Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- S. L.
- JBibliol
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIETE D’ENCOURAGEMENT
- O
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- SOUS LA DIRECTION DU SECRÉTAIRE DE LA SOCIÉTÉ
- M. ED. COLLIGNON
- 1902 (2e Semestre)
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration.
- (Extrait du Règlement.)
- «wotrru* MD C CCT
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44 '
- 1902
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- 101e ANNÉE.
- JUILLET 1902-
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- SÉANCE GÉNÉRALE DU 27 JUIN 1902
- PRÉSIDENCE DE M. L1NDER
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Linder, président, de la Société. A ses côtés siègent : MM. Lavollée, Lindet, et Voisin Rey, vice-présidents, et M. Collignon, secrétaire de la Société.
- M. le Président ouvre la séance par le discours suivant :
- Messieurs,
- En vous présentant, l’année dernière, l’ouvrage sur les Alliages que la Société d’Encouragement venait de livrer au public, j’avais appelé votre attention sur des résultats heureux que nous avait donnés l’adoption du système des subventions largement distribuées, à litre d’encouragement, aux auteurs des recherches intéressant l’industrie. Votre Conseil a persévéré dans cette voie, et le monde des industriels n’a qu’à s’en féliciter. La meilleure preuve qu’on puisse en donner est le vif intérêt que les travaux, ainsi suscités par nous, ont provoqué en deçà et au delà de nos
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- frontières et que souvent on nous manifeste par des dons qui, venant s’ajouter à nos propres ressources, augmentent singulièrement nos moyens d’action, tant par l’appui moral dont ils nous honorent que par l’aide financière qu’ils nous procurent.
- C’est ainsi que la classe de la Métallurgie à l’Exposition de 1900 nous a remis une somme de 5000 francs pour être affectée à des recherches intéressant spécialement la métallurgie. C’est encore ainsi que, sur l’initiative de son président, M. Haton de la Goupillière, la commission d’organisation du Congrès international des méthodes d’essais des matériaux de construction de 1900 nous a confié une somme de 3500 francs, destinée à être donnée, comme récompense, sur la désignation du Comité de Mécanique de la Société d’Encouragement, à l’un des auteurs ayant contribué dans la plus large mesure à l’activité et à l’éclat dudit Congrès. Cette haute récompense a été décernée à M. Frémont, dont les beaux travaux sur les essais des métaux au choc et sur éprouvettes entaillées ont été publiés dans notre Bulletin; qu’il reçoive nos bien vives et cordiales félicitations de cet encouragement si honorable et si mérité, et félicitons-nous nous-mêmes d’avoir été des premiers à l’aider dans les très importantes recherches qu’il poursuit avec tant d’ingéniosité et de désintéressement,et que nous sommes heureux de pouvoir continuer à subventionner de notre mieux.
- Je viens de toucher, Messieurs, à une question d’une haute importance et qui préoccupe vivement l’industrie, celle des essais des matériaux employés dans les constructions et les machines. En raison même des progrès réalisés dans la production et dans l’emploi des matériaux, cette question devient en effet chaque jour plus sérieuse et plus ardue. Les anciennes méthodes sont reconnues insuffisantes; il faut en trouver de nouvelles, assez précises et sûres pour inspirer toute confiance à ceux qui les appliquent, et assez simples pour pouvoir être appliquées sans dépenses exagérées ni tâtonnements par l’industrie.
- Le problème à résoudre est donc des plus délicats, autant par les difficultés d’ordre scientifique et technique qu’il comporte que par l’extrême gravité des intérêts qu’il met en jeu. Vous savez avec quelle activité sa solution est poursuivie par l’Association internationale pour l’essai des matériaux ; avec quelle compétence tout ce qui se rattache à ce problème y est traité par les savants et les ingénieurs les plus compétents ; la part considérable et brillante que les savants et les ingénieurs français ont prise à ses travaux.
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- Désireux de rendre leur collaboration plus active et plus efficace pour notre pays, les membres français de cette Association ont pris la résolution de se constituer en section française permanente, à l’exemple de leurs collègues d’Allemagne, d’Amérique et de Russie. Nous n’avons pas hésité à leur prêter notre concours à cet effet, aussitôt que leur résolution nous fut signalée par notre collègue, M. H. Le CZicitelier, qui, en sa qualité de membre du comité directeur de l’Association internationale pour la France, s’est attaché à sa réalisation avec l’intelligence, l’ardeur et le dévouement qu’il prodigue sans compter, sans ménager ni son temps ni ses forces, dès qu’il s’agit d’être utile à nos industries. Les séances de la branche française de l’Association internationale se tiennent dans notre hôtel; on y étudie et discute alternativement, sous la présidence de M. Sauvage, les essais des métaux; sous celle de M. Mesnager, la résistance des maté-' riaux autres que les métaux, et tout particulièrement celle des ciments; sous la présidence de M. Petrot, les questions scientifiques, telles que la métallographie, la répartition des déformations élastiques, etc. Les comptes rendus de ces séances, publiés en annexes de notre Bulletin, ne manqueront pas de donner à ce recueil un nouvel et très vif intérêt, suffisant à lui seul pour compenser le sacrifice que nous nous imposons pour aider au succès de travaux, dont l’importance est capitale pour nos industries de construction.
- Nous espérons ainsi pouvoir bientôt réunir en un volume de nombreux mémoires, les uns déjà publiés, les autres en cours de publication ou d’élaboration, relatifs à la question des essais de fragilité des métaux. Ces mémoires, disséminés dans des publications diverses, sont aujourd’hui très difficiles à consulter dans leur ensemble; leur réunion constituera donc un document précieux, auquel je ne crains pas de prédire le même succès qu’à notre livre des Alliages.
- Nous n’avons pas cru, Messieurs, devoir borner aux mesures qui viennent d’être indiquées les efforts de la Société d’Encouragement en faveur de l’industrie.
- De nombreux chercheurs, à la science et au dévouement desquels on ne saurait rendre un trop reconnaissant hommage, ont entrepris depuis quelque temps l’étude, jusqu’ici trop négligée, de la fragilité des matériaux de construction. Leurs recherches, entreprises parfois à des points de vue trop spéciaux et par des méthodes trop différentes les unes des autres, auront besoin, pour être utilisées, d’être complétées, comparées et coor-
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- données par un travail d’ensemble. Pénétrés de l’extrême importance d’une pareille étude, nous n’avons pas hésité à voter une subvention de 3000 francs à M. le capitaine Gutton,qui va l’entreprendre; cette subvention, ajoutée aux ressources mises, d’autre part, à la disposition du savant officier par l’Organisation nouvelle des laboratoires du Conservatoire des Arts et Métiers, suffira, nous l’espérons, pour amener ce travail à bonne fin.
- Outre les recherches dont il vient d’être question, nous en avons provoqué d’autres, non moins utiles à la science et à l’industrie : telles les recherches sur la constitution des argiles de France confiées à M. Lave-zard,soxis l’éminente direction de M. Vogt; l’exploration des gisements géologiques d’argile de la France, commise aux soins de M. Laeille; des études sur les ciments par M. Demi et sur la chronométrie, par M. Guillaume.
- Le montant des sommes, ainsi engagées pour subventionner des expériences et des recherches, s’élève, pour les années 1902 et 1903, à une vingtaine de mille francs. Nous avons le ferme espoir que l’industrie, en faveur de laquelle nous faisons ce sacrifice, saura de son côté nous prêter son aide, de façon à nous permettre d’aborder de nouvelles études, auxquelles nous ne pouvons songer quant à présent, faute de fonds suffisants.
- Proclamons bien haut, cependant, que cette aide désirée nous a été déjà donnée par avance. A côté des recherches exécutées sous notre patronage figurent déjà, en effet, dans les Bulletins de notre Société, des travaux très remarquables, dus au concours désintéressé de plusieurs industriels : tels le mémoire de M. Codron, lauréat d’un de nos prix de mécanique, sur le travail des machines-outils, et celui de M. Boulanger sur la résistance et les propriétés des cuirs. Ces travaux entièrement personnels, remplis de renseignements précis et complètement inédits, font le plus grand honneur à leurs auteurs, ainsi qu’à l’Institut industriel du nord de la France, dont le Directeur a mis les machines et le laboratoire, avec la plus grande libéralité, à la disposition des expérimentateurs, donnant ainsi la preuve des importants services que de pareilles institutions peuvent rendre dans les mains d’administrateurs habiles et de chercheurs ingénieux et dévoués.
- Avant de clore ce compte rendu de nos publications, je dois au moins une citation à quelques-uns des Mémoires les plus saillants publiés dans notre Bulletin : le travail de notre collègue M. Livache sur l’incinération des
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- ordures ménagères; celui de M. Le Chatelier sur la fusibilité des cendres des combustibles; l’étude de M. Rateau sur les ventilateurs et les pompes centrifuges à haute pression; les Mémoires de M. Rarnu sur les accidents des coups de mines et de M. de Loin/ sur une variante du procédé au minerai ; enfin, la belle monographie consacrée par M. Guillaume à la convention du mètre et au Bureau international des poids et mesures.
- De leur côté, comme les années précédentes, nos conférenciers nous ont apporté le concours de leur science et de leur talent : M. Alby en nous parlant du développement des Sociétés d’ingénieurs en Angleterre et en Allemagne; M. Appett, du verre armé; M. Granger, des laboratoires industriels en Allemagne; M. Hitier, du sol et des systèmes de culture; M. Lindet, des lampes et des réchauds à alcool ; M. Rabut, de sa belle œuvre, le tunnel de Meudon ; M. Richard, de la machine-outil moderne et M. Sauvage, de l’Association internationale pour l’essai des matériaux et du Congrès que cette association a tenu à Buda-Pesth.
- Nous ne saurions remercier trop vivement ces collaborateurs désintéressés de notre œuvre, car c’est à eux que nous devons l’éclat de nos séances et le maintien de notre Bulletin, plus que centenaire, à la hauteur de ses belles traditions.
- Notre Société, Messieurs, décerne chaque année, sur la proposition de l’un de ses comités, une grande médaille d’or aux auteurs des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’industrie française. Le Comité des Arts mécaniques, à qui incombait, cette année, l’obligation de décerner cette haute récompense, a choisi pour lauréat M. V. Steinlen, dont M. Sauvage vous retracera tout à l’heure la carrière si féconde. Les machines-outils de M. Steinlen sont, de l’aveu de tous les mécaniciens, de véritables chefs-d’œuvre remarquables par leur originalité et par l’art, la précision et la conscience avec lesquels elles sont établies, au point que l’on peut dire d’elles sans exagération que leur auteur a été un véritable initiateur dans cette branche si importante de la mécanique, au développement de laquelle il a consacré sa vie, traversée, hélas ! de trop nombreux soucis. Par les services qu’il a rendus à nos ateliers de construction, M. Steinlen mérite à tous égards la médaille de Prony,que la Société lui décerne, et c’est de tout cœur que nous le félicitons de prendre place dans la glorieuse phalange des lauréats, où figurent nos constructeurs et inventeurs de machines-outils les plus éminents.
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- Les prix mis au concours par notre Comité d’Agriculture appellent toujours de nombreux concurrents. Aujourd’hui, trois de ces prix sont donnés à des candidats dont les Mémoires ont été, chose rare, assez remarquables pour les mériter sans partage.
- Le premier de ces prix, le prix Parmentier, fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition de 1889 pour récompenser les recherches scientifiques ou techniques susceptibles d’améliorer les procédés des usines agricoles, est décerné à M. Rabaté, pour ses très originales études sur l’industrie résinière des Landes; M. Lindet, rapporteur naturellement désigné de ce prix du à l’initiative de son oncle, notre regretté secrétaire, M. Aimé Girard, vous analysera, dans un instant, le beau travail du lauréat, dont la partie la plus importante paraîtra, par extraits, dans notre Bulletin.
- Le prix de 2 000 francs, à accorder à l’étude la meilleure sur les terrains d’une région agricole, est décerné à M. C. Brioux,pour son étude géologique et agricole de la Basse-Bourgogne, dont M. Hitier vous présentera tout à l’heure une analyse détaillée.
- Le troisième prix décerné par le Comité d’Agriculture avait pour objet d’encourager la mise en œuvre des méthodes les plus propres à la parfaite culture d’un produit important, matière première d’une de nos grandes industries. Il a été mérité par M. Misset, qui a répondu, d’une façon complète, aux conditions multiples et difficiles imposées par le programme du prix à décerner pour les meilleures variétés d'orge de brasserie.
- Notre Comité des Arts chimiques, sur la désignation de la Société chimique de Paris, accorde deux prix de 500 francs chacun à des recherches scientifiques de chimie utiles à l’industrie. Ils sont décernés, l’un à M. C. Urbain, pour ses travaux sur les acétylacétonates, l’autre à M. Guyot, pour ses recherches sur les matières colorantes.
- Enfin, outre le prix du Congrès des méthodes d’essais, remporté par M. Frémont, le Comité des Arts mécaniques a décerné un nouvel encouragement de 1000 francs à M. Canovetti pour les derniers et très remarquables travaux qu’il a exécutés sur la résistance opposée par l’air aux mouvements des corps, et qui forment le complément de ses recherches antérieures sur la même question, publiées dans notre Bulletin de l’année dernière.
- 11 me reste, Messieurs, à remplir un pénible devoir. La mort a continué
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- à sévir parmi nous et, cette année encore, elle nous a cruellement éprouvés.
- M. Bonjour, lauréat de notre Société, mécanicien éminent, d’une ingéniosité remarquable, nous a été enlevé dans la force de l’âge, après une courte et cruelle maladie. Sa mort a interrompu une carrière féconde en inventions précieuses, qui nous en promettaient bien d’autres encore.
- M. Bryan Donkin, à la fois industriel habile et excellent ingénieur, était un savant de l’école des Hirn et des Dwelshauvers. Ses travaux sur le rendement des machines et des chaudières à vapeur et sur les moteurs à gaz sont classiques. Son révélateur lui a permis d’étudier expérimentalement, et dans ses moindres détails, le rôle si complexe et si discuté de l’influence des parois dans le- fonctionnement des machines à vapeur. M. Donkin consacrait depuis longtemps toute son activité à ces recherches ; il est décédé subitement, pendant qu’il exécutait une dernière expérience.
- A ces pertes si fâcheuses pour notre Société sont venues s’ajouter celles de MM. Fortin-Hermann, Lambert, Hugon, Thirion,Payen, Lamy, membre à vie et donateur de notre Société ; Bacla y Delgado, correspondant, à Madrid, de notre Comité de Commerce. Adressons-leur à tous, Messieurs, en ce jour, un dernier hommage, et envoyons à ceux qui les pleurent, avec le témoignage de nos douloureux regrets,l’expression de notre vive et sincère sympathie.
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- PRIX ET MÉDAILLES
- DÉCERNÉS DANS LA SÉANCE GÉNÉRALE DLT 27 JUIN 1902
- GRANDE MÉDAILLE
- La Société décerne chaque année, sur la proposition de l’un des six Comités du Conseil, une grande médaille en or aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de rindustrie française pendant le cours des six années précédentes.
- Le Conseil d’administration de la Société, sur la proposition du Comité de Mécanique, décerne en 1902 la grande médaille, à l’effîgie de Prony, à M. V. Steinlen pour ses travaux sur les machines-outils. (Voir p. 16.)
- PRIX FOURCADE
- POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Ce prix de 1000 francs a été fondé par les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative de M. Fourcade et avec sa coopération, en faveur du simple ouvrier ayant le plus grand nombre d’années de service dans une même maison appartenant à l’une des industries représentées dans cette classe.
- Le prix, pour 1902, est décerné à M. Comte (Simon), ouvrier depuis 49 ans chez M. Guimet, manufacturier à Fleurieu-sur-Saône.
- AGRICULTURE
- PRIX PARMENTIER, DE 1000 FRANCS
- POUR RECHERCHES SUSCEPTIBLES D’AMÉLIORER LES PROCÉDÉS DES USINES AGRICOLES
- Ce prix est décerné à M. Rabaté, pour ses études sur Y Industrie résinière des Landes. (Voir p. 47.)
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- PRIX ET MÉDAILLES.
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- PRIX DE 2000 FRANCS
- POUR UNE ÉTUDE SUR LES TERRAINS D’UNE RÉGION AGRICOLE
- Ce prix est décerné à M. C. Brioux, pour son étude géologique et agronomique de la Basse-Bourgogne. (Voir p. 37.)
- PRIX DE 1 500 FRANCS
- POUR LES MEILLEURES VARIÉTÉS ü’oRGE DE BRASSERIE
- Ce prix est décerné à M. A. Misset. (Voir p. 41.)
- ARTS CHIMIQUES
- DEUX PRIX DE 500 FRANCS
- POUR DES RECHERCHES SCIENTIFIQUES DE CHIMIE UTILES A L’INDUSTRIE
- Ces prix sont décernés : Fun à M. C. Urbain, pour ses travaux sur les acé-tylacétonates de fer, de chrome... et sur la préparation des terres rares, et l’autre à M. Guyot, pour ses travaux sur les matières colorantes. (Voir p. 44 et 45.)
- ARTS MÉCANIQUES
- PRIX DE 3500 FRANCS
- Offert par la Commission d'organisation du Congrès international des méthodes d'essai des matériaux de construction de 1900 pour être décerné, par le Comité des Arts mécaniques de la Société d’Eneouragement, à l’un des auteurs qui auront le plus contribué à l’activité et à l’éclat de ce Congrès.
- Ce prix est décerné à M. Ch. Frémont.
- PRIX DE 1 000 FRANCS
- POUR UNE ÉTUDE DES COEFFICIENTS NÉCESSAIRES AU CALCUL d’üNE MACHINE AÉRIENNE
- Un encouragement de 1000 francs est accordé à M. Canovetti, pour ses expériences sur la résistance de l’air.
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- D ORDRE
- MÉDAILLES
- I. — LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- Nos d'ordre. NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. MM.
- 1 Barbier. Simon. ! Métier mécanique pour ruban (1).
- 2 Ghameroy. Rozé. Appareils de pesage.
- 3 Hélot. Têtard. Ouvrage sur la sucrerie (2).
- 4 Lencauchez. Voisin Bey. Dragues et excavateurs.
- 5 Yaillard et Desma- Fontaine. Appareils stérilisateurs (3).
- roux.
- 6 Varlez (L.). Ciieysson. Étude sur le plan social de Gand.
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- MM. MM.
- 1 Dessolle. Fontaine. Galvanoplastie (4).
- 2 Prangey. Lindet. Baffineuse continue (5).
- MÉDAILLES D’ARGENT
- MM. MM.
- 1 Balland. Lindet. L’Œuvre de Parmentier.
- 2 Bara. Sauvage. Tube de niveau d’eau (6).
- 3 Claude. Fontaine. L’Electricité à la portée de tout le
- monde.
- 4 De la Goux. Bénard. Les Eaux industrielles.
- 5 Fagedet. Simon. Manivelle de sûreté (7).
- 6 Légier. Lindet. Histoire des origines de la fabrica-
- tion du sucre.
- 7 Pelatan. Dupuy. Richesses minérales des colonies
- françaises (8).
- 8 Rayer. Tisserand. Agriculture de la vallée du Nil.
- (1) Bulletin de décembre 1901, p. 701.—(2)Bulletin d’avril 1902,p. 461.— (3) Bulletin de mars 1902, p. 321. — (4) (Voir p. 46.) Bulletin de novembre 1901, p. 363. — (3) Bulletin de mai 1902, p. 589. — (6) Bulletin de mars 1902, p. 393. — (7) Bulletin de novembre 1901, p. 369. — (8) (Voir p. .35.)
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- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES.
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- Nos d’ordre. NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- MM. MM.
- 1 Joly. Sauvage. Vérificateur de fusées (1).
- 2 De Montais. Hirsch. Poulies extensibles (2).
- 3 Rayasse. Lariyière. Ceinture de sûreté.
- (1) Bulletin de décembre 1901, p. 707. — (2) Bulletin de juin 1901, p. 745.
- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes, qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société, des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies. Ces médailles sont remises à :
- MM. Alby, séance du 14 février 1902. — Développement des Sociétés d'ingénieurs en Angleterre et en Allemagne (1).
- Appert, séance du 25 avril 1902. — Le Verre armé (2).
- Granger, séance du 8 novembre 1901. — Les Laboratoires industriels d'Allemagne.
- Hitier, séance du 24 février 1902. — Le Sol et les Systèmes de culture (3).
- Lindet, séancedu 27 décembre 1901.—Les Lampes et Réchauds à alcool(4).
- Rabut, séance du 23 mai 1902. — Le Tunnel de Meudon.
- Richard, séance du 24 janvier 1902. — La Machine-Outil moderne.
- Sauvage, séance du 22 novembre 1901. — L’Association internationale pour Vessai des matériaux et son Congrès de Budapesth.
- (1) Bulletin d’avril 1902, p. 464. — (2) Bulletin de juin 1902. — (3) Bulletin de mai 1902,. p. 594. — (4) Bulletin de février 1902, p. 148.
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- D ORDRE,
- MÉDAILLES
- II. - LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- w os Cl p "c Z NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DK SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- î Ancelle (Auguste') 14 Contremaître chez MM. Legrand frères, manufacturiers à Paris.
- 2 Asquin (Charles) 32 Employé à la Société centrale de produits chimiques à Paris (ancienne maison Rousseau).
- 3 Baudement (Éloi) 47 Ouvrier à la Cie de Châtillon, Comment l'y et Neuves-Maisons, à Mont-luçon.
- 4 Bertault (Alexandre) 35 Contremaître principal à la Cic des Chemins de fer de P.-L.-M., à Villeneuve-Saint-Georges.
- 0 Brague (Jean) 30 Monteur à la Cic des Chemins de fer de l'Ouest, à Paris.
- 6 Brocard (Nicolas) 37 Ajusteur à la G"' des Chemins de fer de l’Est, à Nancy.
- 7 Cuilouet (Louis) 44 Contremaître à la Cie de Châtillon, Commentry et Neuves-Maisons, à Montluçon.
- 8 Devaux (Léon) 38 Surveillant à la Cie de Saint-Gobain, Chauny et Cirexy.
- 9 Faucher (Simon) 38 Chef d’équipe ajusteur à la Cic des Chemins de fer de P.-L.-M.,h Arles.
- 10 Gixiaux (M1)e Clara! 40 Ouvrière chez MM. Blanzy, Poure et Cic, à Boulogne-sur-Mer.
- 11 Giraud (Mme Célestine) 16 Employée à l’usine de la Société anonyme des papeteries Gouraud, à Chantenay-sur-Loire.
- 10 Grout (Louis) 30 Contremaître à la Cie des Chemins de fer de l'Ouest, à Sotteville.
- 13 Hay (Nicolas) 36 Contremaître adjoint à la C^'des Chemins de fer de l'Est, à Paris.
- 14 Holstraet (Auguste). . . , . . 34 Surveillant aux Etablissements Kuhl-mann, à Lille.
- 15 Lamy (Édouard) 38 Raboteur aux Ateliers de la Cie des Chemins de fer deP.-L.-M., k Paris.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
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- H tf O W CO ^ ÉTABLISSEMENTS
- A O NOMS ET PRÉNOMS. -, > z * z a AUXQUELS
- è < 2Ù Q ILS appartiennent.
- MM.
- 16 Loubières (Guy) 39 Chef lampiste à la Compagnie gêné-
- raie des Omnibus, à Paris.
- 17 Maréchal (François) 41 Forgeron marteleur aux Ateliers de
- la Clc de Fixes-Lille, à Lille.
- 18 Michel (Gilbert) 48 Maître mineur aux Houillères de Bé-
- zenet, Cic de Châtillon, Commentry et Neuves-Maisons.
- 19 Mongodin (Paul) 30 Monteur à la Cie des Chemins de fer
- de l'Ouest, au Havre.
- 20 Poulin (Gustave) 41 Ouvrier imprimeur lithographe chez M. Gallin, papetier-imprimeur, à
- Paris.
- 21 Sangnier (Louis) 37 Contremaître principal à la Cie des
- Chemins de fer de F.-L.-M., à Paris.
- 22 Sebault (Pierre) 27 Fondeur de métaux précieux à la
- Société du comptoir Lyon-Alemand,
- à Paris.
- 23 Serieïs (Jean) 34 Forgeron à la Cie des Chemins de fer
- de l'Ouest, à Rennes.
- 24 Simon (André) 39 Menuisier à la Ciegénérale des Omni-
- bus, à Paris.
- 23 Ta vaux (Eugène) 31 Surveillant à la Cie de Saint-Gobain,
- Chauny et Cirey.
- 26 Villain (Jules) 46 Ouvrier chez MM. Blanzy, Poure et
- Cic, à Boulogne-sur-Mer.
- Le Secrétaire de la Société,
- Ed. COLLIGNON,
- Inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite.
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- DISTRIBUTION DES PRIX ET MÉDAILLES
- DÉCERNÉS POUR LES INVENTIONS UTILES OU LES PERFECTIONNEMENTS DANS LES ARTS INDUSTRIELS
- Rapports des différents Comités
- GRANDE MÉDAILLE DES ARTS MÉCANIQUES
- Rapport sur les titres de M. V. Steinlen a la grande médaille de Prony, par M. Ed. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques.
- Le Comité des Arts mécaniques est appelé, cette année, à désigner, pour l’attribution de la grande médaille dite de Prony, un des auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l’industrie française. Il propose, pour cette haute distinction, M. V. Steinlen, pendant vingt-neuf années ingénieur, puis directeur des importants ateliers de construction établis à Mulhouse sous les raisons sociales successives I. Ducommun et Cio, Heilmann-Ducommun et Steinlen, Steinlen et C'°.
- On sait quelle place tient l’outillage mécanique dans l’industrie moderne, et quelle est l’importance capitale d’un bon outillage : on peut caractériser en quelques mots la carrière de Steinlen en disant qu’elle a été consacrée au perfectionnement de cet outillage, et spécialement des machines-outils à travailler les métaux.
- En ce qui concerne l’étude des appareils, il a constamment appliqué cet excellent principe, qui consiste à ne jamais perdre de vue non seulement Peffet que doit produire l’appareil étudié, mais aussi la facilité et la simplicité de l’exécution à l’aide des moyens dont on dispose. Dans un de ses rapports, il caractérise comme il suit sa manière de conduire les études : « Depuis que je suis dans l’industrie (c’est-à-dire depuis 1841), j’ai toujours cherché ce qui était simple, naturel, de droit fil, de bonne venue, et surtout
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- SUR LES TITRES DE M. V. STEINLEN A LA GRANDE MÉDAILLE DE PRONY. 17
- qu’on pouvait facilement exécuter. » Ce principe n’est guère contesté; mais l’application en est difficile, car elle exige une profonde connaissance à la fois des principes de la construction mécanique et des moyens d’exécution. Trop souvent l’étude de détail des appareils est faite sans expérience suffisante, parfois même loin des ateliers qui doivent les construire suivant les dessins qui leur sont remis : dans ces conditions, les pièces ne peuvent guère être tracées en vue d’une confection aussi facile et aussi économique que possible. Il est toujours aisé de dessiner sur le papier des formes compliquées; mais on impose à l’exécution un supplément de travail souvent bien inutile.
- Le mérite de Steinlen ne se borne pas à l’application dans les études de ce principe incontestable et incontesté : en ce qui concerne l’exécution, il a toujours estimé que la qualité essentielle d’une construction mécanique est la précision : toutes les parties d’une machine doivent être très exactement construites, avec les dimensions indiquées, de telle sorte qu’elles s’assemblent sans retouche et sans jeu anormal les unes sur les autres : le monteur doit être un monteur, et non un ajusteur. La précision dans l’exécution exige des machines-outils extrêmement soignées, où la direction des plans et des axes parallèles et perpendiculaires soit exactement réalisée. En outre, les différentes parties de ces machines doivent avoir une grande résistance, de telle sorte que les déformations produites par le poids des pièces en travail et par la poussée des outils soient insensibles.
- Ces qualités de la machine-outil ne doivent pas exister seulement au moment où elle sort des ateliers du constructeur, mais il faut qu’elles se conservent longtemps en service.
- La réalisation de ce principe de construction irréprochable ne va pas sans quelques difficultés d’ordre commercial, contre lesquelles Steinlen a dû lutter; en effet, quels que soient les soins apportés à l’étude en vue. de simplifier l’exécution, le prix des machines-outils de qualité irréprochable est presque toujours assez élevé, à cause de l’emploi de matériaux de choix et des opérations spéciales qu’elles exigent, telles que rectification à la meule de pièces trempées. Aussi l’acheteur est souvent tenté de donner la préférence à une machine-outil en apparence à peu près équivalente, mais de qualité inférieure et de prix moindre.
- Malgré cette tendance de certains acheteurs, plutôt que d’abandonner le travail soigné, Steinlen soutient, à juste titre, qu’un constructeur de machines doit être avant tout soucieux d’établir, puis de maintenir sa répu-Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902. 2
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- tation, et que le consommateur ne peut rester aveugle à ses véritables intérêts, un bon outillage étant indispensable aussi bien pour la qualité des produits que pour leur production économique. Une confirmation de cette vue peut se voir dans la persistance avec laquelle se maintient la réputation d’établissements industriels en décadence : il est vrai que cette confiance injustifiée ne s’est formée qu’après des années d’efforts.
- Malheureusement, dans certains cas, les conséquences du choix de telle ou telle machine-outil ne sont pas très faciles à apprécier directement par ceux qui n’en suivent pas de très près le travail; certaines de ces conséquences, telles que l’usure et la mise hors de service prématurée de l’outil, ne se produisent qu’au bout d’une période relativement assez longue : aussi serait-il bien désirable qu’on appliquât une méthode d’appréciation immédiate et directe de la qualité des machines-outils livrées à l’industrie. 11 suffirait, pour cela, de recourir plus généralement qu’on ne le fait à des essais précis de réception, qui conduiraient le constructeur à préciser et l’acheteur à vérifier le travail que peuvent exécuter les machines-outils. On pourrait par exemple, dans le travail de dégrossissage d’une pièce simple en acier doux, indiquer le poids de copeaux qui doit être enlevé à l’heure, et, dans le travail de finissage, le degré de précision obtenu : la mesure en différents points du diamètre d’un cylindre exécuté sur le tour, ou du pas d’une vis, indiquerait des écarts plus ou moins grands.
- Cette méthode mettrait vite en lumière les qualités des bonnes machines, et ferait éliminer les médiocres et les mauvaises, qu’on est souvent tenté de choisir à cause de leur prix inférieur. En outre, les données de ces essais permettraient un contrôle plus facile de l’emploi des appareils en service courant.
- Steinlen a toujours attaché la plus grande importance à la perfection dans la construction des machines; jamais pour abaisser le prix de revient, il n’a sacrifié l’exécution irréprochable, essentielle à ses yeux. Il est convaincu que la meilleure machine est la plus économique, ce qui n’est guère contestable pour toutes les fabrications qui exigent de la précision, et on peut dire que la précision s’impose de plus en plus dans toutes les constructions mécaniques, ne fût-ce qu’en vue de la facilité du remplacement des pièces avariées. Voici comment s’exprime à ce sujet un de ses rapports :
- « Les travaux qui ne demandent soi-disant aucune précision ne sont-ils pas justement delà catégorie de ceux qu’il faut surtout pouvoir établir économiquement?
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- « Eh bien, cela ne se fait qu’au moyen d’instruments énergiques, et qui seront d’autant plus énergiques qu’ils seront plus précis, attaquant le plus possible la pièce en travail jusqu’au plus près du fini; ne laissant, pour l’achèvement, que très peu de matière à enlever, et ce dernier travail demande une tenue d’outil au moins aussi énergique et précise que pour l’opération d’ébauche qui l’a précédé. »
- Grâce à son double talent, qui s’exerce aussi bien à l’atelier que dans le bureau d’études, Steinlen est le type du véritable ingénieur constructeur de machines. Aucun détail ne lui échappe; les moindres parties de ses machines sont bien appropriées à leur destination et tracées de manière à s’exécuter exactement avec l’outillage disponible.
- Aussi les machines sorties des ateliers qu’il a dirigés ont une harmonie de formes qui en fait de véritables objets d’art, agréables à regarder. La pureté des lignes des pièces fondues, la précision et la netteté des formes des parties ajustées, la sobriété de la décoration extérieure, d’où est bannie toute peinture voyante, font reconnaître l’œuvre d’un véritable artiste.
- Cet aspect caractéristique se remarquait, de la manière la plus frappante, dans l’admirable collection de machines qui avait été présentée par Steinlen et Cie, dans un pavillon spécial, à l’Exposition de 1889. Non seulement la beauté individuelle des appareils, mais l’unité de composition qui régnait dans leur nombreuse série, frappaient les visiteurs même peu au courant de ces fabrications spéciales.
- En outre, Steinlen pense que les bonnes machines sont durables parce que les qualités qui les font bonnes les rendent en même temps peu sujettes à usure : on trouve donc, en longue durée de service, en économie des frais de réparation, une compensation du prix élevé d’acquisition.
- On peut juger jusqu’à quel point ces résultats ont été obtenus d’après une lettre que M. Candelot, colonel d’artillerie de marine, pendant longtemps directeur des fonderies de la marine à Ruelle, a récemment adressée à M. Steinlen. Dans cette lettre, M. Candelot « certifie avoir fait monter et employé, dans cet établissement, les machines-outils de M. Steinlen, ingénieur-mécanicien, et certifie que ces machines-outils : fraiseuses de précision, tours universels à fraiser, machine à raboter et à fraiser sur les quatre faces, machines à lapider de précision, machines de précision à tailler et à affûter les fraises, machines de précision à affûter les forêts hélicoïdaux de tous diamètres, tours de toutes dimensions, avec vis de précision métrique, sé sont toujours fait remarquer par le fini du travail, leur solidité, leur durée. Je puis encore
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- citer quatre tours, grand modèle, primés à l’Exposition universelle de 1867 (Paris), fournis en 1868 à la fonderie delVevers. et, depuis, à la fonderie de Ruelle, qui n’ont jamais eu besoin de réparation après trente années de travail incessant, avec de lourds objets en travail, et ont conservé leur précision initiale.
- « Je crois devoir encore citer l’énorme outillage pour forer et aléser les canons actuellement encore à la grande forerie de la fonderie de Ruelle, où il travaille presque jour et nuit, depuis 1883, sans présenter la moindre trace d’usure, et a permis d’usiner les énormes pièces de marine de 96 tonnes, 75 tonnes, 50 tonnes, qui arment actuellement les côtes et les flottes depuis cette époque.
- « J’ai établi le présent certificat pour faire ressortir la perfection de cet immense outillage fourni par M. Steinlen à la fonderie de Ruelle, où j’ai passé seize années depuis le grade de capitaine et où j’ai été colonel directeur pendant huit années; et, en dernier lieu, en 1899, cet outillage, qui a fait l’admiration des étrangers, existe encore aussi intact qu’au premier jour et a permis de créer le matériel d’artillerie incomparable qui arme nos côtes et notre flotte. »
- « J’autorise M. Steinlen à faire de ce certificat Puisage qu’il jugera convenable. »
- Les travaux de Steinlen ont porté sur la plupart des machines à travail-er les métaux. Les tours et les machines à fraiser surtout ont donné lieu à la création de séries de types fort remarquables. Même lorsqu’il imitait des dispositions existantes, Steinlen améliorait certains détails, et il donnait à son œuvre une physionomie originale (1).
- Parmi les machines-outils les plus remarquables qui lui sont dues, on peut citer le grand tour construit pour les ateliers de la marine française à Guérigny. La hauteur de pointes de ce tour gigantesque est de 1m,700, la plus grande distance entre pointes de 7 mètres. Il est muni de deux cha-
- (i) Voici comment s’exprime, au sujet de ces machines, M. R. H. Thurston dans un rapport sur l’Exposition de Vienne en 1873 (traduction) :
- « Une maison alsacienne, propriétaire des ateliers Ducommun, a présenté plusieurs des meilleurs outils de l’Exposition. Certains de ces outils étaient de dessin original; pour tous on admirait la qualité des matières et le soin de l’exécution. Parmi ces outils se trouvait une copie d’un tour revolver américain, copie avouée d’ailleurs; mais comme cette copie reproduisait non seulement les dispositions de l’original, mais l’excellence de sa construction, les auteurs de l’original peuvent être fiers de cette reproduction. »
- Il s’agit, dans ce rapport, d’un tour revolver de construction Brown and Sharpe, acheté à l’Exposition de 1867, première imitation par Steinlen d’une machine américaine.
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- riots, et d’un appareil de fraisage qui peut remplacer un des chariots. Pour donner une idée de la grandeur des pièces de cette machine, il suffira de dire que la fusée principale de l’arbre tournant dans les coussinets de la poupée fixe a un diamètre de 650 millimètres sur un mètre de longueur. Le poids du tour, avec les accessoires, est de 341 tonnes.
- Dans la collection des appareils de proportions usuelles, il confient de citer plusieurs types de machines à tailler les fraises, une machine à les affûter, construite en 1881, où la fraise hélicoïdale est complètement guidée sous la meule par un mécanisme spécial; une machine à affûter les forets hélicoïdaux de 1889; des fraiseuses verticales et horizontales, de dispositions très variées, dont certaines remontent à 1867 ; des machines pour rectifier à la meule les pièces trempées; des machines à tailler les engrenages, droits et coniques, des types nombreux de tours.
- Certaines fraiseuses de Steinlen atteignent de grandes dimensions : une raboteuse fraiseuse, du poids de 111 tonnes, peut recevoir des pièces larges de 2m,50, hautes de 2m,50 et longues de 8 mètres. Une aléseuse fraiseuse, pesant 60 tonnes, présente une vaste surface de tables horizontales, exactement dressées, sur lesquelles on peut fixer de très grandes pièces (1).
- Outre les machines-outils, Steinlen a construit d’autres machines, notamment de belles presses à imprimer les étoffes, qui figuraient à l’Exposition universelle de 1889; des machines à vapeur à grande vitesse, du type américain Straight line; des dynamos, du type Gramme. L’induit d’une de ces dernières machines, construit en 1874, a été offert à l’Institut électro-technique de Nancy et a donné lieu à la lettre suivante de M. le doyen de la Faculté des sciences de cette ville, du 17 janvier 1902 :
- « Nous avons encore l’induit que vous avez bien voulu offrir à notre Institut électro-technique.
- a II est extrêmement intéressant, étant donnée la date à laquelle il a été construit, et la disposition de ses différentes parties, toutes très soignées, montre que, dès cette époque, on savait, chez les bons constructeurs, suivre les prescriptions théoriques. »
- Le laboratoire de physique de l’Université de Lausanne possède, depuis
- (1) On trouvera quelques détails sur plusieurs machines de Steinlen dans le Rapport du jury international de VExposition de 4889, machines-outils, par le commandant Ply. A cette exposition, la maison Steinlen et Cie obtint 3 médailles d’or et un grand prix pour les machines-outils. Le Traité de machines-outils, de G. Richard, donne quelques dessins de ces machines. Enfin, des descriptions détaillées se trouvent dans des albums publiés par leur constructeur à occasion de diverses Expositions (Paris, 1881; Vienne, 1883; Anvers, 1885).
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- 1884, une de ces machines Gramme, achetée d’occasion, et M. le professeur Henri Dufour s’en déclare encore très satisfait en 1901.
- Enfin, le certificat suivant a été délivré par M. Fontaine, à la suite de l’Exposition de 1889 :
- « Je soussigné, président du Syndicat international des électriciens, déclare que l’éclairage organisé et entretenu, pendant toute la durée de l’Exposition, par MM. Steinlen et Ci0, a très bien fonctionné depuis l’organisation jusqu’à la fermeture du Palais des machines.
- « Les dynamos et les régulateurs ont donné des résultats extrêmement satisfaisants. Aucun autre appareil figurant à l’Exposition ne fonctionnait mieux. »
- La carrière de Steinlen a été entièrement consacrée à la construction mécanique. De nationalité suisse, né en 1824 d’un père peintre et dessinateur, habile à toutes sortes de travaux, Y. Steinlen fut élevé dans un milieu qui développa les sentiments artistiques dont l’empreinte est bien visible dans ses œuvres; il acquit de bonne heure le goût du dessin et du travail manuel. En 1841, il entra comme apprenti dans l’usine récemment fondée à Grafenstaden près de Strasbourg. A cette époque, les établissements de construction ne ressemblaient guère à ce qu’ils sont devenus plus tard : l’outillage était presque nul, les machines n’existaient guère; il fallait tout étudier à mesure que les besoins se produisaient. Le talent de Steinlen pour le croquis et pour le dessin linéaire trouva aussitôt son emploi : dans ce développement d’un atelier naissant, il se fit bien vite remarquer et il acquit une précieuse expérience. Parmi les constructions les plus importantes auxquelles il prit part à cette époque, figurent les installations d’une nouvelle manufacture des tabacs à Strasbourg.
- En 1863, Steinlen entra comme ingénieur en chef dans l’établissement J. Ducommun et Ci0, fondé par Huguenin en 1834 pour la fabrication des machines à graver les rouleaux servant à l’impression des tissus. D’ingénieur en chef, Steinlen devint associé, jusqu’en 1892, époque où, par suite de défaut d’entente entre les associés sur la direction à donner aux travaux, il quitta définitivement l’établissement auquel il s’était exclusivement consacré pendant vingt-neuf années.
- En 1876, Steinlen se rendit à l’Exposition de Philadelphie avec M.E. Zuber : tous deux étaient délégués par la Société industrielle de Mulhouse; cette visite donna lieu à un rapport sommaire sur l’industrie américaine, qui fut publié par cette Société. On trouvera, à la suite du présent rapport, une autre
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- note de Steinlen, où il envisage surtout le personnel de l’industrie aux États-Unis. Il n’est pas étonnant, en effet, qu’ayant passé dans les ateliers la plus grande partie de sa vie, préoccupé d’ailleurs de l’emploi qu’on devait faire des machines qu’il construisait, Steinlen n’ait jamais négligé la question main-d’œuvre dans l’industrie, et la formation des ouvriers. Dans les ateliers qu’il a dirigés, l’apprentissage tenait une grande place : le personnel était généralement formé dans la maison même, qui a, en outre, fourni de nombreux ouvriers et dessinateurs à d’autres établissements. Il s’est aussi beaucoup occupé des écoles de dessin fondées par la Société industrielle de Mulhouse. Pour Steinlen, c’est une grande erreur de mettre les machines-outils entre les mains de manœuvres : des ouvriers habiles sont nécessaires pour en tirer les services qu’elles peuvent rendre et savoir les traiter avec les ménagements qu’elles méritent.
- Si sommaires que soient les indications qui précèdent, elles permettront de juger l’importance de l’œuvre de Steinlen, consacrée à la construction des meilleures machines-outils, c’est-à-dire des meilleurs moyens de production. C’est d’ailleurs surtout en France que se sont répandus ces outils excellents de Steinlen, et à ce titre il mérite une haute récompense de la part de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- D’une manière générale, on peut dire que Steinlen personnifie un principe en matière industrielle : ce principe est que l’économie réelle de la fabrication exige l’emploi du meilleur outillage qu’on puisse se procurer. L’économie qui résulte de la réduction du capital d’établissement, obtenue aux dépens de la qualité des machines employées, n’est qu’apparente, car la production des outils médiocres est faible et les produits sont eux-mêmes de médiocre qualité. Il en est du prix de l’outillage comme du taux des salaires : on trouve presque partout que la production est moins coûteuse avec des hommes actifs et habiles, bien payés, qu’avec des malheureux donnant un minimum de travail, pendant une durée maximum de présence à l’atelier, moyennant un salaire minimum.
- Le principe de Steinlen ne s’applique-t-il pas également aux produits fabriqués, et n’y aurait-il pas intérêt réel à exclure, le plus possible, ces objets de pure apparence qui ne peuvent rendre de bons services et sont bien vite hors d’usage? Peut-on penser qu’il y ait économie à payer un produit un peu moins cher, quand une réduction de peut-être un quart sur le prix est compensée par une durée trois ou quatre fois moindre? Outre l’économie évidente, n’y a-t-il pas une vraie satisfaction à l’emploi d’objets com-
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- modes, solides, bien faits; et cet emploi n’a-t-il pas un réel intérêt, au point de vue artistique et au point de vue moral? Est-il bien qu’une nation se résigne à vivre au milieu de la vaine apparence d’un luxe misérable? Ne fût-ce que par le développement de la réflexion et du discernement chez l’acheteur, de la conscience et du souci de sa réputation chez le vendeur, qualités qu’exige la diffusion des bons produits, l’application étendue du principe de Steinlen est désirable. Envisagée à ce point de vue, la tâche à laquelle il a consacré sa vie se présente avec une incontestable grandeur.
- NOTE ÉCRITE AU RETOUR DE MA VISITE A L'EXPOSITION DE PHILADELPHIE EN 1876.
- Un apprentissage sérieux du travail manuel est le début obligé des industriels américains : apprentissage s'effectuant à l’âge où l’on ne répugne pas encore à la pratique des détails, lesquels, à tort, passent pour infimes ; et cependant, si nous pouvons nous exprimer ainsi, ne constituent-ils pas la trame du tissu de la carrière industrielle?
- Cette première étape est nettement indiquée : il s’agit d’acquérir l’habileté de l’ouvrier; n’est-ce pas sain pour le corps, que ce salutaire exercice achève de développer, et n’y a-t-il pas, d’ailleurs, tout à gagner à ce que l’esprit s’habitue de bonne heure à compter avec les réalités?
- Le bagage d’instruction n’est pas écrasant et n’engendre, non plus, aucune illusion : il se borne, le plus souvent à ce qui doit servir de base à tout développement spécial.
- L’apprentissage dure généralement 4 ans effectifs Cl), soit le nombre de jours ouvrables dans l’année; — il est ordinairement rétribué sur le pied de 2 dollars par semaine pour la première année, 2 l/2, 3 et 4 dollars pour les années suivantes. Souvent aussi, quand on a été satisfait, l’apprenti reçoit, à la fin de son engagement, une gratification de 100 à 120 dollars.
- Cet apprentissage est, disons-nous, le point de départ de toute carrière industrielle; dans la plupart des établissements, dans les chemins de fer, nul n’est accepté pour un emploi technique quelconque, s’il n’a satisfait à cette sorte de service obligatoire de l’industrie. N’est-ce pas là l’ordre naturel et logique des choses?
- Qu’on ne se méprenne point sur notre pensée : nous ne songeons en aucune façon à contester la grande part à réserver à la science dans le domaine de l’industrie, mais cette part aura certainement pour mesures les moyens d’expression dont disposera la science, et qu’il est difficile d’acquérir après coup.
- Peut-on soutenir que le système d’éducation professionnelle qui a pris faveur dans nos pays, pour ceux que l’on voue d’avance et que l’on forme pour les corps savants, la grande industrie, le commandement d’emblée dans l’armée soit préférable à ce que
- (1) Je le réduirais à 3 pour ceux qui ont pissé préalablement dans une école professionnelle.
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- le succès consacre tous les jours, pour le commerce, les arts libéraux, l’industrie usuelle et l’industrie de luxe, l’agriculture, la marine de commerce; en un mot toutes les carrières que l’on n’a pas songé encore à mettre sous tutelle?
- Imagine-t-on d’enseigner les règles de la composition musicale à celui qui n’a pas d’oreille — avant qu’on n’ait appris à déchiffrer, avant que les doigts ou les lèvres ne soient rompus à l’usage de l’instrument?
- La virtuosité de la main, le coup d’œil, le jugement, la possession des détails, nous dirons même l’instinct des hommes et des choses, en un mot tout ce qui constitue les moyens d’action, ne sont-ils pas, dans la carrière industrielle, des facteurs de premier ordre? L’heure de les éveiller est au plus près de l’enfance; si on attend l’âge d’homme, le moment le plus favorable est passé.
- En fin de compte, serait-il donc plus difficile de compléter son instruction scientifique au fur et à mesure du besoin que de s’assimiler les éléments qui demandent la phase des grâces d’état? Nous ne le pensons pas.
- L’éducation professionnelle, dont nous venons d’admirer les œuvres, née des besoins, virile, éminemment pratique, mettant de bonne heure le jeune homme aux prises avec les difficultés de la vie, l’initiant aux moyens de donner un corps à ses facultés créatrices, lui assurant, en tout temps et en tous lieux, la possibilité de suffire à ses besoins essentiels, explique la saine vigueur et le prodigieux essor de l’industrie américaine.
- Mais, est-il besoin de traverser l’Atlantique pour trouver des exemples? Les fondateurs de l’industrie alsacienne, et plus particulièrement de l’impression des tissus, n’ont-ils pas été élevés ou, pour mieux dire, ne se sont-ils pas élevés de la façon que nous venons d’expliquer? N’étaient-ils pas aussi des pionniers? Certainement ils ont plus fait qu’ils n’avaient appris auparavant. J’aurais des exemples plus modernes à citer, dont je parlerai en traitant un autre sujet.
- Nous venons de parler de l’État-major de l’industrie américaine, se recrutant incessamment dans les rangs; il va sans dire que le gros de la troupe ressemble encore moins à ce qui peut se voir souvent en Europe.
- Pris dans l’ensemble, les ouvriers américains sont plus instruits, partout plus capables d’initiative, plus habiles, plus rangés que les nôtres : ils ont, à un plus haut degré, le sentiment du devoir et de la dignité professionnelle. Une instruction première, toujours populaire, à peu près la même pour tous, a supprimé la barrière plus ou moins haute qui, chez nous, sépare l’ouvrier du patron, barrière, en partie, le fait de la tradition, mais surtout celui d’une extrême différence d’instruction et d'éducation.
- Ici, ni gêne, ni raideur dans les rapports : l’ouvrier est un collaborateur et, dans les formes réciproques, la politesse est plutôt — c’est de bon exemple — du côté du patron : le travail manuel est en honneur : le chef, bien qu’il ne dédaigne pas les titres, a garde de renier son origine : sa position sert d’exemple à ceux qui marchent derrière lui.
- Une chose importante à relever c’est que l’ouvrier employé aux machines, surtout dans les ateliers de construction, est un ouvrier de profession, considéré et payé comme tel : on demande de lui qu’il entretienne en parfait état la machine qu’on lui confie et qu’il soit capable d’y faire les menues réparations. C'est absolument ne rien comprendre à l’utilité et au but des machines que de les abandonner, comme on ne le fait que trop souvent en Europe, à des mains ignorantes et inhabiles.
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- Les consommateurs américains étant plus appréciateurs, partant plus exigeants qu’en Europe, les producteurs plus hommes du métier et même stimulés, les objets manufacturés usuels se distingueront nécessairement par une parfaite appropriation à l’emploi et par l'excellence de leur fabrication : le goût qui ne s’acquiert qu’à la longue, mais qui débute toujours par l’entente des besoins, commence à se développer et si, chose singulière, mais explicable, il fait pour ainsi dire absolument défaut dans la fabrication des objets de luxe, de vêtement et d'ameublement surtout, il n’en est pas de même, à l’inverse de ce qu’on voit en Europe, pour les outils à main de la ferme et de l’atelier, les ustensiles de ménage, les embarcations, les bâtiments tins voiliers, les cottages sans prétention; aucun autre peuple moderne n’a su donner aux objets usuels des formes plus indiquées et plus élégantes. Tout le mérite n’en revient-il pas à une forte instruction populaire et n'y a-t-il pas lieu de constater que la loi du progrès procède de bas en haut?
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- PRIX PARMENTIER
- Rapport présenté par M. Lindet, au nom du Comité d'Agriculture, sur le mémoire intitulé : Etudes sur /’industrie résinière des Landes, par M. Rabaté, ingénieur-agronome, professeur spécial d1 agriculture à Excideuil (Dordogne).
- L’industrie résinière est une de celles qui ont le moins profité jusqu’ici de la science. Sans doute la plantation des Landes en pins maritimes, sous l’impulsion de Brémontier, a été l’une des plus belles conquêtes de la science sur la nature. Mais l’utilisation industrielle des gemmes que sécrètent les canaux résinifères de ces pins maritimes, l’étude des qualités loyales et marchandes des gemmes et des produits de leur distillation n’ont guère été l’objet des recherches de nos ingénieurs et de nos chimistes.
- M. Rabaté, ingénieur-agronome, a fait, pendant qu’il occupait le poste de professeur de chimie à l’École d’agriculture de Saint-Sever, une série d’observations, de recherches et d’inventions personnelles, dont il a adressé un résumé à la Société d’Encouragement.
- Le mémoire présenté par M. Rabaté est divisé en quatre parties.
- La première est une étude botanique des différents conifères sécréteurs de résine et spécialement du pin maritime. M. Rabaté montre que la gemme peut être conduite, des canaux résinifères vers la périphérie, parles rayons médullaires et au fur et à mesure de la sécrétion, se présenter à la blessure ou quarre, déterminée à la surface de l’arbre. Il a pu, en se servant d’orcanette acétique, comme réactif microscopique, déterminer exactement le gisement de la résine. Enfin, M. Rabaté a imaginé d’appliquer à la graine de pin une méthode de sélection, indiquée autrefois par la sélection des betteraves. La graine de pin maritime, de bonne qualité, présentant une densité de 1040, il suffît d’immerger les semences dans une solution de 60 grammes de sel marin par litre d’eau, pour voir les graines d’élite tomber au fond du liquide.
- Dans la seconde partie de son mémoire, M. Rabaté se préoccupe de la
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- AGRICULTURE.
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- valeur commerciale des gemmes et des fraudes dont elles sont l’objet. Le procédé de récolte, au moyen d’un pot de terre accroché à l’arbre, livre souvent au fabricant une gemme mélangée d’eau. La circonstance est heureuse pour le fraudeur qui mouille au delà de la limite de ce que fournit la nature, les gemmes qu’il envoie au fabricant. Lorsque l’eau est introduite à chaud, elle s’émulsionne à ce point qu’il est impossible à première vue de déceler la fraude. L’analyse seule permet de savoir si la gemme est par trop humide, ou n’a pas été mouillée intentionnellement. M. Rabaté a perfectionné le Rytinimètre de Maxwell Lyte. Dans cet appareil, on dissout la gemme au moyen d’une certaine quantité d’essence de térébenthine ; l’eau se sépare nettement du liquide, occupe la partie inférieure du vase où on en peut aisément mesurer le volume. M. Rabaté signale d’autres fraudes, l’addition à la gemme de copeaux de terre glaise, etc. La fraude ne vient pas toujours de ceux qui vendent la gemme, c’est-à-dire des gem-miers; les usiniers qui l’achètent commettent également quelques indélicatesses vis-à-vis de leurs fournisseurs. Les usiniers, qui achètent la gemme par barriques de 340 litres, envoient souvent des barriques d’une contenance supérieure. Pour éviter de telles tromperies, M. Rabaté propose que la gemme soit achetée au poids et après des essais qui permettront d’en fixer la teneur en eau, la teneur en essence et la teneur en colophane. Deux appareils, l’un imaginé par M. Rabaté, l’autre par M. Col, distillateur à Castel-jaloux, permettent aisément de doser l’essence. Le premier est chauffé directement, le second par la vapeur et donne des résultats plus parfaits.
- La fraude se porte aussi bien sur les produits fabriqués que sur la matière première, et M. Rabaté, dans la troisième partie de son mémoire, signale les adultérations dont l’essence de térébenthine est l’objet. L’acidité que l’essence possède donne des renseignements précieux sur son ancienneté; car l’essence est très oxydable et l’oxydation est toujours accompagnée d’une production d’acide formique et acétique. Lestâtes et les queues de la distillation sont cinq à vingt fois plus acides que les cœurs. Le dosage de l’acidité permettra de soupçonner, soit l’addition de vieilles essences, soit l’addition des têtes et des queues d’une distillation précédente. Il doit être fait au moyen de soude alcoolique. M. Rabaté a étendu encore cette manière de faire à l’étude des huiles de résine, des colophanes, des brais, etc. L’essence de térébenthine est frauduleusement additionnée d’alcool, de pétrole, d’essence ou d’huile de résine. M. Rabaté passe en revue et discute les procédés en usage pour reconnaître ces fraudes. 11 a
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- imaginé de profiter de la viscosité des solutions d’huile de résine dans l’essence de térébenthine pour reconnaître au moyen d’un compte-gouttes la présence frauduleuse de cette huile de résine. Enfin, M. Rabaté ayant remarqué que les transactions commerciales relatives aux colophanes avaient lieu en tenant compte de leur couleur et en prenant comme types de petits cubes de colophane spécialement choisis qu’il fallait de temps à autre renouveler, a proposé de substituer à ces cubes de colophane des cubes en verre coloré.
- Enfin le mémoire se termine par une note sur le travail des huiles de résine. L’auteur y étudie les produits de la décomposition des colophanes sous l’influence de la chaleur, les conditions de cette décomposition, les accidents de fabrication, les procédés qui permettent de détruire le reflet que ces produits présentent, d’éliminer leur odeur, etc.
- ÉTUDE SUR LES HUILES DE RÉSINE (1)
- Historique. — En 1828, Étienne Dive, pharmacien à Mont-de-Marsan, obtint un brevet d’invention pour la conversion du brai en une huile qu’il appela pyrogénée. M. Hippolyte Dive, son fils, perfectionna cette fabrication. En distillant le brai avec de la chaux et en fractionnant les produits, il prépara des huiles limpides et transparentes. Les mêmes procédés sont encore en usage aujourd’hui dans les usines des Landes. Ces usines sont actuellement au nombre de six: usines Farbos, A. Lescou-zères, de Lostalot, à Mont-de-Marsan; usine Pouzac à Dax; usine Castaignède à Pis-sos; usine Mesplède à Lesperon. La production annuelle peut être évaluée à 10 millions de kilogrammes, ce qui représente 2 500 000 francs avec prix moyen de 25 francs les 100 kilogrammes.
- Théorie de la distillation du brai. — La théorie de l’action de la chaux dans la distillation du brai n’a pas encore été établie d’une façon satisfaisante. Toutefois, on est autorisé à penser que, sous l’action de la chaleur, la chaux se combine aux acides rési-niques pour former un savon, la base se portant de préférence sur les acides qui donnent les sels les moins volatils.
- Dans ces conditions, le passage à la distillation des hydrocarbures les plus fluides et les plus volatils s’effectue tout d’abord et la sélection des produits à la sortie du serpentin est facilitée.
- En forçant le chauffage vers la fin de l’opération, les savons résineux à base de chaux subissent à leur tour la décomposition pyrogénée et fournissent des huiles colorées, bleues et vertes. L’addition de chaux augmente la fluidité des huiles; mais
- (1) Celte étude constitue la 4* partie d’un mémoire sur l’Industrie des résines adressé à la Société, d Encouragement qui a attribué à l’auteur le prix Parmentier (mille francs).
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- plus on ajoute de chaux, plus il se forme de savons et plus on obtient d’huiles colorées sortant en queue de distillation. Au delà d’une certaine dose de chaux, la plus grande fluidité des huiles ne compense plus l’inconvénient qui résulte de l’augmentation des huiles de queue. Si on évalue la chaux à ajouter d’après la quantité nécessaire pour former avec la colophane un composé neutre, on arrive à une proportion de base beaucoup trop élevée. Avec l’acide pimarique, la combinaison envisagée peut s’écrire :
- CaO + 2 (C20II30O2) = IUO + (C20]I2902.2Ca.
- soit 56 de chaux pour 604 de colophane ou 9,3 p. 100. Les doses de chaux qui conviennent le mieux sont comprises entre 1 p. 100 et 2 p. 100 du poids du brai. On peut, indifféremment, soumettre à la rectification des huiles avec chaux ou des huiles sans chaux, mais les dérivées des premières présentent toujours l’avantage d’être plus lluides.
- Vers la fin de la distillation la masse à chauffer diminue et la température arrive à 500°. Les composés organiques à base de chaux se réduisent alors, pour la majeure partie, en carbonate de calcium qui retient une partie de l’oxygène contenu dans le brai.
- La distillation lente présente sur la distillation rapide des avantages marqués *
- 1° La marche de l’opération est plus facile à régler et la séparation des produits se fait plus commodément ;
- 2° Les coups de feu sont moins fréquents;
- 3° Il y a diminution de l’entraînement mécanique de la colophane, et, par suite, les huiles sont moins acides et moins visqueuses ;
- 4° L’odeur empyreumatique des produits est moins accentuée;
- 5° Enfin, une distillation rapide augmente, aux dépens des huiles blondes de cœur, la proportion des produits extrêmes, eau et essence vive d’une part, huiles colorées d’autre part.
- Sur ce dernier point, M. Curie s’exprime de la façon suivante : « Il est d’une grande importance, pour le fabricant, d’étudier la forme adonner à ses appareils et la manière d’y appliquer la chaleur. Par un réglage judicieux de la température et la condensation rapide ou lente des vapeurs, l’on peut, à volonté, modifier très notablement les proportions relatives des liquides légers et lourds produits par la distillation de la colophane. Une distillation modérée, avec condensation rapide des produits fournit abondamment le colophène. Une chaleur élevée et longtemps soutenue appliquée à une chaudière profonde, dans laquelle les vapeurs retombent plusieurs fois avant de gagner le serpentin, diminue la proportion du colophène mais augmente sensiblement celle des produits extrêmes de la série. »
- Appareil distillatoire. — Le brai à distiller est placé dans des chaudières en fonte d’une contenance de 20 hectolitres pouvant recevoir 2 000 kilogrammes de produit sec-
- Ces chaudières sont généralement hémisphériques.
- Cependant, une usine des Landes a essayé un récipient de forme allongée en profondeur, afin de diminuer l’emplacement occupé par la chaudière.
- En la circonstance, l’objectif à atteindre consiste évidemment dans l’obtention d’une forme pratique présentant la surface de chauffe maximum.
- Considérons une chaudière formée d’un hémisphère et d’un cylindre de même rayon, x, la hauteur du cylindre étant y. La surface de chauffe est alors :
- S = 2 Ti x- + 2 7T x y = 2 x ;.r + //).
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- La hauteur totale de la chaudière est évidemment limitée d’une part par le foyer, et, d’autre part, par le niveau supérieur du massif de maçonnerie- Donc :
- y + x — H, d’où S = 2 tï II x.
- La surface de chauffe varie donc avec x et devient maximum en même temps que x. Cette dernière quantité atteint sa plus grande valeur pour y = 0 d’où x = IL La chaudière hémisphérique fournit donc, dans le cas présent, le maximum de surface de chauffe.
- Le chapiteau qui conduit les vapeurs au serpentin prend le nom de cornue. D’ordinaire, les chaudières sont groupées par deux pour une même cornue et un même serpentin. L’une des chaudières est nettoyée et remplie de brai pendant que l’autre est en distillation.
- Les cornues en tôle sont rongées en quelques jours et des fuites nombreuses se produisent. De plus, les acides pyrogénés forment des sels de fer entraînés par les huiles qui deviennent louches et rouilleuses. La cornue en cuivre est seule employée aujourd’hui.
- S’il y a des inconvénients à provoquer la sortie rapide des vapeurs par un chauffage trop intense, il est très utile, par contre, de faciliter le départ de ces vapeurs en donnant une forme convenable à la cornue que l’on choisit large, aplatie, avec face inférieure à pente accentuée.
- Les serpentins en cuivre sont également préférés aux serpentins en fer. Pourtant ce dernier métal est parfois utilisé pour les serpentins des alambics à rectification, les huiles à condenser étant alors peu acides.
- Souvent, vers la fin de la distillation pyrogénée, l’eau des cuves à réfrigération est en pleine ébullition; la sortie des vapeurs est ralentie et beaucoup de gaz passent incondensés. Les inconvénients de cette température (100°) sont peu sensibles pour les produits de queue, à point d'ébullition élevé, et, par suite, faciles à condenser. Iln’en est plus de même si réchauffement se produit dans la première partie de la distillation. Un thermomètre devrait toujours être placé dans la cuve de réfrigération.
- Conduite d'une distillation. — La cornue est posée sur la chaudière remplie avec "2 000 kilogrammes de brai additionné d’environ 20 kilogrammes de chaux. Le joint qui s épare la cornue de la chaudière est luté avec de la glaise.
- La chaudière, montée sur voûte, est chauffée au bois. Cependant, M. Farbos, à Mont-de-Marsan, utilise le gaz de bois de pin. On allume le feu à trois heures du matin et on le maintient modéré au début de la fusion qui s’opère en trois heures. On pousse la flamme quant tout le brai est fondu, puis on diminue le feu dès que la distillation est commencée. Il passe successivement :
- t° des gaz incondensables seuls;
- 2° des eaux acides renfermant, en particulier, de l’acide acétique, mais en trop faible quantité pour que la transformation en acétates soit avantageuse;
- 3° de l’essence vive de résine, liquide roussâtre, mobile, à forte odeur empyreu-matique ;
- 4° des huiles brunes;
- 3° des huiles blondes;
- 6° des huiles bleues;
- 7° des huiles vertes.
- L’eau, les gaz, les acides volatils sont surtout abondants au début de la distillation,
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- mais ces produits continuent à passer pendant toute la durée de l’opération et vont souiller les huiles. Celles-ci sont recueillies dans un bac en fonte portant un orifice inférieur pour la sortie de l’eau et un orifice supérieur pour l’évacuation de l’huile.
- Les liquides coulent de 6 heures du matin à 6 heures du soir.
- En distillant rapidement le brai, en 4 ou 5 heures, sans addition de chaux, on obtient, à la sortie du serpentin, un liquide épais, visqueux, désigné sous le nom d’huile forte. Les usages de ce produit sont peu nombreux. On l’utilise surtout, en mélange avec d’autres huiles de résine, pour la préparation de graisses à essieux. On obtient une de ces graisses en délayant 1 de chaux éteinte pulvérisée et tamisée dans 2 d’huile blonde. On ajoute 4 à 5 d’huile forte et on colore avec un peu d’huile bleue ou d’huile verte.
- Produits d'une distillation. — Par 100 kilogrammes de brai, on obtient, en moyenne (usine A. Lescouzères) :
- Eau acide.................................. 5 kilogrammes.
- Essence vive de résine.....................3 à 5 —
- Huiles blondes................................ 60 —
- Huiles bleues et vertes....................... 20 —
- Résidu charbonneux et gaz volatils............ 10 —
- Total................... 100 —
- Les composés qui interviennent dans la fabrication de l’huile pyrogénée sont nombreux. Les uns sont solides: la colophane, la chaux, le carbonate de calcium, le charbon.
- D’autres sont liquides, eau, acide acétique et acides divers, aldéhydes, hydrocarbures tels que : l’heptène C7 H12, l’octène G8 Hu, le térébenthène C10 H16 qui forment la majeure partie de l’essence vive de résine; le ditérébenthyle C20 H30, le ditérében-thylène G20 H28, le didécène C20 H36, qui constituent la majeure partie des huiles de résine.
- Enfin, il s’échappe du serpentin des produits gazeux: gaz carbonique CO2, méthane CH4, éthylène C2H4, butylène C4H8 etc.
- Le prix moyen des huiles brutes de première distallation est de 18 à 19 francs les 100 kilog. Le compte d’une fabrication peut s’établir comme suit:
- Recettes : 5 kilogr. essence vive à 0 fr. 23........... 1 fr. 23
- 80 — d’huiles à 0 fr. 19...................13 fr. 20
- 16 fr. 49
- Dépenses : 100 kilogr. brai clair........................10 fr. »
- Emballage (une barrique de 3 fr. par 300 kilogr.). 1 fr. »
- Transport du brai............................. 0 fr. 50
- Combustible................................... 1 fr. »
- Main-d’œuvre................................... 0 fr. 50
- Emballage de l’huile en fût (pour 80 kilogr.). . 2 fr. 50
- 15 fr. 50
- Différence par 100 kilogr. de brai (distillé. . . 0 fr. 95
- Récupération des gaz combustibles. — Les gaz qui s’échappent du serpentin pendant toute la durée de la distillation pyrogénée forment un mélange très combustible.
- En France, on a essayé, il y a déjà longtemps, de brancher à mi-hauteur du serpen-
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- tin un tube remontant en forme de siphon et conduisant les gaz dans le foyer. En Allemagne, où l’on compte 50 usines distillant du brai américain, on utilise méthodiquement les gaz pour le chauffage des alambics. La distillation de 2 000 kilogrammes de brai, dit M. Vèzes, demande 1000 kilogrammes de houille et il suffirait de 500 kilogrammes de ce combustible lorsqu’on emploie en même temps les gaz de la distillation, soit une économie de 50 p. 100 dans le chauffage. Dans certaines usines allemandes, on installe même deux gazomètres. Le premier reçoit les gaz qui passent avant les huiles bleues et ces gaz sont employés au chauffage. Le second gazomètre emmagasine les gaz dégagés pendant la sortie des huiles de queue; ils donnent une lumière plus blanche et plus belle que celle du gaz de houille et on les utilise pour l’éclairage de l’usine.
- Propriétés des huiles de résine. — Les huiles de résine ne sont pas saponifiables ; cependant les produits de première distillation entraînent du brai qui les rend acides et qui donne avec les alcalis un savon résineux communiquant à l’huile un aspect laiteux. Ces huiles sont essentiellement formées d’hydrocarbures et ne peuvent en aucune façon être comparées aux huiles grasses. D’après M. Renard, l’huile de résine rectifiée est composée de :
- PRODUITS. FORMULES. PROPORTION' p. 100. POINT d'ébullition. DENSITÉ. LIQUIDE.
- Ditérébenthyle . . C-0 H30 80 333-336° 0,9688 Incolore.
- Ditérébenthylène . C20 IJ28 10 343-330° 0,982 Épais et fluorescent.
- Didéeène C20 H36 10 vers 333° 0,936 Incolore et non fluorescent.
- Les huiles de cœur de la distillation pyrogénée présentent différents défauts qui diminuent leur valeur marchande : trouble, coloration plus ou moins foncée, acidité, odeur empyreumatique, reflet fluorescent, viscosité. Faire disparaître ces défauts ou les atténuer, tel est le but que se propose le fabricant dans le raffinage des huiles de première distillation.
- La densité des huiles de résine est relativement élevée. Elle a été étudiée parM. Renard, dont nous résumons les résultats dans un tableau :
- PRODUITS. DENSITÉ moyenne à ~j~ 15°. COEFFICIENT de dilatation. DENSITÉ A -f- IE° en fonction de la densité à t° : Di,„ = D«o ±
- Huile blonde de lre distillation. . 0,9823 0,000 663 0,000 64 t.
- — rectifiée par 2e distillation . 0,9712 0,000 673 0,000 63 t.
- — bleue 0,9810 0,000 717 0,000 70 t.
- — verte 0,9901 0,000 660 0,000 65 t.
- Essence de térébenthine 0,8690 0,000 918 0,000 789 t.
- Les huiles de résine sont insolubles dans l’eau et dans l’alcool éthylique. A l’ébullition, dans un grand excès l’alcool à 95°, d’huile de résine est légèrement soluble, mais elle se dépose à froid.
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- Par contre, l’huile de résine se dissout facilement dans l’alcool amylique, l’acétone, la benzine, le chloroforme, l’essence de térébenthine, le pétrole, l’huile de lin, le sulfure de carbone.
- L’air oxyde.les huiles de résine, augmente leur densité et leur viscosité, mais n’influe pas sur l’acidité, laquelle reste constante après des mois d’aération (Chenevier).
- L’acide sulfurique les colore en brun noir et la surface présente une fluorescence violette.
- Les huiles de résine donnent à chaud des vapeurs nitreuses avec l’acide azotique. Leur pouvoir rotatoire varie de + 30° à— 8° 54'. Le bichlorure d’étain fumant les colore en rouge sang; l’élaïdine les colore en rouge foncé (F. Jean).
- Clarification des huiles. —Le trouble des huiles de résine est dû à la présence d’une petite quantité d’eau formée pendant la décomposition pyrogénée et la saponification calcique de la colophane. Cette eau passe à la distillation en même temps que les vapeurs d’hydrocarbures et l’huile la retient en fins globules formant émulsion.
- La clarification de l’huile s’obtiendra donc par élimination de l’eau mécaniquement interposée. Différents procédés conduisent à ce résultat.
- Un chauffage modéré à 70-80°, prolongé pendant plusieurs heures, suffit pour provoquer l’évacuation des globules d’eau. Si, pendant ce chauffage, on injecte de l’air, on facilite la sortie de la vapeur d’eau, et, en même temps, celle des produits les plus volatils qui sont les plus odorants. Le barbotage d'air contribue ainsi à la clarification et à la déodorisation de l’huile. L’opération est effectuée dans un bac ouvert d’une dizaine d’hectolitres portant un serpentin de vapeur et un tube d’injection d’air.
- Il est à remarquer que ce chauffage augmente la coloration de l’huile et n’enlève pas complètement l’odeur. En outre, si on opère à 110-120°, la viscosité de l’huile augmente beaucoup.
- M. Durou a proposé, il y a une vingtaine d’années, d’abandonner les huiles à clarifier dans de grands réservoirs exposés au soleil et placés sous des toitures vitrées. Ce procédé ne s’est pas généralisé.
- Nous avons essayé la clarification de l’huile par addition de glaise. L’argile est pulvérisée, tamisée, séchée à 300° et criblée chaude à la surface de l’huile. La glaise descend lentement et absorbe l’eau interposée. En même temps, il se produit une décoloration sensible. Un à deux pour cent de glaise suffisent pour arriver à de bons résultats. La boue huileuse serait à envoyer à des bacs de dépôt ou à passer dans un filtre presse.
- D’autres déshydratants nous ont conduit à la clarification, mais ils sont trop coûteux: sodium, chlorure de calcium fondu, etc.
- Enlèvement du reflet. — Les huiles de résine présentent une fluorescence bleue ou verte qui les distingue immédiatement des huiles végétales fixes. Cette fluorescence est facile a reconnaître en tournant le dos à la lumière pour examiner l’échantillon. Pour opérer des mélanges d’huiles fixes et d’huiles pyrogénées, il est bon de se débar-rasserdu reflet. Les fabricants obtiennent ce résultat par l’emploi de la nitronaphtaline, poudre jaune de formule C10H AzO2. La nitronaphtaline pulvérisée est dissoute dans une petite quantité d’huileet ajoutée à raison de 0kg,500 à 2kg par 100S8, suivant la fluorescence. La nitronaphtaline rend légèrement acides des huiles primitivement neutres.
- Nous avons reconnu que l’essence de mirbane avait également la propriété de faire disparaître le reflet des huiles pyrogénées. Mais la quantité de produit à ajouter ne rend plus le procédé économique.
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- D’ailleurs, le ditérébenthyle et’le^didécène, carbures non fluorescents, bouillent à 330-335°, tandis que le ditérébenthylène, fluorescent, bout à 3-45-350°. En surveillant de près la marche de la température pendant la rectification, il est, par suite, possible de sélectionner des huiles peu fluorescentes.
- Déodorisation. — Les huiles de résine présentant une odeur empyreumatique très accentuée et caractéristique. Cette propriété est encore plus nette dans les essences vives de résine.
- Le chauffage modéré est insuffisant [pour une déodorisation complète. On procède alors a une rectification avec lavage à la soude qui permet le fractionnement des produits odorants. De plus, on arrive à des huiles complètement décolorées ou très pâles et à peu près neutres.
- La rectification est opérée dans des alambics [contenant de 1 600 à 5 000kg d’huile. Au-dessus de la chaudière et au-dessous du chapiteau on accroche un panier contenant de la soude qui tombe peu à peu dans l’huile à mesure qu’elle est dissoute par les vapeurs qui gagnent le serpentin. 11 esPnécessaire de chauffer très lentement, de façon à faire durer la rectification pendant 36 heures.
- Quand l’huile est bien chaude, on peut envoyer, avec ménagement, un courant de vapeur, mais c’est là une manœuvre délicate : si l’eau ne se vaporise pas et s’accumule sur le fond de la chaudière, elle donne des soubresauts et même provoque des explosions. Un pyromètre est, en la circonstance, un organe accessoire indispensable.
- Dans un autre ordre d’idées, l’addition de nitronaphtaline aux huiles déjà déodo-risées par rectification, communique aux produits une légère odeur qui atténue les restes d’odeur empyreumatique.
- De même, l’essence de mirbane peut masquer l’odeur sut generis qui est remplacée par l’odeur d’amandes amères.
- L’alcool amylique ajouté par petites portions, à des doses variant de 0,2 à I p. 100, arrive à neutraliser complètement l’odeur des huiles de résine. Avec un léger excès d’alcool, on arrive à une odeur de bonbon anglais. L’alcool amylique blond convient pour cet usage. Il s’acidifie peu à peu à l’air, mais on peut le conserver sur de la soude et on obtient ainsi un alcool amylique sodé qui permet d’enlever à la fois l’odeur et les dernières traces d’acidité.
- On peut aussi essayer la déodorisation en combinant les acides valériques et butyriques contenus dans les huiles avec l’alcool éthylique en présence d’acide sulfurique. Mais l’acide noircit l’huile, et la petite quantité d’acides entrant en combinaison ne donne qu’une très faible odeur de fruits.
- Neutralisation des huiles. — Les huiles de résine renferment des acides que l’on peut diviser en deux groupes. Dans le premier se rangent les acides volatils (acide acétique, acides valériques, butyriques, etc.) que l’on peut éliminer par chauffage à l’air libre ou par rectification simple. Dans le second groupe, il faut placer la colophane mécaniquement entraînée apportant des acides résiniques dont l’acide pimarique est le type.
- Pour fixer ces acides résiniques, il est nécessaire de les saponifier, et on y arrive par l’emploi de l’alambic à rectifier avec lavage à la soude. Le carbonate de soude sec (carbonate Solvay) peut remplacer la soude. Celle-ci est plus coûteuse ; elle nécessite un emballage dispendieux (cylindres en tôle au lieu de sacs) ; elle est difficile et dangereuse à manier, et, enfin, pour la neutralisation, sa puissance chimique n est pas supérieure à celle du carbonate.
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- Théoriquement, 53 de carbonate sec ou 40 de soude pure suffisent pour former un savon de résine avec 302 d'acide pimarique. Pratiquement, ou peut compter sur 60ks de produit basique commercial pour 300kK d’acidité.
- La connaissance de l’acidité de l’huile à traiter permet donc de déterminer la quantité de soude à employer. Au IVe congrès de chimie appliquée (Paris, juillet 1900) nous avons indiqué nn nouveau procédé de dosage dans l’acidité des huiles de résine au moyen d’une solution de soude caustique dans l’alcool amylique. Nous avons reconnu que ce dernier corps est un dissolvant remarquable des divers produits qui se trouvent en présence pendant le dosage de l’acidité : phénol-phtaléine, huile de résine, soude, savon résineux.
- Préparation des huiles de choix. — Pour obtenir des huiles de belle qualité, il importe de sélectionner constamment les plus beaux produits, depuis le commencement jusqu’à la fin des opérations.
- Tout d’abord, on préfère les brais demi-clairs aux brais noirs : la différence de 0 fr. 75 par 100k° se retrouve facilement dans les huiles fabriquées. On met peu de chaux et on distille lentement. Les huiles blondes, bien fractionnées, sont rectifiées immédiatement avec de la soude, et le cœur de rectification est débarrassé des dernières traces d’odeur, soit dans un bac, soit dans un cylindre ou canon à déodoriser. On enlève le reflet avec de la nitronaphtaline et les dernières traces d’odeur et d’acidité avec de l’alcool amylique sodé.
- Ces huiles de choix reprennent rapidement un peu de couleur et de reflet ; aussi les fabricants demandent-ils d’ordinaire une quinzaine de jours pour livrer, ce qui leur permet d’expédier des produits de fabrication récente.
- En moyenne, 8 d’huile de cœur à 19 francs les 100ks, donnent 5 d’huile finie à 30 francs et 2 d’huile ordinaire à 20 francs.
- Le raffinage ne porte, d’ailleurs, que sur une partie des huiles de cœur, celles-ci trouvant de nombreux débouchés telles qu’elles sortent de l’alambic à pyrogénation.
- Ces huiles sont employées au graissage des wagonnets de mines, soit seules, soit en mélange avec des huiles minérales. On les incorpore souvent à l’huile de lin, destinée aux peintures, mais les peintures qui renferment de l’huile de résine adhèrent mal et se fendillent dans tous les sens. On fait également servir les huiles pyrogénées à la fabrication de l’essence de térébenthine et du goudron de pin. Enfin, des quantités importantes d’huiles de résine sont employées pour la préparation des encres typographiques, le goudronnage des routes et l’injection des bois.
- E. Rabaté,
- ingénieur, agronome, professeur spécial d’agricutture.
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- Rapport fait par M. Hitier, au nom du Comité cï Agriculture sur le prix de 2 OOO francs pour la meilleure étude sur la constitution physique et la composition chimique comparées des terrains d'une des régions naturelles ou agricoles de la France.
- Dans son étude géologique et agronomique sur la Basse-Bourgogne, AI. Ch. Brioux, ingénieur agronome, a pleinement répondu à l’esprit et à la lettre même du programme de notre concours.
- La Basse-Bourgogne, la Bourgogne de l’Yonne, est la région de beaucoup la plus importante de ce département, et non seulement au point de vue de l’étendue qu’elle occupe, mais encore et surtout au point de vue économique et agricole.
- Cette région naturelle de la Basse-Bourgogne comprend tout l’ensemble des terrains jurassiques de l’Yonne, à l’exception des terrains du lias, qui forment autour du Morvan la région spéciale de la plaine. L’Yonne, le Serein, l’Armançon traversent la série des étages jurassiques de la Basse-Bourgogne ; mais, en dehors de ces trois grandes vallées, bien rares sont les vallées moins profondes où l’on trouve quelques cours d’eau; les plateaux, comme les innombrables vallons qui les séparent, aux pentes généralement rapides, aux flancs pierreux et secs, se font surtout remarquer par l’absence de tout ruisseau ; de là, le caractère dominant de la Basse-Bourgogne, pays essentiellement sec et perméable, à culture extensive sur les plateaux; pays dont la principale richesse était, et redeviendra, il faut l’espérer, la vigne : c’est, en effet, sur les coteaux de l’Oxfordien,et surtout sur ceux formés parleKimmeridgien et le Portlandien que se rencontrent les vins renommés de l’Yonne : Chablis, Tonnerre, etc.
- Aujourd’hui, le phylloxéra a détruit une grande partie du vignoble de l’Yonne; la reconstitution y est difficile, étant donnée la nature du calcaire marneux, du sol des grands crus principalement; les maladies cryptoga-miques, la mévente des vins enfin, ont encore contribué à amener le découragement chez nombre de petits propriétaires vignerons de l’Yonne. Une
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- AGRICULTURE.
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- étude approfondie, comme celle qu’a faite M. Brioux, des différents terrains peut puissamment aider les agriculteurs à surmonter la crise actuelle, en leur indiquant ce qu’ils peuvent et doivent entreprendre suivant les sols qu’ils ont à cultiver.
- Nous ajouterons que cette étude de M. Brioux ne sera pas utile aux seuls agriculteurs de l’Yonne; elle a une portée beaucoup plus générale : les terrains jurassiques qui forment la région de la Basse-Bourgogne dans l’Yonne se prolongent avec les mêmes caractères au sud-ouest et au nord-est, bien au delà des limites du département, et les conclusions auxquelles M. Brioux est arrivé, par un travail des plus approfondis sur chacun de ces terrains jurassiques, pourront servir de guide aussi bien aux agriculteurs de la Nièvre qu’à ceux de la Côte-d'Or et de la Haute-Marne même.
- Après des considérations générales sur le mode de formation des terrains oolithiques et les caractères généraux de ces terrains, M. Brioux étudie les uns après les autres les divers étages du Bajocien au Portlandien. Pour chacun d’eux, il donne les limites exactes où il se rencontre dans l’Yonne ; l’allure générale, la topographie des sols qui en ont été formés ; il aborde ensuite les caractères mêmes de ces sols provenant de la décomposition de l’étage géologique qu’il étudie. A cet effet, avec le plus grand soin, en s’entourant de toutes les précautions nécessaires, il a prélevé lui-même, ou fait prélever par des personnes compétentes, en des points judicieusement choisis et nettement déterminés, des échantillons de terre : sol et sous-sol. Il en a fait, au laboratoire de la station agronomique d’Auxerre, des analyses complètes, analyses physiques d’après la méthode de M. Schlœsing, analyses chimiques d’après la méthode du comité consultatif des stations agronomiques, y adjoignant parfois des recherches spéciales sur la potasse totale par exemple renfermée dans les marnes du Kimmeridgien.
- M. Brioux discute les résultats de ces analyses avec une rare sagacité; il a soin de faire toujours intervenir dans cette discussion cet élément capital, malheureusement trop souvent négligé : la profondeur du sol, et aussi ces autres facteurs importants : situation du sol lui-même, en pente ou horizontal ; composition du sous-sol.
- Les résultats des analyses des sols provenant d’un même étage sont groupés ensemble'; et cela permet, une fois de plus, de voir se vérifier cette loi : de l’uniformité des caractères physiques et chimiques des terrains provenant d’une même assise géologique.
- En regard des analyses, M. Brioux a placé les résultats donnés parles
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- ÉTUDE SUR LA CONSTITUTION PHYSIQUE ET LA COMPARAISON CHIMIQUE. 39
- champs d’expériences qui avaient été établis sur le même terrain; et, ici encore on voit confirmer les règles posées par MM. de Gasparin, Risler, Joulie sur l’interprétation à donner aux analyses de terre.
- Après cette longue série de recherches personnelles sur la composition chimique etla constitution physique comparées des divers terrains de la Basse-Bourgogne. M. Brioux, passe en revue les productions végétales et animales de la B asse-Bourgogne, productions en rapport direct avec la constitution géologique de la région. C’est encore l’assolement triennal qui domine dans ce pays : blé, avoine et jachère; mais des statistiques comparées de 1830 et 1898, pour un certain nombre de communes, permettent de se rendre compte des progrès accomplis dans cette partie de la France : là, comme ailleurs, l’extension des cultures sarclées : pommes de terre et betteraves, des cultures fourragères, des prairies artificielles s’est faite au détriment de la jachère; cela a permis de mieux nourrir et d’améliorer les troupeaux de moutons, en particulier dans le Tonnerrois; mais ceux-ci pourraient être encore plus nombreux.
- Il faut signaler comme très heureux le mouvement, qui tend à s’accentuer depuis plusieurs années, et qui consiste à reboiser certains plateaux à sol sec et caillouteux, qui ne peuvent être autrement utilisés avec avantage et économie. Les rendements que M. Brioux indique, pour certaines communes, de 8 à 10 hectolitres de blé seulement à l’hectare, montrent que ces reboisements pourraient et devraient encore s’étendre sur les terres calcaires et arides, entre autres, de l’Oxfordien supérieur et du Corallien.
- Du reste, les rendements moyens de 15 à 18 hectolitres pour l’ensemble de la Basse-Bourgogne sont la preuve que ce n’est pas de ce côté que se sont portés et se portent les efforts des agriculteurs de la Basse-Bourgogne. La vigne était pour eux la culture de prédilection ; celle qui était l’objet de leurs soins, à laquelle ils consacraient la plus grande partie de leur temps, les fumiers et de multiples façons aratoires.
- Avant l’invasion du phylloxéra, on comptait dans l’Yonne 36 420 hectares en vignes; à l’heure actuelle, sur ce nombre d’hectares, 12 388 ont été complètement détruits parle phylloxéra, 12 047 sont gravement attaqués ; on ne compte plus que 11 000 hectares indemnes et, en 1900, 3 000 hectares seulement étaient reconstitués en vignes américaines.
- Les grandes crus de Chablis, cru Moutonne, dont la valeur, en 1894-93, avait atteint les prix fabuleux de 30000, 50 000 francs l’hectare; les crus des clos de Pâlotte à Irancy, etc. sont situés sur des marnes appartenant à
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- AGRICULTURE.
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- l’étage kimmeridgien; ce sont des terres d’un rare richesse en éléments fertilisants, mais très calcaires : 40 à 50 p. 100. M. Brioux consacre un long chapitre à la culture de la vigne; dans ce chapitre il étudie les porte-greffes qui peuvent être employés; il insiste, d’après les expériences déjà faites du reste, sur la valeur des hybrides franco-américains pour la reconstitution des vignobles de l’Yonne, de la Basse-Bourgogne.
- La question des cépages à greffer n’est pas moins importante; les vins de l’Yonne, d’une façon générale, ont beaucoup souffert de la mévente, parce que, dans cette région, on avait trop eu en vue la quantité, au détriment de la qualité.
- M. Brioux rappelle à cet égard les ordonnances des ducs de Bourgogne qui limitaient l’emploi du Gamay. Les anciennes vignes devaient alors avoir pour base le Pinot, moins productif, mais qui donne des vins de qualité supérieure.
- Parmi les cultures arbustives qui, en dehors de la vigne, ont une sérieuse importance économique sur ces plateaux et coteaux secs et caillouteux de la Basse-Bourgogne, M. Brioux nous signale le noyer, et il étudie enfin en détails les nouvelles plantations de cerisiers qui, dans certaines localités, couvrent plus de 2 000 hectares, et donnent lieu à un commerce d’exportation considérable, commerce qui pourrait devenir encore plus lucratif le jour où les producteurs se seraient syndiqués pour en organiser la vente.
- L’association, du reste, sous toutes ses formes, devra se développer dans l’Yonne; et nous ne pourrions mieux faire, en terminant ce rapport, que de citer la dernière phrase du beau mémoire de x\l. Brioux : « La mutualité pourra rendre, dans notre région, qui traverse actuellement une crise économique aiguë, de très grands services. »
- Signé : H. Hn ier, rapporteur.
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- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Grandeau, au nom du Comité d'Agriculture, sur le Prix de 1 500 francs pour les meilleures variétés d'orges de brasserie.
- L’étendue de l’exploitation de notre lauréat M. Albert Misset, agriculteur à Taizy (Ardennes), est de 260 hectares.
- En 1901, il a été cultivé 5 hectares d’orge Chevalier anglaise;
- — — 2 hectares et demi d’orge de Hanna;
- — — 4 hectares d’orge de Champagne.
- L’orge Chevalier provient d’un envoi direct fait en 1899 par la maison Richardson (Angleterre). L’orge de Hanna a été tirée directement de Moravie en 1900. L’orge de Champagne est la variété semée dans la contrée de Rethel.
- L’orge Chevalier et l’orge de Hanna ont été cultivées dans un sol composé d’argile, de sable, et d’un peu de calcaire. Ce sol est profond. Le sous-sol est calcaire.
- L’orge de Champagne a été semée en terrain très calcaire (2/31), avec sous-sol calcaire.
- Toutes les terres destinées aux orges avaient reçu un très bon labour avant l’hiver. Au printemps, le scarificateur, la herse et le rouleau en dernier lieu. L’assolement suivi ordinairement est celui-ci : betteraves avec fumier; blé après betterave, sans fumier, mais avec engrais chimiques; orge suivant ce blé et sans fumier. Dans les sols calcaires, l’orge de Champagne vient après un blé fumé. En général, la culture de l’orge est faite, chez M. Misset, sans fumier, mais dans des terres qui viennent d’en recevoir pour les récoltes précédentes; les engrais chimiques servent de complément.
- Les engrais chimiques ont été semés au printemps, avant le travail du scarificateur. Ils avaient la composition suivante : 300 kilogrammes de superphosphate minéral 14/16 et 300 kilogrammes de kaïnite. A la levée, on a ajouté 80 à 100 kilogrammes de nitrate de soude en couverture.
- L’orge Chevalier a été semée les 23 et 25 mars. L’orge de Hanna, le 17 avril, et l’orge de Champagne le 26 avril. Le tout a été semé en lignes. Pour les deux premières, il a été mis environ 150 kilogrammes de semence à l’hectare et 160 kilogrammes pour l’orge de Champagne.
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- AGRICULTURE.
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- 11 n’a été fait ni sarclage ni binage.
- C’est vers le 5 juillet que la floraison s’est faite.
- La moisson a commencé le 27 juillet au moyen de deux moissonneuses-lieuses ; elle a été terminée le 3 août. De l’époque du semis à la moisson il y a eu peu de pluie, si ce n’est quelques orages. L’orge de Champagne n’a pas reçu d’eau avant d’arriver à sa maturité.
- Lapluieest venue contrarier la moisson, avec une température assez élevée.
- Les grains étaient parfaitement à maturité.
- Derrière les lieuses, il est procédé à la mise en petits tas des gerbes.Lies gerbes sèchent cinq à six jours sur le sol jusqu’à leur mise en meule. Chaque variété fait l’objet d’une meule.
- Le battage a été fait du 5 décembre au 20 décembre par la batteuse de la ferme. Cette batteuse est actionnée par un moteur à vapeur. L’orge, aussitôt battue, passe dans un ébarbeur et est conduite par une chaîne à godets dans un tarare ; de là, par une vis d’Archimède, elle est amenée au trieur à alvéoles, muni d’un puissant ventilateur; ensuite elle tombe dans un sac pour être livrée au commerce.
- Le rendement total en grain a été de 267 quintaux.
- Le rendement en paille a été de 26 750 kilogrammes.
- L’orge Chevalier-Richardson a produit 25 quintaux à l’hectare.
- L’orge de llanna a donné également 25 quintaux à l’hectare.
- L’orge de Champagne n’a donné que 20 quintaux.
- Le rendement en paille a été de 2 500 kilogrammes pour les deux premières et 2 000 kilogrammes pour la dernière.
- Le poids à l’hectolitre est de 74 kilogrammes pour l’orge Chevalier et l’orge de llanna; de 71 kilogrammes pour l’orge de Champagne.
- La vente a heu aussitôt le battage.
- En 1899, il a été vendu 220 quintaux, et, en 1900, 240 quintaux. Chaque année, le même nombre d’hectares est consacré à ces céréales.
- Le prix obtenu à l’hectolitre est de 12 fr. 65.
- Le prix du quintal est de 17 fr. 50, marchandise rendue sur wagon à notre gare.
- L’examen des orges récoltées à Taisy a donné lieu aux constatations suivantes :
- Orge de Champagne. Odeur franche, couleur jaune foncé. Pureté excellente, 99,62 p. 100. Poids de 1000 grains, 46gr,900. Poids d’un litre, 654 grammes.
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- VARIÉTÉS D’ORGES DE BRASSERIE.
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- L’orge de Champagne est inférieure aux orges de Hanna et Richardson : orge de brasserie de deuxième qualité.
- Orge Chevalier-Richardson. Couleur jaune foncé; grain bien nourri bien ébarbé et criblé. Structure du grain satisfaisante. Pureté excellente, 99,92 p. 100. Poids de 1 000 grains, 51gr,312. Poids du litre, 665 grammes.
- Orge de Hanna. Odeur franche. Couleur jaune foncé; la récolte a été faite dans de mauvaises conditions. Grain nourri, insuffisant, ébarbé. Structure satisfaisante. Pureté excellente, 99.91 p. 100. Poids de 1000grains, 48gT,945 (satisfaisant). Poids d’un litre, 655 grammes.
- Cette orge est la meilleure de la série.
- M. Misset ayant rempli toutes les conditions du concours, le Comité d’Agriculture lui décerne le prix de 1 500 francs.
- Signé : L. Grandeau, rapporteur.
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- CHIMIE
- Prix de 500 francs.
- Rapport présenté par M. Lindet, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les travaux de M. G. Urbain, docteur ès sciences.
- M. G. Urbain a publié au Bulletin de la Société chimique divers travaux que la commission des prix de cette Société a cru devoir signaler à la Société d’Encouragement.
- C’est tout d’abord une étude, faite en commun avec M. Debierne, sur les acélylacétonates de fer, de chrome, de cobalt, d'aluminium et de manganèse, qui permet d’établir la trivalence de ces métaux, puis une étude, poursuivie avec M. Lacombe, sur Y acétate de glucinium anhydre et volatil, dont la densité de vapeur conduit à la divalence de ce métal.
- Mais la commission s’est attachée surtout aux recherches que M. G. Urbain, soit seul, soit en collaboration avec M. E. Urbain ou avec M. Budis-chowsky, a consacrées à la préparation à la purification des terres rares; car celles-ci ont leur application immédiate dans l’industrie du manchon Auer ou de la lampe électrique de Nernst. M. Urbain a indiqué au début une méthode pour la séparation du Thorium des terres rares appartenant aux séries uranique, didymique et yttriques, basée sur les différences de propriétés des acétylacétonates ; puis il a, étudiant les solubilités relatives des éthvl-sulfates, montré que, dans les traitements des terres yttriques, la combinaison d’yttria se forme la première, que dans un mélange de Néodyme, de Praséodyme et de Lanthane, la Néodyme, à l’état d’éthyl-sulfate, se cristallise en tête, et le Lanthane, en queue. Il a enfin, grâce à cette méthode, et en faisant, dans les parties les plus solubles, des précipitations fractionnées des nitrates par l’ammoniaque diluée, séparé l’Yttria de l’Ytterbine et de la nouvelle Erbine.
- Signé : L. Lindet, rapporteur.
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- CHIMIE
- Prix de 500 francs.
- Rapport présenté par M. Lindet, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les travaux de M. Guyot, maître de conférences à la Faculté des sciences de Nancy.
- Il n’est guère d’industrie chimique qui ait autant profité de la science que l’industrie des matières colorantes artificielles ; toute recherche, si théoriques que soient les conclusions que l’on en tire, peut, un jour, avoir sa solution industrielle; aussi le conseil de la Société chimique a-t-il décidé de proposer comme lauréat d’un des prix de 500 francs, à la Société d’Encouragement, M Guyot, dont les travaux, entrepris par lui seul, ou en collaboration avec M. Haller, réalisent un progrès réel dans l’industrie des matières colorantes.
- La matière première utilisée dans les recherches de M. Guyot est l’anhydride phtalique, que l’on peut aujourd’hui, à bon marché, préparer par l’oxydation directe de la naphtaline, et qui assure par conséquent aux nouvelles matières colorantes un prix de revient peu élevé.
- L’étude du vert phtalique a permis à MM. Haller et Guyot de découvrir un chromogène auquel ils ont donné le nom de diphénylanthrone, dont iis ont préparé les dérivés et les homologues; chemin faisant, ils ont fixé la constitution de tétrachlorure de phtalyle.
- Les condensations de l’anhydride phtalique avec les amines aromatiques tertiaires, leur ont fait obtenir des acides nouveaux, les acides dialeoyla-midobenzoylbenzoique, puis d’obtenir des amido-anthraquinones, dont on peut tirer un grand nombre de colorants puissants et solides.
- Ces savants ont préparé l’hexaméthyltriamidophényltluorène, c’est-à-dire une leucobase capable de donner un très beau bleu par oxydation, et formant une classe nouvelle.
- Ils ont étudié enfin la constitution de la fluorescéine, de la phénolphta-léine, la préparation des Rhodanines nitrées et amidées, la diazotation des sels d’aniline à acides organiques. M. Guyot a, enfin, traduit l’ouvrage de Nietzki sur la chimie des matières colorantes organiques.
- Signé : L. Lindet, rapporteur.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- MÉDAILLE DE VERMEIL
- Rapport présenté, au nom du Comité des Arts économiques, sur le procédé
- dessolle pour cuivrer les métaux, par M. Hippolyte Fontaine.
- Messieurs,
- Un industriel de Levallois-Perret, déjà connu par d’importants travaux en électro-métallurgie, M. Louis Dessolle, a présenté à la Société divers échantillons de fonte et d’acier recouverts d’une couche de cuivre très adhérente, déposée au moyen d’un procédé électrolytique de son invention.
- Nous allons faire connaître les principaux dispositifs de l’outillage et la composition des bains adoptés par M. Dessole pour obtenir un dépôt métallique rapide, épais et homogène.
- Pour être bien comprise, cette description doit être précédée d’une revue des anciennes méthodes de cuivrage, sans remonter d’ailleurs aux travaux de Ruolz et d’Elkington, véritables promoteurs de cette industrie. 11 nous suffira de montrer le principe des méthodes ducs à Oudry, Weill, Gauduin et Wilde, prédécesseurs immédiats deM. Dessolle.
- Procédé Oudry, — Avant de soumettre les pièces à l’action du courant électrique, Oudry les enduisait soit d’une ceuche de vernis plombaginé, soit d’une couche épaisse d’huile chaude contenant du cuivre pulvérisé. Le cuivre qu’on déposait ensuite n’avait d’autre solidité que celle résultant de sa propre consistance et il fallait naturellement, pour en assurer la durée, lui donner une assez forte épaisseur. Cela augmentait beaucoup le prix de revient et la durée de l’opération. Le cuivrage se faisait dans des bains simples produisant eux-mêmes le courant nécessaire, et l’opération durait des mois entiers. A part le défaut d’adhérence, le principal inconvénient du système était d’exiger un matériel considérable et d’empàter les ornements des objets artistiques. Malgré cela le procédé Oudry fut longtemps considéré comme le seul réellement pratique. C’est lui qui a servi à cuivrer les fontaines monumentales de la Place de la Concorde et presque tous les candélabres servant à l’éclairage public de la Ville de Paris.
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- SUR LE PROCÉDÉ DESSOLLE POUR CUIVRER LES MÉTAUX.
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- Procédé Weill. — Avant de cuivrer les fontes artistiques. Weill les décapait dans un bain de sulfate de cuivre, alcalinisé par la soude caustique. L’excès d’alcali avait pour effet de maintenir le cuivre en dissolution et d’empêcher la fonte d’être attaquée par l’acide.
- Les solutions alcalino-organiques dissolvaient l’oxyde de fer et donnaient au dépôt une adhérence bien complète sur le métal.
- Les objets étaient suspendus dans les bains par des fils de zinc et le courant était produit par la dissolution du zinc dans l’alcool.
- Nous avons vu des pièces parfaitement cuivrées par Weill lui-même ; mais nous ne connaissons pas d’applications industrielles de son procédé.
- Procédé Gauduin. — Le procédé Gauduin, mis au point par Ernest Cadiat, est basé comme le précédent sur l’emploi d’acides organiques combinés aux oxydes de cuivre à l’état de sels doubles ; avec cette différence essentielle, qu’au lieu de soude on emploie de l’ammoniaque qui donne aux bains une grande conductibilité.
- Ce procédé, caractérisé par l’emploi d’oxalate ammoniacal de cuivre, pour électrolyte du bain préparatoire, est exploité avec succès par la société des fonderies du Val-d’Osne depuis plus de vingt ans.
- Procédé Wilde. —Les trois procédés dont nous venons de parler ne produisent de bons effets qu’à la condition d’être employés [avec de faibles régimes de courant. Wilde, qui s’occupait du cuivrage à forte épaisseur des rouleaux d’impression, dut renoncer à leur usage et il eut l’idée, après avoir réalisé un premier dépôt, très adhérent, de placer les rouleaux verticalement entre deux anodes et de les animer d’un rapide mouvement de rotation. Il supprima ainsi toute polarisation et débarrassa les anodes et les rouleaux de toutes les impuretés qui y stationnaient, lorsque ces derniers étaient à l’état de repos.
- Appliqué en grand dans une manufacture de Manchester, le procédé Wilde produit les meilleurs rouleaux d’impression qui soient connus; on les préfère même aux rouleaux de [cuivre massif. Le seul reproche qu’on puisse adresser au procédé c’est qu’il n’est pas applicable aux pièces plates ni à celles qui ne se répètent pas un grand nombre de fois.
- Procédé Dessolle. —Le problème que M. Dessolle cherchait à résoudre en créant l’usine de Levallois-Perret, consistait à faire du cuivrage très adhérent, à toutes épaisseurs, le plus rapidement et le plus économiquement possible, sur des objets de forme quelconque, en fer, fonte, acier ou zinc.
- Après avoir étudié les anciennes méthodes et fait de nombreuses expé-
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- rienees pour en vérifier l’exactitude et en perfectionner le fonctionnement, il s’est arrêté à la combinaison imaginée par Wilde, mais en intervertissant les rôles de la cathode et de l’électrolyte. Au lieu de faire mouvoir les pièces dans le liquide, il projette le liquide, sous pression, contre les pièces à cuivrer et contre les anodes. Pour obtenir ce résultat, M. Dessolle dispose dans l’intérieur des cuves une grande quantité d’ajutages par lesquels le sulfate de cuivre hydraté, placé dans un réservoir supérieur, arrive au bain et il en dirige les jets de manière à fouetter énergiquement toutes les surfaces des anodes et toutes celles des corps à cuivrer, à balayer les corps étrangers et les gaz qui, par leur présence, nuisaient à la régularité du dépôt.
- La nouveauté du procédé réside uniquement dans cette projection ininterrompue de l’électrolyte contre les électrodes. Mais l’installation et le fonctionnement de l’usine de Levallois, comme de celle de Birmingham que M. Dessolle vient de terminer, ont nécessité l’étude d’un matériel électrolytique assez compliqué et la création d’un outillage spécial pour la préparation et pour l’achèvement du travail.
- L’invention a été ensuite successivement complétée par des additions d’ordre mécanique et d’ordre électrique ; elle constitue aujourd’hui une méthode rationnelle de cuivrage applicable à une foule d’objets de toutes formes et de toutes grandeurs.
- Sans entrer dans des détails trop minutieux ni parler des tours de main professionnels qui varient d’une usine à l’autre, il convient de résumer les principales opérations effectuées à Levallois et de donner la composition des bains à laquelle s’est définitivement arrêté M. Dessolle. On peut diviser le travail du cuivrage à Levallois en cinq parties distinctes, savoir :
- 1° Opérations préliminaires;
- 2° Mise au bain d’adhérence ;
- 3° Révision des pièces ;
- 4° Mise au bain principal ;
- 5° Opérations finales.
- Opérations préliminaires.— Avantleurmise auxbains decuivre, tous les objets sont débarrassés des corps étrangers dont ils sont toujours recouverts. Ce nettoyage se fait à sec ou dans un bain acide. A Levallois on emploie presque toujours le premier de ces moyens qui a l’avantage de ne pas modifier la nature physique du métal. On sait, en effet, qu’une pièce de fer, de fonte ou d’acier décapée dans un bain acide, perd une partie appréciable de sa résistance mécanique.
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- Le décapage à sec est obtenu au moyen d’un jet de sable par l’air comprimé. On l’effectue dans un atelier séparé, muni d’un compresseur d’air et de tuyères convenablement agencées. Les hommes préposés à ce travail sont mis, autant que faire se peut, à l’abri des poussières de toutes sortes provenant des jets de sable qui frappent très violemment les objets à cuivrer. L’opération est extrêmement rapide ; tous les corps étrangers : oxydes, graisses, terres, etc. qui salissaient la surface de ces objets disparaissaient à vue d’œil et la pièce prend presque instantanément une teinte uniforme d’une remarquable netteté.
- Pour préparer certaines pièces à tins contours ou pourvues d’ornements délicats que le jet de sable pourrait altérer, on procède par dégraissage et décapage à l’acide. La série d’opérations nécessitées pour cette préparation : brossage à la pierre ponce ''en poudre ou à la bouillie chaude de blanc d’Espagne; mise au bain d’acide sulfurique étendu; nouveau frottage à la pierre ponce mouillée, etc., sont identiques à celles exécutées dans les autres ateliers de dépôts galvaniques. On peut seulement dire que le succès du cuivrage dépendant surtout des soins donnés au décapage, rien n’est négligé à Levallois pour assurer la complète efficacité des opérations préliminaires.
- Bain d'adhérence. — Ce bain (ainsi nommé parce que son action doit surtout assurer la parfaite adhérence du cuivre au métal sous-jacent) est neutre. En voici la composition :
- Cyanure double de potassium et de cuivre. . . 4 parties
- Cyanure pur de potassium.................0,5
- Ammoniaque................................0,5
- Eau......................................94
- Le régime du courant employé dans ce bain est de 30 ampères par mètre carré.
- L’ammoniaque libre fait disparaître les dernières traces d’oxyde qui auraient pu résister au décapage.
- A Levallois, le bain d’adhérence ne possède pas les tuyères pour la projection du liquide contre les électrodes. Dans l’installation plus récente de Birmingham, cette projection ayant produit de très bons effets, M. Dessolle va la réaliser à Levallois.
- Révision des pièces. — En sortant du bain neutre les pièces sont examinées les unes après les autres, avec beaucoup d’attention, par un ouvrier habile qui procède au bouchage des trous, s’il en existe. Quand ces trous sont petits et sans profondeur, un peu de soudure d’élain suffît pour les Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902. 4
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- combler. S’ils sont plus grands on les remplit avec de l’étain obtenu par électrolyse dans une solution d’acide sulfurique à 10 p. 100. On place dans cette solution deux plaques d’étain comme électrodes et on fait passer entre elles un courant sous environ 4 volts de différence de potentiel. Il se dépose alors sur la cathode une sorte de mousse d’étain pur, très plastique, convenant parfaitement au remplissage des trous et des fissures de n’importe quelles dimensions.
- La révision des objets, avant leur cuivrage à épaisseur, se fait avec le plus grand soin, car s’il restait, sur les pièces, des cavités non bouchées, on risquerait d’être obligé de tout recommencer, ce qui présenterait de grandes difficultés.
- Bain 'principal. — Cette révision terminée, les pièces sont portées dans le bain principal pour recevoir la couche épaisse de cuivre.
- Ce bain est acide.
- En voici la composition :
- Sulfate de cuivre cristallisé.......................12 parties
- Acide sulfurique libre à 06°........................ 3 —
- Eau.................................................85 —
- C’est dans ce bain que sont disposés les ajutages lançant des jets énergiques du liquide sur les surfaces des anodes et des pièces à cuivrer.
- Les jets constituent, comme il a été dit, la partie caractéristique du procédé. Grâce à eux, les surfaces des deux électrodes sont continuellement débarrassées des gaz et des impuretés du bain, ce qui permet de travailler avec un régime de courant très élevé. Les surfaces cuivrées qui, avec les anciennes méthodes, étaient parsemées d’aspérités, de rides et de taches sont, au sortir de ce bain, d’une belle teinte claire et tout à fait lisses.
- Durée d'immersion. — L’acidité du bain et le lavage continuel des surfaces donnent au dépôt l’adhérence, la solidité et la régularité.
- Lorsqu’on travaillait avec des bains simples, il fallait un temps très long pour cuivrer à épaisseur par ce qu’il n’était pas possible d’obtenir un régime supérieur à quelques ampères par mètre carré. Avec des dynamos, les industriels n’ayant plus à s’occuper que de la qualité du cuivre déposé; le régime de 10 ampères, qui correspond à un dépôt de un dixième de millimètre en 100 heures fut généralement adopté. Au Val-d’Osne, avec la méthode de Gauduin, on put, sans inconvénient, tripler ce régime et déposer par conséquent une couche de cuivre de trois dixièmes de millimètre d’épaisseur dans
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- le même temps. Quand les spécialistes voulurent dépasser ce régime ils n’obtinrent qu’un mauvais résultat.
- Lorsque le dépôt devait atteindre un millimètre d’épaisseur, par exemple, le problème devenait encore plus difficile et il était nécessaire de marcher à très faible régime et par suite d’augmenter considérablement la durée de l’opération pour en assurer le succès. Ce n’était ni par heure ni par jour qu’il fallait compter, mais par semaines et par mois.
- M. Dessolle, avec ses jets sur les électrodes, est parvenu à obtenir un bon dépôt avec le régime vraiment colossal de 750 ampères, lequel correspond à une épaisseur de dépôt d’un dixième de millimètre en une heure et demie et d’un millimètre en 15 heures.
- Cette rapidité de travail qui n’est pas préjudiciable à la qualité du cuivre déposé, a pour conséquence directe une forte réduction dans les frais généraux. Elle est donc de nature à provoquer un grand développement dans l’industrie des dépôts électrolytiques.
- Chauffage et circulation du liquide. — Le chauffage des bains joue également un rôle important dans le procédé Dessolle. Il est obtenu à Levallois au moyen d’un calorifère à vapeur et de tuyaux placés dans l’intérieur des cuves. La température est maintenue à 35 degrés centigrades pour les bains de cuivrage à épaisseur et à 50 degrés pour les bains d’adhérence.
- Le liquide, sans cesse apporté par les ajutages dans le bain d’épaisseur, s’écoule par un trop-plein dans des tuyaux qui l’amènent à une grande citerne centrale installée au sous-sol. De là il est repris par une pompe en bois et élevé dans un réservoir placé à 5 mètres en dessus du niveau des cuves, de manière à donner aux jets une assez forte pression. Le choix exclusif du bois dans la construction de la pompe a été dicté par l’expérience. Dans les usines où les pompes de circulation sont en métal, il faut sans cesse en réparer les organes, alors même que le métal employé n’est pas attaqué par les acides. Il se produit, en effet, des actions électrolytiques (engendrées par des dérivations) impossibles à éviter, qui détériorent rapidement les joints et les pièces métalliques en mouvement. Avec des pompes en bois, rien de tout cela n’a lieu, et le service est assuré pendant plusieurs mois sans qu’on ait besoin de s’occuper de la circulation : aucune fuite, aucune usure ne se manifeste. C’est là un simple détail de construction, mais il indique que rien n’a été négligé dans l’étude du matériel.
- Opérations finales. — Ici, comme en argenture, en dorure ou en nickelage, les opérations finales peuvent se résumer en trois mots : séchage, polissage,
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- patinage. M. Dessolle, qui connaît toute l’importance commerciale d’un beau finissage, s’est attaché à donner un aspect très satisfaisant aux objets de sa fabrication, mais comme il n’a pas imaginé de nouvelles méthodes dans cette partie du travail, il est inutile d’entrer dans le détail des opérations qui précèdent la livraison.
- Outillage de Vusine de Levallois-Perret. — L’usine de Levallois n’est pas grande. Elle occupe peu d’ouvriers, mais elle présente un intérêt tout particulier au spécialiste qui veut se rendre compte du procédé Dessolle, car tout y a été combiné pour lui donner une supériorité sur les anciennes méthodes.
- Le matériel permet de cuivrer des tôles de grandes dimensions et des fontes d’art pesant jusqu’à 5 tonnes. La capacité totale des cuves dépasse 80 mètres cubes. Les bains principaux contiennent 20 mètres cubes de liquide; ils ont 6m,20 de longueur; 2ra,50 de largeur et lm,50 de profondeur.
- Les cuves sont reliées aux dynamos par des conducteurs de fortes sections de manière à éviter de trop grandes pertes d’énergie.
- L’ensemble des services électrique et mécanique est assuré par une machine à vapeur de 100 chevaux.
- Plusieurs dynamos, dont la principale produit un courant de 4 000 ampères sous 3 volts, servent aux opérations électrolytiques, à la production de la lumière et à la distribution de la force motrice pour les pompes, le compresseur d’air, les tours à polir, etc.
- Prix du cuivrage. — Le prix de revient du cuivrage varie avec le cours du métal, la dimension et la répétition des pièces, l’épaisseur du dépôt et la plus ou moins grande difficulté des opérations préalables et finales.
- A très forte épaisseur, pour un travail analogue à celui des rouleaux d’impression, le prix du façonnage auquel il convient d’ajouter celui du métal, ne dépasse pas 2 francs le kilogramme de dépôt, quelle que soit d’ailleurs la méthode de cuivrage, en usage. La supériorité économique du procédé Dessolle réside dans la parfaite adhérence du dépôt avec l’objet à cuivrer, ce qui permet d’opérer à faible épaisseur, tout en assurant la durée de la couche protectrice de cuivre.
- Prenons comme exemple un candélabre de la ville de Paris qui coûtait 112 francs de cuivrage à l’usine Oudry, à Auteuil, et qui ne coûte que 45 francs à l’usine de M. Dessolle à Levallois. Reste à savoir lequel des deux candélabres aura la plus grande durée avant la réfection de son revêtement de
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- SUR LE PROCÉDÉ DESSOLLE POUR CUIVRER LES MÉTAUX.
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- cuivre. Pour les produits d’Auteuil on est depuis longtemps fixé. On le sera plus tard pour ceux de Levallois, la Ville ayant fait installer un des nouveaux candélabres rue de Rivoli, à l’angle de la rue de la Coutellerie. Tout porte à croire que le résultat sera favorable àM. Dessolle.
- Le prix du cuivrage des tôles, sur les deux faces, est de 3 fr. 75 le mètre carré pour une épaisseur de deux centièmes de millimètre et de 20 francs pour une épaisseur de deux dixièmes de millimètre, ce qui correspond approximativement à 5 francs le kilogramme.
- Le cuivrage des fontes ornées pour bâtiments : balcons, portes, balustrades, etc., se paie, à Levallois, sur la base de 30 francs en moyenne, par 100 kilogrammes de pièces cuivrées.
- Applications. — Les applications auxquelles donne lieu le procédé Dessolle sont déjà nombreuses. 11 est très probable qu’elles se développeront au fur et à mesure que les qualités du dépôt et son prix modéré seront plus connus.
- L’usine de Levallois est principalement occupée au cuivrage des tôles et des fers, d’appareils de papeterie, de matériel de raffinerie de sucre, de fontes pour le bâtiment et de pièces pour la carrosserie, les chemins de fer et l’art militaire.
- Au point de vue de la nouveauté il faut citer, d’une manière spéciale, les applications pour la marine de l’État et notamment le cuivrage des carènes de navire et des tubes en acier. Des essais concluants viennent d’être réalisés pour le revêtement des carènes ; les plaques cuivrées formant les éléments de carène ont été assemblées au moyen de rivets cuivrés. Le matage des joints s’est opéré sans qu’il se produise aucune lésion sur la couche de cuivre déposé. Les rivets ont également conservé le cuivre déposé après leur écrasement à chaud.
- De toutes les applications qu’il nous a été donné d’examiner, celle qui prendra peut-être le plus de développement c’est le cuivrage de l’intérieur des tubes d’acier ou de fer.
- A la suite de nombreux accidents causés par des déchirures dans les conduites de vapeur des navires de guerre, les ingénieurs de la marine se sont préoccupés des moyens de parer à ces graves inconvénients et ont commencé par substituer les tubes d'acier aux tubes de cuivre dans les grandes canalisations de vapeur, mais ils n’ont pas tardé à s’apercevoir que si l’acier résistait mieux aux grandes pressions, les nouveaux tubes s’oxydaient et se piquaient rapidement au dedans. C’est alors qu’ils ont songé à cuivrer l’in-
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- térieur des tubes d’acier, le cuivre résistant beaucoup mieux que l’acier aux effets destructifs de la vapeur.
- Le problème était difficile à résoudre, surtout pour les longs tubes de faible diamètre, car il est à remarquer que le revêtement de cuivre ne souffrait pas le plus petit défaut et qu’on voulait, non une fausse sécurité, mais une certitude absolue dans la durée du tube. Pour arriver à un résultat satisfaisant, M. Dessolle a dû créer un outil pour décaper au sable l’intérieur des tubes. Grâce à cet outil il est parvenu à cuivrer convenablement des tubes d’acier de 4m,2ü de longueur et deOra,Ofi de diamètre intérieur.
- Par le même moyen, il a cuivré, pour le Greusot, l’intérieur des cylindres des affûts de canons hydropneumatiques.
- Ceci est encore trop nouveau pour qu’il soit possible d’en tirer des conséquences définitives, mais les travaux précédemment exécutés par l’inventeur, sont de nature à inspirer confiance dans le succès final de ces diverses applications.
- En résumé, les procédés de cuivrage imaginés et mis en pratique par M. Louis Dessolle, marquent un important progrès dans l’industrie des dépôts électrolytiques.
- Aussi votre Comité vous a-t-il proposé de décerner à M. Dessolle une médaille de vermeil et de décider l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : Hippolyte Fontaine, rapporteur.
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- COMMERCE
- MÉDAILLE D’ARGENT
- Rapport présenté par M. Dupuis, au nom du Comité du Commerce, sur
- l'ouvrage de M. Pelatan, les richesses minérales des colonies
- FRANÇAISES.
- L’étude des richesses minérales des colonies françaises que nous a présentée M. L. Pelatan est un exposé très complet des connaissances acquises jusqu’à ce jour sur les ressources minières de nos grandes possessions d’outre-mer.
- Cet exposé comprend méthodiquement, pour chacune de nos colonies, d’abord un aperçu géographique qui en caractérise l’étendue, le relief et les conditions économiques; puis, un résumé de la constitution géologique et, enfin, la description successive des différents gîtes métallifères déjà connus, description souvent accompagnée de détails circonstanciés sur les efforts tentés pour la mise en valeur de ces gisements et sur leur production actuelle.
- Après les gîtes métallifères, M. Pelatan aborde les mines de charbon, puis les carrières de pierres ou autres matériaux de construction ; aucune ressource minérale n’est donc oubliée dans ce travail, qui devient la récapitulation la plus détaillée que l’on ait encore établie sur le sujet.
- Des renseignements statistiques complètent ces données générales, indiquent le nombre des concessions déjà accordées ou en cours d’instance, leur importance et leur production.
- Ces renseignements comprennent quelquefois des périodes assez longues, et fournissent des indications intéressantes sur la vitalité de quelques-unes de ces exploitations.
- Telles sont les conditions générales dans lesquelles sont étudiés avec le plus grand soin et dans l’ordre suivant :
- D’abord la Nouvelle-Calédonie, la Guyane française, l’Afrique française du Nord ainsi que l’Ouest africain et le Congo ;
- Puis, la grande île de Madagascar ;
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- Enfin, les vastes possessions françaises de l’Asie.
- Des cartes minières et quelques diagrammes résumant les productions complètent toutes ces données ; un résumé général clôture cette importante étude et met en relief d’une façon très saisissante toute l’importance de la question. La tâche que n’a pas craint d’entreprendre M. Pelatan présentait des difficultés particulières d’exécution : il est rare de trouver des informations précises et sûres au sujet des richesses minérales de nos colonies; les renseignements qui s’y rapportent sont en général très dispersés et d’origines extrêmement diverses ; ils exigent au moins autant de travail complémentaire pour en apprécier la valeur qu’il en a fallu pour en réaliser le groupement.
- D’un autre côté, les richesses minérales constituent un élément si important de l’avenir des colonies qu’il y avait un grand intérêt à voir aborder en France un travail depuis longtemps déjà réalisé à l’étranger, et qui mettrait à la disposition du public disposé à entreprendre des explorations lointaines des renseignements sérieux et précis sur les données déjà recueillies.
- Dans ces conditions, il était naturel que tous les hommes ayant eu, dans leur carrière politique ou industrielle, une certaine influence sur le développement de nos colonies se soient tout particulièrement intéressés à l’œuvre de M. Pelatan. Parmi les persnnalités le plus en évidence de ce milieu « colonial » M. Étienne a tenu, par une préface très élogieuse, à exprimer à l’auteur toute l’importance qu’il accordait à cette première tentative sérieuse pour la mise à portée du public des données pouvant faire apprécier comme il convient les richesses coloniales de nos colonies.
- La Société d’Encouragement, qui s’associe toujours à des efforts de ce genre, appréciera sans doute qu’il rentre dans ses traditions de marquer également l’intérêt qu’elle porte à cette importante question des développements de l’industrie minière dans nos colonies.
- Et c’est pour cette raison que le Comité du commerce a proposé d’accorder une médaille d’argent à l’ouvrage de M. Pelatan et de reproduire au Bulletin la partie de son ouvrage intitulée Résumé général.
- Signé : Dupuis, rapporteur.
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- LES RICHESSES MINÉRALES DES COLONIES FRANÇAISES.
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- RÉSUMÉ GÉNÉRAL
- « L’expansion de son empire colonial est, peut-être, l’un des événements les plus remarquables de l’histoire contemporaine de la France. »
- Telle était la première phrase du rapport consulaire anglais sur les colonies fran çaises, présenté à la Chambre des communes pour sa session de 1900.
- Ce sera bien, en réalité, l’un des faits les plus notables de notre histoire que cette activité colonisatrice déployée presque aussitôt après la guerre de 1870 par notre pays et aboutissant, en moins de trente ans, à la création simultanée de deux grands empires coloniaux : l’un africain, l’autre asiatique.
- Ce sera aussi l’honneur de tous ceux qui ont tenu en mains les destinées de la France pendant les vingt-cinq dernières années, d’avoir, par une action énergique et persévérante, refait notre domaine extérieur et réparé dans une certaine mesure ces grandes erreurs de notre histoire : l’abandon des Indes et du Canada sous Louis XY et la vente de la Louisiane sous Napoléon.
- Mais occuper ou conquérir, cela ne suffit pas; il faut tirer parti des territoires occupés ou conquis, et, par suite, il importe avant toute chose de connaître les ressources naturelles de ces territoires.
- Or, si les ressources d’ordre végétal et animal de plusieurs de nos colonies commencent à être assez bien connues, voire utilisées, il est loin d’en être de même pour leurs ressources minérales, au sujet desquelles on n’a encore que des données tout à fait insuffisantes.
- Ainsi, exception faite pour l’Algérie, la Tunisie et la Nouvelle-Calédonie, ne sait-on à peu près rien de la constitution du sol de la plupart de nos possessions.
- La même ignorance existe au sujet de leurs richesses minières.
- On ne trouve presque nulle part, pas plus dans les publications officielles qu’ail-leurs, d’informations dignes de foi sur la nature ou la valeur de ces richesses.
- Il en va tout autrement dans les colonies anglaises, qu’il faut bien se résigner à citer toujours comme exemple.
- Chaque colonie britannique un peu importante possède un service technique officiel dont l’unique fonction est de donner au public les renseignements les plus complets sur la géologie du pays, sur ses gisements miniers, sur les mines soumises à des travaux de recherches ou exploitées, sur la production des mines en exploitation, sur les meilleures méthodes d’extraction et de traitement des minerais, etc.
- Un jour viendrai il faut l’espérer, où nos ingénieurs et nos contrôleurs de mines coloniaux, au lieu d’être employés à des besognes administratives pour lesquelles ils ne sont pas préparés, pourront, comme leurs collègues anglais, consacrer leur activité à des investigations géologiques et minéralogiques dont l’utilité n’est pas à démontrer.
- Nos colonies seront alors mieux outillées qu’aujourd’hui pour l’étude des produits de leur sous-sol. Mais, en attendant, ces produits restent ignorés pour la plupart, et l’exploitation des mines y progresse si peu que cela fait un pénible contraste avec l’activité minière dont les grandes possessions anglaises ont le droit de s’enorgueillir.
- Le présent travail a été précisément conçu en vue de remédier, autant qu’il est ossible dans les circonstances actuelles, aune pénurie d’informations à tous égards rès regrettable.
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- Il a fallu, pour le faire, non seulement inventorier tous les gisements minéraux dont l’existence est dès à présent constatée dans les diverses parties de notre domaine d’outre-mer, mais encore donner une idée de la situation de l’industrie des mines dans chacune des parties importantes de ce domaine.
- La réalisation d’un pareil programme a eu pour résultat l’établissement d’une sorte de premier bilan général de nos ressources minières coloniales.
- Ce bilan n’est du reste lui-même pas autre chose que l’ensemble des inventaires miniers particuliers établis séparément pour la Nouvelle-Calédonie, la Guyane française, l’Afrique française (y compris l’Algérie et la Tunisie), Madagascar et l’Asie française (Indo-Ghine et Chine méridionale).
- Les colonies exclusivement agricoles des Antilles et les petites îles de l’océan Indien et du Pacifique ont été laissées de côté comme n’offrant aucun intérêt, au moins quant à présent, au point de vue do leurs ressources souterraines.
- L’inventaire minier spécial à chaque colonie ou groupement colonial a été conçu de façon à comprendre une partie descriptive de tous les gisements métallifères et minéraux connus ou même seulement signalés, puis, ensuite, une partie statistique relative à la production des mines en exploitation permettant d’établir des comparaisons avec les mines de même nature exploitées dans les pays voisins.
- Les données statistiques fournies par les divers inventaires partiels se trouvent réunies dans le tableau ci-annexé grâce auquel il est facile d’apprécier d’un coup d’œil l’importance déjà incontestable de l’industrie minière de nos colonies.
- Ce tableau, malgré les vides nombreux, renferme assurément quelques chiffres qui sont de nature à faire pressentir le grand développement dont est susceptible l’industrie minérale dans nos colonies. Il est de fait que les réserves minières en sont effleurées à peine sur un très petit nombre de points, et que, malgré cela, leur production totale annuelle en métaux ou substances minérales ne s’est pas élevée, dès 1898, à moins de 39 700 000 francs.
- Cette production eût été plus forte encore si on y avait ajouté les métaux provenant de notre zone d’influence du Yunnan, qui transitent par le Tonkin et dont la valeur a été estimée, pour 1898 à 9 500 000 francs.
- Elle aurait atteint, dans ce cas, le chiffre de 49 200 000 francs.
- Et cela, sans tenir compte d’une assez forte quantité d’or qui échappe à tout contrôle dans les districts aurifères de la Guyane, de Madagascar et du Soudan.
- Une production de 39 700 000 francs doit sembler, au premier abord, bien modeste pour un ensemble de territoires dont la superficie globale est supérieure à 10 millions de kilomètres carrés.
- Cependant, lorsqu’on y réfléchit, il apparaît clairement que, si nos possessions ont déjà pu arriver à produire pour près de 40 millions de francs de substances minérales par an, alors que l’exploitation des mines y est encore à l’état tout à fait embryonnaire, elles ne sauraient tarder à se trouver en mesure de fournir une production de beaucoup supérieure aussitôt que l'industrie minière y aura pris un plus grand essor.
- On peut assurément admettre sans exagération que cette production pourrait aisément être quintuplée, par exemple, dans un laps de temps relativement court, avec un peu d’initiaiive chez nos colons et moyennant l’emploi,parceux-ci, descapitauxnécessaires.
- Pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les résultats souvent remarquables et parfois splendides obtenus ailleurs par le développement rationnel des ressources du sous-sol.
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- Production minérale des colonies françaises en 1899.
- NOUVELLE- OUYANE AFRIQUE
- MINERAIS CALÉDONIE. FRANÇAISE. FRANÇAISE. MADAGASCAR. ASIE FRANÇAISE.
- OBSERVATIONS.
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- LES RICHESSES MINÉRALES DES COLONIES FRANÇAISES.
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- COMMERCE.
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- Prenons d’abord la France qui ne saurait passer pour un pays minier exceptionnellement riche, mais dont on dénigre, parfois à tort, l’activité sur le terrain économique.
- La France continentale a tiré des entrailles de son sol, en 1899, pour 648 231120 fr. de minerais et substances minérales de toute nature.
- Cette production a été sensiblement supérieure à celle qu’ont réalisée, dans la même année, certaines contrées pourtant renommées pour leurs richesses minières comme la Russie (avec la Sibérie), l’Autriche-Hongrie et l’Espagne.
- Seules en Europe l’Angleterre et l’Allemagne tirent plus de produits de leurs mines •que la France.
- Voici d’ailleurs quelle a été la production minérale de ces divers pays pour 1899 :
- Allemagne . . . Angleterre. . . .
- France .........
- Russie (1898) . . Autriche-Hongrie Espagne.........
- 1 433 246 000 francs
- 2 436 274 130 —
- 648 231 120 —
- 438 358 375 —
- 402 527 166 —
- 288 538 720 —
- Mais la France, aussi bien que les autres nations de l’Europe, est un pays de population dense, où l’industrie est déjà ancienne.
- Il est par conséquent difficile de la prendre comme étalon lorsqu’on veut juger de l’expansion minière que des territoires coloniaux tout à fait neufs peuvent être susceptibles d’atteindre.
- Mieux vaut chercher des points de comparaison parmi les pays de formation -récente en Amérique, et surtout parmi les colonies anglaises où abondent les exemples de ce que l’esprit d’entreprise peut créer lorsqu’il s’applique d’une manière intelligente à la mise en valeur des richesses minérales d’un sous-sol encore vierge.
- Quelques-unes des jeunes contrées américaines, qui sont à la vérité particulièrement favorisées au point de vue des ressources naturelles, ont vu en peu d’années imprimer une prodigieuse activité à leur industrie minière.
- Ainsi, les États-Unis de l’Amérique du Nord sont devenus, dans un laps de temps réellement très court, le premier pays minier du monde, avec une extraction minérale, pour 1900, d’une valeur de 3 360 432 080 francs, dépassant de un milliard la production de l’Angleterre.
- Le Chili, d’abord connu comme un producteur à peu près exclusif de cuivre, est arrivé au bout d’une assez brève période à réaliser une production qui, pour 1899, a atteint 634 131 170 francs, grâce à ses gisements de salpêtre aujourd’hui célèbres.
- Le Mexique, de son côté, doit à ses grandes mines d’argent d’avoir acquis rapidement un assez bon rang. Sa production de minerais et substances minérales a atteint, en 1899, 380 977 270 francs.
- Mais le développement de l’industrie minérale dans certaines grandes colonies anglaises, quoique de date beaucoup plus récente, est peut-être encore plus remarquable que celui de ces pays privilégiés.
- Le Canada, dont le sous-sol négligé pendant longtemps renferme d’étonnantes richesses, est arrivé, en quelques années seulement, à conquérir une place des plus enviables au nombre des pays miniers. Sa production minérale, toujours croissante, s’est en effet élevée, pour 1899, à 232882 620 francs.
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- LES RICHESSES MINÉRALES DES COLONIES FRANÇAISES.
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- Les colonies australiennes, où l’industrie des mines a été implantée il y a à peine cinquante ans, se trouvent dans une situation encore meilleure.
- 11 a été extrait respectivement de leur sous-sol en 1899 :
- Dans la Nouvelle-Galles du Sud .... 121 532 405 francs.
- Dans le Victoria............................ 86 928 925 —
- Dans le Queensland.......................... 74 067775 —
- Dans l’Australie du Sud..................... 10 400 970 —
- Dans l'Australie Occidentale............... 101 395 050 —
- Les colonies voisines de Tasmanie et de Nouvelle-Zélande ont produit de leur côté:
- La Tasmanie....................... 27 564 680 francs.
- La Nouvelle-Zélande............... 39 875 550 —
- En additionnant les productions partielles de tous ces pays, dont l’ensemble constitue cette partie du monde nouvelle que les Anglais désignent depuis peu sous le nom d’Australasie, et qui occupe une superficie de 7 977124 kilomètres carrés, on arrive, à une production totale, pour 1899, de 461 775 355 francs.
- Il faut reconnaître que la merveilleuse fortune minière des colonies britanniques de l’Amérique et de l’Australie ne se retrouve pas dans les Indes Anglaises où, malgré une occupation beaucoup plus ancienne, on n’est pas parvenu, sur une étendue de pays de 4 924 550 kilomètres carrés, à produire, en 1899, plus de 75 785 425 francs de minerais et substances minérales diverses.
- Malgré cette indigence relative des Indes, l’empire colonial anglais, considéré en bloc, n’en est pas moins, il faut en convenir, dans sa majeure partie, le théâtre d’une activité minière sans précédent dans l’histoire de la colonisation.
- Cet empire, qui s’étend sur plus de 19 millions de kilomètres carrés, a produit, en 1899, des minerais et matières minérales pour une valeur totale approximative de 876 489 475 francs.
- Ce chiffre, il faut le remarquer, ne comprend pas la production du Transvaal, dont on était arrivé à extraire, dans la seule année 1898, avant la guerre, de l’or pour une valeur de près de 400 millions de francs.
- Notre domaine colonial français est peut-être moins bien doté dans son ensemble que certains des pays d’Amérique renommés pour l’opulence de leurs mines, ou que l’immense empire colonial de la Grande-Bretagne. Il n’en présente pas moins, sur ses 10 millions de kilomètres carrés de superficie, des ressources minières très variées.
- On a reconnu l’existence des gisements importants: D’or à la Guyane {1 ), en Afrique (Côte d’ivoire et Soudan), à Madagascar et même en Nouvelle-Calédonie. La Côte d’ivoire possède, semble-t-il, des gîtes analogues, comme formation et comme richesse, à ceux du Transvaal;
- D'étain en Indo-Chine (Laos, Yunnan);
- De cuivre en Afrique (Algérie, Congo) et en Nouvelle-Calédonie.
- Les gisements Congolais surtout paraissent avoir une grande importance :
- De plomb argentifère en Afrique (Algérie, Tunisie) ;
- (1) Le territoire contesté de la Guyane sur lequel nous avions tous les droits nous a été enlevé par un récent arbitrage, mais la Guyane est assez riche, même sans le contesté Brésilien/ non seulement pour maintenir, mais encore pour accroître sa production d’or.
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- De zinc en Afrique (Algérie, Tunisie) et en Nouvelle-Calédonie ;
- De mercure en Afrique (Algérie) ;
- D’antimoine en Afrique (Algérie), en Nouvelle-Calédonie et en Indo-Chine (Tonkin) ;
- De, nickel en Nouvelle-Calédonie, où se trouvent les gisements de nickel les plus considérables et les plus riches du monde;
- De cobalten Nouvelle-Calédonie, où ce métal est aussi plus abondant que partout ailleurs ;
- De chrome en Nouvelle-Calédonie, où les gîtes chromifères paraissent plus nombreux et plus riches que dans tout autre pays;
- De fer, en Afrique, en Indo-Chine, à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie.
- Nos colonies renferment aussi des gisements parfois très considérables de substances minérales non métallifères, notamment des gisements :
- De sel en Afrique (Algérie, Tunisie, Sahara), et en Indo-Chine,
- De phosphate de chaux en Afrique (Algérie, Tunisie, Sénégal) et en Guyane. Les gîtes d’Algérie ou de Tunisie peuvent soutenir la comparaison avec les grands gîtes des États-Unis ;
- De combustibles minéraux en Indo-Chine (Tonkin, Annam, etc.), en Nouvelle-Calédonie et même en Afrique et à Madagascar. Des bassins houillers très étendus existent notamment au Tonkin et dans les provinces chinoises limitrophes;
- De pierres précieuses en Indo-Chine (Cambodge, Laos) et à Madagascar;
- De matériaux de construction un peu partout.
- Cette énumération des diverses espèces de gisements dont l’existence a été constatée dans nos diverses possessions coloniales est d’ailleurs loin d’être close.
- Elle s’allongera certainement au fur et à mesure que chacune d’entre elles sera mieux connue et que de nouveaux gisements y seront mis en évidence.
- Il est indiscutable que, dès à présent, une grande partie des ressources de certaines de nos colonies provient des produits de leurs mines.
- Tel est notamment le cas pour la Nouvelle-Calédonie et pour la Guyane, qui renferment toutes deux, dans leur sous-sol, les éléments d’un très grand avenir industriel.
- La Nouvelle-Calédonie spécialement est un vaste district minier dont la richesse surpasse tout ce qu’on peut imaginer.
- Nos autres colonies de l’Afrique et de l’Asie, ainsi que Madagascar, abondent en productions naturelles de tous genres, et les mines n’y tiendront sans doute jamais la place prépondérante qu’elles paraissent destinées à occuper en Nouvelle-Calédonie ou en Guyane, sauf peut-être dans certaines contrées déshéritées, comme le Sahara, ou dans quelques districts minéralisés d’une façon exceptionnelle, comme les régions aurifères de la Côte d’ivoire et les régions cuprifères du Bas-Congo.
- La plupart d’entre elles pourtant renferment aussi des ressources minérales d’une grande valeur, et il est certain que quelque chose d’essentiel leur manquerait si elles devaient être privées de l’appoint non négligeable que le produit de l’industrie des mines est susceptible d’apporter à l’ensemble de leurs ressources.
- En résumé, notre domaine colonial possède, dans les diverses parties de son sous-sol, des éléments largement suffisants pour qu’on puisse bien augurer de son avenir au point de vue minier. De plus, une véritable industrie minérale s’y développe déjà et ne demande qu’à y grandir.
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- LES RICHESSES MINÉRALES DES COLONIES FRANÇAISES.
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- Il s’agit maintenant de consolider les résultats acquis et, chose plus importante encore, de donner à cette industrie naissante une impulsion assez vigoureuse pour la faire concourir d’une manière efficace à la prospérité générale de ce domaine.
- Le développement de l’industrie minérale aux colonies est naturellement subordonné à diverses conditions dont les plus nécessaires sont :
- Uue bonne réglementation minière, appliquée avec libéralisme et impartialité;
- Un régime douanier ne grevant pas les machines et les approvisionnements de toute nature nécessaires à l’exploitation des mines ;
- La possibilité, pour les mineurs, de se procurer sur place une main-d’œuvre abondante et aussi économique que possible ;
- L’existence, dans chaque colonie, d’un bureau d’études techniques chargé de réunir et d’étudier tous les renseignements sur la géologie et les ressources minérales du pays.
- Cette dernière condition est sans contredit une des plus indispensables, car, dès qu’on fait connaître les ressources d’une contrée, l’intérêt pousse immédiatement les gens entreprenants à se préoccuper de l’utilisation de ces ressources, et, y étant intéressés, ils font tous leurs efforts pour obtenir la réalisation des conditions indispensables pour réussir, à savoir: une bonne législation, des mesures fiscales acceptables, de la main-d’œuvre, etc.
- Pelatan.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- MÉDAILLE DE BRONZE
- Rapport présenté par M. Larivière, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur la ceinture de sécurité de M. Ravasse.
- M. Ravasse, inspecteur des Postes et Télégraphes, à Boulogne-sur-Seine, a présenté à l’examen de la Société une ceinture destinée à prévenir la chute des ouvriers qui ont à faire fréquemment l’ascension des poteaux
- en cuir
- „ Le sa/> à outils
- destinée' cL entourer
- en toile
- A B
- Fig. 1 et 2. — Ceinture de sûreté de AF Ravasse.
- ou pylônes destinés à soutenir les lignes électriques aériennes ou à exécuter des travaux analogues.
- Jusqu’à ce jour, on avait recours à des ceintures ordinaires munies de courroies ou de cordages avec lesquels les ouvriers s’attachaient. Ce système présentait un grave inconvénient : il leur enlevait presque toute la liberté de mouvements, soit lors de l’ascension, soit dans l’exécution de leur travail, soit, enfin, dans le cas heureusement rare, mais qu’il faut cependant prévoir, de la rupture du poteau.
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- SUR LA CEINTURE DE SÉCURITÉ DE M. RAYASSE.
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- Pour remédier à ce défaut, M. Ravasse a établi un modèle qui diffère de l’ancien système par l’emploi d’un anneau mobile muni de deux ouvertures A B, fig. 1 et 2, à travers lesquelles passe à frottement une solide courroie en cuir tanné au chrome, venant se fixer à une forte ceinture placée autour de la taille de l’ouvrier comme l’indiquent les croquis ci-contre; un rivet traversant la courroie en C empêche l’anneau mobile de s’échapper.
- L’ouvrier muni de cette ceinture n’a donc, pour faire l’ascension avec sécurité, qu’à passer autour du point d’appui l’extrémité libre de la courroie, l’engager dans l’ouverture B de l’anneau mobile et la fixer à la boucle D cousue à la ceinture.
- Il a ainsi toute liberté pour faire varier l’ouverture de la boucle en rapprochant ou éloignant l’anneau mobile suivant les nécessités de son travail, et, en cas de chute, il est maintenu contre l’appui, tout en glissant très lentement jusqu’à sa base.
- En résumé, la dispositiou présentée par M. Ravasse est ingénieuse et efficace. Ses ceintures sont bien fabriquées, elles ont été adoptées par la Direction régionale des Télégraphes de Paris, les services électriques des Compagnies de chemins de fer. Aussi le Comité des Constructions et Beaux-Arts a-t-il proposé de décerner à M. Ravasse une médaille de bronze.
- Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902.
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- BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. E. Belin, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur la gravure en Cellulotypie de M. Émile Bayard.
- La gravure en taille-douce, soit qu’il s’agisse de la création d’œuvres originales, soit qu’il faille obtenir leur reproduction, présente des difficultés fort sérieuses, que n’arrivent à surmonter que les habiles, dans un métier long et difficile à apprendre. 11 faut, en effet, au moyen de la pointe ou du burin faire des entailles plus ou moins profondes sur un métal dur ou sur la pierre, et ce travail ne peut être entrepris par le premier venu.
- Les initiés, il est vrai, arrivent à des résultats incomparables comme finesse de traits et intensité d’ombres obtenues par la diversité des tailles, mais au prix de quels efforts! Et encore peut-on souvent leur reprocher, quand il s’agit de reproduction d’une œuvre d’art, de ne pas suivre fidèlement le modèle, de ne pas traduire exactement la pensée de l’auteur; d’ajouter, d’interpréter, par conséquent de dénaturer l’œuvre, ce qui est un défaut à peu près inévitable et très grave, même si la modification est une amélioration.
- Pour éviter ces inconvénients, certains artistes ont cherché à faire eux-mêmes le travail de la reproduction ; mais la difficulté et la longueur de la mise en place du sujet sur la planche de métal et des manipulations nécessaires les ont vite rebutés.
- M. Émile Bayard, l’artiste peintre distingué, s’était probablement trouvé aux prises avec ces difficultés, et. il s’est mis à la recherche d’un nouveau procédé qui les supprimât toutes. C’est ainsi qu’il est devenu l’inventeur de la Cellulotypie, qui a pour but de mettre à la portée de tous la gravure en taille-douce.
- Par son procédé, on peut graver facilement, rapidement, presque sans
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- SUR LA GRAVURE EN CELLULOTYPIE.
- C7
- savoir dessiner, et tirer autant d’exemplaires que l’on en désire sur n’importe quel papier.
- La planche cellulotypique, qui peut se faire de toutes dimensions, et dont les deux faces sont polies et très lisses, est formée d’une matière incolore et transparente. Taillée en biseau sur ses quatre côtés et sur une seule face, elle représente exactement une planche de cuivre ou d’acier préparée pour la gravure. Mais elle est d’un poids et d’un prix insignifiants, et sa transparence permet au besoin de calquer directement sur le modèle.
- La gravure se fait exactement de la même manière que sur le métal. Les outils dont on se sert sont les mêmes. La plaque permet de recevoir, comme le cuivre, les traits les plus fins jusqu’aux traits les plus forts et les plus creux. L’incision est d’une grande netteté et donne ainsi l’avantage de reproduire toutes les attaques de la pointe, les hachures, les pointillés, etc.
- La transparence de ]a plaque permet, en outre, la mise en place très rapide du sujet et la copie directe ou à l’inverse du sujet.
- Pour la mise en place, il suffit de mettre la plaque sur le croquis à reproduire pour se rendre compte immédiatement de la situation exacte de tous les points du sujet, et on peut voir ainsi, par exemple, s’il convient de hausser ou de baisser son horizon.
- Pour la copie directe, inutile d’insister; il suffit d’un simple décalque. Mais pour la copie à l’inverse du sujet, on l’obtient très aisément en fronçant légèrement, pour le dépolir, l’envers de la plaque, dont les deux faces sont également lisses, et en calquant sur cette face, au crayon ou à la plume, le dessin placé sous la plaque. Ce calque terminé, il suffit d’enlever le dessin original, de retourner la plaque cellulotypique et de graver sur la face lisse tous les traits du dessin calqué sur la face dépolie. Cette gravure à l’envers donnera, au tirage, des épreuves à l’endroit conformes au dessin original.
- La planche ainsi obtenue s’encre exactement de la même façon que la planche de métal, et on obtient un tirage au moyen de la presse dans les mêmes conditions de perfection que par les moyens actuellement en usage.
- La matière de la plaque cellulotypique étant très résistante, on peut en tirer autant d’exemplaires que l’on désire.
- Votre Commission des Beaux-Arts a été frappée de tous les avantages
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- BEAUX-ARTS.
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- que présente ce nouveau procédé, qui peut rendre autant de services à l’art qu’à l’industrie. Elle vous propose, en conséquence, de remercier M. Émile Bayard de sa communication et vous demande l’insertion de ce rapport à notre Bulletin.
- Signé : E. Belin, rapporteur. Lu et approuvé en séance le 11juillet 190*2.
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- CONSTRUCTIONS
- Rapport présenté par M. Huet, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur la cheminée-calorifère de M. Silbermann.
- Par une lettre du 23 novembre 1901, M. Silbermann, demeurant à Paris, rue Saint-Ferdinand, 16, a demandé à M. le Président de votre Société de vouloir bien faire examiner la cheminée-calorifère dont il est l’inventeur breveté, et dont un spécimen est installé quai Jemmapes, 152, chez M. Ba-razer, ingénieur.
- Cette demande ayant été transmise à votre Comité des Constructions et Beaux-Arts, ce Comité m’a chargé de vous rendre compte en son nom de l’examen qu’il a fait de cet appareil de chauffage.
- L’appareil de M. Silbermann a pour but, comme l’appareil Fondet, très répandu aujourd’hui, d’augmenter l’utilisation du combustible consommé dans les cheminées ordinaires et qui, dans ces cheminées, n’est utilisé que par rayonnement :
- Son dispositif consiste (fig. 1 à 5) en une caisse métallique a, soit en fonte, soit en tôle de 4 à 8 millimètres d’épaisseur, dont les parois extérieures s’appliquent contre la maçonnerie de la cheminée.
- L’intérieur de cette caisse est divisé par une cloison verticale médiane c qui la partage en deux parties égales et symétriques, et chacune de ces parties est coupée horizontalement par des cloisons horizontales b formant chicanes.
- Une prise d’air d est placée à la base de chacune des deux parties de cette caisse, et l’air qui s’y introduit s’échappe par des bouches aménagées à leur partie supérieure, après s’être échauffé contre la paroi.
- Cette caisse peut se placer à l’intérieur d’une cheminée existante, le fond de la caisse s’appuyant contre l’âtre du foyer et le devant fermant le nouvel âtre; seulement, dans ce cas, les prises d’air et les bouches de sortie s’ouvrent en avant de chaque côté du foyer.
- Une des deux bouches de chaleur dd, ou même les deux, peuvent s’ouvrir en arrière de la caisse, en traversant le mur de séparation de deux pièces
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- contiguës, et chauffer la pièce voisine en même temps que la cheminée continue à chauffer par rayonnement la pièce dans laquelle elle est installée.
- L’été, cette caisse peut servir à ventiler la pièce où se trouve la cheminée, par l’appel produit par deux ouvertures /, f, placées sur sa face supérieure en communication directe avec le corps de la cheminée et fermées en temps ordinaire ; l’air de l’appartement, appelé par ces ouvertures, s’introduit dans la caisse par les prises d’air et par les bouches de chaleur, et s’échappe dans le tuyau de la cheminée.
- Dans l’appareil Fondet, l’air arrive dans un collecteur inférieur et
- Fie. 1 ii o. — Cheminée calorifère Silbermann.
- s’élève, par une série de conduits juxtaposés, tapissant l’âtre du foyer et chauffés parle combustible, dans un collecteur supérieur, d’où il s’échappe dans la pièce.
- Le dispositif de la caisse métallique de M. Silbermann, par la circulation qu’il impose à l’air entre les prises d’air et les bouches d’évacuation, en raison des chicanes qui coupent cette caisse dans le sens de la hauteur, doivent nécessairement porter l’air introduit à une température plus élevée, et par suite produire une meilleure utilisation du combustible.
- Nous avons pu faire d’ailleurs, touchant cette utilisation, quelques expériences sur la cheminée-calorifère du système Silbermann, installée dans les ateliers de M. Barazer, ingénieur, quai Jemmapes, 152, expériences qui sont venues confirmer les résultats creusés par M. Silbermann dans la note qu’il nous a remise sur l’utilisation du combustible dans sa cheminée-calorifère
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- SUR LA CHEMINÉE-CALORIFÈRE.
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- La caisse en tôle qui constitue l’appareil de cette cheminée comporte, d’un côté trois chicanes, de l’autre cinq.
- Les expériences ont été faites le 16 avril dernier : un bon feu de charbon était allumé dans la cheminée ; la température relevée dans la pièce aux abords des deux prises d’air était de 16°.
- Un thermomètre fut placé successivement devant chacune des bouches de chaleur par lesquelles l’air se dégageait; ce thermomètre a accusé, du côté des trois chicanes, une température de 240°, et du côté des cinq chicanes une température de 236°.
- Pour juger le volume d’air ainsi dégagé à ces températures, nous nous sommes servis d’un anémomètre Richard : Du côté des trois chicanes, cet appareil a indiqué un parcours de 114 mètres en 2 minutes, soit de 0m,95 par seconde ou, en réalité, de lm, 10, en tenant compte d’une augmentation de 16 p. 100 résultant de la table de correction Richard pour les vitesses inférieures à 2 ou 3 mètres par seconde. Du côté des cinq chicanes ce parcours a été de 105 mètres, soit de 0m,875 par seconde ou, en réalité, de lm,06 en tenant compte d’une augmentation de 21 p. 100 résultant de cette même table.
- Le diamètre des tuyaux ou bouches par lesquels l’air s’écoulait de part et d’autre étant de 0m,092, c’est-à-dire que, la section de ces tuyaux étant de 0m2,006647, le volume d’air évacué par seconde avait été, du côté des trois chicanes,de 011'3,0073817 par seconde, soit de 0m34387 par minute, et, du côté des cinq chicanes, de 0ni3,007458 par seconde, soit de 0in\4227 par minute.
- Ainsi que nous l’avons vu, ces deux volumes d’air avaient été portés par le combustible du foyer, le premier de 16° à 240°, le second de 16 à 236°, c’est-à-dire que le premier avait été élevé de 224°, et le second de 220°. Or, pour élever de l°un mètre cube d’air, il faut 0,31 calorie; le combustible du foyer a donc fourni en une minute :
- Calories.
- D’un côté...............224 x 0,31 x 0m3,4387 =30,46
- Et de l’autre côté...... 220 x 0,31 X 0m3,4227 = 28,83
- Soit ex totalité............... 39,29
- c’est-à-dire que, par heure, il aurait fourni effectivement pour le chauffage de la pièce 3 557 calories.
- Or, une cheminée ordinaire n’utilise en réalité que par rayonnement la
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- chaleur produite par le combustible qu’elle consomme, et cette proportion est généralement estimée à 13 p. 100 de la chaleur totale ainsi produite par de la houille développant par kilogramme 8 000 calories.
- Si on admet qu’une cheminée brûle en une heure lkg,5 de houille, elle n’utilisera, pour le chauffage de la pièce où elle est placée, que 13 p. 100 de 12 000 calories, soit 1 560 calories. En y appliquant le système Silbermann, il y aurait lieu, d’après les expériences que nous avons faites, d’y ajouter 3 557 calories dégagées parles bouches de chaleur de l’appareil, ce qui donnerait un total de 5 117 calories portant à 42,6 p. 100 l’utilisation du combustible.
- Nous n’avons pu malheureusement voir et soumettre à des expériences que l’appareil spécimen placé dans l’atelier de M. Barazer. M. Silbermann n’en a pas encore installé d’autres, et l’on peut se demander si cet appareil ne présentera pas, dans une application courante, des inconvénients et des défauts que ne nous a pas révélés ce spécimen. La caisse métallique qui le constitue, si elle est en fonte, ne se fissurera-t-elle pas sous l’action de la chaleur, si elle est en tôle ne se gondolera-t-elle pas, ne s’attaquera-t-elle pas plus ou moins rapidement sous l’action des gaz dégagés à ces températures élevées?Nous ne saurions le dire, et il ne sera possible d’en juger que par un fonctionnement régulier de l’appareil, dans des conditions normales.
- Quoi qu’il en soit, votre Comité a jugé qu’il y avait, dans la recherche d’une meilleure utilisation du combustible consommé dans les cheminées ordinaires poursuivie dans cette direction, une idée intéressante à encourager; il vous propose de remercier M. Silbermann de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : Huet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 11 juillet 1902.
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- MÉTALLURGIE
- DE LA DISCONTINUITÉ DANS LES ESSAIS DE FRAGILITÉ, PAR M. H. Le Chateliei*,
- Membre du Conseil.
- Un de faits les plus frappants que l’on observe dans les essais de fragilité au choc sur barreaux entaillés est la discontinuité des résultats numériques donnés par ces essais. M. Frémonta depuis longtemps signalé cette particularité mais en a peut-être un peu exagéré la portée en disant que certains métaux sont fragiles, d’autres ne le sont pas, et qu’entre eux il n’y a pas d’intermédiaires. C’est là le point que je voudrais discuter dans cette note.
- Les données numériques fournies par l’essai de fragilité sont de deux ordres différents, on peut mesurer le nombre de kilogrammètres absorbés dans le travail de rupture; le mouton de M. Frémont et le pendule de M. Charpy permettent d’effectuer des mesures semblables. Mais on peut aussi, comme l’a proposé M. Charpy, mesurer l’angle de rupture du barreau. Cet angle varie dans le même sens que le travail correspondant, et il n’y a pas, pour donner la préférence à l’une ou l’autre de ces deux mesures, de raisons autres que celles qui se rattachent à 1a. facilité des opérations. La mesure de l’angle de rupture semble, à ce point de vue, présenter de grands avantages. Elle n’exige pas un appareil de rupture spécial disposé pour la mesure du travail résiduel. On peut employer un mouton quelconque, comme il s’en trouve dans toutes les usines. D’autre part, on n’est pas à la merci d’une erreur d’expérience, on peut recommencer autant de fois qu’on le veut cette mesure d’angle, tandis qu’il suffît d’un moment d’inattention pour manquer la mesure du travail.
- Pour la mesure des angles, il suffit de rapprocher les deux fragments de l’éprouvette l’un de l’autre, les appliquer sur une feuille de papier, tracer leur contour au crayon, prolonger les lignes de direction au moyen d’une règle et finalement mesurer l’angle ainsi dessiné avec un rapporteur. Cela ne présente aucune difficulté, mais cela est un peu long. J’ai fait construire par M. Pellin un goniomètre d’application rudimentaire qui permet de faire cette mesure instantanément. Il se compose de deux petites pièces en bronze s’appliquant sur les faces supérieures des deux fragments de l’éprouvette et pouvantêtre tenues en placeavec les doigts pendant que l’on saisit ces fragments pour les rapprocher et mettre en contact les deux lèvres de la cassure. Perpendiculairement à l’une de ces pièces de
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- MÉTALLURGIE. --- JUILLET 1902.
- bronze se trouve fixé un secteur de cercle divisé et, sur l’autre, une aiguille. Celle-ci arrive au zéro de la division quand on place les deux pièces sur une barre droite et qu’on les fait glisser de façon à les faire butter l’une contre l’autre. Pour faire une mesure, on applique ces deux pièces chacune sur une des moitiés de l’éprouvette et on amène ces deux moitiés à être en contact par la surface de la cassure. Une fois ce contact établi, on fait glisser les deux pièces de façon à les faire se toucher, et il n’y a plus qu’à faire la lecture sur le cercle divisé pour avoir l’angle de flexion des deux barreaux.
- On peut, pour définir la position relative des deux moitiés de l’éprouvette, indiquer soit l’angle que font actuellement ces deux moitiés de l’éprouvette, soit, au contraire, l’angle dont une moitié a fléchi par rapport à l’autre. Ce second angle est supplémentaire du premier. Au point de vue géométrique, le choix de l’uu ou de l’autre de ces angles est sans importance, puisqu’ils se correspondent suivant une loi définie, mais, au point de vue pratique, ce choix n’est pas du tout indifférent. Dans les essais de pliage ordinaire, on prend l’angle réel des deux moitiés du barreaü, et l’on a étendu la même convention à la flexion des barreaux entaillés. C’est un usage contre lequel il est utile de réagir. Les angles de flexion intéressants à considérer sont, comme je le montrerai plus loin, les angles voisins de 20°, qui correspondent par conséquent à des angles supplémentaires de 160°, c’est-à-dire très grands. Or, les variations très petites de grands nombres ne parlent pas du tout à l’esprit et exposent à faire des confusions impossibles à commettre quand on considère au contraire des petits nombres. On voit de suite qu’un angle de 10° est la moitié d’un angle de 20° et les travaux de rupture sont à peu près dans le même rapport, tandis que les angles correspondants de 160° et 170° demandent, pour être interprétés, un petit raisonnement , pas bien compliqué il est vrai, mais dont il est inutile de s’imposer l’obligation.
- Le petit appareil décrit plus haut donne ces angles de flexion, et non les angles supplémentaires que forment entre eux les deux moitiés du barreau Ce sont ces angles de flexion qui seront seuls mentionnés dans la suite de ce travail.
- Toutes les expériences publiées jusqu’ici et celles que j’ai eu l’occasion de faire, montrent bien la discontinuité signalée par M. Frémont, mais, et c’est là un point important à établir, elles ne permettent nullement de conclure à une discontinuité dans les propriétés du métal. On ne peut affirmer qu’il existe une solution de continuité entre les métaux fragiles et les métaux non fragiles. S’il en était ainsi, cette discontinuité se manifesterait de la même façon avec tous les procédés d’essais de fragilité et la question serait grandement simplifiée. Mais, en fait, la position de cette discontinuité dépend autant du mode d’essai employé que de la qualité même du métal. On peut, suivant Je mode d’essai employé,
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- DE LA DISCONTINUITÉ DANS LES ESSAIS DE FRAGILITÉ.
- '/r
- 7e>
- faire rentrer à volonté presque tous les métaux dans l’une ou l’autre de ces catégories. Avec les barreaux non entaillés presque tous les métaux passent dans la catégorie des non fragiles, tandis que, avec l’entaille aiguë, presque tous passent dans la catégorie des métaux fragiles. L’apparition delà fragilité dépend donc à la fois de la qualité du métal et de certaines conditions opératoires du procédé d’essais employé. Si l’on étudie une série de métaux variant dans leur qualité d’une façon continue, ce que l’on peut obtenir facilement en prenant un métal de très bonne qualité et le surchauffant, le brûlant, pendant des temps croissant régulièrement, on observe que la coupure entre la fragilité et la non-fragilité se produit pour un surchautfage variable avec la nature de l’entaille adoptée.
- Voici quelques expériences qui ont été faites aux usines de la Société française des constructions mécaniques, à Denain, et dont je dois la communication au directeur de cette usine, M. Guillery. Un acier doux laminé de bonne qualité, provenant des forges de Denain et Anzin, fut d’abord soumis à une trempe suivie d’un recuit, pour en augmenter encore l’homogénéité et en réduire la fragilité an minimum. Il fut ensuite recuit à 1100° pendant des temps variables, et les éprouvettes découpées dans ces différentes qualités de métal ainsi obtenues furent soumises au choc, les unes sans entaille, les autres avec une entaille de 1 millimètre de profondeur et autant de largeur et, enfin, la dernière, avec une entaille aiguë de 1 millimètre de profondeur.
- Sans entaille...................
- Enlaille de 1 millimètre. . . . Entaille aigue..................
- inii ial. Surchauffé. Surchauffé
- 40 > 40 > 40
- 32 20 I
- 3 1 1
- Je donnerai maintenant une seconde série d’expériences, faites également par M. Guillery, et ayant pour objet devoir par quel traitement on pourrait régénérer des aciers doux qui étaient devenus cristallins et cassants par leur passage dans un four à cémenter. Il s’agit encore d’acier doux, et restés tels après leur passage dans le four, des précautions ayant été prises pour éviter le contact du cément. Us furent ensuite soumis à des traitements très variés. Chaque série de métaux et de traitements donna lieu à la confection d’éprouvettes entaillées avec le trait de scie de 1 millimètre (fig. 1 ) et avec l’entaille aiguë (fig. 2). Les résultats des expériences sont résumés dans des tableaux graphiques qui ont été dressés de la façon suivante : On a porté en ordonnées le nombre de kilogram-mètres donnés directement par l’appareil de M. Frémont pour des barreaux d’une section utile de 0,7 centimètres carrés, et en abscisse le nombre d’expériences ayant donné les mêmes résultats, on a groupé ensemble, comme identiques, les résultats différents de moins de 5 kilogrammètres, et on lésa inscrits sur la ligne
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- Kilopramm êtres
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- MÉTALLURGIE.
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- correspondant au nombre multiple de 5 immédiatement inférieur au nombre réel. Par exemple, tous les nombres inférieurs à 10 et supérieurs à 5 ont été portés sur la ligne correspondant à l’ordonnée o.
- On voit sur ces graphiques que les métaux se divisent bien en deux groupes 30 ______________________
- 2
- v: 20 ___ ________
- •<ü
- 0 ___ __________________________________
- |-1—î---1---1--1---1--1--1---1--j
- 0 10 Nombre des expériences
- Fig. 1. — Entaille de 1 millimètre.
- distincts dont l’un exigeant pour sa rupture moins de 5 kilogrammètres serait celui des métaux fragiles et l’autre exigeant plus de 15 kilogrammètres celui des métaux non fragiles. Mais quand on compare les deux entailles diffé-
- to ___
- 30 ____
- Z0 ____
- 10_____
- 0 __
- j--p--1---1---1-j----f--1--1--1--j---1--1---1--1---1--1--1--1 i j i i i r
- 0 10 23
- Nombre des . expériences Fig. 2. — Entaille aiguë.
- rentes, on voit que le nombre des métaux rangés dans les deux catégories n’est plus du tout le même. Or, les métaux ayant été essayés avec chacune des entailles sont exactement les mêmes.
- Ces expériences démontrent que les essais au choc sur barreaux entaillés donnent bien lieu à une discontinuité dans leur résultat, mais cette disconti-
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- DE LA. DISCONTINUITÉ DANS LES ESSAIS DE FRAGILITÉ.
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- nuité ne permet pas de conclure à une discontinuité correspondante dans la qualité des métaux, puisque les résultats varient avec la'nature de l’entaille.
- Voici maintenant un tableau résumant une série de résultats publiés par M. Frémont dans ses mémoires sur la fragilité des aciers (fig. 3).
- Le point de discontinuité correspond, dans ce cas, à un travail moyen de 30 __ ___________
- 20
- 10 ____
- 0 ____
- -!-------1-------r
- “I-------1-------1-------1-------1-------1------r-
- 0 10 20 Nombre des expériences
- Fig. 3.
- 10 kilogrammes par 0,7 centimètre carré, c’est-à-dire un peu plus élevé que dans la série précédente.
- Voici maintenant (Tu
- h
- üj
- b
- 6
- #
- 30
- 20
- 10
- i) une autre série d’expériences que j’ai faites et dans lesquelles j’ai relevé en même temps les angles de flexion.
- La discontinuité correspond, pour les travaux de rupture, à 7 ki~ logrammètres sur 0,7 centimètre carré de section utile.
- Dans ces différentes séries d’expériences, la discontinuité dans les travaux de rupture correspond à un chiffre variant de 5 à 7 kilo-grammètres, soit, en moyenne, 7,5, ou, en rapportant au centimètre carré et en arrondissant les chiffres, à 10 kilogrammètres.
- On peut se demander si, avec des entailles plus larges, comme celles qui ont été préconisées par M. Charpy, on observe les mêmes discontinuités. C est exactement la même chose. Le graphique suivant (fig. 5) a été dressé au moyen de résultats que M. Charpy a publiés ou qu’il m’a communiqués personnellement, et d’expériences que j’ai faites moi-même.
- La discontinuité correspond, pour les angles (fig. 6), à la valeur moyenne de 20°
- -i—i—i—i—j i i i
- Nombre des expériences Fig. 4.
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- et pour le travail à la valeur moyenne de 8 kilogrammètres par centimètre carre.
- On peut donc, d’après les chiffres donnés ici, admettre que, pour des épaisseurs de barreaux et des formes d’entailles très différentes, la zone de démar-
- 40 __ _____
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- 5
- | 1 ' I I | T I I I j-------------1--1---1--1--1----1-1--1---1--j
- 0 10 20 -Nombre des expériences
- Fig. 5.
- cation entre la fragilité et la non-fragilité correspond, en moyenne, dans tous les cas, à un travail de rupture voisin de 10 kilogrammètres par centimètre carré.
- 50° r__ _________________________________________________
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- 0 10
- Nombre des expériences
- Fig. 6.
- Quelles conséquences peut-on tirer, au point de vue des essais, de cette discontinuité, dans le cas où des expériences ultérieures en établiraient définitivement l’existence. Si l’on se contente de demander à un mode d’essai déter-
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- DE LA DISCONTINUITÉ DANS LES ESSAIS DE FRAGILITÉ.
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- miné de classer les métaux en deux catégories seulement : fragiles et non fragiles, sans se préoccuper des degrés que peuvent présenter chacune de ces catégories, on peut donner à cet essai un mode opératoire d’une simplicité extrême, et se dispenser de toute mesure, à condition cependant de prendre comme caractéristique de la qualité du métal l’angle de tlexion après rupture et non le travail de rupture. Cela permet d’employer, pour la rupture, un mouton quelconque et, en outre, de se contenter de la vue simple pour estimer l’angle <le rupture. On n’aura, le plus souvent, qu’à distinguer des angles inférieurs à 10° d’angles supérieurs à 30°; il n’y a aucune confusion possible, la mesure plus précise de l’angle ne sera que très rarement nécessaire.
- Mais si l’on n’adopte qu’un seul mode d'essai, on ne pourra ainsi diviser les métaux, au point de vue de la fragilité, qu’en deux catégories, ce qui ne serait pas suffisant. On arriverait, en s’arrêtant à des conditions d’essai d’une sévérité moyenne, à ne pouvoir établir de distinction parmi les métaux de premier choix, comme les lôles à chaudière, qui seraient à peu près toutes non fragiles,ni parmi les métaux de qualité médiocre, comme les rails, qui seraient tous fragiles. Il est nécessaire, si l’on veut se contenter de cette division en deux catégories, de varier les conditions de l’essai suivant la nature des métaux auxquels il doit s’appliquer. On peut, en effet, modifier la sévérité de l’essai en changeant soit la largeur de l’entaille, soit la profondeur. Il n’y a pas, a priori, de raisons bien évidentes pour donner la préférence à l’un ou à l’autre des deux procédés. Le plus simple serait peut-être de changer seulement la largeur du fond de l’entaille, en lui laissant une profondeur représentant toujours une même fraction de l’épaisseur du barreau, te quart par exemple, profondeur à partir de laquelle de nouvelles augmentations n’ont plus d’effet appréciable. On pourrait employer les quatre largeurs d’entailles suivantes :
- 1° Absence d’entaille;
- 2° Entaille de 2 millimètres;
- 3° Entaille de 0mm,2 ;
- 4° Entaille de 0mm,02.
- Il ne semble pas impossible d’arriver, par des procédés mécaniques, à préparer des couteaux qui permettent de déterminer rigoureusement la forme du fond de l’entaille, même dans le cas des deux dernières entailles qui seraient relativement assez aiguës. Ce serait, il est vrai, un travail délicat, mais il n’y aurait qu’à le faire une fois pour toutes, tandis que les variations sur la profondeur de l’entaille demanderaient des soins particuliers pour chaque barreau préparé.
- Le profil de l’entaille a semblé, au début des études sur les essais de fragilité, devoir présenter une grande importance. On a pensé que les entailles carrées devaient, par leurs angles, donner lieu à des points faibles facilitant la rupture; on a supposé également que les petites rayures produites par la scie au fond de
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- l’entaille pouvaient, en amorçant des fentes, être une source d’irrégularité. Mais les expériences faites jusqu’ici n’ont vérifié aucune de ces craintes. Les résultats des essais de fragilité donnent bien lieu à des écarts considérables entre plusieurs éprouvettes découpées à côté l’une de l’autre dans une même pièce de métal, mais ces irrégularités tiennent au défaut d’homogénéité du métal et nullement à des défectuosités des modes opératoires employés.
- En ce qui concerne les entailles à fond carré, les ruptures clans les angles ne se produisent que lorsque l’on casse les éprouvettes en porte à faux, parce que c’est dans l’angle le plus voisin de l’appui fixe que l’effort exercé est le plus considérable. Dans les ruptures de barreaux libres portés sur deux appuis fixes et frappés en leur milieu, la rupture se produit toujours au milieu de l’entaille, qui est aussi le point d’effort maximum.
- Il n’y a pas d’avantage à se préoccuper des petits défauts locaux qui peuvent être produits par l’outil, ni même des changements de profils de l’outil par son usure, tant que la largeur moyenne du fond de l’entaille est conservée. Cela résulte très nettement d’expériences faites par M. Leblant, qui a comparé les résultats obtenus avec des entailles taillées au moyen de fraises d’une épaisseur donnée, 1 ou 2 millimètres suivant les cas, disposées de façon à donner une entaille carrée à angles vifs, ou carrée à angles arrondis, ou circulaire. Il n’a pas été possible, à épaisseur égale de fraise, d’établir un avantage marqué pour une forme de profil. S’il y avait une différence, ce serait en faveur de l’entaille à angles vifs, qui donnerait peut-être un travail de rupture un peu plus fort, ou en faveur de l’entaille carrée à angles arrondis qui semble donner des résultats un peu plus réguliers.
- Cette question des formes d’entailles semble donc, pour le moment, devoir être laissée au second plan. C’est surtout leur largeur au fond et leur profondeur qu’il y a lieu maintenant d’étudier. Cela est indispensable, si l’on veut arriver à faire un choix judicieux de l’entaille ou des entailles qui seront définitivement adoptées.
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- LA FRAGILITÉ DES ACIERS DANS SES RAPPORTS AVEC LEUR TRAITEMENT THERMIQUE,
- par M. H. Le Chatelier, Membre du Conseil.
- On admet assez souvent que la qualité des aciers dépend, avant tout, de leur composition chimique, ou du moins que les conditions de leur fabrication, autres que celles relatives à la composition chimique, sont assez faciles à réaliser et le sont, dans la plupart des cas, d’une façon suffisante. Depuis longtemps cependant les expériences de Brinell, de Tschernoff, les études plus récentes de Sauveur, de H. Howe ont montré l’importance capitale du traitement thermique. Mais ces notions nouvelles ne se sont guère répandues en dehors des grandes usines. Les consommateurs, restés trop ignorants à ce sujet, n’exigent pas toujours des aciéries ce qu’elles sont aujourd’hui en mesure de fournir d’une façon courante, pourvu qu’on le leur demande avec une certaine insistance, et surtout détériorent trop souvent par un traitement vicieux les aciers de bonne qualité qui leur sont fournis.
- Cette situation tend à se modifier profondément par suite des études faites dans ces dernières années sur les essais de fragilité, c’est-à-dire sur les essais de rupture au choc de barreaux entaillés. On reconnaît ainsi que les aciers d’une pureté irréprochable, donnant des résultats très satisfaisants à l’essai de traction, ont cependant le grave défaut de se briser parfois au choc avec une facilité désespérante. Des ruptures accidentelles à l’emploi, que l’on jugeait inexplicables et que l'on voulait attribuer à des défauts locaux, à des pailles restées inaperçues, sont une conséquence directe de cette fragilité. On peut même s’étonner que les accidents semblables ne soient pas plus fréquents. Il y a donc grand intérêt à vulgariser les notions précises existant au sujet du traitement thermique de l’acier. C’est dans ce but qu’ont été rédigés les extraits des deux mémoires qui suivent cette introduction.
- Le premier, dû à M. Ridsdale, est un résumé fait, pour les praticiens, des règles générales relatives au traitement correct de l’acier.
- Le second est un travail expérimental d’une importance capitale, dû à MM. Brinell et Wahlberg, ayant pour but d’établir, par des mesures précises et d’une façon quantitative, une série de faits connus antérieurement, mais seulement d’une façon qualitative.
- Ces deux mémoires ont paru dans le second volume du journal de l’iron and Steel Institule pour l’année 1901, où l’on pourra les consulter in extenso.
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- Toir.e 103. — 2° semestre. —Juillet 1902.
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- MÉTALLURGIE. --- JUILLET 1902.
- sur le traitement correct de l’acier, par M. Ridsdale (Traduction par extraits
- de M. H. Le Càatelierj.
- Le but final de la fabrication de l’acier est d’obtenir un nrtétal qui, après avoir été façonné, satisfasse à tous égards au but auquel il est destiné. Une fois ce résultat atteint, peu importe sa composition et les traitements qu’on lui a fait subir.
- Si ce but n’est pas atteint, la question se pose de savoir quels moyens on doit employer pour remédier à ce résultat défavorable.
- Bien que nous soyons encore loin de savoir quelles sont, dans chaque cas, les causes dont dépend un certain résultat, on ne peut cependant nier que, dans ces dernières années, on ait appris bien des choses dans cette direction. Des recherches scientifiques importantes ont été faites, et si les fabricants d’aciers n’en tirent pas plus complètement parti, cela tient peut-être à ce qu’elles n’ont pas suffisamment été dirigées en vue des applications. 11 peut y avoir intérêt à exposer ces questions en se plaçant un peu plus au point de vue de la pratique.
- La composition chimique et le traitement concourent à déterminer les qualités finales du métal, et bien souvent c’est la seconde condition qui a la part d’influence la plus grande.
- Dans le passé, et souvent encore aujourd’hui, on a cru que les qualités de l’acier dépendaient surtout de sa composition, de telle sorte que qualité et composition chimique ont été souvent envisagées comme deux expressions synonymes. Mais il devient de plus en plus évident que c’est là une façon de voir tout à fait erronée, et que, le plus souvent, la composition ne joue qu’un rôle tout à fait secondaire. De nombreux faits empruntés à la pratique journalière des fabricants d’aciers, et dont quelques-uns ont été rapportés dans des publications, sont là pour en témoigner. Il est incontestable que :
- 1° Des aciers de la meilleure composition deviennent détestables par un mauvais traitement ;
- 2° Des aciers qui, d’après leur composition, seraient considérés comme mauvais et impurs, peuvent satisfaire à tous les essais et aux besoins de la pratique, quand leur traitement a été convenable.
- Par exemple, dans le rapport présenté par la commission des rails dépendant du conseil du commerce, on trouve des exemples tout à fait caractéristiques. Ainsi, en comparant des rails ayant fait des services d'une durée inégale, on a trouvé que le plus impur (2) avait fait un meilleur service que le plus pur (1). En voici les analyses :
- Carbone (1) 0,291 (2) 0,454
- Manganèse O —J O 1,140
- Silicium 0,041 0,207
- Phosphore 0,058 0,103
- Soufre 0,028 0,094
- Dormus, ingénieur des chemins de fer autrichiens, signale une portion de ligne sur laquelle les rails se sont très mal comportés, ont donné lieu à de nombreuses ruptures et ont dû être changés après 11 ans, avec un trafic de 80 millions de tonnes, tandis qu’une autre portion a fonctionné 22 ans, avec un trafic de 102 millions de tonnes, sans que l’on ait observé aucune rupture. Les mauvais rails ne renfermaient que 0,07 p. 100 de Ph, tandis que les bons en renfermaient 0,130 p. 100. Andrews,
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- dans une élude sur l’altération des rails dans les tunnels, signale des rails avec une teneur en soufre de 0,1 “2 p. 100, qui se sont bien comportés, etc.
- En fait, on attache beaucoup trop d’importance à la composition en elle-même, et pas assez au traitement. Les fabricants ne reculent devant aucune dépense pour obtenir la meilleure composition d’acier, et, par contre, se préoccupent beaucoup trop peu des conditions du travail, de la température à laquelle est achevé le laminage, des conditions du refroidissement final, etc.
- Cette négligence est encore bien plus complète dans les ateliers où l’on élabore seulement le métal, dans les ateliers de constructions; un métal très bon au moment de sa sortie des aciéries est trop souvent complètement dénaturé par le traitement ultérieur qu’il a subi. Il est livré au consommateur dans des conditions déplorables qu’il eût été facile d’éviter avec quelques précautions et quelques moyens de contrôle pour suivre les résultats du travail.
- CHAPITRE PREMIER
- DES PROPRIÉTÉS DE L’ACIER. — § 1. INFLUENCE DU TRAITEMENT MÉCANIQUE AUX DIFFÉRENTES TEMPÉRATURES
- 11 est utile, pour se guider dans les applications pratiques, de commencer par étudier les phénomènes qui se succèdent quand l’acier passe de son point de fusion à l'état solide, puis se refroidit jusqu’à la température ordinaire.
- Refroidissement depuis le point de fusion jusqu’au point critique. — Quand le métal fondu se refroidit, il se solidifie en donnant d’abord naissance à des cristaux de fer pur, des grains cristallins, qui sont d’autant plus gros que le refroidissement s’effectue plus lentement et plus tranquillement.
- Si le métal est déformé juste au moment où ces grains viennent de cristalliser, avant que le ciment qui les sépare ne se soit solidifié, le métal est tout à fait rouve-rain, c’est-à-dire extraordinairement cassant. .A une température un peu plus basse, il prend de la cohésion et devient franchement plastique. Il peut être travaillé facilement parce que le ciment est aussi mou que les grains eux-mêmes, et cependant établit une certaine adhérence entre ces grains qui peuvent se déformer sans se séparer l’un de l’autre. Mais si le travail est arrêté à cette température élevée, le grain reste très volumineux et grossier.
- En fait, le grain n’est pas modifié par le travail à cette température; il ne dépend que des conditions du refroidissement ultérieur. Le métal ne présente aucune orientation dans sa structure, et n'a pas pris la dureté de laminage. Plus le grain est grossier, moins le métal a de cohésion ; soumis à des chocs, il présente une grande fragilité.
- Point critique (1). — Ce point est celui d’égale dureté pour les grains et pour le
- il) Note du traducteur. — 11 peut être utile de rappeler ici ce que l’on entend par point critique. Les l'ers et les aciers éprouvent, par le fait de réchauffement, une transformation moléculaire très importante, qui, au refroidissement, se produit en sens inverse, mais à une température notablement plus basse. Rrinell a désigné par la lettre W le point de transformation à température montante et par V le même point à température descendante. L’écart entre les points V et W peut varier de 100° à 200°, suivant la vitesse des variations de température. 11 est d'autant plus grand que ces changements sont plus rapides.
- La position moyenne de ce point critique est voisine de 900° pour le fer pur, c’est-à-dire pour les aciers
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- ciment. Au-dessous de ce point, le travail mécanique peut changer d’nne façon permanente la forme et les dimensions des grains. Le ciment a pris une dureté suffisante pour que les grains ne puissent plus glisser les uns sur les autres par suite de l’écoulement de ce ciment. A partir de ce moment, les grains se brisent, s’allongent et s’entremêlent. Le métal devient plus malléable, mais en même temps, il commence à prendre la dureté de laminage, c’est-à-dire une sorte d’écrouissage et une structure lamellaire. Ces effets sont d’autant moins marqués que le refroidissement ultérieur aura été plus lent.
- Au-dessous de ce point, le travail rend le grain de plus en plus fin; jusqu’à une certaine limite, plus la température est basse, plus un travail donné amène un grand accroissement de la malléabilité. Mais, d’autre part, plus la température de finissage est élevée, tout en restant inférieure cependant à ce point critique, et plus le refroidissement ultérieur est lent, plus les tensions internes disparaissent, et plus la dureté de laminage tend à disparaître. En finissant le travail à une température plus basse, cette action adoucissante est moindre. On peut dire que, dans ces limites, plus la température du finissage est élevée, plus le métal est mou, mais il n’en résulte pas qu’il soit plus malléable, parce que l’accroissement du grain est un obstacle à la malléabilité. Le point idéal, pour le finissage, est donc celui pour lequel ces deux tendances opposées, accroissement de la malléabilité et suppression des tensions internes, sont convenablement balancées.
- Température inférieure au rouge. — En continuant le travail à des'températures plus basses encore, la plasticité relative du ciment, par rapport à celle des grains, continue à décroître et l’on finit par atteindre une nouvelle température critique, d’un caractère tout opposé à celui de la première.
- Le bleu, état de plasticité minima, de 310 à 350.
- L’adhérence des grains est si forte que toutes les déformations provoquées par un travail extérieur ou par des changements violents de dimensions résultant d’un refroidissement brusque, ne s’étendent pas uniformément dans la masse. Des tensions internes subsistent, qui peuvent approcher de l’etfort de rupture, des solutions de continuité se produisent entre les grains, surtout au voisinage de la surface des pièces.
- Bien que des efforts appliqués doucement puissent parfois, en faisant travailler les parties qui n’avaient pas encore atteint leur limite élastique, permettre au métal de plier sans rupture, celui-ci, quand il est ainsi écroui, possède cependant toujours une tendance à se briser sous l’influence des chocs brusques ou des vibrations.
- Le refroidissement rapide exagère dans tous les cas les tensions internes et la dureté de laminage. Quand le refroidissement rapide a eu lieu à partir du point critique proprement dit, les tensions produites par le travail sont si faibles que le durcissement
- extra doux et de 730° pour les aciers durs tenant environ 0,9 p. 100 de carbone. Pour les autres aciers, la transformation s’échelonne dans cet intervalle de température. Il faut que les aciers se trouvent au-dessus de leur point de transformation pour pouvoir prendre la trempe.
- La nature chimique de ces transformations a été précisée par M. Osmond. Pour les aciers durs qui sont formés à la température ordinaire de perlite, c’est-à-dire de lamelles alternantes de fer pur et de carbure de fer, Fe3C, la transformation consiste dans la production d’une solution solide homogène appelée martensite, dans laquelle le fer est à l’état non magnétique. Par le refroidissement brusque, par la trempe, cette solution solide subsiste, bien que le fer repasse à l’état magnétique. Pour le fer pur, le changement est simplement allotropique, il passe à un certain état non magnétique, identique-à celui dans lequel il se trouve dans la martensite des aciers à chaud.
- II. Le Ghatelier.
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- total, au moins dans le cas de l’acier doux, est beaucoup plus faible que si le métal a été travaillé à une température plus basse, même dans le cas où le refroidissement final aurait ensuite été plus lent.
- Au-dessous du bleu. —Une fois que la température est tombée au-dessous de 250°, le fer redevient plus plastique qu’au bleu. Cependant un travail suffisamment énergique le modifie encore de la même façon. A plus basse température, au-dessous du point de congélation de l’eau, il redevient de nouveau plus dur.
- On voit, d’après ce qui précède, que la malléabilité, c’est-à-dire l’aptitude à supporter une grande déformation avant rupture, dépend de la cohésion des grains entre eux, et qu’elle croît avec sa cohésion. Le manque de malléabilité au voisinage du point de fusion ou à toute température supérieure à la chaleur rouge est appelée état rou-verain. Le manque de malléabilité à froid, c’est-à-dire à la température ordinaire, est appelée fragilité. La douceur est la facilité des grains à changer de position et la dureté est la propriété inverse.
- 2® Influence du recuit. —Quand un métal qui a été travaillé en dessous de la température critique, et qui par suite est écroui et distordu, est réchauffé, les effets inverses prennent place au fur et à mesure que la température s’élève, sans qu’il y ait besoin d’aucun travail extérieur. Après avoir dépassé la température du bleu, les grains et le ciment qui les réunit deviennent ensemble plus doux, et l’écrouissage commence à disparaître. Bien que la masse garde sa forme primitive, la structure interne peut être modifiée, les tensions internes sont supprimées ou réparties autrement, le métal perd sa dureté de laminage, son écrouissage ; il devient à la fois doux et malléable.
- La température à laquelle ces changements commencent à se produire d’une façon marquée est celle qui a été désignée par Brinell avec la lettre V. Mais on a reconnu depuis que certains des changements en question commencent plus bas, pourvu qu’on leur laisse le temps de se produire. En fait, le recuit est le résultat de deux phénomènes distincts qui ne se produisent pas tout à fait ensemble :
- 1° La dureté de laminage disparait; ce résultat est obtenu aussi bien, que l’on chauffe le métal jusqu’à 950° à 10003, ou seulement de 730° à 800°, c’est-à-dire juste au-dessous du point W de Brinell.
- 2° Le grain est changé et rendu plus fin; cet effet n’est obtenu que si le recuit a été poussé un peu au-dessus de W. Il ne faut pas oublier que, pour les aciers durs, ces points Y et W de Brinell sont situés environ 150° plus bas que dans les aciers doux. Leur position varie progressivement avec la teneur en carbone.
- Si la température s’élève notablement, et pendant un temps suffisant, au-dessus du point critique, le ciment devenant plus mou que les grains, laisse ceux-ci suivre leur loi naturelle d’attraction et se grouper en larges grains séparés par de minces couches de ciment, exactement comme cela existait avant que le métal ait reçu un travail suffisant au-dessous du point critique. Cet effet est d’autant plus marqué que la température est plus élevée et le refroidissement ultérieur plus lent. Les mêmes phénomènes tendent peut-être à se produire au-dessous du point critique, jusqu’au rouge naissant. Mais, au voisinage de la température du bleu, le ciment devient tellement solide que ces transformations sont impossibles.
- Quand la température de recuit s’élève plus haut encore, et approche du point de fusion, le ciment devient de nouveau trop mou, ne maintient plus les grains à leurs places respectives. Le métal ainsi traité est souverain à chaud et aussi reste cassant après refroidissement, parce que les grains ont considérablement augmenté de dimen-
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- sions. Le métal est alors brûlé, ou plus exactement surchauffé. En même temps le carbone contenu dans le ciment peut se brûler,et le ciment lui-même peut s’oxyder; celui-ci cesse alors d’exercer son action propre pour tenir les grains soudés ; le métal devient très fragile, aussi bien à chaud qu’après refroidissement. On conçoit qu’une petite quantité de carbone dans l’acier, où même d’autres éléments oxydables, comme le manganèse,le phosphore, le silicium, permette au métal de résister plus longtemps au feu sans se brûler. Mais, par contre, les aciers supporteront d’autant mieux le travail à chaud, qu’ils seront plus purs, parce que, moins il y aura de ciment, moins le ramollissement de ce dernier affaiblira la cohésion du métal.
- CHAPITRE II
- TRAITEMENT DE L’ACIER PAR LE FARRICANT
- Laminage. — Premier cas. L’acier doit ultérieurement être travaillé et réchauffé. Dans ce cas, la température de finissage n’a pas d’importance, parce que le grain et toutes les propriétés actuelles du métal disparaîtront dans le travail ultérieur. Le fabricant est cependant obligé de se tenir dans certaines limites de température. S’il laminait trop chaud, il ferait criquer ses lingots et s’il lamine trop froid, il abîme ses machines.
- Deuxième cas. Le métal sera employé sans être recuit ni travaillé à chaud. Dans ce cas, la température du finissage et l’allure du refroidissement est très importante à prendre en considération. Il faut qu’il y ait un travail suffisant à une température suffisamment basse pour réduire le grain du métal et lui donner toute sa malléabilité: mais il faut aussi qu’il soit fini à une température suffisamment élevée pour éviter la fragilité résultant du travail au bleu et une trop grande dureté de laminage.
- En dehors de quelques cas exceptionnels, on doit considérer une température de 850° à 900° comme trop élevée et une température de 600° à 700° comme trop basse pour le finissage. La température convenable doit être déterminée pour chaque cas particulier, et varie avec la nature du métal.
- Quand le métal devra être travaillé à froid avant d’être employé, il est préférable de finir vers la limite supérieure de 800° à 900°.
- Pour les pièces présentant des sections très inégales, comme certains rails, il est bon de mettre ces pièces en tas quelques instants avant les dernières passes, pour permettre à la température de s’égaliser entre les parties les plus minces et les plus épaisses, ce qui permet de les finir toutes à la température la plus convenable.
- CHAPITRE III
- TRAITEMENT 1>AR LE CONSOMMATEUR
- Laminage après réchauffage. — Le chauffage doit être fait aussi rapidement que possible pour réduire le grain, ce qui n’est pas aussi bien obtenu par un chauffage lent. Cependant, il y a une mesure à garder pour les gros lingots, qui peuvent craquer sous une action brusque de la chaleur.
- Il est indispensable d’attendre un temps suffisant pour que toute la masse ait pris
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- une température uniforme, sans quoi le travail produit un allongement inégal aux différents points et peut même provoquer des décollements internes. Mais il faut bien se garder cependant de dépasser le temps juste nécessaire, sans quoi le grain se développe beaucoup. Il suffît de 2 à 3 heures pour produire un effet très nuisible. Si ensuite, après un semblable chauffage, le laminage est mené rapidement et par suite terminé chaud, on aura produit, après finissage et refroidissement, un métal très fragile avec une matière première qui pouvait avoir été livrée excellente par les usines.
- Le mieux, dans tous les cas, est de refroidir rapidement les blooms après un premier laminage, de les réchauffer à nouveau pour le finissage, et de terminer celui-ci à une température assez basse, cependant pas inférieure au rouge visible et, dans aucun cas, n’atteignant celle dite du bien.
- Il faut, avant tout, éviter de brûler le métal, faire attention que les pièces de petites dimensions se chauffent bien plus rapidement; que les parties minces, les angles sont plus exposés à l’action oxydante de la flamme. Il arrive parfois, pour cette raison, que certaines parties minces craquent au laminage, tandis que le corps de la pièce est resté sain.
- Il est capital, en tous cas, de ne pas exagérer le recuit. Il faut éviter, sauf dans le cas d’un laminage fini à très basse température, vers 600°, de placer le métal quand il est encore chaud dans un puits ou un four chauffé à l'avance. Cela ne ferait que développer encore le grain. Il faut que le métal, avant tout recuit nouveau, ait été refroidi au moins au-dessous des points de transformation, et qu’il l’ait été rapidement. Il doit ensuite être réchauffé, toujours rapidement, jusqu’à une température dépassant de très peu les points de transformation, soit de 800° à 1 000°, suivant la teneur de l’acier en carbone. Puis enfin il est refroidi aussi rapidement que possible, en évitant cependant de produire la trempe si le métal est carburé.
- 2° Forgeage. — Tout ce qui a été dit de la température de finissage pour le laminage s’applique au forgeage, avec cette seule différence qu’il faut plus de soin encore pour régler la température finale, parce que, les pièces de forge ayant des formes plus compliquées, les tensions internes sont plus à craindre.
- Quand une pièce chauffée dans sa totalité n’est travaillée qu’en une de ses parties, et que ce chauffage est répété plusieurs fois sans qu’on laisse entre chaque chauffage la température redescendre au-dessous du rouge sombre, les parties chauffées qui n’auront pas été travaillées pourront prendre un très gros grain.
- D’autre part, si on chauffe seulement une partie de la pièce, il y aura des parties chauffées au bleu où se fera sentir le contre-coup de chaque choc du marteau. Il subsistera un écrouissage qui rendra le métal plus fragile. Par conséquent, de toute façon dans le forgeage local d’une pièce, il faut prévoir des altérations locales de la qualité du métal. On les fera disparaître par un recuit effectué après refroidissement complet, mené aussi rapidement que possible, en laissant cependant la température bien s’uniformiser. Le refroidissement final étant effectué à l’air et rapidement au moins pour les aciers renfermant moins de 0,30 de carbone.
- Estampage.— Il est des pièces que l’on amène à leur forme définitive en les pressant entre des matrices soit par le choc du marteau, soit sous la presse. Ce travail est commencé et le plus souvent fini à haute température. Il en résulte que, si l'on néglige un recuit ultérieur, on s’expose, avec des aciers de composition excellente, à avoir des pièces d’une fragilité déplorable. Cet exemple se rencontre trop souvent dans les pièces de bicyclettes.
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- Travail du forgeron. — Les mêmes recommandations que pour le travail de la grande industrie sont encore valables, et avec d’autant plus de force que souvent les petits forgerons, pour avoir des pièces d’un meilleur fini, continuent le travail jusqu’à une température beaucoup trop basse. Il arrive souvent que des œilletons devant être soumis à un effort considérables, sont fabriqués dans ces conditions et cassent dans des circonstances que l’on déclare ensuite à tort être inexplicables.
- Tous les forgerons savent que, pour souder une pièce, il faut éviter de la chauffer trop longtemps sous peine de la brûler, mais aussi presque tous font comme s’ils ne savaient rien de cela. Dans les accidents si fréquents auxquels donnent lieu les pièces soudées, on remarque presque toujours que la cassure présente un grain énorme. Et il aurait été possible de le faire disparaître, si, après la soudure, on avait eu la précaution de recuire rapidement la partie chauffée de la pièce.
- Ce genre d’altération du métal est encore rendu plus fréquent à cause de la mauvaise habitude qu’ont bien des forgerons de ne pas employer, pour le soudage, de fondant, ou tout au moins de sable, afin de liquéfier la croûte d’oxyde. On est obligé, pour se passer de fondant, de chauffer beaucoup plus fortement le métal.
- Industries diverses. — On peut encore citer un grand nombre d’industries dans lesquelles il arrive fréquemment que le métal est complètement dénaturé par un mauvais traitement thermique. La fabrication des tubes, des fils, des tôles minces pour fers-blancs nécessitent de nombreux recuits, qui sont trop souvent prolongés beaucoup plus que cela n’est nécessaire ou faits à une température trop élevée, etc.
- En terminant son mémoire, l’auteur signale un certain nombre de points sur lesquels il serait désirable de réunir des informations plus complètes. Ce sont les suivants :
- 1° Condition d’absorption de l’hydrogène et production corrélative de la fragilité. Influence de la force de l’acide, de la durée d’attaque, des actions galvaniques, etc.
- 2° Comment recuire des pièces destinées à être galvanisées de façon à les adoucir -sans diminuer leur aptitude à prendre le zinc.
- 3° La dureté dans les pièces galvanisées est-elle due à une cause autre que le traitement au bleu ?
- 4° Moyens de recuire des pièces laminées à froid sans détruire leur couleur ou leur éclat.
- 5° Recherches des exemples authentiques d’acier ne présentant initialement ni large grain, ni tensions internes, qui soient devenus cristallins et fragiles par la seule action des vibrations ou de la fatigue, et procédés certains pour donner ainsi à des aciers, qui étaient à fin grain dans leur état primitif, un gros grain, par des vibrations ou une fatigue réalisées dans des conditions déterminées.
- 6° Effet du travail au bleu sur des aciers de teneur en carbone différente.
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- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS.
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- Etudes sur les propriétés mécaniques des aciers, par MM. Brinell et Wahlberg.
- Ces expériences, d’une étendue et d’une importance considérables, ont eu pour objet d’étudier l’influence de la composition chimique et du traitement thermique sur les propriétés mécaniques des aciers, tant celles qui se manifestent dans l’essai de traction que dans les essais au choc sur barreaux entaillés. Elles ont accessoirement donné des indications précieuses sur l’influence des variations de température au voisinage de la température ambiante.
- Métaux employés. — Les aciers ayant servi à ces expériences ont été préparés au four Siemens acide. Les teneurs en silicium et en manganèse ont été un peu forcées pour avoir des lingots bien sains et se rapprocher des conditions de composition les plus usuelles. Mais elles diffèrent notablement de celles que l’on est habitué à rencontrer dans les produits suédois.
- Composition chimique.
- Numéros. Carbone. Silicium.
- 1 (4 612) 1,17 0,31
- 2 (4 883) 0,94 0,29
- 3 (4 642) 0,79 0,38
- 4 (3 096: 0,64 0,3 4
- 3 (3 914) 0,63 0,27
- 6 (4 297, 0,44 0,27
- 7 (4 813) 0,46 0,37
- 8 (4 288) 0,34 0,27
- 9 (8 232) 0,31 0,13
- 10 ^ i 647) 0,23 0,30
- 11 (4 793) 0,16 0,45
- 12 (4 938) 0,18 0,01
- 13 (3 138) 0,09 0,003
- Manganèse. Soufre. Phosphore.
- 0,21 0,01 0,03
- 0,25 0,01 0,03
- 0,20 0,01 0,03
- 0,18 0,01 0,03
- 0,49 0,01 0,03
- 0,46 0,02 0,03
- 1,06 0,56 0,06
- 0,49 0,01 0,03
- 0,94 0,15 0,03
- 0,41 0,01 0,03
- 0,26 0,01 0,03
- 0,38 0,01 0,03
- 0,10 0,02 0,03
- On s’est arrangé pour avoir un certain nombre d’échantillons dont la composition ne différait que par des éléments autres que le carbone; par exemple, les numéros 7 et 9, qui ont des teneurs en soufre exceptionnelles, et doivent être comparés aux numéros 6 et 8, qui ont respectivement les mêmes teneurs en carbone. De même, le numéro 12 diffère du 11 par une teneur très faible en silicium, et le numéro 5 diffère du 4 par une teneur plus élevée en manganèse.
- Tous les lingots furent d’abord ramenés, par forgeage ou laminage, à un diamètre uniforme de 150 millimètres, et ensuite amenés, par laminage en une seule chaude, au diamètre final de 32 millimètres. Les barres furent alors abandonnées au refroidissement à l’air, en évitant le contact de tout corps froid.
- Traitement thermique. — Le tableau suivant résume les différents traitements auxquels furent soumises chacune des barres avant les différents essais mécaniques.
- 1° Refroidissement après laminage, sans aucun traitement ultérieur;
- 2Ü Recuit, suivi d’un refroidissement lent aux températures suivantes :
- a b c d e f
- 350° 730° 830° 1 000° 1 100» 1 200°
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- 3° Trempe dans de l’eau à la température de 20° :
- (a) Température de trempe : 730°
- 12 3 4
- #Recuit. Recuit. Recuit.
- Sans recuit à 330° à 350° à 630°
- (b Température de trempe : 830°
- 12 3 4
- Id. Id. Id. Id.
- (c) Température de trempe : 1 000°
- 12 3 4
- Id. Id. Id. Id.
- 4° Trempe dans l’huile à la température de 80° :
- (a; Température de trempe : 730°
- 12 3
- Id. Id. Id.
- (b) Température de trempe : 830°
- 12 3
- Id. Id. Id.
- Température de trempe : 1000°
- 12 3
- Id. Id. Id.
- 5U Trempe dans le plomb à la température de 530°.
- Pour rendre les expériences absolument comparables d’un échantillon à l’autre les quinze aciers comparés étaient placés sur un même support et disposés de façon à former les génératrices d’un même cylindre. Un mouvement de rotation continu assurait l’égalité de chauffage de toutes les éprouvettes.
- La durée du chauffage avant trempe était d’environ une heure. Les échantillons étaient introduits dans le four à une température de 100° environ inférieure à celle que l’on voulait atteindre. Les températures étaient mesurées avec un pyromètre Le Ghatelier.
- Essais de traction. — Les essais ont été effectués sur des barreaux tournés de 18 millimètres de diamètre et 180 millimètres de longueur utile. Le travail de préparation des éprouvettes a été fait avant tout traitement thermique, ce qui a pu avoir une influence sur les résultats.
- Pour faciliter la discussion des résultats obtenus dans les 13 x31 =403 expériences faites, on les a groupées en cinq 'sections :
- lre section : Aciers durs de..............................1,17 à 0,63 de C.
- 2* section : Aciers demi-doux de.........................0,34 à 0,41 de C.
- 3e section : Aciers doux de..............................0,18 à 0,23 de C.
- 4e groupe : Aciers extra-doux à........................ 0,09 p. 100 de G.
- 5e groupe : Aciers extra-sulfureux......................N° 7 et 9.
- Dans chaque groupe, les résultats sont assez voisins pour que l’on n’ait pas besoin, en vue d’une discussion générale, de séparer les différents aciers de chaque catégorie.
- 1° Recuit et refroidissement lent. — Ces expériences montrent d’une façon très nette que, contrairement à une idée très répandue, le recuit peut amener à la fois
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- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS.
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- une élévation de la limite élastique vraie ou limite des allongements proportionnels et accroître la ductilité, par suite, améliorer la qualité du métal au point de vue de ses différents emplois. Les deux tableaux suivants résument ces résultats pour l’absence de recuit, 350° et 1000°.
- Limites élastiques vraies. Allongement total p. 100.
- Groupes. Carbone 15° 350“ 1 000“ 15“ 350“ 1 000<
- 1 0,80 p. 100 31 40 43 8,5 9,3 9,7
- 2 0,39 — 22 28 32 21 23 24
- 3 0,20 — 20 25 28 26 29 30
- 4 0,09 — 15 18 22 26 36 36
- Bien entendu, les résultats seraient très différents si, au lieu de partir d’un métal laminé à chaud et refroidi pas trop rapidement, on était parti d’un métal écroui par des déformations effectuées à froid. Enfin, il ne faut pas oublier que les éprouvettes avaient été tournées avant le début du traitement thermique.
- Quoi qu’il en soit, on doit admettre qu’un recuit approprié après l’achèvement du laminage pourra, dans certains cas, être très avantageux.
- 2° Trempe dans Veau. — La température de 740° étant inférieure à celle à laquelle le carbone commence à changer d’état, on aurait pu croire que la trempe, à partir d’une température aussi basse, serait sans effet. En réalité, son action n’est pas nulle, mais elle dépend de phénomènes purement physiques, et amène des changements de propriétés du métal tout à fait différents de ceux que produit la trempe véritable. Elle est, dans tous les cas, nuisible, en tendant à diminuer à la fois la limite élastique vraie et l’allongement. Le recuit à 550° suffit pour faire disparaître complètement cet effet nuisible. Voici les résul ats obtenus pour les quatre principaux groupes après trempe à 730° et absence de recuit (ou recuit à la température ambiante, ce qui revient au même), et recuit à 550°.
- Limites élastiques vraies. Allongement total p. 100.
- Groupes. Carbone. Naturel 15° 550“ Naturel 15" 550‘
- 1 0,80 p. 100 31 23 33 9 10 12
- 2 0,39 — 22 18 24 21 18 22
- 3 0,20 — 20 14 23 23 17 28
- 4 0,09 — 15 14 18 26 13 35
- Une trempe semblable doit donc être évitée dans tous les cas, même avec un recuit subséquent. Ce recuit fait bien disparaître le mauvais résultat de la trempe, mais il ne donne pas de résultats équivalents à ceux que l’on obtient par un recuit non précédé de cette trempe.
- Pour tous les métaux étudiés ici, la température de trempe de 850° paraît être la plus convenable. Les changements considérables des principales propriétés mécaniques sont en relation avec le changement d’état du carbone. Par un recuit à une température suffisamment élevée, on fait disparaître cet effet de la trempe ; mais, pour atteindre ce résultat, il faut dépasser la température de transformation du carbone, soit 730° à 800°. Les métaux du premier groupe n’ont pu être étudiés avant d’avoir éprouvé un recuit important, parce qu’ils se cassaient pendant la mise en prise des éprouvettes. Le tableau suivant résume les principaux résultats, et les rapproche de ceux qui concernent le métal naturel. On n’a donné que la température de recuit de 330°, avec celle de 13° (qui correspond à l’absence de recuit).
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- La trempe à 1000° est analogue à celle de 850°, moins favorable pour les métaux très carburés, plus, au contraire, pour les métaux très doux;
- Limiter élastiques vraies. Allongement total p. 100.
- Groupes. Carbone. Naturel 15» 350“ Naturel 10» 350»
- 1 0,84 p. 100 31 ». 77 8,7 ». 7,2
- 2 0,39 — 22 10 54 21 0,8 10,3
- 3 0,20 — 20 la 33 33 8 16
- 4 0,09 — 15 18 22 26 16 31
- 3° Trempe dans l’huile à 80°. —Cette trempe est moins énergique que celle à l’eau, mais le point le plus important à signaler est qu’elle n’occasionne pas un abaissement de la limite élastique, comme le fait la trempe à l’eau quand elle n’est pas suivie d'un recuit. Voici les résultats de la trempe à l’huile à partir des températures de 830° et de 1 000u.
- Limites élastiques vraies. Allongement total p. 10q.
- rroupes. Carbone. Naturel 850» 1 000» Naturel 850» O O O
- i 0,84 p. 100 31 69 71 8,7 6,7 5,8
- 2 0,39 — 22 39 43 21 12 12
- 3 0,20 — 20 15 29 23 18 22
- 4 0,09 — 15 18 22 26 23 31
- Le recuit après la trempe à l’huile améliore encore notablement le métal, mais de façon assez variable. Le recuit à 350°. comme celui à 530°, élève la limite élastique vraie pour tous les métaux des trois derniers groupes; il n’a, au contraire, pas d’effet sur celui du premier groupe. Le recuit à 350°, et plus encore celui à 330°, augmente l'allongement des métaux trempés à partir de 850°, tandis qu’il n’a que peu d’effet sur ceux trempés à partir de 1 000°.
- 4° Trempe dans le plomb chauffé à 550°. — Cette trempe, comme effet, se rapproche beaucoup de celle faite dans l’eau et suivie d’un recuit à 330°, elle est cependant un peu moins efficace. Mais cela est très vraisemblablement dû à réchauffement inévitable du bain de plomb qui, bien que pesant 1000 kilogrammes, s’échauffait très notablement. Les résultats sont un peu irréguliers, sans doute à cause de la difficulté de bien régler la température du bain d’une expérience à l’autre. Ces trempes ont été faites à partir des températures de 750°, 830° et 1000°. Voici les résultats :
- Limites élastiques vraies. Allongement total p. 100.
- rroupes. Carbone. Naturel 850» 1 000» Naturel 850» 1 000»
- 1 0,84 p. 100 31 39 63 8,7 8,9 6,5
- 2 0,39 — 22 33 35 21 17 16
- 3 0,20 — 20 19 29 25 27 25
- 4 0,09 — 13 16 24 26 35 35
- Dans les trempes à partir de la température de 730°, les variations de la limite élastique ont été à peu près nulles, ou, du moins, infiniment plus faibles qu’aux températures plus élevées, mais, par contre, les allongements ont été un peu plus considérables qu’après les trempes aux températures supérieures.
- 5° Influence de la composition chimique. — Un certain nombre d’échantillons ont été choisis de façon à ne différer deux à deux, comme composition, que par un seul de leurs éléments, le manganèse, le silicium, etc.
- Manganèse. — On a comparé deux aciers renfermant 0,63 de carbone et des teneurs
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- en manganèse de 0,18 et 0,49. L’acier le plus riche en manganèse a présenté une limite élastique plus élevée et un allongement moindre, aussi bien dans le métal naturel que dans le métal trempé. Mais les écarts ont été les plus marqués dans le cas du métal trempé à l’huile. La trempe à l’huile, à partir de la température de 850°, a donné des limites élastiques de 55 kilos pour l’un, et de 66 kilos pour l’autre, pendant que l’allongement du premier a été de 8,5, et celui du second seulement de 2,4.
- Silicium. — On a comparé deux aciers renfermant environ 0,17 de carbone et les teneurs differentes en silicium de 0,01 et 0,45. A l’état naturel, les deux aciers se sont montrés tout à fait semblables. Après trempe à l’eau à partir de 850° et de 1000°, l’acier riche en silicium a présenté une limite élastique plus élevée et un allongement moindre, comme l’aurait fait le manganèse et, en général, toutes les impuretés du fer. Mais en faisant suivre ces deux trempes d’un recuit à 350°, l’allongement est devenu plus considérable pour l’acier le plus riche en silicium, qui est devenu alors nettement supérieur à l’autre. Ces expériences montrent, en tout cas, que des teneurs en silicium allant à 0,5 p. 100 n’altèrent aucunement le métal, au moins quand il n’a subi qu’un petit nombre de chauffes, et que le silicium n’a pas été transformé en silice par oxydation.
- Soufre. — Deux aciers furent préparés avec de très fortes teneurs en soufre : 0,15 et 0,56, mais aussi avec une forte proportion de manganèse, de façon à neutraliser dans la mesure du possible les effets nuisibles du soufre. Ces expériences montrent, qu’avec la teneur de t p. 100 de manganèse, le résultat voulu a été complètement atteint, car aucun des deux aciers ne s’est montré rouverin à chaud et les essais mécaniques soit sur le métal naturel, soit sur le métal recuit et trempé, ont donné sensiblement les mêmes résultats que pour le métal non sulfureux de même teneur en carbone. Il faut noter qu’il s’agit seulement là d’essais en long ; mais, dans les expériences antérieures, Brinell avait montré que les résultats en travers étaient bien inférieurs.
- ESSAIS AU CHOC
- On sait que les essais de traction ne peuvent donner aucune indication sur la façon dont un métal se comportera sur l’action de chocs, aussi est-il nécessaire d’étudier spécialement l’influence du choc au moyen d’essais appropriés. Ces expériences ont été faites sur les mêmes aciers que ceux destinés aux essais de traction et après leur avoir fait subir les mêmes traitements thermiques, on a laissé cependant de côté un certain nombre des traitements de façon à réduire le nombre trop considérable des essais à faire. Mais, par contre, on a varié les conditions de l’expérience en effectuant les essais à deux températures différentes -+- 30° et — 26°, afin d’étudier l’influence si pernicieuse du froid sur certains aciers. Enfin on a entaillé les barreaux soumis au choc de deux façons différentes, soit sur les faces inférieures et supérieures des barreaux, ce qui réalise les conditions les plus dures, soit sur les deux faces latérales. Les barres avaient une section carrée de 30 millimètres de côté et présentaient deux entailles opposées ayant chacune 6 millimètres de profondeur et 1 millimètre de largeur. Leur rupture était effectuée en porte-à-faux, au moyen d’un mouton de 18 kilogrammes frappant à une distance de 30 millimètres de l’entaille. La rupture était obtenue au moyen de coups répétés de ce mouton tombant de hauteurs progressivement croissantes de 100 en 100 millimètres, jusqu’à la hauteur maxima de 2m,50.
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- Le total des 25 coups cle mouton successifs ainsi disponibles représentait donc 5S5 kilogrammètres.
- Le nombre total des barreaux expérimentés fut de 600, mais le nombre des expériences fut plus considérable encore, car on répéta parfois jusqu’à trois fois les essais sur un meme barreau. Ils portaient chacun à cet effet trois séries d’entailles semblables.
- On peut résumer comme suit les résultats de ces expériences :
- INFLUENCE DE LA COMPOSITION CHIMIQUE
- Carbone. —La résistance au choc diminue avec la teneur en carbone, que le métal soit entaillé ou non, trempé ou non, à haute et à basse température. Il y a cependant quelques irrégularités notamment dans les barreaux entaillés essayés à basse température.
- Silicium. — Pour déterminer l’intluence de ce corps, on a comparé deux aciers à 0,18 de carbone et renfermant l’un 0,01 et l’autre 0,453 de silicium. A l’état non trempé, la supériorité du métal le plus riche en silicium est indiscutable, surtout aux basses températures. Le travail de rupture a été 7 fois plus grand dans le cas du métal le plus riche en silicium. Pour le métal trempé, le résultat a toujours été contraire, le métal riche en silicium a été beaucoup plus cassant.
- Manganèse. — Des expériences comparatives faites sur un acier à 0,45 de carbone et des teneurs en manganèse de 0,46 et 1,25, n’ont pas donné de différences certaines. Le métal riche en manganèse aurait peut-être eu un léger avantage. Dans un autre groupe d’échantillons à 0,65 de carbone et des teneurs en manganèse de 0,49 et 0,18, les résultats ont été plus favorables pour le métal le plus pauvre en manganèse. Il n’y a donc pas de conclusion à tirer de ces expériences au point de vue de l’influence du manganèse.
- Soufre. — Les résultats obtenus avec les métaux sulfureux ont été particulièrement remarquables. La résistance au choc du métal renfermant 0,56 de soufre a été supérieure, mais sans grand excès, à celle du même métal renfermant la même teneur en carbone et peu de soufre. Par contre, celle du métal renfermant 0,15 de soufre a été supérieure, et de beaucoup, à celle de tous les métaux étudiés, aussi bien à l'état naturel que recuit et trempé. Il faut rappeler que la teneur en manganèse était voisine de 1 p. 100, condition essentielle pour annuler les inconvénients habituels de la présence du soufre.
- Influence de la température ambiante. — La moyenne générale des essais faits sur les métaux essayés aux deux températures de + 30 et — 26° ont montré une supériorité marquée pour les essais faits à la température la plus élevée et les résultats sont plus accentués encore dans ce sens avec les éprouvettes entaillées. Pour ces dernières, la moyenne générale des résultats conduit à un nombre de kilogrammètres de rupture deux fois et demie plus grand à la température élevée, qu’à la basse température.
- Les métaux trempés sont moins sensibles aux basses températures que les métaux qui ne l’ont pas été.
- Influence du traitement thermique.— On peut, comme pour la discussion des résultats de l’essai de traction, grouper un certain nombre d’échantillons de teneur voisine en carbone.
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- Le recuit, si favorable aux résultats de l’essai de traction, même quand il n’était poussé que jusqu’à la température de 350°, s’est montré beaucoup moins efficace dans le cas des essais au choc.
- Pour les métaux d’une teneur moyenne en carbone de 0,87, l’amélioration n’a commencé à se faire sentir que pour les recuits faits au-dessus de 830, et l’amélioration n été peu importante.
- Pour la teneur de 0,18 l’amélioration ne s’est manifestée qu’à partir de la température de 1 000°, et a été alors très importante surtout aux basses températures.
- Enfin, pour l’acier à 0,09, l’amélioration s’est fait sentir pour les essais effectués à -+- 30° à partir du recuit de 1 000°, et cette amélioration a été énorme. Par contre, elle a été tout à fait nulle pour les basses températures. A 30° le travail de rupture est passé de 18 à 342 kilogrammètres, tandis qu’à — 20°, il est resté égal à 2 kilogram-mètres.
- Influence de la trempe suivie d'un recuit. — La trempe a, dans tous les cas, été effectuée à partir de la température de 830°, en employant comme liquide de trempe soit du plomb fondu à 550°, soit de l’huile à 280°, soit de l’eau à 23°. Le recuit a ensuite été fait à la température de 350°. C’est à ces conditions que se rapportent les résultats qui vont être résumés.
- Dans tous les cas, la trempe suivie d’un recuit a considérablement amélioré la résistance au choc des aciers de toutes les teneurs en carbone inférieures à 1 p. 100, mais cet effet a été plus particulièrement marqué pour les aciers d'une teneur voisine de 0,18. Dans plusieurs cas, la résistance aux basses températures est devenue égale et même supérieure à celle des températures plus élevées. Voici quelques-uns des résultats obtenus en laissant de côté ceux qui se rapportent aux aciers sulfureux déjà mentionnés plus haut :
- rbonc p. 100. Naturels. Trempe et recuit.
- Plomb H uile. K au
- -r 30 — 26 — 30 — 2 (J -r 30 — 2G -4- 30 — 26
- 1,17 O 0 18 18 18 11 H 5
- 1,05 Ü Ü 11 11 27 11 18 5
- 0,94 11 il 18 38 27 18 27 18
- 0,79 11 5 18 27 38 38 65 27
- 0,64 11 4 18 18 38 38 38 50
- 0, -V \ 18 il 38 27 38 27 65 27
- 0,34 27 18 50 38 50 38 65 65
- 0,25 27 27 99 38 65 27 65 99
- 0,18 110 5 99 18 140 50 585 245
- 0,09 (I; 18 5 18 5 378 18 342 27
- Ces expériences de Brinell et Wahlberg forment l’ensemble le plus considérable qui ait été effectué jusqu’ici sur les propriétés des aciers. Il est probable,comme ils le
- 1} On peut faire la remarque que la température uniforme de trempe adoptée était un peu faible pour l’acier extra-doux. Une trempe à 1000° aurait certainement donné des résultats bien supérieurs. La trempe, pour être efficace, doit être effectuée à partir d’une température supérieure au point de transformation qui, dans le fer pur, est de 150° plus élevé que dans les aciers durs. J’ai eu l'occasion de faire des expériences semblables, montrant que la trempe à 800'’ n’avait aucune influence pour régénérer des aciers extra-doux surchauffés, tandis que la trempe à 950° les régénérait complètement, et même leur donnait une résistance au choc sur barreaux entaillés bien supérieure à celle qu’ils possédaient primitivement.
- II. Le Ciiateliek.
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- 96
- MÉTALLURGIE
- JUILLET 1 902.
- NUMÉROS.
- 461 3
- 4885
- 4642
- 3096
- 3914
- 4297
- 4815
- 4288
- 8232
- 4647
- 4795
- 4958
- 3138
- Résultats des essais de tractioi
- ANALYSE.
- C =l.n Si = 0.313
- Mn = 0.2i
- G =0.94 Si = 0.289 Mn = 0.25
- C =0.19 Si =0.318 Mn = 0.2o
- C =0.6i Si = 0.336
- Mn = 0.i8
- G =0.66 Si = 0.215 Mn = 0.49
- C = 0.44 Si =0.215 Mn = 0.46
- C =0.46 Mn = 1.06 S = 0.66
- C =0.34 Si = 0.266 Mn - 0.49
- G
- Mn
- S
- 0-31
- 0-94
- 0.15
- C =0.25 Si =0.299 Mn = 0.41
- C =0.16 Si =0.453 Mn = 0.26
- ( C =0.18
- ) Si = 0. o 14
- I Mn = 0.38
- ( G = 0.09
- ) Si = 0.oo5
- Mn = O.io
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- p. 100
- ÉTAT NATUREL
- 1.200“C 1100“" 1000“” 900“” 800”” 700“ ». 600” "
- 500"”'
- 400“”
- 300"”
- 200“”
- 100‘”
- 3 5 0°C
- -y
- / X
- f 1
- » 0180 = 2.6 rpj=35.4 Sioo = 2.6 as =51.2 q = 4.o
- a u = 88.6 »
- » §180 = 6.1 0/1=34.5 ôioo = 1-5 as =46.i q = 8.5 an = 98.1 »
- » 0180 = 10.o
- ap = 31.5 Sioo = 11-5 as =40.4 q =14.8 <7/1 = 89.6 »
- » 0180 = 3.6
- ap = 49.2 Sioo = 4.6 as = 53.i q = 4.3 an= 101.3 »
- » §180 = 8.5 ap = 43.3 Sioo = 9.2 as = 47.2 q =10.i an —102.3 »
- » 6180 = 10.8 ap = 38.4 Sioo = 10.8 as = 45.3 q = 14.i an— 94.8 »
- ap = 25.c, as =34.4 an = 77.i
- a p =28.4 o.s =40.4 an = 85.i
- ap — 25.6 as = 30.5 nn = 65.i
- ap = 22.5 as = 32.4 an = 62.0
- ap
- as
- an
- 18.1
- 28.o
- 55.1
- ap =27.6 as = 30.5 an = 53.9
- ap = 20.i
- as =27.6 an = 52.o
- ap — 20.6
- <7* =25.5
- an = 46.o
- O}) Gs G fi
- 19.i
- 22.6
- 40.o
- ap = 14.8 as = I8.9 an = 32.i
- 0180 = 13.4 Sioo = 15.5 q =21.9
- 0180 = 10.6 §100 = 13.6 q =24.i
- » 0180 = 13.0
- aP — 0I.5 Sioo = 15.i <7.s = 36.4 q = 19.9 <7/?= 80.4 ”
- » S180 —— 11 • 6
- ap = 36.:s Sioo = 13.y as = 41.3 q =21.o an = 88.o "
- O180 = 18-9 Sioo = 23.2 q =42.s
- ap
- as
- an
- Si 80 = 19-5
- 29.5 Sioo = 24.3 33.4 q =38.i 69.o
- S180 Sioo = 15.4 = 17.8 ap = 32.5 01S0 = 16.8 Sioo = 19.4
- q Ol II GS = 39.3 CM II
- » an = 63.9 »
- Si 80 = 23.6 Sioo = 29.2 q = 53.2
- ap
- an
- 6180 23.6 Sioo
- 29.5 q
- 35.0
- 25.6
- 31.5
- 54.s
- Siso
- Sioo
- q
- 24.4
- 30.8
- 31.1
- » 0180 aP — 29.5 Sioo <7s =31.5 q an— 54.4
- 24.2
- 30.5
- 51.8
- Si so = 24.g » Si so = 26.
- Sioo = 50.1 ap = 25.6 Sioo = 32.
- q = 50.9 <7.s = 2'/. 5 q — A L
- » an— 49.6 »
- §180 = 27.2 » Si 80 = 28.8
- Sioo = 33.s aP = 25.6 Sioo = 35.5
- q = 61.3 as = 27.5 q =61.9
- » an— 44.6 »
- S18 0 = 24.8 Sioo = 37.3 q = 59.s
- S i so = 26.i Sioo = 37.8 q = 73.3
- ap = 23.6 as = 24.o
- <7 /; = -iO.s
- ap = 17.i a, = 19.1 an— 32.2
- 0180 = 30.8 S ioo = 38.2 q =61.2
- S i80 = 36.o Sioo = 44.3 q = 75.0
- 0180
- ap — 46.3 Sioo = 10.4 <7, =49.3 q =12.5 an — 95.6 »
- ap> — 31.5 as =43.4 an = 94.2 0180 = 10.6 Sioo = 12.i q = 15.i
- » Siso = 12.i
- ap — 34.5 Sioo = 14-8
- 7S =40.5 q =20.6
- an = 87.2 ))
- ,» 0180 = 15-9
- aP =23.1 Sioo = 19.o
- <7 .s- =33.6 q =27.4
- an — <3-6
- >» §180 = 15.0
- aP =29.5 Sioo 18.4
- <78 =37.4 q =26.g
- an = 80.i
- » Siso = 21.2
- a p — 26.6 Sioo = 26.3
- as =32.5 q —il. 6
- an = 64.5
- )) 0180 = 17.1
- o p = 2 i, Sioo = 19.4
- as =37.5 q =23.6
- an = 59.1
- )) Sl80 = 25.3
- ap = 24.6 Sioo = 30.8
- <7 s =28.4 q =54.i
- an = o2.g »
- » 0180 = 25.9
- aP =26.6 Sioo = 32.2
- a s = 29.6 q = 55.;;
- an = 50.1
- » 0180 = 28.3
- ap = 23.1 Sioo = 35.1
- <78 =26.3 q = 58.9
- an = 47.i
- „ Sl80 = 30.5
- typ z= 2 o. i Sioo = 37.3
- 78 =29.2 q =60.3
- an = 46.4
- §180 = 31.9
- ap = 23.7 Sioo = 39.1
- 78 =25.1 q =62.6
- an = 39.2
- » S180 = 34.3
- 7 =16.- Sioo = 42.o
- a s = 20. o q =73. s
- an = 32.9 »
- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS
- 97
- sur barreaux recuits.
- 850°C
- » §180 = 15.1
- ap •= 40.3 Sioo = 17.i
- 7s = 47.2 q = 24.8
- an = 81.9 <>
- » §180 = 13.4
- ap = 40.5 Sioo = lo.i
- 7s =45.5 q =23.6
- an = 91.8 »
- » §180 = 12.5
- ap = 39.5 Sioo = 14.i
- 7s = 45.4 q = 24.3
- an = 91.g »
- » §180 = 15.6
- ap = 38.6 Sioo = 19.o
- 7s = 41.1 q =31.o
- an = 77.9 »
- » Si 80 = 13.8
- ap = 39 g Sioo = 16.o
- 7s = 43.5 q — 30.2
- an = 88.7 »
- » §180 = 23.8
- ap = 33.7 Sioo = 27.y
- 7s =35.6 q =45.8
- a b = 64.4 »
- » §180 = 17.6
- ap = 29.8 Sioo = 20.i
- as = 39.i q =24.i
- an = 63.o »
- » §180 = 26.2
- 7 p = 21.8 Sioo = 32.i
- 7s = 27.1 q =53.i
- an = 54.i »
- » §180 = 24.3
- ap — 29.8 Sioo = 30.4
- 7s = 33.i q = 47.2
- an = 55.3 »
- » Siso = 27.i
- ap = 20.8 Sioo = 32.i
- 7s = 27.i q =50.i
- an = 49.6 »
- » Siso = 29.o
- ap = 21.8 Sioo = 35.5
- 7s = 27.i q =58.9
- an = 42.2 »
- » §180 = 31.1
- ap = 21.8 Sioo = 38.6
- 7S = 24.o q =62.0
- an = 40.8 »
- » §180 = 33.6
- ap = 14.6 Sioo = 40.i
- 7s = 20-8 q =73.6
- an = 33.g ))
- 1100°C izuirc r n —:
- 1000“C ^ X
- f 1
- >s /
- » Siso = 4.1 ap = 55.s Sioo = 4.3 7s =57.i q =4.o an = 103.8 » <> Sl80= 3.8 7/i = 43.6 Sioo = 4.6 7s = 57.5 q = 3.5 an = 106.1 <> » §180= 4.G 7/1 = 38.g Sioo = 4.6 as = 54.9 q = 4.4 7B =106.8 »
- » §180= 8.4 av = 48.i Sioo = 8.6 7s =56.i q =ll.i an = 107.b ’> _ 0180= 8.0 <7/i = 45.6 Sioo = 9.5 7s = 63.4 q = 15.2 773 = 106.8 » » §180 = 6.6 7/1 = 42.1 Sioo = 6.i 7 s = 54.9 q = 7.6 7B = 103.5 »
- ’> §180 = 12.2 ap = 44.9 Sioo = 14.;; as = 48.9 q =21.3 7B = 94.3 » » 0180 = 12.1 ap = 39.i Sioo = 13.3 7s = 49.6 q = I8.4 aB= 97.3 » §180 = 10.5 ap = 40.1 Sioo = 12.-7s = 50.8 q = I8.2 7B = 9 4. i »
- ” §180 = 11-6 ap = 38.i Sioo = 19.g 7s =44.i q =30.2 7/;= 77.i » » §180 = 15.9 7/i = 35.1 Sioo = 20.2 ' 7S = 41.7 q = 28.9 7 B —— 76.4 » » §180 = 13.4 7/1 = 30.;; Sioo = 15.4 as = 38.6 q = 23.2 78= 82.6 »
- n §180 = 12.3 ap = 38.i Sioo = 15.0 7s = 47.i q = 27.2 an = 92.2 à » u §180 = 13.0 7/1= 35.8 Sioo = 15.9 7S = 51.i q = 24.g 7B = 93,;; » » §180 = 11.8 7/1 = 36.i Sioo = 13.9 7s = 49.0 q =22.o 7B = 91.1 »
- » §180 = 21.6 (7p — 34_i c ioo = 26.8 7s = 36.1 q =48.3 aB = 65.8 » » §180 = 18.3 7/1= 26.9 Sioo = 22.2 7s = 35.8 q = 41.3 an = 70.i » §180 = 15.6 ap = 26.G SlOO = 19.;; 7s = 33.1 q — 34.4 7 B= 70.;;
- » Si so = 17.o ap — 42.3 Sioo = 18.6 7s = 44.3 q = 23.o an= 64.4 » » §180 = 17.2 7/1= 37.8 Sioo = 19.4 7s = 41.8 q = 21.9 7B = 63.;; » » §180 = 16.6 7/1 = 32.6 Sioo = 18.i 7s = 44.8 q = 24.1 7B = 62.5 »
- » §180 = 25.9 ap = 30.i Sioo = 31.i 7s = 34.2 q = 57.;; an = 57.3 » » Si80 = 24.i ap = 19.g Sioo = 30.o 7S = 28.8 q = 55.8 7B= 58.8 » » Si 80 = 23.2 7/1= 19.3 8100 = 27.G as = 28.;; q = 53.9 an —— 59.0 »
- » Siso = 24.6 7/1= 28.6 §100 = 30.5 7s = 33.5 q = 55.4 7 B = 57.2 » » Si80 = 23.o ap = 21.9 Sioo = 29.8 7s = 31.9 q =51.8 7B = 56.8 » » 8i8o = 24.i ap = 24.4 6100 = 29.8 7s = 30.;; q = 50.9 7iî= 53.8 »
- » Siso = 26.i 7/1 = 30.i Sioo = 32.o 7s = 34.2 q = oO.i 7B= 53.3 » » §180 = 27.8 ap = 17.9 Sioo = 34.8 as = 25.8 q = 59.4 7B = 52.1 » » Si80 = 29.i 7/1 = 13.3 Sioo = 33.0 7s = 24.6 q = 57.4 an = 52.2 »
- w Siso = 30.9 ap = 28.9 Sioo = 38.3 7s = 34.2 q = 65.2 7B = 47.i » » S1 80 = 31.2 7/1= 21.9 §100 = 33.9 7s = 31.8 q = 63.6 7B = 46.6 » » 0180 = 29.8 ap = 15,4 8100 = 36.4 7s = 24.6 q =62.4 7B = 46.i »
- ” Si80 = 30.i ap = 26.2 Sioo = 38.9 7S = 28.2 q =63.i an = 42.i » » §180 = 32.8 7/1= 21.9 Sioo = 40.i 7s = 23.9 q =62.i 7 B = 42.2 » » Si 80 = 32.6 7/1= 16.3 8l00 = 38.4 7s = 22.4 q =59.0 7B = 42.2 »
- » §180 = 36.3 ap — 21.9 Sioo = 43.2 7s = 23.9 q = 77.4 an = 33.3 » ’> Si 80 = 38.2 7/1 = 24.o Sioo = 49.o' 7s = 25.g q = 75.t an= 34.4 » » 0180 =32.2 ap = I6.4 Sioo = 38.9 7s = 21.5 q = 74.0 7B = 3 4 8 “
- Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902.
- 7
- p.96 - vue 96/870
-
-
-
- 98
- METALLURGIE
- JUILLET 1902
- NUMÉROS.
- 4612
- 4885
- 4642
- 3096
- 3914
- 4297
- 4815
- 4288
- 8232
- 4647
- 4795
- 4958
- 3138
- Résultats des essais de traction
- ANALYSES.
- G = l.n P- 100 . Si = 0.313 -
- Mn = 0.2i —
- C =0.91 Si =0.289 Mn = 0.25 p. 100
- C =0.89 p. 100
- Si =0.388 —
- Mn = 0.20 —
- C =0.64 p. 100
- Si =0.336 —
- Mn = 0.i8 —
- ))
- C =0.63 p. 100
- Si =0.285 —
- Mn = 0.i9 —
- C = O.u p. 100
- Si =0.285
- Mn = O.io
- O II u p. 100
- Mn = 1.06
- S =0.56 —
- C =0.31 p. 100
- 1 Si =0.266 —
- , Mn = 0.19 —
- ))
- C =0.31 p. 100
- 1 »
- 1 Mn = 0.9i —
- S =0.15 —
- ! C =0.23 p. 100
- Si = 0.299 —
- i Mn = 0.n
- 1 C = O.if, p. 100
- | Si =0.113 —
- j Mn = 0.26 —
- 1 c =0.18 p. 100
- ) Si =0.011 —
- Mn = 0.3s —
- , ))
- C =0.09 p. 100 Si =0.oo3 —
- Mn = 0.io —
- ÉTAT NATUREL.
- tjoq'c 1100°" 1000°” 900* ” tfOO' » 700’ *» C00s” 500’" ':00° ’ :ïooc ->
- L'00'’ " 100e"
- 1000°C
- —^- -
- ’l
- 1
- 1
- 1
- J
- •
- ! Est/
- ! ! 20°c
- K __
- lOCXTC
- i
- !
- »
- • Eau
- 1 350"C
- !
- •
- J20°C .
- )> ap = 35.i ffs =51.2 an = 88.6 Ô1 80 = 2-6 0100= 2.6 7 = 4---? ))
- » 0180 = 6.8
- ap = 34.;; OlOO = 7.5
- es = 46. i q = 8.5
- an~ 98 i »
- n 0180 = 10.0
- ap =31.5 OlOO = 11-5
- CTS =40.1 7 = 14.8
- an = 89.,; »
- » S i s o = 13.i
- ap = 25.6 Sioo = 15-8
- cts =34.1 q =21.9
- an — i i i »
- » 0180 = 10.fi
- ap =28.i Sioo = 13.,;
- cts =40.i q =24.i
- an = 85.1 »
- » 0180 = 18.9
- ap = 25.6 Sioo = 23.2
- CTs =30.;; tj =42.8
- an = 65-i »
- » 0180 = 15.1
- ap — 22.5 Sioo = 17.8
- CTs =32.1 7 =24.i
- an = 62.o ))
- ,) 0180 = 23.6
- aP =18.8 Sioo = 29.2
- CTs =28.0 (j = o 3.2
- an = 55.i »
- » oiso = 24.i
- Gp 2 i f, Sioo = 30.8
- CTs =30.5 7 =31.8
- an = 53.9 »
- » 0180 = 24.6
- ap = 20.7 Sioo = 30.i
- CTs =27.6 q =50.9
- an = .->2.0 »
- ,> 0180 = 27.2
- ap = 20.f, 0180 = 33.8
- CT.s =25.8 7 =61.3
- an = 46.o »
- » 0180 = 24.8
- ap = 19.8 O100 = 37.3
- cts = 22.6 q — 59.8
- an = 40.0 »
- » Si so = 26.i
- ap = 14.8 Sioo = 37.8
- CTs = 18.9 q =73.3
- an — 32.7 »
- » Sl80 = 4.9
- a» = 2o.o Sioo = 4.9 CTs = 53.2 (J = 6.3 a/ï = 100.4 »
- „ 0180 = 6.2
- Gp = 31 .o Sioo = 9.9
- as = 49.2 7 = 12.8
- an = 99.4 »
- >, 0180 = 11.5
- ap = 17.8 Sioo = 12.8
- Gs — 43.3 7 = 16.8
- an = 91.6 >»
- » 0180 = 14.1
- <7p = 17.8 Sioo = 16.1
- <75 = 37.i 7 iô II
- an — 79.6 )>
- » Sl80 = 13.2
- np = 23.6 Sioo = 16.8
- 41.8 7 = 21.8
- <77î = 85.8 »
- » Si 80 = 17.5
- <7p = 19.8 OlOO = 21.3
- 35.i 7 = 41.1
- an = ))
- ,, 0180 = 14.1
- a p = 13.8 Sioo = 17.>
- fjs — 43.8 7 = 21.9
- an = 68.8 »
- ,) 0180 = 19.2
- np = 13.8 OlOO = 23.3
- 40.3 7 = 51.8
- an = 61.8 ))
- ,, 0180 = 18.2
- a p — 13.8 OlOO = 22.9
- 37.i 7 = 51.8
- an = 59.9 ))
- » 0180 = 19.6
- ap = 15.8 OlOO = 22.3
- 36.2 7 = 53.3
- an = o8.s ))
- „ 0180 = 14.6
- Gp -— 12.8 Sioo = 18.4
- <75 — 33.i 7 = 50.2
- Gjï = 57.o »
- » 0180 = 17.1
- ap = 12.2 Sioo = 20.i
- as = 32.5 7 = 53.2
- gu = 55.;; ))
- 013 0 — 15.0
- ap = 13. s 61 o o = 19-8 as = 33.;; q — 54.o an = 56.4 »
- ap =29.6 as = 47.3 a/i = 97.8 0180 = 6.0 Sioo = 6.3 q = 5.3
- ap = 23.8 as =45.3 an = 96.8 0180 == 10. 2 SlOO = 11-3 7 =14.8
- a» — 27.6 as =45.3 an = 90.2 S1 80 = H.:i Sioo = 13.2 7 =”*
- an = 15.8 as =35.i ali = 72.9 S i so = 15-o Sioo = 16.9 7 =-’!•*
- ap = 19.8 CTs = 38.1 ai> = 83.i Si «o = 13.6 Sioo = 16.:; q = 24.8
- aP = 19.8 as = 32. an = 65.9 S iso = 20. o oioo = 24.o q = 43.8
- ap = 19.8 as = 34. i ctB = 61. s 018 0 = 14.2 6 ioo = 16.8 (j — 30. v
- )) ap =17.8 as =27.2 an = 51.8 oiso = 25.o Sioo = 30.i tj = 54.8
- a;i = 17.7 cts = 28.8 CTB = 53.2 S i s o = 23.8 Sioo = 30.o q — 54.6
- » ap = 15.8 cts =28.2 an = 49.2 oiso = 25.0 Sioo- = 30.8 q = 58.i
- ap = 15.8 es = 28.o an = 15.6 S1 80 = oioo = 28.8 q =61.9
- ap = 17.8 cts = 23.6 an = 40.8 S i so = 30. o Sioo = 36.8 q =61.9
- ap =11.8 CTS = 20.8 an = 34.o Si 80 = 30.6 Sioo = 38.8 7 = 76.,;
- ÉTUDES
- SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
- DES
- ACIERS
- 99
- sur barreaux trempés à 750°.
- Eau
- 'jp —
- as =
- an =
- 4L 4
- 49.2
- 98.5
- 0180 — Sioo = 5. 7 = 6.
- 33.8
- 43.8
- 100. «
- 0180 = 10. Sioo = 11. q = 12.
- Eau 650°C
- ap
- an
- 0180 43.8 6ioo: 51.o q 98. (,
- 7-9
- 9.8
- 8.3
- 0180 : 33.;; oioo: <7* =51.:, q : an = 96.o
- ah
- 10. t
- : 11.8 13.g
- 33. i
- 39.3
- 87.9
- 0180 = 13 Sioo — 14.6 q =29.o
- a p =
- 29.
- 34.
- 74.
- 0180 = 16.1 SlOO = 18-8
- q = 26.8
- aP ~ as = an =
- 31 .i
- 37;,.
- 81.9
- 0180 = 15.0 ôioo = 19.:; q =27.8
- ap =
- as
- an =
- 25.o
- 31.8
- 64. i
- Ô180 = 19.0 oioo = 25.:; q = 44.1
- Gp 28.6 Si 80 Sioo = 18.i = 21.3 )) CT!» =29.5 Si 80 Sioo o6 -î OX Il II ap = 21.8 G180 = 14.8 Sioo = 17.o
- 35.4 7 = 27.6 as =37.4 7 = 30.4 = 37.4 7 =19.8
- CTB = 61.o )) an = 62.8 an = 62.,; »
- )) Gp = G.s — GB = 21.6 27.5 53.8 Sl80 = 24.4 Sioo = 30.;; q =34.8
- ,, Si so = 24,i
- ap = 25.6 Sioo = 30.o
- as = 29.g q . = 55. v
- an = 52.1 »
- ,) 0180 = 27.5
- aP = 23.r, Sioo = 34.8
- Gs = 27.o q =59.1
- an — »
- ap =
- ~o.e
- 25.9
- 44. i
- Sl80 = 28.8 Sioo = 35.8
- q = 6i.o
- ap — as = an =
- 23.8
- 25.o
- 39.8
- Si8o = 29.i oioo = 36.2 q =62.;;
- » Si so = 34
- G]) = 17.8 Sioo = 43
- as = 19.8 q =76
- an = 32.5
- ap = 31.;;
- <7, =40.i an =89.1
- 0180 : Ô100 : 7
- 12.e
- 15.i
- 20.-
- ap
- 31.;; 34.i an = 73.2
- 0180 OlOO :
- 7
- 15.1
- 18.1
- 25.8
- 7p
- 27. 36.
- an = 23.
- 0180 OlOO :
- 7
- 15.8
- 18.8 25.8
- aP =28.o
- as = 32..; an — 07.1
- 0180 : OlOO :
- 7
- 21.o
- 26.8 : .53.1
- ^ =21.8 as =29.o
- 0180 Sioo:
- 7
- 24.8
- 31.o
- 52.1
- =30. as = 33.
- 0180
- OlOO
- 7
- 25.0
- 32. s 55.;;
- ap = 17.8 cts =27.o an = 50.8
- 0180
- O100
- 7
- 26.9
- 33.8
- 55.9
- aP = 21.o
- cts =27.8
- 0180 : OlOO
- 7
- an -
- ap
- 20.8
- 23.o
- an = 40.2
- 0180 OlOO :
- 7
- 32.3
- 40.:;
- 65.9
- ap = 15.8
- as =19.8 an — 33.i
- 0180 : OlOO :
- 7
- : 35. 2 44.1 77.8
- I \ h ut là
- 1 T] eo°i
- ap = -lo.o oioo cts =51.i q an = 98.2
- 9.i
- 9.i
- 10.8
- » ois o
- ap = 35,i oioo CTS =45.3 q an =98.3
- 9.8
- 11.8
- 15.8
- an = 34.;; CTs =41.1 an = 89.o
- Si 8 0 = 12.4 >, S1 80 = 12.4
- Sioo = 14.3 a p — 31.5 Sioo = 14.6
- 7 = 18. s as = 40.3 CTB = 88.5 7 = 20.9
- » 0180 : ap = 28.o oioo CTs =34-i q an = 74.2
- ;17.o
- : 20.8
- : 30.1
- » 0 180 ap = 31.:; oioo CTs =41.1 7
- an = 83.;;
- 13.o
- lo.i
- 23.8
- — 95
- O180
- ap = ^0.0 Sioo: cts = 33.8 q an = 66.0
- 18.o
- 22.2 54. i
- ap = 2o.o CT.s =31.0
- 0180
- oioo
- 7
- 21 o
- : 27.8 : 51.8
- ap = 23.o CTs = 29.8 an = 51.2
- 0180
- Sioo
- 7
- 21.8
- 27., 58. i
- 28.8 » 5iso = 20.3 » S180
- 35.i ct» = 25.c 8ioo = 24.i ap = 23.,; oioo
- 63.1 CTs =31.;; 7 =60.0 cts = 27.3 7
- CTB = 51.1 » an = 44.;;
- ap — 23.0 cts =27.;; an = 47.:;
- 0180
- OlOO
- 7
- 22.7
- 27.9
- 06.3
- O 1 80 : 45.3 Sioo :
- 49.2 q
- 98.;;
- » Si 80 = 11.0 » Si so = 10
- = 38.4 Sioo = 12.3 ct» = 39.3 Sioo = 12
- = 43.- 7 = 1 4.8 CTs =43.3 7 = 15
- = 92.8 an = 92. s »
- an
- > = 29.8
- s =33..;
- 86.o
- 0180 : OlOO
- 7
- 17.2
- 20.8
- 30.i
- Gp -- O O. V
- <7$ =38.o
- an = 82.8
- 0180 : Sioo : 7
- 14i
- 16.9
- 7p
- 25.,
- 30.
- an = 63.
- CTs
- = 20.1
- = 25.o = 43.8
- ap
- 25.
- 37.
- an =61.
- 0180
- Sioo
- 7
- 37.9
- : 20.1
- 24.8
- -P =21.8
- cts =28.2
- 0180 : OlOO :
- 7
- 25.
- » Si80 =25.2 » 3180 = 26.o
- ap = 27.;; Sioo = 31.i ct p = 27.fi ôioo = 32.i ap = 29.;;
- CTs = 31.6 7 = 33.8 CTS = 31. :; 7 = 55. ;; as = 31.9
- CTB =34.0 » an = 51.;; » an = 61.-2
- 28.0
- : 33.8 : 64.fi
- CT;i = 20.fi Cts = 26-0 an = 44.3
- 0180 Sioo i 7
- 21
- ap = 18.1 CTS =21.8 an = 39. ;;
- 0180 : Sioo:
- 7
- : 28.0
- 34.9
- 60.,;
- „ 51 s o — 33.o ,, Siso = 35.i
- ap = 15.8 Sioo = 4U.'i aP = Sioo = 43.8
- .3 as = 17.3 an = 32.8 7 =77.i as =21.8 an = 32.3 q =77.8
- Huile
- i ; i
- j i L
- u-i-1
- A Y l /80-c
- i
- 0180
- : 43.3 SlOO
- 49.. v
- :98.,
- 8.6
- 10.0 9.,;
- <7 p
- 018 0 ; 34.i Sioo
- 39.3 q
- 89.3
- 12.fi
- 15.o
- 18.9
- ap
- an
- 0180 28.;; Sioo
- 33.i 7
- 71.fi
- 16.8
- 20.,;
- 28.,;
- 0180 31.i Sioo 37.3 7
- 79.,;
- 13.3
- 16.8 2 4.9
- 01 80 23.,; Sioo
- 30. i 7
- 62.2
- 21.8
- 26.;;
- 57.2
- ap
- an
- oiso ; 23.fi Sioo 35.i 7 60.;;
- 17.
- : 20. 28.;;
- 0180 ' 25.6 Sioo
- 26.,; q
- 53.3
- 25.o
- 31.i
- 54.8
- 0180
- Sioo
- 7
- 25.o
- 30.8
- „ 51 80 = 27.o » Si 80 = 26.9
- ap = 25.;; Sioo = 33.2 ap = 21.8 Ol 00 —- • s
- as =27.9 7 = 59.i as = 26.8 q = 36.9
- an = 48.2 » an = 50.o ”
- ap
- oiso 21.fi Sioo
- 27. ; 7
- 43.8
- 28.8
- 36.o
- 61.3
- 0180 20.8 Sioo
- 24.o 7
- 38.2
- 31.3
- 38.9
- 63.2
- p.98 - vue 97/870
-
-
-
- 100
- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1902.
- Résultats des essais de traction
- NUMÉROS. ANALYSES.
- 4613 C = l.n p. 100 Si =0.313 — Mn = 0-2i —
- 4885 C =0.9(. p. 100 Si = 0.289 — Mn = 0.2:; —
- 4642 C =0.79 p. 100 Si = 0.378 — Mn = 0.2o —
- 3096 C =0.64 p. 100 Si = 0.336 — Mu = 0.is —
- 3914 ^ c =0.65 p. 100 Si = 0.275 — Mn = 0.49 —
- 4297 C =0.44 p. 100 Si =0.2-5 — Mn = 0.46 —
- C =0.46 p. 100
- 4815 Mu = 1.06 — S -0.56 -
- 4288 j C =0.3i. p. 100 Si = 0.266 — Mn = 0.49 —
- C =0,31 p. 100
- 8232 j Mn = 0.94 — S =0.15 —
- 4647 j I C =0.25 p. 100 Si = 0-29 9 — Mn = 0,u —
- 4795 j 1 C =0.i6 p. 100 Si =0.45.3 — Mn = 0.2G —
- 4958 j C =0.i8 p. 100 Si =0.on — Mn = 0.:js —
- 3138 | C -= 0.o9 p. 100 Si =0.05 — M n = 0. i o —
- ÉTAT NATUREL.
- I200*C 1100'" 1000*" 9003" 800e-700e » 600e» 500' " 400' » 300e » 200° -iûO'»
- » Si 80 = 2.6
- ap = 35.4 Sioo = 2.« as =51.2 (( = 4.2
- an =88-6 »
- » Sl80= 6.7
- ap — 34.:; Sioo = 7.:;
- as =46.i 9 = 8.5
- an = 98. i
- » 0180 = 10.0
- ap = 31.;; Sioo = 11.:;
- as =40.4 q = 14.8
- an = 89.6 »
- » 0180 = 13.4
- ap = 25-r. 6100 = 15.:;
- as =34.4 (j =21.0
- nu = 77.i »
- Op
- ns
- nu
- 6180 = 10.G
- 28.4 6100 = 13. g
- 40.4 q =24.i
- 85.- »
- » 6l80 = I8.9
- nP = 25.g 6100 = 23.2 CTs =30.:; q = 42.8 nu = C5.i »
- ))
- V =22-:;
- = 32.4
- ; = 61.
- Gp G s GF,
- 18.7
- 80.o
- 55.1
- 0180 = 15.4 6100 = 17.8 q =24.i ))
- S1 8 0
- 6l00
- 9
- 23.g
- 29.2
- 53.2
- » 0180 = 24.4
- <ty=27.G 6ioo = 30.8 as = 30. o q = 51.7 nu = 53.9 »
- » 0180 = 24.g
- ap = 20.7 Sioo = 30.i
- Gs = 27. g 9 = 50.9
- an = 52.o »
- » Si 80 = 27.2
- <^p = 20.g Sioo = 33.8
- as = 25.5 q = 61.3
- an = 46.o •>
- » S180 = 24.8
- Gp = 19.7 Sioo = 37.3
- Os = 22.6 9 = 59.8
- an = 40.o »
- » &180 = 26.i
- ap = 14.8 6100 = 37.8
- a* = I8.9 q = 73..-j
- an = 32.7 »
- 850°C
- Y
- ;
- ;
- »
- ! Eau
- T f 20°C
- •*. J--.*.
- 850°C
- 7^ \
- 1 Eau
- ' / 350“C
- n
- )
- .
- » Si80 = 0
- a p = 77,g 6100 = 0 ns = q = 0
- » t 1180
- ap = 35. :; 6100
- as = q
- 0
- 0
- 0
- an = 96.i
- ap
- as
- an
- 55. s 155.2
- 0180 = 6100 =
- q =
- 0
- 0
- 0
- ap =13.8 1, =57.4 au = 87.9
- a p = 13. s
- as = 35. g an = 79.1
- ap = 17.-as =47.2 au = 90.7
- ap as au
- 17.8
- 39.5
- 82.9
- ap = 15.8
- as =41. g
- au = 73.4
- ap =16.8 as =53.:; au = 77.2
- a p =11.9 as =39.8
- au = 66.7
- ap = 17.9 as =41.9 au = 61.8
- 0180 = 0.8 6100 = 0. G
- q = 2,3
- ôi8o = 1.1
- 6100 = l.C q = 1-9
- Ô180 = 1.8 0100= 2.8 q =4-i
- 0180= 1.8 6100 = 2.6 q = 3.9
- Si80= 5.s 6100= 8.8 q =14.8
- 0180= 7-8
- 6l00 = 11.0
- q = 47.4
- 0180 = 10.8 OlOO = 13.8 q =40.4
- ap — 33.8 an = 169.g
- ap
- a
- au
- 33.7
- 55.3
- 95.0
- ap — 43.g as = 79.2
- an = 149.;;
- ap = 39.g as = 59.8 an = 135.3
- ap - - 29.7
- as =101.o
- an = 119.8
- av = 13.8
- 1 = 43.8
- an = 79.1
- ap = 14.s as = 39.8 an = 63.2
- 0180 = 15-8 6100 = 20.4 q =65.8
- ap = II.9
- = 24.7
- an — 41.8
- 0180 = 3.0 0100 = 3.:; q =17.i
- 0180 = 5.4 O100 = 7.3
- q =19.i
- 0180= 4.0
- 6100 = 5.8 q = 24.3
- 0180 = 4.3 6l00 = 7.2
- S180 = 4.0 8100 = 6.4 q =27.2
- 8lS0 = 9.2
- OlOO = 12.G
- q - - 30.2
- S1 80 = 10.9 6100 = 16.2 q = 67.5 »
- 0180 = 25.4 6100 = 32.2 q = 79.7
- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS
- 101
- sur barreaux trempés à 850°.
- 850IC.
- \ E3lT
- '\.LS20°C
- au = 64.8
- as = 113.8
- 141.3
- 0180
- Sioo
- q
- 5.8
- 6.8 10.9
- an
- G})
- = 62.9 as = 96.3 an = 132.4
- 0180
- OlOO
- q
- 6.4
- 9.c
- 14.c
- ap
- = 98.7
- as = 106.6
- an = 125.3
- 0180
- Ô100
- 9
- 7.
- lO.g
- 27.4
- ap = 78.8
- = 94.5
- an = lll.i
- 0180
- OlOO
- 9
- 9.2
- : 12.7 : 30.4
- ap = 81.
- as = 106.
- an = 119.
- 0180 : O100 :
- 9
- 7.4
- 10.4
- ap = 65.2 as = 91-o an = 109.6
- 0180 : SlOO : 9
- 9.8
- 14.o : 55.3
- ap
- = 57.1
- = 70.8
- aB = 90.6
- 0180 : O100
- 9
- : 8.1
- : 9.S
- 21.8
- ap
- = 41.6 as = 45.7 aB— 89.5
- Si80 : SlOQ : 9 :
- 10.8
- : 15.7 : 59.8
- » ^ 0180 ap — 53.4 Sioo as = 69.2 q an = 86.4
- = 9.3
- = 13.0 = 51.8
- » Si 80
- ap = 49.4 Sioo as = 6I.3 q an = 78.9
- = 10.0
- = 15.2 = 50.3
- » 0180 ap = 21.7 Sioo as = 31.6 q an= 55.g
- » Sl80 ap = 27. g Sioo as = 38.6 q an = 54.i
- Eau
- f A-( 650°C
- IS-jt' c
- ap
- ‘ i- 3
- 82.i
- 103.6
- 0180
- Sioo
- 9
- 8.3
- 11.3
- 29.8
- ap
- 76.g
- 84.8
- 100.2
- 0180 : Sioo : 9
- 9.7
- 12.8
- 35-i
- ap =
- 69.o
- 81.s
- 95.6
- 0180
- Sioo
- 9
- 10.G
- 13.o
- ap —
- 63,i
- 72.9
- 85.g
- 0180
- Sioo
- 9
- 11.2
- : 15.8 : 33.1
- 79.o
- 91.3
- 0180 :
- Sioo
- 9
- 11. G
- : 1.6.8 : 41.8
- ap —
- 49.4
- 67.2
- 82.3
- 0180 = 13.3 Sioo = 18.9 q =58.9
- 4.J.7
- 60.9
- 75.7
- Si so = 6.o Sioo = 14.o q = 14.7
- ap
- 33.8
- 60.3
- 73.o
- Si 8 0 = 12.7 Sioo = 17.8 q = 63.2
- Huile
- a» = 78.9
- as =108.4
- an — 147.1
- 0180 = 8.1 Sioo = 9,o <j = 14.7
- Gp
- 72.s
- 106.2
- an = 146.7
- S180 = 6.2 Sioo = 8,o q =24.8
- Gp
- 74.8 82.4
- an = 140.8
- S1 8 0 = 6.7
- Sioo = 8.8 q = 30.4
- ap = üo.i
- as = 78.8 an = 45.2
- 0180 = 8.ü Sioo = 10.o q = 35.o
- Huile
- ap = 70.i as = 92. t
- an = 143.s
- Si 80 — 6.2 Sioo = 7.7 q = 19-8
- ap = 71.o
- as = 100.5
- an = 147.8
- Sl80= 6.5 Sioo = 7.5 q = 27.5
- ap
- = 63. i
- = 94.6
- an = 140.o
- Sl80 = 8.7
- Sioo = 11-s q = 50.o
- ap = 66.o as = 94.5 an — 126.0
- 018 0 — 2-4
- Sioo = 2-s q = 5.3
- ap — as = aB =
- 46.3
- 68.9
- 96.5
- 0180 = 11-
- Sioo = 15. q =39.
- Gp --- i
- Gs = GU =
- 40.9
- 59.3
- 84.6
- Sl80 = 6.2 Sioo= 7.5 q =12.5
- ap = 55.i as = 82.7 an = 118.i
- Sl80= 8.3 Sioo = 11-2 q = 37.6
- Gp
- = 63,i
- = 106.4
- an = 134.1
- 0180
- Sioo
- 9
- = 7.
- Gp --
- as = 65.o an = 97.5
- Siso = 12-o
- Sioo = 14.3 q =46.i
- 6.i
- Gp
- 31.5
- 53.i
- 77.7
- Si 80 = 12-6
- Sioo = 17.4 q = 51-7
- Gp
- 0180 = 14.0 » 0180 = 13.6 »
- 45. % oioo = 20.o ap = 19.7 Sioo = 17-2 Gp
- 56.3 q — 55.3 as = 47.2 q = 51.7 Gs =
- 70.i « an — 74.g » G B —
- Gp
- 22.i „ Si 80 = 22.9
- 28.2 ap = 16.c Sioo = 29.6
- 63.8 as = 28.i 9 = 67.4
- an = 51.6 »
- = 16.i
- = 23.7 = 69.i
- » 0180 ap = 21.7 Sioo as = 23.o q an= 35.g
- = 30.9
- = 40.o = 75.o
- 45.4
- 65.2
- 0180 : Sioo : 9
- 15.3
- - 20.3 : 58.2
- ap
- 28.0
- 31.5
- 46.6
- S180 :
- Sioo
- 9
- 23.6
- = 31.i : 69.0
- Gp
- 17.8
- 21.s
- 33.5
- Siso = 33.i Sioo = 42.2 q =76.o
- ap
- 15.7
- 43.3
- 66.o
- Sl80 = 14.2
- SlOO = 19.6 q = 51.0
- ap — as = an =
- 13.8
- 27.g
- 56.0
- Sl80 = 17-3
- Sioo = 23.2 q =48.g
- Gp
- 32.3
- 52.8
- Sl80 = 22.7
- Sioo = 29.3 q — 65.9
- ap — as = gb =
- 17.7
- 25.6
- 42.7
- Siso = 22.8
- Sioo = 28.8 q =70.9
- Gp —
- as = GU =
- 31.7
- 57.4
- 84.8
- 0180 = Sioo = 8. q =22.
- Gp ---
- Gs = GU =
- 29.5
- 51.2
- 75.i
- Si so = 13.i
- Sioo = 18.o q =57.7
- 29.g
- 51.3
- 77.o
- Sl80 = 15.3 Sioo = 18.g q = 51.6
- Gp
- GB —
- 21.7
- 42.4
- 68.o
- Sl80 = 15-9
- Sioo = 20.8 q =56.g
- ap
- = 11.8 = 27.6 an = 51.5
- Siso = 25.i
- Sioo = 30.o q = 62.5
- Gp
- 15.7 as = 29.5 an= 50.6
- Sl80 = 26.8
- Sioo = 34.4 q =67.8
- Gp
- = 13.8 = 19.7
- = 35.5
- Si 80 = 31.8
- Sioo = 41.4 q =78.i
- ! \ Huile
- /800C
- as = 85.2 an = 131.0
- 0180= 4.0 Sioo= 5.o
- q = 11.4
- ap
- = 51.7
- = 90.5
- an = 135.7
- Siso = 5-8 Sioo = 7.7 q = 12.5
- ap
- = 75.5
- = 86.6
- an = 126.o
- Si8ô = 8.o Sioo = 9.2 q =28.y
- Gj>
- — 59.1
- = 70.9
- an =106.3
- Siso = 11.2
- Sioo = 15.7
- 4o.6
- ap = 64.9 as = 82.6 an = ll8.o
- Si so = 10.6 Sioo = 13.6 q = 44.5
- ap — ol.i as — 61.o
- S i8o = 13.i Sioo = 17.2 q =49.4
- Gp — Gs —- GB — 43.8 55.8 80.4 Siso = 9-3 SlOO = 11.4 q = 2o.s
- » Si 80 = 17.8
- ap = 43.3 Sioo = 21.7
- Gs == 47.7 q =56.2
- an = 72.3 »
- )) Siso = 15.6
- aP = 45.3 Sioo = 20.1
- as = 49.2 q =54.7
- an = 70.9 ))
- » S180 = 17.i
- ap = 31.4 Sioo = 22.6
- as = 39.3 q =54.8
- an = 64.o »
- )> Siso = 27.s
- Gp = 17.8 Sioo = 32.-
- as = 29.5 q = 62.6
- an = 50.g »
- » S-l 80 = 27.8
- ap = 25.6 Si 80 = 35.8
- as = 29.5 q = 60.9
- an = 47.6 »
- Gp — Gs = GB =
- 19.7
- 21.7
- 35.:;
- Siso = 34.9
- Sioo = 42.g q =74.9
- p.100 - vue 98/870
-
-
-
- 102
- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1902.
- Résultats des essais de traction
- NUMÉROS.
- 4612 I
- 4885
- 4642
- 3096
- 3914
- 4297
- 4815
- 4288
- 8232
- 4647
- 4795
- 4958
- 3138
- ANALYSES,
- C
- Si
- Mn
- 1.17 p. 100 0-31 :î — 0.21 -
- C = 0.94 p. 100 Si = 0.289 —
- Mn = 0.2:; —
- C =0.79 p. 100 Si =0.278 —
- Mn = 0.2o —
- C =0.cv p. 100 Si = 0.3:59 —
- Mn = 0.i8 —
- C =0.g:; p. 100 Si =0.2-:; —
- Mn = O.49 —
- C =0.44 p. 100 Si =0.27:; —
- Mn = 0.4<; —
- G =0.46 p. -100
- Mn = 1.06 —
- S =0.5 6 —
- C =0.34 p. 100 Si = 0.266 —
- Mn = 0.4u —
- C = 0-31 p. 100
- Mn = O.94 —
- S =0.15 —
- c =0.25 p. 100
- Si = 0.299 —
- Mn = 0.4i —
- C =0.ic p. 100 Si = O.452 —
- Mn = 0.26 —
- C =0.is p. 100 Si = 0.01 v —
- Mn = 0.38 —
- C =0.09 p. 100 Si =0.oo5 —
- Mn = 0.io —
- ÉTAT NATUREL,
- 1200'C unn° <
- .10DDJ ”
- onoü »
- 750°C
- 7ni*r " / ..
- son'' » T
- /inn„ „
- "
- pnn0 » ! Eau
- 1 nn" " \L 20-ç
- dp
- ds
- dB
- 33.4
- 51.2
- 88.6
- 0180
- S100
- 9
- 2.c
- 2.6 4 o
- ” 0180= 6.7
- dp = 34.5 6100= 7.5
- ov =46.1 q = 8.5 c7/; = 98.i »
- » 0180 = 10.0
- dp = 31.5 ôioo = 11.:;
- dS = 40.4 q = 11-8
- (7/1 = 89.6 »
- dp
- ds
- dB
- 23.6
- 34.4
- 77.1
- dp = 28.4 ds =44.4 dB = 85.7
- ci so = 13.4 £100 = 15.5 q —21.9
- 6l,80 = 10. <;
- £100 = 13.c,
- q = 2i.i
- dp = 25.6 as = 30.:; dis = 65.1
- dp =22.:;
- ds =32.4 dB = 62.o
- dp = I8.7 ds — 20.0 dB = 55.1
- dp = 2 1.
- ds = 30.5
- dB = 33.9
- dp =20-7
- ds = 27.6
- <r/i = 32.0
- dp
- ds
- dB
- 20.6
- 25.5
- 16.o
- dp =19.1
- ds = 22.6
- un = 40.0
- dp = 11.8 ds = I8.9 (7/1 =32.7
- £ iko = 18.9 £100 = 23.2 q = 12.8
- 61 so = 15.4 £100 = 17. s q = 24.1
- 0180 = 23.6 ciuo = 29.2 q = 33.2
- 0180 = 24.4 £100 = 30.8 q =51.7
- 0180 = 24.6 £100 = 30.i (j = 30.9
- £1x0 = 27.2 0100 = 33.8
- q =61.3
- 0180
- £l00
- 24.8
- 37.3
- 39.8
- ôiso = 26.i £100 = 37.8 q =73.:i
- dp = 17.8 ds — 67.4 an = 87,>
- dp
- ds
- dB
- 13.8
- 67.2
- 91.9
- dp
- ds
- dB
- 17.8
- 71.i
- 8I.0
- dp = 16.8
- ds =48.v (7/1 = 76.o
- dp = 13.9
- ds = 49.5
- dB = 60.4
- dp = 16.7
- <T, =39.5
- dB = 39.3
- dp = 13. s
- <T» =34.5
- (7/1 = 13.4
- S iso = 0.8 0100 = l-o q — 1.6
- 0180
- 0100
- 9
- 4.3
- 6.0
- 37.3
- 6iso
- 0100
- 9
- 7.o
- 9.2
- 29.9
- £l80 = 10.8
- 0100 = 11-7 q =49.i
- £iso = 9.s £100 = 15.0 q = 68.9
- 0180 = 12.0 £100 = 19.5 q =62.5
- 8 iso = 16.,s 81 ou = 23.0 q =72.o
- 7 50“C
- 7^v
- '. Eau
- • 350°C
- !
- ;
- . ; J
- ^20“C ,
- dp =7= 72.0 a, = IO8.0 dB = 119.6 Si 80 = filOO = q = 0.x 1.1 7.9
- „ 0180 = 0.7
- dp = 63.5 filOO = 1.2
- a, = IO8.9 q = 2.:;
- ai; = 152.4 »
- dp = 59.6 ds = 99.3 dis = 130.2
- 0180 = 2.1 8100 = 3.8 q =23.o
- dp = 39.7 ds = 71.4 (7/1= 96.2
- dp = 43.6 as = 87-i ait— 99.0
- £ 180 = 3.9 £100 = 1.8 q = 15.3
- Ô180 £100 9
- 5.3
- 9.2
- 33.7
- dp = ds = dB = 35. c 83.2 87.i 0180= 3.6 8100 = 6.0 q = 26.2
- » Sl80 = 4.2
- dp = 33.8 6100 = 7.0
- ds = 83.4 O II OS
- dB = 116.2 »
- » S18 0 = 13.0
- dp = 19.8 8100 = 21.s
- ds = 44.0 GO Il CT-
- dB = 08.4 »
- „ S180 = 14.2
- dp = 19.s 6100 = 18.9
- 36.g q =62.4
- dB = 06. ; »
- » S1 so = 24.0
- dp = 13.8 6100 = 31.i
- ds = 30.6 q = 77.6
- dB = 41.5 "
- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS
- 103
- sur barreaux trempés à 1003e
- 7^
- Eau
- 550°C
- 20
- 0180 = 61.c 0100 = ds — 97-3 q = <7/1=107.8 »
- dp
- 0.3
- 0.6
- O.G
- » 0180 = dp = 63.4 6100 = ^ = 77.2 q =
- <7/1 = 102.Q »
- 8.;
- 10.;
- 27. c
- » 0180 dp = 75.-2 8100 ds = 101.0 q <7/1= 127.7
- 6.1
- 8./,
- 22.;
- » 0180 <7p— 57.6 8100
- ds = 83.;; q dB =110.3
- 10.0
- : 13.5
- : 38.8
- 0180 63.5 8100 ds = 103.2 q
- dB = 121.1
- dp
- 6.8
- 8.4
- 21.0
- » S180
- dp = 6I.4 8100
- ds =83.2 q dB= 97.0
- 10.8
- : 11.8
- 51.4
- » 0180 dp = 19.9 6l00
- a* = 59.9 q dB= 83.8
- 8.0 10.0 21.7
- » OISO :
- = 30.7 6100
- = 61.g q
- dB = 82.5
- dp
- 11. s
- : 15.3
- 58,7
- 0180 : 33.8 6100:
- ds = 59.7 q dB= 77.6
- dp
- 7.1
- 11.5
- 49.6
- » 0180: dp = 39.7 6100 :
- ers = 50.6 q
- GB~ 73.4
- 14.4
- : 18.3 : 62.3
- » 0180 Gp = 33.8 8100 a., = 42.7 q GB = 38.6
- 18.8
- : 24.5 :73.0
- » S1 8 0
- Gp = 17.9 8100 ;
- <7s = 41.7 q
- gb~ 57.6
- 14.0
- 17.6
- 62,2
- » 8l80:
- Gp = 21.9 8100 :
- gs = 30.8 T GB — 40.7
- 34.4
- : 36.4 :79.0
- Eau
- Gp = 31.£
- Gs
- G B = 67.7
- 0180 : 6100 : 9
- Huile
- 80-C
- :a:
- 0.
- 0.3 Gp =
- » 0180 Gp = 69.-,s 8100 <7.1 = 79.3 q g b = 98.0
- 9.2
- 13.3
- 40.7
- » 0180 : Gp =51.5 0100
- g s = 68.3 q g b = 85.1
- 11,2
- 16.3 : 44.9
- >) Si 80 = 13.6
- dp = 45.3 8100 = 18.8
- as =61.4 q = 59.6
- an = 82.2 ”
- » 0180 Gp = 49.6 8100 os = 77.5 q gb = 92.6
- 9.4
- 13.3
- 38.8
- <7s = G B =
- 0180 = 83.:> 8100 =
- 115.0 q =
- 138.8
- dp
- 6180 : : 78.5 6100 : : 115.3 <7 : 150.0
- 6.0
- 7.6
- 18.1
- <T/1
- 0180 = 68.6 6100 =
- 91.4 q =
- 131.6
- 6.7
- 8.5
- 29.8
- dp =
- 0180 = 69.i 8100 =
- 120.5 q =
- 160.0 11
- 7.1
- 8.5
- 20.5
- dp
- 0180 = 65.1 6100 =
- 96.7 q = 141.5
- 7.8
- 10.:;
- 31.1
- î ,
- J ! Huile
- 1 ! , 550°C
- * Huile «
- ! s 350°C 1
- ; !
- ; \
- 780°c J 80°C
- » 0180= 0.4 dp = 88.0 £100 = O.:, as =113.2 q = 1.5 an =122.6 » )) Cl.xo = l.:i dp = 88.0 £100 = 1.3 as =118.7 q =1.5 an =145.4 ”
- » 0180 = 0.7
- gp = 84.9 6100 = 8.0
- as = 98.7 q = 13.5
- <7/; = 14o.i 11
- 0180 =
- 59.6 6100 =
- 71.7 q = 110.3
- 7.8
- 11.7
- 36.2
- Gp :
- ds
- dB
- 0180 : 00.4 6100
- 79.! g
- 116.7
- 9.1
- 12.0
- 35-g
- dp =
- *| 0180 = 63.5 £100 =
- 88.7 ; q = 128.4 % '' 3*
- 7.8
- 9.2
- 23.3
- dp
- 0180 : 44.- 0100 :
- 63.g q
- 93.4
- IO.4
- : 13.8 47.3
- » 6180
- dp = 53.6 0100 ds = 57.6 q dB = 75.9
- 13.1
- : 14.-29.8
- dp ds dli :
- 0180 :
- 45.5 0100
- 53.5 q
- : 74.2
- 13.6
- : 17.7 : 61.7
- » 0180 dp = 49.6 £100 : <7s =52.0 q gb = 70.3
- 11.5
- : 16.1 : 56.5
- » 0180 : Gp =41.6 filOO : as =49.5 q gb = 67.4
- 14.6
- = 19.1 : 65.o
- » 8180
- Gp = 39.7 6100 : as = 41.7 q gb -- 54.7
- : 20.1 : 39.1 : 68.8
- 4-4.7
- 52.7
- 72.9
- 0180 = 12-9 £100 = 15.2 q =24.o
- dp —
- 41.7 0180 0100 = 13.7 = 18.6 dp — 37.5
- 52.- q = 59.4 ds = 51.4
- 78.5 » dB — 79.3
- dp
- ds : dB
- o4.g
- 42.9
- 66.8
- ôixo = 11.7 £100 = 21.7 q = 50.3
- = 37.7
- = 46.7
- = 68.6
- 0180 = 16.5
- 6100 = 22.1 q =56.5
- dp
- 0180 : 63.2 Eioo:
- 106.7 q
- : 134.3
- 6.5
- 7.6
- : 26.4
- dp
- 0180 45.4 8100 73.2 q 93.9
- 9.1
- 13.5
- 47.5
- dp
- 0180 ; 51.4 8100:
- 59.3 q
- 82.1
- 10.:
- : 12.; 22.1
- 0180 : £100 : 9
- 12.4
- : 16.2 : 51.5
- » 0180 dp = 73.1 £100
- Gs = 89.6 q GB = 129.4
- 7.8
- 10.9
- 33.o
- » 0180 : Gp = 53.3 8100
- Gs — 69.i q
- gb = IO6.9
- » Ô180 :
- Gp = 63.2 S100
- g s — 8I.0 q GB = 120.5
- dp —
- ds =
- an —
- 0180 53.3 B100:
- 63.2 q
- 93.8
- 11.8
- 15.2
- 44.3
- dp —
- Gp =
- dp
- 0180 : 35.6 £100: 46.4 q 70.9
- 12.4
- 17.6
- 53.o
- » £l80
- dp = 33.6 6100 ds — 37.6 q gb = 50.2
- = 20.9
- = 25.3
- = 68.9
- » 6i80
- dp = 21.9 6100
- a,« = 29.8 q dB = 38.8
- = 30.7 = 40.6 = 76.9
- 32.g
- = 43.-
- dV as
- dB = 54.6
- 8180 = 22.8
- 8100 = 30.4
- q = 59.4
- dp
- 0190 37.5 8l00
- 47.4 q
- 71.i
- 15.2
- 20.2
- 52.3
- dp
- = 17.9 = 31.8 = 48.1
- 0180 = 27.2 6100 = 35.3 q =70.o
- dp
- = 21.9
- = 31.8
- = 39.5
- 8180 = 31.i
- 8100 = 38.9 q =72.4
- dp —
- 0180 = 23.2 »
- 35.6 SlOO = 30.o dp =
- 41.5 q = 68.9 ds =
- OD.n » dB =
- dp —
- S1 80
- 25.7 B100
- 35.0 q
- 51.8
- = 19.i
- = 25.i = 65.7
- dp =
- 0180 28.g 6100
- = 31.6 q
- = 37.9
- = 30.2
- = 37." = 69.1
- Ô180
- 47.5 S100
- 56.4 q
- 80.0________
- Si 80
- 36.6 6100:
- 50.4 q
- 76.5
- 40.9
- 12.4
- 20.4
- AÏ
- 19.3
- 56.7
- dp —
- 4o.;;
- 51.6
- 73.3
- 8l80 =
- 6100 =
- q =
- 13.9
- 18.8
- 51.4
- dp
- 41.4
- 45.4
- 66.9
- 8180 = 6100 =
- q =
- 14.4
- 19.3
- 55.3
- oô. G
- 41.5
- 53.4
- 818O
- 8100
- 9
- 23.1
- 30.9
- 65.7
- dp =
- 0"S -- ô£.fj
- 15.8
- 32.6
- 50.4
- 8l80 :
- 6100
- q
- 19.7
- : 26.8 : 68.9
- 29.7
- 33.7
- 37.c
- Bi80
- 6100
- q
- 33.3
- : 43.1 8O.1
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-
- 104
- MÉTALLURGIE
- JUILLET 1902
- Résultats des essais de traction sur barreaux trempés au plomb.
- ANALYSE.
- ETAT
- NATUREL.
- Plomb
- Plomb
- : ! 550®C
- N
- ! Plomb
- -U-
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- Résultats des essais au choc sur barreaux entaillés.
- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS. 105
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- 106
- MÉTALLURGIE.
- JUILLET 1902.
- disent eux-mêmes, que l’on pourra encore, de la comparaison de leurs différents résultats, tirer d’autres conséquences importantes que celles qu’ils ont énoncées. Pour ce motif, on donnera, dans une série de tableaux placés à la fin de ces extraits, le détail de toutes les expériences faites.
- L’auteur de ces extraits signale en particulier, dans cet ordre d’idées, la comparaison des chiffres relatifs à la limite élastique vraie, à la limite des petits allongements et à la ténacité. On considère souvent ces trois ordres de grandeurs comme variant d’une façon à peu près proportionnelle tandis qu’en réalité leur rapport peut, suivant le traitement thermique auquel a été soumis le métal, varier dans de très grandes limites. Ainsi, le rapport de la limite élastique vraie à la limite des grands allongements varie de moitié à égalité. Le rapport delà limite des grands allongements à la ténacité varie également de moitié à égalité, ou peu s’en faut.
- La ténacité ne présente aucun intérêt au point de vue des applications ; on ne la détermine, dans les essais, que comme pouvant donner une indication approchée de la limite élastique, seule importante à considérer. Il y a là un usage regrettable, que l’on abandonnera sans doute prochainement pour revenir à la détermination directe des limites élastiques. Mais, de la limite réelle et de la limite apparente, laquelle vaut-il le mieux choisir pour définir la qualité d’un métal, sa capacité de résistance aux effort s..4 priori, on pourrait être tenté de donner la préférence à la limite élastique vraie. Mais, en se reportant aux chiffres de ces tableaux, on voit que la trempe, qui augmente certainement la résistance mécanique (la fragilité laissée à part), abaisse considérablement, dans certains cas, la limite élastique apparente, c’est-à-dire le commencement des grands allongements. C’est donc plutôt ce dernier chiffre qui donne la mesure exacte de la résistance mécanique réelle du métal.
- Voici, à titre d’exemple, les résultats relatifs à l’acier à 0 Ai de carbone pris à l’état naturel ou après la trempe à 850°.
- Naturel. Trempé.
- Limite élastique vraie................... 20 14
- Limite élastique apparente............... 30 .'il
- Ces anomalies tiennent aux tensions internes qui subsistent dans les aciers trempés et ne disparaissent qu’après une déformation permanente très faible, comparable, comme grandeur, aux déformations élastiques, de telle sorte que, très rapidement, le métal reprend une résistance considérable, qui est bien la véritable résistance du métal.
- On peut objecter à l’usage de la limite élastique apparente du métal pour définir sa résistance mécanique, que après certains traitements thermiques, cette limite (corres. pondant au palier de la courbe de traction) devient d’une détermination très incertaine, si même elle existe.
- Peut-être aurait-on une définition aussi exacte et prêtant à beaucoup moins d’incertitude dans sa détermination en convenant de prendre pour limite de résistance d’un métal, l’effort capable de produire une déformation donnée du métal, toujours assez petite mais cependant notablement plus grande que les déformations élastiques, par exemple un allongement de 1 p. 100.
- Dans les tableaux ci-dessus, les lettres ont les significations suivantes :
- c p. Effort correspondant à la limite des allongements proportionnels ou limite élastique vraie.
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- ÉTUDES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES ACIERS.
- 107
- s s. Effort correspondant à la limite des petits allongements ou limite élastique apparente.
- s B. Effort limite correspondant à la rupture ou ténacité.
- Tous ces nombres sont exprimés en kilogr. et rapportés au millimètre carré de la section initiale.
- 8 180. Allongement total sur 180 millimètres de longueur.
- 8 100. Allongement total sur 100 millimètres de longueur.
- (/. Section finale de la striction.
- Ces nombres sont exprimés en centièmes de la longueur ou de la section primitive.
- Les tableaux, au nombre de six, se rapportent : les cinq premiers, aux essais de traction sur barreaux recuits et trempés à partir de 750°, de 850°, de 1000° et trempés au plomb. Le sixième se rapporte aux essais au choc sur barreaux entaillés.
- Les nombres donnés dans ce tableau représentent les kilogrammètres dépensés pour obtenir la rupture du barreau par une série de chocs d’un mouton de 18 kilogr., tombant successivement de hauteurs croissant de 100 en 100 millimètres.
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-
- NOTES DE MÉCANIQUE
- les cisailles volantes d’après M. V. E. Edwars (\).
- En 1892, on fut amené à résoudre le problème suivant: établir un laminoir traitant des lingots de 2 tonnes et demie, les transformant en barres de 100x127 mm. X24 mètres de long, affranchir l’un des bouts de cette longue barre, la laminer en une barre de 38 millimètres de côté, coupée en longueurs de 4m,30 à 9 mètres, refroidir
- Fig. 1.
- ces billettes et les charger sur wagons. Il s’agissait donc de découper en 20 ou 30 billettes un carrelet laminé de 180 mètres de long, et comme on ne disposait que d’un terrain triangulaire de 30 mètres sur son côté le plus long, il fallut disposer les cisailles de manière qu’elles pussent couper ce carrelet en marche au sortir même de sa passe finisseuse.
- Ce problème difficile et nouveau a été résolu au moyen de la cisaille représentée par les figures 1 et 2. Le châssis de la cisaille peut pivoter autour d’un axe fixe hori-
- (1) American Society of Mechanical Engineers, meeting de Boston.
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- LES CISAILLES VOLANTES.
- 109
- zontal, et est traversé par l’arbre sur lequel est excentrée la lame supérieure de la cisaille; ce arbre est relié par deux bielles à un second axe fixe horizontal, autour duquel il pivote quand le cylindre hydraulique incliné et mobile sur le socle de la cisaille abaisse la lame supérieure, en même temps qu’il tire à lui le châssis de la cisaille. La course de ce cylindre, de 100 millimètres de diamètre, auquel l’eau sous pression est fournie par un intensificateur à vapeur, a une course de 610 millimètres, dont 200 sont employés à rapprocher les lames du carrelet, tout en suivant la marche, grâce à l’oscillation du châssis,
- 200 à la coupe, et 200 au relevage de la lame; un petit piston de rappel hydraulique ramène ensuite le châssis à sa position primitive. La première coupe est commandée à la main, les autres le sont par les billettes mêmes, au moyen d’un taquet placé à une distance de la cisaille égale à la longueur même de la billette. Cette cisaille fonctionne sans accident depuis neuf ans.
- De nombreuses cisailles de ce genre fonctionnent avec succès dans les forges des Etats-Unis,notamment dans celles de la National Steel C°, où l’une d’elles coupe des billettes de 38 millimètres de diamètre au taux de 2 000 tonnes par 24 heures.
- A l’Union Iron and Steel C°, de Yougstown, Ohio, on coupe au moyen de la cisaille rotative, fîg. 3, des feuillards pour cerclage des balles de coton; ces feuillards, tirés de lingots de 100 kil. ont 22 millimètres de large sur 1 millimètre
- d’épaisseur, et sont coupés en longueurs de 3 m. 50, sans ----------------------
- arrêt dans leur marche à 7 m. 50 par seconde au sortir du Fig. -i.
- laminoir. Les lames de la cisaille sont, dans ce cas, fixées
- sur deux cônes tournants, engrenées ensemble, et dont celui du haut a son extrémité
- Fig. 3.
- de gauche périodiquement soulevée puis abaissée par l’excentrique d’un arbre, dont la vitesse variable au moyen de trains d’engrenages, détermine la longueurs des coupes. En outre, pour permettre d’obtenir de longues coupes avec des cônes de faible diamètre, on a donné à leurs pignons des diamètres différents, dans le rspport, par exemple de 4 à 3, de sorte que les lames ne viennent en opposition, dans ce cas, qu’à tous les quatre tours du petit pignon.
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-
- HO
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- chargeur de hauts fourneaux Kennedy (1).
- Ce chargeur est (fig. 1) à deux (fig. 4) cloches 4 et 6, commandées par les cylindres hydrauliques 7 et 8 ; le piston 9 de 7 commande 4 directement par son croisillon 10 et ses tiges 12-12, dont le croisillon 13 est attaché ^ la tige 14 de 4; cette tige traverse le
- Fig. 1 et 2. — Chargeur de haut fourneau Kennedy. Ensemble et détail de la suspension des cloches.
- tube 22 de la cloche 6, à crosse 21, reliée par le renvoi 20, 19, 17, 16, 15 au piston 8. L’huile sous pression est fournie aux cylindres 7 et 8, du distributeur de la salle des machines, par des tuyaux 27 et 28, avec, au bas de ces cylindres, des trous 29, fermés par des soupapes 38, chargées de manière à amortir la descente des pistons.
- (1) Voir le Bulletin de mai 1901, p. 725.
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-
- CHARGEUR*DE HAUTS FOURNEAUX KENNEDY.
- 111
- Les fuites des garnitures de 7 et de 8 sont recueillies en 31 par les drains 36 et 37, et l’on peut, en soulevant les couvercles 39 des enveloppes de 7 et de 8, accéder facilement à ces garnitures.
- La position du cylindre 9 est ajustée par les vis 33 et maintenue par le serrage des boulons 41 dans leurs coulisses.
- La course du piston 9 est assez longue pour permettre, en cas d’avarie à la cloche
- Fig. 3. — Chargeur Kennedy. Détail de la commande.
- 14, de l'enlever avec sa trémie 3, préalablement déboulonnée, bien au-dessus du haut fourneau; on détache alors la cloche, que l’on pose sur des rails, d’où elle est prise par la petite grue 44, qui la descend à terre, et remonte une nouvelle cloche, de sorte que ce remplacement est rapide et facile. L’extrémité 45 de la voie de chargement est pivotée de manière à pouvoir se défiler et permettre cette manœuvre sans l’encombrer, en outre, pour faciliter l’enlèvement, les crosses 13 et 21 des
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- tiges des deux cloches 6 et 14 sont temporairement solidarisées par les menottes 48 (fig. 2).
- Fig. 4. — Chargeur Kennedy. Plan.
- Ce système de chargeur, complètement à l'abri de la poussière, est d’un fonction-nement rapide et sûr, et il dégage très clairement le sommet du haut fourneau.
- Note sur l’unification des pas de vis pour les appareils d’utilisation a gaz
- Communication présentée au nom du Comité de la Société technique de VIndustrie du Gaz en France, au Congrès de 1902, par M. J. Payet, secrétaire.
- La question de l’unification des pas de vis en France a été soulevée pour la première fois en 1891, à la Société d’Encouragement pour l'industrie nationale, par M. Sauvage, ingénieur des mines.
- Sur la proposition de celui-ci, une commission d’études fut nommée, qui choisit pour rapporteur M. Richard, secrétaire de la Société d’Encouragement.
- Le problème à résoudre était difficile, vu la diversité des systèmes de vis alors en usage : chaque compagnie de chemins de fer, en effet, chaque grande maison de construction, la marine de l’État, le service de l’artillerie, etc.,avaient leurs types spéciaux variable de l’un à l’autre.
- Il n’était cependant pas insoluble a priori, puisque, d’une part, les grandes puissances étrangères possédaient des types uniformes: l’Angleterre, le type Whitworth; les États-Unis, le type Sellers, et que, dkautre part, un problème analogue pour les
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- NOTE SUR L’UNIFICATION DES PAS DE VIS.
- m
- petites vis spéciales employées en horlogerie avait été traité avec succès, en 1878, par la Société des Arts de Genève, sous la direction de M. Thury.
- La commission classa les vis en cinq catégories:
- 1° Les vis mécaniques employées dans les constructions et ayant des diamètres supérieurs à 6 millimètres ;
- 2° Les vis horlogères d’un diamètre inférieur à 6 millimètres ;
- 3° Les vis sur tubes ; tubes à gaz, tubes à eau, etc. ;
- 4° Lés vis spéciales : vis d’instruments de précision, vis motrices de certaines machines, etc. ;
- 5° Les vis à bois.
- Elle ne s’occupa que des vis de la première catégorie ou vis mécaniques. Il était impossible, par ailleurs, de fixer des règles invariables pour celles de la quatrième catégorie (vis spéciales) et inutile d’en imposer à celles de la cinquième (vis à bois).
- Quant aux vis de la deuxième catégorie, le problème, avons-nous dit, était déjà résolu.
- Il est regrettable, d’autre part, que la commission n’ait pas cru devoir s’intéresser dès ce moment aux vis sur tubes. Néanmoins, bien que ces travaux ne se soient aucunement rapportés au côté tout spécial de la question qui nous occupe, il est intéressant autant qu’instructif d’en citer brièvement ici les importants résultats.
- Après avoir reconnu qu’aucun des systèmes existants pour les vis mécaniques ne remplissait la condition indispensable d’être une moyenne des dimensions les plus généralement usitées, la commission susnommée conclut à la création d’un type se rapprochant du type Sellers et défini :
- 1° Parla forme du filet : Celui-ci était en triangle équilatéral à troncatures droites.
- Cette forme convient pour tous les métaux usuels, les outils les plus simples pouvant l’exécuter avec précision; elle était, en outre, la plus répandue ;
- 2° Par une échelle de pas et de diamètres déterminés par une série de 20 numéros-types et pouvant être fournis par une formule facile à appliquer. Entre ces diamètres-types, il était possible d’intercaler tous les diamètres intermédiaires utiles sans créer, grâce à l’invariabilité du pas entre deux numéros-types, un nouvel outillage.
- Ce système, désigné sous le nom de Système Français, reçut très rapidement des applications nombreuses par suite de son adoption par la marine de l’État, par la plupart des compagnies de chemins de fer et par de grands industriels. Il eut plus tard, en 1898, lors d’un Congrès international réuni à Zurich sous les auspices de 1’ « Union dos industriels mécaniciens suisses » et où étaient représentées l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Hollande, l’Italie, la Russie et la Suisse, la faveur de prévaloir et de devenir, après quelques modifications, le Système International (S. I.) très répandu aujourd’hui dans les pays susnommés.
- Les règles de ce système, lesquelles ne s’appliquent qu’aux vis mécaniques, sont les suivantes :
- 10 Nature du filet. — Le tracé est (fig. 1 et 2) déterminé par l’enroulement en hélice à droite d’un filet simple obtenu par la troncature d’un triangle primitif équilatéral dont le côté parallèle à l’axe de la vis est égal au pas ;
- 2° Forme du filet. — Le triangle primitif équilatéral est tronqué par deux parallèles à la base menées respectivement au huitième de la hauteur à partir du sommet et de la base. La hauteur du filet est ainsi égale aux trois quarts de la hauteur du triangle primitif;
- Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902.
- 8
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- i 14
- 3° Jeux entre les vis pleines et les vis creuses. —Les vis pleines et les vis creuses ou écrous qui se correspondent ont, en principe, mêmes filets; mais afin de tenir compte des tolérances d’exécution, indispensables dans la pratique, tolérances qui doivent varier suivant les circonstances, le profil fixé est un profil limite pour la vis pleine et la vis creuse. Cette limite est prévue par excès pour la vis pleine et par défaut pour la vis creuse: en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à Vintérieur du profil limite et la vis creuse à Vextérieur de ce même profil (fig. 2). Les écarts entre la surface théorique commune et les surfaces réalisées constituent le jeu. Aucune valeur n’est fixée pour ce jeu, mais l’approfondissement dû au jeu que présentent la vis pleine et la vis creuse au fond des angles rentrants du profil ne doit pas dépasser 1/16e de la hauteur du triangle primitif. Aucune règle n’est tracée pour la forme de cet approfondissement : il est seulement recommandé d’employer un profil arrondi;
- 1° Diamètre des vis. — Le diamètre des vis se mesure sur l’extérieur des filets après troncature. Le diamètre, exprimé en millimètres, sertà désigner la vis.
- Un tableau de 29 diamètres normaux a été dressé. Entre ces diamètres on peut, par exception, en intercaler d’autres qui doivent toujours être exprimés par un nombre entier de millimètres et le pas reste celui de la vis normale de diamètre immédiatement inférieur.
- Tableau des pas et diamètres du système S. I. (fig. t).
- DIAMÈTRE. PAS DIAMÈTRE. PAS. DIAMÈT RE. PAS DIAMÈTRE. PAS.
- mm. mm. mm mm. mm. mm. mm. mm,
- 6 1,00 16 2,0 36 4,0 64 6,0
- O O 18 2,3 39 4,0 68 6,0
- 8 1,25 20 2,5 42 4,5 72 6,5
- 9 1,23 22 2,3 43 4,5 76 6,5
- 10 1,50 24 3,0 48 3,0 80 7,0
- 11 1,50 27 3,0 52 3,0
- 12 1,75 30 3,5 56 5,5
- 14 2,00 33 3,5 60 5,5
- Les règles ci-dessus qui s’appliquent aux barres pleines ne sauraient convenir aux tubes, car en raison de la faible épaisseur de ceux-ci, les pas de vis susceptibles d’y être tracés ne pourraient être que très petits, même pour les grands diamètres.
- Aussi, pour combler la lacune laissée par ce système international qui, nous le répétons, se rapporte aux seules vis mécaniques, la Société technique de l’industrie du Gaz en France a entrepris, lors du Congrès international organisé par elle en 1900, l’étude de l’unification des pas de vis pour les appareils d’utilisation du gaz. C’est un cas particulier du problème plus général de l’unification des filetages sur tubes.
- La question a été nettement posée par M. Bengel, dans la communication qu’il fit lors dudit Congrès.
- Elle peut être résolue de deux manières différentes.
- 1° Définir « a priori », par des données métriques régulières, comme il a été fait pour le système international, un type de filet, et l’imposer aux constructeurs, lesquels eraient autorisés à créer, pour chacun de leurs pas de vis et pendant là période tran-
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- NOTE SUR L’UNIFICATION DES PAS DE VIS.
- 115
- sitoire inévitable, un double raccord permettant d’adapter, sans trop de changement dans les installations, un appareil nouveau sur une canalisation ancienne.
- 2° Rechercher un type moyen de vis pouvant s’adapter au plus grand nombre des raccords actuellement existants. Déterminer « a posteriori » ses dimensions métriques et adopter celles-ci pour type unique.
- Cette dernière méthode a l’avantage de parvenir à l’unification désirée sans bouleversement dans l’outillage existant; elle a le grand inconvénient de ne pas aboutir à coup sûr à des données numériques régulières.
- Profil de la vis S. I.
- Coupe d’une vis S. 1 ÿD = 80 ; P = 7)
- Fig. 1 et 2. — Le pointillé représente le profil théorique limite de la vis ;et de l’écrou avec les profils desquels il se/confond en pratique tout le long des flancs.
- Quoi qu’il en soit, c’est la méthode qui a été employée à la Compagnie Parisienne du Gaz pour résoudre avec succès le problème de l’unification des pas de vis pour les compteurs d’abonnés.
- Cette Compagnie ayant à adapter très souvent des compteurs neufs sur des canalisations d’appartement déjà anciennes, s’est trouvée, à un moment donné, en présence d’une difficulté énorme en raison de la diversité considérable des raccords existants. Il existe bien à Paris, en effet, un arrêté préfectoral du 26 avril 1866 qui réglemente les raccords des compteurs à gaz; mais, s’il détermine les diamètres à employer, cet arrêté laisse toutes latitudes pour la fixation du pas. Aussi les constructeurs, profitant de cette lacune, imaginèrent-ils, dans le but de défier la concurrence, d’adopter chacun un pas spécial. Pour éviter de multiplier par trop son outillage, tout en conservant telles quelles les installations existantes, la Compagnie Parisienne eut donc l’idée de
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- rechercher un type moyen de vis pouvant s’adapter au plus grand nombre possible de raccords en service. Elle chargea de cette étude la maison Bariquand et Marre, et la question, très délicate et extrêmement complexe, a été définitivement traitée et mise au point par M. Aubert, ingénieur de la maison.
- La solution a été trouvée par approximations successives et tâtonnements : une série d’éprouvettes furent d’abord établies, correspondant aux nombreux types existants; on rechercha ensuite le raccord qui pût monter sur le plus grand nombre des vis ainsi obtenues; le filetage de ce raccord fut enfin adopté comme filetage type, et ses dimensions minutieusement repérées.
- Les filetages ainsi obtenus, tant pour les compteurs de 5 becs que pour ceux de 10 becs, sont caractérisés par des angles variant entre 57° et 59°.
- La maison Bariquand et Marre a établi en outre les vis prototypes en acier trempé pour la réception des filetages provenant des fabricants (voir lig. 3 et 4), ainsi que les gabarits destinés à mesurer l’usure de ces vis prototypes elles-mêmes.
- Dans la pratique, la Compagnie Parisienne a imposé à ses fabricants le type de vis ainsi défini et elle refuse tous les compteurs qui ne rentrent pas dans les limites de tolérance adoptées (2/10cs de millimètre pour les compteurs 5 becs). Pour les compteurs anciens soumis à sa vérification, elle transforme, chaque fois qu’elle le peut, le pa ancien de raccord mâle en pas type à l’aide d’une filière coupante.
- Tel est, à Paris, et pour les compteurs, l’état de la question.
- Il peut paraître regrettable que le problème n’ait pas été résolu à la manière du système international et ne puisse pas servir de base à une étude plus générale relativement au filetage sur tubes. Si l’on veut quand même, cependant, prendre pour point de départ les résultats ci-dessus, on voit que l’on est amené à adopter :
- Dimensions des instruments vérificateurs (fig. 3 et 4).
- ÉCROU
- Étalon
- DÉSIGNATIONS.
- N'entre pas
- N’entre pas
- Rebut
- Étalon
- Rebut
- Compteur de 10 becs . .
- Compteur de 5 becs. . .
- Vis d’introduction d'eau . . .
- Vis de niveau et de siphons . .
- 34,365
- 34,165
- 34,34
- 27,925
- 27,725
- 30,40
- 27,725
- 27,525
- 27,775
- 27,575
- 16,65
- 6,055
- 1° Un pas type pour les compteurs, qui serait le pas défini comme précédemment; 2° Un pas type pour les plafonds et les genouillères.
- Mais il est possible d'envisager la question de la manière la plus générale et de chercher à résoudre le problème en nous inspirant des règles établies pour le système inter-
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- NOTE SUR LUN1FICATION DES PAS DE VIS.
- national, c’est-à-dire en opérant suivant la première des deux méthodes énoncées tout -d’abord.
- Le système S. I. se rapporte, en effet, aux diamètres des barres pleines qu’il s’agit
- „________a, fl
- Fig. 3 et 4. — Instruments vérificateurs pour raccords de compteurs à gaz exécutés par la maison Bariquand et Marre pour la Compagnie parisienne du gaz.
- de fileter; il semble logique alors, pour les tubes creux, de prendre pour base non plus les diamètres qui, bien 'que très grands, peuvent correspondre à des épaisseurs
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- H 8 NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1902.
- très réduites, mais ces épaisseurs elles-mêmes. Considérant, par ailleurs, qu’un tube creux d’épaisseur e peut, au point de vue de la résistance, être assimilé à une barre pleine de rayon R', nous pouvons, a priori et en règle générale, adopter, comme pas relatif à une épaisseur e, donnée le pas métrique du système S. I. correspondant à la barre de rayon R'.
- Or en appelant :
- R le rayon extérieur du tube, r son rayon intérieur,
- et en posant :
- r — R x m
- on sait que l’on a : qui, comme
- fi'3 — R1 (I — »j4) c -= R — r — R (1 — m)
- R =
- e
- I — m
- peut s’écrire en fonction de l’épaisseur e :
- R'3 = —-------(1 — m4)
- (1 — m)- v '
- ou :
- 3 _ (1 — m2) (1 + m-) (1 + m) (1 + m2)
- (1 — mf (1 — m)2
- c’est-à-dire e, et R' étant des valeurs numériques :
- =RVi
- M — m2)
- (1 + m) (1 + m-)
- La règle que nous venons d’énoncer revient donc à dire que : étant donné un tube d'épcdsseur e le pas à adopter sera celui qui, dans le système S. est relatif à un diamètre défini par :
- e
- (1 — m2)
- + m) (1 + m2)
- (i)
- Pour simplifier le résultat pratique auquel nous voulons aboutir, tout en nous accordant le maximum de garantie, nous pouvons adopter dans tous les cas pour le coefficient :
- <r-
- a
- (1 — m)
- -f m) (1 + m2)
- (2)
- sa valeur minimum pratique, car, dans le système S. I., auquel nous nous rapportons, le pas est d’autant plus petit que le diamètre envisagé est lui-même plus petit : donc, plus nous diminuerons le second membre de (1), plus nous serons conduits à l’adoption d’un pas faible, et plus grande sera la sécurité.
- Or, le minimum pratique de l’expression (2) correspond au maximum pratique de m et nous pouvous admettre, pour celui-ci, la valeur 1/2.
- Nous avons alors, pour m — 1/2.
- (1 — m)'2 + »i) (t 4- m-)
- c’est-à-dire, à très peu près, 1/2.
- Æ
- 3/2 x 5/4
- v/
- 2
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- NOTE SUR L’UNIFICATION DES PAS DE VIS.
- J19
- Et l’expression (1) devient :
- D
- e = T
- La règle pratique à laquelle nous aboutissons est dès lors la suivante :
- Le pas à adopter pour un tube d'épaisseur e sera celui qui est relatif, dans le système international, à un diamètre égal ou quadruple de la valeurs.
- Pour justifier cette règle ou, du moins, pour la vérifier par un exemple, appliquons-la au cas du raccord des compteurs 5 becs. L’épaisseur de la partie mâle est de :
- 40,4 — 23 ....
- --------- millimétrés.
- soit 3,7 mm. En calculant comme il vient d’être indiqué, nous trouvons, pour la valeur 2 millimètres qui est le pas de la vis S. I. de diamètre (4x3,7 = 14,8 mm). Voyons à quelle profondenr de filet correspond ce pas.
- Appelons : (fig. 5)
- t cette profondeur;
- P le pas;
- h la hauteur du triangle primitif, lequel est équilatéral.
- Nous avons :
- Mais :
- D’où :
- Et comme P = 2,
- A
- I
- I
- V'
- Comparons cette profondeur de filet à celle réalisée pratiquement et par le procédé empirique ci-dessus décrit, par la maison Bariquand et Marre. Pour le compteur de 5 becs (fig. 6) le pas obtenu est de 1,795 mm et la profondeur t, du filet de :
- 1,335 millimètres. (4)
- Cette valeur est, comme on le voit, presque identique, à moins de 4/100es de millimètres près, à celle (3) fournie par la règle proposée.
- Celle-ci conduit donc, pour le cas particulier envisagé, à des résultats comparables à ceux admis dans la pratique; les dimensions de pas qu’elle fournit pour les a ulres épaisseurs semblent, par ailleurs, parfaitement acceptables.
- Si nous considérons, d’autre part, les épaisseurs courantes des tubes qui sont : ,
- Pour les tuyaux en fer étirés :
- 5; 6; 7; 8; 9; 10 millimètres;
- Pour les tuyaux en fer soudés, à recouvrement :
- 2; 2,2; 2,5; 3; 3,5; 3,6; 4,3; 4,4; 4,5; 5 millimètres;
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1902.
- Pour les tuyaux en cuivre brasés :
- I 1/14; 1 1/2; 1 3/4; 2 1/2; 3; 4; 5 millimètres.
- Pour les tuyaux en cuivre sans soudure :
- 1; 1 1/4,; 1 i/2; 1 3/4; 2; 2 1/4; 2 1/2; 2 3/4; 3; 3 1/2; 4; 5 millimètres,
- nous voyons que les quadruples de ces épaisseurs donnent des quantités numériques
- Compteur de 10 becs Compteur de 5 becs
- _27.7 _ A
- rentrant dans le tableau des diamètres du système S. I., sauf cependant pour les épaisseurs de
- 1 millimètre et 1 1/4 millimètre,
- qui sont relatives à des diamètres de 4 et 5 millimètres. En ajoutant ces diamètres au tableau en question, et en adoptant pour pas correspondant la valeur 75’milli-mètres qui paraît convenable, nous parvenons au tableau ci-après (p. 122) :
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- Laschenbolzen
- Boulon- d'éc/isse
- bewicht. Poids' 0} 78 kÿ.
- Fëderrin^fd Laschenbolzen federrm^ zurKiemmplatte
- Bonde/ké/astiquepour/c bpuhn d'écl/sse Bondellc élastique pour la plaque de serrage.
- Hakenbolzetl.
- Bou/on à crochet
- Gewicht, Poids 0,021 kg.
- Gewicht Poids OjOukg
- Gewicht, Poids-0,^2 kg
- Fig. 1.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
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- TABLEAU A
- ÉPAISSEUR TUBES. DIAMÈTRES BARRES. PAS. ÉPAISSEUR TUBES. DIAMÈTRES BARRES. PAS. ÉPAISSEUR TUBES. DIAMÈTRES BARRES. PAS. ÉPAISSEUR TUBES. DIAMÈTRES BARRES. PAS.
- 1 4 0,75 3 12 1,75 T/2 30 3,5 14 56 5,5
- l1/* 5 0,75 31/2 14 2,0 8 7* 33 3,5 15 60 5,5
- 11/2 6 1,0 4 16 2,0 9 36 4,0 16 64 6,0
- 1 3/* 7 1,0 41/2 18 2,5 93A 39 4,0 17 68 6,0
- 2 8 1,25 5 20 2,5 101/2 42 4,5 18 72 6,5
- 2 1/4 9 1,25 51/2 22 2,5 Il ‘A 45 4,o 19 76 6,5
- . 2 1/2 10 1,50 6 24 3,0 12 48 5,0 20 80 7,0
- 2 3/4 11 1,50 6 3/t 27 3,0 13 52 5,0
- qui nous permet d’étendre aux tubes le système S. I. des vis mécaniques d’après les règles suivantes :
- 1° La nature et la forme du filet, ainsi que les jeux entre les vis pleines et les vis creuses correspondantes seront conformes au système S. I.
- 2° Les vis sur tubes seront caractérisées :
- a) Par le diamètre intérieur du tube ;
- b) Par son épaisseur. Celle-ci sera mesurée parla différence entre le rayon extérieur après troncature du triangle primitif et le rayon intérieur du tube ;
- c) Par le pas qui, fonction de l'épaisseur, sera défini par le tableau A.
- Pour une épaisseur non comprise dans le tableau A, le pas sera celui de l’épaisseur immédiatement inférieure qui y figure.
- Il reste à désirer, enfin, qu’une entente intervienne entre tous les constructeurs de tubes pour qu’à un diamètre intérieur donné pour un tube, ne corresponde, en pratique, qu’un nombre très restreint d’épaisseurs courantes.
- Telle est l’extension que nous proposons, sauf discussion, de faire accepter pour le système S. I., de façon à lui permettre de comprendre tous les filetages des tubes et, comme cas particulier, tous les filetages des appareils d’utilisation du gaz.
- SYSTÈME INTERNATIONAL DE FILETAGES EN SUISSE
- Nous reproduisons ci-dessous (p. 121, fig. 7) la feuille n° 7 des dessins de la voie pour les chemins de fer fédéraux suisses, consacrée aux accessoires desrails pour traverses métalliques. Cette feuille que nous devons à l’obligeance de Mr. A. Fegher, secrétaire de l’Union suisse des industriels mécaniciens, a été publiée à Berne en janvier 1902, Les pas du système international ont été adoptés pour les boulons d’éclisse et de fixation ayant respectivement 24 et 20 millimètres de diamètre. Les écrous sont un peu plus grands que les écrous normaux du S. I., les ouvertures de clef étant de 42
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- MOUVEMENTS ET RÉSISTANCES DES SOUPAPES DE POMPES.
- 123
- et 35 millimètres, au lieu de 38 et 32 millimètres : cet excès de largeur est justifié par l’emploi des rondelles élastiques qui sont placées sous les écrous.
- Mr. Alfredo Galassini, un des ingénieurs italiens qui ont travaillé le plus activement à l’établissement et à la diffusion du système international de filetages, vient de publier dans les Actes de la Société des ingénieurs et des architectes de Turin, une communication qu’il a faite, le 22 juin 1901, à cette société.
- Dans cette communication, après avoir exposé en détail les règles du S. I., M. Galassini fait remarquer qu’il n’est pas nécessaire que chaque industriel possède la série coûteuse des calibres prototypes de filetage en acier trempé, mais qu’une série unique de ces prototypes permettrait d’établir, avec une précision suffisante, un grand nombre de calibres d’atelier, en acier non trempé et de prix facilement abordable.
- mouvements et résistances des soupapes de pompes, d’après M. Schrôder
- Depuis le remarquable travail de Bach paru dans la Zeitschrift des Vereines dents_ cher Ingenieure (année 1886, p. 421 et 1889, p. 41), on ne semble pas avoir fait d’essais pour se rendre compte des mouvements des soupapes commandées de pompes. M. Schrôder vient de publier (1) les résultats d’essais effectués sur les grandes pompes de la distribution de Hambourg, munies de soupapes à plusieurs anneaux les unes desmodromiques, et les autres automatiques chargées par un ressort.
- Les machines d’essais étaient : 1° une machine verticale actionnant deux pompes à simple action de l’installation de Rothenburgsort ; 2° trois machines horizontales actionnant chacune 2 pompes à double action, de l’installation de l’île de Bilhvarder. Les soupapes de ces pompes étaient soit commandées, soit automatiques par ressorts. Les levées des soupapes étaient, dans tous les cas, déterminées seulement du côté du cylindre à haute pression de chaque pompe accouplée avec le moteur correspondant et, dans les pompés horizontales à double effet, seulement à leur extrémité postérieure.
- Les diagrammes de levée des soupapes conjugées d’aspiration et de refoulement étaient pris immédiatement l’un après l’autre, en même temps que les diagrammes de la pompe et ceux de vapeur.
- Pour être sûr que la machine étudiée ne changeait pas de régime pendant les essais, on les faisait se succéder aussi rapidement que possible.
- 1° Essais de la machine verticale n° 4 de Rothenburgsort.
- Dans cette machine les manivelles sont à 180°. Les plongeurs des deux pompes sont actionnées par les crosses du moteur. Le nombre de tours varie de 40 à 50 par minute.
- La figure 1 donne la coupe de cette pompe et le schéma de la commande des soupapes; les figures 2 â 4 montrent les soupapes ainsi que les dispositions prises pour tracer les diagrammes. Les données principales sont les suivantes :
- Course de piston..................................................1100 millimètres.
- Diamètre de'piston................................................ 526 —
- Surface du piston................................................. 2 091 cm2
- Surface inférieure delà soupape. . ............................... 3 076 —
- Section libre du siège delà soupape............................... 3 000 —
- Circonférence de la soupape....................................... 1 765 —
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 10 mai 1902.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- Dans les diagrammes les levées sont portées en ordonnées et en vraie grandeur, avec, en abscisses, la course de piston réduite à 100 mm. (fig. 5 à 12), on a désigné par
- Fig. 1. — Pompe de Rothenburgsort.
- Fig. 2, 3 et 4. — Pompe de Rothenburgsort. Détail des clapets et schéma de la prise des diagrammes.
- e la courbe des levées des soupapes en marche normale ; e' la courbe des levées dans les diagrammes déformés ; n le nombre de tours de la machine ;
- c la vitesse moyenne correspondante des pistons en mètres par seconde ;
- S la courbe du taquet de commande des soupapes desmodromiques.
- La hauteur manométrique du réservoir d’air principal a été pendant les èssais de 47 mètres, le niveau de l’eau dans le puits des pompes de + 4 m., ce qui donne une hauteur de refoulement effective de 43 m. La hauteur d’aspiration jusqu’à l’arête supérieure de la soupape de refoulement était de 2m.25. a) Soupapes commandées.
- Tension initiale du ressort en caoutchouc...................163 kilogrammes.
- Pour comprimer ce ressortie 1 millimètre, il faut un effort de. . 30 —
- Poids de la soupape.........................................130 —
- — — immergée.......................................132 —
- Les essais ont été faits à 30, 40 et 50 tours par minute.
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- s
- n = 30
- c = 1,1m
- Courbe du piston,
- S
- n = 30
- c = 1,1 m
- n = 40 c = 1,47 m
- 0,4 0,5 0,6
- Fig. la.
- 0,7
- Fig. 8«.
- Fig. 86
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1902.
- A' 30 tours, les soupapes d’aspiration et de refoulement fonctionnaient comme des soupapes libres; ce n’estjqu’à la fin de la course que l’influence des organes de commande se fit sentir. Avec n = 40 la soupape de refoulement se soulève jusqu’au sabot de commande et, à n — 50, d’un peu plus, grâce à la compression correspondante du ressort en caoutchouc. Dans certains cas, la compression du caoutchouc est assez grande pour que la courbe de levée e se trouve, pendant une durée assez longue, au-dessus de la courbe du sabot de commande S. Il en résulte que, à partir du moment où ce sabot se pose sur le couvercle de la soupape jusqu’à la fermeture de celle-ci, la soupape oppose une résistance au mécanisme de commande. Cette résistance est égale à la tension verticale du ressort augmentée de la compression de ce ressort donnée par la différence entre les hauteurs des courbes e et S; elle correspond par conséquent au travail que le mécanisme de commande doit accomplir pour fermer la soupape.
- La compression du ressort qui se produit après la fermeture de la soupape, et qui est donnée par la courbe du sabot de commande (fig. 5 et 6) n’exige, abstraction faite du frottement des articulations du mécanisme de commande, aucune dépense spéciale d’énergie, puisque le travail de compression de ce ressort est récupéré lors de son allongement.
- Les diagrammes normaux des soupapes (dont nous n’avons reproduit qu’un très petit nombre) montrent clairement comment le travail que la commande doit accomplir s’accroît avec le nombre de tours. Ainsi que le montrent les diagrammes déformés, la branche inférieure de la courbe e suit la ligne horizontale dans tous les cas, ce qui correspond à la fermeture sans choc de la soupape. Par conséquent, l’ouverture de la soupape s’effectuerait, d’après les diagrammes, avec un choc plus ou moins violent; mais cette apparence est due, sans doute, à la façon dont le tambour de l’indicateur est mis en mouvement.
- b) Mêmes soupapes fonctionnant automatiquement et chargées par un ressort.
- 1 100 kilogrammes.
- Tensions initiales du ressort à boudin..................> ISO —
- | 200 —
- Pour comprimer le ressort de 1 mm. il faut un elfort de . . 3 —
- Poids de la soupape ................................. 139 —
- Poids de la soupape immergée. . ......................... 122 —
- Les essais ont été faits avec des vitesses de 40 et 50 tours par minute, et, d’abord avec une tension initiale du ressort de 100 kilogrammes, puis de 150 et 200 kilogrammes. Les figures 7 et 8 donnent quelques-uns des diagrammes obtenus.
- Les essais ont montré qu’une tension initiale de 150 kilogrammes suffisait pour obtenir, même à 50 tours, la fermeture sans que l’oreille pût percevoir le moindre bruit, de même que dans le cas de soupapes commandées A' 40 tours ; et, pour une tension initiale du ressort de 100 kilogrammes, la fermeture était encore exempte du choc, mais cette tension ne suffisait plus lorsque le nombre de tours était de 50. Ces particularités ressortent très bien des diagrammes déformés (fig. 7b et 8b) pour une tension de 100 kilogrammes).
- Les essais n’ont pu montrer si l’ouverture ou la fermeture des soupapes coïncidaient exactement avec les points morts de la manivelle. Les instruments qui auraient
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- MOUVEMENTS ET RÉSISTANCES DES SOUPAPES DE POMPES. 127
- permis [de s’en [rendre compte n’ont pu être placés sur les pompes de l’installation dont il vient d’être question. Mais dans le cas des pompes de Billwarder on a réussi à élucider ce point.
- 2° Essais sur les pompes horizontales de Billwarder.
- Les moteurs qui actionnent ces pompes sont des compound horizontales avec manivelles à 90°; les pompes sont à double effet; leurs plongeurs sont actionnés directement par les tiges de piston des moteurs prolongés.
- Fig. 9. — Pompe de billwarde .
- La hauteur de refoulement est en moyenne de 4,3 m., le nombre normal de tours de 45 par minute.
- La figure 9 montre les pompes à soupapes commandées de la machine n° VI. Les pompes des machines nos I et IV sont munies de soupapes à 4 anneaux (fig. 10) et d’une conduite d’aspiration commune, dont les deux branchements, de 750 millimètres de diamètre, débouchent dans les fonds des réservoirs à air correspondant; par contre, la machine n°VI est munie de soupapes à 5 anneaux (fig. 11 )et chacun de ses deux réservoirs d’air comporte une conduite d’aspiration de 750 millimètres de diamètre. Les conduites de refoulement, en forme de siphon, de 800 millimètres de diamètre, sont reliées aux pompes correspondantes par des branchements de 600 millimètres de diamètre.
- La commande des soupapes de chaque pompe est effectuée par un disque oscillant, genre Corliss (fig. 9), mû par une tige reliée à celle du tiroir de la machine prolongée vers l’arrière.
- Les soupapes commandées de pompes ont un organe intermédiaire élastique con-
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- stitué par un ressort en acier, dont la tension initiale est, pour les soupapes à 4 anneaux de 300 kilogrammes. Avec celles à 5 anneaux, une tension initiale de 150 kilogrammes
- Fig. 10 et 11.
- a suffi pour réaliser une fermeture douce sous l’influence du sabot de commande, quel que fût le nombre de tours des machines lors des essais.
- La levée de la course normale est de 27 millimètres, elle peut se prolonger par la compression correspondante du ressort.
- Lors des essais avec soupapes fonctionnant automatiquement, on y avait, après en avoir dégagé la commande, placé un ressort en acier dont la tension initiale, déterminée par des essais préparatoires, était, dans le cas de soupapes à 4 anneaux, de 150 kilogrammes, afin d’assurer une fermeture aussi douce que dans le cas de soupapes commandées. Les tableaux suivants donnent les dimensions et indications principales relatives aux machines I, IV et VI.
- DIAMÈTRE DES PISTONS EN MM. SURF ACE DES PISTONS EN' CEN'TIM. CARRÉS.
- H P B P H P B P
- Machine n° I 575 575 2597 2597
- — IV 580 573 2642 2579
- — VI 580 580 2642 2642
- Soupapes à 4 anneaux. Soupapes à 5 anneaux.
- Machines N° I et IV. Machine N° VI.
- Surface inférieure de la soupape ... 3173 cent2 3 140 cent2
- Section libre du siège de la soupape .... ... 2512 — 2 479 —
- Circonférence de la soupape ... 1 322 cm. 1 653 cm.
- Soupapes commandées.
- Tension du ressort à boudin . . . 300 kilogr. 150 kilogr.
- Compression de 1 mm. du ressort ... 4 — 5 —
- Poids de la soupape ... 113 — 132 —
- Poids de la soupape immergée ... 100 - 116 —
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- MOUVEMENTS ET RÉSISTANCES DES SOUPAPES DE POMPES.
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- Soupapes automatiques (à chargement par ressort).
- Tension du ressort à boudin..................... 200 — 150 kilogr.
- Compression de 1 mm. du ressort .................. 5 — 5 —
- Poids de la soupape........................... 103 — 120 —
- — — immergée........................... 90 — 106 —
- Les mouvements des soupapes étaient transmis au levier portant les crayons à tracer les diagrammes comme dans les essais sur la machine n° VII de Rothenburgsort, mais les courbes de levée étaient tracées, non sur des tambours d’indicateur, mais sur des bandes de papier fixées sur un cadre en bois qui se déployait parallèlement au piston de la pompe.
- Grâce à ce dispositif on a pu déterminer exactement les points morts des manivelles, et les levées des soupapes étaient données en vraie grandeur. La longueur des diagrammes ainsi obtenus était égale à la course réelle du piston.
- Cette course était égale au diamètre du cercle décrit par la manivelle (700 millimètres) tant que la machine était tournée à la main, mais elle se réduisait à 698 millimètres dès que la machine était sous la pression de la vapeur. Cette différence de 2 millimètres était due au jeu des paliers dont la position changeait lors du changement de marche du piston.
- Pendant les essais effectués sur les machines nos I et IV, avec des vitesses n = 40,50 et 60, et sur la machine n° VI avec n ~ 40, 50, 60 et 70, la hauteur effective de refoulement était constamment de 4m,3, et la hauteur d’aspiration jusqu’à l’arête inférieure de la soupape de refoulement de 4m,0.
- Dans le cas des soupapes commandées, le mécanisme de commande n’exerçait une influence sur la fermeture de la soupape d’aspiration qu’à des vitesses de plus de 40 tours, tandis que son influence sur les soupapes de refoulement devenant sensible dès que la vitesse atteignait 40 tours.
- La résistance du mécanisme de commande croissait avec le nombre de tours comme dans les essais de la machine de Rothenburgsort.
- Dans tous les cas, les levées des soupapes automatiques étaient moindres que celles des soupapes commandées et celles des soupapes d’aspiration moindres que celles des soupapes de refoulement.
- Résistances des soupapes commandées et automatiques à ressort.
- Toutes choses égales, les vitesses de l’eau au passage dans la levée d’une soupape et l’effort nécessaire pour la produire doivent diminuer lorsque la levée s’accroît. Or, les soupapes commandées ont donné, dans les différents essais, des levées toujours plus grandes que celles des soupapes automatiques à ressort; il s’ensuit que leur résistance doit être pkis petite. D’autre part, la résistance du mécanisme de commande augmente avec le nombre de tours, mais reste toujours assez petite pour qu’on puisse la négliger par rapport aux autres résistances.
- Pour se rendre exactement compte des levées moyennes des soupapes et des Tome 103. — 2e semestre. — Juillet 1902. 9
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- vitesses moyennes d’écoulement correspondantes on a calculé ces levées au moyen de leurs diagrammes et les vitesses par les formules suivantes :
- Soient :
- s la course du piston, en mètres ; n le nombre de tours par minute de la machine ;
- F la section de la surface du plongeur, en cm2 ;
- /la circonférence de la soupape, en centimètres;
- /la section libre du siège de la soupape, en cm2; hm la levée moyenne de la soupape, en mètres; c la vitesse moyenne du plongeur, en mètres ;
- n,„ la vitesse moyenne théorique de l’eau dans la levée de la soupape, en mètres ; vm la vitesse moyenne théorique de l’eau dans la section du siège de la soupape, en mètres ;
- On a :
- sn ______ Fc 10 _ Fc
- Dans ces formules, on tire les valeurs suivantes :
- INSTALLATION DE BILLWARDER. INSTALLATIONS DE ROTHENBURGSORT.
- Machine I Machine IV. Machine VI. Machine VIII.
- F 2 597om2 2 042 2 642 2 091
- S 0m,7 0,7 0,7 1,1
- l 1111322 1 322 1 657 1 765
- (soup. à 4 anneaux. (soup. à 4 anneaux). (soup. à 5 anneaux) (soup. à 3 anneaux).
- r 2 512cm2 2 312 2 779 3 000
- Les tableaux suivants donnent les valeurs numériques ainsi calculées.
- MACHINE VIII
- ilTOlüTIQUE (CIU R GÉ PA R UJf RESSORT).
- C01IMAADÉE. TENSION INITIALE DU RESSORT.
- n C vm SOUPAPE. 100 kg. 150 kg. 200 kg.
- hm um hm um Kr um !>,n um
- 30 I"7l0 0m,77 D’aspiration De refoulement 8m,9 11,1 1"’,46 1,17 )) )> » » » »
- 40 1,47 1,03 D’aspiration De refoulement 12,0 15,6 1,45 1,12 8,2 9,6 2,13 1,82 7.4 9.4 2,36 • 1,85 6,6 8,5 2,64 2,06
- 50 1,83 1,28 D’aspiration 14,6 1,48 13,0 1,67 10,3 2,10 9,5 2,27
- De refoulement 17,2 1,26 13,2 1.64 11.6 1.87 11,3 1,91
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- -MOUVEMENTS ET RÉSISTANCES DES SOUPAPES DE POMPES.
- 131
- MACHINE VI.
- MACHINE I. MACHINE IV. loi ESSAI. 2» ESSAI.
- a C SOUPAPE. a y a y < S S C
- v„t C i
- h m U h l/l um hm U III V U h,„ U l'u, Ulll h m um h lll U
- D'aspiration. 0,96 14,5 1,20 6,5 2,80 0,98 13,4 1,39 5,5 3,51 0,99 15,2 0,98 0,5 2,29 13,7 1,09 5,1 2,70
- 40 0,93 De refoule-
- ment . . . 0,90 17.8 1,02 8,5 2,14 0,98 17.4 1.07 9,8 1,90 0,99 13,7 1.08 0,7 2.22 10,4 0,91 9,0 1,57
- D'aspiration. 1.21 17,0 1.30 9.1 2.52 1,23 18,4 1,27 7,7 3,04 1,25 18,8 0,99 9,8 1,91 18,1 1,03 7,1 2,5b
- 50 1.17 De refoule-
- ment. . . 1,21 20,7 1,11 11.4 2,01 1,23 20.2 1,15 12,1 1,93 1.25 10.9 1,11 9,6 1,95 19,0 0,95 11,5 1,03
- D'aspiration. 1.45 19,5 1,41 11,6 2,37 1,47 18.7 1,50 11,2 2,50 1.49 20,1 1.11 11,0 1,93 20,6 1,09 10,7 2,10
- 00 1,40 De refoule-
- ment . . . 1,15 21,7 1,20 14,6 1,88 1,47 20,4 1.37 15.3 1,83 1,49 19,8 1,13 11,8 1,90 22,8 0,98 14,0 1,60
- D'aspiration. » .. »» » >> » .» » » » 1,74 22,6 1,15 17,5 1,49 25,3 1,03 14,5 1,30
- 70 1.00 De refoule-
- ment . . . ” » 1,74 24,6 1,00 18,0 1,45 27,4 0,95 18,3 1,41
- Il en résulte que la vitesse théorique moyenne um dans le pourtour de la levée est, dans le cas de soupapes commandées, beaucoup plus petite que dans le cas des soupapes automatiques à ressort, et aussi qu’elle augmente en général avec le nombre de tours dans les soupapes commandées, et qu’elle diminue dans les autres.
- Par conséquent, l’avantage des soupapes commandées diminue lorsque le nombre de tours s’accroît. Nous allons en donner la preuve par les chiffres des tableaux suivants
- Puissances des machines avec soupapes commandées et avec soupapes automatiques à ressort. Installation de Billwarder (hauteur de refoulement 4m,3).
- TOURS par minute. 40 50 60
- 40
- 50
- 60
- 40
- 50
- 60
- 10
- Machine I (Soupapes à 4 anneaux).
- puissance en chev.-vapeur. dépense supplémentaire d'énergie
- soupapes dans le cas de soupapes automatiques.
- commandées. automatiques. cliov.-vapeur. p. 100.
- 42, i.j 32,03 9,28 21,7
- 11,77 67,21 9,4 4 16,3
- 13,44 82,09 8,65 11,8
- Machine IV (Soupapes t i 4 anneaux).
- 41,36 51,85 10,49 25,4
- 56,08 64,55 8,47 15,1
- 73,37 19,87 6,50 0,89
- Machine VI (Soupapes ; il 5 anneaux).
- 43,06 52,18 9,12 21,2
- 38,40 66,10 7,10 13,2
- 73,91 81,30 7,39 10,0
- 93,74 101,77 6,03 6,3
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 19 02.
- J 32
- Installation d'épuisement de Rolhenburgsorl (hauteur de refoulement 43 mètres). Machine VIII (Soupapes à 5 anneaux)
- PUISSANCE EN CHEV.-VAPEUR. DÉPENSE SUPPLÉMENTAIRE D'ÉNERGIE
- TOURS SOUPAPES dans le cas de soupapes automatiqu
- par minute. commandées automatiques. chev.-vapeur. p. 100.
- ) ° 1 100kS 210,4 3,4 1,6
- 40 207,0 ( 3 ^ i 150 212,0 5,0 2,4
- J '£ o ( 200 213,3 6,3 3,0
- \ o / 100 271,8 3,0 1,1
- 50 268,8 > a S 150 274,0 5,2 1,9
- 1 c ) H ( 200 276,2 7,4 2,8
- Ces chiffres démontrent la grande supériorité économique des soupapes commandées lorsqu’il ne s’agit que de hauteurs de soulèvement faibles. Mais, dans tous les cas, il faut que la soupape soit aussi légère que le permet son type et employer un ressort métallique.
- FONCTIONNEMENT DES SOUPAPES DANS LES DISTRIBUTIONS DE MOTEURS A VAPEUR
- d’après M. W. Schenker.
- M. VV. Schenker s’est proposé l’étude des levées des soupapes et des efforts nécessaires pour les produire dans les moteurs à grande vitesse (1).
- Vitesses et accélérations pour une courbe donnée de levée de la soupape. — Dans la figure 1, la courbe ABC des s donne la levée s de la soupape en fonction du temps t porté en abscisse. En un point quelconque de cette courbe, on trouve la vitesse correspondante.
- ds
- ” = s =
- en traçant en ce point la tangente à la courbe. Si, par exemple, on a, pour le point c, ac — 0,0215 mètres, ab — 0,031 secondes.
- on aura en ce point
- . ac 0,0215 ,, ,
- v — tgoi = = ----- - — 0,694 métrés par seconde.
- ab 0,031
- On obtient, en portant ces valeurs de v en abscisses, la courbe des vitesses de la levée. On peut trouver de même, pour un point c' de la courbe des vitesses, l’accélération correspondante,
- Traçons en c' la tangente à la courbe des v. Si, par exemple, on a trouvé ad = 0, 0385 secondes, nous aurons, comme ac' = 0,6 m p. 1,
- ac' 0,69 4 ,
- p = —, - ,, = 18,03 m. par seconde.
- ad 0,038a ’ r
- (1) Dingler’s polyleclmisches Journal, 7 et 11 juin 1902.
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- A 'P,
- SOUPAPES DANS LES DISTRIBUTIONS DE MOTEUR A VAPEUR.
- 133
- Forme de la courbe des levées de la soupape. — On suppose, dans ce qui va suivre, que l’on a affaire à une distribution par soupape actionnée au moyen de cames; sur la figure 3, on a indiqué schématiquement la courbe des s, entre A et <7, de la distribution par cames représentée par la figure 2. La course de la soupape est de 20 millimètres, le jeu s' de la distribution est de 0mm,6.
- s + s' = 0,02 + 0,0006 = 0,0206 m.
- Fig. 1. Fig. 2.
- L’angle y (fîg. 2) sous-tendu par la courbe de la came est de 160°. Lorsque la machine fait 240 tours par minute, le temps t' pendant lequel la soupape se soulève et s’abaisse est de :
- t’
- 60 x 160 220 x 300
- — 0,i 11 secondes.
- D’après la figure 3 ce temps se décompose en
- »
- t' = ti + t + t’z,
- en d’autres termes, la came parcourt d’abord, pendant le temps l\ le jeu s', avant que la soupape ne commence à se soulever, puis le même jeu s' dans le temps t'.2, lors de la fermeture de la soupape. Par suite, la courbe A'A... GG' représente la courbe de levée de la came. Elle n’est pas identique au développement de la came. Ce ne serait le cas que si le rayon de la came était nul, et si l’on pouvait négliger l’influence de la longueur de la tige c b (fig. 3).
- Si nous traçons comme en figure 1 les courbes des vitesses et des accélérations,
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- 134
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- on constatera d’abord, qu’aux points A et B, correspondent desvaleurs finies vi et v2 de la vitesse. Mais, pendant le temps dt, la vitesse de la soupape est encore nulle et :
- Vi
- Pt = dt = +X-
- L’accélération est donc infinie au point A. De même, la vitesse est égale à zéro au bout du temps dl après G, d’où :
- Vi
- P! = * = +
- or, pour le point A, on a :
- Vi — 1 p dt = A'OPa = pi dt = oo dt.
- J o
- Mais comme nous avons affaire à des systèmes élastiques et non rigides, il ne peut pas se produire en A une accélération infinie et, par suite, p x dt = 0; il en
- /b
- résulte que la surface théorique d’accélération, à partir de P, doit être augmentée d’une façon quelconque de Faire A’ O P a. Mais, pour cela, il faut que les valeurs de p s’accroissent; en d’autres termes, à partir de P, des chocs se produisent. Il en est de même du point final G, avec, toutefois, la différence que Faire négative Jpdt = <?WZG' doit être prise sur le siège de la soupape.
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- SOUPAPES DANS LES DISTRIBUTIONS DE MOTEURS A VAPEUR.
- 135
- Ainsi qu’on le voit par la ligure 3, la courbe des s est la plus accentuée aux points d’inflexion.
- Chocs au début de la levée de la soupape. — Représentons (fig. 4) par la courbe f le chemin parcouru par le point de suspension [(fig. 2) des organes de la distribution à l’arbre de commande et que toutes les masses soient concentrées dans la tige de la soupape, les phénomènes qui ont lieu au moment où la soupape continue à se lever peuvent être décrits de la façon suivante : A partir de l’instant où tout le parcours mort s'de la distribution est accompli (point A, fig. 4), les tiges sont comprimées, leur compression étant égale à la résistance W0 qui agit sur la tige de la soupape. Le temps nécessaire à cet effet est désigné par l0, le chemin correspondant du point /'
- Fig. 4.
- par yo. A partir de ce moment (point B), la compression de tiges s’accroît et l’excès de cette compression par rapport à la résistance provoque l’accélération de la masse de la soupape. Celle-ci commence donc à se soulever, et sa vitesse s’accroît constamment. Mais, en même temps, les tiges la suivent, et la vitesse de la soupape dépasse bientôt celle des tiges. Au point C, la compression des tiges est de nouveau égale à la résistance de la soupape; l’accroissement de la vitesse cesse; mais, dès l’instant suivant, le ralentissement se produit, égal à la différence entre la résistance de la soupape et la compression des tiges. Au point D, la soupape se dégage des tiges, et toute la résistance agit, à partir de ce moment, en retardant le mouvement; mais la résistance n’est augmentée par aucun autre effort, puisque la compression négative ne pourrait avoir lieu dans les tiges que si elles ôtaient reliées d’une façon rigide avec la soupape et l’arbre de commande, et seulement après que le parcours mort aura cessé. Au point E, la soupape touche de nouveau les tiges, les comprime, et est accélérée dans le sens positif à partir de F.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1902.
- Compression du ressort de la soupape. — L’accélération négative, dont la plus grande partie doit être assurée par le ressort de la soupape, a pour but :
- 1° De retarder les masses des organes de distribution qui ont acquis, pendant la première partie du soulèvement de la soupape, une vitesse déterminée ; ce retard doit
- *2 ^
- s’effectuer pendant la deuxième partie du mouvement de levée et de façon que la vitesse devienne nulle ;
- 2° D’accélérer les masses pendant la première partie de la descente de la soupape. Nous prendrons encore l’exemple de la distribution ligure 2.
- Supposons que la masse de la soupape, augmentée de la partie afférente des organes de la distribution du ressort, soit de :
- M = 2,9 kgr.
- que le frottement du presse-étoupe soit de :
- R = la kgr.
- et la pression de la vapeur dans le cylindre, pendant l’admission, de 4 atmosphères Si la section de la tige de la soupape, dans le presse-étoupe, est de 9 centimètres, la pression de la vapeur sur cette tige sera de :
- Ds = 4 x 9 = 30 kgr.
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- SOUPAPES DANS LES DISTRIBUTIONS DE MOTEURS A VAPEUR.
- 137
- La pression exercée par la vapeur admise sur la soupape est de
- Dv = 10 kgr.
- Le poids des tiges compense une partie du poids de la soupape. Supposons que la surcharge de la tige de la soupape soit de
- et le poids du ressort de
- Gu = 12 kgr. G, = 8 kgr.
- S
- Fig. 6.
- Le diagramme (fig. 2) donne au point R, la valeur maximum négative de l’amélioration dans la période de démarrage
- pi = — 35 m. par sec.
- La condition d’équilibre en ce point est :
- Ii -f R -(- Ds -p Dv -p Lu ~P Gf pi M.
- D’où :
- Fi = 35 x 2,9 — 15 — 3G — 10 — 12 — 8 = 21 kgr.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1902.
- Suivant le diagramme, on a, pour la période de fermeture, l’accélération négative.
- p-2 = — 117 m. par sec.
- Le frottement change ici de signe, puisque le mouvement a lieu dans le sens opposé à celui du mouvement précédent; il vient
- Fa — R + Ds + Dv + Gu Gf = p-î M.
- F2 =117 x 2,9 + lo — 36 — 10 — 12— 8 = 288 kgr.
- La pression du ressort serait utilisée de la façon la plus rationnelle si l'on avait
- 2 R
- î>2 Pl = -jjT
- Forme de la courbe suivant le parcours de la soupape. — Dans le cas de la plupart des systèmes de distribution, il est rationnel de tracer une fois pour toute la courbe normale de la levée de la soupape.
- Dans la figure 5, les courbes s',v' et p donnent la première esquisse de chacune des courbes s! v' p'. On voit que les courbes définitives s, v et p peuvent différer considérablement des courbes primitivement tracées.
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- SOUPAPES DANS LES DISTRIBUTIONS DE MOTEURS A VAPEUR.
- 139
- Chute libre et déclic. — Les figures'6 et 7 sont destinées à faciliter l’étude des soupapes dans les deux cas qui se rencontrent le plus souvent en pratique : 1° quand la soupape descend librement sous l’action de son poids; 2° quand elle est actionnée par un mécanisme à déclic.
- Pour ce qui a trait spécialement à la question des dash-pot à air ou hydrauliques, la figure 7 montre que, par l’emploi de ces derniers, la durée de fermeture est de
- 20 p. 100 ^courbe ^ plus longue que dans le cas d’un dash-pot à air ( courbe ?Y .
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA BIRLÏOTHÈQUE
- EN JUILLET 1902
- Comité de conservation des Monuments de l’art arabe. Exercice 1901. Procès-verbaux des séances, rapports de la section technique. In-8°, 177 p. Le Caire, Imprimerie de l’Institut français.
- De l'Université de Bordeaux. Faculté des Sciences, Année 1901-1902. Leçons sur les Méthodes de mesures industrielles, par M. L. Marchis; des Courants continus, par M. L. Marchis. In-8°, 530 p., lithographié.
- Le Traitement des Ordures ménagères, par M. E. Kern. Brochure extraite de la Revue d'hygiène.
- Encyclopédie des Industries tinctoriales, par M. J. Garçon. Fasc. 30, Société d’Encou-ragement pour l’industrie nationale. In-8°, 300 p. Chez l’auteur, Paris, 40 bis, rue Fabert.
- Notes et formules de l’Ingénieur et du Constructeur-mécanicien, par MM. Vigreux, Milandre et Bouquet. In-18, 1752 p. (13e édition). Paris, Bernard.
- De l’University of Texas. Coal Lignite and Asphalt Rocks. In-8°, 136 p.
- Les alumines chromées et la constitution du rubis, par M. A. Duboin. In-8°, 35 p. Grenoble, Imprimerie Allier.
- De la librairie Scicntia, Principes fondamentaux de la théorie des nombres et de la géométrie, par M. H. Laurent. In-8°, 68 p. Paris, Naud.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juin au 15 Juillet 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.........................Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le................Industrie électrique.
- lm . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- IME. . . . Institution of Mechanical Engi-
- neers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue généi’ale des matières colorantes .
- N.........Nature (anglais).
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, de statistique etde législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VD1. . . . Zeitschrift des Yereines Deutscher lngenieure.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- 142
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- JUILLET 1902.
- AGRICULTURE
- Améliorations foncières n’engageant pas de gros capitaux. Ap. 26 Juin, 825.
- Bétail. Théorie de l’engraissement. Ag. 28 Juin, 1005.
- — Rôle du sucre dans l’alimentation. Ap. 20 Juillet, 37.
- — Influence de l’alimentation des vaches sur la teneur du beurre en acides gras volatils (Giraudeau). Ap. 26 Juin, 820;
- 3 Juillet, 9.
- — Race ovine de la Charmoise. Ap.3 Juillet, 16.
- — Le piétin. Ap. 10 Juillet, 40. Betteraves. Culture en pays arides (Myers). Cs. 30 Juin, 834.
- Beurre et margarine. Ap. 19 Juin, 789.
- Cheval. Traitement des vices d’aplomb par la gymnastique. Ap. 19 Juin, 792.
- Écrémeuse. Crown. E. 11 Juillet, 44.
- Engrais. Fermentations aérobies du fumier (Dupont). CR. 16 Juin, 1449.
- — Eucalyptus (]’). SNA. Mai, 444.
- Foins (Salage des). Ap. 26 Juin, 824.
- Fruits. Conservation en chambres froides. Ap. 26 Juin, 826.
- — Utilisation des déchets. NA. Mai, 437. Lait de brebis. Composition (Trillat et Forestier). CR. 23 Juin, 1517.
- — Composition du colostrum (Sutherst).
- CN. 4 Juillet, 1.
- — Le beurre. Répression des fraudes. Rcp. 13 Juillet, 263.
- Machines agricoles à l’Exposition de 1900. VDI 28 Juin, 961.
- Pommes de terre (Doryphora des). Ag. 21 Juin, 772.
- — Culture dans l’Aveyron. Ap. 10 Juillet,
- 41.
- Vigne. Greffes-boutures en Champagne (Éducation des). Ag. 28 Juin, 1009.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer. Accidents aux États-Unis. E'. 4 Juillet, 14.
- — de l’Afrique équatoriale (S. Betton). SA.
- 4 Juillet, 684.
- — Électriques. Langen. Rn. Mai, 201.
- —• — Fayet, Chamonix. Gc. 28 Juin, 133; o Juillet, 149.
- Chemins de fer. Organisation mécanique Hammond). EM. Juillet, 489.
- Éclairage des trains (Cartier). Rn. Mai, 153.
- — électrique des trains (Jacquin). EE.
- 21 Juin, 428. SiE. Juin, 485.
- Ligne d’Issy-Viroflay (Rabut). Rgc. Juillet, 3. Locomotives. Construction européenne (King). AM. Juillet, 543.
- — (Tendances des) modernes (Rous-Mar-
- tin). E'. 20-27 Juin, 598, 624.
- — à l’Exposition de 1900. VDI. 5 Juillet,
- 990.
- — Construction aux ateliers de la Société alsacienne. E'. 1er Juillet, 4.
- — américaines (Construction des). E'.
- 27 Juin, 622; 11 Juillet, 25.
- — Compound. Cio de l'Ouest, appareil de démarrage. Ri. 28 Juin, 254.
- — à marchandises du Midi. E. 4 Juillet,
- 10.
- — à 4 cylindres. Gœlsdorf. Gc. 12 Juillet,
- 172.
- — fender Bombay-Baroda. E'. 27 Juin,
- 627.
- — express 4 couplées. Great Central. E1.
- 4 Juillet, 20.
- — Type Atlantic du Pennsylvania. RM.
- Juin, 607.
- — de banlieue du New-York central. RM.
- Juin, 613.
- — à vapeur surchauffée. Schmidt. E.
- 20 Juin, 827.
- — Distribution Vauclain. RM. Juin, 612.
- — Tiroir équilibré. Wilson. RM. Juin, 615. — Chaudière à tubes d’eau. Riegel. RM. Juin, 616.
- — Reniflard Spencer. RM. Juin, 617.
- Rails d’acier. Structure et durée. Fi. Juillet, il. Signaux. Pédale à mercure Siemens et
- Halske. Elé. 21 Juin, 389.
- — de brouillard (Geyde). E1. 4 Juillet, 18. Voitures. Confort (dans les) (Joly). Bam. Juin,
- 669.
- TRANSPORTS DIVERS Automobiles. Course Paris-Vienne. Lo.
- 5 Juillet, il!.
- — à pétrole. Mors. Lo. 21-28 Juin, 393,
- 407.
- — Renault. La. 26 Juin, 406.
- — Transmissions (Lavergne). Ri. 21-28
- Juin, 2V6, 255; 5 Jidllet, 205.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1902.
- 143
- Motocyclettes de course. Lo. 12 Juillet, 436. Tramways électriques de Chatham. E'. 20 Juin, 602.
- — Choix des moteurs (Potter). EE. 12 Juil-
- let, 74.
- — Énergie du moteur et diagrammes des vitesses (Hutchinson). EE. 28 Juin, 468.
- — Traction à unités multiples. Auvert. le. 25 Juin, 272.
- — Au pétrole. E'. 27 Juin, 633.
- — Dépôt de la Cie des tramways de l’Est
- parisien. Rgc. Juillet, 32.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide tartrique (synthèse de F). (Zinno). MS. Juillet, 493.
- — sulfurique. Procédés modernes (Nieden-
- fuhr et Luty). MS. Juillet, 523.
- — Procédé des chambres de plomb (Lunge, Megor). Id., 528, 548.
- — pyrophosphorique (Giran). RC. 23 Juin
- 1499.
- Alcool (chauffage à F). Ap. 19 Juin, 800.
- — Eyposition de (F). Gc. 21 Juin, 117.
- — Chimie du whisky (Schedrowitz). Cs.
- 30 Juin, 814.
- Dissociation de la vapeur d’eau. Spectre (de la) (Trowbridge). American Journal of Science, Juillet, 1.
- Dorâtes de baryte, action de l’acide carbonique (Jones). American Journal of Science, Juillet, 49.
- Brasserie. Divers. Cs. 16 Juin, 784.
- — Maltage pratique (Currie). IOB. Mai,
- 428.
- Chaleur de dilution du sulfate de soude (Colson). CR. 23 Juin, 1496.
- Chrome, point de fusion (Lewes). CN. il Juillet, 13.
- — Constitution des composés (Wyrouboff).
- ScP. 5 Juillet, 666.
- Calorimètre. Darling. E. 20 Juin, 801.
- Carbures mixtes de manganèse et de calcium (Brame et Lewes). Cs. 16 Juin, 755. Charbon de bois et sous-produits, fabrication dans l’Ontario (Goodwin). Cs. là Juin, 743.
- Chaux et ciments. Fours tournants. Le Ciment, Juin, 91 ; JS. 11 Jillet, 50.
- — Divers. Cs. 30 Juin, 859; Rt. 10 Juillet,
- 195.
- Ciments. Essais des ciments (Piekham). Cs. 30 Juin, 831.
- Diffusion (recherches sur la) (Thovert). ACP. Juillet, 2902.
- Dilatation. Coefficient de glace et des sels hydratés aux très basses températures (Dewar). CN. 20 Juin, 289; RSL. 8 Juillet, 237.
- Eaux des puits artésiens de Winnipeg. Cs. 16 Juin, 747.
- Essences et parfums divers. Cs. 16 Juin, 789; 30 Juin, 871.
- — Le Neroly. ScP. 13 Juillet, 262. Explosifs. Essais de la nitrocellulose (Robertson). Cs. 30 Juin, 819.
- Gaz d’éclairage. P. Lebon et l’industrie du (Delphien). Bam. Juin, 752.
- Gaz de l’atmosphère (Ramsay). IcP. 5 Juillet. Glycérine. Chaleur spécifique (Gille et Miller). Cs. 30 Juin, 833.
- Huiles oxydées. Valeurs analytiques (Lew-kowitsh). Cs. 16 Juin, 780.
- Hydrogène sulfuré et chlorure d’aluminium anhydre (combinaison). Band. CR. 16 Juin, 1429.
- Iodures de soufre (Mac Ivor). CN. 4 Juillet, 5. Indium azotites doubles (d’). (Leidée). CR. 30 Juin, 1582.
- Laboratoire. Divers. Cs. 16 Juin, 792 ; 30 Juin, 873.
- — Séparation de l’arsenic de l’étain et de l’antimoine. Cs. 16 Juin, 758.
- — Analyse des sels iodiques, des acides sulfureux et hyposulfureux (Clicques et Geschwind). RCP. 13 Juillet, 257. — Dosage du graphite dans les minerais (Stillevell). Cs. 16 Juin, 749.
- — De l’azote organique dans les eaux
- (Causse). CR. 23 Juin, 1520.
- — Emploi des persulfates dans les ana-
- lyses (Dakin). Cs. 30 Juin, 848.
- —• Arsenic, détermination des traces (Dowrard). CN. 4 Juillet, 3.
- Lactates de mercure (Guerbet). Pc. 1er Juillet, 5. Meunerie. Moulin de Blangy-sur-Bresles. Gc. 21 Juin, 123.
- Molybdène. Dosage dans l’acier (Beaker). Cs. 30 Juin, 832.
- Optique. Télémètres portatifs. E. 11 Juillet, 33.
- — Mesures au microscope (Ives). Fi. Juil-
- let, 73.
- p.143 - vue 139/870
-
-
-
- 144
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1902.
- Optique. Action dissociante des diverses régions du spectre sur la matière (Le Bon). CR. 7 Juillet, 32.
- — Lumière noire et phénomènes actino-électriques (Le Bon). CR. 7 Juillet, 33. Osmium. Sels complexes (Veres et Wintrebert). ScP. 20 Juin, 569.
- Oxygène. Préparation par l’oxylithe (Jaubert). ScP. 20 Juin, 566.
- Parfums chimiques et naturels à l’Exposition de 1900. Ms. Juillet, 497.
- Poids atomiques (bases des). (Richards). ScP. 3 Juillet, 578.
- Poivre de Kissi. Analyse (Barille). CR. 23 Juin, 1517.
- Phosphure d’hydrogène gazeux (préparation) (Bodroux). ScP. 20 Juin, 568.
- Peintures anticorrosives. E. 27 Juin, 837. Pétroles (distillation des). Mac Phail. Cs. 16 Juin, 765.
- Phénols tirés des huiles de schistes (C. Gray). Cs. 30 Juin, 845.
- Pyromètre. Roberts Austin. Cs. 30 Juin, 842.
- Radioactivité du thorium (Rutherford etSoddy).
- CN- 20-27 Juin, 203, 304. Sulfammonium. Préparation et propriété (Moissan). ScP. 5 Juillet, 652.
- Sels doubles en dissolution (Evans). CN. 4 Juillet, 4.
- Salpêtre. Détermination du perchlorate dans le (Dupré). Cs. 30 Juin, 825.
- Sulfure de carbone. Composés, sulfonés et azotég (dérivés du) (Délépine). ScP. 20 Juin 585, 588.
- Siliciure de calcium (Moissan et Dilthey). ACP. Juillet, 289.
- Silicium amorphe et hydrure (de) (Moissan et Smiles). CR. 30 Juin, 1549, 1552. Sodium. Fabrication (du). iV. 49 Juin, 189. Sucrerie (machinerie de la). E'. 27 Juin, 628,
- — Divers. Cs. 30 Juin, 865.
- Tannerie. Estimation du tannin par la méthode Kjeldahl, conséquences pratiques (Parker). Cs. 38 Juin, 838, 847.
- Teinture. Divers. Cs. 16-30 Juin, 766, 769, 833,856.
- — Théories (de la). MC. 1er Juillet, 157.
- •— Progrès récents (Witt). CN. 11 Juillet, 16.
- — Noir d’aniline, progrès récents (Schmid).
- MC. 1er Juillet, 155.
- Teinture. Matières colorantes artificielles, progrès en 1900-1901; matières premières (Wahl). MS. Juillet, 1982.
- — Oxyline. Nouveau produit de blanchiment des textiles (Gall et Ville-dieu). MS. Juillet, 496.
- — Colorations vitales (Nicolle). MC. 1er Juillet, 143.
- — Matières colorantes nouvelles de la maison Poirier. ScM. Mai, 144-150.
- — Solubilité du bleu de Prusse (Coffignier). ScP. 5 Juillet, 696.
- Titanium. Sels doubles (Rosenhum et Schulte). CN. 4 Juillet, 7.
- Tourbe. Fabrication du combustible de, par l’électricité. E'. 27 Juin, 633.
- Ytrium. Chimie du groupe des turcs rares de F (Dennis et Dales). CN. 20-27 Juin, 291, 302.
- Z inc. Hydratation de l’oxyde (de Forcrand). CR. 7 Juillet, 36.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcool. Effet des droits sur l’industrie chimique, 827.
- Algérie. Statistique financière. SL. Juin, 681. Australie de l’Ouest. Progrès et ressources (Ver n). SA. 20 Juin, 655.
- Assistance publique par le travail à Mulhouse. SiM. Mai, 111.
- Rrevets d’invention. Survie des certificats d’additiou (Josse). Ri. 5 Juillet, 270. Caisses d’épargne (Problème des). Ef. 28 Juin, 915.
- Electricité. Industrie électrique en Allemagne, Ef. 21 Juin, 873.
- Charbons américains (Les). Ef. 28 Juin, 916. Chemins de fer. Grandes compagnies en 1901. Ef. 5 Juillet, 4.
- — du Monde. SL. Juin, 698.
- États-Unis. Dette publique. SL. Juin, 724. Chine. Commerce extérieur en 1901. SL. Juin,
- 731.
- Japon. Commerce en 1901.E. 27 Juin, 850.
- — (Éducation commerciale au). E. 4 Juil-
- let, 22.
- Madagascar. Voies et moyens de transport (T. de St-Simeux). IC. Mai, 698. Main-d’œuvre et industries domestiques en Allemagne. DoL. Mai, 509.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1902.
- 145
- Manufactures de l’État. Conditions du travail. Ef, 28 Juin, 919.
- Mineurs. XIII8 congrès international des. Ef.
- 5 Juillet, 8.
- Or. Influence de sa surproduction. Ef. 21 Juin, 871.
- Pétrole (Commerce du) en Russie. USR. Juin, 175.
- Résines. Industrieen France. Ef. 12 Juillet, il. Titres au porteur (Législation des). Ef. 12 Juillet, 43.
- Sociétés coopératives en Prusse. SL. Juin, 708. Unions des employés de chemins de fer aux Etats-Unis (Musée social). Juin.
- Vin et alcool. Consommation depuis la modification des droits. Ef. 5 Juillet, 1.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Chutes des Alpes françaises. Utilisation (Ta-vernier). IC. Mai, 734.
- Ciment armé. État actuel de la théorie (Te-desco). Le Ciment. Juin, 83.
- — (Constructions en) (Boursiron). Rt. 25
- Juin, 177.
- Constructions démontables Pease. E'. 11 Juillet,
- 41.
- Fondations à air comprimé. Rt. 10 Juillet, i%. Ponts métalliques (Les) (Résal). Rgds. 15 Juin, 508.
- — Pont-canal sur la Lippe. E1. il Juillet,
- 44.
- Tunnel du Simplon. Dp. 5 Juillet, 421.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au plomb. Théorie de Wade. EE. 5 Juillet, 25.
- Aluminium dans les distributions. le. 10 Juillet, 300.
- Bobine d’induction (La) Rayleigh. EE. 5 Juillet, 29.
- — (Trowbridge). EE. 12 Juillet, 65.
- — Interrupteurs Bing, Lecarme et Michel.
- EE, 12 Juillet, 67, 68.
- - — Ampèremètres et voltmètres enregistreurs Gaus et Goldsmith. EE. 12 Juillet, 69.
- Distribution polycyclique Arnold, Bragstad, La Cour (Arnold), le. 10 Juillet, 293. I famé 103. — 2e semestre. — Juillet 1902.
- Dynamos polyphasées (Eborall). E. 20-27 Juin, 810, 857.
- — continues (Enroulement des) et emploi
- des connexions équipotentielles. Elé. 5 Juillet, 1.
- — Réaction de l’induit (Picou). SiE. Juin, 425.
- — Alternateurs compound. Applications (Boucheron). SiE. Juin, 446; Gc. b Juillet, 157.
- — Moteurs synchrones, démarrage des moteurs à cage d’écureuil. EE. 21 Juin, 423.
- Éclairage. Étude des globes diffuseurs (Smith).
- Technology Quarterly, 51. Électro-chimie. Divers. Cs. 16-30 Juin, 777, 863. — Électrolyse de l’azotate d’argent (Leduc). CR. 7 Juillet, 23.
- Magnétisme. Essais magnétiques du fer (Ar-magnat). Sie. Juin, 525.
- Mesures. Perméamètres nouveaux. EE. 12 Juillet, 54. de torsion Carpentier. Elé. 28 Juin, 401.
- — Électromètre capillaire, théorie (Burch).
- RSL. 8 Juillet, 221.
- — Indicateur de fréquence, le. 10 Juillet, 298.
- Parafoudre de l’Allgemeine. EE. 12 Juillet, 61. Piles. Recherches sur l’action réciproque de deux liquides (Berthelot). CR. 27 Juin, 1461.
- — Intensité et débit électrolytique (Berthelot). CR. 7 Juillet, 6.
- Radiations électriques (Effet de la lumière sur les) (Bosc). RSL. 19 Juin, 154. Résistances (Densité du courant dans les) (Er-lacher). EE. 5 Juillet, 29.
- Soupape électrique Nadon. Elé. 28 Juin, 403. Stations centrales de Shoreditch.E'. 20 Juin, 603.
- — Usines du Pied de Selle. Gc. 12 Juillet,
- 165.
- Télégraphie sans fil. Marconi. E, 20 Juin, 818.
- — (Bases scientifiques de la) (Slaby). EE.
- 21-28 Juin, 437, 459.
- — Branly. Nouveau récepteur (Cosmos).
- 5 Juillet, 4.
- — Récentes expériences (Turpain). EE. 5
- Juillet, 13.
- — Nature du cohéreur (Fenye). CR. 7 Juil-
- let, 30,
- 10
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-
-
- \ 46
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1902.
- Transports d’énergie. Saint-Maurice. Lausanne. EE. 12 Juillet, 41.
- HYDRAULIQUE
- Béliers Rackham. RM. Juin, 618. Bornes-fontaines à débit limité (Berger). Gc.
- 21-28 Juin, 126, 142.
- Eaux de Loughboroug. E'. 11 Juillet, 32.
- Forces hydrauliques en Savoie. Ef. 21 Juin, 877. Maréomoteurs (Les). E'. 20 Juin, 610.
- Pompes à vapeur Fletcher. E'. 20 Juin, 612. — Hayward-Tyler. Ri. 21 Juin, 242.
- — Davey. RM. Juin, 619.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI, 12
- Juillet, 1039.
- — à incendies automobile Merrywheather.
- E. 3 Juillet, 25.
- — à moteur à pétrole Faveur. Ag. 28 Juin,
- 1013.
- — directes Worthington. RM. Juin, 620.
- — rotative Gumelins et Bovio. Ri. 28 Juin,
- 253.
- -- de puits Ashley. RM. Juin, 621.
- MARINE. NAVIGATION
- Canal de Panama. E1. 20 Juin, 597; 4 Juillet,
- 1 ; E. 5 Juillet, 2.
- Canot-pilote à vapeur pour Port-Philippe. E. 27 Juin, 846.
- Congrès de la navigation à Dusseldorf. E. 4 Juillet, 20.
- Gouvernail (Histoire du) (Sauvé). Rmc. Juin, 976.
- Marines de guerre anglaise et les sous-marins. E1. 27 Juin, 631. (Progrès de la). Eh 27 Juin, 626; Rmc. Juin, 1101.
- — allemande. Rmc. Juin, 1099.
- — américaine. Rmc. Juin, 1037, 1110.
- — Italie. Cuirassé Brin. Rmc. Juin, 1001-— Russe. Cuirassé Aslcold. E’. 4 Juillet, 10.
- — Classification des navires. Rmc. Juin,
- 1086.
- Navigation du canal (Histoire). E'. 20 Juin, 599. Paquebots à deux hélices. Winifred et Sybil. E. 20 Juin, 805.
- Port de Londres. E. 11 Juillet, 49.
- Signaux en temps de brume. Rmc. Juin, 1075. Transports par eau en Angleterre. Cs. 16 Juin, 749.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Chaudières à l’Exposition de 1900 (Masson). Ru. Mai, 125.
- — à l’exposition de Dusseldorf. Ri. 5 Juil-
- let, 262.
- — à tubes d’eau à la mer. E. 20 Juin, 819;
- 11 Juillet, 51. Rapport de l’amirauté (Id.). 54; E1. 11 Juillet, 38. Thornycroft Roser. RM. Juin, 603.
- — à retour de flammes Levicki. VDI, 21
- Juin, 926.
- — surchauffe (La). Rt. 25 Juin, 181.
- — Surchaufîeur Hargreaves. E'. 4 Juillet, 19.
- — Pompes alimentaires à vapeur Dean, Evans. E1. 4 Juillet, 7.
- — Grilles mécaniques. E1. 4 Juillet, 14; EM. Juillet, 528.
- — — Vicars Moutte. RM. Juin, 605.
- — Rayonnement des surfaces (Beckford). E!. 20 Juin, 606.
- Changements de marche. Poukes. RM. Juin, 631. — Upton (id.), 637.
- — Austin (ici.), 640.
- Changements de vitesse. Schellenbach VonPitler, Vrard, Torhensen, Shattuck, Westinghouse, Henning, Laidlar et Richards Darracq. RM. Juin, 628-638.
- Courbes cycliques (Ebner). Dp. 28 Juin, 405. Essoreuses électriques. Watson Laidlaw. E. 20 Juin, 812.
- Frein dynamométrique. Froude. E'. 20 Juin, 616.
- Froid (machine à liquéfier l’air) (Claude). CR. 30 Juin, 1570.
- Horloges électriques diverses. EE. 21 Juin, 413.
- Indicateur. Rozenkranz. VDI. 5 Juillet, 1003. Levage. Appareils (de) à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 21 Juin, 909 ; 12 Juillet, 1042. Dp. 21-28 Juin, 395, 416 ;
- 5 Juillet, 433. Ri. 10 Juillet, 274.
- — Grue électrique de 3 tonnes Stothert.
- E'. 27 Mai, 636. Bechem et Keit-man. VDI. 28 Juin, 968.
- — Hulett. RM. Juin, 622.
- — Ascenseurs électriques. Roux et Com-
- balusier. Ri. 5 Juillet, 261.
- — Crochet à air comprimé. Halsey. RM.
- Juin, 624.
- — Treuil Métcal, Hollick, RM. Juin, 626,
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-
-
- 147
- LITTERATURE DES PERIODIQUES. ---- JUILLET 1902.
- Machines-outils commandées par l’électricité. EU. 21 Juin, 385.
- — Ateliers Brown Bovery. VDI. 21 Juin,
- 920. Niles, Allemand. E. 27 Juin, 835. Allis à Milwaukee. AMa. 28 Juin, 840. d’Irlam. E'. 4 Juillet, 16. Dessins d’ateliers (Rowan). E. 27 Juin, 839-E'. 4 Juillet. Administration (des). EM. 562, 573.
- — Affûteuse. Chandler. Rt. 25 Juin, 184.
- — Entretoises (Machine à). Herbert. E'.
- 4 Juillet, 9. Epright. RM. Juin, 578.
- — Étau limeur Hendey. E. 20 Juin, 825.
- — Étau Tavernier. Ri. 5 Juillet, 206.
- — Fraisage, travaux divers. AMa. 5 Juil-
- let, 867.
- — Machine Coulter à enrouler les ressorts.
- AMa. 21 Juin, 795.
- — Ward, à tracer les rainures de coussi-
- nets. E. 5 Juillet, 10.
- Mortaiseuse Baker. AMa. 21 Juin, 785.
- — Meules (les). (Horner). E. 4 Juillet, 1.
- — Perceuse double horizontale Newton.
- AMa. Juin, 840.
- — Redresseuses de tiges. Blake. E. 11 Juil-
- let, 45.
- — Raboteuse double. Ward. E. 11 Juillet,
- 46.
- — Vis (Machine à) Herbert. E. 5 Juillet,
- 10.
- — Tour vertical double. Webster et Ben-
- nett. E'. 20 Juin, 605. Richards. AMa. 21 Juin, 788.
- Moteurs à vapeur à l’exposition de Dusseldorf. Dp. 28 Juin, 410; 5 Juillet, 426. VDI. 28.
- — Pour stations électriques. E'. 11 Juillet, 37.
- — Triple expansion. Robey. E'. 20 Juin, 613.
- — 500 ch. compound de 1’ « Union ». E.
- 27 Juin, 840.
- — 780 ch. Corliss Cole-Marchant. E.
- 11 Juillet, 46.
- — Bâtis des machines verticales (Fatigues
- des). (Schwartz). RM. Juin, 588.
- — Éjecto-condenseur. Rateau. RM. Juin,
- 534.
- — à, gaz. Caillavet. RM. Juin, 643.
- — (Températures des). Wimperis). E.
- 27 Juin, 833.
- — Théorie (Lecornu). CR. 30 Juin, 1566.
- (Meyer). VDI. 28 Juin, 945; 5 Juillet, 996.
- Moteurs à gaz. Déformation des soupapes. La. 3 Juillet, 423.
- — Allumage Carpentier. RM. Juin, 644.
- — (Régularisation du courant électrique
- fourni par un) (Lauriol). Sie. Juin, 413.
- — Gaz de hauts fourneaux. 700 ch. Korting.
- E. 27 Juin, 845.
- — Gazogènes de Nacorare, Moud, Thwarte, Westinghouse, Dulî. RM. Juin, 643,647.
- — Talbot. Ri. 12 Juillet, 275.
- Gaz et vapeur. Lothammer, Cosmos, 5.
- PéUole. Carburateurs Lônguemare, Osborn, Fillet. RM. Juin, 649.
- — Essai (de). AMa. 12 Juillet, 897; Juillet,
- 10.
- Alcool. Concours général. SNA. Mai, 462. Altmann. RM. Juin, 648.
- -— Brouhot. Ri. 64; 12 Juillet, 273.
- Vis sans fin (Rendement des) (Westberg). VDI. 21 Juin, 915.
- Ventilateurs (Théorie des) Courtois. IiM. Juin, 560.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Cadmium et magnésium (Bou-douard). CR. 16 Juin, 1431.
- — Cuivre-Cobalt, propriétés électriques (Renhardt). EE. 28 Juin, 466.
- — Cuivre-Manganèse (Lewis). Cs. 30 Juin, 842.
- — (Constitution des) (Guillet). Gc. 28 Juin,
- 139; 30 Juin, 156; 10 Juillet, 169.
- — Binaires (Constitution des) (Campbell). Fi. Juillet, 1.
- Four de grillage. Chase Eam. 7 Juin, 797.
- — à réverbère. Adore. Eam. 14 Juin, 828. Fer et acier. Aciéries Martin, américaines.
- SuE. 1er Juillet, 713.
- — Aciers-nickel à hautes teneurs (Dumas). AM. Avril, 357.
- — Mélangeur de fontes de 325 tonnes. Gc. 28 Juin, 114.
- — Ferro-siliciums (Jouve). Rcp. 29 Juin, 244.
- — Forges de la Gutchoffnungshutte. VDI. 12 Juillet, 1021.
- — Puddleur mécanique. Rœ. E. 11 Juillet, 38.
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-
-
- 148
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1902.
- Platine (Microstructure du) (Andreros). E. 27 Juin, 856. Rso. 8 Juillet, 250.
- — Recrislallisation(Rosenhain). Rso. 8 Juillet, 252.
- MINES
- Argent. « La Chabarite » (Stuger). American Journal of Science, Juillet, 31.
- Cuivre. Région de la Californie Nord. Eam. 21 Juin, 897.
- — de Bohemia (Orégon). Eam. 28 Juin,
- 889.
- Épuisement électrique. HanieletLueg. E. il Juillet, 57.
- Extraction. Machine de la Gutchoffnungs-hutte. E. 20 Juin, 813.
- — électrique de la Wilhelmshulte. E.
- 4 Juillet, 12.
- — à l’exposition de Dusseldorf. VD1.
- 28 Juin, 952; 12 Juillet, 1031. Dp. 12 Juillet, 437.
- Extraction. Chevalet en acier, Eam. 21 Juin, 862.
- — Plans inclinés automoteurs, frein Schumann. Ru. Mai, 244.
- Fonçage. Hardy. E1. 11 Juillet, 30.
- Haveuses dans les houillères anglaises. Eam. 14 Juin, 824.
- Houilles. Dépôts de l’Arizona. Eam.1 Juin, 795. — Anthracites aux États - Unis. Eam. 28 Juin, 886.
- Or. Sables du Cap. Nome (Quencan). EM. Juillet, 497.
- Pétrole. Nouveau puits à Jennings. Louisiane. Eam. 21 Juin, 860.
- Pierres lithographiques. Dépôt au Kentucky. Eam. 28 Juin. 895.
- Préparation mécanique. Concentration. Lam-pert. Eam. 21 Juin, 867.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
-
- 101e ANNÉE.
- AOUT 1902
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport fait par M. Daubrée, au nom de la Commission des fonds,
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1901
- Messieurs,
- Conformément à l’article 31 de nos Statuts, j’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des fonds, le résumé des comptes de l’exercice 1901.
- fre PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR
- 1° Cotisations des membres de la Société' (676 cotisations à 36 francs).........
- 2° Dons divers.........
- 3° Abonnement au Bulletin de la Société........
- 4° Produit de la vente au numéro du Bulletin de la Société .....................
- 5° Locations diverses. . 6° Arrérages de rentes : 3 p. 100. ... 60 028 50
- 3 1/2 p. 100. . . 1 351 »
- 24 336 »
- 4 950 »
- 4 392 »
- 991, 65 11 622,85
- 61 379,50
- A reporter. . . 107 672 »
- DEBIT
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses.........
- 2° Bulletin : frais de rédaction, d’impressionetd’ex-
- pédition...................
- 3° Impressions diverses: Annuaire, Comptes rendus. .
- 4° Bibliothèque : traitements des agents, acquisitions, abonnements,reliures,
- fiches.....................
- 5° Agence et Économat : traitements des agents et employés, frais divers. . . 6° Jetons de présence. .
- A reporter. . .
- Tome 103. — 2° semestre. — Août 1902.
- 10 718,15
- 37 097,34
- 5 185, 65
- 6 824,90
- 17 710,26 4 500 »
- 82 036,30
- 11
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-
-
- 150
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- AVOIR Report........
- 107 672 »
- DÉBIT
- Report............. 82 036,30
- 7° Hôtel de la Société :
- A. Aménagement, entretien, 1
- réparations.. 3 636,48 1
- B. Mobilier ... 1 336,62 f
- C. Chauffage, éclairage et / 1 4 783,22
- eau......... 5 631,45 1
- D. Contributions, assurances | et divers.. . 3 978,67 !
- 8° Expériences, conférences.................. 8 135,55
- 9° Allocation pour le fonds de réserve. . . . 1 500 »
- 10° Pensions............. 3 500 »
- 11° Divers............... 20 »
- 109 975,07
- Excédent de dépenses reporté de l’exercice 1900. 4 140,41
- 114 115,48
- Les recettes s’élèvent
- à....................... 107 672, »
- Il ressort un excédent de dépenses sur les
- 107 672 »
- recettes de
- 6 443, 48'
- Nos recettes ont continué de rester stationnaires; le nombre des sociétaires, qui était de 681 à la fin de 1900, n’est plus que de 676 en 1901.
- Par contre, le chiffre de nos dépenses a subi un accroissement de 2 728fr. 67. Il importe de dire que la majeure partie de cette augmentation, qui porte presque exclusivement sur les réparations et le mobilier de l’hôtel de la Société, a un caractère exceptionnel.
- Nous devons ajouter que le déficit que nous constatons depuis plusieurs années dans nos comptes n’existe plus aujourd’hui. Dans sa séance du 2 mars 1901, le Conseil d’administration a décidé de supprimer le Grand Prix et d’employer les sommes qui y étaient affectées à la constitution d’un fonds de réserve. Cette réserve continuera à être alimentée par le prélèvement d’une annuité de 1500 francs sur les fonds généraux; elle se monte actuellement à la somme de 11 176 fr. 14 versée à la Caisse des Dépôts et Consignations qui couvre et au delà le déficit du compte des fonds généraux : 6443 fr. 48. Après extinction du passif, il restera donc pour le fonds de réserve une somme de 4732 fr. 62.
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-
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- AOUT 1902.
- 151
- Si toute préoccupation se trouve ainsi dissipée pour le moment, il n’en importe pas moins de continuer à faire montre de prudence et d’attention afin de ménager cette réserve constituée en vue de parer à des besoins imprévus et extraordinaires, et d’arriver par la voie des économies à équilibrer complètement nos recettes et nos dépenses normales.
- *e PARTIE
- FONDATIONS, DONS ET COMPTES SPÉCIAUX
- 1° Fonds de réserve de la Société.
- Le Conseil d’administration, dans sa séance du 2 mars 1901, a décidé de supprimer le Grand Prix de la Société et d’employer à la constitution d’un fonds de réserve les sommes qui y étaient affectées.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1900 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations...............» . 9 535,70
- Annuité versée par les
- fonds généraux............. 1 500 »
- Intérêts des sommes déposées....................... 140,44
- 11176,14
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 1 640,44
- Le montant des sommes déposées à la Caisse des Dépôts et Consignations s’élève à 11176 fr. 14.
- 2° Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée parle comte et la comtesse Jollivet.
- Les intérêts de cette fondation doivent être capitalisés jusqu’en 1933. Capital au 31 décembre 1900 : 6 624 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- D É BIT
- Solde de 1900. Arrérages. . .
- 1116,10 Achat de 207 francs de
- 6 712,50 rente 3 p. 100 ........... 6 965,25
- 7 828,60
- Reste 863 fr. 35 dans la caisse de la Société.
- Le capital de cette fondation se trouve porté à 6 831 francsde rente 3 p. 100.
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-
-
- 152
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 3° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But : récompenser tous les six ans, par un prix de 12 000 francs, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de notre industrie nationale. Le prix a été décerné en 1898.
- Legs primitif : 40 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 2 000 francs.
- AVOIR
- Solde de 1900 versé à la Caisse des Dépôts et Consignations .................
- Arrérages .............
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations.............
- 9 541,18 2 000 »
- DEBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations . . .
- 2 139, 69
- ........ 139,69
- 11680,87
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1901 s’élèvent à 11 680 fr. 87, versés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- 4° Legs Bapst.
- Legs primitif : 2160 francs de rente 3 p. 100; a servi à établir deux fondations.
- lre Fondation. — But : venir en aide aux inventeurs malheureux. Capital : un titre de 1 565 fr. 20 de renie 3 p. 100.
- AVOIR
- Solde de 1900........... 921 »
- Arrérages............... 1 565, 20
- 2 486,20
- DEBIT
- Secours à 5 inventeurs
- 1 300 »
- Beste disponible dans la caisse de la Société, 1 186 fr. 20.
- 2e Fondation. —But: aider les inventeurs dans leurs travaux et recherches. Capital : 3 594 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Solde de 1900. Arrérages. .
- 1284, 90 3 594, 80
- DEBIT
- Allocations à des inventeurs. 2 790
- 4 879,70
- Beste en recette, pour cette année, 2 089 fr. 70 dans la caisse de la
- Société.
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 153
- 5° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets. Capital : 1 036 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Solde de 1900........... 905,65
- Arrérages............... 1 036 »
- DÉBIT
- Payé neuf annuités de bre-
- vet.
- 865 »
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 1 076 fr. 65.
- 6° Fondation de la princesse G-alitzine.
- But : servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des arts économiques.
- Legs primitif : 2 000 francs.
- Cette fondation n’ayant pas encore reçu d’application, les intérêts s’en sont capitalisés.
- Capital au 31 décembre 1900 : 18 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1900. Arrérages . .
- 526, 50 259, 20
- DEBIT
- Néant.
- 785,70
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 785 fr. 70.
- Capital au 31 décembre 1901 : 18 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 7° Fondation Carré.
- But: analogue à celui de la fondation précédente.
- Legs primitif : 1000 francs.
- Jusqu’ici les intérêts ont été capitalisés en attendant une destination spéciale.
- Capital au 31 décembre 1900 : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- A V O T R
- Solde de 1900, Arrérages . ,
- 324, 78 100,80
- DEBIT
- Néant.
- 425,58
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 425 fr. 58.
- Capital au 31 décembre 1901 : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 8° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux de l’industrie des cuirs.
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 1 54
- Capital au 31 décembre 1900 : 37 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1900............ 341,71 Allocation de 1 secours . . 760 »
- Arrérages................ 734, 40
- 1076,11 j
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 316 fr. 11.
- Capital au 31 décembre 1901 : 37 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi,
- 9° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Même but que la précédente, à part la différence des industries. Capital au 31 décembre 1900 : 76 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR j DÉBIT
- Solde de 1900 .......... 541,81 j Néant.
- Arrérages............... 1 094, 40 |
- 1 636,21 I
- Reste en recette, dans la caisse de la Société : 1 636 fr. 21.
- Capital au 31 décembre 1901 : 76 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 10° Fondation Christofle et Bouilhet en faveur d’artistes industriels malheureux. Capital: 30 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1900............ 236, 34 Allocation de 3 secours . . 505 »
- Arrérages................ 432 »
- 668,34
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 163 fr. 34.
- 11° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- But : secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession.
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-
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 155
- Capital au 31 décembre 1900 : 49 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Arrérages
- AVOIR
- 705,60
- DÉBIT
- Solde en dépense de 1900. . 64,90
- Allocation de 6 secours . . 800 »
- 864,90
- Excédent des dépenses sur les recettes : 159 fr. 30.
- Capital au 31 décembre 1901 : 49 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 12° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers malheureux de cette industrie.
- Capital au 31 décembre 1900 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DEBIT
- Solde de 1900 Arrérages. .
- 322.85 144 »
- 466.85 i
- Néant.
- Reste en recette, pour cette année, dans la caisse de la Société : 466 fr. 83. Capital au 31 décembre 1901 : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 13° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- But: décerner tous les six ans un prix à celui qui aura le plus contribué au progrès de l’industrie cotonnière en France.
- Legs primitif : 13169 fr. 85. Capital au 31 décembre 1900 : 43
- AVOIR
- Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et
- Consignations............... 83, 78
- Coupons des obligations
- de l’Est.................... 619,20
- Retiré de la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 2 300 »
- 3 002, 98
- obligations 3 p. 100 de l’Est.
- DÉBIT
- Solde en dépense de 1900. 1 792,79
- Deux allocations....... 1 200 »
- 2 992, 79
- Reste en recette dans la Caisse de la Société : 10 fr. 19.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 3 438 fr. 21.
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-
- 156
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 14° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- Capital au 31 décembre 1900 : 12 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1900............ 465,76
- Arrérages................ 220, 80
- DEBIT
- Allocation de 2 secours .
- 460 »
- 686, 56
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 226 fr. 56.
- Capital au 31 décembre^!901 : 12 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- 15° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- But : décerner tous les cinq ans un prix de 500 francs à l’auteur d’un perfectionnement apporté au matériel ou au procédé du génie civil ou de l’architecture.
- Legs primitif : 2315 fr. 75.
- Capital au 31 décembre 1900 : 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1900............ 628,60 Néant.
- Arrérages................ 216,00
- 844, 60
- DEBIT
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 844 fr. 60.
- Le capital est de 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 16° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- But : créer un prix annuel pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- Capital: 1 titre de 1 000 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Arrérages,
- 1 000 »
- DEBIT
- Prix décerné en 1901
- 1 000 »
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- AOUT 1902.
- 157
- 17° Fondation du général comte d’Aboville.
- But : décerner des prix à des manufacturiers qui auront employé à leur service, pendant une assez longue période de temps, des ouvriers estropiés, amputés ou aveugles, et les auront ainsi soustraits à la mendicité.
- Legs primitif : 10 000 francs.
- 5 prix ayant déjà été décernés, le capital est réduit à 1 obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1900............ 33,90 Néant.
- Arrérages................ 14,40
- 48, 30
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 48 fr. 30.
- 18° Legs Griffard.
- But : la moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6 000 francs pour services signalés rendus à l’industrie française ; l’autre moitié, à distribuer des secours.
- Legs primitif : 50 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 1 949 francs.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR I
- Solde de 1900.......... 1 422,33
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . 3 103,71
- Arrérages.............. 1 949, 00 I
- Intérêts des sommes ver- |
- sées à la Caisse des Dépôts |
- et Consignations........... 44, 90 I
- 6 319,96 S
- DEBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations....... 1 019, 40
- Allocation de 10 secours. . 1 433,00
- 2 474,40
- Reste en recette à la caisse de la Société : 941 fr. 85.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 4 123 fr. 11, comme réserve pour le prochain prix à décerner.
- 19° Fondation Meynot.
- But : créer un prix destiné à récompenser les inventions, progrès et perfectionnements intéressant la moyenne ou la petite culture.
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-
-
- 158
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- AOUT 1902.
- Legs primitif : 20 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs.
- AVOIR DÉBIT
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . 1 867,77 Arrérages 1018,00 Intérêts des sommes versées à la Caisse des Dépôts et Consignations 26,79 2 912, 56 Solde en dépense de 1900. 889,11 Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 182,45 1 071,56
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 2 050 fr. 22.
- Excédent des dépenses sur les recettes : 26 fr. 77.
- Capital au 31 décembre 1901 : un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs et 20 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 20° Fondation Melsens.
- But : création d’un prix triennal de 500 francs pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Legs primitif : 5000 francs, représentés par 13 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le prix a été décerné en 1899.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1900 609,60 Arrérages 187, 20 796,80 Néant.
- Reste dans la caisse de la Société : 796 fr. 80.
- 21° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- Don primitif : 6 326 fr. 14.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1900. ..... 911,70 Arrérages 316,80 Néant.
- 1 228,50
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 159
- Solde en recette à la caisse de la Société : 1 228 fr. 50.
- Capital au 31 décembre 1900 : 22 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 22° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- But : création d’un prix triennal ’de 1 000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 9846 fr. 75, représentés par un titre de 335 francs de rente 3 p. 100.
- Le prix a été décerné en 1896.
- AVOIR
- Solde de 1900........... 2 694,90
- Arrérages............... 335 »
- 3 029,90
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 3 029 fr. 90.
- 23° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- But: création d’un prix.
- Don primitif : 2 556 fr. 30.
- Capital actuel : 7 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- La fondation est restée sans emploi en 1901.
- AVOIR ! DEBIT
- Solde de 1900 528,13 ! Néant.
- Arrérages 100,80
- 628,93 |
- DEBIT
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 628 fr. 93.
- 24° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- But : secourir des ouvriers malheureux appartenant à cette industrie. Don primitif : 400 francs.
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-
-
- *60
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- Capital au 31 décembre 1900 : 1 obligation 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DEBIT
- Solde de 1899 Arrérages .
- 123, 37 14, 40
- 137, 77
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 137 fr. 77.
- 25° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- But : création d’un prix.
- Don primitif: 3869 fr. 85.
- Capital au 31 décembre 1900 : 11 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1900. . . Arrérages .........
- 161,27 158, 40
- 319, 67
- DÉBIT
- Transfert d’une obligation 3 p. 100 de l’Est achetée en 1900.......................
- 2, 33
- Reste en recette à la caisse de la Société : 317 fr. 34.
- Capital au 31 décembre 1901 : 11 obligations 3 p. 100 de llEst.
- 26° Fondation des exposants de la classe 75 à l’Exposition universelle de 1889
- (viticulture).
- But : prix à décerner à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne: l’altise ou la cochylis.
- Don : 1000 francs.
- AVOIR
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . 1 030,21
- Intérêts des sommes déposées ..................... 15, 43
- Solde de 1899........... 12, 77
- 1 058, 41
- Les recettes égalent les dépenses ; Consignations : 1058 fr. 41.
- DÉBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations. . . . 28,20
- en dépôt à la Caisse des Dépôts et
- 27° Fondation de Salverte.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des beaux-arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 francs
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 161
- à un ouvrier français appartenant à la corporation du bâtiment, moral, habile, âgé de 60 ans au moins, père d’une famille nombreuse qu’il aurait bien élevée.
- Don primitif : 1 000 francs, qui ont été employés à l’achat de 29 francs de rente 3 p. 100.
- La fondation remonte à 1896 et le prix n’a pas encore été décerné.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1899 Arrérages. .
- 126, 35 29 »
- Néant.
- 155, 35
- Reste en recette à la caisse de la Société : 155 fr. 35.
- 28° Fondation des exposants de la classe 19 à l’Exposition universelle de 1900
- (machines à vapeur).
- But : venir en aide à des mécaniciens malheureux.
- Don : 2 034 francs versés en 1901.
- AVOIR DÉBIT
- Somme versée........... 2 034, 00 Allocation d’un secours. . 400, 0Q
- Reste dans la caisse de la Société : 1 634 francs.
- 29° Fondation des exposants de la classe 64 à l’Exposition universelle de 1900
- (métallurgie).
- But : subventionner des travaux et recherches intéressant la métallurgie.
- Don : 5 000 francs versés en 1901.
- AVOIR DÉBIT
- Somme versée........... 5 000, 00 Néant.
- Reste dans la caisse de la Société : 5000 francs.
- 30° Souscriptions perpétuelles et à vie.
- AVOIR
- Solde de 1900. . . .
- 10, 21
- DEBIT
- Solde en caisse : 10 fr. 21.
- Le capital constitué par les souscriptions perpétuelles et à vie comprend 2 627 francs de rente 3 p. 100.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
- 31° Table décennale du Bulletin.
- avoir
- Solde de 1900 déposé à la Caisse des Dépôts et Consigna-
- tions ........................ 1 537, 80
- Intérêts................... 22, 55
- Annuité de 1901............ 300,00
- 1 860,35
- DÉBIT
- Versé à la Caisse des Dépôts et Consignations............ 322, 55
- Solde : 1 860 fr. 35 déposés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Le bilan de notre Société, arrêté au 31 décembre 1901, est annexé à notre rapport.
- Votre Commission a constaté l’exactitude et la parfaite régularité des comptes que nous venons de vous présenter et vous propose de les approuver.
- Elle est assurée de se faire l’interprète de votre sentiment à tous en adressant un témoignage d’affectueuse gratitude à notre Trésorier M. Goupil de Prefeln, dont le zèle éclairé et le dévouement absolu à nos intérêts contribuent, pour une si large part, à la bonne administration des finances de notre Société.
- Signé : Lucien Daubrée, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 11 juillet 1902.
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- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1901
- ACTIF
- Immeuble de la Société. Portefeuille de la Société
- Portefeuille des fondations.....................
- Portefeuille du fonds d'accroissement..........
- Nue propriété d’une rente 3 p. 100 de 1 000 fr.
- Caisse, Banquiers :
- Crédit Foncier.....................
- Caisse des Dépôts et Consignations
- Caisse du Siège social.............
- Caisse du Trésorier................
- Fonds généraux : Solde débiteur...................
- Débiteurs divers.................................
- Solde débiteur du compte : Fondation (lcMilIy,e10 el. — — — Meynot.
- 600.000
- 2.111.609.
- 60,">. 613,20 231.219,19
- 106,20
- 39.387,31
- 9.226,33
- 16.112,38
- 6.113,18
- 7.786,90
- 139,30
- 26,77
- 2.711.609,96
- 836.831,:
- (Mémoire.
- 97.162,12
- Total de l’actif.
- 11.116,1:
- .633.022,82
- PASSIF
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la Société. Valeurs des fondations......................................
- Sommes provenant des fondations, classes et comptes spéciaux versées dans la Caisse de la Société, qui en est débitrice.
- Jollivet.............................................. 863,39
- Bapst (A.).......................................... 1.186,20
- llapst (J.)........................................ 2.089,70
- Chrislotle......................................... 1.076,69
- Calilzinc........................................’ 783,70
- Carré................................................ 123,98
- Fauler............................................... 316,11
- Legrand.......................................... 1.636,21
- Chrislotle et Bouilbct............................... 163,31
- (îitfard............................................. 911,83
- Baccarat............................................ 166,83
- Menier............................................... 226,96
- Bande................................................ 811,60
- D’Aboville............................................ 18,30
- Melsens.............................................. 796,80
- Savalle............................................ 1.228,90
- Parmentier....................................... 3.029,90
- Roy................................................... 10,19
- Classe 51 (1889)..................................... 028,93
- — 21 (1889)..................................... 137,77
- — 63 (1889)..................................... 317.31
- — 19 (1900)................................... 1.631,00
- — 61 (1900)................................... 5.000,00
- Souscriptions perpétuelles et à vie.................... 10,21
- De Salverte.......................................... 1.93,33
- Réserve de la Société........................................
- Réserves provenant des fondations, dons el comptes spéciaux, versées à la Caisse des Dépôts el Consignations.
- Prix. d’Argentcuil.................................. 11.680,87
- Prix de la Classe 27 (1867).......................... 3.138,21
- Prix Riflard......................................... 1.123,11
- Prix Meynot.......................................... 2.050,22
- Classe 75 (1889).................................. 1.058,11
- Table décennale du Bulletin................... 1.860,35
- Créanciers divers.............................................
- Total du passif.
- 2.711.609,56
- 830.831,39
- 21 019,99
- 11.176,11
- 21.211,17
- 12.171,57
- 3.053.022,82
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- Rapport présenté par M. Edouard Simon, au nom des censeurs, sur les comptes de l’année 1901.
- Messieurs,
- Notre collègue, M. Daubrée, vous a fourni, au nom de la Commission des fonds et sous la forme habituelle, le relevé de la situation active et passive de notre Société.
- Ce rapport permet de constater tout d’abord que, si les dépenses des fonds généraux excèdent les recettes de 6443 fr. 98 (y compris un report de 4140 fr. 41, imputable à l’année 1900), cette différence se trouve couverte par une réserve qui n’est pas entièrement épuisée.
- D’autre part, les arrérages de rente 3 p. 100 ont passé de 59976 francs à 60028 fr. 50. Celte plus-value résulte de la capitalisation des souscriptions perpétuelles et à vie, totalisée dans le trentième chapitre de la seconde partie (fondations et comptes spéciaux). Depuis l’origine, les revenus de laSociété-se sont accrus de 2 627 francs.
- M. le Président signalait, dans une récente allocution prononcée à l’occasion de la distribution des récompenses (séance du 27 juin), l’intérêt croissant du Bulletin; nous ne saurions en faire valoir le mérite, avec la même autorité. Indépendamment des rapports de collègues éminents, qui vulgarisent les inventions et les procédés utiles à l’industrie nationale et reflètent la vie intérieure de la Société, nous devons à l’initiative de notre dévoué et sympathique agent général l’apport d’intéressantes communications, de mémoires originaux; de plus, M. Gustave Richard fournit au Bulletin une série de notes, de renseignements pratiques, puisés en grande partie dans la littérature technique de l’étranger, et complète ainsi un recueil très apprécié. C’est un motif de plus pour insister avec l’honorable rapporteur de la Commission des fonds sur l’opportunité de recruter de nouveaux membres, non seulement en vue d’augmenter les ressources matérielles, mais afin d’étendre le rôle moral de la Société d’Encouragement, de faire mieux connaître les travaux qu’elle subventionne dans l’intérêt général. Ce recrutement semble d’autant plus possible que le produit des abonnements au Bulletin a passé de 3852 francs à 4392 francs, soit une augmentation de 540 francs, représentant exactement la cotisation de quinze sociétaires, puisque la qualité de membre adhérent n’impose pas une cotisation supérieure au prix d’un simple abonnement.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- AOUT 1902.
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- La vente au numéro s’est ressentie de l’accroissement du nombre des abonnements et a fléchi de 1109 fr. 35 à 991 fr. 65.
- Par contre, la vente du volume des Alliages, dont M. le Président rappelait le grand intérêt, dans le discours auquel nous avons déjà fait allusion, a produit une recette extraordinaire de 1 650 francs, inscrits dans les dons divers.
- M. le ministre de l’Agriculture a bien voulu nous continuer sa subvention annuelle de 1800 francs. L’importance et le nombre des travaux soumis à l’examen du Comité de l’agriculture justifieraient, s’il en était besoin, une faveur dont nous sommes très reconnaissants et qui aide notre Société à tenir compte de la valeur des lauréats. Nous devons également témoigner notre gratitude à la Compagnie du gaz, qui nous a alloué une subvention de 1 000 francs.
- Malgré ces libéralités et le contrôle sévère des dépenses, M. Daubrée fait justement remarquer que le débit des fonds généraux dépasse les recettes «le près de 3000 francs, c’est pourquoi nous demandons encore une fois le concours de tous en vue d’un recrutement sérieux et continu.
- La seconde partie réservée aux fondations et comptes spéciaux donne, au regard de chaque dotation, le but du legs, don ou réserve considérée, la situation du compte et. les disponibilités au 31 décembre; il n’y a donc lieu à aucune critique. Qu’il nous soit permis, toutefois, à l’occasion du dix-septième compte particulier, de rappeler que le legs d'Aboville n’est point destiné à une fondation perpétuelle.
- C’est au Comité du commerce qu’incombe l’attribution des prix d’Aboville en faveur de « tel manufacturier qui aura employé à son service, pendant une période déterminée, des ouvriers amputés, estropiés ou aveugles, et qui, par ce moyen, les aura soustraits à la mendicité ». En 1895, notre vice-président honoraire, M. Lavollée, dans un rapport présenté au nom du même Comité, signalait la difficulté de rencontrer des manufacturiers employant à un travail régulier des ouvriers invalides; il expliquait ainsi comment le legs primitif de 10000 francs avait fourni, avec l’addition des intérêts composés, une somme de 13300 francs ayant donné lieu à quatre prix successifs répartis conformément aux vœux du testateur.
- Cette répartition laissait un reliquat qui a permis d’attribuer, en 1899, Un encouragement de 250 francs à une imprimerie d’ouvriers sourds-muets, et qui, indépendamment de ce prélèvement, est encore représenté, au 31 décembre 1901, par une obligation 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est
- Tome 103 — 2e semestre. — Août 1902. 12
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- AOUT 1902.
- et par un solde espèces de 48 fr. 30. C’est, au total, une somme d’environ 500 francs que le Comité du commerce pourra sans doute attribuer prochainement en s’inspirant, comme par le passé, des intentions philanthropiques du général comte d’Aboville.
- En ce qui concerne le bilan, bien que nous soyons seulement nus-propriétaires d’une rente de 1 000 francs, léguée par une généreuse donatrice, Müo Pone, dont le nom figure sur la liste de nos bienfaiteurs, il a paru régulier d’inscrire cette nue-propriété pour mémoire à notre actif, puisque ladite valeur accroîtra les revenus de la Société, lorsque l’usufruit aura pris fin.
- Pour terminer, nous constatons avec un profond sentiment de reconnaissance à l’égard des donateurs, que les fondations Bapst, Christofle, Chrisfofle et Bouilhet, Fauler, de Milly, Giffard, ont servi à distribuer aux inventeurs, à des artistes industriels et à leurs proches 6 600 francs, sous forme de secours, et pour annuité de brevets, 2225 francs.
- En vous demandant, Messieurs, d’approuver les comptes qui vous sont présentés, vos Censeurs se font un agréable devoir de s’associer aux conclusions de M. le Rapporteur de la Commission des fonds et de remercier notre dévoué trésorier, M. Goupil de Préfeln, de la sollicitude et de l’exactitude avec lesquelles il gère notre fortune.
- Signé : Edouard Simon, Censeur.
- Lu et approuvé en séance le h i juillet 1902.
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- AGRICULTURE
- l’éclairage et le chauffage par l’alcool au concours international de 1902, par M. Lindet, membre du conseil.
- A la suite du concours organisé en octobre 1901 par M. Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, entre les appareils utilisant l’alcool dénaturé, j’ai eu l’honneur d’entretenir la Société (1) do la situation qu’avait prise à cette époque, entre les mains d’habiles constructeurs la question de l’éclairage et du chauffage par l’alcool. Je viens aujourd’hui lui rendre compte des résultats que leurs nouveaux efforts ont réalisés.
- Les deux concours ont été trop rapprochés l’un de l’autre pour que l’aspect général de cette question ait été, en quelques mois, sérieusement modifié. Les principes d’après lesquels les lampes et les réchauds sont construits restent sensiblement les mêmes, et nous pouvons faire rentrer leur description dans les divisions générales que nous avons adoptées, dans le précédent exposé.
- Cependant il convient de reconnaître que ces divisions sont moins caractérisées depuis le dernier concours. Certaines lampes à mèches, brûlantsur manchons Aüer, que nous décrirons plus loin, ne sont pas très éloignées du type de lampes brûlant l’alcool gazeux; certains réchauds à gazéification simple se rapprochent également de ceux où le gaz d’alcool se mélange, avant de brûler, avec une quantité d’air déterminée.
- I
- Ainsi qu’il a été fait dans la conférence que j’ai rappelée tout à l’heure, nous distinguerons les appareils qui brûlent l’alcool à l’état liquide à l’extrémité d’une mèche, et ceux qui le brûlent après l’avoir vaporisé, gazéifié.
- (1) Bulletin I, 1902, p. 148.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- I. — Appareils brûlant de l’alcool à l’état liquide.
- A. --- APPAREILS D’ÉCLAIRAGE
- a. Lampes à mèches, type des lampes à pétrole. — Ces lampes ont été présentées, comme la première fois, par des inventeurs soucieux de faire valoir les liquides qui peuvent y brûler plutôt que les appareils eux-mêmes. Citons la Société française de l’alkohimine, à Paris (MM. Chalmel fils et gendre ; emploi d’alcool carburé à 25 p. 100 de benzine) ; — M. Villeminot à Paris (emploi de l’alcoolueine, alcool carburé à 50 p. 100 par un mélange en parties égales de benzol et de pétrole russe, additionné d’une petite quantité de naphtaline) ; — MM. Blondel et Hincelin (emploi du luminogène, alcool carburé à 40 p. 100 avec du benzol et des hydrocarbures lourds) ; — M. Roy, à Paris (emploi d’alcool carburé à 54 p. 100 de benzol).
- La Société française des becs Juhle, à Paris (emploi d’alcool carburé à 30 à 35 p. 100 d'un mélange de benzine et de pétrole) construit une lampe où la partie supérieure de la mèche de coton aboutit à une douille, dans laquelle est placée une bande d’amiante silicatée.
- La veilleuse de M. Deullin. à Paris (emploi d’un alcool carburé à 24 p. 100 par un mélange de benzine d’hydrocarbures légers et de naphtaline) représente l’appareil de la plus petite intensité qui ait figuré au concours (0 b0lisif15).
- b. Lampes à mèches surmontées d'un manchon Auer. — L’idée de placer un manchon Auer au-dessus d’une mèche ronde brûlant l’alcool liquide à la façon du pétrole, c’est-à-dire en présence d’un double courant d’air, semble être due à deux inventeurs allemands, d’une part M. Lehmann, d’une autre M. Achner. La lampe ainsi construite offre l’avantage de n’exiger qu’un allumage. Dès que la mèche est enflammée, on la coiffe d’un manchon qui devient incandescent ; mais lalampeest difficile à régler; les variations de hauteur que présente le cercle de flamme dans les différentes parties se traduisent par des inégalités dans l’éclairage du manchon ; il arrive parfois qu’une portion de celui-ci se couvre de noir de fumée et présente une tache obscure La consommation de ces lampes, toutes lampes domestiques, brûlant de l’alcool dénaturé, est légèrement supérieure à celle des lampes à gazéification.
- C’est la maison Schuster et Baër, à Berlin et à Paris, qui est concessionnaire du brevet Lehmann ; le bec de la lampe (bec Réforme) est construit d’après les principes énoncés plus haut. La lampe comporte, en outre, une crémaillère qui soulève la garniture et le manchon au-dessus de la mèche, et permet de passer aisément l’allumette. Dans d’autres lampes, il faut séparer la garniture du réservoir au moment de l’allumage et on risque davantage de briser le man-
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
- \ 69^
- chon. Un dispositif ingénieux permet encore d’abaisser sur la mèche, au moment de l’extinction, deux demi-disques métalliques qui viennent arrêter l’évaporation de l’alcool.
- La lampe Ehrich et Graëtz, à Berlin ; la lampe de la Société française d'm-candescenee Auer, à Paris; la lampe Meyer, Kopp et C10, à Paris (bec Emka ou MK) ; la lampe Liais, à Paris sont toutes des lampes à mèches, recouvertes de manchon Auer. Les deux dernières cependant portent une modification, qui ne paraît pas d’ailleurs indispensable : elles sont munies d’une hausse métallique placée à la suite de la mèche, surmontées d’une tige intérieure de récupération, et qui réchauffe suffisamment l’extrémité de. la mèche pour que l’alcool s’y gazéifie et gagne la partie supérieure de la hausse où il brûle.
- B. -- APPAREILS DE CHAUFFAGE
- Nous ne ferons, pas plus qu’en 1901, de distinction entre les réchauds qui servent aux usages culinaires et ceux qui sont destinés au chauffage des appartements, des serres, des bains, etc. Le dispositif qui reçoit ou accumule la chaleur peut varier sans que les organes, producteurs de chaleur, soient modifiés.
- a. Réchauds sans mèches. — Aux différents types de réchauds expérimentés par le jury en 1901 est venu s’en ajouter un nouveau, celui qui ne comporte pas de mèches et brûle l’alcool en nappe liquide.
- Le réchaud de M. Pasmantier, à Paris, est une petite casserole (fig. 1) dont le rebord est fortement replié en dedans, de façon à ne laisser qu’un orifice de 4 à o centimètres de diamètre.
- Sur le rebord, qui est méplat, sont percées des ouvertures que l’on peut ouvrir et fermer plus ou moins, en appliquant un couvercle annulaire et percé de trous correspondants. Dans l’intérieur de la casserole, et au-dessous des trous, sont soudées de petites plaquettes de clinquant, en forme de cuiller, qui sont dirigées vers le fond. Quand on verse de l’alcool dans cette casserole, et qu’on l’allume, la flamme de celui-ci sort par l’orifice central tandis que l’air, pénétrant de haut en bas par les trous du rebord méplat, guidé par les plaquettes de clinquant, lèche la surface de l’alcool et en active la combustion.
- Le réchaud de M. Seewer, à Billancourt (Seine), est également une petite casserole plate, dont le fond est percé de trous circulaires do 1 centimètre environ
- Fig. 1. —Réchaud Pasmantier.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- de diamètre ; sur les bords ces trous sont soudés de petits tubes, moins hauts que les bords de la casserole, et qui forment cheminée d’aération. L’alcool répandu dans la casserole est enflammé ; il échauffe les tubes, et l’alcool se volatilise à son contact; il vient briller en vapeur sur leurs parois, au contact du courant d’air, qui sort continuellement par ces cheminées d’appel. Chacune d’elles représente, en réalité, un chalumeau renversé dans lequel le gaz entourerait le jet d’air amené par la soufflerie.
- b. Réchauds ci mèches ordinaires. — Les anciens réchauds, les premiers appareils que le public ait appelés lampes à alcool, sont largement représentés au concours. Ce sont les réchauds de M. Chapée, à Paris ; de M. Nadeaud, à Paris; de M. Gautreau, à Paris; le Volcan de M. Roullcaii, à Paris; — c’est le réchaud à trois mèches de M. Daudet,, à Paris (le Vulcain)\ — c’est le réchaud à mèche d’amiante de M. Allain, à Paris.
- c. Réehauds à, matières spongieuses. — M. Pigeon, à Paris, bourre le réservoir de la lampe de déchets de coton; il en est de même de M. Lefèvre, à Paris. Ces lampes présentent de grandes garanties de sécurité; si on vient aies renverser, l’alcool ne peut s’en échapper.
- M. Chapuis, à Paris, a substitué l’amiante au coton et il a adapté à la lampe un réservoir en charge, commandé par un robinet qui permet de l’imbiber aisément,
- Enfin Mme Ve Meystre nous a montré des réchauds formés d’une pierre poreuse, logée dans une ferblanterie.
- d. Réchauds ci alcool clit solidifié. — Nous avons déjà parlé de l’emploi de l’alcool emprisonné dans des matières solides et combustibles. Des deux matières que nous avions signalées, une seule a survécu, le savon alcoolique. De nombreux appareils, capables de briller ce savon alcoolique, appareils destinés à la cuisine de chasse ou d’excursion, ont été exposés devant le jury par la Compagnie générale ciel’alcool, à Paris, et par M. Widmer-Ackermann, à Zurich.
- II. — Appareils brûlant l’alcool à l’état gazeux.
- J’ai défini, dans la conférence faite à la suite du concours de 1901, les conditions générales de construction auxquelles répondent les lampes et les réchauds du second type, appareils qui brûlent l’alcool préalablement vaporisé, gazéifié. L’alcool amené en général par des mèches de coton, quelquefois par une pression extérieure, se gazéifie dans une chaudière chauffée soit par une veilleuse permanente, soit par une flamme dérivée, soit par la flamme même, soit enfin par une tige de récupération. Le jet d’alcool gazeux entraîne, comme dans un bec Bunsen, l’air en quantité suffisante pour le brûler. La flamme, si l’appareil doit servir à l’éclairage, s’étale sur un manchon et le rend incandescent.
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
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- A. — APPAREILS D’ÉCLAIRAGE
- a. Lampes où l'alcool est gazéifié par une veilleuse permanente. — Trois lampes répondant à cette définition avaient figuré au concours de 1901 (1). Nous en avons compté treize cette année, ce qui laisse supposer que le procédé de vaporisation par veilleuse a été reconnu pratique et accepté par le public.
- Nous retrouvons au premier rang, d’une part la Société la Continentale Nouvelle (M. Lemarquant, directeur, M. de l’Jsles de Sasles, ingénieur à Paris et à Bruxelles (bec Préféré); puis la Société des lampes Régina (M. Posno, directeur) à Paris (bec Régina).
- Les nouveaux venus sont M. Octrue, à Montreuil (Seine); — M. Hubert, à Paris;— M. Gouverneur, h Amiens (Somme) (bee Léona) ;— MM. Schuster et Baër, à Berlin (bec Réforme) ; — M. Gautreau, à Paris (bec le Favori) ; la Société nouvelle dé incandescence, à Paris (bec Natiolux) ; —M. Pasmantier, à Paris (bec l’Aiglon) ; — M. Muller, à Paris (bec Intensif) ; M. Chaubard à Toulouse (bec Eclair) ; — M. Erlanger à Paris ; — M. Schuchardt, à Berlin, (bec Azett).
- Les douilles qui renferment les mèches de coton sont quelquefois méplates, au nombre de deux, affectant en coupe la forme d’un haricot et protégeant la veilleuse centrale (bec Préféré, bec Eclair, etc.) ; le plus généralement elles sont rondes, au nombre de quatre (bec Réforme, bec l’Aiglon, bec Hubert, bec Intensif, bec Erlanger, etc.) ; rarement réduites à une seule (bec le Favori), avec veilleuse latérale.
- M. Octi men, supprimé la chaudière où l’alcool doit se gazéifier et y séjourner gazeux jusqu’à son départ pour l’injecteur. Les quatre douilles qui amènent les mèches de coton sont couplées deux à deux par une courbure en U renversé; et de la courbure de chacune d’elles part un injectcur. Au-dessous des courbures accolées, se trouve une veilleuse permanente. Nous verrons plus loin que M. Octrue a adopté ce dispositif dans des lampes à récupération.
- b. Lampes où l'alcool est gazéifié par une flamme dérivée. — Aucune lampe de ce genre n’avait été apportée au jury en 1901 ; nous sommes aujourd’hui à même d’en signaler deux.
- La Société des lampes Régina (M. Posno, directeur), à Paris, a créé un nouveau modèle de lampe sans veilleuse (fig. 2). L’alcool est encore, comme dans la lampe Octrue, amené par une douille en forme d’U renversé, dont la partie courbée porte l’injecteur; les mèches pénètrent jusqu’aux 2/3 environ de la
- (1) Bulletin I. 1902, p. loi.
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- hauteur de chacune des branches : sur l’une d’elles, à l’endroit même où elle commence à prendre sa courbure, on soude un petit tube descendant t, qui se recourbe horizontalement pour former une véritable rampe à gaz. Celle-ci dirige sur les douilles, vers leur partie inférieure, deux petits jets de gaz d’alcool, j.j. Ces lampes, destinées à l’usage domestique, s’allument au moyen d’une topette d’alcool.
- Le Société des brûleurs Roger (M. Pon-cini, directeur), à Paris, a créé, quelques
- Fig. 3. — Bec Roger.
- semaines avant le concours, un type de brûleur qui peut être adapté aussi bien à un bec d’incandescence qu’à un réchaud qu’à un chalumeau (fig. 3). L’alcool, poussé dans le tube T par une pression extérieure, s’y volatilise sous l’influence de la chaleur dégagée parles flammes j dont nous allons parler plus bas. Dans l’intérieur du tube T sont disposées des chicanes qui ralentissent sa marche et en assurent la gazéification. Le gaz d’alcool filtre à travers une toile métallique fine, placée dans la boîte A, continue son chemin, se mélange à l’air
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
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- qui entre par les ouvertures I, I, et rencontre, avant d’arriver à l’extrémité du Bunsen B une plaque J perforée. Cette plaque opère une séparation automatique des vapeurs. Une partie de celles-ci traverse les ouvertures i, i, et va brûler au Bunsen; une autre retourne en arrière, se.rassemble dans la boîte Mr descend par les tubes N et alimente la couronne 0, percée des trous j.j. On commence par échauffer l’appareil en brûlant de l’alcool dans la coupelle G; une certaine quantité de cet alcool est entraînée dans le tube Y. Celui-ci est percé de petits trous, à la sortie desquels l’alcool s’enflamme progressivement, comme le long d’une rampe à gaz, et met ensuite le feu aux vapeurs qui se dégagent à la partie supérieure du Bunsen; puis, à partir de ce moment, le bec marche régulièrement, les flammes dérivées volatilisant l’alcool au fur et à mesure qu’il se présente dans le tube B. La lampe, munie du brûleur qui vient d’être décrit, fonctionne à l’alcool carburé, logé dans un réservoir et comprimé à 2 kilogrammes. Le réservoir et les lampes sont en communication au moyen de tubes capillaires en cuivre ; c’est une lampe de très grande intensité.
- M. Laurent, ingénieur de la Société, s’est préoccupé de rechercher un procédé qui permît d’allumer à distance lesbecs intensifs. Il entoure la partie inférieure du bec d’un tube circulaire percé de trous, dans lequel il envoie de l’air carburé au moyen d’hydrocarbures légers ; l’air qui se carbure est pris sur la partie supérieure du réservoir à alcool. Dès que les vapeurs d’hydrocarbures atteignent le bec qu’il s’agit d’allumer, il les enflamme au moyen d’une étincelle électrique. Il peut même supprimer l’emploi de l’air carburé, faire arriver à distance de l’alcool dans la coupelle d’allumage et y mettre le feu par le même procédé.
- c. Lampes où l'alcool est gazéifié par la flamme même du bec Éunsen. — La chaleur du foyer lumineux peut échauffer et volatiliser l’alcool de trois façons différentes, suivant que celui-ci passe au sein de la flamme, c’est-à-dire au centre du manchon incandescent, le long du manchon, ou au-dessus du manchon.
- On a soumis au jury quatre becs répondant à la première de ces définitions, deux qui ont été décrits dans mon précédent exposé (1) et sur lesquelles nous ne reviendrons pas, le bec 1900, construit par la société la Continentale Nouvelle; le bec Simplex (brevet Pomeyrol etSoupiron), construit par M. Soupiron, àNantes, et deux autres nouveaux, le bec Héra, construit par M. Cossard, à Paris; le bec le National, construit par M.‘ Boivin, à Paris. Ces quatre becs fonctionnent à l’alcool dénaturé et se prêtent aux^ exigences de l’éclairage domestique. Le premier, le bec 1900, seul peut produire des éclairages intenses.
- Le bec Héra, construit par M. Cossard, comporte, comme le bec Simplex, un
- (1) Loc. cit., p. 153.
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- double tube qui est coiffé par le manchon. Mais l’intérieur du tube central n’est pas garni d’une mèche ; il est vide; sous l’influence de la conductibilité, la chaudière, où aboutissent les mèches de coton, s’échauffe ; l’alcool se dégage, passe dans l’intérieur du tube central, puis descend entre les deux tubes, où sa vapeur se surchauffe ; celle-ci s’échappe dans le mélangeur d’air et sort à l’extrémité du bec Bunsen. La lampe dossard ne comporte qu’un allumage ; le manchon ne devient incandescent que quand on éteint la veilleuse d’allumage.
- Dans le bec le National, construit par M. Boivin, la surchauffe de l’alcool s’exécute dans un tube unique ; mais celui-ci porte sur sa paroi interne des canaux qui déterminent une double circulation de la vapeur d’alcool, avant que celle-ci ne se mélange avec l’air qui doit la brûler.
- M. Denayrouse, à Paris, pour produire de fortes intensités soit avec l’alcool dénaturé, soit avec l’alcool carburé, a adopté un dispositif différent de celui qu’il a réalisé dans les lampes dites alvéolaires; il a utilisé, pour la gazéification de l’alcool la surface de chauffe que présente la hauteur du manchon incandescent. L’alcool poussé, ainsi qu’il a été dit dans mon exposé précédent, par une pression de 6/10 d’atmosphère, circule dans un long tube en U renversé, dont les branches sont parallèles aux génératrices du manchon et en dehors de celui-ci. Il monte dans l’une des branches, redescend dans L’autre et se présente gazeux à l’injecteur.
- C’est encore la chaleur que dégagent lesmanchons qui sert à gazéifier l’alcool dans le bec Washington, construit par la Société la Washington, à Paris [M. Danse t, directeur), et dans le bec Kornfeld ou bec Impérial Russe, construit par la Société la Washington et par la Société Kornfeld et Letchinsky, à Saint-Pétersbourg. Les tubes qui amènent l’alcool gazéifié contournent en dessus et sur l’un des côtés les manchons incandescents. Ces deux becs ont été décrits précédemment (1); qu’il suffise d’ajouter que le bec Kornfeld est devenu plus facile-mentréglable, par l’interposition d’un robinet pointeau au-dessous de l’injecteur-
- Ces lampes à grande puissance sont reliées à des réservoirs indépendants, au moyen de tubes capillaires.
- M. Boy, à Paris, construit une lampe qui, par sa forme générale, rappelle la lampe Kornfeld. Le réservoir est chargé de 50 à 60 centimètres, au-dessus du bec, dans le plan même qui contient la branche en arc de cercle que nous avons désignée par la lettre D (fig. 6 du rapport précédent) ; sur le tube qui amène l’alcool est fixé un autre tube horizontal, qui porte l’injecteur, et celui-ci entre dans la partie supérieure de la branche courbe, à laquelle il vient d’être fait allusion.
- Nous rencontrons enfin dans cette catégorie trois lampes assez analogues d’aspect extérieur et dont le fonctionnement presque identique assure la réali-
- (1) Loc. cit., p. 154-155.
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- sation des mêmes besoins. Ce sont la lampe Schuchardt, construite parla maison Schuchardt, à Berlin ; la lampe Monopole ou Helft, construite par M. Delamotte, à Paris et à Quessy (Aisne) et, enfin, la lampe Hélios, construite par la Société Phôbus à Dresde, et présentée par la Compagnie générale de l'alcool, à Paris.
- La première a été décrite dans le Bulletin du ministère de l’agriculture (1901, p. 1075) par M. Sidersky, à la suite d’une mission d’études en Allemagne ; la seconde a été étudiée également dans le rapport (1) précédent, auquel j’ai plusieurs fois fait allusion. La troisième enfin, la lampe Hélios (tig. 4), comporte, comme organe essentiel, un tube T, bourré d’amiante où se produit la gazéification. L’alcool, contenu dans le réservoir Y, passe, par l’intermédiaire du tube U, dans le tube de gazéification et redescend par les tubes t et D au bec Bunsen B; on commence par ouvrir, en manœuvrant la tige r et le butoir r', un robinet jaugeur R, qui verse dans la coupelle G la quantité d’alcool nécessaire à l’allumage. On passe l’allumette en O. Dès que l’alcool est gazéifié, sa vapeur dépasse le niveau du réservoir, parcourt les (tubes I et D et va s’allumer au contact des dernières flammes de la coupelle.
- d. Lampes où l'alcool est gazéifié par récupération de chaleur. — La récuration de chaleur est, dans toutes les lampes de ce type, assurée par une tige métallique qui s’échauffe près du manchon lumineux et transmet une partie des calories qu’elle a prises à l’endroit même où aboutissent les mèches de coton, à l’endroit même où l’alcool doit se gazéifier.
- La tige récupératrice peut être placée intérieurement au manchon, ou extérieurement, en potence, contre le manchon.
- Les lampes répondant à la première de ces deux définitions sont de beaucoup les plus nombreuses. Elles sont en général destinées à brûler de l’alcool dénaturé, et s’adaptent aux usages domestiques.
- Le bec Hélios, construit en Allemagne sous le nom de bec Phôbus, est le plus anciennement connu parmi ceux qui ont été soumis au concours (Compagnie générale de l'alcool, à Paris). Ce bec a été précédemment étudié dans l’exposé du concours de 1901 (2).
- Le bec Decamps (brevet Lecomte) a été également, dans ce rapport, l’objet d’une description complète. Cependant M. Lecomte a perfectionné ce bec qui était à peine né quand eut lieu le concours de 1901. lia placé, à l’endroit même où le gaz sort de la chaudière, un robinet pointeau qui assure le réglage de la flamme et surtout son extinction immédiate et complète, mieux que ne pouvait le faire la plaquette de cuivre que nous avons désignée, dans le précédent rapport, sous la lettre U. La lampe Decamps fonctionne également à l’alcool carburé ; M. Lecomte
- (1) Loc. cit., p. 156.
- (2) Loc. cit., p. 157.
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- a créé des modèles spéciaux pour l’éclairage des gares, qui ont l’aspect général et la hauteur des lampes à pétrole, ordinairement employées.
- Il convient enfin de citer le bec Landi, construit par M. Tito Landi [M. Bon-titié, directeur, à Bayonne), qui fonctionnait en 1901 à l’alcool carburé et sous
- Fig. 4. — Bec Hélios.
- Fig. 5.
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- pression, et qui a fonctionné, cette année, devant le jury sans pression et avec de l’alcool dénaturé ordinaire.
- MM. Hantz et Cie ont complètement abandonné le dispositf qu’ils avaient présenté au concours de 1901 (fig o). Les mèches, qui amènent l’alcool, aboutissent à deux caissons métalliques méplats C,C. Entre ces caissons se dresse verticalement le mélangeur d’air M, qui n’est autre chose qu’un tuyau cylindro-conique évasé à la partie supérieure; ce tuyau se termine par une grille métallique B où se fait la combustion; sur les deux caissons est brasé un tube qui
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- établit entre eux une communication constante, et sur ce tube est fixé un autre tube S, qui descend entre les deux caissons, se recourbe et se termine par un injeeteur I, dont la pointe est dirigée au-dessous du mélangeur d’air. A la partie supérieure du bec Bunsen se dresse la tige de récupération T, intérieure au manchon. Le bec s’allume au moyen d’une topette d’alcool. MM. Hantz et Cie ont adapté ce bec à des éclairages variés, lampes de suspension pour salles à manger, pour salles de réunions, ateliers, etc., lampes appliquées au mur, lampes de projection, etc.
- Le bec Moderne, construit par M. Eliot (fig. 0) à Paris, comporte, comme le bec Alinot figuré au rapport de 1901 (1), un caisson annulaire G, dans lequel pénètrent les mèches absorbantes M ; celles-ci sont contenues dans une douille demi-annulaire et laissent vide une partie du caisson, qui constitue dès lors une chambre de vapeur. De la partie haute de ce caisson, c’est-à-dire de celle où le gaz renferme le moins de molécules liquides, part le tube F qui se recourbe et porte l’injecteur II, dont on peut régler le débit par le robinet E. L’injecteur envoie son gaz dans l’intérieur évidé du caisson annulaire, qui joue le rôle de mélangeur d’air. La tige de récupération T, qui communique avec le caisson, est encore intérieure au manchon; de plus, au-dessus du caisson et autour du bec B se trouve une hausse métallique L, qui entoure la partie basse de la flamme et s’échauffe également.
- Le principe du bec Hanvet, à Paris, présente une certaine analogie avec le précédent; le caisson où aboutissent les mèches est encore annulaire; mais celles-ci, au lieu d’être fixées à la partie inférieure, sont amenées sur la paroi cylindrique par des douilles latérales. Le mélange d’air, entraîné par l’injecteur, se fait encore dans la partie centrale évidée du caisson.
- M. Roy, à Paris, fait connaître, sous le nom de bec Robur, un bec de construction analogue.
- Le dispositif de gazéification dans le bec Perlich, présenté par la Société française d’incondescence Aner, à Paris, estbien plus compliqué. L’injection d’air et le mélange de celui-ci avec le gaz d’alcool s’exécutent dans une capacité entièrement close, en communication avec la récupération centrale.
- Nous avons décrit plus haut le bec Octrue, à veilleuse permanente. M. Octrue a construit, sur le même principe, un bec à récupération (fig. 7). Les deux douilles en U renversé, qui amènent l’alcool, enserrent en d, à l’endroit même de leur courbure, la tige centrale de récupération T, en sorte que la chaleur du manchon vient, à tout instant, chauffer la partie courbe des tubes, comme la chauffait précédemment la veilleuse permanente. Les tubes portent, contre leur surface et horizontalement, une crémaillère G, qui permet de les éloigner légè-
- (1) hoc. cit., p. 160.
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- rement l’une et l’autre de la tige récupératrice; le mouvement de la crémaillère détermine soit le réglage de la lampe, soit son extinction immédiate.
- M. Pollack, à Paris, a utilisé encore le tube en U renversé pour la construction de son bec Idéal (fîg. 8) Les deux branches verticales D sont remplies de perles de verre; elles se rejoignent à la partie inférieure en un seul tube E, qui
- Fig. 6. — Bec Eliot.
- — Bec Oclrue.
- reçoitl’alcool, ou plutôt l’alcool carburé en charge d’un réservoir, semblable aux réservoirs des anciens quinquets. Sur la partie supérieure du tube en U, là où l’alcool se gazéifie, est brasé un petit tube d qui descend, se recourbe et porte l’injecteur I que l’on règle au moyen d’un robinet pointeau. La récupération T aboutit directement sur la courbure du tube de gazéification.
- Il ne nous reste plus qu’à parler des becs dans lesquels la récupération s’effectue à l’aide d’une tige extérieure au manchon.
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- Ces becs nous sont déjà connus : ils ont été présentés au premier concours par M. Denayrouse, à Paris sous le nom de becs alvéolaires, et étudiés dans le rapport précédent (1). Nous n’avions pu à cette époque en donner le croquis; nous le donnons aujourd'hui (fîg. 9) Ces becs ont été soumis encore une fois, mais susceptibles de brûler de l’alcool dénaturé, perfectionnés’ et surtout sous le rapport de leur consommation, par M. De-nayrouse lui-même.
- M. Jalliet, à Paris, a apporté un bec connu en Allemagne sous le nom de bec Picolo, et en France sous le nom de bec Spiritus, construit d’après les principes indiqués par M. Denayrouse, à Leipsig par la Heizung und beleich-tung spiritus gesellschaft (M. Schneider, directeur).
- (1) Loc. cit., p. 159.
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- B. — APPAREILS DE CHAUFFAGE
- Nous avons distingué dans notre premier rapport les réchauds de cette catégorie, en réchauds alimentés per ascensum et en réchauds alimentés per des-censum, et dans chacune de ces classes nous avons étudié les appareils suivant la façon dont l’alcool y était gazéifié; nous ferons de même aujourd’hui.
- A, — Réchauds alimentés « per ascensum ».
- a. Réchauds où l'cdcool est gazéifié 'par une veilleuse permanente. — Le bec Préféré, construit par la Société la Continentale Nouvelle se prête aussi bien au chauffage qu’à l’éclairage. Celle-ci le place au centre d’un réchaud, au centre d’un poêle d’appartement, dans l’intérieur d’un chauffe-bains, dansle foyer d’une Salamandre. Le poêle, que nous avons eu à examiner, s’est montré spécialement intéressant : il est à double circulation, muni d’un tuyau pour l’évacuation dez gazs chauds; de plus, les petits réservoirs d’alcool, dans lesquels plongent les mèches des becs Préférés, sont en relation par le haut et le bas, avec le réservoir général circulaire, placé dans le pied du poêle, qui renferme l’alcool, en sorte qu’il se fait entre les premiers et ce dernier une circulation automatique, en thermo-siphon, et cette circulation égalise la température de l’alcool, qui tendrait à s’échauffer dans le réservoir du bec, s’il y séjournait trop longtemps.
- M. Eliot, à Paris, d’une part; M. Daudel, à Paris, de l’autre, nous ont montré des fournaux identiques, à veilleuses permanentes. L’alcool n’est pas gazéifié dans une chaudière, mais dans un tube en arcade, à travers lequel passe une mèche de coton, dont les deux extrémités plongent dans le réservoir, et au-dessous duquel on maintient la veilleuse allumée. A la partie supérieure de l’arcade sont adaptés soit une simple couronne, soit un champignon, percés de trous, qui forment réservoirs de vapeur. L’alcool est, dans ce réchaud, simplement gazéifié; il brûle à la sortie des petits trous, sans être préalablement mélangé d’air, à la façon dont brûle le gaz sur une rampe. Tant que la mèche reste imbibée d’alcool, elle n’est pas détruite par la chaleur; mais elle se carbonise si on laisse le réservoir se vider.
- On peut rattacher à la description de ces réchauds l’étude de petits brûleurs, sans mèches, d’une simplicité extrême que nous nommerons réchauds à puits central pour les distinguer des autres réchauds sans mèches; ces brûleurs sont venus d’Allemagne, où la modicité de leur prix en a vulgarisé l’emploi.
- Ils se composent (fig. 10) d’un réservoir à col allongé cylindrique et vertical, dans lequel est logé un tube concentrique à ce col, espacé de celui-ci de quel-
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- ques millimètres et formant un véritable puits. Que l’on imagine ce col replié sur lui-même et rentrant verticalement dans le réservoir, comme le doigt d’un gant retourné, et l’on aura une représentation assez exacte de l’aspect qu’offre le brûleur. Le tube central ne descend pas jusqu'au fond du réservoir, en sorte qu’il communique avec lui. La tête du col droit est percée de petits orifices. On verse de l’alcool dans le puits central qui, par équilibre hydrostatique, se répand dans le réservoir; on allume l’alcool dans le puits, qui flambe à la façon d’un punch, échauffe les parois du tube, échauffe la couche superficielle de l’alcool contenu dans le réservoir, et l’on voit alors celui-ci, gazéifié, venir brûler à la sortie des trous pratiqués à la partie supérieure. C’est donc là un réchaud où l’alcool est gazéifié par une flamme permanente. Cependant, quand la combustion est trop vive, la flamme centrale, manquant d’air, s’éteint pour reprendre aussitôt que l’air a de nouveau accès au cen- ^ tre. M. Muller, à Paris (réchaud le Brillant) ; M. Dufour, à Paris; M. Dockès, à Paris; M. Delamotte, à Paris, ont apporté au jury ce brûleur. Ceux de MM. Dufour et Dockès peuvent être réglés au moyen d’une bague roulant sur une rampe hélicoïdale, à la hauteur des trous de flamme; celui de M. Delamotte se règle en faisant jouer, dans l’intérieur du puits central, un faux fond mobile qui limite la quantité d’alcool en combustion directe. L’intérieur du réservoir renferme, en outre, une mèche d’amiante qui conduit plus rapidement l’alcool vers les trous où il doit brûler.
- b. Réchauds où l’alcool est gazéifié par une flamme dérivée. — La Société des calorifères Polo {M. Posno, directeur) n’a apporté aucune modification au réchaud le Polo, qui avait été déjà expérimenté par le jury de 1901 (1). Nous ne reviendrons pas sur cet ingénieux appareil, qui peut servir à la fois comme réchaud de cuisine, et comme poêle d’appartement.
- M. Gautreau, à Paris, couvre la mèche d’une grosse lampe à alcool au moyen
- (i) Loc. cit., p. 162.
- Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902.
- Fig. 10. — Réchaud à puits central.
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- d’un capuchon percé de trous. Au-dessous de ce capuchon, la mèche, renfermée dans une gaine, peut, par l’abaissement de cette gaine, se découvrir plus ou moins. On allume cette partie de la mèche découverte, et les flammes qui s’en échappent gazéifient l’alcool accumulé dans le capuchon.
- c. Réchauds où l'alcool est gazéifié par la flamme meme du Bunsen. — Il n’a pas été présenté de fourneaux de ce genre.
- d. Réchauds où l’alcool est gazéifié par récupération de chaleur. — Le concours de 1901 a vu l’apparition de réchauds, de petites dimensions, d’une construction simple et bon marché, qui ont été imaginés en Allemagne et dont l’usage y est répandu. Ceux-ci brûlent l’alcool gazéifié, mais sans être au préalable mélangé d’air.
- Dans cet ordre d’idées, on rencontre tout d’abord des réchauds dans lesquels la mèche ascendante condui t l’alcool vers une capsule de gazéification : celle-ci est percée de trous, et l’alcool gazeux s’en échappe pour brûler au contact de l’air. On commence par échauffer cette capsule à l’aide soit d’une allumette, soit d’une topette, soit d’une petite veilleuse latérale; dès que l’alcool brûle à la surface de la capsule, il échauffe suffisamment celle-ci pour entretenir la gazéification. Ce sont donc des réchauds dans lesquels la gazéification est fournie par récupération de chaleur.
- L’un de ces réchauds a été décrit dans le Bulletin du Ministère de Vagriculture (1901, p. 1 078) parM. Sidersky, sous le nom de brûleur Kindermann. Des réchauds de ce genre sont construits par la maison Kemper et Damhorst, à Berlin. Le réservoir de gazéification peut être lenticulaire, comme ceux de MM. Schuster et Baër, à Berlin; de M. Posno, à Paris; de M. Hauvet, à Paris; de la Compagnie générale de l'alcool, à Paris; de M. Girbal, au Mans. Il peut être méplat à la partie supérieure, comme celui de M. Daudel, à Paris. Dans tous les cas, l’alcool gazeux s’échappe à la périphérie de la pièce lenticulaire. Quelquefois aussi le réservoir est formé d’une couronne évidée, percée de trous, à l’intérieur de laquelle est une mèche circulaire d’amiante, alimentée par deux mèches de coton, ascendantes, disposées aux extrémités d’un diamètre de la couronne (fig. 11), modèle adopté par la maison Schuster et Baër. La Compagnie générale de l’alcool a substitué aux mèches de coton des mèches métalliques qui permettent un allumage plus rapide.
- A ces appareils il convient de rattacher le réchaud dont M. Pierre avait créé hâtivement le modèle pour le faire connaître au concours de 1901, et quhl a largement perfectionné depuis (fig. 12). Le réservoir d’alcool R est cylindrique et déprimé vers son centre; de celui-ci part le tube porte-mèche M qui se termine par un champignon C percé de trous à la périphérie o,o, et à la base pp. A la
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- base du tube porte-mèche et contre le réservoir, se trouve le godet d’allumage G; un robinet R, à plusieurs voies, pouvant être manœuvré de l’extérieur par un levier L, permet d’envoyer de l’alcool dans la mèche, et permet de régler
- I
- Fig. 11. — Réchaud à gazéification simple.
- la double couronne de flamme et de l’éteindre. La couronne inférieure de flammes pp maintient la gazéification dans la lentille supérieure, et nous aurions considéré ce réchaud comme fonctionnant à la faveur de flammes dérivées, si
- Fig. 12. — Réchaud Pierre.
- sa conception ne se rattachait pas plutôt aux fourneaux précédemment décrits. La partie supérieure du réservoir à alcool est garantie contre la chaleur de la flamme par un écran en forme de cuvette E, percé de trous V. L’air appelé par la combustion est donc obligé de passer.en grande partie entre cet écran et la
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- partie supérieure du réservoir, en refroidissant celui-ci. M. Pierre a soumis au jury une cuisinière à deux réchauds dans laquelle les réservoirs d’alcool, semblables à deux bouilleurs de machine à vapeur, s’allongent parallèlement et en dessous du bâti de fonte. — Le réchaud Pierre peut être monté dans une carcasse de tôle et s’adapter au chauffage des appartements.
- MM. Eyrich et Graëtz, à Berlin, se sont préoccupés de gazéifier l’alcool à l’extrémité de la mèche, par la chaleur même que la combustion produit; c’est le même principe que celui sur lequel ont été construits les fourneaux précédents ; mais il n’y a pas de capsule de gazéification entre la partie supérieure de la mèche et la flamme qui en provient. Une grosse mèche est enfermée dans un capuchon métallique dont la partie supérieure porte une haute saillie circulaire percée de trous, et au centre de laquelle est une veilleuse. Celle-ci, allu-
- Fig. 13. — Réchaud Denayrou.se.
- mée, échauffe les parois intérieures de la saillie circulaire et y volatilise l’alcool. Elle s’éteint, dès que la couronne est en feu.
- M. Roy, à Paris, couvre également une grosse mèche d’un capuchon sur lequel il monte une fusée centrale et une couronne circulaire, percées de trous.
- C’est encore en gazéifiant l’alcool à la partie supérieure de la mèche que M. Vallet, à Paris, obtient une flamme chauffante.
- Le réchaud imaginé, pour ce concours, par M. Denayrouse (fig. 43), est un perfectionnement fort intéressant des petits brûleurs sans mèche dont il a été parlé plus haut. Le réservoir est annulaire, et au centre du réservoir est une douille circulaire qui renferme non pas une mèche tressée de coton, mais du sable ou de l’émeri; la partie inférieure de cette douille est en communication par le bas avec le réservoir, et cette communication est commandée par un robinet dont le bouton est en B; la partie supérieure porte de petits orifices pour l’échappement du gaz enflammé. Dans le bas de la douille, et contre la
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- paroi extérieure est un godet circulaire, d’allumage G, en communication également avec le réservoir par l’intermédiaire d’un robinet dont le bouton est en A. Quand la douille est échauffée par la combustion de l’alcool versé dans le godet, le gaz d’alcool, dégagé de la mèche, s’enflamme, et entretient sur la douille une chaleur suffisante pour assurer la gazéification continue. Un écran en forme d’entonnoir protège le réservoir contre la chaleur de la flamme.
- Jusqu’ici les appareils fonctionnant par l’intermédiaire d’une récupération de chaleur ont produit du gaz d’alcool non mélangé d’air; voici maintenant les réchauds à récupération, brûlant à la façon des becs Bunsen.
- Les réchauds Denayrouse à alvéoles, fonctionnant à l’alcool carburé, les réchauds Decamps (brevets Lecomte), fonctionnant à l’alcool dénaturé, ont été décrits au Rapport précédent (1). Il convient d’ajouter cependant que M. Lecomte est parvenu à faire brûler dans ses réchauds de l’alcool carburé à 50 p. 100, sans produire de flammes fuligineuses. La couronne porte deux rangées superposées de flammes.
- Les réchauds de M. Fouilloud, à Paris, à l’alcool carburé, sont également connus (2). M. Fouilloud les présentait, adaptés à des réchauds de cuisine fonctionnant soit à l’alcool dénaturé (réchaud le Moderne), soit à l’alcool carburé (réchaud le Bleuet), à un poêle d’appartement, à des fourneaux de laboratoire, à un fourneau de cuisine, comprenant un four de pâtisserie.
- Nous avons retrouvé également les Becs 1900, créés parla Société la Continentale Nouvelle, servant à chauffer, dans un poêle forme cheminée, du coke artificiel.
- Seul, dans cette classe, le réchaud de M. Richard deEiken, à Paris, nous était présenté pour la première fois. L’alcool, contenu dans un réservoir inférieur, s’échauffe d’abord par la combustion d’une coupe d’alcool; puis par un disque, récupérateur découpé en étoile, placé au milieu de la flamme.
- B. — Réchauds alimentés per descensum.
- a. Réchauds où l'alcool est gazéifié par une veilleuse permanente. — Aucun appareil de ce genre n’a été inscrit au concours; cependant, nous croyons devoir signaler un chauffe-bain, construit par M. Mortimer Sterling, à Paris, et admis à l’Exposition, qui a clôturé le concours. Un réservoir d’alcool, rectangulaire, fermé, est chauffé par une série de lampes à alcool. Le liquide du réservoir entre en pression et sort violemment par de petits tubes, soudés en dessous, qui le conduisent dans des becs Bunsen; au-dessus de ceux-ci est établi un tube à ailettes de construction spéciale, dans lequel on fait circuler l’eau que l’on désire chauffer.
- (1) Loc. cit., p. 163-164.
- (2) Loc. cit., p. 164-165.!
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- b. Réchauds où l'alcool est gazéifié par une flamme dérivée. — Le réchaud Prévoteau (réchaud l’Économe), à Paris, nous a été présenté identique à ce qu’il était en 1901 (1).
- Dans ce réchaud, comme d’ailleurs dans ceux qui seront ci-dessous décrits, l’alcool est gazéifié dans un tube droit, rempli par un pinceau métallique, de façon à éviter le reflux de gaz vers le réservoir; le gaz d’alcool entre dans un tube parallèle, immédiatement en dessous du premier, qui sert de mélangeur d’air, et de ce second tube partent une ou deux couronnes de gaz concentriques. Dans le réchaud Prévoteau, il n’y en a qu’une; mais, à l’intérieur de cette couronne, sont établies deux branches parallèles, percées de trous, qui échauffent constamment le tube de gazéification. Dans le réchaud Bernier (M.- Brillié, ingénieur), à Paris, et dans le réchaud Vallad, à Paris, le tube mélangeur d’air est lui même percé, et gazéifie l’alcool à son passage dans le tube supérieur. Au lieu de placer le réservoir à alcool, rigide au-dessus du fourneau, M. Vallad le relie à celui-ci au moyen d’un caoutchouc qui n’offre pas une sécurité complète. M. Bernier a substitué, pour les fourneaux destinés à l’exportation, la tôle émaillée à la fonte, parce que la tôle est plus légère.
- Le réchaud de M. Dockès, à Paris, comporte deux couronnes de gaz; mais, au lieu de gazéifier l’alcool dans un tube droit, il le fait passer dans un petit tube circulaire, qui est placé exactement au-dessus de la plus petite des couronnes.
- c. Réchauds où l'alcool est gazéifié par la flamme. — On connaît déjà le réchaud le Réglable, construit par M. Barbier, à Paris; malgré qu’il ait reçu depuis 1901 quelques perfectionnements de détail, destinés à le rendre plus économique et plus puissant, nous ne le décrirons pas de nouveau.
- M. Delamotte, à Paris et à Quessy (Aisne), forme son réchaud en disposant l’un au-dessus de l’autre deux tubes circulaires de même diamètre. L’un est le gazéificateur, l’autre le mélangeur d’air; ce dernier est percé de trous et les flammes qui s’en dégagent chauffent le gazéificateur.
- Le mélangeur d’air, dans le réchaud de M. Floquet (fig. 14), à Paris, est de beaucoup plus grande dimension que dans les réchauds précédents. C’est une véritable caisse en cuivre rouge, dont la partie supérieure, légèrement bombée, de 10 centimètres de diamètre environ, porte une série de trous concentriques. Le tube de gazéification est enfoncé, pour ainsi dire, dans le dôme delà caisse, et se trouve chauffé par les flammes mêmes et par la conductibité du cuivre. Le gaz pénètre par un injecteur Bunsen dans l’intérieur de la caisse.
- (1) Loc. cit., p. 166.
- (2) Loc. cit., p. 167.
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
- 187
- d. Réchauds où Valcool est gazéifié par une récupération de chaleur. — Le réchaud construit par M. Desvignes de Malappert, à Paris, est également muni de deux couronnes concentriques ; au centre de la plus petite est un champignon, à double enveloppe, qui est relié par un tube horizontal au réservoir en charge, et qui constitue une véritable récupération. L’alcool y accomplit une double circulation et s’y gazéifie, poursuit son chemin, à l’état gazeux, dans un tube horizontal en prolongement du premier, et traverse en arrière un robinet pointeau; il entre dans le tube horizontal, qui sert de mélangeur d’air et qui
- Fig. 14. — Réchaud Floquet.
- est placé cette fois non pas en dessous, mais en dessus du tube gazéificateur. Il alimente les deux couronnes concentriques fixées sur le tube mélangeur d’air, et réchauffe constamment le champignon récupérateur. M. Desvignes dispose son brûleur dans un poêle d’appartement.
- M. Desvignes a fait fonctionner devant le jury une rôtissoire où les viandes sont cuites par la réverbération à leur surface de jets d’alcool gazéifié, semblables aux jets que fournissent les rampes à gaz.
- III. — Appareils divers
- A. --- CHALUMEAUX A BRASEK
- M. Fouilloud, à Paris, a conservé, pour la construction de ses chalumeaux à braser, le dispositif que le jury avait été à même d’apprécier déjà en 1901 (1);
- (1) Loc. cit., p. 1G8-109.
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- 188
- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- il a créé des modèles encore plus puissants que ceux cités précédemment; celui qu’il a présenté au jury comportait une double tige de récupération, projetait une flamme d’alcool carburé de 35 centimètres de long et produisait un travail que l’on peut estimer d’un tiers supérieur à celui que le modèle de 1901 pouvait fournir.
- La Société des brûleurs Roger, à Paris, a adapté son système de brûleur à un chalumeau à braser, fonctionnant à l’alcool carburé, sous 2 kilogrammes de pression.
- B. -- FERS A SOUDER
- M. Fouilloud a également perfectionné ses fers à souder; ils sont capables aujourd’hui de fonctionner à l’alcool dénaturé seul, et fournissent une quantité de chaleur comparable à celle des fers à souder au gaz, avec une dépense de 275 centimètres cubes d’alcool à l’heure. M. Fouilloud construit pour les ateliers des usines où l’on soude de grandes quantités de boîtes (conserves alimentaires, sardineries, etc.) des rampes en communication d’un côté avec un réservoir où l’alcool est comprimé à 0k£, 500, d’un autre avec un nombre indéfini de fers a souder; chacun d’eux est muni de tuyaux de caoutchouc souples et est commandé par un robinet pointeau indépendant.
- G. - LAMPES A SOUDER, A BRASER
- M. Fouilloud nous montre encore des lampes à souder, à braser, dont nous connaissions déjà la bonne construction.
- M. Pierre également nous rappelle ses lampes soudeuses, ses petits chalumeaux pour joailliers, horlogers, etc.
- M. Delàmotte a apporté au jury une lampe Bartel, brûlant 480 centimètres cubes d’alcool dénaturé à l’heure.
- D. --- APPAREILS DE LABORATOIRE
- Deux constructeurs seulement ont présenté des appareils aménagés spécialement pour les laboratoires : ce sont deux becs Bunsen, destinés aux incinérations, aux fusions, etc., l’un construit par M. Meyer, à Vilry-le-François, l’autre par M. Bartel, à Dresde, et présenté par M. Delàmotte.
- Le chalumeau de M. Meyer est relié par un tuyau de caoutchouc à un réservoir de pression à 1 kilogramme ; il est formé par unemasselotte de bronze, creusée en son milieu, et dans l’épaisseur de laquelle l’alcool peut circuler. On commence par échauffer la masselotte, dont la température s’entretient ensuite par la chaleur que produit la combustion même du bec.
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
- 189
- Le chalumeau de M. Bar tel possède exactement la forme et l’aspect extérieurs des becs Bunsen de nos laboratoires; il fonctionne à l’alcool dénaturé, alimenté par un réservoir en charge de 80 centimètres au-dessus de lui. C’est encore dans le paroi de la masselotte que l’alcool se gazéifie et se surchauffe.
- M. Delamotte a réalisé des rampes à gaz d’alcool pour chauffer les étuves, les bassines d’évaporation, etc. Elles sont formées de deux tubes superposés, l’un recevant en charge l’alcool, et le gazéifiant, l’autre faisant fonction de mélangeur d’air, percé d’orifices à l’extrémité desquels brûle le gaz, et chargé de chauffer le tube gazéificateur, système identique à celui que M. Delamotte emploie dans la construction de ses réchauds.
- Les réchauds de M. Denayrome, de M. Fouilloud, de la Société des brûleurs Roger, de M. de Eikel, tous ceux qui ont une grande puissance calorifique, peuvent avec avantage figurer dans nos laboratoires.
- E. — FERS A REPASSER
- Le fer à repasser de M. Wintenberger, dans lequel on introduit une rampe à gaz d’alcool, n’a pas reparu à ce concours ( 1 ). Il nous a été présenté, sous une forme différente, par M. Kalmar,h Budapesth ; sa consommation de 100 centimètres cubes à l’heure est identique à celle du précédent. Le public semble préférer l’emploi d’un réchaud pouvant être aménagé pour chauffer un ou plusieurs fers à repasser ordinaires et, au besoin, se prêter aux usages culinaires. La Société la Continentale Nouvelle, M. Hauvet, M. Daudel, M. Desvignes de Malcippert ont fait de leurs réchauds des chauffe-fers à repasser.
- F. CHAUFFERETTES, CHAUFFE-PLATS, etc.
- Nous avons retrouvé les appareils de la Société de chauffage hygiénique [M. Laborde, directeur), à Agen, déjà décrits, ainsi que d’autres, assez semblables, construits par M. Hauvet, à Paris.
- G. FERS A FRISER, A ONDULER
- Cette classe d’appareils ne comportait que deux concurrents, M. Lefèvre, à Paris, dont nous connaissions déjà les appareils, et-M. Delamotte, h Paris.
- (1 ) Loc. cit., p. 170.
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- 190
- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- II
- Le jury devait être guidé dans l’appréciation de la valeur des appareils qui lui étaient soumis par la mesure scientifique de leur consommation en fonction du travail produit.
- A. --- APPAREILS D’ÉCLAIRAGE
- La consommation des appareils d'éclairage en fonction de leur intensité lumineuse a été déterminée par M. Laporte, membre du jury, sous-directeur du Laboratoire central d’électricité, assisté de M. Horeau, ingénieur agronome. L’examen des appareils de chauffage pour appartements, bains, serres, etc., a été confié à M. Grouvelle, membre du jury, professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures, assisté de M. Marchand, ingénieur des Arts et Manufactures ; et celui des réchauds domestiques, à M. Villard, membre du jury, professeur remplaçant au Conservatoire des Arts et Métiers, assisté de M. Peignot, préparateur. Les essais de M. Grouvelle ont été exécutés à l’École centrale; ceux de M. Laporte et de M. Villard, au laboratoire de M. Violle, au Conservatoire des Arts et Métiers. Enfin, M. Lindet, membre du jury, professeur à l’Institut national agronomique, a examiné, au Laboratoire de technologie agricole de cette Ecole, les appareils de laboratoire, les fers à souder, les chalumeaux à braser, les fers à repasser, etc.
- Nous donnons ci-dessous, tout d’abord, les résultats obtenus au laboratoire de photométrie du Conservatoire des Arts et Métiers par M. Laporte (l).Les lampes étaient photomélrées quand elles avaient pris leur intensité, pesées à ce moment, et maintenues allumées pendant une ou deux heures. Les résultats, qui représentent la consommation, sont traduits en bougie-heure et en centimètres cubes.
- La colonne qui indique la dépense en centimes de chacune des lampes examinées renferme, en général, des chiffres inférieurs à ceux de la colonne correspondante dans le tableau de 1901 (2). Le commerce ayant pu, depuis cette époque, abaisser le prix du litre d’alcool dénaturé de 0 fr. 50 à 0 fr. 40, la dépense a, par cela seul, diminué de 20 p. 100.
- On remarque tout d’abord que la consommation, par bougie-heure, des lampes à mèche, type des lampes à pétrole, diminue avec l’augmentation de la carburation (cela résulte de la composition même des liquides), mais qu’elle
- (1) Le photomètre employé est celui de Hartmann et Braun, de Francfort.
- (2) Loc. cit.
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool.
- 191
- est de 3 à 5 fois plus élevée que celle des lampes à gazéification et à incandescence.
- Dans les lampes à mèche, surmontées d’un manchon, Je rendement lumineux est moindre, puisque la consommation est de 30 à 30 p. 100 plus grande que la consommation des lampes à veilleuse ou à récupération.
- En présence des nombreux chiffres que les tableaux relatifs aux lampes à gazéification font connaître, nous devons renouveler les conclusions que nous avons déjà tirées des chiffres de 1901 :
- 1° L’interposition du manchon sur la flamme d’alcool fait croître dans les proportions de 1 à 30 l’intensité lumineuse;
- 2° L’addition de benzine à l’alcool augmente d’une façon remarquable la lumière et diminue en conséquence la consommation par bougie-heure ;
- 3° L’unité d’intensité de lumière coûte d’autant moins à produire dans une lampe déterminée que celle-ci est plus puissante ;
- 4° La pression qui détermine, à la sortie de l’injecteur, le jet du mélange de gaz d’alcool et d’air, influe sur l’éclat de la lumière et augmente le rendement de la lampe.
- Consommation des Lampes.
- (Essais de M. Laporte.)
- Lampes
- sans
- gazéification.
- Lampes domestiques à mèche (alcool carburé).
- Lampes domestiques à mèche et
- à manchon (alcool 1 dénaturé).
- A 35 p. 100. Soc. l’Al-
- kolumine...........
- A50 p. 100. Villeminot. A 40 p. 100. Blondel et
- Hincelin...........
- A 40 p. 100. Blondel et
- Hincelin...........
- A 54 p. 100. Roy. . . A 35 p. 100. Société des becs Juhle . . .
- MM. Schuster et Baer.
- Id..........
- Id..........
- MM. Ehrich et Graëtz. Société française d’incandescence .... MM. Meyer, Kopp et Cie. M. Liais.............
- PAR HEURE
- Intensité Consommation Dépense Consommation
- du bec du bec du bec par
- en en en bougie-heure
- bougies. cent, cubes. centimes. en cent, cubes.
- 8 80 » 10,0
- 20 108 » 5,4
- 13 94 » 7,2
- 16 117 » 7,3
- 12 103 » 8,6
- 7 62 » 8,9
- 15 81 3,2 5,4
- 37 126 5,0 3,4
- 46 147 5,9 3,2
- 42 130 5,6 3,3
- 27 119 4,8 4,4
- 28 126 5,0 4,5
- 8 50 2,2 6,3
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-
-
- AGRICULTURE
- AOUT 1902.
- Lampes
- pour
- usage
- domestique
- (alcool
- dénaturé).
- PAR HEURE
- Intensité du bec en bougies. Consommation du bec en cent, cubes. Dépense du bec en centimes. Consommation par bougie-heure en cent, cubes.
- Société continentale. — Becs préférés
- n° 1 52 131 6,0 2,9
- Becs Préférés n° 1.. 62 141 5,6 2,3
- Becs Préférés n° 2.. 31 66 2,6 2,1
- Becs Préférés n° 2.. 27 55 9 *> — 2,0
- Société des lampes
- Regina 20 91 3,6 3,5
- M. Octrue 29 118 4,7 4,1
- M. Hubert 73 150 6,0 2,0
- M. Gouverneur. . . . 50 111 4,4 2^2
- Id 53 108 4,3 2,0
- MM. Schuster et Baer. 15 81 3,2 5,4
- Id 37 126 5,0 3,4
- Id 38 97 3,9 2,6
- Id 46 147 5,9 3,2
- M. Gautreau 12 117 2,8 5,8
- Id 30 109 4,4 3,0
- Société nationale d’in-
- candescence. . . . 27 97 3,9 3,6
- Id 32 102 4,1 3,2
- M. Pasmantier. . . . 27 108 4,3 4,0
- M. Muller 24 111 4,4 4,6
- Id 51 149 6,0 2,9
- M. Chaubard. .... 33 166 6,6 4,4
- M. Erlanger 21 113 4,5 -i, 4
- M. Schuchardt. . . . 61 225 9,0 3,7
- Société des lampes Ile-
- gina (nouvelle). . . 48 119 4,8 2,5
- Société continentale.
- Bec 1900 61 212 8,5 3,5
- M. Soupiron 26 96 3,8 3,7
- M. Cossard 33 105 4,2 3,2
- M. Boivin 33 120 4,8 3,7
- Cie générale de l’ai-
- cool. 21 50 2,0 2,4
- Id 35 103 4,1 2,9
- Id 37 135 5,5 3,7
- M. Decamps 'et Cie. . 25 70 2,8 2,8
- Id 59 138 5,5 2,3
- M. I.andi 38 128 3,1 3,4
- Id 38 109 4,4 2,9
- M. Hantz 12 53 2,2 4,6
- Id 22 33 2,1 2,4
- Id 28 69 2,8 2,3
- Id 49 117 4,7 2,4
- M. Eliot 60 116 4,6 1,9
- M. Hauvet 32 84 3,4 2,6
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-
-
-
- l’éclairage et le chauffage par l’alcool
- 193
- Lampes
- avec
- gazéifi-
- cation
- (suite).
- PAR HEURE
- Intensité Consommation Dépense Consommation du bec du bec du bec par
- en en en bougie-heure
- bougies, cent, cubes, centimes, en cent, cubes.
- Lampes / I M. Roy 34 110 4,4 3,2
- pour usage \ Société française d’in-
- domestique J l candescence. . . . 45 104 4,2 2,3
- (alcool dénaturé). d. ) M. Octrue j M. Denayrouse (bec 51 138 5,5 2,7
- ' alvéolaire) 40 56 2,2 1,4
- Id 60 77 3,0 1,3
- M. Jallier 16 44 1,8 2,7
- Lampes 1 c' M. Roy 43 97 3,9 2,3
- pour usage M. Descamps, n° 1. . 40 52 1,1 1,3
- domestique i Id. n° 2. . 51 76 3,0 1,5
- (alcool ) cl. 1 Id 70 84 3,4 1,2
- carburé 1 M. Pollack, n° 1. . . 44 54 2,2 1,2
- à 50 p. 100). , Id. n° 2. . . 50 59 2,4 1,1
- M. Denayrouse (bec
- alvéolaire) 86 66 2,6 0,8
- 5 1 Société des brûleurs
- ) Roger. ...... Société continentale. 390 624 25,0 1,6
- Bec 1900 180 188 7,5 1,6
- M. Denayrouse. . . . 440 501 20,0 1,1
- Id 480 541 21,6 1,1
- 1 Société le Washington
- Lampes (bec Washington) . Id 640 810 800 1,012 32,0 40,5 1,2 1,2
- pour éclairage des rues, etc. (alcool dénaturé). j Société le Washington J \ (bec Kornfeld). . . 580 800 32,0 1,4
- M. Keim (lampe Schuchardt) 80 153 6,0 1,9
- ! M. Delamotte (lampe Monopole) 52 122 4,9 2,3
- Id 66 127 5,1 1,9
- Cie générale de l’alcool
- (lampe Hélios). . . 75 142 5,7 1,9
- M. Hantz 78 122 4,9 1,6
- d. Id 92 202 8,1 2 2
- Id 115 161 6,4 1,4
- Id 120 210 8,4 8,1
- Société des brûleurs
- Lampespour b 1 Roger 230 395 13,8 1,7
- éclairage 1 Id 430 413 16,5 1,0
- des rues, etc. l ld 615 539 21,6 0,9
- (alcool M. Denayrouse. . . . 350 294 11,7 0,8
- carburé ' c. Id 445 290 11,7 0,7
- à 50 p. 100). Id 700 529 22,1 0,7
- Id 870 565 22,6 0,6
- p.193 - vue 189/870
-
-
-
- 194
- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- Lampes
- avec
- gazéifi-
- cation
- (suite).
- __________PAR HEURE
- Intensité Consommation Dépense Consommatio du bec du bec du bec par
- en en en bougie-heure
- bougies, cent, cubes, centimes, en cent, cubes.
- Lampes pour éclairage des rues,etc. (alcool carburé à u0 p. 100).
- Société le Washington (bec Washington) .
- Id.........
- Société le Washington (bec Kornfeld). . .
- M. Hantz............
- Id.........
- Id.........
- Id.........
- Id.........
- 610
- 1,030
- 570
- 170
- 190
- 200
- 235
- 330
- 432
- 655
- 359
- 163
- 167
- 206
- 211
- 257
- 17,3
- 26,2
- 14.4 6,5 6,7 8,2
- 8.4 10,3
- 0,7
- 0,6
- 0,6
- 1,0
- 0,9
- 1,0
- 0,9
- 0,8
- M. Laporte a, par une représentation graphique publiée ci-dessous (fig 15), donné une démonstration élégante du 3e principe que nous venons de rappeler. Il a, comme l’avait fait d’ailleurs en 1899, à la Société nationale d’Agriculture, M. Ringelmann, porté en abeisses l’intensité lumineuse des lampes domestiques brûlant de l’alcool dénaturé, et, en ordonnées, la consommation de chacune d’elles. Il est évident que les points (1) marquant ces consommations vont se rapprocher de la ligne horizontale, au fur et à mesure que la puissance de la
- (1). Les numéros inscrits dans les cercles du graphique représentent les différentes lampes à alcool dénaturé, pour l’usage domestique, d’après l’ordre alphabétique des noms des constructeurs qui les ont apportées au jury, et que nous rappelons ci-dessous :
- 1. — Boivin.
- 2. — Chaubard.
- 3. — Compagnie générale de
- l’alcool.
- 4. — Compagnie générale . de
- l’alcool.
- o. — Compagnie générale de l’alcool.
- 6. — Compagnie générale de
- l’alcool.
- 7. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 8. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 9. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 10. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 11. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 12. — Société Continentale Nou-
- velle.
- 13. — Cossard.
- 14. — »
- 15. — Decamps.
- 16. —
- 17. — Denayrouse.
- 18. —
- 19. — Ehrich et Graëtz.
- 20. — Eliot.
- 21. — Erlanger.
- 22. — Gautreau.
- 23. —
- 24. — Gouverneur.
- 25. —
- 26. — Hantz.
- 27. —
- 28. —
- 29. —
- 30. —
- 31. — Ilauvet.
- 32. — »
- 33. — Hubert.
- 34. — Jallier.
- 35. — »
- 36. — Liais.
- 37. — »
- 38. — Meyer, Kopp et Gie.
- 39. — Muller.
- 40. —• Octrue.
- 41. —
- 42. — Pasmantier.
- 43. — Posno.
- 44. — »
- 45. — Roy.
- 46. — Schuster et Baër.
- 47. —
- 48. —
- 49. —
- 50. — Schuchardt.
- 51. — Société française d’incan-
- descence.
- 52. — Société française d’incan-
- descence.
- 53. — Société nouvelle d’incan-
- descence.
- 54. — Société nouvelle d’incan-
- descence.
- 55. — Soupir on.
- 56. — Tito Landi.
- 57. —
- 58. — Wertheimer.
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- h M 1 1 Moyenne de oyenne de i i i i toutes les lampes
- — 1 - ) !.. -1 s 23 meilleures lamp 1 l L-J— I 1 1 ! L i i 1— —i- J..I—J. -
- 10
- 20
- 25
- 35
- 4-5
- 55
- 30 40 J 50
- Intensités lumineuses ' Bougies décimales
- 60
- 65
- 70
- 75
- CO
- CK
- 80
- Pig. 13. — Graphique représentant la consommation des lampes domestiques à alcool dénature, en fonction de leur intensité lumineuse
- (d’après M. Laporte).
- L ECLAIRAGE ET LE CHAUFFAGE PAR L ALCOOL
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-
-
- 196
- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- lampe augmentera. A la simple inspection de ce graphique, on reconnaît que tous ces points se groupent de façon régulière. D’ailleurs, M. Laporte a établi les moyennes des consommations, d’une part, de toutes les lampes de ce genre admises au concours; de l’autre, des vingt-trois meilleures, et les deux courbes qu’il a tracées et qui sont reproduites ci-dessus nous indiquent l’exactitude du principe énoncé. La seconde de ces courbes est naturellement plus basse et plus tendue, puisqu’elle donne le rendement des lampes consommant la moindre quantité d’alcool.
- Cette façon de représenter graphiquement les résultats permet de se rendre compte très rapidement de la valeur des lampes. En effet, celles dontles points se rapprochent le plus de la ligne des abcisses sont celles dont la consommation est la moindre. Il suffit de mener à cette ligne une série de parallèles pour classer ces lampes en différentes catégories et pour reconnaître que :
- 3 fiées ont consommé de 1 gramme à lsr,5 d’alcool dénaturé par B. H.
- 10 — — l8'r,o à 2 grammes. — —
- 14 — — 2 grammes à 28r,5 — —
- 12 — — 2s1',o à 3 grammes. — —
- ~ — — 3 grammes à 38r,o —
- 4 — — 38r,3 à 4 grammes. — —
- 3 — — 4 grammes et au delà.
- Le résultat le plus remarquable que l’on a pu constater au concours de 1902 se traduit par une diminution considérable dans la consommation de certaines lampes à alcool. Le même procédé graphique va nous servir pour le démontrer.
- M. Laporte a imaginé de reprendre les résultats consignés au rapport de M. Ringelmann (1899), et de reproduire les deux courbes que celui-ci avait tracées (fig. 16): l’une, la plus haute, se rapporte aux lampes à veilleuse, l’autre aux lampes sans veilleuse. Au-dessous, il a placé la courbe qui représente la moyenne des résultats obtenus en 1901 par M. Couderchon sur les 17 lampes qui avaient été examinées à cette époque. Cette courbe se confond avec celle que donne l’étude des 58 lampes essayées par M. Laporte, au concours de 1902. Il semble donc que, s’il y a eu un grand progrès réalisé de 1899 à 1901 dans l’économie de la quantité d’alcool brûlé par unité de lumière, le rendement des lampes ne s’est guère modifié de 1901 à 1902. Il n’en est rien cependant; car si, comme l’a fait M. Laporte, on trace la courbe qui représente la consommation des 23 meilleures lampes du concours de 1902, on voit que cette courbe est de beaucoup au-dessous, et que nous possédons, en 1902, 23 lampes qui ont un rendement supérienr aux 17 lampes existant en 1901.
- De ce progrès réalisé, nous pouvons encore donner une preuve. Les lampes à veilleuse de la Société la Continentale Nouvelle sont les seules qui aient été
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool. 197
- essayées en 1899, en 1901 et en 1902. En examinant le tableau ci-dessous, on
- Fig. 16. — Graphique permettant de composer la consommation des lampes à alcool dénaturé
- en 1899, 1901 et ,1902.
- constate que, grâce à une étude attentive des conditions d’une bonne marche,
- Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902. 14
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- AGRICULTURE.
- AOUT 1902.
- cette Société esl parvenue à améliorer le «Bec Préféré » de façon telle qu’il brûle aujourd’hui deux fois moins d’alcool qu’au début.
- Diminution dans la consommation par bougie-heure des becs Préférés.
- 1899
- 1901
- 1902
- I II
- Intensité Consommation Intensité Consommation
- n bougies. par bougie-heure. en bougies. par bougie-heure.
- en grammes. en grammes.
- 27,3 3,23 31,4 3,88
- 23,3 2,30 36,4 2,73
- 27,0 1,70 31,0 1,77
- On voit d’ailleurs, d’après le tableau précédent et d’après le graphique, que les lampes de ce genre, c’est-à-dire les lampes munies de veilleuses permanentes, consomment des quantités d’alcool qui ont varié de lsr, 70 à 4 ou S grammes. C’est la meilleure démonstration que l’on puisse donner de la perfectibilité de certaines lampes. Elle résulte d’une étude rationnelle dans les dimensions des divers organes dont la lampe est pourvue, et surtout dans l’adaptation de la llamme à la forme du manchon, ce qui permet l’utiiisation maxima des calories fournies par l’alcool.
- Cette diminution de la consommation a une importance beaucoup plus grande que ne pourraient l'imaginer ceux qui neconsidèrent que la question de dépense.
- On reproche aux lampes à alcool de donner trop de chaleur, et d’échauffer non seulement la pièce où elles brûlent, mais aussi l’alcool contenu dans leurs réservoirs.
- On leur reproche également de fabriquer de Caldéhyde par suite d’une combustion incomplète.
- Il est évident que la lampe fournira d’autant moins de chaleur pour une même lumière, et fabriquera d’autant moins d’aldéhyde, qu’elle consommera moins, et que la combustion sera plus complète. Nous avons eu au concours des lampes dont le réservoir ne s’est pas échauffé de plus de 2 à 3° après six heures de combustion et qui n’ont pas donné d’aldéhyde. Les progrès réalisés dans la construction des lampes à alcool ont donc répondu aux différentes critiques qu’on leur adressait.
- B. --- APPAREILS DE CHAUFFAGE
- Ainsi qu’en 1901, on a pris comme étalon, pour juger de la valeur des réchauds, la quantité d’alcool qu’il convient de brûler pour porter à l’ébullition un litre d’eau. Eu même temps, on notait le temps nécessaire pour parvenir à ce résultat. Les chiffres obtenus par M. Yillard sont consignés dans le tableau suivant :
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- l’éclairage et le chauffage par l’alcool
- 199
- Consommation des réchauds.
- Essais de M. Villard.
- Pour élever 1 litre d’eau à l’ébullition, il a fallu
- Consommation Alcool Dépense
- à l’heure en en
- en cent, cubes. Temps. cent, cubes. centimes.
- Réchauds M. Pasmantier . . . 288 8' 38 1,5
- sans mèche. M. Seewer 240 9' 36 1,4
- Réchauds 1 Réchauds M. Chapée 367 8' 49 1,9
- sans ' à mèche. M. Gautreau .... 206 12' 40 1,6
- gazéification. M. Roulleau .... 192 12' 38 1.5
- (alcool M. Allain 245 10' 41 1,6
- dénaturé), i Réchauds à matières M. Pigeon 144 18' 43 1,7
- M. Chapuis .... 231 12' 46 1,8
- spongieuses.
- Veilleuse M. Eliot 261 10' 36 1,4
- permanente. M. Daudel 183 12' 37 1,5
- Réchauds Réchauds M. Dufour 209 11' 37 1,5
- à puits < M. Dockès 288 9' 43 1,7
- gazéification simple (alcool | dénaturé). central. ( M. Delamotte. . . . Compagnie générale 209 11' 37 1,5
- Réchauds 1 de l’alcool. . . . M. Pierre 165 240 14' 9' 38 36 1,6 1,4
- cl couronnes. , MM. Ehrich et Graëtz. 310 8' 41 1,6
- M. Roy 319 7' 44 1,8
- M. Denayrouse. . . 273 8' 38 1,5
- à veilleuse Société continentale
- permanente, i (BecPréféré) (À) (1). Société des calori- 219 10' 36 1,4
- fères Polo (A). . . 285 13' 41 1.6
- M. Gautreau (A) . . 296 13' 40 1,6
- à flamme M. Prévoteau (D). . 326 8' 43 1,7
- Réchauds dérivée. M. Bernier (D). . . 423 6' 44 1,8
- à M. Vallad (D) . . . 216 12' 43 1,7
- M. Dockès (D). . . 240 14' 55 2,2
- gazéification et - (D) . • 144 22' 53 2,1
- mélange a M. Barbier (D) . . . 384 7' 44 1,8
- d’air gazéification M. Delamotte (D). . 374 7' 42 1,7
- (alcool dénaturé). par | la flamme. M. Hoquet (D). . . 370 6' 40 1,6
- M. Decamps (A).. . 312 8' 44 1,8
- (A). . 257 12' 51 2;0
- (A). . 252 10' 42 1,7
- cl récupération. — (A). . 151 17' 44 1,8
- M. Fouilloud (A). . 396 7' 46 1,8
- M. de Eiken (A) . . 310 7' 38 1,5
- i M. Desvignes (D). . 391 8' 50 2,0
- Réchauds M. Denayrouse (A). 354 6' 39 1,6
- à alcool carburé récupération. M. Decamps (A) . . 120 12 23 0,9
- à 50 p. 100. M. Fouilloud (A). . 245 8' 34 1,4
- (1) Les lettres A et D désignent le système d’alimentation per ascensmn ou per descension.
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- Nous avons déjà fait remarquer, en 1901, que la gazéification préalable de l’alcool n’amenait pas grande économie dans la consommation de celui-ci. La démonstration est encore plus frappante dans les expériences de 1902. Quelque soit le réchaud, que l’alcool brûle liquide ou qu’il y brûle gazéifié, il faut, pour faire bouillir un litre d’eau, dépenser de 36 à 44 grammes d’alcool. La puissance du réchaud n’a pas d’influence, si ce n’est sur la durée du chauffage.
- Cependant, les réchauds à gazéification présentent un avantage sur les réchauds à mèche; la flamme disposée, en général, sous forme de couronne peut être plus facilement dirigée sur le vase que l’on désire chauffer. Elle est plus fixe, et ne vacille pas sous l’influence du moindre déplacement d’air; de plus, grâce au robinet pointeau, elle peut être réglée à volonté.
- Les progrès accomplis depuis le concours de 1901 ne sauraient être méconnus. Ainsi que nous l’avons fait remarquer plus haut, plusieurs de nos constructeurs ont réalisé des perfectionnements qui correspondent à une économie de combustible et à un meilleur fonctionnement de la lampe. En tout cas, des inventeurs et des constructeurs se sont mis à l’œuvre pour résoudre, avec toutes les garanties de sécurité et d’économie, le problème de l’éclairage et du chauffage par l’alcool.
- On peut, dans les annales de l’industrie, citer nombre de problèmes qui ont été au début en partie réalisés par des tâtonnements empiriques; mais aucun de ces problèmes n’a pu recevoir une solution définitive que le jour où la science l’a étudié avec la patience désintéressée et les procédés rigoureux dont elle dispose. Il semble qu’il soit temps aujourd’hui de demander à la science ce que des forces disséminées, impatientes de conclure, insuffisamment instruites, ne peuvent apporter. Nous opérons sur des mélanges quelconques : l’alcool, de composition à peu près constante, il est vrai, est additionné de méthylène qui est loin d’être un corps pur; on ajoute des carbures provenant de la distillation de la houille; mais quels carbures? du benzol mélangé plus ou moins de ses homologues supérieurs, de thiophène, de composés sulfurés, etc. ; on ajoute des hydrocarbures du pétrole, mais ces hydrocarbures sont des mélanges complexes à point d’ébullition variable. Nous opérons avec des lampes de constructions différentes, dont les organes ont été créés, sous leurs formes et sous leurs dimensions, en s’inspirant seulement des faits de l’expérience. Nous couvrons la flamme d’un manchon, dont la composition nous est mal connue, et qui ne s’adapte pas toujours à la courbure de cette flamme.
- Il y aurait un grand intérêt, pour le développement de l’éclairage et du chauffage à l’alcool, à ce que la science, qui est venue si souvent en aide à l’agriculture, vienne encore une fois guider l’esprit inventif de nos constructeurs.
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- ARTS MÉCANIQUES
- NOTE SUR LES MOTEURS, LES AUTOMOBILES ET LES BATEAUX A ALCOOL DU CONCOURS
- international de 1902 par M. Ringelmann, membre du Conseil.
- A la suite du concours général de moteurs et d’appareils utilisant l’alcool dénaturé (novembre 1901), M. Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, avait décidé d’ouvrir pour le printemps de cette année, un concours international; il chargea un comité d’organisation, sous la présidence de M. Vassillière, directeur de l’agriculture, d’élaborer le programme général. Il fut décidé que, comme en 1901, le jury procéderait à des essais sérieux avant l’ouverture de l’Exposition.
- J’insisterai surtout, dans cette note, sur les moteurs; je n’ai pas eu le temps matériel de m’occuper des courses de vitesse ou de consommation des automobiles et des bateaux.
- Comme pour le concours de 1901, il y avait un grand nombre de moteurs inscrits (plus de 80) et peu de temps disponible, si l’on tient compte des manutentions nécessaires et du temps préalable qu’il convient de donner aux concurrents afin qu’ils puissent bien monter et régler leurs machines. On organisa 13 séries d’expériences, pour chacune desquelles 7 à 8 moteurs étaient inscrits; mais, par suite des désistements, les essais n’ont pu porter que sur 42 moteurs (1) présentés par 25 concurrents. Les expériences, qui se sont poursuivies sans interruption depuis la fin de mars jusqu’au 12 mai, ont toutes été effectuées à la Station d’essais de machines dont nous avons la direction (fig. 1 et 2).
- Le réglage de tous les moteurs a été laissé entièrement aux soins des concurrents auxquels nous avons tenu à donner, comme toujours, toutes les facilités possibles; les concurrents, qui arrivaient à la date fixée, ont eu tout le temps nécessaire pour procéder à leurs essais préliminaires, et nous n’avons commencé les constatations officielles qu’après avoir reçu la déclaration que les machines étaient en bon état. Conformément à nos habitudes, à la suite de chaque essai, tous les chiffres constatés, ainsi que les résultats des calculs, ont été immédiatement portés à la connaissance des intéressés, afin que ces derniers puissent, au besoin, présenter leurs observations.
- (1) La puissance des moteurs a varié de I/o de cheval à près de 52 chevaux.
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- Le classement des concurrents a été surtout basé sur la bonne utilisation de l’alcool et sur le bon fonctionnement des moteurs dans les différentes conditions de travail.
- Au sujet de la composition des mélanges utilisés, le règlement donnait toute liberté aux concurrents, qui devaient se prêter aux mesures de contrôle prescrites par le jury.
- Tous les moteurs, sauf un (1), ont fonctionné avec deux combustibles : l’al-
- Fig. 1. — Expériences sur les moteurs fixes à alcool, à la Station d’essais de machines.
- cool dénaturé pur ou l’alcool carburé à 50 p. 100. Lors des essais de chaque moteur, on a relevé Jes densités, les températures des combustibles; des échantillons ont été prélevés et analysés. Enfin, des analyses des gaz d’échappement ont été effectuées par M. Sorel, membre du jury, dans un petit laboratoire de chimie qui avait été aménagé à cet effet à la Station d’essais de machines.
- (1) Ce moteur utilisait de l’acétylène et de l’alcool dénaturé pur.
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- NOTE SUR LES MOTEURS, LES AUTOMOBILES ET LES BATEAUX A ALCOOL. 203
- Les expériences ont confirmé l’exactitude de la méthode adoptée lors des essais de 1901 pour ramener toutes les dépenses à une commune mesure; nous avons vu que, pour la même puissance et le même moteur, en tenant compte des différents systèmes (carburation, admission, mode d’action du régulateur, pertes par l’eau de refroidissement, etc.), on consomme, en poids, 7 d’alcool carburé à 50 p. 100 contre 10 d’alcool dénaturé pur (à 15° C les densités sont de 834 pour l’alcool dénaturé pur et 85 i pour l’alcool carburé à 50 p. 100.)
- Fig. 2. — Expériences sur les locomobiles à alcool, à la Station d’essais de machines.
- Pour rendre les résultats comparables, le jury a ramené toutes les consommations en alcool carburé à 50 p. 100 en multipliant par 0,7 les consommations constatées en alcool dénaturé pur quand les moteurs n’ont fonctionné qu’avec ce combustible; si nous n’avions pas adopté ce procédé, les moteurs n’ayant employé que de l’alcool dénaturé pur auraient été dans une condition d’infériorité par suite de leur consommation obligatoirement plus élevée que ceux qui utilisent l’alcool carburé à 50 p. 100.
- Toutes les conditions générales de fonctionnement des moteurs à alcool constatées en 1901 peuvent se replacer ici; elles ont été confirmées par les essais
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- ARTS MÉCANIQUES. --- AOUT 1902.
- de 1902 : mise en route aussi facile que pour l’essence minérale lorsqu’on emploie l’alcool carburé à 50 p. 100; chauffage préalable de mise en route et chauffage en cours de travail par une dérivation de chaleur prise sur la conduite de décharge dans le cas d’emploi de l’alcool dénaturé pur; pas d’odeur désagréable à l’échappement ni d’encrassement des soupapes et bon fonctionnement des moteurs bien réglés; les autres, qui ont employé de l’air trop ou pas assez carburé, ont eu des combustions imparfaites, et certains moteurs ont décomposé l’alcool par une élévation anormale de température ou de pression, en donnant naissance à différents produits (aldéhyde acétique, éthane, acide acétique, méthane et ses carbures homologues, acétylène, benzine et ses homologues, naphtaline; rarement du formol et de l’hydrogène); les échappements ont toujours été plus ou moins acides (acide acétique) en attaquant les soupapes. L’acidité des gaz d’échappement indique qu’il est bon de graisser ou mieux d’injecter un peu de pétrole lampant dans le cylindre et aux soupapes lors de l’arrêt du moteur à alcool, surtout quand cet arrêt doit être prolongé.
- Pour les moteurs à alcool, la grosse question réside dans le carburateur, dont le fonctionnement est surtout du ressort de la physique. Le réglage du carburateur est toujours très délicat par suite des proportions exactes qu’on doit observer, suivant la température, entre le débit et la vitesse de l’air à carburer relativement au débit et à la surface de contact du combustible avec cet air; comme on ne gazéifie pas le liquide, ainsi qu’on le dit trop souvent, il faut faire intervenir ici les tensions des vapeurs des mélanges combustibles à différentes températures, et dans certaines conditions de pulvérisation ou de vaporisation des liquides.
- J’ai déjà eu l’occasion d’indiquer que la consommation Y d’un moteur bien régulier et bien réglé (1), produisant un travail x, est représentée par :
- Y = a + b x
- dans laquelle a est la dépense à vide, influencée par la construction du moteur, l’ajustage, le mode d’allumage et de régulation, les pertes de chaleur, etc., alors que le terme b est indépendant du moteur et plus grand avec l’alcool déna turé pur qu’avec l’alcool carburé à 50 p. 100 dans le rapport général de 10 à 7, c’est-à-dire des pouvoirs calorifiques des combustibles. Voici d’ailleurs ces valeurs Y et Y' pour six bons moteurs différents, qui ont fonctionné consécutivement avec les deux liquides :
- (1) Cette équation s’applique à tous les moteurs à gaz tonnant (gaz d’éclairage, gaz pauvre, pétrole, essence minérale, alcool, etc.); — le coefficient b est en raison inverse du pouvoir calorifique du combustible employé.
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- Rapport des consommations.
- Puissance Alcool dénaturé Alcool carburé
- en chevaux. pur. à 50 p. 100.
- 5,1 10 6,80
- 8,3 10 7,66
- 14,0 10 7,07
- 16,3 10 6,85
- 19,0 10 7,03
- 34,3 10 7,61
- Chaque moteur était essayé successivement :
- A vide;
- A demi-charge;
- En pleine charge.
- Quelquefois, quand le temps l’a permis, j’ai procédé à un essai pouvant s’intercaler entre la demi-charge et la pleine charge. Enfin, quand cela était possible, on refaisait les mêmes expériences avec un autre combustible.
- Les résultats constatés ont été représentés graphiquement, et la figure 3 en donne un exemple : les consommations horaires d’alcool Y sont portées en ordonnées et le travail utilisable X, constaté au frein, est porté en abcisse.
- Pour l’alcool carburé à 50 p. 100, par exemple, la consommation horaire, à vide, est a; à demi-charge x', elle est n; à pleine charge x, la consommation est m. Dans le cas d’emploi de l’alcool dénaturé pur, le même moteur donne les consommations correspondantes a'n'm'. Pour les bons moteurs, les trois points a n et m ou a' n' et m! sont suivant une ligne droite qui nous donne l’équation :
- Y = a + b x
- dont nous avons parlé plus haut; les ordonnées 'm et m' sont dans le rapport général de 10 à 7.
- Les mauvaises machines, ou les moteurs mal réglés, ont des consommations désordonnées, croissant brusquement, suivant la ligne c d, soit par suite d’augmentation des résistances passives, de pertes de chaleur, de mauvais
- Fig. 3. — Consommation horaire d’alcool (V) d’un moteur à alcool suivant la puissance (X) en chevaux au frein.
- a consommation avide d’alcool carburé à 50 p. 100; a’ consommation à vide d’alcool dénaturée pur; n, m, consommation aux puissances x' et x (alcool carburé à 50 p. 100) ; n', m' consommation aux puissances x' et x (alcool dénaturé pur); ai, c, d, courbe de la consommation d’un moteur mal réglé.
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- Fig. 4. — Consommations horaires de différents moteurs à alcool.
- ‘Y consommation par heure d’alcool carburé à 50 p. 100; x puissance en chevaux au frein; (1) moteurs à marche rapide; Les tracés (.—.—.—.=) sont relatifs à des locomobiles à marche lente.
- Fig. 5. — Consommations relatives des moteurs à marche lente (1) et des moteurs
- à marche rapide (II).
- Y consommation horaire d’alcool carburé à 50 p. 100; æ puissance en chevaux, au frein
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- réglage du point d’allumage, soit surtout à cause des combustions imparfaites dues le plus souvent à la mauvaise carburation de l’air.
- La consommation à vide a croît avec les dimensions du moteur, c’est-à-dire avec la puissance maximum qu’il est capable de fournir, comme l’indique la figure 4 sur laquelle nous avons reporté les consommations de moteurs très différents les uns des autres.
- Les résultats d’expériences de 1901 montrèrent que les moteurs à grande vitesse angulaire, spécialement construits en vue des applications aux automobiles et aux bateaux, mais pouvant s’employer comme moteurs fixes, ont une consommation spécifique plus élevée que les machines à marche relativement lente (fig. o). Pour ce motif, en 1902, chaque catégorie (moteurs de moins de 2 chevaux; moteurs de 2 à 6; de 6 à 10; de plus de 10 chevaux, locomobiles) fut divisée en deux sections, et, au lieu de se baser sur la vitesse angulaire, il était plus simple de considérer le poids du moteur, ce poids étant d’autant plus faible que le moteur doit faire un plus grand nombre de tours dans l’unité de temps (la limite du poids fut fixée à 30 kilogrammes par cheval, non compris les pièces accessoires qui ne sont pas indispensables au fonctionnement de la machine).
- Pour un certain nombre de bons moteurs soumis aux essais, les valeurs de a, de l’équation précédente, sont indiquées dans le tableau ci-dessous :
- Consommation Consommation
- Puissance horaire à vide Puissance horaire à vide
- maximum (en grammes) maximum (en grammes)
- du moteur * d’alcool carburé du moteur d’alcool carbun
- en chevaux). à 50 p. 100. (en chevaux). à 50 p. 100.
- X a X a
- Moteurs fixes à marche lente. Locomobiles à marche lente.
- 1,82 426 6,21 684
- 5,1 o 327 8,31 1 760
- 8,35 644 11,37 1 470
- 12,18 1 033
- 19,04 1 693 Moteurs fixes à marche rapide.
- 34,46 2 288 6,14 1 083
- 8,89 2 046
- 31,50 9 948
- La consommation spécifique y = —
- a
- ij = - -f b,
- doit diminuer avec la puissance x des moteurs, comme cela s’observe dans toutes les machines, et quelques résultats généraux, relatifs à de bons moteurs, sont indiqués ci-dessous. Pour les locomobiles, dont le moteur entraîne générale-
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- ment une pompe de circulation d’eau et un ventilateur, la dépense spécifique est plus élevée que pour les moteurs fixes :
- Consommation horaire Puissance (en grammes d'alcool
- maximum carburé à 50 p. 100).
- (en chevaux). Totale Par cheval
- x Y y
- Moteurs 'fixes à marche lente.
- 1,83 1 010 531
- 5,15 ‘ 1 680 326
- 8,35 2 820 337
- 12,18 4 442 365
- 16,34 3 810 233
- Consommation horaire Puissance (en grammes d’alcool
- maximum carburé à 50 p. 100).
- (en chevaux). Totale Par cheval
- x Y y
- Locomobiles à marche lente.
- 6,21 3148 506
- 6,39 2 933 459
- 8,31 3 424 412
- Moteurs fixes à marche rapide.
- 6,14 2 376 387
- 8,89 3 354 377
- 12,36 5 834 472
- 51,50 23 320 436
- Ces chiffres étaient représentés à l’Exposition internationale dans un des tableaux graphiques dressés à la Station d’essais de machines; les consommations spécifiques se rapprochent d’hyperboles équilatères qui permettent de comparer les machines de différentes puissances et de classer méthodiquement les moteurs de même puissance.
- La consommation spécifique du moteur
- Y
- y x
- est une donnée indispensable pour la comparaison des différents moteurs de même puissance (c’est la division de l’ordonnée m de la figure 3 par l’abcisse correspondante x), mais ne peut pas servir quand il s’agit de comparer entre eux des moteurs de différentes puissances alimentés avec le même combustible, parce que dans
- 0 i
- 7 - H- b
- J x
- 1 a T • -
- le terme - diminue avec la puissance des moteurs.
- x
- Avec nos résultats d’expériences, nous avions la possibilité de calculer les consommations par cheval à la demi-charge comme à la pleine charge, et il nous était possible de les reporter sur un graphique (fig. 6) ; on obtenait ainsi, pour un moteur M par exemple, les points m (consommation horaire par cheval, à la demi-charge) et m' (à pleine charge) ; pour un autre moteur N, on avait les points n etn' ; les points m'm', n, n'... appartiennent à des hyperboles équilatères hh!.
- Comme nous l’avons vu, les moteurs concurrents étaient divisés en plusieurs
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- catégories suivant leur puissance et, dans chaque catégorie, il y avait un certain nombre de récompenses à décerner. Le jury, présidé par M. Michel Lévy, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, devait logiquement observer la loi de décroissance de la consommation spécifique d’après la puissance des moteurs, afin qu’il y eût, dans toutes les catégories, une équivalence dans l’ordre des récompenses accordées. Dans ce but nous avons tracé les consommations spécifiques, comme l’indique la figure 7, d’après le graphique de i i figure 4; puis nous avons pu indiquer un certain nombre d’hyperboles types [hK fig. 6).
- Toutes les machines, de n’importe quelle puissance, dont les tracés étaient en dessous de la première hyperbole, avaient droit au même ordre de récompenses; il en était de même pour celles dont les tracés étaient compris entre deux hyperboles-types consécutives.
- La détermination des hyperboles-types peut se faire de la façon suivante : connaissant le pouvoir calorifique du combustible, on peut se fixer le rendement thermique d’une catégorie de moteurs, et admettre une échelle connue; voici, par exemple, l’échelle que nous avions adoptée en 1894 lors de nos essais du concours international de Meaux :
- Rendement thermique
- Ordre de récompenses à 4 chevaux.
- Médailles d’or...................Au-dessus de 16 p. 100
- Médailles de vermeil.................Compris entre 15 et 16 p. 100
- — d’argent..................... — — 14 et 15 —
- — de bronze.................... — — 12 et 14 —
- Mentions honorables..............Au-dessous de 12 p. 100.
- y consommation par cheval-heure ; x puissance en chevaux au
- frein ; h h' hyperbole-type ; M, N.... tracés de différents
- moteurs.
- En appliquant ce procédé, le jury du concours international de 1902 a pu décerner, dans certaines catégories, une médaille d’or, deux médailles de vermeil et trois médailles d’argent, alors que, dans une autre catégorie, le meilleur des moteurs concurrents n’a pu recevoir qu’une médaille de vermeil.
- Nous passerons très rapidement sur les automobiles, dont les essais touchaient
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- plus au sport qu’à la science de l’ingénieur; cependant, les résultats constatés, dans les conditions les plus défavorables comme état du temps et des routes, peuvent être mis en parallèle avec ceux des essais de 1901 : en 1901, nous nous étions organisés pour juger principalement les machines, tandis que le classement de
- Ol ____________________,____________,______________,________*
- il (o 10 3>0 4o 5ocï>x~
- Fig. 7. — Consommation spécifique de différents moteurs à alcool.
- y consommation par cheval-heure; x puissance en chevaux, au frein, (I) moteurs à marche lente; (II) moteurs marche rapide ; les tracés (—.—.—.) sont relatifs à des locomobiles à marche lento.
- 1902 est influencé dans une très grande mesure par l’habileté, la hardiesse et surtout par l’endurance des conducteurs.
- L'épreuve de vitesse s’est faite sur 924 kilomètres, en deux étapes, les 15 et 16 mai : fort de Champigny à Arras (par Châlons-sur-Marne, Rethel et Saint-Quentin); Arras à Saint-Germain-cn-Laye (par Doullens, Saint-Omer, Boulogne-sur-Mer, Abbeville, Dieppe, Gisors, Vernon et Mantes).
- Voici le résumé des plus grandes vitesses moyennes des deux étapes pour les diverses catégories de véhicules :
- Vitesses en kilomètres à l’heure.
- Motocycles pesant moins de 50 kilogrammes....................27,4
- Motocycles pesant moins' de 250 — 53,2
- Voiturettes pesant de 250 à 400 — ............... 55-,0
- Voilures légères de 400 à 650 — 66,8
- Voitures de 650 à 1000 — 72,2
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- NOTE SUR LES MOTEURS, LES AUTOMOBILES ET LES BATEAUX A ALCOOL. %\\
- On peut représenter ces chiffres sur le graphique (fig. 8) dans lequel les vitesses V sont en ordonnées et les poids P des véhicules en abcisse; la courbe n m des vitesses est asymptotique à l’axe indiquant les poids des véhicules.
- La vitesse de la voiture de course est liée à la puissance de son moteur et à son poids, qui contribue à assurer la stabilité en cours de route. Il est surprenant qu’on ait pu atteindre de semblables allures, étant données les conditions défavorables du concours : chemins recouverts d’une épaisse couche de boue et tempêtes pendant les deux journées de la course.
- L’automobilisme, qui peut absorber chaque année un volume important d’alcool, est surtout un sport; pour développer la consommation de l’alcool dans les automobiles, on a pensé avec certaine raison qu’il fallait procéder à une grande épreuve sportive sur un long parcours. Il faut malheureusement constater que, pour la grande majorité du public, il n’y a souvent que le chauffeur ou le combustible qui comptent, alors que, pour l’ingénieur, il n’y a que la construction, et, en définitive, à part l’habileté ou l’audace du conducteur, tout le problème réside dans l’état de la voie, le poids du véhicule et la puissance disponible aux roues de la voiture, quelle que soit la nature du moteur employé. En tout cas, le but poursuivi est atteint : la clientèle automobile sait aujourd’hui, qu’avec de l’alcool carburé, on a pu faire en moyenne 72 kilomètres à l’heure sur une mauvaise route longue de 924 kilomètres, et cette clientèle est prête à se servir de l’alcool carburé à la condition d’en troüver des dépôts aussi nombreux en France que ceux où elle peut se procurer l’essence minérale; il y a là une partie commerciale à organiser, et à très bref délai, sinon l’effet s’atténuera rapidement, et il faudra, de nouveau, instituer d’autres courses de vitesse.
- L’observation relative au mauvais état des routes et au temps abominable qui a régné pendant les essais s’applique aux épreuves de consommation ; beaucoup de bonnes voitures ont renoncé à la course ou ont été arrêtées au cours des épreuves par suite d’un accident qui ne serait certainement pas arrivé à un touriste, par la bonne raison que ce dernier n’aurait pas marché pendant la tempête.
- Les épreuves de consommation ont eu lieu les 15, 16 et 17 mai, sur 730 kilo-
- Fig. 8. — Vitesse des automobiles de courses.
- V vitesse en kilomètres à l’heure ; P poids de l'automobile ; n m, courbe des vitesses.
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- AOUT 1902.
- t\t
- mètres, en trois étapes : Paris-Arras (par Beauvais, Amiens et Doullens) ; Arras-Abbeville (par Doullens, Hesdin, Saint-Omer et Boulogne-sur-Mer) ; Abbeville-Paris (par Dieppe, Gisors, Vernon et Mantes).
- Voici un aperçu des meilleurs résultats constatés :
- Puissance Poids du véhicule Vitesse nio}Tenne Consommation d’alcool carburé
- annoncée sur tout le à 50 p. 100
- Désignation du en ordre parcours par tonne
- du moteur à vide. de marche. (kilométries kilométrique
- véhicule. (chevaux). kg. kg. à l’heure). (en cent, cubes).
- Moto cycle . . . . 5 244 423 23,9 144
- Voiturette. . . 6,5 392 533 20,3 C?)
- Voilure légère. . 6 372 1029 24,4 92,3
- Voiture légère. . 8 602 910 18,8 93,2
- Voiture .... . 12 766 1202 23,3 65,3
- Voiture.... . 5 726 1100 18,8 78,6
- A la suite des épreuves sur route les véhicules furent soumis à des expériences
- MB
- Fig. 9. — Expérience dynamométrique d’un automobile à alcool, à la Station d’essais de machines.
- complémentaires à la Station d’essais de machines où, sur la demande du jury, M. Dupuy, ministre de l’agriculture, avait décidé l’installation d’un dynamomètre nouveau (fig. 9) permettant de mesurer la puissance disponible à la jante des roues motrices d’une voiture automobile.
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- L’appareil, dont le principe est représenté par la figure 10, consiste en un tapis mobile formé de fortes courroies a a’, en cuir de champ ; le véhicule V est posé de façon que ses roues motrices déplacent le tapis constituant le sol, et est attaché à l’arrière à un dynamomètre enregistreur D; un ventilateur, mû par les tambours b b’ du tapis, envoie un courant d’air sur le refroidisseur de la voiture en essai. Des appareils de manœuvre et de réglage facilitent l’expérience, qui peut se poursuivre tout le temps voulu ; des planchers volants permettent de circuler autour du véhicule pendant sa marche et d'en examiner à son aise les différentes parties. La puissance à la jante s’obtient d’après l’observation du chemin parcouru en une seconde et de l’effort indiqué au dynamomètre.
- Les essais, avec cet appareil, ont porté sur un motocycle et sur 18 voitures ;
- Fig. 10. — Principe du dynamomètre installé à la Station d’essais de machines pour les expériences relatives aux automobiles.
- la vitesse a varié de 10 kilomètres à près de 30 kilomètres à l’heure (2m85 à 8m33 par seconde) et la puissance disponible aux roues a oscillé de 2 chevaux 3 à 9 chevaux 7 pour des moteurs annoncés de 4 chevaux 1/2 à 12 chevaux. Une des voitures ayant fourni 4 chevaux 25 (aux roues motrices) à l’allure de 13 kilomètres à l’heure a consommé, par heure, lkil, 486 d’alcool carburé ; un autre automobile a eu les consommations suivantes en alcool carburé à 50 p. 100 :
- Puissance disponible aux roues (chevaux-vapeur).
- 3,69
- 4,93
- Vitesse (kilomètres à l’heure).
- 16
- 29
- Consommation par heure en alcool carburé à 50 p. 100. Grammes.
- 1 730 3 030
- Il est intéressant de montrer que les essais de consommation faits avec ce nouveau dynamomètre concordent avec ceux obtenus sur route. Une des voitures permet les comparaisons suivantes :
- Tome 103. — 2e semestre.
- Août 1902.
- 15
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- Kilomètres à l’heure.
- 1° Essais sur route :
- 21,0
- 18.5
- 17.5
- 2° Essais à la Station :
- 13,0
- Consommation d’alcool carburé à 50 p. 100
- en kilogr. par heure.
- 1,20 (Paris-Arras).
- 1,40 (Arras-Abbeville). 1,44 (Abbeville-Paris).
- 1,480
- L’appareil installé à notre laboratoire donne la possibilité de procéder à d’intéressantes expériences :
- Essais du moteur à différentes charges ;
- Travail absorbé par la transmission à différentes vitesses;
- Puissance disponible à la jante des roues h différentes allures;
- Dépenses de combustible dans ces différentes conditions.
- Laconsommationet ta puissance utilisable aux roues sont les deux données principales qui intéressent l’acheteur; le travail utile du véhicule, pour une certaine puissance disponible à la jante, dépend du poids transporté et de la voie (nature,, état et profil) ; la consommation de combustible, dans les différentes conditions de travail, intéresse un des chapitres des dépenses du service.
- Los véhicules industriels ont été expérimentés le 10 mai, par un beau temps, de Beauvais à Paris (par Méru, Pontoise et Saint Germain-en-Laye) sur un parcours de 85 kilomètres; le tableau suivant résume les meilleurs résultats constatés :
- Fig. 11. —Consommation d'une voiture automobile.
- Y consommation par tonne kilométrique ; X charge totale de la voiture; n m courbe do consommation.
- Puissance Poids
- annoncée du véhicule de la
- du - charge
- moteur à en ordre utile
- (en vide. de marche. transporté'
- chevaux;. kg. kg. kg.
- 0,0 475 973 498
- 4,5 910 2 096 1 186
- 10,0 1 396 3 010 1 614
- Consommation eu alcool
- Vitesse carburé à 50 p. 100
- moyenne sur tout le par Par tonne kilométrique de charge
- parcours kilomèt. utile
- (kilomèt. (centim. totale transportée
- à l’heure). cubes). (cent, cubes), (cent, cubes)
- 17,5 67,4 69,5 131,8
- 15,0 81,0 38,7 99,6
- 21,9 82,3 27,3 134,2
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- NOTE SUR LES MOTEURS, LES AUTOMOBILES ET LES BATEAUX A ALCOOL. 215
- La consommation Y, par tonne kilométrique de charge totale, diminue avec la charge X, comme l’indique la courbe n m ijlig. 11) la consommation par tonne kilométrique de charge utile transportée, qui intéresse l’économie d’emploi du véhicule, est ainsi influencée par le poids à vide de ce véhicule ; on doit diminuer ce poids le plus possible, jusqu’à la limite de sécurité imposée par les matériaux employés dans la construction et par leur mode d’assemblage.
- Les bateaux ont été expérimentés le 20 mai, en Seine, entre le pont du Pecq et celui de Contiens, sur un parcours de 30 kilomètres, et voici les résultats constatés :
- Longue indu bateau Largeur Puissance Vitesse moyenne sur le Consommation d'alcool carburé à 50 p. 100 (centimètres cubes'.
- entre au annoncée parcours —
- rpendieulaires maitre-couple du moteur ( kilomètres par par kilomètre
- (mètres). (mètres). ! elle vaux). à l’heure). heure. en eau calme.
- 8 1,60 8 11,4 5 927 517
- 15 O O 60 28,3 32 333 1 140
- Les conclusions du concours de 1901 peuvent être maintenues aujourd’hui: la faible consommation, qui est précisément compatible avec les petites dimensions des réservoirs à combustible qu’on cherche à dissimuler le plus possible dans la carrosserie des voitures comme à bord des bateaux, et l’absence d’odeur désagréable, montrent que l’alcool carburé à 50 p. 100 peut très bien remplacer l’essence minérale, pour les automobiles comme pour les embarcations.
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- MÉTALLURGIE
- J.ES ALLIAGES DE CADMIUM ET DE MAGNÉSIUM, PAR M. O. BOUtlOUard.
- Parkinson, dans son travail sur les alliages du magnésium (1), indique, qu’en fondant dans un courant d’hydrogène du cadmium avec 10 p. 100 de magnésium il a obtenu un métal blanc d’argent, brillant, aussi dur et aussi cassant que le magnésium, et grossièrement cristallin. Ce métal se ternit rapidement : au bout de trois mois, bien que conservé dans un tube fermé, il se brise en petits morceaux. J’ai repris cette étude des alliages de cadmium et de magnésium au point de vue de leur fusibilité et des combinaisons définies formées par ces deux métaux.
- ÉTUDE DE LA FUSIBILITÉ DES ALLIAGES DE CADMIUM ET DE MAGNÉSIUM
- Etant donné le point de fusion peu élevé du cadmium, j’ai pu employer, pour étudier la fusibilité des alliages de cadmium et de magnésium, un procédé semblable à celui que j’ai décrit à propos des alliages d’aluminium et de magnésium (2). Voici les résultats obtenus :
- Cd p. 100 Mg p. 100
- (on poids). (en poids). Températures.
- 100 10 320°
- 90 13 410
- 83 20 300
- 80 23 440
- 73 30 400
- 70 40 480
- 90 43 523
- 33 30 363
- 30 60 360
- 40 70 390
- 30 80 633
- 20 90 630
- 10 100 633
- Si l’on construit la courbe (fig. 1) en portant en abscisses les proportions en poids de magnésium et en ordonnées les températures, on remarque que cette
- (1) Chemical Society (2), t. 5, p, 117.
- (2) Bull. Soc. Encour., décembre 1901.
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- LES ALLIAGES DE CADMIUM ET DE MAGNÉSIUM.
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- courbe présente trois maxima (500°, S6o° et 650°) et deux minima (400° et 560°). Le dernier maximum montre que la combinaison correspondante est moins fusible que chacun des deux constituants. Des faits semblables ont déjà été signa-
- Proportions de magnésium en poids Fig. 1.
- lés par MM. Roberts-Austen (pour les alliages or-aluminium), H. Gautier (antimoine-aluminium) et Lebeau (antimoine-lithium).
- Les trois points maxima mettent en évidence l’existence de trois combinaisons définies : Cd Mg, Cd Mg30 et Cd Mg40.
- Les alliages de cadmium et de magnésium sont d’une couleur blanchâtre, plus ou moins brillante ; ils se liment facilement et sont assez mous : lorsqu’on
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- essaie de préparer des surfaces pour l’examem microscopique, il est difficile d’obtenir une surface parfaitement polie. Au point de vue de la malléabilité, les alliages de cadmium et de magnésium se cassent lorsqu’ils sont soumis à l’action d’un martelage répété ; les alliages contenant parties égales de cadmium et cle magnésium sont ceux qui se comportent le mieux. Nous ferons remarquer que cette propriété est inverse de celle que nous avons signalée à propos des alliages d’aluminium, et que nous avons remarquée avec ceux de cuivre, dont je poursuis actuellement l’étude; dans ces derniers surtout, la fragilité des métaux obtenus est très grande.
- Les alliages de cadmium et de magnésium, conservés dans des flacons fermés, ne s’altèrent pas sensiblement à l’air. Il n’en est pas de même en présence de l’eau : les culots contenant 90 Cd-'lOMg, 50 Cd-50 Mg ou 10 Cd-90 Mg s’attaquent pendant le polissage sur drap humide imprégné d’oxyde de fer.
- ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES ALLIAGES DE CADMIUM ET DE MAGNÉSIUM
- La préparation des surfaces polies des divers alliages examinés présente des
- difficultés dues à leur faible dureté : il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’arriver à un polissage parfait. Quelquefois, au défaut de dureté s’ajoute la facilité avec laquelle les alliages sont attaqués par l’eau.
- Lesprocédés d’attaque ont extrêmement variés. D’une manière générale les acides minéraux, même très étendus (jusqu’à 1 pour 1 000), agissent très énergiquement pendant des temps très courts ; et, à l’attaque proprement dite, s’ajoute une oxydation superficielle qui rend difficile la reproduction photographique. Cependant, en polissant partiellement les surfaces polies ainsi attaquées, on obtient des résultats satisfaisants. Le chlorhydrate d’ammoniaque m’avait donné de bonnes préparations avec les alliages de magnésium et d’aluminium : il n’en a pas été de même avec ceux de cadmium et de magnésium. L’attaque par le courant électrique a été employée avec succès.
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- LES ALLIAGES DE CADMIUM ET DE MAGNÉSIUM.
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- En faisant varier les proportions de série de neuf échantillons, qui ont été examinés au microscope Le Chate-lier.
- L’acide nitrique à h p. 100 décèle l’existence, dans Féchantillon 90 Cd-10 Mg, de magnifiques den-drites ayant quelques millimètres de longueur; elles sont visibles même à l’œil (combinaison Cd Mg ; fig. 2) : pour obtenir une photographie, il convient de polir partiellement l’échantillon ainsi attaqué. Par simple polissage en bas-relief, sur un drap humide, le culot 50 Cd-50 Mg laisse apparaître une cristallisation très nette (combinaison Cd Mg4; fig. 3). Enfin, si après avoir poli l’échantillon 10 Cd-90 Mg, on le lave à l’eau, on obtient des contours polygonaux très irréguliers, qui deviennent plus nets par une attaque dans le chlorure de sodium à 10 p. 100 t binaison Cd Mg30).
- magnésium de 0 à 100, j’ai préparé une
- Fig. 3.— Cc/M#4 (polissage en bas-relief). Grossissement : 123.
- faction du courant électrique (com-
- COMBINA1SONS DÉFINIES FORMÉES PAR LE CADMIUM ET LE MAGNÉSIUM
- Il m’a été difficile d’isoler les combinaisons définies de cadmium et de magnésium. Les acides minéraux employés à des concentrations variant de 20 p. 100 à 1 p. 1 000, l’acide acétique à 10 pour 100, le chlorhydrate d’ammoniaque à 10 pour 100 ne m’ont donné aucun résultat satisfaisant pour les combinaisons Cd Mg et Cd Mg4.
- 1° Cd Mg. — La composition centésimale de cet alliage correspond à 82, 1 de cadmium et 17,9 de magnésium.
- Si l’on attaque le culot métallique 25 Mg-75 Cd par le chlorhydrate d’ammoniaque à 1 p. 100 à froid, en même temps qu’il se produit un dégagement gazeux, il se sépare une poudre cristalline, d’un gris métallique, que Eon recueille et qui donne à l’analyse :
- Cd M g
- 81,2
- 18,7
- 83,3
- 17,0
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- 2° Cd Mg4. — La composition centésimale de cet alliage correspond à 53,3 de cadmium et 46,5 de magnésium.
- Le meilleur procédé permettant d’isoler la combinaison Cd Mg4 consiste à traiter le culot métallique 60 Cd-50 Mg par le chlorhydrate d’ammoniaque à 1 p. 100. L’attaque peut se faire à froid ou à chaud : on obtient une poudre cristalline. L’analyse donne les résultats suivants :
- Cd 54,8 51,0 53,5 52,65
- Mg 45,3 48,8 46,4 41,25
- 3° Cd Mg30. — La composition centésimale théorique de cet alliage correspond 13,2 de cadmium et 86,8 de magnésium.
- Tous les essais tentés pour isoler la combinaison Cd Mg30 sont restés infructueux; les résultats donnés par l’analyse ont varié suivant le mode d’attaque :
- 1° Attaque du culot 90 Mg-IOCd par AmCf, 1 p. 100. . . 37,8 62,1
- — — — . . . 26,4 73,1
- — — 10 p. 100. . . 98,0 2,0
- 70 Mg-30 Cd par HCl, 5 p. 100 .. . 64,7 35,3
- — — — . . . . 59,6 40,3
- L’apparition du point maximum de la courbe de fusibilité peut s’expliquer en admettant l’existence de solutions solides soit entre le cadmium et le magnésium, soit entre la combinaison définie Cd Mg4 et le magnésium. Les analyses 1 et 2 vérifient cette dernière hypothèse : elles correspondent à la combinaison CdMg4 dans un excès de magnésium; quant aux analyses 3, 4 et 5, elles indiquent que, par suite de l’énergie trop grande des réactifs employés, une grande quantité de magnésium a passé en dissolution. Enfin, l’étude micrographique du culot 90 Mg-10 Cd avait mis en évidence une série de grains polygonaux irréguliers qui seraient alors constitués, non pas par un individu chimique, mais par une solution solide. Des faits semblables ont été observés avec les alliages de cuivre et d’antimoine : les résultats obtenus par M. Le Chatelier dans l’étude de la fusibilité et de la dilatation de ces alliages, ceux de M. Stead au point de vue micrographique et ceux de M. Kamensky relatifs à la résistance électrique établissent, en effet, l’existence d’une solution solide dans les alliages de cuivre et d’antimoine (1).
- (,1) Contribution à l’étude des alliages ; 1901, p. 392. (Sur les propriétés des alliages.)
- 2°
- 3°
- 4°
- 5®
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- MÉTALLURGIE
- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES d’aLL'MINIUM, PAR M. LéOIl Gllillet, Docteur ès sciences, Ingénieur des arts et manufactures.
- INTRODUCTION
- Les alliages d’aluminium ont déjà donné lieu à quelques travaux très intéressants au point de vue théorique. Je rappellerai de suite les études de M. Le Cha-telier (U sur les alliages cuivre-aluminium (étude de la courbe de fusibilité, étude métallographique), et celles de M. Gautier (2) sur la fusibilité de certains alliages.
- J’ai pensé qu’en appliquant la méthode indiquée par M. Goldschmidt pour la préparation de métaux réfractaires, en présence d’un excès variable d’aluminium, je pourrais obtenir des combinaisons de ces métaux avec l’aluminium et les isoler à l’état cristallisé.
- Qu’il me soit permis, avant de commencer l’exposé de ces travaux, d’exprimer toute ma gratitude à M. Ditte qui, au cours de ces longues recherches, a bien voulu me prodiguer ses bienveillants conseils.
- Je dois adresser également tous mes remerciements à M. Le Chatelier, qui m’a initié à la méthode d’investigation si ingénieuse que l’on nomme la métallo-graphie microscopique, laquelle est venue contrôler les résultats obtenus et à M. Matignon qui m’a guidé au début de ce travail.
- Enfin je tiens à témoigner ma profonde reconnaissance à MM. de Dion et Bouton. C’est, en effet, au laboratoire de leurs usines que la plupart de ces recherches ont été effectuées. J’ai eu ainsi à ma disposition d’importants moyens d’investigation.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement. — Mai 1895, septembre 1900.
- (2) Bulletin de la Société d’Encouragement. — Octobre 1896.
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- MÉTALLURGIE.
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- CHAPITRE PREMIER
- GÉNÉRALITÉS
- La méthode indiquée par M. Goldschmidt pour la préparation des métaux réfractaires consiste essentiellement à faire un mélange de l’oxyde du métal que l’on veut préparer avec de l’aluminium en grains, en poudre, en copeaux, etc., et à porter un point de la masse à une température élevée par l’intermédiaire d’une cartouche d’allumage préparée avec un mélange de bioxyde de baryum et d’aluminium.
- On met le feu à cette cartouche au moyen d’un fil de magnésium, toute la masse entre en ignition; il se forme de l’alumine et du métal si les proportions ont été bien choisies.
- Cette méthode est donc basée sur le rôle réducteur de l’aluminium et il est nécessaire de rappeler sommairement ici les recherches qui ont été faites dans la même voie.
- Henri Sainte-Claire Deville et ses préparateurs, Charles et Alexandre Tessier, reconnurent la possibilité d’obtenir la réduction de certains oxydes métalliques par l’aluminium. C’est ainsi qu’ils décomposèrent totalement les oxydes de plomb et de cuivre, et partiellement l’oxyde de fer (1).
- Wohler et Deville étudièrent l’action de l’aluminium sur les acides borique et silicique; ils obtinrent ainsi un mélange de silicium et des borures et borocarburcs d’aluminium.
- Puis Wohler prépara quelques alliages en chauffant soit les chlorures métalliques, soit les oxydes avec de F aluminium (2).
- Ch. Tessier fait réagir l’aluminium sur quelques sulfures (3h
- En 1861, le zirconium est obtenu par M. Troost en réduisant soit le chlorure de zirconium, soit le fluorure double de potassium et de zirconium par l’aluminium (i).
- En 1893, Green et Wahl préparent le manganèse en chauffant le protoxyde de ce métal avec de l’aluminium (3).
- En 1896, M. Moissan montre qu’en projetant à la surface d’un bain d’alumi-
- (1) Comptes rendus, t. XLI1I, p. 1187-1856.
- (2) Annalen der Chem. u. Phar., 1858, t. GVI, p. 118.
- Annalen der Chem. u. Pharm., 1860, t. GXIII, p. 248.
- Annalen der Chem, u. Pharm., 1860, t. CXV, p. 102.
- (3) Comptes rendus, 1861, t. LU, p. 931.
- (4) Comptes rendus, 1865, t. LIX, p. 109.
- (5) Berichle Hefer, 1893, t. XXVI, p. 980.
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- ilium fondu un mélange de poudre d’aluminium et de certains oxydes métalliques, tels que les acides vanadique, molybdique, tungstique, titanique, les oxydes de chrome, nickel, uranium, le mélange s’enflamme et le métal quia pris naissance se combine avec l’aluminium en excès (1).
- Celle même année, M. Hélouïs établit que l’aluminium fondu dissout l’acide vanadique et le réduit jusqu’au protoxyde ; pour produire le métal, il faut surélever la température. Le même auteur prépare divers alliages d’aluminium par la même méthode (2).
- En 1898, M. Frank réduit les oxydes métalliques par l’aluminium en poudre et applique cette méthode à la préparation industrielle du phosphore (3).
- Enfin en 1900, M. Hans Goldschmidt (4) fait connaître sa méthode, qui est caractérisée par ce fait, que la réaction emprunte la chaleur, qui est nécessaire à sa production, à la réaction elle-même.
- Je décrirai d’abord en ses détails une expérience, telle que je l’ai pratiquée.
- Elle comporte quatre opérations distinctes :
- 1° La préparation du mélange;
- 2° La préparation de la poudre d'allumage ;
- 3° La préparation du creuset ;
- 4° U opération elle-même.
- 1° Préparation du mélange. — L'oxyde métallique que l’on doit mettre en jeu a été préalablement desséché avec les plus grands soins.
- On le mélangera dans les proportions convenables avec l’aluminium.
- Ce métal peut être employé soit en grains, soit en poudre, soit en copeaux.
- Un fait doit être avancé de suite: les résultats sont extrêmement variables suivant la grosseur du grain d’aluminium employé, ce qui s’explique aisément par le contact plus ou moins grand qui a lieu entre les corps mis en présence. Pour avoir des résultats constants dans une expérience déterminée, il est de toute nécessité d’employer un grain de dimensions bien définies. De ce fait les copeaux, qui peuvent être utilisés avantageusement dans l’industrie, ne sauraient être employés ici.
- Dans mes expériences, j’ai adopté soit les grains sectionnés entre les tamis 23 et 30, soit un grain très fin et très régulier qui se rapproche de celui que M. Goldschmidt emploie pour constituer, avec l’oxyde de fer, le mélange servant à la soudure et connu sous le nom de thermite, soit encore de l’aluminium en poudre. J'ajouterai que pour ce dernier produit que l’on trouve aisément dans le commerce il est nécessaire de lui faire subir plusieurs lavages aux éthers de
- (1) Comptes rendus, 1899, t, CXXII, p. 1301 et 1302.
- (2) Bulletin de la Société d'Encouragement, 1896, p. 104.
- (3) Chernikcr Zeitung, 1898, p. 236.
- (4) Berne gétiérale de chimie pure et appliquée. — Janvier 1900.
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- pétrole, pour lui enlever les matières grasses qu’il contient de par sa fabrication.
- 2° Préparation de la pondre d'allumage. — Cette poudre est composée de bioxyde de baryum pulvérisé et d’aluminium en grains très fins. On mélange sur une feuille de papier, pour éviter toute espèce de choc qui pourrait occasionner une explosion, 80 grammes de bioxyde et 20 grammes du métal. Cette poudre ainsi préparée peut, sans aucun inconvénient, être enflammée à la main par une allumette-tison. On peut également se passer souvent de ce mélange: il suffît, pour un très grand nombre d’oxydes se présentant sous forme de poudre, de mélanger de l'aluminium pulvérulent, bien purifié, avec l’oxyde en proportions convenables; on constitue ainsi une excellente poudre d’allumage.
- 3° Préparation du creuset. — Je me suis presque toujours servi de creusets en terre réfractaire ordinaire. Pour les protéger contre l’action réductrice de l’aluminium et pour éviter des impuretés, ces récipients sont recouverts d’une couche de magnésie d’un demi-centimètre d’épaisseur. Pour obtenir un revêtement résistant, j’ai utilisé un mélange de magnésie calcinée à haute température et de magnésie cuite à basse température contenant un sixième de cette dernière et humecté de 10 p. 400 de son poids d’eau.
- Je me suis servi aussi de garnissages faits par pression hydraulique, procédé Schlœsing.
- La première méthode est plus simple.
- Description de Vopération. — Le creuset avant été bien séché, on y place le mélange, et au centre de la surface on verse quelques grammes de la poudre d’allumage, et l’on enflamme avec une allumette-tison. Toute la masse entre en ignition ; on laisse refroidir lentement et l’on brise le creuset.
- Les résultats que l’on obtient généralement sont les suivants :
- 1° On a une masse métallique, le plus souvent d’apparence cristalline, contenant de nombreux alvéoles et parfois mélangée de corindon.
- Ces alvéoles sont le plus fréquemment garnis de superbes cristaux, dont les dimensions sont souvent extraordinaires. Ces cristaux sont enlevés au moyen d’une pointe, et sont lavés à l'acide chlorhydrique étendu (1).
- 2° On rencontre parfois des cristaux à la surface qui sépare le culot métallique du corindon. Cette surface est en général très nette, et un simple coup de marteau sur le produit brut retiré du creuset suffit à la faire apparaître.
- 3° Dans les expériences où l’aluminium prédomine, on n’obtient parfois qu’une masse de corindon où se trouvent dispersés des grains métalliques ou des cristaux.
- 4° Dans les expériences faites avec les oxydes dont le métal fond à haute tem-
- (1) Ce lavage a pour but d’enlever Al en excès; il n’a généralement un effet efficace que lorsque l’on est en présence de la combinaison la plus riche en aluminium.
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- pérature, si le mélange sur lequel on opère est riche en oxyde et si son poids ne dépasse pas 3 à 5 kilos, on n’obtient qu’une masse de corindon qui a entraîné, en quelque sorte, toute la partie métallique et il est impossible de séparer celle-ci.
- 5° Les culots métalliques sont concassés ; on trie à la loupe les parties ne contenant pas de corindon ; on les broie au mortier d’Abich ; on les traite par l’acide chlorhydrique dilué ou la potasse étendue, puis on lave à l’alcool et à l’éther et l'on dessèche ; on examine le résidu, qui est toujours cristallisé. Ce résidu correspond souvent à un composé défini : l’existence de ces composés a été vérifiée par la métallographie microscopique.
- Remarques générales. — Je ferai de suite quelques remarques qui s’étendent à la généralité des expériences :
- 1° J’ai déjà noté l’influence de la grosseur du grain d’aluminium sur les résultats obtenus.
- 2° La grosseur du grain de l’oxyde a le même rôle. J’ai toujours employé les oxydes en poudre impalpable.
- 3° La masse totale des matières mises en présence a une influence sur la netteté des cristallisations et des culots métalliques préparés. C’est ainsi qu’avec les acides tungstique, molybdique, titanique, il faut opérer sur trois kilos de matière pour obtenir des résultats nets.
- 4° Plus le grain d’aluminium est fin, plus l’on se rapproche des résultats que donnerait la réaction théorique effectuée. Il faut toutefois ajouter que ceci n’est vrai que tant que les oxydes employés et les métaux correspondant à ces oxydes ne sont pas volatils.
- o° Les réactions sont d’autant plus violentes que le grain d’aluminium est plus petit. Il y a même de nombreuses réactions qu’il est absolument impossible d’effectuer avec le métal en poudre, tandis qu’elles se font régulièrement avec le métal en grains. C’est ainsi que l’on ne peut pas réduire l'oxyde de cuivre par l’aluminium en poudre ; toute la masse est projetée hors du creuset.
- 6° La plupart des culots, lorsqu’on les retire du creuset refroidi, ont une odeur très prononcée de carbures.
- 7° Les creusets se brisent très souvent au cours des expériences ; mais le garnissage, s’il est bien fait, ne se rompt jamais On n’a donc de ce chef aucune crainte d’accident à avoir.
- 8° Mais il y a généralement des pertes nombreuses par volatilisation et par entraînement. Ces pertes sont souvent très importantes et se font parfois avec de violentes explosions, notamment avec les oxydes de cobalt et de nickel.
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- CHAPITRE II
- MÉTALLOGRAPHIE .MICROSCOPIQUE
- Ayant employé la métallographie pour contrôler les résultats obtenus par voie chimique, j’indiquerai de suite les méthodes et appareils que j’ai utilisés.
- Le but de la métallographie microscopique est de permettre une analyse immédiate d’un alliage. Pour ce faire, on cherche, après avoir créé une surface réfléchissante, à mettre en vue les composés définis contenus clans cet alliage.
- Une opération métallographique comprend ainsi les quatre phases suivantes :
- La préparation de la surface polie ;
- L’attaque ;
- L’examen et, si on le désire, la photographie.
- Je dois dire d’abord que mes recherches ont porté principalement sur les culots obtenus par voie aluminothermique. De ce fait j’ai éprouvé de graves inconvénients ; les culots obtenus sont souvent poreux ; de plus, leurs richesses en composés définis d’une part et, d’autre part, la dureté relative de ces combinaisons amènent des arrachements au moment du polissage, ce qui complique singulièrement cette dernière opération.
- Je décrirai rapidement les méthodes que j'ai suivies dans les recherches effectuées à ce sujet.
- Préparation de la surface polie. — Deux cas peuvent se produire : ou l’alliage est cassant (c’est le cas le plus général), ou il est malléable.
- Si le métal est cassant, on détermine par un coup de marteau une section quelconque que l’on régularise à la meule émeri.
- Si le métal est malléable, on en découpe une partie de grandeur voulue au moyen d’une scie à métal ; ou, si l’alliage est trop dur (c’est le cas de certains alliages de nickel et de cobalt), on peut créer sur le culot même une surface plane au moyen d’une lime (lime au chrome ou au tungstène, de préférence).
- Ayant à ma disposition d’importants moyens mécaniques, je n’ai pas eu à m’inquiéter de la question du dégrossissage de la surface ainsi préparée; cette opération se pratiquait sur meule mue par moteur électrique, en utilisant les différents émeris, jusques et y compris les potées les plus fines.
- Au contraire, le polissage proprement dit était effectué avec le plus grand soin; à cet effet, sur une machine de la maison Grauer, identique à celle préconisée par M. Le Ghatelier, j'ai monté trois disques en feutre, après m’être
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- assuré que ces disques ne rayaient point les surfaces polies. L’un de ces feutres était recouvert de velours.
- D'autre part j'ai préparé, selon les indications données par M. Le Cha-telier (1), de l’alumine dite de une heure, de l’alumine dite de quatre heures, de l’alumine dite de huit jours. Les deux premières étaient utilisées directement sur feutre, la dernière sur velours. Suivant les conseils qu'a bien voulu me donner M. Le Ghatelier, j'ai simplement employé cette alumine en la mettant en suspension dans l’eau et en l’insufflant sur les feutres au moyen de vaporisateurs.
- J’ai déjà dit les difficultés que j’ai rencontrées dans cette opération. De plus, pour les alliages très mous, tels que ceux d’étain, d’antimoine, etc., il m’a été absolument impossible d’obtenir un brillant spéculaire. J'ai essayé d’utiliser la méthode décrite par M. Hannover (2) ; elle m’a donné d’excellents résultats avec d’autres alliages que l’aluminium ; mais avec ce métal on obtient une surface très peu nette.
- Attaque de la surface polie. — Pour cette attaque j'ai employé suivant le-cas l'une des trois méthodes suivantes :
- 1° Attaque par polissage en bas-relief. Cette méthode est basée sur la différence de dureté des éléments. J’ai pu l’appliquer très souvent.
- Elle consiste dans le simple polissage, au moyen d’alumine ou de toute autre matière, sur un substratum suffisamment élastique ;
- 2° Attaque par un réactif chimique très étendu, agissant directement sur l’alliage ;
- 3° Attaque sous l’influence du courant électrique par un réactif chimique qui n’a aucune action, en temps ordinaire, sur l'alliage.
- Pour produire une telle attaque j’ai utilisé une petite batterie de piles de 6 volts environ, et j’ai réglé les résistances de façon à obtenir comme intensité de courant environ 1 centième d’ampère par centimètre carré d’alliage.
- J'ai adopté le dispositif suivant qui m’avait été indiqué par M. Le Ghatelier : une capsule de platine, placée sur un isolant quelconque, sert d’électro-lyseur ; le courant est amené par un fil quelconque à ce récipient. D’autre part, l’électrolyseur est en quelque sorte divisé en deux cellules : la cellule anodique et la cellule cathodique, par un diaphragme formé d’une simple rondelle de filtre placé sur le fond même de la capsule ; celle-ci reçoit l’électrolyte. D'autre part, un fil de platine rejoint à l’autre pôle du courant permet de toucher l’alliage dont la surface plane baigne dans l’électrolyte et repose sur le diaphragme.
- (1) Bulletin de la Société d'Encouragement. — Septembre 1900.
- (2) Bulletin de la Société d'Encouragement. — Août 1900.
- Cette méthode consiste à fondre l’alliage sur une plaque de mica.
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- Examen microscopique et photographique. — Pour l’examen microscopique des échantillons je me suis servi du microscope de M. Le Chatelier, dont la description a été donnée par l’auteur dans le Bulletin de la Société d’Encou-ragement de septembre 1900.
- Les plus grandes difficultés que l’on rencontre pour obtenir une bonne photographie résident dans l’éclairage. J'ai utilisé la lampe à mercure de M. Le -Chatelier, dernier modèle, construit par M. Chabaud.
- Ce modèle diffère de celui décrit dans le Bulletin de la Société d’Encouragement de septembre 1900 en ce qu’il comporte à la partie supérieure une ampoule, dans laquelle est placée un peu d’eau et qui est rejointe à un serpentin. Au bout d’un certain temps, la lampe s’échauffant, l’eau bout, se condense et retombe dans l’ampoule.
- On obtient ainsi un refroidissement énergique et la condensation des vapeurs de mercure. Ce dernier perfectionnement apporté par M. Le Chatelier n’a pas encore été décrit.
- CHAPITRE III
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-TUNGSTÈNE
- Généralités. — Les alliages aluminium-tungstène ont été étudiés par Wohler et Michel qui isolèrent la combinaison APTu par la fusion de 15 grammes d’anhydride tungstique, 30 grammes de cryolithe, 30 grammes de chlorure de sodium et 15 grammes d’aluminium.
- Pour effectuer mes recherches sur la réduction de l’acide tungstique par l’aluminium, je me suis servi d’acide tungstique presque pur, contenant environ 2 p.100 de silice et des traces de fer. Toutes les expériences ont porté sur 3 kilos de mélange.
- Les conclusions de ces recherches ont été les suivantes :
- 1° On est limité, d’une part, par la réaction Al Tu10 et, d’autre part, par la réaction APTu. Au delà de ces deux limites, on n’obtient aucune autre partie métallique susceptible d’être triée. La limite d’inflammation n’a lieu que pour l’expérience correspondant à Al6 Tu ;
- 2° Toutes ces recherches se font avec des pertes énormes de matières, qui ont lieu surtout sous forme d’un mélange d’oxyde ayant la couleur verte;
- 3° Tous les culots obtenus dans ces expériences, à l’exception de celle qui donnerait APTu, laissent, dans l’eau régale concentrée, un résidu parfaitement cristallisé qui correspond à la formule Al Tu2;
- 4° Les expériences faites avec des proportions de matières comprises entre celles qui conduiraient théoriquement aux alliages Al Tu et A13 Tu donnent de
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- très abondants cristaux lamellaires, qui sont recouverts d’une mince couche d’aluminium et paraissent très ternes. Ces cristaux sont toujours situés entre le culot métallique et le corindon, notamment sur la périphérie. Ces cristaux correspondent à la formule AP Tu ; ce sont donc ceux préparés par Wôhler ;
- 5° Les expériences faites avec des proportions de produits conduisant théoriquement aux alliages AITu et Al Tu5 donnent des cristaux aciculaires très faciles à séparer et généralement purs. Ces cristaux forment de superbes amas à la surface du culot métallique, mais ne sont jamais abondants.
- Ils correspondent à la formule Al3 Tu ;
- 6° Les culots métalliques ne contiennent généralement que fort peu d’aluminium libre ;
- 7° Quelques expériences ont été faites en partant de Tu O2, préparé par action de l’hydrogène sur l’acide tungstique. La limite d’inflammation est abaissée, les pertes sont beaucoup moins abondantes, les culots obtenus sont mieux formés, mais les cristallisations sont beaucoup plus rares. Aucun résultat nouveau n’a été donné par ces recherches.
- Méthodes analytiques. — 1° Lorsque l’alliage se dissout dans l’eau régale, ce qui est le cas pour les cristaux Al/f Tu, on peut faire l’analyse en insolubilisant l’acide tungstique formé dans l’attaque ; on reprend par l’eau en présence de chlorhydrate d’ammoniaque. L’aluminium en solution est précipité par le suif hydrate d’ammoniaque ;
- 2° Lorsque l’alliage ne se dissout pas dans l’eau régale, ce qui est notamment le cas pour les combinaisons Al3 Tu et Al Tu2, on les attaque par environ dix fois leurs poids de bioxyde de sodium aussi pur que possible, dans une capsule de nickel. La masse, reprise par l’eau bouillante, est filtrée. Dans la liqueur, on précipite l’alumine qui s’y trouve par l’ammoniaque, en ayant soin d’éviter un excès et en faisant bouillir; puis, le tungstène par le nitrate mercureux. Mais une partie de l’alumine reste sur le filtre avec les oxydes, notamment celui de nickel, qui ont pris naissance par attaque de la capsule. Cela provient de ce que l’aluminium de l’alliage s’est trouvé en présence de carbonate de soude, lequel a pris naissance dans l’action de l’acide carbonique de l’air sur la soude pendant l’attaque, et que, au moment de l’ébullition de la masse, il a été décomposé comme l’a indiqué M. Ditte (1), en donnant de l’aluminate de soude et du carbonate de soude. L’aluminate de soude est décomposé par l’eau. De plus, au cours de ces analyses, et à plusieurs reprises, la liqueur filtrée était verte et j’y ai noté la présence du nickel sans pouvoir me rendre compte de la cause de ce phénomène.
- (1) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 23 janvier 1899. Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902.
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- Préparations des combinaisons. — J’ai indiqué que les expériences de réduction de l’acide tungstique par l’aluminium m’avaient permis d’obtenir à l’état parfaitement cristallisé deux combinaisons correspondant aux formules Al4 Tu et Al3 Tu età l’état de poudre cristalline, insoluble dans l’eau régale, le composé Al Tu2.
- J’en donnerai le meilleur mode de production :
- 1° Pour Al Tu2, les proportions donnant les meilleurs résultats sont celles qui correspondent à l’expérience donnant théoriquement AlTiü, soit :
- 2k,385 Tu O3.
- 0k,615 Al.
- Le résidu dans l’eau régale m’a donné à l’analyse :
- Tu p. 100. Tu calculé pour Al Tu2.
- 93,65 93,93 93,43 93,16
- 2° Pour le composé Al3 Tu, on doit employer le mélange correspondant théoriquement à Al Tu4, c’est-à-dire:
- 2k,376 Tu O3.
- 0k,624 Al.
- Les cristaux isolés, qui sont d’ailleurs peu abondants, ont donné à l’analyse:
- Tu p. 100. Tu calculé pour Al3 Tu.
- 69,85 70,32 70,32 69,44
- 3° Pour les cristaux Al4 Tu, le meilleur mode d’obtention réside dans l’emploi des proportions correspondant à la réaction théorique Al4 Tu, c’est-à-dire :
- lk,764 Tu O3.
- lk,236 Al.
- Les cristaux très abondants, lavés dans l’acide chlorhydrique étendu, donnent à l’analyse :
- lre analyse. 2e analyse. Calculé.
- Aluminium.......................... 36,61 37,08 36,98
- Tungstène.......................... 63,32 62,90 63,02
- 99,93 99,98 100,00
- Propriétés des combinaisons (1). — Le composé Al Tu2 se présente sous forme de poudre cristalline noirâtre.
- Al3 Tu est constitué par des cristaux se présentant sous formes de prismes cannelés d’apparence quadratique. Enfin Al4Tu se présente sous forme de cristaux lamellaires atteignant parfois d’importantes dimensions (deux à trois centimètres carrés) ; ces cristaux sont souvent recouverts d’une mince couche d’aluminium que l’on enlève facilement par l’acide chlorhydrique très dilué. Ces lamelles sont analogues à celles d’oligiste spéculaire des volcans.
- (1) Il m’a été impossible de déterminer les points de fusion des diverses combinaisons que j’ai isolées, la quantité me faisant défaut.
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- Les densités de ces différents corps sont :
- Densités trouvées Densités théoriques
- à 20». (dTu = 18,7).
- AI Tu2......................................................12,75 13,06
- Al3 Tu...................................................... 6,31 6,38
- Al4 Tu...................................................... 5,56 3,62
- Les combinaisons aluminium-tungstène ne sont pas attaqués par l’oxygène à la température ordinaire, ou même au-dessous du rouge. Mais, à cette température, on obtient rapidement de l’acide tungstique, de l’oxyde bleu et de l’alumine. L’eau bouillante produit une légère attaque; les cristaux se recouvrent d’une couche mince d’oxydes qui les protège contre une altération ultérieure.
- L’acide sulfurique agit très lentement ; il en est de même de l’acide chlorhydrique; cependant, le composé Al4 Tu est dissous assez vivement à l’ébullition.
- L’acide azotique concentré et bouillant produit une attaque lente ; mais, comme l’acide tungstique formé se trouve en présence d’aluminium, corps réducteur, il se produit de l’oxyde bleu. A la fin, il y a oxydation complète et formation d’acide tungstique. L’eau régale n’attaque pas Al Tu2 ; elle décompose lentement Al3 Tu et très rapidement Al4 Tu.
- La potasse concentrée ou étendue ne produit rien à froid ; mais à chaud, il y a attaque d’autant plus rapide que les produits sont plus riches en aluminium.
- Le chlore est sans action sur ces combinaisons à la température ordinaire ; mais vers 300 degrés il se produit du chlorure d’aluminium et de l’hexa-chlorure de tungstène qui se volatilisent.
- Résumé. —Je résumerai mes recherches sur la réduction de l’acide tungstique par l’aluminium dans le tableau suivant:
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX OBTENUS COMPOSITION des CULOTS MÉTALLIQUES lavés à HCl étendu. COMPOSITION DU RÉSIDU dans l'eau régale.
- Al Tu10 Aucune. Partie métallique. Pouvant être triée.
- Al Tu5 Cristaux aciculaires Al3 Tu. Tu = 82,1 Tu = 93,4 (Al2 Tu).
- Al Tu3 )) Tu = 80,5 ))
- Al Tu2 )) Tu = 79,8 »
- Al Tu Cristaux aciculaires Al3 Tu. Tu = 77,6 »
- Cristaux lamellaires Al4 Tu. Tu — 76 0
- Al2 Tu Cristaux lamellaires Al4 Tu.
- Al3 Tu ,> Tu = 66,5 )>
- AU Tu )) Tu = 58 p. 100 ))
- Al3 Tu Aucune partie métallique po uvant être triée.
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- J’ai répété les expériences précédentes en me servant d’aluminium dit de thermite et d’aluminium en poudre. Ce dernier ne m’a donné aucun résultat; les réactions étaient très vives et je n’ai obtenu aucune partie métallique.
- En me servant d’aluminium de thermite, je n’ai trouvé aucune donnée nouvelle.
- Métallo graphie microscopique. — La plupart des culots obtenus contiennent un très grand nombre de petites cavités, de telle sorte que leur observation et surtout leur photographie sont irréalisables.
- Seul le photogramme du composé AP Tu a pu être fait par simple polissage en bas-relief. On obtient des cristaux blancs, très brillants sur fond terne. (PL 1, fig. 1.)
- CHAPITRE IV
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-MOLYBDÈNE
- Généralités. — Par une méthode analogue à celle indiquée pour la préparation de AP Tu, Wohler isola une combinaison correspondant à la formule AP Mo. Ce sont là les seules recherches faites sur les alliages aluminium-molybdène.
- Pour étudier la réduction de l’acide molybdique par l’aluminium, j’ai toujours opéré sur 3 kilos de matières.
- Voici les résultats généraux auxquels je suis arrivé :
- 1° La limite d’inflammation a lieu pour l’expérience qui correspond à la formation théorique du composé AP Mo. Mais on n’obtient des cristaux ou des parties métalliques susceptibles d’être triés qu’entre les expériences dont les proportions donneraient Al6 Mo et Al Mo 13 ;
- 2° Parmi les culots métalliques obtenus, quelques-uns deviennent très friables au bout de fort peu de temps. C’est ainsi que tous ceux obtenus dans les expériences comprises entre celles qui donneraient théoriquement AP Mo et A16 Mo, abandonnés’ dans des conserves au laboratoire, se sont transformés lentement en poudre impalpable. Ce phénomène provient d’un changement allotropique et non d’une oxydation, car je n’ai pas noté une augmentation de poids pendant cette transformation ;
- 3° Au cours de ces expériences, j’ai remarqué très souvent la présence de rognons métalliques qui se forment à la surface de la masse. Ces rognons sont formés par des agglomérats de cristaux, généralement aciculaires, provenant de combinaisons Al-Mo toujours plus riches en aluminium que la partie constituant le culot. Ces alliages paraissent s’être séparés par liquation ;
- 4° Toutes ces expériences se font avec des pertes considérables qui ont lieu surtout sous forme d’un mélange d’oxyde ayant la couleur verte ;
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- 5° Les cristaux, aussi bien que les poudres cristallines sont obtenus, comme on le verra plus loin, dans des conditions bien déterminées. J’ai pu ainsi isoler sous forme de cristaux les combinaisons Al1 2 3 Mo, Al Mo et Al7 Mo et sous forme de poudre cristalline, un autre composé Al Mo 4 * * (1).
- Mes essais ont porté sur trois séries d’expériences : dans la première je me suis servi du grain 25-30; dans la seconde, d’aluminium de thermite; dans la troisième, de poudre. Le tableau résumant ces recherches montre l’influence du grain d’aluminium;
- 6° Un grand nombre de culots laissent dans l’acide chlorhydrique étendu des résidus cristallisés formés probablement de plusieurs combinaisons. Le même mélange est généralement obtenu dans plusieurs réactions. Certains de ces mélanges doivent être eutectiques.
- Méthode analytique. — Tous les alliages définis, aussi bien que les diverses poudres obtenues dans le traitement des culots métalliques, sont dissous facilement par l’acide azotique concentré et bouillant. On reprend la dissolution, que l’on a eu soin d’étendre (2), par l’ammoniaque étendue et froide, qui dissout l’acide molybdique. On fait bouillir pour chasser l’ammoniaque en excès; on filtre et on lave à l’eau chaude. On reprend ensuite le précipité d’alumine par la soude bouillante; tout ne se dissout pas; il reste un léger résidu brun de bioxyde de molybdène qui est dosé à part sous forme d’acide molybdique par oxydation avec l’acide azotique.
- La liqueur filtrée est traitée par un acide, puis par l’ammoniaque et le sul-fhydrate d’ammoniaque. On a ainsi l’alumine.
- Le liquide, que l’on vient de recueillir dans la dernière filtration, est joint à celui du début de l’analyse, et le molybdène est dosé sous la forme de molyb-date de plomb, au moyen de l’acétate de plomb, en prenant les précautions indiquées par Hotson et Brearley (3).
- Préparation des combinaisons. — 1° L’expérience qui donne en théorie Al Mo2, lais se, quand on emploie Al en poudre, un culot qui n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique étendu et correspond à la formule Al Mo4.
- (1) J’avais cru isoler deux autres combinaisons correspondant aux formules Al2 Mo et Al Mo20. Des recherches plus récentes m’ont montré que Al2 Mo n’était constitué que par Al3 Mo + Al Mo et que l’aluminium contenu dans Al Mo20 s’y trouvait sous forme de siliciure d’aluminium.
- (2) Si cette précipitation avait lieu en liqueur concentrée, l’alumine formée entraînerait de notables quantités d’acide molybdique.
- (3) Chemical News, t. LXXVIII, p. 203.
- J’ai cherché à doser le molybdène électrolytiquement, en solution ammoniacale de molyb-
- date d’ammoniaque. On obtient un dépôt noirâtre d’hydrate de sesquioxyde; mais après
- deux jours le dépôt n’est pas complet. De plus pour doser il faut griller avec soin le précipice
- pour obtenir Mo O3. Dans ce grillage il y a des pertes par volatilisation.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Pour obtenir ce composé, il faut donc employer :
- 2k,110 Mo O3.
- 0k,890 A).
- L’analyse a donné :
- lre analyse. 2e analyse. Calculé.
- 93,61 93,91 93,43
- 5,87 ' 5,92 6,57
- 99,48 99,83 100,00
- 2° Dans un certain nombre d’expériences, notamment dans celles qui donneraient théoriquement Al Mo2, Al Mo, Al2Mo, et Al3 Mo. on rencontre souvent des alvéoles assez profonds, qui sont tapissés de cristaux aciculaires. Quelques-uns de ces cristaux ont pu être détachés; ils correspondent à la formule Al Mo :
- Trouvé. Calculé.
- Molybdène..................................... 77,80 78,00
- Aluminium.................................. 23,15 22,00
- 100,95 100,00
- 3° Dans les expériences comprises entre celles qui donneraient théoriquement Al3 Mo et Al4 Mo, on obtient de superbes cristaux lamellaires. Pour le mélange correspondant à Al3 Mo, c’est-à-dire :
- lk,550 Mo O3. lk,450 Al.
- on obtient un culot qui n’est formé que d’un agglomérat magnifique de ces cristaux. Ils correspondent à la formule Al3 Mo :
- lre analyse. 2e analyse. Calculé.
- Molybdène........................... 47,56 47,54 47,06
- Aluminium........................... 52,06 53,23 52,94
- 99,62 100,77 100,00
- 4° Dans l’expérience qui correspond théoriquement à Al6 Mo, il se forme assez souvent des rognons que l’on trouve à la surface de la masse de corindon. Ils sont très volumineux et ne sont constitués que par des cristaux aciculaires très nets.
- Ils correspondent à la formule Al7 Mo :
- 1re analyse. 2e analyse. Calculé.
- . 33,25 33,17 33,69
- . 66,57 66,40 66,31
- 99,82 99,57 100,00
- Molybdène
- Aluminium
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-
- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES d’aLUMINIUM.
- 235
- Pour les obtenir, il faut employer les proportions :
- lk,450 Mo O3. lk,550 Al.
- Propriétés de ces combinaisons. — Le composé Al Mo4 se présente sous forme de poudre. Le culot qui le fournit a une cassure très nette, d’un gris dacier. La poudre obtenue par l’acide chlorhydrique étendu est très dure, comme d’ailleurs les combinaisons Al Mo et Al3Mo. Gomme Al Tu, le composé Al Mo se présente en prismes cannelés d’apparence quadratique. Quant à l’alliage Al3 Mo, il a les mêmes apparences cristallographiques que Al4 Tu. Les densités de ces composés sont les suivantes :
- Densités trouvées Densité théorique
- à 20°. (dMO -= 9,01).
- Al Mo4............................................8,10 7,73
- Al Mo............................................ 5,34 5,79
- Al3 Mo........................................... 4,45 4,18
- Al7Mo............................................ 3,52 3,37
- L’oxygène n’attaque pas ces combinaisons à la température ordinaire, à l’exception de Al6 Mo qui se recouvre d’une légère couche d’alumine ; à la température élevée on obtient de l’alumine de l’acide molybdique qui se volatilise et de l’oxyde bleu qui recouvre les cristaux et forme après refroidissement une couche bleue. C’est le composé Al Mo4 qui s’oxyde le plus facilement.
- L’eau bouillante ne paraît pas avoir d’action ; mais vers 350, il y a formation d’oxydes de molybdène et d’alumine, et l’on remarque que les cristaux sont recouverts d’oxyde bleu et de points blancs. Les acides n’attaquent que lentement ces composés ; cependant l’acide chlorhydrique à chaud décompose rapidement Al3 Mo et Al7 Mo.
- L’action de l’acide azotique est particulièrement intéressante. Si l’on fait réagir sur l’une des combinaisons, notamment Al Mo ou Al3 Mo, l’acide azotique concentré et froid, on note une action lente ; la liqueur prend d’abord une teinte brun-clair; puis rosée, après trois heures. Si l’on fait bouillir, la teinte disparaît, la liqueur redevient incolore.
- Si l’on attaque par l’acide azotique étendu de son volume d’eau, on obtient un dépôt brun cristallin, qui est du bioxyde de molybdène.
- Le chlore est sans action sur ces composés à froid. Mais, vers 300 degrés il se forme rapidement du chlorure de molybdène et du chlorure d’aluminium.
- Résumé. — Je résumerai mes recherches sur la réduction de l’acide molybdique par l’aluminium dans le tableau suivant :
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- 236
- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- EXPERIENCES
- CORRESPONDANT
- à la
- formation théorique de
- Al Mo15 Al Mo10 Al Mo3. Al Mo4.
- CRISTAUX
- POUVANT ÊTRE ISOLÉS
- à la main
- obtenus en employant l'aluminium 25-30.
- Al Mo3.
- Al Mo2. Al Mo .
- Pas de culot net.
- Pas de cristaux pouvant être triés.
- Masse cristalline.
- Crist. lamellaires Al3 Mo. Cr. Al3 Mo + Cr. aci. Al Mo.
- Al2 Mo...............
- Al3 Mo...............
- AP Mo................
- AP Mo................
- Al6 Mo...............
- (Limite d’inflammation.
- Id.
- Crist. lamellaires AP Mo.
- Id.
- Pas de cristaux. Rognons : AP Mo.
- POUDRES
- CRISTALLINES obtenues en traitant les culots des expériences précédentes par H Ci étendu.
- Pas de culot net. Mo = 68,8 Id.
- Id.
- Id.
- h. |
- )) ]
- Poudre cristalline > Al3 Mo. ) Id.
- Mélange j Mo = 44,5 ) de cristaux. ( Al = 54,5 \
- I Id- |
- f Mange (Mo = 42,7 j | decrislauï.( Al =57,3 j
- POUDRES
- CRISTALLINES obtenues en traitant par II Cl étendu les culots préparés par Al en poudre.
- Pas de culot net.
- Id.
- Id.
- ))
- Mélange j Mo = 93,9 de cristaux. ( Al = 6,1 Cristaux Al Mo4. Cristallisation disséminée dans la masse d’alumine. Cristaux AI Mo.
- Pas de culot net. Id.
- Id.
- En employant l’aluminium de thermite, je n’ai obtenu que des résultats connus.
- Métallographie microscopique. — La métallographie microscopique de ces composés n’a pas pu être faite, tous les culots contenant de très nombreuses cavités.
- CHAPITRE V
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-CUIVRE
- Généralités. — Ces alliages ont été l’objet d’études très approfondies de la part de M. Le Chatelier (1), qui a montré par l’étude de la courbe de fusibilité, et par l’étude micro graphique qu’il existe trois combinaisons correspondant aux formules : Al Gu3, Al Gu et AP Gu. Le premier et le dernier de ces composés correspondent aux deux maxima de la courbe de fusibilité.
- (1) Bullelin de la Société d’Encouragement. Mai 1895, septembre 1900.
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES d’aLUMINIUM.
- 237
- J’ai pensé qu’en appliquant la méthode indiquée à la réduction de l’oxyde de cuivre je pourrais isoler les combinaisons indiquées par M. Le Chatelier. Je suis parti d’oxyde de cuivre pur que j'ai préparé en traitant du cuivre électrolytique par l’acide azotique, en calcinant le nitrate ainsi préparé et en broyant aussi complètement que possible l’oxyde ainsi obtenu.
- Toutes les expériences ont été faites sur 500 grammes de matières. En opérant sur une plus grande quantité, on doit craindre des explosions souvent très dangereuses et qui projettent la plus grande partie du corindon hors du creuset. Toutefois pour les expériences où l’aluminium prédomine, qui sont beaucoup moins violentes que les autres, on peut utiliser 3 kilos de mélange.
- J’ai toujours employé les grains scindés entre les tamis 25 et 30; il est impossible, par suite de la violence de la réaction, d’utiliser la poudre. Quant à l’aluminium de thermite, il n’a fait que confirmer les résultats obtenus avec les grains.
- Les résultats généraux auxquels je suis arrivé sont les suivants :
- 1° La limite d’inflammation a lieu pour la réaction correspondant théoriquement au composé Cu Al4 ;
- 2° L’expérience qui correspond à la formation théorique de Cu donne un culot qui n’est pas attaqué par HCl étendu. Il ne correspond qu’à 95,5 p. 100 du cuivre. Si l’on cherche à produire le cuivre pur par ce procédé, on est obligé d’abaisser la teneur en oxyde ; mais on obtient, alors un cuivre qui a dissous de l’oxygène.
- 3° Tous les culots compris entre les expériences qui donnent théoriquement Cu et Cu3 Al sont de couleur or; ils ne sont pas attaqués par H Cl étendu et ne sont formés que de cuivre + la combinaison Cu3 Al ;
- 4° J’ai pu isoler, comme on le verra plus loin, les trois combinaisons prévues, dont Tune à l’état impur;
- 5° Des pertes abondantes ont lieu, au cours de ces expériences, sous forme d’oxyde de cuivre.
- Méthode analytique. — La méthode analytique employée a été le dosage électrolytique du cuivre en liqueur azotique. L’alliage est attaqué par l’eau régale très légèrement chlorhydrique; le chlore est chassé avec grands soins.
- L’alumine est précipitée de l’électrolyte par l’ammoniaque et le sulfhydrate d’ammoniaque.
- Préparation des combinaisons. — 1° Le composé Al Cu3 est obtenu en traitant par HCl étendu les culots obtenus dans l’expérience qui donnerait théoriquement Cu4 AL
- Il faut donc partir d’un mélange de :
- 0k,380 oxyde de cuivre.
- 0k,I20 aluminium.
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- 238 MÉTALLURGIE. ----- AOUT 1902.
- On a une poudre nettement cristallisée au microscope.
- L’analyse a donné :
- Cu : 87,11 ; 87,6b; 87,75. En théorie : 87,55.
- 2° Le composé Al Cu est obtenu en traitant par H Cl étendu le culot métallique correspondant à la formation théorique de Cu2 Al. On obtient ainsi une très belle poudre grise.
- Les proportions à employer sont :
- 0k,355 Gu O.
- 0k, 145 Al.
- Si on vient à traiter cette poudre par l’acide azotique concentré on obtient, en quantités minimes (2 à 3 p. 100 du produit traité), une poudre noire insoluble dans cet acide et dans l’eau régale.
- Ce résidu est cristallisé; c’est un siliciure double d’aluminium et de cuivre. La partie de la poudre obtenue dans la première opération et soluble dans l’acide azotique correspond au composé Cu Al.
- Les analyses ont donné :
- Gu = 69,3 ; 69,8. Cu calculé : 70,13.
- On trouve ce produit sous forme de petits cristaux dans les culots ; mais ils sont très difficiles à isoler. Ce doit être la combinaison indiquée par M. Le Cha-telier dans son étude micrographique comme voisine de Cu Al.
- Des résultats identiques sont donnés par l’expérience Cu Al.
- 3° La combinaison Al2Cu est obtenue en cristaux magnifiques affectant la forme de longues aiguilles prismatiques dont la largeur atteint parfois 2 à 3 centimètres. Ces cristaux se trouvent dans de grands alvéoles; ils peuvent être aisément séparés de la masse; mais ils sont toujours recouverts d’aluminium.
- Si l’on opère sur de trop grandes quantités, ces cristaux se trouvent pris dans la masse métallique et ne peuvent plus être triés. Comme ils sont attaqués par HCl et KOH étendus, je n’ai pu les avoir purs qu’en opérant comme il suit : on les traite par l’acide azotique concentré et bouillant; l’aluminium se dissout très lentement et l’on voit nettement le moment précis où commence l’attaque des cristaux, par le dégagement d’une bulle de peroxyde d’azote. On arrête alors l’action de l’acide en ajoutant une grande quantité d’eau et en refroidissant. Ces cristaux se présentent également sous forme de grandes lamelles; il est, en général, impossible de les séparer de la masse. Elles rappellent absolument par leurs dispositions les microphotographies de l'alliage Al2 Cu données par M. Le Chatelier (1).
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement. Septembre 1900.
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D*ALUMINIUM.
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- Pour les obtenir, on part d’un mélange composé de :
- 0k,260 oxyde de cuivre.
- 0*y240 aluminium.
- L’analyse des cristaux a donné :
- Cu : 53,8o; 53,70. Cu calculé : 54,00.
- Si, d’autre part, on broie très finement la masse du culot contenant les cristaux et si on la traite, comme je l’ai dit, par l’acide azotique concentré et bouillant, on obtient la même combinaison AP Cu, en poudre cristalline.
- L’expérience correspondant théoriquement à AP Cu donne les mêmes résultats, mais d’une façon beaucoup moins nette.
- Les culots obtenus dans les expériences AP Cu et Al3 Cu ne sont formés que de Al + Al2 Cu.
- Propriétés de ces combinaisons. — Le composé AP Cu se présente sous forme de poudre or très nettement cristallisée; le composé Al Cu impur, en poudre grise et le composé AP Cu sous forme de prismes d’apparence quadratique très allongés suivant l’axe principal.
- Leurs densités sont données dans le tableau suivant :
- Déterminée à 20. Calculée.
- Cu3 Al........................................... 7,52 6,09
- Cu Al impur...................................... 5,70 5,02
- Cil Al2 ......................................... 5,37 4,04
- On voit que ces composés se forment avec une forte contraction.
- L’oxygène n’a d’action sur ces corps qu’à haute température; mais alors il les attaque rapidement. L’eau n’altère pas sensiblement les combinaisons aluminium-cuivre même à température élevée. L’acide sulfurique réagit d’autant plus facilement que la teneur en cuivre du composé est plus élevée. Il y a dégagement du gaz sulfureux et d’hydrogène, et dépôt de soufre provenant de la réduction de l’anhydride sulfureux formé.
- L’acide chlorhydrique étendu n’attaque pas Cu3 Al, mais il a une légère action sur Cu Al et dissout rapidement Cu AP. Concentré et chaud, cet acide réagit sur ces produits avec une rapidité d’autant plus grande que leur teneur en aluminium est plus élevée.
- L’acide azotique à froid dissout immédiatement Cu3 Al et Cu Al et n’a d’action sur Cu AP qu’à l’ébullition.
- L’eau régale dissout les divers produits, mais Çu Al, qui est impur, laisse, comme je l’ai déjà dit, un résidu de 2 à 3 p. 100.
- Un courant de gaz carbonique humide donne avec Al Cu3 du carbonate de cuivre et ne paraît pas avoir d’action sur les deux autres combinaisons.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- La potasse étendue et froide attaque rapidement Gu Al2 ; concentrée et froide elle agit sur Cu Al; elle ne produit aucune action sur Gu Al3, même à l’ébullition.
- Le chlore vers 200 degrés donne du chlorure d’aluminium et du chlorure cuivrique; celui-ci recouvre l’alliage et empêche la réaction de continuer.
- Le tableau suivant résume mes recherches sur la réduction de l’oxyde de cuivre par l’aluminium :
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX POUVANT ÊTRE ISOLÉS à la main. COMPOSITION DES CULOTS I.AVÉS A HCl étendu.
- Cu Rien. Cu = 95,53
- Cu10 Al Id. Cu = 90,50
- Cu3 Al ... Id. Cu = 88,55
- Cu4 Al Id. Cu — 87,35 \
- Cu3 Al Id. Cu = 87,11 Cu3 Al.
- Cu2 Al Id. Cu = 69,02 \ Al Cu
- Cu Al Id. Cu = 68,96 j impur.
- Cu Al2 Cristaux prismatiques. Cu = 54,04
- Cu Al3 Id. Cu = 54,24 j AJr LiU.
- Cu Al4 Culot mêlé d’alumine et ne pouvant être trié.
- L’étude métallographique de ces composés a été faite par M. Le Cha-telier (1).
- CHAPITRE VI
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-ÉTAIN
- Généralités. — Les alliages étain-aluminium ont été étudiés au point de vue de la fusibilité par M. Gautier. La courbe obtenue présente un maximum correspondant à la combinaison Al Sn.
- J’ai cherché à isoler ce composé et ceux qui peuvent exister, sans être indiqués par la courbe de fusibilité, en réduisant le bioxyde d’étain par l’aluminium. Je me suis toujours servi de l’aluminium en grains scindés entre les tamis 25-30 et je suis parti d’acide stannique préparé par voie humide, en attaquant l’étain de Banka par l’acide azotique pur.
- Toutes les expériences ont été faites sur 3 kilos de matières.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement. Septembre 1900.
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM.
- m
- Les principales conclusions auxquelles j’ai été conduit sont les suivantes :
- 1° La limite d’inflammation a lieu pour l’expérience correspondant théoriquement à Al4 Sn;
- 2°Toutes les réactions sont extrêmement violentes. Il y a des pertes énormes sous forme d’étain et d’acide stannique ;
- 3° Toutes les expériences dont le mélange initial est plus riche en acide stannique que celui qui correspond à Al Sn5 ne laissent aucune partie métallique; il ne reste dans le creuset que du corindon;
- 4° La quantité d’étain contenue dans le culot ne va pas en croissant, quand on part des proportions correspondantes à Al4 Sn, pour atteindre celle de l’expérience AlSn°. Il y a de très grandes irrégularités, comme on te verra plus loin;
- 5° L’expérience Al4 Sn, limite d’inflammation, ne donne qu’une importante masse de corindon, dans laquelle sont dispersées des lamelles cristallines très difficiles à détacher de la masse.
- Mais si l’on vient à placer dans un four Perrot le mélange acide stan-nique-aluminium, de façon à le porter à une température d’environ 800 degrés et si l’on vient à l’enflammer, lorsqu’il a atteint cette température, on obtient un simple culot dans lequel on remarque de nombreux cristaux filiformes pris dans la masse (1) ;
- 6° En faisant varier les proportions d’aluminium en excès, j’ai pu isoler sous formes de cristaux et sous forme de poudres cristallines, deux combinaisons correspondant aux formules Al Sn et Al4 Sn.
- Méthode analytique. — On pèse O»1',3 à (b1- 2, 5 de l’alliage, préalablement limé et tamisé; on attaque par l’acide chlorhydrique concentré auquel on ajoute quelques gouttes d’acide azotique.
- On neutralise par l’ammoniaque, on ajoute 4 grammes d’oxalate d’ammonium et 12 grammes d’acide oxalique, après avoir étendu d’eau (méthode de Glassen).
- On électrolyse à 60 degrés, avec un courant de 0,5 ampère au début, 0,7 ampère après deux heures, 1 ampère après trois heures.
- Le dépôt demande quatre à cinq heures pour être complet.
- La fin de la réaction ne se voit nettement qu’en immergeant davantage la cathode (2).
- (1) Si l’on prolongeait trop le chauffage, la réaction aurait lieu dans le four même. Cet accident m’est arrivé à plusieurs reprises et a occasionné de nombreux dégâts.
- (2) En dépassant I ampère comme intensité, on a à craindre que le dépôt se fasse sous forme de poudre noire peu adhérente. 11 est nécessaire d’opérer à chaud et en liqueur étendue, sans quoi il se déposerait des cristaux d’oxalate et, d’acide oxalique qui pourraient recouvrir l’anode et empêcher le courant de passer. Pour effectuer ces analyses, je me suis servi des appareils de M. Hollard dont les cornets en platine avaient été préalablement dépolis au jet de sable. Il semble se former entre le platine et l’étain un alliage superficiel; les électrodes sont extrêmement difficiles à nettoyer; on est parfois obligé de faire intervenir le bisulfate de potasse.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Pour doser l’aluminium, il est nécessaire d’évaporer et de reprendre par l’acide sulfurique.
- Préparation des combinaisons. — 1° Les cristaux correspondant à Al Sn peuvent être obtenus de trois façons :
- En employant les proportions de la théorie même, c’est-à-dire :
- 2k,115 de bioxyde d’étain,
- 0k,885 d’aluminium en grains,
- on obtient ainsi un culot avec de nombreux alvéoles qui sont tapissés de cristaux filiformes et lamellaires de toute beauté.
- En utilisant le mélange correspondant à la réaction théorique Al Sn2, c’est-à-dire :
- 2k,255 bioxyde d’étain,
- 0k,745 aluminium,
- on trouve dans le culot des cristaux aciculaires identiques au précédent.
- En opérant sur un mélange correspondant au composé théorique Al Sn4 c’est-à-dire sur :
- 2k,333 bioxyde d’étain,
- 0k,665 aluminium en grains,
- on obtient un culot métallique assez volumineux; il n’est guère formé que par des pointements extraordinairement nets, que l’on ne peut isoler qu’à la pince coupante.
- Ces cristaux ont donné à l’analyse :
- Sn = 80,95, 81,05. Calculé pour Al Sn : 81,37.
- De plus on obtient le même composé sous forme de poudre cristalline, contenant un peu de silicium, en traitant le culot brut de l’expérience Al Sn par l’acide chlorhydrique étendu.
- 2° La combinaison Al4 Sn s’obtient lorsque l’on effectue la réaction sur le mélange correspondant aux proportions théoriques, c’est-à-dire sur :
- lk,53S bioxyde d’étain, lk,463 aluminium en grains,
- et en chauffant, comme je l’ai indiqué plus haut.
- En effectuant la réaction, sans élever la température du mélange, on obtient le même composé sous forme de lamelles hexagonales englobées dans le corindon.
- On peut obtenir le même composé sous forme de poudre cristalline, en
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM.
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- traitant le culot métallique de la même expérience par l’acide chlorhydrique étendu.
- L’analyse a donné :
- Sn= 51,87; 51,95. Sn calculé pour Al4 Su : 52,25.
- Propriétés de ces combinaisons. —Le composé AlSn se présente sous la forme de lamelles malléables.
- Le système cristallin de la combinaison Al4 Sn ne peut être déterminé. Ces cristaux ne sont ni durs, ni cassants ; ils présentent même une certaine malléabilité.
- Ils ont pour densité :
- Densité trouvée à 20°. Densité théorique.
- Al Sn...............................................5,14 5,37
- Al4 Sn.............................................. 3,75 3,80
- L’oxygène agit facilement sur ces deux combinaisons lorsqu’elles sont portées vers 300 à 500 degrés ; la surface se recouvre d’une couche d’oxydes.
- L’eau les attaque dans les mêmes conditions.
- L’acide sulfurique dilué ne donne rien à froid; mais, à l’ébullition, il a une action faible au début, mais qui devient de plus en plus vive. L’acide concentré produit une attaque violente.
- L’acide chlorhydrique, même dilué, donne une réaction très nette.
- Quant à l’acide azotique, à froid, il agit très vivement sur les deux combinaisons; mais les grains se recouvrent d’une couche de bioxyde d’étain et l’action n’est jamais complète.
- C’est pourquoi le mode de dosage consistant à transformer l’étain en acide stannique ne peut être utilisé ici.
- L’eau régale riche en acide chlorhydrique produit une dissolution rapide et complète des deux produits. Si l’eau régale est riche en acide azotique, l’attaque est incomplète, comme pour ce dernier produit.
- La potasse concentrée donne lieu à une réaction vive.
- Le chlore produit une décomposition rapide vers 200 à 250 degrés, en donnant du tétrachlorure d’étain et du chlorure d’aluminium.
- Je résumerai mes recherches sur la réduction de l’acide stannique par l’aluminium en grains dans le tableau suivant :
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 4902.
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX OBTENUS. COMPOSITION DES CULOTS LAVÉS A H Cl étendu en Sn p. 100.
- Sns Al Aucune partie métallique.
- Sn4 Al Cr-. lamellaires AISn. 75,97
- Sn3 Al . . . Rien. 87,10
- Sa2 Al Rien. 73,88
- Cr. aciculaires et ) ., „
- Sn Al 1 , .. . Al Sn. lamellaires. ) 69,09
- Sn Al2 Cr. aciculaires Al Sn. 81,05 Al Sn.
- Sn Al3 Rien. 74,95
- ~ 1 Cr. lamellaires et ) ._
- Sn Al4 ... Al4 Sn. aciculaires. ) 51,95 Al4 Sn.
- (Limite d’inflammation.) j i
- Métalloyraphie microscopique. — Le composé Sn Al a pu être observé, bien que le polissage ait été d’une extrême difficulté. D’ailleurs la photographie laisse voir de nombreux traits de polissage. (PL 1, fig. 2.)
- L’attaque électrolytique par l’hyposulfite de soude en liqueur étendue montre de nombreux cristaux se détachant en blanc sur fond noir.
- Quant au composé Sn Al4, il n’a pu être observé directement ; j’ai essayé de reproduire cet alliage par union directe d’étain et d’aluminium. Je n’ai obtenu qu’un photogramme se rapprochant de celui de Sn Al.
- D’autre part, en superposant de l’étain et de l’aluminium fondu et en les laissant se diffuser l’un dans l’autre, je n’ai obtenu qu’une image semblable à celle de Sn Al.
- Ceci tendrait à prouver que :
- Ou Sn Al4 a même photo gramme que Sn Al ;
- Ou Sn Al4 ne se forme pas lorsque l’on fond ensemble de l’étain et de l’aluminium.
- CHAPITRE VII
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-TITANE
- En appliquant la méthode décrite à la réduction de l’acide titanique par l’aluminium en grains, j’ai obtenu les résultats suivants :
- 1° Les expériences ne donnent des résultats intéressants que si l’on a eu soin de porter au préalable le mélange à la température de 600 degrés et si, de plus,
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES d’aLLUMINIUM. 245
- l’on vient, aussitôt après l’inflammation, à projeter un jet d’oxygène à la surface.
- 2° Trois expériences seulement donnent des résultats ; ce sont celles qui correspondent à la formation théorique de Ti Al2, Ti Al3 et Ti Al4.
- 3° Les culols et cristaux que l’on obtient contiennent des proportions assez fortes d’azoture et d’oxyde de titane. Les analyses ne peuvent donc fournir que des résultats approximatifs.
- 4° La première de ces expériences a donné des cristaux épars dans la masse.
- Le rapport du titane et de l’aluminium montre cependant nettement que le produit correspond à la formule Ti2 Al3, ou Ti Al.
- Pour obtenir ces cristaux en assez grandes quantités, il faut partir des proportions suivantes :
- ik,80o acide lilauique l'yl95 aluminium
- correspondant à Ti Al3.
- 5° L’expérience correspondant à Ti Al4 dans laquelle on emploie le mélange :
- lk,090 acide titanique. lk,910 aluminium.
- donne un culot extrêmement bien cristallisé, dans lequel on note des cristaux lamellaires.
- Ce culot limé, tamisé et traité par KOH étendu donne une poudre cristalline correspondant à la formule Ti Al4.
- Les analyses ont donné, comme rapport entre l’aluminium et le titane, le même que celui déterminé par la théorie.
- Il semble donc y avoir deux combinaisons correspondant aux formules :
- Ti2 Al3, et Ti Al4.
- Les propriétés de ces corps n’ont pu être étudiées d’une façon précise, puisqu’on les obtient à l’état impur.
- Cependant l’on peut dire qu’elles ne sont attaquées par l’oxygène et l'eau qu’à haute température. L'acide chlorhydrique et l’eau régale les dissolvent facilement; le chlore les attaque rapidement au rouge.
- Métallo graphie microscopique. —Seul, le composé Ti Al4 a pu être observé. On obtient par polissage en bas-relief de grands cristaux très brillants, parallèles et entourés de l’eutectique Ti A14-A1 (PL I, fig. 3).
- Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902.
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- MÉTALLURGIE.
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- CHAPITRE VIII
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMIXIUM-FER
- Généralités. — Des recherches importantes ont déjà été faites sur ces produits qui sont employés dans l’industrie.
- Crace Calvert et R. Jonhso.n (1) étudièrent l’alliage Al Fe4 en chauffant au rouge blanc 20 atomes de fer en limaille fine avec 4 molécules de chlorure d’aluminium et 4 molécules de chaux. En traitant le produit ainsi obtenu par le charbon, ils obtinrent des grains métalliques correspondant à la formule APFV. Wœhler et Michel (2) firent réagir 10 grammes d’aluminium sur 5 grammes de chlorure ferreux et 20 grammes de chlorure sodico-potassique et préparèrent ainsi un régule cristallin qui, traité par l’acide chlorhydrique étendu, abandonna des prismes hexagonaux paraissant correspondre à FeAl1 2. Des études plus récentes furent entreprises par M. Roberts-Austen, sous le patronage de la commission des alliages de l'Institution of Mechanical Engineers. La courbe de fusibilité, déterminée par M. Roberts-Austen, présente un maximum qui est assez mal défini, la courbe étant sensiblement parallèle à l’axe des x entre les points correspondant à l’alliage à 53 p. 100 de Fe d’une part et à l’alliage à 39 p. 100 de Fe d’autre part.
- J’ai repris l’étude des alliages fer-aluminium en partant d’aluminium dit de thermite et d’oxyde de fer en poudre fine et chimiquement pur, obtenu en traitant du fer électrolytique par l’eau régale et en précipitant par l’ammoniaque.
- Les expériences ont porté sur 3 kilos de matière.
- Les résultats généraux auxquels je suis arrivé sont les suivants :
- 1° La limite d’inflammation a lieu pour l’expérience qui correspond théoriquement à la formation du composé Fe AL Mais, en portant au préalable la masse à 800 degrés environ, dans un four Perrot, on peut reculer la limite d’inflammation jusqu’à la formation théorique du composé Fe Al4.
- 2° Toutes ces réactions ont lieu sans pertes, elles sont parfois assez lentes.
- 3° On obtient toujours des culots métalliques extrêmement nets, à l’exception toutefois des expériences donnant théoriquement Fe Al (à froid) et Fe AP (à chaud).
- La première de ces deux dernières expériences ne donne qu’un culot de corindon garni de petits cristaux lamellaires, difficiles à séparer de la masse; dans la seconde, on obtient quelques cristaux filiformes mêlés au corindon.
- (1) Annales de Chimie et de Physique, l. XLV, p. 459.
- (2) Ann. Chem. Pharm., t. CXV, p. 102.
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIACES D’ALUMINIUM.
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- i° Tous les culots compris entre les proportions donnant théoriquement Fe Al et Fe10 Al tombent rapidement en poussière.
- Ce fait a déjà été observé par M. Roberts-Austen qui a fait remarquer que cela est du à une transformation allotropique et non à une oxydation (1).
- Tous ces culots contiennent des cristaux tétraédriques très nets que bon peut facilement isoler. Ils correspondent à la formule Fe2AP.
- o° Tous les culots obtenus dans les expériences comprises entre les proportions correspondant à FeAP et Fc AP donnent de magnifiques cristaux prismatiques de formule Fe AF.
- 6° A l'exception de la masse métallique obtenue dans l’expérience correspondant théoriquement à la formation du fer métallique, aucun des produits obtenus n’est malléable.
- Méthode analytique. — Tantôt j'ai dosé le fer et l'aluminium en les séparant par la potasse et en reprenant l’oxyde de fer par un acide, puis en précipitant par l’ammoniaque; tantôt j’ai pesé le mélange Al2 0! + Fe2 CP et dosé le fer au permanganate sur une prise spéciale.
- Préparation des combinaisons. — En réduisant l’oxyde de fer par l’aluminium, j’ai pu obtenir deux combinaisons correspondant aux formules :
- Fe2 AP et Fe AP. Voici leur meilleur mode de production :
- 1° La combinaison Fe2 AF est obtenue en employant les proportions de l’expérience Fe2 Al, c’est-à-dire :
- lk,990 oxyde de fer.
- Ik,()10 aluminium de tlmrmite.
- On obtient ainsi un culot qui contient de volumineux cristaux qui se séparent très bien de la masse. Ces cristaux ont donné à l’analyse.
- lrc analyse. 21' analyse. K» théorie.
- Fer.......................................->8,24 58,4? 58,03
- Aluminium................................41,06 il,15 41,97
- 99,30 99,37 100,00
- 2° La combinaison Fe AP est donnée en très grandes quantités par les proportions correspondant à Fe Al2; mais en chauffant au préalable le mélange à une température d’environ 800 degrés.
- Ces cristaux, dont la longueur atteint souvent plusieurs centimètres, ont donné à l’analyse :
- Irr analyse. 2e analyse. En théorie.
- Fer.................................. 41,17 41,31 40,80
- Aluminium............................38,27 59,55 59,11
- 99,44 100,86 100,00
- (1) J’ai déjà signalé un fait analogue pour certains alliages aluminium-molybdène.
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- Propriétés de ces combinaisons. — Les cristaux Fe2 Al3 se présentent sous la forme de tétraèdres réguliers; ils ont la couleur du fer.
- La combinaison Fe Al3 a une couleur qui rappelle celle de Faluminium. Elle se présente sous forme de prismes allongés suivant l’axe principal et non terminés. Ils portent les faces m, assez développées et brillantes, et des modifications sur les arêtes g, les mesures goniométriques ont donné :
- nui = 143° 28'.
- mgi = 108° 16'.
- Les densités de ces composés sont les suivantes :
- D-2q trouvée. U théorique.
- Fe2 Al3 ............................................ 3,36 4,20
- Fe Al3.............................................. 3,37 3,36
- La combinaison Fe2 Al3 subit donc une forte contraction.
- L’eau et l’oxygène n’attaquent ces combinaisons qu’à la température de 300 à 350 degrés.
- L’acide sulfurique dilué au contact de ces combinaisons produit une vive effervescence et, si l’action est suffisamment prolongée, la dissolution est complète.
- L’acide azotique n’a qu’une action lente, même à chaud.
- L’acide chlorhydrique et l’eau régale dissolvent très rapidement ces produits. La potasse attaque rapidement Fe Al3 et moins promptement Fe2 Al3, en dissolvant l’aluminium.
- Le chlore les décompose rapidement vers 150 à 200 degrés.
- Je résumerai mes recherches sur ce sujet dans le tableau suivant :
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX OBTENUS. COMPOSITION DES CULOTS LAVÉS A II Cl étendu en Fe p. 100.
- Fe )) 67,3 (Fe Al).
- Fe10 Al 66,2
- Fe5 AI .... 64,3
- Fe4Al . . . . Cristaux tétraédriques 61,6
- Fe3Al . . correspondant à Fe2Al3. 60,3
- Fe2 Al . . . 58,2 j Fe2 Al3.
- FeAl. . . 1 57,4 j
- Fe Al2 . . . . Cristaux prismatiques 39,8 ) „ ....
- FeAl3 .... ’ } Fe Al". 38,7 )
- FeAl3 correspondant à FeAl3. Plus de parties métalliques pouvant être triées donnant théoriquement du fer pur.
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES ü’ALUMINIUM.
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- Comme le culot correspondant à l’expérience donnant théoriquement du fer pur se distingue nettement des autres par ses propriétés mécaniques, il semble exister une autre combinaison dont la teneur en Fe soit supérieure à Fc2 Al3.
- J’ajouterai d’ailleurs que la poudre cristalline obtenue avec ce culot correspond sensiblement à Fe Al. De plus la métallographie microscopique a bien prouvé l’existence d’un autre composé.
- Métallographie microscopique. — Le culot donnant Fe2AP n’a pu être examiné; il ne peut être poli.
- Quant au composé Fe AF, il donne par simple polissage en bas-relief de magnifiques cristaux très brillants; le second photogramme de cette combinaison montre un seul de ces cristaux. Enfin le culot qui, par l’analyse, donne FeAl fournit un photogramme très caractéristique par attaque à la teinture d’iode étendue. (PL II, fig. 4, o et 6.)
- CHAPITRE IX
- ÉTUDE DES A LUI U. ES ALUMINIUM-MANGANÈSE
- Généralités. — Les seules recherches faites sur les alliages aluminium-manganèse consistent dans les travaux de Wœhler et Michel qui préparèrent une combinaison correspondant à Mn AF en fondant du chlorure de manganèse et de l’aluminium en présence de chlorure sodico-potassique; ils obtinrent ainsi une poudre cristalline d’un gris foncé.
- Dans mes recherches sur ces alliages, j’ai utilisé de l’oxyde manganique Mn2(P, aussi pur que j’ai pu le trouver dans le commerce.
- Les résultats donnés par ces expériences ont été les suivants ;
- 1° La limite d’inflammation correspond à l'expérience dans laquelle on obtiendrait en théorie le composé Mn AF.
- Il est impossible d’obtenir des résultats avec des proportions d'aluminium supérieures à celles de cette expérience. En chauffant le creuset, on n’obtient, en effet, que des petites masses métalliques prises dans le corindon et ne pouvant être triées.
- 2°(SDans toutes ces expériences il se produit des pertes énormes, qui ont lieu sous forme de protoxyde de manganèse.
- 3° Lorsque l’on fait réagir l’aluminium sur l’oxyde manganique suivant les proportions correspondant à Mn AF, on n’obtient qu’une masse de corindon, dans laquelle se trouvent répartis des rognons métalliques, fort rares d'ailleurs; quelques-uns de ces rognons atteignent cependant un certain volume ; ils contiennent alors des cristaux filiformes, très nets, dont quelques-uns ont pu être séparés de la masse.
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- 4° Les culots donnés par les proportions théoriques correspondant à Mn AP et Mn AP ne paraissent subir aucune altération à Pair; ils semblent tous contenir le composé Mn AP que j’ai pu isoler.
- 5° Les culots métalliques obtenus dans les expériences comprises entre celles qui donneraient théoriquement Mn2 Al et Mn5 Al tombent en poussière très rapidement. Ils contiennent tous un composé parfaitement cristallisé que l’on peut séparer de la masse à la main ou sur un tamis et qui correspond à la formule Mn2AP.
- 6° Aucun des culots préparés dans ces expériences n’est malléable ; tous se brisent facilement sous le marteau et peuvent être pulvérisés au mortier d’Abich.
- Méthode analytique. — La méthode analytique que j’ai suivie consiste dans l’attaque par l’acide chlorhydrique concentré; après neutralisation par le carbonate de soude, on précipite l'alumine par l'acétate de soude. Le manganèse est précipité dans la liqueur filtrée par le carbonate de soude.
- Préparation des combinaisons. —1° La combinaison Mn2 Al3 s’obtient en traitant par l’acide chlorhydrique étendu le culot de l’expérience Mn2Al (1). On doit donc partir des proportions :
- •l!i,820 Mn'2 O3. ik,180 Al.
- Le produit ainsi obtenu a donné à l’analyse :
- lrc analyse. 2° analyse. En théorie.
- Manganèse.......................... 59,3 59,0 57,5
- Aluminium.......................... 41,6 41,4 42,5
- 100,9 100,4 100,0
- En outre tous les culots contenant la combinaison Mn2 Al3 tombent rapidement en poussière, comme je l’ai déjà indiqué; ils abandonnent alors quelques cristaux très brillants qu’il est facile de trier soit à la main, soit au tamis.
- 2° La combinaison Mn Al3 est obtenue en traitant par la potasse étendue le culot de l’expérience Mn Al.
- Cette expérience correspond donc aux proportions :
- lk,795 Mn2 O3. lk,205 Al.
- Les cristaux ainsi obtenus ont donné à l’analyse :
- lrc analyse. 2° analyse. En théorie.
- Manganèse................................ 41,0 41,9 40,5
- Aluminium................................ 58,9 58,0 59,5
- 99,9 99,9 100,0
- (1) 11 y a une très grande difficulté dans la préparation de ces poudres cristallines; elle provient de ce que les produits sont attaqués par la potasse et l’acide chlorhydrique. Il faut agir avec beaucoup de précautions. On remarquera que dans ces analyses les chiffres obtenus pour le manganèse sont élevés.
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES D*ALUMINIUM.
- 3° Les cristaux filiformes qui se trouvent dans les rognons fournis par l’expérience Mn AL semblent correspondre à la formule Mn AL.
- Pour les obtenir, il faut partir des proportions :
- 2k,000 Mn2 0:i. lk,000 Al.
- L’analyse a donné :
- En théorie. Analyse.
- Manganèse............................... 32,9 33,7
- Aluminium............................... 07,1 66,2
- 100,0 99,9
- Ces cristaux semblent être recouverts d’une très mince couche d’aluminium.
- 4° Enfin le culot correspondant aux proportions donnant théoriquement Mn, c’est-à-dire :
- 2k,280 Mn2 O3.
- 0\720 Al.
- présente des alvéoles garnis de petits cristaux qui ne peuvent être détachés de la masse. Le culot correspond au composé MnAl; mais en reproduisant cette expérience, il ne m’a pas été possible de retrouver cette combinaison, bien que les culots présentassent les mêmes cristallisations.
- Propriétés de ces combinaisons. — Le composé Mn2 AL est préparé sous forme de cristaux lamellaires extrêmement brillants et de poudre cristalline rappelant la couleur du fer.
- Le composé Mn Al3 est obtenu en poudre très brillante, d’un gris argent.
- Enfin la combinaison Mn AL se présente en cristaux d’une finesse extraordinaire.
- Tous ces composés sont durs et cassants. La densité des deux premiers est :
- Densités trouvées. Densités théoriques.
- Mn2 Al3................................................ 3,92 4,00
- Mn AP..................................................3,41 3,39
- Tandis que Mn AL ne paraît subir aucune altération à l’air, Mn2 A13 se transforme rapidement en poudre; mais cela sans augmentation de poids. Il faut donc attribuer cette altération à un changement allotropique.
- Chauffé dans un courant d’air ou d’oxygène, ces alliages s’oxydent très rapidement. La vapeur d’eau réagit vers 200-230° en donnant une couche d’oxyde.
- Les acides les attaquent très rapidement; les alcalis les décomposent en donnant des aluminates et en oxydant légèrement le manganèse.
- Le chlore réagit vers 300° en donnant du chlorure de manganèse cristallisé et du chlorure d’aluminium.
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- Mes recherches sur la réduction de l’oxyde de manganèse par l’aluminium sont résumées dans le tableau suivant :
- EXPÉRIENCES COMPOSITION DES CULOTS
- CORRESPONDANT CRISTAUX LAVÉS A KOH
- a la formation théorique de OBTENUS. étendu en Mn p. 100.
- Mn Cristaux filiformes ne pouvant être séparés de la masse. 67,4 (MnAl).
- Mn10 Al Culots très bien cristallisés 64,6
- Mns Al tombant rapidement en 61,4
- Mn4 Al poussière et abandonnant 42,2
- Mn3 Al des cristaux lamellaires 52,8
- Mn2 Al Mn2 Al3. 59,3 (Mn2 Al3).
- Mn Al 41,0 (MnAl3).
- Mn Al'2 Cristaux lamellaires ne pou- 36,5
- Mn Al3 vant être séparés de la masse. Aucune partie métallique pou-
- vant être triée.
- Mn Al4 Crist. filiformes Mn Al4. Id.
- Métallo graphie microscopique. — Les composés Mn Al3 -et Mn'2Al3 n’ont pu être déterminés par la métallographie, le premier n’étant formé que de cristaux pris dans la masse de corindon, le second tombant en poussière et ne pouvant être poli.
- Un culot était particulièrement intéressant à étudier; c’était celui qui contenait quelques cristaux filiformes ne pouvant être détachés de la masse et qui donnait à l’analyse Mn Al. Ce culot attaqué par simple polissage en bas-relief a donné un photogramme très caractéristique, dans lequel de vastes cristaux très dentelés se détachent en gris sur fond blanc. (PL III, fig. 8.)
- D’autre part, en polissant les rognons métalliques obtenus dans l’expérience Mn AP, j’ai obtenu la photographie, qui montre un très grand nombre de petits cristaux brillants se détachant sur fond blanc. (Pl. II, fig. 7.)
- CHAPITRE X
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-CHROME
- Généralités. — Wœhler et Michel en réduisant le chlorure de chrome par l’aluminium obtinrent un alliage de formule CrAl.
- Dans les expériences que j’ai faites, je me suis servi d’aluminium dit de thermite et d’oxyde de chrome en poudre; j’ai toujours opéré sur deux kilos.
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM.
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- Voici les résultats auxquels je suis arrivé :
- 1° La propagation de la réaction n’a lieu que si le mélange est préalablement porté à une température d’environ 600°.
- 2° Dans ces conditions la limite d’inflammation correspond à Cr Al2.
- 3° Les culots que l’on obtient sont très nets; ils se séparent aisément du corindon et ne présentent que rarement des cristallisations franches. — Aucun cristal ne peut être séparé de la masse.
- 4° L’alumine entraîne des quantités notables de chrome; elle est souvent colorée en rouge (1).
- 5° Les culots obtenus dans ces expériences sont durs et cassants.
- 6° J’ai isolé les deux combinaisons Cr4Al et CrAl.
- Les limites dans lesquelles j’ai pu opérer ne m’ont pas permis d’atteindre des teneurs en aluminium supérieures à 35 p. 100.
- Méthode analytique. — L’alliage, après avoir été pulvérisé et tamisé, est attaqué par l’eau régale; on insolubilise la silice, on reprend par l’eau, on filtre, on ajoute de la potasse en excès; on oxyde par le chlore.
- Dans la liqueur ainsi obtenue, on précipite l’aluminium par le carbonate d’ammoniaque. On réduit ensuite le chromate par un courant d’acide sulfureux et on précipite l’oxyde de chrome par l’ammoniaque.
- Préparation des combinaisons. — 1° La combinaison Cr4Al est obtenue dans l’expérience qui donnerait théoriquement Cr10Al; il faut donc employer :
- lk,440 oxyde de chrome, 0k,560 aluminium.
- résultats des analyses ont été :
- Aluminium. . . . Chrome Silicium 1" analyse. 10,9 86,8 3,0 Calculé 11,4 88,6
- 100,7 100,0
- 2° On obtient CrAl dans l’expérience théorique CrAl dans laquelle on utilise le mélange :
- lk,17o oxyde de chrome,
- 0k,823 aluminium.
- J'ai trouvé à l’analyse :
- 1" analyse. Calculé.
- Aluminium................................. 33,25 33,96
- Chrome................................... 65,25 06,04
- Silicium................................... 0,95
- 99,45 100,00
- (!) Ce fait, noté par M. Goldschmidt, a fait donner à cette alumine le nom de corubis.
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- Propriétés de ces combinaisons. — Les deux composés isolés se présentent en poudres d’un gris argenté; elles sont extrêmement brillantes.
- Leurs densités sont les suivantes :
- Densités trouvées Densités à 20°. calculées.
- Ci-Al.................................................. 6,75 5,78
- CrAl................................................... 4,93 4,60
- Le premier de ces composés se forme donc avec forte contraction. L’oxygène n’attaque ces alliages que vers 300-350 degrés.
- L'eau est sans action. — Les acides sulfurique et chlorhydrique, ainsi que l’eau régale, les dissolvent lentement à froid; assez rapidement à l’ébullition.
- Le chlore n’agit qu’à chaud.
- Les alcalis ne les attaquent pas sensiblement, même à l’ébullition.
- Je résumerai mes recherches sur la réduction de l’oxyde de chrome par l’aluminium dans le tableau suivant :
- Expériences correspondant à la formation théorique de
- Cr.............
- Cr10 Al. . . .
- Gr5 Al.........
- Cr! Al ... . Cr2 A l . . . . Cr Al ... . Cr Al2.........
- Composition du culot en Cr p. 100.
- 90,0
- 86.8 (Ci- Al) 86,0 (Cr' Al) 83,5
- 78.8
- 65,2 (Cr Al) 65,2 (Cr Al)
- Métallographie microscopique. — Les différents culots obtenus dans ces expériences ont été polis; ceux des expériences Gr, Cr10Al,Cr5Al, attaqués par le nitrate de soude sous l’action du courant, ont donné les mêmes photogrammes ; on obtient des cellules très nettes. (PL III, fig. 9.)
- Les autres culots polis et attaqués de la même façon ont donné des cristaux brillants se détachant sur fond très blanc. (Pl. III, fig. 10.)
- CHAPITRE XI
- ETUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-URANIUM
- Généralités. — Aucune étude n’a encore été faite sur ces alliages. — J'ai appliqué la méthode de réduction de l’oxyde par l’aluminium en excès, en partant de l’oxyde jaune IPO3, préparé par décomposition de l’uranate d’ammoniaque.
- Les résultats de ces recherches ont été les suivants :
- 1° On est limité à trois réactions; ce sont celles qui correspondent à la formation théorique de AllL, A1U, A12U. Pour un mélange plus riche en alumi-
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- nium que celui qui correspond à APU, il n'y a plus inflammation; si l’on se propose de former un alliage plus riche en uranium que A1U2, on n’obtient aucune partie métallique; le corindon, qui est de couleur noire foncée, a entraîné tout le métal.
- 2° De plus, ces expériences ne donnent des résultats intéressants que si l’on a soin de prendre les précautions que j ai déjà indiquées dans mes recherches sur les alliages titane-aluminium.
- 3° Malgré ces précautions, l’expérience A1U2 ne donne qu’une masse de corindon couverte de cristaux cubiques, qu’il est très difficile de séparer. — Ils correspondent à la formule U2Alu
- i° Les expériences donnant théoriquement A1U et APU donnent de beaux rognons métalliques englobés dans la masse d’alumine, mais qu’il est toujours facile d’isoler.
- De plus, quelques-uns de ces rognons obtenus dans l’expérience théorique A1U contiennent des cristaux aciculaires, que l’on peut séparer de la masse. Ils correspondent à la formule UAP.
- Méthode analytique. — L'alliage est dissous dans l’eau régale; on fait la séparation des deux métaux par le carbonate d’ammoniaque.
- Pour le composé correspondant à la formule U2AP, une partie a pu être détachée du corindon. Mais comme cette opération est fort longue et très difficile, j’ai pris ensuite la masse formée par le corindon et l’alliage; je l’ai broyée au mortier d’Abich ; je l’ai traitée d’abord par l’acide chlorhydrique étendu pour séparer l’aluminium non combiné, puis par l’eau régale qui a dissous l’alliage, sans attaquer le corindon.
- Préparation des combinaisons. — 1° La combinaison U2AP est donnée par la réaction qui correspond à la formation théorique du composé U2A1. Il faut donc employer le mélange :
- 390 grammes U2 0:;
- 110 — Al de thermile.
- L’analyse, pratiquée comme je l’ai indiqué, a donné :
- Aluminium Uranium. .
- l1'1' analyse.
- . 20,1
- 73.5
- 99.6
- 2e analyse.
- 100,9
- K il théorie.
- 25,24
- 74,70
- 100,00
- 2° La combinaison UAP est obtenue dans l’expérience A1U soit en cristaux très fins, soit en poudre cristalline, en traitant les rognons métalliques réduits en poudre par HCl étendu.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Les proportions à mettre en présence sont :
- 363 grammes L1203
- 135 — Al de thermite.
- J’ai trouvé à l’analyse :
- lle analyse. 2e analyse. En théorie.
- Aluminium .... 60,1 59,7 59,69
- Uranium .... 41.0 41,2 40,31
- 101,1 100,9 100,0
- Propriétés de ces combinaisons. — Les deux composés U2AP et UAP
- durs et cassants.
- Le composé UAP a pour d,0 = 3,32; sa densité théorique est de 5,16 (dL- = 18,4).
- U2AP se présente sous forme de cubes extrêmement brillants et d’une netteté remarquable. Ils sont englobés dans la masse d’alumine ; UAP se présente sous forme de poudre cristalline argentée.
- Ces deux composés sont très facilement attaqués par les acides ; ils ne semblent subir aucune altération à Pair, mais s’oxydent à chaud.
- L’eau recouvre les cristaux d’une couche superficielle d’oxyde vert d’uranium et d’alumine lorsqu’on les chauffe vers 300 à 350°.
- Le chlore attaque ces alliages vers 450 à 500° en donnant tout d’abord des aiguilles rouges de pentachlorure d’uranium ; si l’on continue à chauffer, on n’a plus que du chlorure d’aluminium et du chlorure uraneux.
- Le tableau suivant résume les résultats obtenus dans la réduction de l’oxyde jaune d’uranium par l’aluminium de thermite.
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX OBTENUS COMPOSITION DES CULOTS BRUTS en U p. 100. COMPOSITION DU RÉSIDU dans HCl étendu en U p. 100.
- I - Ai Cr. cubiques U2 AU. Pas de parties métall iques.
- U Al Cr. aciculaires U AIL 41,3 41,0 (U Al3).
- U AU Rien. 35,3 41,2 (U Al3).
- 1' Al Aucune partie métalli que pouvant être triée
- Métallo graphie microscopique. — La métallographie du composé U2 AP n’a pu être faite, ce produit étant obtenu en petits cristaux cubiques englobés dans du corindon.
- Le photogramme de UAP est très caractéristique ; il est formé par des cris-
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- taux occupant la presque totalité de la photographie et se détachant sur un fond blanc d’aluminium. (PI. III, fig. 11.)
- CHAPITRE XII
- ÉTUDE DES ALLIAGES DE l’aLUMINIUM AVEC I.’ANTIMOINE, LE BISMUTH, LE PLOMB
- ET LE ZINC
- Généralités. — La courbe de fusibilité des alliages antimoine-aluminium a été déterminée par M. Gauthier (1). Cette courbe présente deux maxima : l’un indique la combinaison SbAl ; l’autre, une combinaison voisine de SbAl10. La combinaison SbAl a déjà été isolée par M. Wright (2) qui en a étudié les propriétés; elle est caractérisée par son point de fusion très élevé, qui est voisin de celui du cuivre.
- J’ai cherché à étudier les diverses combinaisons de l’aliiminium et de l'antimoine, en appliquant la méthode décrite.
- En partant de l’acide antimonique, j’ai eu des réactions extrêmement violentes ; j’ai été limité à deux expériences, celles donnant théoriquement SbAP et SbAP. La réaction théorique SbAl1 2 et toutes celles contenant plus d’oxyde antimonique se font avec une violence telle que toute la masse est projetée hors du creuset. Pour les expériences plus riches en aluminium que celle donnant théoriquement SbAP, il n’y a plus inflammation.
- Les deux expériences faites ont donné des rognons métalliques et cristallins répandus dans la masse d’alumine. Ces rognons ont été limés, puis tamisés; les poudres ainsi obtenues ont été traitées par l’acide chlorhydrique étendu. J'ai pu ainsi isoler la combinaison SbAl10.
- Méthode analytique. — La méthode analytique consiste dans la dissolution de l’alliage par l'acide chlorhydrique, la séparation de l’antimoine et de l’aluminium par l'hydrogène sulfuré. Le sulfure d’antimoine formé est repris par le sulfure de sodium, bien exempt de polysullure, et dosé électrolytiquement. L’aluminium est précipité par l’ammoniaque, et le sulfhydrate dans le liquide filtré après la première précipitation.
- Préparation de cette combinaison. — 1° La combinaison SbAl10 s’obtient en traitant par l’acide chlorhydrique dilué les rognons métalliques obtenus dans l’expérience SbAP. On part d’un mélange comprenant :
- 270 grammes Sb2 Os 230 — Al en grains.
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement. Octobre 1896.
- (2) Journal of the Chemical Indmtry, 1892, p. 493.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- L’analyse du produit obtenu a donné :
- lrc analyse. 2e analyse. Calculé.
- Aluminium................................70,2 09,6 69,3
- Antimoine................................ 29,3 31,1 30,7
- 99,o 100,7 100,0
- Propriétés de SbAl10. — Ce composé se présente sous la forme d’une poudre noirâtre brillante ayant pour densité à 20°, 2,70; densité théorique, 3,16. Il y a donc une augmentation de volume notable.
- Cette combinaison a pour point de fusion environ 950°. Si on fond cette poudre avec de l’aluminium (jusqu’à 25 p. 100), les culots obtenus tombent en poussière au bout de quelques mois.
- L’air ne paraît pas avoir d’action à froid ; mais il y a oxydation rapide vers 150°.
- L’acide sulfurique dilué attaque facilement ce composé.
- L’acide azotique ne le dissout qu’à chaud, tandis que l’acide chlorhydrique produit une réaction extrêmement vive à froid et une prompte dissolution.
- La potasse réagit rapidement même à froid ; le chlore vers 250°. Mais l’action la plus intéressante est celle de l’eau.
- Si l’on fait bouillir de l’eau contenant SbAl10, on remarque un dégagement d’hydrogène, et si on laisse refroidir, le dégagement continue d’une façon plus lente, mais cependant très notable (1). Parfois même on obtient de l’hydrogène antimonié.
- Autres expériences. — J’ai essayé la réduction du protoxyde Sb203 en partant du même principe.
- Une seule réaction m'a donné des résultats : c’est celle qui donnerait théoriquement SbAl. Elle fournit un culot métallique assez net; mais qui, débarrassé de l'aluminium en excès, ne semble correspondre à aucune combinaison.
- Il faut avoir soin, dans ces diverses expériences, de n’opérer que sur 500 grammes de matières au maximum et de prendre de grandes précautions, car elles sont fort dangereuses.
- D’autre part, j’ai fondu de l’antimoine et de l’aluminium en proportions convenables pour obtenir SbAl ; j’ai opéré de la façon suivante :
- J’ai fondu d’abord l’aluminium et j’ai jeté l’antimoine métallique sur ce métal liquide ; l’antimoine est tombé au fond du creuset, où il s’est rassemblé et a fondu. Sans avoir agité, j’ai laissé refroidir, j’ai recueilli deux culots distincts, Lun contenant tout l’aluminium, l’autre tout l’antimoine.
- J’ai fait à nouveau cette expérience en agitant : l’antimoine s’est parfaitement mélangé à l’aluminium et j’ai noté une augmentation de volume très notable
- (t) La densité de ce composé a été déterminée dans l’alcool absolu.
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM.
- 259
- Le culot obtenu était noirâtre ; il est tombé rapidement en poussière ; il décompose beau à froid en donnant de l’hvdrogène et de l’hydrogène antimonié.
- Il a pour densité à 20 : 4,18, tandis que la densité théorique de SbÀl est de o,22.
- Ceci est bien en correspondance avec le fait que j'ai signalé.
- Je me suis proposé d’étudier par le même moyen les alliages aluminium-plomb, aluminium-bismuth, aluminium-cadmium et aluminium-zinc ; je n’ai obtenu aucun résultat.
- Pour les deux premières séries d’alliage, la masse placée dans le creuset est, au moment même de rinflammation, projetée complètement hors du vase et cela très souvent avec des détonations d’une violence extrême. J’ai bien observé la formation de quelques cristaux avec les oxydes de plomb; mais il m’a été impossible de les recueillir en quantités suffisantes pour en faire l’analyse (1).
- Quant aux recherches sur les alliages aluminium-zinc, elles ne peuvent se faire par la méthode indiquée. Il n'y a pas inflammation de la masse même en employant le chauffage préalable.
- Métallographie microscopique. — En polissant le culot qui avait donné Sb Al10 et en l’attaquant électrolytiquement par une dissolution très étendue de chlorure de sodium, j’ai obtenu de vastes cristaux très dentelés se détachant sur un fond blanc d’aluminium. (PL IV, fig. 13.)
- D’autre part, en fondant ensemble de l’aluminium et de l’antimoine en proportions convenables, j’ai préparé le produit SbAl isolé par Wright; ce composé m’a donné un photogramme spécial, dans lequel des cristaux dentelés, se rapprochant beaucoup des précédents, se détachent sur un fond gris et blanc. (PL IY, fig. 12.)
- CHAPITRE XIII
- ÉTUDE DES ALLIAGES ALUMINIUM-NICKEL
- Généralités. — Wœhler et Michel (2) obtinrent un composé correspondant à ALNi se présentant en grandes lames cristallines d’un blanc d'étain, en fondant 8 p. 100 d’aluminium avec 3 p. 100 de chlorure de nickel sublimé et 20 p. 100 d’un mélange de chlorures de potassium et de sodium.
- (1) De plus (2e thèse), j’ai cherché à déterminer les courbes de fusibilité des alliages aluminium-plomb, aluminium-bismuth et aluminium-cadmium ; mais il m’a été complètement impossible de mélanger ces métaux; les culots obtenus se séparent d'une façon extrêmement nette en deux parties : l’une contenant tout l’aluminium et l’autre tout le plomb, tout le bismuth ou tout le cadmium.
- ;2) Ann. der Chem. Pharm., t. CXV, p. 102.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Ce sont là les seules recherches faites sur ces alliages.
- En réduisant l’oxyde de nickel par l’aluminium, j’ai pu étudier dans certaines limites la constitution de ces alliages.
- Je résumerai d’abord les conclusions générales de ces recherches :
- 1° La limite d’inflammation correspond à la formation théorique de Ni AP.
- 2° Toutes les expériences laissent des culots qui présentent des cristallisations très nettes. Elles se font toutes avec très grande violence et même avec de très fortes explosions. Le corindon est projeté, en partie, hors du creuset ; il se rassemble alors sous forme de rognons assez volumineux contenant au centre une petite masse métallique.
- Le corindon est très fortement coloré en bleu pâle par le nickel entraîné : il présente même de très jolies cristallisations.
- 3° Les masses métalliques contenant entre 30 et 80 p. 100 de nickel tombent lentement en poussières.
- 4° Les produits ayant une teneur en nickel comprise entre 80 et 95 p. 100 de nickel sont malléables, mais présentent une dureté extraordinaire; on ne peut même pas les travailler avec des limes en acier au tungstène, sans qu’il y ait entraînement de fer.
- 5° J’ai pu isoler sous forme de poudre cristalline les composés : NiAl2, Ni2Al, NPA1 et Ni8Al. De plus, la combinaison NiAl2 a également été obtenue à l’état de lamelles cristallines (1).
- 6° Enfin, en plaçant une partie du mélange de nickel métallique et d’aluminium en proportions convenables dans un petit creuset brasqué et en plongeant ce creuset dans une masse de ferrochrome en fusion (préparée par la méthode de M. Goldschmidt), j’ai pu obtenir de longs cristaux correspondant à la formule NiAl6 ; ce sont ceux isolés par Wœhler et Michel.
- Méthode analytique. — On dissout 2 à 3 décigrammes de l’alliage dans l’eau régale ; puis on évapore à sec en présence d’acide sulfurique. On dose le silice (2) et les sulfates ainsi formés sont dissous dans l’eau ; on neutralise par l’ammoniaque ; on ajoute 8 à 10 grammes de sulfate d’ammoniaque ; puis 30cc d’ammoniaque. On soumet ensuite à l’électrolyse avec un courant de 1 ampère au début et de 1,5 ampère à la fin de l’opération et à une température de 60°. L’électrolyse dure deux heures environ. — Le liquide est recueilli; on y ajoute du sulfhydrate d’ammoniaque et l’on filtre l’alumine.
- Préparation des combinaisons. — l°NiAl2 est obtenu sous forme de lamelles cristallines dans l’expérience théorique faite à froid et en poudre cristalline
- (1) Toutefois j’émets quelques doutes sur l’existence du composé ISi4Al ; le photogramme semblerait indiquer plutôt l’eutectique : Ni2Al + Ni8Al.
- (2) Ce dosage est nécessaire ici, car les alliages obtenus contenaient de 1 à 5 p. 100 de silicium.
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- contributions a l’étude des alliages d’aluminium. 261
- dans la même expérience effectuée à environ 600°. Il faut partir du mélange ;
- L’analyse a donné: lk,020 oxyde de nickel; 0k,980 aluminium en grains.
- lre analyse. 2e analyse. Calculé.
- Nickel. 50,70 51,96 52,21
- Aluminium 46,40 45,92 47,79
- Silicium . 1,92 1,35 ))
- 99,02 99,23 100,00
- 2° Le culot de l'expérience donnant théoriquement Ni2Al dans laquelle le
- mélange est le suivant : lk,465 oxyde de nickel; 0k,535 aluminium en grains,
- donne Ni2Al.
- J’ai trouvé à l’analyse : lrc analyse. 2e analyse. Calculé.
- Nickel 78,25 79,03 81,37
- Aluminium 17,03 16,25 18,63
- Silicium 4,03 3,97 ))
- 99,33 99,25 100,00
- 3° Le composé NifAl ou l’eutectique Ni2Al — Ni8Al est donné par l’expérience
- Ni3Al laquelle demande comme proportions :
- lk,500 oxyde de nickel; 0k,500 aluminium en grains.
- L’analyse a donné les r ésultats suivants :
- lre analyse. 2e analyse. Calculé.
- Nickel 87,30 88,01 89,73
- Aluminium 9,03 9,05 10,27
- Silicium 3,40 4,00 ))
- 99,75 101,06 100,00
- 4° L’expérience Ni10 Al permet d’obtenir le composé Ni8 Al. On doit employer :
- J'ai trouvé à l'analyse : lk,58Û oxyde de nickel ; 0k,420 aluminium en grains.
- lr8 analyse. 2' analyse. Calculé.
- Nickel 92,65 92,55 94,59
- Aluminium 4,90 5,03 5,41
- Silicium 2,35 2,85 ))
- 99,90 100,43 100,00
- Propriétés de ces combinaisons. — Le composé Ni Al2 se présente sous forme
- de lamelles cristallines trè: s malléables et en poudre cristalline d ’un gris d’acier.
- Les composés NilAl et Ni*Al ont une couleur légèrement dorée, plus foncée
- Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902. 18
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- pour le second de ces composés. — Par suite de la difficulté insurmontable que j’ai éprouvée à limer Ni2Al, il m’a été impossible de préparer à l’état de poudre certaines quantités de ce composé.
- Les densités sont données dans le tableau suivant :
- Densités trouvées Densités théoriques, à 20°.
- Ni Al2......................................................4,11 4,22
- Ni4 Al?.................................................... 7,22 7,11
- Ni8 Al..................................................... 7,37 7,42
- L’oxygène n’a d’action sur ces alliages qu’à haute température ; l’eau les attaque vers 300°; l’acide sulfurique les dissout lentement. L’acide chlorhydrique agit lentement sur Ni8Al, Ni4Al, Ni2Al, et très rapidement sur NiAl2 et NiAl6 ; au contraire, l’acide azotique dissout rapidement Ni8Al et Ni4Al, et très lentement NiAl2 et NiAl6. Le chlore attaque ces alliages à chaud.
- Le tableau suivant résume mes recherches sur la réduction de l’oxyde de nickel par l’aluminium :
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique <lc CRISTAUX OBTENUS. COMPOSITION DU RÉSIDU DANS KOII ÉTENDU Eu Ni p. 100.
- Ni Rien. 93,65
- Ni10 Al Ni3 Al Id. 92,65 (Ni8 Al). 87,30 (NU Al) ?
- Ni'- Al ... Pointements cristallins 86,35
- Ni3 Al ne pouvant être séparés de la masse. 83,43 (Ni2 Al).
- Ni2 Al 78,23
- Ni Al Rien. 68,30
- Ni Al2 Cristaux lamellaires. 50,70 (Ni Al2).
- Métallogrophie microscopique. — Les culots donnant Ni8Al, Ni4Al, NPA1 ont être polis et attaqués par de l’acide azotique très étendu.
- Ni8Al se présente en vastes cellules, tapissées intérieurement de petits cristaux. (Pi. IV, fig. 14.)
- L’alliage à 87,3 de nickel donne des cristaux blancs englobés dans une partie terne. (PJ. IV, fig. 15.)
- NPAl est constitué par des cristaux très nets et très déliés se détachant en gris sur fond blanc. (PL V, fig. 16.)
- Le culot contenant NiAl2 a été poli avec grand’peine, car il tombe rapidement en poussière; attaqué par l’acide chlorhydrique étendu, il a donné un photogramme formé de vastes cellules plus ou moins colorées. (PL V, fig. 17.)
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM. 263
- Enfin, le composé NiAl6, attaqué par le polissage en bas-relief, a montré de magnifiques cristaux entourés de l’eutectique NiAl6 + Al. (PI. V, fig. 18.)
- CHAPITRE XIV
- ÉTUDE SLR LES ALLIAGES ALUMINIUM-COBALT
- Ces recherches ont donné des résultats en tous points semblables aux précédents.
- Les limites d’inflammation, le danger des expériences, les cristallisations obtenues et le mode d’opérer sont les mêmes que pour les recherches faites en partant de l’oxyde de nickel.
- Le corindon est coloré en un bleu plus foncé. La méthode analytique diffère légèrement, parce que l’alumine entraîne plus facilement les sels de cobalt que ceux de nickel. 11 faut reprendre l’alumine par un acide et soumettre de nouveau le liquide à l’électrolyse.
- Comme pour le nickel, j’ai pu isoler les combinaisons CoAl2, Co2Al, CohAl (1) et Co8Al. Le culot fournissant la combinaison ColAl est impossible à broyer et à limer. De plus, en fondant directement le cobalt et l’aluminium j’ai pu obtenir le composé CoAl6.
- Les propriétés de ces alliages sont analogues à celles du nickel. L’acide azotique les attaque plus rapidement.
- Les densités sont :
- Densité à 20°. Densité théorique
- Co8 Al.......................................... 7,65 7,52
- Co2 Al.......................................... 5,87 5,93
- CoAl2............................................4,1b 4,05
- EXPÉRIENCES CORRESPONDANT à la formation théorique de CRISTAUX OBTENUS. COMPOSITION DU RÉSIDU DANS KO H ÉTENDU en Co j). 100.
- Co lLen. 98,9
- Co10 Al Id. 93,4 Co8 AI.
- Co:i Al . Pointements cristallins 88,2 Co* Ai? i .
- Co* Al
- Co3 Al ne pouvant être détachés 82,3 Co2 Al.
- Co2 Al de la masse. 78,5
- Co Al Rien. 66,9
- Co Al2 ... Cristaux lamellaires. 53,2 Co Al*.
- (1) Je fais pour ce composé les mêmes réserves que pour Ni2Al et en m’appuyant sur les mêmes raisons.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Métallo graphie microscopique. — Les photogrammes des alliages aluminium-cobalt ont été obtenus par des procédés analogues à ceux des alliages aluminium-nickel. (PI. V, fig. 19; PI. VI, fig. 20, 21 et 22.)
- On remarquera le rapprochement qui existe entre les photogrammes de Ni8 Al et Go8 Al ; Ni2Al, et Co2Al, Ni Al6 et CoAl6.
- Quant au composé CoAl2, il n’a pu être poli.
- CHAPITRE XV
- ÉTUDE SUR LES ALLIAGES 'ALUMINIUM-ARGENT
- Cette étude par la méthode indiquée est très restreinte. Deux seules expériences donnent des résultats : elles correspondent à la formation théorique de Ag2Al et Ag3Al.
- Si l’on cherche à utiliser un mélange plus riche en aluminium que celui de l’expérience Ag2Al, il n’y a plus inflammation : si l’on veut obtenir un composé d’une teneur en argent plus élevée que Ag3Al, il n’y a plus formation de partie métallique (1).
- Si l’on examine les culots que l’on obtient ainsi au microscope, après polissage et attaque par l’hyposulfite de soude sous l’action du courant, l’on voit d’abondants cristaux, légèrement colorés en brun, qui sont identiques pour les deux composés. Ces cristaux sont donnés par le photogramme très peu net de la planche VI, fig. 23. En traitant les culots préalablement limés et passés au tamis par l’acide chlorhydrique étendu, on obtient un résidu cristallin qui est le même pour les deux expériences et qui correspond à la formule Ag4Al3.
- L’analyse a été faite en dosant l’argent par électrolyse; elle a donné :
- Analyse. Calculé.
- Argent.................................. 84-,71 84,22
- Aluminium................................. 14,62 15,78
- Silicium................................... 0,84 »
- 100,17 100,00
- Ce composé correspond sensiblement au maximum de la courbe de fusibilité.
- Il est malléable; sa densité est de 7,08, tandis que la densité théorique du même composé est de 6,80.
- L’acide chlorhydrique n’a pas d’action à froid ; à chaud l’attaque est incomplète. L’acide azotique le dissout rapidement; l’acide sulfurique n’agit qu'à chaud et lentement.
- (1) Toutes ces remarques ne s’appliquent qu’au cas où l’on opère sur 100 grammes de matières. — En opérant suc une plus grande quantité, on obtiendrait certainement des résultats plus étendus.
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- PLANCHE I
- Photogramme 1. — Tu Al4.
- Photogramme 2. — SnAl.
- Grossissement = 100 diamètres. Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par polissage en bas-relief. Attaque par S203Na2 sous l’influence du courant
- Photogramme 3. — Ti Al4.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-reliel.
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- PLANCHE II
- Pliotogramme 1. — Fe AI.
- Grossissements 100 diamètres. Attaque par la teinture d'iode diluée.
- Pliotogramme 'i. — Fe A PF
- Grossissements 00 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief,
- Pliotogramme 0. — Fe Al1. Grossissement s 1(J0 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief.
- Piiotosrainme 7
- Mn Al
- Grossissement s 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief.
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- PLANCHE III
- Photogramme 8. — Mn Al
- Photogramme 9. — Cr4 Al.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief.
- Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par Az03Na sous l’influence du courant
- Photogramme 10. — Cr Al. Photogramme 11. — UA13.
- Grossissement = 100 diamètres. Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par Az03Na sous l'influence du courant Attaque par polissage en bas-relief.
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- PLANCHE IV
- Grossissement= 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief
- Photogramme 14. — Ni8 Al.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par Az03H étendu.
- Photogramme 15. — Alliage à 87,3 p. 100 de nickel.
- Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par Az03H étendu.
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- PLANCHE Y
- Photogramme 16. — Ni2 Al.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par Az03H étendu.
- Photogramme 17. — Mi A1-.
- Grossissement = 100 diamètres, Attaque par HCl étendu.
- Pliotogramme 18. — Mi Al6. Photogramm» 19. — Co8 Al.
- Grossissement = 100 diamètres. Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par polissage en bas-relief. Attaque par Az O3 H étendu.
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- PLANCHE YI
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par Az03H étendu.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par AzO3 II étendu.
- Pliotogramme 22. — Co Al6.
- Grossissement = 100 diamètres. Attaque par polissage en bas-relief.
- Photogramme 23. — Ag+Al3.
- Grossissement = 100 diamètres.
- Attaque par S203Na2 sous l’influence du courant
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- CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DES ALLIAGES D*ALUMINIUM.
- n\
- CHAPITRE XYI
- CONCLUSIONS
- Mes recherches ont en pour hut d’isoler les combinaisons des divers métaux avec l’aluminium, d’en étudier les propriétés et de voir quels rôles elles pouvaient jouer dans la constitution des alliages.
- Les résultats de ces recherches ont été les suivants :
- A. — J’ai fait quelques remarques générales sur la réduction des oxydes métalliques par l’aluminium.
- B. — La méthode indiquée m’a permis d’isoler les combinaisons suivantes :
- 1° Avec le tungstène, APTu et APTu à l’état de cristaux et AlTu2 à l’état
- de poudre cristalline insoluble dans l’eau régale.
- 2° Avec le molybdène, APMo, AIMo et Al7Mo sous forme de cristaux et Al Mo4 en poudre cristalline.
- 3° Avec le cuivre, les trois composés signalés par M. Le Chatelier, APCu, AlCu et AlCu3, le premier sous forme de cristaux prismatiques.
- 4° Avec l’étain, les deux combinaisons AlSn (maximum de la courbe de fusibilité) et Al4Sn, tous deux à l’état de cristaux.
- 5° Avec le titane, les deux composés Al2Ti3 ou TiAl, et Al4Ti, le premier en lamelles, le second en poudre cristalline.
- 6° Avec le fer, deux combinaisons en cristaux très nets et de formules Fe2AP et FeAP.
- 7° Avec le manganèse, deux composés analogues à ceux du fer, Mn2AP et MnAl3.
- 8° Avec l’uranium, deux combinaisons de formules identiques aux précédentes L72AP et UAP.
- 9° An ec le chrome, Gr;Al et CrAl.
- 10° Avec l’antimoine, la combinaison SbAb10 (l’un des deux maxima de la courbe de fusibilité) qui est particulièrement intéressante par son point de fusion élevé, sa densité et son action sur Peau.
- 11° Avec le nickel, les composés Ni8Al, NPA1, NPA1, NiAP.
- 12° Avec le cobalt, les combinaisons analogues aux précédentes : Co8Al, Co4Al, Co2Al, CoAP. Toutefois je fais des réserves sur l’existence de Ni4Al et Go* Al.
- De plus, j’ai pu préparer les composés NiAP et CoAP en fondant directement le nickel et le cobalt avec l’aluminium.
- Enfin mes recherches paraissent établir l’existence des combinaisons FeAl, MnAl.
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- MÉTALLURGIE.
- AOUT 1902.
- Sur la figure ci-jointe, qui représente les principales courbes de fusibilité déterminées par plusieurs savants (MM. Le Chatelier, Roberts-Auten, Gauthier, Rolland-Gosselin, etc.), j’ai placé les différents composés isolés. Un très
- grand nombre correspond aux maxima des courbes. Il y a cependant des exceptions C. — D’autre part, en étudiant ces composés, j’ai indiqué quelques propriétés mécaniques intéressantes, à savoir :
- 1° Les alliages Al-Tu contenant plus de 58 p. 100 de Tu sont très durs, mais extrêmement cassants.
- 2° Il en est de même des alliages Al-Mo. 3° Les alliages de ces deux métaux contenant la combinaison Al7 Mo tombent rapidement en poussière; ceci est dû aune transformation allotropique.
- 4° Les alliages aluminium-étain sont, au contraire, très malléables; les combinaisons elles-mêmes s’écrasent facilement.
- 5° Au contraire, les alliages d’uranium et aluminium, dans les limites entre lesquelles je les ai étudiés, semblent durs et cassants.
- 6° Les alliages contenant plus de 65 p. 100 de fer et ceux contenant 67 p. 100 de Mn sont malléables.
- 7° Les alliages aluminium-chrome contenant plus de 65 p. 100, ou moins de 45 p. 100 de chrome, sont durset cassants.
- 8° Les alliages aluminium-nickel contenant entre 50 à 82 p. 100 de nickel sont très cassants. Ils tombent lentement en
- e »... K
- \
- \ +
- V 4 Fe Ab3
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- / \ . 3b j V O* /l//C \ \
- i—L Cu3, X A \ \ \
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- Sr *L \ \ \ \ t \ Sn J- U /* *** r*+* t
- * U : 1 * » V Cu T Al2
- ♦ 4 ♦ 4 4 f
- ¥ ¥
- 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Courbes de fusibilité des alliages d'aluminium» poussières.
- 9° Ceux de ces alliages contenant entre 80 et 95 p. 100 de nickel présentent une très grande dureté. Le maximum de dureté semble atteint pour 83 p. 100.
- 10° Les alliages cobalt-aluminium, qui renferment entre 42 p. 100 et 83 p. 100 de cobalt, sont cassants. Ils s’effritent peu à peu.
- 11° Ceux de ces alliages qui contiennent entre 83 et 98 p. 100 de cobalt
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- CONTRIBUTIONS A l’ÉTUDE DES ALLIAGES D’ALUMINIUM.
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- sont d’une dureté remarquable. Le maximum de dureté semble atteint pour 87 p. 100.
- D. — En terminant cet exposé, j’attirerai l’attention sur la similitude existant entre les combinaisons de métaux analogues avec l’aluminium.
- C’est ainsi que j’ai isolé : 1
- 1° Fe AL; Fe2 Al3; Fe A1:J — Mn Al; Mn2 Al3; Mn Al3 — U2 Al3; U AL3 et Cr Al.
- 2° Sn Al4 et Ti AP.
- 3° Ni8 Al; Ni2 Al; Ni Al2, Ni Al6, et Co* Al, Co2 Al, Co Al2, Co Al6.
- Tel est l’ensemble des résultats que j’ai obtenus, et qui introduisent dans la chimie, si récente, des alliages quelques faits nouveaux.
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- automobiles et moteurs, par M. Eugène Brillié (1).
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale nous a fait un grand honneur en nous invitant à exposer ici le compte rendu de nos travaux sur la question automobile, ainsi que quelques idées personnelles sur l’évolution et l’avenir de cette intéressante industrie.
- Nous nous efforcerons, dans cette communication, d’être aussi peu personnel que possible, nous proposant de nous étendre plus particulièrement sur les questions de l’alcool moteur et des transports industriels.
- Nous commencerons donc cette étude par la description de notre moteur, actuellement la propriété de la Société des Automobiles Gobron-Brillié, laquelle en a cédé licence à la Société Nancéenne d’Automobiies, et nous examinerons ensuite les différents types de véhicules que nous avons été amenés à établir successivement pour ces deux Sociétés.
- Moteur. — Il se compose (fig. 1 et 2) de 2 cylindres verticaux Y et V7, ouverts par leurs deux extrémités. Dans chacun d’eux se déplacent deux pistons, e f, et e' f'.
- Les deux pistons inférieurs / et/' attaquent par des bielles cl et cl' le vilebrequin du milieu c c d’un arbre à 3 coudes.
- Les pistons supérieurs e et e' commandent par l’intermédiaire d’un pafonnier h et des bielles en retour t et t'les coudes b et ôr de l’arbre, disposés à 180° par rapport au vilebrequin c c'.
- Dans chaque cylindre, les pistons se déplacent donc en sens inverses; l’explosion se produit entre les deux pistons.
- Le fonctionnement du moteur est à 4 temps, et les cycles sont alternés pour donner une impulsion motrice par tour.
- Il résulte du mouvement inverse des pistons opposés que les effets d’inertie tendent à s’annuler. Pour réaliser un équilibrage plus parfait, le vilebrequin du milieu c c' a un rayon R plus grand que le rayon r des vilebrequins b et b', de façon à compenser la différence des masses par la différence de vitesse des pistons.
- Il résulte aussi de cette disposition une meilleure répartition des efforts.
- (1) Communication faite à la séance du 13 décembre 1901.
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- La distribution se fait par soupapes verticales. Les soupapes d’échappement sont commandées par des poussoirs actionnés par des cames de l’arbre de distribution g tournant à demi-vitesse.
- Les soupapes d’admission sont automatiques. La figure 4 montre leur disposition :
- Elles se trouvent coiffées par une calotte M, qui les fait communiquer avec une tubulure verticale L, pratiquée dans l’enveloppe du cylindre, et dans laquelle s’opère la pulvérisation du liquide carburant.
- Coupes du moteur Brillié.
- Carburation. — Le liquide carburant est mesuré par des alvéoles pratiquées sur le pourtour d’un cône C, qui se meut dans un boisseau B.
- Ce cône est appliqué sur le boisseau par un ressort non visible sur le dessin; lors de sa rotation, les alvéoles se déplacent d’abord en regard d’une cannelure circulaire où elles se remplissent de liquide carburant, pour venir ensuite se présenter successivement au point de convergence 5 de deux conduits, dont l’un P sert d’arrivée d’air; l’autre, aboutit dans le conduit de prise d’air du moteur.
- La rotation du cône est commandée par un arbre A (figuré démonté) qui comporte une roue à roehet G, dont le nombre de dents est égal à celui des alvéoles de la clé C.
- La commande de l’arbre du moteur à l’encliquetage se fait avec interposi-
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- tion d’un appareil régulateur commandé par un excentrique (fig. 3) et qui agit en provoquant ou en arrêtant la rotation de la roue à rochet suivant que la vitesse du moteur est inférieure ou supérieure à sa vitesse de régime.
- La vitesse de régime, réglable de 300 à 1 200 tours, est déterminée par une manette qui agit sur sur le ressort du régulateur.
- Quand le régulateur agit pour commander la distribution du liquide, à chaque tour de l’arbre moteur correspond un coup de cliquet; et chaque coup de cliquet, en faisant progresser d’une alvéole la clé G, amène successivement au point de convergence s une alvéole pleine de liquide au moment où va se produire une période d’aspiration du moteur.
- Cette aspiration provoque dans le conduit vertical L une dépression qui a
- pour effet d’effectuer la succion du liquide contenu dans l’alvéole. En T, est une crépine qui opère la pulvérisation du liquide.
- Pour que cette succion puisse se produire, il faut une dépression dans le conduit L. A cet effet, le conduit se prolonge par une tubulure munie d’un registre de réglage d’air. La commande de ce registre est connexe de celle du régulateur, de sorte que, lorsque, l’on déplace la manette pour changer la vitesse, on modifie en même temps le réglage de la prise d’air. (Voir fig. 3.)
- Ce réglage n’a donc nullement pour but de modifier la carburation, mais d’assurer dans le conduit L la dépression nécessaire pour effectuer la succion.
- Pendant que les alvéoles de la clé se remplissent de liquide, l’air qu’elles contenaient doit pouvoir se dégager du distributeur; sinon cet appareil se remplirait d’air et le liquide n’y arriverait plus.
- A cet effet, le distributeur est surmonté d’une tubulure verticale aboutissant à un niveau supérieur à celui du réservoir. Cette tubulure peut aussi déboucher dans le réservoir même, au-dessus du niveau ; dans ce cas, il est inutile de réserver dans le bouchon un trou de rentrée d’air, puisque l’air qui arrive ainsi du distributeur a le même volume que le liquide qui sort du réservoir. On peut aussi remplacer cette tubulure par un purgeur à flotteur ou un niveau constant.
- L’allumage est électrique, le dispositif d’avance à l’allumage est relié a la manœuvre du régulateur; de cette façon, en agissant sur une manette unique^
- Schéma du moteur.
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- tlT.
- on règle à la fois la vitesse du moteur par le régulateur et, en même temps, les conditions du meilleur fonctionnement à cette vitesse, par les deux manœuvres connexes de la prise d’air et de l’avance à l’allumage.
- En résumé, la conduite du moteur se fait par une manette réglant la vitesse.
- Fig. 4. — Coupe perspective du moteur Brillié.
- La carburation est réglée, une fois pour toutes, de construction. On n'a donc pas à s’en préoccuper, quelles que soient les conditions de marche, la nature du liquide carburant, ou les circonstances atmosphériques.
- Carburants. — L'expérience montre que le volume de liquide carburant nécessaire pour carburer 1 litre d’air est de 9o millimètres cubes environ, et que ce volume est sensiblement le même, qu’il s’agisse d’essence ou d’alcool carburé Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902. 19
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- (mélange d’alcool et de 50 p. 100 de benzol), ou de carburants spéciaux, comme la stellane, dérivés de la houille.
- Il est intéressant de constater que ce chiffre se rapproche de celui qui résulte des expériences faites par M. Ringelmann avec le pétrole lampant, au concours de Meaux. Pour l’alcool pur, la quantité de liquide doit être notablement supérieure, ce qui conduit à des alvéoles un peu plus grandes.
- Alcool moteur. — Le carburant actuellement à l’ordre du jour est l’alcool, pur ou carburé.
- On conçoit l’intérêt national qu’il y a à faire usage, dans nos moteurs, de
- combustibles indigènes au lieu de produits d’importation ; je n’insisterai pas sur ce point.
- Mais, en dehors de cette considération, l’emploi de l’alcool carburé ne présente que des avantages sur celui de l’essence.
- Au point de vue de la puissance, il est intéressant de comparer les diagrammes que nous donnons (fig. 5) relatifs à deux moteurs de notre système identiques, mais de dimensions différentes, les réglages de chaque moteur étant les mêmes dans les deux séries d’expériences. Les graphiques en traits pleins sont relatifs à de l’alcool carburé, et ceux en traits ponctués à de l’essence. On constate, à première vue, que les deux expériences concordent quant à la conclusion : à savoir que, d’une façon générale, l’alcool carburé considéré (électrine Leprêtre) a donné plus de puissance que l’essence, surtout aux vitesses normales de fonctionnement, au-dessous de 1 000 tours.
- Dans ces essais, la dépense était rigoureusement la même avec l’alcool qu’avec l’essence, pour une vitesse donnée, les alvéoles étant les mêmes dans les deux cas.
- Notons que le nombre de calories qui résultent de la combustion de l’alcool carburé est moindre qu’avec l’essence. Si donc le moteur est plus puissant avec l’alcool carburé, c’est qu’il y a meilleure utilisation du calorique, moins de calories perdues. C’est ce que montre l’expérience; le moteur chauffe moins avec l’alcool qu’avec l’essence.
- Mais ce n’est pas seulement au point de vue mécanique que l’alcool mérite d’appeler l’attention.
- C4V fU tou.7^ jxvt- iiuuw^ .
- Fig. 5.
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- Tout d’abord l’alcool ne donne qu’une légère odeur, nullement désagréable ; -en outre il est moins volatil que l’essence, les perles par évaporation et les
- Fig. 7. — Phaéton double.
- chances d’incendie sont moindres. Ceci est particulièrement important dans les pays chauds, où la dépense et les dangers sont considérablement accrus de ces
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- chefs. En outre, dans certaines colonies, l’essence est difficile à se procurer, les compagnies de navigation ne consentant à la transporter que par chargement complet.
- L’alcool, au contraire, peut se produire sur place, en tous lieux, et constitue un produit national.
- SOCIETE NANCEENNE D'AUTOMOBILES
- Fig. 8. — Voiture de livraison.
- D’une façon générale, l’alcool carburé ou l’alcool pur présentent de l’intérêt dans les cas suivants :
- Dans les pays industriels, tels que la France, où l’alcool coûte relativement
- Fig. 9. — Voiture avec moteur au milieu.
- cher, où les produits destinés à l’enrichir (1) sont bon marché et aisés à se procurer, et où le pétrole est importé, il semble qu’on doive donner la préférence à l’alcool carburé, plus puissant, plus sûr, donnant des résultats comparables à ceux de l’essence, dans des appareils analogues.
- Dans les pays neufs, au contraire, sans moyens de transport, pauvres en
- (1) Le benzol, produit de la distillation de la houille dans les fours à coke.
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- houille, pétrole, ou produits chimiques destinés à l’enrichissement de 1 al cool, riches en plantations pouvant donner sur place 1 alcool à bon mar-
- ché, l’alcool pur est tout indiqué (1).
- On a reproché à l’alcool certaines actions corrosives, sur les soupapes notamment; mais nous n’avons pas eu l’occasion de constater cet inconvénient.
- Actuellement, le prix de l’alcool carburé est sensiblement le même que celui de l’essence ; il est même légèrement inférieur en raison des dégrèvements récents sur la dénaturation.
- Nous reviendrons tout à l’heure sur cette question économique au point de vue transport; auparavant, nous dirons deux mots de l’évolution de la voiture de tourisme, dont les perfectionnements successifs ont rendu possibles les véhicules industriels.
- Véhicules. — Pour rester dans le cadre qui nous a été tracé, nous parlerons particulièrement des véhicules que nous avons été amené à établir soit pour la Société des automobiles Go-bron-Brillié, soit pour la Société Nan-céenne d’automobiles qui appliquent notre moteur.
- Les figures 6 et 7 donnent deux types de véhicules construits par la Société des automobiles Gobron-Brillié, avec moteur placé sous le siège d’arrière.
- Ce qui caracteiise ces voitures, C est Fig. 10. — Direction épicycloïdale.
- d’abord le châssis tubulaire constitué
- par deux longerons polygonaux formant poutres armées, reliés par des tubes transversaux droits^ le tout réalisant un ensemble rigide, indéformable.
- C’est ensuite la direction épicycloïdale représentée figure 10, qui permet d’im-
- (1) Gustave Chauveau, Le Chauffeur, n° 101, du 11 mars 1901.
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- primer aux roues directrices des déplacements progressifs par rapport à ceux du volant. Rappelons en brièvement le principe :
- Le volant V est solidaire d’un équipage' satellite A B M, qui se déplace autour d’un pignon fixe F. Le pignon satellite M est solidaire de la rotule C, où s’articule l’extrémité de la bielle de commande.
- Dans le mouvement de rotation du volant, cette rotule décrit une certaine courbe épicycloïdale et transmet son mouvement aux roues suivant des dépla-
- Fig. 11. — Voiture avec moteur à l avant.
- cements qui ne sont pas proportionnels à ceux du volant, comme le montrent les divisions successives correspondantes, 1, 2, 3, etc.
- On voit que, dans la marche en ligne droite, et pour les faibles déviations, la direction est très démultipliée, tandis que, pour braquer à fond, un tiers de tour du volant suffit.
- Il en résulte une grande stabilité dans la marche et une facilité de conduite exceptionnelle.
- Dans d’autres types de véhicules (fig. 8 et 9) le moteur est placé au milieu du châssis, c’est-à-dire particulièrement abordable de tous côtés.
- Les transmissions se font par engrenages disposés dans une boîte étanche avec 3 vitesses et marche arrière par un seul levier.
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- La commande à l’essieu d’arrière se fait par une chaîne unique attaquant la roue de chaîne fixée sur le différentiel de l’essieu, lequel tourne dans des boîtes à huile comme les essieux de chemins de fer.
- Ce dispositif d’essieu tournant avec chaîne unique, qui avait été critiqué au début de F automobilisme à la suite d’applications mal comprises qui en avaient été faites, ne présente, au contraire, aucune espèce d’inconvénients et donne toute sécurité.
- C’est d’ailleurs une voiture de ce type de la Société Nancéenne (double phaéton) que nous avons eu l’avantage de piloter dans l’épreuve Paris-Berlin (catégorie vitesse), où elle a fourni une vitesse moyenne de 40 kilomètres à l’heure, en emmenant 4 personnes, avec un moteur type 10 Cx. (92 millimètres d’alésage) et sur des routes en partie très mauvaises. Signalons que le parcours entier (1200 kilomètres) a été fait à l’alcool carburé (électrine) sans encrassement ni corrosions des soupapes.
- Il convient de mentionner d’ailleurs que toutes les voitures de la Société Gobron-llrillié et de la Société Nancéenne fonctionnent à l’alcool non pas seulement dans les concours, mais d’une façon courante, entre les mains des clients qui reconnaissent les avantages de ce combustible.
- Dans un type plus récent, le moteur a été reporté vers l’avant (fig. 11), ce qui conduit à faire usage d’une chaîne notablement plus longue, mais dont l’emploi n’a révélé aucun inconvénient. Cela a permis de séparer le moteur de la carrosserie et d’établir aussi,des voitures de commerce présentant une place utilisable plus grande que dans le cas de la figure 8, le siège restant au-dessus des moteurs, bien entendu.
- En ce qui concerne la voiture de tourisme d’une façon générale, quand on compare entre eux les véhicules des différentes marques, on est frappé de la tendance qu’ils ont à une certaine unification comme aspect extérieur : grands empâtements, châssis bas assurant une bonne stabilité; roues égales permettant de n’emporter comme rechanges que des pneumatiques d’un seul type; direction inclinée, etc. Les mécanismes eux-mêmes se sont successivement améliorés, et il semble que, à l’heure actuelle, il reste peu à perfectionner, que ce genre de véhicule a subi son évolution comme cela a été pour la bicyclette, qu’en un mot l’automobilisme est au point.
- Cette mise au point peut être, pour beaucoup, la conséquence des épreuves auxquelles les constructeurs ont été conviés, et qui ont stimulé leur émulation.
- Ces épreuves sont de deux sortes : les courses et les critériums.
- Les courses. — Les courses ont leur utilité.
- Elles ont amené les constructeurs à chercher, dans la meilleure utilisation des matériaux et le maximum de puissance des moteurs compatible avec le poids du véhicule, la réalisation de vitesses de plus en plus grandes. Ils ont créé
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- ainsi des engins qui, évidemment, ne peuvent pas être mis entre les mains de tous, mais qui sont de véritables merveilles mécaniques. ' ^
- Les travaux qui ont été élaborés à l’occasion des courses ont été profitables à tous, et l’on ne peut qu’applaudir aux succès remportéspar des marques comme les maisons Panhard-Levassor et Mors, qui ont établi leur réputation dans ces sortes d’épreuves.
- Il faut donc savoir gré à l’Automobile Club de France de la sollicitude qu’il a témoignée à l’industrie automobile en organisant des épreuves comme Paris-Berlin, et il faut le féliciter aussi d’avoir, par aine réglementation nouvelle, limité désormais à 1000 kilogrammes le poids des véhicules devant prendre part aux courses afin de combattre la tendance qu’avaient les constructeurs d’augmenter outre mesure le poids des voitures; il en résultera certainement une nouvelle évolution du moteur, qui tendra à devenir de plus en plus léger. Déjà des constructeurs arrivent au poids de 5 et même 4 kilogrammes par cheval, qui en permet l’application à l’aérostation. Ce poids diminuera sans doute encore, ce qui conduira peut-être un jour à de nouvelles applications, à l’aviation notamment.
- Nous devons donc espérer que les courses ne seront pas supprimées, comme on l’avait craint à la suite d’un accident malheureux; mais qu’elles seront sagement réglementées, et que l’on verra encore des épreuves sportives concourir au progrès de la science et de l’industrie.
- Les critériums. —, Mais à côté des courses, il existe des épreuves plus modestes, moins bruyantes, mais tout aussi utiles. Ce sont les courses à la consommation, telles que les épreuves qui ont été organisées sucessivement par la presse sportive, et en dernier lieu par le ministère de l’agriculture.
- Ces épreuves ont eu pour résultat de diriger les études vers l’économie du fonctionnement et ont mis en évidence des marques qui ne s’étaient pas signalées, ni même mises en ligne, dans les épreuves de vitesse.
- C’est ainsi que, dans Paris-Rouen, à l’alcool, organisé par le Vélo, en octobre 1900, nous voyons en tête les marques Bardon, Gobron-Brillié, Yilain, Martha (Diétrich) à côté des Panhard-Levassor.
- Dans Paris-Roubaix, à l’alcool, organisé par l’Auto-Vélo en avril 1901, nous voyons au premier rang la Société Nancéenne, les Delahaye, Gillet-Forest, Darracq, de Dion-Bouton, etc.
- Enfin, dans le critérium de l'alcool organisé par le ministère de l’agriculture, en octobre 1901, nous voyons les premières médailles attribuées aux marques Georges Richard, Delahaye, et enfin à la Société Nancéenne dans la catégorie des véhicules industriels.
- Nous sommes donc heureux de constater que, luttant sur un autre terrain que celui de la vitesse, nombre de maisons arrivent au niveau des marques
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- réputées les premières dans le monde entier, ce qui fait ressortir la supériorité (d’ailleurs incontestée) de l’industrie française dans cette branche.
- Transports industriels. —Ces épreuves, en permettant à de nouveaux types de véhicules industriels de se mettre en ligne, ont attiré l’attention sur les résultats économiques qu’on pouvait en obtenir.
- C’est ainsi que, dans Paris-Roubaix, on vit, pour la première fois dans un concours, des véhicules de commerce présentés par les maisons Bardon et O. Richard, qui se classèrent d’une façon fort remarquable.
- Enfin, dans le concours du ministère de l’agriculture (octobre 1901), les 7 véhicules industriels qui se mirent en ligne attirèrent l'attention par les conditions brillantes dans lesquelles ils accomplirent un trajet exceptionnellement dur et accidenté.
- Une parenthèse en passant pour remercier le ministère de l’intérêt qu’il vient de témoigner à la cause de l’automobilisme et à celle de l’alcool moteur. Le ministre en assistant personnellement à l’épreuve a compris l’intérêt national, qui s’attache à cette double question ; et le soin apporté aux détails de l’organisation, le choix des ingénieurs appelés à y collaborer sont une preuve de la sollicitude du gouvernement pour la cause de notre industrie.
- Nous sommes tout naturellement amenés à parler ici du camion de poids lourd de la Société Nancéenne, et cela à double titre : d’abord pareequ’il a obtenu la plus haute récompense dans ce dernier concours ; ensuite parce que nous avons eu l’avantage de contribuer à son éclosion.
- Camion de la Société Nancéenne. —Ce camion est destiné à porter une charge utile de 3 à 5 tonnes suivant le profil et l’état des routes. Il est établi (fig. 12) avec une plate-forme assez haute pour surplomber les roues d’arrière et pour faciliter les manutentions. La hauteur de la plate-forme est de lm,0o à 1m, 10 ; sa largeur de lm,80; sa longueur, de 2m,80 peut être augmentée ad libitum.
- Châssis. — Le châssis est constitué de deux brancards en bois armaturés par des aciers profilés.
- L’écartement des essieux est de 2m,73 (il peut être augmenté à la demande de la caisse).
- Les quatre roues sont à bandages métalliques : largeur des bandages, 90 millimètres (sera portée à l’avenir à 100 ou 120 millimètres).
- Le diamètre des roues avant est de 90 centimètres, celui des roues arrière 93.
- Les roues avant sont montées sur essieu à pivot à double bain d’huile.
- La direction est commandée par un volant avec démultiplication par pignons d’angle.
- La suspension présente cette particularité que les ressorts sont isolés du châssis par interposition de tampons en caoutchouc, en vue de soustraire celui-ci aux vibrations produites par les chocs des roues métalliques sur le sol.
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- Moteur. — Le moteur est disposé longitudinalement à l’avant, sous les pieds du conducteur; il est ainsi particulièrement accessible. C’est un moteur du type précédemment décrit, et correspondant aux données ci-après :
- Diamètre des cylindres, 92 millimètres.
- Course totalisée des pistons inférieur et supérieur, 170 millimètres.
- Le radiateur est disposé verticalement, en avant de la plate-forme du conducteur.
- Embrayage. — L’embrayage est du type à cône renversé, qui a l’avantage
- Fig. 12. — Camion de la Société Nancéenne.
- de supprimer la poussée sur les arbres; le ressort est réglable de d’extérieur.
- Mécanisme. —L’appareil de changement de vitesse comporte 3 vitesses et marche AR par un seul levier (il comportera à l’avenir 4 vitesses donnant, à 900 tours du moteur, des vitesses de 2,5 à 15 kilomètres à l’heure); renvoi par pignons d’angle à l’arbre différentiel transversal.
- La boîte de mécanisme est soutenue par un sommier en acier moulé, qui relie les 2 brancards du châssis, et qui porte les paliers extérieurs de l’arbre différentiel.
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- L’ensemble forme un tout rigide qui permet d’assurer l’alignement des paliers de l’arbre différentiel, malgré les déformations possibles du châssis.
- Ce sommier sert en outre d’attache aux fers longitudinaux, aux mâchoires du frein de différentiel, bielles de tension de chaîne, suspension, etc.
- La boîte du mécanisme est établie pour que l’on puisse démonter les carters supérieurs et inférieurs sans toucher aux chapeaux de coussinets qui sont indépendants.
- Le graissage y est assuré par une pompe de circulation injectant l’huile sous pression dans les coussinets; cette pompe est renfermée dans la boîte elle-
- i ^ g ~ •• p: l..jjt
- Fig. 13. — Coupe longitudinale du camion.
- meme. Les paliers extérieurs de l’arbre différentiel comportent des graisseurs à bagues.
- Enfin, tout lemécanisme, embrayage, changement de vitesse, différentiel, etc., est calculé pour des efforts très supérieurs à ceux qui correspondent à la puissance du moteur, afin que l’on puisse sans crainte, pour un démarrage pénible par exemple, emballer le moteur et l’embrayer brusquement.
- Manœuvres et freins. — Comme appareils de manœuvres, ce véhicule comporte, indépendamment du volant de direction :
- 1° La manette du régulateur du moteur qui permet de régler sa vitesse de 300 à 1 200 tours; le carburateur ne comporte aucun réglage, comme on le sait;
- 2° Le levier de changement de vitesse et de marche, sur le côté, à main droite ;
- 3° Pédale de débrayage à gauche ;
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- 4° Pédale de droite actionnant le frein du différentiel, frein à mâchoires métalliques, agissant dans les deux sens;
- 5° Volant du frein à sabots agissant sur les bandages des roues arrière. Ce volant commande la timonerie du frein au moyen d’une chaîne qui s’enroule sur son axe. Ce dispositif a pour but de donner, à égalité de serrage, une rapidité d’action beaucoup plus grande qu’avec la vis dont le rendement est très inférieur. Un cliquet système Dubois empêche le desserrage : le rochet se débraye automatiquement quand on fait effort sur le volant pour desserrer. Ce dispositif fort ingénieux n’a été jusqu’à présent appliqué qu’aux appareils de levage, c’est la première fois qu’on l’adapte à un frein.
- Fig. 14. — Coupe transversale.
- Observations générales. — Il convient de remarquer que, suivant les appli--cations, la plate-forme peut être abaissée jusqu’à 90 centimètres du sol.
- Le poids du camion en ordre de marche, avec ridelles, est de 2 500 kilogrammes.
- Il peut porter une charge de trois tonnes et demie à cinq tonnes suivant le profil et l’état des routes.
- La vitesse en paliers est de 14 à 15 kilomètres à l’heure en pleine charge, ce qui assure une moyenne de 9 à 10 kilomètres.
- Le châssis peut aussi recevoir des caisses de différentes natures : omnibus, tapissières, voilures de livraisons, etc. ; les figures 15 à J 7 représentent un omnibus de 20 places pour services publics; la figure 18, un tombereau à basculage pour transports de charbons ou de minerais ; ces différents véhicules sont actuellement en construction à la Société Nancéenne.
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- 15 à n
- Omnibus pour service interurbain,
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- Consommation et prix de revient. — Voici les chiffres officiels du concours en ce qui concerne le camion de la Société Nancéenne :
- Poids du véhicule à vide, en ordre de marche................ 2 506 kg.
- Poids du chargement, lest et voyageurs...................... 3 371 kg.
- Vitesse moyenne sur le parcours total....................... 9km,l
- Consommation par tonne-kilomètre (alcool carburé à j brute. 96cm3,229
- 50 p. 100)..............................utile . 167cm3,88
- Dépense par T. km utile 01U, 16788 x 0 fr. 3o............... 0 fr. 059
- Remarquons que, sur un parcours moins accidenté, qui eût permis une charge plus forte, le chiffre de consommation aurait pu être notablement abaissé.
- Fig. 18. — Tombereau de la Société Nancéenne.
- Néanmoins, tablons sur ce chiffre de 01,168 par tonne-km. utile pour déterminer le prix de revient du transport par camion automobile.
- Si nous considérons un véhicule dont le prix d’achat est de 14 000 francs, effectuant un parcours journalier de 60 kilomètres, avec un chargement de 4 tonnes, et cela 250 jours par an, nous aurons, pour le prix de revient annuel:
- Amortissement en 5 ans.................................... 2 400 francs
- Dépense en alcool : 60 000 T. km x 0 fr. 059 ............. 4 248 —
- Huile 1 fr. 50 par jour...................................... 450 —
- Réparations (10 p. 100 du prix d’achat)................... 1 300 —
- Mécanicien................................................. 2400 —
- Assurance, impôt, etc..................................... 1000 —
- Dépense totale annuelle.................12198 —
- 12198
- La dépense par T. km sera de -
- 0 fr. 20 env.
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- Remarquons que ces chiffres sont établis largement et donnent un prix de revient notoirement supérieur à la réalité.
- Le véhicule qui remplit ces conditions remplace 2 camions attelés de 3 chevaux chacun, ce qui permet d’établir la comparaison avec le prix de revient des véhicules attelés: Ce prix de revient, qui nous a été donné par plusieurs industriels, oscille entre 25 et 30 centimes par toune-km.
- Donc, supériorité, dans bien des cas, de la traction automobile au point de vue économique.
- Conséquences commerciales. — En admettant même que cette supériorité ne soit pas établie, ce mode de transport peut permettre à un industriel d’élargir le cercle de sa clientèle.
- Prenons, comme exemple, le cas d’un minotier dont le rayon d’action est de 20 kilomètres au plus; 40 kilomètres dans une journée étant le maximum de ce qu’on peut demander à un cheval, l’automobile, permettant un parcours journalier de 80 kilomètres et plus, lui permettra de faire des livraisons de 40 kilomètres sans avoir recours au chemin de fer, aux transbordements, aux camionnages.
- L’automobile peut s’appliquer aussi aux transports publics et de messageries là où une ligne de chemin de fer ne ferait pas ses frais.
- Ainsi donc ce mode de transport, sans supplanter le cheval, peut le suppléer dans bien des cas, et il est certain que nous allons assister à une certaine évolution de la question des transports, l’automobilisme permettant des applications pour lesquelles le cheval est impuissant.
- ANNEXE
- Depuis le jour où nous avons eu l’avantage de présenter à la Société d’Encoura-gement la communication qui précède, de nouvelles épreuves ont eu lieu et ont confirmé les avantages que l’on pouvait attendre de l’alcool au point de vue industriel.
- Nous voulons parler du récent concours organisé par le ministère de l’agriculture pour les appareils utilisant l’alcool dénaturé, lequel comprenait, en dehors des essais de moteurs proprement dits, des épreuves sur route :
- 1° Épreuve de vitesse sur 942 kilomètres en 2 étapes;
- 2° Epreuve de consommation pour véhicules de tourisme sur 730 kilomètres en 3 étapes ;
- 3° Épreuve de consommation pour véhicules industriels sur 83 kilomètres de parcours.
- Les deux premières épreuves ont démontré que l’alcool ne le cédait en rien à l’essence, tant au point de vue de la vitesse que pour l’économie, et elles ont confirmé
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- les avantages que nous avions énoncés précédemment concernant l’usage de ce combustible.
- L’épreuve de consommation pour véhicules industriels mérite une mention spéciale en raison de l’intérêt qu’elle présente au point de vue économique.
- Elle a eu lieu le 10 mai dernier, entre Beauvais et Paris, soit sur un parcours de 85 kilomètres.
- Nous donnons ci-après un tableau donnant les conditions de marche de deux véhicules présentés par la Société Nancéenne munis de notre moteur, et fonctionnant à l’alcool carburé à 50 p. 100 (électrine).
- VÉHICULES. POIDS TEMPS du PARCOURS par 85 km. VITESSE MOYENNE. CONSOMMATION
- A VIDE en ordre de marche. UTILE transporté TOTAL. brute pour 83 km. A LA TON utile. NE KILOM. totale.
- Camion léger Tombereau 1 396 4 183 1 679 4 725 3 075 8 910 4 11. 2' 10 h. 24' 19'-im,7 8km,2 igaqo-l 67Ut,15 0m,134 01U,163 0h\074 0Ht,088
- Le premier de ces véhicules était monté sur roues caoutchoutées, le second sur roues ferrées. Ouvrons de suite une parenthèse au sujet de cette question desbandages :
- Il convient de remarquer que la roue caoutchoutée donne un meilleur coefficient de roulement que la roue métallique qui écrase l’obstacle ou déforme la route quand elle n’est pas suffisamment dure.
- Les résultats du concours paraissent être en faveur des bandages pneumatiques ou caoutchoutés, alors que, en réalité, au point de vue économique, ces véhicules ont à supporter, pour l’entretien des bandages, des frais bien plus considérables que l’économie d’alcool qui en résulte.
- L’avantage des roues caoutchoutées est de permettre des vitesses supérieures à celles qui sont compatibles avec l’emploi des roues ferrées, pour lesquelles une vitesse de 15 kilomètres à l’heure doit être considérée comme une limite.
- Les roues caoutchoutées donnent aussi plus d’adhérence et moins de dérapage que les roues ferrées, surtout sur le pavé gras dans les villes.
- Néanmoins, l’emploi des bandages caoutchoutés est incompatible, au point de vue du prix, avec les poids très lourds comme celui du tombereau (1).
- Ceci dit, examinons successivement les deux véhicules ci-dessus mentionnés.
- Le camion léger est à châssis tubulaire analogue à celui des voitures précédemment décrites, mais renforcé; la disposition mécanique est la même.
- Le tombereau représenté fig. 19 est identique, comme disposition mécanique, au camion dont nous avons donné la description précédemment; le châssis est renforcé en vue d’une charge plus grande; il supporte une benne articulée à l’arrière que l’on peut culbuter au moyen d’un treuil à engrenages.
- ;1) Comme il est évidemment impossible, dans un concours d’économie, de tenir compte de l’usure des caoutchoucs pour établir la dépense du véhicule, il serait logique de séparer en deux catégories distinctes les véhicules à roues caoutchoutées de ceux à roues ferrées, puisque, au point de vue économique, ils ne sont pas comparables.
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- Les données principales sont les suivantes : Moteur de 12 C# (alésage 96). Embrayage par cône renversé. 4 vitesses et marche arrière par un seul levier (vitesses de 2,5 à 15 kilomètres à l’heure). Longueur totale, 5 mètres. Empalement, 2m,65; voie, lm,55 d’axe en axe. Roues ferrées : largeur des bandages 140 millimètres à l’avant, 200 millimètres à l’arrière. Poids à vide, 3 900 kilogrammes. Poids en ordre de marche, avec le conducteur, 4 185 kilogrammes.
- Il convient de remarquer que ce poids comprend une benne pesant, avec son treuil, 1 200 kilogrammes environ. Si cet ensemble était remplacé par une plate-forme
- Fig. 19. — Tombereau de la Société iVancéenne.
- de camion, ou réaliserait sur ce poids mort une économie d’au moins 800 kilogrammes qu’on pourrait reporter sur le poids utile, ce qui donnerait, en conservant les chiffres de consommation du concours, pour un poids total de 8 910 kilogrammes :
- Poids à vide, en ordre de marche........... 3 400 kilogrammes.
- Charge utile...............................5 310 —
- Rapport du poids utile au poids total : 0,62 environ.
- Et, dans ces conditions, la consommation par tonne kilométrique utile tomberait à 01,140 environ.
- Il est intéressant de se rendre compte du prix de revient d’un transport par tombereau automobile dans le cas d’une exploitation minière, transport de houilles, etc.
- Supposons le prix d’achat de 15 500 francs à amortir en 5 ans : 250 jours de marche par an avec un parcours journalier de 40 kilomètres en charge de 5 tonnes, et 40 kilomètres à vide, ce qui représente : 5 heures de marche en charge à raison de 8 kilomètres à l’heure; 3 heures 1/2 à vide, à raison de 12 kilomètres à l’heure.
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- La consommation par tonne kilométrique étant O1,088 représente, en comptant l’alcool carburé 35 francs khectolitre, une dépense de 0,03 par tonne kilométrique totale. La dépense journalière en alcool sera :
- En charge................ 95183 x 40 km. x 0 fr. 03 = 11 francs.
- A vide...................45183 X 40 km. x 0 fr. 03 = 5 —
- Total (pour 200 t. km. utiles)..................... 16 —
- Pour être large, comptons la dépense journalière en alcool 18 francs Nous aurons donc pour la dépense annuelle :
- Dépense annuelle en alcool (p. 50 000 t. km.). . . . 4 500 francs.
- Amortissement 20 p. 100............................. 3 100 —
- Réparations......................................... 1 300 —
- Graissage (1 fr. 50 par jour).................... 325 —
- Mécanicien.......................................... 2 400 —
- Assurances, divers, imprévus........................ 1 000 —
- Dépense totale annuelle............................. 12 625 —
- La t. km. transportée ressort à ^ ^ ( = 0 fr. 25 environ.
- 60 000
- Prix inférieur à celui de la traction animale, bien qu’il ait été établi très largement
- Lors du concours du ministère de l’agriculture, ce véhicule avait attiré l’attention de M. le colonel du Bocage, de l’armée portugaise, qui avait exprimé le désir de voir procéder à des expériences pour se rendre compte des services qu’il pouvait rendre comme tracteur.
- Le tracteur à alcool paraît en effet devoir présenter, sur le tracteur à vapeur, certains avantages au point de vue militaire; suppression des prises d’eau, nécessairement fréquentes avec la vapeur, le tracteur à alcool pouvant facilement emporter plus d’une journée d’approvisionnements; diminution du poids et de l’encombrement du moteur et des approvisionnements, ce qui permet de charger sur le tracteur même f à 3 tonnes de poids utile ; suppression des fumées qui peuvent révéler au loin la présence du train.
- MM. Schneider et Gie, du Creusot, se sont empressés de répondre à la demande du colonel du Bocage pour se prêter à un essai, et nous ont offert le précieux concours de leurs ingénieurs. Leurs ateliers d’artillerie du Havre ont fourni le matériel d’expériences, lui ont adapté les appareils d'attelage, et ont pris toutes les dispositions pour l’essai, qui a eu lieu le 10 juin dernier.
- Qu’on nous permette de remercier ici, pour le gracieux concours qu’ils ont bien voulu nous prêter en la circonstance, MM. Schneider et Cie, et leurs dévoués collaborateurs.
- Le train d’essai était constitué de 4 pièces Schneider-Canet, reliées entre elles et au tombereau (devenu tracteur) par des chevilles ouvrières.
- Il comprenait, en plus du tracteur pesant envirpn 4 100 kilogrammes, deux canons de 12 centimètres, dont un à tir rapide, un obusier de 12 millimètres, un obusier de 10 centimètres 1/2; le poids total de ces pièces était de 9 tonnes environ. En outre, 1 000 kilogrammes de lest avaient été disposés dans la benne du tracteur; enfin, une quinzaine de personnes avaient pris place sur le tracteur ou sur les pièces.
- L’essai a eu lieu entre le Havre et Harfleur, sur un parcours total de 9 à 10 kilomètres présentant une longue cote de 35 millimètres par mètre.
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- La photographie figure 20 montre le train gravissant la côte entre Harfleur et le Havre.
- L’essai a démontré l’extrême maniabilité du train dans les virages et la grande facilité de remorque qu’on peut attendre de la part de ce genre de véhicule.
- Les vitesses ont été :
- De 6 à 7 kilomètres à l’heure en palier;
- De 3 kilomètres en côte.
- Soit une moyenne de 5km,5 pour le parcours total.
- Il était fait usage d’alcool carburé à 50 p. 100.
- Si l’on considère que le moteur n’était que de 12 chevaux, on peut prévoir facilement les services que pourra rendre le tracteur-porteur à alcool, avec moteur de 20 à 30 chevaux, tant au point de vue militaire qu’au point de vue industriel, et nous sommes heureux, en la circonstance, de rendre hommage au colonel du Bocage qui a provoqué la démonstration et aux éminents ingénieurs qui nous ont gracieusement prêté leur concours pour la réaliser.
- Un essai du même genre a eu lieu le 17 juillet dernier à Yincennes, en pj„. -20.
- présence d’une commission spéciale.
- Le même véhicule, chargé de 1800 kilogrammes, a remorqué une pièce de 155 pesant 6 250 kilogrammes sur les routes accidentées qui avoisinent le fort de Nogent. Le poids du train complet était de 12 350 kilogrammes.
- Les vitesses relevées ont été les suivantes ;
- En palier..............................10 à 11 kilomètres.
- En rampe de 3 à 1 p. 100............... 4km,o
- En rampe de 5 à a 1/2 p. 100........... 2km,o à 3 kilomètres.
- Comme dans l’essai précédent, le moteur fonctionnait à l’alcool carburé à 50 p. 100.
- Faisons remarquer que, au point de vue militaire surtout, l’emploi de l’alcool s’impose de préférence à l’essence, produit d’importation.
- Enfin, il est intéressant de signaler que, dans l’épreuve qui vient de se courir en Belgique, le 30 juillet dernier, sous la désignation de « Circuit des Ardennes », c’est une voiture Gobron-Brillié, munie d’un moteur de notre système fonctionnant à l’alcool carburé, qui s’est classée première dans la catégorie voiture légère (au-dessous de 650 kilogrammes), les autres voitures fonctionnant à l’essence.
- Nous voyons donc, chaque jour, s’affirmer davantage la supériorité de ce combustible, produit national, dont l’emploi est dès maintenant tout indiqué pour les applications aux transports industriels ou militaires.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- EMPLOI DES FOYERS AU PÉTROLE POUR LES CHAUDIÈRES
- • marines, d’après M. E. L. Orde (1).
- L’emploi du pétrole pour le chauffage des chaudières marines a pris, comme le savent nos lecteurs, une très grande importance depuis que la découverte de nouveaux gisements, notamment à Bornéo et au Texas, a mis ce combustible à la portée des plus longues traversées (2).
- Les pétroles, de types très variés, se composent d’hydrocarbures des séries suivantes :
- 1 Cn H (2n + 2)
- 2 Cn II 2n. . .
- 3 Cn II (2n — 2
- 4 CnH (2n — 4
- 5 Cn II (2n — G
- 6 Cn II (2n — 8;
- 7 Cn II (2n — 10
- 8 CnH ;2n — 12
- De ces huit séries, la première, la seconde et la cinquième sont les plus fréquentes et les plus abondantes, et la plus importante de ces trois est la série méthane.
- Les quatre premiers membres de la série méthane (méthane, propane, éthane et buthane) sont gazeux à l’air et à la température ordinaire. Les composés liquides de la série méthane vont de w = 5 à n = 25; puis, au delà de n = clo, ce sont les paraffines semi-fluides. Les points d’ébullition croissent régulièrement avec n, depuis n = 9, et d’environ 20° par chaque addition d’un atome de carbone, et il en est de même de leurs densités.
- Les produits de la distillation des pétroles bruts peuvent se diviser en :
- Huiles légères distillant jusqu’à 130° ;
- Huiles d’éclairage distillant jusqu’à 300°;
- Résidus.
- Les huiles américaines légères et lampantes appartiennent respectivement, pour la plupart, aux membres de C3H12 à C6 H18 et de C7H16 à Ci6ïï3. . Le résidu, soumis à des températures plus élevées, donne des huiles lourdes de graissage, des paraffines et du carbone sous forme de coke.
- Méthane.
- Oléine.
- Benzine.
- (1) Institution of Mechanical Engineers, London, Meeting de juillet 1302.
- (2) Bulletin d’avril 1902, p. 3 60.
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- EMPLOI DES FOYERS AU PÉTROLE POUR LES CHAUDIÈRES MARINES. 297
- Les membres de ces trois groupes se divisent commercialement en 20 types, et les densités des pétroles de ces trois groupes sont les suivantes :
- Huiles légères..........................O.Go à 0.78:
- Huiles lampantes........................0,78 à 0.86;
- Huiles de graissage.....................0,86 à 0.96.
- On emploie, pour la distillation, deux procédés : le « cracking » et la distillation à la vapeur.
- Le « cracking » consiste à distiller les huiles légères à une température supérieure à celle de leur ébullition normale soit en laissant les produits de la distillation se condenser et retomber dans la cornue, soit en distillant sous pression. Ce procédé a pour effet de décomposer les huiles lourdes qui restent dans la cornue et de diminuer considérablement leur densité; l’huile qui en résulte est plus homogène; mais si la température s’élève trop, il se dépose du carbone sous forme de coke, et dont l’abondance empêche de réaliser ainsi une distillation continue. Au contraire, la présence de la vapeur permet de distiller presque complètement le pétrole brut, probablement parce qu’elle abaisse le point d’ébullition des hydrocarbures et en permet la distillation sous une température inférieure à celle à laquelle se produit le « cracking ». On emploie, en général, de la vapeur surchauffée pour atteindre cette température, qui varie de 500 à 600°. L’air ne produit pas l’effet de la vapeur. Dans les brûleurs, le pétrole doit, avant sa combustion complète, passer de l’état liquide à l’état de vapeur, et ce avec la moindre dépense possible de chaleur, condition qui explique le rôle important joué par la vapeur dans ces brûleurs.
- Les huiles les plus fréquemment employées dans les chaudières sont les pétroles bruts de Bornéo et du Texas et les résidus du Caucase et de Burnah. La puissance calorifique de l’huile de Bornéo est équivalente à une vaporisation d’environ 10 kilos d’eau, à 100°, par kilo de pétrole. La présence de l’eau diminue le pouvoir calorifique du kilo de pétrole d’environ 7 calories pour chaque 1 p. 100 d'eau présente; en outre, cette eau rend la combustion imparfaite, en abaissant la température des flammes et augmentant leur longueur, ce qui a pour effet d’en avancer le point de température rnaxima dans le foyer; cette avance rend une grande partie de la surface de chauffe du foyer entièrement inutile, élève la température de la chambre de combustion à un degré nuisible aux tôles, et achève la combustion dans la boîte à fumée et la cheminée.
- Les réactions qui se produisent dans un foyer à pétrole ne sont pas encore bien •connues; il semble que le premier effet de la chaleur du foyer sur la pulvérisation de pétrole qui y est injectée doive être de le vaporiser et d’enflammer ces vapeurs à la surface extérieure du jet; puis, cet allumage élève la température de l’ensemble du jet en dissociant une partie des vapeurs d'hydrocarbures en oxyde de carbone et hydrogène. Quant aux vapeurs non dissociées, il est probable qu’il s'y forme, d’après l’aspect de la flamme, de l’acétylène, suivant la réaction CH. -f CO = H,0 4- C,H,. A mesure que la température de la flamme s’élève, les hydrocarbures sont probablement tous dissociés, et brûlent de CO et H en CO., et eau directement. En bonne marche, la flamme, d’un blanc éclatant, opaque, jusqu’à 130 millimètres environ en avant du brûleur, devient violette et semi-'ransparente au milieu de sa longueur, puis rouge à son extrémité. Si le pétrole renferme de l’eau, la combustion est incomplète, la teinte violette n’apparaît jamais, et le bout de la flamme est rouge sombre, avec une frange de fumée; quand il n’y a que très peu d’eau, l’extrémité de la flamme est quelquefois
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- blanche, et présente l’apparence de l’acétylène, ce qui indique qu’elle ne serait pas-assez chaude pour décomposer les hydrocarbures; ce fait a été observé dans des combustions qui, bien que fumivores et produites dans un excès d’air de 20 p. 100 seulement sur celui nécessaire à la combustion théorique, ne donnaient qu’une vaporisation médiocre, indice d’une faible température au foyer.
- Les très nombreux brûleurs proposés peuvent se classer en :
- 1° Brûleurs à pulvérisation mécanique, où le pétrole est refoulé sous pression au travers d’injecteurs le pulvérisant assez finement pour le rendre inflammable;
- 2° Pulvérisateurs où le pétrole est tenu en suspension et entraîné au foyer par un jet de vapeur et d’air comprimé;
- 3° Brûleurs où le pétrole est vaporisé et sa vapeur admise au foyer.
- On ne décrira que quelques-uns de ces brûleurs, choisis parmi ceux qui ont convenablement supporté l’épreuve de la pratique.
- Parmi les brûleurs à injection mécanique, il y en a peu qui aient réussi; il est, en effet, difficile de diviser en une pulvérisation assez fine une matière aussi visqueuse que le pétrole. Dans l’appareil de Korting (fig. 1) le pétrole, chauffé à 130°, est refoulé, sous une pression de 3kil,5, au travers de petites tuyères réglées par des pointeaux terminés par une hélice qui imprime au jet un mouvement tourbillonnaire assez rapide pour que la force centrifuge le disperce dès sa sortie de la tuyère. Les foyers de ces brûleurs sont, en général, garnis, comme en figure 6, de briques réfractaires, nécessaires pour maintenir leur température assez élevée pour vaporiser le pétrole et empêcher la condensation de la flamme avant qu’elle n’ait atteint la température nécessaire pour assurer la combustion complète. Dans le brûleur de M. Swensson (fig. 2), le pétrole est pulvérisé par son choc sur un couteau placé à sa sortie d’un petit orifice également réglé par un pointeau. La figure 6 représente l’adaptation du brûleur Korting aux foyers à vent forcé mixtes de Hoicden pouvant marcher au pétrole et au charbon.
- Les brûleurs du second type sont, de beaucoup, les plus connus; tels sont ceux de Holden (fig. 3) et de Rusden-Eeles (fig. 4); ces deux brûleurs emploient la vapeur comme agent de pulvérisation; mais, dans le brûleur Holden, une couronne de jets de vapeurs disposée autour de la flamme entraîne un courant d’air qui assure une combustion rapide de l’enveloppe extérieure de la flamme; le jet de vapeur et d’huile de vapeur entraîne, de son côté, un jet d’air central. Le brûleur Rusden-Eeles permet de régler séparément les jets de vapeur et de pétrole.
- Le brûleur de l’auteur, M. Or de, construit par Armslrong-Whitworth, est (fig. 5) disposé de manière à éviter le « crackind » du pétrole et à dissiper en pulvérisation les portions échappées à la distillation; ce brûleur est étudié pour fonctionner avec de la vapeur très surchauffée, à 300°; la vitesse du jet entraîne un courant cl’air chaud qui assure l’allumage instantané des couches extérieures de la flamme, et augmente ainsi la température sur l’ensemble du jet.
- Le brûleur Durr, qui appartient au troisième type, emploie (fig. 7) deux réservoirs vaporisateurs, dont le plus peti t est chauffé au feu de manière à produire de la vapeur de pétrole, que l’on enflamme, et qui sert à chauffer le grand réservoir, lequel fournit aux brûleurs la vapeur de pétrole nécessaire à leur fonctionnement; dès que la flamme de ces brûleurs est bien établie, la chaleur ainsi maintenue dans l’enceinte des réservoirs suffit à prolonger la vaporisation.
- Les brûleurs doivent tous être complétés par l'addition d’un filtre et d’un sépara-
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- teur d’eau. Cette séparation est difficile en raison de la densité des huiles : 0,92 à 0,96, très voisine de celle de l’eau, de sorte qu’on peut les en séparer directement par
- gravité. On a utilisé, pour séparer le pétrole de l’eau, le fait que le coefficient de dilatation du pétrole est très supérieur à celui de l’eau, de sorte que, en chauffant ce pétrole à la vapeur avec un serpentin plat, plongé horizontalement dans le réservoir à
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- pétrole, et en recueillant le pétrole au niveau de ce serpentin, il se séparait presque totalement de son eau par gravité.
- Tiq.C.
- AV Tank
- Brûleurs Korlhig-Howden et Dur
- D’après les résultats de quelques applications d’une pratique suffisamment prolongée, on peut admettre que la dépense de pétrole est, avec des appareils bien établis et
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- bien conduits, de 27 à 35 p. 100 moindre que celle du charbon, à puissances égales, ou par cheval, c’est-à-dire, diminuée en raison de son pouvoir calorifique, et ce avec des vaporisations moyennes; pour les vaporisations forcées des navires de guerre, le problème du chauffage au pétrole, très difficile, n’est pas encore résolu.
- LES MOTEURS A GAZ DE HAUTS FOURNEAUX, D’APRÈS M. Bnjan Donliin (1)
- Les gaz de hauts fourneaux sont constitués, en majeure partie, d’acide carbonique (6 à 9 p. 100) en volume, d’oxyde de carbone (23 à 32 p. 100) et d’azote (60 à66 p. 100 ) en proportions très variables avec l’allure du haut fourneau et aussi à chaque instant de sa marche; la teneur en oxyde de carbone, et la puissance calorifique de ses gaz sont d’autant plus forte que le rendement du haut fourneau est plus faible.
- D’après M. Lurmann, on brûlerait, dans les foyers des chaudières des forges, environ 40 p. 100 des gaz produits par leurs hauts fourneaux; on en emploierait 28 p. 100 au chauffage du vent et on en perdrait 22 p. 100, soit, par tonne de fonte produite, l’équivalent d’environ 12ch,5, et, d’après M. Hubert, on pourrait retirer de l’emploi de ces gaz dans des moteurs 32 chevaux par tonne de fonte par jour. Avec des chaudières, il faut brûler environ 11 mètres cubes de gaz par cheval-heure à la machine à vapeur, c’est-à-dire quatre fois plus de gaz au moins que dans le moteur à gaz. Un haut fourneau produisant 100 tonnes de fonte par 24 heures suffirait pour alimenter 2 000 chevaux de moteurs à gaz, déduction faite de la dépense pour la commande de la soufflerie et le chauffage du vent, c’est-à-dire fournir 2 000 chevaux entièrement utilisables comme force motrice.
- Avec le gaz d’éclairage il faut, pour en assurer la combustion au cylindre du moteur, l’y mélanger à environ 8 fois son volume d’air; avec les gaz de hauts fourneaux, beaucoup plus pauvres, il ne faut plus qu’environ son propre volume d’air, et la puissance du moteur est, toutes choses égales, diminuée d’environ 20 p. 100, le pouvoir calorifique des gaz de hauts fourneaux ne dépassant guère 900 à 1 000 calories par mètre cu.be.
- Les variations de la composition des gaz de hauts fourneaux sont considérablement atténuées soit en les recueillant dans des gazomètres, soit en associant les gaz de plusieurs hauts fourneaux dont les variations se compensent; le pouvoir calorifique varie de 850 à 1 000 calories par mètre cube, de sorte qu’il faut marcher à forte compression : de 7 à 9 atmosphères et même 11 atmosphères, compression qui, pouvant s’elfectuer sans danger d’allumage à contretemps, ne fait qu’améliorer le rendement thermique du moteur (2).
- Les poussières entraînées par les gaz de hauts fourneaux, en proportions très variables, mais en moyenne de 12 à 13 grammes par mètre cube, peuvent être précipitées, en grande majorité, dans les conduits, en ne laissant que 2 à 3 grammes à enlever par les laveurs. Les procédés très variés employés pour le nettoyage de ces gaz peuvent se diviser en deux classes, suivant que l’on procède par voie sèche ou par voie humide, pour enlever les dernières poussières. A Horde, les gaz traversent cinq net-
- (1) Institution of Civil Engineevs, London, 17 décembre 1901.
- 2) D'après M. Munzel, la compression C est donnée en atmosphère absolue en fonction du pouvoir calorifique H du gaz par mètre cube, par la formule:
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- toyeurs secs, un scrubber et un nettoyeur à sciure de bois, puis une tuyauterie de 450 mètres de long, dont ils sortent complètement nettoyés; à Differdenge, ils sont filtrés après avoir traversé trois laveurs à eau; les moteurs ont pu marcher trois mois avec ces gaz sans aucun nettoyage. A Differdenge également, on employa avec succès, pour des gaz chargés de 4 à 5 grammes de poussières par mètre cube, le nettoyage par passage successivement dans deux ventilateurs de lm,50 de diamètre, tournant à 900 tours par minute, avec injection d’eau axiale; ces deux ventilateurs suffisent pour six moteurs de 000 chevaux.
- La mise en train des moteurs se fait, à Seraing, par un mélange d’air et d’essence, que l’on comprime en tournant le volant par un treuil à main et que l’on allume; on emploie souvent aussi et de préférence l’air comprimé. Les souffleries sont presque toujours commandées directement à la vitesse même du moteur, soit dans le prolongement de sa tige de piston, soit par manivelles sur l’arbre moteur; l’emploi de soupapes légères, comme les Lang-Horbiger ou de petits robinets Corliss, permet de marcher sans inconvénient à 120 tours par minute.
- Les avis sont très partagés en ce qui concerne le nombre des cylindres à adopter pour les moteurs; les moteurs de Seraing, à cylindre unique de lm,30 X lm,40 de course, donnent, à 93 tours, 880 chevaux indiqués et 725 chevaux effectifs : rendement organique 82 p. 100, thermique 31 5 p. 100 en chevaux indiqués (essais Hubert); mais, d’après M. Munzel, directeur de la Gasmotoren Fabrick, Deutz, il ne faudrait pas dépasser 250 chevaux par cylindre.
- Le moteur monocylindrique de Seraing de 600 chevaux pèse 127 tonnes; un moteur de Deutz de même puissance ne pèse que 106 tonnes; la dépense d’eau de refroidissement est aussi moindre avec le moteur à quatre cylindres, ainsi que les risques d’allumage à contretemps, la marche est plus régulière avec un volant beaucoup plus léger, mais les mécanismes sont plus nombreux.
- Les moteurs à deux temps sont actuellement très étudiés pour l’emploi des gaz de hauts fourneaux; M. Donkin cite notamment les types de Korting et de Von Oechel-hauser, bien connus de nos lecteurs et qui ont donné d’excellents résultats.
- Actuellement, c’est en Allemagne que la question des moteurs à gaz de hauts fourneaux fait le plus de progrès; l’usine de Deutz en a fourni pour 10120 chevaux, von Oechelhauser pour 12800, Korting 11 800, Cockeril 9900, soit, en Allemagne, un total de 44 000 chevaux.
- CONSTRUCTION MÉCANIQUE DES PONTS AUX ÉTATS-UNIS, D’APRÈS M. H. B. MolesWOrtIl (1).
- La plupart des ponts américains sont tout aussi solides et soignés que les ponts construits en Angleterre à des prix notablement plus élevés, bien que la main-d’œuvre soit beaucoup plus coûteuse en Amérique.
- Ce fait tient à bien des raisons, parmi lesquelles on peut citer les deux suivantes :
- Supériorité de l’ouvrier américain, dont le travail n’est pas, comme en Angleterre, limité, en débit et en durée, par les syndicats. Par exemple, en Amérique, un seul ouvrier manipulera aisément une tôle de 3 mètres X 1m,80 X 15 millimètres, sans l’aide de personne, tandis qu’il faudrait, en Angleterre, l’assistance de trois ou quatre hommes, sans en faire le poinçonnage ni plus vite ni mieux.
- 1 Institution of Civil Enr/ineers. London. 14 janvier 1902.
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- CONSTRUCTION MÉCANIQUE DES PONTS AUX ÉTATS-UNIS.
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- Supériorité de l’organisation et de l’outillage de l’atelier américain dont les machines-outils sont sans cesse renouvelées et complétées au cours du progrès et de l’extension de l’atelier, en sacrifiant sans hésitation les anciens types même encore en bon état; en Amérique, lorsqu’on est débordé de commandes, on agrandit l’atelier au lieu de refuser les commandes, comme en Angleterre.
- Comme exemple d’atelier de construction de ponts américains, on peut citer, comme caractéristique, les Pencoyd Works de l’American Bridge C°, près de Philadelphie, sur la rivière Schuvlkill (fig. 1 et la), le long du Philadelphia-Reading Rr, par lequel se font toutes les expéditions et réceptions.
- Ces ateliers comprennent des fours à réverbère et des laminoirs pour toutes les sections de fers, mais pas pour les tôles, et un atelier de ponts proprement dit (fig. laj.
- Les surfaces occupées par les différents départements de ce dernier atelier, sont les
- suivantes :
- Magasin [Mcilerial Yard (fig. 1 et la).......... 45 met. x 72 met.
- Atelier de ponts .Bridge S/top................ 12.7 — X 60 —
- Quai de chargement (Loadincj Yard).............. 36 — X 75 —
- Atelier des mailles (E>/e bar S hop)............ 69 — X 36 —
- Forge........................................... 54 — X lo —
- Il y a, en outre, un grand bureau de dessin et une outillerie pour la réparation et les essais, l’entretien des machines-outils; le restaurant des employés et les bureaux sont sur l’autre berge de la rivière.
- Le magasin est desservi par un branchement du chemin de fer parallèle à la rivière et par deux grues électriques perpendiculaires à la rivière; on y reçoit et classe toute les matières; les tôles sont reçues au bout du magasin, auprès des laminoirs destinés à les dresser.
- L’atelier des ponts est un bâtiment en planches avec toiture vitrée, desservi dans toute sa longueur par trois lignes principales, complétées par des voies auxiliaires parallèles: toutes les grues courent transversalement et sont électriques ; cet outillage de manutention est complété par de nombreux palans électriques ou différentiels ; les grues à l’extrémité du côté du magasin sont des cabestans électriques à simple chaîne ; celles du quai de chargement sont des ponts roulants à deux et quatre chaînes, marchant d’ensemble de manière à manipuler de longues pièces sans danger de les courber. Les pièces, amenées du magasin à l’atelier sur des trolleys, sont marquées, puis amenées aux poinçonneuses et aux cisailles, aux tables d’assemblage, aux perceuses, aux riveuses, aux raboteuses fraiseuses (Rotnry Planer) (fig la). aux perceuses aléseuses (Chord Boring), puis livrées au quai de chargement où elles sont peintes et embarquées; ce trajet est continu, sans retour en arrière, d'un bout à l’autre de l’atelier.
- Le quai de chargement est trop petit et limite le débit de l’atelier; il est desservi p ar deux ponts roulants à vapeur de 30 tonnes, permettant de charger les pièces sur les deux côtés de la cour.
- L’atelier des barres est consacré presque entièrement à la fabrication des barres ou mailles percées d’un trou à chacune de leurs extrémités, et qui caractérisent les ponts articulés américains; les matières lui sont amenées par une voie spéciale, en dehors de l’atelier des ponts, et leurs machines à refouler peuvent servir pour toute sorte de barres ; il s'y trouve une machine à essayer les barres de toute dimensions et longueurs jusqu’à la rupture.
- La forge renferme des marteaux pilons, des machines à faire les rivets et les bou-
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- AOUT 1002,
- Ions, des taraudeuses... les matières y sont amenées par une voie en prolongement de celle de l’atelier des barres. Les recuits se font dans un atelier spécial.
- ci
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- p
- La production mensuelle de l’usine est passée, de 3 303 tonnes en 1893, avec
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- CONSTRUCTION MÉCANIQUE DES PONTS AUX ÉTATS-UNIS. 305
- 375 ouvriers, à 6 151 tonnes en 1901, avec 667 ouvriers et, en outre de ces ouvriers, 41 dessinateurs en 1895, et 98 en 1901. Pendant ces années, de 1895 à 1901, la production s’est élevée, par homme, à 771 tonnes pour les dessinateurs, 2 366 pour les
- traceurs, 115 pour les ouvriers de l’atelier des ponts, 45 pour la forge, 185 pour l’atelier des barres, chiffres bien plus élevés que dans la construction anglaise.
- Le métal employé est presque exclusivement de l’acier doux, satisfaisant en moyenne aux conditions suivantes :
- Résistance
- de rupture Allongement
- Aciers. en kil. par min- Limite d’élasticité. p. 100. Essai de pliage.
- De rivets. . . 33 à 41 kil. Pas inférieure à la moitié 26 Rabattu sans crique.
- Doux............ 36 à 43 — de la résistance de rup- 25 Replié de 180° sur un
- Moyen. ... 42 à 49 — ture. 22 rayon égal à l'épais-
- seur.
- Ces aciers sont un peu plus doux que ceux employés en Angleterre, et d’une excellente qualité parfaitement uniforme.
- Tous les fers profilés sont redressés dès que suffisamment froids; les cornières au laminoir, les fers à T à la presse, et les tôles au laminoir avant refroidissement.
- Les dessins sont très complets; chaque feuille porte, outre le dessin de la pièce,
- ii.ii
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AOUT 1902.
- son nombre, sa lettre, sa marque, les dimensions et qualités du métal à employer, et l’emplacement que doit occuper la pièce finie ; les dessins des grands ponts comprennent, outre les dessins d’exécution, un croquis d’ensemble indiquant les efforts supportés par les différentes pièces, et le diagramme de ces efforts.
- Travail de râtelier. — Au bureau de dessin, toutes les pièces ont leur fiche et sont cataloguées, de sorte que toutes les pièces d’un même modèle sont faites d’une seule série, identiques, exactes, et repérées de manière que leur assemblage ne présente aucune difficulté. Prenons, comme exemple, l’exécution d’une coin à branches inégales, trois trous d’un côté, quatre de l’autre. Les fers, soigneusement dressés, sont amenés à la cisaille d’angle, qui est pourvue d’un toc à la longueur exacte de la cornière ;
- Fig. 2.
- puis, une fois ainsi coupés à la longueur exacte, à une poinçonneuse multiple avec, d’un côté, trois poinçons pour les trois trous de l’un des bras de la cornière, et, de l’autre, quatre poinçons pour les quatre trous de l’autre bras. Un ouvrier prend la cornière de sa main droite, la passe dans les guides du côté de la cisaille où les trois trous sont exactement percés, retire la cornière de sa main gauche, et la passe au second ouvrier, qui l’insère dans le guide où les quatre trous sont percés, de sorte que, avec ces deux ouvriers, la cisaille poinçonne un coin entier à chaque coup. Le second ouvrier retire, de sa main gauche, la cornière poinçonnée, qui est marquée par un troisème ouvrier, et chargée sur un wagonnet, pour être ensuite, avec ce wagonnet plein, portée au montage En Angleterre, chaque pièce, tracée par un poinçon et un gabarit en bois, sciée à longueur par une scie à froid, a, finalement, ses trous poinçonnés un à la fois avec une exactitude qui dépend entièrement de l’habileté de l’ouvrier.
- Le poinçonnage de l’âme des pièces de ponts se fait sur une poinçonneuse multiple, à poinçons tous ajustables et tocs sur lesquels il suffit d’ajuster la pièce pour percer exactement toute une rangée de trous sans avoir besoin de tracer la pièce; cet ajustage se fait très simplement d’après un dessin fait en conséquence; les semelles sont poinçonnées par des machines auxiliaires. Après le poinçonnage, la pièce est portée à la
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- CONSTRUCTION MÉCANIQUE DES PONTS AUX ÉTATS-UNIS. 307
- machine à affranchir les bouts (Coping Machine) (üg. la), marquée et envoyée au montage.
- Les cornières principales longitudinales sont poinçonnées sur une table diviseuse, et deux par deux; la division y est faite par deux leviers en pouces et 1/16e de pouce,
- et on la change sans arrêter la machine; l’ouvrier a devant lui le dessin de la division, et l’exactitude de la jauge est assurée par deux doigts qui se ferment de chaque côté et pressent les deux cornières l’une sur l’autre avant chaque course des poinçons.
- Les cornières sont (fig. 2) placées sur des tréteaux, et enlevées par un long pont roulant électrique, dont les crochets les font pivoter jusqu’à ce qu'elles soient accolées
- /77777m777777U77777T7m7K
- PUNCH & GUIDES
- STOP
- Fig. O.
- dos à dos, comme en figure 2a; puis ces deux cornières sont levées par des électro-aimants -les prenant sur leur dos, et qui les amènent en place sur la machine, dont elles sont rejetées, après poinçonnage, par un retour rapide.
- Ce poinçonnage est très exact; les pièces de 6 et 12 mètres de long se font littéralement par centaines, et sont assemblées avec leurs cornières prises au tas sans
- Fig. 6.
- aucune erreur de poinçonnage. La poinçonneuse diviseuse peut prendre des pièces de 12 mètres de long sur 0m,90 de large.
- Lorsqu’il s’agit de poinçonner une série de cornières aux mêmes écartements, on fixe à la poiçonneuse, comme en figure 3, un gabarit percé de trous correspondants en nombre et en écartement à ceux qu’il faut poinçonner dans la cornière que l’on amène à buter sur un toc fixé successivement dans les différents trous du gabarit.
- Tous les poinçons sont faits au tour automatique et (fig. ï) interchangeables, et
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- toujours parfaitement entretenus. Les barres de treillis sont poussées au travers de la poinçonneuse dans un guide et sur un toc disposés comme en figure 5, de sorte qu’elles en sortent absolument interchangeables. Chaque poinçonnuse porte (fîg. 6) une barre pivotée avec un couteau sur lequel repose le fer à poinçonner, dont la
- ANGLE-8A8 MANGLE-ROLLS
- FURNACE
- PLAN
- £ L E VATiO N
- Fig. 8 et 9.
- manipulation est ainsi très facile ; celle des tôles est facilitée par leur roulement sur des galets (fig. 7) à tiges au niveau des poinçonneuses et perceuses, ou sur cadres pivotants (fig. 7a) dont on règle la hauteur à volonté ; les ouvriers n’ont ainsi jamais à porter les tôles, mais simplement à les rouler.
- Presque toutes les grandes cisailles sont montées sur plaques tournantes et commandées par l’électricité; la dynamo est, en général, sur la machine, et ses fils n’en
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- CONSTRUCTION MÉCANIQUE DES PONTS AUX ÉTATS-UNIS.
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- empêchent pas la rotation sur sa plaque. Ces cisailles sont pourvues de secteurs et de tocs permettant de couper sous tous les angles ; leurs lames, parfaitement entretenues, coupent aussi nettement que les scies, sans aucune distorsion; elles ont des lames à droite et à gauche, de manière à pouvoir couper en biseau les deux bras d’une cornière, et sont pourvues de tocs ajustables permettant de couper juste à toutes les longueurs; elles sont desservies par des grues électriques des galets de roulement et des tréteaux sur lesquels les pièces sont (fig. 8) roulées par des cylindres commandés par engrenages, comme ceux des laminoirs. Tous les trous de rivets sont fraisés par les perceuses (Gantry Drills) (fig. T'1) groupées en série de huit radiales transportées le long des poutres par des grues électriques; on emploie aussi largement les perceuses pneumatiques.
- Les trous d'articulations sont poinçonnés, puis alésés et finis sur des perceuses
- Fig. il.
- spéciales (Chord Boring) (fig. la) qui alèsent simultanément les deux trous aux extrémités des barres à l’écartement exact.
- Les bouts des poutres sont percés par des perceuses pneumatiques Boyer mobiles, équilibrées sur une colonne à crémaillère devant (fig. 9), la poutre étant maintenue dans un étau à terre.
- Les grandes poutres sont ^fig. 10) rivées par des riveuses hydrauliques susceptibles de monter et de descendre dans un puits avec la plate-forme qui porte l’ouvrier, et sur laquelle se trouve le commutateur qui commande la grue portant la poutre; la bouterolle est portée par une forte vis qui en permet facilement le réglage selon l'épaisseur des tôles. L’ouvrier commande deux leviers, l’un pour la levée de la riveuse , et l'autre pour la frappe du rivet ; un second ouvrier commande le commutateur de la grue ; sur la plate-forme d’en face se tiennent deux hommes, dont l’un pose les rivets, et l’autre manœuvre la vis de la bouterolle. Les rivets sont chauffés dans des moufles au pétrole, au nombre de deux par riveuse. Les petites rivures sont exécutées par des riveuses hydrauliques fixes et quelques riveuses pneumatiques, qui posent les rivets inaccessibles aux machines fixes. Ces riveuses pneumatiques portatives font d’excellente besogne, à la condition d’être maniées par des ouvriers expérimentés. Les rivets fraisés sont arrasés par des coupeuses pneumatiques portatives, Tome 103. — 2e semestre. — Août 1902. 21
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- qui font quasi les dressages et ébarbages locaux. L/on ne fait que peu de planage, grâce à l’emploi des tôles dites « universelles » que les laminoirs américains livrent en toutes largeurs, jusqu’à lm,22, sans frais supplémentaires.
- Les bouts de tôle en contact sont dressés à la fraise en bout, dont la figure 11 représente l’un des types, avec fraise de lm,40 de diamètre, avance à la main donnant des coupes de 1 millimètre et demi à 13 millimètres par tour, et une avance transversale automatique qui lui fait parcourir toute la section de la poutre à l’angle donné par son orientation sur la plaque.
- Les trous des barres articulées sont poinçonnés de 3 millimètres trop petits, et alésés de un demi-millimètre plus grand que leur axe.
- A l’exception des outils hydrauliques et à air comprimé, tout marche à l’électricité, avec, pour les grandes machines, commande directe par leur dynamo.
- Fig. 12.
- On emploie, pour la manutention des gros fers, le dispositif figure 12, très simple et pratique.
- D’après M. Moleswortb, les principales raisons de la supériorité de la construction américaine sont les suivantes :
- 1° Supériorité du rendement de l’ouvrier américain, mieux payé que l’anglais;
- 2° La disposition des ateliers est mieux étudiée, et la main-d’œuvre mieux économisée ;
- 3° On travaille, au bureau de dessin, avec plus de méthode et de science ;
- 4° Le traçage est réduit au minimum par le bureau de dessin et par l’emploi de machines automatiques, tocs et guides ;
- 5° Les vieilles machines sont sacrifiées aussitôt que surpassées par de nouvelles;
- 6° Tous les outils sont maintenus parfaits;
- 7° Les tarifs des chemins de fer sont moins élevés.
- Le moindre rendement de l’ouvrier anglais est dû, en grande partie, à l’opposition des syndicats à l’emploi des machines diminuant la main-d’œuvre, et à l’esprit de l’ouvrier anglais opposé à toute nouveauté qui ne réussit pas du premier coup.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS À LÀ BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juillet au 15 Août 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . -. . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef........Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im .... Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La .... La Locomotion automobile.
- Ln . . . . La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms.Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colo-
- rantes.
- N.......Nature (anglais).
- PC. .. . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. desmachines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs.........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietvLondon(Proceedings).
- Rt.........Revue technique.
- Ru.........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA.........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie........Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin delà Société industrielle de Mulhouse
- SiN. . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL.........Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VD1. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Z01. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- 3\2
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1902.
- AGRICULTURE
- Agriculture aux Antilles françaises (Lecomte). Rgds. lh Juillet, 611.
- Bactéries et ferments, rôle en agriculture (Wiley). Fi. Août, 81.
- Bétail. Rôle alimentaire des matières sucrées (Grandeau). Ap. 17, 31 Juillet, 69, 137. 14 Août, 206. 7 Août, 174. Ag. 9 Aoiit, 222.
- — la zoométrie. Ap. 24 Juillet, 110.
- — Race bovine fémeline. Ap. 7 Août, 183.
- Betteraves. Expériences de Cappelle. Ag. 2 Août, 183.
- Blés (Expériences sur la culture des) en 1902. (Depur). Ap. 7 Août, 183.
- — Culture du blé. Ag. 16 Août, 255.
- — Greniers à pelletages mécaniques. Ap. 14 Août, 213.
- Chevaux de service et de guerre. Ag. 19 Juillet,
- 1 05.
- — Traitement des vices d’allure. Ap. 31 Juillet, 141.
- Châtaignier (Enquête sur le). Ag. 9 Août, 209. Châtaigneries en Fiance. État actuel ([.arbalétrier). Rgds. 15 Août, 135.
- Cidre. Broyeur de pommes (Debrosse). Ag.
- 26 Juillet, 142.
- — (Fermentation du), emploi des levures
- de cannes à sucre (AUcott). Rcp.
- 27 Juillet, 279.
- Déchets de fruits de table. Utilisation. Ag.
- 19 Juillet, 88. 16 Août, 249. Destruction desplantes nuisibles vivaces (Heuzé).
- Ap. 31 Juillet, 138. 14 Août, 211. Engrais. Fraude de la vente. Ap. 31 Juillet, 145.
- — Effet de l’ionisation du sol sur la crois-
- sance des plantes (Plowmann). Ameri. can Journal of science, Août, 129.
- Lait. Influence de l’alimentation sur sa richesse en matières grasses. Ag. 26 Juillet, 130.
- — Analyse chimique et constantes physi-
- ques (Quesneville). Ms. Août, 561.
- — Nouvelle méthode d’extraction du
- beurre. Ms. Août, 569.
- — Industrie laitière frisonne. Ap. 31 Juil-
- let, 148.
- — Pasteurisation de la crème destinée au
- beurre. Ap. 14 Août, 209.
- Machines agricoles. Exposition de 1900. VDL 19 Juillet, 1078.
- — Égrenoir concasseur de maïs Stover. Ap. 24 Juillet, 117.
- Orobranches (les). Ap. 7 Août, 186.
- Statistique agricole. SNA. Juin, 232.
- Vigne. Traitement du blackrot 202 (Prunet). CR. 15 Juillet, 120.
- — Mildew et oidium, possibilité de les combattre par un même traitement liquide (Guillon). CR. 28 Juillet, 261. — Destruction de la pyrale. Ag. 26 Juillet, 139.
- — Vins de liqueur (Cari Mantrand). Ms. Août, 587.
- — (Clarification des) (Fallot). Ap. 31 Juil-
- let, 150.
- — Concentration des vins (Baudouin et Schribaux). Ap. 7 Août, 176.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer. Métropolitain Paris. Rive droite. Ac. Juillet, 160.
- — français en 1901. Statistique. Rgc.
- Août, 144.
- — du monde en 1900 (id.), 158.
- — du Cap au Caire. E'. 1er, 15 Août, 108,
- 160.
- — Tamatave à Tananarive. Mission d’é-
- tudes. Cm. Juillet, 29.
- — Électriques (Les) (Child). EM. Août,
- 89.
- — — Invalides-Versailles. Rgc. Août, 89.
- — — Métropolitain de Berlin {id.), 113.
- — — de Paris. Rive droite. Ac. Juillet,
- Août, 110, 114.
- — — de la Tyne. E. 15 Août, 218. Chauffage des trains (Joly). Ram. Juillet, 784. Éclairage des trains (Carlier). Ru. Juin, 153. Locomotives européennes (King). EM. Août,
- 684.
- — Exposition de Dusseldorf. VDI. 16 Août,
- 1215.
- — Nouvelles (Von Borries). VDI. 19 Juil-
- let, 1066.
- — Construction aux ateliers de Belfort.
- E'. 19 Juillet, 54.
- — Américaines (construction des)(Oudet).
- RM. Juillet, 19. E'. 8 Août, 128.
- — compound à marchandises du Midi. E.
- 18 Juillet, 76.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1902.
- 3 J 3
- Locomotives, à 4 cylindres de l'Est.Pm. Juillet, 98. Août, 113.
- — — 3 cylindres Midland. Rg. E. 13 Août,
- 213.
- — Surchauffeur Schmidt. Rgc. Août, 169. — Express 2 couplées G. W. R. Irlande. E. 25 Juillet, 76.
- — Marchandises. 4 couplées Lancashire Yorkshire. E. Ie1' Août, 120.
- — à voie d'un mètre. Chemins départe-
- mentaux. E. Ie1’ Août, 139.
- — Distribution Kuhn. VDI. 26 Juillet, 1108.
- — — par tiroirs cylindriques Smith. E.
- 8 Août, 193.
- — Foyers à pétrole, locomotives russes. Gc. 9 Août, 238.
- — — cylindrique Hoyo. E'. 15 Août, 163 Rails d’acier. Structure et durée (Job). Fi.
- Août, 121.
- — Garniture de (irefonds Tliiollier. Ac. Août, 122.
- Signaux. Cabines d’enclenchements (Coss-raann). Rgc. Août, 104.
- — de brouillards. E. 13 Août, 133. Voitures. Confort des voyageurs (Joly). Bam,
- Juillet, 784.
- Wagon à charbon de 50 tonnes. Gc. 19 Juillet, 192.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à pétrole, voiturette Rochet. Lo. 19 Juillet, 452.
- — G. Richard. La. 24 Juillet, 467.
- — — Bertrand. Lo. 26 Juillet, 472.
- — — à vapeur. Tracteur Brightmore. E.
- 8 Août, 131.
- — Changements de vitesses électriques. Lo. 9 Août, 497.
- — Transmissions (Lavergne). Ri. 19 Juillet, 286. lei‘, 8 Août, 305, 316. Direction. Id. 325.
- Essieu à billes Chapmann. Rt. 25 Juillet, 219. Locomotive routière Albaret. Ag. 7 Août, 180. Tramways électriques. Résultats financiers. E. 8 Août, 183.
- — (Exploitations des) (Goering). EE.
- 19 Juillet, 91.
- — leur avenir. Ef. 26 Juillet, 119.
- — de Marseille (Denizet). APC. (1902).
- N° 6. Gc. 9 Août, 229.
- Tramways. Moteurs triphasés pour traction. EE. 16 Août, 231.
- — Contact Lorrain. Rgc. Août, 163. — Cru-
- vellier. E. 15 Août, 212.
- — Transporteurs pour raccordements
- d’usine. Je. 10 Août, 341.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides chlorhydrique. Action sur les sulfates de sesquioxyde d’aluminium de chrome et de fer (Recoura). CR. 21 Juillet, 163.
- — Sulfureux liquide. Emploi comme dissolvant. ScP. 3 Août, 679.
- Air liquide (d'Arsonval). MCP. Août, 433. Acétylène, phares pour automobiles. Lu. 16 Août, 163.
- Argent. Equivalent électi’o-chimique (Leduc). CR. 28 Juillet, 237.
- Acétate de plomb. Régénération industrielle (Beltrer). RCp. 27 Juillet, 284. Amalgame d’ammonium (Moissan). ScP. 20 Juillet, 714.
- Ammoniacque. Solubilité dans les dissolutions salines (Abegg et Rusenfeld). ScP. 5 Août, 684.
- Brasserie. Divers. Ms. Août, 591-604. Cs. 16 Août, 1033.
- Briques émaillées. Machine Pullan et Mann. E'.
- 19 Juillet, 66.
- Colorimétrie (Appareils de) Kallert. EE. 19 Juillet, 97.
- — Pouvoir refroidissant de l’air et lois du rayonnement (Compan). ACP. Août, 488.
- — Mesure des températures (Travers.
- Senter, Jaquerod). CA. 8 Août, 61. Cérium (Siliciure de) (Sterba). CR. 21 Juillet, 170.
- Chrome (composés du) (Wyroubof). ScP.
- 20 Juillet, 729.
- Cristaux (Constitution des) (Tutton) CxY.
- 18, 25 Juillet, 30, 41. 1cr Aoiît, 53. Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Juillet, 971 16 Août, 1027.
- Chlorures cuivriques ammoniacaux (Bouzat). CR. 4 Août, 292.
- Contact (Etude des actions de). La spirale de platine (Trillat). ScP. 5 Août, 797. Dérivés nitrés, réduction par la méthode d’hydrogénation directe au contact des
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- 314
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1902.
- métaux divisés (Sabatier et Sande-rens). CR. 28 Juillet, 225.
- Eau oxygénée. Fabrication (Fawsitt) cristallisée (Staedel). il/s. Août, 604, 615.
- — Action, sur l’acide permanganiqne (Martin). CN. 1er Août, 50.
- Eaux. Stérilisation et purification (Rideal). IA, 18, 25 Juillet, 717, 729. 19 Août, 741, 755.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 31 Juillet, 986. 16 Août, 1037.
- — Industrie des parfums (Dupont). ScP. 5 Août.
- — Essence de coco (Clayton). CN. 1er Août, 51.
- Gaz d’éclairage. Divers. Cs. 31 Juillet, 959.
- — Théorie des manchons incandescents (White et Trover). Cs. 16 Août, 1012. Gentiobiose cristallisé, préparations et propriétés (Bourquelot et Hérissy). CR. 4 Août, 290.
- Glucyne. Séparation Wyrouboff. ScP. 20 Juillet, 733.
- Hydrogénation des oxydes de l’azote par la méthode du contact (Sabatier et Sende-rens). CR. 4 Août, 278.
- Industrie chimique à l’Exposition de Dusseldorf. E. 18 Août, 135, 186.
- Iridium. Azotites doubles (Ledié). ACP. Juillet, 479.
- Laboratoire. Analyse des fers (Dougherty). CN. 18 Juillet, 28.
- — des savons (Telle). Pc. 1er Août, 121.
- — Analyse électrolytique. Dosage du mer-
- cure et du bismuth. Séparation du plomb et du manganèse. EE. 22 Août, 153.
- — Dosage de l’arsenic. Cs. 15 Juillet, 900.
- Causes d’erreurs (Murphy). Cs. 31 Juillet, 957.
- — — de la silice (erreurs du dosage)
- (Hillebrand). CN. 15 Août, 79.
- — Précipitation du bromure et du chlo-
- rure de cuivre, de cadmium, de mercure et d’étain par l’acide sulfurique (Viard). CR. 21, 28 Juillet, 168, 242.
- — Phosphates ammoniacaux doubles, rôle
- dans les analyses (Austin). American Journal of science. Août, 156.
- — Le papier à filtrer. Cause d’erreurs, Pc.
- 1er Août, 116.
- — Détermination rapide du pétrole dans
- un mélange avec huiles végétales (Toung et Baker). CN. 1er Août, 51. — Solubilité des sulfures d’arsenic, d’antimoine et d’étain (Lang et Carson). Cs. 16 Août, 1018.
- Lithopone (analyse du) (Coffignier). ScP. 5 Août, 828.
- Nickel carbonyle dynamique chimique (Mit-tash). Sep. 5 Août, 683.
- Optique. Spectres du rubidium, du cæsium et du potassium (Ramage). RSL. 29 Juillet, 303.
- — Indice de réfractiou du quartz et de la calcite (Gifford) (id.) 329.
- — Photographie des phénomènes de polarisation et de diffraction. N. 7 Août, 354.
- — Télémètre Forbes. RSL. 9 Août, 347.
- — Mesure optique des épaisseurs (de Lé-pinay et Buisson). CR. 4 Août, 283. — Réflexion de la lumière sur un miroir de fer aimanté perpendiculairement au plan d’incidence (Lamrnan) (id.). 286.
- Mixtes formés par le soufre et le phosphore au-dessous de 100° (Boulough). CR. 21 Juillet, 165.
- Os (Exploitation des) en Russie.RtAO Août,229. Périodates. Préparation. Pc. 1er Août, 120. Photographie. Virages aux thionates de plomb (Lumière et Seyewets). ScP. 5 Août, 792.
- — Argenture sur verre et daguerréotype
- (Izarn). CR. 27 Juillet, 240.
- Poids atomiques (Rapport annuel du comité des). CN. 18, 25 Juillet, 25, 37.
- — (Calcul des) (Clark). CN. 15 Août, 77. Poivre. Piper Famechoni. Analyse (Barillé).
- ACP. Août, 471.
- Radio-activité de la matière (Becquerel). Rgds. 15 Juillet, 602.
- — Du bismuth, polonium t'Markwald).
- CN. 1er Août, 52.
- — Radium. Poids atomique (C. Curie).
- CR. 21 Juillet, 161.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 31 Juillet, 981. 16 Août, 1033.
- Séchages Sturtevent. Rt. 10 Août, 225. Sucrerie. Divers. Cs. 15 Juillet, 919, 965, 968.
- — Pompe à air sèche (Portemont). Bam.
- Juillet, 867.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1902.
- 315
- Sulfure de carbone, composés sulfurés et azotés dérivés du (Delepine). ScP. 5 Août, 807, 812.
- Teinture. Progrès récents (AVi11 . CN. 18 Juillet, 27. Ms. (Reverdin). Août, 582.
- — Divers. Cs. 15 Juillet, 910. 16 Août, 1022, 1024.
- — Couleurs sulfurées dans l’impression des tissus de coton (Sansone). MC. 1er Août, 175.
- — Teintures sur coton par formation directe sur la fibre (Beltzer). Mc. lnr Août, 178.
- Terbium (le) (Marc). C-N. 15 Août, 73.
- Uranium. Réaction colorée des sels et eau oxygénée. ScP. 20 Juillet, 734.
- — Séparation. Électrolytique Kollock et Smith. CN. 8 Août, 63.
- Ur alite. Produit ignifuge. E. 15 Août, 220.
- Vanadium (Silieiure de) (Moissan et Holt). CR. 15 Juillet, 78.
- Volume atomique (Signification du) (Richards). CN. 15 Août, 81.
- Zinc (Péroxyde de) (de Porcrand). CR. 15 Juillet, 103.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Agriculture française. Ses vrais besoins. Rso, 16 Août, 281.
- Algérie. Situation actuelle. Ef. 9, 16 Août, 185, 217.
- Alcoolisme (Bases scientifiques de la lutte contre F) (Romme). Rgds. 30 Juillet. 679.
- Assistance par le travail et chômage des couturières à Paris (F. Rivière). Rso. lcv Août, 206.
- Allemagne. Commerce extérieur. Ef. 9 Août, 187.
- — Banquesd’émission. Situation en juillet 1902. SL. Juillet, 76.
- Angleterre. Commerce de l’empire. £'. 15 Août, 136.
- Chine. Traité anglo-chinois et réformes économiques. Ef. 9 Août, 189.
- Chemins de fer. Grandes compagnies en 1901. Ef. 19 Juillet, 83 et la garantie d’intérêt. Ef. 16 Août, 219. Du monde depuis vingt ans. Id. Août, 161.
- Contributions personnelle et mobilière, répartition. Ef. 26 Juillet, 121.
- Crédit agricole mutuel. Congrès à Carcassonne. Ag. 19 Juillet, 92.
- Colonisation chez les peuples modernes. Ef. 2 Août, 159.
- Dépôts de mendicité. Ef. 9 Août, 191. Dépopulation (La; (Lowenthalq Rs. 26 Juillet, 117.
- Education et instruction. Influence sur le commerce et l’industrie (Levenstein). Cs. 15 Juillet, 893.
- France. Revenus de l’État. SL. Juillet, 21. Gaz ci Paris. Ef. 19 Juillet, 81.
- États-Unis. Commerce extérieur. Ef. 16 Août, 224.
- Grèves américaines, grève de l’anthracite. Ef. 19 Juillet, 86.
- — (Assurance des chefs d’entreprises contre les). Ef. 2 Août, 153.
- Dide anglaise. Situation économique. Ef. 2 Août, 153.
- Industries ci domicile, et moteurs électriques (Julin) Rso, 16 Août, 309.
- Japon. Richesses et revenus. Ef. 29 Juillet, SS. — Rudget. Commerceextérieur, 1888-1901. SL. Juillet, 106, 108.
- Joaillerie (Histoire de la) (Davenport). SA. 13 Août, 769.
- Madagascar (Grandidier). Rs. 26 Juillet, 97. Métaux. Consommation et prix. Cuivre,plomb.
- Ef. 26 Juillet, 123. Zinc, aluminium, nickel. Id. 2 Août, 137.
- —• Cuivre. E. 25 Juillet, 119.
- Mineurs. Fédération des Galles du Sud. E'. U1' Août, 148.
- Or et argent. Production en 1901. Eam. 7 Juillet, 10.
- Petite industrie. Son avenir. Ef. 20 Juillet, 121. Propriétaires fonciers. Rôle social. Rso. U1' Août, 213.
- Propriété bâtie à Paris 1899-1900. SL. Juillet, 53.
- Retraites ouvrières. Résultats de la loi belge (Salaun). Musée social, n° 8. Juillet. Richesse artistique d’une nation. Législation italienne. Ef. 16 Août, 221.
- Succession paysanne et projet de code suisse. Rso. 1er Août, 144.
- Sel. Industrie et commerce (Ratoin). Rs. 16 Août, 205.
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- 3 J 6
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1902.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Abattoirs de Nurenberg. PAc. Août, 117. Bétonnage sous l’eau à Neussdorf (Grohmann), 201. 8 Août, 537.
- Ciment armé (Expériences sur le) (Breuillé). APC. 1902 (n° 10).
- — Constructions en (von Emperger). Le Ciment. Juillet, 97. en 1901 (id.) 109. Dallages en Xyolithe et Porphyrolithe. Cim. Juillet, 60.
- Digues en terre (Corroyage des) (Galliot). APC. 1902, n° 11.
- Pièces comprimées horizontales (Déformations élastiques des) (Lebert). APC. 1902, n° 8.
- Ponts (Arcs métalliques surbaissés calcul des) (de Boulonge et Bedaux). APC. 1902, n° 9.
- — Poids des poutres. E. 23 Juillet, 126. Poutres continues à sections variables (calcul des) (de Mussan). Bam. Juillet, 883. Revêtement des locaux humides. Gm. Juillet, 33.
- Tunnel du Simplon. E'. 1er Août. 101.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Plaques en plomb spongieux (Shoop). EE. 26 Juillet, 142.
- — (Capacité des) (Marsch). EE. 16 Août,
- 247.
- — Concours de la marine (Reyval). EE.
- 16 Août, 229.
- Diagrammes de courants alternatifs (Sumpner). EE. 16 Août, 262.
- Dissipation de l’énergie par les courants électriques induits dans un cylindre en fer tournant dans un champ magnétique (Wilson). RSL. 9 Août, 359. Distribution. District du Yorkshire. E. 18 Juillet, 63. du Midland. Id. 201. Niagara Butfalo. EU, 16 Août, 97.
- — Installation intérieure par tubePeschal.
- EE. 9 Août, 201.
- Dynamos. 800 Kw. Cramplon. E'. b01' Août. 120.
- — Continues. Emploi des connexions équi-
- potentielles (Brunswick). Elé. 19, 26 Juillet, 34, 49 (Arnold). EE. 26 Juillet, 133.
- Dynamos.Anneaux-collecteurs (Fluchsmann et Orgler). EE. 26 Juillet, 141.
- — Caractéristiques en charge (Potier). EE. 26 Juillet, 130.
- — Démarrage d’électromoteurs (Burke). EE. 16 Août, 248.
- — Saturation normale des alternateurs (Arnold). le. 25 Juillet, 317.
- — Détermination de la chute de tension dans les alternateurs (Westphal). EE. 1er Août, 161.
- — Détermination des pertes dans les moteurs (Wright). EE. 2 Août, 186.
- — Compoundage électromécanique des groupes éiectrogènes par le régulateur (Routin). EE. 9, 16 Août, 189, 234.
- — Enroulements d’induits réguliers. Formules générales (Roberbson). EE. 16 Août, 263.
- Éclairage de secours par moteur à gaz. Elé. 2 Août, 71.
- — Arc. Projecteur Schuckert. Elé. 12 Juillet, 17.
- — — Lampe à projections Bremer. le.
- 10 Août, 334.
- — Incandescence. Lampe Nerst de 1902.
- le. 10 Août, 349.
- Electro-Chimie. Fabrication de l’antimoine. Elé. 19 Juillet, 33.
- —• Divers. Cs. 31 Juillet, 979.16 Août, 1030. Magnétisme. Action d’un champ magnétique longitudinal sur la viscosité interne des fils de nickel et de fer. (Gray et Wood.) RSL. 29 Juillet, 294.
- — Démagnétisation par les courants alter-
- natifs compensés. (Crook.) American Journal of science. Août,. 133. Mesures. Rerméamètres nouveaux Lamb.
- Beiley. Drysdale (Armagnat). EE. 26 Juillet, 114.
- — Compteurs d’induction Blathy, Jappy,
- Halsey, Hoockham, Wright. Indicateurs de maximum Artkinson, Schatt-ner. EE. 1er Août, 153.
- — Ampèremètres et voltmètres Meylan
- d’Arsonval. EE. 9 Août, 209.
- — Sechrommètre Ayrton et Perry. Elé.
- 9 Août, 81.
- — Étalons au cadmium Timley. Farad-
- mètre Willyoung. Indicateur de courant Waddill. EE. 16 Août, 247.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- AOUT 1902.
- 317
- Mesures. Woltmètre thermique Bauch. EE. j 16 Août, 247. |
- Ondulations électromagnétiques accompagnant : les perturbations mécaniques des métaux en contact avec un électrolyte (Bosc). Rsh. 29 Juillet, 273.
- Piles (Actions électrolytiques dans les) à deux liquides renfermant l’un un acide, l’autre un alcali (Berthelot). CR. 21 Juillet, 129.
- Résistance électrique des verres, quartz, mica (Rood). American Journal of science. Août, 136. — des fils de fer plongés dans l’eau (Loppé). le. 10 Août, 346. Réducteur automatique. Tliiémé. EE. 26 Juillet, lia.
- Résonateurs de haute fréquence. Réglage pour emploi médical (Guilleminot). CR.
- 4 Août, 288.
- Stations centrales. Papeterie de Linwood.
- E'. 19 Juillet, 58. Portative Allen. E.
- 8 Août, 180.
- — De Newcastle. E. 1er Août, 161. De Neptune Bank. E. 8 Août, 188.
- — Vente productrice de l’électricité (Principesdela) ( Wright).EE. 1er Août, 175, 214.
- Télégraphie sans 111 (Marconi). Dp. 26 Juillet, 475. 9 Août, 501. (Carpentier.) Rs.
- 9 Août, 162.
- — Action de la lumière du jour sur les transmissions hertziennes à grandes distances (Marconi). RSL. 29 Juillet, 344.
- — Étude de la résonance électrique par le cohéreur (Wills). EE. 9 Août, 213. Transport d’énergie à 2 600 volts, région de Grenoble. EE. 19 Juillet, 84. Récepteur magnétique (Marconi). Rsh.
- 29 Juillet, 341.
- — Thury, de Saint-Maurice à Lausanne,
- 19, 91 ; Gc. 2 Août, 23.
- HYDRAULIQUE
- Drainage de la Nouvelle-Orléans. E. 25 Juillet, 103.
- Pompe centrifuge Sulrer. E. 19 Juillet, 72.
- — Express Riedler. Ri. 9 Août. 313. Dp.
- 9 Août, 506. Klein (id.). 514. Pm. Août, 114. VDI. 16 Août, 1230
- — A vis Jones. E'. 9 Août, 142.
- Tuyaux en grès à joints métalliques. Doucède. Ac. Août, 128.
- MARINE. NAVIGATION
- Canal de Panama. E:. 23 Juillet, 88.
- Charbons. Dépréciation par le transport à bord. E. 18 Juillet, 94.
- Compas (Coefficient de bande des) (Jeanniot). Rmc. Juillet, 1194. (Déviations du). (Ravier.) id. 1211.
- Cours d'eau à fonds mobiles (Forme des).
- (Poisson.) APc. 1902, n° 7. Constructions navales. Atelier Swan et Hunter. E. 8 Août, 169.
- Fonds sous-marins. Analyse des grands fonds (Thoulet). Rmc. Juillet, 1135. Marines de guerre. Essais du Belle-Isle. E'.
- 8 Août, 133. Croiseurs marchands et protection du commerce. Rmc. Août, 1505.
- — Allemande. Rmc. Juillet, 1282, 1289, 1336. Cuirassé Zaehringcn. E'. 25 Juillet, 83.
- — Américaine. Rmc. Juillet, 1350.
- — Anglaise. Rmc. Juillet, 1304, 1340,1345.
- Août, 1427, 1527.
- — Italienne. Rmc. Juillet, 1147.
- — Japonaise. Rmc. Juillet, 1240. Russe cuirassé Revit zan (id.), 1476.
- Paquebot Kaiser-Wilhelm. E. 15 Août, 204. VDI. 16 Août, 1213. Carpathia. E . 15 Août, 157.
- Port de Londres et la Tamise. E'. 8, 15 Août, 139, 153.
- Quai nord de la Tyne. E. 1er Août, 133.
- Seine maritime. Gc. 19, 26 Juillet, 181, 197. 2, 9 Août, 221, 236.
- Signaux de brouillard (Les) (Gedye). E'. 20, 25 Juillet, 69, 95.
- j Touage au canal du Nivernais. Ac. Juillet, 98. APC. 1902, n° 12.
- i
- i MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Aérostat pour la traversée du Sahara (Dex). Rt. 25 Juillet, 209. Ballon dirigeable Torres. CR. 21 Juillet. 141.
- — Dynamique desballons libres (Degony . Gm. Juillet, 1.
- — Guide-ropes. Dp. 16 Août, 528.
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- 318
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- AOUT 1902.
- Broyeurs à sec. Eam. 5, 12 Juillet, 6, 49.
- Air comprimé. Économie du réchauffage (Edmondson). AMa. 16 Août. 1080. Chaudières. Appareils auxiliaires. Ri. Juillet, 283.
- — A l’Exposition de 1900. (Masson.) Ru.
- Juin, 308.
- — A tubes d’eau à la mer. E'. 19 Juillet,
- 63. 9 Août, 141. Stirling. E1. 8 Août, 127. Vickers et Maxim. RM. Juillet, 66.
- — Foyer à pétrole Scherding. RM. Juillet,
- 67.
- — Explosion d’un économiseur. £'.let Août,
- 107.
- — Filtres Wilson. Elé. 2 Août, 66. Harris
- Anderson. E. 14 Août, 210.
- — Grilles mécaniques (Avantage des).
- (Christie.) EM. Août, 717.
- — Soupape Fournier. CR. 28 Juillet, 232.
- — Surchauffeur. RM. Juillet, 69.
- — Tubes de niveau (Obstructions des).
- Ri. 19 Juillet, 286.
- Courroies diagrammes (Des). AMa. 26 Juillet, 988.
- —• Transmission multiple. AMa. 16 Août, 108a.
- Collecteur de poussières Tornado. E’. 9 Août, 146.
- Froid. Machine à liquéfier l’air Linde. VDI. 9 Août, 1174.
- — Machines frigorifiques nouvelles (Lo-
- renz). Id. 1191.
- Levage (Appareils de) à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 19-26 Juillet, 1070, 1099. Dp. 26 Juillet, 479; 2-16 Août, 491, 521.
- — Ascenseurs frein électrique Hollins. Elé. 19 Juillet, 34.
- — Grue électrique de fonderie (Ransome). E'. 27 Juillet, 83.
- — Monte-charges de l’hôtel des Postes. Gc. 26 Juillet, 203.
- — Pont roulant électrique de 60 tonnes forges de la Chaussade. Gc. 16 Août, 249.
- Machines-outils. Ateliers (Administration des). EM. Août, 707, 733.
- — Bureaux de dessins. E'. 18 Juillet, 51 Modèlerie.M. 1er Août, 101. Fonderie FJ. 15 Août, 154.
- — Cintreuse automatique. Juillet, RM. 70
- Machine-soutils. Cintreuse Rushworth. Ri. 9 Août, 315.
- — Gloutières Wicksghtrom, de Châtillon-
- Commentry. RM. Juillet, 71.
- — Étampage des boîtes en étain. AMa.
- 2 Août, 1614.
- — Étau limeur Gould-Eberhardt. RM.
- Juillet, 87.
- — Fils de fer. Courbeuse automatique.
- AMa. 16 Août, 1069.
- Fraiseuse-aléseuse Fischer. VDI. 19 Juillet, 1075. Ward. E’. 15 Aoiit,
- 168.
- — — (Brown et Sharpe) à reproduire les
- cames. AMa. 26 Juillet, 977. Universelle. RM. Juillet, 75.
- — — Raboteuse. Société alsacienne. Ri.
- 19 Juillet, 281.
- — Meule (la) (Horner). E. 25 Juillet, 99.
- S Août, 166. Landis, Thompson. RM. Juillet, 77.
- — Marteau pour segments de pistons Ro-
- bertson. E1. 19 Juillet, 66.
- — Presse pour assembler les commuta-
- teurs. E. 18 Juillet, 72.
- — Raboteuse Stenker. Ri. 2 Août, 302.
- Redman. E'. 8 Août, 146.
- — Scies à métaux allemandes. AMa.
- 2 Août, 1013. Hamilton. RM. Juillet, 81. A bois Pickers. E'. 9 Août, 146. A ruban Panhard-Levassor. RM. Juillet, 83.
- — Tour revolver Oldfield. RM. Juillet, 83.
- A fileter Parkinson. E. 18 Juillet, 78. Diagrammes de production Thompson. AMa. 26 Juillet, 984. Commande électrique Craft. AMa. 2 Août, 1019.
- — Vis (machine) à Bailey, pour vis horlo-
- gères. RM. Juillet, 54. Tracé des cames. RM. Juillet, 84. Fendeuse Ilenn. RM. Juillet, 78.
- -- Pignons (machine à tailler) Gould-Eberhardt. RM. Juillet, 89.
- — Outillage Davis pour réfection des tri-
- ples valves. RM. Juillet, 80.
- — Machine Panhard-Levassor à entailler
- les montants de persiennes. RM. Juillet, 81.
- Moteurs à vapeur pour stations centrales.
- E'. 25 Juillet, 88. Économie de la (Wrightony E. 8 Août, 193, 197.
- — A Dusseldorf. VDI. 2 Août, 1144.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AOUT 1902.
- 319
- Moteurs à vapeur. Compound à distributions par coulisses, répartition du travail (Mohr).Gc. 2 Août,223. Triple expansion verticale de 3 000 chev. de la Gutchoffnungohutte. E. 8-15 Août, 179, 210.
- — Rapide Bever et Dorling. E'. 1er Août, 117. Allen. E. S Août, 171.
- — Condenseur. Corrosion des tubes à la mer. RM. Juillet, 94. Weiss. RM. Juillet, 93. Pompe à air Richardson. RM. Juillet, 95.
- — Dégraisseur d’échappement Shelby. E. 23 Juillet, 123.
- — Distributions Mac Cormick, Dujardin, Bollincka. RM. Juillet, 96.
- — Régulateur Stumpf. Ru. Juillet, 97.
- — Volants pour moteurs-dynamos (Beg-trup). AMa, 26 Juillet, 986.
- — Turbine Parsons de 1 500 kilowalts. E.
- 9 Août, 179. Rateau. RM. Juillet, 91. Laval (Sosnowsky). RM. Juillet, 5.
- — à gaz (Température des) (Wemperis).
- RM. Juillet, 61. A grandes vitesses (construction des). (Berger). Rt.
- 10 Août, 230. Crossley verticale. E. 25 Juillet, 111. Wintherthur. Ri. 26 Juillet, 394. Weyland, Melhuish, Korting, Holloway, Crossley. Diesel. RiAeiAoût 30 . RM. Juillet, 98
- — — Premier de oOOchevaux. E'. 1er Août.
- 109.
- — à gazogène pour l'électricité. ZOI.
- 15 Août, 549.
- — — de hauts fourneaux. SuE. 15 Juillet,
- 749 iTeissier). Bam. Juillet, 848. A l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 9 Août, 1176. Korting de 700 chevaux. RM. Juillet, 100.
- — — Gazogène Gerdes. Ri. 2 Août, 301.
- — — Graisseur Mietz et Weiss.Ri. 9 Août,
- 316.
- Piston Cockeril et Savage. RM. Juil. let, 102.
- — — Réglage Dunlop. RM. Juillet, 102.
- — à alcool. A l’Exposition de Berlin
- VDJ. 2-16 Août, 1157, 1223.
- — à pétrole. Automobiles Hornsby. Pm.
- Juillet, 107. Bertheau. RM. Juillet.103.
- — — (Températures des) (Oliver). AMa.
- 26 Juillet, 982.
- Planimctre à hachette. AMa. 2 Août, 1017.
- Résistance des matériaux. Pliage du fer et du cuivre (Heyn). VDI. 26 Juillet, 1115.
- — Essais des fontes (Moldenke). EM. Août, 713.
- — Mesure de la limite d’élasticité (Fré-mont). CR. 4 Août, 281.
- — Spécifications américaines pour tôles de chaudières. E. 15 Août, 225. Régulateur cle pression. Hull. Fi. Août, 101. Roulements à galets. Kynoch. E. 15 Août, 211. Tuyauterie. Unification des joints. E. 15 Août, 225.
- MÉTALLURGIE
- Alliages (Constitution des) (Guillet). Gc.
- 19 Juillet, 188. Binaires (Campbell). Fi. Août, 131.
- Aluminothermie (L’.) (Goldsmith). ZOI. 1 cr Août, 524.
- Aluminium. État pâteux au voisinage du point de fusion et application à la division de ce métal (Granger). ScP. 5 Août, 789.
- Fours à coke avec récupération. Gc. 26 Juillet, 205.
- Fer et acier. Forges de Rendsburg. VDI.
- 2 Août, 1134. SuE. 1er Août. 805. de Saint-Clair SuE, 15 Août, 878.
- — — de Newburn. E. \'-r Août,
- — Acier Thomas. Note sur sa fabrication
- (de Riva Berni). Pm. Août. 126.
- — Alliages de fer, propriétés électro-ma-
- gnétiques. Barrett, Brown et Hnd-field. EE. 16 Août, 253.
- Laboratoire de métallurgie. Gavley. Ru. Juillet, 97.
- Or. Cyanuration Moore. Eam. 12 Juillet, 42.
- Dichl. Gs. 16 Août, 1029.
- Platine. Recristallisation (Rosenhein). CN. lor Août, 49.
- Zinc. Procédé Picard et Sulman. Eam. 26 Juillet, 112.
- MINE S
- Bocard. Morison. E. Ie1' Août, 145.
- Cuiere. Gisements de l'Alaska. Eam. 7 Juillet, 13. Dépôts du Sud États-Unis. Id. 19 Juillet, 80.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AOUT 1902.
- District minier Republic (Washington). Eam. 1 9 Juillet, 75.
- Épuisement. Machine Haniel et Lueg. E.
- 25 Juillet, 108.
- — Mines de Horcajo. Gc. 16 Aoiît, 251.
- — (Théorie des) (Hermann). Dp. 26 Juillet, 469.
- Extraction. Machine double Deeg. VDI.
- 19 Juillet, 1057.
- — Électrique de l’AUgemeine. E. 1er Août, 138.
- — Indicateur des cordées Roquel. Gc.
- 20 Juillet, 208.
- Électricité. Emploi en Allemagne. VDI. 2 Août, 1149.
- Grisou. Dégagements instantanés (Ghysen). Ru. Juillet, 1.
- Fonçage d’un puits profond à Atchison. Eam.
- 26 Juillet, 108. En terrains aquifères (Habets). Ru. Juillet, 62.
- Haveuses mécaniques en Angleterre. Eam-19 Juillet, 77.
- — (Wainford). E. 15 Août, 227.
- Houilles. Bassin rhénan westphalien. Ru.
- Juillet, 105. Mines de Karping, nord de la Chine. Eam. 2 Août. 149. Industrie minière à l’Exposition de Dusseldorf.
- E'. 25 Juillet, 78. 15 Août, 154. Nitrates clu Chili. Eam. 20 Juillet, 116.
- Or. Essai micrométrique des minerais (Guer-reau). ScP. 5 Août, 791.
- — Dans les schistes du Kansas ouest. Eam. 26 Juillet, 111.
- — Ouest africain, la Côte d’or (Lugh). EM.
- Août, 666.
- — Mines du Brésil. Eam. 2 Août, 142. Perforatrices. Concours d’Idaho. Eam. 26 Juillet, 114.
- Pétrole. Puits de Beaumont (Texas). Fi. Août, 143.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 101e ANNÉE
- SEPTEMBRE 1902.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- AGRICULTURE
- étude des terres de la cochinchine, par M. Et. Lefeuvre, ex-directeur au Laboratoire d’analyse et de recherches agricoles et industrielles de Saigon.
- I. -- CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DE LA COCHINCHINE
- Considérée dans son ensemble et en faisant abstraction des particularités que nous pouvons rencontrer dans les arrondissements de Bien-Hoa et du cap Saint-Jacques, les terrains de Cochinchine appartiennent tous à deux couches géologiques nettement distinctes :
- L’une de ces couches est formée par une argile compacte, l’autre par un sable fin contenant toujours une certaine proportion d’argile en mélange.
- Partout où nous rencontrons le sable, nous sommes sûr de trouver la couche d’argile au-dessous, mais à une profondeur qui dépend de l’élévation du terrain, car la partie supérieure de la couche d’argile se trouve généralement au niveau de la mer ou du moins s’en éloigne très peu (soit au-dessus, soit au-dessous).
- Les analyses que nous avons faites nous montrent l’identité de cette couche argileuse aux différents endroits de la Cochinchine.
- Ces analyses ont porté d’abord sur des échantillons pris en dehors de la couche arable qui était formée aux dépens de la couche sableuse dont nous avons parlé.
- Le premier échantillon a été pris au centre de la Cochinchine (concession de M. Paris, près Beuluc).
- Le deuxième vient de l’arrondissement d’Hatien, à l’ouest de la Cochinchine.
- Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 22
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- AGRICULTURE.
- SEPTEMBRE 1902.
- Le troisième vient du champ d’essais de Oug-Yen, dans l’arrondissement de Thudaumot, à l’est de la Cochinchine (c’est la partie supérieure de la couche d’argile).
- Le quatrième vient du même endroit que le précédent, mais représente l’argile prise à une plus grande profondeur.
- 1” ÉCHANTILLON. 2e ÉCHANTILLON. 3e ÉCHANTILLON. !' ÉCHANTILLON.
- Silice 63,90 59,70 63,02 64,40
- Peroxyde de fer. . . . Alumine 3,91 ) ... 19,39 j 6’78 ! 27,0 20,22 j ’ 3,83 1 3 0 21,13 j “ ’ 2,85 1 ’ } 04 40 21,64 j ’
- Chaux traces. 0,48 0,39 0,34
- Magnésie 0,18 0,87 0,61 0,61
- Potasse 0,98 0,84 0,95 1,02
- Soude 0,63 0,63 0,63 0,84
- Eau 6,30 10,32 9,40 8,30
- 99,49 99,84 100,00 100,00
- Ainsi venant des régions éloignées la composition de ces argiles est peu variable, du moins la proportion des principaux éléments (silice et alumine). Seule la proportion de fer varie beaucoup, mais en ce qui concerne les argiles il y a surtout lieu de tenir compte de la proportion totale du fer et de l’alumine, alors on constate que ce total ne varie que de 24,49 à 27 p. 100.
- Nous aurions voulu donner des analyses faites sur des argiles appartenant à la couche arable, et où les différents éléments auraient été dosés après la destruction des matières organiques ; les circonstances ne nous ont pas permis de terminer ces analyses et nous ne pouvons donner que les résultats obtenus pour la silice.
- Pour un échantillon venant de l’arrondissement de Soctrang nous avons : silice. 62,45 p. 100
- — — Cholon — — 62,90 —
- — — Gocong — — 60,30 —
- — — Travinh — — 67,83 —
- Ces chiffres s’éloignent peu des chiffres trouvés précédemment, autrement dit les argiles qui forment le sous-sol ont la même constitution que les argiles qui forment le sol de la basse Cochinchine, et il y a lieu de les considérer comme appartenant à la même couche géologique.
- Nous devons encore signaler que ces argiles arrivent parfois à ne contenir
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
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- que très peu d’oxyde de fer, elles ont alors une belle couleur uniforme blanche, très légèrement bleuâtre, et présentent la composition suivante pour un échantillon pris à Thu-Duc.
- Silice........
- Peroxyde de fer Alumine. . . .
- Chaux.........
- Magnésie . . . . Potasse. . . .
- Soude.........
- Eau...........
- 63,05
- 1,36
- 24,00
- 0,33
- 0,57
- 1,18
- 0,87
- 8,64
- 25,36
- 100,00
- Ici la proportion de fer est très faible, mais la quantité totale, fer et alumine, se trouve encore dans les mêmes proportions que précédemment.
- Cette argile forme en quelque sorte un kaolin qui du reste est utilisé par l’industrie indigène pour la fabrication des diverses poteries dont ils ont besoin.
- La composition élémentaire de la couche sableuse est moins intéressante à étudier, car elle varie selon la proportion d’argile qu’elle contient, et cette proportion est généralement plus forte pour le sous-sol que pour le sol ; ainsi, pour les terres de la concession de M. Guéry à Giadinh, l’analyse physique nous donne les résultats suivants :
- Sol. Sous-sol.
- Cailloux . . . . 3,00 3,00
- Sable siliceux . . . . 84,70 72,20
- Argile . . . . 11,00 22,05
- Calcaire . . . . néant néant
- Débris organiques .... . . . . 0,28 0,15
- » 0,10 traces
- Eau . . . . 0,92 2,60
- 100,00 100,00
- Quelquefois ce sable devient ferrugineux et présente la composition suivante :
- Sable siliceux......................... 87,7 p. 100
- Peroxyde de fer......................... 5,67 —
- Alumine.................................. 2,63 —
- Eau...................................... 3,80 —
- 100,00 —
- L’ensemble des analyses physiques de terre que nous avons faites, aussi bien que les renseignements que nous avons pu recueillir, nous permet de nous représenter la constitution géologique de la Cochinchine de la façon suivante;
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- AGRICULTURE.
- SEPTEMBRE 1902.
- du moins pour toute la partie comprise entre la chaîne annamitique qui est formée de roches primitives et le golfe de Siam.
- Supposons une coupe allant de l’Est à l’Ouest et passant par Hatien, nous voyons qu’à cette hauteur le sable recouvre l’argile; l’épaisseur de sable est plus ou moins grande, mais elle augmente surtout dans la région orientale, c’est là que nous trouvons du reste les coteaux des arrondissements de Thudaumot et de Bien-Hoa.
- Supposons maintenant une coupe dans la direction Nord-Sud et passant un peu à l’est de la pointe de Carnau (par Sortrang, Travinh, Bentré, ou Gocong). Nous verrions que, pour la basse Cochinchine, l’argile n’est plus recouverte par le sable. Bien entendu, ces constatations ne sont pas absolues car, en plusieurs points de l’arrondissement d’Hatien, l’argile se trouve à nu.
- De même en plusieurs endroits de la basse Cochinchine, nous retrouverons des terres sableuses recouvrant l’argile, mais ce que nous voulions surtout faire ressortir, c’est la dépression que forme l’argile au centre même de la Cochinchine; dépression qui n’est peut-être que de quelques mètres, mais qui a eu pour conséquence de former dans toute la partie centrale un immense marais connu sous le nom de plaine des Joncs.
- Comme dans cette région la pente est très faible ou même n’existe pas, les grands artères qui sillonnent la Cochinchine ne suffisent pas pour entraîner toutes les eaux qui s’accumulent pendant la saison des pluies; aussi toute l’année cette région reste couverte d’eau; et toute l’année la végétation des marais peut se poursuivre sans interruption, aussi à la longue les sables plus ou moins argileux qui forment cette région se sont enrichis de débris organiques et dans beaucoup d’endroits en contiennent jusqu’à 10 p. 100.
- Au contraire dans l’arrondissement d’Hatien et surtout dans toute la région orientale de la Cochinchine (arrondissements de Tayninh,Thudaumot et Bien-Hoa). Dès que le terrain est un peu élevé la végétation ne peut guère se poursuivre que pendant la saison des pluies (à moins qu’il ne soit couvert de forêts).
- Dans toute eette région, on ne peut faire que des riz hâtifs ; occupant le sol quelques mois seulement; comme le sable contient toujours de l’argile, les eaux de pluies ont pour effet de mettre cette argile en suspension, et si la proportion en est assez forte la terre devient imperméable. Par de petits talus on peut maintenir les rizières couvertes d’eau, même sur les terrains placés à flanc de coteau. Mais dès que la saison des pluies est terminée ces terrains se dessèchent, et en se desséchant l’argile réunit les éléments sableux qui en forment souvent des blocs très durs.
- Les terrains ainsi formés restent toujours très pauvres en humus et en débris organiques.
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
- 325
- On retrouve parfois des terrains sableux dans la basse Cochinchine, ils recouvrent l’argile et forment alors de petites élévations que les Annamites appellent giongs.
- On ne doit pas se méprendre sur le sens du mot giong, car une dénivellation de quelques mètres peut suffire pour former un giong, et souvent l’épaisseur de sable n’atteint que 0ra,30 à 0n',40.
- Parfois aussi, le sable se retrouve en basse Cochinchine formant des marais lorsque l’argile subit une dépression, mais ce sont là des cas isolés.
- On peut dire que les terres de la basse Cochinchine sont surtout formées aux dépens de la couche argileuse; c’est du reste la région des rizières que, selon la situation géographique des terres, on peut diviser en rizières hautes et en rizières basses.
- Les rizières basses sont celles où la marée peut se faire sentir, et que, par des talus, on peut être amené à défendre contre l’invasion des eaux de mer à marée haute.
- Dans les parties les plus basses, les terres argileuses sont encore couvertes de marais ou de forêts et le sol est très riche en débris organiques.
- De ce qui précède nous pouvons conclure immédiatement que pour toute la partie de la Cochinchine comprise entre la chaîne annamitique et le golfe de Siam, nous aurons quatre groupes de terres bien distincts au point de vue de la composition physique :
- 1° Les terres sableuses;
- 2° Les terres sableuses et humifères ;
- 3° Les terres argileuses ;
- 4° Les terres argileuses et humifères.
- Et pour chacune de ces terres nous allons donner une analyse physique et chimique qui pourra servir de type.
- En dehors de ces terres formées soit aux dépens de la couche sableuse, soit aux dépens de la couche argileuse, il existe quelques terrains formés aux dépens d’une formation géologique différente et qui semble peu importante, mais nous en parlerons après avoir étudié la distribution des éléments fertilisants dans les différents arrondissements.
- Enfin nous ferons une étude spéciale pour les terrains de l’arrondissement de Bien-Hoa ayant une origine différente, car cet arrondissement est traversé du nord au sud par la chaîne annamitique qui se manifeste de distance en distance par des pics assez élevés,formés soit par des roches primitives (granit), soit par des roches éruptives, soit encore par des terrains primaires caractérisés par des schistes que l’on rencontre du côté de Trians.
- Nous regrettons de n’avoir pu étudier complètement cet arrondissement qui serait très intéressant au point de vue géologique.
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- AGRICULTURE.
- SEPTEMBRE 1902.
- TERRE TERRE TERRE TERRE
- SABLEUSE ARGILEUSE
- SABLEUSE. et humifère. argileuse. et humifère.
- 6 j Cailloux 0 1,00 0 0
- tr1 Sable siliceux 87,37 65,65 46,81 34,95
- ^ § j Argile 10,33 17,61 50,75 38,15
- { Calcaire néant néant néant néant
- ^21 Débris organiques. . . 0,33 4,15 0,54 14,90
- ^ Humus 0,27 5,55 0,15 5,28
- 'â 1 Eau 1,50 6,04 . 1,75 6,72
- 100,00 100,00 100,00 100,00
- 1 Azote 0,0488 0,3166 0,0283 0,8471
- œ <û l Acide phospborique. . 0,0081 0,0661 0,0689 0,0798
- tr J Chaux 0,0224 0,0140 0,1652 0,0252
- g S j Magnésie 0,0250 0,0250 0,6000 0,2350
- ^ y f Potasse 0,0340 0,0281 0,3451 0,1921
- | Soude traces 0,0218 0,3256 0,3520
- Les montagnes qui forment le cap Saint-Jacques appartiennent aussi à cette chaîne annamitique et sont aussi formées essentiellement par des roches granitiques.
- De môme les terrains granitiques reparaissent tout à fait à l’ouest de l’arrondissement d’Hatien, et l’île de Phu Quoc semble entièrement formée par ces terrains primitifs.
- II. — DISTRIBUTION DES ÉLÉMENTS FERTILISANTS DANS LES TERRES DE LA COCHINCHINE ;
- ANALYSE PHYSIQUE ET CHIMIQUE DLS TERRES
- L’étude que nous avons faite a porté sur des échantillons prélevés dans les arrondissements par les soins des administrateurs des affaires indigènes, conformément à la notre parue au Journal officiel de la Cochinchine au mois de janvier 1899.
- Les circonstances ne nous ont pas permis de terminer ce travail, et en donnant la liste des arrondissements de Cochinchine, nous soulignerons ceux pour lesquels les analyses n’ont pas été faites.
- Pour chaque arrondissement, nous avons dressé un tableau contenant tous les résultats obtenus avec la désignation des endroits où les échantillons ont été prélevés. Enfin dans deux derniers tableaux nous avons réuni les analyses des échantillons qui, n’ayant pas été prélevés par M. les administrateurs, nous permettent cependant de nous rendre compte de la nature du sol dans les arrondissements où l’étude détaillée n’a pu être faite.
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-
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
- 327
- Pour l’étude des terres nous suivrons les données administratives et nous rangerons les arrondissements dans l’ordre suivant :
- Basse
- Cochinchine.
- Arrondissements
- du
- Littoral.
- Arrondissements
- de
- l’Intérieur.
- iGocong. Bentré. Travinh. Soctrong. Baclieu. Rach-Gia.
- I Cholon.
- \ Mytlio.
- J Vinh-Long. I Cantho.
- Cochinchine
- Centrale.
- Plaine des Jonc;
- Cochinchine Septentrionale et Orientale.
- I Tanan.
- ^ Longxuyen. j Sadec.
- I Chaudoc.
- I Tayninh. t Giadintt.
- < Thudaumot. j Bien-Uoa.
- \ Cap Saint-Jacques.
- Arrondissement d’Hatien.
- Cette classification n’a évidemment rien d’absolu; c’est ainsi que le nord de l’arrondissement de Cholon (canton du Can-au-Ha), le nord de l’arrondissement de Mytho (une partie des cantons de Phong-Phu, Phong-Hoa, Loi-Thuan, etc.), peuvent être considérés comme appartenant à la plaine des joncs, ainsi qu’une partie des arrondissements de Giadinh et Cholon, tandis que le sud de l’arrondissement de Giadinh se rapprocherait plutôt de la basse Cochinchine.
- Nous devons encore signaler que deux cantons de l’arrondissement de Mytho (Hoa-Quoï et Hoa-Thinh), situés dans une île comprise, entre deux bras du Mékong, devraient être considérés comme appartenant au littoral ; mais la disposition générale de l’arrondissement nous fait considérer cet arrondissement comme appartenant à l’intérieur.
- Remarque. — Dans tout ce qui va suivre, lorsque nous aurons à parler d’un échantillon de terre, nous le désignerons en indiquant le nom de l’arrondissement où il a été prélevé et par son numéro d’ordre dans cet arrondissement, on n’aura qu’à se reporter aux tableaux.
- Les tableaux pour les arrondissements de Bentré, de Vinh-Long, d’Hatien, sont incomplets, il manque l’analyse physique et les dosages d’azote.
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- AGRICULTURE.
- SEPTEMBRE 1902.
- AZOTE. -- DÉBRIS ORGANIQUES. -- HUMUS
- L’azote est l’élément dont la quantité est le plus variable; quelquefois il n’y en a que quelques dix millièmes, d’autres fois iJ y en a près de 0,5 et même 1 p. 100 (Soctrang, 2 et 7; Travinh, 9 et 13, et tableau XIV, n° 1).
- La quantité d’azote est, du reste, assez indépendante de l’origine argileuse ou sableuse de la terre; ainsi les terres de giongs, de l’arrondissement de Gocong (nos 3 et 8), qui sont d’origine sableuse, sont très pauvres en azote, tandis que es terres de même nature, de l’arrondissement de Travinh (nos 7 et 13), sont très riches.
- De même le tableau XIV (nos 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 16) et le tableau XV en entier nous montrent toute une série de terres ayant même origine sableuse et dont le taux d’azote est extrêmement variable.
- Le même fait peut être constaté pour les terres argileuses de la Basse-Cochin-chine (arrondissements de Gocong, Soctrang, Travinh, Baclieu, Cholon, Can-tho, etc.).
- On peut encore remarquer que les terres de marais et de forêts sont généralement riches en azote.
- Quelquefois, lorsque le sol est sableux et le sous-sol argileux, celui-ci est beaucoup plus riche en azote que le sol, nous en avons deux exemples frappants dans l’arrondissement de Soctrang (sols nos 5 et 8, et sous-sols nos 10 et 11).
- La proportion d’azote est, du reste, en relation avec la quantité de débris organiques et d’humus, et tout ce que nous venons de dire pour l’azote nous pouvons le répéter pour les débris organiques et l’humus.
- Nous devons nous arrêter un instant pour montrer l’influence que peut avoir une forte proportion de débris organiques et d’humus sur les propriétés physiques de la terre, surtout lorsque la proportion totale atteint de 3 à 4 p. 100.
- Non seulement ils diminuent beaucoup l’imperméabilité de l’argile, mais encore les débris organiques et l’humus forment une véritable éponge, et la terre peut absorber deux ou trois fois son poids d’eau.
- On voit l’importance de ce fait, car, dès la saison des pluies terminée, les terres pauvres en débris organiques et en humus se dessèchent rapidement; au contraire, les terres humifères, ayant emmagasiné l’eau, restent longtemps avant de se dessécher, et la végétation peut se poursuivre plus longtemps, souvent même elles ne se dessèchent qu’à la surface et les parties desséchées préservent les autres parties d’un dessèchement trop rapide.
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
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- CAUSES QUI PEUVENT INFLUER SUR LA PROPORTION ü’aZOTE
- 1° Position orographique. — Prenons, par exemple, l’arrondissement de Soctrang, nous voyons que les rizières basses (nos 2 et 3) sont beaucoup plus riches en azote que les rizières hautes (nos 5 et 6), de même si nous comparons les terres de marais de l’arrondissement de Mytho (nos 3, 7, 8, 10), les terres cultivées de l’arrondissement de Longxuyen (nos 1 et 4), les terres récemment défrichées (tableau XIV, nos 3, 4, o, 6) avec les terres de giongs des arrondissements de Gocong (nos 3, 7 et 8), de Mytho (nos 6 et 9), de Longxuyen (n° 3), de Tayninh (n° 1, 2, 3, 4), de Giadinh (tableau XIV, nos 8 et 9), de Bien-Hoa (tableau XIV, n° 16), de Thudaumot (tableau XV), autrement dit si nous comparons les terres sableuses qui forment la plaine des joncs ou qui s’en rapprochent par leur nature avec les terres sableuses qui forment les giongs dans les différents arrondissements ou avec les terres de même nature où l’eau ne se maintient pas pendant la saison sèche, nous voyons que ces dernières sont toujours beaucoup moins riches en azote.
- La position orographique du terrain joue donc un rôle capital au point de vue de la richesse des terres en azote, du moins pour celles qui sont d’origine sableuse.
- Ce fait s’explique, du reste, très facilement; dans les terres basses, la végétation peut se poursuivre toute l’année; de plus, les débris végétaux qui se forment se trouvent toujours protégés par l’eau d’une décomposition rapide, due surtout à l'action de l’oxygène de l’air.
- Au contraire, les terrains élevés, sitôt la saison des pluies terminée, se dessèchent et la végétation s'arrête (du moins s’ils ne sont pas couverts de forêts). D’une part, la formation des matières organiques n’a lieu qu’une partie de l'an-* née et, d’autre part, les matières organiques formées vont pouvoir subir toute une série de fermentations aérobics toujours plus actives que les fermentations anaérobies qui peuvent se produire dans les marais.
- 2° Ancienneté du défrichement. — La position orographique influe sur la richesse en azote des terres sableuses, mais il ne saurait en être de même pour les terres argileuses, car toutes se trouvent à peu près au même niveau (au niveau de la mer).
- Il semble que ce qui influe le plus sur leur richesse en azote, c’est le temps depuis lequel elles sont cultivées.
- Ainsi, dans les arrondissements les plus anciennement cultivés, comme Cholon et Gocong, les terres sont bien moins riches en azote que dans les arrondissements cultivés depuis peu de temps et où il y a encore une grande partie des terrains couverts de marais et de forêts, Baclieu par exemple.
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- AGRICULTURE.
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- Les Annamites ne mettant jamais d’engrais snr leurs rizières, il est naturel que celles-ci s’épuisent peu à peu, par suite de l’azote exporté tous les ans par la récolte, et par suite aussi des fermentations qui doivent avoir pour conséquence une déperdition d’azote sous une forme ou sous une autre.
- ACIDE PIIOSPHORIQUE
- #De même que l’azote, l’acide phosphorique est tfès irrégulièrement distribué dans les te*rres de Cochinchine. Cependant, si nous regardons de près la quantité d’acide phosphorique contenue dans les terres, nous voyons que pour la basse Cochinchine cette quantité est bien plus grande dans les arrondissements du littoral que dans les arrondissements de l’intérieur.
- D’autre part, dans la Cochinchine centrale, pour les terres sableuses qui forment la plaine des joncs, la quantité d’acide phosphorique est très forte, relativement à la quantité d’acide phosphorique contenue dans les terres de même origine que l’on trouve dans les arrondissements du nord et de l’est de la Cochinchine, et, dans l’arrondissement d’Hatien, souvent, dans ces terres terres sableuses, la proportion d’acide phosphorique tombe au-dessous de un dix millième.
- C’est, du reste, en nous basant sur le taux moyen d’acide phosphorique que nous avons classé les arrondissements de Cochinchine dans l’ordre suivant, que nous avons indiqué précédemment :
- Taux.
- Moyen d'acide sulfurique.
- 0,085 p. 100 0,064 —
- 0,080 —
- 0,085 —
- 0,037 —
- 0,032 —
- 0,030 —
- 0,048 —
- 0,057 —
- ))
- 0,053 —
- 0,058 —
- 0,023 —
- »
- »
- »
- Basse
- Cochinchine.
- Arrondissements du Littoral.
- Arrondissements de l’Intérieur.
- Cochinchine Centrale (Plaine des Joncs).
- Cochinchine Septentrionale et Orientale.
- Gocong.........
- Bentré.........
- Travinh. .... Soctrang ....
- Baclieu........
- Rachgia........
- Cholon.........
- Mytho..........
- Vinh-Long. . . .
- Cantho ........
- Tanan..........
- Longxuyen.. . .
- Sadec .........
- Chaudoc ....
- Tayninh.........
- Giadinh. ... . Thudaumot . . . Bien Hoa .... Cap Saint-Jacques
- Arrondissement d’Hatien
- 0,020
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHLNCHINE.
- 33 î
- En ce qui concerne les terres de la basse Coehinchine, on voit que les arrondissements du littoral contiennent, en moyenne, deux fois plus d’acide phosphorique que les arrondissements de l’intérieur, et il n’y a pas de distinction à faire entre les terres sableuses et les terres argileuses, celles-là ne sont pas plus riches que celles-ci.
- On remarquera de plus que les arrondissements qui se montrent les plus riches sont ceux qui se trouvent dans le delta de Mékong ou bien qui en approchent le plus (Gocong, Centré, Travinh, Soctrang). Il est à croire que dans cette région, les terres ont été fertilisées par les inondations annuelles du Mékong et par les alluvions de ce fleuve ; ou bien encore par des apports de la mer, car nous pouvons voir que beaucoup de ces terrains sont salés.
- L’arrondissement de Baclieu qui s’éloignedéjà du delta du Mékong est relativement moins riche que les arrondissements précédents.
- D’une façon générale ces terres seraient rangées dans la catégorie des terres pauvres en acidephosphoriques. Il n’y aurait d’exception que pour quelques-une qui pourraient être rangées dans la catégorie de terres moyennement riches en acide phosphorique.
- Les terres des arrondissements de l’intérieur seraient rangées dans la catégorie de terres très pauvres en acide phosphorique.
- En ce qui concerne les terres de la Coehinchine centrale, on voit que la quantité d’acide phosphorique semble suivre la quantité d’azote. Une terre riche en azote contient en général une proportion notable d’acide phosphorique.
- Ainsi, dans l’arrondissement de Longxuyen, les échantillons 1 et 4 sont riches en azote et moyennement riches en acide phosphorique, tandis que l’échantillon 5 est très pauvre en azote et très pauvre en acide phosphorique.
- De même pour Chaudocles échantillons 1 et 4 riches en azote sont moyennement riches en acide phosphorique, tandis que G et 7, pauvres en azote, sont très pauvres en acide phosphorique.
- On peut donc dire que dans toute cette région, la plus ou moins grande richesse des terres en acide phosphorique est liée avec la plus ou moins grande richesse des terres en azote et en matières organiques, et il y a lieu de nous représenter toute cette région comme s’étant enrichie progressivement et de voir encore là l’influence fertilisante du Mékong.
- Pour l’arrondissement de Tayninh, on verra encore que des terres très pauvres en azote le sont aussi en acide phosphorique. (Il y a lieu de faire exception pour le numéro 7 qui, pris à 300 mètres d’altitude dans le montagne de Tayninh, semble avoir une origine absolument différente.)
- De même, les tableaux XIY et XY nous montrent toute une série de terres où la progression d’acide phosphorique suit encore la progression de l’azote.
- L’arrondissement d’Hatien est lui-même très pauvre en acide phosphorique,
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- les terres ont du reste le même aspect et la même origine que les terres de l’arrondissement de Tayninh. (Pour ce département les dosages d’azote n’ont pas été faits, nous pouvons cependant affirmer que la quantité d’azote devait être très faible.)
- CHAUX
- La chaux se trouve toujours dans une proportion excessivement faible dans les terres de Gochinchine, rarement il y en a plus de 3 millièmes et souvent il y en a moins de 3 dix millièmes.
- Du reste il est à croire que cette chaux n’est pas à l’état de carbonate de chaux, mais fait partie constitutive des éléments qui ont formé la terre.
- Il en résulte donc que l’origine minéralogique de la terre doit influer sur la richesse de celte terre en chaux.
- Terres argileuses. — Nous les rencontrons surtout en basse Gochinchine et nous voyons que la teneur en chaux de ces terres se rapproche généralement de 2 millièmes pour les arrondissements du littoral, aussi bien que pour ceux de l’intérieur.
- Mais il est à remarquer que lorsqu’une terre d’origine argileuse est en même temps très riche en débris organiques et humus, la proportion diminue considérablement et nous pouvons citer comme exemple dans les arrondissements de Gocong le numéro 4 de Travinh, les nos 6, 7 et 9 de Soctrang, les nos 2, 4 et 7 de Baclieu, le n° 5 de Cantho, le n° 3 de Longxuyen, le n° 6 de même au tableau XIV, les nos 1 et 10.
- La proportion de chaux dans les terres argileuses est même assez considérable si nous les comparons à la proportion de chaux contenue dans les argiles qui ont formé ces terres ; on voit que l’une de ces argiles ne contient que des traces de chaux et les autres moins de 0,5 p. 100.
- (Voir précédemment la Constitution géologique de la Cochinchine.)
- Terres d'origine sableuse. — Ce sont surtout les terres de la Gochinchine septentrionale et orientale ainsi que celles de l’arrondissement d’Hatien. Toutes sont pauvres en chaux, et l’analyse ne donne que quelques dix millièmes.
- Les terres d’origine sableuse qui forment la plaine des Joncs se montrent de même excessivement pauvres en chaux en général, mais il est cependant des terres de même origine qui contiennent 3 à 4 millièmes de chaux, et nous pouvons citer dans l’arrondissement de Mytho (le n° 8), de Cantho (le n° 7), de Longxuyen (les nos 1 et 4), de Chaudoe (les nos l et 4), il est à croire que pour ces terres la chaux a dû venir du sous-sol et s’accumuler par un mécanisme semblable à celui qui préside à l’accumulation du soufre dans les terres de Cochinchine et dont nous parlerons plus loin.
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
- 333
- MAGNÉSIE
- Ce que nous avons dit pour la ehaux, nous pouvons le répéter pour la magnésie, la quantité contenue dans les terres dépend surtout de l’origine minéralogique de cette terre.
- Dans les terres argileuses de la basse Cochinchine, la proportion en est assez variable, mais rarement il y en a moins de 1 p. 1 000 (Cholon 6 et 11, Mytho 11, Cantho 5). Quelquefois cette proportion arrive à atteindre 5, 6 et même 10 p. 1 000 (Gocong 9, Bentré 11, Travinh 6 et 14, Baclieu 2, 3 et 13, Cholon 8, Cantho 7). Mais généralement la teneur en magnésie reste comprise entre 1,5 et 3,5 p. 1 000.
- Quoi qu’il en soit, la proportion de magnésie attaquable par les acides concentrés est assez considérable si nous la comparons à la proportion de magnésie contenue dans les argiles qui ont formé ces terres.
- (On sait qu’un échantillon d’argile en contenait 0,18 p. 100 et les autres de 0,61 à 0,85 p. 100.)
- (Voir, précédemment, Constitution géologique de la Cochinchine.)
- Dans les terres sableuses du nord et de l’est de la Cochinchine ainsi que dans l’arrondissement d’Hatien, la proportion de magnésie n’atteint généralement pas 4 dix millièmes et très souvent il n’y en a que 1 ou 2 dix millièmes (arrondissement de Tayninh et tableaux XIV et XV).
- Pour les terrains sableux de la Cochinchine centrale, la proportion de magnésie est assez élevée et même aussi élevée que pour les terres argileuses delà basse Cochinchine (Longxuyen 1 et 4, Chaudoc 1 et 4, Mytho 8, tableau XIV, n° 12).
- Comme pour la chaux, il y a lieu de croire que la magnésie a dû être amenée par les eaux du sous-sol.
- Nous reviendrons sur cette question lorsque nous étudierons l’origine du soufre dans les terres de Cochinchine.
- POTASSE
- Comme pour la chaux et la magnésie, la quantité de potasse contenue dans une terre dépend de l’origine minéralogique de cette terre.
- Dans les terres argileuses de la basse Cochinchine, le taux approche généralement 2 p. 1 000, particulièrement dans les arrondissements de Gocong, Travinh, Soctrang, Baclieu et Cantho.
- Quelquefois la quantité de potasse assimilable atteint près de 3 ou 4 millièmes (Gocong 5 et 9, Baclieu Tl).
- Dans les arrondissements de Bentré et de Vinh-Long, le taux de potasse,
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- dans les terres qui cependant sont de nature argileuse, est moins élevé et se maintientaux environs delp. 1000, et c’est du reste la proportion que l’on trouve dans les terres argileuses de la Cocliinchine centrale (Longxuyen 2, 3 et 6 ; Chaudoc, 2, 3 et 5).
- Il semble que pour toute cette région les argiles ont été moins attaquées par la végétation.
- Cependant pour tous les échantillons d’argile que nous avons analysés nous voyons que la quantité de potasse totale est à peu près constante et ne varie guère que de 0,84 à 1,02 p. 100.
- Dans les terres sableuses du nord et de l’est de la Cochinchine, la quantité de potasse est généralement très faible et dépasse rarement 3 à 4 dix millièmes (arrondissement de Tayninh. Tableau XIV et tableau XV).
- Dans les terres sableuses que l’on peut rencontrer en basse Cochinchine et dans la Cochinchine centrale, la quantité de potasse est généralement plus forte et atteint 1 et quelquefois 2 p. 1 000 ; nous pouvons citer par exemple Gocong, 3 et 8 ; Travinh, 7, 13 et 14; Soctrang, 1, o, 8 et 9; Mytho, 8; Cantho, 6 et 7; Longxuyen, 1 ; Chaudoc, 1 et 4.
- Pour cette région il est à croire que les terres se sont enrichies par le développement de la végétation, les racines des plantes allant chercher la potasse jusque dans le sous-sol pour la ramener à la surface lorsque le sous-sol est argileux.
- Mais lorsque l’argile se trouve à une trop grande profondeur en dessous du niveau du sol, les terres sableuses ont dû rester pauvres. Et dans cette région de la Cochinchine centrale, nous pouvons citer comme exemple de terres très pauvres en potasse Cholon 4 et 3, et au tableau XIV les nos 3, 4, o, 6.
- D’une façon générale les terres sableuses sont donc très'pauvres en potasse.
- SOUDE
- Cet élément qui n’a pas d’intérêt au point de vue de la nutrition des plantes ne se trouve du reste en proportion notable que dans les arrondissements du littoral, et encore que sur les terrains qui à certains moments peuvent être inondés par les eaux de mer.
- Le dosage de cet élément peut nous fournir un critérium excellent pour juger de l’élévation du terrain au-dessus du niveau de la mer; ainsi pour l’arrondissement de Bentré, la proportion de soude ne dépasse pas 1 p. 1000 (si ce n’est pour le n° 11); on peut en conclure que les terrains y sont en général plus élevés que dans l’arrondissement de Gocong, où la proportion atteint 2 et 3 p. 1000, et surtout que certains de l’arrondissement de Soctrang (nos 2, 3 et 7).
- De même on peut conclure que les terrains de l’arrondissement de Baclieu
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA CO CH INCHINE.
- 33b
- sont peu élevés, car il n’est pas rare de voir dans cet arrondissement la proportion de soude dépasser 3 p. 1 000 et atteindre quelquefois 5 p. 1 000.
- On sait du reste que cet arrondissement de Baclieu est en quelque sorte un arrondissement nouveau dont le dessèchement a été entrepris depuis peu de temps.
- En dehors de la soude apportée par les eaux de la mer, la soude contenue dans les terres peut avoir une autre origine, car nous avons vu que les argiles qui forment ces terres renferment de 0,63 à 0,84 p. 100 de soude.
- Cependant comme la proportion de soude diminue à mesure que l’on s’éloigne du littoral pour arriver à n’être plus que de quelques dix millièmes dans les arrondissements où les terres ne sont plus soumises à l’influence de la marée (Longxuyen et Chaudoc, tableau XIV, du n° 3 au n° 16, et tableau XV), nous pouvons conclure que la soude qui se trouve dans les terres a été apportée surtout par les eaux de mer.
- FORMATIONS SPÉCIALES DES ARRONDISSEMENTS DE BIEN-HOA DU CAP SAINT-JACQUES ET ü’hATIEN
- La chaîne annamitique qui traverse l’Annam se continue en Cochinchine; elle traverse les arrondissements de Bien-Hoa et du cap Saint-Jacques pour se terminer au cap Saint-Jacques même par quelques pics assez élevés et formés de granit.
- Cette chaîne est surtout formée de terrains primitifs sur lesquels doivent s’appuyer les terrains primaires; mais l’étude de ces arrondissements n’a pas été poussée assez loin pour que nous puissions nous étendre longuement sur leur constitution et nous nous bornerons à constater que, pour l’arrondissement de Bien-Hoa et en dehors des terrains sableux dont nous avons parlé, il semble y avoir deux autres espèces de terrain :
- 1° Des terrains qui sont vraisemblablement d’origine granitique et qui sont plus ou moins caillouteux et pauvres en éléments fertilisants (tableaux XVI, nos 6, 8, 9).
- 2° Des terrains dont nous ne saurions préciser l’origine, mais qui sont caractérisés par leur richesse en acide phosphorique tandis qu’ils restent très pauvres en chaux, magnésie et potasse; ce sont des terres rouges, plus ou moins argileuses lorsqu’elles sont dans les vallées (tableau XVI, nos 1 et 2), mais les plus caractéristiques sont celles des plateaux qui sont très argileuses, et qui en outre contiennent jusqu’à o p. 1000 d’acide phosphorique (tableau XVI, nos 3, 4, o).
- Au cap Saint-Jacques, on retrouve encore des terrains d’origine granitique (tableau XVI, nos 42, 13, 14).
- De même tout à fait à l’ouest de l’arrondissement d’Hatien se trouvent
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- quelques terres d’origine primitive; on en retrouve encore un peu plus au nord à Kampot, Cambodge (tableau XVI, n° 15), et l’île de Phu-Quoc qui dépend de l’arrondissement d’Hatien est entièrement formée par ces terrains primitifs (tableau XVI, n° 16, et sur tableau XIII, nos 10 et 11).
- III. — RÉPARTITION DU SOUFRE DANS LES TERRES DE COCHINCHINE
- Remarque. — Dans tout ce qui va suivre, soit qu’il s’agisse du soufre total, du soufre à l’état de sulfate ou du soufre à l’état de sulfure, les résultats représentent toujours la quantité équivalente d’acide sulfurique anhydre (SO3).
- Importance de cet élément. — Le soufre est un des éléments dont le rôle physiologique dans la nutrition des plantes est encore peu connu, aussi n’attache-t-on généralement pas grande importance à la proportion qui se trouve dans le sol.
- Pour l’ouest et le centre de la Cochinchine nous allons voir cet élément prendre une importance considérable et influer sur le régime cultural de toute cette région.
- La proportion de soufre total est généralement suffisante pour assurer la nutrition des plantes, mais elle est très variable; quelquefois il n’y en a que des traces dans le sol, d’autres fois il y en a plus de 1 p. 1000 (Cholon, 8 et 11; Soc-trong. 7; Travinh, 13; Hatien, 7, etc.). Les terres sableuses en contiennent souvent autant que les terres argileuses; la plus ou moins grande richesse en soufre des différents terrains ne peut donc s’expliquer par la diversité d’origine des couches géologiques qui les ont formés.
- Dans les arrondissements du centre de la Cochinchine les terres sont aussi riches en soufre total que dans les arrondissements du littoral; il n’y a donc pas lieu de rechercher si le soufre a été apporté par les eaux de mer.
- Mais ce que l’on peut remarquer, et cela d’une façon absolument générale, c’est que les terres de Giongs ne sont jamais riches en soufre, et au contraire, les terres les plus riches en soufre sont souvent des terres de marais ou des forêts inondées (tableau XIV, nos 11 et 12 : Soctrang, 7; Bentré, 7 et 8 ; Vinh-Long, 9 et 12; Travinh, 13; Longxuyen, 3; Mytho, 7 et 8), ou bien encore des terres de rizières basses (Soctrang, 2; Vinh-Long, 8 et 10, etc.).
- État du soufre dans les terres. — Étant donné la grande quantité de soufre dans les terres, une question très importante se pose :
- Le soufre est-il à l’état de sulfate ou bien à l’état de sulfure, on comprend que le rôle qu’il sera appeler à jouer sera très différent selon qu’il se trouve sous l’un ou l’autre état.
- Nous avons choisi dans quelques arrondissements les échantillons les plus riches en soufre total, et nous avons dosé l'acide sulfurique en attaquant les
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
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- terres par l’acide chlorhydrique faible (acide chlorhydrique à 4 ou S p. 100). Le tableau suivant indique les résultats obtenus.
- DÉSIGNATION DES ÉCHANTILLONS. SOUFRE TOTAL en (SO3). SOUFRE A l'état (l’acide sulfurique (SO»). SOUFRE a l'état de sulfure en (SO3).
- p. 100 p. 100 p. 100
- Bentré. . 4 0,4386 0,2244 0,2142
- — . . 6 0,2836 0,2040 0,0816
- Soctrang. 2 0,7310 0,0910 0,6392
- — . 7 1,3702 0,4046 0,9656
- — . . h 0,2822 0,0714 0,2108
- Travinh ... 7 0,2890 0,2652 0,0238
- — 9 0,3342 0,0952 0,4590
- 13 1,9210 1,4858 0,4332
- Cholon 2 0,4386 0,1700 0,2686
- — 6 0,3264 0,2720 0,0344
- — 8 1,1458 1,0540 0,0918
- U 1,7782 0,6768 1,1014
- Vinh-Long 4 0,4930 0,3808 0,1122
- — 6 0,2992 . 0,2108 0,0884
- — 8 0,7922 0,6762 0,1160
- — 9 0,8772 0,6698 0,2074
- — 10 0,5576 0,4420 0,1156
- — 12 0,5780 0,3910 0,1870
- Longxuyen 3 0,5440 0,3440 0
- — 6 0,2244 0,0782 0,1562
- Tableau XIV 11 0,4838 0,0850 0,3988
- 12 0,4470 0,0830 0,3620
- On voit donc que le soufre se trouve en partie à l’état de sulfure et en partie à l’état de sulfate. Très souvent la proportion de soufre à l’état de sulfure dépasse la proportion de soufre à l’état de sulfate.
- Pour certaines terres où la proportion de soufre à l’état de sulfate est très forte, nous sommes conduits à nous demander à quelles bases l’acide sulfurique se trouve combiné, car pour ces terres la chaux, la magnésie et la potasse (il n’y a pas lieu de mentionner la soude, qui doit se trouver à l’état de chlorure de sodium, et les terres du littoral en contiennent seules une proportion notable) sont en quantité très insuffisante pour saturer l’acide sulfurique (particulièrement tableau XIV, n° 11 : Soctrang, 7, etTravinh, 13); et cependantces bases ont été dosées après attaque delà terre par un acide concentré et bouillant, et dans le sol n’étaient probablement pas combinées à l’acide sulfurique.
- On ne peut cependant guère admettre que l’acide sulfurique reste libre, sur-Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 23
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- tout pour les terres argileuses, nous sommes alors conduits à supposer l’acide sulfurique combiné à l’alumine et à l’oxyde de fer.
- En étudiant les terres alunées, nous verrons que cette hypothèse, loin d’être une simple fiction, correspond à la réalité.
- Si nous considérons maintenant le soufre à l’état de sulfure, nous pouvons nous demander si ces sulfures existaient primitivement dans le sol ou bien s’ils viennent de la réduction des sulfates.
- La première hypothèse n’est guère admissible, car il n’y aurait pas de raison pour que les terres hautes en contiennent moins que les terres basses.
- Mais l’origine du soufre nous sera expliquée lorsque nous connaîtrons bien certaines particularités du sous-sol de la Cochinchine.
- TERRES ALUNÉES
- C’est un fait admis, aussi bien par les indigènes que par les colons européens, que presque toutes les terres de Cochinchine (du moins dans la partie qui nous occupe), contiennent de l’alun, et que certaines terres ne peuvent être cultivées parce qu’elles sont trop alunées.
- On ne manquera pas d’être surpris de cette interprétation d’un fait que, grâce aux circonstances, nous avons pu mettre en évidence.
- Des canaux de dessèchement et d’irrigation ayant été creusés dans un terrain considéré comme très aluné (terrain situé non loin de Benluc, dans la concession de M. Paris, président de la Chambre d’agriculture de Cochinchine), l’eau qui s’écoulait des terres donna les résultats suivants à l’analyse :
- 1er échantillon. 2e échantillon.
- gr. gr.
- . 0,670 0,690
- . 0,012 0,031
- . 0,204 0,176
- . 0,442 0,108
- . 1,187 1,506
- . 0,410 0,415
- . 0,052 néant
- . 0,079 0,079
- . néant 0,118
- 3,056 3,123
- Ce qui caractérise ces eaux, c’est qu’elles contiennent en solution une grande quantité de sulfate et en plus de l’alumine et du peroxyde de fer.
- L’eau qui s'écoule aussi des terres est absolument limpide, mais à certains moments, surtout après une grande pluie, il se forme un dépôt rouge d’oxyde de fer et d’alumine, sans doute en vertu de cette propriété qu’ont les sels fer-
- Sulfate de soude. . .
- — de potasse . .
- — de chaux. . .
- — de magnésie .
- — d’alumine. . .
- Chlorure d’aluminium Perchlorure de fer. . Sesquioxyde de fer . . Alumine. ............
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
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- riques et le sulfate basique d’alumine d’être peu stables en solution étendue.
- Nous voyons qu’il y a excès de base sur la quantité d’acide (surtout pour le deuxième échantillon), l’excès d’oxyde de fer et l’excès d’alumine doivent se trouver en solution dans le sulfate d’alumine et le chlorure d’aluminium.
- Nous devons encore citer à titre documentaire les analyses que nous avons faites sur des échantillons d’eau pris dans le canal que l’on est en train de creuser dans la plaine du Can-au-Ha (nord de l’arrondissement de Cholon),et qui doit relier le Vaïco à la rivière de Saigon. (La plaine du Can-au-Ha est la continuation de la plaine des Joncs dans l’arrondissement de Cholon.)
- Échantillons prélevés.
- au commencement à la fin à la fin
- de juillet. de juillet. d’août.
- gr. gr. gr.
- Sulfate de soude . . par litre. 0,235 0,150 0,135
- — de potasse .... . . — 0,046 0,006 0,012
- — de chaux . . — 0,062 0,043 0,064
- — de magnésie . . . . . — 0,147 0,040 0,167
- — d’alumine . . — 0,057 0,206 »
- Chlorure d’aluminium . . . . — 0,068 0,032 0,054
- Alumine . . — 0,007 0,008 0,001
- Sesquioxyde de fer . . . . . — 0,012 0,025 0,030
- 0,634 0,530 0,483
- Ici les quantités de sels dissous sont beaucoup moins grandes que précédemment, mais peu importe, car l’eau qui s’écoule dans le canal a pu se mélanger à l’eau de la rivière, ou bien encore être diluée par les eaux de pluie; mais le fait qu’il s’agissait de constater c’est que l’eau qui s’écoule des terres contient des sulfates de différentes bases, parmi lesquelles l’alumine et l’oxyde de fer.
- Nous pouvons donc, sans inconvénient, conserver la désignation de terres alunées aux terres qui laissent écouler ces eaux et nous leur conserverons cette désignation non pas parce que nous admettons que ces terres contiennent de l’alun, mais bien plutôt parce qu’elles laissent écouler des eaux chargées de sel, d’alumine et de fer, dont nous tâcherons de montrer l’origine ; mais il nous faudra connaître certaines particularités du sous-sol de la Cochinchine.
- SOXDAGE DE TANAN
- Une circonstance heureuse nous a permis de nous rendre compte de la structure géologique de la Cochinchine. Dans le but de chercher une nappe d’eau potable, la direction des travaux publics fit exécuter un sondage à Tanan, qui se trouve situé au centre de la Cochinchine et au commencement de la plaine des Joncs.
- L’eau potable fait en effet défaut dans cette partie de la Cochinchine et fait
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- défaut, du reste, dans beaucoup d’arrondissements de la basse Cochinchine, où l’on est obligé de la faire venir de Saigon.
- Jusqu’à la profondeur de 170 mètres, où s’arrêta le sondage, on rencontre une alternative continue de couches d’argile et de couches de sable ; à 170 mètres se trouve une roche tendre dont nous parlerons plus loin.
- Différentes nappes d’eau furent rencontrées, nous allons donner l’analyse de l’eau puisée à 130 mètres :
- Sulfate de soude 1er échantillon, gr. par litre. 1,041 2e échantillon. gr. 1,018
- Chlorure de sodium. . . . — 4,663 4,228
- — de potassium . . 0,091 0,171
- — de calcium. . . . — 2,053 2,042
- — de magnésium. . — 1,299 1,111
- — d’aluminium. . . — 0,133 0,280
- Protochlorure de fer . . . — 0,641 0,687
- Matières minérales totales. — 9,921 9,537
- Acide chlorhydrique libre. — 0,335 0,936
- Ce qui caractérise surtout cette eau, c’est la présence d’un sel de protoxyde de fer et la présence d’un acide à l’état libre. Exposées à l’air, elles s’oxydent rapidement et laissent déposer de l’oxyde ferrique. Il y a lieu aussi de constater la présence de l’alumine, mais en moins grande quantité cependant que l’oxyde de fer.
- Voici maintenant l’analyse de l’eau puisée vers 142 mètres :
- gr.
- Sulfate de soude....................par litre. 1,680
- Chlorure de sodium.................. — 0,024
- — de potassium............... — 0,114
- — de calcium................. — 0,666
- — de magnésium............... — 0,760
- Protochlorure de fer................ -- 0,385
- Perchlorure de fer.................. — 0,042
- 3,671
- Acide chlorhydrique libre........... — 0,005
- Ainsi la dernière nappe rencontrée est bien moins riche en sels dissous que la nappe précédente (nous n’avons pas eu l’occasion de faire l’analyse des eaux venant des premières nappes, nous savons cependant que, d’après les analyses qui ont été faites, ces eaux contenaient de l’oxyde de fer; mais l’auteur de ces analyses n’indique pas le degré d’oxydation du fer), et on peut se demander si la grande quantité de chlorure que contient la nappe de 130 mètres ne vient pas d’une infiltration d’eau de mer.
- Pour la nappe de 142 mètres la quantité de sulfate de soude est plus grande que pour la nappe de 130 mètres, mais l’eau de cette dernière nappe n’en sau-
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- rait guère contenir plus qu’il n’y en a, car il se formerait un dépôt de sulfate de chaux qui n’est guère soluble qu’à la dose de 2 grammes par litre (et il y & 2 grammes de chlorure de calcium). Pour la nappe de 142 mètres la proportion des sulfates peut être plus grande, car il y a moins de chlorure de calcium.
- L’acide sulfurique et l’oxyde de fer que contiennent ces eaux viennent sans doute de l’oxydation de pyrite de fer; on a du reste rencontré des nodules de
- pyrite présentant la composition suivante :
- Silice et silicate . . 34,10
- Bisulfure de fer. . 62,53
- Alumine 0,60
- Eau 2,30
- 99,73
- Perles et non dosé. 0,25
- 100,00
- Soufre. Fer . ,
- 33,36
- 29,19
- En ce qui concerne l’origine de la chaux dans ces eaux, il est à croire que ces eaux, qui sont acides, ont attaqué les roches calcaires que l’on trouve à 165 mètres de profondeur et dont la composition est la suivante :
- Sable siliceux....................... 43,7
- Sesquioxyde de fer et alumine . . 8,8
- Carbonate de chaux................... 43,4
- Eau et divers........................ 4,1
- 100,0
- Le sable siliceux qui forme celte roche est excessivement fin, et chaque grain semble être enveloppé par du carbonate de chaux, nous avons donc probablement affaire à une couche géologique de l’époque oolithique où semblable particularité se présente.
- Si nous supposons celte roche calcaire en contact avec les eaux qui la surmontent, il est très naturel que ces eaux chargées de sels, de fer et d’alumine et qui sont plus ou moins acides, attaquent le carbonate de chaux, l’acide carbonique est mis en liberté, la chaux rentre en solution, et il peut très bien se faire qu’une partie de l’oxyde de fer soit précipité par suite de la saturation de l’eau et remplace le carbonate de chaux autour du sable que contenait la roche (1).
- On comprend du reste que, dans ces roches, le carbonate de chaux peut être décomposé complètement et remplacé par l’oxyde de fer et l’alumine, c’est probablement ce qui s’est produit pour certains nodules trouvés dans l’arrondis-
- (1) Ce qui semble justifier cette manière de voir, c’est que l’eau de la dernière nappe, qui est très rapprochée de la roche calcaire, est beaucoup moins acide que l’eau de la nappe supérieure.
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- sement de Tanan et dans la concession de M. Paris près Benluc. dont nous avons parlé précédemment.
- Voici du reste la composition de ces nodules :
- Sable siliceux très fin. . . . . N° 1. . . . 39,4 X» 2. 44, i
- Oxyde de fer et alumine.... . . . 37,6 35,8
- Chaux . . . 0,45 0,2
- Eau . . . 22,55 19,9
- 100,00 100,00
- De même dans l’arrondissement de Soctrang, on trouve des nodules ayant la forme de coquillages et dont la composition est la suivante :
- Acide phosphorique............................. 0,23
- Chaux.......................................... 1,84
- Magnésie....................................... 0,79
- Sesquioxyde de fer............................ 48,32
- Sesquioxyde de manganèse...................... 1,05
- Alumine........................................ 7,30
- Matières fixes totales............................ 71,63
- / Acide carbonique......... 2,32 \
- Perte au feu. -, Eau de constitution. . . . 21,26 , 27,34
- ( Humidité................. 3,76 )
- 98,97
- Pertes et non dosé................................ 1,03
- 100,00
- Il nous resterait encore à expliquer la présence de la magnésie qui se trouve en proportion bien plus considérable que dans l’eau de mer (relativement à la quantité de soude); mais nous n’avons pas rencontré de roches magnésiennes, aussi nous nous bornerons à constater sa présence sans faire d’hypothèses au sujet de son origine.
- ORIGINE DU SOUFRE DANS LES TERRES DE COCIIINCHINE
- La présence des eaux chargées de sulfate dans le sous-sol de la Cochinchine peut très bien expliquer l’origine du soufre dans les terres de Cochinchine, si on admet que, par un mécanisme quelconque, ces eaux peuvent remonter à la surface.
- Voyons quel peut être ce mécanisme.
- Supposons que l’une des nappes soit en communication avec la mer, la nappe qui se trouve à 130 mètres par exemple, et supposons que nous creusions un puits jusqu’à cette profondeur, la mer et le puits formeront donc deux vases
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- communicants par l’intermédiaire de la couche sableuse où se trouve la nappe d’eau.
- Mais la densité de l’eau de mer, qui est de 1,026 environ, est évidemment beaucoup plus grande que la densité de l’eau contenue dans la nappe de 130 mètres, qui ne contient qu’environ 10 grammes par litre de matières en solution tandis que l’eau de mer en contient près de 30 grammes.
- Si nous estimons que la densité est proportionnelle à la quantité de matières dissoutes,la densité de l’eau de la nappe de 130 mètres sera de 1,008. En appliquant alors le principe des vases communicants, la hauteur H de l’eau dans le puits sera donnée par la formule :
- i 30 x 1,026 = H x 1,008
- d’où
- (Nous supposons que la nappe est à 130 mètres au-dessous du niveau de la mer.)
- Autrement dit, le niveau de l’eau dans le puits dépassera de 2m,31 le niveau de la mer. Et on voit très bien comment, par suite d’une différence de densité, l’eau de mer peut faire remonter les eaux du sous-sol.
- Evidemment les mouvements qui peuvent se produire doivent être excessivement lents, par suite de la résistance des couches sableuses et argileuses surtout ; mais ces mouvements ne sont pas impossibles, surtout si nous tenons compte de cette considération que les eaux qui vont traverser l’argile sont chargées de sels minéraux et contiennent même un acide libre, qui vont maintenir l’argile coagulée.
- Du reste la capillarité viendra ajouter son action à l’action précédente.
- Or beaucoup de terres de Cochinchine dépassent à peine le niveau de la mer, puisque sur beaucoup la marée se fait sentir (basse Cochinchine, plaine des Joncs); on comprend donc que pour ces terres les eaux chargées de sulfates peuvent arriver à la surface. Et il n’est pas surprenant alors de rencontrer une forte proportion de soufre dans toutes les terres de marais, de forêts inondées et de rizières basses. Tandis qu’au contraire le soufre disparaît presque complètement lorsqu’il s’agit d’une terre de giong, même lorsque ces giongs ne s’accusent que par une dénivellation de quelques mètres.
- Et les terres d’origines différentes, argileuses ou sableuses, peuvent en contenir tout autant, la quantité qu’elles contiennent dépendant en quelque sorte de leur situation orographique.
- Les eaux retirées du sondage de Tanan contiennent toujours un excès de fer sur l’alumine, même l’une d’elles ne contient pas du tout d’alumine ; au contraire les eaux qui s’écoulent des terres alunées sont généralement très chargées en sels d’alumine, la proportion d’alumine en solution est plus grande que la
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- quantité d’oxyde de fer. Ce fait peut s’expliquer facilement. En remontant, les eaux chargées de sels de fer et qui sont plus ou moins acides traversent toute une série de couches argileuses très riches en alumine, on comprend que l’acide en excès va se saturer d’alumine, surtout en arrivant dans la couche arable où l’argile est fortement décomposée par la végétation.
- Mais à mesure que l’acidité se sature, les sels de fer deviennent moins stables et l’oxyde de fer doit se déposer en partie.
- D’autre part nous connaissons la propriété de l’alumine de donner des sels basiques, et il n’est pas surprenant que les eaux qui s’écoulent des terres alunées contiennent un excès d’alumine ou d’oxyde de fer sur la quantité d’acide.
- ACCUMULATION DU SOUFRE DANS LES PARTIES SUPERFICIELLES DU SOL
- Arrivées dans les parties superfcielles du sol, ces eaux chargées de sulfate et de sels divers seraient très probablement entraînées purement et simplement par les eaux de pluie et le soufre n’arriverait pas à s’accumuler. Cependant nous avons vu des terres où la quantité de soufre total correspond à près de 2 p. 100 d’acide sulfurique.
- D’autre part nous voyons que dans les eaux qui s’écoulent des terres alunées, les sulfates entrent dans une plus grande proportion que les chlorures; c’est le contraire qui a lieu pour les eaux du sondage de Tanan.
- Par quels moyens le soufre peut-il s’accumuler dans les terres et sous quelle forme ?
- 10 Dépôt de sulfate de chaux. — Nous avons vu que certaines eaux étaient très riches en acide sulfurique et en sels calcaires. Le sulfate de chaux étant peu soluble dans l'eau; il est à prévoir que si ces eaux viennent, à se concentrer, il va se produire un dépôt de sulfate de chaux, et c’est ce qui doit se produire pendant la saison sèche dans les terres de Cochinchine : une évaporation rapide se produisant à la surface, les eaux du sous-sol doivent se concentrer et amener peu à peu un dépôt de sulfate de chaux.
- On a du reste rencontré des cristaux de gypse en creusant un canal dans l’arrondissement de Tanan; de même à Benluc, dans la concession de M. Paris, président de la Chambre d’agriculture, et voici la composition de ces cristaux :
- Sulfate de chaux cristallisé. . . . 97,71
- Argile et, sable....................... 0,70
- Humidité............................... 1,70
- 100,00
- 2° Formation des sulfures. — Beaucoup de terres sont très riches en matières
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- organiques, et comme elles ne sont pas remuées, elles doivent former un milieu réducteur, surtout les terres de marais et de forêts.
- Voici du reste deux analyses physiques de ces terres :
- Cailloux Terre argileuse. (Soctrang 2). . . . . 0 Terre sableuse. (Travinli 13;. 0
- Sable siliceux . . . . 34,95 61,27
- Argile . . . . 38,15 20,36
- Calcaire . . . . néant néant
- Débris organiques. . . . . . . 14,90 8,77
- Humus . . . . 5,28 2,69
- Eau . . . . 6,72 6,71
- 100,00 100,00
- Par suite de la présence d'une très grande quantité de matières organiques et surtout sous l’action des ferments, il est très probable que les sulfates sont réduits à l’état de sulfures, les ferments trouvant dans les sulfates la source d’oxygène dont ils ont besoin.
- Les sulfures de fer et d’aluminium étant insolubles se déposent, s’accumulent dans le sol jusqu’au jour où l’on vient remuer les terres pour les mettre en culture; on favorise ainsi l’oxydation des sulfures qui redonnent des sulfates de fer et d’aluminium qui peuvent alors s’écouler des terres.
- Au contraire les chlorures auront été constamment entraînés par les eaux de pluies, car ils ne peuvent être fixés dans le sol sous aucune forme.
- Il est donc très naturel que la proportion des sulfates dans les eaux qui s’écoulent des rizières soit beaucoup plus forte que la proportion des chlorures, tandis que c’est l’inverse dans les eaux du sous-sol.
- IV. -- INFLUENCE DE LA NATURE DU SOL SUR LA PRODUCTION AGRICOLE
- DE LA COCHINCHINE
- On peut dire que la seule culture importante de la Cochinchine est la culture du riz,
- Cependant, d’après sa position géographique, nous voyons que ce pays se trouve placé dans la zone équatoriale comme le Brésil, le Congo, les Indes néerlandaises et une partie des Indes anglaises; on peut donc être surpris qu’il ne produise pas abondamment le cacao, le café, la canne à sucre, les arachides ou le thé, etc., produits qui ont fait la richesse de ces derniers pays.
- En dehors des conditions climatériques, si nous considérons la nature du sol, nous voyons qu’en ce qui concerne la basse Cochinchine, beaucoup de terres sont assez riches en éléments fertilisants; quelquefois un seul élément fait défaut, l’acide phosphorique (surtout pour les arrondissements de l’intérieur).
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- Dans la Cochinchine centrale, nous voyons que les terres manquent d’acide phosphorique et de potasse, et très souvent la chaux se trouve en quantité insuffisante, même pour la nutrition des plantes.
- Enfin dans les terres de l’arrondissement d’Hatien et des arrondissements de l’Est, tous les éléments fertilisants font défaut.
- Il semblerait donc naturel que les cultures riches aient pris un certain développement en basse Cochinchine, et que depuis que la Cochinchine est devenue colonie française, tous les efforts de la colonisation européenne se soient portés vers cette région.
- Mais, jusqu’à ce jour, on peut constater que tous ces efforts se sont précisément portés dans la région orientale de la Cochinchine et dans l’arrondissement d’Hatien, que toutes les tentatives de cultures riches ont été faites sur les terres les plus pauvres, qu’il y avait plutôt intérêt à les laisser couvertes de forêts.
- Aussi la colonisation agricole de la Cochinchine n’est-elle qu’à l’état embryonnaire, malgré tout ce qui a été dépensé pour la favoriser et malgré tout ce qui peut être dit dans les rapports officiels.
- Lorsque nous parlons de la coloûisation agricole, nous parlons de la véritable colonisation agricole, celle qui peut se subvenir à elle-même sans le secours de subventions distribuées alternativement à tous les colons sous forme de prime à l’agriculture on sous forme de détaxe des produits des colonies françaises à Centrée en France.
- Car il faut bien le reconnaître, détaxer de moitié les produits des colonies françaises à leur entrée en France, c’est accorder à la culture de ces produits une subvention qui est égale à la détaxe.
- On peut même dire que cette détaxe n’a pas le caractère d’un simple droit protecteur, puisque souvent elle a pour effet de doubler la valeur marchande qu’auraient ces produits sur un marché libre.
- Dans la basse Cochinchine les indigènes se bornent à la culture du riz.
- Le mode de culture généralement suivi est la culture avec jachère; une rizière est cultivée pendant cinq ou six années successives, puis on laisse le terrain en jachère pendant plusieurs années; on comprend du reste que si ces terres étaient cultivées continuellement, comme les Annamites ne mettent jamais d’engrais, elles finiraient par devenir trop pauvres en azote et en débris organiques.
- C’est la culture extensive dans toute l’acception du mot, puisque d’une part on ne met jamais d’engrais, et puisque ensuite les soins de culture sont réduits au minimum.
- Pour tous soins de culture les Annamites se bornent généralement à faire piétiner la surface de la rizière par un troupeau de buffles ou bien à gratter cette surface avec différents instruments, ce qui leur permet de cultiver une superficie relativement très étendue avec une main-d’œuvre très réduite.
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- On comprend qu’il en soit ainsi puisqu’il existe encore beaucoup de terrains qui ne sont pas cultivés (forêts, marais, etc,), et l’analyse de ces terrains nous montre qu’ils sont aussi riches que les terrains cultivés et, par suite, peuvent être mis en culture.
- Mais la mise en culture de ces terrains est subordonnée à la question de la main-d’œuvre, et on peut dire qu’eu basse Cochincliine le développement de la culture du riz est subordonné à l’accroissement de la population.
- On pourrait en dire autant pour la Cochinchine centrale et pour la mise en culture de la plaine des Joncs. Mais ici, en dehors de la question de la population, le développement de la culture est subordonné en outre à l’exécution de grande travaux de dessèchement et d'assainissement; mais nous croyons qu’en l’état actuel des choses, les Annamites ont plus d’avantages à développer la culture dans les arrondissements du littoral (Baclieu, Rachgia), où elle est encore peu développée, et où le sol argileux est plus riche que les terres sablonneuses de la Cochinchine centrale et beaucoup plus favorable à la culture du riz.
- C'est du reste ce que font les Annamites, et on a pu constater depuis quelques années que le développement de la culture dans l’arrondissement de Rachgia coïncidait avec une diminution de la surface cultivée dans l’arrondissement de Sadec. une sorte de migration se produisait de l’intérieur vers la côte.
- Dans l’arrondissement d’Hatien et les arrondissements de l’Est, la disposition du terrain et la pauvreté du sol font qu’on ne peut guère cultiver que des riz hâtifs n’occupant le sol que pendant deux ou trois mois et la production est à peine suffisante pour la consommation locale, mais les habitants se livrent à d’autres cultures qu’ils ne font qu’en petit et qui ne peuvent guère être faites dans la basse Cochinchine.
- Les riz qui en basse Cochinchine peuvent donner de 2 000 à 3 000 kilogrammes à l’hectare ne produisent guère que de 300 à 800 dans tons les terrains sableux de cette région.
- Culture du riz par les Européens. — On peut dire que les seuls colons européens qui jusqu’à ce jour aient fait réellement œuvre utile sont ceux qui se sont bornés à la culture du riz.
- Mais pour se livrer à cette culture, il faut bien être persuadé des faits suivants :
- 1° Le riz est un produit dont le rendement brut à l’hectare est toujours relativement faible.
- En comptant sur un rendement moyen de 3 000 kilogrammes à l’hectare c’est tout ce qu’on peut espérer de mieux. Le prix de vente du riz non décortiqué variant selon les années de 3 fr. 30 à 8 francs les 100 kilogrammes, le rendement brut variera de 163 à 240 francs.
- On ne doit donc pas faire de grosses avances au sol pour la mise en culture.
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- 2° Les Européens devraient se borner à faire les travaux d’assainissement nécessaires pour la mise en culture et ne pas entreprendre la culture directe qui sera toujours très difficile, étant donnée la rareté de la main-d’œuvre'; ils devraient se borner à louer leurs terres aux Annamites.
- 3° Enfin il ne faut pas oublier que le revenu brut par hectare étant très faible, le revenu pour le propriétaire du sol ne pourra guère être que de 25 à 40 francs.
- 11 faut donc que les Européens entreprennent cette culture sur une grande superficie.
- Dans l’état actuel, ce que nous venons de dire s’applique spécialement aux terrains de la basse Cochinchine, car nous croyons que c’est dans cette région que devraient se porter les efforts de la colonisation européenne.
- DES CULTURES RICHES EN COCHINCHINE
- 1° Par les indigènes. — En fait de cultures industrielles, les Annamites ne font guère que celles qui peuvent subvenir directement à leurs besoins :
- 1° Le tabac ;
- 2° La canne à sucre;
- 3° L’indigo.
- Les deux premières se trouvent surtout localisées dans les arrondissements de l’Est (Thudaumot, Bien-Hoa), la troisième se fait surtout dans l’arrondissement de Chaudoc.
- Du reste, tous les produits obtenus ne sont guère utilisables par l’industrie européenne.
- On comprend très bien que le tabac cultivé dans des terres excessivement pauvres en potasse ne peuvent donner que des produits de qualité tout à fait inférieure. Du reste les Annamites ne font généralement cette culture que sur une superficie très restreinte où ils accumulent tout ce qu’ils peuvent se procurer d’engrais. (Ils emploient surtout des tourteaux d'arachides.) Mais outre l’inconvénient de nécessiter beaucoup d’engrais, cette culture exige un arrosage continu pendant toute la saison sèche.
- Ils ne peuvent guère faire cette culture en basse Cochinchine par suite de la nature marécageuse des terres.
- On ne cultive de canne à sucre que ce qu’il faut pour la consommation indigène, l’extraction du sucre se fait du reste par les moyens les plus primitifs ; on se borne à écraser les cannes et à concentrer le jus jusqu’à ce que, par le refroidissement, il se solidifie complètement. Le jus étant concentré, les Annamites le coulent alors sur des claies en bambous et le découpent sous forme de tablettes.
- Enfin l’indigo qui est employé dans les teintureries indigènes n’est guère
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- intéressant pour l’industrie européenne, et l’analyse des produits obtenus montre qu’ils ne contiennent que de 2 à 3 p. 100 d’indigotine.
- Enfin autrefois les Annamites cultivaient les arachides sur une plus grande échelle qu’aujourd’hui, on prétend que la maladie cryptogamique dont elles sont atteintes en a fait diminuer la culture, mais étant donné la pauvreté du terrain où elles étaient cultivées, le rendement n’a jamais été très élevé, cette légumi-neuse devant exiger des terres riches en acide phosphorique, chaux et potasse.
- 2° Par les Européens. — De toutes les cultures riches entreprises par les Européens, une seule semble avoir réussi, c’est la culture du poivre dans l’arrondissement d’Hatien, mais encore cette réussite n’est-elle qu’apparente puisque les poivres des colonies française subissent une détaxe de 104 francs par 100 kil. C’est en quelque sorte une prime de 100 francs pour 100 kilogrammes de poivre récolté en Cochinchine.
- Il faut dire du reste que dans cette région la culture a été favorisée par la facilité avec laquelle on a pu se procurer des engrais de crevettes qu’on pêche en grande quantité dans le golfe de Siam.
- Mais aujourd’hui le prix de cet engrais s’est élevé et la culture deviendra plus onéreuse.
- Si nous examinons de près la richesse des terres où le poivre est cultivé (voir tableau de l’arrondissement d Fiatien), ou bien encore les terres cultivées par différents colons européens ou bien les terres des différents champs d’essai (tableaux XIV et XV), on est frappé de la pauvreté de ces terrains.
- Aussi nous croyons devoir dire qu’étant donné :
- 1° La pauvreté du sol ;
- 2° La difficulté que l’on a à se procurer des engrais;
- 3° La nécessité de l’arrosage pendant la saison sèche.
- Vouloir s’entêter à faire des cultures riches dans toute cette région, c’est un non-sens économique.
- Aussi n’est-il pas surprenant que dans ces conditions on ne récolte que 300 à 600 kilogrammes d’arachides à l’hectare, tandis qu’on en récolte 3 000 à 6 000 kilogrammes au Sénégal.
- De même nous ne croyons pas que la culture du tabac puisse avoir un intérêt quelconque pour les Européens. Du reste les essais faits autrefois au champ d’essai de Hong-quan, puis plus tard au champ d’essai de Bung, et maintenant au champ d’essai d’Ong-yen l’ont trop bien montré.
- Ces trois champs d’essais sont situés dans l’arrondissement de Thudaumot. Celui de Hong-quan, à environ 73 kilomètres de Saigon, fut abandonné pour celui de Bung, près de Thudaumot, à 32 kilomètres de Saigon, qui lui-même fut abandonné pour celui de Ong-yen, à 30 kilomètres de Saigon*
- De même nous ne croyons pas à la propagation dans ces terrains des diffé-
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- rentes espèces de céréales, et nous ne croyons pas non plus à la réussite des diverses espèces de plantes à caoutchouc, car nous sommes persuadé que celles qui poussent au Congo belge doivent pousser dans des terrains essentiellement différents.
- De même pour les caoutchoucs qu’on peut rencontrer au Laos ou dans d’autres pays.
- Ainsi, jusqu’à ce jour, la colonisation européenne a porté presque tous ses efforts sur une région, la plus infertile de la Cochinchine.
- Tous les essais officiels ont été tentés dans cette même région, tandis qu’au contraire la basse Cochinchine a été complètement délaissée.
- Faut-il voir là l’éloignement de la ville de Saigon; on peut être tenté de le croire, mais en dehors de cette raison nous devons, en ce qui nous concerne, voir s’il n’y a pas des raisons naturelles que nous avons déjà indiquées précédemment en parlant des terres alunées.
- Influence des terres alunées sur les modes de culture en basse Cochinchine. — Comme nous l’avons dit, en basse Cochinchine le riz est l’unique culture qui ait pris un grand développement ; cependant beaucoup de terres sont'riches ou pourraient, par un léger apport d’acide phosphorique, porter descultures dites riches.
- Il faut très probablement voir là l’influence des terres alunées. On comprend très bien que les racines de diverses plantes étant en contact d’eaux chargées de sulfates d’alumine et de fer, celles-ci vont pénétrer par osmose dans la plante et agir sur les matières albuminoïdes, car c’est un fait connu que les solutions d’alun ou de sulfate d’alumine coagulent les matières albuminoïdes.
- On comprend donc que des arbres ou des arbustes comme le caféier, le cacaoyer même, des plantes comme le tabac ou les arachides ayant des racines s’enfonçant profondément dans le sol arrivent à rencontrer les eaux chargées de sulfate d’alumine et ne puissent se développer dès qu’elles sont en contact avec elles.
- Au contraire pour le riz, la terre étant peu remuée, les racines doivent rester très probablement dans la partie superficielle du sol qui est constamment lavée par les eaux de pluie et où les sulfures peuvent s’oxyder peu à peu ; il est donc naturel que le riz soit la seule culture qui puisse réussir dans ces terrains.
- (Les différentes espèces d’herbes ou d’arbres que l’on rencontre dans les marais et les forêts de la basse Cochinchine doivent sans doute, par suite d’une adaptation spéciale, pouvoir s’accommoder des eaux chargées de sulfate d’alumine.)
- Mais ce n’est pas à dire que le riz soit insensible au contact des eaux chargées de sulfate d’alumine, car l’on peut remarquer que dans les terres nouvellement défrichées et mises en culture, ce riz ne peut donner un bon rendement que vers la troisième ou la quatrième année.
- On comprend encore pourquoi les années où la récolte du riz est la plus
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- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE.
- 331
- abondante coïncident avec les années où les pluies ont été le plus abondantes, car ce sont les années où les racines du riz se trouvent le moins exposées à rencontrer les eaux chargées de sulfate d’alumine.
- Dans les années les moins pluvieuses on ne peut évidemment accuser la sécheresse d’être cause d’une diminution de récolte, les rizières étant encore recouvertes de quelques centimètres d’eau.
- Enfin on s’est demandé pendant bien longtemps pourquoi les riz de Cochin-chine étaient de moins belle qualité que les riz de Birmanie, qui poussent dans des conditions climatériques presque semblables.
- On sait qu’en Cochinchine le grain de riz reste toujours très petit, ce qui contribue beaucoup à le faire déprécier sur les marchés d’Europe.
- Nous voyons encore là l’influence des terres alunées.
- Mais ce fait demande une explication.
- Nous savons que la saison des pluies qui commence vers le mois de juin se termine vers le milieu d’octobre. D’autre part le riz est repiqué vers le mois de juillet et le commencement d’août, et la récolte n’a lieu en basse Cochinchine que vers les mois de janvier et février. C’est-à-dire que pendant la période de maturation du grain, pendant novembre, décembre et janvier, les riz restent sans recevoir d’eau de pluie, les rizières se dessèchent en partie. Or pendant cette période de maturation on sait qu’il se produit une migration vers le grain des produits élaborés par les feuilles. Si, pour une raison ou pour une autre, cette migration se trouve arrêtée, le grain restera petit. C’est ce qui doit se produire pour le riz de Cochinchine si les eaux chargées de sulfate d’alumine, n’étant plus entraînées régulièrement par les pluies, peuvent arriver au contact de la plante et arrêter prématurément la végétation.
- Jusqu’à ce jour on peut dire que rien n’a été fait pour assainir complètement les terres de la basse Cochinchine, car les canaux de dessèchement que l’on a pu faire étaient trop éloignés pour produire un abaissement suffisant des eaux chargées de sulfate d’alumine et ne pouvaient guère abaisser le niveau de ces eaux que pour permettre la culture du riz.
- Cependant nous croyons qu’il serait intéressant pour la colonisation d’essayer de multiplier ces canaux et de les faire suffisamment rapprochés et suffisamment profonds, pendant que les soins de culture donnés à la couche arable permettraient l’oxydation des sulfures qui, au bout de peu de temps, finiraient par disparaître.
- Il est à présumer que dans ces conditions la culture de diverses espèces arbustives (cotonnier et cacaoyer) deviendrait possible.
- Et nous croyons que ces essais resteraient moins stériles et qu’il en coûterait moins que de vouloir propager les diverses cultures dans les terres infertiles de l’est et de l’ouest de la Cochinchine.
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- ARRONDISSEMENT DE GOCONG TA I ÎLE AI' I
- Analyse des terres.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9
- Terre fme 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Cailloux 0,00 » 0,00 0,00 0, 00 » » 0,00 0,00
- Sable siliceux. . . . 52,03 » 80, 78 49, 48 42,35 ») n 86,75 46,81
- AnALYSK l’HYSICO- ( Argile kl, 22 » 16,33 39,75 34,02 ') u 10,33 30,75
- cimiiyuiï. . . . Calcaire 0,00 » 0,00 0,00 0,00 » >> 0,00 0, 00
- Débris organiques. . 0,77 » 0, 42 3,10 0,55 » n 0, 50 0, 54
- Humus 0,10 )) traces 3, 33 0,48 » „ 0,04 0,15
- Eauet iiuléb'riiiinés(l) 1,28 » 2,47 4,34 2,00 » » 2,18 1,75
- 100,00 » 100,00 100,00 100,00 ’> » 100,00 100,00
- Azole 0, 0345 0,0403 0,0230 0,2704 0,0091 0,1728 0,0103 0,0178 0,0283
- Acide pliosjdiorique . 0,1111.3 0,0988 0,0822 0, 01170 0,0601 0,1043 0,0002 0,0841 0,0089
- Chaux 0,1024 0,1024 0,1310 0,0420 0,2100 0,0504 O Vi O 0,4424 0,1052
- Analyse c.himiuuk. Magnésie 0, 3.750 0,2900 0,1900 0,1800 0,3250 0,2750 0,3250 0,2850 0,0000
- Polasse 0, 2550 0,2329 0,2210 0.1785 0, 3944 0,1443 0,2397 0,1504 0,3451
- Soude 1 (O O O 0,1430 0,0000 0,1700 0,2530 0,0830 0,1930 0,0418 0,3230
- (1) Jj(îs terres de Cocliinchine contenant souvent des sulfates et des sulfure s dont il n'est pas tenu compte dans 1 analyse phvs iiiue, nous les avons compris sous le
- nom d’indéterminés.
- N"' 1)’()U 1)K K. G A N T 0 N S. VILLAGES. CULTURES.
- 1 lloà-Dông-lla Long-Hüu Terrain de rizières loin des arroyos.
- 2 Id. Vinh-Ilüu Jardin près des arroyos.
- :î Id. Vifdi-Lni. Giông près des arroyos.
- 4 Id. Vi fi h-llti u Palmier d’ eau près d •‘S arroyos.
- l) Hoà-Rùng-TJninng. i Rinh-Phii-Dông. Rizière loin des arrovos.
- G Iloà-lac-lla. Dudng-Phiide. Rizière près des arroyos.
- 7 Id. lloà-Nghi. G i (3 n g loin des arroyos.
- (S lloà-lac-TIniûng. T; u-Nién-Rông. Giông près des arroyos.
- 1) Id. Tan-Niên-T;Vy. Rizière près des trroyos.
- AGRICULTURE. -- SEPTEMBRE 1902.
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- Tome 103. — 2e semestre — Septembre 1902.
- ARRONDISSEMENT DE RENTRÉ Analyse des terres.
- TAREE A U II
- l 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
- I Terre line » )> » )) )) )) )) >, )) )) )>
- 1 Cailloux )) » » » )) » )) )) )> )> )>
- 1 Sable siliceux .... )) » )) )) „ )) )) )) » ))
- Analyse J An?ije )) )) » )) » » )) )) )) )) ))
- ,,,IYS1C°- \ Calcaire )) )) » » « » » » » )) »
- chimique. 1 organiques . . )) » » » )) )) )) » )> )) ))
- f Humus ....... )) » » » )) )) » )) 1) )) )>
- ‘ Eau et indéterminés. )) » )> » )) )) )) )) )) )> »
- / Azote )) )) )) )) )) » » )> ') )> )>
- 1 Acide phosphorique . 0,0931 0,0988 0,0186 0,0585 0,0437 0,0484 0,0836 0,0361 0,0452 0,0323 0,1615
- 1 Chaux 0,0924 0,0932 0,0840 0,0644 0,0924 0,0644 0,0532 0,1344 0,0644 0,1484 0,1314
- Analyse 1 Magnésie 0,1650 0,1300 0,2750 0.1750 0,2950 0,2000 0,2700 0,3350 0,2350 0,3800 0,6650
- CHIMIQUE. 1 pQ^ggg 0,0782 0,0969 0,1547 0,0969 0,1377 0,1309 0,1256 0,1496 0,1751 0,2074 0,2788
- f Soude. traces traces traces 0,0990 0,0396 traces 0,0264 0,0704 0,0704 0,0660 0,2134
- 1 Acide sulfurique. . . 0,0112 0,0136 0,0112 0,4386 0,1632 0,2856 0,2142 0,1564 0,1156 0,1428 0,3388
- N'» D’ORDRE.
- 8
- 9
- 10
- 11
- CANTONS.
- Rao-Tri.
- Id.
- Eao-Thanh.
- Râo-Hoâ.
- Râo-an.
- Id.
- Id.
- Id.
- Minli-Quoc.
- Id.
- Minh-ly.
- VILLAGES.
- Rao Thanh. Id.
- Phu-Tü.
- O lî S E R VA T I O N S.
- Cultivé en tabac et cotonnier,
- Id.
- Riz.
- Terrain alu né.
- Riz.
- Riz.
- Riz.
- Riz.
- Riz.
- Riz.
- Arbres fruitiers.
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COGH1NCR1NE. 353
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-
-
-
- ARRONDISSEMENT DE TRAVINH
- Analyse des terres.
- TABLEAU III
- Analyse
- PJ1YS1C0-
- GI1IM1QUK.
- Analyse
- chimique.
- Terre fine. . . . Cailloux. . .
- Sable siliceux. .
- Argile..........
- Calcaire........
- Débris organiques
- Humus...........
- Eau et indéterminés
- 100,00
- Azote.............
- Acide phosphorique
- Chaux.............
- Magnésie..........
- Potasse...........
- Soude........... .
- Acide sulfurique. .
- 0,1102
- 0,0366
- 0,1232
- 0,0630
- 0,1309
- 0,0836
- 0,0830
- 0,00
- 43,66
- 49,73
- néant
- 1,82
- 0,67
- 2,12
- 100,00
- 0,1392 0,1836 0,0414 0,0803 0,1148 0,0840 0,1930 0,2330 0,2582 0,1190 0,1408 0.0330 0,0238 0,1224
- 0,0380
- 0,1250
- 0,1428
- 0,2400
- ))
- 0,0880
- 0,0204
- 0,1772
- 0,0611
- 0,0812
- 0,2900
- 0,1921
- 0,0530
- 0,0830
- 100,00
- 0,00
- 43,51
- 45,03
- néant
- 3,31
- 2,03
- 6,12
- 100,00
- 0,2378
- 0,0967
- 0,0896
- 0,5600
- 0,2380
- 0,5500
- 0,2176
- 100,00
- 0,00 66,20 26',74 néant 3,43 0,62 3,01
- 100,00
- 0,1276 0,0725 0,0308 0, J 000 0,0935 0,1100 0,2890
- 0,1624
- 0,0408
- 0,1204
- 0,0850
- 0,1632
- 0,1738
- 0,0850
- 100,00
- 0,00
- 47,14
- 38,41
- néant
- 5,72
- 2,23
- 6,48
- 100,00
- 0,5336
- 0,0661
- 0,0056
- 0,1600
- 0,0913
- 0,1452
- 0,5542
- 10
- 0,2552
- 0,0338
- 0,0112
- 0,1600
- 0,1347
- 0,1232
- 0,0646
- 11
- 100,00
- 0,00
- 46,60
- 48,37
- néant
- 0,90
- 0,22
- 3,91
- 100,00
- 0,1276
- 0,0315
- 0,1372
- 0,1350
- 0,2550
- 0,1318
- 0,0544
- 12
- 0,4466
- 0,0832
- 0,0756
- 0,1930
- 0,1530
- 0,1012
- 0,2312
- 13
- 100,00
- 0,6448
- 0,0608
- 0,0056
- 0,0225
- 0,0969
- 0,1628
- 1,9210
- 14
- 100,00
- 0,00
- 69,04
- 22,31
- néant
- 3,95
- 0,28
- 3,42
- 100,00
- 0,1740
- 0,1064
- 0,2156
- 0,6150
- 0,2295
- 0,2244
- 0,0544
- 15
- 0,0986
- 0,2337
- 0,1428
- 0,1030
- 0,2380
- 0,0726
- 0,0510
- N°" d’oriïrk. CANTONS. VILLAGES. CULTURES. NATURE DliS TUttRAINS.
- 1 Vinh-tu lia. Phuoc-long. Terrain de rizière. Moyenne.
- 2 Vinh-loc-ha. Trüông-tho. )) »
- 3 Trà-nhiêu-thuong. My-càn. Terrain de rizière situé près des étangs. Moyenne.
- 4 Trà-nhiôu-ha. Vang-Luc. Terrain de rizière situé près du canal. ))
- 5 Thauh-hoà-tung. Ninh thdi. Terrain de rizière situé loin de rivière. Bonne.
- 6 Binb tri ha. My qui. Terrain de palmier situé près du cours d’eau. Mauvaise.
- 7 Binh tri thuong My Gain. Terrain de rizière situé près de rivière. Bonne.
- 8 Trà binh. Long Binh. ld. Mauvaise.
- 9 Rinli Khauh thuong. Hiêp nghia. Id. Bonne.
- 10 Thauh-hoà- thuong. Long ngai. Terrain de rizière situé loin de rivière. Mauvaise.
- 11 Id. Au-nghiêp. Id. Moyenne.
- 12 Trà phii. Phu-loc. Id. Bonne.
- 13 Binh phûoc. Phuoc-hai. Terrain de jonc loin de rivière. Mauvaise.
- 14 Ngai-hoa-trung. Don Hâu. Terrain de rizière loin de rivière. ))
- 15 Ngai Long Thuong. Ilieu Tu. Terrain de cultures diverses. Bonne.
- 384 agriculture. — septembre 1902.
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-
-
-
- TABLEAU IV
- ARHONUISSEMENT DE SOCTRANG Analyse des terres.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
- Analyse ru YSIC.O- GlllMIOUE. . Analyse Cil IMl(JUE. Terre line i Cailloux 1 Sable siliceux .... J Argile Calcaire Débris organiques. . Humus Eau et indéterminés. Azote Acide phosphorique . Gliaux Magnésie Potasse Soude. Acide sulfurique. . . 100,00 0.00 86,38 8,29 0,00 0,72 0,1! 1,50 100,00 0,0288 0,2432 0,0784 0,0350 0.1241 0,1276 0,0068 100,00 100,00 100.00 100,00 100,00 O.IHI 46,88 48,18 0,00 0,85 0,37 3,72 100,00 100,00 0.00 70,36 27,15 0,00 0,84 0,07 1,38 100,00 0,00 94,70 3,80 0,00 0,88 0,03 0,59 100,00 0,0173 0,1225 0,0952 0,1400 0,1003 0,0308 traces 100,00 0,00 50,73 44,56 0,00 1,44 0,34 2,93 100,00 0,00 38,62 53,45 0,00 3,18 2,35 2,40 100,00 0,2543 0,0598 0,1260 0,2400 0,1904 0,1320 0,2822
- 0,00 34,93 38,15 0,00 14,90 5,28 6,72 0,00 39,33 54,50 0,00 1,12 0,59 4,40 0,00 43,48 47,44 0,00 3,12 1,89 4,07 0,00 76,28 20,03 0,00 0,95 0,09 2,65 0,00 46,50 37,78 0,00 8,80 2,82 4,10
- 100,00 0,8471 0,0798 0,0252 0,2350 0,1921 0,3520 0,7310 100,00 0,0923 0,0585 0,1904 0,2050 0,2329 0,5038 0,0068 100,00 0,2942 0,0383 0,0476 0,1300 0,1496 0,1760 0,1156 100,00 0,0346 0,0674 0,1540 0,2650 0,0816 0,1100 0,0068 100,00 0,0750 0,0655 0,1960 0,1500 0,1261 0,6270 0,0408 100,00 0,4566 0,0503 0,0504 0,0850 0,1853 0,4250 1,3702 100,00 0,0346 0,0832 0,1848 0,4900 0,0986 0,0836 0,0170 100,00 0,1040 0,0750 0,2240 0,4600 0,2295 0,1980 0,0068
- Nlts D’ORDRK. VILLAGES. CANTONS. CULTURES. O 0 8 ER VA T ION S.
- 1 Nham làng. Nhiêu Khành. Jardins potagers chinois. ) )
- 2 My phuoc. Thauh loi. Rizières basses. »
- 3 Thiên My. Nhiêu my. Id. )>
- 4 Tbuan boa. Id. Marais, joncs de diverses espèces. )>
- 5 Nham làng. N ûieuKhanh. Rizières hautes. ))
- 6 Tàm lût. Nhiêu plru. Id. ))
- 7 My tu. Thauh ldi, Forêt inondée de guà, vet, su, etc. »
- 8 lluân boà. Binli Klianii. Jardins, arbres fruitiers. )
- 9 Nham làng. NI lieu Khanh, Sous-sol du n° 1. »
- 10 Id. Id. Sous-sol du n° 5. )
- Tl ITuân lioà. Dinh K11à ii 11.
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCH1NE. 355
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-
-
-
- ARRONDISSEMENT DE BACL1EU
- Analyse des terres.
- TABLEAU V
- OJ
- oc
- C7
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
- Terre line 100,00 )) 100,00 )) 100,00 )) 100,00 100,00 )) 100,00 » 100,00
- Cailloux 0,00 )) 0,00 » 0,00 » .00 0,00 )) 0,00 » 0,00 ))
- , 1 Sable siliceux .... 55,03 )) 05,14 )) 49,30 » 00,85 33,68 » 50,15 )) 45,73 ))
- Argile 40,83 » 28,80 )) 33,60 )) 35, 9 62,01 )) 40,23 )) 48,75 ))
- Calcaire 0.00 )) 0.00 » 0,00 » 0,00 0,00 )) 0,00 )) 0,00
- ClinilQIJE. | Débris organiques. . 2,01 » 3,74 )) 7.28 » 1.13 1,65 )) 1,06 )) 2,30 ))
- Humus 0,47 » 0,47 » 3,50 » 0,74 0,45 » 0,64 » 0,81 ))
- Eau et indéterminés. 0,44 » 1,85 )) 0,20 )) 1.34 1,01 )> 1,92 )) 2,91 »
- 100,00 » 100,00 )) 100,00 )) 100,00 100,00 )) 100,00 )> 100,00 »
- Azote 0,1322 0,0517 0,1725 0,1007 0,3622 0,2415 0,1035 0,1265 0,0690 0,1437 0,1552 0,2530 0,1650
- Acide pho.spliorique. 0,0887 0,1056 0,0765 0,0322 0,0542 0,0722 0,0530 0,0328 0,0419 0,0495 0,0307 0,0440 0,0508
- Analyse Chaux 0,1412 0,1820 0,3724 0.1428 0,0280 0,0980 0,1400 0,1540 0,1080 0,2128 0,1848 0,1148 0,1988
- cuiAJiomï. Magnésie 0,4900 0,3250 0,0900 0,4908 0,0530 0,2000 0.2900 0,3950 0.4500 0,3030 0,2250 0,3000 0,0550
- l*o tasse 0,3823 0,2771 0,2771 0,2448 0,1309 0,2822 0,2397 0,1835 0,2754 0,1013 0,2125 0,2550 0,2431
- Soude 0,3076 0,3432 0,0340 0,1122 0,3938 0,2002 0,5104 0,2700 0,3800 0,0720 0,2396 0,5016 0,3112
- nos n’oiînuK. C A N T O N S. VIL LAGES. CULTURES. OBSERVATIONS.
- 1 Than-Hoà. Vinli -Loi. Riz. )>
- *> Id. Hoa-Binh. Riz. ))
- Tlianb-Huna. Vinh-Pbüue. Inculte. ))
- 4 Id. Vinli- Cliâu. Riz. >
- 5 Long-Thûy. Tân- Binli. Jardins, aréquiers. )
- G Id. Long-Dién. Riz. »
- 7 Id. Tàn-Théi. Inculte. )
- 8 Quân-Xuyên. Tàn-Hung. Forets. ))
- 9 Id. Tân- Duyêt. Joncs, herbes, etc. )>
- 10 Id. ;Tàn-Khanli. Cocotiers, aréquiers etc. )>
- 11 Id. Phu-Thanli. Riz. )>
- 12 Quàn-Long. An-Thanli. Riz. )>
- 13 Id. Id. Forêt de tram. »
- AGRICULTURE. - SEPTEMBRE 1902.
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- ARRONDISSEMENT DE CHORON
- Analyse des terres.
- TABLEAU VI
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 il 12
- T cire line 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Cailloux 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,0()
- i Sable siliceux .... 47,03 47,60 40,80 02,03 80,88 37,78 41,71 34,68 37,03 41,78 44,99 30,95
- Analyse ) Argile 47,00 48,91 36,03 30,03 il, 20 30,08 56,20 61,30 00,27 33,07 50,30 00,83
- l’H Ysion-clliMiniJli. \ Calcaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- ' Débris organiques. . 2,17 0,70 1,03 3,48 0,22 2,02 0,44 0,42 1,25 1,85 1,21 1,28
- Humus 0,93 0,10 0,38 1,98 0,03 0,47 traces traces 0,30 0,42 0,13 0,31
- Eau cl indéterminés. 1,93 2,03 1,74 2,40 1,01 3,03 1,03 3,00 0,30 2,88 3,37 0,03
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Azote 0,1302 0,0462 0,0809 0,2138 0,0113 0,0921 0,0345 0,0259 0,1904 0,1382 0,0400 0,0748
- i Acide pliosphorique . 0,0370 0.0089 0,0180 0,0023 0,0443 0,0105 0,0370 0,0345 0,0247 0,0840 0,0269 0,0380
- Chaux 0,0808 0,1400 0,1118 0,0224 0,0232 0,0924 0,2940 0,9240 0,1340 0,1344 0,0804 0,1708
- Magnésie 0,1000 0,2900 0,2030 0,0400 0,0100 0,0950 0,3450 1,1500 0,2450 0,1550 0,0730 0,2200
- CH IM l(J UK. Potasse 0,1273 0,1241 0,1190 0,0763 0,0720 0,1190 0,2125 0,2108 0,1530 0,1953 0,3313 0,2835
- Soude 0,0836 0,1430 0,0990 0,0390 0,0088 0,0924 0,1540 0,1100 0,1540 0,4840 0,1518 0,1804
- Acide sulfurique. . . 0,0374 0,4386 0,0136 0,1122 0,0068 0,3264 0,6136 1,1458 0,0378 0,1428 1,7782 0,0130
- N05 D’ORDRE. GANT 0 N S. VILLAGES. CULTURES. OBSERVATIONS.
- 1 Duong-Minli. Tan-Il o a Aréquiers. )>
- 2 Id. Klian-Hoï. Riz. »
- 3 Id. Clianh-II ung Riz. ))
- 4 Càn-Au-Xu. Euông-Hoa. Aréquiers, manioc. »
- II Id. Ruc-Hoa Riz. »
- 0 Lang-hang-Th uong. Than-nhut. Riz. ))
- 7 Id. Binh-Tri-i)ong. Riz. »
- 8 Lan g-h Tin g-Tr u n g. My-Yèn. Bambous, aréquiers. »
- 9 Id. Tân-Tue Riz. »
- 10 Phuo c- tie n-Tb uong. Tân-Hiôm. Riz. »
- 11 Loi-Thànb-Thuon Long-IIoa. Riz. ))
- 12 L o i -Tlni n h -T ru n g. Long-S û. Riz. ))
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHINCHINE. 357
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- ARRONDISSEMENT DE MYTRO Analyse des terres.
- TABLEAU VII
- CO
- Oî
- OD
- 1 2 3 4 5 6 7 8 ' 9 10 il 12
- / Terre fine 100,00 » 100,00 )) )) 100,00 100,00 100,00 100,00
- Cailloux 0,00 » 0,00 » » 0,00 » 0,00 )) ‘“Y 0,00 0,00
- \ Sable siliceux. . . . 34,11 )) 43,13 )) . )) 83,87 „ 63,4o )) )) 49,50 41,99
- Analyse ) Argile 59,84 » 52,42 » » 12,44 )) 27,80 » )) 44,32 52,37
- PHYSICO-CHIMIQUE. ^ Calcaire Néant. » Néant. )) )) Néant. )> Néant. )) )) Néant. Néant.
- / Débris organiques. . 1 ,00 )) 1,18 )) ).> 0,73 )) 3,43 » )> 2,04 0,72
- Humus 0,88 » 0,40 )) » 0,39 )) 0,98 )) » 1,11 0,58
- ' Eau el. indéterminés. 4,11 » 2,87 )) » 0,37 4,34 » » 3,03 4,34
- 100,00 )) 100,00 )) 100,00 )) 100,00 )) )) 100,00 100,00
- | Azote 0,1434 0,1276 0,0870 0,0638 0,1624 0,0580 0,1682 0,1798 0,0754 0,0812 0,1972 ))
- Acide pbospliorique. 0,0323 0,0180 0,0243 0,0389 0,0201 0,0180 0,0358 0,0573 0,0370 0,0423 0,0214 0,0214
- A X A LYSE Cliaux. . . 0,2020 0,0840 0,1428 0,1984 0.0728 0,0301 0,1204 0,3052 0,2044 0,2520 0,1680 0,1400
- CHIMIQUE. Magnésie Potasse 0,2930 0,2294 0,0800 0,1207 0,2150 0,1731 0,3650 0,2941 0,1550 0,1364 0,0900 0,0748 0,1800 0,0952 0,4150 0,1032 0,1400 0,0952 0,2430 0,0867 0,0900 0,1241 0,1750 0,1088
- Soude 0,1000 0,0530 0,0660 0,1826 0,0704 0,0220 0,0198 0,0396 0,0902 0,0748 0,0814 0,0638
- Acide sulfurique. . . 0,0918 0,0714 0,0680 0,0306 0,2482 0,1802 0 2822 0,3876 0,0782 0,1122 0,1938 0,0544
- N"" D'ORDRE. VILLAGES. CANTONS. cultures. OBSERVATIONS.
- 1 My-Chanb. Tbanb-Pbong. Rizières ))
- 2 Binb-Pu. Loï-Tbuûu. Id. »
- ;i My-Thanb. Id. Marais joncs. )>
- 4 Binh-Plian. Hoà-Haô Rizières. »
- 5 Long-IIoï. Thuân-Tri. Id. ))
- G Than-Mhoy. Id. Giango. ))
- t My-Thien. Pbong-Hoa. Marais joncs. ))
- S llang-My. Id. Plaine de joncs. ))
- 9 An-Tliaï-doug. Pbong-Pbu. Giang. ))
- 10 My-Loï. Id. Marais joncs. ))
- 1 1 Binb-Chanh. I.oi-Truan S- Jardins. ))
- 12 Tinb-Gian. IIung-Mhuang. Rizières. ))
- AGRICULTURE. - SEPTEMBRE 1902.
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- ARRONDISSEMENT DE VINH-LONC Analyse des terres.
- TABLEAU VID
- Analyse Terre fine. Cailloux. Sable siliceux.
- Argile. 1 Pour ces terres 1 analyse chimique n a pas ele faite.
- l'U Y S1 LOCH 1 .MK.»i;K.. , Calcaire. / Nous devons cependant indiquer que presque toutes sont de matière argileuse.
- Débris organiques. Humus.
- Eiui et indéterminés.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 il 12 13 14 15
- Azote )) » )) )) )) „ )) )) >, „ )) )) )) ))
- Acide plio.-phnrique . 0,0099 0,0917 0,0357 0,0148 0,1178 0,0209 0,0513 0,0290 0,0389 0,0347 0,0380 0,0471 0,0285 0,0752 0,0258
- Analyse Chaux 0,1:544 0,2184 0,1200 0,1204 0,3690 0,3332 0,2940 0,1150 0,4620 0,0730 0,2352 0,3344 0,0392 0,1736 0,2744 0,1120
- CIIIMIOUE. Magnésie 0,1150 0,4150 0,0850 0,0250 0,4650 0,1050 0,1230 0,3150 0,2330 0,4900 0,0100 0,2850 0,4050 0,1250
- Potasse; ....... 0,0902 0,1105 0,081 G 0,0810 0,0918 0,0902 0,0799 0,1139 0,0748 0,130.0 0,0952 0,0731 0,1190 0,1150 0,1139
- Soude traces traces traces traces traces traces traces 0,1490 traces traces traces traces traces traces trace?
- Acide sulliirique. . . 0,0980 0,2278 0,1394 0,4930 0,0714 0,2992 0,0340 0,7922 0,8772 0,5570 0,0442 0,5780 0,0980 0,0272 0,0850
- NEMÉKOS
- li’oUDHli. CANTONS. VIOLACES. OBSKU V ATIONS. noitimi-:. CANTONS. VIOLACES. OBSERVATIONS.
- 1 Riuh Trung, Trung tracb. Riz. 9 Rinh Tlianh. Thanh Pliuoc. Herbes diverses.
- • > Rinh Quoi. T b an K lié. Riz. 10 Id. Id. Riz.
- 0 Id. Tan au dong. Cultures diverses. 11 Ming ugaï. Xung Tu. Riz.
- 4 Rinli chanh. Tan lhan g- Riz. 12 Id. Hung Rinh. Herbes diverses.
- 5 Rinh Xuong. Phu da. Arbres fruitiers. 13 Rinh Xieu. Xieu ugaï. Plantes aquatiques.
- 6 Id. Rinh Son. Riz. 14 Rinh long. Long Phuoc. Riz.
- 7 Rinh Xùng. Phu tliuan. Riz. 15 Rinh an. Pliuoc beu. Arbres fruitiers.
- 8 Binh Tlianh. Th an h dieu. Riz. )) ) )) ))
- CO
- Crc
- zO
- ETUDE DES TERRES DE LA GOCRINCHIXE
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- ARRONDISSEMENT DE CANTHÛ Analyse des terres.
- TABLEAU IX
- 1 2 3 4 5 6 7 8
- , Terre (inc 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- l Cailloux 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- 1 Sables siliceux 35,10 43,03 47,63 54,84 61,50 72,40 74,13 42,43
- , Analysk Argile 57,03 01 j 2 0 43,67 48,08 35,80 25,10 17,01 30,80
- l'Il YSICO-CIJJMIQCIÏ. \ Calcaire . 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- 1 Débris organiques 1 ,90 1 ,62 4,19 1,04 0,50 0,80 3,15 2,47
- 1 Humus 2, 07 0,73 1,90 0,12 0,24 0,03 0,44 0,90
- Eau et indéterminés 3,30 3,37 2,61 1,92 1,96 1,67 3,27 3,00
- 100, 00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Azote . . 0,2131 0,1382 0,3425 0,0979 0,0691 0,0343 0,1612 0,7355
- A eide pli 0 s p h o r i qu e 0,0218 0,0209 0,0332 0,0370 0,0461 0,0260 0,0946 0,0209
- Chaux . . . O O 0,1604 0,0280 0,2408 0,1960 0,1036 0,3500 0,2240
- AiYALYSK GHIMNJCE. Magnésie 0,1400 0,2850 0,0850 0,1250 0,1000 0,0730 0,5250 0,4650
- • 1 Potasse 0,1066 0,2550 0,1275 0,1581 0,1224 0,1754 0,1870 0,2006
- Soude 0,1276 0,1320 0,0660 0,0682 0,0616 0,1100 0,0880 0,1870
- N05 D’ORDRIi. VILLAGES. CANTONS. CULTURES.
- 1 Thanh Xuân. Dinh hoà. Cây tràm (meulaleuca).
- 2 Id. Id. Paddy de Tliàng bè.
- 3 Nhon Ai. Dinh bao. Paddy de Ra xanh.
- 4 T bien My. Ilinli Lê. Paddy de Soc lern.
- Pi My Thuân. An Trûoni. Le lung aquatique.
- 6 Thien My. Binli Lé. Paddy nôp than.
- 7 Hâu thanh. Dinh An. Paddy màng rue.
- 8 Thanh Xuân. Dinh hoà. Roseaux (sày).
- 360 agriculture. — septembre 1902.
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-
- A U R 0 N D1S S Ë M E N T DE LONG X.U Y EN TALEE AU X
- Analyse des terres.
- 1 2 3 4 5 6
- Terre line 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Cailloux. ... 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- Sables siliceux. . . . 77,10 66,77 36,16 70,97 96,72 43,46
- Analyse J Argile 17, ; > 8 40,37 62,36 22,66 3,00 46,82
- PHYSICO-CHIMIQUE. ] Calcaire Néant. Néant. Néant. Néant. Néant. Néant.
- Débris organiques . . 1,68 1,36 0,93 2,93 0,46 3,80
- Humus 0,60 0,36 0,13 0,96 0,16 2,70
- Eau et indéterminés. 3,04 2,16 1,43 2,60 0,67 3,23
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Azote 0,1197 0,0741 0,0670 0,1696 0,0199 0,3876
- Acide phosphorique. . 0,1216 0,0167 0,0148 1,1041 0,0160 0,0497
- Chaux 0,2648 0,1904 0,3948 0,1232 0,0364 0,0308
- AiN A SE Magnésie 0,6900 0,0760 0,0760 0,7700 0,0660 0,0600
- Cli J M1 u U h. Dotasse 0,0901 0,0374 0,1222 0,0782 0,0221 0,0646
- Soude 0,0220 0,0110 0,0770 0,0330 0,0110 0,0220
- Acide sulfurique. . . » » 0,6440 )) )> 0,2244
- N"s II’IIIUHIE. VILLAGES. GANT 0 N S. CULTURES. OBSERVATIONS.
- 1 My hûi 1 i en. )) Cultures riches et maraîchères. Terrain prélevé dans une île du Mékong en face de l.ongxuyen.
- 2 K i 6 n Üianli. Dinh hoà. Riz. ))
- 3 Tân binh. )) Impropre i la culture. 'l’errain appek Dàt sèt par les Annamites. Forme l’unique sous-
- sol de tout l’arrondissement à une profondeur moyenne de
- 1 mètre.
- 4 C;'m dùng. Rien tliành. Riz. Terrain pris au pied d’une montagne.
- ï:i » Dinh phuoc. Impropre a la culture. Terrain pris sur les lianes de Thoai son.
- G My thanh. )> 1 îiz. Terrain pris sur les bords du grand Jleuve.
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHLXCHINE.
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-
- ARRONDISSEMENT DE CHAUDOC
- TABLEAU XI
- Analyse des terres.
- 1 2 3 4 5 6 7
- Terre fine 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Cailloux 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- Sable siliceux 72,10 33,82 43,91 75,60 41,92 89,95 97,26
- A.\ ai. vs k A refile 22,46 37,63 31,89 20,02 48,39 7,50 1,55
- physico-chimique. j Calcaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
- | Débris organiques. . . 2,59 3,58 1,45 1,43 3,78 0,77 0,34
- 1 Humus 0,59 1,43 0,64 0,74 1,48 0,45 0,28
- | Eau et indéterminés. . 2,20 3,54 2,11 2,21 4,18 1,33 0,57
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Azote 0,1207 0,2587 0,1092 0,3450 0,0977 0,0767 0,0172
- Acide pliospliorique. . 0,1083 0,0497 0,0497 0,0874 0,0685 0,0224 0,0218
- Analyse 1 Chaux ... 0,3080 0,1120 0,5040 0,3724 0,1624 0,0364 0,0616
- chimique. Magnésie 0,3400 0,0950 0,0630 0,2300 0,3950 0,0400 0,0400
- Dotasse 0,1445 0,1122 0,1020 0,1564 0,1173 0,0425 0,0425
- Soude . 0,0440 0,0396 0,0418 0,0330 0,0198 0,0198 0,0110
- Nos D’OR DR K. CANTONS. VILLAGES. OBSERVATIONS.
- * Gliàu-Phù. Vinh-Té. Terrain couvert de joncs.
- 2 Id. My-Duc. Riz.
- 3 An-Thaùh. Phu-Thuân. Riz.
- 4 Id. Long-Phu. Cultures diverses.
- 5 Id. Phu-Hôi-Dai. Terres incultes.
- 6 Id. Thoi-Son. Id.
- 7 Id. NUon-Hoà. Id.
- CO
- >
- O
- to
- o
- n
- H
- n
- w
- M
- CS
- 53
- H
- 50
- O
- 10
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-
-
- A1 î R 0 N RIS S E M E N T D E T A Y NIN H TA B LEA U XII
- Analyse des terres.
- 1 2 3 4 5 6 7 8
- Azote 0, Ot 15 0,0230 0,0080 0,0119 0,0287 0,1380 0,0028 0,0632
- Acide pliosphorique. 0,0019 0,0033 0, 0049 0,0030 0,0047 0,0731 0,0800 0,0125
- (iliaux 0,0280 0,0308 0,0168 0,0168 0, 1568 0,0504 0,3208 0,0304
- Magnésie 0,0400 0,0400 0,0330 0,0350 0,1400 0,0350 0,0750 0,0200
- Rotasse 0,0423 0,0238 0,0180 0,0300 0,0395 0,0935 0,0300 0,0391
- Soude traces traces traces traces traces traces traces traces
- Ac/ide sulfurique . . >1 )) » )) )) » )> »
- N"- D'ORDRE. VILLAGES. GANTONS. CULTURES.
- 1 l’JlliuC clli. Ham ninh lia. Paddy, cannes à sucre et arhres fruitiers.
- 2 Don tlmàn. Ram ninh Thuony. Id.
- 3 l'initie tracli. Trièm lié à. Rizière et forêt de dâù.
- 4 Gàm Ci ai u; Id. Paddy, cannes à sucre et arbres fruitiers.
- î* Lonii Binh. Liai hoà. Rizières avoisinant les plaines.
- 0 Minli Tlianli. •H o a ninh. Rizière et forêt de dâù et vèii vèn.
- 7 t'huée héi Ham ninh tlrùénip Foret de sao, dàù, etc.
- 8 Hao du6c. Hoa ninh. Rizière et forêt de sao et de dan.
- ÉTUDE DES TERRES DE LA C0CHINCH1XE.
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-
-
-
- TABLEAU XIII
- ARRONDISSEMENT D’H ATI EN
- Analyse des terres.
- J 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
- Terre line 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
- Azote » » „ » » » » » » » » » » )> » » )) »
- Acide phospiumque. 0,0047 0,0034 0,0110 0,0110 0,0062 0,0157 0,0532 0,0119 0,0028 0,0161 0,0214 0,0057 0,0260 0,0406 0,0381 0,0280 0,0243 0,0476 0,0191 0,0174
- Chaux 0,0190 0,0308 0,0224 0,0112 0,0500 0,0108 0,0280 0,0280 0,050 4 0,0308 0,0308 0,0308 0,0252 0,0224 0,0980 0,0812 0,0252 0,0448 0,0224 0,0224
- Magnésie 0,0700 0,0730 0,0450 0,0050 0,1100 0,0450 0,0550 0,0550 0,1150 0,0350 0,0050 0,0300 0,0050 0,0600 0,0550 0,0450 0,0450 0,0700 0,0400 0,0600
- Potasse 0.0374 0,0 425 0,0595 0,1496 0,1071 0,1037 0,1301 0,0340 0,0646 0,0289 0,0204 0,0340 0,0391 0,0415 0,0415 0,0918 0,0408 0,0561 0,0714 0,1088
- Soude traces (races trac.es traces trac.es traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces
- Acide sulfurique. . . 0,0918 0,2382 0,0170 2,4480 0,0510 0,0008 0,1504 0,1122 0,0206 0,0289 traces traces traces traces 0,0136 traces trac.es traces traces 0,0544
- Nomenclature des échantillons de terres prélevés dans différentes localités de l’arrondissement d’Hatien.
- Nns d’ordre. CANTONS. VILLAGES. NATURE DES TERRAINS. — GENRES DE CULTURES S’Y TROUVANT. POSITION OROGRAPIIIQUE.
- 1 Mà-Thanh. floà-Thanh. 'Terrain inondé, couvert de tram et de joncs. Plaine.
- O Id. Id. Rizière de deuxième classe. Id.
- 3 Id. Luc 'Tri. Terrain planté de poivriers. Versant sud d'une colline.
- 4 ld. Id. Rizière de deuxième classe. Plaine.
- 5 Id. Plia my. Jardin, cocotiers, manguiers, aréquiers, bananiers, pastèques. Au bord d’un arrovo.
- 6 Id. My otric. Terrain planté de poivriers. Plaine.
- 7 Jd. Jd. Jardin maraîcher, champ de canne à sucre. Versant d’une colline.
- 8 Id. Tàn thanh. 'Terrain inondé couvert de tram et d’herbes. Plaine.
- 9 Id. Tien Kliauh. Terrain couvert de palmiers d’eau et de joncs. Au bord d’un arroyo.
- 10 Phû quôc. D iiû ng (long. 'Terrain de jardin précédemment couvert de joncs, de tram et de broussailles. ld.
- 11 Id. Lac, plui. Terrain de forêt transformé en poivrière. ld.
- 12 Thand-gi. Oiiông hoà. Rizière. Au pied du mont Baïot.
- 1.3 Jd. ld. Terrain planté de poivriers. ld.
- 14 Id. Thuan-Yen. Jardin d’aréquiers. Près de la mer.
- ! 5 Id. Jd. Terrain planté de poivriers. Sur le penchant d’une colline.
- 16 Id. Tra can. Terrain élevé inculte, couvert de tram et de broussailles. Plaine.
- 17 Id. Tra tien. Terrain planté de poivriers. En plaine, au milieu d’une foré t de tram.
- 18 lîinh-au. Biuh tri. Id. Sur le liane d’une colline.
- 19 ld. ld. Jardins d’aréquiers. Au bord de la mer.
- 20 id. Id. Rizière. Au pied d’une colline.
- 364 AGRICULTURE. - SEPTEMBRE 1902.
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-
- ANALYSE ANALYSE
- CHIMIQUE. PHYSICO-CHIJIlol'E.
- ARRONDISSEMENTS DIVERS
- Analyse des terres.
- TABLEAU XIV
- N“»
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
- I Terre line 100,00 100,00 99,00 99,00 99.00 99,00 100,00 97,00 97,00 100,00 )) » » )) » 96,00
- Cailloux )) )) 1,00 1,00 1,00 1,00 0,00 3,00 3,00 1,00 » » » „ )> 4,00
- Sable siliceux . . . » )) 82,25 75,58 91,00 65,65 87,37 84,70 72,20 47,68 » )) )) )) )) 74,32
- ) Annie. )) )) 7,33 14,55 3,92 17,61 10,53 11,00 22,05 41,33 )) )) » » )) 20,02
- J Calcaire )) )> néant néant néant néant né an f néant néant néant )) » )) » )) néant
- f Débris organiques . )) )) 1,55 2.02 1,15 4,15 0.33 0,28 0,15 2,77 )> )) » )) 0,35
- Humus )) » 1.83 3,07 1,16 0,55 0,27 0,10 traces 1,23 )) » » » )) 0,10
- \ Eau. . )) )) 3,82 3,78 1,77 6,04 1,50 0,12 2,60 » )) » )) )) 1,13
- )) » 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 1 0 )) )> » - » 100,00
- / Azote . 1,044 0,2146 0,1207 0,1725 0,0747 0,3166 0,0488 0,0287 0,0172 0,2070 )) » )) )) )) 0,0395
- 1 Acide phosphorique. 0,0905 0,0258 0,0150 0,0376 0,0271 0,0661 0,0081 0,0237 0,0114 0,0532 0,0528 0,0798 0,0132 0,0180 0,0138 0,0095)
- l Chaux 0,0056 0,0728 0,0140 0,0140 0,0196 0,0140 0,0224 0,0280 0,0420 0,0280 0,0028 0,0056 0,0140 0,0168 0,0168 0,0280
- : / Magnésie 0,1350 0.5100 0,0400 0,0400 0,0250 0,0250 0,0250 0,0125 0,0250 0,0150 0,0650 0,2450 0,0225 0,0300 0,0300 0,0250
- ] Potasse 0,1390 0,1034 0,0231 0,0306 0,0231 0,0281 0,0340 0,0170 0,0340 0,3220 0,0527 0,0578 0,0136 0,0102 0,0306 0,0287
- f Soude. 0,1430 0,0308 0,0218 0,0218 0,0327 0,0218 tï'clCOS traces traces traces traces traces traces traces traces traces
- 1 Acide sulfurique . . 0,2924 0,0782 non dosé non dosé non dosé non dosé non dosé traces traces non dosé 0,4836 0,4470 traces traces traçais traces
- D'ORDRE. A R R 0 N DIS S K M E N T S. PLANTEURS. CU LT U RE S. OBSERVATION S.
- I Oanlho. Guéry. Rizière récemm1 défrichée. Sol.
- '2 )) )) Id. Sous-sol.
- 3 Cbolon (pi es Benluc). Paris.
- 4 » )> 1 Rizières défrichées depuis Anciens marais situés au commence-
- fi » )> 3 ou 4 ans. ment de la plaint des Joncs.
- 7 Tanan. Champ d’essai de Thaï-Linch. )) »
- s Ciadinb. Guéry. Caféiers. Sol.
- 9 Ciadinh. Guéry. Id. Sous-sol.
- 10 )> Champ d’essai de Phu. Rizières. Sol.
- 11 Ciadinb. Josselmc. Marais. A l’extrémité de la plaine des Joncs.
- 12 )) )) Id. Id.
- 1 :î » » Cultures diverses. Terres de liane de g mue sol.
- 14 >> )) )> Terres de liane de cienc sous- sol.
- Ci )) )) )) Terres de ci en U.
- Di j Bien lloa (ouest). Pelligrini. » ))
- ÉTUDE DES TERRES DE LA COCHIXCHLNE.
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-
-
-
- ARRONDISSEMENT DE THuDAUMOT
- TABLEAU XV
- CO
- O
- os
- Analyse
- PHYSICO-CHIMIQUE.
- Terre (ine........
- Cailloux..........
- Sable siliceux . . .
- Argile............
- Calcaire..........
- Débris organiques.
- Humus.............
- Eau...............
- Pour ces terres l’analyse physique n’a pas été faite, mais nous devons dire que ce sont des terres sableuses, contenant parfois une assez forte proportion de cailloux.
- 1 S 3 4 5 6 7 8 9 10 il 12 13
- J Azote 0,0404 0,0867 0,0144 0,0172 0,0057 0,2357 0,0345 0,0113 0,0460 0,0345 0,0690 0,0375 0,0805
- 1 Acide phosphorique. . . 0,0347 0,0176 0,0167 0,0053 0,0030 0,0152 0,0148 0,0028 0,0169 0,0142 0,0313 0,0323 0,0237
- i Chaux 0,0196 0,0098 0,0182 0,0140 0,0112 0,0224 0,0336 0,0224 0,0196 0,0140 0,0112 0,0140 0,0364
- Analyse chimioue. < Magnésie. 0,0100 0,0300 0,0100 0,0250 0,0200 0,0250 0,0300 0,0150 0,0250 0,0250 0,0400 0,0400 0,0250
- 1 Potasse 0,0510 0,0459 0,0204 0,0204 0,0204 0,0170 0,0340 0,0204 0,0204 0,0204 0,0323 0,0476 0,0306
- I Soude traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces
- | Acide sulfurique. . . . traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces traces
- { Nos de 1 à 3. parties la plus anciennement défrichée. N0* de 1 a 8. — ferres du nouveau champ d’essai de Ong-Yen.l
- (Nos de 4 à 8, partie défrichée depuis 2 ou 3 ans.
- N0” de 9 à 13. —- Terres de l’ancien champ d’essai de Bung près Thudaumot abandonné depuis deux ans.
- AGRICULTURE. - SEPTEMBRE 1902.
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- TERRES DE FORMATIONS GÉOLOGIQUES DIVERSES TABLEAU XVI
- Arrondissements de Bien-Hoa, du cap Saint-Jacques et d’Hatien (Ile de Phu-Quoc).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 814 15 16
- Terre line 90.00 89,00 100,00 100,00 99,00 99.00 40,00 28,00 88,00 100,00 99.00 32,00 63,00 88,00 98,00 97,00
- Caâ I Cailloux 4.00 11,00 0.00 0,00 1,00 1.00 60.00 72.00 12.00 0.00 1,00 68,00 37.00 2,00 2,00 3,00
- ca ~ Sable siliceux. . . . 4 4..' 17 36,27 42.62 17.08 37.45 46,52 18,50 19.43 55.30 59,43 64,72 28,20 61,68 80,95 81,80 81,80
- g== Ai 'Silo. ...... 50.35 29,76 52,34 76.60 58,80 48,20 18.85 7,01 31,75 37,36 31,73 1,62 0,53 4,13 12,80 13,15
- Ô Calcaire néant néant néant néant néant néant néant néant néant néant néant néant néant néan t néant néant
- vc ) Débris organiques . 0.62 0,45 0.54 0.48 0.69 2,98 0.55 0.53 0,75 1,75 1,18 1,15 0,34 1 13 0,20 0,72
- = Humus 0.3.7 0.22 0,10 0,08 0.19 0,46 0.08 0,22 0.12 0.24 0,29 0.40 0,15 0,41 0,25 0,23
- Eau 0.31 2,30 4,40 5,76 1,87 0,84 1,92 0,81 0,08 1.22 1,08 0,63 0,30 0,75 2,95 1,10
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- Azote 0, 747 0.0460 0.0402 0,04.31 0,0805 0,0805 0,0464 0,0522 0.0638 0.0870 0,0812 0.0402 0,0258 0,0460 0,0460 0,0517
- “ w l Acide phosphorique. 0,2014 0.1938 0,3800 0,4066 0,5833 0,1305 0,0171 0,0313 0,0450 0,1235 0,0674 0,0437 0,0076 0,0193 0,0169 0,0169
- 1 Gliaux 0,1792 0,0392 0,0500 0,0504 0,1204 0,2440 0,0168 0,0364 0,0420 0,0616 0,0280 0,1428 0,0280 0,0560 0,0280 0,0140
- J Magnésie. 0,1650 0.0600 0,1000 0,0500 0,3400 0,3900 0,0250 0,0500 0,0500 0,3100 0,0400 0,0250 0,0350 0,0350 0,0500 0,0400
- ' Potasse 0,0187 0,0204 0,0136 0,0119 0,0459 0,0442 0,0340 0,0340 0,0408 0,0680 )) 0,0391 0,0306 0,0476 0,0425 0,0680
- v» n’oitiiBii. ARRONDISSEMENTS. VILLAGES. OBSERVATIONS.
- 1 Bien-Hoa. Phuoc-Tan. Terre de la Vallée de La Buang, plantée de caféiers.
- 2 Id. )) Id.
- a Id. Plateau du Vo-Dinh. 3)
- 4 Id. Plateau du Tons- Mardi. »
- K Ici, Plateau du Bao-Ham. ))
- 0 Id. Bo- Mua. ))
- 7 Id. Trians. \ Terrains situés à liane de coteau 1° partie la plus élc vée.
- 8 Id. » ( et plantés de caféiers sur le bord 2° partie placée a mi-cote.
- 9 Id. )) ) du Douai. 3° partie la plus basse.
- 10 Id. Près de "Trians. Terre de Rizière.
- 11 Id. )) ))
- 12 Cap Saint-Jacques. Cap Saint-Jacques. Terrain d’origine granitique ayant reçu beaucoup d’engrais.
- Ut Id. )) »
- 14 Id. )) ))
- 15 Royaume du Cambodge. kampoL Terrain couvert de Dichopsis Krantzianu (arbre donnant une grilla spéciale).
- Di Ha tien. Ile de Phu-Quoc. Id. Id.
- M-
- H
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- o
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- S
- •x
- O
- ta
- PI
- CO
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- MÉTALLURGIE
- SULFURE DE FER. SES PROPRIÉTÉS ET SON ÉTAT DANS LE FER FONDU,
- par M. H. Le Chatelier et M. Ziegler.
- L’influence nuisible que de petites quantités de soufre exercent sur le fer, et Faction si remarquable du manganèse pour atténuer cette influence, nous ont engagés à étudier, de plus près qu’on ne l’avait fait jusqu’ici, les relations du soufre avec le fer et le manganèse.
- Sulfures cristallisés. — On trouve en abondance, dans la nature, un sulfure de fer cristallisé, le bisulfure ou pyrite, FeS2. Sous Faction de la chaleur, ce corps perd plus de la moitié de son soufre à une température assez basse, bien inférieure à celle de la fusion du fer; il n’y avait donc que peu de chance de le rencontrer dans les produits métallurgiques fondus. En fait, nous n’avons jamais trouvé, dans les métaux, aucun indice de son existence, nous le laisserons donc complètement de côté.
- On prépare artificiellement un sulfure de fer fondu, à cassure bronzée, cristalline, en fondant du soufre ou de la pyrite de fer avec du fer métallique; on le considère généralement comme du protosulfure de fer, il sert dans les laboratoires à la préparation de l’hydrogène sulfuré.
- Enfin, on a signalé la possibilité d’obtenir au laboratoire des sulfures renfermant moins de soufre encore. Mais, en réalité, comme nous le montrerons, ces soi-disant composés ne sont que des mélanges renfermant des quantités plus ou moins grandes de fer métallique.
- Il n’y a donc, au point de vue qui nous occupe, à retenir que le sulfure de fer fondu ordinaire; il nous a semblé indispensable d’en faire une étude très complète avant d’aborder la question des relations du soufre avec le fer, parce que, a priori, il y avait bien des probabilités pour que le soufre se trouvât précisément sous cette forme dans les fers et aciers fondus.
- Composition chimique. — Les analyses du sulfure de fer fondu tel qu’on le trouve chez les marchands de produits chimiques correspondent à une composition très notablement différente de celle du protosulfure. Elle est cependant assez peu variable, et ne s’écarte guère de 0,8 équivalent de soufre pour 1 équivalent de fer. Les analyses ont été faites par la méthode suivante. Le sulfure finement pulvérisé était mis 24 heures en digestion avec un mélange à poids
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- 369
- SULFURE DE FER.
- égaux de brome et d’eau. On pesait le résidu insoluble et on dosait dans la dissolution le fer et l’acide sulfurique :
- Fer . . . 33,2 64,0
- Soufre 23,6 27,7
- Insoluble . . . 24,0 7,2
- Total . . . 100,7 98,9
- Formule brute ... Fe S0-8 Fe S°>
- Métallographie, —Il était indispensable, pour arriver à la connaissance exacte de la constitution de ce corps, d’en faire l’étude métallographique. Elle pré-
- Fig. 1. — Grossissement, 650 diamètres.
- sente une certaine difficulté, parce que tous les fragments de sulfure fondu sont criblés de petites cavités qui en rendent le polissage assez difficile, même après leur remplissage avec de la gomme-laque fondue. Quoi qu’il en soit, on observe sur ce corps simplement poli, sans qu’il soit besoin d’aucune attaque, trois constituants :
- 1° Des grains jaunes, qui forment de beaucoup la partie prépondérante. Ils sont essentiellement constitués par le sulfure de fer.
- 2° Des parties brillantes, ayant un éclat métallique beaucoup plus prononcé que le sulfure et une couleur blanche tout à fait semblable à celle de fer. Dans une solution étendue de sulfate du cuivre, elles se recouvrent immédiatement d'un dépôt de cuivre, c’est du fer métallique.
- Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 23
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- 370
- MÉTALLURGIE.
- --- SEPTEMBRE 1902.
- 3° Enfin, entre les grains jaunes, et souvent autour des grains de fer, on voit une matière formée de lamelles très fines, alternantes, qui présente la constitution habituelle des alliages euteetiques ou de la perlite. Un des éléments de cet eutectique est le sulfure jaune. L’autre est une matière grise qui, par sa couleur, ressemble aux scories que l’on trouve souvent interposées dans les fers et aciers. Nous montrerons plus loin quelle en est la constitution.
- Les photographies fig. 1 et 2 donnent (au grossissement de 650 diamètres), des reproductions de l’aspect que prend par simple polissage le sulfure fondu,
- Fig. 2. — Gr. 650.
- les points blancs correspondent au fer, les cellules grises au sulfure et les taches noires aux piqûres ou petites soufflures. La perlite est plus ou moins facilement visible entre les grains gris.
- La photographie fig. 3 (Gr=650 diamètres) se rapporte à un échantillon un peu exceptionnel d’eutectique, il a été choisi dans une masse refroidie très lentement, dans laquelle tous les éléments cristallins avaient pris de grandes dimensions.
- Fusion. — Le sulfure ordinaire fond en un liquide très fluide à la température de 950° environ. Pendant la solidification, il se dégage généralement une certaine quantité de gaz et, finalement, il se produit, après l’achèvement de la solidification, un retrait considérable, qui peut atteindre un dixième du volume du sulfure fondu. C’est à ce dégagement du gaz et à ce retrait qu’il faut rapporter
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- SULFURE DE FER.
- 371
- pour une part importante les nombreux vides qui existent dans tous les culots fondus.
- Nous avons essayé de fondre le sulfure sous une couche de sels alcalins pour le préserver de l’oxydation. Cette fusion s’effectue sans difficulté, mais le culot obtenu dans ces conditions tombe lentement en poussière à l’air humide, et immédiatement quand on le met au contact de l’eau. Il se produit là un changement d’état dimorphique analogue à celui qui amène la désagrégation de la litharge fondue ou celle du sulfate double de cuivre et de potassium. Cette pulvérisa-
- Fig. 3. — Gr. 650.
- tion est suivie d’une oxydation lente, qui se manifeste par une augmentation progressive de poids continuant pendant un temps très long. Voici des résultats obtenus dans une série semblable d’expériences.
- Augmentation de poids sur 100 parties.
- Nombre de jours...... 3 3 10 20 29 40
- Augment. du poids p. 100. 2,77 4,41 3,65 6,96- 7,70 8,44
- La matière s’était transformée en un mélange de sesquioxyde de fer et de soufre renfermant, en outre, une certaine quantité de sulfate ferreux et de chlorure de sodium.
- Dilatation. —Nous avons cru utile de faire l’étude de la dilatation du sulfure pour expliquer une anomalie qui se présente pendant le refroidissement de ce
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- corps après sa solidification. Il est très difficile d’en obtenir des fragments-fondus un peu volumineux, surtout quand la teneur en soufre est élevée et se
- rapproche de celle du protosulfure ; la masse se fend au refroidissement, mais sans arriver à la pulvérisation. Il semble bien qu’il s’agit là encore d’une transformation dimorphique. Nous avons employé la méthode de la mesure des dilatations qui avait été appliquée antérieurement par l’un de nous à l’étude des transformations du fer.
- Cette méthode consiste à mesurer les différences de dilatation entre le corps étudié et une tige de porcelaine de même longueur. Cette différence est donnée par l’inclinaison d’un petit miroir en silice fixé entre les deux tiges. Le tableau et le graphique ci-dessous (fig. 4) résument les résultats obtenus. On voit que, entre 100 et 200°, la dilatation éprouve une perturbation considérable, qui décèle d’une façon certaine l’existence d’une transformation dimorphique.
- Allongement p. ÎOO de la longueur initiale.
- Température............ 120 190 240 263 400 650
- Allongements........... 0,09 0,00 —0,06 0,00 0,35 0,83
- Mais, quand on répète plusieurs fois l’expérience, on voit la grandeur de la contraction se modifier à chaque opération et, finalement, la tige se brise en plusieurs morceaux. La contraction observée est donc la somme du changement réversible de dimension, seul intéressant à déterminer, et de changements permanents, résultant de petites fissures.
- Pour déterminer avec plus de précision la température à laquelle celte
- D
- £ 4-0
- Fig. 4.
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- SULFURE DE FER.
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- transformation se produit, nous avons recommencé cette étude en employant la méthode du dilatomètre. On a introduit dans un grand thermomètre, de 30 centimètres cubes de capacité, un poids de 132 grammes de sulfure concassé et on a achevé de remplir l’appareil avec de l’huile de vaseline. On a chauffé jusqu’à la température d’ébullition de l’huile : à 300°, pour chasser complètement l’air, et on a abandonné au refroidissement en notant simultanément la température et le niveau supérieur de la colonne liquide dans le tube droit. Voici les résultats obtenus : la contraction subit deux perturbations ; l’une entre 100 et 120 degrés; la seconde au-dessus de 220°. Il y aurait donc, en réalité, deux points de transfor-
- aD
- 79 80 90 100 110 !20 130 14-0 150 180 170 180 190 200 210 220 230 240 250
- Fig. 5.
- mation, Mais l’altération de l'huile au-dessus de 200° a empêché d’étudier complètement la seconde perturbation.
- Le graphique fig. 5 donne, aux différentes températures, l’accroissement apparent de la dilatation pour un intervalle de 3°.
- Pour caractériser d’une façon plus certaine encore l’existence de cette transformation dimorphique du sulfure, nous avons étudié la variation de sa résistance électrique avec la température. Pour cela on a coulé une baguette dans laquelle étaient fichés, aux deux extrémités, des fils de platine qui amenaient le courant, et entre lesquels ou mesurait la différence de force électromotrice. Cette tige était plongée dans un bain d’huile de vaseline qui fut chaufféjusqu a 330°. Les résultats de ces expériences ont été : qu’au chauffage, la résistance électrique augmente d’abord régulièrement et considérablement jus-
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- qu’à prendre une valeur égale à vingt fois sa valeur initiale vers ISO0. Au-dessus de cette température, la résistance est restée invariable jusqu’à la plus haute température atteinte, qui a été de 300°. Au refroidissement, les phénomènes ont été exactement semblables, mais en sens inverse, avec un léger retard seulement pour le point de changement dans la loi de variation de la résistance. Ce point s’est abaissé à 130°. On peut donc dire que le point précis de la transformation inférieure est compris entre 130° et 130°, soit, en moyenne, 140°. La transformation supérieure, que les mesures de dilatation avaient mises en évidence, ne s’est pas manifestée par une variation de résistance électrique.
- 30 40 50 60 10
- 80 S0 ICO 110 120 130 140 .150 160 170 180 190 ZOO 210 Z20 230
- Températures.
- Fig. 6.
- La courbe fig. G donne le résultat des mesures. Les conductibilités électriques sont exprimées en fonction d’une échelle arbitraire, car l’irrégularité du barreau n’a pas permis de déterminer en valeur absolue la résistance spécifique.
- Décomposition par la chaleur. — Le sulfure de fer chauffé à une température élevée perd du soufre, et il en perd d’autant plus que la température est plus élevée. Les expériences ont été faites en chauffant de ]a pyrite (FeS2) dans un petit creuset en porcelaine fermé par son couvercle et plongé dans un creuset rempli de fragments de charbon de bois, pour empêcher la pénétration de l’air. Voici les résultats d’analyses effectuées sur des échantillons semblables :
- Chauffe à 1 200°
- Fer.............................. 61,5
- Soufre........................... 35,5
- Résida insoluble................ 3,6
- Total....................100,6
- Nombre d’équival. de soufre
- pour 1 équivalent de fer. Fe S1 01
- Chauffé à 1 500°
- 79
- 21,7
- 0,3
- 101,0
- Fe S0'1-8
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- Le sulfure chauffé à 1 200°, qui correspond à peu près exactement à la composition du protosulfure, se présente quand il est examiné par les procédés de la métallographie microscopique, comme composé presque exclusivement des grandes cellules jaunes, qui forment la partie principale de tous les sulfures de fer fondus. La fig. 7 (Gr. = 650) reproduit leur apparence, on y aperçoit seulement de place en place quelques grains de fer métallique. On peut donc affirmer que les cellules jaunes sont bien constituées par le protosulfure de ferFeS.
- En élevant davantage la température, la proportion de soufre expulsé va en croissant, et ce sont ces produits moins riches en soufre qui ont été décrits
- Fig. 7. — Gr. 650.
- comme des sous-sulfures. L’examen micrographique, et même le simple examen à la loupe, montrent que ce sont des mélanges de sulfure avec unequantité relativement élevée de fer métallique. Mais ces échantillons présentent une particularité intéressante : le fer y est cristallisé en dendrites développées possédant, suivant l’orientation, une symétrie hexagonale ou rectangulaire très accentuée. Les photographies ci-dessous (fig. 8 et 9. Gr. = 125) en sont de bons exemples. Ces figures ne donnent d’ailleurs que le centre des cristallites dont les branches ont, en réalité, un développement deux ou trois fois plus grand, que ne pouvait embrasser le champ de la photographie.
- Cette symétrie hexagonale semble indiquer que le fer, sous sa variété stable aux températures élevées, appartient au système rhomboïdal et non pas au système cubique.
- L’existence de formes géométriques de cristaux.de fer indique que, dans ces
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- mélanges riches en fer, c’est ce métal qui commence le premier à se solidifier, c’est l’élément de première consolidation.
- On observe en même temps, dans les sulfures chauffés à haute température, la diminution de la perlite; elle se réduit à presque rien dans les mélanges chauffés à 1 500°.
- Oxydation du sulfure. — En chauffant à l’air le sulfure, il se dégage de
- Fig. 8. — Gr. 123. Fig. 9. — Gr. 123.
- l’acide sulfureux et en même temps il se forme de l’oxyde de fer: c’est l’origine de la croûte noire qui existe à la surface des morceaux qui ont été chauffés et coulés à l’air, comme l’est le sulfure vendu par les fabricants de produits chimiques. Il était vraisemblable que l’élément gris de Teutectique était cet oxyde. Pour élucider cette question, on a maintenu pendant longtemps : environ deux heures, du sulfure fondu au contact de l’air, et cette expérience a été répétée à des températures différentes. Les culots ainsi obtenus, attaqués par le brome, ont laissé un résidu très important exclusivement formé par de l’oxyde de fer.
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- Voici la composition de l’un de ces échantillons :
- Soufre............................... 10,61 p. 100
- Fer.................................. 27,89 —
- Résida insoluble...................61,24 —
- Total..................... 99,74 —
- L’examen métallographique a montré que la perlite était beaucoup plus développée que dans le sulfure primitif. Mais, en outre, on y observait, comme
- Fig. 10. — Gr. 660.
- élément de première consolidation, de grands cristaux allongés et gris (fig. 10. Gr. — 6o0), d’une nuance tout à fait semblable à l’élément gris de l’eutectique. Cette expérience montre donc que le sulfure et l’oxyde peuvent coexister ensemble et, par suite, donne l’explication très simple de la constitution de l’eutectique.
- Mais il subsiste cependant une difficulté que nous n’avons pas réussi à lever complètement. Dans l’action du sulfate de cuivre sur le sulfure brut, on voit du cuivre se déposer sur les parties grises de l’eutectique, plus lentement, il est vrai, et en moindre quantité que sur le fer (fig. 11 ; Gr. = 650). 11 n’y a aucune raison qui puisse expliquer une semblable précipitation du cuivre par un oxyde
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- métallique. Nous avons vérifié, du reste, directement, que le protoxyde de fer préparé par la calcination en vase clos de l’oxalate ne précipite pas du sulfate le cuivre métallique mais l’oxyde hydraté bleu. 11 est probable que la partie grise n est pas homogène; mais est, elle-même, comme cela doit régulièrement se produire, un eutectique constitué par un mélange de fer et d’oxyde, dont les éléments seraient trop fins pour que l’on puisse les différencier au microscope. Ou bien, si 1 on n admet pas cette explication, il faut admettre que cette matière grise est une solution solide de fer métallique et d’oxyde qui participe à la
- fois aux propriétés de ces deux constituants.
- Nous avons, d’ailleurs, vérifié indirectement que ce constituant gris est bien formé d’oxyde, pour la majeure partie, sinon en totalité. Nous avons fondu le sulfure ordinaire dans un courant d’hydrogène sec,, qui est sans action sur le sulfure, mais qui réduit au contraire l’oxyde ; nous avons ainsi fait à peu près complètement disparaître l’eutecti-que. La photographie ci-dessous (fig. 12; Gr. — 650) donne le résultat obtenu par la fusion dans l’hydrogène du sulfure dont la constitution initiale est reproduite sur la figure 1. Les parties sombres semblent être formées par des amas de grains de fer, qui s’arrachent au polissage, en laissant à leur place des trous qui viennent en noir sur la photographie.
- Équilibres chimiques. — Le sulfure de fer fondu, en raison de sa constitution complexe, donne lieu à une série de phénomènes d'équilibre chimique très intéressants, dont il y a lieu de dire quelques mots ici, bien que nous n’ayons pas pu en faire l’étude complète.
- Les différentes réactions à considérer sont les suivantes :
- 1° Dissociation du sulfure en soufre et fer :
- 2 Fe S + 2 Fe + S-.
- Cette réaction rapportée à S1 = 64 gr. absorbe 26 calories pour S gazeux, dans l’état de polymérisation correspondant aux températures inférieures à
- mam
- JÉWl
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- Fig. U. — Gr. 650.
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- 500°. On sait que, vers 1 000a, la dépolymérisation est à peu près complète, et alors la chaleur de dissociation devrait être augmentée de la chaleur de dépolymérisation. En l'absence de données plus précises, on admettra 30 calories pour la chaleur de dissociation de 2 FeS.
- 2° L’oxyde de fer réagit sur le sulfure pour donner la réaction :
- Fe S + 2FeO = 3 Fe + SO2.
- Cette réaction absorbe 94 calories.
- 3° Enfin, il se produit des équilibres de saturation entre le fer, le sulfure de fer et l’oxyde de fer au contact du mélange fondu.
- Fig. 12. — Gr. 630.
- Résumons maintenant rapidement les phénomènes auxquels peuvent donner lieu ces différents équilibres chimiques.
- 1° Dissociation du sulfure. — Aux températures inférieures au point de fusion, la vapeur de soufre doit avoir, à chaque température, une tension de vapeur fixe, et cette tension doit croître avec la température suivant la loi usuelle des tensions semblables.
- On sait, en outre, d’après une loi qui a été établie par l’un de nous, que le quotient de la chaleur latente de dissociation par la température absolue correspondant à la tension de dissociation d’une atmosphère a une valeur sensiblement constante et égale à 0,024. On en conclut, si l’on admet la chaleur
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- latente de dissociation de 30 calories, que la température correspondante à une tension de la vapeur de soufre de 1 atmosphère doit être voisine de 1 000°, c’est-à-dire d’une température peu supérieure au point de fusion. À la température de fusion, la tension de vapeur du soufre doit déjà avoir une valeur sensible et il doit être possible, en chauffant vers 900° le sulfure solide dans le vide, de le décomposer complètement. La loi invoquée ici n’est que grossièrement approximative, et ne permet pas de faire les calculs des températures de dissociation à plus de 100° près, mais cela suffit cependant pour pouvoir affirmer que la tension de vapeur du soufre doit déjà être sensible au-dessous du point de fusion. C’est là une prévision qu’il était intéressant de soumettre à un contrôle expérimental.
- Au-dessus du point de fusion la loi de dissociation n’est plus la même. Les tensions ne sont pas fixes à une température donnée, mais elles varient avec la proportion relative de sulfure et de fer métallique en dissolution mutuelle dans le mélange fondu. Si nous appelons f la tension de vapeur du soufre et G et C° les concentrations du fer et du sulfure dans le mélange, c’est-à-dire les poids de ces deux corps renfermés dans une même quantité du mélange fondu, on a, à température constante, la relation:
- f= K • C/C°.
- C étant la concentration du sulfure et C° celle du fer.
- Enfin Iv est une fonction de la température qui croît très rapidement avec elle.
- Considérons d’abord le cas du sulfure solide mêlé ou non de fer. Il prendra une tension de dissociation croissant régulièrement avec la température et qui sera, à chaque température, indépendante de la quantité déjà dissociée. A une température donnée, la décomposition en fer et vapeur de soufre sera nulle ou complète, suivant que la pression ambiante sera plus grande ou plus petite que la tension de dissociation correspondante.
- Au moment où la fusion commencera à se produire, on aura une petite quantité de matière liquide dont la composition sera celle de l’eutectique : sulfure et fer ; sa tension de vapeur sera égale à celle du sulfure solide en contact. Au fur et à mesure que la température s’élèvera, de nouvelles quantités de sulfure se dissoudront dans le mélange fondu ; mais, aussi longtemps que la totalité du sulfure ne sera pas fondue,la tension restera toujours fixe et égale à celle du sulfure solide. Si la pression est assez faible, la décomposition se produira, en -donnant non plus du fer métallique, mais le mélange fondu dont la composition correspond à cette température à l’équilibre avec le sulfure solide.
- Une fois que la totalité de sulfure est fondue, la loi d’équilibre change; à température fixe, la tension varie avec la proportion relative du fer et du sulfure
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- dans le mélange liquide. Et il faudra nécessairement, si la tension de dissociation n’est pas nulle, qu’il y ait du fer libre dans le mélange fondu; en effet, la formule donnée plus haut montre que, si C° devient nul, la tension de dissociation devient infinie. C’est pour ce motif que le sulfure de fer préparé par fusion renferme toujours un excès de fer. Si l’on vient à changer la température, la pression restant toujours constante, on aura, à chaque température, une composition différente, mais à peu près constante. C’est cette constance apparente décomposition qui a fait croire à l’existence de sous-sulfures définis.
- D’après nos expériences rapportées plus haut, cette proportion minima de fer à l’état libre serait, à 1 500°, la moitié du fer total contenu dans le mélange.
- 2° Equilibre entre F oxyde et le sulfure. — La fusion habituelle du sulfure au contact de l’air rend inévitable la présence d’oxyde de fer dans le mélange fondu.
- Au-dessous du point de fusion, la tension de SO2 serait encore fixe à une température donnée, mais elle semble trop faible pour pouvoir être observée.
- Au-dessus du point de fusion, et pour les mêmes raisons que dans la dissociation simple du sulfure, la loi d’équilibre est toute différente. A une température donnée, la tension de SO2 doit varier avec les proportions relatives de sulfure et de l’oxyde ; mais, point très important à noter, ce n’est pas ici le rapport des deux concentrations, mais leur produit qui intervient. On a :
- f = k' • e • c°2.
- en appelant C la concentration du sulfure et C° celle de l’oxyde K' une certaine constante qui est fonction de la température.
- Les conséquences de cette formule sont, qu’au voisinage du point de fusion, si le sulfure est pur, nous aurons une tension nulle et non plus infinie de l’acide sulfureux, ce qui se comprend facilement, car en l’absence de l’oxyde, il ne peut évidemment pas se faire d’acide sulfureux. Par contre, à température constante, la valeur maxima de la tension sera obtenue quand
- C° = 2 C
- c’est-à-dire quand il y aura deux fois plus de sulfure que d’oxyde.
- Prenons un mélange fondu qui s’est oyxdé à l’air, mais dans lequel la proportion d’oxyde fondu n’est pas suffisante pour que la tension de SO2 dépasse-1 atmosphère. Ce système sera stable. Laissons-le maintenant refroidir et se solidifier. Dans le cas habituel d’un mélange riche en sulfure, c’est celui-ci qui se solidifiera le premier, et le mélange resté fondu s’enrichira en oxyde; par suite, la tension de SO2 ira en croissant, et il pourra arriver que cette tension devienne supérieure à celle de l’atmosphère. Les réactions commenceront alors : il se dégagera, dans la masse, de l’acide sulfureux qui chassera par les fentes de-
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- la première couche solidifiée la partie centrale encore fondue. On aura le phénomène bien connu du rochage. On l’observe eil effet souvent dans la solidification du sulfure fondu, si on l’a laissé s’oxyder un peu à l’air. On devrait l’observer dans tous les cas à la fin de la solidification ; mais quand la proportion d’oxyde est très faible, ce phénomène ne tend à se manifester que lorsque la presque-totalité de la masse est solidifiée, et il ne reste plus alors assez de matière liquide au centre, ni de passages libres dans la croûte superficielle solide, pour permettre le rochage.
- Au fur et à mesure que la température est plus élevée, la constante Iv croît rapidement. Il en résulte que la proportion d’oxyde restant dans le mélange fondu va en diminuant ;on doit donc retrouver beaucoup moins d’oxyde, et par suite d’eutectique, dans les mélanges fondus à très haute température. C’est bien ce que nous avons observé après la fusion à 1 o00°.
- 3° Equilibre de saturation du corps fondu. — Le mélange ternaire : sulfure, oxyde et métal laisse, parle refroidissement, solidifier en premier l’un ou l’autre de ses trois constituants.
- En général, avec le sulfure ordinaire des fabricants, c’est le sulfure, parce que, comme de juste, il prédomine dans le mélange (fig. 1 et 2). Au contraire, si le même corps a été chauffé jusqu’à 1 500°, ce qui amène une perte de soufre, c’est le fer qui se sépare le premier (fig. 8 et 9) et donne les grands cristallites hexagonaux dont nous avons parlé plus haut. Enfin, si on ajoute au mélange une grande quantité d’oxyde, ce peut être cet oxyde qui se sépare le premier (fig. 10). Quoi qu’il en soit, le refroidissement continuant, le corps qui a commencé le premier à se déposer cristallise en quantités progressivement croissantes, jusqu’à un certain moment où un second commence à se déposer avec lui ; puis la solidification des deux corps continue à se faire simultanément, jusqu’à un moment où le troisième commence à se séparer. A partir de ce moment, la solidification s’achève à température constante, et le mélange qui se sépare constitue l’eutectique dont nous avons parlé plus haut, et qui est composé d’oxyde et de sulfure, avec du fer tellement divisé qu’il échappe aux plus forts grossissements du microscope.
- Sur la prétendue perméabilité du fer pour le sulfure de fer. — M. Campbell et, après lui, M. Arnold, professeur à Sheffield, ont soutenu que, vers 1 000 à 1100e, le sulfure de fer traversait complètement l’acier doux, le fer fondu, sans qu’il reste dans le métal aucune trace du soufre qui l’avait ainsi traversé. Ce fait est tellement paradoxal qu’il demande à être vérifié plutôt dix fois qu’une. C’était pour faire une semblable vérification que M. Arnold avait répété les expériences de M. Campbell, à l’exactitude desquelles il ne croyait pas au début de ses recherches, et c’est dans le même esprit que nous avons repris encore une fois la même étude. Mais nous croyons, cette fois, être arrivés à démon-
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- trer d’une façon certaine l’inexactitude des faits avancés par nos prédécesseurs.
- MM. Campbell et Arnold enfermaient du soufre, ou mieux, disent-ils, de l’oxysulfure de fer, dans un bloc d’acier doux foré et fermé ensuite par un bouchon de même métal rivé à froid. Ce bloc était chauffé pendant une heure ou deux dans un tube de porcelaine; après refroidissement, on sciait le bloc d’acier en deux dans le sens]de la longueur, et on constatait que la capacité était presque
- toujours complètement vidée, sans que le joint se fut aucunement desserré. On retrouvait du reste le sulfure dans le tube en porcelaine
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- Fig. 13. — Gr. 123.
- Fig. 14. — Gr. 630.
- autour de la partie inférieure du bloc de fer. L’analyse des parties du bloc d’acier éloignées de l’une et l’autre paroi ne donnait aucune trace dosable de soufre, en sus des deux dix millièmes qui existaient primitivement dans le métal employé.
- Nous avons répété celte expérience, et observé exactement les mêmes faits ; la capacité primitivement remplie de sulfure se vide de la façon la plus complète, les parois sont presque aussi nettes à l’intérieur qu’avant l’introduction du sulfure. Nous avons recommencé les expériences dans un bain de chlorure de
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- sodium fondu et les résultats ont été les mêmes. Ce bain de sel a l’avantage d’empêcher l’oxydation du sulfure et de permettre de recueillir plus facilement, au fond du creuset, sans le laisser s’oxyder, le sulfure qui s’est échappé. Il semblait donc que l’affirmation des deux savants anglais fût au-dessus de toute discussion.
- Pour être certains de l’étanchéité du joint, nous fîmes le polissage d’une sec-
- lion longitudinale du bloc passant par \ f "V* *. L’ax<‘ du bouchon, rl. en l'examinant avec
- un l'nrl grossissement du microscope,
- IlilHlHHHliimrx:
- Fig. 15. — Gr. 125.
- Fis-. 16. — Gr. 125.
- nous avons reconnu que le joint était rempli de sulfure sur toute sa longueur; mais, en bien des points, le filet de sulfure ainsi observé n’avait pas 1 centième de millimètre d’épaisseur.
- Nous donnons ici une photographie de cejoint (fig. 13 ; Gr. = 125), qui permet déjuger combien il est mince. Dans le cas où le bloc est en fer pnddlé, le sulfure s’ouvre également des passages le long des paquets de scories allongés dans le sens du laminage. La seconde photographie donnée ici (fig. H ; Gr. = 650) est un exemple d’une infiltration semblable de sulfure. La grande tache noire est de la scorie et l’on voit, à côté, le sulfure plus clair avec un peu de son eutectique.
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- SULFURE DE FER.
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- Le sulfure était donc passé tout simplement par les joints en raison de son, extrême fluidité. Pour achever la démonstration de ce mode d’expulsion, nous avons répété l’expérience en creusant un trou conique sur le sommet du bloc après avoir rivé à froid le bouchon, et nous avons chauffé le bloc debout, de telle sorte que, si le sulfure sortait bien par le joint, il devait se réunir dans la cavité supérieure, et ne plus couler vers le bas du bloc, comme dans les expériences précédantes. C’est bien en
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- Fig. 17. — Gr. 650.
- Fig. 18. — Gr. 650.
- effet ainsi que les choses se sont passées; le soufre expulsé au dehors était réuni dans la cavité supérieure, où il n’a pu arriver que par le joint.
- Le passage du sulfure par un joint aussi mince s’explique par les deux faits suivants. Non seulement ce corps est très fluide, mais encore il dissout le fer en quantité notable, de telle sorte qu’il élargit, par le fait même de son passage, les orifices étroits dans lesquels il a commencé à s’introduire, et la circulation du sulfure fondu devient de plus en plus facile à mesure qu’il en a déjà circulé une plus grande quantité. En outre, la réaction du sulfure sur l’oxyde, en dégageant de l’acide sulfureux, produit une pression qui tend à expulser toute la matière contenue dans la capacité close. On comprend pourquoi la sortie est plus facile Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 26
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- avec le prétendu oxysulfure de M. Campbell, qui n’est en réalité qu’un mélange de sulfure et d’oxyde. Dans ce cas, la production d’acide sulfureux est encore plus considérable.
- Etat du soufre dans le fer fondu. —Nous avons préparé des fers fondus renfermant quelques centièmes de soufre seulement par l’un des deux procédés suivants. Dans un cas, nous avons réduit avec l’aluminium, parle procédé Goldsh-
- Fig. 19. — Gr. 650.
- midt, des mélanges d’oxyde de fer et de sulfate de chaux calculés de façon à avoir des culots renfermant de 1 à 5 p. 100 de soufre. Mais, en réalité, les proportions obtenues ne correspondent pas exactement aux quantités de matières mises en présence et l’on a fait, dans chaque cas, l’analyse du culot métallique. Le second procédé a consisté à fondre un mélange de sulfure de fer et de fer métallique au moyen du chalumeau oxyacétylénique. On peut, en effet, comme l’un de nous l’a montré depuis longtemps, obtenir, par la combustion de l’acétylène au moyen de l’oxygène,des températures de 4 000°, avec des compositions de flamme à volonté réductrices, neutres ou oxydantes, sans que la température change notablement.
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- Les culots obtenus dans tous les cas se sont présentés avec des apparences semblables. Pour les teneurs inférieures à i p. 100 on voit, par le simple polissage, le sulfure de fer ordinaire mêlé d’un peu de son eutectique sous forme de taches rondes d’abord pour les bien faibles teneurs, puis ovales et ensuite allongées. Pour les teneurs plus fortes, ces taches s’allongent encore, tendent à se réunir de façon à dessiner un réseau. Elles forment une enveloppe à tous les grains cristallins du fer. Les photographies ci-dessous (fig. 15 et 16. Gr. = 125, fig. 17 et
- Fig. 20. — Gr. 630.
- 18.Gr.=r 650) donnent deux photographies semblables, correspondant aux teneurs de 0,3 et de 41 p. 100.
- On conçoit que ces réseaux de sulfure, corps très peu résistant à froid et fusible vers 950°, diminuent considérablement la résistance du fer à froid et l’an-nulent complètement à chaud. Nous n’avons trouvé aucune indication certaine de Inexistence d’une solution solide homogène pour les très faibles teneurs en soufre, comme cela a lieu pour le phosphore.
- Nous avons cependant observé que, lorsque l’on fait une attaque par un réactif approprié, par exemple avec l’excellent réactif indiqué par M. Igevsky,
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- solution à o p. 100 d’acide picrique dans l’alcool absolu, les parties du fer voisines du sulfure se corrodent plus rapidement, comme si elles étaient moins pures. En outre, quand le sulfure est en grains épars, cette attaque fait apparaître des contours de deux ordres. Les uns, intérieurs aux figures polygonales dessinées par les grains de-sulfure, sont les conlours habituels des grains de fer. Mai& en outre, on voit paraître des lignes beaucoup pins larges, qui joignent ces grains de sulfure de façon à dessiner complètement les figures polygonales dont les. taches de sulfure occupent les sommets. Les photographies des figures 19 et
- 18 (Gr. = 630) donnent le résultat d’une semblable attaque sur les mêmes échantillons qui, avant toute attaque, avaient donné les photographies 17 et 18.
- Il semble donc que, au voisinage immédiat du sulfure, et suivant certaines lignes joignant les taches de sulfure, le métal jouisse de propriétés particulières. Mais, pour le moment, nous ne pouvons pas préciser davantage ce point.
- Soufre et manganèse. — On sait que le manganèse annule dans une très large mesure les effets nuisibles du soufre sur le fer fondu. Il était intéressant de rechercher quelle pouvait être l’action du manganèse sur le soufre. Pour cela,nous avons commencé par préparer, parle procédé Goldshmidt, du manga-11 fermant de petites quantités de soufre. Les deux photographies ci-dessous
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- montrent, après simple polissage, sans aucune attaque, la structure d’un métal à •O.lip. 100 de soufre à deux grossissements différents (fig. 21. Gr. = 650 etfig*. 22. Gr. = 125).
- Ces photographies établissent deux faits d’une importance considérable. Le sulfure de manganèse, ayant pris une symétrie cristalline, est nécessairement 1 élément de première consolidation, c’est-à-dire que son point de fusion est supérieur à celni du manganèse et par suite du fer ; il est donc très éloigné de celui Hu sulfure de fer; on outre, le Mil fuie de manganèse est exlrème-menl peu xduble dans le manga-
- WÊÊM
- m
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- Mm
- ———
- ^Tlllr"
- Fiff. 22.
- Fiff. 23. — Gr. 650.
- nèse puisque, à la dose de moins d’un centième, il se sépare avant la solidification du métal.
- Cette infusibilité et cette insolubilité semblent a priori suffire pour expliquer l’action favorable du manganèse sur les fers sulfureux. Le manganèse doit prendre avec lui tout le soufre, et en isoler ainsi du métal fondu la majeure partie. C’est bien du reste ainsi que les choses se passent industriellement. L'autre partie du sulfure, qui reste emprisonnée dans le métal pendant son refroidissement, s’y trouve disséminée à l’état de petits grains isolés qui ne peuvent avoir plus d’inconvénients que n’en auraient de petites bulles semblablement disséminées. Ce qui rend, au contraire, le sulfure de fer aussi nuisible, c’est qu’étant l’élément de dernière consolidation, il se concentre dans les joints entre les grains, et établit des solutions de continuité traversant de proche en proche la masse de métal dans tous les sens.
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- La séparation du sulfure de manganèse s’observe du reste dans la préparation du manganèse par le procédé Goldshmidt. Il vient flotter à la surface du métal fondu, puis se solidifie sous forme d’une scorie verte recouvrant le culot. La photographie fig. 23 donne la coupe d’un de ces culots avec sa croûte de scorie. On voit dans la partie sombre constituée par la scorie avec des
- Fig. 24. — Gr. 650.
- cristallites rectangulaires très nets ; ce sont les cristaux de sulfure de manganèse; ils sont aussi bien formés que ceux observés au sein du métal.
- Nous avons ensuite préparé des mélanges de fer, manganèse et soufre, soit par le procédé Goldshmidt, soit par fusion au chalumeau oxyacétylénique pour voir si, comme on pouvait le supposer en raison de sa moindre solubilité, le manganèse s’emparait de tout le soufre. L’expérience n’a pas confirmé complètement ces prévisions, le soufre s’est partagé entre le fer et le manganèse. Mais il faut remarquer que les culots, qui ne pesaient que quelques grammes, se refroidissaient nécessairement très vite, et il n’est pas certain que l’équilibre de partage ait été effectivement réalisé.
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- Quoi qu’il en soit, voici les photographies cle quelques-uns des culots obtenus. On voit très nettement sur la figure 24 (Gr. = 650) reproduisant l’apparence d'un procédé Goldshmidt, des globules jaunes de sulfure de fer, au milieu desquels on reconnaît aisément des cristaux de sulfure de manganèse, et sur la fig. 25 (Gr. = 650), relative à la fusion oxyacétylénique, des cristaux de sulfure de manganèse et des globules de sulfure de fer. Enfin, la figure 26 (Gr. = 125) montre dans un métal moins riche en soufre, une répartition du sulfure tout
- ' m -
- Fig. 23. — Gr. 630.
- à fait semblable à la répartition de l’oxyde de cuivre dan*s le cuivre métallique. La formation du sulfure de fer n’est donc pas complètement évitée, mais sa répartition semble s’être modifiée, il paraît tendre à se séparer au milieu du métal en globules isolés au lieu de former un réseau continu entre les grains. Il y aurait lieu de reprendre l’étude de cette question sur des lingots de métal de plus grandes dimensions et refroidis dans des conditions industrielles, pour voir si le partage du soufre entre le manganèse et le fer ne serait pas modifié.
- Soufre et nickel. — On sait que le soufre est particulièrement dangereux dans les aciers au nickel. Il était donc intéressant d’étudier les relations du soufre et du nicke .
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- On connaît le sulfure NiS, qui parait être assez stable, beaucoup plus que celui de fer. Il a tout à fait l’éclat métallique. On a décrit un second sulfure, le sous-sulfure Ni2S. Nous avons cherché à préparer ce dernier en fondant les quantités voulues de nickel métallique et de protosulfure. Le culot obtenu présente une cassure à l’aspect métallique et homogène, il en est de même pour la surface polie d’une section ; c’est là ce qui a conduit à considérer ce produit comme un composé défini. Cet argument est sans valeur en raison de l’éclat métallique du protosulfure, qui ne permet pas de le distinguer à la vue du métal.
- IBgllBglB
- Fig. 26.
- Gr, 6o0.
- Mais, en examinant cette surface polie au microscope, on devine deux éléments distincts, et on les met de suite en évidence en attaquant la surface polie par n’importe quel réactif. Le sulfure reste brillant et poli, tandis que le métal s’attaque de suite avec la plus grande facilité. Ce prétendu sous-sulfure n’est qu’un simple mélange de nickel et de protosulfure. La photographie ci-dessous (fig.27. Gr. = 125) a été obtenue en attaquant le culot par un courant de pile faible, mais très longtemps prolongé, ce qui permet de dissoudre le métal à une très grande profondeur. Puis on a rempli toutes les cavités laissées par la disparition du nickel avec un vernis noir. On a repoli et photographié. C’est ainsi que l’on a obtenu les oppositions très vives de la photographie.
- Du ferro-nickel à 25 p. 100 de nickel etl p. 100 de manganèse, fondu avec un
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- peu de sulfure de fer au chalumeau oxyacétylénique, a donné la photographie (fig.28.Gr. = 650) sur laquelle on reconnaît facilement le sulfure de manganèse, sous ses deux aspects.
- Nous avons laissé complètement de côté, dans cette étude préliminaire, les métaux earburés. Nous pouvons cependant signaler ce fait que, très fréquem-
- ment, dans les fontes de moulages, on voit des cristaux très réguliers qui, par l’ensemble de leurs caractères, semblent se rapporter au sulfure de manganèse. Ces cristaux ont cependant un aspect moins dendritique que ceux que nous avons observés; mais la lenteur du*refroidissement, dans les produits industriel®, suffit pour expliquer cette différence d’aspect. On sait que, plus les cristaux se forment lentement, plus ils se rapprochent de leurs formes normales, en polyèdres convexes.
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- ÉTUDES RÉCENTES FAITES, AUX ÉTATS-UNIS, SUR LA FABRICATION DES RAILS,
- par M. H. Le Chatelier, membre du Conseil.
- Depuis quelques années, la question de l’amélioration de la qualité des rails préoccupe très vivement les ingénieurs métallurgistes américains et les ingénieurs de leurs Compagnies de chemins de fer. Des études nombreuses sont publiées tous les jours sur ce sujet et, chose assez rare, ces études ne restent pas longtemps sur le terrain théorique ; elles sont rapidement suivies d’essais d’applications industrielles.
- Le dernier numéro du journal The Metallographist contient trois articles dont je me propose ici d’extraire les parties les plus intéressantes. Les auteurs sont :
- M. S. S. Martin, ingénieur des aciéries du Maryland ;
- M. Robert Job, directeur du service des essais du Philadelphia and Reading Railway ;
- M. Albert Sauveur, directeur actuel du journal où ont paru ces articles, ancien ingénieur des aciéries de l’Illinois, à Chicago.
- Dès l’origine de la fabrication de l’acier fondu, on s’est vite aperçu qu’il y avait une corrélation très nette entre la qualité du métal et la gros seur du grain dans les cassures. Mais un même métal peut, suivant les conditions du travail auxquelles il a été soumis, présenter un grain tout à fait différent, et en même temps une fragilité très différente. C’est le professeur Tschernoff qui a, le premier, défini les conditions dont dépend le développement du gros grain dans une note intitulée : La fabrication de l’acier et ses procédés de travail, qui fut communiquée à la Société technique russe, en avril et mai 1868. Il montra que le développement du gros grain se produit toutes les fois que l’acier est maintenu au-dessus d’une certaine température critique. La nature exacte en a été fixée ultérieurement par M. Osmond; c’est le point de récalescence qui, pour les aciers durs, comme ceux des rails, correspond, pendant le refroidissement, à une température voisine de 700°. L’accroissement du grain est d’autant plus considérable que ces températures sont plus élevées au-dessus du point critique et que la durée de séjour du métal, d’autre part, y est plus prolongée. Le travail mécanique, forgeage ou laminage, à ces mêmes températures et seulement à celles-là, fait disparaître le grain grossier et en même temps la fragilité.
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- Mais si on cesse le travail en laissant le métal à la même température, la cristallisation recommence de suite à se développer, et l’effet utile du travail mécanique se perd progressivement.
- Ce mémoire eut un retentissement considérable et donna au nom de son auteur une grande notoriété, au moins en France. Mais, dans d’autres pays, il resta à peu près inconnu, et les mêmes faits furent depuis bien des fois découverts à nouveau, entre autres par M. Metcalf, dans un travail présenté en mars 1887, devant la Société des ingénieurs civils américains.
- Mais l’impossibilité de définir d’une façon précise la dimension du grain d’une cassure rendait assez difficile l’étude systématique de la fabrication en vue de réduire au minimum ce grain, aussi resta-t-on longtemps sans tirer de ces notions générales tout le parti qu’elles comportaient. Les procédés de la métallographie, en donnant le moyen d’observer d’une façon absolument rigoureuse la grosseur du grain, ont donné, dans ces derniers temps, un nouveau caractère d’actualité à la mise en pratique des idées de M. Tschernoff déjà vieilles de trente-cinq ans.
- Le problème qui se pose est double:
- Etablir les relations qui existent entre les procédés de travail d’un acier-donné et la grosseur de son grain;
- Etablir les relations qui existent entre la grosseur de ce grain et les qualités du métal à l’emploi, c’est-à-dire, dans le cas des rails : absence de fragilité et réduction de l’usure.
- Au Congrès des ingénieurs à l’Exposition de Chicago, M. Albert Sauveur avait présenté dans ce sens un premier travail monlrant que les différences de températures résultant des inégalités d’épaisseur donnent aux rails une structure très variable d’un point à l’autre.Les parties plus minces, rapidement refroidies au contact de laminoirs, étaient finies à une bonne température, peu supérieure à celle du point critique; mais les parties épaisses possédaient encore une température beaucoup trop élevée au moment où elles quittaient le laminoir, et cristallisaient à gros grain pendant le refroidissement final. Des photographies de sections de rails exposées par M. Sauveur ne laissaient de doute dans l’esprit de personne sur l’existence de ces différences de structure et, à partir de ce moment, la question des meilleures conditions de température pour le finissage des rails fut mise à l’étude dans différentes usines américaines.
- Le procédé Kennedy-Morrison, mis en pratique aux Aciéries Carnegie, est aujourd’hui bien connu. Il consiste à laisser le rail abandonné à lui-même avant la dernière passe pendant une à deux minutes, de façon à le refroidir jusqu'au voisinage de la température critique.
- Dans le même ordre d’idées, M. W. R. Webster a proposé, pour vérifier si la température de finissage des rails a été convenable, d’introduire dans les
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- ussais de réception un essai de retrait, c’est-à-dire de limiter la différence entre la longueur du rail au moment où il est scié à chaud et celle du meme rail après refroidissement complet.
- Ces deux tentatives ont été critiquées par M. Martin, qui semble en effet avoir bien établi leur inefficacité, au moins partielle. Dans le procédé Ken-nedy-Morrison, le rail, pendant ses deux minutes de repos à une température uncore très élevée, cristallise largement, mieux encore qu’il ne l’aurait fait en se refroidissant après la dernière passe, car sa température est plus élevée. Pour que ce mode de traitement soit efficace, il faudrait donc que le dernier passage soit capable de détruire complètement la cristallisation préexistante ; or, la réduction de 5 p. 100 de la section qu’elle produit ne constitue qu’un travail tout à fait insuffisant pour atteindre ce résultat. En faisant la microphotographie d’une section, on reconnaît que la restauration du grain n’a été obtenue que sur une profondeur, à partir de la surface, comprise entre 4 et 8 millimètres. Les parties centrales ne sont pas modifiées.
- Les photographies fig. 1 et 2 représentent, au grossissement de S0 diamètres, la partie centrale de la tête d’un rail ainsi laminé et celle d’une région distante de surface de 4 millimètres.
- Un procédé beaucoup plus efficace, d’après M. Martin, consiste à laminer complètement le rail en une seule chaude et, au besoin, à le laisser encore refroidir entre le train ébaucheur et le train finisseur. Quand on envoie le bloom directement du premier train au second, il y arrive à nne température d’environ 830°, tandis qu’en réchauffant le bloom dans l’intervalle il arrive au finisseur à une température d’au moins 1 000°.
- Les photographies fig. 3 et 4 représentent la partie centrale de la tête et la zone à 4 millimètres de la surface d’un rail fabriqué avec la moitié du lingot ayant servi dans l’expérience précédente, mais en le laissant refroidir deux minutes avant de l’envoyer aux deux dernières passes du train finisseur. L’égalité du grain est presque complète entre le centre et la partie périphérique.
- M. S. S. Martin estime que la clause d’essai relative au retrait est absolument illusoire. Cette clause consistant à limiter la diminution de longueur du rail à partir du moment où il a été scié à chaud (à 1/3 par exemple pour des rails de 45 kil.) pourrait être efficace si on avait la certitude qu’il n’y a eu de temps d’arrêt ni pendant le travail du train finisseur, ni entre la fin du laminage et le passage aux soies. Mais ce contrôle est impossible à exercer. D’autre part, le retrait varie un peu avec la nature des aciers.
- M. R. Job a fait porter ses études sur 200 rails avant, en service, donné de mauvais résultats. Il les a comparés à des rails de même provenance ayant au contraire fait un bon service.
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- 11 rappelle d’abord que les anciens rails légers étaient d’une qualité bien supérieure à celle des rails lourds fabriqués aujourd’hui. Il cite des rails laminés en 1864 du poids de (34 kil. au mètre) qui ont supporté pendant 34 ans un trafic intense, et dont le champignon est arrivé à s’user complètement sans aucune rupture. La photographie figure o (n° 6), montre la section du rail en
- 1898 au grossissement réduit de 0,64 et la photographie, n° 7, donne au grossissement de 50 diamètre sa structure microscopique. On voit que le grain est remarquablement fin.
- La composition do ce rail était la suivante :
- Carbone 0,330
- Phosphore. . 0,039
- Manganèse. . . . 0,39
- Soufre ... 0.030
- Silicium. 0,070
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- Mais la composition de ces rails était très variable, le carbone s’élevait jusqu'à 0,44 p. 100, et le phosphore 0,170 p. 100 sans que leur qualité parût en souffrir. Mais, dans tous les cas,le grain restait très fin. La température de finissage était très basse en raison de la puissance moindre des trains de laminoir.
- La composition des rails employés aujourd’hui, qui sont beaucoup plus pesants, est donnée dans le tableau suivant :
- Carbone ...............0,550 à 0,630
- Phosphore.............. 0,075 à 0,104
- Manganèse.............. 0,750 à 1,200
- Soufre................. 0,035 à 0,070
- Silicium...............0 100 à 0,150
- La comparaison des 200 rails ayant fait un mauvais service avec de bons rails n’a donné aucune différence au point de vue de la compositron chimique. 11 en a été tout autrement en ce qui concerne la structure. L’étude de oO rails rompus après une durée de service inférieure à o ans a donné 47 cas de structure à gros grains, contre 2 seulement à grain moyen normal, et ces trois derniers présentaient des défauts spéciaux,tels que soufflures ou scories interposées. Les photographies figure o, n° 1 et n° 3, donnent, au grossissement de 30 diamètres, la structure dite ici à gros grains (n° 1) et à grain moyen normal (n° 3).
- Il en résulte que la fragilité à l’usage résulte presque exclusivement du grain trop grossier du métal.
- Mais les rails ne périssent pas seulement par rupture, ils peuvent s'user plus ou moins rapidement. Les mêmes études de M. J. Job ont montré que, pour une composition chimique donnée des rails, ils s’usaient d’autant plus rapidement qu’ils avaient un grain plus grossier, mais aussi qu’ils renfermaient plus de matières étrangères interposées : oxydes, scories, etc., qui s’opposent aune bonne soudure des différentes parties de l’acier. Ce dernier défaut tient à une fabrication première mauvaise du métal ou à des chutes insuffisantes.
- Enfin un défaut non moins grave des rails est l’écoulement superficiel du métal par compression. On est parfois tenté de l’attribuer à une douceur trop grande ; en fait, cet écoulement est uniquement le résultat d’un défaut de soudure du à la présence de matières étrangères. Les anciens rails, beaucoup plus doux que ceux fabriqués actuellement, présentaient pourtant ce défaut à un degré moindre parce qu’ils étaient d’une homogénéité remarquable.
- Les photographies lig. o (nos 4 et 2) donnent, avec une réduction de 0,o, la section du champignon de deux rails, l’un de bonne qualité et l’autre de mauvaise qualité au point de vue de ces interpositions de matières étrangères.
- L’essai le plus habituellement employé pour la réception des rails est l’essai au choc avec un mouton du poids de 900 kil., tombant d’une hauteur de fi mètres. Cet essai de fragilité ne classe pas exactement les rails, comme le font
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- les ruptures en service. Ses indications se rattacheraient plutôt aux conditions d’usure, bien qu’à première vue il ne semble y avoir aucune relation entre les phénomènes mis en jeu dans les deux cas. L’expérience a montré que les résultats de l’essai au choc, comme l’usure en service, dépendaient à la fois de la grosseur du grain et de la présence des matières étrangères interposées. Des rails à gros grains, mais suffisamment exempts de scories, résistent bien au choc, de meme que des rails impurs, mais à petit grain. Cet essai est donc insuffisant pour caractériser la fragilité en service, qui dépend avant tout de la grosseur du grain.
- M. R. Job propose de compléter cet essai en lui adjoignant la condition de retrait proposée par M. Webster et en précisant la proportion des chutes qui doivent être rejetées sur les lingots.
- Tous ces ingénieurs admettent, pour ainsi dire sans discussion et comme une chose évidente dans l’état aetuel de nos connaissances, que le meilleur laminage est celui qui est mené le plus rapidement et qui est, en outre, terminé juste au-dessus du point de transformation de l’acier. Sur le premier point, il ne semble pas y avoir de doute, mais peut-être y aurait-il quelques réserves à faire au sujet du second.
- M. Martin, pour montrer l’inutilité de continuer le laminage au-dessous du point de récalescence se contente de faire remarquer que ce laminage ne peut plus modifier les dimensions des grains qui sont fixés dès que la transformation correspondante du métal est achevée, et M. Sauveur ajoute que ce travail à basse température diminue la ductilité du métal. Ces affirmations sont certainement exactes, mais ce ne sont pourtant là que des raisons d’ordre théorique, et la moindre expérience eût été beaucoup plus probante. Car, si la dimension des grains ne change pas, leur forme se modifie; ils s’allongent dans le sens du laminage et cet allongement est éminemment favorable à la résistance du métal, du moins au point de vue des ruptures perpendiculaires au sens du laminage. Personne ne contesterait que la forme fibreuse des cellules du bois ne soit pas favorable à sa solidité, au moins dans un sens déterminé. Tout ce que l’on peut dire a priori est que le laminage est favorable à la qualité du métal en allongeant les grains, mais en même lemps il lui est défavorable en l’écrouissant, en provoquant la dureté de laminage, qui diminue sa ductilité. L’expérience seule peut faire voir lequel de ces deux effets contraires l’emporte sur l’autre. Ce que Ton peut dire de plus grave contre le laminage au-dessous du point de récalescence, c’est qu’il exige une dépense de travail considérable et des machines puissantes en raison de la malléabilité beaucoup moindre du métal.
- Mais un point dont aucun de ces ingénieurs ne semble s’être préoccupé, est la possibilité de finir le laminage pendant la transformation même du métal. On sait que pendant cette transformation le métal prend une malléabilité toute spé-
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- cialej supérieure à ce qu’elle était aux températures immédiatement plus élevées. A première vue, on pourrait croire qu’il est impossible d’arrêter une opération nécessairement un peu irrégulière, comme le laminage, à une température rigoureusement déterminée. Il faut remarquer que, pratiquement, la transformation de l’acier, en raison de ses retards bien connus, s’effectue dans un intervalle de température d’une vingtaine de degrés, et comme cette transformation est accompagnée d’une absorption considérable de chaleur, le métal met à traverser ces vingt degrés un temps relativement très long, peut-être égal à celui qu’elle met à traverser les 100° précédents. Il n’y a donc aucune difficulté à s’arranger pour que les dernières passes aient lieu pendant cette transformation. Il n’y aurait d’ailleurs rien d’impossible à ce que les expériences de M. Martin aient été effectuées dans ces conditions, car il ne semble pas qu’aucune mesure de température ait été effectuée pour s’assurer de la position exacte de la température finale par rapport au point critique. C’est là une question qui mériterait d’être l’objet de quelques expériences précises : y a-t-il une différence notable quand on finit le laminage immédiatement avant le commencement de la transformation ou au contraire vers la fin de cette transformation?
- Quoi qu’il en soit, cette question du laminage des rails présente une importance capitale. On est conduit, pour diminuer l’usure, à augmenter la teneur en carbone du métal employé, mais on est limité dans cette voie par la fragilité de plus en plus grande. Tout perfectionnement dans les procédés de travail qui diminue cette fragilité est un bénéfice immédiat, car il permet un accroissement correspondant de la teneur en carbone.
- Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- PERFORATRICES ET HAVEUSES MÉCANIQUES, D’APRÈS M. R.-H. Waiïlford (1).
- L’emploi des perforatrices mécaniques, et surtout celui des haveuses ou déhouil-leuses, n’est pas aussi répandu en Angleterre qu’aux États-Unis, et pourtant elles seraient avantageuses dans environ 60 p. 100 des mines anglaises, dont elles diminueraient le prix de revient de la tonne de houille de 0 fr. 60 à 5 fr. 60 suivant les cas;
- Fig. 1 à 3. — Perforatrice Frotich.
- un abaissement de ce prix de 1 fr. 25 produirait, pour l’ensemble des houillères de l’Angleterre, une économie de 250 millions par an. En outre, le charbon débité par ces machines est plus propre, moins brisé; elles diminuent le nombre des ouvriers employés aux fronts de tailles, les plus exposés de la mine. Les machines travaillant en sous-cave donnent, en moyenne, 90 p. 100 de gros charbon au lieu de 60 p. 100, d’où une plus-value d’environ 0 fr. 60 par tonne; c’est le résultat obtenu notamment avec une haveuse à disque de Winstanley.
- Les accidents sont beaucoup moins nombreux avec les machines : 4 accidents pour un déhouillage de 1 100 000 tonnes au lieu de 315 000, d’après l’expérience de M. Gar-
- (1) Institution of Machaniccil Enf/ineers, London, meeting de juillet 1902.
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- PERFORATRICES ET HA YEUSES MÉCANIQUES.
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- forth, à Normanton, ce qui équivaudrait à une économie d’environ 4 centimes par tonne ; l’économie résultant de la diminution du nombre d’ouvriers et do leurs logements s’élève à environ 10 centimes par tonne. Les machines sont d’autant plus économiques que les couches sont plus minces; elles ont donné les meilleurs résultats avec des couches d’épaisseur moindre que 60 centimètres, et jusqu’à 90 centimètres; [elles cesseraient d’être avantageuses à partir de lra,50. Un bon mineur peut
- Fie. 4. — Perforatrice Frolieh.
- Fig. fi. —; Perforatrice électrique Elliol.
- Fie. 5. — Colonne hvdrauliuue
- déhouiller par jour, dans une couche de 90 centimètres, environ 3 tonnes, au prix de 3 fr. 10 la tonne. L’installation d’une déhouilleuse complète, non compris la chaudière et la salle des machines, coûte environ 23 000 francs, avec, comme frais d’amortissement à 15 p. 100 l’an, 3 750 francs, réparations et rechanges 1 875 francs, combustible moteur 1 500 francs, total 7 125 francs par année de 300 jours, ou environ 25 francs par jour. Ce prix suppose une installation par transmission électrique à 800 mètres du puits, et il est à peu près le même par l’air comprimé.
- La déhouilleuse creuse son entaille à la profondeur moyenne de lm,35 (entre 1 mètre et 1111,80) sur une longueur d’environ 64 mètres, correspondant à un abatage
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- NOTES DE MÉCANIQUE. --- SEPTEMBRE 1902.
- de 100 tonnes en huit heures; elle n’exige que deux et quelquefois trois hommes, ce' qui donne, en faveur du travail de la machine, une économie d’environ 0 fr. 65 par tonne, et ce pour une seule*machine, coûtant 25 000 francs, landis que deux ne coûteraient que 39 000, trois 53 000, et quatre 75 000 francs.
- La machine à barre de Hurd a abattu, dans une mine du Nord Staffordshire, pen-
- Fig. 9. — Ilaveuse Hurd.
- dant une année, environ 90 mètres par jour, en couche de lm,22 de charbon, en argile dure, la machine faisant elle-même sa voie, avec une économie de 65 centimes par tonne sur l’abatage à la main, qui coûtait 2 fr. 60 par tonne; le bénéfice total était de
- Fig. 10.
- 1 franc par tonne au front de taille. Dans une mine du Yorkshire, une déhouilleuse de dimension moyenne, en couche de im,22 de charbon dur, a donné une économie de 1 fr. 25 par tonne. Dans le district des Midlands, une machine fonctionne depuis une année sans réparations, en charbons très durs, en donnant une économie de 1 fr. 75 par tonne : température du puits 27°. Les machines Diamond abattent, dans
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- PERFORATRICES ET HAVEÜSES MÉCANIQUES.
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- Je Sud Yorkshire, 700 à 800 tonnes par jour, en veines de lm,22; le forage se fait sur charbons pyriteux, en sous-cave; le débit moyen, qui était de 3 tonnes 23 par homme, est passé à 6 tonnes avec les machines, et le prix est tombé de 2 fr. 63 à 1 fr. 60 par tonne, soit une économie de l fr. 03; on déhouille environ 73 mètres de front à la profondeur de lm,64 par machine et tournée de huit heures, avec une grande réduction de déchets, de dépenses en voie, boisages... Dans une autre mine, à couche
- 25 ta 30 IP
- Motor
- Fig. H — l aveuse Clarke Stephenson.
- coupant à 0m,60 au-dessus du sol.
- Fig. 12 bis. — Ilaveuse Clarke Stephenson. Fig. 14. — Haveuse Diamond de lm,o0.
- inclinée de 23°,l’économie a été de 1 fr. 10 par tonne; elle s’est élevée à 2 fr. 50 dans une mine du Durham, en couche de 0m,60, et à près de 5 francs en couche de 0m,23 dans le Yorkshire. Les machine de Clarke-Stephenson fonctionnent dans un grand nombre de mines du Yorkshire avec d’excellents résultats; c’est ainsi que, dans l’une de ces mines, l’abatage revient à 1 fr. 75 par mètre, produisant 850 kil. de charbon; la machine souscave environ 3 650 mètres par semaine à 1m,05; le prix de revient à la main était de 3 fr. 75, et le charbon à la machine vaut, en raison de son moindre bris, environ 1 fr. 75 de plus à la tonne.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- SEPTEMBRE 1902.
- Les machines dont nous venons de parler sont disposées pour le travail en longues tailles; la maison Frolich et Klupfel, Unter Bamen, construit une déhouil-leuse pour le travail en courtes tailles et piliers, dont le fonctionnement est représenté par les figures 1 à 4, et qui peut facilement tracer en deux heures, dans du charbon dur, une taille de 2 mètres de profondeur sur 2m,60 de large, soit une surface de 5mV20. Trois hommes suffisent pour deux machines ; ces deux machines traceront, en huit heures, 50 tonnes de houille dans un banc de 90 centimètres d’épaisseur, avec une dépense de 0 fr. 55 par tonne, double de celles des grandes machines à barres et plateaux; mais la dépense d’établissement est bien moindre, de sorte que, au total, le prix de l’abatage est de 38 centimes inférieur au prix du travail à la main,
- Fig. 13. — Huveuse Diamond de lm,o0 en sous-cave.
- au lieu de l’économie de 65 centimes procurée par les grandes machines. D’autre part, les machines Frolich n’exigent aucune installation de rails, se fixent en cinq minutes, travaillent très bien par groupes de quatre, et se prêtent très.facilement à toutes les circonstances de la mine ; leur encombrement est très restreint.
- Les machines donnent un front de taille très net, la profondeur de leurs entailles diminue les frais de boisage, et aussi le nombre des coups de mine ; dans certains cas, ce nombre a pu être réduit au tiers; le travail est, en outre, plus régulier et moins dangereux.
- La perforatrice tournante Elliot (fig. 6) a aussi donné de bons résultats.
- Les perforatrices à percussion peuvent rendre d’excellents services, principalement dans les houillères où l’on rencontre des conglomérats; elles doivent pouvoir s’orienter dans toutes les positions et se monter très facilement; la machine de Frolich en est un bon exemple ; elle se construit suivant les types du tableau ci-contre ; on peut remplacer avantageusement les colonnes de montage à vis par des colonnes-à pression hydraulique, telles que celle fig. 5, mais sans songer, dans les houillères, à y fixer plus d’une machine.
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- PERFORATRICES ET HAVEL'SES MÉCANIQLES.
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- On peut encore signaler les appareils du même genre de Daw et de Morison.
- La baveuse à barre de Hurd (fig. 7 à 9), moins coûteuse et moins encombrante que les machines à disques, abat moins de besogne; ses principales dimensions sont données au tableau suivant. Les couteaux sont (fig. 9) tous les mêmes d’un bout de la barre à l’autre, et pèsent chacun 225 grammes; la barre fait 400 tours par minute et reçoit, en même temps, un mouvement de va-et-vient qui en diminue la fatigue et dégage les outils; la barre peut s’incliner dans tous les angles. Le type A peut s'appliquer dans les veines très minces. Le diagramme fig. 10 donne une comparaison entre ces machines et celles à disques travaillant en argile dure.
- Les baveuses à disques, plus lourdes et plus encombrantes que celles à barre, sont plus stables et plus actives; celle de Clarke-Stephenson (fig. 11 à 13) a un disque en acier coulé pouvant couper à une profondeur de 1 mètre à lm,80, avec couteaux insérés tous les 0m,30 dans des alvéoles symétriques, permettant de les incliner en
- Fig. IG. — Haveuse Diamond. Chariot de roulage, empattement 0m,60.
- sens opposés de manière à pouvoir haver en faisant tourner le disque dans un sens ou dans l'autre, suivant le cas. Le disque, commandé par une dynamo continue faisant 900 tours par minute et de 25 chevaux, fait de 20 à 50 tours par minute.
- La machine Diamond (fig. 14 à 16) a son disque pivoté au centre de son châssis ce qui augmente sa stabilité sur sa voie; les couteaux sont fixés à des porte-outils facilement réversibles; elle est commandée soit électriquement par deux dynamos en série, soit presque directement par des moteurs à air comprimé. Une de ces machine coupe, par équipe de huit heures, environ 130 mètres de long sur une profondeur de lm,80.
- Diamètre du piston. Course maxiina. Poids. Pression Puissance
- Numéros. millim. millim. kilogr. en atmosphères. par machine.
- 1 80 220 130 2 12 à. 4 8 à 13
- 2 75 220 90 » 7 à 12
- O 70 190 85 » 6 à 10
- 4 GO 170 70 •• 5 à 8
- Poids Longueur Poids
- de la Puissance de la des rails
- Longueur. Largeur. Hauteur. Poids. barre. en Entaille. voie. par mètre
- Numéros. met. millim. millim. kilogr. kilogr. chevaux. met. millim. kilogr.
- A 2,00 7G0 330 950 75 12 0.76 à 1,07 460 a 68,> 11
- B 2.82 810 400 1 500 125 18 0,91 à 1,37 530 a 710 13
- C 2,90 810 330 2 250 150 20 1,22 à.1,83 610 à 710 14
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- laminoir pour barres de la Société Commentry-Fourchambault.
- Lois du laminagejle barres longues et flexibles, il faut, pour en éviter le pliage, les retirer [du laminoir, en les [tirant le plus souvent à la main, opération délicate et dangereuse; cette opération est effectuée mécaniquement par le dispositif représenté par les figures.
- Au sortir du laminoir AA (fig. 1 et 2) la barre est dirigée par le bec B, que l’on
- Fig. 1 et 2. — Laminoir de Commentry-F'ourchambault.
- manœuvre par le levier H et la bielle J, sur l’un des deux conveyeurs à bande CC, passés sur les poulies DD et FF, à tendeurs F'F'. En même temps, le levier H embraye, par II, la poulie motrice D du conveyeur sur lequel B vient d’amener la barre, de sorte que ce conveyeur, ainsi commandé par l’arbre G, se met à marcher à une vitesse un peu supérieure à celle de la sortie de la barre du laminoir et la tire, comme autrefois à la main.
- Après le laminage de cette barre, on arrête ce conveyeur, dont on retire la barre, et l’on embraye le second conveyeur, après y avoir amené la gouttière B, pour y admettre la barre suivante.
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- PRÉPARATION DE L’OXYGÈNE PAR L’ÉVAPORATION FRACTIONNÉE.
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- Les brins supérieurs des conveyeurs CG sont guidés sur le sol par des fers €n U aa.
- PRÉPARATION DE L’OXYGÈNE PAR L'ÉVAPORATION FRACTIONNÉE DE l’AIR LIQUIDE,
- d’après M. Linde(l).
- On sait que les deux constituants de l’air : l’oxygène et l’azote, se liquéfient simultanément, et dans une proportion invariable, lorsque leur température s’abaisse au-dessous de celle de la vaporisation de l’air liquide, qui est de — 191° à la pression atmosphérique, et que, par contre, lors de l’évaporation ultérieure du liquide, les produits de l’évaporation contiennent toujours d’autant plus d’oxygène que l’évaporation a été poussée plus loin parce que le point d’ébullition de l’oxygène (— 182°,5) est de 13° environ au-dessus de celui de l’azote (— 195°, 3).
- La fig. 1 montre comment se modifient les compositions volumétriques des produits de l’évaporation (courbe a b c) et du liquide (courbe d e c). Le volume liquide
- Fig. i.
- A B a, au début, la composition de l’air atmosphérique (A d = 20,8 p. 100 d’oxygène), tandis que les gaz qui se forment accusent une teneur en oxygène A a de 7 p. 100. L’aire au-dessus de la courbe abc jusqu’en un point quelconque (de AF jusqu’à l’ordonnée passant par ce point) donne la quantité d’azote évaporée jusqu’en ce point, l’aire au-dessous de la courbe donne la quantité d’oxygène correspondante. Si l’on recueille les produits de l’évaporation séparément pendant ses différentes phases, on peut obtenir des mélanges gazeux d’une composition quelconque. Toutefois, ce n’est qu’au dernier moment de l’évaporation que le liquide est constitué d’oxygène pur et, immédiatement avant, d’oxygène presque pur. Pour cette raison, sans le secours des appareils que nous décrivons plus loin, l’évaporation fractionnée de l’air liquide ne se prête guère à la préparation de l’oxygène pur ou presque pur. Mais, pour les besoins auxquels doit satisfaire la préparation en grand de mélanges gazeux riches en oxygène, la pureté de celui-ci n’est généralement pas nécessaire; l’oxygène pur-ne serait d’ailleurs d’aucun emploi pratique; il suffit, en général, de
- 4) Vereines Deutscher. Ingenieure. 9 août, p. 1173.
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- Prossienon kil. par cent, carrd
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- NOTES DE MECANIQUE.
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- diminuer la teneur en azote de l’air. Des 4 m3 environ d’azote que contient l’air atmosphérique pour 1 nr d’oxygène, la moitié est déjà chassée de la partie restante du liquide après une vaporisation de 48 p. 100; ce reliquat contient alors parties égales d’oxygène et d’azote.
- Il en résulte qu’il est très simple de préparer des mélanges gazeux très riches en oxygène, pourvu que l’on puisse disposer des quantités correspondantes d’air liquide. Mais, pour que ce mode de préparation puisse avoir une valeur industrielle, il faut que sa mise en œuvre permette d’obtenir une grande économie par rapport aux procédés connus et employés de préparation de l’oxygène.
- Il n’en serait certainement pas ainsi si l’on employait sans récupération l’air liquide nécessaire à ce procédé et produit au moyen de machines qui dépensent, pour liquéfier 1 m3 d’air par heure au moins 2 chevaux.
- Mais il est possible de récupérer le froid de cet air liquide et de le transmettre à une autre quantité d’air à condenser. L’air liquide bout, à la pression
- Fig. 2.
- atmosphérique, à des températures comprises, entre le point d’ébullition de l’oxygène (— 482,J,5) et celui de l’azote (— 195°,o). La tempérarature de saturation s’accroît (v. fig. 2) avec la pression,. Or si, dans un appareil clos et bien protégé contre réchauffement, on transmet à l’air liquide la chaleur nécessaire pour son évaporation par les parois de l’appareil, en l’empruntant, à de l’air sous une pression supérieure, cette perte de chaleur entraînera la condensation d’une quantité d’air presque égale à celle qui s’est évaporée. On obtient de la sorte, pour chaque litre d’air qui s’évapore pour la production des mélanges gazeux riches en oxygène, un nouveau litre d’un produit condensé, et la dépense d’énergie pour maintenir l’état de régime se borne, abstraction faite d’une dépense interne d’énergie peu considérable qui correspond à la modification de l’entropie lors de la séparation des gaz, au travail nécessaire pour obtenir la compression en question de l’air et pour compenser les pertes de froid.
- D’après M. Linde, une installation pour la préparation de l’oxygène suivant ces principes co mporte :
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- 1uUne machine ordinaire à liquéfier l’air: 2U un appareil de fractionnement constitué :
- a) par un appareil à contre-courant; b) par l’appareil d’évaporation.
- L’appareil de fractionnement est représenté par la figure 3. Dans le récipient A, on introduit l’air liquide à fractionner. Par l’appareil à serpentins g les gaz, composés en majeure partie d’azote pendant la première phase de l’évaporation, sortent en». Dès que le liquide est suffisamment enrichi d’oxygène, on ferme le robinet n et on ouvre o pour laisser s’échapper les gaz riches en oxygène. En sens contraire des gaz qui s’échappent, on introduit par a l’air atmosphérique en B, à une pression telle que l’air se dépose sur les parois de A. Quand l’évaporation est achevée en A, on laisse le produit de la condensation s’écouler de B par la soupape c, en A, et on peut recommencer l’évaporation, après qu’on a fait entrer par le tuyau e de la machine à liquéfier l’air la quantité qui en est nécessaire pour compenser les pertes.
- Cet appareil simple présente l’inconvénient d’un fonctionnement continu et n’est pas applicable dans la grande industrie.
- Dans l’appareil (fig. 4) les deux phases de l’évaporation : avant et après l’enrichissement en oxygène, sont séparées. Jusqu’à l’enrichissement l’évaporation a lieu à tour de rôle dans les récipients supérieurs Vj et V2, puis elle est continuée dans le récipient inférieur V3, où le liquide se déverse par rl etr2. Lorsque le liquide riche en oxygène s’écoule de Y, en Y3, l’air comprimé est conduit en K;i, après qu’on a ouvert l,, et l’évaporation en V2 ainsi amorcée. En même temps, Vj est rempli de nouveau, en introduisant d’une part (par c2 et c., ainsi que par tq) le produit de la condensation venant de K2et K3 et d’autre part, pour compenser les pertes, par c,, l’air liquide frais venant de la machine à liquéfier l’air. Le meme phénomène se répète pour l’autre récipient après achèvement de la phase d’évaporation en V2.
- Les figures 5 et 6 montrent la construction d’un appareil à contre-courant. Il se compose, pour l’admission de l’air comprimé, de tubes en cuivre en spirales superposés et reliés à l’extérieur (en a,f et a0) et à l’intérieur (en L et i0). Les produits d’évaporation qui s’échappent sont amenés autour de ces serpentins par des conduites formées de lamelles en acier disposées chacune entre deux surfaces de fond.
- L’appareil d’évaporation, en deux compartiments, est constitué par un certain nombre de récipients superposés, auxquels de la chaleur est cédée sans interruption par Pair comprimé à condenser, tandis que les produits de la condensation venant de Kj et de K2, ainsi que l’air liquide nécessaire pour compenser les pertes s’écoulent continuellement, par/, dans le récipient le plus élevé, et se déversent d’un récipient dans le suivant; grâce à l’évaporation il se produit une diminution continue de la quantité du liquide et la teneur en oxygène s’accroît. En réglant la pression de l’air atmosphérique admis, on peut limiter la quantité qui s'évapore de façon que, dans le récipient le plus bas du compartiment supérieur, le liquide accuse l’augmentation voulue d’oxygène. Dans cet état, le liquide s’écoule vers l’évaporateur du compartiment inférieur, dont les produits, après leur passage dans la partie inférieure de l’appareil à contre-courant (en O), sont conduits par un tuyau vers l’appareil où ils doivent être utilisés.
- Sous cette forme, l’appareil se prête à fournir de grandes quantités d'oxygène et limite les pertes du froid au minimum.
- L’appareil d'évaporation est entouré par l’appareil à contre-courant; les températures augmentent de l’intérieur à l’extérieur d'un serpentin à l'autre de façon que le
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- serpentin le plus éloigné du centre est à la température de l’air extérieur. Ces conditions favorables n’existent pas pour la surface supérieure et le fond de l’appareil, et les pertes par le fond représentent toujours une partie notable de la perte totale. Avec 100 chevaux, on peut produire par heure 100 mètres cubes d’un mélange gazeux contenant parties égales d’oxygène et d’azote, ou dans lequel la teneur en azote d’un mètre cube d’air est réduite de 3,8 mètres cubes à 1 mètre. Si l’on désigne par m le volume de ce gaz à produire, en mètres cubes par heure, et par x son titre en oxygène par mètre cube, les volumes N de gaz que l’on peut produire par cheval-heure sont donnés par la formule :
- m 1 — x
- x C0,4+
- à l’aide de laquelle on a dressé le tableau suivant :
- GAZ PRODUIT PAR HEURH. mètres cubes. GAZ PRODUIT PAR CHEVAL ET HEURE. MÈTRES CUBES.
- x — 1/3 1/2 2/3
- 1 0,32 0,16 0,08
- 10 0,86 0,43 0,21
- 50 1,62 0,81 0,40
- 100 2,00 1,00 0,50
- 1000 3,40 1,70 0,85
- Le diagramme fig. 8 montre également que la production en oxygène par cheval-heure diminue lorsque le mélange devient plus riche en oxygène ; mais cet inconvénient, qui semble rendre le procédé impossible pour la préparation de l’oxygène pur, peut être supprimé en faisant usage d’une rectification analogue à celle employée dans la distillerie.
- Les essais faits tout récemment dans cet ordre d’idées ont montré qu’il est possible, même après que la teneur en oxygène a atteint le maximum, de récupérer, des produits de l’évaporation qui s’échappent, une quantité d’oxygène qui correspond à la composition de ces produits au commencement de l’évaporation de l’air liquide condensé, c’est-à-dire 7 p. 100 environ.
- La fig. 7 représente la forme actuelle du vaporisateur que l’on peut considérer comme une adaptation de l’appareil à contre-courant. Le produit de la condensation venant de Kj et K2 s’écoule sans interruption, par c, dans la colonne de rectification R, constituée par un cylindre rempli de billes de verre. Le liquide qui s’égoutte est contrarié par les produits d’évaporation venant de V2 qui lui cèdent de l’oxygène, tandis qu’une quantité équivalente d’azote passe du liquide dans le courant gazeux qui entre en haut dans l’appareil, à contre-courant, avec 7 p. 100 d’oxygène environ. La plus grande partie du liquide enrichi d’oxygène est évaporée dans Yu tandis que le reste, ayant, grâce à cette évaporation, une grande teneur en oxygène, se déverse dans V2, s’y -gazéifie et fournit ainsi le produit demandé.
- Le gain dû à la rectification est indiqué par la fig. 8. Les ordonnées Nd et O1 donnent
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- les teneurs d’azote et d’oxygène obtenues avec le procédé ordinaire d’évaporation correspondant aux teneurs accrues en oxygène et portées en abscisses; Nr et Or son les ordonnées correspondantes aux quantités obtenues grâce à la rectification ultérieure.
- Supposons que l’évaporation d’une certaine quantité d’air : de 100 mètres cubes, par exemple, soit achevée; d’une part, presque tout l’azote, avec 7 p. 100 environ d'oxy-
- Fig. 5 et 6. Fig. 1.
- gène, se sera échappé, et, d’autre part, presque tout l’oxygène aura été recueilli avec un faible résidu d’azote. Dans ce cas on peut faire le calcul suivant :
- Il s’est échappé 79U|3 d’azote avec 0,79 x 0,07 = 5,53 mètres cubes d’oxygène. On a par conséquent un gain de “20,8 — 5,5 = 15,3 mètres cubes d’oxygène. Par suite, pour obtenir 1 mètre cube d’oxygène presque pur, il faut condenser 6,6 mètres cubes d'air atmosphérique et les porter à une pression de 2 à 3 atmosphères, ce qui exige 1/2 cheval-heure. Étant donnée l’action imparfaite du contre-courant pour l’échange des chaleurs entre l’air comprimé admis et les gaz qui s’échappent, la température fa de ces gaz sera toujours plus basse, au point d’échappement, que celle te de l’air.
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- En posant te —1&
- Fie. 8.
- 10°, la perte de froid sera de 20 calories environ par mètre cube d’oxygène, et pourra être compensée par l’introduction de t/4 de litre d’air liquide frais et par un travail de 1/2 cheval. Il faut ajouter encore les pertes de froid parles conduites et le rayonnement, dont la grandeur dépend du débit de l’appareil; lorsque ce débit est faible, elles jouent un rôle décisif, tandis que, pour un grand débit, leur influence disparait par rapport à la dépense de l’énergie, de sorte que l’on peut admettre 1 cheval-heure par mètre cube d’oxygène comme la défense minima théorique pour la production de l’oxygène par évaporation et par rectification de l'air liquide.
- On peut admettre actuellement que, pour une production de 100 mètres cubes d’air environ à l’heure, le rendement est presque de 50 p. 100; en d’autres termes, qu’on peut pré-
- parer près de 0,5 mètre cube d’oxygène par cheval-heure.
- LES MOTEURS A ALCOOL A l’eXPOSITIOX DES INDUSTRIES DE L’ALCOOL DE BERLIN, 1902,
- d’après M. R. Schottler (1).
- L’office central pour l’utilisation de l’alcool à Berlin fournissait, jusqu’en ces temps derniers, l’alcool à 90 p. 100 au prix de 25 francs l’hectolitre. Tout récemment, il a encore abaissé ce prix, et fournit, lorsqu’on achète 5 000 kilogrammes au moins, les fûts étant à l’acquéreur, au prix de 15 marks : pour les quantités moindres le prix est augmenté de 1 M. 50, mais l’office fournit aussi les ùts. Les prix sont entendus franco jusqu’à la station de l’acheteur; on a conclu des marchés jusqu’en 1908.
- Le pouvoir calorifique de l’alcool est faible; on admet, pour l’alcool pur, 6 180 calories par kilogramme, ou 5 160 calories par litre. L’alcool à 75 p. 100 en volume contient, puisque le poids spécifique de l’alcool est de 0,795, 26 p. 100 de volume d’eau, et son pouvoir calorifique serait de 4 3<80 calories par kil. ou de 3 720 par litre.
- En outre, il n’est pas possible de gazéfier l’alcool autrement que par le chauffage, ce qui est également le cas du pétrole, tandis que la benzine présente l’avantage de s’évaporer si facilement que le chauffage n’est nécessaire que lorsque la température est très basse. I)e plus, l’alcool qui se dépose sur les parois froides donne de la rouille.
- Par contre, l’alcool présente l’avantage que les gaz de combustion n’ont pas une forte odeur.
- En outre, l’alcool peut être comprimé beaucoup plus que la benzine et le pétrole.
- 1 Dans la Zeitschrift des Yereines deulscher Inç/enieure. 2 et 16 août 1902.
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- LES MOTEURS A ALCOOL.
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- Par conséquent le rendement thermique peut être poussé plus loin avec l’alcool, et c’est cette circonstance qui compense les différences de prix.
- Le moteur à alcool est presque identique à celui à benzine; la seule différence est que le premier est muni d'un gazéificateur et qu’il fonctionne avec un degré de compression supérieur à celui du moteur à benzine.
- Les gazéificateurs des moteurs à alcool sont presque tous chauffés avec les gaz d’échappement du moteur. Ce fait entraîne un inconvénient; comme, au début de la marche, il n’existe pas de gaz d’échappement, on est obligé de réchauffer l’appareil. Mais, pour éviter l’emploi de la flamme nue, qui a souvent donné lieu à des incendies.
- Fig. 1 et 2. — Pulvérisateur de la Gasmoloren fubrik. Deuts.
- et est proscrite par les Compagnies d'assurances, on fait démarrer presque toujours le moteur à alcool avec de la benzine. Au bout de quelques minutes, on peut marcher à l’alcool ; le changement est généralement opéré en déplaçant un levier.
- Les avis sont encore partagés au sujet du degré le plus avantageux de gazéification. Un certain nombre d’exposants ne font que pulvériser sans employer des dispositifs spéciaux pour le mélange et le chauffage, d’autres attachent par contre la plus grande importance à l’usage de ces appareils de mélange.
- Les Ateliers de construction de Deutz ne font pas usage de gazéificateurs, mais de pulvérisateurs. On a trouvé que, lorsqu’on ne règle pas la marche du moteur au moyen de passages à vide, mais en étranglant simultanément l’air et le combustible de sorte que la proportion entre les deux reste constante, il n’est pas nécessaire d’opérer le chauffage préalable, même lorsqu’on emploie du pétrole. Les moteurs sont munis à cet effet (fig. 1 et 2) d’une came d’admission oblique a, soumise au régulateur et qui agit en même temps, par le levier à galet b et par le levier coudé c de, sur la sou-
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- pape d’admission d’air f et, par le levier g, sur la pompe h qui refoule l’alcool par une poire i dans le courant d’air admis par le robinet k. Le galet du levier g peut être également réglé à la main.
- Le pulvérisateur Altmann est également très simple. L’air est chauffé (fig. 3* à 5) par les gaz d’échappement dans la partie a de leur tuyau entourée d’une chemise de la conduite d’aspiration, d’où il s’en va, par b, vers la soupape d’admission c ; la soupape d règle l’admission de l’alcool. Au-dessous de cette soupape, la conduite est évasée,
- Fig. 3 à o. — Pulvérisateur Allmann.
- et, dans cet évasement, peut s’accumuler, pendant le démarrage, l’alcool en excès, que l’on évacué par un robinet. Un registre e permet de régler le volume de l’air. La soupape d’admission de l’air, comme la soupape à alcool, sont commandées du levier d’admission f, qui agit sur la première soupape directement et sur la deuxième par l’intermédiaire de la combinaison de leviers h i. En g, une vis k permet de régler avec une grande précision, par la distance entre cette vis et le levier d’admission f, la durée pendant laquelle la soupape à alcool est ouverte.
- MM. K'ôrting frères font usage d’un gazéificateur chauffé (fig. 6); l’air va de a vers la soupape d’admission b, et les gaz d’échappement de la soupape d’échappement c vers d. Dans la conduite d’air, on a inséré la soupape à siège double ef, par laquelle
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- entre l’alcool en e et l'air en /', et qui porte un piston g. L’alcool s’écoule du récipient h, placé très haut, par la soupape d’arrêt /, suivant que l’un ou l’autre des deux robinets k et L est ouvert; lorsqu’on soulève la soupape de mélange ef, l’alcool se déverse sur la plaque e et il est pulvérisé en /'.
- Le gazéificateur Swiclerski, du type Longuemarre, est également chauffé par les gaz d’échappement; ainsi que le montrent les figures 7 et 8, il est entouré d’une chemise a, parcourue par les gaz, et son action est renforcée au moyen de nervures. L’alcool est pris dans un récipient dont le niveau est toujours très élevé.La soupape c se ferme par son propre poids; lorsque le niveau baisse dans le récipient, la soupape est sou-lev ée par le flotteur d et les leviers ce. De ce récipient, l’alcool s’écoule, par la sou-
- Fig. 0. — Gazùificateur Korli/u/.
- pape réglable à aiguille f, dans la capacité g et, de là, par les orifices hh, dans le gazéi-ficateur. L’air qui entre en i est obligé, par la chemise cylindrique k, de passer en partie au-dessus de l’alcool qui descend et de l’entraîner. Par le levier l, on tourne le registre m, et sa position détermine la quantité de l’air qui doit s’écouler par les orifices nn. On opère le mélange intime sur le parcours jusqu’au cylindre au moyen de la passoire o.
- Les Ateliers de construction de moteurs de Oberursel emploient un gazéificateur auquel l’alcool est refoulé par une petite pompe (fig. 9, 10 et 13). Celle-ci est actionnée en a par un arbre secondaire ne faisant que le quart du nombre de tours du moteur. L’arbre de a commande le piston b par une coulisse c. d, et les deux billes, servent de soupapes d’aspiration et de refoulement. La pompe refoule plus d’alcool qu’il n est nécessaire dans un déversoir par où l’alcool en excès revient au dépôt. Du déversoir Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 28
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- l’alcool s’écoule par la poire f (ï\ig. 13) dans le conduit d’air g. La poire / peut être réglée au moyen de la vis h. Le mélange s’introduit dans le gazéificateur formé d’une caisse léchée par les gaz d’échappement ik, la languette l obligeant ce mélange à passer sur le cylindre suivant les flèches. L’amenée de l’air est d’ailleurs séparée; une partie seule|: l’air servant à la pulvérisation, prend le chemin décrit, l’autre partie n’est admise que plus tard, par le robinet de réglage m, vers la soupape d’admission.
- Le gazéificateur)des Ateliers de construction de moteurs de Dresde (fig. 11 et 12) n’est
- Fig. 7 et 8. — Gazéiflcatcur Swklerski Longuemare.
- chauffé que par l’eau de refroidissement qui s’écoule du moteur; au besoin, lorsque le froid est rigoureux, on peut verser un peu d’eau chaude par un entonnoir a. b est la soupape automatique d’admission de l’air; sa course peut être limitée par la broche c à ressort antagoniste. Lorsque cette soupape s’ouvre, elle heurte la soupape à alcool d, à laquelle on amène en quantité voulue l’alcool par la vis e. Parles orifices étroits l’alcool s’écoule dans le courant d’air, est entraîné par celui-ci, et, grâce au choc qui se produit contre l’écran (/, le mélange forme des tourbillons.
- Un mélange et une gazéification beaucoup plus soignés sont opérés dans le moteur de la Société de moteurs D'ûrr où l’air entre par le clapet d’étranglement a (fig. 11 et 13) et par la soupape b; l’alcool est admis par la soupape c; le mélange s’écoule vers le bas par la conduite d et, par l’espace annulaire e, descend jusqu'au moteur. Cet espace est chauffé par les gaz d’échappement qui parcourent la chemise /’; il est
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- rempli de tôles enroulées en spirale g, qui favorisent d’une part la formation du mélange et d’autre part la transmission de la chaleur de f en d.
- De même, la gazéification et la pulvérisation sont très bien étudiées dans les mo-
- teurs des Ateliers pour la construction de véhicules Kiïhlstcin. Charlottenbourg (fig. 1 ri et 17). Du réservoir, l’alcool s'écoule dans un récipient muni d’un flotteur; dans ce récipient, le niveau du liquide est toujours constant. On réalise cette invariabilité au moyen d’une soupape à flotteur a, que l’on peut, au besoin, abaisser par la groupille à ressort b. De ce récipient à flotteur, l'alcool s’écoule par les fentes étroites du cône de
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- fermeture c et se mélange avec le courant d’air aspiré, qui est entravé par la pièce à-gradins et mis en mouvement tourbillonnaire. Dans cet appareil, l'air chargé d'alcool est obligé de parcourir un certain nombre de plaques perforées gg, l’alcool est de la sorte transformé en gaz et lo mélange s’écoule par h vers la soupape d’admission.
- Fig. 14 et 15. — Gazéificateur Durr.
- Les Ateliers de Marienfelde, près Berlin, ont exposé un dispositif ingénieux de mise en train moteur au moyen de la benzine. Ainsi que le montre la fig. 18, deux récipients à flotteur a et b sont remplis l’un de benzine, l'autre d’alcool; les soupapes sont abaissées par des leviers oscillants c et d et maintenues fermées. Les liquides arrivent des récipients à flotteur, par les ajutages c et /, dans le courant d'air, dont la direction
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- •est déterminée par le robinet g. Lorsqu’on démarre avec de la benzine et que l’on veut se servir de l’alcool, on n'a qu’à renverser le levier d, à abaisser la soupape à benzine a par le levier c et à tourner le tiroir cylindrique g.
- La locomobile des Ateliers de Deutz (fig. 19 et 20) est formée d’une plate-forme en fer en U, avec essieu d’avant rigide et essieu d’arrière articulé; les roues d'arrière peuvent être freinés. Le moteur est horizontal, avec arbre exactement au-dessus de l’essieu d’arrière ; à la même hauteur, en avant de l’essieu d’avant, on a disposé le renvoi
- Fig. 16 et 17. — Gazéificateur des ateliers de Kuhlstein.
- avec poulies fixe et folle pour la courroie principale; au-dessous, se trouve la caisse à outils. Le cylindre, en porte-à-faux, est supporté en outre en arrière; l’arbre de la manivelle est protégé contre la poussière par un capuchon. Le refroidissement est opéré par une large chemise munie d’un tube à niveau d’eau et fermée en haut par un couvercle, sur lequel se trouvent un entonnoir pouvant être fermé ainsi que la cheminée. Le pot d’échappement est placée au-dessous du wagon, les gaz d’échappement sortent par la cheminée d’arrière.
- La locomobile à H chevaux-vapeur le Karting frères (fig. 21 et 22) comporte égale-
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- ment un moteur horizontal, mais l’arbre est situé entre les essieux et le cylindre au-dessus de l’essieu d’arrière. Cette position du moteur a été adoptée parce que,
- Fig. 18. — Mise en train à Fessence des ateliers de Marienfelde.
- Fig. 19 et 20. — Loeomobile de Deatz.
- devant lui, on a placé une tour de refroidissement assez lourde. Une petite pompe à piston, suspendue à l’arbre de distribution, aspire 1 eau dans la partie inférieure de
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- cette tourelle et la refoule par la chemise de refroidissement vers le haut, où elle s’égoutte sur des branchages et va à la rencontre du courant d’air produit par un ventilateur. Au-dessous du siège du cocher, on a placé un assez grand réservoir, d’où l’alcool est refoulé par une petite pompe centrifuge à la main dans le réservoir plus petit
- »
- Fig. 21 et 22. — Locomobile Korting.
- suspendu à la tourelle. L’arbre est muni d’une manivelle de démarrage. Le pot d’échappement est placé transversalement derrière l’essieu d’arrière; les gaz sortent par une cheminée qui dépasse la toiture du wagon.
- Dans la locomobile de Altmann (fîg. 23 à 26), le moteur et le wagon constituent un tout. Le châssis, formé de fers en I", est fixé rigidement avec l’essieu d’arrière et par
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- à 26. — Locomobilc Altmann.
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- l’intermédiaire d’un trac sur l'essieu d’avant, de sorte qu’il est supporté en trois points. Sur le châssis, on a boulonné le cylindre et le palier de l’arbre moteur ; le cylindre et le palier sont en outre entretoisés au moyen de fortes barres. Latéralement, on a boulonné les paliers de la tige de distribution. Au-dessous du châssis, on a placé la poche d’échappement dans l’axe du wagon ; les gaz d’échappement sortent par la cheminée d’avant. Le moteur fonctionne avec refroidissement par vaporisation et ne nécessite par conséquent pas de dispositif de refroidissement spécial; la vapeur s’échappe par la cheminée d’arrière. Le réservoir à combustible, séparé en deux com-
- Fig. 27 et 28. — Locomobile Diirr.
- partiments, l’un plus grand pour l’alcool et l’autre pour la benzine, est placé sur le couvercle de la chemise qui entoure le cylindre.
- La locomobile de la Société des moteurs Diirr (fig. 27 et 28) est également constituée d'un moteur et d’un wagon formant un tout. Le wagon comporte deux châssis en fer en 1, reliés en avant et en arrière, et supporté en trois points. Le moteur équilibré et enfermé dans une caisse cylindrique fermée en avant et en arrière. Le cylindre est placé assez haut dans l’axe longitudinal du wagon; il est muni de deux pistons a a, qui actionnent, par les leviers b b, l’arbre à deux coudes c, placé transversalement au-dessous de l’axe du cylindre. Les soupapes sont dans l’axe du cylindre et renfermées dans une boîte placée transversalement. La soupape d’admission d est automatique. Sa course est soumise au régulateur, la soupape d’échappement e est actionnée par la tige de distribution f. Le gazéificateur g est placé sur la boîte du cylindre en avant de la boîte des soupapes; au moyen de la soupape à mélange h, on pulvérise très soigneusement l’alcool.
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- En avant du gazéificateur, on a placé la tourelle de refroidissement i, qui a reçu la forme d’une cheminée de locomotive. Une petite pompe aspire l’eau de refroidissement dans la partie inférieure de la tourelle et la refoule, par la chemise qui entoure le cylindre, vers le haut; une poire k la fait retomber sous forme de pluie. Le jeu des pistons produit un courant d’air, les clapets 11, logés dans les couvercles de la boîte du cylindre servant de soupapes d’aspiration, tandis que la soupape m, placée dans la partie inférieure de la tourelle de refroidissement, agit comme soupape de refoulement.
- Le courant d’air ainsi produit monte dans la tourelle et s’échappe par le haut. Les gaz d’échappement traversent le gazéificateur, qui sert également de pot d’échappe-
- Fig. 29. — Locomobile d’Oberursel.
- ment, et sortent par une petite cheminée. Le réservoir à alcool entoure la partie supérieure de la tourelle.
- On a beaucoup remarqué deux locomotives à voie très étroite roulant sur une voie en forme de cercle de l’Exposition.
- La première, construite par les Ateliers de Oberursel, n’est autre chose que le moteur « Gnome » placé sur un châssis; le moteur transmet son mouvement par deux engrenages a b (fig. 29) à l’arbre C, qui commande l’arbre d soit par les engrenages ef, soit, à une vitesse modérée, par gh\ l’embrayage est opéré, du siège du mécanicien par le volant à main i. L’arbre d transmet le mouvement par une chaîne de Galle à l’essieu moteur /». Mais comme celui-ci doit pouvoir tourner tantôt à droite, tantôt à gauche, pour assurer la marche en avant et en arrière, on a intercalé l’arbre l; d et l sont reliés entre eux par les deux engrenages m n, et portent respectivement les roues à empreintes o et p; mais, tandis que n et p sont clavetés sur l, o est fixe, et m peut se déplacer, de sorte que m peut être embrayé avec o. Si l’on embraye ces
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- deux roues par le levier q, la locomotive marche en avant, par contre, lorsqu’on les débraye en faisant engrener m avec n, la locomotive marche en arrière.
- Le réservoir à alcool r et le pot d’échappement s sont au-dessous de la plate-
- Fig. 30. — Moteur de bateau des ateliers de Marienfehle.
- forme, en avant et à l’arrière, l’échappement se fait par une cheminée. De chaque côté du siège du mécanicien, on a disposé des caisses à eau t, dans lesquelles l’eau se refroidit; le courant d’air produit par la marche, ainsi que celui dû aux volants, sont
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- suffisants. Par le levier u, on met en action le frein qui agit sur chaque essieu d’un seul côté.
- La deuxième locomotive était exposée par la Société des moteurs Dürr, avec le moteur décrit en 27 et 28.
- Les Ateliers de Marienfeide ont exposé un moteur pour embarcation (fig. 30). L’alcool est contenu dans le récipient a, et peut y être introduit par l’entonnoir b, munir d’une passoire. Grâce à la pression des gaz d’échappement, il est soulevé jusqu’au récipient à flotteur c, dans lequel s’écoule la benzine nécessaire pour le démarrage et contenue dans le réservoir d. La conduite d’échappement est reliée par le tube e avec de réservoir à alcool; dans ce réservoir, on a placé l’épurateur /, entouré de toile métallique. On peut donc faire régner dans le réservoir à alcool une pression déterminée. La soupape de retour empêche les gaz de s’échapper pendant les 3 premiers temps du cycle, la soupape de sûreté, empêche la pression de trop s’élever lorsque la charge de la machine s’accroît.
- La machine même est du type jumelle, avec soupape automatique d’admission i et soupape d’échappement commandée k. L’allumage est opéré par un magnéto /. La régulation est effectuée au moyen de passages à vide produits par un régulateur cylindrique à l’aide du dispositif de débrayage m. Les moteurs plus grands sont réglés par un clapet d’étranglement;la quantité de leur mélange est modifiée et, simultanément, le moment de l’allumage avancé ou reculé. La pompe centrifuge n refoule constamment l’eau dans la chemise du cylindre; le graissage est opéré par un récipient central maintenu sous pression par les gaz d’échappement de même que le réservoir à alcool.
- Le changement de marche est effectué à l’aide d'un manchon’ double d’accouplement.
- L’Exposition montrait également plusieurs véhicules sur routes à moteurs à alcool. C’est ainsi qu’on y voyait un automobile de Kühlstein, Charlottenbourg. La même maison avait exposé en outre un camion pour charges de 3 à 3 tonnes, du type Kühlstein-Volimer (fig. 31 à 33). Cette voiture était destinée à la Brasserie d’essai de Berlin. C’est un wagon à plate-forme de 5m,100 x lm,050 de surface, portant à l’avant le moteur et le siège du chauffeur, de sorte qu’il reste encore 3m, 100 dans le sens de la longueur pour le chargement. La plate-forme est supportée par deux essieux, dont l’empattement est de 3m,300. Elle s’appuie, par l’intermédiaire de deux ressorts longitudinaux et d’un ressort transversal, sur l’essieu d’arrière rigide portant les roues motrices. Les suspensions d’avant des ressorts longitudinaux sont fixées sur la plateforme, celles d’arrière sur le ressort transversal, dont l’étrier porte la plate-forme; il en résulte que la partie postérieure de celle-ci est supportée en trois points.
- L’essieu d’avant, mobile et portant les roues porteuses, supporte la partie antérieure de la plate-forme par l’intermédiaire de deux ressorts longitudinaux, de sorte que la plate-forme est supportée au total en sept points, ainsique le montre la figure 3t.
- Les fusées a des roues d’avant (fig. 32) peuvent tourner autour des axes verticaux b ; la direction est opérée, du siège du mécanicien, en agissant sur le volant à main c. L’arbre de c porte un engrenage d, qui engrène avec le segment denté e; sur l’arbre de ce segment est placé le levier /, au moyen duquel on peut faire tourner la roue d’avant de gauche, tandis que la roue droite est tournée par le levier h, la tige i et le levier k.
- La machine est du type jumelle d’une puissance de 10 chevaux, ses cylindres ont
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- 140 millimètres de diamètre et 180 de course ; au frein, ce moteur développe réelle- ' ment 14 chevaux, avec une compression de 4,5 kilogrammes, et à 620 tours par minute ;
- [t£J ?
- Ri /'Ri
- Fig. 31 à 35. — Camion Kuhlslein-Yollmer.
- il consomme 630 grammes d'alcool avec adjonction de 10 p. 100 de benzol par cheval-heure. Le moteur est supporté par une traverse L, suspendue aux tiges creuses cylin-
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- driques mm, au-dessous de la plate-forme. L’arbre est logé dans la traverse l, et porte à l’avant la manivelle de démarrage, à l’arrière un disque d’accouplement n. Son prolongement porte à l’avant le volant et à l’arrière une poulie o; le volant est fixé sur le disque n. La poulie transmet le mouvement aux roues motrices. Celles-ci sont folles sur les fusées de l’essieu d’arrière, et portent des roues à empreintes qui reçoivent le mouvement par les chaînes fixées sur l’essieu p des roues motrices. Les boîtes à graisse de cet essieu sont fixées dans la plate-forme ; l’essieu d’arrière est entretoisé avec ces boîtes au moyen de tiges q.
- Parallèlement à l’essieu moteur on a disposé l’arbre du renvoi r, lequel peut être relié avec l’essieu par l’intermédiaire de huit engrenages st, à s,t de sorte que l’on peut réaliser quatre vitesses différentes. L’embrayage et le débrayage de ces engrenages peuvent être faits, du siège du mécanicien, au moyen de deux leviers oscillants 11, que l’on introduit dans ces encoches appropriées de la pièce u, et qui opèrent l’embrayage ou le débrayage par les tiges vv et les leviers coudés wu\ Parallèlement à l’arbre principal, et de côté, on a placé les deux arbres xy, dont chacun porte un engrenage droit; sur l’arbre x, on a fixé en outre la poulie z, autour de laquelle s’enroule une courroie passant également sur o ; l’arbre y transmet le mouvement r au moyen d’engrenages coniques t:.
- Le rapport de transmission entre l’arbre principal et le premier arbre de renvoi est de 1: 1, celui entre x et y de 2 ; 3, entre les roues d’angles de 2 : 3, entre r et p de 5 : 17, 10: 17, 15 : 17 et 20 : 17, enfin, entre l’essieu moteur et l’essieu d’arrière, de 1: o. Comme les roues motrices ont un diamètre de 1 m. 100, on trouve que, à 650 tours par minute du moteur, les vitesses de marche sont respectivement de 3, 5; 7, 10,5 et 11 kilomètres à l’heure.
- La liaison entre le moteur et l’essieu moteur ne peut pas être absolument rigide, et on doit pouvoir débrayer le moteur d’avec cet essieu, afin que, pendant l’arrêt de la voiture, le moteur puisse continuer de fonctionner. A cet effet, l’arbre x, portant la poulie s et l’engrenage qui engrène avec celui porté par l’arbre y, n’est pas fixe, mais logé dans une boîte qui peut osciller autour de l’arbre y, et qui est guidée par la tige y. Cette sorte de pendule tend constamment à occuper sa position [la plus basse et à rendre la courroie [entre les poulies o et z aussi tendue que possible. Mais lorsqu’on soulève le pendule, la courroie est relâchée et elle n’entraîne plus la poulie z. La boîte oscillante est soulevée, du siège du mécanicien, faisant tourner l’arbre y. En effet, lorsqu’on abaisse la pédale 3 le pied-de-biche i est dégagé et on peut faire tourner autour de C la boîte dans laquelle est logé l’arbre du volant à main c, en attirant celui-ci vers soi. Pour rendre cette manœuvre possible, l’engrenage droit d n’est pas cylindrique mais en forme de calotte de sphère. De la sorte, la combinaison de leviers r, S ia? est mise en action, et on tourne le segment denté à, qui met ensuite en rotation la boîte du pendule [3, également munie de dents.
- Sur l’arbre moteur, on a placé le frein, indiqué d’une façon schématique, sur lequel on agit au moyen de la pédale v et de la combinaison de levier c-qo. En outre, les roues motrices sont munies de sabots doubles, que l’on serre au moyen du levier.
- Le refroidisseur pour l'eau de réfrigération est placé sous l’axe de la voiture, et constitué par des tubes à serrures recourbés en arcs de cercle ; au milieu de ces tubes, l’arbre principal porte un ventilateur à 4 ailes qui agite l’air.
- Les gaz s’échappant de l’un des cylindres passent par un réchauffeur d’air, ceux de l’autre cylindre par un gazéificateur décrit plus haut (fig. 16 et 17), et arrivent dans le
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- MANUTENTION DES MINERAIS AUX HAUTS FOURNEAUX.
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- pot d’échappement placé au-dessus de l’essieu d’arrière, d’où ils sortent directement dans l’atmosphère.
- Il va de soi que la voiture peut également marcher à reculon. A cet effet, on a prévu pour l’engrenage le plus lents,, une roue dentée de grandeur double, à l’aide de laquelle on peut faire embrayer les roues débrayées, et qui est actionnée du siège du conducteur. On a supprimé ce dispositif pour ne pas trop surcharger les figures.
- Enfin rElektricitats-Actien-Gesellschaft, autrefois Schuckert et O', de Nuremberg» a exposé une voiture dite « d’éclairage » et comportant un moteur des ateliers de Ma-rienfelde, de 12 chevaux à vapeur et à 4 cylindres. La dynamo compound, couplée directement avec le moteur, développe, à 800 tours par minute, 90 ampères à 80 volts, soit 7 200 watts. La voiture pouvant fonctionner pendant 6 heures pèse 2 100 kilogrammes.
- MANUTENTION DES MINERAIS AUX HAUTS FOURNEAUX DE L’iLLINOIS STEEL C°, SYSTÈME
- Hoover et Mcison (1).
- Ces appareils, construits par la Hoover et Mason C°, Old Colony Building, Chicago, sont remarquables par leur puissance et leur automaticité ; ils fonctionnent avec succès depuis treize ans aux forges de l’Illinois Steel C°, Chicago, oùl’on vient d’en étendre l’application à deux hauts fourneaux, d’une production journalière de 500 tonnes. Ces hauts fourneaux sont situés à une longue distance des autres, au bord du lac Michigan, et leur installation distincte est complète en elle-même, mais leur quai sert aussi à l’expédition des minerais aux autres hauts fourneaux de la compagnie.
- Ce quai comprend (fig. 1 et 2) une batterie de 15 déchargeurs disposés perpendiculairement au quai; deux grands ponts roulant de 156 mètres, automobiles sur deux voies écartées de 56-*,50 de long, et conduits chacun par un seul homme, couvrent tout l’espace compris entre les déchargeurs et les monte-charges des hauts fourneaux ; l’installation est complétée par un wagon peseur (Seule car) qui pèse et délivre les charges aux chargeurs de hauts fourneaux.
- Les déchargeurs roulent sur le quai devant les bateaux, et peuvent se relever de manière à se défiler de ces bateaux, où ils vont prendre le minerai par de grandes cuillères automatiques (fig. 4 et 5), d’une capacité de 5 à 6,5 tonnes. Les bateaux en usage sur les grands lacs tiennent environ 7 000 tonnes, dont 500 d’accessibles par chaque écoutille ; chacun des déchargeurs peut facilement enlever directement, dans la première heure du déchargement, la moitié du minerai de chaque écoutille, avec un seul opérateur; le restant de ce minerai est amené sous les écoutilles, par un ingénieux système de raclettes, vers le déchargeur.
- Les déchargeurs sont actionnés par de la vapeur fournie par les chaudières des hauts fourneaux et amenée par une conduite d’environ 180 mètres débouchant dans un tunnel de lm,80 de diamètre, creusé dans le mur du quai des déchargeurs, et qui permet d’accéder facilement à la tuyauterie de vapeur.
- La figure 6 représente l’état de la cargaison dans la coque du navire après l’enlèvement de sa première moitié par les déchargeurs ; les parties en blanc indiquent le minerai enlevé; pour amener les piles restantes sous les écoutilles, à la portée des
- (1) Iron Age. 4 septembre 1902 et Cassier’s Magazine, juillet, p. 380.
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- déchargeurs, on emploi les raclettes représentées par les figures 7 et 8. Chacune de
- Quai de l'Illinois Steel O
- Fig. 3. — Détail de la figure 2
- ces raclettes, du poids d’une tonne environ, peut s’attacher dans la cale du navire, à des moutlages commandés par deux renvois (Stanchions) actionnés d’un moteur du
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- MANUTENTION DES MINERAIS AUX HAUTS FOURNEAUX.
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- rivage, que l’on commande de l’intérieur du navire, et ces mouflages peuvent s’accrocher en ditférenls points de la cale, comme l’indiquent les traits pointillés, de manière que la raclette puisse couvrir successivement tout le fond de la cale entre deux écoutilles. Dans chacune des positions de son mouflage, chacune de ces raclettes peut donner six courses, aller et retour, par minute, en grattant environ 800 kilos de minerai par course ; il suffit de cinq coups pour amener la charge d’une cuillère de déchargeur. On a pu ainsi décharger, par une seule écoutille, 540 tonnes en 4 heures, au prix de 2 dollars (10 fr.).
- Lorsque le minerai ne doit pas être mis en wagons, on le décharge dans le réser-
- Fig. 4. — Déchargeurs Hoover et Mason.
- voir en ciment compris entre les deux premières murailles à partir du quai ; il sert ainsi pour les minerais destinés aux deux hauts fourneaux du quai, qui consomment 750 000 tonnes par an; ce minerai y est repris par les bennes des ponts roulants, de 10 tonnes chacune, dont le travail est facilité par l’arrondi du fond de ce réservoir.
- Les grands ponts roulants qui commandent la manutention des minerais, du coke et de la chaux, peuvent, non seulement se déplacer perpendiculairement au quai, mais aussi s’y incliner d’environ 30°, comme en pointillés (tig. 1), faculté précieuse, notamment quand il s’agit de manipuler un stock de minerais différents. La commande de ces ponts est entièremeut électrique ; les bennes y sont transportées et levées par deux tramways Westinghouse de 125 chevaux; la translation des ponts est effectuée par Tome 103. — 2e semestre. — Septembre 1902. 29
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- deux moteurs de 35 chevaux. La benne a une capacité de 10 à 13 tonnes ; son tram est pourvu de freins à air comprimé et à main ; la vitesse de son roulement est de 5 mètres par seconde, et celle de la levée de Om,oO ; cette benne pèse, elle-même,
- E’ig. — Cuillère Hoover et Mason.
- 11 tonnes, et tout le tram pèse, en charge, environ 45 tonnes. Le mécanicien est monté sur le tram dont il contrôle facilement toutes les opérations, jour et nuit, et par tous
- __________1 I-------------1 !____________!
- es temps. Ces ponts amènentles matières soit au magasin général (OreSlorage, lig. 2) d’une capacité de 2 300 tonnes par mètre de largeur, soit aux chargeurs de hauts fourneaux, soit aux wagons disposés sur deux voies. Chacun de ces ponts peut transporter, du réservoir aux wagons, environ 1 000 tonnes par heure. Le mécanicien de cha-
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- MANUTENTION DES MINERAIS AUX HAUTS FOURNEAUX
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- lUirlcIIcs Ihrn'cr H Manou. ». - Wa^on de pesage Iloooer el Maso».
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- 436 iNOTES DE MÉCANIQUE. ------ SEPTEMBRE 1902.
- cun des ponts est accompagné d’un auxiliaire chargé du graissage, et chaque pont est pourvu de heurtoir à frottement empêchant tout accident au tram.
- L’impossibilité où l’on s’est trouvé de placer les hauts fourneaux symétriquement par rapport à l’axe du quai, a exigé, malgré le pivotement des ponts, l’emploi d’un wagon transféreur {Transfer car fig. 9), électrique et de grande capacité, allant de la décharge des ponts au chargeurs de hauts fourneaux.
- Ces wagons se déchargent (ûg. 9) dans une trémie de 70 tonnes, en face de laquelle s’en trouve une semblable pour la réception du coke et de la chaux. Chacune de ces trémies est pourvue de louvres, qui empêchent l’agglomération des matières, et permettent de les piquer pour en activer l’écoulement; elles sont fermées par des cylindres dont la rotation distribue les matières au wagon de pesage (Scale car, fig. 9) ; Les cylindres de la trémie à coke sont perforés de manière à séparer les poussières, et le haut de la trémie de minerai est garni d’un treillage empêchant le passage des morceaux'trop gros; les cylindres [Rollers, fig. 9) sont commandés par des trains faciles à embrayer, et les trémies sont chauffées par une enveloppe d’air chaud qui en empêche la congélation.
- Le wagon peseur peut recevoir 9 tonnes de minerai ; il y a deux de ces wagons par haut fourneau ; ils roulent sur une voie directement sous les trémies, et se déchargent dans les bennes des chargeurs par leurs vantaux du bas; ces wagons marchent à l’électricité et sont conduits par un seul homme; leurs pesées sont enregistrées sur un papier et indiquées sur un cadran ; les pesées se font à 0,10 p. 100 près.
- On employait auparavant, pour la manutention de ce quai, 300 hommes ; on n’en occupe plus que u26, et dans des conditions infiniment plus favorables.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au 15 Septembre 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa .' . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.......Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp.... Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef..... Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La .... La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms.. . MC. .
- N.. . PC. . Pm. .
- RCp .
- Rgc. .
- Rgds.. Ri . . RM. . Rmc.. Rs. . . Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. . SAF .
- ScP. .
- Sie.. .
- SiM. .
- SiN. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . USR. .
- VD1. .
- ZOI. .
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Nature (anglais).
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue générale des sciences.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Revue scientifique.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse
- . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- Bull, destatistique etdelégislation.
- . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . Consular Reports to the United States Government.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- 438
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- SEPTEMBRE 1902.
- AGRICULTURE
- Asperge. (Culture de 1’). Ag. 30 Août, 336. Aviculture. École de Grampan. Ag. 30 Août, 339.
- Betteraves. Expériences de Capelle. Ag. 30 Août, 339.
- Blé. (Carie du). Ag. 30 Août, 331.
- — Culture en France (Dehéraiu). Rgds. 30
- Août, 763.
- — (Piétin du). Ap. 4 Sepd., 306. Champignons. La Fumagine. Ag. 6, 13 Sept.,
- 381, 419.
- Champs de démonstration. (Organisation et but*) (Grandeau). Ap. Il Sept., 337. Engrais. Nitrate de soude et perchlorate de potasse (Grandeau). Ap. 21, 28 Août, 242, 271.
- — Analyse des (Kretschmer). Ms. Sept., 677.
- — Rôle des bactéries (Wiley). Fi. Sept., 161.
- — Variations chimiques de la plante soumise à l’influence du nitrate de soude (Charabot et Hebert). ScP. 5 Sept., 914.
- Fromage d’Edam. Ap. 21, 28 Août, 246, 274. Greniers h pelletage économique. Ap. 21 Août, 250.
- Hache-paille à bras et à moteur. Ap. 11 Sept., 341.
- Lait. Sa conservation par l’eau oxygénée. Ap. 21 Août, 249.
- — Traite mécanique (Bordas et Raczko-wsky). CR. 25 Août, 371.
- Machines agricoles à l’Exposition de 1900.
- VDI. 6 Sept., 1653.
- Marais mouillés. Ap. 4 Sept., 314.
- Plantes nuisibles annuelles. (Destruction des) (Heuzé). Ap. 28 Août, 283.
- Vigne. Caractères chimiques de maturité du raisin. Ag. 30 Août, 332.
- — Concentration des vins (Garrigou). CR. 25 Août, 369, 1 Sept., 407.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer américains (Exploitation des). El. 22, 29 Août, 195, 220, 5 Sept., 242. •
- — État français en 1901, statistique. Rgc. Sept., 203.
- Chemins de fer du Cap au Caire. E'. 29 Aoiit, 208.
- — du New-York, remaniement des lignes.
- Rgc. Sept., 209.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Sept., 130.
- — d’intérêt local; écartement des voies
- (Zipfner). EE. 30 Août, 314.
- Électriques. Traction des marchandises sur les voies ferrées urbaines. EE. 30 Août, 303.
- — Dayton-Covington. E'. 5 Sept., 200.
- — Interurbains. EM. Sept., 858.
- — Invalides-Versailles. Ri. A3 Sept., 360. Freins rapides. En. 13 Sept., 230.
- Locomotives. Progrès récents (Von Borries),
- VDI. 6 Sept., 1349.
- — (Construction des) aux ateliers de Bel-
- ford. RM. Août, 186.
- — pour l’Inde. E'. 22, 29 Août,, 187, 219;
- 5 Sept., 237.
- — à voyageurs 3 couplés du Caledonian.
- R. E. 27 Août, 275.
- — — 2 couplés État autrichien. E’. 12
- Sept.., 253.
- — à marchandises Decapod Atthison-To-
- peka. Rs. RM. Août, 183.
- — Chaudières à tubes d’eau Fox. RM, Août, 185.
- — Clapet de purge et d’alimentation Baldwin. RM. Août, 186.
- — Foyers au pétrole du Texas. Rgc. Sept. ,, 218.
- — à voie d’un mètre, chemins du Cap*
- (marchandises). E'. 5 Sept., 232. Signaux. Appareil du cantonnement de block-system Rodary. (Rpa. Sept., 25. Trains anglais et français d’été en 1902 (Rous-Marten). E'. 22, 29 Août, 181, 201. Transporteur électrique de wagons à voie étroite sur voie normale (Soret). Gc. 23 Août, 261.
- Voie, appareil à vérifier les courbes. Rgn. Sept., 214.
- Wagons. (Question des). E'. 5 Sept., 235.
- TRANSPORTS DIVERS Automobiles. Au pétrole de Diedrich. La. 28 Août, 548.
- —* Peugeot. Lo. 6 Sept., 566.
- — (organes électriques des). Elé. 25 Août,
- 305.
- — Allumage (id.), 10 Sept., 389.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1902.
- 439’
- Automobiles. Motocyclette Neckorsulm. La. 4 Sept., 566.
- — à vapeur militaires; essais. E'. 5 Sept.,
- 232.
- — direction des (Wikersheimer). EE. 30
- Août, 314.
- — pneumatique cuir (Samson). Lo. 23
- Août, 334. à chapelet Legrand {id.), 30 Août, 358.
- — Essieux. Ri. 6 Sept., 354.
- Tramways électriques. Au congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences. EE. 23, 30 Août, 265-280, 301.
- — à contacts divers (Paul). Elë. 25 Août,
- 375.
- Vélos. Changements de vitesses Clément Lancelot. Lo. 30 Août, 535, 559.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Éclairage des trains (Pignet). RCp. 24 Août, 296.
- Alcool. Histoire de sa synthèse (Fritzzche). Ms. Sept., 625.
- — monoatomiques synthèse des(Guerbet).
- ACP. Sept., 67.
- Asphalte. Recherche sur (Kovacks). Cs. 30 Août, 1077.
- Azote de Vatmosphère. Fixation Bradley et Lo-vejoy. Ln. 13 Sept., 237.
- Brasserie. Divers. Cs. 30 Août, 1086.
- — Variétés d’orge (Beaven).IoB. Juillet — Trempe de Forge (Luff). Ms. Sept., 688. — Tonneaux de (bois des). IoB. Juillet, 602 — Analyse de la levure pressée (Langfurth). Ms. Sept., 691.
- — Maltage moderne (Briant). IoB. Juillet, 627.
- Caoutchouc. Théorie de la vulcanisation (Weber). Ms. Sept., 657.
- Chaux et Ciments. Industrie du Portland en Angleterre. Le Ciment. Août, 113.
- — Essais des ciments de Portland, métho-
- des allemandes. Id., 119.
- — Fours continus de la Société des ciments
- français. Id., 225.
- Chlorure de chaux. Cs. 30 Août, 1074. Classification des éléments. (Armstrong). CN. 22, 29 Août, 86, 103.
- Lettrines. (Examen des) (Lipmann). Cs. 30 Août, 1101. '
- Eaux. (Purification des). Divers. Cs. 30 Août,.
- 1090. (L. Konnicutt). Rs. 6 Sept., 289. Essences et parfums. Divers. Cs. 30 Août, 100. Ferrocganure de cadmium (Miller). CN. 29 Août, 101.
- Gaz d’éclairage. Turbine Hignette pour séparer le goudron des eaux ammoniacales. Ri. Sept., 354.
- Industrie chimique h l’Exposition de Dusseldorf.
- E. 22 Août, 239, 12 Sept., Laboratoire. Appareil à purifier et sécher les gaz. Dowvrard. CN. 22 Août, 85.
- — Divers. Cs. 30 Août, 1097.
- — Dosage volumétrique de l’alumine et de
- l’acide sulfurique libre ou combiné des aluns. (White). CN. 29 Août, 106.
- — — de l’huile dans les olives. Ms. Sept.,
- 651.
- — — des iodures solubles (Richard). Pc.
- 1 Sept., 207.
- — — de l’ammoniaque, de l’acide nitreux
- dans les eaux naturelles (Winkler). Ms. Sept., 676.
- — — de la chaux libre anhydre et hy-
- dratée des agglomérants (Magnard). ScP. 5 Sept., 858.
- — — de l’acide phosphorique insoluble
- dans le citrate (Harris). Id., 681.
- — — du soufre dans le fer et l’acier
- (Noyés et Helmer). Id., 681.
- — — de l’arsenic dans la houille et le
- coke (Champann). Id., 684. (Recherches des petites quantités de) (Bertrand). ScP. 5 Sept., 831.
- — — du sélénium dans le soufre (Steel).
- CN. 12 Sept., 134.
- — analyse des soudes brutes des fabriques
- de cellulose (Lunge et Lobhofer). Ms.. Sept., 664.
- — — organique, nouvelle méthode (Thi-
- bault et Vournasos). ScP. 5 Sept., 895.
- — détermination du poids d’un précipité
- sans le séparer de son liquide (Thatcher). Ms. Sept., 678.
- — — de la teneur en acide sulfurique
- concentré et fumant (Rabe). Id., 675.
- — — volumétrique du molybdène dans
- l’acier (Ivopp). Id,, 679.
- — — de petites quantités de potassium
- dans les mélanges de sels (Lient). Id., 685.
- — — du tannin (Sesti). Id., 687.
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- 440
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- SEPTEMBRE 1902.
- Laboratoire. Four à chauffage électrique Guillet. Gc. 30 Août, 286.
- — Séparation du cuivre, du plomb, de c l’antimoine et de l’étain dans les alliages (Rossing). Ms. Sept., 687. Optique. Spectre infra-rouge. Langley. Cosmos. 6 Sept., 299.
- Oxyde de fer en solution alcoolique (Munt). Pc. 1 Sept., 209.
- Poids atomiques (Rapports des) (Marschall). CN. 22 Août, 88.
- Radio-activité- du Thorium (Rutherford et Soddy). CN. 29 Août, 97; 12 Sept., 132.
- Résines et vernis divers. Cs. 30 Août, 1084. Silicium. Nouvel hydrure (Moissan et Smiles). ACP. Sept., 5.
- Sucrerie et distillerie (30e Congrès des chimistes de). RCp. 24 Août, 289. Teinture. Divers. Cs. 30 Août, 1070, 1073.
- — Indigo, synthèse Sandmeyer. Rods. 30 Aoiit, 769.
- — Réserve bleue pour couleurs (azoïques (Langer). Noir au campêche imprimé sur naphtoiate de soude (Langer). SiM. Juin, 153, 156.
- — Rouge turc, ancien procédé (Driesen).
- SiM. Juin, 163, 180, 185.
- — Matières colorantes)sur laine (Koechlin).
- SiM. 187.
- — Blanchiment au large des tissus de)co-
- ton (Lefèvre). MC. 1 Sept., 208.
- — Teintures sur coton par formation di-
- recte des colorants sur la fibre (Beltzer). Id., 212.
- — Des fibres animales par les matières co-
- lorantes, acides (Sisley). ScP. 5 Sept., 901.
- — Machines à merceriser, Kahn. MC, 232-
- — A teindre, Rolland. Id., 235.
- Tropine (Synthèse du groupe de la) (Wilstat-
- ter). Ms. Sept., 625.
- Vanadate d’ammonium. Précipitation par le chlorure d’ammonium (Gooch). American journal of Science. Sept., 205.
- Z inc (Oxyde de) (de Forcrand). ACP. Sept., 26.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Afrique du Sud au point de vue de l’ingénieur. E'. 13 Sept., 247.
- Algérie. Situation actuelle. Ef. 23 Aoîit, 249. Assurances contre l'incendie. Compagnies françaises en 1901. Ef. 23 Août, 260. Australie (Nouvelles routes vers F). E1. 22 Août, 180.
- Conférence coloniale de Londres et l’Empire britannique. Ef. 30 Août, 287. Coopératives. Mouvement coopératif. État actuel. Ef. 23, 30 Août, 254, 285.
- Cuba (Conditions du travail à) (Clark). DOL. Juillet, 663.
- Électricité. Industrie électrique en Allemagne. Ef. 23 Août, 251.
- Émigration européenne. Pays de provenance et de destination. Ef. 13 Sept., 353. France. Situation financière. Ef. 6 Sept., 313. — Amortissements des budgets (Élimination de F). Ef. 13 Sept., 349.
- — Taux des salaires et prix de la vie à la
- fin du xixe siècle. Id., 351.
- Fleurs :commerce et, Paris. Ef. 6 Sept., 319. Peaux de gants. Industrie aux États-Unis. SA. 5 Sept., 814.
- Propriété immobilière à Paris depuis un siècle (Variations de la). Ef. 30 Août, 281. Secours mutuels (Unions de sociétés de). Ef. 6 Sept., 315.
- Thé. Production et consommation. Ef. 30 Août, 289.
- Trade Unions (Congrès des). E. 12 Sept., 347. Trusts américains (Les). Ri. 13 Sept., 367.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Batteur de pieux électrique Garvie. E1. 12 Sept., 261.
- Béton armé. Résistance à la traction et à la compression (Considère). CR. 18, 25 Août, 337, 365.
- — Système E. Ribeira. Le Ciment. Août,
- 117.
- Constructions (Prix des). E'. 22 Août, 173. Ciment armé (Construction en). Rt. 25 Août, 241; E. li Sept., 336.
- Ponts bascule de Millwaukee. Gc. 30 Août, 282.
- — Du N. E. Ry, sur la Tyne. E. 5 Sept.,
- 227.
- Tunnel du Simplon. E'. 22, 29 Août, 177, 204. Voûtes. Calcul rapide (Tourtay). Ac. Sept., 137.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1902.
- 441
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Zinc-plomb. Essais (Ga-bran). EE. 13 Sept., 399.
- — Et survolteurs dans les installations électriques. le. 10 Sept., 395.
- — Légers (Possibilités des). Id., 399.
- Courants alternatifs (Étude graphique des) (Tetchmuller). Elê. 6 Sept., 148.
- Distribution. Capacité des longues lignes de transmission (Sarton). EE. 30 Août, 331.
- Dynamos continues, nombre des lames du collecteur (Rothert). EE. 23 Août, 290.
- — Alternateurs auto-excitation. Types d’induction (Hevland). SiE. Juillet, 541.
- — Moteur asynchrone triphasis (Essai d’un). EE. 13 Sept., 403.
- Éclairage. Arcs à courant continu. Éclat intrinsèque (Rey). SiE. Juillet, 593.
- — Incandescence. Suspension à rotule. EU. 25 Août, 378.
- Électro-Chimie. Fabrication de la soude et du chlorure de chaux avec électrodes en mercure (Rhodin). EE. 23 Août, 290.
- — Electrolyse des mélanges de sels (Leduc). CR. 1 Sept., 395.
- Interrupteurs à courant continu. Spécifications normales, le. 10 Sept., 391.
- Magnétisme. Variations de volume dues à l’aimantation (Maurain). EE. 30 Août, 325.
- Pile à l’aluminium. Nogier. EE. 30 Août, 327.
- Stations centrales. Edison à Boston. E. 22 Août, 257.
- — De la côte du Pacifique (Perrine). E. 29
- Août, 272.
- Télégraphie sous-marine. Relais transmetteur automatique. EU. 23 Août, 113.
- —- Sans fil. E. 5 Sept., 317. Expériences de MM. Ferrie. EE. 23 Août, 281 ; 6 Sept., 337. G. Bononio. Id., 13 Sept., 377. Espitallier. Gc. 6 Sept., 293. Influence réciproque de deux oscillateurs voisins (Brillouin). ACP. Sept., 17.
- — (Application des ondes électriques à la)
- (Seibt). E. 13 Sept., 405.
- — Téléphotographie électrique. Korn. EE.
- 23 Août, 290.
- HYDRAULIQUE
- Pompes rapides, Klein. E. 22 Août, 245. Ri. 30 Août, 341. Riedler. VDI. 13 Sept., 1396.
- I — Des carrières de Penzhyn. E'. 22 Août,
- | 184.
- I — Centrifuges Suîzer. RM. Août, 168.
- Pulsomètres (Travail des). Ap. Il Sept., 341.
- Turbines. Barrages Saugey. Gc. 6 Sept., 302.
- Presse hydraulique. Fletcher. RM. Août, 187.
- MARINE. NAVIGATION
- Bateau fluvial à fond plat. Varrow. E. 22 Août, 254.
- Construction du navire. Progrès réalisés (Chai-gneau). Rs. 30 Août, 257.
- — Résistance des carènes (Hofer). Rt. 25 Août, 247.
- Dry Dock de Kawasaki. E. 22 Août, 242.
- Ecluses. Tentschert Czsiscliek. ZOI. 29 Août, 577.
- Gouvernails. Brown, Ghristensen. RM. Août, 195.
- Machines marines. Essais du croiseur «King Alfred». E. 5 Sept., 315.
- — Du Koréa. RM. Août, 197.
- Marine de guerre française (Manœuvres de la). E'. 22 Août, 179; 12 Sept., 336, Cuirassé « République ». E1. 12 Sept.. 251, 259.
- — Blindages à l’Exposition de Dusseldorf (Bâclé). Gc. 23 [Août, 264. SuE. I01’ Sept., 940.
- — Essais avec projectiles coitfés et obus, Gathman. Gc. 30 Août, 284.
- — Américaine. Cuirassés « Connecticut » et « Louisiane ». E'. 29 Août, 207.
- — Sous-marins. E. 5 Sept., 313.
- Paquebots (Grands) modernes. E. 22 Aoilt, 249.
- — « Kaiser Wilhelm ». E. 29 Août, 269; 12 Sept., 339.
- Phare de l’île Vierge. E. 22 Août, 233.
- Port de Londres. E1. 22 Aoiit, 187.
- Sauvetage. Cerf-volant porte-amarres. Ln. 6 Sept., 219.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Accouplement Vandergrift. RM. Août, 190.
- Aérostation et Aviation (Berthomier). Bam. Août, 953.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- SEPTEMBRE 1902.
- U2
- Chaînes. Fabrication. RM. Août, 163.
- — à Locke. E. 22 Août, 244.
- Changement démarché Lodge et Shipley. A Ma.
- 6 Sept., 1188.
- Compresseurs Reavell. E . 22 Août, 183.
- — Hill. Duncan Stewart, Auldjo, Weber, Prellwitz. RM. Août, 299. Chaudières à tubes d’eau, de Naeyer. RM.
- Août, 172. Schultz, Hele Shaw, Horns-by. Id., 180.
- — Dégraisseur Fletcher. E. 12 Sept., 335. —• Foyers cylindriques, indicateur de déformations Mc Innés. E. 12 Sept., 342.
- — Injecteur Friedmann. RM. Août, 181.
- — Retour d’eau de condensation Schauer.
- RM. Août, 182.
- — Contrôleur de combustion Amos. E. 29 Août, 265.
- — Purificateur d’eau d’alimentation Rei-sert et Iluckling. E. 29 Août, 266.
- — Réducteur de pression Nordberg. AMa. 30 Août, 1161.
- — Tuyauteries à l’Exposition de Dusseldorf. Dp. 23 Août, 533.
- — Robinets à soupape. Pm. Sept., 138.
- — Soupape de sûreté] [Fournier. EE. 30 Août, 328.
- — Vanne Bailey. E. 12 Sept., 343. Coussinets (Frottement des) (Stribeck). VDI. 6
- Sept., 1341.
- Dragues Riché, Higgins. RM. Août, 205, 207.
- — Essais comparatifs (Bogart). E. 29 Août,
- 290.
- Embrayage Fuller. RM. Août, 208.
- Graisseur Sinol. E. 12 Sept., 355.
- Levage. Ascenseurs Wortliington. RM. Août, 193.
- — Dispositifs de sûreté. Alfa. 13 Sept.,
- 1225. Arrêt Pratt. RM. Août, 192.
- — Cableway. Armand et Kocli. Gc. 23 Août,
- 271.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. Dp. 30
- Août, 553; 13 Sept., 585.
- — Démarrage des treuils actionnés par
- accumulateurs électriques. EE. 30 Août, 332.
- — Grues, portiques de Benrath, Stokes.
- RM. Août, 190.
- — Telphérage électrique. VDI. 13 Sept.,
- 1377.
- — Transporteur Miller. RM. Août, 189.
- Machines-Outils. Ateliers. La forge. E'. 29 Août, 201.
- — — Soest à Dusseldorf. SuE. P'1' Sept.,
- 922.
- — — de la Compagnie de l’Est à Épernay.
- Rgc. Sept., 183.
- — — de machines marines depuis un
- siècle (Watson). EM. Sept., 901. — Acier pour outils Belmont et Moine. Ri. 30 Août, 349.
- — Alésoir double Ward. E. 29 Août, 263. — Centreuse pour arbres Binghanton. Ri. 13 Sept., 361.
- — Dresseuse de front Wagner. AMa. 30 Août., 1156.
- — Marteau pneumatique Massey. E'. 5 Sept., 240.
- — — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 13 Sept., 1384.
- — Meulage (le) (Horner). E. 22 Août, 235;
- 5 Sept., 295.
- — Meules à plateau .Robert. E'. 29 Août, 217.
- — — universelle Schmaltz. AMa. 6 Sept.,
- 559.
- — — (Dangers des). Pm. Sept., 130.
- — Machines à jets de sable. Gc. 6 Sept., 298.
- — Perceuse électrique mobile. Berend. E'.
- 22 Août, 184.
- — — radiale Beckford. AMa. 30 Août,
- 1153.
- — Protection contre les accidents. AMa.
- 6 Sept., 1185.
- — Scie à métaux Wagner. AMa. 13 Sept., 1218.
- — Tour à grand travail Dean Smith. Ri.
- 23 Août, 333.
- — Vis. Machines à — anglaises. AMa. 6 Sept., 1195.
- — — Herbert. Ri. 6 Sept., 353.
- — à bots. Les scies (Razous). RM. Août,
- 109.
- Machinera timbrer Lamprecht. Cosmos. 6 Sept,, 297.
- Moteurs à vapeur. Tendances de la construction actuelle. E. 5 Sept., 315.
- — des tramways de Glasgow. E. 22 Août,
- 230; 12 Sept., 348.
- — Corliss (Vitesses des). E'. 29 Août, 208.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 30
- Août, 1311.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1902.
- 443
- .'Moteurs â vapeur de 300 chevaux Schuch-termann. E. 5 Sept., 308.
- — de 550 chevaux verticale. Moller. E. 12
- Sept., 340.
- — de la Wallsend Slipway C°. Id., 343.
- — Régulateurs, théorie (Rulf). VDI. 30 Août, 1307; 13 Sept., 1399.
- — — Rites. RM. Août, 167.
- — à gaz (Théorie des) (Meyer). VDI. 30
- Août, 1303; 13 Sept., 1391.
- — — Gaz de hauts fourneaux. Épuration
- et emploi (Lencauchez). Ira. Août,
- — — 605. Moteur de 1 000 chevaux
- Deutz. E. 5 Sept., 308.
- — — Allumage Arnoux et Guerre. Lo. 13
- Sept., 380.
- —- — Refroidissement Bordier. Lo. 13 Sept., 585.
- — à pétrole Diesel 35 chevaux. Essai. E.
- 22 Août, 191; Bam. Août, 1079.
- — — Caille. Lo. 13 Sept., 507.
- — — Campbell. 50 chevaux. E'. 12 Sept.,
- 262.
- — -- Carburateur Fillet. Lo. 13 Sept.,
- 586.
- — à alcool, groupe électrogène pour^chan-
- ger les accumulateurs des cabestans électriques : petites stations du chemin de fer du Nord. Rgc. Sept., 177. 'Pompe pneumatique Schutz. Ri. 23 Août, 335. Résistance des matériaux. Surchauffe des aciers doux (Heyn). E. 12 Sept., 357.
- — Essais par barreaux entaillés (Rudeloff). RM. Août, 145.
- Ventilateurs (Théorie des) (Courtois). RM. Août, 130.
- MÉTALLURGIE
- Alliages Cu. Mu. (Guillet). Gc. 6 Sept., 304. — Binaires (Structure des) (Campbell). EL Sept., 201.
- — Cadmium-magnésium(Boudouard). ScP. 5 Sept., 854.
- Fer et acier. Installation électrique des forges de Parckgate. Gc. 23 Août, 268.
- — Métallurgie à l’Exposition de Dusseldorf (Gouvy). IC. Juillet, 22; (Wedding). E. 5 Sept., 323.
- —- — Progrès en Allemagne depuis 1880 (Daelen). E. 3 Sept., 326.
- Fer et acier. Poches à scories Pollock. Eam. 19 Août, 220.
- — Acier Thomas. Fabrication (Riva Berni). Pm. Sept., 142. au nickel à hautes teneurs (Dumas). AM. Juin, 609.
- — Emploi de l'électricité dans les forges (Abraham). Gc. 30 Août, 277.
- — Phosphore dans le fer. SuE. Ie1' Sept., 955.
- — Fonderie. Prix de revient (Longnmir). EM. Sept., 887.
- — Hauts fourneaux et leurs accessoires (Stevenson). E'. 12 Sept., 248.
- — — Progrès en Allemagne depuis 1880
- (Burgmaun). E. 3-12 Sept., 324, 361.
- — Forges et aciéries d’Anvers. Rt. 10 Sept., 257.
- — Chargeur pour fours à réchauffer. Gç. 6 Sept., 305.
- Or. Progrès de sa métallurgie dans l’Australie occidentale (Kuss). Im. Août, 763.
- MINES
- Accidents. Diminutions dans les mines françaises depuis 1833 (Keller). AM. Juin-565.
- — Préservation dans les mines du Witwa-tersrand. Eam. 30 Août, 279. Cartouche hydraulique Shaw pour trous de mines. SA. 5 Sept., 805.
- Colombie britannique. Richesses minérales. EM. Sept., 837.
- Costa-Rica (Industrie minière à). Eam. 16 Août,
- 210.
- Éclairage des mines par la benzine (Leroya). Im. Août, 781.
- États-Unis. Production minérale en 1901. Eam. 16 Août, 213.
- Électricité. Emploi aux mines de Virginia City. Eam. 23 Août, 243.
- France. Exploitation des mines en 1901. Ef. 6-13 Sept., 322, 359.
- Fer et manganèse du Brésil. E. 22 Août, 263. Épuisement. Machine de Hamel et Lueg. E', 29 Août, 202.
- — — de Horcajo. RM. Août, 168.
- — Électrique. Élc. 13 Sept., 161. Extraction. Machine des mines de Harpen.
- E'. 22 Août, 176.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- SEPTEMBRE 1902.
- Extraction à grandes profondeurs (Deverne). Im.Août, 709.
- — Heurtia d’extraction aux mines de Lens (Havard, Duclos). Im. Août, 727. Gypse. Industrie aux États-Unis. Eam. 30 Août, 277.
- Havage mécanique (Essai de) aux mines de Maries (Baily). Im. Août, 703.
- Haveuse Eisenbeiss (Bar). ld., 717.
- Houillères. Terrains du Nord (Jardel). Im. Août, 663.
- Manganèse. Mines de Santiago de Cuba. Eam. 23 Août, 247.
- Mines de Monte-Christo (Washington). Eam. 23 Août, 240.
- Normandie. Gîtes minéraux (Masse). AM. Juin, 381.
- Or. Concentration par l’huile Elmore. E'. 20 Août, 216.
- — Mines du Sud Apalache. Eam. 23 Août, 241.
- Pétroles du Texas (Hill). Fi. Sept., 223.
- Plomb. Préparation mécanique à Saint-Mary.
- Cornouailles. Eam. 16 Août, 216. Préparation mécanique. Trieurs électro-magnétiques des ateliers de Humboldt. E. 29 Août, 268.
- — Crible incliné Sturtevant.Ri.30 Août,3 to. Suède. Industrie minérale. E1. 29 Août, 213. Thunder Mountain, Idaho. Eam, 30 Août, 273.
- Le Gérant: Gustave Richaru.
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- 101e ANNÉE
- OCTOBRE 1902.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- HISTOIRE DES SCIENCES
- LÉONARD DE VINCI, PEINTRE - INGÉNIEUR - HYDR AULICIEN (1)
- par M. A. Ronna, membre du Conseil.
- I. — LA VIE DE LÉONARD ( i 4 o 2 -1519 )
- Ludovic le More, succédant à Galéas Marie Sforza, en qualité de régent de son fils Jean Galéas, voulut réaliser le projet que le défunt avait conçu, d’un monument équestre à élever sur la place du château de Milan, en l’honneur du premier duc, François Sforza. Il s’adressa à Laurent de Médicis dont le goût pour les arts était universellement loué, le priant de lui envoyer un artiste capable d’exécufer la statue qui serait coulée en bronze doré, et Laurent lui recommanda Léonard de Yinci, « artiste d’une imagination originale et grandiose ».
- Léonard avait alors trente ans. Heureux de voir s’ouvrir devant lui un nouveau champ d’activité et la perspective d’un travail mieux rétribué, qui lui permît de rompre avec la vie de tâtonnements et de déceptions qu’il menait à Florence, le sculpteur s’empressa de se rendre à Milan (1482). Il se présenta aussitôt au régent Ludovic, accompagné de deux de ses élèves : un musicien, Atalante Migliorotti, qui se sépara de lui en 1490, appelé à Mantoue par le duc François de Gonzague, et un mécanicien, Tommaso Masini, en même temps
- (1) Cette étude fait partie d’un ouvrage en préparation, intitulé : Histoire de l’Hydraulique et des Hydrauliciens en Italie du xie au xixe siècle.
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- HISTOIRE DES SCIENCES.
- OCTOBRE 1902.
- peintre et artiste en mosaïque, mais surtout esprit bizarre, astrologue et devin, qui ne le quitta pas jusqu’à Rome (1515).
- Certains écrivains prétendent que, sans avoir été le moins du monde désigné par Laurent, au retour d’un voyage en Orient, il aurait couru à Milan, pour prendre part à un concours de musiciens et ménestrels, convoqué avec grand éclat par Ludovic à sa cour, et qu’il en serait sorti vainqueur.
- Qu’aurait fait, pendant les trente premières années de sa vie, ce maître de musique portant en hommage au duc Ludovic un luth d’argent, fabriqué de ses propres mains et d’une sonorité telle que tous les autres instruments paraissaient muets? Pourquoi, d’autre part, aurait-il été choisi au milieu de cette pléiade de sculpteurs, de peintres, d’architectes, etc., qui embellissaient Florence à l’envi, et dont Laurent le Magnifique le tenait à l’écart ?
- Les biographes de Léonard, et ils sont nombreux, se sont donné beaucoup de peine à retracer les débuts de l’artiste de génie, aux prises avec les difficultés matérielles de l’existence, bien que déjà entouré d’une auréole de gloire, sans qu’il eût accompli aucune œuvre maîtresse.
- Né d’une union illégitime, en 1452, à Vinci, petit village du bas Valdarno, perdu dans les replis du mont Albano de Toscane, Léonard ne connut pas sa mère. Ser Piero, son père, descendant d’une longue lignée de notaires qui siégeaient à Vinci, prit bientôt femme et, pour pallier sa faute, le conduisit en même temps qu’elle, vers 1469, à Florence, où il établit définitivement son étude. Plus tard, il fut accueilli, mais sans être légitimé, dans la famille nombreuse que devaient donner à Ser Piero quatre femmes successives. Les affaires, du reste, aidèrent puissamment à la fortune de Ser Piero; car déjà en 1471, il était procureur du couvent de la Sainte-Annonciade, en 1474, notaire du collège de la Seigneurie, et peu à peu, il se vit chargé des intérêts des premières familles florentines, y compris celle des Médicis.
- 1. — Florence (1469-1482).
- Abandonné à lui-même dans Florence, loin des attraits que son enfance avait pu goûter en pleine liberté dans la campagne, Léonard ne montre d’abord qu’un seul penchant, celui de s’instruire et d’observer par lui-même. Il fréquente les écoles d’alors, dites de YAbaque, où il se familiarise avec la langue latine, l’arithmétique, les méthodes de calcul et la géométrie. Bientôt, il sait à fond le Liber Abaci de Fibonacci et les Éléments d’Euclide; au sortir des classes, il apprend la musique ; il joue du luth ; il fait du dessin, du modelage, de la ciselure, tout cela, sans maître attitré, avec quelques condisciples, au gré des caprices qu’attise chez lui la fièvre de savoir, mais aussi avec une sûreté et une précision qui caractérisent déjà ses précoces talents.
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- Ser Piero n’a pas de cesse qu’il ne puisse dresser des actes et arrondir sa fortune; pourtant, il voit avec peine que Léonard gaspille ses dons naturels, sans aucun but pratique. Il emporte en cachette quelques-uns de ses dessins et les montre à un de ses bons amis, Andrea del Verroechio, pour qu’il juge des dispositions du jeune artiste.
- Andrea Cione del Verroechio était alors passé maître dans la méthode patiente et rigoureuse qu’il appliquait à la reproduction de la nature. Versé dès son jeune âge dans les sciences, et plus spécialement en géométrie, il avait débuté par être orfèvre, puis ciseleur, ornemaniste et sculpteur, dessinateur de perspective et finalement peintre; ce qui ne l’avait pas empêché d’apprendre la musique, d’étudier l’histoire naturelle, l’anatomie, et de concevoir l’art dans toute sa plénitude. Il se montra émerveillé des ébauches de Léonard, encouragea Ser Piero, et le pria de lui confier le jeune homme.
- A peine entré dans l’atelier du Verroechio, Léonard, âgé de quinze ans, s’éprend avec passion des théories du maître dont il rappelle plus tard les préceptes : « Ceux qui font de la pratique sans posséder la science, ressemblent au pilote qui prend la direction d’un navire sans gouvernail et sans boussole, et ne peut être certain du lieu où il se conduit. » Et plus loin, il ajoute : « Pour savoir, il faut étudier avec ordre et patience la nature des objets que l’on veut reproduire; autrement, on perd son temps et on prolonge bien inutilement le travail. »
- Andrea del Verroechio était surtout sculpteur; son apprenti se mit aussitôt à sculpter, collabora comme son élève et chercha à l’égaler. Puis, il dessina et peignit avec lui, sans que l’on pût discerner l’œuvre de l’un d’avec celle de l’autre. L’atelier était alors fréquenté par de jeunes peintres : Sandro Botticelli, Pietro Perugino et Lorenzo d’Andrea di Credi, d’heureuse mémoire, qui devinrent ses conseillers et ses amis, et dont il parlera souvent. En 1472, il fut reçu membre de la compagnie des peintres, et le cercle de ses intimes alla toujours en s’agrandissant, d’autant plus qu’ « il avait toujours la bourse ouverte, au service des véritables artistes, moins fortunés que lui ».
- Jusqu’à la venue du Masaccio (1), qui historia la chapelle des Brancacci del Carminé, le type corporel était celui que fournissait le modèle vivant aux artistes florentins ; l’idéalisme faisait défaut.
- Comme Simone Pollaiuolo, le Verroechio peignait en orfèvre, en anatomiste; tandis que Masaccio, qui avait étudié lui aussi le nu, comprit les raccourcis et la perspective, tout en créant des figures vivantes, à l’instar de la vérité. Il obtint le réel avec l’idéal, en faisant jaillir les caractères et la vie de ses personnages.
- Le contraste était tel entre l’école delà peinture renaissante du Masaccio, dont
- (1) Masaccio, surnom donné par le vulgaire à l’incomparable peintre, Tommaso Guido di San Giovanni (1402-1428), enlevé à l’art à l’âge de 26 ans, après avoir fourni des compositions dont s’inspirèrent tous les grands artistes depuis Léonard, sans excepter Michel-Ange et Raphaël.
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- Léonard se pénètre, et l’ancien style auquel sacrifiaient plus ou moins son maître et ses condisciples, que dans « le Baptême du Christ », il éclata à tous les yeux. « Verrocchio y étale un Christ vieux, sec, ridé, un saint Jean anguleux, un ange triste et boudeur, qui font ressortir la grâce du bel adolescent, à demi incliné, que son jeune élève, Léonard de Vinci, a placé dans un coin, comme le signe et l’aurore de la peinture parfaite (1). » D’où naquit la légende que raconte Vasari, d’après laquelle, le maître, de dépit contre son élève, aurait juré de ne plus prendre un pinceau en main.
- Aussi bien, Sandro Botticelli, le confident de Léonard dans l’atelier du Verrocchio, a les mêmes aspirations que lui; mais il est sophiste, légèrement hérétique, sentimental, prêt à sacrifier la forme et ignorant de la perspective. Pierre Pérugin, que Léonard devait retrouver plus tard à Milan, le maître de Raphaël, est matérialiste et sensualiste, « un simple fabricant de saints », comme dit Taine (2). Pas plus qu’André del Credi, de nature contemplative et religieuse, il n’a de prise sur l’esprit sublime de clarté et de positivisme de Léonard, que l’aile du Masaccio a touché.
- C’est dans ce milieu plein de vie et rayonnant d’intelligence, dans ce foyer étincelant des réformateurs de l’art, que Léonard passa de longs moments à étudier et à s’approprier les procédés du naturalisme, la grâce et la beauté des formes, l’ordonnancement des groupes, la fidélité et la vivacité du récit d’où naquit le style de la Renaissance. Laurent le Magnifique, qui avait beaucoup d’affection pour le Verrocchio, admit que son élève, on peut dire son émule (3), travaillât dans les galeries des marbres du jardin de San Marco où il s’initia à fond aux pratiques de l’antiquité.
- Mais l’art ne suffisait pas pour absorber l’esprit inquiet et chercheur de Léonard, qui ne rêvait pas d’une profession, mais de toutes les professions où interviennent le calcul et le dessin. Il noua connaissance avec les savants; Bene-detto dell’Abaco, un des plus grands mathématiciens du siècle, Paolo dal Pozzo Toscanelli, un autre Florentin, astronome, géographe et médecin de grande réputation, et aussi avec l’helléniste Giovanni Argiropulo, philosophe et traducteur des œuvres d’Aristote, Carlo Marmocchi, géographe et astronome, Domenico Michelini, élève du frère Giovanni da Fiesole, etc. De toutes ces liaisons germèrent les idées grandioses, quant à la force de la pesanteur, au mouvement, à la combustion, à la géométrie planétaire, etc., qui l’occupèrent toute sa vie.
- Avant la fin de 1474, Léonard quitta l’atelier du Verrocchio pour travailler chez lui (4), en proie aux dures nécessités de la vie, car s’il ne tenait pas à
- (i) Taine, Voyage en Italie, II, 141.
- |2) Taine, loc. cit., I, 179.
- (3) « Pauvre élève, écrit Léonard, celui qui ne peut surpasser son maître! » (Man. R. 498.)
- • (4) Plusieurs biographes affirment toutefois qu’il dirigea, avant de se rendre lui-même à
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- l’argent, il n’en demandait pas non plus. « Vinci, écrivait un de ses contemporains, surpasse tous les artistes de Florence, mais il ne peut pas se résoudre à quitter le tableau qu’il peint, et nouveau Protogène, depuis de longues années, il n’a produit qu’une seule toile. » Il reçut toutefois quelques commandes de Laurent le Magnifique pour la chapelle de Saint-Bernard, dans le palais de la Seigneurie, mais seulement en janvier 1478, et comme remplaçant de Simone del Pollaiuolo. Bientôt après éclata la conjuration des Pazzi; il eut, comme Sandro Botticelli qui avait peint par ordre, sur la porte de la Douane, le portrait des rebelles suppliciés, à peindre lui aussi celui d’un des principaux chefs du complot, Bernardo Bandini dei Baroncelli, extradé de Constantinople où il s’était réfugié, pour finir ses jours sur la potence, à Florence.
- A cette année remontent divers tableaux de Léonard : la Madone à la carafe, XAnnonciation de Marie, et d’autres toiles qui devaient malheureusement ne lui laisser aucun profit. Aussi, délaissa-t-il peu à peu la peinture pour s’adonner aux travaux d’architecture militaire pouvant lui ouvrir, croyait-il, une carrière plus lucrative. Il abandonna, sans les achever, des peintures dont on n’a plus que des cartons ou des fragments authentiques : Adam et Eve dans le Paradis terrestre ; la tête de la Méduse; la Madone avec les saints; Saint Jérôme, camaïeu en brun; XAdoration des Mages. Les ressources lui faisant absolument défaut, il songeait secrètement à s’éloigner de Florence, et pourtant il acceptait encore (1481), des moines de San Donato, la mission de peindre un panneau, pour le grand autel de leur église, à Scopeto, après avoir peint le cadran d’horloge de leur couvent. Les religieux le payèrent de ce dernier travail moyennant une charge de bois de chauffage.
- C’est ici que devrait se placer le voyage de Léonard hors de l’Italie. Comme Florence n’offrait de quoi vivre qu’aux artistes cli bottega; qu’il avait horreur du travail à gages, et que la protection de Laurent s’était écartée de lui, il aurait eu hâte de quitter.
- Des biographes allemands, s’appuyant sur nombre de passages épars dans ses manuscrits (1), et aussi, sur le vif désir qu’il devait ressentir de visiter des pays inconnus, le font voyager en Turquie, au mont Taurus, en Arménie, en Egypte, au service du sultan du Caire, Kait-Bey, etc. (2). De fait, les allusions, les courtes notices de ses carnets, relatives à Pile de Chypre, au cours de l’Euphrate et du Tigre, aux prédications d’un nouveau prophète que la foule incarcère, à la terrible inondation qui dévaste l’Arménie occidentale et détruit la ville de Ivelindreh, aux scènes émouvantes auxquelles il assiste; les indica-
- Milan (1482), les ateliers de son maître, parti pour Venise où il montait la statue équestre du général Coleoni,
- (1) Cod. Atl. 145 R. et V. ; 211, V. 189, V.
- (2) Richter. Leonardo in Orient (Zeitschrift für bildende Knnst) ;Wien, 1881, XVI.
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- tions concernant l’île de Rhodes, le tremblement de terre de 1489 qui entrouvre la mer au voisinage de l’île, le pont de Péra à Constantinople, l’aspect de l’horizon entrevu du littoral égyptien, dans la direction de l’Ethiopie (Trattato délia Pittara), le tout agrémenté de croquis représentant des types curieux, des costumes, des paysages : voire même, d’une esquisse de la carte générale de l’Arménie, ne laissent pas que de rendre l’esprit perplexe, quant à la véracité de ce voyage dont Léonard, ni personne autre, ne font mention aucune part.
- Il semble, toutefois, que Léonard l’ayant accompli, ne'se fût pas borné à de si maigres observations, en présence de spectacles aussi nouveaux pour lui, aussi grandioses pour son imagination d’artiste, tandis que suivant son habitude, il n’a fait que consigner dans ses cahiers, des notes empruntées aux récits de voyageurs qu’il avait fait causer, ou à quelques albums qui lui avaient été confiés pour peu de temps. Au sujet d’excursions qu’il fit plus tard dans les Alpes de la Lombardie, et d’un intérêt relativement bien moindre, ses calepins offrent une précision, une finesse d’observation, qui assignent à Léonard une place spéciale parmi les touristes pratiques de son époque. C’est un ingénieur qui vovage en Tyrol, alors qu’en Arménie, ce n’est pas même un artiste en tournée.
- Pendant son séjour à Florence, le génie de Léonard s’était mûri par l’étude et dans la solitude. La fièvre qui l’excitait à percer les mystères du monde ambiant pour découvrir les secrets de la perfection, ne pouvait que condamner son œuvre à demeurer imparfaite. Il y laissait tout inachevé. La conviction qui l’obsédait, comme elle avait obsédé Paolo Uccello pour la perspective, Lorenzo Ghiberti pour la sculpture, Brunellesco et Leon Battista Alberli pour l’architecture, l’empêchait de rien achever qui n’eût été froidement examiné par la raison, et pour les effets naturels. Le but suprême de l’artiste était, à ses yeux, de se garder de l’inspiration inconsciente, afin de pouvoir combiner la précision avec la liberté, et la liberté avec la beauté.
- Nous n’avons pas à présenter ici, et encore moins à juger Léonard comme artiste ; Michel-Ange et Raphaël n’ont pu éclipser sa gloire dans les arts (1) ; mais notre but est de faire connaître l’universalité de ce génie, qui ignorant les spécialités étroites, créa la méthode expérimentale, agrandit le cercle de toutes
- (I) Aussi bien, nombre de critiques et d’érudits ont consacré au génie de Léonard des études du plus haut intérêt, tant en Angleterre et en Allemagne, qu’en Italie et en France, et, certes, nous hésiterions à nous aventurer sur des traces où l’artiste a été si finement discuté, si sympathiquement apprécié. Le « Leonardo » (London, 1880 et 1893) de J. P. Richter ; les « Lebenskizze and Forschuyigen » (Munich, 1889-90) de Millier Wahle P.; les « Ricerche intorno a L. da Vinci » (Firenze, 1892 et Torino, 1894) de G. Uzielli; le Leonardo (Firenze, 1900) de Edmondo Solmi ; mais surtout et avant tout, le « Léonard de Vinci» (Paris, 1899) par E. Müntz, sont de nature à satisfaire la plus vive curiosité, quant à la vie et au jugement critique de son œuvre artistique, dont nous nous bornons à signaler en passant quelques pièces maîtresses.
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- LÉONARD DE VINCI.
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- les connaissances humaines, en tête des savants de son époque, et devint l’initiateur d’une des plus belles applications de la mécanique, l’hydraulique.
- 2. — Milan (1482-1500).
- Rien n’indique que jusqu’à sa venue à Milan, Léonard eût trouvé à faire valoir en aucune occasion ses connaissances ou ses mérites, comme ingénieur militaire et hydraulicien ni comme architecte civil. Ce qui n’empêche pas qu’un de ses premiers actes (1483-84), lorsque la guerre menace le Milanais, est d’offrir ses services à Ludovic le More dans des termes d’une noble fierté, toute modestie exclue, qui révèlent ce qu’il se sent capable de faire en vue des opérations militaires, sur terre et sur mer, et en temps de paix.
- Cette lettre adressée au Régent nous a été conservée à l’état de minute, dans un de ses manuscrits, sans date et d’une autre main que la sienne, mais en caractères de lecture courante (1). Léonard y énumère longuement les moyens de son invention dont il dispose comme fortification, comme ponts et chemins couverts, comme trains d’équipages blindés, comme bombardes, mortiers, passe-volants, engins de projection, d’explosion, d’incendie, etc., et cela évidemment, dans le but de satisfaire l’ambition du Prince, exposé aux attaques du côté de Venise et de Naples, et de répondre aux exigences d’une époque où les hommes et les choses de la guerre avaient une supériorité marquée sur tout ce qui avait trait aux arts, aux lettres et aux sciences (2). Sa pétition se termine ainsi qu’il suit :
- « En temps de paix, je crois pouvoir, aussi bien que tout autre, construire des édifices publics et privés et conduire les eaux d’un lieu à un autre.
- « De même, je puis, pour la sculpture en marbre, en bronze et en terre, pareillement pour la peinture, accomplir ce qui me sera donné de faire, aussi bien que tout autre et que qui que ce soit.
- « En outre, je pourrais me charger de l’exécution du « cheval » (monument équestre), consacrant ainsi la gloire immortelle et l’éternel honneur de votre père et de la maison des Sforza.
- « Et si quelqu’une de mes offres précitées paraissait impossible ou irréalisable, je suis prêt à en faire l’essai dans le parc ou dans tout autre lieu qu’il plaira de
- (1) Codice Atlantico, fol. 382. R. n° 1.
- (2) Si l’on examine une à une les offres contenues dans cette lettre à Sforza, en regard des dessins et légendes de fortifications, de machines et engins de guerre, qui abondent dans ses manuscrits, on doit reconnaître, avec Carlo Promis (Traité d’archit. civ. et militaire, de Francesco di Gorgio Martini, Turin, 1841), qu’il n’y avait pas la moindre forfanterie de la part de Léonard. L’ingénieur Venturi et le capitaine Angelucci (Docum. inediti per la storia delle armi da fuoco ïtal.) ont traité de la question des armes, en empruntant au Codice Atlantico une série de dessins et d’esquisses qui attestent la haute valeur des inventions de l’artiste. •
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- désigner, à Votre Excellence, à laquelle je me recommande humblement. »
- Ainsi écrivait Léonard, appelé à faire partie plus tard du service des ingénieurs du duché, « ingegncirii ducales », au même titre que Bramante, Dolce-buono, Giovanni Battaggio de Lodi, Giovanni de Busto, etc. Sa présence à la cour du duc, peu de temps après sa lettre, est hors de doute (1).
- D’importants travaux lui sont dès lors confiés pour la restauration du château de Milan, l’achèvement de la cathédrale, la statue équestre de François Sforza, et il peut déjà dire, en parlant de lui-même : « En voici un que la grâce du Seigneur a conduit de Florence ici pour faire œuvre qui vaille ; mais il a tout d’un coup tant de besogne qu’il pourrait bien ne jamais la finir. » En effet, il ne finit rien ; ou bien s’il finit, c’est pour recommencer.
- Le château de Milan sert de prétexte à ses recherches sur les principes de l’art de fortifier, plutôt que sur l’exécution d’un ouvrage déterminé. Il songe à modifier l’aspect massif et grossier de l’édifice, à l’aide d’une haute tour recouverte d’une coupole, pouvant abriter le monument de Sforza; à faire creuser un fossé d’enceinte qui rejoigne par un canal celui déjà existant à l’intérieur de la ville, dit Redefosso; à renforcer le couronnement du fort par une série de murs parallèles; à pratiquer un chemin secret et couvert; en résumé, à transformer radicalement le plan de la forteresse d’après les principes qui seront suivis au siècle suivant pour repousser l’artillerie mobile.
- Les projets d’achèvement de la cathédrale succédaient au départ des architectes allemands, Jean Nexempelger, de Gratz, Alexandre, de Marspach, et autres, sacrifiés définitivement au choix d’architectes italiens, pour continuer la grande œuvre gothique. Léonard fut des premiers à répondre à l’invitation de Luca Fancelli. Avant Pietro de Gorgonzola, Giovanni Mayer et Bramante « juxtaordi-nationem factam in consilio Fabbricæ », il soumit des dessins et modèles d’une vaste coupole centrale, entourée de coupoles plus petites, et au dehors, de spires qui assuraient le plus d’effet possible à l’architecture (juillet à septembre 1487). Il reçut des arrérages pour ce travail, mais avant que le conseil eût statué solennellement, il demanda à retirer ses projets; ce qui lui fut accordé, à la condi-dion de les représenter: « cum hac conditione quod ipse magister Leonardus dic-tummodelum restituât ad omnem requisitionem. » Il s’engagea même à exécuter un nouveau modèle, moyennant douze livres impériales qu’il toucha, supra ratio-nem unius modeli per eum construendi de presenti. Il n’en fit rien pour cela, et se retira du concours. Son but était atteint, celui de la recherche des lois mécaniques et architecturales qui président à la construction des dômes (2).
- Pour le troisième ouvrage, le monument de Sforza, son esprit s’épuise en
- (1) Le sonnet de Bellincioni, son compatriote et ami, où il est fait allusion au songe de
- Galéas Marie, atteste cette présence avant 1486. *
- (2) Déjà versé dans la science mécanique, bon géomètre pour son temps, dessinateur incom-
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- recherches anatomiques, voulant que la conformation du cheval s’accorde avec la nature, et en études sur le moulage en bronze de la statue qui n’était pas même ébauchée. C’est seulement après avoir séjourné à Pavie, et de retour à Milan, à la suite des brillantes fêtes qu’il avait été chargé d’organiser pour le double mariage de Ludovic le More avec Béatrice d’Este, et de Anna, sœur du duc Galéas avec Alphonse d’Este (1491), que son amour-propre fut piqué au vif. L’ambassadeur de Florence à Milan, Pietro Alamanni avait, en eiïet, écrit à Laurent le Magnifique, en ces termes : « Le Seigneur Ludovic veut élever à la mémoire de son père un tombeau grandiose; il a ordonné à Léonard de Vinci d’en exécuter un modèle, c’est-à-dire, un très grand cheval de bronze sur lequel chevauche le duc François en armes. Comme Son Excellence désire avoir une œuvre parfaite, sans égale, il m’a chargé de vous écrire de sa part, pour que vous lui envoyiez un maître artiste capable; car, s’il a confié ce travail à Léonard de Vinci, il ne me paraît pas du tout convaincu que Léonard puisse l’exécuter (22 juillet 1489). » Restait un quatrième ouvrage d’édilité qui n’était commandé à Léonard que par son imagination féconde et l’amour du bien public; celui d’un projet de ville.
- La peste avait ravagé Milan pendant les années 1484 et 1483, causant la mort d’une cinquantaine de mille d’individus et anéanti tout commerce et toute activité, Léonard songe à reconstruire la ville et les cités environnantes qui ont été décimées par le fléau, et s’adressant au Prince, il écrit :
- « Tu répartiras entre dix cités cinq millemaisons, correspondant àtrente mille logements, et tu désagrégeras ainsi ces amas de population qui s’empilent comme les chèvres, les unes à côté des autres, répandant partout la fétidité et desjgermes de mort pestilentielle. Les cités s’embelliront et tu en tireras un honneur éternel. » Ce rêve de cités modèles fut l’objet de nombreux dessins et de légendes, dispersés au milieu de ceux qui concernent le génie militaire et l’architecture religieuse.
- Les cités devront être bâties le long d’un cours d’eau dont la pluie ne trouble pas le courant, et dont le niveau soit maintenu constant à l’aide d’écluses. A l’intérieur de ces cités, partout de l’air, de la lumière, la propreté, de vastes places et de larges voies. « Que les rues soient aussi larges que la hauteur moyenne des maisons. »
- Les cités modèles seront desservies par deux sortes de voies; des voies à niveau plus élevé ou en pente, élégamment ornées et d’une parfaite propreté ;
- parable, Léonard possédait tous les éléments pour être un excellent architecte. Il travailla, en effet, à de nombreux édifices, démolis depuis, mais dont le souvenir a été conservé.
- Le palais du duc de Milan, son chef-d’œuvre d’architecture, fut détruit, comme aussi celui de Galéas San Severino, partisan de Ludovic le More, lors de l’expulsion des Sforza du Milanais.
- Ses manuscrits montrent en maints endroits des dessins pour le chcùteau à Porta Giovia, des esquisses de coupoles, des perspectives d’églises, des ornements architectoniques d’intérieur. Le Codicetto Trivulziano est surtout riche en esquisses relatives à la coupole et à la toiture de la cathédrale de Milan, pour lesquelles il avait concouru.
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- et, des voies à niveau plus bas ou souterraines, lavées de temps à autre par l’eau limpide du cours d’eau, et dont les ordures seront chassées en dehors au râteau. »
- « De telle, sorte, ajoute-t-il, que qui voudra cheminer par les voies élevées, le pourra faire à son gré; comme aussi, quiconque voudra se transporter par les voies basses, sera libre de le faire. Toutefois les véhicules ne circuleront pas dans les rues hautes, réservées aux gentilshommes ; tandis que dans les rues basses circuleront les chariots, les bêtes de charge, à l’usage et pour la commodité du peuple. »
- Les maisons devront être orientées dos à dos et séparées par les rues basses précitées. Aux portes donnant sur ces rues « seront disposés les dépôts ou magasins de bois, de vin et d’autres provisions; tandis qu’au niveau inférieur, derrière les maisons, devront s’évacuer les produits des fosses, les fumiers et autres matières nauséabondes ».
- Ce n’est pas tout. Léonard dessine le plan des chambres, quant à leur distribution et à leur ventilation; il esquisse des cheminées « s’aérant d’elles-mêmes »,des écuries commodes et propres, et même des bassins où les chevaux seront conduits à l’abreuvoir et au bain.
- La cité moderne de Léonard devance de bien des siècles, pour la voirie et la salubrité, celle que les architectes et les commissions ont demandé en vain à réaliser de nos jours.
- En attendant, cinq années s’étaient écoulées depuis la commande du monument Sforza; Ludovic, impatienté, avait fini par douter de Léonard, et celui-ci comprit que cette fois il fallait agir. Le modèle de la statue fut achevé en un mois de temps. Platino Plato, orateur et poète, fut prié de rédiger une épigraphe pour le piédestal. Le monument devait être découvert devant le public au jour qui s’approchait, des noces du régent; mais une nouvelle idée jaillit comme un éclair dans l’esprit de l’artiste et lui fit abandonner sa première conception. Il voulait la perfection. Les cartons et esquisses, conservés à Windsor et à Milan, au nombre de quatorze, ne donnent qu’une idée bien imparfaite des études de conformation, d’attitude et de pose du cheval.il recommençait toujours, comme s’il n’avait rien fait (23 avril 1490).
- A Pavie, où il se rendit en compagnie du renommé architecte, Francesco di Giorgio Martini, pour donner son avis sur la construction projetée de la cathédrale, il ne songea plus au monument Sforza, mais à ses études de prédilection. Martini, porté comme lui vers les mathématiques et les théories abstraites de l’art, examina les projets, formula ses critiques, laissa des plans nouveaux et quitta Pavie, emportant maints remerciements appuyés de grosses gratifications. Il ne fut pas question alors de Léonard qui, lui, resta à Pavie et aborda pour la première fois, semblerait-il, les recherches hydrauliques que fit éclore dans son cerveau le mystérieux Tessin : mouvement des eaux courantes, phénomènes dus
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- à la pente du lit, à la forme'et à la nature du fond, aux berges, aux obstacles, etc.
- Pavie offre à un pareil penseur un asile d’une parfaite tranquillité; il erre solitairement dans la belle campagne de Lombardie, ou bien, il se plonge pendant des journées entières dans la lecture des livres et des écrits scientifiques dont la bibliothèque du château est déjà si riche. L’Université qu’illustrent des professeurs éminents y est des plus florissantes. Giacomo Andrea, de Ferrare, lui offre l’hospitalité sous son toit ; ses élèves Marco d’Oggionno et Antonio Bol-traffio sont avec lui pour le seconder dans ses recherches.
- Mandé soudain à Milan pour les fêtes publiques qui vont être données à l’occasion du mariage de son seigneur et maître Ludovic, il descend chez messire Galéas Sanseverino, illustre capitaine et gendre du régent; mais il reprend sans enthousiasme son travail à la cour ducale et dans son atelier.
- C’est à ce moment que Giuliano da Sangallo, envoyé à la cour de Ludovic par Laurent de Médicis, pour faire les plans d’un palais, se rendit dans l’atelier où le Florentin travaillait à la statue colossale. D’après Vasari, il fut prodigue de conseils utiles pour le moulage sur lequel Léonard le consulta.
- Comme ordonnateur de fêtes, Léonard jouissait d’une grande célébrité. Déjà en 1487, quand Isabelle, fille d’Alphonse d’Aragon, roi de Naples, fiancée du duc Jean Galéas, fit son entrée solennelle dans Milan, ce fut lui qui avait fait dresser les arcs de triomphe et décorer des plus magnifiques tentures la chaussée par laquelle se déroula le brillant cortège. Le lendemain des noces, il disposa la scène du théâtre pour la représentation du « Paradis », à l’instar de ce qu’avait imaginé jadis Sir Filippo Brunelleschi. Les sept planètes tournaient dans l’espace à l’aide de trucs mécaniques de son invention ; chaque planète était figurée par un personnage revêtu des attributs décrits par les anciens poètes. Son ami, Bernardo Bellincioni, avait composé les poésies de circonstance.
- Quelques jours plus tard, il ménagea à la jeune duchesse la surprise d’un élégant pavillon, situé dans le jardin du pare, abritant un bain avec étuve qui permettait de régler la température de l’eau au moyen d’un seul robinet: « Trois parties d’eau chaude, pour quatre parties d’eau froide. »
- Pour les réjouissances publiques du mois de janvier 1491, il organisa des joutes où, suivant la chronique, il déploya « tous les artifices d’un véritable magicien ».
- Ludovic venait enfin de combiner fort habilement le mariage de l’empereur Maximilien d’Autriche avec Blanche-Marie Sforza, sœur du duc Galéas (décembre 1493). La jeune fiancée devait être escortée à travers Milan, avec le plus grand faste, en route pour Ala. Léonard s’engagea solennellement à exposer sur une des places publiques le monument tant de fois promis de François Sforza. Les ambassadeurs de l’empereur à leur entrée dans la place du château, purent en effet le contempler. Devant cet admirable chef-d’œuvre, les contemporains de l’ar-
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- tiste s'inclinèrent et firent retentir de toutes parts les échos de leur admiration (1).
- De J’aveu de tous, il pouvait disputer la palme aux plus belles statues connues. Pacioli le mentionne en ces termes : « Admiranda et stupenda equestre statua, da l’invidia di quelle di Fidia e Prasitele in Monte Cavallo, etc. » {De divina proportione : Yenetiis, 1509, in-fol., f. 1.)
- Milan était alors au comble de la splendeur et de la puissance. Ludovic avait su se créer une forte armée, pourvoir les arsenaux, s’attacher de nombreux partisans, s’entourer d’esprits d’élite, nouer des alliances précieuses, répandre l’aisance dans la population, activer l’industrie et le commerce de ses Etats. Sa cour était somptueuse ; il y trônait comme arbitre des princes et de la politique de l’Italie. U avait ses maîtresses favorites; d’abord, Cecilia Gallerani, de noble famille, d’une beauté remarquable, poète et latiniste, dont Léonard peignit le portrait, et plus tard, Lucrezia GrivelIi, mère de Giampaolo, le chef de la famille des marquis de Caravaggio, dont les charmes ne le cédaient en rien à ceux de sa devancière. Léonard peignit également son portrait, et l’on affirme que « la tête de femme de profil, désignée communément sous le nom de la belle Ferronière », qui figurait dans la galerie du roi de France, en 1752, comme image de l’une des favorites de François F1 2 3’, serait la belle Crivelli, peinte par Léonard.
- Aussi bien, lui attribue-t-on d’autres portraits de la même époque: ceux qui se trouvent dans la galerie Ambrosienne à Milan, de Ludovic Sforza, dit le More, et de sa femme Béatrice d’Este ; le dessin, à la galerie du Louvre, d’Isabelle, fille d’Alphonse d’Aragon roi de Naples, femme du jeune Jean Galéas Sforza; les portraits des enfants Sforza, Maximilien et François, à Montorfano, et de Bianca-Maria, fille de Galéas Marie, avant qu’elle n’épousât l’empereur Maximilien.
- Singulier contraste! L’homme du travail, de la méditation et de la solitude, était des plus goûtés à la cour ducale. Sa belle prestance, sa longue et soyeuse chevelure, sa conversation châtiée, son originalité dans le costume, ses gestes gracieux, le faisaient rechercher de tous. Outre cela, il jouissait d’une rare force musculaire (2); agile et souple, il était le modèle du cavalier; habile à lutter et à jeter la lance, selon que le voulait Castiglione (3). Non seulement il parlait et disait bien, mais il était musicien achevé, plein de sentiment et de
- (1) Lazzaroni, Baldassare Tacconi, Lancino Curzio; plus tard, Giovio, ne tarissent pas d’éloges sur la beauté merveilleuse de la statue équestre. Bien peu de sculpteurs savent que Léonard excella à ce point dans leur art.
- (2) On racontait que ce beau jeune homme, la première épée de son temps, pouvait de son bras noueux tordre le battant d’une cloche, et lancer ou retenir à son gré le coursier le plus fougueux. (Ch. Yriarte, Florence, 1881.)
- (3) Castiglione est l’auteur apprécié du Cortigiano (Venezia, 1328), sorte de protestation contre la flatterie abusive des petites cours italiennes el de la cour d’Urbin en particulier, dont il fut ambassadeur auprès de Henri VIII et de Louis XII.
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- grâce, doué d’une voix vibrante et chaude, des plus sympathiques. On retrouve dans ses papiers le dessin du luth de son invention, auquel il avait ajouté une corde, et celui d’une viole dont il avait modifié la chanterelle (1). Gomme poète improvisateur, il avait surpassé, en s’accompagnant à la cour du Duc, tous les rivaux conviés par Ludovic. Aussi, selon Yasari, s’il imposait silence aux savants par sa doctrine, il savait non moins conter et versifier admirablement. Ses manuscrits, dont nous aurons à parler longuement, car ils sont l’histoire de sa vie, révèlent les aptitudes étonnantes de cet esprit universel pour les fables et facéties, les prophéties et les bons mots, les allégories, etc., dont l’actualité et le piquant excitaient les sourires et les applaudissements du prince et de ses courtisans. Il aurait composé aussi des sonnets, sans que l’on puisse certifier l’authenticité de ceux qu’on lui attribue. Les poètes semblent ignorer que du vivant de Politien et de l’Arioste, le grand peintre florentin avait mérité une place distinguée parmi les rimeurs, ses contemporains (2). Un volume ne suffirait pas pour analyser et mettre en lumière les traits saillants de cés sortes de productions où les idées de liberté, de morale, de vérité, d’esthétique, s’associent à la satire et au sarcasme. C’est surtout dans ses Prophéties, un genre de littérature auquel sacrifiait aussi Bramante, que l’on retrouve la genèse des idées scientifiques quant à la descendance des êtres doués de raison, des animaux, des plantes; aux cérémonies, aux costumes, aux choses surnaturelles et philosophiques, etc., qui hantent son cerveau. 11 n’y a pas jusqu’à la politique, aux pratiques abusives de la religion, des confréries, aux coutumes de l’époque, qui n’excitent la satire du grand moraliste (3).
- Léonard s’occupa même de jeux de prestidigitation, la plupart de sa propre invention, que Luca Paciolo rapporte dans son ouvrage : Deviribus quantitatis.
- Aucuns biographes mentionnent que vers 1492, la science des eaux l’aurait déjà occupé, à propos des irrigations du canal de la Sforzesca. Toujours est-il qu’au tour des châteaux que Ludovic s’était fait construire à la Sforzesca (1485) et à Yigevano (1492), tous deux en style renaissance, d’après les plans de l’ar-
- (1) Lomazzo fait remarquer qu’aucun musicien n’a cherché à savoir ce que Léonard avait fait en musique (Idea del tiempo délia pittura, 109).
- (2) Libri, Eist. des Math, en Italie, III, 27.
- (3) Libri a pris grand soin de citer, outre des sonnets puisés dans les manuscrits de Léonard, des maximes philosophiques ou morales qu’il considère comme dignes des philosophes de la Grèce et des préceptes qui sembleraient tirés de Bacon, s’ils n’étaient écrits longtemps avant la naissance du chancelier d’Angleterre (Man. Vol. A, fol. 114 ; Vol. N, fol. 38 et 111 ; Vol. G, fol. 49). Il ajoute en extrait, dans ses notes, un apologue politique que l’on croirait dicté par Machiavel (Vol. N, fol. 198), et une fable, celle du singe et du nid (Vol. N, fol. 66) qu’Ésope n’eût pas dédaignée (loc. cit., III, Notes II et III).
- Comme complément d’éducation littéraire, indispensable à cette époque, Léonard, qui connaissait bien le latin, avait appris le grec. Ses manuscrits, et le témoignage de Benvenuto Cellini en font foi.
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- chitecte Bramante, des terres d’une grande étendue étaient soumises à l’arrosage. Ces vastes domaines, résultant en partie de confiscations, en partie de dons et d’acquisitions, rendus fertiles par des travaux grandioses d’irrigation que Léonard fut chargé d’améliorer, s’étaient bientôt peuplés de paysans et de troupeaux et couverts d’habitations.
- De janvier à septembre 1494, Léonard s’adonna tout entier aux entreprises de canalisation. Ses manuscrits font voir qu’il fit construire une descente en gradins, au nombre de 130, d’une hauteur d’un demi-bras et d’un quart de bras chacun, dans le but d’amortir la chute des eaux courantes qui creusaient, au pied des prairies arrosées, un bassin de plus en plus profond. « Pour édifier ce gigantesque escalier, sur lequel l’eau descendait, au total, de 50 bras de hauteur », Léonard fait observer que le déblai lui suffit pour combler le bassin et le transformer à son tour en prairies.
- A la même époque, Léonard se livra à de longs calculs sur la dépense de creusement d’un canal (naviglio) qui aurait eu 30 bras de largeur, pour relier le canal Martesana, en même temps qu’il cherchait à remanier les moulins de Vigevano et leurs prises d’eau canalisées.
- Jusqu’alors ses études d’hydraulique étaient restées dans l’ombre ; son séjour en pleine Lomelline paraît avoir été utilisé pour recueillir une foule d’observations dont il consigna quelques-unes dans ses notes, sur l’industrie, l’agriculture, la météorologie. Rentré à Milan, il reprit sans entrain ses travaux au château et à la cathédrale, en même temps que ses recherches sur les armes de guerre et sur les voûtes.
- En 1895, la seigneurie de Florence voulut le consulter sur l’agencement des nouvelles salles du Palazzo Vecchio, mais il retourna à Milan à la fin de cette même année, suivant un document des Archivi Milanesi, « en même temps que les maîtres architectes, Joanne di Costantino et Ferrando ».
- Ses relations d’intimité se resserrent surtout avec Bramante, plus familièrement connu sous le nom de Bonnino Bramante Lazzari, l’éminent architecte d’Urbin, élève du frère Carnovale et dePiero dalBorgo, qui fut, d’après Léonard même, « le fils patient de la pauvreté », et aussi avec Giacomo Andrea di Fer-rara, un autre architecte, savant interprète des œuvres de Vitruve, qu’il avait connu à Pavie, puis à Vigevano.
- C’est à Bramante, bien avant qu’il fût question du plan de Saint-Pierre de Rome, la plus haute conception architectonique de la Renaissance, qu’est due la splendide coupole de S. Maria delle Grazie, reposant sur un soubassement carré. On lui attribue encore, à Milan, la construction de l’église S. Maria, près S. Celso, la restauration de l’église S. Satiro, avec sa sacristie octogone, la cour de droite du grand hôpital, etc.
- Léonard est attiré vers Bramante par l’amour que celui-ci témoigne pouç la
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- théorie de l’art en général, non moins que pour la conception d’une architecture à formes précises, harmonieuses, associées à l’unité et à la solidité des édifices. Tous deux se mettent d’accord sur ce principe qu’une coupole, pour produire l’effet le plus imposant, doit surmonter le centre d’une croix grecque ou d’un bâtiment arrondi aux extrémités, et se rapprochant symétriquement d’nn cercle.
- AvecFerrara, il s’entretient surtout de la science des anciens, des principes de la statique et de la dynamique et de l’art de construire des ouvrages offensifs et défensifs.
- Ce ne sont pas les seuls savants qu’il fréquente régulièrement à Milan. Pietro Monti, ingénieur et théologien, qui s’était fait connaître par un livre singulier, publié en Espagne où il avait longtemps résidé : De dignoscendis hominibus, dirigé contre les médecins et les nécromanciens du temps, s’était révélé à la cour ducale par des aptitudes spéciales dans l’art militaire. Avant qu’il ne passât au service de la sérénissime République de Venise, Léonard le consulta sur les armes et les projectiles de guerre.
- Fazio Cardano, père du célèbre Girolamo, médecin et jurisconsulte, cultivait avec ardeur les sciences exactes et leur application à l’astrologie et à la perspective. Son érudition était considérable; son austérité et son caractère indépendant le recommandaient à l’estime de tous. Léonard approfondit les ouvrages où Cardano annota et commenta la Perspective de Jean Peckham, archevêque de Canterbury et les Proportions d’Alcuin. Dominus Faciles, que Pier Leone de Vercelli n’hésitait pas à appeler septem artimn liberatium mo-narcha, devint bientôt un ami, auprès duquel Léonard échangeait des vues pratiques à l’appui des préceptes qu’il professait.
- Pénétré d’un respect presque religieux pour tous ceux qui cherchaient de restaurer l’étude des sciences delà nature, il a hâte de consulter les écrits, fort difficiles alors à se procurer, du savant Giovanni Marliani, à la fois médecin et mathématicien, astronome et mécanicien. Dans ce but, il s’approche de ses fils, Girolamo et Pier Antonio, excellents médecins et géomètres, qui mettent à sa disposition les manuscrits et livres de leur père : De proportione motuum in velocitate; Algorismas de minutiis;\es commentaires sur Al-Kindl, etc.
- Un des plus grands mathématiciens de l’Italie, depuis Leonardo Fibonacci, devient, dès 1487, l’ami et le collaborateur de Léonard et clôt la série des savants connus à Milan, avec lesquels il passe les dernières années de sa résidence dans cette ville.
- Né à Borgo San Sepulcro, d’une famille originaire de Florence, Luca Pacioli s’était perfectionné dans les mathématiques et spécialement dans l’algèbre, auprès de Domenico Ëragadini qui avait succédé comme professeur, à Venise, au célèbre Paolo délia Pergola. Pour mieux étudier, tout en assurant ses moyens d’existence, il avait entrepris l’éducation des fils d’un des patriciens delà République.
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- À Rome, en 1470, Pacioli achève un traité d’algèbre, disparu depuis, et en 1476, à Pérouse, il professe déjà avec éclat les mathématiques. En 1481, à Zara (Dalmatie), il écrit un curieux ouvrage sur les cas les plus subtils de l’algèbre, et en 1482, il est de nouveau à Rome, au service de Pietro Yalletari, Génois, évêque de Carpentras et parent de Sixte IV. C’est là qu’il se lie avec l’architecte en renom, Melozzo de Forli, à propos des cinq polyèdres réguliers dont Gerolamo Riario veut orner les chapiteaux de son palais. Il travaille de ses propres mains aux polyèdres et à leurs dérivés, en présence de Guido Ubaldo, duc d’Urbin, qui était venu rendre hommage, dans la ville éternelle, au nouveau pape Innocent VIII.
- Professeur de mathématiques à l’Université Romaine, Luca Pacioli se décide à entrer dans les ordres comme franciscain, et publie un traité d’arithmétique, après avoir donné à Naples des leçons publiques qui ajoutent à sa célébrité. A la mort seulement de Pier de Franceschi, il rentre dans son pays natal et fait imprimer à Urbin l’œuvre la plus complète d’analyse transcendante parue à cette époque : « Summa de aritmetica, geometrica, proportione et proportionalita » (1493), avec la collaboration de Marco Sanuto, astronome, géomètre et arithméticien, également très éminent.
- Léonard de Vinci, à peine l’ouvrage publié, s’empressa de se le procurer, en attendant que l’auteur fût appelé comme professeur de mathématiques à Milan, par Ludovic Sforza. Luca Pacioli devait encore ignorer alors qui était Léonard, car il ne fait aucune mention de lui parmi les artistes florentins, peintres ou sculpteurs, ses contemporains. Le hasard voulut que, seulement à Milan, soit à ses leçons, soit à l’atelier même de Léonard, il l’ait rencontré pour devenir son collaborateur et plus fidèle ami.
- Léonard, du reste, n’avait pas été tellement absorbé par ses études scientifiques qu’il eût déposé ses pinceaux et son ciseau. Sa plus grande œuvre de peinture, celle qui suffirait pleinement à faire comprendre et à immortaliser la genèse de l’artiste, date de cette époque. Depuis deux ans en effet, il travaillait d’ordre de Ludovic, à une peinture murale, la Sainte Cène, dans la salle du réfectoire du couvent delle Grazie. Une lettre de Ludovic à son secrétaire, Mar-chesino Stanga, datée du 29 juin 1497, fait connaître que le travail du peintre étant déjà très avancé, il songeait à l’employer à d’autres ouvrages. « Faites en sorte, écrit-il, que le Florentin Léonard termine au plus tôt la peinture commencée au réfectoire delle Grazie, car je voudrais qu’il s’occupât de la façade du même réfectoire, et que l’on arrêtât avec lui des conventions, à faire signer de sa main, afin de l’obliger à terminer dans les délais fixés. »
- En effet, le 9 février 1498, la Sainte Gène était achevée. Cette œuvre a été universellement jugée. Sa pensée dominante, son exécution magistrale, son caractère monumental, l’ont classée hors pair. La vérité merveilleuse qu’accusent
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- les physionomies dans leurs moindres détails, la précision des caractères, l’action dramatique qui anime les acteurs de cette composition, l’heureuse distribution des groupes, et plus que tout, le calme du repos sacré, troublé seulement par les paroles du divin maître : « L’un de vous me trahira », offrent tout ce que le naturalisme le plus sévère a su réaliser en face de l’expression divine, la plus idéale, du Christ, tout ce que la symétrie ou la proportion, dans un esprit rompu aux recherches scientifiques, pouvait rêver de plus parfait.
- L’œuvre fut le résultat d’études les plus minutieuses et les plus variées, dont les quelques esquisses qui nous restent indiquent le développement, avant que l’artiste atteignît l’apogée. Les dessins conservés au Louvre, à l’Académie de Venise, à Windsor, n’accusent qu’imparfaitement par quelle suite d’idées le peintre a réalisé le naturalisme des groupes qu’il se proposait de poser autour du Christ dont une esquisse de tête, dans la galerie de Florence, montre le calme divin et la sérénité. L’admiration fut unanime et sans bornes (1).
- Léonard n’avait pas voulu peindre à fresque ni à la détrempe, ce qui eût exigé, contrairement à ses habitudes de lente méditation, une exécution trop rapide. Il donna la préférence à la peinture à l’huile sur le mur enduit d’après ses propres procédés. Matteo Bandello, attaché au couvent d&lle Grazie, qui était familier des cercles de la cour, écrivait : « Combien de fois j’ai vu Léonard se rendre le matin de bonne heure au réfectoire et monter sur 1* pont de chevalets, car la Sainte Cène est assez élevée au-dessus du sol ; il ne quittait pas le pinceau jusqu’à la tombée de la nuit; oublieux du manger et du boire, il ne cessait pas de peindre. Et puis, deux, trois et quatre jours se passaient sans qu’il touchât à ses pinceaux; ce qui ne l’empêchait pas de rester une ou deux heures à contempler les figures et à réfléchir. » « D’autres fois, ajoute-t-il, obéissant à ses caprices, il quittait à midi la Corte vecchia où il travaillait à l’achèvement de la statue équestre, pour venir directement au couvent delle Grazie donner deux ou trois coups de pinceau à l’une des figures, et il s’en allait aussitôt ailleurs. »
- Luca Pacioli avait admiré la Sainte Cène alors qu’elle était à peu près finie, comme aussi la statue colossale de Sforza, bien avant que Léonard l’eût conduit dans son atelier où gisaient pêle-mêle des instruments, des pièces mécaniques, des chevalets et des pots de couleur, des livres, manuscrits et dessins, qui plus que toutes les œuvres d’art devient perpétuer la mémoire de cet artiste de
- (1) Prud’hon, qui avait tant étudié Léonard, ne peut réprimer son enthousiasme, dans une de ses lettres familières, en contemplant la Cène : « Ce tableau est le premier du monde et le chef-d’œuvre de la peinture. Toutes les qualités de fart s’y trouvent réunies au degré le plus sublime... C’est une source intarissable d’études et de réflexions... Cet homme rare joignait au génie le plus transcendant, un raisonnement juste et une spéculation profonde qui se rencontrent rarement en une même tête... Pour moi, c’est la perfection, et c’est là mon maître et mon héros. » (René Ménard. Hist. des Beaux-Arts, 307.)
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- génie. C’est de la rencontre de ces deux esprits que prit sans doute naissance, chez Léonard, l’idée de réunir tous les éléments qu’il possédait pour composer une série de traités spéciaux, dont les premiers auraient rapport à la lumière et à l’ombre ; aux proportions et à l’anatomie du corps humain ; au mouvement local, aux chocs, aux poids et aux forces, etc. Luca Pacioli émerveillé n’hésita pas à voir surgir en Léonard le collaborateur idéal qu’il rêvait pour l’ouvrage: « De divina proportione » sur lequel il méditait depuis quelque temps, et tous deux se mirent de concerta l’œuvre, sans qu’il soit permis de fixer la part de chacun, car Léonard fut plus que l’interprète graphique des idées du mathématicien, dans les 60 planches qui accompagnent le livre ; sa supériorité éclate dans tout ce qui n’est pas strictement du calcul, et naturellement dans tout ce qui touche à l’art du dessin, à l’excellence de la peinture sur tous les autres arts, particulièrement sur la musique, et delà mécanique rationnelle ou appliquée.
- C’est Léonard qui écrit : « La peinture est une création nouvelle de la nature ; elle embrasse toutes les formes du visible.... La perspective est le frein, le gouvernail du peintre » [Man. E,8d). « Les mathématiques sont nécessaires au peintre, car la peinture en fait partie » (CW. Atl. fol. 181. V), et ailleurs, a la science de la mécanique est aussi universelle que celle de la peinture, car toute action est le produit du mouvement et le mouvement est la cause de toute vie. » Qu’ en pense l’école des peintres naturalistes de nos jours ?
- Bien avant l’année 1498, il avait déjà jeté les bases de son Traité de la peinture ou Discours sur le dessin, qui fut imprimé trois siècles plus tard, tandis que, de 1498 à 1499, il travaillait activement au traité de la mécanique, comme en fait foi une note de ses manuscrits : « Le premier avril 1499, j’ai écrit ce traité sur le mouvement et la gravité. » Mais son livre manuscrit, Délia luce e delle ombre, porte la date du 23 avril 1490.
- En recourant aux écrits de Paciolo, de Vasari, de Lomazzo et aux manuscrits mêmes de Léonard, on pourrait établir comme il suit la liste des traités qu’il avait composés et dont deux seulement ont jamais été publiés (1) :
- De la perspective (2) ;
- (1) Du mouvement et de la mesure des Eaux (Del moto e delta misura delle acqac. Raccolta degli autori idraulici italiani, Bologna, t. X, 1828).
- Traité de la peinture, ou discours sur le dessin, auquel se trouve jointe la question : « Que doit-on préférer, la sculpture ou la peinture? », publié en 1651, à Paris, par du Fresne; réédité et complété, presque au double, par Manzi, d’après un manuscrit de la bibliothèque du Vatican. Pacioli affirme que Léonard avait complètement rédigé le Traité de la peinture, et Vasari {Vite, VIII, 57) raconte qu’un peintre milanais avait entre les mains ce traité autographe qu'il voulait faire imprimer à Rome, mais Libri fait remarquer qu’aussi bien les publications de Du Fresne que celle de Manzi, ne sont certainement pas celles que Léonard avait composées, dont parlent Pacioli et les autres écrivains (Libri, loc. cit., III, 28).
- (2) Quelques chapitres seulement de la perspective ont été insérés dans le Traité de la peinture; il en reste des fragments considérables inédits.
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- De la lumière et des ombres (1);
- De la mesure des couleurs (théorie et pratique) ;
- De la mesure universelle de l’homme ;
- Des mouvements du corps humain ;
- Des pondérations de l’homme chargé de poids ;
- De l’anatomie ;
- De certains muscles et de tous les muscles du corps ;
- De l’anatomie du cheval ;
- Eléments de géométrie ;
- Du jeu géométrique (ludo) ;
- De Ponderibus ;
- Du mouvement local ; des mouvements, ou du mouvement en général ;
- De la force impulsive ;
- Du mouvement et de la mesure des eaux ;
- Eléments de machines (mécanique).
- Les manuscrits laissés par Léonard contiennent, d’ailleurs, les éléments d’une foule d’autres traités qui se réfèrent à l’art de la sculpture, aux constructions et à l’architecture civiles, à la stéréométrie; aux industries métallurgiques, chimiques, textiles, agricoles; aux fortifications, armes et engins de guerre; à la balistique, au vol des oiseaux et à l’aérostation; aux formes et à la vie des végétaux; voire même, les matériaux d’un dictionnaire en langue vulgaire.
- Selon quelques biographes, Léonard aurait songé, en rédigeant ses traités, aux élèves de son Ecole, et, selon d’autres, à l’Académie créée soi-disant à Milan par Ludovic, dont il aurait été nommé directeur.
- Aucune de ces versions n’est justifiée. En dehors du grand local de Corte Vecchia affecté à la sculpture, l’atelier personnel de Léonard servait à la fois à la peinture et à la mécanique; et dans les dernières années, celle-ci était devenue envahissante au point de le transformer en véritable laboratoire. Les deux élèves de prédilection du maître, continuateurs zélés de son école, Marco d’Oggionno et Giovanni Antonio Boltraffio, échappaient, comme artistes à tout enseignement techniquede l’ordre qu’indiquent les traités. Le premier avait peint les Archanges vainqueurs de Satan, et le second, des madones célèbres, et plus tard, une des meilleures copies de la Cène de Léonard, à fresque. Le reste du personnel comprenait en 1494 le jeune apprenti milanais, Salai, qui s’essaya à peindre sans grand succès, mais ne quitta plus le maître; l’habile ouvrier marqueteur en mosaïque, Tommaso, dit Zoroastro; le fondeur et mécanicien allemand, Giulio, et quelques autres aides dont le nom apparaît et disparaît dans
- (J) Comme à la perspective, Léonard avait appliqué la géométrie à la théorie des ombres (Libri, loc. cit., III, 47). 11 fut le premier à définir la pénombre, jusqu’alors inconnue dans la science.
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- les livres de Léonard, sans que l’on sache leur profession, ni leur occupation.
- L’idée d’une Académie fondée sous les auspices de Léonard et dirigée par lui, que Libri a été jusqu’à considérer comme la première académie scientifique et expérimentale créée en Italie (1), repose sur un passage de Luca Pacioli, qui a trait à une conférence entre gens de cour, et sur une affirmation hasardée deBorsieri; mais plutôt sur l’existence d’arabesques, au nombre de six, d’une telle élégance qu’elles furent copiées par Albert Durer et gravées sur bois, au centre desquelles se lit : « Achademia Leonardi Vinci».
- Léonard s’était exercé, comme l’attestent les esquisses du Codice Atlantico, à composer des groupes de plus en plus compliqués par leurs entrelacements, pour obtenir de grandes étoiles ou rosaces, dont il voulut connaître l’effet à l’impression, à la gravure et à la sculpture sur pierre, en faisant orner de ce même motif des médaillons d’un des palais qu’il construisait. Il était naturel qu’il y joignît, au lieu de sa signature, pour une œuvre en somme peu importante, la devise « Scuola di Leonardo da Vinci », qui se traduisit en latin par Achademia.
- Aussi bien, le passage, De divina proportione, de Luca Paciolo fait allusion à une de ces séances, si communes au xvc siècle, où les savants débattaient à la cour des sujets littéraires ou philosophiques, et auxquelles assistaient les esprits les plus disparates, tels que : Gomezio, le théologicien; Domenico Ponzone, franciscain, défenseur contre les dominicains de l’immaculation de la vierge; Ambrogio Varese de Rosate, astrologue et conseiller intime de Ludovic; Luigi Marliani, fidèle disciple d’Hippocrate; Gabriele Pirovano, sectaire de la magie ; Niccolo Gusano, de Pavie; Andrea de Novare; et peut-être aussi Léonard de Vinci? Mais l’incompatibilité des membres de pareilles réunions exclut, à elle seule, la conception fantaisiste d’une Académie que Paolo Moriggia, parlant de toute les académies qui existaient alors à Milan, oublie de mentionner, et plus encore, une présidence de Léonard dont les principes étaient diamétralement opposés à ceux des hommes de son temps et d’un tel cénacle (2).
- L’Ecole de Léonard, sans qu’il puisse être question d’académie, laissait déjà des traces profondes dans l’art milanais. Tandis que Zenale, ingénieur et architecte de la cathédrale, parfait dessinateur, « mais peintre sec et cru »; que But-tinone Borgognoni, Bevilacqua, Giverchio, suivaient strictement les préceptes de l’ancienne école de peinture lombarde, une nouvelle pléiade d’artistes, en dehors des élèves attitrés qui l’entouraient, à savoir : Cesare da Cesto, Gau-denzio Ferrari, Bernardino Luini, le frère Antonio de Monza, Giampetrino Giovanni Antonio Bazzi,Bernardino dei Conti, Giovanni da Montorfano, Andrea Salari, dit le bossu, et Ambrogio Preda, subissaient l’influence fascinante du
- (1) Libri, Hist. des Mathém.,loc. cit., III, p. 20,
- (2) Edmondo Solmi, Leonardo, 1900, p. 89.
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- maître, et s’inspiraient de ses préceptes, de ses procédés, pour donner à l’art toute sa grandeur, en y combinant l’élément du beau et de la vie naturelle.
- Giovanni Ambrogio Preda, ou clei Predi, qui clôt ici la liste des artistes de l’École Vincienne, était venu en 1482 à Milan, comme peintre de Ludovic, et déjà en 1494 il collaborait avec Léonard à la peinture d’un grand tableau d’autel de l’église Saint-François de Milan, dont ils eurent de grandes difficultés à se faire payer. Des experts durent être nommés pour fixer la valeur de la « Nostra donna facta a olio », qui ne serait autre, assure-t-on, que la Vierge des Rochers, dont les musées du Louvre et de Londres possèdent des copies (1).
- C’est encore Preda que Ludovic, après s’être adressé inutilement à Pietro Perugino, chargeait, en même temps que Léonard (1498), de reprendre les peintures des salles du château, Caméra, grande et Saletta negra. Ce même été, Ludovic accordait enfin cà Léonard, comme gratification pour ses travaux, un jardin de 16 perches, en dehors de la porte de Vercelli.
- Peu de temps après, il le nommait ingénieur caméral, « chargé d’inspecter les rivières, les canaux navigables, les fossés et rigoles, et toutes les autres eaux qui en dérivent, et, en outre, de faire réparer les bouches modelées du domaine public et privé » (2).
- Dès lors, Léonard s'occupa exclusivement du canal de la Martesana, qui restait une œuvre incomplète tant que la jonction n’était pas opérée avec le canal intérieur de Milan, où il y avait souvent pénurie d’eau, malgré le jeu des écluses à pertuis. Il travailla à la construction, dans ce but de jonction, de l’écluse San Marco qu’il a décrite, surtout en ce qui concerne le mode adopté pour les fondations. Qu’une écluse eût été déjà construite à San Marco du temps de Galéas Marie Sforza (3), Léonard devait quand même la réédifier, en raison du remaniement indispensable du canal intérieur (fossa interna), et à cette occasion, il aurait inventé les doubles portes angulaires, ou portes busquées, constituant l’écluse à sas.
- De grosses difficultés que l’état des connaissances hydrauliques à cette époque, semblait rendre insolubles, s’opposaient à la jonction de l’Adda avec le Tessin par le canal intérieur de Milan. Des travaux considérables étaient nécessaires pour permettre indistinctement aux bateaux provenant des deux rivières, qui coulent à l’est et à l’ouest de la ville, de transiter intérieurement.
- (1) E. Solmi, loc. cil., p. 93.
- (2) Dans la liste des ingénieurs camerali, publiée par Benaglia (Relazione ütorica ciel Magis-trato delle clucali entratè; Milano, 1711), figurent les noms, pour 1494, de Filippino délia To-razza ; pour 1496, de Luigi Cavenago, et, pour 1498, de Leonardo Vincio, auquel il n’aurait pas été donné de successeur jusqu’en 1303.
- (3) Amorelti (Mem. stor. di Leonardo, p. 188) met le fait en doute, l’écluse San Marco, d’après un document retrouvé dans les archives de l’église, ayant été construite du lemps de Galéas Marie Sforza.
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- La question était du reste agitée depuis plus de vingt ans, quand Léonard accepta de se charger de l’entreprise. Il apaisa d’abord les réclamations qui s’étaient élevées au sujet du changement de niveau des eaux du canal Rede-fosso, pourvu d’une écluse, et puis il fit construire cinq autres écluses pour opérer la jonction désirée. Le canal intérieur formant dès lors une seule ligne navigable avec celui de la Martesana en devint le prolongement, moyennant une largeur uniforme de 10m,80 à la cuvette (1).
- Libri a contesté l’invention, mais non l’application des écluses busquées. « Il ne saurait être question dans tout cela, écrit-il, d’autre chose que d’écluses plus ou moins grossières, que Léonard a dû perfectionner sans doute, mais dont, à mon avis, il n’est pas l’inventeur (2). » L’ingénieur Lombardini n’en insiste pas moins pour maintenir à Léonard l’honneur d’une invention qui avait été revendiquée pour compte des Hollandais (3).
- La description qu’en a laissée Leon Battista Alberti (Architettiira, dédiée au pape Nicolas V, en l’an 1452) ne peut se référer, toujours d’après Lombardini, qu’aux écluses inventées et construites douze ans plus tôt, sur les canaux de Milan. Il y est dit que l’ouvrage peut s’ouvrir et se fermer à l’aide de vantaux ou de portes, avec indication de l’artifice moyennant lequel on fait mouvoir commodément les portes dans des glissières. Parmi les portes, il y a lieu de préférer celles qui se meuvent autour d’un arbre central, et offrent une différence d’environ trois doigts dans la longueur des battants, afin de faciliter l’ouverture et de rendre spontanée la fermeture. Enfin, il décrit complètement l’écluse et la manœuvre de passage des bateaux. Or, les dessins du Codice Atlantico montrent, à la suite d’autres procédés imparfaits de clôture, mis à l’étude par Léonard, les diverses tentatives de perfectionnement, et finalement, l’invention de portes angulaires accouplées, en y introduisant la vanne à bras inégaux, considérée comme un accessoire des plus utiles pour faciliter la manœuvre, ménager un passage libre plus spacieux aux bateaux et résoudre le problème au point de vue statique (4). La démonstration, pour cela, n’est pas absolue.
- Comme ingénieur camcral, Léonard eut également à s’occuper de la mesure et de la partition des eaux dont il fixa les règles et de nouvelles distributions sur plusieurs points du territoire.
- (1) Nadault de Buffon. Des canaux d'irrigation ; I, 198.
- (2) Libri. Ilist. des Math., loc. cit., III.
- (3) Bélidor (Archit. Hydr; partie II. liv. 2, chap. 1), s’appuyant sur un passage de Stevin, déclare que les portes busquées des écluses ne furent réellement introduites en Hollande que vers la fin du vve siècle, par deux charpentiers, Adrien Janssen et Cornélius Derixen, qui prirent pour modèle une porte simple avec vanne, construite peu de temps auparavant à Brielle, près de l’embouchure de la Meuse.
- (4) Lombardini, Dell' origine 'c del progresso délia scienza idraulica in ltalia; Milano, 1872, p. 27.
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- Aussi bien, le titre d’ingénieur que le cadeau du jardin hors la porte de Vercelli, ne suffisaient pas à Léonard pour lui faire joindre les deux bouts. Les notes des créances à recouvrer qu’il transcrit çà et là dans ses notes, révèlent assez l’état piteux de ses ressources : « Ecurie de Galeazzo — Rue Brera — Bénéfice de Monza — Bénéfice des Slanghe. — Bénéfice de Porte Neuve; — promesses d’abord, puis, après travaux exécutés, ingratitude; suivie finalement de plaintes et de récriminations; c’est tout ce que l’on retire. » Les commandes ne lui sont plus données; celles qu’il avait reçues lui sont même retirées, et alors, voyant venir la misère, il s’adresse au puissant Ludovic en ces termes : « Je ne vous dirai plus rien du cheval, car je sais combien les temps sont durs. Sans doute, Votre Seigneurie n’a pas oublié la commande des peintures dans les petites salles (camerini) du château? Je tiens pourtant à rappeler à Votre Seigneurie que depuis deux ans je n’ai touché aucuns appointements, et j’ai deux maîtres artistes à ma charge, qui ont besoin de vivre. » Plus loin il ajoute : « Ainsi me sont enlevées les ressources à l’aide desquelles je puis exécuter des ouvrages de marque qui permettent de montrer à ceux qui viendront, que j’ai existé. »
- Et dans des circonstances aussi pénibles pour un travailleur, on ne peut faire à moins de rapprocher un des passages de ses manuscrits, écrits à la hâte : « Combien d’empereurs, combien de princes ont passé, dont il ne reste aucun souvenir; ils n’ont eu d’autre but que celui d’acquérir des Etats et d’augmenter leur patrimoine pour atteindre à la renommée? Combien d’autres aussi ont vécu dans la pauvreté, qui ont enrichi les autres de fortune et de vertus? Ne vois-tu pas que le trésor des richesses en lui-même ne glorifie pas l’acquéreur après sa mort, comme le fait la science qui célèbre et proclame toujours son créateur; car la science est fille de qui la crée, et non par sa bru comme l’argent. »
- Ludovic fit la sourde oreille. Les temps avaient changé ; l’astre des Sforza pâlissait depuis quoique temps. Louis XII, roi de France, allié du Pape et des Vénitiens, s’avançait vers la Lombardie.
- Le jour, en effet, où Ludovic avait donné la main de sa nièce, Bianca, à l’empereur Maximilien et avait obtenu secrètement l’investiture du Duché, que François Sforza n’avait voulu tenir que de son épée, il faisait le premier pas vers la restauration, pour le plus grand malheur de l’Italie, de l’autorité impériale, restée jusqu’alors nominale. La réception fastueuse, à Pavie, du jeune et ambitieux Charles VIII, en route vers le royaume de Naples (1494), accentuait le désir d’alliance de Ludovic avec la France, pour faire le jeu contre Naples et obtenir d’être reconnu à bref délai.
- Cette même année, en effet, Jean Marie Galéas, son pupille, qu’il avait relégué ou interné au château de Pavie, atteint de grave maladie, mourait âgé de 25 ans à peine, et Ludovic, ayant réuni ses partisans, prenait le sceptre ducal de sa propre autorité, au son des cloches; béni par les prières publiques.
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- Les conséquences de cette usurpation de pouvoir et de sa duplicité ne tardèrent pas à se dérouler. A peine Charles VIII se fut rendu maître de Naples, avec une étonnante rapidité, que cinq mois après son départ (1495), Sforza se retourna contre lui, en se liguant avec le Pape, l’Empereur, les Vénitiens, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille. Les troupes confédérées, au nombre de 40 000, furent battues à Fournoue par 9 000 Français, et le roi vainqueur réussit à regagner ses Etats. Les troupes qu’il avait laissées à Naples, il est vrai, en furent bientôt chassées : la conquête fut perdue en moins de temps qu’elle n’avait été faite; mais Ludovic avait sacrifié ainsi à tout jamais l’appui de la France.
- Le 2 janvier 1497, il perdit sa femme Béatrice, sa meilleure conseillère jusqu’alors, dont les sinistres pressentiments ne cessèrent plus de l’agiter? « Je reconnais maintenant, dit-il, que j’ai causé beaucoup de mal à l’Italie ; mais je l’ai fait pour me tenir en place. »
- Aussitôt monté sur le trône, Louis XII, duc d’Orléans, cousin de Charles VIII, affirme les droits qu’il a sur le Milanais comme petit-fils de Valentine Visconti; il signe un accord avec Venise et le Pape quant au partage des Etats de Ludovic, qui, de son côté, fait alliance avec Ferrare, Florence, Bologne, Mantoue, le roi de Naples, Maximilien et les Turcs. Ludovic a conçu le plan d’opposer aux Vénitiens les Turcs, et aux Français les Allemands et les Suisses; mais ces derniers sont engagés les uns contre les autres; il court alors à Inspruck, confiant à Galeas Sanseverino, son meilleur capitaine, le commandement des troupes, et à Bernardino da Corte, la défense de la place de Milan.
- En attendant, l’armée de Louis XII pénètre en Lombardie, et en moins de 20 jours, sans qu’il ait été versé une goutte de sang, le Duché est conquis. Le 6 octobre 1399, Milan ouvre ses portes par trahison au vainqueur.
- La chronique raconte que le roi de France, visitant la Sainte Cène, au couvent de Sainte Marie delle Grazie, eut un instant l’idée de faire transporter à Paris le chef-d’œuvre de Léonard, et qu’il demeura non moins enthousiaste en face du monument équestre de François Sforza.
- 3. — Venise et Florence (1500-1502).
- La lieutenance de Louis XII, exercée par Jean Jacques Trivulzio, ne tarda pas à se signaler, malgré l’intervention du patricien lombard, Gerolamo Morone, par des sévices contre les favoris de Ludovic, et par Pabandon de territoires aux alliés. Dès lors, il ne restait plus d’autre parti à prendre pour Léonard que de se réfugier à l’étranger; il fit remettre 600 ducats en dépôt à l'hôpital de Sainte Maria Nuova à Florence, et au cœur de l’hiver, accompagné de son intime Luca Pacioli, et de son fidèle élève, Salai, il gagna à petites journées
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- Venise. En route, ils s’arrêtèrent à Mantoue, où Isabelle de Gonzague les combla de prévenances et chercha à les retenir. Léonard profita de la noble hospitalité de la duchesse pour faire au crayon son portrait qu’il s’engagea à reproduire plus tard comme peinture à l’huile. Mais leur projet était arrêté; les événements se précipitaient; il importait de se mettre à l’abri dans Yenise; car déjà Ludovic, avec l’appui des Suisses, s’apprêtait à descendre en Lombardie pour reconquérir son duché les armes à la main.
- Les deux amis sont donc à Venise où Luca Pacioli a conservé d’utiles relations, dont Léonard profite pour reprendre avec elles, ou dans la solitude, ses observations favorites. S’ilfait une esquisse deMessire Antonio Grimani (le célèbre doge vaincu en 1499 à Lépante), entouré de figures allégoriques, il étudie sur la plage les phénomènes des courants de la mer, des estuaires, des atterrissements, etc. « De même que le Pô, écrit-il, a desséché une grande partie de la Lombardie...., là où il y avait la mer, on voit aujourd’hui les alluvions ; et là où il y a encore la mer, on verra probablement dans l’avenir la terre. »
- En attendant, Ludovic le More rentrait en triomphe à Milan, le 4 février 1500, mais pour jouir du pouvoir pendant peu de semaines. Au mois d’avril suivant, la Trémoille à la tête de 10 000 Suisses, livrait bataille, sous les murs de Novare, aux troupes du Duc qui firent défection. Ludovic prit la fuite ; bientôt reconnu, il fut fait prisonnier et consigné aux Français qui l’enfermèrent à Loches, où il mourut misérablement, au bout de dix ans de détention. Entrés à Milan, après une espèce de résistance, les soldats de Louis XII restaurèrent le gouvernement du Roi, d’après les procédés tyranniques suivis précédemment.
- Léonard et Luca Pacioli avaient hésité à quitter Venise tant que les vicissitudes de la guerre pouvaient laisser quelque espoir de retour. Maintenant tout était fini pour eux, tout était perdu. « La petite salle supérieure des Apôtres, écrit Léonard dans ses notes, et les édifices de Bramante sont ruinés. Le châtelain de Milan a été fait prisonnier. Yisconti a été exécuté et son fils est mort. Gian délia Rosa a vu sa fortune confisquée. Borgonzio Botta (fermier des recettes), a voulu rester en ville; il est réduit à la misère. Le Duc perd à la fois son Etat, sa fortune et sa liberté ; aucune des œuvres qu’il a entreprises n’est achevée pour lui. » Les deux amis, la tristesse dans l’âme, le découragement au cœur, résolurent de gagner Florence, quoique la république florentine fût alors en lutte avec celle de Pise, toutes deux le jouet des dures nécessités qui s’imposaient aux petits États italiens, et quoique les libertés y disparussent, comme disparaissaient aussi les grandes figures qui avaient illustré la science et l’art.
- Léonard ne pouvait s’empêcher de voir avec amertume s’évanouir la grande idée qui avait pris corps à Milan, d’une science des forces naturelles, fondée sur l’observation et couronnée par les mathématiques, aux mains des Luca Pa-
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- cioli, Fazio Cardano, Pietro Monti, Marliani fils, et de l’infortuné Giacomo Andrea de Ferrara, ignominieusement emprisonné. S’il avait légué ses pinceaux et ses procédés à ses élèves, il avait à peine ébauché les traités qu’il méditait d’écrire.
- L’accueil qui lui fut réservé à Florence, comme à un grand maître, par Pierre Cosimo et Bartolommeo de San Marco ; les nouvelles liaisons, que lui valut sa célébrité, tant avec Antonio de San Gallo, qu’avec l’orfèvre Michel Angelo Yiviano de Gaiole, Andrea Contucci, Giovanni del Sodo, etc., ne firent, comme à Pavie, qu’accroître son désir de retraite dans les bibliothèques de Saint-Marc et du Saint-Esprit.
- Il accepta de peindre, il est vrai, pour compte des frères Servites, le tableau du grand autel de leur église Annunziata, dont Filippino Lippi lui avait abandonné volontiers la commande, et les frères « le recueillirent chez eux, payant toutes ses dépenses et celles de sa maison » ; mais il n’en oublia pas moins scs engagements et l’hospitalité qui lui était donnée par les religieux. Le tableau ne fut pas même commencé.
- Son séjour à Venise lui avait permis d’étudier le phénomène des marées; il s’occupa de savoir s’il se produisait dans les mers intérieures du continent. « Ecris à Bartolommeo le Turc, au sujet du flux et du reflux de la mer du Pont-Euxin; entend-il qu’ils se produisent également dans la mer Hyrcanienne et dans la mer Caspienne? »
- Deux projets lui hantent la tète : la canalisation de l'Arno et le déplacement du baptistère Saint-Jean à Florence.
- Lucas Fantelli avait soumis quelque temps auparavant à la Seigneurie des plans de canalisation de l’Arno. Vasari et d’autres biographes font remonter à la première période de la vie de Léonard le projet de rendre l’Arno navigable (1), et Libri (2) ajoute que le volume N des manuscrits, fol. 4o et 109, contient une carte géographique de la Toscane, d’après laquelle on reconnait qu’il voulait faire passer le canal par la plaine de Pistoia à Prato, et à travers les marais du Val d’Arno inférieur que le fleuve aurait comblés par ses alluvions.
- - « Ce projet, remarque Libri, offrait de grands avantages. On aurait évité par là cette longue gorge de la Gonfolina qui ralentit la vitesse du courant et qui augmente le danger des inondations; tandis qu’en aménageant à propos le limon apporté par la rivière dans ses crues, on aurait exhaussé le sol et rendu fertile une grande étendue de terrains jusqu’alors perdus pour l’agriculture (3). »
- Or, un tel projet, qu’il fût conçu par Léonard dans sa jeunesse, ou après
- fl) « E fh il primo ancorachè giovanetto che discorresse sopra il fiume d’Arno per metterlo in canale da Pisa a Florenza » (Vasari, Vite, VU, p. 37).
- (2) Libri, Hist. des Math., loc. cit., t. III, p. 14.
- (3) Id., loc. cit., t. III, p. 48.
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- l’an 1500, pendant son séjour à Florence, n’eût guère été viable, comme le fait observer l’ingénieur Lombardini, en raison des différences de niveau (1). Il ne pouvait être sérieusement question que d’une canalisation de l’Arno inférieur, lequel projet fut mis à exécution, d’après les plans de Viviani, vers la fin du xvu° siècle, ou bien encore, d’un canal latéral de Florence à Signa, lorsque la navigation à l’étiage d’été est suspendue, ce que Viviani avait eu aussi en vue, mais en signalant les grandes difficultés d’exécution.
- Aristote Fioravanti avait soulevé la tour de l’église del Masone à Bologne, en 1455, pour la transporter à une distance de 35 pieds. Léonard ne considérait pas que le problème, pour le transport du baptistère Saint-Jean, fut moins réalisable en utilisant la force du fleuve. « Depuis le quai de la Justice, sur l’Arno, jusqu’au bord de la Sardegna où se trouvent les chevalements des moulins, écrit-il, la distance est de 7 400 bras, soit 2 milles et 1400 bras, tandis que l’autre rive de l’Arno est distante de 5 500 bras. L’eau qui coule en prisme pyramidal, suivant une ligne normale, sur un plan parfait, devra rejaillir en l’air; la pointe se terminant au-dessus delà pyramide, s’entre-cou-pera plus loin, se rejettera au dehors et tombera plus bas (2). »
- A l’appui de ce nouvel emploi de la force hydraulique, Léonard fit établir des dessins et des modèles qu’il exhiba aux personnages du gouvernement, pour démontrer comment l’édifice de San Giovanni pouvait être soulevé, étayé et replacé intact sur une plate-forme avec des marches; mais sans leur faire partager sa confiance.
- Léonard fut également consulté par la corporation des Marchands, en même temps que divers architectes, parmi lesquels Giuliano di San Gallo, Jacopo del Pollaiuolo, etc., pour formuler son avis sur les causes d’éboulement du mont San Salvatore dell’Osservanza. Seul, il donna, d’après l’examen géologique des localités, l’explication du glissement des couches du terrain, causé par les travaux et les infiltrations pluviales.
- Aussi bien les Servîtes qu’Isabelle de Gonzague ne cessaient, tout ce temps, de rappeler à Léonard ses promesses, mais vivant au jour le jour, le savant maître n’était pas pressé de reprendre ses pinceaux pour des œuvres de quelque haleine. Les cartons qui se retrouvent dans les galeries du Louvre, de Venise, de Londres, représentant sous des attitudes différentes, Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus avec l’agneau, devaient lui servir d’études pour une toile qui figure au musée du Louvre et dont il emporta à Milan le plus beau des cartons. Dans ce tableau brillent cette beauté, cette harmonie et cette science qui font de l’artiste un poète lyrique et élégiaque au-dessus de toute critique.
- A la même époque, il peignit pour un des gentilshommes favoris du roi
- (1) Lombardini, Dell’ origine ; loc. cil., p. 30.
- (2) E. Solmi, loc. cil., p. 127.
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- Louis XII, une petite Madone aux fuseaux, avec l’Enfant Jésus, d’une grâce exquise et d’une composition riante; les quatre fils du fuseau forment une croix que le divin enfant veut saisir de ses doigts.
- Un jeune étudiant des plus studieux et intelligents, Giovanni di Amerigo Benci, avait inspiré au maître une sincère affection qui se traduisait par de longs entretiens sur la cosmographie, le mouvement de la terre, l’atmosphère, la répartition, sur le globe, des eaux et des continents. Sa sœur, du nom de Ginevra, dont la sympathique et spirituelle physionomie avait frappé Léonard, posa, en souvenir de l’amitié de Giovanni, pour un magnifique portrait qui a malheureusement disparu.
- La demande que Hercule d’Este avait adressée au cardinal de Rohan, gouverneur du roi de France à Milan, pour obtenir le modèle du cheval du monument Sforza, destiné à une statue équestre de Ferrare, ne fut pas accueillie, non plus que celle du gonfalonier de Florence, Pier Soderini, qui offrit à Léonard, pour en faire une statue de géant, le bloc de marbre, qu’utilisa plus tard Michel-Ange pour celle de David, érigée à l’entrée du Palazzo Vecchio Isabelle de Gonzague, de guerre lasse, avait fini par limiter sa requête à une copie du portrait au crayon que son mari avait soi-disant donné; mais l’intervention personnelle de l’orateur ducal, Manfredo de Manfredis, demeura encore une fois sans effet.
- 4. — Urbin et Florence (1502-1506).
- Florence n’était plus pour Léonard ce qu’elle avait été pendant sa jeunesse, bien qu’il l’eût quittée alors avec joie pour se rendre à Milan. La banqueroute de la ville, la révolte du peuple enflammé par les prédications du frère Savona-role, les représailles de la foule contre les Médicis dépossédés et contre leurs puissants partisans, le supplice infligé finalement à l’idole de la nouvelle république, etc., avaient réduit Florence à un état de turbulence et de désarroi qui répondait bien plus tristement que par le passé à ses aspirations généreuses de liberté et de travail. Il rêvait un second Ludovic le More qui l’occupât à de grandes choses, dignes de son génie. Et alors la pensée lui vint que César Borgia, créé duc de Valentinois par Louis XII, rentrant en Italie pour reprendre la Romagne aux feudataires du Saint-Siège, qui s’y étaient rendus indépendants, pouvait bien être le prince qu’il rêvait; ambitieux, entreprenant, hardi, capable de gouverner un Etat vaste et puissant et d’aimer les arts pour sa propre gloire.
- Cette idée, il la mûrit pendant l’hiver de 1501 à 1502, et au printemps suivant, sans que personne de ses confidents eût connaissance de ses projets, il répondit à l’appel secret de Borgia qui lui donna pour mission de se rendre à Piombino,
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- conquis par ses armes depuis le mois de septembre 1501, et de visiter les forteresses qu’il avait donné ordre d’y construire.
- A Piombino, Léonard improvisé ingénieur militaire, ne négligea pas les études qu’il avait à cœur, sur les ondes, les marées, les phénomènes des tempêtes de la Méditerranée, les moyens de dessécher les marais et de canaliser l’Ombrone pour assainir la vallée de Grosseto.
- Aussitôt maître de l’Etat d’Urbin, par les procédés sanguinaires qui ont stigmatisé à jamais sa mémoire, César Borgia manda Léonard à Urbino pour lui confier des travaux d’architecture. En route, l’ingénieur visita la tour del Mangia et l’horloge de Sienne, et rendu à son poste, il dressa les plans et dessins de la citadelle et des travaux de défense qu’il devait diriger. Il profita d’un entretien avec César Borgia et le condottiere Vitellozzo Yitelli, sur les mathématiques et l’œuvre d’Archimède, pour se faire attribuer deux manuscrits du grand Syracusain, que promirent de lui consigner Pietro Barozzi, évêque de Padoue, savant lui-même et « in mathematicis universalité?' apprime doc tus », et le prieur du couvent de Borgo, à San Sepolcro.
- A peine était-il engagé dans ces constructions, qu’il fut convoqué par le Duc à Cesena, afin d’étudier le prolongement du canal navigable jusqu’à Cesenatico et la réparation urgente du port. Son voyage par Pesaro et Rimini, comme aussi son arrivée à Cesena, le 10 août 1502, sont notés dans ses manuscrits. Un document de cette même année, retrouvé aux archives communales, porte qu’un architecte ducal dressa le projet d’un canal navigable de Cesena à Cesenatico. Cet ingénieur ne saurait être que Léonard qui conduisit les travaux, aussi bien du canal que du port. Pendant bien des années, le port de Cesenatico fut considéré, après celui d’Ancône, comme le plus sûr et le plus commode du littoral adriatiquc.
- De Pavie, 18 août 1502, où César Borgia s’était rendu pour rendre hommage 'à Louis XII revenu en Lombardie, sont datées les lettres patentes qui confèrent à Léonard tous pouvoirs, en qualité d’architecte privé et d’ingénieur général du duché d’Urbin. Cette fonction, dans les termes où elle est instituée par ces lettres, révèle les plans ambitieux du Duc quant à la réorganisation administrative de la Bomagne, aux mains d’un ingénieur tel que Léonard.
- « A tous nos lieutenants, châtelains, capitaines et condottieri, officiers et sujets, qui en auront pris connaissance, il est recommandé et enjoint, en faveur de notre très excellent et bien-aimé architecte privé et ingénieur général, Léonard de Vinci, porteur des présentes lettres, que nous avons chargé de visiter les places et forteresses de nos États, afin que, selon les exigences et sur son propre avis d’avoir à les remettre en état, de lui faire réserver toute liberté de circulation, toute exemption de paiement aux caisses publiques; de l’accueillir amicalement ainsi que sa suite; de lui faciliter la visite, la mesure et
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- la bonne estimation des localités, autant qu’il lui plaira, et à cet effet, de mettre à sa disposition les hommes qu’il requiert ; de lui prêter toute aide et assistance dont il aura besoin, et enfin, suivant notre volonté, que pour les travaux à exécuter dans nos domaines, tous les ingénieurs soient obligés de conférer avec lui et de se conformer à ses ordres. »
- Léonard ainsi commissionné poursuivit les travaux de canalisation du port de Cesenatico. « Le 6 septembre 1502, il note à son sujet que le rocher de Cesena est dans la direction relative de 1/4 S-O. 11 s’occupe en même temps de faire restaurer le célèbre château construit par Frédéric et de pousser les travaux de fortifications, terre-plein et fossés, déblais et charrois qu’ils comportent. « En Romagne, écrit-il, où l’intelligence est pourtant répandue, on emploie des chariots à quatre roues, dont les deux de l’avant-train sont plus grandes que celles à l’arrière; ce qui rend le tirage plus difficile. » Les opérations étaient pleinement engagées, qu’il se vit forcé par les événements de se réfugier à Imola, auprès du Duc.
- Les chefs, nobles et princes des petits Etats limitrophes s’étaient en effet ligués pour ne pas être absorbés, et le 8 octobre, ils s’étaient emparés par surprise de Rocca di San Léo, pour de là se concentrer près de Pérouse et ressaisir le duché d’Urbin. César Borgia dépêcha un petit corps de troupes contre les rebelles et réclama au roi de France l’envoi de quelques lances, mais bientôt il se trouva assiégé lui-même dans Imola, où Léonard le rejoignit et en profita pour établir l’orientation de la ville : « Imola, note-t-il, à 5/2 O. et N.-O. vrai, à la distance de 20 milles de Bologne. Castel San Pietro à 1/4 entre 0. et N.-O. ; distance d’Imola 7 milles. Faenza, à 10 milles d’Imola, entre F. et N.-E. Forli à 1/2 exactement, entre S.-E. et E. distant de 2 milles d’Imola et de 10 milles de Faenza. Bertinoro à 1/8 entre E. et S.-E., à.27 milles. »
- A peine la révolte domptée, César Borgia partit dans les premiers jours de décembre pour Forli, à la tête de son armée et de sa suite, sans souffler mot à personne de l’endroit où il se dirigeait, car le prince ne communiquait ses intentions que lorsqu’il les réalisait, et il ne les réalisait que lorsqu’il y était contraint par la nécessité, et pas autrement ». Or, il marchait sur Sinigaglia dont il se rendit maître le 29 décembre pour la piller. En cette occasion, Machiavel, ambassadeur de Florence près du Duc, écrit : « Tout ici est à sac; il est 11 heures, et je suis en grande peine de vous envoyer ma lettre, n’ayant personne à qui la confier. » Le 31 décembre, Borgia fit étrangler, sans qu’on pût le soupçonner, ses capitaines, Vitellozzo Vitelli et Oliverotto de Fermo, et le 6 janvier 1503, il entra dans Pérouse, faisant fuir les Baglioni devant lui, « toujours avec une chance sans égale, un entrain et une vigueur surhumaine». Bientôt après il pénétra dans Sienne d’où s’étaient évadés, le 28 janvier, Pandolfo Pétrucci et Giovanni Paolo Baglioni, mais là devaient
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- s’arrêter ses terribles exploits; car il fut mandé impérativement à Rome.
- Le pape Alexandre VI, Roderic Borgia, dont César était le fils naturel, étant mort, son successeur Pie III régna 26 jours, et Jules II délia Rovere prenant la tiare après lui, fit jeter César en prison, après avoir obtenu la restitution de toutes les places fortes qu’il avait conquises. La puissance du Duc de la Romagne s’écroula d’un coup, comme s’était effondrée celle de Ludovic Sforza, et avec elle, la perspective de la période d’activité que Léonard avait rêvée.
- L’état d’âme du vaillant artiste, avant et après cette troisième étape de la vie errante qu’il menait depuis son départ de Milan, ne se reflète nullement dans ses notes prises au jour le jour. Il est muet sur les événements insolites auxquels il vient d’assister en spectateur. Rien ne transpire sur les sentiments que lui ont fait éprouver les agissements de ce conquérant d’un jour, sans foi et sans pitié, sans morale et sans parole, dont les desseins ambitieux l’ont un moment ébloui. S’il se rend à Rome au mois de février 1503, comme il est permis de l’affirmer d’après des documents récemment mis au jour, il retourne encore à Florence le mois suivant. D’autres artistes à la solde du Duc, Antonio da San Gallo, Torrigiano, imitent son exemple.
- Florence avait repris une nouvelle animation, depuis que le crédit s’était subitement rétabli et que Pier Soderini avait été élu à perpétuité gonfalonier de la République. Le bien-être revenu, les esprits s’étaient tournés vers les améliorations et les embellissements de la capitale.
- Pier Soderini, ami et admirateur de Léonard, songea, pour les peintures de la grande salle du Conseil, à confier une des parois au maître, tandis que l’autre serait réservée à Michel-Ange. Déjà, au mois d’août 1495, selon Vasari, il avait été mandé de Milan à Florence pour donner son avis, en même temps que Michel-Ange, sur la décoration de cette nouvelle salle, à laquelle Savonarole prétendit que « les anges avaient travaillé, au lieu de maçons, pour l’achever si rapidement » ! Les négociations, entre la Seigneurie qui marchandait et l’artiste, pour cet ouvrage où il projetait de peindre le combat d’Anghiari, livré le 27 juin 1440 par les Florentins, près de Rorgo San Sepolcro, contre les troupes du Duc de Milan, traînaient en longueur. La Seigneurie en profita pour l’inviter à trancher une question pendante, quant au détournement de l’Arno, en amont de Pise, pour le rejeter dans les marais de Livourne et priver ainsi Pise de toute communication avec la mer.
- Les ingénieurs hydrauliciens (maestri d'aequo) affirmaient qu’avec l’aide de 2 000 ouvriers et moyennant 30 ou 40 000 journées, la dérivation pouvait s’exécuter. Soumis par les Dieci (Conseil des Dix) au Conseil de la Pratica, le projet considéré comme fantaisiste fut écarté; mais Pier Soderini ne se tint pas pour battu, il le fit mettre en délibération, et après que Bentivoglio et le commissaire
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- Giacomini l’eurent combattu comme présentant des difficultés insurmontables, ii fut résolu de consulter Léonard, en même temps que Alessandro degli Albizzi. « Sur le vu des plans et à la suite de longues discussions en présence du gouverneur, il fut reconnu que l’œuvre étant viable et très à propos projetée, l’Arno pouvait être détourné ou canalisé, de manière à mettre les collines à l’abri de l’ennemi » (1). Les travaux commencèrent, mais des doutes surgirent de nouveau et l’entreprise fut abandonnée.
- Le 24 octobre 1503, Léonard reçut les clés de la salle du Pape, à S. Maria Novella pour y dessiner les cartons destinés au Palazzo Vecchio, et le 24 février de l’année suivante, les échelles furent installées dans la salle du conseil pour la peinture. Le contrat de la commande, spécifiant prix et délais, ne fut signé, après délibération du conseil de la Seigneurie, que le 4 mai suivant; contrat d’une mesquinité peu commune vis-à-vis d’un tel artiste, dédaigneux de toute opération mercantile. Avec une exactitude mathématique, cette fois, Léonard livra le carton le 28 février 1505, et fit dresser d’après ses propres plans, dans la salle du Palazzo Vecchio une passerelle « qui montait et descendait, se rétrécissant ou s’élargissant à volonté, grâce au mécanisme qu’il avait imaginé ».
- Léonard avait alors auprès de lui Tommaso de Giovanni Masini, Ferrando Spagnuolo, Riccio de la Porta alla Croce, Raffaello de Antonio di Biagio. Les paiements pour lesquels le maître avait chaque instant à batailler, vinrent à cesser à l’improviste et le travail fut interrompu.
- Ici encore, comme à Milan, Léonard voulut peindre directement à l’huile sur la paroi, mettant en œuvre toutes ses connaissances chimiques pour la revêtir d’un enduit ou stuc, à l’épreuve du temps. Cet enduit, il en avait fait préalablement l’essai dans la salle du Pape, à S. Maria a Novella, mais quand il s’agit de le dessécher au feu sur place, au Palazzo Vecchio, l’enduit colla et s’effrita. Le découragement de l’artiste fut immense.
- La Sainte Cène, peinte à Milan dans le réfectoire des moines dominicains de « S. Maria delle Grazie » ne devait pas tarder à subir, elle aussi, les effets de l’enduit appliqué au mur. La nitrification de la muraille, l’orientation au Nord, le niveau de la salle, inférieur à celui des cours contiguës, les infiltrations d’eau, le voisinage de la cuisine du couvent, tout devait concourir à hâter la dégradation du chef-d’œuvre que P. Giovio avait pu voir encore intact (1537-50) : « in admi-vatione tamen est Mediolani in pariete Cristns cum discipulis discnmbens » et que Lomazzo signalait déjà comme perdu vers la moitié du xvic siècle, alors que Vasari, en 1566, déclarait que ce n’était plus qu’une « tache de peinture étalée (2) ».
- (1) Lettre de Antonio Giacomini au Gonfalonier, 24 juillet 1503.
- (2) Vers l’an 1652, les moines, pour agrandir la porte de leur réfectoire, firent supprimer les jambes de quelques apôtres et du Christ, et clouer au-dessus de la tête de N.-Seigneur les
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- Du « combat des Anghiari », conçu avec une rare supériorité de composition, et décrit en détail dans ses notes (1), ainsi que des épisodes mouvementés de la défaite du fameux condottiere Niccolo Piccinino, il n’est resté que des dessins de groupes de cavaliers et des gravures, éparpillés dans les galeries. Toutes traces du carton modèle ont disparu. Aussi bien que celui dessiné par Michel-Ange, achevé en 1505, se référant à la guerre de Pise (2) et qui devait faire pendant au combat peint par Léonard, les deux chefs-d’œuvre servirent pendant quelques années aux élèves des deux maîtres pour leurs études, et puis furent anéantis , sans que le pinceau les eût mis en lumière.
- Des biographes ont affirmé que Michel-Ange, moins âgé de vingt-deux ans que Léonard, fut jugé vainqueur dans le concours ouvert par Pier Soderini, en choisissant la bataille de Pise comme sujet du carton destiné à représenter un des fastes les plus éclatants de l’histoire florentine. Mais alors, comment expliquerait-on que Léonard, sur le carton qu’il soumit du combat de cavalerie, eût obtenu la commande et eût mis la fresque à exécution? Toujours est-il que c’est un regret éternel pour les amis des arts que la perte des deux cartons, détruits ou lacérés méchamment par des mains jalouses.
- Les rapports entre les maîtres, autant qu’il est permis d’en juger d’après la différence de leurs caractères, de leurs méthodes, de leur savoir artistique, étaient plutôt aigres.
- Léonard était la grâce personnifiée ; son génie n’était pas sans habileté, ni sans fermeté. Il répondait en tous points à cette image de Platon : la splendeur du vrai, le sourire de l’art dans les yeux, la sérénité de la science sur le front. Michel-Ange au contraire, était rude, souvent irritable et parfois jaloux, toujours mordant.
- Léonard avait cherché l’idéal des types du beau et du fort, dans le monde extérieur. Le peintre et le sculpteur devaient selon lui, pour créer, se familiariser avec les formes infinies de la nature. Michel-Ange, au contraire, voulait que l’artiste s’inspirât en lui-même de l’idée et de la forme, esprit et matière, pour les représenter suivant l’étincelle de son imagination.
- armoiries impériales de l’Autriche. Des peintres médiocres, entre autres, Bellotti, en 1726, et Mazza, en 1770, osèrent entreprendre une restauration qui ne laissa d’intactes que quelques têtes. Enfin, pour consommer la profanation, un général républicain en 1796, convertit la salle en écurie !
- (1) Amoretti a publié, avec quelques légères différences par rapport à l’original (Vol. N. fol. 72), la description pittoresque et très intéressante de cette bataille dont le splendide carton a excité l’admiration de Vasari et de Cellini, comme un prodige (Amoretti, Memorie, loc. cit., 93).
- (2) Commencé en 1304 dans une des salles de l’hôpital S. Onuphre, le carton de Michel-Ange fut terminé au mois d’aoùt 1307, comme semble le confirmer une facture soldée à cette date à un cordier, Pietro di Zanobi. Il fut lacéré et mis en pièces par Baccio Bandinelli, rival du grand maître, en 1512, pendant une des émeutes que motiva la restauration de la famille Medici (Aurelio Gotti, Vita di Michel Angelo Buonarroti, 1875, I, 33).
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- Par des voies aussi différentes, les deux génies procédèrent côte à côte, créant deux courants qui divisèrent leurs écoles, mais pour mieux affirmer en somme la gloire de la Renaissance.
- Tant que Léonard travailla au grand carton des Anghiari, il peignit avec prédilection, pour se reposer, le portrait d’une jeune femme, d’une rare beauté, dont il voulut fixer sur la toile les traits sémillants de grâce et de vie; c’était pour lui une grande distraction que d’appliquer à cette ravissante physionomie sa théorie de la peinture du portrait, dont le but est de donner le souffle immortel de l'art aux membres caducs du corps. « Elle fait revivre, écrit-il, l’harmonie des membres proportionnés que la nature, en usant de toutes ses forces, ne pourrait conserver. Elle garde le simulacre d’une divine beauté dont le temps ou la mort ont bientôt fait de détruire l’original. »
- « Monna Lisa », troisième femme de Francesco del Giocondo, un des membres de la Seigneurie, devait avoir trente ans à peine, quand le maître voulut la portraiter. « Pour la tenir en joie et dissiper le regard mélancolique que reflètent souvent les portraits, il faisait venir des musiciens, des chanteurs ou des bouffons. » La Joconcle, c’est le nom donné à la toile que possède la galerie du Louvre, a souffert évidemment de la patine du temps, mais sous l’atmosphère violacée qui enveloppe l’incomparable modèle, on se sent fasciné d’une manière indicible.
- Léonard, du reste, nous a laissé par écrit l’impression que devait produire sa peinture. « Tous les sens, en même temps que l’œil, voudraient posséder le modèle, et ils luttent contre l’œil. 11 semble que la bouche réclame la bouche pour parler de sa gracieuse voix, que l’oreille demande à entendre ses beaux accents, que le toucher veuille pénétrer par tous les pores, que les narines s’efforcent de respirer l’air que les siennes exhalent », et Vasari atteste qu’en vérité « la Joconde fut peinte de manière à troubler et faire tressaillir tout vaillant artiste, quel qu’il fût ».
- C’est devant Monna Lisa que le maître fit encore cette observation, qui eut une si grande part dans sa théorie des perceptionsyvisuelles. Il remarqua, en effet, d’après les variations de l’œil réel et de l’œil qu’il avait peint, que la pupille se dilatait et se resserrait. « Suivant la clarté ou l’obscurité de l’objet, notre pupille s’agrandit ou diminue; ce fait m’a déjà trompé quand je peignis un œil et c’est de là que j’ai appris. »
- Au siècle suivant, Galilée, qui ne connaissait assurément pas les observations de Sarpi, ni de Porta, croyait avoir remarqué le premier le phénomène : « Entre mille individus qui ont examiné la pupille de l’œil des chats, il n’y en a peut-être pas deux, pas même un, qui ait constaté un pareil effet dans les pupilles de l’homme regardant un objet. »
- Léonard n’en avait pas moins adressé, à l’écrivain de métier, dans son Traité
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- de la peinture, cette remarque : « Tu ne sauras jamais arriver avec ta plume là où arrive le pinceau. »
- Les sciences exactes s’étaient de nouveau emparées de l’esprit du peintre. Si Luca Pacioli l’avait initié depuis longtemps aux mystères de l’arithmétique et de la géométrie, Bartolomeo Yespucci, neveu d’Amerigo, lui avait prêté un nouveau traité géométrique; Francesco Sirigatti avait augmenté ses connais-sances en astronomie expérimentale par les écrits : « De vitu et occasu signo-rum » et le « Tractatus Astronomiæ » de Guido Bellanti.
- L’hydraulique réclamait plus que jamais son attention pour la canalisation de l’Arno. « Le canal, sur 20 bras de largeur au radier, et 30 bras au plafond, devrait avoir i bras comme portée d’eau en tout temps, moyennant une série de barrages construits dans les Chiave d’Arezzo, en vue de l’étiage d’été. La moitié de la portée devrait pouvoir servir à l’alimentation des moulins et â l’arrosage des prairies. » Au sortir de Florence, le canal tracé par Prato, Pistoia, Serra-valle, le lac Bientina, Lucques et Pise, se passait d’écluses, « lesquelles, observe-t-il, ne sont pas éternelles; au contraire, on a toujours à les manœuvrer et à les entretenir en bon état ».
- Le canal, abrégeant de 12 milles le parcours de l’Arno, était destiné à améliorer le territoire. « Prato, Pistoia et Pise, aussi bien que Florence, y gagneront 200 000 ducats par an; les dépenses de construction et des prestations seront couvertes. Les Lucquois feront sans doute de même, afin de rendre navigable le lac de Sesto (Bientina). »
- « On semble ignorer pourquoi l’Arno, lui-même, ne restera pas canalisé? mais c’est parce que ses affluents y déposent leurs alluvions, et sur la rive opposée ils arrachent les terres et courbent le fleuve. »
- Et il ajoute : « Pour rectifier l’Arno en amont et en aval :
- « Si avanzerà un tesoro A tanto per slaioro A chi lo vole ! (1).'»
- Plus loin, il note que « le mur des Casacce, à la Porte Saint-Nicolas de Florence, doit être redressé à l’alignement. Sous l’île des Cocomeri, il est nécessaire de défendre la berge contre le choc des eaux par une digue. »
- En vue du débouché de l’affluent Mugnone, il pose le problème suivant, à résoudre :
- « Quand un cours d’eau plus petit se jette dans un plus grand, que devient le courant? »
- Les visites qu’il fait à l’affluent, la Men.sola, confirment ses idées sur l’origine et le mode de formation des érosions de forme concave, qui résultent du choc
- (1) « Ou pourra y amasser un trésor; tant par arpent, et quiconque voudra. »
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- des courants. L'Eisa lui permet de constater à l’évidence l’origine de graviers dans les roches que charrient les courants (1).
- Les renseignements qu’il recueille auprès d’un marchand siennois, Niccolô da Forzore,sur les canaux en Flandre, lui montrent que « pour conduire un cours d’eau d’un lieu à un autre, il faut le ménager et non le violenter; pour cela, il convient de pratiquer plus en aval un léger barrage, et plus loin, un second, puis un troisième, un quatrième et un cinquième, afin que le cours d’eau s’infléchisse suivant le cours qui lui est assigné et s'écarte ainsi de l’endroit qu’il dégrade ».
- Au milieu des travaux d’hydraulique, Léonard négligeait la peinture. Isabelle de Gonzague (1504) était revenue à la charge, demandant à l’artiste « ne serait-ce qu’un Christ, à l’âge de douze ans, lorsqu’il disputait dans le temple, peint avec cette douceur et cet air suave qu’il sait rendre par excellence ». Il promettait toujours, mais ne tenait pas parole, et son élève Salai offrit de faire le tableau, que Pietro Perugino se décida enfin à peindre.
- Le père de Léonard, Ser Piero, venant à mourir, le 7 juillet de la même année, à l’âge de 80 ans, laissait de grands biens à partager entre dix garçons et deux filles, en dehors de lui qui n’était pas légitimé, mais en même temps se confirmait la ruine de la peinture de la grande salle du Palazzo Vecchio.
- Léonard s’enfouissant dans ses livres, chercha d’abord à faire bonne contenance, puis l’âme brisée, il finit par quitter Florence en compagnie d’Alessandro Amadori, pour se retirer à Fiesole.
- Là où sur la hauteur qui domine Florence, s’élevait jadis l’Acropole de Fasulæ, où séjourna Fra Giovanni Angelico, où Laurent le Magnifique faisait sa résidence favorite, Léonard voulut noyer son chagrin et oublier le désastre, en reprenant des recherches du domaine fantaisiste, sur le vol des oiseaux. Ces recherches, paraît-il, avaient été commencées à Milan, dans le jardin du duc Galéas. Son idée alors était d’adapter au corps humainMeux grandes ailes qui se fussent entrouvertes, en laissant filtrer l’air par d’innombrables orifices, pour permettre de s’élever dans l’atmosphère, et se fussent repliées complètement pour permettre de descendre. « Essaie ton appareil, écrivait-il dans ses notes, au-dessus de l’eau, pour qu’en tombant tu ne te fasses aucun mal... Tu porteras une vessie en guise de ceinture qui t’empêchera de te noyer. » Rien de précis n’a transpiré quant au résultat de ces premières inventions, sinon que Gero-lamo Cardano, dans un passage de son ouvrage De subtilitate, rapporte que « Léonard de Vinci tenta, lui aussi, de voler dans les airs; mais mal lui en prit : c’était un grand peintre » (2).
- (1) Cod. Atl, 46 R; 284 R.
- (2) Giov. Balt. Danti, mathématicien de Pérouse, fit vers la même époque l’essai d’un appareil qu’il avait construit pour planer dans l’air. Lors des noces de Pantasilea Baglioni, sœur de Giopaolo Baglioni, tyran de Pérouse, avec le duc Bartolommeo d’Alviano, il tenta une
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- Léonard aimait les oiseaux; attiré par le charme qu’offre le séjour dans les airs, il ne s’était pas lancé à l’aventure dans l’étude de l’aviation; fidèle à ses principes de science expérimentale, il avait débuté par faire l’anatomie des ailes et des muscles pectoraux de l’oiseau, afin de les comparer comme énergie par rapport à l’élasticité de l’air. Il n’est resté que quelques lignes sur les investigations qui l’avaient conduit à composer la « Teorica dei volatili », un véritable monument de science exacte (1). Sa persistance à combiner des appareils semble prouver que ses travaux n’avaient pas été sans fruit, car à Fiesole il prépara une ascension :
- « De la montagne appelée Ceceri (2), d’où mon appareil artificiel « Cecero » (cygne) tire son nom, partira l’oiseau célèbre qui remplirale monde de sa renommée. » Et plus loin, il ajoute : « Le grand oiseau prendra son vol au-dessus de la croupe du mont Ceceri, remplissant l’univers d’étonnement, remplissant tous les livres de renommée et de gloire éternelle pour le nid où il est né. »
- L’ascension n’eut pas lieu; on ignore même si l’appareil fut achevé, ou même rendu viable, mais l’idée du parachute que Verantio fit connaître un siècle plus tard (3) et que Garnerin réalisa à la fin du xvme siècle, lorsque l’invention de Montgolfier fut présentée au public, se trouve décrite toute au long par Léonard.
- « Si un homme, écrit-il, dispose d’un pavillon en tissu léger (enduit de vernis, de gomme, etc., qui bouchent les interstices) mesurant 12 bras de côté et 12 bras de hauteur, il pourra se jeter de toute hauteur dans l’espace, sans courir aucun danger. » Il représente en dessin ce pavillon de forme pyramidale, et au-dessous, un homme suspendu par quatre cordes, qui l’emploie à la descente dans l’air (4).
- 5. — Milan (1506-1513).
- Les travaux scientifiques, les essais d’aviation, ne suffirent pas pour isoler Léonard des Florentins qui l’obsédaient, dans le but de lui faire prendre sa revanche; aussi se déroba-t-il le 30 mai 1506 avec un congé de trois mois, « sous peine, au cas où il ne se représenterait pas dans ce délai devant les prieurs, d’une amende de 50 ducats d’or ».
- A Milan, où l’art et la science s’étaient développés d’eux-mêmes depuis le
- ascension au sommet de la tour de l’église, mais l’aile gauche de l’armature se rompit et il fut précipité, se brisant une jambe, sur le toit de l’église Sainte-Marie des Vierges (1503).
- (1) Libri cite un long fragment, extrait du Codice Atlantico fol. 65, avec des croquis indiquant l’envergure des ailes, suivant l’orientalion (Hist. math.,loc. cit., III, note VIII, 215).
- (2) La colline Ceceri, à peu près dénudée, occupe la droite de Fiesole, quand on tourne le dos à Florence.
- (3) Fausto Verantio, dans son Recueil de machines, publié en 1617 à Venise, a décrit le mode de construction, quoique grossier encore, du parachute.
- (4) Suggio delle opéré di L. da Vinci; Gilberto Govi; p. 20.
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- départ de Sforza, Charles d’Amboise, seigneur de Chaumont, grand maître de France, nommé gouverneur du roi Louis XII, accueillit notre artiste avec enthousiasme, lui confia des travaux d’architecture et d’hydraulique, et quand le délai fut près d’expirer, il écrivit à la Seigneurie de Florence pour qu’elle prorogeât de bonne grâce son congé. Pier Soderini ne cacha pas son déplaisir, et sur une nouvelle instance pour une prolongation d’un mois, répondit qu’il n’accorderait pas un jour de plus « à Léonard, qui n’avait pas agi comme il devait, vis-à-vis de la république, puisqu’il avait touché une bonne somme d’argent pour une grande œuvre dont il avait à peine fait l’ébauche, et malgré l’amour que le gouvernement de Milan lui portait, il se trouvait protéger un délinquant ». La réponse brutale de Pier Soderini ne découragea pas Charles d’Amboise, chez lequel l’artiste demeurait depuis le mois de décembre. Le 12 janvier 1507, l’ambassadeur de la république de Florence près de Louis XII, à Blois, fit savoir que le Roi désirait conserver pour lui les services de Léonard, et deux jours après, le Roi lui-même écrivit directement à la Seigneurie :
- « Nous avons nécessairement abésognes de maistre Léonard a Vince, paintre de votre cité de Fleurance, et que intendans de luy faire fer quelque ouvrage de sa main incontenent que nous seron à Millan, qui sera in briev, Dieu aidand. Et incontenent toutes lettres que vous récevez, lui escripvez, que, insynes a nôtre venue à Millan, il ne bouge de delà. »
- La Seigneurie se soumit devant la volonté du puissant Roi, et Léonard se retira à Vaprio, aux environs de la ville, dans la maison d’un gentilhomme, Gerolamo Melzi, un de ses profonds admirateurs, dont le fils Francesco devint l’élève favori et l’héritier. Jusqu’alors Léonard n’avait guère travaillé qu’à un petit tableau envoyé à Blois, à des dessins de la Vierge avec l’enfant, à des plans d’architecture militaire et hydraulique dont Chaumont éprouva une grande satisfaction ; mais il n’avait pas négligé pour cela ses recherches scientifiques. A cette date remonte probablement sa rencontre avec Gian Giorgio Trissino, le savant mathématicien, et, parmi les artistes, avec Bernardino de Treviglio. A Vaprio, il donna suite, dans les chambres que le patricien Melzi avait mises à sa disposition, aux expériences de physique et aux calculs dont il ne pouvait désormais se séparer.
- Enfin, le 24 mai 1507, le roi de France fit son entrée solennelle à Milan pour y demeurer six semaines. L’admiration qu’il avait témoignée jadis pour la Sainte Cène, pour la statue équestre, pour les vierges douces et pures de Léonard, se réveilla en le voyant devant lui. De ce jour, il devint « notre cher et bien aimé Léonard de Vinces », « peintre du roy » d’abord, puis « peintre et ingegneur ordinaire». Louis XII lui commanda aussitotdes panneauxoù serait représentée la Madone, et cédant à l'attrait de sesdiscours sur les sciences et l’hydraulique, lui fit dondel2ouces d’eau à prélever dans le canal SanCristoforo, dès que la sécheresse del’année auraitpris fin et que lamodellation de certaines bouches serait achevée.
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- L’héritage de l’oncle Francesco mort sur ces entrefaites, dont ses frères cherchaient à le frustrer, comme ils l’avaient frustré trois ans auparavant, sans qu’il s’y opposât, de l’héritage de son père, l’appela en toute hâte à Florence. Une lettre de Louis XII à la Seigneurie et une recommandation particulière de Chaumont avaient précédé sa venue, à l’effet d’obtenir qu’aussitôt son procès liquidé avec ses frères, il fût renvoyé à Milan.
- Durant ce séjour forcé à Florence (1507-1508), le procès tramant en longueur jusqu’à la solution à l’amiable proposée par Ser Giuliano, frère aîné et chef de famille, Léonard peignit les panneaux pour le Roi et commença à classer les notes rédigées, en vue des traités qu’il ne cessait d’avoir en tête. C’est alors qu’il se lia d’intimité avec Giovan Francesco Rustici, scnlpteur enthousiaste, auteur du Saint-Jean-Raptisle qui prie entre le Lévite et le Pharisien, et l’aida, dit-on, de ses propres mains au coulage en bronze et à la mise en place du groupe sous un entablement, aux armes de la corporation des Marchands. Piero di Braccio Martelli, chez qui Léonard demeura six mois, était un mathématicien éminent, en même temps qu’un citoyen d’une grande intégrité. L’artiste cultiva assidûment son amitié pour la rédaction de livres de mathématiques qui furent détruits pendant le siège de Rome.
- De retour à Milan, sans savoir si la pension du Roi avait couru pendant son absence, les difficultés qui l’attendaient pour le règlement des 12 onces d’eau dont l’administration cherchait à ne pas se dessaisir, malgré qu’elles fussent un don royal, ne l’empêchèrent pas d’achever deux tableaux de Madone, de dimensions différentes; toutefois les documents font défaut pour permettre de décider s il s’agit bien ici de la Sainte Famille (Ermitage de Saint-Pétersbourg), de la Vierge à la Balance (Musée du Louvre), ou de la MadoneLitta, qui paraissent avoir été peintes sous la direction du maître et avec ses retouches, plutôt que par lui-même (1).
- Pendant les derniers mois de l’année 1508, Léonard est de nouveau engagé dans ses investigations scientifiques. Un de ses manuscrits, F, portant la date du 12 septembre de cette année, et renfermant les matériaux d’un traité de cosmologie et d’hydrométrie : Di mondo ed acque, nous est parvenu sous la forme où le savant l’a conçu originalement. Après avoir placé le globe terrestre au milieu des corps célestes, il examine sa structure solide et liquide, détermine la configuration des montagnes et des vallées et énumère les lois du mouvement de l’eau. Platon et Epieure sont pris à partie; Aristote est cité dans des extraits des Parva nataralia et De metheons, ainsi que Vitruve, Albert le Grand, frère Bernardino, De cœlo et mundo, etc.
- Les lois fondamentales du mouvement des ondes qu’il expose ne le distraient pas des travaux d’hydraulique pratique.
- (I) E. Solmi, loc. cit., p. 178.
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- Pour rendre navigable le canal de la Martesana, depuis Milan jusqu’au lac de Côme, il était nécessaire de le prolonger de Trezzo à Brivio, sur une longueur de six milles et demi, et d’établir deux écluses. Léonard dresse un plan coté, avec notes à l’appui, que l’on retrouve disséminées dans ses manuscrits; mais il lui est objecté que les modifications proposées diminueraient la portée de l’Adda, et que l’eau ferait défaut à Giaradadda et à la Mecca. A cette objection, il répond « que les paysans pourront se procurer des sources par forage (ifontanili) \ car l’eau que boivent les prairies sert plusieurs fois au même objet (1) ». Aussi un groupe de propriétaires ne tarda-t-il pas à se former, offrant de payer les dépenses, et, jusqu’à ce que leurs frais fussent remboursés, de prélever à leur profit les recettes de l’exploitation du canal.
- Cette proposition, Léonard la transmet à Chaumont, sans qu’elle soit suivie d’effet. Eile ne devait être réalisée que plus tard. Une commission du gouvernement fut chargée, en 1518, de procéder à des recherches sur le terrain, dont Carlo Pagnano rendit compte dans un rapport publié en 1520. Malheureusement, à l’exécution, le système imaginé par Léonard fut inconsidérément négligé, par ignorance des hydrauliciens, ou par désir de mieux faire.
- Léonard avait d’ailleurs projeté d’autres tracés partant du lac de Côme et passant par les lacs de la Brianza, pour aboutir au Lambro.
- Le succès couronna enfin l’entreprise d’un barrage-déversoir dans le grand canal de Milan (Naviglio (jrande), auprès de San Cristoforo, qui utilisa un vaste bassin destiné à prévenir les inondations sous les murs de la ville. Le travail fut achevé en 1509, comme en fait foi une note de Léonard, datée du 3 mai de cette même année (2).
- Après vingt-trois jours d’absence, Louis XII, rentrant le 1er juillet à Milan, trouva Léonard engagé dans ses travaux techniques et l’exhorta à reprendre ses pinceaux au service de sa personne. Parmi les seigneurs de l’entourage du Roi, le maître s’était rapproché du comte Francesco Torello qui avait fait campagne contre les Vénitiens, mais plus particulièrement, de Jean de Paris, le plus grand peintre d’alors, ingénieur et architecte auprès de la Cour de France, qui était chargé de peindre souverains et soldats, paysages et batailles, à la suite du Roi.
- Vers 1509 ou 1510, Léonard peignit, avec toutes les grâces et les splendeurs d’une œuvre grecque, son jeune Bacchus, auquel ne manquèrent pas les touches
- (1) Les fontanili se rencontrent en abondance précisément dans la bande du terrain diluvien qui sépare la Sesia de l’Adige, sur 4 à o kilomètres de largeur. (Lombardini. Bell’origine, loc. cit., p. 30).
- (2) La tradition veut que Léonard ait été également l’auteur de la jonction heureusement opérée, sous Ludovic le More, du canal de la Martesana avec l’ancien canal dérivé du Tessin, à l’aide de six écluses rachetant une chute de 13 bras de hauteur (E, Solmi, loc. cit., p. 181) et que nous avons déjà mentionnée, d’après Nadault de Buffon ; mais aucun document ne justifie pareille assertion.
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- de palette de Marco d’Oggiomo, son élève, et que d’autres élèves copièrent plus tard en lui donnant le nom de « S. Eustorgio. après avoir enlevé la couronne de pampres qui ceignait le front du dieu, et remplacé le thyrse par la croix légendaire de saint Jean.
- Ses excursions dans le nord de la Lombardie remontent aussi vers cette époque. De Milan, ou de Yaprio, il gagne le Val de Chiavenna, aux hautes montagnes dénudées; le Val Sassina, aux éboulements et aux chutes d’eau imposantes; la Valteline, située au milieu d’un cirque de monts élevés et farouches. Plus tard, il se rend sur les bords du lac de Côme,àla source de Pline, dont il note l’intermittence; puis, au Mont Rose qu’il désigne sous le nom de Momboso, d’où descendent à la fois le Rhône, le Rhin, le Danube; il y fait des observations sur la grêle et le grésil, sur l’opacité du ciel serein à de grandes hauteurs, etc. (1).
- Quelques-unes des observations sur ses voyages dans le nord de la Lombardie, détachées des feuillets du Codice Atlantico, méritent d’être rapportées, ne serait-ce que pour montrer avec quelle finesse et quel à propos il sait résumer ses impressions :
- « Lac de Corne. — Val di Chiavenna (2).
- « Le long du lac de Côme, vers Lamignia, on débouche dans la vallée de Chiavenna, où la Mera, cours d’eau, se jette dans le lac. Ici l’on rencontre des montagnes stériles, très élevées, avec de grands rochers; et dans les montagnes, des oiseaux aquatiques, appelés maragoni (plongeons). Ici croissent les sapins, les mélèzes et les pins, et abondent les daims, les bouquetins, les chamois et des ours féroces. On n’y peut grimper qu’à quatre pattes. Les paysans, au moment des neiges, escaladent avec beaucoup d’art le long des pentes pour déloger les ours. Les montagnes limitent le torrent qui coule à leur pied, de droite et de gauche, sur une longueur de 20 milles, sans qu’elles changent d’allurè. De mille en mille, de bonnes auberges. En amont du torrent, une chute d’eau de 400 bras offre un beau spectacle. On y transporte beaucoup de bois par flottage. »
- « Valsassina. — Cette vallée s’avance vers l’Italie; elle est presque semblable à la précédente, quant à la forme et à la nature ; il y croît beaucoup de mappello. A noter beaucoup d’éboulements et de cascades.
- « Val di Trozzo. — Cette vallée produit en abondance des sapins, des pins et des mélèzes. C’est d’ici que Ambrosio Fereri fait venir ses bois à Milan. En tête de la vallée se trouvent les montagnes de Borme, terribles et toujours couvertes de neige; ici naissent les hermines.
- « Bellaggio. — Devant le château de Bellaggio, le torrent se précipite d’une hauteur de plus de 100 bras, hors de la veine où il prend naissance, perpendi-
- ( I ) De Saussure, sur les Alpes; de Humboldt,sur les Cordillères, font cette même observation, trois siècles plus tard.
- (2) Codice Atlantico, folio 214, R. a.
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- culairement au lac, avec un bouillonnement et un fracas extraordinaires. Cette veine fluide ne coule qu’aux mois d’août et de septembre.
- « Voltelina. — La Yoltelina, comme on l’appelle, est entourée de hautes et inaccessibles montagnes. On y fait des vins forts et en abondance, et tant de bétail qu’à en croire les paysans, il s’y produit plus de lait que de vin. C’est la vallée dans laquelle passe l’Adda, qui parcourt plus de 40 milles en Allemagne, à l’amont. Cette rivière a du poisson qui doit vivre d’argent, car on en trouve beaucoup dans les graviers.
- « Dans ce pays chacun peut vendre du pain et du vin ; le vin vaut au plus 1 sol par bocal, et la livre de veau 1 sol, et le sel, 10 deniers; de même que le beurre, dont la livre est de 30 onces, et les œufs valent 1 sol, la soldata (1). »
- « Bormio. — A Bormio il y a des bains ; à huit milles de distance de Cômc, la Primiana croît et décroît toutes les six heures. Quand elle croît, elle fait mouvoir deux moulins et il y a trop-plein; quand elle décroît, l’eau s’assèche en aval sur deux milles de longueur, le cours d’eau disparaît en terre avec grand vacarme, dans une immense fissure de montagne. Il faut venir ici au mois de mai; les plus grands rochers à découvert qui se trouvent dans ce pays sont les monts Mandello, au voisinage de ceux de Lecco et de Gravidonia, vers Bellinzona. A 30 milles de Lecco, se trouve la vallée de Chiavenna. La plus grande de toutes es montagnes est celle de Mandello dont la base vers le lac couvre un gouffre où l’on descend par 200 marches, et où en tout temps il y a de la glace et du vent.
- « Val Sasina. —Dans le val Sasina, au-dessous de Vimognio et d’Introbbio, à main droite, suivant la route de Lecco, on rencontre la Trosa, qui se précipite du haut d’un rocher très élevé, et tombant à terre, s’y infiltre et disparaît. Trois milles plus loin, travaillent des usines qui traitent des minerais de cuivre et d’argent, provenant du filon dit Pra Sancto Petro, des minerais de fer et des métaux fantastiques. La Grignia est la plus haute des montagnes de la région; elle est dénudée (1). »
- Voyageur et ascensionniste infatigable, il ne néglige rien par amour pour la science, ni la visite et l’étude des torrents, ni celle des transports de graviers sur le Pô et le Tessin, des roches en amont de l’Adda, de l’Adige, de l’Oglio, des défrichements de forêts ; son érudition géologique et géographique s’étend de la Toscane et de la Lombardie à l’Italie tout entière, et de la péninsule à l’Europe et au monde qu’il a appris à connaître dans les écrits des voyageurs de l’antiquité et contemporains.
- Cette même année 1510, il est appelé par le conseil de fabrique de la cathédrale de Milan à donner son avis,, en même temps que Omodeo, Andrea da Fusina et Gristoforo Gobbo, sur la construction des stalles du chœur; dernier
- (I) Coclice Atlantico, folio 214, V. e.
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- hommage rendu au maître de génie ! Mais, dès l’hiver, il est de nouveau tout entier aux recherches anatomiques.
- « Cet hiver de 1510, écrit-il, je crois pouvoir achever toute mon anatomie. »
- Et, dans l’ancien hôpital du Filarete, il passe des jours entiers et des nuits, à disséquer, s’aidant du dessin qu’il met au service du scalpel : « J’ai défait, écrit-il, plus de dix cadavres humains, détachant tous les membres, et les plus petites chairs adhérentes autour des veines, sans les maculer de sang autrement que par extravasement des tissus capillaires. Et comme un seul sujet n’eût pas suffi, j’ai dû en prendre autant que nécessaire, les uns après les autres, pour arriver à une connaissance définie, et répéter plusieurs fois, afin de constater les différences. » Les détails ne manquent pas sur les préparations anatomiques qu’il exécute sans nombre. Le plus grand anatomiste du temps, Marc Antonio délia Torre, devient son collaborateur et ami. Professeur de EUniversité de Pavie, il est souvent à Milan, plus souvent encore à Vaprio, jusqu’au jour où prodiguant ses soins aux pestiférés de Benaco, près de Riva (1511), il est enlevé par le fléau, au milieu de la désolation générale (1).
- Cette perte si cruelle, n’arrête pas Léonard dans son projet de publier un traité, « où il donnera la véritable description du corps humain, dont il est impossible que les auteurs anciens et modernes aient pu fournir des notions exactes, sans une longueur de texte fatigant et confus; tandis que par le procédé très simple de figures sous leurs divers aspects, on en a une pleine et juste connaissance. Afin que l’avantage procuré ainsi aux hommes ne soit pas perdu, j’enseigne le moyen de réimprimer avec ordre. »
- Chargé d’exécuter une statue équestre, pour le tombeau du général Trivulzio, Léonard a laissé dans ses écrits une note détaillée des frais du monument qu’il n’exécuta pas. La fortune inconstante du grand capitaine lui fit refuser cette dernière marque d’honneur.
- Les événements politiques préparaient un nouveau changement dans la situation de Léonard. Son protecteur, Charles d’Amboise, après une administration des plus orageuses, vint à mourir à Correggio, après le siège de Jules II dans Bologne. Il fit place à un gouverneur militaire, d’abord Gaston de Foix; puis, au même Gian Giacomo Trivulzio. Les Suisses envahissant le territoire étaient déjà aux portes de Milan, mettant tout au pillage et « incendiant, le 14 décembre 1511, l’endroit de la ville désigné par DCXC ».
- Le Milanais se trouvant de nouveau soumis aux horreurs de la guerre, le pape Jules II, qui venait d’obtenir du roi de France son alliance contre les Vénitiens par la ligue de Cambrai, se retourna en hâte contre lui, en formant une Sainte Ligue avec les Vénitiens, les Suisses, Ferdinand et Henri VIII pour chasser les
- (1) Marx, liber M. A. délia Torre und L. da Vinci, die begründcr der bildlichcn anatomie; Goettingen, 1850.
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- Français de l’Italie. Le jeune Gaston de Foix enlève bien Brescia aux alliés et les défait à Ravenne, le jour de Pâques (1512), mais en y perdant la vie; et Louis XII, vaincu par les Suisses sous les murs de Novare, malgré le génie de La Trémoille, en est réduit à abandonner définitivement la Lombardie où la Ligue a rétabli comme duc, à Milan, le fils aîné de Ludovic Sforza, Maximilien.
- Léonard n’avait pas seulement perdu ainsi ses protecteurs; mais leur bienveillance même le signalait à l’animadversion des partisans du jeune Sforza. D’autre part, Jules II ne songeait plus qu’à nouer des intrigues en vue de guerres qui devaient arrondir ses Etats et étendre sa puissance. Les républiques de Florence, de Sienne et de Lucques se dissimulaient de crainte d’être absorbées. Enfin, le il mai 1503, Jules II étant mort, Jean de Médicis, fils de Laurent, qui avait combattu pour lui à Ravenne où il tomba prisonnier, fut élu pape, sous le nom de Léon X.
- 6. — Ro?ne (1513-1515).
- Le nouveau pontife avait signé la paix avec le roi Louis XII que son prédécesseur venait d’excommunier ; une ère de tranquillité semblait réservée pour quelque temps à l’Italie. Le goût de Léon X pour les sciences, les lettres et les arts, était déjà pressenti par la foule des artistes qui s’expatrièrent aussitôt à Rome, comme sous l’action d’un courant magnétique.
- Michel-Ange Buonarroti, Fra Bartolommeo, Luca Signorelli, Timoteo Viti, Atalante Migliorotti, Giuliano da Sangallo, Bramante, Garadosso, Sodoma, Raf-faello, et tant d’autres, prirent ainsi le chemin de la Ville Eternelle. Léonard, à son tour, malgré son âge, ne sut guère résister à la perspective enchanteresse ; il partit pour Rome le 24 septembre 1513, en compagnie de ses élèves Giovan Francesco dei Melzi, Salaï, et de ses domestiques Lorenzo et Fanfoia. Le voyage à petites étapes les conduisit, pour un repos de quelques semaines, à Florence, d’où Pier Soderini avait été banni à Raguse, et remplacé d’ordre du pape Jules II, par Julien de Médicis, troisième fils de Laurent. Mais Julien, après avoir essayé d’une constitution modérée pour gouverner la république, devant l’attitude réactionnaire de ses partisans, se démit l’année suivante en faveur de son neveu, Laurent II, fils de Pierre II, et se retira au Vatican.
- Grâce à l’abdication de Julien, Léonard trouva en lui, dès son arrivée à Rome (décembre 1513), l’ami et le protecteur auprès duquel sa fortune et son travail pouvaient rencontrer de puissants appuis. Julien, suivant Giocondo Veronese, était versé dans les sciences mathématiques et mécaniques, instruit dans la philosophie et l’alchimie, avide de la fréquentation d’hommes supérieurs, pouvant suppléer à l’insuffisance de ses connaissances générales. Il obtint que maître Léonard et ses élèves fussent logés au Belvedère, avec un atelier et des salles pour musiciens et mécaniciens.
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- Outre le portrait d’une dame florentine, la favorite de Julien, Léonard peignit presque aussitôt sa fameuse toile de Lëda, où il sut allier avec un art suprême tant d’agrément et de pudeur que Raphaël ne put s’empêcher d’en faire un dessin, auquel se joignirent des copies et diverses esquisses, recueillies dans divers musées. Le portrait et la Léda vinrent en France avec le peintre, mais pour disparaître l’un et l’autre, vers la fin du xvne siècle.
- La fréquentation des artistes de la cour pontificale, auxquels il convient de joindre Jules Romain que Léonard voyait pour la première fois, ne put le distraire de ses travaux à l’hôpital de Rome, ni des dissections anatomiques. Il installa de nouvelles expériences sur l’acoustique dans les fossés du Château -Saint-Ange, et une foule de travaux mécaniques, optiques et graphiques, entre autres, DeLudo geomelrico, comprenant des variétés à l’infini de quadrature des surfaces courbes. Le Ludo geometrico porte la date du 7 juillet 1514 : « achevé au Relvedère, dans l’atelier concédé par Julien le Magnifique ».
- En même temps, Léonard s’occupait de la construction d’une écurie pour les chevaux de Julien; d’un projet d’Hôtel des Monnaies, à Rome; de la frappe et du poinçonnage des monnaies, et probablement aussi du port de Civita-Yecchia dont certains détails se retrouvent dans ses notes.
- Quant à ses expériences multiples, dont quelques-unes passaient pour des actes de sorcier, sinon des bizarreries, ou des fantaisies hérétiques, au dire même de son biographe Vasari, elles finirent, dans ce milieu d’âmes timorées qui constituaient la société romaine, par éveiller des soupçons sur sa foi religieuse.
- L’ardeur de Léonard pour résoudre les problèmes qu’il se posait et son indépendance de caractère imprimaient à ces expériences un air mystérieux et surnaturel qui n’était pas sans inspirer quelque malveillance. Yasari, parlant de l’opinion des contemporains à ce sujet, écrit : « Ses caprices furent tels que s’appliquant à la philosophie des choses naturelles, il voulut connaître la propriété des herbes, tout en continuant à observer la marche des astres, le mouvement de la lune et la face du soleil : si bien qu’on le prit pour un hérétique, n’ayant ni foi ni religion ; il semblait convaincu qu’il valait beaucoup mieux être philosophe que chrétien. » Rien pourtant n’était plus contraire aux croyances du maître qui avait proclamé la souveraine et immuable justice de l’Etre suprême, et bien avant Racon, que la philosophie de la nature était l’argument le plus solide pour défendre la foi.
- « Quoi que je ne puisse pas citer des auteurs comme eux (mes envieux et détracteurs), écrit Léonard, je citerai ce qui est bien autrement important et plus digne : l’expérience, maîtresse de leurs maîtres. Ils s’en vont tout gonflés et pompeux, ornés non pas des trésors acquis par leurs travaux, mais de ceux acquis par autrui, et ils voudraient me dépouiller de ceux que j’ai moi-même
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- obtenus. Ils me méprisent comme inventeur, alors qu’ils ne sont que les thuriféraires d’autrui, encourant le blâme de chacun (1). »
- Si à Florence, Léonard avait négligé le culte extérieur, et si, à Milan, il n’avait pas été ménager de sarcasmes à l’endroit du clergé, grâce à la haute protection de Sforza, son indifférence en matière de culte, et son enthousiasme pour la science incomprise du vulgaire, devaient lui faire encourir à Rome le blâme et la suspicion des esprits dévots; finalement, la censure vaticane. Deux des aides mécaniciens, d’origine allemande, Giorgio et Giovanni, qui voulaient s’émanciper du maître en employant à leur compte des ouvriers pour fabriquer des instruments, des appareils et des miroirs lenticulaires, les soustrayaient à tout contrôle. L’intervention du puissant Laurent ne réussit pas à prévenir le gaspillage au Belvédère, ni à empêcher les accusations sourdes d’hérésie de prendre corps dans les cercles de la cour papale. Léon X en eut vent, et prohiba les dissections à l’hôpital, sans que Léonard s’en montrât autrement ému (2).
- Dès les premiers jours de l’année 1515, Léonard se trouvant seul à Rome, sans l’appui de son protecteur Laurent de Médicis, qui était parti pour épouser, en Savoie, Philiberte, fille du prince Amédée, apprit la mort du roi de France.
- Quelques petits tableaux peints pour Baldassare Turini, dataire de Léon X, occupèrent encore l’artiste jusqu’au jour où le pape lui confia la peinture murale du couvent de Saint-Onuphre, sur le Janicule. On raconte que Léon X, apprenant que le peintre distillait des huiles et des herbes pour fabriquer lui-même ses vernis, se serait écrié : « En voilà un qui ne fera jamais rien! Il commence par la fin, avant de se mettre au travail. » Cette anecdote a le tort de n’être pas vraie, car Léonard cette fois finit le tableau, un des rares que l’on puisse attribuer à ses pinceaux, avec le concours de ceux de Boltraffio. La Vierge, dite du Donateur, que l’on admire encore aujourd’hui dans un des corridors du couvent, est une des pages les plus vivantes et les plus touchantes qu’ait laissées Léonard.
- Julien et Philiberte, sa femme, étaient à peine rentrés de Savoie, après les brillantes fêtes données en leur honneur, que la nouvelle parvint à Rome de la marche de François Ier à la tête de son armée, sur l’Italie.
- Le jeune roi de France, arrière-petit-fils de Yalentine de Milan, à peine monté sur le trône, en qualité de cousin de Louis XII revendiquait les droits qu’il tenait sur le Milanais. Léon X s’étant tourné contre les Français en se liguant avec Sforza et les Suisses, hésita longtemps avant de dépêcher Julien et les troupes qu’il commandait comme gonfalonier de l’Eglise, pour surveiller les
- (1) Codice Atlantic,o, fol. 198, rapporté par Libri, loc. cit., III, note XXI, 238.
- (2) On a été jusqu’à prétendre que la première de toutes les raisons, devait être quelque jalousie suscitée par la position inattaquable de Michel-Ange, au Vatican. (Yriarte. Florence, 1881.)
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- mouvements du Roi envahisseur (juillet 1515). Léonard n’hésita pas toutefois à partir avec son protecteur, dédaignant la fatigue que devait imposer à son âge la vie des camps; mais Julien, tombant malade, se retira à Florence, et laissa le commandement à son neveu Laurent, fils de Pierre II de Médicis.
- De son côté, l’armée de François Ier avait franchi les Alpes, avec une merveilleuse rapidité, mis en déroute les troupes de Maximilien Sforza près de Saluces, et taillé en pièces les Suisses qui défendaient l’entrée du duché, à Mari-rignan. Laurent de Médicis, encore à Plaisance, recevait alors l’ordre de Léon X de ne pas avancer, mais d’attendre. Le grand pape avait décidé, en effet, de s’aboucher avec François Ier à Bologne pour traiter de la paix. Quant à Léonard, épuisé par une vie à laquelle le poids des années ne se prêtait plus, il quitta Plaisance où l’écho de la bataille de Marignan, surnommée « des géants », emplissait encore ses oreilles, avant de gagner Bologne avec les gens de la milice romaine et les soldats florentins.
- Les deux souverains, pontife et roi, séjournèrent dans le même palais, au milieu des réjouissances publiques, assez de temps pour que Léonard par l’entremise du seigneur Artus, maître de chambre de François Ie1', se fît présenter au roi de France. L’accueil fut des plus affables. François Ier avait hérité de Louis XII des sentiments de profonde admiration pour Vinci; noble, galant, chevaleresque, brillant, poète à ses jours et savant, le Roi fit, lui aussi, une profonde impression sur le vieillard qui prit et embrassa ses mains avec effusion.
- 7. — France (1515-1519).
- Le 15 décembre, les monarques ayant pris congé l’un de l’autre, François Ier se dirigea vers Milan en compagnie de Léonard, qui, pour l’entrée du roi en ville, imagina et fit fabriquer un lion grimpant, dont les entrailles s’en-tr’ouvraient en laissant briller des lis d’or à profusion.
- Le 6 janvier 1516, par un hiver très rigoureux, le grand artiste, escorté du jeune et inséparable Metzi et d’un nouveau domestique, Battista de Villanis, prenait la route de France, à la suite des gens de la cour. Il s’était détaché de son fidèle Salaï, en lui accordant, pour rémunération de ses longs services, le droit de se bâtir une maison dans le jardin qu’il possédait hors la porte Vercelli à Milan. Il disait adieu pour longtemps, pour toujours, à cette belle Italie où aucun lieu n’était plus digne d’abriter sa verte vieillesse, en quête de repos et de méditation, lui laissant l’héritage de gloire que beaucoup lui envient et lui envieront. La France lui offrait la tranquillité, la richesse et la puissance qui découlait de l’autorité de son génie.
- A peine à Tours, François Ier, qui avait assigné à Léonard une pension annuelle de 700 écus (35000 francs, valeur actuelle), avec cette même libéralité
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- dont il usa plus tard pour Rosso, pour Primaticcio, pour Cellini et pour André del Sarto, fit mettre à sa disposition le château de Cloux, près d’Amboise, la résidence de prédilection de Charles VIII et de lui-même, après avoir été celle du trésorier Pierre Morin, de Louis de Luxembourg, du comte de Ligny et de Louise de Savoie, mère du Roi.
- Le petit château féodal de Cloux, tout en pierres chaînées, entouré de murailles, mais en plein soleil, domine de la colline où il fut construit par le ministre de Louis XI, Etienne le Loup, les prairies en pente douce qui se fondent à l’horizon. C’est dans cette riante et paisible retraite que Léonard, installé avec Francesco Melzi, de Villanis, et une pauvre domestique, Mathurine, se mit au travail.
- Le premier tableau qu’il y peignit, Saint Jean-Baptiste jeune homme, a été représenté comme une vision en clair-obscur, d’une suavité exceptionnelle, mystérieuse, dont Rembrandt devait donner de si remarquables exemples; mais sa main droite était déjà en partie paralysée, et l’artiste ne peignait plus qu’à regret.
- Le Roi l’appelait fréquemment à Amboise, ou bien lui rendait visite à Cloux, pour l’entretenir en tête à tête sur toutes sciences et sur tous arts dont l’encyclopédie vivante de Léonard intéressait au plus haut degré son esprit vif et prompt, ouvert à toutes les idées nouvelles. « Je ne saurais manquer, écrit Benvenuto Cellini plus tard, de divulguer au monde un grand secret, en citant les paroles du Roi à son sujet, paroles prononcées devant les cardinaux de Fer-rare et de Lorraine, et le Roi de Navarre : « Je ne crois pas, disait François Ier, qu’il y ait au monde un autre homme aussi savant que Léonard, non seulement comme sculpteur, peintre et architecte, mais comme profond philosophe. »
- Le 28 octobre 1 SI6, le cardinal Louis d’Aragon, se rendant à Tours, fit une visite à Léonard avec toute sa suite, au château de Cloux. La Relation du voyage du cardinal offre un intérêt spécial quant à l’inventaire des trésors que l’illustre maître possédait alors avec lui : « Trois tableaux d’une grande perfection : l’un de la Madone avec l'enfant divin auprès de sainte Anne (dont le carton avait été achevé à Florence); le second, un portrait d’une dame de Florence, fait d’après nature, à la demande du quondam magnifique Julien de Médicis (peint à Rome et restitué à Léonard par Julien avant qu’il se mariât), et le troisième, un Saint Jean-Baptiste jeune homme, récemment achevé.
- « Il est vrai que sa main droite est atteinte d’une certaine paralysie, et il n’y a plus rien à attendre de son pinceau.
- « Ce gentilhomme, ajoute l’auteur de la Relation, a achevé plus particulièrement un J raité d’anatomie, avec figures en peinture, qui représentent non seulement des os et des membres, mais des muscles, des nerfs, des veines, des jointures et intestins et tous les autres organes, tant du corps de l’homme que de la femme, avec une telle perfection que nul autre n’a pu encore en approcher.
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- « Et nous avons vu cela de nos yeux, le savant gentilhomme nous ayant confié qu’il avait disséqué plus de trente cadavres appartenant aux deux sexes, et de tous âges.
- « Il a également composé sur « la Nature de l’Eau » et sur « Diverses Machines » et autres sujets, suivant ce qu’il nous a référé, une foule de volumes, tous en langue vulgaire, lesquels, s’ils viennent jamais à être publiés, seront œuvre féconde et des plus intéressantes.
- « Quoique ledit Léonard ne puisse plus peindre avec cette spiritualité qui lui est habituelle, il n’en a pas moins élevé auprès de sa personne un jeune Milanais qui travaille très bien et lui sert à faire des dessins, comme à enseigner à d’autres. » C’est la dernière remarque du cardinal, auteur de la Relation.
- François Ior avait conçu l’idée de fertiliser la Sologne, depuis Orléans jusqu’à Romorantin, au moyen d’irrigations dont la Lombardie lui avait montré les effets bienfaisants. La grande et la petite Sauldre, le Beuvron, la Rère, la Croi-zine, et d’autres ruisseaux auraient pu remplacer les eaux de source lombardes pour l’alimentation de rigoles d’arrosage dans les terres solonaises. Revenu en France, accompagné de Léonard, il songea à lui confier l’exécution de ce projet d’irrigation.
- Au mois de janvier 1518, toute la cour étant en gala à Romorantin, le Roi battit la contrée en chasse et demanda à Léonard, qui le suivait, de dresser le plan d’un grand canal de navigation, faisant prise d’eau à la Sauldre et constituant la grande artère du futur système d’irrigations.
- Le canal dérivé de Tours, ou de Blois, avec port d’embarquement à 'Ville-franche , devait traverser l’Ailier au delà de Bourges, en aval des affluents de la Dore et de la Sioule, gagner Digoin par Moulins, et passant sur l’autre rive de la Loire, à travers les hauteurs du Charolais, rejoindre finalement la Saône près de Mâcon.
- Pour ce tracé, dont le Codice Atlantico offre une maigre esquisse, Léonard avait parcouru pied à pied tout le Berri ; mais le projet, bientôt abandonné, ne servit comme indication que pour les travaux entrepris sous le règne de Henri IV.
- De nouveau avec le Roi, à Tours, puis à Amboise, dans les premiers mois de l’année 1518, l’artiste eut à s’occuper des préparatifs de fêtes à l’occasion du baptême du fils de François Ier, et des noces de Laurent de Médicis, duc d’Urbin, avec Madeleine de la Tour d’Auvergne, nièce du roi; fêtes tout italiennes, costumes, triomphes, et festins à la milanaise. Pour le tournoi, Léonard tint à reproduire en grand et avec faste le combat figuré dont Louis XII eut la représentation en 1507, à Milan.
- Les réjouissances durèrent six semaines. Le duc d’Urbin et sa femme reprirent le chemin de l’Italie; «Léonard se congédia du roi qui repartit de Romorantin, et revint solitaire au château de doux, le 24 juin 1518, jour de la Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902. 33
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- Saint-Jean. » C’est la dernière date qu’il écrivit de la main gauche, dans ses notes (1).
- Peu de temps après, le grand artiste, qui avait revu à Amboise, auprès du Roi, ses compatriotes, le frère Francesco de Cortona et Francesco de Milan, reprit ses études favorites de mécanique et de géométrie ; mais déjà il se sentait plus gravement atteint par la paralysie dont les progrès minaient sa robuste constitution. « La main puissante qui pouvait (au temps de sa jeunesse) contenir tout effort violent et tordre le battant d’une cloche ou un fer à cheval, comme si c’était du plomb », était désormais perdue. Seule, l’intelligence était vive et lumineuse, pleine de pénétration et de vigueur. Pourtant, le 23 avril 1519, le mal devenant intolérable, il fit appeler le notaire du Roi, Guillaume Bureau, en même temps que quelques intimes, pour dicter ses dernières volontés.
- Les premiers articles du testament sont relatifs à son inhumation dans l’église Saint-Florentin, à Amboise, où son corps sera transporté et déposé par les chapelains de ladite paroisse ; à la célébration de trois grandes messes et de trente messes basses, dans les églises de Saint-Florentin, Saint-Denis et Saint-François.
- Les articles suivants concernent ses manuscrits, ses dessins,’ fruit de cinquante années de travail continu, qu’il lègue à celui qui l’a aimé comme un père.
- « Le testament précité donne, en effet, et concède à Mess ire Francesco de Me!zi, gentilhomme de Milan, comme rémunération des services présentement à lui agréables et rendus par le passé, tous et chacun des livres qu’il possède actuellement, ainsi que tous instruments et toiles ayant trait à son art et industrie de peintre. »
- En faveur des personnes éloignées et voisines qui lui furent associées pendant sa vie, il lègue : pour Salai et Battista de Villanis, une moitié, à chacun, du jardin qu’il possède hors de l’enceinte de Milan; à Mathurine, sa servante : « une robe de bon drap noir, doublée en fourrure, un manteau de drap, et deux ducats une fois payés » ; il dispose également en faveur des 60 pauvres qui suivront son convoi, portant des torches; des églises, des pauvres des hôpitaux de Dieu et de Saint-Lazare d’Amboise (à raison de 60 sols tournois chaque).
- Francesco de Melzi hérite du reliquat de sa pension jusqu’au jour de son décès, et de sa garde-robe ; ses frères héritent de 400 écus déposés auprès du camerlingue de Sainte Marie Nouvelle, à Florence.
- Enfin, suivant les formules d’usage, Melzi est désigné comme exécuteur testamentaire, « in presenzia sua, acceptante et consenzienle. »
- Par deux codicilles en date du même jour, Léonard concède à de Villanis les
- (I) Coclicc Atlantico, fol. 249. B. A.
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- 12 onces d’eau du canal San Cristoforo de Milan, qu’il possède, de même que tout son mobilier et ustensiles, et à ses frères, sa propriété de Fiesole.
- Neuf jours plus tard, se déclara le dénoument fatal. « Quoiqu’il ne put plus se tenir sur jambes, écrit Yasari, soutenu par ses amis et dans les bras de ses gens, il voulut recevoir l’extrême communion hors de son lit. » Et Melzi d’ajouter : « Le 2 mai, ayant reçu les sacrements de la sainte Mère Eglise, bien dispos, il passa de vie à trépas. Maintenant, que Dieu tout-puissant lui . accorde un repos éter-nel (fig. 1)! »
- La nature était en fête. Le Roi et la Cour étaient en liesse auprès de la Reine qui venait 'd’être heureusement dé-livrée d’un second fils, à Saint-Germain-en-Laye.
- Ce fut Melzi qui trans-mit à François ICL’, comme aux frères de Léonard, l’attristante nouvelle de sa mort. « L’affliction de chacun est profonde, écrit-il, pour la perte d’un tel homme qui n’est plus soumis au pouvoir de ce monde. »
- Le 12 août 1519, son corps fut définitivement enseveli dans le cloître de Saint-Florentin.
- Personne n’avait aimé autant la vie que Léonard. « Celui qui n’estime pas la vie, écrivait-il, ne la mérite pas. » « La vie est mère du travail et de l’œuvre accomplie » ; mais aussi personne ne la quitta avec moins de crainte : « De même qu’une journée bien employée procure un bon sommeil, de même une vie bien remplie procure une belle mort. »
- Fie. 1.
- -.. ON '
- Léonard de Vinci. Son portrait en dessin, à la sanguine, à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan.
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- Et ailleurs, il écrit : « Bien fou celui qui se prive toujours pour ne pas souffrir un jour; sa vie s’échappe avant qu’il puisse jouir des biens qu’il a péniblement acquis. » [Man. R. 1187.)
- « L’homme, ajoute-t-il, qui par ses désirs anticipe sur la joie du printemps, puis sur celle de l’été; qui veut voir toujours de nouveaux mois, puis de nouvelles années, sans que l’objet de ses désirs se réalise assez tôt pour lui, cet homme ne voit pas qu’il souhaite sa propre destruction.
- <( Or, ce désir, c’est la quintessence que l’esprit des éléments renfermés dans l’âme humaine veut restituer au créateur. J’entends que ce désir même est la quintessence de la nature, et que l’homme est le modèle du monde! »
- Ces profondes pensées expliqueront-elles ce désir incessant de savoir qui, chez Léonard, devient une habitude; cette habitude qui devient une passion; cette passion qui devient une règle, un dogme, une religion de la vie d’un des plus grands génies de l’humanité, génie universel pour l’art et pour la science, génie unique pour l’harmonie du beau et de la vérité, et qu’Addison avait jugé « le plus complet qui fut jamais » !
- (A suivre.)
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- SUR LES INCONVÉNIENTS DE LA TEINTURE AU CHR03IATE DE PLOMB,
- par Leclerc de Pulligny
- Dans un rapport du 8 avril 189S au Comité consultatif d’hygiène publique de France (1), M. le Dr Napias fait observer que, parmi les composés plombiques qui occasionnent des empoisonnements graves, le chromate de plomb a été depuis longtemps signalé. Employé sous le nom de jaune de chrome et d’orange de chrome dans l’industrie de la teinture, il avait, il y a une vingtaine d’années, de multiples applications qui tendent à diminuer ; il est en effet remplacé avantageusement dans la teinture des textiles de consommation ou d’usage courant par les couleurs jaunes artificielles dérivées des anilines ou des alizarines; et ce n’est guère que pour les articles de passementerie et detréfilerie d’or ou d’argent et particulièrement pour les ornements d’église qu’on emploie la teinture au chromate de plomb, à cause de sa résistance à la décoloration sous l’action de la lumière ou de l’humidité, et aussi parce que les pièces teintes ne sont pas attaquées par les insectes ; mais malgré que l’usage de la teinture au chromate de plomb ait notablement diminué, elle est encore, paraît-il, à cause des conditions dans lesquelles elle s’opère quelquefois, une cause de danger pour les ouvriers et ouvrières qui ont à manier les fils de coton teints par ce moyen ; d’autre part, elle semble avoir été introduite et localisée depuis quelques années aux environs de Lyon, et c’est pourquoi les accidents qui peuvent en résulter ont attiré l’attention et la sollicitude du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département du Rhône qui, au mois de février 1894, adoptait les conclusions d’un intéressant rapport du D1’ Cazeneuve sur ce sujet.
- D’après ce praticien, la teinture au jaune de chrome ou chromate de plomb est entrée depuis longtemps dans la pratique industrielle. Le coton, en particulier, soit en pièces, soit en flottes, est soumis à ce mode de teinture, qui s’opère en trempant la matière dans l’acétate de plomb, puis dans un bain de chromate de soude additionné d’acide chlorhydrique. Parfois, suivant la teinte à obtenir, on emploie l’acétate basique de plomb, le chromate de soude, puis, enfin, on
- (1) Recueil des Travaux du Comité consultatif, année 1895, p. 76.
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- passe le coton à l’eau de chaux. Le chromate de plomb acide ou basique se dépose sur la pièce ou sur la fibre par double décomposition.
- Des lavages minutieux doivent enlever l’excès de chromate plombique. Dans la teinture en pièce, on achève la manutention en apprêtant, puis cylindrant ou calendrant l’étoffe. L’expérience démontre que la teinture en pièce donne des étoffes qui ne répandent dans l’atmosphère aucune poussière plombique par l’agitation on le froissement. Les pièces de coton teintes au chromate de plomb sous le nom de lustrine sont vendues pour doublure et ne paraissent jamais avoir occasionné d’accidents.
- Le coton teint en fils ou en flottes au jaune de chrome est destiné à la fabrication d’étoffes historiées utilisées par les Orientaux ou les populations d’Afrique comme vêtements ou comme tentures. Le fabricant de ces étoffes donne le fil de coton à teindre à un teinturier. De là, ce fil va chez le guimpier qui le dévide et l’entoure d’un fil de cuivre argenté. La matière passe ensuite au tissage.
- Généralement, ce fil de coton n’a pas été teint avec tout le soin désirable. Pour diminuer les frais de manutention et livrer le coton teint à un prix aussi bas que possible, le teinturier très fréquemment supprime les lavages qui doivent terminer la teinture au chromate pour enlever l’excès de chromate de plomb retenu mécaniquement par la fibre.
- Les flottes de coton surchargées de chromate de plomb vont chez le guimpier et sont soumises au dévidage.
- Là, l’ouvrière dévideuse prend les flottes les unes après les autres ; elle place la main gauche élevée dans l’anse supérieure de la flotte, la main droite baissée dans l’anse inférieure, puis elle étire et bat la flotte en rapprochant et écartant vivement les mains, de façon à dissocier les fils agglutinés par la teinture.
- Dans cette opération, l’ouvrière a la flotte à 15 ou 20 centimètres de la figure, dans la meilleure position pour respirer et avaler les poussières projetées par les diverses secousses imprimées. Puis 1a, flotte est mise sur un rouet pour le dévidage. Un des bouts est amorcé à une bobine sur laquelle le fil s’enroule au fur et à mesure que le rouet situé au-dessus se dévide.
- L’ouvrière a devant elle 20 ou 2b rouets qui commandent autant de bobines. En plus du battage des flottes, elle est chargée de rajuster les fils qui cassent. De ces appareils en mouvement s’échappe d’ailleurs un fin duvet qui concourt également à souiller l’atmosphère. L’expérience démontre depuis plusieurs années que de nombreuses ouvrières ont été littéralement intoxiquées par suite de ces manipulations.
- Tous les phénomènes présentés par ces victimes sont les phénomènes do l’intoxication plombique, parfois modifiés ou compliqués de symptômes particuliers dus à l’intoxication par l’acide chromique lui-même.
- Les accidents constatés sont tellement graves que telle de ces ouvrières est
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- menacée de mort et la plupart sont condamnées à l’inaction et à un état de santé précaire pendant des années.
- On sait en outre pertinemment qu’un grand nombre d’ouvrières ont dû quitter ces ateliers, prises de malaises variables imputés à un état chloro-ané-mique mal défini, et ont ainsi échappé à une intoxication grave. Elles n’en ont pas moins été condamnées à un chômage très préjudiciable, par suite de l’altération, même momentanée, de leur santé.
- Après enquêtes minutieuses faites sur les causes de ces accidents graves occasionnés par le chromate de plomb et les moyens d’y remédier, on a proposé l’interdiction absolue de la teinture du coton en Hotte au chromate de plomb. La recherche de l’économie dans les procédés de teinture expose constamment les fabricants à recevoir des cotons mai lavés qui occasionnent dans le dévidage une poussière de nature très toxique. D’autre part, on avait pensé que le jaune de chrome ou chromate de plomb pouvait être remplacé avantageusement par des couleurs artificielles telles que la « chrysamine », la « chrysophénine » etc., qui ne sont pas toxiques et qui peuvent remplir le même but. Les frais de manutention pour la teinture ne dépassaient pas, paraît-il, ceux de la teinture au jaune de chrome.
- C’est sur ces indications que M. le ministre du Commerce et de l’Industrie a provoqué de la part de l’inspecteur divisionnaire de la 11e circonscription, en résidence à Lyon, une étude sur les moyens de remplacer le chromate de plomb par quelque autre colorant approprié dans la teinture des fils de coton destinés à recevoir les fils d’or ou d’argent.
- Les essais qui ont été faits à la demande de ce fonctionnaire par une grande maison de teinturerie de Lyon n’ont pas donné de résultats entièrement satisfaisants. Un nouveau jaune (jaune de prunuline) diazoté sur la fibre et développé en soude, a trompé la confiance de ces teinturiers, qui ont encore essayé sans succès F « auranine », qui donne un jaune moins beau, moins solide et résistant moins à l’air. Autant à dire de la « chrysophénine » qui donne un jaune assez beau, n’attaquant pas les fils d’or ou d’argent qui le recouvrent, mais qui se décolore un peu à l’air et à la lumière.
- Après avoir consciencieusement poursuivi leurs essais pendant plusieurs mois, ces industriels ont conclu que c’est le jaune de chrome qui donne au fil les meilleures qualités pour recevoir For et l’argent.
- L’intérêt que présente le remplacement du chromate de plomb par une autre substance est cependant certain, car les intoxications par ce produit toxique ne sont pas limités à la région lyonnaise.
- En Angleterre, M. le Dr Robert Smith a constaté une véritable épidémie d’intoxication saturnine dans une filature de coton où l’on fabriquait une étoile de couleur rouge, au moyen de fils teints au bichromate de plomb. Il se déga-
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- geait une épaisse poussière jaune pendant la manœuvre des métiers. Par la suite, les fils furent livrés dans de meilleures conditions, on fit porter aux ouvriers des masques en mousseline, et la maladie disparut peu à peu (1).
- Dans une usine, une ouvrière qui dévidait des fils de coton teints au chromate de plomb et en même temps les peignait pour les mettre en écheveau, fut empoisonnée par les poussières plombiques. L’enquête du coroner démontra que d’autres ouvrières de la même fabrique étaient également atteintes de saturnisme (2).
- D’autres étoffes teintes aux préparations plombiques exposent les ouvriers qui s’en servent à l’intoxication saturnine. IL en est ainsi des tissus de laine avec pointillé de coton jaune dits « waterproofs », fabriqués à Rouen ou à Lyon. Le coton qui y entre a subi la même préparalion que les mèches à briquet dont il nous reste à parler.
- Déjà, en 1875, on voyait figurer, dans la statistique des saturnins des hôpitaux de Paris, un groupe d’ouvriers désignés comme passementiers : c’étaient des ouvriers employés à la fabrication des mèches à briquet. Ces mèches sont faites avec des fils de coton de qualité inférieure qui sont successivement trempés dans le chromate de potasse, puis dans l’acétate de plomb, et travaillés ensuite en forme de mèches. Cette industrie a été, paraît-il, assez féconde en accidents, particulièrement à Rouen, où elle avait pris, il y a quelques années, une importante extension et d’où elle a disparu depuis.
- Des renseignements qui précèdent, il semble qu’on peut dégager plusieurs faits à peu près certains :
- 1° L’intoxication par le chromate de plomb est réelle et mérite d’appeler l’attention ;
- 2° Les couleurs dérivées de la houille n’ont fourni aucun succédané satisfaisant du chromate de plomb et possédant comme cette couleur :
- a) Une grande résistance à l’action de la lumière et de l’humidité;
- b) Un certain pouvoir antiseptique qui défend les tissus contre l’action des insectes.
- Je voudrais appeler l’attention de la Société et des industriels sur une réaction chimique qui pourrait peut-être fournir la solution cherchée. Elle a été signalée pour la première fois par Leclaire qui la décrit de la façon suivante :
- « P]n prenant une solution de bichromate de potasse et en la faisant bouillir avec 50 p. 100 environ de son poids d’oxyde dezinc, le sel acide se décompose ; on obtient un précipité d’un chromate de zinc d’une couleur bouton d’or, et il reste dans la dissolution du chromate de potasse, lequel, à son tour, mélangé
- (1) The Britisch medical Journal, 7 janv. 1882.
- (2) Ibidem, o janv. 189b.
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- SUR LES INCONVÉNIENTS DE LA TEINTURE AU CHROMATE DE PLOMB. 501
- après décantation, avec du sulfate de zinc, donne en précipité un nouveau chromate de zinc nuance citron. »
- En dehors des doubles décompositions qui sont décrites ci-dessus, on pourrait peut-être en essayer d’autres en trempant successivement les matières dans un sel soluble de zinc, sulfate ou chlorure, puis dans un chromate alcalin. Il semble que l’une ou l’autre de ces réactions pourrait fournir à l’industrie un procédé de teinture analogue à celui qui donne le jaune de plomb, et on peut penser que les chromâtes de zinc possèdent, autant ou plus que les sels de plomb, les deux qualités qui font rechercher ces produits toxiques dans l’emploi qui nous occupe.
- En effet, les sels de zinc sont plus stables que les sels de plomb, puisqu’ils ne craignent même pas la sulfuration : témoin le blanc de zinc, dont la supériorité sur le blanc de céruse, au point de vue de la conservation, n’est pas discutée.
- D’autre part, tous les sels de zinc et tous les chromâtes ont un certain pouvoir microbicide, de sorte que le coton teint au chromate de zinc et retenant une certaine quantité de chromate de potasse, se conserverait sans doute aussi bien que le coton teint au chromate de plomb.
- Enfin, j’ajouterai que les sels de zinc sont, en ce qui concerne le zinc, complètement inoffensifs pour la santé de l’homme et des animaux.
- Il est certain que les industriels qui teignent le coton en jaune abandonneraient sans hésiter une teinture qui empoisonne les ouvriers, s’ils pouvaient le faire sans diminuer la qualité de leurs produits et sans augmenter leurs dépenses.
- Ceux qui leur fourniront le moyen d’assainir une industrie jusqu’ici insalubre auront apporté une modeste, mais utile contribution au progrès humain.
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- ARTS MÉCANIQUES
- note sur les locomotives, par M. Ed. Sauvage, ingénieur en chef des Mines (Suite) (1).
- Les descriptions de locomotives qui suivent ont été faites, pour la plupart, d’après des publications diverses, sans qu’on ait pu recourir à des documents originaux. Il est donc possible que quelques erreurs se soient glissées dans les dimensions citées. En particulier, une cause d’incertitude dans l’indication de la surface de chauffe provient de ce que cette surface est comptée tantôt sur la partie en contact avec les gaz chauds (ce qui est la méthode rationnelle), tantôt sur la partie mouillée; l’indication de la méthode adoptée fait d’ailleurs défaut dans bien des cas, de sorte qu’une réduction de tous les nombres à une hase unique n’est pas possible. Il peut y avoir aussi quelque incertitude sur la valeur précise de la surface de grille, qui peut être comptée en projection horizontale ou telle qu’elle est, avec son inclinaison. Le diamètre des roues motrices est une quantité variable suivant l’état d’usure des bandages.
- Une autre cause d’incertitude ou de divergences sur certaines cotes, données dans diverses publications, provient des petites modifications qui sont parfois apportées dans la construction de séries successives de locomotives d’un même type : c’est ainsi que le nombre des tubes à fumée est quelquefois modifié; les poids ne restent pas identiques; la pression de la vapeur peut être augmentée.
- Enfin, la conversion des mesures anglaises en mesures métriques est parfois l’occasion d’erreurs, d’ailleurs sans grande importance, sur les dernières décimales.
- LOCOMOTIVES A ESSIEUX INDÉPENDANTS
- Les locomotives à un seul essieu moteur ne sont plus que rarement employées. Même avec une charge très forte sous l’essieu moteur unique, elles manquent d’adhérence dans bien des cas. Si elles suffisent à la rigueur pour les trains très rapides à rares démarrages, il est difficile de les employer dans d’autres cas; cette spécialisation forcée est, en pratique, un inconvénient sérieux, que ne vient racheter aucun avantage bien marqué. On en a cependant construit encore récemment quelques exemplaires en Angleterre et aux États-Unis.
- En Angleterre, le Midland raihcay a reproduit, avec des dimensions agrandies, la très élégante locomotive de ce genre qu’on avait admirée à l’Exposition
- (1) Voir Bulletin de mars 1902, p. 351.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 503
- universelle de 1889. Cette nouvelle locomotive (fig. 6), qui figurait à l’Exposi-iion de 1900, a les dimensions suivantes :
- Surface de grille............................. 2m2,28
- — de chauffe........................... 113m2,06
- Timbre (1).................................... 12,7 kg.
- Cylindres : ^diamètre......................... 495 mm.
- — course................................... 660 —
- Diamètre des roues motrices................... 2m,375
- Poids total en service........................ 50^9
- — adhérent............................... 18l,8
- L’essieu moteur est chargé par quatre boîtes, deux intérieures et deux extérieures. L’axe des cylindres est incliné au 16e sur l’horizontale, afin de laisser une place suffisante pour loger en dessous les tiroirs cylindriques. Cette inclinaison introduit une perturbation verticale, qu’il serait préférable d’éviter; d’autre part, la position des tiroirs oblige, pour l’arrivée et l’échappement de la vapeur, à des conduits moins simples que s’ils étaient au-dessus des cylindres ; par contre, elle facilite la purge des cylindres. On remarquera la faible hauteur de la tuyère d’échappement. Pour l’alimentation, on a adopté des injecteurs montés sur la face arrière de boîte à feu, avec tuyaux de refoulement intérieurs, disposition de plus en plus fréquente.
- Analogue à la précédente, est la locomotive du Great Central Railway, avec tiroirs cylindriques en dessous des cylindres (fig. 7 et 8), mais avec foyer Bel-paire (2).
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille................................. 2m2,25
- — chauffe.................................... lllm2,6
- Timbre........................................ 14 kg.
- Cylindres : diamètre........................... 495 mm.
- — course.................................... 660 —
- Diamètre des roues motrices....................... 2m,36
- Poids total en service.......................... 48 t.
- — adhérent..................................... 19 t.
- La locomotive du Great Western Ry, construite en 1894 (fig. 9), a un châssis extérieur et une boite à feu surélevée. L’adhérence indiquée sur les dessins est de 18‘,3, mais le réglage des ressorts, qui ne sont pas conjugués par des balanciers, permettrait évidemment de l’élever au-dessus de la valeur officielle.
- i l) L’expression timbre, bien connue en France, désigne la pression limite admise dans la chaudière. Le timbre est donné en kg. effectifs par cm2., quelquefois en atmosphères.
- (2) Par foyer Belpaire, on désigne ici, suivant un usage assez fréquent, non pas le foyer muni de la large grille débordante, mais le foyer dont le ciel est directement entretoisé à une face plane de la boîte à,feu. Les dernières locomotives express du Midland, à deux essieux couplés, ont aussi la boîte à feu Belpaire (Voir Engineering, 24 mai 1901, p. 663).
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 505
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille..........
- — de chauffe.........
- Timbre.....................
- Cylindres : diamètre ....
- — course..........
- Diamètre des roues motrices Poids en service...........
- — adhérent ..............
- lm2,94 146 m2. 11 kg. 483 mm 610 — 2m,340 50 t. 18l,3.
- Fig. 7. — Locomotive à essieux indépendants du Great Central Ry (d’après la Revue de mécanique,
- mai 1901, p. 560).
- Comme exemple de ce genre de machines aux États-Unis, la figure 10 représente une locomotive construite vers 1895 par les ateliers Baldwin, à Philadelphie, avec foyer Wootten et cylindres superposés du système Yauclain.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille...................... 8 m2.
- Timbre................................. 14 kg.
- Cylindres : diamètres.................. 483 et 560 mm.
- — course............................ 660 mm.
- Diamètre des roues motrices............ 2m,140
- Poids en service....................... 54 t.
- — adhérent........................... 22 t.
- LOC03IOTIYES A DEUX ESSIEUX COUPLÉS
- Les types usuels de locomotives à grande vitesse ont, depuis longtemps, deux essieux couplés avec bogie à l’avant, et ces types sont encore très largement
- employés : mais on commence par voir apparaître, pour ces services, des locomotives plus puissantes à o essieux, dont 2 ou 3 couplés. Parmi ces loco motives à 2 essieux couplés et à bogie,les types anglais ont une physionomie bien marquée ; les constructions les plus récentes, comparées aux précédentes, sont caractérisées par une augmentation de puissance, obtenue surtout par l’accroissement des dimensions des chaudières et des surfaces de grille. Parmi ces locomotives à puissance renforcée, on peut citer celle du Caledo-nievn Railway, type Dunalastair, dernier modèle (fig. 11).
- Les dimensions principales sont les suivantes :
- Surface de grille............................ 2m2,14
- — de chauffe............................. 142m2,8
- Timbre....................................... 12ks,6
- Cylindres : diamètre......................... 483 mm.
- — course................................... 660 mm.
- Diamètre des roues motrices.................. im,83 ( 1 )
- Poids total..................................... 52 t.
- — adhérent................................... 35 t.
- (1) Dans des constructions antérieures, le diamètre était de lm,983.
- Fig. 8. — Locomotive du Great Central Rj : coupes transversales et vue d’arrière.
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- NOTE SER LES LOCOMOTIVES.
- 507
- Sans être tout à fait aussi basse que sur la locomotive du Midland, ia tuyère d’échappement n’a qu’une assez faible hauteur.
- Des surfaces de grille de plus de deux mètres carrés, dans les locomotives
- Fig. 0. — Locomotive à essieux indépendants, du Grecit Western Ry.
- Fie-. 10. — Locomotive américaine à essieux indépendants.
- anglaises, sont remarquables, car, il y a peu d’années encore, on se tenait bien en dessous de cette valeur. Mais en examinant la puissante locomotive du Cale-donian Ry, si on admire l’habileté de l’ingénieur qui en a dirigé les études, on ne peut manquer de remarquer combien la place est strictement mesurée pour plusieurs organes essentiels; ainsi les boîtes de l’essieu moteur sont un peu
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- Fig. 11. — Locomotive do Caledonian Ry, type Dunalaslair (d’après la Revue de mécanique, juin 1900, p. 752).
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- Fig. 12. — Locomotive type Dunalastair de l’État Belge (d’après la Revue de mécanique,
- février 1899, p. 200).
- t——u
- •
- Fig. 13. — Locomotive du London and South Western Ry (d’après la Revue de mécaniaue,
- juillet 1899, p. 97).
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
- 34
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- olO
- courtes, et même toutes les parties de cet essieu relativement grêles; les tiroirs sont aplatis clans un espace bien étroit entre les cylindres. La réduction du diamètre des roues motrices, ramenées de lm,983 cà lm,830, est une sorte d’expédient pour augmenter la puissance du mécanisme moteur sans en modifier les dimensions, en admettant que les vitesses de marche restent les mêmes, comme il est probable; mais cette réduction ne pnrnîl pas désirable, en principe, pour
- W'CD"oar:'.ïir;j*j®©g‘@ cr
- Fig. 14. — Locomotive du London and. South Western R//, foyer à tubes d’eau: demi-coupes transversales, ensemble avec tender.
- une locomotive à grande vitesse. On se demande si, au lieu de chercher à augmenter à grand’peine la puissance des machines de types anciens, sans doute au prix de lourdes dépenses d’entretien, à cause de l’insuffisance des pièces, et cela pour obtenir une amélioration qui risque bientôt d’être insuffisante, il ne vaut pas mieux chercher, dans la création de types nouveaux, une solution plus complète et plus satisfaisante du problème de la traction des trains lourds et rapides.
- L'Etat belge a adopté, pour ses locomotives à grande vitesse, le type Duna-
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- NOTE SUR LES LOCOMOTLVE8.
- 511
- last'rir, construit en Belgique d’après un spécimen commandé à Glasgow (fig. 12). Ce spécimen a d’ailleurs précédé les machines qui viennent d’être décrites, et est un peu moins fort. U État belge se propose d'ailleurs d’augmenter les foyers dans les constructions futures.
- Les dimensions principales sont les suivantes :
- Surface de grille............................. . lm2,t)3
- — de chnuffo '........................... 140 ni2.
- Timbre........................................ 13 kg.
- Cylindres : diamètre ....................... 483 mm.
- — course .......................... 660 —
- Diamètre des roues motrices..................... lm,980
- Poids total en service.......................... 53t,5.
- — adhérent................................... 36l,o
- La locomotive du London and South Western Ry (fig. 13 et 14) a deux fais-cea tix de tubes d’eau dans le foyer. Ces tubes agrandissent la surface de chauffe
- Fig. io. — Locomotive du Great Ea-stern Poj.
- d’un peu plus de lo nr, sans accroître les dimensions de la locomotive. Mais iis augmentent évidemment un peu les dépenses d’entretien et introduisent des risques de détresses. On peut se demander aussi s’ils ne peuvent pas, dans certains cas, avoir une influence fâcheuse sur la combustion, en refroidissant trop rapidement les gaz du foyer. Il semble que leur emploi n’est à recommander que si la surface des tubes à fumée est insuffisante.
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- 512
- ARTS MÉCANIQUES. --- OCTOBRE 1902.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille................................ 2m2,l
- — de chauffe...............................140m2.
- Timbre..................................., . 12ks,4
- Cylindres : diamètre......................... 470 mm.
- — courte........................... 660 —
- Diamètre des roues motiico....................... 2m,030
- Poids en service............................. 51t,2
- — adhérent.................................. 36 t.
- La charge par essieu moteur est, en moyenne, de 18 000 kilogrammes.
- La locomotive exposée en 1900 par le Great Ecstern Ry (fig. 15) a des brûleurs Holden pour la combustion des huiles lourdes.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille......................... 2 in2.
- — de chauffe............................. loi —
- Timbre........................................ . 12k°,6
- Cylindres : diamètre.......................... 483 mm.
- — course............................ 660 —
- Diamètre des roues motnees.................... 2m,14
- Poids en service.............................. oll,2
- — adhérent............................... 3 31,8
- La machine du South Eastern and Chatam Eailway (fig. 15 bis et 15 ter) est un type de puissance moyenne.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille................................ lm2,89
- — de chauffe.................................139m2,52
- Timbre ............................................ 12ks',6
- Cylindres : diamètre.............................. 480 mm.
- — course..................................... 660 mm.
- Diamètre des roues motrices...................... 2m,03
- Poids en service.................................. 50 t.
- — adhérent . . . .............................. 3259
- Le diamètre de la chaudière est de lm,45; la hauteur de l’axe est de 2m,44„ Le changement de marche est commandé par un appareil à vapeur, complication qui ne paraît pas très justifiée pour une locomotive à grande vitesse, de puissance moyenne, où cet appareil est assez rarement manœuvré.
- La locomotive du Great Western Ry (fig. 16), avec ses roues motrices de diamètre modéré, est destinée à l’exploitation des lignes accidentées. Suivant la pratique de cette administration, le châssis est extérieur.
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- Fig. 15 bis. —
- Locomotive du South Eastern and Chat lutin Ry (d’après la Revue de mécanique, août 1901, p. ‘216)
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- 514 ARTS MÉCANIQUES. --- OCTOBRE 1902.
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- Fig. 15 ter, — Locomotive du South Ecistern and Chatham Ry ; vues transversales.
- 1 . lô. Locomotive du (jvccit 11 ostoni Ey< pour lignes accidentées.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 515
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille................................ 2 m2.
- — de chauffe................................. 154 —
- Timbre........................................ 12ks,6
- Cylindres : diamètre............................ 459 mm.
- - course ................................ 660 —
- Diamètre des roues motrices................... lm,76
- i. 17. — Locomotive de Y État prussien, compound à deux cylindres (d’après la Revue de mécanique, nov. 1898, p. 348:.
- Sur le continent européen, dans les locomotives à deux essieux couplés et à bogie, la boîte à feu s’étend généralement au-dessus de l’essieu d’arrière, ce qui permet de donner une grande surface à la grille, plus facilement que la dispo-
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- Fig. 18. — Locomotive compound des ateliers de Wildau,
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 517
- sition anglaise primitive de foyer plongeant entre les deux essieux moteurs. Du reste, une modification analogue se remarque en Angleterre. En outre, avec la boîte à feu au-dessus de l’essieu d’arrière, la charge se répartit mieux sur les essieux, tandis que l’essieu d’arrière de la locomotive anglaise primitive est parfois insuffisamment chargé, ou bien exige une lourde traverse en fonte à l'arrière ; or, il est difficile aujourd’hui deconstruire des locomotives assez puissantes sans dépasser certaines limites de poids, de sorte que toute pièce qui n’est pas indispensable pour le fonctionnement doit être proscrite.
- L’inclinaison de la grille, nécessaire pour le passage de l'essieu d’arrière, paraît, en général, favorable à la bonne répartition du combustible; enfin, la profondeur de la grille, au-dessous des tubes les plus bas, n’est plus insuffisante comme elle l’était dans certaines machines anciennes, à cause du relèvement de l’axe de la chaudière.
- Par exemple, la locomotive de Y État prussien est une compound à deux cylindres extérieurs (fig. 17).
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................ 2m2,27
- — de chauffe............................ 119m2,28
- Timbre................................ 12 kg.
- Cylindres : diamètres................. 460 et 680 mm.
- — course.......................... 600 mm.
- Diamètre des roues motrices........... 4m,96
- Poids total en charge . ..................... 48l,l
- — adhérent........................ 30 t.
- Une locomotive presque identique (1), sauf en ce qui concerne le diamètre des roues motrices, ramené à lm,750, est représentée par les figures 18 et 19. Les dimensions des cylindres et de la chaudière sont les mêmes.
- Une autre locomotive allemande analogue (2), mais non compound, figurait à l’Exposition universelle de 1900 (fig. 20). Cette locomotive présente une nouveauté intéressante, l’addition d’un surchauffeur (fig. 21). Ce surchauffeur est formé de tubes placés dans une gaine installée contre la paroi cylindrique de la boîte à fumée; les gaz chauds y sont amenés par un gros tube de 247 mm. de diamètre, disposé à la partie inférieure du corps cylindrique. La température de surchauffe peut dépasser 300°, sous la pression effective de 12 kg. par cm2. La distribution se fait par tiroirs cylindriques. Les boites à vapeur des cylindres ont des parois ondulées, pour éviter des ruptures par suite de dilatations inégales.
- (1) Voir Revue générale clés chemins de fer et des tramways, avril 1901, p. 396.
- (2) Voir Revue générale des chemins de fer et des tramways, avril 1901, p. 394.
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- Fig. 19. — Locomotive compound des ateliers de Wildau; coupes transversales (d'après la Revue de mécanique, août 1900, p. 228).
- Fig. 20. - Locomotive construite par Borsig pour F État prussien, avec surchaulfeur
- (d'après la Revue de mécanique, sept. 1900, p. 368).
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 519
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................. 2m2,27
- — de chauffe de la chaudière............ 108m2,S2
- — — du surchauffeur................. 28 m2.
- Timbre..................................... 12 kg.
- Cylindres : diamètre........................... 500 mm.
- course............................. 600 —
- Diamètre des roues motrices................... lm,980
- Poids total en service........................ 54 t.
- — adhérent.................................. 31 t.
- iisisüiüHaœilügsIfî
- Fig. 21. — Surchauffeur de la locomotive de Borsig.
- (Bulletin cle la Société cl’Encouragement, mars 1902, p. 442.
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- 520
- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- Parmi les locomotives allemandes, il convient de citer encore la compound à 4 cylindres, exposée en 1900 par la Société hanovrienne de construction de machines à Linden. Dans cette machine, à deux essieux couplés et à bogie, les
- Fig.22. — Locomotive à grande vitesse compound à quatre cylindres des chemins de fer de l’Ouest français (d’après la Revue de mécanique, fév. 1900, p. 232).
- quatre cylindres sont placés en ligne au droit de la boîte à fumée, et commandent tous le même essieu (1).
- NORD 2161-2180 OUEST Nos 503-542 ÉTAT X.s 2701-2700 P.-O. N°s 1-20 MIDI N s 1775-1784 P.-L.-M. N05 C 61-150 EST Nos 2401-2432
- Surf, de grille, m1 2. 2,30 2,40 2,05 2,46 2,49 2,48 2,52
- Surf, de chauffe,
- m2 173 133,7 157,7 175,6 173,3 189,5 184,7
- Timbre, kg. . . . 15 14 15 15 15 15 15 (2)
- Cylindres : diatnè-
- très, mm .... 340 et 530 340 et 530 340 et 530 350 et 550 350 et 550 340 et 540 350 et 550'
- Cylindres : course,
- mm 640 640 640 640 640 620 640
- Diamètre des roues
- motrices, m. . . 2,130 2,010 2,130 2,090 2,130 2,000 2,070
- Poids en service, t. 52,4 43,5 50 o 5 56,6 55,45 59,2
- — adhérent, t. 32,4 31,0 32,1 33,5 34 33,46 33,8
- (1) Voir Revue générale des chemins de fer et des tramways, avril 1901, p. 404.
- (2) La chaudière est timbrée à 16 kg., mais les soupapes sont réglées à 15 kg.
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-
- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 521
- La locomotive compound à quatre cylindres, avec commande directe de cha-
- '3 is
- Locomotive à grande vitesse compound à quatre cylindre: des chemins de fer de l'Ouest français.
- cnn des deux essieux moteurs par deux cylindres, mais conservation de l’accouplement de ces deux essieux, est fort en faveur depuis quelques années, notant-
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-
-
- îv*>9
- ARTS MÉCANIQUES.----OCTOBRE 1902.
- S
- Fig. 23. — Locomotive à grande vitesse compound à quatre cylindres des chemins de fer (lu Midi français (d'après la Revue de mécanique, nov. 1899, p. uoo;.
- U “T- 4.
- Fig. 2i. — Locomotive à grande vitesse compound à quatre cylindres des chemins de fer du Xoi'd français (d’après la Revue de mécanique, fév. 1898, p. 216;.
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-
- Fig. 2;i. — Locomotive à grande vitesse compound à quatre cylindres des chemins de fer de l’Esl français (d’après la Revue de mécanique, août 1900, p. 221). Consulter aussi la Revue générale des chemins de fer el des Ivamiva/js, août 1900, p. 2311.
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- 600
- Vue d’arrière et coupe par le foyer. Coupes transversales par l’échappement et vue d’avant. Coupes par l’essieu moteur et le petit cylindre.
- Fig. 25 bis. — Locomotive eompound de F Es/.
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- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- Fig. 2(i. — Locomotive à glande vitesse compound à quatre cylindres des chemins de ter P.-L.-M. (d’après la Revue de mécanique, oct. 1900, p. 503).
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- oc
- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
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- 526
- ARTS MECANIQUES. ---- OCTOBRE 1902.
- ment en France. Le tableau ci-dessus donne les dimensions principales des locomotives de ce genre (à deux essieux couplés et à bogie) usitées sur les grands réseaux français, pour les séries les plus récentes.
- Fig. 27. — Locomotive P.-L.-M.; vue d’arrière. — Fig. 28.— Changement de marche à deux vis parallèles pour locomotives compound à quatre cylindres.
- Fig. 29. — Changement de marche à deux vis sur un même axe, pour locomotives compound
- à quatre cylindres.
- Les figures 22 à 27 représentent les locomotives de l’Ouest, du Midi, du
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-
-
- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- Nord, de l’Est et du Paris-Lyon-Méditerranée (1). Celles du Nord, de l’État, du Paris-Orléans (2) et du Midi diffèrent peu dans la disposition générale et dans l’ensemble; celle de l’Ouest se rapproche aussi beaucoup des précédentes. Deux
- H.P Extuuist i
- Fig. 31. — Appareil de démarrage pour locomotives compound de la Compagnie de l’Est.
- arbres de relevage sont commandés simultanément ou séparément à volonté par deux vis parallèles (fig. 28) ou placées bout à bout (fig. 29). Pour le démarrage,
- (1) Consulter, sur les locomotives compound à 4 cylindres du P.-L.-M., la Revue générale des chemins de fer et des tramways, août 1900, p. 196.
- (2) Voir, sur la locomotive compound express du chemin de fer de Paris à Orléans, la Revue générale des chemins de fer et des tramways, novembre 1900, p. 693.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- une sorte de robinet (fig. 30) permet de séparer les cylindres à haute et à basse pression, en ouvrant un échappement direct aux premiers et en envoyant aux
- Fig. 32. — Locomotive du Chicago-Alton Ry (d’après la Revue de mécanique, fév. 1900, p. 228).
- seconds la vapeur de Ja chaudière suffisamment détendue par laminage. Chaque locomotive porte deux appareils de ce genre, un de chaque côté.
- Sur la locomotive de l’Est, l’appareil de démarrage unique comporte une soupape pour l’échappement direct et un clapet pour la séparation des deux groupes de cylindres (fig 31).
- JSïijiexiL
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
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- Les locomotives du P.-L.-M. s’écartent beaucoup, dans leurs détails, des précédentes. Notamment le changement de marche est disposé de manière à donner des positions relatives déterminées aux arbres de relevage des deux groupes.
- Une locomotive, construite à l’usine Poutiloff de Saint-Pétersbourg, et qui a figuré à l’Exposition de 1900, donne un exemple des cylindres en tandem. Cette locomotive a deux essieux couplés et un bogie ; les cylindres sont extérieurs (voir Génie civil, 8 octobre 1900). Les dimensions principales sont les sui-
- vantes :
- Surface de grille........................... 2m2,620
- — de chauffe.................... 146 m2.
- Timbre................................. 12 atm.
- Cylindres : diamètres.................. 365 et 347 mm.
- — course........................... 610 mm.
- Diamètre des roues motrices............ 2 m.
- Poids total en service. ............... 5
- — adhérent........................... 30 t.
- Les applications des cylindres en tandem sont, au total, assez limitées : le bon montage des cylindres sur le bâti, en somme assez flexible, de la locomotive, est délicat ; les masses à mouvement alternatif sont augmentées, et la fatigue des mécanismes reste la même qu’avec deux cylindres.
- Aux Etats-Unis, la locomotive à deux essieux couplés et à bogie a, pendant longtemps, été employée de la manière la plus générale, et pour tous les services, et cette locomotive y est désignée par le nom de type américain. La figure 32 montre un exemplaire de ce type, remarquable par sa grandeur, construit récemment pour le Chicago and Alton Ry.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................ 2m2,96
- — de chauffe........................... 201 m.
- Timbre........................................ 15 kg.
- Cylindres : diamètre ........................ 482 mm.
- — course............................ 660 —
- Diamètre des roues motrices...................... lm,92
- Poids total en service........................ 63 t.
- — adhérent.................................. 42 t.
- Le diamètre du corps cylindrique de cette puissante machine est de lra,70 ; il renferme 306 tubes de 50 mm., longs de 3ra,70.
- Pour accroître encore la puissance des locomotives à deux essieux couplés, en augmentant surtout les dimensions de la chaudière, on a été conduit, depuis quelques années, à ajouter à l’arrière un essieu porteur, avec roues de petit diamètre : cet essieu peut se placer sous fe foyer. Les deux essieux moteurs sont alors aussi rapprochés que possible, ce qui a l’avantage de réduire la longueur
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- ARTS MÉCANIQUES
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- des bielles d’accouplement. Ce type de machines est employé aux États-Lnis,
- Fig. 33. — Locomotive à 2-5 essieux du Lancashire and Yorkshire R>/ (d'après la Revue de mécanique.
- avril 1899. p. 423).
- où il est connu sous le nom de type Atlantic ; on en trouve des spécimens en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en France.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 531
- Avec cette disposition, on peut ou conserver le système ordinaire de construction, avec boîte à feu comprise entre les roues, et, par conséquent, avec foyer étroit, ou profiter du faible diamètre des roues d’arrière pour faire déborder la grille, qui peut alors avoir une grande largeur. Cette seconde disposition exige que la boîte à feu soit tout entière en arrière des roues motrices, puisque la largeur en est plus grande que l’écartement des roues; le corps cylindrique de la chaudière doit donc être un peu plus long, vers l’arrière, qu’avec la première
- Eig. 34. — Enveloppe de vapeur des cylindres de locomotives du Lancashire and Yorkshire Ry ; alimentation de l’injecteur par la vapeur de l'enveloppe ; d'après les Proceedings of the Institution of mechanical engineers, juin 1900, p. 411).
- disposition; par contre, la boîte à feu, élargie, est plus courte. Avec la première disposition, la surface de la grille ne peut pas dépasser beaucoup trois mètres carrés, car la largeur est limitée à un mètre environ, et la longueur de trois mètres rend déjà assez difficile le travail du chauffeur. On a déjà vu, dans l’examen de la chaudière, qu’au point de vue du poids, la boîte à feu longue et étroite était moins satisfaisante que la boîte à peu près carrée.
- La locomotive anglaise du Lancashire and Yorkshire Ry (fig. 33) est un exemple de la première disposition. Cette puissante machine dépasse beaucoup les dimensions généralement usitées en Angleterre. La chaudière contient
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- 239 tubes de 30 mm. à l’extérieur, longs de 4m,57. La tôle d’arrière de la boîte à feu a été emboutie de manière à placer des rivets à l’extérieur; le rivetage de cette tôle est ainsi facilité, car il ne peut avoir lieu qu’après la mise
- JT"
- Fig. 35. — Surchauffeur de locomotive du Lancashire and Yorkshire Rg (d’après les Proceedings of the Institution of mechanical engineers, juin 1900, p. 410'.
- en place du foyer, trop renflé dans sa partie supérieure pour entrer par le bas de la boîte à feu (1). L’essieu moteur porte une boîte centrale supplémentaire,
- (1) M. Twinberrow a publii dans Y Engineering (26 avril 1901, p. 539) une étude intéressante sur la résistance de ce mode d’assemblage.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 533
- résistant aux efforts horizontaux. Les tiroirs à dos percé, placés au-dessus des cylindres, sont commandés par une distribution Joy. On remarquera combien l’orifice de la tuyère d’échappement a été abaissé dans la boîte à fumée, afin d’obtenir pour la cheminée une longueur suffisante, grâce à un prolongement
- Fig. 36. — Locomotive type Atlantic du Great Northern Ry.
- intérieur. Mais il semble que les coudes des tuyaux d’échappement (voir la coupe transversale) sont un peu courts.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................. 2m2,42
- — de chauffe............................... 192 m.
- • Timbre....................................... 12 kg.
- Cylindres : diamètre.......................... 483 mm.
- — course............................ 660 mm.
- Diamètre des roues motrices....................... 2m,2i
- Poids total en service........................ 58 t.
- Poids adhérent................................ 34 t.
- Une particularité intéressante de ces machines est l’emploi de l’enveloppe de vapeur, s’étendant aux parties cylindriques (fig. 3i). Pour assurer la circulation de la vapeur dans l’enveloppe et l’écoulement de l’eau de condensation, un des injecteurs delà chaudière prendla vapeur à la partie inférieure de l’enveloppe.
- Sur quelques locomotives de ce type, on a allongé la partie cylindrique de la boîte à fumée, qui est dans le prolongement du corps cylindrique, en raccour-
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- Pig. 37. — Locomotive eompound à quatre cylindres type Allanlic, de l’État Saxon (d’après la Revue de mécanique, sept. 1900, p. 36.3).
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 535
- Fig. 39. — Locomotive type Atlantic, à foyer large, construite par Ivrauss 'd’après la Revue de mécanique, avril 1899, p. 423;.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- cissant les tubes, et on a installé un surchauffeur dans cette partie de la boîte à fumée. Ce surchauffeur (fig. 35) est traversé par une série de tubes placés dans le prolongement des tubes de la chaudière, et de diamètre nn peu plus grand. Des diaphragmes verticaux obligent la vapeur à faire plusieurs circuits dans le surchauffeur. Un serpentin surchauffe aussi la vapeur des enveloppes.
- Une locomotive du même type Atlantic, avec cylindres extérieurs de 483 sur 610 mm., a été construite pour le Great Northern Ry en Angleterre (fig. 36).
- Locomotive type Atlantic du Kaiser Ferdinand Bahn (d’après la Revue de mécanique, sept. 1900, p. 362).
- Fig. 40
- sept. 1900, p. 362).
- Le diamètre des roues motrices est de 2m,02; la grille a une surface de 2m,57 ; la surface de chauffe est de 139 m2.
- En Allemagne, la compound à quatre cylindres de YÉtat Saxon (fig. 37 et 38) a également un foyer profond descendant entre les longerons intérieurs.
- Surface de grille...................... 2m2,42
- Surface de chauffe..................... 165 m.
- Timbre................................. 15 k.
- Cylindres : diamètres ................. 350 et 550 mm.
- — course........................... 600 mm.
- Diamètre des roues motrices............ lm,980
- Poids total en service................. 68 t.
- Poids adhérent......................... 32 t.
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- Juil/Itlfl'UlUIll.- d/,i(c nijurjir tu- utj'v
- Demi-coune horizontale)
- 1.
- m '\fr-
- ,
- ni
- Fig. 41. — Locomotive type Allan lie des chemins de 1er du Nord français (d’après la Revue de mécanique,
- août 1900, pp. 224 et 225).
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- La distribution est du système Heusinger (ou Walschaerts) pour les cylindres extérieurs, et du système Joy pour les cylindres intérieurs à basse pression. Pour le démarrage, on a appliqué la disposition Lindner.
- La locomotive type Atlantic construite par Krauss pour les chemins de Westphalie (fig. 39) a au contraire un foyer plus large que long, avec une grille de 2m2,80. Les tubes ont à peu près la même longueur que dans la précédente locomotive (4m,650 contre 4m,700 mm.), mais la boîte à fumée est plus longue. La surface de chauffe est de 175 m2, le timbre de 14 kg. Le foyer est muni de deux portes. Cette locomotive non compound est à deux cylindres intérieurs de 480 sur 578 mm., avec distribution Joy. Les roues motrices ont 2 m. de diamètre. Comme particularité dans les aménagements secondaires, on peut citer l’installation d’une caisse en tôle entre les deux essieux couplés, dans laquelle on peut se placer pour faire le graissage. Ainsi que sur la précédente machine, l’abri a des faces obliques pour diminuer la résistance de l’air. Le poids en service est de 59 tonnes, dont 30 pour l’adhérence.
- Une autre locomotive type Atlantic, construite également par Krauss et exposée à Vincennes en 1900 (voir Revue générale des chemins de fer et des tramways, avril 1901, p. 398), présentait cette particularité d’un bogie pouvant être rendu moteur par l’abaissement d’un essieu supplémentaire avec mécanisme de commande. Ce sont là de ces complications très ingénieuses, mais en réalité peu utiles, auxquelles se laissent parfois entraîner des ingénieurs habiles, mais que la pratique condamne bientôt.
- Parmi les locomotives autrichiennes, l’express du chemin de fer Kaiser Ferdinand est du type Atlantic, avec foyer profond (fig. 40). C’est une machine non compound, à cylindres extérieurs, relativement assez légère, la charge par essieu moteur étant limitée à 14 tonnes.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................ 2m2,9
- Surface de chauffe........................... lolm2,5
- Timbre......................................... 14 kg.
- Cylindres : diamètre....................... 470 mm.
- — course........................ 600 mm.
- Diamètre des roues motrices..................... 2 m.
- Poids total en service....................... 59,b t.
- Poids adhérent............................... 28 t.
- L’emploi des longerons extérieurs, suivant une pratique fort répandue en Autriche, a permis de donner un peu plus de largeur au foyer qu’avec les longerons intérieurs.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 539
- Les chemins de fer de l’État Hongrois possèdent également une locomotive
- Fig. 42. — Locomotive Atlantic des chemins de fer du Nord; coupes transversales.
- Fig. 43. — Appareil de démarrage de la locomotive type Atlantic des chemins de fer du Nord.
- type Atlantic compound à deux cylindres extérieurs (Revue]'générale des chemins de fer et des tramways, janvier 1901, p. 84), qui a figuré à l’Exposition universelle de 1900. Un changement de marche à deux vis dans le prolongement l’une de l’autre permet la manœuvre simultanée ou indépendante des relevages des
- deux cylindres. Les dimensions principales sont les suivantes :
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- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- Surface de grille........................... 2m'-,82
- Surface de chauffe........................ 189m2,01
- Timbre................................. 13 kg
- Cylindres : diamètres.................. 500 et 730 mm.
- — course........................... 680 mm.
- Diamètre des roues motrices............ . 2m,10
- Poids total en service........................ 64,8 t.
- Poids adhérent................................. 31 t.
- En France, le type Atlantic est représenté par une compound à 4 cylindres du Nord (fig. 41 et 42), dont un spécimen était exposé à Yincennes en 1900 (1).
- Surface de grille.............
- Surface de chauffe............
- Timbre........................
- Cylindres : diamètres.........
- — course....................
- Diamètre des roues motrices . .
- Poids total en service........
- Poids adhérent................
- 2m2,74 21 im2,30
- 16 kg.
- 340 et 560 mm. 640 mm.
- 2m,04'0 64 t.
- 33 t.
- Fig. 44. — Locomotive type Atlantic, système Vauolain, du Chicago, Burlington and Quincy, R. R. (d’après la Revue de mécanique, juin 1899, p. 647).
- On remarquera que les pistons des grands cylindres sont munis de contre-tiges. L’appareil de démarrage (fig. 43) consiste en une lanterne tournante montée dans un logement alésé que porte chaque cylindre à basse pression. Cette
- (1) Revue générale des chemins de fer et des tramways, juillet et août 1900, p. 4 et 308, Portefeuille économique des machines, février 1902.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES. 541
- lanterne, commandée par un piston pressé par l’air comprimé, permet de séparer les cylindres à haute et à basse pression et d’ouvrir un échappement direct aux cylindres à basse pression.
- Les chemins de fer d’Orléans, du Midi et de l’Est ont en construction des machines analogues.
- Dans la locomotive Thuile, exposée par le Creusot en 1900 (voir Revue de
- •--- 64f-
- Fig. 44 bis. — Locomotive, type Atlantic du Chicago, Milwaukee and St-Paul Ry (d’après la Revue de mécanique, oct. 1901, p. 460). L’échelle des longueurs est réduite sur la coupe longitudinale de la chaudière.
- mécanique, oct. 1900, p. 508), le foyer à large grille est supporté par un bogie à 3 essieux; il y a 2 essieux couplés à grandes roues sous le corps cylindrique et, au-dessus du bogie d’avant, à 2 essieux, une vaste plate-forme formant le poste du mécanicien. La surface de la grille est de 4m2,68; la section de la chaudière n’est pas cylindrique, mais présente une portion formée de faces planes et d’un demi-cylindre qui descend entre les grandes roues.
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- 542
- ARTS MÉCANIQUES
- OCTOBRE 1902.
- Aux États-Unis, d’où le type Atlantic est originaire, les exemples en sont nombreux, avec des dispositions assez variées.
- Fig. 43. — Locomotive, type Atlantic, du Burlington, Cedar Rapids and Northern RR. (d’après la Revue de mécanique, janvier 1901, p. 86).
- La locomotive du Chicago, Burlington and Quincy MR. a un foyer plongeant entre les roues; elle est à 4 cylindres du système Vauclain (fig. 44).
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 543
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................. 3m2,25
- Surface de chauffe...................... 232 m2.
- Timbre.................................. 15 kg.
- Cylindres : diamètres.................. 345 et 585 mm.
- — course............................ 760 mm.
- Diamètre des roues motrices. ..... 2™,15
- Poids total en service.................. 71 t.
- Poids adhérent.......................... 39 t.
- -4 -M5-—A—47N-^
- -H4^U Main Drirer to face ci Cgh'ncfer
- ------Ring to face of Cyf/ncter—
- - ----•i'____— ----Ct/Ci'L------------—
- -H'O"Driring Whesi Base-
- lofa! fffrècl Basé
- Fig. 46. — Locomotive, type Atlantic, du New York Central RR. (d’après la Revue de mécanique,
- mars 1901, p. 333).
- Pour une pression de 15 kg. par cm2 et un diamètre du corps cylindrique delm,57 l’épaisseur des tôles est de 17 mm., ce qui correspond à une charge d’un peu plus de 7 kgr par mm2. La charge sur le rail est de près de 20 tonnes par essieu moteur.
- La locomotive construite par Baldwin pour le Chicago, Milwaukee and Sx-Panl Ry (fig. 44 bis), du système Vauclain, a un foyer débordant au-dessus delà roue d’arrière. La hauteur de l’axe de la chaudière au-desstn du rail est de 2m,86.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille..............
- Surface de chauffe.............
- Timbre............
- Cylindres : diamètres..........
- — course .................
- Diamètre des roues motrices . .
- Poids total en service........
- — adhérent ..................
- 3m2,7i
- 296m,76 (comptée sur la surface mouillée) 14 kg.
- 380 et 635 mm.
- 710 mm.
- 2®,13 77 t.
- 41 t.
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- 544
- ARTS MÉCANIQUES. --- OCTOBRE 1902.
- La locomotive construite par Brooks pour le Burlington, Cedar Rapid.s and Northern RR., non compound, a de même un foyer débordant au-dessus de la roue d’arrière (fig. 45). Le timbre est également de 15 kg; l’épaisseur des
- Fig. 47. — Balancier à axe variable de la locomotive du New York Central.
- tôles est de 16 mm. pour un diamètre de lm,65, ce qui correspond à une charge de 8 kg. par mm2. La distribution se fait par tiroirs cylindriques.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille............................ 4m2 2
- Surface de chauffe........................... 230m2,5
- Timbre....................................... 15 kg.
- Cylindres: diamètre. -................... 495 mm.
- » •—• course............................ 660 mm.
- Diamètre des roues motrices.................. lm,900.
- Poids en service............................. 72 t.
- Poids adhérent............................... 40 t.
- De type analogue, mais avec des dimensions encore plus] grandes, est la locomotive du New York Central RR. (fig. 46). Les tiroirs sont cylindriques.
- DIMENSIONS PRINCIPALES
- Surface de grille...................... 4m2,G5
- — de chauffe ................... 313 m2.
- Timbre.................................... 14 kg.
- Cylindres : diamètre..................... 530 mm.
- — course........................ 635 mm.
- Diamètre des roues motrices............ 2 m.
- Poids total en service................. ,80 t.
- . — adhérent........................... 43 t.
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- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES
- 545
- Les dimensions de cette machine, comparées à celles de construction européenne, sont colossales : ainsi le diamètre du corps cylindrique est de lm,83,
- F:r?8ox ’oe” 74*
- intide ffing
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- Fig. 48. — Locomotive, type Atlantic du Chicago, Rock Islancl and Pacific Ry, (d’après la Revue de mécanique, juin 1901, p. 688).
- avec tôles de 19 millimètres. La hauteur de l’axe au-dessus du rail est de 2m,65, cote souvent dépassée d’ailleurs.
- Le poids adhérent peut être augmenté, au moment des démarrages, par le
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- p 49. — Locomotive du Chicago, Rock Island and Pacific Ry. ; chaudière.
- ooj.ôoooooo
- oo ! o
- Fig. 49 bis. — Locomotive,, type Atlantic à foyer Wootten, du Central RR. of New Jersey.
- Coupes transversales.
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-
- NOTE SUR LES LOCOMOTIVES.
- 547
- déplacement [de l’axe d’articulation du balancier qui conjugue les ressorts de l’essieu porteur et du second essieu moteur (fig. 47).
- Très puissante également est la locomotive construite par Brooks pour le Chicago, Rock Island ancl Pacific Ry (fig. 48 et 49).
- Le corps cylindrique a un diamètre de 2 mètres, et la grande base de la virole conique de 2"',16. Ce corps renferme 322 tubes de 50 mm. à l’extérieur. L’axe
- '2-12* Thd
- Pire Bai Insîde ATai
- f .
- ^SaS^f2^1QÎTotal-AVhi?cl-B&3e-Bagine^
- Eig. 49 bis. — Locomotive, type Atlantic à foyer Wootten, du Central RR. of New Jersey (d’après la
- Revue de mécanique, février 1902, p. 173).
- est à2m,93 au-dessus du rail. Les tiroirs sont cylindriques. Les dimensions principales sont les suivantes :
- Surface de grille............................. 5m2,08
- — de chauffe........................... 284Ic2,2
- Timbre........................................... ld kg.
- Cylindres : diamètre............................dlo mm.
- — course...............................660 mm.
- Diamètre des roues motrices....................... 2 m.
- Poids total en service........................ 87 t.
- — adhérent.................................. 42l,d
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- $48
- ARTS MÉCANIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- Avec le foyer Wootten, les surfaces de grille sont encore plus grandes. Par exemple, la locomotive construite dans les mêmes ateliers que la précédente, pour le CentralRaüroad of New Jersey (fig. 49 bis), a les dimensions suivantes ;
- Surface de grille............................ 7m,6'75
- — chauffe.............................. 275m2,9
- Timbre....................................... 15 kg.
- Cylindres : diamètre......................... 520 mm.
- — course .......................... 660 mm.
- Diamètre des roues motrices.................. 2m,15
- Poids total en service....................... 87 t.
- — adhérent................................. 45 t.
- Le diamètre du corps cylindrique est de lm,77; les tôles sont épaisses de 19 mm., ce qui correspond à une tension de 7 kg. par mm3. L’axe des corps cylindriques est à 2m,95 au-dessus du rail. Il renferme 325 tubes de 51 mm. longs de 5m,28.
- (.A suivre.)
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- IA SURCHAUFFE DE L’ACIER DOUX D’APRÈS M. Heijïl (1)
- Les expériences de M. Heyn ont porté sur les aciers doux employés pour les chaudières, les poutres, les barres ne renfermant guère plus de 0,1 0/0 de carbone; et il s’agit, ici, non pas de métaux brûlés, c’est-à-dire plus ou moins oxydés par des coups de feu, mais de métaux simplement surchauffés, sans oxydation ni changements chimiques, au point d’en augmenter la fragilité (brittleness) par une action purement physique. Cette surchauffe peut amener des résultats désastreux; c’est ainsi que l’auteur cite le cas d'une barre d’acier doux laminée, de 20 millimètres de diamètre, surchauffée, et qui se brisait simplement en tombant à terre, sans que cette extrême fragilité pût être signalée ni par les analyses ni par les essais de traction, et aussi le cas d’une tôle de chaudière qui se brisait au choc d’un marteau sans rien déceler aux essais de traction.
- Il fallait, tout d’abord, trouver une méthode permettant de déterminer exactement les degrés de fragilité du métal, et l’on essaya, à cet effet, les méthodes suivantes :
- (a) Essais de traction, pour déterminer la limite d’élasticité, l’allongement et la striction correspondants ;
- (b) Essais de pliage sous une charge statique sans et (c) avec entaille du barreau ;
- (d) et (e) Essais de pliage au choc avec et sans entaille.
- En comparant les résultats de ces différents essais, il faut ne pas oublier que les tôles de chaudières comprennent, en général (fîg. 1), pour une tôle de 22 millimètres, une zone intérieure de l1 |millimètres environ d’épaisseur, comprise entre deux zones de 6 millimètres environ, de constitution moléculaire très différentes et dont il faut prendre des éprouvettes séparées, toutes d'une épaisseur ne dépassant pas 5 millimètres. Les résultats des essais exécutés ainsi, d’après les méthodes a, b et c, et donnés au tableau 1, ne caractérisent pas suffisamment la fragilité, car ils donnent des ténacités parfaitement admissibles malgré l’extrême fragilité des échantillons.
- Les essais (c?), par pliage au choc sans entaille, donnent des résultats utiles pourvu que le barreau soit suffisamment épais : d’au moins 4 millimètres, sinon on peut replier comme un nœud les parties les plus cassantes de la tôle, en les frappant au marteau, sans aucune crique, de sorte que l’essai ne donne alors aucune indication sur cette fragilité. Cette différence entre les éprouvettes épaisses et les minces tient à ce que les fibres extérieures de ces dernières ne sont pas soumises, par la courbure, à des efforts suffisants pour en déterminer la rupture par fragilité. La nécessité de ne
- (1) Iron and Steel Iustilute, meeting d'août 1902.
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- 550
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- OCTOBRE 1902.
- pas dépasser 5 millimètres pour l’épaisseur des éprouvettes par zone (fig. 1) empêcha de tirer profit des essais (d) pour les tôles de chaudières.
- L’essai par choc sur barreaux entaillés donne au contraire d’excellents résultats en tous cas ; mais il faut remarquer que les aciers les plus ductiles peuvent ainsi se briser d’un coup si l’on y prévoit le choc et l’entaille qu’il faut, de sorte que les résultats de ces essais ne sont que relatifs. Après de nombreux tâtonnements sur des barreaux de 4 millimètres d’épaisseur, on parvint à proportionner la puissance du choc et la profondeur de l’entaille de manière à rompre du premier coup les éprouvettes tirées des parties de la tôle reconnues fragiles, tandis que les autres moins fragiles, frappées avec la même force, pouvaient se courbera 90°, se redresser et se recour-
- ber encore une fois de ce même angle. La figure 2 représente ces éprouvettes avec leur entaille.
- Cette entaille, en Y, avait 0mm, 5 de profondeur, et était découpée à la raboteuse avec un outil spécial, sur une face seulement du barreau. Ce barreau, pris dans un étau (fig. 3), était frappé vivement au marteau au point et dans le sens indiqués par la flèche, jusqu’à son rabattement à 90°, comme en pointillés ; on le redressait ensuite en le pressant (fig. 4) entre les mâchoires de l’étau, et, s’il ne s’était pas rompu, on recommençait l’opération. Le nombre de ces opérations : courbure et redressement, que le barreau pouvait supporter sans se rompre par une légère pression des doigts, est désigné dans la suite par la lettre Bu, et sous le nom de nombre des courbures.
- Dans les tôles de chaudières essayées, et pour leurs parties les plus fragiles ou aigres, Bn varie de 0 à 1/2, c’est-à-dire que le barreau s’en allait complètement dès le premier coup, ou immédiatement après son pliage à 90°, résultats concordant avec ce fait que ces tôles fragiles se brisent au marteau. Les principaux résultats de ces essais
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- RcncUng A7> Btu
- LA SURCHAUFFE DE l’aCIER.
- 5ol
- sur les différentes zones de la tôle, et avant ou après recuit, sont donnés au tableau II (p. 556-558). Ils montrent que la fragilité peut s’enlever par un recuit convenable, et combien la fragilité diffère d’une zone à l’autre des tôles, et aussi, dans chaque zone, avec la position de l'éprouvette dans la tôle.
- En conséquence, on se détermina à choisir un métal aussi homogène que possible, sans points fragiles, pour y déterminer les effets de la surchauffe et du recuit. On prit, à cet effet, une barre d’acier Martin laminée de 26 x 26 millimètres de section, désignée par le symbole S 660, très homogène, sauf au centre, que l’on élimina des essais. Ces
- Fig. 5.
- essais donnèrent pour Bn, en moyenne Bn — 3,6. Voici la composition de cette barre et de la tôle précédente :
- Tôle de chaudière.
- Zone
- Barreau d'acier, de surface. Intérieur. S 660
- p. 100. p. 100, p. 100.
- Carbone....................... 0,07 0,03 0,04
- Silice........................ 0,06 trace trace
- Manganèse..................... 0,10 0,27 0,28
- Phosphore..................... 0,01 0,016 0,028
- Soufre........................ 0,02 0,02 0,05
- Cuivre........................ 0,015 0,08 0,09
- Il résulte de ces compositions et du fait que la fragilité peut être enlevée par le recuit, que cette fragilité n’est pas due à la composition chimique, mais au traitement physique des barreaux et des tôles.
- On fît de nombreux essais pour rendre plus fragiles les barreaux tirés de la barre d’acier Martin, notamment par un long recuit entre 700 et 860°, températures les plus
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- favorables, d’après M. Stead, pour provoquer la fragilité, mais ces tentatives ne produisirent aucun effet; il en fut de même d’un lent refroidissement à partir de 1000 et 1100°.
- Ces essais démontrèrent qu’une surchauffe déterminait la fragilité des aciers doux, fait bien connu, et aussi, ce que l’on ne savait pas, que, sous certaines conditions, cette fragilité peut s’augmenter à des températures relativement basses, et même se régler par des recuits appropriés. Ces recuits des éprouvettes du S 660, de différentes dimensions, furent exécutés en partie dans un tube réfractaire entouré d’une hélice de platine chauffée par un courant électrique, en partie en les chauffant au gaz dans un creusé lutté à l’argile, et enfin, dans ces mêmes creusets, au four à porcelaine. Les températures étaient relevées par un thermopyromètre Le Chatelier, de Siemens et Halske. Pour chaque expérience, on dressait (fig. 6 à 9) un diagramme des temps et
- - » Tune/ in- hcgjra.
- Fig. 6. — Recuit au four électrique.
- températures, qui donne une représentation très exacte de la marche du recuit. Après recuit, on procédait à l’essai de courbure sur des éprouvettes entaillées de 6x4 millimètres d’épaisseur et 60 millimètres de long ; les résultats en sont figurés sur le stéréogramme figure 5, dont les coordonnées sont la durée t, la température T du recuit et les nombres de pliages Bn. La surface ainsi tracée est bornée par les gros traits dont les uns représentent les variations de Bn à températures égales du recuit et les autres les variations de Bn à durées égales du recuit et à températures différentes. Les points marqués de a à / ont été déterminés par les essais, les autres sont interpolés; c’est ainsi que, pour £=0 et une température de 1100°, par exemple, Bn doit rester le même, puisque cela équivaut à un recuit nul, et l’on peut déterminer ainsi immédiatement tous les points situés sur l’aire correspondant h t = 0.
- On détermina, pour tous les points de a à7, les durées t de réchauffement depuis 680° jusqu’à la température la plus élevée T, puis le refroidissement de T à 680°. De a en g, on put, grâce à la facilité de réglage du four électrique, rendre les rapidités du refroidissement et du chauffage sensiblement égales, ce qui fut impossible de h kl.
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- LA SURCHAUFFE DE L ACIER.
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- On a adopté pour la température de départ et de retour, 680°, parce qu’au-dessous de
- Bn. O Le *2
- *f«-—9 -
- -20 —
- Mirts
- Fig. 9.
- BnrOtots
- H ours
- o 6 «?
- Fig. 7. — Recuit au four à porcelaine. — Fig. 8. — Recuit au four à porcelaine. — Fig. 9. — Recuit au four à gaz lorcé et refroidi rapidement dans l’air.
- cette température, comme le montre la figure 5, les variations de température n’ont
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- guère plus d’influence sur Bn. Le diagramme, figure 7, des séries n, h et i, montrent que les éprouvettes h, placées dans le four à porcelaine, y étaient graduellement portées à 1200°; au point B, on retira l’éprouvette du creuset, et on la laissa se refroidir à l’air. Les éprouvettes de la série c i furent, au contraire, au point B, placées dans un foyer. Les éprouvettes de la série l, chauffées au creuset à 1450°, furent refroidies : deux d’entre elles lentement dans le foyer et les deux autres rapidement dans l’air, et dans les deux cas, elles donnèrent un nombre Bu compris entre 0 et 1/2. Trempées à 1450° dans l’eau froide, elles donnèrent B?? = 1,5.
- Sur le diagramme figure 5, les courbes d’égales températures sont, jusqu’à 1000°, parallèles au plan des axes des temps et des températures, de sorte que la durée du recuit, à cette température,peut s’étendre sur une période de 9 heures sans diminuer sensiblement Bn, ou sans accroître la fragilité. La courbe de 1100°, d’autre part, baisse dès que la dureté du recuit dépasse 6 heures, et, de 6 à 9 heures, Bn y tombe de 3,5 à 3 ; à 1150°, la chute est encore plus rapide, et Bn tombe à 3 au boutde 6 heures ; à 1200°, Bn = 1,5, en 7 heures et demie, et il tombe entre 0 et 1/2 au bout de 13 heures et demie, atteignant alors son maximum de fragilité; à 1450°, ce même maximum est atteint au bout d’un quart d’heure ; c’est un cas évident de surchauffe.
- Mais ce diagramme montre, en outre, ce fait moins connu : que des recuits à des températures de 1 200° et 1 000° peuvent déterminer une fragilité plus ou moins prononcée suivant leur durée, et ce diagramme fournit ainsi des données sur cette durée, en tenant, toutefois, compte de ce fait : que les éprouvettes de ces essais ont été, en raison de leur petitesse, chauffées beaucoup plus vite que ne le sont, en pratique, les tôles soumises au recuit. Cette lenteur aurait sans doute pour effet de reporter vers la droite les courbes de la figure 5.
- Deux éprouvettes de la barre S 660, de 70 millimètres de long, désignées parles lettres m et n, soumises, au creuset, à des températures variant de 700° à 890°, pendant l’une douze fois et l’autre quinze fois vingt-quatre heures, n’ont donné aucun signe de fragilité, leur nombre caractéristique Bn variant entre 4 et 5.
- Puisqu’un recuit très prolongé entre 700° et 890° ne provoque aucune aigreur du métal, tandis qu’il suffit d’un recuit relativement court au-dessus de 1 000° pour en augmenter la fragilité, il semble qu’il doive exister, entre 890° et 1 000°, une température limite T/, à partir de laquelle la fragilité augmente par un recuit prolongé; cette température limite, que l’on n’a pas encore déterminée exactement, se tient entre 900° et 1 100°.
- Les expériences de l’auteur ont confirmé cette assertion de M. Steacl : qu’en réchauffant à 900° puis en laissant refroidir naturellement de l’acier doux fragile, il perdait sa fragilité. Des éprouvettes du barreau S660 surchauffées au four à porcelaine, puis refroidies comme au diagramme figure 8, se sont montrées extrêmement fragiles : Bn = 0 à 1/2; puis, de ces mêmes éprouvettes, surchauffées et recuites à différentes températures, ont donné les résultats représentés au graphique figure 10. Après un recuit d’une demi-heure à 900°, la fragilité diminue considérablement; aux températures de 700° à 850°, il faut environ six jours pour faire disparaître entièrement la fragilité.
- La caractéristique de la fragilité occasionnée par la surchauffe est la difficulté de la faire disparaître par le recuit, tandis que celle produite par la forge à la chaleur bleue, ou même par la trempe, disparaît beaucoup plus facilement par un recuit bien moins prolongé.
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- Les résultats exprimés par le diagramme figure 5 supposent que le refroidissement des métaux surchauffés ne se produit pas trop vite, comme, notamment, par le trempe; mais, d’après quelques expériences sur des aciers doux, la rapidité de ce refroidissement ne paraît pas exercer une grande influence sur le degré de fragilité tel qu’il est donné par les résultats de la série 1, figure 5.
- Reste à examiner ce qui se passe si, après sa surchauffe, le métal, au lieu d’être abandonné au refroidissement, est forgé ou laminé; l’expérience démontre que ce forgeage enlève la fragilité de sur-chauffe. Une éprouvette du S 660, de 25x25 millimètres de section, chauffée à blanc dans un feu de forge, puis réduite par forgeage jusqu'au rouge vif à une section de 9 x 14 millimètres, a donné un degré de fragilité de Bn = 3, au lieu de 1/2 pour le même métal chauffé de même et refroidi à l’air libre.
- Le grain des aciers ne peut donner que des indications vagues sur leur fragilité ; la dimension des grains de ferrite n’est pas non plus un signe certain de surchauffe, et il en est de même de l’orientation de ces grains de ferrite ; en un mot, il n’existe pas encore de caractéristique micrographique de la surchauffe.
- Le cuivre est aussi susceptible de se surchauffer et de devenir cassant par cette surchauffe.
- On fit, pour déterminer l’action de la surchauffe sur le cuivre, des essais sur un fil de cuivre étiré de 5 millimètres de diamètre, en morceaux de 50 millimètres de long, non entaillés, en raison de la grande ductilité du cuivre, et rabattus sur l’étau
- comme figure 11, en frappant tantôt sur le côté r, tantôt sur 5, et en notant les nombres caractéristiques correspondant Bc à la rupture de chacun de ces échantillons.
- Les ^résultats de ces essais sont représentés par le diagramme figure 12, analogue à celui, figure 5, de l’acier. Après recuit plus ou moins prolongé, 'à différentes températures, tous les échantillons étaient trempés dans l’eau.
- A partir de 500°, le recuit augmente la fragilité du cuivre d’autant plus que la température est plus élevée, faisant baisser le nombre Bc de 6 3/4 à 4 Un court recuit à 500° ne suffit, pas pour faire disparaître l’effet de l’étirage à froid, ce qui explique la montée initiale de la courbe pour 500°; après vingt-six minutes de ce recuit, on atteint le maximumdeductilitéBc= 6 3/4, qui se maintient encore après une trentaine d’heures de recuit; le même résultat s’obtient par un court recuit à 1 000°; au-dessous de 1 000°, la fragilité se manifeste au bout de sept minutes, et la surchauffe se manifeste comme celle des aciers, avec, toutefois, les différences suivantes :
- Le réchauffage rapide du cuivre surchauffé jusqu’à 1 000° n’enlève pas la fragilité occasionnée par la surchauffe.
- Fig. II.
- Fig. 10.
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- La surchauffe augmente considérablement la dimension des grains, au point de les rendre visibles à l’œil nu sur la cassure, comme l'indique le tableau III (p. 558), de sorte que cette dimension des grains permet de déterminer, jusqu’à un certain point, le genre de recuit subi par la pièce. Au microscope, ces grands grains semblent constitués par l’agglomération de petits cristaux orientés.
- La simplicité des lois de la surchauffe et de la fragilité du cuivre s’expliquent parce que le cuivre, après sa solidification, se refroidit sans aucun phénomène de cristallisation, tandis que l’acier doux dénote, après sa solidification, deux points de transition; à 900°, il se produit une cristallisation, et la grandeur des cristaux est fonction de la rapidité du refroidissement vers 900°, comme on le voit par le diagramme figure 13, qui se rapporte à des éprouvettes d’acier doux portées toutes à 1 000° en une
- ilotT
- Fig. 12.
- demi-heure, puis refroidies plus ou moins vite, et même trempées ; la dimension des grains, portée en ordonnées en y. de 0nllll,001, augmente avec la durée du refroidissement, mais leur dimension absolue dépend de l’état initial de l’éprouvette. C’est ainsi que les deux points ar et ak se rapportent à des éprouvettes prises, l’une dans l’âme et l’autre à la surface de la tôle, et refroidies dans le même temps.
- La composition chimique influence très notablement la dimension des grains ; c’est ainsi que les grains d’un échantillon d’acier doux suédois chauffé à 1 000° pendant une demi-heure, puis refroidi à 680° en sept heures, ont présenté une surface moyenne de 47187 [x2, dix fois celle des grains de la tôle de chaudière ayant subi le même traitement; la composition de cet acier suédois était la suivante : cuivre, 0,08 p. 100; silice, 0,005; manganèse, 0,08; phosphore, 0,021; soufre, 0,014. La présence de ce point critique de 900° explique comment on peut, en réchauffant l’acier doux au delà de ce point, faire disparaître sa fragilité, tandis qu’il ne se produit rien de pareil pour le cuivre.
- En résumé : l°le recuit des aciers doux au-dessus de 1 000° augmente leur fragilité d’autant plus que la température du recuit est plus élevée et plus prolongée, de sorte
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- que l’on peut, en variant la température et la durée du recuit, déterminer cette fragilité entre des limites définies;
- 2° Un recuit prolongé: de quatorze jours, par exemple, entre 700° et 890°, n’augmente pas la fragilité, et permet même de l’abaisser à son minimum ;
- 3Ù II existe, entre 1100° et 900°, une température limite au-dessus de laquelle un recuit prolongé augmente la fragilité, et au-dessous de laquelle il ne l’augmente pas ;
- 4° La surchauffe se manifeste bien au-dessous de la température du rouge blanc ; et d’autant plus qu’on la prolonge davantage ;
- 5° Un recuit d’une demi-heure environ à 900° permet de faire disparaître la fragi-
- Fig. 13.
- lité des aciers doux, et il faut éviter de prolonger ce recuit aux environs de la température critique mentionnée en (3°); entre 700° et 850°, le recuit doit durer plusieurs jours pour enlever complètement la fragililé ;
- 6° L’acier doux rendu fragile par une surchauffe redevient tenace après son for-geage au rouge blanc ;
- 7° La cassure des aciers doux surchauffés montre, en général, un gros grain, mais pas toujours;
- 8° La grosseur des grains cristallins n’est pas une preuve certaine de surchauffe, parce que cette grosseur est aussi influencée par la rapidité du refroidissement ; on peut, en maintenant un acier doux pendant quelques jours entre 700° et 890°, y déterminer une cassure à gros grains de ferrite sans aucune fragilité.
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- Nature
- du
- métal.
- Tel que livré au laboratoire. Recuit à 750°.
- TABLEAU I
- a. Essai de traction.
- Essais de pliage cl. Pliage au choc statique sur
- sans entaille. barreau entaillé.
- Zone Tension illongement Rapport Angle Degré Angle Degré
- de Limite de de e de de de de
- l'éprouvetle. d’élasticité. rupture. rupture. r pliage. pliage. pliage. pliage. 1
- e par mm2. par mm2. p. 100. p. 100. degrés. 50 - (1) 0 degrés. 50 - P
- Surface. 23k,l 33k,5 22,1 60 180 100 90 23
- Ame . . 19\3 32k,6 23,1 60 180 100 144 38
- Surface . 13k,9 29k,3 29.9 48 180 100 180 36
- Ame . . 17k,l 31k,7 27,1 54 180 100 174 31
- TABLEAU II
- Zone de
- Nature du métal. l’éprouvette.
- Tel que livré au laboratoire.
- Surface. .
- Ame...
- Nombre de pliages moyen aux points les plus fragiles de la tôle.
- 0 à - (2) 1
- 0 à -
- aux points les moins fragiles.
- 2
- 2
- Court chauffage j Surface. . Pas de crique après une courbure à 90°. 4
- entre 1100 et 1 117°. ( Ame . . . Petite crique après un pliage à 90°. 4
- TABLEAU III
- Température Durée totale Nombre Dimension Durée totale Nombre Dimension
- de du recuit de des grains en jj/2. du de des
- recuit. en minutes. pliages Bc. jj, = 0mm,001 recuit. pliages Bc. grains en uA
- 300 26 6 3/4 66 4 X 60 6 3/4 98
- 700 26 6 1/2 143 4 X 60 6 3 332
- 700 26 6 60 730 4 X 60 5 73 660
- 1 000 26 5 1/2 > 100 000 4 X 60 4 > 100 000
- 1 030 26 3 > 100 000
- (1) l, épaisseur de l’éprouvette; p, rayon de courbure du pliage.
- (2) Cassure à gros grains.
- progrès récents des grands moteurs a gaz, d’après M. H.-A. Humphreij (3).
- Les moteurs à gaz se sont, dans ces dernières années, considérablement développés, principalement pour l’emploi des gaz de hauts fourneaux ; on en construit actuellement de 1 000, 2 000, 4 000 chevaux, et on en projette de 5 000.
- En Angleterre, la maison Crossley a livré 28 moteurs d’une puissance totale de 8 300 chevaux; moyenne par moteur : 296 chevaux. La Premier Gaz Engine C°, de Sandiacre, en a livré 23, d’une puissance collective de 9 300 chevaux, et individuelle moyenne de 404. En Allemague, Korting a construit 32 moteurs, d’une puissance totale de 44 500 chevaux; moyenne : 1390; la Gasmotorenfabrik-Deutz, 51 moteurs, 20655 chevaux; moyenne : 400; von Oechelhauser, 26 moteurs, 16 900 chevaux; en Belgique, Gockeril, 59 moteurs, 32 950 chevaux; moyenne : 358 chevaux; en tout, 327 moteurs, 181 605 chevaux; moyenne : 560.
- Le tableau ci-contre donne les principales dimensions de quelques-uns de ces moteurs.
- (3) British Association, section G, réunion de septembre 1902.
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- PROGRÈS RÉCENTS DES GRANDS MOTEURS A GAZ.
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- Nombre des cylindres. Diamètre des cy Course lindres. Puissance. Poids avec volant. Sans volant. Tours par minute. Variation cyclique.
- Cockeril Otto . . . . 1 lm,30 400 600 127 94 90 1/30
- Deutz Otto. . . . . . 4 660mm 850 600 100 88 130 1/130
- Korting double effet. 1 63omm lm,10 550 70 58 100 1/80
- Les États-Unis se lancent aussi dans la construction des grands moteurs; la Compagnie des machines frigorifiques de la Vergne, concessionnaire des brevets Korting,
- rü
- Fig. 1. — Moteurs à gaz Premier de 2 000 chevaux.
- a reçu une commande de 16 moteurs de 2 000 chevaux, et de 5 de 1 000 chevaux, actionnant directement des dynamos, pour les forges de Lakawanna. La Compagnie Snow, de Buffalo, a livré six moteurs de 1 000 chevaux de son système, et construit actuellement deux compresseurs à moteurs de 4 000 chevaux. La Compagnie Westinghouse a livré des moteurs de 1 500 chevaux, et peut en construire de 30 000 (1).
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, septembre 1899, p. 1385.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- OCTOBRE 1902.
- Les moteurs Crossley de 500 chevaux, à deux cylindres de 710 X 915, disposés en vis-à-vis, font 150 tours; ils marchent très bien aux gaz pauvres, notamment au gaz Mond (1). Un petit moteur Crossley de 150 chevaux, au gaz de haut fourneau, a marché 138 jours et nuits sans arrêt, en pleine charge. Les moteurs Crossley nouveaux sont verticaux, à deux cylindres inclinés ; ils se prêtent mieux à la commande directe des dynamos.
- Le moteur Premier, de 500 chevaux, a le balayage des gaz de l’explosion effectué par un cylindre auxiliaire incliné ; il a deux cylindres moteurs de 686x686, et marche
- Fig. 2. — Moteur Korting.
- à 150 tours, toutes'les soupapes sont commandées desmodromiquement par un arbre de distribution unique ; cette machine a donné d’excellents résultats au gaz Mond. Le type représenté par la figure 1, double tandem à quatre cylindres est de 2000 chevaux. La compagnie Premier construit actuellement un moteur de 1000 chevaux à gaz de hauts fourneaux, avec cylindres soufflants de 965 X lm,22, en arrière des moteurs, vitesse 85 tours.
- Les moteurs de Cockeril à deux cylindres atteignent 2500 chevaux, soit 1250 chevaux par cylindre, et le dédoublement de ce type donne un moteur de 5000 chevaux à quatre cylindres ; cette compagnie est en train de livrer à M. de Wendel 9 moteurs d’une puissance totale de 6700 chevaux, dont trois de 1200 chevaux chacun pour dynamos. Les souffleries commandées par ces moteurs peuvent conserver leurs soupapes d’aspiration ouvertes pendant une partie de la course de refoulement de manière
- (i) Bulletin, octobre 1897, p. 1353, et Revue de mécanique, janvier 1901, p. 50.
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- PROGRÈS RÉCENTS DES GRANDS MOTEURS A GAZ.
- 561
- à maintenir la résistance du compresseur sensiblement invariable quelle que soit la pression du vent et à faciliter la mise en marche (1).
- Le moteur Korting (2) est à double effet (fig. 2) avec nn piston d’une longueur moitié de celle de son cylindre et deux pompes : une pour le gaz et l’autre pour l’air ; l’échappement se fait par les ouvertures du milieu du cylindre moteur, recouvertes à chaque course par son piston, et les gaz de l’explosion sont chassés complètement par une chasse d’air de la pompe de droite fig. 2, suivie d’une admission de gaz et d’air. Ce mélange est lancé à l’arrière du cylindre moteur en tourbillonnant par un diaphragme qui le fait agir comme un bouchon précédé d’une masse d’air pur, que le piston moteur comprime avec lui au retour qui précède l’allumage; cet allumage se produit alternativement sur les deux faces du piston, qui donne ainsi deux coups par tour. La pompe à gaz a (fig. 2) sa distribution faite par deux tiroirs-pistons pp, admettant le gaz de c en AA, par bb, au travers des papillons ff, soumis en e au régulateur de manière à renvoyer à l’aspiration une masse de gaz variable avec la charge du moteur; on obtient ainsi un réglage des plus étendus et des plus sensibles.
- L’auteur dit ensuite quelques mots du moteur de Deutz et de von Oechelhauser, bien connus de nos lecteurs (3).
- Les moteurs verticaux à trois cylindres de Westinghouse sont bien connus de nos lecteurs (4); la figure 4 représente le nouveau type Westinghouse horizontal et à double effet, l’ensemble des deux moteurs, directement couplés sur une dynamo, développe 1500 chevaux. Aux Walthamstow Electricity Works, on emploie trois moteurs, Westinghouse de 100 chevaux, directement couplés sur leurs dynamos, qui ont toujours fonctionné sans aucun accroc, et on en installe trois autres de 250 chevaux.
- La figure 16 représente l’une des six machines à gaz naturel de 1000 chevaux, construites par les Snow Pump Works, de Buffalo (5), pour la compression du gaz naturel. Chaque moteur a quatre cylindres à simple effet de 635 X lm,22, deux par deux en tandem, attaquant les compresseurs par une manivelle à 90° de la manivelle motrice; vitesse normale 100 tours par minute; compression à 7 kilogrammes, pression de l’explosion 28 à 32 kilogrammes. Le réglage se fait en réduisant la charge. La dépense a été, aux essais, de 250 litres environ de gaz naturel par cheval effectif aux compresseurs ; puissance calorifique du gaz 10 000 calories par mètre cube.
- La compagnie Snow construit des compresseurs à gaz de 4 000 chevaux pour la ville de Cleveland, avec moteurs à quatre cylindres à double effet de 940 x lm, 52, et compresseurs à deux cylindres de 560 x lm, 520; arbre de 610 millimètres de diamètre, paliers de 610 millimètres, au nombre de quatre, de lm, 06 et 840 de longueur, volant de 6m, 65 et de 36 tonnes entre les manivelles, diamètre de l’arbre au volant 710 millimètres.
- Ces grands moteurs sont construits très solidement, leurs bâtis sont massifs et rigides. Les soupapes sont enveloppées d’eau ainsi que, fréquemment, les pistons;
- (1) Bulletin de mai 1901, p. 712. Revue de mécanique, janvier 1900, p. 122.
- (2) Revue de mécanique, janvier et septembre 1901, pp. 124 et 296 ; juillet 1902, p. lOO.Rrevet anglais 17091 de 1901.
- (3) Bulletin, mai 1901, p. 713, et Revue de mécanique, décembre 1899, p. 722; avril 1900, p, 512; septembre 1901, p. 713.
- (4) Bulletin, septembre 1897, p. 1383.
- (5) Revue de mécanique, janvier 1901, p. 122.
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- l’emploi des pistons à circulation avec relroidissemenl du cylindre par une chasse d’air
- .Fig. 3. — Moteur Westinghouse, de 1500 chevaux.
- a donné, avec les moteurs du type Premier, une augmentation de la pression moyenne,
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- PROGRÈS RÉCENTS DES GRANDS MOTEURS A GAZ.
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- et permis d’y atteindre jusqu’à 8 kilog. 4 de pression moyenne effective avec le gaz Mond ; la circulation d’eau du piston le maintient un peu plus froid que l’enveloppe du cylindre et l'empêche de se dilater plus qu’elle, ce qui permet de rendre le piston plus juste et plus étanche sans crainte d’accidents. Sans circulation d’eau, le fond des grands pistons doit avoir un jeu de 3 millimètres au moins dans son cylindre à froid ; ces grands pistons emploient très largement, comme garniture le métal antifriction (1).
- Les culasses des cylindres sont des pièces de fonderie très difficiles, en raison de leur forme compliquée et de la nécessité de les refroidir sans déformations ni fuites ; ont les relie aux cylindres par des boulons courts, dont la dilatation relative n’a pas d’importance.
- Les soupapes sont commandées desmodromiquement; elles seraient comme celles des machines à vapeur. Les nouvelles machines verticales Westinghouse à double effet
- Fig. 4. — Moteur Snow, de 1000 chevaux, avec son compresseur.
- se rapprochent de la distribution des Corliss (2). La levée des grandes soupapes d’échappement de 250 à 300 millimètres de diamètre, contre une pression de 3 kilogrammes, exige un effort vif et très considérable ; on a essayé de le diminuer par l’emploi de soupapes auxiliaires équilibrant la grande (3) ; les soupapes de Crossley sont équilibrées par un piston (4).
- Ces soupapes, ouvertes mécaniquement, sont, le plus souvent, fermées par des ressorts ; mais il y aurait peut-être intérêt à les fermer aussi mécaniquement, comme dans les nouvelles machines du type Premier (5). La disposition de toutes les soupapes sous le cylindre est commode pour l’emploi des tiges de pistons prolongées, comme dans les moteurs de Cockeril et les tandems.
- L’allumage est presque toujours électrique, parles trois procédés suivants (1°) ; rupture du courant dans une bobine d’induction à grande masse de fer (2°) ; rupture de courant, en sa tension maxima, produite par une magnéto à armature oscillante (3°); par étincelles continuellement fournies par une bobine de Ruhmkorf alimentée par des
- (1) Revue de mécanique, octobre 1899 p. 465.
- (2) Revue de mécanique, septembre 1902, p. 304.
- (3) Revue de mécanique, mars 1897, p. 304.
- (4) Rulletin, juin 1896, p. 881, et Revue de mécanique, août 1900, p. 263.
- (5) Revue de mécanique, décembre 1901, p. 749.
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- accumulateurs et jaillissant dans une chambre fermée mise, au moment voulu, en communication avec le cylindre. Ces trois procédés ^fonctionnent bien; le plus simple est le deuxième, qui n’exige aucune source extérieure de courant ; le troisième n’est employé que par Cockeril.
- Le réglage par tout ou rien ne suffît plus pour les machines qui doivent marcher très régulièrement; le mode de réglage inventé par l’Américain Sargeant(l), qui permet de couper l’admission aux différents points de la course d’aspiration sans pertes aux diagrammes, donne pleine satisfaction; le réglage de Crossley, représenté par la fig, 5 (2) permet de varier cette admission sans changer la richesse du mélange grâce à l’emploi d’une valve de détente cylindrique, soumise au régulateur, et interposée entre la sou-
- Fig. 5. — Réglage Crossley.
- pape d’admission et celles d’entrée du gaz et de l’air; les diagrammes (fig. 6) montrent l’étendue de réglage que l’on peut ainsi obtenir sans passage à vide.
- Les mises en train automatiques disparaissent de plus en plus ; actuellement, la mise en train se fait presque toujours, sans explosion, par de l’air comprimé dans des réservoirs à 10 kilogrammes, avec soupape contrôlant automatiquement l’admission de l’air à l’un des cylindres du moteur jusqu’à son départ en vitesse; c’est un système simple et très sûr. Les moteurs Cockeril se mettent en train par des charges d’essence fournies par un vaporisateur spécial. Les machines de 1000 à 4000 chevaux de Snow sont mises en train par une réserve de mélange moteur d’air et de gaz naturel comprimé à7 kilogrammes, par les petits moteurs auxiliaires qui fournissent l’éclairage électrique et chargent les accumulateurs d’allumage; ce mélange, admis à 7 kilogrammes dans l’un des cylindres du moteur, le fait tourner d’un demi-tour, puis il passe dans un second
- (1) Revue de mécanique, janvier 1901, p. 122.
- (2) Revue de mécanique, mars 1902, p. 305.
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- PROGRÈS RÉCENTS DES GRANDS MOTEURS A GAZ.
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- cylindre et fait faire un second demi-tour, pendant que le mélange resté dans le premier cylindre s’y comprime et est, à la fin de cette course de compression, allumé de manière à mettre la machine en train par cet allumage, suivi de celui du second cylindre et de ceux normaux du mélange naturel aspiré par les autres cylindres pendant cette rotation. Le réservoir de mise en train est pourvu de soupapes de sûreté et peut résister à une pression de 42 kilogrammes.
- Les grands moteurs à gaz de l’avenir seront à double effet et multicylindriques, mis en train par de l’air comprimé, et réglés par suppression graduelle de l’admission; ce réglage serait amélioré si l’on pouvait, comme dans le moteur Letombe, surcomprimer le mélange à mesure que sa richesse totale diminue (1), ou simplement maintenir la compression constante. L’allumage sera électrique et double, avec point variable au régulateur, suivant la composition du mélange; la disposition en tendem est la préférable, et celle d'Oechelhauser donnera aussi de bons résultats ; les types horizontaux, moins coûteux et plus accessibles, seront préférés en général, mais les types verticaux l’emporteront pour les stations centrales.
- Fig. 6.
- Parmi les recherches récentes sur la théorie des moteurs à gaz, on peut citer celles de M. Burstall, qui ont montré que l’intérieur de la masse gazeuse était, dans les cylindres des moteurs, beaucoup plus chaude que la partie en contact ou près des parois, et celles de M. Pétavel, sur l’émissivité des gaz a hautes températures (2), démontrant que la perte par les parois se fait presque tout entière par connexion, et non par rayonnement et conduction.
- Les applications des grands moteurs à gaz à la commande des dynamos s’étendent de plus en plus, et cette commande se fait, aujourd’hui,presque toujours directement, sans le concours de courroies; elle est irréprochable pour la conduite des dynamos à courants continus et peut convenir même pour l’actionnement des alternateurs groupés en parallèle; c’est ainsi que la société suisse de Winterthur a installé deux machines à gaz de 200 chevaux chacune, à deux cylindres, actionnant des alternateurs en parallèle; et ces alternateurs sont, en outre, fréquemment mis en parallèle avec un autre alternateur commandé par une turbine, à Spiez, à une distance de 112 kilomètres.
- La Gasmotoren Fabrik de Deutz tient la tête pour ce genre d’installations, parmi lesquelles on peut citer les suivantes : A Friedenshutte, deux moteurs de 300 chevaux et deux de 200, installés en 1889-1890, commandent des alternateurs en parallèle, avec une variation cyclique de d/l60e, régularité bien suffisante. Aux Hôrder Bergwerks
- (1) Revue de mécanique, juillet 1898 et novembre 1901, p. 87 et 614.
- (2) Bulletin, janvier 1902, p. 99.
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- und Hutten Verein, on établit, en ce moment, une installation de quatre moteurs de Deutz, à quatre cylindres et de 1000 chevaux chacun, commandant (fig. 7} directement leurs alternateurs. L’installation de Dudelingen comprend deux moteurs de 1000 chevaux et deux de 600, également à quatre cylindres marchant au gaz de hauts fourneaux.
- A la station de Julinhutte, les alternateurs sont commandés directement par deux moteurs Korting de 300 chevaux à simple effet marchant à 140 tours; ce sont des dynamos triphasées à 40 pôles, fréquence 46°,7, variation cyclique angulaire, 3°,8, produit du poids des pièces tournantes par le carré du diamètre de gyration 325000 kgm2 ; cette station alimente principalement des moteurs asynchrones; la
- Fig. 7. — Groupe de quatre moteurs Otto-Deul: de 1000 chevaux.
- régularité est des plus satisfaisantes, on y ajoutera bientôt un moteur de 1 000 chevaux.
- Aux aciéries de Kladus, Bohême, un moteur Cockeril double tandem de 600 chevaux à quatre cylindres commande directement une dynamo de 450 chevaux triphasée en parallèle avec deux autres commandées par des machines à vapeur; vitesse 150 tours, fréquence 25 cycles par seconde, variation cyclique 1 /200e, avec un volant de 5m,4 de 28 tonnes. Un frein électrique ajoute au moteur une charge.de 300 chevaux dès la mise en parallèle de sa dynamo avec les autres, et se débraye automatiquement dès la marche régulière (1).
- (1) Actuellement, cette station comprend 6 moteurs de 300 chevaux, marchant au gaz de four à coke, à deux cylindres, manivelles à 360°, donnant un coup par tour; différence entre la vitesse de marche à vide et celle de marche à plein 3 p. 100 ; coefficient d’irrégularité 1, 300e (Éclairage électrique, 18 octobre, p. 96).
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- APPAREILS POUR l’ÉTUDE DES MOTEURS.
- La compagnie Westinghouse a fait également de nombreuses installations d’alternateurs commandés directement par ses moteurs;une des plus intéressantes est celle actuellement en montage à Buenos-Aires, pour le chemin de fer du Sud, de 1500 chevaux, en unités de 250, et alimentée au gaz Mond, pour une distribution triphasée à basse tension, alimentant l’éclairage et la force motrice de gares et magasins à 16 et 25 kilomètres de la station; on estime que le prix de revient du cheval sera le tiers environ de celui qu’il aurait coûté avec des machines à vapeur.
- La variation cyclique des moteurs à gaz bien réglés ne dépasse guère 1 /350e, et on peut facilement la diminuer en augmentant la masse des volants; mais il vaut mieux chercher à se donner un effort de rotation le plus constant possible en multipliant les impulsions du moteur par tour de manivelle et en équilibrant soigneusement les pièces mobiles; l’électricien dispose, de son côté, de nombreux moyens de venir en aide au moteur pour en maintenir la régularité.
- Aux aciéries de Penne, on se propose de tripler la transmission de 2 000 chevaux électriques actuelle, à 2 kilomètres de Ilseder-Hute, par une transmission de 6 600 chevaux, en remplaçant les machines à vapeur par des moteurs à gaz.
- Quant au rendement thermique, il s’élève déjà à 34 p. 100 avec des gazogènes, et l’on espère atteindre 40 p. 100.
- APPAREILS POUR L’ÉTUDE DES MOTEURS A L’ÉCOLE MUNICIPALE DE TECHNOLOGIE
- DE MANCHESTER (1).
- Cette école, qui vient d’être inaugurée, dispose de laboratoires de physique et de mécanique très bien organisés; celui de mécanique est pourvu d’une machine à vapeur expérimentale horizontale compound de 350 chevaux, à cylindres de 290 et 510 X 915 de course, avec deux cylindres de chaque dimension, interchangeables pour expériences; l’un des cylindres de 510 est à détente Meyer et l’autre à distribution Corliss; l’un des petits cylindres est à distribution Sulzer et l’autre à Corliss; pression et vitesse maxima 17 kilogrammes et 110 tours.
- La chambre des robinets Corliss est (fig. 1) séparée de son cylindre par une plaque a; l’une de ces plaques est percée pour la marche en Corliss et l’autre fermée, comme celle de la figure, de manière à permettre de recueillir en b la vapeur qui fuit du robinet par c ; et, pour ne mettre c et b en communication que pendant la fermeture du robinet d’admission — qui marche alors entraîné par le second cylindre de la machine — l’arbre du robinet commande par fed, le tiroir d. En admettant d’abord de la vapeur sous pression en b et en étranglant l’échappement g, on peut réaliser sur le robinet les conditions mêmes de la marche normale, et relever sur un indicateur en b les variations de pressions dues aux fuites en marche normale. Ces fuites, parfois très considérables, atteignent jusqu’à 10 p. 100 de la dépense totale.
- Pour l’essai de la machine à tiroir, on emploie, de même, une plaque mince a (fig. 2), interposée entre le cylindre et la glace du tiroir b, que l’on peut, au moyen des tuyaux de vapeur cc, porter à la température de marche normale.
- Les fonds de chacun des quatre cylindres expérimentaux sont pourvus (fig. 3) de soupapes a, commandées par un renvoi b de manière à s’ouvrir et se fermer en
- (1) Engineering, 10 octobre 1902, et Mechanical World, 17 octobre.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- même temps que la soupape ou le robinet d’échappement dont on recueille ainsi les fuites en c, fuites étudiées à l’indicateur comme l'indique la figure.
- Ces différentes dispositions permettent d’étudier en détail cette importante question des fuites des distributeurs, fuites dont on attribue souvent les effets à des perfes exagérées par condensation sur les parois. Il serait très intéressant d’étudier ainsi
- fHT
- O
- O
- fi
- O
- S
- CO
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- 3
- O
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- fi
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- in
- 15
- CO
- O
- <15
- 'W
- •SP
- E
- les tiroirs-pistons, qui se répandent de plus en plus avec l’emploi des hautes pressions et de la vapeur surchauffée.
- On dispose, pour l’étude de la condensation, de différents types de condenseurs expérimentaux, dont le plus intéressant est celui représenté par la figure 4, que la vapeur traverse suivant abco, en passant autour de b puis dans c; l’eau de circulation passe de d en e, entre b et b et c, les surfaces de b et de c étant rugueuses de façon à ralentir la course de l'eau ; la condensation y marche au taux de 550 kilogrammes par mètre carré de surface condensante et par heure, chiffre très élevé, et qui tendrait à
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- APPAREILS POUR L’ÉTUDE DES MOTEURS.
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- prouver l’utilité de retarder notablement le passage de l’eau sur les surfaces condensantes.
- Le frein de la machine expérimentale est (fig. 5) à deux bandes d'acier de
- Fig. 2. — Étude des fuites des tiroirs. Fig. 3. — Étude des fuites
- aux robinets d’échappement Corliss.
- Fig. 4. — Condenseur à surfaces expérimental.
- 3 millimètres d’épaisseur rivées, avec, entre elles, une lame d’eau de très faible
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- épaisseur, à circulation très rapide. L’un des bouts de cette bande est attaché (fig. 5) à gauche du pivot du levier du frein, qu’il tend à lever, et l’autre par renvoi sur une poulie au plafond, à gauche de ce pivot, de sorte qu’il tend à abaisser le levier; la différence de tractions est enregistrée sur un diagramme et un manomètre chargé
- -------T
- 7 / V
- —13 9 -
- Fig. 5. — Frein expérimental.
- parle levier. Le serrage’de la bande se règle par une vis (fig. 7) ainsi que le point d’application de son brin de gauche.
- Le réglage de la charge du frein se fait (fig. 6) par un flotteur disposé sous le poids, 0m,610 de diamètre, et plongeant dans un réservoir cylindrique alimenté d’eau par une petite valve de fond actionnée par un régulateur tournant d’accord avec le moteur. Le bas de ce réservoir est, d’autre part, entouré d’un anneau percé de trous que l’on peut amener en regard de trous percés sur les parois du réservoir de manière
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- Fig. fi.
- Fig. 6 et 7. — Détails du frein fig. 5.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- à en régler l’écoulement, de sorte que le niveau du réservoir varie suivant la marche du moteur, et agit sur la charge du levier de manière à éviter les battements dus aux variations périodiques du couple de rotation du moteur. Si le coefficient de frottement du frein change, augmente, par exemple, le poids et le flotteur se soulèvent en augmentant la charge du frein, en même temps que la vitesse du moteur diminue et que le régulateur ferme l’alimentation de son réservoir, ce qui diminue la charge et augmente la vitesse du moteur, ainsi ramenée vers sa valeur première. Si la vitesse
- FiS- 8.
- Fig. 9.
- augmente par suite d’une augmentation de pression, le régulateur augmente la charge du frein en ouvrant la décharge de son réservoir.
- Le laboratoire d’hydraulique est desservi par un réservoir de 60 mètres cubes disposé sur le toit, et qui alimente trois turbines de 20 chevaux environ, des types Girard, Francis et Thomson, aménagées de manière à pouvoir étudier l’influence des variations des aubes sur leur rendement; au sortir de ces turbines, l’eau s’échappe par six déversoirs jaugeurs et est remontée au réservoir par des pompes électriques centrifuges doubles de 250 et 150 chevaux. La dynamo de 120 chevaux actionne, en outre, une pompe alternative capable de refouler à des pressions de 21 kilogrammes, ce qui permet d’étudier l’écoulement de l’eau dans les tuyaux et les valves aux hautes pressions. On peut ainsi faire circuler 13 mètres cubes par minute. Ce laboratoire est, en outre, pourvu d’une rigole en Y de 33 mètres de long, que l’on peut incliner de 1/20, et dans laquelle on peut disposer des tuyaux de manière à y étudier l’écoulement
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- APPAREILS POUR l’ÉTUDE DES MOTEURS.
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- de l’eau sous de faibles charges. Un réservoir d’eau sous pression permet d’étudier l’écoulement de l’eau par les ajutages et l’action des jets. L’on a disposé, pour l’étude de la levée des soupapes des pompes, le type d’indicateur représenté par la ligure 8. Le dispositif (fig. 9) permet d’enregistrer simultanément, dans un compresseur à ammoniaque Linde, les mouvements de la soupape et ceux de sa butée élastique.
- La division des moteurs à gaz et à pétrole possède deux moteurs à gaz de 20 chevaux chacun, deux moteurs à pétrole, et aura bientôt un moteur Diesel. Ces moteurs ont leurs cylindres disposés pour l’application des couples thermo-électriques à l’étude des variations de températures de leurs parois et des gaz en travail; on pourra y étudier, d’une façon complète, l’influence de la compression de la vitesse de marche et du dosage du mélange moteur.
- L’école possède, en outre, des laboratoires très bien outillés pour l’étude des matériaux de construction, des machines-outils, des appareils de tissage, des dynamos et autres appareils électriques, des chaudières et des surchauffeurs.
- Tome 103. — 2e semestre. — Octobre 1902.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- AOUT, SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1902
- De M. Lavaiard,membre du Conseil. Collection du Street Railway Journal, 1888 à 1901,
- Du ministère du Commerce. Statistique des grèves en 1901. In-8°, 400 p. Imprimerie
- nationale.
- Du ministère de l Instruction publique. Inventaire général des richesses d’art de la
- France. Paris et Province. Monuments civils et religieux. 3 vol. in-8°, 500 p. Paris, Plon.
- De la Royal Society, London. Philosophical Transactions, séries A, vol. 197 et 198. Mathématiques et physique, et série B, Biologie, 3 vol. in-4°. Londres, Harrison.
- Le bois et le liège, par M. E. d’Herbert. In-8°, 100 p. Paris, J.-B. Baillière.
- n scia£e des roches par fil hélicoïdal, par M. Fromholt. In-4<>, 12 p. Nancy Humblot. 1
- Bizerte, port franc, par M. F.-V. Delécran. In-8°, 19 p. Tunis, imprimerie Nicolas.
- The Minerai Industry, vol. X (1901). In-8°, 930 p. New-York. Engineering and Mining
- Journal.
- L’élevage du cheval en Normandie, par M. C. Guenaux. In-8°, 300 p. Paris, Baillière.
- The Rothamsted Experiments, Plans and
- summary tables arranged for reference in
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1902.
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- Les richesses minérales des Colonies françaises, par L. Pelatan. ln-8°, 318 p. Paris, Le Soudier, s. m.
- Local Industries of Glascow and the west of Scotland, par Angus Mac Lean. British Association for the advancement of Science. In-8°, 288 p. Glascow, 1901.
- Annuaire de la Législation du Travail. Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie, 4e année, 1900. In-8°, 90o p. Bruxelles, J. Lebègue, 1901.
- Transactions of the Institution of Naval Architects, vol. XLIV. In-4°, 319 p., pl.
- London, H. Sotheran, 1902.
- De la Smithsonian Institution. List of Observatories. — Bibliography of the analy-tical Chemistry of Manganèse (1793-1900). — Index to the Literature of the Spec-troscope (1887-1900). — Chemical Societies of the nineteenth Century. Kathlamet Texts. — Annual Report of the Board of Regents of the Smithsonian Institution.
- Report of the U. S. National Muséum. In-8°, 738 p. Washington government Printing Office, 1902.
- Le 25e anniversaire de la machine Compound, parM. A. Mallet. Brochure in-18, chez l’auteur.
- Association Lyonnaise des propriétaires d’appareils à vapeur. Exercice 4904.
- in-8°, 60 p. Lyon, Stork.
- Les Ports maritimes de l’Amérique du Nord sur l’Atlantique, par MM. Quinelte de Rochemont et Vétillart, 2e partie. In-8°, 389 p. Paris, Dunod, 1902.
- Rapports du Jury international. Exposition de 1900. Éducation et enseignement, lre partie. In-8°, 1032 p. Paris, lmp. nationale, 1902.
- Catalogue de la Bibliothèque du Comité des Forges de France. In-8°, 167 p. Rennes, F. Simon, 1902.
- Bulletin annuel de l’Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, 1901. In-8°, 115 p. Paris, 1902.
- L’Électricité à l’Exposition de 1900, 10° fasc. Éclairage électrique, par A. Bainville. In-8°, 66 p. Paris, Dunod, 1902.
- La Mécanique à l’Exposition de 1900, 7e fasc. Les régulateurs, par M. Lecornu. Les machines marines, par M. G. Richard. In-8°, 48 p. Paris, Dunod, 1902.
- International Engineering Congress, Glascow, 1901. The Institution of Mining Engineers. In-8°, 306 p. Newcastle-upon-Tyne, publishedhy the Institution, 1902.
- Bordereaux de salaires pour diverses catégories d’ouvriers en 1900 et 1901.
- Ministère du Commerce, office du Travail. In-8°, 233 p. Paris, lmp. nationale, 1902.
- L’Industrie française des instruments de précision. In-8°, 271 p. Paris, syndicat des constructeurs en instruments de précision, 1902.
- Nouveau Manuel des impositions, par Arnold Muller. In-8°, 164 p. Paris, Imprimerie des Beaux-Arts, 1902.
- Weinbau und Kellerwirthschaft in Frankreich, par le Dr Zawodny, 2e édition. In-8°, 212 p. Vienne, M. Perles, 1898.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1902.
- La Culture des arbres fruitiers au Tyrol, par J. Zawodny. In-8°, 11p. Paris, Journal de la Société d’Horticidture de Finance, 1902.
- Actualités scientifiques, par Max de Nansouty. In-8°, 304 p. Paris, F. Juven, 1902.
- Minutes of Proceedings of the Institution of Civil Engineers, vol. CXLVUI. In-8°, 494 p. London, 1902.
- De VAdministration des Monnaies et Médailles. Rapport au ministre des finances, année 1902. In-8°, 479 p. Imprimerie nationale.
- Les Ballon^ dirigeables, par M. H. André. In-8°, 340 p., 98 fig. Paris, Béranger.
- Théorie des moteurs à gaz, par M. G. Moreau. In-8°, 224 p., 37 fig. Paris, Béranger.
- De VEncyclopédie Léauté. Les eaux souterraines, par M. F. Miron, et Le ciment armé et ses applications, par M. A. Morel. In-18, 130 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Des Ingénieurs Taschenbuch. Herausgegeben vom Akademischen Verein « Hutte ». 2 vol. In-18, 1200 et 867 p. 1400 f. Berlin, Ernst.
- Traité pratique des cultures tropicales, par M. J. Dybowski, avec préface de M. Tisserand. Vol. I, in-8°, 583 p. Paris, Cliallamel.
- Cours d’électricité théorique et pratique, par M. C. Sarrazin, 2e édition. In-8°, 732 p. Paris, Bernard.
- La Machine à vapeur moderne, par M. Dwelshauvers-Dery. Brochure, in-8°, 24 p. Liège, H. Poncelet.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Septembre au 15 Octobre 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. ... Annales de la Construction.
- ACP. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dot. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E..........................Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Ce.........................Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le................Industrie électrique.
- 1m . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- IME. . . . Institution of Mechanical Engi-
- neers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms.. . . . Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.. . . . Nature (anglais).
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri . . . . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs. . . . Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL.. . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
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- Ru.. . . . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- SA.. . . . Society of Arts (Journal of the).
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- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(Bull.).
- Sie. . . . . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse
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- SL.. . . . Bull, de statistique et de législation. . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
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- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZOI. . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Yereins.
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- 578
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1902.
- AGRICULTURE
- Avoine. Culture au Parc des Princes en 1902 (Grandeau). Ap. 25 Sept., 403.
- — et blé de printemps. Traitement par
- l’eau chaude. Id., 407.
- Bétail. Race bovine de Jersey. Ap. 20ct., 444.
- — Assurance par l’État. Ag. 11 Oct., 580. Blé. Rendement des meilleures variétés. Ag.
- 11 Oct., 578.
- Champs d’expériences et stations agronomiques (Grandeau). Ap. 18 Sept., 365. Commerce agricole avec l’Angleterre. Ag., 4 Oct., o3o.
- Dësillage mécanique des graines de conifères. Ap., 2 Oct., 436.
- Engrais. Superphosphate de chaux. Réversion dans le sol. CN. 3 Oct., 170.
- Fumagine (La). Ag. 27 Sept., 499; 3 Oct., 540.
- — La nitrification (Lipman). Ms. Oct., 772. Lait. Traite mécanique des vaches à Jersey
- Farm. Ag. 20 Sept., 447.
- — Institut de contrôle des beurres de la
- Frise. Ap. 25 Sept., 408.
- — Influence de l’alimen talion sur la teneur du lait en matières grasses (Malpeaux). Ag. 27 Sept., 492.
- — Exploitation laitière en Beauce. Ap.
- 2 Oct., 434.
- Lupin jaune. (Culture du) (Dehérain et De-moussy). CR. 15 Sept., 445.
- Orge. Nouvelle variété. Ag. 20*S<?pG, 461.
- — Culture au Parc des Princes. Ap. 9 Oct.,
- 467.
- — Albert. Ap. 25 Sept., 412.
- Pellagre et mais en Italie (Ronna). Ap. 18 Sept., 375.
- Plantes nuisibles (Destruction des). Ap. 9 Oct., 473.
- Pomme de terre. Sélection actuelle d’une semence de choix (Parisot). Ap. 18 Sept., 373.
- Safran. Culture dans leGâtinais. Ap. 18 Sept., 384.
- Vanille. Culture et commerce. Ef. 11 Oct., 488. Vignes. Labour en coteaux, Appareil Picard-Ap. 2 Oct., 449.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de Tamatave-Tananarive. Mission d’étude. Gm. Août, 157; Sept., 220.
- Chemins de fer du Panama. E'. 10 Oct. 343.
- — de l’Engadine. Gc. 4 Oct., 357.
- — américains (Exploitation des). E'. 19
- Sept., 287; 3,10 Oct., 335, 357.
- — Électriques. Manhattan. Ry. New-York.
- Gc. 13. 20, 27 Sept., 309, 332. 340.
- — — Métropolitain de Paris. Ac. Oct.,
- 146.
- Éclairage éleetrique des trains en Allemagne. E. 10 Oct., 480.
- — Stone. Yecarino. Auvert. Kull (Jacquin)
- EE. 20 SepC, 417.
- Locomotives de banlieue New-York Central, E. 26 Sept., 410.
- — Américaines (Oudet). RM. Sept., 217.
- — Classification. E'. 3 Oct., 331.
- — Tender du Llanelly. Mynydd. Ry. E’.
- 3 Oct., 326.
- — (Echappement des). Rt. 10 Oct., 289.
- Saillot et Bézier. Gc. 27 Sept., 351.
- — Foyers cylindriques. E1. 3 Oct., 320.
- — Tiroirs cylindriques (Smith). RM. Sept., 262.
- — Ruptures d’entretoises sur les locomotives américaines, Rgc. Août, 275.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles en 1902 (Lavergne). Rgds. 15, 30 Sept., 811, 853.
- — Électriques, régulation de la vitesse. Lo. 11 Oct., 648.
- — au pêtrol Charron. Girardot. Voigt. Lo.
- 20, 27 Sept., 597, 616 ; 11 Oct., 646.
- — à vapeur Serpolet. Lo. 27 Sept., 609;
- 4 Oct., 633.
- — Bandages. Ri. 27 Sept., 382; 4, 11 Oct., 398, 408. Bryder. Lo. 4 Oct., 637.
- — Roues. Ri. 20 Sept., 375.
- — Suspension Churchill. E. 3 Oct., 455. Tramways électriques du South' London. E.
- 3 Oct., 431.
- — Chute de potentiel sur les rails. Elê.
- 4 Oct., 211.
- — Retour par les rails Kapp. Gc. 4 Oct., 368.
- Poste électrique Piscicelli-Taeggi. E. 20 Sept., 419.
- Routes. Résistance de traction. E'. 19 Sept. 277. E. 3 Oct., 457.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1902.
- 579
- Vélos. Recherches dynamiques sur les (Rin-gelmann). RM. Sept., 209.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides sulfurique, procédé au contact. Kep-peler. Cs. 15 Sept., 1137. Concentration Chapuis. Ln. 10 Oct., 298.
- — gras fixes, variation du poids moléculaire
- (Philippe). Ms. Oct., 728.
- — perchlorique et périodique (Astruc et
- Murgo. ScP. 5 Oct., 929.
- Alcool. Éclairage et chauffage (Arrachequesne). IC. Août, 159.
- Atmosphère (Gaz de ]’). Rarnsay. Rgds. 15 Sept., 804.
- Azote. Stéréochimie (Reychlié). ScP. 5 Oct., 974.
- Brasserie. Divers. Cs. 25 Sept., 1147. Céramique. Fabrication de la brique de grès. Rs. 4 Oct., 427.
- Chaux et Ciments. Suffo-aluminates de chaux et décomposition des ouvrages en Portland à la mer. Le Ciment Sept., 181.
- — Essais des Portland. Méthodes des ingénieurs allemands. Le Ciment. Sept.> 136.
- — Fabrication et essai du Portland. Z01, 3 Oct., 657.
- Cobalt (Nouveau siliciure de) (Lebeau). CR.
- 22 Sept,., 475, ACP. Oct., 271. Cristallographie. Solutions basées sur la trigonométrie plane et sphérique (Pen-fîeld). American Journal of Science, Oct., 249.
- Diamants phosphorescents (Gladstone). CN.
- • 10 Oct., 176.
- Eau distillée. Action sur le plomb. CN. 3 Oct., 168.
- — potables, purifications Guichard. ScP.
- 5 Oct., 941.
- — oxygénée (Dérivé de F) (Fosse). CR.
- 6 Oct., 530.
- Égouts. Epuration des eaux à Wenderyne et à Brune (procédé Boyer). Gc. 13 Sept., 317.
- — de Glasgow. E'. 3 Oct., 324.
- — de Manchester (Fowler). E. 10 Oct., 491, Enzymes. Action synthétique (Armstrong) CN.
- 3 Oct., 166.
- Exposition de 1900 (Produits chimiques à F) (Gloess et Bernard). Ms. Oct., 709. Essences et parfums. Cs. 15,30 Sept., 1150, 1193.
- — de jasmin, de fleur d’oranger, de rose,
- de citron. Ms. Oct., 752-769.
- — de'verveine (Theulier). Rcp. 5 Oct., 524.
- — de badiane, ScP. 5 Oct., 987.
- Froid. (Science du)j(Dewar). Rs. 4,(11 Oct., 417, 456.
- Gaz d'éclairage. Gazomètre à guidage par câbles Godinet. Ri. 11 Oct., 403.
- Gaz (Explosion des), mouvements de la flamme (H. B. Dixon). RSL. 20 Sept., 471.
- — de méthane-hydrogène, installation à
- Sligo. Cs. 30 Sept., 1178.
- Glucosces. Recherches synthétiques (Armstrong). CN. 3 Oct., 167.
- Gouttes liquides. (Formation des) et lois de Tate (Guye et Perrot). CR. 15 Sept., 459. Houille. Pouvoir calorifique (Goûtai). CR. 22 Sept., 477.
- Hydrogène liquide. Pression de vapeur. Rso. 20 Sept., 488.
- Iridium. Azotites doubles. ScP. 5 Oct., 936. Laboratoires. Indicateur acidimétrique Simon. CR. 8 Sept., 437.
- — Arsenic. Traces dans la bière (Thomson). CN. 18 Oct., 179.
- — Dosage volumétrique du sélénium (Friedrich). Cs. 30 Sept., 1195.
- — — de l’ammoniaque dans les produits
- végétaux (Sellier). Rcp. 5 Oct., 526.
- — — de l’acide bromique par Faction
- directe de l’acide arsénieux (Gooch et Blake). American Journal of Science. Oct., 281.
- — — de Falcool en solutions étendues
- (Argenson). ScP. 5 Oct., 1000.
- — Analyse électrolytique, moyen d’en reconnaître la fin (Dauvé). Pc. 15 Oct., 371.
- — Unification des méthodes d’analyse (Blount). CN. 10 Oct., 177.
- — Titrage des pepsines (Maquaire). Ap.
- 1 Oct., 289.
- Litopone (Analyse du) (Coffignes). ScP. 5 Oct., 943.
- Oxygène liquide. Pression de vapeur. RSL. 20 Sept., 487.
- Perchlorurède fer. Action sur l’acide salycilique, le salycilate de méthyle, l’hydrure de
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- 580
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1902.
- salicyle et les composés phénoliques (Desmoulière). Pc. la Sept., 241.
- Papier. Divers. Cs. 30 Sept., 1192.
- Photogravure (La). (Geddes). SA. 3 Oct., 833. Poids atomiques et théorie de Prout (Hollins). CN. 19 Sept., 147.
- Radio-activité. Des composés du thorium (Rutherford et Soddy). CN. 3 Qct.,
- 169.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 13-30 Sept., 1145, 1188.
- Teinture. Divers. Cs. 13-30 Sept., 1129, 1180. MC. 2 Oct., 261, 269.
- — Solubilité du bleu de Prusse (Wyrouboff).
- SeP, 5 Oct., 940.
- — Matières colorantes artificielles, progrès
- en 1900 et 1901 (Suais). Ms. Oct., 737.
- — Taches spontanées des soies (Sisley).
- MC. 1er Oct., 239.
- — Rouge turc, ancien procédé. Id., 232,
- 259.
- — Analyse spectrale, application à la tein-
- ture (Pokorny). MC. 1er Oct., 247. (Lefèvre). Id., 251.
- Températures (Mesure des) (Travers. Senter. Jaquerod. Ramsay). RsL. 20 Sept., 484.
- Théorie atomique sans hypothèse (Divers).CN. 19 Sept., 144.
- Titane (Métallurgie du) (Rosse). Fi. Oct., 241. Vanadium. (Siliciure de) (Moissan et Holt). ACP-Oct., 277.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Afrique du Sud au point de vue de l'ingénieur. E'. 2-10 Oct., 519, 341.
- Alcoolisme et monopole de l’alcool en Russie. Rgds. 15 Sept., 830.
- Assurance des veuves et orphelins. Principes d’organisation (Bellom). Rso. 1 Oct., 495.
- Brevets. Loi du Canada. E. 19 Sept., 383.
- Congo belge. Progrès de la colonisation. Rso.
- 16 Oct., 559.
- Colonies françaises. Relations maritimes avec la France et l’étranger. Ef. 20 Sept., 386. Divorce. Résultats de la loi du. Ef. 4-11 Oct., ^ 459, 490. j
- Éducation technique ([’) (Pary). E. 26 Sept., 427. 1
- École municipal de technologie de Manchester.
- ' E. 10 Oct., 466.
- Émigration européenne. Elïets sur la législation des différents pays. Ef. 27 Sept., 422.
- Impôts. Poussée socialiste. Ef. 20 Sept., 383. Jeunesse universitaire américaine. Rso. Oct., 586.
- Inde anglaise. (Ancienne et nouvelle industrie dans T) (Métin). Musée social. Août. Lyon. Commerce et industrie dans la régiou lyonnaise. Ef. 20 Sept., 385.
- Femmes et enfants. Réglementation du travail. Ef. 4 Oct., 451.
- France. Fortune française à l’étranger. Ef. 4 Oct., 449.
- — Budget de 1903. Id., 11 Oct., 483.
- — Perfectionnement du système fiscal. Ef. 11 Oct., 483.
- Grève du charbon aux États-Unis. E'. 10 Oct., 351.
- Retraites ouvrières (H. Valleroux). Rso. 16 Oct., 545.
- Navigation de l’Atlantique. E. 10 Oct., 479. Production économique (de la). E. 26 Sept., 415.
- Propriétés immobilières à Paris. Variations depuis 150 ans. Ef. 20 Sept., 381. Salaires et eoiit de la vie en France à la fin du xixe siècle. Ef. 27 Sept., 419. Trusts aux États-Unis. Ef. 11 Oct., 485. Verriers champenois. Rso. 16 Sept., 433.
- CONSTRUCTION ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton frettê.Résistance à la compression (Considère). CR. 8 Sept., 415.
- Maçonneries. Machine à poser les briques Ivnight. E1 27 Sept., 309.
- Ponts en maçonnerie du Pennsylvania Rr. E’. 27 Sept., 308.
- — militaires pour torrents. Glc. Sept., 193.
- — Lançage de la superstructure du viaduc
- d’Avignon. Rgc. Oct., 261.
- — Reconstruction d’un pont de chemin de
- fer à Mayence. E1 10 Oct., 344.
- Tunnel du Simplon. E’. 27. Sept., 298.
- Voûtes (Calcul des). Ac. Oct., 158.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- OCTOBRE 1902.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur l’Étampé. le. 10 Oct., 447. Chauffage électrique à Davos Platz. Elé. 20 Sept., 182; 4 Oct., 215.
- Circuit alternatif. Élévation du potentiel (Bauny). Elé, 4 Oct., 219.
- Coupe-circuit pour hautes tensions. Pontredg. Elé. 27 Sept., 199.
- Distributions en grand (Earle). EE. 20 Sept., 445.
- — Sous-station à quatre commutateurs de 300 kw. Thomson-Houston. Elé. 27 Sept., 200.
- — par alternatifs triphasés à Bernau. le.
- 10 Oct. 442.
- Dynamos polyphasées (Les) (Eborall). EE. 20 Sept., 440.
- — Asynchrone Gratzmuller. le. 10 Oct., 437.
- — (Utilisation des matériaux dans la cons-
- truction des) (S. P. Thomson). le. 10 Oct., 439.
- Éclairage de Tivoli. EE. 20 Sept., 413.
- — Gare de la Sudbahn Vienne. EE. 11 Oct., 53.
- — Arc. Lampe Bremer. EE. 4 Oct., 26. Électro-Chimie. Affinage du cuivre. Ln. 20 Sept., 243.
- — Attaquabilité du platine et du platine-iridium dans l’électrolyse de l’acide chlorhydrique. EE. 11 Oct., 59.
- — Divers. Gs. 15 Sept., 1143, 1185.
- — Aluminium. Cs. 30 Sept., 1186.
- — Recherches expérimentales sur les ions
- libres en dissolutions électrolytiques (Obsen). American journal of Science. Oct., 237.
- Foudre (Protection contre la). EE. 20Sept., 435. Magnétisme induit dans le fer par des courants oscillant rapidement (Varley). EE. 20 Sept'., 437.
- Mesures. Système d’unités électromagnétiques.
- George. EE. 20 Sept., 431.
- Farafoudre (Rôle des résistances dans les). Elé. 27 Sept., 196.
- Piles. Recherches fondées sur l’action réciproque de deux liquides salins. (Ber-thelot). AcP. Oct., 145.
- Résistances des corps peu conducteurs aux très basses températures (von Aubel). CR. 15 Sept., 456.
- Stations centrales Suisses. E'. 27 Sept., 296. — Américaines. Résultats. Ri. 4 Oct., 397. — Usine hydro-électrique de S‘-Georges (Aude), le. 25 Sept., 413.
- — de Paris. Ef. 27 Sept., 424.
- — Installation à 50 000 volts de Missouri River. le. 25 Sept., 428.
- Télégraphie sans fil (Espitalier). Gc. 13-20 Sept., 313, 329.
- Téléphonie. Variation de tension du fil téléphonique (Vendeuren). EE. 4 Oct., 14.
- Transformateurs. Essais par stations centrales. Elé. 20 Sept., 177.
- Transmission. Limite physique (Adams). EM. Oct., 9.
- HYDRAULIQUE
- Captage des sources (Ringelmann). Ap. 2-9 Oct., 443, 475.
- Congrès de la houille blanche à Grenoble. Gc. 11 Oct., 384.
- Eaux d’Edinbourg. E'. 2 Oct., 319.
- Pompesde Johannesthal-Berlin. VDI. 20Sept., 1429.
- — diverses à l’Exposition de Dusseldorf. Dp.
- 27 Sept., 613.
- — Davey de la Trent Valley. E' 26 Sept.,
- 295.
- — pour liquides épais. Faveur. Ri. 27 Sept,,
- 381.
- Tube de Pilot et anémomètre de Woltmann.
- Théorie (Rateau). AM. Juillet, 75. Turbines. Théorie (Hecdebrock). Dp. 4 Oct., 629. Franeis. Ap. 2 Oct., 447.
- MARINE. NAVIGATION
- Gouvernail propulseur Vogt. Ln. 20 Sept., 241. Machines mannes. Turbo-navire Queen Alexandra. E. 19. Sept., 373.
- — Triple expansion pour yacht. Day Sum-
- mer. E. 26. Sept., 245.
- Marines de guerre américaine. Rmc. Sept., 1648, 1676, 1678, 1733, 1770.
- — Anglaise. Rmc. Sept., 1655 1763.
- — Allemande. Ici. 1756.
- — Française Et. 3 Oct., 321 (Manœuvres
- de la). E. 30 Sept., 383. Croiseur Kléber. E'. 3 Oct., 332.
- — Russe. Rmc. Sept., 1641.
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-
- 582
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES, ----- OGTORRE 1902.
- Marines de guerre. Suédoise. Contre-torpilleur Mode. E. 19 Sept., 369.
- — Les Destroyers. lime. Sept., 1723.
- — Vitesse des cuirassés. Rmc. Sept., 1711. — Puissance des nouveaux bâtiments. Rmç. Sept., 1733.
- Navigation clu canal (Histoire de la). E'. 19 Sept., 272.
- Navires rapides (Résistance des). E1. 3 Oct., 326.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Le général Meusnier et les ballons dirigeables. Gm. Août, 133.
- — et aviation (Berthomier). Bam. Sept.,
- 1115.
- — Expériences du Méditerranéen. Rs.Espi-tallier. 4 Oct., 430.
- — Aviateur Ferber. Lo. Il Oct., 651. Broyeurs divers. Rt. 25 Sept., 273.
- — Moustier. Ri. 11 Oct., 405.
- Calibreurs de tubes FurhamClarke. E’. 19Sept., 284.
- Changement de vitesse (Gariàer et Touroude). Lo. 27 Sept., 618.
- Compresseurs Daw. E. 26 Sept., 408.
- — Compound-Corliss américain. E. 3 Oct., 442.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 27
- Sept., 1456.
- Coussinets en antifriction (Frottement des) Strebeck. VDI. 20-27 Sept., 1432,1463. Courroie. Chaîne Getting. Ap. 25 Sept., 416. Chaudières. Cheminées (Construction des) (Leupold). Dp. 4 Oct., 636.
- — Grille Wagner. Ri. 27 Sept., 386.
- — Soupape de sûreté Cockburn. E. 10 Oct., 487.
- Froid. Application à l’alimentation. Ef. 27 Sept., 426.
- Imprimerie. Électro-typographe Rozar. le. Août, 186.
- Indicateur Mestner. Dp. 20 Sept., 610.
- — Petavel. E1. 10 Oct., 342.
- Levage à l’Exposition de Dusseldorf. Dp. 27 Sept., 621; U Oct., 1526, 1349.
- — Ascenseurs (Régulateurs d’). AMa. 4
- Oct. 1330. [Électriques (Otis, Pifre, Stiegler, Siemens). EE. 4 Oct., 5.
- — Grue de 40 tonnes (Slohert et Pratt).
- E'. 19 Sept., 287.
- Levage. Grue à charbons (Ransome). E. 26 Sept., 412.
- — — Grues électriques. VDI. 20 Sept.,
- 1421.
- — — (Thomson-Houston, Bernather). EE.
- 11 Oct., 37.
- — — mobiles (Équilibre des). AMa. 4
- Oct., 1329.
- — Manutention des charbons (Hauffstan-
- gel). Dp. 20 Sept., 597.
- — — (Bulde). VDI. 27 Sept., 1470.
- — Transporteurs Armand et Koch. Pm.
- Oct., 157.
- Machines-outils. Ateliers delà General elec-tric C° (Schenectady). AMa. 20 Sept., 1232.
- — — de la Compagnie de l’Est à Épernay.
- Rgc. Oct., 229.
- — — du G. W. Ry à Swindon. E1. 3 Oct.,
- 325.
- — — Belliss. E. 30 Sept., 371.
- — — (Science des) (Taylor). E. 19 Sept.,
- 394.
- — — L’outillerie. E\ 27 Sept., 293.
- — — (Administration des). EM. Oct., 89,
- 98; E. 10 Oct., 342.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 14
- Oct., 1508.
- — Dresseuse de barres et tubes (Platt).
- Ri. 11 Oct., 406.
- — Étampe (Fabrication à T). RM. Sept.,
- 268, 283. Capsulismesprofonds. AMa.
- 4 Oct., 1338.
- — Étau Jones. Ri. 20 Sept., 376.
- — Fraiseuse Brown et Sharpe. RM. Sept.,
- 270.
- — — Hulse et Bâter. Id. 272.
- — Marteau pneumatique Boché. RM. Sept.,
- 274.
- — — pilon à l’Exposition de Dusseldorf.
- Ri. 4 Oct., 493.
- — Meulage (Le) (Horner). E. 19 Sept., 365;
- 10 Oct., 463. RM. Sept., 274.
- — — Dangers des meules. Pm. Oct., 146.
- — Perceuses (Travail des). AMa. 4 Oct.,
- 1334.
- _ — Cincinnati (Taraudeuse). AMa. 20
- Sept., 1283.
- — — pour rails Niles. E’. 27 Sept., 314.
- — Presse à mouler Deering. RM. Sept.,
- 287.
- — Tour rapide (Ryder). Eh 27. Sept., 308.
- p.582 - vue 578/870
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1902.
- 583
- Machines-outils (Barnes). RM. Sept., 299.
- — — à manivelle. Capitaine et Baer. RM.
- de St., 297.
- — — Vertical (Ducommun).JcL 299.
- — — Revolver (Foster, Hanson, Hart-
- ness). RM. Sept., 292.
- — Raboteuses Frier, Cunlife. RM. Sept.,
- 288.
- — Taraudeuse pour écrous Ferry. RM. Sept. 289.
- — Taraud ajustable Graves. Id. 291.
- — — Wharton. E'. 3 Oct., 332.
- — Vis (Machines à) (Davenport). RM. Sept.
- 273.
- Moteurs à vapeur à l’Exposition de Dusseldorf. Dp. 20 Sept., 605. Gc. 20 Sept., 325.
- — — 600 chevaux verticale Dingler. E.
- 26 Sept. 399.
- — — des tramways de Glascow. E'. 27
- Sept. 307.
- — — Machines à vapeur mixtes (Thur-
- ston.) Fi. Oct., 291.
- — — (Rendement des) (Weighton). RM.
- Oct., 258.
- — — Distributions Cockeril et Savage-
- Hopper. RM. Sept,, 301.
- — — Condenseurs Weiss. VDJ. 27 Sept.,
- 1450; 4 Oct., 1494.
- — — — éjecteur Schutt. RM. Sept., 300.
- — à gaz à Dusseldorf. VDJ. 4 Oct., 1489.
- — — Évaluation de la consommation
- (Deschamp). IC. Août, 205.
- — — Niel (Moreau). IC. Août, 250.
- — — Letourbe (Dulac). Bam. Sept., 1194.
- — — avance à l’échappement réglables
- (Bourdiou). Lo. 20 Sept., 603.
- — — Théorie de l’explosion (Wimperis).
- E. 10 Oct., 490.
- — — Les premiers moteurs (Delphien).
- Bam. Sept., 1213.
- — — Vogt, Hoerbiger et Rogler, Winter-
- thur. RM. Sept., 30i.
- — — Soupapes Bellamy, Deutz. RM Sept.,
- 306.
- — — Mise en train Liet et Claudel. RM.
- Sept., 308.
- — — Réglage des courants électriques
- fournis par les moteurs à gaz (Lauriol). EE. 11 Oct., 66.
- — — Gaz de hauts fourneaux Korting,
- 500 chev. E. 26 Sept., 410.
- Moteurs à vapeur.Gazogène Pierson. Éclairage de Turin. Ri. 20 Sept., 374.
- — à pétrole Diesel. RM. Sept., 310.
- — — Pompes à pétrole d’Augsbourg.
- Metcalfe, RM. Sept., 308.
- — — Réglage Mors. Ici. 311.
- — à alcool Coupan. IC. Août, 182. Résistance des matériaux. Détérioration
- de l’acier par les vibrations. E’. 19 Sept., 271.
- — Détermination de la dureté (Brinell).
- Rt. 23 Sept., 280.
- — Cuivre, fer, aluminium, bronzes aux
- hautes températures (Dettenberger). VDJ. il Oct., 1532.
- MÉTALLURGIE
- Alliages (Nature des). CN. 10 Oct., 176. Aluminium (Alliages d’) (Guillet). Gc. 11 Oct., 377.
- Charbon de bois dans la région des lacs. E. 26 Sept., 417.
- Fer et acier à l’Exposition de Dusseldorf. VDJ. 20 Sept., 1413.
- — Aciéries du Japon. E. 3 Oct.., 449.
- — — de Guttnaffnungshutte. VDJ. ilOcL,
- 1539.
- — En Amérique (Bases de l’industrie eu) (Brown). EM. Oct., 1.
- — Fabrication de l’acier Thomas. Pm. Oet., 158.
- — — électro-thermique à Kerrouse, procédé Relier. EE. 11. Oct., 45.
- — Emploi de [l’électricité dans les furges (Bigge). E. 10 Oct., 489.
- — Fours Siemens-Martin américains. Gc. 27 Sept., 343.
- — Hauts fourneaux (Construction des) (Stevenson), E’. 3-10 Oct., 321, 347.
- — — de Cette. Gc. 11 Oct., 373.
- MINES
- Ardoisières. Transformation dans l’exploitation. Ln. 11 Oct., 291.
- Colombie britannique. Richesses minérales. EM. Oct., 64.
- Electricité. Installation des mines de Boléo (Mexique). Gc. 27 Sept., 341. Épuisement à l’Exposition de Dusseldorf. Dp. 27 Sept., 613.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1902.
- Grisoumètre électrique (Essai d’un) (Léon). AM. Juillet, 49.
- — Explosion de grisou à la mine « Universal ». ld., 33.
- — Feux dans les mines d’Aubin-Decaze-
- ville. Gc. 4-11 Ocl., 365, 382.
- Houille. Lavage à Cokedale. Eam. 20 Sept., 373.
- — Fabrication des briquettes Schuhter-
- mann. E. 3 Oct., 435, 441.
- — Théories des puits et galeries (Brackett).
- Eam. 20-27 Sept., 375, 407.
- Malaeate mexicain. Eam. 27 Sept., 410. Mercure. Dépôt de Big Bend (Texas). Eam. 6 Sept., 305.
- Or. Nouvelles mines au Transvaal. Eam. 20 Sept., 377.
- Pétroles de Beaumont (Texas). Fi. Oct., 263. Plomb. Mines de Joplia. Eam. 27 Sept., 405. Perforatrice Grant. Ri. 11 Oct., 401.
- Vancouver (Industrie minérale à). Eam. 6 Sept., 309.
- line. District de Crittenden (NY). Eam. 27 Sept., 413.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 101e ANNÉE
- NOVEMBRE 1902.
- BULLETIN
- D E
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Brull, au nom du Comité des Arts mécaniques.
- Compteur à eau en celluloïd de M. P. Samain, ingénieur-constructeur,
- 108, avenue Victor-Hugo, à Clamart (Seine).
- M. Samain, ingénieur-constructeur, membre de la Société, lui a présenté un compteur à eau en celluloïd, pour lequel il a pris un brevet en 1901.
- Ce compteur est du type connu depuis une douzaine d’années sous le nom de compteur à disque.
- Nous rappellerons que, dans ce système de compteur, le mesurage de l’eau s’effectue au moyen d’un disque en forme de tronc de cône très ouvert, oscillant de façon que sa tranche circulaire reste en contact sans frottement appréciable avec la surface intérieure d’une chambre demi-sphérique. Il est muni d’un genou sphérique qui roule dans un logement de même forme ménagé dans le fond de la chambre. Le disque tronconique a toujours une des génératrices de sa face inférieure dans le plan qui constitue le fond de la boîte et une des génératrices de sa face supérieure en contact avec un cône fixe qui ferme cette boîte à sa partie supérieure.
- Le disque roule ainsi en divisant toujours en deux parties égales la chambre. Ce disque est fendu suivant une génératrice pour embrasser avec Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902. 39
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- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1902.
- un jeu suffisant une cloison verticale fixe qui sépare les orifices d’arrivée et de sortie.
- L’eau, en pénétrant dans le compteur, fait rouler le disque qui démasque alors l’orifice de sortie que l’eau gagne en contournant la cloison fixe. Il revient ensuite à sa position primitive en délivrant une seconde quantité d’eau égale à la première. Une tige formant corps avec le genou du disque attaque le toc d’une minuterie qui compte en mètres cubes les quantités d’eau délivrées par chaque oscillation du disque.
- L’eau, à son entrée dans le compteur, traverse une grille qui arrête les corps en suspension. On comprend combien il est important de n’admettre que de l’eau propre afin que les contacts du disque soient toujours assurés.
- M. Samain a approprié ce type de compteur au mode de fabrication que comporte l’emploi du celluloïd en remplacement des métaux employés usuellement.
- Le celluloïd est bien connu de la Société ; il a fait l’objet d’un important rapport de M. Vincent en 1881. C’est un produit remarquable, obtenu par la dissolution de la pyroxyline ou dinitro-cellulose dans un mélange d’alcool et de camphre. Il se moule facilement à chaud, entre 80 et 100°, et reprend toute sa dureté en se refroidissant.
- Le celluloïd est suffisamment résistant pour remplacer le laiton sans augmentation d’épaisseur. Il donne à sec un frottement considérable, mais il n’en est pas de même quand les surfaces en contact sont mouillées par l’eau.
- C’est une substance qui ne se déforme ni par une variation modérée de température, ni sous l’influence de l’humidité. Elle fournit par moulage sous pression des surfaces d’une grande netteté. Enfin, son poids spécifique varie de 1,30 à 1,45.
- On comprend qu’un compteur à eau potable composé dans toutes ses parties de pièces en celluloïd offre, au point de vue de l’hygiène, des avantages précieux. Il supprime les oxydes de cuivre et de fer, et le nettoyage en est facile.
- De plus l’appareil, à volume égal, est de cinq à six fois moins lourd qu’un compteur en métal. On peut le construire avec précision à l’aide de simples moules en acier, sans aucun ajustage, et ce mode de fabrication est fort économique. M. Samain estime que, malgré le prix assez élevé du celluloïd, il pourrait livrer des compteurs à des prix moins élevés d’un cinquième que ceux des compteurs en métal.
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- COMPTEUR A EAU EN CELLULOÏD.
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- Fig. 1 à 4. —Compteur en celluloïd Samain.
- Coupes AB et cd, détail de la minuterie: A, entrée; B, sortie de l'eau; DD'D", disque roulant dans l’enveloppe b, où l’eau entre par les trous t et sort par V suivant Att'B ; C, cloison fixe; m’, axe portant un carrelet rn fou, et conduisant par la coulisse m" l’axe o de la minuterie.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- NOVEMBRE 1902.
- La légèreté du seul organe mobile et l’absence de toute garniture donnent à l’appareil une grande mobilité. M. Samain affirme qu’un compteur d’appartement n’exige, pour son fonctionnement, qu’une perte de charge de 40 millimètres.
- Le compteur d’eau en celluloïd est une nouvelle création d’un mécanicien réputé, qui vous est bien connu depuis 1861, et auquel la Société a décerné plusieurs récompenses.
- Nous vous proposons de remercier M. Samain de son intéressante communication et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin avec les figures et légende nécessaires.
- Signé : Brull, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 14 novembre 1902.
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- ARTS CHIMIQUES
- l’industrie du ciment portland, par M. E. Candlot
- Le ciment Portland est le produit de la mouture de roches scorifiées obtenues au moyen de la cuisson jusqu’à ramollissement d’un mélange intime de carbonate de chaux et d’argile rigoureusement dosé, chimiquement et physiquement homogène dans toutes ses parties.
- Le ciment Portland est donc un véritable produit chimique préparé à l’aide de formules bien déterminées. Les éléments essentiels qui le constituent sont la chaux, la silice et l’alumine ; accessoirement il contient de Poxyde de fer, de la magnésie, du sulfate de chaux et parfois de la potasse, de la soude, de l’acide titanique, du manganèse.
- Voici en quelques lignes quelles sont les réactions qui se produisent, d’abord pendant la cuisson, et plus tard sur le ciment mis en œuvre et mélangé avec l’eau :
- Sous l’influence de la chaleur, le carbonate de chaux est décomposé, puis vers 1000° la silice et l’alumine réagissent sur la chaux libre et se combinent avec elle pour former de l’aluminate et du silicate de chaux. Les réactions ne deviennent complètes que vers 1 500 à 1 600° quand toute la masse a subi un commencement de fusion. La silice et l’alumine se combinent chacune avec trois équivalents de chaux.
- Quand le ciment est réduit en poudre fine et qu’il est mis au contact de l’eau, l’aluminate de chaux le premier cristallise par simple hydratation; c’est ce sel qui produit la première prise du ciment ; selon que sa cristallisation est favorisée ou gênée par les circonstances qui accompagnent le gâchage du ciment, sels en présence, température, etc., la prise est plus ou moins rapide. Puis le silicate tricalci que est décomposé par l’eau ; il abandonne deux équivalents de chaux qui donnent naissance aux cristaux d’hydrate de chaux visibles dans presque tous les mortiers de ciment ; le silicate monocalcique cristallise en fixant de l’eau. C’est ce silicate qui, par sa formation lente et par son abondance, produit le durcissement progressif du ciment; il en est, par conséquent, l’élément le plus'important.
- Connaissant les combinaisons formées par la silice, l’alumine et la chaux, il était possible d’établir des règles précises pour la préparation du ciment. Pendant
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- ARTS CHIMIQUES.
- NOVEMBRE 1902.
- longtemps on s’est contenté de données empiriques et l’on n’arrivait pas toujours à obtenir des produits bien réguliers ; c’est ce qui a favorisé la réputation de certains ciments fabriqués avec des matières premières bien homogènes ou d’un traitement facile. Aujourd’hui on peut arriver partout où l’on trouve des matières convenables à fabriquer des ciments ayant exactement les mêmes qualités.
- Les matières premières généralement employées sont tantôt des calcaires purs et des argiles, tantôt des calcaires plus ou moins riches en argile : ces matières sont tendres ou dures ; les premiers ciments ont été fabriqués avec de la craie et de l’argile, puis on a utilisé des marnes argileuses tendres ; maintenant on emploie les matériaux les plus divers pourvu qu’ils ne contiennent que les éléments dont nous avons parlé plus haut.
- La fabrication du ciment comporte trois phases principales : le mélange des matières premières, la cuisson, la réduction en poudre du ciment cuit.
- I^Préparation des matières premières. — Les matières premières doivent être traitées, suivant leur nature, de différentes façons. Il existe deux méthodes principales de traitement : la voie humide et la voie sèche.
- La première est employée quand le calcaire et l’argile peuvent se délaye r facilement dans l’eau; la deuxième est utilisée quand on a affaire à des calcaires durs.
- C’est par la voie humide que les premières usines ont fonctionné ; toutes les usines anglaises, la plus grande partie des fabriques françaises et celles du nord de l’Allemagne emploient ce procédé.
- Les matières, généralement craie et argile, sont jetées dans des bassins où elles sont brassées énergiquement avec l’eau par des herses ou des agitateurs puissants. Les matières mises en suspension dans l’eau sortent du bassin en traversant des tamis à mailles serrées ; toutes les substances solides qui ne peuvent pas se délayer restent dans le bassin.
- La pâte très claire sortant du délayeur contient de 60 à 80 p. 100 d’eau. Dans toutes les usines, sauf en France, on se contente de doser les matières en poids ou en volume avant de les jeter dans les délayeurs ; il n’y a ensuite aucune correction et si une erreur est commise, elle est irréparable.
- En France on utilise toujours à la suite du délayeur des bassins doseurs ; ce sont de grands réservoirs de 50 à 150 mètres cubes de capacité dans lesquels des agitateurs produisent un mélange parfait de tout le contenu. Quand un bassin est rempli, on prélève un échantillon qui est analysé rapidement ; si le résultat est bon, on envoie le contenu du bassin aux séchoirs. Dans le cas contraire, on fait la correction nécessaire en ajoutaut une certaine quantité de lait plus calcaire ou plus argileux. Ce système permet d’obtenir une régularité de dosage absolue et donne une très grande sécurité.
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- l’industrie du ciment portland.
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- Le mode de traitement des matières par voie humide est simple et peu coûteux; avec trois délayeurs et 3 ou 4 bassins doseurs on peut facilement traiter 200 tonnes de craie et d’argile par jour avec 2 ou 3 ouvriers seulement. La force motrice nécessaire est aussi beaucoup moindre qu’avec tout autre système. Mais il faut ensuite enlever les 60 à 80 p. 100 d’eau que confient la pâte, et c’est là un inconvénient sérieux.
- Le moyen le plus simple consiste à envoyer la pâte dans de grands bassins où elle se décante ; puis quand elle est suffisamment épaisse, on la reprend pour la conduire aux séchoirs où elle est desséchée complètement et cassée en morceaux aussi réguliers que possible.
- Pour réduire dans une certaine mesure la difficulté d’enlever une aussi grande quantité d’eau, on emploie parfois pour le délayage une quantité d’eau beaucoup moindre, 45 à 50 p. 100 seulement ; la pâte est alors assez épaisse, les tamis sont remplacés par des grilles à barreaux espacés de 0,002 à 0,003; on achève de broyer les grains qui ont pu traverser ces grilles en faisant passer la pâte dans des meules disposées spécialement à cet effet ou dans des tubes-broyeurs, que nous décrirons plus tard. La pâte est ensuite envoyée directement sur les séchoirs des fours ou aux machines à briques. Dans beaucoup d’usines, notamment en Allemagne, on ne se contente pas, en effet, de casser la pâte sèche en morceaux ; on préfère la transformer en briques régulières plus favorables pour la cuisson. Les briques sont obtenues à l’aide de malaxeurs munis de filières ; on ajoute à la pâte molle la quantité de matière déjà séchée suffisante pour l’amener au degré de plasticité voulue.
- La préparation des matières par voie sèche est plus compliquée. Il faut, en général, commencer par dessécher les matières, car elles sont rarement dans un état de siccité suffisant pour pouvoir être pulvérisées directement. Les séchoirs employés sont de diverses sortes; on donne la préférence actuellement aux séchoirs rotatifs dont nous parlerons plus loin. Ces séchoirs joignent à un grand rendement l’avantage de nécessiter peu de main-d’œuvre et de combustible.
- A la sortie des séchoirs, les matières sèches sont envoyées au moulin. Pour effectuer les mélanges, on a recours à deux manières d’opérer : tantôt le dosage se fait avant le broyage, en prenant des poids déterminés de calcaire et d’argile; tantôt on pulvérise séparément les deux matières et on les mélange ensuite à l’aide d’appareils spéciaux.
- La première méthode est plus simple, mais ne peut être utilisée que si on possède des matières suffisamment régulières comme composition.
- Une fois les matières réduites en poudre et dosées, on doit les transformer en briques. Ici encore deux procédés sont employés : on humecte la poudre avec 8 à 10 p. 100 d’eau et on la comprime fortement de manière à obtenir immédiatement des briques dures qui peuvent être transportées directement aux fours, ou bien
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- ARTS CHIMIQUES.
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- on malaxe la poudre avec 20 à 25 p. 100 d’eau, de manière à former des briques de pâte molle à l’aide d’une machine à filière. Le premier procédé est évidemment bien préférable puisqu’il ne nécessite pas un deuxième séchage, mais pour certains fours les briques en pâte molle peuvent être seules utilisées. 11 existe quelques variantes à ces deux procédés ; parfois on délaye l’argile seule-
- Fig. 1. — Carrière à marnes dans le Boulonnais.
- ment et on réduit en poudre le calcaire; en mélangeant les deux matières, on obtient une pâte plastique qui est transformée immédiatement en briques ; tantôt on malaxe une partie du mélange avec 30 à 35 p. 100 d’eau et on obtient la consistance plastique par l’addition d’une partie de matières déjà séchées.
- Enfin quand on possède des matières tendres et très pures, comme de la craie privée de silex, on emploie quelquefois la méthode dite de Bergreen qui
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- L INDUSTRIE DU CIMENT PORTLAND.
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- consiste à broyer le calcaire et l’argile sans séchage préalable de manière à obtenir directement des briques plastiques. On se sert alors de cylindres et de malaxeurs spéciaux.
- Fig. 2 et 3. — Atelier de délayage, délayeurs et bassins doseurs.
- Nous donnerons maintenant la description rapide des dispositions que l’on trouve Ile plus communément dans les fabriques de ciment pour la préparation des matières premières.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- L’exploitation des carrières ne présente rien de particulier. La figure 1 représente une carrière de marne argileuse dans le Boulonnais. Aux États-Unis on trouve des procédés un peu différents dans certaines contrées où l’on utilise
- Fig. 4. — Machine à briques Dorslen.
- une sorte de marne qui se trouve dans des marais. Cette marne est extraite à l’aide de dragues à cuiller.
- La figure 2 représente l’installation la plus simple d’un atelier de délayage. Les matières amenées de la carrière par vagonnets sont déversées dans le délayeur ; la pâte s’écoule par trop-plein en traversant des toiles métalliques et
- Fig. 5. — Mélangeur Dorsten.
- se rend dans le bassin doseur situé en dessous. Quand la disposition du terrain ne permet pas de placer les doseurs en contre-bas, on doit reprendre la pâte par une pompe.
- Nous parlerons plus loin, à propos de la mouture du ciment cuit, des appareils de broyage et nous arriverons de suite aux presses et aux séchoirs. Dans le cas où l’on prépare les briques en pâte molle, on se sert de malaxeurs simples
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- l’industrie du ciment PÜRTLAND.
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- verticaux avec, dans le bas, une filière ; ou bien on emploie les machines à cylindres, hélices et filières utilisées généralement pour les briques ordinaires.
- Dans la fabrication par voie sèche une des presses les plus employées pour obtenir des briques comprimées avectrès peu d’eau est la presse dite de Dorsten. Cette presse se compose de deux ou quatre pilons très lourds relevés par des cames et qui donnent sur la brique trois coups de plus en plus énergiques grâce à des hauteurs de chutes différentes (fig. 4).
- La poudre est humectée avec 8 à 10 p. 100 d’eau dans un mélangeur qui consiste essentiellement dans un arbre horizontal muni de palettes inclinées qui brassent et chassent la poudre d’une extrémité à l’autre de l’auge dans laquelle elles tournent (fig. 5).
- Avec une presse à 4 pilons onpeut fabriquer 3500 à 4 000 briques à l’heure; chaque brique pèse environ 3k»,500.
- Les systèmes de séchoirs soit pour matières premières, soit pour briques sont très nombreux ;
- Fig. 6 à 10. — Tunnel séchoir Rappold.
- A, Foyer. — B, Chambre de séchage. — C, Canal d’aspiration. — D, Canal do condensation. — E, Ventilateur. — E, Petit ventilateur du foyer. — F, Commande. — G, Poussoir automatique. — H, Soupapes réglables. — I, Batteries de chauifage. — K, Chambre de refroidissement. — L, Chambre d’entrée. — M, Extrémité du canal d’aspiration. — N, Conduito de chauffe. — O, Porte d’entrée des vagonncts, — P, Porto de sortie (entrée do l'air pour la combustion). — Q, Débouché des conduits do chauffe, — R, Sortie de l’oau de condensation.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- parmi les séchoirs rotatifs, les appareils de Moller et Pfeiffer sont les plus employés. Ce sont) des cylindres de 8 à 10 mètres de longueur tournant sur quatre galets; la rotation est déterminée par les galets eux-mêmes qui sont attaqués par des engrenages coniques. L’intérieur du cylindre est divisé par des cloisons disposées dans le sens de la longueur et qui forment des sortes d’alvéoles dans lesquelles les matières sont retenues et subissent ainsi beaucoup mieux l’action de la chaleur.
- L’air chaud provenant d’un foyer situé au-dessous de l’extrémité du cylindre par laquelle pénètrent les matières est projeté dans le cylindre par un courant d’air produit par un ventilateur. On peut régler la vitesse de ce ventilateur de manière à obtenir une température plus ou moins grande de l’air qui traverse le séchoir. A la sortie du cylindre les pierres tombent dans une trémie qui laisse peu de passage à l’air et celui-ci doit passer par une grande chambre située au-dessous du séchoir,^destinée à servir de dépôt pour les matières en suspension entraînée par l’air.
- Il existe d’autres séchoirs rotatifs construits sur des principes à peu près semblables, tels que les systèmes Cummer, Fellner et Ziegler, Rappold, etc.
- Dans les usines travaillant par voie humide on trouvait autrefois, d’une manière presque générale, des séchoirs rudimentaires destinés à sécher la pâte reprise des bassins de décantage. Cette pâte,à 30p. lOOd’eau environ,étaitétendue sur des aires recouvertes par des carreaux en fonte ou en réfractaire,et au-dessous circulaient, dans de nombreux canaux, les gaz provenant de fours à coke. La pâte sèche était simplement cassée en morceaux aussi réguliers que possible et portée aux fours. Ce procédé était absolument défectueux et il a presque complètement disparu. Presque toutes les usines qui utilisent la voie humide ont adopté les fours-séchoirs qui sont décrits plus loin ; quelques-unes cependant transforment la pâte en briques. Toutes les usines travaillant par voie sèche qui produisent des briques en pâte plastique doivent les faire passer au séchoir. On emploie généralement le séchoir à tunnel dont un des types les plus simples est celui du système Rappold (fig. 6 à 10). Les briques sont placées sur des vagonnets à étagères et ceux-ci circulent dans de longs tunnels parcourus par une grande quantité d’air à une température relativement peu élevée. La vapeur d’eau peut être enlevée au fur et à mesure qu’elle se produit par des ouvertures ménagées dans la voûte et fermées par des registres.
- Dans les séchoirs à tunnel de Cummer, Fellner et Ziégler, Moller et Pfeiffer, on trouve des dispositions analogues.
- IL Cuisson. — Dans les premières usines anglaises on employait des fours à cuire d’un très petit volume. Ces fours étaient discontinus, c’est-à-dire qu’on les chargeait de matières à cuire disposées en couches d’épaisseur à peu près égale entre lesquelles se trouvaient les lits de coke; puis on allumait et on lais-
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- l’industrie du ciment portland.
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- sait la combustion s’opérer. Quand le four était suffisamment refroidi, on vidait son contenu et on recommençait la même opération.
- Plus tard ces fours ont été modifiés ; on leur a donné une hauteur beaucoup plus grande, une forme cylindrique et on les a surmontés d’une haute cheminée (fig. 11); tandis que des premiers fours on ne tirait à chaque opération que 20 à 30 tonnes de ci-mentcuit,on obtientcourammentavec cesgrands fours 100 tonnes, et dans une usine où on leur avait donné des dimensions encore plus grandes on est même arrivé à un rendement de 400 tonnes par fournée.
- Un des premiers perfectionnements apportés à la cuisson a été l’invention des fours-séchoirs due à l’Anglais Johnson. Le four en lui-même ne diffère pas des autres fours intermittents ; mais les gaz, au lieu de s’échapper directement, doivent passer par un long tunnel pour se rendre à la cheminée (fig. 12).
- Le fond de ce tunnel constitue un véritable bassin dans lequel la pâte est déposée ; elle se trouve ainsi séchée par la chaleur perdue du four. En général, on dispose jusqu’à douze fours côte-à-côte avec une seule cheminée. Ce système, économique au point de vue de la main-d’œuvre, nécessite une grande dépense de combustible, car pour obtenir un séchage suffisant de la pâte on doit employer beaucoup plus de coke ou de charbon quùl ne serait nécessaire pour la cuisson.
- On a pu réaliser la cuisson continue dans ces
- Fig. 11.
- Four intermittent allemand.
- fours par une disposition spéciale des séchoirs qui permet de diriger alternativement les gaz dans deux conduits, l’un étant en remplissage ou en vidange pendant que l’autre est parcouru par les gaz chauds.
- Le premier four dans lequel on ait réalisé la cuisson continue est le four Hoffmann. Ce four est tout à fait semblable à ceux de ce système qui sont employés pour la cuisson des briques et des tuiles. Il se
- Fig. 12. — Four Johnston.
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- compose généralement d’un tunnel circulaire divisé en 18 à 20 compartiments. Les briques de matières à cuire sont empilées méthodiquement de manière que les gaz puissent circuler facilement. Le combustible est introduit par les ouvertures ménagées dans la voûte. Il y a généralement 5 à 6 compartiments parcourus par les gaz chauds, 2 ou 3 en plein feu et o à 6 en refroidissement. Ce four donne d’excellents produits avec une dépense peu élevée de combustible; il permet d’employer des charbons menus à teneurs en matières volatiles très diverses. La chaleur de rayonnement du four a été utilisée pour le séchage des briques, quand celles-ci sont préparées en pâte plastique. On ferme la toiture recouvrant le four, de manière [à obliger l’air chaud à s’échapper par les cotés; des étagères disposées sur tout le pourtour reçoivent les briques qui se trouvent ainsi sur le passage de l’air chaud.
- La figure 13 représente une des dispositions utilisées pour opérer ce séchage.
- Quand on emploie des briques comprimées à sec, on peut empiler celles-ci
- directement dans le four sans avoir besoin de séchoirs.
- On a cherché en vain pendant très longtemps à cuire d’une manière continue dans des fours verticaux. On se heurtait toujours à la difficulté d’empêcher le collage des matières en fusion contre la che-pom sechei les briques. mise du four. Dietzsch est le premier qui,
- vers 1885, ait réussi à trouver une disposition pratique permettant de résoudre ce problème. Le four Dietzsch est composé essentiellement de deux parties : l’une, appelée réchauffeur, forme une sorte de cheminée dans laquelle on jette les matières à cuire; le réchauffeur est relié au creuset situé plus bas et à quelque distance par une voûte. La cuisson s’opère dans le creuset; les gaz de la combustion passent dans le réchauffeur et portent les matières qui s’y trouvent à une température assez élevée. Celles-ci sont prises à l’aide de pelles et jetées dans le creuset. Pour remédier au collage des matières dans le creuset, on peut ringarder facilement dans le four par des ouvertures ménagées de telle sorte que l’on puisse atteindre tous les points de la chemise dans la zone du coup de feu (fig. 14).
- C’est ce système de four que l’on rencontre le plus souvent dans les usines allemandes; il permet de cuire avec du charbon fin, et la dépense de combustible est comprise entre 15 et 20 p. 100 du ciment cuit. La production d’un four simple est de 6 à 8 tonnes par vingt-quatre heures. Il a l’inconvénient d’exiger l’emploi de briques fabriquées en pâte plastique, puis séchées ; les briques comprimées à sec se brisent en descendant dans le réchauffeur et donnent beaucoup
- Fig. 13. — Fours Hoffmann avec étagères
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- de poussière; la conduite de four est aussi très pénible, les ouvriers étant obligés de ringarder à chaque instant pour éviter les collages. Enfin la production est relativement faible.
- Presque tous les inconvénients que nous venons de signaler ont été snppri-més dans le four Hauenschild; ce four est certainement le plus simple et le plus pratique qui existe actuellement. Il se compose d’un cylindre de 2m,20 à 2m,30 de diamètre intérieur et de 12 mètres de hauteur. Sur les deux tiers de la hauteur régnent, tout autour de la chemise, des canaux communiquant par le haut
- Fig. 14. — Four Dietzsch.
- avec un tuyau d’amenée d’air et par le bas, par une série d’ouvertures, avec l’intérieur du four. Ces canaux sont parcourus par un fort courant d’air produit par un ventilateur; l’air ainsi injecté dans le four a pour résultat de refroidir constamment la chemise et d’activer considérablement la combustion. La cheminée, en tôle, se compose d’une hotte dans laquelle sont ménagées trois portes de chargement et d’un fût cylindrique de 15 mètres de hauteur.
- Le chargement se fait à la main; on dispose les briques méthodiquement, de manière à laisser aux gaz un libre passage. On évite les collages à l’aide d’une manière particulière de charger le four qui empêche le contact des matières en fusion avec la chemise du four.
- La température étant toujours peu élevée à la partie supérieure du four,
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- l’opération du chargement s’accomplit sans difficulté et sans peine pour les hommes (fig. 15).
- La production d’un pareil four peut atteindre 18 à 20 tonnes en vingt-quatre heures; avec du bon coke,la dépense de combustible ne dépasse pas 18p. 100. La cuisson peut s’opérer également avec de l’anthracite et du charbon ayant
- jusqu’à 15 p. 100 de matières volatiles.
- Fig. 15. — Four Hciuenschild.
- Fig. 16. — Four Timm.
- On désigne souvent ce four sous le nom de four Schneider; il paraît bien, en effet, que M. Schneider a le premier employé l’anneau de chargement qui a permis d’éviter les collages ; mais c’est, en somme, M. Hauenschild qui l’a conduit au degré de perfectionnement qu’il possède aujourd’hui.
- Le four Timm est basé sur le même principe, mais il utilise peut-être plus complètement la chaleur perdue et récupérée par l’enveloppe. Le four est aussi cylindrique, de 2m,30 de diamètre intérieur et de 12 mètres de hauteur. Il est
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- constitué par deux cylindres en tôle : celui dont le diamètre est le plus petitt est garni de réfractaire dans une partie de la hauteur ; l’autre a un plus grand diamètre,de sorte qu’il reste entre les deux un espace annulaire de 0m,30 environ. L’air envoyé par le ventilateur pénètre dans le haut de cet espace et rentre dans le four aux deux tiers de la hauteur environ par une sorte de grille en lames de persienne qui règne sur toute la circonférence.
- Une autre conduite amène l’air directement sous la grille; les orifices de détournement sont fermés par des portes en tôle qui se manœuvrent à l’aide de contrepoids. Par ce deuxième courant d’air froid qui arrive sous la grille on détermine le refroidissement des roches cuites, et cet air vient s’ajouter à celui qui est injecté chaud un peu plus haut (fig. 16).
- Le chargement s’opère comme avec le four Hauenschild. La production peut
- Fig. 17. — F'our Ransome.
- s’élever de 20 à 22 tonnes en vingt-quatre heures, avec une dépense de combustible de 18 à 20 p. 100 de coke ou d’anthracite.
- 11 existe bien d’autres systèmes de fours continus, presque tous imitant plus ou moins le Dietzsch, tels que les fours Schoffer ou d’Alborg, Liban, Rysager, Emelé, Dietzsch-Schmidt, etc. Leur description nous entraînerait trop loin.
- Depuis quelques années on parle beaucoup du four rotatif, et il n’est pas douteux que ce système marque une étape importante dans l’industrie du ciment Portland. Dès 1877, Thomas Russell Crampton prit un brevet pour un four rotatif; mais ce fut Ransome qui, le premier, en 1885, imagina un four rotatif qui fonctionna pendant un certaintemps. Ce four se composait d’un cylindre d’assez faible diamètre tournant sur des galets. La température de cuisson était obtenue à l’aide d’un jet de gaz provenant d’un gazogène (fig. 17). La pâte était introduite en poudre sèche à l’extrémité la plus élevée du four.
- M. W. Stokes réalisa une disposition qui paraissait plus parfaite; il divisait l’opération en trois phases : dans un premier cylindre la pâte se trouvait desséchée par les gaz chauds provenant du cylindre suivant dans lequel s’opérait la cuisson. Enfin dans un troisième cylindre le ciment cuit se refroidissait. Des difficultés de construction ne permirent pas de mettre ce procédé en pratique, et nous ne pensons pas qu’il ait jamais été employé en grand.
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- C’est à l’usine « Atlas », en Pensylvanie, que les premiers fours rotatifs ont réellement fonctionné industriellement. Les premiers résultats pratiques ont été obtenus grâce aux efforts d’un Français, M. P. Giron, qui dirigeait à ce moment cette usine. Plus tard, les usines qui se créèrent en grand nombre aux États-Unis adoptèrent le four rotatif. Ce four est employé aussi bien pour la voie sèche que pour la voie humide. Le type le plus couramment utilisé par la voie sèche est représenté par la figure 18. Il se compose d’un cylindre de 18 mètres de longueur et de lm,80de diamètre à l’une des extrémités, de 1 mètre seulement à l’autre. Le roulement s’opère sur deux couronnes avec 4 galets à chacune. La figure 18 bis représente un four à trois chemins de roulement. L’inclinaison du four est environ de 0m,04 par mètre. L’entraînement du four est obtenu par un pignon attaquant une roue dentée entourant le four
- Fig. 18. — Four rotatif américain par la voie sèche.
- même et à 5 à 6 mètres de l’orifice supérieur. La vitesse de rotation est de 1 à 2 tours par minute. La matière en poudre est amenée par une vis qui la déverse régulièrement dans le four. Pour la cuisson, on emploie soit du pétrole brut, soit du charbon pulvérisé. Dans le premier cas, le pétrole est amené par un conduit jusqu’à l’orifice du four; ce tuyau débouche dans un autre d’un diamètre un peu plus grand communiquant avec une machine à air comprimé; l’injection d’air entraîne le pétrole dans le four et 1 e pulvérise, produisant ainsi une longue flamme très intense.
- L’emploi du charbon pulvérisé entraîne à une installation plus compliquée : il faut d’abord le sécher,puis le pulvériser très finement; finalement, il estreçu dans une grande trémie placée d evant le four. Le charbon, entraîné par une vis placée au bas de la trémie, tombe dans un tuyau communiquant d’une part avec un ventilateur, de l’autre avec le four; le courant d’air violent produit par le ventilateur chasse le charbon fin; celui-ci s 'enflamme instantanément et produit une longue flamme qui détermine une température très élevée.
- La partie supérieure du four communique avec une cheminée ; la partie inférieure est fermée par un masque mobile en réfractaire monté sur roues de manière à permettre de visiter le four quand il en est besoin. L’intérieur est
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- garni de briques réfractaires; quelquefois on emploie, comme garniture de la partie qui supporte le coup de feu, des briques en ciment ou en magnésie.
- Le ciment cuit sort par une ouverture ménagée dans le masque mobile; il a l’aspect de grains variant de la grosseur d’un pois à celle d’un œuf. Pour le refroidir, car il sort à la température du blanc, il existe plusieurs dispositions : tantôt il est simplement déversé dans une salle située en contre-bas des fours; à l’aide d’une goulotte mobile, on fait un certain nombre de tas qui refroidissent
- Fig. 18 bis. — Four rotatif continu de lm,80 sur 18 mètres des Vulcan Iron Works.
- peu à peu, Ou bien le ciment tombe dans une chaîne à godets qui l’élève et l’envoie dans un grand cylindre vertical en tôle. Ce cylindre est divisée par des cloisons qui permettent une circulation d’air.
- La production d’un pareil four est environ de 25 [tonnes par jour ; la consommation de combustible n’est pas inférieure à 40 p. 100 du ciment cuit quand on emploie le charbon pulvérisé.
- Pour la voie humide on emploie des fours semblables, mais le cylindre a le même diamètre d’un bout à l’autre. La pâte,à 45-50p. 100 d’eau, est introduite dans le four par une pompe; sur une certaine longueur le four porte intérieurement, et dans le sens de la longueur, des fers U qui relèvent la pâte et la
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- laissent retomber de manière à déterminer une dessiccation plus rapide. Peu à peu la pâte perd son eau, elle se réduit en boules et arrive complètement sèche dans la zone de cuisson.
- Les gaz sortant des fours ont une température de 1 000 à 1200° quand on opère sur des poudres, et de 300 à 400° avec de la pâte. On trouve dans quelques usines des fours un peu plus longs; quelques-uns sont supportés par trois chemins de roulement au lieu de deux.
- Nous avons dit que le four tournait à raison de une ou deux révolutions par minute. Suivant l’allure du four on peut, en effet, accélérer ou diminuer la rotation du four de manière à laisser séjourner le ciment plus ou moins long-
- Fig. 19. — Courroie de Reeves.
- temps dans la zone de cuisson. Plusieurs dispositions ont été imaginées pour faire varier la vitesse sans arrêter le four; une des plus ingénieuses est la courroie de Reeves (fig. 19). Comme on le voit clairement sur la figure, les diamètres des poulies peuvent être modifiées par le même mouvement, de sorte que l’une augmente exactement de la quantité dont l’autre diminue.
- MM. Hurry et Seaman, directeurs actuels de l’usine Atlas, ont apporté de notables perfectionnements au four rotatif (fig. 20). Le four en lui-même a été peu modifié, mais le ciment cuit est refroidi d’une manière différente; il tombe dans un premier tube de 5 à 6 mètres de longueur où il commence à se refroidir ; puis il passe dans une paire de cylindres espacés l’un de l’autre de quelques millimètres et destinés à écraser les morceaux dépassant un certain volume; finalement le ciment ainsi désagrégé est entraîné dans un dernier tube un peu plus long que le premier où il achève de se refroidir. L’air qui passe sur le ciment en refroidissement arrive au four très chaud et on utilise ainsi une partie de la
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- chaleur du ciment cuit. Pour deux fours, il y a un seul refroidisseur. Le charbon n’est plus projeté dans le four à l’aide du courant d’air produit par un ventilateur, mais bien par un jet d’air comprimé. Le mélange du charbon avec l’air est ainsi plus parfait et la combustion s’opère beaucoup plus complètement. Il existe aussi une disposition particulière pour fermer plus complètement l’entrée du four et l’empêcher de se brûler, grâce à l’emploi d’un courant d’eau froide, Une des améliorations les plus importantes apportée par MM. flurry et Seaman consiste dans ]a manière de faire le revêtement. Ces messieurs utilisent des briques réfractaires ordinaires que l’on enduit de sel dans toute la partie qui est exposée à la température la plus élevée; puis on chauffe fortement et on introduit dans le four de la matière à cuire de manière à recouvrir le revêtement d’une couche mince de ciment; il se forme ainsi une sorte de vernis
- Fig. 20. — Four lïurry et Seaman.
- qui, ayant fondu à une très haute température, s’est soudé complètement aux briques réfractaires. Plus tard, quand le four est en marche normale, cette couche isolante empêche les collages et l’usure de la chemise.
- Disons, en passant, quelques mots de cette usine Atlas qui, actuellement, est la plus grande du monde; elle possède, en effet, 50 fours rotatifs produisant chacun 25 tonnes par jour; 50 autres fours sont en construction. Elle pourra fabriquer, par conséquent, au moins 3 000 tonnes par jour.
- D’après MM. Stanger et Blount, le prix de revient du ciment à l’usine Atlas
- est le suivant :
- s. d.
- Matières premières rendues au moulin.............................1,9 3/4
- Charbon pour force motrice (20 p. 100 du ciment produit) à
- 69 $ 1/2 d. par tonne. . ....................................1,3 1/2
- Charbon pour cuisson (30 p. 100 du ciment) à 7 s 7 1/2 d par tonne. 2,2 3/4
- Main-d’œuvre (ouvrier à environ 36 s par semaine)........... . . 3,0
- Réparations, huile, etc...........................................2,11 1/2
- Direction, laboratoire..........................................1,1 3/4
- 12,5 1/4
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- Pour un groupe de 14 fours produisant 2 800 tonnes par semaine il y a 159 ouvriers.
- Le broyage des matières s’opère à l’aide de 4 concasseurs Gates et 9 broyeurs Huntington. Pour le charbon on emploie un séchoir rotatif et 4 broyeurs Huntington; enfin le clinkerest broyé par 30 appareils Huntington. Une machine de 2 500 chevaux actionne tous les ateliers de broyage ; pour le service des fours, il y a une machine spéciale de 300 chevaux.
- Fig 21. — Four Hemmoor
- Les premiers fours rotatifs qui aient fonctionné en Europe ont été installés l’un à l’usine de Dennemont, près Mantes, et les autres à Hemmoor près de Hambourg et à Lollar également en Allemagne. Ces fours ont été mis en marche vers la fin de 1899. Le four de Dennemont est du type américain ordinaire ; celui de Hemmoor est constitué par un cylindre de 26 mètres de longueur et 2 mètres de diamètre. La pâte introduite dans le four contient environ 40 p. 100 d’eau. Le ciment cuit tombe dans un deuxième cylindre placé en dessous du premier, mais ayant seulement 10 mètres de longueur. L’air aspiré par le ventilateur destiné à injecter le charbon dans le four doit passer par ce deuxième cylindre ; il refroidit le ciment constamment mis en mouve-
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- ment à l’aide d’ailettes placées dans de sens longitudinal et il se trouve en même temps porté à une température assez élevée. Le ciment complètement refroidi tombe dans des vagonnets qui le transportent au moulin (fig. 21).
- D’autres fours rotatifs ont été depuis construits à Hemmoor ; ils ont 30 mètres de longueur avec trois chemins deroulement. La production serait de 30 tonnes par jour avec une dépense de combustible de 30 p. 100.
- Dans leur étude sur les fours rotatifs, MM. Stanger et Blount comparent au prix de revient de l’usine Atlas celui des usines anglaises qui emploient le procédé ordinaire et qui est le suivant :
- S. d.
- Matières premières rendues au moulin............................1,9
- Charbon pour force motrice (17 1/? p. 100) à 15 5 par tonne ... 2,7
- Coke pour la cuisson (43 p. 100) à 15 s par tonne...............6,7
- Main-d’œuvre....................................................4,9
- Réparations, huile, etc............................................2,11
- Direction et divers.............................................0,8
- 19,3
- Enfin les mêmes auteurs estiment que le prix de revient serait, en Angleterre, avec l’emploi du four rotatif, le suivant :
- s. d.
- Matières premières rendues au moulin...........................1,9
- Charbon pour force motrice (30 p. 100) à 15 s par tonne.........3,0
- Charbon pour cuisson (iu p. 100) à 10 s par tonne...............3,0
- Main-d’œuvre (ouvriers a 24 s environ par semaine)..............2,0
- Réparations, huile, etc.........................................2,11 1/2
- Direction et divers.............................................1,1 3/4
- 13,11
- Le prix de revient de l'usine Atlas seraitdonc de 15 fr. 65; celui des usines anglaises avec l’ancien procédé, de 23 fr. 15, et celui des mêmes usines, si elles employaient, le four rotatif, de 16 fr. 40.
- On a déjà beaucoup discuté la question de savoir si le four rotatif amènerait une diminution importante dans le prix de revient du ciment. M. Tetmayer a montré qu’il ne présentait aucun avantage quand on employait la voie sèche. Etant donné que le charbon est relativement cher en Europe et que la main-d’œuvre est au contraire bon marché, il est très probable, en effet, que la différence en faveur du four rotatif pourrait être nulle. Il n’en est pas de même avec la voie humide, car là le four rotatif çonstitue une simplification considérable de la fabrication ; il permettra de supprimer une grande partie delà main-d’œuvre sans nécessiter une dépense supplémentaire de combustible. Il faudrait toutefois que l’on arrive à éviter les arrêts encore très fréquents avec les fours
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- actuels et qui paraissent évités en partie seulement avec le système Hurry et Seaman. Il ne faut pas oublier non plus que le séchage et le broyage du charbon constituent une dépense qui n’est pas négligeable, et enfin que la force motrice
- Fig. 22. — Broyeur Mac Cully.
- nécessaire pour faire fonctionner le four et ses accessoires se traduit par une consommation de charbon et un entretien assez élevés. Tout compte fait, et en mettant les choses au mieux, l’économie réalisée par le four rotatif ne doit pas dépasser 2 fr. à 2 fr. 50 par tonne de ciment. Il ne faudrait pas, en effet,
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- prendre comme terme de comparaison les usines anglaises, mais celles qui travaillent avec des procédés plus perfectionnés.
- Mais il n’est pas douteux que des améliorations importantes ne manqueront pas d’être apportées à ce système de four si intéressant, et on peut prévoir que dans un avenir plus ou moins éloigné il détrônera tous les autres.
- Fig. 22 bis. — Broyeur Mac Cully.
- III. Mouture. — Les appareils employés pour la mouture du ciment se divisent en concasseurs, broyeurs proprement dits, et finisseurs. Le concasseur le plus employé est celui connu sous le nom de Blaeke ou concasseur à mâchoire. En Amérique on utilise beaucoup les appareils de Gates ou de Mac Cully. Les figures 22 et 22 bis montrent en quoi consiste ce dernier broyeur; on remarquera sa construction extrêmement robuste. L’arbre vertical c’est animé d’un mouvement de rotation et il est en même temps excentré, de sorte qu’il s’opère entre le cône mobile de l’entonnoir qui reçoit les matières un mouve-
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- ment de va-et-vient qui désagrège et broie les pierres les plus dures, On construit de très grands modèles de ces broyeurs pouvant traiter jusqu’à 100 tonnes par heure.
- Il existe un assez grand nombre de systèmes de concasseurs, tels que le Bourdais, le Loiseau, le Vappart; ils sont employés exceptionnellement dans
- Fi». 23. — Broyeur Moustier.
- les fabriques de ciment et nous n’en parlerons pas. Nous devons cependant signaler le broyeur Moustier qui, inventé récemment, présente des dispositions intéressantes (fig. 23).
- Dans cet appareil se trouvent trois arbres portant des palettes et tournant à 1 500 tours; ces trois arbres sont disposés en triangle et la même courroie les fait tourner. Il en résulte que les deux arbres du haut tournent en sens inverse et que les palettes rejettent les matières au centre de l’appareil; il se produit ainsi des chocs extrêmement violents des matières les unes contre les autres qui
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- se trouvent broyées par leur force vive sans qu’il se produise de frottements ou de chocs contre l’appareil lui-même. Les palettes de l’arbre inférieur ont pour but de rejeter aux palettes supérieures les morceaux qui ont échappé à leur action.
- La production d’un broyeur Moustier, quand il s’agit de traiter des matières relativement peu dures comme des calcaires, est considérable; on peut passer 18 à 10 tonnes à l’heure en renvoyant au broyeur les morceaux supérieurs à
- Coupe longitudinale.
- Coupe transversale.
- Fig. 24. — Broyeur Krupp.
- 0,01 ; quand on peut se contenter de faire passer les matières au broyeur sans les reprendre, le rendement peut atteindre facilement 15 tonnes à l’heure.
- Ce broyeur permet de traiter des matières humides ; l’argile à 10-15 p. 100 d’eau est parfaitement broyée et, dans certains cas, on peut utiliser cet avantage pour réaliser des solutions simples et économiques.
- Le concassage préalable doit donner des morceaux plus ou moins fins suivant le système de broyeur utilisé ensuite; quand on emploie les meules, par exemple, il faut chercher à n’avoir que des morceaux assez fins ne dépassant par 0,01 à 0,02. Si on concasse à l’aide du Blacke, ou fait généralement passer les matières dans une paire de cylindres et dans une bluterie en tôle
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- perforée qui ne laisse aller aux meules que les morceaux d’une grosseur déterminée.
- Avec le Gates la séparation des matières n’est pas nécessaire ; le Bourdais donne aussi du premier coup des matières granulées suffisamment fines. Avec le Moustier on emploie une simple bluterie en tôle perforée.
- Dans le cas où le broyage s’opère à l’aide de broyeurs à boulets, le concasseur suffit seul, et même on peut s’en passer si les morceaux ne sont pas trop gros.
- Ce broyeur, dont le plus grand modèle a 2m,700 de diamètre et 1,380 de largeur, est constitué par un tambour muni de plaques placées circulairement et ayant un rayon de courbure tel que le bord supérieur de l’une se trouve à quelques centimètres au-dessus de la suivante (fig. 25). Ces plaques sont munies de trous disposés sur deux rangées; elles sont enveloppées par des cadres
- Fig. 25. — Placjues du broyeur Krupp.
- en tôle perforée, et tout à fait extérieurement par d’autres cadres munis de toile métallique.
- A l’intérieur du tambour se trouvent des boulets dont le diamètre varie de 0,09 à 0,125. Quand l’appareil tourne dans le sens indiqué par la flèche, les matières à broyer dont il est rempli environ au tiers sont réduites en fragments de plus en plus petits par le choc des boulets et leur frottement. Les matières fines sont éliminées au fur et à mesure de leur production par les trous des plaques, des tôles perforées et les tamis. Mais les matières retenues par celles-ci et les tôles retournent dans le broyeur comme on peut s’en rendre compte sur la figure.
- La vitesse de rotation est de 21 à 23 tours à la minute. La force absorbée par un broyeur Krupp n° 8 est de 30 à 35 chevaux.
- Ce broyeur, avec quelques variantes de détails, est aussi construit par les maisons Lohnert, Luther, Schmidt, Dalbouze, etc.
- On peut utiliser le broyeur à boulets comme finisseur; les toiles métalliques
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- seront alors du n° 70 ou 80, de manière à ne laisser sortir que des produits très fins. Mais alors le rendement est assez faible. On préfère généralement faire produire au broyeur une poudre assez grossière en le garnissant de tamis nos 30 ou 35 et envoyer cette poudre aux finisseurs qui lui donnent le degré de finesse voulue.
- Le tube finisseur est un cylindre de 5 mètres de longueur généralement porté sur deux tourillons et mis en mouvement par un pignon attaquant une roue dentée qui l’entoure à une denses extrémités. L’intérieur du cylindre est garni de plaques d’acier, ou d’une chemise en blocs de silex appareillés et cimentés; il est rempli à moitié de galets en silex de 0,04 à 0,06 de diamètre. La poudre à broyer est introduite dans le broyeur par l’axe qui est creux; c’est pendant son parcours d’un bout à l’autre de l’appareil qu’elle est finement pul-
- Fig. 26. — Tube broyeur.
- vérisée par l’action des galets. Pour sortir elle passe tantôt par l’axe, comme dans les broyeurs Krupp, Luther, etc., tantôt par la circonférence comme dans le broyeur Davidson. La vitesse de rotation est de 25 tours par minute et la force absorbée est de 30 à 40 chevaux (fig. 26).
- Avec un groupe du broyeur Krupp n° 8 et d’un finisseur, on peut obtenir un rendement de 4 000 kilos à l’heure avec des matières premières relativement peu dures. Avec du ciment; cuit le rendement moyen est de 2 500 à 3 000 kilos à l’heure, la finesse étant de 20 p. 100 environ sur le tamis de 4900 mailles.
- On place souvent entre le broyeur et le finisseur un séparateur qui élimine toute la fine poussière produite parle broyeur à boulets; on n’envoie au finisseur que des grains refusés par le séparateur.
- Les broyeurs à boulets combinés avec les finisseurs constituent les appareils les plus parfaits actuellement connus pour le broyage du ciment; la dépense d’entretien est faible, les arrêts peu fréquents, le rendement élevé.
- Le tube finisseur est construit par plusieurs maisons et les dispositions
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- employées diffèrent très peu les unes des autres : les avantages que peuvent présenter certains appareils plutôt que d’autres, viennent surtout des soins apportés à la construction et de la qualité des matières employées. Le tube finisseur n’est, en somme, que le cylindre Alssing à marche continue et cet appareil même a été imaginé, sous une forme un peu différente, par MM. Raty et Cic, pour la fabrication du ciment de laitier; mais il est juste de reconnaître que M. Davidson a été le premier à lui donner des dispositions telles qu’il a pu être appliqué avec un succès complet à la mouture du ciment.
- En dehors des broyeurs dont nous venons de parler, on utilise encore dans beaucoup d’usines les meules qui ne présentent rien de particulier et d’autres
- broyeurs tels que le Phénix, le Morel. Mais on rencontre peu de ces divers systèmes; leur description ne présenterait pas grand intérêt. Les usines américaines emploient beaucoup le broyeur Griffien et le broyeur Huntington.
- Il ne nous reste plus qu’à dire quelques mots sur les séparateurs et les bluteries. Comme séparateurs on se sert presque exclusivement de l’appareil Mumford et Moodie, dont la figure 27 donne un schéma; la légende explicative en fait parfaitement comprendre le fonctionnement.
- Les bluteries sont généralement composées d’un tambour hexagonal garni de toile métallique plus ou moins fine et dont la longueur varie de 3 à 5 mètres.
- Pour terminer ce rapide exposé, nous donnerons des schémas indiquant la marche des opérations avec les diverses méthodes principales employées dans la fabrication du ciment. La figure 28 représente les dispositions les plus rudimentaires : délayeurs, bassins de décantage, séchoirs, four intermittent et moulin.
- Dans la suivante (28 bis), les bassins et les séchoirs ont été supprimés et remplacés par les fours séchoirs ; c’est la deuxième étape.
- Dans la ligure 29 nous avons la préparation de la pâte avec le minimum d’eau, grâce à l’emploi du tube broyeur; puis la pâte passe aux machines à briques, au séchoir-tunnel et enfin aux fours et au moulin. C’est un type d’installation perfectionnée par voie humide.
- La figure 30 représente une usine moderne travaillant par voie sèche : d’abord séchoir pour matières premières;- puis moulin, presses, fours et moulin à ciment cuit. La force motrice est fournie par une station centrale d’électricité ; chaque groupe d’appareils est actionné par un moteur électrique. C’est la disposition la plus simple et la plus économique.
- Fig. 27. — Séparateur Mumford et Moodie.
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- Dans une usine utilisant par la voie sèche et le four rotatif, on ne trouverait plus que le séchoir et le moulin pour matières premières ; le four et le moulin à ciment cuit. Avec la voie humide et le four rotatif on simplifie encore puisque l’on n’a plus que le délayage, le four et le moulin.
- Nous croyons intéressant de donner également le plan d’une des grandes usines américaines installée récemment (fig.'31); c’est une usine travaillant par voie sèche et destinée à produire 3 000 barils par jour (environ 500 tonnes).
- Délayeur et doseur.
- Bassin de repos. Séchoir. Four.
- — Usine travaillant par voie humide avec les procédés les plus simples.
- Moulin.
- Délayeur et doseur. Four séchoir. Moulin.
- Fig. 28 bis. — Usine travaillant par voie humide avec fours séchoirs.
- Le broyage des matières premières et du ciment est opéré à l’aide de broyeurs et de finisseurs Krupp ; chaque groupe est actionné par un moteur électrique. Les fours rotatifs sont du type ordinaire ; on ne paraît pas avoir prévu de dispositions particulières pour le refroidissement du ciment.
- La seule critique que l’on puisse faire de cette installation est d’être trop ramassée. 11 est, en effet, très utile d’avoir toujours de grands espaces pour pouvoir au besoin y laisser les matières en dépôt, ou pour faciliter les réparations et aussi dans le but d’être moins incommodé par la chaleur et la poussière.
- Statistique. — Les premières usines de ciment ont été établies en Angleterre;
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- Moulin à ciment.
- Séchoir tunnoi,
- Broyeur. Doseur.
- Machine à briques.
- Four continu.
- Usine travaillant par voie humide avec installation moderne
- piop
- dation centrale électrique,
- Moulin et presses.
- Séchoir des matières premières.
- Four continu,
- Moulins à'cimont.
- Fig. 30. — Usine travaillant par voie sèche avec les appareils les plus perfectionnés.
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- puis on en a construit en France, en Allemagne, en Russie. Actuellement, il en existe dans presque toutes les parties du monde.
- C’est en Allemagne que cette fabrication a pris le plus grand développement ; on y trouve plus de 100 usines dont quelques-unes très importantes.
- La fabrication totale en Allemagne peut être estimée à 2 500 000J tonnes ; elle a atteint et dépassé même 3 000000 de tonnes en 1900.
- L’Angleterre produit 1500 000 tonnes, la France 450 000 tonnes, la Russie près de 1 million de tonnes; la Belgique 50000 tonnes. Puis viennent la^Suisse, l’Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège, la Roumanie, l’Italie qui doivent représenter un total de 4 à 500 000 tonnes.
- Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902.
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- ARTS CHIMIQUES. ---- NOVEMBRE 1902.
- Aux États-Unis la production du ciment Portlandqui était très restreinte il y a une dizaine d’année, a pris, depuis trois ou quatre ans surtout, un essor considérable ; les usines s’installent de tous les côtés ; le grand centre de cette fabrication est toutefois dans la vallée Lehigh, en Pensylvanie. Il est difficile de connaître le chiffre exact de la production américaine, mais elle ne doit pas être inférieure actuellement à un million de tonnes.
- En dehors de l’Europe, on trouve encore des usines en assez grand nombre au Japon, puis à Hong-Kong ; à Haïphong (Tonkin), où une société française a installé récemment une usine importante ; en Australie.
- La production totale du globe peut être estimée de 7 à 8 millions de tonnes.
- Les plus grandes usines sont celles de l’Atlas en Pensylvanie qui produit plus de 600 000 tonnes par an, puis Alsen etCie, près de Hambourg, dont la production atteint200 000 tonnes; la Société des ciments français de Boulogne-sur-Mer vient ensuite avec 160 000 tonnes, puis Dyckerhofî à Amôneburg, près de Mayence, avec 150 000 tonnes, Germania, près de Hanovre avec 140 000 tonnes, Hemmoor, près Hambourg 130 000 tonnes.
- L’installation d’une fabrique de ciment nécessite toujours une dépense importante; on peut calculer que pour les usines construites dans les conditions les plus économiques, le capital est environ de 50 fr. par tonne de ciment produit; mais dans le plus grand nombre, il faut compter sur 80 à 100 fr. par tonne. Si l’on prend le chiffre moyen de 80 fr., ont voit que les usines actuelles représentent un capital engagé de 550 à 650 millions.
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- RECHERCHES SUR LA PLASTICITÉ DES ARGILES, par M. B. ZSChOkke.
- Pour l'appréciation des argiles au point de vue de leur valeur technologique, on est amené à déterminer et à mesurer une propriété spéciale, aussi intéressante que caractéristique, que d’autres corps ne possèdent pas du tout, ou seulement dans une mesure très restreinte, c’est la 'formabilité ou plasticité. Quiconque a eu l’occasion de s’occuper des argiles, connaît très bien les caractères extérieurs de cette propriété.
- Elles forment avec une quantité d’eau déterminée, une pâte grasse plus ou moins tenace et ductile qui, sous l’action de forces extérieures, peut subir les déformations les plus étendues sans que la masse perde sa cohésion ou subisse des déformations après la cessation de l’effort.
- On sait depuis longtemps que la matière constitutive la plus importante de toute argile est la substance argileuse proprement dite, l’hydrosilicate d’alumine auquel on attribue généralement la formule A1'203, 2Si02, 2H20. On désigne par argiles très plastiques, grasses ou « longues » celles qui, riches en substance argileuse, sont caractérisées par leurs grandes déformabilité et ductilité; d’autre part, on désigne comme argiles maigres ou « courtes » celles qui, par suite d’une teneur très élevée en substances dégraissantes (sable quartzeux, feldspath, calcaire, etc.), ont un caractère plus ou moins sablonneux et qui, dans l’opération du façonnage, se crevassent facilement et tombent en morceaux. Quoique les caractères extérieurs de la plasticité soient donc fort bien connus, on n’a pas réussi jusqu’à présent à définir d’une façon scientifique cette propriété, ni à la mesurer. La teneur d’une argile en substance argileuse seule ne nous donne point du tout une mesure absolue de son degré de plasticité ; on connaît en effet des argiles qui, quoique relativement riches en substance argileuse, ne sont pas très plastiques, tandis que d’autres en contenant peu, présentent une plasticité assez remarquable. Cependant, abstraction faite de cette circonstance, le dosage de la substance argileuse, soit par voie de lévigation, soit par l’analyse chimique rationnelle, laisse encore fort à désirer. Il dépasse-
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- rait le cadre de cette étude d’entrer dans les détails de cette question à laquelle l’auteur a du reste réservé un rapport particulier (1).
- Examinons maintenant de plus près de quelle façon les différents chercheurs ont essayé de s’expliquer le phénomène de la plasticité. Le travail le plus soigné et le plus détaillé paru sur cette question fut donné en 1873, par Aron (2). A son avis, la plasticité se déduit de la forme sphérique des particules d’argile. Il fut amené à cette conclusion par les considérations suivantes :
- D’après ses recherches, les pores, c’est-à-dire les cavités qui se trouvent encore dans l’argile après séchage complet et dont le volume se calcule d’après la teneur totale en eau de l’argile humide et d’après l’eau de retrait, donnent pour toutes les argiles étudiées un chiffre constant, savoir 35 p. 100 du volume de l’argile. La même proportion (exactement 35,1 p. 100) existe entre le volume des cavités qui se trouvent dans un système de sphères en contact mutuel et le volume occupé par les sphères elles-mêmes. Aron croit encore avoir trouvé confirmée cette théorie par l’examen microscopique.
- Se basant sur cette théorie, il explique la plasticité parle phénomène physique de la suspension. Il suffirait donc de considérer une pâte plastique comme un liquide dans lequel les particules d’argile se trouvent en suspension permanente. D’après la loi de la gravité, les petites sphères devraient se déposer peu à peu, de façon qu’après un certain temps, il se forme deux couches distinctes. Si cependant l’épaisseur de la couche d’eau entre les sphères isolées ne dépasse pas un certain minimum, cette séparation devient impossible, parce que le frottement entre l’eau et les sphères s’oppose à l’action de la force de gravité sur ces dernières. En outre les sphères sont très petites et ont un poids spécifique de 2,3 environ. Si d’après Aron les particules d’argile n’avaient pas une forme sphérique, il se formerait entre elles des canaux plus ou moins étroits. En conséquence, l’équilibre du système serait troublé et les particules d’argile se déposeraient.
- Biedermann et Herzfeld, contrairement aux observations d'Aron, n’ont pas pu découvrir des formations sphériques. « Quelques argiles », disent-ils, montraient des formes cristallines très nettes, d’autres des fragments de cristaux, d’autres encore des grains de forme très irrégulière et indéfinie et des particules d’une extrême finesse.
- Johnson et Blacke ont observé sous le microscope des plaquettes ou des disques hexagonaux; mais par rapport à ces constatations, Bischof rappelle
- (1) Les Matériaux de construction, revue internationale des travaux et expériences concernant les matériaux, année 1902, nos 10 et 11.
- (2) « Plastizitât, Schwindung und andere Fundamental cigenschaften des Thons, bedingt durch die Form der Thontheilchen » v. Dr. Jul. Aron, voir le « Notizblatt des deutschen Vereins für Fabrikation von Ziegeln, Thonwaaren, Kalk und Cernent. » Berlin, 1873, Heft 4, p. 167.
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- qu’en réalité une argile exempt de sable n’existe nulle part et que probablement une partie au moins des grains cristallins observés par les chercheurs précités est fournie par des débris quartzeux.
- Seger (1) s’explique les variations dans la plasticité des argiles par des différences moléculaires des plus petites particules.
- Olschewsky (2) attribue l’origine de la plasticité à la nature poreuse et spongieuse des grains d’argile qui, sous l’action de la force extérieure, subissent une espèce de feutrement. La plasticité proprement dite et la déformabilité s’expliquent, à son avis, par un excès d’eau qui ne sature pas seulement le système de canaux capillaires des argiles à la façon d’un éponge, mais encore qui enveloppe leur surface. Cette couche d’eau amoindrit la cohésion des particules d’argile et agit sur elles à la façon d’un lubrifiant pour leur permettre des déplacements mutuels.
- 11 est vrai que les théories d’Olschewsky ne reposent pas sur des études microscopiques directes. Ce savant tire ses conclusions des essais de Daubrée; ce dernier a découvert que des morceaux de feldspath, enfermés avec de l’eau dans un tambour en fer animé d’un mouvement de rotation, produisent peu à peu un limon impalpable qui montre des propriétés plastiques, tandis que le même feldspath moulu à l’état sec et gâché ensuite avec de l’eau ne manifeste aucune plasticité. L’analyse de l’eau de gâchage a montré que dans le premier cas où le procédé de pulvérisation se fait par voie humide, il se produit une certaine réaction chimique par laquelle se dissolvent des quantités d’alcali qui ne sont pas à négliger. Olschewsky croit que le même phénomène se produit en grand dans la décomposition des rochers feldspathiques et que dans le minerai extrait par voie humide il se forme des cavités, qui donnent au produit de la décomposition, c’est-à-dire à la substance argileuse, un caractère de porosité et par suite des propriétés plastiques.
- Bourry (3), le céramiste français bien connu, attribue la plasticité comme Biderman et Herzfeld à une structure lamellaire des particules d’argile qui s’enchevêtrent les unes dans les autres. En ajoutant une quantité suffisante d’eau dont les molécules se placent entre les grains d’argile, on permet à ceux-ci de se déplacer,d’obéir à l’attraction moléculaire et de s’orienter parallèlement les uns aux autres; ce groupement est évidemment favorisé par le pétrissage manuel ou mécanique de la pâte.
- Pour déterminer le degré de plasticité d’une argile, on a proposé différentes
- (1) Notizblatt, 1878, page 264.
- (2) W. Olschewsky « Die Entstehungsweise des Thons im Zusammenhange mit der Plastizitàt desselben.
- (3) Traité des arts céramiques, par Émile Bourry. Paris, 1897, Gauthier-Villars et fils.
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- méthodes. Une méthode aussi simple qu’empirique est la suivante (1). On forme avec une pâte d’argile d’une consistance normale un fil de section circulaire qu’on enroule en forme de spirale; l’argile est d’autant plus plastique que le rayon de courbure de la spirale sous lequel les fissures apparaissent dans la masse est plus petit.
- P. Jochum (2) décrit un procédé plus perfectionné et plus exact, également basé sur la détermination de la résistance à la flexion. Une barrette d’argile d’une consistance normale de 15 centimètres de longueur et la X lo m/m de section est fixée à ses deux extrémités dans des douilles en laiton. De même que dans l’essai des métaux on fait courber le milieu de la barrette au moyen d’un mécanisme convenable autour d’un mandrin arrondi, de façon que les deux bouts s’approchent sur une échelle semi-circulaire graduée.
- Au moment où le milieu de la barrette montre une fissure atteignant la fibre neutre, on arrête l’essai et on considère comme mesure de la plasticité la grandeur de l’angle de pliage.
- Le D1 2 C. Bischof et P. Jochum ont aussi essayé de mesurer la plasticité des argiles par voie indirecte, en déterminant leur force d’adhérence, c’est-à-dire leur capacité d’agglutination à l’état humide avec des composants dégraissants,, commme le quartz, la chamotte, le feldspath, et de former avec ces corps après séchage une masse plus ou moins cohérente.
- Bischof procède de la façon suivante : Des poids égaux d’argile sont additionnés d’une, deux, trois,etc. parties de sable quartzeux sous forme d’une poudre impalpable.En ajoutant à ces mélanges une petite goutte d’eau, on en confectionne de petites éprouvettes cylindriques. Après séchage complet, on les frotte légèrement contre l’éminence de l’index et on cherche ainsi à trouver celle qui se laisse frotter le plus sans dégagement de poussière. L’argile la plus grasse et par suite la plus plastique est celle qui supporte dans ces conditions la plus grande addition de sable quartzeux. On a proposé de remplacer ce procédé par la détermination de la résistance à la traction, à la compression ou à la flexion d’éprouvettes séchées à l’air, confectionnées avec la même argile,mais avec des additions différentes de sable.
- Pour ces essais, basés d’ailleurs sur le même principe que ceux précédem. ment cités, Jochum a construit un appareil, dans lequel une éprouvette carrée d’un centimètre de section et de huit centimètres de longueur est maintenue fixée horizontalement et en porte-à-faux.A une distance de cinq centimètres du
- (1) K. Diimmler, Handbuch der Ziegelfabrilcation,Halle a S. Wilhelm Knapp, 1900.
- (2) P. Jochum, Die Bestimmung der technisch wichtigsten,physikalischen Eigenschaften der Thone; Berlin 1883. J. Horrwitz in Zeitschrift des Vereins deutscher Ingenieure, 1893, page 317 Bischof, Die feuerfesten Thone, Leipzig,1895. Auant und Hàndel. page 84.
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- point d’attache l’éprouvette est légèrement entaillée; on la charge d’un conteau portant à l’autre extrémité une assiette sur laquelle on verse progressivement des charges de plomb. La résistance à la flexion, au moment de la rupture du barreau,sert de terme de comparaison pour la plasticité des diverses argiles.
- Cette série d’exemples qu’on pourrait facilement compléter par d’autres, montre d’une façon éclatante que les opinions sur les origines, le phénomène et la détermination de la plasticité divergent encore considérablement. On comprend dès lors que Brongniart, l’éminent directeur des manufactures de Sèvres, dans son œuvre « Traité des arts céramiques », s’exprime au sujet de la plasticité de la façon suivante: « On a souvent parlé de cette propriété, on semble la connaître, mais on n’en a qu’une vague idée. »
- Avant d entrer dans l’étude plus approfondie des propriétés plastiques des argiles, il y a lieu de constater que la plasticité ne constitue pas une propriété spéciale des argiles, mais que beaucoup d’autres corps la possèdent également. Ainsi, par exemple, la cire, le mastic, le plomb sont plastiques à la température ordinaire,tandis que d’autres corps comme le cuivre, l’acier, le verre, etc., le deviennent seulement à une température très élevée au rouge ou au blanc. D’autres corps, désignés d’ordinaire même comme directement cassants, la glace, par exemple,peuvent, sous une pression très forte, devenir également plastiques, phénomène facile à constater sur la descente des glaciers dans les régions alpines. Quelques savants ont même établi la théorie que tout corps sous certaines conditions — température ou pression suffisamment élevées — peut devenir plastique; la véritable définition scientifique de la plasticité fait cependant jusqu’aujourd’hui complètement défaut.
- A. Rejtô fut le premier qui, dans son œuvre très ingénieuse sur le frottement à l’intérieur des corps, a essayé de construire et de préciser sur des bases mathématiques une théorie de la plasticité, de la ténacité et de la fragilité (1). Avant de pénétrer plus avant dans l’étude spéciale des argiles, il est nécessaire de nous familiariser un peu avec les théories de M. Rejtô, en tant qu’elles touchent à notre sujet. Nous résumerons succinctement ses thèses principales de la façon suivante :
- Quand les corps solides se déforment sous l’action des forces extérieures il se produit dans leur substance un certain frottement des plus petites particules ; on désigne ce travail sous le nom du frottement interne. Dans la déformation d’un corps solide ce ne sont pas seulement les particules directement exposées à l’effort des forces extérieures qui glissent mais encore beaucoup d’autres ; ceci
- (1) Die innere Ueibung der festen Kôrper als Beitrag zur theoretischen mechanischen Technologie v. Alexander Rejtô. Aus den Ungarischen übersetzt v. Cari Gaul. Leipzig. Arthur Félix, 1897.
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- nous prouve que les particules sont capables de transmettre la force. Sous l’influence d’une force extérieure les plus petites particules d’un corps solide ne peuvent glisser que si cette force surmonte le frottement intérieur; la rupture se produit seulement si la force extérieure surmonte la cohésion. Les propriétés mécaniques des corps dépendent en partie du caractère du coefficient de frottement (f), en partie de la relation entre la grandeur du frottement et la cohésion {p0). Si on désigne par N la pression extérieure normale, agissant sur l’unité do surface du corps, par / le coefficient de frottement, le frottement intérieur s’exprime par la formule IN/. Rejtô a étudié en détail le frottement intérieur pour les plus différentes sollicitations des matériaux, telles que la traction, la compression, le cisaillement, etc. Sans entrer dans les détails de ces études, nous nous bornerons au point le plus important pour l’étude de notre question
- Fig. 1 et 2.
- spéciale, c’est-à-dire l’effort de traction. Pour les trois groupes principaux des matériaux, savoir les substances cassantes, tenaces et plastiques, Rejtô adonné les définitions suivantes :
- 1) Dans les corps cassants le frottement intérieur est plus grand que la cohésion (N/ > p0) ; dans ces corps la rupture se produit avant que les plus petites particules ne commencent à glisser. Le diagramme de ces matériaux montre, soit une droite perpendiculaire aux abscisses (fig. 1), soit (fig. 2), une droite oblique, suivant que la matière est élastique ou ne l’est pas.
- 2) Rejtô désigne comme tenaces les matériaux qui exigent une force croissante pour produire la rupture. Leurs diagrammes se composent soit d’une courbe partant directement de l’axe des abscisses (fig. 3), soit d’une ligne droite suivie d’une branche courbée (fig. 4).
- 3) Finalement Rejtô définit les corps plastiques comme des corps qui exigent pour leur déformation une force conservant pendant toute l’opération son intensité initiale. Dans ces corps la valeur du frottement intérieur est plus petite que la cohésion. Le diagramme correspondant commence par une verticale (fig. 5) ou une droite oblique (fig. 6), suivant que la matière est élastique
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- *ou non; cette partie de la courbe est suivie dans les deux cas d’une branche descendante.
- Celle-ci commence éventuellement par une ligne horizontale. On rencontre cependant la partie descendante droite de la courbe seulement dans le cas où
- Fig. 3 et 4.
- la force qui produit le travail de friction des molécules est proportionnelle à la diminution de la section de l’éprouvette.
- Les différents corps ne se présentent pas toujours dans les conditions simples décrites précédemment. Dans les différentes étapes de l’opération de traction le même corps peut se comporter d’une façon toute différente. Un barreau de fer fondu ou de cuivre par exemple, montre jusqu’à la limite apparente d’élasticité
- Fig. 5 et 6.
- des propriétés tenaces; au delà de cette limite, on observera le phénomène de la striction, les molécules commenceront à couler; l’effort nécessaire à la déformation ne croîtra plus et conservera sa valeur primitive ou diminuera même : en d’autres termes, au delà de la limite apparente d’élasticité les corps contrac-tibles deviennent plastiques.
- D’après ce qui a été dit plus haut, la force de traction extérieure doit surmonter le frottement interne. Si nous dressons le diagramme avec les valeurs
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- variables de la force et du chemin parcouru, c’est-à-dire l’allongement, la courbe nous donne la loi des variations du frottement interne, et l’aire de surface du diagramme représente le travail de frottement total.
- Désigne-t-on par P la force de traction totale, nous avons :
- P — A N /.
- où A signifie la section du barreau.
- Pour des éprouvettes de dimensions égales nous avons donc la proportion :
- P__AN/____N /
- v-rüf-ïïr;
- La force de traction est donc proportionnelle au frottement intérieur et
- P (Efforts de traction).
- Fig. 7.
- dépend uniquement de la nature des matériaux. On peut calculer la valeur du
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- frottement interne en partant du diagramme de traction, au moyen de la formule donnée pour la force de traction.
- On a
- P = A N /
- ou
- N/=
- P
- Â'
- Admettons que le diagramme de traction soit représenté dans la figure 7 par P. Si nous le divisons par des verticales en un nombre quelconque de parties, nous pourrons calculer la valeur N/ pour chaque point de division.
- Nous avons en ax
- Pi_
- A
- I)
- en a2
- n/;
- Yl = a±îl, etc. A2 A2
- P)
- etc.
- Il s’agirait encore de déterminer A1? A2, etc.
- Si on désigne par K le volume du barreau d’essai,par h sa longueur, on peut
- écrire :
- K = A h = \ h1 = A2 h2, etc. III)
- Il ressort de la figure que
- /q — h -f- — h —p (qtq
- h2 = h s2 = h a0a,2.
- Des équations III), on tire :
- At =
- K
- hi
- K
- K;
- Introduisons-nous les valeurs pour ht et h2J nous avons
- K
- A.=---------
- h -f- a0 aj
- K
- ^ = --------•
- h -f- dÿ a2
- Substituons les valeurs At et A3 dans les équations I et Il2 :
- ^/i = ^ (h + a0ai)
- N fs= —(h-h a0a2).
- d2 S.j
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- Exprimons les valeurs N/j et N/à par les longueurs ai mx et a2 m2, prenons les longueurs comme ordonnées et relions les points correspondants par une courbe, nous aurons le diagramme du frottement intérieur par rapport à l’allongement effectif (s = 7 h) de l’éprouvette.
- L’allongement total de l’éprouvette exprimé en pour cent est obtenu par la proportion :
- h : a0a7 =100 : X
- d’où
- a0a7 100 1= h ’
- Si nous voulons exprimer le frottement interne en fonction de l’allongement
- en pour cent, au lieu par rapport à l’allongement effectif, nous avons un diagramme dans lequel n’entrent que les propriétés absolues de la matière. A cet effet il sera nécessaire de construire un nouveau diagramme avec les valeurs de l’allongement en pour cent et les valeurs deN/4, N/2, N/3, etc.
- Les valeurs de mkl etc., peuvent être calculées ; ou bien on se sert du procédé graphique suivant. On calcule tout d’abord l’allongement total en pour cent d’après la formule ci-dessus. Supposons qu’il ait la valeur a0 oc7 (fig. 7). On divise cette longueur dans la même proportion que la distance a0 an (fig. 7). A cet effet on procède comme suit : On prolonge aux points a0 et a0 les deux ordonnées vers le bas et en projette la division de a3 an sur la droite a3 bn et de là sur a0 c7. On relie c7 avec a7 et tire des points cL c2 c3... etc., des parallèles à la ligne c1 a7, jusqu’à ce qu’elles coupent l’abscisse a0 a7. On dresse les verticales aux points d’intersection a.1 a2 ot3... et on y projette les valeurs correspondantes de N/, c’est-à-dire alm1, a2m2... etc. On obtient ainsi une nouvelle courbe qui nous montre la loi du frottement interne par rapport à l’allongement en pour cent.
- Comme les corps plastiques, d’après la théorie de Rijtô, sont caractérisés par le fait que pendant leur déformation la force extérieure, rapportée à l’unité de surface, ouen d’autres termes le frottement interne conserve une valeur constante, la courbe du frottement interne doit montrer une allure parallèle aux abscisses.
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- Il faut bien remarquer que la plasticité est une notion indépendante de la valeur absolue de la cohésion. Ainsi, par exemple, le plomb peut être plus plastique que certaines argiles, en tant que son frottement interne décèle des valeurs plus constantes que l’argile en question; mais il est en même temps plus dur que l’argile. Les liquides sont des corps plastiques idéaux, qui se déforment déjà sous l’influence de la force de la gravité; mais ils possèdent, d’autre part, très peu de dureté.
- Nous verrons, au cours de cette étude, dans quelle mesure les théories de Rejtô sur la plasticité développées ci-dessus sont confirmées par l’expérience et peuvent être appliquées aux argiles. En admettant qu’elles soient justes, elle ne sont, en tout cas, pas suffisantes pour caractériser une argile au point de vue de son application plastique. Car on demande avant tout d’une argile très plastique, dans le sens général de ce mot, qu’elle se laisse déformer autant que possible sans rien perdre de sa cohésion et que les objets formés conservent leur forme Par rapport à certaines manipulations que subissent les argiles dans leur façonnage, on leur demande d’ailleurs un certain degré de glutinosité ou de force d’adhérence qui permet de réunir en une seule masse homogène deux morceaux isolés. Nous avons donc ici le même phénomène que pour les métaux forgeables dont on demande que deux fragments se laissent réunir à l’état plastique, c’est-à-dire à la température de soudure.
- Comme on le voit, la plasticité dans le sens général du mot n’est donc pas une notion physique simple, mais au contraire une propriété complexe. En examinant une argile au'point de vue de sa plasticité, il faut donc tenir compte des points suivants :
- 1. La déformabilité ;
- 2. Le degré de cohésion;
- 3. La force d’adhérence;
- 4. La plasticité proprement dite dans le sens restreint du mot, d’après la théorie de M. Rejtô.
- Dans tous les essais comparatifs effectués avec des argiles humides, il est absolument nécessaire de travailler avec une consistance uniforme de la pâte. Il serait très fautif de vouloir gâcher toutes les argiles avec la même quantité d’eau parce que, en raison du pouvoir absorbant très différent des argiles, on arriverait à des consistances toutes différentes. Si on gâchait, par exemple, une argile très maigre avec 25 p. 100 d’eau, on obtiendrait une pâte beaucoup trop liquide dont on ne pourrait jamais confectionner des éprouvettes convenables. Si on additionnait, par contre, une argile très grasse avec la même quantité d’eau, on obtiendrait une pâte si épaisse qu’il serait impossible de la faire passer à travers le propulseur.
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- Pour arriver à une consistance réellement uniforme, on est donc obligé d’approprier l’addition d’eau, dans chaque cas, à la nature particulière de l’argile à essayer. Je considère comme consistance normale la consistance à laquelle un morceau d’argile humide, peloté légèrement entre les deux mains, s’en détache facilement sans laisser coller aux mains des particules d’argile.
- Cette consistance répond en effet à celle à laquelle, d’après l’usage des tuiliers, on façonne la pâte au moyen du propulseur. Pour déterminer la juste addition, on procède comme suit :
- On gâche environ 100 grammes d’argile préalablement bien pétrie et homo-génisée avec un excès d’eau de façon que la masse constitue une pâte assez glutineuse et adhérente. On la sèche un peu dans un séchoir, la pétrit de nouveau et la pelote entre les mains lavées et bien sèches. Dans le cas où la masse serait encore trop collante, on la sécherait de nouveau un peu et on continuerait ainsi jusqu’à ce qu’on saisisse le moment où la pelote d’argile se détache facilement delà main, sans laisser un résidu. On la pèse tout de suite, l’aplatit, la sèche à 120° et pèse de nouveau. La différence des deux pesées nous donne la teneur en eau de gâchage. A cette consistance l’argile possède son maximum de plasticité, elle est assez liquide pour subir facilement toutes les déformations et en même temps assez solide pour conserver sa forme après façonnage. Ce degré de consistance est d’ailleurs assez nettement caractérisé, car les résultats d’essai trouvés par deux manipulateurs différents travaillant indépendamment l’un de l’autre, montrent une concordance assez satisfaisante, comme il résulte de 20 exemples consignés dans le tableau suivant :
- Dosage de l’eau de gâchage en 20 argiles de consistance normale, d’après le procédé de pétrissage à la main.
- NUMÉRO d’ordre de l’argile. TENEUR EN P. MANIPULATEUR A. EX EAU 100. MANIPULATEUR B. DIFFÉRENCE. NUMÉRO d’ordre de L ARGILE. TENEUR EN P. MANIPULATEUR A. EX EAU 100. MANIPULATEUR B. DIFFÉRENCE.
- 504 17,04 16,81 0,23 267 23,59 23,63 0,04
- 505 19,60 19,92 0,32 257 17,27 16,94 0,33
- 643 20,21 20,22 0,01 271 23,38 23,88 0,50
- 507 19,15 18,80 0,35 272 27,65 27,29 0,36
- 822 25,06 25,17 0,11 152 20,79 21,26 0,52
- 509 15,82 15,66 0,16 274 13,04 13,08 0,04
- 644 22,01 21,89 0,12 275 23,52 23,01 0,51
- 514 20,00 20,50 0,50 276 24,69 24,15 0,54
- 518 23,10 23,10 0,00 279 27,17 27,39 0,22
- 519 23,30 22,91 0,39 826 18,51 18,74 0,23
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- Nous discuterons à la fin de ce rapport en même temps qu’avec les autres résultats d’essai, la question du pouvoir absorbant si variable des argiles, tel qu'il résulte du tableau ci-dessus.
- Après nous être mis d’accord sur la consistance normale des argiles, nous voulons examiner de plus près les quatre points cités ci-dessus qui entrent en jeu dans l’appréciation des propriétés plastiques des argiles.
- 1. — LA DÉFORMABILITÉ
- Il nous a paru d’abord tout naturel de déterminer la déformabilité des argiles par l’essai au refoulement. A cet effet, l’échantillon d’argile, en tout 30 kilogrammes environ, est soumis à la dessiccation dans un séchoir à gaz; il est ensuite pulvérisé dans un moulin à billes, puis la poudre tamisée sur le tamis à 144 mailles par centimètre carré. Après avoir abandonné la masse à la pourriture durant une quinzaine de jours, on expulse l’eau jusqu’à une teneur un peu au-dessous de celle qui répond à la consistance normale. On détermine ensuite sur un petit échantillon cette consistance d’après le procédé décrit ci-dessus et on calcule l’addition d’eau nécessaire au reste de la masse. On homogénise ensuite l’argile ainsi préparée dans un petit propulseur et on confectionne des éprouvettes cylindriques de 60 millimètres de hauteur et 30 millimètres de diamètre.
- Ces éprouvettes sont comprimées immédiatement après entre les plaques de pression d’une petite presse Amsler, jusqu’à l’apparition des premières fissures (fig. 9). La valeur du refoulement en pour cent s’exprime par la formule :
- On pourrait s’attendre à ce que les argiles grasses accusent un coefficient de refoulement beaucoup plus grand que les argiles maigres, mais il ressort d’une statistique de plus de 200 essais, qu’il n’existe aucune proportionnalité entre la plasticité effective et la mesure du refoulement. Nous pouvons citer des exemples nombreux d’argiles très maigres et sablonneuses qui se laissent refouler beaucoup plus loin que les argiles grasses. Ce phénomène étrange a deux causes. La capacité, souvent considérable au refoulement des argiles maigres, s’explique par le fait qu’entre les grains isolés de la pâte humide se
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- trouvent toujours des pores nombreuses. Ces pores viennent de ce que les argiles maigres ont généralement un grain plus gros que les argiles grasses, et retiennent en consistance normale beaucoup moins d’eau que ces dernières. En conséquence, ces argiles se compriment au début de l’essai. Les argiles grasses ne montrent pas cet inconvénient. D’autre part, l’apparition prématurée de fissures, assez souvent observées sur ces argiles, s’explique par le fait, qu’en raison de leur grande glutinosité, elles adhèrent fortement aux plaques de pression
- de la machine à essayer, au lieu de glisser sur celles-ci.
- Cette adhésion augmente avec la pression croissante et ne peut même pas être éliminée par l’emploi de plaques de pression en verre poli et lubrifié. Nous avons songé ensuite à déterminer la déformabilité des argiles par un essai d’aplatissement effectué sur des éprouvettes sphériques, soit en les laissant tomber d’une certaine hauteur sur des plaques métalliques ou en verre, soit en les soumettant à l’action de la force centrifuge sur un disque horizontal tournant. Malheureusement ces essais échouèrent en raison de l’impossibilité de confectionner des sphères d’une homogénéité irréprochable.
- Nous n’avons pas non plus réussi à arriver au but par un essai d’emboutissage pour lequel nous avons construit un appareil spécial et employé la méthode suivante (fig. 10). On verse sur le fond d’un gobelet en verre A une quantité déterminée d’argile en consistance normale, on introduit dans le vase le corps conique B et on charge l’assiette C avec un poids déterminé. Le corps B auquel on donne en même temps, à l’aide de la manivelle D un mouvement tournant, s’enfonce dans la masse qui monte le long des parois du gobelet. On arrête l’essai quand la pâte montre des fissures distinctes et lit la hauteur atteinte par l’argile sur une échelle gravée sur le gobelet. Malheureusement, d’une part,
- Fig. 10.
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- cet essai manque de précision, et, d’autre part, comme dans l’essai au refoulement la glutinosité de l’argile joue un rôle perturbateur.
- Comme les essais de traction, dont il sera encore question plus tard, nous ont montré que les argiles possèdent également un allongement considérable, nous sommes finalement arrivés à déterminer leur déformabilité par l’essai de traction. Cette méthode d’essai permet d’ailleurs de déterminer à la fois, sur la même éprouvette, la résistance à la traction et l’allongement et de mettre en rapport ces deux propriétés. Pour obtenir une première vérification des résul-
- Fig. 11.
- tats obtenus par cette méthode, nous avons tout d’abord effectué quelques essais préliminaires avec l’appareil suivant, construit par M. Usteri-Reinacher, ingénieur mécanicien à Zurich.
- Cet appareil (fîg. 11) se fixe au moyen de quatre vis b, c, cl, e, à la filière d’un propulseur; il se compose essentiellement de quatre guides fi f2 f3 /4, entre lesquels se trouve fixé un corps tubulaire d’où sort pendant l’opération un fil d’argile cylindrique de 30 millimètres de diamètre : un second corps métallique analogue au précédent, mais mobile, glisse entre les quatre guides et se trouve pressé contre la pièce g au moyen des deux vis de charnière s et si. On met ensuite le propulseur en marche jusqu’à ce que le fil d’argile sorte à l’orifice de la pièce gr On arrête le propulseur un instant,fpour lâcher les deux vis de Tome 103. — 2e semestre — Novembre 1902. 42
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- charnière et on le met de nouveau en marche. Le fil d’argile entraîne dans son mouvement la douille g,, de façon qu’entre gL et g2 se forme un fil d’argile flottant dans l’air. Dès que le fil a atteint la longueur voulue, contrôlée sur un index marqué sur un des quatre guides, on arrête la marche du propulseur, et l’appareil est prêt à l’essai. Dans les essais préliminaires on a brisé le fil d’argile à la main en saisissant les deux mandrins h et h2 et en exerçant l'effort de traction dans la direction de la flèche. Par suite de la disposition indiquée, les douilles cylindriques gl et g.2 font l’office de griffes. En effet, l’expérience a montré que le frottement du fil d’argile sur les parois intérieures de gL et g2 est suffisant pour fixer le fil d’argile dans les douilles.. Les essais effectués avec cet appareil ont montré qu’il rend de très bons services pour la détermination de la
- déformabilité des argiles et qu’on peut exprimer celle-ci de la même manière que l’allongement dans l’essai de barreaux métalliques. L’influence perturbatrice de la glutinosité des argiles, qui entre en jea dans les essais de compression et de cisaillement est complètement éliminée. Aussi observe-t-on dans les argiles les déformations élastiques et les déformations permanentes, quoique les premières, comparées avec les dernières, soient assez insignifiantes. En ce qui concerne les allongements élastiques, Rcjtô en a établie la théorie et prétend qu’ils sont dus, — au moins pour les métaux — à l’expansion de gaz enfermés. Nous ne voulons pas discuter si cette manière de voir répond à la réalité ou bien si l’allongement d’un barreau métallique doit être ramené à une déformation élastique des plus petites particules. Mais en ce qui concerne la déformation élastique des argiles "on ne peut adopter que la première hypothèse, car il est évident que les grains minéralogiques très durs dont se compose la pâte d’argile ne peuvent pas subir un allongement en raison des forces très minimes qui entrent en jeu. La première des deux hypothèses est d’ailleurs appuyée sur le fait bien connu, que les argiles absorbent des quan-
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- tités considérables d’air pendant le malaxage des pâtes humides. Aucun céramiste n’ignore du reste que les bulles d’air amoindrissent la plasticité. C’est pourquoi les potiers cherchent, après le pétrissage de la masse, à expulser l’air, soit en la laissant reposer durant quelque temps, soit en jetant les pelotes d’argile à plusieurs reprises contre un appui dur, opération qui fait échapper l’air par suite de l’inertie.
- Les déformations permanentes des argiles par contre, comme celles des métaux, doivent être ramenées à un écoulement de la masse. Cette manière de voir est d’autant plus admissible que les pâtes d’argile peuvent en effet être considérées comme un liquide. Les phénomènes qui se passent dans la déformation s’expliquent de la façon suivante :
- Prenons comme exemple deux grains de sable humides qui se touchent. Comme ils sont formés d’une substance non plastique, ils possèdenl un très
- Fig. 13. Fig, 14.
- faible pouvoir absorbant et sont, en conséquence, revêtus seulement d’une couche d’eau très mince (fîg. 13) ; si on éloigne petit à petit ces grains l’un de l’autre, la gaine d’eau qui les relie, se rompt bientôt à une distance relativement très courte des grains. Il en est autrement pour deux grains d’argile qui retiennent beaucoup d’eau (fig. 14). Si nous les éloignons les uns des autres, la gaine d’eau qui les relie s’allongera de plus en plus et la distance à laquelle la séparation se produit sera beaucoup plus grande que dans le premier cas. Le même phénomène, du reste facilement imitable au moyen de petites boulettes humectées de sirop, se reproduit en grand dans la rupture d’un prisme d’argile. Celle-ci se comporte absolument comme un liquide, et peut en effet être considéré comme un liquide qui contient un corps solide en suspension permanente.
- La substance argileuse mélangée à l’eau est donc soumise à tous les phénomènes qui caractérisent les liquides et cela, d’autant plus que la pâte d’argile présente mieux le caractère d’un liquide, c’est-à-dire plus elle contient d’eau de gâchage, plus l’attraction entre celle-ci et la substance argileuse est intime et plus les dimensions du grain sont faibles. Au contraire, à mesure que les dimensions du grain augmentent, la teneur en eau et l’adhésion de celle-ci à la substance argileuse diminuent; la mobilité et la déformabilité de l’argile
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- s’amoindrissent en même temps, la rupture se produira avec une striction d’autant moins prononcée et sous un effort d’autant plus faible (fig. lo et 16).
- La rapidité de l’essai exerce sur les résultats une influence très remarquable; ce fait, bien connu depuis longtemps dans les essais de traction des métaux, se manifeste d’une façon beaucoup plus frappante encore sur les argiles. Mais tandis que dans les métaux l’allongement diminue rapidement avec la vitesse de l’essai, nous observons dans les argiles le phénomène contraire.
- L’allongement est d’autant plus grand que l’action de la traction est plus brusque, ou mieux encore que la déformation est plus considérable. Suivant la
- rapidité de l’essai, nous obtenons pour la même argile grasse dans deux essais successifs des allon-
- Fig. 15. Fig. 16. Fig. 17. Fig. 18. Fig. 19.
- gements de dix ou de cent pour cent, et naturellement aussi des cassures de forme très différente (fig. 17 et 18).
- La façon étrange dont se comportent les argiles est difficile à expliquer. On avait émis la supposition que dans l’essai brusque par suite de la différence d’inertie de l’eau et de l’argile, il se produit dans la pâte une séparation des deux constituants, de façon que les points s et st des tronçons coniques devraient être plus riches en eau que leurs bases b et bL (fig. 19). Cette hypothèse a été démentie par l’expérience; en effet, aussitôt après l’essai de traction, on a effectué sur quatre argiles un dosage d’eau des pointes et des bases des fragments d’éprouvettes. Ces dosages ont donné les résultats suivants :
- NUMÉRO d’ordre. TENEUR EN EAU
- DES BASES. DES POINTES.
- p. 100. p. 100.
- 277 24,70 23,10
- 278 27,40 27,30
- 279 26,97 26,96
- 282 24,33 24,33
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- Nous reviendrons plus tard, lors de la discussion des essais de cohésion, sur quelques phénomènes accessoires qui se produisent dans Les essais de déformation.
- 2. -- ESSAIS DE COHÉSION
- Ainsi que nous l’avons déjà fait ressortir, on demande d’une bonne argile que l'objet façonné conserve aussi sa forme primitive à l’état frais, qu’il ne se courbe pas sous rinfluenee de la gravité ou qu’il ne tombe pas en débris. L’argile doit donc posséder déjà en consistance normale un certain degré de cohésion.
- Hugo Fischer (1) a déjà? examiné au point de vue de la résistance à la traction et au cisaillement la manière dont se comportent quelques argiles grasses à des teneurs différentes en eau, mais sans chercher à établir des rapports entre ses résultats d’essai et la plasticité.
- On pourrait se borner à déterminer seulement la propriété de cohésion; on y arriverait d’une façon très simple et très exacte par la mesure de la longueur de la rupture. A cet effet, on ferait sortir un fil d’argile de section ronde d’un propulseur placé verticalement. Cependant les conditions d’emplacement ne permettent pas toujours un tel dispositif, étant donné qu’il faut pour cet essai une longueur libre du fil d’argile d’environ 3 mètres.
- Pour nos premiers essais, nous avons utilisé un petit appareil dont la construction est représentée sur la figure 20. Les éprouvettes avaient la forme d’un viclon et les mêmes dimensions que les éprouvettes employées pour l’essai des ciments. On les confectionnait au moyen du propulseur dont la filière avait la section d’un huit. Immédiatement après leur confection, les éprouvettes sont introduites dans l’appareil. On exerce l’effort de traction en tournant la manivelle C. Par une rotation simultanéé de la manivelle d, on déplace le contrepoids e, et on rétablit de cette façon l’équilibre troublé du levier p. On lit la
- (1) Beitrag zur mechanischen Untersuchung plastischer Kôrper y. Prof. Hugo Fischer. Dresden. (Civilingenieur, xxxi Band, 7 bis Heft.)
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- charge de rupture sur une graduation qui se trouve sur le levier h. Cet appareil, tout en fonctionnant assez bien, présente une série d’inconvénients.
- Tout d’abord, la forme en violon des éprouvettes n’est pas bien choisie au point de vue de la transmission de la force ; en second lieu, il était à craindre que pendant l’opération de traction les têtes des éprouvettes, par suite de la plasticité, ne viennent à sortir des griffes ; la section rectangulaire des éprouvettes n’est pas non plus à recommander pour des substances délicates telles que les argiles humides. En tenant compte de ces conditions et en se basant sur les résultats favorables obtenus dans les essais de déformation avec les éprouvettes cylindriques, l’auteur a fait construire un appareil de traction définitif, exécuté sur ses propres indications par la maison bien connue Amsler-Laffon et fils, à Schaffhouse. Cet appareil permet d’opérer aussi bien par action graduée que
- Fig. 21. — 1
- par action brusque, de relever en même temps la déformation et d’enregistrer automatiquement, au moins pour l’action lente, le diagramme de travail. Une première construction que nous passerons sous silence n’a pas donné, pour différentes raisons, des résultats satisfaisants, par contre la seconde, représentée par la figure 21, fonctionne assez bien, quoiqu’elle soit encore susceptible de perfectionnements. Il a fallu renoncer dans ce dispositif à la mesure directe de l’effort au moyen d’un manomètre à mercure généralement employé et avec beaucoup de succès par la maison Amsler, étant donné que dans les essais au choc l’inertie du mercure exerce une influence perturbatrice.
- L’appareil est constitué comme suit (fig. 21) : une plaque massive en fonte (g) fixée par deux vis sur une table solide, porte les deux guides ab et à1 b1 reliés solidement entre eux.
- Sur ces guides repose l’éprouvette d’argile T, fixée dans les douilles c etc1.
- Chacune de ces douilles porte quatre petites roulettes qui roulent sur les deux rails ab et albl, de façon à exclure tout déplacement latéral. Les guides portent d’ailleurs le traîneau cl (partie hachurée) susceptible de marcher en avant ou en arrière sous l’action de la vis e et de la manivelle /. Dans la
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- marche en avant, les deux ressorts g et g1 tournés en spirales et calibrés à 10 kilogrammes se tendent. Ils sont fixés par une extrémité aux vis h et h et par Tautre au traîneau mobile (i et i2). On les utilise dans le cas où on veut opérer par action brusque.
- Au moyen du crochet k la douille c est accrochée à l’axe de l’indicateur, tandis que la douille ci est retenue par le traîneau, m est le tambour de diagramme. La confection des éprouvettes se fait de la môme manière expliquée ci-dessus. M. Amsler nous a cependant fourni un appareil un peu modifié, dont la construction est représentée par la figure 22.
- Un cadre b en acier, servant de guidage aux douilles c et d, est fixé au
- Vue en plan 1 : 5 Coupe A-B
- a'
- Fig. ‘23.
- moyen de quatre vis à la filière a du propulseur; au moyen du coin e on presse la douille c contre /, au moyen de g la douille d contre c. On met le propulseur en marche, jusqu’à ce que le fil d’argile sorte de l’orifice h de la douille d. On arrête un instant le propulseur pour enlever le coin g et on met de nouveau l’appareil en marche, La douille d prend part au mouvement du fil d’argile. Dès que celui-ci a atteint la longueur utile voulue, on arrête la marche de l’appareil pour enlever le coin e et détacher le fil d’argile au moyen du tiroir i. Pour enlever sans difficulté les deux douilles avec le fil d’argile du cadre b, on se sert de la pièce s (fig. 23). On l’introduit par le bas dans le cadre b, de façon que les quatre anneaux qui entourent les douilles, ainsi que les deux mandrins pénètrent dans les quatre entailles et les deux ouvertures ovales correspondantes de la pièce S. Par ce dispositif chaque mouvement des douilles en avant, en arrière et autour de leur axe longitudinal est rendu impossible. On introduit
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- ensuite ta pièce S avec les douilles et le fil d’argile dans l’appareil de traction. Dès que les douilles ont trouvé leur place exacte, la pièce S tombe d’elle-même de l’appareil.
- Four l’exécution de l’essai de traction, on procède de la façon suivante :
- En tournant la manivelle f on fait avancer le traîneau, jusqu’à ce qu’il se trouve dans la position exacte. Ensuite on enclanche le crochet k. Si on veut opérer par action graduée, on commence à tourner la manivelle en sens inverse. Durant cette opération, les deux ressorts sont tendus sans cependant entrer en fonction. On obtient dans cet essai le diagramme de travail. Pour rendre mieux visibles les allongements quelquefois très insignifiants des argiles maigres, l’appareil permet de les enregistrer avec double ou triple grossissement. Il est vrai que, dans nos diagrammes, le chemin du ressort de l’indicateur n'est pas éliminé ; mais ceci ne présente du reste aucune importance pratique. Le chemin, une fois relevé, il suffit de rapporter les diagrammes à un système d’ordonnées obliques, c’est-à-dire de soustraire les ordonnées du diagramme de marche de la machine de celles du diagramme total. Le diagramme avec ordonnées finales obliques possède la même aire que le diagramme réel; on peut, du reste, facilement déduire celui-ci du diagramme enregistré. (Voir le diagramme rouge, pour l’argile 250, tableau II.)
- Si on veut opérer par action brusque, on tend tout d’abord les deux ressorts comme dans l’essai précédent en faisant avancer le traîneau au moyen de la manivelle /. On tourne ensuite le levier n en position verticale ; dans cette opération, le nez o pénètre dans une rainure entaillée dans le traîneau, ce dernier recule momentanément. Malgré toutl’intérêtqu’auraientprésenté des diagrammes de traction rapide, nous avons été contraints de renoncer à les enregistrer. Par suite de l’inertie, le crayon de l’indicateur et le tambour de diagramme sont animés de vitesses différentes. En outre, les vibrations très sensibles du ressort de l’indicateur exercent dans l’essai brusque une influence également perturbatrice sur l’allure du'diagramme. Nous avons été, par suite, obligés de nous borner tout simplement à l’enregistrement de la force de traction et de mesurer ensuite l’allongement sur les deux fragments de l’éprouvette.
- Pour déterminer les dimensions les plus convenables à donner aux éprouvettes et aux douilles, nous avons effectué des essais très détaillés. Finalement nous avons fixé le diamètre du fil d’argile à 2,52 centimètres, ce qui correspond à une section de o centimètres carrés. Par l’adoption de ces dimensions, le calcul delà résistance à la traction par centimètre carré est simplifié le plus possible.
- Pour la longueur utile de l’éprôuvette entre les douilles, nous avons adopté 5 centimètres, longueur maximum sur laquelle s’étend, d’après de nombreuses expériences, l’allongement contractionnel qui constitue le phénomène caractéristique extérieur de la plasticité des argiles. En considération de l’influence des
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- têtes sur les résultats d’essai, il aurait sans doute été plus correct de ne pas relever l’allongement directement entre les douilles (fig. 24 a), mais de faire cette
- Fig. 24 a.
- Fig. 24 b.
- Sortie de l’argile
- mesure tout en conservant la longueur utile de 5 centimètres, sur un fil d’argile de peut-être 10 centimètres de longueur (fig. 24 b).
- Des essais comparatifs ont montré qu’avec la première disposition on commet en effet une légère erreur. D’autre part, plusieurs facteurs s’opposent à l’adoption d’une longueur du fil d’argile de 10 centimètres.
- En premier lieu, il serait absolument impossible d’enregistrer automatiquement l’allongement, vu l’impossibilité d’accrocher un appareil d’enregistrement à l’éprouvette formée d’une masse molle. En second lieu, les éprouvettes de 10 centimètres de longueur ne sont plus suffisamment rigides pour se porter -elles-mêmes ; on serait obligé de les -appuyer, ce qui fausserait les résultats d’essai.
- Dans les premiers essais nous avons -eu assez souvent à lutter contre cet inconvénient que le fil d’argile, au lieu de se casser, sortait tout simplement des douilles, notamment de celle fixée au
- Entrée de l'argile Fig, 23.
- traîneau; la surface de l’éprouvette étant lubrifiante, son adhésion aux parois intérieures des douilles était donc plus petite que la cohésion.
- Nous avons d’abord cherché à obvier à cet inconvénient par l’emploi de
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- douilles de formes très différentes (fig. 25). Dans tous ces essais, pour augmenter l’adhésion aux parois, le fil d’argile était refoulé dans la douille d en maintenant fermé l’orifice o pendant la première course du propulseur (fig. 25). Cet artifice présenta cependant l’inconvénient de troubler l’homogénéité de la masse ; en outre le fil d’argile, sous l’action de bulles d’air enfermées, se cassait toujours dans les douilles.
- Finalement nous avons trouvé que les douilles cylindriques sont encore les
- plus commodes et qu’à condition que l’argile possède exactement sa consistance normale elle ne sort plus des griffes. Toutefois, pour une nouvelle exécution de l’appareil d’essai, il serait Fig. 26. recommandable, au lieu de
- fixer les bouts du fil d’argile dans des douilles cylindriques, de les maintenir dans de petites caisses en tôle remplies d’argile humide (fig. 26). Un dispositif de ce genre évitera d’une façon absolue que le fil d’argile, parfois lisse comme la peau d’une anguille, ne vienne à s’échapper des griffes.
- Pour bien montrer les propriétés plastiques des argiles, nous avons choisi, au milieu d’une grande série d’essais, huit exemples typiques, qui représentent la transition successive des variétés les plus grasses jusqu’aux variétés les plus maigres.
- TABLEAU I
- ESSAIS DE TRACTION
- NUMÉRO d’ordre. TENEUR EN eau en consistance normale. TRACTION LENTE TRACTION BRUSQUE
- Résistance à la traction en kgs par cm- (,S). Déformabilité en p. 100 (')• Coefficient de plasticité ,3 A. Résistance à la traction en kgs par cm2 (3). Déformabilité en p. 100 (a). Coefficient de plasticité
- p. 100.
- 269 29,8 0,63 70 44,1 1,73 127 220
- 250 22,9 0,48 28,6 13,7 1,52 97 147
- 631 26,0 0,42 18,4 7,7 0,96 91 87
- 901 21,8 0,36 17,4 6,3 0,93 82 76
- 705 20,8 0,27 33,4 9,0 0,86 94 81
- 507 20,8 0,25 20,0 5,0 0,96 90 86
- 702 23,0 0,29 8,6 1,7 0,76 73 55
- 636 21,8 0,08 5,0 0,4 0,20 O 1
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- Le tableau I consigne l'ensemble des résultats d’essais les plus importants; le tableau Iï donne les diagrammes de travail dans lesquels les allongements ' sont portés en triple grandeur.
- Le tableau III nous montre les reproductions photographiques des cassures par traction graduée, le tableau IV, les cassures des mêmes argiles par traction brusque.
- Les diagrammes du tableau II font apparaître très clairement les différences énormes entre les propriétés plastiques des argiles essayées.
- TABLEAU II
- N° 269. (Argile extrêmement tenace et grasse.)
- B= o .63 Kg / cm,
- (3 = 0.&2
- ÉA= 7.7
- (3 = o 36
- [3 = 0.27
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- CHIMIE.
- NOVEMBRE <902.
- TABLEAU II {Suite.)
- N° 636 (Argile très sablonneuse).
- (3 = 0.25
- X = 20
- V3X= 5 o
- N° 602.
- P* = 2.go Kgr.
- Nous constatons tout d’abord à l’appui des chiffres trouvés le fait, du reste connu depuis bien longtemps, que les argiles grasses possèdent une cohésion beaucoup plus élevée que les argiles maigres. Dans la plupart des corps solides, par exemple des métaux, la résistance et l’allongement sont des propriétés inverses, de façon que les métaux durs décèlent de faibles allongements et les métaux doux par contre des allongements considérables; nous constatons par contre pour les argiles le phénomène étrange mais très caractéristique que la valeur de la dureté marche de front avec celle de l’allongement ou pour mieux dire avec la déformabilité.
- Nous constatons de plus que sous les efforts de choc, comme dans les métaux, la résistance s’accroît considérablement, qu’elle se double ou se triple; mais en même temps, en opposition aux métaux, l’allongement, au lieu de diminuer, augmente également, et cela dans une mesure quelquefois tout à fait extraordinaire; il peut arriver qu’il dépasse huit fois l’allongement obtenu par l’action graduée.
- Nous signalerons un autre fait frappant qui ressort de ces quelques exemples aussi bien que de beaucoup d’autres non cités ici; les argiles grasses et cohérentes contiennent généralement en consistance normale plus d’eau de gâchage que les argiles maigres. Ceci donne par conséquent une preuve irréfutable de ce
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- 64^
- que la substance argileuse et l’eau de gâchage entrent mutuellement dans des relations d’attraction plus intimes soit de nature chimique, soit de nature physique; car dans les conditions ordinaires, une pâte possède d’autant plus de cohésion qu’elle contient moins d’eau de gâchage.
- La force d’adhérence, la plus ou moins grande glutinuosité des argiles ne se laisse pas directement déduire des diagrammes de traction, quoi qu’il soit très probable que le phénomène très prononcé de la striction, tel que nous l’observons notamment sur les éprouvettes déchirées par traction brusque (voir le tableau IV), présente un certain rapport avec cette propriété. Ce phénomène de striction montre d’ailleurs une grande analogie avec celui observé dans l’étirage de corps glutineux proprement dits, comme par exemple la gomme, le goudron, le sirop, le verre aux températures élevées, etc.
- Pour déterminer et exprimer par des chiffres la mesure de la glutinosité des argiles, il conviendra de procéder à des essais spéciaux, qui sont sans doute indispensables pour caractériser une argile sous tous les points de vue.
- N° 209
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- Nous examinerons enfin les 8 diagrammes par rapport à la théorie de Rejtô, d’après laquelle la déformation des corps plastiques nécessite une force qui conserve une valeur constante dans toutes les phases de la déformation. Un coup d’œil sur les diagrammes nous montre en effet que les argiles suivent en général cette théorie. Au début de leur déformation toutes les argiles citées ci-dessus décèlent un caractère plutôt tenace qui se manifeste par la branche ascendante de la courbe. Mais tandis que les argiles maigres, comme par exemple les nos 901, 507, 702 et 636, se rompent brièvement dans cette phase de l’essai, les autres (269, 250, 705) commencent à montrer des propriétés plastiques qui s’expriment par la branche d’abord sensiblement horizontale, puis descendante de la courbe. Pour déduire de ces courbes celle du frottement interne, on pourrait procéder d’après les indications de Rejtô. Mais il ne faut pas perdre de vue que la méthode consistant à relever les valeurs isolées de N. n’est valable, dans cette forme générale, que si le corps déformé conserve une forme cylindrique; dans nos essais, nous obtenons des éprouvettes fortement rétrécies, sur lesquelles la formule
- K= Ai/ti = .... etc.
- n’est plus applicable. Aussi longtemps qu’il sera impossible, pendant l’essai de traction, d’enregistrer la striction automatiquement, on devra opérer comme suit : on arrête un instant pendant l’essai de traction, la machine à essayer à des intervalles déterminés; on mesure les diamètres de l’éprouvette dans la région la plus rétrécie; on calcule les valeurs de :
- et on dresse une nouvelle courbe.
- De cette façon, nous avons par exemple construit la courbe du frottement interne de l’argile 602 (voir fîg. 9, tableau II). A l’aide des diagrammes de traction on peut également contrôler le degré de plasticité de la même argile dans les différentes phases de la fabrication courante des poteries. Quiconque s’occupe en détail de cette matière, sait très bien comment les propriétés plastiques de la même argile, gâchée toujours avec la même quantité d’eau, peuvent varier suivant le traitement préparatoire. Une argile extraite directement de la carrière, et façonnée immédiatement après, possède beaucoup moins de plasticité que si elle avait préalablement subi l’hivernage ou si elle avait été soumise à un pourrissage de quelque durée. Pour ces différents états de la matière, l’essai de traction, comme nous le prouve l’expérience, constitue une mesure extrêmement sensible.
- On est donc en tout temps en mesure de se rendre compte si une argile possède ou non son maximum de plasticité.
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- TABLEAU l\ S/t/R.
- En examinant de plus près les fragments de nos éprouvettes, nous trouvons sur leurs surfaces, notamment dans le voisinage des cassures, un réseau régulier de fissures extrêmement fines, analogue à celui que Rejto (1) et notamment Hartmann (2) ont observé et décrit en détail dans leurs études sur la déformation des métaux. Ces lignes ont, comme on sait, leur origine dans la décomposition de la force de traction en deux composantes faisant entre elles un certain angle d’une valeur déterminée pour la même matière. L’apparition et la distribution de ces fentes que Rejto a désignées par le nom de « lignes d’action » et qui forment pendant la marche ultérieure de l’essai le point de départ des entamures et de la séparation finale du matériel, montrent que la transmission de la force s’accomplit dans l’essai de traction des argiles humides suivant les
- (1) « Die innere Reibung der festen Kôrper » als Beitrag zur theoretischen mech. Technologie von Alex. Rejto aus dem Ungarischen übersetzt v. Cari Gaul; Leipzig, Arthur Félix, 1897.
- (2) Phénomènes qui accompagnent la déformation permanente des métaux; communication présentée au Congrès international des méthodes d’essai des matériaux de construction; Paris,, 1900.
- Tome 103. — 2e semestre.
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- mêmes lois que dans les métaux. Ces lignes sont particulièrement bien développées dans les argiles 631, 705, 507, 702 (voir tableau IV) et 269, 250, 901, 705 (tableau III). Sur d’autres argiles encore (269, 250, 901, tableau IV) on remarque un striage ou plutôt un pliage longitudinal très net qui converge vers la pointe du fragment de l’éprouvette, tandis que le réseau des lignes d’action est moins prononcé.
- 3. — ORIGINES DE LA PLASTICITÉ
- Après avoir appris à reconnaître et mesurer les propriétés caractéristiques des argiles plastiques, nous voulons, en nous basant sur nos observations, chercher une explication aussi satisfaisante que possible des origines de la plasticité. A cet effet, nous voulons tout d’abord nous occuper un peu de plus près de la théorie de M. Aron, citée dans l’introduction de ce rapport.
- En ce qui concerne sa théorie sur la forme sphérique des plus petites particules d’argile, il y a lieu de faire remarquer que plusieurs chercheurs qui, après lui, se sont occupés du même problème, ne partagent point du tout sa manière de voir. Si Aron croit d’ailleurs pouvoir s’expliquer la plasticité uniquement par la suspension permanente des particules d’argile dans l’eau, il faut cependant noter que d’autres corps, qui ne sont point du tout plastiques, peuvent également rester en suspension, comme il est facile de le prouver par l’expérience suivante : Dans un gobelet contenant une solution de chlorure de baryum on verse de l’acide sulfurique, et on lave le dépôt volumineux de sulfate de baryum à plusieurs reprises avec de l’eau. Finalement on le laisse reposer pendant quelque temps, dans un vase bien fermé. On enlève de temps en temps au moyen d’une pipette l’eau de décantation et on obtient ainsi une pâte qui, même après un repos de plusieurs semaines, ne sécrète plus d’eau quoiqu’elle en contienne encore 36, 5 p. 100; le sulfate de baryum possède cependant le poids spécifique très élevé de 4,4 à 4,7 ce qui devrait faciliter la séparation du dépôt et de l’eau; mais malgré qu’elle reste en suspension permanente dans l’eau, il n’est rien moins qu’une substance plastique, car tandis que ces corps possèdent la propriété caractéristique de former après séchage une masse corneuse, le sulfate de baryum fournit une poudre friable. Cette dernière propriété des argiles est d’ailleurs un argument frappant contre l’explication par la sphéricité des particules d’argile. Si en effet ces dernières étaient sphériques, elles auraient à l’état le plus serré le minimum de points de contact. Une telle masse devrait avoir très peu de cohésion, tandis que la réalité nous prouve le contraire. Nous avons déjà vu que les argiles grasses absorbent en consistance normale beaucoup plus d’eau que les argiles maigres et que malgré cela elles décèlent
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- une résistance à la traction plus grande que ces dernières. Ce fait étrange qui est en rapport intime avec la plasticité peut être expliqué :
- a) Par la grosseur des particules d’argile;
- b) Par leur forme et la nature de leur surface ;
- c) Par une propriété moléculaire spéciale.
- Examinons un peu de plus près ces différents cas. Dans la question de la plasticité, la grosseur du grain joue sans doute un rôle important. Chaque corps, quelque peu plastique qu’il soit, devient plastique gâché avec de l’eau jusqu’à un certain degré à condition qu’on l’emploie sous forme d’une poudre impalpable. Ainsi, par exemple, j’ai pulvérisé le fragment d’une brique fortement vitrifiée jusqu’à la finesse de farine, tamisé la poudre sur le sas à tamiser le plus fin, et séparé encore une fois de cette poudre par lévigation les parties les plus fines. Un échantillon de cette poudre détrempé avec un peu d’eau présente, après séchage, une pâte assez cohérente analogue à l’argile qui, frotté avec le doigt, se réduit assez difficilement en poudre. On peut du reste prouver directement par l’expérience que le pouvoir absorbant est, au moins en partie, une fonction de la grosseur du grain.
- 50 grammes de sable quartzeux à gros grains sont gâchés avec de l’eau. On verse le mélange sur un entonnoir au fond duquel se trouve un cône en platine. On ferme la bouche de l’entonnoir et on le remplit complètement d’eau. Après quelques minutes, on laisse dégoutter et on détermine la teneur du sable en eau.
- On a trouvé :
- 1er dosage. 2e dosage.
- 21,05 p. 100 21,45 p. 100
- Le même sable, pulvérisé et passé à travers le tamis à 4 900 mailles par centimètre, retient, dans les mêmes conditions d’essai:
- 34,03 p. 100 respectivement 35,36 p. 100 d’eau.
- La grosseur absolue des particules d’argile varie dans des limites assez considérables; mais en tout cas, c’est l’hydrosilicate d’alumine qui, de tous les constituants d’une argile, décèle le grain le plus fin. Par un procédé de lévigation systématique, j’ai préparé moi-même de la substance argileuse aussi pure que possible et l’ai soumise à l’examen du microscope. Dans un échantillon provenant d’une terre ordinaire qui sert à la fabrication des briques et qui ne représente pas en conséquence de l’hydrosilicate d’alumine pure, la grosseur du grain variait entre 0,001 à 0,01 millimètre. Dans une autre argile très pure gracieusement mise à ma disposition par M. le Dr Bischof, j’ai trouvé que les dimensions des grains variaient même dans les dix-millièmes de millimètre.
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- TABLEAU V {suite).
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- Quant à leur forme extérieure, elle a sans doute une influence remarquable sur le pouvoir absorbant et par là sur la plasticité. Il va de soi qu’en général des grains ronds à surface lisse (fig. 27) absorbent beaucoup moins d’eau que des grains dentelés ou spongieux (fig. 28); ces derniers, sillonnés par un système de canaux capillaires qui les pénètrent dans toutes les directions, peuvent facilement retenir des quantités d’eau considérables.
- Quelle forme ont donc en réalité les grains d’argile? Déjà, dans l’introduction de ce rapport, j’ai eu l’occasion d’énumérer les avis de différents chercheurs. J’ai moi-même soumis à l’étude microscopique une série de différentes sortes d’argiles. Pour ces recherches j’ai choisi une série d’argiles les plus variées et préparé par un procédé de lévigation des pâtes aussi pures que possible. Dans le cas où incomberait aux grains d’argile une forme vraiment typique, celle-ci devait sans doute être mise en évidence par l’examen microscopique. Le tableau V montre les microphotographies de ces échantillons d’argiles toutes en grossissement de 1000 diamètres. Le tableau VI donne les renseignements nécessaires sur leur origine et leur composition chimique :
- TABLEAU VI
- O . g p s DÉSIGNATION DE TENEUR DE L’ARGILE (à EN : la livraison)
- à 1 £ M l’argile. Al*03. SiO2. MgO. CaO. Fe203. Alcali. Perte au feu. Gypse.
- 1 2 3 Kaolin Argile de Mülheim (blanche) d’origii 34,25 ie incon 49,86 nue. » )) 2,55 1,14 11,74 »
- 4 Arg. de Giro d (blanche). 38,27 45,65 » )) 1,03 )) » ))
- 5 — Klingenberg. . 33,11 54,06 0,45 0,49 1,50 1,37 9,12 ))
- 6 Argile grise bleuâtre pour briques. . . 20,22 48,92 3,39 13,95 6,68 0,96 5,88 ))
- 4 )) » )) » » )) )) )) »
- 8 Argile jaune 30,45 53,95 0,09 0,87 l'3,98 0,45 » 0,21
- 9 » 20,65 61,83 2,41 3,62 8,14 1,56 )) 1,78
- 10 Argile grise jaunâtre pour briques. . . 19,18 49,80 5,26 18,02 5,26 1,55 )) 1,03
- 11 Argile jaune claire pour briques. . . 16,25 57,82 '2,98 14,55 7,17 )) » 1,23
- 12 Argile rouge brunâtre pour briques. , . 31,95 51,71 0,12 1,42 14,07 0,20 » 0,53
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- Gomme il ressort des microphotographies du tableau V, les dimensions des grains d’argile varient dans des limites considérables, et justement ce sont les argiles blanches et pures, comme par exemple celles de Mülheim et Klin-genberg, qui décèlent des grains assez gros tandis que, par contre, la substance argileuse préparée des argiles très impures (n° 113, 268 et 10) se fait remarquer par des grains de dimensions très petites. Quant à la forme extérieure des grains, les exemples cités aussi bien que beaucoup d’autres ne permettent pas de reconnaître un type vraiment prépondérant. Il est vrai que, parmi les exemples donnés ci-dessus, nous en trouvons quelques-uns, comme par exemple le kaolin, l’argile de Klingenberg, le n° 10, dont les grains isolés présentent des formes plus ou moins arrondies; au contraire, l’argile extrêmement pure de Mülheim se compose de grains polyédriques de formes très variées.
- Il faut surtout bien remarquer que sur aucune des argiles essayées on n’a constaté une structure poreuse ou ramifiée des particules d’argile telle qu’elle est indiquée avec insistance par Olschewsky; cependant cette structure, si elle existe, ne manquerait pas d’apparaître avec le grossissement de 1000 du microscope, qui laisse voir très clairement tous les détails des particules d’argile. En général, l’image microscopique nous montre des formes irrégulières, les unes plus ou moins ovales et arrondies, les autres angulaires. On pourrait les comparer en grand, les premières aux galets des fleuves, les secondes aux éboulis de roches tels qu’on les rencontre dans nos Alpes. En effet, quand on se rend compte de la forme dont la substance argileuse a pris naissance dans la plupart des cas, savoir par un procédé de décomposition de roches cristallines primitives, la forme des grains s’explique assez facilement notamment pour les argiles de seconde formation qui ont subi un transport analogue à celui des galets fluviaux.
- Gomme d’après ce qui a été dit la forme extérieure des particules d’argile ne nous fournit pas les renseignements désirés sur les origines de la plasticité, il est fort probable que celle-ci ou le pouvoir absorbant très prononcé qui la provoque est déterminé par quelque autre propriété de nature chimique de la substance argileuse. Cette hypothèse n’est point, comme elle peut paraître au premier abord, un moyen de fortune, car nous connaissons beaucoup de combinaisons chimiques qui se distinguent par une affinité très prononcée à l’eau par exemple : Le chlorure de calcium fondu, l’acide sulfurique concentré, substances qu’attirent fortement l’eau même de l’air ambiant. Cette propriété revient du reste également, quoique dans une mesure plus restreinte, à la substance argileuse.
- Aron avait déjà fait remarquer que les argiles sèches exposées à l’air humide peuvent absorber jusqu’à 30 p. 100 d’eau, et Bischof cite le fait que les 7 argiles réfractaires normales, établies par lui comme types de résistance aux hautes températures attirent à l’air 3,26 à 10,73 p. 100 d’eau. J’ai d’ailleurs constaté
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- moi-même qu’une terre ordinaire pour briques qui, d’après l’analyse rationnelle,
- se compose de :
- Quartz et feldspath.. . . .
- Calcaire..................
- Carbonate de magnésium. Substance argileuse. . . .
- p. 100 18,05 21,32 1,95 58,68
- possède un pouvoir absorbant de 4,9 p. 100. Il est bien possible que cette absorption d’eau provoque une altération superficielle des grains d’argile et que ceux-ci adoptent par suite un caractère gélatineux. Mais dès que les grains d’argile se ramollissent jusqu’à une certaine profondeur, ils peuvent se déformer. Par conséquent dans le façonnage, sous l’action de la force extérieure, les grains se serreront intimement les uns contre les autres sans laisser entre eux aucune cavité. Cette hypothèse expliquerait la grande dureté, aussi bien des pâtes humides que des pâtes solides.
- Il est intéressant que deux nouveaux chercheurs tendent également à attribuer la plasticité à l’eau et non à la forme des grains, quoique leurs opinions sur Faction de l’eau divergent notablement.
- B. Kosmann (1) considère la plasticité comme une suite de l’hydratation de la substance argileuse qui, par ce procédé, subit un gonflement. Il se produit, d’après lui, par cette hydratation les deux combinaisons :
- AZ1 20, Si202 (OH)8 = Aï1 Si203 (OH)8
- et
- Ar-0, Si2 (OH)12 = Al2 Sï20 (OH)12
- Le Dr Rohland (2), par contre, en opposition avec l’hypothèse du D1 Kosman, croilque la plasticité se base sur la propriété delà substance argileuse de former .avec l’eau une solution colloïdale comme par exemple l’acide silicique hydraté, le peroxyde de fer, l’amidon, la dextrine, la gomme, l’albumine, etc.
- Il est vrai que sur ces questions nous ne rencontrons jusqu’à présent que des hypothèses plus ou moins bien fondées, et il doit être réservé à des études microscopiques étendues et minutieuses de nous fournir toute la clarté sur ces questions compliquées. Mais comme nous savons maintenant mieux différencier et classifier les argiles au point de vue de leur plasticité, il sera aussi plus facile de trouver les véritables origines de cette propriété.
- Au cours de cette étude, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de faire ressortir l’attraction extraordinaire existant entre la substance argileuse et l’eau.
- (1) « Thonindustriezeitung » 1902, page 660. « Ueberdie Bildungund Plastizitàt der Thone» von B. Kosmann.
- (2) « Ueber die Plastizitàt der Thone », parle Dr Paul Rohland. « Baumiaterialienkunde. »
- Jahrgang 1902, Heft 9.
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- Plusieurs propriétés caractéristiques des pâtes humides, telles que le retrait, l’imperméabilité, le toucher gras et savonneux peuvent également être ramenées à celte propriété singulière. Le phénomène du retrait s’explique comme suit :
- Pendant le séchage d’une pâte humide l’évaporation de l’eau ne peut, bien entendu, se produire qu’à la surface du morceau d’argile. A mesure que l’eau s’évapore, de nouvelles quantités affluent de l’intérieur vers la surface. Si l’eau n’adhérait pas si intimement à l’argile, chaque grain resterait pendant le séchage, tout simplement à sa place. En conséquence, le morceau d’argile ne présenterait, après la dessiccation, aucun signe de retrait, et par suite de la distance relativement assez considérable entre les grains isolés très peu de cohésion comme cela est en effet le cas dans les substances maigres. Il n’en est pas ainsi pour les argiles grasses. Par suite de l’attraction très forte entre la substance argileuse et l’eau de gâchage, les deux constituants ont la tendance, pendant la dessiccation, de maintenir leurs rapports intimes aussi longtemps que possible. Mais si par suite du séchage l’eau de gâchage diminue, ce rapport intime ne peut être maintenu qu’à la condition que les particules d’argile se rapprochent de plus en plus dans le reste de l’eau de gâchage jusqu’à ce qu’elles se touchent; ce point caractérise le retrait maximum delà pâte. Dans cette phase, l’attraction moléculaire atteint son maximum; en conséquence les argiles possèdent dans cet état leur plus grande cohésion.
- Il est d’ailleurs bien connu qu’une argile humide constitue une substance presque imperméable pour l’eau, tandis que les matières dégraissantes la laissent traverser avec facilité. Sur cette propriété se base, par exemple, l’emploi des argiles comme matériel de remplissage pour parois de bandes; ce phénomène découle également de la combinaison intime qui existe entre la substance argileuse et l’eau de gâchage. En consistance normale ou dans un état encore plus cohérent, la pâte d’argile s’oppose énergiquement à l’infiltration de l’eau, tandis qu’une masse sablonneuse en absorbe facilement, étant donné qu’entre les grains isolés il se trouve encore des quantités de pores; mais en raison du pouvoir absorbant minime du sable, celui-ci est incapable de retenir les excès d’eau, et les laisse suinter à travers.
- Le phénomène bien connu que les argiles grasses offrent un toucher gras ou savonneux et, à teneur plus élevée en eau, des propriétés collantes ou gélatineuses, dépend, au moins en partie, des dimensions très faibles des grains. Dès que les nerfs de nos doigts ne différencient plus les grains isolés, nous avons pour des substances humides la sensation du gras ou lubrifiant. Au toucher des argile grasses, cette sensation est encore renforcée par ce fait que les particules d’argile subissent à leur surface, sous l’influence de l’eau, un changement de l’état physique ou chimique et reçoivent de là une constitution gélatineuse.
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- CONCLUSIONS
- Résumons succinctement les résultats de nos recherches; constatons tout d’abord que la propriété généralement désignée sous le nom de plasticité n’est pas exclusivement particulière aux argiles; elle n’est pas non plus une notion physique simple. Nous avons, par contre, affaire à une propriété complexe qui se compose de plusieurs notions physiques déjà connues en partie depuis longtemps. En tenant compte des théories de Rejtô qui nous semblent être vérifiées et en raison de mes propres résultats d’essais on pourrait peut-être définir la plasticité comme suit :
- On comprend par plasticité la propriété d’an corps, possédant une cohésion aussi complète que possible, de subir sous l’action de forces extérieures des déformations permanentes très considérables sans que le corps déformé présente, par-rapport au corps primitif, un changement dans sa cohésion.
- Les causes de la plasticité des argiles sont en rapport intime avec le pouvoir absorbant très prononcé de la substance argileuse et l’attraction mutuelle très intime entre celle-ci et l’eau de gâchage. Le pouvoir absorbant très considérable des argiles provient en partie des dimensions extrêmement réduites des grains d’argile, en partie d’une affinité chimique ou physique de la substance argileuse pour l’eau.
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- HISTOIRE DES SCIENCES
- LÉONARD DE VINCI, PEINTRE-INGÉNIEUR-HYDRAULICIEN (1)
- par M. A. Ronna, membre du Conseil (2).
- II. — LES MANUSCRITS DE LÉONARD
- Après rensevelissement de Léonard, le jeune Melzi rapporta scrupuleusement en Italie tout le matériel artistique et scientifique de l’héritage qui se trouvait à Cloux, et le déposa dans sa villa de Vaprio, où le maître avait joui si souvent de l’hospitalité de sa famille.
- Tant qu’il vécut, Francesco Melzi entoura les reliques des soins les plus pieux; mais à sa mort, en 1570, les héritiers que les sciences et les arts intéressaient médiocrement n’éprouvèrent pas le même respect pour des souvenirs dont ils ignoraient le prix. Aussi, quelques années plus tard, Lelio Gavardi di Azola, prêtre et professeur d’humanités dans la maison Melzi, se faisait-il remettre treize volumes manuscrits de Léonard, avec la secrète pensée de les porter à Florence pour les vendre au grand-duc. Le grand-duc étant décédé sur les entrefaites, le professeur se hâta de quitter Florence pour Pise, où il espérait que le jeune Aldo Manuzio, étudiant en droit à l’Université, les lui achèterait par devoir et par tradition de famille. Heureusement, un autre ami, étudiant en théologie, qui se préparait à entrer dans l’ordre des clercs réguliers de Saint-Paul, Giovanni Ambrogio Mazzenta, eut vent du contrat illicite qui était proposé et persuada au prêtre de lui remettre les volumes qu’il garderait en dépôt jusqu’à ce que, ses études universitaires achevées, il pût les consigner en mains propres à la famille Melzi, dès son retour à Milan.
- En effet, Mazzenta rapporta ces volumes, dont la restitution était absolument inattendue, et le docteur Orazio Melzi, emporté par un beau mouvement de générosité, pour reconnaître les ennuis et les frais que Mazzenta s’était volontairement imposés, lui fit don des manuscrits et d’un grand nombre de des-
- (1) Cette étude fait partie d’un ouvrage en préparation, intitulé : Histoire de l’Hydraulique et des Hydrauliciens en Italie du xie au xixe siècle.
- (2) Voir le Bulletin d’octobre 1902.
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- HISTOIRE DES SCIENCES. ----- NOVEMBRE 1902.
- sins, etc., restés dans les chambres que Léonard occupait à la villa de Vaprio.
- Un tel acte de libéralité, joint à une si faible estime pour les souvenirs retrouvés, devait encourager les amis de la famille Melzi, à solliciter, les uns, des dessins, les autres des modèles plastiques ou anatomiques, d’autres enfin des instruments, des appareils, etc.; aussi en peu de temps les collections inappréciables du génie de Léonard furent-elles dispersées de tous les côtés.
- Toutefois, un des plus ardents collectionneurs de ce temps, Pompei Leoni,fils de l’Arétin Leone Leoni, sculpteur favori de Philippe II, roi d’Espagne, se mit en tête de ravoir au moins les volumes donnés à Mazzenta, en faisant entrevoir à Orazio Melzi que si le Roi en obtenait possession, il le comblerait de charges et d’honneurs à la cour, en l’appelant à faire partie du Sénat. Melzi, séduit par cette perspective, entra aussitôt en campagne auprès du frère Barnabite, et après maintes prières, obtint la restitution de sept des volumes qui furent remis à Leoni. Trois autres volumes, qui étaient devenus la propriété des frères de Mazzenta, finirent à leur tour par tomber entre les mains du riche amateur. Les quatre derniers lui échappèrent.
- Pourdonnerplus d’importance à la collection qu’il avait réussi à se procurer, Pompeo Leoni, résolut de décomposer les volumes pour en former d’autres plus gros auxquels il ajouta des dessins de plus grandes dimensions, et finalement, il constitua un Recueil unique, comprenant plus de 1 700 dessins, dont le format mesure 0,67 de hauteur, sur 0,43 de largeur, connu depuis sous le nom de Coclice Atlanlico.
- Leoni ne suivit aucune ordre dans cette compilation ; ce qui lui était d’autant plus facile que les carnets originaux laissés par Léonard n’étaient classés ni par matières, ni chronologiquement; mais il y glissa, par ignorance ou par inexpérience, des dessins qu’il eût été aisé de reconnaître comme n'étant pas du maître, de même que des copies infidèles, ou des contrefaçons malhabiles.
- Quoi qu’il en soit, le collectionneur avait atteint son but, en attachant son nom à une reconstitution qui sauva peut-être de la ruine un des plus riches trésors de l’histoire des sciences. Un point restait à éclaircir, qui n’a été qu’im-parfaitement élucidé, à savoir si Leoni, partant au mois d’août 1839 pour l’Espagne, où il avait été mandé dans le but de terminer les sculptures en bronze des tombeaux de l’Escurial, avait complété à Milan le volume des manuscrits de Léonard. La reliure de ce volume semblerait indiquer un travail espagnol (1), et d’ailleurs, Leoni aurait transporté également à Madrid un grand
- (i) La reliure comporte un cadre à filets dorés, avec des ornements aux quatre coins, et sur le côté, les armes de la famille Leoni, uu aigle et un lion qui figurent sur la frise du palais de
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- nombre d’autres objets d’art, faisant partie des collections de son palais de Milan. Aussi, après son décès, ses biens ayant été mis en vente à Madrid, Don Juan de Espéna put-il aquérir deux cahiers détachés, de dessins originaux, exécutés par Léonard (1). L’un des cahiers, après de longues négociations^ fut acheté pour compte du Roi d’Angleterre et conservé à Windsor.
- Rapporté à Milan par Leoni même, à l’un de ses voyages, vers 1604, le Codice Atlcintico fut remis à sa mort, hæreditario jure (2), à Cleodoro Calchi qui le vendit pour 300 écus au comte Galeazzo Arconati.
- A peine le Codice et quelques autres carnets manuscrits de Léonard, acquis à prix d’argent, figurèrent-ils dans les galeries Arconati, que de divers côtés les savants cherchèrent à les consulter. Parmi les premiers, le cardinal Francesco Barberini, neveu du pape Urbain VIIJ, pour enrichir la bibliothèque qu’il venait de fonder à Rome, fit toutes diligences auprès du cardinal Borromeo, afin d’obtenir que certains textes originaux possédés par le comte Arconati fussent transcrits. Grâce à cette intervention du cardinal de Milan, le noble Arconati, qui avait refusé de céder le Codice pour 3000 doublons d’Espagne au Roi Jacques Ier d’Angleterre, comprit qu’il importait de mettre les manuscrits en lieu sûr, ailleurs que chez lui, et avec une libéralité toute princière, il en fit don à la Bibliothèque Ambrosienne. Une inscription dans la bibliothèque rappelle cette donation dont l’acte, en date du 22 janvier 1637, porte la description du Codice (3).
- La transcription, pour compte du Cardinal Barberini, confiée à un frère dominicain, Luigi Maria Arconati, dura de 1626 à 1643, les volumes étant déjà remisés dans la Bibliothèque Ambrosienne. C'est à ce même dominicain qu’est dû le classement en neuf livres de tous les textes de Léonard concernant le mouvement et la mesure des eaux (4).
- De 1637 jusque vers la fin du xviii0 siècle, les volumes furent religieusement conservés dans une vitrine, ornée d’arabesques dorées, sur une table scellée au mur, qui renfermait encore en 1790 \q Codice Atlantico.dp. monument en marbre,, en l’honneur de Galeazzo Arconati, occupait la paroi au-dessus de la vitrine (3).
- Loin que les manuscrits fussent tenus dans l’obscurité, comme on l’a préfamille, et des tranches dorées. L’inscription est la suivante : Disegni di machine et delle arti secrete ed altre cose di Leonardo cia Vinci, raccolti da Pompeo Leoni.
- (1) Dans ses Dialogos de la Pintura (Madrid, 1633) Vincenzo Carducho rend compte de celte vente qui eut lieu vers 1610.
- (2) P. P. Bosca, De origine et statu Bibl. Ambros.
- (3) Le Codice y est décrit avec ses dimensions, reliure en cuir rouge, filets et tranches dorés; 399 feuilles et 1 750 dessins.
- (4) Le traité même ne fut publié, on le sait, qu’au commencement du xixe siècle, dans-la collection des auteurs hydrauliciens de l’Italie, tome X, qui parut à Bologne en 1828.
- (5) Catalogue de Bonsignori, directeur de la bibliothèque, en 1790.
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- tendu, ils étaient en pleine lumière. Aussi, au commencement du xvme siècle, Antonio David obtenait-il, de Ludovico Muratori, de faire copier quelques dessins du Codice, relatifs à la mécanique. Plus tard, Baldassare Oltrocchi, bibliothécaire à l’Ambrosienne, recherchait dans les textes les données concernant la vie de Léonard, en vue d’une biographie du maître que le comte Antonio délia Torre di Rezzonico écrivait. Ces données servirent non pas au Recueil de la vie des artistes du xv° siècle de Monseigneur Paolo Giovio, qui resta inédit ; mais aux Memorie storiche di Leonardo qu’Amoretti fit imprimer en 1804. Enfin, Giuseppe Gerli chercha à vulgariser les dessins du grand artiste dans une publication de planches qui n’ont eu d’autre mérite que celui d’un essai de reproduction par les procédés dont on disposait alors.
- Les guerres de la Révolution arrêtèrent toute nouvelle tentative de la part des savants. Le 15 mai 1796 (26 floréal an IY), l’armée française entrait à Milan, et quatre jours plus tard une ordonnance était rendue par laquelle, sous prétexte « de conserver par des voies sûres les monuments des sciences et des arts se trouvant dans les villes conquises par les armées », les conditions de spoliation étaient fixées au profit des musées et bibliothèques de Paris. Jacques Tinet, artiste, alors attaché à la légation de Toscane, fut désigné par Denon, directeur du musée de Paris, pour accomplir la besogne en Lombardie. Accompagné, le 24 mai suivant, du sieur Peignon, commissaire de guerre, il fit enlever les objets destinés à Paris dans la bibliothèque Ambrosienne, entre autres « les cartons des ouvrages àe Leonardo d’avinci (sic) ».
- L’envoi fait à Paris le 29 mai ne parvint à destination que le 25 novembre suivant; on put craindre, d’après la correspondance échangée, que les caisses contenant les manuscrits de Léonard ne fussent égarées. En tout cas, la répartition en avait été décidée longtemps avant la remise des colis. Une caisse n° 19 renfermant le carton des ouvrages avec le Codice, fut attribuée, dès le 14 août, à la Bibliothèque nationale. Une autre caisse contenant « douze petits manuscrits sur les sciences », fut destinée à l’Institut national.
- De ce partage des textes de Léonard résulta la restitution incomplète faite à la Bibliothèque Ambrosienne, en 1815, pendant l’occupation de Paris par les alliés.
- Le baron de Ottenfels, chargé par l’Autriche de reprendre les objets d’art et documents enlevés à la Lombardie, rentrée sous la domination impériale des Habsbourg, se présenta à la bibliothèque du Roi pour retirer les manuscrits de Vinci, dont il avait une liste exacte. N’y trouvant que le Codice, et trois volumes de copies anciennes qu’il prit pour des originaux, il ne fit point d’autres recherches et se borna à donner un reçu des volumes, « à l’exception de neuf manuscrits de la main de Leonardo da Vinci, lesquels, d’après la déclaration de Messieurs les conservateurs, ne seraient point arrivés à la bibliothèque du Roi ».
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- C’est ainsi qu’après 19 années d’exil, le Çodice Àtlantico retrouva sa place dans la Bibliothèque Ambrosienne. Quant aux neuf volumes non restitués, ils sont restés à l’Institut de France, sans qu’aucune réclamation ait été jamais accueillie (1), et sans que de sa propre initiative le gouvernement français ait songé à réparer un oubli qui a pu passer pour un déni de justice, tout au moins vis-à-vis d’une institution privée, telle que la Bibliothèque de Milan.
- Comme l’a fait remarquer l’ingénieur Lombardini, dans les questions d’hydraulique et d’hydrographie, de même que dans une foule d’autres que Léonard a traitées, les savants italiens, et même les savants lombards, peuvent prétendre, de préférence à tous autres, à déchiffrer des textes dont la science et surtout l’histoire de la science, sont appelées à profiter. Déplacés du lieu naturel où Léonard avait voulu qu’ils restent, les volumes conservés à l’Institut de France n’ont pas donné les fruits qu’on était en droit d’attendre (2).
- Ravaisson-Mollien, il est vrai, a consacré six gros tomes à la reproduction des textes de ces volumes, dans le but éminemment louable de les vulgariser (3). Il a sagement jugé qu’une publication intégrale et textuelle pouvait seule répondre à ce but ; mais en intercalant les corrections des mots incomplets et laissant de côté les abréviations, tout en accompagnant le texte d’une traduction française littérale, le savant académicien n’a pu éviter des contresens, des erreurs, dont des collègues, tels que ceux des Lincei à Rome, ou des érudits, tels que Giovanni Piumati ont su se garder, en publiant, en Italie même, le Codice Atlantico. Faut-il ajouter que le concours de techniciens en pareille matière m’eût pas été de trop pour rectifier des omissions, ou interpréter des versions douteuses.
- Des volumes dont Milan fut dépouillée à l’origine, l’un avait été donné à la bibliothèque Ambrosienne par la famille Mazzenta, et un autre par le comte Orazio Archinti, en 1674 (4). En dehors de ces volumes, un recueil donné à Figini par les frères Mazzenta, passa aux mains de Ercole Bianchi et fut vendu à l’Anglais Smith.
- La bibliothèque Trivulzio de Milan possède un précieux petit volume, connu sous le nom de Codicetto Trivulziano. Un collectionneur, Giuseppe Vallardi, de Milan, a vendu chèrement au musée du Louvre, en 1856, un gros cahier de dessins in-folio et d’écrits plus ou moins apocryphes de Léonard, recueillis à diverses sources. Enfin Londres et Windsor ont été également enrichis de
- (1) Le comte Borromeo, protecteur de la Bibliothèque Ambrosienne, ne fut pas plus écoute que les autres.
- (2) Lombardini, Dell’Origine, loc. cit., p. 27.
- (3) Lâcher Ravaisson-Mollien, conservateur adjoint du musée du Louvre, a obtenu pour la publication de ces manuscrits de Léonard de Vinci (6 vol. in-fol. avec pi. ; 1880-91), en 1889 et en 1892, le prix Bordin de l’Académie française.
- (4) Lombardini, loc. cit., p. 23.
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- dessins et de textes parmi lesquels figurent les traités sur le vol des oiseaux et d’anatomie qui viennent d'être publiés. Il est probable qu’il en existe d’autres dont on a perdu à tout jamais la trace.
- L’histoire des manuscrits de Léonard ressemble ainsi curieusement à celle de sa vie.
- Il aura fallu attendre quatre siècles pour que certains écrits qui sont le trait caractéristique le plus vrai et le plus varié de son génie, soient mis sous les yeux du public.
- Ce délai ne saurait se justifier par la dispersion des textes, encore moins par le mode bizarre employé par Léonard pour les écrire, mais bien par le fait qu’étant un véritable précurseur, son œuvre scientifique et philosophique a du attendre que l’esprit critique fût assez développé pour saisir et juger son importance.
- Léonard écrivait avec une parfaite calligraphie de droite à gauche, étant ambidextre, c’est là un détail : pour défendre le secret de ses observations, disent les uns; pour improviser des idées ou des figures qu’il devait mûrir, disent les autres. Or, il était gaucher. Luca Pacioli, dans son livre, De viribus qucmtitatis, nous apprend en effet qu’il existe une écriture renversée de la main gauche, que l’on ne peut lire qu’à l’aide d’un miroir, ou par transparence, comme celle du sieur Léonard de Yinci, une des lumières de la peinture, lequel est gaucher... »
- Sarra de Castiglione, un autre contemporain, répète, dans ses « Ricordi », que l’artiste était gaucher; non seulement il écrivait, mais il dessinait de la main gauche.
- 11 n’y a donc rien d’extraordinaire, suivant Solmi, à admettre que Léonard ait trouvé plus facile et plus rapide d’écrire de droite à gauche, non pas pour cacher ses inventions, ni parce qu’il était ambidextre, mais pour sa propre commodité (1).
- Quoi qu’il en soit, qu’elle encadre les dessins du savant ou qu’elle remplisse-des feuillets entiers de ses manuscrits, l’écriture n’a certainement pas ajouté à la facilité de les déchiffrer.
- En résumé, à la dernière date, les manuscrits imprimés de Léonard comprenaient, outre les deux traités de la peinture et du mouvement des eaux, et les six volumes de Ravaisson-Mollien ; le Codicetto Trivulziano, édité par Luca Bel-trami; un volume de 1 500 pages contenant les dessins et textes de Londres et de Windsor; le traité sur le vol des oiseaux et celui de l’anatomie, de Windsor, récemment édités par Giovanni Piumati et Théodore Sabachnikoff ; enfin le
- (1) Solmi, loc. cit., p. 226. Cet avis a été partagé du reste par Vogt; l’écriture renversée étant l’écriture naturelle du gaucher; c’est-à-dire centrifuge (arienne) et centripète à la fois,, (sémitique) par rapport à l’axe du corps.
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- Codice Atlantico, en cours de publication, sous les auspices de l’Académie des-Lincei à Rome, par les soins de G. Piumati (1).
- Aucun de ces manuscrits, d’ailleurs, n’a été sérieusement analysé jusqu’à ce jour. Le travail du conseiller Pagave qui avait réuni des matériaux pour la. biographie de Léonard, n’a pas vu le jour, et le physicien ingénieur Yenturi, pendant son séjour à Paris (1796-1797), n’a examiné les écrits, alors répartis entre la Bibliothèque nationale et l’Institut de France, que pour rédiger uir mémoire (2) destiné à servir d’introduction à un ouvrage qu’il n’a jamais composé. « Quelque importants que soient les fragments dont Yenturi, au reste, n’a publié qu’une traduction, écrit Libri, ils ne donnent qu’une idée bien superficielle de la prodigieuse fécondité de l’esprit de Léonard. Pour la faire connaître-il eût fallu réunir et publier en entier tout ce qui nous reste de lui (3). »
- Ecrits au jour le jour, les feuillets des carnets épars renferment des notes, des chiffres,des observations et réflexions,
- des croquis, des esquisses, dessins et /jAÔVaJÎ ‘b&iftn.ci.
- épures; des projets et des calculs, relatifs à l’ensemble des sciences connues de son temps. C’est l’encyclopédie la plus originale, la plus vaste, qu’ait jamais embrassée une intelligence humaine; c’est une étude continue de la vie, en même temps qu’un dialogue non interrompu avec la nature. Les demandes s’y suivent pour aboutir à des solutions; les doutes se renouvellent, malgré les essais et la réflexion, tant que la vérité n’a pas brillé.
- « Homme supérieur, par les qualités de l’imagination, de l’âme et de l’esprit, en qui la nature semble avoir voulu montrer sa toute-puissance, en le faisant aussi le plus beau et le plus fort de ses contemporains (5) », Léonard se reflète, comme dans un miroir,non moins par ses écrits, que par ses œuvres d’art.
- On a dit que, cumulant tant d’autres mérites, Léonard avait tué la gloire de l’ingénieur sous sa renommée de peintre (6); les manuscrits qu’il nous a légués, quand ils auront été tous coordonnés, publiés et analysés, comme le-demandait Libri, rétabliront la balance.
- Passe encore, on le comprend, pour l’artiste que séduisent l’originalité, le
- Ni
- Fig. 2. — Fac-similé des signatures et monogrammes de Léonard de Vinci (4)
- (1) Angelo Conti, Imanoseritti di Leonardo; Tribuna, 1902.
- (2) Venturi, Saggio suite opéré fisico-malematiche di L. da Vinci, Parigi, an V, in-4°.
- (3) Libri, Hist. des Math., loc. cit., III, p. 39.
- (4) Extrait de YIsografia; raccolta di 2 000 firme e monogrammi degli uomini piu celebri da 742 al 1870, per G. Palermo ; Napoli, 1870, gr. in-folio.
- (o) Libri, loc. cit., III, p. 10.
- (6) Ed. Fournier, Le Vieux Neuf, II, p. 161.
- Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902. 44
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- mouvement, la vie, la beauté; mais pour un physicien, un mécanicien, un philosophe, aux prises avec les problèmes que la science a appris depuis à envisager sans effroi, et dont Léonard laisse les premiers traités techniques à la postérité, le problème psychologique, Yintus intellectuel d’un tel génie, semblent se dérober à toute analyse et à toute solution.
- « Que l’on consulte ses livres de dessins et de notes, écrit Taine (1); que Ton se rappelle les figures préférées de ses tableaux authentiques ; qu’on lise les détails de son caractère et de sa vie, on y aperçoit le même travail continu intérieur. Peut-être n’y a-t-il pas au monde l’exemple d’un génie si universel, si inventif, si incapable de se contenter, si avide d’infini, si naturellement raffiné, si lancé en avant, au delà de son siècle et des siècles suivants ! »
- Comme à Manfred, le vers de lord Byron s’applique à Léonard :
- « The tree of Knowledge is not thcit of life (2). »
- Un seul fil, à notre sens, permet de pénétrer dans ce labyrinthe où se cachent les profondeurs d’un génie, marqué par une volonté, une variété, une puissance et une fécondité qui ne se sont jamais démenties; c’est la méthode de travail, qui, à elle seule, constituerait un de ses principaux titres de gloire, et en fait un génie « tout moderne, à une distance infinie de son siècle » (3).
- Comme François Bacon, et au moins un siècle plus tôt, à une époque de vaines discussions de philosophie scolastique, Léonard tenait l’induction pour la seule méthode légitime dans la science de la nature :
- « Dobbiamo cominciare dàü' esperienza e per mezzo di questa, scopirne la ragione. »
- (Il faut commencer par l’expérience et, grâce à elle, découvrir la raison des phénomènes.)
- Cette méthode, Libri l’a parfaitement définie comme étant le caractère spécial de cet esprit préparant et mûrissant par de longues réflexions tous les sujets dont il voulait s’occuper.
- « Un siècle avant Galilée et Bacon, pendant qu’on se bornait généralement à commenter les anciens, Léonard a porté le flambeau delà critique dans toutes les parties de la science et il a donné les préceptes les plus vrais, les plus justes, les plus philosophiques pour parvenir à reconnaître les causes des phénomènes naturels (4).
- « Brisant le joug de l’autorité, combattant les qualités occultes, il proclame
- (1) Taine, Voyage en Italie, 1881, I, 410.
- (2) « L’arbre du savoir n’est pas celui de la vie » ; Lord Byron, Complété works, 1837; 335.
- (3) Taine, loc. cit., I, 74.
- (4) Cod. AU., fol. loi Man. I; folios 33 et 54.
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- L’expérience comme le seul guide, et il ne s’en écarte jamais. Il répète sans^ cesse que pour parvenir à la connaissance des phénomènes naturels et pour en tirer tout le fruit possible, on doit commencer par l’observation, passer à l’expérience, et à l’aide de celle-ci chercher à déterminer la cause, puis formuler une règle et la soumettre au calcul.
- « Souvent, il revient à ce précepte, et il montre par de nombreuses applications toute l’importance de la philosophie des sciences.
- « Dans les questions graves surtout, il ne manque jamais de préparer et de rédiger d’avance un plan d’expériences à faire, de faits à constater, de doutes à résoudre. On en trouve maints exemples dans ses écrits, et l’on voit qu’il les modifiait et les perfectionnait sans cesse (1)... »
- Questo è desso, écrit-il sur le feuillet 5 du manuscrit A, après avoir tenté divers moyens de résoudre un problème, et seulement lorsqu’il l’a enfin résolu !
- III. — LE CODICE ATLANTICO
- De tous les manuscrits énumérés, le plus important et le plus précieux est le Codice Atlantico. C’est dans des centaines de dessins et la masse de notes qu’il renferme, que l’on peut suivre le maître pendant sa longue et féconde carrière, depuis l’âge de seize ans, à Florence, quand il est encore inexpérimenté dans l’art du dessin et de la perspective, jusqu’à la fin de sa vie, en France, où il laisse les croquis à peine ébauchés du canal dont il étudiait le projet.
- Son génie s’y manifeste sous tous ses aspects; physique : observations et figures concernant la pesanteur et l’équilibre des corps, la condensation de l’air, l’hygrométrie, la capillarité, l’optique, l’acoustique, la lumière et la chaleur; chimie : combustion, fourneaux, fusion des métaux, alliages, couleurs, huiles et vernis; mécanique : inertie, percussion, mouvement uniforme, frottement, élasticité, résistance, leviers, vis, poulies, plans inclinés ; hydraulique : canaux, écluses, machines élévatoires, mouvement et mesure des eaux courantes; hydrostatique : mouvement des ondes, etc. ; géologie : étude des fossiles, des terrains de transport, etc. ; botanique : classification et propriétés des plantes, etc. ; anatomie; industrie : machines à tisser, à débiter les marbres et les bois ; composition de dallages, serrures, etc.; architecture : distribution des édifices, coupoles, plans, etc.; peinture : perspective, ombres, modes dépeindre, etc.; sculpture et gravure ; art militaire : canons rayés et à vapeur, bombardes, béliers, catapultes, arbalètes, etc., balles coniques, poudres de guerre; fortifications : bastions polygonaux, tranchées d’attaque, ponts volants, fossés d’enceinte, etc.; navigation : bateaux à aubes, navires de guerre, chalands pour canons; astro-
- (i) Libri, loc. cit., III, bo.
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- nomie : mouvement de la terre, mesure du globe terrestre, scintillation des étoiles, lumière cendrée de la lune; mathématiques : recherches algébriques, emploi des lettres alphabétiques et des signes + et —,pour le calcul; géométrie : diagrammes à l’infini pour la transformation de surfaces rectilignes en figures curvilignes de surface égale, et réciproquement, application à la mesure des surfaces, résolution de problèmes avec une seule ouverture de compas, etc. (1).
- Si le Codice Atlanticu n’offre pas un champ aussi fertile pour l’art que pour la science, du moins permet-il de retracer l’histoire des principales œuvres artistiques de Léonard, à l’aide de quelques petites esquisses de ses tableaux : Y Adoration, Saint Jean, la Léda, le Portrait de femme de la Bibliothèque Ambro-sienne, des croquis de la statue de François Sforza, de son armature, etc. Il n’y manque même pas des vers jetés çà et là, pour faire apprécier son mérite comme poète ; mais surtout, on y trouve en abondance des apologues, des maximes morales et philosophiques, des contes et fabliaux, etc., qui se rapportent aux temps passés à la cour de Milan.
- Il faut avoir feuilleté pendant des journées et fatigué à comprendre le sens de ces dessins et des textes dont la plupart ne se réfèrent que par des légendes écourtées aux figures, quand ils s’y réfèrent, pour se faire une idée de cet amas encyclopédique de connaissances dont l’esprit le plus cultivé ne parvient pas à ressaisir la trace qui le guidçra dans le dédale du Codice.
- Léonard avait l’habitude d’écrire ses pensées pour lui-même; il mettait sur le papier des questions, des explications, des solutions, souvent étranges, dont il était le premier à reconnaître l’incohérence ou l’absurdité. Se rappelant alors ce qu’il avait écrit ailleurs sur le même sujet, il inscrivait à côté « faux », ou bien « cest inexact », et plus loin, parfois dans un tout autre carnet, il notait la véritable acception ou la définition vraie, suggérée par de nouvelles expériences ou par la réflexion.
- Il en résulte un certain décousu dans ses notes scientifiques, de nature peut-être à nuire à la réputation du savant tel que les modernes le conçoivent; mais surtout à dérouter le lecteur sur des opinions qu’il avait répudiées.
- Réintégré à la Bibliothèque Ambroisienne en 1815, le Codice Atlantico ne manqua pas d’éveiller de nouveau l’attention de quelques savants. Libri y fit des extraits pour son remarquable traité de l’histoire des mathématiques en Italie ; le colonel Omodei y puisa des documents pour l’histoire de l’artillerie italienne qu’il se proposait d’écrire; l’archiduc Rénier, vice-roi de la Lombardie, fit exécuter des copies de dessins et de passages relatifs à l’art militaire; enfin, le colonel Angelucci reproduisit les dessins et les textes spéciaux ayant trait à l’histoire des armes à feu.
- (1) Il Codice Atlantico. Prefazione, V. Roma, 1891.
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- En 1870, les artistes italiens, réunis en congrès à Parme, émirent le vœu de voir reproduits intégralement les manuscrits du Codice, à l’occasion d’une nouvelle réunion qui avait été convoquée à Milan pour 1872. Le monument érigé on l’honneur de Léonard par l’artiste Magni, devant être inauguré cette même année sur la place de la Scala, le ministre de l’Instruction publique d’alors, Cesare Correnti, chargea l’Académie royale des Beaux-Arts de Milan, d’organiser le congrès, en indiquant que le monument le plus digne de Léonard et de la ville serait une édition princeps de ses œuvres.
- Il était évidemment trop tard pour songer alors à une publication autre qu’un aperçu, destiné à fixer les idées sur le meilleur mode à suivre pour publier le Codice en entier. Le regretté professeur G. Govi, membre de la commission nommée à cet effet, convaincu de la difficulté de se prononcer sur une méthode qui permît de reproduire exactement les notes manuscrites, fit décider la publication en un volume de 24 planches accompagnées d’une simple transcription et d’une description explicative de chacune, confiée aux soins du professeur Giuseppe Colombo (1).
- Cette première tentative, qui fut suivie plus tard de celles de Ravaisson-Mollien à Paris, dont nous avons parlé, et de J. P. Richter en Angleterre (2), démontra la nécessité, pour une reconstitution complète du Codice, de maintenir le classement arbitraire, désormais historique, de Leoni; deprocéder à un fac-similé parles méthodes les plus perfectionnées dont on dispose aujourd’hui, en l’accompagnant des notes nécessaires à l’intelligence du texte original, reproduit d’une part, sans aucune modification, c’est-à-dire avec ses abréviations et son orthographe vicieuse, et, d’autre part, en style ordinaire courant.
- Le 23 juin 1883, la souscription du Roi étant accordée, le ministre de l’Instruction publique, Michèle Coppino, chargea l’Académie royale des Lincei de la haute direction de l’œuvre qui est encore en cours (3).
- IV. — LÉONARD MÉCANICIEN ET PHYSICIEN
- Léonard était passionné pour la mécanique qu’il disait être le paradis des sciences mathématiques, parce que, grâce à elle, on en recueille les fruits (4). Ail-
- (1) Saggio delle opéré di Leonardo da Vinci, Milano, 1872, gr. in-folio.
- (2) J. P. Richter, The literary ivorks of Leonardo da Vinci, 1880. Leonardo,— London, 1880, 2e édit., 1894.
- (3) Au 30 juin 1902,1a publication comprenait 23 livraisons gr. in-fol.,et depuis la planche I jusqu’à la planche DGCCCXX imprimées à Rome par la typographie de l’Académie des Lincei (1891-1902).
- (4) « La meccanica è il paraliso delle scienze matematkhe, perché con quella si viene al frutto delle scienze matematiche », Man. E., fol. 8.
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- leurs, il avait écrit : « La science de la mécanique est aussi universelle que celle de la peinture. Le mouvement est l’origine de toute vie. »
- Il s’en occupa théoriquement, mais aussi pratiquement, en inventant nombre de machines applicables aux arts et à l’industrie, dans le but de les substituer à l’action de l’homme; plusieurs furent adoptées dans la pratique, et l’on connaissait encore le nom de l’inventeur au xvie siècle; puis l’oubli s’est fait(1).
- Plus tard, restreignant le nombre de ses inventions, il s’ingénia de préférence à définir la science des forces et du mouvement, grâce aux principes de philosophie expérimentale qui l’avaient si puissamment aidé dans ses autres recherches. Il les étendit également à la perspective, à l’optique, aux lois qui régissent les mouvements infimes des molécules,”d’où naissent la lumière, la chaleur, le magnétisme, et les sons (2).
- En physique, il constate l’action de l’air pour alimenter la combustion et la respiration, en même temps que la résistance, le poids et la condensation de l’air (3). Il en déduit l’explication de l’ascension des corps dans l’atmosphère et de la formation des nuages : « Plus l’air se rapproche de l’eau ou de la terre, plus il se fait lourd; ce qui est démontré par la 19° proposition du livre II, à savoir : qu’un corps s’élève d’autant moins qu’il pèse davantage ; d’où il résulte que le corps plus léger s’élève plus haut que le corps pesant (4). »
- Pour déterminer la quantité de vapeur contenue dans l’air, à l’aide de fi absorption, Léonard combine un hygromètre composé de substances végétales, avec poulie à aiguille et contrep'oids en équilibre, que construisirent plus tard Santori (1625), Torricelli (1646), etc. (5).
- Il observe l’action capillaire des liquides dans divers vases (6).
- Les phénomènes météorologiques ne cessent de l’occuper. C’est ainsi qu’il décrit les mouvements de la foudre, qu’il suppose forcée de suivre une route déterminée par la raréfaction, ou la densité de l’air. A ce propos, il parle du vide qui se forme dans l’atmosphère (7). Libri rapporte un extrait de manuscrit (vol. E, fol. 2), où Léonard traite de la puissance du vide créé instantanément (8).
- Les observations sur l’aimant l’intéressent particulièrement (9).
- ( 1 ) Libri, Hist. des Sc. Math., loc. cit., III, 46.
- (2) G. Govi, Saggio, loc. cit., 1872.
- (3) Cod. Atl., fol. 70 et Man., vol X.
- (4) Trait, délia pittura, loc. cit., 191.
- (o) De Humboldt, Cosmos, II, 283.
- (6) Cod. Atl., fol. 11, 67, 74.
- (7) Cod. AU., fol. 8.
- (8) Libri, loc. cit., III. Note XIII, 227.
- (9) Vol. F, fol. 2.
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- De même qu’il a étudié les circonstances les plus importantes du mouvement des ondes liquides, comme on le verra plus loin, il applique les mêmes principes à l’étude de la propagation des ondes sonores (1).
- En optique, il ne croit pas au système de l’émission pour la lumière (2), mais il considère que les rayons lumineux se propagent de la même manière que les ondes sonores (3).
- Il donne une bonne théorie de la vision à laquelle il avait appliqué la chambre obscure qu’il décrit bien avant le Napolitain J. B. Porta (4), auquel les Anglais ont disputé l’invention, en faveur du moine Bacon vivant vers le xme siècle (3), alors qu’elle remonte à Léonard (6).
- Il montre, en présence de Maurolico, l’image du soleil dans un orifice angulaire.
- Les yeux dirigés vers le même objet ne le voient pas exactement sous le même aspect. Le défaut d’identité des deux images ou des deux impressions sur la rétine, n’échappe pas à Léonard, qui découvre ainsi le principe du stéréoscope, un des plus curieux instruments de l’optique, dont Wheatstone réalise l’application seulement en 1838.
- On lui doit enfin la perspective aérienne, la nature des ombres colorées, l’explication des mouvements de l’iris oculaire; les effets de durée des impressions visuelles et maints autres phénomènes de la vision dont Vitellion ne dit rien.
- En mécanique, il connaissait la théorie des forces appliquées obliquement au bras de levier; la résistance à la propulsion des navires, les lois du frottement, étudiées depuis lui par Amontons, l’influence du centre de gravité sur les corps au repos et en mouvement, l’application du principe des vitesses virtuelles que l’analyse a généralisé plus tard (7).
- Dans son livre, la Divina proportione, dont Léonard grave les figures, et qui se résume en la division d’une droite en moyenne et extrême raison, destinée à établir géométriquement les règles de tous les arts, Luca di Borgo, ou Pacioli, fait allusion aux recherches de mécanique de son collaborateur et ami Léonard, dans les termes suivants :
- « Non rassasié de ces travaux (le monument équestre et la Cène), il se livre à l’étude inappréciable du mouvement local, des chocs, des poids et de toutes
- (1) Libri, loc. c-it., III, 48.
- (2) Cod. Atl., fol. 138.
- (3) Vol. A, fol. 9.
- (4) Libri, loc. cit., IV, 122.
- (3) Libranj of useful Knowledge : Nat. pliil., II, 32.
- (6) Libri, loc. cit., III, 54.
- (7) Cardinali, Nuova Race, degli autori, etc., Bologna, 1825.
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- les forces ; il a déjà mis la dernière main en hâte à son beau livre de la peinture et des mouvements du corps humain, voulant conduire le tout par l’étude jusqu’à bonne fin (1). ».
- L’étude de la mécanique, avant Léonard, se basait sur des principes imparfaitement établis par les anciens et assez mal connus de ses contemporains.
- Aristote avait défini le mouvement comme le passage de la force à l’action ; -explication intrinsèque de ce que renferme tout corps au repos. Léonard est le premier, dans la science moderne, qui énonce le principe de l’inertie et introduit i’idée de l’énergie dynamique.
- « Aucun corps inerte se meut de lui-même; mais son mouvement est produit par d’autres corps. »
- « La force (cause du mouvement des corps inertes) est une puissance spirituelle, sans corps et impalpable, qui se produit pendant une courte durée dans les corps placés en dehors de leur état naturel de repos, par un fait violent, accidentel. Je dis qu’elle est spirituelle parce que la vie y est invisible; qu’elle -est sans corps et impalpable, parce que le corps d’où elle naît n’augmente pas de dimensions, ni de poids. »
- Et pourtant, comme il y a dans les corps inertes une tendance invincible qui les pousse au mouvement, sans l’intervention d’autres corps, quand ils sont abandonnés à eux-mêmes, Léonard ajoute :
- « Le mouvement matériel est fait de poids, ou de force. Celui qui est fait de poids, engendre parfois la force, et parfois ajoute un nouveau poids; et celui Tjui est fait de force agit de la même manière. »
- Aussi l’attraction, sous le nom de poids, est-elle comptée par Léonard parmi les causes de mouvement, et distincte du choc (impeto), auquel il réserve plus particulièrement le nom de force.
- Comme relation entre la force et la vitesse uniforme des corps sur lesquels la force a cessé d’agir, il observe que :
- « Si une force fait mouvoir un corps dans un temps donné, sur un espace déterminé, cette même force fera mouvoir le corps dans la moitié du temps sur la moitié de l’espace, ou bien, en des temps égaux sur deux fois l’espace. » En d’autres termes, l’espace parcouru d’un mouvement uniforme est proportionnel au temps.
- Léonard s’élève contre la théorie péripatéticienne d’après laquelle l’air pousse les corps en mouvement.
- « Aucun corps mobile, écrit-il, aura plus de vitesse que celle de la force qui le fait mouvoir. »
- « Toute action s’exerce par le mouvement. »
- (I) L. Pacioli, loc. cit. fol. 1. (1508, in-4°.)
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- Non seulement il devance Galilée, mais il définit le rapport d’équivalence entre les diverses actions naturelles par cette simple observation, que « chaque eorps pèse suivant la ligne du mouvement »; c’est-à-dire, que tout corps en mouvement engendre une pression contre les obstacles placés dans la direction de son mouvement.
- La chute des corps ne se produisant pas par un mouvement uniforme, Léonard, un siècle avant Galilée, écrit :
- « Le corps qui descend en liberté, à chaque degré de mouvement, acquiert des degrés de vitesse » ; expression admirable, observe Govi, qui laisse entrevoir la loi complète de la chute des corps.
- Quoiqu’il eût compris que la gravité est une force accélératrice constante (1), le problème n’en resta pas moins imparfaitement résolu pour lui.
- Il affirme, sans le démontrer, que la descente s’opère plus promptement suivant l’arc, que suivant la corde.
- 11 définit la percussion « une force réduite à un temps court », et avec les mêmes termes que Galilée employa plus tard, il ajoute : « La percussion, dans un temps égal, excède toute autre force de la nature. »
- Pour l’étude des lois du choc des corps, Léonard a recours à des balles élastiques, suspendues à des fils, qu’il laisse tomber de différentes hauteurs, l’une sur l’autre, précédant ainsi des expériences tentées bien plus tard par Borelli, Désaguliers, Muschenbroek, etc.
- De l’ouvrage qu’il avait écrit sur le choc, il reste des fragments intéressants : d’abord une table synoptique de toutes les circonstances où se produit le choc, «cette force, dit-il,proportionnelle à la dureté des corps et à la vitesse de communication du mouvement ».
- « Le centre du mouvement produit par le moteur, ajoute-t-il, doit être sur la même ligne que le centre de la longueur du corps choqué (2). »
- Il reconnaît ainsi qu’il y a une relation entre les effets de deux chocs, différente du simple rapport des masses choquantes entre elles, pour une hauteur pareille de chute.
- Il donne la théorie du bond, qu’il a vérifiée par l’observation.
- Il constate qu’un corps peut se mouvoir avec des mouvements variés dans un temps donné, et entrevoit la composition des mouvements et leurs résultantes.
- Le premier, parmi les modernes, il s’occupe du centre de gravité des solides, en déterminant d’abord celui delà pyramide, qu’il place au quart de la hauteur de la droite qui joint le sommet au centre de gravité de la base. Pour la démons-
- (1) Cod. Atl., fol. 145. — Libri, loc. cit., III; Note V, 212.
- (2) Cod. Atl., fol. 28. —Libri, loc. cit., III; Note VI, 213.
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- tration, d’après la figure qui accompagne sa note, il décompose la pyramide en plans parallèles à la base, comme cela se pratique actuellement (1).
- Quand il s’agit d’un système de corps, il cherche d’abord le centre de gravité de chacun, puis, grâce au principe du levier, il combine ces corps deux à deux, et il trouve le centre des forces parallèles, qui est en même temps le centre de gravité du système (2).
- Il détermine les centres de gravité, en insistant surtout sur l’importance que cette détermination a pour les arts, et il analyse l’action double de la pesanteur dans le mouvement sur les plans inclinés, d’après laquelle les corps pressent et descendent. Les variations de pesanteur, pour un corps suspendu, que l’on soulève par un fil perpendiculaire, se résument dans cette formule : « Le poids est proportionnel au sinus de l’angle que fait le fil de suspension avec la verticale. »
- Ses expériences sont nombreuses sur la résistance des solides attachés par une extrémité, ou soutenus par les deux extrémités, dans le but de calculer, comme on le fait de nos jours, la traction et la pression. D’autres, plus ingénieuses et surprenantes, presque incroyables, dirait-on, se rapportent au frottement des corps, dont il est le premier à introduire la considération en mécanique. Les lois que Léonard en déduit ont une priorité de deux siècles sur celles d’Amontons ; de trois siècles, sur celles de Coulomb. Ainsi, il reconnaît que la résistance au frottement dépend non seulement de la nature des corps, mais de l’état de leur surface. Plus la surface est lisse, moins le frottement est grand. La résistance croît proportionnellement au poids des corps.
- A ce sujet, soit que ses expériences ne fussent pas assez nombreuses, soit que les différences observées sur les divers corps fussent trop faibles, il ne donne qu’une seule mesure pour tous les cas de cette résistance, que les physiciens du xvii0 et du xvme siècle ont confirmée, en l’étendant à nombre d’autres corps.
- Pour exprimer le rapport entre l’inclinaison d’un plan et le frottement, Léonard fait glisser un parallélipipède sur chacune.de ses faces et démontre que la résistance au mouvement ne dépend pas sensiblement des dimensions de la surface en frottement, tant que la pression reste la même.
- Les dessins du folio 19a (R. et V. 1) du Coclice se réfèrent à des expériences sur les lois du frottement, eu égard à l’étendue des surfaces de contact; mais le texte ne précise rien en dehors de ce principe que la résistance est une fraction du poids (fig. 3 et 4) (3).
- (1) Vol. F., fol. 51.
- (2) Cocl. Atl., fol. 72, 83, 85, et Vol. A, fol. 33.
- (3) Les figures du Codice Atlantico ont été reproduites d’après des photographies exécutées parM. Fernand Dubois, ou d’après des calques exécutés par nous-même, à Rome, sur les exem-
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- Ces études sont complétées par la détermination du frottement des pivots, c’est-à-dire du frottement rotatif ou de roulement, qui exige le moins de force.
- Il semble avoir remarqué le premier les mouvements réguliers de la poussière placée sur des surfaces élastiques en vibration.
- La résistance que l’atmosphère exerce, suivant que les corps en mouvement l’agitent ou l’entraînent, ne lui est pas inconnue. Le poids de l’air non plus;
- Fig. J. — LojiiurJ J-j \ inci. F.vpuriuiicu? =ur Fig. i. — Leonard du Vinci. Expériences sur
- le frottement. — Cod. Atl., fol. 195. R. 1. le frottement. — Cod. AU., fol. 195. V. 1.
- car avant Galilée, il écrit : « Tel corps lourd sera plus léger s’il occupera plus d’air »; ce qui ne saurait s’appliquer à la densité, car Léonard aurait alors employé le mot espace, au lieu du mot air. Dans maints autres passages, il confirme d’ailleurs que l’air est pesant et peut être pesé.
- Si l’on ajoute à cet ensemble de recherches, celles sur les forces appliquées
- plaires mis gracieusement à notre disposition par notre ami, M. V. Stringher, bibliothécaire du Ministère de l’Agriculture, Industrie et Commerce de Rome, à savoir :
- 1° Du Codice Atlantico déjà publié et en cours de publication par les soins de l’Académie des Lincei (1891-1902) ; livr. I à XXIV) ;
- 2° Du Saggio delle opéré di L. da Vinci; Milan, in-folio, 1872.
- La plupart de ces figures ont dû être réduites pour le format du Bulletin, et les écritures, la plupart tronquées, n’y ont été maintenues qu’autant que leur suppression eût pu les altérer.
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- normalement et obliquement aux bras de levier, sur les conditions d’équilibre des poulies, sur les vis, sur le polygone funiculaire, etc., on devra reconnaître qu’aucune branche de la science mécanique pure ne lui avait échappé; bien qu’aucun des livres dans lesquels il a exposé, ou voulu exposer, ses découvertes, ne nous soit parvenu (1).
- Il resterait à parler du mouvement perpétuel dont l’impossibilité, bien difficile à admettre au commencement du xvie siècle, était devenue une conviction chez Léonard.
- Dans le Codice Atlantico, à côté d’une des nombreuses esquisses d’appareils imaginés par lui pour le réaliser, on lit, écrit de sa main : « Faux » (sophistico)\ et ailleurs :
- « Il est impossible qu’un poids à la descente puisse remonter un même poids à la hauteur dont il est descendu, pendant un temps donné. Arrête-toi donc, lorsque par un contrepoids tu veux tirer l’eau d’un poids plus lourd que celui qui soulève. »
- Plus loin encore, on y lit :
- « Il est impossible de créer à l’aide d’un instrument quelconque un mouvement d’eau, de bas en haut, pour élever le même poids d’eau à la même hauteur que celle qui descend. »
- Dans un des manuscrits conservés à Paris, se trouve un passage, cité par Govi, où il est écrit que : « Aucun corps mû par un mouvement à la descente, pourra remonter de lui-même à la hauteur primitive; en conséquence, le mouvement cesse. »
- « Et si le corps qui fait mouvoir l’autre corps est une force, cette force même accompagnera le corps qu’elle met en mouvement, jusqu’à ce qu’elle s’épuise. Etant épuisée, aucun objet qu’elle meut sera apte à la reproduire. Donc, aucun objet en mouvement ne saurait agir longtemps. »
- Ce même volume manuscrit renferme contre le mouvement perpétuel un passage qui mérite également d’être cité :
- « Aucun corps inerte se meut de lui-même ; de sorte que venant à se mouvoir, si la force motrice est inégale, c’est-à-dire de durée inégale, de mouvement inégal, ou de poids inégal, l’action du premier moteur cessant, celle du second cessera immédiatement. »
- A défaut d’autres écrits de Léonard, on peut admettre qu’il n’est revenu souvent sur ce même argument que pour obéir à une habitude invétérée chez lui, de corroborer les raisons de la thèse qu’il soutient, mais aussi pour triompher contre ce rêve de mécanique qui ne cessait pas d’agiter les esprits.
- Aussi bien, de Humboldt a résumé magistralement le rôle que Léonard
- (1) G. Govi, Saggio, loc. cù.,p.d7.
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- aurait exercé comme physicien et mécanicien, si ses écrits enssent été connus.
- « Le plus grand physicien du xve siècle, écrit-il, un homme qui, avec des connaissances fort rares en mécanique, unit à un surprenant degré la faculté de plonger ses regards dans les profondeurs de la nature, Léonard de Vinci, était le contemporain de Christophe Colomb ; il mourut trois ans après lui.
- « L’artiste, couronné de gloire, s’était livré à l’étude de la météorologie, comme à celle de l’optique et de l’hydraulique. Il exerça de l’influence, sans doute pendant sa vie, par ses grandes créations artistiques, et par le prestige de sa parole, mais non pas par ses écrits.
- « Si les idées de Léonard sur la physique et la mécanique ne fussent pas restées ensevelies dans des cartons, le champ d’observation dévoilé par la découverte dn Nouveau Monde, eût été exploré scientifiquement, dans un grand nombre de ses parties, avant la grande époque de Galilée, de Pascal et de Huy-ghens (1). »
- V. — LÉONARD INVENTEUR ET INGÉNIEUR
- Léonard, on l’a dit, étudiait la mécanique et la physique avec le secours de l’algèbre et de la géométrie dont il semble avoir écrit un traité spécial. Les douze premiers feuillets du volume 1 de ses manuscrits fourmillent de figures’ géométriques, et dans le texte qui les accompagne, il cite plusieurs fois son traité (2). Nous ne possédons que des applications et une foule de solutions pratiques que lui suggéraient les besoins des travaux de l’ingénieur, des industries, des arts et métiers et de l’économie domestique.
- L’énumération pourra en paraître très longue, bien que répartie par catégories ; cela ne devra pas nous arrêter.
- Instruments. — Compas de réduction à centre mobile et à crémaillère, identique à celui que Juste Byrge exécuta en 1603;
- Tour à ovale, qui valut à Léonard les plus grands éloges, même des géomètres modernes;
- Le tour à ovale dont Léonard fut l’inventeur, repose en effet sur une idée tout à fait nouvelle pour tracer les courbes. Jusqu’alors, on ne les avait décrites que par la trace d’un style mobile, imprimée sur un plan fixe. Léonard substitua inversement un stylet fixe, imprimant sa trace sur un plan mobile. Parmi une infinité de solutions dont la question était susceptible, Léonard découvrit la plus simple, celle qui consiste à donner au plan mobile le mouvement d’un angle
- (1) De Humboldt, Cosmos, 1852, II, 237.
- (2) Libri, loc. cit., III, 46.
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- de grandeur constante, dont les deux côtés glissent sur deux points fixes (1).
- Hygromètre à balance, formé de ouate et de cire;
- Pince chirurgicale, à trois branches, avec virole à vis permettant une ouverture lente et graduée dans les cavités où elle est introduite;
- Instrument pour mesurer la vitesse d’un navire par un vent donné. Le perfectionnement de Léonard consistait dans un mécanisme permettant d’enregistrer le chemin parcouru pendant un temps donné, sans le concours d’un second observateur.
- L’odomètre très ingénieux de Léonard, composé de roues faisant mouvoir
- des aiguilles sur un cadran gradué (2), n’a été perfectionné qu’au xvii0 siècle par l’Anglais Bettertield.
- Cercle employé par les navigateurs pour suspendre la boussole, connu plus tard sous le nom de suspension à la Cardan.
- Horloges. — Perfectionnements apportés aux horloges à eau, à sable et à roues.
- La figure S représente une petite horloge à eau, « chaque point, écrit Léonard, correspond à une heure; elle convient pour les voyages, car elle montrera l’heure exactement dès qu’elle sera réglée. Il suffit qu’elle ait un quart de bras de longueur (3). »
- Léonard substitua l’échappement aux palettes que l’on employait alors comme régulateur de toutes les horloges [tempo). Il eut l’idée d’attacher un pendule au bras du balancier, au lieu de l’ancien volant qui distribuait imparfaitement le temps, et les quelques esquisses du Codice Atlantico indiquent qu’il avait conçu et dessiné, sinon exécuté, l’horloge à pendule régulateur.
- Le manuscrit N [fol. 11) contient la description de plusieurs instruments destinés à la mesure du temps, parmi lesquels on voit distinctement, en effet, une espèce de pendule.
- Le rôle du pendule lui était, du reste, parfaitement connu, car il l’appliquait à produire un mouvement continu, en restituant par intervalle au poids oscillant
- Fig. 5. — Léonard de Vinci. Horloge à eau.
- fol. 12. V. a.
- •si
- Cocl. Ail.,
- (1) Chasles, Aperçu hist., 531 et suiv. — La génération de l’ellipse imaginée par Léonard a été traitée depuis, en 1740 seulement, par Clairaut.
- (2) Cocl. Atl., fol. 2.
- (3) Codice Atl., fol. 12, V. a.
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- la force motrice perdue, Il fait même ressortir l’analogie avec les horloges, en ces termes :
- « Ce contrepoids travaille à la partie supérieure par la tige dans la roue dentée, de même que travaille la tige du pendule régulateur [tempo) dans les horloges; c’est-à-dire, tantôt au sommet, tantôt au pied, de manière à ne perdrp jamais le temps. »
- Cette invention remarquable cachée dans les manuscrits de Léonard et absolument ignorée, n’enlève rien pour cela du mérite de Christian Huyghens, qui, en 1657, trouva le moyen de régler les horloges à l’aide du pendule.
- Machines. — Les perfectionnements introduits par Léonard dans les machines à axe de rotation, sont du plus haut intérêt. Il fait tourner l’arbre, en effet, non pas dans des coussinets immobiles, mais sur la périphérie de galets, comme cela se pratique aujourd’hui, pour réduire au minimum le coefficient de friction dans les machines à grande vitesse. De crainte d’échauffement, il propose de faire les pivots et coussinets en diamant, et de les arroser d’une manière continue à l’eau froide.
- Les chaînes, connues depuis sous le nom de Vaucanson, sont de son invention et figurent sur plusieurs feuillets du Codice. Ce sont ces chaînes plates, à mailles régulières, non soudées, flexibles seulement dans deux sens opposés, employées au lieu de courroies, pour la communication du mouvement dans les machines.
- Les dessins abondent, dans le Codice, qui représentent des treuils, des cabestans, des grues;
- Des pressoirs mécaniques ;
- Des machines à tréfiler, à'laminer, à recéper les métaux; à dresser les limes, à planer et à forer les bois et la pierre;
- Des machines à tisser le ruban, à tondre le drap (1) ; à filer la soie et le lin, à tordre les cordages ;
- Des machines à poinçonner la monnaie.
- (i) D’après une note que Michel Alcan a consacrée à la tondeuse automatique, à lames héli-coïdes de Léonard [Bull. Soc. Encour., 1864, 284) avec croquis fac-similé à l’appui, cet appareil a une analogie extraordinaire, presque une identité avec les premières tondeuses automatiques, dites transversales, opérant sur le drap immobile. Ces tondeuses, connues en Angleterre sous le nom de Levis, l’étaient en France sous le nom de Collier, leur importateur au commencement du xixe siècle.
- « Les remarquables croquis de Léonard m’ont paru assez significatifs, écrit Alcan, pour en tirer une conclusion certaine (sans m’aider du texte), et assez intéressantes pour engager d’autres plus compétents à continuer le travail d’exploration, concernant les applications de la mécanique, proposées ou réalisées par un génie bien justement célèbre, il est vrai, mais si extraordinairement fécond, que l’on connaît à peine de nom ses importants travaux scientifiques et ses innombrables inventions industrielles. Elles seraient cependant assez remarquables pour faire la célébrité d’un grand nombre d’inventeurs contemporains les plus éminents, si elles étaient toutes aussi pratiques que l’était celle de la tondeuse. »
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- Quelques-uns de ses dessins sont à l’échelle et d’une exécution parfaite.
- Pour calculer l’effet utile des machines, il invente un dynamomètre, détermine le maximum de l’énergie des animaux, en combinant leur poids avec la force musculaire (Tratt. délia pittura, p. 148), et définit la force de l’homme sur le levier [Vol. A, foL 39).
- Moulins. — Les moulins occupent Léonard, qui avait composé un traité spécial à leur endroit.
- Nous citerons, comme exemples puisés dans le Codice, le moulin à six tournants (fig. 6), dont la légende se borne à nous apprendre que « ce moulin est
- Eig. 6. — Léonard de Vinci. Moulin à six tournants et à manège (Vallée du Pô).
- Cod. AU., fol. 14. V. a.
- employé sur le Pô » (1), et des esquisses d’appareils de mouture de grain avec meules horizontales et verticales (fig. 7), sans légende (2).
- Arts usuels. — Léonard imagine les pliants à trois pieds; le pivot avec ressorts à spirale pour la fermeture automatique des portes; des serrures à secret ou incrochetables; un tournebroche à échappement et à poids servant de moteur; auquel il substitua plus tard Pair chaud, avec cette note écrite de sa main, à côté du dessin : « Celui-ci est le vrai tournebroche, car suivant que le feu est modéré ou ardent, le rôti tourne vite ou lentement. » Il invente les capuchons
- (1) Codice Atlantico, fol. 14, V. a.
- (2) Codice Atlantico, fol. 32, R. a.
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- ou cornets rotatifs des tuyaux de cheminée, qui tournent du côté opposé au vent, et il indique qu’il faut les arrêter pendant la nuit afin d’éviter les rentrées d’air froid.
- Arts chimiques. — Ennemi juré « des liermètes et des alchimistes » qu’il qualifie d’ «interprètes mensongers de la nature », Léonard s’occupe de la distillation des parfums, de l’épuration des huiles, de la composition des vernis et des couleurs. Pour la fabrication de ces dernières, il imagine une meule conique en porphyre, avec roue qu’actionne un manège, ou un moteur hydraulique.
- Il travaille à la préparation des eaux-fortes pour la gravure sur métaux, dont on lui a attribué des épreuves de mérite (1).
- Il améliore le tirage des fourneaux et les alambics auxquels il adapte un?
- Fig. 7. — Léonard de Vinci. Mouture du grain ; meules horizontales e verticales.
- Cod. Ail., fol. 32. R. a.
- condensateur avec retour d’eau froide qui se renouvelle d’une manière continue, et permet la condensation des vapeurs à l’état liquide.
- Ses observations sur la combustion constituent les premiers indices de la théorie dont l’immortel Lavoisier devait donner la formule à la fin du xvme siècle.
- « Là où ne vit pas la flamme, écrit Léonard, tout animal qui respire ne vit pas. La lumière engendre le vide et l’air se précipite pour combler un tel vide.
- « L’élément feu consume sans cesse l’air qui l’alimente en partie ; il resterait au contact du vide, si l’air ne parvenait pas successivement à combler ce vide.
- « La fumée se produit au milieu de la flamme, même dans une chandelle. La flamme y dispose d’abord la matière qui doit l’alimenter, et puis s’en alimente elle-même.
- « L’excès de vent tue la flamme ; le vent modéré la nourrit. »
- (I) Le marquis Gerolamo d’Adda a publié dans la Gazette des Beaux-Arts, 1868, une étude des plus intéressantes sur les gravures sur cuivre, attribuées à Léonard.
- Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902.
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- Après avoir placé une chandelle allumée dans un tube de verre, ni trop étroit, ni trop haut, Léonard observe la manière dont l’air circule et écrit :
- « Par ce tube, la lumière doit s’exhaler et vivre; l’exhalation se fait par le centre et l’alimentation autour, en s’approchant des parois. »
- Arts métallurgiques. — Le Codice Atlantico est rempli de recettes sur l’art de fondre et d’allier les métaux. En qualité d’élève du Yerrocchio, très habile fondeur, qui eut la douleur de mourir à Venise sans avoir pu couler l’admirable statue du général B. Coleoni, son œuvre (1488), Léonard avait appris les procédés et tours de main nécessaires pour fabriquer des bombardes et, plus tard, pour couler la statue colossale de François Sforza. Il ne lui fut pas donné toutefois de commencer la fonte, car d’après la lecture de l’index du livre, De divina proportione, de Luca Pacioli, soit dans l’édition de 1509, soit dans le manuscrit original que conserve la Bibliothèque Ambrosienne, on constate qu’elle ne fut pas fondue (1); ce qui est d’accord avec les témoignages de tous ceux qui virent le monument.
- Le modèle de véritable grandeur, resté à Milan après l’invasion des Français et la capture de Ludovic, fut détruit par des arbalétriers gascons : celui qui existait en 1501 était apparemment le modèle du cheval que Hercule Ier d’Este sollicitait pour un monument à élever à Ferrare. Le cardinal de Rohan crut devoir le refuser; il n’avait pas préalablement obtenu l’assentiment du Roi, et surtout, ajoute-t-on, il rougissait de livrer un ouvrage dans un pareil état de dégradation.
- Il ne reste plus en somme du chef-d’œuvre que quelques dessins authentiques. Le Codice Atlantico renferme l’esquisse d’un cheval enpierre noire, et un dessin à la sanguine de l’armature en charpente, encadrant un autre cheval.
- Gomme autres statues, suivant Yasari, Léonard aurait modelé et fait fondre en bronze les trois statues que Gian Francesco Rustici avait fait exécuter pour la porte Nord de S. Giovanni, à Florence.
- Art militaire. — Sur le principe de l’éolipyle, Léonard inventa un canon à vapeur, dont il a donné la description détaillée dans le volume B des manuscrits restés en France. Cette ingénieuse application fut proposée trois siècles plus tard par Perkins, en 1824.
- Le nouveau canon que Léonard baptisa du nom à’Architronite, fut attribué par lui à Archimède, et pour mieux dissimuler l’invention prêtée au grand Syracusain, il exprima le poids du boulet en talents (32k»,4 environ) et la portée, en stades (180 mètres).
- « Invention d'Archimède. — L’architonnerre est une machine de cuivre fin, écrit Léonard, qui lance des balles de fer avec grand fracas et grandissime vio-
- (1) Le texte de Pacioli porte : « Hauteur, dimension et poids de l’admirable et extraordinaire statue équestre, quand elle sera fondue. »
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- lence. On en fait usage de cette manière : le tiers de cet instrument repose sur une grande quantité de feu de charbon. Dès que l’eau est bien échauffée, il faut serrer lavis sur le vase où est l’eau, et en serrant la vis en dessus, toute l’eau s’échappera au-dessous, descendra dans la portion échauffée et aussitôt se convertira en une vapeur si abondante et si forte qu’il paraît merveilleux de voir la fureur de cette fumée et d’entendre le bruit qu’elle produit. Cette machine chasse une balle du poids d’un talent et six... » [Man. B, fol. 33.)
- Un passage du Coaice Atlantico indique comment il entendait traiter de l’Architronite, à propos d’Hydraulique, dans l’ouvrage dont il avait écrit l’index avant de composer le texte. On y lit, en effet : « Du tir des bombes à l’aide de l’eau dans des bombardes en fer chauffées (infocate). » L’emploi du mot bombarde exclut toute idée d’invention ancienne, et, contrairement à l’opinion de Marco Antonio Costa, on est en droit de considérer Léonard comme l’inventeur légitime du canon à vapeur (1).
- indépendamment de ce canon, Léonard a laissé de nombreux dessins dans le Codice, se rapportant à tous les genres de bombardes, de mortiers et pierriers, avec de précieuses indications pour les fondre, les forer, les ajuster et les tourner. Les effets des explosions y sont à plusieurs reprises esquissés. Dans un des manuscrits de Windsor,pun croquis représente même la vue d’ensemble d’une cour de fonderie à canons.
- Des dessins de bouches d’artillerie à plusieurs canons, fixes ou mobiles, de pièces à tir angulaire ou courbe, rayées en hélice, sont accompagnés de notes sur l’emploi des boulets et balles coniques, à une époque où la vitesse ne dépassait guère 110 mètres par seconde, et aussi, sur les charges de poudre, afin d’éviter les pertes par combustion, à l’arrière des pièces.
- Béliers, catapultes, balistes, arbalètes et arcs, etc., font l’objet de perfectionnements ingénieux, de même que les boucliers ou abris volants et mobiles, destinés à protéger les assaillants et les tireurs. L’arbalète à ressort en spirale, que Léonard invente, a dû servir de modèle aux fusils mis dans les mains des enfants.
- César Borgia, duc de Valentinois, avait nommé Léonard son architecte mili-
- (I) Delécluze, dans le journal l’Artiste, en 1841, et le Magasin pittoresque en 1847, ont reproduit le fac-similé de l’architonnerre {Man. B, fol. 33), comprenant divers croquis de l’appareil entier, fixe et monté sur un train pour le transport, de la vis de pression au-dessus de la chaudière, du foyer pour la génération de la vapeur, etc. Aussi bien l’habile critique, Delécluze, que l’auteur de l’article du Magasin pittoresque, inclinent à croire assez gratuitement que les mécaniciens grecs avaient pu imaginer quelque chose d’analogue au canon à vapeur de Léonard.
- Léon Lalanne (Encycl. moderne, XVII) regarde comme très possible qu’Archimède, qui fut le plus habile d’entre eux, en ait été l’inventeur, et d’ailleurs, il existerait une relation intime entre l’idée et celle développée plus tard dans le 45e appareil de Héron. L. Figuier, au contraire, ne voit là qu’une invention de fantaisie, où il n'y a de réel que le danger de s’en servir. (Exp. et Hist. desprincip. découv., I, 40.)
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- taire (1502); mais bien auparavant, sous le règne de Ludovic, en vue de l’artillerie rendue mobile (1), Léonard avait traité à fond, par ses dessins et dans les notes du CocUce, les questions de fortification : tours, murailles, bastions, redoutes, fortins; ponts-levis ou ponts de passage des cours d’eau sur chevalets; fossés et conduits souterrains; pièces d’artifice à mélange incendiaire, etc., enfin, des mines de siège pour faire sauter les ouvrages de l’ennemi, ou éclairer l’horizon.
- Lombardini affirme que Léonard inventa le système actuel de défense des places fortes : bastions polygonaux avec angles saillants et tranchées en zigzag (2).
- Les bastions, jusqu’alors en fer à cheval,reçurent la forme de bastions à cinq flancs, pour que les courtines intermédiaires et le bastion voisin puissent s’étendre commodément et rester éloignés du tir jusqu’à 500 mètres, au lieu de 360 mètres. Les flancs furent reculés pour être mieux protégés contre le tir, derrière des orillons et casematés. Devant le fossé, le chemin couvert plus étroit était encore sans place d’armes (3).
- Navigation. — Aviation. — Les roues à palettes, comme moyen de propulsion des navires, ne constituaient pas une invention, au sens du mot, les anciens ayant déjà substitué les roues aux rames (4); Léonard proposa toutefois leur emploi.
- Suivant Delécluze, Léonard se serait donné le plaisir, dans sa jeunesse, de fabriquer un jouet rappelant la montgolfière. 11 aurait rempli, d’un gaz plus léger que l’air atmosphérique, des petits sacs d’un tissu léger, ayant la forme
- (lj A son entrée dans Florence (1494), Charles VIII fut suivi de l’artillerie attelée que les Français avaient été les premiers à rendre aussi mobile que leur armée, inspirant par là à l’ennemi autant de terreur que de curiosité.
- De même à Rome, 36 canons de bronze attelés faisaient cortège au Roi que recevait le pape Alexandre VI. Leur longueur était d’environ 8 pieds, leur poids de 6 milliers et leur calibre à peu près comme la tète d’un homme. Les coulevrines, de moitié plus lourdes, marchaient ensnite, puis les fauconneaux, dont les plus petits lançaient des boulets de la grosseur d’une grenade. Les affûts étaient formés, comme aujourd’hui, de deux pesantes pièces de bois, avec traverses, etc.
- Dès qu’il fut entré dans Naples (février 1493), Charles VIII fit dresser ses bouches à feu en batterie contre le Château Neuf que défendaient les soldats de Ferdinand d’Aragon, et tirer de nuit comme de jour, à boulet, « les bombes, ni les projectiles incendiaires n’étant pas encore inventés », jusqu’à ce que le château sautât à la suite d’une effroyable explosion du magasin à poudre (Sismondi,Hist. Rép.. Ital., VII, 403-439).
- (2) Lombardini, Bell'origine, loc. cit., 19.
- (3) Micheli de Vérone (1317-1539); Paciotto d’Urbin, mort en 1372.
- (4) Volume B, fol. 76., — Libri, loc. cit., III, 46. Les Romains employèrent en effet sur leurs galères des machines à roues mues par des chevaux ou des bœufs, pour remplacer le système de doubles, triples et quadruples rangs de rameurs. G. Panciroli décrit une vieille monnaie représentant des liburnes, vaisseaux de guerre mis en ligne à Actium, avec trois paires de roues à palettes, tournées par trois paires de bœufs (De rebus inventis et perditis, 1599). Dans l’édition italienne de Vitruve par Cesariano (1521, in-folio), un navire romain avec roue extérieure à aubes est figuré.
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- d’oiseaux, et les ayant lancés d’un toit, il aurait fait dire par les badauds qu il .avait inventé des oiseaux mécaniques, capables de voler.
- Fig. 8. — Léonard de Vinci. Machine à creuser et déblayer les fossés ou tranchées.
- Cocl. Atl., fol. 16. R. b.
- Le Codice Atlantico est spécialement riche en dessins se rapportant au vol dans l’espace; ailes, nacelles volantes, sièges ailés, etc., où apparaît la merveilleuse faculté d’imagination et de création vers un but que Léonard ne pou-
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- vait atteindre. On y retrouve aussi disséminés les éléments du traité sur le vol des oiseaux, comme dans les manuscrits de Londres, publiés tout récemment par G. Piumati et Sabachnikoff (1), dans ceux de Giacomo Manzoni et de l’Institut à Paris.
- Travaux 'publics. — L’esprit inventif, sans cesse en mouvement, de Léonard, • se dirigea avec plus de succès vers les outils et machines qu’exigait l’accomplissement des grands travaux, au point de vue de l’économie de main-d’œuvre et de l’argent, et en cela, brillent ses qualités principales d’ingénieur.
- Une première machine à creuser et déblayer les fossés est montrée seule-
- Fig. 9. — Léonard de Vinci. Installation mécanique pour travaux de terrassement : creusement de canaux et construction de berges. — Cod. Atl., fol. 355. V. 2.
- ment par un dessin (fig. 8) (2). « Cet instrument, comme le porte la légende écrite de la main de Léonard, s’emploie pour creuser et déblayer des fossés en terre. La roue dentée reçoit le mouvement d’un pignon dont l’arbre du bas est fixe. » Une seconde 'machine est représentée, mais dans le manuscrit N, pour le défoncement (labour profond) des terres, à Laide du vent (3).
- Un procédé mécanique pour creuser les canaux, soulever et transporter les terres du déblai, en vue de former en même temps les berges, est décrit dans un des feuillets du Codice (4), sans indication précise d’ailleurs quant à l’objet. De la figure 10 il résulte pourtant que les deux grues, plantées sur les bords et
- (1) 79 pages et 193 dessins ; Roux et Viarengo, 1902.
- (2) Codice Atlantico, fol. 16, R. b.
- (3) Vol. N, fol. 2b. et Libri, loc. cit., III, p. 46.
- (4) Saggio, loc. cit., et Codice Atlantico, fol. 335, V, 2.
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- rejoignant par leurs bras l’axe du canal, servent à transporter à droite et à gauche les tombereaux ou caisses dans lesquels la terre a été pelletée, et qui sont relevés par des contrepoids au niveau des berges. Deux chaînes ou cordages servent l’un pour le tombereau, l’autre pour le contrepoids. La première chaîne se meut sur une poulie concentrique par rapport à la seconde, mais d’un rayon plus grand que celui de la poulie de la seconde chaîne. Le rapport des rayons étant de 7 à 4, le tombereau s'élève de 7 bras quand le poids descend de 4 bras, qui représente la profondeur du canal.
- Pour la manœuvre de chacune des grues, six hommes
- sont néces-
- Fig. 10. — Léonard de Vinci. Variante de l’escalier (fig. 10).
- saires; quatre qui char ge le tombereau, etdeux pour descendre, à l’aide d’un bœuf, le contrepoids. Le tombereau empli, la grue tournée, le tombereau est basculé et renvoyé vide au fond.
- On monte à la cage du contrepoids par un escalier, représenté droit dans la figure 9, mais Léonard recommande comme plus pratique l’escalier en colimaçon (fig. 10), dessiné à part. « En effet, dit-il, lorsque la cage est baissée, il faut, pour la remonter, parcourir un côté de la base de l’escalier droit et puis la rampe; tandis que si l’escalier est en colimaçon, dont le sommet est placé immédiatement au-dessus du plan de décharge, on économise le parcours de la base, c’est-à-dire 4 000 bras, suivant le calcul, ou encore, 1 mille et un tiers, pour chaque mille d’ascension. »
- Le Codice renferme également des
- Fig. 11.— Léonard de Vinci. Appareil de forage pour sources. —Cod. AtL, fol. 9. V. b.
- indications précieuses sur des tarières et des appareils de sondage, en vue de capter les sources (jfontanili), ou de percer des puits artésiens, selon les procédés en usage à Modène (avec dessin); sur des dragues à godets et à cuillères, sem-
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- Fig. 12. — Léonard de Vinci. Installation d'appareils élévatoires pour eaux de sources (fontanili). — Cocl. Ail., fol. 9. V. b.
- !>1:11 >11> à cHIo employées de nos jouis pour 1rs curages des mu m\. dos rivières cl des ports de mer.
- S.'-- ügures II cl 12 représentent un appuieil de l'orage et
- « • r*'-'
- Fig. 14. —"Léonard de Vinci. Plongeur nageant, muni de l’appareil. — Cocl. Atl., fol. 7. R. a.
- wMÊÊmm \\ /"%
- WfflSÊËÊÈ&
- in 'lallation d’appareils en vue de capter et d’élever les i : i i ; \ di" fontanili (1).
- Un siècle et demi avant Biaise Pascal à qui l’on attribue l’invention de la brouette (2), Léonard l’appliquait au transport des pierres, de la terre et de l’eau. Dans la brouette à eau, le couvercle ., était agencé de manière à éviter la projection en
- , * marche.
- -I Pour les travaux à exécuter sous l’eau, Léonard
- ' \ t décrit des inventions qui permettent, les unes,
- d’avancer à l’abri, en vue des opérations militaires,
- Fig. LL — Léonard de Vinci. Appareil de plongeur. — Cocl. Atl., fol. 377. R. 2.
- (1) Cocl. Atl., fol. 9 V. b.
- (2) Dans l’Intermédiaire (col. 111), Darcel a démontré que la brouette était employée au xiii° siècle; mais s’agissait-il alors de l’outil perfectionné pour lequel la position de la charge est réglée sur le diamètre de la roue et l’allongement des brancards?
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- et les autres, de plonger, la respiration s’opérant par émerge à fleur d’eau (fig. 13 et 14). Un scaphandre inventé par Léonard était muni de grosses lentilles en verre pour permettre de voir au fond, et d’une outre flottante, remplie d’air. Dans les travaux en mer, les pressions étaient atténuées par des lamelles de cuivre.
- La machine à plonger est accompagnée de l’indication suivante : « Instrument dont on se sertjdans la mer des Indes pour la pêche des perles. » Venturi, qui en reproduit le dessin, ajoute : « On a proposé et perfectionné de nos jours une pareille invention (1). »
- Pour la natation, il avait imaginé des coussins et des vessies pleins d'air qui soutenaient le nageur, et comme moyen de transport rapide à la surface de l’eau, des patins aux pieds, et des petites nacelles guidées en (fig. lo).
- un tuyau flexible qui
- IM»;
- l i^. 17. — Léonard du \inci. Patins et nacelles pour cheminer sur l’eau.— Cod. Atl., fol. 7. R. a.
- avant par des perches
- (I) Venturi, loc. cit., fig, 16, p. 28.
- A suivre.)
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- CHIMIE
- Rapport sur les expériences comparatives de peintures au blanc de céruse et au
- blanc de zinc exécutées à l'annexe de l'Institut Pasteur, 63, rue d'Alleray,
- Paris, sous les auspices de la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire
- et de la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture cle Paris, par
- M. Rigolot (1).
- La Société de Médecine publique et de Génie sanitaire ayant nommé une commission chargée d’étudier la question de l’emploi du blanc de céruse et la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture de la ville de Paris, saisie de la même question depuis l’année dernière, ayant été mise en rapport avec cette Société deMédecine, grâce à l’obligeance deM. Dutheil qui en fait partie en même temps qu’il est vice-président de la Chambre des Paveurs, il a été décidé, après divers pourparlers, que des expériences seraient faites à l’annexe de l’Institut Pasteur, 62, rue d’Alleray.
- M. Diolé, président de la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture, s’est rendu, le 28 avril dernier, à l’Institut Pasteur et a été reçu par la commission de la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire ; il a exposé les grandes lignes qui devaient servir de base à ces expériences.
- Le Conseil de la Chambre de peinture, dans sa séance du 5 mai dernier, ayant ratifié les propositions faites par M. Biolé, il a été procédé aux expériences de la manière suivante :
- Composition de la Commission. — La Commission des expériences a été composée de la manière suivante : pour la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire : MM. le Docteur L. Martin, A. Livache, chimiste, Vaillant, architecte.
- Pour la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture : MM. Manger, vice-président de la Chambre, Wernet, syndic de la Chambre, Rigolot, secrétaire, ce dernier chargé d’établir ce présent rapport.
- Emplacements choisis. — La Société de Médecine publique, grâce à l’obligeance de M. le Dr Martin, met à la disposition de la Commission :
- (1) Revue d’hygiène et de police sanitaire. Novembre 1902. — Voir sur cette question le mémoire de MM. Livache et Potain. Bulletin de juin 1901, p. 760.
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- EXPÉRIENCES COMPARATIVES DE PEINTURES AU BLANC DE CÉRUSE. 691
- 1° Un mur exposé en plein au S.-O., mur pignon du grenier à fourrages. Ce mur est enduit en plâtre au panier et n’a jamais été peint. La face intérieure dans le grenier n’est pas peinte. Il est divisé en cinq parties à peu près égales. Celle de gauche restera en plâtre non peint; dans les quatre autres parties, il sera fait suivant l’ordre de gauche à droite :
- a. Impression céruse, et deux couches de peinture à la céruse.
- b. Impression zinc et deux couches de peinture au blanc de zinc.
- c. Enduit gras céruse et deux couches de peinture à la céruse.
- d. Enduit gras zinc et deux couches de peinture au zinc.
- 2° Sur deux persiennes enfer exposées au S.-O. et fermant deux croisées à rez-de-chaussée dans un pavillon d’habitation du directeur (ces persiennes déjà peintes) :
- e. Sur persiennes de gauche une couche à la céruse.
- f. Sur persiennes de droite une couche au blanc de zinc.
- 3° Sur trois panneaux en tôle formant le soubassement d’une grande porte à trois vantaux ayant la même exposition S.-O. et fermant un pavillon à droite du précédent.
- En suivant l’ordre de gauche à droite :
- g. Une couche minium et deux couches à la céruse.
- ii. Une couche de gris de zinc et deux couches au blanc de zinc.
- i. Impression au blanc de zinc et deux couches au blanc de zinc.
- 4° Sur des portes et poteaux en bois fermant deux cabinets adossés au mur sur la rue, à droite en entrant par la rue d’Alleray, portes exposées au S.-O., ces portes, déjà peintes, ont été dépouillées à bois cru à la potasse :
- j. Impression céruse. Enduit maigre céruse, deux couches à la céruse.
- k. Impression zinc. Enduit maigre zinc, deux couches au zinc.
- 3° A la demande de M. Vaillant, architecte, à l’intérieur dans un endroit sombre, dans le grenier à fourrages sur la face intérieure du mur, la face extérieure restant en plâtre non peint :
- l. Partie gauche, trois couches à la céruse.
- m. Partie droite, trois couches au zinc.
- D’une façon générale, les échantillons au blanc de céruse sont toujours à gauche et ceux au blanc de zinc sont à droite de ceux correspondants à la céruse.
- Les expériences ont commencé le 20 août 1902 et se sont terminées le 1er septembre
- Produits employés. — Les produits employés sont des produits marchands tels qu’ils sont livrés aux entrepreneurs de peinture pour leurs travaux à Paris. M. Manger a, par suite, demandé à ses fournisseurs de lui livrer à ses ateliers,
- Pour la céruse : un fût Théodore Lefèvre avec certificat d’origine ;
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- CHIMIE.
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- Pour le blanc de zinc : un fût d’oxyde de zinc dit blanc de zinc broyé n° 2 6e la Vieille-Montagne;
- Pour les liquides : l’huile de lin et l’essence de térébenthine;
- Pour les siccatifs : la litharge pour les teintes à la céruse, le résinate de manganèse pour celles au blanc de zinc.
- Tous ces produits ont été apportés, sur place, par les soins de M. Manger qui amis un de ses ouvriers et les échafaudages nécessaires à la disposition de la commission.
- Analyse des produits. — M. le Docteur Martin a bien voulu se charger de l’analyse chimique des produits employés; ses expériences ont donné les résultats suivants :
- Céruse ' broyée. / [ Céruse sèche. . . . Huile , Eau Échantillon pris au début à la des essais. fin. . 85,09 85,94 10,89 10,30 4,02 3,76 Composition moyenne. 85,52 10,59 3,89 Ces produits sont purs et ne contien-nentpas de matières étrangères.
- Blanc de zinc 1 broyé. | i Oxyde de zinc sec. . • Huile 100,00 84,46 15,54 100,00 84,97 15,03 100,00 84,72 15,28
- 100,00 100,00 100,00
- Les compositions des teintes et enduits à base de blanc de zinc ont été données par M. Livache; elles sont basées sur les principes qu’il a exposés dans des études antérieures. (Livache, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1901, page 1230. — Livache et Potain. Bulletin de la Société d’Encouragement pour l'industrie nationale, 1901, page 760.) Pour les travaux extérieurs, la seule modification porte sur la teneur en essence.
- Résidtats comparatifs en poids. — Au point de vue de la composition de chaque teinte ou enduit et des quantités employées à chaque échantillon et par
- mètre superficiel, les expériences ont donné les résultats indiqués aux tableaux
- suivants :
- MUR PIGNON EXTÉRIEUR
- Surface 20e 12 24.00.
- Quantités totales Quantités
- Composition c imployées. par M. S.
- des teintes. kilogr. kilogr. kilogr.
- [ Céruse , . 10,000
- Enduit gras J Huile 3,300
- céruse. J Blanc de Meudon. . . . 10,600
- ( Siccatif 0,200 30,450 1,504
- Première i Céruse . 10,000
- couche i Huile. ... 3,993
- ) Essence . . 0,319
- céruse (G). 1 Siccatif . . 0,003 5,902 0,292
- Deuxième couche teinte (A) 2.565 0,126
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- EXPÉRIENCES COMPARATIVES DE PEINTURES AU BLANC DE CÉRUSE. 693
- MUR P I G N 0 X EXTERIEUR
- Surface 2lm2 61.50.
- Quantités totales Quantités
- Composition employées. par VI. S.
- des teintes. kilogr. kilogr. kilogr.
- f Zinc . . . . . 10,000
- Enduit gras V Huile. . . . . 3,070
- zinc. j Blanc de Meudon 11,600
- l Siccatif. . 0,126 33,594 1,534
- / Zinc . . 10,000
- Première 1 Huile. . . .... 4,637
- couche j Essence. . 0,291
- zinc (H). l Siccatif. 0,031 6,802 0,315
- Deuxième couche teinte (B) 2,500 0,121
- Surface 20m2 62.50.
- r Céruse.. 3,000
- Impression \ Huile. . . . . 10,000
- céruse (E). ) Essence 0.000
- [ Siccatif. 0,000 10,520 0,510
- / Céruse. . . . 10,000
- Première \ Huile . , 7,000
- couche (C). ) Essence .
- 1 Siccatif. 0,005 6,307 0,315
- r Céruse. .
- Deuxième \ Huile. . . 2,790
- couche (A). ) Essence. 0,223
- 1 Siccatif . 0,004 4,982 0,246
- 1 Zinc. . 3,000
- Impression \ Huile . . 12,000
- zinc (F). ) Essence. . . . 0,000
- [ Siccatif. 0,120 12,770 0,619
- / Zinc . . . 10,000
- Première \ Huile. . . . . 8,400
- couche j Essence. 0,500
- zinc (D). \ Siccatif. . . 0,030 5,042 0,244
- 1 Zinc . . 6,700
- Deuxième 1 Huile. . 3,109
- couche ) Essence. 0,190
- (B). \ Siccatif. . . 0,021 4,900 0,240
- PERSIENNES EN FER
- Surface 9m2 24,32.
- Une couche ! Céruse. . 2,500
- sur | Huile. . . . . 0,110
- vieux fonds 1 Essence . 0,040
- (0). i Siccatif. . 0,002 1,572 0,170
- Une couche / Zinc. . . 2,500
- sur | Huile.. . 0,250
- vieux fonds ) Essence. 0,055
- (P)- 1 Siccatif. 0,004 1,309 0,141
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- CHIMIE.
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- PANNEAUX EN TÔLE
- Surface lm2 30.68 pour les deux extrêmes et lm'2 29.36 pour le milieu.
- Quantités totales Quantités
- Composition des teintes. kilogr. employées. kilogr. par M S kilogr.
- / Minium 0,250
- . 1 Huile Impression. { „ 1 i Essence 0,200 0,010
- 1 Siccatif 0,001 0,334 0,255
- Première couche céruse, teinte (0).. . . 0,345 0,264
- Deuxième couche — — ... 0,148 0,113
- ! Gris de zinc 0,200
- . \ Huile Impression. < 1 1 Essence 0,060 0,005
- v Siccatif 0,002 0,130 0,100
- Deuxième couche zinc, teinte (P) . . . . 0,197 0,152
- Troisième couche zinc, — 0,142 0,110
- Impression zinc, teinte (P) 0,197 0,151
- Première couche zinc, teinte (P) 0,198 0,151
- Deuxième couche zinc, — 0,198 0,151
- PANNEAUX EN PLATEE A L’INTÉRIEUR
- Surface 4m2, ,50.
- Impression céruse, teinte (E) 0,530 0,118
- Première couche céruse, teinte (C) 0,438 0,102
- Deuxième couche céruse, teinte (M) 0,433 0,100
- Impression zinc, teinte (F) 0,680 0,151
- Première couche zinc, teinte (D) 0,363 0,081
- Deuxième couche zinc, teinte (N) 0,353 0,079
- PORTES ET POTEAUX EN BOIS A L: 'extérieur
- Surface céruse 3" 12 80,44.
- _ . [ Céruse Impression | ceruse < „ , . , 1 Essence teinte. f „. 1 Siccatil 1,000 0,200 0,400
- 0,000 0,640 0,168
- 1 Céruse 1,000
- Enduit maigre i u e céruse. Essence f Blanc de Meudon 0,102 0,077
- 0,993
- | Siccatif 0,002 1,130 0,297
- Première couche céruse, teinte (G) 0,247 0,065
- 2e couche 1 Teinte (A) 1,635
- céruse j Céruse 1,500
- (M). ( Essence 0,120 0,387 0,101
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- EXPÉRIENCES COMPARATIVES DE PEINTURES AU BLANC DE CÉRUSE. 695
- Surface zinc 3m2 80.41.
- Impression
- zinc
- teinte.
- Enduit maigre zinc.
- 2e couche zinc (N)
- Quantités totales Quantités
- Composition employées. par M. S.
- des teintes. kilogr. kilogr. kilogr.
- , Zinc . . 1,000
- i Huile . . 0,220
- 1 Essence . . 0,380
- \ Siccatif. ....... . . 0,002 0,607 0,159
- ! Zinc . . 1,000
- 1 Huile . . 0,119
- < Essence . . 0,060
- / Blanc de Meudon. . . . . 0,993
- \ Siccatif . . 0,003 1,168 0,307
- îe zinc, teinte (H) . . . . 0,227 0,060
- / Teinte (B)
- ) Zinc . . 1,000
- ( Essence . . 0,120 0,385 0,100
- Au point de vue de la préparation des teintes, nous croyons devoir insister sur une condition essentielle de réussite : c’est que le blanc de zinc soit toujours détrempé à l’huile de lin pure, d’y ajouter judicieusement la quantité nécessaire et suffisante de siccatif et d’essence de térébenthine suivant le cas.
- Il ressort clairement de la lecture des tableaux ci-dessus que pour les teintes devant servir au même objet, la quantité d’huile en poids est toujours supérieure quand on emploie le blanc de zinc que quand on emploie le blanc de céruse pour un poids égal de ces deux matières; c’est-à-dire qu’à poids égal le blanc de zinc demande plus d’huile que le blanc de céruse.
- C’est la confirmation de la règle établie par M. Livacheipour deux substances de densités différentes, la quantité d’huile à employer doit être dans le rapport inverse des densités.
- Résultats comparatifs au point de vue de la facilité cVemploi. — L’ouvrier qui a exécuté les travaux et les entrepreneurs qui l’ont assisté déclarent que les teintes et les enduits s’emploient également bien qu’ils soient préparés à la céruse ou au zinc; que pour les enduits notamment, en suivant la composition respective donnée dans les tableaux ci-dessus, ces enduits se tiennent également bien et s’emploient de même.
- Il est fait néanmoins observer que, dans les expériences présentes, il n’a pas été tenu compte du temps passé pour l’emploi de chacun des produits.
- Pouvoir couvrant. — Dans chacun des échantillons faits, il a été reconnu par les membres présents que le pouvoir couvrant des teintes à la céruse et au zinc était sensiblement le même et que ces teintes se tendaient également bien.
- Siccativité. — Les membres de la commission qui ont assisté journellement à ses travaux se sont rendu compte que la siccativité des teintes et enduits pré-
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- CHIMIE.
- NOVEMBRE 1902.
- parés au blanc de zinc avait toujours été la même que celle des teintes et enduits à la céruse, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur; que notamment pour les deux échantillons faits dans le grenier à fourrages, malgré le manque de jour, les teintes céruse et zinc avaient séché également bien dans le même temps et qu’elles étaient dures toutes deux le lendemain de leur application.
- Tous les résultats que nous avons énumérés sont ceux qu’il nous a été permis de constater d’une façon impartiale au cours de ces expériences. La seule chose que nous soyons obligés de laisser de côté est la question de la durée et de la résistance aux agents atmosphériques.
- Elle se résoudra d’elle-même avec le temps et il sera toujours facile de se rendre compte, au moins une fois chaque année, de la façon dont se comporteront chacun des échantillons faits par nos soins.
- Dans cinq ou six années, la conclusion s’imposera toute seule et nous ou nos successeurs pourront ajouter le résultat de temps ou de durée à ceux qu’il nous a été donné de vérifier immédiatement et qui peuvent se résumer ainsi :
- 1° Les teintes et les enduits préparés judicieusement au blanc de zinc se travaillent et s’emploient aussi bien que ceux faits au blanc de céruse ;
- 2° Ils ont un pouvoir couvrant et une siccativité sensiblement égaux.
- Afin de vérifier d’une façon suivie les effets de l’air et des agents atmosphériques sur les échantillons que nous avons exécutés, la commission nommée pour ces expériences décide que ses membres se réuniront une fois par an au 62, rue d’Alleray, sur une convocation qui leur sera adressée par M. le Dr Martin.
- Ont signé : MM. L/Martin, Diolé, A. Livache, Vaillant, Manger, Wernet, A. Lefèvre et Rigolot.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER D’APRÈS MM. W. M. Bordey
- et B. M. Jenkin (1 ).
- On peut employer, pour la traction électrique sur les chemins de fer, des courants continus, des courants mixtes (alternatifs et continus), ou des courants alternatifs.
- Courants continus. — Le système habituel de courants continus à deux fils, sous 500 volts, tel qu’on le rencontre avec les tramways, a été appliqué longtemps avec succès sur le chemin de fer métropolitain aérien de Liverpool, le souterrain du City and South London et, plus récemment, sur le Waterloo and City Rr et quelques lignes de Chicago et d’autres villes. La tension de 500 volts s’isole facilement et ne présente, en marche normale, aucun danger; mais l’augmentation des distances et du trafic a nécessité bientôt l’emploi de tensions plus élevées pour réduire le prix d'établissement de la ligne.
- Sur les chemins de fer, où le conducteur est un rail près de terre, le danger de hautes tensions est plus grand qu’avec les fils aériens moins accessibles, de sorte qu’on n’a guère dépassé 500 volts; en outre, avec les courants continus, les hautes tensions donnent, aux balais et commutateurs des dynamos, dans leurs continuelles variations de puissance et de vitesses, des étincelles dangereuses.
- Les dispositifs employés avec la canalisation à deux fils et à courants continus ne dépassant pas 500 volts sont peu nombreux; ce sont :
- (a) Le système à trois fils de Hopkinson et ses dérivés (fig. D. E. F) ;
- (f>) Le système à deux fils avec courants continus de haute tension et transformateurs continus, réduisant la tension des lignes principales ou de transmission (fig. A. B. G.);
- (c) Une combinaison des systèmes (a) et (b) (fig. G.).
- (a) Le système à trois fils permet (fig. E et F) de transmettre le courant économiquement à une bien plus grande distance et, parfois, d’employer un dispositif ordinaire à 500 volts sans rien changer aux voitures du train ; aussi est-il étonnant qu’il ne se soit pas répandu. Les caractéristiques principales de l’application du système à trois fils sous 1 000 volts à la traction sont l’emploi d’un voltage de moteur double,, en disposant les moteurs à 500 volts deux par deux en série, et celui d’un conducteur central, ou d’équilibre, maintenant la différence de potentiel entre l’un quelconque des conducteurs et la terre aux environs de 500 volts.
- On a proposé différents systèmes où le train prenait son courant aux deux fils-extérieurs du trio, mais entraînant tous une certaine complication de collecteurs et de trolleys; aussi, l’emploi des systèmes à double trolley ne s’est-il pas répandu, bien
- (1) Institution of Civil Engineers, London, 18 février 1902. Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1902.
- A
- B
- C
- (A) Courant continu à 500 volts ; 'un seul conducteur, un seul trolly par voiture ; retour par les rails ou par un conducteur au potentiel de la terre ; en voie unique, le conducteur doit être doublé aux croisements.
- (B) Courant continu de 500 volts, deux conducteurs, retour par les rails; un trolly par voiture allant sur l’un des conducteurs pour les trains montants, sur l’autre pour les descendants. En voie unicpie, ce dispositif évite les pointes au conducteur aux croisements ; on peut l’employer pour les voies doubles avec un conducteur à chaque voie, tous deux à 500 volts, et pouvant être reliés; c’est le système le plus employé pour les tramways.
- (C) Courant continu de 500 volts, avec deux conducteurs aériens reliés aux pôles opposés de la génératrice et ayant entre eux la différence de potentiel de 500 volts; deux trollys par voiture, allant d’un conducteur à l’autre au travers du moteur. Tout le système électrique peut être entièrement isolé, les rails ne transmettent aucun courant. En voie unique, ce système exige des croisements isolés si l’on n’emploie qu’une paire de conducteurs aux aiguilles; avec des trollys à roues, il faut, en même temps, des pointes à ces croisements, il n’en faut pas avec des archets ; avec une double voie, il faut deux conducteurs sur chaque voie au lieu d’un comme en fig. (A).
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER.
- D
- F
- (D) Courant continu de t 000 volts, système à trois fils, un trollypar voiture, un conducteur, retour compensateur par les rails; le conducteur est divisé en sections reliées alternativement à chaque côté du trio, et ayant entre elles la différence de potentiel de 1 000 volts ; le courant passe du feeder positif à l’une des sections du conducteur puis à son trolly, le moteur de sa voiture et le rail, d’où il va au moteur de la voiture sur 1 autre section, par les roues de cette voiture, et à sa section, qui le ramène au feeder négatif. S il n’y a pas le même nombre de voitures sur les deux côtés du circuit, l’excédent du courant retourne à la génératrice par les rails. En voie simple, avec croisements, le conducteur doit être doublé.
- (E) Courant continu de 1 000 volts à trois fils, deux trollys par voiture, deux conducteurs, retour par le rail ; différence de potentiel de 1 000 volts entre les deux conducteurs. Les voitures sont les mêmes qu en A, R et D, et leur conduite la même qu’en D, mais sans manœuvre spéciale aux croisements ou aiguillages sur voie unique. C’est peut-être la disposition la plus simple à trois fils; toutes les voitures montantes sont d’un côté du trio, et les descendantes de l’autre, ce qui atténue la difficulté de l’équilibrage du système plus facile qu’en D.
- (F) Courant continu de 1 000 volts, à trois fils, deux trollys par voiture, deux conducteurs, retour par les rails ; la différence de potentiel entre les deux conducteurs est de 1 000 volts, ainsi qu’entre les bornes de chaque moteur, de sorte que, si l’on emploie des moteurs à 300 volts, il faut les grouper deux à deux en série, comme l’indique la figure; l’un des moteurs est alors relié à l’un des côtés du trio, et l'autre-à l’autre côté, de manière à se compenser et à ne laisser au rail que le très faible courant provenant de la différence entre les deux dynamos de chaque voiture. La disposition des conducteurs aux aiguilles est la même qu’en C, avec un meilleur isolement en raison de la différence de potentiel plus élevée entre les conducteurs.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1902.
- G
- (G) Système mixte, type du Central-London avec, aux sous-stations, un courant alternatif triphasé ta) un transformateur fixe et un transformateur rotatif (b) un moteur générateur; sur la voiture un courant continu de 500 volts, un conducteur, retour par le rail. On a supposé, sur le diagramme, deux sous-stations : l’une (a), avec transformateur fixe et transformateur tournant, relié à la terre en E, l’autre (b) avec moteur triphasé commandant un générateur de courants continus à 500 volts ; les feeders amènent aux sous-stations des courants triphasés. La disposition et la distribution aux voitures est la même qu’en A. Le transformateur fixe est nécessaire en (a) pour régler la tension du triphasé à envoyer au transformateur tournant; on peut s’en passer en [b), dont le moteur triphasé peut être relié directement aux feeders.
- qu’il dispense du rail de retour, évite les courts circuits et les dégradations par élec-trolyse ; et, pour les chemins à double voie, on peut, comme en figure 1, employer, sur chaque ligne, un trolley simple, avec une différence de potentiel de 1 000 volts entre
- o..o
- leurs deux fils et de 500 entre ces fils et la terre, le rail étant employé comme conducteur médian ou de retour commun.
- Le système à trois fils peut marcher en voie simple avec un seul câble de trolley pourvu que la ligne soit divisée en au moins deux parties déchargés s’équilibrant; on peut aussi, dans le cas d’une voie unique avec service de trains montants et descendants par croisements d’attente^ employer deux câbles : un pour l’aller, l’autre pour le retour, et chacun un seul trolley. L’équilibrage des charges est la principale difficulté du système à trois fils ; elle a été heureusement vaincue sur le City and South London.
- {b) Ce système à transformateurs ne présente aucun avantage sur une combinaison de circuits alternatifs et continus avec moteurs-générateurs.
- (c) Ce système, combinaison du type à trois fils et 1 000 volts, avec un circuit de transmission à voltage plus élevé, est employé sur le City and South London, sous la
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER.
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- forme d’un type à trois fils et 1000 volts pour la voie (fig. 2) combiné avec un circuit
- CLAPHAM CÔrf.ftlON
- £LAPHAM ROAD
- STOCKS
- OUSE
- STOCKWELL
- OVAL
- KENNINGTON
- ELEPHANT ANO CAS T LE
- BOROUGH
- REOUCER
- LONDON BRIDGE
- BANK
- MOORGATE
- OLD STREET
- CITY ROAD
- REOUCER
- REOUCER
- ANGEL.ISLINOTON
- City and South London Electric Railway.
- Fig. 2.
- de transmission (Feeders, fig. 2) à cinq fils et à 2 000 volts. Les dynamos de 500 volts en série, à la station de Stockwell, alimentent, dans chacun des tunnels, un câble
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1902.
- indiqué sur la figure 2 comme à trolley, et les rails des deux tunnels constituent le fil d’équilibre médian du système à trois fils ; les deux câbles à trolleys sont reliés par des compensateurs (Balancers) et des piles en trois points. Pour alimenter les points les plus éloignés de la ligne, on a ajouté, à droite et à gauche, deux dynamos de 500 volts en série avec les deux dynamos principales, de manière à constituer un groupe de 4 dynamos de 500 volts en série, envoyant aux feeders un courant de 2 000 volts. Chaque groupe de deux feeders est relié à une sous-station de deux dynamos de 500 volts groupées en moteur-générateur M-G(fig. 2); le courant de chacun des feeders, en traversent la dynamo motrice M correspondante, y perd 500 volts, n’en-
- Fig. 3. — Central-London.
- voyant plus au fil de trolley qu’un courant de 500 volts, en parallèle avec celui, également de 500 volts, engendré par la dynamo G, que fait tourner M; chacun des moteurs générateurs dédouble le voltage, et double l’intensité du courant aux câbles de trolley.
- Courants mixtes alternatifs et continus. — La seule application de ce système, en Angleterre, est celle du Central London (fig. 3). La station centrale donne un courant triphasé de 5 000 volts, envoyé à des sous-stations sur la ligne, qui le transforme d’abord en triphasé de basse tension, par des transformateurs fixes; puis en courants continus de 200 volts par des transformateurs tournants. Ce courant continu passe aux câbles de trolley à chaque sous-station, et agit comme dans le type de 500 volts à deux fils. Ce système fonctionne très bien ; mais ou aurait peut-être avantage à remplacer les transformateurs tournants par des transformateurs moteurs, c’est-à-dire par des moteurs triphasés ordinaires commandant des dynamos continues, et il est
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER. 703
- évident que la partie continue de ce système mixte peut varier considérablement ; être, par exemple, à deux ou à trois fils.
- Courants alternatifs. — En Amérique et en Angleterre, les courants sont triphasés (fig. H, J, K) pour la génération de la puissance motrice; mais les moteurs des trains sont toujours à courants continus, tandis que, sur le continent, ces moteurs sont parfois aussi triphasés. Ces moteurs triphasés fonctionnent dans les circonstances les plus variées et difficiles, en Italie, en Hongrie, en Suisse et en Allemagne, comme le montre le tableau ci-contre, dont les trois premiers exemples se rapportent à des chemins de montagne à rampe de un cinquième à un quart.
- CHEMIN. ' K PS p ExJ S H g < g « § ’i-l a « LONGUEUR. O > RAMPES MAXIMA. VITESSES EN KILOMÈTRES par heure. LOCOMOTIVES OU VOITURES motrices. PUISSANCE PAR TRAIN. FRÉQUENCE PAR SECONDE. VOLTAGE AU TROLLEY. VOLTAGE DE TRANSMISSION.
- Zermat-Gorner- km. mèt. l Crémaillère - 5 chx.
- grat(l). . . . 1889 9,0 1,00 6 Locomotive. 180 49 540 5400
- Jungfrau (2) . . 1898 3,5 » 1 4 » )) 200 39 500 7000
- Stansstad - En -
- gelberg (3). . 1899 22,5 » Adhérence L 20 Voiture. 105 40 750 5 300
- — » )) » 1 Crémaillère - 4 5 Locomotive. 150 » » »
- Bin'gdorf-TInin (4) . » 40,0 1,45 1 40 Voyageurs 35 Voiture. 240 40 750 16000
- Yalteline (5) . . )) 108,0 » » » )) Marchandises 18 Voyageurs 65 Marchandises 32 Locomotive. Voiture. Locomotive. 300 )> 600 )) 15 )) 3 000 20 000
- Zossen (Berlin) (6). l J 22,5 « 1 185 168 Voiture. 3000 50 10 000 10000
- (1) Freinage en pente par retour d’énergie à la ligne.
- (2) Freinage en pente par retour d’énergie à la ligne.
- (3) 1 600 mètres de crémaillère; freinage par récupération d’énergie.
- (4) Générateurs à 4 000 volts. Transformateurs fixes.
- (5) Démarrage et freinage en cascade; récupération de l’énergie au freinage au-dessus de la demi-vitesse seulement.
- (6) Transformateurs sur le train. Freinage par excitation séparée, mise en court circuit, et renversement des moteurs en expérience.
- Le chemin de Burgdorf-Thun, à voie normale, fait partie du réseau général des chemins suisses ; le courant de 16 000 volts lui est fourni par des chutes d’eau à 7 kilomètres de la station de Thun et à 45 de celle de Burgdorf ; ce parcours est traversé en partie à la fois par des locomotives à vapeur et par les locomotives électriques.
- C’est sur la ligne militaire de Zossen que l’on a fait les essais de marche à 160 kilomètres à l’heure avec courants à 10 000 volts (1).
- (1) Bulletin de décembre 1901, p. 802.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1902.
- La ligne de la Valteline ne fonctionne pas encore ; elle est caractérisée par sa lon_ gueur de 110 kilomètres, sa tension de 20 000 volts et la disposition de ses moteurs en tandem, c’est-à-dire disposés de manière que, au démarrage, l’un des moteurs en -tandem a son stator, ou primaire, relié à la ligne, et son rotor, ou secondaire, relié au
- (H) Triphasé fourni à haute tension aux transformateurs fixes des sous-stations, qui fournissent aux deux conducteurs des trollys des courants alternatifs de basse tension, par trois conducteurs, dont deux aériens et un relié au rail; deux trollys par voiture; moteurs triphasés ordinaires sur la voiture a, comme sur le chemin de Burgdorf-Thun, et, en b, deux moteurs triphasés en cascade. Ce système est celui proposé par Ganz pour le Métropolitan District de Londres.
- (J) Triphasé, comme en H, en ce qui concerne la production et la distribution du courant, mais avec trois conducteurs et trois trollys, de sorte que le système est complètement isolé ; un seul moteur triphasé en a.
- stator du second moteur, ce qui donne un effort de démarrage ou de freinage très considérable ; dès que l’on a atteint la moitié de la vitesse normale, le second moteur tourne à vide, séparé de la ligne.
- Tous ces chemins sont triphasés, avec deux trolleys aériens, et emploient les rails nomme troisième conducteur; la ligne de Zossen a seule trois trolleys. Sur presque
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- K
- L
- M
- (K) Triphasé, avec une haute tension dans les conducteurs, type de la ligne expérimentale de Berlin à 10 000 volts aux trollys; sur chaque voiture, trois trollys et, en a, un transformateur dont on pourra peut-être arriver à se passer comme en b.
- (L) Alternatif monophasé, avec transformateurs aux sous-stations, un trolly, un conducteur, retour par les rails, avec, en a, transformateur et moteur générateur à courants variables, comme en fig. 5, et en b, moteur monophasé directement accouplé aux roues.
- (M) Alternatifs monophasés, distribution à haute tension, un trolly, un conducteur, retour par les rails avec, en a, transformateur et moteur générateur pour courants variables, en b, simple transformateur, et, en c, liaison directe au conducteur correspondant à la voiture de A, système excessivement simple, si le progrès de ces moteurs monophasés permet de le réaliser.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1902.
- toutes ces lignes, les moteurs agissent, aux descentes, comme des freins restituant de l'énergie aux génératrices à la ligne.
- Comparaison des systèmes. — Il n’existe pas encore de système satisfaisant complètement aux exigences des lignesmrbaines, si chargées et courtes, et à celles des lignes suburbaines et de grande voie, de plus en plus longues ; les systèmes actuels à courants continus, avec ou sans génératrices alternatives, ne semblent pas renfermer les éléments d’une application générale.
- Pour les voies urbaines, il n’y a pas de difficulté; le système à 500 volts, simple ou à trois fils, sur 2 000 ou 1 000 volts, est suffisant, et le type trio à 2 000 volts du City and South London est peut-être plus économique que le type composite du Central London, comme prix d’établissement et d’exploitation.
- Ce système mixte partage avec le type alternatif l’avantage de très hautes tensions pour la transmission, tandis que le continu trio semble limité à une tension de 2 000 volts et, par conséquent, à des lignes de faible longueur.
- Avec le type purement alternatif (fig. L et M) les transformateurs sont moins coûteux et d’un meilleur courant que ceux des types mixtes. Les pertes aux transformateurs du type alternatif sont, à vide et à faibles charges, le cinquième ou le sixième de celles du type mixte, et le tiers ou le quart en pleine charge. Le rendement du type du City and South London est entre ceux des systèmes alternatifs et à transformateurs tournants.
- Avec le système mixte, les pertes en un grand nombre de sous-stations peuvent être très considérables; avec le type alternatif, la perte à vide est très faible, et peut être encore réduite par des commutations automatiques impraticables avec le type mixte. Le type alternatif présente, en outre, l’avantage de dispenser de surveillance aux sous-stations, et de permettre, en distribuant les transformateurs le long de la ligne, d’établir de nombreuses sous-stations de faible importance, au lieu de quelques grosses sous-stations. On peut ainsi diminuer la distance à parcourir par le courant sur la ligne et les rails de manière à économiser sur les conducteurs et leurs pertes. Quant au prix des sous-stations, il s’établit à peu près comme il suit :
- Courants Système mixte,
- alternatifs. Sous-section
- Sous-station à transformateurs.
- transformateurs. Rotatifs. Moteurs.
- fr. fr. fr.
- Transformateurs fixes 33 36,23 0
- Transformateurs tournants 0 110 0
- Moteurs synchrones 0 0 160
- Génératrice à courant continu 0 0 134
- Commutateur, démarreur, connexions . . 30 100 79
- Bcâtiment 7.30 33 31
- Total par kilowatt. . . 72,30 381,23 331
- Accumulateurs. — Les systèmes à courants continus et à courants mixtes peuvent, tous deux, employer des accumulateurs; ils facilitent les coups de collier en égalisant la charge de la station génératrice ; distribués sur la ligne, ils maintiennent l’uniformité du voltage en économisant les feeders; enfin, ils permettent de marcher en faibles charges quand la station génératrice est fermée. Le système de M. Highfield, qui facilite le chargement et la décharge des accumulateurs par des dynamos spéciales
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER.
- 707
- (Survolteurs), permettra probablement d’en augmenter le rendement dans les cas de charges temporaires exceptionnelles.
- On peut néanmoins employer des accumulateurs avec les courants alternatifs en les chargeant au moyen de transformateurs moteurs dont ces accumulateurs actionnent, en se déchargeant, la dynamo continue. Cet emploi ne présente pas de difficulté s’il ne s’agit que de remplacer pendant un temps très court les génératrices de la station; mais, s’il s’agit de coups de collier, les accumulateurs doivent pouvoir être mis automatiquement en jeu dès que la charge du train l’exige, et, bien que ce problème soit plus difficile à résoudre avec le type mixte qu’avec les courants continus, il n’est pourtant pas insoluble.
- Les courants triphasés exigent au moins deux câbles de transmission au lieu du câble unique des systèmes continus et mixtes, ce qui augmente la dépense d’installation de la ligne et les risques d’interruption par courts circuits, d’autant plus sérieux que la ligne se complique de jonctions et d’embranchements. En outre, avec les polyphasés, les moteurs ne peuvent dépasser leur vitesse de synchronisme, de sorte que l’on ne peut pas accélérer la marche des trains pour regagner le temps perdu; les systèmes continus et mixtes sont plus souples sous ce rapport, bien 'qu’il ne soit pas avantageux de marcher longtemps autrement qu’en pleine vitesse ou à demi-vitesse avec des moteurs disposés en série comme à l’ordinaire.
- Les petites variations du voltage n’influent pas sur la vitesse dans le type à courants alternatifs, tandis que cette vitesse est, avec les courants continus, sensiblement proportionnelle au voltage ; d’autre part, les courants continus supportent mieux les grandes variations du voltage, en ce sens qu’ils peuvent toujours développer un torque considérable, mais à faible vitesse, même si le voltage tombe très bas, tandis que les moteurs alternatifs cessent alors de marcher.
- Le système mixte a le désavantage d’exiger des sous-stations fréquentes, avec des machines exigeant une surveillance : transformateurs-moteurs, commutateurs... dépense qui peut ne pas être sensible sur une ligne courte et très active comme le Central London, mais probablement trop onéreuse pour des lignes suburbaines de 50 à 80 kilomètres de long et d’une activité moyenne.
- Couples de démarrage des moteurs A' courants alternatifs. — Les moteurs polyphasés, sans commutateurs et mieux adaptés aux hautes tensions que les moteurs à courants continus, démarrent aussi facilement en pleine charge ; il n’en est pas de même pour les alternomoteurs ordinaires : les synchrones doivent être lancés à leur pleine vitesse avant l’accouplement, et par un moyen auxiliaire; puis ils suivent exactement la vitesse de leurs génératrices. Ces moteurs synchrones présentent, sur les non synchrones, l’avantage d’un facteur de puissance (l) plus élevé, parce que l’on peut, en faisant convenablement varier leur excitation, compenser la capacité ou la seule induction du circuit.
- Les moteurs monophasés ont été récemment perfectionnés au point de vue de leur démarrage, mais aux dépens de leur rendement; celui de M. Heyland démarre en pleine charge avec un courant double du courant normal de pleine charge; la diminution de vitesse du vide à la pleine charge est d’environ 8,25 p. 100, et il peut enlever environ le double de sa pleine charge avec une chute de vitesse de 20 p. 100. Son rendement, de 76 p. 100 en pleine charge, tombe à 70 et 60 p. 100
- (I) Rapport de la puissance réelle fournie au moteur à la puissance apparente du moteur.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 4 902.
- en demi et quart de charge, correspondant à des facteurs de puissance de 0,83; 0,72 et 0,57 p. 100; sa marche n’est pas aussi satisfaisante que celle d’un moteur continu ou polyphasé de même puissance : 15 chevaux; mais elle s’améliorerait probablement pour les plus grandes forces.
- Résistance apparente desrails avec les courants alternatifs. — La résistance des rails au passage des courants est d’environ 10 fois celle du cuivre de même section; mais, avec les courants alternatifs, qui ne se transmettent pas uniformément dans toute la section du métal, la résistance apparente augmente considérablement dans les rails. Sur la ligne de Burdorf-Thun, cette résistance atteint 8 fois la résistance statique, qui est de 6 fois celle du cuivre. Cette résistance apparente dépend de la périodicité et de
- > I 2
- 800 300 lOOO 1100 AM PE HE 3
- SECTiON: 384-0 SQ. MM. (6 SQ.INCHEÇ) WEIGHT 60 4 LBS. PER YARD.
- WEIGHT: 30 KG. PER METER.
- LENGTH: 7010 MM. (23 FT)
- RESISTANCE; -000275 (O - CU.s 8-87
- DIAMETER: 40 MM. (I E75INCH) SECTION: 1257 SQ. MM. (1-93 SQ IN.) LENGTH: 4880 MM. ( 16 FT) RESISTANCE: -00048IO>-CU.» 7 3.
- WRÔUGHT IRON ROD
- STEEL RAIL
- l’intensité du courant; sur le Burgdorf-Thun, la périodicité est de 40 cycles par seconde. Le diagramme (fig. 4), dû à M. Blrthy, donne les résistances apparentes d’une tige cylindrique en fer et d’un rail d’acier dont les sections sont données sur la figure, pour des périodicités de 15 et 42 cycles par seconde, et avec des intensités variant de 100 à 1100 ampères; le diagramme donne, comme comparaison, les résistances statiques correspondantes avec courants continus (direct current). La résistance double presque en passant de 15 à 42 périodes par seconde ; elle n’augmente pas proportionnellement à l’intensité, mais suivant une loi analogue à celle des courbes de magnétisation. Il en résulte que la question du retour par les rails est encore plus difficile avec les courants alternatifs qu’avec les continus, bien que l’on puisse sans inconvénient tolérer, pour la chute de voltage dans les rails à courants alternatifs, une valeur supérieure à celle de 7 volts, imposée en Angleterre pour éviter les effets d’élec-trolyse, moins à craindre avec les courants alternatifs. Cette difficulté est, en outre,
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER,
- 709
- atténuée par la possibilité de distribuer des transformateurs, sans frais de surveillance, à des intervalles suffisamment rapprochés sur la ligne à courants alternatifs.
- Il est probable qu’on sera amené, par le développement des systèmes alternatifsr à l’emploi d’un conducteur de retour isolé, en cuivre et non en fer, rendu rigide par des armatures en fer ou avec une surface de frottement en fer, car, en tenant compte de la résistance apparente, le fer revient, avec les courants alternatifs, plus cher que le cuivre.
- Fréquence. — La fréquence, ou périodicité, varie, sur les lignes à courants alternatifs, en général, entre 38 et 40 cycles par seconde; sur la Yalteline, elle s’abaisse à 15 pour permettre l’emploi de moteurs directement accouplés et à peu de pôles; le Central London aune fréquence de 23. Lorsque la question de l’éclairage est importante, on ne doit guère dépasser 40, et, avec les systèmes mixtes, les transformateurs tournants exigent l’emploi de basses fréquences. Les hautes fréquences augmentent les pertes par hystérésis diélectrique des câbles, mais y diminuent les pertes par autoinduction, et en augmentent ainsi le facteur de puissance; on emploie, à cet effet, de plus en plus, des condensateurs dont l’efficacité est proportionnelle à la fréquence.
- Eclairage. — Dans les lignes souterraines, l’éclairage des stations et voies doit être alimenté par un circuit entièrement indépendant de celui des trains, et l’éclairage des trains assuré par un conducteur spécial ou par une dynamo moteur-générateur, en conjonction avec des accumulateurs.
- Sur les lignes de grande voie, les stations peuvent, en général, être facilement, éclairées par un service public, sinon par des transformateurs moteurs et accumulateurs desservis par le circuit des trains. Une fréquence de 40 à 30 permet de se dispenser, pour l’éclairage, de transformateurs tournants. Avec les courants triphasés, MM. Ganz et C° emploient des lampes à incandescence à trois fils : un pour chaque phase; mais cette disposition n’est pas à recommander.
- Retour de Vénergie à la ligne. — Les différents systèmes proposés pour restituer à la ligne l’énergie absorbée par les moteurs agissant comme freins et sur les pentes n’ont guère réussi, du moins avec les courants continus. Avec les triphasés, on y a réussi en restituant l’énergie du freinage par des transformateurs moteurs, mais non tant comme économie que comme moyen d’assurer un freinage puissant, notamment sur des rampes de 1/5. L’énergie de ces freinages prolongés peut être envoyée à un train montant ou à la station génératrice. Les moteurs triphasés marchent synchroniquement avec leurs génératrices aux faibles charges; en pleine charge, ils ralentissent un peu, et, s’ils s’accélèrent, ils deviennent des génératrices exerçant un freinage très énergique dès que cette accélération dépasse de 4 à 5 p. 100 la vitesse normale de synchronisme.
- Les trains actionnés par des continus à dynamos shuntées ou par des dynamos alternatives synchrones peuvent se freiner de même, mais plus facilement avec les alternomoteurs.
- Courants variables. — Tous les systèmes marchent à voltage constant; or, pour les grands efforts de démarrage, ce qu’il faut, c’est une grande intensité, de sorte qu’il faudrait pouvoir, au démarrage, transformer un faible courant de haut voltage en un courant de faible voltage et grande intensité, sans emploi de résistances excessives; aucun procédé ne satisfait actuellement à ce desideratum d’une façon pratique.
- Conditions d’un système général. —Ces conditions sont les suivantes, en ce qui concerne la génération et la distribution de l’énergie électrique sur la ligne :
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- 1° Courant de très haut voltage sur les câbles principaux alimentant les sous-stations de la ligne.
- 2° Ces sous-stations ne devront renfermer aucun mécanisme tournant exigeant une surveillance particulière.
- 3° Pour les lignes de plus de 80 kilomètres, il faut adopter des dispositifs à haute tension distribuant l’électricité des sous-stations aux trains.
- 4° Employer, avec les hautes tensions, des lignes aériennes inaccessibles.
- 3° Le système des appareils de distribution par fils aériens doit être susceptible d’une extension indéfinie, pouvoir s’appliquer au matériel de toutes les lignes, de même que l’écartement des rails ou la largeur de la voie est la même pour toutes les lignes.
- 6° Tl doit pouvoir alimenter des trains avec différentes espèces de moteurs et différents systèmes de réglage.
- En ce qui concerne l’équipement des trains :
- 7° Il faut pouvoir accélérer très vivement les démarrages.
- 8° En pente et à l’arrêt, il faut, si possible, restituer l’énergie du freinage à la ligne.
- 9° Il faut pouvoir faire varier la vitesse économiquement dans une grande mesure, afin de pouvoir desservir avec un même équipement de trains les lignes suburbaines et de grande voie, et regagner les temps perdus.
- 10° Les moteurs doivent permettre l’emploi de courants variables en intensité et voltage, de manière à faciliter les démarrages, régler la vitesse, et restituer l’énergie.
- 11° On doit pouvoir grouper tous les moteurs sur une locomotive, ou les distribuer dans le train.
- 12° Le matériel du train et son contrôle doivent être susceptibles d’extension indéfinie, et pouvoir se modifier de manière à fonctionner avec des systèmes de distribution autres que le leur.
- Ces conditions imposent les limitations suivantes :
- 1° Pour transmettre des courants de très haute tension, les génératrices . de la station centrale doivent être des alternateurs mono ou polyphasés.
- 2° Afin d’éviter les mécanismes en mouvement aux sous-stations, il faut employer des transformateurs fixes, distribuant, de ces stations, des courants mono ou polyphasés.
- 3° Les courants de haute tension distribués aux trains doivent être mono ou polyphasés.
- 4° Avec les conducteurs aériens, il en faut au moins deux pour les courants- triphasés, tandis qu’un seul suffit pour les monophasés,et ce, avec tant d’avantages qu’il faut, si possible, adopter les courants monophasés : simplicité de construction et d’exploitation, absence de croisements isolés et de dangers de courts circuits.
- 5° L’emploi d’un seul conducteur aérien monophasé amènerait, en raison de sa sécurité et de sa simplicité, une extensibilité indéfinie, et son adoption comme type universel sur tous les chemins de fer.
- On arrive ainsi, par sélection éliminatoire, à recommander les courants alternatifs monophasés par la génération, la transmission et la distribution de l’énergie, avec un seul conducteur aérien et un conducteur de retour à terre, par les rails ou par un conducteur de retour à terre, par les rails ou par un conducteur spécial au potentiel de la terre.
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE SUR LES CHEMINS DE FER.
- 711
- Fonctionnement des courants alternatifs. — Les moteurs monophasés doivent pouvoir être lancés indépendamment de leur train, puis accouplés ensuite avec ce train, Cet accouplement se ferait probablement le mieux par des embrayages électromagnétiques, avec entrefer variable de manière que l’entraînement puisse se faire graduellement par le réglage de cet entrefer.
- M. Ward Leonard a donné, de ce problème une solution qui, bien que présentant quelques inconvénients, est remarquable par sa généralité. Elle consiste essentiellement (fig. 5) dans l’emploi, sur le train, d’un transformateur moteur passant des courants alternatifs aux continus; le courant alternatif monophasé est fourni par un seul fil aérien; ce courant, de haute tension si la distance est grande, est transformé en courants de basse tension par des transformateurs statiques, comme
- PRIMARY MAINS
- STE P-DOWN TRANSFORMER
- TROLLEY LINE
- TRAIN MC
- DYNAMO
- RAIL
- Fig. 3.
- sur le diagramme figure 5. Les moteurs du train sont actionnés par le courant continu de son transformateur-moteur; ils sont excités par nne petite dynamo commandée aussi par le transformateur, qui peut être lancé à vide juste avant le démarrage du train. Ce dispositif, en réalité très simple, est très souple, et permet un contrôle complet du train sans pertes sensibles pa-r les résistances extérieures, en faisant varier l’excitation des moteurs par un petit rhéostat. Au départ, on marche à faible voltage et grande intensité; puis, à mesure que le train s’accélère, on augmente graduellement l’excitation, jusqu’au plein voltage. On peut, en pente et en freinage, récupérer l’énergie en réduisant l’excitation de la dynamo jusqu’à ce que sa force électro-motrice soit moindre que celle des moteurs du train, ou en augmentant l’excitation de ces moteurs s’ils sont excités séparément, comme sur la figure 5. Le renversement de la marche se fait en renversant le champ des moteurs ou de la dynamo du transformateur. Toutes les opérations du démarrage, du freinage et du
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- renversement s’effectuent par le réglage de cette excitation. Ce réglage donne un torque puissant à faible vitesse, au démarrage, en transformant le courant de haut voltage et faible intensité de la ligne en un courant de grande intensité et faible voltage sur les moteurs; et de même au freinage, en sens inverse, en retournant à la ligne un courant de faible intensité et haut voltage transformé du courant de basse tension et grande intensité des moteurs devenus génératrices; il fournit des torques réglables à toutes les vitesses et toujours réversibles, et, seul, donne un rendement comparativement élevé aux faibles vitesses. Les changements de puissance se font graduellement et sans secousses.
- Les pertes aux arrêts se réduisent à la puissance nécessaire pour entraîner à vide le transformateur-moteur et la petite excitatrice, et la force vive de la dynamo transformatrice, qui marche en pleine vitesse, contribue à l’accélération des démarrages, tout en permettant l’emploi d’un transformateur-moteur marchant, en allure normale, à sa pleine puissance, c’est-à-dire avec un excellent rendement.
- Le défaut de ce système est la masse de machinerie qu’il transporte, triple environ de celle des moteurs mêmes; mais cette masse n’augmente pas sensiblement le rapport si élevé du poids mort au poids des voyageurs — 500 kilogrammes par voyageur à Chicago; — en fait, dans ce système, chaque train porte avec lui une sorte de station centrale, mais préférable à rétablissement, tout le long de la voie, de transformateurs tournants dans des sous-stations et à surveillance attentive et coûteuse de la marche de presque tous ces transformateurs quelle que soit la faiblesse du trafic. Il n’exige pas un nombre de transformateurs-moteurs plus grand que le système mixte, et chacun de ces transformateurs ne fonctionne que lors du service de son train, dans d’excellentes conditions, à l’inverse des sous-stations de système mixte, du moins en trafic peu chargé; de plus, chacun des transformateurs-moteurs n’a d’autre charge maxima à vaincre que celle de son train, et se trouve facilement contrôlé par son conducteur, tandis que les sous-stations du système mixte peuvent subir des charges exceptionnelles du fait, par exemple, du démarrage simultané d’un grand nombre de trains.
- Le système à courants alternatifs monophasés se contente d’une puissance maxima beaucoup moindre que les systèmes à courants continus mixtes ou triphasés, dans lesquels la demande maxima se produit au démarrage, avec le minimum de puissance développée sur le train; le débit de la station centrale, les pertes en transmission, transformation et résistance,sont alors maximum; on perd en résistances les 2/3 de la puissance. Ces pertes sont presque toutes évitées avec le type alternatif monophasé à courants variables.
- Le système triphasé ne présente aucun avantage sur le monophasé ainsi appliqué, ni au point de vue du démarrage, ni comme économie de cuivre.
- Exigences d'un système général. — Reprenant cette question, à partir de la sixième condition, en se rappelant que les cinq premières, relatives à la production et à la transmission de l’énergie, sont en faveur des courants alternatifs monophasés, les suivants se précisent comme il suit :
- 6° Le système des câbles aériens de distribution doit pouvoir servir à des trains de moteurs et de réglages différents. Le moteur transformateur monophasé permet d’employer, pour la conduite du train, tous les systèmes. Il permet l’emploi des moteurs ordinaires à 500 volts sans pertes en résistances. On peut aussi employer une génératrice triphasée alimentant des moteurs triphasés en cascade. L’interchangeabi-
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- lité entre les différents systèmes peut s'assurer en variant convenablement les types de moteurs et de génératrices qui constituent le lien entre le système de distribution et l’équipement du train.
- 7° Le système alternatif monophasé satisfait parfaitement à la condition des démarrages rapides avec une demande minima à la station centrale.
- 8° En pente et en freinage, l’on peut facilement restituer l’énergie à la ligne.
- 9° La vitesse peut se régler sur une grande étendue, et avec des moteurs à excitation séparée, plus facilement qu’avec ceux en série et continus; le système n’impose pas la limite du synchronisme comme les triphasés: et, sur les express, on peut encore varier davantage la vitesse en augmentant, la fréquence des courants.
- 10° On peut appliquer d’une façon très complète le système de courants variables au démarrage, au ralentissement et à la récupération de l’énergie.
- 11° Le transformateur-moteur fournissant des courants continus ; on peut employer, pour la locomotive ou les moteurs du train, un système quelconque de distribution de courants continus, avec un réglage facile et sans résistances.
- 12° La condition : que le matériel des trains puisse se prêter à une extension indéfinie, à différentes vitesses et pour différents types de distribution, n’est remplie par aucun système; mais le système monophasé avec transformateur.s-moteurs sur le train s’en rapproche le plus possible, et satisfait le mieux à l'interchangeabilité des types de systèmes différents, car le transformateur-moteur qui relie le système de distribution aux réceptrices du train se prête à des variations très étendues; il permet de combiner le meilleur système de transmission et de distribution avec le meilleur type d’équipement du train. On peut passer d’une ligne monophasée à une triphasée en n’empruntant que l’énergie d’une phase, ou attacher au train un tender avec un transformateur-moteur triphasé à génératrice continue. De même, on peut passer d’une ligne à type triphasé à une ligne monophasée en montant sur le train un transformateur à moteur monophasé et génératrice triphasée.
- Avec le système monophasé à courants continus pour les moteurs, on peut employer, dans les trains à unités multiples, un moteur générateur pour chaque unité, soit en série parallèle sans résistances de réglage, soit avec réglage du champ des génératrices automatique ou à la main. Les moteurs du train peuvent aussi marcher en parallèle du démarrage à la pleine vitesse, en ne réglant que par la variation de leurs champs et par un commutateur de renversement. Avec un transformateur-moteur sur chaque voiture, il serait probablement inutile de régler les moteurs de l’avant du train, car ces moteurs, une fois en marche et lancés à leur vitesse, se règlent d’eux-mêmes.
- Il se peut que l’on ait à combiner des exploitations de tramways ordinaires avec celles de chemins de fer, et le système monophasé s’y prête avec des voitures de tramways à 500 volts, intercalables dans les trains.
- En un mot, le système monophasé se prête aux modifications les plus variées avec une souplesse bien supérieure à celle des autres systèmes; il présente une solution praticable du problème d’un système général de traction électrique pour chemins de fer.
- Tome 103. — 2° semestre. — Novembre 1902.
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs d’après M. E. Roser (1).
- On sait que l’échelle d’un ressort d’i ndicateur se détermine en déchargeant et chargeant d’une façon graduelle le piston de l’indicateur, et en référant pour chaque charge la position du style de l’indicateur sur son tambour.
- Or, l’expérience a montré que l’échelle d’un même ressort diffère suivant les stations d’essais où elle a été déterminée. Ces différences sont dues, le plus souvent, à ce
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- Fig. 1.
- que ces essais sont effectués par des méthodes différentes dont les plus usitées sont les suivanies :
- 10 Essai en chargeant le piston de l’indicateur par la pression d’un fluide.
- Dans ce cas, l’effort est réparti uniformément sur le piston.
- a) Essai à froid.
- 1° On relie l’indicateur à une pompe foulante à eau, ou à air, et on trace les diagrammes pendant que la pression s’accroît ou s’abaisse (fig. 1, à gauche).
- 2° Un piston chargé par des disques refoule de la glycérine qui agit sur l’indicateur placé en J (fig. 2). Le piston chargé et le manomètre en F se contrôlent mutuellement. Ce dispositif peut donner lieu à un frottement considérable. Les essais ont montré que la charge du piston et les indications du manomètre ne concordent que lorsque le piston est mis en rotation avec ses disques.
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingénieur e, 18 obtobre 1902.
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.
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- b) Essai à chaud par la pression de la vapeur.
- 1° Les ressorts sont essayés soit directement sur une chaudière de l’usine, soit au moyen d’une petite chaudière intercalée, en employant la vapeur contenue dans le premier générateur et pouvant, au besoin, être étranglée dans le petit.
- 2° Une autre disposition consiste à visser les indicateurs à essayer sur des générateurs spéciaux ayant une contenance de 10 à 15 litres environ (fig. 3). En réglant le chauffage au gaz, en laissant s’échapper la vapeur et en y refoulant de l’eau, on peut accroître ou diminuer la pression de la chaudière. Immédiatement avant d’atteindre la pression d’essai, on ouvre le robinet de l’indicateur, on note le déplacement de son style pour la pression donnée, et on referme le robinet.
- Ces chaudières présentent souvent l’inconvénient d’être trop petites et, par suite, la pression s’y abaisse d’une façon notable lorsqu’ on ouvre le robinet de l’indicateur. Cette diminution de la pression, à laquelle s’ajoutent les pertes dues aux défauts d’étanchéité, du piston de l’indicateur oblige l’opérateur à tenir le robinet de l’indicateur ouvert pendant un temps assez long avant qu’on ait atteint la pression d’essai, de sorte que le ressort s’échauffe notablement plus que lors de son emploi sur une machine à vapeur (1).
- 3° Avec une chaudière plus grande, on peut réduire les différences entre l’état d’essai du ressort et l’état de régime. On n’a qu’à ouvrir le robinet de l’indicateur très peu de temps avant qu’on ait atteint la pression d’essai, on ne provoque jamais ainsi un changement appréciable de la pression.
- Les figures 4 et 5 montrent la disposition adoptée pour l’essai des ressorts d’indi-
- (I) D’après Rosenkranz, « Der lndikator », 6e éd., p. 18, les températures dans le cylindre à vapeur de l’indicateur sont les suivantes :
- Pression Température
- de la vapeur. à l’intérieur Température
- atrn. de l’indicateur. do la vapeur.
- 2 92 133
- 5 96 138
- 7 98 169
- 8 100 174
- 10 118 183
- 12 131 191
- 15 148 200
- Lorsque le piston de l’indicateur est très peu étanche; Resenksang trouva
- 12 180 191
- Dans le cas de la vapeur surchauffée Schmidt trouva :
- 12 150 à 170 230 à 350
- En général la température de l’indicateur, et par suite également jusqu’à un certain degré celle du ressort, dépend, lors de l’emploi de celui-ci sur une machine à vapeur : de la pression d’admission de la vapeur; de l’introduction ;
- de la température de la vapeur admise dans le cylindre;
- de la position de l’indicateur.
- des pertes au piston de l’indicateur.
- et enfin, et non dans une mesure appréciable,
- de la façon dont les opérateurs s’en servent.
- 11 n’est donc guère possible de donner des indications plus détachées et plus précises au sujet de la température du ressort de l'indicateur lorsqu'on en fait usage sur une machine à vapeur.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1902.
- cateurs par M. Bach, au Laboratoire d’essai de l’École technique supérieure de Stuttgart.
- On peut faire arriver dans le récipient A de la vapeur venant d’une chaudière à 14 atmosphères environ.
- La vapeur entre par la soupape B et traverse un serpentin plongé dans l’eau. L’eau de condensation en sort par le bas. Au moyen de la soupape B' on peut, en peu de temps, remplir le récipient A de vapeur à une pression quelconque ne dépassant pas 12 atmosphères environ. La pression peut être abaissée rapidement en supprimant l’admission de la vapeur B, et on peut introduire de l’eau froide dans le ser-
- Fig. 2. — Slciby.
- Fig. 3. — Rosenkranz.
- pentin en ouvrant la soupape G. De même, en fermant G et en ouvrant B, on peut augmenter la pression de la vapeur. On possède ainsi le moyen d’atteindre rapidement une pression donnée par accroissement ou par diminution. L’emploi du serpentin permet d’obtenir des changements brusques de température sans craindre l’influence nuisible des dilatations sur les garnitures.
- La pompe à air d’injection D permet de faire un vide de 94 p. 100. A cet effet on se sert encore du récipient en tôle E, qui entoure B, et peut être rempli d’eau froide. L’eau contenue dans A peut être augmentée ou diminuée par la conduite F; dans le premier cas, l’eau est prise dans la conduite sous pression.
- Le tube G communique avec un manomètre à mercure réglé jusqu’à 23 atmosphères. En H, on branche une conduite de pompe pour les essais des indicateurs au moyen de l’eau sans pression, ainsi que pour l’essai des manomètres. Le tube J communique avec un manomètre à mercure.
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.' 717
- A l’aide de ce dispositif, on peut essayer 6 indicateurs simultanément. Gomme la
- Fie. 4 et 3. — Bach.
- pression de l’eau dans les conduites du laboratoire atteint 8 atmosphères environ, on peut essayer très commodément les indicateurs à cette pression.
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- Il, — Essais en chargeant le piston de Vindicateur par des poids.
- Les dispositifs que nous allons décrire peuvent servir aux essais à chaud et à froid; ils ont été indiqués par : Strupler (fig. 6 à 9) ; Walther-Meunier, Lœling et Weber (1)
- Fig. 8.
- (fig- 10 à 15); Bollinckx et Meyer (fig. 16) ; Strupler et Eberle (fig. 6 à 9) ; Haage (fig. 17). a) Essais à. froid.
- Dans l’appareil de Strupler (fig. 6 à 9), lorsqu’on veut essayer le ressort par pression, on place l’indicateur la tête en bas et verticalement (fig. 6). La tige qui reçoit
- (1) Comptes rendus des séances du 18° Congrès des ingénieurs en chef des Associations des propriétaires d'appareils à vapeur, 1894 p. 124 et suiv. Planches XII et XIII.
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.
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- les poids se termine par une pince qui saisit le point de jonction entre la tig e de
- piston et le mécanisme de l’indicateur.
- Lorsqu’on essaie le ressort à vide» on pose l’indicateur dans la position renversée (fig. 8).
- La disposition de M. Walther-Meunier consiste dans une colonne fixée sur une
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- Fig. 10 à 12. — Walther-Meunier Ludwig et Weber.
- plaque en fonte qui porte en A (fig. 13 à 15) deux glissières B et G, sur lesquelles on monte l’indicateur à essayer. Le poids du cadre destiné à recevoir les charges est compensé par un récipient rempli de grenaille de plomb.
- Dans les dispositifs représentés par les figures 16 et 17, lorsque le ressort de l’indicateur doit être essayé à la pression, le cadre portant les poids s’appuie par une pointe sur le piston de l’indicateur placé la tète en bas. Lorsqu’il s’agit d’essayer le ressort à vide, on renverse la position de l’indicateur (on lui donne la position qu’il occupe
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- d’habitude) et on visse dans la face inférieure du piston une petite tige que l’on relie au cadre.
- b) Essais à chaud.
- Strupler procède à l’essai du ressort à chaud en le réchauffant avant l’essai par la vapeur d’un petit générateur. La vapeur est amenée en A (fig. 7), et arrive à l’intérieur de l’indicateur au-dessous du piston.
- A l’aide du dispositif représenté par les figures 18 à 20, Walther-Meu nier réchauffe les indicateurs avec de l’air chaud. D’après les renseignements donnés par cet ingé-
- nieur, on a pu porter la température des ressorts à 100°. Le chauffage s’effectuait de la manière suivante : un courant d’air produit par un ventilateur était conduit, par un serpentin porté au rouge, dans l’intérieur de l’indicateur. L’air s’échappait le long d’un manchon en amiante entourant le cylindre de l’indicateur, et le chauffage de ce cylindre était de la sorte obtenu également de l’extérieur. Au moment de l’essai, on introduisait un thermomètre dans la conduite d’amenée de l’air (fig. 21).
- Meyer fait frapper (fig. 16), pendant le tarage, le cylindre de l’indicateur par un jet de vapeur et, par les trous du cylindre, le ressort. Il espère pouvoir porter aussi par un dispositif la température du ressort à 90°.
- Eberle procède à l’essai à chaud de l’indicateur en condensant dans l’intérieur de la
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.
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- vapeur prise dans une petite chaudière, et dont la pression est approximativement égale à la moitié de la tension admise du ressort (fig. 9).
- Haage essaie l’indicateur à chaud en plaçant son appareil d’essai (fig. 17) près de la machine à vapeur à laquelle est destiné l’indicateur, et dont il prend la température.
- A) Essai à la pression de la vapeur.
- Avantages : possibilité de tarer le ressort de l’indicateur dans des conditions qui se rapprochent beaucoup de celles dans lesquelles on fait emploi de l’indicateur.
- L’effort est réparti uniformément sur la surface du piston. On peut se rendre compte du frottement de l’indicateur chaud et de l’étanchéité du piston. L’étanchéité du piston joue un certain rôle dans les essais des ressorts faibles d’indicateurs à pres-
- Fig. 16. — Bolincka et Meyer. Fig. 17. — Haage.
- sion et à vide; les indications sont influencées d’une façon appréciable lorsque les pistons ne sont pas étanches. L’essai à la pression de la vapeur peut être opéré simultanément sur plusieurs indicateurs de types différents. L’effort exercé sur le piston peut être réglé avec précision lorsqu’on possède un manomètre à mercure.
- L’essai au vide peut être effectué sans modifier la position que l’indicateur avait lors de l’essai à la pression.
- Inconvénients : par rapport à l’essai au moyen de poids, les inconvénients sont les suivants : Frais plus élevés de l’appareil et d’essai, lorsqu’on n’a à essayer qu’un ou deux indicateurs; limitation du dispositif d’essai par l’emplacement, etc.
- Les erreurs dues aux différences des températures à l’état de régime et à l’état où l’on essaie les ressorts peuvent, lorsqu’on possède des dispositifs d’essais appropriés (une chaudière suffisamment grande) et lorsque la manœuvre des indicateurs est bonne (ouverture du robinet de l’indicateur immédiatement avant qu’on ait atteint la pression d’épreuve, fermeture de ce robinet immédiatement après le traçage du diagramme), être considérées comme petites par rapport aux résistances de frottement
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- et autres défectuosités de l’appareil (jeux, exécution peu soignée du dispositif de traçage du diagramme, etc.).
- B) Essai par poids.
- 1) Piston vissé. — Procédés Strupler, Walther-Meunier, Haage et Meyer. Avantages par rapport à l’essai à la pression de la vapeur : simplicité et maniement plus facile du dispositif d’essai; faibles frais, mobilité de l’appareil.
- Fig. 18 à 21. — Walter-Meunier, Ludwig et Weber.
- Les inconvénients sont les suivants :
- a) L’axe de l’indicateur doit coïncider exactement avec la verticale et la pointe qui exerce la pression se trouver exactement dans l’axe du piston (fig. 16). Si ces (deux conditions ne sont pas remplies, on provoque des frottements qui peuvent influencer considérablement les résultats des essais.
- b) La température à laquelle le ressort de l’indicateur est essayé peut différer beaucoup de celle du régime, puisque l’indicateur se refroidit rapidement.
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.
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- Le chauffage de l’indicateur et de son ressort suivant le procédé de Meyer semble trop laborieux, insuffisamment efficace.
- Même lorsqu’on chauffe l’indicateur suivant le procédé Strupler, son ressort n’atteint pas la température qu’il accuse souvent sur les machines à vapeur.
- c) L’essai à vide exige une modification de la position de l’indicateur.
- d) L’échelle du ressort dépend de l’exactitude avec laquelle a été mesuré le diamètre du piston ; une différence de 0mm,l entraîne une erreur de 1 p. 100.
- e) Piston dévissé. — Méthode d’Eberle.
- L’essai par poids, avec piston dévissé, réunit les avantages des procédés d’essai énumérés en 1); il exclut, en outre, les frottements du piston au delà de la division du ressort.
- Aux inconvénients donnés en 1) de l’essai par poids, s’ajoute l’incertitude du chauffage du ressort. La durée du chauffage, la quantité et la température de la vapeur qui traversent l’indicateur exercent dans ce cas également une influence sur la température du ressort à essayer. 4
- Lorsqu’on soumet le ressort d’un indicateur aux essais à pressions alternativement croissantes et décroissantes, les indications du style diffèrent souvent considérablement, et ces écarts augmentent avec la charge (v. fig. 1, à gauche).
- Ce phénomène, dû en partie au frottement du piston, est attribué par Cario à la flexion de l’axe du ressort de l’indicateur.
- Tenant compte de ce fait, M. Walther-Meunier procède (fig. 10 à 15), de la manière suivante :
- Il soulève d’abord le cadre des poids et le laisse retomber très lentement et avec précaution dans sa position de repos. Ensuite il frappe avec un marteau en bois sur la plaque supportant son dispositif et marque, à l’aide du style, un trait sur le tambour du papier. Ceci fait, il appuie sur le cadre à poids de façon que le ressort soit chargé au-dessus de la pression de l’essai, et fait baisser ensuite cette pression très lentement jusqu’à ce que la position de repos soit atteinte, frappe de nouveau la plaque-support, et marque un troisième trait.
- En procédant ainsi avec efforts croissants -et décroissants pour chaque pression, on obtient, pour chaque charge, quatre positions de la pointe (deux pour l’effort croissant et deux pour l’effort décroissant). La moyenne de ces quatre données est utilisée pour la détermination de l’échelle.
- Haage procède d’une façon analogue poursupprimer les écarts dans le déplacement du style pour une même pression en donnant à l’appareil des secousses après chaque chargement et déchargement. Cet expérimentateur frappe également la table de l’appareil d’essai et obtient ainsi une bonne concordance entre les échelles pour les chargements et les déchargements (fig. 1, à droite).
- Eberle évite le frottement du piston en le dévissant et en le remplaçant par une tige mince sans piston (fig. 9). Les écarts en question deviennent ainsi plus petits ; il obtient une concordance suffisante entre les échelles pour le chargement et le déchargement (v. tableau IV).
- 1° Influence de la température sur l’échelle du ressort.
- Après un certain nombre d’essais, M. Walther-Meunier est arrivé à la conclusion qu’il suffit généralement de se borner, lors de l’essai d’un ressort d’indicateur, au procédé le plus simple, en d’autres termes de tarer le ressort à froid au moyen de poids.
- Cette conclusion est basée sur ce que les erreurs qui se produisent lors de l’essai
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- à froid sont compensées, dans la pratique de l’indicateur, par les pertes dues aux frottements. M. Walther-Meunier propose seulement, pour les essais très nombreux, d’ajouter 1,3 à 2 p. 100 à l’échelle du ressort déterminée à froid.
- M. Walther-Meunier a déterminé, pour 7 ressorts, les échelles à chaud et à froid, à l’aide des dispositifs représentés par les figures 18 à 21 et 10 à 15. Il trouve, qu’en général, l'échelle du ressort augmente avec sa température.
- En prenant pour unité l’échelle du ressort à 0°, ces essais ont donné, pour un
- Fig. 22. — Eberle.
- accroissement de température de 1°, une augmentation moyenne de l’échelle de 0 0003 723.
- Détermination cle l'échelle moyenne du ressort à l'aide de diagrammes. — Lorsque, dans un ressort, les compressions sont proportionnelles aux efforts, on peut prendre pour échelle moyenne du ressort :
- 1° La moyenne arithmétique entre les échelles pour différentes valeurs de l’effort,
- Z,6r----
- Fig. 23. Sc/iroter.
- calculée en divisant le soulèvement de la pointe à partir de la ligne atmosphérique par la pression totale mesurée.
- 2° Suivant le procédé de Meyer, en tenant compte de différentes observations.
- Lorsque, dans un”essai, la [proportionnalité entre la flèche du ressort et l’effort n’existe pas, on peut déterminer l’échelle moyenne suivant l’un des procédés suivants :
- Procédé Eberle (fig. 22j. — On divise le diagramme, en tenant compte des échelles aux différentes pressions, par des horizontales en plusieurs aires, on calcule pour chacune d’elles la pression moyenne. La somme des hauteurs de ces aires divisée par
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- sur l’essai des ressorts d’indicateurs.
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- la somme de leurs pressions moyennes donne l’échelle moyenne du ressort du diagramme total.
- Procédé Schroter (fig. 23). — Par les points de la base du diagramme correspondant aux différentes valeurs de l’effort appliqué lors de l’essai du ressort, on élève des perpendiculaires à la ligne atmosphérique et on détermine les pressions moyennes des aires ainsi limitées d’après les échelles correspondantes dont les sommes donnent respectivement la pression et la hauteur moyenne du diagramme; l’échelle moyenne du ressort est donnée par le rapport
- Hauteur moyenne totale.
- Pression moyenne totale.
- On a ainsi trouvé, par les deux méthodes précédentes, appliquées au même diagramme, fig. 22 et 23, pour l’échelle moyenne d’un même indicateur, respectivement 9mm,66 et 9m“,69.
- Procédé Schroter et Koob [fig 24). Détermination de l'échelle moyenne en redessinant le diagramme. — On redessine le diagramme donné, de manière à le transformer en
- Fis 24. — Schroter-Roob.
- un diagramme à une échelle constante; à cet effet, on multiplie les ordonnées du diagramme par le rapport
- Chemin parcouru par la pointe à échelle constante.
- Chemin parcouru par la pointe déterminé lors de l’essai du ressort.
- Si l’on trace (fig. 24) une courbe en portant les résultats de l’essai du ressort sur l’axe des x, et sur celui des y les levées de la pointe traçante du diagramme, et qui seraient fournies par un ressort à la même pression, on obtiendra l’ordonnée du diagramme transformé en portant l’ordonnée correspondante du diagramme primitif sur l’axe des x et en y élevant une ordonnée jusqu’à cette courbe. Cette méthode a donné pour le diagramme fig. 22 une échelle moyenne de 910m,67.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 11 juillet 1903.
- Présidence de M. Linder, président.
- M. Collignon dépouille la correspondance.
- M. Bérard demande que la Société veuille bien examiner son système de propulseur. (Arts mécaniques.)
- M. J. Garçon présente le 30° fascicule de son Encyclopédie des industries tinctoriales, consacré à la bibliographie des questions relatives à ces industries et traitées dans le Bulletin de la Société cl’Encouragement. L’examen de cet ouvrage, qui a été subventionné par la Société, est renvoyé au Comité des Arts chimiques.
- Correspondance imprimée. — M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés au Bulletin de juillet.
- Nomination d’un membre de la Société. — Est nommé membre de la Société : M. Dessolle, industriel à Levallois, présenté par MM. H. Fontaine et G. Bichard.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports de :
- MM. Simon et Daubrée, au nom de la Commission des fonds, sur l'exercice de 1901.
- M. Belin, au nom du Comité des Beaux-Arts, sur la gravure en cellulotypie de M. E. Bayard.
- M. Huet, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur la cheminée calorifère de M. Silbermcmn.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les locomotives à l’Exposition de 1900, par F. Barbier et R. Godfernaux (1). '
- L’Exposition de 1900 avait rassemblé une collection sans précédent de locomotives, qui, malheureusement, n’a pas été vue par un public assez nombreux à cause de son installation à Yincennes. Il était très utile d’en conserver le souvenir à l’aide d’une publication spéciale : c’est ce qu’ont fait MM. Barbier et Godfernaux, en coordonnant et complétant une série de descriptions qui avaient paru dans la Revue générale des Chemins de fer. La simple mention de l’étendue de l’ouvrage et du nombre des figures et des planches permet de juger quelle riche collection de documents il contient. On y trouve, après un préambule indiquant les principales conditions d’établissement des locomotives modernes, la description des 68 locomotives à vapeur exposées en 1900. En outre, l’ouvrage contient aussi des notices-sur les 5 locomotives électriques et les cinq automotrices sur le chemin de fer suspendu qui figuraient à l’Exposition.
- Bien que les documents que renferme ce bel ouvrage aient été en partie déjà publiés, leur réunion en facilite grandement l’étude et évite de fastidieuses recherches : c’est un ouvrage indispensable à tous ceux qui s’intéressent aux locomotives.
- E. S.
- Histoire documentaire] de la mécanique française, d’après le musée centennal de la mécanique à l’Exposition universelle de 1900, par M. E. Eude, ingénieur de la classe 19 (2).
- L’ouvrage de M. Eude n’est pas seulement, comme il le dit trop modestement dans sa préface, un catalogue raisonné du musée rétrospectif de la mécanique française, présentée dans une partie de l’emplacement réservé, lors de l’Exposition de 1900, à la classe des machines à vapeur et’chaudières, exposition des plus intéressantes, installée par les soins d’un comité que présidait notre regretté collègue M. Hirsh. Ce très remarquable ouvrage est bien une œuvre personnelle, ordonnée avec une méthode parfaite, écrite d’un style précis et clair, remplie de documents inédits ou très rares, qui ne figuraient pas à l’Exposition, et que l’auteur n’est parvenu à recueillir qu’au prix de recherches éclairées, habiles et patientes, poursuivies avec un dévouement dont on ne saurait faire un trop vif éloge.
- Cet ouvrage constitue un véritable monument, d’une érudition clairvoyante et sûre,
- (1) 1 vol. de 32 x 24 cm. de 314 p., 124 fig. dans le texte et LXXIII planches; Paris, Dunod.
- (2) In-4°, 322 pages et nombreuses ligures, Paris,-Dunod (13 francs).
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- élevé à l’histoire de la mécanique française, un recueil d’innombrables documents, d’une authenticité certaine, facile à vérifier par l’indication constante de leurs sources, un trésor presque inépuisable, auquel iront puiser les historiens futurs des grandes inventions mécaniques.
- On est frappé, en parcourant le livre de M. Eude, de la grandeur, souvent méconnue, du rôle joué, dans la genèse de ces grandes inventions, par les savants et les ingénieurs français du siècle dernier; on y admire non ^seulement leur science et leur génie inventif, mais aussi la puissance de leur volonté, la force d’âme qui leur permit de surmonter des difficultés de toute sorte : manque de ressources pécuniaires et techniques, indifférence et même hostilité des ignorants et des envieux, qui venait s’ajouter aux difficultés naturelles des questions nouvelles, abordées avec de si faibles moyens. Combien, aujourd’hui, jetteraient, pour bien moins, le manche après la cognée, oubliant que les grandes choses ne se font point toutes seules, sans peines et sans déboires. Si l’homme courageux ne triomphe pas toujours, le faible, ne réussit jamais; et bien des faits cités dans cet ouvrage démontrent qu’il ne faut se décourager qu’à la toute dernière extrémité. C’est dire combien l’ouvrage de M. Eude renferme de hauts enseignements autres que ceux de l’histoire même de la mécanique. Rien ne remplace le caractère à la hauteur des situations difficiles; sans lui, les plus brillantes qualités de l’intelligence, la science la plus érudite restent souvent stériles; cette leçon trop souvent méconnue, se répète presque à chaque page de ce bel ouvrage.
- On ne saurait tenter l’analyse d’un pareil ouvrage, bourré de faits; je me contenterai de signaler la grande influence, dont on trouve la marque presque à chaque page, exercée sur les progrès de la mécanique dans le siècle dernier par notre Société d'Encouragement telle que l’analyse seule des travaux de ses rapporteurs sur les questions de mécanique dont elle s’est occupée constituerait une contribution des plus suggestives et complètes à l’histoire de la mécanique; et il en serait de même pour toutes les branches de la technologie.
- L’ouvrage de M. Eude a sa place marquée dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire et au progrès de la mécanique; on ne saurait trop féliciter l’auteur du courage avec lequel il a entrepris celte tâche, des plus ingrates et désintéressées, et du succès avec lequel il a su la mener à bonne fin.
- Les Gazogènes, par M. J. Descuamps (1).
- La question des gazogènes est toute à l’ordre du jour en raison, notamment, des progrès incessants et si remarquables de leurs applications aux grands moteurs à gaz; aussi l’ouvrage de M. Deschamps vient-il bien à son heure.
- Suivant la définition même de l’auteur, un gazogène est essentiellement un appareil permettant de transformer un combustible solide ou liquide en combustible gazeux sans emprunt d’énergie à une source extérieure; leur variété est extrême, car ils doivent, selon les besoins, fournir des gaz de compositions très variées. Leur classification rationnelle est presque impossible, mais on peut les diviser, comme le fait M. Deschamps, pratiquement en trois classes : lre les gazogènes à distillation, où le combustible est isolé sans contact avec l’air extérieur, ni avec de la vapeur d’eau ;
- (1) In-8°, 432 pages, 240 figures, Paris, Dunod.
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- 2e les gazogènes de gaz à l'eau sans foyer extérieur, donnant un gaz riche, sans mélange d’azote et provenant de l’attaque du charbon par la vapeur d’eau; 3e les gazogènes à gaz pauvre, fourni par la combustion incomplète du combustible avec ou sans intervention de la vapeur d’eau.
- Parmi ces innombrables variétés de gazogènes, l’auteur insiste tout particulièrement sur les gazogènes à combustion renversée et à doubles cuves.
- Dans les premiers, l’alimentation de l’air se fait au haut de la cuve, et la combustion marche du haut en bas, comme la descente même du combustible, de sorte que les produits de distillation des zones froides traversent la zone chaude de combustion et celle du coke portée au rouge, et s’y transforment au lieu de se mélanger plus ou moins aux gaz pauvres; le gaz, ainsi épuré au gazogène même, peut être employé directement, ce qui constitue un sérieux avantage; malheureusement ces gazogènes à combustion renversée présentent de graves inconvénients en pratique, dont le plus gros est l’encombrement occasionné par les cendres.
- Les gazogènes à deux cuves présentent une autre solution de la décomposition des goudrons et de la réduction des gaz de distillation ; dans la première cuve, l’air pénètre par le bas, la combustion s’y fait de bas en haut et s’y complète en haut par une rentrée d’air supplémentaire,, puis ces gaz pénètrent de haut en bas dans la seconde cuve, pleine de coke au rouge, où les goudrons se décomposent ; au bout d’un certain temps, on renverse l’ordre de fonctionnement des deux cuves, condition qui complique la manœuvre de ces appareils encombrants et coûteux, mais qui donnent, avec des colonnes de combustibles suffisamment hautes, d’excellents résultats comme pureté des gaz.
- Le gaz à l’eau, produit de la décomposition de la vapeur d'sau par son passage sur du charbon au rouge, renferme de 46 à 53 p. 100 d’hydrogène, 35 à 43 p. 100 d’oxyde de carbone, 2 à 6 p. 100 d’acide carbonique, 3 à 5 p. 100 d’azote, soit environ 90 p. 100 de produits combustibles ; sa puissance calorifique est d’environ 2 550 calories ; il forme avec l’air des mélanges bien moins explosifs que ceux du gaz d’éclairage ; pour que l’explosion puisse se produire, il doit être mélangé à l'air dans des proportions variant entre 12,5 et 66,5 p. 100; il se prête très bien à l’obtention des températures élevées et à l’éclairage par incandescence ; c'est le gaz de chauffage par excellence. Dans la plupart des appareils â gaz à l’eau, on marche en deux périodes : période d’insufflation de l’air, produisant une température très élevée et du gaz pauvre; période d’injection de vapeur d’eau au travers de la couche de combustible incandescent et donnant du gaz à l’eau. Quant au gaz pauvre, on peut soit l’utiliser tel quel, soit l’employer à la production même du gaz à l’eau, en utilisant sa chaleur de combustion à réchauffer les parois du gazogène à l’intérieur même de cette cuve (procédé Dellwik-Fleiscber) ou à l’extérieur. L’emploi du gaz à l’eau, qui s’est assez répandu en Amérique, en Allemagne et eu Angleterre, dans les usines métallurgiques et dans les usines à gaz, dont elles permettent l’utilisation immédiate du coke, ne s’est guère répandu en France, où l’on objecte au mélange de ce gaz au gaz d’éclairage le danger de son oxyde de carbone, bien qu’on puisse l’en débarrasser par une épuration spéciale.
- Les gazogènes de beaucoup le plus répandus sont ceux de la troisième catégorie, dont les prototypes sont ceux de Siemens et de S. Dowson ; c’est de ce dernier que dérivent presque tous les gazogènes appliqués aux moteurs à gaz, et dont M. Deschamps donne une monographie complète et des plus intéressantes.
- Tome 103. — 2e semestre. — Novembre 1902.
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- L’ouvrage se termine par des chapitres consacrés aux gazogènes à combustion renversée, parmi lesquels figure celui même de l’auteur, aux gazogènes à doubles cuves (Thwaite, Baldauf, Riché, Dowson) aux gazogènes spéciaux Mond et Duff ; aux appareils auxiliaires : chargeurs, épurateurs, gazomètres, vannes: aux récupérateurs et régénérateurs et aux applications des gazogènes à la production de la force motrice. Ces applications ne comprennent pas, bien entendu, les moteurs à gaz de hauts fourneaux auxquels M. Descbamps a consacré un ouvrage spécial (1).
- L’ouvrage de M. Descbamps est la première monographie d’ensemble que nous possédions sur les gazogènes modernes ; il est écrit avec compétence, clarté et impartialité, et sera des plus utiles à tous ceux qui s’intéressent à cette importante question.
- Les eaux souterraines. Eaux potables ; eaux thermo-minérales; recherche; captage,
- par M. F. Miron. Petit in-8, avec 8 ligures. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.)
- La question des eaux est toute d’actualité : l’eau potable est l’une des grandes préoccupations des municipalités, et l’eau thermale souvent une cause de richesse pour toute une contrée. Comment rechercher, capter et amener l’eau potable ou l’eau thermale : tels sont les points qui ont été traités par l’auteur dans cet ouvrage. La première partie est consacrée à l’étude de la formation et de la circulation du réseau hydraulique souterrain, à la liaison entre les manières d’être de ce réseau et la structure géologique du sol. La deuxième partie traite des règles à. suivre pour la recherche des nappes d’eaux potables dans les cas les plus divers.
- Les procédés de captage sont décrûs : par puits, par tranchées, par galeries, et un chapitre est consacré à l’épuration par galeries filtrantes.
- La troisième partie est consacrée aux eaux thermo-minérales. S’appuyant sur la première partie, l’auteur expose la genèse de ces eaux, les méthodes à suivre dans leur recherche, les procédés de captage. 11 termine par la monographie des principales sources françaises, en indiquant pour chacune d’elles l’origine du circuit thermal, le mode de captage appliqué, les conditions géologiques de la contrée, l’altitude, la composition de l’eau, sa température son débit.Enfin, un dernier chapitre est consacré aux boues thermales.
- Le ciment armé et ses applications, par M. Morel. Petit in-8° avec 100 fig.
- (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.)
- Le premier chapitre de cet ouvrage est consacré à l’exposé des principaux travaux théoriques, notamment ceux de MM. Christophe, Lefort, Considère, Harel de la Noé et Resal.
- Les divers systèmes de construction armée : dalles, poutres, voûtes et piliers, font l’objet du deuxième chapitre.
- Le chapitre suivant indique la nature des matériaux qu’il convient d’appliquer et leur mise en œuvre.
- L’exposition des méthodes et formules préconisées parles meilleurs constructeurs est faite dans le dernier chapitre.
- Une bibliographie donne la liste des ouvrages et Revues publiés en France et à l’étranger.
- (1) Les grands moteurs à gaz et l’utilisation des gaz de hauts fourneaux, in-8, Paris, Dunod (7 fr. 30).
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIELIOTHÈQUE
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- Vins et Alcools. Les cultures en montagnes, par M. P. Vibert. I11-80, 505 p. Paris, Librairie agricole.
- La betterave agricole et industrielle, par MM. Geschwind et Sellier In-8°, 668 p. Paris, Gauthier-Villars.
- De la Direction générale des douanes. Tableau général du commerce et de la navigation. Vol. 1. Commerce de la France avec ses colonies et les puissances étrangères. In-4°, 790 p. Imprimerie nationale.
- Traité théorique et pratique des appareils de levage et de manutention, par
- M. Pacoret. In-8°, 540 p. 300 flg. Paris, Loubat.
- Da ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des Départements (1902). ln-8°, 724 p. 67 pl. Paris, Plon.
- Le Canal de Suez, par M. Voisin Bey. Historique administratif. 3 vol. In-8°, 330 p. et atlas de q. pl. Paris,’ Dunod.
- Génie rural. Constructions rurales et machines agricoles, par MM. J. Philbert et Roux. In-8°, 425 p. Paris, Dunod.
- Chambre de Commerce d’Alger. Exposé des travaux. Années 1901-1902. in-8°, 550 p. Alger, typographie Jourdan.
- La Mécanique à l’Exposition. 3 vol. in-4°, 1 900 p., 3 000 flg. Paris,Dunod.
- Les Ports maritimes de l’Amérique du Nord, sur l’Atlantique, par MM. Quinette de Rochemont et H. Vétillart, vol. 2, Régime administratif des voies navigables et des ports aux É tats-Unis. In-8°, 590 p. Paris, Dunod.
- Notions fondamentales de chimie organique, par M. C. Moureu. In-8°, 292 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Recherches sur les aciers au nickel, par M. L. Dumas. ln-8°, 210 p. Paris, Dunod.
- Bulletin de la Société industrielle et agricole d’Angers et du département de Maine-et-Loire, années 1900-1901. In-8°, 170 p. Angers, Germain et Grassin.
- Congrès international des ingénieurs de Glasgow (1901). Report of the Proceedings and Abstracts of the Papers read. In-8°, 406 p. Glasgow, W. Asher.
- Fjernelsen af Itov og. Usund Luft, par M. W. Konow. In-8°, 100 p., 102 flg. Kopen-hague, Wilhelm Priors.
- L’Industrie des constructions navales à l’Exposition de Dusseldorf, par M. E-
- Simonot. In-8°, 47 p. Extrait du Mémorial du Génie maritime.
- L’Avoine, par MM. Denaiffe et Sirodot. In-8°, 848 p. Paris, Baillière.
- Les Houillères à l’Exposition de 1900, par M. A. Lefèvre, 2 vol. in-8°, 300 et 400 p. Lille, Dubar.
- Histoire documentaire de la mécanique française, par M. G. Eude. In-4°, 322 p. Paris, Dunod.
- Mémorial du génie maritime, 3e série, fascicule IV. In-4°, 118p., 40 pl.Paris, Chapelot. Guide de l’émigrant au Pérou. In-18, 54 p. Lima, C. Prince.
- Catalogue d’instruments de mesure et d’appareils électriques, par M. J. Carpentier. In-4°, 135 p.
- Mémoires de la Société vétérinaire du Calvados, de la Manche et de l’Orne
- années 1881-84 et 1902. 2 vol. in-8°, 225 et 342 p.
- L’année technique (1901-1902), par M. A. Da Cuncha. In-8°, 270 p. Paris, Gauthier-Villars,
- Metallurgical Laboratory. Notes, par M. H. M. Howe. In-8°, 140 p., 44 flg. — Boston Testing. Laboratories Boston.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs.........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal. E. . . . . Engineering.
- E’........................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE................Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es.........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.........................Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le................Industrie électrique.
- Im . . . , Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La . . . .La Locomotion automobile.
- Ln ... . La Nature.
- Lo. ... Locomotion.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- N.........Nature (anglais).
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuilleéconom. desmachines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri . . . . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Bevue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Procèedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France (Bulletin).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulI.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin delà Société industrielle de Mulhouse
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- 101. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Yereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMRRE 1902.
- 733
- AGRICULTURE
- Bétail (Dénaturation du sucre et alimentation du). Emploi de la mélasse verte (Grandeau). Ap. 23-30 Oct., S29, 567; 6 Nov., 599.
- — Expériences sur l’alimentation des
- vaches laitières de la ferme d’Arcy-en-Brie (Grandeau). Ap. 13 Nov., 633. Blé. Culture au champ expérimental de Grignon. Ap. 6 Nov., 602.
- Carbone et plantes (Brown et Escombe). N. 16 Oct., 621.
- Cheval. Traitement des vices d’allure par la gymnastique. Ap. 6 Nov., 612. anaigre (La). Ap. 16 Oct., 511.
- Carte agronomique de Gennetines. A g. 18 Oct., 610.
- Céréales. Nouvelles variétés. Ag. 1er Nov., 706.
- — (Maladie des) en Tunisie. Ag. 8 Nov.,
- 737.
- Électricité dans la ferme (Station d’Amecourt et Séchelles (Ringelmann). Ap. 23-30 Oct., 540, 574; 13 Nov., 643.
- Engrais. Valeur culturale. Ap. 16 Oct., 497.
- — Etude sur la terre végétale (Schlœsing).
- CR. 20 Oct., 601.
- — potassiques. Ag. 1er Nov., 709. Escargots. Commerce et élevage. Ap. 16 0cC,
- 506.
- Forêts. Chariot transplanteur Beusnier. Ln. 15 Nov., 371.
- Herse Hooker. E'. 7 Nov., 450.
- Houblon. Culture en Côte-d’Or. Ag. 15 Nov., 771.
- Lait. Prix de revient de l’hectolitre du lait de brebis dans l’industrie du fromage de Roquefort. Ap. 23 Oct., 538.
- — Approvisionnement de Berlin. Ap. 30 Oct,, 572.
- Luzerne. Culture intensive. Ap. 23 Oct., 535. Poule de Bresse. Ap. 6 Nov., 610.
- Plantes nuisibles (Destruction des). Ap. 16 0cC, 501.
- Prairies (Expériences sur les) dans le Vaucluse. Ag. 25 Oct., 662.
- Raisins (Pourriture des). Ag. 25 Oct., 657.
- — (Conservation des) à Thomery. Ln. 1er-
- 8 Nov., 346, 363.
- Ramie (La). CN. Nov., 240.
- .Statistique agricole (Organisation de la). Ag. 1er Nov., 692.
- Vigne. Reconstitution du vignoble de la Côte-d’Or. Ap. 38 Oct., 570.
- — Vinification avec moûts stérilisés (Ro-
- sentecht). S-e-M. Juillet., 191.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer américains (Exploitation des). E'. 18-25 Oct., 379,404; 14 Nov., 480. Accidents. E'. 7 Nov., 445.
- — du Natal. EM. Nov., 187.
- — à l’Exposition de Dusseldorf (Buhle).
- VDr. 18 Oct., 1585.
- — d’Angleterre en 1900 (Statistique). Rgc.,
- Nov., 299.
- — Java et Sumatra en 1900. id. 308, 311.
- — Électriques Eberfleld. E'. 25 Oct., 385-;
- 7 Nov., 434.
- — — (Les). le. 25 Oct., 475.
- — — italiens (Wilson). EE. 7 Nov., 209.
- — — (Accélérations dans les), Gc. 8 Nov.,
- 26.
- — — Locomotive Siemens et Halske.
- VDI. 15 Nov., 1755.
- Attelage automatique Boirault. Ln. 18 Oct., 305-Éclairage électrique des trains sur l’État prussien. Rgc. Nov., 314.
- — à l’acétylène. Ri. 15 Nov., 453. Locomotives (Conduite des^E'. 18 Oct., 373.
- — à l’Exposition de 1900. VDI. 25 Oct.,
- 1622. De Dusseldorf, id. 15 Nov., 1735.
- — Progrès de la construction en Amé-
- rique. E. 25 Oct., 545; Rgc. Nov., 329.
- — suburbaines. E'. 25 Oct., 397,
- — Compound marchandises. État norvégien. E'. 25Oct., 391.
- — Tender pour la Norvège. E'. 31 Oct., 417.
- — Foyers Hoy. Perfection. RM. Oct., 395. — Tiroirs cylindriques sur les compound de l’Est (Pelletier). IC. Sept., 376. Signaux électriques Kririk. ZOI. 31 Oct. 725. Trains. Services anglais et français en 1902 (Rous Marten). E'. 14 Nov., 459. Voie. Remplacement rapide. E'. 18 Oct., 363. — Prix de l’entretien. E'. 25 Oct., 387.
- — Rails (Résistance des) et la ségrégation (Andrews). E. 14 Nov., 653.
- — — continus. Ri. 18 Oct., 414.
- — Éclisse Schuler. E. 31 Oct., 507.
- Wagon à bestiaux à deux étages. Lucy. E'. 25 Oct., 401.
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- 734
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- NOVEMBRE 1902.
- Wagons pour poissons vivants. Oe de l’Est. Rgc. Nov., 292.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles (Les) (Forestier). APc. n° 19.
- — Championat de la côte. Lo. 18 Oct., 6G2.
- — pour l’armée. E. 25 Oct., 543.
- à pétrole. Voiture populaire de Dion. Lo. 25 Oct., 17 Non., 678, 692, 625.
- — — en 1902 (Longridge). E. 25-31 Oct.,
- 554, 588.
- — à vapeur {Les) (Lavergne). Rgcls. lo Oct.,
- 916.
- — — aéro-condenseur Peugeot. Lo. 15
- Nov., 734.
- — — Serpollet. Lo. 8-25 Oct., 669, 683;
- 8-15 Nov., 712, 729.
- — Électriques (Lavergne). Rgcls. 30Oct., 973. — Auto-chronographe. Lo. 18 Oct., 666.
- — Bandages. Ri. 18-25 Oct., 413, 42b.
- — Jante démontable Peter. Lo. 15 Nov., 725.
- — Changement de vitesse De Dion. Lo. 8 Nov., 708.
- Locomotive routière Albaret. Ag. 18 Oct., 623. Tramways électriques du Souèh-London. E. 17 Oct., 493.
- — à contacts Brown. Elé. 30 août, 129.
- — par courants. le. 10 Nov., 485.
- — Alternatifs simples. Gc. U1’ Nov., 11.
- Vclo de côte la Seva. Lu. Ie1' Nov., 739.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Action, réciproque cle deux liquides salins (Ber-tlielot). ACP. Nov., 289.
- Allumettes phosphorées (Industrie des) (Ephraïm). Ms. Nov., 848.
- Aluminium (Chlorosulfate d’) (Itecoura). CR.
- 3 Nov., 736.
- Antimoine Pentoxyde (Mac Ivorj. CN. 7 Nov., 223.
- Azote de l'atmosphère. Fixation. CN. 14 Nov., 238.
- Azotures métalliques. Procédé général de formation (Guntz'. CR. 3 Nov,, 738. Brasserie. Divers. Cs. 13-31 Oct., 1238, 1289. Briques Moller et Pfeifer. E1. 7 Nov., 452. Caoutchouc Le Balata. E. 18 Oct., 313.
- Calcium (Hydrates d'oxyde de': (Silvanoff. ScP.
- 5 Nov., 824.
- Céramique. Divers. Cs. 31 Oct., 1278.
- — L’Opaline- Ln. 8 Nov., 353.
- Copals. Constitution chimique (Guédras). CR. 10 Nov., 797.
- Chaux et Ciments. Unification des analyses ('Stanger et Blanet). Cs. 15 Oct., 1216. — Fabrique de ciment de Dfactowo. VDI. 1er Nov., 1641.
- — Fours à ciments. Le Ciment. Oct. 145.
- — Essais des Portland. Méthodes allemandes. Ici. 155.,
- Cyanure (Fabrication des) et industrie du gaz (Robitie et Blount). RCp. 19 Oct., 340. Dissociation de la matière (Le Bon). Rs. 8-15 Nov., 580, 613.
- Égouts de Manchester. Traitement biologique des eaux (Wilkinson). E. 25 Oct., 553. Éléments. Distribution tellurique et poids atomique (Ackroyd). CN. 17 Oct., 187., Carbohydrates (Analyse des), appliqués aux aliments (Krug). Fi. Nov., 349.
- Eaux des étables (Brestowe et Hamsen). CN. 14 Nov., 235.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15-31 Oct., 1243, 1293.
- — de bois cèdre (Grimai). CR. 13 Oct., 582. Gouttes liquides et loi de Tate (Leduc et Sa-
- cerdote). CR. 3 Nov., 732,
- Hélium (Action delà vapeur de mercure sur le spectre de 1’) (Collie). RSL. 17 <)ct., 25. Hypochlorate de soucie (Sonder). lcM. Juillet 253. Hydrosidfites alcalins et alcalino-terreux anhydres (Synthèse des) (Moissan). CR. 27 Oct., 647.
- Laboratoire. Divers. Cs. 15-31 Oct., 1246, 1298.
- — (Notes de) (Jervis). CN. 7 Nov.. 233.
- — Essai micrométrique des minerais d’or
- (Guerreau). CN. 17 Oct., 194.
- — Calcul du sucre vrai dans les chocolats
- (Leys). Pc. 15 Nov., 471.
- — Dosage de l’oxyde de carbone dans les
- gaz de foyers (Garnier' (Dans les airs viciés) (F. Jean). CR. 3 Nov., 746.
- — — de l’ammoniaque dans les produits
- végétaux (Sellier). RCp. 19 Oct.',
- 2 Nov., 347, 366.
- — — volumétrique du tannin et analyse
- des bois et extraits tnnniques (Thompson). CR. 27; Oct., 689.
- — Electrolytique et recherche du plomb
- (Meillère). Pc. 13 Nov., 463.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1902.
- 735
- Laboratoire. Perfectionnement de l’appareil de Marsh (Gautier). IcP. 4 Nov., 1030.
- — Purification des chlorures et bromures
- de cuivre, cadmium, mercure, étain, par l’acide sulfurique (Viard). IcP. 3 Nov., 1822, 1026.
- — Secoueur Moody. CN.l Nov., 230. Mercure. Oxyde rouge par voie humide. Pc.
- 1er Nov., 439.
- Optique. (Verre d’) (Glazebrook). IA. 17, 24, 31 Oct., 877, 889, 901 ; 7 Nov., 914.
- — Jumelle pliante Petit. Ln. 18 Oct., 320. Oxydes métalliques, action sur les solutions des
- sels et autres métaux. ACP. Nov., 362. Oxygène (valence de 1’) (Fosse). Rgds. 13 Oct., 934.
- Pentafluorured’iode (Moissan).Cfl. 13 Oct., 363. Potassium, et Sodium (Hydrures de) Préparation) (Moissan). ACP. Nov., 339.
- Radio-Activité de l’Uranium (Soddy). CN. 14 Oct., 199.
- Résines et vernis divers. Cs. 31 Oct., 1285. Rubis artificiel par fusion. (Verneuil). CR. 10 Nov., 791
- Soufre. Modification bleue ou verte (Orlof). SiP. 3 Nov., 821.
- Sucrerie. Divers. Cs. 31 Oct., 1286. Teinture. Divers.Cs. 15-3 Oct., 1229,1272,1275 ; SiM. juillet, 219-239.
- — (Théorie de la) (Knecht). SeP. 3 Nov.,
- 820. Noir vapeur inverdissable (Ulrich et Fungaenger). SiM. juillet, 264.
- — Teinture avec couleurs d’Olizarine (Ivna-
- pstein). MC. lcl> Nov., 275.
- — Bleu immédiat, rougé en impression
- (Muller). MC. Ie1' Nov., 272.
- — Progrès des matières colorantes en
- 1900 et 1901 (Suais). Ms. Nov., 801.
- — Analyse qualitative spectroscopique des
- matières colorantes (Noelting). SiM. juillet, 286, 245.
- — Réserves au citrate stanneux iodique
- surnoir d’aniline (Binder et Frossard). SiM. juillet, 260.
- — Réserves sous colorants azoïques sur la
- fibre (Schœn et Schweitzer). SiM. juillet, 262.
- — Vert phtatlique (Haller et Guyot). SiM.
- juillet, 268.
- Thorium. Séparation du lithium, tantale, cérium (Metzger). CN. 31 Oct., 218; 7, 14 Nov., 229,212.
- Vanadium. Réduction de l’acide vanadique par l’acide hydrochlorique (Gooch et Stookey). American journal of Science). Nov., 369.
- Verres pour l’optique (Glazebrock). 'JA. 17 Oct., 877,
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alcool. Modification des lois en Allemagne. SL. Sept., 326.
- Afrique du Sud au point de vue de l’ingénieur.
- E' 25, 31 Oct., 389, 415; 7 Nov., 433. Brevets. Production internationale. E1. 18 Oct., 369.
- Allemagne. Situation économique.Musée social. Octobre. Budget de l’Empire. RSo. Oct., 486.
- Charbon. Production en Amérique et en Angleterre. Ef. 18 Oct., 515.
- — Conversion en graphite. (Fitz Geraîd).
- Fi. Nov., 321.
- Coopératives en Allemagne. Congrès de Kreuz-nack. Ef. 25 Oct., 551.
- Corée (Richesses minières en) (Bracke). Ru. Sept., 229.
- Éducation des ingénieurs en Amérique (Silbley College). E' 14 Nov., 467.
- Employés de Commerce (Revendications des). Ef. 18 Oct., 517.
- France. Dépopulation (Clément). RSo. 1er Nov., 625; CF. 15, Nov., 662
- — Commerce extérieur. SL. Oct., 448.
- — Fortune française à l’étranger. Ef. 18-
- 25 Oct., 513, 549.
- — Justice criminelle durant les 20 der-
- nières années. Ef. 8 Nov., 627.
- — Fabriques et entrepôts. Statistique. SL.
- Sept., 264
- — Budget de 1903. SL. Oct., 367
- — Enregistrement et timbre,produits pen-
- dant le xixe siècle. SL. Sept., 318.
- — Situation financière. Ef. 1er Nov., 587. Grèves de l’anthracite aux Etats-Unis. DOL.
- Nov., 1147.
- — des mineurs Ef. 13 Nov., 653; et l’arbi-
- trage du gouvernement. Ef. 1er Nov., 581.
- Habitations à bon marché (Congrès des), à Dusseldorf. IC. Sept., 316. (Cacheux).
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-
- 736 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------- NOVEMBRE 1902.
- Marine marchande. Loi du 7 avril 1902. SL.
- Sept., 224.
- Mutualité scolaire. Ef. 26 Oct., 555.
- Paris. (Adjudications immobilières à) effet des mesures récentes. Ef. 18 Oct., 519. Population de l’Europe au xxe siècle. Répartition, taux d’accroissement. Ef. 21 Oct., 553.
- Suisse économique (La). Ef. 8 Nov., 625. Socialisme municipal. Ef. 18 Oct., 521.
- — d’État en Australie. Ef. 8 Nov., 621. Syndicats et Cartels en Allemagne. Ef. 15 Nov.,
- — Jaunes et rouges (Halliot). RSo. 16 Nov.
- 745.
- Statistiques successorales. Ef. 1er Nov., 585. Turhestan et Boukharie (Levât). Ic. Sept., 336.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Bordages en tôle (Expériences sur les) (Galliot). APC. N° 22.
- Chauffage par vapeur à très basse pression. Rt., 10 Nov., 323.
- Ciment armé (Étude du). Le Ciment. Oct., 153.
- — (Pilotis en). 201 7 Nov., 747.
- École Buvigneau de Lanneau. Gc. 8 Nov. 24. Exposition de Dusseldorf. ODi. 1er Nov., 1651. Photomicrographie stéréoscopique (Ives). Fi. Nov., 391.
- Pierres artificielles et verre armé (Granger). MS. Nov., 785.
- Ponts du Rio-Grande. E. 25 Oct., 531; 7 Nov., 607.
- — des moines. E'. 25 Oct., 392.
- — du Rhône à Valence. Gc. 25 Oct., 405.
- — de Kew. E'. 31 Oct., 423.
- — de chemins de fer. Fatigue et choc. E’.
- 14, 465.
- Tunnel du Simplon.E.3 Oct.,HO; VDI. 15 Nov., 1721
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Nouveaux moyens pour appliquer la matière active (Pescatore). EE. 25 Oct., 134.
- — américainspourautomohiles. EEANov.,
- 168.
- — Accumulateur Jenty. EE. 7 Nov., 193.
- — légers (Possibilités des) (Marsh). Elé.
- 30 Août,, 133.
- Accumulateurs. Appareil Meiden pour fabrication des plaques. EE. 1 Nov., 173.
- — Durée et poids des accumulateurs à
- électrodes négatives en palladium, fer ou platine (Rabinowicz). EE. 1 Nov., 176.
- Bobines d’induction. Théorie (Armagnat). EE. 15 Nov., 217.
- Câbles (Fabrication des). ZOI. 2-4 Oct., Supplément.
- Conductibilité du fer et du nickel (Effet de l’aimantation sur la) (Barlow). RSL. il Oct., 30.
- — des dissolutions à basses températures
- (Kunz). CR. 10 Nov., 788.
- Courants alternatifs (Limite de l’étude graphique des) (Teichmuller). Elé. 15 Nov., 310.
- Défauts (Recherche des) par la méthode de la boucle (Eliovici). EE. 15 Nov., 241. Dynamos. Continues-connexions équipoten-tielles (Brunshwick). Elé. 30 Août, 139.
- — caractéristiques (Prédéterminationdes).
- Méthode Picou (Guilbert). EE. 25 Oct., 109.
- — Compoundage des dynamos à courants
- continus pour vitesse variable (Loppé). EE. 8 Nov., 181.
- — Distorsion du champ et réaction directe
- de l’induit (Bauch). EE. 25 Oct., 126. — Production et distribution des courants alternatifs superposés. E. 25 Oct., 133.
- — à grandes et petites vitesses angulaires
- (Niethammer). EE. 1 Nov., 163.
- — Alternateurs en parallèle commandés par moteurs à gaz. EE. 18 Oct., 90.
- — Collecteurs et bagues : entretien (Hell-
- mund). EE. 7 Nov., 190.
- — Diagrammes d’enroulements (Robert-
- son). EE. 18 Oct., 101.
- — Régulation de la tension par batterie
- tampon (Lahmeyer). EE. 7 Nov., 195.
- — Moteurs à vitesses variables d’QErlikon.
- Gc. 18 Oct., 398. Synchrones (Baun). Elé., 1 Nov., 281.
- — Réglage et compoundage électromagnétique des groupes électrogènes (Rou-tin). Sie. Août, 678.
- — Rhéostats de démarrage (Gott). EE. 25
- Oct., 143.
- — Rendement, détermination par la mé-
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-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1902.
- 737
- thode des pertes séparées (Bienaimé). EE. 13 Nov., 232.
- Dynamos. Porte-balai Supra. le. 23 Oct., 472.
- — Commande à distance des moteurs Siemens et Halske. EE. 13 Nov., 237. Échafaudage mobile Delahaye 'pour la réparation des câbles aériens. La. 23 Oçt., 678.
- Éclairage. Incandescence pourries usages de la vie courante (Fontaine).'EE. 23 Oct., 141.
- — Lampe à économiseur Weissmann. EU. 13 Nov., 314.
- — Résultats d’essais de modèles divers en Angleterre et aux États-Unis. Elé. 23 Oct., 470.
- Électro-Chimie. Divers. Cs. 13-31 Oct., 1233, 1280.
- — Conductibilité des dissolutions électro-lytiques. Effet de la température (Bousfîeld et Lowry). RsP. 17 Oct., 42. — Fabrication du sulfure de carbone (Taylor). Cs. 13 Oct., 1236.
- — — de l’alumine cristallisée au four
- électrique et produits secondaires (Gintel). Ms. Nov., 821.
- — — du calcium (Borchers et Stockem).
- Cs. 31 Oct., 1284.
- —• Transformation électrolytique du plomb en peroxyde de plomb. EE. 13 Nov., 234.
- Foudre. Protection des lignes aériennes (Dus-saugey). Sie. Août, 633.
- Magnétisme. Essais magnétiques du fer (Arma-gnat). EE. 7 Nov., 207.
- — Mesures magnétiques industrielles (Ar-
- magnat). EE. 13 Nov., 243.
- Mesures. Marche industrielle des compteurs-moteurs (Lemaître). EE. 23 Oct., 147.
- — Wattmetres Olivetti. Elé. 8 Nov., 289. Piles thermo-électriques. Force électromotrice
- (Ponsot). CR. 27 Oct., 686; (Pillât). Id., 733.
- — fondées sur les réactions complexes
- (Berthelot). ACP. Nov., 289.
- Stations centrales suisses. E7. 18-31 Oct., 366, 409; 14 Nov., 463; Sie. Août, 639.
- — Saint-Maurice-Lausanne. Elé. 13 Nov.,
- 303.
- — du Midland. E. 14 Nov., 629.
- — Vallée de Mexico. EE. 1 Nov., 143.
- Stations centrales. Secteurs de Paris. État au 1er octobre 1902. le. 25 Oct., 461.
- — de Bordeaux Saint-Jean, Côtes du Midi.
- Rgc. Nov., 283.
- — Prix de l’énergie. EM. Nov., 181.
- — Station hydro-électrique de Fure et Morge. le. 10 Nov., 487.
- — — du Niagara. E. 14 Nov., 637. Télégraphie (Vitesse de transmission en).
- — sans fil (la) (Collins, EM. Nov., 231. Téléphonie. Compteur pour conversations
- (Siemens et Halske). EE. 7 Nov., 204. — Expériences récentes (Ruhmer). EE. 7 Nov., 200.
- — sans fil.
- — Appareillage moderne (Wormull). EE. 7 Nov., 213.
- Télévision par la résistance du sélénium (Dus-saud). CR. 10 Nov., 790.
- HYDRAULIQUE
- Aqueduc de l’Avre (Bert). APC. n° 20.
- Balance hydraulique Eyth. Cosmos. 15 Nov.r 625.
- Chutes. Utilisation en Irlande. EE. 7 Nov.,
- 212.
- — de Pike's Peak. Eam. 8 Nov., 619.
- Eaux de Paris (les) (Bert). APC. n° 26. Machines hydrauliques en 1900 (Sauvage). AM.
- Août, 109.
- Maréosiphon préservant des inondations de marée (Willems). APC. n° 21. Pompes électriques Pearn. E7, 18 Oct., 375.
- — à incendie sur bateau (Merryweather).
- E. 23 Oct., 536.
- Roues Pelton. Usine de Vouvry (Suisse). Gc. 18 Oct., 389.
- Turbines. Utilisation des chutes du haut Drac. EE. 18 Oct., 82.
- MARINE. NAVIGATION
- Canal du Nivernais (Dérivation du) (Maroyer)-APC. n° 25.
- Danube. Régulation (Grunhut). loi. 14 Nov.,. 753.
- Hélices. Phénomène de la cavitation (Normand). CR. 662.
- Machines marines. Arachts à turbines. E7. 31 Oct., 424.
- — Rupture de bielle, E7. 7 Nov., 439.
- •— Les Croiseurs, E. 14 Nov., 643.
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-
- 738
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES»
- NOVEMBRE 1902.
- Marines de guerre française. E'. 14 Nov. 471. Sous-marins. E'. 28 Oct., 397.
- — allemande. Rmc. Oct., 2061. Nov. 2276-
- 2332.
- — anglaise. Rmc. Nov. 2193-2234. Ma-
- nœuvres navales. Rmc. Oct., 1974. Cuirassés Queen. Ici., 2010. Montai-gus. Tel., 2064. Barenburg. E'. 7 Nov., 447.
- — américaine. Rmc. Oct., 2074. Nov. 2338.
- — italienne. Rmc. Nov. 2229.
- — russe croiseur Askold. Rmc. Oct., 2087.
- Nov.
- — Canons et cuirassés. Rmc. Oct., 2007.
- — Guerre hispano-américaine. Rmc. Nov. 2284.
- — Sous-marins et politique navale de l’Angleterre. Rmc. Oct., 1819.
- — — et la tactique navale. E. 7 Nov., 616. — Torpille dirigeable « Actinante ». Rmc.
- Oct., 1991-2343.
- Naufrages. Statistique pour 1899. Rmc. Oct.. 1934.
- Paquebots. Fluvial à roues Borgnis-Desbordes (Verrier). IC. Sept., 328.
- — transatlantiques modernes. E'. 18 Oct.,
- 368.
- — Kaiser Wilhelm (Lancement du). Gc. 8 Nov., 17.
- — Hanoverean. E. 31 Oct., 572.
- Pointes étanches. Long. arm. Rmc. Oct., 1997. Port de Bizerte. Gc. 13 Nov., 33.
- Remorqueur Armur. VD1. 18 Oct., 1368. Signaux sonores. Rmc. Oct., 2018.
- Traction électrique pour canaux en Allemagne. Gc. 23 Oct., 408.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. L’Aviation (Berthomier). Ram. Oct., 1223.
- — 3e Congrès international d’aéronautique.
- Rs. 13 Nov., 623.
- — Récentes catastrophes (Espitallier). Gc. 1 Nov., 7.
- — Expériences du Méditerranéen. En. 13 Nov., 373.
- — Mouvements simples des ballons flasques (Degoux). Gm. Oct., 323.
- Air comprimé. Compresseurs Reavell. Ri. 23 Oct., 421. Riedler de 1000 chevaux. AMa. 1. Nov., 1474; E. 14 Nov., 631.
- Air comprimé des Philadelphia Works. E. 31 Oct., 374.
- — Économie du réchauffage pour moteurs (Edmondsonet Walker) Ecim. 23 Oct., 549.
- Brachistochron.es (les) (Haton). CR. 20 Oct., 614. Broyeurs (les) (Delluc). Bam. Oct., 1269.
- Chaîne Morse. AMa. 18 Oct., 400.
- Chaudières à l’Exposition de Dusseldorf. E. 31 Oct., 569; 15 Nov., 633.
- — (Industrie des) en Allemagne. E’. 7 Nov.,
- 446.
- — à tubes d’eau Stirling. RM. Oct., 381.
- — à la mer, dépense d’entretien.E. 14 Nov.,
- 643.
- — Accumulateur de vapeur Babcox Wil-
- cox. RM. Oct., 382.
- — Désincrustants. Zinc Tone. E. 23 Oct.,
- 530.
- — Filtre Harris-Anderson. RM. Oct., 383.
- — Foyers à pétrole hydroléum. Ri. 25 Oct.,
- 424. Sur les navires de guerre. E'. 14 Nov., 472.
- — Grilles. Vicazs. Mac-Clave. RM. Oct., 385.
- — Fumivores Staby. Ri. 8 Nov., 441.
- — Registre pour foyers intérieurs (Nyst). Ru. Sept., 267.
- — Régulateurs de pression Nordberg, Kor-ling. RM. Oct., 393.
- — Retour d’eau condensée Royles. Ri. 18 Oct., 414.
- — Réchauffeur Niclausse. RM. Oct., 386.
- — Sécheur Belleville. RM. Oct., 392.
- — Surchauffeurs Maiche. Rt. 25 Oct., 311.
- — — Niclausse. RM. Oct. 388.
- — — Cambier. Ici. 389.
- — — Howden Jacobi. Id. 391.
- Embrayages (les). (Euverte) RM. Oct., 313. Froid. Entrepôt de Berlin ( Linde ) . VID.
- 1er Nov., 1643.
- — — L’air liquide E. 7 Nov., 614. Imprimerie. Électro-typographe Meray-Ilosar.
- EE. Oct., 1373.
- Indicateurs (Vérification des) (Roser). VD1.
- 18 Oct., 1573. Géométrie des diagrammes (Baills). Rmc. Nov., 2113. Levage à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 18 Oct., 1568. 1er Nov., 1637.
- — Ascenseurs électriques Piffre En. 23 Oct., 328.
- — Transporteur Temperley. RM. Oct., 376.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1902.
- 739
- Machine à remplir les sacs. Le Ciment. Oct., 289.
- Machines-outils à l’Exposition de Dusseldorf. VD1. 25 Oct., 1616; 8 Nov., 1702.
- — Alésoir double Spencer. EJ. 7 Nov.,
- 449.
- — Chaudronnerie de la Société alsa-
- cienne de Belfort. VDI. 25 Oct., 1605.
- — Fraiseuses pour cylindres. Société alsa-
- cienne. Ri. 18 Oct., 413. Pour pignons Atlas. AMa. 15 Nov., 1540. Circulaires Law. AMa. Ie1' Nov., 619. Verticale Berner. VDI. 1er Nov., 1667. Raboteuse Smith et Lees. RM. Oct., 365.
- — Meulage (le) (Horner). E. 25 Oct., 527;
- 7 Nov., 597.
- — Meules Norton. E. 18 Oct., 505. Landis.
- E'. 31 Oct., 426.
- — Tour à roues de wagons Brilannia. E.
- 7 Nov., 612. Outils de. RM. Oct., 348
- — à bois protège-scies (Razous). RM. Oct.,-
- 337.
- Moteurs à vapeur à l’Exposition de Dusseldorf. Oc., 1er Nov., i.
- — Clarkson, Union, Chandler Restler. RM.
- Oct., 408-419.
- — à deux vapeurs (Thomson). Fi. Nov.,
- 367.
- — Rotative Huit. E. 18 Oct., 506.
- — à disque Pionier. RM. Oct., 418.
- — (Avaries des). E. 18 Oct., 511.
- — Condenseurs Welfs. VDI. 18 Oct., 1591.
- A turbine Sampf. RM. Oct. 427.
- — Distributions Konig. Ri. 1er Nov., 434.
- Brown. Hunt. RM. Oct., 413. Davey Paxmann, Petsch. Schmidt, Rost. RM. Oct., 4213.
- — Régulateurs à relais (Bigg). E'. 18 Oct.,
- 304. Brown. RM. Oct., 413. Mac In-tosch et Seymour Whitehead. RM. Oct., 420.
- — Turbines Parsons, rSlumpf, de Laval.
- RM. Oct., 423. De Laval (Anderson). Es. Oct., 9.
- — Thermodynamique (Principes de la),
- interprétation nouvelle (Seligmann-Lui). AM. Août, 144.
- — à gaz et forces motrices à bon marché.
- Ef. 25 Oct., 657.
- Moteurs à vapeur progrès des (Booth). EM. Nov., 216.
- — — Nouveaux produits explosifs pour.
- Lo. 25 Oct., 673.
- — — de hauts fourneaux (les) Hubert,
- Reinhart. SuE. 1er Nov., 1157; Ru. Sept., 273.
- — — Fonctionnement des gazogènes
- (Langen). VDI. 8 Nov., 1688.
- — — Allumage électrique Gras. Lo.
- 25 Oct., 687.
- — à alcool Noël. Ri. 1er Nov., 433. Planimètre Hachette. Gc. 15 Nov., 45. Résistance des matériaux. Machine à
- essayer les fontesDenison. E. 18 Oct., 499.
- — Paramètres élastiques des fils de soie
- (Beaulard). CR. 20 Oct., 623.
- — Rupture des métaux par efforts alternatifs (Ewin). Rsl. 31 Oct., 79.
- — Changement des propriétés élastiques parla trempe (Müir). Id. 80. Sténodactyle Lafaurie. En., 1er Nov., 337. Ventilateurs modernes (H. Innés). E. 14 Nov., 627.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d'aluminium (Guillet). Gc. 18-25 Oct., 393,411.
- Argent. Traitement des minerais au Mexique. Eam. 18 Nov., 512.
- Coke. Compression du charbon à. Gc. 15 Nov., 40.
- — Four à flamme renversée Daube. Eam.
- 8 Nov., 623.
- Fer et acier. Structure interne (Houghton). Metallographist. Oct., 257.
- — Forges de Gutchoffnungshutte. VDI.
- 25 Oct., 1608; 8 Nov.. 1695.
- — Machines de laminoir de Duisbourg. E.
- 25 Oct., 538. Filer et Stowelle. 6 000 ch. RM. Oct., 371.
- — Soufflures des lingots. SuE. 15 Nov. 1238.
- — Fabrication électrothermique de l’acier
- Harmet. EE. 15 Nov., 228.
- — Hauts fourneaux, construction et équi-
- pement (Stevenson). E1. 25 Oct., 386; 14 Nov., 474.
- — — Constitution des scories (Blum).
- Ms. Nov., 817.
- — — Grandsrendements. Eam. Nov., 617.
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- 740
- LITTÉHATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1902.
- Fer et acier. Formation de silice sur les moulages en fonte (Ledebur). Ms. Nov., 829.
- — Influence du cuivre sur les propriétés
- du fer (Lipin) Ms. Nov., 829.
- — Laminoir trio. Sack. Ri. 15 Nov., 454. Mctallographie microscopique (Carlaud). RCt.
- 2 Nov., 353.
- Platine. Production en Russie. Rs. 10 Nov., 638.
- Plomb. Procédé Catelin. Eam. 1er Nov., 574. Or. Cyanuration directe en Nouvelle-Zélande. Eam. 25 Oct., 543.
- — Précipitation par la poussière de zinc
- Waldsten. Eam. 25 Oct., 48.
- Zinc. Microstructure; effets des traces d’impureté (Lervis). CN. 31 Oct., 211.
- MINES
- Accidents aux Etats-Unis en 1901. Eam. 25 Oct., 543.
- Borax. Gisements de Death Valley et de Mohave Desert. Eam. 18 Oct., 517.
- Air comprimé. Emploi comme force motrice. RM. Oct., 408.
- Corée. Richesses minérales (Braccke). Ru. Sept., 229.
- Électricité. Emploi dans les mines. Elé. 1 cl'Nov., 277.
- — A l’Exposition de Dusseldorf. VDI, 8 Nov., 1687.
- Cuivre, mines de Greenback (Californie). Eam. 25 Oct., 547.
- États-Unis. Statistique minérale (1892-1901). Ru. Sept., 330.
- Épuisement par l’électricité. Rt. 25 Oct., 305.
- — Machine Haniel et Lueg. RM. Oct., 406.
- Extraction par l’électricité à l’Exposition de Dusseldorf. 25 Oct., 1625.
- — Machine à deux bobines Tomson. E.
- 7 Nov., 607; RM. Oct., 396; Amai. 25 Oct., 1448.
- — Arrêt Siemens et Halske. RM. 25 Oct., 396.
- Grisou. Feux des mines de houille (Abadie). Gc., 18 Oct., 397, 414.
- — Analyse de l’air des mines (Gréhant). CR. 3 Nov., 726 (Harton) id. 768. Houillères. Économie de charbon dans les. E. 25 Oct., 545.
- — du Kansas-Vallée (Missouri). Eam-
- 18 Oct., 514.
- — Industrie en Belgique. Cf. 8 Nov., 619.
- — Attaque à l’excavateur au Kansas. Eam.
- 8 Nov, 615.
- Or dans les Indes danoises. Eam. 11 Oct , 479.
- — Vanneurs à sec des placers australiens. Eam. 11 Oct., 482.
- Perforatrice Lock, Ru. Oct., 406.
- Pétrole de Chambe, Kansas. Eam. 11 Oct., 477. Tourbe. Utilisation en Europe (Dal). EM. Nov., 204.
- Le Gérant: Gustave Richard.
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- 101e ANNÉE.
- DECEMBRE 1902.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- AGRICULTURE
- Rapport fait par M. Lindet, au nom du Comité d Agriculture, sur deux procédés destinés à modifier la pratique de la panification et à améliorer la qualité du pain, par M. Pointe, officier cVadministration des Subsistances militaires.
- M. Pointe, officier d’administration des Subsistances militaires, a adressé à la Société un mémoire relatif à la panification ; l’auteur y décrit des procédés opératoires dont l’invention lui a été suggérée par l’observation pratique du travail auquel ses fonctions l’obligent à présider chaque jour.
- Ces procédés, nous les grouperons en deux ordres : l’un relatif à l’hydratation progressive des marchandises soumises à la panification, l’autre à la préservation des qualités du gluten, pendant le travail du levain et des premières fournées.
- I. Pour bien saisir l’intérêt qui s’attache à la première de ces inventions, il convient de prendre en considération l’état de gonflement que l’amidon présente dans le pain : il est évident que l’amidon se dissoudra dans l’estomac d’autant plus facilement et d’autant plus complètement qu’il sera plus distendu et plus muqueux. Or, l’amidon ne s’hydrate qu’au moment où le pain est dans le four, soumis à une température supérieure à Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902. 49
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- 742
- AGRICULTURE. --- DÉCEMBRE 1902.
- 70° C.; il a donc besoin d’avoir, à son contact, une réserve d’eau; cette réserve, c’est le gluten qui va la constituer, Le gluten absorbe plus de deux fois son poids d’eau, mais il l’absorbe lentement; quand le fragment qui le contient est une semoule de blé tendre et surtout de blé dur, il faut un certain temps pour que l’eau pénètre cette semoule et que le gluten prenne une quantité d’eau maxima. A partir de ce moment les grains d’amidon, englobés dans un réseau de gluten humide, seront susceptibles, à la chaleur du four, de présenter leur maximum d’éclatement.
- M. Pointe propose donc de soumettre à une hydratation préalable les farines gruauteuses du blé dur et même les semoules de blé dur et de blé tendre, et cela, pendant un temps d’autant plus prolongé que les produits sont d’une pénétration plus difficile.
- L’auteur fait remarquer que, principalement dans les manutentions militaires, où la farine doit représenter 80 p. 100 des grains, s’il s’agit de blé tendre et 88 p. 100, s’il s’agit de blé dur, on est obligé, après avoir séparé, par le sasseur, les semoules de diverses catégories, de reprendre les semoules nues et les moins vêtues parmi les semoules bises, de les convertir et de remélanger à la farine de premier jet, dans le but d’atteindre le taux de blutage imposé, les farines et les piqûres des semoules remoulues : autant vaut alors ne pas les remoudre et les hydrater avant de les panifier ; c’est réaliser une économie dans le travail de mouture ; c’est éviter d’échauffer, d'énerver le gluten, comme disent les boulangers, par une mouture trop répétée. Ces semoules sont d’ailleurs d’une conservation plus facile que les farines qui en proviennent.
- Les farines anciennes comme celles que l’on se trouve souvent obligé d’introduire dans les pains de troupe, donnent de mauvais résultats, quand on ne les abandonne pas assez longtemps à l’hydratation. Un séjour prolongé, en présence de l’eau, surtout de l’eau chaude, peut au contraire redonner au gluten une partie de la force qu’il avait perdue. M. Pointe propose d’hydrater également les vieilles farines avant de les mélanger aux farines jeunes.
- Voici d’ailleurs de quelle façon les opérations ont été conduites devant nous parM. Pointe.
- On commence par verser dans le pétrin les trois quarts de l’eau nécessaire à la pétrissée, et à y dissoudre le sel ; c’est ce qu’on appelle, en boulangerie, faire une fontaine. Cette eau doit être prise à 50-60°, de façon à gonfler plus aisément les produits qu’on va lui présenter. On délaie dans la
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- DEUX PROCÉDÉS DESTINÉS A MODIFIER £rA~ PRATIQUE DE LA PANIFICATION. 743
- fontaine les semoules et la farine de blé dur en même temps que les farines anciennes, si celles-ci doivent figurer au pétrissage, et on les y laisse macérer pendant vingt-cinq ou quarante minutes, jusqu’à ce que l’eau ait pris la température favorable au pétrissage, c’est-à-dire 25° en été, 40° en biver; vers le milieu de l’opération on incorpore les gruaux de farine tendre, les gruaux fins, les fînots, s’il y en a. A ce moment, commence le véritable travail du pétrissage; on délaie le levain dans la bouillie, on ajoute le reste de l’eau nécessaire, puis la farine de blé tendre. On phrase, on souffle, on contrephrase et on patonne comme d’ordinaire.
- L’expérience a montré que les pâtes préparées par ce procédé poussent, c’est-à-dire lèvent plus rapidement et remontent plus facilement au four que celles fabriquées par le procédé ordinaire, c’est-à-dire par le pétrissage de toutes les farines mélangées.
- Le rendement en pain est supérieur; en faisant varier les proportions de farine dure et de farine tendre, M. Pointe a obtenu, suivant que la pâte était préparée par son procédé ou par le procédé ordinaire les chiffres suivants :
- Quantité de pain par 100 k. de farine employée
- Procédé Pointe. Procédé ordinaire.
- i/o de farine tendre, i/3 de farine dure. , 144,0 140,2
- 3/4 — — 1/4 — — . . 144,5 141,0
- 2/3 — 1/3 - - . . , , 146,2 141,4
- 1/2 - - 1/2 - - . . 147,7 141,7
- En opérant sur un mélange de 80 p. 100 de farine tendre et 20 p. 100 de farine dure, c’est-à-dire sur le mélange adopté souvent par l’administration militaire, et en hydratant préalablement la farine dure, M. Pointe a donc constaté par rapport à 100 kilogramme de farine employée, un rendement de 3,8 supérieur au rendement fourni par le lot témoin. Quand on augmente la proportion de farine dure, on augmente du même coup le rendement, puisque la farine dure, plus riche en gluten, s’hydrate davantage, et dans le dernier cas où l’on mélange les deux farines en proportions égales, l’augmentation de rendement peut s’élever à 6 p. 100 de la farine employée.
- Il ne faut attacher qu’une importance relative à cette augmentation de rendement ; elle est due à une forte proportion d’eau qui n’apporterait aucun contingent de matières nutritives. Mais il y a lieu de considérer que cette augmentation traduit une amélioration dans la qualité du pain. Plus hydratée, la pâte lève mieux et le pain, plus boursouflé, plus léger, se pénètre
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- 744
- AGRICULTURE. --- DÉCEMBRE 1902.
- mieux du suc gastrique. De plus, l’amidon, qui a trouvé dans le gluten hydraté une réserve d’eau plus considérable, est devenu plus muqueux, plus soluble.
- Dans une étude que j’ai publiée récemment (1), j’ai indiqué un procédé qui permet de se rendre compte du développement que prend le grain d’amidon sous l’influence de la cuisson humide, procédé qui est basé sur la quantité d’eau que 1 gramme d’amidon isolé est capable d’absorber et de retentir dans ses folioles éclatées. Or, en appliquant cette mesure à deux pains préparés par l’ancien et le nouveau procédé, j’ai constaté que l’amidon du pain obtenu par l’hydratation préalable de la farine dure était notable-
- ment plus éclaté que l’autre.
- Procédé Pointe. Procédé ordinaire.
- Quantitéfd’eau absorbée (I............. 6CC,2 4CC,1
- par un gr. d’amidon. \ II............ 6CC,3 4CC,3
- Le pain préparé par le procédé Pointe est donc plus facile à digérer. Ces propriétés ont été constatées par les soldats qui l’ont consommé. Ils ont traduit leurs constatations par une expression peu scientifique, mais en rapport avec leur degré d’instruction ; ils ont trouvé que le « nouveau pain glissait mieux ».
- La boulangerie urbaine pourra, en suivant les indications de M. Pointe, utiliser, mieux qu’elle ne le faisait, les farines de blé dur, et même les semoulettes, semoulines, etc. de blé dur et les semoules ou gruaux de blé tendre. En tout cas, la manutention militaire, qui emploie souvent les farines dures et les farines anciennes, aura intérêt à les appliquer, à la condition, bien entendu, que si la quantité de pain fabriquée avec 100 kilos de farine augmente, du fait d’une meilleure absorption d’eau, le soldat ne puisse en subir les conséquences, et qu’il ait toujours dans sa ration la même quantité de farine, c’est-à-dire de matière nutritive : en un mot, que le poids de chaque ration augmente de la quantité d’eau qu’on peut lui faire absorber au-dessus de la quantité normale.
- IL Sans modifier le principe du nouveau mode de travail par hydratation, il a semblé à M. Pointe que l’on pourrait, en ne faisant intervenir dans la fabrication des levains que les farines de blé tendre, les moins riches en gluten, obtenir encore une meilleure hydratation ou, ce qui revient au même, un meilleur rendement.
- (1) Comptes rendus de l’Ac. des Sciences, 1902, t. CXXXIV, p. 908.
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-
-
- DEUX PROCÉDÉS DESTINÉS A MODIFIER LA PRATIQUE DE LA PANIFICATION. 745
- Dans les manutentions militaires, en effet, on travaille avec des levains acides, qui renferment, à côté de la levure, des bactéries capables de détruire le gluten, ou tout au moins d’en modifier l’élasticité, de le rendre moins nerveux.
- M. Pointe a pensé alors qu’en utilisant une partie de la farine tendre à la préparation du levain, on donne un minimum d’aliments azotés aux bactéries, et que la farine dure, au moment oû elle entre en jeu dans le pétris_ sage, rencontre plus de cellules de levure que de bactéries. Il va plus loin et propose d’introduire aux fournées successives des doses croissantes de farine dure, de façon à soustraire autant que possible le gluten aux fermentations les plus actives, c’est-à-dire à celles qui sont le plus près du levain. L’état de la science ne permet pas d’affirmer l’exactitude de celte théorie , mais il faut convenir que l’expérience est d’accord avec elle.
- M. Pointe a fait deux expériences dans lesquelles il a employé au pétrissage autant de farine dure que de farine tendre. Dans la première il a fait figurer celle-ci en quantités croissantes, au fur et à mesure que l’on multipliait les fournées, tandis que la farine dure figurait en quantités décroissantes. Dans la seconde, il a fait le contraire, a augmenté la dose de farine dure et diminué la dose de farine tendre dans les fournées successives. Dans le premier cas, il a obtenu un rendement de 145kg,50 de pain pour 100 kilogrammes de farine et dans le second, un rendement de 147kg,75.
- Voici d’ailleurs le détail des expériences :
- Farine tendre croissante. Farine dure croissante.
- Farine dure. Farine tendre. Farine dure. Farine tendre, kilogs. kilogs. kilogs. kilogs.
- Levain............................ 100 » » 100
- 1er fournée. . . ................ 100 80 80 100
- 2e — 90 90 90 90
- 3e — ......................... 80 100 100 80
- 4e — 70 110 110 70
- 5e — JW 120 iW_ _JW
- 500 500 500 5ÔÔ
- 1000 1000 Rendement en pain, par 100 kgr. de farine. 145ks,50 147ks,75
- Pour 100 kilogrammes de farine, on constate donc une augmentation de 2kg,2o de pain.
- Une autre expérience a permis à M. Pointe de démontrer le même fait. Cinq fournées ont été pétries avec un mélange déterminé de farines tendre et dure ; d’autre part cinq fournées ont été pétries en séparant les farines,
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- AGRICULTURE.
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- qui, tout à l’heure, étaient mélangées et en faisant figurer en tête du travail les farines les plus amylacées, en queue, au contraire, les plus gluti-neuses.
- Les résultats sont contenus dans le tableau suivant :
- Farines non mélangées; farines Mélange de farines dures et amylacées en tète, farines
- tendres, amylacées et glutineuses. glutineuses en queue.
- Eau. Rendement. Eau. Rendement.
- kilogs. kilogs.
- lre fournée..................... 35 135 35 135
- 2e — 38 138 40 140
- 3e — 40 140 45 145
- 4e — 45 145 50 150
- 5e — 50 150 50 150
- Moyenne . . 141 Moyenne . . 144
- L'augmentation que l’on constate dans les chiffres correspondants de chaque fournée, l’augmentation de 3 p. 100 (moyenne) dans le rendement total prouve que le gluten a été mieux préservé contre les bactéries dans le second cas que dans le premier, là où la farine glutineuse a été ajoutée en quantités croissantes au fur et à mesure que la levure prenait le pas sur les bactéries.
- On peut observer que les premières fournées dans le système de M. Pointe présentent moins de matières azotées à notre alimentation. Mais il convient de remarquer que la différence est faible, car si la farine employée aux dernières fournées est plus riche en gluten, le pain qui en résulte est de ce fait plus hydraté; il se rapproche donc, par sa teneur en gluten pour 100, du pain moins hydraté, fait de farines moins glutineuses. En tout cas, on peut retenir du travail de M. Pointe ce fait important qu’il vaut mieux faire entrer la farine tendre plutôt que la farine dure dans la préparation des levains et dans le travail des premières fournées.
- Le Comité d’Agriculture vous propose de remercier M. Pointe de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : L. Lindet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 19 décembre 190$.
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- MÉTALLURGIE
- GÉNÉRALISATIONS A PROPOS DE QUELQUES OBSERVATIONS NOUVELLES FAITES PENDANT LE
- travail de l’acier a froid, par D. G. Tschernoff. Communication présentée
- le 10 mars 1884 à la Société Impériale technique de Russie. Traduction de
- M. Ziegler, revue par Vauteur (1).
- Il y a sept ou huit ans, quand je travaillais encore à l’usine Oboukhoff, au début de la construction en Russie de coques de navires en acier, l’usine reçut de l'Amirauté la commande de tôles pour la construction de clippers. Ces tôles étaient soumises à des conditions de recette aussi sévères que celles proposées par Siemens à l’Amirauté anglaise.
- Les tôles devaient être sans défauts, résister à une traction de 41 à 47 kilogrammes par millimètre carré, et leur allongement à la rupture ne devait pas être inférieur à 20 p. 100.
- A la réception, aux termes de ces conditions, la qualité de chaque tôle était vérifiée sur une éprouvette découpée dans la tôle même. Voici comment on procédait: les tôles laminées étaient cisaillées à froid en laissant un excédent de 10 centimètres sur la longueur; aussitôt après, on coupait avec les cisailles le quart de cet excédent dans le sens de la largeur de la tôle et on obtenait ainsi une bande de 35 à 38 centimètres de longueur, comme on peut le voir sur la fîg. 1.
- Dans la bande ainsi coupée, on taillait à l’aide d’une scie à ruban une éprouvette de traction. Si, à l’épreuve de cet échantillon, on obtenait des chiffres répondant aux conditions de recette, on laissait tout l’excédent de la tôle à la disposition de la Commission de réception pour essai de contrôle, et la tôle était livrée.
- Mais si rallongement était insuffisant et si la résistance à la traction dépas-
- (d) Les recherches récentes sur la distribution des déformations dans les métaux soumis à des efforts donnent un intérêt actuel à l’historique de cette question. Il a donc paru utile de publier dans le Bulletin la traduction d’une note qui, datée de 1884, semble presque d’hier. L’auteur, M. le professeur Tschernoff, dont les recherches sur le travail de l’acier ont eu une si grande influence sur l’évolution de la métallurgie, s’est montré ici, une fois de plus, un véritable précurseur.
- F. OSMOND.
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- MÉTALLURGIE. --- DÉCEMBRE 1902.
- sait le maximum de charge imposé, alors la tôle était soumise au recuit et le reste de l’excédent était coupé avec des cisailles après cette opération; puis on préparait une nouvelle éprouvette de traction à l’aide de la scie.
- Quelquefois, on coupait en une seule fois l’excédent de la tôle et on le faisait recuire avec elle. Après quoi on découpait simplement l’éprouvette avec la scie à ruban, et on la façonnait avec la lime; dans ce cas, l’éprouvette n’avait subi aucun cisaillage après recuit.
- A l’essai de ces éprouvettes sur la presse à traction, j’ai réussi à voir le phénomène suivant : quand l’éprouvette était chargée progressivement jusqu’au-dessus de la limite élastique, les allongements permanents se manifestaient par «n écaillement de la croûte d’oxyde qui recouvrait la surface de l’éprouvette
- Fig. 1.
- \___________X
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- essayée. L’oxyde se soulevait comme de petites rides ou comme de fines écailles de poisson et était quelquefois projeté. Ce phénomène très caractéristique indiquait immédiatement le passage de la limite élastique et coïncidait parfaitement avec le diagramme des allongements enregistré par la presse à traction. Pendant l’écaillement del’oxyde et la dénudation locale de la surface de l’éprouvette, des groupes de lignes inclinées sur l’axe de l’éprouvette se marquaient très clairement. Ces lignes étaient nettes et assez régulièrement espacées. Parfois, toutes se groupaient d’un seul côté de l’éprouvette, comme le montre la fig. 2, et parfois les groupes apparaissaient des deux côtés et les lignes se croisaient, comme on le voit sur la fig. 3. Sur les éprouvettes détachées à la scie des bandes recuites après leur cisaillage, les lignes susdites ri'apparaissâient pas.
- Ces phénomènes, de même que l'apparition d’une peau chagrinée sur les éprouvettes polies pendant l’essai à la traction de l’acier à canon, ne pouvaient pas ne pas attirer l’attention, et je me préparai avec empressement' à faire toute une série d’observations dans cet ordre d’idées. Dans ce but, je fis venir de chez Dalmayer un grand microscope modèle n° 2, pourvu de disposi-
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- tifs pour augmenter la distance focale (1). Le programme des recherches consistait en une série d’observations sur des éprouvettes polies qui devaient être soumises à l'extension après polissage aussi parfait que possible: au-dessous de la limite élastique, juste au-dessus de la limite élastique, jusque vers le début de la formation de la striction et, enfin, tout au voisinage de la rupture. A l’aide des procédés spéciaux aux travaux de micrographie, on aurait observé sous le microscope les déformations superficielles des surfaces polies et pris des dessins exacts des lignes ; et l’observation de ces déformations superficielles aurait conduit à une connaissance plus intime des changements qui s’opèrent dans la structure du métal sous l’influence des efforts mécaniques extérieurs.
- Mais, à mon vif regret, je ne pus soumettre à l’expérience même le premier échantillon par moi préparé. Au milieu de mes préparatifs, les circonstances m’obligèrent à quitter non seulement mes travaux à l’usine, mais, d’une façon générale, mes travaux concernant l’acier.
- Si je me suis un peu étendu sur le programme des essais projetés, c’est que, ne pouvant pas travailler moi-même, je voudrais très sincèrement voir l’étude de ces problèmes poursuivie par quelque autre; car je suis persuadé que quiconque se consacrera à des recherches semblables sera pleinement récompensé par les résultats obtenus.
- Il n’y a pas longtemps, revenant à Pétersbourg après trois ans d’absence, je fus agréablement surpris d’apercevoir les lignes autrefois remarquées par moi sur l’acier reproduites en d'autres circonstances, si nettes et si exactes, que je me souvins aussitôt de mes éprouvettes d’autrefois et des idées qui m’avaient amené, d’abord à l’établissement de tout un programme d’expériences,enfin aux généralisations que je voudrais aujourd’hui vous présenter. C’était à la fin du mois de janvier; notre bien estimé collègue B. N. Beck-Guerhard m’invita à regarder les échantillons bien intéressants préparés par lui pour étudier l’influence nuisible du poinçonnage sur les éclisses et à lui en dire mon opinion.
- Pour rechercher sous le microscope s’il ne se produit pas autour du trou poinçonné de petites fissures, surtout sur la face inférieure où la ductilité est presque annulée contre les bords de la matrice, M. Beck-Guerhard avait fait quelques expériences sur le poinçonnage des trous dans des tôles d’acier préalablement polies. J’ai donc eu le plaisir de voir chez lui ces échantillons et, grâce à son amabilité, je puis soumettre à votre attention les dessins de quelques-uns d’entre eux, pris parmi les plus intéressants (fig. 4, 5, 6 et 7).
- Ces dessins montrent que, sur les tôles, auprès des trous poinçonnés, sont groupés des faisceaux de lignes analogues à des fragments de spirales. Les lignes
- (I) Environ 2 centimètres. Je voudrais attirer sur ce point l’attention de ceux qui sont obligés de faire des recherches sur les objets opaques: car un objectif à grand foyer présente, dans ce cas,de grands avantages.
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- étaient si nettes que M. Beck-Guerhard a pu les photographier. Quelques-uns des échantillons poinçonnés furent légèrement attaqués par le sulfate de cuivre et, après un léger nettoyage, devinrent extrêmement beaux. L’un d’eux est
- une tôle carrée d’environ 25 centimètres de côté, poinçonnée en son milieu d’un trou de 25 millimètres de diamètre; elle montre, comme on le voit sur la fig. 7, une belle et régulière disposition de lignes mates formant deux systèmes de spirales conjuguées.
- En voyant ces échantillons, je me suis rappelé les lignes que j’avais obtenues, il y a huit ans, sur les éprouvettes découpées dans les tôles, et, sur-le-champ, je rapprochais les conditions d’apparition des lignes dans le poinçonnage de celles de leur apparition dans le cisaillage à froid des tôles d’acier. Pour expliquer l’origine de ces lignes, je me souvins du mémoire de M. Léger
- Fig. 6.
- sur les rapports entre les tensions locales dans les plaques de verre et les tensions internes dans l’acier trempé (1). Pour étudier la trempe de l’acier et les tensions qu’elle détermine entre les particules du métal, M. Léger observa
- (1) Sur la constitution moléculaire des corps trempés. Mémoires de la Société des Ingénieurs civils, année 1877, p. 645.
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- le même phénomène dans des plaques de verre. Ces plaques de verre, de différentes formes, carrées, rondes, triangulaires, polygonales, soumises à la trempe, puis observées à travers des niçois, montraient une forte polarisation; des cercles irisés, partant des coins et parfois des faces, se dessinaient très nettement dans les verres, manifestant l’intensité et la direction des tensions locales qui y étaient développées.
- Pour établir l’analogie entre les tensions locales internes provoquées par la
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- ///.
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- Fig. 7.
- trempe et celles qui se produisent dans les corps soumis à des efforts extérieurs, on surveillait les conditions d’apparition des cercles irisés, des lignes de telle ou telle forme, dans des plaques de verre non trempées, soumises en différents points de leur surface, à l’aide de vis, à la compression et à la contraction. En pressant la vis contre une telle plaque, on faisait venir les mêmes apparences lumineuses que par la trempe, c’est-à-dire des taches irisées ou œils-de-paon formées de cercles ou d’ellipses de différentes couleurs disposés excentriquement par rapport au point d’application de la vis, point de tangence commun à tous les cercles ou ellipses contigus. En même temps, on obtenait des plages sombres ou laiteuses, d’autres plages neutres, des croix, ainsi qu’on en peut
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- voir sur les plaques trempées. Ainsi, dans le cas d’une plaque de verre carrée comprimée entre deux côtés opposés, d’une part, par une vis, et, d’autre part, par un plan, on aperçoit dans le champ du nicol des œils-de-paon contre la vis et des plages colorées ou laiteuses en forme de double queue de triton. Ces apparences sont représentées par les figures 8 et 9.
- Le mémoire de M. Léger contient beaucoup d’autres dessins intéressants; mais, en raison des difficultés de reproduction, j’indique simplement cette source à ceux qui veulent les mieux connaître. Des expériences similaires ont aussi donné lieu à une communication présentée à la Société des sciences industrielles de Lyon, en juillet 1877 (1).
- On a fait une série d’essais pour déterminer le mode de transmission des
- efïorts au travers des corps élastiques en soumettant des prismes de verre à flexion ou à la torsion. Les efforts provoquaient encore des cercles excentriques irisés contre les points d’application et, en outre, des bandes en forme d spirales qui partent des mêmes points et coupent à peu près normalement les circonférences irisées, comme on le voit sur le schéma approximatif de la figure 10. Pour faire les expériences de ce genre, on serrait, par exemple, entre les mâchoires d’un étau ou on fixait solidement au mur l’extrémité d’une petite poutre en verre et on appliquait une charge à l’extrémité opposée; on obtenait ainsi le dessin net des ondes élastiques de tension interne réagissant contre l’effort extérieur. Je dois faire observer que, n’ayant pas sous la main le travail original, je cite seulement de mémoire.
- Tout cela m’est revenu à l’esprit, en présence des échantillons de M. Beck-Guerhard, et je lui ai dit alors mes hypothèses : à savoir que, si nous remplaçons la plaque de verre par une plaque d’acier, nous obtiendrons la même
- (1) Voir aussi Sciiott : Stadien über die Hàrtung des Glases.
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- disposition des tensions élastiques, réagissant contre les efforts appliqués qui se propagent dans le verre pendant l’application de ces efforts. Tous les cercles et lignes provoqués dans le verre disparaissent après la suppression de l’effort : il en sera de même dans l’acier tant qu’on ne dépassera pas sa limite élastique. La différence commence plus loin, quand on dépasse cette limite. Avec le verre, au-dessus de la limite élastique, le corps se détruit, se fissure, se brise, parce que, ici, la limite élastique coïncide avec la limite de résistance absolue: il est donc impossible, dans ce cas, d’enregistrer la manifestation de ces tensions; tout ce que l’on peut faire est de les observer temporairement sous des efforts qui ne dépassent pas la limite élastique du verre et, peut-être, juger, par la forme des éclats et des fissures, de la distribution des tensions antérieures. On ne peut pas non plus ne pas remarquer la grande ressemblance d’aspect entre ce qu’on appelle la cassure conchoïdale du verre et la forme des œils-de-paon irisés et des bandes mates représentés par la figure 10.
- L’acier, à la différence du verre, possède une propriété très utile au point de vue qui nous occupe. Si on provoque des tensions élastiques dans une plaque de ce métal et qu’on les fasse croître jusqu’au passage de la limite élastique, on provoquera la manifestation de déformations permanentes ; et ces déformations non élastiques se révèlent par un léger dessin mat sur la surface polie des pièces d’acier. Pourquoi donc ces déformations apparaissent-elles sous forme de lignes? Il est probablement aussi difficile de résoudre cette question que de dire pourquoi, dans le verre, les tensions élastiques, réagissant contre les efforts mécaniques extérieurs, se répartissent, non d’une façon continue, en raison inverse de leur distance au point d’application de l’effort, mais suivant des ondes visibles, des cercles excentriques, des ellipses et des lignes ramifiées ayant entre elles certaines relations de forme et de distance.
- M. Léger, parlant des tensions provoquées dans le verre par l’application des efforts mécaniques, estime que, dans tous les corps élastiques, y compris l’acier trempé, il se forme, comme dans le verre, des ondes exactement semblables à celles que produisent les sons musicaux au travers des plaques de verre ou de métal vibrantes.
- M’associant complètement à cette opinion, et me fondant sur ce qui a été dit plus haut, je pense que l’acier doux fondu peut être soumis à la même loi et qu’il possède, en outre, une propriété bien précieuse : enregistrer le dessin de ces ondes sur la surface polie, si les efforts dépassent sa limite élastique. Les-déformations permanentes doivent certainement se manifester d’abord suivant
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- les lieux de tension maximum; nous pouvons appeler cela des nœuds, des crêtes d’ondes ou, généralement, des lieux de maximum de tension; en tous cas, le
- dessin mat nous les montrera nettement.
- Voulant élargir un peu le programme de cette communication, j’ai prié mon honorable ami et collaborateur à l’usine Obouckhoff, M. A. A. Rzécho-tarsky, de me faire préparer quelques échantillons. M. Rzé-chotarsky a été assez aimable pour mettre aussitôt le travail en mains à l’usine et je puis maintenant, Messieurs, vous montrer ces lignes provoquées par le poinçonnage, par le cisaillage, par le choc et par la flexion. Quelques-unes des éprouvettes sont représentées par les dessins suivants : la figure 11 montre en grandeur naturelle les lignes obtenues sur une lame de tôle polie, en détachant de la lame elle-même un morceau à l’aide d’une cisaille. La figure 12 représente les lignes dues au poinçonnage et au cisaillage d’une plaque. La figure 13 est le dessin d’un petit disque de 75 millimètres de diamètre et de 20 millimètres d’épaisseur aplati sous le marteau-pilon dans le sens d’un diamètre. A la surface de ce petit disque, les lignes se sont manifestées très nettement et se sont fixées suivant une disposition analogue à celle que l’on remarque dans le verre. Les intersections des lignes d’un système avec les lignes de l’autre système sont, dans ce cas, extrêmement caractéristiques et montrent
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- que la propagation des ondes ou tensions élastiques est indépendante de la rencontre d’autres ondes. Cela confirme la supposition de M. Léger, assimilant ces ondes aux ondes sonores. Les ondes sonores peuvent, en effet, se propager tout à fait indépendamment, dans le même milieu, suivant des directions différentes, présentant parfois des phénomènes d’interférence, ce qui paraît arriver également pour les ondes provoquées dans l’acier par les efforts mécaniques. On peut, en effet, remarquer, si l’on se reporte à la figure 7 d’une tôle poinçonnée par M. Beck-Guerhard, que les spirales appartenant à deux systèmes qui se coupent, sont prolongées en certains endroits par des séries de points; ces points sont donc les nœuds où, pour ainsi dire, se produit l’interférence des ondes.
- Pour constater les déformations permanentes internes corrélatives des lignes déterminées par le cisaillage (fig. 2 et 3), j’ai prié M. Rzéchotarsky de faire polir sur les plats une barrette de tôle coupée des deux côtés à la cisaille et de soumettre cette barrette à la traction sur la presse. L’essai a parfaitement réussi : aussitôt après la limite élastique, des lignes excessivement nettes apparurent sur la barrette polie et ces lignes se croisaient à la surface de l’éprouvette, comme on peut le voir sur la figure 3.
- U est à remarquer que les lignes sont de deux espèces : les unes sont en relief, les autres en creux. Quand on applique des efforts de traction, les lignes viennent en creux; elles viennent en relief quand on applique des efforts de compression. Gela s’explique parfaitement dans la conception générale que j’ai proposée : par l’application des efforts mécaniques, on provoque des ondes de résistance présentant des lieux de tension minimum et maximum; au-dessus de la limite élastique, le métal cède suivant les lieux de tension maximum et, suivant l’intersection de ces lieux avec les surfaces extérieures, il apparaît une espèce de creux; mais si les ondes sont provoquées par l’application d’efforts de compression, les parties les plus fatiguées de surfaces d’ondes seront les lieux de compression élastique maximum et, au delà de la limite d’élasticité, le méta se gonflera suivant ces lieux et montrera des lignes en relief sur la surface polie.
- Si les hypothèses émises sont justes, de quel genre doivent être les lignes sur l’échantillon précédent, pendant l’étirage à la presse de l’éprouvette polie?
- Fig. 13.
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- En fait, les lignes observées étaient en relief, et à tel point que le relief était sensible au toucher.
- Répétons que l’échantillon avait été préparé de la manière suivante : il avait été cisaillé sur les deux rives, ajusté à la scie, raboté, puis poli sur les deux larges faces et enfin soumis à la traction sur la presse. Tout d’abord l’apparition de lignes avait été provoquée par le cisaillage; par le rabotage et le polissage, toutes traces de ces lignes avaient été effacées; mais, provoquées une seconde fois par la traction au delà de la limite élastique, les lignes paraissent en relief. A première vue, il semble qu’il y ait là une contradiction.
- Cependant, vous avez vu, Messieurs, sur deux échantillons (fig 11 et 12). que, dans le cas du cisaillage, les lignes apparaissent creuses et que nous pouvons les considérer comme le résultat des déformations locales non élastiques,
- c’est-à-dire comme des extensions dans le sens de la coupure. Si on trace les lignes à plus grande échelle (fig. 14), chacune d’elles représente une certaine couche d’acier qui s’est étirée dans la direction des petites flèches. Vous savez aussi,Messieurs que Hodgkinson a remarqué une augmentation de la limite élastique du fer après allongement au delà de la limite primitive ; on observe nettement ce phénomène dans le tréfilage du fer : quand on fait cette opération à froid en partant du fer doux, on obtient un fil qui possède une certaine fragilité et une certaine dureté et, pour annuler les tensions moléculaires internes, d’où dépendent les nouvelles qualités du métal, on doit recuire le fil de fer; ce recuit rend complètement au fer la douceur qu’il possédait avant le tréfilage.
- Revenons maintenant à notre échantillon. Nous voyons bienque, avantl’exten-sion, les traces des lignes primitives de cisaillage étaient effacées par le polissage ; mais il n’y a pas eu de recuit, et par suite, le métal est resté tel qu’il était après cisaillage, c’est-à-dire allongé dans les lignes avec élévation correspondante de la limite élastique. Si maintenant on soumet l’échantillon à la traction, l’acier des lignes ne manifeste pas encore de déformation permanente, alors que le métal entre les lignes commence déjà à s’allonger en se creusant et se dépolissant; les lignes primitives doivent donc, d’elles-mêmes, apparaître en relief. Il me semble que ces circonstances sont la confirmation la plus évidente des hypothèses que j’ai émises.
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- Quant à la courbure, à la disposition et aux propriétés des lignes, ce sont sujets que je préfère éviter, faute de suffisante compétence. Je voudrais seulement attirer votre attention sur l’aspect d’une vitre cassée, si connu de nous tous, et représenté par la figure 15. En l’observant attentivement, on peut facilement remarquer la ressemblance entre les fissures partant du trou et les lignes enregistrées par une tôle d’acier que l’on poinçonne. Le point remarquable est que les ramifications des fissures de la vitre se retrouvent dans les lignes de la tôler comme on le voit sur la figure 12. On obtient des lignes particulièrement nettes et avec ramifications en cisaillant et en poinçonnant des tôles d’acier doux d’environ 35 à 50 millimètres d’épaisseur; la longueur des lignes peut atteindre 50 centimètres et plus.
- On a remarqué que, plus lentement on poinçonne le verre, plus loin s’étendent les fissures, et une expérience bien connue montre que la perforation du verre par une balle donne un trou rond et presque pas de^ fissures. Il en est de même avec les autres corps : quand on applique les efforts bien lentement, les ondes de tension s’étendent aux plus grandes distances; mais quand l’effort est appliqué brusquement, l’aire des tensions réagissant contre Eeffort est limitée à un espace peu étendu; par suite, dans ce dernier cas, un moindre volume participe à la résistance.
- On pent donc prédire que, dans le poinçonnage brusque d’une tôle d’acier, la diffusion des lignes sera d’autant moindre que la tôle sera plus mince et l’acier plus dur.
- Les échantillons qui vous ont été présentés aujourd’hui ne peuvent pas être-qualifiés de parfaits, parce que leurs lignes sont un peu entrelacées, confondues ; elles manquent de netteté par endroits. Et c’est pourquoi il serait désirable que l’on refit les mêmes préparations en prenant toutes les précautions possibles; je crois aussi qu’il serait bien intéressant, au double point de vue de la science et de la pratique, de faire en grand, après polissage préalable, des expériences sur la flexion des poutres, sur la compression des prismes, etc.
- Il serait bien important, pournotre artillerie (l’artillerie russe), de rechercher l’action des frettes sur les tubes de canons. On sait que la section du tube, surtout pour les pièces de fort calibre, ne forme qu’une faible partie de la section Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902. 50
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- MÉTALLURGIE.
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- totale des anneaux qui frettent le tube; on met sur le canon trois, quatre et jusqu’à cinq rangs de frettes : chaque rang- produit une compression particulière du canon.
- Malgré l’emploi d’élégantes formules pour la détermination de la compression du canon par chaque rangde frettes, nous restons dans l’ignorance en ce qui touche la répartition des tensions dans le canon. Les expériences précédentes font voir que les tensions, dans l’acier comme dans le verre, ne progressent pas d’une façon continue, comme le supposent les formules ; mais se répartissent en ondes, formant une série de plis ou de rides sur la surface correspondante. Quand nous fabriquons des pièces de fort calibre, nous ignorons quelles ondes répartissent la compression dans le canon, quel effet en résulte pour sa résistance ; ne peut-il pas se produire telles conditions susceptibles de déterminer une sorte de surface de faiblesse, suivant laquelle se formeraient d’abord des fissures après quelques coups de feu, bien que le métal lui-même ne fut pas mauvais?
- Pour cette raison, je proposerais de faire des essais sur des anneaux d’acier comparables aux frettes des canons de fort calibre, d’en polir toutes les surfaces et, ensuite, de les fretter mutuellement sous une tension égale à celle qu’on applique au frettage des canons; la surface polie dessinera immédiatement la répartition des tensions dans les frettes et les tubes frettés.
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- HISTOIRE DES SCIENCES
- LÉONARD DE VINCI, PEINTRE-INGÉ NIEUR-HYDRAULICIEN
- par M. A. Ronna, membre du Conseil (1).
- VI. — LÉONARD H YDRAULICIEN
- Plus que toute autre branche de la mécanique, l’hydrostatique et l’hydraulique furent l’objet des patientes investigations et des travaux pratiques de Léonard.
- 1. — Hydrostatique.
- La recherche des lois auxquelles obéissent les corps fluides à l’état de repos s’imposa d’abord à son attention. Au xv° siècle, l’hydrostatique se trouvait complètement résumée dans les écrits d’Archimède et de Héron.
- Léonard avait sans doute lu ce qui avait été publié de son temps sur Archimède, et aussi sur les écrits de Héron dont il dessina la fontaine à air comprimé et l’éolipyle sous diverses formes; mais porté, de préférence aux livres, vers l’expérience, il arriva, en réunissant les faits et ses observations personnelles, à composer pour son usage un traité d’hydrostatique bien plus complet que celui légué par l’antiquité, où il devança de beaucoup les savants qui avaient traité de cette branche de la science.
- Sur les liquides considérés en eux-mêmes, indépendamment des récipients qui les contiennent, Léonard sait que, grâce à la force d’attraction de leurs molécules, ils tendent toujours à prendre la forme sphérique. Cette force d’attraction, il la désigne sous le nom de gravità, mais en la distinguant de la pesanteur qui tient les corps liquides attachés à la terre.
- (1) Voir le Bulletin d’octobre, novembre 1902.
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- HISTOIRE DES SCIENCES. ----- DÉCEMBRE 1902.
- « Leur pesanteur, écrit-il, est double; c’est-à-dire que leur ensemble jouit d’une première pesanteur qui les attire vers le centre des éléments, et d’une seconde pesanteur qui tend vers le centre de la sphère du liquide même,... mais je ne vois pas le moyen d’en fournir à l’esprit humain une preuve scientifique, pas plus que je ne le pourrais, pour la calamite (l’aimant) qui attire le fer; c’est-à-dire, que cette force est une propriété secrète dont la nature nous offre des exemples à l’infini. »
- Ainsi, sans recourir à aucune hypothèse et simplement d’après les faits, Léonard distingue l’attraction moléculaire, de la pesanteur.
- Il reconnaît, en outre, que les gouttes liquides s’attirent entre elles pour former de plus grosses sphères, et il en déduit que les gouttes de pluie peuvent être plus grosses au voisinage de la terre, que dans les régions élevées de l’atmosphère, par le fait de leur agglomération en route, à la descente.
- Cette observation, reproduite un siècle plus tard par G. B. Stellati, passa inaperçue, jusqu’au jour où l’emploi des pluviomètres eut démontré, ajoute le physicien G. Govi, que pendant les pluies, les instruments situés plus bas recueillent plus d’eau que ceux à une plus grande hauteur, quoique sur la même verticale. Elle n’est pas la seule, car Léonard note que si l’air n'est pas saturé d’humidité, les gouttes de pluie diminuent par évaporation; les unes se réduisent comme dimensions, les autres disparaissent avant de toucher le sol. Des physiciens modernes ont cru bon de revendiquer le mérite de cette remarque.
- Certains phénomènes capillaires n’échappent pas à son attention ; tel est celui de l’élévation de l’eau le long des parois mouillées des vases, tandis que l’eau s’abaisse quand elle ne les mouille pas; de même, la capillarité des mèches, et celle des vaisseaux et tissus vasculaires des plantes.
- Pour les liquides contenus dans les vases, il observe qu’ils gravitent sur les parois horizontales, qu’elles soient ou non bordées par des parois élevées, et à l’aide d’une petite balance ingénieusement combinée, il recherche :
- « Si toute l’eau qui se trouve normalement au-dessus d’un orifice pratiqué dans le fond des vases, pèse ou non sur cet orifice; c’est-à-dire, si elle ne presse pas en partie sur les parois? »
- L’évaporation de l’eau lui fait voir « qu’elle acquiert de la légèreté quand elle se raréfie par la chaleur; et alors, elle se maintient au-dessus de l’eau froide ».
- Il a le pressentiment de l’égalité des pressions sur des éléments de surfaces égales, un siècle et demi avant que Pascal ait énoncé sa loi des pressions, et deux siècles avant que Bramah l’applique à la presse hydraulique.
- L’étude des vases communicants lui démontre que : « Les surfaces de tous les liquides inertes reliés entre eux, sont toujours de même niveau » ; cette loi est indépendante de la dimension et de la forme des vases.
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- Il s’ensuit qu’en introduisant dans un siphon renversé deux liquides différents non mélangeables, par exemple,1 de l’eau et du mercure, « le mercure pénètre sous l’eau et aucune partie d’eau ne pénètre sous le mercure, et les poids de l’eau et du mercure sont égaux ». Quant aux rapports entre les hauteurs et les densités des liquides, il note que : « L’un des liquides étant au-dessus de l’autre, la proportion de leurs masses sera celle de leurs poids; mais cette proportion devient inverse, la masse de mercure étant d’autant moindre par rapport à celle de l’eau, qu’il est plus lourd. »
- Dans son étude sur les siphons (cicognole), il se rend nettement compte des quantités de liquide écoulé. Que le siphon ait partout le même diamètre, ou qu’il s’élargisse par la branche extérieure dans un récipient très vaste, l’écoulement reste le même. C’est seulement des différences de niveau des liquides que dépend la vitesse d’écoulement.
- Dans les vases qui tournent autour d’un axe vertical, Léonard constate que les liquides se soulèvent contre les parois en déterminant un vide autour de l’axe même, d'où un moyen qu’il perçoit, d’élever l’eau par la force centrifuge.
- 2. — Hydrodynamique.
- Sur l’hydrodynamique, cette seconde branche de l’hydraulique, Léonard continuant ses études de la science dans toute sa généralité, est le premier à poser les bases de la théorie des ondes, de celle des courants et à considérer les formes si singulières des veines liquides qui ont donné naissance, de nos jours, delà part d’illustres physiciens, à tant de belles découvertes (1).
- Théorie des ondes. — « L’onde, écrit Léonard, a un mouvement réflexe et un mouvement incident. Le mouvement réflexe est celui qui se produit dans Fonde après la percussion de l’objet; l’eau rejaillit et s’élève dans l’air et acquiert sa hauteur... Le mouvement incident est celui que produit l’onde, depuis le faîte qu’elle a atteint jusqu’à arriver au bas de sa course : ce n’est pas le résultat d’une percussion, mais de la gravité que l’eau acquiert... »
- Et, plus loin, il ajoute :
- « Les ondes de la mer sont d’autant plus élevées au-dessus du niveau de la surface que les gorges interposées entre les ondes ont un fond plus bas. Pour ce motif, les chutes des grandes ondes forment de grands creux dans les gorges.
- « La gorge sous l’onde est plus basse que la surface ordinaire des eaux : ce
- (I) Libri, loc. cit., III, 48.
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- qui est manifeste. L’expérience le démontre, comme elle démontre que l’eau, en retombant, remplit les endroits frappés par une chute... »
- Newton s’est exprimé de la même manière (1). Don Giorgio Juan, Montfer-rier et Emy ont ainsi attribué à Newton la définition du mouvement de l’onde donnée par Léonard.
- Au sens pratique, Léonard définit l’onde encore comme il suit :
- « L’onde est l’impression du choc réflexe de l’eau... et sa propulsion (impeto) est bien plus rapide que celle de l’eau, car il arrive bien souvent que l’onde s’échappe du lieu où elle a été produite, et l’eau ne se meut pas. Comme pour l’ondulation que le vent produit dans un champ de blé, on voit l’onde courir à travers le champ, et le blé ne bouge pas du lieu où il a poussé... »
- Sur le mouvement des ondes, Léonard fait la remarque suivante : « Parfois les ondes ont une vitesse plus grande que celle du vent, et parfois le vent a plus de vitesse que l’onde. C’est ce que ressentent les bâtiments en mer... Il peut se faire, en effet, que l’onde soit agitée par un grand vent, et que le vent venant à faiblir, elle conserve encore une forte impulsion... L’eau ne consomme pas immédiatement l’onde, car en descendant du sommet, celle-ci est soumise à un renouvellement de force, de vitesse et de mouvement. »
- Et, de fait, les ondes ne changent pas le courant où elles se développent. Un corps flottant à la surface d’un courant procède avec le courant, malgré les ondulations superficielles. C’est pourquoi, comme l’écrit Léonard, « les ondes rampent contre le courant et jamais dans le sens du courant ».
- A la suite d’une expérience qu’il décrit longuement sur la projection simultanée de deux petites pierres, à peu de distance l’une de l’autre, dans une eau dont la surface est au repos, il conclut que « une onde se meut contre une autre, comme elle se meut isolément dans l’eau,au repos ». C’est, en d’autres termes, ce que Poncelet exprime, en écrivant que les ondulations peuvent coexister en se superposant et se croisant les unes sur les autres, sans s’influencer réciproquement, et sans que leur forme en soit aucunement altérée.
- Léonard explique les circonstances où se produisent le retour des ondes réfléchies à la surface, et le retour de fond, plus important, en vue des atterrissements. Il signale la formation à une certaine profondeur de lames ayant une direction opposée à celle des lames superficielles, et aussi l’ondulation simple causée par le vent, quelle que soit son intensité, croisant les ondes existantes.
- « Le résultat des mouvements produits par l’eàu sous l’eau, écrit Léonard, est plus permanent que celui produit dans l’air; » d’où il suit qu’il n’est pas
- (1) « Designet AB superficiem aquæ stagnantes, undis successivis ascendentem ac descen-dentem; sintque G, G, undarum culmina, et E, I, valles intermedii. Et quoniam motus unda-rum fit per aquæ successivum ascensum et descensum..., et vis motrix qua partes altissimæ descendunt et infimæ ascendunt. est pondus aquæ elevatæ. » (Phil. Nat. princ. math , 1687.)
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- indispensable que la mer soit ondulée à la surface, pour produire des effets intenses. L’effet très remarquable des lames sourdes, sans que le vent paraisse y prendre part et quoique la mer ait un aspect calme, a été signalé depuis par d’autres observateurs.
- Sur la vitesse des ondes, Léonard note que « la paroi latérale de l’onde, dans le mouvement incident, a de la vitesse, tandis que l’extrémité, dans le mouvement réfléchi, procède lentement... Le mouvement dans la gorge de l’onde est rapide, tandis que celui au faîte de l’onde... »
- « Comme pour le pendule, le mouvement de descente et d’ascension de l’onde varie, sans être uniforme; il est accéléré en descendant du premier faîte, et retardé en gagnant le second.
- « Les ondes qui diminuent de hauteur augmentent presque toujours d’amplitude, au fur et à mesure qu’elles s’éloignent du centre d’agitation. Leur mouvement n’est donc pas uniforme.
- « L’onde maxima est recouverle, écrit Léonard, par un nombre d’autres ondes qui se meuvent en divers sens. » Ce phénomène a été bien souvent remarqué par les navigateurs.
- « Jamais une onde ne pénètre dans une autre onde; elles se réfléchissent à partir du lieu d’origine..., et quand elles se choquent avec une puissance égale, elles retournent en arrière, sans se pénétrer. Si elles sont de puissance inégale, la plus forte et la plus faible n’obéissent pas à la loi, car la plus forte ne s’infléchit pas et la plus faible se joint à elle. »
- Le commandant Cialdi a relevé d’autres passages des écrits de Léonard, qui lui assignent la priorité incontestable sur Newton, de La Hire, Laplace, etc., quant aux principes scientifiques sur lesquels repose cette branche de l’hydrodynamique, et aussi, quant aux expériences sur la forme de moindre résistance à donner aux navires, et aux lois de leur stabilité (1).
- Le Codice Atlanlico renferme, outre un index non classé de chapitres et de paragraphes concernant les autres branches de l’hydraulique, à savoir : l’hydrographie, l’hydrométrie (2), les travaux et les machines, une série d’études de détail qui ont pour objet :
- Fol0 147 R. a. —La vitesse d’écoulement par les conduites et les canaux. — « Si tu établis des moulins, écrit-il, fais passer l’eau avant qu’elle descende, par un canal long et égal; et que l’eau qui frappe la roue affecte une forme qua-drangulaire, c’est-à-dire, aussi haute que large. Malgré que la partie supérieure s’approche du centre de la roue, il est préférable de la restreindre que de l’élargir, afin d’obtenir un choc plus puissant. Si tu la fais au contraire très
- (1) Al. Cialdi, Leonardo da Vinci fondatore délia dottrina sul moto ondoso del mare. Roma, 1872.
- (2) Codice Atlantico, fol. 74 R, a et V, a.
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- large, la roue tourner^, peu, parce que la lame sera très amincie. Si tu la fais haute et étroite, la roue n’en recevra que peu d’effet, parce qu’elle sera frappée vers le centre. »
- Fol0 151 R. a. — Le choc produit par les chutes d’eau. — « Il est nécessaire, observe Léonard, que l’eau qui tombe d’une manière continue à travers l’air ait une figure pyramidale, quoiqu’elle s’échappe de conduites de mêmes dimensions; car, à la descente, la vitesse n’est pas égale; l’eau qui est arrivée au point plus bas a plus de vitesse que celle au-dessus, etc. »
- Fol0 171 Y. a. — Le mouvement des eaux courantes. — « Les ondes ont deux mouvements, dont l’un est principal et l’autre secondaire. Le principal se produit au milieu de la largeur et de l’épaisseur de l’onde; le mouvement secondaire est oblique, c’est-à-dire latéral. Toutes les eaux courantes qui, par une raison quelconque, se rencontrent, ressautent en l’air et acquièrent du poids,pour frapper le fond en le creusant.Des eaux qui frappent le fond,celles qui produisent le choc le plus fort tombent suivant la ligne la plus directe. »
- Fol0 171. V. g. — Le flux et le reflux des cours d’eau débouchant dans les lacs.
- Fol0 185. R. b. — La jonction des cours d’eau. — « Il est impossible qu’un cours d’eau recevant d’autres cours d’eau puisse se maintenir dans la direction qu’il avait... L’admission des cours d’eau dans un autre cours d’eau est la cause originelle des sinuosités qu’il présente.
- « Si un cours d’eau qui serpente est détourné intégralement de son ancien lit et dirigé dans un chenal droit, il est nécessaire que, pour les affluents des deux rives, on allonge d’un côté ce que l’on diminue du côté opposé. Les affluents qui gagnent en longueur perdent en vitesse, et cette vitesse se reporte sur ceux qui ont été raccourcis.
- « Fais en sorte que les petits cours d’eau pénètrent dans le plus grand, sous des angles aigus, afin que le courant du cours d’eau principal infléchisse le cours d’eau secondaire à son débouché et ne lui permette pas de frapper la rive opposée, etc. »
- Fol0 194. Y. a. — Le choc créé par les chutes d’eau.
- Fol0 215. R. c. — La vitesse du courant des rivières, selon les variations de leur fond, de la profondeur et de la largeur.
- L’hydrographie, en ce qui se réfère à la formation des mers, des golfes, des montagnes et des vallées, par rapport aux cours d’eau, aux pluies et aux torrents, à la formation des galets, graviers et sables dans les cours d’eau, à l’action des vents aux embouchures, et sur le littoral, etc. est traitée dans les folios 160 V. a et 167 Y. a.
- L’idée conçue par Léonard, que les vallées ont été creusées progressivement par les torrents, est celle que Cuvier reprit plus tard pour la développer en
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- opposition avec la théorie de Deluc, qui voulait, d’après le Danois Stenson dans sa géognosie de position, que les vallées fussent le résultat du bouleversement causé par les vapeurs souterraines.
- Il observe le flux et le reflux de la mer que les modernes ont appelé secondaire {vol. F, fol. 6), et Libri en cite le passage (III, note XII, 226).
- C’est en Lombardie et à Venise, fait remarquer l’ingénieur Lombardini, que Léonard fit ses études les plus importantes d’hydraulique, notamment en ce qui regarde la partie fondamentale de la science, l’hydrométrie, pour laquelle il utilisa les connaissances des praticiens et ses propres observations, faites antérieurement, quant à la physique des cours d’eau (1).
- 3. — Canaux et écluses.
- Léonard aurait travaillé en Toscane, assurent plusieurs de ses biographes, à la canalisation et la régularisation de cours d’eau, avant de résider en Lombardie, où il remplit les fonctions d’ingénieur cameral et dirigea des travaux
- Fig. 16. — Léonard de Vinci. Mode de jaugeage direct d’une chute d’eau. — Cod. Atl., fol. 5. R. a.
- même importants. De retour à Florence, puis au service du duc de Valentinois, de nouveau à Milan, et finalement en France, il eut également à faire exécuter des entreprises, mais surtout à dresser des projets et donner des avis, pour l’Arno, pour le dessèchement des marais de Piombino, le canal et le port de Cesena, le canal Romorantin, etc., dont il ne reste plus que des indications éparses et sommaires.
- Le Codice Atlantico renferme, à ce point de vue, quelques documents et esquisses des plus intéressants, quoiqu’on ne puisse pas le plus souvent les référer à l’objet pour lequel ils avaient été conçus. Il nous a semblé, dès lors, qu’il suffirait de les citer chronologiquement dans l’ordre où les présente le Codice, sans se préoccuper du lieu, ni des dates d’application.
- Mesure d'une chute cl’eau (Fol0 o. R. a). — Le croquis (fig. 16) indique le
- (1) Lombardini. Dell'origine, loc. oit. § 52.
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- mode bien simple imaginé par Léonard pour jauger directement par son poids la force de la chute, au sortir d’une bouche modelée, sans qu’il soit besoin de l’expliquer.
- Écluses de canaux navigables (Fol0 7. Y. b). — Dans la figure 17, on voit re-
- Fig. 17. — Léonard de Vinci. Canal avec ses écluses à grande et à petite porte. Écluses à renversement. — Cotl. Atl., fol. 7. V. b.
- présentée en perspective et à vol d’oiseau, une écluse à renversement (a salto), avec les détails des portes, grande et petite [portina e portone), montrant leur mode de fermeture, au moyen d’un tirant oblique qui part du sommet de l’arbre autour duquel tourne la porte, et aboutit à l’autre extrémité de ladite porte.
- Les autres figures de la même planche 7, fig. 18) concernent une double
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- porte angulaire d’écluse à sas, avec armatures en charpente du buse inférieur, et la porte mobile à clapet de l’un des vantaux avec une écluse à bascule ; le_ texte ne fait pas mention des figures.
- Autre système d'écluse (Fol0 33. Y. a). —Le dessin (fig. 19) représente un système de portes avec son mécanisme de manœuvre, dont le texte fournit quelque indication complémentaire. Le soulèvement de la porte du sas s’opère à l’aide de deux chaînes qui s’enroulent autour d’un treuil à cliquet, actionné sur
- Fig. 18. — Léonard de Vinci. Porte d’écluse à bascule et porte double angulaire à sas.
- — Cod. Ail., fol, 7. V. b.
- la rive, et même de la guérite du garde-écluse, qui fait face à chaque porte. Une fois la porte soulevée à la hauteur de la traverse, on la dresse verticalement au moyen d’une autre chaîne fixée à l’extrémité, que met en mouvement un treuil (dissimulé dans le dessin), placé derrière un des piliers.
- « Le treuil, écrit Léonard, se manœuvre tant que le tambour a ramassé les chaînes qui soutiennent la porte; puis, quand celle-ci atteint la traverse, on la dresse, comme le croquis le fait voir. »
- Le canal (fig. 19) est traversé par trois barrages, dont deux sont pourvus de ce genre d’écluses. Le passage étant rendu libre pour les bateaux, la figure en montre trois dans le sas de l’écluse supérieure, ce qui semble indiquer qu’avant le dernier perfectionnement des portes angulaires ou busquées, en raison des
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- •dimensions des bateaux, limitées à la largeur minima du passage, on en faisait passer plusieurs à chaque éclusée (1).
- Fig. 19. — Léonard de Vinci. Canal à trois barrages et deux sas à écluses. Détails de la manœuvre des portes d’écluse. — Cod. Ail., fol. 32. V. 1.
- Emploi du siphon (Fol0 46. R. a). — Le texte du Codice qui se réfère à la figure 20 est le suivant :
- (1) L’ingénieur Lombardini pense que ce dessin se réfère au projet de rendre la Muzzà navigable, alors qu’elle était sectionnée par 13 barrages. (Dell’origine, loc. cit. p. 24.)
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- « Emplis d’abord d’eau en f n, après avoir bouché M r; puis ferme bien / n, et coupe au milieu de la corde, en b ; immédiatement les contrepoids a, c tomberont et feront que les bouches M r s’ouvriront. Mais aie bien soin que la corde soit coupée par le milieu afin que les poids tombent également; autrement le poids plus grand de l’un que de l'autre, par le fait de la corde inég'ale, pourrait
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- Fig. 20. — Léonard de Vinci. Manœuvre des bouches de siphon, en vue de régulariser le débit.
- — Cod. Atl., fol. 46. R. a.
- retarder le mouvement de descente et ouvrirait une bouche avant l’autre; on ne pourrait plus alors combler la perte d’eau. Que les deux appareils pour ouvrir les bouches soient en tout cas de mêmes dimensions. »
- Canal projeté de ï Arno (Fol0 46. R. b). — « Que l’on ménage, dans les barrages d’Arezzo, les écluses voulues afin que si l’eau venait à manquer dans l’Arno, pendant l’été, il ne reste pas à sec et qui* l’on creuse un canal de 20 bras de largeur au radier, et 30 bras au plafond, avec possibilité d’en distraire 2 ou 4 bras pour b' service des moulins et des arrosages.
- « Ce canal améliorera les conditions du pays. Prato, Pistoia et Pise, en même temps que Florence, bénéficieront de 200 000 ducats annuellement qui s’emploieront à couvrir les frais du canal, et les Lucquois bénéficieront aussi. Pour que le lac de Sesto soit navigable, il faudra suivre le tracé de Prato et Pistoia et couper Serravalle pour déboucher dans le lac, sans recourir aux barrages et aux écluses qui ne sont pas éternels et qui imposent toujours des frais de manœuvre et d’entretien.
- «Ayant à creuser le canal, ne pas oublier que, pour une profondeur de 4 bras, on paye 4 deniers par bras carré, et que pour une profondeur double, on en-
- Fig. 21. — Léonard de Vinci. Croquis d’une dérivation projetée de l’Arno. — Cod.Atl., 46-R. b
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- donne 6; c’est-à-dire que jusqu’à 7 bras on ne paie pas double, parce que, pour les 4 bras de dessus, le terrain est déjà déblayé... » Suivent les calculs relatifs aux banquettes et à leur coût, relativement à la profondeur du canal.
- Le croquis 21, qui correspond à ce folio, n’offre comme texte spécial que la désignation de quelques villes : Florence (Firenze), Prato, Pistoia, Serravalle, Lago (Lac Bientina), Lucques (Lucca) et Pise (Pisa).
- (Fol0 46. Y. à). — « Là où les banquettes sont en gravier, il faut avoir soin
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- Fig. 22. — Léonard de Vinci. Projet de pont-canal. Vues longitudinale et transversale. — Cocl. Atl., fol. 46. V. a.
- que l’eau n’y filtre pas, car le mouvement des eaux qui suinteraient inférieurement finirait par les ronger. Le sable ou la terre qui accompagnent le gravier, celui-ci venant à être miné, rempliront le canal. Aussi, faut-il avoir soin de laisser 3 ou 4 bras de plain-pied, et relever le plain-pied d’un bras au-dessus de l’eau. En outre, il faudra palissader sur pieux, avec soin.
- Pont Canal (1) (fig. 22). — « La ligne de fond du canal vu longitudinalement,
- (1) Si l’on examine le tracé du canal de la Martesana, on constate qu’entre Vimodrone et Crescenzago, il dévie de la ligne droite pour franchir le Lambro au même niveau. Il semble toutefois qu’il fut question,à l’origine, de le faire franchir par un pont-aqueduc, pourvu d’une
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- Ma et No, doit être tenue très basse à partir de No et relevée autant que possible en Ma, presque au-dessus du niveau du sol, afin que les arches du pont soient aussi hautes que possible, en prévision de l’inondation du cours d’eau qui passe sous le pont.
- « Un tel canal ne peut être creusé à moins de payer 4 deniers par bras, soit, en donnant à chaque journalier 4 sols par jour. Il ne peut s’exécuter que de
- Fig. 23. — Léonard de Vinci. Barrage d’écluse à bascule pour canal navigable. Amarrage de bateau en aval d’un pertuis. — Cod. Atl., fol. 46. V. b.
- la mi-mars à la mi-juin, parce que les paysans n’étant pas occupés par les travaux de campagne, peuvent se recruter alors à meilleur compte; les jours sont plus longs, et la chaleur ne les fait pas fatiguer. »
- Barrage-écluse (Fol0 46. V. b). — La planche 23 représente « un barrage surhaussé de 1 bras à l’avant, que les bateaux abaissent pour monter et descendre; de cette manière ils transitent avec plus de fond.
- écluse, après avoir rectifié le canal. Lombardini pense, dès lors, que ce dessin se réfère à l’étude de ce pont-aqueduc; mais le projet ne fut jamais mis à exécution. On se borna à faire des déversoirs qui détournèrent les eaux en crue du Lambro. (Lombardini, Dell’origine, loc. cil., p. 27.)
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- « Il est dangereux de laisser les bateaux en liberté dans les écluses et au dehors, vers l’ouverture des portes; il faut les amarrer comme il est indiqué, de façon qu’ils ne s’avancent pas vers le tourbillon formé par la chute d’eau du pertuis; autrement le bateau serait aussitôt rempli et chavirerait.
- « L’appareil, ou barrage-bascule (au bas de la figure 23) est de grande uti-
- Æ>, î
- Fig. 24. — Léonard de Yinci. Écope de dessèchement. — Cod.Atl., fol. 60. V. b.
- lité pour le transit des bateaux chargés, à la remonte contre le courant. Le bateau touchant en G, S s’abaisse et K se lève, fermant l’eau qui se trouvait de S jusqu’en amont : cette eau dès lors s’élève aussitôt, de façon que le bateau monte avec facilité contre le pertuis ouvert.
- Grand canal (Naviglio grande) {Fol0 65. R a). — « Si le canal n’a pas autant de portée que jadis, écrit Léonard, comment les usagers pourraient-ils avoir leur compte? Ils avaient droit à 1 bras 1/2 au-dessus des bouches, et maintenant, ils ne jouissent que d’un demi-bras. Si l’on assigne la même me-
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- sure au-dessus des bouches surhaussées, l’eau n’aura pas la même vitesse superficielle, puisqu’elle a moins de chute.
- Ecope de dessèchement (Fol0 60. Y. b). — Cette écope, que l’esquisse (fig. 24) suffit pour| faire comprendre, n’est accompagnée d’aucune légende dans le texte.
- Canaux cVarrosage (Fol0 65. V. b). — Le radier des rigoles d’arrosage doit être au niveau des jardins, de façon à permettre d’arroser chaque soir, à l’aide
- Fig. 25.— Léonard de Vinci. Direction des cours d’eau en montagne, par application du principe du siphon. — Cocl. Ail., fol. 108. V. a.
- des épis. Toutes les fois qu’il y aura engorgement, on haussera les vannettes d’un demi-bras... »
- Canal de Florence. — « Quand les canaux sont en eau et qu’on y admet les eaux troubles d’affluents, il faut fermer l’eau peu à peu, afin que la décharge s’effectue régulièrement. Les cours d’eau, Bisenzio et Ombrone, traversant le canal, lui fourniront l’eau en abondance pour les besoins de la navigation; l’excédent alimentera les moulins pendant le chômage que causeront les éclusées. »• Application du siphon (Fol0 108. Y. a). — Dans la figure 25, Léonard a voulu représenter par un croquis improvisé la manière dont on pourrait conduire les eaux, d’après le principe du siphon, aux plus grandes hauteurs.
- Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902. 31
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- Le texte qui accompagne cette figure est d’une originalité saisissante.
- « Toute grande rivière pourra être conduite sur les montagnes les plus élevées, par application du principe du siphon.
- « Si la rivière c d, ajoute-t-il, est dirigée par une branche ou un bras, jusqu’en a, et retombe au point b, la ligne a b aura acquis un excédent de poids tel («y, qu’on pourra en dériver assez d’eau pour conduire des bateaux jusque sur les montagnes. »
- L’emploi du siphon pour faire franchir des charges en montagne, grâce à la force hydraulique, donne lieu egalement à un croquis (fig. 26), dont la légende se borne à des nombres : 10 000 ; — 100 de force ; 10 000 eau par les bouches (1).
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- Fig. 26. — Léonard de Vinci. Utilisation de la force hydraulique pour le transport de charges.
- — Cocl. Atl., fol. 46. R. a.
- Canal de Brivio au moulin de Travaglia (Fol0 141. V. b). — « La distance entre les deux est de 2 794 perches (trahiechi), soit 11 176 bras, soit encore plus de 3 milles et 2/3 ; or, je trouve le canal à un niveau de 57 bras plus élevé que l’Adda; ce qui donne 2 onces de pente par 100 perches. C’est donc en cet endroit que je projette de faire la prise d’eau du canal. »
- Au sujet du barrage de prise d’eau (fig. 27), Léonard écrit : « Que le fond soit exhaussé à l’aide d’une estacade sous le barrage, afm que l’eau refoulée reste sans courant. Une toile grossière devra être placée sur le radier pour empêcher les infiltrations entre l’armature et l’eau, et aussi au-dessous de l’eau, relativement au radier. »
- « Ménager une concavité dans les trois angles où aboutit le mur qui intercepte l’eau. »
- « Canal d'arrosage. — Le lac de Lecco est refoulé aux trois angles dans
- (1) Cad. Atl., fol. 46. R. a
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- l’Adda. — Moulin de Travaglia. — Adda. — Vanne de Santa Maria. — Ecluse à demeure [perpétua). »
- « La porte d’écluse est à un seul vanlail. »
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- Fig. 27. — Léonard de Vinci. Canal de Brivio au moulin de Travaglia. Croquis relatifs à la construction. — Cod. Atl.,fol. 141. V. b.
- « Moulin de Travaglia. — Pour creuser le sas d’écluse il faudra disposer un caisson d’eau comme contrepoids. »
- Écluse de Santa Maria (Fol0 148. V. a). — Le croquis (fig. 28) montre « en a b la dalle qui recouvre et découvre la bouche de la fuite; qui ouvre ou ferme celle du canal du moulin, et fait que l’écluse se vide ou s’emplit rapidement. Cette dalle aura 5 pieds de longueur et 1 pied de largeur, et s’ouvrira comme
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- un couvercle de caisse. Si l’on admet directement l’eau dans l’écluse, elle dispensera de faire le barrage avec pertuis. C’est un moyen sûr et parfait; l’écluse se remplira promptement. »
- Manœuvre de porte d'écluse (Folos 148. Y. b et 149. Y. a et b). — Les croquis de ces folios se réfèrent à une étude que Léonard imagine pour la manoeuvre
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- Fig. 28. — Léonard de Vinci. Écluse Santa Maria. Croquis relatifs au règlement de la fuite du moulin. — Cocl, Atl., fol. 148. V. a.
- des écluses; il n’y a pas de légende ni d’apostilles dans le texte accompagnant les figures 29, 30 et 31.
- Etudes de contrepoids pour écluses (Fol0149. R. b). — Les études de statique dont les croquis se trouvent réunis‘(fig. 32), se rapportent à la stabilité des vantaux d’une écluse à sas, avec portes angulaires ; elles sont également sans légende.
- Canal d'Ivrée (Fol0 211. V. a). — « Le canal d’Ivrée (fig. 33) est alimenté par la Doire. — Montagnes d’Ivrée dont un versant est sauvage, et l’autre fertile,
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- vers le Nord. Le canal traverse le cours d’eau sur un pont » ; — ce sont là les seules observations de Léonard.
- Des canaux de Milan (Fol. 236 Y. d). — Ce feuillet est consacré à des notes relevées par Léonard sur la diminution de portée du canal intérieur, probablement à l’époque des contestations qu’il eut pour la remise des 12 onces d’eau concédées par le roi Louis XII. Il s’était adressé de Florence au Seigneur de Chaumont et au Président de la commission des Eaux, sans obtenir gain de cause. Les magistrats de la Chambre des Eaux faisaient valoir que la donation était préjudiciable aux intérêts financiers de l’État. A cela, Léonard avait répondu :
- Fig. 29. — Léonard de Vinci. Croquis d'étude de contrepoids pour manœuvre des portes d’écluse. — Cod. Atl., fol. 149. V. a.
- « Il n’y a pas à discuter si les intérêts de la chambre sont lésés, parce que celui qui m’a fait le présent, l’a fait sans condition, mais bien à démontrer qu‘e les intérêts des tiers sont lésés. On prétend que la recette royale perdra 62 ducats, par la prise d’eau à San Cristoforo; or, Sa Majesté sait ce qu’elle me donne et ce dont elle se prive. »
- Le règlement des bouches, ordonné par Louis XII, au dire des usagers, était un acte contraire aux intérêts des contribuables. « Mais, répond Léonard, on n’enlève rien au Roi en réglant les bouches; on n’enlève qu'à ceux qui ont volé l’eau en élargissant les bouches des réservoirs. Si l’on affirme que c’est là causer un dommage à beaucoup de gens, on se trompe, car ce n’est que faire rendre gorge aux voleurs. »
- Léonard avait établi qu’après règlement des prises d’eau pour les irrigations, suivant les règles de l’équité, il resterait encore un excédent de 300 onces d’eau,
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- « dont on m’a attribué 12 onces seulement! s’écrie-t-il (1). Si on dit que l’eau qui m’a été concédée coûte beaucoup annuellement, je réponds qu’à l’étiage actuel, le coût de 7 ducats de 4 lire par once, représente à l’année 84 ducats... Si Tondit que la navigation doiten souffrir, je réponds que ce n’est pas vrai, car les-
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- Fig. 30. — Léonard de Vinci. Croquis d’étude pour la manœuvre des portes d’écluse.
- Cocl. AU., fol. 148. V. b.
- dites bouches servant à l’arrosage, ne concernent pas la navigation en amont. » Léonard finit par faire reconnaître ses droits sur les 12 onces d’eau du canal San Cristoforo; le feuillet 236 du Codice n’en offre pas moins un vif intérêt, quant aux arguments qu’il met en avant dans le litige.
- « Pour couvrir les frais qu’exigent le règlement et l’entretien du fond dans la partie navigable, il suffit de vendre de l’eau, mais comme l’eau est en si grande abondance, qu’elle pourra couvrir les dépenses au quadruple. Et puis, si l’argent venait à manquer, il suffira de percevoir des taxes plus élevées, pourvu que les tiers n’en souffrent pas...
- « Vous prétendez qu’en prenant l’eau à niveau et la restituant à un niveau plus bas, avec un quart de charge en moins environ l’eau venant en queue et avec vitesse,le canal éprouve un dommage, alors qu’il y a abondance d’eau; or, le plus souvent, il y a pénurie d’eau.
- Fig. 31. — Léonard de Vinci. Croquis de manœuvre de levier pour portes d’écluse. — Cocl. Atl., fol. 149. Y.b.
- (1) 12 onces correspondent à 0mc,480 par seconde.
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- « C’est là le langage d’ingénieurs qui veulent agir en maîtres.
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- Fig. 32. — Léonard de Vinci. Études de statique appliquée aux portes d’écluse. Cocl. Atl., fol. 149. R. b.
- <c J’avoue, pour ma part, que l’eau prise au bas du canal, c’est-à-dire en
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- queue, ne diminue pas le tirant d’eau pour la navigation, comme elle le diminuerait ailleurs, parce qu’elle est dérivée là où cesse la navigation.
- « Si je prenais l’eau, par exemple, à San Cristoforo, je diminuerais la prise des deux bouches San Vittorio et Molin Maggi; or, en ce point, le canal Marte-sana fournit de l’eau si copieusement qu’elle serait restituée au décuple, puisque les huit paires de meules du château tournent sans chômage, etc. » Porte angulaire cVécluseàsas (Fol. 240 B. é). — La figure 34 représente à une
- Fig. 33. — Léonard de Vinci. Pont-canal d’Ivrée.— Cod. Atl., fol. 211. V. a.
- assez grande échelle, en perspective, une porte angulaire et accouplée, avec sa vanne à clapet et ses buses; elle constitue un document des plus essentiels pour l’histoire depuis si longtemps controversée, de l’invention des écluses à sas. Dans le texte qui l’accompagne, on lit :
- « Ici, fi gure la chaîne à l’aide de laquelle on ferme la vanne par ascension. Le vantail de l’écluse se place en angle et non pas perpendiculairement, ou à angles droits sur le seuil, car une partie du vantail jette plus d’eau que l’autre, et pour cela, est elle plus longue vers la sortie, et recouvre-t-elle la pointe de l’autre côté, afin de ne pas endommager la rive. »
- Le texte de la même planche renferme également sur l’écluse San Marco (fig. 36) le passage suivant :
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- « L’écluse de San Marco est en maçonnerie sur pilotis; le radier de toute l’écluse repose sur un mortier de gravier et de chaux; quand il était encore tendre, on l’a recouvert de traverses en bois vert dont on noya les têtes avec le même mortier et l’on consolida les autres extrémités contre l’axe où on les a cloués. De plus, les traverses sont chevillées et assujetties sur des pieux... (1) »
- Des barrages (Fol. 234 V. c.). — « Tous les barrages doivent avoir une hau-
- Fig. 34. — Léonard de Vinci. Porte busquée angulaire d’une écluse à sas. — Cod. Atl., fol. 248. R. c.
- teur égale à la hauteur minima des berges, de façon que le cours d’eau entrant en crue et atteignant ce niveau ne pénètre pas dans les bois rapprochés des berges. Les eaux ne pouvant entraîner des bois, le courant procédera suivant sa propre turbulence.
- (I) Dutens affirme (Hist. de la ISavig. intér. de la France, I, p. 81) que Léonard aurait fait construire en France la première écluse à sas sur l’Ourcq; ce qui devait remonter à son premier voyage en France, en 1306, dont il n’est fait aucune part mention (Lombardini, Dell’ori-gine, loc. cit., p. 30), car Léonard ne fit aucun voyage en France dans l’année 1306 qu’il passa à Fiesole et à Milan, d’où il ne revint à Florence qu’en 1307.
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- « Si la crue dépassait les berges, comme on l’a vu cette année, sur une hauteur de 4 bras au-dessus de la berge la moins élevée, et charriait de très gros bois, en flottage suivant le courant, ceux-ci finiraient par s’appuyer et s’affermir contre ceux dont la résistance est assez grande, en raison de leurs branches.
- « Au cas où ces bois entrent dans le cours d’eau, c’est qu’ils ont peu ou point de branches ; ils flottent à la surface et ne nuisent pas au barrage avec redans que je propose.
- « S’ils entrent animés d’une grande vitesse, bois et arbres de forte taille
- Fig. 33. — Léonard de Vinci. Écluse de San Marco; canal de Milan. Détails de construction et croquis de la porte en plan. — Cod. AU., fol. 240. R. c.
- passeront de 4 à o bras au-dessus de la crête des barrages, comme le prouvent les épaves...
- « Lorsqu’il n’y a pas de courant, on devra revêtir le fond soigneusement et promptement avec des fascinages ; les bois lancés en avant retourneront en arrière. »
- Des arrosages à l'eau de source (Fol. 271 Y. a). — « Le moteur permettra de produire du vent en tout temps et d’élever en été l’eau fraîche des sources que l’on fera courir entre les plates-bandes du jardin... afin d’arroser les orangers et les cédrats, suivant le besoin. Les cédrats et citronniers seront permanents, pourvu que le lieu choisi permette de les abriter facilement : la température de l’eau des sources en hiver servira beaucoup mieux que le feu pour les conserver ; car en premier lieu-, la chaleur est naturelle ; c’est la même qui ré-
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- chauffe les racines de toutes les plantes, et en second lieu, celle d’un fourneau est intermittente et privée d’humidité et de régularité, plus forte au commencement qu’à la fin; souvent enfin faute de soins, on oublie de l’entretenir.
- « Il ne faut pas négliger de faucarder souvent autour des sources ( fontanili) pour que l’eau apparaisse limpide sur les fonds de gravier. On ne doit y laisser que des cressons et autres plantes utiles à la nourriture du poisson. Le poisson du vivier doit être choisi de manière à ne pas rendre l’eau trouble; par consé-
- Fig. 36. — Léonard de Vinci. Croquis d’étude sur lajonction du Cher et de la Loire, et le canal de Romorantin. — Cod. Atl., fol. 32o. V. 2.
- quent, ni anguille, ni tanche, ni similaire qui détruise les autres espèces.
- « Le moteur pour élever l’eau servira encore à la conduire jusques dans l’habitation et aux fontaines... » Et ici, Léonard indique les applications aux jeux d’eau à surprises, aux instruments musicaux, aux volières, etc.
- Canal du Cher à la Loire (Fol. 329 V. n° 2) (I). — La figure 36 se rapporte à l’étude hydrographique qui occupa Léonard pendant les dernières années de sa vie, passées en France. Elle représente en esquisse la jonction du Cher et de la Loire, et de la Sauldre avec le Cher. Le long du tracé des cours d’eau, on
- (1) Ancienne notation dn Codice Atlantico original, de la Bibl. Ambrosienne.
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- lit : Tours (Tors), Amboise (Ambosci), Blois (Blés), xVlontrichard (Monriciard). Romorantin, Villefranche (Villa'franco). La ligne droite tracée entre Amboise et Romorantin, à la partie supérieure, indique probablement la direction d’un canal qui devait se prolonger à l’aval jusqu’au point désigné par Lyon (Lione).
- Différentes annotations de la main de Léonard, accompagnent ce dessin :
- « Tu prendras le niveau du canal à mener de la Loire (Era) jusqu’à Romorantin, en vue d’un profil ayant 1 bras de largeur sur 1 bras de profondeur. »
- [Fig. 37. — Léonard de Vinci. Étude sur l’écoulement de diverses Bouches modellées des canaux.
- Cocl. Atl., fol. 387. R n. 1.
- « De Romorantin jusqu’au pont Sauldre (ponte a Sodro), et de ce pont jusqu’à Tours (Tors), le cours d’eau s’appelle Cher (Schier). »
- Des calculs complétant le feuillet 329 se rapportent aux pentes à donner aux divers canaux :
- « Une perche (trabucco) égale 4 bras; 1 mille compte 3 000 bras, et le bras se divise en 12 onces; et l’eau des canaux a pour chute 2 onces par 100 perches. Ainsi, il faut 14 onces de chute pour une longueur de 2 800 bras.
- « Il en résulte que 15 onces de pente totale suffisent pour assurer le courant des eaux dans les canaux; soit 1 bras 1/2 par mille. Pour cette raison, l’eau dérivée de la rivière à Villefranche,pour être conduite à celle de Romorantin, exigerait...
- « Si l’une des rivières est trop basse pour que l’eau pénètre jusques dans
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- l’autre, il faudra la remonter à telle hauteur qu’elle puisse descendre vers celle d’un niveau plus élevé. »
- Bouches de prise d’eau (Fol. 387 R. n° 1) (1). — La figure 37 paraît se rapporter aux études que fit Léonard quand il jaugea les onces d’eau du canal San Cristoforo qui lui avaient été concédées. Une date écrite sur ce feuillet est
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- Fig. 38. — Léonard de Vinci. Travaux de déblai. Appareils avec caisses à bascule; détails des caisses. — Cod. Atl., fol. 151. R. b.
- caractéristique : « Canal de San Cristoforo de Milan; fait le 3 mai 1509. » Il n’y a pas d’autre texte.
- Le tracé des paraboles des lames qui s’échappent des bouches modellées sous différentes charges d’eau, et de leur intersection, se réfère sans doute aux recherches sur les phénomènes résultant de la hauteur des courants.
- Travaux. — Le Codice Atlantico renferme nombre de calculs et de considérations, relatifs au meilleur mode de distribution des ouvriers sur les chantiers
- (1) Ancienne notation du Codice.
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- de déblai et de remblai, afin d’obtenir le maximum de travail dans le moindre temps avec la plus grande économie.
- Dans le fol. loi R b (fig. 38), il s’agit notamment d’une installation avec caisses à bascule, établies de façon « que l’une se vidant, l’autre s’emplit pour gagner du temps. Chaque appareil est ainsi fourni de 2 caisses, de quatre bras de longueur, 1 bras et demi de largeur, et 1 bras trois quarts de hauteur, dont le fond s’ouvre en deux parties dans le sens de la longueur, quand il pose sur le sol. Il serait préférable, ajoute Léonard, qu’elle pût culbuter », et il fait le
- dessin du meilleur culbuteur qu’un homme suffit à manœuvrer. La figure montre les détails du mécanisme.
- Le fol. 189 R. b, est consacré à la description d’un chantier de déblai.
- « Si tu places les ouvriers suivant la largeur du fossé et que tu les fasse piocher en tète, tu ne pourras avancer que dans la mesure du travail d’un homme, c’est-à-dire du dernier, le plus éloigné du bord de la tranchée. Tous les autres renverront successivement l’un sur l’autre la terre déblayée jusqu’à celui qui rejette au-dessus du bord. Ce mode de creuser aura en plan une forme pyramidale ; la pointe sera tournée en amont du terrain, et la base vers le premier ouvrier.
- « Cette disposition s’appliquera à toute la longueur de la bande de terrain à attaquer; mais la tranchée étant creusée, sur une longueur de 10 bras par exemple, quand il s’agira d’engager le même nombre d’hommes pour en excaver une seconde, il faudra suivre le même ordre, et ainsi pour la 3° et la 4e, jusqu’à complet approfondissement, etc. »
- Dans le fol. 210 R b, les calculs et le texte de Léonard s’appliquent aux conditions de pelletage des terres, au travail qu’exécute un bon ouvrier, aux brouettes, aux chariots, etc.
- « Et comme 180 pelletées, conclut Léonard, représentent 1 bras cube, un bon ouvrier enlevant par heure 2 bras cubes et 50/225, il en résulte que pendant
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- Eig. 39. — Léonard de Vinci. Croquis d’un chantier d’attaque en rocher.— Cod. Atl.. fol. 236. R. b.
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- 28 heures et 2/7, il déblaiera 64 bras cubiques, c’est-à-dire une canne cubique, en 2 journées et demie, cinq demi-journées représentant une canne cubique. » Dans le même fol. 210, mais au verso b, Léonard analyse le travail du pelleteur qui^s’exécute en six mouvements; parfois en quatre, mais alors sans continuité. « J’ai fait le compte », ajoute-t-il.
- « La pelletée de terre ordinaire pèse 10 livres; le quadretto, 1800 livres. Un homme jette 500 pelletées par heure, soit à 10 livres par pelletée, 5 000 livres,
- Fig. 40. — Léonard de Vinci. Installation avec trombe pour élever les matériaux. — Cod. Atl., fol. 59. R. a.
- représentant 2 quadretti et demi. La canne carrée équivaut à 65 quadretti, c’est-à-dire, à 115 200 livres, que ledit ouvrier enlève en 24 heures et 3/5, ou bien en 2 journées d’été. Voyons maintenant combien d’ouvriers exigera un fossé de 40 bras de largeur au plafond, 32 au radier et 16 de profondeur?... »
- La disposition d’un chantier d’attaque en rocher pour travaux de canal est indiquée par les divers croquis à échelle très réduite (lig. 39) empruntés au fol. 236 R 6, mais autrement groupés.
- Il s’agit de l’emploi de siphons (cicognole) et de vérins (castelli), installés à divers niveaux avec sentiers d’accès, dont les croquis feront saisir l’intérêt spécial.
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- « Pour tailler le roc, il faudra mettre 3 siphons et 6 vérins en œuvre, commencer par le sommet afin de descendre tout le déblai au même pâlie Alors seulement naîtra la difficulté du déplacement des vérins...
- « Chaque vérin sera placé devant le front de taille qui regarde le canal
- Fig. 41. — Léonard de Vinci. Appareils mécaniques pour soulever des matériaux, dresser des colonnes, etc. — Cocl. Ail., fol. 48. V. 1.
- s’agit du canal de Brivio) ; mais ces vérins ne devront jamais descendre; faudra seulement les reculer au même niveau jusqu’à ce que l’on atteigne radier du canal; et cela parce qu’il est bien plus aisé d’allonger un cordage qi de déplacer un vérin... »
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- Une installation avec trombe pour élever mécaniquement les matériaux de construction, les colonnes, etc., est esquissée dans la fi g. 40 (fol. 59. R. a. du Codice); mais elle n’est accompagnée d’aucune légende.
- La figure 41 (fol. 48. Y. 1) représente d’autres appareils dont un en forme triangulaire, à chacun des angles duquel peut s’adapter une vis qui le déplace entièrement, dans le but de soulever mécaniquement des fardeaux, notamment des fûts de colonnes. Le texte porte que « la colonne devra être armée de deux: plaques de bout avant de la dresser ».
- Bateaux. — Dans bien des feuillets du Codice, on trouve des indications et
- Fig. 42. — Léonard de Vinci. Croquis de barque pour canaux. Cocl. Atl., fol. 7. V. b.
- des croquis relatifs aux barques, aux traversées de cours d’eau sur ponts mobiles. Une barque (rubecchio) est dessinée fîg. 42 (fol. 7 V b).
- Il y a lieu de noter entre autres cette observation (fol. 211 v a) :
- « Le grand poids d’une barque passant dans un pont canal que soutiennent des voûtes, n’augmente en rien la charge du pont, car la barque~pèse autant que l’eau qu’elle déplace du lieu dans lequel elle pénètre. »
- 4. — Colmatage.
- Il semble qu’aucune branche de l’hydraulique et de ses applications ne dût échapper aux investigations de Léonard, et ce n’est pas un de ses moindres titres de gloire, dans l’histoire de la science, que d’avoir été encore le premier à donner des règles pour l’entreprise des colmatages en aidant artificiellement le travail de la nature. Dans cette Toscane qui avait précédé toutes les nations comme pratique de l’assainissement des terres insalubres (1), il montre le premier comment les mêmes eaux faisant brèche, qui portent la désolation dans les campagnes cultivées, peuvent être obligées de restituer aux terres incultes le butin dont elles se sont emparées, transformant ainsi des landes stériles ou des marais miasmatiques, en terres de plein rapport et salubres.
- (1) Les colmates sont déjà mentionnées, en Toscane, dans des documents du xne siècle (Targioni, Sulla Valdinievole, I, 5 et 6 et 57).
- Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902.
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- Pour cela, Léonard préconisait le dépôt des limons charriés par les eaux troubles des rivières, et par les eaux pluviales ayant enlevé la terre végétale des montagnes, grâce à des canaux particuliers conduits à travers les terrains d’un niveau inférieur.
- Dans l’index non classé qui figure au feuillet 74 R. a. du Codice Atlanlico, on trouve diverses indications de paragraphes, sur la conduite des eaux sous terre et sur terre, sur les détritus enlevés aux montagnes par les cours d’eau, et un paragraphe qui traite spécialement du dessèchement par colmatage : « assèchement des marais dans lesquels on fait arriver les atterrissements par les eaux. »
- Un chapitre du Traité du mouvement des eaux a d’ailleurs pour titre : « Gomment à l’aide des eaux courantes on peut conduire les terres des montagnes dans les vallées paludéennes, les rendre fertiles et assainir l’air ambiant(l). »
- Libri a cité d’autres passages extraits des manuscrits; la traduction de celui relatif aux colmates suit :
- « Les atterrissements des marais s’obtiennent, écrit Léonard, en leur portant les eaux troubles des rivières.
- « Ceci est démontré par le fait qu’une rivière, quand elle a du courant, enlève le sol; mais quand elle le perd, elle laisse déposer son limon; car dans les rivières, comme dans les marais, l’eau acquiert toujours un mouvement insensible. Or la rivière devra accéder dans le marais par un canal bas, étroit et coudé, pour en sortir par un débouché large et peu profond. Ceci est indispensable; car l’eau courante de la rivière étant plus chargée de dépôts en bas qu’en
- haut, et l’eau des marais également, la différence de gravité des couches supérieures du marais par rapport aux couches inférieures, est toute autre que dans les eaux courantes où elle varie peu. Il s’ensuit que le marais s’attérira, parce qu’au-dessous il sera en eau trouble et au-dessus, en eau claire, qui s’échappe du côté opposé à l’entrée, et parce qu’il exhaussera son fond au moyen du dépôt qui se forme d’une manière continue à la surface (2). »
- 5. —Machines hydrauliques.
- La plupart des mécaniciens, depuis Vitruve jusqu’au xviii® siècle, ont traité avec une certaine prédilection des machines élévatoires, ou d’appareils de leur invention pour élever l’eau. Le plus grand nombre ont été considérés comme puérils, ou comme im-
- (1) Manuscrit F, et fol. 14 du Codice.
- (2) Manuscrit, vol. E, fol. 4.
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- Mécanisme de transmission pour pompes accouplées. — Cod. Atl. fol. 377. R. 2.
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- praticables. Léonard a cru devoir sacrifier également à ce besoin d’inventer, qui le tourmentait pour les applications de l’hydraulique, comme des autres sciences.
- Aussi, le Codice Atlantico offre-t-il à ce sujet un nombre infini de projets
- Fig. 44. — Léonard de Vinci. Pompe à bras aspirante avec double jeu de soupapes.
- — Cocl. Atl., fol. 5. R. b.
- et de croquis, la plupart sans texte, concernant des machines à vis ou des pompes pour élever l’eau nécessaire à l’industrie, ou la distribuer à l’usage domestique, aux bassins et jeux d’ornement des jardins, etc. On ne peut
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- Fig. 45. — Léonard de Vinci. Pompe à cloche et pompe à balancier pour double piston. — Cod. Atl., fol. 1. R. a.
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- qu’éprouver de l’embarras dans le choix d’appareiis qui se distinguent à l’envi par l’ingéniosité des mécanismes primitifs de transmission.
- Le professeur Govi signale certains mécanismes pour transmettre le mouvement d’une manivelle à des pompes accouplées (fig. 43) et pour déplacer par un excentrique cylindrique un arbre dont les deux pignons engrènent ainsi alternativement, avec les roues commandant les pompes (1).
- Les folios 5. R. b et 7. R. a (fig. 44 à 48) et 7. Y. a (fig. 49 à 51) renferment une série d^appareils à pompes avec sextant ou avec cloche, à roue et à vis,
- '< .n
- Fig. 47. — Léonard de Vinci. Machine d’épuisement avec trombe et double piston.
- Roue à puits. — Cod. Atl.,fol. 7. R. a.
- mus par des manivelles, des balanciers ou des trombes à soufflet, pour épuisement, élévation et conduite d’eau, dont les figures suffiront à montrer le caractère inventif et l’intérêt.
- Les dessins de machines empruntées au fol0 377. R. 2, du Coclice, appartiennent à des systèmes peu différents; mais le texte ne renferme que des annotations de détail sans importance (fig. 52 à fig. 54).
- La figure 55 représente une installation pour élever l’eau d’une cour jusqu’aux divers étages, et la figure 56 une autre, pour conduire l’eau sur des tours munies de bassins ou servant de réservoirs.
- (I) G. Govi, Saggio, loc. cit., 1872.
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- Sur l’application des poulies, en particulier, dans le but de monter l’eau
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- Fig. 48. — Léonard de Vinci. Machines élévatoires à sextant et_à trombe. — Cocl. Atl.,fol. 7. R. a.
- dire, juste de la même longueur de corde qui l’enveloppe complètement une fois. »
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- 6. — Traité du mouvement et de la mesure des eaux.
- Lorsque le bibliothécaire Manzi publia en italien la deuxième édition du Traité de peinture à Rome, en 1817, il fit la remarque que sous le numéro 3457 de la bibliothèque Barberini, se trouvait un manuscrit en bon état, copié
- Fig. 49. — Léonard de Vinci. Roue élévatoire à bras et vis d’épuisement. — Cocl. Atl.,fol. 7. V. a.
- sur les textes originaux de Léonard et ayant pour titre : « Del moto e délia mi-sura delle acque. » Ce manuscrit se terminait par la note suivante : « Ce sont neuf livres du mouvement et de la mesure des eaux de Léonard de Vinci, recueillis et classés d’après ses manuscrits, par le Père Luigi Maria Arconati, dominicain, maître en théologie, 1643. »
- C’est ce même manuscrit qui fut publié pour la première fois, sans collation-
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- nement aucun et sans révision, à Bologne, en 1828, à la fin du tome X du « Recueil des auteurs italiens qui ont traité du mouvement des eaux ».
- Quel que soit le mérite de cette publication si tardive, et quelque impression qu’elle ait causée dans le monde savant, il est évident que c’est là une compi-
- Fig. 50. — Léonard de Vinci. Roue à cuillère et vis d’Archimède pour épuisement.
- — Cocl. Atl.,fol. 1. V. a.
- lation faite par un théologien, et qui diffère probablement du traité écrit par Léonard lui-même sur la matière.
- Comme l’a fait remarquer Libri, aussi bien que le Traité de peinture publié en 1817, celui de l’hydraulique « n’est formé que de notes et de chapitres séparés qu’on a disposés dans un ordre différent de celui où Léonard les aurait classés. Les citations qu’il en a faites, les tables de matières qu’il a laissées prouvent que ce ne sont pas là les ouvrages rédigés par le grand maître. Non seulement ces ouvrages ont péri, mais on a perdu aussi la plupart des livres où il transcrivait ses notes (1). »
- (1) Libri, Hist. des math., loc. cit., III, 31.
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- On a relevé également, d’après d’autres manuscrits de Léonard, que certaines parties du Traité contiennent des chapitres et des tables ne correspondant pas entre eux. C’est ainsi que dans le volume N (fol0 55) on lit : « Cominciamento
- Fig. 51. — Léonard de Vinci. Roues et pompes élévatoires. — Cod.Atl., fol. 7. V. a.
- del trattato deü’acqua... Lîomo é detto dagli antichi mondo minore : certo la dizione d’esso non é bene collocata, etc.; » ce qui se traduit de la manière suivante : « Commencement du traité de l’eau... L’homme est considéré par les anciens comme appartenant au monde mineur; cette classification de l’homme
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- n’est pas bien justifiée, etc. » Il est évident que ce début ne s’applique en aucune manière au Traité d’hydraulique, ,---------~
- tel qu’il a été imprimé.
- En outre, dans le manuscrit N (fol0 78), on trouve une table synoptique du Livre de « la percussion des eaux exer-
- Fig. 52. — Léonard de Vinci. Pompe d’épuisement à double soupape et roues d'engrenages.
- — Cocl. Atl., fol. 377. R. 2.
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- Fig. 53. — Léonard de Vinci. Pompe d’épuisement à double soupape, avec manivelle. — Cod. Atl., fol. 377. R. 2.
- cée sur divers objets », et encore, fol0 73, il est faitfmention de ce même livre, qui manque tout entier dans l’ouvrage publié à Bologne.
- Libri a reproduit en note le texte même du premier livre des eaux, d’après le volume E (fol0 12), qui diffère sensiblement de celui de l’ouvrage publié, comme on peut s’en assurer par soi-même (1).
- Le frère Arconati, compilateur du Traité des eaux, a laissé évidemment passer par mégarde un chapitre intitulé : « pour obtenir un mouvement perpétuel d’eau », qui fut inséré tout au long dans le tome X du Recueil de Bologne, alors, comme on Ta vu, que Léonard était convaincu de l’impossibilité du mouvement perpétuel.
- Quoi qu’il en soit, lorsque l’ouvrage
- (1) Libri, loc. cit., III, Note IV.
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- parut, le savant mathématicien et hydraulicien de l’Académie de Turin, Bidone, ne put s’empêcher de reconnaître que c’était « un des plus beaux monuments du génie de son auteur » (1).
- « Si cet ouvrage, ajoute-t-il, avait été publié à l’époque où il a été écrit, il aurait incontestablement hâté les progrès de l’hydraulique.
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- Fig. 54. — Léonard de Vinci. Appareils avec soupapes pour élever l’eau par la force du vent; et pour la faire remonter à un niveau plus élevé. — Cod. Atl., fol. 377. R. 2.
- « La partie descriptive de la forme et de la direction que les courants contenus dans les canaux prennent selon les différents cas, est d’une telle exactitude et d’une telle vérité qu’elle ne laisse rien à désirer : elle porte l’empreinte de son auteur, exercé à bien saisir et à bien représenter les objets sur lesquels il fixait son attention.
- « Mais ce n’est pas là le seul mérite de cet ouvrage. Les explications qu’on y donne de ces formes et de ces directions sont en général justes et conformes
- (1) Bidone, Mem. délia R. Accad. delle Scienze di Torino, XXXIV, 234.
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- aux principes de la mécanique, ou bien elles le deviennent avec de légères modifications. Il y a plus encore, ces formes et ces directions n’y sont pas considérées d’une manière absolument abstraite et stérile; mais on les examine par rapport aux effets qu’elles produisent sur le fond et contre les parois du canal, et par là on fait voir dans quels cas et dans quels endroits se forment les tournants d’eau, les affouillements, les atterrissements et les corrosions, phénomènes
- Fig. 55. — Leonard de Vinci. Installation pour éle\cr l'eau de la cour aux étages.
- — Cod. Atl., fol. 1. V. a.
- qui tous dépendent et sont une conséquence nécessaire de la forme et de la direction du courant. »
- Lombardini a donné du Traité du mouvement et de la mesure des eaux, « comprenant neuf livres et 567 propositions, avec 51 planches et 219 figures », le résumé suivant (1) :
- Livre I. — Définitions les plus usitées en matière d’eau (chap. 1er) ; Formation des étangs, lagunes, dunes et ports, aux embouchures des cours d’eau, dans la mer (chap. 32) ;
- Origine des pluies par l’évaporation de la mer,des lacs et des étangs; aJimen-(I) Lombardini, Guida allô studio deïï Idrologia fluviale, p. 42.
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- tation des cours d’eau par les pluies : augmentation des pluies dans les couches inférieures de l’atmosphère, etc. (chap. 40, 44 et 45).
- Livre II. — Vitesse croissante de l’eau selon l’éloignement des berges (chap. 18, 23 et 32);
- Accélération des eaux courantes, causée par la pesanteur, et leur ralentissement causé par les résistances du lit (chap. 21, 23 et 31);
- de Vinci, Roue et vis élévatoiros
- (S. — Lénium
- nliiïU'nlnlion de tonnes ci réservoir
- — Cad.
- La vitesse augmente suiyant la pente (chap. 27, 53 et 54);
- La vitesse augmente à la surface par rapport au fond, à cause de la résistance qu’offre ce dernier (chap. 33, 37, 40 et 41);
- Changements de vitesse produits parles vents (chap. 38) ;
- Description d’un flotteur qui indique si la vitesse est plus grande à la surface qu’au fond (chap. 42) ;
- Principe du mouvement permanent des eaux courantes ; la vitesse est pro-
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- portionnelle à la surface des sections du cours d’eau (chap. 50, 51 et 52) (1);
- Pour une même largeur et une même pente, la vitesse augmente dans le cours d’eau le plus profond, en raison de la moindre résistance du fond (chap. 58).
- Livre III. — Mouvement des ondes.
- Livre IV. — Tournants et tourbillons.
- Livre V. — Percussion de l’eau.
- Livre VI. — Brèches, érosions et corrosions causées par les eaux ; affluents ;
- Fig. 37. — Léonard de Vinci. Croquis d’étude sur l’agencement des poulies. — Cocl. Atl.,fol. 377. V. c.
- mouvement transversal des eaux à l’étiage, qui disparaît lors des crues (chap. 19 et 26) ;
- Force de corrosion augmentant lorsque la section des cours d’eau diminue (chap. 7 et 46);
- Redressement des cours d’eaux sinueux. Défense des rives contre les corrosions à l’aide de gabions, avec fascinages et graviers (chap. 58) ;
- Colmatage des marais par les eaux troubles des torrents (chap. 63).
- Livre VIL — Dépôts alluviens des cours d’eau ; effets du déboisement des montagnes (chap. 21).
- Livre VIII. — Enumération des seize cas dans lesquels le débit d’une bouche d’eau peut être influencé (chap, 16) ;
- Ecoulements proportionnels au. poids de la colonne d’eau qui pèse sur l’orifice (chap 17);
- (I) Le livre VIII renferme aussi des développements sur cette proposition du mouvement permanent et de la vitesse proportionnelle des eaux courantes.
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- Vitesse dans un canal, d’après le même principe, proportionnelle aux hauteurs du courant (chap. 19 et 21);
- Écoulement des bouches d’eau, proportionnel à la hauteur d’eau, à partir de leur bord supérieur (chap. 25);
- Mouvement permanent des eaux, et démonstration du principe (chap. 37, 40 et 41).
- Livre IX. — Description de moulins et autres machines hydrauliques.
- Tel qu’il est résumé, le Traité embrasse, on le voit, les principales théories d’un manuel complet d’hydraulique où se trouvent développés, pour la première fois, la théorie du mouvement accéléré de la chute des corps, le principe du mouvement permanent dans les cours d’eau, attribué plus tard à l’abbé Castelli, et le principe du mouvement uniforme, exposé deux siècles plus tard par Guglielmini.
- C’est ainsi que revient à Léonard de Vinci, quoique ses études et ses découvertes soient restées ignorées pendant plus de trois siècles, le double honneur d’avoir fondé la science hydraulique, dont Galilée et ses élèves, Castelli, Torri-celli et Viviani, ont fixé les formules, ainsi que la méthode expérimentale, en proclamant le premier que l’observation est la base des connaissances humaines. Cette méthode, il Ta résumée lui-même en ces termes :
- «Il est toujours utile d’acquérir des connaissances quelconques pour meubler son esprit. On choisira celles qui peuvent lui servir, et on en écartera les autres. La théorie représente le général qui commande aux troupes; la pratique, les soldats qui obéissent. L’expérience est l’interprète des secrets de la nature ; elle ne se trompe jamais. C’est notre jugement qui se trompe parfois, en annonçant des effets que dément l’expérience.
- « Il faut donc recourir à l’expérience, en faire varier les circonstances jusqu’à ce que l’on puisse en déduire des règles, car elle seule fournit les vraies règles. Mais à quoi bon ces règles, direz-vous? Je réponds qu’elles peuvent seules nous diriger dans nos recherches des phénomènes naturels et des opérations de l’art. Elles empêchent que nous nous trompions nous-même, et que nous trompions les autres... en laissant prévoir des résultats que nous ne saurions obtenir (1). »
- Avec un sculpteur pour maître, et pour conseillers, tous ceux qui l’approchèrent dans le cours de sa vie, Léonard n’a eu qu’un livre de texte, la nature;
- « la nature, si large que dans le monde entier, tu trouves, écrit-il, de quoi apprendre »(2); «la nature, si pleine de raisons infinies qui ne furent jamais
- (1) Venturi, loc. cit. Paris, 1797.
- (2) Man. Ashb. I, fol. 31, 5.
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- mises en expérience » (i). Observateur incomparable, artiste transcendant, ineffable, savant encyclopédique, inventeur fécond, ingénieur et hydraulicien consommé, génie universel et prodige à la fois, il se dresse, au seuil du xvie siècle, comme un phare qui éclaire de ses rayons, jusqu’aux horizons des âges à venir, les premiers pas de l’art et de la science modernes.
- (1) Man. I, fol. 181.
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- MÉTROLOGIE
- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL DES POIDS ET MESURES
- par Ch.-Éd. Guillaume (1).
- DÉTERMINATION DE LA MASSE DU DÉCIMÈTRE CUBE D’EAU
- Dans la première partie de ce travail, il a été donné un court résumé des mesures faites à diverses époques en vue de déterminer la masse du décimètre cube d’eau ^t. CI, p. 255). Leurs résultats étaient peu précis, et, à l’exception de la mesure originelle de Lefèvre-Gineau et Fabbroni, à laquelle on peut aujourd’hui appliquer de petites corrections, les nombres s’écartent sensiblement, dans les deux sens, de la valeur 1 admise par définition, pour la construction du kilogramme.
- Il était donc particulièrement intéressant de reprendre ces mesures au Bureau international, conformément aux vues de la Commission de 1872 (t. CI, p. 262, décision 17), en mettant à profit une longue expérience, et en utilisant, à la fois, des instruments très parfaits et des étalons bien connus.
- La seule méthode générale susceptible de donner une grande exactitude dans la mesure dont il s’agit consiste à déterminer, par des mesures linéaires, le volume d’un corps de forme géométrique régulière, puis d’évaluer, par des pesées hydrostatiques, la perte de poids que ce corps subit dans l’eau. La dernière partie de la mesure ne peut différer que par de petits détails; mais, comme nous l’avons vu, la détermination d’une distance définie par deux surfaces opposées, admet les procédés les plus divers.
- Les recherches précédemment décrites nous ont montré que les méthodes de visée directe peuvent renfermer des erreurs assez importantes, et que les procédés faisant intervenir le contact de pièces convenablement construites assurent une exactitude beaucoup plus grande. D’autre part, les précédés inter-férentiels permettent de fixer avec une extrême délicatesse la position d’une surface plane. Aujourd’hui, ces deux méthodes restent seules en présence, et ce sont aussi les seules qui aient été mises en œuvre au Bureau international. A première vue, la méthode interférentielle paraît tellement supérieure à la pre-
- (1) Voir le Bulletin d’août, octobre, novembre et décembre 1901, mars 1902.
- Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902.
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- MÉTROLOGIE.
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- mière que celle-ci semble superflue ; il convient toutefois de noter qu’elle ne s’applique qu’à des corps terminés par des surfaces dont la planéité est d’une perfection réalisable seulement au prix de grands efforts, et sur des corps de dimensions assez restreintes, ce qui fait regagner à la méthode des contacts une partie de la distance qui, au point de vue de la simple mesure des épaisseurs, la sépare de la méthode interférentielle.
- La probabilité d’erreurs se reportant sur le résultat final peut se répartir différemment sur les deux opérations dont l’ensemble concourt à fournir ce résultat, suivant les dimensions des corps employés à la mesure, la perfection de leur forme, et aussi suivant le procédé de détermination des longueurs.
- Supposons par exemple, que le gravimètre soit un cube de 1 décimètre au côté, d’une densité telle que sa masse ne dépasse pas 2 ou 3 kilogrammes ; il sera très facile, par des pesées dans l’air et dans l’eau, d’obtenir la valeur de la poussée avec une approximation de l’ordre de 1 milligramme, et des soins minutieux permettront de descendre au-dessous de cette limite. Or, 1 milligramme d’eau, c’est-à-dire 1 millimètre cube correspondrait à une couche de 09-,1 sur l’une des faces ou de 09-,033 sur chacune des trois dimensions.
- Le procédé des contacts est actuellement impuissant à garantir une approximation de cet ordre, et il n’est pas certain que la méthode interférentielle permette d’y arriver.
- Considérons maintenant un cube ayant d’autres dimensions; la poussée de l’eau variera comme le cube du rapport des dimensions linéaires ; la précision absolue avec laquelle elle pourra être déterminée variera avec la poussée, augmentant à mesure que celle-ci diminuera, c’est-à-dire que le corps deviendra plus petit; mais, au moins entre certaines limites, la précision relative diminuera, de telle sorte que si l’on admet, pour un cube de 1 décimètre, une précision de l’ordre du millionième,elle sera moindre, dans des conditions de pesée analogues, avec un cube de quelques centimètres au côté, et dont le volume ne sera, par exemple, que la dixième ou la vingtième partie du premier. Finalement, pour des corps très petits, la précision absolue ne varie plus, et la précision relative arrive à être inversement proportionnelle au cube des dimensions.
- Pour les mesures linéaires, la précision varie peu avec les dimensions, dans des limites étendues. Mais l’erreur sur le résultat est simplement proportionnelle aux dimensions linéaires, et l’erreur relative est en simple raison inverse des dimensions. On aura encore avantage à employer des corps aussi volumineux que possible ; mais, si l’on applique les mesures à des corps très petits, les erreurs relatives des dimensions varient dans une proportion moindre que celles des pesées, et on pourra, suivant les méthodes employées, arriver à une limite telle que ces dernières pourront être comparables aux autres, ou même devenir prépondérantes. Elles le deviendront encore pour des corps de grandes
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- LA CONVENTION DU MÈTRE ET LE BUREAU INTERNATIONAL.
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- dimensions, en raison de la difficulté que Ton rencontre à construire des balances de précision susceptibles de porter de très fortes charges. D’ailleurs, l’impossibilité, pour l’opérateur, de manier des corps très lourds, les déformations que ceux-ci éprouvent sous leur propre poids, la difficulté de leur donner, par construction, une forme régulière, limitent bientôt à un maximum de dimensions qu’il est dangereux de dépasser.
- Les irrégularités de forme ne modifient en rien la précision des pesées; en revanche, elles interviennent dans les mesures linéaires, puisque, à la suite des mensurations faites en un nombre limité de points, il est nécessaire de calculer le volume du corps en admettant une suffisante continuité dans la surface. Cette condition de perfection de la forme, qui est absolue dans l’emploi des méthodes interférentielles, est aussi fort importante pour la méthode des contacts, parce que, si la régularité de la forme est satisfaisante, elle permet de réduire le nombre des points touchés, et, pour une même somme de travail, de déterminer avec plus de précision les épaisseurs correspondantes.
- .MESURES PAR LA MÉTHODE DES CONTACTS
- Dimensions linéaires.
- Les mesures des dimensions linéaires ont été faites à l’aide du comparateur à palpeurs précédemment décrit (t. CI,p. 478) ; comme on l’a vu, deux réglettes, de 500 millimètres de longueur, terminées par des calottes ayant environ 250 millimètres de rayon, sont appuyées par des poids constants contre la pièce à mesurer. On détermine la distance de deux traits de repère tracés dans une gorge, non loin du centre de courbure des calottes. Dans une autre opération, les règles étant appliquées l’une contre l’autre, on mesure la distance des mêmes repères.
- Les corps mesurés étaient des cylindres de dimensions diverses. Yoici la désignation sommaire de ces cylindres, construits avec beaucoup de soin par M. Huetz, mécanicien du Bureau international; on avait pensé d’abord les faire tous en bronze; mais la difficulté d’obtenir cet alliage sans piqûres, a fait recourir à d’autres métaux lorsque, après de nombreux essais, un seul cylindre de bronze eut été reconnu suffisant.
- Numéros. Hauteur. Diamètre.
- mm. mm.
- I. Laiton étiré 129,5 144,7
- 2. Laiton martelé 116,3 120,5
- 3. Bronze 119,4 100,0
- 4. Laiton étiré 100,4 97,9
- 5. — 85,3 83,2
- 6. Bronze blanc 65,2 64,6
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- Ces cylindres formaient, comme on voit, une série à peu près régulière; mais le n° 5 ayant révélé des irrégularités de forme assez sensibles dut être abandonné.
- Pour pouvoir calculer le volume de chaque cylindre, il était nécessaire de mesurer un nombre suffisant de hauteurs et de diamètres, répartis systématiquement sur toute la surface, de manière à déterminer sa forme exacte et à pouvoir tenir compte de ses petites irrégularités. Dans ce but, le cylindre à mesurer était porté, entre les palpeurs, par des supports servant respectivement dans la position verticale ou horizontale de son axe. Sur l’un, il est centré, par trois vis, dans un anneau ajusté dans un disque monté sur un axe, et moleté à sa périphérie, de manière à pouvoir être mis en rotation par une vis tangente (fig. 43). Sur l’autre (fig. 44), le cylindre repose sur deux rouleaux de bronze, dont l’un, commandé par une roue d’angle, agit sur le deuxième au moyen d’une corde, tandis qu’il entraîne le cylindre par simple adhérence.
- A l’aide des dispositifs qui ont été décrits, on peut sans ouvrir l’appareil, retirer les réglettes en arrière, faire tourner le cylindre d’un certain angle autour de son axe, vertical ou horizontal, puis laisser revenir les réglettes au contact du cylindre et faire une nouvelle mesure. On peut ainsi faire le tour entier du cylindre, ou mesurer une série complète de hauteurs réparties sur un cercle de base, sans avoir à subir les pertes de temps qu’impose le retour à l’équilibre de température lorsque l’appareil a été ouvert.
- Les plates-formes formant l’embase de ces supports reposent sur trois vi& calantes et peuvent effectuer un mouvement d’avant en arrière commandé par une vis micrométrique, à large tête divisée. La plate-forme portant les rouleaux est double, les deux parties, superposées, étant réunies par un axe. Une vis-montée sur la première peut donner à la deuxième de petits déplacements angulaires exactement mesurés.
- Il est essentiel de pouvoir s’assurer que les mesures sont faites sur des diamètres et non sur des cordes, et que les hauteurs sont déterminées parallèlement à l’axe du cylindre. Le rayon assez grand définissant la courbure des calottes de contact oblige notamment, dans ce dernier cas, à un réglage trè& parfait du parallélisme de l’axe du cylindre avec la ligne des centres.
- Pour la mesure des diamètres, la position verticale de l’axe est aisée à obtenir, au moyen d’un niveau, ou simplement en observant l’égalité de hauteur des points de contact, rapportée au diamètre des goujons cylindriques terminant les réglettes. Pour le réglage d’avant en arrière, le procédé le plus simple et le plus sûr consiste à mesurer quatre ou cinq cordes dans des positions à peu près symétriques, et distantes de 1 à 2 millimètres du plan diamétral. Au moyen de la vis commandant la position de la plate-forme d’avant en arrière, on amène celle-ci au milieu des positions ayant donné des cordes égales. Un procédé
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- analogue permet d’orienter convenablement Taxe lorsqu’il . est horizontal.
- Les mesures des cylindres, faites en vue de la détermination de la masse du décimètre cube d’eau, ont été rapportées à la règle normale en bronze du Bureau international, dont la division avait été étudiée avec un soin extrême par M. Benoît. Mais, comme cette règle avait servi à de nombreuses opérations depuis l’époque de cette étude, il me parut nécessaire de faire une nouvelle détermination des corrections de tous les traits utilisés dans ce travail. Bien que sur aucun des traits les écarts entre les anciennes corrections et les nouvelles n’eussent dépassé 09,5, l’application des dernières corrections diminua sensiblement les divergences des mesures des mêmes dimensions rapportées, afin d’obtenir un contrôle, à des intervalles différents pris sur la règle normale.
- Je donnerai, à titre d’exemple, quelques-unes des mesures faites sur le cylindre n° 1; les nombres indiqués ci-après désignent l’excès, à une température fixe, de la distance des traits de repère sur l’intervalle de la règle normale auquel les mesures ont été rapportées.
- Les extrémités du cylindre sont désignées respectivement par A et B, et les angles, comptés en grades, sont mesurés à partir d’un plan initial passant par un trait marqué au diamant sur la surface A. Chaque diamètre mesuré a été dans deux positions inverses.
- DIAMETRES
- Positions. A 1 millimètre de A. Al millimètre de B.
- [JL JJ. I1 9
- 0 — 30,94 ] — 31,03 — 39,86 ] ! — 40,20
- 200 — 31,16 j — 40,18 j
- 50 — 31,09 j J — 31,12 — 39,76 j ! — 39,70
- 250 — 31,15 j — 39,63 j
- 100 — 31,23 j | — 31,28 — 39,37 | — 39,45
- 300 — 31,32 j — 39,54 j
- 150 — 30,73 j | — 30,98 — 39,96 | — 39,88
- 350 — 31,13 j — 39,80 )
- Ces deux séries de nombres montrent à la fois la précision des mesures et la perfection de la forme circulaire atteinte même au voisinage immédiat des bases.
- HAUTEURS
- Positions. A 1 millimètre du bord. 9
- 0 + 126,46
- 50 + 128,46
- 100 + 130,75
- 150 + 131,54
- 200 + 130,55
- 250 + 129,30
- 300 + 127,34
- 350 + 126,15
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- Les hauteurs ainsi mesurées près du bord indiquent une faible inclinaison des bases l’une par rapport à l’autre, sans irrégularités notables, les hauteurs dessinant sensiblement une sinusoïde. Les hauteurs mesurées sur des cercles plus voisins de l’axe, se répartissent aussi sur des sinusoïdes, mais de moindre amplitude.
- Finalement, le volume du cylindre put être calculé comme celui d’un corps de révolution, en y ajoutant une correction additionnelle pour tenir compte de l’inclinaison très faible et de la légère courbure des faces terminales; on fit de même pour les autres cylindres.
- Pesées.
- Gomme nous venons de le voir, les pesées dans l’air, à un degré de précision correspondant à celui des mesures de volume ne présentent aucune difficulté, et il est inutile d’y insister. Pour les pesées hydrostatiques, on s’attacha à réduire le plus possible les causes d’erreurs par les procédés précédemment décrits. On choisit aussi, pour les pesées dans l’eau, des températures très voisines de celles auxquelles avaient été faites les mesures de volume pour chaque cylindre, afin de réduire, dans la mesure du possible, les erreurs dues à une connaissance insuffisante des dilatations.
- Le tableau suivant résume l’ensemble de tout le travail :
- Cylindres. 0 mm3. Poussées. mg. Masse du décimètre cube d’eau à 4°.
- Nos 1. . . . . à 8,3 2130818,9 2130 339,7 0,999 930
- 2. . . . . 15,0 1 279 550,9 1278 324,3 0,999 913
- — 3. . . . . 8,0 938 686,0 938 507,6 0,999 934
- — 4. . . . . 15,0 775 329,5 774 609,0 0,999 942
- — G. . . . . 9,0 213819,5 213765,6 0,999 939
- On remarque tout d’abord, à l’inspection des résultats, la bonne concordance des nombres fournis par les cylindres nos 1, 3, 4 et 6, et l’écart négatif que présentent les résultats déduits du cylindre n° 2. Or, les pesées de ce cylindre avaient marché d’une manière très peu satisfaisante. La première immersion dans l’eau avait produit une augmentation de 28 milligrammes, indiquant l’existence de fissures, probablement à l’endroit des soudures. Les pesées ultérieures, faites sans que le cylindre eût été mis dans le vide, ont donné une meilleure concordance ; cependant, on a toujours observé une augmentation de poids dans une même série de pesées dans l’eau et une diminution au cours des pesées intermédiaires dans l’air. Ainsi, dans les opérations définitives, les six pesées successives dans l’eau ont accusé une augmentation progressive de 7 milligrammes.
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- Dans ces conditions, la moyenne offre bien peu de garanties, et la combinaison des résultats trouvés immédiatement après le changement des conditions, qui donnerait déjà un nombre sensiblement plus élevé (1), resterait évidemment entachée d’une erreur de même sens que celle qui affecte les moyennes, et qui a pour effet d’abaisser le résultat définitif. Celui-ci devrait être augmenté notablement, mais d’une quantité qu’il est pour ainsi dire impossible d’estimer, et ce qu’il y a de mieux à faire est de n’en pas tenir compte. Il est cependant intéressant de constater que le nombre corrigé, déduit des mesures faites sur ce cylindre, serait certainement très voisin des quatre autres.
- Il reste à tirer, de l’ensemble de ces résultats partiels, la valeur la plus probable de la masse du décimètre cube d’eau, valeur qui pourra être sensiblement différente, suivant que l’on considère les écarts entre les nombres individuels comme étant dus à des erreurs fortuites ou à des causes constantes affectant la mesure des volumes. Dans cette dernière supposition, on devra considérer les différences des volumes des cylindres successifs comme plus sûrement déterminées que les volumes eux-mêmes. Mais, s’il en était ainsi, on constaterait, dans la série des résultats partiels, une progression bien accusée, qu’il est difficile d’apercevoir dans la suite des nombres qui précèdent, et dont le résultat relatif au deuxième cylindre doit être éliminé. La très faible différence moyenne entre les cylindres les plus grands et les plus petits est, en nffet, certainement inférieure aux erreurs fortuites probables des observations, et, comme nous allons le voir, la progression suit un ordre inverse de celui que les chances d’erreurs constantes pourraient faire supposer.
- Si l’on considère les erreurs comme fortuites, on devra donner aux divers résultats des poids proportionnels à la suite des nombres 46, 35, 32 et 22. On trouvera ainsi :
- Masse de 1 décimètre cube d’eau à 4° = 0kg,,999 936.
- Il reste maintenant à discuter le sens des erreurs qu’on a pu commettre, et l’interprétation qu’il convient de donner de ce résultat.
- Dans la mesure des volumes, on peut envisager trois opérations distinctes : la détermination des diamètres, celle des hauteurs et la mesure de la constante des palpeurs.
- En laissant de côté la question des poussières, nous savons que, dans le contact des deux calottes sphériques terminant les palpeurs, nous pouvons corn-
- (1) Si l’on combine, par exemple, les premiers résultats des derniers groupes de peséee dans l’eau et dans l’air, on trouve 0,999 918 ; or, la première pesée dans l’eau avait été exécutés six heures après l’immersion. Dans les quinze heures qui suivirent, le cylindre gagna 7 milligrammes.
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- mettre une erreur négative, si les deux pièces ne sont pas parfaitement en regard, tandis que nous ne pouvons pas commettre d’erreur positive.
- Dans la détermination des hauteurs, au contraire, on peut commettre une erreur positive si l’axe du cylindre n’est pas parallèle à la ligne des centres des deux sphères dont les calottes font partie; en revanche, les erreurs négatives ne seraient possibles que si les palpeurs formaient un angle entre eux, et si les traits de repère étaient situés beaucoup en dehors des centres de courbure.
- Dans la détermination des diamètres, les erreurs sont positives si l’axe du cylindre n’est pas dans la perpendiculaire à la ligne des centres, négatives si les mesures sont faites sur une corde. Or, le procédé de réglage employé dans ces mesures amène certainement très près d’un diamètre, tandis que le réglage de la direction de l’axe est peut-être un peu moins sûr.
- En somme, les opérations sur les cylindres peuvent les faire paraître trop grands, tandis que les palpeurs peuvent être trouvés trop petits. Il en résulte que les volumes trouvés peuvent être facilement un peu trop forts, mais qu’il y a peu de chances qu’ils soient trop faibles. Le résultat définitif sera donc plus probablement entaché d’une erreur négative que d’une erreur positive.
- J’ajouterai que le défaut très évident du cylindre n° 2 a pu exister à un degré fortement atténué dans plusieurs des autres, et qu’en tous cas les petits défauts de poli du métal, les piqûres ou fissures microscopiques de toutes sortes ont pu diminuer la poussée sans affecter le volume calculé comme celui d’un corps limité par une surface parfaitement continue passant par-dessus les pores du métal.
- Il ne faudrait pas nécessairement conclure de cette discussion que le résultat soit sûrement trop petit; quelques causes d’erreurs ont pu y échapper, celles qui viennent d’être énumérées peuvent avoir eu un effet négligeable, tandis qu’en revanche les erreurs fortuites ont pu fausser certains résultats dans le sens contraire.
- Toutefois, on devra considérer provisoirement la valeur donnée ci-dessus de la masse spécifique de l’eau comme un minimum. L’erreur commise par Lefèvre-Gineau et Fabbroni dans la confection du kilogramme prototype serait donc, au maximum, de 64 milligrammes. D’autres mesures vont nous montrer que ce nombre est, en effet, probablement exagéré.
- MESURES PAR LES PROCÉDÉS INTERFÉREXTIELS
- L’application de la méthode des interférences à la mesure des volumes, réalisée au Bureau international par M. Ghappuis, repose sur la combinai-
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- son des procédés de M. Michelson avec ceux de Fizeau. Ces procédés s’appliquent à des corps terminés par des plans sensiblement parallèles deux à deux, de préférence à des parallélipipèdes rectangles voisins de la forme cubique.
- Supposons, sur le banc de droite de l’appareil Michelson, un cube de verre placé en avant et à une très petite distance d’un plan qu’on peut rendre rigoureusement parallèle à sa face antérieure, et qui la déborde d’un côté. Les franges circulaires à l’infini fourniront une mesure de la distance comprise entre ce plan et la face antérieure du cube, tandis que la distance à la face postérieure sera mesurée par les franges ordinaires, vues à travers le cube. Le rapport connu des longueurs d’onde des diverses radiations, en même temps qu’une mesure préalable approximative des dimensions du cube, permettra de déterminer le nombre entier de franges, en mesurant seulement l’excédent fractionnaire.
- L’application des procédés de M. Michelson dans de bonnes conditions nécessite des surfaces assez fortement réfléchissantes, telles qu’on les obtient en argentant les glaces de verre, tandis que, pour l’observation simultanée des franges de Fizeau, la transparence du cube est nécessaire. M. Chappuis a tourné la difficulté en déterminant, dans une même opération, les distances sur deux quarts adjacents, l’un argenté pour la face antérieure, et l’autre dénudé pour la face postérieure. Dans une deuxième opération, on opère sur les deux autres quarts, puis on échange les parties argentées et nues.
- L’observation des franges à l’infini, qui fixe la position de la face antérieure, exige le parallélisme parfait des surfaces; au contraire, pour l’emploi de la méthode Fizeau, il faut que les surfaces forment entre elles un petit angle, compris entre des limites assez étroites; la mesure de la lame d’air est susceptible d’une grande précision lorsque les glaces qui la limitent forment un angle de 9 à 12 secondes, qu’il convient, par conséquent, de donner aux faces opposées des cubes destinés aux mesures. Gomme l’épaisseur de la lame d’air varie d’un endroit à l’autre^ il importe de rapporter la mesure à un point déterminé, dont la position peut être fixée par une ou plusieurs marques disposées sur le plan postérieur et sur lesquelles on repère les franges de la même manière qu’au dilatomètre Fizeau.
- Chaque mesure complète effectuée dans ces conditions par l’application simultanée des procédés de M. Michelson et de Fizeau fournira la distance d’un point déterminé de la face postérieure du cube au plan antérieur. En mesurant ainsi l’épaisseur en deux points également distants du centre de la face et situés sur une même diagonale, on obtiendra, par la moyenne, la distance des centres des faces opposées.
- Les mesures peuvent être répétées après qu’on a fait tourner le cube d’un
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- angle droit, de sorte que chacune de ses dimensions peut être déterminée par plusieurs groupes de mesures indépendantes, qui fournissent un contrôle de la précision des méthodes interférentielles.
- Celles-ci supposent d’ailleurs, comme on vient de le voir, une construction très parfaite des corps soumis aux expériences. M. Jobin, opticien à Paris, a surmonté avec une habileté extrême les multiples difficultés inhérentes à leur confection. Les cubes de crown à arêtes vives qu’il a construits pour le Bureau international sont si près de la perfection que les procédés interférence]s les plus délicats permettent à peine d’y déceler le moindre défaut.
- Les premières mesures de M. Chappuis ont été faites sur deux cubes ayant environ 50 millimètres dans tous les sens, et dont l’un avait des surfaces trop voisines du parallélisme pour permettre défaire aisément les mesures de la lame d’air parle procédé précédemment décrit (1), tandis que l’autre remplissait, aussi au point de vue des angles, les meilleures conditions de l’expérience. Ce dernier cube ayant été endommagé dans les premières opérations put être retouché et mesuré de nouveau. Enfin, dans un travail plus récent, M. Chappuis s’est servi d’un cube de 40 millimètres. On avait déterminé préalablement, au moyen de l’appareil Fizeau, la dilatabilité du crown employé, sur des échantillons tirés des mêmes blocs que les cubes.
- Les mesures des dimensions ont été faites au moyen des procédés qui viennent d’être décrits, par des séries d’opérations répétées en retournant plusieurs fois les cubes face pour face. L’épaisseur de l’argenture, qu’il faut retrancher à la fois du miroir postérieur et de la face antérieure du cube, était mesurée par des franges formées avec un plan dont la ligne de plus grande pente par rapport au cube coupe la surface argentée perpendiculairement à la ligne de séparation.
- Aux radiations du cadmium utilisées par MM. Michelson et Benoît, M. Ghap-puis a ajouté, dans la plupart des mesures, la raie rouge et une raie bleue du zinc, que l’on obtient avec une intensité suffisante dans des tubes à gaines extérieures de M. Maurice Hamy.
- Les pesées dans l’air et dans l’eau ont été faites avant, pendant et après les mesures de dimensions; on a trouvé ainsi une petite diminution progressive de la masse des cubes, atteignant quelques dixièmes de milligramme, et attribuable aux nettoyages fréquents auxquels ils ont dû être soumis pour en argenter les surfaces. La densité a subi aussi de légères variations comparables à celles des réservoirs thermométriques bien recuits.
- (1) M. Chappuis a tourné la difficulté en remplaçant le plan postérieur par l’ensemble de deux glaces encastrées dans une pièce de métal, et formant entre elles un petit angle.
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- Le tableau suivant résume les mesures de M. Chappuis :
- Distance des milieux Masse Masse du décimètre
- Cubes. des faces. Volume. et densité. cube d’eau à 4°.
- mm. cm1 2 3. g- kg.
- 1 ( [1-6] 49,347 50
- N° 1 (1896) • [2.5] 49,927 43 124,203 29 308,966 30 0,999 973 3
- 1 ( [3.4] 49,905 74 2,487 652 0
- 1 [ [1.6] 49,663 40
- N° 2 (1896) < [2.5] 49,746 03 122,557 85 304,938 285 0,999 976 5
- j . [3.4] 49,607 38 2,488 175 5
- ' [1.61 49,663 37
- N° 2 (1897) ! [2.5] 49,745 97 122,557 58 304,938 251 0,999 975 8
- [3-4] 49,607 35 2,488 182 6
- ; [4.61 47,918 06
- N° 2' (1900) < ! [2.5] 49,746 05 lf8,250 83 294,221 397 0,999 975 4
- ‘ [3-4] 49,607 83 2,488 173 9 (1)
- ' [1.6] 39,860 93
- N° 3 (1901) | [2-5] 40,004 05 63,736 93 181,937 525 0,999 970 7
- > [3.4] 39,934 58 2,854 433 9
- De l’ensemble de ces mesures, il résulterait (2) :
- Masse de I décimètre cube d’eau à 4° = 0^,999 974.
- VALEUR PROBABLE DE LA MASSE SPÉCIFIQUE DE l’EAU
- Les résultats trouvés par les méthodes de contact et par les procédés inter-férentiels dans la détermination de la masse du décimètre cube d’eau présentent entre eux une divergence qui, sans être bien considérable, est cependant supérieure à la limite que la concordance des résultats individuels de chaque détermination aurait permis de prévoir. Nous avons, il est vrai, conclu de la discussion des premières mesures, qu’elles avaient pu conduire à un nombre trop faible; toutefois, malgré les très grandes difficultés dont cette détermination est entourée, il n’est pas certain que l’on doive attribuer toute la divergence à la méthode des contacts.
- D’autres déterminations faites par des méthodes interférentielles ont donné, en effet, des écarts assez sensibles. Ainsi, M. Macé de Lépinay, opérant avec
- (1) On remarquera que la densité du cube n° 2, qui a augmenté légèrement pendant les premières séries de mesures, présente une diminution sensible dans les dernières déterminations. Ces variations, confirmées d’ailleurs par les mesures de longueurs, sont réelles; elles s’expliquent par le fait qu’on a dû chauffer le cube lors de la retouche pour y adapter les lames de verre qui protègent les surfaces et les arêtes des faces taillées
- (2) Les nombres obtenus plus récemment par M. Chappini à l’aide d’un cube de 61 milli-
- mètres d’arête abaissent légèrement de moyenne antérieurement admise.
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- des franges de Talbot sur un cube de quartz de 40 millimètres d’arête, a trouvé, pour la masse du décimètre cube d’eau, 0 999 954, tandis que les mêmes mesures répétées avec MM. Perot et Fabry, par une méthode plus semblable à celle de M. Michelson, et dans laquelle il a été fait usage des franges de superposition, ont donné 0,999 974. La deuxième méthode paraît assurément préférable à la première, mais une estimation préalable des erreurs de celle-ci, indiquée par M. Macé de Lépinay au moment de ses premières publications, conduisait à admettre une extrême limite d’erreur de 6 unités du sixième ordre. On voit donc que l’écart total entre les résultats des méthodes interférentielles est supérieur à celui de l’un au moins de ces résultats par rapport au nombre qu’a fourni la méthode des contacts.
- Malgré ces divergences, qui semblent encore trop grandes, eu égard à la perfection des appareils employés, les nouvelles déterminations constituent un très grand progrès sur les anciennes, dont les écarts étaient environ quinze fois plus grands, sans qu’on trouvât de bonnes raisons pour éliminer d’une façon sûre l’une ou l’autre d’entre elles. Les divergences maxima entre les résultats des méthodes entièrement différentes employées dans ces derniers travaux sont aussi très inférieures à celles des nombres trouvés en opérant d’une façon identique sur différents gravimètres, soit par Kupffer, soit par M. Chaney.
- Les résultats actuels permettent d’affirmer, avec un haut degré de probabilité, que la masse du décimètre cube d’eau à son maximum de densité n’est pas inférieure à 0kg.999936, et qu’en admettant provisoirement la moyenne des résultats obtenus dans les dernières | mesures interférentielles et dans les mesures par contact, c’est-à-dire :
- Masse du décimètre cube d’eau à 4° = 0,999955.
- on ne commettra pas une .erreur supérieure à 20 milligrammes par litre, c’est-à-dire à 1/50 000 en valeur relative.
- Une étude approfondie de tous les détails des déterminations faites au Bureau international a montré que, soit dans l’emploi delà méthode interférentielle,soit dans l’application du procédé des contacts, on pouvait augmenter encore la sûreté des mesures, et le Comité international a décidé que le travail entier serait repris dans les meilleurs conditions enseignées par l’expérience acquise au cours des premières déterminations. Les nouvelles mesures sont déjà commencées; les résultats obtenus par M. Chappuis en 1900 et 1901, conformément aux indications ci-dessus, font partie du nouveau travail ; ils confirment d’une manière remarquable les données de ses premières mesures.
- MM. Macé de Lépinay, Perot et Fabry ont aussi entrepris une nouvelle étude du détail de leur méthode, et on peut espérer que, de cet ensemble de travaux,
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- pourra résulter une certitude encore notablement plus grande dans la connaissance de l’importante constante naturelle qui relie les masses aux capacités et aux volumes.
- CONSTRUCTION DES ÉTALONS PROTOTYPES DE L’OHM LÉGAL,
- ET RECHERCHES SUR LA RÉSISTIVITÉ DU MERCURE
- A la suite de la Conférence de 1884, dans laquelle avaient été fixées, par une entente internationale, les valeurs légales des unités électriques, M. le Ministre des Postes et Télégraphes de la République française confia à M. Benoît la mission de construire des étalons prototypes de l’ohm légal, conformément à la définition qui en avait été donnée par la Conférence. M. Benoît entreprit aussitôt ce travail, à titre personnel, mais en utilisant les instruments et les étalons de longueur et de masse du Bureau international.
- Suivant le plan adopté par M. Benoît, les étalons étudiés individuellement devaient être ensuite comparés entre eux, afin d’établir un contrôle suffisant, et de déduire la valeur définitive de chacun d’eux de la moyenne des résistances trouvées pour ces étalons.
- Les appareils nécessaires à ces comparaisons, qui devaient atteindre un haut degré de précision,furent spécialement étudiés par M.J. Carpentier, qui les mit gracieusement à la disposition de M. Benoît.
- Après que les étalons prototypes eurent été construits et comparés entre eux, M. Benoît en établit un certain nombre de copies, dont la valeur fut déduite de la comparaison avec l’un ou l’autre des étalons principaux, et qui servirent, dans la suite, à comparer d’autres copies en assez grand nombre, dont la plupart furent distribuées à des universités, ou à divers établissements de tous pays, et y servirent d’étalons de l’ohm. M. Benoît voulut bien m’associer à cette partie du travail, au cours duquel nous eûmes fréquemment besoin de contrôler la permanence des étalons, ou de réduire les comparaisons à une même température. L’incertitude régnant encore sur le coefficient de réduction rendit désirable une nouvelle détermination de ce coefficient, dont je m’occupai dans les années 1889 à 1891. Ce travail se rattachait d’ailleurs directement au programme du Bureau, eu égard à la nécessité d’une étude complète d’étalons invariables avant toute recherche concernant la mesure des températures par les procédés électriques.Cette détermination fut suivie de quelques études sur la variation de résistivité de divers métaux ou alliages, soit avec la température, soit dans le cours du temps.
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- ÉTALONS DE L’OHM LÉGAL
- La Conférence des unités électriques avait défini l’olim comme étant la résistance d’une colonne de mercure cle 1 millimètre carré de section et de 106 centimètres de longueur, à la température de la glace fondante. M. Benoît se proposa de construire des étalons dont la forme et les dimensions fussent aussi conformes que possible à cette définition, en amenant à la longueur voulue des tubes de verre dont la section fût voisine de lmra2, et, par conséquent, la longueur peu éloignée de 106 centimètres. Il construisit en tout quatre étalons, dont chacun fut calibré et jaugé; puis ces tubes furent coupés aussi près que possible de la longueur exacte correspondant à la valeur que l’on voulait obtenir. Leur longueur définitive fut ensuite mesurée, et de l’ensemble des données établies par ces différentes mesures, on put déduire la valeur de chacun d’eux. Nous allons décrire rapidement ces diverses opérations.
- Il est aisé de démontrer qu’une masse donnée de mercure, formant une colonne ininterrompue entre deux plans situés à une distance déterminée, est minima lorsque sa section est uniforme. Toute inégalité de la section produit donc une augmentation de la résistance de la colonne, dont la masse est supposée constante. La résistance du mercure enfermé dans un tube de verre sera donc toujours supérieure à celle que l’on déduirait de sa masse et de sa longueur, en supposant la section uniforme. Cependant, pour de petites portions d’un tube convenablement choisi, la différence pourra être très petite, et pourra même être aussi petite que l’on voudra, en subdivisant, par le calcul, le tube en un nombre suffisant de sections. On n’est nullement lié, pour la subdivision que l’on adoptera finalement dans le calcul,à celle que l’on aura réalisée dans le calibrage; car, dans le cas présent, comme dans celui du thermomètre, on pourra, une fois le calibrage terminé, tracer une courbe des corrections de calibre, sur laquelle on déterminera autant de points que l’on voudra, et qui serviront au calcul du facteur de correction de la résistance.
- Celui-ci se déduit très simplement des corrections de calibre volumétriques. Ces corrections indiquant les quantités à ajouter aux lectures brutes, supposées faites sur une division équidistante portée par le tube pour les ramener à ce qu’elles seraient si cette division était volumétrique, le volume compris entre deux divisions a et b sera exprimé par le produit de la section moyenne S (a, b) entre a et b, par la distance de ces points, ou aussi par le produit de la section moyenne g du tube et de la distance corrigée de ces deux points. En désignant donc par xa et xb les corrections des points a et b, on aura :
- S(rt,6) (b — a) = a (b — a + Xb — xa)
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- Si l’on désigne par p la résistivité du mercure, la résistance de la colonne comprise entre a et b sera :
- s__ P (b — a) p (b — a)2
- Sa,b a (b — a + Xb — Xa) ’
- et, pour le tube entier,
- A___ ? ( {b —a)2 (c —&)2 . (ra —ro)2 N
- a \b — a + xb — xa c — b+Xc — Xb n — m + xn — xm )'
- Supposant les points A, B, C,... N équidistants, et posant leur distance deux à deux égale à /, on pourra écrire :
- l , 1
- R = -
- ol
- a \ 1 +
- Xb Xa
- l
- + •
- 1 +
- Xn Xm
- l
- ou, approximativement :
- -m p l / Xa — Xn , I . , 1 , ,
- R= (1 H----------------J------}- {Xb — Xa)2 +”• {Xn — Xm)
- On voit donc que les corrections de calibre des points extrêmes introduisent un terme additionnel de premier ordre dans l’expression de la résistance, tandis que les autres corrections n’interviennent que dans des termes de second ordre.
- On en conclut que, si le tube a été assez bien choisi pour que les corrections de calibre soient peu importantes, ces corrections pourront être connues avec une précision assez médiocre sans introduire d’erreurs sensibles dans le résultat. Les corrections aux points où le tube sera définitivement coupé ont seules besoin d’être connues avec une grande précision.
- Le procédé de calibrage employé par M. Benoît était identique à ceux qui ont été sommairement décrits à propos de l’étude des thermomètres. Les tubes, divisés en millimètres sur une longueur supérieure à 1 mètre, furent calibrés de 50 en 50 millimètres, au moyen de colonnes de toutes les longueurs multiples de celle d’un intervalle. Puis, dans la région où les tubes devaient être coupés, ils furent calibrés de 10 en 10 millimètres sur une longueur de 100 millimètres. On put ainsi interpoler avec une sécurité parfaite entre les points déterminés directement, pour avoir la correction exacte des deux extrémités.
- Pour déterminer la valeur de la capacité unité ou de la section moyenne, on introduisait dans le tube une colonne de mercure remplissant la plus grande partie de sa longueur; on le plaçait sur un appareil à calibrer dont le support avait la forme d’une cuvette, et on le couvrait d’une couche épaisse de glace râpée. On mesurait alors la longueur de la colonne mercurielle en vingt positions différentes, pour chacune desquelles on appliquait les corrections de calibre trouvées pour les points occupés par les deux extrémités de la colonne. La même opération était ensuite répétée avec quatre autres colonnes de longueurs un peu
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- différentes. La section moyenne déduite du jaugeage intervenant directement dans le calcul de la résistance, cette opération exige les plus grands soins et les contrôles les plus minutieux.
- Les colonnes dont les longueurs ont été ainsi mesurées sont ensuite pesées, et leurs volumes se calculent immédiatement après qu’une petite correction a été faite pour tenir compte de la forme des ménisques.
- Le volume ainsi déterminé par une pesée est déduit de la densité du mercure rapportée à celle de l’eau. Or, on a admis, pour ce calcul, que la masse spécifique de l’eau est égale à i’unité, c’est-à-dire que l’erreur commise dans la construction du kilogramme est nulle. C’était, à l’époque où M. Benoît exécuta ses mesures, l’hypothèse la moins arbitraire, puisque les corrections trouvées par divers expérimentateurs pour la masse spécifique de l’eau étaient incertaines de toute leur valeur. Le résultat des jaugeages était donc rapporté non point au millimètre carré, mais au (microlitre)2/3 (1).
- La détermination de la longueur totale des tubes, amenés à la dimension voulue, a été faite en pointant directement le bord légèrement arrondi du canal intérieur et en le comparant à un intervalle connu de la règle normale ou de la règle de 2 mètres du comparateur universel. Après chaque comparaison, on faisait tourner le tube d’une petite quantité, de manière à tenir compte du léger excentrage du trou, ou de l’obliquité de la coupe. Les moyennes de deux groupes de six séries de mesures, ramenées à la même température, donnèrent des longueurs qui, dans aucun cas, ne montrèrent de différence atteignant le centième de millimètre. Pour la réduction à la température moyenne, la dilatation de tubes identiques avait été mesurée au comparateur à dilatation.
- Les tubes furent ensuite introduits dans des godets à tubulure horizontale, dans lesquels ils pénétraient jusqu’au voisinage du centre. Ils étaient reliés à la tubulure par un tuyau de caoutchouc les serrant tous deux et assurant une fermeture parfaitement étanche. Les godets étaient munis de bouchons rodés, que l’on enduisait d’une solution de caoutchouc lorsqu'on voulait tenir le vide.
- Pour remplir de mercure un étalon, on fermait parfaitement l’un des godets, et on introduisait, dans le col de l’autre, un bouchon de caoutchouc a (fig. 83) traversé par un tube de verre recourbé et plongeant dans du mercure. On faisait le vide par l’extrémité d, puis on laissait remonter lentement par le tube
- (1) On pourrait aujourd’hui, comme nous l’avons vu, appliquer à ces mesures une correction dont la valeur absolue est très petite, et qui est connue avec une approximation de l’ordre de 1 à 2 cent-millièmes. On a préféré toutefois, dans l’intervalle, modifier la définition pratique de l’ohm, et, lorsqu’on convint d’augmenter d’une petite quantité sa valeur légale, définir son étalon en partant de la masse de mercure contenue dans le tube, ce qui revient pratiquement à introduire, dans la définition du volume rapporté au litre, la section exprimée par (1 microlitre) 2/3. La définition de l’ohm désigné comme international a ainsi perdu en élégance, mais a gagné en précision.
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- une certaine quantité de mercure qui, après s’être rassemblée dans le premier godet, traversait l’étalon d’un seul trait, et se mettait de niveau des deux côtés. On débouchait alors simultanément les deux godets, et l’étalon était prêt à servir.
- La comparaison des étalons mercuriels entre eux présente des difficultés particulières. Si, en effet, on les met en circuit par l’intermédiaire de tiges de cuivre, le mercure dissout rapidement des quantités appréciables de ce métal, et la résistance de l’étalon varie d’une façon notable. Il faut alors le démonter, le nettoyer aux acides, et le remplir de mercure pur. Si, au contraire, on munit l’extrémité de la tige de cuivre plongeant dans le mercure d'une capsule de platine, le contact est irrégulier, et la résistance de passage peut atteindre des valeurs sensibles, surtout si la surface du mercure n’est pas parfaitement propre, ce qui arrive inévitablement après quelques comparaisons.
- M. Benoît a tourné ces diverses difficultés en faisant usage de la pièce de contact représentée fig. 84, et qui consiste en une tige de cuivre E pénétrant, par un joint en caoutchouc F, a.
- dans un tube de verre A, où elle plonge dans le -l
- mercure. Le tube porte, à l’extrémité inférieure, un fil de platine A soudé au verre, et auquel on a mastiqué un petit godet D qui reste toujours rempli de mercure. La résistance de passage est ainsi considérablement augmentée, atteignant quelques millièmes d’ohm, mais elle est absolument constante, aussi longtemps que le fil reste sous le mercure. Fig. 83 et 84.
- Les comparaisons ont été faites au moyen du pont de Wheatstone, à quatre branches sensiblement égales, dont deux étaient formées par des étalons en gros fil de maillechort, et dont les autres, contenant l’une un étalon d’un ohm, l’autre l’étalon mercuriel, se fermaient par le fil servant à la mesure. On substituait, dans la même branche du pont, les étalons mercuriels l’un à l’autre, et l’on déterminait la position d’équilibre du galvanomètre en déplaçant le contact sur le fil. La différence des deux étalons que l’on comparait était finalement exprimée par celle d’une très petite longueur du fil du pont, la résistance de tous les contacts étant complètement éliminée.' Dans chaque mesure, on échangeait les résistances d’équilibre, et on inversait le courant.
- Les nombres qui suivent résument tout le travail. La première colonne contient les valeurs trouvées par l’étude géométrique de chacun des étalons, dont la moyenne, égale à 0,999 994 ohm légal, a été considérée comme exacte ; les Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902. 54
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- suivantes, les valeurs trouvées par M. Benoît et M. de Nerville pour chacun des étalons en partant de cette hypothèse, et en supposant les comparaisons électriques sans erreur; la dernière, l’écart de chaque étalon par rapport à la valeur déduite de son étude géométrique, exprimé en millionièmes d’ohm (1).
- D’après les comparaisons.
- Valeurs 1 1,1 ”
- Étalons. trouvées. M. Benoît. M. de Nerville. Moyenne. O-C
- 1.................. 0,999 999 1,000 016 1,000 020 1,000 018 — 19
- II. ............... 1,000 004 0,999 996 0,999 996 0,999 996 + 8
- III ............... 0,999 979 0,999 962 0,999 957 0,999 959 +20
- IV ............... 0,999 924 1,000 002 1,000 004 1,000 003 — 9
- Moyenne.. . . 0,999 994
- La plus forte divergence d’un étalon par rapport à la moyenne, déduite soit de l’étude géométrique, soit de la comparaison, est égale à deux cent-millièmes d’ohm. On peut donc admettre que l’exactitude atteinte dans la représentation de l’ohm par la moyenne des quatre étalons construits par M. Benoît, est de l’ordre de un cent-millième d’ohm.
- VARIATION DE LA RÉSISTIVITÉ DU MERCURE AVEC LA TEMPÉRATURE
- De nombreux travaux ont été consacrés, dans tous les pays, à cette importante question, mais les résultats obtenus présentent entre eux de notables divergences. La plupart des traités ne mentionnent que le nombre donné par Mat-thiessen, bien qu’il soit l’un des plus inexacts, et que les mesures modernes aient montré qu’il est erroné, entre 0° et 100°, de plus d’un quart de sa valeur. Ainsi, aux températures ordinaires des laboratoires, l’emploi de ce coefficient fausse les réductions d’une quantité correspondant à une erreur de plusieurs degrés ou de plusieurs millièmes dans la mesure de la résistance. Une nouvelle étude de la question s’imposait donc avant tout autre travail ayant pour but la mesure des températures par les procédés électriques; les installations créées au Bureau international rendaient d’ailleurs cette recherche particulièrement aisée.
- J’entrepris, dans l’hiver 1889-1900, un premier groupe de mesures au cours desquelles un certain nombre de causes d’erreur devinrent évidentes. Le travail fut néanmoins conduit jusqu’au bout, et donna une première valeur du coefficient cherché, supérieure à la plupart de celles qui avaient été trouvées par d’autres observateurs, bien que les causes d’erreur soupçonnées dussent abaisser le coefficient. On put alors utiliser la variation ainsi déterminée pour les
- (l)J.-R. Benoit, Construction des étalons'prototypes de Vohm légal, p. 67 (Paris, Gauthier-Villars. 1885).
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- réductions provisoires des expériences faites dans l’hiver suivant, et qui semblent avoir conduit à un résultat satisfaisant.
- Il est impossible de déterminer la variation de la résistivité du mercure sans aucune correction. La colonne étant contenue dans un tube de verre, les variations des dimensions de celui-ci modifieront à la fois sa section et sa longueur, et, par conséquent, sa résistance. Il est facile de voir que la variation consiste en une diminution proportionnelle à la dilatation linéaires du tube. Celle-ci étant de l'ordre du cent-millième par degré, tandis que la variation de résistivité du mercure est de l’ordre du millième, le coefficient trouvé devra être finalement modifié du centième environ de sa valeur, ce qui indique l’ordre de précision qu’il est nécessaire d’atteindre dans la détermination de la correction.
- Au degré qu’il est désirable et même possible d’atteindre aujourd’hui, on peut admettre que les divers échantillons d’un même verre possèdent la même dilatation ; et, en utilisant pour la construction des résistances mercurielles le verre dur, qui se recommandait d’ailleurs par sa grande invariabilité dans le cours du temps, j’ai pu utiliser les mesures de MM. Benoît et Chappuis pour la correction de dilatation (1).
- Afin d’éviter autant que possible les variations de température dues au passage du courant dans les étalons, j’ai employé des tubes contenant environ 30 grammes de mercure, et ayant approximativement 1 ohm de résistance. Comme dans les mesures de dilatation, l’un des tubes servait de témoin, et était maintenu à température invariable, tandis que l’autre était amené successivement à diverses températures.
- Les tubes étaient recourbés dans un plan horizontal, et aboutissaient dans de larges godets munis d’une tubulure latérale. Dans les premières mesures, ils débouchaient directement dans le mercure du godet (fig. 85), mais un transport direct de chaleur du tube à la tige servant à prendre le contact étant à craindre, je modifiai, pour les mesures ultérieures, la forme des godets, de manière que l’extrémité du tube débouchât dans un appendice baigné de tous côtés par l’eau contenue dans l’auge (fig. 85 bis).
- Afin d’éliminer complètement la résistance des pièces de contact dans les comparaisons, on avait placé, à côté de chaque étalon, un vase en verre, conte-
- (1) Nous avons vu que les variations qu’éprouve le réservoir d’un thermomètre en verre dur dans le cours des années est de l’ordre du dixième de degré, c’est-à-dire de 1/60000 environ du volume total du réservoir; la variation qui en résulterait pour un étalon mercuriel serait trois fois moindre. Mais, si l’on soumet d’abord l’étalon à un recuit systématique, les variations peuvent être-encore considérablement réduites, et descendre au millionième environ. Pour le cristal, les variations sont beaucoup plus considérables, et atteignent un ordre de grandeur qu’il est facile de déterminer par des mesures de résistance. J’ai vérifié, sur des tubes de même forme que ceux des étalons de résistance, que les variations avec le temps sont du même ordre que pour les réservoirs des thermomètres.
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- nant quelques kilogrammes de mercure, et que l’on maintenait à la même température que l’étalon voisin. Désignant par I, II les étalons, par F, IF les vases correspondants, on formait successivement, dans la même branche du pont, les circuits :
- Pont — I — II' — pont, pont — I' — II' pont.
- De cette manière, la portion du circuit formée par les tiges et les contacts demeurait invariable, et les étalons mercuriels étaient seuls changés dans les deux parties de la mesure.
- Les comparaisons ont été faites par deux procédés différents; l’un d’eux était identique à celui que M. Benoît avait employé, la différence de résistance cherchée étant exprimée en fonction de la résistance de la portion de fil comprise entre les deux positions du contact correspondant aux deux étalons; dans l’autre,
- Fig. 85 et 85 bis. — Godets et contacts employés dans l’étude de la résistivité du mercure.
- on équilibrait les résistances en introduisant, en dérivation sur la plus forte, une résistance qui la rendait à peu près égale à l’autre. On n’avait alors qu’un très petit appoint à faire par le fil. La figure 86 montre le dispositif employé.
- Il est facile de voir que, dans l’emploi d’une dérivation, l’erreur de la mesure est égale à l’erreur relative commise sur la dérivation, multipliée par le rapport de la résistance mesurée à sa dérivation. La résistance de comparaison ayant été ajustée de manière à donner des écarts positifs et négatifs à peu près égaux par rapport aux résistances du deuxième étalon aux diverses températures, le coefficient multipliant l’erreur de la dérivation n’a guère dépassé 1/30. L’exactitude de la mesure était donc de l’ordre du cent-millième lorsque la dérivation était connue à 1/3000 près environ, ce qui ne présente aucune difficulté.
- Il semblait avantageux, pour ces déterminations, de diminuer autant que possible la résistance des pièces de contact, et l’on avait adopté dans ce but des tiges de cuivre de 10 millimètres de diamètre, coiffées à l’extrémité d’une capsule
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- de platine dont le bord était recouvert par un tube de verre (fig. 85) ; mais les irrégularités de la résistance me firent revenir au contact imaginé par M. Benoît, et que je modifiai seulement de manière à lui permettre de supporter facilement
- Fig. 86. — Dispositif pour la comparaison des résistances.
- la température de 100° (fig. 85 bis). Or, tandis que ce contact avait donné des résultats parfaits à la température ambiante, il se trouva que, dès qu’on s’en éloignait notablement, la surface commune du cuivre et du mercure à l’intérieur du tube de verre était le siège de forces électromotrices assez notables et extrêmement variables, qui rendaient toute mesure impossible. J’adoptai donc finalement un] système mixte (fig. 87) consistant à coiffer la capsule de platine d’un godet de verre qui restait toujours rempli de mercure.
- Dans le travail définitif, il a été fait trente-deux séries de mesures par le fil et autant par les dérivations, chaque série, à des températures très voisines, consistant elle-même en vingt-huit mesures individuelles. Les séries ont été espacées assez régulièrement entre 0° et 61°, et étaient réparties de telle sorte qu’on est revenu plusieurs fois aux températures hautes et basses.
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- L’ensembie de ces mesures est résumé dans les formules suivantes :
- 1° Variation apparente de la résistivité du mercure dans le verre, en fonction du thermomètre à mercure en verre dur.
- a) Par le fil :
- rt = r0 (1 + 0,000 873 37 t + 0,000 001 062 1 t2).
- b) Par les dérivations :
- r = r0 (1 + 0,000 876 71 t + 0,000 001 046 9 t2).
- 2° En fonction de l’échelle normale :
- a. .. . r = r0 (1 + 0,000 880 23 T + 0,000 001006 3 T2).
- b. .. . rT = r0 (1 + 0,000 881 57 T + 0,000 000 990 9 T2).
- Et, pour la variation réelle de résistivité du mercure dans l’échelle normale :
- a. .. . pT = p0 (1 + 0,000 887 45 T +0,000 001018 1 T)
- b. .. . pT = p0 (1 + 0,000 888 79 T + 0,000001 002 2 T2).
- Les formules 2a et2b donnent, pour la variation de la résistivité apparente du mercure dans le verre, les séries de valeurs suivantes :
- Températures normales. par le fil. par les dérivations.
- 0° 1,000 00 1,000 00
- 10 1,008 90 1,008 91
- 20 1,01801 1,008 03
- 30 1,027 31 1,027 34
- 40 1,03682 1,036 85
- 50 1,046 53 1,046 56
- 60 1,056 44 1,056 46
- Peu après la première publication qui fut faite de ces nombres, MM. Kreich-gauer et Jâger (1) donnèrent le résultat d’une mesure analogue, exécutée à l’Institut physico-technique de l’Empire d’Allemagne, sur cinq étalons mercuriels, comparés par une méthode essentiellement différente de celles qui m'avaient servi. La formule à laquelle ils arrivèrent est la suivante :
- pT = p0 (1 + 0,000 882 7 T + 0,000 012 6 T2).
- qui semble s’écarter notablement de celle que j’ai indiquée. Mais j’ai montré
- (I) Wied. Ann., t. XLVII, p. 513; 1892.
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- ultérieurement (1) que les mesures, dont ils donnent le détail, sont mieux représentées par la formule :
- pT = p0 (1 + 0,000 888 4 T + 0,000 00101 T'2).
- Cette formule donne une valeur qui, entre 0° et 30°, diffère de moins de 1/100 000 de celle qui résulte de la formule moyenne déduite de mes mesures. On peut donc dire que les déterminations, de cette importante constante faites d’une façon tout à fait indépendante à l’Institut physico-technique et au Bureau international, ont donné des résultats pratiquement identiques.
- (1) Comptes Rendus, t. C.XVI, p. 51 ; 1893.
- (d suivre.)
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- planimètre Bryan (1)
- Ce planimètre a pour objet de permettre de totaliser des aires à échelle variable comme, par exemple, celles des diagrammes d’écoulement d’eau données par le compteur Venturi (2) dont (fig. 1) l’échelle augmente avec le débit.
- Afin d’adapter le planimètre à ces variations de l’échelle, M. Bryan dispose (fig. 2 et 3)
- Fig. 2. — Théorie du planimètre Bryan.
- Fig. 1. — Échelle d’un compteur Venturi; les ordonnées représentent les débits par heure, en gallons de 4*,54.
- l’axe de sa roulette de manière qu’on puisse en faire varier l’inclinaison sur le bras traceur, en articulant le châssis de cet axe au bras traceur par un joint universel; l’autre extrémité de ce châssis est appuyée par un ressort sur une came fixée sur un
- (1) Engineering, 5 décembre, p. 740.
- (2) Bulletin de mars 1899, p. 490.
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- PLANIMÈTRE BRYAN.
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- chariot à trois roues, dont deux roulent sur un rail droit IJ (fig. 2) qui remplace l’arc de cercle décrit par l’une des extrémités du bras des planimètres ordinaires. L’autre extrémité du bras traceur, en suivant le tracé du diagramme, déplace le châssis du galet sur sa came, qui fait alors varier l’inclinaison de l’axe du galet suivant le tracé de cette came, décrite en fonction de la variation de l’échelle.
- Soit, en effet (fig. 2), IE le bras traceur, dont le point I suit le rail IJ et la pointe E le diagramme, dont un élément est représenté par le rectangle EFGH. Quand E décrit EF, le bras IE décrit le parallélogramme IEJF, d’aire EFx JK, ou EF/ sinO, / étant la longueur IE du bras et 6 son inclinaison sur IJ. Pendant ce mouvement, la roulette
- C a roulé d’éléments ca et glissé de ab, pour des parcours élémentaires totaux de ac = cb sin 0, de sorte que, dans le parcours du parallélogramme IF par le bras IE, la roulette aura parcouru une longueur égale à EF, et roulé de EF sin 0, et que Faire IF est égale à /r°, l étant la longueur du bras et r° le déroulement de la roulette. De F en G, la roulette tournera d’une certaine quantité, dont on n’a pas à tenir compte, parce qu’elle sera compensée par le déroulement égal et contraire de H en E. De G en H, le bras décrira le parallélogramme GH LM d’aire GL xl sincp = lr\ r' étant le déroulement correspondant de la roulette, de sorte que ce déroulement total est, quand la roulette arrive en retour en E, égal à r'-r°.
- L’aire EFGH, différence entre IF et IG, est égale à lr' — Zr°; et l’on obtiendrait de même l’aire des deux parallélogrammes G et N en faisant suivre au traceur le trajet indiqué en gros traits; et de même aussi l’aire d'une surface quelconque, considérée comme une somme de parallélogrammes infiniment petits, sera égale au produit de /
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- par le déroulement total de la roulette. Dans le planimètre de Bryan, destiné à la mesure de diagrammes dont les échelles varient à mesure que l’on s’éloigne de la base IJ, la roulette ne se déroule plus de EFsin 0, comme dans les planimètres ordinaires, mais de EFsin a, ce qui revient à multiplier EFsinOpar un coefficient k, variant, comme l’échelle même, suivant la distance de E à IM, et en raison inverse de cette échelle, de sorte que la roulette opère la totalisation du diagramme en tenant compte
- Fig. 1. — Machine soufflante Raven. Élévation.
- de la variation de son échelle, enfonction de laquelle on a tracé sa came de pivotement. Ce planimètre est construit par la Palatine Engineering C°, de Liverpool.
- MACHINE SOUFFLANTE Raven.
- La principale particularité de la machine de M. Raven, de Jemeppe, est la disposition qui permet de réduire le volume de l’air refoulé à chaque course proportionnellement à l’accroissement de sa pression au-dessus de la pression normale, de
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- MACHINE SOUFFLANTE RAVEN.
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- manière à ne jamais surcharger son moteur, condition des plus avantageuses pour l’emploi économique des moteurs à gaz de hauts fourneaux.
- A cet effet, les chambres annulaires 7 et 8 (fig. 2 et 4) qui portent les soupapes multiples d’aspiration 22 (fig. 5) en 8 et de refoulement en 7, sont, en 8, pourvues
- Fig. 2. — Machine soufflante Raven. Coupe longitudinale.
- de soupapes auxiliaires 28 (fig. 6), commandées par les leviers 44 des arbres 43, qui agissent sur leurs tiges très bien guidées en 39 et 41.
- Chacun de ces arbres 43 porte (fig. 1 et 3) à chacune de ses extrémités, un bras, que commande un renvoi 48 49 50, pivoté en 52, et actionné par les cames 62 de l’arbre 53, qui tourne avec la machine. Ces cames sont montées sur un manchon 56, rainure sur 53, et commandé par le levier 57 d’un régulateur à air 60.
- Le piston 80 (fig. 7) de ce régulateur est soumis en 84 à la pression du refoulement,
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- qui agit en antagoniste d’un ressort 80, de tension réglable par la bride 82, et la tige 64 de ce piston commande directement le levier 57.
- Il résulte de cette disposition que les cames 62 prennent, sur leur arbre, une position déterminée par la valeur de la surpression du refoulement au-dessus de la pression
- Fig. 3. — Machine soufflante Raven. Vue par bout.
- normale, fixée par le réglage du ressort 81, et telle, qu’à chaque course de refoulement, et en un point déterminé par la valeur de la surpression, les soupapes 28 s’ouvrent, laissent une certaine quantité d’air retourner ainsi du cylindre soufflant à son aspiration 3, puis, lâchées par leurs cames 62, se referment sous le rappel des ressorts 70
- flg- l6)-
- Ces ressorts sont enfermés dans des cylindres 66 (fig. 4) oscillant en 78, de manière à suivre les oscillations des bras 50.
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- La manette 88 permet d’ouvrir les soupapes auxiliaires au démarrage, qui se trouve ainsi facilité notablement.
- Fig. 4 à 7. — Machine soufflante Raven. Détail des soupapes et du réglage.
- compresseur Schuchtermcinn et Kremer (1).
- Ce compresseur, destiné aux mines de la compagnie Harpener est (fig. 1) com-pound à deux cylindres à vapeur de 575 et 900 millimètres sur lm,10 de course, et à deux cylindres compresseurs de mêmes diamètres : 575 et 900, et même course que les cylindres à vapeur; il doit comprimer, par heure, 5 200 mètres cubes, à des pressions variant de 6 kilogrammes à 9 kilogrammes; pression de la vapeur à l’admission 11 kil. 5. L’air traverse, du cylindre de basse pression à celui de haute pression, un refroidisseur intermédiaire; les cylindres compresseurs n’ont pas d’enveloppe; les
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- Compresseur Schuchlermann et Kremer.
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- COMPRESSEUR SCHUCHTERMANN ET KREMER.
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- cylindres à vapeur sont reliés par un réchauffeur intermédiaire enveloppé de vapeur vive, ainsi que le cylindre de haute pression.
- Les soupapes des compresseurs sont (fig. 5 et 6) du type Coleman automatique, en bronze d’aluminium, rappelées par des ressorts, avec dash-pot à huile à résistance croissante jusqu’à la fin de la fermeture de la soupape, dont elle empêche ainsi le
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- cho« ; à cet effet, la section des passages réservés à l’écoulement de l’huile entre le piston du dash-pot et son cylindre diminue du commencement à la fin de sa course, et cette résistance peut se régler en déplaçant les cylindres des dash-pot. Ges soupapes sont très accessibles, et l’espace nuisible est réduit au minimum.
- Les soupapes de distribution des cylindres à vapeur sont aussi du type Coleman à dash-pot, et à double siège; celles d’admission du petit cylindre sont pourvues d’un petit rebord de quelques millimètres, de sorte qu’elles n’admettent la vapeur qu’après une levée égale à la hauteur de ce rebord ; ce retard régularise l’admission en marche à vide, et l’effet de ce rebord, s’ajoutant à celui du dash-pot, permet de ne faire intervenir ce dernier que tout près de la fermeture de la soupape, que l’on peut rendre ainsi très rapide. Les soupapes d’admission du petit cylindre sont soumises au régulateur.
- Le graissage des cylindres à vapeur et à air se fait par deux pompes commandées par le moteur, et celui des boutons de manivelles par des graisseurs centrifuges.
- PRESSES HYDRAULIQUES Otio Pllilipp.
- Ces presses sont fondées sur le principe suivant (tîg. 1). Lorsqu’on tourne la manette f de manière à faire descendre sa tige creuse et filetée c, la charge de l’eau de son petit réservoir fait descendre avec elle le piston b jusqu’à son contact avec l’objet à presser; dès ce contact, la tige c descend dans le piston b, dont l’eau, passant sur b, multiplie la pression de c dans le rapport des sections Quand on remonte
- c, celte tige remonte d’abord seule, poussée par la pression en b, puis son toc h (fig. 3) vient ouvrir la soupape g de d, fermée pendant la descente, et d, venant rencontrer la barrette e de b, entraîne b. Celte presse, destinée à presser des éprouvettes de ciment, peut exercer une pression de 40 tonnes.
- La presse pour relieurs (tig. 2) peut exercer une pression de 200 tonnes; la tige filetée y est commandée par poulies embrayables et réveisibles, à courroies ouverte et croisée, que la tige filetée actionne par les tocs b et c de la tringle a.
- La figure 4 représente l’application de ce principe à une riveuse alimentée en a çar l’eau de la ville; sa dépense d’eau est nulle aux fuites près.
- En fig. 5, le cylindre a renferme une poche de caoutchouc b, pleine d’air comprimé introduit par c, et qui remplace la charge statique de l’eau; la manœuvre se fait à la main par le carrelet indiqué à droite de la figure. La riveuse (fig. 6), aussi à poche de caoutchouc, a sa tige filetée commandée par une dynamo avec train de pignons réversible à embrayage électro-magnétique; elle peut prendre des rivets de 25 millimètres, exerce une pression de 50 tonnes, et pèse 300 kilogrammes; puissance du moteur 1/2 cheval.
- Dans la position occupée en figure 7 par le tiroir de la presse à forger que représente cette figure, l’eau, sous une pression de 14 kilogrammes, admise par e, fait descendre le piston de la presse sur la matière à presser, et, dès le contact de ce piston avec la matière, on abaisse, par le levier t, le tiroir de manière que l’eau sous pression pénètre par b d sur le piston du cylindre auxiliaire, et le fasse descendre avec e,
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- PRESSES HYDRAULIQUES OTTO PHILIPP. 837
- en intensifiant la pression, pendant que l’eau sous le piston auxiliaire s’échappe par c.
- La pression une fois donnée, on ramène le tiroir dans sa position figurée, rétablis-
- Fig. 1, 2 et 3. — Presses hydrauliques Otto Philipp.
- sant l’équilibre sur les deux faces du piston auxiliaire, de sorte que la pression sur la zone annulaire e le.soulève avec ce piston, jusqu’à ce que le collet de e, rencontrant la barrette du piston de la presse, ferme sa soupape, comme en fig. 3, et arrête le Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902. 55
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- DISPOSITIF POUR L’ÉTUDE DES POMPES CENTRIFUGES. 839
- mouvement. On abaisse alors le tiroir de manière Réadmettre l’eau sous pression sous le piston auxiliaire, qu’elle ramène à la position figurée.
- Fig. 6. — Riveuse Otto Philipp.
- dispositif pour l’étude des pompes centrifuges, par M. J. A. Schmidt (1).
- Ce dispositif a pour objet de rendre visibles par la photographie les courants de l’eau dans les pompes centrifuges. Il comprend deux appareils : le vorteximètre et le volutimètre.
- Le vorteximètre consiste (fig. 1, 2 et 3) en deux plateaux de verre dépoli A, de o millimètres d’épaisseur sur 150 millimètres de diamètre, entraînés par un arbre B, à moyeu conique étanche D, permettant d’introduire entre les plateaux, par les tuyaux E et F, deux courants d’eau, l’un clair, et admis en nappe circulaire, et l’autre coloré, et en petites veinules. L’arbre B est commandé soit par les pignons G et H, dans le rapport de 6/1, soit par la poulie i; on atteint facilement, à la main, 1 800 tours par minute. '
- Une lanterne à acétylène MN envoie un rayon sur un disque tournant J, formé de deux plateaux orientables l’un par rapport à l’autre et fixables sur B par le serrage de la vis K. Le plateau le plus près de la lumière est percé de trous et de fenêtres diverses, l’autre n’a qu’une seule fenêtre triangulaire, que l’on voit en fig. 2, de manière-que la lumière ne puisse traverser qu’une seule des fenêtres du premier disque ; la fenêtre du couvercle N doit correspondre exactement à celle que l’on emploie au premier disque; ces dernières fenêtres sont au nombre de trois, de 1/50, 1/120 et 1 : 10 de pouce de large, sur 13 millimètres de long.
- L’eau non colorée, et bouillie pour la priver d’air, a son débit en E réglé par le pointeau O; elle y arrive sous une pression de 30 centimètres d’eau; l’eau colorée
- (1) Mémoire lu au Victorian Institute of Engineers, Engineering, 5 décembre et Scientific American, Supplément, 29 novembre 1902.
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- arrive en F sous une pression de 50 centimètres; la décharge de l’eau se fait par la garde Q et le tuyau R.
- Fig. 1 à 4. — Appareils Schmidt pour l’étude des pompes centrifuges.
- Fig. A, B, G. — Trajectoire, à 1 500 tours par minute, d’un jet radial libre (A), Fig. D. — Écoulement radial de a
- limité par (B) une et (D) deux vannes latérales. dans une ouïe en spirale.
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- LES MACHINES A VAPEURS COMBINÉES.
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- La vitesse de rotation est enregistrée par contacts en S sur un chronographe électrique.
- Le volutimètre (fig. 4) se compose de deux glaces A, avec, entre elles, un carton G; la glace d’arrière reçoit par le manchon D, de 25 millimètres de diamètre, les courants d’eau claire et colorée de E et de F.
- Le vorteximètre permet, grâce au phénomène de la persistance des impressions sur la rétine, de voir la forme prise par des veines liquides lancées radialement entre les deux plateaux de verre A en rotation et de les photographier, comme en fig. A, B et C, àl 500 tours par minute; le volutimètre permet de photographier la forme que prennent les filets liquides lancés radialement dans une enveloppe de forme donnée, en spirale, par exemple, comme en fig. D.
- Les photographies se prennent sur du papier très sensible, au gélatino-bromure collé sur le plateau de droite A; on met au point en introduisant un verre rouge en N, puis on enlève ce verre quand le phénomène à observer se manifeste avec la stabilité et la netteté voulues.
- LES MACHINES A VAPEURS COMBINÉES D’APRÈS M. Thurston{ 1).
- Après une étude approfondie de ce genre de machines, et notamment de celle à vapeurs d’eau et d’acide sulfureux de MM. Behrend et Zimmermann, décrite dans notre Bulletin de février 1901, p. 798, M. Thurston arrive aux conclusions suivantes :
- Ces machines dépensent moins de vapeur que celles à simple vapeur d’eau; leur dépense s’abaisse aujourd’hui à environ 4 kilogrammes de vapeur d’eau par cheval-heure indiqué: mais leur succès définitif dépend de leur économie totale et pratique, de leur sécurité et de la facilité de leur entretien, questions qn’une longue pratique pourra seule trancher.
- Avec de la vapeur surchauffée suffisamment pour réduire très notablement les pertes par condensation sur les parois, les machines à vapeur d’eau monocylindriques ont sensiblement les mêmes rendements que les compound et les triples expansions, et l’emploi de cette vapeur surchauffée ne diminue pas, bien au contraire, l’avantage de la machine à vapeur froide avec laquelle on l’accouple; e’est le meilleur moyen d’augmenter la chute de température et le rendement thermique des machines à vapeur.
- Les meilleures machines à vapeur d’eau dépensent environ 5 kilogrammes de vapeur par cheval-heure indiqué ; les machines à vapeur combinées ont abaissé celte dépense à 4 kilogrammes, correspondant à une économie d’environ 0kil,32 de charbon par cheval indiqué, économie augmentée de 10 p. 100 environ si on la rapporte au cheval effectif.
- La machine à vapeur froide a une puissance égale, en général, à 40 p. 100 de celle de la machine à vapeur d’eau qui l’alimente ; les mécanismes doivent être robustes, facilement accessibles; les stuffing box exigent des dispositions particulières pour assurer leur étanchéité. (Voir le Bulletin de février 1901.) La surface du vaporisateur du fluide secondaire (acide sulfureux) doit être de 3 à 4 mètres carrés par cheval de la machine auxiliaire, et celle du condenseur de ce liquide d’environ 1 à 1,5 mètre carré ; les condenseurs et vaporisateurs doivent être pourvus de soupapes de sûreté et de dispositifs permettant leur visite facile, ainsi que celle du cylindre de la machine
- (1) Journal of The Franklin Institute, décembre, p. 469.
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- auxiliaire, en isolant son liquide; il va sans dire que l’acide sulfureux ne doit jamais être au contact de l’humidité ou de l’air, de sorte que les appareils doivent être d’une étanchéité absolue.
- La machine de Berlin a coûté presque le même prix qu’une machine à vapeur d’eau de même puissance, et il en est de même pour le devis d’une machine de 1 600 chevaux, qui donnerait une économie de combustible d’environ 15 000 francs par an.
- En accouplant une machine à acide sulfureux avec un moteur à gaz, plus économique que les machines à vapeur d’eau et dont la perte àl’échappement est très considérable, on réaliserait la plus grande économie actuellement possible dans les machines thermiques.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 14 novembre 1902 Présidence de M. Linder, président.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Tisserand, président de la classe 38 (agronomie et statistique) à l’Exposition de 1900, adresse à M. le Président de la Société d’Encouragementla lettre suivante :
- Monsieur le Président,
- Paris, le 8 octobre 1902.
- Nous avons l’honneur de vous faire connaître que le Comité d’installation de la classe 38 (agronomie et statistique agricole) à l’Exposition de 1900 a décidé d’attribuer à votre section d’agriculture, sur les économies qu’il a pu réaliser, une somme de 2400 francs pour être employée à des recherches agricoles, avec indication que la disposition de ces fonds sera laissée au Comité de ladite section.
- En vous demandant de vouloir bien accepter cette donation, au nom des exposants de la classe 38, permettez-nous de vous dire que notre Comité est heureux que les circonstances l’aient mis ainsi à même de pouvoir contribuer un peu à la vulgarisation de l’œuvre de si haut intérêt que vous présidez.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments de haute considération.
- Le Président de la Classe,
- E. Tisserand.
- M. Linder, président, remercie vivement, au nom de la Société d’Encoura-gement, le Comité de la classe 38 de sa générosité et M. Tisserand de cette nouvelle marque d’une bienveillance qui ne nous a jamais fait défaut.
- M. Langlet du Fresnoy, 19, rue Germain-Pilon, demande une annuité de brevet pour une machine à vapeur. (Arts mécaniques.)
- M. Martin, rue de l’Asile-Popincourt, remercie la Société du brevet qu’elle lui a accordé pour une serrure.
- M. Delagneux, 20, rue Manin, remercie la Société pour le rapport fait sur sa poulie extensible et inséré au Bulletin de juin 1902 : de nouvelles expériences ont confirmé les conclusions favorables de ce rapport.
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- M. Monnier, 40, avenue Malakoff, inventeur du ciment armé, remercie la Société de la subvention qui lui a été accordée.
- M. R. Pipault, 15, rue de Grenelle, remercie la Société du brevet qui lui a été accordé pour son moteur à gaz.
- M. Lavialle, à Sanas (Corrèze), présente sa Monographie du châtaignier. (Agriculture.)
- M. Pinet, à Chalon, attire l’attention de la Société sur l’Union des agents commerciaux de VEst et du Sud-Est. (Commerce.)
- M. Denaiffe soumet à l’appréciation de la Société son ouvrage sur Y Avoine. Agriculture.)
- M. Lefèvre soumet à l’appréciation de la Société son ouvrage sur les Houil-lières à l’Exposition de 1900. (Arts mécaniques.)
- M. Lavalard, membre dn Conseil, fait don à la Société de la collection du Street Railwag Journal (1888-1901). M. le Président remercie vivement M. Lavalard de ce don des plus précieux pour notre bibliothèque.
- Correspondance imprimée. —M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 731 du Bulletin de novembre.
- Rapports des comités. — Sont lus et approuvés les rapports faits au nom du Comité des Arts mécaniques par :
- M. Brull sur le compteur d'eau en celluloïd de M. Samain ;
- M. Sauvage sur Vunification des calibres.
- Communications. — M. Sauvage fait connaître les premiers résultats d’une enquête sur l’adoption du filetage international par les grandes administrations et usines françaises, résultats qui seront publiés quand l’enquête sera terminée.
- M. J. Deschamps fait une communication sur son gazogène à flamme renversée, dont l’examen est renvoyé au Comité des Arts mécaniques.
- Séance du 28 novembre 1902
- Présidence de M. Linder, président.
- M. le Président fait part du décès de M. Ronna, membre du Comité d’Agri-culture, décès survenu à la suite d’une longue et cruelle maladie.
- Ingénieur et agronome du plus haut mérite, M. Ronna était aussi un publiciste plein de talent, ainsi qu’en témoignent, parmi tant d’autres, les nombreux et si intéressants mémoires dont il a enrichi notre Bulletin. La Société d’Encou-ragement perd, en M. Ronna, l’un des membres les plus éminents et les plus
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- PROCÈS-VERBAUX, — DÉCEMBRE 1902. 84'ù
- dévoués de son Conseil, dont M. le Président se fait l’interprète auprès de la famille de notre regretté collègue, en l’assurant de sa plus vive et sincère sympathie.
- Correspondance. — il/. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Fréhis, 120, boulevard de la Villette, demande un brevet pour une machine rotative. (Arts mécaniques.)
- M. Pacoret, villa Beauséjour, Yanves, présente son ouvrage sur les appareils de levage. (Arts mécaniques.)
- M. Rigaux, professeur d’agriculture à Mende, attire l’attention de la Société sur une batteuse de M. J. Maurin, à Rieu. (Agriculture.)
- M. Gasselin, 40, rue Victor-Hugo, à Puteaux, demande un brevet pour un jouet. (Arts économiques.)
- M. D. Rojat, à Nîmes, présente ses travaux sur la filtration. (Arts écono-, miques.)
- Correspondance imprimée. —M. Collignon présente au Conseil, avec remercie-, ments aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la page 731 du Bulletin de novembre, en attirant particulièrement l’attention sur l’ouvrage de il/. Voisin Rey, vice-président, intitulé :Le Canal de Suez. 1. Historique administratif, 3 vol. in-8°, de 300 p. avec atlas de 9 planches.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nqmmés membre de la Société d’Encouragement :
- M. Honoré, ingénieur des arts et manufactures, administrateur délégué de la Société du Louvre, présenté par M. Péreire ;
- La Société houillère de Lievin, présentée par M. G. Richard.
- Déclaration de vacances. — M. Fouret déclare ouverte, à la Commission des , Fonds, une vacance par suite du décès de M. Billotte.
- Conférence. — M. de Lapparent, membre de l’Institut, fait une conférence. sur le volcanisme.
- M. le Président, s’associant aux applaudissements de l’auditoire, remercie vivement M. de Lapparent, de sa très intéressante conférence qui sera insérée au Bulletin.
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- sur l’organisation des laboratoires d’enseignement dans les écoles techniques ;
- « Metallurgical Laboratory ». Notes par M. H. Howe, Professeur de Métallurgie à la Columbia University, Boston Testing Laboratory.
- Le petit opuscule du professeur H. Howe aura de nombreux lecteurs en raison du nom universellement estimé de son auteur, et l’on doit s’en féliciter, car il y développe et met en œuvre des idées fort intéressantes au sujet de l’enseignement pratique le mieux approprié aux Ecoles techniques. On acceptera peut-être plus facilement en France la part demandée pour la science dans un semblable enseignement quand on verra celle qui lui est déjà faite par les Américains, auxquels personne n’a jamais refusé un profond sens pratique.
- Ce petit livre, destiné aux étudiants du cours de métallurgie de l’Université Columbia,* à New-York, est un manuel donnant la description sommaire des principales manipulations exécutées dans le laboratoire d’exercices par les élèves. L’esprit dans lequel le programme de ces manipulations a été arrêté, ressort immédiatement de la lecture des quelques pages servant d’introduction au volume :
- « Les laboratoires d’instruction métallurgique existant aujourd'hui reproduisent les procédés métallurgiques dans leur ensemble et avec une fidélité aussi grande que cela est pratiquement possible. Cette méthode, que nous appellerons celle de la métallurgie appliquée, me semble présenter de très graves défauts. Pour la remplacer, j’ai essayé de mettre en œuvre un système que nous appellerons celui de la métallurgie théorique, ou mieux analytique, dont le but est d’enseigner non pas chaque procédé individuel dans son ensemble, mais les principes individuels lui servant de base, chacun pour eux-mêmes.
- « Ceci, j’ai essayé de le faire au moyen d’une série d’expériences destinées à démontrer directement un ou plusieurs de ces principes. »
- C’est là une déclaration de guerre formelle à l’enseignement empirique, réclamé pourtant en France même pour des écoles essentiellement scientifiques, comme notre École polytechnique. Allant plus loin encore dans cette voie, le
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- BIBLIOGRAPHIE. --- DÉCEMBRE 1902.
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- professeur H. Howe ne se contente pas de limiter les expériences à l’étude scientifique des phénomènes élémentaires, il veut encore réduire au minimum, dans les expériences, la préparation matérielle, à laquelle on attache parfois une si grande importance.
- « Je me suis proposé d’atténuer, dit-il, toute difficulté dans le but, non pas d’éviter à l’étudiant de la peine, mais de lui permettre d’avancer plus rapidement avec une dépense donnée d’énergie et de détourner son attention des détails fatigants de la manipulation, pour reporter cette attention sur la tâche plus difficile de penser.
- « Au moyen d’un programme étudié avec très grand soin, j’ai cherché à éviter aux élèves la perte de temps que nécessite pour eux la découverte des conditions les plus convenables à leurs expériences. Je me suis efforcé, dans chaque expérience, de concentrer leur attention sur le principe particulier que ces expériences doivent mettre en évidence; j’exige qu’ils formulent avec précision les conséquences de ces expériences. Mon but est d’obtenir ainsi le plus grand effort de pensées, l’observation la plus soigneuse et la plus exacte des faits, en réduisant au minimum le rôle de la préparation matérielle des opérations du laboratoire. »
- Peut-être y aurait-il quelques réserves à faire au sujet de cette préoccupation un peu exclusive de débarrasser l’étudiant de tout souci matériel relativement à la préparation de ses expériences ; cela est certainement très avantageux si on a comme but exclusif l’enseignement des principes élémentaires sur lesquels reposent les opérations métallurgiques ; mais, à un autre point de vue, il n’est pas mauvais d’habituer l’esprit à se mettre de bonne heure en face de la complexité extrême de tous les phénomènes naturels. A faire sans peine des expériences trop savamment préparées, on risque d’êlre découragé trop vite par les premiers insuccès inévitables quand on tentera, plus tard, d’appliquer aux problèmes de la pratique courante dans les usines ces méthodes scientifiques d’observations ou de mesures.
- A côté de l’enseignement analytique et abstrait des principes, il y a peut-être lieu de faire, dans les laboratoires, une place à un enseignement destiné à mettre en évidence le nombre infini des facteurs différents : température de combustion, rayonnement, fusibilité des cendres de combustibles, résistance à la circulation des gaz, etc., qui interviennent simultanément dans les différentes opérations industrielles. C’est là au moins une question que l’on est en droit de se poser, même sans avoir pour cela une solution satisfaisante à proposer.
- Les lignes suivantes ne sauraient être trop sérieusement méditées, quand on sait qu’elles ont été écrites par un professeur ayant débuté dans la car-
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- rière comme ingénieur d’usines métallurgiques, et non par un savant de cabinet.
- « Si le but de nos laboratoires métallurgiques est de réaliser par avance la pratique industrielle, nous devons adopter les programmes des laboratoires de métallurgie appliquée; si leur but est d’enseigner plutôt les principes que la pratique, nous devons suivre la méthode analytique. Il semble bien évident, en se plaçant à un point de vue général, que l’instruction devrait, autant que possible, s’attacher aux principes plutôt qu’aux détails de la pratique, mais en outre des raisons accessoires, qu’il ne serait peut-être pas indispensable d’invoquer, existent dans le cas des laboratoires d’instruction métallurgique. En effet, les détails de la pratique sont enseignés d’une façon inévitable, d’une façon spontanée, d’une façon très précise et avec la plus grande facilité dans les établissements industriels, mais, au contraire, avec une grande difficulté, et d’une façon très incomplète, dans les laboratoires d’enseignement. Les principes, d’autre part, sont ce que le laboratoire peut enseigner le plus facilement, avec la plus grande perfection et la pratique, au contraire, avec la moindre facilité et de la façon la plus imparfaite. Par conséquent, le chemin de moindre résistance consiste à étudier les principes dans le laboratoire et les détails de la pratique dans la pratique elle-même. De même que l’eau est l’élément le plus convenable pour apprendre à nager et la terre solide pour apprendre à marcher. >'
- Aucune erreur n’est plus fréquente que de croire à la possibilité d’organiser dans une école un enseignement pratique reproduisant identiquement, quoique sur une petite échelle, le travail des usines; on oublie que la grandeur de l’échelle est précisément la caractéristique dominante de toute opération industrielle. On n’apprendra jamais, en déplaçant quelques grammes de matières à la main, à réaliser des manutentions économiques de milliers de tonnes, pas plus qu’en faisant dans un petit creuset un essai de fer on n’apprendra la pratique du haut fourneau.
- En outre, le propre d’une manipulation est de se répéter, d’année en année, sur un programme toujours identique à lui-même, ne comportant par conséquent aucun aléa, et. l’imprévu est malheureusement trop souvent de règle dans l’industrie; les accidents, les déchets de fabrication ne peuvent être diminués que par la préoccupation constante de prévoir l’imprévu; on ne saurait l’apprendre en suivant un programme élaboré à l’avance de façon à exclure tout imprévu.
- Mais surtout, et avant tout, il es4 impossible de trouver des maîtres capables de donner, en dehors de l’usine, un semblable enseignement pratique; dans l’usine, ouvriers, contremaîtres, ingénieurs sont tous d’excellents, quoique
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- inconscients professeurs ; à chaque fait particulier, ils sont prêts à fournir au jeune collègue qui débute à côté d’eux les résultats de leurs anciennes observations ; chacun d’eux n’a peut-être qu’une expérience limitée ; mais, tous ensemble, ils possèdent une somme de connaissances pratiques difficile à rencontrer chez un maître isolé. D’ailleurs, un ingénieur expérimenté pouvant honorablement gagner sa vie dans l’industrie, acceptera difficilement une fonction de chef de travaux pratiques et, le ferait-il, qu’il perdrait bien vite son expérience première, faute d’occasion de l’entretenir.
- En dernier lieu, la préface se termine par quelques remarques sur l’emploi des appareils de mesure, qui ne sont pas moins judicieuses, et auraient peut-être même comporté un plus long développement.
- « Un autre but important du laboratoire métallurgique est de donner une certaine habileté dans les usages des instruments de précision, servant à la pyrométrie, la calorimétrie, l’étude microscopique des métaux et des alliages; il me semble indispensable que le diplôme de métallurgiste vise aujourd’hui cette habileté, comme celui d’ingénieur civil comporte la connaissance de l’emploi du théodolite. »
- Les idées développées dans cette préface sont vraies de tout temps, elles étaient vraies hier, elles le seront encore demain, elles sont seulement plus ou moins faciles à mettre en pratique suivant l’état d’avancement de nos connaissances au sujet des principes élémentaires mis en œuvre dans les différentes industries.
- Déjà, en 1850, M. Leplay avait organisé sur des principes semblables l’enseignement de la métallurgie à l’Ecole des Mines de Paris, et on le lui a souvent reproché, trouvant qu’il voyait, dans des opérations grossières et dépourvues de méthode, des bases scientifiques sans doute fictives, en tout cas mises en œuvre bien inconsciemment par ceux qui les appliquaient.
- Mais en se mettant aujourd’hui, en l’année 1903, en présence de l’état particulier d’avancement de l’industrie métallurgique, on peut se demander s’il ne serait pas possible d’entrer plus résolument encore dans la voie tracée par le professeur II. Howe, si le moment ne serait pas venu d’introduire systématiquement dans l’enseignement des écoles techniques des méthodes purement scientifiques et d’y sabrer impitoyablement tout l’empirisme que nous ont légué les traditions des siècles passés. N’y a-t-il pas quelque chose de choquant d’entremêler à chaque instant des recettes empruntées aux alchimistes avec des formules de mathématique transcendante ?
- Pour discuter ce problème de l’enseignement technique, d’un intérêt capital, il ne sera pas inutile de reprendre les choses d'un peu plus haut. Aux premières
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- époques du monde, l’industrie s’est créée et développée par des observations fortuites, des tâtonnements au hasard qui, en s’accumulant pendant quelques milliers d’années, sont arrivés à donner naissance à un petit nombre d’industries, aux produits très peu variés; la métallurgie obtenait le fer, la fonte et l’acier; la céramique fabriquait la terre cuite et la faïence stannifère; l’industrie des produits hydrauliques la chaux grasse et les pouzzolanes. Brusquement, dépuis un siècle, l’industrie s’est mise à prendre un essor inouï, faisant chaque année des progrès égaux à ceux de chacun des siècles précédents.
- Gela a été, sans aucun doute possible, Je résultat du concours prêté par Ja science à l’industrie. Dans les temps passés, la science n’était que l’abstraction des applications pratiques; elle suivait nécessairement la découverte des procédés employés pour l’arpentage des terres, le soulèvement des fardeaux, l’extraction des métaux, etc. Léonard de Vinci, Galilée établissent les bases de la mécanique générale d’après les observations faites sur leurs machines; mais ensuite la science a pris une vie indépendante, s’est développée d’abord parallèlement à l’industrie, puis s’est mise à la précéder et enfin à la guider. Ce sont surtout les progrès des sciences expérimentales, de la physique, et avant tout de la chimie, depuis les travaux de Lavoisier, qui ont réagi sur les progrès industriels. Aujourd’hui, il n’y a plus d’industrie possible sans le concours de la science, ne serait-ce que pour les analyses chimiques des matières premières élaborées ou des produits fabriqués. Mais, bien entendu, les différentes industries ont plus ou moins su tirer parti des découvertes de la science. L’électricité, et, dans une large mesure aussi, la métallurgie savent utiliser les données les plus récentes de la science ; la céramique, par contre, est restée bien longtemps en arrière et les progrès relatifs de ces diverses industries]ont été également très différents.
- Le plus souvent, il faut bien le reconnaître, les bienfaits de la science n’ont été acceptés par les industriels qu’à leur corps défendant et parfois même d’une façon tout à fait inconsciente. Il y a encore, entre la science et l’industrie, un malentendu qu’il serait du plus grand intérêt de faire disparaître, et c’est par l’enseignement donné aux jeunes ingénieurs dans les écoles techniques que l’on y arrivera le plus rapidement ; il faut tâcher de les convaincre non seulement de l’utilité, mais encore de la nécessité absolue, dans toute usine, de la méthode scientifique et de son instrument indispensable, le laboratoire.
- En quoi consiste au juste la méthode scientifique? Sa base essentielle est la croyance absolue en l’existence des relations nécessaires entre les différents phénomènes naturels. Les phénomènes complexes dépendént de phénomènes élémentaires plus simples de telle façon que, chaque fois que les facteurs élémentaires repassent tous par la même valeur, le phénomène complexe reprend aussi la même valeur; autrement dit, pour employer le langage algébrique : la
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- grandeur d’un phénomène X est une fonction déterminée d’un certain nombre de variables indépendants : x, y, z.
- X = f{æ,y,z).
- Et il ne suffit pas d’accorder à cette vérité une croyance vague, suivie d’aucune manifestation, il faut une conviction assez profonde pour que, chaque fois que l’on échoue à reproduire une opération industrielle identique à elle-même, on se mette à chercher, jusqu’à l’avoir découvert, celui des facteurs élémentaires que l’on a laissé varier à son insu.
- Dans une industrie conduite scientifiquement, l’objet de toutes les études doit être de chercher, pour chaque opération particulière, la nature des variables dont elle dépend et de déterminer exactement la fonction qui rattache la grandeur des résultats obtenus à celle des variables; or, cela n’est possible qu’à condition de savoir mesurer exactement la grandeur de tous les phénomènes simples ou complexes ainsi mis en jeu. A mon sens, le principe général, presque le but exclusif du laboratoire, dans l’enseignement technique, doit être d’habituer les élèves à ces mesures. « Il faut les convaincre avant tout de la possibilité démesures semblables dans les usines; les familiariser avec les méthodes, les appareils les plus convenables pour cet objet et, s’il est possible, les mettre en présence d’installations identiques à celles dont ils devront faire usage dans les- usines. »
- Sur ce point, je suis donc légèrement en désaccord avec M. le professeur Howe; s’il fait, dans son programme, une certaine part aux méthodes de mesure, il ne les classe cependant qu’au second rang, l’étude des principes scientifiques dans l’industrie lui semblant devoir être J’objet dominant des travaux de laboratoire. Sans méconnaître l’intérêt de cette partie du programme, il me semble que l’enseignement oral peut déjà, à lui seul, donner une connaissance très suffisante de ces principes généraux. Pour faire comprendre à un étudiant ce qu’est la recalescence de l’acier, il est certainement très bon de le lui taire observer directement, mais on peut aussi lui dire que c’est un phénomène de tous points semblable à l’allotropie du soufre et du phosphore; que le fer et l’acier peuvent subir des transformations allotropiques de même nature, et que les retards à ces transformations sont également du même ordre de grandeur : un peu plus accentués que pour le soufre, un peu moins que pour le phosphore. La connaissance qu’il a acquise antérieurement, dans l’enseignement scientifique, général, des propriétés de ces deux corps simples lui permet, par voie d’analogie, de s’élever à une connaissance suffisamment exacte des propriétés semblables du fer et de l’acier.
- Il est au contraire absolument impossible de faire comprendre par une simple description la plus ou moins grande facilité d’une méthode de mesure, et
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- encore moins de donner des indications suffisantes pour permettre de l’appliquer ensuite utilement.
- Il ne sera peut-être pas inutile, pour clore ces quelques remarques, de chercher à analyser les causes du désaccord se manifestant trop fréquemment entre la science et l’industrie.
- Si les méthodes scientifiques pénètrent aussi difficilement dans les usines, cela tient certainement en partie à l’esprit de routine, à l’instruction insuffisante de quelques industriels ; mais il faut bien reconnaître, d’autre part, que l’introduction, dans les usines, des méthodes scientifiques ou prétendues telles, donne trop souvent lieu à des mécomptes qui justifient, dans une certaine mesure, le discrédit dont elles sont l’objet; c’est qu’en fait notre enseignement scientifique, comme on le lui a souvent reproché, tend plutôt à fausser l’esprit qu’à développer le sens pratique. Essentiellement analytique, il tend à habituer l’esprit à ne jamais considérer les objets, les phénomènes naturels, que par un seul de leurs aspects, et souvent pas par celui qui est le plus important.
- Quand on étudie la chaleur, la pesanteur, l’électricité, on raisonne toujours sur des abstractions, sur des corps fictifs qui sont censés ne posséder aucune propriété autre que celle qui est étudiée. Dans l’étude de ces sciences abstraites, on donne, par la force des choses, une part plus importante à celles qui sont connues avec la plus grande précision, ou dont les progrès sont dus aux travaux de savants les plus éminents; on ne se préoccupe pas de tenir compte de leur importance relative dans le développement des phénomènes naturels.
- Instinctivement, l’étudiant, ne possédant pas d’autre bagage scientifique que ces indications analytiques, se laissera aller, dans la pratique des usines, à ne jamais envisager les questions que par un de leurs côtés et souvent leur plus petit côté. L’ingénieur, devant un projet de machine à vapeur, s’inspirera du théorème de Carnot, et oubliera complètement que les parois du cylindre ne sont pas imperméables à la chaleur; il ne tiendra pas compte des condensations alternatives, dont l’influence sur le résultat final est pourtant tout à fait prépondérant.
- Pour remédier .à cette orientation fâcheuse de l’enseignement scientifique, il ne peut être question, bien entendu, de renoncer à la méthode analytique, qui seule permet de s’y reconnaître au milieu de la complexité extrême de tous les phénomènes de la nature ; mais il serait indispensable de faire suivre cet enseignement analytique d’un enseignement synthétique, dans lequel on mettrait les élèves en présence de certainës opérations réelles, en leur montrant la part proportionnelle que prend, dans ces opérations, chacune des sciences élémentaires. Non seulement cette façon de procéder n’existe pas dans notre enseignement scientifique général, mais quand, par hasard, on croit, dans un cours
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- de chimie, par exemple, devoir faire quelque allusion aux procédés métallurgiques, on se garde bien de montrer les côtés scientifiques de cette science appliquée, on se borne à décrire quelques recettes empiriques, à donner quelques descriptions de fours, comme si l’on voulait bien convaincre les élèves qu’il n’y a aucune corrélation possible entre les sciences qu’ils ont péniblement apprises et les nécessités de la vie pratique. C’est aux Ecoles techniques qu’il appartient de combler cette lacune, en attendant une réforme indispensable, mais qui se fera sans doute longtemps attendre dans notre enseignement scientifique général; il faut mettre en évidence, dans l’enseignement des différents procédés industriels, l’intervention de chacun des facteurs élémentaires dont l’étude fait l’objet des sciences particulières. On préparera ainsi les étudiants à faire ensuite, dans les usines, un emploi judicieux de leurs connaissances scientifiques, au lieu de les présenter, ce qu’ils font trop souvent aujourd’hui, comme la négation de toute espèce de sens commun.
- H. Le Ch atelier.
- Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902.
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- LIVRES ET OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN DÉCEMBRE 1902
- Annuaire du bureau des Longitudés pour l’année'1903. In-18, 670 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Royal Society of New South Wales Proceedings (1901). In-8°, 500 p. Londres, Robertson.
- American Society of Mechanical Engineers Transactions (1902). In-8C, 878 p. New-York.
- Société technique de l’Industrie du gaz en France. 29e Congrès, juin 1902. In-8°, 720 p. 36, pl. Paris, Imprimerie de la Société des publications périodiques, 13, quai Voltaire.
- Expériences sur le travail des machines-outils pour les métaux, 1er fascicule, par M. Codron. In-4°, 270 p., 580 fîg. Paris,Dunod.
- Les Alliages métalliques, par M. le Capitaine Gages. In-18, 160 p. Encyclopédie Léautè. Paris, Gauthiers-Villars.
- De la Metalgesellchaft. Recueils statistiques sur les métaux. Cuivre, Zinc, Étain, Argent, Nickel, Aluminium, Mercure. In-4°, 63 p. Francfort-sur-Mein.
- La Traction électrique sur la ligne du Fayet-Chamonix, par M. Auvert. Extrait de
- la Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Note sur l’Aqueduc de l’Avre, par M. Bret. Extrait des Annales des Ponts et Chaussées.
- The Chemistry of India Rubber, par M. C. O Weber. In-8°, 304 jp., 23 fîg. Londres, Griffin.
- Traité pratique de Traction électrique, par MM. Barbillon et Griffisch. In-8°, 752 p., 510 fîg.. Paris, Bernard.
- Du ministère de l Industrie et du Travail de Belgique. Rapports annuels de l’Inspection du Travail. 7e année (1901). In-8°, 290 p. Bruxelles, J. Lebegue.
- Exposition de 1900. Rapport du Jury de la classe 38, Agronomie et Statistique agricole, par M. Grandeau. In-8°, 30 p. Imprimerie nationale.
- Annuaire de l’Imprimerie, par M. A. Muller, 1903. In-18, 320 p. Chez l’auteur, 13, rue de Seine.
- Agenda agricole et viticole, par M. Vermorel (1903). In-18, 330 p. Montpellier, Coulet.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1902
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des écoles des arts et métiers.
- BMA . . . Bull, du ministère de l’Agriculture. CN. . . . Chimical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cli. ... Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- DoL. . . . Bulletin of the Department of La-bor, des États-Unis.
- Dp. .. . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Es........Engineers and Shipbuilders in
- Scotland (Proceedings).
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- Gm. . . . Revue du Génie militaire.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bull.).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. IME. . . . Institution of Mechanical Engineers (Proceedings).
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal). La. .. . La Locomotion automobile.
- Ln . . . .La Nature.
- Lo. . . . Locomotion.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes .
- N.........Nature (anglais).
- PC. .. . Journalde Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille éconorn. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Rgds.. . . Revue générale des sciences.
- Ri .. . . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rs........Revue scientifique.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietvLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- SAF . . . Société des Agriculteurs de France X Bulle tin).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse
- SiN. . . . Société industrielle du Nord de la France (Bulletin).
- SL........Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- USR. . . . Consular Reports to the United States Government.
- VD1. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1902.
- AGRICULTURE
- Agriculture jurassique. Ap. 27 Nov., 699. Améliorations culturales (Appréciation économique des) (Rabaté) CR. 8 Déc. 1074. Bétail. Alimentation et acide phosphorique. Ag. 22 Nov. 846.
- — Commerce des conserves de viandes aux États-Unis. Ap. 4 Déc., 745.
- — Race ovine Cauchoise. Ap. 4 Déc., 740. — Fourrages et pain mélassés (Grandeau).
- Ap. 27 Nov., 697.
- — Hygiène du. Ap. 27 Nov., 710.
- Blé d’Alsace. Ag. 22 Nov., 818. Récolte en 1902. SNA. 8 Oct., 660.
- Caisse régionale de crédit agricole de la Brie. Ag. 22 Nov., 811 de Reims, id. 29 Nov., 882. Fonctionnement des caisses régionales de crédit agricole mutuel en 1901. (id). 4 Déc., 733, 889. Crédit mutuel agricole dans la Haute-Marne. Ag. 13 Déc., 942.
- Cheval. Alimentation sucrée (Grandeau). Ap. 20 Nov., 666, à la mélasse, à la tourbe (id.) 11 Déc., 760.
- — De sei'vice et de guerre. Ag. 6 Déc., 894. Champagne (Amélioration des terres crayeuses delà). Ag. 6, 13 Déc., 901, 935.
- Coton au Turkestan (Levât) Rs. 13 Déc., 753. Cultivateur ci vapeur Martin C. 12 Déc., 779. Engrais chimiques en horticulture. SAF.
- 15 Déc., 477. Valeur du purin. Ag.
- 29 Nov., 869. !
- Forêts. Balivages dans les taillis composés. Ap. 4Déc., 734.
- Fraisier (Culture du). Ag. 22 Nov.,826, 6 Déc., 905.
- Laboureuse automobile Nubar. Ap.20 Nov., 675. Laitue. Immunisation contre le Meunier (Marchai) CR. 8 Déc., 1067.
- Landes. Défrichement dans le département de la Manche. Ap. 11 Déc., 764.
- Pomme de terre. Action du sulfate de cuivre pour la résistance au Phyrophthora (Laurent). CD. 8Déc.,1040.
- Presse à foin Howard. E. 12 Déc., 779.
- Pruniers (pochettes des). Ag. 29 Nov., 867. Semailles. Protection contre les’ corbeaux (Raspail). R. 29 Nov., 683.
- Vers à soie. Influence de l’eau sur leur développement et le poids des cocons (Lambert). SNA. 8 Oct., 625.
- Vigne. Un domaine du bas Armagnac. Ap. 20 Nov., 669.
- — Emploi du noir en oenologie (Cari.
- Mantrand). ScP. 20 Nov., 1149.
- — Application des engrais chimiques à la culture de la vigne dans les terrains calcaires des Charentes (Guillon et Crouirand). CD. 8 Déc., 1076.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de l’Uganda, E'. 21, 28 Nov., 491, 512, 12 Déc., 570.
- — de l’Afrique du (Sud, ZOI. 22 Nov., 784.
- — américains(Exploitationdes). E'28 Nov.,
- 529. 5 Déc., 551. Statistique 1900. Rgc. Déc., 345.
- — (Construction des) en Europe et aux
- États-Unis. Ef. 29 Nov., 729.
- — du Simplon (tunnel) et nouvelle ligne
- directe anglo-italienne pour l’Orient (Grœgg). SA. 28 'Nov., (23.
- Electriques. Barmen-Elberfeld, C’. 21 Nov., 488.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Nov., 262 ; de Londres, E. 28 Nov., 714. le. 25 Nov., 309.
- — du New-York Central. Rgc. Déc., 370. Funiculaire de Wee Rawken. Ac. 6 Déc., 86. Eclairage électrique des trains. Kuil. Rgc. Déc.,
- 365.
- Locomotives (Progrès des). (Von Borries). VDI. 22 Nov., 1784.
- — A l’Exposition de 1900. VDI. [6 Déc., 1880.
- — A 6 roues couplées tender Wrexham. R g. E'. 21 Nov., 495.
- — A 8 roues (couplées type. Consolidation État Norvégien. E'. 28 Nov., 525. Signaux électriques à Crewe. E'. 5 Déc., 848. Trains Service en France et en Angleterre. (Rous-Marken). E'. 5, 12, Déc., 538, 561.
- Voie. Cintreuse de rails Schrabetz. Pm. Nov., 174.
- — Rails (résistance des) et ségrégation (Andrews). C. 28 Nov., 724.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Résistance de l’air. Lo. 22 Nov., 742.
- — Industriels en France. E' 5, 12 Déc.,
- 536, 560.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1902.
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- Automobiles à pétrole (Les). E., 28 IVoy.,701. — La Minerve. Lo. 6 Déc., 776.
- — Hautier. Lo. 13 Déc., 786.
- — Pétro-électrique Mildé. Ln. 13 Déc., 23. — Manivelles Antichoc. L. 22 Nov., 746.
- — à vapeur. Serpollet. Lo. 22, 29 Nov.,
- 747, 762, 13 Déc., 797.
- — Roues élastiques Russel.Lo. 22 Nov., 751. Jante démontable. Le Play. Lo. 6 Déc., 781.
- — Suspension-châssis. Ri. 6-13 Déc., 482, 493.
- locomotives routières. ClaytonetShuttleworth, E. 21 Nov., 672.
- Tramways électriques. Nice et littoral (Bri-card). EE. 22 Nov., 253.
- — du South-London. E. 28 Nov., 698,
- 12 Déc., 773.
- — En Angleterre. Eté., 13 Déc., 376.
- — Essais des moteurs de tramways (Field). EE. 13 Déc., 391.
- — Emploi des accumulateurs (Izart). le. 10 Déc., 533.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Alcool. Éclairage à) en 1843 (Lindet). Ap. 27 Nov., 699.
- Acétylène. Purification (Keppeler). Cs.26Nov., 1387.
- Acide chlorhydrique. Action sur les sulfates des sesquioxydes de chrome, d’alumine et de fer (Recoura). ScP. 5 Déc., 1155.
- — sulfureux liquide. Emploi comme dis-
- solvant (Walden et Centnerzwsr). ScP. 20 Nov., 876.
- — pyrophosphorique, transformation en
- acideorthophosphorique. CR. 1er Déc., 961.
- -— Formique, synthèse (Moissan). ScP. 5 Déc., 1148.
- Acoustique. Éiectrodiaphasons à longues périodes variables. (Mercadier). CR. 24 Nov., 898.
- Aluns. (Réactions acides des) et influence de celte acidité sur l’insolubilité de la gélatine dans le cas de l’alun de chrome (Lumière et Scyewetz). ScP. 20 Nov., 1073.
- Air. Quantité d’hydrogène libre et densité de l’azote atmosphérique (Gautier). CR.
- S Déc., 1025.
- Argent. Sel ammoniacaux (d’). réduction par les substances organiques (Morgan et Mecklethwart). Cs. 20 Nov., 1373. Brasseries. Divers. Cs. 15 Nov., 1340; 15 Déc., 1463.
- , — Étude sur le maltage, id., 1340, 1342. Carbone. Température d’inflammation et combustion dans l’oxygène des trois variétés de carbone (Moissan). CR. 1er Déc., 921.
- Caoutchouc. Expérience sur ses propriétés chimiques (Ransay, Check et Collin-gridge). Cs. 26 Nov., 1367.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15 Nov., 1331. Théorie de Zulkowski. Cs. 25 Nov., 1395.
- — Essais du Portland en Allemagne. Le Ciment, Nov., 173.
- Céramique. Divers. Cs. 15 Nov., 1330; 15 Déc., 1454.
- — Argiles du bassin de Boston. American Journal of Science. Déc., 445.
- Chlorure thallique (Thomas). CR. 8 Déc., 1051. Chimie et pharmacie à l’Exposition de 1900. Allemagne (Haller). Rgds. 30 Nov., 15 Déc., 1054, 1130.
- — Industrie chimique en Russie (Bionn). Ru. Oct., 87.
- Cyanures (Fabrication des) et industrie du gaz (Robineet Lenglen). RCp. 21 Nov.,384. — Cyanoferrures produits par les liqueurs de gaz (Donatli). CN. 5 Déc., 274. Diamants. Fluorescence et phosphorescence (Rosenheim). CN. 21 Nov., 247.
- — Transformation en carbone noir (Ber-thelot). CR. 8 Déc., 1017.
- Dissociation de la matière (Le Bon). Rs. 22 Nov., 647.
- Eaux oxygénée cristallisée (Staedel). CN- 5 Déc., 271.
- Drogues (Pureté des) (Coblentz). Sc. 15 Déc., 1431.
- Eaux naturelles. (Métaux dans les) (Ditte). Rs. Nov., 673.
- — Purification par l’ozone (Van t’Hofï). EE.
- 6 Déc., 357.
- Essence et parfums divers. Cs. 15 Nov., 1345 ; 29 Nov., 1409.
- — Essence de verveine de Grasse (Theu-
- lier). ScP. 20 Nov., 1113.
- — devétyver (Genvresse et Langlois). CR.
- 13 Déc., 1059.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1902.
- Explosifs. Stabilité des nitrocelluloses (Will). Cs. 15 Déc., 1470.
- Fermentations. Hydrolyse des polysaccharides par les ferments solubles (Bourque-lot). Pc. 15 Déc., 579.
- Gaz. Constante de liquéfaction (Schaefer). VDI. 13 Déc., ,1902.
- Gaz d’éciairage. Théorie des manchons. N. 27 Nov., 82.
- — Fours inclinés de l’usine de Vaise. Ri. 13 Déc., 494.
- — Rayonnement calorifique et lumineux de quelques oxydes (Fery). ACP.Déc., 433.
- Graisses et huiles. Valeur iodine. Méthodes de détermination (Harvey). Cs. 15 Déc., 1437.
- Hydrates de gaz. Composition (de Forcrand). CR. 1er Dec., 959.
- Hydrogène atmosphérique (Leduc). CR. 17Nov., 860.
- Hydrures de sodium et de potassium. Préparation (Moissan). ScP. 5 Déc., 1440, 1444. Hypochlorite de soude. Fabrication. Eam. 22 Nov., 679.
- Laboratoire. Divers. Cs. 15 Nov., 1349; 15 Déc., 1472. Sidérurgiques (Les). SuE. 1er Déc., 1297.
- — Analyse du gaz par flacon (Wohl). Cs.
- 29 Nov., 1412.
- — Dosage de l’acide sulfureux par la li-
- queur titrée d’iode (Berg). ScP. 20Nov., 1077.
- — — de l’azote. Nouvel appareil (Por-
- cher et Brissac). ScP. 20 Nov., 1188.
- — —• delà glycérine dans le vin (Trilliat).
- CR. 24 Nov., 903.
- — — du manganèse (Baubigny). CR. 1er
- Déc., 963.
- — — de l’acide phosphorique dans les
- laitiers (Meillère). Cs. 29 Nov., 1415.
- — Emploi des étuves à 37° en chimie ana-
- lytique. Pc. 1er Déc., 526.
- — Élimination des sels ammoniacaux
- (Jervis). CN. 5 Déc., 271.
- — Titrage de l’acide nitrique (Philps).
- American Journal of Science. Déc., 440.
- — Bromures et iodures. Essai au bicarbo-
- nate (Perkin). Cs. 29 Nov., 1375.
- — Séparation quantitative des persulfates
- en dissolution acide (Dittrich et Has-sel). Cs. 29 Nov., 1414.
- Manganèse. (Aluminate de) (Dufau). CR. l®r Déc., 963.
- Mélaphosphate manganique violet de Gmelin (Barbier). CR. 8 Déc., 1054.
- Optique. Spectre électrique ultra-violet des éléments (Exner et Haschek). CN. 21 Nov., 247.
- — Appareil pour déterminer la durée des impressions lumineuses sur la rétiue (Dupont). CR, 17 Nov., 876.
- -- Polarisation rotative, théorie nouvelle (Quesneville). Ms. Déc., 881.
- — Vitesse de la lumière (Perrotin). CR. 24 Nov., 881.
- Oxygène comprimé. Impuretés : leur rôle dans les combustions de la bombe calorimétrique (Berthelot). CR.17 Nov.,821. Os. (Industrie chimique dérivée des) (Grognot). Rcp. 30 Nov., 409.
- Photographie (Progrès de la) (Watkins). Sc. 5 Déc., 42.
- — Chambre noire pour photographie tri-chrome (Prieur). CR. 8 Déc., 1048.
- — Reproduction des couleurs (Dresser). N. 11 Déc., 127.
- Radio-activité du Radium (Giesel). CN. 21 Nov., 250.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15 Nov., 1337, 29 Nov., 1403; 15 Déc., 1458, 1460. Sucrerie. Divers. Cs. 15 Nov., 1339.
- — Gomme bactériologique nouvelle du
- sucre (Smith et Steel). Cs. 29 Nov., 1381.
- Tannerie. Action des acides organiques sur les peaux. Cs. 13 Déc., 1461. Teinture. Divers. Cs. 15, 29 Nov., 1326, 1328, 1390, 1392;15 Déc. 1449.
- — Progrès en 1900-1901 (Suais). Ms. Déc.>
- 871.
- — (Application de l’analyse spectrale à la)
- (Lefèvre). MC. 1er Déc., 304.
- — Impression sur tissu à Mulhouse (Histoire). MC. 1er Déc., 327.
- Thermométrie. Évaluation des températures dans l’échelle thermodynanique centigrade (Ponsot). CR. 1er Déc., 954. Cranium. Sa place dans la classification des éléments (de Conink). RCp. 16 Nov., 377.
- Vanadium. État actuel de nos connaissances sur le (Truchot). RCp. 30 Nov., 401. Verre armé (Appert). Ic. Oct., 470.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- DÉCEMRRE 1902.
- 859
- Yterbium (L’) (Cleve). CN. 21, 24 Nov., 248, 262 ; 5, 12 Déc., 275, 285.
- COMMERCE ET ÉCONOMIE POLITIQUE
- Afrique du Sud. Situation. Ef. 22 Nov., 689.
- — au point de vue de l’Ingénieur. E'. 5, 12
- Déc., 535, 557.
- Allemagne. Crise commerciale. E'. 21 Nov., 498.
- — (Industrie électrique en). Ef. 22 Nov.
- 702.
- Amérique. Industries américaines. E'. 28 Nov.,
- 523.
- Angleterre. Crise commerciale (Preece). S'A. 21 Nov., 8.
- Assistance publique et mortalité. Ef. 23 Nov., 695.
- Assurance (Mouvement du patronat vers 1’). depuis la loi du 9 avril 1898 (Roux). Rso. 16 Déc. 889.
- Canada. Progrès industriel. E. 12 Déc., 787. Ecole des hautes études industrielles de Lille. Rso. 1er Déc., 829.
- France. Bouilleurs de cru. Ef. 22 Nov., 692. — Dépopulation. Ef. 29 Nov., 739 ; RSo. 1er Déc., 802.
- — Commerce extérieur en 1901. SL. Nov.,
- 524.
- Gaz (Questions du) à Paris. Ef. 6Déc., 769. Grèves et arbitrages en 1902. Ef. 22 Nov., 699. RSo. 1er Déc., 851.
- — de Marseille. Ef. 6 Déc., 765.
- Instruction économique et éducation sociale de
- la jeunesse anglaise (Bardoux). Rso. 1er Déc., 785.
- Irlande. Mouvement économique. Ef. 6 Déc., 774.
- Monnaies. Frappe dans le monde entier : or et argent, de 1896 à 1900. SL. Nov., 622. Mulhouse au xixe siècle. Ef. 6 Déc., 776. Municipalisation des services publics. Ri. 8, 15, 22 Nov., p. 467.
- Russie. Enquête agricole, SL. Déc., 665.
- Sucres (Question des) (Têtard). Ag. 6 Déc., 891. Trust en Amérique. Ef. 22 Nov., 697.
- — Financiers en Allemagne. Ef. 6 Déc., 767.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Architecture. (Proportions naturelles en). Ham- | bige. N. 20 Nov., 68. i
- Bâtardeaux et leur épuisement. Rt., 25 Nov., 340.
- — Balayeuse-arroseuse Fletcheim. Gc.. 6 Déc., 81.
- Béton armé. Résistance (Considère). Gc. 22 Nov., 58, 72.
- Système Hennebique. Essais (Thullie), 29. 201, 12 Déc., 857.
- Ciment armé. Perraud et Dumas. Le Ciment. Novembre, 171 (Considère).De. 6 Déc., 85, 17.
- Constructions métalliques. Stabilité et résistance (Chaigneau). Bam. Nov., 1319. Fondations par compression mécanique du sol, procédé Dulac. Le Ciment. Nov., 168. Hourdis Concalon. Gm. Nov., 449.
- Loutres. Calcul du moment d’inertie (Lathui-lière). Rt. 10 Déc., 361.
- Ponts. Yiaduc du Yiaur. Ln. 22 Oct., 391.
- — Passerelles de cavalerie (Veyry). Gm. Nov., 427.
- — Élargissement du pont de Londres. E. 5 Déc., 743.
- Tôles ondulées (Emploi pratique des). Rt. 10 Déc., 357.
- Théodolites. Dolezal. 101. 5 Déc., 831.
- Voûtes. Calcul rapide (Tourtay). Ac. Nov.,il0.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Emploi des survolteurs avec batteries d’accumulateurs (Lyndon). EE. 29 Nov.,6 et 13 Déc.,299, 342, 378. Aciers doux. Emploi dans la construction des machines électriques (Gharpy). EE. 13 Déc., 388.
- Défauts en câble triphasé souterrain. Recherche par la méthode de la boucle (Janet), p. 839. SiE. Nov., 1902. Distribution. Tarification de l’énergie électrique (Lauriol). EE. 6 Déc., 325.
- — Tableaux de distribution à haute ten-
- sion anglais et étrangers (Clothier). EE. 6 Déc., 353.
- Dynamos. Alternateurs monophasés sur circuits polyphasés. Expériences (Mailloux). EE. 29 Nov., 320.
- — Groupe électrogène de Dion-Bouton.
- Elé. 6 Déc., 353.
- — Turbo-dynamos Parsons Brown Bovery.
- Elé. 6 Déc., 357.
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- 860
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1902.
- Dynamos.Facteur de puissance,dans les courants alternatifs non sinusoïdaux (Ascoti). EE. 13 Déc., 384.
- _____Compensateur pour polyphasés Simiens
- et Halske. EE. 13 Déc., 382. Éclairage. Lampe Nerst. N. 20 Nov., 67. Au mercure Hewitt. EE. 29 Nov., 312.
- — (Arc chantant 1’). (Masini). EE. 29 Nov.,
- 310. Et ses applications. Elé. 13 Déc., 369.
- Électro-chimie. Action du soufre dans l’élec. trolyse (Kuster). EE. 22 Nov., 286.
- — Divers. Cs. 15 Nov., 1334. 29 Nov. 1401; 15 Déc., 1458.
- — Usine de carbure de Cordova. EE. 29 Nov., 295.
- — Électro-chimie descomposésdubaryum.
- (Haff). CN. 12 Déc., 283.
- — Laboratoire électrolytique de l’Institut
- d’électro-chimie de Nancy. EE. 13 Déc., 36t. .
- Electrons (les). Oliver. E. 5 Déc., 752.
- Machine de Wimshurst. Théorie (Dwelshauvers; EE. 13 Déc., 383.
- Mesures magnétiques industrielles (Arma-gnat), SE. Nov., 714. Convertisseurs Siemens pour mesure des courants alternatifs intenses. EE. 22 Nov., 273. — Appareil à tracer les courbes des courants alternatifs Goldsmith. EE. 22 Nov., 273.
- — Détermination de la force électro-mo-
- trice en chaque point d’un circuit alternatif (M. Leblanc). EE. 22 Nov., 284.
- — Compteur R. Arno pour triphasés asy-
- métriquement chargés. EE. i3 Déc., 385.
- — Rapport de la commission d’étalon-
- nage. EE. 29 Nov., 318.
- — Compteur d’énergie Aron .Elé. 29 Nov.,
- 341. 13 Déc., 374.
- — Ondographe. le. 10 Déc., 537.
- Soupapes électrolytiques. Rendement industriel
- des (Hospitalier). le. 10 Déc., 533. Stations centrales de Suisse. E'. 28 Nov., 517.
- — De l’exposition de Dusseldorf: E. 12
- Déc., 769.
- — Création des (Razous) Rs. 22 Nov., 637.
- — Usinehydro-électrique de Champ (Isère).
- Gc. 22 Nov., 49.
- Stations électriques. Usine de Jonage. Dépenses de premier établissement et d’exploitation. EE. 13 Déc., 377. Télégraphie sans fils (Branly). Cosmos, 6 Déc., 716.
- — État actuel (Salomon). N. 11 Déc., 131. — Emploi de la résonance (Wien). EE. 29 Nov., 304.
- Téléphones. Avenir en Angleterre (Kingsbury). EE. 22 Nov., 288.
- — Transmetteur Pasquet. Elé. 22 Nov. 321.
- HYDRAULIQUE
- Ecoulement de Veau dans les canaux de sections variées (Stanton).E. 21 Nov., 664. Barrage d’Assouan,Égypte. SiM. Août, 305. E.
- 12 Déc., 783. E'. 12 Déc., 558.
- Moteurs hydrauliques. Davey. Patterson. RM.
- Nov., 508.
- Pompes directes Hill. RM. Nov., 506.
- — triple. F. Pearn. Ri. 6 Déc., 482.
- — rapide. Klein. E. 21 Nov., 670.
- — Régulateur Armstrong et Wright. RM. Nov., 505.
- — Compensateur Odie Id., 507.
- — centrifuges. (Expériences sur les)
- (Smith). E. 5 Déc., 763.
- — à grandes vitesses (Lecuir). RM. Nov.,
- 430.
- — Klein. Cotlri. Id. 505.
- — à incendies Compound Merrywealher.
- E'. 12 Déc., 574.
- Turbines. Régulateur Thury. E'. 29 Nov., 517.
- — Installations hydrauliques de Suisse EE. 29 Nov., 289.
- — de Youvry. EE. 6-13 Déc., 337, 370.
- MARINE. NAVIGATION
- Canal de Panama et régularisation du Chagres (Abbot). EM. Déc. 329.
- Canots au pétrole. Calcul de leur puissance. La. 27 Nov., 753.
- Constructions navales. Wallsend Slipway. E. 28 Nov., 605.
- Danube. Régularisation. ZOI. 21-28 Nov., 777, 801.
- Électricité. Traction sur les canaux (Reyval). EE. 22 Nov., 262.
- — Installation du Kronprinz Wilhelm. EE.
- 13 Déc., 364.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉGEMRRE 1902.
- 861
- Machines marines. Accident du Bullfmch. Rupture d'une bielle. E. 21 Nov., 690. Marines de guerre. Les croiseurs. E'. 21 Nov., 498.
- — Allemande. Croiseur Bogatyr. VD1. 22 Nov., 1761.
- — Américaine. E’. 5 Déc., 545. Rs. 6 Déc., 717.
- — Française. E. 28 Nov., 715.
- — États-Unis. Rs. 29 Nov., 688.
- — Sous-marins (les). E. 5 Déc., 733. Au point de vue allemand. E'. 21 Nov., 502. Protector. E'. 12 Déc., 562. Marine marchande en Angleterre. Ef. 22 Nov., 693.
- Port cle Bizerte. Gc. 22-29 Nov., 55, 65. Raccordement du réseau ferré au réseau navigable. Gc. 6 Déc., 88.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Accidents des ateliers en France, protection. (Boyer). EM. Déc., 418.
- Air comprimé. Accouplement. G. E. Eam. 22 Nov., 686.
- Aérostation. Dynamique des ballons libres (Degouy). Gm. Nov., 393. Navigation aérienne (Soreau), le. Nov., 507. Casse-pierres. Champion. En. 22 Nov., 385. Chaudières instantanées (les) (Beckford). E'. 28 Nov., 514. 5 Déc., 538.
- — à tubes d’eau. Exposition de Dussel-
- dorf. E. 28 Nov., 712, 5 Déc., 737.
- — Conductibilité fessais de) (Austin). VDI. 13 Déc. 1892.
- — Filtration des eaux d’alimentation Lan-gen. E. 21 Nov., 670.
- —- Foyers au pétrole sur les navires de guerre. E1. 26 Nov., 486. E. 12 Dec., 777.
- —• Fumivores (Raworth. Booth). EE. 22 Nov., 278.
- — Américains. VDI. 13 Déc., 1906.
- — à charbon pulvérisé de la Smokeless.
- C°. Eam. 22 Nov., 685.
- Emboutissage du celluloïd. AMa. 6 Déc., 1690. Graisseur pour cylindres Makefleld. Pm. Nov., 166. Snowdon. Rc. 22 Nov., 466.
- — Frottement des huiles aux grandes vi-
- tesses (Lasche). VDI. 13 Déc., 1881. Levage. Ascenseurs américains. RM. Nov., 509.
- Levage. Ascenseurs électriques (Commande des). Elé. 13 Déc., 371.
- — à l’Exposition de Dusseldorf. VDI.
- 6 Déc., 1848.
- — Appareils de manutention du port clu
- Rhin à Karlsruhe. VDI. 28Nov., 1802.
- — Convoyeur à secousses Mareus. VDI.
- 29 Nov., 1808.
- — Chargeur de wagon Christie. Eam.,
- 23 Nov., 684.
- — Palan Lavery. RM. Nov., 515. Machines-outils. Progrès depuis vingt-
- cinq ans. AMa. 22 Nov., 1600.
- — Ateliers (Administration des), EM. Déc. 369, 385, d’automobiles Thornycroft. E'. 28 Nov., 309.
- — Alésage des robinets Corliss. Rt. 25 Nov.,
- 346.
- — Cisaille pour poutrelles. Breuer Schu-
- macher. Ri. 22 Nov., 465.
- — Fraiseuse Herbert. E. 28 Nov., 704.
- — Machine Williams à emboutir des pi-
- gnons de chaînes. Lo. 22 Nov., 750.
- — — à percer les moyeux de vélocipèdes.
- Herbert. E. 28 Nov., 705.
- — Meulage (Le) (Horner). E. 21 Nov., 659.
- RM. Nov., 519; 12 Déc., 767.
- — Meule pour tiges de pistonsNorton. AMa.
- 22 Nov., 1629.
- — — universelle. Bath. RM. Nov., 528.
- E. 28 Nov., 72.
- — — Affûteuses Èttinger-Lapointe. RM.,
- Nov., 516, 519.
- — — Dresseuse. AMa. 13 Dec., 1705.
- — Poinçonneuse multiple Booth. AMa.
- 6 Déc., 1673.
- — Découpeuses(Woodworth). AMa. 13 Déc.
- 1708.
- — Perceuses (Travail absorbé par les). Gc.
- 29Nov.,11. RadialeRoos.Ama. 13Déc., 17135.
- — Scie à métaux Bryant. Gc. 6 Déc., 92.
- — Soudure des scies Ott. RM. Nov., 36.
- — Tour à grand travail Ward. E. 21 Nov.,
- 672.
- — d’outillage. E', 31 Nov., 502.
- — — vertical de laSociété alsacienne.Pm.
- 1 Nov., 162. Bullard. RM. Nov., 485.
- — — étau tournant. Herbert. £. 28 Nov.,
- 709.
- — Vis (Machines à fraiser les). Pratt Whit-
- ney. Ama. 22 Nov., 1629.
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- 862
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1902.
- Moteurs à, vapeur des tramways de Glasgow. E'. o Déc., 537.
- — rapide Goodfellow. E,. 21 Nov., 499.
- — Condenseurs centraux à l’Exposition de Dusseldorf. VDI. 29 Nov., 1825.
- — Stufflng box Paaton Mitchell. Pm. Nov., 174.
- — Pistons Downie. E. 21 Nov., 685.
- — Régulateurs (Théorie des) (Lecornu). RM. Nov., 468. Pour moteurs commandant des alternateurs en parallèle (Marchena) S. E. Nov. 754.
- — — Robinson. E. 13 Déc., 791.
- — Volants (Les grands). E'. 12 Déc. 568. —• à gaz. Lister. E'. 28 Nov., 527. Gom-
- — — pound Butler. E'. 12 Déc., 571.
- — — Bilan thermique. E'. 21 Nov., 497.
- — Explosions en vase fermé (Bairstow et
- Horsley). E. 28 Nov., 723.
- — Allumage par magnétos, ho. 22-29 Nov., 740, 756, 766; 5-13 Déc., 772, 794.
- — â gaz de hauts fourneaux (Gochrane).
- E. 12 Déc., 794.
- — au gaz MondàFaernley. E'. 21 Nov., 494. — Gazogène Wentherthur (François). Ru,
- Nov., 168.
- — à pétrole. Carburateur Krebbs. CR.,
- 24 Nov., 894.
- Paliers mobiles. VDI. 6 Déc., 1841.
- Planimètre Bryan. E. 5 Déc., 740.
- Ressorts ci pincettes (Calcul des). AMa. 6 Déc., 1680.
- Résistance des matériaux. Fer (Influence de la composition chimique). SuE.,
- 1 Déc., 1292.
- Ventilateurs modernes (Innés). E. 5 Déc., 732.
- MÉTALLURGIE
- Cuivre. Fonderie de Forest. Ac. Nov., 168.
- Fer et acier. Compression des lingots (Har-met).E.28Nov.5-12Déc.,726,744, 792. Électricité. Application aux aciéries (Smith), EM., Déc., 402.
- — Fabrication de l’acier Thomas. Pm.
- Nov., 169-
- —- Ferro-nickel et acier au nickel. SuE.
- 1 Déc., 1287.
- — Fonderie moderne (la) (Buchanan) EM.,
- Déc. 369.'
- Electricité, F orge de laGutchoffnungchute.FDL 22-28 Nov., 1775, 1815; 6 Déc., 1861. — Four à puddler mécanique Mechan. Eam. 15 Nov., 651.
- — Laminage du fer et calibrage des cylindres (Tonkow). Ru. Oct., 53.
- — Laminoir à roues Loos. RM. Nov., 534. — Presse à fogrer de 10000 tonnes Breuer Schumacher. Ri. 6 Déc., 482.
- MINES
- Afrique. Répartition des richesses minérales (de Launay). Rgds. 30 Nov., 1075. Argent. Mine de Parral, Mexique, Eam, 6 Déc. 738.
- Creusement à niveau plein des deux puits au siège du Quesnoy, de la Société des charbonnages de Bois-le-Duc. Ru. Oct., 1.
- Cuivre. Mines de Cerro de Parco, Eam, 6 Déc.
- 742, de Cananea (Mexique), id., 744. Emeraudes du Sahara (Cosmos, 20 Déc., 776. Extraction. Appareil de clichage et freinage Bein. Ri. 29 Nov., 493.
- — aux grandes profondeurs. Eam. 29 Nov.,
- 711, 6 Déc. 740.
- États-Unis. Statistique minérale en 1901. AM. Sept., 295.
- Fer. Gisements de minette dans le Jura lorrain. SuE. 1 Déc., 1273. Minerais du Brésil, Eam, 6 Déc., 750.
- Installation hydraulique des mines de Panuco (Mexique), Eam, 6 Déc. 748.
- Lignite. Nord. Dakota. Eam. 22 Nov., 674. Havage mécanique des charbons aux mines d’Anzin (Saclier). AM. Sept., 278.
- Or. en Guyane vénézualienne (Pazuet). Ru. Nov., 117. (Drague à) pour la Nouvelle-Zélande. Eam. 22 Nov., 681.
- — District d’Atlin. Colombie britannique. Eam. 29 Nov., 707.
- — Anciens chénaux aurifères de Californie
- (Bordeaux). AM. Sept., 227,
- — Mines d’Égypte. AM. Sept., 289. Préparation mécanique (Atelier de). Humboldt
- à l’Exposition de Dusseldorf. Ri. 22 Nov., 461.
- Roulage par corde-queue dans les houillères. Eam. 22 Nov., 678.
- Le Gérant: Gustave Richard.
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-
- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT LE DEUXIÈME SEMESTRE 1902
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- BiBAs(Ed. Félix), ingénieur civildes mines, directeur de la Papeterie du Marais,par Jouy-sur-Morin (Seine-et-Marne).
- Bullier, administrateur de la Société des Carbures métalliques, 64, rue Gay-Lussac, Paris.
- Dessolle (Louis), industriel, 19, rue Fro-mont, à Levallois (Seine).
- MM.
- Dunod (René), 11, rue Saint-Lazare, Paris.
- Honoré (Frédéric), ingénieur des Arts et Manufactures, administrateur délégué de la Société du Louvre, 75, rue de Lille, Paris.
- Société houillère de Liévin, àLiévin (Pas-de-Calais).
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LE DEUXIÈME SEMESTRE DE LA CENT DEUXIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (La lettre (P), à la suite d’un article, indique qu’il ne s’agit que d’une pre’sentation.)
- A
- Altmann. Carburateur, 416; Locomobileà alcool, 424.
- Aneille. Médaille de bronze, 14.
- Asquin. Médaille de bronze, 14.
- B
- Balland. L’OEuvre de Parmentier. Médaille d’argent, 12.
- Bara. Tube de niveau d’eau, médaille d’argent, 12.
- Barbier. Métier, médaille d’or, 12.
- Barbier et Godfernaux. Locomotives à l’Exposition, 727.
- Baudemont. Médaille de bronze, 14.
- Bayard. Cellulotypie. Rapport de M. Bel in, 66.
- Belin. Rapport sur la cellulotypie de M. Bayard, 66.
- Bertault. Médaille de bronze, 14.
- Bordey et Jenkin. Traction électrique, 690.
- Boudouard. Alliages de cuivre et de magnésium. 216.
- Brague. Médaille de bronze, 14.
- Brellié. Automobiles et moteurs, 274.
- Brinell et Wahlberg. Propriétés mécaniques des aciers, 89.
- Brioux. Prix d’Agriculture de 3 000 francs. Rapport de M. Hitier, 37.
- Brocard. Médaille de bronze, 14.
- Brull. Rapport sur le compteur d’eau Samain, 585.
- Bryan. Planomètre, 828.
- c
- Candlot. Ciment de Portland, 589.
- Chameroy. Appareils de pesage, médaille d’or, 12.
- Crilouet. Médaille de bronze, 14.
- Claude. L’électricité à la portée de tout le monde, médaille d’argent, 12.
- Comte. Prix Fourcade, 10.
- D
- Daubrée et Simon. État financier de la Société, 149-164.
- De la Coux. Les eaux industrielles, médaille d’argent, 12.
- Delagneux. Poulie extensible, 843.
- De Montois. Poulie extensible, médaille de bronze, 13.
- Deschamps. Les Gazogènes, 728, 844.
- Dessole. Galvanoplastie. Médaille de vermeil, rapport de M. Fontaine, 46.
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- 866
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. DÉCEMBRE 1902.
- Devaux. Médaille de bronze, 14.
- Donkin. Notice nécrologique, 9.
- — M oteurs à gaz de hauts fourneaux, 301.
- Dupuis. Rapport sur l’ouvrage deM. Pela-tan : «Richesses minérales des colonies françaises », 54.
- Durr. Carburateur, 420.
- — Locomobile à alcool, 422-423.
- E
- Elwards. Cisailles volantes, 108.
- Eude. Histoire de la mécanique française, 727.
- F
- Fagedet. Manivelle de sûreté, médaille d’argent, 12.
- Faucher. Médaille de bronze, 14.
- Fontaine. Rapport sur le procédé de galvanoplastie de M. Dessolle, 46.
- Fréhis. Moteur rotatif (P), 845.
- G
- Géniaux. Médaille de bronze, 13.
- Giraud. Groux. Médailles de bronze, 13.
- Grandeau. Rapport sur le prix des orges de brasserie, 41.
- Guillaume. Métrologie, 805.
- Guillet. Alliages d’aluminium, 221.
- Guyot. Prix de chimie de 500 francs. Rapport de M. Lindet, 45.
- H
- Hay. Holstraet. Médailles de bronze, 14.
- Hélot. Ouvrage sur la sucrerie, médaille d’or, 12.
- Heyn. Surchauffe de l’acier doux, 549.
- Hitier. Rapport sur le prix de géologie agricole, 37.
- Hoover et Mason. Manutention des hauts fourneaux, 431.
- Howe. « Metallurgical Lahoratory », 846.
- Huet. Rapport sur la cheminée de M. Sil-bermann, 69.
- Humprey. Progrès des moteurs à gaz, 558.
- J K
- Joly. Vérificateur de fusées, médaille de bronze, 13.
- Kennedy. Chargeur de haut fourneau, 110.
- Korting. Carburateur, 417.
- — Locomobile à alcool, 423.
- Kuhlstein-Vollmer. Camion aupétrole,429.
- L
- Lamy. Loubières. Médailles de bronze, 14.
- Langlet de Fresnoy. Machine à vapeur (P), 843.
- Larivière. Rapport sur la ceinture de sûreté de M. Ravasse, 64.
- Lavalarl. Don à la bibliothèque, 844.
- Le Chatelier (H.). Section française de l’association du Congrès international pour les essais de matériaux, 4.
- — Discontinuité dans les essais de fragilité, 73.
- — Fragilité des aciers dans ses rapports avec leur traitement thermique de fabrication des rails. Études faites aux États-Unis, 394.
- — Organisation des laboratoires d’enseignement, 846.
- — et Ziegler. Sulfure de fer dans le fer fondu, 368.
- Leclerc de Pulligny. Teintures au chromate de plomb, 457.
- Lefèvre. Terres de Cochinchine, 321.
- Lencauchez. Dragues, médaille d’or, 12.
- Linde. Préparation de l’oxygène, 409.
- Linder, président. Discours de la séance des prix, 3.
- Lindet. Rapports sur le prix de M. Rabaté, 27. Sur deux prix de chimie, 44, 45. Sur le procédé de panification de M. Pointe, 741. Éclairage et chauffage à l’alcool au concours de 1902, 167.
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-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1902.
- 867
- Logier. Origines de la fabrication du sucre, médaille d’argent, 12.
- Longuemare. Carburateur, 418.
- M
- Maréchal. Michel. Mongodin. Médailles de bronze, 15.
- Miron. Eaux souterraines, 739.
- Misset. Prix des orges de brasserie. Rapport de M. Grandeau, 41.
- Molesworth. Construction mécanique des ponts en Amérique, 302.
- Morel. Ciment armé, 730.
- O
- Orde. Emploi du pétrole dans les foyers de chaudières marines, 296.
- Otto Philipp. Presses hydrauliques, 836.
- p
- Pelatan. Richesses minérales des colonies françaises. Médaille d’argent. Rapport de M. Dupuy, 55.
- Pointe. Procédé de panification. Rapport de M. Lindet, 741.
- Prangey. Raffineuse continue. Médaille de vermeil, 12.
- Poulin. Médaille de bronze, 15.
- R
- Rabaté. Industrie résinière des Landes prixde 1000 francs. Rapport de M.Lindet.
- Ravasse. Ceinture de sûreté. Médaille de bronze. Rapport de M. Larivière, 13, 64.
- Raven. Machines soufflantes, 830.
- Rayer. Agriculture de la vallée du Nil. Médaille d’argent, 12.
- Richard (G). Notes de mécanique, 108, 296, 402, 567, 727, 828.
- — Littérature des périodiques, 141, 311, 437, 577, 731, 855.
- Rigolot. Expériences sur le blanc de zinc, 690.
- Ringelmann. Automobiles et moteurs à alcool au concours de 1902, 201. Risdale. Traitement correct des aciers, 82. Rojat. Travaux sur la filtration (P), 845. Ronna. Léonard de Vinci, 445, 659. Notice nécrologique, 844.
- Roser. Essai de ressorts d’indicateur, 714.
- s
- Samain. Compteur d’eau. Rapport de M. Brull, 585.
- Sangnier. Sebault. Serieys. Simon. Médailles de bronze, 15.
- Sauvage. Rapport sur les titres de M. Steinlen, 16.
- — Notes sür les locomotives, 502.
- Schinker. Soupapes des moteurs à vapeur, 132.
- Schmidt. Étude des pompes centrifuges, 839.
- Schrader. Mouvements des soupapes des pompes, 123.
- Schroder. Moteurs à alcool à l’exposition de Berlin, 414.
- Schuttehmann et Kremer. Compresseur, 833.
- Silbermann. Cheminée-calorifère. Rapport de M. Huet, 69.
- Steinlen. Grande médaille de mécanique, 7, Rapport de M. Sauvage, 16.
- T
- Tavaux. Médaille de bronze, 15. Tchernoff. Observations sur le travail de l’acier, 747.
- Thurston. Machines à vapeurs combinées, 841.
- Tisserand. Don de la classe 38, 843.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1902.
- uvwz
- Urbain. Prix de chimie de 500 francs. Rapport de M. Lindet, 44. Vaillard-Desmaroux. Stérilisateur, Médaille d’or, 12.
- Varlez. Plan social de Gand. Médaille d’or, 12.
- Villain. Médaille de bronze, 15. Warmford. Perforatrice et haveuses, 402. Ziegler. Traduction des mémoires de Tchernoff, sur le travail de l’acier, 747. Zschokke. Plasticité des argiles, 619.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE DEUXIÈME SEMESTRE DE LA CENT DEUXIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- A
- Agriculture. Prix décernés, 27.
- — Industrie résinière des Landes. Mémoire de M. Rabaté, 29. Rapport de M. Lindet, 27.
- — Géologie agricole. Rapport de M. Hi-tier. Prix de 200 francs décerné à M. Rrioux, pour son travail sur les ter-
- « rains de la Basse Bourgogne, 37.
- -— Orges de brasserie, meilleure variété. Prix de 1500 francs à M. Misset. Rapport de M. Grandeau, 41.
- — Procédé de panification de M. Pointe. Rapport de M. Lindet, 741.
- — Terres de Cochinehine (Lefeuvre), 321.
- Alcool. Éclairage et chauffage au Concours international de 1902 (Lindet),
- ( IQQ. Moteurs et automobiles^ Ringelmann),
- — 201.
- Argiles (Plasticité des) (Zschokke), 619.
- Automobiles à alcool au Concours de 1900 (Ringelmann), 201.
- =— à pétrole {Brillet), 274.
- B
- Bibliographie. Ouvrages reçus, 140, 731.
- — Locomotives à l’Exposition de 1900 (Barbier et Gqdfernaux), 727.
- — Histoire documentairede la mécanique française (Eude), 727.
- — Les gazogènes (Deschamps), 728.
- — Les eaux souterraines (Miron)> 729.
- — Le ciment armé (Morel), 730.
- — Metallurgîcal Laboratory de Howe (H. Le Chatelier), 846.
- Blanc de zinc remplaçant le blanc de céruse. Rapport de M. Rigolot, 690.
- c
- Ceinture de sûreté de M. Ravasse. Rapport de M. Larivière (Médaille de bronze), 64.
- Cellulotypie (gravure en) de M. C. Bayard. Rapport de M. Belin, 66.
- Chaudières marines au pétrole (Orde), 266.
- Chemins de fer. (Traction électrique sur les) (Bordey et Jenkin), 697.
- Cheminée-calorifère Silbermann. Rapport de M. Huet, 69.
- Chimie. Prix de 500 francs décernés à M. Urbain pour ses travaux sur les acé-tylacétonates de fer... et les terres rares, et à M. Guyot pour ses travaux sur le vert phtalique. Rapports de M. Lindet, 44 et 45.
- Ciment Portland. (Industrie du) (Cand-lot), 389.
- Colonies françaises. Recherches minérales. Ouvrage de M. Pelatan. Rapport
- 57
- Tome 103. — 2e semestre. — Décembre 1902.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1902.
- M. Dupuis, 55. Résumé, 57 (Médaille de d’argent).
- Gochinchine. [Terres de) (Lefeuvre), 321.
- Compresseur Schuchtérmann et Krémer, 833.
- Compteur d’eau Samain en celluloïd. Rapport de M. Brull, 585.
- Cuivrage des métaux. Procédé Dessole. Rapport de M. Fontaine (Médaille de vermeil), 46.
- E
- État financier de la Société. Rapport de MM. Daubrée et Simon, 149-164.
- F H
- Filetage. Unification des pas pour les appareils d’utilisation du gaz d’éclairage (Paget), 112.
- Histoire des sciences.[Léonard de Vinci ingénieur hydraulicien (Ronna), 445, 659, 758.
- I L
- Indicateurs. (Essais d’) (Roser), 714.
- Laboratoires d’enseignement. Organisation (H. Le Ghatelier), 846.
- Léonard de Vinci peintre et ingénieur hydraulicien (Ronna), 445, 659, 758.
- Littérature des périodiques, 141, 311, 437, 577, 731, 855.
- Locomotives. (Note sur les) (Sauvage), à essieux indépendants, 502 ; à deux essieux couplés, 506.
- M
- Machines-outils. Travaux de M. Steinlen, 16.
- — Cisailles volantes Edwards, 108.
- — Construction mécanique des ponts aux États-Unis (Molesworth), 302.
- Médailles commémoratives, 13.
- — d’ouvriers et contremaîtres, 14.
- Grande médaille de mécanique décernée à M. Steinlen. Rapport de M. Sauvage,
- 16.
- Métrologie. La Convention du mètre et le Bureau international des poids et mesures (Guillaume). Masse du décimètre cube d’eau, 805. Ohm légal, 817. Résistivité du mercure, 822.
- Moteurs à vapeur. Fonctionnement des soupapes (Schenker), 132.
- — à vapeurs combinées (Thurston), 841.
- — à, gaz de hauts fourneaux (Donkin), 301.
- — à alcool au Concours de 1900 (Ringel-mann), 201. A l’Exposition de Berlin, 414.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Cuivre, cadmium, magnésium (Beaudouard), 216.
- — d’aluminium (Guillet),-221.
- Fragilité des métaux. (Discontinuité
- dans les essais de) (H. Le Chatelier), 73.
- — des aciers, ses rapports avec leur traitement thermique (H. Le Chatelier), 81. Traitement correct de l’acier (Risdale), 82. Étude sur les propriétés mécaniques des aciers (Brinell et Waiilberg), 89.
- Hauts fourneaux. Chargeurs Kennedy, 110.
- — Manutention des minerais à l’Illinois Steel C°, 431. Machine soufflante Raven, 830.
- Laminoir pour barres Commentry Four-chambault, 402.
- Rails. (Études sur la fabrication des) faites aux États-Unis (H. Le Chatelier), 394.
- Travail de l’acier à froid. Observations de M. Tschernoff (Ziegler), 747.
- Sulfure de fer (Le) (Le Chatelier et Zte-gler), 368.
- O P
- Oxygène, préparation par l’air liquide (Linde), 409.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1902.
- 871
- Perforatrices et baveuses mécaniques ( Warm-ford), 402.
- Planimètre Bryan, 828.
- Ponts. Constructions mécaniques aux États-Unis (Molesworth), 302.
- Pompes. Mouvements des soupapes (Schro-der), 123.Centrifuges. Appareils d’étude Schmidt, 839.
- Presses hydrauliques Otto Philipp, 836.
- Prix. Séance générale, 10-64.
- Procès-verbaux des Séances, 11 juillet, 726. 11 et 28 novembre, 843, 844.
- R T
- Résines. Industrie résinière des Landes. Ouvrage de M. Rabaté, 29. Rapport de M. Lindet, 27.
- Teinture au chromate de plomb (L. de
- Pulligny), 457.
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- TABLE DES DESSINS
- DESSINS
- Pages.
- Ceinture de sûreté Ravasse. — 2 figures.................................... 64
- Cheminée calorifère Zimmermann. — 5 figures................................ 70
- Discontinuité dans les essais de fragilité. — 6 figures.................... 76
- Cisailles volantes Edwards. — 3 figures....................................108
- Chargeur de haut fourneau Kennedy. — 4 figures.............................110
- Filetage des tubes. — 7 figures............................................112
- Soupapes des pompes. —11 figures...........................................123
- Soupapes de machines à vapeur. — 7 figures . . . ............................ 133
- Éclairage à l’alcool. — 16 figures.........................................167
- Moteurs à alcool. — Il figures.............................................201
- Alliages de cadmium et de magnésium. — 3 figures...........................216
- Alliages d’aluminium. — 6 planches.........................................220
- Automobiles et moteurs. — 20 figures.......................................274
- Brûleurs à pétrole pour chaudières. — 7 figures............................299
- Construction mécanique des ponts. — 12 figures.............................304
- Sulfure de fer. — 28 figures...............................................369
- Fabrication des rails. — 7 figures. .......................................396
- Perforatrices et haveuses. — 16 ligures....................................402
- Laminoir à barres. — 2 figures.............................................408
- Préparation de l’oxygène. — 8 figures......................................409
- Moteurs à alcool à l’Exposition de Berlin. — 35 figures. .................415
- Manutention des hauts fourneaux. — 9 figures............................. 431
- Léonard de Vinci. — 57 figures.............................................445
- Note sur les locomotives. — 49 figures.....................................507
- Surchauffe de l’acier doux. — 13 figures...................................550
- Progrès des moteurs à gaz. — 7 figures.....................................558
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- 874 TABLE DES DESSINS. ------- DÉCEMBRE 1902.
- Pages.
- École de technologie de Manchester. — 9 figures................................567
- Compteur d’eau Samain. — 4 figures.............................................587
- Industrie du ciment Portland. — 31 figures.....................................592
- Plasticité des argiles. — 50 figures...........................................619
- Traction électrique sur les voies ferrées. — 4 figures.........................697
- Essais des indicateurs. — 24 figures...........................................714
- Travail de l’acier à froid. —15 figures................................. 747
- Métrologie.. — 5 figures.......................................................805
- Planimètre Bryan. — 3 figures..................................................828
- Machine soufflante Raven. — 7 figures..........................................830
- Compresseur Schuchtermann et Kremer. — 6 figures...............................834
- Presses hydrauliques Otto Philipp. — 7 figures.................................838
- Pompes centrifuges. —8 figures.................................................840
- Paris. _ Typ. Pu. R-înouard, 19, rue des Saints-Pères. — 42864.
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