique est donnée par la formule 2 r, R/Ç R étant le rayon
- de la sphère et Ma hauteur de la calotte. La »mü partie de cette calotte est coupée par
- des plans parallèles écartés de ^ l’un de l’autre, de sorte que l’on n’a qu’à diviser la
- hauteur h (fig. 10) en n parties pour obtenir immédiatement le nombre désiré de parties égales de la surface de la sphère.
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- D éveloppement du profil 1-1.
- Fig'. 11.
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- Dans la ligure 11, on a appliqué le procédé à la roue d’une turbine « Hercule ». Pour obtenir une bonne utilisation de l’eau et réaliser une construction simple, on a constitué le contour extérieur (1-11) d’un cercle et d’une ligne droite. La surface d’entrée AA, la surface circulaire horizontale BB et la sphère à la sortie GG ont été divisées chacune en "20 parties égales, et on a joint les points correspondants entre eux. ce qui a donné les trajectoires principales de l'eau (de 1 à 11). L'arête de sortie a été tracée en plan et en élévation, au sentiment, et on a déterminé les surfaces de niveau que l’on peut faire passer parles points d’intersection de l’arête de sortie avec les 11 trajectoires principales. Ces surfaces sont formées comme, par exemple, CC par une surface circulaire BB et une surface de révolution DD analogue à l'une des surfaces de niveau de la turbine Francis. L’aire de chacune de ces surfaces permet de
- calculer les composantes des vitesses de l’eau \V = p qui, combinées avec les vitesses
- à la périphérie, donnent l'angle de sortie y (voirie triangle c0va y de vitesse rabattu en projection horizontale). A l'aide de différents angles y, on a construit les extrémités de l’aube en forme de développantes de cercle, qui ont été divisés en quatre parties égales (a b = bc = cd = de). Ces points de division, qui doivent être déterminés pour chaque développante, ont été projetés en plan et en élévation et réunis par des lignes continues (aa, bb... ee)Ensuite, on a fait, dans l'élévation, un certain nombre de coupes horizontales, qui donnent une série de points d'intersection avec les courbes que nous venons d’obtenir {aa, bb... ee) et avec les trajectoires (1 à 11) par exemple n et o. Ces points d’intersection ont été projetés en plan et, en les joignant, on obtient les courbes [kk, U, mm, etc.) dont on se sert pour construire les aubes.
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- M. le Président constate la présence, au sein de la conférence, de MM. E. Widmer, Ed. Simon, F. Roy et P. Fleury, qui ont des Communications à faire au nom du Comité permanent pour le -numérotage des fils textiles, et donne la parole à M. Widmer, Président d’honneur de ce Comité.
- M. Widmer tient à exprimer tout d’abord sa gratitude à MM. les Ministres Mille-rand et Delcassé, d’avoir bien voulu prendre sous leur haut patronage auprès du Comité la question du numérotage des fils textiles, qui intéresse une des plus grandes industries du monde. Il est également reconnaissant au Comité et à la Conférence d’avoir bien voulu admettre les représentants du Comité permanent à développer, dans cette séance, les résultats déjà obtenus et les efforts qui restent à accomplir dans un but de grande application et de propagation du Système métrique.
- M. Simon, Secrétaire général du Congrès de 1900 (2), fait l'exposé suivant :
- Le temps que vous voulez bien m’accorder étant limité, je me bornerai à vous exposer sommairement l’état d’une question qui préoccupe depuis longtemps les industries de la tilature et du tissage.
- (1) Extrait des séances de la troisième conférence rjénérale des poids et mesures, réunie à Paris en 1901 (Paris. Gauthier-Yillars;.
- (2 M. Simon avait été également délégué par la Société d'Encourcujement pour traiter en son nom de cette importante question.
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- Numéroter un fil, vous le savez, Messieurs, c’est déterminer le rapport entre la longueur et la masse de ce fil. Le système des poids et mesures métriques était tout indiqué pour établir aisément ce rapport; et, dès 1810, un décret impérial, daté du 14 décembre, prescrivait en France, à tous les entrepreneurs de filature, de former l’échevette des fils de coton, de lin de chanvre ou de laine, d’un fil de 100m de longueur, et de composer l’écheveau de dix de ces échevettes, de sorte que la longueur totale du fil formant l’écheveau fût de 1000m
- Ces fils, ajoutait le décret, seront étiquetés d’un numéro indicatif du nombre d'écheveaux nécessaire pour former le poids d’un kilogramme.
- Telle est la base que, soixante-trois ans plus tard, le Congrès international de Vienne, tenu en 1873, puis successivement les Congrès de Bruxelles (1874), de Turin (1873), de Paris en 1878 et en 190, reprirent et adoptèrent sous la désignation le numérotage kilogrammétrique.
- Si, en effet, le décret de 1810 eut tout d’abord pour résultat d’obliger les manufacturiers français à substituer le mètre aux anciennes mesures de longueur, une ordonnance royale du 26 mai 1819 compromit pour longtemps Funification, en autorisant officiellement le numérotage des fils de coton d’après le « nombre d’écheveaux nécessaire pour former le poids d’une Itéré métrique ou demi-kilogramme ».
- Cette dérogation au principe posé par le décret de 1810 ouvrit la porte à d’autres anomalies, et les divers centres industriels se bornèrent à transformer en mesures métriques les longueurs très variables de leurs échevettes et écheveaux. C’est ainsi que, dans la filature de la laine, les échées de Reims et d’Elbeuf, par exemple, ne correspondent pas à une même longueur.
- Il va de soi que, dans les pays où les mesures métriques ne sont pas légales, les bases de numérotages sont plus nombreuses encore et exigent des calculs longs et compliqués, principalement lorsque le même fabricant doit, comme il arrive souvent, utiliser des fils de natures et de provenances diverses.
- La soie n’a pas échappé à cette confusion des titrages. Dans l’énumération du décret de 1810, les fils de soie avaient été omis avec raison, non que le titre de cette matière ne put être évalué, comme pour les autres textiles, à l’aide des mesures légales, mais parce qu’au lieu de le déterminer d’après la longueur variable de fil contenue dans une masse constante, il était plus logique d’adopter une longueur invariable, dont la masse changerait avec le titre. La filature de la soie s'effectuant suivant une méthode inverse des procédés usités pour la transformation des autres matières textiles, il devenait très naturel d’adopter également un mode de numérotage inverse ; de plus, en raison de la finesse des brins, il n’était pas pratique de prendre le kilogramme pour unité de masse. Aussi fut-il définitivement décidé, par les Congrès énumérés plus haut, que, dans le titrage de la soie, le numéro correspondrait au nombre de grammes que pèserait le myriamètre.
- Je passe, bien entendu, sur les détails d’application, la rédaction des bulletins d’essai, etc.
- En résumé, d’après les décisions des Congrès internationaux, et pour toutes les matières textiles autres que la soie, le numéro doit indiquer le nombre de kilomètres de fil contenus dans un kilogramme; pour la soie, le numéro représente la masse, en grammes, de dix mille mètres.
- Pourquoi une méthode aussi simple, aussi rationnelle, désirée par la plupart des intéressés, appliquée dans nombre d’établissements privés, de nature à faciliter les échanges internationaux, n’est-elle pas encore généralisée?
- La Grande-Bretagne, d’après les Déclarations officielles du Délégué du Gouvernement du Royaume-Uni au Congrès de 1900, constitue le principal obstacle, bien que, dans les Chambres de Commerce anglaises elles-mêmes, se manifeste un courant très favorable à l’adoption des poids et mesures métriques.
- Le numérotage anglais n’a cependant pas le mérite de l’uniformité. Pour les fils de coton, de laine cardée, de bourre de soie ou schappe, le numéro indique le nombre d’écheveaux de
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- 840 yards contenus dans la livre anglaise de 453 grammes. Avec la laine peignée, le numéro correspond au nombre d écheveaux de 560 yards, toujours à la livre anglaise. Pour les fils de lin, de chanvre et de jute, le paquet de fil est invariablement composé de 100 écheveaux de 12 écheyettes fournissant une longueur totale de 329 000 mètres; mais la masse du paquet change avec la grosseur du fil; le n° 1 pesant 540 kilogrammes, le n° 2 pèse moitié moins
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- 2/0 kilogrammes ); la masse du n° 3 est le tiers de la masse du n° 1, et ainsi de
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- suite. Enfin, pour la soie, indépendamment de l’ancien titre en deniers appliqué aux soies
- fines, le drainage île dram = J_ de l’once anglaise de 28s1',35) est réservé aux grosses soies en
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- usage a Nottingham et à Calais, dans l’industrie des dentelles fabriquées mécaniquement.
- Quoi qu’il en soit, le commerce international des fils de lin et de jute restant jusqu’ici entre les mains des Anglais, aussi longtemps que le numérotage kilogrammétrique de ces fils n’aura pas été adopté par la Grande-Bretagne, nos filatures de Lille et de Dunkerque seront tenues de présenter leurs produits dans les conditions de dévidage et d’empaquetage des fils anglais. 11 en sera de même des autres contrées industrielles. Aussi le Président du Congrès de 1900, M. von Paclier, était-il autorisé à écrire, le 29 août 1899, à M. le Commissaire général Alfred Picard :
- « Forcer par la loi les filateurs à dévider et à numéroter leurs produits métriquement, et permettre en même temps aux étrangers d’importer leur marchandise dévidée suivant les anciens systèmes, serait simplement tuer l’industrie des premiers. Mais à dater du jour où la loi interdirait à tout le commerce d’employer un numérotage et un dévidage autres que le métrique décimal, les Anglais seraient les premiers à dévider et à numéroter leurs filés destinés à l’exportation suivant la méthode rationnelle. »
- Vous le voyez, Messieurs, l’unification du numérotage des fils, telle qu’elle résulte des délibérations et des décissions des Congressistes, serait bientôt adoptée dans tous les pays manufacturiers, si le Gouvernement de la Grande-Bretagne faisait un pas de plus dans l’adoption du système métrique, dont la loi de 1897, succédant aux lois de 1866, 1878 et 1S89, rend l’usage facultatif. Le commerce anglais, nous l’avons dit, apprécie les avantages des mesures métriques, et désire une réforme qui ne peut être indéfiniment ajournée, sous peine de créer un état d'isolement préjudiciable aux intérêts britanniques.
- Permettez-nous donc, Messieurs, de compter sur votre haute intervention pour faire mieux comprendre encore les avantages du système des poids et mesures dont vous avez la garde et le souci. Mieux que des règlements coercitifs ou que des défenses douanières, vos conseils, dictés par l’esprit scientifique et par l’unique préoccupation de faciliter les rapports entre peuples civilisés, contribueront efficacement, nous en avons le ferme espoir, à la généralisation de la réforme que poursuit, dans l’intérêt commun, la Commission permanente du Congrès pour Vunification du numérotage des fils.
- M. Roy, Président du Comité permanent international pour l’unification du numérotage des fils, ajoute les considérations suivantes :
- Vous venez d’entendre l’exposé très clair présenté par M. Édouard Simon, secrétaire de notre Commission; d’un autre côté, votre président a bien voulu faire distribuer, dans votre première réunion, le procès-verbal sommaire des séances du Congrès international pour l’unification du numérotage des fils de tous genres, tenu à Paris en 1900. Ma tâche est donc très simplifiée.
- Je suis devant vous. Messieurs, comme Président de la Commission permanente internationale nommée par le Cougrès afin de poursuivre dans tous les pays la réalisation des résolutions qui venaient d'être votées. Vous trouverez, dans la publication qui vous a été distribuée
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- les noms des membres qui ont été désignés dans chaque pays pour faire partie du Comité permanent.
- Depuis le Congrès, le Hureau du Comité permanent siégeant à Paris a entretenu une correspondance suivie avec tous les membres étrangers. Dans chaque pays, les membres du Comité ont pour mission de faire connaître aux Chambres de commerce des centres d’industrie textile les décisions du Congrès, et de les décider à émettre un avis favorable permettant à leurs gouvernements respectifs de répondre en connaissance de cause à l’invitation, qui leur sera adressée par le Ministre des Affaires étrangères de France, pour une conférence diplomatique destinée à établir l’entente internationale.
- La plupart de nos collègues à l’étranger ont fait preuve d’une grande activité, et nous savons déjà que l’Espagne, la Suisse, l’Italie, la Suède, la Norvège et le Japon sont favorables à l’unification, et que leurs gouvernements sont disposés à se faire représenter à la Conférence diplomatique.
- Nous attendons les réponses de la Belgique, de la Russie et des États-Unis.
- L’Autriche est très bien disposée, mais ne peut se décider sans savoir ce que fera l’Allemagne, par suite des rapports importants d’affaires qui existent entre les deux pays.
- En Allemagne, si de nombreux centres d'industrie textile se montrent entièrement favorable à la réforme, une autre fraction fait encore obstacle à ce progrès. Nous avons regretté de voir ce grand pays, qui possède depuis longtemps le système métrique, laisser figurer dans son avant-projet de tarif de douanes le numérotage anglais pour les filés. Nous espérons que les démarches qui sont poursuivies actuellement par nos collègues allemands, pour faire disparaître cette anomalie dans les tarifs définitifs, seront couronnées de succès.
- Quant à l’Angleterre, qui a déjà admis l’usage facultatif du système métrique, nous espérons qu’elle se joindra aux autres pays quand ils se seront entendus sur cette question d’unification du numérotage des fils.
- En France, nous avons tout d’abord rencontré une certaine résistance; nous avons dù faire une active propagande afin de décider notamment l’industrie de la soie à renoncer à l’ancien titrage basé sur l’aune comme unité de longueur et sur le grain ou denier comme unité de masse, pour adopter le titrage métrique décimal admis par le Congrès. Mais c’est maintenant chose faite. D’après les nouvelles reçues des membres étrangers du Comité permanent, il est certain que, d’ici peu, dans le monde entier, il n'y aura plus qu’un seul titrage métrique et décimal usité pour la soie. C’est un résultat dont nous pouvons hautement nous féliciter.
- Nous avons demandé à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie que la loi du 13 juin 1866, concernant la soie grège et la soie ouvrée soit modifiée, et que le titre admis par le Congrès de 1900, et basé sur la masse en demi-décigrammes de l’échevette de 450 mètres, soit adopté comme titre légal.
- Nous lui avons aussi demandé, pour nous conformer aux résolutions du Congrès, que l’ordonnance royale du 26 mai 1819, dont vous a entretenus M. Édouard Simon, fût rapportée et remplacée par une disposition imposant, pour le coton, la laine, la schappe et la ramie, le numérotage basé sur le nombre de kilomètres contenus dans un kilogramme.
- M. le Ministre a demandé l’avis du Comité consultatif des Arts et Manufactures. Le Comité se réunira sous peu, et il n’y a pas de doute qu’il n’approuve les décisions du Congrès.
- Nous pouvons donc affirmer que, dans notre pays, nous avons réussi à rompre avec les anciennes routines, et que l’unification du numérotage des fils sera bientôt un fait accompli pour la soie, la laine, le coton, la schappe et la ramie.
- Nous espérons que les autres pays voudront bien suivre notre exemple.
- 11 ne serait fait exception, provisoirement, que pour le lin. Notre secrétaire, M. Simon, vous en a donné les motifs.
- Nous pouvons affirmer que, dans les pays où les mesures métriques sont légales et obligatoires, le changement ne présente réellement pas de difficultés sérieuses. Il en est autrement, il est vrai, dans les pays comme l’Angleterre, qui n’ont pas encore abandonné leurs anciennes mesures.
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- Monsieur le Président, Messieurs,
- Nous osons compter beaucoup sur vos efforts pour rassurer le Gouvernement anglais sur les dîfüen]tés qu'il appréhende pour la période de transition nécessaire pour passer des anciens poids et mesures au système métrique décimal.
- Dans le procès-verbal du Congrès de 1000, vous trouverez que nous avons signalé que cent quatre-vingt-onze des plus importantes Chambres de commerce du. Royaume-Uni et de ses colonies, réunies à Londres en juin 1000, ont voté une adresse demandant à leur Gouvernement de rendre obligatoire le système métrique décimal dans tout Uempire britannique, dans un délai de deux ans. L'industrie et le commerce anglais sont donc bien persuadés que, tôt ou tard, le système métrique s'imposera chez eux, et que mieux vaut tôt que tard.
- Le jour où celle réforme sera accomplie, nous pouvons aftirmer que ce sera un immense bienfait non seulement pour le commerce britannique, mais aussi pour toutes les nations qui sont en relations commerciales avec l’Angleterre.
- Au nom du Comité permanent international pour l'unification du numérotage des fils, son Président vient donc solliciter votre liante intervention auprès des pouvoirs publics de chacun des pays représentés à cette Conférence, afin que. partout, l’unification du titrage de la soie et du numérotage des autres matières textiles soit adoptée, conformément aux décisions du Congrès de 1900.
- Il vous demande, en conséquence, de vouloir bien émettre le vécu suivant, qu’il se permet de vous soumettre :
- La Conférence émet le vmu :
- One tous les pays se mettent d’accord pour adopter, comme titrage légal de la soie et comme numérotage légal des autres matières textiles, le titrage et le numérotage métriques adoptés par le Conr/rès de 1900 ci Paris.
- M. Chaxlv fait à cette occasion la déclaration qui suit :
- Dans le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, un pas vraiment important a été accompli dans la voie de la propagation et de l’extension du Système métrique depuis la dernière Conférence de USO.'L
- La situation légale en Grande-Bretagne est que le Système métrique peut être librement employé dans le commerce, tout aussi bien que le Système national actuel. Il on était autrement en 189;;.
- Le système métrique n'est pas obligatoire, et j'ignore si, à l'heure qu’il est, l'intention existe de lui donner ce caractère et, en revanche, de déclarer illégal le système impérial actuel.
- Depuis que la loi des poids et mesures a été votée, en 1897, ou s'est attaché le plus possible à remettre aux autorités locales des étalons imbriques, à enseigner les principes du système métrique aux enfants dans toutes nos écoles normales et primaires, et à propager la connaissance de ce système parmi tous ceux qui sont intéressés dans le commerce. Sans aucun doute, quand ce système sera devenu plus familier au public de la Grande-Bretagne, il se manifestera un mouvement populaire général pour son adoption.
- Le système métrique est également facultatif au Canada, et est employé dans les chemins de fer aux Indes-Orientales. Il n’est pas non plus douteux qu'une action quelconque faite en Grande-Bretagne en faveur du système métrique ne se propane bientôt à travers l'Empire britannique tout entier.
- M. le Président ouvre la discussion sur le vœu formulé par M. Roy, au nom du Comité permanent du Congres de 1900.
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- M. de Macedo, malgré toute sa sympathie pour ce nouveau progrès qu’on propose en faveur du système métrique, ne pourrait pas émettre un vote formel, attendu qu’il s’agit d’une question introduite au cours de la Conférence, ce qui ne lui a pas permis de se munir d’instructions spéciales de son Gouvernement. Personnellement, il s’associerait au vote de ses collègues, si M. Roy voulait bien supprimer, à la fin du vœu présenté, les mots : adoptés par le Congrès international de 1900 à Paris.
- Il explique qu’il s’agit de toute une série de décisions qui mériteraient un examen approfondi auquel la Conférence ne pourrait pas se livrer.
- M. Baz appuie entièrement les observations de M. de Macedo, d’autant plus que, pour, le Mexique, par exemple, qui est un pays d’importation, la question aura besoin d’être mûrement étudiée pour éviter les grandes difficultés pratiques qui en pourraient résulter.
- M. Foerster se range aussi à l’avis de la suppression des derniers mots, demandée par M. de Macedo. Il croit que MM. les représentants du Comité permanent accepte' ront cet amendement. Le caractère fondamental du vote à émettre n’est pas dans le détail; il s’agit plutôt d’encourager les efforts tentés dans une voie nouvelle pour l’extension du Système métrique. Sous cette forme, la Conférence est compétente pour émettre un vote.
- M. Lagrave annonce qu’il vient de se concerter avec M. Roy et ses collègues, qui acceptent la suppression demandée par M. de Macedo. Il a le plaisir d’informer la Conférence que le titrage de la soie a été accepté par tous les membres du Congrès de 1900, y compris le Japon. MM. les Délégués peuvent donc accepter en toute assurance le vœu, qui serait ainsi définitivement formulé :
- La Conférence émet le vœu que tous les pays se mettent d'accord pour adopter comme titrage légal de la soie et comme numérotage légal des autres matières textiles, le titrage et le numérotage métriques.
- Mis aux voix, ce vœu est adopté à l’unanimité.
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- PROCES-VERBAUX
- DES SÉANCES DE EA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 33 novembre 1001
- Présidence de M. \ olsin Be\t vice-président.
- M. Linder, retenu par une légère indisposition, s’excuse de ne pouvoir assister à la séance.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Al. P. de Bousiers présente pour côucourir au prix du Comité du Commerce son ouvrage sur les Syndicats industriels.
- AI. Gruet présente son ouvrage intitulé: Manuel pratique </'électricité industrielle. (Arts économiques.)
- M. Cachcux, vice-président de la Société française des mais des arbres, remet le Bulletin de cette Société pour l'année 1901 et demande à la Société d’Encouragement de l’aider dans son œuvre de reboisement. 'Comité d'agriculture.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remer-ciments aux donateurs, les ouvrages mentionnés au Bulletin de novembre.
- Déclaration de vacances. — M. Lavolléc déclare au nom du Comité du Commerce une vacance par suite du décès de notre regretté collègue R. Maurice Bloch.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- M. A. Mignot, ingénieur en chef des aciéries de Javel, présenté par M. Rat eau.
- M. Métayer, ingénieur à la Société des aciéries de Denain, présenté par MM. Baquet et Raclé.
- AI. Bloche, ingénieur civil des mines à Paris, présenté par M. Carnot.
- M. Jean Rey, ingénieur en chef des établissements Santter-IIarlé, à Paris, présenté par AI. Rat eau.
- AI.E. Sauvage fait sur Y Association internationale des méthodes d'essai des matériaux et son congrès à Budapest en 1901,une conférence dont ci-joint le résumé.
- Après quelques considérations vénérâtes sur le rôle des essais de matériaux, sur la difficulté de préciser les propriétés qu'on doit leur demander et les moyens de vérifier ces
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- propriétés, M. Sauvage indique comment les différentes contrées intéressées de même à l’étude de ces questions ont fondé l’Association internationale, qui a tenu des congrès en 1893 à Zurich, en 1897 à Stockholm et en 1901 â Budapest. Cette association compte plus de 2 000 membres, dont 300 ont pris part à ce dernier congrès.
- Le Congrès éLait divisé en trois sections consacrées à l’étude des métaux,des matériaux de construction et des matières diverses.
- A la section des métaux, une première série de communications avait trait à la constitution physique et chimique ; des travaux du plus haut intérêt scientifique ont été présentés par divers ingénieurs, notamment par MM. Osmond et Cartaud, Heyn, Mesnager, von Tetmayer, de Rejtô, Carnot, Jüptner. A titre d’exemples, quelques-unes des photographies microscopiques de MM. Osmond et Cartaud ont été projetées.
- Une seconde série de communications avait trait aux méthodes d’essais, et ces communications ont constitué la partie la plus saillante du Congrès. Il s’agirait en effet de substituer à l’essai de traction, si largement employé, ou du moins d’ajouter à ces essais de traction des essais méthodiques et peu coûteux; beaucoup d’ingénieurs pensent qu’on obtiendrait ainsi des résultats plus certains, qu’on pourrait utiliser pour des applications plus nombreuses certains aciers qu’on hésite aujourd’hui à employer, faute de pouvoir les essayer convenablement, et qu'enfîn les essais deviendraient plus faciles et moins coûteux.
- Dans cet ordre d’idées, les communications de MM. Bâclé, Barba, Charpv, Le Chatelier, Frémont, Leblanc, Vanderheym ont eu une importance capitale. L’essai au choc se ferait sur des barreaux entaillés, rompus d’un seul coup de mouton. La forme précise à donner à l’entaille n’est pas la même pour tous les expérimentateurs, et les détails de l’opération demanderaient à être arrêtés. Mais le principe de cette nouvelle méthode a une telle importance, que le Congrès a cru devoir en recommander l’étude aussi développée que possible.
- Des projections, relatives aux travaux de M. Frémont, ont montré comment se faisaient les essais préconisés par cet infatigable travailleur.
- D’intéressantes communications ont été faites sur diverses méthodes d’essais, notamment par poinçonnage, par empreinte de bille, suivant le procédé si curieux de Brinnel. 11 convient de rappeler à cette occasion les travaux du colonel Martel sur la mesure de la dureté par empreintes.
- Enfin, la question de l'unification des méthodes d’essais, qui, au début, paraissait être la préoccupation principale de l’association, s’est trouvée un peu reléguée au second plan, devant l’énorme importance des autres questions soulevées, tant au point de vue scientifique qu’au point de vue pratique.
- La seconde section a étudié surtout les questions relatives aux ciments; les essais rapides, qui ont une si grande importance pratique, puisque les essais d’après les méthodes usuelles durent quelquefois plus de quatre-vingts jours, ont été l’objet d’un examen approfondi.
- En résumé, le Congrès a étudié plusieurs questions de la plus grande importance; plusieurs points contestés ou douteux relatifs aux nouvelles méthodes d’essais devront être élucidés par les recherches qu’il a provoquées de tout côté, et il est probable que le prochain congrès, qui aura lieu à Pétersbourg en 1903, verra compléter la tâche du congrès de Budapest.
- En terminant, M. Sauvage a dit quelques mots de l’excursion en Hongrie qui a suivi le Congrès, et montré quelques vues de Budapest et des régions parcourues.
- M. le P résident remercie vivement M. Sauvage de sa très intéressante conférence, qui sera reproduite au Bulletin, et donne à M. H. Le Chatelier la parole pour la commuuication suivante :
- A la suite de la communication de M. Sauvage, M. H. Le Chatelier croit utile de donner quelques indications sur Y organisation de V Association internationale des méthodes d’essais
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- des matériaux de construction. Cette association compte aujourd'hui environ 2000 membres, sur lesquels il n’y a qu’une centaine de Français. Il serait bien désirable de voir ce nombre s augmenter. Les travaux français ont toujours été très appréciés dans les congrès de 1 Association; au dernier congrès de Budapest, bien que ne représentant que le dixième des membres présents, nous avons apporté plus de la moitié des communications présentées en séance. Votre influence serait plus grande encore si le nombre de nos adhérents était en rapport avec l’importance de nos travaux.
- Dans plusieurs pays étrangers, Allemagne, Russie, États-Unis, il s’est constitué des sections nationales de i Association internationale qui tiennent des réunions dans l’intervalle des congrès bisannuels. Cette organisation a le grand avantage de permettre une entente préalable entre les expérimentateurs d’un même pays pour concentrer leurs études sur un petit nombre de sujets déterminés. Les recherches parallèles ainsi organisées sont plus intéressantes que les études dispersées sur une infinité de sujets distincts. Elles s’imposent dans les congrès à l’attention de tout le monde. U est bien certain que la convergence des travaux des membres français sur les essais de fragilité a eu une très heureuse influence.
- Tous les membres français présents à Budapest ont été unanimes à exprimer le désir de voir organiser une section française et j’ai été chargé de m’occuper de la réalisation de ce vœu. La principale difficulté provenait de l’existence de la commission française des méthodes d’essais,à laquelle l’importance de ses travaux donne une situation toute spéciale.Si elle avait dû prochainement se réunir à nouveau, il ne pouvait être question de créer à côté d’elle un second organisme ayant pour objet les mêmes études. Mais ses présidents, MM. Picard et Raton de la Goupililère, m’ont donné l’assurance qu’il n'était pas question,pour le moment, d’ouvrir une troisième session de cette commission, la deuxième a été close avant l’ouverture du congrès des méthodes d’essai de l’Exposition universelle. Cette nouvelle réunion serait indiquée le jour où il s’agirait de réaliser une entente au sujet des méthodes d’essais entre les différents gouvernements. Les travaux de l’Association internationale, et en particulier ceux d’une section française, ne pourraient que contribuera rapprocher une semblable éventualité.
- Les membres français de l’Association internationale sont convoqués le vendredi 6 décembre à 9 heures du malin en l’hôtel de la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, pour une réunion où l’on discutera l’opportunité de la création d’une section française. Dans le cas où cette proposition obtiendrait l’assentiment général, il y aura lieu de s'occuper des voies et moyens pour l’organisation de cette section. Il faut avant tout se créer des ressources financières.
- Il est impossible de faire fonctionner une organisation quelconque en prélevant une fraction de la cotisation déjà si faible de l’Association internationale. Il est nécessaire ou bien de demander une cotisation spéciale, assez élevée, en raison du petit nombre de nos membres, ou bien de s’adresser, pour obtenir son patronage, à une société plus riche que nous, à laquelle nous demanderions un lieu de réunion pour nos séances et la publication, dans son bulletin des procès-verbaux de nos séances.
- Il y aura lieu, au cours de cette réunion, de s’occuper des travaux à entreprendre en vue de la réunion du congrès qui se tiendra en 1903 à Saint-Pétersbourg.
- Les membres français de VAssociation internationale sont priés de considérer le présent avis comme une convocation pour la réunion du vendredi 6 décembre.
- Les personnes étrangères encore à l’Association, mais s'intéressant à ses travaux, pourront assister à cette même réunion, mais seulement avec voix consultative.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- DÉCEMBRE 1901.
- Séance du 13 décembre 1901.
- Présidence deM. Linder, président.
- M. le Président fait part du décès de M. P.-C. Lamy, membre à vie de la Société d'Encouragement, qui a légué à la Société une somme de 1 000 francs; il se fait, auprès de la famille de M. Lamy, l’interprète des vifs regrets et de la reconnaissance du Conseil de la Société d?Encouragement.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Ducos du Hauron, 27, rue des Batignolles, se présente comme candidat au prix pour la fabrication des trames de photogravures. (Arts économiques.)
- M. Farcot fils, 189, rue Lafayette, envoie la description de ses ventilateurs.
- M. P. Dumas, 142, boulevard de Grenelle, demande une annuité de brevet pour un appareil destiné h prévenir Vemballement des chevaux. (Agriculture.)
- M. J. Silbermann présente un calorifère. (Arts économiques.)
- M. B. Brought, secrétaire de Xlron and Steel Institute, 28, Victoria S1, Londres, adresse la circulaire suivante :
- Une ou plusieurs bourses de recherches, dont l’importance sera toujours laissée à l’appréciation du Conseil de l’Institut du Fer et de l’Acier, et qui sont dues à la munificence de son vice-président, M. Andrew Carnegie, seront accordées annuellement, sur la recommandation du Conseil de l’Institut et sans distinction de sexe ou de nationalité. M. Andrew Carnegie a fait don à l’Institut du Fer et de l’Acier, en vue d’assurer le service de ces bourses, de soixante-quatre bons hypothécairees 5 p. 100 de mille dollars chacun, de la Compagnie « Pittsburg, Bessemer, and Lake Erie Railway ». Les candidats, qui devront avoir moins de 35 ans, devront adresser leur demande, sur bulletin spécial, au secrétaire de l’Institut, avant la fin du mois de mars.
- Le but de ces bourses n’est pas de faciliter des études ordinaires, mais de permettre aux étudiants qui ont passé par le collège ou qui ont fait un stage dans des établissements industriels de se livrer à des recherches sur la métallurgie du fer et de l’acier et sujets s’y rapportant, en vue d’aider à son progrès et à ses applications industrielles.il n’est apporté aucune restriction en ce qui concerne l’endroit où les recherches se poursuivront : université, école ou usine, pourvu qu’il soit équipé de façon à permettre les recherches métallurgiques.
- Chaque bourse sera attribuée pour une année, mais le Conseil pourra,à sa discrétion,la renouveler s’il le juge bon, au lieu d’en faire une attribution nouvelle. Le résultat des recherches sera communiqué sous forme de mémoire à l’Institut du Fer et de l’Acier et sera soumis à l’Assemblée générale annuelle des membres. Dans le cas où le Conseil jugerait que le mémoire est d’un mérite suffisant, la médaille d’or Andrew Carnegie sera attribuée à son auteur. La médaille ne sera pas décernée si, dans une année quelconque, le mémoire n’en justifie pas l’attribution.
- M. Compère, secrétaire de la classe 19 à l’Exposition de 1900, adresse à la Société son diplôme de participation à l’exposition collective de la Bibliothèque technologique de cette classe.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- DÉCEMBRE 1901.
- 839
- Nominations de membres du Conseil.— Sont nommés membres du Conseil :
- Au Comité des Arts mécaniques, M. Rat eau, ingénieur des mines, en remplacement de M. M. Block.
- kw. Comité du Commerce, M. A. Legrand, ancien président du tribunal de commerce de la Seine, en remplacement de M. M. Block.
- Membre correspondant au Comité du Commerce, M. A. Capello, ingénieur à Madrid, en remplacement de M. Rada y Delgado.
- Membres honoraires, MM. Leroux et Rouart.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 8i0 du présent Bulletin.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants.
- Au nom du Comité des Arts mécaniques, de M. Sauvage, sur l’appareil à mesurer l’épaisseur des coussinets et sur la frise à embrèvement de M. Joly, et de M. Simon, sur le métier pour ruban de M. Barbier.
- Au nom du Comité de Chimie, de M. de Luynes, sur l’ouvrage de M. Thomas : Guide pratique de teinture moderne.
- Communications. — Sont présentées les communications de :
- M. Brillié, sur ses moteurs à pétrole et à alcool pour automobiles.
- M. le D' Huberson, sur le stérilisateur de la Compagnie aéro-hydraulique.
- M. le Président remercie MM. Brillié et Huberson de leurs intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités des Arts mécaniques et des Arts économiques.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN DÉCEMBRE 1901
- De la Direction générale de s Douanes. Tableau général du commerce et de la navigation. Année 1900. Vol.I. Commerce de la France avec ses colonies et les puissances étrangères. In-4°. 824 p. Imprimerie nationale.
- De VEncyclopédie Léautê. Mesures électriques, par M. E. Vigneron. Les Bateaux sous-marins et submersibles, par M. R. D’Equevilley. In-18, 160 p. Paris, Gauthier-Yillars.
- De la British Association for the Advancement of Science. Hand Book of the Industries of Glasgow and the "West of Scotland. In-8°, 288 p. Glasgow, 1901.
- Annuaire de l'Imprimerie, 12° année (1902). In-18, 330 p., chez l’auteur M. A. Muller, 36, rue de Seine, Paris.
- Étude sur rÉlectro-métallurgie)du fer, par M. Harmet. In-8°, 28 p., 1, Saint-Etienne, imprimerie Théolier.
- Annuaire du Bureau des longitudes, pour 1901. In-18. Paris, Gauthier-Villars.
- Du Comité central des houillères de France. Observations au sujet du projet de loi pour l’amélioration des retraites des ouvriers mineurs. In-4°, *0 p. au siège du Comité, 55, rue de Châteaudun.
- Notes sur la langue internationale, par M. P. Chapellier. In-8°, 60 p. au secrétariat de la Société pour la propagation des langues étrangères, à Paris, 28, rue Serpente.
- Débrayages des poulies de tramways mécaniques, par M. E. Lunt. In-8°, 10 p. extrait des Publications clés ingénieurs clu Hainaut.
- Handbuch des Materialienkunde fur den Maschinenbau, par M. A. Martens. Vol. 1. Essais des matériaux et machines à essayer. In-8°, 515 p. 20 pl. Berlin, J. Springer.
- Du ministère de F Agriculture j Annales de l'institut national agronomique, années 1897-1900. In-8°, 610 p. Paris, llerger-Levrault.
- Du ministère de la Marine, Mémorial du génie maritime, 3e série, fascicule 1.
- L’Ame du cheval, par M. A. Guedon. In-8°, 410 p. Châlons-sur-Marne, imprimerie de l’Linon républicaine, 27, rue d’Orfend.
- Analyse des matières agricoles, par M. A. Hubert, in-8° 80, p. Paris, Dunod.
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- OUVRAGES REÇUS. --- DÉCEMBRE 1901.
- 8M
- Université de Liège. Ouverture des cours. Discours du recteur, M. Dwelshauvers-Dery. Histoire de la machine à vapeur. In-8°, 60 p. Liège, imprimerie Poncelet.
- Bulletin of the Geological Institution of the University of Upsala. Vol. V, 1900, part. I.
- Méthode pratique pour le calcul des moteurs asynchrones polyphasés, par M. Boy
- de la Tour. In-8°, 217 p., 70 tig. Paris, Réranger.
- Le matériel agricole à l'Exposition de 1900, par .M. Ringelmann. In-8°, 224 p., 363 tig. Paris, Dunod.
- Ventilateurs et appareils de ventilation mécanique. parM, E. Farcot fils. In-8°, 60 p. Chez Fauteur.
- Bureau of Labor Statistics of the State of New-Vork, année 1900. In-8°, 1070 p. Albany, imprimerie de l'État.
- Du ministère de Commerce. Brevets d’invention. A03 293.647 à 294,718 (année 1899).
- La vie allongée, par M. Ch. Tellier. In-18, 230 p. Paris, chez Fauteur, 74, rue d’Auteuil.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À LÀ RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1901
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Barri. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CIV. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im ... . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Lo. ... Locomotion.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.........Nature (anglais).
- PC . . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse
- SiN. . . • Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, destatistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VD1. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZOl. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Ve-reins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- 843
- AGRICULTURE
- Avoines unilatérales. Ag. 23 iXov., 813.
- — A. Chapelet. Ap. 3 Déc., 719.
- Bétail. .Race laitière bordelaise. Ag. 23 Nov 819. Bovine des polders. Ap. o Déc., 728.
- — (Séchage des pommes de terre pour
- l’alimentation cluh Ag. 30 Aor., 849. Betteraves (Arracheuses de). Concours international. Ap. 28 Xov., 699.
- Blés durs. Composition et constitution des glutens (Fleurent). CR. 2 Déc., 944. Champignons comestibles et vénéneux. Ap.
- 5 Déc., 720.
- Engrais (Falsification des). Ap. 12 Déc., 734. — Formules pour culture maraîchère en plein champ. Ag. 23 Xov., 814.
- — Richesse d’une bonne terre arable en potasse. Ag. 23 Xov., 816.
- — Valeur agricole de l'azote de la matière noire des phosphates des Pyrénées (Joffre). ScP. 20 Nov., 960.
- — Fumure minérale et qualité des pois et haricots (Grandeau). Ap. 21 Xov., 631.
- — Influence des engrais sur la composition chimique des pommes de terre (Sutherst). CX. 29 Xov., 258.
- — Inoculation du sol et des légumineuses (Grandeau). Ap. 12 Déc., 751.
- Forêts. Influence de l’époque d’abatage sur la durée et la conservation des bois (Mouillefert). Ap. 20 Nov., 656.
- — Identification des bois (Stone). Ln.
- 6 Déc., 40.
- Grêle (Congrès international de défense contre la). Ap. 21 Xov., 639; Ag. 30 Xov., 866 ; 7 Déc., 893.
- Machines agricoles à l’Exposition de 1900. VDI. 30 Xov., 1706.
- Navets (Tenthrède des). Ag. 30 Aor., 834.
- Riz. Culture au Japon. Ap. 12 Déc., 761. Semences (Choix des). Ln. 23 Xov., 411.
- — Détermination de la valeur culturale
- (Curtel). Ap. 3 Déc., 730.
- Sibérie. Agriculture et élevage. Ap. 12 Déc., 73 7.
- Sulla. Culture en Andalousie. Ap. 12 Déc., 752.
- Vignes. Peut-on supprimer le labour et la fumur e? Ap. 3 Déc., 718.
- Vignes. Vins de la plaine du Cheliff. Pc. 15 Déc., 531.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fèr. Métropolitain de Xew-York. E. 22, 29 Xov., 699; 6 Déc., 763.
- — Électriques (Les). (Langdon). E. 29 Xov., 747.
- — — Fayet à Chamounix. IC. Oct., 662.
- — — Enquête sur le Métropolitain de
- Londres. E. 22, 29 Aor., 723, 751 ; 1 3 Déc., 809.
- — — Vannsee-Berlin. E'. 6 Déc., 573. Frein Lipkowsky. Rm. Xov., 586. Locomotives à l'Exposition de 1900. VDI.
- 23 Aor., 1663; Dam. Xov., 1123; Rgc. Déc., 373.
- — (État actuel des). (Birkel). E'. 13 Déc.,
- 612.
- — Compound à marchandises de la Société
- Vulcan. E. 6 Déc., 765. Essais comparatifs allemands. RM. Xov., 381. à 4 cylindres américaines et françaises. Rgc. Déc., 625.
- — à 4 essieux couplés du Aorth Eastern.
- E'. 29 Xov., 539.
- — (Équilibrage des). (Dalby). E. 22,29 .Aor.,
- 727, 755; 6 Déc., 581.
- — Chaudière Aanderbelt, RM. Xov., 584.
- — Surchauffeur Schmidt. RM. Xov., 584.
- — Suspension Pitkin et Sague. RM. Xov.,
- 585.
- — Stuffmg box de la Raihvay Appiiances
- C°. RM. Xov., 585.
- -- Chaudières à tubes d’eau Drummond. E'. 13 Dec., 603.
- Signaux. Block system Krizik, Cardam, Siemens. Rgc. Déc., 614.
- Station de Victoria à Nottingham. E. 29 Xov., 737; 13 Déc., 799.
- Wagons de 35 tonnes pour le Transvaal. E. 29 Xov., 740.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Trépidations des). (Drouin). Gc. 7, 14 Déc., 85, 106.
- — Exposition du Grand Palais. Lo. 14 Déc.,
- 165.
- — Puissance disponible àla jante (Garnier;.
- Lo. 14 Déc., 179.
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- 844
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- Automobiles à cdcool.Concours du Grand Palais. Lo. 21 Nov., 737 ; Ap. 28 Nov., 694.
- — — Camion Kuhlstein. Ap. 28 Nov., 686.
- — à pétrole. Hurtu. Lo. 7 Dec., 157.
- — — Darracq. Lo. 14 Nov.. 172.
- — — Clément. Autocyclette. Lo. 30 Nov.,
- 133.
- — — Womer. Id. 7 Déc., 153.
- —- — Renault. Lo. 7 Déc. 160.
- — — Réglage (Lavergne). Ri. 23, 30 Nov.,
- 462, 473 ; 7 Déc., 483.
- — — Camion Brillié. Lo. 30 Nov., 136.
- — à vapeur. Camions militaires (Concours
- des). E. 13 Déc., 793 î E1. 13 Déc., 601.
- — — Thornycroft. E. 6 Déc., 771, 778. — Électrique. Électricca. Êlé. 30 Nov.
- 7 Déc., 337, 353.
- — — Moteurs et combinateurs (Rosset).
- Pm. Déc., 182.
- — Pétro- électrique Champrobert. Lo. 14 Déc., 170.
- Tramways. A l’Exposition de 1900 (Godfer-mann). Rgc. Déc., 578.
- — Électriques de Salford. E. 13 Déc., 803. — Soudures des rails, procédé Folk. Rm. Oct., 64.
- — Dépense d’énergie d’une voiture. EE. 7 Déc., 351.
- — Résistance à la traction, détermination de la (Wimperisj. EE. 30 Nov., 330. — Voiture automotrice de la Compagnie française d’Ivry, Pm. Dec., 178. Vélocipèdes joints Petit. E'. 29 Nov., 554.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide nitrique. Propriétés physiques des dissolutions (Veley et Monley). RSL. 19 A or., 86.
- Alcool dénaturé. Eclairage et chauffage.
- Exposition du Grand Palais (Guérin). Gc. 7,14 Déc., 88, 104; Ap. 5, 13 Déc., 724, 763.
- Amalgame d’ammonium (Moissan). CR. 18 Nov., 803.
- Baryum (Préparation du). (Guntz). CPi. 25 Nov., 872.
- Blanchiment des tissus Mather et 'Platt. Gc. 23 Nov., 64.
- Brasserie. Divers. Cs. 30 Nov., 1127.
- — Expériences sur le maltage (Evans). Ms.
- Déc., 765.
- Brasserie. Extraits de malt (examen de s). Cs. 30 Nov., 1148.
- Carbures métalliques (Les). (Moissan). Rgds. 15 Nov., 946.
- — de calcium, pouvoir réducteur (Kugel-
- gen). Rcp. Ier Déc., 638.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 30 Nov., 1114. — Essais du ciment en Allemagne (Le Ciment). Nov., 175.
- — Fours tournants Hurry et Seaman (Le Ciment). Nov., 337.
- — Presses à briques et tuiles Bradly et Craven. Ri. 30 Nov., 473.
- Chimie (Revue annuelle de). (Étard). Rgds. 15 Déc., 1076.
- Chlorure d’aluminium. Combinaison avec les chlorures alcalins (Baud). CR. 2'6Nov., 869.
- Combustibles. Puissance calorifique (Adams). Cs. 30 Nov., 1084.
- Cuirs pour reliures (J. G. Parker). SA. 20 Nov., 25.
- Égouts. Filtration continue. E. 13 Déc., 811. Essences et parfums. Divers. Cs. 30 Nov.,. 1134.
- — Essence de rose. Cs. 30 Nov., 1136.
- — de jasmin. Id. 1137.
- — d’Orange. Ici. 1138.
- Gaz d’éclairage. Becs incandescents (Décou-couverte des). (Auer). Cs. 30 Nov., 1097.
- — Examen photométrique des manchons (id.), 1098.
- — à Veau. Dans bidistillation destructive de la houille (Levés). Cs. 30 Nov., 1095. Glucinium (Nouveau sel volatil de). (Urbain et Lacombe). CR. 25 Nov., 874.
- Graisses. Proportion des acides gras liquides dans les graisses et huiles, et leurs valeurs iodines (Lone). Cs. 30 Nov., 1083.
- Hydrogène solide (Dewar). CN. 13 Déc., 281.
- — sulfuré. Appareil à production continue
- Kock. Cs. 30 Nov., 1141.
- Industries chimiques à l’Exposition de 1900 (Guillet). Matières colorantes. Gc. 23 Nov., 55. Parfums. Ici., 30 Nov., 73. Produits pharmaceutiques. Ici., 7 Déc., 95. Cellulose (Ici.), 14 Déc., 115. Laboratoire. Divers. Cs. 30 Aor., 1142.
- — Analyses pour aciéries. Bibliographie
- (Brearley). CN. 22 Nov., 249.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1901.
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- Laboratoire. Antimoine. Détermination qualitative et quantitative de traces en présence de l’arsenic (Deniger). ScP. o Déc., 995.
- — Creuset électrique pour laboratoire (Howeb Eam. 16 iVor., 636.
- — Manganèse. Dosage volumétrique dbot-son et Brearley). CAL 22 Nov., 247 (Romage). Ici., 6 Déc., 209.
- — Molybdène. Dosage de l’acide molyb-dique réduit par l'acide hydriodique (Croocli etPulman). American Journal of Sciences, Déc., 449.
- — Recherche des poisons minéraux : arsenic et antimoine par destruction intégrale des matières organiques (Denigès). ScP. 20 Abu., 945.
- — Détermination colorimétrique de l’oxygène dissous dans l’eau (Ramsay et Homfray). Cs. 30 Nov., 1071.
- — Dosage de l’acide phosphorique et des phosphores, de l’étain, procédé Lens-sen, et analyse des minerais d’étain (Muller). ScP. Déc., 1000.
- — Dosage du soufre total dans les combustibles (Dubois). Id., 1088.
- Linoléum. Progrès de son industrie. Bulletin de la Société d’Encouragement de Berlin. Nov., 247.
- Optique. Diocinescope Hurt. Ln. 7 Déc., 1.
- Papier. Divers. Cs. 30 Nov., 1132.
- — Traitement chimique systématique des
- chiffons (Beadle). CN. 29 Nov., 257.
- Peroxyde d’hydrogène. Action sur l’oxyde d’argent (Baeyer et Villiger). Ms. Déc., 758.
- Photographie des couleurs. (Abney). Cs. 30 Nov., 1060.
- Prussiate rouge et chlorures solubles; action sur les sels de chrome (Saget). Ms. Déc., 764.
- Radio-activité de l’uranium (Becquerel). CR. 9 Déc., 977.
- — Induite provoquée par les sels de ra-
- dium (Curie et Debierne). CR. 2 Déc., 931.
- — Influence des substances radio-actives
- sur la luminescence des gaz (Hemp-tine). CR. 2 Déc., 934.
- Rayonnement aux basses températures (Com-pan). CR. 18 Nov., 813.
- Sucrerie. Divers. Cs. 30 Nov., 1124.
- — Progrès du raffinage depuis 25 ans (Patterson). Cs. 30 Nov., 1088.
- Soufre (Viscocité du). (Malus). ACP. Déc., 491.
- Tannerie. Effets des extraits de tannage contenant des bisulfites (Parker et Gausser). Cs. 30 Nov., 1085.
- Teinture. Matières colorantes diverses. Cs. 30 Nov., 1103, 1108.
- — Revue des matières colorantes (Rever-din). Ms. Déc., 754.
- — — Théorie de la dissolution (Brown
- etMacllric). Cs. 30 Nov., 1092.
- — Exposition de Rouen. MC. 1er Dec., 289.
- — L’Oxycellulose en impression. Kurr. MC.
- ' 299.
- Thiosulfate de soude. Action sur les dissolutions de sels métalliques à hautes températures et pressions (C. Norton). CN. 29 Nov., 261.
- Terres rares. Leur place parmi les éléments (Steele). CN. 23 Nov., 245.
- Transformations chimiques. Rôle du temps (Ditte). Rs. 30 Nov., 673.
- Uranium. Séparation quantitative et qualitative (Kern). CN. 22, 29 Nov., 251, 260, 613, Déc., 271, 283.
- Vernis. Fabrication par le procédé sous pression (Smith). Cs. 30 Nov., 1076.
- ! COMMERCE ET ÉCONOMIE
- j POLITIQUE
- j
- | Accidents. Loi anglaise. Application en 1901. E. 13 Déc., 795.
- Algérie. Questions algériennes. Ef. 30 Nov.., 737.
- Angleterre. Cours des consolidés depuis 1793. SL. Nov., 524.
- — Année financière 1901. SL. Nov. 521.
- Brevets. Modifications de la législation française. IC. Oct., 646.
- Caisse de prévoyance pour l’invalidité et la vieillesse des ouvriers. Loi italienne. SL. Nov., 538.
- Charbons américains. Exportations croissantes (Saward). EM. Déc., 321.
- Congo Français. Régime des concessions. Ef. 23 Nov., 705.
- Enseignement ménager en Suisse (Brunher). Musée social. Nov.
- Résines et vernis. Cs. 30 Nov., 1123.
- Tome 10t. — 2e semestre. — Décembre 1901
- Fabrique Lyonnaise (La). Ef. 23 Nov., 703
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1901.
- Gaz. Exploitations régies municipales et concessions. Ef. 14 Déc., 809.
- Femmes (Travail des) aux États-Unis. Rso. 1er Déc., 781.
- France. Abaissement constant de la natalité. Ef. 7 Déc., 769. Gestion des finances. Ef. 14 Déc., 805.
- Impôt sur le revenu avant la Révolution et aujourd'hui. Ef. 30 Nov., 739.
- Marine marchande. Projet de loi. Ef. 30 Nov., 741.
- Métiers de famille (Les). Rso. 1er Déc. 824. ' Mineurs. Ouvriers en Belgique. Rso. 1er Déc., 802.
- — Avantages dans les compagnies françaises. Rso. 1er Déc., 829.
- — Durée du travail et productivité. Ef. 30 Nov., 743.
- Mutualité familiale (La). Rso. 16 Déc. 904.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Bétons (Résistance des) (Le Ciment). Nov. 166. — et métal déployé. Planchers Colding. Rt. 25 Nov., 505.
- Ciment armé (Applications du) (Lubaux). Rgc. Déc. 519.
- Dalles armées (Planchers en) (Le Ciment). Nov., 162.
- Pont Lépine à Paris. Lancement et essais. Ac. Déc., 178.
- Rouleau compresseur électrique Sarrazin. Bam. Nov., 1247.
- Voit tes (Théorie des). (Landsberg).TDs. 14Déc., 1763.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. De Dion-Bouton. Élé. HDêc., 369. Max. EE. 14 Déc., 400. décharge des (Montel). EE. 14 Déc., 404. Conducteurs. Instruction technique pour leur établissement. Élé. 23 Nov., 327. Conjonctcurs. Dijonctcurs pour accumulateurs et dynamos (Fiévé). le. Oct., 668. Diélectriques. Constantes diélectriques des paraffines (Hormell). American Journal of Science. Déc. 433.
- Distributions far courants alternatifs (Guilbert). EE. 14 Déc. 381.
- Dynamos. Rendement des (Brenaime). le 25 Nov., 517.
- — Courants de Foucault dans les pièces polaires des dynamos à courants continus. le. 25 Nov., 516.
- — Proportion des dynamos à commutation sans étincelles. le. 10 Déc., 543.
- — Alternateurs à l’Exposition. EE. 23 Nov., 276 ; 7 Déc. 356.
- — — Étude par les oscillographes (Blon-
- del). EE. 14 Déc., 391.
- •— — grands alternateurs (Rothert). EE. 30 Nov. ; 7 Déc. 307, 362.
- — — Construction des. Rt. 25 Nov., 507. — Anneaux à collecteurs (propriétés des)
- (Latour). EE. 23, 30 Nov., 294, 328. Moteur. Triphasé à faible vitesse angulaire. le, 25 Nov., 520.
- — Alternatif. Simple synchrone sans excitation. le. 10 Déc., 541.
- — Mesure du glissement d’un asynchrone parle tube de Brown. EE. 14Déc.,408. — Essai sans dynamomètre.EE. 14 Déc. ,409. Éclairage. E. 13 Déc., 607.
- — Fabrication des charbons. Élé. 14 Déc. 375.
- Arc. Lampe Vigreux-Brillié. Élé. 23 Nov., 326. Koerting etMatchiersen. Elé. 7,14Déc. 353, 374.
- — Mesures photométriques, appareil Ma-theros. le, 25 Nov., 521.
- Incandescence, dissymétrie du flux lumineux (Willcox). EE. 30 Nov., 341. Électro-chimie. Divers. Cs. 30 Nov., 1119.
- — L’industrie électro-chimique (Iwan). Ms. Déc. 737.
- Électro-aimants. Construction des. (Conor).E/é-30 Nov., 345.
- Interrupteurs de courants continus. Lecarme et Michel. Elé. 1, 14 Déc. 359, 372. Isolants, constantes diélectriques des paraffines (Hormell). American Journal oy Science. Déc., 433.
- Magnétisme et couches de passage (Maurain). Rgds. 15 Déc., 1059.
- Mesures d’un coefficient de self induction sans étalon de capacité. le. ïkDéc., 543.
- — Appareil de Divers (Armagnat). EE.
- 7 Déc. 345.
- — Oscillographes, applications à l’étude
- des alternateurs (Blondel). EE. iiDéc., 391.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
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- Stations centrales. Allemandes. E’. 22Nov., 228. Statistique en France en 1901. le. 14 Déc.
- Téléphone. Divers. Dp. 7 Déc., 773, à batterie centrale. Tobler. EE. 30 Nov., 334. Télégraphie. Dragage des câbles sous-marins. EE. .Yoc., 334.
- Transformateurs rotatifs. Théorie graphique (Blondel). EE. 23 Nor., 283.
- — de la General-Electric. Fi. Nov., 355.
- HYDRAULIQUE
- Distribution i’eau. de Philadelphie. Gc. 23 Nov., 58.
- Pompes commandées par l’Électricité. Dp. 7, 14. Déc. 777, 792.
- — à incendies. Concours de Berlin. VDI.
- 7 Déc. 1729.
- — centrifuges Richards. RM. Nov., 587.
- — directes Weir. RM. Nov., 588.
- MARINE. NAVIGATION
- Avertisseur des navires en fer Spilberg. EE. 30 Nov., 342.
- Dock flottant pour le Mississipi. E'.QDéc. 589. Drague à succion pour la Seine Satre et Averly. E. 22 Nov., 705.
- Embrayages (Les). iEuverte). RM. Nov., 516. Loch manométriquc différentiel Raverot et Belly. CR. 18 Nov., 811.
- Marine de guerre. Artillerie et construction des bâtiments. E. 52 Nov., 715, 717.
- — Allemagne. Rmc. Nov., 2381.
- — Anglaise. Rmc. Oct., 21 oè. Nov., 2382.
- — — Croiseur Monmoutli. E'. 22Nov.,537.
- — — Manœuvres en 1901. Rmc. Oct., 2066.
- 2143.
- — Américaine. Rmc. Oct., 2163. Nov., 2388.
- — Japon. Rmc. Nov., 2392.
- — Russe, cuirassé Potemkin. E'. Nov., 553,
- — sous-marins Question des. Rmc. Oct,,
- 2119.
- — Contre-torpilleurs, E. 29 Nov., 749. E .
- 29 Nov., 558.
- — Disposition de l’artillerie. E!. 13. Déc.,
- 609.
- Marine marchande Japonaise. Rmc. Oct,, 2173.
- Française. E1. 6 Déc., 569.
- Navigation du Pas de Calais. Historique. E'. 22 Nov., 52b, 13 Déc., 599.
- Port de Bremerhaven. Rmc. Oct,, 2184.
- Pèche d’Islande. Moyen de prévenir les désastres. Rmc. Oct., 2199.
- Rhône. Son aménagement comme voie navigable, Ef. 7 Déc., 777.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aviation. Concours de F Aéro-Club. Lo. 23 Nov., 121.
- — Ballons dirigeables (Les). Villard. Lo.
- 14 Déc., 176.
- Chaudières à l’Exposition de Glasgow. VDI. 23 A oc., 1657.
- — éi tubes d’eau Durr. Rmc. Nov., 2347.
- — Hurd, Solignac. Higgins, Hornsby, Porto-Riche. RM. Nov., 577.
- — Braby. £'. 13 Déc., 611.
- — Appareil électrique de sécurité pour chaudières et tuyautages à vapeur (Yalmier). Rmc, Nov., 2337.
- — Désincrusteur mécanique Molinard._ Gc. 23 Nov., 65.
- — — Solubilité du sulfate de chaux
- (Boyer, Guillon). RM. Nov,, 508.
- — Foyers. Chargeur Morton.Eh 6 Déc., 584.
- — — Chauffage au pétrole. Dp. 7 Déc,,
- 782. au pétrolehydroleum. E. 13Déc., 817.
- — Pompes alimentaires Lamont. Ri. 23 Nov., 461.
- Courroies croisées (Transmissions par) (Smits). Ri. 7 Déc., 488.
- Embrayages (Les). (Euverte). RM. Nov., 516. Engrenages hélicoïdaux. AMa. 30 Aroi>.,1263; 7-14 Déc., 1285, 1309.
- — Hauteur des dents. AMa. 30Nov., 1269;
- 7 Déc., 1288.
- — (Théorie des). ZOE 29 Nov., 818.
- Freins électro-mécaniques Feuerner, Reiter,Pas-
- qualine. EE. 23 Nov., 265.
- Froid, Machines frigorifiques (Mathias). Rgds.
- 15 Nov., 970.
- Graissage des cylindres (Expériences sur le) (Beckford). E'. 29 Nov., 563.
- Graveuse électrique Rost. AMa. 23 Nov., 1232. Laboratoire technique de l’école de Stuttgard. Gc. 14 Déc., 101.
- Levage. Ascenseurs hydro-electriques Otis. Elé. 22Nov., 321.
- — Grues (Calcul des). AYilliams. AMa. 14 Déc., 1305.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
- Levage. Titan.9 de 100 tonnes. Ateliers de Benrath. Ri. 30 Nov., 474.
- — Manutention mécanique du charbon et du coke dans les usines à gaz de Dijon et du Havre. Gc. 7Déc., 8,3.
- — Pont roulant électrique de 12b tonnes.
- Vanghan. E'. 29 Nov., 561.
- Machines à écrire (Les) (Beyerlen). Dp. 30 Nov., 764.
- Machines-outils (Progrès des). VDI. 26 Nov., 1669.
- — pour ateliers de chemins de fer. E'. 13
- Déc., supplément.
- — Ateliers des Victoria Works, Rugby.
- EM. Déc., 377.
- — à l’Exposition de Buffalo. Ailla. 23 Nov.,
- 1225. de 1900. VDI. 7 Déc., 1741.
- — de la Société suédoise Atlas. AMa. 23
- Nov., 1236.
- — Cisaille multiple Lenz, AMa. 23 Nov.,
- 1228 ; sur chariot Johns. Gc.dONov., 80.
- — Courbeuse pour cornières Davis. E. 22
- Nov., 706.
- — Crémaillères. Machine à tailler Fellows.
- AMa. 14 Déc., 1311.
- — Forge à l’étampe (Horner). E. 6 Déc.,
- 761.
- — Frappeurs divers. Dp. 30 Nov., 757.
- — Gabarits pour perçage. AMa. 7 Déc.,
- 1295.
- — Affûteuse Guest. E. 6 Déc., 773.
- — — Bath. RM. Nov., 573.
- — Meule à rectifier Demoor. Ri. 7 Déc., 482.
- — Presse Bliss à découper les plaques
- d’armatures. EE. 7 Déc., 375.
- — Mouleuse Huber. RM. Nov., 595.
- — Perceuse radiale Demoor. Ri. 7 Déc.,
- 481.
- — — Mac Gower. Ri. 14 Déc., 495.
- — Poinçonneuse Doolittle. RM. Nov., 602.
- — Raineuse portative Davis. Ri. 30 Nov.,
- 476.
- — Scie à froid Hill. RM. Nov., 607.
- — Tour revolver Gisholt. AMa. 23 Nov.,
- 1229.
- — Davenport. RM. Nov., 603.
- — Herbert. E. 13 Déc., 796.
- — — à chucker Herbert. E. 6 Déc., 769.
- — — elliptique Vrignault et Brosse. Gc.
- 30Nov., 77.
- — — harnais Schumacher. AMa. 23Nov.,
- 1230.
- Machines-outils. Vis (Machine à) Acme. E 29 Nov., 732
- — — Herbert. E. 6 Déc., 769.
- Machines à, vapeur. Prix de la puissance
- (Gray). Fi. Nov., 331.
- — (Rendement des) (Kammerer). VDI. 7
- Dec., 1750.
- — Coefficient de régularité. EE. 14 Déc., 412.
- — verticale, 300 chevaux Markmann. E. 22
- Nov., 706. Vauxhall. E1. 22 Nov., 537.
- | — Rossiter. Ri. 14 Déc., 493.
- — Condenseurs aériens Fouché de 4 500 chevaux. IC. Oct., 651.
- — — Ledward. E'. 13 Déc., 614.
- — Distributions Dubbel. VDI. dONov., 1713.
- — — Robinson, Lean, Rossiter, Walker
- et Hargreaves. RM. Nov., 610.
- — à déclic, dimensions à donner aux or-
- ganes de rappel. Pm. déc.
- — Régulateur Piguet. RM. Nov., 614.
- — Turbine Rateau. RM. Nov., 608.
- — Volants (Calcul des). AMa. 14 Déc., 1315.
- — à gaz. Letombe, Corsen. RM. Nov.,
- 615. Allumage électro-catalytique Wydts. Lo. 14 Déc., 169.
- —• à l’Exposition de 1900. VDI. 30 Nov., 1694.
- — Essais des Mechanical Engineers. RM. Nov., 547.
- — Indicateur d’explosion Mathot. RM. Nov., 617.
- — Gazogènes Taylor, Duplex, Letombe. Ri. 23 Nov., 405.
- — Gaz de haut fourneau. Crossley. RM. Nov., 616.
- — à alcool. Exposition du grand palais.
- Lo. 23 Nov., 124; Ap. 21 Nov., 659; Gc. 30 Nov., 69; Ln. 7 Déc., 7.
- — Résultats en Allemagne. MS. Déc. 769. — Essai comparatif avec le pétrole. La. 28 Nov., 759.
- — Moteur Noël. Pu. 14 Déc., 49i.
- — à, pétrole Diesel. Fi. Nov., 371 ; RM.
- Nov., 619.
- — — Boulier. Lo. 7 Déc., 154.
- — — Saurer. RM. Nov., 618.
- — — Cundall. Id., 621.
- Résistance des matériaux. Congrès des essais de Buda-Pestb (Pourcel). Gc. 23 Nov., 60.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1901.
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- Roulements sur billes Heerwagen). YDI. 30 Nov., 1701.
- Télétachymètrc électrique. le. 23 Nov., 329.
- MÉTALLURGIE
- Aluninium (Wilson). SA. 13 Déc., 34.
- Cuivje. Procédé David. E. 22 Nov., 707.
- Fer et acier. Aciers au nickel, propriétés magnétiques (Wedding). Société d’Encouragement de Berlin, 418.
- — Aciéries américaines. SuE. 1er Déc.,
- 1294.
- — Procédé Bertrand Thiel. SuE. 1er Déc.,
- 1303.
- — Forges de Barrovr. E 22 Jor.,710.
- — Fonderies aux États-Unis. E1. 22-29
- Nov., 521, 549 ; 6 Déc. 370.
- — Hauts fourneaux d'Eisenoor. SuE. 13 Déc., 1347.
- — — (Théorie des) (Osann). SuE. P1’ Déc.,
- 1277.
- — — Commande électrique des cloches.
- SuE. ,15 Déc., 1353.
- Or. Combinaison avec le chlorure ; Meyer). CR. 18 Nov., 815.
- — Cyanuration à Ely (Nevada). Eam. 7
- Déc., 733.
- — Dragage en Est Russie. EM. Déc., 398. Z inc. Séparation du fer de la blende. Eam. 30 Nov., 711.
- MINES
- Alaska. Mines du district de Ketchikan. Eam. 16 Nov.. 630.
- Briquettes pour minerais fins. Machine Mould.
- Eam. 20 Nov., 724.
- Classeur Klein. Eam. 20 Nov., 713.
- Diamants de Salobro. Brésil. Eam. 16 Xor.,634. Épuisement. Machines souterraines (Laponclie). Sem. XV, IVe, 813.
- Fer. Mines de Santiago, Cuba. Eam. 16 Nov., 632.
- Houillères du Kansas. Eam. 7 Déc., 748.
- Little Colorado Valley. Géologie (Ward). American Journal of Science. Déc., 401. Machines d’épuisement hydrauliques. E. 13 Dec., 821.
- Mexique (Industrie minérale au). Eam. 30 Nov., 692, 705, 713.
- Oural iCongrès des exploitants des mines de U). Ru. Uct., 76.
- Perforatrices et baveuses à l'Exposition (Habets). Ru. Oct., 1.
- Pétroles du Wyominy. Eam. 16 Nov., 628. Russie. Manganèse, Plomb et Bouille en les cinq dernières années. Ru. Oct., 92. Sondeuse Cyclone. Eam. 20 Xoi'., 726.
- Treuil électrique Scott et Mountain. E\ 13 Déc., 611.
- Zinc et plomb au Nord Arkansas. Eam. 20 Déc., 719.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT LE DEUXIÈME SEMESTRE 1001
- - A F AI B IC PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- Beigbeder s 1). , ancien ingénieur des poudres et salpêtres, 125, avenue de Vil-liers, Paris.
- Blociie, ingénieur civil des mines, 80, rue de Monceau, Paris.
- Delagrave (Charles), libraire-éditeur, 15. i rue Soufllot, Paris.
- Ernault (H.), ingénieur constructeur, 169, rue d’Alésia, Paris.
- Legrand (Victor), ancien président du Tribunal de Commerce de la Seine, 115, rue Lafayctte, Paris.
- Métayer (Maurice), ingénieur à la Société des aciéries de Denain, 4, rue Mogador prolongée, Paris.
- MM.
- Mignot (A.), ingénieur en chef des aciéries de Javel, villa Montmorency, Paris.
- Paixhans (Louis), à Bretteville-sur-Laize (Calvados).
- Radiguet, constructeur d'instruments pour les sciences, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Rey (Jean), ingénieur en chef des établissements Sautter-Harlé, 26, avenue de Suffren, Paris.
- Rigo (E.), directeur de l usine de Saint-Marcel, à Haumont (Nord).
- Sartiaux (Eugène), ingénieur, chef des services électriques au chemin de fer du Nord, 48, rue de Dunkerque, Paris.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LE DEUXIÈME SEMESTRE DE LA CENT-UXIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (La lettre (P), à la suite d'un article, indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A B
- Baasiiuns. Tracé des turbines, 820.
- Bach. Résistance du bronze, 655.
- Badois. Nécrologie, 7.
- Bâillon. Moteur à air comprimé (P.), 687. Barbier. Métier à ruban. Rapport de M. Simon, 701.
- Behrens et Zimmermann. Moteur à vapeur froide, 798.
- Billard (M. br.), 35.
- Blérie. Mécanisme d’horlogerie (P.), 687. Block (Maurice). Nécrologie, 6.
- Bonnard (M. br.), 35.
- Boucher. Médaille d’or, 32.
- Boudouard. Alliages d’aluminium et de magnésium, 773.
- Bourquelot (M. br.), 35.
- Brillouin. Médaille commémorative, 34. Brull. Rapport sur la Noria Lemaire, 212.
- La grille Kudlier, 563.
- Buisson-Chavot (Mz. br.), 35.
- Bullié. Moteurs à pétrole pour automobiles (P), 639.
- c
- Caban (M. br.), 35.
- Cadoret. Médaille d’agriculture, 18.
- Capobianco (M. br.), 35.
- Cappe (M. br.), 35.
- Caquand (M. br.), 35.
- Carnegie. Bourses de recherches, 838.
- Chasseloup-Laubat. Les marines de guerre modernes, Italie, 484. Japon, 632.
- Chatin. Nécrologie, 4.
- Chester et Wegeriff. Broyeur, 795.
- Cuinkiewitz. Sous-marin (P.), 687.
- Codron. Le cisaillage, 215.
- Collignon. Rapport sur le prix Fourcade, 12.
- Cordebart. Alimentation de chaudière (P.),
- 686.
- Cornu. Nécrologie, 5.
- D
- Damiens (M. br.), 35.
- D’Arsonval. Production des basses températures, 788.
- Daubrée et Boiidet. Etat financier de la Société, 193.
- Debray. Médaille d’or, 32.
- Delaurier. Aviateur. Roue élastique (P.), 687.
- De Loisy. Procédé au minerai, 572.
- De Luynes. Rapport sur le Guide pratique du teinturier, de M. Thomas, 713.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ---- DÉCEMBRE 1901.
- Deval. Action du sulfate de chaux sur les ciments, 784.
- Dieppedalle (M. br.), 35.
- Digeon. Nécrologie, 7.
- Dormoy. Médaille d'or, 3"2.
- Ducretet. Télégraphie hertzienne (P.), 687.
- E F
- Fagedet. Manivelle de sûreté, 569.
- Farcot. Ventilateurs (P), 838.
- Fasquelle et Follet. Médaille d’agriculture, 18.
- Faure. Prix des irrigations agricoles, 20.
- Feuillar (M. br.), 35.
- Fosse. Prix de chimie, 13.
- Fremont et Osmond. Médaille commémorative, 34. Essais des métaux par pliage, 365.
- Frugier. Aluminite (P.). 689.
- G
- Gagneur. Prix Fourcade, 12.
- Gallot, Guillet, Guillin (M. br.), 35.
- Gautier. Alliages de strontium, de zinc et de cadmium, 780.
- Girardville. Obturateur pour bec de gaz, 309.
- Graves. Poiçonneuses hydrauliques, 681.
- Grininger. Médaille d’argent, 32.
- Guedon. Médaille d’argent, 32.
- GuicnARD. Prix de chimie, 13.
- Guillaume. Médaille commémorative, 34. La Convention du Mètre et le Bureau international des Poids et Mesures, 251, 425, 588, 714.
- Guillet. Alliages cuivre aluminium, 650.
- Guillet (M. br.), 35.
- H I
- Hennebique, Hocquard, Huot (M. br.), 35.
- Heuclin. Presse pour huilerie, 561.
- Heycock et Neuville. Trempe du bronze, 278.
- Heyn. Le cuivre et l’oxygène, 276.
- Hirsch. Nécrologie, 7. Rapport sur les travaux de M. Sinigaglia, 31.
- Holly. Pompes des eaux de Boston, 790.
- Horsins, Déon. Prix de chimie, 13.
- Hubert et Kennedy. Laminoirs et transbordeurs, 519,
- Huberson. Stérilisateur (P), 639.
- J
- Jacolliot (M. br.), 36.
- Joly. Appareils à mesurer l’épaisseur des coussinets, 707. Frise à embrèvement et languettes, 710.
- K
- Koenigs. Théorie des mécanismes, 298,413, 544.
- Kudliez. Grille. Rapport de M. Brull, 563.
- L
- Laur. Bassin ferrifère de la Lorraine (P.),
- 686.
- Lavergne. Médaille de vermeil, 32.
- Le Giiatelier. Médaille commémorative, 34. La trempe du bronze, d’après MM. Heycock et Neuville, 278. Association internationale pour l’essai des matériaux, 836.
- Ledan, Lestang, Lique, Lirot (M. br. ;, 36.
- Lefebvre. Chauffage des ballons (P.), 686.
- Lemaire. Noria, 212.
- Lenke. Machine à vapeur surchauffée, 411.
- Lieving et Rheinfeld. Four rotatif à ciment, 273.
- Lievre. Prix d’agriculture, 17.
- Linder (Président). Discours à la séance générale des prix, 4.
- Lindet. Rapport sur les travaux scientifiques de MM. Fosse et Guiciiabd.
- Livaciie. Cuirs pour reliures, 515.
- Lunet. Moteur à gaz (P.), 686.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ---- DÉCEMBRE 1901.
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- M N O
- Mac Kehnie. La machine marine depuis 10 ans, 390.
- Maillard. Décoration des meubles (P.), 087.
- Mallat. Les Etats danubiens, 612.
- Marre. Prix d'agriculture. i7.
- Miciielson. Interféromètre, 281.
- Moissan. Gaz liquéfiés (manipulation des) en tubes scellés, 632.
- Morin. Turbine à vapeur (P.), 686.
- P Q
- Pichon. Moteur hydraulique (P.), 687.
- R
- Rateau. Ventilateurs et pompes centrifuges à hautes pressions, 728.
- Renard. Médaille commémorative, 31.
- Renaud. Médaille commémorative, 3-1.
- Revin. Machine à jambes (P.), 686.
- Richard (G.). Littérature des périodiques, 183, 300, 117, 333, 693. Notes de mécanique, 133, 281, 390, 681, 790. Propriétés des aciers coulés d’après M. J. Arnold, 121. Four rolatif Lcssing etRhein-feld, 273.
- Rostand. Médaille commémorative, 34.
- Robin. Châssis d’automobiles (P.), 686.
- Rinat. Lampe électrique (P.), 687.
- IIisler. Rapport sur le prix d'agriculture, 16.
- Rivière et Lecq. Médaille d’or,32.
- Rolet. Médaille d'or, 32.
- Ronna. Rapport sur le prix des irrigations agricoles, 19. Médaille commémorative, 34.
- Rocca, Tassy et Roux. Médaille de vermeil, 32.
- Roy. Unification du numérotage des fils,
- 831.
- S
- Samain. Rappel de médaille d’or, 32.
- Sartiaux. Médaille commémorative, 34.
- Sauvage. Presse pour huilerie Henclin, 361.
- Sauvage. Médaille commémorative, 34. Rapports sur l’appareil à mesurer l’épaisseur des coussinets, et sur les frises à languette et embrèvement de M. Joly. 707, 710. Association internationale pour l'essai des matériaux, 835.
- Siemens et Halske. Voiture électrique, 813.
- Simon. Obturateur de bec de gaz Girard-ville, 365. Manivelle de sûreté Fagedet, 569. Métier à ruban Rarbier, 701. Numérotage des fils textiles, 829.
- Sinigaglia. Médaille d’or, 31.
- Stanger etELOUNT. Fabrication du ciment, 507.
- T U
- Taxe. Machines-outils pneumatiques, 677.
- Thénard. Prix des irrigations agricoles, 25.
- Thomas. Guide pratique du teinturier. Rapport de M. de Luynes, 713.
- Thirion. Robinet verseur (P.), 686.
- Tison. Protection des galvanos (P.), 687.
- Tribeaudeau. Prix d’agriculture, 16.
- V
- Vogt. Études aur les conditions des argiles de France, 209.
- w
- Weber. Dessins géométriques (PO, 686.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE DEUXIÈME SEMESTRE DE LA CEXT-UNIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- A
- Alliages. (Travauxde laCommissiondes), 8. Cuivre-aluminium (Guillet), 650. Aluminium-magnésium (Boudouard), 773. Strontium-zinc-cadmium (Gautier) 780.
- B
- Bec de gaz Girardville. Rapport de M. Simon, 309.
- Broyeur Ghester et Wegeriff, 795.
- C D
- Céramique. Expériences relatives à l’étude de la constitution des argiles de France. Rapport de M. Yogt, 273.
- Chambre de commerce de Lyon. Grande médaille du Commerce, 9.
- Chaudières.
- — Chemins de fer électriques à grandes vitesses, 802.
- — Foyers au charbon pulvérisé, 144, tirage naturel et forcé, essais comparatifs, 295.
- — Grille Kudliez. Rapport de M. Brull, 563.
- Ciments. Réaction du sulfate de chaux (sur les) (Deval), 96, 784. Four rotatif, Lessing et Rhenfeld, 273.Fabrication en fours tournants (STANGERet Blount),507;
- Canaux en bois pour irrigations aux États-Unis, 286.
- Coussinets. Appareil à mesurer les épaisseurs, de M. Joly. Rapport de M. Sauvage, 707.
- Cuirs de reliure (Recherches sur les), (Li-vaciie), 515.
- E
- État financier de la Société cl’Encouragement. Exercice 1900. Rapport de M. D.au-brée et Bordet, 193, 207.
- États Danubiens (les) (Mallat), 312.
- F G H
- Fils textiles (Numérotage des), 829.
- Frise à embrèvement de M. Joly. Rapport de M. Sauvage, 710.
- Froid. Production et maintien des basses températures (d’Arsonval), 788.
- Gaz liquéfié. Manipulation en tubes scellés (Moissan), 652.
- Hydraulique.
- — Roues tangentielles (Essais Keely), 135.
- — Turbines. Tracé des aubes, 820.
- I J K L
- Interféromètre Michelson, 254.
- Irrigations agricoles (Prix des). Rapport de M. Ronna, 19.
- Joint à angle variable Koenigs, 182.
- Lait. Composition du — et des produits de la laiterie Rolet), 74.
- Levage. (Appareils de) Allège pour charbons Clarke, 147.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1901.
- — Grues électriques du port de Rotterdam, 158.
- — Pont roulant, électrique de fonderie, 670.
- Littérature des périodiques, 185, 300, 417, 553, 693, 842.
- Livres reçus à la bibliothèque, 131,
- 690.
- M
- MACHINES-OUTILS
- Machines-outils (Travail des) (Codron). Le cisaillage, 40, 215.
- — Aciers pour outils, 539.
- — Poinçonnage des métaux, Loos, 152.
- — Poinçonneuse, Graves, 681.
- — Outils pneumatiques, 667.
- Machines marines pendant les 10 dernières années (Mac Kechnie), 390.
- Machines à vapeur surchauffées (Lenke), 411 ; à vapeur /hnWeBEHREND et Zimmermann, 798.
- Manivelle de sûreté Fagedet. Rapport de M. Simon, 569.
- Marines de guerre modernes (de Chas-seloup-Laubat). Italie, 484; Japon, 632.
- Mécanismes (Théorie des) (Koenigs), 298, 413, 544.
- Métier à rubans de M. Barbier. Rapport de M. Simon, 701.
- Métrologie. Convention du mètre et le Bureau international des poids et mesures (Guillaume), 251, 425, 388.
- MÉTALLURGIE
- Métallurgie.
- — Laminoirs Hogdson et Norton, 138, pour tôles Carnegie, 155, Huber et Kennedy, 519.
- Presse Huger à faire les billettes, 142.
- Variante du procédé au minerai (E. de Loisy), 572.
- Aciers coulés (propriétés) (Arnold), 124).
- Bi 'onze (trempe du) (Heycock et Neville), 278.
- Cuivre et oxygène (Heyn), 276.
- Fonte de niobium (Moissan), 131.
- Alliages. Aluminium et magnésium- (Bou-douard), 773. Cuivre-aluminium (Güil-let), 650. Strontium, zinc, cadmium (Gautier), 780.
- N
- Noria Lemaire. Rapport de M. Brull, 221.
- O P Q
- Pesage et contrôle. Appareils Chameroy. Rapport de M. Rozé. 37.
- Pompes Holly des eaux de Boston, 790. Centrifuges à hautes pressions (Rateau), 728.
- Presse pour huileries Heuclin. Rapport de M. Sauvage, 361.
- Prix. (Séance générale des), 4.
- Procès-verbaux des séances. Séance générale des prix, 4; 12 juillet, 25; octobre, 8; novembre, 685 ; 22 novembre, 835; 13 décembre, 838.
- R S T
- Résistance des matériaux. Essais des métaux par pliage des barettes entaillées (Frémont), 365. Association internationale pour Vunification des essais. Congrès de Budapesth. Création d’une section française, 835-836.
- Tannerie. Valeur relative des matières tannantes; recherches du laboratoire des industries du cuir de Londres (Li-vache), 106.
- Teinture. Guide pratique du teinturier de M. Thomas. Rapport de M. de Luynes,
- 713.
- v
- Variation de la résistance des bronzes avec la température (Bach), 655.
- Ventilateurs et pompes centrifuges à hautes pressions (Rateau), 728.
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- • V ... *
- TABLE DES DESSINS
- DESSINS
- Pages.
- Travail des machines-outils, cisaillage. — 106 figures..................10, 215
- Composition du lait et des produits de la laiterie. — 2 figures............... 75
- Propriétés des aciers coulés. — 4 figures.....................................126
- Essais de roues tangentielles. — 7 figures....................................135
- Laminoirs Hodgson et Norton.—7 figures........................................139
- Presse à billettes Hughes. — 4 figures.......................................143
- Chauffage des chaudières au charbon pulvérisé. — 6 figures....................145
- Allège pour charbon Clarke. — 8 figures.......................................147
- Poinçonnage des métaux. — 15 figures..........................................152
- Laminoir de la Carnegie C°. — 3 figures.......................................156
- Grues électriques du port de Rotterdam. — 89 figures..........................158
- Noria Lemaire. — 2 figures....................................................212
- La convention du mètre et le bureau international des poids et mesures. —
- 67 figures................................................. 250, 425, 588, 715
- Four rotatif Lessing et Rheinfeld. — 12 figures...............................272
- Le cuivre et l’oxygène.— 2 figures............................................276
- Trempe du bronze. — 6 figures.................................................279
- Interféromètre Michelson. — 7 figures.........................................280
- Canaux en bois pour irrigations aux États-Unis. — 13 figures..................286
- Tirage naturel et tirage forcé. — 3 figures...................................297
- Obturateur pour becs de gaz Girardville. — 2 figures'.........................309
- Les États danubiens. — 1 figure...............................................338
- Essais des métaux par pliage des barrettes entaillées. — 11 figures...........365
- La machine marine pendant ces dix dernières années. — 44 figures..............390
- Les marines de guerre modernes. Italie, Japon. — 32 figures............. 484, 632
- Laminoirs et transbordeurs Hnber et Kennedy. — 30 figures.....................517
- Grille Kudlicz. — 6 figures...................................................563
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- TABLE DES DESSINS.
- DÉCEMBRE 1901.
- Variation de la résistance du bronze avec la température. — 8 figures......
- Pont roulant électrique. — 14 figures. ......................................
- Les outils pneumatiques.—7 figures....................................... . .
- Poinçonneuse Graves. — 5 figures......................................... . .
- Métier à ruban Barbier. — 8 figures...................................... . .
- Appareil Joly, à mesurer l’épaisseur des coussinets. — 1 figure. ......
- Frises de wagons Joly. — 12 figures. ......................................
- Ventilateurs et pompes centrifuges à hautes pressions. — 24 figures. . . . .
- Alliages d’aluminium et de magnésium. — fi figures.........................
- Pompes Holly. — 9 figures................................................ . .
- Broyeur Chester et Wegerif. — 7 figures. . .......................
- Moteur Behrend et Zimmermann. — 10 figures .....................
- Chemins de fer électriques à grandes vitesses. — 30 figures................
- Tracé des aubes des turbines. — 11 figures.................................
- Pages.
- 655
- 670
- 677
- 681
- 701
- 707
- 711
- 723
- 773
- 790
- 793
- 799
- 802
- 820
- Paris. — Typographie Philippe Renouard, 19, rue des Saints-Pères. — 41640.
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