Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- S. E. (. N.
- Bibliothèque
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIETE
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- PUBLIE
- SOUS LA DIRECTION DU SECRÉTAIRE DE L'A SOCIÉTÉ
- M. HITIER
- 1907
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration.
- (Extrait du Règlement.)
- "wn " M D C C CT
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- 1907
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- 106e ANNÉE.
- JANVIER 1907.
- BULLETIN
- DE '
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL ET DES MEMBRES CORRESPONDANTS, ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS
- DU 28 DÉCEMBRE 1906 POUR l’ANNÉE 1907
- BURjEAU
- Président.
- 1892. — Gruner (E.) (O. #), ingénieur civil des mines, secrétaire du Comité centrât des houillères de France, 6, rue Pérou (VIe arrl).
- Vice-présidents.
- 1877. —Bérard (P.) (0. #), membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue Casimir-Delavigne, 2 (VIe arr1).
- 1883. — Bardy (0. #), directeur honoraire du service scientifique des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 32 (VIIIe arr1).
- 1905. — Bertin (C. #), membre de l’Institut, 8, rue Garancière (VIe arr1).
- 1894. — Pector (Sosthènes), membre du Conseil d’administration de la Société française de Photographie, 9, rue Lincoln (VIIIe arr1).
- Secrétaire.
- 1901. —Hitier (Henry), ingénieur agronome, maître de conférences à l’Institut national agronomique, 23, rue du Cherche-Midi (VIe arr1).
- Trésorier.
- Année de l’entrée au Conseil.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1907.
- Année de l’entrée au Conseil.
- Censeurs.
- 1884. — Bordet (#), ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie de Châtillon et Commentry, boulevard Saint-Germain, 181 (VIIe arr1).
- 1901. — Legrand (Victor) (O. #), ancien président du Tribunal de commerce de la Seine, 115, rue Lafayette (Xe arr1).
- Commission des Fonds.
- 1884. — Bordet (#), ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie de Cbâtillon et Commentry, Président, boulevard Saint-Germain, 181, (VIIe arr1).
- 1868. — Goüpil de Préfeln (#), boulevard Haussmann, 77 (VIIIe arr1).
- 1876. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, boulevard de Cour-celles, 33 (VIIIe arr1).
- 1887. — Fouret (&), ancien examinateur d’admission à l’École polytechnique, avenue
- Carnot, 4 (XVIIe arr1).
- 1888. —D’Eichtiial (Eug.), membre de l’Institut, administrateur de la Compagnie
- du chemin de fer du Midi, boulevard Malesherbes, 144 (XVIIe arr1).
- 1891. — Heurteàu (O. .&), ingénieur en chef des mines, directeur de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, rue de Clichy, 17 (IXe arr1).
- 1900. — Lavollée (J.), avocat à la Cour d’appel, 3, avenue du Coq (IXe arr1).
- 1902. — Honoré (Frédéric) (#), ingénieur des arts et manufactures, adminislrateur
- délégué de la Société du Louvre, 75, rue de Lille (VIIe arr1).
- 1903. — Lafosse (H.) (O. #), conservateur des eaux et forêts, 78, rue de Varenne
- (VIIe arr1).
- 1906. — Alby (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, boulevard Flandrin, 80 (XVIe arr1).
- Comité des Arts mécaniques.
- 1869. — Haton de la Goupillière (G. O. #), membre de l’Institut, Président, rue de Vaugirard, 56 (VIe arr1).
- 1876. —Collignon (Ed.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 2, rue de Commaille (VIIe arr1).
- 1884. — Brüll (#), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Malesherbes, 117 (VIIIe arr1). ; . .
- 1891. — Imbs (#), professeur.au Conservatoire des arts et métiers, rue Greuze, 20 (XVIe arr1).
- 1891.— Sauvage (O. #), ingénieur e:i chef des mines, professeur à l’École des mines et au Conservatoire des arts et métiers, rue Eugène-Flachat, 14 (XVIIe arr1).
- 1893. — Flamant (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, Grande-Rue, 11,
- à Bourg-la-Reine (Seine).
- 1894. — Linder (C. #), inspecteur général des mines, rue du Luxembourg, 38,
- (VIe arr1).
- 1895. — Bourdon (Édouard) (O. #), constructeur-mécanicien, rue du Faubourg-du-
- Temple, 74 (XIe arr1).
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- Année de l’entrée au Conseil.
- 1895. — Rozb (0. #), répétiteur d’astronomie à l’École polytechnique, 62, rue du Cardinal-Lemoine (Ve arr4).
- 1897. — Barbet (#), ingénieur, 53, avenue de Paris, à Versailles (Seine-et-Oise).
- 1897. — Diligeon (#), constructeur-mécanicien, 23 bis, avenue Niel (XVIIe arr1).
- 1898. — Masson (L.) (0. #), ingénieur civil, directeur en congé hors cadre au Con-
- servatoire des arts et métiers, 22, rue Alphonse-de-Neuville (XVIIe arr1).
- 1900. — Walckenaer (O. #), ingénieur en chef des mines, 218, boulevard Saint-Ger-
- main (VIIe an4).
- 1901. — Rateau, professeur à l’École des mines, 7, rue Bayard (VIIIe arr1).
- 1905. — Bertin (C. #), membre de l’Institut, 8, rue Garancière (VIe arr1).
- 1906. — Lecornü (#), ingénieur en chef des mines, professeur à l’École polytech-
- nique, 3, rue Gay-Lussac (Ve arrj.
- Comité des Arts chimiques.
- 1872. — 1877. — 1880. — 1880. —
- 1883. —
- 1885. —
- 1885. —
- 1885.—
- 1889. -1895. —
- 1898. — 1898. —
- 1900. —
- 1903. —
- 1904. —
- 1905. —
- Troost (C. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, Président, rue Bonaparte, 84 (VIe arr4).
- Bérard (P.) (O. #), membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue Casimir-Delavigne, 2 (VIe arr4).
- Vincent (C.)(#), ingénieur, profèsseur à l’École centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 25 (Ve arr4). .
- Jungfleiscu (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’École de pharmacie, membre de l’Académie de médecine, rue du*Cherche-Midi, 74 (VIe arr4).
- Carnot (Adolphe) (C. #), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, directeur de l’École nationale supérieure des mines, boulevard Saint-Michel, 60 (VIe arr4). '
- Le Cuatelier (Henri) (#), ingénieur en chef des mines, professeur au Collège de France, rue Notre-Dame-des-Champs, 73.(VIe arr4).
- Biver (Hector) (#), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonier, 8 (XVIIe arr4).
- Appert (Léon) (O. #), ingénieur-manufacturier, 148, boulevard Haussmann (VIIIe arr4).
- Vieille (O. #), membre de l’Institut, 12, quai Henri IV (IVe arr4).
- Buquet (O. #), directeur de l’École centrale des arts et manufactures, 1, rue Montgolfîer (IIIe arr4). . . . !
- Livache, ingénieur civil des mines, 24, rue de Grenelle (VIIe arr4).
- Moissan (C. #), membre de l’Institut, professeur à l’École de pharmacie,. 7, rue Vauquelin (Ve arr4). • .
- Bâclé (#), ingénieur civil des mines, 57, rue de Châteaudun (IXe arr4).
- Haller (O. #), membre de l’Institut, 10, rue Vauquelin (Ve arr4).
- Vogt (0.#), directeur des services techniques de la Manufacture nationale de Sèvres (S.-et-O.).
- Prud’homme (#), chimiste, ancien élève de l’École polytechnique, 78, avenue de la Grande-Armée (XVIIe arr4). , . . •
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- Année de l’entrée au Conseil.
- Comité des Arts économiques.
- 1876. — Sebert (général H.) (C. #), membre de l’Institut, Président, rue Brémon-tier, 14 (XVIIe arr1).
- 1866. — Bouiluet (Henri) (O. &), ingénieur-manufacturier, rue de Bondy, 56 (Xe arr1).
- 1883.—Bardy (O. &), directeur honoraire du service scientifique des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 32 (VIIIe arr1).
- 1883. — Mascart (G. 0. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur honoraire du Bureau central, météorologique, 16, rue Christophe-Colomb (VIIIe arr1).
- 1886. — Becquerel (Henri) (O. #), membre de l’Institut, 6, rue Dumont-d’Urville
- (XVIe arr1).
- 1887. — Carpentier (0. #), ingénieur, ancien élève de l’Ecole polytechnique, rue du
- Luxembourg, 34 (VIe arr1).
- 1888. — Raymond (C. #), administrateur honoraire des Postes et des Télégraphes, 36,
- rue Washington (VIIIe arr1).
- 1893. — Fontaine (O. #), ingénieur civil, 58, rue Notre-Dame-des-Champs (VIe arr1). 1893. — Violle (O. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Saint-Michel, 89 (Ve arr1).
- 1897. — Lyon (O. #), directeur de la fabrique de pianos Pleyel, Wolff, Lyon et Cie, 22, rue Rochechouart (IXe arr1).
- 1900. —Toulon (Paul) (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, attaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, 70, rue d’Assas (VIe arr1).
- 1902. — Harlé (#), ingénieur des ponts et chaussées de la maison Sautter-Harlé et Cie, 12, rue Pierre-Charron (XVIe arr1).
- 1902. — Hillairet (#), ingénieur-constructeur, 22, rue Vicq-d’Azyr (Xe arr1).
- 1903. — Perot ($£), directeur des laboratoires au Conservatoire des Arts et Métiers,
- 292, rue Saint-Martin (IIIe arr1). •
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- Comité d’Agriculture.
- 1866. — Tisserand (Eug.)(G.O. #), conseiller maître à la Cour des Comptes, Président, rue du Cirque, 17 (VIIIe arr1).
- .1881. — Lavalard (Ed.) (O. #), membre du Conseil supérieur de l’agriculture, maître de conférences à l’Institut national agronomique, 87, avenue de Villiers (XVIIe arr1).
- 1882. — Müntz (Achille) (O. #), membre de l’Institut, professeur à l’Institut national agronomique, rue de Condé, 14 (VIe arr1).
- 1882. — Prillieux (E.) (O. #), membre de l’Institut, rue Cambacérès, 14 (VIIIe arr1).
- 1884. — Muret (#), membre de la Société nationale d’agriculture de France, place du Théâtre-Français, 4 (Ier arr1).
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- 1888. — LiébÀut (O. #), président honoraire de la Chambre syndicale 'des ingénieurs-eonstructeurs-mécaniciens, avenue Marceau, 72 (VIIIe arr1),
- 1896. — Lindet (#), professeur à l’Institut national agronomique, 108, boulevard
- Saint-Germain (VIe arr1).
- 1897. — Grandeau (G. ^), inspecteur général des Stations agronomiques, 4, avenue La
- Bourdonnais (VIIe arr1).
- 1899. — Bénard (O. #), président de la Société d’agriculture de Meaux, 81, rue de Maubeuge (Xe arrt).
- 1901. — Ringelmann (#), directeur de la station d’essais de machines, 47, rue Jenner (XIIIe arr1).
- 1901. — Hitier (Henri), ingénieur agronome, maître de conférences à l’Institut national agronomique, 23, rue du Cherche-Midi (VIe arr1).
- 1893. — Daubrée (L.) (C. &), conseiller d’État, directeur général des eaux et forêts, 78, rue de Varenne (VIIe arr1).
- 1905. — Schribaux (E.) (#), professeur à l’Institut national agronomique, 140, rue de Rennes (VIe arr1).
- 1905. — Dybowski (O. #), directeur du Jardin colonial, avenue de la Belle-Gabrielle,
- à Nogent-sur-Marne (Seine).
- 1906. — Girard (A. Ch.) (#), professeur à l’Institut National agronomique, 60, rue
- Madame (VIe arr1).
- 1906. — Wery (Georges) (*fc), sous-directeur de l’Institut National agronomique, 6, rue Bara (VIe arr1).
- Comité des Constructions et des Beaux-Arts.
- 1876. — Rossigneux (Ch.) (&), architecte, Président, quai d’Anjou, 23 (IVe arr1).
- 1876. — Davanne (O. #), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 82 (IIe arr1).
- 1879. — Voisin Bey (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite, rue Scribe, 3 (IXe arr1).
- 1892. — Froment-Meurice (#), fabricant d’orfèvrerie, 46, rue d’Anjou (VIIIe arr1). '
- 1894. — Pector (Sosthènes), membre du conseil d’administration de la Société fran-
- çaise de photographie, 9, rue Lincoln (VIIIe arr1).
- 1895. — Belin(H.) (#), éditeur, 52, rue de Vaugirard (VIe arr1).
- 1898. — Bonaparte (prince Roland), 10, avenue d’Iéna (XVIe arr1).
- 1899. —Larivière (Pierre) (üfc), ingénieur civil des mines, 164, quai Jemmapes
- (Xe arr1). ‘
- 1899. — Pillet (J.) (O. #), professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, 143, avenue d’Argenteuil, à Asnières (Seine).
- 1903. — Maës (Georges) (#), manufacturier, 45, rue de Courcelles (VIIIe arr1).
- 1903. — Résal (O. #), ingénieur en chef des ponts et chaussées, 6, rue Furstenberg .(VIe arr1).
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- de l’entrée du Conseil.
- 1903. — Magne (Lucien) (0. #), inspecteur général des monuments historiques, 6, rue de l’Oratoire (Ier arr*). . •
- 1903. — Moreau (Auguste), ingénieur des arts et manufactures, 10, rue Duperré . (IXe arr*).
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- Comité du Commerce.
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), ancien préfet, vice-président honoraire de la Société, Président, 79, rue de la Jour (XVIe arr*).
- 1869. — Roy (Gustave) (G. &), ancien président de la Chambre de commerce de Paris,
- • membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12 (VIIIe arr*).
- 1887. — Cheysson (C. #), membre de l’Institut, inspecteur général des ponts et chaussées, 4, rue Adolphe-Yvon (XVIe arr*).
- 1892. — Gruner (E.) (O. #), ingénieur civil des mines, secrétaire du Comité central des houillères de France, rue Férou, 6 (VIe arr*).
- 1896. — Levasseur (O. *fc),- membre de l’Institut, administrateur du Collège de
- France (Ve arr*).
- 1897. — Paulet (O. eft), directeur au Ministère du Commerce, 47, boulevard Suchet,
- (XVIe arr*).
- 1897. — Dupuis (#), ingénieur civil des mines, 18, avenue Jules-Janin (XVIe arr*).
- 1899. — Lalance (Auguste) (#), 195, boulevard Malesherbes (XVIIe arr*).
- 1899. — Lévy (Raphaël-Georges) (#), 26, avenue Victor-Hugo (XVIe arr*).
- 1901. — Legrand (Victor) (O. #), ancien président du Tribunal de commerce de la Seine, 115, rue Lafayette (Xe arr*).
- Agent général de la Société.
- M. Richard (Gustave) (#), ingénieur civil des mines, rue de Rennes, 44 (VIe arr*), Téléph. 729.75.
- Commission du Bulletin.
- MM. IIitier, secrétaire; Laeosse, Fouret, Haton de la Goupillière, Imbs, Bérard, Livache, Sebert, Bardy, Lindet, Ringelmann, Belin, Voisin Bey, Gruner, Ch. Lavollée.
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- Année de l’entrée au Conseil.
- MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL Vice-Présidents..
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), président du Comité du Commerce, 79, rue de la Tour.
- Secrétaire honoraire.
- 1861. — Collignon(0. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 2, ruede Comaille.
- Comité des Arts mécaniques.
- 1884. — Lévy (Maurice) (O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, avenue du Trocadéro,15.
- 1891. — Richard (Gustave) (#), ingénieur civil des mines, agent général de la Société. 1898. — Boutillier (#),inspecteur généraldes ponts et chaussées, 24, rue de Madrid.
- Comité d’Agriculture.
- 1901. — M. Schlgesing (O. #), membre de l’Institut, 67, quai d’Orsay.
- 1904. — M. Heuzé (G.) (O..’#), inspecteùr général honoraire de l’Agriculture, à Versailles (S.-et-O.).
- .• ' .. . ')
- Comité des Arts économiques.
- 1901. — Rouart (Henri) (O. #), ingénieur-constructeur, 34, rue de Lisbonne (VIIIearr1).
- MEMBRES CORRESPONDANTS
- Comité des Arts mécaniques.
- Correspondants français.
- Bietrix, directeur de l’usine de la Chaléassière, à Saint-Étienne (Loire). Curières de Castelnau (de), ingénieur en chef des mines, 15, avenue Bosquet.
- Correspondants étrangers.
- Chapman (Henry), ingénieur-conseil, à Londres.
- Dwelshauvers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège.
- Habich, directeur de l’École des mines, à Lima.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- JANVIER 1907.*
- Comité des Arts chimiques.
- Correspondants français.
- Guimet fils, manufacturier, à Lyon.
- Pechiney, directeur de la Société des produits chimiques d’Alais.
- Darblay, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Boire (Émile), administrateur des sucreries de Bourdon (Puy-de-Dôme).
- Petitpont (Gustave), manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- Guillet, ingénieur, chef des services chimiques de la maison de Dion et Bouton 17, avenue Carnot (XVIIe arr1).
- Correspondants étrangers.
- Canizzaro, professeur à l’Université de Rome.
- Mendeleef, professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg.
- Roscoe (Henry), Enfield 10, Bramham garden’s, South-Kensington (S.-W.). Londres Solvay, fabricant de produits chimiques, à Bruxelles.
- Hadfield, directeur des usines Hecla, à Londres (Angleterre).
- Howe, professeur de métallurgie à New-York.
- Comité des Arts économiques.
- Correspondants français.
- Loreau, manufacturier, àBriare.
- Chardonnet (comte de), ancien élève de l’École polytechnique.
- Correspondants étrangers.
- Crookes (William), directeur du journal T'he Chemical News, à Londres.
- Preece, ingénieur consultant des télégraphes de l’État, à Londres.
- Elihu-Thomson, électricien en chef de la Société 77mmsow-Z7ousA)w,àLynn,Mass.(E.U. A.) Steinlen, ingénieur-constructeur, à Mulhouse.
- Comité d’Agriculture.
- Correspondants français.
- Le Gler, ingénieur des polders de la Vendée.
- Milliau (Ernest), chimiste,'a Marseille.
- Briot, conservateur des eaux et forêts, à Aurillac.
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- CONSEIL I)-ADMINISTRATION. —- JANVIER 1907.
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- Correspondants étrangers.
- Gilbert (Dr), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre).
- Comité du Commerce.
- Correspondants français.
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- Walbaum, président de la Chambre de commerce de Reims. Bessonneau, manufacturier, consul de Belgique, à Angers.
- - . . Correspondants étrangers.
- Hemptine (comte Paul de), à Gand (Belgique).
- Mevissen, conseiller intime du commerce, ancien président de la Chambre de commerce de Cologne.
- Dalton (Esq.), directeur du Patent-Office, à Londres.
- Aurelio Capello, capitaine d’artillerie, ingénieur géographe, Calle de Jorge Juan, à Madrid.
- Bodio (le commandeur), directeur général de la statistique du royaume d’Italie, à Rome.
- Giffin, directeur de la statistique du Board of Trade, à Londres.
- Garroll(D. Wright), commissaire du département du travail, à Washington (États-Unis).
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. A. Moreau, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur l’appareil pour le séchage rationnel des constructions neuves, présenté par M. Held.
- L’inconvénient des braseros rayonnants ordinairement employés dans les constructions neuves pour obtenir le séchage des maçonneries est leur action très inégale. L’humidité persiste d’une façon importante par places,
- Fig. 1. — Sécheur Held.
- et, en d’autres, le plâtre est calciné superficiellement, sans que, pour cela l’eau sous-jacente ait été complètement enlevée. Enfin l’opération, pour insuffisante qu’elle soit, est toujours assez longue et coûteuse, étant donnée la combustion tout à fait rudimentaire de ces braseros.
- L’appareil Calor, breveté par M. Gustave Held, est destiné à parer à
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- SÉCHAGE RATIONNEL DES CONSTRUCTIONS NEUVES.
- tous ces inconvénients par l’emploi d’un générateur spécial d’air chaud sans cesse renouvelé.
- Il se compose (fig. 1 et 2) d’un foyer à trois grilles : la grille ordinaire placée sur un cendrier, et deux autres verticales, dont les barreaux sont constitués par des tubes creux. L’air, pris au dehors en 1, est amené à la partie inférieure 2 de ces derniers par un gros conduit débouchant au centre de l’appareil : de là, il monte dans les mêmes tubes où il atteint la température de 100 degrés et sort à la partie supérieure en 3, pour se
- Fig. 2. — Fonctionnement du sécheur Helcl.
- répandre dans la pièce et produire son effet de séchage sur les plafonds en 4, les murs en 5, les planchers en 6, puis il est repris par deux hottes latérales en 6 et sert à alimenter la combustion dont les produits sont évacués à l’extérieur par un tuyau de poele ordinaire, 7 et 8, serendant à une cheminée du bâtiment ou à une fenêtre, 9.
- D’après M. Held, deux jours suffisent pour évaporer toute l’eau de la maçonnerie et donner aux murs un degré de sécheresse et de dureté qu’on n’atteint ordinairement qu’au bout de longs mois. En 48 heures, un mur de 0m,25 est entièrement sec de part en part, et comme ce ne sont jamais
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- 14 CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS. — JANVIER 1907.
- les gaz mêmes du foyer, mais une circulation méthodique d’air chaud, qui produit l’évaporation et l’entraînement de l’eau, on obtient ainsi le maximum rationnel d’effet calorifique utile sans jamais brider les plâtres. Un seul appareil suffit à sécher une surface de 30 mètres carrés, ce qui représente un rendement triple de celui des braseros classiques, avec l’avantage de ne dégager aucun gaz délétère. L’immeuble peut donc être mis à usage notablement plus tôt.
- Le mieux est d’effectuer l’opération du séchage avant la pose des planchers, lambris et menuiseries, afin d’agir plus efficacement sur l’ensemble de la maçonnerie, plafonds, enduits, soubassements, hourdis de planchers, etc.
- Ces appareils, inutiles en général à acquérir, sont fournis en location, la maison se chargeant du transport, de l’installation qui est instantanée, et du chauffage, combustible et main-d’œuvre, sans déranger en rien les travaux en cours. L'a location se fait à l’heure ou à la journée, suivant les régions et le désir de l’intéressé. Un appareil seul est loué, dans ces conditions, 1 fU 50 l’heure; ce prix tombe de moitié, à 0 fr.75, pour 5 appareils et à 0 fr. 50 pour 15 appareils. Un appareil suffisant pour sécher promptement 30 mètres carrés de surface, avec 5 appareils, on peut atteindre 160 mètres carrés. Ces chiffres réalisent une économie assez importante sur les braseros ordinaires et qui peut atteindre 40 p. 100.
- En résumé, votre Comité de Construction et Beaux-Arts vous propose de remercier M. Held de son intéressante communication et de vouloir bien insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : A. Moreau, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 11 janvier 1907.
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- HYGIÈNE
- LA CONSERVATION PAR LE FROID DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- par M. de Loverdo (1).
- Messieurs,
- Le sujet que j’aurai l’iionneur de traiter ici, et pour lequel je demande votre bienveillante attention, n’est pas nouveau pour vous ; il a déjà, à maintes reprises, inspiré vos travaux, et un de vos anciens et éminents présidents, M. Tisserand, l’a toujours défendu avec la grande autorité qui s’attache à son nom.
- D’un autre côté, vous avez témoigné de votre sollicitude pour l’homme qui a été le créateur et le promoteur de ce procédé, pour l’homme grâce auquel la France, si en retard actuellement sur beaucoup d’autres pays, peut néanmoins, revendiquer l’honneur d’avoir été l’initiatrice de cette industrie nouvelle et déjà grandiose : j’ai nommé M. Charles Tellier, qui m’honore de sa présence.
- La nouveauté de l’entreprise de Tellier consistait principalement en ce qu’il substituait à la glace un gaz liquéfiable, dont on peut abaisser la température à volonté en le comprimant convenablement.
- La glace constitue, en effet, un moyen de production de froid tout à fait déplorable, et on ne peut que regretter de voir si souvent confondre, chez nous, les glacières avec les chambres froides proprement dites.
- Cette confusion provient de ce qu’on croit généralement qu’il suffit d’abaisser la température d’un local pour y conserver des produits'.
- Or, il n’en est rien, car l’abaissement de température ne constitue qu’un facteur de la conservation; il y en a deux autres, plus importants que lui, lorsqu'ils le complètent : le degré hygrométrique et la pureté de l’air.
- Abaissemenl de la température. — Les denrées alimentaires, lorsqu’elles sont fraîches, offrent une résistance à l’altération. La conservation par le froid se propose de porter cette résistance au suprême degré, de la prolonger le plus longtemps possible. Pour cela, il faut qu’elle combatte la cause efficiente de la décomposition : les germes destructeurs.
- (1) Communication faite en séance le 11 décembre 1906.
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- Or, ces germes microscopiques résistent parfaitement aux températures les pins basses. Pour certains d’entre eux, la température même de l’air liquide (—190°)— n’alfecte pas leur vitalité. D’autre part, des touffes minuscules de champignons verts ou rouges agrémentent parfois la surface de la viande ou du gibier congelés, ce qui démontre qu’un froid de — 10° n’entrave pas leur végétation.
- Par conséquent, l’abaissement de température seul est impuissant à arrêter la multiplication des microbes et, par cela même, la décomposition.
- Du reste, il convient de signaler, qu’avec la glace, cet abaissement est tout à fait relatif. Quand on introduit des produits chauds dans une glacière, la température de celle-ci reste, pendant longtemps, supérieure à + 12°, alors que la bonne conservation demanderait un refroidissement plus intense, par exemple à + 2°, mais un pareil abaissement ne peut être obtenu que dans les chambres froides proprement dites.
- Degré hygrométrique. — Si le froid ne tue pas les germes, il s’oppose néanmoins à leur développement lorsque l’atmosphère est suffisamment sèche. On peut dire que, dans beaucoup de cas, Y art de la conservation 'par le froid consiste principalement dans /’obtention de cette sécheresse relative.
- Les champignons qui, profitant d’une production accidentelle d’humidité, ont pu s’épanouir sur des carcasses congelées, ne seraient jamais parvenus à germer, même à une température sensiblement supérieure à 0° (par exemple, + 3° ou -f- 4°), si le local eût été seulement de deux tiers ou de trois quarts saturé d’humidité au lieu de l’être totalement.
- Or, dans les glacières, le plus souvent, cette saturation est totale. Les vapeurs d’eau que les produits dégagent continuellement ne trouvant pas d’issue (1), ruissellent sur les parois des murs et la surface des denrées. Pour s’en débarrasser, il aurait fallu que les glacières fussent ventilées plus énergiquement que les séchoirs, puisque, dans certains cas, leur air devrait être complètement renouvelé jusqu’à cinquante fois dans une heure — ce qui pratiquement est irréalisable. -
- Il s’ensuit que les microbes qui ne, craignent pas le froid niodéré et qui aiment l’humidité y trouvent une excellente pâture,: la viande, les œufs, les volailles, les fruits, etc., deviennent leur proie. On ne peut,les y conserver que peu de temps, et lorsqu’on met ces produits à l’air, on facilite aux .germes l’achèvement de leur œuvre de destruction déjà commencée.
- Après cela, il est facile de se rendre compte pourquoi la conservation dans les glacières peut être considérée comme malsaine. *
- (1) On peut évaluer approximativement à trois quarts de litre l’eau évaporée par mètre carré et par vingt-quatre heures dans un local froid contenant de la viande.
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- Dans les chambres froides, il n’en est plus de meme. Là, au fur et à mesure que les vapeurs d’eau se dégagent, au lieu de ruisseler, elles viennent se solidifier, sous forme de givre, autour des tuyaux contenant le liquide incongelable, dont la température est portée, par les machines, à plusieurs degrés au-dessous de 0°, — ce qui n’empêche pas la chambre de se maintenir au-dessus. Les tuyaux absorbent tout excès d’humidité, comme le ferait un calorifère : deux heures de circulation de liquide incongelable suffisent pour faire disparaître toute trace d’eau dans une chambre froide dont on vient de laver le parquet.
- Dans un pareil milieu, l’action des microbes n’est pas à craindre : les produits restent sains, si bien que la viande, par exemple, qui se conserve difficilement dans une glacière pendant trois à quatre jours et se décompose rapidement après sa sortie,, reste, au contraire, en parfait état dans le froid sec pendant un mois, et, exposée ensuite à l’air, elle se conserve plus longtemps que si elle était fraîchement abattue.
- Asepsie de l'air. — Le troisième facteur, Xasepsie ou la stérilisation de l’air des chambres froides constitue la nouvelle étape de l’industrie frigorifique, étape qui permet d’envisager la possibilité d’une longue conservation sans le recours de la congélation.
- Par celle-ci, on s’efforce de rendre la matière inerte, de façon à s’opposer, l’air sec aidant, à la multiplication des microbes sur les produits qu’un séjour dans un froid de — 5° ou— 15e a rendus aussi durs qu'un morceau de bois ou un bloc de pierre.
- Dans cet état, les denrées se conservent naturellement plus longtemps que par simple refroidissement, mais aussi elles perdent une partie de leurs qualités et, par conséquent, de leur valeur.
- Au lieu donc de cherchera modifier la consistance physique des produits pour les « cuirasser » ainsi contre les germes destructeurs, on songea à s’attaquer directement à ces germes, en pensant avec raison que, si l’on arrivait à en débarrasser complètement les locaux, la congélation deviendrait inutile et le simple refroidissement, ne comportant ni changement d’aspect, ni dépréciation, pourrait prolonger la conservation des denrées bien au delà des limites actuelles.
- Déjà, les frigorifères par ruissellement (1) réalisaient en partie cette condition, en ce sens qu’ils retenaient la majorité des germes. C’est cependant la totalité qu’il était nécessaire de capter ou de détruire. La solution ne paraissait guère facile, car il fallait trouver un agent à la fois efficace et inodore. L’appareil inventé tout récemment par l’ingénieur anglais Linley semble réunir ce double avantage.
- (1) Voir J. de Loverdo, le Froid artificiel et ses applications industrielles, commerciales et agricoles. Paris, Dunod et Pinat, p. 149 et suiv.
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- Des essais récemment poursuivis, il résulterait que, dans les chambres ainsi stérilisées, la viande se conserve par la simple réfrigération (+ 3°) près de deux mois, soit le double de la durée obtenue dans les conditions ordinaires. Une pareille invention ouvrirait une voie pleine de promesses pour l’avenir de l’industrie frigorifique.
- Conservation de la viande de boucherie. — Le froid modéré de + 2° à + 4°, entretenu dans un local aéré et aux trois quarts saturé d’humidité (75 p. 100 degr. hygr.) conserve la viande plus ou moins longtemps, suivant l’espèce animale. C’est la viande saine de mouton qui se conserve le plus longtemps, soit trente à quarante jours — sous la condition d’être gardée pendant ce temps dans le même entrepôt — puis vient le bœuf : environ un mois; et enfin le veau et le porc : une quinzaine de jours. Ces délais sont grandement suffisants au point de vue commercial.
- Il y a lieu de considérer la conservation de la viande au triple point de vue : hygiénique, commercial et économique.
- Le principal avantage hygiénique est de fournir, l’été, de la viande aussi saine et aussi bonne cpi’en hiver. C’est pourquoi, en Allemagne, le passage dans les frigorifiques est obligatoire pendant la saison estivale.
- Avec ce procédé, le boucher se trouve, pour ainsi dire, émancipé des servitudes de la température non seulement pendant que sa viande est dans le frigorifique, mais aussi après sa sortie, puisque exposée en plein air, elle se conserve deux ou trois fois plus longtemps que si elle était fraîchement abattue. Cela du reste se conçoit, si l’on pense que, dans les chambres froides, la surface de la viande est soumise à une évaporation qui la rend plus sèche et qui forme même une croûte ou une gaine protectrice — phénomène qu’on observe, du reste, dans les boutiques des bouchers par les froids secs de l’hiver — la garantissant des souillures, de l’envahissement des microbes et, par conséquent, de la décomposition. Naturellement, ce phénomène ne s’observe jamais dans l’air humide des glacières; de sorte que, pour fixer les idées, on peut dire que si, en pleine canicule, la viande fraîchement abattue se conserve une quinzaine d’heures, celle sortant du frigorifique peut attendre deux jours, tandis que, par contre, celle qui sort des glacières, doit être consommée au bout de six heures.
- Un autre avantage hygiénique est que, pendant son séjour au froid, cette viande s'améliore; de coriace, elle devient rassise, par conséquent, plus tendre, plus savoureuse, plus mûre (1) et plus facilement digestible.
- Au point de vue commercial, les avantages de cette conservation sont mani-
- (1) Voir J. de Loverdo, les Abattoirs publics, vol, I, p. 354 et suiv. (la Maturation de la viande), Dunod et Pinat, édit. Paris, 1906.
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- Testes. Le bouclier, pouvant avoir constamment à sa disposition un stock, une réserve, sera assuré de ne pas manquer la vente faute de viande, ni de perdre celle qu’il n’a pu écouler.
- De plus, i] est à môme de sacrifier de suite ses animaux, plutôt que de les laisser dépérir dans les écuries de l’établissement; il lui est enfin loisible, en toute saison, de profiter d’un marché avantageux pour augmenter ses achats en bestiaux.
- La pratique de cette conservation nous a permis de démontrer à maintes reprises que l’intervention du froid ferait gagner à un boucher moyen de 1 500 à 2 000 francs par an. Or, le prix de location d’une loge frigorifique d’abattoir étant d’environ 200 francs par an, il résulte que, pour cette application, le froid rend le décuple.
- D’autre part, ce procédé pourrait faciliter la solution de la question du repos hebdomadaire. Le fait que cette fameuse loi va obliger la boucherie et la charcuterie françaises de faire une connaissance plus étroite avec les frigorifiques, rachète tout le mal qu’on a pu dire d’elle. De ce côté, du moins, elle sera fertile en bienfaits. Les bouchers et charcutiers français comprendront alors pourquoi leurs collègues les Allemands, les Suisses, les Autrichiens réclament à cor et à cri les chambres froides dans les abattoirs ; pourquoi leurs confrères de Dijon et de Chambéry — les deux seules villes françaises pourvues actuellement de frigorifiques municipaux — les poussent à utiliser le froid; pourquoi l’Allemagne compte 320 frigorifiques dans ses abattoirs, et est en train d’en construire 30 autres.
- Vous voyez donc, Messieurs, qu’ici, les questions d’hygiène marchent de pair avec les exigences commerciales, je pourrais même ajouter avec les nécessités de la défense nationale.
- Quelques mots maintenant sur les avantages économiques. -
- Le froid n’a été connu en Franco, par la masse des intéressés, que comme un arlicle d'importation. Lorsque vous pâHez à quelqu’un du froid, il pense tout de suite à l’envahissement de notre marché, en 1890, par les moutons allemands réfrigérés et aux viandes congelées de la République Argentine. Aux yeux du public français, le froid fut une arme de concurrence, un outil redoutable contre la production nationale. C’est là qu’il faut rechercher, peut-être, la principale raison d’animosité qu’on observe chez nous contre ce procédé nouveau.
- Plutôt que de récriminer, il eût été plus sage et plus pratique de tourner à notre profit les heureuses conséquences de cet outillage perfectionné, d’autant plus, qu’en France, l’élevage se développe tous les jours et que nous commençons à devenir des exportateurs d’animaux. Deux excellents débouchés s’offrent à nos portes : l’Allemagne et l’Angleterre, où le prix de la viande Va
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- constamment en augmentant; mais les animaux vivants étant les colporteurs de maladies épizootiques terribles, telles que la fièvre aphteuse, la péripneumonie, la clavelée, etc., il ne faut pas songer à entreprendre cetlc exportation autrement que sous forme de viande abattue. Du reste, la Grande-Bretagne interdit l’introduction d’animaux vivants sur son territoire.
- Or, le transport des viandes abattues ne peut se faire que par l’intervention du froid. Dans cet ordre d’idées, une tentative des plus intéressantes est à signaler au Havre, d’où on cherche à expédier des viandes réfrigérées à Londres.
- Mais il n’y a pas que la question d’exportation. Le trafic intérieur pourrait être considérablement organisé et amélioré si les transactions étaient basées non pas sur les animaux vivants, mais sur la viande abattue (1). Que d’épizooties seraient ainsi épargnées, et combien impuissantes resteraient les atteintes de la fièvre aphteuse, dont la dernière invasion a entraîné des pertes de centaines de millions. A ce point de vue, du reste, la résolution prise récemment par le Comité consultatif des épizooties auprès du ministère de l’Agriculture est à signaler.
- Sur la proposition de M. Tisserand, ce Comité a émis le vœu qu’une installation frigorifique fonctionne dans l’abattoir de la Villette, afin de conserver la viande des animaux invendus ou animaux de renvoi (2) qu’on sacrifierait après chaque marché plutôt que de leur permettre, ainsi que cela a lieu actuellement, de quitter l’établissement sur pied et d’aller répandre les germes des fléaux qu’ils ont pu contracter dans les régions sur lesquelles on les dirige.
- Vous voyez, Messieurs, que la question frigorifique est bien intimement liée à l’avenir de notre élevage.
- Congélation des viandes. — Sur la congélation de la viande de boucherie,] ai peu de choses à dire : c’est un procédé brutal, qui diminue considérablement la valeur de cette denrée ; elle permet d’utiliser les immenses richesses de la République Argentine et de l’Australie. Ces deux pays expédient tous les ans en Angleterre-environ 8 millions de moutons et agneaux et 700 000 bœufs congelés.
- Naturellement, la dépréciation n’est pas la meme pour toutes les variétés de viandes. M. Tisserand, qui en a goûté, peut affirmer que l’agneau de la Nouvelle-Zélande soutire peu de cette opération; il en est de même de certains gros bœufs suisses congelés — des environs de Berne — qui donnent des rôtis parfaitement acceptables.
- (1) Voir J. de Loverdo, Le Froid artificiel, p. 275 et sui\.
- . (2) Voir les Abattoirs publics, vol. II. Martel, de Loverdo et Mallet, Inspection et administra-
- tion des abattoirs. Installation des marchés aux bestiaux. Paris, 1906. Dunod et Pinat, édit., p. 522 et suiv., et 549 et suiv.
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- Quoi qu’il en soit, la tendance aujourd’hui est de supprimer la congélation de la viande. Déjà on ne congèle que la surface et l’on espère, grâce à la stérilisation de l’air, pouvoir se contenter du simple refroidissement.
- Toutefois, la viande congelée supporte mieux les transbordements, et,'pour cela, elle constitue un moyen excellent de ravitaillement des troupes en campagne .
- Le froid en charcuterie. — Tout ce que nous avons dit pour la boucherie s’applique à la viande de porc. Seulement, en plus, le froid permet d’obtenir des salaisons incontestablement supérieures.
- Il est difficile d’avoir des salaisons saines sans les soumettre à une épreuve préalable ; il arrive, en effet, souvent qu’une viande d’apparence saine est minée à l’intérieur par la décomposition. Cette décomposition n’est pas arrêtée par l’action du sel, si bien qu’un jambon ainsi contaminé, entassé dans le bac à salaison, exercera une influence néfaste sur tous ceux qui l’entourent; il leur communiquera son goût de fort.
- Avec l’emploi du froid, qui n’arrête pas non plus cette altération, rien de pareil à craindre. Avant de saler, en effet, on prend la précaution de garder les jambons dans une chambre froide pendant deux à trois jours ; on les sonde ensuite près de l’os, et ceux qui exhalent une odeur caractéristique de relent à travers le petit orifice de la sonde sont éliminés.
- Le froid donne aussi des produits plus fins. Actuellement, la charcuterie, craignant les conditions atmosphériques, charge sa saumure à 20° ou 22° B., ce qui lui permet d’abréger la période de la salaison et de la réduire à une vingtaine de jours. Par contre, dans une chambre froide, on peut employer une saumure très faible, par exemple 15° B., quitte à prolonger du double le séjour de la viande.
- * Les produits provenant d’une saumure moins salée sont absolument supérieurs et font le succès des établissements Potin, qui ont été les premiers à appliquer les procédés frigorifiques à la charcuterie, il y a bientôt quinze ans.
- Conservation du beurre. — Suivant la façon d’opérer, la conservation du beurre peut être plus ou moins longue et varier de quelques jours à plusieurs mois. 11 est bon de signaler que le froid n’a pas seulement pour but d’entraver l’action des microbes, mais il s’oppose également aux modifications physiques et chimiques auxquelles le beurre est exposé dans les conditions ordinaires.
- La plupart des praticiens connaissent aujourd’hui les bienfaits de la conservation à court terme ; ils savent qu’un beurre bien fabriqué peut être gardé en plein été de quinze à trente jours, sans subir aucun changement d’aspect, d’arome, de qualité, s’il est maintenu à une température voisine de 0°. Le froid modéré permet l’expédition de ce produit, même par les temps caniculaires, à
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- des endroits très éloignés de son lieu de production. De plus, le beurre ainsi refroidi se conserve plus ferme dans la boutique du détaillant.
- La production du beurre n’est pas uniforme pendant toute l’année. Cette denrée abonde au moment des herbages, en mai-juin, et c’est alors qu’elle atteint son maximum de qualité et son minimum de prix. En ce moment-là, il y a grand intérêt, pour la consommation et pour le commerce, d’en alléger le marché et d’en conserver l’excédent pour le débiter en hiver.
- Cette conservation d’une saison à l’autre est possible pour les beurres soigneusement fabriqués, si on les congèle à cœur. On devra les introduire dans une température de —10° tout de suite après leur fabrication.
- Il est certain, Messieurs, que cette conservation de six à huit mois ne pourrait pas garder intact l’arome subtil du beurre d’Isigny. Mais, hélas! nous ne fabriquons pas que du beurre d’Isigny.
- Les beurres congelés ont fait leur preuve, et il suffit d’ouvrir une mercuriale quelconque du marché de Londres pour voir que le beurre de la République Argentine, par exemple, qui a quatre de mois de fabrication, est vendu, en novembre 1906,112 à 118 francs les 48 kilogrammes, alors que sur le même marché les beurres de Normandie de deuxième qualité n’obtiennent que 112 à 114 francs.
- Le beurre congelé n’est pas inconnu en France. Si certains producteurs français le considèrent comme une légende, et nomment des commissions pour aller le découvrir (1), par contre, les maisons d’exportation et mêmes les grandes maisons de biscuiterie de Nantes et d’ailleurs, l’emploient avec avantage. Nous-mêmes, nous avons conservé par ce moyen plusieurs milliers de kilogrammes pour le compte des producteurs. Ce beurre conservé acquiert, en arrière-saison, une plus-value de 40 à 50 centimes par kilogramme : la location est de 20 centimes par kilogramme pour une période de 6 à 8 mois : il serait même possible de baisser le prix de revient à 5 centimes pour consentir une location de 10 centimes.
- Le froid nous a incontestablement détrônés du marché anglais en tant qu’exportateurs de beurre. Il y a une vingtaine d’années, nous y possédions la première place et nous comblions le tiers des besoins en beurre de nos voisins. Aujourd’hui, nous ne contribuons même pas pour la dixième partie. Sur un total d’environ 205 millions de kilogrammes (campagne de 1905) fournis par le Danemark, la Russie, les colonies anglaises d’outre-mer, etc., nous ne figurons que pour 17 327 880 kilogrammes Sauf le nôtre, le beurre de tous les autres pays arrive en Angleterre par des transports frigorifiques :
- (1) Actuellement, dans différents marchés du Nord de la France, du beurre d’Australie, ayant évidemment plusieurs mois de fabrication, est vendu sous le nom de « beurre de Normandie ». Malgré l’indélicatesse du procédé, on peut néanmoins constater que la bonne qualité de ce beurre exotique, conservé par congélation, peut donner le change au consommateur français.
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- froid modéré pour les provenances européennes, et froid plus intense pour les 55 millions de kilogrammes de beurre congelé argentin et colonial.
- L’aventure de Londres est capable de se renouveler au Brésil, notre second marché pour le beurre. Déjà, on y préfère le beurre congelé de la République Argentine au beurre salé de France.
- Et, pour terminer par une tentative plus consolante, je signalerai l’essai d’une laiterie de Morlaix, possédant des chambres froides, qui a abordé avec succès l’exportation au Congo du beurre congelé de Bretagne.
- Conservation des œufs. — Le froid est incontestablement supérieur à tous les procédés connus jusqu’ici pour la conservation des œufs, conservation indispensable puisque les poules ne pondent pour ainsi dire pas en hiver.
- Il m’est avis qu’on peut évaluer de 5 à 600 millions le nombre d’œufs conservés par la chaux, sur une production totale de 2 milliards et demi. Ces œufs conservés par le froid, au lieu de l’être par la chaux, seraient d’abord plus sains et auraient une plus-value de 30 p. 100. Lorsque les œufs à la chaux valent 70 francs le mille, la valeur des œufs de même provenance, conservés par le froid, est de 90 francs. Quant au prix de cette conservation, il peut être évalué à une dizaine de francs par mille.
- L’œuf se conserve parfaitement sept à huit mois : il perd de son poids par évaporation — 2 à 3 grammes par œuf — mais il est franc de goût lorsqu’il a séjourné dans une chambre tenue un peu au-dessous de 0°, par exemple à— 1°. L’œuf ne se congèle qu’à — 3°.
- Pour résoudre les problèmes de la conservation, il faut d’abord disposer d’œufs frais au moment de la grande production, en avril-mai — ce qui est bien plus difficile qu’on ne le pense, — et éviter l’humidité dans les chambres — ce qui n’est pas toujours commode. L’œuf exhale, en effet, une grande quantité do vapeur d’eau qui tend à saturer constamment les chambres froides, et dont il est indispensable de se débarrasser au fur et à mesure de son dégagement. Pour cela, l’installation frigorifique pour œufs doit être étudiée très soigneusement par l’ingénieur qui s’en charge.
- L’excès d’humidité (par exemple lorsque le degré hygrométrique est supérieur à 80 p. 100) provoque la moisissure des œufs. Dans certains cas, l’invasion des champignons est telle qu’un seul œuf moisi peut contaminer le contenu d’une caisse (l).Un agencement rationnel permet d’éviter ces accidents.
- (1) Voir : Influence du degré hygrométrique ambiant et de la température sur la conservation des œufs (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 7 janvier 1907, note de J. de Loverdo présentée par M. Armand Gautier).
- Voir aussi la Conservation par le froid des denrées alimentaires, par J. de Loverdo, 1 vol. de Y Encyclopédie des Aide-Mémoire Léauté (sous presse).
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- En France, on conserve des œufs par le froid à Rennes, à Lyon, à Nantes, dans le Périgord. Cependant cette conservation est poussée beaucoup plus loin en Allemagne, en Italie, en Belgique, et surtout aux États-Unis, où les œufs conservés par le froid, en 1905, ont atteint près de 1 milliard et demi.
- Transports frigorifiques. — C’est par le développement des transports frigorifiques que nous serons à même de conquérir, dans le commerce du monde, la place qui est due à la qualité et à la finesse de nos produits.
- N’est-il pas humiliant de penser que les habitants des antipodes alimentent nos marchés, de voir le Cap envoyer à Paris et à Londres des pêches, des abricots, des poires, la Californie jeter sur les marchés anglais de grandes quantités de ces fruits fins, et de songer que les nôtres, cependant supérieurs comme qualité, n’ont pas encore pénétré dans les pays Scandinaves, en Russie, au Nord de l’Allemagne et de l’Angleterre?
- Et pendant que tous ces pays se privent de ces denrées tant recherchées, nos marchés sont encombrés et la vente ne laisse souvent aucun bénéfice au producteur !
- Si, au lieu de nous lamenter sur les crises agricoles et viticoles périodiques et monotones, nous recherchions des moyens d’expansion, tels qu’une bonne distribution de nos produits par l’exportation frigorifique, il serait facile à nos différentes régions agricoles de se spécialiser davantage : les unes fabriqueraient industriellement plus de beurre, encouragées par l’exemple du Danemark et des Charentes ; d’autres feraient davantage de fruits, qui réussissent si bien aux Californiens ; d’autres pousseraient la production des volailles et des primeurs, susceptibles de trouver auprès des Américains des consommateurs très friands et très généreux.
- Et même, Messieurs, pour parer au plus pressé, et sans parler de ce grand mouvement économique qu’ils pourraient susciter, les transports frigorifiques amélioreraient nos transactions intérieures.
- Pour remédier à tout cela, des entrepôts flottants et un matériel frigorifique roulant nous sont indispensables, et il est temps de nous les procurer. Les bateaux qui desservent nos côtes — surtout ceux des Compagnies françaises — en sont complètement démunis; par contre, ceux qui touchent les ports anglais possèdent, au total, près 800 000 mètres cubes de cales frigorifiques.
- Ces chambres froides, à bord, ressemblent beaucoup aux installations qui se trouvent à terre, et même le premier entrepôt frigorifique, celui de M. Tellier, fut un entrepôt flottant. Seulement la forme, la profondeur et la configuration des cales rendent parfois difficile rétablissement de ces installations, surtout lorsqu’elles n’ont pas été prévues lors de la construction du navire. La
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- mauvaise isolation et une ventilation défectueuse sont alors fort à craindre.
- Wagons frigorifiques. — S’il est facile d’installer la machinerie frigorifique, soit sous le faux pont, soit à l’entrepont d’un navire, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit d’un train. On a bien créé des trains frigorifiques dans lesquels un des fourgons était transformé en salle de machine refroidissant le reste du convoi; mais ces trains ne sont pratiques que dans des cas spéciaux (États-Unis, Sibérie).
- Quant aux wagons frigorifiques, ils n’ont pas fait de grands progrès jusqu’ici. Ceux actuellement en usage ne sont en réalité que des glacières roulantes. Or, la glace, nous l’avons dit, est un moyen déplorable de production du froid, c’est l’agent d’une conservation malsaine.
- Si nous introduisons dans un wagon-glacière des viandes abattues ou des fruits sans les avoir préalablement refroidis, la température de ce wagon s’élèvera considérablement par la chaleur que dégageront ces produits. Alors la glace sera impuissante à combattre cette élévation de température. On ne se figure pas, en effet, avec quelle lenteur s’effectue le refroidissement initial. Pendant des jours entiers, la moitié supérieure du wagon sera maintenue à + 12° ou -+ 15°, et comme, d’autre part, l’air sera saturé d’humidité, la pourriture ne tardera pas à se déclarer. Dans la moitié inférieure, la température sera un peu moins élevée, l’air froid étant plus dense.
- Quelles en seront les conséquences? C’est que des fruits, tels que des fraises mises directement dans un wagon-glacière, auront un déchet considérable, sur une petite distance, comme de Marseille à Paris, tandis que des fraises analogues, cueillies en Californie, mais refroidies immédiatement après leur cueillette dans une chambre où l’air froid est énergétiquement brassé dans une température voisine de 0°, puis, chargées dans les wagons et dans les cales frigorifiques, arriveront à Londres dans un bien meilleur état, vingt jours après leur récolte, que les fraises du Midi ne le seront en arrivant à Paris, trois jours après la leur.
- En 1902, une société cherchait à créer des wagons-glacières sur le P.-L-M., pour le transport de fruits, du Midi à Paris, sans les refroidir préalablement. J’avais prédit aux fondateurs — dans une séance des Agriculteurs de France présidée par M. Ph. de Vilmorin — la vanité de leur tentative et le tort qu’ils avaient de ne pas profiter de l’expérience acquise en Amérique ; ils ont passé outre. Et ce n’est que maintenant, après avoir essuyé divers déboires, dont les producteurs et eux-mêmes auraient pu se dispenser, qu’ils s'efforcent de créer des magasins froids au départ.
- Par conséquent, pour atténuer le plus possible les inconvénients des wagons-glacières, il faut d’abord que les produits passent dans des magasins froids
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- situés près des gares. Dans certains cas, ces entrepôts revêtent la forme de galeries réfrigérantes dans lesquelles on introduit des trains entiers avant le départ pour refroidir les denrées se trouvant dans les wagons.
- Cette pratique réussit surtout pour des fruits comme les bananes, dont la conservation s’opère à*une température très modérée (+ 12°). Cette façon de procéder ne paraît pas recommandable pour d’autres produits, moins résistants, qu’il est préférable de saisir le plus tôt possible, les parois du wagon s’opposant à la pénétration rapide du froid.
- Mais voilà qu’une nouvelle invention, le wagon aér o thermique, paraît de nature à améliorer de beaucoup les conditions de transport en permettant aux produi ts de parcourir de très grandes distances, surtout s’ils sont préalablement refroidis.
- Comme toute invention nouvelle, le wagon aérothermique a trouvé ses détracteurs. Il a été reçu par les intéressés un peu comme, il y a dix ans, l’automobile par le grand public. Nous sommes cependant persuadés que c’est là la solution du problème, et que, quelles que soient les difficultés du début, les retouches et les améliorations nécessaires, le wagon aérothermique sera le wagon de demain.
- Ce nouveau wagon constitue en soi une chambre froide complète; il fait disparaître, par conséquent, tous les inconvénients des wagons-glacières : il refroidit les produits beaucoup mieux et les maintient dans un air sec et sain.
- Le châssis du wagon aérothermique est divisé en deux compartiments ; le plus grand, à parois soigneusement isolées, reçoit les denrées à transporter, le plus petit abrite les appareils producteurs de froid, formés essentiellement par un compresseur, un condenseur et un réfrigérant.
- Le compresseur, organe essentiel de toute machine à froid (1), est actionné par le mouvement de l’essieu du wagon d’une façon indirecte. L’essieu met en effet en mouvement, à l’aide d’une chaîne, un régulateur de vitesse construit de façon que, quelle que soit la marche des trains, au-dessus de 35 kilomètres, l’appareil fasse le même nombre de tours. Le courant de cette génératrice est envoyé, en passant à travers les appareils d’excitation et de résistance, dans une réceptrice calée sur le compresseur.
- • Le condenseur est immergé dans un bac cylindrique. L’eau de condensation, toujours en mouvement, vient se refroidir, grâce à la vitesse du train, dans un faisceau de tuyaux à ailettes placé au-dessous de la plate-forme du truck.
- Le réfrigérant, à l’instar d’un radiateur, tapisse le plafond du grand compartiment, destiné à recevoir les produits. C’est là que Y ammoniaque, comprimée par le compresseur puis liquéfiée par le condenseur, vient s’évaporer et produire le froid ; elle est ensuite reprise par l’aspiration du compresseur.
- (1) Voir J. de Loverdo, le Froid artificiel, pag.
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- LA CONSERVATION PAR LE FROID DES DENRÉES ALIMENTAIRES. %7
- Un ventilateur mécanique, mû par la dynamo et judicieusement placé, sort à uniformiser la température du grand compartiment et à refroidir plus vite les produits qu’on y dépose.
- Une trop grande Laisse de température n’est pas à craindre, car dès qu’un minimum, fixé d’avance, est atteint, un appareil spécial, le thermo-régulateur, agit sur le contact, ouvre le courant et arrête le compresseur; mais, dès que la température monte, par le rayonnement extérieur, le même appareil agit* en sens contraire et remet le compresseur en marche.
- On pourrait objecter que, le refroidissement des produits étant subordonné à la marche du train, il y aurait des inconvénients à charger les wagons quelques heures, par exemple', avant le départ.
- C’est ici qu’intervient une solution grâce à laquelle le wagon aérothermique peut être comparé à un petit entrepôt frigorifique placé dans la gare du départ. On procède, en effet, alors, au refroidissement, en mettant tout l’appareil en mouvement par l’intermédiaire d’un groupe électrogène monté sur une brouette qu’on peut déplacer à volonté.
- A la suite de la suppression de la glace, et grâce à l’action du froid sec, les denrées placées dans le wagon aérothermique ne se conservent pas seulement pendant le transport, mais aussi après leur sortie de wagon, à l’inverse de ce qui arrive pour les wagons-glacières.
- Du reste, l’efficacité des aérothermiques été démontrée dans une série d’expériences exécutées sur un total de 7 000 kilomètres; bientôt, on les verra circuler sur toutes nos voies ferrées.
- Messieurs,
- En vous remerciant de votre bienveillante attention, je serais très heureux si, de cet exposé, vous emportiez la conviction d’abord :
- Que le froid, en supprimant l'usage des antiseptiques, constitue un moyen hygiénique par excellence pour la conservation des produits alimentaires, dont il n'altère pas le goût, lorsqu'il ne l'améliore pas; et deuxièmement :
- Que le froid industriel peut devenir un outil des plus précieux pour le développement de notre production et de notre commerce national.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A travers sciences et industries CHIMIQUES. — Les nouvelles lampes à incandescence. — Le développement des industries chimiques en Italie.
- Produits minéraux. — L’alundum. — Sulfate de cuivre exempt de fer. — Ozone; acide borique; céruse. Nouveaux emplois du calcium et du sodium.
- Métaux et métallurgie. —L’emploi industriel de l’oxygène, par M. IL Le Ghatelier. —L’état actuel de l’électro-sidérurgie, par M. Léon Guillet. — Le four Girod. — Récupération électrolytique de l’étain. — Les problèmes de la métallurgie.
- Combustibles, hydrocarbures, etc. — Désodorisation des pétroles.
- Essences et résines. — L’industrie du caoutchouc en xYllemagne. — Le goudronnage des routes. — Le noir de carbone.
- Hydrates de carbone. — La saccharification diastasique de l’amidon, par MM. L. Maquenne et E. Roux. — Sur la liquéfaction des empois. — Recherche du riz dans les farines. — Sur les éthers cellulosiques des acides gras.
- Industries textiles. — Les premiers brevets de Chardonnet pour la soie artificielle. — Partage des acides entre les textiles et l’eau. — Choix d’une benzine de dégraissage.
- LES NOUVELLES LAMPES A INCANDESCENCE
- De nouvelles lampes à incandescence ont vu Je jour dans les derniers mois et ont excité des essais comparatifs : après les lampes Auer, les lampes Nernst, les lampes au tantale, nous voyons les lampes au tungstène, les lampes Kurzel aux métaux colloïdaux, etc. En attendant que ces notes puissent leur consacrer une étude basée sur des résultats assurés, on trouvera des études préliminaires plus ou moins développées dans la Z. fur angewandte Chemie, 1906, p. 1387 et 1810; dans le Journal fur Gas-Beleuchtung, 1906, p. 911 et 983; dans la Revue Rose, 1906, p. 600; dans YÉclai-rage électrique, 1906, p. 209; 276, 278; dans Y Engineering, 1906, p. 698; dans 77n? times Engineering, supplément, n° du 3 octobre 1906 ; dans Y Industrie électrique, 1906, p. 550. Voir aussi la communication très compétente de M. A. Larnaude sur les lampes à incandescence de fabrication récente, à la Société des ingénieurs civils, n° de novembre, p. 679.
- DÉVELOPPEMENT DES INDUSTRIES CHIMIQUES EN ITALIE
- M. C. Matignon, professeur suppléant au Collège de France, étudie dans la Revue Rose du o janvier 1907, p. 6, le développement considérable qu’ont pris en Italie, dans la dernière décade, les industries chimiques. D’après les documents que l’Exposition de Milan présentait, le nombre des ouvriers a doublé dans cette période, la valeur des
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- SULFATE DE CUIVRE EXEMPT DE FER.
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- produits fabriqués a passé de 2 à 5. La production de l’acide sulfurique, « cette matière importante liée directement ou indirectement à la genèse de tant de produits chimiques », a triplé, et atteint aujourd’hui le tiers de la production française. Des accroissements analogues se sont fait sentir dans les diverses branches des industries chimiques.
- l’alundum
- La Norton Cy des Niagara Falls prépare électriquement un produit, nommé alundum, d’une dureté voisine de celle du diamant et susceptible de rendre de grands services pour le meulage.
- Valundum, se prépare avec de l’oxyde d’aluminium naturel ou bauxite, qui est purifié puis fondu au four électrique à une température de 3 000° à 3500°. La masse se refroidit en prenant une texture cristalline, souvent très belle au centre. On la concasse, puis on la broie, et on .sépare les grains suivant leur grosseur. Le produit ainsi obtenu a une dureté beaucoup plus élevée que le corindon naturel, et rend des services pour la taille des rubis et saphirs d’horlogerie. Sa dureté dépasse 9 1/2 de l’échelle de dureté.
- SULFATE DE CUIVRE EXEMPT DE FER
- La préparation d’un sulfate d’aluminium exempt de fer a été un problème qui a longtemps excité l’intérêt des teinturiers et des imprimeurs. Celle d’un sulfate de cuivre exempt de fer excite à son tour l’intérêt des fabricants. Dans cette voie, je citerai le brevet pris par M. Conedera, n° 362 342 du 11 janvier 1906. Le procédé consiste à absorber le sulfate mixte dans une matière poreuse contenant de l’oxyde de cuivre et exposée à l’air. Le sulfate ferrique se transforme en sel basique qui ne passe plus en solution lors du lessivage par l’eau, et l’on a ainsi un sulfate de cuivre sans fer.
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- Ozone. La Compagnie générale de Y Ozone, 11 bis, boulevard Haussmann à Paris, a acquis le 29 septembre 1906, la cession des brevets suivants delà Société industrielle de l’Ozone (procédé Marmier et Abraham).
- N° 263889 du 10 avril 1897, n° 266 374 du 27 avril 1897, n° 270 742 du 25 septembre 1897.
- La même Compagnie a obtenu à la même date la licence des brevets Otto :
- N° 266 953 du 15 mai 1897, n° 271 962 du 6 novembre 1897, nu 271 964 du 6 novembre 1897, n° 274 308 du 22 janvier 1898, n° 279 994 du 23 juillet 1898, n°315 298 da 24 octobre 1901, n° 332 033, du 15 mai 1903, n° 332 144, du 16 mai 1903, n° 354 018 du 6 mai 1905, n° 354 019 du 6 mai 1905.
- L’extraction de l’acide borique en Toscane a été exposée par le professeur A. Franck à la Société d’Encouragement pour l’industrie de Berlin (séance du 5 novembre, 1906, p. 179).
- La fabrication de la céruse par le procédé Bischof a fait l’objet d’une conférence du docteur N. Caro à la Société d’Encouragement de Berlin (séance du 5 novembre 1905,
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- p. 156). Ce procédé, qui réalise un progrès considérable au point de vue de l’hygiène des ouvriers, consiste à oxyder le plomb à l’air, puis à traiter cet oxyde de plomb entre 250°-300° par du gaz à l’eau, c’est-à-dire un mélange d’hydrogène et d’anhydride carbonique. On obtient ainsi un produit qui, en présence d’eau, se transforme en hydrate de plomb, puis en carbonate.
- Le calcium est proposé comme le meilleùr absorbant général des gaz. Les propriétés négatives de l’azote en font un des gaz les plus difficiles à absorber, dans les opérations chimiques. Le mélange classique de chaux et de magnésium n’est plus actif à des températures un peu élevées. Le lithium employé dans ce but par Debierne (Comptes Rendus, 1905) a l’inconvénient d’introduire de l’hydrogène.
- M. Frederick Soddy (Royal Society 1906, Chemical News, 1907, p. 13) a observé que le calcium, chauffé au chalumeau, absorbe l’oxygène et l’azote de l’air très rapidement. Aux températures élevées, le calcium serait un absorbant de tous les gaz, sauf ceux du groupe de l’argon. On trouvera, dans le mémoire de M. Soddy, professeur de Chimie physique à l’Université de Glasgow, l’exposé des travaux faits pour la préparation du calcium. Par voie électrolytique, il est devenu un composé commercial aussi bon marché que le sodium.
- L’élévation du prix du cuivre amène à se demander si l’on ne peut remplacer ce métal par un autre moins cher, pour les conducteurs électriques. Quelle est donc la suite des conductibilités électriques rapportées aux poids et aux volumes. M. A. G. Betts, dans YEleclrical World du 10 novembre dernier, insiste sur l’avantage que peuvent offrir soit le béryllium, soit le sodium, soit le calcium. Comme le sodium est le moins cher à préparer (1 fr. 20 à 1 fr. 50 le kilog. au maximum), il attire l’attention. Mais son emploi comme conducteur semble difficile à cause de la réaction si vive qu’il exerce sur l’eau. La difficulté a été tournée en remplissant de sodium fondu des tubes en fer de 2,5 à 3,75 centimètres de diamètre. On recouvre les extrémités d’un enduit composé de graphite et d’huile; puis d’une calotte de fonte avec boulons en cuivre. On arrive ainsi à posséder des conducteurs dont le prix de revient est de moitié au quart inférieur à celui de conducteurs de curvre.
- l’emploi industriel de l’oxygène
- L’un des problèmes qui préoccupent le plus vivement l’attention des métallurgistes est l’emploi industriel de l’oxygène, M. H. Le Chatelier l’étudie dans le numéro de janvier 1907, p. 3, de sa Revue de métallurgie. Puisque la combustion du charbon dans l’air fournit une température de 1 900°, et que la fusion de l’acier exige de chauffer les fours aux environs de 1 700°, la quantité de chaleur utilisable correspond à la chute 1 900°— l 700° = 200°, soit approximativement le dixième des chaleurs fournies parla combustion. Les récupérateurs Siemens, en portant la température vers 2 500°, ont élevé notablement cette proportion. La combustion de l’oxygène, en fournissant 3 000°, augmenterait encore cette proportion.
- Il y aurait donc économie de combustible de ce fait, et du fait également que la combustion ordinaire avec l’air échauffe sans profit son constituant azote. L’économie de combustibilité entraînerait comme corollaire une diminution heureuse des apports de soufre dans le travail du haut fourneau. L’emploi de l’oxygène au Bessemer étendrait
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- l’état actuel de l’électrosidérurgie.
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- les applications de ce procédé en permettant d’y traiter des fontes à moindre teneur de phosphore et de silicium.
- Mais ces avantages évidents, remarque M. Le Chatelier, ne sont pas sans inconvénient : difficultés du côté des produits réfractaires, appauvrissement et diminution en quantité des gaz de hauts fourneaux. Mais le gros obstacle est le prix de revient de l’oxygène. L’oxygène coûtait, il y a cinq ans, 2 francs le mètre cube; il coûte aujourd’hui environ 0 fr. 20, par extraction de l’air liquide. Pour que son emploi dans les hauts fourneaux puisse être substitué à l’air dans la combustion du coke, il faut évidemment que son prix ne dépasse pas trop celui du coke économisé, soit d’après M. H. Le Chatelier 1,5 centime le mètre cube. Est-il possible d’arriver prochainement à cette limite?
- l’état actuel de l’électrosidérurgie, par M. Léon Guillet.
- La question de l’électrosidérurgie prend à l’heure actuelle une importance considérable. M. Léon Guillet l’expose longuement dans le journal le Génie Civil, tome IV, n° 6 à 11, et nous ne pouvons mieux faire que de le citer textuellement.
- Historique. — La découverte de l’arc voltaïque par Davy, en 1831, resta longtemps sans applications; ce n’est qu’en 1849 que Marcel Desprez, dans une communication à l’Académie des Sciences, envisagea l’utilisation de la chaleur du courant que l’on pouvait obtenir, soit dans un four à arc, soit dans un four à résistance. En 1853, Pichon et Johnson établissent des fours permettant la réduction du minerai dans des fours à électrodes. De 1853 à 1879 on cherche surtout à produire des électrolyses ignées.
- En 1879, Siemens crée le véritable premier four électrique, composé d’un creuset dans lequel jaillit un arc. En 1880, Borchers invente un four à résistance, dans lequel il devait réaliser tout une série de réductions. A la même époque un savant français, Louis Clerc, réussit à fondre les oxydes réfractaires, y compris la chaux, dans un four à arc à électrodes horizontales. Il peut être regardé comme le véritable créateur du four électrique.
- Tandis que Héroult, Cowles, Minet, poursuivent leurs recherches sur l’électrolyse ignée, Borchers perfectionne son premier four et Ziani de Ferranti crée, le premier four à induction (1885). En 1892, Wilson et surtout M. Moissan entreprennent des recherches importantes uu moyen du four à arc.
- M. Bullier, en 1894, prépare le carbure de calcium. C’est là le premier produit industriel préparé au four électrique.
- Puis l’on s’occupe avec succès, notamment à la Société la Néo-Métallurgie, de la fabrication de certains alliages ferro-métalliques, ferro-chromes, ferro-tungstènes, etc. C’est alors que naît l’électrosidérurgie.
- En février 1897, Stassano revendique la. construction d’un four électrique à deux soles mobiles, puis, quelques jours après, la disposition de deux électrodes formant deux foyers distincts et permettant la suppression de la sole au point de vue électrique.
- En mars 1900, lléroult brevète la décomposition de l’arc voltaïque en deux arcs partiels jaillissant séparément entre chaque électrode et le métal en fusion, au travers du laitier isolant qui protège les métaux doux contre l’action du carbone des électrodes. Le 23 octobre de la même année, Kjellin prend un brevet pour un four électrique utilisant le courant électrique introduit dans la matière par induction d’un courant dont l’enroulement est placé dans l’intérieur de la chambre de fonte, autour d’un noyau central en fer doux entouré par la chambre. En novembre 1900, Héroult décrit un dispositif qui utilise les chaleurs perdues de son four et, en février 1901, un four à électrode coulante et un four oscillant. Quinze jours
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- après, Harmet revendique l’emploi de l’électricitc dans les hauts fourneaux et donne differentes dispositions.
- Depuis cette époque,les brevets pris par MM. Iléroult, Stassano, Girod, Kellcr, Ilarmet, etc., deviennent de plus en plus nombreux. Il serait peu instructif d’en donner l’énumération. Ces brevets ont conduit, petit à petit, aux différents types industriels de fouis, que nous allons décrire. Quelques métallurgistes ont cru de leur intérêt de garder secrètes les dispositions qu’ils ont adoptées. Nous citerons spécialement les Hauts Fourneaux et Forges d’Allevard; M. Ch. Pinat, leur directeur, dont on a eu à déplorer, il y a un an, la mort si prématurée, avait senti de bonne heure l’importance du problème, et dès 1903, il s’en préoccupait; en 1904, les premiers fours étaient construits à Allevard.
- M. L. Guillet classe les procédés électro sidérurgique s suivant le genre de fours qu’ils utilisent :
- I. Procédés utilisant des fours à électrodes. Les procédés actuellement utilisés pour la fabrication de l’acier sont :
- 1° Les procédés Hérout. Ce sont eux qui ont donné lieu au plus grand nombre d’applications industrielles. La première installation fut, après les essais effectués dans l’usine de Froges (Isère), celle (1903) des usines de la Praz, près Modane (Savoie), et dans celle de Saint-Michel-de-Maurienne, appartenant toutes deux à la Société Électro-métallurgie française, fondée en 1888 pour cette exploitation. Les procédés fonctionnent également à Kortfors (Suède), à Remscheld (Allemagne), à Syracuse (Etats-Unis), et aux aciéries du Sault du Tarn.
- 2° Le procédé Stassano date de 1898. C’est le premier qui ait utilisé l’arc électrique. Ici le chauffage a lieu par réverbération en four fixe ou en four tournant. Exploités à Darfo, à Turin, et par l’atelier de construction de l’artillerie de Turin.
- 3° Les procédés Keller et Leleux, essayés d’abord à Kerrouse (Morbihan), sont en marche régulière depuis 1903 à l’usine de Livet (Isère) de la Compagnie Électrothermique. Un four est en construction aux usines d’Unieux, de MM. Jacob Holtzer et Cie.
- 4° Le procédé des hauts fourneaux d’Allevard, exploité depuis deux ans et tenu rigoureusement secret. '
- 5° Le procédé Gin à électrodes, essayé à Plettemberg, et en installation aux aciéries Krupp d’Essen.
- 6° Le procédé Paul Girod à électrodes, essayé et exploité par la S. Electrométallurgique dans ses usines (1904) d’Ugine (Savoie), deCourtepin et Montovon (Suisse), et à Grubo-Isle (Allemagne), 1901. On trouvera sur ce procédé une communication de M. P. Girod lui-même sur la fabrication des alliages ferrométalliques à la Société des Ingénieurs civils, bulletin de novembre, p. 720.
- II. Procédés utilisant des fours sans électrodes. Ce sont :
- 1° Le procédé Ziani de Ferranti, qui n’a jamais été industriel, et a'réalisé le premier four à induction (brevet du 15 janvier 1885).
- 2° Le procédé Kjellui, qui en est une amélioration en exploitation à Gysingo (Suède); à Gurtnellen (Suisse), Araya (Espagne), et à Sheftield, plusieurs installations en Allemagne.
- 3° Le procédé de MM. Schneider et Cie.
- 4° Le procédé Gin sans électrodes, qui utilise l’effet Joule, et dans un M3cond type l’induction..
- 5° Le procédé de M. Paul Girod sans électrodes.
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- l’état actuel de l’électrosidérurgie.
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- M. L. Guillet expose ensuite les résultats obtenus par la Commission canadienne sur les qualités des aciers et des fontes électriques, les résultats obtenus par lui-même.
- A quoi peut-on attribuer la supériorité des aciers préparés au four électrique? Trois raisons peuvent être mises en avant :
- L’épuration plus parfaite ; le pourcentage de gaz moins élevé ; la séparation des scories et des oxydes plus complète.
- Pour donner l’idée exacte de l’état actuel de l’électrosidérurgie, il décrit les usines qui l’utilisent. Les données en ont été résumées à l’énumération des divers procédés.
- M. L. Guillet termine ce bel exposé en envisageant l’avenir de l’électrosidérurgie en ce qui concerne la fabrication de la fonte, et celle de l’acier, tant par le procédé direct que par le procédé mixte.
- Voici ses conclusions :
- I. Pour le procédé direct, on part de riblons et de fonte et l’on marche en ore proccss ou en scrap process. De toute façon, l’affinage se fait entièrement.dans le four, il en est généralement de même de la fusion. Mais cette méthode est d’un prix élevé; elle ne semble avoir d’avenir que lorsqu’on l’utilise pour remplacer le creuset ou pour la fabrication des aciers spéciaux. Il est certain que la fabrication des aciers à outils y est très aisée et économique. La fabrication des aciers spéciaux a été faite déjà en quantités importantes au four électrique, notamment celle des aciers à coupe rapide (aciers au chrome, tungstène), on peut noter que le mode de chauffage donne des pertes moins importantes que dans les méthodes ordinaires et que la haute température favorise la dissolution des divers produits incorporés.
- Il est probable que la fabrication par le procédé direct restera cantonnée dans les régions montagneuses, permettant d’avoir l’énergie électrique à bon compte. Toutefois, dans les pays où l’énergie électrique est à un prix très bas on peut concevoir avec le docteur Haanel, le procédé direct remplaçant le four Martin dans un avenir prochain.
- II. Le procédé mixte est celui qui a devant lui la plus belle carrière. Les essais de Syracuse et de Rewscheid seraient extrêmement concluants et la qualité de l’acier obtenu dépasse toutes les prévisions.
- Ce procédé consiste dans l’intervention du four électrique pour achever l’affinage commencé par les procédés ordinaires, Martin ou Bessemer. Dans ces conditions la dépense d’énergie électrique est fort peu élevée et cependant l’influence du four électrique est très grande: grâce à la haute température, permettant la fusion de laitiers que l’on ne saurait produire dans les autres foyers métallurgiques, on produit des aciers très purs. En somme, l’intérêt .du procédé mixte réside essentiellement dans l’obtention de produits très purs qui, de ce fait, ne peuvent présenter les dangers ordinaires dus à la ségrégation.
- En résumé :
- 1° La fabrication de la fonte au four électrique est fort intéressante pour certains pays comme le Canada, où les chutes d’eau sont importantes, les gisements de charbon nuis ou éloignés, et les minerais difficiles à traiter par les méthodes ordinaires.
- 2° La fabrication de l’acier au four électrique par le procédé direct ne peut avoir d’avenir . que dans les usines disposant d’une force hydraulique suffisante et d’un coût peu élevé. Bien que le procédé permette la préparation de toutes les qualités d’acier, il est probable qu’il ne pourra être utilisé que pour les aciers d’un prix de vente assez élevé, aciers à outils ordinaires, aciers spéciaux, etc.
- 3° La fabrication de l’acier au four électrique par le procédé mixte est certainement la méthode électrosidérurgique qui doit se développer le plus; elle permettra, grâce à l’emploi du four Martin et du four électrique, peut-être même du Bessemer et du four électrique, l’obtention d’aciers fins se rapprochant des aciers au creuset et fort intéressants pour un grand nombre d’applications.
- Tome 109. — Janvier 1907.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- RÉCUPÉRATION ÉLECTROLYTIQUE DE l’ÉTAIN DU FER-BLANC
- Aux nombreux procédés de récupération de l’étain du fer-blanc, déjà cités dans ces Notes de chimie (voir p. 859 de l’année 1906), nous joindrons celui indiqué récemment par M. Bergsoé. Ce procédé vise principalement l’étain des boîtes de conserve. Ces dernières, sans subir de nettoyage préalable, sont placées dans des récipients en série dans lesquels circule une solution de chlorure d’étain à 2 p. 100. L’étain de l’étamage et de la soudure passe en solution en réduisant le chlorure stannique à l’état de sel stanneux. Les liqueurs ainsi obtenues sont alors électrolysées et subissent la réaction inverse; c’est-à-dire qu’il se dépose de l’étain et la liqueur s’enrichit en SnCP qui rentre dans le traitement suivant.
- LES PROBLÈMES DE LA MÉTALLURGIE
- M. R. A. Hadfield a donné à l’Institution of civil Engineers de Londres (séance du 2 mai 1906, vol. CLXVI, pp. 190-223) une conférence sur les problèmes de la métallurgie. Après un rappel des propriétés du fer et de l’acier, viennent l’exposé des problèmes en ce qui concerne les aciers spéciaux, l’action de la chaleur, la fatigue, la fusion électrothermique, le four électrique, les alliages spéciaux, la chimie et les appareils des laboratoires, la métallographie, la pyrométrie, le phénomène de la recalescence, les relations de l’électricité et de la métallurgie, les essais divers, essais à la température de l’air liquide. Coefficients de dilatation.
- DÉSODORISATION DES PÉTROLES
- L’odeur désagréable des pétroles commerciaux peut exister dans les pétroles bruts ou provenir des composés qui se forment au cours de la distillation. M. Joseph Girard étudie les moyens de faire disparaître ces odeurs {Le Génie civil, n° du 15 déc. 1906), et de son étude fort attrayante nous extrayons les points suivants :
- On arrive à désodoriser ou indirectement ou directement. La méthode indirecte utilise des produits à odeurs agréables et fortes, susceptibles de neutraliser l’odeur du pétrole; ce sont l’essence de térébenthine, et mieux la terpine ; des essences renfermant de la terpine, Lenders; le terpilénol, J. Girard (1 p. 100 de pétrole lampant) ; l’essence' d’aspic, dont l’odeur est si pénétrante t l’acétate d’amyle à 5 grammes par litre ; l’essence de santal, Ch. Henry; comme méthodes directes, on utilise:
- 1° Soit l’action d’absorbants, comme noir animal, terre à foulon, etc. ;
- 2° Soit l’action de poudres métalliques qui neutralisent certains sulfures et oxydes organiques volatils, principale cause de la puanteur des pétroles. L’action se fait entre 75° et 150°; elle semble accompagnée d’une action hydrogénante, poussant à la formation d'hydrocarbures saturés et conséquemment plus stables ; cette action hydrogénante est d’ailleurs rapidement annihilée par la formation de produits sulfurés, et les métaux divisés deviennent vite impropres à la purification.
- Dans cette voie, on peut citer: le procédé Pitt et van Yleek (br. allemand du 14 mars 1888) qui emploie le fer; le procédé Suckert et Dickerson (br. américain 534295) qui emploie le cuivre, le plomb, la chaux et l’oxydede fer; le procédé Herman Frasch (br. américain 630496) qui emploie l’antimoine, le cuivre, le fer, avec enlèver
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- DÉSODORISATION DES PÉTROLES. 35
- ment des sulfures et régénération du métal; le procédé Goffart qui emploie le zinc, et. semble efficace pour les huiles de densités comprises entre 0,780 et 0,880.
- Il semble que les métaux divisés provenant de la réduction d’oxydes en poudre agissent plus efficacement que les limailles. Les huiles de densité au-dessus de 0,900 ne semblent pas influencées par les métaux.
- D’autres méthodes emploient les métaux divisés en présence de diverses.matières, lesquelles jouent le rôle principal. Tels sont:
- Le procédé Collin (br. américain du 5 janvier 1899) pour pétroles sulfurés, basé sur l’emploi successif de l’acide sulfurique et du cuivre ou de l’oxyde de cuivre ;
- Le procédé Thiele, Parker et Finke (br. autrichien n° 10253) basé sur l’oxydation de tous les composés non saturés par l’acide nitrique, et sur la réduction des produits nitreux par la soude et une poudre métallique, zinc, fer, alumine.
- D’autres méthodes emploient les sels métalliques ; Ch. Henry le plombite de potas sium; J. Girard (br. fr. n° 268 878) le manganate de potassium.
- D’autres méthodes sont basées sur l’oxydation qui est efficace pour les huiles légères ; ozone, courant prolongé d’oxygène, passage sur le liquide de manganèse naturel.
- Le procédé de la Rütgerswerke A.-G. emploie un traitement avec des métaux lourds (ou un mélange de sel et d’un alcali), puis passage à chaud de. vapeur d’eau utile pour les huiles de schiste.
- Le procédé de H. Spencer Blackmore (n° 324938) élimine complètement le soufre des huiles sulfurées destinées à l’éclairage en les traitant par des carbures métalliques, tel celui de calcium.
- Le chlore et les hypochlorites se montrent peu efficaces. Le bisulfite de sodium (pr. AVittenet 329076) est bon. L’hydrosulfite (pr. Villon). Les aldéhydes (pr. Rütger),
- La conclusion de M. J. Girard est que « aucune méthode ne saurait être appliquée dans tous les cas ».
- *
- * *
- L’industrie des caoutchoucs et gutta-perchas en Allemagne a fait l’objet d’une étude développée de Robert Schultze, dans les nos de novembre et de décembre, des Verhand-lungen des Vereins zur Beforderüng des Gewerbfleisses (p. 441 et 485), présentée surtout au point de vue commercial.
- « Quand on emploie le goudronnage sur une route ordinaire, dit M. Douglas-Mackenzie (Communication à l’Association Britannique, d’après une traduction de M. R. Venables, in Bull, de la Soc. Ind. de Mulhouse), au début il supprime bien la formation de poussière ; mais il forme une boue grasse et qui contient assez de goudron pour ruiner les tapis et les habits. Au début, les habitants des maisons en bordure des routes goudronnées se réjouissent de l’absence de poussière; mais au bout de quelque temps on remarque qu’il s’en produit tout de même et qu’elle donne à toutes les étoffes une nuance sale qui résiste à tous les lavages. Les recherches faites ont démontré que cette teinte provient du goudron finement divisé qui se trouve dans la poussière...
- En effet, la couleur la plus solide que l’on puisse rêver, n’est-elle pas le noir de charbon, noir de suie, etc. On connaît un certain nombre de brevets pour la prépara-
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- NOTES DE CHIMIE. ------ JANVIER 1907.
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- tion de ce noir de charbon. D’après un nouveau procédé qui vient d’être breveté en Angleterre, là matière brute est réduite en poudre et traitée avec une lessive de soude ou de potasse de 0,5 à 15 pour 100, ou une solution de carbonates alcalins, de sulfates métalliques, de sulfure, d’hydrate, d’hypochlorite de sodium, ou de sels d’acides organiques ou inorganiques. La température est d’environ 90° à 110°; on opère soit en autoclave, soit à la pression ordinaire. La solution est ensuite décantée. Ce traitement produit deux substances : un résidu pâteux qui est employé pour la fabrication d’une couleur noire et de divers sousproduits, et une solution aqueuse qui est employée pour la préparation d’un agent de tonnage ou d’une couleur noire de valeur assez grande, semblable à celle qu’on obtient du résidu pâteux. Le résidu sec après lavage est soumis à la distillation sèche et fournit un gaz utilisé pour l’éclairage. Le contenu de l’appareil à distiller donne après broyage un noir très fin, dû à ce qu’il est obtenu du précipité bitumeux, noir d’un très grand pouvoir colorant et d’une très grande résistance.
- RECHERCHES SUR L’AMIDON ET SA SACCHARIFICATION DIASTASIQUE,
- par MM. L. Maquenne et Eugène Roux.
- (Extraits textuels et conclusions, ex Annales de Chimie et de Physique, t. IX, p. 179).
- Dans un premier Mémoire, consacré surtout à la rétrogradation des empois, l’un de nous, pour rester d’accord avec les anciens auteurs,, avait admis que l’amidon naturel renferme seulement 3 à 4 p. 100 d’amylocellulose. La diastase ne dissout, en effet, la fécule broyée que jusqu’à concurrence d’un pareil résidu et tout le monde admettait à cette époque que l’amy-locellulose est rigoureusement inattaquable par le malt.
- Les empois vieillis en fournissant davantage, il résultait implicitement de cette hypothèse que la rétrogradation est un véritable phénomène chimique entraînant une modification profonde et peut-être définitive de la matière amylacée.
- L’examen plus approfondi de l’amylocellulose nous a fait voir que, contrairement aux idées reçues par tous, cette substance ne diffère par aucune propriété essentielle de l’amidon lui -même ; il nous a donc fallu abandonner les théories classiques et les remplacer par une autre s’harmonisant mieux avec les faits observés. Ce sont ces faits que nous allons d’abord passer en revue; nous examinerons ensuite les conséquences qui en découlent au point de vue de la composition et des propriétés de l’amidon naturel cru ou gélatinisé.
- En résumé, nous avons établi expérimentalement les points suivants :
- 1° L’empois est essentiellement constitué par une solution parfaite d’amÿlose, épaissie par un mucilage insoluble auquel nous avons donné le nom d’amylopectine et qui se trouve dans l’amidon naturel avec la proportion de 15 à 20 p. 100.
- 2° L’amylose dissoute dans l’empois d’amidon est identique à l’ancienne amylocellulose des auteurs; elle est elle-même formée d’un mélange complexe, dont les différents termes se distinguent par leur plus ou moins grande solubilité dans l’eau bouillante ou surchauffée.
- Les amidons solubles ne sont que des variétés d’amyloses, renfermant surtout les termes inférieurs de la série.
- L’amylose forme au moins les quatre cinquièmes du poids total de l’amidon ; sous tous ses détails de condensation, elle est soluble sans résidu dans les liqueurs alcalines. Elle ne donne jamais d’empois, ne se laisse attaquer par la diastase que si elle a été préalablement dissoute, enfin donne avec l’iode une coloration bleue plus intense que l’amidon entier, dont elle possède tous les caractères microscopiques.
- 3° L’amylopectine est un corps gélatineux insoluble à la fois dans l’eau et la potasse qui
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- SUR LA LIQUÉFACTION DES EMPOIS. 37
- se liquéfie rapidement au contact de la diastase et ne paraît pas se colorer par l’iode. Elle se distingue de l’amylose en ce qu'elle se gonfle sans se dissoudre sensiblement dans l’eau bouillante ou les alcalis.
- 4° L’empois est susceptible de rétrograder, c’est-à-dire de reprendre, en partie, l’état insoluble qui caractérise l’amidon cru.
- La rétrogradation est due à une précipitation de l’amylose, que l’empois.frais renferme en dissolution; on peut séparer l’amylose du coagulum produit au moyen de l’extrait de malt, qui dissout seulement l’amylopectine.
- 5° L’activité de l’extrait de malt s’accroît par voie d’auto-excitation ou d’excitation provoquée, c’est-à-dire par. le repos, eu milieu antiseptique, ou par addition ménagée d’un acide fort.
- La réaction optima, en d’autres termes celle qui fait disparaître au plus.tôt l’amylose de l’empois et donne le plus fort rendement en maltose, correspond, en présence d’hélianthine comme indicateur, à une alcalinité égale à environ les trois cinquièmes de celle du malt pur contenu dans le moût.
- 6° La saccharification diastasique de l’empois n’est pas limitée ; elle s’effectue en deux périodes distinctes, dont l’une est à marche liquide et l’autre à marche lente. Ces deux périodes se succèdent d’une manière brusque quand on fait usage d’un extrait de malt normal; elles tendent à se confondre par superposition quand on emploie un malt exçité, naturellement ou artificiellement.
- L'es choses se passent comme si la première période correspondait à la saccharification de l’amylose par les diastases ordinaires du malt et la seconde à la saccharification de l’amylopectine par un enzyme spécial, élaboré pendant l’excitation du malt et sans doute par suite de sa protéolyse.
- 7° La saccharification de l’amylose purifiée s’effectue sans production sensible de dex-trines. Ces produits secondaires de la saccharification de l’empois semblent donc provenir surtout de la dissolution et de l’hydrolyse incomplète de l’amylopectine.
- SUR LA LIQUÉFACTION DES EMPOIS
- Dans une note publiée dans le Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie de France, t. XXII, p. 112, M. Bodin faisait remarquer :
- 1° Que, tandis que l’empois additionné de POlK2H est encore visqueux après un chauffage de trois heures à 4 atmosphères, celui fait avec de l’eau seule ou avec le phosphate acide de potasse est fluide comme de l’eau et filtre aussi vite que l’eau.
- 2tf Que c’est à la présence du phosphate bipotassique contenu dans les grains qu’est due ia prise en masse des empois de grains au sortir des appareils de cuisson sous pression utilisés en distillerie.
- 3° Que, si l’on traite les grains moulus, maïs, riz, par de l’eau, de façon à éliminer les phosphates, et que l’on cuise sous pression la farine lavée, on obtient un moût fluide et cela sans addition d’aucun acide.
- 4° Que la soude agit sur la fécule comme le! phosphate disodique en quantité chimiquement équivalente.
- : , La continuation de ce travail a permis à M. Bodin d’établir en outre les conclusions suivantes (Académie des Sciences; séance du 8 oct. 1906) :
- 1° Le phosphate de magnésie rend les empois visqueux comme les phosphates bipotassique et bisodique, mais tandis que ces derniers provoquent la caramélisation des solutions, le phosphate de magnésie donne à chaud des empois incolores qui se figent .par-refroidissement si l’on opère sur des empois concentrés
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- 2° Le phosphate tribasique de chaux ne donne pas d’empois visqueux, mais au contraire, la fécule purifiée chauffée en présence du sulfate de chaux donne un liquide très fluide composé de dextrincs et de sucre. Dans un essai fait en présence de phosphate de chaux, on a obtenu la conversion en glucose de 33 p. 100 de la fécule.
- 3° Si l’on cuit la fécule purifiée avec du phosphate bipotassique et de l’eau distillée, on obtient au contraire une solution visqueuse ne renfermant pas trace de sucre réducteur.
- 4° Si l’on transforme les phosphates bialcalins contenus dans les grains en phosphate de (diaux par addition de chlorure de calcium, l’empois obtenu après cuisson de ces grains est fluide. Il en est de môme avec la fécule.
- 5° Si l’on ajoute au phosphate bipotassique la quantité d’acide nécessaire pour le transformer en phosphate monopotassique, on obient une solution limpide et mobile.
- G° I.e phosphate disodique ne produit plus la prise en masse des empois concentrés préparés avec la fécule purifiée et l’eau quand on ajoute au mélange un corps susceptible de se combiner avec la molécule de soude que le phosphate disodique met en liberté à la température de 135° C.
- RECHERCHE DU RIZ DANS LES FARINES DE BLE
- L’addition de farine de riz dans la farine de blé, a surtout pour but de rendre leur teinte primitive à des farines de blé vieillies ou mélangées d’une proportion notable de farine de seigle ou de féverole. On la constate au moyen du microscope. M. Bug. Collin (J. de pharmacie, 906, II, p. 385), donne sur la technique de cette recherche des conseils détaillés, tout particulièrement sur le procédé de M. Arpin employé depuis plusieurs années au laboratoire du syndicat de la boulangerie parisienne et au laboratoire du ministère du Commerce.
- SUR LES ÉTHERS CELLULOSIQUES DES ACIDES GRAS
- Une étude d’ensemble est donné par M. Fr. Beltzer dans la Revue de chimie, 1906, p. 421. On sait que les hydrates de cellulose, C12(H20)10A9, obtenus par Cros et Bevan en désalcalinisant leur alcali-cellulose, ou par action de certains acides, entrent plus facilement en réaction que la cellulose pure : ils ont conduit notamment à la préparation du xanthate de cellulose (viscose), et des acétates de cellulose.
- . Les acétates de cellulose ont été préparés par de nombreux expérimentateurs : Schützenberger et Naudin, Franchimont, Cross et Bevan en partant de la cellulose régénérée du xanthate. Leur acétylcellulose est soluble dans les solvants chloroforme, éther formique, nitrobenzine, pyridine, la phénolacétone, mais insoluble dans l’alcool, l’éther, l’acétate d’éthyle, ce qui a nui à sa vulgarisation.
- Depuis, un grand nombre de brevets ont été pris : Wohl, Stahmer, C. H. Donner-smark de Sydowsane, Farbenfabriken d’Elberfeld, G. W. Miles à Altdamm, Little, Walker et Mock, Ladsberg, Balston et Briggs.
- Les acétates de cellulose semblent constituer les plus parfaits des vernis isolants ou diélectriques, pour isoler les bobines d’induction.
- La solution donne un excellent vernis incolore pour métaux. On en a préparé des soies artificielles ininflammables et imperméables. On l’emploie en quantités comme matière plastique, pour pellicules en photographie et en cinématographie.
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- PARTAGE DES ACIDES ENTRE LES TEXTILES ET l’eAU.
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- LES PREMIERS BREVETS DE CHARDONNET POUR LA SOIE ARTIFICIELLE
- Le brevet pris le 17 novembre 1884 est définitivement tombé dans le domaine public, depuis l’expiration de la 'période de quinze années pour laquelle il avait été délivré. D’un jugement rendu par le tribunal de Besançon, en date du 22 mars 1906, il appert que le brevet de Chardonnet du 30 juin 1893 et le brevet Douge du 12 août 1901 conservent leur validité. La méthode brevetée par de Chardonnet le 17 novembre 1884 consistait à employer une pyroxyline anhydre, mais cette pyroxyline avait le très grave inconvénient, d’une part d’être facilement explosible, d’autre part d’être soumise à des acidifications dont les irrégularités nuisaient à la bonne fabrication du fil :
- Attendu que le procédé breveté en 1893 a remédié à ce double inconvénient par l’emploi d’un hydrate de pyroxyline contenant, après le lavage consécutif à la nitration, de 23 à 30 p. 100 d’eau, mais que cette hydratation avait le nouvel inconvénient de se décomposer parlement surtout à l’influence de la lumière solaire et de compromettre encore la bonne qualité des produits;
- Attendu que le brevet Douge, de 1901, a supprimé ce dernier inconvénient, grâce à la découverte d’une nouvelle préparation de l’hydrate de pyroxyline, et a permis l’obtention d’un produit définitivement marchand et utile ; qu’au surplus il est constant en fait et de notoriété publique, à Besançon, que ce n’est qu’à la suite des deux inventions brevetées en 1893 et 1901, que la soie artificielle à base de nitro-cellulose brevetée en 1884 et qui jusque-là, à cause de ces imperfections, n’avait pu trouver aucun emploi dans le commerce, ni dans l’industrie, devint un produit utilisable au premier chef...
- PARTAGE DES ACIDES ENTRE LES TEXTILES ET L’EAU
- MM. Léo Vignon et J. Mollard ont entrepris sur ce sujet une série d’expériences avec des fils de soie écrue, de soie décreusée, de laine blanche dégraissée, de coton débouilli en présence des acides chlorhydrique et sulfurique [Bull, de la Soc. chimique, 1906, p. 1034).
- Les résultats obtenus confirment les travaux antérieurs. [Ibid., t. 3, 3e série).
- En voici les conclusions :
- Le coefficient de partage ^ a été obtenu en divisant la proportion d’acide en grammes
- Ki
- fixée par 100 grammes du textile acidé Iv>, — par la proportion d’acide en grammes contenue dans 100 grammes de solution aqueuse, Ki.
- De la comparaison des coefficients obtenus il résulte principalement :
- 1° Que la soie et la laine fixent les acides en agissant comme des bases; 2° que le coton ne fixe pas les acides; 3° que la quantité d’acide fixée par la soie et la laine dans un système : acide-eau-textile est d’autant plus grande, en proportion, que la solution est plus étendue d’eau, il diminue un peu avec l’accroissement. L’activité chimique de la soie et de la laine par rapport à un acide, en présence de l’eau, augmente avec la dilution de l’acide dans l’eau: elle semble liée à l’ionisation, à la conductibilité électrique des solutions eau-acide.
- Suivant la dilution, le coefficient de partage a varié ; par exemple pour la laine et l’acide sulfurique, 4,85 à 4,69.
- Ces faits démontrent, d’une part l’action et par suite l’existence des forces chimiques dans les molécules des textiles animaux, d’autre part, ils mettent en lumière l’influence curieuse de l’ionisation des systèmes eau-acide, sur le travail qui résulte des fonctions chimiques de ces textiles.
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- NOTES DE CHIMIE.---------JANVIER 1907.
- CHOIX D’üNE BENZINE POUR DÉGRAISSAGE
- L’efficacité et l’économie du dégraissage à la benzine dépend surtout du choix des fractions. On admet généralement que la portion qui passe entre 80° et 110° est la plus convenable. Les portions qui passent au-dessous de 80° sont difficiles à condenser et ont une tension de vapeur très élevée. Les portions qui distillent au-dessus de 110° sont difficiles à chasser du tissu sans nuire à la couleur. Une benzine de point d’ébullition d’environ 95°, serait la plus convenable. ; '
- Voici par exemple le fractionnement d’échantillons de benzine d’après M. S. R. Trotmann {J. of ihe Soc. of Chemical Industry, 1906, p. 1501). L’échantillon reconnu bon pour le dégraissage contient: distillant au-dessous de 80°,3 p. 100; entre 80° et 90°,12 p. 100; entre 90° et 100°, 82 p. 100; entre 100° et 110°,3 p. 100. Les deux échantillons mauvais contiennent respectivement 25 p. 100 et 6 p. 100 passant au-dessous. de 80°; 33 et 14 p. 100 entre 80° et 90°; 16 et 33 p. 100 entre 90° et 100°; 14 et 26,5 p. î00 entre 100° et 110°, enfin 14 et 26,5 p. 100 passant au delà de 110°.
- , Le meilleur essai des benzines servant au dégraissage serait donc une distillation fractionnée.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- Pantographe Newmann.
- Cet appareil, construit par M. Newman, Totteridge Parle, H et s, permet d’étudier facilement un grand nombre de mécanismes tels que parallélogrammes, distributions,
- Fig. 1. — Éléments du pantographe Newmann.
- fonctionnant dans un plan, et de déterminer presque immédiatement l’effet des modifications des différentes pièces de ces mécanismes en évitant de nombreux dessins et calculs.' < »
- Les éléments de cet appareil sont (fig. 1) des plus simples.
- (1) Engineering, 28 décembre 1906, p. 861.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1907.
- Il comprend un assortiment de barres d’acier plates A, que l’on peut assembler par des pinces K, et sur lesquelles on peut fixer des blocs B, C, D, avec trous pour le passage de tiges E, terminées, au besoin, par une pointe, comme en F; des pointes de fixation G; des blocs H, avec deux trous dans lesquels passent des axes pour les pou-
- Fig. 2.
- lies J, à cordes, ou roulant comme des galets sur des cames dont on veut déterminer l’action; d’autres blocs L, Al... avec rondelles de serrage N, pour le montage des
- Fig. 3.
- engrenages P et leur fixation sur les tiges E; une glissière Q,. pour marcher entre les deux planches (fig. 2) sur lesquelles on monte l’appareil. La pièce T, dans la base de laquelle passe une tige E, porte trois petits galets J, entre lesquels on introduit la coulisse de distribution que l’on veut étudier, et qu’on a taillée au rayon voulu dans une pièce de bois. Les pinules W, qui se fixent sur les tiges E, reçoivent'les styles
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- PANTOGRAPHE NEWMANN.
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- traceurs, ou des cordes de guidage. Les mâchoires L reçoivent (fig. 2) de gros tubes transversaux permettant de supporter l’appareil au-dessus des tables.
- Les figures 2 à 6 montrent quelques applications de l’appareil.
- En figure 2 : étude des parallélogrammes de Watt et de Roberts; les deux points-
- Fig. 4.
- immuables du parallélogramme de Watt sont fixés par des poidsïsur 'les’rpointes G (fig. 1) et ceux du parallélogramme de Roberts le sont à un tube transversal.
- Fig. 5.
- En figure 3, étude de l’ellipse de distribution et des effets, sur cette ellipse, desvariations de l’avance de l’excentrique. La planchette qui suit la marche du piston du moteur est commandée par une manivelle tournant dans un bloc L (fig. 1) fixé sur un tube; au-dessus de ce bloc, tourne l’excentrique représenté par une petite manivelle. La bielle est constituée par une barre A (fig. 1) prise dans deux blocs D, à tiges
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -----JANVIER 1907.
- montées sur.blocsL;'le bout de gauche de la„tige d’excentrique commande, par un bloc B (fig, 1), une .corde tendue par un poids et perpendiculaire à la glissière représentatrice du piston, .de sorte que le style commandé par cette corde se déplace perpendiculairement à cette glissière et trace l’ellipse de la distribution.
- En figure -4, étude d’une coulisse de distribution, avec la tige représentative du tiroir pourvue, à son “extrémité de gauche, d’une crémaillère O (fig. 1) en prise avec
- Fig. 6. ,
- un pignon P, monté sur un axe E, et entraînant, sur cet axe, un second pignon de même diamètre en prise avec une seconde crémaillère, à angle droit de la première, et qui commande le style ainsi déplacé perpendiculairement à la tige du tiroir.
- En figure 5, pour le tracé des harmoniques, la glissière est commandée par une longue bielle et manivelle calée sur l’axe de l’une des roues, qui porte une seconde manivelle; l’autre roue commande une manivelle qui actionne un bloc D (fig. 1) glissant sur une4ige parallèle à la glissière, sur laquelle est fixée une tige perpendiculaire à la glissière, et dont le style se meut ainsi perpendiculairement à cette glissière, comme si elle était conduite par une bielle de longueur infinie.
- En figure 6, la came à l’étude est parcourue par un galet d’une tige relié à une tige parallèlement guidée au moyen d’un renvoi par corde et poulies et munie d’un crayon, et l’axe de la came porte la manivelle qui commande la bielle de la glissière.
- tours a bandages de Niles et de Tangye
- Les tours à bandages sont de ceux pour lesquels l’emploi des outils à aciers auto-trempeurs ou rapides a été des plus avantageux, en permettant de doubler leur production.
- Le tour représenté par la figure 1 (1) et construit par l’usine de la Niles Bernent Pond C°,de New-York’, est un bon exemple de ces tours exceptionnellement robustes,
- (I) Engineering News, 13 septembre 1906.
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- TOURS -A BANDAGES-DE NILES ET DE TANGYE. 45
- comme il le faut pour tirer des outils rapides tout le profit possible. Les plateaux ont 2m,28 de diamètre, et celui de la poupée motrice est mené, d’une dynamo de 35 chevaux, par un train d’engrenages très puissant aboutissant à une denture intérieure; une dynamo auxiliaire de 5 chevaux permet de reculer cette poupée pour loger dans son plateau les boutons de manivelles des roues; on peut ainsi écarter les plateaux de 2m,70, leur écartement normal est de 2m,03. Les roues sont saisies par leurs jantes, ce qui donne aux mors des plateaux une prise beaucoup plus ferme que celle par les rayons des roues. Poids du tour 50 tonnes environ.
- Les vitesses de coupe varient de 60 millimètres par seconde, avec un serrage de
- Fig. 1. — Tour à bandages de locomotives Niles.
- 6 millimètres, à 150 millimètres, avec un serrage de 5 millimètres et une pénétration de 13 millimètres. Aux ateliers du Canadian Pacific, sur bandages Krupp en acier très dur, on tourne, en dix heures, 5 paires de bandages de 2m,13, ou 6 de lm,22, et, en deux journées de dix heures, 12 paires de bandages de lm,45. Il fallait, avec les anciens tours, 3 heures 30 pour tourner une paire de bandages de lm,45 au lieu de 1 heure 52 avec les tours de Niles. Aux ateliers du New-York Central, à Albany, on compte sur une durée de cinquante-cinq minutes pour le tournage d’une paire de bandages de 2 mètres de ‘diamètre. Les bandages du Caledonian, exceptionnellement durs, ont été tournés à la vitesse de 65 millimètres par seconde avec pénétration de 8 millimètres et serrage de 6 millimètres. Avec des bandages^ de lm,58, des vitesses de coupe de 80 milimètres par seconde et copeaux de 5 x 7mn,,4 d’avance, la puissance maxima absorbée par le tour a été de 29 chevaux. ~
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- NOTES DE MÉCANIQUE'. ------ JANVIER 1907.
- Les figures représentent quelques-uns des outils employés d’ordinaire ; les dégros-sisseurs (fig. 2, 3 et 4); les finisseurs (fîg. S), pour le congé et la face interne du bandage, et" (fig. 6) pour le corps du bandage. L’outil (fig. 7) sert à l’enlèvement des points très'durs. Ces outils sont en acier trempé à l’air et à barres de 13 X 76 milli-
- - • - 3"- -
- Fig. 2. — Outil dégrossisseur.
- 44."-
- -- 3"---
- Fig. 3. — Outil dégrossisseur.
- Fig. 4.— Outil dégrossisseur. Fig. 5. — Outil finisseur.
- Fig. 6. — Outil finisseur. Fig. 7. — Outil égaliseur.
- mètres. Les diagrammes (lig. 8 et 9) montrent comment ils permettent le tournage d’un bandage en 24 tours, dont 16 pour le dégrossissage. Avec un bon service de grue, il faut environ douze minutes pour placer et chucker une paires de roues sur le tour, et trois minutes pour l’enlever, et il est rare que le tournage d’une paire
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- TOURS A BANDAGES DE N1LES ET DE TANGYE. 47
- de bandages exige plus d’une heure, dans les cas les plus difficiles. Le tourneur est assisté d’un ouvrier pour le montage et l’enlèvement des paires de roues, et, pendant leur tournage, cet ouvrier nettoie l’essieu et le peint d’une couche de céruse et d’huile,
- -----------2Rer.---------------
- Ô I 7
- Fig. 8. — Dégrossissage passant du profil pointillé au profil en traits .pleins.
- Fig. 9. — Finissage.
- Fig. 10. — Tour à bandages de tramways Tangye.
- en regardant s’il ne se manifeste, dans l’essieu, aucune crique rendue immédiatement visible par un petit crachement de l’huile.
- Le tour de Tangye représenté par la figure 10 (1) est destiné au tournage de bandages de tramways qui présentent, comme l’indiquent les figures 11, souvent des usures excessives. Le banc du tour a lm,04 X 0m,50 X 4m,70 de long; la poupée de droite seule est mobile. Les essieux sont saisis, aux fusées, par des chucks coniques
- (1) The Engineer, 16 février 1906, p. 178. • • -
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- 48 NOTES DE MÉCANIQUE. JANVIER ' 1907.
- puissants permettant de se dispenser de les centrer sur des pointes qui supporteraient difficilement les efforts des coupes intensives.
- Le tour est attaqué par le pignon en cuir vert d’une dynamo de 36 chevaux com-
- Fig. 11.
- mandant des trains réducteurs à six vitesses, dont la plus petite est le 1/720 de celle de la dynamo. Les outils sont en barres de.45 millimètres de côté; les serrages sont de lmm,5, 3 et 5 millimètres par tour. Poids du tour 18 tonnes. Sur des roues de 710 millimètres de diamètre, en acier dur, on marche, en coupes de 11 millimètres x 3 millimètres de serrage, à des vitesses de 125 millimètres par seconde. La paire de bandages est réduite de 710 à 690 millimètres en un quart d’heure.
- tour A fileter De Fries (1)
- La principale caractéristique de ce tour est la conduite de son chariot non par. une vis mère mais par une « plaque-écrou » indiquée sur la figure 1 et fixée sur le côté du
- Fig. 1. — Tour à fileter De Fries.
- banc; c’est dans ce long érou que prend une courte vis du chariot. Cette plaque-écrou (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1906, p. 2103.
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- TOUR A FILETER DE FRIES.
- 49
- est en plusieurs longueurs raccordées sur le banc du tour et filetées sur un appareil avec contrôle micrométrique de sa précision ; elle est sujette à moins s’échauffer que la vis mère des tours ordinaires, attaque (flg. 3) le chariot presque dans le plan de sa
- Fig. 3. — Tour De Fries, détail du chariot.
- coupe, c’est-à-dire avec un porte à faux très faible, et sans fléchissement; elle peut aussi se remplacer facilement par parties les plus usées. Enfin, cette plaque porte, au bas, la crémaillère de chariotage.
- Tome 109. — Janvier l'907.
- 4
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- 1)0
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1907.
- Le levier /'ri commande l’embrayage de la vis du chariot avec la plaque écrou; h' commande les changements de marche longitudinaux et transversaux du chariot, et ;/i2 son déplacement rapide à la main.
- Ces tours se construisent avec des hauteurs de pointe variant de 150 à -100 millimètres.
- essais sur les soupapes de pompes, d’après M. R. Baumann (1).
- Il est intéressant, pour les constructeurs de pompes, de connaître le degré de confiance qu’on doit accorder aux données qui ont cours actuellement à propos du coefficient de débit (Ausflussziffer) dans les pompes à soupapes. Voici les différents essais •qui ont été entrepris pour déterminer cette valeur.
- I. — Essais de Weisbach, 1841.
- Une sera question ici que des essais se rapportant à des soupapes en forme de -disque avec siège conique.
- L’appareil employé par Weisbach se compose d’une caisse prismatique de section rectangulaire (1388,6 centimètres carrés) servant de réservoir d’eau. L’une des parois latérales porte une ouverture dont le bord inférieur est situé à une distance de 9 centimètres du fond du réservoir ; dans cette ouverture, est fixé le tube contenant la soupape (fig. 1). Les niveaux initial et final de l’eau dans le récipient é[.aient déterminés /par la pointe de deux crochets fixés dans la paroi.
- La charge était donc variable dans le cours d’une expérience, et aussi, mais très peu, pour les différents points de la soupape, l’axe de celle-ci étant horizontal.
- Le disque de la soupape se réglait par la vis H (fig. 1). On mesurait le temps t, s’écoutant pendant que le niveau d’eau passait du niveau supérieur au niveau inférieur. On
- Fie. 1.
- déterminait la section F du réservoir, celle f de l’orifice d’écoulement (section extrême du* tube), les distances Hj de l’index supérieur au centre de l’orifice et II2 de l’index infé-
- -------------------------------------------------------------------^------j et le coefficient d’écoulement a, de _________________________________________________, par rapport à l’extrémité du tube.
- 2 g H t
- Le coefficient de débit a été tiré de la valeur jj.a en fonction de la section de la soupape NefjS, dans laquelle e?, est le-diamètre du siège augmenté de la moitié de la
- levée/<; dj = ; s = la largeur de l’ouverture du siège, d’où . Le
- tableau 1 contient les valeurs de jjl ainsi calculées.
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- ESSAIS SUR LES SOUPAPES.
- 3.1:
- TABLEAU I
- Lovée Durée Cocflicicnt Lovée Durée Coel'iîciout
- de la soupape h. d'écoulement t. de débit p. de la soupape h. d’écoulement t. do débit p
- mm. secondes. mm. secondes.
- 23,3 137,5 0,18 10,1 147 • 0,53 ‘
- 22,8 137,5 0,20 7,6 150 0,72
- 20,2 138 0,24 6,3 175 0,76
- 17,7 138,5 0,28 5,1 212 0,79
- 15,2 140 0,34 3,8 296 0,78
- 12,G 142 0,42 2,5 483,5 (1) 0,74
- La figure 2 donne les valeurs du coefficient de débit en fonction de la levée de la soupape.
- Dans la discussion de ces valeurs, il faut tenir compte des actions perturbatrices suivantes :
- 1. Variation de la charge pendant l’essai.
- Levée h.
- Fig. 2.
- 2. L’axe de la soupape étant horizontal, la vitesse d’écoulement de l’eau n’est pas ta même aux différents points de son ouverture.
- 3. Les dimensions de la soupape sont faibles; sa forme et les rapports des sections ne correspondent pas à la pratique.
- 4. Les résultats sont influencés par les résistances du tube à l’entrée et à la sortie, •ce qui diminue le coefficient de débit. •
- IL — Essais de C. Bach, 1884.
- Dans son traité paru en 1884 : Versuche uber Ventilbelastung and Ventilividerstand, C. Bach expose ses essais sur 9 soupapes à disque dont les formes se rapprochent de celles de la pratique. _
- La figure 3 représente l’appareil employé pour les expériences. L’eau entre.par A -dans un réservoir cylindrique muni d’un trop-plein par où elle s’écoule continuel-
- (1) Jet.de forme creuse. '
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1907.
- •lement. La cloison B empêche le courant d’amenée de se faire sentir directement sur l’orifice d’écoulement D. Le clapet E étant ouvert, l’eau pénètre par D et atteint la soupape F dans les mêmes conditions que dans la pompe où elle doit servir, l’ajutage G étant fermé, et de là, passe au réservoir H formant entonnoir, d’où elle se déverse par la partie supérieure. L’eau est ensuite pesée à 9°.
- -U -
- Fig. 3. — Appareil de Bach.
- La forme du récipient II permet la transformation en pression de la j vitesse] qui a pris naissance dans le passage par la soupape, ce qui augmente le coefficient de débit, qui peut alors prendre une valeur >* 1. C’est notamment le cas des soupapes coniques, où le coup d’eau contre les parois est amoindri.
- La charge peut se régler par la tige filetée I. Elle était mesurée'plusieurs fois dans chaque expérience.
- Le.plateau S peut recevoir des poids qui permettent de charger diversement la , soupape. A chaque poids, correspond une course déterminée de la soupape satisfaisant à un état d’équilibre entre ce poids et la pression du courant d’eau.
- Le tableau 2 donne [les valeurs du coefficient de débit calculées d’après les ré-
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- ESSAIS SUR LES SOUPAPES
- 53
- TABLEAU II
- Lovée Coefiicii
- Charge II. de la soupape k. Soupape fig. 4. de débit
- m. mm. •
- 0,089 25,6 0,35
- 0,087 19,6 0,42
- 0,088 12,6 0,50
- 0,091 7,8 0,58
- 0,091 4,7 0,02
- 0,190 24,7 0,36
- 0,190 16,5 0,46
- 0,192 5,0 0,01
- 0,195 0,9 . 0,94
- 0,389 25,6 0,35
- 0,392 14,0 0,50
- 0,690 25,3 0,34
- 0,690 12,0 0,50
- 0,694 5,0 0,01
- 0,939 10,3 0.46
- 0,945 10,1 0,5 i
- 0,948 3,1 Soupape fig. 5 (IL 0,67
- 0,193 4,7 0,98
- 0,196 3,2 1,02
- 0,432 1,0 • 1,04
- 0,450 6,9 1,05
- 0,451 5 2 1.09
- 0,454 l/J 0,91
- 0,9 il 7,6 1,06
- 0,946 5,3 1,10
- 0,950 1,0 Soupape fig. 6. 1,05
- 0,0885 23,0 0,32
- 0,0895 12,6 • 0,44
- 0,0903 8,3 0,51
- 0,092 4,2 0,62
- 0,943 25,5 0,33
- 0,943 19,1 0,38
- 0,946 9,4 0,52
- 0,948 -k,0 Soupape fig. 7. 0,63
- 0,196 25,3 0,32
- 0,196 10,8 0,42
- 0,198 10,0 0,51
- 0,198 5,0 0,60
- 0,089 ' 25,3 0,32
- 0,689 12,8 0,46
- Lovéo < Coefficient
- Charge IL de la soupape h. de débit p„ Soupape fig. 7 (suite).
- m. mm.
- 0,692 3,5 0,59
- 0,941 10,5 0,42
- 0,946 10,2 .Soupape fig. 8. 0,51
- 0,0885 11,7 0,53
- 0,0895 7,9 0,59
- 0,091 4,5 0,66
- 0,394 11,7 0,53
- 0,393 5,5 0,64
- 0,943 11,7 0,53
- 0,947 0,2 Soupape fig. 9. 0,64
- 0,391 25,8 0,34
- 0,397 6,3 0,61
- 0,940 16,4 0,45
- 0,947 5,9 0,58
- Soupapes fig. 10 et 12 (2)
- 0,088 . 25,4 0,34
- 0,0885 19,5 0,39
- 0,0885 12,9 0,47
- 0,091 8,6 0,53
- * 0,091 4,5 0,61
- 0,942 25,4 0,35
- 0,943 12,0 0,48
- 0,947 6,0 0,56
- Soupape conique fig. 13.
- 0,190 43,0 0,67
- 0,191 30,0 ' 0,72
- 0,193 20,0 0,78
- 0,195 10,0 0,84
- 0,196 5,0 0,95
- 0,195 1,2 0,74 •.
- 0,436 43,0 0,07
- 0,449 30,0 0,72
- 0,448 17,7 0,80
- 0,453 9,7 0,83
- 0,452 3,0 1,05
- 0,941 12,8 0,81
- Soupape sphérique fig. 14 (3).
- 0,446 20,0 0,62
- 0,449 12,9 0,75
- 0,452 5,3 1,05
- (1) Pour /t > 7,0 mm., les valeurs do p. ne sont pas données, à cause des variations qui se produisent alors dans le courant.
- (2) Lorsque la course atteint 25 mm., la soupape monte et descend de 1,5 mm.; pour.une course de 20 mm., la variation est de 2,5 mm. Ces oscillations sont visibles à partir de 12,0 mm. '
- (3) Si la soupape, ouverte do 20Jmm. est chargée de + 0,02 kg., c'est-à-dire, en tout, de 0,544 kg., clic descend à 5,3 mm. Au delà de cette course, avec cette charge, elle leste indifférente.
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- 5.4
- JANVIER 1907.
- NOTES DE MÉCANIQUE. -------
- sultats d’expérience, avec cette remarque que le travail de Bach, comme son titre l’in dique, n’avait pas été entrepris dans ce hut.
- Dans ces calculs, on a pris comme sections :
- Pour les soupapes figures 4, 7, 8, 9 et 14 : iz d h ; Pour les soupapes figures 6, 10 à 12 : (x d— is) h ;
- Pour la soupape figure 5 : tz (^d ,•••••
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-
- ESSAIS SUR LES SOUPAPES.
- 55
- Pour lu soupape figure 13 : it d—-
- h
- |/2
- Dans ces formules, d est le diamètre de l’ouverture du siège ; h la course de la soupape; i ( = 3) le nombre des ailettes et s (=8 ou 7,7 millimètres) leur largeur externe.
- Il est intéressant de constater que, dans le cas de la soupape fig. 3, il n’y a plus d’état d’équilibre pour des levées de 7,5 à 7,6 millimètres, de sorte que la soupape s’élève et s’abaisse alternativement.
- Les figures 16 et 17 représentent les valeurs du coefficient de débit en fonction de la levée de la soupape. Elles montrent que, pour les soupapes à siège plan (fig. 4, 6, 7, 8, 9, 10 à 12), et pour celles à siège conique ou sphérique (fig. 13 et 14) le coefficient
- C D
- Fig. 15.
- O 0,30
- 25 mn
- Levées h.
- Fig. 16.
- de débit est indépendant de la charge, au moins dans les limites expérimentales. Pour la soupape lig. 5, à surface inférieure plane et siège conique, ce coefficient paraît dépendre de la charge, même pour de faibles charges.
- Cette destruction de l'équilibre est expliquée par Bach de la manière suivante : Dans les petites levées de la soupape, la \eine liquide est dirigée suivant une direction bien déterminée, mais qui disparait pour des levées de 7,5 à 7,6 millimètres. Déjà pour h = 5 millimètres, la surface inférieure de la soupape AB émerge au-deesus du plan CD du siège (fig. 15), et, plus AB s’élève au-dessus de CD, plus les particules liquides qui se déplacent suivant AB ont tendance à dévier latéralement le cône liquide qui s’étend dans la direction BE. L’état d’équilibre semble disparaître pour 4=7,5 à 7,6 millimètres; la soupape monte brusquement, la vitesse croît, et avec elle le choc d’eau. Sous cette dernière influence, la soupape s’élève encore, puis retombe. D’après cette idée, la forme de la face inférieure de la soupape aurait une influence. C’est le cas en effet, car, si l’on remplace le plan inférieur de la soupape par une demi-sphère, la discontinuité disparaît.
- Les valeurs de jj. ;> 1, qui semblent impossibles, proviennent de ce que la forme du réservoir II facilite la transformation de la vitesse en pression en particulier avec la
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1907.
- soupape à siège conique, pour de faibles levées, où la direction de l’eau est telle qu’on évite toute modification brusque du jet qui s’échappe.
- En résumé, dans la discussion de ces expériences, on retiendra que :
- 1° la charge est invariable pendant chaque essai; ‘
- 2° la soupape est montée comme dans la pratique, avec la remarque que :
- 3° l’eau, après avoir traversé la soupape, n’est pas déviée latéralement, et que la transformation de la vitesse de l’eau en pression est facilitée dans une grande mesure ;
- 4° les coefficients de débit sont influencés par les résistances internes produites dans les tuyaux d’arrivée et de sortie de l’eau ;
- 5° les soupapes étudiées appartiennent aux types les plus courants dans la pratique ;
- 6° enfin, le principal avantage du dispositif est que la soupape n’est pas immobilisée, de sorte que le même essai sert pour la détermination du coefficient d’écoulement (dont on a déduit le coefficient de débit) et pour la charge de la soupape. Le moindre changement dans le régime du courant est immédiatement remarqué.
- III. — Essais de Klein, 1905.
- Le travail « Ueber freigehende Pumpenventile » (Zeitsch. d. V. deutscher Inge-nieure, mars et avril 1903) (1), contient la relation d’essais effectués avec une soupape annulaire à siège conique calée pendant l’expérience. Les essais de Klein, qui sont les
- o 0.30
- W/nrn
- Levées h.
- Fig. 17.
- premiers dans cette voie, sont malheureusement limités à une seule soupape, la hauteur de chute ayant varié seulement entre 0,5 et 1,1 millimètre. On a vu (figure 16} qu’il est intéressant de connaître aussi la façon dont se conduit la soupape pour de faibles charges.
- (I) Revue de mécanique, juin 1903, p. "JoS.
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- ESSAIS SUR LES SOUPAPES.
- 57
- Le dispositif adopté par Klein est représenté en fig. 18. Le réservoir d’ean supérieur a une très grande surface (130 mètres carrés), son niveau est maintenu constant par une alimentation convenable. Le réservoir inférieur est jaugé et permet la mesure du débit. Le temps nécessaire pour des écoulements de 100 à 330 litres a été mesuré au dixième de seconde. Pour que les conditions de l’écoulement de l’eau soient les mêmes que dans la pratique, la soupape est entourée d’une chapelle (dont le volume intérieur est le même que dans la pompe. Au moyen d’une enveloppe de tôle, la soupape est toujours noyée, sans subir de contre-pression. Dans ce but, la fente Z est disposée de manière que l’eau s’écoule constamment par les orifices O et o.
- Fig. 18. — Appareil de Klein, I90ü.
- Ce dispositif n’est pas conforme au but qu’on veut atteindre : d’abord la soupape est suspendue, puis, dans les faibles débits, la fente Z doit être presque complètement fermée et la plus grande partie de l’eau passe par les orifices O et o, ce qui n’a plus lieu avec les grands débits. La déviation unilatérale de la veine liquide, qui se produit dans les pompes, n’a plus lieu ici.
- La course de .la soupape était rendue invariable au moyen d’anneaux d’épaisseurs variables introduits en P (fig. 18). Ce disp.ositif n’est pas conforme à la pratique. La soupape mobile, au contraire, permet de' noter les moindres variations dans le régime du courant, elle donne en même temps la mesure de la levée de la soupape.
- Les résultats des expériences sont condensés dans le tableau 3 et dans les diagrammes figures 19, 20 et 21.
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- 58
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JANVIER 1907.
- TABLEAU III
- Lcvéo Levée
- de la de la
- Charge II. soupapo h. Coefficient de débit (1). Charge H. soupapo h. Coefficient de débit (l)
- m. cm. J- __ m. cm.
- 1,100 0,027 0,196 0,20 1,101 0,427 0,827 0,83
- 1,100 0,115 0,065 0,67 1,102 0,427 0,817 0,82
- 1,100 0,127 0,734 0,73 1,100 0,490 0,848 0,85
- 1,101 0,215 0,788 0,79 1,101 0,515 0,856 0,86
- 1,102 0,215 0,788 0,79 1,099 0,540 0,866 % 0,87
- 1,101 0,227 0,805 0,80 1,100 0,490 0,760 0,76.
- 1,100 0,227 0,805 0,81 1,101 0,515 0,764 0,70
- 1,100 0,315 0,807 0,81 1,101 0,615 0,766 0,77
- 1,100 0,315 0,805 0,81 1,100 0,715 0,762 0,76
- 1,103 0,327 0,809 0,81 1,100 0,815 0,713 0,71
- 1,101 0,327 0,804 0,S0 1,100 OO 0,695 0,70
- 1,101 0,415 0,831 0,83 0,703 0,415 "mît
- 1,101 0,415 ~0,83 0,703 0,415 0,83
- 1,104 0,415 0,83 0,501 0.415 0,83
- 1,100 0,415 0,83 0,502 0,415 0,83
- 0,902 0,415 0,83 » » »»
- 0,900 0,415 0,82 »> »» »»
- 0,701 0,415 0,83 »» »» »>
- La figure 19, qui est empruntée au travail de Klein, montre que la soupape annulaire à siège conique donne deux formes de courant A et B, absolument comme la soupape disque à siège conique de Bach. Ces deux états du courant se succèdent alternativement lorsque la course de la soupape varie entre 4 millimètres et 5,5 millimètres. Si l’on désigne par b la largeur du siège, qui est ici de 3 millimètres, la levée
- 4 . 5,5
- critique de la soupape, exprimée en fonction de b, est de ^ b à b, soit de 1,3 b à
- 1,8 b. Cette valeur est voisine de celle obtenue par Bach pour la soupape à siège
- 7 5
- conique (diamètre 5 millimètres) -g- b = 1,5 b.
- Pour s’assurer que l’état de régime était bien constant dans chaque expérience, le professeur Klein mesurait le temps nécessaire à l’écoulement de 100 à 350 Mires. Ce procédé n’est pas très sûr, car des modifications du régime pouvaient survenir dans l’intervalle de ces mesures.
- Si l’on reporte les valeurs expérimentales données par le professeur Klein à l’échelle employée pour les valeurs de Weisbach et de Bach, on obtient les points du diagramme fig. 20. Ces points sont reliés par trois branches de courbe, dont la première correspond à l’état A et la troisième à l’état B. Il ne paraît pas juste de faire passer la courbe de l’état A par les derniers points gras correspondant à des levées de 2,13
- (1) Les valeurs du coefficient de débit sont arrondies à deux décimales. Pour le calcul de la section de l’orifice, on a pris la largeur égale à la levée lorsque la course est supérieure à 6 mm. Il
- Pour h < G mm., s = —.
- 1/2
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- ESSAIS SUR LES SOUPAPES.
- 59"
- et de 2,27 millimètres (le tableau 3), de sorte que, contrairement à la figure 19, il! semble impossible de relier ces points à la courbe de l’état A par une ligne continue. Il se produit plutôt un état intermédiaire entre l’état A et l’état B, qui correspond à celte-branche de courbe particulière. On ne peut dire ici comment le passage de l’eau à travers la soupape s’effectue réellement, s’il est régulier ou irrégulier, ou si le courant passe alternativement et régulièrement de l’état A à l’état B. Si l’expérience avait été-effectuée avec une soupape libre, celte incertitude aurait été levée de suite.
- Qs
- Levées h eu mm. Fig. 19.
- Fig.
- 20.
- D’après Klein, dans le cas de pompes avec levées usuelles dos soupapes, lorsqu’on» augmente peu à peu la levée, l’état A entre seul en jeu. L’état B prend naissance au voisinage d’un changement de marche, principalement lorsque la levée de la soupape* passe d’une grande valeur à une plus faible.
- La figure 5, empruntée au travail du professeur Klein, montre qu’une variation de la. charge de 0,5 mètre à 1,1 mètres n’a pas d’influence sensible sur le coefficient de-débit. La partie des courbes représentée en trait plein relie des points donnés par-l’expérience. Le trait ponctué représente le complément de ces courbes.
- Dans l’application des valeurs ci-dessus indiquées, il faudra tenir compte des point s-suivants:
- 1. La manière dont on a calculé les différentes données des expériences n’est pas» expliquée; on ne peut donc pas apprécier le degré de précision des valeurs trouvées»
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- NOTES -DE MÉCANIQUE. — JANVIER 1907.
- 60
- (mode cle mesure de la quantité d’eau ; de la charge; des variations de niveaux inévitables dans le dispositif adopté, etc.) (1).
- 2. La construction de la soupape ne correspond pas aux données pratiques (suspension; modification du courant par la variation de la fente Z ; immobilisation de la soupape; absence de déviation latérale).
- 3. La portée de petites erreurs d’expérience (niveau d’eau inférieur, mode de me-
- * s
- Levées h. Fig. 21.
- sure de la course de la soupape) ne peut être évaluée par suite de manque de données.
- Le professeur Klein conclut de son travail que le chiffre d’écoulement est fortement variable avec la course de la soupape, et que, pour les grandes levées, un autre régime d’écoulement prend naissance. .
- Ces faits avaient été constatés dès 1884, et, à cette époque, on avait déjà observé que la forme conique du siège de la soupape jouait un rôle capital dans la formation des deux régimes d’écoulement.
- (1) Le prof. Klein, dans une note publiée à la suite de l’article de M. II. Baumann, donne des explications sur ces différents points. (Le Traducteur.)
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du $6 décembre 1906.
- Présidence de M. Grimer, vice-président..
- d/. le président fait part de la mort de M. Le Roux, qui fut longtemps membre du Conseil de la Société d’Encouragement au Comité des Arts économiques; il se fait, auprès de la famille de M. Le Roux, l'interprète des très vifs regrets qu’il laisse parmi nous.
- Correspondance. — M. Collignon, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Lecornu remercie le Conseil de sa nomination de membre du Comité des Arts mécaniques.
- M. Delcihaye, GO, rue Pbilippe-de-Girard, demande un brevet pour un procédé de stérilisation des eaux. (Arts économiques.)
- M. Prouvay, 8, rue Damiens, demande un brevet pour un petit outillage de mécanicien. (Arts mécaniques.)
- M. le président de la Reale instituto cVincorragiamento di Napoli invite la Société d Encouragement à se faire représenter aux fêtes de son centenaire qui auront lieu le 30 décembre 1906. Nous avons reçu cetle lettre d’invitation le 22 décembre, trop tard pour y répondre autrement que par des remerciements et des vœux sincères pour la prospérité de la Société d’Encouragement italienne.
- Correspondance imprimée. —M. Collignon présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages mentionnés à la fin du Bulletin de décembre..
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- J’ai eu souvent l’occasion d’attirer votre attention sur les progrès incessants de l’application des moteurs à gaz pauvres aux circonstances les plus variées, depuis les
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- ^petits moteurs, mobiles au besoin, et de quelques chevaux, jusqu’aux installations qui en comportent des milliers. Je crois intéressant de vous signaler aujourd’hui l’une des (plus considérables : celle de la station électrique de Madrid, établie par la « Sociedad de Gasisfication industrial » et qui comprend 6 gazogènes Duff de 2 000 chevaux •chacun, avec récupération d’ammoniaque, alimentant 6 moteurs « Nuremberg » de 2 000 chevaux, attaquant directement autant de dynamos-volant triphasées à 3 000 volts. •Ces courants sont ensuite transformés en 15 000 et 30 000 volts suivant la distance de fleurs distributions.
- Le charbon employé est du menu espagnol bitumineux, très petit, très poussié-
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- Fig. 1 à 3. — Cableway de la Balancée! Cable Crâne C°.
- reux, et tenant de 17 à 25 p. 100 de cendres. Après récupération de l’ammoniaque,rdes .gaz sont épurés pour en enlever les dernières traces de goudron.
- D’après Y Engineering du 14 décembre, cette installation fonctionne très bien depuis .juin 1905 ; il serait très utile d’en avoir le bilan. .
- Je vous ai, dans notre séance du 26 janvier dernier (1), décrit l’ingénieux système de manutention par cables tendus et trolley électriques employé aux chantiers de constructions navales de Paliners, à Yarrow on Tyne ; un système de cable ways ana-'logues est employé aux États-Unis, depuis 1895, par la Balanced Cable Crâne C° de New York, avec le plus grand succès, et mérite d’attirer un instant votre attention.
- Dans ce système de cableway, ainsi que vous le voyez par la projection ci-contre «,(fig. 1 à 3) les deux tours ou chevalets de support du câble ne sont pas fixes mais
- (I) Bulletin de février 1906, p. 284. •
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- •articulés sur leurs bases et sont pourvus de poulies sur lesquelles le câble passe, chargé, à chaque bout, de contrepoids qui lui assurent automatiquement la raideur nécessaire. Vous Aroyez, par les trois figures de cette projection, comment ces contrepoids jouent depuis le moment où, la charge se trouvant au milieu de son parcours, ils sont leA^és tous deux, et le câble tendu au maximum, jusqu’à celui où la charge arrive à sa destination et se bascule dans un wagon, avec les deux contrepoids reposés à terre. Gomme, pendant le parcours de cette charge depuis son milieu jusqu’à sa fin, les contrepoids relèvent automatiquement leur câble à mesure que la charge avance, on voit qu’ils aident ainsi considérablement à l’arrivée de cette charge en lui restituant leur travail de levée. Et si, en outre, vous employez, pour manipuler la charge, un chariot roulant ou trolley électrique transportant en même temps son
- Fig. 4. — Cableway sur le Zambèze.
- mécanicien, vous voyez qu’on dispose ainsi d’un appareil extrêmement simple parce qu’il ne comporte qu’un seul câble porteur, sans aucun tracteur, et souple, parce que l’homme qui le conduit s’en trouve absolument le maître et bien en vue de toutes les manutentions à effectuer.
- Voici (fig. 4) l’une des plus intéressantes applications de ce système : celle qui en a été faite au montage d’un pont sur la gorge du Zambèze, à une hauteur de 140 mètres au-dessus des eaux, avec une portée de 270 mètres (on A^a jusqu’à 400), des charges allant jusqu’à 10 tonnes et des contrepoids de 60 tonnes. Cette installation ne servit pas seulement au montage du pont, mais aussi au transport d’un matériel de voie, ce qui permit d’en établir, en avant, une longueur de 160 kilomètres avant la terminaison du pont; on a ainsi transporté jusqu’à 1 000 tonnes par jour.
- La projection que vroici (fig. 5) Arous montre comment on peut, avec ce système, prolonger indéfiniment la longueur du câble par l’interposition de poteaux A, intermédiaires entre les tours ou chevalets de tension B et G.
- La vue que voici vous montre plus clairement l’installation d’un chevalet, et celle-ci la disposition d’un trolley. Il appartient à un appareil actuellement employé à
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- la construction des docks de Devenport; le capacité de son bac est de 2w3, 30 et sa puissance de 30 chevaux. On est en train d’en établir un nouveau de 60 chevaux, dont voici le détail. Enfin, voici la vue de la première installation qui fut faite de ce genre
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- d'appareil, en 1895, à Coney Islantl, avec un chevalet en pleine mer, pour le transport d'un petit canot joujou de 3 tonnes à 7 mètres au-dessus de l’eau, avec un trolley do 5 chevaux.
- Vous connaissez tous le procédé classique de fabrication du verre à vitre : on cueille une masse de verre, on la souffle en un long globe cylindrique dont on coupe les bouts avec un fil de fer au rouge, on le fend suivant une génératrice avec un fer chaud, et on porte ce cylindre dans un four où on le recuit et l’étale en une plaque de verre. Ces différentes opérations sont esquissées sur cette projection. C’est un pro-
- Fig. 6. — Fabrication du verre procédé Colburn (n° V, VI et VII).
- cédé lent et coûteux, dont on a cherché bien souvent à s’affranchir en coulant directement la lame de verre, mais on n’y a pas réussi jusqu’à présent.
- Le principal obstacle à la réussite de cette coulée, mécaniquement des plus simples, suivie, comme vous le voyez par cette projection, d’un laminage non moins simple, en mécanique aussi, provient de ce que-le verre sortant de la fonte de coulée est un corps pâteux, dont les bords ne s’étirent pas droits, mais se contractent et se frangent, comme ceux d’une feuille de caoutchouc que l’on tire. En outre, les contacts de la feuille étirée et chaude avec les parois de coulée et les cylindres de laminage,
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- même surchauffés, se révèlent par des taches et craquelures inadmissibles dans le verre refroidi, et dont on ne pourrait se débarrasser que par un polissage trop coûteux.
- Tout récemment, M. Colburn, de Franklin (Pennsylvanie), inventeur d’un procédé permettant de tirer d’un même four de verrerie une série de cylindres homogènes et réguliers, aurait réussi à vaincre ces difficultés à l’aide d’appareils fort ingénieux, et dont cette projection me permettra de vous exposer le principe. Vous y voyez (lig. 6, n° V), la lame de verre retirée de bas en haut de son bain fondu, et, de chaque coté, sur les bords de la lame qui monte, à l’extrémité de deux bras, deux boules de terre réfractaire montant et tournant en même temps de manière que, par leur adhérence au verre, elles tendent à en élargir la lame pâteuse et s’opposent à son rétrécissement. On put obtenir ainsi des lames d’épaisseur variant de ln,m,o à 6 millimètres et de largeur constante, mais toujours avec des défauts d’homogénéité se manifestant par des sortes d’ondulations et dus principalement aux contacts de la lame avec sa fente de sortie. On serait parvenu à les éviter en ajoutant, comme vous le montre cette projection (n° VIT), au dispositif précédent deux cylindres réfractaires légèrement immergés dans le bain de verre et tournant vers la lame très lentement : un tour au plus toutes les dix minutes. Ces gros cylindres élèvent et égalisent la température dans les envi-' rons de la fente de coulée; des water-jacquets, ou circulations d’eau disposées de chaque côté de la lame, achèvent de régler cette température au mieux suivant les données de l’expérience. En outre, les cylindres entraînent, dans leur rotation, une couche de verre qui se refond à mesure qu’elle replonge dans le bain, dont la partie de la surface où se forme principalement la lame est ainsi sans cesse renouvelée. De là, la lame de verre, maintenue chaude par des flammes de gaz, passe (n° VIII) sur un rouleau étireur, qui l’amène dans un four à recuire.
- D’après le Scientifîc American du 1er décembre, auquel j’emprunte ces détails, le verre sortirait à la vitesse d’environ 0m,50 par minute, avec une surface irréprochable. Il suffirait de trois équipes de trois hommes chacune, fonctionnant chacune huit heures, pour assurer une fabrication continue, sans arrêt pendant près d’un mois. Un homme veille au remplissage du four, un autre à l’étirage du verre, et l’autre le coupe en vitres à sa sortie. Il ne reste plus qu’à attendre la confirmation véritablement industrielle de ce beau succès, fruit de longues et coûteuses recherches.
- Conférence. — il/. Lamé fait une conférence sur la nitrification intensive et les nitrières à haut rendement.
- il/, le Président remercie vivement M. Laîné'de sa très intéressante conférence, qui sera insérée au Bulletin; il le félicite des résultats si importants obtenus par ses recherches et celles de M. Muntz, auxquelles la Société d'En-couragoment est très heureuse d’avoir pu contribuer par son patronage.
- Élection du bureau de la Société d’Encouragement pour l’année 1907. — Le dépouillement du vote définitif pour l’élection du bureau de 1907 en donne la composition suivante : Président : M. Gruner; vice-présidents, MM. Bardy, Bérard, Bertin et Peetor; censeurs, MM. Bordet et Legrand; trésorier, M. Goupil Tome 109. — Janvier 1907. 5
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- de Prcfeln; secrétaire, M. Hitier, en remplacement de il/. Collignon, qui se retire et esUnommé secrétaire honoraire.
- , Ce même vote ratifie la nomination de MM. Alby, Lecornu, Girard et Wery comme membres dn Conseil.
- Séance du 1 1 janvier 1907.
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le Président prend la parole en ces termes :
- Messieurs,
- Je ne [saurais m’asseoir à ce fauteuil, et prendre la présidence de notre Société,-sans venir vous exprimer toute ma gratitude pour l’honneur que vous me faites en m’appelant à cette charge que tant d’hommes éminents ont occupée avant moi.
- Quand je lève les yeux et que je vois les portraits des plus anciens présidents dn notre vieille Société, quand je passe en revue les noms de ceux qui m’ont précédé dans ces vingt dernières années, MM. Haton de la Goupillière, Tisserand, Mascart, Carnot, Linder, H. Le Chatelier, Huet, je sens tout le poids de l’honneur que vous m’avez fait. Ce que je puis, tout au moins, vous dire, c’est que j’ai accepté ces fonctions avec le vif désir de poursuivre avec l’aide de vous tous le développement de notre Société, de rechercher la meilleure adaptation de sa puissante organisation aux nécessités changeantes des temps et des circonstances.
- Une Société qui a un passé si illustre, des ressources aussi considérables, des comités composés d’hommes aussi éminents, tous désireux de travailler au développement de l’industrie de notre pays, 'peut à certains moments chercher avec quelque incertitude son orientation, mais elle ne peut perdre sa haute influence sur la marche de l’industrie nationale.
- ' Votre nouveau président et votre nouveau secrétaire, M. Hitier, viennent mettre à votre service l’ardeur de leur jeunesse et le désir d’arriver, avec votre collaboration, à poursuivre une œuvre utile pour la prospérité et l’honneur de l’industrie française; ils vous demandent à tous de leur accorder votre appui et votre bienveillante indulgence.
- Correspondance. — M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il fait part de la perte particulièrement douloureuse que la Société d’En-couragement vient d’éprouver en la personne de il/. P. Christofle, membre honoraire du Conseil au Comité du Commerce, et se fait, auprès de la famille de M. Christofle, l’interprète des vifs et unanimes regrets qu’il laisse parmi nous.
- il/. Kirmis, 53, rue Myrrha, demande un brevet pour un nouveau produit photographique. (Beaux-Arts. )
- M. Mauvillin, 109, rue do Belle ville, demande un brevet pour un manchon, phare inactinique pour l’éclairage des ateliers de photographie. (Beaux-Arts.)
- M. Ci Page, à Naintré, sollicite une récompense pour un important ouvrage sur la Coutellerie.
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- Correspondance imprimée. — M. Ilitier présente en ces termes les ouvrages-suivants offerts à la Société : -
- M. Voisin Bey, inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite-membre du Comité de Construction et des Beaux-Arts, a fait hommage à la Société de l’ouvrage qu’il vient d’achever : le Canal de Suez. Cet ouvrage comprend sept volumes avec atlas hors texte, renfermant un très grand nombre de planches. C’est un historique complet de cette grande œuvre du xixe siècle.
- Les trois premiers volumes sont consacrés à ['historique administratif et actes constitutifs de la Société. Cette partie de l’ouvrage de M. Voisin Bey débute par la reproduction du premier Mémoire de M. de Lesseps sur le projet de percement de .l’isthme de Suez, 15 novembre 1854; et, à la fin du troisième volume de cet historique, se trouve relaté le compte rendu de la glorieuse journée du 17 novembre 1899, où, à Port-Saïd, fut élevée la statue de Ferdinand de Lesseps, « le grand libérateur des mers, » suivant l’expression même de M. le prince d’Arenberg.
- Les quatre derniers volumes sont consacrés à la description des travaux d'établissementy projets, dispositions adoptées en exécution; — exécution des travaux.
- Un tel ouvrage malheureusement ne peut s’analyser. On me permettra tout au moins de rappeler ici l’accueil très brillant qui lui a été fait dans les dernières revues périodiques anglaises où l’on trouve cette remarque des plus justes : Puisque le projet du canal de Suez avait été conçu par un Français, que le percement du canal de Suez avait été exécuté par des Français, il revenait à un Français d’en écrire l’histoire technique. Or nul, pour une telle œuvre, n’était mieux qualifié que notre vénéré collègue M. Voisin Bey, l'ancien directeur général des travaux de construction du canal.
- Vous trouverez, annexé à notre prochain Bulletin y Messieurs, un important mémoire de M. Ch: Frémont, intitulé : Etude expérimentale du rivetage. Ce mémoire original et des plus intéressants contient le résultat de nombreuses recherches entreprises, comme vous le savez, sous les auspices et avec le concours de notre Société. Les résultats obtenus dans ces recherches ont permis à M. Ch. Frémont de donner des conclusions pratiques très précises « sur les conditions à remplir pour obtenir un rivetage aussi parfait que possible ».
- Le directeur de VInstitut national agronomique nous a fait hommage du 2e fascicule du tome V de la 2e série des Annales de ïInstitut national agronomique. Nous y trouvons de nombreux et importants travaux de nos collègues : de MM. Lindet et Ammann: Contribution à l’étude des matières albuminoïdes solubles du lait ; de M. Max Ringelmann, la suite de son essai sur l'Histoire dit génie rural. Notre savant collègue consacre cette partie de son essai précisément à l’hydraulique agricole dans la Chaldée et l’Assyrie.
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- Los études expérimentales sur Forge de brasserie de MM. Boullanger et L. Ma.ssol méritent également une mention toute spéciale par le fait même de l’importance agricole et industrielle de pareilles recherches. Pratiquement, les essais de MM. Boullanger et L. Massol leur ont permis d’indiquer au cultivateur comment il pouvait accroître les rendements de ses orges, tout en offrant au brasseur industriel des grains d’excellente qualité, de grande richesse en amidon et d’une teneur en matières azotées aussi faible que possible.
- M. Aureggio, vétérinaire principal de l’armée, en retraite, envoie à la Société Y Album-guide de Vinspection sanitaire des viandes, Elude des viandes et des maladies des animaux de boucherie dans leurs rapports avec l’alimentation humaine. C’est un ouvrage qui se distingue à première vue par le nombre, la précision et la richesse des illustrations en couleurs qui sont telles que les choses, en définitive, sont montrées avec l’exactitude de la réalité. Cet ouvrage sera renvoyé au Comité d’Agriculture avec différentes autres études de M. Aureggio.
- M. Paul Niewenglowski nous a remis son Précis d'électricité, ouvrage faisant partie de l’Encyclopédie des travaux publics. Cet ouvrage, qui est « un résumé des phénomènes les plus connus de l’électricité », a surtout pour but de permettre au lecteur de se mettre rapidement au courant des phénomènes fondamentaux de l’électricité, qu’il pourra ensuite approfondir dans des traités plus complets.
- Enfin, du Cercle des mécaniciens de la Marine nationale, nous avons reçu une notice de M. J. Estève, mécanicien principal de 2e classe, sur les turbines à vapeur. D’après l’auteur lui-même, cette étude est une simple compilation d’ouvrages publiés en ces dernières années, mais qui, par l’indication des sources auxquelles Fauteur a puisé, permettra aux mécaniciens de la Hotte de savoir rapidement où trouver au besoin des renseignements plus complets.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Avant de vous rappeler sommairement, comme d’habitude dans la première séance de l’année, les principales caractéristiques actuelles du progrès des machines motrices, des locomotrices et des applications de l’électricité, je vous demanderai la’permission de vous présenter, en quelques mots, un joint de tuyaux pour l’hydraulique, le gaz d’éclairage et l’air comprimé, qui vient de m’être montré par son inventeur, M. J. Gilbert, ingénieur à Yincennes.
- Ainsi que vous le voyez par ce dessin (fig. 1) ce joint est caractérisé par l’addition , à une fermeture au plomb c, coulé dans un espace annulaire à redans, d’un anneau do caoutchouc a de forme spéciale. Pour faire ce joint, on pose d’abord l’anneau de caoutchouc, on le serre en poussant l’un des tuyaux sur l’autre, supposé fixe, au moyen
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- d’un cric, puis on coule le joint au plomb par le procédé ordinaire, c’est-à-dire en fermant le logement de ce plomb, à l’avant, par une masse de glaise dans laquelle on a ménagé un entonnoir par où l’on verse le plomb fondu. Ce plomb ne brûle pas le caoutchouc; il ne fait qu’en fritter légèrement la surface. On voit que, dans ce joint, la rigidité longitudinale de l’assemblage est assurée par le plomb et l’étanchéité parle serrage du caoutchouc qui se prête, en même temps, à de légers déplacements. Ce joint a donné de bons résultats dans quelques applications, notamment à la gare des mar-
- Fig. 1.
- chandises du chemin de fer de l’Est, au service des cabestans hydrauliques, où il doit résister à des coups de bélier incessants ; il est actuellement en essai au laboratoire des Arts et Métiers, et sera bientôt, de la part de votre Comité des Arts mécaniques, l’objet d’un examen qui me dispense d’y insister plus longtemps.
- Dans le domaine des machines à vapeur, le fait actuellement le plus saillant est, comme vous le savez, le développement extraordinaire de l’application des turbines de très haute puissance principalement aux grands navires de commerce et de guerre et aux stations électriques. Vous savez que ces turbines possèdent, en effet, pour ces deux applications, des avantages spéciaux : leur régularité cyclique parfaite est des plus précieuses pour les stations électriques, et, en ce qui concerne les grands navires, l’absence de vibrations permet de leur demander des puissances extrêmement difficiles à réaliser avec des machines à pistons. On n’a plus, avec les turbines, à souffrir que des vibrations des hélices, et leur économie est, en pleine marche du moins, supérieure à celle des machines à pistons. Reste les questions de durée et d’entretien, que l’avenir seul permettra de trancher d’une façon définitive, mais qui ne paraissent pas se présenter d’une façon défavorable aux turbines. Quant au prix de construction de ces grandes turbines marines, il doit être, actuellement, supérieur à celui des machines à piston équivalentes, mais cela tient moins à la nature même de ces turbines qu’à leur nouveauté et aux tâtonnements coûteux qu’exigent toujours de pareilles mises en train. Je n’insisterai pas davantage sur ce sujet, qui vous est familier, du moins dans ses grandes lignes (1), et pour le détail duquel il faut s’en référer aux journaux spéciaux qui en suivent l’évolution en se plaçant au point de vue du mécanicien constructeur (2).
- Vous savez de quelle importance spéciale est, pour le bon rendement des turbines, l’obtention d’un vide le plus élevé possible; il n’y a donc pas lieu de s’étonner de l'attention avec laquelle on s’efforce de perfectionner leurs condenseurs. Je vous
- (1) Bulletin de novembre 1906, p. 966.
- (2) Revue de mécanique, février, mai, septembre et décembre 1906.
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- signalais tout-récemment (1) le condenseur à turbine de Maurice Leblanc; je ne ferai que vous indiquer, aujourd’hui, une étude théorique très remarquable de M. Smith, de Melbourne, relative à l’influence exercée, sur la rapidité de la condensation, par des traces d’air laissées au condenseur (2) et les expériences exécutées par M. Weighton sur les condenseurs à surface de M. Richarson et Westgart, du type dit « contrafilo » ou à contre-courant, dans lesquels les tubes sont disposés en des compartiments tels que l’eau de condensation se draine- de chacun d’eux, de sorte que l’efficacité des tubes du bas du condenseur ne soit pas diminuée par l’écoulement, sur eux, de l’eau condensée sur les tubes supérieurs. On a pu ainsi presque doubler l’efficacité ou la puissance de condensation de ces tubes (3).
- L’emploi de la. surchauffe continue à se répandre, mais, à mesure que son degré s’élève, le problème de la distribution se complique et, pour les hautes surchauffes, on est obligé d’avoir recours à des distributions, presque toujours à soupapes, particulièrement étudiées de manière à assurer la conservation de ces organes. Parmi ces distributions, je vous rappellerai celle de Lentz, qui a été décrite en détail dans notre Bulletin de janvier 1903, perfectionnée depuis, et qui est maintenant construite en France et étendue même aux locomotives (1).
- J’attirerai encore votre attention sur un genre particulier de machines, ordinairement réservé aux petites puissances, et que l’on n'hésite pas, actuellement, à appliquer aux grandes forces : jusqu’à 500 chevaux (5) ; je veux parler des machines demi-fixes Ces machines ont atteint, en Allemagne surtout, un très haut degré de perfection et des rendements exceptionnellement élevés : par exemple, pour une demi-fixe compound de Wolf de 55 chevaux, sans condensation, avec surchauffe à l’entrée et à la sortie du •cylindre de haute pression, moins de 5 kilos de vapeur et de 600 grammes de charbon à 7 800 calories par cheval-heure effectif (6).
- La construction de ce genre de machines, qui se recommandent aussi par leur simplicité et leur faible encombrement, a été trop négligée chez nous au profit de l'étranger.
- , Vous avez été, Messieurs, tenus au courant, par votre Bulletin même, des progrès incessants des moteurs à gaz, principalement dans leur application à l’utilisation des gaz des hauts fourneaux; cette application ne fait que s’étendre de plus en plus. Vous savez qu’elle a conduit à la création de moteurs d’une puissance qui eût semblé inabordable il y a quelques années seulement, et qu’on y est parvenu par de nombreux perfectionnements, dont le principal est l’abandon presque universel des types à simple effet, ou ne donnant qu’un coup par cylindre tous les deux tours. Mais l’exécution de ces grands cylindres, deux fois plus actifs que ceux des anciennes machines, n’a pas été sans entraîner de graves difficultés pour le refroidissement de leurs parois, de leuis culasses, et même de leurs pistons, l’exécution de stuffing box étanches et durables, et enfin la construction de soupapes de distribution, celles de l’échappement surtout,
- (1) Bulletin de novembre 1906, p. 970.
- (2) Revue de mécanique, avril 1906, p. 370.
- (3) Revue de mécanique, mai 1906, p. 478.
- (4; Bulletin de juin 1906, p. 688.
- (5) Robey, The Engineer, 21 septembre 1906, p. 301.
- (6) Essai du professeur Josse; voir aussi Revue de mécanique, avril 1905, p. 332, les expériences <le M. Gutermuth.
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- sensibles au régulateur, convenablement refroidies pour ne pas se brûler ni se gauchir et disposées de manière à permettre un accès et un entretien faciles. Ces .difficultés, ninsi que celles de l’allumage et du réglage, de la mise en train et aussi du nettoyage des gaz ne sont pas encore entièrement vaincues, mais suffisamment résolues néanmoins pour que ces moteurs puissent être considérés comme absolument pratiques (1).
- Parallèlement au développement de ces moteurs, il convient de signaler celui des gazogènes destinés à les alimenter, principalement des gazogènes à aspiration, qui dispensent des gazomètres, débitent proportionnellement aux besoins du moteur et sans danger de fuites d’oxyde de carbone. La grande question, pour ces gazogènes, est de permettre l’emploi facile et sûr de charbons plus ou moins bitumineux, menus et de basse qualité (2), dont il faut empêcher le collage dans la cuve du gazogène et évacuer Iles goudrons soit par leur combustion dans le gazogène même, soit par des lavages. Le problème n’est pas encore complètement résolu, mais il progresse chaque jour par une série de tâtonnements expérimentaux au sujet desquels je ne puis que vous renvoyer aux journaux spéciaux (3). D’autres perfectionnements relatifs à la conservation des garnissages, au décrassage des grilles, à la récupération des chaleurs perdues s’effectuent chaque jour, de sorte que ces gazogènes sont actuellement des appareils qui, avec des anthracites, du coke, et des charbons maigres, marchent avec autant de sécurité et de simplicité que les chaudières à vapeur, et qu’on n’hésite pas à leur confier le sort de très vastes entreprises, telles que la distribution d’électricité à Madrid, un peu osée peut être, avec ses cinq moteurs de 2000 chevaux et ses gazomètres à récupération d’ammoniaque, dont je vous parlais dans notre dernière séance (4).
- La machine à vapeur subit donc actuellement, de ces moteurs, un rude assaut, justifié par ce fait qu’ils ne dépensent guère plus de 450 à 500 grammes de charbon, même pour des petites puissances d’une dizaine de chevaux; mais il serait présomptueux d’en conclure à la disparition prochaine des machines à vapeur. La question du meilleur type de moteur à adopter doit, en effet, être étudiée, dans chaque cas, non seulement au point de vue de l’économie de combustible, qui est loin, très souvent, d’être la dominante, mais aussi en raison de toutes sortès de considérations locales et particulières à chaque espèce, et qui rendent impossible toute solution générale d’une pareille question (5).
- C’est ainsi que les applications de moteurs à gaz aux navires, malgré leurs avan-
- (1) Revue de mécanique, mars et octobre 1906; Bulletins de mars 1905, p. 323 et novembre, p. 1006.
- (2) On peut employer même du lignite à 4 800 calories, qui donne le cheval-heure pour 0k,7 (Neumann). VDI, 1906.
- (3j Revue de mécanique, juillet 1906, p. 67. •
- (4) A côté de ces grandes installations, je signalerai les applications des gazogènes aux locqtno-biles, notamment celles de la Société allemande de Hanovre (Deutsche Sauggas Locomobile Werkes) qui vont de 10 à 30 chevaux. Les locomobiles à gazogènes de 15 chevaux dépensent par cheval-heure 0k,6 d’anthracite environ.
- (5) Bulletin de mars 1906, p. 379 et Revue de mécanique, décembre 1906, p. 513, 344, l’étude de M. Mathot « sur les moteurs à combustion interne et les moteurs à vapeur. » On est d’ailleurs descendu, avec la surchauffe, à des dépenses de 450 grammes de charbon par cheval indiqué pour une machine à vapeur de 500 chevaux (Bulletin de juin 1905, p. 828). A signaler aussi un essai de Barrus avec un gazogène de 100 chevaux, où l’on aurait réalisé une économie de 38 p. 100 ^0k,50 au lieu de 0k,8 d’anthracite par cheval effectif) en remplaçant l’injection d’eau au gazogène par celle d’une partie des gaz d’échappement du moteur (Casiers Magazine, septembre 1906). A l’usine Menier, à Noisiel, on serait arrivé à utiliser des déchets agricoles dans un gazogène Richet au prix de 0 fr. 043 par cheval-heure.
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- tagés incontestables de sécurité et d’économie de combustible, ne se développent que très lentement (1). La souplesse et la sûreté de manœuvre des machines à vapeur, qui ont en elles-mêmes leur changement de vitesse et leur changement de marche, compense'en effet largement, dès que l’on atteint des puissances d’une centaine de chevaux, les avantages précités des moteurs à gaz, de sorte que les projets, très nombreux et fort ingénieux (2), élaborés pour la substitution de ces moteurs aux machines à vapeur sûr les grands navires sont encore à l’état d’hypothèse.
- Le progrès des applications des moteurs à la navigation marche au contraire avec plus de rapidité, en dehors, bien entendu, de l’automobilisme, parce qu’ils présentent, dans certains cas, comme pour les sous-marins et les petits torpilleurs (3), des avantages tout particuliers.
- Je ne ferai, en ce qui concerne les locomotives, qu’attirer de nouveau votre attention sur les quelques points les plus intéressants de leur évolution actuelle : augmentation incessante de la puissance par celle des pressions et du volume des chaudières et par l’adoption, pour les machines les plus fortes, de types articulés dérivés plus ou moins directement de celui de Malet (4). L’emploi des chaudières à tubes d’eau ne se répand guère et reste limité presque aux types que je vous ai déjà signalés (5). L’emploi de ces tubes dans le foyer seulement, et comme auxiliaires de la chauffe principale, continue à donner de bons résultats en Angleterre, sur le London & South Western, où ils résistent malgré leur extrême activité. Rien de nouveau sur l’application de la surchauffe, dont je vous ai souvent parlé (6), sinon qu’elle s’étend de plus en plus. Il en est de même de l’emploi des automotrices, qui se développe très activement en Angleterre, pour le service des lignes à voyages fréquents et peu chargés, où l’automotrice économique et rapide remplace avantageusement une suite de voitures presque vides, de différentes classes, avec locomotive, tender, fourgons... passant avec lenteur et majesté à des intervalles indéfiniment éloignés (7).
- Je ne ferai également que vous rappeler la question de la traction électrique, de toute première actualité, et dont je vous ai récemment exposé l’état (8).
- Je ne puis vous dire que quelques mots des deux grandes applications de l’électricité des plus en progrès aujourd’hui : l’éclairage par incandescence et la télégraphie.
- Vous savez (9) avec quelle activité se poursuit la lutte entre les différentes lampes à incandescence nouvelles; on en découvre presque chaque jour une ou deux plus merveilleuses encore que celles annoncées la veille, avec des dépenses tombant à un demi-watt par bougie et des durées très prolongées, mais il semble bien que, jusqu’à présent, une seule de ces nouvelles lampes, toutes à filaments métalliques, ait véritablement supporté avec un grand succès l’épreuve de la pratique, c’est la lampe à
- (1) Bulletin de décembre 1903, p. 1509 et mai 1906, p. 588.
- (2) Bulletin de mars 1905, p. 383.
- (3) Bulletin de novembre 1900.
- (4) Bulletin d’octobre et novembre 1904, p. 759 et 894, novembre 1905, p. 1290. 4 (5) Bulletin de mai et novembre 1905, p. 604, 1301.
- (0) Bulletin de mars et octobre 1905, p. 322 et 1129, mai 1906, p. 604.
- (7) Bulletin de lévrier 1905, p. 279.
- (8) Bulletin de mai 1906, p. 601.
- 19) Bulletin d’avril 1905, p. 529, juin 1906, p. C93.
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- filament de tantale, que vous connaissez bien (1). Ces filaments, étirés en filières de diamant, se font actuellement à des diamètres de 0mm,035. Les plus employées ont 0niu',05; il en faut, pour une lampe de 25 bougies à 110 volts, une longueur de 620 millimètres, d’un poids de 0sr,022, de sorte qu’on peut fabriquer -45 000 de ces lampes avec un kilogramme de tantale. Je n’insisterai pas sur les propriétés bien connues de ces lampes, qui, en pratique, ne dépensent guère plus de lw,5 par bougie. Vous savez que leur durée est beaucoup moindre en courant alternatif qu’en courant continu; mais on est, paraît-il, parvenu, ou sur le point de parvenir à les rendre aussi durables en courant.alternatif qu’en continu, ce qui serait un grand progrès.
- La fabrication de ces lampes a entraîné un très remarquable perfectionnement de la métallurgie du tantale, sur lequel je ne puis m’arrêter ici, mais tel qu’on songerait, à la maison Siemens, à la fabrication industrielle de plumes en tantale destinées à remplacer les plumes d’or, moins élastiques et durables.
- La lampe à mercure, dont les applications se mulplient chaque jour, a fait depuis quelque temps de remarquables progrès, sur lesquels je vous demanderai de ne pas insister parce qu’ils seront bientôt, ici même, l’objet d’une communication spéciale; je vous dirai seulement quelques mots sur les lampes de ce genre à rayons ultra-violets, c’est-à-dire à ampoules d’un verre spécial, tel que celui de Schott, d’Iéna, laissant passer les rayons à ondes très courtes. Ces rayons ultra-violets ont des applications très intéressantes en médecine et aussi en photographie et dans certaines industries, telles que la teinture. C’est en effet surtout aux rayons ultra-violets qu’il faut attribuer le pouvoir blanchissant du soleil, et comme, dans nos climats, les rayons solaires ne sont que trop souvent absorbés par l’atmosphère, il faut, pour essayer les teintures, s’en rapporter au soleil du midi. Les lampes, dites « Uviol » de Schott permettent, au contraire, de faire immédiatement cet essai au laboratoire. Les rayons de ces lampes partagent aussi, avec ceux du soleil, la propriété d’être des microbicides de premier ordre; enfin ils développent énergiquement toutes les fluorescences, notamment celle de l’humeur vitrée de l’œil, ce qui oblige à se préserver par des lunettes spéciales. On cherche à profiter de cette propriété pour corriger l’affreuse teinte de la lumière des lampes à mercure en l’enveloppant d’une fluorescence rouge, celle de la rhodamine par exemple.
- Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la télégraphie sans fil est actuellement en voie de très grands progrès ; je ne puis entrer, à ce sujet, dans aucun détail, et que vous signaler les heureux résultats obtenus dans l’Afrique allemande par les appareils portatifs militaires, et ceux des appareils fixes de la « Telefunken », de Naucn, qui ont permis de transmettre, de la mer a la terre et réciproquement, des messages à des distances de 2 500 kilomètres (2). Mais le progrès le plus important en télégraphie sans fil réside dans le remplacement, comme générateur d’ondes, des interrupteurs à étincelles par l’arc chantant, avec simple refroidissement de l'anode, comme à la « Telefunken, » ou avec ce refroidissement par une circulation d’eau, et, en plus, le jaillissement de l’arc dans une atmosphère d’hydrogène ou de gaz d’éclairage : cette dernière solution est celle de MM. Poulsen et Pedersen, de Copenhague. La fréquence des ondes de l’arc peut ainsi atteindre le million par seconde, tandis que celle des étincelles ne dépasse guère 40 000, et leur puissance va jusqu’au kilowatt ; en outre, ces ondes de l’arc ne s’éteignent ou ne s’amortissent pas rapidement, comme celles des
- (1) Bulletin de février 1905, p. 282.
- (2) Engineering, 14, 21, 28 décembre 1906, p. 788, 827 et 853.
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- •étincelles, mais restent, sur de très grandes distances, constantes en amplitude et en fréquence. Enfin, comme la longueur de ces ondes peut varier, par degrés insensibles, entre des limites très étendues : 300 et 3 000 mètres par exemple, et que leur syntonisation peut être, paraît-il, réalisée, par des récepteurs appropriés, au centième près (c’est-à-dire que, si deux stations utilisent des ondes de 500 mètres, deux stations voisines pourraient, sans interférer avec les premières, en utiliser de 505 mètres); on voit que l’on dispose, par cet arc. en hydrogène, d’un émetteur d’ondes infiniment plus puissant que les étincelles, et surtout d’une discrétion à toute épreuve. Les dépêches ne peuvent plus être ni troublées ni . interceptées. Des expériences de MM. Poulsen et Pedersen paraissent démontrer quedeurs appareils sont définitivement sortis du laboratoire pour entrer avec succès dans 4’application industrielle (1).
- Parallèlement à la télégraphie sans fil, la téléphonie, aussi sans fil, est également l’objet d’études persévérantes, notamment celles de Ruhner (2), en partant de l’emploi de l’arc chantant, avec des récepteurs microphoniques analogues à ceux de Garcia, que je vous ai signalés dans notre séance du 28 octobre 1904 (3).
- Le téléphotographe de Korn, que je vous ai décrit dans notre séance du 24 juin 1904, a reçu, depuis, de notables perfectionnements (4), dont son constructeur en Fi ance, M. Carpentier, pourra sans doute nous entretenir bientôt.
- Enfin, la télégraphie avec fils est loin de rester inactive. Il me suffira de vous signaler deux télépraphes imprimants : celui de Murray, actuellement installé entre Saint-Pétersbourg et Moscou, et qui marche au taux de 63 mots par minute, et surtout le merveilleux appareil de Pollak et Virag, dont la vitesse a atteint le chiffre fabuleux de 40 000 mots par heure, dans ses essais entre Paris et Lyon. L’adoption de cet appareil permettrait de transmettre à très bon marché de longues et innombrables dépêches :sans surcharger les lignes (5).
- Rapports des Comités. — Est lu et approuvé le rapport présenté par M. A. Moreau, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arls, sur le .Sécheur de maçonneries de M. Held.
- Communications. — M. Moulin fait une communication sur la Porosité, couverture de plancher en poudre de bois et linoléum, dont rexamen est renvoyé au Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- M. Eyrolle fait une communication sur U enseignement par correspondance en France.
- S’associant aux applaudissements de l’auditoire, M. le Président félicite M. Eyrolle du succès remarquable qu’il a obtenu par cet enseignement, et le remercie de sa très intéressante communication, dont l’examen est renvoyé au “Comité du Commerce.
- (1) Engineering, 30 novembre 1906, p. 734. Industrie électrique, 10 décembre, p. 541.
- (2) Eclairage électrique, 22 décembre 1906, p. 475.
- (3) Bulletin d’octobre 1904, p. 904.
- (4) Éclairage électrique, 22 décembre 1904, p. 476.
- ,<5) Société internationale des électriciens. Bulletin de décembre 1906, p. 465.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Essai sur la gamme, par Maurice Gandillot (n° 13143 de notre bibliothèque). Paris, Gauthier-Villars, 1906.
- Voilà un ouvrage qui fait honneur et à l’auteur et à l’éditeur, et qu’on aime à placer sur les rayons d’une bibliothèque choisie à côté de l’ouvrage sur la chromatique de P. Lacouture (voir l’analyse de M. Jules Garçon, dans le Bulletin de la Société, 1903, ’pp. 1014 à 1017).
- L’auteur indique dans sa préface comment « étant enfant il s’était souvent demandé qu’elle pouvait être l’origine de la gamme, pourquoi elle comprenait certains tons plutôt que d’autres; comment il se faisait que nous reconnaissions si aisément la tonique d’un air de musique, rien qu’en l’entendant jouer, c’est-à-dire dans les conditions où les règles indiquées par les livres ne sont pas applicables; pourquoi certains airs à deux ou plusieurs voix me faisaient l’effet d’être en modulation perpétuelle, alors que l’écriture des diverses parties ne semblait déceler aucun changement de ton; pourquoi, quand je cherchais à mettre sur le piano les airs que m’avait suggérés ma muse enfantine, je ne trouvais pas toujours toutes les notes que j’aurais désirées. Je me suis souvenu il y a quelque temps de mes curiosités d’enfant et j’ai cherché à comprendre comment la gamme est faite et pourquoi on ne peut y produire une note quelconque.
- La gamme admet certaines lois, puisqu’on n’y peut incorporer un son quelconque...
- Fétis, dans son Traité d’harmonie, prouve clairement que la gamme n’est pas fondée sur des lois physiques ou mathématiques, et que sa base est en nous-mêmes. La même idée .est exposée dans le traité de Reber.
- Par accoutumance, notre esprit peut arriver à accepter des tonalités fort diverses, mais encore faut-il que ces tonalités satisfassent à certaines conditions; notre esprit n’accepterait pas une musique quelconque. La musique n’est donc pas l’œuvre de théoriciens toujours infaillibles; elle est la résultante du goût musical des masses et du sens artistique des musiciens. En un mot, la musique n’est pas fille de notre raison, mais bien de notre âme; c’est donc une sorte de produit spontané, où de phénomène naturel, et elle doit, à ce titre, admettre des lois simples, de môme que tous les*autres phénomènes naturels étudiés dans les sciences physiques.
- j’ai renoncé à l’analyse et j’ai eu recours a la synthèse qui justement se trouve ici très facile à employer. Je me suis proposé de reconstituer mathématiquement toutes les gammes possibles et imaginables, en commençant bien entendu par les plus simples; et c’est ainsi que j’ai trouvé tout de suite la genèse de notre gamme moderne, car elle est la plus simple de toutes, bien qu’elle soit en même temps très harmonieuse et très variée, grâce aux huit types sous lesquels elle peut se présenter. »
- Dans sa conclusion l’auteur dit :
- « La mathématique, qui régit l’univers, gouverne aussi le monde des tons; mais elle ne fournit à l’Art que des rapports simples (notes), et non pas des formules de tonalité toutes faites (gammes). Les seules échelles musicales dont elle relève a priori l’existence sont au nombre de deux; ce sont les séries purement consonantes, l’une de type majeur (do-mi-
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- sol), l’autre de type mineur (do-mi-sol), auxquelles nous avons donné le nom d’échelles. Les gammes ont été formées arbitrairement par l’homme en réunissant tel ou tels des éléments, notes isolées, ou échelles fournies par la mathématique.
- Les gammes les plus usitées en musique moderne peuvent être considérées comme composées chacune d’une échelle tonale associée à un certain nombre d’autres échelles en rapports simples avec la première. Quand le nombre de ces échelles associées va croissant, la tonalité devient à la fois plus complexe et plus variée. L’analyse des compositions modernes montre qu’en général notre musique se réduit à une modulation incessante entre l’échelle tonale de la gamme et les diverses autres échelles qui lui sont associées. » *
- Voici le résumé de la table des matières :
- lre partie : sur la consonance, audition de deux sons simultanés, notes et intervalles musicaux;
- 2e partie : genèse des échelles et des gammes;
- 3e partie : contrepoint;
- 4e partie : dissonance. Accords dissonants, accords dissonants naturels;
- oe partie : rattachements, attractions musicales;
- 6fi partie : en harmonie ;
- 7e partie : intervalles; gammes de Ptoléméeetde Pythagore;
- 8e partie : gammes diverses, plain-chant;
- 9e partie : applications musicales ;
- 10e partie : tempérament.
- The Engeneering Index, 1901-1905, par MM. Supleiî Cuntr et Buxton.
- Édité par Y Engineering Magazine de New-York.
- Ce volume de 1234 pages in-8°, en petit texte sur deux colonnes, avec ses 50 000 citations empruntées à plus de 250 publications techniques, constitue un répertoire de références indispensable, et mérite, de nouveau, les éloges décernés à son prédécesseur des années 1896-1900 à la page 307 de notre Bulletin de février 1901.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN JANVIER 1907
- Bargeron (L.). — Le crud ammoniac. Engrais, désherbant, insecticide. 19 x 12, 51 p.
- Paiis, Charles Amat, 1907. 13 142.
- ’ o
- Annuaire pour l’an 1907 publié par le Bureau des Longitudes. Paris, Gauthier-Villars.
- Pér. 124
- Minutes of proceedings of the Institution of civil Engineers. Yol. CLXVI. Pér. 189.
- Société technique de l’industrie du gaz en France. Compte rendu du 33e Congrès, tenu à Paris en 1906. Pér. 298.
- Catalogue de la bibliothèque de la Société technique de l’industrie du gaz, in Compte, rendu de 1906, sp. 541 à 563. in Pér. 298.
- Direction générale des douanes. Tableau général du commerce et de la navigation. Année 1905. 1er volume : Commerce. Pér. 34.
- Gandillot (Maurice). — Essai sur la gamme. In-4 de 32 x 23. xv-575 p. Paris, Gauthier-Villars, 1906. 13143.
- Voisin Bey. — Le Canal de Suez. II: Description des travaux de premier établissement, tomes IV, V, VI (1er et 2e), et atlas. Paris, H. DunodetE. Pinat, 1906.
- 13 144-13 147 et 13 148.
- Aureggio (E.). — Album guide de l’inspection sanitaire des viandes. Étude des viandes et des maladies des animaux de boucherie dans leurs rapports avec l’alimentation humaine, 91 planches, 1906. Société lyonnaise de photochromogravure. 13 149.
- Niewenglowski (Paul). — Précis d’électricité. (Encyclopédie des Travaux publics), 16,5 x 25. 11-200 p. 64 fig., Paris, Gauthier-Villars, 1906. 13152.
- Aureggio (E.). — A travers l’élevage et les cavaleries de l’Europe. Missions et voyages d’études de 1880 à 1905. 14,5 x 23, 132 p., 117 lîg. Lyon. L. Bourgeon. 13 150.
- Aureggio (E.). — Histoire de la ferrure des chevaux dans l’antiquité et au moyen âge jusqu’à l’Exposition universelle de 1900.17 x 25, 18 p., 9 pl. Lyon, A. Rey et Cie. 13 151.
- Estève (J.). — Turbines à, vapeur. 16 x 25, 117 p., 17 pl. Toulon, A. Bordato, 1906.
- 13 153.
- Fremont (Ch.). — Étude expérimentale du rivetage. Mémoire publié par la. Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, 147 p., 184 fig., 1906. 13 1 54.
- École spéciale de travaux publics. Paris, Vuibert et Nony, 1906.
- Administration des monnaies et médailles. Rapport au ministre des Finances, 11° année, 1906. Pér. 212.
- Department of Commerce and Labor of the Bureau of Labor. Bulletins n°s65 et 66.
- Pér. 35.
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- OUVRAGES REÇUS.
- JANVIER 1907.
- Office du Travail Er Inspection du Travail. Royaume de Belgique. — Fabrication et mise en œuvre du papier et du carton. 25 X 16. 199 p., 20 fig. Bruxelles, J. Lebègue et CieT 1906. 13 155.
- Bazard (A.). — Cours de mécanique théorique et appliquée. 28 x 19. 2 vol. Paris, E. Bernard, 1907. 13 156 et 13157.
- Barbillon (L.). — Cours municipal d’Électricité industrielle. Tome Ier. Courants continus. 25 X 16,5. 461 p., 460 fîg. Paris, E. Bernard, 1907. .13 158.
- Marié (Georges). — Les dénivellations de la voie et les oscillations du matériel des chemins de fer. 25 X 16,5. xvi-142 p., 26 üg. Paris, H. Dunod et E.Pinat, 1906.
- Annexes : Les oscillations du matériel des chemins de fer à l’entrée en courbe et à la sortie. Les oscillations du matériel et la voie. (Extraits des Mémoires de la Société des Ingénieurs civils, 1906). $ 13 159.
- Schneider et Cie. — Économie sociale. Institutions de Mm. Schneider et Cie, 28 X 22. ix-193 p., 10 fig. Nevers, Mazeron frères, 1905. 13 1 60.
- Schneider et Ci0. — Cours supérieur. Programme des études. 28 x 22. 110 p. Nevers, Mazeron frères, 1905. 13161.
- Fritsch (J.). — Les tourteaux oléagineux. Tourteaux alimentaires, tourteaux engrais. 16,5 x 11. vn-235 p. Paris, Lucien Laveur. 13 162.
- Fritsch (J.). — Les huiles et graisses d’origine animale. 23 x 14. 407 p., 23 fig. Paris, H. Desforges, 1907. 13 163.
- Geiger (G.). — Manuel pratique d’électricité médicale. (Électrologie et instrumentation. Rayons X et'courans de haute fréquence). 23 x 14. 185 p., 67 fig. Paris, H. Desforges, 1907). 13 164.
- Galery (P.). — Ma pratique de la culture des plantes agricoles. (Bibliothèque agricole). 18,5 x 12. xii-372 p., 81 fig. Paris, librairie agricole. 13 165.
- Pillât (A.) et Balland (A.). — Le chimiste Dizé. 20 X13. vm-268 p., 5 pl. Paris, J.-B. Baillière .et fils, 1906. 13 166.
- The Light Railway ancl Tramway Journal, année 1906 (don de M. Ed. Lavalard, membre du Conseil). Pér. 283.
- Street Railway Journal, vol. XXVII, année 1906 (don de M. Ed. Lavalard, membre du Conseil). Pér. 280.
- Association alsacienne des propriétaires d’appareils a vapeur. Section française : Exercice 1905. Pér. 31.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Décembre 1906 au 15 Janvier 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil. Engi-
- neers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs.........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Clt. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechniscties Journal.
- E........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Qc.......Génie civil.
- laS. . . . Iron and Steel Metallurgist.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le........Industrie électrique.
- 1m . . . . Industrie minérale de St-Étienne. lt........Industrie textile.
- IoB. . M.M.. Ms.. .
- MC. .
- PC. . Pm. . RCp .
- MM.. Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. .
- Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. .
- ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. . Va. . V1J1. .
- ZaC. .
- Z01. .
- Institution of Brewing (Journal)..
- Mining Magazine.
- Moniteur scientifique,’
- Revue générale des matières colorantes. '
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines..
- Revue générale de chimie pur& et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins fie fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale.
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceedings)^
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de Paris ( Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle: de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschriftfürangewandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischeix Ingenieure und Architekten-Vereins.
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- 80
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1907.
- AGRICULTURE
- Ajoncs (Broyeurs d’). Ap.'21 Janv., 78. Bétail. Abattoir moderne (!’). SNA. 30 Nov., 723.
- — (Commerce du) en 1906. Ap. 10 Janv., 30. — Vaches non délivrées. Ap. 20 Déc.,
- 775.
- — Fièvre aphteuse et sulfate de fer. Ap. 27 Déc. 805, et le marché de la Vil-lette. SNA. 31 Nov., 731, 746.
- — Mouton. Élevage en Corse. Ap. 3 Janv., 18.
- Blé (Radiation lumineuse et richesse azotée du). (Dumont). CR. 24 Déc., 1179. Beurres (Recherche de l’huile de coco dans ' le) (Harris). Cs. 15 Déc., 1159.
- — Contrôle bactériologique de leur fabrication (Marc). CR. 24 Déc., 1198. Caoutchouc. Culture àCeylan. Nature. 27 Déc., 209.
- Chiens de berger {les). Ap. 3 Janv., 16. Engrais. Fumure des prairies artificielles. Ag. 22 Déc., 980, 5 Janv., 19.
- — Engrais divers sur une prairie de Ge-
- nouillac : expériences. Ap. 28 Déc., 812.
- — Engrais artificiels. Nature et fonction
- (Hall). SA. 28 Déc., 133. 4-11 Janv., 148, 178.
- — Amendements marins en Bretagne. Ap.
- 10 Janv., 40.
- — Essais de culture avec le nitrate de chaux de synthèse (Schlœsing). SNA. 21 Nov., 727. Essais sur betteraves à sucre. Ap. 12-17, Janv., 63, 69. Exploitation agricole d’Autour. Ap. 21-27 Déc., 780, 810.
- Fruits en contact avec de l’étain. Décoloration (Norton). CN. 28 Déc., 312.
- Fromage de Gerardmer. Ag. 29 Déc., 1016. Lait. Dosage de la matière grasse. Appareil Gerber. Ap. 27 Déc., 814.
- — (Usine à poudre de). Ap. 10 Janv., 52. Maïs. Les destinés à l’agriculture. Ag. 5 Janv.
- 24.
- Nord de la France. Pratiques culturales (Hitier), Ap. 17 Janv.. 72.
- Œufs. Influence de la température et du degré hygrométrique ambiant sur leur conservation (de Loverdo). Cli. 7 Janv., 41.
- Plate-forme à fumier (Ringelmann). Ap. 3 Janv., 11.
- Solanums tubérifères (Mutations gemmaires des) (Heckel). Ag. 12 Janv., 48. Topinambours (Récolte des). Ap. 20 Déc., 773.
- Vigne. Vignoble de Haute Alsace. Ribeauvil-lé. Ap. 27 Déc., 805.
- — Vignes hybrides Gaillard Girerd. Ag.
- 29 Déc. 1020.
- — Vinification et hygiène alimentaire. Ag.
- 5 Janv., 16.
- — Amertume des vins (Maladie de 1’)
- (Trillat). CR. 31 Déc., 1244.
- Warrants agricoles. Ag. 22 Déc., 989.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer du Cap au Caire (L. Michell). SA. 21 Déc., 93.
- — de Tehuantepec, Mexique. EM. Janv.,
- 535.
- — de l’Inde. E. 11 Janv., 56.
- — de Nouvelle-Zélande. E. 29 Déc., 872.
- — Métropolitain de Paris. E. 11 Janv.,
- 37. Bam. Déc., 881.
- — d’intérêt local et sur les routes. Vi-
- tesses maxima. Re. 30 Déc., 370.
- — Électriques. Métropolitain de Londres. Re. 30Déc., 360. Métropolitain de Vienne. EE. 12 Janv., 51.
- — — Suisses. Re. 30 Déc., 365.
- Accidents. Collision d’Elliott Junction. E. 3
- Janv., 13.
- — aux États-Unis. E'. 12 Janv., 40. Éclairage des gares (Fowler). E. 21-28 Déc.,
- 826, 847, 881.
- Frein à air -comprimé Chapsal Saillot. E. 28 Déc., 863.
- Locomotives américaines (Japiot). AM. Sept., 249.
- — nouvelles du Great Northern (Rous
- Marten). E1. 21 Déc., 619.
- — à l’Exposition de Nuremberg. VDl. 22
- Déc.,2049. De Maryland.ZOJ. 21 Déc., 713.
- — Tender 6 couplées de l’Avonside En-
- gine C°. E’. 21 Déc., 635.
- — 3 couplées voyageurs du Caledonian
- Ry. E'. 28 Déc., 651.
- — 5 essieux couplés, chemins russes avec
- surchauffeur Schmidt. E. 3 Janv., 12.
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-
-
-
- .LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — JANVIER 1907.
- Locomotives. Fonctionnement sur le Nord français. E. 4 Janv., 20.
- — Distribution à soupapes Lentz. E. 21
- Déc., 832. Walscliaerls. Son évolu-. tion. E1. 21 Déc., 620.
- Serrure électrique Cornillon. Ri. S Janv., 8. Trains express anglais et français en 1906. E1. 12 Janv., 36.
- Voie transportable Weiss. Ri. 29 Déc., 616.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Exposition du Grand Palais. Va. 22-29 Déc., 810, 834, 836.
- — de Berlin. Dp. 22 Déc., 808.
- — Voitures légères et voiturettes. Va. 22 Déc., 825.
- — Les autobus. E. 21 Déc., 822, 837. E1.
- 21 Déc., 631.
- •— Industrie automobile en France. E. 11 Janv., 41.
- — à pétiole. Comparaison des moteurs.
- AMA. 12 Janv., 835.
- — - Ader 1907. Va. 22 Déc., 820.
- — — Cottereau. Va. 5 Janv., 4.
- — — Voiturette Evry. Va. 29 Déc., 842.
- — à vapeur. E. 21 Déc., 822.
- — pétro-électrique Pieper. Va. 22 Déc.,
- 827.
- — électriques. Va. 29 Déc. 338. 5 Janv., 7.
- — Pneumatiques(PresseDecauville à vul-
- caniser les). Ri. 22 Déc., 505.
- — Bandage antidérapant Hartridge. E'. 11
- Janv., 43.
- — Boues élastiques. Technique automobile.
- Déc., 484. Boue EL. Va. 12 Janv., 17.
- * — Transmission Pekrune. Ri. 22Déc., 506.
- * — Changement de vitesse Parant. Va. 12
- Janv., 23.
- Tramways électriques à caniveaux de New-York et de Londres. Re., 30 Déc., 370.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique. Tracé graphique du travail des chambres de plomb (Cole-, raan). Cs. 31 Déc., 1201. Chaleurs perdues dans sa fabrication. ZaC-. 4 Janv., 6.
- Acétylène. Causes d’explosions (Caro). Cs. 15 Déc., 1138.
- Air (Constituants secondaires de F) (Coates). CN. 11 Janv., 16.
- Tome 109. — Janvier 1907.
- 81
- Alcool. Examen des alcools supérieurs. Procédé Allen Marquardt(Mann et Stacy). Cs. 15 Déc., 1125. Destiné à la dénaturation (Duchemin). RCp. 30 Déc., 437.
- Aliments. Distribution du soufre dans les.
- (Balland). PC. 16 Janv.,A9. Amphibole. Sa composition (Penfîeld et Stanley). American. Journal of Science, Janv., 23.
- Aliments. 1er congrès international d'hygiène alimentaire (Rocques). RCp. 16 Déc., . : ,. 413. .
- Brasserie. Action toxique dés céréales sur les levures de basse fermentation. IoB. Déc., 666.
- — Tonneaux. Fabrication et traitement (Haldane) (id.), 688.
- — Divers. Cs. 15 Déc., 116.
- — Les « aies » actuelles (Duneau). IoB.
- Déc., 609.
- — Hordéine. Sa composition (Léger). Pc.
- 1er Janv., 5.
- Calorimètre à alcool Wallace. E'. 21 Déc., 619. Céramique. Divers. Cs. 15 31 Déc., 1147, 1221.
- — lekaolin (Rieke), Spreeshaal,il Janv.,33.
- — Pierres artificielles chinoises. SA. 28
- Déc., 140.
- Charbons et poussières (Gaz occlus dans les) (Trobridge). Cs. 15 Déc., 1129.
- — de bois. Pouvoirs absorbants. Cs. 15
- Déc., 1173.
- Chaux et ciments. Cs. 15 Déc., 1148.
- — Industrie du ciment aux Etats-Unis (Eckel). EM. Janv., 610.
- Chlore. Action sur le brome (Lebeau). ACP. Déc., 475.
- Chrome et bore. Réduction des acides par l’aluminium et préparation (Vigou-roux). ScP. 5 Janv., 30. Composés définis (Jarsoneix). CR. 24 Déc., 1149. Cuivre. Siliciures industriels (Vigouroux). ScP.
- 20 Déc., 1233, 1237.
- Colloïdes (Les). E'. 29 Déc., 645.
- — Cryoscopie des solutions de colloïdes
- hydrochloroferriques (Malfitano et Michel). CR. 24 Déc., 1141.
- — Composé colloïdal du thorium et de i l’uranium (Szilard). CR. 24 Déc., 1145.
- Cyanobromure (Fabrication du) (Ewau). Cs. 15 Déc., 1130.
- 6
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-
-
- 82
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1907.
- Désinfectants (Standarisation des) (Blylh). Cs. 31 Déc., 1183.
- Dialyse stérilisée. Appareil Escombe et Mac Million. Cs. 15 Dec., 1133.
- Dissolution (Pression de) et état de la surface des métaux (Fawsilt). Cs. 13 Déc., 1133.
- Dysprosium. Poids atomique (Il en ri chs). CR. 24 Déc., 1143.
- Eléments. Classification en groupes périodiques d’après les poids atomiques (Monckman). CN. 4 Janv., 5.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15 Déc., 1170* — de genévrier (Rodié).HCp. 30 Déc., 444.
- Ethers cellulosiques des acides gras; acétates de celluloses (Bellzer). RCp. 16 Déc., 421.
- — Ethers oxydes à fonctions complexes* (Sommelet). ACP. Déc., 484.
- Explosifs. Évolution de l’artillerie moderne et des explosifs (Noble). Nature. 20 Déc., 174.
- Dégraissage (Choix de la benzine pour) (Trot-mann). Cs. 31 Déc., 1202.
- Distillation des alliages d’argent et de cuivre, d’étain et de plomb (Moissan et Wa-tanobe). CR. 7 Janv., 16.
- Fermentations. État physiologique de la cellule : importance pour la technologie des industries de la fermentation (Delbruck). IoB. Déc., 642.
- Farine de froment. Recherche microscopique des amidons de riz et de maïs par la • lumière polarisée (Gastine). CR.
- 7 Janv., 35.
- Fluor dans les eaux minérales (Caries). CR.
- 7 Janv., 37.
- Gaz d’éclairage. Construction des cornues J. fur Gas Beleuchtung, 22 Déc., 1113. Progrès dans la fabrication du gaz (kl.), 3 Janv., 7. Usine à gaz de Gorlitz (id.), -16.
- Gaz d’huile. Fabrication J. f. Gas Bel., 19 Janv., 4b.
- Gazogènes. Distillation mixle et gaz de combustion (Nagel). Electrochemical.Déc., 480.
- Huiles de foie de morue. Séparation des acides gras. Cs. 15 Déc., il58.
- • — de schistes et de goudrons ; désodorisation (Girard). Gc. 22-29 Déc., 129, 144.
- I Hydrogène. Action sur la silice et le silicium (Dufour). ACP. Déc., 433. Hygroscopie. Propriétés hygroscopiques du coton (Richards). RSL. 20 Déc., 412. Industrie chimique italienne (Matignon). Revue Scientifique, b Janv., 9.
- Lipase (Action de la) (Taylor). Cs. 15 Déc., 1157.
- Laboratoire. Micromanomètre Roberts. RSL. 20 Déc., 410.
- — Réaction des sels de cobalt en chimie analytique (Alvarez). CN. 28 Déc., 306.
- — Dosage du camphre dans le celluloïd. Cs. 15 Déc., 1169.
- — — volumétrique du carbone dans
- l’acier par l’hydroxyde de barium (Anperle). CN. 21 Déc., 299.
- — — du zinc (Muller). ScP. b Janv., 13.
- — — du soufre dans les fers, fontes et
- aciers (Barraud). RCp. 16 Déc., 429.
- — — de l’azote. Le nitromètre (Nevfield
- et Marx). CN. 28 Déc., 306.
- — — de la silice dans les minerais de fer
- alumineux (Sommermeier). CN. 28 Déc., 308.
- — — des sucres réducteurs (Bertrand).
- ScP. 20 Déc., 128b.
- — — du soufre libre (Berger). CR. 24
- Déc., 1160.
- — — du fer dans les minerais. Procédé
- Reinhardt. SuE. lb Déc., 1477.
- — — du tungstène dans les aciers
- (Knorre). (id.), 1489.
- — — de la silice : emploi des capsules de
- porcelaine (Korlright). CN. 5 Janv., 9.
- — — direct de l’antimoine (Rowell). Cs.
- 31 Déc., 1181.
- — Acide cyanhydrique. Phtalophénone sous forme de papier comme réactif de T. (Thyéry). PC. 16 Janv., 5.
- — Analyse électrolytique. Remplacement simple des cathodes tournantes (Lar-rison). Eam. 22 Déc., 1168.
- — Enzymes (Emploi des) comme réactifs (Bourquelot). Pc. 1er Janv., 16.
- — Tubes-filtres pour précipités sur amiante (Penfield et Bradley). CN. 21 Déc., 293.
- Manganèse. Nouveau siliciure (Gin). CR. 31 Déc., 1239.
- — Solubililé du carbone dans le proto-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —
- JANVIER 1907.
- 83
- chlo r u r e tl e m anga n è se ( H o ud a rd). CR. 31 Déc., 1230.
- Métaux alcalins (Protoxydes anhydres des) (Rengade). CR. 24 Déc., 1152. Meunerie. Ses développements (Humphries). SA. 21 Déc., 109.
- Optique. Spectre de phosphorescence ultraviolet des fluorures (Ui'bain et Scall). CR. 7 Janv., 30.
- — Modifications symétriques de quelques bandes d’absorption d’un cristal sous l’action du champ magnétique (Becquerel). CR. 24 Déc., 1133.
- — Télescope équatorial double de l’observatoire Radcliffe à Oxford. E. 21 Déc., 819.
- — Calcium. Application à la production du vide pour recherches spectrosco-, piques (Soddy). CN. 28 Déc., 303; 11 Janv., 13.
- — Raies continues des spectres électriques
- des métalloïdes et de quelques métaux (Hartley). RSL. 20 Déc., 403.
- — Indices de réfraction de l’eau et de
- l’eau de mer (Gilford), (ici.), 40G. Ozone. Ozoniseur Harries. Cs. 15 Déc., 1155. Papier. Divers. Cs. 15 Déc., il09.
- Phosphore. Préparation éleclrolytique (Bonna et Le Royer). SiM. Oct., 295.
- — Formation des composés organiques
- (Nouveau mode de) (Burland). CR. 24 Déc., 1166.
- Potasse. Industrie en Allemagne. Ef. 12 Janv. Quatrième étatde la matière (Besson). IC. Nov., 699.
- Photographie. Divers. Cs. 15 Déc., 1173. Pyromètres à radiation Fery. Eté. 29 Déc., 401. Radium. Action sur la gélatine (Rudge). RSL. 20 Déc., 380.
- — Longévité et descendance (Kelvin). Re.
- 30 Déc., 376.
- Résines et vernis. Divers. C. 15 Déc., 1161. Silicates alcalins. Action sur les sels métalliques solubles (Dollfuss).6'il.20 Déc., 1148.
- Safranines (Formation des) (Barbier et Sisley).
- SCP. 20 Déc., 1278, 1282.
- Silicium cristallisé. Purification et conséquence de la présence d’impuretés dans le siliciure de cuivre (Vigou-roux). ScP. 5 Janv., 19.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15 Déc., 1163.
- Tantale, titane et niobium (Giles). CN.iJunv., 1.
- Thorianite. Composition. Radio-activité de ses composants (Buchner). RSL. 20 l)éc., 385. *
- Vanadium. Sulfates tétravalents (Gain). CR. 24 Déc., 1154.
- Tannerie. Divers. Cs. 15 Déc., 1162.
- — Détanisation des dissolutions dans l’analyse des substances tannante?. (Parker et Bennett). Cs. 31 Déc., 1193.
- — Analyse des matières tannantes. État actuel (Proctor et Bennett). Cs. 31 Déc., 1203.
- Teinture. Fixation de l’oxyde de chrome sur coton et applications (Richard et Santarini). ScM. Oct., 303.
- - — Formation du noir d’aniline sur la préparation au (î naphtol (Schwabbe). SiM. Oct., 304.
- — Préparation stable au f: naphtol pour rouge de paranitaniline sur fibre animale (Schwabbe). ScM. Oct., 303.
- — Divers. Cs. 15-31 Déc., 1143,1213,1215.
- — Transformation et élimination des épaississements fixés sur les fibres de coton (Tagliani). RCp. 1er Janv., 1.
- — Industrie des matières colorantes et de la teinturerie à Bàle en 1905. RMc. 1er Janv., 16.
- Tcrpine. La terpinène (Wallach). Cs. 15 Déc., 1171.
- Terres rares : toxicité. Action sur quelques fermentations (Herbert). ScP. 20 Déc., 1299.
- Titane. Essai de scories titanifères (Lennox). Electrochemical. Déc., 490. Tétrachlorure de : préparation (Vigouroux). ScP., 5 Janv., 19
- Tungstène. Dosage de l’acide tungstique dans les minerais de wolfram (Wath). CN. Tl Janv., 19.
- Verrerie. Utilisation des chaleurs perdues. Bam. Nov., 872.
- — Fabrication du verre à vitres (Walter) Spreeshsaal, 3, 10, il Janv., 3, 20, 35.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Australie. Situation financière. Ef. 29Déc., 948.
- Rien de famille en Allemagne (O. Fischer). Rso. 16 Janv., 109.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. 7— JANVIER J907.
- Brevets. Réforme de la loi anglaise. E. 3 Janv., 18; E'. 11 Janv., 47.
- Chine (Réveil de la). Ef. 12 Janv., 39.
- Coton. Industrie en 1906. It. 15 Déc., 476. Coutellerie française. Son histoire. Ef. 5 Janv., 5.
- Espagne. Régime économique.Ef. 12 Janv., 41. États-Unis. Réforme de la circulation fiduciaire. Ef. 29 Déc. ,944.
- — Hausse des prix, revenus du travail et du capital (id.), 5 Janv., 7.
- — Ingéniorat aux États-Unis en 1906. E1. Il Janv., 29.
- France. Pensions des mineurs et intervention de l’État. E. 21 Déc., 838.
- — Migrations des Français en France. Ef. 29 Déc., 947.
- — Effectif des principales professions en France. Ef. 5 Janv., 7.
- — Recensement de 1906. Ef. 12 Janv., 33, 44.
- — Grèves. Les jaunes et les questions sociales. Rso. 12 Janv., 134.
- Eide. Mahométans de l’Inde (Yusuf Ali). SA. 4. Janv., 155.
- Japm% Industrie à Kobe et Osaka. E. 11 Janv., 65.
- Retraites ouvrières. Initiative patronale. Ef. 29 Déc., 943.
- — et socialisme (de Kerallain). Rso. 16
- Janv., 140.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton (Fatigue du) (Von Ornum). ACE. Déc., 972.
- — armé : Circulaire ministérielle sur son
- emploi. Gc. 5-12 Janv., 160-177. Chauffage. Radiateur à vapeur Kaeferle à réglage électrique. Gc. 29 Déc., 149.
- — — à la vapeur en Angleterre (Gram-
- berg). VDI. 29 Déc., 2089.
- Ciment armé. (Ateliers en) à Toronto. E. 28 Dec., 862.
- — (Planchers en), (économie des). Le Ci-
- ment. Déc., 178.
- — Wharf de Hornchurch. E. 11 Janv., 46. Coton. Prospérité actuelle du Lancashire. E. 11 Janv., 53.
- Digues. Revêtement en ciment armé Murait. Gc. 22 Déc., 121.
- Incendies (Pertes par les) aux États-Unis. E1. 28 Déc., 669. .
- — Sauvetages dans les incendies. E. 4 . Janv., 22.
- Theatre Palace à Londres. E. 29 Déc., 867.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur(L’)(Blanchon). Bam. Dec.,910.
- — au plomb Roselle. Schanschieff Josel,
- Ford, Ilorton, Knight, Schneider, Luckow, Fabre, Jeantaud, Opper-mann, Zingel, EE. 22 Déc., 478.
- — Batteries tampons. Emploi dans les installations triphasées. le. 12 Janv., 14. Bobines des machines électriques, emploi de l’aluminium (Alving). EE. 12 Janv., 66. Courants rigoureusement déphasés de un quart de période par l’emploi de circuits purement inductifs. le. 25 Déc., 566.
- Condensateurs. Épuration des courbes périodiques par les. (Guilbert). EE. 22 Déc., 441.
- — industriels et leurs applications. Êlé.
- 22 Déc., 389.*
- Conducteurs en sodium au lieu de cuivre (Betts). EE. 22 Déc., 470.
- — Échauffement des câbles à plusieurs
- torsades placés dans le sol (Teich-muller). EE. 22 Déc., 471. Conductibilité des mélanges d’acide sulfurique et de sulfates (Hollard). ScP. 20 Déc., 1240.
- — Courants alternatifs. Calcul par les
- puissances réelles compensées (Bou-cherot). le. 10 Janv., 5.
- Décharges électriques dans l’air et leurs applications (Cramp et Seitham). Élé. 22 Déc., 392.
- Distribution. Facteur de puissance, signification pratique (Ganz). Fi. Déc., 429. 429.
- — Emploi des batteries tampons sur un
- réseau triphasé. Re. 30 Déc., 358.
- — en Savoie. Êlé. 51-2 Janv., 1, 17.
- — Usines électriques du canal de dériva-
- tion du Rhin en amont du lac de Constance. Gc. 5 Janv., 162. Transport d’énergie de Moutiers à Lyon. EE. 5-12 Janv., 13,51.
- — Influence d’un courant secondaire sur
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1907.
- 85
- les surtensions et la formation d’étincelles au moment d’une rupture du courant (Benesclike). EE. 22 Jam;., 61. Dynamos à grandes vitesses (S. P. Thompson). EE. 22-29 Dec., 464, 496. /
- — Coefficients d’établissement des (Ho-bart et Ellis). EE. 22-29 Déc., 467, 498.
- — à courants constants (Rosenberg). EE.
- Déc., 469.
- — (Essais des). Elé. 5 Janv., 8.
- -- Rotors à collecteurs (Propriétés des) (Latour) EE. 5-12 Janv., 1, 41.
- , — Chute de tension dans les alternateurs triphasés (Hobart et Punga). EE. 12 Janv., 59.
- — Réaction d’induit dans les générateurs monophasés (Sumei). EE. 12 Janv., 62.
- — Alternateur compound auto-excitateur Lahmeger. E. 21 Déc., 845.
- Moteurs monophasés compensés sans balais d’excitation (Lehmann). EE. 22-29 Déc., 451, 481.
- Éclairage.
- Incandescence. Températures et radiation sélective des lampes à incandescence (Waidner et Burgess). EE. 5-12 Janv., 38,70.
- — Lampes nouvelles. EL 21 Déc., 633. (Larnaude). Ic. Nov., 679; EE. 12 Janv., 72.
- — Lampes à mercure (Photométrie des). Elé. 29 Déc., 405.
- Électro-chimie. Divers. Cs. 15 Déc., 1155..
- — du sodium (Carrier). Electrochemical.
- Déc., 475.
- — Progrès des industries électrochimi-
- ques. le. 25 Déc., 567.
- Isolateur Semenza. Elé. 12 Janv., 17. Magnétisme. Variations du ferro-magnétisme avec la température (Weiss). CR. 24 Déc., 1136.
- — Propriétés magnétiques du fer au delà
- de la température de transformation (Weiss). CR. 7 Janv., 25.
- Mesures. Galvanomètre à bobine mobile (Le) (Jaeger). EE. 22-29 Déc., 480, 506. Parafoudre et interrupteui’s à vapeur de mercure (Hewitt). Elé. 22 Déc., 385.
- Piles Decker. Re. 30 Déc., 353.
- — Buhot, au chloreliquéfié. Re. 30 Déc., 355. Station centrale de Nice. le. 10 Janv., 7.
- Télégraphie sans fils. Production et emploi d’oscillations de haute fréquence non .amortie pour la télégraphie sans fils (Hanneman). EE. 22 Déc., 474.
- — SystèmesdelaTelefunken.E. 21-28 Déc., 827, 853.
- — Cohéreur àcarburendum Pickard. EE. 29 Déc., 502.
- — La conférence radiotélégraphique. E.
- 21 Déc., 839.
- — Déphasage produit par la réflexion des ondes électriques sur les grilles de Hertz (Schaeffer et Longwitz). EE. 29 Dec., 500.
- — Télégraphe écrivant rapide Pollak et Virag. EE. 29 Déc., 486; Sie. Déc., 465.
- — (Mesure des) constantes des lignes télé-
- graphiques (Gati). EE, 29 Déc., 503. Téléphonie sans fil. Expériences (Ruhmer). EE. 22 Déc., 474. (La) (Collins). EE.
- 22 Déc., 476.
- Téléphotographe Kohn. La Nature. 5 Janv., 92.
- HYDRAULIQUE
- Filtres à sable bon marché (Miquel et Mou-chet). Revue scientifique, 12 Janv., 33. Pompes. Emulseurs (Les) (Darapsky et Schubert). VDI. 22 Déc., 2062.
- — Davey. Arsenal de Portsmouth. Ri. 12 Janv., 13.
- — de haute pression Decauville. Ri. 20
- 20 Déc., 514.
- Sources. Captage des sources de faible débit. Gc. 12 Janv., 181.
- Turbines du Niagara. EL 3 Janv., 8.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux et rivières (Commission royale des). E. 29 Déc., 875.
- — Ascenseurs pour canaux (OElhafen et
- Lohle. Dp. Janv., 3.
- Constructions navales en 1906. E. 4 Janv., 28. Hélices (Théorie des) Lorenz. VDI. 5 Janv., 19. Marine de guerre américaine. EL 21 Déc.,632.
- — anglaise en 1906. E. 29 Déc., 873. Qua-
- lités tactiques du Dreadnought. E. 11 Janv.', 51, 59.
- — russe. EL 12 Janv., 40.
- — italienne. Torpilleur Thornycroft. E.
- H Janv.,-42.
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- 86
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — JANVIER 1907,
- Marine de guerre. Sous-marins (Situation des). E. 28 Déc., 871.
- — — et submersibles français. E'. 21
- Déc., 025.
- — Porte-torpilles sous-marin (Lalande). liam. Nov., 812.
- Paquebots. Malle royal % Araguaya. E1. 21 Déc,, 623.
- — Grand Cunard Maurelania. Gc.29 Déc,,
- 137.
- Port de Bristol (Nouveau). E'. 4 Janv., 1.
- — de Bruxelles. Nouvelles installations.
- Gc. 12 Janv., 169.
- Yacht à turbines Mahroussa. E. 3 Janv., 25.
- — Nouvelle aire dans la construction des yachts. E. 3 Janv., 17.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Ballons dirigeables : historique (Girard et De Ilouville). Gm. Déc., 555.
- — Utilité d’une masse gazeuse compensa-
- trice dans un aéroplane (Cherville) Va. 12 Janv., 26.
- Boulon flexible. AMa. 12 Janv., 68.
- Calcul (Cercle à) Halden. Gc. 12 Janv., 182. Chaîne Galle (Emploi de la) (Henry). Ic. Nov., 691.
- Chaudières à tubes d’eau Galloway. E1. 11 Janv., 46.
- — des stations centrales de Londres. VDI.
- 12 Janv., 54.
- — mixte Meurisse. fLV. Déc., 583.
- — Analyse continue des gaz du foyer.
- Cambridge Instrument C°. Cs. 31 Déc., 1210.
- — Épuration électrique des eaux de con-
- densation. Elé. 12 Janv., 22.
- -- Explosion d’un accumulateur thermique. E. 29 Déç., 878.
- -- Grille fumivore Merle. Bam. Nov., 863.
- — Réchauffeurs d’alimenlation (Rende-
- ment des) (Dales). E. 4 Janv.., 10.
- — Séparateur d’huile Paterson. E. 21 Déc.,
- 834.
- — Tubes de foyers. Résistance à l’écrase-
- ment. E. Janv., 19.
- — Valve pour haute pression (Baldwin).
- E. 11 Janv., 46.
- Cinématique. Appareil d’études de Newmann. E. 28 Déc., 859. '
- Engrenages à chevrons (Citroen). Rt. 22 Déc., 508.
- — Trains épicycloïdauy (Ràvigneux). Technique automobile. Déc., 172. Embrayages Lindsay. Ronvald et Lecoche. RM. Déc., 588.
- Essoreuses (Théorie des) (Illeck). ZOI. 28 Déc., 729.
- Frottement (Extinction du) (Lecornu). CR. 24 Déc., 1132.
- Graisseurs pour machines marines Eysseric. Bam. Dêc.} 949.
- Indicateur depressiçn. (Schaeffer Bondenberg). RM. Déc,, 597.
- Indicateurs de yitesse. Soar Bifluid Judd et Frase. RM. 590-597.
- Joints universels Warren. Charron-Girardot. Rice. RM. Déc., 598.
- Levage. Ascenseurs électriques pour voyageurs du Baker St. and Waterloo Ry. Gc. 22 Déc., 127.
- — Basçuleurs pour charbons Armstrong-
- Whitworth. E'. 4 Janv., 21.
- — Grues électriques. (Critique des) (Jordan). VDI. 22-29 Déc., 2056, 2097.
- — — de 150 tonnes Becham et Keitman.
- Gc. 5 Janv., 153.
- — Parachute de tire-sacs Gilles. Bam.
- Nov., 254.
- — Transporteur électrique Siemens. Gc. 29 Déc., 142.
- Machines-outils. Ateliers de la Western Electric C°, Chicago. E'. 29 Déc., 645.
- — de locomotives Beyer Peacock. E. 4
- Janv., 2.
- — Organisation (Jacobs). EM). Janv., 523._ — Comptabilité Taylor. AMa.29 Déc., 761.
- — Exploitation économique (Carpenter).
- EM. Janv., 481.
- — Emploi de l’électricité. Atelier de
- cycles à Birmingham. E'. 12 Janv., 32.
- — Choix de la puissance motrice (Mathot).
- EM. Janv., 493.
- — Avenir des machines-outils. E'. 28 Déc.,
- 657.
- — Anciennes machines-outils. E'. 4 Janv.,
- 3.
- — Clef Hunier. AMa. 12 Janv., 68.
- — Courbe-tubes Neuert. AMa. Déc., 759.
- — — Stoever. Ri. 5 Janv., 1.
- — Chaînes à mailles détachables. Fabrica-
- cation. AMa. 12 Janv., 825.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1907.
- 87
- Machines-outils. Engrenages (Machines à tailleries). Parkinson, Ri. 22 Déc., 501.
- — Étau parallèle américain. Gc. 29 Dec.,
- 148.
- — Fraisage des arcs de roulement pour
- canons aux ateliers Detrick-IIarvey. AMa. 22 Déc., 731.
- — Fraiseuse-aléseuse. E. 11 Janv., 41.
- — Meules à rectifier les cuvettes de roulement. Pratt. Whitney. Ri. 12 Janv., 14.
- — Affûteuse pour lames Ransome. E. 28
- Dec., 806.
- — Outils Taylor’White. E'. 12 Janv. 39 ; E.
- 11 Janv., 04; RdM. Janv., 39.
- — Perceuse Newton. Ri. 29 Déc., 013.
- — — Morris. AMa. 29 Déc., 967.
- — Tour à bandages rapide Niles. E1. 28
- Déc., 661.
- — — à plateau Butler. E1. 12 Janv., 40. Machines à vapeur. Moteurs à vapeur à
- gaz et à pétrole (Mathot). RM. Déc., 013.
- — demi-fixes Esterer. E1. Janv., 9.
- — Turbines.Diagramme de calcul Saukey. E. il Janv., 07.
- — — Parsons, de Laval. Belliss et Mor-
- com Brown. Dake. Goldsborough. Junggren. de la General Electric C°. de l’A. E. G. Lentz. London. Odie. Westinghouse. Schultz. Sulzer. Schwabe. Zoelly. RM. Déc., 040-083.
- — La vapeur à hautes pressions et températures élevées. E. 4-11 Janv., 1, 40. — Distributions. Fuites aux tiroirs (Stanford). Fi. Déc., 467.
- — Moteurs auxiliaires, EM. Janv., 001.
- — Régulateur volant Strnad. VDI. 2-12
- Janv., 23-63.
- Moteurs à gaz (les) et les gazogènes (Bo-chet). Sue. Déc., 449.
- — Ruston Proctor de 100 ch. avec gazo-
- gène. E. 21 Déc., 830.
- — Premier de 1 200 chevaux. E. 11 Juin, 47.
- — à l’Exposition de Nuremberg. Dp. 22-
- 29 Déc., 801, 818.
- — Essais. Règles allemandes. E. 28 Déc.,
- 860.
- — Allumage. Bougie Streuber. Va. SJanv.,
- 10. MagnétoNilmeüor. Va. 12/am;.,20.
- — Gaz des hauts fourneaux. Epuration.
- RdM, Janv., 17.
- Moteurs à gaz. Gazogènes. Essais de Derby. E. 21 Déc.,843. E1. 21-28 Déc., 639, 609.
- — Calcul des bielles (Guéret). Technique
- automobile, Déc., 182.
- — (Emploi des moteurs à) pour tramways
- électriques (Urban). Elé. 22 Déc., 386.
- — Piston embouti Dyle Bacalan. Va. 29
- Déc., 836.
- — à pétrole Primat. Alterno-rotatif. Va.
- 0 Janv., 2.
- — — Gottereau (id)., 4.
- — — Carburateur Peugeot. Va. 29 Déc.,
- 837.
- Palier Le Brun. RM. Déc., 599.
- Poulie de Herstal. RM. Déc., 599.
- Ventilateurs Sturtevent. Davidson Armengaud et Lemale. General Electric. RM. Déc., 602-606.
- Vis sans fin. Transmissions Baker Garced. RM. Déc., 601.
- Résistance des matériaux. Influence de la température sur la résistance des métaux. RdM. Janv., 6.
- — Bois. Influence de l’humidité et de la moisissure. Cs. 15 Déc., 1148.
- — Résistance des métaux aux déforma-
- tions rapides (Vieille et Liouville). CR. 31 Déc., 1218.
- — Bois durs d’Australie. E. 11 Janv., 35. Ressorts à boudin. Essais. AMa. 5 Janv., 808.
- — Formules. AMa. 12 Janv., 847.
- — (Vibrations des). RM. Déc., 099. Rivetage. Emploi des aciers spéciaux (Charpy).
- CR. 24 Déc., 1106.
- Roulements sur billes (Rogers). EM. Janv., 599. Textiles. Accidents dans les filatures : dispositifs de protection. E. 4 Janv., 7. Machines nouvelles. VDI. 22 Déc., 2068. Cardage des déchets de laine. It. 10 Déc. 406. 15 Janv., 30. Casse-chaîne. Le prix pour métier à tisser (Id.), 468. Peigne Soret. It. 15 Janv., 11. Chargeurs automatiques pour matières textiles. U. 10 Janv., 27.
- — Lin (Innovations dans la filature du).
- It. 10 Janv., 20.
- — Mécanique Jacquart à pas ouvert et
- toutes réductions. It. 10 Janv., 19.
- — Tissage des toiles de lin et de jute. It.
- 10 Déc., 458; 10 Janv., 24.
- Tuyauterie. Joint Newark. Eam. 15 Déc., 1131.
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-
-
- 88
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.— JANVIER 1907.
- Tubes. Résistance à l’écrasement (Carmann et Cari’). AMa. 29 Déc., 367.
- MÉTALLURGIE
- Coke. Fours Bauer. SuE. 15 Déc., 1499.
- Cuivre et manganèse. Alliages de (Wologdine). IldM. Janv., 25.
- Fer et acier. Aciers chromo-tungstène (Guillet). RdM. Janv., 5.
- — Production et rendement des aciéries.
- E'. 28 Déc.,'658i
- — Influence du nickel et du carbone (Wa-
- terhouse). Electrochcmical. Déc., 482.
- — Forges de la Colorado fuel and iron C°.
- Eam. 29 Déc., 1201.
- — Bessemer (Thermochimie du) (Richards)
- ElectroChemical. Déc., 486.
- — Cémentation pour gaz et vapeurs car-
- burantes. RdM. Janv., 8.
- — Cuivre dans le fer. SuE. 15 Déc., 1493,
- — Fonderie (Importance de la chimie en).
- RdM. Janv., 37.
- — — Comptabilité simple (lledding)
- RdM. Janv., 579.
- — Fours à réverbère avec régénérateur s
- (Geilenkirchen). SuE. lei‘-9 Janv., 19, 64.
- — Enfourneuses diverses. VDI. 12 Janv.
- 47.
- — Hauts fourneaux. Chargeur Baker et
- Neumann. Gc. 29 Déc., 147.
- — Laminoirs. Commande électrique. RdM, Janv., 33. Calibration des profils (Bartholme). SuE. 9 Janv., 58.
- — Sidérurgie italienne. SuE. 1er Janv., 13.
- — Tréfilage. Effets du décapage à l’acide
- et leur atténuation par recuit (Baker et Lang). Cs. 31 Déc. 1179. Électro-sidérurgie. État actuel (Guillet). Gc, 29 Déc., 140; 5-13 Janv.,T56, 174.
- — Fabrication des alliages ferro-métal-
- liques au four électrique (Girod), le. A or., 720.
- — Progrès dè 1’ (Eichoff). SuE. 7 Janv., 41.
- Or. Nouvelles méthodes au Rand. Cyanuration à circulation continue (Denny).
- - Eam., .29 Déc., 1217. .
- MINES‘
- Allemagne. Industrie minérale en 1905. AM. Sept., 402. .
- Accidents. Sauvetage minier (Barré). Ru. Nov., 113. Aux États-Unis de 1891 à 1905.
- .......Eam'. 22 Déc., il74.
- Argent. Mines de Planchas de plata, Mexique.
- Eam. 15 Déc., 1111.* Réouverture du Comstoek. Eam. 22-29 Déc., 1155, 1209.
- Cobalt dans l’Ontario. Eam. 22 Déc., 1181.
- Coke. Fabrication en Angleterre. Ru. Déc., 204.
- Cuivre. District de Greemvater, Californie. Eam.. 15 Déc., 1105. Mine de Sçhuyler : historique. Eam. 15 Déc., 1116. Mine Esperanza, Espagne. Eam. 22 Déc., 1165.
- Extraction. Résistance et élasticité des câbles (Denoel). Ru. Nov., 178. Machines à vapeur et électriques à Wallichs. VDI. 5 Janv., 1. Dépense des machines d’extraction (M. Culloch).£3. M Janv., 45.
- Filons métallifères, prospection électrique Daft et Williams. Ëlé. 29 Déc., 402.
- Fonçage en terrains aquifères (Heriot). Eam. 15-22-29 Déc., 1107, 1158, 1205.
- Houille à Holden West, Virginia. Eam. 15, 22 Déc., 1120. 1170. Équipement et méthodes de l’Illinois Coal C°. Eam. 29 Déc., 1212.
- Industries minérales. Statistique en 1906. Eam. 5 Janv., 1-70.
- Pétroles de la Trinidad. Cs. 15 Déc., 1140.
- Préparation mécanique: Procédé de flottage. Eam. 15 Déc., 1113. Préparation mécanique et utilisation des minerais complexes de plomb et de zinc (Bordeaux). Ru. Nov., 128.
- Le Gérant : Gustave Richard
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-
- 106* ANNÉE.
- FÉVRIER 1907.
- BULLETIN
- DE
- SOCIETE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- SÉANCE GÉNÉRALE DU 25 JANVIER 1907
- PRÉSIDENCE DE M. GRUNER
- PRESIDENT
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Gruner, 'président de la Société. A ses côtés siègent MM. Bardy, Bérard, Bertin et Pector, vice-présidents, et M. Hitier, secrétaire de la Société.
- M. le président ouvre la séance par le discours suivant:
- Messieurs,
- i
- La Société d’Encouragement a été cruellement éprouvée depuis notre dernière Assemblée générale.
- Celui qui, l’an dernier, présidait notre Assemblée générale n’est plus. M. Huet a succombé brusquement alors que sa verte vieillesse, son ardeur juvénile nous faisaient espérer que nous pourrions longtemps encore le voir consacrer à notre Société ses hautes capacités administratives et cet esprit si lucide et si pénétrant.
- Il nous parlait ici même, à propos de son collègue et ami, l’Inspecteur général Schlemmer, de ses premiers travaux d’ingénieur des Ponts et Chaussées, alors qu’il était chargé d’une des sections du chemin de fer qui,.
- Tome 109. — Février 1907. 7
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- .DISCOURS DU PRÉSIDENT. ---- FÉVRIER 1907.
- remontant les gorges étroites du Rhône, devait relier la Suisse à la France, Genève et Lyon.
- Peu d’années après, le jeune ingénieur qui avait brillamment triomphé des difficultés de cette tâche si lourde pour un débutant, fut appelé à Paris, au service des travaux de la Ville, pour y continuer et y poursuivre toute sa carrière. Le nom de Huet est intimement lié à celui d’Alphand et un même monument perpétue le souvenir de l’un et de l’autre à l’entrée de la plus belle avenue dont ils ont eu l’insigne honneur de doter Paris.
- Membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts depuis sa constitution, M. Huet, longtemps retenu par les obligations d’un service qui ne lui laissait guère de liberté, fut, dès qu’il en trouva le loisir, l’un des membres les plus assidus de nos séances et prit une part active à l’étude des questions qui étaient renvoyées devant le Comité où il siégeait.
- Qu’il s’agît de photographie, d’éclairage ou de chauffage, il étudiait avec la même attention les affaires qui lui étaient renvoyées, et chacun de ses rapports était remarquable par la précision et la justesse des observations et des critiques.
- Le fonctionnement de nos services attirèrent son attention; comme membre de la Commission de la Bibliothèque, puis comme président, M. Huet s’est attaché à réaliser un classement méthodique de nos Archives et de nos richesses bibliographiques. Nous tous qui avons eu l’honneur d’être ses collaborateurs nous ne perdrons pas le souvenir de ce collègue toujours si bienveillant et si dévoué à notre Société.
- Depuis quelques années, notre collègue M. Bienaymé avait dû résigner les fonctions d’inspecteur général du génie maritime pour lesquelles l’avaient désigné ses services éminents comme constructeur de navires. Avec lui a disparu le dernier représentant de cette brillante école d’ingénieurs qui longtemps ont mis la France au premier rang pour la construction des navires en bois. Il avait créé, sous le contrôle de Dupuy de Lomé les deux types de corvettes en bois, Vlnfemeleï le Rigault-de-Genouilly. Ce fut lui qui donna les plans des croiseurs du type Lapérouse et des frégates du type Aréthuse qui longtemps ont fait le service des stations lointaines.
- L’esprit souple et chercheur de Bienaymé ne s’immobilisait pas au perfectionnement des navires en bois ; il suivait avec ardeur toutes les recherches relatives à l’emploi du métal dans les coques, à l’augmentation de puissance des machines motrices, au cuirassement des navires de
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-
- DISCOURS DU PRÉSIDENT. ----- FÉVRIER 1907. 91
- combat; aussi put-il diriger avec une autorité bien personnelle l’école du Génie maritime. C’est pendant cette période que notre Société eut l’avantage de lui voir prendre une part active à ses travaux.
- il/. Le Roux avait, lui aussi, été contraint par sa santé de délaisser depuis plusieurs années la Section des Arts économiques pour laquelle l’avaient désigné, il y a déjà longtemps, ses nombreuses recherches sur l’électricité, le magnétisme et l’optique.
- Très jeune encore, il y a près de cinquante ans, il fît devant notre Société deux leçons sur la transformation de la puissance mécanique en puissance électrique qui firent époque. Depuis lors il ne cessa de travailler et de produire des mémoires originaux dans les domaines les plus divers de la physique.
- C’est en pleine force, en pleine maturité de talent, qu’a été enlevé M. Prunier, membre de l’Académie de médecine, directeur de la Pharmacie centrale des hôpitaux civils. Sa préoccupation constante dans ses cours, comme dans ses ouvrages, était de provoquer des réflexions, d’inciter à des expériences nouvelles. Esprit judicieux, animé d’un désir presque excessif de précision, Prunier apportait à votre Comité de Chimie, une collaboration hautement appréciée.
- A côté de ces collègues émiments qui prenaient une part plus directe à la vie de notre Société, par leur collaboration aux travaux de tel ou tel de nos comités, notre Société a perdu encore plusieurs de ses membres les plus éminents.
- Charles Pinat venait à peine de dépasser la cinquantaine. Sorti jeune du Corps des Ponts et Chaussées pour prendre la 'gérance des usines d’Allevard dans l’Isère, Pinat suivait avec une attention toute spéciale les progrès de l’électricité, il applaudissait aux succès des recherches relatives aux transports de force, songeant sans cesse au parti qu’on pourrait un jour tirer des forces hydrauliques, pour revivifier ces vallées déshéritées des Alpes.
- Homme d’action, il s’attacha à réaliser cette utilisation des chutes d’eau, et non content d’avoir travaillé à la création de plusieurs usines hydroélectriques, il eut la noble ambition de provoquer en France un vaste mouvement d’opinion pour l’utilisation de la houille blanche.
- Le succès du congrès de la houille blanche, organisé en 1902 à Gre-
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT.
- FÉVRIER 1907. '
- noble par ses soins, fut la juste récompense de ses efforts. Mais il avait dépassé ses forces, et le Dauphiné a perdu en Pinat l’un de ses enfants qui ont le plus fait pour lui depuis de longues années.
- Un des mérites de notre Société, c’est de grouper, dans un commun désir de travailler au développement de l’Industrie nationale, des hommes d’origine et de carrières les plus diverses.
- Créateur à Marseille delà première fabrique d’huile extraite des graines de coton qu’il faisait venir d’Égypte, inventeur des procédés d’épuration qui ont permis d’en faire de bonnes huiles comestibles, M. Davier a eu la satisfaction de voir les procédés de son invention adoptés sur la plus vaste échelle aux États-Unis.
- Administrateur des plus grands établissements industriels et financiers de Marseille, collaborateur de la première heure de Ferdinand de Lesseps et l’un des membres les plus écoutés du Comité de direction du canal de Suez, notre collègue a contribué puissamment à l’essor et à la prospérité de notre grand port méditerranéen.
- A côté de cet Administrateur éminent, prenait place dans nos rangs M. Verdol qui débuta à Lyon comme simple ouvrier et dont les belles inventions mécaniques ont fait la réputation et la fortune. Par les perfectionnements incessants apportés aux métiers Jacquard, M. Yerdol n’a pas -seulement permis certaines économies de fabrication, mais il a surtout simplifié, de la façon la plus remarquable, les combinaisons laborieuses que provoquaient les tissus façonnés, et augmenté beaucoup les ressources qu’offraient les appareils et les procédés antérieurs. La croix de la Légion d’honneur avait justement récompensé ce travailleur modeste.
- Une fois de plus, Yerdol a montré que, dans notre pays, aucune barrière n’arrête l’ouvrier qui unit l’intelligence à la persévérance et qu’inspire un sentiment élevé du devoir.
- En Normandie, à Condé-sur-Noireau, nous avons eu le regret de voir disparaître, jeune encore, un chef d'industrie, M. Bazin, qui s’était attaché pendant de longues années à créer et à perfectionner une broche spéciale pour métier continu à filer destiné à produire des filés à très faible torsion. Une médaille d’or en 1900 avait récompensé ce chercheur dont on pouvait espérer de nouvelles et utiles découvertes.
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- Louis Coiffu appartenait à une des familles du Châtillonnais qui, de père en fils, ont travaillé, dans des rangs divers, à la Compagnie de Châ-tillon et Commentry qui est pour eux comme la famille agrandie. Sorti de l’École des Arts et Métiers, Coiffu, après une période de service dans la marine nationale, rentra au bercail et parvenait, après quelques années d’intelligente et active collaboration dans les services multiples de la grande forge de Saint-Jacques, au poste important de chef des services de la fabrication des blindages. Une maladie contractée aux colonies l’emportait en pleine activité, alors qu’on pouvait espérer beaucoup de ce jeune ingénieur mécanicien.
- MM. Darcel et Durand-Claye appartenaient tous deux au Corps des Ponts et Chaussées.
- Le premier fut un remarquable exemple de la souplesse avec laquelle un ingénieur, façonné par l’esprit polytechnique, peut être, tour à tour, ingénieur hydraulicien des plus appréciés, artiste paysagiste hors ligne ainsi que le témoignent le bois de Boulogne, le bois de Yincennes, le parc Monceau, les jardins de l’Exposition de 1867 et du Trocadéro, puis constructeur de chemins de fer, et ingénieur-gazier.
- Quant à Durand-Claye, il sut également, en passant des chantiers de la ligne de Madrid à Bayonne à la chaire de l’école des Ponts et Chaussées, enseigner avec éclat ce qu’il avait pratiqué avec compétence, au milieu de difficultés multiples en pays étranger.
- Nous ne saurions oublier l’un des doyens de la Société, M. l’inspecteur général des Mines Moissenet, dont le souvenir est resté gravé dans le cœur de tous ses anciens élèves, dont je suis. Chimiste habile, minéralogiste des plus compétents, M. Moissenet avait étudié avec une remarquable perspicacité la répartition des richesses minérales dans les filons du Cornwall, et il savait, avec une verve intarissable, faire vivre devant ses élèves ses conceptions théoriques quelquefois peut-être un peu hardies. Patriote ardent, il s’était dépensé sans compter pendant le siège pour protéger du bombardement nos quartiers de la rive gauche.
- L’année 1907 est à peine commencée, et déjà deux nouveaux deuils ont frappé notre Conseil.
- M. Christofle, l’éminent orfèvre manufacturier qui fut pendant près de
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- quarante ans membre de notre Comité de Commerce, a été enlevé dans les premiers jours du mois à l'affection de tous les siens, parents et ouvriers, après une longue carrière qu’il avait su consacrer aux intérêts du pays, en bien des occasions et sous bien des formes, comme juge au tribunal de Commerce, comme conseiller municipal de Paris, comme membre influent de commissions et conseils de toute nature.
- Et hier encore, nous conduisions à sa dernière demeure notre dévoué trésorier M. Goupil de Prèfeln qui pendant plus de quarante ans a géré avec une compétence remarquable et un dévouement sans égal les finances de notre Société.
- Il y a vingt-cinq ans, à l’Assemblée générale de 1882, M. Dumas s’exprimait en cés termes : « Depuis un demi-siècle deux trésoriers appartenant à la même famille ont consacré leur temps à la Société, ont placé et manié ses fonds de telle sorte que l’on n’a eu qu’à se louer des opérations financières qu’ils ont faites pour elle, » et proposait à la Société d’offrir à M. de Préfeln un objet d’art comme témoignage de la vive reconnaissance de la Société.
- Quinze ans plus tard, en 1897, votre Conseil avait tenu à offrir à M. de Préfeln un nouveau témoignage de sa gratitude.
- Avec un infatigable dévouement, M. de Préfeln a continué à remplir avec le même zèle ses délicates fonctions jusqu’à son dernier jour.
- Est-il beaucoup de sociétés qui puissent comme la nôtre remercier deux membres d’une même famille d’avoir pendant quatre-vingts ans consacré beaucoup de leur temps et de leurs forces à gérer leur fortune avec le plus absolu désintéressement?
- Le nom de M. Goupil de Préfeln vivra dans le souvenir de notre Société.
- Tant de pertes, et nous en omettons, ont éclairci les rangs de notre Société, qui, pour poursuivre l’œuvre si étendue que lui ont assignée ses fondateurs, a besoin de sans cesse se recruter parmi les industriels, comme parmi les savants, parmi les artistes, comme parmi les économistes.
- C’est dans le groupement de ces recrues si diverses que la Société d’Encouragement a trouvé sa force dans le passé, et doit continuer à la chercher dans l’avenir.
- Constitués par tous les éléments qui font la grandeur de l’Industrie
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. -— FÉVRIER 1907. 95
- Française, nos comités s’efforcent de rechercher sans cesse, sans parti pris, ni exclusivisme, les meilleurs moyens à employer pour travailler, dans la mesure des ressources mises à leur disposition, au développement de notre puissance industrielle.
- Longtemps, la Société s’est attachée surtout à récompenser par des médailles, des œuvres qui lui étaient signalées ou à instituer des concours sur des sujets d’un intérêt spécial.
- Il lui a paru, dans ces derniers temps, que ses ressources pourraient être plus utilement affectées à encourager des recherches sur des questions encore insuffisamment élucidées.
- M. Le Chatelier passait, il y a deux ans, en revue devant vous les recherches de science industrielle, poursuivies ainsi sous les auspices de la Société depuis quinze ans.
- Ce n’est point sans une juste satisfaction que nous relevons, dans cette liste des savants dont la Société a favorisé les travaux, les noms de l’illustre et regretté Pierre Curie pour ses études sur le radium, et de Mme Curie pour ses études sur l’aimantation des aciers ; de M. Frémont dont l’Académie des Sciences récompensait cette année les travaux exécutés sous le patronage de la Société; de MM. Guillet et Charpy dont les recherches ont fait faire de grands pas à la fabrication des aciers spéciaux et ont été aussi en leur temps récompensés par l’Institut.
- Les expériences si curieuses dont M. Villard vous exposait il y a quelques semaines, ici même, les résultats, ont été .et sont encore poursuivies avec le concours de notre Société.
- Les travaux de M. Mailler qui ont conduit à l’invention de la bombe, universellement employée pour la mesure des pouvoirs calorifiques, ont été exécutés grâce à l’aide que vous avez, à l’époque, accordée à ce jeune ingénieur.
- Voilà quelques-uns des résultats obtenus dans le passé; et, si nous nous en tenons au présent, nous voyons que, pour les quatre années 1904 à 1907, notre Société a pu consacrer plus de 50 000 francs à subventionner des recherches, des missions ou des expériences.
- La chimie industrielle, l’agriculture, les questions économiques sont simultanément l’objet des préoccupations de votre Conseil, qui n’oublie pas que la prospérité de notre pays dépend à la fois d’une mise en valeur plus rationnelle du sol, d’améliorations des conditions de la culture, de l’atténuation des différends économiques et sociaux et d’une meilleure
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- mise en valeur des richesses qui peuvent exister en puissance dans nos colonies.
- Tous les encouragements accordés seront-ils également et aussi rapidement suivis de résultats indiscutables ? Nous n’avons certes pas la prétention d’être infaillibles ; mais nous pouvons au moins affirmer que c’est sans parti pris d’aucune nature que la Société accueille tous les chercheurs, pour répartir, au mieux entre les plus dignes, les revenus que la générosité de bienfaiteurs anciens ont mis à sa disposition.
- Et si votre Conseil a un regret, c’est de ne pas voir assez souvent lui arriver dé nouvelles ressources, assuré qu’il est que nos divers Comités sauront toujours en faire un emploi rationnel et fructueux.
- « Le caractère distinctif et dominant de la Société d’Encouragement, disait, en 1879, notre illustre président, M. Dumas, est de représenter l’union intime de la doctrine et de la pratique, de la théorie et de ses applications. Dès son origine elle a voulu éclairer les procédés traditionnels des ateliers par les lumières de la science pure et fournir à la Science les résultats constatés par la pratique industrielle ou agricole...
- « Notre Société, ajoutait-il, n’a point à regretter d’avoir pris ce parti et d’y avoir persévéré; c’est ainsi qu’elle a grandi aux yeux de l’opinion publique et que sa voix a pu se faire entendre avec autorité. »
- Cette union intime de la théorie et des applications, que seule représenta longtemps notre Société, est le propre de beaucoup de ces Sociétés qui se sont créées depuis quelque cinquante ans pour grouper les chercheurs de telle ou telle spécialité. Mais, à une époque où la nécessité de connaissances toujours plus variées s’impose à tous ceux qui s’occupent d’industrie, le rôle de notre Société n’en est-il pas rendu plus utile encore? Son recrutement ne devrait-il pas être plus étendu et plus rapide que jamais ?
- Peut-être beaucoup d’entre nous ont-ils trop facilement, admis que notre Société ne répondait plus aux conditions générales de la vie industrielle : sachons saisir au passage, pour les mettre en lumière, toutes les manifestations nouvelles de la Science dans le domaine industriel ; sachons .aussi mettre en lumière les conséquences économiques, heureuses ou menaçantes, des transformations sociales réalisées ou entrevues ; et notre Société reprendra son influence des premiers jours.
- Mais, je m’oublie, et vous seriez en droit de me rappeler que nous
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. --- FÉVRIER 1907. 97*
- sommes ici ce soir pour fêter nos lauréats et entendre nos collègues dire les mérites des œuvres et des personnes que notre Société est heureuse de récompenser.
- A six années d’intervalle, chacun de nos Comités est appelé à décerner sa grande médaille. Cette année c’est le Comité, des Arts économiques qui a été appelé à décerner la médaille à l’effigie d’Ampère.
- Après sir Charles Wheastone, Gramme, lord Kelvin et le regretté M. Potier, si prématurément enlevé à la science, c’est à M. d’Arsonval, membre de l’Institut, que votre Comité a décerné la grande médaille Ampère. * .
- M. le général Sebert nous dira, dans quelques instants, les travaux*, variés et remarquables de notre lauréat ; qu’il me soit permis tout au moins de saluer en lui le nouveau commandeur de la Légion d’honneur, en attendant que nous applaudissions les mérites du savant professeur.
- Nos divers rapporteurs vous caractériseront en quelques mots, malheureusement trop rapides, les inventions mécaniques, les études agricoles ou coloniales, les œuvres sociales ou économiques qui ont retenu, entre beaucoup d’autres, l’attention de nos Comités. Ils ne pourront que dire l’idée fondamentale de l’invention, l’avantage essentiel du procédé, la valeur caractéristique de la publication, le service essentiel rendu. Nos Bulletins ont publié les rapports qui donnent des mérites de chacun de nos lauréats une complète appréciation.
- Mais l’industrie ne vit pas seulement par la matière qu’elle transforme et que des savants et des chercheurs modèlent pour répondre aux exigences sans cesse plus variées de notre vie sociale ; elle prospère surtout par les hommes qui collaborent à cette mise en œuvre.
- Notre Société tient à honneur de se souvenir à chacune de ses séances solennelles, qu’à côté des savants et des ingénieurs qui sans cesse étendent le domaine des connaissances humaines et en perfectionnent les appplica-tions, le pays doit beaucoup à ces modestes collaborateurs qui, pendant toute une longue suite d’années, avec une inlassable fidélité, ont apporté leur concours à la même œuvre dans le même établissement.
- Les quelques élus que nous allons applaudir sont; nous ne l’oublions pas, les représentants de toute une phalange de vétérans que nous voudrions tous pouvoir remercier de leur fidélité au drapeau industriel. Nous nous reprocherions de les séparer, ces braves et modestes collaborateurs,
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- de leurs patrons, de ces grandes Sociétés où, quoi qu’en disent certains détracteurs qui n’ont guère pénétré dans la vie industrielle, les anciens ouvriers sont estimés et aimés.
- Parmi ceux-dont nous proclamerons les noms tout à l’heure, il m’est doux d’en saluer un qui appartient à une vieille Société anonyme où j’ai débuté, il y a longtemps déjà, comme ingénieur, puis comme directeur. J’ai appris là ce qu’est l’attachement du bon ouvrier à son patron, qu’il s’appelle d’un nom propre ou que les circonstances aient modifié la formule, et ce qu’est l’intérêt qu’un directeur, digne de ce nom, porte à ses vieux ouvriers. Ces relations familiales, je les ai trouvées; j’ai été heureux de travailler à les maintenir; et, à vingt ans de distance, j’ai encore maintenant la douce satisfaction de constater à maintes reprises que je ne m’attachais pas à des ingrats.
- C’est par l’union intime de la Science, et d’une pratique rationnelle de ses enseignements, par la collaboration fraternelle de tous, savants, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers, que progresse et prospère l’Industrie nationale. Vous tenez chaque année à en donner la preuve éclatante en partageant vos lauriers entre de modestes travailleurs, un directeur qui a su conquérir ses galons par son seul mérite, des ingénieurs, des économistes, d’éminents conférenciers et des savants illustres.
- Ce sont eux que nous allons couronner et que vous allez applaudir.
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- PRIX ET MÉDAILLES
- DÉCERNÉS DANS LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 25 JANVIER 1907
- PRIX FOURCADE
- POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Le prix fondé par les exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 a été élevé à la somme de 1 000 francs par la libéralité de notre collègue M. Fourcade, et il est aujourd’hui désigné sous le nom de ce manùfacturier regretté.
- Le prix Fourcade « doit être remis chaque année, en séance publique de la Société d’Encouragement, et au nom des donateurs, à l’ouvrier en produits chimiques qui comptera le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement, et qui aura été signalé à la Société par l’une quelconque des branches d’industrie ayant formé ladite classe 47 (classe des produits chimiques). »
- Le lauréat du prix Fourcade, cette année, est M. Florent Lecroart qui, né en février 1840, est entré aux établissements Kuhlmann, à l’usine de la Madeleine, le 17 décembre 1856. Il compte ainsi cinquante-deux années de services dans le même établissement, et cinquante-deux années non pas seulement de bons, mais d’excellents services.
- On sait combien, dans les établissements fabriquant l’acide sulfurique en quantité considérable, sont importants tous les travaux de plomberie. M. Florent Lecroart s’est spécialisé d’une façon toute particulière dans ce genre de travaux et il y a acquis une telle habileté, qu’actuellement, il erst le chef plombier des usines de la Madeleine.
- M, Florent Lecroart n’est pas un inconnu pour la Société d’Encouragement. Déjà, en 1896, elle avait été heureuse de le distinguer en lui décernant une de ses médailles réservées aux contremaîtres; aujourd’hui, elle est doublement heureuse de le retrouver au nombre de ses lauréats et de pouvoir lui attribuer un de ses principaux prix : le prix Fourcade.
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- MEDAILLES
- I. — LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- Nos d'ordre. NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. MM.
- 1 Boirault. . Rozé. Attelage de wagons (1).
- 2 JUILLERAT. Cheysson. Casier sanitaire de la Ville de
- Paris (2).
- 3 Kestner. Vincent. Appareils évaporatoires (3). •
- 4 Luc Denis. Sauvage. Indicateur de vitesse (4).
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- MM. MM.
- 1 Blanchard. Hitier. Ouvrage sur « Les Flandres ».
- 2 Bresson. Ringelmann. Ouvrage sur la houille verte (5).
- 3 Loverdo (de). Tisserand. Ouvrage sur la conservation des
- produits alimentaires.
- 4 Marre. Hitier. Ouvrage sur la région de Roque-
- fort (6).
- 5 Yves Henry. Dybowski. Ouvrage sur le caoutchouc dans
- l’Afrique occidentale française.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- M. M.
- 1 Chaussois. Wery. Comptabilité agricole (7).
- 2 Guichard. Ringelmann. Monte-Tabac (8).
- 3 Société des usinés Dupuis. Œuvres patronales.
- du Pied-Selle.
- 4 Yinsonneau. Bourdon. Sables de fonderie (9).
- (1 Bulletin de juin 1906. — (2) Bulletin de décembre 1906. — (3) Bulletin de février 1906. —
- (4) Bulletin de juillet 1906. - - ^5) Bulletin d’octobre 1906. — (6) Bulletin de novembre 1906. —
- (7) Bulletin de décembre 1906. — (8) Bulletin de décembre 1906. — (9) Bulletin de mars 1906.
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- SUR LES TITRES DE M. D ARSONVAL.
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- GRANDE MÉDAILLE
- La Société décerne chaque année, sur la proposition de l’un des six Comités du Conseil, une grande médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de l'industrie française pendant le cours des six années précédentes.
- La grande médaille des Arts Économiques à l’effigie d’Ampère est attribuée pour l’année 1906 à M. d’Arsonval pour ses travaux en électricité.
- Rapport sur les titres de M. d’Arsonval, par M. le général Sebert.
- Dès l’année 1878, M. le docteur d’Arsonval, attaché au laboratoire de Claude Bernard, au Collège de France, commençait à étudier les relations qui peuvent exister entre les phénomènes électriques et la physiologie, et il était successivement conduit, dans cette voie, aux découvertes les plus importantes et les plus utiles.
- Apportant dans ses études une méthode scientifique rigoureuse, il cherchait, dès le début, à introduire, dans les mesures, la précision que permettait de réaliser l’adoption des méthodes nouvelles de détermination, en valeurs absolues, des unités électriques et il créait, au fur et à mesure de l’avancement de ses travaux et pour rendre possible l’application de ces méthodes nouvelles à ses recherches spéciales, des appareils perfectionnés, toujours conçus dans un esprit pratique et qui ont, pour la plupart, trouvé immédiatement de multiples applications industrielles.
- C’est, du reste, la caractéristique principale des travaux de M. d’Arsonval d’avoir toujours visé un but essentiellement utilitaire et c’est ce qui explique que ses études, bien que n’ayant pour objet, en principe, que des points spéciaux de la science biologique, l’ont souvent conduit à des applications d’un ordre différent et présentent presque toujours un grand intérêt pratique.
- M. d’Arsonval avait été, dès l’année 1882, mis à la tête du laboratoire de physique biologique créé, par Paul Bert, à l’instigation de Claude
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- 102 ARTS ÉCONOMIQUES. --- FÉVRIER 1907.
- Bernard et il avait été appelé, peu de temps après, à suppléer dans ses cours le successeur de ce dernier, Brown-Séquard, et à collaborer, avec lui, à ses travaux de physiologie générale.
- Il avait été amené ainsi à étendre le champ de ses études qui ne restèrent pas limitées aux questions électriques, mais abordèrent la plupart des autres branches de science. On retrouve ainsi trace de son passage dans les applications les plus variées et notamment dans les questions de thermochimie, de mécanique appliquée et de thérapeutique.
- Mais nous ne nous attacherons ici à relever que les créations et découvertes réalisées par M. d’Arsonval, dans l’ordre des études relatives à l’électricité et qui motivent la proposition qui vous est faite, en sa faveur, par votre Comité des Arts physiques et économiques, pour l’attribution de la grande médaille de notre Société à l’effigie d’Ampère.
- Becherchant la cause initiale de la production des courants électriques développés, dans diverses circonstances, au sein des tissus vivants, M. d’Arsonval a pu, tout d’abord, mettre en évidence la cause, jusqu’alors méconnue, de la production des courants, dits d’action, qui se produisent souvent, à côté des courants, dits de repos, dus aux phénomènes chimiques provoqués par la simple nutrition.
- Il a démontré que ces courants d’action sont produits par les variations de la tension superficielle des parties mécaniques des tissus et il en a étudié les conditions de production, dans les cas les plus variés, faisant ainsi disparaître de la science les explications hypothétiques qui avaient été données des multiples manifestations électriques des êtres vivants.
- M. d’Arsonval a pu ainsi donner une explication physique de la décharge des poissons électriques, de la contraction musculaire et de la conductibilité nerveuse qui reconnaissent une même cause.
- Dans ces études délicates, il a déployé toute la souplesse du génie le plus inventif, créant au fur et à mesure des besoins les appareils les plus délicats et les plus précis, non seulement pour déceler l’existence des courants les plus faibles, mais aussi pour opérer, avec toute la précision désirable, la mesure de leurs éléments.
- Nous ne pouvons songer à donner ici que la simple énumération de •quelques-uns des appareils qu’il a été ainsi amené à réaliser.
- Nous citerons, en premier lieu, les galvanomètres à circuit mobile, apériodiques et instantanés, dérivés du type primitif des galvanomètres Marcel Deprez et créés, en 1881, en collaboration avec ce dernier.
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- SUR LES TITRES DE M. ü’aRSONVAL.
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- Ces appareils ont pris des formes multiples, pour se plier aux recherches les plus variées; galvanomètres à axe horizontal, à axe vertical, galvanomètres à champs multiples pour recherches physiologiques, thermogalvanomètres, etc.
- Ils ont donné naissance à des appareils spéciaux de mesure dérivés des mêmes principes de construction : ampèremètres à déviations proportionnelles, galvanomètres à déviations proportionnelles dans l’étendue d’une circonférence, coulombmètre totalisateur à mercure, voltmètre calorimétrique, etc.
- Pour compléter l’emploi de ces appareils, M. d’Arsonval a apporté aux dispositifs accessoires d’observation de multiples perfectionnements de détail qui sont, pour la plupart, devenus d’un emploi classique.
- C’est ainsi qu’il a créé les sondes thermo-électriques, les électrodes impolarisables pour l’étude de l’électricité animale, les échelles micrométriques à miroir pour la mesure des faibles déviations angulaires, etc.
- Il a également dirigé ses recherches sur l’emploi des téléphones et microphones pour l’étude des faibles courants et a été amené ainsi à créer des types nouveaux et ingénieux d’appareils, parmi lesquels nous citerons le téléphone magnétique à pôles concentriques, réalisé en 1882, les nouveaux microphones réglables, à bain de mercure, et ceux à réglage magnétique créés en 1878 et 1880, en collaboration avec Paul Bert.
- Sur les piles voltaïques, M. d’Arsonval a aussi fait d’intéressantes recherches qui l’ont conduit à la création de nouvelles piles dépolari-sables et à des perfectionnements des piles Bunsen.
- Sur les moteurs électriques, il a effectué d’intéressantes études de rendement et il a formulé, un des premiers, des conclusions pratiques sur les conditions théoriques du transport par l’électricité de l’énergie produite par les forces naturelles.
- Mais ses principales recherches ont porté sur l’étude des relations existant entre les excitations électriques et les contractions musculaires.
- Dans cet ordre d’idées, il a fait connaître, en 1881, une nouvelle méthode d’excitation des nerfs et des muscles, permettant de graduer l’action des courants, et il a réussi à faire adopter, pour les études d’électrothérapie, des appareils gradués en unités CGS.
- Il a établi un chronomètre électrique destiné à mesurer la vitesse des impressions nerveuses, et cet appareil lui a servi à d’intéressantes recherches faites de concert avec Brown-Séquard. Il a multiplié, à tel point,
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- les perfectionnements de détail dans l’organisation des expériences et des recherches sur les questions de physiologie physique, qu’il nous faut renoncera en donner la nomenclature.
- Nous ne pouvons toutefois passer sous silence les études entreprises en 1881 pour rechercher les causes de danger que peuvent présenter, pour les êtres vivants, les générateurs mécaniques d’électricité et pour trouver les moyens de les éviter. Ces recherches qui ont conduit à l’indication de règles à observer et ont été suivies de l’étude du mécanisme physiologique de la mort par l’électricité, ont permis à M. d’Arsonval de formuler des conseils permettant de combattre les effets de foudroiement électrique des êtres vivants, conseils résumés dans cet axiome : Un foudroyé doit être traité comme un noyé.
- Mais c’est dans l’étude des ondes électriques et de leur action sur l’organisme que M. d’Arsonval a obtenu les plus importants résultats par la découverte du mode d’action des courants de haute fréquence et l’application qu’il a pu en faire à la thérapeutique.
- Après avoir étudié le mode d’action sur l’organisme d’une excitation unique d’ordre électrique, M. d’Arsonval s’est demandé ce que devient la réaction de l’organisme, lorsqu’on répète, de plus en plus fréquemment, cette excitation électrique dans l’unité de temps. C’est ainsi qu’il est arrivé à découvrir les remarquables et bien inattendues propriétés physiologiques des courants de haute fréquence et à en démontrer l’action, avant M. Tesla (d’Arsonval, 24 février 1891; Tesla, 23 mai 1891).
- M. d’Arsonval a démontré que ces courants, à partir de 10 000 excitations à la seconde, n’impressionnent plus ni les nerfs ni les muscles. L’intensité qui peut traverser impunément l’être vivant croît avec la fréquence et à 500 000 inversions par seconde le courant qui peut traverser impunément l’organisme peut avoir une intensité cent fois plus grande au moins qu’un courant de basse fréquence qui amènerait la mort. Si on ne peut augmenter indéfiniment l’intensité, c’est simplement parce que le passage du courant de haute fréquence dans les tissus arrive à les échauffer d’une façon incompatible avec leur fonctionnement (suivant la loi de Joule).
- M. d’Arsonval a ensuite étudié, d’une façon détaillée, les actions physiologiques de ces courants, actions qui peuvent se résumer en ces termes.
- Ces courants produisent 1° l’insensibilité au point où on les applique; * 2° ils augmentent, dans de fortes proportions, les échanges organiques.
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- SUR LES TITRES DE M. d’aRSONVAL.
- 3° Ils amènent une diminution considérable de la pression du sang dans les vaisseaux.* Sur ces trois propriétés, toute une thérapeutique nouvelle est en train de se fonder et a déjà donné des résultats remarquables que nous ne saurions énumérer ici. Pour la production et l’utilisation de ces courants, M. d’Arsonval a imaginé une foule d’instruments et de dispositifs entièrement nouveaux, devenus aujourd’hui classiques, et surtout des appareils de mesure particuliers.
- Parmi le mode d’application le plus étonnant de ces courants, signalons celui que M. d’Arsonval a fait connaître sous le nom d’auto-conduction et que l’étranger désigne, avec justice, sous le nom de d’Arsonvalisation, par analogie avec Faradisation, Franklinisation, Voltaïsation, Galvanisation. Dans ce mode d’électrisation, le sujet n’est point en rapport avec la source électrique, il se .trouve placé au centre d’un solénoïde parcouru par le courant de haute fréquence. Il devient alors un véritable induit et des courants prennent naissance dans tout l’organisme et ont une intensité telle que le circuit formé par les deux bras peut allumer une lampe à incandescence ordinaire tenue dans les deux mains.
- Ces travaux qui remontent déjà à plus de treize ans justifieraient à eux seuls la proposition que vous fait aujourd’hui votre Comité, mais M. d’Arsonval n’a pas cessé, un seul jour, d’ajouter à ces titres de nouveaux travaux qui embrassent les champs les plus étendus.
- En faire la simple énumération nous entraînerait à reproduire une grande partie des tables des Comptes rendus de l’Académie des sciences.
- M. d’Arsonval ne se borne pas à des études de science pure et s’intéresse également aux essais d’ordre industriel.il a pu, à maintes reprises, donner d’utiles conseils pour les industries les plus diverses. Tout le monde connaît ses travaux et ceux qu’il a inspirés et guidés pour la production des basses températures, pour l’utilisation de l’air liquide, ses applications à l’analyse physique et chimique, l’extraction de l’oxygène de l’air, etc. M. Georges Claude, dans sa remarquable communication à la Société des ingénieurs civils, sur l’extraction de l’oxygène de l’air, a uni dans un même sentiment de reconnaissance M. Potier et M. d’Arsonval. Rappelons à ce sujet que c’est M. d’Arsonval qui a imaginé, en 1888, sous le nom de thermo-isolateur, les vases à enveloppe vide où l’on conserve actuellement l’air liquide.
- Ces titres justifient amplement l’attribution que votre Société fait cette année à M. d’Arsonval de sa grande médaille à l’effigie d’Ampère.
- Tome 109. — Février 1907.
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- MÉDAILLE J.-B. DUMAS 19(Ti
- En 1897, sur l’initiative de notre très regretté collègue Aimé Girard, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale instituait la mé daille. Dumas en faveur des ouvriers qui, sans quitter les ateliers, se sont peu à peu élevés jusqu'au rang de directeur diusine ou de chef d'un service important dans un grand établissement agricole et industriel.
- Pourquoi la Société d’Encouragement institua-t-elle cette médaille Dumas? Aimé Girard nous le dit :
- Ce n’est pas toujours au rang de contremaître que s’arrête, dans l’usine ou dans l’exploitation rurale, l’avancement hiérarchique de l’ouvrier; il en est, et ils sont plus nombreux qu’on ne pense, qui franchissant un échelon encore, méritent d’être placés à la tête de cette usine ou de cette exploitation.
- Combien grands sont alors les mérites de tels hommes ! Simples ouvriers au début, petits apprentis quelquefois, il leur a fallu, utilisant pour leur instruction les heures qu’ils auraient pu consacrer au repos, acquérir aux cours du soir la connaissance technique qu’ils n’ont pu aller chercher dans les écoles; pendant de longues années, ils ont dû se distinguer par leur bonne conduite, par l’ordre et la méthode imprimés à leurs travaux; leur zèle, leur dévouement à l’établissement auquel ils sont attachés, ont dû être leur règle de tous les jours; il leur a fallu, enfin, apprendre la science du commandement, bien plus difficile, certes, que la science de l’obéissance.
- On admire, en vérité, que tant de mérites, tant de vertus se trouvent réunis; on les rencontre cependant chez certains hommes, et leur rencontre est, aujourd’hui surtout, singulièrement réconfortante. Elle nous montre la force et la vitalité de ces idées de démocratie féconde que le peuple, dans son langage pittoresque, a si bien caractérisées en disant que tout soldat a dans sa giberne le bâton du maréchal de France... Tout apprenti a dans sa tête et dans son cœur les outils de sa fortune.
- Quand il a su conquérir cette fortune, le directeur d’usine ou le chef d’un grand service dans un établissement important, est, en réalité, devenu l’un des membres les plus utiles de la société; c’est l’exemple vivant du progrès intellectuel et moral.
- A des hommes d’un tel mérite, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale qui s’est donné la mission d’encourager par tous les moyens à sa portée l’agriculture, l’industrie et le commerce delà France, a pensé qu’elle devait une récompense spéciale, et elle a décidé que chaque année, à partir de 1897,
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- elle décernera une médaille spéciale d’argent de grand module, dite médaille Dumas, à l’ouvrier qui, sans quitter les ateliers, s’est élevé au rang de directeur d’usine ou de chef d’un service important dans un grand établissement agricole ou industriel.
- La Société décerne la médaille J.-B. Dumas en 1906 à M. Albert Brull.
- Le 28 mars 1885, M. Albert Brull entrait comme simple ouvrier bronzeur métalliseur à la Société française de baguettes, alors maison de Haas. En cette qualité de simple ouvrier, il y travaillait jusqu’en 1892. Mais à cette date les chefs de la maison, MM. Compain Lévy et Jaudel, qui avaient remarqué les aptitudes spéciales de M. Brull, le prenaient comme contremaître de leur usine. Celle-ci comptait déjà alors 30 ouvriers. Le choix du contremaître fut heureux. L’affaire prospéra. En 1895, l’usine était devenue trop étroite ; force fut de l’agrandir, de la transporter en dehors de Paris, à Montreuil-sous-Bois. En 1902, nouvelle transformation, nouveau développement de la Société qui acheta une seconde usine à Fontenay-Tresigny.
- L’aménagement de l’usine de Montreuil, l’organisation complète de P usine de Fontenay-Tresigny furent l’œuvre de M. Albert Brüll. Les chefs de la Société française de baguettes pour encadrements et tentures confièrent en effet ces installations nouvelles à M. Brull, leur chef de fabrication dont d’année en année ils avaient pu davantage constater les hautes qualités professionnelles et morales.
- Aujourd’hui M. Brull est devenu, en fait, un directeur, chargé de diriger l’ensemble de la fabrication aux usines de Montreuil-sous-Bois et de Fontenay.
- M. Albert Brull avait ainsi tous les titres acquis pour la médaille J.-B. Dumas que la Société d’Encouragement est heureuse, en même temps, de pouvoir décerner à l’homme qui, comme nous l’écrivaient les chefs de la maison dont il est devenu le principal collaborateur, « est remarquable tant au point de vue de ses facultés techniques que de sa conduite privée et du soin avec lequel il élève une belle et nombreuse famille ».
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- PRIX ET MÉDAILLES. — FÉVRIER 1907.
- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes, qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société, des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies. Ces médailles sont remises à :
- MM. Le Chatelier (L.), séance du 26 janvier 1906. — Industrie et Commerce de la locomotive.
- Bezault, séance du 9 mars 1906. — Épuration des Eaux résiduaires. Ringelmann. — Matériel agricole au début du XXe siècle (Bulletins d’octobre, novembre, décembre 1905).
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- MÉDAILLES
- IL - LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- w Q o Z NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- 1 MM. Barbey (Vïctor-Clovis) 38 Contremaître principal à la Cie des
- 2 Baroux (Léon-Nicolas) 35 Chemins de fer de l’Est, à Paris. Contremaître principal à la Cie des
- 3 Bernard (Jean) 31 Chemins de fer de Paris à Lxjon et à la Méditerranée, à Paris. Surveillant à la Cie du Chemin de fer
- 4 Bernard (Louis) 37 d'Orléans, à Saint-Nazaire. Chaudronnier à la Société anonyme
- 5 Clausse (Jean-Baptiste) 34 des Etablissements Egrot, à Paris. Chef d’équipe à la Cie du Chemin
- 6 Coulon (Louis) 68 de fer d’Orléans, à Doulon, près Nantes. Ouvrier mouleur à la Cie des Forqes
- 7 Danger (Magloire) 47 de Châtillon, Commentry etJ\euves-Maisons, à Montluçon. Contremaître chez MM. Blanzy,
- 8 Debray (Mlle Marie-Françoise). . 47 Poure et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer. Ouvrière chez MM. Blanzy, Poure et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer. Chef de station, à la Cie du Chemin
- 9 Delmas (Jean-Antoine) 33
- 10 Desbordes (Antoine-Eugène). . . 37 de fer d'Orléans, à Corail. Chef monteur à la Cie des Chemins de
- 11 Dillenseger (Georges-Joseph). . 36 fer de l'Est, à Epernay. Sous-chef d’ateliers à la Cie des
- 12 Drieux (Alphonse) 34 Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, à Paris. Conducteur typographe à 1 ’lmpri-
- 13 Duclos-Grenet (Hervé) 41 merie Chaix, à Paris. Chef d’entretien à la Cie des. Che-
- 14 Dumain (Mme Céline) 37 min s de fer de l'Ouest, à Paris. Contremaîtresse à l'Imprimerie
- Chaix, à Paris
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- w Ph O Ph jd “fi O a NOMS ET PRÉNOMS. ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS ILS APPARTIENNENT.
- MM.
- 15 Dupont (Joseph-Lazare) 31 Ouvrier affineur à l’affinage du Comptoir Lyon-Alemand, k Paris.
- 16 Haas (Auguste) . . . 45 Menuisier à la Cie générale des Omnibus, à Paris.
- 17 Harang (Désiré) 32 Chef machiniste à la Cie des Chemins de fer de l'Ouest, à Paris.
- 18 Houtain (Arthur) 34 Chef d’équipe à Y Imprimerie Chaix, à Paris.
- 19 Leger (Pierre) 40 Menuisier à la Cie Française de Matériel de Chemins de fer, à Paris.
- 20 Martln (Mathurin) 31 Chef d’équipe à la Cie du Chemin de fer d'Orléans, à Paris.
- 21 Rémond (Henri) 33 Monteur à la Cie des Chemins de fer de l'Ouest, à Caen.
- 22 Saugier (Joseph) 58 Contremaître chez M. Viellard-Migeon, à Morvillars.
- 23 Schoumacuer (Nicolas) 40 Contremaître à la Cie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, à Villeneuve-Saint-Georges.
- 24 Tourtet (Charles) 37 Chef d’équipe à la Cie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, à Arles.
- 25 Valence (MIle Pauline) 51 Ouvrière chez MM. Blanzy, Poure et Cie, manufacturiers, à Boulogne-sur-Mer.
- Le Secrétaire de la Société,
- HITIER,
- Ingénieur agronome,
- maître de conférences à l’Institut national agronomique.
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- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAITRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS MANUFACTURIERS
- et agricoles (voir le tableau p. 109 et 110).
- Le 22 septembre 1830, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale instituait un ordre de récompenses spéciales : les médailles d’Encouragement pour les contremaîtres et ouvriers des établissements industriels ou agricoles de toute la France, dans le but de les exciter à se distinguer dans leur profession et d’encourager ceux qui se font le plus remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient.
- Chaque année, depuis cette époque, les titres des concurrents à ces médailles ont été s’élevant davantage, si bien, comme le disait Aimé Girard, que, médaillés par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, contremaîtres et ouvriers peuvent être dorénavant comptés parmi les meilleurs et les plus distingués collaborateurs de l’Agriculture et de l’Industrie française.
- Barbey (Victor-Clovis). — M. Barbey est entré à la Compagnie des chemins de fer de l’Est le 5 octobre 1868, en qualité d’ouvrier ajusteur; sa conduite irréprochable, la grande bonne volonté qu’il ne cessait de témoigner, son habileté professionnelle, l’ont depuis trente-huit ans désigné tout naturellement à l’attention de ses chefs; et, c'est ainsique, de simple ouvrier ajusteur, M. Barbey s’est élevé au grade de contremaître, puis de contremaître principal, fonctions importantes qu’il occupe à la Compagnie de l’Est depuis janvier 1884, depuis vingt-sept ans déjà par conséquent. Il compte trente-huit ans de service à la Compagnie de l’Est. .
- Baroux (Léon-Nicolas). — M. Baroux est né le 18 octobre 1843, il est entré à la Compagnie P.-L.-M. le 21 août 1871. Durant trente-quatre ans il n’a cessé de rendre à la Compagnie de réels services; son exactitude, sa conduite exemplaire, ses qualités professionnelles, ne se sont pas démenties un instant dans les différents postes de plus en plus élevés que ses chefs ont cru devoir lui confier. Employé d’abord comme tracteur, M. Baroux successivement est devenu chef monteur, contremaître et contremaître principal aux ateliers de machines de Paris, situation qu’il occupe actuellement.
- Bernard (Jean). — M. Bernard est né le 8 décembre 1846, il est entré au service de la Compagnie d’Orléans le 27 mars 1875. M. Bernard est le type du
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- vieil agent, sérieux et dévoué, qui à maintes reprises a su donner des preuves de sa vigilance.
- . Bernard (Louis). — M. Bernard Louis est né à Meru (Oise), le 28 février 1857. Il compte actuellement trente-sept ans de service dans les ateliers des établissements Egrot. Ouvrier chaudronnier en cuivre, il s’y est toujours distingué par sa parfaite honorabilité, son grand mérite.
- Clausse (Jean-Baptiste). — M. Clausse est né le 15 avril 1852. Depuis le 4 novembre 1872, il est entré au service de la Compagnie d’Orléans ; pendant ces trente-quatre années de service, il s’est toujours distingué comme un excellent sujet sous tous les rapports. Aujourd’hui, c’est un très habile chef de manœuvre, ayant de l’initiative, de l’autorité, du prestige même sur les hommes d’équipe dont il est le chef..
- Coulon (Louis). — M. Coulon est né le 26 février 1826 à Vandenesse (Nièvre). Il est entré au service de la Compagnie des Forges de Châtillon, Com-mentry et Neuves-Maisons (alors sous la raison sociale Bougueret Martenot et Cie) le 16 août 1838.
- Il compte donc actuellement soixante-huit ans de service à la Compagnie. Par sa longue pratique du reste, il a aidé à perfectionner les noyaux de mou-lerie dont il continue à s’occuper spécialement.
- Danger (Magloire). —M. Danger, né à Boulogne-sur-Mer, le 5 juillet 1843. Il est entré au service de la maison Blanzy Pouce et Cie, le 1er avril 1859; il y occupe actuellement le poste de contremaître, et les patrons n’ont eu qu’à se louer de M. Danger pendant ses quarante-sept ans de service.
- Debray (Marie-Françoise). —Mlle Debray est entrée à l’usine de MM. Blanzy Poure et Cie le 10 février 1859. Voilà maintenant aussi quarante-sept ans que MUe Debray ne cesse de donner satisfaction à ses patrons par sa conduite, son assiduité au travail : elle est restée l’ouvrière modèle.
- Delmas (Jean-Antoine). — M. Delmas est né le 8 novembre 1850, il est entré à la Compagnie du chemin de fer d’Orléans le 9 juillet 1873. Il compte ainsi actuellement trente-trois années de service. Aujourd’hui chef de station, M. Delmas s’est constamment lait remarquer par son excellente conduite, son zèle, son activité, l’intelligence dont il lait preuve dans le service technique comme dans la direction du personnel sous ses ordres.
- Desbordes (Antoine-Eugène-Paul). — M. Antoine Desbordes est né le 3 juillet 1849 à Epernay. Il est entré le 26 novembre 1867 au service de la
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- Compagnie do l’Est, comme monteur aux ateliers d’Epernay. Très bon ouvrier, se faisant remarquer de ses chefs par sa bonde conduite et son habileté professionnelle, il devenait en 1875 ouvrier principal, monteur commissionné, en 1881 chef monteur. Depuis plus de vingt ans, il dirige l’importante équipe de construction des locomotives, ayant toujours apporté les plus grands soins à l’exécution des travaux qui lui étaient confiés. Du reste à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, une mention honorable lui était décernée pour sa collaboration à la construction des chemins de fer.
- Dillenseger (Georges-Joseph). — M. Dillenseger, né le 22 avril 1852, est entré à la Compagnie P.-L.-M. le 10 novembre 1868.
- Successivement ajusteur monteur, employé, aide-contremaître, contremaître, contremaître principal, M. Dillenseger est aujourd’hui sous-chef d’ateliers, aux ateliers de machines de Paris. Pendant ses trente-six années de présence à la Compagnie, M. Dillenseger lui a rendu de réels services, s’étant toujours fait remarquer par son exactitude, sa conduite exemplaire, ses qualités professionnelles.
- Drieux (Alphonse). —M. Drieux est entré à l’imprimerie Chaix en novembre 1872.. Il a débuté comme apprenti de l’Ecole professionnelle de la maison Chaix. Successivement il est devenu ouvrier margeur, pointeur typographe et conducteur, fonction qu’il remplit déjà depuis 1880.
- M. Drieux n’a cessé dans ces diverses situations d’apporter un dévouement et une conscience dignes des plus grands éloges. Les directeurs de l’imprimerie Chaix ont choisi M. Drieux parmi tous leurs conducteurs pour s’occuper des travaux les plus difficiles, tels qu’impressions en couleurs, titres et billets de banque. Jls le considèrent comme un ouvrier exemplaire.
- Duclos-Grenet (Hervé). — M. Duclos-Grenet est né à Brest le 4 octobre 1853. Il est entré à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest le 16 juin 1865 en qualité d’apprenti ajusteur ; successivement il a occupé les emplois d’apprenti, monteur et chef d’équipe. Depuis le 1er mai 1896, nommé chef d’entretien, il dirige en cette qualité une équipe composée d’ouvriers en fer et en bois.
- Pendant ses trente-huit années de service, M. Duclos-Grenet s’est fait remarquer constamment par son exactitude, son zèle et son habileté professionnelle. Il s’est toujours montré d’une moralité et d’une probité au-dessus de tout éloge, et ainsi M. Duclos-Grenet a-su se faire apprécier et par ses chefs et par le personnel sous ses ordres.
- Demain (Céline). — Mme Dumain fait partie du personnel de l’imprimerie Chaix depuis novembre 1869. Elle y est entrée comme ouvrière brocheuse et
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- par son mérite, depuis janvier 1882, y est passée contremaîtresse d’un des ateliers, fonction qu’elle remplit avec intelligence et grande conscience ; et quel plus bel éloge pourrait-on faire de Mrae Dumain que de répéter cette appréciation du directeur de l’imprimerie Chaix :
- « Mme Dumain est, pour les cinquante ouvrières dont elle dirige les travaux, un exemple à tous égards. »
- Dupont (Joseph-Lazare). —M. Dupont, né à la Bastide de Salat le 10 juin 1858, est entré à la Société de l’affinage du Comptoir Lyon-Alemand le 13 février 1875. Ouvrier affîneur il compte aujourd’hui dans cette usine trente et un ans de service, pendant lesquels il n’a cessé de se distinguer par son assiduité au travail et sa conduite.
- Haas (Auguste). — M. Haas est depuis quarante-cinq ans dans les ateliers de la Compagnie générale des omnibus, comme menuisier. Excellent ouvrier, apte à exécuter n’importe quel travail de son métier ; laborieux, exact, bon camarade avec ses collègues, M. Haas est en même temps très apprécié de ses chefs, qui lui ont confié du reste depuis quelque temps le poste de distributeur, à l’atelier, des différentes pièces débitées ou échantillonnées, poste qu’il remplit à leur entière satisfaction.
- Harang (Désiré). — M. Harang (Désiré), né le 8 décembre 1842, est entré à la Compagnie de l’Ouest le 27 janvier 1874. D’une conduite irréprochable, durant ses trente et un ans de service, il a fait constamment preuve de zèle et d’exactitude dans l’accomplissement de ses fonctions. Aujourd’hui chef machiniste aux ateliers de Batignolles, M. Harang s’est élevé à ce poste par ses hautes qualités. La Compagnie de l’Ouest se-plaît à reconnaître les services spéciaux que M. Harang lui a rendus en créant, en collaboration avec un de ses collègues, un outillage spécial simplifiant le traçage des bois à débiter mécaniquement. Ce qui lui a du reste valu à l’Exposition universelle de 4900 une médaille de bronze au titre de collaborateur de la classe 32.
- Houtain (Arthur). — M, Houtain (Arthur), né en 1851, fait partie du personnel de l’imprimerie Chaix depuis le 15 juillet 1872. Il y est entré comme apprenti compositeur typographe. Il y est resté comme ouvrier, et grâce à son mérite incontestable y est devenu depuis nombre d’années déjà metteur en pages, c'est-à-dire chef d’équipe. En cette qualité il dirige à l’imprimerie Chaix l’équipe de compositeurs, plus spécialement chargée de la composition des actions, obligations et travaux artistiques. Notre médaille vient ainsi consacrer trente-trois années d’excellents services rendus dans l’imprimerie par M. Houtain qui a su constamment se tenir à la hauteur de tous les progrès de la technique spéciale aux travaux ul’art.
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- Léger (Pierre). — M. Léger (Pierre) est depuis plus do quarante ans au service de la Compagnie française de matériel des chemins de fer. Il y est entré-en effet en juin 1865, et depuis cette époque, il y est toujours resté le bon ouvrier, modeste, accomplissant, avec conscience, sa tâche quotidienne, et quelles que soient les difficultés de la vie de l’ouvrier, ayant su toujours scrupuleusement faire honneur à ses affaires. Sa vie est celle du brave ouvrier, le meilleur collaborateur de nos industries, le plus sûr garant de leur prospérité..
- Martin (Mathurin). — M. Martin est né le 7 février 1849. Depuis le 22 décembre 1875, il est entré au service de la Compagnie d’Orléans, c’est-à-dire qu’il y compte actuellement trente et un ans de service. M. Martin est chef d’équipe à l’entretien de Paris-Denfert/C’est non seulement un agent intelligent, actif, dévoué, exact, d’une conduite irréprochable à tous points de vue,, sachant diriger avec tact et autorité les ouvriers placés sous ses ordres, mais M. Martin est en même temps un chef d’équipe ingénieux qui sut faire réaliser-des progrès importants dans le service technique auquel il était attaché. C’est ainsi qu’il a imaginé une garniture en bois, qui est placée sur les traverses en fer des voitures dans l’échancrure de la barre du crochet de traction, ce qui,, d’après le rapport même de la Compagnie d’Orléans, a diminué l’usure de cette-barre d’une manière très marquée.
- Rémond (Henri). — M. Rémond (Henri), aujourd’hui âgé de cinquante-deux ans, compte trente-deux ans de service à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. Monteur au dépôt des machines de Caen, depuis 1873, date de son entrée à la Compagnie, M. Rémond s’est toujours fait particulièrement remarquer par sa conduite, son exactitude, et sa parfaite honorabilité.
- Pendant ses trente-deux années de service, M. Rémond a constamment fourni la preuve de son intelligence et de sa valeur professionnelle, se prêtant à tous les travaux qui lui étaient demandés,.même en dehors de sa profession. Ses-chefs se font un devoir de signaler les services qu’il a rendus à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Saugier (Joseph). — M. Saugier (Joseph) est né à Grandvillars (territoire-de Belfort) le 3 mai 1836. Il est entré à Pusine de MM. Viellard-Migeon, le 21 octobre 1849. Il compte ainsi aujourd’hui cinquante-huit ans de service^ dans ces établissements; ses qualités morales, son habileté professionnelle l’ont fait désigner par ses directeurs, pour des services divers dans les usines. M. Saugier a débuté par faire son apprentissage au tournage comme rhabil-leur, puis il est passé aux ateliers de construction, est devenu chef de fabrication des machines à tarauder, maître tréfîleur, et dès 1875 on lui remettait le service de la forge.
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- PRIX ET MÉDAILLES.
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- SciiouMAciiER (Nicolas). — M. Schoumacher est né le 9 décembre 1850. Il est entré à la Compagnie P.-L.-M. le 7 mai 1866; il y a débuté en qualité d’apprenti ferblantier, mais son exactitude, sa conduite exemplaire, la façon habile dont il comprenait les dessins d’exécution des travaux qui lui étaient confiés, menèrent l’apprenti ferblantier, ouvrier ferblantier, puis enfin contremaître, aux ateliers de voitures de Villeneuve-Saint-Georges. Durant trente-neuf années de présence effective, la Compagnie P.-L.-M. n’a eu qu’à se louer des bons et longs services de M. Schoumacher, agent qu’elle se plaît à reconnaître recommandable sous tous les rapports.
- Tourtet (Charles). — M. Tourtet, né le 1er avril 1846, est entré à la Compagnie P.-L.-M. le 25 août 1869. Successivement, lui aussi, manœuvre, riveur ajusteur. Toujours et partout il s’est distingué par sa conduite, sa valeur professionnelle ; aussi est-il aujourd’hui chef d’équipe aux ateliers de machines d’Arles, et il compte à la Compagnie P.-L.-M. trente-sept ans de présence effective, pendant lesquels il a rendu à cette Compagnie de réels services.
- Valence (Pauline). —Mlle Valence, depuis le 13 novembre 1855, est ouvrière chez MM. Blanzy Poure et Cie à Boulogne-sur-Mer. Elle compte ainsi actuellement cinquante et un ans de service, pendant lesquels sa bonne conduite, sa grande assiduité, ne se sont pas démenties.
- Si la Société d’Encouragement a cru devoir limiter ici à ce petit nombre la liste des médailles qu’elle décerne en 1906 aux ouvriers et contremaîtres, c’est pour accroître encore, si possible, la valeur morale de ces médailles. Le nombre et les titres des candidats qui nous sont proposés sont la meilleure preuve du prix qu’ouvrièrs et patrons de notre industrie nationale attachent si justement à ces récompenses. La sélection que doit faire la Société d’Encouragement est ainsi forcément de plus en plus sévère. Combien cependant d’autres ouvriers et ouvrières, combien d’autres contremaîtres à tous égards méritaient nos médailles, et pour l’obtenir que leur manquait-il donc? une seule chose le plus souvent : ils n’étaient pas assez âgés, jet ainsi ils ne pouvaient avoir encore trente à trente-six ans de service dans la môme usine!
- A ceux-là, la Société d’Encouragement donne rendez-vous dans quelques années; son souhait très vif est de les compter plus tard parmi ses lauréats, son souhait est encore de vous retrouver dans cette même salle vous tous, Mesdames et Messieurs, vous, les lauréats d’aujourd’hui revenus cette fois pour applaudir les camarades d’atelier que votre bel exemple aura déterminés à entrer, puis à persévérer dans la bonne voie, la voie du travail et de l’honneur.
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- SÉANCE DU 8 FÉVRIER 1907
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- Sur M. Maurice Block, membre du Comité du Commerce,
- par M. C. Lavollée.
- Messieurs,
- Le Comité du Commerce s’excuse d’avoir tardé à rendre à la mémoire de notre regretté collègue Maurice Block, décédé en 1901, l’hommage qui lui est dû.
- Maurice Block naquit à Berlin, le 18 juillet 1816. 11 était notre doyen d’âge, il était également notre doyen par la date de l’élection. Élu en 1856 membre de notre Conseil d’administration, il a siégé parmi nous pendant près de quarante-cinq ans.
- Après avoir suivi les cours de plusieurs universités allemandes, Block obtint le diplôme de docteur à l’Université de Tubingen (Wurtemberg). Dès ses premières études, il s’adonna surtout à la connaissance des langues étrangères, notamment du français et de l’anglais, qu’il parvint bientôt à écrire et à parler avec une égale facilité ; il commença l’examen approfondi des questions d’économie politique et de statistique, qui, après le retour de la paix européenne, absorbaient l’attention des principaux gouvernements. Confiant dans ses facultés naturelles comme dans sa puissance de travail, obligé par l’exiguïté des ressources de sa famille de rechercher un champ plus étendu et plus fructueux, il émigra en France en 1840 et obtint son admission, en qualité de rédacteur-traducteur, au ministère de l’Agriculture et du Commerce, dans le bureau de la statistique générale qui était alors chargé de recueillir et de publier tous les documents statistiques des divers ministères et des pays étrangers, sous la direction de M. Moreau de Jonnès, membre de l’Institut.
- Les services qu’il rendit non seulement comme traducteur, mais encore
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- 'H 8 NOTICE NÉCROLOGIQUE. ---- FÉVRIER 1907.
- •comme metteur en œuvre des documents «étrangers qu’il était chargé de traduire furent très appréciés. Sa situation administrative s’améliora; ses travaux personnels le mirent promptement en relief. Ce fut, dans le modeste emploi agrandi par ses rares talents d’observation, d’exactitude et •de précision qu’il puisa les premiers éléments de l’ouvrage qu’il publia sous le titre de Statistique de la France, et qui fut couronné par l’Institut.
- Le mérite de notre regretté collègue n’avait pas échappé à l’attention •de M. J.-B. Dumas qui, ministre de l’Agriculture en 1850, avait pu se rendre compte de ce qu’il valait. Ce fut sous les auspices de M. Dumas, notre illustre Président, que Maurice Block entra dans notre Conseil, en 1856, comme membre du Comité du Commerce.
- De 1856 à 1866, nous pouvons relever dans notre Bulletin plusieurs rapports présentés par Maurice Block au nom du Comité du Commerce; plus tard, ce mode de collaboration se ralentit, mais non la part que notre collègue prenait aux travaux de la Société. Elu Président du Comité du •Commerce, il ne cessa de remplir cette fonction avec une ponctualité et une distinction dont tous ses collègues du comité peuvent rendre témoignage. De même il fit partie, pendant de longues années et jusqu’à son dernier jour, de la Commission du Bulletin à laquelle il apportait les conseils de l’expérience que lui donnaient, en matière de presse, se§ nombreuses publications. Les progrès de l’âge, l’éloignement de son domicile (il habitait Auteuil), les injonctions du médecin lui rendaient difficiles, lui interdisaient presque les sorties du soir; c’est pour cela que beaucoup de nos collègues l’ont peu connu personnellement, ne le voyant point assister, comme il le faisait autrefois, à nos séances de quinzaine.
- Si, au Comité du Commerce, présidé par lui, et à la Commission du Bulletin, il nous donnait une collaboration très utile, que dire des nombreux travaux, si variés, qui l’occupèrent jusqu’à sa dernière heure : ouvrages didactiques, le dictionnaire de l’administration, le dictionnaire de la politique, brochures, articles de revues, de journaux, correspondances insérées dans les principaux organes de la presse étrangère, publications de toute sorte ayant pour objet soit d’exposer et de juger les doctrines économiques, soit de vulgariser les principes et la pratique d’une science peu •connue du vulgaire et pourtant si utile de notre temps; toutes ces publications remplissaient sa vie prudemment réglée par la sollicitude et par la vigilance de sa sœur, Mlle Block, dont l’affection a certainement prolongé ;son existence et ses travaux.
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE. ----- FÉVRIER 1907. 1 1 9
- Cet exemple n’est pas rare dans la vie des savants, des littérateurs et des artistes; mais, ici, j’en atteste ceux qui, comme moi, en ont été les témoins, on peut dire que la mesure dans laquelle le dévouement d’une femme affectionnée seconde le travail et y prend une grande part a été vraiment comblée par l’exemple que nous avions sous les yeux. Cette notice ne serait point complète, si nous ne mentionnions ce trait touchant d’union familiale.
- La grande naturalisation, accordée pour services exceptionnels, fut conférée à Maurice Block, en récompense de ses travaux d’économie politique et de statistique. Devenu Français par adoption, comme il l’était déjà par le fait de sa longue résidence, par ses nombreuses relations et par ses habitudes de travail, il poursuivit son œuvre avec d’autant plus d’activité et d’énergie qu’il entrevoyait la possibilité de se présenter à l’Institut de France, vers lequel se portait sa légitime ambition. Après plusieurs candidatures, dont chacune voyait s’accroître pour lui le nombre des suffrages., il fut élu en 1880 membre de l’Académie des Sciences morales et politiques (section d’Economie politique et Finances et de Statistique), en remplacement de Léonce de Lavergne. L’Institut avait d’ailleurs précédemment récompensé et couronné plusieurs de ses ouvrages, ratifiant ainsi le jugement de l’opinion publique, tant en France qu’à l’étranger.
- Il net nous appartient pas de présenter ici une appréciation détaillée de nombreux écrits qui ne rentrent pas directement dans l’ordre des travaux de notre Société. Cette tâche revient au successeur de Maurice Block à l’Institut, qui est l’un des nôtres et qui est d’une compétence particulière pour apprécier l’œuvre de notre regretté collègue. Il nous suffira de retracer en quelques mots les qualités d’ensemble qui caractérisent cette œuvre si complexe : une érudition très étendue en toutes matières, un jugement sain et droit, un style simple et généralement correct, tout en gardant parfois l’empreinte de la phraséologie allemande, une documentation abondante et lumineuse, un sens critique très développé, un rare talent de vulgarisation qui éclaire les doctrines par un fidèle exposé des faits, un sérieux penchant vers les solutions libérales, en politique comme en matière d’industrie et de commerce, par suite une opposition formelle à la doctrine qui recommande, en France comme en Allemagne, l’intervention abusive de l’État, enfin, une certaine pointe d'humour qui relevait parfois ses œuvres de critique et qui se rencontrait également dans sa conversa-
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE. --- FÉVRIER 1907.
- tion, comme s’il éprouvait le besoin d’égayer parfois une science qu’un homme d’Etat illustre qualifiait de peu divertissante, tels furent les mérites de Maurice Block, que nous avons vu à l’œuvre pendant plus d’un demi-siècle. Quant à ses qualités morales, elles étaient en harmonie avec ses mérites intellectuels. Block était toujours au travail. 11 était bienveillant et d’agréables relations.
- Le Comité du Commerce gardera la mémoire de son ancien Président. Si vous voulez bien ordonner l’insertion de la présente notice dans le Bulletin de notre Société, je m’applaudirai d’avoir été, devant nos sociétaires, l’interprète des sentiments du Conseil.
- C. Lavollée.
- Lue et approuvée en séance le 8 février 1907.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M. Hippolyte Fontaine, au nom du Comité des Arts économiques, sur I’appareil a charger les accumulateurs au moyen de courants alternatifs de M. Alfred Soulier.
- M. Soulier, secrétaire de la rédaction de Y Industrie électrique, a combiné un appareil destiné à charger les accumulateurs d’allumage en usage dans l’automobilisme au moyen de courants alternatifs biphasés. C’est une sorte de soupape vibratoire, ne nécessitant ni liquide ni aucun réglage préalable, et ne laissant passer que les ondes électriques de même sens.
- Pour faire apprécier à sa juste valeur l’appareil présenté par M. Soulier, il est utile d’indiquer les principes sur lesquels reposent la plupart des appareils ayant la même destination et de dire quelques mots sur les principales solutions déjà proposées.
- Lorsqu’on dispose d’un réseau à courant alternatif et qu’on a besoin, pour une opération quelconque, de courant continu, la première pensée qui vient à l’esprit est d’accoupler un moteur à courant alternatif avec une dynamo à courant continu, d’actionner le moteur par le réseau et de recueillir, sur la dynamo, le courant désiré. Rien de plus simple comme conception. Mais, dans la pratique, cette solution présente de sérieux inconvénients lorsqu’on opère avec des courants biphasés. Avec des courants triphasés, elle donne, au contraire, de bons résultats.
- Le double écueil auquel on se heurte avec des courants alternatifs simples provient du fonctionnement irrégulier du moteur et du très mauvais rendement obtenu, surtout dans les faibles puissances. Pour atténuer ces défauts, M. Maurice Leblanc a combiné les transformateurs à collecteurs fixes et à balais tournants, qui donnent de bons résultats dans les grandes installations, mais qui sont trop compliqués pour les usages ordi-
- Tome 109. — Février 1907. . 9
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- 122 ARTS ÉCONOMIQUES. ---- FÉVRIER 1907.
- naircs, alors qu’on agit sur des courants de faible intensité. Nous les citons pour bien indiquer, en passant, que l’invention de M. Soulier n’a pas la prétention de remplir un rôle, si modeste qu’il soit, dans la grande industrie.
- La plupart des électriciens qui se sont occupés de la question de la transformation du courant alternatif en courant continu, ont imaginé des dispositifs ayant pour effet d’intercaler, sur le passage des courants, des soupapes ou des clapets de retenue ne se laissant traverser que d’un seul sens. Avec une soupape unique, on ne redresse pas le courant, on se borne à recueillir les ondes d’un même sens et on abandonne les autres. L’appareil est donc un séparateurst non un transformateur. Avec plusieurs soupapes convenablement disposées, on obtient, au contraire, des courants de même sens et on utilise complètement les courants alternatifs générateurs. Il y a ici une véritable transformation de l’alternatif en continu.
- Les soupapes de séparation ou de transformation les plus connues reposent sur l’un des phénomènes suivants :
- 1° Buff etDucretet ont observé que si, dans un bain électro-chimique possédant une électrode en aluminium et une électrode en plomb, on fait passer un courant, ce courant traverse le bain quand l’aluminium est cathode et ne le traverse pas quand l’aluminium est anode, à moins, toutefois, que, dans ce dernier cas, la différence de potentiel atteigne au moins 20 volts.
- C’est sur cette observation que sont basées les premières soupapes électrolytiques en usage pour la transformation des courants biphasés.
- 2° Nichols a constaté qu’un courant alternatif peut circuler sous forme d’étincelles entre une pointe en platine et une boule en laiton, mais que ce courant ne peut pas passer en sens inverse : de la boule à la pointe.
- 3° Villars a observé une propriété analogue dans les tubes de Crookes ayant deux électrodes de surfaces très différentes en étendue. La décharge cathodique se produit dans un sens et pas dans l’autre.
- 4° Cooper Hewett a utilisé un autre phénomène en remarquant que le courant possède plus de facilité pour passer d’une électrode de fer à une électrode de mercure que pour passer d’une électrode de mercure à une électrode en fer.
- Ces diverses remarques, contrôlées par un grand nombre de savants,
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- sont en réalité de même ordre, et les combinaisons auxquelles elles ont donné naissance ont naturellement beaucoup de points communs.
- C’est ainsi que le transformateur de M. Pollak est basé sur l’emploi de 4 soupapes à plaques d’aluminium et de plomb plongées dans une solution acide de phosphate de potasse, et que celui de M. de Faria est également constitué par 4 soupapes ayant leurs électrodes en aluminium et en plomb, mais avec du phosphate de sodium comme électrolyte.
- L’appareil Nodon, dont il a été beaucoup parlé, est composé aussi de quatre soupapes formées chacune d’un tube en fer renfermant une solution saturée de phosphate d’aluminium dans laquelle plonge un cylindre en alliage d’aluminium et de zinc.
- L’appareil Cooper Hewitt à électrodes fer et mercure a été adopté par la Cie Westinghouse, et a reçu beaucoup d’applications pour la charge à forte intensité des accumulateurs.
- En dehors de ses observations sur les tubes Crookes, M. Villars a combiné un interrupteur qui a pour principal organe une lame vibrante en fer placée entre les branches d’un aimant permanent. Cette lame porte un prolongement en nickel qui plonge dans un godet de mercure. Une bobine magnétisante traversée par une faible dérivation donne à la lame une aimantation alternative de sorte qu’elle est attirée tantôt par un pôle, tantôt par l’autre pôle de l’aimant permanent, ce qui amène des ruptures successives. Ces ruptures ont toujours lieu sur les alternances de meme parité, c’est-à-dire sur des courants de même sens.
- Dans un autre ordre d’idées, M. Blondel a combiné un appareil produisant du courant continu au moyen de courant alternatif. Cet appareil consiste en un interrupteur à jet de mercure mû par un moteur synchrone. Le jet de mercure ferme le circuit d’utilisation pendant la durée d’une alternance; l’autre alternance n’est pas utilisée.
- Nous pouvons maintenant parler de l’appareil Soulier en lui assignant la place qui lui convient parmi les transformateurs et les séparateurs qui précèdent. Le croquis ci-dessous (lig. 1) le montre en fonction. A gauche, se trouve une prise de courant; à droite, l’accumulateur double à charger, et, au milieu, la soupape à vibreur, qui constitue, à elle seule, l’invention de M. Soulier.
- 11 faut remarquer tout d’abord que l’inventeur n’a pas cherché à résoudre le problème complet de la transformation du courant alternatif,
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- pour toutes sortes d’applications. Son objectif, plus modeste s’est limité, ainsi que nous l’avons déjà expliqué, à combiner un appareil pouvant, charger des accumulateurs d’allumage, avec le courant alternatif biphasé dont beaucoup de villes sont dotées.
- La soupape, résultat de ses recherches, ne comporte ni électrodes, ni aucun liquide :
- Elle se compose (fig. 2) de deux parties distinctes, savoir :
- 1° Un transformateur de tension ;
- 2° Une plaque vibrante de séparation d’ondes.
- Le transformateur a pour but d’approprier la tension du réseau à celle
- Courant Alternatif -''nOvolts
- Soupape électrique
- Accumulateur
- Fig. 1. — Séparateur de M. Soulier.
- de l’accumulateur ou des accumulateurs à charger. Il est constitué par un anneau en tôles de fer doux sur lequel sont bobinés, à la façon de l’anneau Gramme, deux enroulements distincts : l’un à fil fin, qui reçoit le courant du réseau, l’autre à gros fil calculé pour donner la tension nécessaire au chargement des accumulateurs (6 à 7 volts pour le cas des éléments doubles d’allumage).
- La lame vibrante, mise en mouvement par le courant alternatif qui traverse le gros fil du transformateur, vient, à chaque instant, rencontrer un contact isolé qui interrompt le circuit et empêche de passer une onde sur deux. La série des ondes qui passent est toujours de même sens et forme le courant continu nécessaire à la charge des accumulateurs. L’autre série arrêtée par la lame vibrante est sans objet. L’appareil Soulier est donc un séparateur et non un transformateur des courants. Il ne peut donner de bons résultats qu’à la condition expresse de n’avoir pas d’étincelles aux
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- contacts de la lame vibrante; et, comme ces étincelles naissent naturellement à toutes les ruptures'du courant, il est nécessaire de les supprimer au fur et à mesure de leur production.
- L’inventeur est parvenu à ce résultat en introduisant le vibrateur dans l’intérieur de l’anneau Gramme, et en le plaçant de telle sorte que le soufflage magnétique, dû aux variations de champ, agisse comme un véritable ventilateur sur les contacts de la lame vibrante.
- Le soufflage dû aux variations de champ est un fait connu ; son appli-
- Courant
- + alt-ernxitif' —
- Fig. 2. — Schéma du séparateur de M. Soulier. F lame vibrant sous l’action de l’un des pôles de l’électro-aimant YZ, dépolarisé à chaque passage d’une onde négative, par exemple, du courant alternatif auquel la bobine dépolarisante E est reliée en m n, et ne laissant ainsi passer, par son contact C, que des courants positifs dans le circuit p B F G q de chargement de l’accumulateur r. Les bobines Y Z sont excitées par une dérivation s r de ce courant positif. K, condensateur empêchant les étincelles en C. V, vis de réglage des vibrations de F.
- cation à un appareil industriel ne constitue pas moins une innovation intéressante.
- Le courant circulant dans le transformateur en fonction crée des lignes de force qui, se dérivant à l’intérieur, occasionnent un mouvement rapide de l’air dans cette région, et l’on comprend que l’air en mouvement souffle automatiquement les étincelles de la même manière qu’a-
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- gissait le soufflage direct sur les collecteurs des anciennes dynamos Thomson-Houston.
- Dès qu’on a trouvé une position convenable pour le séparateur Soulier, on le fixe solidement, et il n’est nul besoin de modifier cette position, car le soufflage s’opère toujours dans la même direction et avec la même intensité.
- Il est facile de se rendre compte du phénomène provenant des variations dans le champ magnétique. Il suffit pour cela de disposer au-dessus de l’appareil un bloc de fer suffisamment lourd pour produire une dérivation des lignes de force du transformateur; on voit naître alors une grande quantité d’étincelles autour de la lame vibrante, étincelles qui disparaissent instantanément lorsqu’on retire le bloc de fer.
- Depuis un an, nous faisons usage d’une soupape de M. Soulier pour charger deux accumulateurs de 40 ampères de capacité. Nous avons répété notre expérience environ une fois par semaine, sans que rien ne soit venu troubler le parfait fonctionnement de l’appareil. Le débit est d’environ 5 ampères sous 6 volts. La dépense est de 0 fr. 12 l’heure (le prix du kilowatt-heure étant de 1 fr. 30).
- Comme toutes les soupapes de transformation, celle de M. Soulier a un faible rendement, mais l’emploi en étant limité aux très petites puissances cela n’a pas grande importance.
- Tout récemment, M. Soulier a combiné deux autres modèles : l’un pour charger 10 accumulateurs en tension et l’autre pouvant en charger 15-. Sans aucun doute, ces modèles fonctionneront dans d’aussi bonnes con-, ditions que le premier.
- En résumé, la soupape à lame vibrante inventée par M. Soulier, pour charger les accumulateurs au moyen de courants alternatifs, est simple et très pratique.
- Votre Comité des Arts économiques vous propose de remercier M. Soulier de sa communication et d’ordonner l’insertion de ce rapport au Bulletin de la Société, avec les figures qui s’y rapportent.
- Lu et approuvé en séance, le 8 février. 1901. .
- Signé : Hippolyte Fontaine, rapporteur.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Rateau, au nom du Comité des Arts mécaniquesr sur la suspension pneumatique RP de M. Patoureau.
- La suspension élastique des véhicules automobiles doit être particulièrement bien étudiée pour éviter que les chocs sur les roues, dus aux dénivellations ou obstacles de la route, ne se transmettent avec grande intensité au châssis. Dans les voitures de vitesse, relativement légères, cette suspension est réalisée de la manière la meilleure d’abord par les bandages pneumatiques autour des roues, et ensuite par les ressorts métalliques à lames interposés entre les essieux et le châssis. Par une déformation locale de l’enveloppe, les bandages pneumatiques permettent de franchir de petits obstacles, sans déplacement sensible des essieux; les ressorts métalliques interviennent dans les dénivellations plus importantes.
- . Ce sont les bandages pneumatiques qui ont permis les grandes vitesses auxquelles nous sommes aujourd’hui habitués. Sans eux, les trépidations et les chocs transmis au châssis seraient extrêmement désagréables pour les personnes, et même très nuisibles pour les organes mécaniques de la voiture.
- Cependant la suspension ne devient parfaite qu’avec l’adjonction d’un troisième organe, Y « Amortisseur », qui joue un rôle important lorsque, au passage d’une dénivellation un peu forte, le fléchissement des ressorts est considérable. Il se produit alors, nécessairement, par la réaction des ressorts, un rebondissement violent du châssis et de la caisse, et une suite d’oscillations qui s’éteignent généralement assez vite, mais qui pourtant peuvent s’exagérer dans le cas où, les dénivellations se répétant à de courts intervalles, le phénomène de résonance se produit. C’est pour remédier à cet inconvénient que l’on a, dans ces dernières années, imaginé et employé les amortisseurs, sorte de freins qui gênent les mouvements relatifs des essieux et du châssis, en absorbant plus ou moins rapidement (par des frottements de corps solides ou de liquides) le travail de déforma-
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- ARTS MÉCANIQUES. — FÉVRIER 1907.
- lion des ressorts. Avec ces amortisseurs, on doit alors employer des ressorts très flexibles.
- Pour les voitures de tourisme, marchant à grande vitesse, presque toujours au delà de&30 kilomètres'^ l’heure, la combinaison de ces trois organes : bandages pneumatiques, ressorts métalliques très flexibles,
- Fig. 1. — Suspension Paloureau. C, châssis; M, main; A, anneau; R, bague en bronze; P, plateau; !(E, écrou;*B P, amortisseur; D, plateau de déformation; T, Tige; J, jumelles; R, ressort.
- amortisseurs, donne, au point de vue de la douceur de la suspension, sinon à celui de l’économie, une solution parfaite.
- Mais, à côté de ces voitures de vitesse, existe la classe des véhicules industriels (omnibus, camions, tramways, etc.), pour lesquels les suspensions' flexibles ne sont pas pratiquement possibles, particulièrement en ce qui concerne les pneumatiques dont l’usure et les frais d’entretien seraient hors de proportion avec ce que peut tolérer une exploitation industrielle. .De plus, pour ces véhicules lourds, spécialement destinés à transporter de
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- SUR LA SUSPENSION PNEUMATIQUE BP.
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- lourdes charges, le poids total varie avec la charge dans des proportions importantes, et les ressorts, calculés nécessairement en vue de la plus forte charge, donnent des réactions relativement dures à vide, ou meme aux charges réduites.
- C’est spécialement pour améliorer la suspension des véhicules industriels munis de bandages non pneumatiques, que M. J. Patoureau a imaginé et appliqué ce qu’il appelle « les Amortisseurs pneumatiques BP ».
- Ce sont, comme nous allons le voir, des coussins pneumatiques que l’on monte aux extrémités des ressorts à lames, et dont la flexibilité s’ajoute à celle de ces ressorts, Ces amortisseurs pneumatiques ne sont pas, à proprement parler, du même genre que les amortisseurs freins employés pour les véhicules rapides. Ce sont simplement des ressorts à air. La figure 1 ci-contre fait comprendre la disposition de M. J. Patoureau. Chacun des amortisseurs se compose de trois parties principales :
- 1° Un plateau circulaire en acier mince embouti P dans lequel vient se loger le pneumatique BP. Sur ce plateau, appuie la menotte M du châssis C.
- 2° Un pneumatique BP, constitué par une chape en caoutchouc entoilée à talons, analogue aux enveloppes des bandages pneumatiques. Cette chape a la forme d’un tore aplati du côté où il s’appuie sur le plateau P. Dans son intérieur, est logée une chambre à air en caoutchouc rouge, munie d’une valve identique à celle des bandages pneumatiques.
- Ce tore pneumatique, dont les dimensions varient avec la charge à supporter, est la partie déformable de l’appareil.
- 3° Un plateau circulaire de déformation D, en acier, de forme appropriée, dont la fonction est de pénétrer dans le coussin pneumatique et de le déformer d’une façon rationnelle. Ce plateau est relié à l’extrémité du ressort par la tige de suspension T, qui passe dans le trou ménagé au centre du tore, et par les jumelles J.
- Le coussin pneumatique est analogue aux bandages des automobiles, mais il travaille sur plat au lieu de travailler sur champ ; cette disposition procure une grande surface d’appui, capable de supporter de grands efforts avec des dimensions relativement faibles. Le coussin se calcule suivant le poids P à supporter, en écrivant que ce poids P est égal à la surface de la section horizontale du tore multipliée par la pression de l’air à l’intérieur de la chambre, pression qui est pratiquement comprise entre 4 et 5 kilogrammes par centimètre carré.
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- La flexibilité des coussins pneumatiques est due à ce que le plateau de déformation pénètre plus ou moins profondément dans l’enveloppe, laquelle prend, dans la partie inférieure, en contact avec le plateau de déformation, un profil tel que ANB (fig. 2 et 3). Comme, dans cette déformation, les différents points de l’enveloppe restent à peu près à la même distance de l’axe du coussin, il n’y a pas tendance au déchirement de cette enveloppe.
- Si la charge ou l’effort exercé sur l’appareil augmente, le plateau pénètre plus profondément, ce qui réduit la capacité de la chambre à air et augmente la pression de l’air. Le contraire se passe quand l’effort diminue. Pratiquement, le déplacement relatif du plateau de déformation dans l’en-
- Fig. 2.
- veloppe est limité, dans les plus grandes oscillations, à 20 millimètres environ, ce qui a été reconnu suffisant.
- Ces amortisseurs pneumatiques jouent, comme on voit, le même rôle que les ressorts à lames dont ils augmentent très notablement la flexibilité. Toutefois, l’inventeur revendique pour eux un avantage résultant de ce que la flexibilité de ces ressorts à.air est toujours bien proportionnée à la charge supportée. En effet, lorsque la charge diminue, il en est de même de la pression à l’intérieur de la chambre à air, tandis que le volume de celle-ci augmente. La flexibilité, qui est proportionnelle au volume de; l’air emprisonné, augmente donc quand la charge diminue, ce qui rend la suspension plus douce. Il n’en va pas de même avec les ressorts métalliques, dont la flexibilité est constante, et par conséquent indépendante de la charge.
- 11 faut un amortisseur pneumatique à chaque extrémité de ressort. Pour en munir les 4 ressorts de suspension d’une voiture à 2 essieux, il
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- SUR LA SUSPENSION PNEUMATIQUE BP.
- faut donc 8 amortisseurs. Le prix total de la suspension pneumatique est actuellement assez élevé parce qu’on doit employer, pour la fabrication de
- Fig. 3. — Suspension Patoureau pour essieu portant de 2 000 à 4 000 kilogr. (Échelle 1/2.
- ces enveloppes de petit diamètre et des chambres, du caoutchouc du première qualité. Mais l’entretien est extrêmement réduit. D’après les renseignements que nous avons recueillis auprès de ceux qui ont utilisé
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- cette suspension, les enveloppes durent au moins une année et les chambres à air n’ont besoin d’être changées que de loin en loin. Enfin, ces chambres à air restent gonflées de longs mois. De temps à autre, il suffît de les regonfler à une pression qui doit être réglée de façon que, à vide, les plateaux de déformation pénètrent légèrement dans les pneumatiques. Nous citerons notamment ce que la Société anonyme du Louvre a bien voulu nous dire sur notre demande.
- Cette Société a en service deux voitures de livraison garnies depuis une année, aux essieux arrière, des ressorts pneumatiques du système Patoureau. Ces voitures pèsent 2200 kilogr. en charge, et leur vitesse ne dépasse guère 30 kilomètres à l’heure. Les chambres à air, seules, ont été changées une fois depuis la mise en fonctionnement des amortisseurs. Bien que les roues arrière soient garnies de bandages en caoutchouc plein, les amortisseurs donnent à la voiture une suspension presque aussi douce que lorsque les roues étaient montées sur bandage pneumatique. Le résultat économique est donc d’éviter la dépense considérable de pneumatiques sur les roues d’arrière, à laquelle on substitue la dépense d’entretien des bandages pleins, laquelle n’est guère que le .tiers de celle des pneus.
- En résumé, nous estimons que les amortisseurs pneumatiques imaginés par M. J. Patoureau, et qui nous sont soumis, constituent un utile perfectionnement à la suspension élastique des véhicules. Particulièrement applicables aux voitures relativement lourdes et à faible vitesse, ils assurent une douceur de suspension satisfaisante, tout en évitant l’emploi des bandages pneumatiques et en réduisant les frais d’entretien. Nous proposons en conséquence de remercier M. J. Patoureau de son intéressante communication, et demandons l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 8 février 1907.
- Signé : Rateau, rapporteur.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M. Toulon, au nom du Comité des Arts économiques, sur la machine a sténographier de M. Chambonnaud.
- M. Chambonnaud a présenté à notre Société les modèles de la machine à sténographier qu’il a inventée.
- Les machines à sténographier imaginées jusqu’à ce jour représentent en général les sons du langage par des signes particuliers. Par l’impression simultanée de plusieurs signes, il est possible de figurer une syllabe complète en frappant le clavier une seule fois et par suite d’écrire rapidement avec des indications conventionnelles.
- M. Chambonnaud s’est proposé de représenter les sons en langage clair avec les lettres ordinaires de l’alphabet. Pour y parvenir, il a d’abord étudié en détail et analysé les divers éléments phonétiques du langage articulé. Le nombre de ces éléments est toujours peu élevé. La langue française n’en comprend que 36 environ, qui se divisent en 20 articulations ou consonnes et 16 sons simples proprement dits ou voyelles.
- Si l’on considère les éléments qui composent une syllabe phonétique, par exemple frak du mot fraction, chacun d’eux remplit une fonction spéciale.
- f est l’articulation principale; a est le son principal, f et a sont les éléments les plus importants, la lettre r est moins nécessaire et modifie seulement l’articulation principale f. De même k modifie le son principal a.
- Ainsi certains éléments peuvent modifier l’articulation principale, M. Chambonnaud les appelle modifieurs antérieurs du postérieurs de l’articulation principale. De même le son principal peut être altéré par des éléments modifieurs antérieurs ou postérieurs. Si l’on appelle C l’articulation principale, Y le son principal, C', C", C4 et C2les éléments modifieurs,
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- une syllabe phonétique complète comprendra un maximum de six éléments, et sera représentée par :
- C'CC" CjVC^
- Par une analyse patiente, M. Chambonnaud a reconnu que pratiquement, en raison de la fréquence relative de chaque groupe, la presque-totalité des syllabes phonétiques pouvait être figurée' par le groupe :
- CC^VC,
- Pour écrire à l’aide d’une machine une syllabe à chaque.frappe, il suffira donc de pouvoir imprimer simultanément quatre caractères au maximum.
- Au début de ses études, M. Chambonnaud avait songé à l’adoption de caractères spéciaux pour les sons simples particuliers tels que, par exemple, en français ch, ill, gn, an, on, an, en, in, un. Mettant à profit les travaux de Paul Passy et Itambaud (en France), de Sweet (Angleterre), de Victor (Allemagne), de Jespersen (Danemark), de Viannor (Portugal), M. Chambonnaud avait créé un alphabet spécial qui présentait l’inconvénient grave de conduire à une écriture sténographique nouvelle, à une sorte de cryptographie lisible seulement pour les initiés.
- Pour éviter ces objections et pour parvenir à écrire dans un langage phonétique qui puisse être compris à la lecture sans apprentissage spécial, M. Chambonnaud a déterminé avec soin l’ordre dans lequel il convient de ranger les caractères et leur mode de groupement, afin de pouvoir représenter en frappant une seule, fois simultanément plusieurs touches du clavier la presque-totalité des syllabes phonétiques complètes d’une langue donnée.
- C’est en s’appuyant sur ces principes que M. Chambonnaud a imaginé les dispositions d’une machine à sténographier en langage clair avec des caractères d’impression ordinaire.
- La machine comprend (fig. 1) 16 touches principales disposées comme les touches d’un clavier de piano. Les 8 touches de droite sont actionnées par la main droite, et les 8 de gauche par la main gauche. Chaque moitié du clavier forme deux groupes, l’un de 6 leviers, l’autre de 4, qui correspondent chacun à une sorte de petite machine à écrire distincte. 11 y a donc au total quatre groupes de touches, contenant chacun respectivement 6, 4,4 et 6 touches; les deux groupes de 4 touches sont au centre de l’appa-
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- LA MACHINE A STÉNOGRAPHIER
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- rcil, et chaque touche correspond au levier qui permet de projeter le porte-caractères sui la bande de papier à imprimer. Suivant la méthode fréquemment appliquée dans les machines à écrire, l’extrémité de chaque levier imprimeur porte deux caractères différents; l’un de ces deux caractères est imprimé lorsqu’on frappe sur la touche correspondante; le second caractère remplace le premier, si l’on frappe en même temps une touche supplémentaire spéciale. Quatre touches supplémentaires sont placées devant l’appareil; chacune d’elles correspond à l’un des groupes de leviers.
- Fig. 1.
- Pour obtenir l’impression de l’un ou de l’autre des caractères placéstà l’extrémité de chaque levier, M. Chambonnaud a imaginé un mécanisme simple et ingénieux. Chaque levier correspondant à l’une des 20 touches principales, et actionne l’un des côtés d’un parallélogramme articulé mobile autour de deux axes, dont l’un est fixe et dont l’autre peut se déplacer par un mouvement de glissement. Suivant la position occupée par ce dernier axe, l’impression est produite par l’un ou l’autre des deux caractères placés à l’extrémité de l’un des côtés mobiles du parallélogramme. La figure indique comment cette disposition est réalisée. La
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — FÉVRIER 1907.
- touche supplémentaire pour le changement de caractères déplace les axes mobiles par un système de leviers.
- L’ensemble des parallélogrammes est réparti sur un berceau avec des plaques de guidage pour les tiges. Chacun des quatre groupes de tiges aboutit à, un point d’impression différent afin de pouvoir obtenir immédiatement l’impression de quatre caractères. Les caractères viennent frapper une bande de papier qui se déroule longitudinalement, comme dans les appareils télégraphiques.
- Des dispositions spéciales sont prises pour éviter que deux caractères d’un même groupe puissent être actionnés en même temps.
- L’encrage est effectué à l’aide d’un ruban par un artifice très simple, le sens de l’enroulement du ruban est changé automatiquement lorsque tout le ruban a été déroulé.
- Dans une machine à sténographier, qu’il faut pouvoir utiliser à reproduire des discours, il importe que les mouvements du mécanisme soient absolument silencieux. M. Chambonnaud y est parvenu en disposant des bandes de feutre sur divers points ; l’emploi de son appareil n’exige que des efforts très réduits et ne produit aucun bruit gênant.
- M. Chambonnaud a exécuté deux modèles qui ne diffèrent entre eux que par la position relative des diverses parties de l’appareil. Dans leur ensemble, ces machines sont bien étudiées, leur mécanisme est silencieux; la répartition des caractères dans les différents groupes, répartition qui est la base même de l’invention, est bien étudiée et paraît logiquement conçue pour résoudre le problème que s’est posé l’inventeur et sténographier avec les caractères ordinaires en un langage suffisamment clair pour être compris par tous les lecteursv
- Il convient d’ajouter que M. Chambonnaud n’a pas encore réalisé la construction industrielle de la machine qu’il a imaginée; c’est seulement par la pratique qu’il sera possible de juger exactement la valeur des avantages de cette invention.
- En résumé, les modèles établis par M. Chambonnaud donnent une solution nouvelle pour sténographier avec une machine en langage clair. Les principes sur lesquels est conçue l’invention résultent d’une analyse patiente et logiquement conduite des éléments phonétiques d’une langue.
- La réalisation mécanique est simple et paraît bien appropriée au but cherché par i’inventeur.
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- LA MACHINE A STÉNOGRAPHIER.
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- Votre Comité des Arts économiques estime que les études faites par M. Chambonnaud et les modèles de machine qu’il a fait construire pour sténographier en langage clair méritent d’être signalés à votre attention. Il vous propose de féliciter M. Chambonnaud pour la persévérance et le succès de ses efforts dans la réalisation du modèle de la machine à sténographier qu’il a inventée. Votre Comité des Arts économiques vous demande l’insertion du présent rapport avec la figure qui l’accompagne au Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le S février 1907.
- Signé: P. Toulon, rapporteur.
- Tome 109. — Février 1907.
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- ARTS CHIMIQUES
- Compte rendu des progrès réalisés dans l’industrie des parfums et des huiles essentielles, par MM. A. Haller et H. Gault.
- Depuis la publication de nos derniers articles (1) dans le Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, l’étude et l’industrie des huiles essentielles et des parfums ont pris communément un essor considérable. Les recherches théoriques d’un grand nombre de chimistes ont permis, selon les conditions économiques et les tendances de leurs pays d’origine, de développer également la fabrication des essences naturelles et synthétiques, et c’est ainsi que, malgré les progrès réalisés depuis quelques années dans le domaine de la chimie organique et, partant, dans la préparation des parfums artificiels, les améliorations judicieuses apportées à la culture et au traitement des plantes aromatiques ont su, partout où la concurrence semblait devoir être possible, maintenir à un degré constant de prospérité l’industrie parallèle des essences naturelles.
- Les statistiques commerciales nous donnent en effet la preuve que, dans la plupart des cas, une égale progression se manifeste dans l’une et l’autre branche, et les réflexions que nous suggérait dans un de nos précédents rapports (2) la constatation de ce double développement demeurent vraies : « L’infériorité manifeste des composés artificiels ne s’oppose en aucune façon à leur emploi, quand l’industrie peut les livrer à des conditions plus avantageuses que leurs similaires naturels. Seuls, les délicats s’adresseront encore à ces derniers, mais la grande masse du public, par les habitudes de luxe qu’elle contracte peu à peu, aura toujours une préférence marquée pour les articles qu’elle peut se procurer à meilleur compte. La popularité dont jouissent les parfums à la vanille, à l’héliotrope, au lilas, à la violette, au musc, tient uniquement à ce que la vanilline, l’héliotropine, le terpinéol, le lilas, l’ionone et le musc artificiel ont été mis à la portée des bourses les plus humbles, grâce aux recherches scientifiques dont ces principes ont été l’objet. Ces recherches ont eu au début pour
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, 1897, p. 14, 356; .1898, p. 150, 293.
- (2) A. Haller, les Industries chimiques et pharmaceutiques (Gauthier-Villars), t. II, p. 222.
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- l’industrie des parfums et des huiles essentielles.
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- première conséquence rintroduction, dans le champ de l’activité industrielle, des procédés synthétiques qui ont permis de les reproduire et, dans la suite, l’émulation entre hommes de science et fabricants aidant, des synthèses nouvelles qui ont amené graduellement les perfectionnements de l’heure présente. Mais il n’en reste pas moins vrai que si les produits artificiels ont une clientèle beaucoup plus étendue et s’adressent à une certaine couche sociale, les produits naturels continueront toujours à former la base de la parfumerie fine, réservée 4 ceux qui demandent à ces articles de luxe les qualités d’harmonie dans les odeurs, qui sont l’apanage exclusif des mélanges complexes qu’élabore la nature. »
- Comme par le passé, nous nous proposons de passer en revue, dans ce travail, les recherches effectuées sur les différentes huiles essentielles déjà connues et d’en décrire les propriétés et les principales utilisations nouvelles. Nous signalerons de même les travaux récents qui ont permis de découvrir un grand nombre d’essences, en mentionnant les tentatives faites en vue d’en établir la constitution et d’en déterminer les propriétés caractéristiques.
- Avant d’entreprendre toutefois cette description systématique, nous consacrerons quelques lignes aux ouvrages récents ayant trait à l’étude ou à l’industrie des huiles essentielles et, après avoir résumé aussi brièvement que possible un assez grand nombre de recherches concernant les principes constitutifs qui confèrent aux essences leur pouvoir odorant, nous passerons rapidement en revue les travaux effectués sur l’origine et le développement de ces essences, et sur celles de leurs fonctions qui se distinguent par leur caractère de généralité.
- • LITTÉRATURE
- Gomme dans les périodes précédentes, la littérature chimique concernant les parfums et les huiles essentielles s’est enrichie d’un grand nombre de publications et de traités nouveaux.
- Nous avons été particulièrement heureux d’enregistrer l’apparition d’un bulletin semestriel publié sous les auspices d’une des plus importantes maisons françaises de parfums et d’essences. La très intéressante monographie périodiquement éditée par la maison Rourc et Bertrand depuis l’année 1900 comble en effet une fâcheuse lacune de notre industrie, devancée depuis longtemps déjà dans cet ordre d’idées par l’industrie étrangère. Le Bulletin Roure et Bertrand est divisé en deux parties, traitant respectivement des travaux scientifiques concernant les essences et leurs principes constitutifs, et des renseignements industriels ou commerciaux relatifs à la fabrication des parfums naturels ou artificiels.
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- Comme par le passé, la maison Schimmel et Cie, à Leipzig, continue la publication de son Bulletin semestriel sur l’importance et l’intérêt duquel nous avons eu à maintes reprises l’occasion d’attirer l’attention des chimistes et des industriels. La maison Hœnsel de Pirna va plus loin et envoie trimestriellement à ses clients un Bulletin dont la valeur scientifique n’atteint toutefois pas celle de sa concurrente de Leipzig. Nous mentionnerons encore d’une part l’étude que, en collaboration avec M. Held, nous avons publiée dans le deuxième supplément du dictionnaire de Würtz-Friedel et qui fait suite aux articles parus antérieurement dans le même ouvrage, et d’autre part notre Rapport sur les arts chimiques et pharmaceutiques, ainsi que celui deM. Darzens sur la parfumerie à l’Exposition de 1900.
- En ce qui concerne les traités d’ensemble parus depuis 1899, nous signalerons spécialement ceux de MM. Charabot, Dupont et Pillet (1), et de MM. Gildemeister et Hoffmann (2). Bien connus de tous les chimistes, l’un et l’autre se recommandent par leur extrême clarté, ainsi que par l’abondance et l’intérêt des sujets qui s’y trouvent successivement étudiés. Nous rappellerons également les ouvrages de M. Charabot (3), sur les « Parfums artificiels » et de M. Klimont (4), Uber die synthetische und isolirten Aromatica.
- Plus récemment, M. le professeur Pond de Philadelphie a publié une traduction anglaise, considérablement augmentée, de l’ouvrage de Heusler sur les Terpènes, tandis que M. O. Aschan a fait une monographie très complète de tout le groupe des composés terpéniques.
- Enfin, M. Semmler (5) publie en ce moment un traité nouveau intitulé : Les Huiles essentielles, d’après leur composition chimique et en tenant compte des développements historiques. Nous reviendrons sur cette importante publication quand elle sera complète.
- DÉTERMINATION ET DOSAGE DES PRINCIPES CONSTITUTIFS d’üNE HUILE ESSENTIELLE
- Indépendamment des procédés spéciaux de détermination et de dosage qui, dans certains cas, s’appliquent uniquement à des principes bien définis et caractéristiques des huiles essentielles, il existe un certain nombre de moyens généraux d’investigation, susceptibles d’être étendus à tous les éléments possédant des fonctions chimiques identiques ou voisines.
- Nous allons résumer brièvement les tentatives, plus ou moins heureuses,
- (1) Librairie polytechnique. Ch. Béranger, éditeur.
- (2) Édité par la maison Schimmel. Leipzig.
- (3) J.-B. Baillière et fils. Paris.
- (4) J. Klimont. Vienne, 1899.
- (5) Die âtherischen Ole, nach iliren chemischen Bestanclteilen unter Berücksichtigung der geschichtlichen Entwickelung. Leipzig, 1905. Veit et C°.
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- faites depuis quelques années en vue de perfectionner les méthodes connues ou d’en créer de nouvelles.
- DOSAGE DES ÉLÉMENTS OXYGÉNÉS DANS LES HUILES ESSENTIELLES
- Un des points les plus importants de la chimie des huiles essentielles réside dans la détermination des éléments oxygénés qui en constituent les principes odorants dans la grande majorité des cas. Il n’existe pas dans ce sens de méthodes rigoureuses d’investigation *et la complexité de composition des essences, laisse entrevoir combien le problème est en effet difficile à résoudre.
- M. Duyk (1) avait proposé d’utiliser la propriété déjà connue que possèdent les solutions aqueuses de salicylate de sodium, de dissoudre, en donnant une solution limpide, les composés oxygénés des huiles essentielles. Le maximum de solubilité semble être atteint avec une solution à 50 p. 100 de salicylate de sodium (d = 1,240). M. Duyk, après avoir dissous 1 cc. de la substance à étudier, alcool, aldéhyde, cétone ou phénol, dans 4 cc. de la solution de salicylate, ajoutait goutte à goutte de l’eau distillée, jusqu’à ce qu’il se produisît un trouble permanent. Il constata tout d’abord que les carbures terpéniques, à peu près insolubles dans ces conditions, se séparent assez facilement des composés oxygénés qui peuvent eux-mêmes se ranger en deux classes suivant leur solubilité.
- La première classe (composés très solubles) comprend les alcools, les aldéhydes, les cétones, les phénols et le cinéol.
- La deuxième classe (composés peu ou pas solubles) comprend les alcools sesquiterpéniques, les dérivés phénoliques et les éthers du bornéol, du géra-niol, du linalool et du menthol.
- MM. Charabot et Hébert (2) avaient de même employé ce procédé dans leurs recherches sur le mécanisme de l’éthérification chez les plantes. Ils utilisaient à cet effet un appareil analogue au tube de Rose. Or, il ressort des travaux de MM. Darzens et Armingeat (3) et des recherches effectuées dans les laboratoires Schimmel (4), que cette méthode ne présente aucune exactitude et qu’il est impossible d’accorder aucun crédit aux résultats obtenus dans son emploi.
- DOSAGE DES ALCOOLS ET DES PHÉNOLS
- MM. Yerley et Boelsing (5) proposent, pour doser les alcools et les phénols, et spécialement l’eugénol dans l’essence de girofle, d’effectuer l’éthérification au
- (1) Bull, de VAcad. roy. de Méd. de Belgique, 1899. Ann. de Pharm., 5.
- (2) Bull. Roure et Bertrand, oct. 1901, 4 et 13.
- (3) Bull. Soc. chim., III, 25 1901, 1053.
- (4) Bull. Schimmel, oct. 1902, 77.
- (5) Ber., 34 (1901), 3 354. ...
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- moyen d’anhydride acétique en présence de pyridine. Ils opèrent de la façon suivante : ils mélangent 120 gr. d’anhydride acétique et 880 gr. de pyridine. Ils chauffent 1 à 2 gr. du produit renfermant l’alcool ou le phénol à doser, pendant 15 minutes avec 25 cc. du mélange anhydride acétique et pyridine. Ils ajoutent 25 cc. d’eau et titrent l’acide en excès avec de la potasse 1/2 normale en présence de plitaléine.
- Cette méthode a naturellement été soumise à un grand nombre de vérifications. MM. Schimmel et Cie (1), tout en reconnaissant que MM. Yerley-Boelsing ont obtenu des résultats concordants dans un grand nombre de cas, rejettent leur procédé qui leur semble inférieur à celui d’Umney, modifié suivant leurs indications.
- M. Spurge (2) a comparé les différentes méthodes de dosage d’Umney-Schimmel, de Tom et de Verley en se bornant au cas particulier du dosage do l’Eugénol dans l’essence de girofle (voir Essence de girofle).
- DOSAGE DES PHÉNOLS
- M. Scliryver (3) utilise, pour le dosage des phénols dans une essence, la propriété que possède l’amidure de sodium NaNH2, de dégager sous leur influence une quantité d’ammoniac déterminée que l’on peut titrer à l’aide d’une liqueur normale d’acide sulfurique.
- Il exprime le résultat en pour 100 du phénol considéré ou, dans le cas d’une essence inconnue, en hydroxyle pour 100. Sous le nom d’indice d’hydroxyle, M. Schryver désigne le nombre de centimètres cubes d’acide sulfurique normal nécessaire pour neutraliser l’ammoniac dégagé par 1 gramme du produit. Pour les détails de la méthode, nous renvoyons au mémoire original.
- L’inconvénient de ce procédé réside dans ce fait que l’eau et les alcools décomposent également l’amidure de sodium. Il faut donc s’assurer que la substance a été convenablement desséchée et no renferme pas d’alcools terpé-niques. On remarquera d’ailleurs, en ce qui concerne l’eau, que par deux dosages effectifs successivement sur l’essence avant et après sa dessiccation à l’aide d’acétate de sodium, on peut déterminer à la fois les phénols et l’eau qui se trouvent dans une huile essentielle.
- Dans le cas d’une essence renfermant à la fois des phénols et des alcools ou des aldéhydes et des cétones, la méthode n’est plus applicable. Ce procédé utilisé pour l’essai des huiles essentielles aurait pu gagner beaucoup d’importance, s’il avait pu être employé à la recherche quantitative des alcools terpé-
- (1) Bull. Schimmel, avril 1903, 43.
- (2) Pharm. Journal, 70 (1903), 701, 7o7.
- (3) Journ. Soc. chem. Induslry, 18 (1899), n° C. — Bull. Schimmel, or.t. 1899, oi.
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- niques. Les essais de Schimmel (1) ont démontré que, dans tous les cas, les résultats sont erronés et sensiblement trop élevés, ce qui peut tenir à une réaction accessoire de l’amidure de sodium sur l’alcool, avec mise en liberté d’une quantité correspondante d’ammoniac. L’emploi de cette méthode doit donc se limiter exclusivement aux essences peu nombreuses constituées par des mélanges de phénols et de terpènes.
- M. Hesse (2) a publié un procédé de dosage des phénols qui consiste à dissoudre dans trois parties d’éther anhydre l’essence à analyser et à ajouter de la potasse alcoolique normale. En l’absence de phénols, aucun précipité ne se produit. Si, au contraire, l’essence contient des phénols ou des éthers salicyli-ques, ou des précipités de dérivés potassiques des phénols : on les recueille sur un filtre et on les lave à l’éther anhydre. Il suffit ensuite, soit de les décomposer par un acide, GO2 de préférence, soit de faire le titrage de l’alcali. Dans ce dernier il est recommandé de ne pas faire usage d’un trop grand excès de potasse.
- DOSAGE DES ALDÉHYDES ET DES CÉTONES
- Le problème d’un procédé général de dosage des aldéhydes ou des cétones est loin d’être résolu. Les méthodes préconisées jusqu’à ce jour, méthode au bisulfite, à l’hydroxylamine, à la phénylhydrazine, ne s’appliquent qu’à un nombre restreint d’aldéhydes ou avec une approximation insuffisante. Nous signalerons donc à propos de chaque aldéhyde caractéristique d’une essence les nouveaux procédés de dosage qui peuvent lui être spéciaux, en nous contentant de mentionner ici les recherches plus ou moins heureuses qui peuvent s’appliquer à la généralité des aldéhydes et des cétones.
- MM. Solclaini et Berte (3), et plus récemment MM. Kremers et Brandel (4), ont modifié les conditions expérimentales de la méthode au bisulfite depuis longtemps employée. Nous renvoyons pour les détails du dosage aux mémoires originaux, mais il ne semble pas que la précision obtenue soit sensiblement meilleure qu’avec le procédé primitif.
- M. Parry (5) a proposé, pour doser le citral, de le convertir en acide citryli-dènecyanacétique par l’action de l’acide cyanacétique (voir Essence de citron). MM. Schimmel (6), espérant généraliser cette méthode ont observé qu’un grand nombre d’aldéhydes se combinent à l’acide cyanacétique en donnant des produits de condensation probablement analogues à l’acide citrylidènecyanacé-
- (1) Bull. Schimmel, nov. 1904, 134.
- (2) Chem. Zeitschrift, 2 (1903), 403, 434, 404, 497, 534.
- (3) Bolletino chimico farmaceutico, 38 (1899), 537.
- (4) Pharm. Review, 22 (1904), 15, 72.
- (5) Chemist and Druggist, 56 (1900), 376.
- (6) Bull. Schimmel, oct. 1900, 26.
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- tique. Les cétones au contraire ne paraissent pas réagir sur l'acide cyanacé-tique, et ce fait pourrait peut-être devenir la base d’un procédé de séparation de ces deux classes de corps.
- M. Sadtler (1) préconise un procédé général do dosage des aldéhydes, vérifié d’autre part par MM. Kremcr et Brandel(2). Par action du sulfite neutre de soude sur le citral, il se forme de l’acide citraldiliydrosulfonique avec élimination de soude caustique qu’il suffit de titrer. Cette méthode s’appliquerait non seulement aux aldéhydes cycliques ou acycliques non saturées, mais encore à certaines cétones, en particulier la carvone.
- M. Burgess (3) a modifié très heureusement ce procédé, en le rendant exclusivement volumétrique. Ses essais ont porté sur toute une série d’aldéhydes et de cétones. Nous renvoyons pour les détails de la méthode aux mémoires originaux ou aux Bulletins Schimmel (k).
- Enfin MM. Schimmel (5) ont vérifié les résultats de M. Burgess dans la plupart des cas, sauf en ce qui concerne les aldéhydes benzoïque, anisique et cumi-nique qu’ils n’ont pas réussi à doser avec une approximation suffisante par ce procédé.
- ÉTUDE DE QUELQUES - PRINCIPES CONSTITUTIFS DES ESSENCES
- Alcools terpéniques. — L’importance de ces alcools, ainsi que celle de leurs dérivés éthérés, va sans cesse en augmentant à mesure que leur étude se complète. Il est toutefois utile de rappeler que ce sont principalement les alcools acycliques qui ont été l’objet de nouvelles recherches depuis la publication de notre dernier travail.
- Tous les chimistes qui se sont occupés de ces alcools dans ces dernières années sont maintenant à peu près d’accord sur l’existence, d’une part de deux alcools acycliques de formule C10HJ8O (géraniol et linalool), et d’autre part d’un alcool C10H2oO, le citronellol. L’alcool "contenu dans les 'différentes essences de roses et de géranium ne serait pas identique, ainsi qu’un très grand nombre de chimistes l’avaient affirmé, à l’alcool obtenu par réduction du citro-nellol. MM. Barbier et Bouveault ont de tout temps conclu à l’existence d’un alcool différent qu’ils ont appelé : rhodinol, et tout récemment, comme nous le verrons d’ailleurs ultérieurement, cette hypothèse semble avoir encore gagné «du terrain.
- L’extrême confusion qui régnait au début à propos des alcools terpéniques
- (1) American Journal. Pharm., 76 (1904), 84
- (2) Pharm. Review, 22 (1904), 15, 72.
- (3) The Analyst, 29 (1904), 78.
- (4) Bull. Schimmel, nov. 1904, 125.
- ,(5) Ibid., av. 1905, 105.
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- a donc peu à peu disparu. Des recherches effectuées à différentes époques ont en effet permis d’établir qu’un grand nombre de produits réputés nouveaux, et d’ailleurs plus ou moins bien caractérisés, se confondent avec des éléments déjà connus. C’est ainsi que le rhodinol de MM. Erdmann et Huth est identique au géraniol, tandis que le réuniol de Hesse se confond au contraire avec le citro-nellol. Le licarhodol de MM. Barbier et Bouveault contient du géraniol; selon MM. Schimmel et Cie, il serait constitué par un mélange d’environ 85 p. 100 de géraniol et 15 p. 100 de terpinéol.
- Le nom de géraniol donné, en 1871, par Jacobsen (1) à l’alcool C10H180 découvert par lui dans l’essence de géranium turque de Palmarosa (Antropogon Schoenanthus, Graminées), a été adopté par Tiemann et ses collaborateurs (Semmler, Kruger, Schmidt), par MM. Reychier, Charabot, Dupont, A. Haller, les chimistes de la maison Schimmel : MM. Bertram et Gildemeister, etc. Il se confond avec le lémonol (2) de MM. Barbier et Bouveault, est aussi contenu dans le licarhodol des mêmes auteurs et est identique avec le rhodinol de MM. Erdmann et Huth (3), et de M. Polack (4).
- Le nom de linalool a été attribué à l’alcool trouvé par Morin (5) dans l’essence de linaloé. Le linalool est identique au licaréol droit isolé par M. Barbier (6) de l’essence de likari canali et avec le coriandrol ou licaréol gauche, extrait par le même auteur de l’essence de coriandre. Cette identité a d’ailleurs été reconnue plus tard, par MM. Barbier et Bouveault (7).
- Le citronellol, préparé pour la première fois par ’Dodge (8), caractérisé par MM. Tiemann et Semmler (9) dans les essences de géranium et de roses, est identique au réuniol de Naschold (10).
- Le rhodinol d’Eckart (11), et le roséol que Markownikoff et Reformatzky ont extrait des essences de roses sont des mélanges de citronellol et de géraniol (12).
- ch3—c=ch — gh2—ch2—c=ch — ch2oh
- I I
- ch3 ch3
- Le géraniol qui se trouve à l’état libre et sous forme d’éthers dans un très
- (1) Ann. Chem., 157, 232.
- (2) C. R., 116, 1200; 118, 1154.
- (3) Journ. fürprakt. Chem., 53, 42; 56, I.
- (4) Ibid., 56, 515. ' )
- (5) Ann. Chim. Phys. (5), 25, 427. '
- (6) C. R., 116, p. 883, 993, 1200, 1459, 1062.
- (7) C. R., 121, 168.
- (8) American Chem. Journ., 11, 456; 12, 553.
- (9) C. R., 122, 529.
- (10) Inaugural. Dissertation. Gôttingue, 1896.
- (11) Arch. der Pharm., 229, 355.
- (12) Journ. fürprakt. Chem. (2), 48, 293.
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- grand nombre d’essences peut être obtenu synthétiquement par réduction du citral, au moyen de l’amalgame de sodium en solution alcoolique légèrement acidulée par de l’acide acétique. Celle préparation du géraniol en partant du citral permet de considérer le problème de la synthèse de cet alcool comme résolu, puisque M. Tiemann a réussi à produire du citral par voie synthétique (voir Citral).
- Dans notre dernier article, nous avons mentionné la réaction de M. Barbier, qui consiste à faire agir de l’anhydride acétique sur le linalool, et les recherches do M. Bouchardat d’après lesquelles l’éther acétique obtenu dans ces conditions serait de l’acétate de géraniol. Dans une étude ultérieure, MM. Bertram et Gildemeister (1) ont montré que le produit obtenu par M. Barbier est, non pas un alcool nouveau, le licarhodol, mais bien un mélange de géraniol et de ter-pinéol (voir Terpinéol).
- Enfin,’M. Tiemann admet également cette transformation du linalool en géraniol sous l’influence de'l’anhydride acétique, à une température de 140° à 150°. Il fait de plus observer que c’est surtout le linalool gauche qui subit cette transformation isomérique, en même temps qu’une autre partie se convertit en linalool droit. Il explique le processus de cette réaction par la fixation d’eau, ou des éléments d’un acide organique, en un point de la molécule du linalool et élimination concomitante d’eau ou d’un acide organique à un autre point de la molécule.
- CH3—C=CI1—CII2—CH2—COH—CH=CH2+H20=CH3—C=CH—CH2—CH2-COH—CH2—CH201I
- I I I I
- ch3 ch3 oh3 ch3
- Linalool (?)
- CHa—C=CH—ch2—ch2—COH—ch2-ch2oh=h2o+ch3—C=CH—ch2—ch2—C=CH—ch2oii
- CH8
- CH3
- ch3
- CHa
- Géraniol.
- Le géraniol, soumis pendant longtemps à l’action d’une solution alcoolique de potasse chaude se transforme, comme l’a montré M. Barbier (3), en un nouvel alcool bouillant à 79° sous 10 millimètres et dont l’odeur rappelle celle de la méthylhépténone. M. Barbier ayant reconnu dans cet alcool le dimé-thylhépténol C9Hi80 a vu ses conclusions contredites par les recherches do M. Tiemann (4), qui admet la production de méthylhépténol, dans cette même réaction. M. Barbier, après avoir ellectué la synthèse du diméthylhépténol, maintient ses conclusions primitives.
- Extraction du géraniol des essences. — On sait depuis longtemps que
- (T (0 Journ. fùr pnrkt. Chem. (2), 49, 185.
- (2) C. R., 426, 1423.
- (3) Ber., 34. 2989.
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- l’essence de lemon-grass contient de petites quantités de géraniol, environ 4 à G p. 100, et qu’on l’en extrait après avoir séparé le citral. Afin de démontrer que ce géraniol existe bien primitivement dans l’essence et ne prend pas naissance sous l’influence réductrice du bisulfite de sodium, MM. Schimmel (1) l’ont combiné, immédiatement après élimination des portions volatiles contenant le citral, à l’anhydride benzoïque et ont saponifié l’éther benzoïque obtenu. lis ont ainsi obtenu du géraniol répondant, après purification à l’aide de chlorure de calcium, aux constantes suivantes :
- Point d’ébull. : 229°-230°. D)5o : 0,8808 n”° : 1,47605, aD± 0° Diphényiuréthane. Point de fusion : 82°.
- Dans la plupart des essences à géraniol, cet alcool se trouve toujours mélangé à des quantités variables de citroncllol, dont la séparation présente certaines difficultés.
- Le procédé de MM. Schimmel et Cie n’est pratique que lorsque le mélange-des deux alcools renferme au moins 25 p. 100 de géraniol. On sait que ce procédé repose sur la combinaison du chlorure de calcium avec le géraniol.
- M. Erdmann et Huth (2), ainsi que MM. Flatau et Labbé (3), mettant à profit la réaction signalée par M. A. Haller et par MM. Tiemann et Schmidt, sont arrivés à séparer le géraniol du citronellol grâce à la propriété que possède le géraniolphtalate d’argent de cristalliser tandis que le citronellolphtalate reste liquide. Le premier de ces sels est ensuite décomposé par du chlorure de sodium et saponifié. Au lieu de passer par le sel d’argent, MM. Flatau et Labbé ont réussi à faire la séparation des deux éthers acides, grâce à la différence de solubilité qu’ils possèdent dans la ligroine à basse température. Voici comment ils procèdent : l’huile essentielle est d’abord saponifiée, puis distillée dans le vide. La fraction passant de 120° à 140° sous 30 millimètres de pression est chauffée avec son poids d’anhydride phtalique et son volume de benzène-On dissout ensuite dans une solution de carbonate de sodium, on agite avec de l’éther et on met finalement en liberté les éthers phtaliques acides du géraniol par un traitement à l’acide chlorhydrique. Ces éthers sont dissous dans-la ligroine et la solution est refroidie à —5°. Dans ces conditions, le phtalatc-acide de géraniol doit se déposer complètement sous la forme cristalline tandis que le phtalate acide de citronellol reste en dissolution. Il suffit ensuite d& saponifier les éthers et dé rectifier.
- MM. Schimmel et Cic(I) ont vérifié que si cette méthode convenait très bien
- (1) Bull. Schimmel, avril 1899, 65.
- (2) Journ. f.prakt. Chernie. (27), 56, 17.
- (3) Bull. Soc. chim. (3), 19, 88.
- (4) Bull. Schimmel, oct. 1898, 61. '
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- à la préparation du géraniol pur, elle s’appliquait plus difficilement au citro-nellol qui, dans ce cas, contient toujours des quantités variables de géraniol. 11 résulte de là que le procédé de MM. Flatau et Labbé ne se prête pas au dosage de ces deux alcools dans les huiles essentielles, contrairement à ce qu’ils avaient cru pouvoir indiquer.
- Caractérisation du géraniol dans les essences. — Les meilleurs moyens d’isoler cet alcool des essences consistent à le transformer en éther phtalique acide, d’après la méthode de M. A. Haller et de MM. Tiemann et Kruger (1), ou lorsqu’il y a mélange avec le citronellol, à utiliser : 1° la réaction au chlorure de calcium préconisée par MM. Bertram et Gildemeister, en se rappelant toutefois qu’elle ne donne de bons résultats qu’avec des mélanges d’alcools terpéniques contenant au moins 25 p. 100 de géraniol; 2° la méthode imaginée par MM. Flatau et Labbé en ne l’employant qu’à des recherches qualitatives.
- L’alcool, une fois obtenu, peut être identifié par l’intermédiaire de son éther opianique qui fond à 48°,5 ou par celui de sa diphényluréthano fondant à 82°,2.
- MM. Erdmarin et Iluth ont même réussi à caractériser le géraniol dans les essences en chauffant directement, dans un appareil à reflux, 5 grammes d’huile essentielle avec 6 grammes de chlorure de diphénylurée et 3,5 cc. de pyridine. La diphényluréthane est purifiée dans un courant de vapeur d’eau et mise à cristalliser dans l’alcool.
- GHs — G = GH — CH2 — CHo — C (OH) — GH = CH2
- Linalool | |
- CH3 GHs
- Le linalool isomère du géraniol s’en distingue physiquement par son activité optique et son point d’ébullition qui, à la pression atmosphérique, est situé entre 190°-195° au lieu de 230° environ pour le géraniol. On a reconnu sa présence dans un grand nombre d’essences où il existe, soit à l’état libre sous sa forme droite ou gauche, soit à l’état d’éthers composés. Il en résulte que, suivant son origine, il est plus ou moins actif, l’isomère gauche se trouvant d’ailleurs être le plus stable.
- Le linalool est, de tous les alcools terpényliques acycliques connus jusqu’à présent, celui qui est le plus sensible aux réactifs. Sa modification gauche mise en contact avec les acides se résout partiellement en hydrocarbures terpéniques, dipentène, terpinène, etc., ou se transforme en son isomère stéréochimique droit. Quand on le soumet à des agents chimiques plus énergiques comme l’anhydride acétique à 140°-150° ou l’acide sulfurique, il donne naissance à des hydrocarbures, du géraniol, du terpinéol, de l’hydrate de terpine (2), etc.
- (1) Bail. Soc. d'Encouragement, mars 1897, 360.
- (2) Bidl. Schimmel, avril 1898, 35. — Tiemann et Schmidt, Ber. 28, 2137.
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- La modification droite la plus pure du linalool est le coriandrol de M. Barbier(1), extrait de l’essence de coriandre; son isomère gauche également le plus pur a été décrit par le même auteur sous le nom de licaréol de l’essenca de bois de likari kanali.
- Les constantes physiques de ces deux variétés de linalool ont été de nouveau déterminées par MM. Tiemann et Schmidt (2).
- Point d’ébullition sous 12 mm. Poids spécifique à 17°,5. . . . Indice de réfraction nD . . . . Réfraction moléculaire calculée — — trouv. .
- Déviation (tube de 100 mm.). . » » . .
- Linalool d.
- 85°-86° 0,8726 1,46455 48,86 48,78 11°,36 13°, 19
- Linalool g.
- 86°-87° 8,8622 1,46108 48,86 49,13 16°,55 19°,37
- Chauffé à 100°-120° avec de l’anhydride acétique, le linalool s’éthérifîe lentement, mais incomplètement, en acétate de linalyle, sans modification sensible de l’activité optiqué.
- On a vu qu’à 140°-150°, il se forme des acétates de géraniol et de terpi-néol (3), et non pas l’acétate d’un nouvel alcool, le licarhodol, comme l’avait affirmé M. Barbier.
- Oxydé, le linalool fournit de petites quantités de citral dues à une isomérisation partielle du linalool en géraniol, dans le cours de l’oxydation. D’un autre côté, tandis que le géraniol et le citronellol sont susceptibles de donner des éthers phtaliques acides, quand on les chauffe à ISO0 avec de l’anhydride phtalique, le linalool dissout cet anhydride sans qu’il se forme, après un quart d’heure de chauffage à ISO0, de quantités notables de l’éther phtalique correspondant. Si l’on chauffe plus longtemps, le linalool éprouve des transformations analogues à celles qu’il subit avec l’anhydride acétique.
- Quand on opère avec du linalool gauche, on constate que sa déviation diminue, tombe à 0° et devient finalement droite. En même temps, une partie du linalool se métamorphose en géraniol qui, lorsqu’il atteint une certaine proportion du mélange alcoolique, se combine à l’anhydride phtalique pour donner l’acide géranylphtalique. On peut extraire cet éther acide au moyen d’une lessive caustique et en isoler le géraniol par saponification. Aussi, lorsqu’on obtient, en chauffant au-dessus de 140° un mélange d’alcools terpéniques et d’anhydride phtalique, une proportion notable d’éther acide du géraniol, on peut conclure avec quelque certitude que le mélange expérimenté contient du
- (1) Bull. Soc. chim. (3), 9, 914.
- (2) Ber., 31, 834.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1898, 35. — Tiemann et Schmidt, Ber., 28.
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- .-géraniol en nature. Cette conclusion n’est plus permise lorsque ces éthers proviennent de l’action prolongée d’une haute température, car, dans ce cas, ils ont pu être engendrés par isomérisation du linalool.
- Le linalool gauche est aussi sensible vis-à-vis des alcalis, en solution alcoolique, que vis-à-vis de l’acide sulfurique alcoolique.il perd, en elîet, peu à peu -de son activité et finit par dévier à droite. De ceci résulte que lorsque l’on veut •extraire le linalool de ses éthers composés que l’on rencontre à côté de lui dans un grand nombre d’essences, il est nécessaire de faire agir la potasse alcoolique autant que possible à température ordinaire, afin d’éviter l’inversion optique du linalool formé.
- On a vu que le linalool s’isomérisait assez facilement en géraniol ; inversement, le géraniol peut dans certaines conditions se transformer en linalool.
- Lorsqu’on traite du géraniol par un excès d’acide chlorhydrique, on obtient -un mélange de chlorures, déjà signalés par Jacobsen. Ces chlorures, mis en •digestion avec de la potasse alcoolique, fournissent, après un traitement approprié, environ 50 p. 100 de linalool inactif, à côté du géraniol caractérisé par sa ‘Combinaison avec le chlorure de calcium et par d’autres de ses dérivés.
- Un autre mode de transformation partielle du géraniol en linalool inactif a •été signalé par MM. Schimmel et Cie (1). D’après les recherches de M. Nascliold, le géraniol chauffé longtemps en autoclave à 250° avec de l’eau se décompose en •carbures parmi lesquels on a isolé, comme produit principal, du dipentène. Cette décomposition n’est que partielle à 200°. et, dans ce cas, à côté du géra-niol non transformé, on obtient du linalool inactif et des terpènes. La séparation se fait en combinant le géraniol au chlorure de calcium et en rectifiant le mélange du linalool et des terpènes,
- Caractérisation du linalool. — On ne connaît pas, jusqu’à présent, des dérivés du linalool nettement cristallisés et qui soient susceptibles d’être préparés -dans les conditions nécessaires pour éviter une isomérisation de cet alcool. Le chlorure de dipliénylurée ne se combine pas au linalool pour donner une diphé-nyluréthane (2). Quant à l’éther opianique, il a été préparé par M. Erdmann qui le décrit comme un produit liquide qu’il n’a pu obtenir sous forme solide (3). Il ne subsiste donc, comme caractères spécifiques, que les constantes physiques, densité, point d’ébullition et pouvoir rotatoire.
- Constitution du linalool. — La constitution du linalool, bien que parfaitement déterminée aux yeux d’un certain nombre de chimistes, a été plus particu-dièrement remise en question à la suite des travaux de MM. Power et Kleber (4),
- (1) Bull. Schimmel, avril 1898, 29.
- (2) Erdmann, Journ. f. prakt. Chem. (2) 56, 14.
- (3) Erdmann, Ber., 31, 360.
- • (4) Bull. Schimmel, octobre 1901, 74.
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- qui ol)Linrent par hydratation (lu myrcène, un alcool C10II18O qu’ils considéreront comme identique au linalool. M. Barbier (1), ayant repris l’étude de cet alcool est arrivé à cette conclusion que le myrcénol, selon le nom qu’il propose, doit être représenté par la formule attribuée au linalool.
- CH3 — G = CH — CH2 — CH-2 — C(OH) — CH = CII2 I I
- CH3 CH3
- M. Barbier dut donc rechercher pour le linalool une formule nouvelle et différentes considérations le portèrent à admettre, pour cet alcool, la même formule que pour le géraniol dont il pourrait être considéré comme stéréoisomère. Un grand nombre de chimistes ont d’ailleurs refusé de se rallier à l’opinion de M. Barbier, et M. Semmler, entre autres, étant arrivé à démontrer que par hydratation du myrcène, il ne se forme vraisemblablement pas un produit unique, il semble que la question ne soit pas près d’être résolue.
- Citronellol C10H20O
- On est actuellement à peu près fixé sur l’origine, la nature et la constitution de cet alcool. Toutefois, alors que de nombreux chimistes considèrent, comme dérivées d’un alcool unique, les modifications optiquement différentes que l’on prépare à partir des essences de roses et de géranium d’une part, et du citronellal d’autre part, MM. Barbier et Bouveault et plus récemment M. Bouveault (2) admettent au contraire l’existence d’un alcool bien caractérisé, le rhodinol, provenant des essences de roses ou de pélargonium, à côté du citronellol obtenu par réduction du citronellal. M. Bouveault étaie ses conclusions sur ce fait que les deux aldéhydes correspondant à ces alcools présentent une différence essentielle (3) : le rhodinal est en effet essentiellement instable et se transforme avec la plus grande facilité soit directement, soit par l’intermédiaire de son oxime, en menthone. Dans les mêmes conditions, le citronellal s’isomérise en isopulégol et son oxime ne donne que le nitrile correspondant. M. Bouveault assigne donc au citronellol la formule :
- CH3.
- >C — GH2 — GH2 — CH2 — GII — CH2 - CH2 OH
- ch2^ |
- GHa
- en réservant pour le rhodinol la formule isomère:
- CH3
- \C = CH — CII2 — CH2 — CII — CH2 — CI12 OH * CH3X I
- CH3
- (1) C. R., 132, 1048. — Bull. Soc. chim., III, 25 (1901), 687.
- (2) Bull. Soc. chim., III, 23 (1900), 458.
- (3) Ibidem, III, 23 (1900), 463.
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- Pour vérifier ses assertions, M. Bouveault a récemment, en collaboration avec M. Gourmand, effectué la synthèse totale du rhodinol (1), à partir du géraniale d’éthyle obtenu lui-même synthétiquement de l’acide dihydrogéranique. Par réduction, cet éther se transforme en alcool en même temps que la double liaison (3y étant supprimée, la double liaison '(n, reste intacte. Le produit synthétique s’est montré sous tous les rapports identique (comparaison des pyru-vates et de leurs semicarbazones) à l’alcool C10H20O qui se rencontre dans les essences de roses et de pélargonium. M. Harries(2) s’est rallié à la manière de voir de M. Bouveault tandis que MM. Schimmol et Cie (3) ayant préparé les semicarbazones des éthers pyruviques du rhodinol et du citronellol et constaté l’identité de leurs points de fusion, s’appuient sur ce fait pour réfuter les conclusions de M. Bouveault.
- Nous nous sommes contenté d’exposer les recherches auxquelles le citronellol a donné lieu dans ce sens. Il semble difficile de se prononcer dès aujourd’hui définitivement sur cette intéressante question qu’un avenir prochain ne peut manquer de résoudre.
- M. Tiemann (4) en réduisant l’acide géranique par le sodium en solution dans l’alcool amylique est parvenu à fixer sur sa molécule deux atomes d’hydrogène et par conséquent à le transformer en acide citronellique. Par distillation sèche du citronellate de calcium avec du formiate de calcium, M. Tie-mana obtenu du citronellal qui, réduit, a fourni du citronnellol. Cette transformation du géraniol en citronellol permet donc de considérer ce (dernier alcool comme du dihydrogéraniol.
- Signalons enfin un travail de MM. A. Haller et Martine (5) relatif à la réduction, par la méthode de MM. Sabatier et Senderens, du citronellol en dihydrocitronellol. (P. E. 109°-114° sous 15 mm.)
- Caractérisation du citronellol dans les essences. — A part le sel d’argent de l’éther phtalique acide, on ne connaît jusqu’à présent aucun dérivé cristallisé du citronellol qui puisse s’obtenir facilement et sous une forme bien caractéristique. M. Erdman a essayé en vain de préparer une phényluréthane solide mais n’a réussi qu’à isoler une huile incristallisable.
- Nous avons mentionné, à propos du géraniol (6), les différents procédés qui ont été préconisés pour le séparer du citronellol. Nous nous contenterons d’indiquer que la méthode employée par M. Erdmann pour caractériser le géraniol
- (1) C. R., 138 (1904), 1699.
- (2) Ber., 34 (1901), 298.
- (3) Bull. Schimmel, nov. 1904, 124.
- (4) Ber., 31 (1898), 2899.
- (5) C. R., 140 (1905), 1298.
- (6) Voir page 147.
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- dans une essence, méthode basée sur l’emploi de chlorure de diphénylurée en présence de pyridine, peut servir de procédé de préparation du citronellol.
- Terpinéol. — La composition du terpinéol liquide du commerce, employé en grande quantité dans la parfumerie, après avoir été étudiée par Baeyer (4) d’une part, Tiemann et Schmidt (2) d’autre part, a été définitivement déterminée par MM. Schimmel et Cie (3), qui sont parvenus à démontrer qu’il est formé du mélange de deux terpinéols solides, tous deux inactifs et possédant les constantes suivantes :
- Terpinéols du terpinéol
- liquide du commerce. Terpinéol de l’essence de èajeput. 35° — 36°
- Point de fusion I 32° — 33° n 35° — 36°
- Point d’ébullition sous 10 mm. 90° . 98° — 99° •98°
- — — 752 mm. 209° — 210° *4* O Ci Oï OO OO Oï 218°,6 —219°,2
- D13°. 0,9231 0,9391 0,9392
- D20o 0,9187 0,9345 0,9358
- n20° D 1,4747 1,48132 1,48132
- Point de fusion phényluréthane. 85° 1120 — 113° 112° —113°
- — nitrosochlorure. O CO O T 0 O O 0 103°
- — nitropilpéridide. )) 159° 159° —160°
- Le terpinéol II possédant les mêmes propriétés physiques et chimiques que le terpinéol de l’essence de cajeput peut être considéré comme lui étant identique.
- Quant au terpinéol I, MM. Schimmel et Cie se basant sur les résultats de leurs recherches lui assignent la formule:
- CHs^CHa
- G
- I
- GH
- H2G/^|HG2
- HaC^JcHa
- G(OH)
- GH3
- M. Genvresse (4) a indiqué un nouveau mode de préparation du terpinéol, qui consiste à mettre des carbures tels que le pinène et le limonène en contact avec une solution aqueuse d’acide nitreux exempt d'acide nitrique. Au bout d’environ deux mois, les deux tiers du pinène sont transformés en terpinéol.
- M. O. Vallach (5) a publié un mémoire sur les produits de dégradation du
- (1) Ber., 27 (1894), 815.
- (2) Ber., 28 (1895), 1753.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1901, 74.
- (4) C. R. 132 (1901), 637.
- ,{5) L. Ann., 324 (1902), 79.
- Tome 109. — Février 1907.
- il
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- terpinéol fondant à 32°. Il a préparé, entre autres, un tribromure analogue aux produits d’addition du dipentène avec les hydracides, et une nouvelle cétone obtenue en oxydant directement le terpinéol à l’aide d’acide chromique. Cette cétone, la tétrahydro-p-méthyltolylcétone se réduit facilement par le sodium en présence d’éther ou d’alcool en donnant un alcool C9H1gO que l’on peut considérer comme un homologue inférieur du terpinéol fondant à 35°.
- En réduisant au contraire le terpinéol par la méthode de MM. Sabatier et Senderens, MM. Haller et Martine (1) sont parvenus à le transformer en hexa-hydrocymène.
- Nous avons déjà mentionné dans les généralités sur les alcools terpéniques la transformation du linalool l en terpinéol d sous l’influence de l’anhydride acétique. Cette transposition, découverte par M. Barbier (2) qui avait conclu à la formation d’un alcool nouveau, le licarliodol, a été reprise par MM. Schim-mel et Cie (3), qui ont réussi à isoler, dans le mélange obtenu, le terpinéol sous sa forme solide.
- Ils ont constaté que le linalool se convertissait de même en terpinéol sous l’action de l’acide formique ou d’un mélange d’acide acétique cristallisable et d’acide sulfurique. En s’arrangeant de façon que la température ne dépasse pas 20°, le rendement atteint 50 p. 100.
- Le coriandrol, isomère optique du linalool l, se transforme de la même façon en terpinéol /, quand on le soumet au même traitement.
- De même que le linalool, le géraniol est susceptible, sous l’influence de l’acide formique entre 15° et 20°, de se transformer en terpinéol fondant à 35°. Cependant, la fermeture de la chaîne est plus difficile et le rendement moins élevé que dans le cas du linalool : le terpinéol obtenu est inactif comme le géraniol d’où il dérive.
- Bornéol. — L’opinion généralement admise de l’isomérie du bornéol et de l’isobornéol a été combattue par M. Semmler (4) qui attribue à l’isobornéol le rôle d’un alcool tertiaire en se fondant sur ce que, chauffé à 220° avec de la poudre de zinc, il donne un mélange de camphène et d’un carbure voisin du dihydrocamphène, l’isodihydrocamphène.
- MM. Minguin et Grégoire de Bollemont (5) ont étudié au point de vue du pouvoir rotatoire toute une série d’éthers du bornéol et de l’isobornéol gauches. Ils ont constaté que la proposition émise par M. Tschugaeff au sujet de la constance du pouvoir rotatoire moléculaire des éthers du menthol se vérifie à par-
- (1) C. R., 140 (1905), 1298.
- (2) C. R., 116, 1200.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1898, 34; novembre 1898, 02.
- (4) Ber.. 33 (1900), 774.
- (5) Bull. Soc. chim., 27 (1902), 393. — C. R., 136 (1902), 238.
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- tir de termes plus ou moins élevés pour les éthers du bornéol et de l’isobornéoL On avait admis jusqu’à présent que le produit de l’action du pentachlorure de phosphore sur le bornéol était constitué par du chlorure de bornyle. Or, d’après les recherches de MM. Wagner et Brickner (1), ce n’est qu’un mélange de chlorure d’isobornyle avec une petite quantité du véritable chlorure. On en peut dire autant du chlorure solide obtenu en chauffant du bornéol avec de l’acide chlorhydrique fumant à 100°. En revanche, l’action de l’acide iodhy-drique sur le bornéol fournit principalement de l’iodure de bornyle, en même temps qu’une autre combinaison iodée et peut-être aussi de l’iodure d’isobornyle.
- M. Brochet (2) a, il y a quelques années déjà, étudié simultanément l’action de la formaldéhyde sur le bornéol et le menthol. Nous exposerons plus loin lu résultat de ses travaux en ce qui concerne le second de ces deux alcools. Tous deux d’ailleurs donnent des acétals, l’acétal du bornéol CH2(OC10H17)2 cristallisant en feuillets nacrés fusibles à 160°.
- Enfin, d’après les travaux de M. Tschugaeff (3), les combinaisons sodées des bornéols / et d donnent sous l’influence du sulfure de carbone des bornylxan-thogénates de sodium C10H17OC—S—S—Na, qui traités par du sulfate de méthyle fournissent les éthers méthvliques correspondants. Ceci est intéressant en particulier dans le cas du bornéol d impur renfermant de l’isobornéoL Dans ce cas, en effet, il suffît d’effectuer la transformation précédente et de distiller par la vapeur d’eau le mélange d’éthers obtenus. L’éther de l’isobornéoL se décompose tandis que l’éther du bornéol distille au contraire sans décomposition.
- Menthol. — M. Baer (4) par réduction du 3 méthyl 6 isopropyl A1 2 3 4 céto-R, hexène, a préparé un nouveau menthol, auquel il faut attribuer la même constitution qu’au menthol /, bien qu’il en diffère cependant par ses propriétés.
- S’inspirant des travaux de MM. Wagner et Brickner sur le bornéol, MM. Kondakow et Lutschinin (5) ont constaté que le menthol traité par les composés halogénés du phosphore ou par les hydracides, fournit les mêmes éthers haloïdes que ceux obtenus par simple addition des hydracides avec le menthène. L’hypothèse qui avait été admise, attribuant cette réaction anormale à line isomérisation, a été vérifiée par des recherches faites sur les dérivés du carvomenthol.
- (1) Ber., 32 (1899), 2302.
- (2) C. R., 128 (1899),**612.
- (3) Journ. ritss. phys. chem. Ges., 36 (1904), 988-1052.
- (4) Inaug. Dissert., Leipzig, 1898. — Bull. Schimmel, oct. 1898, 50.
- (b) Journ. f. pract. Chem., Il, 60 (1899), 257.
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- M. Kursanow (1) a étudie les deux dérivés isomères qui prennent naissance dans l’action du pentachlorure de phosphore sur le menthol. Pour les séparer, -il fait bouillir le chlorure de. menthyle brut avec de l’aniline qui laisse inaltéré un chlorure fortement lévogyre (an = — 50?56'). En traitant ce chlorure par le zinc éthyle, M. Kursanow a obtenu de l’éthylmenthanc Ci0H19C2H5, ce qui •complète sa caractérisation.
- MM. Kondakow et Schindelmeiser ont étudié quelques dérivés halogénés du menthol, entre autres le; bromure de menthyle. Ils ont constaté que lors de cette préparation, on obtient des mélanges de dérivés secondaires et tertiaires dont la quantité varie d’après le réactif employé et la température de la réaction. .
- A la suite d’une série d’essais effectués sur les benzoate, carbonate, oxalate, succinate et acétate de menthyle, etc:, M. Tschugaeff est arrivé à conclure que ces -dérivés du menthol ne se décomposent que fort difficilement par la distillation et que dans le cas où l’on constate une décomposition, les phénomènes d’isomérisation ne disparaissent en aucune façon.
- Par contre, les éthers xanthogéniques des alcools terpéniques ne semblent pas montrer sous ce rapport la moindre analogie avec aucun autre composé connu. Les dixanthogénates de la formule générale CnH2n+1OCS SS CSOCnH2n+1 en particulier, se décomposent par distillation aussi facilement que les éthers xanthogéniques précités. M. Tschugaeff (3), a étudié à ce point de vue les xanthogènamides correspondantes, et particulièrement la menthylxanthogèna-mide, qui se comportent d’ailleurs comme les éthers.
- L’aldéhyde formique réagissant sur le menthol en présence d’acide chlorhydrique gazeux donne, d’après M. Wedekind (4) un éther métliylmenthÿlique chloré :
- CH — CH(CH3)2 HiC^CH — O.CHaCl
- CH
- -\/
- CH
- CH2
- ch3
- liquide huileux fumant à l’air et que l’eau dédouble peu à peu en ses composants (P.E.160°-162° sous 16 millimètres). Il se produit également dans cette réaction, et d’après les travaux de M. Brochet (o), du dimenthylméthylal (dimenthylfor-mol), C10H19O CIL O C10H19 (P.F.56°,5-57°).
- (d) Ch. Centralhlatt., 1901, II, 346.
- (2) Journ. f. pract. Chemie, II, 67 (1903).
- (3) Ber., 35 (1902), 1016.
- (4) Ber., 34 (1901), 813.- " •
- .45) C. Ii., 128 (1899), 682. — Bull. Soc. chim., Iif, 21 (1899), 370.
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- En ce qui concerne les combinaisons obtenues, soit par dissolution de formaldéhyde ou de trioxymétliylène dans le menthol liquéfié (1), soit en faisant bouillir avec de l’acide chlorhydrique un mélange de menthol et de formaldéhyde en solution aqueuse (2),'MM. Wedckind et Grenier (3) ont démontré* que le premier produit n’est autre chose qu’un mélange d’aldéhyde formique et de menthol, le second produit répondant au contraire à la composition,
- suivante :
- Aldéhyde formique libre............... 0,19 p. 100
- Chlorure de menlhyle. . ............. 1,88- 2,51 —
- Éther chloromélhylmenthylique......... 5,1 - 0,9 —
- Menthol libre......................... 37,25-41,85 —
- Dimenthylmélhylal..................... 45,12-60,6 —
- Nous nous bornerons à citer les recherches comparatives de MM. Patterson et Taylor (4) sur les propriétés optiques du menthol et cle ses éthers (tartratev acétate, diacétyltartrate), et de leurs solutions dans l’alcool, le benzène et le ni-trobenzène entre 0° et 100°. Nous renvoyons, pour les détails de la méthode et-des résultats obtenus, au mémoire original ou au bulletin de Schimmel.
- MM. Haller et Martine (5) ont réussi, à l’aide de la méthode de MM. Sabatier et Senderens, à fixer deux ou quatre atomes d’hydrogène sur la molécule de la pulégoneet à obtenir ainsi des pulégomentliones et des pulégomenthols. En particulier, les auteurs ont pu isoler du produit brut :
- 1° Du menthol (P.F.430-44°) — aD = l°,52'), -identique au ment bot naturel ;
- 2° De l’oc pulégomenthol (P.F.84°-85°, aD + 1°,12') ;
- 3° Du (3 pulégomenthol, huile épaisse (P.E.212°-212°,5— aD + 2°36').
- M. Kondakow (6) s’est livré à d’intéressantes considérations théoriques sur la constitution et la formation des cinq menthols isomères connus jusqu’à présent. A côté du menthol / ordinaire, il étudie successivement le menthol dy l’isomentliol et les trois menthols inactifs préparés respectivement par M. [Kre-mers, M. Beckmann etM. Baer et M. Brunei. Nous renvoyons pour les détails de ces travaux au mémoire original ou aux bulletins de Schimmel (7).
- Nous ne ferons que signaler la synthèse du menthol tertiaire effectuée par M. Perkin fils (8) à partir de la 1-4 méthylcyclohexanone, elle-même obtenue
- (1) Déclaration de brevet D, 8876, Cl. 12, 0.
- (2) Brevet allemand St. 7278, IV, Cl, 12, 0.
- (3) Zeitschr. f. angew. Chemie, 49 (1904), 705.
- (4) Journ. Chem. Soc., 87 (1905), 33, 122. — Bull. Schimmel, novembre 1905, 101.
- (5) C. R., 140 (1905), 1298.
- (6) Journ. f. prakt. Chem., Il, 72 (1905), 85; II, 63 (1906), 49.
- (7) Bull. Schimmel, avril 1901, 12; avril 1906, 118.
- (8) Proc. Chem. Soc., 21 (1905), 255.
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- •de l’acide oc bromhexahydro. p. toluylique par l’intermédiaire de l’acide a hy-droxyhexahydro .p. toluylique.
- Nous citerons enfin pour mémoire les recherches relativement anciennes de MM. Gohn et Tauss (1) sur le rôle physiologique et bactériologique de l’hydra-zide de l’acétylacétate de mentliyle, ce dernier éther étant obtenu en chauffant du menthol avec de l’éther acétylacétique à 140°-150°. 11 ne semble pas que l’introduction dans la substance mère de l’antipyrine d’un composé doué de propriétés physiologiques aussi importantes que celles du menthol ait eu quelque influence sur ses propriétés ou sur ses qualités.
- Nérol. — MM. Hesse et Zeitschel (2), en séparant dans l’essence de Néroli, le géraniol du terpinéol et du linalool au moyen de l’anhydride phtalique, ont obtenu un mélange de géraniol et d’un nouvel alcool non saturé isomère, doué d’une odeur analogue, qu’ils ont appelé Nérol. Le nérol contenant encore environ 10 p. 100 de géraniol qu’il est extrêmement difficile d’éliminer, bout à 225°-227° sous la pression atmosphérique (aD = ±0° d= 0,880). Il absorbe 4 atomes de brome, donne un acétate semblable à l’acétate de géranyle (P. E. 134° sous 25 millimètres, «( = 0,917) et fournit une phényluréthane dont le point de fusion ne semble pas nettement déterminé. MM. Y. Soden et Zeitschel (3) ont retrouvé ce nérol dans l’essence de petit-grain et il est à supposer qu’il existe à côté du géraniol dans toutes les essences qui renferment ^elui-ci. MM. Schimmel et Cie (4) ont repris ces recherches et ont vérifié les conclusions des précédents auteurs en déterminant à nouveau les constantes du nérol qu’ils ont à leur tour isolé dans l’essence de petit-grain. Ces constantes sont absolument voisines de celles du géraniol. MM. Schimmel et Cie sont parvenus à obtenir le nérol à peu près exempt de géraniol en le soumettant à l’action de l’acide formique concentré qui décompose le géraniol en laissant le nérol intact. Enfin, plus récemment, MM. Y. Soden et Treff(5) auraient réussi, par un procédé tenu secret, à préparer du nérol complètement pur fournissant une diphényluréthane fondant à 52°-53°.
- Sabinol. C10H16O. — La constitution du sabiuol, alcool découvert dans l’essence de Sabine par M. Fromm (6), a été déterminée par les travaux du même auteur sur les produits de décomposition de l’acide a. tanacétogènedi-earbonique obtenu par oxydation du sabiuol.
- Chauffé au-dessus de 200° ' cet alcool donne naissance à une lac-
- (1) Ber., 33 (1900), 731.
- (2) Journ. f. pract. Chemie, II, 66 (1902), 481.
- (3) Ber., 36 (1903), 263.
- (4) Bull. Schimmel, avril 1903, 63-66.
- (3) Chemiker Ztg., 27 (1903), 897. . \
- (6) Ber., 31 (1898), 2023.
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- tone et à un acide non saturé répondant respectivement aux formules:
- (CH3)2 = CH — CHa — CH — CH2 — CH2 — CO
- (CH3)2 = CH — CH = CH — CH-2 — CHa — CO OH
- En rapprochant de ces résultats la facilité cjue possède le sabinol de se
- transformer en cymène, M. Fromm a été conduit à admettre la formule de
- constitution suivante : .
- (CH3)2 = 011 — CH
- /\ CH /
- /
- \/
- c=ch2
- CHOH
- CH2
- CH
- ? D’après M. Semmler, le sabinol est un alcool secondaire qai.se réduit facilement en thuyol sous l’influence du sodium métallique. L’oxydation chromique donne naissance à une combinaison cétonique extrêmement instable ; l’oxydation permanganique à un alcool saturé triatomique G10H18O3, la sabinolglycérine qui, chauffée avec des acides étendus, se dédouble en eau et alcool cuminique. M. Semmler propose pour le sabinol la formule de M. Fromm légèrement modifiée :
- (CH3)2
- = CH — C
- ch2//\ ch2
- Cil
- CHOH
- O = ch2
- Aldéhydes. — Citral. — L’importance de cette aldéhyde que l’on rencontre dans un grand nombre d’essences n’a fait que s’accroître depuis sa découverte, grâce en particulier à son emploi dans la fabrication de l’ionone.
- Le citral constitue la majeure partie de l’essence de lemon-grass où il existe dans la proportion de 82-84 p. 100. De nombreuses controverses s’étaient précisément élevées il y a quelques années au sujet du citral de l’essence de lemon-grass. M. Ziegler (1) avait admis dans cette essence la présence d’aldéhydes inconnues à côté du citral. M. Stiehl (2) de son côté avait échafaudé toute une série de réactions basées sur la formation de combinaisons bisulfitiques permettant de caractériser dans l’essence de lemon-grass la présence de trois aldéhydes : le géranial, l’aldéhyde citriodorique et l’allo-lemonal. M. Docbner(3),
- (1) Journ. f. pract. Chemie (2), 57, 493.
- (2) Ibkl., 58, 51.
- (3) Ber., 31, 1888. — 31, 3195.
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- M. Sommier (1) (acides [3. naphtocinchoniniques), M. Tiemann (2) (transformation en pseudoionone), M. Flatau (3) et enfin MM. Scliimmel et Gie ont (4) démontré que les conclusions de M. Stiehl devaient être entièrement rejetées et que Fessence de lemon-grass ne contient qu’ùne aldéhyde unique : le citral ou géranial.
- Toutefois, on peut conclure avec certitude d’un grand nombre d’autres travaux dus en particulier à M. Bouveault (5) à M. Barbier (6) et à M. Tiemann (7), que le citral existe sous deux formes stéréoisomères, (citral a et citral b), donnant naissance à deux semicarbazones (8)’ fondant respectivement à 164^ et 171°. Ces deux citrals, dont la stéréo-isomérie semble provenir de la double liaison voisine du groupement aldéhyde, se comportent de la même façon vis-à-vis du bisulfite de soude en donnant, selon les conditions, les combinaisons normales ou des dérivés sulfoniques « labiles » sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir. Ils se scindent tous deux sous l’action des oxydants en acétone et acide lévulique, et se dédoublent sous l’influence de la potasse en méthylhepté-none et acétaldéhyde. L’essence de lemon-grass renfermerait sur 81 p. 100 de citral total, environ 73 p. 100 de citral « et 8 p. 100 de citral b. L’essence de verveine contient un citral renfermant 17,20 p. 100 de citral b, et 80 p. 100 de citral a.
- Le citral prend naissance par oxydation du géraniol dont il constitue l’aldéhyde. On l’a de même obtenu en oxydant le linalool; dans cette réaction, le linalool commencerait, selon M. Tiemann, par s’isomériser par une hydratation et une déshydratation consécutives, en géraniol. Le citral a été de même obtenu synthétiquement par MM. Bouveault et Barbier, et par M. Tiemann qui ont en effet préparé par voie de synthèse l’acide géranique correspondant.
- M. Tiemann (9), poursuivant ses recherches sur le citral, a tout particulièrement étudié l’action des sulfites et a pu de la sorte généraliser les résultats qu’il avait obtenus avec d’autres aldéhydes non saturées : l’aldéhyde cinnamique et le citronellal.
- Le citral, en dehors de la combinaison bisulfitique normale, donne naissance à trois dérivés hydrosulfonés différents que l’on obtient de la façon suivante :
- La combinaison normale se prépare avec le bisulfite renfermant un peu
- (1) Ber., 31, 3001.
- (2) Ber., 31, 817-3278. — Bull. Soc. chim., 19, 528.
- (3) Bull. Soc. chim., 21, 1899, 159.
- (4) Bull. Schimmel, avril 1899, 63.
- (5) Bull. Soc. chim., 21 (1899), 413-418.
- (6) Ibid., 21 (1899), 635.
- (7) Ber., 33 (1900), 877.
- (8) Ber., 32, 115. — Bull. Soc. chim., 21 (1899), 419.
- (9) Ber., 31, 3278.
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- d’acide sulfureux libre. En délayant dans l’eau le produit obtenu et en le soumettant à la distillation, la moitié du citral qu’il renferme est éliminé et le reste se transforme en le sel de soude de l’acide citraldihydrosulfonique stable. Ce-sel, très soluble dans l’eau ne reproduit pas le citral ni par les carbonates alcalins ni par les alcalis caustiques ; il donne une phénylhydrazone, ce qui démontre la présence du groupe aldéhydique.
- Au contraire, en agitant le citral avec une solution aqueuse de sulfite-neutre de soude, on obtient le sel de soude de l’acide citraldihydrosulfonique labile. Cette combinaison se scinde quantitativement sous l’action de la soudo caustique en citral et sulfite neutre de soude et se transforme spontanémentr lentement à froid, rapidement à chaud, en la modification stable. Ce sel contient également le groupe aldéhydique puisqu’il donne une semi-carbazone.
- Son isomérie avec la forme stable peut être attribuée à des différences de structure du genre suivant :
- GH3
- (1) (CH3)2 = G — gh2 — ch2 — ch2— c — ch2 — goh
- I lT
- S(J3Na S03Na
- (2) (CH3)2 = C — CH> — CH2 — CH2 — CH-CH — COH
- I II.
- S03Na S03Na CH3
- Enfin, le citraldihydrodisulfonate de sodium, agité avec du citral, en absorbe une quantité considérable pour donner naissance au monohydrodisulfonate C9H16(S03Na)C0H que les alcalis décomposent avec mise en liberté de citral.
- M. Tiemann (1) a ensuite étudié l’action des alcalis et des acides sur le citral afin d’observer s’il se produit des migrations des liaisons éthyléniques.
- La potasse alcoolique résinifie complètement le citral et, par ébullition? avec les carbonates alcalins il se dédouble, comme l’a montré M. Verley, en? méthylhepténone et acétaldéhyde. Par agitation avec de la soude à 5 p. 100, il se produit des matières résineuses à odeur de méthylhepténone, et une grande proportion de citral reste inaltérée.
- De meme, le citral traité par les acides ne donne naissance qu’à du cymène et des produits résineux, sans qu’il soit possible de déceler une transposition de la double liaison.
- Nous citerons en dernier lieu un travail de M. Tetry (2) relatif à la condensation du citral avec l’éther iodacétique en présence de zinc. Par hydrolyse ultérieure, il a obtenu successivement l’éther et l’acide citralidèneacétique.
- Caractérisation et séparation du citral dans les essences. — Le meilleur moyen de caractérisation eonsiste toujours, jusqu’à présent, dans sa transfor-
- (1) Ber., 32, 107.
- (2) Bull. Soc. chim., III, 27 (1902), 601.
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- mation en acide citrylnaphtocinchoninique. (Réaction de Doebner, voir notre Revue de mars 1897, p. 377.) Indépendamment de cette réaction, M. Tiemann (1) a proposé successivement de mettre à profit la transformation du citral en pseu-doionone, par condensation avec l’acétone, ou en acide citralidènecyanacétique, par condensation avec l’acide cyanacétique.
- En ce qui concerne la séparation du. citral et du citronellal dans les essences, MM. Flatau'et Labbé (2) avaient indiqué un procédé basé sur ce fait qu’une solution aqueuse de la combinaison du citral avec le bisulfite de sodium (il s’agissait sans doute de l’acide citraldihydrodisulfonique labile) ne précipite pas par le chlorure de baryum au contraire de la combinaison bisulfîtique du citronellal. M. Tiemann reprenant cette question a montré que cette méthode n’était que partiellement exacte, une partie seulement du citral entrant dans la combinaison du citraldiliydrodisulfonate de sodium labile, tandis que l’autre partie, restée en dissolution sous forme de combinaison bisulfîtique normale, précipite par le chlorure de baryum. Le précipité barytique ne régénère donc pas dans ce cas du citronellal pur. Cependant, M. Tiemann a découvert une solution tout à fait voisine : il a constaté que le citronellal n’est pas attaqué par une solution aqueuse étendue de sulfite et de bicarbonate de soude, tandis que le citral s’y dissout en donnant le dihydrodisulfonate de soude labile, et il lui a été facile de baser sur ces faits un procédé de séparation commode.
- Dosage du citral. — Le dosage du citral dans l’essence de citron ou dans les autres essences qui le renferment est naturellement une opération des plus importantes.
- Les méthodes proposées dans ce but sont fort nombreuses et nous les avons décrites dans le paragraphe spécial réservé au dosage des aldéhydes et des cétones. Il se trouve en effet que dans la totalité des cas, les procédés généraux que nous avons exposés ont été primitivement indiqués comme' procédés de dosage du citral.
- Le cadre de notre revue ne nous permettant pas d’entrer dans les détails de ces différentes méthodes, nous renvoyons aux mémoires originaux ou aux bulletins de Schimmel.
- Citronellal. — En faisant agir l’acide cyanacétique sur le citronellal en solution alcaline, M. Tiemann (3) a obtenu l’acide citronellalidènecyanacétique, fondant à 137°-138°.
- Dans le même travail, l’auteur indique qu’il a décelé dans le citronellal du commerce, de petites quantités d’isopuiégol. MM. Schimmel et Cie (4) font re-
- (1) Ber., 31, 3324.
- (2) Bull. Soc. chim., III, 19 (1898), 1012.
- (3) Ber., 32 (1899), 824.
- (4) Bulletin Schimmel, novembre 1899, G6.
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- marquer à juste titre que cet isopulégol a dû prendre naissance par le traitement au bisulfite que l’auteur a fait subir à l’essence. On sait en effet qu’en milieu acide, le citronellal se transforme partiellement en isopulégol.
- D’un autre côté, M. Labbé (1) a remarqué que le citronellal pur se modifie peu à peu et se transforme en isopulégol. Au bout de deux mois, cette transformation peut être considérée comme complète et le produit obtenu, oxydé par le mélange chromique, donne de l’isopulégone. M. Labbé n’ayant pas caractérisé l’isopulégol dans l’essence de citronnelle, il faut conclure de là que le citronellal est plus stable dans un mélange, qu’à l’état de pureté.
- D’après les recherches de M. Marries (2), le citronellal donne facilement le diméthylacétal correspondant :
- (CH3)2 = G = CH — CH2 - GH2 — CH — CH2 — CH (OCH3)2
- CH3
- C’est un liquide limpide, très réfringent, bouillant à 110°-112° sous 12-13 millimètres et de densité d = 0,885 à 11°,5. Oxydé par le permanganate de potassium, ce diméthylacétal se dédouble en acétone et en diméthylacétal de la semialdéhyde (3 méthyladipique, liquide jaune à odeur piquante qui, par saponification, donne naissance à la semialdéhyde elle-même. Cette aldéhyde peut, grâce aux deux fonctions qu’elle possède, donner d’une part une semi-carba-zone et d’autre part un sel d’argent.
- MM. Harries et Schauwecker (3) déduisent de l’étude de ces produits d’oxydation que le principal constituant du citronellal du commerce est une aldéhyde de formule :
- CH*
- \c—ch2—ch2 — ch2 — CH — CH2—CHO CH/ I
- ch3
- L’oxydation permanganique leur a en effet donné, à côté du diméthylacétal de la semialdéhyde (3 méthyladipique, un glycol répondant bien plutôt, comme le montre l’étude de ses dérivés, à la formule
- CH*
- >C (OH) — CH2 — CH2 — CH2 — CH — CH2 — CH (OCH3)2 CH2OH |
- CH3
- qu’à la formule isomère
- CH*
- >C (OH) — C (OH) — CH2 — CH2 — CH — CH2 — CH (0CH3)2 CH/ |
- CH;1
- (1) Bull. Soc. chim. (III), 21 (1899), 1023.
- (2) Ber., 33 (1900), 857.
- (3) Ber., 34 (1901), 2981.
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- Ces déductions vérifient donc les conclusions antérieurement énoncées par M. Bouveault.
- M. Mahla (1), en traitant la citronellaldoxime par l’acide sulfurique à froid, a obtenu la formation de A8(9) oxamino 3 menthène.
- CH3x
- ch2^
- C —CH
- C
- ch2 cib
- >CH —CHa
- H CII2 NHOH
- Cette base se transforme, sous l’action du nitrite de soude en solution aqueuse, en nitrosoxaminomenthène qui se dédouble à son tour, sous l’influence de la chaleur, en un alcool inactif C10H,0O à odeur de terpinéol et en un hydrocarbure dextrogyre que l’on doit considérer comme du A 1 2 3 4 • 8 (9) menthadiènc.
- CH2
- ch3
- y G — CH<^=
- ./
- Pour terminer ce qui concerne les travaux récents effectués sur le citro-nellal, nous citerons les recherches de MM. Rupe et Lotz (2) qui ont étendu leurs études sur l’influence de la double liaison sur le pouvoir rotatoire des substances actives, aux produits de condensation du citronellal avec l’acide acétique et l’acétone, c’est-à-dire à l’acide citronellidène acétique et à la citro-nellacétone. Ils ont trouvé que par introduction d’une double liaison dans un des quatre groupes de l’atome de carbone asymétrique, l’aldéhyde primitivement dextrogyre devient lévogyre. Si la fixation se fait par le carboxyle, la déviation gauche est considérable, plus faible au contraire si la fixation se fait sur le groupe carbonyle.
- M. Rupe en collaboration avec MM. Lotz et Schlichoff (3) ont fait une -étude complète de ces produits de condensation et ont constaté, entre autres, que la citronellacétone se combine avec deux molécules de chlorhydrate de senii-carbazide dont l’une se fixe sur la double liaison. Ils ont pu en outre démontrer que cette propriété appartient d’ailleurs généralement, quoique dans certaines limites, aux cétones non saturées, a (3.
- Vanilline. — M. Busse (4) a effectué d’assez nombreuses déterminations sur la proportion de vanilline contenue dans les principaux échantillons de vanille, Le tableau suivant permet de les comparer entre elles.
- (1) Ber., 36 (1903), 484.
- (2) Ber., 36 (1903), 2796.
- (3) Ber., 36 (1903), 4377.
- (4) Arbeitçn aus (lem kaiserl. Gesundthedsamte.
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- Vanille de Bourbon............................. 1,91—2,48 p. 100
- — du Mexique.............................. 1,69 —1,86 —
- — de Java................................. 2,75 —
- — de Tahiti...............................' 2,02 —
- — de l’Afrique occidentale allemande .... 2,16 —
- D’après M. Busse, la vanille de Tahiti renfermerait également des traces de pipéronal (héliotropino).
- On sait qu’au moment de la récolte, la vanille ne renferme pas de vanil-line; elle nécessite à ce moment une manipulation spéciale pendant laquelle, par suite d’une sorte de fermentation, la vanilline se produit. Le traitement dans les pays de vanille comme par exemple à la Réunion, est purement empirique et consiste à tremper les gousses pendant 20 secondes dans de l’eau à 80°-85°, après quoi l’arome se développe.
- M. Lecomte (1) a étudié les conditions dans lesquelles la vanilline prend naissance. D’après ses recherches, il existe dans la plante deux ferments parfaitement distincts. L’un, une oxydaxe, se trouve dans les organes les plus divers du vanillier; le second ferment, au contraire, n’étant contenu que dans le suc et agissant par hydrolyse. Il est probable que la formation de la vanille est due au dédoublement de la coniférine en alcool coniferylique et en glucose sous l’action du ferment hydratant, dédoublement suivi d’une oxydation, sous l’influence de l’oxydase, de l’alcool coniferylique en vanilline (2).
- M. Trillat (3) a obtenu de la vanilline en faisant passer, sur une spirale de platine incandescente, un mélange d’air et de vapeur d’isoeugénol. Le rendement d’ailleurs ne s’est élevé qu’à 2,9 p. 100 de l’isoeugénol employé.
- M. Lerat (4) a fait agir à température ordinaire, et pendant vingt-quatre heures, le suc exprimé des champignons de l’espèce Russula et les oxydases de la gomme, arabique sur une solution aqueuse de vanilline au 1/50. Il se produisit bientôt un trouble, puis un précipité, insoluble dans les dissolvants habituels, soluble dans les alcalis et fondant à 302°-305°. M. Lerat a reconnu dans ce composé la déhydrovanilline déjà préparée par M. Tiemann.
- MM. Hartwich et Winckel (5) ont montré qu’un grand nombre de phénols et de tannins donnent des colorations caractéristiques avec une solution de vanilline dans l’acide chlorhydrique, à chaud ou à froid. M. Rosenthaler (6) a étendu cette réaction à quelques-unes des cétones cycliques et acycliques les plus connues et a constaté que, seules, les cétones dont le groupe carbonyle se
- (1) C. R., 133 (1901), 745. — Journ. de Phys, et de .Chint., 17 (1903), 341.
- (2) Bull. Schimmel, avril 1902, 97.
- (3) C. R., 133 (1901), 822.
- (4) Journ. de Pharm. et de Chimie (VI), 19 (1904), 10.
- (5) Arch. der Pharm., 242 (1904), 462. .
- (6) Zeitschrift f. anal, chem., 44 (1905), 202
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- trouve lié à des radicaux aliphatiques, sont susceptibles de réagir à ce point de vue.
- Comme MM. Schimmel et Ci0 (1) le font remarquer, il est impossible d’admettre les conclusions de M. Rosenthaler, quand il affirme que beaucoup de ces réactions colorées pourraient être employées comme réactions d’identification de certaines essences.
- M. Hanus (2) communique un nouveau procédé de dosage de la vanilline (|ans la vanille et les extraits de vanille. Ce procédé repose sur la précipitation quantitative de la vanilline par la m.nitrophénylhydrazine. Cette méthode est exacte quand on l’applique aux vanillines falsifiées par les procédés habituels; elle est inutilisable en présence d’autres aldéhydes et surtout du pipé-ronal. Pour les détails du dosage, nous renvoyons au mémoire original ou aux bulletins de Schimmel.
- Falsification de la vanilline. — Les principales falsifications de la vanilline étaient basées jusqu’à présent sur l’emploi d’acétanilide, d’acide benzoïque, de sucre ou d’acide salicylique.
- Nous signalerons un nouveau produit d’addition caractérisé par la maison Schimmel (3) dans un échantillon qu’elle avait soumis à l’analyse et qui, d’après ses recherches, contenait jusqu’à 50 p. 100 d’hydrate de terpine. Cette falsification est d’ailleurs des plus faciles à déceler, tant par suite de l’aspect peu homogène de la substance qu’à l’aide de son point de fusion.
- Cêtonés. — Méthylhepténone. — On sait que la méthylhepténone sous l’influence de l’acide» phosphorique se transforme en une base de composition C8H13N, probablement une dihydrocollidine. Cette base peut d’après les recherches de M. Wallach (4) se réduire en une triméthylpipéridine jouissant de toutes les propriétés des bases pipéridiques.
- Dans le même travail, M. Wallach donne quelques indications sur la méthylhepténone bromée C8H13OBr, et sur ses dérivés, puis s’occupe d’une isomérisation particulièrement intéressante de la méthylhepténone. La métliylhepté-nylamine se transforme assez facilement, par fixation de brome et élimination consécutive d’acide bromhydrique, en une base non saturée C8H15N, qui fixe une molécule d’acide nitreux en donnant une cétone C8HuO à odeur de méthylhepténone et bouillant à 161°-162°. Cette méthylhepténone se dédouble par oxydation en acides oxalique et butyrique ; elle semble donc différer de la méthylhepténone naturelle, non par la position de la double liaison, mais bien par celle de l’oxygène.
- (I ) Bull. Schimmel, octobre 1905, 111.
- (2) Chem. Centralblatt, 1906, I, 89. — Bull. Schimmel, avril 1906, 92. .
- (3) Bull. Schimmel, avril 1905, 123.
- (4) Lieb. Ann., 319 (1901), 104.
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- Toujours d’après M. Wallach, la môthylhepténylamine se combine non seulement avec une, mais aussi avec deux molécules d’acide chlorhydrique. Le chlorhydrate résultant, chauffé, fournit outre un hydrocarbure 08HU une base C8H17N, bouillant à 150°-151°; (d20„ = 0,823) et répondant vraisemblablement à la formule :
- (CH3)2 — CH — CH — CH2 — CH2
- I I
- Nil______CH —CIL
- Cette base fournit d’ailleurs également un chlorhydrate et un chloroplati-nate, ainsi qu’un iodure quaternaire, un dérivé nitrosé et une sulfonamide.
- La méthylhepténone peut être obtenue synthétiquement par un procédé nouveau dû à M. Ipatiew (1). En faisant agir l’éther acétylacétique sodé sur le diméthyltriméthylène dibromé, il se forme l’éther de l’acide non saturé dimé-thylallylacétylacétique :
- (CH3)> = C = CH — CIL — CH<(
- COOC2H5 CO —CH3
- En chauffant cet éther avec de l’eau de baryte ou de la potasse alcoolique, il se produit le dédoublement cétonique avec formation d’une cétone CgHuO identique à la méthylhepténone naturelle.
- Enfin, en ce qui concerne la constitution de la méthylhepténone, MM. Tie-mann et Semmler, s’appuyant sur ce fait que l’oxydation permanganique la dédouble en acétone et acide lévulique, avaient conclu qu’elle devait renfermer sa double liaison en position vis-à-vis du groupe carbonyle. Cette hypothèse ne devait toutefois être complètement vérifiée que le jour où on réussirait à isoler le glycol intermédiaire qui doit se former dans cette oxydation.
- M. Harries (2) y est parvenu en oxydant la méthylhepténone dans des conditions bien définies. Il a pu par oxydation ou par déshydratation transformer ce glycol en hydroxycétone et en otx diméthylacétonylacétone asymétrique. Ces résultats ne peuvent s’expliquer que si la méthylhepténone possède la formule de constitution imaginée par MM. Tiemapn et Semmler :
- (GH3)2 = C = CH — CH2 — CH2 — CO — CH3 Méthylhepténone.
- (CH3)2 — C — CH — CH2 — CH2 — CO — CH3 Glycol correspondant.
- I I
- OH OH
- (1) Ber., 34 (1901), 594.
- (2) Ber., 35 (1902), 179.
- (A suivre.)
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A travers sciences et industries chimiques. Généralités : Travaux des laboratoires départementaux.
- — La photochimie et la loi des phases. — La question du compte-gouttes.
- Produits minéraux : Allumettes inexplosibles. — Sur l’électrolyse des chlorures.
- Métaux et métallurgie : Principaux centres aurifères. Genèse des gisements de mercure. Les industries du fer en Amérique.
- Alcools : Solubilité de l’essence de térébenthine. — Alcool absolu. — Désinfection des levures alcooliques..
- Aldéhydes, acides. — Brevets récents sur les camphres artificiels. — Formiates synthétiques. — Dosage de l’acide tartrique. Critique des méthodes d’analyse des tannins.
- Sucres : Le bleu d’outremer en sucrerie.
- Composés azotés : Influence de la lumière sur la diazotation.
- Industries textiles : Essai des tissus mélangés. — Inconvénients du chlorure de magnésium dans les apprêts. — Résistance à l’eau des fibres artificielles.
- TRAVAUX DES LABORATOIRES DÉPARTEMENTAUX
- La dixième livraison des Annales des mines, en 1906, donne le relevé des Travaux de chimie exécutés en 1904 par les ingénieurs des mines dans les laboratoires départementaux, d’Alais, de l’École des mines de Saint-Étienne, du Mans, d’Alger, de Constan-tine, d’Oran. Signalons parmi les travaux exécutés à Alais l’analyse des eaux minérales de Vais, à Saint-Étienne celle des anthracites de La Mure (Isère), à Alger celle de minerais de zinc et de phosphates, à Constantine celle de phosphates, à Oran celle de minerais de cuivre. .
- Au laboratoire du Mans, la découverte de gisements aurifères dans les départements de la Mayenne et de Maine-et-Loire a fourni l’occasion de rechercher l’or et l’argent dans un assez grand nombre de minerais de diverses natures : quartz, plus ou moins chargé d’oxyde de fer, de pyrite, de sulfure d’antimoine (Mayenne), de mispickel (Maine-et-Loire).
- On a trouvé 5,88, 108 grammes d’or à la tonne dans des roches quartzeuses de la Mayenne, 55 grammes dans du quartz ferrugineux, 100, 205, 290 grammes dans le quartz chargé de sulfure d’antimoine de la mine de La Lucette, 87 grammes dans du quartz chargé de mispickel de Saint-Pierre-Montlimart.
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- La photochimie et la loi des phases ont été l’objet d’un travail de Wilder D. Ban-croft (in J. ofphysical chemistry, déc. 1906).
- M. H. Ollivier donne dans le numéro de février des Annales de chimie et de physique, sous le titre : Recherches sur la capillarité, le début de sa thèse de doctorat,
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- ALLUMETTES INEXPLOSIBLES.
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- qui est consacré à l’étude des petites gouttes et de leur rejaillissement sur les surfaces. A ce propos, il rappelle dans sa bibliographie l’« Étude critique sur l’emploi du compte-gouttes de MM. Guye et Perrot » qui a paru dans les Archives de Genève, 1901, t. XI, p. 225. La question du compte-gouttes, d’une importance si grande en pratique, est toujours d’actualité.
- ALLUMETTES INEXPLOSIBLES
- Une expérience de dix années, dit M. Dubrisay (Bull. Soc. chim., 1907, p. 37), à qui nous empruntons ces extraits textuels, a pleinement justifié l’usage du procédé Sévène et Cahen basé sur l’emploi d’un mélange de chlorate de potasse avec le sesquisulfure de phosphore. Toutefois, on s’est heurté dès l’origine à la difficulté suivante: Les allumettes à pâte chloratée deviennent explosives si la dessiccation s’effectue à haute température ou dans des conditions trop rapides, et son inflammation s’accompagne de déflagration, en même temps que des fragments incandescents sont projetés en tous sens.
- En France, jusqu’en 1898, on n’avait fait usage que de pâtes au phosphore blanc sans addition d’aucun principe comburant. La difficulté apparut avec les allumettes au sesquisulfure. Pour obvier à cet inconvénient, on avait bien constaté que la colle joue un rôle modérateur. Mais pour ne pas risquer de faire des allumettes difficiles à enflammer, on s’est obligé de limiter à 15 p. 100 la proportion de colle introduite.
- Il semble logique d’attribuer à une perte d’eau trop grande ce phénomène de l’explosion. Cette supposition est vérifiée par le fait que des allumettes explosives perdent cette propriété quand on les abandonne à l’humidité pendant un certain temps : un artifice de fabrication fréquemment employé consiste à laisser pendant une nuit les produits suspects avant de les emboîter.
- M. Dubrisay a tenté d’introduire dans la pâte des corps capables de retenir une notable proportion d’eau malgré une élévation sensible de température. La glycérine, essayée tout d’abord, a donné d’excellents résultats. Mais les allumettes ainsi préparées étaient devenues hygr.oscopiques, et finissaient par ne plus prendre du tout. Le plâtre produisit d’heureux effets, mais la quantité à ajouter était assez forte pour donner avec la colle une sorte de ciment difficile à manipuler. Le sulfate ferreux en petite quantité (0,5 à 1 p. 100) a donné des résultats parfaits. On sait en effet que le sulfate ferreux précipite la gélatine de ses solutions. Il semble possible d’admettre que le précipité ainsi formé contienne une assez forte proportion d’eau de constitution qu’une élévation de température, même forte, ne lui fait pas perdre. Le sulfate d’alumine, dont l’action sur la gélatine est analogue, a donné des résultats identiques.
- Le procédé, essayé d’abord à Pantin, a donné jusqu’à ce jour de bons résultats. Des •échantillons de fabrication prélevés chaque fois ont été soumis dans un séchoir spécial à une température de 40° à 45°, combiné à un courant d’air d’nne vitesse de 50 mètres cubes par minute, aucune allumette explosive n’a été produite de la sorte, bien que le taux de colle ait été réduit de H à 12 p. 100.
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- Signalons, à l’attention des industriels électrochimistes'*, les Études physico-chimiques sur l’électrolyse des chlorures alcalins de L. Démolis et E. Briner dans le Journal de Chimie physique, 1906, p. 527 et 5 47.
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- Les principaux centres aurifères du monde, et la production actuelle de l’or sont l’objet d’une étude de M. Manuel G. Amador, dans les Mémoires de la Société scientifique Antonio Alzate de Mexico (t. 23, p. 355-381).
- Sur la Genèse des gisements de mercure l’ingénieur Juan D. Villarello (ibidem, p. 395) nous donne son opinion, à propos de la description des mines de la Bella Union dans l’état de Guerrero.
- Leur origine est celle de la plus grande partie de ces gisements métallifères ; elle est, dit-il, magmatogénique, c’est-à-dire qu’ils ont été formés par des solutions sulfureuses, minéralisées pendant la dernière période de refroidissement du magma qui a donné origine aux andésites tertiaires du voisinage ; et la minéralisation a rempli des espaces vides qui existaient antérieurement.
- Une étude sur le développement des industries du fer en Amérique de M. E. C. Eckel a paru dans l’Engineering Magazine de février 1907. Une note préliminaire rappelle que les statistiques ont paru dans une précédente étude; la présente expose la question des réserves de minerais ; les procédés électriques de fusion ; les méthodes de concentration.
- SOLUBILITÉ DE L’ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE DANS L’ALCOOL AQUEUX
- MM. Vèzes, Mouline et R. Brédon (Procès-verbaux des séances de la Société des sciences de Bordeaux, 1906, p. 123) ont étudié la solubilité réciproque de l’essence de térébenthine et de l’alcool aqueux. Ils ont trouvé des résultats singuliers. Par exemple, si l’on veut constituer des mélanges d’essence de térébenthine et d’alcool aqueux, dont on soit certain qu’ils ne se troubleront pas par refroidissement à quelques degrés au-dessous de zéro, il faudra employer de l’alcool titrant au moins 97°,5 volumétriques ; ou bien, si l’alcool est à un titre inférieur (mais au moins égal à 92°,5) il faudra le mélanger avec de l’essence dans des proportions telles que l’on ait : v 4- 10z >> 102,5; s étant le poids d’alcool contenu dans l’unité de poids du mélange,
- DÉSHYDRATATION DE L’ALCOOL AU MOYEN DU CALCIUM
- Les précédentes notes de chimie ont indiqué l’emploi du calcium comme absorbant général des gaz. Les Electricitats-Werke (brevet fr. 370 093 du 28 septembre 1905) revendiquent l’emploi du calcium pour la déshydratation des alcools. L’alcool est chauffé une ou plusieurs fois sur du calcium métallique en copeaux 5 p. 100, et séparé ensuite par distillation. On a ainsi l’alcool à 99-99,5 ; en répétant avec 2 p. 100 de calcium, on a l’alcool absolu.
- DÉSINFECTION DES LEVURES ALCOOLIQUES
- M. Henneberg a étudié, dans le Spiritus Industrie de 1906, l’influence 'de divers composés sur les levures de distillerie infectées ; cette infection se produit soit dès la sortie de l’appareil à levure pure, par mélange de microbes venant de l’air ou des parois des ustensiles, soit par l’amorçage avec des mousses antérieures ou avec des levures étrangères. Les infections les plus dangereuses sont celles dues soit aux fer-
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- BREVETS RÉCENTS SUR. LES CAMPHRES ARTIFICIELS. . 171
- ments lactiques qui rendent la levure floconneuse, soit aux ferments acétiques qui tuent la levure. Les ferments butyriques donnent une mauvaise odeur.
- Le meilleur moyen de combattre ces infections est de laver la levure avec un poison de bactéries : acide sulfurique, tartrique ou lactique, alcool, etc., ou de l’ajouter au moût. Les conclusions de M. Ilenneberg sont: l’acide fluorhydrique ne peut servir au lavage, car la levure lui est plus sensible que les ferment s lactiques ; c’est le contraire dans les moûts. L’acide chlorhydrique peut servir au lavage, et donne des fermentations pures. L’acide nitrique peut servir et aux lavages et à la purification des cultures; l’acide sulfurique aussi, et lui est éminemment efficace, puisque par son emploi au lavage, une levure putréfiée peut donner des fermentations pures et actives.
- BREVETS RÉCENTS SUR LES CAMPHRES ARTIFICIELS Suite aux Notes de chimie, 1906, pp. 96, 675 et 867.
- On trouvera une description générale des brevets, en dehors des Jahresberichte-über die Leistungen der chemischen Technologie de Fischer, que nous avons à notre bibliothèque, dans un mémoire d’O. Schmidt sur la préparation artificielle du camphre-à partir de l’essence de.térébenthine (in Chemische Industrie, 1906, p.. 241) et dans un article de Hempel (in Chemiker-Zeitung, 1907) que M. P. Breteau a résumé (in J. de Pharmacie et de Chimie, 1907, p. 186.)
- Les différentes procédés se ramènent à quatre méthodes générales, d’après M. Breteau :
- I. Préparation du camphre par l’action des acides sur l’essence de térébenthine. C’est en 1901 que l'Ampère Eleclro Chemical Company faisait connaître le premier procédé (D. R. P., 134 553), qui fait agir l’acide oxalique sur l’essence de térébenthine. Le procédé von Heyden repose sur le même principe, mais remplace l’acide oxalique par un acide aromatique, l’acide salicylique par exemple (D. R. P. 13 201, 2 déc. 1904, et 12 606 du 27 mars 1904).
- Otto Schmidt indique encore un procédé de préparation des éthers des bornéols, par l’action de l’acide benzoïque chloré.
- II. Préparation du camphre synthétique par l’action des acétates sur le chlorhydrate de térébenthine.
- C’est ce procédé que vise le brevet français n° 349 896 de MM. Béhal, Magnier et Tissier (D. R. P. 37 322); Wallach, brevet 239,6; Marsh Stocklale (J. of the Chem. Society, vol. LVII, 965). On emploie l’acétate de plomb, et la réaction a heu à la température de 180°. On obtient le même résultat et à plus basse température en employant l’acétate de zinc; Badische Anilin und SodaFabrik (br. angl. 1906) ; von Heyden (brev. fr. 365814, 1906; D. R. P. 13918, 1905 et 14 260, 1906).
- III. Préparation du camphre synthétique par l’action du magnésium sur le chlorhydrate de térébenthène.
- La réaction connue de Grignard est la base du brevet A. Hesse (D. R. P. 34 917 et 34 167, Cl. 12, du 8 nov. 1904, Cf. Houben, Société chimique de Paris, 1904, p. 840; et 1905, p. 3 796).
- IV. Préparation du camphène à partir du chlorhydrate de térébenthine et sa transformation en isobornéol par hydratation, puis en camphre par oxydation.
- Dans le procédé de Bertram (D. R. P. 67 255, du 2 avril 1892), aujourd’hui tombé dans le domaine public, le camphène est, à l’aide de l’acide acétique et de l’acide
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- NOTES DE CHIMIE.
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- sulfurique, transformé en acétate d’isobornyle, ce dernier corps donne l’isobornéol par saponification, puis le camphre par oxydation.
- Les agents d’oxydation du camphène qui ont été proposés et brevetés sont : le permanganate en solution dans l’eau, Schering (D. R. P. 157 590, 1903) ; le permanganate en solution dans l’acétone. Béhal, Magnier Tissier (D. R. P. 39 311, 1904); le chlore gazeux C. F. Bohringer (D. R. P. 1904); l’ozone, Schering (D. R. P. 1904); l’acide azotique, C. F. Bohringer (brev. améric. 1903); l’air et l’oxygène, Schering (B. R. P. 1904); l’acide azotique contenant de l’acide nitreux, von Heyden (br. fr. 1905); et les hypo-chlorites, Gesellschaft für chemische Industrie à Bâle (br. fr., 1906).
- L’acétate d’isobornyle peut, en outre, être transformé directement en camphre par oxydation.
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- Voici quelques brevets relevés sur cette question toute d’actualité :
- MM. Béhal, Magnier et Tissier (br. fr. 349 970 du 7 juin 1904) fabriquent du celluloïd en remplaçant le camphre, totalement ou partiellement, par des bornéols, en présence d’acétate d’éthyle. Ces bornéols sont obtenus d’après leur brevet 349 896 du 5 mai 1904 (voir ces Notes de chimie, 1906, p. 99). Cf leur brevet récent n° 361 978, du 8 décembre 1905.
- Le procédé de production de camphène, Badische Anilin und Soda-Fabrik (br. fr. n° 68170 du 18 juillet 1906). On part du chlorhydrate de pinène, que l’on chauffe avec la solution aqueuse d’un sel alcalin, d’un phénol ou d’un naphtol. Exemple : On chauffe en vase clos à 160°, pendant trois à six heures le mélange : chlorhydrate de pinène solide 100 kilogs; phénol 90 kilogs; eau 60 litres. Après refroidissement, on décante le liquide du sel marin qui s’est déposé, on ajoute la quantité nécessaire de soude caustique et on distille le camphène à la vapeur d’eau. La solution alcaline de phénol peut, après évaporation, rentrer dans la fabrication.
- La Fabrique bâloise de Produits chimiques (br. fr. n° 369 257 du 27 août 1906) prépare le camphène en chauffant le chlorhydrate de pinène avec les sels métalliques anhydres, facilement fusibles, des acides gras supérieurs. Elle prépare des éthers oxaliques de l’iso-bornéol (donnant l’iso-bornéol par saponification) en chauffant le camphène avec l’acide oxaüque en présence d’un dissolvant ou d’un agent de condensation.
- M. Dubosc (br. fr. 370 293, 6 octobre 1906) prépare du camphène par saponification des éthers formiques du bornéol et iso-bornéol, lesquels sont obtenus par le traitement du chlorhydrate de pinène à l’aide des formiates dont les chlorures dérivés ont une chaleur de formation supérieure à 52 calories (par exemple de Na, K, Pb, Al), en présence d’acide formique.
- MM/C.' Weizmann et The Clayton anilin Cy Ltd réalisent la fabrication du camphène par l’action d’une base tertiaire (pyridine ou quinoléine) sur du chlorhydrate de pinène, dans des conditions spéciales.
- Mentionnons également le procédé de la Badische pour la préparation des éthers de bornyle et d’isobornyle (br. fr. 364 444 du 20 mars 1906) qui consiste en substance à traiter le chlorhydrate de pinène par les sels zinciques d’acides organiques, de préférence en présence d’acide formique ou acétique ; celui de Bayer et Cie (br.fr. 367 057, 11 juin 1906). On traite les alcools terpanique et camphanique (menthol, bornéol, santalol) par de l’alcool alcoyl-oxyacétique ou ses dérivés.
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- LE BLEU D’OUTREMER EN SUCRERIE.
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- PRÉPARATION DUS FORMIATES SYNTHÉTIQUES
- L’acide formique H.COOH est le plus riche en oxygène des acides organiques. Il en-renferme 69,37 p. 100. L’importance industrielle que cet acide et ses sels ont pris-dans les derniers temps en thérapeutique, en teintures et en impressions attire en co moment l’attention des inventeurs sur ses modes de formation.
- L’acide formique peut être considéré comme résultant de l’union de l’oxyde de-carbone CO et de l’eau H20. Cette réunion synthétique a été réalisée par M. Berthelot;: en chauffant à 100° de l’oxyde de carbone et de la potasse humide, il se produit du formiate dépotasse. Cette belle synthèse est la base de la préparation industrielle, procédé Merz et Weith (br. ail., en 1880). M. Golschmidt, en employant CO sous pression (br. ail., 1894) sur la chaux sodée, obtient le rendement théorique sous une pression de 6 à 7 atm. et à une température de ISO0 à 170°.
- M. Berthelot a réalisé une autre préparation synthétique, en fixant de l’hydrogène-sur de l’acide carbonique. M. Piequet (in Bull, de la Soc. Ind. de Rouen, 1903) a> observé que les progrès réalisés dans la préparation des hydrures métalliques permettent de prévoir à bref délai la réalisation pratique de cette intéressante synthèse. Je crois qu’il a quelque chose à espérer de l’hydrure de calcium.
- On a proposé également d’oxyder l’acétylène, mais la marche du procédé est complexe.
- L’Elektrochemische Gesellschaft (brevet 362 417 du 15 janvier 1906) prépare des formiates en partant d’alcali caustique solide et d’oxyde de carbone, à chaud et sous-pression, avec ce caractère que l’alcali caustique est en gros morceaux et sans mélange avec des matières servant à diviser la masse.
- La Nitritfabrik (brevet n° 367 088 du 13 avril 1906) fait agir l’oxyde de carbone sur un hydroxyde alcalin ou alcalino-terreux sous la pression minimum de 2 atmosphères-avec agitation. On seconde la réaction par addition d’eau, de vapeur d’eau, d’anhydride carbonique ou d’acide formique. On admet l’oxyde de carbone déjà chaud, et on-s’arrange pour que la température ne dépasse pas 200°.
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- M. P. Cariés a étudié le dosage de l’acide tartrique industriel (Procès-verbaux des. séances de la Soc. des Sciences de Bordeaux, 1906, p. 43 et 58), en particulier la méthode de Goldenberg et Géromon. Il indique les précautions à prendre pour éviter les erreurs fréquentes.
- Le professeur H.-R. Procter et M. H. G. Bennett (J. of the Soc. of Chemical In-dustry, n° du 31 déc. 1906, p. 1203-1207, et 1907, p. 79) étudient les inconvénients-de la méthode officielle de dosage du tannin, adoptée par l’International Association of Leather Trades chemists, et lui proposent différentes modifications. Ils insistent sur les-précautions à prendre pour préparer la poudre de peau.
- LE BLEU D’OUTREMER EN SUCRERIE
- Le Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, t. XXIV, n° lr p. 909-917, renferme sur cette question un article de MM. H. Pellet et Ch. Fribourg, dont nous tirons quelques extraits textuels à cause de 1 utilité qu ils peuvent présenter-
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- NOTES DE CHIMIE.
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- pour d’autres industries, telles que celles des blanchisseries, des impressions, etc. M. H. Prinsen Geerligs, directeur de la station d’essais de Kagok (Pekalongan), à Java, a fait paraître il y a quelques mois un travail très intéressant sur l’outremer employé en sucrerie et en raffinerie.
- [Résumé] : l’outremer par suite de sa composition ne peut pas servir à blanchir certains sucres destinés à certains usages, parce que l’outremer dégage de l’hydrogène sulfuré avec les acides (limonades, sirops de fruits, conserves au lait condensé, etc. Ce fait est surtout à observer si la solution sucrée n’est pas filtrée avant l’addition aux solutions acides.
- On n’emploie pas ni l’indigo, ni les bleus d’aniline pour le même objet que l’outremer parce qu’ils donnent un reflet verdâtre.
- Il y a des bleus d’outremer qui ont une-valeur de 15 francs le kilog. et d’autres qui ne se payent que 1 franc. ïferzfeld a dosé l’hydrogène sulfuré produit par des bleus de valeurs très différentes. Il n’y a pas de relation entre la valeur du bleu d’outremer et la quantité d’hydrogène sulfuré qu’il dégage.
- Stolle (Handbuck fur Zücker-fabrikschemiker) donne une méthode d’analyse du bleu d’outremer d’après la maison J. C. Steine et Cie, de Dresde. L’essai consiste à déterminer seulement : 1° le degré de finesse; 2° le pouvoir colorant.
- 1° Degré de finesse. — On met un peu de bleu sur une toile de gaze la plus fine et on frotte avec le doigt.On perçoit nettementles particules grossières qui peuvent exister.
- Ou bien on pèse 1 gramme de matière qu’on met avec 200 centimètres cubes d’eau et l’on agite vivement pour diviser la masse. On laisse déposer.
- Plus le bleu est fin et plus il reste longtemps en suspension, et en même temps on voit la facilité de répartition du bleu dans l’eau ou mieux son degré de mélange et de division. Si, en effet, le bleu n’a pas l’air de se répartir uniformément dans le liquide, il ne vaut rien pour la coloration du sucre.
- 2° Pouvoir colorant. — Prendre 0gr,5 de bleu et 5 grammes de terre à pipe, de craie, de plâtre ou de sulfate de baryte, ces substances étant mises au préalable en poudre impalpable. On mélange l’outremer à la substance inerte blanche à l’aide de pilons dans un mortier, mais sans trop appuyer. On prend un peu de ce mélange qu’on porte sur un papier blanc et on étale avec le doigt. On compare la teinte avec celle fournie par un essai semblable préparé avec un outremer type et on a ainsi à la fois la teinte même (car il y a des colorations d’outremer un peu variables, tantôt bleu, tantôt bleu violacé) et l’intensité de la teinte.
- Cet essai doit être exécuté à la lumière du jour pas trop forte et non à la lumière artificielle.
- On prépare alors des mélanges types de 100 grammes de matières blanches avec 10 grammes d’outremer de qualité reconnue bonne, et on compare avec la teinte donnée par l’essai d’un nouvel outremer. Suivant que le type a donné une intensité plus ou moins grande que celle de l’échantillon à essayer, on prépare un nouveau type en ne prenant que 95 de matière blanche et 10 grammes de bleu d’outremer type, ou bien en mettant ces 10 grammes avec 105 grammes de matière blanche. (On peut préparer des types avec des quantités dix fois moins grandes et pour ainsi dire à l’avance.)
- On recherche ensuite l’hydrogène sulfuré mis en liberté par l’eau bouillante. Pour cela on prend 50 grammes de bleu dans l’eau distillée, on chauffe, on recueille le gaz
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- dans un tube en U et à boules avec une solution d’iode — et le bout du tube est
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- INFLUENCE DE LA LUMIÈUE SUR LA DIAZOTATION.
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- formé par un tampon d’ouate imbibé d’iodure de potassium. On titre la solution indiquée par une solution de thiosulfate au 1 /10e. Chaque centimètre cube de cette solution correspond à lmm,7 d’hydrogène sulfuré. Un bon bleu ne doit pas donner plus de 15 milligrammes d’hydrogène sulfuré p. 100 de matière.
- De leur côté, MM. H. Pellet et Ch. Fribourg ont également étudié les bleus d’outremer, et voici la marche qui leur a donné toute satisfaction.
- 1° Détermination de Vhumidité.
- 2°Finesse de la poudre. — Délayer 10 grammes de bleu dans un mortier de verre Joulie avec de l’eau distillée et verser dans une éprouvette calibrée d’environ 325 à 330 centimètres cubes formée d’un tube de verre dont l’un des deux bouts est fermé par une plaque de verre fixée au baume de Canada (cette éprouvette porte une graduation millimétrique au bas et un trait à 300 centimètres cubes). Compléter à 300 centimètres avec l’eau distillée. Faire un essai pareil avec un bleu ayant donné de bons résultats. Mélanger les deux éprouvettes au même moment et observer la façon dont se formelle dépôt au bout de 2, 4, 6, 12 et 24 heures.
- Les bleus de bonne qualité donnent au bout de 24 heures une hauteur de dépôLde 24 à 30 millimètres le liquide surnageant étant trouble, seule la partie supérieure est claire sur 2 ou 3 centimètres. Certains bleus essayés ont donné des dépôts complets après deux ou trois heures, le liquide surnageant était absolument clair. Ces bleus sont à rejeter comme trop denses. Des essais industriels l’ont confirmé. On doit donc avoir un dépôt de 20 à 30 millimètres, mais avec la colonne liquide encore trouble au bout de vingt-quatre heures ;
- 30 Mesure et appréciation de la valeur colorante. — Prendre 1 gramme de bleu type et malaxer au mortier assez longuement avec 20 grammes de carbonate de chaux précipité pur et blanc. Mettre sur une feuille de papier blanc et, en pressant légèrement avec une autre feuille rendre la surface lisse. On examine la teinte qui doit être franchement bleue. Examiner comparativement les bleus à essayer. On en rencontre qui donnent des mélanges très violets et qui sont donc à rejeter, car pour que le bleu remplisse bien le but qu’on lui demande, il faut qu’il soit franchement bleu et léger.
- INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LA DIAZOTATION
- La lumière exerce une action importante sur certains composés diazoïques et plusieurs de ces composés ont été proposés en photographie.
- Feer (D. R. P. 53455) a breveté une pellicule recouverte d’un mélange de diazosul-fite d’une amine ou un phénol. Pendant l’insolation la combinaison se produit d’où un négatif coloré. Les parties non modifiées sont lavées après l’exposition.
- Green, Cross et Bevan (D. R. P. 56 606; Berichte, 1890, 23, 3131; et J. Soc. Chem. Ind., 1890, 9, 1001) a proposé, dans le même but, le diazo de primuline. Le négatif est obtenu par exposition à la lumière d’une pellicule recouverte du composé diazoïque. Le positif était obtenu par développement avec une amine ou un phénol. Aux points obscurs, le diazo n’est pas décomposé, et la coloration apparaît; l’inverse se produit aux points éclairés.
- Le premier établissait que l’extrémité rouge du spectre était la partie la plus active, et l’azote se dégage.
- Ruff et Stein (Berichte, 1901, 34, 18681 ont employé une méthode photographique analogue, pour rechercher l’influence de la constitution du diazo composé sur sa sen-
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- NOTES DE CHIMIE. ------ FÉVRIER 1907.
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- sibilité. Sut quelques expériences d’Andresen (Photographische Correspondenz, 1895),. ils concluent que le composé diazo subit la décomposition phénolique.
- MM. Kennedy Joseph Previlé Orton, Edward Coates et Frances Burdett (J. of the Chemical Society, 1907) ont continué cette étude à l’Université de North Wales, Bangor.
- Les sels de diazo s-trisubstitués sont ceux qui se prêtent le mieux à ces expériences-Le mode de décomposition du sel de diazo dépend du solvant. Dans l’eau, il se forme un phénol; dans l’alcool méthylique, un éther •méthy tique : Ar.O.CH3; dans l’alcool éthylique un éther éthylique ; et dans l’acide acétique un phényl acétate, Ar.O.CO.CH3.
- L’influence de la lumière est particulièrement remarquable sur les solutions diluées-de sulfate de 5 bromo-m-xylène, ou 6 bromo 4 cumène hydrodiazo. Des solutions-diluées de ces sels peuvent se conserver indéfiniment dans l’obscurité absolue. .
- Les solutions aqueuses de sels de diazobenzène sont rapidement altérées par la lumière solaire, dès la température de 0°.
- Les sels de diazotates sont au contraire relativement stables. Les solutions-aqueuses de 79-nitrobenzène diazotate, 3,5-dibromo-p-toluène diazotate, et benzeniso-diazotates de sodium ne sont pas modifiées après deux ou trois jours d’exposition à la lumière. Une solution de tribromobenzène diazotate s de potassium, en solution dans; l’alcool méthylique, est également stable.
- Dans cette action de la lumière, il est probable que le dissolvant se combine au seL de diazo (ou aux ions en solution diluée).
- ESSAI DES TISSUS MÉLANGÉS
- La soie et la laine possèdent, comme M. Richard l’a montré en 1888, un groupe ami-dogène. Ce groupe amidogène se diazote en présence d’acide azoteux et le composé diazoïque formé se combine, en solution alcaline aux phénols tels que le phénol ordinaire, le pyrogallol, les naphtolsa et^,la résorcine, etc., en teintant la fibre à la,surface-en nuances variables.
- La laine, en plus de son groupe amidogène, contient du soufre dans sa molécule; et cet élément peut s’unir au plomb d’un plombite alcalin pour former du sulfure de plomb noir qui masque la couleur du diazo.
- Quant aux matières textiles d’origine végétale, comme elles ne renferment dans leur molécule ni amidogène, ni soufre, elles ne peuvent donner ni composé diazoïque coloré, ni sulfure noir de plomb.
- M. Octave Lcomte, pharmacien-major attaché à S. M. I. le Schah, a élaboré, sur ces données, un procédé permettant de distinguer et de compter, au compte-fils, les fils des fibres diverses dans les tissus mélangés (J. de Pharmacie et de Chimie, 1906).
- Un morceau de tissu est traité parla solution alcaline de plombite et naphtolale d& sodium : les fils de soie apparaissent alors en rose rouge ; les fils de laine en noir; les-fils de fibres végétales, en blanc.
- Dans un morceau de tissu traité par la solution alcaline de plombite et résorcinate de sodium : les fils de soie apparaissent en orangé; les fils de laine en noir; les fils-de fibres végétales apparaissent en blanc.
- On peut alors compter au compte-fils les différents fils contenus dans la trame et dans la chaîne et présenter le tissu différencié non désagrégé à côté du tissu décoloré-et du tissu soumis à l’examen.
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- RÉSISTANCE A l’eAU DES FIBRES ARTIFICIELLES.
- 177
- INCONVÉNIENTS DU CHLORURE DE MAGNÉSIUM DANS LES APPRÊTS '
- La propriété du chlorure de magnésium d’attirer l’humidité de l’air et de la retenir énergiquement a fait employer ce corps dans l’apprêt des étoiles. En quantités même faibles, il empêche l’empesage des étoffes avec l’amidon. Fr. Koener (in Mittheilungen aus dem kôniglichen Materialprüfungsamt zù gross-Lichterfelde West, 1906, p. 195) rapporte le cas de manteaux d’enfants, doublés d’un tissu fortement apprêté, expédiés d’Allemagne vers un port de Hollande, et qui avaient absorbé tant d’humidité pendant le voyage qu’il était impossible de les vendrè. L’analyse révéla que la doublure avait été apprêtée avec de l’amidon, un corps gras et du chlorure de magnésium. Ce dernier représentait 18 p. 100 du poids du tissu sec.
- Des essais ultérieurs montrent que des tissus ainsi apprêtés peuvent, dans de l’air très humidifié, absorber jusqu’à 50 p. 100 d’eau.
- , RÉSISTANCE A L’EAU DES FIBRES ARTIFICIELLES ;
- Pour augmenter la solidité à l’eau des fibres artificielles, M. G.-W. Friedrich (br. n° 369957, du 22 septembre 1906) traite ces fibres par un agent déshydratant,, à une température où la cellulose ne se décompose pas ; s’il s’agit de fils obtenus par coagulation, on ajoute l’agent déshydratant au bain coagulateur.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- les alliages d’aluminium et de cuivre, d’après MM. Carpenter et Edwards (1).
- Ces recherches comprennent plus de 1000 essais et 200 photomicrographies : masse de documents énorme, dont on peut déduire les considérations générales suivantes : t
- a) Le nombre des alliages d’aluminium et de cuivre d’un intérêt industriel est très faible, et ce sont presque tous les plus riches en cuivre; ceux renfermant de 11 à 96 p. 100 d’aluminium ne paraissent pas utilisables dans l’industrie.
- b) Les qualités des alliages utilisables sont, en revanche, parfois des plus précieuses, notamment pour ceux ne renfermant que de 7 à 10 p. 100 d’aluminium; sous certains rapports, ils surpassent les meilleurs aciers de même caractère.
- En ce qui concerne ces alliages riches en cuivre,
- c) Leur résistance à la traction présente les quatre particularités suivantes :
- 1. Les alliages de 0,1 à 9 p. 100 d’aluminium ont une limite d’élasticité nettement tranchée.
- 2. Comme l’ont récemment démontré MM. Stanton et Bairstow (2), la limite d’élasticité primitive d’un acier laminé ou forgé est artificielle, car elle provient de l’action subie par l’acier pendant ce travail de forgeage ou de laminage ; il n’en est pas de même avec les alliages en question; la limite d’élasticité primitive est la vraie.
- 3. La ductilité : produit de l’allongement par la striction, est, pour les alliages de 0,1 à 7,35 d’aluminium, très élevée et pratiquement invariable, bien que la ténacité augmente sensiblement avec la teneur en aluminium.
- k. La ténacité et la ductilité du bronze d’aluminium à 10 p. 100 Al sont aussi élevées dans les petites coulées trempées que dans les barres laminées avec une réduction de 80 p. 100 dans la section primitive du lingot. C’est un fait exceptionnel, et qui a été confirmé par des essais indépendants aux Brougton Copper Works en raison de sa grande importance industrielle.
- d) Ces recherches ont fait connaître quelques résultats frappants de l’influence exercée par de petites quantités d’aluminium sur le cuivre, dans les essais de traction et aussi, spécialement, dans ceux de torsion et de conductibilité électrique. La présence de 1 : 1 000 d’aluminium augmente de 90 p. 100 l’angle de torsion limite du cuivre et baisse de 23 p. 100 sa conductibilité.
- (1) Extrait du huitième rapport du Comité de recherches sur les alliages de l’Institution des Mecha-nical Engineers de Londres donné par l’Engineering des 25 janvier et 1er février 1907.
- (2) Institution of civil engineers, 1906.
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- LES ALLIAGES l)’ALUMINIUM ET 1)E CUIVRE.
- 179
- e) Les résultats des essais de torsion des' alliages de 0,1 à 7,35 p. 100 Al sont des plus intéressants.
- f) Les alliages de 5 à 10 p. 100 Al ont très bien supporté les épreuves dynamiques. Les essais de tensions et compressions alternatives au voisinage de la limite d’élasticité statique ont montré que les alliages n° 9 et 13 du tableau ci-dessous sont supérieurs aux meilleurs aciers ainsi essayés jusqu’ici.
- Les alliages n° 6, 9 et 13 ont très bien supporté les essais au-dessus de la limite d’élasticité par l’appareil d’Arnold ; l’alliage n° 9 détient le record de la résistance aux efforts alternés.
- g) A 15 p. 100 d’aluminium, les alliages prennent la dureté de l’acier. C’est ainsi que le degré de dureté de l’alliage n° 17, à 15,38 p. 100 d’Al, et simplement coulé, est de 539, le même que celui de l’acier à 0,45 p. 100 de carbone trempé dans de l’eau à 20°.
- h) Les alliages de 1 à 10 p. 100 d’Al sont pratiquement incorrosibles à l’eau de mer, seuls ou boulonnés sur des tôles d’acier; ils sont, sous ce rapport, supérieurs à l’alliage Muntz, mais il n’en est pas de même dans des eaux sales de dureté moyenne.
- k) Les températures ayant été prises avec un couple thermo-électrique, on a déterminé l’influence de l’enveloppe de terre réfractaire de ce couple entre 1100 et 550°; cette enveloppe, constituée par un tube d’argile de lmm,5 d’épaisseur, abaissait la température de 3 et 9° au plus, à 1100 et 550° respectivement; elle n’exerce aucune influence appréciable au-dessus de 800°.
- l) Il convient de signaler les analogies frappantes entre les propriétés mécaniques et physiques de l’alliage n° 13, à 9,90 p. 100 Al et l’acier Bessemer suédois laminé à 0, 35 p. 100 de carbone.
- Préparation des alliages. — Il n’est pas nécessaire de refondre les alliages riches en cuivre; avec un peu de soin, le premier jet est excellent, mais seulement pour de petites coulées ; il n’en est pas de même, bien entendu, pour les grosses pièces de l’industrie, dont l’homogénéité ne peut être assurée que par des moyens sanctionnés en pratique.
- Les alliages riches en cuivre se préparent facilement en partant des métaux purs aussi bien qu’avec un alliage à 50 p. 100 au lieu d’aluminium pur; les résultats sont les mêmes.
- On peut aussi préparer ces alliages en une seule fusion ; il est plus important de s’attacher à les couler à la température convenable que de les refondre pour en améliorer les propriétés mécaniques. On n’a donc opéré qu’une seule coulée en veillant à la faire à la température exacte de. fusion et en agitant avec soin.
- Des mesures de la contraction linéaire, du point de fusion ou de solidification à la température ordinaire ont montré que cette contraction varie de 1,83 à 2,34 p. 100 avec les alliages riches en cuivre et que sa valeur est invariablement de 0,66 p. 100 pour les alliages de 0 à 3,76 p. 100 de cuivre.
- Propriétés des alliages riches en cuivre. — Densité. — 1. Les coulées trempées et les barres laminées ont la même densité. Quelques alliages : les nos 10,12, 13 et 15 des tableaux 1 et 2 ont la même structure dans ces deux états ; ces structures sont semblables dans les nos 14 et 16, et on s’explique ainsi la constance des densités ; mais iln’en est pas de même pour les structures des alliages nos 1 à 9.
- 2. La densité baisse à mesure que la teneur d’aluminium augmente jusqu’à
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- 180 NOTES DE MÉCANIQUE. ------------- FÉVRIER 1907.
- 13 p. 100; ce fait est important en raison des changements considérables de la structure entre 8 et 13 p. 100 Al.
- TABLEAU I. — ALLIAGES RICHES EN CUIVRE.
- Pourcentages.
- Numéros. Cuivre. Aluminium. Cuivre et aluminium. Silice. Fer.
- I. ...... . 99,86 0,10 99,96 0,000 0,000
- 2 ........... 98,95 1,06 100,01 0,010 traces
- 3 .......... 97,88 2,10 99,98 0,018 0,004
- 4 ......... 96,98 2,99 99,97 0,024 0,008
- 5... •’..... 95,92 4,05 99,97 0,019 0,011
- 6............ 94,90 5,07 99,97 0,018 0,006
- 7.............> 94,20 5,76 99,96 0,027 0,010
- 8............ 93.23 6,73 99,96 9,026 0,016
- 9............ 92,61 7,35 99,96 0,027 0,017
- 10............ 91,85 8,12 99,97 0,012 0,012
- 11. ......... 91,28 8,67 99,95 0,032 0,021
- 12. ...... . 90,58 9,38 99,96 0,021 0,019
- 13. . ...... 90,06 9,90 99,96 0,027 0,017
- 14 .......... 89,17 10,78 99,95 0,031 0,015
- 15 .......... 88,23 11,73 99,96 0,028 0,010
- 16 .......... 86,92 13,02 99,04 0,043 0,013
- TABLEAU II. — ALLIAGES DE COMPOSITIONS INTERMÉDIAIRES
- Pourcentages.
- Numéros. Cuivre. Aluminium approximati1'.
- 17 ...................................... 84,57 15,38
- 18 ......................................... 79,22 20,7
- 19 ......................................* 72,76 27,1
- 20 ...................................... 70,77 29,1
- 21 ......................................... 64,70 35,1
- 22 ......................................... 59,81 40,0
- 23 ......................................... 54,95 44,9
- 24 ......................................... 49,90 49,9
- 25 ........................................ 44,49 55,3
- 26 ......................................... 39,14 60,6
- 27. . . .................................. 35,52 ' 64,2
- 28. . . ..................................... 31,42 68,3
- 29 ......................................... 28,80 71,0
- 30 ......................................... 19,58 80,1
- 31 ........................................ 15,62 84,0
- 32 ....................................... 10,34 89,3
- 3. La courbe des densités, pour les coulées en sable, est, en général, semblable à celle [des coulées en coquille et des barres laminées, mais moins régulière ; jusqu’à 7 p. 100 Al, ces densités sont égales ou inférieures souvent à celles des coulées trempées et des barres.-* Jusqu’à cette teneur, les alliages semblent formés d’une disso-solution de l’aluminium solide dans le cuivre et sont très homogènes ; au delà, et jusqu’à 10,8 p. 100, la structure est double, c’est-à-dire que l’alliage consiste en au moins deux constituants structuraux.
- Au delà de 11 p. 100, la structure se modifie encore, et les coulées au sable ne sont plus saines; c’est la principale raison de la chute rapide de la densité en ce point.
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- LES ALLIAGES D’ALUMINIUM ET DE CUIVRE. 181
- •4. La densité : 8,90, des coulées au sable ou en coquille de l’alliage à 0,1 p. 100 d’aluminium est celle du cuivre étalon adoptée pour les conducteurs par Y Engineering Standards Commillee.
- Résistance à la traction. — A ce point de vue : a) La teneur limite ses alliages utilisables dans l’industrie est de 11 p. 100 d’aluminium et, dans bien des cas, de 10 p. 100, à partir de laquelle la ductilité s’abaisse rapidement, sans augmentation delà résistance de rupture ; d’autre part, principalement pour les coulées, la limite d’élasticité est meilleure à 11 qu’à 10 p. 100 AL
- b) Entre ces limites, les alliages se divisent en deux classes.
- 1. Les alliages d’entre 0 et 7,35 p. 100 d’aluminium, à faible limite d’élasticité (fig. 1), charge de rupture modérée et de très bonne ductilité; à mesure que la teneur
- i---TTitùnxüte^ Stress
- aot s
- Températures.
- Fig. 1. — Alliage u 90,06 Al 9,9 p. 100, après un chauffage d’une heure à différentes températures.
- en aluminium augmente au delà de 7 p. 100, la résistance augmente sans changement de la ductilité. Ces alliages sont peu sensibles aux traitements thermiques, mais considérablement améliorables par des traitements mécaniques. .
- 2. Les alliages de 8 à 11 p. 100 d’aluminium, àlimite d’élasticité relativement faible et bonne résistance de rupture; la ductilité est bonne jusqu’à 10 p. 100. Ces alliages sont très sensibles aux traitement s thermiques (fig. 2), mais l’un d’eux, le n° 13, est remarquablement indifférent au laminage.
- c) En bloc, les coulées en coquille sont supérieures à celles en sable, qui sont elles-mêmes surpassées par les barres laminées, exception faite, toutefois, pour les alliages n° 12 et surtout le 13.
- d) L’une des caractéristiques les plus notables de ces alliages est leur faible limite d’élasticité, bien inférieure à celle d’un acier de même résistance à la rupture, mais cette infériorité n’est réelle qu’en partie, car la limite d’élasticité des aciers travaillés n’est, en général, qu’apparente; leur limite réelle se rapproche de celle de ces alliages, du bronze d’aluminium notamment.
- é) L’étirage à froid augmente la limite d’élasticité, mais cesse de réussir à partir de 5 p. 100 d’aluminium.
- f) La ductilité est des plus remarquables et reste sensiblement invariable de 0 à
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- 182 ' NOTES DE MÉCANIQUE. — FÉVRIER 1907.
- «
- 7,35 p. 100 d’aluminium. En comparaison avec du cuivre électrolytique pur à 99,96 p. 100, refroidi lentement à partir de 800°, l’alliage n° 1, à 0,1 p. 100 d’aluminium, a donné les résultats suivants: Limites d’élasticité, 7k^,9 par millimètre carré pour le cuivre et 6kff,9 pour l’alliage ; résistances de rupture, 22kff,î2 et 22ks',3; allongements sur 50mm,56 et 62 p. 100 ; strictions, 67,84 et 92,52 p. 100; les ténacités sont les mêmes, et la ductilité de l’alliage est notablement supérieure.
- g) Jusqu’à 9,4 p. 100 d’aluminium, la barre laminée de 20 millimètres de diamètre aune résistance de rupture par traction supérieure à celle des lingots coulés en coquille. Cette supériorité varie de 5 à 16 kilogrammes par mètre carré. Néanmoins, pour l’alliage n° 13, le lingot a une ténacité de 58 kilogrammes par millimètre carré, la meme que celle de la barre, avec un allongement à la rupture de 30,5 p. 100 au lieu de 38, et la ténacité du lingot est de 3 kilogrammes par millimètre carré plus élevée que
- Aluminium p. 100.
- Fig. 2.
- celle de la barre laminée de 32 millimètres de diamètre ; c’est une exception unique inexpliquée. L’alliage n° 14 présente aussi, en lingot trempé, une résistance de 2ks,8 supérieure à celle de la barre de 32 millimètres, mais inférieure de 3 kilogrammes à celle de la barre de 20 millimètres, avec un allongement inférieur de 5 p. 100.
- Structure. — L’examen microscopique jette une grande lumière sur la raison d’être des propriétés mécaniques de ces alliages. Jusqu’à 7,35 p. 100 d’aluminium, ces alliages consistent en des cristaux ductiles d’une dissolution solide. Le traitement thermique affecte ces cristaux, mais sans changer profondément la structure de l’alliage, comme pour ceux de 9 à 11 p. 100 d’aluminium; son influence sur les propriétés mécaniques est faible. D’autre part, le laminage brise ces cristaux et les enchevêtre en une structure plus tenace que celle des lingots. L’augmentation soudaine de la ténacité des alliages au-dessus de 8 p. 100 d’aluminium coïncide avec l’apparition d’un constituant noir aciculaire, qui rend l’alliage cassant. Avec 11,73 p. 100 Al, la structure est entièrement aciculaire, et l’alliage n’a presque pas de ductilité.
- Traitement thermique. — L’alliage n° 13 subit, entre 300 et 400°, un changement profond. Après un traitement à 300°, les propriétés de son lingot sont les mêmes que celles de la barre laminée, mais, à 400°, le rapport d’élasticité monte de près de 100 p. 100 en raison de l’augmentation de la limite d’élasticité et de l’abaissement de la résistance de rupture. La ductilité tombe presque à rien et la cassure change complète-
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- LES ALLIAGES D’ALUMINIUM ET DE CUIVRE.
- 183
- ment d’aspect. Parfois, au contraire, l’examen microscopique ne révèle pas de changements de structure. De 500 à 700°, la ductilité revient un peu, la ténacité et la limite d’élasticité baissent; à 800° et 900°, la ténacité baisse encore, et la cassure est grossièrement cristalline. Les surfaces attaquées révèlent de remarquables changements de structure entre ces températures. On voit que l’alliage à 10 p. 100 d’aluminium est très dégradé par des températures voisines de 400°, ce qui en limite singulièrement les applications.
- Essais de dureté. — Ces essais fait à la bille Brinnel, à 1034 et 3000 kilogrammes, ont donné, pour l’alliage n° 1, le coefficient 66 ; puis, à mesure que la teneur d’alumi-
- Xotis.
- Aluminium p. 100.
- Fig. 3. — Résistance maxima pour un million d’alternances tension-compression au taux de 800 par minute, et limite d’élasticité (yeld Point) correspondante en simple tension.
- nium augmente, la dureté croît lentement, jusqu’à 10 p. 100 Al, et rapidement de 10 à 15,38 p. 100, où le coefficient est de 539 : le même que celui de l’acier à 0,45 p. 100 de carbone trempé à 20°.
- Torsion. — La résistance à la torsion croît comme celle de tension avec la teneur èn aluminium, avec, cette exception, qu’à 9,90 p. 100 d’Al, elle décroît un peu.
- La torsion limite est plus élevée pour les alliages n0, 1 à 3 que pour le cuivre pur: 14,4 tours pour le n° 1 au lieu de 5,41 tours, avec une éprouvette de 75 millimètres de long, pour le cuivre pur, supériorité due à la présence de seulement 0,1 p. 100 d’aluminium.' Cet aluminium enlève au cuivre toute trace des oxydes qui en diminuent la ductilité. Le cuivre électrolytique peut supporter une torsion de 7,6 tours. La ductilité des alliages reste supérieure à celle du cuivre jusqu’à la teneur de 4 p. 100 d’aluminium, puis elle tombe rapidement à 7,35 et surtout à 9,90 p. 100; à 11,73 p. 100,1a torsion limite est de 51° au lieu des 51°,84 du cuivre pur.
- Essai alternatif de Stanton. — L’alliage à 10 p. 100 Al les a parfaitement subis, supportant, sous un effort.moyen de 44 kilogrammes par millimètre carré, jusqu’à
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- FÉVRIER 1907.
- un million d’alternatives de tension et de compression à la vitesse de 800 par minute; résistance comparable à celle clés tiges de pistons à 0,446 p. 100 de carbone. Mais le principal mérite de cet alliage et des bronzes à 5 et 7,5 p. 100 Al est la presque identité des efforts qu’ils peuvent supporter, alternativement et statiquement, sans dépasser leur limite d’élasticité, comme le démontre le tableau III. De môme, aux essais de pliage répétés d’Arnold (fig. 3), les alliages de 5 à 10 p. 100 Al, et surtout celui à 9 p. 100 se sont admirablement comportés; la fragilité se manifeste brusquement à partir de 10 p. 100 lorsque la structure devient cassante. Les mêmes propriétés se sont manifestées aux essais sur éprouvettes entaillées, au choc. Tous ces essais ont montré que la limite d’élasticité de ces alliages, principalement celle des alliages n° 9 et 13, n’est pas affectée sensiblement par leur travail au laminage, principalement pour des teneurs de 5 à 10 p. 100 Al.
- Alliages.
- TABLEAU III
- Rapport.
- Tension maxima alternative.
- Numéros. Limite d’élasticité statique.
- 1............................................................... 1,33
- 4............................................................... 1,47
- 6........................................................ 1,80
- 9................................................................ 1,93
- 13................................................................. 1,91
- Courbes de solidification. — Les alliages de 0 à 13 p. 100 Al paraissent se solidifier à une seule température; de 8 à 13 p. 100, il se dégage de la chaleur au refroidissement entre 500 et 600°. Les températures auxquelles les alliages de 8 à 12 p. 100 commencent à déposer des cristaux coïncident avec la présence, en quantités maxima, des aiguilles noires. La complication des courbes de refroidissement et d’échauffement augmente avec la teneur en aluminium; voici ce qu’on peut en déduire, en gros.
- A 8,12 p. 100 Al, il se produit une faible absorption de chaleur entre 563 et 566°, et qui peut s’élever (fig. 4) à 13 p. 100 avec les fortes teneurs ; elle coïncide avec la formation des aiguilles noires. Lorsqu’on trempe l’alliage n° 13 à toute température ne dépassant pas 560°, on ne remarque aucun changement de structure ; lorsqu’on le trempe à •600°, les aiguilles noires jaunissent et se strient davantage. La variation de température de 560 à 570°, constante pour toute la série, semble correspondre à un changement dans le constituant noir tel qu’il lui permet de dissoudre le constituant jaune. Les absorptions de chaleur qui se produisent entre 600 et 800°, plus prolongées et en des points variables de la courbe, semblent correspondre à la dissolution graduelle du constituant jaune dans le noir, qui disparaît complètement à la trempe à 900° ; l’alliage ainsi trempé présente une masse d’aiguilles de couleur variant du jaune au brun noir. Ces variations de chaleur sont renversées pendant le refroidissement. Au-dessus de 800°, les aiguilles persistent au détriment du constituant jaune; au-dessous, le jaune apparaît et augmente jusqu’à 530°, le constituant aciculaire disparaît en partie et noircit.
- Alliages riches en aluminium. — Densités. — Gomme pour les alliages riches en cuivre, les densités sont les mêmes pour les lingots coulés et les barres laminées; ces densités s’élèvent graduellement jusqu’à la teneur de 8 p. 100 de cuivre; elles sont plus faibles dans les lingots coulés en sable que dans ceux trempés et dans les barres.
- Résistance à la traction. — Cette résistance n’est presque pas affectée parla lenteur ou
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- LES ALLIAGES D’ALUMINIUM ET DE CUIVRE. 185
- la rapidité de refroidissement. Les lingots simplement coulés au sable sont inférieurs à ceux coulés en coquille, et, pour donner à ces alliages toute leur valeur, il faut leur faire subir un travail mécanique très considérable de laminage et d’étirage, avec ou sans recuit. De 0 à 8 p. 100 de cuivre, tous les alliages se laminent bien, et ils s’étirent
- No évolutions ofTwovt werz dètectecb bdptv
- Aluminium p. 100.
- Fig. 4. — Courbe de solidification des alliages Cu-Al.
- de 0 à 4 p. 100. L’alliage n° 37 est, à ce point de vue de l’amélioration par un traitement mécanique énergique, des plus remarquables, comme le montré le tableau IV; il convient pour des applications où il faut joindre à une limite d’élasticité élevée (29 kilogrammes par millimètre carré) une grande légèreté : densité 2,79. On ne gagne. rien à ajouter à l’aluminium plus de 4 p. 100 de cuivre; au delà, la ténacité n’augmente plus et la ductilité continue à baisser. La résistance des alliages, en feuilles suit la même loi que la résistance des barres. -
- TABLEAU IV
- Limite (l’élasticité e. Kil. par mm2.
- Lingot trempé........................ 8,5
- Barre laminée de 32 p. 100........... 14
- — de 20 p. 100......... 18,2
- Barre de 20 p. 100 étirée et recuite. 24,4
- — 23 mm. étirée non recuite. 29
- barges rupture. Rapport e Allongement p. 100 Striction
- r r sur 50 mm. p. 100.
- 15 0,56 10,5 21,46
- 2 G, 5 0,54 20 38,21
- 27 0,68 21 49,76
- 26,6 0,92 8 21,70
- 31,5 0,92 7,3 20,84
- Ces alliages sont, au contraire des alliages riches en cuivre, très attaquables à l’eau de mer et inattaquables par l’eau douce.
- Les alliages de teneurs varient entre 84,3 et 10,3 p. 100 de cuivre sont trop cassants pour pouvoir être utilisés dans l’industrie.
- Tome 109. — Février 1907. 13
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- 186
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- FÉVRIER 1907.
- rendement des moteurs a pétrole d’automobiles, d’après M. B. Hopkindon (1).
- Les expériences de M. Hopkinson ont été exécutées, avec le concours de M. Ricardo, sur un moteur Daimler à 4 cylindres de 90 x 130 millimètres de course; volume du cylindre lm,3, de la chambre dé compression 0m,3, rapport de compression 3,85;puissance 16 à 20 chevaux, vitesses de 250 à 1 400 tours par minute. La carburation se fait par passage d’air sur le jet de pétrole puis mélange de cet air très carburé avec le complément de la charge; le réglage se fait par étranglement de la charge au delà du carburateur ou par déplacement de l’allumage.
- Les diagrammes ont été relevé par un indicateur optique spécial de M. Hopkinson à échelle de pressions proportionnelles et donnant des diagrammes directement pla-nimétrables.
- On a déterminé les résistances du moteur en le faisant tourner à vide par un seul cylindre dont on relevait le diagramme aux différentes vitesses. La puissance ainsi relevée comprend celle nécessaire pour vaincre les frottements du moteur et les résistances de l’aspiration, de l’échappement et de la compression de ses quatre cylindres. Ces dernières résistances sont un peu plus grandes à vide qu’en pleine charge, mais on les avait sensiblement égalisées en faisant aspirer deux des cylindres à vide directement dans l’atmosphère au lieu de par les tuyaux d’aspiration, de manière à y réduire les résistances d’aspiration. Les pertes par aspiration et compression ne dépassent guère, à 1 000 tours, le sixième de la puissance totale à vide, c’est-à-dire, environ un cheval, qui, en marche active, se réduit à 2/3 de cheval environ.
- Sur le diagramme (fig. 1), la courbe A donne*la puissance nécessaire pour entraîner le moteur à vide avec un seul cylindre en travail, et B la puissance perdue en pompage et compression; la différence entre ces deux travaux donne la résistance mécanique proprement dite du moteur. On voit qu’elle augmente plus vite que la vitesse, ce qui se comprend car elle est constituée principalement par le frottement du piston, qui dépend de la viscosité de l’huile qui le graisse. Le travail A est celui qu’il faut ajouter au travail mesuré au frein pour déterminer la puissance indiquée du moteur à cette vitesse correspondante et avec l’admission grande ouverte.
- Le réglage du pétrole pouvait se faire en variant l’admission de l’air qui en entraîne le jet avec un débit par course fonction de la vitesse de cet air, de sa température et de son degré hygrométrique. Ce mode de réglage augmente, à mesure qu’on réduit le volume d’air, le travail d’aspiration et réduit d’autant la compression. Dans les expériences, on a laissé l’aspiration toujours grande ouverte et effectué le réglage en déplaçant l’allumage, pour chaque vitesse, jusqu’à ce que, à cette vitesse donnée, la puissance au frein fût maxima. Les puissances ainsi obtenues sont représentées par la courbe BHP du diagramme (fig. 2) ; en y ajoutant la courbe A du diagramme (fig. 1), on obtient la courbe 11IP des puissances indiquées correspondantes. De cette dernière courbe, on déduit celle MEP des pressions moyennes effectives, puis celle du moment moteur ou torque sur l’arbre des manivelles.
- A la vitesse de 1 100 tours par minute, la plus élevée qu’on ait pu atteindre avec un seul cylindre en travail, le rendement organique du moteur (courbe C, fig. 1) est de 75 p. 100 environ, de sorte, qu’en pleine marche, la puissance d’un des cylindres est consacrée tout entière à vaincre les résistances du moteur. Au delà de 1 100 tours, le
- (1) Engineering, 8 lévrier, p. 1(U.
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- RENDEMENT DES MOTEURS A PÉTROLE d’aüTOMOBTLES.
- 187
- fonctionnement du carburateur devient irrégulier, et il en est de même de la puissance au frein BHP.
- Le pétrole léger, de densité 0,715, employé dans ces essais a donné, au calorimètre de Junker, une puissance calorifique de 8 900 calories, trop faible, comme souvent avec ce calorimètre, par suite, de la formation d’un dépôt de carbone sur le
- Vitesses du piston en pieds par minute (1 pied par minute = 5 mm. par seconde).
- Vitesse du piston en pieds par minute.
- Yh.p
- Tours par minute. Fig. 1.
- Tours par minute. Fig. 2.
- serpentin de la lampe ; au calorimètre vaporisateur, cette puissance a été reconnue de 9 700 calories (valeur inférieure) ce qui conduisit, pour le rendement thermique, aux résultats du tableau ci-dessous.
- Dépense de pétrole en kil. Rendement thermique
- Tours par cheval-heure par cheval-heure. par par cheval par cheval
- par minute. indique. effectif. 1 000 tours. indiqué. effectif. P. 100.
- 400 0,35 0,41 0,14 18,6 16,1
- 400 0,34 0,39 0,13 19,3 16,6
- 600 0,31 0,37 0,12 21 17,9
- 600 0,30 0,35 0,11 22 18,8
- 800 » »> 0,11 » »
- 1000 0,21 0,34 0,10 24,2 19,3
- 1000 0,27 0,34 0,95 24,2 19,3
- 1200 0,27 0,36 0,94 24,6 18,4
- 1225 0,30 0,43 0,11 22,3 15,4
- Il faut remarquer que les chitl'res de ce tableau ne donnent pas le meilleur rendement thermique possible dans chaque cas, puisqu’on ne faisait pas varier la composition du mélange de manière à l’obtenir, mais seulement la position de l’allumage de manière à obtenir la puissance maxima à la vitesse donnée.
- On voit que le rendement du moteur augmente considérablement avec la vitesse, en raison de la diminution des pertes thermiques et aussi, eh très grande partie, de la plus grande intimité du mélange et de sa meilleure combustion. A mesure que la vitesse augmente, on aspire moins de pétrole par cylindre et moins d’air. A 1 000 tours,
- livres par pouce carré.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- FÉVRIER 1907.
- la pression d’aspiration est d’environ 0kg,10 au-dessous de l’atmosphère, elle n’est que de 0kg,035 à 400 tours, de sorte que l’on aspire, à 1 000 tours, environ, 6 p. 100 moins d’air qu’à 500, en réalité, les 2/3 environ, en tenant compte de la raréfaction de cet air par la température du cylindre plus élevée aux grandes vitesses. Aux petites vitesses, le mélange est beaucoup plus riche en pétrole, au point de provoquer des retours d’allumage dans le tuyau d’aspiration.
- MACHINE MARINE A DISTRIBUTION Lentz (1).
- Cette machine a été construite par les ateliers et chantiers de Saint-Nazaire pour
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- Fig. 1, 2 et 3. — Chaudières du cargo « La Rance » et diagrammes des machines des cargo « La Garonne » à tiroirs et « La Rance » avec soupapes Lentz. Vitesses 73 et 75 tours. Vide au condenseur 680 mm. Puissances indiquées 1101 et 1 290 chevaux.
- essayer le fonctionnement des distributions par soupapes de Lentz (2) avec de la va-
- (1) Engineering, 18 janvier, p. 76.
- (2) Bulletin du juin 1906, p. 688.
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- Fig. 4. — Tubes tirants et tubes ordinaires traversant le surchauffeur Pielock.
- Fig. 5 et 6. — Machine marine Lentz et ses stuffing box.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- FÉVRIER 1907.
- peur surchauffée. Elle est installée sur un cargo de 3 650 tonneaux la Rance, avec des chaudières tubulaires simples à trois foyers (fig. 1), surchauffeur Pielock et tirage forcé Howden. Les surchauffeurs sont (fig. 1 et 4) à trois caisses ou compartiments, avec des trous pour le passage des tubes, de 66 millimètres à l’entrée et de 66m,5, à la sortie, de manière à en faciliter l’enlèvement. La vapeur passe, suivant les flèches de la figure 1, du haut de la chaudière aux surchauffeurs. La surchauffe varie de 200 à 400°. La surface de grille des chaudières est de 8 m2,4, leur chauffe de 350 et celle des surchauffeurs de 73 mètres carrés.
- La machine est (fig. 5) verticale à triple expansion, avec trois cylindres de 584, 914 et lm,498 X lm,066 de course, soupapes à doubles sièges très étroits et équilibrées. Les deux sièges de soupapes d’échappement sont du même diamètre de manière à éviter la levée des soupapes pendant la compression. On obtient cette identité des deux sièges en les coulant et tournant à l’extérieur avec la soupape, puis en les détachant et rôdant sur la soupape. Le mouvement de ces soupapes, rappelées par un faible ressort, est extrêmement doux; les cames qui les commandent ne s’usent presque pas. L’étanchéité du passage de la tige est assurée par de simples cannelures. La garniture des tiges des pistons est (fig. 6) métallique, en anneaux et boîtes en fonte superposées sans frottement sur la tige, fonctionnant comme des cannelures, par laminage de la vapeur.
- Des essais exécutés avec la Rance et le cargo semblable Garonne, mais avec machines à tiroirs et sans surchauffe, ont donné, en faveur de la machine Lentz et delà surchauffe, une augmentation de puissance de 18 p. 100 et une économie de combustible de 20 p. 100, avec le chiffre très bas de 0ker,408, de charbon par cheval-heure indiqué. Les diagrammes (fig. 2 et 3) montrent que la chute de pression à l’admission est moindre avec les soupapes bien que la détente y soit un peu plus prolongée ; le vide aussi y est meilleur au grand cylindre ; avec les soupapes, le laminage de la vapeur est presque entièrement supprimé.
- EMPLOI DU PÉTROLE DANS LES LOCOMOTIVES AUX ÉTATS-UNIS (1)
- L’emploi des pétroles sur les locomotives se répand de plus en plus aux États-Unis
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- Fig. 1. — Brûleur à pétrole Dool/i.
- depuis la découverte des gisements de l’Ouest : Texas et Californie, au point qu’on y compte, actuellement, environ 1 800 locomotives chauffées au pétrole.
- (1) Rapport (l’une commission à la Travelling Engineers Association de Chicago, en août 1906 (Engineering News, 10 janvier, p. 33).
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- EMPLOI DU PÉTROLE DANS LES LOCOMOTIVES AUX ÉTATS-UNIS. 191
- Les brûleurs employés peuvent se diviser en deux classes, suivant que le pétrole y est mis au contact de la vapeur d’injection avant ou après sa sortie du brûleur,
- Sec+ion A-B.
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- Fig. 2. — Brûleur à pétrole Sheedy.
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- Fig. 3. — Brûleur Rammel; LA CB arrivée de vapeur; RF, arrivée du pétrole en G au droit de l’atomiseur de vapeur D ; H, sortie du mélange de pétrole et de vapeur dans la plaque 1.
- comme dans le type de Booth (fig. 1) exclusivement employé au chemin de fer d’Atchison-Topeka. Le brûleur de Sheedy appartient (fig. 2) au premier genre ; c’est le type adopté par le Southern-Pacific, et il en est de même du Hammel (fig. 3), sur le San
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------- FÉVRIER 1907.
- Pedro-Los Angeles. Ces deux types de brûleurs fonctionnent également bien; la difficulté n’est pas dans leur choix, mais dans leur position au foyer et dans le garnissage et l’alimentation de ce foyer-.
- Fig. 4. — Installation de brûleur à pétrole à l’arrière d’un foyer sur YAtchison-Topeka Rr.
- Fig. 5. —.Installation d’un brûleur à pétrole à l’avant du foyer sur Y Atchison-Topeka.
- On a longtemps placé le brûleur à l’arrière du foyer (fig. 3) avec voûte en briques réfractaires d’un entretien difficile et coûteux, mais, actuellement, on commence à le disposer à l’avant du foyer (fig. 5). Avec le brûleur Lovekin et Lassoe (fig. 7) on n’a plus besoin de garnissage en briques. Le pétrole y est refoulé par une pompe sous une pression de 7ks,5; les résultats sont des plus satisfaisants.
- Les pétroles de l’Ouest américain peuvent vaporiser de 14 à 16 kil. par kilogramme,
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- EMPLOI DU PÉTROLE DANS LJES LOCOMOTIVES AUX ÉTATS-UNIS. 193
- à 100°, au lieu (le 10 à 12 kilogrammes par le charbon qu’ils remplacent, de sorte qu’une chaudière au pétrole a sa puissance augmentée de 25 p. 100. Les locomotives à pétrole remorquent les grosses charges plus facilement que celles au charbon et leurs express arrivent plus aisément à l’heure, en raison de la plus grande facilité de conduite de leur foyer. La dépense totale de l’installation d’un foyer à pétrole et de son tender varie de 3 500 à 2 500 francs.
- Les huiles lourdes, de densité aux environs de 0,8, doivent être réchauffées avant leur arrivée aux brûleurs par un serpentin dans le tender, avec admission facultative de la vapeur directement dans l’huile et drainage de l’eau qui en résulte. Il ne faut pas laisser de l’eau dans le pétrole sous peine de voir les feux s’éteindre puis se rallumer fréquemment, avec des explosions bruyantes et destructives des garnissages, et formation de gaz très désagréables au mécanicien.
- Les flammes de pétrole déposent, dans les tubes, de la suie qui en diminue considérablement la puissance de vaporisation. On chercha à y remédier en projetant dans
- A
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- Fig. 6. — Foyer à pétrole du Southern Pacific Rr.
- les tubes, par la porte du foyer, une pelletée de sable enlevant la suie dans son entraînement par le tirage, mais les retours de flamme par la porte ouverte ont obligé à jeter ce sable par (fîg. 8) un petit entonnoir au travers d’un tube monté sur la porte du foyer, qui reste ainsi fermée pendant cette manœuvre. On arrive, en manœuvrant convenablement cet appareil dans la porte du foyer, à répartir uniformément la projection du sable sur tous les tubes. Mais il se produit toujours une épaisse fumée noire pendant cette opération, qu’il faut répéter fréquemment. Il se forme en outre, avec les huiles lourdes, un dépôt de carbone immédiatement au-devant du brûleur, mais on peut enlever facilement ce dépôt au moyen d’un petit racloir ad hoc, ou y remédier en disposant au fond du cendrier, directement au-dessous du brûleur, une ouverture qui envoie sur le brûleur un courant d’air suffisant pour empêcher, en grande partie, la formation de ce dépôt.
- La conduite des foyers au pétrole exige un accord paifait entre le mécanicien et le chauffeur; toute variation dans le travail de la machine doit être immédiatement suivie d’une variation corrélative dans la dépense du brûleur et dans son réglage. Le brûleur
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- NOTES DE MÉCANIQUE, ---- FÉVRIER 1907.
- doit toujours être allumé avant l’ouverture du régulateur sous peine de voir le brusque tirage qui suit cette ouverture, avec le vif appel d’air froid qui en résulte, empêcher l’allumage. Les tubes ne doivent présenter aucune fuite, et le cendrier doit être bien étanche. Avec le pétrole, il n’y a pas à se préoccuper des cendres et scories; les machines sont prêtes à partir plus vite qu’avec le charbon; la remise en marche ne dure qu’une heure ou deux, avec un nettoyage de 50 p. 100 meilleur marché; enfin, avec les grandes machines, et dans les pays chauds surtout, le service du chauffeur est infmi-
- Fig. 7 et 8. — Brûleur Lassoe-Lovekm.
- ment moins pénible. On n’a pas à craindre les incendies par projections d’étincelles. En revanche, les Ilammes de pétrole attaquent et fatiguent davantage les foyers ; il est rare qu’un foyer en acier dure plus de deux ans, et une garniture de tubes plus d’une année. Les parois latérales du foyer, par suite de l’extrême intensité de la flamme, se criquent, principalement au droit de la voûte en brique. Les foyers ondulés, tels que ceux de Vanderbilt (1) ne résistent pas; ils s’affaissent, et ne durent guère que 3 à 4 mois.
- (I) Bulletin de juin 1901, p. 872.
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- LOCOMOTIVES AVEC RÉCTIAUFFEURS.
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- locomotive aveg RÉCHAUFFEURS, d’après E. Sauer (1).
- Cette locomotive, à deux essieux couplés, fut construite pour les chemins de fer égyptiens par la maison Ilenschel de Cassel. C’est sur la demande et d’après les indications du directeur technique des chemins de fer égyptiens, M. F.-II. Trevithick, qu’elle fut munie d’un système de réchauffeurs permettant d’utiliser les chaleurs perdues par les gaz du foyer et la vapeur d’échappement. Elle figura à l’Exposition de Milan.
- Voici les caractéristiques principales de cette locomotive : diamètre'du cylindre,
- Fig. 1 et 2. — Locomotive Henschell à réchautfeur d’eau d’alimentation Trevithick.
- Réchauffeur n° 4.
- 457 mm.; course, 660 mm.; diamètre des roues motrices, 1“,905 ; timbre, 12,8 at. ; surface de grille, 2m2,2; surface de-chauffe, 114m2; poids à vide, 49 500 kg.; poids en service, 56 000 kg.; réserve d’eau du tender, 13m3,5; provision de charbon du tender, 5 600 kg.; poids à vide, 16 000 kg.; poids en service, 35 000; largeur de la voie, 1435 mm.
- Les figures l à 3 montrent la disposition des réchauffeurs, qui sont au nombre de quatre :
- (1) Zeitschrift des Vereines deulscher Ingénieur e, 5 janvier 1907, p. 11.
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- NOTES DE MÉCANIQUE, ---- FÉVRIER 1907.
- 1° Le réchauffeur I utilise la chaleur de la vapeur d’échappement provenant de la pompe d’alimentation. Il est situé sur la conduite d’alimentation de cette pompe.
- Fig. 3.
- L’alimentation de la chaudière peut se faire aussi au moyen de deux injecteurs de Gresham et Graven, dans le cas où l’on voudrait se passer du réchauffeur, ou en cas
- d’accident. Les figures 4 et 5 donnent le détail de ce réchauffeur.
- 2° Les réchauffeurs II et III, disposés horizontalement le long de la chambre de fumée, et qui utiüsent la chaleur d’une partie de la vapeur s’échappant du cylindre (fig. 6 et 7).
- 3° Le grand réchauffeur IV (fig. 1 et 8) situé dans la chambre de fumée, et (fui est chauffé par les gaz du foyer.
- Les résultats obtenus avec cette locomotive ont été très satisfaisants; il y a économie de vapeur et de charbon. Pour un même service, les locomotives avec réchauffeur nécessitent une admission de vapeur plus faible dans le cylindre. La contre-pression est en effet moindre par suite de la condensation de la vapeur d’échappement.
- L’économie de charbon résulte : 1° de la récupération de la chaleur emportée par les gaz et la vapeur; 2° du tirage régulier des gaz du foyer à travers les tubes d’eau utilisant ainsi mieux la surface .de chauffe ; 3° d’une meilleure combustion dans le foyer par
- Fig.4 et 5.—Réchauffeur n°I.
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- LOCOMOTIVES AVEC RÉCHAUFFEURS.
- 197
- suite du tirage régulier; 4° d’une contre-pression plus faible sur le piston, ce qui permet une admission plus faible.
- Les essais qui ont eu lieu sur le parcours d’Alexandrie au Caire, soit 209 kilomètres, sont résumés dans le tableau ci-après.
- La durée du trajet est de 3 h. 5, avec quatre arrêts, dont 120 kilomètres sans arrêt. La voie est en remblai et sans arbres sur les côtés, de sorte que le vent n’a pas d’obs-
- Fig. 6 et 7. — Réchautfeurs II et 111.
- tacle. A l’époque des essais, en été, le vent souffle du nord-ouest, c’est-à-dire vers le Caire, de sorte que le trajet vers Alexandrie dépense environ 14 p. 100 de charbon
- Fig. 8. — Coupe du réchauffeur n° IV avec 472 tubes de 19/23.
- de plus que le retour au Caire. Les essais d’ordre impair correspondent précisément au trajet le Caire-Alexandrie.
- Les deux séries d’essais, avec et sans réchaufleurs, ont été effectués dans des conditions aussi identiques que possible, avec le même personnel, le même charbon, la même hauteur de feu sur la grille. La consommation de charbon a été de 5,76 kg. par tonne avec les réchaufleurs et de 7,32 kg. sans ces derniers, ce qui représente une économie de 21,4 p. 100 appréciable surtout dans les contrées qui, comme
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1907.
- l’Égypte, sontpauvre en charbons. Le prix du réchauffeur, qui est d’environ 6 250 francs, est donc rapidement amorti. En comptant 15 p. 100 pour l’intérêt et l’amortissement, le réchauffeur reviendrait annuellement à 037 francs. Le prix de la tonne de charbon à Alexandrie étant de 26 fr. 88, si la locomotive effectue un parcours annuel de 150 000 kilomètres, soit 720 voyages, avec une épargne de 274 tonnes de charbon, le gain est de 7 364 francs contre un débours d’environ 937 francs, soit un excédent de 6427 francs en faveur des locomotives munies de réchauffeurs. Ce perfectionnement est donc payé avant la première année de service.
- Ces résultats montrent l’intérêt qu’il y aurait à combiner, sur une locomotive, les effets des réchauffeurs à ceux déjà obtenus avec les surchauffeurs de vapeur.
- Pression Diamètre Température Admission
- Dépense dans la du tube Charge de l’eau dans le
- de charbon. chaudière. souffleur, du train. Vitesse. d’alimeutatiou. cylindre.
- °* du trajet. kil. atmosph. mm. tonnes. km/sec. •C p. 100
- A. Marche avec réchauffeurs.
- 13 1466 12,6 114 225 76 127 23,5
- 14 1 258 » » 231 78 124 23,5
- 13 1 401 » 231 76 126 24,3
- 16 1 268 » » 231 81 . 124 24,1
- 17 1300 » » 225 79 128 22,3
- 18 1226 » » 231 79 118 22,9
- 19 1 323 » ». 226 73 123 25,0
- 20 1258 » »» 226 79 116 22,8
- Moyenne. 1 312,5 12,6 114 228,25 77,4 123 23,55
- R. Marche sans réchauffeurs.
- 21 1658 12,6 114 229 73 )) 23,2
- 22 1529 » »» 229 77 )) 24,5
- 23 1 758 )) » 225 73 »> 25
- 24 1 550 )) »> 229 77 )) 24,7
- 23 1767 » » 229 74 » 25,3
- 26 1831 » »> 246 76 »» 26,5
- 27 1800 » »» 229 75 » 26,6
- 28 1640 » » 229 77 » 25,3
- Moyenne. 1 692 12,6 114 231 75,25 »» 25,1
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance'du 8 février 1907.
- Présidence de M. Gruner, président.
- M. le Président félicite le prince Roland Bonaparte, membre du Conseil de la Société d’Encouragemeut, de sa nomination à l’Académie des Sciences.
- Correspondance. — M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Mme Humain, M1Ies Debray et Valence, MM. Barbey, Bresson, Bernard, Blanchard, Boirault, Chaussois, Coulon, Delmas, Danger, Desbordes, Drieux, Haas, Guichard, Kestner, Luc-Denis, Marre, Sangier, Yves-Henry remercient la Société des récompenses dont ils ont été l’objet dans la séance du 25 janvier.
- MM. Vinsonneau et Marchai déposent un pli cacheté intitulé : Nouveau procédé de traitement antiseptique des extrémités des poteaux télégraphiques et des pilotis.
- M. le Ministre de VInstruction publique envoie une circulaire annonçant l’ouverture du 45e Congrès des Sociétés Savantes, à Montpellier, le 2 avril prochain et indiquant les formalités a remplir pour se procurer des permis de chemin de fer à prix réduits afin d’y assister.
- M. le Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers envoie la communication suivante :
- Le Conservatoire national des Arts et Métiers vient de faire la première attribution du prix de 500 francs fondé, en 1905, par Mme Vve Léon Droux, née Puteaux, pour être décerné, tous les ans, à l’inventeur du meilleur organe ou système de protection exposé dans le Musée de Prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle du Conservatoire.
- Le prix a été attribué à M. H. Bouteloup, inspecteur principal aux ateliers de Bati-gnolles de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et à M. F. Lerosier, contremaître aux mêmes ateliers, tous deux inventeurs d’un Protecteur pour scies circulaires.
- Cet appareil appartient à la série des couvre-scies automatiques. Il s’applique donc au débit des bois à surface plane et non des grumes ou des bois à surface irrégulière.
- En outre du couteau diviseur placé à l’arrière de la scie et destiné à empêcher certains bois de pincer le plateau de scie et d’être entraînés par lui, le protecteur Bouteloup et Lerosier comporte, sur les deux faces du plateau, des papillons mobiles autour d’axes fixes et que le bois en sciage soulève lui-même de la quantité nécessaire pour son passage. De plus, la denture d’avant est recouverte, au repos, par une rigole qui
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- l’emboîte et qui peut s’effacer sous la table. Cet effacement est déterminé par le mouvement même du bois à scier, de sorte que la denture ne se découvre qu’au moment où elle va entrer en action. A la fin du sciage, lorsque les dents de la scie commencent à sortir du bois, c’est-à-dire à l’instant le plus dangereux du travail, la rigole se soulève peu à peu et vient masquer chaque dent dès son apparition.
- L’appareil est complété par un poussoir adapté au guide et qui permet de chasser le morceau détache sans y toucher avec la main.
- M. le Président rapppelle à cette occasion que le musée de prévention des accidents, installé au Conservatoire, a été l’objet de subventions importantes do la part de la Société d’Encouragement, qui n’a qu’à se féliciter d’avoir concouru à son établissement.
- M. Wladimroff, 20, boulevard Emile-Augier, présente un cléveloppateur photographique portatif permettant d’opérer en plein jour. (Beaux-Arts.)
- M. J. Martinet, 123, rue Saint-Antoine, demande un brevet pour un Cosmographe. (Arts économiques.)
- M. Gougy, 3, rue du Maine, demande un brevet pour un fausset de barrique. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Hitier présente en ces termes les ouvrages suivants offerts à la Société :
- Le ministère de l’Industrie et du Travail du Royaume de Belgique, Office du travail et de l’inspection de l’industrie, nous a envoyé deux ouvrages :
- L’un intitulé : Fabrication et mise en œuvre du papier et du carton; c’est la suite des intéressantes monographies industrielles dont la publication a été entreprise par l’Office du travail et l’inspection de l’industrie belge; le but de la publication des monographies industrielles est avant tout pratique.
- En Belgique les industries du papier occupent annuellement près de 6 000 ouvriers (5 972).
- A propos des matières premières utilisées par ces industries en Belgique je relèverai deux chiffres seulement : en 1896, drilles et chiffons 10 214 621 kilogrammes, pâtes de bois, 30 782 501 kilogrammes; en 1904, drilles et chiffons 5 283 534 kilogrammes, pâte de bois 49 572 218 kilogrammes.
- Royaume de Belgique. Ministère de l'Industrie et du Travail. Office du travail. Rapports annuels de l’inspection du travail.
- A la suite des rapports des inspecteurs des diverses provinces, je vous signalerai le rapport sur les travaux du service médical de l’inspection du travail. Depuis le 17 juin 1902, en effet, en Belgique, des médecins agréés effectuent notamment l’examen mensuel des ouvriers occupés dans deux industries particulièrement dangereuses : la fabrication des allumettes au phosphore blanc et celle des composés du plomb. Quant aux ouvriers peintres en bâtiment qui emploient la céruse, ceux-ci doivent être .. examinés chaque trimestre par un des médecins agréés.
- La régularité et la fréquence des visites médicales permettent de découvrir de
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- bonne heure les premiers symptômes suspects et d’entreprendre ainsi un traitement d’autant plus efficace qu’il se rapproche davantage du début de la maladie.
- M. Georges Marié, ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur chef de division de la compagnie P.-L.-M., en retraite, fait hommage à la Société d’une série d’études techniques sur les dénivellations de la voie et les oscillations du matériel des chemins de fer : ce sont d’importants et savants mémoires extraits des Annales des Mines et des Mémoires de la Société des ingénieurs civils : qu’il suffise de rappeler ici que précisément ces travaux ont valu à M. Marié, l’an dernier, un prix à l’Académie des Sciences.
- Cours municipal cl'électricité industrielle, par L. Barhillion, professeur de physique industrielle à la Faculté des Sciences, directeur de l’Institut électro-technique de l’Université de Grenoble ; tome Ier, courants continus (Bernard, imprimeur-éditeur).
- Nos universités de province tendent de plus on plus à créer, à côté des cours de sciences pures, des cours de science appliquée, et tout naturellement, chacune de nos universités, dans cette voie, s’est pour ainsi dire spécialisée dans la branche industrielle intéressant au plus haut point la région où elle se trouve située. C’est ainsi que l’Université de Grenoble a organisé un Institut électro-technique de premier ordre, et rendant les plus grands services.
- L’Institut électro-technique de Grenoble occupe aujourd’hui dans l’enseignement industriel une place considérable. La préparation qu’il assure à ses élèves ingénieurs-électriciens est hautement appréciée en France et à l’étranger.
- M. Janet, actuellement professeur à l’Université de Paris, directeur de l’École d’électricité de Paris, alors qu’il était professeur à l’Université de Grenoble, a, en outre, créé, il ya plus de treize ans, un cours municipal d’Electricité de l’Université de Grenoble, le premier en France de ce genre, qui a rencontré dès ses débuts la faveur d’un public toujours très nombreux. Depuis, chaque année, les leçons des divers professeurs qui se sont succédé à la chaire d’électricité industrielle de l’Université de Grenoble ont été suivies par une clientèle de praticiens, ingénieurs, officiers, etc., qui venaient leur demander les connaissances pratiques, en général si difficiles à rencontrer sous une forme accessible à des auditeurs possédant une instruction mathématique moyenne.
- Or, dès l’origine, l’enseignement de l’électricité industrielle à l’Université de Grenoble a revêtu un caractère spécial de simplicité et d’utilitarisme immédiat : d’où son grand succès.
- C’est le cours professé en 1904-1905 par M. le professeur Barbilüon et consacré à « la Production et l’Utilisation industrielle des courants continus », qui forme l’objet du présent volume.
- M. Galery nous envoie un petit livre intitulé : Ma pratique de la culture des plantes agricoles; suivant l’expression de M. Tisserand, ce livre est comme le reflet de la grande et longue expérience de M. Galery.
- Un ouvrage sur lequel je me permets d’appeler d’une façon spéciale l’attention de notre Société est la Russie Agricole (librairie Hachette). L’auteur M. Alexis Yermoloff a été pendant plus de douze ans ministre de l’Agriculture en Russie ;
- La Russie est un pays agricole par excellence. De ses 130 millions’d’habitants, les huit dixièmes, ou à peu près, représentent le chiffre de la population rurale et vivent principalement sinon uniquement de l’Agriculture. La crise russe actuelle est, avant tout du reste, une crise agraire, et en France plus que dans n’importe quel autre pays, il nous est nécessaire de connaître la situation exacte des millions de paysans de Tome 109. — Février 1907. P*
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- la grande plaine russe. C’est pourquoi, si vous m’y autorisez, je remettrai, pour un de nos prochains Bulletins, une analyse détaillée de l’ouvrage de M. Alexis Yermoloff.
- Enfin, voici, pour terminer, un volume qui au premier abord ne renferme que des chiffres, des graphiques, des types de contrats et règlements, le tout sans commentaires. Il est intitulé : Economie sociale : Institutions de MM. Schneider et C'c.
- En réalité, les commentaires sont inutiles : les chiffres sont assez éloquents par eux-mêmes.
- Les Usines Schneider occupent actuellement environ 1 418 hectares.
- Le montant annuel des salaires a atteint en 1904, 21 millions de francs : il n’a cessé de croître depuis 1837, date à laquelle M. Eugène Schneider institua, avec son frère M. Adolphe Schneider, la société Schneider frères et Cie.
- De 1837 à 1904, le total des salaires versés aux ouvriers par MM. Schneider et C'e a été de 720400000 francs, et le total des libéralités, de 64050 000 francs.
- Le personnel profite, sous ce nom de libéralités, d’allocations en nature ou en argent, qui pour la plupart constituent de véritables augmentations directes ou indirectes de salaires ou traitements.
- En 1903-1904, le montant des subventions a été de 1852427 francs, pour Caisse des retraites, service médical, allocations pour familles nombreuses, subventions pour maisons, jardins loués au-dessous de leur valeur, etc., etc.
- Ce que sont dans ces usines Schneider : l’organisation du travail, le contrat du travail, le règlement sur les délégués ouvriers, les règlements pour la sécurité du travail et la sécurité des usines, les institutions assurant la sécurité de la vieillesse, les institutions en faveur de l’ouvrier et de sa famille, etc., etc., nous l’apprenons dans ce volume rempli de documents du plus haut intérêt au point de vue social.
- M. Lirnlet présente en ces termes les ouvrages suivants :
- La Société d’Encouragement connaît les travaux que, dans une longue et laborieuse carrière, M. Balland, ancien pharmacien principal de l’armée, a consacré à l’étude des matières alimentaires, de celles qui spécialement sont destinées à la nourriture de nos soldats et de notre cavalerie militaire. M. Balland ne s’est pas appliqué seulement à doser les éléments utiles des aliments tels que le blé, la farine, le pain, les viandes, les conserves, les légumes, etc., tels que l’avoine, le foin, les fourrages, etc., il a abordé un certain nombre de problèmes de physiologie végétale : maturation du blé, origine du gluten, répartition du soufre et du phosphore dans les aliments, etc.; il a également solutionné les questions d’ordre industriel relatives à la subsistance de l’armée, au fur et à mesure qu’elles se posaient devant l’autorité militaire, comme devant le public des consommateurs : différenciation des farines de cylindres et des farines de meules, vieillissement, conservation, blanchiment des farines, rôle de la levure et des levains dans la panification, valeur et conservation des pains de guerre, etc. Quand l’âge a obligé M. Balland à quitter ses fonctions au laboratoire de l’Intendance, il a voulu réunir tous ces travaux en deux volumes : Les aliments, qu’il m’a prié d’offrir â la Société; celle-ci y verra le résumé d’une vie bien remplie, entièrement consacrée à la science et au pays.
- MM. Pillas et Balland viennent de faire revivre, dans un volume intitulé : Le chimiste Dizé, un homme de mérite qui a joué, dans là fabrication de la soude artificielle, un rôle très important et que le grand nom de Nicolas Le Blanc a presque totalement
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- effacé. C’est dans le laboratoire de Darcet, au Collège de France, qu’ont eu lieu, sous la direction de Dizé, son préparateur, les premiers essais de fabrication, et il résulte des documents produits dans ce volume, que les conseils de celui-ci, et ceux même de Darcet, ont été indispensables à Le Blanc, dont l’instruction professionnelle était sommaire. Le Blanc prit son brevet, en son nom seul; mais, sur les conseils de Darcet, il associa Dizé à son exploitation industrielle. Le succès des opérations poursuivies à l’usine de la Franciade, à Saint-Denis, fut assuré par Dizé, ainsi qu’en témoigne le rapport de Darcet au Comité de salut public. On sait dans quelles circonstances cette usine devint Bien national, et comment Le Blanc et Dizé furent dépouillés du bénéfice de leur invention.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- La question de la traction électrique sur les chemins de fer, dont je vous ai si souvent entretenu, vient d’être l’objet, à la Société internationale des électriciens, d’un rapport de M. de Valbreuze, présenté au nom d’un comité de cette Société et publié dans son Bulletin de janvier. Je ne saurais trop engager ceux d’entre vous qui s’intéressent à cette très importante question, à lire ce rapport très clair, et qui constitue une mise au point excellente de ce sujet très vaste et très complexe, en pleine actualité. Je ne puis que vous en donner ici les conclusions.
- La traction électrique présente, sur la traction à vapeur, certains avantages importants. Ces avantages se manifestent par l’accroissement considérable de trafic constaté sur les lignes électrifiées. On pourrait citer de nombreux exemples de cet accroissement : sur le chemin de fer de Manhattan, à New-York, le trafic a augmenté de 50 p. 100 dans la première année et les frais d’exploitation sont tombés de 55,79 à 40,2 p. 100 des recettes brutes. Sur la ligne Milan-Gallarate-Varèzc, l’accroissement de trafic a été de 170 p. 100 en 3 ans. Ce résultat provient surtout de ce que l’emploi de la traction électrique permet une méthode rationnelle d’exploitation, avec des convois fréquents et relativement légers; les trains sont plus rapprochés, plus rapides et plus confortables qu’avec la traction à vapeur.
- Au point de vue des dépenses de charbon, qui d’ailleurs constituent à peine, en général, 20 p. 100 des dépenses totales d’exploitation d’une compagnie de chemins de fer, il est facile de voir que, malgré les multiples transformations de l’énergie, on arrive à peu près aux mêmes chiffres avec la traction électrique qu’avec'la traction à vapeur; en effet, le rendement total des locomotives est certainement inférieur à celui des machines fixes; d’autre part, la mise en pression ou le maintien des feux des locomotives consomme, en pure perte, une quantité importante de combustible. Les conditions sont évidemment tout à fait favorables à la traction électrique lorsqu’on dispose d’énergie hydraulique sous forme de chutes d'eau.
- Au point de vue de la vitesse, il ne faut pas s’attendre à voir réaliser avec la traction électrique des vitesses maxima supérieures à celles qu’atteignent les locomotives à vapeur; mais, par suite de la valeur très élevée de l’accélération que l’on peut obtenir avec les trains électriques, les démarrages sont très rapides et la vitesse moyenne diffère peu de la vitesse maxima.
- Au point de vue de la sécurité d’exploitation, il est évident que la locomotive à vapeur, actuellement très perfectionnée, présente très peu de chances d’avaries imprévues : par des révisions suffisamment fréquentes, on peut obtenir le même résultat avec des machines électriques.
- En ce qui concerne la sécurité, des trains en marche, la traction électrique Se prête faci-
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- lumenl à l’emploi de dispositifs capables d’empêcher les accidents; par exemple, on peut couper le courant sur certaines sections de voie.
- En ce qui concerne les abords de la voie, on peut signaler l’avantage que présente l'absence de toute escarbille susceptible de mettre le feu aux herbes et aux bois avoisinants (1).
- Ceci dit, il y a lieu de faire une rapide étude comparative des différents systèmes de traction électrique, dont le principe et les applications ont été développés dans ce qui précède. Pour être complète, cette étude comparative doit porter :
- 1° Sur les frais d’équipement de la voie et du matériel roulant;
- 2° Sur les dépenses d’exploitation, non compris les dépenses d’énergie électrique;
- 3° Sur le rendement de chaque système, dont dépendent les dépenses d’énergie électrique ;
- 4° Sur les propriétés particulières de chaque système.
- Je laisserai de côté les frais d’établissement de l’usine centrale génératrice, qui sont à peu près les mêmes pour les différents systèmes de traction. Cependant, je signale que, dans le cas du monophasé, si l’on emploie des alternateurs monophasés, l’usine coûtera plus cher qu’une usine à courants triphasés. Comme nous l’avons vu, il est d’ailleurs facile, dans les installations monophasées, de produire des courants triphasés dont chaque phase alimente une section de ligne.
- Ie Frais d’équipement de la ligne et du matériel roulant. — Le système à courant continu à 600 volts, avec production de l’énergie électrique sous forme de courants polyphasés dans une usine centrale et conversion de ces courants dans des sous-stations qui alimentent la ligne, conduit à des frais d’installation extrêmement élevés. L’équipement du matériel roulant n’est pas très coûteux.
- Avec 1 o système triphasé, les frais d’installation.de la ligne sont'beaucoup moins importants que dans le cas précédent. L’équipement du matériel roulant n’est pas très coûteux. Au total, les frais d’équipement delà ligne et du matériel roulant sont environ de 40 à 46 p. 100 inférieurs aux frais d’équipement relatifs au cas du courant continu à 60C volts.
- Avec le système monophasé, les frais d’installation de la ligne sont légèrement inférieurs aux précédents, c’est-à-dire sont considérablement inférieurs à ceux du système à courant continu. Par contre, l’équipement du matériel roulant est beaucoup plus coûteux que l’équipement correspondant à courant continu. Au total, il semble que les frais d’équipement de la ligne et du matériel roulant soient inférieurs d’environ 10 à 16 p. 100 à ceux du système continu.
- Enfin, avec le système à courant continu à haute tension, il semble que les frais totaux soient inférieurs à ceux du système monophasé, s’il s’agit d’une ligne dont la longueur ne dépasse pas une trentaine de kilomètres au maximum.
- 2° Dépenses d’exploitation, non compris les dépenses d’énergie électrique. — Évidemment, le système continu'h 600 volts conduit à des dépenses d’exploitation très élevées, à cause de la surveillance et de l’entretien des sous-stations. En ce qui concerne le matériel roulant, la présence de collecteurs exige des révisions fréquentes et conduit à un entretien relativement élevé.
- Avec le système triphasé,' la surveillance et l’entretien de la ligne entraînent à de faibles dépenses. Les moteurs triphasés étant les machines électriques les plus robustes, et n’ayant pas de collecteur, l’entretien du matériel roulant est très peu coûteux.
- Avec le système monophasé, l’entretien de la ligne est encore plus faible qu’avec le système triphasé; par contre, l’entretien du matériel roulant avec moteurs à collecteur, transformateurs et organes à haute tension, est encore plus élevé que celui du matériel roulant à courant continu.
- Pour le système continu à haute tension, les dépenses doivent être à peu près du même ordre que pour le système monophasé.
- (1) En Amérique, les Compagnies de chemins de fer employant des locomotives à vapeur sont obligées de payer de très grosses primes d’assurance pour le danger d’incendie.
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- 3° Rendement. — Los nombreuses transformations de l’énergie, dans le système continu à 000 volts, abaissent forcément le rendement. Par contre, les moteurs à courant continu présentent un rendement supérieur (1) à celui des autres moteurs et sont les plus économiques au point de vue des pertes- au démarrage.
- Dans le système triphasé, le rendement de la ligne est bon. Avec de faibles entrefers, le rendement des moteurs est bon, sauf pour le groupement on cascade. Au total, le rendement de l’ensemble (2) est supérieur au rendement du système continu à 600 volts; le rendement total se trouve encore amélioré par la récupération.
- Dans le système monophasé, le rendement de la ligne est aussi bon que dans le cas précédent. Par contre, le rendement des moteurs est beaucoup moins bon sur courant monophasé que sur courant continu aux basses charges : il est très mauvais, ainsi que le facteur de puissance.
- Une même automotrice, essayée sur la ligne de Schenectady à Ballston, a présenté une consommation de 63, 5 watts-heure sur courant continu et de 78,1 watts-heure sur courant monophasé, soit 23 p. 100 en plus. La consommation par tonne-kilomètre constatée sur les automotrices de la ligne de Niedcr-Schoneweide à Spindlersfeld s’est élevée à 45 watts heure, pour une distance de 985 mètres entre les stations. Dans un projet établi par Ganz et C*‘ pour des conditions de trajet à peu près analogues et une distance de 906 mètres entre les stations, on est arrivé au chiffre de 31 watts-heure par tonne-kilomètre, chiffre que les constructeurs étaient prêts à garantir. On voit que la différence de consommation atteint 45 p. 100 en faveur du système triphasé par rapport au monophasé.
- Au total, malgré le rendement inférieur du matériel roulant, il est probable que le système monophasé présente un rendement d’ensemble un peu meilleur que celui du système continu à 600 volts.
- En ce qui concerne le système continu à hante tension, tel qu’il a été appliqué jusqu’à présent, il présente incontestablement un très bon rendement; mais, pour que la comparaison fût juste, il faudrait pouvoir raisonner sur une ligne d’une certaine longueur qui, forcément._ devrait comprendre des sous-stations.
- 4° Propriétés particulières de chaque système. — D’après tout ce qui précède, on voit nettement qu’il est impossible de dire d’une façon absolue qu’un système est supérieur aux autres. Chacun d’eux présente des propriétés particulières qui le rendent précieux dans tel ou tel cas particulier. Comme le disait un jour M. Sprague, tout se ramène à une question de francs et de centimes, et le meilleur arbitre de la valeur d’un système est le dividende distribué aux actionnaires. . ^
- On peut néanmoins citer quelques cas particuliers où l’un des systèmes semble s’appliquer mieux que les autres.
- Quand les arrêts doivent être très fréquents, il faut un grand couple de démarrage pour obtenir une bonne vitesse moyenne. Le couple de démarrage des moteurs série à courant continu étant très élevé, on est conduit à employer le système continu. Pour que l’exploitation soit rémunératrice, il faut que le trafic soit intense. Si ce n’est pas le cas, on est conduit à adopter le système monophasé.
- Pour un service de montagne, par exemple, où la récupération joue un rôle important et ovi il n’y a généralement pas un trafic considérable, on aura avantage à recourir au système triphasé. Il est juste d’ajouter que les nouveaux moteurs monophasés à caractéristique shunt, c’est-à-dire à vitesse de rotation à peu près constante, s’appliqueraient à ce cas, mais ils n’ont encore jamais fait l’objet d’un emploi pratique en traction, et le rendement serait moins bon qu’avec le système triphasé.
- Pour la remorque de trains lourds sur une ligne de trafic restreint, le système triphasé
- (1) A égalité d’entrefer bien entendu, vis-à-vis du triphasé.
- (2 C’est-à-dire le rendement compté depuis les barres générales de l’usine génératrice jusqu’aux roues motrices.
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- pourra sou vont lutter avec avantage conlro le système monopliasé. En eiïet, il pormol l’emploi de moteurs extrêmement robustes, de grande puissance, ne nécessitant que très peu d’entretien, et il présente dans son ensemble un très bon rendement.
- Quant au système monophasé, il s'applique admirablement à toutes les lignes où le trafic n’est pas très intense et où les trais d’installation et d’exploitation doivent être bas. Telles sont les jonctions interurbaines, les chemins de 1er secondaires ou vicinaux, etc. Son emploi peut rendre d’immenses services et transformer les conditions d’existence dans un grand nombre de contrées en créant des moyens de communication commodes, fréquents et rapides, .l’ai déjà signalé l’avantage considérable que présente la possibilité de raccorder ces lignes aux réseaux urbains. Même pour l’exploitation de lignes importantes, le système monophasé pourra être fréquemment employé.
- En somme, c’est à lui que semble réservé le plus vaste champ d’applications et._ quoique d’origine toute récente, il a déjà rendu de grands services. Il est juste d’ajouter que, précisément à cause de cette origine récente, il n’a certainement pas encore dit son dernier mot et est susceptible de perfectionnements, qui en feront un système de traction tout à fait remarquable.
- Le rapport de M. de Valbreuze sera suivi d’une discussion déjà commencée, et qui se prolongera pendant quelques séances de la Société des électriciens. L’ensemble du rapport et de ces discussions constituera certainement l’un des documents les plus intéressants sur la question des chemins de fer électriques (1).
- Les appareils de levage et de manutention font, comme vous le savez, d’incessants progrès dans toutesles directions, grâce, notamment, à l’extrême souplesse avec laquelle l’électricité permet de les adapter aux circonstances les plus variées de spécialisation et d’automotion. Le pont roulant pour fonderies des ateliers de construction de Nuremberg, que vous voyez représenté sur cette projection (fig. 1), en est un nouvel et très intéressant exemple.
- Comme vous le voyez, cet appareil se compose du pont roulant proprement dit, et, suspendue au chariot de ce pont, d’une grue à la fois roulante et tournante, de sorte qu’elle peut décrire, pendant la translation du pont, une valse qui lui fait parcourir la surface tout entière de la fonderie, dont tous les points lui sont ainsi pleinement accessibles. Le mécanicien placé au centre de la grue tournante en observe et en régla facilement tous les mouvements. Il commande, par des commutateurs appropriés, quatre dynamos indépendantes, pour le levage et la rotation de la grue, la translation du chariotsur le pont, et celle du pont sur ses rails. La grue peut lever 30 tonnes à la hauteur de 9 mètres.
- Grâce à la disposition de cet appareil, le sol de la fonderie est laissé entièrement libre, et l’accouplement de deux de ces engins, comme vous le voyez par cette projection, permet de doubler cette charge, en même temps qu’il assure le service par l’une au moins de ces grues, l’autre pouvant rester ainsi, sans inconvénient, engagée pendant un certain temps à la manutention d’une même coulée, comme cela se présente souvent en fonderie.
- La dynamo de levée est de 50 chevaux, en triphasé à 500 volts, et fait 580 tours par minute, elle est pourvue d’un frein d’arrêt électro-magnétique ; la descente se règle par contre-courant dans la dynamo. La rotation de la grue est commandée par une dynamo
- (1) Voir aussi, dans le Bulletin de la Société des ingénieurs civils de France de décembre 1900, le mémoire de M. Mazen sur la Traction électrique appliquée aux chemins de fer.
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- de 12 chevaux à 950 tours, actionnant deux des galets roulants qui la supportent. La translation du chariot est commandée par une dynamo aussi de 12 chevaux, et celle du pont par une dynamo de 40 chevaux à 580 tours, agissant sur deux de ses roues. Avec une charge de 30 tonnes, la grue fait un tour en 45 secondes, avec une vitesse
- Fig. 1. — l’ont roulant à grue tournante des ateliers de Nuremberg.
- de levée de 8 centimètres par seconde ; la vitesse de translation du chariot est de 25 centimètres, et celle du pont de 82 centimètres (I).
- Il n’est pas rare de voir de très anciennes machines, reléguées dans le domaine de la préhistoire technologique et dédaignées, sauf des théoriciens, revenir s’imposer à l’attention des praticiens et les étonner par la sûreté cl l’économie de leur fonctionne-
- (1) Enr/ineer-wg^ 20 janvier, p. 120.
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- ment. C’est le cas de la vieille trompe à eau, l’un des plus anciens mécanismes de compression mécanique de l’air, dont on ne connaissait guère que quelques applications très anciennes au soufflage de très petits hauts fourneaux, avec un rendement dérisoire. Un ingénieur canadien M. Taylor, de Montréal, en a repris l’étude avec une grande ingéniosité, et voici que je puis vous présenter, ce soir, une installation de ces trompes fournissant environ 5 000 chevaux d’air comprimé avec un rendement de plus de 82 p. 100 : rapport de la puissance de la chute d’eau à celle emmagasinée dans l’air comprimé.
- Cette installation fonctionne à la mine de Victoria, à Ontonagon, dans le Mi-
- Fig. 2. — Trompe Taylor de 1 G00 chevaux à la mine Victoria.
- chigan; elle a coûté, en tout, environ 220 francs par cheval, dont la moitié pour les trompes proprement dites et le reste pour les travaux d’endiguement et de dérivation des eaux, ce qui met le prix du cheval-an- à 11 fr. 50 environ, en comptant 5 p. 100 d’intérêt sur les dépenses d’établissement.
- Ainsi que vous le voyez par cette projection (fig. 2), l’eau motrice est fournie par une dérivation de la rivière l’Ontonagon, au moyen d’un barrage de 90 mètres X 3 mètres de haut, et qui va, après son passage dans les trompes, en rejoindre le'cours à 21m,40 au-dessus et à 1 600 mètres en aval. Le canal de dérivation a une section de 33 mètres carrés, et, au bout de ce canal, sont percés 3 puits verticaux cimentés, de 100 X lm,50 de diamètre, avec tubes en acier descendant de 4m,S0 plus bas et débouchant, par des embouchures coniques de 2m,25, dans une vaste chambre sous roche de 84m de long sur 6m,60 de haut, 17 puis 5m,50 de large, et d’un volume de 2400 mètres
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- cubes. C’est dans les trois puits de cette chambre que sont installées les trompes, et cette chambre, qui agit comme un énorme matelas d’air, communique avec le bief
- Sommet d’une trompe Taylor.
- d’aval, ou de retour d’eau à la rivière, par un tunnel de 3 mètres X 3*x 12 mètres de long, suivi d’un long puits incliné à 30°.
- Le fond aval de cette chambre communique avec la tuyauterie extérieure de distribution de l’air comprimé par un tuyau de 610 millimètres de diamètre, logé dans une
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- percée inclinée de 30°, et sous lequel passe un tuyau de purge de 300 millimètres, aboutissant au jour et affleurant par une sorte d’entonnoir le niveau normal de l’eau dans la chambre. Lorsque ce niveau baisse, par une surcompression de l’air dans la chambre, il s’ouvre comme une soupape et laisse s’évacuer, en forme d’une sorte de geyser, comme vous le voyez par cette projection, un volume d’air et de poussière d’eau suffisant pour rétablir la pression normale et maintenir le niveau sensiblement constant au débouché des trompes.
- Ce débouché se fait, comme vous le voyez, pour chaque trompe, sur un cône en ciment qui en épanouit le jet en forme d’une nappe où l’air se sépare facilement de l’eau. .
- Le haut de chaque trompe se compose, comme vous le voyez par cette projection (fig. 3), d’une embouchure conique pouvant monter et descendre sur l’extrémité du tuyau de descente, et surmonté d’un cône ou capuchon réglable par une vis. Autour de ce cône, et au bas, se trouve un gros tuyau annulaire de 250 millimètres de diamètre, surmonté de 8 tubes verticaux, de 180 millimètres de diamètre, débouchant dans l’atmosphère au-dessus des eaux, et ce tuyau annulaire est relié à l’intervalle entre les deux cônes par une couronne de 1 800 tubes horizontaux de 10 millimètres de diamètre, par où vient se diffuser l’air aspiré au travers de ces tubes par l’eau qui tombe sur eux dans l’espace annulaire réservé entre l’embouchure et le chapeau de la trompe, au droit même des tubes, en multipliant à l’infini les surfaces de contact entre l’air et l’eau. C’est principalement à cette multiplication qu’il faut attribuer l’excellent rendement de ces trompes. Quant au réglage de cet intervalle, et par suite du débit de la trompe, il se fait très simplement par de l’air comprimé pris dans la chambre de compression du bas, par le petit tuyau que vous voyez sur cette projection (fig. 2) et qui amène cet air sous l’embouchure mobile de la trompe, de manière à la soulever plus ou moins suivant que la pression de l’air oscille autour de la pression normale de 8 kilogrammes.
- Ces trois trompes peuvent aspirer, de l’atmosphère, environ 1 000 mètres cubes d’air par minute, et l’élasticité de leur fonctionnement est telle, grâce à la grandeur de la chambre de compression, qu’on peut, en cas d’urgence, lui enlever, pendant 18 minutes, jusqu’à 2 000 mètres cubes d’air par minute avec une chute de pression de 0ks,35 seulement.
- On a établi 3 trompes au lieu d’une seule principalement pour pouvoir conserver le môme rendement pendant la saison sèche que pendant l’hiver, avec des puissances variant de 1 000 à 5 000 chevaux.
- L’air comprimé ainsi produit fait fonctionner 15 à 20 perforatrices, 7 pompes de 700 à 900 litres par minute, puisés à 6G0 mètres de profondeur dans la mine, une machine d’extraction de 500 chevaux, toutes sortes de machines auxiliaires et une broierie traitant 350 tonnes de roche par jour, située à 150 mètres des trompes.
- M. Taylor n’en est pas à sa première installation de ces trompes gigantesques (1), mais celle-ci est la dernière et la plus importante, des plus remarquables, comme je vous le disais, par sa simplicité et son rendement (2).
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres (le la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale :
- (1) Revue de mécanique, juin 1897 et juillet 1901, p. 010 et 118.
- (2) Engineering and Mining journal, 19 janvier 1907.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- FÉVRIER 1907.
- 211
- M. C/iapol (Henri), ingénieur civil (les mines, présenté par MM. Livachc et Radé;
- M. Lencauchez (James), ingénieur civil, présenté par M. G. Richard.
- Notice nécrolooique. — M. Lavollée donne lecture, au nom du Comité du Commerce, de sa notice nécrologique sur M. M. Bloch, membre de ce Comité.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants :
- Rapport de M. Fontaine, au nom du Comité des Arts économiques, sur le Chargeur d'accumulateurs par courants alternatifs de M. Soulier.
- Rapport de M. Rateau, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur la Suspension pneumatique B. P. de M. Patoureau, pour automobiles.
- Rapport de M. Toulon, au nom du Comité des Arts economiques, sur la Machine à sténographier do M. Chambonnaud.
- Communications. — M. de Recklinghausen fait une communication sur les Lampes à mercure.
- M. le Président remercie vivement M. de Recklingbausen de sa très intéressante communication, qui sera publiée au Bulletin.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN FÉVRIER 1907
- Nicolardot (Paul). — Recherches sur le sesquioxyde de fer. Propositions données par la Faculté (Thèses présentées à la Faculté des Sciences de Paris). 24,5 x 15,5, 64 pages. Paris, Gauthier-Villars, 1905. 13187
- Picard (Alfred). — Le Bilan d’un Siècle (1801-1900). Tome IV. (Mines et Métallurgie. Industries de la décoration et du mobilier. Chauffage et ventilation. Éclairage électrique. Fils, tissus, vêtements.) 29 x 20, 453 pages. Paris, Imprimerie Nationale, 1906. 13168
- The Engineering index. Volume IV, années 1901 à 1906. London. The Engineering Magazine, 1906. Pér. 263
- Bulletin de la Société d’Êconomie Politique, année 1905. Paris, Félix Alcan et Guillaumin, 1906.
- Pér. 55
- Grandeau (L.). —L’Agriculture et les institutions agricoles du monde au commencement du XXe sièclê. — Tome premier. 29 x 19,5. m-754 pages, 194 figures. Paris, Imprimerie nationale, 1905.
- Statistique générale de la France. Annuaire statistique, XXVe volume, année 1905. Paris, Imprimerie Nationale, 1905. 13 1 69
- Office du Travail. Bruxelles. Rapports annuels de l’inspection du travail. 11e année, 1905-
- Pér. 277
- Comité de conservation des monuments de l'art arabe. Exercice 1905. Le Caire, Imprimerie de l’Institut français d’Archéologie orientale, 1901. Pér. 52
- Service vicinal. Ministère de l’Intérieur. Programme de l’année 1903. Compte rendu des opérations. Pér. 175
- Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements. 29e session, 30e session. Pér. 4
- Berthoud (Eugène). — Traité de la gravure sur rouleaux, v-230 pages, 234 figures. Mulhouse-Paris, Ch. Béranger, 1906. 13170
- Foerster (Fritz). — Elektrochemie wâsseriger Losungen. 26 x 17. xvn-507 S., 121 Abb. Leipzig, J. A. Bartli, 1905. 13 171
- Balland (A.). — Les aliments. Chimie, analyse, expertise, valeur alimentaire. 2 volumes, 23 X 14. Paris. J.-B. Baillière et fils, 1907. 13 172, 13 173
- Yf.rmoloff (Alexis). — La Russie agricole devant la crise agraire, v-349 pages, Paris, Hachette et Cie, 1907. 13174
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- OUVRAGES REÇUS. -- FÉVRIER 1907.
- 213
- Annales des mines. Table des matières de la 9e série décennale, 1892-1901. Pér. 10.
- Les industries à domicile en Belgique. Tome VIII. Bruxelles, J. l.ebègue et Cie, 1907. 13 175
- Twenty Third Annual Report, of the Bureau of Labor. Statistics for the Year Ended Septem-ber, 30, 1903. Albany, Brandow printing Company, 1906. Pér. 128.
- Grillet (Louis). — La Sécurité du travail dans les établissements industriels et commerciaux. 192 pages, 26 figures (Encyclopédie des Aide-Mémoire). Paris, Gauthier-Villars. 13176
- Grillet (Louis). — L’Hygiéne du travail dans les établissements industriels et commerciaux. 192 pages, 9 ligures (Encyclopédie des Aide-Mémoire). Paris, Gauthier-Villars. 13177
- Frickev (M.). — Rivetage. 164 pages, 50 ligures (Encyclopédie des Aide-Mémoire). Paris, Gautbier-Villars. 13178
- Bulletin de l’Association des élèves sortis de l’École industrielle de Liège. Année 1905, nos 1, 2. 3, 4, 5, 6. Année 1906, nos2, 3,4, 5. Liège, H. Vaillant-Carmanne, 1905-1906. Pér.
- Ahrens (B. Félix). — Handbuck der Elektrochemie. 23 X 16,5. x-686 pages, 293 figures. Stuttgart, Ferdinand Enke, 1903. 13179
- Lévy (Maurice). — La statique graphique et ses applications aux constructions; 3e édition, lre partie. 24,5 x 16. 598 pages. Texte, atlas, 25 planches. Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 180,13 1 81,
- Walckenaer (C.). — Accidents d’appareils à vapeur (ex Bulletin de la Société de l’Industrie minérale, 1906).
- Transactions of the american of Society Mechanical Engineers. Volume XXVII, 1906. New-York. Pér. 200
- Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, 1905. Volume XXXIX. London, 1905. Pér. 29
- Journal of the Iron and Steel Inslitute. Volumes LXXI et LXXII, n03 3 et 4. Année 1906.
- Pér. 157
- Reports of the Commissioner of Labor. 1905-1906. Pér. 125
- Transactions of the Royal Society of Edimburgh. Volume XLI, Part III, for the session 1904-1905. Volume XLV, Part I, for the session 1905-1906. Pér. 2
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Janvier au 15 Février 1907
- DÉSIGNATIONS, ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil. Engi-neers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Barri.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et . . métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN,_ . . . Chemical News (London).
- Cs.......Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CU. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E........Engineering.
- E’.......The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.......Eclairage électrique.
- Elé. .* . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.......Génie civil.
- laS. . . . Iron and Steel Metallurgist.
- IC.......Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le.......Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. It.......Industrie textile.
- loB. . M.M.. Ms.. . MC. .
- PC. . Pm. .
- RCp .
- MM. . Rgc. .
- Ré. . Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. .< Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. .
- Va. . VDl. .
- ZaC. . ZOI. .
- . Institution of Brewing (Journal).
- . Mining Magazine.
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de métallurgie.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . SociétéchimiquedeParis(BulI.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . La Vie automobile.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- . Zeitschrift fürangewandte Chemie.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Vereins.
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- .LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- FÉVRIER 1907.
- 215-
- AGllICULTURE
- Ameliorations pastorales dans les régions montagneuses (Méline). Ag. 2 Fév., 1G7. Associations agricoles d’Algérie (de Rocquigny). Musée social, Janv.
- Bétail (Assurance mutuelle du). Principe de l'obligation. Ap. 14 Fév., 202. Élevage du mouton et industrie de la laine en Australie. Gc. 14 Janv., 196.
- — Composition du corps des animaux, rôle de l’eau dans l’organisme. Ap. 7 Fée., 16b. Des aliments. Ap. 24 Janv., 101.
- — Coefficient de digestibilité (Importance
- du) (Grandeau) (ici.), 31 Janv., 133. — Fièvre aphteuse. Ap. 24 Janv., 109.
- — Hérédité des tares des membres. Ap.
- 14 Fév., 209.
- — Hygiène et alimentation. Ap. 7 Fév., 179.
- Bet teraves. Essais culturaux en 1906 sur graines de betteraves riches. Ag. 26 Janv., 131.
- Engrais artificiels : nature et emploi (Hall). SA. 18-25 Janv., 205, 233.
- — Étude comparative des sels phosphatés
- contenus daas les superphosphates. Ag. 26 Janv., 138. Ap. 7 Fév., 168. Horticulture. Froid en —. (Perret). Revue Scientifique, 9 Fév., 170.
- Lait. Détermination de la formaldéhyde dans le (Richardson). Cs. 15 Janv., 3. Larves dans les plantations d’arbres, procédé de destruction (Erhhardt). CR. 14 Janv., 95.
- Maïs. Production et consommation. Ef. 19 Janv., 75. _
- — importé d’Amérique. Dessiccation arti-
- ficielle des grains et graines de semences (Schabaver). Ap. 31 Janv., 139.
- — destinés à l’agriculture. Ag. 9 Fév.,
- . 210.
- Navets.- Culture dérobée dans les Vosges. Ap. 14 Fév., 197.
- Reboisement (le). Ef. 2 Fév., 153.
- Orges. Nouveaux caractères destructifs. Ag. 19 Janv., 88.
- Riantes fourragères nouvelles et de grande culture. Ap. 31 Janv., 144; 14 Fcv., 204.
- Pommes cle terre fourragères, conservation par la poudre de tourbe. Ap. 24 Janv., 115. D’exportation en Bretagne. Ap. 14 Fév., 200.
- Pucerons (Destruction des œufs de). Nouvelle mixture anglaise. Ap. 14 Fév., 207. Solanum. Variations des espèces tuberculi-fères. Ag. 19-31 Janv., 105, 147. Sarrasin. Décorticage des graines. Ap. 31 Janv., 137.
- Vigne. Vignoble de Haute Alsace, Thann et Guebwiller. Ap. Janv., 134.
- Volailles. Race Dorking, Ap: 7 Fév., 176.
- Vins. Fraude des —. Ap. 24 Janv., 220. Warrants agricoles, d’après les lois des 30 avril 1906 et 18 juillet 1898 (Hans). Rso. 1er Fév., 207.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de Tehuantepec. E'. 1er Fév., 105.
- — d’Otavi, Afrique allemande. VDI. 9 Fév.,
- 201.
- — Danois nouveaux. Ef. 26 Janv., 118.
- — urbains et suburbains (Macassey). E.
- 8 Eév., 193.
- —- de l’Ouest français. Rachat. (L. Riviera). Rso. 1er Fév., 244.
- — Métropolitain de Paris. Ac. Janv., 1.
- Nord-Sud. Ri. 9 Fév., 54.
- — — de New-York. E'. 8 Fév., 128;
- — Électriques, métropolitain de Vienne.
- EE. 19 Janv., 80.
- — du Pennsylvania llr. EE. 2 Fév., 155.
- — de Long Island, New-York. Re. 15 Fév.,
- 74.
- — du Simplon. VDI. 9 Fév., 213.
- — Les —. Etat actuel (de Valbreuze). Sic.
- Janv., 11-75. Mazen, IC. Déc., 808.
- — à l’exposition de Mailand. VDI. 2 Fév.,
- 161.
- — monophasés (de Valbreuze). EE. 9 Fév.,
- 191.
- — Économiques. Influence sur les artères
- principales. BCC. Janv., 55.
- — Concours financier de l’État pour leur
- développement, [id.], 71. Automotrices à essence pour services interurbains (Hild). Bce. Janv., 33.
- Block System des chemins de fer fédéraux suisses. Rgc. Janv., 42.
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- 216
- Contrôle de l'État aux États-Unis (Mac Pher-son). Bec. Jane., 3.
- Chasse-neige rotatif américain. E. 8 Fée., 171. Chauffage des trains à la vapeur Heintz sur le chemin de fer du Nord. lige. Fée., 80. Déraillement sur aiguilles en pointe. Appareil Schilkam ponr les éviter, lige. Fée., 95.
- Éclairage électrique des trains. Vicken-Hall et Archele Brown. Ile. 30 J Jane., 52, 55. Frein à air comprimé Ghapsal Saillot. Ri. 29 Jane., 21.
- Gares. Remaniement des — de l’Etat saxon à Leipsig (Tôlier). BCC. Jane., 42.
- — de voyageurs de la Cie de l’Est, types
- de bâtiments. Rgc. Janv., 30. Locomotives. Rendement des. E’. 18-23 Janv., 05, 95; 8 Fév., 139, 144.
- — Express 4 cylindres des chemins da-
- nois (Brasse). Bec. Janv., 14.
- -- à 2 bogies État bavarois (Demoulin). Rgc. Janv., 38.
- — express 3 couplés du Caledonian Ry.
- E. 1er Fév., 144.
- — anglaises nouvelles. E1. 20 Janv., 84.
- — à marchandises compound duplex
- Mallet aux États-Unis. BCC. Janv., 109.
- — Mallet articulées américaines. Gc. 9 Fév., 241.
- — Plaques tubulaires en acier extra-doux : essais de l’État prussien. Rgc. Janv., 53.
- — Sablière de l’État prussien. Rgc. Fév., 98.
- Rail sans cheminement Forbes. Bcc. Janv.,
- ne.
- — Appareil du Métropolitain pour mesurer l’usure des rails. Rgc. Fév., 95. Tampons de choc des véhicules de voix normale, dimensions des disques (Cha-bal et Beau). Rgc. Janv., 3.
- Traction. Problèmes de — (Raymond). BCC. Janv., 23.
- Signaux électriques divers (Ivolfurst). Dp. 20 Janv., 2-9 Fév., 57, 70, 88.
- — électriques ne fonctionnant que dans
- un sens. Interrupteur pour. Gc. 9 Fév., 252.
- Voies américaines (Descubes). Rgc. Fév., 01. Wagon plate-forme pourrails de 15 à 24 mètres Nord belge. Rgc. Fév., 71.
- --- FÉVRIER 1907.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Salon de 1900 (Lavergne). Ri. 20 Janv., 34; Gc. 20 Janv., 213; 2-9 Fév., 230-247; 9 Fév., 53.
- — Autobus parisiens. E. 18 Janv., 58; à
- Londres. E. 8 Fév., 181. Pétro-élec-triques triphasés Hart-Durtnall. le. 10 Fév., 04.
- — ci pétrole Brazier, 1907. Va. 19-20 Janv.,
- 36, 54; Ilotchkiss 6 cylindres. Va. 9 Fév., 87.
- — — pétro-électriques. E1. 25 Janv., 121.
- E. 25 Janv., 80.
- — à vapeur Fredbahn. VDI. 20 Janv., 121.
- — électriques (les) (de Valbreuze). EE. 26
- Janv., 110.
- — antidérapant ferré Continental. Va. 2
- Fév., 05.
- — Avant-train directeur Pial. Va. 26 Janv., 61.
- — Embrayages de Dion-Bouton. Va. 19 Janv., 42; Hèle Shaw. Panhard (id.), 2QJanv., 51, Berliet Pipe. Pieper (ici.), 2 Fév., 69. Lethimonier, Ravigneaux [id.], 9 Fév., 83.
- — Mises en marche du siège. RL 2 Fév., 42.
- — Suspension. E. 18 Janv., 69.
- — Roues élastiques. Technique automobile. Janv., 4.
- — Motocyclette et son avenir. Va. 19 Janv., 33.
- Tramways de Londres, état financier. E. 18 Janv., 85; 8 Fév., 183.
- — à plots Kririk. Élé. 2 Fév., 68.
- — Manœuvre électrique des aiguilles Munro et Rogers. E. 8 Fév., 194. Transports à New-Vork. E'. 1er Fév., 108.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique. Progrès des chambres de plomb (Meyer). Ms. Fév., 131.
- — (Concentration de T) (Hartmann et
- Benker). Ms. Fév., 132.
- Alcools industriels : présence fréquente du zinc,.moyen de la déceler (Guérin). Pc. 1er Fév., 97.
- Air. Constituants légers (Coates). 11SL. 2 Fév., 479.
- Allumettes. Fabrication (Dubrisay). ScP. 20 Janv., 37.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1907.
- 217
- Amicline de sodium. Ses réactions (Meunier et Desparmet). CR. 4 Feu., 273. Brasserie. Divers. Cs. 15-31 Janv., 28, 60. Calcium comme absorbant des gaz pour la production d’un vide spectroscopique (Soddy). CN. 18-25 Jcinv., 25-42, 1er Fév., 51 ; RsL. 2 Fév., 429. Caoutchoutage des tissus. Machine à caoutchouter, cas d’incendie spontané. ScM. Nov., 346.
- Capillarité (Recherches sur la) (Ollivier). ACP. Fév., 229.
- Carbure de baryum et de strontium (Solubilité du carbone dans les) (Kahn). CR. 28 Janv., 197.
- Celluloïde (Analyse du) (Dubowilz). Cs. 31 Janv., 65.
- Chaleur spécifique. Compression de la vapeur d’eau : variations avec la température (Knoblaush et Jakob) VDI. 18 Sept., 81.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15-31 Janv., 18, 49.
- — Résistance à la fatigue des mortiers de
- ciment (Grubler). VDI. 2 Fév., 177.
- — Prise du ciment Portland. Le Ciment,
- Janv., 1.
- Chrome. Action du chlorure de silicium (Vigou-roux). CR. 24 Janv., 83. ^
- — Sulfate de chrome dont l’acide est dissimulé, et sur l'équilibre des dissolutions chromiques (Colson). CR. 14 Janv., 79.
- — Sulfates chromiques concentrés (Col-
- son). CR. 28 Janv., 206. Compressibilité des gaz aux environs de la pression atmosphérique (D. Ber-thelot). CR. 194.
- Eaux ferrugineuses (Analyse des). Fi. Déc., 49.
- Égouts. Usine d’incinération des ordures ménagères à Brunn. Gc. 19 Janv., 199.
- — Incinération des ordures ménagères.
- Ac. Janv., 14.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15 Janv., 31. Explosifs. Collodion-coton (Lunge). Cs. 15 Janv., 33.
- — (Les) depuis cinquante ans (Noble). E.
- 25 Janv., 119.
- Fibre de rapupe. Industrie au Mexique, Ms. Fév., 111.
- Tome 109. — Février 1907.
- Fluorescence et phosphorescence. Théorie (Kowalski). CR. 4 Fév.. 266.
- Hélium. Préparation par filtration des gaz de la clavéite au travers d’une paroi de silice (Jaquerod et Perrot). CR. 21 Janv., 135.
- Huiles et graisses. Huile de chrysalis. Cs. 15 Janv., 24.
- — de césame (Kwiss). Ms. Fcv., 134.
- — Huiles de ricin, de foie de morue, de
- pied de bœuf. Propriétés optiques (Lythgoe). Ms. Fév., 137.
- — Saponification. Théorie (Lewkowitsh).
- Cs. 15 Janv., 24.
- — Dosage de la matière insaponifîable
- dans l’huile de lin (Niegmann). Ms. Fév., 136.
- Hydrosulfites (Formation des) (Grandmougin). SiM. Nov., 351.
- Hydrogène sulfuré. Synthèse (J. Milbauer). AcP. Janv., 125.
- — Préparation (Fonzes Diacon). ScP. 20
- Janv., 36.
- Hygiène. Carnet sanitaire des écoliers (Binet et Simon). Revue Scientifique, 26 Janv., 97.
- Lithium (Sous-chlorure de) (Guntz). ACP., Janv., 13.
- Manganèse (Siliciure de) (Lebeau). ÇR. 14 Janv., 85.
- Niobium, tantale et titane (Giles). CN. 25 Janv., 37.
- Osmose. Pression osmosique. E. 1er Fév., 150.
- Laboratoire. Dosage volumétrique de l’antimoine (Duncan). CN. 1er Fév., 49.
- — — de l’acide borique en petites et
- grandes quantités (Low). CN. 1-8 Fév., 52, 61.
- — — du fluor dans les eaux minérales ,
- (Carie). CR. 28 Janv., 201.
- — — des halogènes dans les composés
- organiques au moyen des métaux ammonium (Chablay). CR. 28 Janv., 203.
- — Baryum et strontium. Caractères ana-
- lytiques (Baubigny). ScP. 5 Fév., 55.
- — Zinc. Méthode très sensible de précipi-
- tation. ScP. 5 Fév., 63. Analyse des minerais (Muller). ScP. 5 Fév., 61.
- 15
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- 218
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1907.
- Optique. Recherches spectroscopiques. Emploi du calcium pour la production d’un vide élevé (Soddy). CN. i8Janv., 25.
- — Réfraction dans les gaz composés(Ainar).
- CR. 4 Fév., 200.
- — Incohérence de la photométrie. le. 25
- Janv., 33.
- Oxygène pur utilisable dans l’analyse organique. Appareil de préparation. CR.
- 14 Janv., 86.
- Papier. Emplois industriels. Ef. 20 Janv., 116. Poids moléculaires des gaz. Calcul exact (D.Ber-thelot). CR. 14 Janv., 76, 4 Fév., 269. Photographie. Théorie. L’image latente et sa destruction (Sheppard). RsL. 2 Fév., 461.
- — Nouvelles recherches (Lumière et Se-
- jewetz). RCp. 27 Janv., 42.
- Phénomènes chimiques causés par un échauffe-ment avec ou sans actions électriques (Berthelot). CR. 14 Janv., 53. Radium. Action de la température sur son activité et ses produits de transformation (Bronson). CN. 25 Janv., 39; RSL. 2 Fév., 494.
- — Poids atomiques. Rapport du comité in-
- ternational pour 1907. ACP. Janv., 5. Résines et vernis. Divers. Cs. 15 Janv., 25. Sucrerie. Divers. Cs. 15 Janv., 27.
- Soude il l'ammoniaque. Pratique de son industrie (Jurish). Ms. Fév., 104.
- Spores (Action chimique des) (Effront). Ms. Fév., 81.
- Tannerie. Emploi de la chaux (Stcasny). Cs,
- 15 Janv., 25.
- — Divers. Cs. 31 Janv., 59.
- Teinture. Teinture et ionisation (Vignon). MC. 1er Fév., 33.
- — Teinture des soies et textiles artificiels
- (Beltzer). Ms. Fév., 88-100.
- — Transformation et élimination des
- épaississements fixés sur les fibres de coton (Tagliani). Ms. 1er Fév., 34.
- — Aniline. Sa nitrification (Tingle et
- Blanke). CN. 18 Janv., 30.
- — Appareil de teinture démontable
- (Schmidt et Handschin). MC. IerFév., 56.
- — Indigo. Son analyse (Orchardson, Wood et Bloxam). Cs. 15 Janv., 4.
- — Enlevages sous colorants cuvés sur
- teintures rongeables par des hydro-sulfites. Rubert. Mc. ier Fév., 59. Teinture. Enlevage sur bordeaux d’a-naphty-lamine (Riterman et Filli). SiM. Nov., 333.
- — Divers. Cs. 15-31 Janv., 14, 16, 43.
- — Réserve au nitrate de soude sous blanc
- à l’hydrosulfite de soude formaldéhyde. Enlevage sur grenat d’a-na-phtylamine (Sunder). SiM. Nov., 335. Tellure. Nature élémentaire et poids atomique (Norris). CN. 1er Fév., 54. Thermomèlre des températures très élevées. E. 1er Fév., 153.
- Thorium (Chlorure, oxychlorure et azoture de) (Malignon et Delepine). ACP. Janv., 130.
- Vernis à l’huile de lin. Essai d’après les prescriptions du ministère de la marine russe. Ms. Fév., 137.
- Verre à vitre. Étirage Menzel. Cs. 31 Janv., 48. .
- Chlorure de chaux (Sur le). (Eug. Schwarz). ZaC. 24 Janv., 138.
- —r Recherches sur le phosphore rouge (Siemens-Liesche). (id.), 8 Fév., 233T.
- — Théorie du Glower. (kl.), 15 Fév., 264.
- — — des chambres de plomb (Lunge).
- (id.), 15 Fév., 267.
- — Sur un nouveau colorant polyazoïque
- (Ludwig Paul), (id.), 15 Fév., 268.
- — Émaux craquelés, (id.), 24 Janv.,
- 61.
- — Fabrication mécanique des feuilles de
- verre. Spreehsaal, 31 Janv., 63.
- — Point de fusion des montres, (id.), 7
- Fév., 71.
- — Fabrication mécanique des feuilles de
- verre (suite), (id.), 7 Fév., 71.
- — Sur les couleurs de grand feu. Liquides
- pour porcelaine, (id.), 14 Fév., 85. Pouvoir calorifique du gaz (Table de cor-, rection sur la détermination du). J. f. Gas Bel. 26 Janv., 67.
- — Mouvement des eaux souterraines
- (Sur le), (id.), 26 Janv., 69.
- — Chauffage au gaz des églises, (id.),
- . 2 Fév., 85.
- — La nouvelle usine à gaz de la ville de
- Nuremberg, (id.), 2 Fév., 86.
- — Les travaux d’amenée d’eaux de Brême. (id.), 6-16 Fév., 105, 128.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — FÉVRIER 1907.
- 219
- Gaz. L’éclairage parle gaz comprimé, (id.), 0 Feu., 117.
- — Zincage électrolytique, (id.), 17 Fév., 138.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents aux ouvriers : nouvelle loi anglaise. E'. 18 Janv., 56.
- — Assurance en Italie. E. Ie1' Fév., 152. Allemagne. Production et commerce de la bière en —. SL. Déc., 776.
- Amérique latine. Son développement. Le Brésil. Ef. 19-26 Janv., 74, 113. Apprentissage (!’) (Parsons). SA. 1er Fév., 303.
- Assurances, principes et pratique modernes (Young). SA. 8 Feu., 342.
- Brevets. Réforme de la loi anglaise. FJ
- 18 Janv., 67; SA. 18 Janv., 215; E. 25 Janv., 117.
- Chaussure. Industrie en France. Ef. 9 Fév., 186.
- Chine. Développement de la mécanique et de l’exportation en Chine (Smith). EM. Fév., 691.
- Caoutchouc. Commerce du —. Va. 2 Fév., 71. Dépopidation des campagnes et logements des ouvriers (Blondel). Rso. 1er Fév., 249. Étatisme municipal. Sa critique en Angleterre. Ef. 26 Janv., 111.
- États-Unis. Commerce extérieur en 1905-1906. SL. Déc., 790.
- France. Budget de 1907. Ef. 2 Fév., 143.
- — Méthode financière à suivre. Ef.
- 19 Janv., 69.
- — Alcools, droits et consommation par habitant en 1905. SL. Déc., 750.
- — Revenus de l’État. SL. Déc., 755.
- — Commerce extérieur. SL. Déc., 762.
- — Successions en France. Ef. 26 Janv.,
- 109.
- — Inlluence française en Orient. Rso.
- 1er Fév., 223.
- — Projet de loi sur le contrat de travail.
- Règlements d’ateliers et conditions du travail. Ef. 2 Fév., 147.
- — Impôt sur le revenu (projet). Ef. 9 Fév.,
- 190.
- Inde (les Bhils de F) (Barner). SA. 8 Fév., 324.
- Or. Production dans le monde. Ef. 2 Fév., 149.
- Patrons et ouvriers (Roguenaut). Rso. 1er Fév., 197.
- Russie. Situation économique. Ef. 26 Janv., 115 ; 2 Fev., 151.
- Trusts (les) en Allemagne. FJ. 8 Fév., 136. Uganda. Progrès de (F) (Wilson). SA. 1er Fév. 281.
- Vie moyenne. Augmentation depuis vingt-cinq ans. Ef. 9 Fcv., 183.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Arasement des roches. Bateau Lobnitz pour (F). Ri. 2 Fév., 43.
- Béton frelté. Application. Gc. 9 Fév., 246. Barrage nouveau de Croton; eaux de New-York. ACE. Janv., 1.
- Ciment armé. Circulaire ministérielle du 20 octobre 1906 relative à son emploi. Le Ciment, Nov., Déc. et Janv.; Rapport au Conseil général des ponts et chaussées du 15 mars 1906. Le Ciment, Janv., 11, p. 9.
- Digue de la cataracte Sidney. E. 1er Fév., 156.
- Incendies. Avertisseur Walker. Gc. 9 Fév., 253.
- Ponts.— de Blackfriars, agrandissement. E. 18 Janv., 75. ’
- — de Québec. E'. 18 Janv., 54. Ri. 2 Fév.,
- 41.
- — Édouard VII à Newcastle. Appuis des
- poutres, E'. 25 Janv., 89.
- — en pierre. d’Orléans. E'. 8 Fév., 130. Poutres pleines. Résistance (des) (Lilly). E.
- 1er Fév., 136.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Alcalin . fer-nickel. Re. 20 Janv., 33.
- — Edison, Polzenius, Goldsmith Berglund,
- Jungner. FF. 1er Fév., 181.
- — Rechargeur par courants alternatifs
- Faria. Va. 9 Fév., 90.
- Aimantation. Variation par torsion (Bouasse et Berthier) ACP. Fév., 199.
- Bobines d’induction. Établissement (des) (Eddy et Eastman). FF. 9 Fév., 209.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1907.
- Bouton d’appel pour sonneries Vidal. Elé., 26 Janv., 49.
- Conducteurs en sodium Betts. Elé. 26 Janv., 51.
- Courants alternatifs. Déformation de l’onde dans les circuits contenant du fer (Bedell et Tultle). Re. 30 Janv., A3, le. 10 Fév., 59.
- Distributions dans la Haute-Savoie. Elé. 26 Janv., 51.
- — dans le hliône (kl.). 9 Fév.. 87.
- — à Paris. Régime futur. Mémoire du
- préfet de la Seine. le. 10 Fév., 53. Diélectriques solides (Recherches sur les) (Malclès). CR. 4 Fév., 264.
- Dynamos. Rotors à collecteurs (propriété des) (Latour). EE. 19 Janv., 77.
- — Emploi des pôles auxiliaires pour l’étude
- des dynamos continues (Beyer). Re. 30 Janv., 41.
- — Trajet des lignes de force dans les in-
- duits dentés (Muller). EE. 26 Janv., 137.
- — Alternateurs triphasés. Mise en paral-
- lèle automatique (Benischke). Re. 15 Fév., 70. Pour accoupleplement direct sur turbine à vapeur (Kolden). EE. 9 Fév., 207.
- — Balais en charbon (Siedek). Re. 15 Fév.,
- 70.
- — Chute de tension dans les — (Hobart et
- Punga). EE. 19-26 Janv., 92-135.
- — Pulsation de l’induction dans les dents
- des dynamos (Bagstad). EE. 2-9 Fév., 169, 206.
- — monophasées : réaction d’induit (Su-
- mec). EE. 19 Janv., 95.
- — à courant continu. Détermination du
- rendement (Soulariol). EE. 9 Fév., 185.
- — à pôles de commutation. Théorie et
- construction Pelikan. Re. 15 Fév., 65.
- — Déformation des courbes produites par
- le fer (Bedell et Tuttla). EE. Janv., 99.
- — Moyen de reconnaître rapidement une
- rupture dans le circuit d’un induit de machine bipolaire. Elé. 9 Fév., 88.
- — Moteur monophasé Deri. EE. 19 Janv.,
- 98.
- Dynamos. Moteur Shunt compensé (Bethe-nod). EE. 2 Fév., 149.
- — — d’induction monophasé (Slill). EE.
- 26 Janv., 139; 2 Fév., 171.
- — — démarreur Lahmeyer à manœuvre
- ralentie. Re. 30 Janv., 50. Éclairage. Lampe à magnétite et redresseur à mercure. Emploi pour les arcs en série (Berge). EE. 19 Janv., 106.
- — Incandescence. Nouvelles lampes (Morris). EE. 19 Janv., 103. (Sharp) (id.). 105, E. 1er Fév., 151.
- — Lampe à mercure Bastian. le. 24 Janv. 32.
- — à arc Carbone. Elé. 26 Janv., 62.
- — — Suspension Glaenzer. Re. 30 Janv.,
- 59.
- — Transformation de l’énergie électrique enlumière(Steinmetz). EE. 26 Janv., 1er Fév., 144, 179.
- Égaliseurs de potentiel (Moulin). ACP. Janv., 40.
- Électro-chimie. Théorie électro-technique de l’électrolyse. E. 17 Janv., 87. (Fournier d’Albe). CN. 18 Janv., 28.
- — Chlore électrolytique (Fercland). EE. 26 Janv., 147.
- — Prix de revient. Eam. 19 Janv., 137.
- — Progrès des industries électro-chi-
- miques. le. 25 Janv., 38.
- — Divers. Cs. 31 Janv., 53.
- Interrupteurs à hautes tensions. Qualités des huiles. Elé. 19 Janv., 33.
- Matériaux de construction des appareils élec-' triques (Epstein). E. 17-25 Janv., 95, 129.
- Mesures des déphasages dans les résistances et les transformateurs (Drysdale). EE. 19 Janv., 107.
- — Électro-dynamomètre différentiel de
- Potier. Application à la mesure des puissances en courants alternatifs (Tellier). le. 25 Janv., 29.
- — Séchommètre. Emploi pour la mesure
- des résistances et capacités combinées (Milner). EE. 19 Janv., 110.
- — Interrupteur rotatif pour mesures de
- capacité (Kurlbaum et Jæger). EE. 9 Fév., 220.
- — Électromèlre à quadrants (Notice sur F)
- (Moulin). ACP. Janv., 98.
- — Méthode de Pirani. EE. 26 Janv., 113.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1907.
- 221
- Résistances en fils soudés au tinol. EU. 26 Janv., 50.
- Standarisation des appareils électriques. Commission électrotechnique internationale. le. Fév., 56.
- Stations hydro-électriques. Installations de tamponnage hydraulique. Je. 25 Janv., 35.
- — Chutes du Zambèze. Elé. 2 Fév., 66. Stations centrales. Petite station au bord
- de la mer aux États-Unis. Ri. 19 Janv., 23.
- Transport d’énergie électrique des Alpes à Paris. Ef. 9 Fév., 185.
- Télégraphie. Premier câble transatlantique (Mullady). Fi. Fév., 141.
- — sans fil. Mesure de l’énergie reçue
- dans les postes radiotélégraphiques (Pickard). EE. 9 Fév., 214.
- — — transatlantique. E. 17 Janv., 89,
- Chute du mât de Machrihonish. E.
- 25 Janv., 110. La Telefunken. Dp.
- 2 Fév., 73.
- — — Production d’ondes non amorties
- (Thomson Benischke). EE. 19 Janv.,
- 101.
- — — Détecteur à vapeur de mercure
- Forest. EE. 26 Janv., 144.
- — — Transformateur à résonance (Be-
- nischke). EE. 9 Fév., 212.
- — — Détecteur d’ondes Braun. EE. 19
- Janv., 103.
- — — Ondes permanentes Poulsen. Tele-
- funken. Re. 15 Fév., 81-84.
- — — Essais sans fil dirigé Marconi. Re.
- 15 Fév., 86.
- — — Influence des contrepoids sur
- l’amortissement de l’antenne (Brus-tyn). Re. 15 Fév., 89.
- — — Radiations d’antennes coudées (Fle-
- ming). EE. 2QJanv., 141 ; 2 Fév., 175.
- — — (Expériences de) dans une direc-
- tion (Schmidt). EE. 2 Fév., 176.
- — -télémécaniqne sans fil. Nouvel appareil j
- (Gabet)-. CR. 14 Janv., 74. I
- — — par ondes hertziennes (Torres). EE. j
- 26 Janv., 144. 1
- — Télégraphoscope Belin. La Nature. 9 Fév., !
- 170. |
- — Phototélégraphe Lenoir. Ri. 2 Fév., 44. j Téléphonie. Relais téléphoniques. Elé. 19 j Janv., 37. I
- Téléphonie. Développement des compagnies indépendantes (Hoge). Fi. Janv., 31.
- — Inductance et impédance dans les cir-
- cuits téléphoniques et télégraphiques (Joung). EE. 9 Fév., 216.
- HYDRAULIQUE
- Eaux de Los Angeles. E'. 8 Fév., 132.
- Mouvement des liquides. Grandes vitesses dans des conduites très larges (Mercsyny). CU. 14 Janv., 70.
- Pompe à air comprimé Latta Martin. Gc. 19 Janv., 204.
- — centrifuges à trois étages Allen. E.
- 25 Janv., 101.
- Roue Peltoû de 900 chevaux Gunther, E'. 8 Fév., 143.
- MARINE, NAVIGATION
- Constructions navales du monde en 1906.. E. 1er Fév., 142.
- Canaux et rivières (Commission royale des). E. 17 Janv., 89; 8 Fév., 167.
- — Panama. Canal à écluses et grand canal (Bunau Varilla). SA. 25 Janv., 237; EM. Fév., 703; E'. 1er Fév., 115.
- — Aménagement de la Loire. Essais près du confluent de la Maine (Dantin). Gc. 2 Fév., 225.
- — Ascenseurs pour canaux. ZOI. ler-8 Fév., 73, 89.
- Bateau à roue d’arrière et faible tirant. En-deavnur. E. 18 Janv., 81.
- Hélices propulsives (Tsoucalas Vlahavas et Ferber). CR. 21 Janv., 125,128. Machines marines à gaz. E'. 25 Janv., 92; E. 8 Fév., 185.
- — pétro-électriques du bateau Verroge. Gc.
- 26 Janv., 221.
- — Machines pour ferry-boats de l’Hooglily. Thornycroft. E. 1er Fév., 141.
- — — triple expansion 4 cylindres du
- croiseur Warrior. E. 8 Fév., 179. Marines de guerre. Gros cuirassés. E'. 1er Fév., 116.
- — Plaques de blindages. Fabrication. E'. 1er Fév., 116.
- — Croiseur péruvien Coronel Borognesi. E. 1er Fév., 121.
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- 222
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ FÉVRIER 1907.
- Paquebots transatlantiques (Passagers des). E. 17 Janv., 88.
- Pêche (Ports de) anglais. Développement actuel (Austen). E. 8 Fév., 167. Renflouage du cuirassé Montagu (Debos). IC. üéc., 791.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Aile de l’oiseau. Importance de l’épaisseur du bord extérieur dans le vol à la voile et son application à l’aéroplane (Seux). CR. 14 Janv., 73. — Ballons dirigeables (Les) (Girard et De Rouville). Gm. Janv., 2t.
- — — Ballon Patrie. Gc. 2 Fév., 234.
- — hélicoptères et aéroplanes. Étude com-
- parative (Tsoucalas et Vlahavas). CR.
- 4 Fév., 237.
- Air comprimé. Trompes hydrauliques Taylor de 5 000 chevaux à la mine Victoria. Eam. 19 Janv., 125.
- Chaudières (Accidents aux) (Walckenaer). le. 1906, V. 981.
- — Mixte Leroux. Pm. Janv., 1.
- — Foyers au pétrole. Petits foyers. E'. 18 Janv., 66.
- — — en mer. E. 8 Fév., 179.
- — Contrôleur électrique de pression Bous-cot, Belliol et Beiss. Eté. 2 Fév., 65. Dynamomètre de transmission Durand. AMa.
- 2 Fév., 80.
- Jeux des pièces de machines (Rapport de l’Engineering Standard Comittee). AMa. 19 Janv., 12.
- Levage. Bateau chargeur de charbons Clarke. E. 18 Janv., 73.
- — Élévateur pour madriers Josse. Gc.
- 26 Janv., 219. j
- — Transporteurs pour pièces de bois Wint- j zingham. E'. 18 Janv., 68.
- — — pour minerais à Almeira,Espagne. |
- E. 25 Janv., 103; 8 Fév., 171. j
- — Pont roulant de fonderie de la Société !
- d’Augsbourg-Nuremberg, avec grue !
- à pivot. E. 25 Janv., 125. j
- — Grue Appeby électrique, type marteau j
- de 150 tonnes. E'. 1er Fév., 110. !
- — — flottante de 40 tonnes Beran. VDI. I
- 2 Fév., 185. j
- . — Cableways dans les Cordillères. Ri. | 2 Fév., 48.
- Machines-outils, à l’Exposition de Nuremberg. VDI. 2 Fév., 171.
- — Ateliers de Beyer Peacok pour locomo-
- tives. E. 18 Janv., 70.
- — — Toits en dents de scie pour ate-
- liers. AMa. 9 Fév., 106.
- — — de l’arsenal de Washington. AMa.
- 2-9 Fév., 69-99.
- — — Ivrupp. E'. 8 Fév., i34.
- — — Organisation Taylor. E. 1er Fév.,
- 149; E'. 8 Fév., 140. (Carpenter. Wilt). EM. Fév., 769, 725.
- — — Établissement d’ateliers nouveaux.
- E'. 17 Janv., 53; 1er Fév., 109.
- — — Construction des bâtiments. E. 8
- Fév., 182.
- — Alésage. Travail de l’outil. Expériences
- (Codron). RM. Janv., 21.
- — Courbe-tubes Connex. E. 8 Fév.,
- 193.
- — Cisaille hydraulique Breuer Schuma-
- cher pour tôles de 4m,50. Gc. 9 Fév., 251.
- — Emboutissages pour vélocipèdes. E1. 18
- Janv., 60.
- — Étau universel Perard. Ri. 26 Janv.,
- 36.
- — Étau limeur Harisson et Horsley. E. 17
- Janv., 93.
- — Fraiseuse raboteuse Newton. AMa. 26
- Janv., il.
- — Outils rapides, profils des dégrossis-
- seurs (Taylor). AMa. 26 Janv., 43. E’. 1-8 Fév., 122, 147.
- — Frappeurs pneumatiques (les) (Barel).
- RM. Janv., 5.
- — Marteau pneumatique Pilkington. E. 8
- Janv., 176.
- — Montages divers (C. Richard). RM.
- Janv., 30.
- — Perceuses à 22 forets Kundner. AMa.
- 29 Janv., 16.
- — — Montage pour perçage et alésage.
- AMa. 19 Janv., 18.
- — Taille des pignons. Machines Bilgram.
- E1. 8 Janv., 146.
- — Tour. Outil de filetage. Son emploi
- AMa. 19 Janv., 6. Roulements sur billes pour (Nicholson et Smith). E'. 25 Janv., 79.
- — à bois. Scies circulaires. Protecteur Bou-
- teloup et Lerozier. Ri. 26 Janv., 34.
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- LITTERATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1907.
- Moteurs à, vapeur de Gorlitz. Sulzer. 4 000 kilowatts et 6 500 chevaux. Cole-Mer-chant. Reynolds Koraknay. Defays. Erhardt et Schmer. 1 IM. Janv., 87.
- — Demi-fixe Wolf. RM. Janv., 99."
- — Distributions Proell. VDI. 26 Janv., 132; Lentz (id.), 144.
- — — Heusinger. Joy. Dp. 9 Fév., 81.
- — Condenseurs Davidson et Worden. Keilholtz llelander. Leblanc. Day et Dexter, Korting. Ilarris et Anderson, Ray. Wheeler. Claxton Fidler. RM. Janv., 102-108.
- — Régulateur Viki. VDI. 19 Janv., 104.
- — Vapeur d’eau. Chaleur spécifique Cp et la température. VDI. 26 Janv., 125.
- Moteurs à gaz. Grands moteurs. E]I. Fév., 748.
- — à 2 temps. Triphasé et Drop. Va. 26
- Janv., 57.
- — Ailettes de refroidissement (Construction -des) Dolnar. AMa. 26 Janv. 39.
- — de haut fourneau Cockerill, de 1500
- chevaux. Essai (Herbert et Witz). Ru. Déc., 213.
- — Gazogènes divers. Dp. 19-26 Janv.,
- 37.
- — — (Théorie des) (Juptner von Jons-
- torf). Electrochemical. Janv. 19.
- Paliers (Graissage des) (Nicholson et Smith). E'. 8 Fév., 127.
- Pression de l’air sur une surface en mouvement. Détermination du coefficient Iv. (Rodet). RM. Janv., 43. Résistance des matériaux. Essais de dureté Brinnell. Dp. 19 Janv., 34.
- — Résistance de rupture et allongement à la traction de l’acier (Mallock). RSL. 2 Fév., 472.
- — Propriétés du caoutchouc. Technique
- automobile. Janv., 13.
- Roulements sur billes. Applications aux tours. (Nicholson et Smith). E'. 25 Janv., 79.
- Tubes frettés. Résistance et équilibre élastique (Jacob). CR. 21 Janv., 121. Ventilateurs centrifuges. Étude des (Bochet). AM. Oct., 451.
- — La ventilation (Berthier). Revue Scienti-
- fique. 26 Janv., 103.
- 223
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Aluminium et cuivre (Carpenler et Edwards). Rapport du Comité des Mechanical Engineers de Londres. E. 25 Janv., 127, 1er Fév., 158.
- Argent. Théorie de l’amalgamation (Von-draeck). Ru. Déc., 280.
- — Fabrication de l’argent laminé (Sperry). Fi. Fév., 109.
- Coke de tourbe. Procédé Ziegler. Eam. 19 Janv., 143.
- Fer et acier. Usines de la Colorado fuel and iron C°. Eam. 12 Janv., 87.
- — Électro - sidérurgie ; progrès. SuE. 16 Janv., 81.
- — Ressemer. Températures dans le cubilot (Richards). Electrochemical. Janv., 11.
- — Fours. Défourneuses diverses. VDI.
- 19-26 Janv., 88, 139; 9 Fév., 219.
- — Forges de la Chaussade. Fabrication des plaques de blindage. Gc. 26 Janv., 209.
- — — delaYoungstown Sheet and Tube C°.
- SuE. 6 Fév., 200.
- — Hauts fourneaux. Chargements américains. Gc. 19 Janv., 193.
- — — aux aciéries de Mennequer. Eam.
- 26 Janv., 178.
- — — Refroidissement du vent (Differ-
- dange). Cs. 19 Janv., 22.
- — — Creuset Lurmann. SuE. 6 Fév.,
- 198.
- — Fonderie. Moulage d’un cylindre de moteur à ailettes. AMa. 19-26 Janv., 2, 50.
- — — Organisation (Mac Carter). EM.
- Fév.;741.
- — Laminoir électrique réversible Geyer.
- SuE. 30 Janv., 162.
- Fours de grillage nouveaux (Truchot). RCP. 13 Janv., 1.
- Foyers (Rendement des) (Richards). Fi. Fév., 129.
- Or. Raffinage Clark. Cs. 15 Janv., 20.
- — Métallurgie moderne (Scholl). Electro-
- 'chemical. Jcinv., 14.
- — Traitement du minerai au Witwaters-
- rand. Gc. 2 Fév., 232.
- — dans les contrées asiatiques. SA.
- Ie*' Fév., 317.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- FÉVRIER 1907.
- Plomb (Métallurgie du) (Gautier). Pm. Janv., 14.
- — Désulfuration de la galène, procédé Chaîne. Ms. Fév., 102.
- Soudure électrique. État actuel (Guarini). Ru. Déc., 285.
- Zinc. Four Faber du Faur au pétrole. Eam. 12 Janv., 84.
- MINES
- Cobalt. Mines aux États-Unis. Eam. 26 Janv., 186.
- Cuivre. District de Greenwater, Californie. Eam. 12 Janv., 77.
- États-Unis. Statistique 1905. AM. Oct., 508. Électricité. Utilisation dans les mines. Pm. Janv., 10.
- Extraction. Résistance et élasticité des
- câbles. Recherches expérimentales (Denoel). Ru. Déc., 241.
- Extraction. Machine compound horizontale-verticale Corliss, Thornewell et Warham pour les mines de Bargoed. E'. 25 Janv., 96.
- Houillères. Ventilation dans les couches plates. Eam. 26 Janv., 191.
- Japon. Loi minière (Bel). Im. 1906. V. 1313.
- Or. Étude pratique des minerais aurifères dans les colonies isolées (Degoutin). Im. 1905. V. 1167.
- — Dans l’Afrique occidentale. Eam. 26 Janv., 182.
- Préparation mécanique. Séparation magnétique pour minerais humides ou submergés. Elé. 19 Janv., 35.
- Plan incliné automoteur de la Liberty Bell Mine. Eam. 26 Janv., 173.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 106” ANNÉE.
- MARS 1907
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- Notice nécrologique sur M. Edmond Huet, président de la Société cl Encouragement pour V Industrie nationale, par M. Resal, membre du Conseil.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a été cruellement éprouvée, le 13 novembre dernier,, parla mort soudaine et inattendue de son vénéré Président, M. Edmond Huet.
- La longue carrière de M. Huet, inspecteur général des Ponts et Chaussées de lre classe, directeur honoraire des travaux de Paris, a été trop bien remplie pour que nous puissions songer à en faire un historique complet. Nous nous bornerons à signaler de façon sommaire les travaux importants auxquels son nom restera attaché, et qui perpétueront sa mémoire auprès de ses confrères de la Société d’Encouragement, de ses camarades du corps des Ponts et Chaussées, et de tous les Parisiens, dont il a mérité la reconnaissance.
- Né à Paris le 6 février 1827, il est entré à l’Ecole polytechnique en 1846, et à l’École des Ponts et Chaussées en 4 848. Nommé ingénieur des Ponts et Chaussées, après avoir rempli une mission en Belgique, en Hollande et en Angleterre, il fut d’abord attaché au secrétariat du Conseil général des Ponts et Chaussées, et participa aux études du chemin de fer de Ceinture de Paris. On le chargea l’année suivante des premières études du chemin de fer de Lyon à Chambéry, aujourd’hui en exploitation, et d’une traversée des Alpes entre Grenoble et Suse, par la vallée de la Romanche et par Briançon.
- Tome 109. — Mars 1907. 16
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE. --- MARS 1907.
- De 1853 à 1859, M. lluet, ayant quitté temporairement le service de l’État, fut chargé, par la Compagnie du chemin de fer de Lyon à Genève, des études et travaux de la section de Tenay à Bellegarde, sur 65 kilomètres de longueur, et de la partie française de rembranchement de Culoz à Aix-les-Bains. 11 s’acquitta avec un succès complet d’une tâche qui le mettait aux prises avec toutes les difficultés techniques que peut rencontrer un ingénieur pour frayer le passage d’un chemin de fer à grande circulation dans une vallée étroite et sinueuse, bordée de coteaux escarpés: tranchées profondes dans des terrains d’argile et de sable aquifère ; remblais sur des marais tourbeux de 3 kilomètres de longueur; souterrains au nombre de cinq, ayant un développement total de 4 kilomètres ; ouvrages d’art multipliés, parmi lesquels il faut citer le viaduc de la Vezeronce, avec une travée de 150 mètres d’ouverture, le pont du Bhône à Culoz, etc.
- M. Huet venait de terminer cette œuvre magistrale et s’occupait des études de la ligne de jonction entre les gares de Perrache et des Brolteaux à Lyon, quand on lui proposa de rentrer au service de l’État comme ingénieur du service municipal des Travaux de Paris.
- Pendant la seconde partie de sa carrière administrative (1859-1897), qui s’est tout entière écoulée dans la capitale, les attributions successives, les études et les travaux de M. Huet présentent une telle variété et une telle multiplicité que nous renonçons à en faire le dénombrement. Nous nous bornerons à énumérer celles de ses œuvres qui ont le plus contribué à embellir la ville ou à améliorer les conditions d’existence de la population parisienne.
- Service des eaux (1859-1874) études et travaux de la dérivation de la Dhuis, et de la dérivation de la Vanne ; réservoirs de Ménilmontant et de Montrouge: usines hydrauliques d’Isles-les-Meldeuses et de Trilbardou sur la Marne.
- Service de la voie publique (1874-1878) : études de différents chemins de fer d’intérêt urbain, et notamment premier avant-projet d’ensemble du réseau métropolitain, dont M. Huet a été le précurseur ; construction de la passerelle de Passy; avant-projet d’un tramway industriel de ceinture desservant la banlieue.
- A la veille de l’Exposition universelle de 1878, M. Alphand, succombant sous la tâche, sentit la nécessité de se donner un coadjuteur qui le déchargerait d’une partie de ses attributions et se préparerait à devenir plus tard son successeur. Son choix se porta sur M. Huet, ingénieur en chef des
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE. -- MARS 1907. 227
- Ponts et Chaussées depuis le 1er mai 1875, qui fut nommé, le 13 avril 1878, adjoint au directeur des travaux de Paris et chargé spécialement du Ser-ce des Promenades. Devenu ingénieur en chef de lre classe le 1er décembre 1879, M. Huet reçut, le 26 février 1881, le titre de sous-directeur des travaux de Paris, qui correspondait mieux à scs nouvelles fonctions.
- Parmi les travaux importants exécutés par M. Huet pendant cette période, nous mentionnerons l’aménagement des parcs du Trocadéro et du Champ-de-Mars, l’agrandissement du Bois de Boulogne, l’agrandissement du cimetière d’Ivry.
- Le 26 janvier 1887, M. Huet réunit à ses attributions la direction technique des eaux et de l’assainissement, qu’il échangea, le 16 janvier 1889, contre la direction'technique de la voie publique et des promenades.
- Nommé inspecteur général de 2e classe le 5 juin 1883 et inspecteur général de lre classe le 15 juin 1889, M. Huet succéda à M. Alphand, le 29 juillet 1891, avec le titre de directeur administratif du service municipal de la Ville et des travaux de Paris.
- Ayant atteint, comme inspecteur général, l’âge de la retraite le 6 février 1897, il se démit de ses fonctions municipales le 23 mai 1897, et se retira avec le titre de directeur honoraire des travaux de Paris.
- Peu de temps après, il donna également sa démission de directeur des services de la voirie, des ponts et passerelles de l’exposition universelle de 1900, après avoir arrêté définitivement les projets et à peu près terminé l’exécution des travaux dont il avait la charge; pont Alexandre III, passerelles sur la Seine au nombre de quatre, passerelles sur les voies publiques réservées à la circulation urbaine.
- Nous ajouterons que M. Huet a participé activement aux quatre expositions universelles de 1867, 1878, 1889 et 1900, non seulement comme ingénieur et administrateur, mais aussi comme membre des comités techniques institués par le ministre du Commerce et de l’Industrie, et comme membre du jury, des récompenses, où il fut successivement secrétaire, rapporteur et président.
- IM. Huet est entré en 1879 au Conseil d’administration de la société d'Encouragement pour l'industrie nationale, comme membre du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, dont il n’a cessé de faire partie. Pendant les dernières années de sa carrière administrative, il était trop absorbé par ses fonctions pour prendre une part active aux travaux de la Société. Mais, dès qu’il eut pris sa retraite, il collabora avec beaucoup de
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- m
- NOTICE NÉCROLOGIQUE. --- MARS 190'•
- zèle et d’assiduité à une œuvre dont il appréciait l’utilité et rédigea, de 1899 à 1902, plusieurs rapports intéressants.
- Il fut élu en 1904 vice-président, et en 1906 président du conseil d’administration, où il se montra le digne successeur des hommes éminents qui, depuis la fondation de la Société, en ont assumé la direction.
- Nous rappellerons que, quelques jours avant sa mort, il avait consenti, sur les instances unanimes et réitérées des membres du conseil, à conserver pendant l’année 1907 le poste d’honneur où l’avait porté le suffrage de ses confrères.
- En dépit du travail acharné qui a rempli l’existence de M. Huet et des lourdes responsabilités attachées à sa haute situation administrative, il a toujours trouvé du temps à consacrer aux œuvres de bienfaisance. Membre fondateur de la Société amicale des ingénieurs des ponts et chaussées et des mines, il a, depuis l’origine, fait partie de son conseil, dont il a bien voulu être successivement trésorier-adjoint, trésorier, vice-président, et enfin président à partir de l’année 1895.
- Il s’intéressait également au sort de tous ses collaborateurs qui, du haut en bas de l’échelle administrative, ont ressenti les effets de son affection et de sa sollicitude. Nous croirions manquer à sa mémoire en omettant de dire qu’il fut aussi président, et président effectif et zélé, de la société des gardes et cantonniers de la Ville de Paris, qui lui est redevable de son organisation et de sa prospérité. Nous ne devons rien ajouter sur le compte de cet homme de bien, pour respecter ses volontés intimes, car sa main gauche a ignoré les libéralités de sa main droite.
- Pour tous ceux qui l’ont approché, M. Edmond Huet était la personnification de la droiture, du désintéressement et de la bonté. Son caractère ouvert et loyal emportait la confiance. Il n’a point connu les soucis de l’ambition et les inquiétudes de l’intérêt personnel. Le temps, qui s’attaque volontiers aux hommes dont le cœur s’est desséché par le culte du moi « haïssable », a respecté ce superbe vieillard. A la veille de sa mort, il était demeuré jeune, moins encore par son allure leste et dégagée que par son égalité d’humeur, sa gaîté communicative et la fraîcheur de son sourire. On n’a pu le connaître sans l’aimer, et sa sollicitude affectueuse et infatigable n’a jamais fait défaut à ceux qu’il avait jugés dignes d’estime et d’amitié.
- Lu et approuvé en séance, le 8 mars 1907,
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. Ad. Carnot, ail nom du Comité des Arts chimiques, sur la Question de la houille au Sahara, de M. E.-F. Gautier.
- On ne connaît jusqu’ici, dans le Sahara et dans tout le Nord de l’Afrique, aucun gisement de houille. Les explorations faites au Sud de l’Atlas avaient même donné lieu de penser, tout d’abord, qu’il ne s’y trouvait pas de formation correspondant au système carboniférien et surtout à l’étage houiller. Ce n’est que postérieurement à la première mission Flatters, que l’on reconnut : d’abord l’existence de massifs importants de calcaire carbo-niférien, — traversés par toutes les routes du Sud, à la seule exception de la route précisément suivie par cette mission, — et ensuite, en quelques endroits, la présence de végétaux houillers dans des bancs superposés à cette importante formation calcaire.
- M. E.-F. Gautier, chargé du cours de géographie à l’École des lettres d’Alger, s’est proposé de rechercher si, décidément, la houille existe ou n’existe pas au Sud de l’Algérie ; pour cela, il est allé étudier sur place la constitution géologique de cette vaste région.
- La question avait un tel intérêt pour l’Industrie française, que le Conseil de la Société d’Encouragement n’a pas hésité à subventionner l’expédition géologique projetée par M. Gautier. L’explorateur en a rendu compte dans deux mémoires (1 et II), qu’il nous a successivement remis en mars et en novembre 1906.
- Ces mémoires nous paraissent trop exclusivement géologiques pour trouver place dans le Bulletin de la Société. Nous avons donc engagé l’auteur à en demander l’insertion dans le Bulletin de la Société géologique de France, où ils seront beaucoup mieux à leur place. Nous nous bornerons ici à faire connaître succinctement les principaux résultats des explorations.
- M. Gautier déclare, dès le début, qu’il n’a pas été plus heureux que ses devanciers et n’a. trouvé aucun gisement de houille proprement dite, ni même aucune trace de charbon. Mais il a traversé une bande de terrain
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- ARTS CHIMIQUES,
- MARS 1907.
- carboniférien d’une énorme largeur, entre Figuig et In Salah, c’est-à-dire sur un parcours de 800 kilomètres environ, en reconnaissant de distance en distance les affleurements de cette formation, dont il a rapporté des fossiles caractéristiques, trouvés dans une quinzaine de régions différentes.
- * FiCfUHJ
- •BeniOunif •Bjenan ed Bar
- BouAk
- y cc
- Légende
- üüi Dévonien I (-771 Calcaire carbonifère
- Grès àvégétaux (EouiUer)
- [afnLj/isiJZM el Oubeur
- waciM'à
- Terrain des Gour (Miocène. Pliocène) < Quaternaire )
- Fiquré des dunes
- IGT.I
- Ejg. 1. — Esquisse géologique de la région carbonifère du Béchar.
- 1. 11 s’est, dans le premier mémoire, particulièrement occupé de la région du Béchar, contiguë à l’Algérie et traversée par le chemin de fer de Beni-Ounif à Igli.
- Cette contrée, dont la carte détaillée a été levée récemment par le
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- Anticlinal hercynien
- ------ Synclinal hercynien 1
- -i-L -l Coucheshercyniennes. Laflècheindiç[ue]e sens de laplongéi Limite des domaines hercynien d calédonien ûe trait est plein là où la limite est exactement connue) Carbonifère Crétacés
- Dépôts continentaux, (Miocènes.Pliocènes.Quaternaires
- ^T?aGê.delt
- Fig. 2. — Carte schématique montrant les affleurements carbonifères aux oasis et les dépôts crétacés et tertiaires.
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- 232
- ARTS CHIMIQUES.
- MARS 1907.
- lieutenant Poirmeur, est accidentée par cinq puissants massifs montagneux. Son sommet le plus élevé, l’Anter, a plus de 1 900 mètres d’altitude. Ces montagnes sont principalement formées de calcaire carboniférien inférieur, appartenant à l’étage dinantien, qui paraît présenter 500 mètres de puissance environ.
- Au-dessous, on trouve des argiles sans fossiles, en bancs puissants, qui alternent avec des lits de grès, évidemment intermédiaires entre le carboniférien inférieur et le dévonien supérieur.
- Au-dessus sont des grès avec lits interstratifiés de calcaire, formation encore mal connue, dont la présence paraît être assez considérable et où l’on a trouvé quelques végétaux de la flore houillère la plus ancienne.
- Les bancs des terrains primaires, souvent très inclinés, sont recouverts sur de très grandes étendues et ainsi soustraits à l’observation des géologues par des dépôts horizontaux secondaires ou modernes. Les premiers appartiennent à la formation marine cénomanienne et sont composés de calcaires, de marnes et d’argiles avec gypse; les seconds sont des cailloutis et poudingues, des sables alluviens et des calcaires friables d’origine continentale.
- D’après les études de M. Gautier, c’est la couche des grès à végétaux postérieure au dinantien qu’il serait particulièrement intéressant de suivre et d’étudier à l’ouest du mont Béchar, vers le cours du Guir, parce qu’on pourrait y trouver une formation houillère. Mais précisément cette région, malgré sa proximité d’un pays habité, se trouve être, en ce moment, inabordable pour des explorateurs isolés; car c’est ce pays qui éprouve aujourd’hui le plus directement le contre-coup de l’anarchie marocaine.
- Les terrains primaires du Béchar ont été affectés par les plissements hercyniens et réduits ensuite par un arasement général à l’état de pénéplaine, comme presque tous les terrains du même âge dans le Sahara français septentrional. Les cicatrices d’une vieille chaîne hercynienne se retrouvent depuis In Salah jusqu’à Marakech, et on peut, dans cette région, observer les anticlinaux des plissements avec une orientation générale comprise entre NS. et NE-SO.
- Le carboniférien a été affecté beaucoup plus récemment par des plissements à peu près EO, c’est-à-dire parallèles aux plis de l’Atlas. Ce sont les plis atliques, et non pas les plis hercyniens, qui déterminent le relief actuel du sol dans toute cette contrée.
- 11. Le second mémoire de M. Gautier est consacré à la vaste région qui
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- LA QUESTION DE LA HOUILLE AU SAHARA.
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- s’étend au sud-est de Figuig et du Djebel Béchar jusqu’au delà d’In-R’ar et d’In Salah, région où se trouve la série des oasis'de la Zousfana, du Gou-rara, du Touat et du Tidikelt.
- L’auteur a visité un grand nombre de gisements où apparaissent .les différents étages du dévonien et l’étage dinantien, bien caractérisés par leurs fossiles. Ils jalonnent la lisière des dépôts plus récents : crétacés, tertiaires continentaux et quaternaires, qui les recouvrent sur des étendues immenses, sous forme de plateaux calcaires et d’Ergs sableux. La situation de nombreuses oasis, précisément à la limite commune de la pénéplaine hercynienne et de ces dépôts plus récents, s’explique certainement par l'existence de niveaux aquifères le long de la surface de contact entre ces formations d’âges très différents.
- M. Gautier, en outre, fait remarquer que les formations primaires reculent vers l’Est et le Nord à mesure qu’elles sont moins anciennes. La mer où elles se sont déposées paraît donc s’être progressivement retirée, sauf en un petit nombre de points, où le dinantien déborde, au contraire, sur les étages dévoniens.
- Enfin, la question qu’il s’était avant tout proposé d’élucider dans ses expéditions lointaines, celle de l’existence de la houille dans le Sahara, ne peut jusqu’ici recevoir qu’une réponse négative, car, nulle part, on n’a trouvé de dépôt carboniférien plus jeune que l’étage dinantien, et celui-ci n’a révélé aucune trace de houille.
- Sans doute, il pourrait exister de pareils dépôts cachés sous les vastes plateaux crétacés ou sous le grand Erg; il n’est pas impossible q'u’un hasard heureux ou une.faille accidentelle vienne à en révéler la présence. Mais il faut avouer que l’insuccès des recherches effectuées jusqu’à présent n’encourage guère l’espoir, que M. Gautier paraît conserver malgré tout, de découvrir quelque jour le terrain houiller, avec gisements de combustible, dans le nord de l’Afrique.
- Lu et approuvé en séance le 8 mars 1907.
- Signé : A. Carnot, rapporteur.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport, fait par M. Ed. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- sur UN MÉCANISME DE COMMANDE DES APPAREILS A CHOC, présenté par
- M. Luc Denis.
- M. Luc Denis a présenté à la Société un mécanisme servant à la commande d’appareils agissant par choc, tels que marteaux à estamper et à emboutir.
- Soit un frappeur auquel on veut imprimer un mouvement vertical alternatif rapide au moyen d’un arbre horizontal tournant avec une vitesse uniforme. L’arbre est muni à une de ses extrémités d’une manivelle dont
- Fig. 1. — Principe de la commande du frappeur Luc Denis.
- le bouton est engagé dans une coulisse horizontale portée par la masse frappante. En prenant comme point de départ la position la plus basse de la masse, ou le point mort inférieur de la manivelle, on voit que le premier demi-tour soulève la masse, puis, pendant le troisième quart de tour, la masse descend et prend une vitesse croissante jusqu’à un maximum, égal à la vitesse tangentielle du bouton de manivelle. Pendant le quatrième quart, et c’est là le point caractéristique de l’invention de M. Luc Denis, la masse est séparée de la manivelle de commande, de sorte qu’elle continue sa marche descendante avec sa vitesse maxima (l’accélération due à la pesanteur dans cette chute libre étant négligeable, vu la faible course et la grande vitesse ainsi communiquée à la masse) ; elle vient frapper la
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- UN MÉCANISME DE COMMANDE DES APPAREILS A CHOC.
- 235
- pièce en travail, puis est reprise par la manivelle à la fin de son quatrième quart de tour.
- Cette séparation est obtenue très simplement : la coulisse dans laquelle
- Fig. 2. — Frappeur Lue Béni».
- joue le bouton de manivelle, au lieu d’avoir deux faces planes parallèlesr présente une encoche dans la face supérieure, comme le montre la figure 1. A la fin du troisième quart de tour, le bouton de manivelle moteur se
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- ARTS MÉCANIQUES.
- MARS 1907.
- trouve dans la position figurée, et il y a lieu de remarquer que, pendant tout le troisième quart de tour, il a pressé la face inférieure plane de la coulisse, car, pendant cette période, il communique à la masse une accélération positive. Pendant le quatrième quart de tour, le contact se
- Y-J
- 7 - - \ . •
- • V A !
- V u'i0)
- Fig. 3. — Frappeur Luc Denis : réglage de l’intensité du choc.
- ferait contre la face supérieure de la coulisse; mais alors, à cause de l’entaille, la masse frappante et la manivelle continuent librement leur mou-
- Fig. 4. — Frappeur Luc Denis : commande par manivelle conique ; coupe verticale.
- vement, la première avec une vitesse linéaire uniforme, la seconde avec sa vitesse angulaire également uniforme. Pour avoir la forme de la courbe suivant laquelle doit être tracée l’entaille, il suffit de supposer que le système reçoit une vitesse verticale égale et de sens contraire à celle de la masse : on est ainsi ramené au cas d’un cercle qui roule sur une droite
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- UN MÉCANISME DE COMMANDE DES APPAREILS A CHOC. 237
- fixe, et la courbe tracée par un point de ce cercle est une cycloïde. En réalité, la découpure est faite suivant une courbe parallèle à la cycloïde et
- Fig. 5. — Frappeur Luc Denis : commande par manivelle conique ; coupe verticale perpendiculaire à celle de la 11g. 4:
- Fig. 6. — Frappeur Luc Denis : commande par manivelle conique ; coupe horizontale.
- dont le rayon est celui du bouton de manivelle. Théoriquement, d’ailleurs, l’entaille pourrait être plus profonde.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- ÈARS 1907.
- La courbe qui la limite vers la gauche est un cercle dont le centre est en d sur l’axe de l’arbre, quand la masse est arrêtée dans sa position inférieure : c’est l’enveloppe de la manivelle sur la masse frappante immobile. On voit que cette disposition, aussi simple qu’ingénieuse, permet de
- h 27 ‘
- Fig. 7 à 12. — Appareil à choc de il/. Luc Denis : commande par manivelle conique et transmission sphérique.
- frapper des coups très rapides avec la masse entièrement libre, qui ensuite est reprise sans choc.
- L’explication qui vient d’être donnée suppose, qu’après le choc, la masse frappante est arrêtée exactement dans une position déterminée, correspondant au point mort de la manivelle. En réalité, un réglage en hauteur
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- UN MÉCANISME DE COMMANDE DES APPAREILS A CHOC.
- est nécessaire, correspondant à l’épaissseur des pièces à travailler. Ce réglage se fait automatiquement parce que la masse frappante est montée à frottement sur la pièce qui porte le coulisseau commandé par la manivelle, ainsi que le montre la figure 2. Ce frottement est réglé de telle sorte que le glissement se produise sous une force dépassant un peu la force d’inertie mise en jeu dans le mouvement rectiligne alternatif. Les effets du rebon-
- Fig. 10. — Fig. 11.
- dissement possible du mouton sont étudiés dans l’annexe N° 1, rédigée par M. Luc Denis. '
- On peut aussi faire varier l’intensité du choc sans changer la vitesse de rotation de l’arbre. A cet effet, l’encoche de la coulisse peut être modifiée, comme le montre la figure 3, par le déplacement de la pièce p : la séparation du mouton et de la manivelle se produit alors plus tard, c’est-à-dire à un moment où la vitesse du mouton, égale à la projection sur la verticale de la vitesse linéaire de la manivelle, est moindre. Ce réglage, par déplacement de la pièce p, permet de régler l’intensité du choc du maximum à zéro.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- MARS 1907.
- Le meme principe a été appliqué de diverses manières par l’inventeur.
- La disposition représentée par les figures A, 5 et 6 permet le réglage de l’intensité du choc sans arrêt de l’appareil et amplifie la course du mouton. Elle présente une application de la manivelle conique. La pièce c, commandée pendant trois quarts de tour au moins de l’arbre moteur d, pivote autour de l’axe horizontal 11', rencontrant l’axe de l’arbre d en 2 : l’axe de la manivelle conique passe par ce point 2, et la rainure portée par la pièce C est
- Fig. 12.
- Fig. 13.
- Fig. 12 et 13. — Appareil à choc de M. Luc Denis : emploi du balancier.
- tracée sur une sphère dont le centre est en 2. La pièce p, qui fait varier
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- UN MÉCANISME DE COMMANDE DES APPAREILS A CHOC.
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- le moment où la manivelle abandonne la commande de c, pivote autour de l’axe 3, et peut être manœuvrée, sans arrêt de l’appareil, par le levier 20. Le mouton, à mouvement vertical, reçoit sa commande de c. par l’intermédiaire de la bielle 4 et d’une douille à frottement permettant le réglage automatique en hauteur. Le ressort interposé entre la masse frappante et la douille qui l’entraîne est utile pour éviter les chocs sur les mécanismes de commande dès que ceux-ci comportent des intermédiaires.
- Les figures 7 à 12 représentent une disposition dérivée de la précé-
- Fig. 14. — Coupe horizontale (fig. 15).
- dente ; la description donnée ci-dessous, dans l’annexe N° 2, est extraite d’un brevet de M. Luc Denis.
- Le même principe s’applique à la commande d’un balancier, organe fréquemment employé dans les ateliers d’estampage pour produire le choc. Le balancier consiste en une vis à pas allongé munie d’un volant : la rotation alternative de la vis la fait monter et descendre : au moment du choc, on utilise la force vive du volant. Les figures 13 à 16 représentent cette application, décrite dans l’annexe N° 3, d’après le brevet de l’inventeur.
- La Revue de mécanique, a donné, en juin 1906, p. 586, la description ‘détaillée d’une machine à estamper à effets multiples de M. Luc Denis, permettant la fabrication automatique de pièces d’estampage. Cette machine a été appliquée notamment à la fabrication des boutons de bottines découpés dans une feuille de carton spécial, munis d’une boucle Tome 109. — Mars 1907. 17
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- d acier formant la queue et estampée en forme hémisphérique. La même
- 7777777777/,
- 52 d
- Frappeur Luc Dents et balancier et col de
- Revue contient (avril 1904, p. 378) l’indication du mécanisme trappeur.
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- En résumé, M. Luc Denis est auteur d’un principe très ingénieux, qu’il a fort heureusement appliqué dans la construction d’appareils qui trouvent d’utiles emplois dans des industries importantes.
- Aussi le Comité de Mécanique vous propose de remercier M. Luc Denis de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport, avec les ligures et les annexes qui l’accompagnent, dans le Bulletin de la Société.
- Signé : E. Sauvage, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 8 mars 1907.
- annexe N° 1
- NOTE SUR LES EFFETS DU REBONDISSEMENT DANS LES MACHINES A FORCE VIVE,
- par M. Luc Denis.
- La condition qu’on s’est imposée dans la construction de ces machines a été de soustraire les organes de transmission aux effets des chocs, directs ou en retour, et de faire notamment que l’effort développé entre la coulisse-came et le galet ne dépasse pas une valeur donnée. Cette valeur est un peu supérieure à celle des efforts accélérateurs nécessaires pour assurer le mouvement du mouton. Pour simplification dans l'explication qui suit, je désignerai cette valeur par F.
- En se reportant aux divers types de machines décrits, on voit que la liaison entre l’organe moteur, qui est le galet, et le mouton, est réalisée par les intermédiaires suivants, énumérés par ordre en partant de ce galet :
- Le galet; '
- La coulisse-came ;
- Une coulisse ou organe à frottement patinant au delà de la valeur F ;
- Un ressort agissant dans les deux sens, tendu initialement de façon à fléchir dès qu’il reçoit un effort F ;
- Le mouton. .
- Dans certaines machines, l’organe à frottement et le ressort sont remplacés par un verrou conditionnel à double plan incliné, tendu par un ressort et qui recule dès que l’effort F est atteint.
- Si maintenant on examine la position respective de la coulisse et du galet au moment du choc, on voit qu’ils sont dans la position de la figure 17 ci-contre.
- On remarquera qu’il existe entre le galet et la paroi inférieure de la coulisse un espace vide a, assez notable, du fait même du principe. Dans le cas du choc maximum ce vide est de 13 p. 100 environ de la demi-course. Après le coup, le rebondissement renvoie le mouton de bas en haut. Dans ce mouvement la coulisse se trouve aussi soulevée par le mouton au moyen des intermédiaires cités plus haut, et ce mouvement se continue jusqu’à épuisement du travail résiduel de rebondissement. Pratiquement, avant que la coulisse n’ait parcouru le chemin vertical a, c’est-à-dire avant qu’elle ne
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- soit venue en contact, avec le galet, la vitesse de bas en haut est généralement, amortie par les résistances passives diverses; en tous cas, au contact du galet elle a une valeur très faible, si elle arrive jusque-là. Si ce contact a lieu, le ressort interposé entre cette coulisse et le mouton, se comprime, puis si la compression se continue avant la fin du mouvement, c’est l’organe à frottement qui patine à son tour. Toutefois ce fait ne se produit que dans des cas exceptionnels, car la valeur du travail produisant le rebondissement n’est qu’une partie assez faible du travail total du coup.
- Cette valeur est en effet généralement maximum pour les cas où l’on frappe à sec sur l’enclume, c’est-à-dire sans l’interposition d’une pièce. Ce cas est accidentel; encore faut-il remarquer que dans ces conditions l’effort développé entre le mouton et l’enclume devenant très considérable, les pertes de travail, dissipé par ébranlement, vibrations transmises au sol, frottements divers, deviennent assez grandes et le travail résiduel de rebondissement se trouve réduit.
- Dans le cas de travail normal, avec pièce interposée, cette valeur du travail résiduel diminue et peut même descendre à zéro, si tout le travail de choc est absorbé par la déformation de la pièce.
- Comme dispositions complémentaires, on remarquera que la partie supérieure de la coulisse a été plus incurvée que ne le demanderait le tracé théorique, de façon à laisser au-dessus du galet un certain jeu h pour éviter qu’au moment du choc direct la coulisse, continuant son mouvement descendant, ne vienne appuyer sur le galet. L’appui de la coulisse se fait alors sur le mouton par l’intermédiaire du ressort cité plus haut.
- On voit donc que par l’ensemble de ces dispositions, aucun choc direct ou en retour n’atteint le galet moteur ni le mécanisme. Enfin pour terminer, il est bon de dire que les doublés, ou deuxièmes coups donnés par la descente du mouton après rebondissement, sont évités par suite de la vitesse assez grande de la machine, le mouton étant remonté par le galet avant que cet effet se produise.
- ANNEXE N° 2
- MÉCANISME LUC DENIS A FORCE VIVE AVEC RÉGLAGE DE LA FORCE VIVE.
- La figure 7 est une élévation, en partie coupée, la figure 8, une vue de côté, la figure 9 une coupe verticale à plus grande échelle, la figure 10#une vue de côté agrandie, la figure 11 une coupe horizontale et la figure 12 est une vue de côté. La pièce c, comme ci-dessus, tourne autour d’un axe /, mais disposé verticalement. La rainure f est aussi enroulée sur une sphère, mais se trouve alors située à l’extérieur de cette sphère. La plaque p fait partie d’un collier 25 tournant sur c en 26, qui est une partie cylindrique ayant pour axe la direction 3 passant par le centre commun 2, toujours comme ci-dessus. La liaison entre 1 et a se trouve obtenue par.un levier 21 tournant sur l’axe oblique 28 porté par le manchon à deux têtes 29. Ce manchon est entraîné et tourne avec l’axe i par le doigt 30 glissant dans la tête supérieure 31 de 29. Ce doigt est lui-même fixé sur la manivelle 32 calée sur l’arbre 1. De plus, le glissement du manchon sur a est empêché par la friction développée par le serrage, au moyen du boulon 33 de la partie supérieure du manchon (fendue à cet effet) sur l’arbre 1. L’extrémité du levier 21 est en forme de sphère 29l et rotule dans la pièce 30l reliée au mouton par un jeu de ressorts.
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- Le patinage, pour le réglage en hauteur, se fait ainsi par glissement sur l’arbra 1.
- Le mouvement du levier 27 est le suivant : Lorsque l’arbre 1 reçoit du galet un mouvement alternatif, il arrive que, par suite de la position oblique de l’axe 28, la sphère 29 se déplace verticalement, astreinte à rester dans un plan vertical, puisqu’elle est attachée au mouton. Or, dans ces conditions, elle décrirait (dans le plan de la figure 7) une courbe allongée. En donnant les proportions voulues entre : la distance de l’axe 28 à l’axe i, l’obliquité de l’axe 28 et la distance de la sphère 29 h l’axe 28, la courbe décrite se trouve être, dans les limites de la course utile, suffisamment rapprochée de la ligne droite pour suivre le mouvement rectiligne du mouton sans qu’il soit nécessaire de ménager une autre articulation. Le déplacement de la plaque et sa fixation sont obtenus de la façon suivante : un axe 34, tournant sur c, porte, d’une part, un levier 35 et, d’autre part, une broche 36 passant librement au travers d’un axe 37 articulé sur le collier 25. En faisant tourner 35, on agit donc sur 25. Gomme ce levier 35 est un peu flexible à plat, on le soulève avec le bouton 38 (qui sert aussi à l’actionner) pour le sortir de l’encoche d’un secteur 39, et l’amener en face d’une autre encoche. Cette disposition pour le réglage delà plaque p s’applique à des machines où il n’est pas nécessaire que cette opération se fasse pendant la marche de la machine.
- ANNEXE N° 3
- MÉCANISME LUC DENIS A FORCE VIDE AVEC BALANCIER.
- • La disposition représentée en coupe verticale (flg. 13) et en plan, le volant enlevé, (fig. 14), montre l’apphcation de ce système à un balancier à vis monté sur colonnes et produisant le choc indirect. Le mouvement est donné par l’arbra d à l’arbre vertical / au moyen de la pièce c avec plaque p, absolument analogue comme disposition à celle représentée fig. 7, 8 et 11, et il n’est pas besoin d’y revenir. L’arbre 1 passe au travers d’une des deux colonnes creuses 40, supportant le sommier 41. Ce dernier reçoit la vis 42 à deux filetages contraires dont l’un se visse dans 41, l’autre dans un coulisseau mobile 43, communiquant ainsi un mouvement de montée ou de descente lorsqu’on fait tourner cette vis. Elle reçoit son mouvement elle-même de l’arbre / au moyen du levier 44 calé sur /, entraînant par sa coulisse 45 le doigt 46. Cette disposition a pour but d’amplifier l’angle décrit par / et de laisser librement la vis monter et descendre, dans son mouvement de vissage dans le sommier 41. Le doigt 46 est fixé au collier 47 frictionnant sur la bajïue 48 sur laquelle il est serré par son boulon 47l. Cette bague entraîne le volant 50 calé sur la vis au moyen d’un jeu de verrous à ressort 49 disposés en cercle sur le volant. Le collier de friction a pour but l’auto-réglage de hauteur et les ressorts, l’absorption de l’inertie des intermédiaires, comme il est expbqué plus haut.
- La disposition, représentée en coupe verticale fig. 13, et en coupe horizontale fig. 16, se rapporte à un balancier dit « à col de cygne » et à attaque directe. La pièce c tourne librement sur la douille 50 fixée au bâti et est entraînée par l’arbre d et le galet e. La plaque p se trouve ici placée à l’extérieur de c et tourne sur l’axe 3. On la déplace et on la fixe en position au moyen du bouton à ressort 51 entrant dans un des trous 52 pratiqués sur c. La pièce c porte le bras 53 entraînant le doigt 46 monté à friction et à ressort sur le volant 50 qui entraîne la vis 42 (comme dans la disposition ci-dessus fig. 13 et 14). Cette vis a deux filetages en sens contraires, le premier jouant dans la douille fixe 10 et le deuxième dans le coulisseau 43 qu’elle fait descendre ou monter.
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- COMMERCE
- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE
- P A R
- M. VIALATE
- INTRODUCTION
- Le rapide développement de l’industrie américaine dans les vingt dernières années est un des phénomènes économiques les plus importants de notre époque. Après avoir été un merveilleux débouché pour les industriels européens, les États-Unis entrant aujourd’hui en lutte avec eux, non seulement sur leur marché national, dont un tarif douanier, particulièrement élevé, rend l’accès si difficile aux étrangers, mais encore dans les autres parties du monde.
- Jusqu’à présent, les Américains avaient borné leur attention au marché intérieur. Pendant longtemps, en dépit de leurs efforts, les besoins de ce marché croissaient plus vite que leur production industrielle. Le moment est venu où, dans ses branches les plus importantes, celle-ci dépasse les possibilités d’absorption du marché national. Comme l’Angleterre, l’Allemagne, la France, les Etats-Unis doivent chercher à leur tour des débouchés à l’extérieur pour le surplus de leurs produits manufacturés.
- Dans l’introduction à la Revue du Commerce du monde en 1898, l’auteur déclarait que les Etats-Unis se rendaient de plus en plus et très rapidement indépendants, au point de vue industriel, du reste du monde, et il ajoutait : « Les industries des Etats-Unis sont arrivées à un point où il semble non seulement pratique, mais comparativement facile pour elles d’approvisionner une portion considérable du monde, en même temps que le marché national. » La même année, le président de l’Association des banquiers américains, dans son discours inaugural à la convention annuelle de celle association, s’écriait avec un accent de triomphe : « Nous avons maintenant trois des cartes maîtresses dans le jeu pour !q grandeur commerciale : le fer, l’acier et le charbon. Nous avons été pendant
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- longtemps le grenier du monde, nous aspirons aujourd’hui à devenir son atelier ; plus tard, nous verrons à devenir également son clearing-houseL »
- Quelques chiffres, malgré le défaut de précision des statistiques en ces matières, suffiront pour se rendre compte des progrès réalisés par les Etats-Unis dans le domaine industriel. L’industrie agricole tient encore aujourd’hui la place la plus importante dans le régime économique des États-Unis, mais, depuis 1870, la production industrielle s’est développée avec une beaucoup plus grande rapidité que la production agricole, et elle tend à prendre le pas sur celle-ci;
- Les chiffres des six derniers census permettent de se faire une idée de ce développement depuis un demi-siècle :
- Nombre des établissements. . . .
- Capital 2........
- Nombre moyen des
- ouvriers.......
- Valeur des produits 1 2 3......
- Population des États-Unis.......
- 1850 1800
- 123.025 140.433
- . 533 1.009
- 957.059 1.311.246
- 1.019 1.885
- 23.000.000 31.400.000
- 1870 1880
- 252.148 253.852
- 2.118 2.790
- 2.053.996 2.732.595
- 4.232 ~~ 5.369
- 38.500.000 50.100.000
- 1890 1900
- 355.415 512.339
- 6.525 9.835
- 4.251.613 5.316.802
- 9.372 13.014
- 62.600.000 76.300.000
- Tandis que la population quadruplait à peine pendant ces cinquante années, la valeur de la production industrielle égalait, en 1900, plus de 13 fois celle de 1850, mais le grand mouvement d’expansion s’est produit dans les vingt dernières années.
- En 1860, les Etats-Unis venaient encore très loin derrière l’Angleterre et la France, et ils étaient dépassés par l’Allemagne au point de vue de la production industrielle : '
- Valeur des produits manufactuiés, 1800 (3) Millions de dollars
- Angleterre.............................2.800
- France............................... 2.092
- Allemagne............................. 1.995
- Etats-Unis............................ 1.885
- 1. Cité par J. A. Hobson, Fornightly Review, mars 1902, p. 436.
- 2. Millions de dollars.
- 3. Les chiffres relatifs à l’Angleterre, la France et l’Allemagne sont des évaluations du statisticien anglais, Michael C. Mulhall. '
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- COMMERCE.
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- Actuellement, la production industrielle des Etats-Unis égale presque à elle seule celle de ces trois pays réunis :
- Valeur des produits manufacturés
- Millions de dollars Population
- Angleterre. . . . Allemagne. . .
- France.........
- Etats-Unis. . . .
- 5.000 j
- 4.600 / 14.100 4.500 \
- ] 13.014
- 41 millions. 56 —
- 39 —
- 76 —
- Ce développement de l’industrie manufacturière américaine a eu une répercussion importante sur la nature des importations :
- Articles manufacturés Articles de Pour cent
- prêts à consommer luxe des import, totales
- 1870.............. 119.298 47.266 39,07
- 1880.............. 130.004 65.141 31,10
- 1890.............. 154.469 107.468 33,87
- 1900.............. 130.577 103.908 28,23
- 1904.............. 168.587 132.299 30,64
- Malgré l’augmentation en chiffres absolus de la valeur des articles manufacturés importés, la part de ceux-ci dans le chiffre des importations totales va diminuant, et l’accroissement le plus sensible est celui dont témoignent les articles de luxe. L’industrie américaine a été surtout dirigée jusqu’ici vers la production des articles d’usage courant ; les États-Unis continuent à demander à l’Europe, pour un grand nombre d’industries, les produits de qualité supérieure.
- Mais, depuis dix ans, ils ont pris rang à leur tour parmi les grandes nations manufacturières exportatrices.
- En 1850, la valeur totale des produits manufacturés exportés n’atteignait pas 20 millions de dollars. En 1865, au lendemain de la guerre de Sécession, le chiffre de 50 millions était atteint, et en 1876, on atteignait 100 millions. En 1896, le chiffre de 200 millions était dépassé1 ; en 1900, on franchissait celui de 400 millions, au-dessous duquel on n’est pas retombé depuis.
- La part proportionnelle des produits manufacturés dans l’ensemble des exportations a augmenté rapidement pendant les dix dernières années : De 13,09 p. 100 pour la période 1850-1854, elle s’était élevée à 15,85 p. 100 pour la période
- 1. D’après M. William J. Clark, dans l'Engineering magazine, 1904 ; cité par le secrétaire du Département du Commerce et du Travail, M. Victor K. Metcalf, dans son adresse à l’Association nationale des industriels américains, 18 mai 1905.
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- 1880-84. Pour 1885-89, elle atteignait 19,64 p. 100 ; pour 1890-94, elle tombait à 18,62 p. 100 ; mais elle se relevait à 25,74 p. 100 pour 1895-99, et dans la dernière période quinquennale, 1900-04, elle s’est élevée à 30,07 p. 100.
- Exportations Exportations des P. 100
- totales produits fabriqués des
- Millions Millions exportations
- de dollars de dollars totales
- 1850. 134.9 17.5 13,03
- 1860. ....... 316.2 40.3 12,76
- 1870. 455.2 68.2 15,00.
- 1880. 823.9 102.8 12,48
- 1890. . 845.2 151.1 17,87
- 1900. 1.370.7 433.8 31,65
- 1901. 1.460.4 410.9 28,14
- 1902. 1.355.4 403.6 29,77
- 1903. 1.392.2 407.5 29,28
- 1904. 1.435.1 452.4 31,52
- Si l’on compare la valeur des exportations des produits manufacturés, à vingt années de distance, de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la France et des Etats-Unis, on voit que les États-Unis, s’ils figurent encore au dernier rang, ont fait pendant cette période les progrès les plus considérables :
- Valeur de l’exportation des produits manufacturés1 2
- Millions de dollars Augmentation
- 1880 1903 P. 100
- Angleterre............. 964.5 1.149.9 19,22
- Allemagne.............. . 460.2 780.9 69,66
- France................. 339.1 465.8 37,33
- Etats-Unis. ......... 102.8 452.4/ 339,85
- Les Etats-Unis se présentent donc bien, à l’heure actuelle, comme des con-' currents sérieux1 pour les industriels européens. Leur exportation de produits manufacturés n’a pas le caractère d’un phénomène passager ; malgré la soudaineté avec laquelle cette exportation s’est produite, son importance même et sa continuité pendant les dernières années témoignent que les Etats-Unis sont entrés dans une période nouvelle au point de vue industriel. Les Américains, d’ailleurs, s’en rendent parfaitement compte. « Il est visible, — disait récemment le secrétaire du département du commerce et du travail, M. Victor-H. Met-calf, à l’Association nationale des industriels américains — que notre industrie manufacturière va se développant plus vite que notre population. Vous devez
- 1. The foreign Commerce and navigation of the United States for 1904, p. 27.
- 2. 10e Convention annuelle, mai 1905.
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- COMMERCE.
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- à votre pays, vous vous devez à vous-mêmes, de rechercher les méthodes grâce auxquelles nous pourrons augmenter notre exportation vers les autres parties du monde. »
- Qu’avons-nous à redouter de la concurrence industrielle des États-Unis ? Le péril américain l’invasion américaine, l’américanisation du monde, thèmes sur lesquels ont été écrites de si nombreuses variations depuis quelque temps, sont-ils aussi prochains, aussi assurés qu’on l’a dit ? Le merveilleux développement dont les États-Unis ont fait preuve dans les dix dernières années, semble-t-il devoir continuer sans obstacles ? Les avantages particuliers qu’ils possèdent, naturels ou acquis, leur donnent-ils dans la lutte contre leurs rivaux une suprématie certaine à laquelle ceux-ci ne sauraient s’opposer ?
- Telles sont les questions qui font l’objet de cette étude. Pour y répondre, il importe d’examiner tout d’abord l’organisation industrielle des États-Unis, avec le souci de leur emprunter, s’il y a lieu, non pour les copier servilement, mais pour les adapter, les institutions ou les mesures qui paraissent donner des résultats particulièrement heureux. Nous étudierons ensuite l’état actuel de. l’exportation industrielle américaine, et les projets à l’étude ou en voie d’exécution pour hâter son développement, ainsi que les causes qui peuvent entraver les efforts des Américains dans ce sens et atténuer pour les industriels européens, et plus particulièrement pour les industriels français, les effets d’une concurrence désormais inévitable, au moins dans certaines branches d’industries1.
- 1. Ce mémoire est le résultat d’une mission que la Société d’encouragement pour l’industrie nationale nous avait fait l’honneur de nous confier à la fin de l’anneé 1905 (30 juillet-26 octobre). Nous espérons publier prochainement/sur le même sujet, un travail plus étendu, où nous développerons plusieurs des questions sur lesquelles le temps et la nature même de cette publication, en nous obligeant à nous limiter, ne nous ont permis de donner que les caractéristiques principales.
- Qu’il nous soit permis de remercier ici nos maîtres, MM. Emile Cheysson, de i’Institut, et R.-Georgésr.Lévy, membres <dunComité du commerce de la Société d’encouragement, les ;protagopistesj de,,cette-jmission, ainsi que tous ceux : industriels, professeurs et fonctionnaires américains, dont l’aimable accueil et la courtoise obligeance nous ont facilité l’accomplissement de notre-tâche.
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- PREMIERE PARTIE
- L’ORGANISATION INDUSTRIELLE I. — Le Milieu.
- Le développement vraiment extraordinaire de l’industrie américaine dans le dernier quart de siècle est dû, pour une grande part, aux circonstances particulières qui ont facilité son essor. C’est une constatation importante. A la négliger, on aurait peut-être tendance à attribuer aux individus eux-mêmes, à leur intelligence, à leurs efforts, une trop grande part dans les résultats obtenus.
- L’étendue même des États-Unis, qui occupent une superficie égale aux neuf-dixièmes de celle de l’Europe, supérieure à dix-sept fois et demi celle de la France, leur donne, au point de vue naturel, des avantages auxquels aucune nation européenne ne.peut prétendre. Ils trouvent dans leur sol, ou ils peuvent produire sur leur territoire, en quantités qui dépassent, dans beaucoup de cas, leurs besoins, les produits alimentaires et les matières premières que les autres puissances industrielles, moins favorisées qu’eux, doivent demander en grande partie, parfois même en totalité, à des pays étrangers.
- Au point de vue économique, le principe de la liberté des échanges sur tout le territoire de l’Union, une des bases du pacte fédéral, assure l’existence d’un marché sur toute l’étendue duquel les forces économiques peuvent jouer sans obstacles. Alors qu’en Europe les barrières douanières dont se hérissent les frontières nationales contrarient les avantages résultant de l’accroissement des facilités de communication, aux Etats-Unis, ces avantages ne sont atténués par aucune entrave artificielle. Ce marché offre, en outre, un phénomène particulièrement important en ce qui concerne le développement de l’industrie. Très peu peuplés encore, relativement à leur étendue, les Etats-Unis jouissent, pour l’accroissement de leur population, d’une élasticité qui fait défaut à leurs concurrents. En trente années, de 1870 à 1900, leur population a doublé, augmentant de 37 millions d’habitants. Pendant le même temps, l’empire d’Allemagne ne gagnait qu’un peu plus de 15 millions, le Royaume-Uni 10 millions et la France moins de 3 millions.
- Population (Millions)
- 1871 1900 Augmentation
- Etats-Unis (isto; . . . . . 38.5 75.4 37
- Allemagne . . 41.0 56.3 15
- Royaume-Uni. . . . . . 31.5 41.5 10
- France . . 36.1 38.9 2,8
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- COMMERCE.
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- Cet accroissement de la population, dû à la fois à la natalité et à l’immigration, a été, pour les industriels américains, une excitation considérable à produire. Jusqu’à ces dernières années, l’industrie américaine 11e se développait pas aussi vite que les besoins du marché national.
- D’autre part, grâce à leur situation politique, et par suite de leur court passé historique, les États-Unis échappent aux lourdes charges financières que doivent s’imposer, soit pour le paiement de leurs dettes, legs des générations antérieures, soit pour leurs charges militaires, conséquence de l’état de paix armée où elles vivent, les nations européennes. Ils évitent la déperdition de forces qui résulte, au point de vue du développement économique, de ces obligations.
- Enfin, jusqu’à une époque toute récente, l’abstention systématique du législateur dans le domaine économique a permis aux forces productives de jouer sans entraves. Au point de vue social, cette abstention a eu, sans doute, des inconvénients ; elle a entraîné des abus contre lesquels on essaie de réagir aujourd’hui. En ce qui concerne la production elle-même, elle a eu le grand avantage de laisser toute sa vigueur à l’initiative individuelle..
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- Ces diverses circonstances ont eu d’importants résultats sur le recrutement du personnel de l’industrie américaine et sur certaines méthodes particulières de production qui ont été appliquées tout d’abord aux Etats-Unis ou s’y sont généralisées beaucoup plus vite que dans les autres pays.
- Un des faits qui frappent le plus le voyageur européen aux Etats-Unis, c’est la place considérable qu’y tiennent les « affaires ». Elles imprègnent la vie nationale, elles vous assaillent de toutes parts, on ne peut leur échapper. Dans les Universités même, elles font sentir leur domination tyrannique. Ce sont les écoles techniques, les études économiques qui accaparent la masse des étudiants. Dans les Facultés de droit, le droit public, qui a joué jusqu’au milieu du siècle dernier un si grand rôle aux Etats-Unis, est délaissé pour le droit commercial. Les célébrités du barreau sont, aujourd’hui, des avocats d’affaires, toujours prêts, d’.ailleurs, à abandonner le rôle de conseils pour celui plus fructueux de directeurs, si l’occasion se présente.
- Dans la démocratie américaine, le « business-man » est un véritable souverain. Le magistrat, le militaire, le savant, que nous sommes habitués à mettre au premier rang dans notre hiérarchie sociale, lui cèdent le pas de l’autre côté de l’Océan. Et, de fait, sollicités par les avantages extraordinaires que réservait l’exploitation des richesses naturelles, c’est vers les affaires que se sont portés depuis plus d’un demi-siècle les individus les plus remarquablement doués. Les « affaires » ont accaparé, dans les deux ou trois dernières générations, les
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- esprits les plus originaux, les volontés les mieux trempées ; elles ont écrémé le meilleur de la nation.
- Et les besoins continuellement et si rapidement croissants du marché national contribuaient à donner aux hommes d’affaires américains une hardiesse, une ténacité, un optimisme qui, jugés d’après les conditions européennes, nous paraissent souvent d’une exagération dangereuse. L’ampleur du marché à fournir ne justifie-t-elle pas la création d’entreprises considérables ? L’augmentation ininterrompue du nombre des consommateurs ne permet-elle pas d’escompter, presque sans danger, l’avenir ? Et, dans ce pays encore neuf, ou presque, un insuccès n’a pas la même gravité que dans nos sociétés européennes. Dans celles-ci, un échec est presque toujours une déchéance; combien d’hommes aux Etats-Unis qui ont dû réédilier plusieurs fois leur fortune, et l’ont pu sans être gênés par leurs insuccès antérieurs !
- D’autre part, c’est à la difficulté qu’ont éprouvée les industriels pour se procurer la main-d’œuvre, plus particulièrement une main-d’œuvre habile, qu’est dû le développement donné à l’outillage mécanique dans l’industrie américaine. L’étendue des terres vacantes, leur bas prix, les facilités offertes aux immigrants pour se constituer un petit domaine, obligeaient les fabricants à consentir à leurs ouvriers des salaires élevés. Parmi ceux mêmes qui consentaient à rester à l’usine, le nombre des ouvriers connaissant un métier, ayant fait un apprentissage complet, était très limité. Seul, l’outil mécanique pouvait suppléer à cette insuffisance et compenser l’élévation du prix de la main-d’œuvre. La nécessité, née du milieu dans lequel ils devaient opérer, imposait aux Américains l’obligation d’obtenir de la machine le maximum des services qu’elle était susceptible de rendre. Ils furent aidés en cela, d’ailleurs, par des qualités particulières d’esprit. Le développement de l’industrie américaine ne peut s’expliquer d’une manière vraiment satisfaisante si l’on oublie le caractère inventif du Yankee L Eijfin, le développement de l’outillage mécanique ne devait pas rencontrer aux Etats-Unis, de la part des classes ouvrières, l’hostilité qu’il soulevait en Europe. Ici, il bouleversait les situations acquises, il opérait la plus brutale des révolutions. Là-bas, on édifiait sans détruire ; la machine augmentait les possibilités de travail et de gain, sans déplacer des ouvriers attachés souvent de père en fils, au même métier.
- En même temps, les particularités du marché aux besoins duquel ils devaient pourvoir dirigeaient les industriels américains vers la recherche de méthodes de
- 1. « Il est impossible de comprendre le développement économique des États-Unis, — nous disait le professeur Davis Rich Dewey, du Massachusetts institute of techno-logy, — si l’on ne tient pas compte de l’aptitude particulière des Yankees pour l’invention mécanique. La recherche d’une invention mécanique n’est pas un travail pour le Yankee : pour lui, c’est un plaisir, comme la musique pour certains individus, ;>
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- production que l’outillage mécanique devait rendre singulièrement profitables. L’extension des voies ferrées qui, au delà des Alleghanys, n’avaient plus rencontré dans les vallées du Mississipi et de ses affluents aucun obstacle sérieux à vaincre, avait permis au marché de se développer sur une étendue considérable. L’industrie, établie dans les États du nord-est, devait alimenter les populations agricoles du sud et de ,1’ouest. L’uniformité des besoins et des goûts de ces populations, les immigrants s’adaptant très vite au mode de vie des gens au milieu desquels ils se trouvent placés, facilita la production en grandes quantités d’objets de mêmes types et permit, par suite du nombre dès consommateurs, une spécialisation particulièrement avantageuse pour la grande industrie moderne. La nécessité de fournir des clients généralement très éloignés de l’usine, et ne trouvant auprès d’eux que peu de moyens de réparation pour les outils détériorés, a amené l’application étendue, dans l’industrie des constructions mécaniques en particulier, du système de la fabrication par séries et de l’interchangeabilité des pièces. Cette pratique a assuré à certaines branches de l’industrie américaine une avance importante sur leurs concurrentes d’Europe.
- Il était nécessaire de rappeler ces quelques faits, très simples, trop souvent oubliés cependant, avant d’aborder l’étude de l’organisation de l’industrie aux Etats-Unis. Ils dominent celle-ci ; ils expliquent un grand nombre de ses particularités. On ne peut la comparer fructueusement aux industries européennes qu’en ayant ces faits toujours présents à l’esprit.
- II. — Le Personnel.
- I. — LES CHEFS D’INDUSTRIE.
- L’origine des chefs d’industrie est des plus variées, ainsi que l’on peut s’y attendre dans un pays où' l’immigration a joué et joue encore un rôle aussi important qu’aux Etats-Unis. Parmi ces <.< capitaines d’industrie » qui leur ont fait prendre place au premier rang des nations industrielles, un grand nombre, naturellement, sont des native Americans et descendent de plusieurs générations de citoyens américains ; mais beaucoup ne sont américains qu’à la seconde génération, et nombreux sont ceux, et non des moindres, qui ont pris •eux-mêmes leurs lettres de naturalisation. Or, en dépit de cette diversité d’origines, on est frappé par certaines qualités particulières qui existent, à un degré plus ou moins grand sans doute, chez tous, et permettent d’opposer 1’ « industriel américain » à l’industriel d’Europe.
- Un Anglais, rendant compte d’un voyage aux États-Unis, où il était allé étudier les conditions des industries mécaniques, fait au début de son étude une obser-
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- vation analogue. « Depuis que l’Angleterre a édifié sa suprématie commerciale, dit-il, une nouvelle race est née. Les ethnologistes ne lui donnent encore, probablement, aucune place dans leurs classifications, mais au point de vue économique et industriel, ce n’en est pas moins une nouvelle race 1. »
- Parmi les traits qui distinguent les industriels américains, ceux qui frappent le plus, peut-être, sont l’audace de leurs conceptions, l’ampleur habituelle de leurs plans, leur facilité à escompter l’avenir. Une affaire nouvelle a souvent plus en vue des débouchés futurs que les débouchés existants. On est frappé aussi par l’intensité avec laquelle ces hommes consacrent leur activité aux affaires. Ils se donnent à elles véritablement tout entiers, et l’heure de la retraite ne semble jamais sonner pour eux. Aussi bien, cette classe de gens de .loisir, intelligents, instruits, qui tient une si grande place dans la société européenne, et contribue à la douceur et à l’agrément de la vie dans nos pays, est presque absente dans la société américaine d’aujourd’hui. Elle n’est guère représentée que par la partie féminine de la population et, encore, combien d’Américaines s’y dérobent et préfèrent consacrer leur activité à quelque œuvre d’utilité publique ou sociale ! Quant aux hommes, la société même leur impose presque comme un devoir de s’adonner à une occupation régulière, à un métier, pour si fortunés soient-ils. Cette tyrannie des affaires, exagérée peut-être au point de vue social, ne peut manquer d’avoir d’heureuses conséquences au point de vue purement économique 2.
- Dans la direction même des affaires, les industriels américains témoignent de qualités d’organisation remarquables. Une vue simple, nette, du but à atteindre paraît diriger leurs efforts. Leur esprit, qui a surtout besoin de clarté, les incite à ne pas s’embarasser outre mesure des détails. Ils s’ingénient à simplifier autant que possible l’administration et ils laissent une grande indépendance à ceux qui les secondent. Cette inattention relative donnée aux détails de l’exploitation tient, d’une part, à l’abondance et au bas prix, relativement à celui de la main-d’œuvre, des matières premières ; d’autre part, à l’élasticité du marché national. On cherche à diminuer le prix de revient, non pas en économisant sur la matière première, mais en augmentant les quantités produites, grâce à un meilleur emploi ou au développement de l’outillage mécanique. Politique avantageuse, sans doute, aux Etats-Unis, grâce à l’augmentation régulière du mar-
- 1. American engineering compétition. Articles reprinted from the Times, p. 4.
- 2. Sir Christopher Furness a résumé ainsi son appréciation de l’homme d’affaires américain : « On ne peut douter que l’énergie, le caractère entreprenant, l’activité continue de l’homme d’affaires et de l’industriel sont plus marqués en Amérique qu’en Angleterre, et le tiennent en éveil quant aux changements qui se produisent dans le monde commercial et aux nouveautés scientifiques. Ces qualités le rendent un directeur et un marchand plus capable ». (The American invasion, p. 21.)
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- ché national, mais qui créerait de grandes difficultés sur les marchés d’Europe, moins favorisés à cet égard, particulièrement sur le marché français devenu aujourd’hui à peu près stationnaire.
- Cette tendance à chercher une diminution du prix de revient dans l’accroissement de la production a pour corollaire un effort constant pour la création de nouveaux débouchés. Jusqu’à ces dernières années, c’est uniquement, ou presque, sur le marché national que les industriels américains ont dirigé leur attention. Le développement continu de la population, la prospérité ininterrompue dont jouit le pays depuis dix années bientôt, leur facilitait la tâche. Ils ont montré à cet égard une réelle initiative et beaucoup d’ingéniosité.
- « L’énergie avec laquelle les Américains créent les affaires est remarquable. Les fabricants d’acier ne cessent de chercher des emplois nouveaux pour ce métal et de persuader les gens de s’en servir. » Lorsque la Compagnie Carnegie se mit à fabriquer des poutrelles d’acier pour la construction, elle créa véritablement un marché. Il fallait convaincre les architectes de la possibilité d’élever ces immenses buildings, d’abord de 10, puis bientôt de 13, 15 et jusqu’à 20 étages, ces sky scrapers, gratte-ciels, qui sont un débouché considérable pour la métallurgie. Un bureau spécial de dessinateurs fut créé dans ce but, pour fournir aux architectes les plans et les dessins complets pour les constructions de ce genre. Aucun prix n’est demandé pour ce travail si la maison acquiert la fourniture 1 2.
- Quand le métier Northrop fut lancé sur le marché, les fabricants, pour démontrer ses avantages d’une façon vraiment pratique, n’hésitèrent pas à équiper une filature et un tissage à Burlington, Vermont. La Queen City Cotton Company, c’est le nom de cette entreprise, fut équipée avec 55 000 broches et 1 297 métiers du modèle nouveau2i.
- La publicité n’a pris dans aucun pays un développement analogue à celui qu’elle a atteint aux Etats-Unis. Elle est devenue un art véritable que l’on enseigne dans les Universités. A la Northwestern University, le professeur Walter Dill Scott a fait des recherches méthodiques en vue de l’application des principes psychologiques à la publicité. De véritables traités ont été publiés sur ce sujet3. Toutes les grandes entreprises ont un « advertising manager » qui dirige d’une manière méthodique la publicité et doit rechercher les moyens les meilleurs de faire connaître les produits, de susciter une clientèle nouvelle. C’est un rouage complémentaire, considéré aujourd’hui comme à peu près indispensable.
- 1. American engineering compétition, p. 58.
- 2. T. M. Young : The american cotton industry, p. 25.
- 3. Professeur Harlow Gale : On the psychology of advertising. Walter Dill Scott : The theory of advertising. Earnest Elmo Calkins and Ralph Olden : Modem advertising.
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- II. — l’état-major.
- Dans le choix de leur état-major, les industriels américains ont témoigné jusqu’ici d’une réelle perspicacité. Le népotisme ne s’est pas encore établi aux Etats-Unis dans l’industrie et les grandes affaires, au même degré qu’en Europe. La capacité, le mérite sont les raisons les plus générales de l’avancement. Les « meilleurs au premier rang » est la règle qu’ont suivie, jusqu’à présent, les grands capitaines d’industrie. « Les cas où des parents sont placés avant des hommes qui ont fait eux-mêmes leur position, uniquement à cause de leur parenté, sont relativement rares, et quand cela arrive, le bénéficiaire de cette faveur est prévenu qu’il ne peut espérer conserver sa situation que s’il prouve vraiment sa capacité 1. » L’ancienneté compte peu, également, au point de vue de l’avancement.
- L’âge n’est pas considéré comme un facteur aussi important qu’en Europe. Un des étonnements du Français qui visite les grands établissements industriels ou financiers aux États-Unis, c’est la jeunesse très fréquente des chefs de service, des hommes qui occupent des positions élevées. Sans doute, l’habitude qu’ont les Américains de se raser, les soins méticuleux qu’ils prennent de leur personne, leur conserve assez longtemps l’apparence de la jeunesse, et l’on peut se tromper sur leur âge véritable ; le fait n’en est pas moins exact que l’on accorde aux jeunes hommes une confiance dont on se montre par trop parcimonieux de ce côté de l’Océan. M. Carnegie a toujours manifesté une préférence marquée pour les hommes jeunes. Les payant très largement, il leur demandait, il est vrai, une intensité de travail considérable, et beaucoup de ses chefs de service, dit-on, ont été épuisés de bonne heure par l’effort. Un visiteur remarquait, il y a quatre ans à peine, à la Pressed Steel car Go, de Pittsburg, qui occupe 10 000 ouvriers, que le fondateur avait à peine 56 ans ; le président n’en avait que 38, son assistant 36, le secrétaire 36 et l’ingénieur en chef 32 seulement2. Cet exemple n’a rien d’exceptionnel. « Quand un gradué de collège, — dit un maître de forges, — qui a vraiment de la valeur, arrive à 25 ou 30 ans, il est prêt pour être investi d’une fonction de responsabilité. En vieillissant, les hommes peuvent acquérir plus d’expérience et devenir, par conséquent, de meilleurs spécialistes, mais comme directeurs et comme chefs, nous choisissons de jeunes hommes ayant de la tête et de l’éducation [With brains and éducation)3. » Les industriels américains préfèrent l’ardeur et l’intuition de la jeu-
- 1. American industrial conditions and compétition, edited by J. Stephen Jeans, p. 77.
- 2. American industrial conditions, p. 80.
- 3. American industrial conditions, p. 500.
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- nesse à l’expérience, presque toujours contre-balancée par une prudence un peu craintive, de l’homme vieilli sous le harnais.
- Le temps n’est pas très éloigné encore où l’on préférait, pour les fonctions supérieures, faire appel aux hommes ayant débuté au bas de l’échelle, où l’on tenait en suspicion les jeunes hommes entrés tardivement dans la vie pratique, pour avoir fait d’abord, dans une Université ou une école supérieure, des études scientifiques préparatoires. Il n’en est plus de même aujourd’huiL On rencontre encore dans des situations élevées des hommes qui n’ont eu qu’une instruction scientifique rudimentaire, gradués seulement de la High school, le degré le plus élevé de l’enseignement public, d’où l’on sort à 17 ans avec une bonne éducation générale. Mais le plus souvent, aujourd’hui, ces hommes s’arrêtent aux fonctions de chefs d’ateliers ou de surveillants des travaux, tandis que les gradués de collège fournissent les ingénieurs consultants et l’état-major directeur. Ceux-ci, d’ailleurs, font toujours, en débutant, un certain temps d’apprentissage à l’atelier. Un des changements caractéristiques de cet état d’esprit à l’égard des hommes ayant reçu une bonne éducation scientifique, et en particulier des college graduâtes est le don considérable fait par M. Carnegie, autrefois un des partisans les plus ardents du self made man, pour la création à Pittsburg même, la capitale de l’industrie du fer, d’un institut qui prendra le nom de « Carnegie technical schools1 2. » En fait, à l’heure actuelle, tous les élèves des écoles supérieures d’enseignement technique ou dans les collèges, des classes scientifiques, sont avidement recherchés par les entreprises industrielles. Très souvent même la demande dépasse l’offre, et les promotions sont retenues, parfois, avant d’avoir complètement achevé leurs études.
- L’enseignement technique supérieur date à peine d’une trentaine d’années, et il n’a pris une réelle importance que depuis les quinze dernières. La plus ancienne école de ce genre est le Rensselaer Polytechnic institute, fondé en 1824, mais devenu en 1850 seulement une école pour les ingénieurs civils. Les plus réputés sont le Massachusetts institute of technology de Boston, ouvert en 1865, développé surtout à partir de 1882, et l’École des mines de Columbia college, à la Columbia University, à New-York, ouverte en 1864 et qui, transformée et accrue depuis lors, est devenue, depuis 1896, une des quatre branches de la Faculty of
- 1. M. Magnus Maclean, dans les Reports of the Mosely educational commission, écrit, p. 238 : « On m’a dit plusieurs fois qu’il y a une quinzaine d’années, les industriels ne voulaient pas des jeunes hommes sortant du collège ; à présent, ils les préfèrent, parce qu’ils peuvent résoudre les nouveaux problèmes qui se posent. »
- 2. Les Carnegie technical schools comprendront quatre départements : une école de science appliquée, — une école pour les apprentis et les ouvriers, — une école technique pour les femmes, — et une école de dessin appliqué. Toutes ces écoles auront, outre les cours du jour, des cours du soir. L’école de science appliquée a été ouverte en octobre 1905.
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- applied science. Actuellement, toutes les universités et tous les collèges offrent à leurs étudiants des cours en sciences pures ou appliquées. La valeur de ces écoles est, naturellement, très variable.
- L’équipement de ces établissements en appareils scientifiques et en modèles d’outillage technique est généralement bon; dans quelques-uns, notamment à Columbia university, il est remarquable. Des crédits pour les achats de cette nature leur sont largement accordés," et les fabricants d’appareils se font un honneur de donner à l’établissement de leur région des exemplaires des machines sortant de leurs ateliers. Il y a aussi un souci très grand de voir les professeurs se tenir au courant de la pratique industrielle. C’est là une chose difficile et l’on peut craindre souvent que le professeur se laisse trop dominer par la théorie pure. Une solution adoptée assez généralement aux États-Unis, pour parer à ce danger, est de permettre aux professeurs d’entreprendre des travaux professionnels dans quelque usine particulière, parallèlement avec son enseignement, et, fréquemment, ils sont autorisés à utiliser pour les travaux extérieurs dont ils sont chargés les ..laboratoires et les appareils de l’école ou de l’Université et à se faire aider par leurs meilleurs élèves.
- L’expansion industrielle récente des États-Unis n’est pas due, comme l’a été celle de l’Allemagne, au développement de l’instruction scientifique et technique L Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, la plupart des grandes entreprises actuelles sont l’œuvre des self made men, sortis des rangs inférieurs, et qui n’avaient qu’une instruction médiocre. Mais le besoin se fait sentir aujourd’hui d’hommes instruits, ayant de solides et larges connaissances scientifiques, et l’on s’efforce de les produire aussi rapidement que possible. L’enseignement tel qu’il existe actuellement, très bon dans certaines de ses parties, nous a paru préparer d’excellents spécialistes, mais on ne semble pas attacher une assez grande importance à l’enseignement théorique, et il en résulte, sauf pour quelques hommes, particulièrement doués ou tenaces, qui réussissent à vaincre tous les obstacles, des lacunes regrettables chez beaucoup de membres de l’état-major, lorsque les circontances les appellent aux fonctions supérieures 1 2.
- 1. L’esprit américain est plus empirique que scientifique. L’esprit et la méthode scientifiques nous paraissent avoir été importées par les professeurs allemands émigrés de 1848, qui trouvèrent l’hospitalité dans les universités américaines, et fortifiés par l’immigration allemande. Cette observation, que nous avons faite à plusieurs professeurs et ingénieurs américains, a généralement reçu leur approbation.
- 2. C’est un aveu qui nous a été fait par deux ingénieurs fort intelligents, gradués de collèges. M. Arthur A. Hamerschlag, directeur des Carnegie technichal schools, nous parlait également de la nécessité de diriger l’éducation du peuple dans le sens technique, mais en évitant le mal actuel : la spécialisation à outrance.
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- III. — LES OUVRIERS.
- Plus encore que parmi les chefs d’industrie et dans l’état-major, la variété d’origine est frappante dans les classes ouvrières. Chez les premiers, le grand nombre, somme toute, sont des native Americans, des Américains depuis plusieurs générations. Il serait possible, au contraire, de soutenir, sans une trop grande exagération, que « l’ouvrier américain » proprement dit n’existe pas aux Etats-Unis. Rare est l’Américain, dont les ascendants ont été fixés depuis deux ou trois générations dans le Nouveau Monde, qui ne cherche pas à échapper au travail de l’atelier ou de l’usine. Il vise plus haut; gradué tout au moins de la High school, souvent d’un collège ou d’une Université, il ne passera par l’usine que pour devenir ingénieur et pouvoir aspirer à des fonctions supérieures, ou bien il se dirigera vers le commerce ou la banque, préférant le métier de clerk à celui d’ouvrier.
- Nulle part, on ne rencontre un personnel ouvrier aussi cosmopolite qu’aux Etats-Unis. Dans l’industrie métallurgique, les chefs d’équipes, les ouvriers habiles, ceux à qui on confie la direction des machines, sont le plus généralement d’origine anglaise ou allemande, parfois Scandinave. Les manœuvres, les aides sont Italiens ou Slaves. Dans l’industrie textile, la main-d’œuvre est fournie, à côté d’un petit nombre d’ouvriers d’origine anglaise, par des Irlandais et des Canadiens français, auxquels sont venus s’ajouter plus récemment des Portugais, des Arméniens, des Italiens et des Slaves. Dans les mines d’anthracite et de charbon bitumineux, la population ouvrière est en grande partie composée de Slaves. En fait, le travail commun, celui qui n’exige pas d’apprentissage, est presque uniquement exécuté par les immigrants arrivés de fraîche date des pays de l’Europe orientale ou méridionale.
- Ce n’est que dans le sud, où depuis une quinzaine d’années l’industrie métallurgique s’est établie en Alabama, dans le district de Birmingham, et l’industrie textile dans les Carolines et en Géorgie, que l’on rencontre l’ouvrier américain proprement dit. Cette région n’a presque pas été touchée jusqu’à présent par l’immigration, mais la main-d’œuvre noire n’ayant pu encore, malgré d’as.oz nombreuses tentatives, être utilisée dans l’usine, la main-d’œuvre blanche commence à faire défaut, et les industriels se préoccupent de faire appel aux immigrants d’Europe.
- Suivant le Census de 1.900, la population ouvrière dans les industries manufacturières et mécaniques, se répartissait comme suit :
- Hommes................. 5.772.641 81,46 p. 100
- Femmes.................. 1.312.668 18,54 —
- 7.085.309
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- L’ouvrier américain ou américanisé ne laisse pas, en général, sa femme aller à l’usine ou à l’atelier. La majeure partie des femmes qui y travaillent ne sont pas encore mariées. Beaucoup y vont pour aider leur famille ou se constituer ‘quelques économies avant leur mariage. Un grand nombre s’y rendent pour gagner l’argent nécessaire pour leurs dépenses de toilette ou de fantaisie, car Yamerican girl n’est rien moins qu’économe.
- L’emploi des enfants dans les manufactures a donné naissance depuis quelques années à un vif mouvement d’agitation. Les statistiques, à ce sujet, sont des plus fallacieuses, industriels et parents ayant un intérêt commun à tromper les recenseurs1. Le mal existe surtout dans l’industrie textile du Sud, où la pénurie d’ouvriers incite à recourir à la main-d’œuvre infantile. Dans une enquête qui remonte à quatre ou cinq ans, des témoins déclarèrent que dans quelques manufactures de la Caroline du Sud, 30 p. 100 de la main-d’œuvre étaient des enfants de 5 à 12 ans 2. Un Anglais, visitant les districts industriels du sud en 1902, déclare que dans une manufacture, à Winston-Salem, dans la Caroline du Nord, la moitié des ouvriers lui parurent n’avoir qu’entre 9 et 14 ans, et on lui dit qu’ils travaillaient soixante-neuf heures par semaine 3. Le mal ne s’est pas atténué depuis lors, et l’on en est arrivé à fabriquer des métiers d’un format spécial, construits expressément à l’usage d’enfants de 12 à 14 ans.
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- On attribue généralement une grande part du succès de l’industrie américaine aux qualités particulières d’intensité de travail et de moralité dont font preuve les ouvriers aux États-Unis. C’est un point important, qui prête aisément à la controverse, et qu’il est nécessaire d’examiner.
- L’ouvrier américain4 est habituellement alerte, appliqué au travail. Hors de l’usine, il n’a rien de l’allure quelque peu relâchée, de la mise trop souvent négligée de l’ouvrier français. Sa tenue, dans un pays où le veston et le chapeau mou ou rond sont portés d’une façon courante par toutes les classes de la société, ne le différencie guère de l’employé de bureau ou du commerçant aisé. En visitant les ateliers, on remarque souvent, et en grand nombre, des physionomies intelligentes, qu’éclaire un regard expressif. En général, on a l’impression d’une attention soutenue donnée à la tâche. Sauf dans quelques cas exceptionnels, nous n’avons pas été frappé par cette hâte fébrile que nous avons vu
- 1. Suivant le census de 1900, le nombre moyen annuel des enfants au-dessous de 16 ans employés dans l’industrie était de 168.583.
- 2. T. M. Young, The American cotton industry, p. 68.
- 3. T. M. Young, ibid., p. 55. —
- 4. C’est une expression commode, mais il ne faut pas oublier ce que nous disons plus haut de la diversité d’origine qu’elle cache.
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- signaler fréquemment comme une des caractéristiques du travail aux États-Unis.
- Les traits les plus marquants nous ont paru être l’intensité d’application, la volonté de produire. « L’ouvrier américain, — suivant M. Newton, directeur des Newton Machine Works, à Philadelphie, — n’est pas plus amoureux du travail’ que l’ouvrier des autres pays, mais il est affecté par le milieu où il vit, et il aime toucher à la fin de la semaine la paie la plus élevée possible 1. » L’usage très général du travail aux pièces explique, en partie au moins, ce trait de caractère. D’ailleurs, cette influence du milieu se fait sentir.très rapidement sur les ouvriers anglais ou allemands immigrés.
- Les membres de la commission Mosely2, malgré quelques divergences, concluent en somme à peu près de la même façon. Il ne leur a pas paru, en général, que les ouvriers aux États-Unis travaillent avec une intensité beaucoup plus marquée qu’en Angleterre. Ce qui a surtout frappé le plus grand nombre d’entre eux, c’est de ne voir que très rarement flâner dans les ateliers, et c’est aussi l’attention apportée par les ouvriers à leur travail.
- Si les ouvriers aux États-Unis ne dépensent pas dans leur travail une énergie beaucoup plus grande que ceux d’Europe, il n’en est pas moins vrai que la production par homme est ordinairement plus élevée. On ne peut donc attribuer cette différence qu’à un emploi plus général de l’outillage mécanique, et en partie aussi, comme nous le montrerons tout à l’heure, à un souci plus grand, dans certains cas, de l’organisation du travail dans l’atelier. Une cause' aussi de cette supériorité de rendement réside dans le peu d’importance relative que donnent les Américains au fini du travail. Nous avons vu dans beaucoup d’usines de constructions mécaniques nombre de pièces prêtes à être livrées, qu’un chef d’atelier français aurait eu honte de regarder comme achevées. C’est une chose trop connue pour qu’il soit nécessaire d’y insister.
- La tempérance est une qualité assez répandue chez les ouvriers des Etats-Unis, surtout chez ceux des classes supérieures. Il y a des usines où il est interdit d’introduire de la bière ou des boissons alcooliques. Beaucoup d’ouvriers boivent, au moins à leur lunch, du lait. Nous trouvant un jour, à cette heure, aux célèbres usines Deering, les fabriques de machines agricoles, à Chicago, syndiqués aujour-
- 1. Cité par St. Jeans, American industrial conditions, p. 60. C’est une remarque qui nous a été faite aussi plusieurs fois.
- Suivant M:. Newton, d’ailleurs, l’ouvrier américain transplanté ne conserverait pas toujours ces qualités. Il y a quelques années, un grand établissement de constructions mécaniques de Zurich importa un certain nombre d’ouvriers des États-Unis, espérant s’assurer ainsi les mêmes avantages que ses concurrents d’Amérique, et la maison L. Lœwe, de Berlin, fit de même. Les résultats, paraît-il, ne répondirent^ pas à ce qu’on avait espéré.
- 2. Cette commission, composée de 23 membres de trade-unions anglaises, a été envoyée à la fin de 1902 par M. A. Mosely. Les rapports des membres ont été publiés en 1903 sous le titre : « Reports of the Mosely industrial commission. »
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- d’hui avec les usines Mc Cormick, nous fûmes étonné du nombre d’ouvriers allant chercher leur bouteille de lait à une voiture qui faisait le tour de l’usine. Nous avons pu constater le même fait dans d’autres villes. En outre, on est très sévère au sujet de l’intempérance, et le minimum de rendement fixé, même pour le travail aux pièces, ainsi que la vitesse à laquelle on fait marcher généralement des machines, ne permettraient pas, — suivant la remarque qui nous a été faite aux usines Deering, ainsi qu’aux usines de la Lackawanna et Baldwin, — à un ouvrier qui s’adonnerait à la boisson de se maintenir longtemps au niveau d’efficacité nécessaire.
- * *
- L’élévation du taux des salaires aux États-Unis, comparés à ceux d’Europe, a été maintes fois signalée. Une enquête comparative remontant à deux ans à peine, faite sous la direction du département fédéral du travail, nous permettra de donner quelques chiffres récents L Cette enquête a porté sur treize métiers, aux Etats-Unis, en Angleterre, en France, en Belgique et en Allemagne.
- Le tableau suivant donne les résultats comparatifs des salaires par heure, en prenant les États-Unis comme base, avec le coefficient 100.
- Ouvriers en Maçons Aides-
- * Forgerons chaudières briquetiers Charpentiers Typographes maçons
- Etats-Unis. . . 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
- Angleterre. . . . . 59.0 60.4 37.7 56.4 40.2 43.7
- Allemagne. . . . . 41.9 39.4 24.3 36.2 31.6 29.7
- France . . 55.2 51.1 24.2 43.0 29.2 33.7
- Belgique, . . . — 26.4 15.4 19.8 21.4 —
- Mouleurs Peintres en Tailleurs de
- de fer Mécaniciens bâtiments Plombiers pierre Maçons Manœuvres
- Etats-Unis. . . . 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
- Angleterre. . . . . 58.9 62.0 51.4 45.8 47.2 45.4 60.8
- Allemagne. . . .' — 48.4 34.6 25.9 27.9 29.0 . 47.6
- France . . 43.1 49.0 36.4 33.9 34.3 31.6 57.6
- Belgique. . . . ... 22.8 — 19.3 17.7 16.2 18.5 32,8
- Si, l’on fait la moyenne des salaires par heure des douze métiers considérés, en écartant les manœuvres, on trouve les résultats suivants :
- Etats-Unis. 1.200 100
- Angleterre 610.10 50.83
- Allemagne 368.90 33.71
- France . 464.70 38.72
- Belgique 177.50 19.94
- 1. Wages in the United States and in Europe, 1890 to 1903, by G. \V. W. Hanger Bulletin of the bureau of labor, n° 54, septembre 1904.
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- C’est-à-dire que, en gros, F industrie américaine supporte du chef des salaires, une charge presque double de celle supportée par l’industrie anglaise, et à peu. près triple de celle que supportent l’industrie allemande et l’industrie française:
- La même enquête a comparé également la durée de travail dans ces différents pays, en prenant pour base les heures de travail par semaine. Elle donne les chiffres suivants :
- Forgerons Ouvriers en Maçons Charpentiers Typographes Aides- Mouleurs
- chaudières briquetiers maçons de fer
- Etats-Unis. . . . 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
- Angleterre. . . . 94.9 95.4 108.4 101.4 100.4 108.0 94.5
- Allemagne. . . . 105.9 106.7 118.1 111.8 102.5 124.0 —
- France . . 106.4 109.4 131.7 121.3 120.5 133.2 105.6
- Belgique. . : . . . — 106.7 129.6 130.9 108.4 — 105.6
- Mécaniciens Peintres en Plombiers Tailleurs de Maçons Manœuvres
- bâtiments pierres
- Etats-Unis. . . 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
- Angleterre. . . . 95.6 104.3 100.5 103.1 101.3 93.1
- Allemagne. . . . 106.9 115.1 115.9 111.0 114.0 99.9
- France . . 109.6 122.7 110.4 123.3 133.2 * 106.4
- Belgique. . . . — 135.0 122.7 133.6 125.2 111.7
- Le nombre d’heures de travail par semaine est, pour quelques métiers : forgerons, chaudronniers, mouleurs de fer, mécaniciens, sensiblement supérieur à la durée du travail en Angleterre, mais la durée du travail est plutôt inférieure dans l’industrie américaine à ce qu’elle est dans l’industrie européenne, et la différence est particulièrement sensible lorsque l’on prend pour comparaison l’Allemagne ou la France.
- Il est intéressant de remarquer que, dans ces dernières années, depuis 1898, notamment, le taux des salaires est allé en progressant constamment, tandis qu’en même temps la durée du travail allait s’abaissant. Le premier a augmenté de 16 p. 100 et la seconde a diminué de 4 p. 100, de 1898 à 1903. Pendant le même temps, les prix de détail des produits alimentaires allaient aussi s’élevant, absorbant ainsi une partie de l’augmentation du salaire nominal. Le tableau suivant donne le mouvement des salaires et de la durée du travail aux États-Unis de 1890 à 1905, basés sur 67 industries, et celui des prix de détail, basé sur 30 articles alimentaires 1 :
- 1. D’après le Bulletin of the Bureau of labor, n° 65, juillet 1906.
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- Heures do travail Salaires par Prix de détail par semaine heure de 30 articles
- alimentaires
- (Base de comparaison : moyenne 1890-1809=100)
- 1890 .... 100.7 100.3 102.4
- 1891 .... 100.5 100.3 103.8
- 1892 .... 100.5 100.8 101.9
- 1893 .... 100.3 100.9 104.4
- 1894 .... 99.8 97.9 100.7
- 1895 .... 100.1 98.3 98.8
- 1896 .... 99.8 99.7 95.5
- 1897 99.6 99.6 96.3
- 1898 .... 99.7 100.2 98.7
- 1899 .... 99.2 102.0 99.5
- 1900. ...... .... 98.7 105.5 101.5
- 1901 .... 98.1 108.0 105.2
- 1902 ...... 97.3 112.2 110.9
- 1903 .... 96.6 116.3 100.3
- 1904 .... 95.9 117.0 111.7
- 1905 .... 95.9 118.9 112.4
- Le salaire aux pièces est fréquemment employé. Un certain nombre d’usmes métallurgiques ont adopté le système du salaire progressif — the 'premium System — qui a l’avantage d’être plus acceptable aux unionistes, adversaires en principe du salaire aux pièces, en ce qu’il fixe un chiffre au-dessous duquel ne peut s’abaisser le salaire de l’ouvrier, et d’être en même temps favorable à l’entrepreneur par les hauts salaires qu’il permet à l’ouvrier habile de réaliser, grâce à une augmentation de la production. Dans leur enquête, qui a été étendue à un assez grand nombre de métiers, les membres de la commission Mosely semblent conclure que le travail aux pièces n’est pas, en somme, beaucoup plus fréquent en Amérique qu’en Angleterre. Ce mode de salaire soulève d’ailleurs une grande hostilité de la part des unions ouvrières. Dans l’industrie houillère et l’industrie métallurgique, pour la fabrication des barres ou des plaques de fer, d’acier, de fer-blanç, les salaires sont gradués suivant une échelle mobile, d’après le prix de vente-. Le salaire aux pièces collectif se rencontre dans certaines industries, notamment-dans l’industrie métallurgique, où il est le plus aisément applicable, par exemple, aux établissements Baldwin, à Philadelphie, les célèbres constructeurs de locomotives.
- *
- Un des faits les plus frappants, quand on examine la composition du personnel de l’industrie américaine, est le grand nombre des étrangers, ou plutôt des individus d’origine étrangère parmi les ouvriers habiles [skilled laborers]. Suivant les statistiques officielles, dans les villes.de New-York, Chicago et
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- Pittsburg, 60, 70 et 75 p. 100, respectivement, des skilled laborers, sont d’origine étrangère : Anglais et Allemands, pour la plus grande partie, parfois Scandinaves. Le native American, lorsqu’il entre à l’usine, est un conducteur de machines, mais il ne connaît pas, à proprement parler, un métier.
- La question de l’apprentissage ou des moyens à employer pour y suppléer, se présente plus sérieuse encore aux États-Unis qu’en Europe. Les industriels se plaignent que les unions ouvrières mettent des obstacles à l’apprentissage. Un certain nombre d’unions de métiers ont, en effet, dans leurs règlements, des prescriptions limitant le nombre des apprentis proportionnellement à celui des ouvriers. Mais le développement même de l’outillage mécanique,- poussé beaucoup plus loin aux Etats-Unis que dans les autres pays, est une cause importante du déclin de l’apprentissage. Le changement dans la nature de l’immigration en est une autre. Lorsque le gros des immigrants se composait d’Anglais et d’Allemands, les industriels trouvaient chaque année parmi eux un nombre assez important d’ouvriers de profession. Cette source est à peu près tarie ; les immigrants d’aujourd’hui, Italiens et Slaves pour la majeure partie, ne fournissent pas des recrues aussi utiles. L’industrie ne trouve chez ces arrivants que des manœuvres ou des travailleurs inexpérimentés.
- Pour lutter contre ce mal, quelques établissements industriels ont créé chez eux un système d’apprentissage. Il en existe, par exemple, aux Balwin locomotive Works, à Philadelphie1; dans les établissements Westinghouse; à la John B. Stelson Company, de Philadelphie, qui fabrique des chapeaux de feutre de bonne qualité.
- Mais ce système n’est pas susceptible d’être fort étendu. Le seul remède que les industriels considèrent comme pratique, c’est la généralisation de l’enseignement technique, par le développement des écoles industrielles. Ce mouvement, très récent, ne paraît pas avoir soulevé jusqu’ici de critiques sérieuses de la part des trade-unions.
- Il n’existait avant 1870 aucune école de ce genre. Cette année est mémorable, à cet égard, par l’introduction de l’enseignement du 'dessin industriel dans les écoles de Massachusetts. Peu .de temps après, on inaugurait dans les écoles publiques du même État l’enseignement manuel. En 1872, enfin, on créait à Lowell une école pratique de dessin, particulièrement pour les étoffes. Puis, en 1877, on fondait à Philadelphie l’école d’art industriel.
- Depuis, ces écoles se sont fort développées. Les plus réputées sont la New-York trade school ; la Williamson free school of mechanical trades, à peu de distance de Philadelphie; la California school of mechanical arts, à San Francisco; le Pratt institute, à New-York (Brooklyn); le Drexel ' institute, à Phila-
- 1. Voir annexe A.
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- delphie; la Lowell textile school et la New Bedford textile school, en Massachusetts.
- Aucun système d’ensemble n’a présidé à la création de cet enseignement. La valeur des diverses écoles est très variable. Certaines sont bien équipées au point de vue de l’outillage. Dans beaucoup, un enseignement est donné le soir pour les ouvriers qui veulent acquérir quelques connaissances théoriques de leur métier.
- L’insuffisance de cet enseignement, par suite du nombre restreint encore des écoles de ce genre, jointe au désir très vif d’une grande partie des ouvriers aux Etats-Unis d’acquérir les moyens de s’élever dans leur profession, a fait naître l’enseignement par correspondance. Les Correspondence schools comptent actuellement leurs pupilles par dizaines de mille.
- L’organisation de ce genre la plus célèbre sont les « Scranton international correspondence schools », de Scranton (Pennsylvanie). Créée en 1891, cette institution donne l’enseignement pour plus de 40 métiers, et elle emploie un personnel de plus de 1 400 instructeurs ou correcteurs. Chacune des branches d’enseignement a à sa tête un principal, dont plusieurs ont des titres universitaires. Chaque cours se compose d’un ensemble d’instructions et de questionnaires. Lorsque l’étudiant s’inscrit, il reçoit les deux premières séries. Après avoir étudié la première instruction, il envoie à l’école ses réponses au questiom naire correspondant et il entreprend l’étude de la seconde instruction. Ses réponses lui sont ensuite retournées corrigées, avec des conseils, s’il y a lieu, et s’il a obtenu un nombre de points fixé, on lui envoie la troisième série. A la fin du cours, il reçoit un diplôme. S’il est nécessaire, un instructeur spécial est donné à l’étudiant, sans frais supplémentaires, pour l’aider à surmonter les difficultés qui l’arrêtent trop longuement. Ce système intéressant a été fort vanté. Il répond assurément à un besoin, mais ce ne peut être qu’un palliatif insuffisant au manque d’écoles industrielles.
- III. — L’Usine.
- I. — l’outillage et l’organisation du travail.
- **
- Nous avons déjà fait allusion aux nécessités qui ont poussé les industriels américains à un emploi aussi étendu que possible de l’outillage mécanique : la rareté de la main-d’œuvre habile et l’élévation des salaires.
- L’abondance et la puissance de l’outillage sont, en effet, des caractéristiques remarquables de l’industrie américaine. La visite d’un assez grand nombre d’usines et d’ateliers aux États-Unis laisse une impression d’ensemble qui peut se résumer ainsi : substitution aussi grande que possible de la machine au travail manuel, — division du travail très étendue, — tendance marquée à une organi-
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- sation méthodique des ateliers pour une meilleure utilisation des forces mises en jeu, — appareils mécaniques nombreux et puissants pour la manipulation rapide et aisée de grandes quantités de matériaux.
- <( Tout par la machine », tel est, pourrait-on dire, l’axiome fondamental de l’industrie américaine. Seule, la machine permet de compenser le taux élevé des salaires et de se passer d’ouvriers de métier.
- L’industrie métallurgique est celle où la puissance de l’outillage a été le plus développée. Les commissaires de la « British iron trade association », qui, en 1901, ont étudié en détail les conditions des industries du fer et de l’acier aux États-Unis, en ont donné de nombreux exemples dans leurs intéressants rapports. Les ateliers des usines de Homestead, en particulier les laminoirs, sont remarquables à cet égard.
- Les industriels américains s’ingénient à rendre l’outillage automatique. Ils ont excellé, et ils excellent encore, dans la construction des machines-outils. L’ingéniosité yankee a produit dans cet ordre d’idées de véritables merveilles, et c’est une branche d’industrie où ils ont encore une supériorité incontestée.
- Une pratique qui étonne toujours les Européens, c’est la désinvolture avec laquelle les industriels aux Etats-Unis substituent un outillage nouveau à un outillage existant, qui a parfois été à peine utilisé. S’ils ont confiance dans le nouvel outillage, ils n’hésitent pas à sacrifier l’ancien. L’amortissement des deux s’opérera sur les bénéfices futurs du nouveau. C’est la pratique souvent citée du scraping, de la mise au rebut. Elle est rendue possible aux Etats-Unis grâce au développement rapide du marché national. Il se mêle aussi à ce désir de posséder l’outillage up to date, dernier cri, uni peu de coquetterie et de l’esprit de réclame!
- Dans un certain nombre d’usines, on encourage, le plus souvent au moyen de primes, les ouvriers à faire des suggestions pour des améliorations de détail dans les outils qu’ils manient journellement. Ces améliorations sont parfois très fructueuses, et cette pratique a l’avantage de tenir l’esprit des ouvriers en éveil. Elle nous a paru, cependant, moins étendue que nous ne l’avions entendu dire L
- Des sommes très élevées sont consacrées annuellement aux expériences, soit de nouveaux procédés, soit de nouvelles machines. Le président de l’American diamond match C°, qui a contraint, il y a cinq ans, la fameuse entreprise Bryant and May, de Liverpool, à lui vendre son affaire, a expliqué aux actionnaires de ceux-ci la cause du succès de l’industrie américaine, dû tout entier à la supériorité de l’outillage : « Je ne crois pas, — dit-il, — qu’il y ait eu une année, où la Diamond C° d’Amérique n’a pas dépensé au moins 50 000 dollars en expériences pour améliorer son outillage. Nous avons un bon talent d’invention et
- 1. Voir annexe B.
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- nous avons un bon nombre d’individus qui travaillent constamment dans le seul but de perfectionner notre outillage. Nous avons aussi des représentants qui voyagent dans différentes parties du monde en vue d’acquérir toute invention nouvelle susceptible d’être utilisée par nous. Nous avons consacré l’année dernière 250 000 dollars à l’achat de patentes et, dans les dix dernières années, en trois ans, chaque fois se rééquipant entièrement1. »
- Le census de 1900 dit que, dans la fabrication des boutons de nacre, la transformation de l’outillage a été si rapide que, dans les années immédiatement précédant le Census, quelques usines ont changé jusqu’à trois fois leurs machines en trois ans, chaque fois se rééquipant entièrement2.
- Dans l’agencement même des usines ; il y a des différences très grandes. Certaines, les plus récentes,- sont à cet égard véritablement remarquables. Etablies en général en dehors du centre urbain, elles se développent sur une surface considérable. On a pu installer les ateliers sans s’inquiéter de l’emplacement nécessaire, suivant l’ordre successif des opérations, pour éviter toute perte de temps dans la manipulation des produits. Telles sont, par exemple, les usines Westinghouse, près de Pittsburg; la Lackawanna steel works, près de Buffalo. Mais, à côté de ces usines modèles, il en existe nombre d’autres dont l’installation et parfois l’outillage ne sauraient rivaliser avec les usines d’Europe. Les célèbres Baldwin works, de Philadelphie, causent à cet égard une véritable stupéfaction. Enserrée dans la ville même, l’usine ne peut plus s’étendre, et, malgré la grande surface qu’elle occupe, elle se trouve horriblement à l’étroit. Aussi, il y^a dans les ateliers un encombrement extraordinaire, dangereux même, et la qualité du travail, dit-on, s’en ressent.
- L’industrie du coton, aux États-Unis, réunit presque toujours la filature et le tissage, et le nombre des broches est proportionné aux besoins des métiers. Cette industrie n’a pas fait en Amérique les mêmes progrès qu’en Europe; pour son outillage, tout au moins pour le.meilleur, c’est à l’Angleterre qu’elle doit encore s’adresser. Et, dans les filatures et tissages les mieux équipés, on trouve fréquemment les marques de fabrique de Manchester, Leeds et Bolton. Là encore, cependant, les industriels américains ont trouvé le moyen de devancer leurs concurrents européens. Ils ont employé les premiers le métier automatique Northrop, d’invention anglaise, qui n’a été appliqué en Angleterre, qu’après avoir été perfectionné aux Etats-Unis.
- La cordonnerie est aussi une des industries où les Américains ont témoigné de leur ingéniosité. Ils sont arrivés à une perfection d’outillage vraiment extraordinaire, et cette industrie, en Europe même, a dû s’équiper à nouveau, avec des machines de leur invention.
- 1. Cité par Fred. A. Mc Kensie : The américain invaders, p. 19.
- 2. 12e Census, 1900, vol. IX, p. 323.
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- Là où l’outillage mécanique n’a pu être encore introduit, où la main-d’œuvre continue à dominer, les Américains ont montré une très grande ingéniosité dans la division du travail, pour assurer une utilisation aussi grande que possible de la force musculaire employée. Le meilleur exemple à cet égard est celui qu’offrent les établissements d’abatage et de conserves de viande de Chicago. La description en a été faite trop souvent pour qu’il soit utile d’y insister.
- La recherche du rendement maximum est aussi poussée plus loin, en général, et suivie plus systématiquement qu’en Europe. D’après les spécialistes, les Américains font marcher leur outillage à une vitesse ordinairement supérieure à celle usitée dans les ateliers du vieux monde. La surveillance exercée par les contremaîtres sur les ouvriers est souvent plus stricte que chez nous. Nous avons vu cependant des ateliers où elle nous a paru laisser à désirer. Dans certaines usines, on s’efforce d’éviter toute déperdition de temps à l’ouvrier, d’obtenir de lui le maximum de travail utile. Dans un tissage de Rhode Island que décrit M. Young1, des gamins apportent les bobines et emportent l’étoffe tissée; un gamin par 100 métiers est chargé du nettoyage, et trois hommes s’occupent constamment d’huiler les 2 743 métiers du tissage : le tisserand n’a qu’à tisser sans discontinuité. Dans un atelier de cordonnerie, indépendamment des ouvriers aux machines, trois sortes d’aides spéciaux sont employés : les quality men, qui examinent la qualité du travail fait ; les hustle men, chargés de surveiller la vitesse de production, et les odd shoe boys, occupés à relever les pièces qui tombent, à veiller à ce que chaque chose soit toujours à sa place, à économiser en somme du temps à l’ouvrier2.
- Enfin, dans certaines industries, l’importance de la production permet une très grande spécialisation, par suite fort avantageuse au point de vue du prix de revient. Dans la cordonnerie, par exemple, certaines usines ne font que la bottine d’hommes, de femmes ou d’enfants. Dans la métallurgie, le laminoir à trois rouleaux superposés, « The three-high rolling mills », permet de renvoyer la pièce sans renverser la marche des rouleaux et de gagner ainsi un temps appréciable.
- Bien qu’il y ait assurément des exceptions assez nombreuses, il est vrai de dire que, dans l’ensemble, les industriels américains ont su, jusqu’à présent, tirer meilleur parti de l’outillage mécanique que leurs concurrents d’Europe et qu’ils ont prêté une plus grande attention à l’organisation même du travail. Ils ont obtenu un résultat important dans l’accroissement de la production, mais ce résultat est souvent compensé par une négligence du fini qui choque nos industriels. Cette négligence, d’ailleurs, n’a pas pour seul défaut de donner
- 1. The American cotton industry, p. 23.
- 2. Fraser. America at Work. p. 209.
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- une apparence un peu fruste à certaines pièces ; dans les constructions mécaniques, elle se traduit parfois par des imperfections de montage, qui activent rusure de la machine. Il ne faut pas oublier cependant que lorsqu’ils le veulent, les Américains sont capables d’une grande précision de travail : témoin les machines-outils et les appareils scientifiques qu’ils exportent dans le monde entier.
- II. — LE 'WELFARE WORK.
- Dans leurs efforts en vue de ce qu’on peut appeler l’aménagement rationnel de l’usine, pour la meilleure utilisation des forces mécaniques et musculaires mises en œuvre, les industriels américains n’ont pas limité leur attention aux questions purement matérielles. Le bien-être des ouvriers, dans l’usine, hors de l’usine même, entre aussi dans leurs préoccupations.
- On a fait remarquer souvent, avec raison, que le caractère américain ne se prête pas au développement des œuvres proprement dites de patronage. Le sentiment d’égalité qui pénètre la société américaine, le désir de chacun de s’élever, l’hostilité instinctive contre toute direction non librement choisie, sont autant d’obstacles où se heurtent les œuvres de pure philanthropie patronale. A côté de celles-ci, cependant, il y a un large domaine dans lequel la sagacité, l’initiative intelligente des patrons peut s’exercer, sans revêtir le caractère d’un acte de pure bienfaisance, pour l’avantage mutuel de l’employeur et des employés. C’est tout ce qui concerne'le bien-être des ouvriers dans l’usine même.
- Les industriels aux Etats-Unis ont fait preuve à ce sujet d’heureuse initiative, et, bien que le mouvement soit loin d’être aussi étendu que les généralisations un peu hâtives de quelques voyageurs ont pu le faire croire, nombreuses cependant sont les usines et les ateliers où l’aménagement témoigne d’un réel souci d’améliorer les conditions du travail. Certaines usines sont, au point de vue de ces installations, de véritables modèles. Telles, par exemple, celles de la Raturai food C°, à Niagara Falls ; de la National cash register C°, à Dayton, Ohio ; de la Waltham Watch C°, à Waltham, Mass. ; de la Westinghouse eleclric and manufacturing C°, à East Pittsburg; de la Heinz C°, la fabrique de condiments universellement connue, de Pittsburg ; des établissements Deering et Mac Cormick les grands fabricants d’instruments agricoles, à Chicago, unis aujourd’hui sous le nom de International harvester C°. Mais beaucoup d’autres, qui n’ont pas atteint ce degré de perfection, montrent une amélioration considérable sur le type bien connu de l’usine primitive, où l’air et la lumière sont avarement ménagés aux ouvriers, où les installations hygiéniques, les plus élémentaires même, font parfois complètement défaut ou sont déplorablement installées, où rien n’est prévu pour donner quelque confort au personnel...
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- L’usage de vestiaires où les ouvriers et ouvrières peuvent échanger contre les vêtements de travail leurs vêtements du dehors et les tenir à l’abri de la poussière est assez généralisé. 11 en est de même des lavabos, placés en général près du vestiaire, assez nombreux pour que le personnel, au moment de la sortie, n’ait pas trop à attendre pour en faire usage, alimentés souvent d’eau froide et d’eau chaude. La maison fournit le savon et les essuie-mains. Dans certaines usines, des appareils à douche sont à la disposition du personnel. Assez fréquemment, on trouve une salle de secours, pourvue d’une caisse de médicaments, d’un lit de repos, où blessés ou malades peuvent être transportés en attendant l’arrivée du médecin ou de la voiture d’ambulance.
- On pourvoit de plus en plus aux moyens pour les ouvriers de prendre agréablement leur lunch à l’usine. Dans quelques grands établissements, des casinos ont été installés, qui fournissent des repas sains, à prix coûtant ou presque. Dans d’autres, moins importants, on s’est ingénié pour réserver dans l’espace restreint dont on disposait un endroit clair et aéré où les ouvriers peuvent manger sur des tables et commodément assis.
- L’étude détaillée de ces installations et institutions dépasserait les limites de ce rapport. Ce sur quoi nous voulons appeler l’attention, c’est que le mouvement du welfare work ou de Y industrial betterment (ainsi qu’on le désigne indifféremment aux Etats-Unis), purement individuel à ses débuts, entrepris dans quelques cas, on peut au moins le soupçonner, non sans arrière-pensée de réclame, a une tendance à se systématiser. De plus en plus, les industriels américains se convainquent que le souci du bien-être de l’ouvrier à l’usine est une chose qui « paie ». Les expériences assez nombreuses déjà faites en ont fourni la preuve irréfutable. M. John H. Patterson, de la National Cash register C°, dit : « Un des placements les plus fructueux qui peuvent être faits dans une usine est de donner les plus grands avantages possibles au point de vue des commodités et des installations sanitaires. Toute espèce de confort légitime et de commodité qui peut être donné aux ouvriers est une source de profit pour l’employeur, en dehors même de l’obligation morale qu’il y a pour lui à s’intéresser à la santé et au confort de ses employés. » A la question : Le welfare work paie-t-il ? M. S. W. Williams, de la Shervin-Williams paint C°, répond : « Il y a trois ans, nous avions des avertissements permanents dans les journaux pour demander des ouvriers, et nous ne pouvions recruter tout le personnel dont nous avions besoin. Aujourd’hui, nous avons plus de 100 noms sur notre liste d’offres de services. L’année dernière avec 60 ouvriers de moins, nous avons fait 20 000 dollars d’affaires de plus que l’année précédente. »
- Certaines grandes entreprises ont recours, depuis quelques années déjà, à un rouage dont M. Cheysson a préconisé l’introduction en France : le social secre-tary, ou, comme on tend aujourd’hui à l’appeler, le welfare manager. Cet
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- employé, fréquemment une femme, est chargé de toutes les questions concernant le bien-être des ouvriers dans l’usine. Il doit s’enquérir de. leurs besoins, de leurs désirs, rechercher les améliorations susceptibles d’y répondre, et soumettre à la direction des projets ou des suggestions. A la National register C°, le directeur du welfare department a trois assistants sous ses ordres. Dans beaucoup d’affaires, d’ailleurs, un des associés se charge particulièrement de remplir ce rôle. Mais l’expérience a prouvé qu’il exige non seulement des qualités particulières de finesse d’esprit, d’allure, pour assurer un contact agréable et permanent avec les ouvriers, mais aussi une connaissance étendue des tentatives heureuses ou malheureuses déjà faites ailleurs pour les imiter ou les éviter, suivant le cas. Le spécialiste n’est donc pas moins utile ici que dans les autres départements industriels L
- La National cime fédération a entrepris de répondre à ce besoin nouveau. En mars 1904, elle réunissait à New-York une conférence sur le welfare work, où les représentants des plus importantes maisons qui avaient joué le rôle de précurseurs se rencontrèrent pour se communiquer leurs expériences. Aussitôt après, la fédération créait un welfare department, qui doit se tenir au courant de ce mouvement, l’accélérer par la propagande et aider de ses conseils, grâce à un état-major de spécialistes qui lui sont adjoints, les industriels qui veulent' entreprendre des améliorations de cette nature. A Cleveland, Ohio, la Chambre de commerce a pris également un spécialiste qui remplit le rôle de secrétaire social collectif pour ses membres.
- Le mouvement semble, on le voit, heureusement lancé, et on ne peut douter qu’il se généralisera rapidement.
- III. — LA LÉGISLATION OUVRIÈRE.
- Nous avons eu déjà l’occasion d’indiquer qu’aux Etats-Unis l’intervention de l’État dans la réglementation du travail s’est fait sentir beaucoup plus tardivement qu’en Europe. L’opinion publique, jusqu’à présent, s’y montrait plutôt hostile, et le législateur, malgré la pression des unions ouvrières, n’a agi qu’avec une réelle lenteur. Pourtant, le développement industriel de ces dernières années a amené, dans les États où domine l’industrie, le vote d’un assez grand nombre de lois ouvrières.
- Cette législation est du domaine des États. Il en résulte une très grande diversité dans les mesures adoptées. Le gouvernement fédéral ne peut légiférer
- 1. Les maisons ayant un social secretary en 1905 n’étaient, cependant, guère plus d’une vingtaine. Mais une affaire doit être très importante pour avoir un spécialiste, nécessairement bien appointé, si on le veut capable, et s’il ne l’est pas, il peut être plus nuisible qu’utile. La solution paraît être résolue par le socicd secretary collectif, rétribué soit par un Syndicat patronal, soit par une Chambre de commerce.
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- en ces matières qu’en ce qui concerne les employés fédéraux ou ceux relevant d’entreprises travaillant pour le compte du gouvernement fédéral ou pour le district de Colombie.
- Presque tous les États industriels ont des lois relatives : aux heures de travail, au travail le dimanche, au paiement des salaires, à la responsabilité des employeurs vis-à-vis des employés en cas d’accidents, et au travail des femmes et des enfants1. Sans entrer dans le détail de ces lois, il importe d’indiquer leurs principales caractéristiques.
- Un certain nombre d’États ont des lois fixant la durée de la journée légale de travail en l’absence de contrats. Dans les dix États de : Californie, Connecticut, Illinois, Indiana, Missouri, Montana, New-York, Ohio, Pennsylvanie et Wisconsin, elle est fixée à huit heures. Dans les sept États de : Floride, Maine, Kansas, Maryland, Minnesota, Nebraska, Nevada, Pennsylvanie, Utah,
- heures. L’État de New-Jersey a pris pour base le travail pour une semaine, qui est limité à cinquante-cinq heures.
- Un statut fédéral limite à huit heures la durée de la journée de travail sur les travaux publics du gouvernement des États-Unis. La même limitation a été adoptée par les États de : Californie, Colorado, Delaware, Idaho, Indiana, Kansas, Maryland, Minnesota, Nebraska, Nevada, Pennsylvanie. Utah,
- Washington, Virginie occidentale, Wyoming et le district de Colombie. En Massachusetts, la limite est de neuf heures.
- Les unions ouvrières, avec, à leur tête, VAmerican fédération of labor,
- réclament la fixation par la loi de la durée de la journée de travail normale à
- huit heures. Cette demande se heurte, non seulement à la résistance des employeurs, mais aussi à un obstacle constitutionnel. La majorité des jurisconsultes déclarent que pareille stipulation pour les adultes serait une violation de la liberté individuelle de contracter, garantie par la constitution fédérale. L’opinion a déjà obligé les juges à modifier la rigueur de leur doctrine en ce qui concerne les femmes adultes. À l’égard des adultes hommes, elle se montre encore tout à fait hostile à une intervention législative de cette nature. En avril 1905, la Cour suprême des États-Unis a déclaré contraire à la constitution fédérale une loi de l’État de New-York limitant la durée de travail des boulangers à dix heures par jour et soixante heures par semaine.
- 1. La plupart ont également des lois spéciales réglementant le travail dans les usines et sur les chemins de fer, ainsi que les organisations ouvrières, l’exercice du droit de grève, la conciliation et l’arbitrage. Nous n’en parlons pas, n’ayant à voir ici que la législation ouvrière réglementant spécialement le travail à l’usine.
- Un très bon résumé de la législation des États-Unis a été fait dans le Bulletin Of the Bureau of labor, n° 54, septembre 1904. — Le dixième rapport spécial du commissaire du travail, publié en 1904, a été consacré à la législation ouvrière : Labor laws of the United States, with decisions of courts relating thereto.
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- Tous les États et territoires, sauf l’Arizona, la Californie, l’Idaho et le Nevada, ont des lois prohibant le travail le dimanche. Des exceptions sont faites pour les travaux nécessaires ou charitables. Un grand nombre ont des clauses spéciales pour le service des chemins de fer, qui.est généralement réduit ce jour-là.
- Plusieurs États ont des lois relatives à l’époque et au mode de paiement des salaires, prescrivant le paiement par semaine, par quinzaine ou par mois, et en argent ou en chèques remboursables en argent.
- La common law, qui mettait à la charge de l’ouvrier les risques du travail, même ceux résultant d’un acte ou d’une négligence d’un autre ouvrier au service du même patron, a été profondément modifiée, par la loi et par la jurisprudence, qui ont fort étendu la responsabilité du patron. La tendance est de plus en plus vers l’adoption du principe que l’employé n’assume pas les risques qui pouvaient être évités par un peu plus de soin de la part de l’employeur, soit dans le choix et la construction de l’outillage, soit dans le choix de son personnel. Les États qui ont des lois spéciales réglementant la responsabilité de l’employeur interdisent à celui-ci de se libérer de cette responsabilité par des clauses contractuelles L
- Un certain nombre d’États ont des lois prohibant le travail des femmes dans les usines, ou dans des industries reconnues insalubres ou considérées comme immorales. Dix-huit États limitent expressément la durée du travail des femmes dans l’industrie manufacturière. La durée le plus généralement adoptée est dix heures par jour, et cinquante-huit ou soixante heures par semaine. Dans certains États, le travail de nuit est interdit aux femmes; dans d’autres, il est réglementé. Trente et un États ont des lois obligeant les employeurs à fournir des sièges aux femmes à leur service, quand elles peuvent jouir d’un instant de repos au milieu de leurs occupations.
- La législation relative au travail des enfants n’est pas moins variée que les autres lois ouvrières. La plupart des États ont des lois fixant l’âge minimum auquel les enfants peuŸent être employés dans l’industrie manufacturière. L’âge ordinairement adopté par les États industriels du Nord est 14 ans; dans les États du Sud, l’âge de 12 ans prévaut. Un grand nombre d’États exigent en outre que les enfants remplissent certaines conditions relativement à l’éducation. Des lois interdisent ou réglementent leur emploi dans les métiers immoraux ou dangereux. Enfin, vingt-neuf États et territoires ont fixé par statut la durée du travail des enfants. La limite d’âge, pour ces prescriptions particulières, varie de 12 à 21 ans, et la durée varie de six heures par jour à soixante-dix heures par semaine.
- Mais on sait combien la législation ouvrière peut rester lettre morte si son
- 1. Le Congrès a voté en juin 1906 une loi sur la responsabilité des entrepreneurs de transports engagés dans le commerce entre États ou avec l’étranger, à l’égard de leurs ouvriers, en ce qui concerne les accidents du travail.
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- respect n’est pas assuré par un service d’inspection bien organisé. Ce complément a fait longtemps défaut dans le plus grand nombre des États aux États-Unis.. En 1877, le Massachusetts vota la première loi pour l’inspection des manufactures. Il ne fut imité qu’en 1883 par le New-Jersey. L’année suivante, l’Ohio suivait cet exemple. Puis, en 1886, l’État de New-York; en 1887, le Connecticut, le Minnesota, le Maine adoptaient à leur tour une législation analogue. Actuellement, vingt-sept États ont un service d’inspection des manufactures. La mission confiée à ces inspecteurs, les droits dont ils sont investis sont très variables et, par suite, l’efficacité du service diffère beaucoup d’État à État. En général, elle est faible, le nombre des inspecteurs étant toujours restreint.
- Peu développée jusqu’à présent, il est vraisemblable que, sous l’influence de l’opinion publique, qui s’est très sensiblement modifiée pendant ces dernières années relativement à l’intervention de l’État dans la vie économique, la législation ouvrière aux États-Unis ne tardera pas à s’augmenter de statuts nouveaux et à se compliquer comme elle a fait dans les pays industriels du vieux monde.
- IV. — Les rapports entre patrons et ouvriers.
- Les rapports entre patrons et ouvriers sont au moins aussi inquiétants, à l’heure actuelle, aux Etats-Unis qu’en Europe. Depuis deux ou trois ans, un mouvement semble se préparer qui, si une solution heureuse n’intervient pas, pourrait mettre aux prises, dans une lutte gigantesque, les forces ouvrières et patronales. L’organisation syndicale a étendu vigoureusement ses conquêtes, et réussi à augmenter en peu de temps, dans une grande proportion, le nombre de ses adhérents. De cela, d’ailleurs, il n’y aurait lieu que de féliciter les chefs, si, en même temps, les Unions ne se laissaient entraîner à une attitude belliqueuse, qui contraste singulièrement avec les conseils de sage modération, presque toujours suivis par elles jusqu’ici.
- Ces succès, cette attitude nouvelle ont provoqué du coté patronal, et même dans le grand public, que certaines grèves, comme celles des métiers du bâtiment à New-York, à Chicago, presque continues deux années durant, celles surtout du charbon, en 1900, 1902, cette année encore, ont directement atteint, une vive réaction contre le travail organisé. Cette réaction s’est fait sentir dans la sympathie témoignée à l’ouvrier indépendant, aux briseurs de grèves, et dans le nombre croissant des associations patronales, et l’apparition des alliances de citoyens. Officiellement, ces dernières n’ont pour but que de lutter contre l’esprit radical qui gagne de plus en plus les Unions ouvrières, mais à l’attitude de quelques chefs du mouvement, à l’esprit qui semble les animer, on peut craindre que certains d’entre eux visent un but plus éloigné, et envisagent follement la possibilité de rompre l’élan syndical, de détruire les Unions elles-mêmes.
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- I. — LES FORCES OUVRIÈRES.
- Les forces ouvrières organisées forment, à l’heure actuelle, après le grand élan de ces dernières années, une armée de près de 2 millions et demi d’individus. C’est un chiffre imposant. Il est bien faible, cependant, si on le compare au nombre total des salariés, hommes, femmes et enfants, qui avoisine une vingtaine de millions. Mais il ne faut pas oublier que si, par leur éparpillement, leur défaut de cohésion, la grande masse de ceux-ci semble devoir échapper longtemps encore, toujours peut-être, à l’action syndicale, il est des métiers, les mineurs de charbon, la métallurgie, les charpentiers, par exemple, où les Unions groupent 75 p. 100, et jusqu’à 90 p. 100 parfois/des travailleurs.
- Le mouvement d’organisation du travail, qui remonte aux premières années du xixe siècle,, mais n’a pris une réelle importance que depuis 1850, paraît avoir trouvé aux Etats-Unis les cadres définitifs dans lesquels il devra désormais évoluer. Un organisme très souple, et très solide à la fois, où le gouvernement démocratique en temps de paix fait subitement place en temps de guerre à un gouvernement automatique, groupe l’armée ouvrière. Colossale pyramide, dont la base s’appuie sur une vingtaine de mille d’unions locales, et qui se termine par la Fédération américaine du travail, où toutes ces unions sont représentées, et dont la convention annuelle peut légitimement s’intituler le Parlement ouvrier américain.
- Les unions locales réunissent les ouvriers de même métier dans une ville ou dans une région très limitée. Au-dessus d’elles, des unions de district groupent les unions locales d’un même État, quelquefois d’un même district industriel, exerçant sur elles une juridiction commune, et servant d’intermédiaires entre elles et l’union nationale. Celle-ci, enfin, s’étend sur le territoire entier des États-Unis, réunissant ainsi en une seule association, indépendante, les ouvriers exerçant le même métier. L’union internationale n’est qu’une extension de cette dernière. Elle prend son nom du fait qu’elle s’étend sur le territoire du Canada, et même, quoique plus rarement, du Mexique.
- L’union locale est démocratique et populaire dans sa forme de gouvernement. Le président, les membres des divers comités, sont élus au vote direct, et toutes les décisions sont prises de la même façon. Les officiers ne reçoivent aucun salaire; parfois, cependant, une faible indemnité est allouée au secrétaire, chargé plus spécialement de la besogne administrative.
- L’union nationale est, naturellement, un corps représentatif. Les unions locales y sont représentées proportionnellement au nombre de leurs membres. Ses ressources proviennent des contributions, fixées d’après la même base, que lui envoient celles-ci. Le pouvoir exécutif est confié au président, assisté d’un comité-directeur, dont les membres, comme le président, sont élus parfois, par
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- voie de referendum, directement par les membres des unions locales, parfois par la convention nationale, généralement annuelle, qui exerce le pouvoir législatif. Les principaux officiers des unions nationales doivent consacrer tout leur temps à l’organisation; ils reçoivent un salaire, assez élevé pour leur créer une situation indépendante. Le salaire du président varie, suivant les unions, entre 1 000 et 1 800 dollars ; dans quelques-unes il atteint 3 000 dollars.
- La nature des rapports entre les unions locales et l’union nationale varie suivant l’ancienneté et le prestige de cette dernière, suivant aussi les nécessités particulières à l’industrie. Souvent, l’union locale a une indépendance absolue pour fixer le taux du salaire de ses membres, les conditions du travail, le montant des cotisations et des droits d’admission. Elle administre ses fonds à son gré. La surveillance de l’observation des règles de l’union par ses membres lui appartient; c’est elle aussi qui inflige les amendes et les peines prévues aux délinquants, sous réserve d’un droit d’appel aux officiers de l’union nationale, ou même de la convention régulière de celle-ci. L’union locale a très rarement le droit de déclarer une grève sans obtenir au préalable le consentement du comité-directeur de l’union nationale. Si elle ne se soumet pas à l’opinion de ce dernier, il peut refuser de la soutenir. En cas de révolte, elle peut être exclue de l’union nationale, qui traite alors ses membres comme des non-unionistes.
- La nécessité d’une entente permanente, parfois même d’une action concertée entre des métiers différents, mais ayant des intérêts communs, a amené la création d’organisations particulières : unions centrales, conseils locaux qui groupent toutes les unions de métier d’une même ville ou des groupements plus restreints, tels que les conseils des métiers du bâtiment dans les grandes villes.
- L’utilité qu’il y a pour les travailleurs de métiers différents, employés dans une même industrie, à être en contact permanent, a amené, dans ces derniers temps, la création de ce qu’on appelle les unions industrielles. L’Association des Mineurs unis d’Amérique, par exemple, qui a plus de 300 000 membres, et. se glorifie d’être la plus forte association ouvrière du monde, englobe tous les ouvriers employés aux mines de charbons bitumeux et d’anthracite, quelle que soit la nature de leurs occupations; l’Association internationale des Longsho-remen reçoit tous les ouvriers occupés au travail des docks sur les Grands Lacs. Le plus souvent, ce groupement s’effectue, non par amalgamation, mais par la fédération des unions des métiers appartenant à une même industrie.
- Enfin, dans les localités où les unionistes sont en trop petit nombre pour former des associations autonomes, une union fédérale les groupe temporairement. A mesure qu’il y a un nombre d’hommes suffisant dans un métier particulier, ils se détachent de celle-ci pour former une union de métier locale, qui est alors directement rattachée à l’union nationale.
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- Le mouvement syndical aux États-Unis a rencontré pendant longtemps un obstacle très sérieux dans l’immigration d’individus de toutes nationalités, qui affluent sur le marché du travail sans discontinuer. Aujourd’hui encore, c’est une des plus grandes préoccupations des classes ouvrières. Elles ont obtenu déjà des mesures restrictives de l’immigration; elles en réclament d’autres. Mais, le vrai remède, c’est d’attirer ces étrangers dans les unions, pour les soumettre à leur autorité, et éviter qu’ils acceptent de travailler à des conditions jugées insuffisantes par les ouvriers américains, faisant ainsi une concurrence dangereuse à ces derniers.
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- Presque au lendemain de la guerre de Sécession, des tentatives furent faites pour grouper en une Fédération les unions nationales existantes. La première organisation de cette nature, l’Union nationale ouvrière, M’eut qü’une existence éphémère. Elle avait principalement des visées politiques, et elle n’influa guère sur le mouvement ouvrier.
- L’Ordre des Chevaliers du travail, créé en 1869, eut un sort meilleur. Société secrète, à son origine, il rejeta quelques années après le voile du secret, et il alla alors se développant rapidement. L’idée fondamentale de l’association était l’identité d’intérêts de tous les membres de la classe ouvrière, et elle les recevait individuellement, en tant que travailleurs, faisant abstraction des intérêts particuliers professionnels. L’organisation était divisée territorialement, et ses branches groupaient des individus exerçant les métiers des plus divers. En 1886, les Chevaliers du travail avaient plus de 700 000 membres. Ce fut l’époque de leur apogée. Depuis, ils n’ont cessé d’aller déclinant. Ils n’annoncent plus aujourd’hui que 200 000 membres, chiffre vraisemblablement exagéré.
- La Fédération américaine du travail, qui date de 1881, a pris leur place. Elle voit augmenter constamment son influence. La Fédération a pour principe la reconnaissance de l’autonomie des différents métiers. Elle groupe les unions nationales, en laissant à chacune le droit de régler sa politique intérieure. C’est précisément au libéralisme de sa constitution, à l’indépendance laissée aux unions confédérées, qu’elle a dû d’atteindre la situation prédominante qu’elle occupe aujourd’hui dans le monde ouvrier. Elle groupait, en 1905, 118 unions nationales, et 1 049 unions fédérales ou unions locales qui lui sont directement rattachées, et on évalue à près de 2 millions le nombre des membres de ces unions.
- La Fédération est administrée par un président et un conseil exécutif, composé du président, de six vice-présidents, d’un secrétaire et d’un trésorier. Elle
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- tient une convention annuelle, où les unions nationales sont représentées proportionnellement au nombre de leurs membres.
- Le revenu de la Fédération est formé d’une contribution de 6 cents par an et par membre que lui paient les unions nationales. Son revenu, en 1887, au moment où elle a pris son essor, n’était que de 10 000 francs. IF dépasse aujourd’hui 1 million de francs. Elle publie une revue mensuelle : Y American federationist, le journal officiel des classes ouvrières ; 250 périodiques, mensuels ou hebdomadaires, sont, en outre, publiés par les diverses unions.
- Une grande partie des efforts de la Fédération sont consacrés à l’organisation des ouvriers restés en dehors du mouvement syndical. En 1905, elle a occupé à cet effet 28 organisateurs salariés et 1180 organisateurs bénévoles, et ses dépenses de ce chef ont dépassé 300 000 francs. Les organisateurs s’attaquent de plus en plus, de préférence, aux ouvriers sans aptitude professionnelle,. les vnskilled, qui fournissent aux employeurs, aux époques de grèves, dans les métiers n’exigeant qu’un médiocre apprentissage, les instruments nécessaires pour vaincre les unions. Les unions nationales ont elles-mêmes, d’ailleurs, des organisateurs particuliers. En 1903, l’Union des mineurs en avait 80 payés et 200 bénévoles, et elle avait dépensé un demi- million pour créer et soutenir des branches nouvelles. C’est l’union qui a témoigné, à cet égard, le plus d’activité pendant les dernières années. Une ligue nouvelle a été fondée, récemment, qui a pour objet de hâter l’organisation des femmes en unions de métier.
- La Fédération englobe la plupart des unions nationales. Quelques unions importantes, bien qu’entretenant de bons rapports avec elles, ont tenu jusqu’à présent à conserver leur complète indépendance. Ce sont l’union des briquetiers et maçons, l’union des tailleurs de pierre, la fraternité des plâtriers, et les cinq fraternités des ouvriers de chemins de fer : mécaniciens, chauffeurs,' aiguilleurs, conducteurs, et agents des trains, qui comptent plus de 300 000 membres.
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- Le boycott et la grève sont, en Amérique comme en Europe, les armes de défense et d’attaque des unions. Mais, aux Etats- Unis, la concentration des forces ouvrières, l’appui efficace que les Syndicats peuvent ainsi se prêter, leur ont donné, dans la lutte pour le triomphe de leurs revendications, une force de résistance considérable.
- Le label, ou étiquette syndicale, est pour les unions américaines à la fois un moyen de propagande et un auxiliaire utile pour l’exercice du boycott. Il a été créé par l’union des cigariers, en 1874, à l’époque où les effets de l’immigration chinoise commençaient à se faire sentir dans les Etats du Pacifique. Des fabricants de cigares employaient, par économie, des ouvriers jaunes. Pour lutter
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- contre cette concurrence, l’union des cigariers mit une étiquette blanche sur les boîtes de cigares fabriqués par ses membres, invitant ainsi le public à n’acheter que des produits sortis des mains des ouvriers blancs. L’usage de d’étiquette syndicale est étendu aujourd’hui à la lutte contre les ouvriers non syndiqués. Outre le label de la Fédération du travail, dont font usage une vingtaine d’unions, il y a 56 labels et 10 cartes émis par autant d’unions et reconnus par la Fédération. Le label n’a pas rempli toutes les espérances qu’avaient fondées sur lui les unionistes. Il n’a eu de réel succès auprès du public que dans les cas où, comme pour les vêtements confectionnés, les cigares, son apposition est une garantie que l’article a été fabriqué dans de bonnes conditions hygiéniques. Ce n’en est pas moins, dans nombre de cas, une arme dangereuse pour les industriels contre qui elle est employée.
- La grève sympathique, qui entraîne dans la lutte des métiers non directement intéressés dans la querelle initiale, acquiert une importance particulière par les rapports étroits qu’entretiennent les unions. Elle a paralysé, au cours de 1903, la vie économique dans la ville de Chicago, et, l’année suivante, elle a, dans plusieurs grandes villes, à New-York, à Chicago, à Saint-Louis, entravé complètement les industries du bâtiment.
- L’abus qu’en ont fait les unions a fortement mécontenté le public.
- Mais le grand différend de ces dernières années entre les unions et les employeurs a porté sur la question de l’atelier unioniste. Les unions prétendent imposer aux employeurs l’obligation de n’occuper dans leurs ateliers que des ouvriers qui leur sont affiliés, à. l’exclusion de tous ouvriers indépendants :
- « L’atelier unioniste, lorsqu’il est accepté par les employeurs, — dit Samuel Gompers, le président de la Fédération du travail, — est l’application du principe que ceux qui jouissent des avantages résultant d’un accord supportent également les responsabilités morales et financières qui en découlent. »
- Dans certaines industries, des contrats collectifs ont été signés ou renouvelés, récemment encore, entre les unions et les employeurs, par lesquels ces derniers ont accepté cette obligation. Le mouvement de réaction qui s’est produit du côté patronal a principalement pour but de rompre avec une pratique jugée désastreuse par les industriels.
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- Les unions paraissent traverser une période de crise morale, due, en partie peut-être, aux succès mêmes qu’elles ont remportés depuis quelques années.
- Elles proclament toujours pour but principal l’élévation des salaires et la réduction des heures de travail. « A fair day's wage for a fair day’s work » — « un salaire équitable pour une journée de travail équitable » — demeure leur mot d’ordre. Mais elles ne s’en tiennent pas là. Les industriels se plaignent de
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- l’extension de la pratique de la limitation systématique de la production et de leur tendance à vouloir intervenir dans la réglementation intérieure de l’usine, et l’on constate chez elles une effervescence, une allure radicale, qui avaient signalé l’entrée en scène des premières unions, et que l’on croyait disparues.
- Les dernières années ont vu augmenter fortement le nombre des grèves. Dans certaines villes, c’est comme une véritable fièvre de grèves qui a sévi.
- Après avoir mécontenté l’opinion par leur allure radicale, par la conduite brutale de certaines grèves, et par des exigences qui ne lui paraissent aucunement justifiées, les unions l’ont inquiétée par les scandales dont quelques-uns de leurs membres ont donné le spectacle. Les walking delegates, agents du Comité des unions nationales, chargés d’exécuter ses ordres dans la direction des grèves, et qui jouent le rôle d’intermédiaires entre les unions locales et les employeurs, sont devenus l’objet de la méfiance du public et des patrons. Il a suffi, pour donner naissance à ce sentiment, de quelques hommes oublieux de leur devoir. Parks, Weinseimer, à New-York, Driscoll, à Chicago, ont trafiqué de leur mission, faisant naître opportunément des grèves, qu’ils s’offraient ensuite à faire cesser moyennant contribution honnête des industriels intéressés. Cette phase de l’introduction de la corruption dans les unions est un des chapitres les plus pénibles de leur histoire récente. Son extension, si les unions ne montrent pas la ferme volonté de rejeter de leur sein les brebis galeuses, est un des plus sérieux dangers qu’elles puissent courir.
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- Jusqu’à présent, les unions américaines ont lutté uniquement sur le terrain syndical. Elles sont systématiquement demeurées en dehors des luttes politiques. Leurs chefs les plus réputés : Samuel Gompers, qui a été presque sans interruption, depuis vingt ans, président de la Fédération américaine du travail, John Mitchell, le jeune président, depuis 1898, des Mineurs unis, un des hommes les plus respectés du monde ouvrier, s’étaient toujours efforcés de détourner leurs camarades des partis politiques existants, et prononcés contre la formation d’un parti indépendant.
- Leur opinion semble s’être modifiée. Se sont-ils laissé entraîner à leur tour par ce désir de lutte qui agite en ce moment le monde ouvrier, ou ont-ils été influencés par le mouvement de réaction que les grèves fréquentes, les prétentions des unionistes, ont provoqué dans le monde patronal et dans le grand public ? Dans les derniers jours de mars, une centaine de chefs des unions, ayant à leur tête Samuel Gompers, ont remis au président Roosevelt un exposé des revendications des unionistes : application stricte de la loi fédérale sur la journée de travail de 8 heures pour les travaux du gouvernement, — nouvelles res-
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- trictions à l’immigration, — application rigoureuse des lois excluant les Chinois-du territoire américain, — réorganisation des Comités du travail dans les. deux Chambres du Congrès, de telle sorte que les intérêts du travail organisé y soient mieux défendus, — vote d’une loi pour limiter l’usage de la procédure de l’injonction. Le président, après avoir rappelé l’intérêt véritable qu’il porte à ces questions, a nettement déclaré qu’il se refusait à employer son influence pour les intérêts particuliers d’une classe. Un manifeste publié quelques jours, après par le conseil exécutif de la Fédération du travail, et reproduisant les. demandes adressées au président, se termine par un appel à l’union politique de la classe ouvrière et conseille l’élection d’ouvriers pour « faire les nouvelles, lois, les appliquer suivant les vœux du travail organisé, et pour assurer un pouvoir judiciaire impartial qui ne molestera pas les ouvriers par les injonctions, arbitraires des tribunaux, et n’agira pas comme un instrument complaisant des. classes riches ».
- Cette menace a reçu déjà un commencement d’exécution. Un parti ouvrier, formé de 63 organisations séparées, vient de se former à Chicago. La Chicago-progressive Alliance s’est prononcée pour le referendum, l’étatisation des chemins de fer et des télégraphes, la municipalisation des services et transports, urbains et d’éclairage. L’Alliance, dans l’esprit de ses initiateurs, doit servir de noyau à un vaste mouvement national, qui grouperait, en vue de la lutte politique, les deux millions de votes dont dispose aujourd’hui le travail organiséL.
- IL — LES FORCES PATRONALES.
- En face du travail organisé, les forces patronales sont restées longtemps isolées, sans groupements particuliers pour discuter avec les représentants des. unions les conditions du travail. A mesure que s’est accrue la force des unions, la nécessité d’associations de même nature du côté des employeurs est devenue: plus pressante. Seuls, les grands trusts industriels, nés depuis quelques années,, sont en état de lutter efficacement contre les unions, sans chercher une aide étrangère. Mais, malgré la place qu’ils occupent, leur nombre est singulièrement limité. La concentration des forces ouvrières a ainsi provoqué la concentration des forces patronales. Celle-ci, cependant, ne s’est réalisée qu’avec une bien plus, grande lenteur, et ce mouvement n’a été accéléré dans ces derniers temps que par l’attitude agressive et les succès des unions.
- Les premières associations formées par les industriels et les commerçants, laissaient en dehors de leurs préoccupations les questions relatives aux rapports avec les ouvriers. Elles se bornaient à l’étude des questions techniques ou des*
- 1. Voir annexe C.
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- questions ayant pour objet l’extension des débouchés. Les revendications ouvrières soutenues par les unions firent entrer dans leurs préoccupations un nouvel ordre de sujets. Mais la nature de leur organisation ne leur permettait que de les étudier d’une manière académique. En face des unions, prétendant imposer des conditions générales de travail à toute une industrie, les employeurs furent amenés à créer des organisations spéciales pour discuter ces conditions. Des associations locales formées des membres d’une même industrie furent constituées dans ce but, et elles servirent d’organes, dans certaines industries, pour la conclusion de contrats collectifs de travail entre les employeurs et les unions.
- Le développement des unions nationales; étendant leurs ramifications sur le pays tout entier, groupant en un faisceau la main-d’œuvre d’un même métier, devait provoquer naturellement, de la part des employeurs, la création d’organisations analogues.
- La première association de cette nature est l’Association nationale des fabricants de poêles, créée en 1886. Cinq ans plus tard, cette association faisait, au nom de ses membres, un contrat collectif de travail avec l’union des fondeurs, et^elle étendait ensuite cette pratique aux autres unions des métiers occupés par cette industrie.
- Le succès de cette association amena, en 1898, la formation de l’Association des fondeurs, qui groupe actuellement 400 ou 500 membres dont les usines sont réparties sur tout le territoire de l’Union. L’année suivante, une association plus importante encore était créée : l’Association nationale des industries métallurgiques. Ses 300 membres occupent une cinquantaine de mille ouvriers, et les 500 membres des associations locales qui lui sont affiliées en occupent une quarantaine de mille. Vers la même époque, les entreprises maritimes des Grands Lacs se groupaient également. Elles créaient la Dock managers’Association, pour traiter avec l’Union de Longshoremen, qui groupe tous les ouvriers occupés par ces entreprises. Des associations nationales d’employeurs ont été créées également dans les industries de l’imprimerie et de la confection, qui ont des organisations nationales ouvrières puissantes.
- L’origine récente de ces associations, leur nombre restreint encore n’ont pas permis de déterminer nettement la forme qui leur convient le mieux. L’Association nationale des industries métallurgiques a copié l’organisation des unions ouvrières. Elle se propose d’organiser les diverses branches des industries métallurgiques en associations locales ou de districts, qui s’affilieront ensuite à l’Association nationale. Elle a déjà organisé dix-sept associations de district. Ce sont elles qui sont chargées de venir en aide aux membres en temps de grève. Le droit de vote des membres est proportionnel au nombre de leurs ouvriers, sans que cependant le nombre des votes puisse dépasser celui attribué pour cinq cents ouvriers. La direction de l’association est confiée à un comité de douze membres,
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- élus tous les deux ans dans la convention de l’association. Les fonds sont divisés en un fonds général, pour les dépenses ordinaires, et un fonds de réserve, utilisé pour soutenir les associations de district dans leurs luttes contre les unions. L’Association se défend de vouloir combattre les fonctions légitimes des unions ouvrières, mais elle repousse formellement toutes prétentions de la part de celles-ci à intervenir d’une manière quelconque dans la direction même des entreprises. Elle refuse de se soumettre au principe de l’atelier unioniste, et elle déclare ne vouloir tolérer ni la restriction de la production, ni la limitation du nombre des apprentis, ni aucune mesure ayant pour but de restreindre la liberté de ses membres quant à la nature de l’outillage et aux méthodes de travail.
- La pratique du contrat collectif s’est introduite dans un assez grand nombre d’industries, notamment l’industrie minière, les industries métallurgiques, l’industrie typographique, celles du vêtement, de la cordonnerie, les entreprises de transport sur les Grands Lacs, etc.
- L’Association nationale des industries métallurgiques avait conclu, en 1900, avec l’Association internationale des mécaniciens un accord réglant les principales conditions du travail dans ces industries, et adoptant le principe de l’arbitrage pour régler les différends susceptibles de s’élever entre les membres des deux associations. Cet accord, le plus important de ce genre conclu jusqu’alors, a malheureusement été rompu dès la fin de la première année. L’accord prévoyait l’adoption, après le 20 mai 1901, de la journée de neuf heures, dans les ateliers de tous les membres de l’Association. Malheureusement rien n’avait été prévu relativement aux modifications que cette innovation pourrait amener dans les salaires. Cette lacune a été cause de la rupture du contrat, et les espérances qu’il avait fait naître ont été déçues.
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- . Ces associations étaient nées du besoin d’opposer au travail organisé des forces patronales également organisées, mais leur but principal était de traiter avec les unions et d’étendre l’usage du contrat collectif de travail. Les dernières années ont vu paraître une forme nouvelle d’associations. Celles-ci se proposent bien moins de discuter avec les unions les conditions du travail, que de combattre les principes que les unionistes regardent comme fondamentaux pour la défense des revendications ouvrières : le boycott, l’atelier unioniste, la grève sympa-thiquë, la limitation du nombre des apprentis, principes que les employeurs considèrent comme des exigences inacceptables.
- Ce mouvement est le résultat de l’effervescence dont ont témoigné les unions. Depuis 1901, une véritable épidémie de grèves a sévi dans le monde industriel. Il n’est pas de ville un peu importante qui y ait échappé, et l’abus des grèves sympathiques a causé une perturbation profonde dans toutes les industries.
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- Chicago est une des villes qui ont le plus souffert. C’est celle où les employeurs s’organisèrent les premiers pour une résistance commune. La grève sympathique est facilitée par le groupement des unions complémentaires, ou des unions d’une même ville en une organisation centrale. Les employeurs utilisèrent pour se défendre, le même procédé. A la fin de 1902, l’Association des employeurs de Chicago était créée. C’est une vaste fédération de la plupart des métiers et industries de la ville. Elle compte aujourd’hui environ 3 000 membres, répartis entre une cinquantaine de sections distinctes, suivant la nature de l’industrie. Les membres s’engagent à s’entr’aider mutuellement dans tous les conflits qu’ils pourront avoir avec les unions ouvrières. Si un membre est boycotté par celles-ci, son nom est communiqué à tous les autres, et ils doivent lui donner la préférence pour leurs travaux. L’Association procure des ouvriers non unionistes à ceux de ses membres dont les ouvriers se mettent en grève sur l’ordre de leur union. Enfin, ce groupement des forces patronales permet, s’il est nécessaire, de répondre à une grève sympathique par un lock-out collectif.
- Presque en même temps qu’à Chicago, sous l’influence des mêmes nécessités, ou à son exemple, des associations analogues se créaient un peu partout, pour grouper les associations locales de métier déjà existantes, et les industriels demeurés jusqu’alors isolés.
- En se développant, ce mouvement ne tarda pas à prendre une autre forme. L’attitude des chefs de certaines associations locales, les prétentions exagérées des unionistes, les excès auxquels nombre d’entre eux se laissèrent aller, la répercussion des grèves presque continues sur la vie économique tout entière, en particulier sur les prix, finirent par lasser le public et exciter son mécontentement. Les « alliances de citoyens » furent créées pour grouper ces nouveaux adversaires des unions. Ces associations reçoivent comme membres les individus appartenant aux situations le plus diverses, sans distinction d’occupation ou de métier. Elles se proposent de former ainsi un corps compact et solide., capable d’influencer l’opinion.
- Dans beaucoup de villes, l’association des employeurs et l’alliance des citoyens existent côte à côte. Celle-ci prête un appui à celle-là. De nombreux patrons sont affiliés à toutes deux, et ils font entrer dans la seconde ceux de leurs employés et ouvriers demeurés indépendants, ou qu’ils détachent des unions.
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- Un organe manquait encore pour compléter le groupement des forces patronales. Le travail organisé a créé dans la Fédération américaine du travail un centre commun de renseignements, d’étude et d’action. Un groupement analogue était nécessaire pour harmoniser les efforts des Associations formées pour traiter avec lui ou lutter contre lui.
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- L’Association nationale des industriels d’Amérique, fondée en 1895, parut tout d’abord pouvoir répondre à ce besoin. Cette association, qui compte aujourd’hui près de 3 000 membres, a pour but principal la défense du marché national contre la concurrence étrangère et l’étude des moyens propres à développer les débouchés extérieurs. En 1902, la présentation au Congrès de projets de lois pour l’application de la journée de huit heures dans tous les travaux faits pour le compte du gouvernement fédéral, et pour la limitation de l’usage de la procédure de l’injonction dans les cas de grève, amena l’Association à s’occuper activement des questions ouvrières. Elle y gagna un grand nombre d’adhérents nouveaux.
- A sa convention annuelle d’avril 1903, le président, M. David M. Parry, consacra presque tout son discours à l’exposé de la situation ouvrière. Il conclut à la nécessité de grouper en une vaste Association tous ceux résolus à s’opposer aux demandes exagérées des unions. Un comité fut chargé d’élaborer une constitution qui permettrait à l’Association nationale des industries de grouper toutes les Associations patronales d’accord avec elle sur l’attitude à prendre vis-à-vis du travail organisé. La crainte de voir l’Association négliger les fonctions pour lesquelles elle avait été particulièrement fondée fit abandonner cette idée. En octobre 1903, une organisation spéciale fut créée pour s’occuper particulièrement des questions ouvrières. Elle prit le nom de : Association industrielle des citoyens d’Amérique, et la présidence en fut confiée à M. David M. Parry.
- L’Association se propose, suivant les termes mêmes de ses statuts, « d’assister par tous les moyens légaux et pratiques les autorités constituées de l’Etat et de la nation pour le maintien et la défense de la suprématie de la loi et des droits des citoyens, — de seconder le peuple américain dans sa résistance aux empiétements sur les droits que lui garantit la Constitution, — d’encourager l’établissement de tous rapports entre les employeurs et les employés sur une base de justice égale pour les uns et les autres, — d’aider les Associations locales, d’Etat et nationales d’industriels, d’employeurs et d’employés dans leurs'efforts pour établir et conserver la paix industrielle, et pour créer et diriger un sentiment public en opposition à toutes les formes de violence, de coercition et d’intimidation ».
- L’Association groupe les associations d’employeurs et les alliances de citoyens. C’est la fédération des forces patronales et populaires opposées à un certain nombre des idées que prétendent faire triompher les Unions.
- Elle a adopté les principes suivants, que doivent accepter les organisations qui lui sont affiliées : refus de traiter avec les walking delegates, — opposition résolue à la pratique de l’atelier unioniste, — des grèves sympathiques, — à la limitation du nombre des apprentis, — à la restriction systématique de la production. Enfin, elle se montre hostile à l’arbitrage, en raison du manque de bonne
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- foi dont ont fait preuve en certaines circonstances des ouvriers unionistes, en refusant de se soumettre à une sentence arbitrale, et, en cas de conflit entre employeurs et employés, elle demande simplement la stricte application des lois.
- Une résolution a été votée à la première convention annuelle, interdisant aux membres des associations d’employeurs affiliés d’apposer sur les produits fabriqués par eux le label unioniste.
- L’Association industrielle des citoyens limite ses efforts à la propagande et à l’organisation. Elle suscite la formation d’associations locales d’employeurs ou d’alliances de citoyens. Elle publie des pamphlets, elle inspire des articles dé journaux; elle possède elle-même un organe mensuel : The square deal. Elle . emploie également son autorité pour combattre auprès des membres du Congrès fédéral les mesures législatives réclamées par le travail organisé et jugées dangereuses par les employeurs.
- C’est aux organisations locales qu’incombe la tâche de veiller à la protection des ouvriers indépendants et des employeurs en temps de grève, et de secourir ces derniers dans les luttes qu’ils engagent contre les unions. C’est à elles aussi qu’appartient le soin d’exercer une pression sur les journaux locaux pour les amener à défendre les idées de l’association. Elles possèdent, pour atteindre ce but, une arme efficace dans les avertissements et réclames que publient en quantité considérable les industriels américains.
- Un certain nombre d’associations d’employeurs, pour entraver les unions dans leur tentative de limiter le travail aux ouvriers qui se réclament de leurs principes, ont créé des bureaux de placement. Ces bureaux tiennent à jour un système complet de renseignements sur les ouvriers ayant servi ou servant chez les membres de l’Association, et un certificat de recommandation est donné aux ouvriers dont les patrons se sont déclarés satisfaits pour les aider à se placer dans la même, ville ou dans une autre ville où existe une institution analogue.
- Les initiateurs de ce mouvement prétendent ne vouloir qu’arrêter les unions dans la voie radicale où elles sont engagées. Les discours prononcés aux conventions de l’Association industrielle des citoyens témoignent cependant d’un esprit d’agression singulièrement dangereux. M. David M. Parry déclare que « avec son but actuel et sa politique, il n’y a aucun doute que le travail organisé fait immensément plus de mal aux meilleurs intérêts du travail qu’il ne leur fait de bien... Ce qu’il cherche par-dessus tout, c’est à entraver l’initiative individuelle, à laquelle plus qu’à toute autre chose doit être attribué le magnifique mouvement industriel des Etats-Unis... Ce n’est pas, — dit-il, —le moment de parler de conciliation : une attitude de conciliation signifierait une attitude de compromis à l’égard des convictions fondamentales. » Et le président du Comité exécutif s’exprime ainsi sur les unions : « Aucune organisation d’hommes, sans excepter le Ku Klux Klan, la Mafia ou la Société de la main noire, n’a
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- commis autant d’actes de barbarie que cette soi-disant société du travail organisé qui, grâce à une sympathie mal dirigée, à l’apathie et à l’indifférence, a pu devenir puissante au point de paralyser nos industries et de fouler aux pieds les droits naturels et constitutionnels de nos citoyens. »
- Un des moyens préconisés dans ces derniers temps pour permettre aux employeurs de résister plus efficacement aux agressions des unions ouvrières, est la création d’un système d’assurances contre les grèves. En décembre 1903, le Comité exécutif de l’Association nationale des industriels a nommé un sous-comité pour étudier cette question. Ce sous-comité a proposé aux membres d’organiser l’assurance sous la forme mutuelle. La prime serait de 1 p. 100 du montant assuré ; le comité estime que le remboursement annuel atteindrait 75 p. 100, ce qui réduirait le taux de la prime, en tenant compte de la perte d’intérêt, à 3/10 de 1 p. 100. La proposition paraît n’avoir soulevé que peu d’intérêt parmi les membres. Un quart de ceux-ci, à peine, ont répondu à la circulaire qui leur a été adressée à ce sujet. Des réponses reçues, 36 p. 100 étaient favorables au projet, et 20 p. 100 des correspondants se déclaraient prêts à signer un contrat dans ce but. Ils représentaient 149 maisons, et les risques pour lesquels ils voulaient s’assurer dépassaient 60 millions de francs. Le petit nombre des réponses n’a pas permis de donner suite au projet.
- A la fin de l’année 1903, un groupe de fabricants américains, appartenant à des professions diverses, ont constitué une Société mutuelle d’assurances contre les grèves : la Mutual Security C°, dont le siège est à Waterbury (Connecticut). D’autre part, sans recourir à la forme de l’assurance, plusieurs unions patronales (l’association nationale métallurgique, par exemple), prévoient dans leurs statuts l’octroi à leurs membres de compensations pécuniaires pour l’arrêt de la production résultant d’une grève.
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- La concentration des forces patronales est loin, on le voit, du but atteint déjà par la concentration des forces ouvrières. Les employeurs hésitent encore sur la forme la meilleure à adopter. La réaction violente qui s’est produite dans ces dernières années contre le travail organisé les a écartés de la voie initiale dans laquelle ils s’étaient engagés, et qui semble bien devoir être, en définitive, la plus fructueuse. Pour les employeurs comme pour les employés, l’association ne peut rendre de services efficaces et de longue durée qu’à la condition de prendre pour base les divisions que forment naturellement les diverses espèces d’industries ou de métiers. Là seulement, les intérêts communs sont assez noffi breux pour permettre une discussion sérieuse, raisonnée et pratique des conditions du travail. Les unions ouvrières ont montré d’ailleurs comment, à l’aide
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- de groupements fédératifs variés, ces associations peuvent s’unir à leur tour, sans perdre leur personnalité, pour se prêter un commun appui et accroître leur force dans la défense de leurs intérêts. Les autres associations, visant à grouper tous les employeurs sans distinction, à unir même des individus étrangers à l’industrie, ne peuvent être que des machines de guerre, dépourvues de la base nécessaire pour leur assurer la durée. Elles disparaîtront sans doute, pour faire place à une organisation plus solide et mieux comprise, lorsque aura passé la période de crise qui a provoqué leur création.
- Si nous avons insisté autant sur cette question des rapports entre patrons et ouvriers, c’est à cause de l’originalité des institutions créées par les uns et les autres, et aussi parce que la situation actuelle est véritablement critique, et grosse de menaces pour la prospérité de l’industrie américaine.
- (i4 suivre.)
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- •Généralités. — Les industries chimiques en Algérie. — Écoulement des liquides par des tubes capillaires. — Le poids des petites gouttes. — L’épuration des eaux d’égout avec la tourbe, de MM. Muntz et Laîné.
- Industries céramiques. — Travaux de l’American ceramic Society : Influence du calcaire; Émaillage du fer; Pouvoir colorant de l’oxyde d’uranium; Influence de l’acide phosphorique; Sur les efflorescences en céramique; L’industrie de la chaux en Amérique; Fabrication des briques à sec. — Séparation du sable et de l’argile dans l’analyse des terres.
- Métaux et métallurgie. — Sur la rouille du fer. — Le piquage du fer et de l’acier. — Sur la désulfuration des galènes par le sulfate de calcium. — Procédé simplifié de galvanoplastie. — Lampe électrique au tungstène. — Enrichissement des minerais d’argent : Électrométallurgie au four électrique. Aciers à outils. Fours Siemens.
- Hydrocarbures, Combustibles. — L’oxyde de carbone et le gaz d’éclairage. — Puissance calorifique des combustibles. — Préparation d’un gaz d’éclairage.
- Essences, Vernis. — Revue des progrès dans le domaine des huiles essentielles. — Le latex du caoutchouc. — Sur la chimie des vernis.
- Alcools. — L’influence des sels de manganèse dans la fermentation alcoolique.
- Sucres: — Les hydrosulfites en sucrerie.
- Industries tinctoriales. — La coloration des billes à jouer.
- Chimie agricole. — Les bouillies de cuivre.
- LES INDUSTRIES CHIMIQUES EN ALGÉRIE
- Alfa, crin végétal, café de figues, savonnerie, tannerie, matériaux de construction.
- M. Cazeneuve, dans son rapport sur le budget spécial de l’Algérie, note qu’il y a •quelques années, c’était chose admise que l’Algérie n’était pas et ne pouvait pas devenir un pays industriel. « La nature lui a refusé les rivières navigables et la houille, les barrages ou les torrents ne sont même pas utilisables en toute saison. De fait, pendant longtemps, on n’y a pratiqué, en dehors des mines, dont le développement d’ailleurs croissant mérite toute une étude spéciale, qu’un nombre infime d’industries, rattachées directement, èxclusivement, à la production agricole, comme la minoterie ou la distillerie qui fut un instant prospère avant l’établissement des droits de consommation sur l’alcool. »
- Sans doute, la prépondérance de l’agriculture reste écrasante dans la vie écono^ mique de l’Algérie. Mais certaines industries prennent peu à peu leur essor, et le rapport de M. Cazeneuve renferme d’intéressants documents à leur égard.
- Nous laisserons de côté les industries minières, et les grandes industries agricoles, •c’est-à-dire la production du vin, la distillerie et la minoterie.
- Une industrie agricole d’une grande importance est celle des huiles d’olive; nous donnons dans nos prochaines notes un extrait du rapport de M. Cazeneuve à leur sujet.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Industries de l’alfa. — L’alfa a vu sa production et ses industries croître d’une façon considérable.
- ce On peut grouper les industries de l’alfa suivant la forme que le produit acquiert dans les manipulations;
- 1° Les industries qui emploient l’alfa à l’état naturel ou simplement blanchi ou teint : nattes, vannerie, balais, chaussures, bouquets, brosses, etc;
- 2° Les tissus sont dissociés par un rouissage, les fibres restent adhérentes et peuventôtre employées après un simple battage : cordes, tapis grossiers, ou bien elles sont peignées, filées et tissées en tentures, tapis, etc.;
- 3° Les fibres sont complètement dissociées par les produits chimiques, en tête desquels se placent les alcalis, soude et potasse.
- Les fibres se feutrent facilement et fournissent une excellente pâte à papier, employée pure ou mélangée à de la pâte de chiffon, de bois ou de paille.
- La papeterie ne trouvant plus en circulation la quantité de chiffons nécessaire pour une fabrication tous les jours plus considérable, a essayé un très grand nombre de végétaux fibreux désignés sous le nom de succédanés. Les succédanés qui ont acquis rapidement une faveur méritée sont : l’alfa, la paille, le bois, le jute.
- Le problème à résoudre dans la fabrication de la pâte d’alfa consiste à dissocier les fibres par la dissolution des composés pectiques qui les unissent ; à extraire des fibres la vasculose et cutose de manière à obtenir la cellulose.en quantité aussi grande que possible, et dans un état de pureté convenable, tout en conservant aux éléments fibreux l’élasticité, la force et la longueur qui leur sont nécessaires pour produire, par leur enchevêtrement, le feutrage indispensable à la confection du papier.
- Les agents chimiques qui élimineront les composés pectiques, la vasculose et cutose seront d’autant mieux appropriés au but poursuivi qu’ils altéreront moins la cellulose.
- L’alfa est traité à peu près comme la paille. On commence par tirer les brins, une toile sans fin entraîne les feuilles, et des ouvriers saisissent rapidement au passage les impuretés. L’alfa est ensuite haché pas un hache-paille qui le divise en fragments de 3 à 4 centimètres. Quelques fabricants, au lieu de hacher, écrasent entre des cylindres. L’alfa trié, haché et bluté est introduit dans le lessiveur. Le lessiveur fermé est chauffé par injection de vapeur pendant six à huit heures. Il est nécessaire que la pression ne dépasse pas trois atmosphères c’est-à-dire une température de 130_degrés; à unejpression plus élevée, la pâte d’alfa boulonne très facilement.
- Au sortir du lessiveur, l’alfa se défile facilement et rapidement après un lavage prolongé, on-blanchit au chlorure de chaux; 10 kilogrammes de chlorure par quintal sont suffisants. On chauffe à 55 degrés, ce qui accélère le blanchiment. L’opération doit être conduite doucement; on doit éviter avec soin la formation de boules.
- L’analyse suivante, faite en avril 1887, au Muséum, par Frémy, fait prévoir le rendement de l’alfa : matières solubles dans l’alcool, 3,35, matières solubles dans l’eau, 9,95, composés pectiques, 7,80, vasculose et cutose, 17,80, cellulose, 46,00, cendres, 3,20. Le rendement le plus ordinaire est, en effet, de 45 p. 100, bien que certains industriels anglais prétendent obtenir 50 et même 52 p. 100.
- Qualités du papier d’alfa. — L’alfa donne un papier souple, soyeux, résistant, transparent, d’une grande pureté. Le papier d’alfa a beaucoup plus d’épaisseur pour le même poids que tout autre papier. 11 prend très bien l’impression; il fait matelas sous les caractères d’imprimerie, qualité très recherchée; il convient très bien pour les éditions de luxe, les belles gravures.
- La paille pure donne un papier sonnant, mais peu solide, qui est beaucoup amélioré par une addition d’alfa. Les beaux journaux illustrés anglais sont imprimés sur papier d’alfa ; on en fait aussi dans le môme pays un très beau papier à lettre.
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- LES INDUSTRIES CHIMIQUES EN ALGÉRIE.
- C’est l’industrie du papier qui consomme la .plus grande partie des alfas : sur les 225 OOO tonnes exportées des pays d’alfa, 210 000 étaient destinées à la papeterie. Les autres industries : spartcrie, vannerie, corderie, emploient eux-mêmes environ 15 000 tonnes.
- Dans les pays de production, on met en-œuvre une quantité notable d’alfa. L’Espagne et la Tunisie utilisent une bonne part de leur production, l’Espagne même importe des alfas d’Algérie pour la sparterie.
- On peut évaluer les quantités d’alfa utilisées par année : en papeterie, 210 000 tonnes, en sparterie, corderie, vannerie, chaussures, tissus, etc., 20 000 tonnes.
- L’Angleterre consomme la plus grande partie de l’alfa produit. Le papier de bois n’a pu détrôner le papier d’alfa, très apprécié ; sur les 225 000 tonnes récoltées en 1885, près de 200000 ont été importées en Angleterre. La Belgique et la France ont quelques papeteries qui produisent soit du papier, soit de la pâte vendue à d’autres usines pour faire des mélanges. La France utilise très peu d’alfa en raison du prix élevé du transport des produits chimiques et charbons. L’alfa qui revient aux Anglais et aux Belges à 10 francs les 100 kilogrammes, revient aux fabricants français à 14 francs; l’alfa rendant au maximum 50 p. 100, c’est déjà une différence de 8 francs par 100 kilogrammes de pâte, soit 55 francs au lieu de 43 francs. L’Allemagne achète de beaux alfas pour la vannerie et sparterie fine, le prix élevé (14 à 17 francs) compense la faible quantité, 3 000 tonnes. L’Autriche, l’Italie consomment aussi des quantités faibles, mais croissantes d’alfa.
- L’Espagne a de tout temps été un pays de grande production d’alfa; vers 1868-1872, l’exportation atteignait 90000 tonnes; actuellement, elle est réduite à 45000 tonnes.
- L’Algérie a commencé l’exportation en 1863; en 1870, 33 000 tonnes étaient livrées au commerce; en 1879, le maximum de 110000 tonnes est atteint; aujourd’hui, 80 000 tonnes sont transportées en Europe.
- La Tunisie exportait, en 1879, 33000 tonnes; actuellement son exportation est réduite à 14 000 tonnes; mais une assez grande partie des alfas récoltés sont mis en œuvre et utilisés dans le pays. La Tunisie exporte aussi pour plus de 100 000 francs d’alfa ouvré. Des fabriques de pâtes à papier y sont installées depuis peu.
- La Tripolitaine produit 80 000 tonnes; son exportation se maintient vers 75 000 tonnes Le Maroc n’exporte par Mogador que 3 000 à 4000 tonnes par an.
- L’exportation de l’alfa a subi dans ces dernières années une marche ascendante, en rap-poi’t avec une consommation croissante. De 1860 à 1869, l’exportation totale s’est élevée d’une quantité insignifiante à 95 000 tonnes; en 1876, ce chiffre a presque doublé (185000); en 1881 il était de 200 000 tonnes et en 1882 de 225000 tonnes. Mais si la consommation a augmenté, les prix ont singulièrement baissé et sont arrivés aujourd’hui pour les alfas de papeterie à un minimum.
- Les pâtes chimiques de bois sont de jour en jour mieux fabriquées,leur qualité augmente tandis que les prix baissent.
- Industrie du crin végétal. — C’est une industrie toute spéciale à l’Algérie. La plante qui sert de matière première (le palmier nain ou chamærops humilis), et qui autrefois était regardée comme sans valeur et nuisible, est aujourd’hui exploitée régulièrement.
- Les femmes, les enfants, les vieillards indigènes coupent les feuilles dans la montagne et les apportent à l’usine française qui les achète au prix moyen de 1 fr. 40 le quintal. Elles passent alors à la machine à peigner.
- On laisse sécher les fibres, puis on les tresse en longues cordelettes pour leur donner plus de souplesse et d’élasticité.En balles pressées, ces cordelettes sont livrées au commerce, qui, suivant quantité, les achète entre 8 et 14 francs les 100 kilogrammes. On compte déjà 93 fabriques avec 2 850 ouvriers.
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- La population indigène est très intéressée à ces progrès, car elle fournit la presque-totalité de la main-d’œuvre et perçoit une moyenne de salaires annuels de près de 2 millions de francs.
- Les industries de la tannerie, celles des bâtiments méritent plus qu’une mention.
- De tout temps, les indigènes, utilisant surtout les peaux de moutons et de chèvres, avaient pratiqué la tannerie, et, comme corollaire, la cordonnerie et la maroquinerie. C’est surtout à Constantine et à Tlemcen qu’on les voit encore travailler avec leurs procédés rudimentaires.
- Nos colons, sont entrés dans cette voie, mais avec des procédés plus puissants. A côté d’établissements moins importants, deux tanneries, munies de l’outillage le plus perfectionné, fonctionnent, l’une à Maison-Carrée, aux portes d’Alger, qui, avec ses 800 ouvriers, traite une moyenne de 24000 peaux par an; l’autre à Oran, qui en traite de 12 000 à 15 000.
- Les peaux de moutons sont de toutes les plus employées; puis viennent, à peu près sur le même rang, les peaux de chèvres et les cuirs de bœufs ou de veaux.
- Mais, à côté des peaux qui subissent dans la colonie l’opération préparatoire de la tannerie, combien sont exportées à l’état brut, simplement salées, notamment pour les États-Unis.
- Dans un pays qui se développe avec une rapidité tout américaine, où chaque année voit, à Alger, à Oran, surgir comme par enchantement des quartiers nouveaûx; où, dans l’intérieur, des constructions agricoles se multiplient au point que, pendant l’année 1903, des viticulteurs devaient retenir six mois à l’avance des ouvriers pour des travaux de cave en sidéroci-ment, les industries du bâtiment jouent un rôle des plus considérables.
- Les carrières de pierres à bâtir sont plutôt rares; mais l’argile est commune, et la brique tient une large place dans la constraction. On trouve des briqueteries, des tuileries un peu partout; quelques-unes, particulièrement celle de Maison-Carrée sont des modèles du genre munies d’une série de fours continus et d’un outillage tout à fait perfectionné.
- Les bois viennent d’Autriche ou de Suède; les fers, de France.
- Pendant très longtemps, on a fait venir également de la métropole, à grands frais, la presque-totalité des chaux et des ciments. Après des expériences répétées, l’administration à enfin reconnu la valeur des chaux et ciments préparés en Algérie et leur a accordé une large place dans les travaux publics, à côté des marques métropolitaines les plus réputées. Entre toutes les entreprises similaires, trois méritent, par leur importance, d’être signalées :
- La plus ancienne, l’usine des chaux hydrauliques et ciments de Chettaba, près Constantine, livre 10000 tonnes par an, tant en chaux qu’en ciment, sans compter les carreaux et les briques. La société des chaux et ciments de Bougie, et celle de Rivet, qui date de quatre ans seulement, produisent chacune de 12 à 15 000 tonnes.
- En Algérie, les parquets n’existent pour ainsi dire pas; les pièces sont carrelées; aussi l’industrie des tommettes, des carreaux en ciments est-elle très répandue, aussi bien dans le département d’Alger que dans l’Oranie, à Constantine. C’est à Hussein-Dey et au Frais-Wallon, près d’Alger, que se trouvent les usines les plus importantes.
- Deux industries nouvelles ont surgi à la suite des remarquables progrès agricoles réalisés en Algérie: celles du café de figues et de la savonnerie.
- Une des plus intéressantes est celle du café de figues qui existait depuis longtemps en Autriche-Hongrie. Elle consiste à réduire la figue torréfiée en une sorte de poudre analogue à la chicorée; cette poudre, qui se mélange au café, exactement comme la chicorée, présente sur celle-ci plusieurs avantages: elle est plus nutritive et légèrement sucrée, d’où économie de sucre : elle donne, de plus, au café au lait un goût très agréable d’amandes grillées.
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- LE POIDS DES GOUTTES.
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- L’Àulriclic faisait venir de Smyrne des figues de qualité secondaire pour la torréfaction. En 1900, la récolte avait été mauvaise dans la Turquie d’Asie, les industriels autrichiens s’adressèrent à l’Algérie. L’office des renseignements à Paris, le service botanique à Alger, attirèrent l’attention des producteurs algériens sur une industrie en somme facile à établir dans la colonie. L’avis fut écouté, et aujourd’hui des fabriques de cafés de figues sont ouvertes à Bougie, à Fort-National, à Dra-el-Mizan; elles ont peine à satisfaire aux demandes d'un produit dont l’emploi se généralisera quand il sera mieux connu.
- L’industrie de la savonnerie, succédané de l’oléiculture, est tout aussi récente.
- Depuis trois ans, à Mirabeau, dans la Grande-Kabylie, à Bougie, à Mostaganem, de puissantes usines épuisent au moyen du sulfure de carbone des grignons qui restaient jusqu’ici sans emploi rémunérateur.
- Les savons préparés avec les huiles d’olives industrielles sont très recherchés pour le lavage des étoffes de laine et de soie, auxquelles ils donnent beaucoup de souplesse et de brillant. La demande dépasse de beaucoup la production: 1100 000 kilos pour la campagne de 1902-1903. C’est une industrie d’avenir pour un pays où, par la greffe et la plantation, le nombre des oliviers grandit tous les jours, et rend la matière première de plus en plus abondante.
- Jusqu’en 1900, l’Algérie ne connaissait guère qu’une industrie à proprement dire chimique; la fabrication des allumettes. En l’absence de monopole, une puissante société avec deux usines à Mustapha et à Bône, lance chaque année dans la circulation plus de 100 millions de boîtes, dont une partie est écoulée en Tunisie, au Maroc, dans l’Extrême-Sud.
- Les progrès culturaux intenses ont amené d’autre part, depuis le commencement de ce siècle, une demande inusitée d’engrais, de superphosphates, d’acide sulfurique, de soufre raffiné, etl’on voit ces industries se créer coup sur coup. A la Maison Carrée, à Hussein-Dey, au Gué de Constantine, autour d’Oran, de Bône, de Bougie, à côté des principaux ports, on voit les cheminées d’usines se dresser de plus en plus nombreuses.
- ÉCOULEMENT DES LIQUIDES PAR DES OUVERTURES CAPILLAIRES
- MM. J.-M. Bell et F.-K. Cameron, Journal of physical chemistry (1906, p. 658) représentent le mouvement de l’eau à travers un tube capillaire par la formule y2 = Kl, que l’on dérive de la formule de Poiseuill en négligeant l’accélération, ce qui est possible étant donnée la faible vitesse. Cette formule est, notamment sous sa forme y% = Kl, commode pour les phénomènes d’absorption des liquides par les substances poreuses, tels le papier buvard, les terres. La valeur de n reste inférieure à 2, dans la plupart des cas, y représente la longueur dont s’est déplacé le liquide dans le temps t. Les constantes n et K sont variables avec les substances employées et la température.
- La pesanteur semble négligeable, puisque la hauteur dont s’élève un liquide dans une bande de papier buvard, est la même, que ce dernier soit placé horizontalement ou verticalement.
- LE POIDS DES GOUTTES
- Les conclusions du travail de M. H. Ollivier (voir les notes de janvier) sont que les gouttes d’eau de moins de 10 millimètres cubes, qui s’échappent d’un orifice percé dans une paroi enfumée, ont un volume constant, si l’on prend les précautions suivantes:
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Dans les tubes fins à bout rodé et enduits extérieurement de cire, de paraffine, de vaseline, de spermaceti, de suif, après les premières heures de l’emploi, l’aspect des gouttes change et le poids varie en plus de 10 p. 100. La substance finit par être mouillée, plus d’un côté que de l’autre. On constate que si l’on interrompt l’écoulement, le poids des gouttes change. On obtient des résultats plus réguliers en baignant fréquemment dans l’eau la pointe du tube. Ce sont les orifices percés dans une paroi enduite de cire, puis enfumée, qui se montrent bien supérieurs ; il ne faut pas mettre beaucoup de cire; il faut enfumer en plusieurs fois sans fondre la cire.
- Il y a lieu de prendre une grande pression du liquide et un robinet très serré.
- Il est également indispensable d’éloigner tout corps électrisé de l’orifice d’écoulement.
- Il*est à noter que les surfaces enfumées sont hérissées de petits murs de noir et de protubérances très fines et très serrées dont l’eau ne peut toucher que le sommet. Il n’y a pas d’adhérence pour l’eau dans le sens normal. La surface est parfaitement mouillée par l’air. Une grande quantité d’air est enfermée dans les cellules et entre les murs de noir, et l’on ne peut enlever cet air sans faire perdre à la surface toutes ces propriétés i
- l’épuration des eaux d’égout avec la tourbe, par MM. A. Müntz et E. Laîné
- (extraits).
- L’évacuation des eaux d’égout est devenue un problème social de premier ordre et une préoccupation permanente pour les municipalités et les pouvoirs publics. Pendant longtemps, disent MM. Müntz et E. Laîné (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1907, p. 466), on les a laissées se déverser dans les cours d’eau, qu’elles souillaient au point de compromettre la sécurité des populations riveraines situées en aval.
- Plus récemment on a eu la pensée de les rendre inoffensives par leur épandage sur les terrains agricoles. Pour obtenir l’épuration en même temps que l’utilisation agri cole des eaux résiduaires, il faut des surfaces de terrains très grandes, des sols suffi samment perméables pour permettre aux phénomènes biologiques d’oxydation de se produire; mais non fissurés, ni d’une perméabilité trop grande pour laisser les eaux s’écouler avant leur épuration complète ; des sous-sols incapables de retenir l’eau à l’état stagnant. Ces conditions multiples ne sont pas souvent réunies, l’épuration agricole est donc aléatoire et son emploi tend à se restreindre. Aussi a^-t-on cherché des procédés qui sacrifient le côté agricole et qui n’ont pour but que de rendre inoffensives pour la santé publique, à mesure de leur production, la masse des liquides souillés produits dans les villes et les centres industriels. On s’est adressé encore à une épuration biologique, analogue à celle qu’opère la terre elle-même, mais en l’exaltant de manière à obtenir, sur des surfaces restreintes, ces phénomènes d’oxydation par intervention microbienne pour lesquels de vastes étendues sont nécessaires quand on emploie l’épandage sur les terres.
- Depuis plusieurs années, les progrès faits dans cette voie ont été considérables, et des applications ' heureuses ont'été faites, principalement en Angleterre et aux États-Unis.
- Une amélioration notable a été réalisée par l’adoption des fosses septiques, dans lesquelles on fait subir aux eaux d’égout une fermentation anaérobie préalable, modi-
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- fiant les matières organiques et les rendant plus aptes à s’oxyder ensuite sous l’influence des organismes aérobies, qui les détruisent en les minéralisant. Ce système préconisé par Dibdin et par d’autres expérimentateurs, a fait l’objet d’études du plus haut intérêt de la part de M. Calmette (Comptes rendus, 1903 et 1907) à la station de la Madeleine, à Lille.
- L’intensité des phénomènes d’oxydation, principalement attribuables aux bactéries nitrifiantes, est le facteur essentiel de l’épuration. Au cours de leurs travaux, MM. A. Müntz et E. Laîné ont constaté que la tourbe forme pour les organismes nitrifiants un support incomparablement supérieur à ceux qu’on avait mis en œuvre auparavant. Les premiers résultats obtenus montrent la possibilité d’établir des champs bactériens à base de tourbe, ayant une puissance d’épuration extrêmement grande.
- Les eaux industrielles à épurer traversaient d’une façon continue deux bonbonnes de 60 litres, servant de fosses septiques où elles subissaient une fermentation anaérobie, généralement très avancée, et se répandaient ensuite à raison de lm3à lm3,250 par jour et par mètre carré sur le champ de tourbe.
- Pendant ce rapide passage sur un lit de tourbe constituant un champ bactérien d’une grande énergie oxydante, l’ammoniaque a disparu presque complètement; l’azote organique a diminué des quatre cinquièmes ; la somme des matières carbonées, exprimée d’après la quantité d’oxygène nécessaire à sa combustion, est tombée à un cinquième et à un sixième. L’absence des nitrites, constatée d’une manière constante, dénote la marche régulière de l’oxydation et montre qu’à aucun moment un processus de réduction n’est intervenu.
- Les liquides évacués sont d’une limpidité parfaite ; mais, vus en grande masse, ils présentent une légère teinte ambrée, qui provient de la dissolution d’une trace de la matière chimique de la tourbe.
- Ces recherches montrent dès maintenant la possibilité d’épurer, sur des surfaces restreintes de lits bactériens de tourbe, les volumes énormes d’eaux polluées produites dans les agglomérations humaines et les établissements industriels.
- TRAVAUX DE L’AMERICAN CERAMIC SOCIETY
- Influence du calcaire. Emaillage du fer. Pouvoir colorant de l’oxyde d’uranium. Influence de l’acide phosphorique. Sur les efflorescences. L’industrie des chaux. Fabrication des briques à sec.
- Parmi les travaux publiés par l’American Geramic Society, dans son volume VIII de 1906 :
- 1° L’addition de chaux aux pâtes argileuses, a été étudiée par H. E. Ashiey (p. 147-154). La présence du calcaire passe généralement pour être la source d’ennuis et de défauts divers, en particulier de nitrification soudaine et de déformation ; celle du fluorure de calcium est encore plus suspectée comme origine de gonflement et de bulles de gaz. Mais ces effets sont-ils dus à la seule présence ou à ce que le calcaire existe en proportion exagérée ? Si la proportion ne dépasse pas 3 p. 100, dit M. Ashiey, il y a augmentation marquée du retrait, diminution de la porosité, léger accroissement de la translucidité et élévation très nette de la force. Le calcaire agit plus efficacement que le spathfluor dans les premiers de ces effets, et moins que lui pour les deux derniers.
- 2° M. H.-F. Staleij (p. 172-179) étudie l’émaillage du fer. Après un court historique,
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- NOTES DE CHIMIE.
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- il donne les détails de la préparation des tubs de fer émaillés. La composition de l’émail est tenue secrète par tous les manufacturiers, c’est une fritte de borosilicate, rendue opaque par de l’oxyde d’étain. La température de fusion varie de t 000°àl 100°. Si l’émail forme un fond, on lui ajoute du feldspath, de l’argile ou du Ilint pour le rendre moins fusible. La température du four doit être surveillée avec soin. Le rôle dè l’émail de fond ou contre-oxyde a pour but d’empêcher Foxydation du métal pendant le chauffage et de former probablement un lien chimique entre le métal et l’émail.
- A propos de cette question nous rappellerons les articles de./. Schlemmer (Stahlund Eisen, 1906, 350) et de M. Rudolf Vondracek (Chemiker-Zeitung, 1906, 575) dont on trouvera la traduction dans le Moniteur Scientifique, 1906, 893. Ces deux auteurs font la revue des divers moyens proposés pour débarrasser le fer à émailler des particules de graphite qui nuisent à la solidité de l’émaillage. Le fer pur préparé par l’électrolyse se laisse en effet facilement émailler, comme les métaux nobles. Les recherches actuelles tendent à résoudre la question par une oxydation superficielle et adhérente du métal.
- 3° Le pouvoir colorant de l’oxyde d’uranium, qui entre dans la composition de certaines glaçures, a fait l’objet d’une communication de M. Frank Harwood Riddle
- (p. 210-220).
- Le sesquioxyde d’uranium qui est jaune, et qui n’est en réalité que de l’uranate de soude, possède un faible pouvoir colorant, dit Cunyngame (The art of Enamelling on Metals, p. 125). Alexandre Brogniard (The coloring and decorating of Ceramic ware) donne une méthode de préparation de l’oxyde d’uranium pour les besoins de la céramique. Seger dit que l’uranium donne des glaçures jaunes sensibles aux conditions réductrices; la couleur se dissout à la température du four à porcelaine.
- M. F.-H. Riddle conclut différemment de ses recherches, puisque 0,006 équiva-lents donnent une coloration très nette et 0,02 équivalents constituent une limite.
- Les glaçures au plomb, riches en oxyde d’uranium prennent une couleur orange, tandis que les glaçures pauvres en uranium ou tout à fait exemptes ne prennent qu’une-couleur jaune citron.
- 4° L’influence de l’acide phosphorique dans les pâtes, en ce qui concerne la translucidité et la fusibilité des produits, a été étudiée par M. C.-W. Parmelee (p. 236-243). En quantité suffisante, l’acide phosphorique donne de la translucidité et améliore 1a. couleur, il agit comme fondant et comme vitrifiant. Cette action semble indépendante de la base à laquelle l’acide phosphorique est combiné, mais la base agit de son côté naturellement et la potasse, en quantité même minime de 0,2, si elle n’accroît pas la. .translucidité, augmente la fusibilité et donne un aspect d’émail. La chaux accroît la fusibilité.
- 5° M. Alfred-Charles-E. Binns indique une méthode pour déterminer la finesse des matériaux employés en céramique (p. 244-251). L’appareil employé est formé d’un récipient d’où s’écoule un courant d’eau continu; la vitesse du courant va en diminuant graduellement en passant dans des cuves de sections croissantes. Les matières pulvérulentes ont été soigneusement mélangées dans l’eau, au début, et l’on réalisa ainsi leur classement méthodique.
- 6° Les composés du baryum empêchent la formation des efflorescences qui sont souvent dues au sulfate de chaux. M. Ellis Lovejoy (p. 255-265) passe en revue les différents composés : chlorure, carbonate, hydrate de baryum, susceptibles de servir comme un moyen préventif. C’est l’hydrate qui de beaucoup est le meilleur, il agit
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- en précipitant le sulfate de chaux à l’état de sulfate de baryum pratiquement insoluble, alors que le sulfate de chaux se dissout dans l’humidité que contiennent les matériaux de construction et cause le blanc défectueux.
- Le même sujet, mais plus spécialement par rapport à l’efllorescence des briques, a fait l’objet des recherches de M. J.-C. Jones (p. 369-390). Ces efflorescences sont de deux sortes au point de vue de leur origine et de leur constitution. Les unes (kiln white) sont formées presque entièrement de sulfate de chaux, avec un peu de sulfates alcalins ou magnésien; les autres (wall white) sont plus variables, mais les sulfates de magnésie et de chaux en forment généralement la base.
- Les moyens préventifs sont indiqués dans chaque cas. Une bibliographie de la question fait suite à ce travail, dont nous donnerons dans nos prochaines notes les points intéressants.
- 7° M. S.-V. Peppel (p. 266-273) a fait une étude complète de l’industrie de la chaux, l’une de celles, dit-il, qui ont le moins profité du développement de la chimie. L’auteur rappelle les différents travaux effectués, notamment ceux de M. Le Ghatelier, et termine par une série de questions dont il désirerait voir commencer l’étude.
- 8° M. Ellsioorth Ogden (p. 274-283) donne des détails sur la préparation de l’argile qui doit servir à la fabrication des briques par compression à sec.
- SÉPARATION DU SABLE ET DE L’ARGILE DANS L’ANALYSE DES TÉRRES
- La séparation complète du sable et de l’argile dans les terres argileuses ou dans celles qui contiennent des matières organiques, est d’une difficulté considérable en analyse. L’argile en effet forme souvent de petits agrégats de mêmes dimensions que les grains de sable.
- Dans les méthodes habituelles d’analyse de sol, on soumet l’échantillon à l’action d’un courant d’eau au-dessus d’un tamis, puis on traite le résidu par l’eau bouillante pour achever la séparation de l’argile et du sable. Schône fait bouillir avec une solution à 2 p. 100 d’alcali caustique.
- L. Cohen (Proceedings of the Roy. Soc. of New South Wales, 1903, p. 99), après avoir étudié diverses méthodes d’ébulütion, notamment avec l’eau pure; avec une solution à 2 p. 100 de soude; avec de l’acide azotique; avec un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potassium; donne la préférence à la solution de chlorure de zinc dans deux fois son poids d’acide chlorhydrique (40 p. 100 d’HCl). Cette méthode est surtout avantageuse dans le cas de terres riches en matières organiques, l’humus par exemple.
- SUR LA ROUILLE DU FER
- MM. Dunstan, Jowett et Goulding (Trans. 1905, 87,1648) ont montré par une longue série d’expériences que la rouille du fer peut prendre naissance en l’absence de l’acide carbonique. Seuls le fer, l’oxygène et l’eau sont nécessaires à sa formation. Pour expliquer le rôle protecteur contre la rouille, que jouent certaines substances, comme les alcalis et le bichromate de potassium, on a émis l’hypothèse d’une formation nécessaire de peroxyde d’hydrogène, que les substances protectrices décomposent en effet.
- Récemment le docteur Gerald T. Moody (Trans. 1906, 89, 720) a publié une série d’expériences qui tendraient à prouver, dans son opinion, que le fer ne peut pas rouiller en l’absence d’acide carbonique.
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- Les expériences de Dunstan citées plus haut ont été effectuées avec le plus grand soin, en l’absence de CO2; cependant il était bon de répéter les expériences du docteur Moody. Ses conclusions n’ont pas été confirmées. Les résultats des expériences exécutées comme décrites par lui, ont montré que la rouille du fer se produit parfaitement en l’absence de CO2, à la condition que le fer soit en présence d’oxygène et d’eau liquide. Wyndam Rowland Dunstan (Proceedings of the chem. Society, 1907, p. 62).
- LE PIQUAGE DES FILS DE FER ET D’ACIER
- 11 est d’usage dans les manufactures de fils d’acier de décaper la surface de ce dernier avant de le tréfiler, pour le debarrasser de l’oxydation superficielle. On sait depuis longtemps que cette opération est nuisible à la qualité de l’acier, mais si on le passe ensuite dans un four à recuire à 130°-135°, on lui rend la plus grande partie des qua-btés perdues. Hej'berl A. Baker W. et A. Lang (J. of the Soc. of chem. Industry, 1906, p. 1179) ont étudié ces deux phénomènes, en particulier les variations de résistance de l’acier, aux différentes phases des manipulations subies : 1° avant le décapage à l’acide; 2° après le décapage; 3° après le rouillage; 4° après un enduit de gélatine;. 5° après le recuit. Les essais de traction ont été effectués avec la machine Riehlé. La résistance ultime à la traction est restée sensiblement la même pour tous les cas, mais la tendance à la striction avant rupture apparaît après le bain acide et reste sensiblement la même jusqu’après le recuit.
- Les essais à la flexion au contraire montrent une chute de résistance après le décapage et un retour à l’état initial après le recuit.
- Il est probable, disent les auteurs qui continuent leurs recherches, qu’il se forme un hydrure lors du décapage. -
- Ces altérations du fer soumis au décapage sont bien moindres, dit M. A. Ledebuhr, lorsque le fer contient certains corps étrangers; le silicium en particulier peut les atténuer considérablement, tandis que le carbone, au contraire, les facilite. Ainsi l’acier est plus sensible que le fer tendre. Quant à la fonte grise qui contient 1 à 2 p. 100 de silicium, elle est à peine altérée par un bain de plusieurs jours dans l’eau acidulée.
- Plus les pièces soumises à l’influence des acides sont épaisses, plus la solution acide est étendue, moins sera sensible l’influence de la corrosion. Par un repos prolongé, les pièces corrodées perdent leur tendance à-la rupture; le recuit produit un effet analogue.
- Étudiant la même action corrosive des acides sur le fer et l’acier, MM. C. F. Burgess et S. G. Engle (Electro-chemical Industry, 1906, p. 224) ont trouvé que le fer préparé par voie électrolytique et non chauffé est attaqué quarante fois plus activement que le fer électrolytique que l’on a chauffé au préalable pour le débarrasser de son hydrogène. Des traces d’arsenic exercent une influence très marquée contre la corrosion acide; ce fait rappellera à l’esprit le travail de M. Lindet qui a fait ressortir l’influence heureuse de l’arsenic pour protéger contre la rouille les récipients et réservoirs en fer. M. Bancroft a proposé de déposer sur le fer une couche mince riche en arsenic.
- SUR LA DÉSULFURATION DES GALÈNES PAR LE SULFATE DE CALCIUM
- La validité du brevet Carmichael-Bradford, pour la désulfuration de la galène, a été contestée par les propriétaires du brevet Huntington-Heberlein (Eng. and Mining J., 1906,
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- PROCÉDÉ SIMPLIFIÉ, DE GALVANOPLASTIE.
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- pp. 883-884). Une série d’expériences faites par M. Carmicliael à Stolberg (Rheinland), sous le contrôle de représentants du Patentamt de Berlin, montrèrent qu’en soufflant de l’air dans un mélange de galène et de sulfate de calcium, on n’obtient pas seulement la désulfuration de la galène, mais aussi dans une certaine mesure celle de S04Ca. Par ailleurs les gaz dans le procédé Carmichael-Bradford sont beaucoup plus riches en acide sulfureux que ceux du procédé Huntington-Heberlein.
- Le grillage préalable constitue donc la partie fondamentale du procédé Huntington-Heberlein, tandis qu’il est supprimé par Carmichael et Bradford qui ajoutent SCfiCa à la galène et qui obtiennent la désulfuration par un soufflage direct.
- Carmichael et Bradford ont réalisé une invention véritable.
- Le brevet Huntington et Heberlein note qu’au lieu de chaux, on peut employer de l’oxyde de fer.
- Le terme grillage à la chaux est donc trop spécial, et le professeur Austin propose de le remplacer par celui de grillage au convertisseur.
- Le grillage au convertisseur et le grillage à la chaux pourraient encore être considérés comme deux procédés distincts : le premier constituant une première modification du grillage ordinaire, l’autre constituant une modification plus complète.
- PROCÉDÉ SIMPLIFIÉ DE GALVANOPLASTIE
- C’est l’Industrie électrique du 25 février 1907 qui le décrit d’après le Bulletin de la Société belge d’électriciens. On sait les difficultés qui se présentent en galvanoplastie si l’on veut traiter des objets volumineux; la cuve, dans ce cas, doit être suffisamment grande pour que l’objet à galvanoplastiser y puisse- entrer complètement et être de toute part entouré par l’électrolyte.
- Dans le procédé décrit, le bain est remplacé par la faible quantité d’électrolyte qu’un pinceau ordinaire peut contenir. Un fil de métal enroulé à l’extrémité supérieure des crins amène le courant.
- L’épaisseur de la couche formée dépend naturellement du temps employé à badigeonner et du nombre de fois que l’on a fait repasser le pinceau sur les parties déjà recouvertes du métal à déposer. Le dispositif qui a donné les meilleurs résultats est le suivant : à une prise de courant de 110 volts, on dispose une résistance de six lampes de 50 bougies réunies en série et représentant à peu près 750 ohms ensemble. Le courant qui passe est d’environ un dixième d’ampère.
- Ce procédé permet de protéger, au moyen d’une méthode simple et rapide, les objets métalliques ou rendus conducteurs, même s’ils sont volumineux, contre l’action des agents atmosphériques. Il permet à l’orfèvre de faire de la polychromie métallique, très facilement et très économiquement.
- Comme le dépôt très mince est très adhérent, il peut, recouvert d’un vernis protecteur, suffire dans la plupart des cas.
- Voici quelques bains qui ont donné les meilleurs résultats.
- Solution d’argent : nitrage d’Ag. 20 grammes ; cyanure de potassium 30 grammes ; ammoniaque (96 p. 100) 0,4 ; formiate de potassium 2 ; eau à 1 litre.
- Solution d’or : chlorure d’or 6 grammes ; ammoniaque 2 ; cyanure de potassium 13; ajouter de l’eau pour faire 1 litre; enfin ajouter : formiate de potassium 2 grammes.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Solution de cuivre : sulfate de cuivre 180 grammes; acide sulfurique concentré 00 grammes ; ajouter de l’eau jusqu’à 1 litre ; alcool à 96 p. 100, 10 grammes.
- Solution de nickel : sulfate de nickel 60 grammes ; sulfate de soude 50: citrate de soude 50 grammes; ajouter de l’eau jusqu’à 1 litre. Dans le cas du nickel, il est préférable de ne prendre qu’une faible tension : 5 à 4 volts.
- LAMPES ÉLECTRIQUES AU TUNGSTÈNE
- M. Bainville a fait une communication à la Société internationale des électriciens {Bulletin de février 1907, p. 115) sur les nouvelles lampes électriques au tungstène. Si les résultats obtenus sont confirmés dans la pratique, dit-il, ils sont de nature à favoriser le développement de l’éclairage électrique. Voici quelques extraits textuels :
- Les lampes à filament métallique, qui dérivent de la lampe à l’osmium du docteur Auer von Welsbach parue en 1900, sont constituées par un métal réfractaire dans un état molécu-culaire spécial, et non pas par un fil métallique, étiré à la filière comme le filament de la lampe au tantale de Siemens et Halslce. Ce procédé de fabrication, qui semble avoir été préconisé par Lodyguine, il y a dix ans environ, sans succès alors, a donné d’excellents résultats entre les mains du docteur Auer.
- A l’osmium, choisi par le docteur Auer, probablement à cause de la moins grande stabilité de ses composés, on a substitué dans les nouvelles lampes le tungstène, métal réfractaire également, dont la température de fusion, d’après Waidner et Burgess, serait de 3200°.
- Le procédé Auer consiste à filer une poudre métallique impalpable mêlée à un agglomérant qui sera détruit dans la suite des opérations. Le squelette métallique résultant n’a qu’une fraction de la section du fil initial, et on comprend qu’on puisse ainsi obtenir des fils métalliques de très faible section.
- Just et Ilanaman ont décrit un autre procédé qui semble plus difficilement applicable et qui consiste à déposer le métal sur un support de carbone.
- Dans l’un et l’autre cas, le résultat final semble être un filament de carbure du métal employé; d’après les brevets, on soumet ce filament aune oxydation et à une réduction simultanées pour détruire le carbone.
- Un seul des procédés décrits dans les brevets est absolument différent et très original ; n’est celui du docteur Kuzel. Il consiste à filer une solution colloïdale du métal. Le procédé Bredig, dans lequel on obtient cette solution en faisant jaillir un arc entre deux électrodes <lu métal, maintenus à l’intérieur d’une masse d’eau, est, paraît-il, celui habituellement employé par le docteur Kuzel. A priori, l’avantage de ce procédé sur les précédents ne semble pas douteux au point de vue de la pureté du métal constituant le filament, puisqu’il suffit de le sécher après filage et de le condenser par le courant dès qu’il est devenu suffisamment conducteur ; tandis que par les autres méthodes, il semble difficile d’éliminer complètement le carbone, mais il paraît malheureusement que le procédé Kuzel ne permet pas d’obtenir des filaments assez fins.
- La production du métal pur en poudre fine est légèrement différente d’un brevet à l’autre ; les uns préconisent l’emploi des combinaisons azotées ou hydrogénées, les autres partent de l’acide tungstique; c’est évidemment un des points capitaux et non des moins délicats de cette fabrication.
- L’agglomération de cette poudre métallique se fait avec des composés organiques : sucre, gomme, etc. ; auxquels on adjoint môme, s’il s’agit de faire des fils très fins, une petite quantité de charbon en poudre impalpable. Plus l’agglomérant donnera un résidu considérable de carbone, plus le diamètre de filetage delà pâte sera grand pour une même section de filament
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- terminé et l’on pourra employer des poudres métalliques qui ne seront pas absolument impalpables.
- Le fil obtenu ainsi, par filage de cette pâte, est séché puis calciné en vase clos, et l’on aboutit finalement à un filament de carbure de tungstène, plus ou moins mélangé de carbone libre.
- Différents procédés sont indiqués dans les brevets pour se débarrasser de ce carbone. La vapeur d’eau, mélangée avec un grand excès d’hydrogène donne, paraît-il, d’excellents résultats. On préconise aussi l’emploi de l’azote et des vapeurs ammoniacales.
- Le filament est alors soumis à une incandescence très vive dans le vide qui a pour but de resserrer les molécules et de lui donner, par suite, une résistance mécanique suffisante. La supériorité du filament de tungstène semble résider dans ce fait qu’il peut être soumis ainsi à une température plus élevée que le filament d’osmium sans que sa résistance soit sensiblement modifiée. Ces considérations générales laissent entrevoir d’assez grosses difficultés en fabrication industrielle par grandes quantités.
- Les qualités que présentent les lampes au tungstène sont très séduisantes ; si l’on s’en rapporte aux essais publiés jusqu’ici. La lampe au tungstène peut être considérée comme ayant une consommation de 1,2 watt par bougie décimale, dans la direction du maximum. La durée utile de cette lampe oscille entre 500 et 800 heures, et dépasse souvent 100 heures. L’allure générale des courbes est celle des lampes à osmium, c’est-à-dire que la puissance lumineuse se maintient sensiblement constante, pendant toute leur durée qui correspond ainsi à leur durée utile. Les lampes de basse tension ont des durées supérieures aux lampes de 110 volts, et de plus faible consommation.
- Il est permis de conclure que le succès commercial de la lampe au tungstène est assuré à condition que sa fabrication puisse être réalisée d’une façon industrielle.
- L’emploi de la lampe au tungstène est à conseiller pour les basses tensions, par exemple pour l’éclairage par accumulateurs et pour le montage en série sur les réseaux. Pour le montage en dérivation sous 110 volts, il n’y a pas avantage, en l’état actuel, à utiliser des lampes d’une puissance lumineuse inférieure à 30 bougies.
- Ces restrictions étant faites, la lampe au tungstène permettrait enfin à l’éclairage électrique de lutter bien plus aisément contre l’éclairage au gaz.
- M. Janet donne ensuite quelques renseignements sur la lampe au tantale : Neuve, la lampe au tantale, dite de 25 bougies, consomme 40 à 42 watts et donne de 20 à 25 bougies horizontales. La dépense spécifique est donc de 1,7 à 2 watts par bougie horizontale.
- Au point de vue de la température de fonctionnement des différentes lampes à incandescence, Waidner etBurgess, du Bureau of Standard, donnent comme température de fonctionnement des lampes :
- Lampe au carbone (3,5 watts bougies), 1 800, 1850; lampe au tantale, 2 000; lampe au tunsgtène, 2 300.
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- M. G. D. Delprat a traité des procédés suivis pour l’Enrichissement des minerais mixtes de sulfure d’argent aux mines de Broken Hill, in Proceedings (sept., 1906) de l’Australian Institute of mining Engineers (extraits dans le n° 19 du Génie civil, p. 318, par M. E. Lemaire).
- M. P. Citaval a exposé quelques applications récentes du four électrique en métallurgie, dans la réunion du 2 février 1907 de la Société de l’industrie minière de Saint-Etienne. On y trouve un tableau des différentes usines électrométalliques des divers pays.
- R. S. Hutton (Engineering, 1906, p. 779) a traité le même sujet avec des détails sur les prix de la force motrice et les rendements, pour la production des aciers.
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- MARS 1907.
- Sur le même sujet, une intéressante discussion a suivi à la Société des ingénieurs civils la communication deM. Girod sur son four. M. L.Guillet, dont j’ai cité les articles sur la question dans mes précédentes notes, l’a ouverte. M. Girod, M. le commandant d’artillerie italien Stassano, M. Saconney, etc., ont développé brillamment leurs idées; dont on trouvera l’exposé dans les procès-verbaux des séances des 1er et 15 mars.
- M.Fred. W. Taylor, de Philadelphie, a pris occasion de sonadresse présidentielle au Congrès de New-York de 1906 de l’American instituteof mechanical Engineers (Trans., XXVIII), pour présenter un mémoire magistral sur la taille des métaux. La traduction française intégrale a paru dans la Revue de Métallurgie, 1907, nos de janvier et suivant.
- Le chapitre relatif aux aciers à outils, à leur traitement, à leur composition et à leur trempe, rentre dans le cadre de ces notes.
- Le cinquantenaire des fours à régénération Siemens est l’occasion pour M. Henry Le Chatelier de nous donner,dans le numéro de mars de sa Revue de Métallurgie, des souvenirs personnels, sur William Siemens, Louis Le Chatelier et Pierre Martin.
- l’oxyde de carbone et le gaz d’éclairage
- Le gaz d’éclairage renferme de l’oxyde de carbone et c’est à la présence de ce gaz qu’est due sa toxicité.
- Pour faire face aux accroissements de la consommation du gaz dans Paris, l’Administration municipale se préoccupe d’augmenter la puissance de ses usines, de manière à pouvoir disposer d’un supplément journalier de 70000 mètres cubes pour l’hiver 1907-1908 et d’un second supplément semblable pour l’hiver 1908-1909, soit 140 000 mètres cubes d’ici à deux ans. Le temps faisant défaut pour construire de nouvelles usines à gaz de houille, on a dû envisager l’installation d’usines à gaz d’eau carburée, qui présentent l’avantage d’être beaucoup moins coûteuses (30 francs par mètre cube au heu de 60 francs), de permettre une mise en œuvre beaucoup plus rapide des appareils et une plus facile utilisation des cokes.
- Le gaz àl’eau est entré maintenant dans/la pratique courante des grandes villes d’Angleterre, où la teneur admise a été plutôt en augmentant; le chiffre de 30 p. 100 est couramment dépassé, alors que celui qu’adopterait la Ville de Paris, dans l’essai qu’elle veut tenter, n’atteindrait pas 10 p. 100.
- Mais avant d’engager définitivement cette affaire, l’Administration municipale a désiré avoir l’avis du Conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Seine.
- C’est M. Jungfleisch qui a fait le rapport, sur le point de savoir si le mélange du gaz à l’eau, dans le gaz de houille, dans la proportion indiquée plus haut, paraît de nature à être accepté, et nous extrayons de ce rapport tous les points intéressants.
- Il s’agit, dit M. Jungfleisch (Compte rendu des séances du Conseil d’hygiène publique et de salubrité de 1907, p. 12), du conflit possible de deux intérêts, l’intérêt économique et l’intérêt hygiénique; l’intérêt économique, résultant de la substitution partielle du gaz à l’eau au gaz de houille, étant considérable. D’autre part, si le gaz de houille contient toujours une certaine proportion d’oxyde de carbone, le gaz à l’eau est, de tous les combustibles gazeux usités, le plus riche en oxyde de carbone, c’est-à-dire le plus chargé d’un gaz extrêmement
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- toxique et dangereux. L’addition de gaz à ]’eau au gaz de houille augmente donc la teneur du mélange en oxyde de carbone, elle accroît dès lors les chances d’accidents par intoxication, qui peuvent survenir lorsque le gaz d’éclairage vient à être déversé dans l'atmosphère sans être brûlé.
- Les avantages de l’intervention du gaz à l’eau dans l’éclairage sont fort appréciés à l’étranger. Déjà en 1890, sur 1100 villes éclairées au gaz aux États-Unis, 305 l’étaient par le gaz à l’eau, avec 367 fabriques appliquant une trentaine de procédés différents; six ans après, en 1886 les 70 centièmes du gaz distribué étaient du gaz à l’eau, et la proportion a augmenté encore depuis dix ans. (Shelton J., für Gasbeleuchtung, t. 33, p. 461).
- En 1890, 40 fabriques de gaz à l’eau étaient exploitées en Allemagne; depuis quinze ans; les installations de ce genre se sont multipliées ^ans le même pays, car les brevets pris pour cet objet sont devenus fort nombreux.
- En 1899, les usines à gaz ont fourni par jour, dans le Royaume-Uni, jusqu’à 3 500 000 mètres cubes de gaz à l’eau carburé, ce qui représentait près du quart de la production totale en gaz d’éclairage. Le gaz courant distribué dans les 98 plus grandes villes d’Angleterre pendant une des dernières années, a été chargé de gaz à l’eau dans des proportions dont la moyenne dépasse 30 p. 100 (30,34p. 100). A Coventry, la proportion maxima a été atteinte, en 1903-1904 avec 63,41 p. 100; àSouthport, en 1904-1905, avec 55-,86 p. 100; à North Middlesex, en 1904, avec 53,88 p. 100; à Tottenham, en 1904, avec 54 p. 100. Une des compagnies fournissant le gaz de Londres Gas Light and Coke Comp.) après avoir mélangé au gaz de houille83 000 000 de mètres cubes en 1899, en a mélangé 124 400 000 de mètres cubes en 1903, soit une moitié en plus.
- Le gaz que fournit la houille, lorsqu’on la décompose par la chaleur, présente une composition assez variable. M. F. Fischer a donné, en 1897 (Die chemische Technologie der Brenns-toffe, 1.1, p. 282 et 283) un relevé de 33 analyses de houille d’origines très diverses;' la moyenne des teneurs, en oxyde de carbone, de ces analyses est 8,02 volumes d’oxyde de carbone, dans 100 volumes. Il importe cependant de remarquer que ce relevé contient un minimum de 3,13 p. 100 et des maxima de 15,64, 17,64 et même 18,65 p. 100, c’est-à-dire que les écarts sont considérables. Il ressort de l’examen d’un tableau des analyses du gaz effectuées chaque mois par le Laboratoire municipal, que les moyennes annuelles des teneurs en oxyde de carbone ont oscillé de 7,52 p. 100 à 9,38 p, 100 pendant la période 1896-1906.
- Le minimum, 5,0 volumes dans 100 volumes a été observé le 2 mai 1898. Des maxima de 11,0 dans 100 volumes, l’ont été le 30 août 1901, le 18 décembre 1901 et le 25 avril 1902. La très grande constance des teneurs constatées de 1901 à 1906 est très remarquable. Ces chiffres conduisent à’8,94 comme teneur moyenne du gaz parisien de 1896 à 1906. C’est donc à un gàz' toxique qu’il s’agit d’ajoutdr un autre gaz plus toxique encore.
- Le gaz à l’eau industriel renferme une proportion d’oxyde de carbone notablement inférieure a 50 volumes sur 100. C’est ainsi qu’à Warsteiner-Ilütte, les appareils Dellwick-Fleis-cher, d’un type analogue à ceux qu’il s’agit d’établir à Paris, fournissent, en fonctionnant au coke, un gaz contenant d’ordinaire 40,4 volumes d’oxyde de carbone dans 100 volumes (Ley-bold, J. fur Gasbeleuchtung, 1898, p. 1528).
- Aux États-Unis, pour rendre le gaz éclairant, on fait en outre intervenir le naphte ou les résidus de naphte, ce qui diminue la teneur en oxyde de carbone, souvent jusqu’à 25 p. 100 seulement.
- Le danger de l’oxyde de carbone est d’autant plus grand qu’il est presque inodore et que l’odorat n’avertit pas de sa présence dans l’air. On sait que sur l’initiative de Verver, le gaz à l’eau non odorant, chauffant un cône de platine qu’il rendait lumineux, a été mis en usage, vers 1859, dans la ville de Narbonne ; les accidents d’intoxication ont été nombreux et graves au point de faire supprimer brusquement l’emploi de ce mode d’éclairage.
- Aux États-Unis où cependant la tenèur en oxyde de carbone est le plus souvent abaissée par les pratiques déjà indiquées, des accidents nombreux se sont produits, surtout à l’origine ; ils ont décidé les législateurs de l’État de Massachusetts à interdire l’emploi de tout gaz contenant plus de 10 p. 100 d’oxyde de carbone.
- Tome 109. — Mars 1907.
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- En certaines villes françaises, le gaz à l’eau commence à être introduit dans le gaz d’éclairage. Il en était ainsi à Lyon il y a quelques jours encore. A Marseille, le traité intervenu entre la municipalité et la fabrication dit que le gaz de bouille mélangé de gaz à l’eau devra remplir les conditions du cahier des charges de Paris ; il devra avoir en outre un pouvoir calorifique de 4900 calories (vapeur d’eau condensée) par mètre cube à 15° et à la pression 760 millimètres. Cette dernière clause limite très indirectement la teneur en gaz oxyde de carbone.
- A Saint-Quentin, on a ajouté jusqu’à 10 centièmes de gaz à l’eau.
- Au Puy, le traité autorise l’addition de 20 centièmes de gaz à l’eau, en imposant les conditions de Paris pour le gaz éclairant.
- Dans aucune de ces villes, d’après les renseignements qui m’ont été fournis, l’addition du gaz à l’eau au gaz de houille n’a été l’origine d’accidents.
- Le gaz à l’eau étant employé par quantités énormes aux Etats-Unis, y a causé de fort nombreux accidents. Il a ainsi donné lieu, dans ces vingt dernières années, à des discussions très vives.
- Le gaz à l’eau ne doit être introduit dans le gaz de houille qu’aprôs avoir été carburé avec des huiles légères de houille. En Allemagne, à Essen par exemple, on charge, d’après l’indication de M. Geitel (Clasers’s Annalen, t.-23, p. 109), le gaz inodore de vapeurs de mercaptan éthylique; ce composé présente une odeur d’une intensité singulière; très désagréable et très persistante ; la proportion qu’il faut employer, I gramme pour 2 000 mètres cubes, est tellement faible que le procédé est, dit-on, d’une application peu coûteuse. La tliioacétone et l’acroléine ont été employés également.
- Après des observations très intéressantes, dues à MM. Jungfleisch, Moissan, Armand Gautier, Vieille, M. Moissan propose que : Tant que le gaz à l’eau contiendra une proportion d’oxyde de carbone supérieure à celle du gaz de houille ordinaire, son introduction dans le gaz d’éclairage ne doit pas être autorisée.
- Cette proposition est adoptée.
- Enfin le conseil d’hygiène a été d’avis, quelle que soit la composition du gaz distribué dans la ville :
- 1° De limiter à 9 volumes dans 100 volumes en moyenne, et à 11 volumes au maximum, la proportion d’oxyde de carbone contenue dans ce gaz.
- 2° De limiter à 5 volumes dans 100 volumes, la proportion totale de gaz carbonique et d’azote contenue dans le même gaz ;
- 3° D’assurer par un contrôle permanent et efficace, que ces proportions maxima ne seront jamais dépassées.
- A la suite de cette,discussion, le Conseil municipal de Paris, de son côté, a repoussé toute facilité pour le concessionnaire d’ajouter du gaz à l’eau, au gaz d’éclairage.
- DÉTERMINATION LE LA PUISSANCE CALORIFIQUE DES COMBUSTIBLES
- M. E.Lenoble (Société Chimique, 1907,p. lll)proposede remplacer pour la détermination de la puissance calorifique des combustibles, la formule de Gontal : P = 82C 4- aV, où C représente 0 p. 100 sans cendres, V les matières volatiles p. 100 sans humidité, a nn coefficient correspondant au poids V' des matières volatiles contenues dans la substance combustible supposée pure.
- Pour V' =
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- SUR LA CHIMIE DES VERNIS.
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- Une première simplification de M. E. Lenoble consiste à représenter la courbe des -valeurs de a par son équation :
- la V'+ 115a — 403V'= 19,735.
- Une deuxième simplification mène à l’équation
- ' • <18 C V
- P — 82 G + 73,66 Y + ~ ± \T
- Mais la formule de Gontal ainsi simplifiée donne des résultats erronés avec les charbons riches, car son maximum correspond à 8 740 calories, et certains charbons dépassent 9 000 calories. Si l’on représente par K la somme des poids de l’humidité et des cendres, on a C + Y -f- K = 100 ; et pour P maximum Pm = 87,4(100-K). Cette formule a les mêmes inconvénients que la formule de Gontal, mais elle est très simple.
- PRÉPARATION D’UN GAZ D ÉCLAIRAGE
- Les travaux si remarquables de MM. Sabatier et Scinderens, sur l’hydrogénation des ^hydrocarbures, etc., ont conduit au brevet français (n° 355 419) du 30 août 1905. On mélange les gaz combustibles, hydrogène et oxyde de carbone, avec de l’acétylène, et •on fait passer le mélange sur un métal catalyseur à basse température, de 100° à 200°, •de façon à amener la formation de carbures éthyléniques et forméniques.
- SUR LES HUILES ESSENTIELLES ET LEURS CONSTITUANTS
- A signaler deux importantes revues des progrès réalisés dans cette industrie : Celle de MM. A. Haller et H. Gault, qui paraît dans notre Bulletin ; exposé des traT vaux scientifiques depuis 1898. Et celle de M. Eugène Charabot, qui paraît dans le Moniteur Scientifique (nos de février et de mars), qui donne ses recherches sur la formation des matières odorantes dans le règne végétal, et des indications pratiques.
- COAGULATION DU LATEX DE CAOUTCHOUC
- Le latex de caoutchouc, expose M. Victor Henri (Comptes rendus, 25 février 1907), .peut être coagulé par un grand nombre d’agents différents : chaleur, alcools, acétone, acides, sels, sucs de plantes, etc. Il a trouvé que les propriétés élastiques du caoutchouc sont en rapport avec la finesse de la structure réticulaire du caillot, et cette derrière dépend de l’agent coagulant employé; on peut donc, avec le même latex, avoir •des caoutchoucs de valeurs très différentes.
- SUR LA CHIMIE DES VERNIS
- La chimie des vernis a inspiré, ces temps derniers, deux articles de spécialistes : l’un •de M. Coffignier, dans le Moniteur Scientifique, que je me borne à citer parce qu’il appartient déjà à la littérature de l’an passé ; l’autre de M. Marcel Guédrcis, dans la Revue de Chimie de M. F. Jaubert (1907, p. 93). D’après l’auteur, l’huile de bois dont on veut faire un succédané de l’huile de lin, ne peut servir qu’à couper celles de ces huiles 4rop lourdes ; elle peut être utile aux fabricants de laque, mais ne peut pas pour fins- •
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- tant être considérée comme une matière première pour la’préparation des vernis gras. M. Guédras examine ce qui se passe lorsqu’on chauffe l’huile de hois.
- Il étudie ensuite les siccatifs, et l’industrie, peu répandue en France, très répandue en Allemagne, des résinâtes et linoléates métalliques, dont M. Livache a fait l’étude complète.
- On sait qu’avec le linoléate de manganèse, par exemple, on prépare des vernis en mélangeant à de l’huile de lin chauffée à 150°, \ p. 100 du produit. Si l’on veut un siccatif, on fait une dissolution de 15 à 20 p. 100 de linoléate.
- Les vernis au linoléate sèchent très bien, puisque l’addition d’acide linoléique n’a fait qu’augmenter leur capacité d’absorption de l’oxygène. On peut encore accroître la siccativité en déposant, au milieu des pièces vernies, un vase avec de l’eau, et un peu d’oxylithe qui dégage de l’oxygène.
- INFLUENCE DES SELS DE Mn DANS LA FERMENTATION ALCOOLIQUE
- L’influence des sels alcalins et alcalino-terreux, celle du soufre, du phosphore, du fer ont été l’objet de nombreux travaux. Celle du zinc dans la culture de l’Aspergillus Niger sur liquide Raulin, celle du manganèse sur les oxydases (G. Bertrand) ont été relevées. MM. E. Kayser et H. Marchand viennent d’étudier (Ac. des sciences, séance du 11 mars 1907) celle du manganèse sur la fermentation alcoolique. « L’addition des. sels de manganèse a donné dans certaines expériences, une augmentation d’alcool atteignant quelquefois 3 p. 100. »
- LES HYDROSULFITES EN SUCRERIE
- Dès 1882, Englert et Becker prenaient un brevet en Autriche sur l’application des-hydrosulfîtes à la décoloration des sirops de sucrerie. Ranson en France produisit l’acide hydrosulfureux au sein même des jus à décolorer.
- Divers travaux sur l’emploi des hydrosulfîtes ont été publiés depuis cinq ans) dans le Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie.
- T. Senitzki a fait des essais. de laboratoire sur l’hydrosulfîte de sodium de la Badische. '
- L’hydrosulfîte décolore le jus dix fois plus que l’acide sulfureux et diminue la viscosité quatre fois plus.
- D’après les essais de K. Wassilieff portant sur la même marque d’hydrosulfite (Zapiski, nos 8 et 9 de 1906), pour obtenir une décoloration sensible, il faut employer une quantité minimum ; et une fois l’effet obtenu, l’augmentation de la quantité ne produit plus rien. D’après ses essais industriels, le travail à l’hydrosulfîte lui est revenu plus cher que celui au noir animal dans la proportion environ de 3 à 2.
- COLORATION DES BILLES A JOUER
- La fabrication des billes à jouer est étudiée par M. Georges Boizot dans le numéro de février du Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des Écoles nationales d’Arts et Métiers. On les obtient par rotation de petits cubes de pierre entre deux meules dont l’une, l’inférieure, est en fonte et percée de rainures circulaires demi-rondes qui reçoivent les cubes, et l’autre est en bois de hêtre plein.
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- LES HOUILLES DE CUIVRE.
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- La mise en couleurs de ces billes augmente leur valeur commerciale. L’opération est des plus simples, mais originale ; on saupoudre légèrement les billes avec des couleurs d’aniline, et avec un peu de soufre pilé qui donne le brillant, et il suffit de donner aux billes une rotation très vive sur des meules en bois analogues à celles qui ont servi à leur confection.
- LES BOUILLIES DE CUIVRE
- La hausse tlu cuivre, et celle de son sulfate, qui a passé de 48 fr. 75 au 1er janvier 1903 à 83 fr. 25 au 15 février 1907, amène M. le professeur d’agriculture E. Rabaté (Journal d’agriculture pratique, 1907, p. 331-334) à rechercher la meilleure manière d’utiliser les sels de cuivre dans les traitements de la vigne. L’agriculteur a intérêt à préparer soi-même ses bouillies; elles seront plus efficaces et plus économiques, que s’il se sert de poudres préparées. Le sulfate de cuivre revient moins cher que l’acétate ou verdet; et c’est lui qu’il faut employer. La simple solution dans l’eau à 250 grammes pour 100 litres est acide et brûle les feuilles; la solution ammoniacale à 1 kilogramme pour 100 litres d’eau avec addition d’un litre et demi d’ammoniaque ' à 22°Bé a le grave défaut, qu’elle partage d’ailleurs avec la solution aqueuse, d’être facilement entraînée par les pluies. On sait qu’on combat ce double défaut, tant de l’acidité que du facile entraînement par les pluies, en ajoutant à la solution de sulfate de cuivre : un lait de chaux (bouillie bordelaise), une solution de carbonate de soude (bouillie bourguignonne), de carbonate de potasse, et, pour augmenter l’adhérence, du savon de soude ou du savon de colophane, de l’huile, de la mélasse, etc. La bouillie bordelaise doit être préférée, car elle peut se conserver plusieurs jours, et.elle est un peu moins coûteuse et ne déprime pas la végétation.
- La bouillie la meilleure doit être pratiquement neutre, c’est-à-dire ni acide ni basique. Théoriquement 224 grammes de chaux neutralisent 1 000 grammes de sulfate de cuivre cristallisé. Pratiquement, on neutralisera au papier indicateur phénolphta-léine qui reste blanc dans la bouillie acide, et passe au rose vif très nettement dès que la bouillie est neutre ou légèrement alcaline, c’est-à-dire dès qu’on a ajouté assez de chaux. Ce papier se prépare en trempant du papier blanc à filtrer dans une solution de 20 grammes de phénolphtaléine et 1 litre d’alcool à brûler.
- Quant au dosage de la bouillie, le meilleur dans la pratique correspond à 2 grammes de sulfate de cuivre pour 100 de bouillie. C’est le meilleur dosage pour obtenir une bonne fixation sur la feuille. Le dépôt renferme 156 grammes de plâtre et 97 grammes d’oxyde de cuivre. La bouillie la plus légère et la plus commode à manier s’obtient en versant 50 litres de lait de chaux dans 50 litres d’eau renfermant le sulfate de cuivre.
- Pour obtenir 100 litres de bonne bouillie, conclut M. Rabaté, peser 2 kilogrammes de sulfate de cuivre, les faire dissoudre, éteindre à 50 litres environ; ne pas peser la chaux, mais l’ajouter à l’état de lait clair jusqu’au moment où le papier indicateur passe au rouge ; compléter à 100 litres.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- machine soufflante Nordberg (1).
- Cette machine est (fig. 1) remarquable par la grande ouverture de ses tiroirs d’aspiration et de refoulement, égale à 40 p. 100 de la surface du piston, et par les moyens adoptés pour réduire le frottement de ce piston.
- Fig. 1. — Machine soufflante Nordberg.
- Les cylindres moteurs cross-compound Corliss ont|330 et 840 millimètres X lm,07 de course et les cylindres à vent lm,80 x 1111,07 de course. La pression maxima de refoulement est de 200 grammes par centimètre carré!;] en pratique, elle ne^dépasse guère 130 grammes.
- Les tiroirs annulaires d’aspiration cc (fig. 2) et de refoulement dd glissent sur des
- (1) Annuaire Machiniste 23 février.
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- Fig. 2
- Machine soufflante Norclberg. Coupe longitudinale d’un cylindre à'vent.
- Fig. 3. — Soufflerie Nordberg. Vue par bout.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1907.
- sièges radiaux (fig. 4 et 5) qui débouchent au cylindre par des ouvertures annulaires cabb. Cette disposition augmente un peu l’espace nuisible, ce qui n’a guère d’inconvé-
- Fig. 4. — Soufflerie Nordberg. Tiroir d’admission.
- Face
- Section - A B C
- Fig. S. — Soufflerie Nordberg. Siège du tiroir fig. 4.
- nients avec d’aussi faibles pressions. Ces tiroirs sont en quatre segments de manière à en permettre le montage facile ; ils sont articulés en ff (fig. 4) à des tiges que des bielles hh (fig. 3) suspendent à des balanciers transversaux. Ces balanciers sont com-
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- MACHINE SOUFFLANTE NORDBERG.
- 313
- mandés, du mécanisme distributeur, par les bielles g, que ce mécanisme attaque : celle de l’aspiration par la bielle d’excentrique i (fig. 6) et celle du refoulement par la bielle d’excentrique j. Les mouvements des tiroirs d’aspiration des deux extrémités de chaque cylindre soufflant sont conjugués par la bielle ikm et les tiroirs de refoulement sont
- Fig. 6. — Soufflerie Nonlberg, Commande des tiroirs.
- menés, de j, par un plateau oscillant central indiqué en 1. Les secteurs oscillants n’attaquent pas leurs tiges g directement, mais par des renvois tels que n et o, disposés de manière à réduire considérablement le mouvement des tiroirs pendant leur fermeture, augmentant ainsi leur section d’ouverture en même temps qu’on diminue leur frottement.
- On se rendra compte de ce résultat par le diagramme (fig. 7) qui représente en traits pleins le mouvement du tiroir d’admission sur son siège (seat) tel qu’il serait si ce tiroir était relié directement à la bielle de son excentrique, tandis que les traits pointillés représentent ce mouvement tel qu’il est avec le mécanisme de la figure 6 ;
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- Fig. 7. — Soufflerie Nordberg. Fonctionnement des tiroirs.
- Fig. 8. — Soufflerie Nordberg. Piston.
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- ESSAIS DE PERÇAGE.
- 315
- on y voit, qu’après la fermeture en p, les mouvements de tiroir en traits pleins sont beaucoup plus grands, L’espace occupé sur la circonférence des anneaux de distribution par une glace et une ouverture du tiroir, sont, pour ces deux cas, dans le rapport, de iu/x, et les aires des sections d’aspiration et de refoulement dans le rapport inverse xjw.
- Les fonds des pistons soufflants sont en tôle de 10 millimètres d’épaisseur, tron-coniques comme en fig. 8, rivés sur des anneaux dont les deux externes renferment un segment avec rainure d’huile, et qui ne touche pas le fond de sa gorge, de sorte que le piston flotte dans le cylindre, supporté par deux larges patins et sa grosse tige en tube d’acier. Il suffit de desserrer les boulons qui réunissent les deux parties de ces pistons pour pouvoir les glisser sur la tige et accéder au segment.
- Les diagrammes d’aspiration et de refoulement, à la vitesse de 78 tours, indiquent une marche des plus régulières et presque sans perte de pression aux distributeurs.
- essais de perçage, par MM. Frary et Adams (l).
- Ces essais ont été exécutés au Worcester polytechnic Institute avec une machine à percer dont la table reposait (fig. 1) sur un piston à huile avec manomètre donnant la
- Fig. 1. — Dynamomètre de perçage.
- pression du foret, et dont la périphérie était reliée par une bande à un ressort d’indicateur donnant ainsi l’effort d’entraînement ou le moment moteur du foret.
- (1) American Machinist, 2 ma»s, p. 210.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1907.
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- Des expériences exécutées par M. Fairûeld,en 1904, ayant montré que les poussées du foret varient considérablement, à"diamètre égal, avec l’épaisseur du foret au corps, on en a conclu que, pour obtenir les moindres poussées, cette épaisseur devait aug-
- co 250
- S • ;
- 5 100
- Avances par tour en millièmes de pouce.
- Fig. 2. — Moments et avances pour des forets de 13 à 24 millimètres de diamètre à différentes vitesses [(R. P. M.) tours par minute] et avec angle de coupe de 39°.
- menter de 0mm,4 par chaque augmentation de 3 millimètres au diamètre du foret. L’exactitude de cette formule a été démontrée par les expériences des auteurs avec des forets en acier « novo » de 12 à 22 millimètres de diamètre.
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- Moment moteur en pouces-livre.
- ESSAIS DE PERÇAGE.
- 317
- Tous ces essais furent exécutés sur des fontes dont on estimait la dureté comparative en-notant la pression nécessaire pour les percer avec un même foret de 16 millimètres de diamètre.
- Les principaux résultats de ces essais sont donnés par les diagrammes fîg. 2 à 4, et conduisent aux conclusions suivantes :
- A vitesse de rotation égale, et pour un même foret, la poussée est sensiblement proportionnelle à l’avancement par tour :
- Avances en millièmes de pouce.
- Avances en millièmes de pouce.
- Fig. 3. — Moments, angles de coupe, avances et diamètres d’un Fig. 4. — Poussées angles de coupe et avances d’un foret
- foret, de 15 mm. de diamètre à 450 tours par minute. de 15 mm. à 450 tours,
- A vitesse circonférentielle constante, cette pression est sensiblement proportionnelle au diamètre du foret.
- En fonction dé L’angle de coupe, la poussée décroît de 75° à 45°, et augmente, à partir de 46°, à mesure que cet angle diminue. L’angle de 45° semble le meilleur en pratique.
- La résistance tangentielle, ou le moment d’entraînement du foret est, toutes choses égales, minimum avec un angle de coupe de 69°.
- Le diagramme fîg. 5 permet de déterminer le moment de rotation nécessaire pour l’entraînement d’un foret donné avec une avance donnée. Exemple : pour un foret de trois quarts de pouce de diamètre et une avance de 15 millièmes de pouce par
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- Fig. 5. — Puissances absorbées pour le perçage de la fonte.
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORGE MOTRICE DANS LES VILLES. 319
- tour, on trace la verticale passant par l’intersection a de ces deux grandeurs jusqu’à son intersection b avec le gros trait incliné partant de la verticale 3/4. On n’a plus qu’à reporter cette longueur ab sur l’échelle des moments, ce qui peut se faire par le tracé bcd, qui donne, pour la valeur du moment cherché, 195 pouces-livre, ou 23 mètres-kilogramme.
- De même, la longueur ef donne 476 livres-pouces pour le moment d’un foret de 52 millimètres de diamètre, avec une avance de 25 millièmes de pouce par tour.
- LES INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORCE MOTRICE DANS LES VILLES, d’après E. JûSSe (1).
- Les installations de force motrice pour les besoins privés ne dépassent pas généralement quelques centaines de chevaux, sauf dans les grands magasins. C’est le cas pour les établissements A. Wertheim, de Berlin, qui possèdent emviron 3 500 chevaux en machines et des chaudières pour plus de 5 000 chevaux.
- L’intérêt de ces installations n’est pas tant dans leur grandeur que dans la difficulté de les loger dans des locaux exigus tout en satisfaisant aux nombreux règlements de police. Ces exigences conduisent souvent à des constructions tout à fait inconnues dans la technique ordinaire.
- C’est surtout aux moteurs à gaz de gazogène et aux moteurs Diesel que l’on s’adresse dans les installations privées, et c’est à l’économie de ces moteurs qu’est dû leur rapide développement.
- Dans les grandes installations privées, c’est encore la vapeur qu’on préfère; la vapeur d’échappement est alors utilisée pour le chauffage, ce qui réalise une grande économie de combustibles. De plus, la vapeur présente une plus grande élasticité de marche, avantage précieux pour les périodes d’exposition, pendant lesquelles la consommation de lumière est souvent doublée.
- A Berlin, les meilleures conditions économiques sont réalisées avec le moteur à gaz de lignite; le moteur Diesel suit à peu de distance; le moteur à gaz d’anthracite est le moins avantageux. Le remplacement de l’anthracite par le coke n’a guère lieu que dans les usines à gaz; pendant le décrassage de la grille du gazogène, on marche alors au gaz d’éclairage.
- Lorsque l’on doit réaliser en même temps le chauffage, c’est la vapeur qui est le mode le plus avantageux, ainsi qu’il résulte du tableau suivant, établi pour les magasins Wertheim, de Berlin :
- Vapeur. Chauffage *par la vapeur Dépense par heure. d’échappement.
- Marcs.
- Pour la.force (316 chev.) . 1,18 (charbon)
- Pour le chauffage (environ
- 2 000 000 de calories). . 11,10 —
- Gaz
- de gazogène. Marcs.
- 11,20 (anthracite) 6,10 (charbon)
- Moteurs Diesel.
- Huile achetée au tonneau. Marcs. 7,20 (huile)
- 11,10 (charbon)
- Huile achetée par wagon. Marcs.
- 5,75 (huile)
- 11,10 (charbon)
- Total
- 12,28 (15 fr. 35) 17,30 (21 fr. 62)
- 18,30 (22 fr. 87) 16,85 (21 fr. 06)
- La caractéristique des installations privées de force motrice est l’exiguïté des locaux dont on dispose : le plus souvent des caves, quelquefois des cours. Les combles sont
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1907, p. 242.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1907.
- quelquefois utilisés pour de petites installations, ce cas est assez fréquent à Hambourg.
- Kessel>
- Fig. 1, 2 et 3. — Force motrice, vapeur dans un entrepôt de Hambourg. Coupe verticale. Coupes horizontales par les 8“ et 7e étages.
- Les'figures 1, 2 et 3 schématisent la disposition employée dans un entrepôt de café de
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORCE MOTRICE DANS LES VILLES. 321
- cette ville. Le moteur à vapeur principal est horizontal, d’une force de 50 chevaux; un moteur à grande vitesse actionne la dynamo pour l’éclairage et deux monte-charges à vapeur. Les deux chaudières sont, pour plus de sécurité contre l’incendie, au huitième étage. Aucun ébranlement dans la maçonnerie ne s’est produit. Une telle disposition
- CHARLOTTEN - STRASZF
- Fig. 4 et 5. — Linden Blockwerk. Berlin.
- 32
- serait impossible avec de grosses machines à piston; mais, par contre, on peut très bien loger dans les combles soit des gazogènes, soit des générateurs de vapeur. Une installation de ce genre d’environ 2 400 chevaux existait dans les anciens magasins Wertheim, à Berlin. L’installation de turbines à vapeur doit être égalemenUpossible dans les étages supérieurs, à la condition de prendre quelques précautions.
- Tome 109. — Mars 1907.
- 22
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- Des installations distribuant la force et la lumière à tout un groupe de maisons contiguës se sont créées à Berlin, faisant ainsi concurrence aux stations centrales, qui seules ont le privilège de poser des canalisations dans les rues.
- Le Linden-Blockwerk est dans ce cas, il emprunte sa force motrice au gaz de gazogène à anthracite. L’installation comporte trois moteurs de Deulz à quatre temps du type horizontal, dont deux de 80 chevaux et un de 50 chevaux, qui actionnent les dynamos par l’intermédiaire de transmissions. Les machines et les gazogènes sont situés dans la cave. Les figures 4 et 5 en montrent la disposition; une partie du rez-de-chaussée a été prise pour obtenir la hauteur nécessaire.
- Skruàber.
- Fig. 6. — ]Veinùci,(/i>iver/.
- Les deux gazogènes avec la chaudière et les deux scrubbers sont séparés des moteurs, dans une chambre divisée en deux étages. Le rez-de-chaussée est alors totalement occupé. Les trémies de chargement des deux gazogènes traversent le plancher et permettent de faire le chargement dans la pièce supérieure qui contient les deux scrubbers. Le petit moteur a été prévu pour les faibles charges; il peut fonctionner au gaz de ville, en cas de réparation des gazogènes.
- La pièce contiguë contient une forte batterie d’accumulateurs.
- Les fondations du moteur à gaz sont complètement isolées des fondations des bâtiments; elles reposent sur une semelle élastique, pour éviter autant que possible les trépidations.
- Les tuyaux d’échappement du moteur et ceux des gazogènes débouchent sur le toit.
- /
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORCE MOTRICE DANS LES VILLES.
- La figure 6 représente l’installation (le force 'du Weinbergsweg qui alimente le théâtre Walhalla et lesmabons voisines. Elle est spacieuse et comprend deux moteurs de Deutz à quatre temps, de chacun 125 chevaux, avec leurs dynamos. Les deux moteurs reposent sur un massif en béton de liège isolé du bâtiment.
- Les moteurs à gaz de grande puissance sont rares dans les installations privées.
- -3300-
- Kompresscr.
- Maison Hilclebrand.
- L’usine motrice de la maison Hildebrand et Sohn (fig. 7) comprend cependant un moteur Deutz de 450 chevaux à quatre temps et à double effet. Ce moteur a été installé à côté d’une machine à vapeur préexistante. L’exiguïté du local a conduit à adopter la vitesse de 166 tours par minute, correspondant à une vitesse moyenne du piston de 4m,3 par seconde. Le diamètre du cylindre est de 700 millimètres, la course du piston de 780.
- La machine doit fournir une puissance de 420 à 450 chevaux, pouvant atteindre 470 chevaux à pleine charge. La force est transmise partie à l’arbre de transmission, par une courroie courte, et partie à la dynamo. Les gazogènes ont été logés dans la.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- salle des chaudières, dans l’emplacement qui avait été réservé pour l’installation possible d’un troisième générateur. Les'deux gazogènes travaillent à côté l’un de l’autre sans se gêner réciproquement, comme des expériences l’ont démontré. LesTigures 8 à 12 montrent une coupe des gazogènes avec leur chaudière en haut. Le combus-
- Fig. 8. — Gazogène de Dculz.
- tible est chargé par la trémie supérieure-. Au-dessus de la grille se trouvent quatre portes pour l’enlèvement des scories. Le revêtement réfractaire repose sur un cercle de fonte au-dessus de ces portes. Cette pièce de fonte est refroidie intérieurement par une circulation d’eau. La grille est de 0m2,55 la surface de chauffe des générateurs de vapeur est de 7m?,5 pour chaque gazogène. Le séparateur de poussières et le scrubber sont situés l’un au-dessus de l’autre pour gagner de la place.
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- AbsMacken -<—•->- Beschickung
- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORGE MOTRICE DANS LES VILLES. 325
- 1,0 0,a ^ 0,6
- : -O-j d ^ — 7
- 7^-0
- .
- JS Cv 0,2
- . / 7
- • o — R
- Û ^
- //-A/
- O ;ÏOÔ ~30Ô 300 W9 500 ~600PS/
- Fig. 10.
- Versuchsc/auer = /O St une!en
- 1838
- 800
- Fig. 11.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- 1: Lorsque l’installation donne son maximum de puissance, le'gaz"arriverait au moteur insuffisamment purifié, aussi a-t-on] prévu un épurateur à chicanes situé sur la conduite de gaz, à mi-chemin des gazogènes et du moteur. Il est formé de lames de
- WEIcbm
- SÜVLi 470 chevaux
- .. norm: 450 chevaux
- -l/ersuchsdauer- 7ZSîuncferr
- % 70
- Ze/t 8 / S S
- 8 Uhr
- zinc disposées en chicane et qui arrêtent les particules de goudron; on change ces lames de zinc tous les deux ou trois jours.
- Le moteur ne donne sa grande puissance de 470 chevaux qu’avec une pression moyenne relativement élevée de 5kg,2 par centimètre carré, c’est-à-dire avec un gaz riche en hydrogène. Pour obtenir ce résultat on emprunte une partie de la vapeur des
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- A 4
- venti/atcr
- Fig. 13 et 14. — Wertheim, coupe EF et plan.
- ^__ Eau de réfrigération.
- — — — — Départ de l’eau de réfrigération.
- ____________ Air comprimé.
- ____________ Aération.
- a. Élévateur pour charbon et cendres; — b. Pompe d’alimentation; — c. Injecteur; — e, f, g, h. Épurateur d’eau; — i. Moteur du compresseur; — k. Compresseur; — l. Réservoir d’eau de réfrigération; — m. Réservoir d’air comprimé; — n. Réservoir de gaz pauvre; — o. Pompe rotative d’ali_ mentation; —p, q. Tableaux.
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- chaudières que l’on envoie aux gazogènes. La ligure 9 représente [le dispositif qui permet de régler la quantité de vapeur ainsi empruntée.
- Les moteurs Diesel sont plus simples que les installations à gaz de gazogène, ils
- feea rfel ' ' * ' Y/\' ° "[ ~\pr~
- 300IW.
- Fig. 1S. — Wertheim, coupe A13 CD (flg. 14).
- Fig. 16.
- prennent peu déplacé, sont toujours prêts à fonctionner; ils sont plus économiques que les installations avec gazogène à anthracite. Ces moteurs fonctionnent avec des huiles de paraffine, et l’installation comprend un réservoir relativement grand pour loger la provision d’huile. La livraison de l’huile s’effectue généralement par wagon
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- —9,25'—
- Fig. 17. — Manutention des charbons et des cendres aux établissements Werlheim.
- a. Soute à charbon; — c. Propulseur longitudinal; — d. Propulseur transversal; — e. Trémie de l’élévateur; — /. Élévateur. — g, Trémie; — h. Propulseur transversal; — i. Trémie de chargement des chaudières; — k. Réservoir d’anthracite.
- Transport des cendres : 1. Trémie de chargement; — 3. Trémie de déchargement; — 2. Elévateur.
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- citerne de 4000 litres. Par contre, on gagne la place occupée par les gazogènes et scrub-bers. Enfin, à l’état de repos, les moteurs Diesel ne consomment pas de combustible, tandis que les gazogènes, même s’ils sont bien fermés, en consomment toujours un peu. Si l’on n’y prend garde, on peut avoir de ce fait des pertes notables. Des essais faits à la Technische Hochschule de Berlin ont montré que cette perte atteint 10 p.100 de la consommation totale pour un moteur de 150 chevaux. Un autre désavantage des gazogènes est la perte du combustible qui passe dans les cendres pendant le décrassage de la grille et la diminution corrélative de puissance de la machine.
- La figure 10 donne le diagramme du rendement organique de la machine motrice de la firme Th. Hildebrand et Sohn, citée plus haut. Les courbes 1 donnent le [rende-
- Fig. 18.
- ment et le travail de frottement lorsque la machine est mise en charge par degrés successifs à 20 minutes d’intervalle. Les courbes 2, au contraire, sont prises après une marche de plusieurs heures; le, rendement atteint 88 p. 100, et le travail de frottement a diminué.
- Le diagramme fig. 11 représente la consommation d’anthracite pour une puissance moyenne de 431,2 chevaux, soit 0k^,376 d’anthracite par cheval-heure (calculé sur 8 000 calories).
- Les diagrammes de la figure 12 montrent nettement la chute du rendement, pendant l’enlèvement des scories (12 h. 1/2 à 2 h. 1/2). En effectuant ce travail par petite portion de grille, on a pu au contraire, non seulement maintenir la charge normale, mais encore atteindre le maximum de 470 chevaux (à partir de 1 h. 1/2). Le trait ponctué représente la puissance calorifique du gaz, qui est très variable, la teneur en hydrogène variant suivant que l’on injecte ou non de la vapeur.
- En résumé, ces essais montrent que l’on peut, dans une certaine mesure, obtenir une surcharge des moteurs à gazogènes, notamment lorsqu’on peut utiliser la vapeur
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORCE MOTRICE DANS LES VILLES. 331
- d’une chaudière, afin d’obtenir un gaz plus riche. Naturellement, dans ce cas, on doit faire varier le moment de l’inflammation. Avec des gazogènes largement calculés, on a moins à craindre un abaissement de la puissance pendant le travail de la grille, mais la consommation de combustible augmente pour les faibles charges.
- Les figures 13 à 15 représentent l’installation mixte, à vapeur et à gazogène, des magasins A. Wertheim, Rosenthaler strasse, à Berlin. En hiver, les deux systèmes fonc-
- Vofs * Strafse
- Wnssermesser
- Fig. 19. — Wertheim.
- tionnent, le chauffage étant assuré par la vapeur d’échappement ; en été où la dépense* d’énergie est faible, le moteur à gaz de gazogène suffit. La production totale est d’environ 1 000 chevaux.
- Les moteurs à vapeur et à gaz sont placés dans le sous-sol des magasins ; les chaudières et gazogènes sont installés, très à l’étroit, dans une cave creusée sous une cour. Les trois chaudières à tubes d’eau Walher et Gie ont chacune 118 mètres carrés de chauffe; elles fournissent de la vapeur à 12 at. surchauffée d’environ 130°. Les fumées sont éliminées par un canal métallique à l’extrémité horizontale duquel (à 35 mètres, des chaudières) se trouve un ventilateur aspirant du type sirocco, mû par l’électricité.. Pour éviter un trop grand rayonnement du conduit de fumées, il est entouré d’une enveloppe de tôle. L’espace annulaire ainsi formé sert au réchauffage de l’air envoyé.
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- 20m
- ci c \d
- ZI I £0
- EleSptor,
- Wertheim.
- Fig. 20
- û. Êlévateur'de charbon ; — b. Élévateur de cendres ; — c. Séparateur d’huile pour l’eau de condensation; — d. Cloison de séparation; — e. Pompe de secours d’alimentation.
- Dans la salle des pompes : f. Filtre-presse; — g. Mélangeur; — h. Réchauffeur; — i. Appareil de précipitation; — k. Pompe automatique; — l. Puits; — m. Cave. n. Réservoir d’eau pure de condensation; — o. Réservoir d’eau d’alimentation; — p. Bassin pour les boues; — r. Compteur; — s. Pompe d’alimentation de réserve.
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORGE MOTRICE DANS LES VILLES. 333
- sous la grille (fig. 16). On obtient ainsi un triple résultat, on entraîne l’air chaud qui se trouve à la partie supérieure des chaudières, on refroidit le conduit de fumée et on réchauffe une partie de l’air nécessaire au foyer.
- Les trois gazogènes sont situés en face des chaudières, avec la chaudière des pompes d’alimentation.
- Le combustible est amené mécaniquement aux chaudières et aux gazogènes. La figure 17 montre ce dispositif dû à la Peniger Maschinenfabrik, de Leipzig. Sous les chaudières, on brûle un mélange de houille de Silésie et de briquettes. Le même dispositif sert pour l’enlèvement des cendres et scories. Des glaces mobiles préservent les chauffeurs du rayonnement. L’aération est obtenue avec deux ventilateurs électriques.
- Les moteurs à vapeur se composent de trois anciens moteurs verticaux Willans,
- V/Z/Z///////////////////.
- r*---Z/>3
- \2,âS----1
- Fig. 21. — Werlheim, coupe AB (fig. 22).
- de 50 chevaux chacun, et d’un groupe électrogène Swiderski de 220 chevaux. La figure 18 représente l’une des deux dynamo avec moteur à gaz Kœrting de 300 chevaux.
- Les figures 19 et 20 représentent l’installation des magasins A. Wertheim, des Leipziger et Yoss-strasse, d’une puissance totale de 3500 chevaux, empruntés uniquement à la vapeur.
- La salle des machines est située dans le sous-sol, sensiblement au centre du bâtiment.
- La figure 20 représente la disposition des machines. A côté, également dans le sous-sol, se trouvent les pompes d’alimentation et les appareils d’épuration. L’installation actuelle est le résultat d’agrandissements successifs. Au-dessous des anciennes chaudières, situées au quatrième étage, on a dû faire des fondations puissantes pour les nouvelles machines placées dans le sous-sol.
- L’autorisation d’agrandir la salle des chaudières située dans les combles n’ayant pas été donnée, on en construisit une nouvelle en sous-sol.-La construction en fut
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-
- C\
- sÀàsperr- und^/jrbn/ch&ye/iti/
- Fig. 22. — Wertheim, coupe plan.
- a
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- INSTALLATIONS PRIVÉES DE FORGE MOTRICE DANS LES VILLES.
- 335
- difficile, car elle repose sur un sol inondé (fig. 21 à 24). Elle constitue une véritable caisse flottante en béton’armé.
- Les chaudières sont par groupes de deux. La grille est à chaîne sans fin, le chargement du charbon et l’enlèvement des cendres et scories s’effectuent automatiquement-
- I I» TQ3.lT/ !
- Fig. 23. — Coupe CD (fig. 22).
- f/,\ m
- Transport mécanique du charbon : a. Soute à charbon et transporteur à secousses; — b. Élévateur de charbon; — c. Rubans transporteurs; — cl. AVagonnet de distribution; — e. Trémies déchargement pour la grille à chaînes Babcock.
- Transport deg cendres. — Nouvelle salle des chaudières : 1. Râteau transversal pour les cendres; — 2. Râteau longitudinal pour les cendres; — 3. Élévateur de cendres; — 4. Réservoir de cendres. Ancienne salle des chaudières : 1' Ruban rotatif; — 2' Trémie d’arrivée; — 3' Élévateur de cendres.
- La soute à charbon contient la provision d’une journée, deux groupes de trois trémies versent le charbon sur les deux transporteurs à secousses, qui aboutissent à l’ascenseur, de là le charbon est conduit à volonté, à l’une ou à l’autre salle des chaudières.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1907.
- La ventilation de la salle des chaudières a été calculée de manière que la température n’y dépasse pas 25°, lorsque la température extérieure atteint 20°. La surface des chaudières est de 300 mètres carrés et rayonne environ 300 X 300 = 150 000 calories par heure. En admettant que 1 mètre cube d’air emporte 1,5 calorie lorsqu’il s’échauffe de 5°, il faudra entraîner 200 000 mètres cubes d’air par heure pour satisfaire aux conditions sus-indiquées. Le volume de la salle étant d’environ 1 850 mètres cubes, la ventilation devra être suffisante pour renouveler l’air 50 fois par heure en été et 25 fois en hiver. L’air chaud est aspiré au-dessus des générateurs par deux ventilateurs électriques capables d’entraîner chacun 50 000 mètres cubes d’air par heure.
- L’air frais arrive par deux puits derrière les chaudières et sous la grille à chaînes, il se répand ensuite dans le poste des chauffeurs, qui sont à l’abri des courants d’air froid. Un troisième puits d’aérage amène de l’air frais en été devant les^chaudières ; en hiver, on le réchauffe au préalable avec de la vapeur.
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- DES SÉANCES DE. LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 55 février 1907.
- En assemblée générale extraordinaire pour la nomination d'un trésorier.
- Présidence de AL Gruner, président.
- M. le Président prend la parole en ces termes:
- Messieurs, . .
- La science française a fait une perte irréparable. Notre collègue, M. Moissan, a été enlevé en quelques jours par un mal foudroyant, alors qu’une opération semblait avoir conjuré le danger.
- Après Chevreul et Pasteur, Berthelot et Lippmann, Vicat et Benjamin Normand, M. Moissan avait été appelé, en 1898, par notre Société, à recevoir le grand prix du marquis d’Argenteuil, et il y a quelques semaines il recevait Lun des prix Nobel.
- Ces hautes distinctions étaient la juste récompense de travaux des plus remarquables. Après avoir isolé le fluor et reproduit artificiellement le diamant, Moissan a créé dans son four électrique la métallurgie des très hautes températures. Il a réalisé la réduction d’oxydes jusqu’alors considérés comme irréductibles tels que l’alumine, la silice, les oxydes d’uranium et de vanadium. Il a fait entrer dans l’industrie, en quantités considérables et dans des conditions de pureté et de prix inconnues jusqu’alors, le chrome, le tungstène, le molybdène, dont le rôle en métallurgie ne cesse de croître.
- C’est encore grâce aux travaux de Moissan que la fabrication des carbures de calcium et l’emploi çle l’acétylène se sont partout répandus.
- Peu d’hommes ont rendu [plus de services que Moissan à notre pays et ont plus que lui illustré la science française.
- Jeune encore, il ne semblait qu’au début de sa carrièrè.
- En moins d’un an, Pierre Curie et Moissan succombent prématurément.
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- C’est avec une douleur profonde que nous saluons la mémoire de notre collègue.
- M. le Président se félicite d’avoir à annoncer la promotion au grade de de commandeur de la Légion d’IIonncur de M. J. Carpentier, ancien vice-président. Il est convaincu que tous les membres de la Société se réjouiront de voir celte haute distinction accordée au constructeur des périscopes de nos sous-marins, qui, par la perfection à laquelle il a porté ces instruments et le désintéressement avec lequel il a réservé à notre pays le fruit de ses travaux, a rendu un signalé service.
- Correspondance. — M. Iiitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Michaud, 60, rue de la Mare, demande un brevet pour un embrayage. (Arts mécaniques.).
- M. Ménard, 9, rue du Général-Chanzy, Puteaux, demande un brevet pour un changement de vitesse. (Arts mécaniques.)
- M. L. Angot, 13, rue des Envierges, demande un brevet pour une tête de nerché de trolley. (Arts économiques.)
- M. Rickli, 54, rue Bonaparte, demande un brevet pour un système de roues cl’automobiles. (Arts mécaniques.)
- M. Darfeuille demande un brevet pour une clef d’écrou. (Arts mécaniques.)
- M. Heck, 4, quai Choiseul, à Nancy, demande un brevet pour un procédé mécanique permettant la reproduction sur tissus, et à l’aide de la machine à broder ou à coudre, de tous genres de dessins. (Arts mécaniques.)
- M. A. Besançon, 52 bis, rue Mozart, présente une machine à écrire. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — ili. Hitier signale, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants, déposés à la bibliothèque :
- La statique graphique et ses applications aux constructions, par Maurice Lévy, 3e édition, lro partie: Principes et applications de statique graphique pure [Texte et Atlas).
- Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- M. Maurice Lévy, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et à l’École centrale des Arts et Manufactures, fait hommage à notre Société de la troisième édition de son important ouvrage: La statique graphique et ses applications aux constructions. Première partie : principes et applications de statique graphique pure (texte et atlas). Trois autres volumes compléteront cette publication. La présente édition comprend sur les précédentes les modifications et additions suivantes qu’indique M. Maurice Lévy lui-même dans là préface placée en tête de ce volume :
- 1° Dans la première édition, nous avions débuté par un exposé, fait à un point de vue purement géométrique, des propriétés des polygones funiculaires et des figures réciproques..
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- Cetlc marche nous paraît encore aujourd’hui la plus satisfaisante au point de vue didactique; mais, comme il s’agit d’arriver le plus rapidement possible aux applications, nous avons pensé que les ingénieurs nous sauraient gré de les dispenser de cette étude préalable. Nous avons donc entièrement supprimé la partie géométrique de la première édition et nous déduisons les propriétés des polygones funiculaires et des ligures réciproques de leur définition mécanique même.
- 2° Nous avons ajouté une étude complète et détaillée de l’important problème du passage d’un convoi sur une poutre pleine ou réticulaire posée sur deux appuis simples. Nous-exposons, pour la recherche des positions dangereuses du convoi au point de vue des moments de flexion, une solution très précise due à Weyraucli. Nous donnons ensuite une construction nouvelle, fournissant très simplement et tout h la fois les positions du convoi et le moment maximum dû au convoi et à la charge permanente réunis.
- 3° Dans la note I, nous exposons la nouvelle méthode de calcul des dimensions des pièces employées dans les constructions, d’après les expériences de Wôhler et de Spangenberg, et les principales formules à l’aide desquelles elles ont été résumées par Launhardt, Wey-rauch, etc.
- 4° La Note II est consacrée à la révision de la circulaire ministérielle du 9 juillet 1877 sur les Ponts métalliques.
- 3° La note III est consacrée aux halles à voyageurs et à marchandises des chemins de fer.
- 6° La note IV traite des courbes funiculaires, particulièrement de celles d’égale résistance et, dans la note Y, nous rappelons les principaux procédés de tracé des arcs de parabole qui se présentent si fréquemment dans les applications.
- 7° Dans la note VI nous donnons, dans le cas de systèmes plans, la théorie si utile des lignes isostatiques et des lignes de glissement etnous l’appliquons au tracé de ces lignes dans une poutre à deux appuis simples.
- 8° La note VII expose une manière de déduire les figures réciproques de la statique graphique, de la transformation parabolique de Chasles.
- 9° Au point de vue matériel, au lieu de placer, comme dans la première édition, toutes les figures dans un Atlas, nous n’avons laissé dans l’Atlas que les grandes figures d’application, et nous avons intercalé les autres dans le texte, ce qui est plus commode pour le lecteur.
- Les trois derniers volumes forment les Applications de la Statique graphique aux problèmes de la résistance des matériaux.
- Ces volumes comprennent six sections et quatre notes.
- Réunions des sociétés des beaux-arts des départements, Plon-Nourrit et Cie, éditeurs,
- 1905-1906, 2 volumes.
- Le ministère de l’Instruction publique nous a envoyé deux volumes ornés de belles planches : Réunion des sociétés des Beaux-Arts des départements, 29e et 30e sessions. Volumes intéressants à consulter et à lire, car il nous faut connaître quelques-unes de ces richesses artistiques de nos différentes provinces françaises, trop peu connues, et cependant pour l’histoire de l’art en général, et l’histoire même des idées et des mœurs dans notre pays aux siècles passés, si pleines d’enseignement. Je relève dans ces volumes, par exemple, une très belle étude de M. Delignières sur les sépulcres ou mises au tombeau en Picardie. Un essai du répertoire des artistes lorrains : brodeurs et tapissiers de haute lisse, les orfèvres, joailliers, les argentiers, les potiers d’étain lorrains, de M. Albert Jacquot. Les sculptures foréziennes, xvie et xvme siècles, etc. Notre collègue du Comité des Beaux-Arts, M. Magne, lors de la séance de clôture delà 30e session de cette réunion de la Société des Beaux-Arts des départements, a, dans une savante allocution, indiqué le grand profit que les artistes pourraient tirer d’études
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- consciencieuses dirigées vers les applications de l’art au travail des métaux ou du bois, à la décoration des tissus, à la céramique, aux vitraux; et il a esquissé ce que pourrait être une telle étude en prenant pour exemple les applications de l'art au travail du fer. Vous trouverez dans le volume (30e session) le texte du discours de M. Magne.
- Voici deux ouvrages ; petit in-8°, de 200 pages à peine, faisant partie de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire, publiée sous la direction de M. Léauté : 1° La sécurité du travail dans les établissements industriels et commerciaux; 2° L'hygiène du travail dans les établissements industriels et commerciaux par M. Louis Grillet. A côté des ouvrages techniques de cette encyclopédie, ceux-ci sont, pourrait-on dire, caractéristiques de notre époque, en indiquant combien aujourd’hui les questions d’hygiène et de sécurité du travail préoccupent et à juste raison.
- Les industries a domicile en|belgique. — L’Industrie du meuble, par Georges Beatse. — La broderie sur linge et l’industrie du col, du corset, de la cravate et de la chemise, par Robert Vermant. — L’Industrie du vêtement confectionné pour femmes à Bruxelles, par Charles Génart. — L’Industrie de la corderie, par Charles deZuttère, J. Lebègue et Cie, éditeurs/Bruxelles, 1907.
- J’ai déjà eu l’occasion de vous signaler les intéressantes publications de l’Office du travail, du ministère de l’Industrie et du Travail du royaume de Belgique. Le huitième volume qui nous est adressé aujourd’hui, présente ce caractère particulier qu’il traite : des industries à domicile en Belgique : d’une question par conséquent qui plus que jamais est à Tordre du jour dans les différents pays.
- Il semblait un moment que la grande industrie, les puissants métiers mécaniques concentrés dans de vastes usines devaient faire bientôt disparaître la petite industrie à domicile. Mais aujourd’hui la houille blanche et le transport de la force par l’élec-tricité sont venus apporter un puissant secours à l’industrie à domicile, ici l’ont consolidé, là ont même permis de la constituer ; permettez-moi de vous rappeler à cet égard que notre regretté collègue M. Édouard Simon, dans une note sur le transport électrique de la force motrice à domicile dans la région de Saint-Étienne (Bulletin de décembre 1898) avait indiqué déjà comment la disparition des petits ateliers si nombreux de cette région avait pu ainsi être évitée. Les articles courants fabriqués sur les métiers mus à bras n’y étaient plus fabriqués économiquement, ils ne pouvaient hitter contre ceux fabriqués dans de grandes usines. Une évolution s’imposait donc dans la région de Saint-Étienne : « L’électricité avec sa souplesse merveilleuse a résolu le problème sans apporter aucun trouble dans une des plus anciennes et des plus belles industries du pays. »
- En Belgique, les industries à domicile existent toujours ; de grands efforts sont faits pour les maintenir et vous vous rappelez encore que M. G. Richard, dans la séance du 10 mars 1905, a attiré notre attention précisément sur le très grand succès de l'Exposition internationale du petit outillage tenue à Gand en 1904. Cette exposition avait été organisée pour venir à l’aide des petits patrons, des petits artisans, des petits commerçants en leur faisant connaître l’outillage technique dont ils peuvent disposer pour défendre leur indépendance.
- Dans l’ouvrage présent sur les industries à domicile en Belgique, vous trouverez des documents très complets sur l’industrie du meuble à Malines, sur l’industrie de
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- la broderie sur linge, etc., l’industrie du vêtement confectionné pour femmes à Bruxelles, l’industrie de la corderie.
- Voici quel est le plan adopté pour la rédaction de ces monographies industrielles : L’étude des milieux, l’organisation commerciale, l’organisation technique de l’industrie, enfin l’organisation économique de l’industrie, et c’est cette dernière partie, en général, de beaucoup la plus développée : recrutement des ouvriers, apprentissage, contrats du travail, salaires, durée du travail, chômages, etc.
- Est-ce à dire maintenant que certaines de ces petites industries ne sont pas appelées à disparaître, et qu’il faille toujours le regretter? Voici la conclusion, à cet égard, de l’auteur de la monographie sur l’industrie de la corderie en Belgique. Après avoir constaté la disparition prochaine de cette industrie M. Charles de Zuttère ajoute :
- « Ce sera sans regret que nous verrons disparaître une industrie qui fait un si triste abus de la main-d’œuvre infantile et qui s’exerce en dehors du progrès général dans des conditions hygiéniques et économiques lamentables; mais nous voyons avec commisération commencer le cortège de misères que la période de transition, actuellement en cours, ménage aux quatre ou cinq mille personnes qui vivent de la corderie' à domicile. »
- Peut-être, Messieurs, certains ont-ils trop facilement vu dans la grande industrie, la grande usine, seulement les inconvénients, et seulement les avantages dans la petite industrie. Au point de vue de l'hygiène, de la sécurité des travailleurs, il ne faut pas oublier, cependant, les progrès chaque jour réalisés, mais réalisés surtout dans la grande industrie, jusqu’à présent tout au moins.
- Pour terminer j’en trouve une preuve précisément dans cette étude de M. Walc-kenaer, ingénieur en chef au corps des Mines. Les Accidents d'appareils à vapeur, bulletin trimestriel de la Société de l’Industrie minérale (4e série, tome V, IVe livraison, 1906).
- La gravité des accidents d’appareils à vapeur décroît en France depuis vingt-cinq ans. Le nombre moyen annuel de personnes mortellement atteintes par ces accidents, qui s’était élevé à 35 pendant la période quinquennale 1881-1885, n’a plus été que de 20 durant l’ensemble des cinq dernières an,nées 1901-1905. Gomme le total des appareils à vapeur n’a cessé d’augmenter, passant de 96 000 (moyenne pour 1881-1885) à 147 000 (moyenne pour 1901-1905), il en résulte que le nombre moyen des morts pour 10 000 appareils, et par an, s’est abaissé de 3,7 à 1,4.
- Ce n’est pas à dire, fait justement remarquer M. Walckenaer, qu’il faille se tenir pour satisfait. Dans les progrès tendant à la protection de la vie humaine, il n’est pas permis de s’arrêter à mi-chemin. Qu’il soit possible de réduire davantage le risque, c’est ce que montre, entre autres faits, la très grande inégalité de la répartition des accidents entre les diverses industries. C’est ainsi que durant les dix dernières années 18961-905, les locomobiles employées au battage des grains ont causé 24 morts, les locomotives des chemins de fer et tramways, 4 seulement. Or il y avait environ 17 000 machines batteuses, développant 100 000 chevaux et 12 000 locomotives ayant une puissance de 5 500 000 chevaux.
- C’est surtout à la différence des conditions d’entretien et de conduite qu’il y a lieu de rapporter cette inégalité des risques, fait observer M. Walckenaer. Ne pouvons-nous pas dire encore que, dans la grande industrie, les précautions sont mieux prises que dans la petite, l’industrie du battage rentrant dans cette dernière catégorie.
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- Mais dans tous les cas, retenons cette conclusion deJVI. Walckenaer : « D’un point de vue général, l’étude détaillée des accidents d’appareils à vapeur montre que, dans les événements de cette nature, la part de l’inévitable est petite. La sécurité dépend presque tout entière des soins dont les appareils sont l’objet. »
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Je vous ai souvent entretenus de l’évolution des locomotives vers des puissances de plus en plus formidables, et ce par le développement des types dits articulés, dérivés des modèles de Fairlie et de Mallet; nous avons décrit,dans notre Bulletin de novembre 1905, la machine à marchandises exposée à Liège par le chemin de fer du Nord, et, dans le Bulletin de novembre et d’octobre 1904, celle exposée à Saint-Louis par le Baltimore Ohio Rr. Cette dernière machine avec sa grille de 6m2,71, sa chauffe de 520 mètres carrés, ses cylindres en compound de 508 et 513 X 513 millimétrés de course, ses roues accouplées de lm,42, son empattement total de 9m,35, son poids adhérant de 151 tonnes et son effort de traction de 32 tonnes, était alors, de beaucoup, la plus puissante loco-
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- Fig. 1. — Locomotive Mallet de YErie Br.
- motive du monde. La voici pourtant, à la suite des heureux résultats donnés pan les types à 12 roues couplées sur le Baltimore Ohio et sur le Great Northern Rr, largement dépassée par celle qùe construit en ce moment l’American Locomotive C°, pour l’Erie Rr.
- Comme vous le voyez par cette projection (fig. 1) cette machine est du même type général que celle du Baltimore Ohio, mais avec 16 roues accouplées au lieu de 12, de lm,30 au lieu de lm,42, d’un empattement total de 12 mètres au heu de 9m,35, ses cylindres de 635 et 990 X 710 millimètres de course, son timbre de 15 atmosphères, et l’énorme puissance de traction de 44t,5 à la jante. La grille de 3m,20 X 2m,90, atteint la surface de G = 9m2,30 et la chauffe S celle de 568 mètres carrés, dont
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- 32tn2,45 au foyer avec 468 tubes de 57 millimètres. Rapport: -=61. Poids entièrement adhérant 185 tonnes. Le tender à deux bogies renfermera 32 mètres cubes d’eau et 14l,5 de charbon, de sorte que le poids total de la machine et de son tender atteindra 260 tonnes, avec une longueur totale de 26m,50. Le mécanicien, séparé des chauffeurs,
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- est installé, comme dans les locomotives Wootten, dans une cabine perchée sur le corps cylindrique et du côté dfoit,
- Une pareille machine, véritable monstre, en employant ce mot dans le sens de «prodige »,ne peut évidemment trouver son emploi que dans des circonstances exceptionnelles, à la remorque de trains également monstrueux,par exemple de 2 000 tonnes sur des rampes de 10 millimètres par mètre.
- Il est probable que cette locomotive donnera, pour ce service spécial, de bons résultats économiques; mais, sans vouloir prophétiser en quoi que ce soit, il est probable que son énorme masse ne sera guère dépassée; elle semble suffisamment compliquée, et l'on ne gagnerait guère grand’chose à ajouter à chacun des groupes moteurs un cinquième essieu couplé (1).
- La question de la sécurité dans les théâtres est toujours des plus intéressantes et des moins résolues, malgré sa très grande importance pour presque chacun de nous; aussi crois-je utile de vous signaler tout particulièrement un remarquable travail qui vient d’être publié sur ce sujet par M. J.-F. Freeman dans le 27e volume (1906) des Transactions de Y American Society of Mechanical Engineers.
- Les incendiés de théâtres sont bien plus fréquents qu’on ne le croit en général ; d’après M. O. Sachs, on en aurait, au siècle dernier, compté environ une centaine de réelle importance, dont d’assez nombreux, un tiers environ, ont été de véritables désastres. Tel est le cas de l’incendie de l’Iroquois Theatre, de Chicago, en 1903, qui fît plus de 600 victimes. C’est cet incendie qui fut le point de départ des études de M. Freeman , dont je ne puis vous donner ici, bien entendu, qu’un très court aperçu.
- L’incendie du théâtre de Chicago fut provoqué par la chute d’un charbon de lampe électrique sur les décors; en cinq minutps, la scène, où les décors comprenaient près d’un hectare de toiles et 3000 mètres carrés de gaze, fut entièrement en feu.^e toit de la scène était fermé; on ouvrit, au fond, un jour sur le dehors, par lequel il se précipita un courant d’air qui abattit le rideau d’amiante et projeta dans la salle un torrent de fumée et de gaz qui ne brûla pas mais asphyxia presque instantanément les 600 victimes, dont 70 p. 100 furent tuées dans les galeries supérieures, et 7 seulement au parterre, parce que la fumée était lancée vers le haut des galeries. D’après M. Freeman, il ne serait très probablement rien arrivé de bien grave si l’on avait pu ouvrir immédiatement au-dessus de la scène un très large jour, d’une section égale au dixième environ de la surface de son plancher, par où se serait fait un appel d’air très énergique, comme dans une immense cheminée, sans plus de fumée dans la salle que devant une véritable cheminée. Il recommande donc très vivement l’établissement de pareils jours ou panneaux de tirage, s’ouvrant automatiquement dès que leurs supports, des plombs fusibles par exemple, atteignent une température de 60° environ. En été, ces jours seraient naturellement ouverts pour la ventilation. La justesse de ce conseil est évidente ; le tout est de trouver un système, qui ne rate pas au moment psychologique; l’auteur en propose un, très ingénieux et simple, et dont il garantit l’efficacité pourvu qu’on l’essaye chaque jour. Il resterait peut-être à trouver un moyen empêchant, automatiquement si possible, l’administration du théâtre d’oublier cet essai
- (1) American Engineer, novembre 1906, Revue générale des chemins de fer, février 1907 et Gé?iie civil du 9 février. La locomotive non articulée la plus puissante est actuellement, je crois, celle de l’Atchison Topeka, Rr, à 6 essieux couplés, compound tandem avec 4 cylindres de 480 et 813 X 813 mm., roues de lm,45, grille de 5m2,43, poids adhérent 107 tonnes, total 130.
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- quotidien, ce qui n’empêche pas les vantaux de M. Freeman d’être, sous cette réserve, très intéressants à signaler à qui de droit. *
- A côté de ces vantaux, M. Freeman recommande, très instamment aussi, l’emploi, partout excepté dans la salle même, d’extincteurs arroseurs automatiques. Ces appareils, peu employés encore dans les théâtres en raison sans doute de leur prix élevé d’environ 25 francs par bouche, donnent,dans les filatures notamment, d’excellents résultats. Leur effet est très souvent rapide et sûr, et il n’y a guère à craindre de dégâts par suite d’ouvertures intempestives des bouches. On compte, aux États-Unis, dans 2 000 usines, environ 3 millions de ces bouches avec, en moyenne, une cinquantaine de fuites par an, soit d’une bouche sur 60 000, c’est-à-dire pratiquement rien. Et, d’ailleurs, les compagnies d’assurance garantiraient volontiers les dégâts insignifiants de ces fuites. Parmi les théâtres d’Europe qui emploient de ces arroseurs, on peut citer celui de Bayreuth, qui en compte 666, et n’en a jamais été importuné.
- Quant aux extincteurs en bâtons de poudres sèches (bicarbonate de soude) et aux diverses grenades, qui ne renferment, sous les dénominations les plus ignivores, que de l’eau salée avec 5 p. 100 environ de sel ammoniac ou de chlorure de calcium, M. Freeman les considère, à juste titre semble-t-il, comme de simples bluffs.
- Le rideau séparant la salle de la scène doit être en tôle d’acier garnie d’amiante vers la scène, et non en amiante qui perd presque immédiatement sa ténacité au feu, et laisse voir le feu, cause de panique.
- L’ignifugation des décors : tissus et gazes, par le meilleur des ignifuges, le phos-.phate d’ammoniaque, est considérée, par M. Freeman, comme pratiquement irréalisable et, d’ailleurs, comme peu efficace ; dès que le feu est assez intense pour présenter un danger réel, ces étoffes ignifugées s’enflamment tout d’un coup très vivement, en émettant des*gaz particulièrement asphyxiants;l’auteur décrit,à ce sujet, des expériences ^très variées et nombreuses qui paraissent concluantes. Son avis n’est guère plus favorable en ce qui concerne l’ignifugation des bois, qui ne sont jamais pénétrés que très superficiellement par les substances ignifugées. Toute cette partie du mémoire de M. Freeman est particulièrement intéressante et pleine de documents nouveaux.
- Le mémoire de M. Freeman se termine par des considérations très intéressantes sur les dégagements : échelles, escaliers, couloirs, qu’il faut faire, proportionnellement au moins quatre fois plus grands aux galeries supérieures, presque toujours immédiatement attaquées par les fumées et les flammes. Il faut, en outre, toujours réserver au théâtre au moins deux issues, sur deux rues différentes, pour permettre son évacuation par l’une de ses façades en cas de feu sur l’autre ou en face de l’autre, dans la rue. M. Freeman donne, sur les dispositions à prendre pour ces dégagements et sorties, nombre de conseils et de dessins des plus remarquables et intéressants pour les architectes, mais sans espérer pouvoir triompher du principal facteur de la plupart des désastres, l’irrésistible affolement des paniques.
- On sait combien, dans la marine surtout, les chaudières à tubes d’eau sont parfois surmenées lorsque la nécessité du service oblige de donner un coup de collier; et, dans ce cas, les phénomènes delà circulation de l’eau et de la vapeur dans les tubes sont fréquemment troublés, car ils ne sont assurés que par des pressions différentielles très faibles, susceptibles même de changer de sens. Il en résulte une fatigue excessive des tubes, principalement de ceux les plus voisins du foyer et, parfois, des coups de feu suivis de déchirures occasionnant des accidents excessivement graves.
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- y aurait donc un grand intérêt à pouvoir assurer, même en cas de surmenage passager, le sort de ces tubes, en les maintenant constamment remplis d’eau en circulation active malgré la surexcitation de leur vaporisation; c’est à ce titre que j’attirerai au-
- Fig. 2. — Circulateur Cockburn.
- jourd’hui votre attention sur un dispositif très simple de M. Cockburn, facilement applicable à presque toutes les chaudières à tubes d’eau, et qui aurait, d après les essais de MM. Burstall et Monkhouse, donné d’excellents résultats sur une chaudière Belleville (t).
- (1) Engineering, 8 février, p. 176.
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- Ainsi que vous le voyez par cette projection (fig. 2), l’idée de M. Cockburn consiste à disposer, dans chacun des tubes du bas de la chaudière, longitudinalement et dans la partie supérieure de ces tubes, un petit tube percé de nombreux trous, suivant sa génératrice supérieure. La vapeur dégagée dans le tube vaporisateur passe par ces petits trous dans le tube séparateur de vapeur et se rend dans un collecteur vertical b, qui l’amène au dôme de vapeur. Sur l’exemple représenté parla projection, les cinq premières rangées de tubes, près du foyer, sont pourvues de ces séparateurs, et ces rangées sont en outre séparées de celle? du haut, de manière que ces dernières ne servent qu’à réchauffer l’eau qui passe, de leurs tubes, au dôme de vapeur puis, de ce dôme, aux rangées du bas.
- Ce nouvel emploi des tubes supérieurs aurait aussi donné d’excellents résultats et permettrait de se dispenser du réchauffeur ordinaire que vous voyez en d au haut de la projection.
- Dans les essais, avec 60 p. 100 des tubes employés ainsi comme réchauffeurs et les autres, ou 40 p. 100 seulement, comme vaporisateurs proprement dits, munis de séparateurs Gockburn, on aurait, avec une dépense de charbon de 134 kilogrammes par mètre carré de chauffe et par heure, vaporisé llkg,33 par kilogramme de charbon, et 55 kilogrammes par mètre carré de chauffe, dont 75 p. 100 par les tubes à séparateurs, sans aucune fatigue ni surchauffe de ces tubes et de leurs assemblages.
- Dans un autre essai, avec,une chaudière Babcox, les séparateurs ont permis d’accroître la production de la vapeur dans le rapport de 4 à 3, et fait passer le rendement de la chaudière de 68 à 73,5 p. 100.
- C’est donc un dispositif à essayer, d’autant plus que cet essai ne paraît pas bien difficile ni coûteux.
- Nomination dé membres de la Société. — Sont nommés membres do la Société d’Encouragement :
- M. Pierre de Monicault, ingénieur-agronome, présenté par Al. Hitier;
- M. J. Oliver Castcmer, ingénieur-constructeur à Palma (Alayorque), présenté par M. G. Richard.
- Conférence. — M. le lieutenant-colonel Espitallier fait une conférence sur le sol de nos routes et de nos rues.
- AI. le Président remercie vivement M. Espitallier de sa très intéressante conférence, qui sera reproduite au Bulletin.
- Nomination d’un trésorier. — Il est procédé au vote pour la nomination d’un trésorier en remplacement de AI. de Préfeln, décédé.
- AI. Alfoj (Amédée), ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la Commission des fonds, est nommé, à l’unanimité, trésorier de la Société d’En-couragement. Conformément à l’article 15 des statuts, il signera valablement, au nom de la Société, tous comptes et reçus, ainsi que tous transferts et conversions de titres.
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- Séance du 8 mars 1907.
- Présidence de M. Gruner, président.
- Après avoir présenté à l’auditoire ses regrets pour l’impossibilité de donner suite aujourd’hui, en raison de la grève des électriciens, aux communications de MM. Armengaud et de Faria, et en avoir annoncé la reprise pour le ven-vendredi 15 mars, M. le Président s’exprime en ces termes :
- Depuis la dernière séance, notre Société a perdu l’un des membres correspondants les plus distingués de son Comité des Arts mécaniques. M. Léonce de Curières de Castelnau, comme ingénieur en chef des Mines, avait été appelé à prendre la direction de l’arrondissement minéralogique de Saint-Étienne au moment où de graves accidents de grisou montraient d’une façon évidente que d’importantes améliorations s’imposaient dans l’exploitation des mines de houille, toujours plus profondes et plus étendues, de ce bassin houiller. Depuis lors, aucun accident grave ne s’y est reproduit : son énergique intervention a été pour beaucoup dans cet heureux résultat. Appelé à prendre, comme Administrateur délégué, la haute direction de deux des grandes Compagnies houillères françaises, M. de Castelnau a donné à l’une et à l’autre une impulsion considérable, réalisant à tous égards des progrès dont il eût été heureux de constater les heureux résultats, quand une maladie accidentelle a enlevé notre camarade et ami à l’affection de tous ceux qui l’ont connu.
- Le Corps des mines et les houillères françaises, perdent, en Castelnau, un de ceux dont ils avaient droit d’être fiers et dont ils pouvaient encore attendre de nombreux services.
- M. le président adresse les remerciements de la Société à M. le ministre de VAgriculture pour les cartes d’invitation qu’il a bien voulu envoyer pour le concours général agricole de Paris, qui se tiendra à la Galerie des machines au Champ-de-Mars, du 20 au 26 mars.
- Correspondance imprimée. — M. Hitler, secrétaire, présente en ces termes les ouvrages suivants, offerts à la Société :
- ministère de l’industrie et du travail de Belgique. — Conseil supérieur du travail.
- Travail des ouvriers dans les ports.
- Cet ouvrage contient un rapport, présenté à M. le ministre de l’Industrie et du Travail en Belgique par la Commission chargée de rechercher les mesures propres à réduire les dangers qu’offre le travail des ouvriers dans les ports. — A la suite de ce rapport vient un projet de règlement prescrivant les mesures spéciales à observer dans les entreprises de chargement, de déchargement, de réparation et d’entretien des navires et bateaux.
- Les règlements, en France, ne sont déjà très souvent que trop nombreux, par conséquent il ne s’agit pas d’exprimer le désir d’en voir élaborer de nouveaux : mais néanmoins les armateurs, dans nos ports, pourraient, croyons-nous, utilement mettre à profit, pour la sûreté des ouvriers qu’ils emploient aux différents travaux, quelques-unes des mesures indiquées dans ce rapport et ce projet de règlement. C’est pourquoi nous avons tenu à le signaler ici.
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’iNDUSTRIE ET DU TRAVAIL. — EXPOSITION UNIVERSELLE ET
- internationale de liège, 1905. —• Section Française. — Classes 19, 20, 21, 22.
- Rapport de M. Compère. Paris, Vermot, 1906.
- Dans ce rapport de M. Compère, je noterai cette simple observation : ce ne fut que la France parmi les pays étrangers qui exposa des machines à vapeur en mouvement, concourant avec les machines belges à la production de l’énergie électrique nécessaire à l’exploitation de l’Exposition.
- Ce qui caractérisa en outre la participation française à l’Exposition, de Liège, est qu’il y eut une représentation des trois types principaux de machines à vapeur: comme machine à allure normale, la machine des établissements Weyher et Richemond; comme type à grande vitesse, la machine verticale des établissements Delaunay-Belle-ville; comme machine avec turbines à vapeur, celle de la maison Sautter-Harlé et Cie, qui avait une turbine Rateau.
- Pour chacune de ces machines françaises, des innovations fort intéressantes ont permis, à Liège, de faire ressortir les progrès réalisés par la France dans la construction des machines à vapeur.
- LE V® CONGRÈS DU SUD-OUEST NAVIGABLE TENU A BERGERAC, LES 6, 7, 8, 9 JUILLET 1906.
- Compte rendu des travaux. Bergerac, J. Castanet, 1906.
- Il nous faut remercier de l’envoi de cet ouvrage M. J. Laval, secrétaire général du 3e Congrès du Sud-Ouest navigable : L’œuvre poursuivie par ce dernier congrès, comme par ceux qui l’avaient précédé, est des plus intéressantes. Elle témoigne d’abord d’un esprit de décentralisation auquel ou ne peut qu’applaudir, elle témoigne ensuite des efforts persévérants d’un groupe d’hommes très actifs pour donner, à nos différentes régions naturelles françaises, toujours plus de vie locale, plus de richesse.
- Parmi les communications faites au Congrès de Bergerac, nous en signalerons quelques-unes d’un caractère nettement régional, telles que : celles sur le réseau navigable du Sud-Ouest, les nouvelles études sur les principaux cours d’eau du département des Hautes-Pyrénées, et leur utilisation dans le bassin de la Garonne et de l’Adour, les canaux des Landes, la vie sur la Dordogne dans l’Ancien Bergerac, les questions de déboisement et reboisement, etc. En 1907, c’est à Bordeaux même qu’un nouveau congrès du Sud-Ouest navigable se réunira. A côté des résultats moraux et certains obtenus jusqu’ici, espérons que, bientôt, des résultats matériels et tangibles seront enfin atteints, selon le vœu de M. J. Laval.
- Annales des Ponts et Chaussées, 1906, 4e trimestre. Paris, E. Bernard.
- En tête de ce volume des Annales des Ponts et Chaussées se trouvent deux notices des plus intéressantes : 1° La vie et les travaux de Jean-Rodolphe Perronet, premier ingénieur des Ponts et Chaussées, créateur de l’École des Ponts et Chaussées. 2° Le Pont de la Concorde à Paris, — notice descriptive et historique, — par M. de Dartein, inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite.
- De tous les ingénieurs, dit M. de Dartein, qui, dans le cours du xviii0 siècle, bâtirent, au centre de la France, sur la Seine, la Loire, et leurs affluents, les grands ponts dont nous admirons le caractère monumental, de tous ces ingénieurs, Perronet
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- est de beaucoup le plus marquant. Il a renouvelé l’art de construire les ponts par l’invention d’un type plein de hardiesse et d’originalité. Les ponts de Neuilly, de Pont-Sainte-Maxence et de la Concorde attestent son talent d’artiste en même temps que ses éminentes qualités de constructeur. Il fut en outre le créateur, sous les auspices de Trudaine, de l’École des Ponts et Chaussées et, durant quarante-sept ans, le directeur de cette école. Par là, et aussi par une action administrative et personnelle très efficace, exercée sur les ingénieurs en fonction dans les Généralités du Royaume, Perro-net a puissamment contribué à la formation du corps des Ponts et Chaussées.
- M. de Dartein a fait suivre le compte rendu de la vie et des œuvres de Perronet d’une notice descriptive et historique sur le pont de la Concorde, le plus important, avec le pont de Neuilly, et le plus remarquablement décoré, des ouvrages de Perronet. M. de Dartein a complété cet historique du pont de la Concorde en passant en revue, avec dessins à l’appui, les nombreux projets et les [quelques essais de décoration des œuvres hautes au moyen de candélabres ou de statues, décorations qui ont suivi souvent les vicissitudes de la politique en notre pays.
- Telles ces statues placées au temps de la Restauration, qui à l’exemple des souverains qui les avaient fait élever, prirent, elles aussi, le chemin de l’exil.
- M. de Dartein, grâce aux documents qu’il a su dépouiller dans les archives de l’École des Ponts et Chaussées et aux Archives nationales, a pu déterminer le coût du pont de la Concorde, point sur lequel on n’était pas fixé jusqu’ici.
- La dépense totale faite au 31 décembre 1791, approvisionnements non compris, montait à 3 683401 livres dont 2 725 017 livres en ouvrages suivant le devis et 959 384 livres en ouvrages parfaugmentation.
- Les ouvrages restant à faire (ou à payer) à la même date étaient estimés environ 190 000 livres.
- les lampes a incandescence électriques, par /. Rodet, 1907. Paris, Gauthier-Yillars.
- La lampe à incandescence, grâce à la petitesse et à la multiplicité des intensités lumineuses pour lesquelles ellejpeut être établie, grâce aussi à sa grande simplicité, à l’absence de tout mécanisme, à son prix modique et à son entretien à peu près nul, est devenue le principal organe de l’éclairage divisé, particulièrement de l’éclairage intérieur. C’est elle surtout qui a été la cause du grand développement de l’éclairage électrique.
- Quelles ont été, quelles sont à l’heure actuelle les lampes à incandescence électriques, c’est ce que M. J. Rodet décrit d’une façon très complète et très claire dans cet ouvrage qui, après un premier chapitre consacré aux principes généraux, un second à un bref historique de la genèse des lampes à incandescence électriques, passe en revue successivement dans les chapitres suivants : les lampes [à filament de carbone, d’osmium et de tantale, — la lampe de Nernst, — la lampe à vapeurs de mercure.
- La préface de M. J. Rodet mérite, du reste, d’être citée, étant données les idées générales qui y sont développées : en voici un extrait :
- Bien ‘avant la création de la lampe à incandescence moderne, de nombreuses tentatives avaient été faites en vue de réaliser la division de la lumière, suivant l’expression consacrée à eette époque...
- C’est le carbone, sous la forme d’un filament de très petite section, obtenu par carboni-
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- sation d’une fibre de bambou, d’un éti’oit ruban de papier ou d’un fil de coton, qui a permis de construire la première lampe à incandescence pratique.
- Le carbone possédant une grande résistivité et étant extrêmement réfractaire, a permis d’obtenir dés filaments très résistants capables dejffonctionner à une température assez haute pour que le rendement lumineux atteigne une valeur acceptable.
- Un fait très important que l'on a constaté de bonne heure, c’est la grande utilité qu’il y a à maintenir le filament dans un vide aussi parfait que possible. Dans les premiers essais de construction de lampes à incandescence, on considérait que l’unique rôle du vide était de soustraire le filament à l’attaque de l’oxygène. Mais on découvrit bientôt qu’il avait encore une fonction extrêmement importante au point de vue du rendement lumineux : c’est de former un milieu non conducteur de la chaleur pour le filament incandescent...
- Un corps que l’on chauffe rayonne uniquement de la chaleur tant que sa température est inférieure à 525° G. Au-dessus de ce point, il émet simultanément des radiations calorifiques et des radiations lumineuses, puis des radiations ultra-violettes.
- Si l’on accroît la température de ce corps, non seulement il rayonne une plus grande quantité d’énergie pendant l’unité de temps, mais encore le rapport des radiations lumineuses aux radiations calorifiques augmente. Les radiations à onde courte croissent plus vite que celles à onde longue. Il en résulte qu’au fur et à mesure que la température du corps s’élève, la lumière devient de moins en moins rouge, mais au contraire de plus en plus blanche, et le rendement lumineux croît.
- On a donc cherché à améliorer le rendement des lampes à incandescence en faisant fonctionner le filament à une température plus élevée. Mais ce procédé n’a donné que des résultats peu importants avec la lampe à filament de carbone, cette substance se détériorant rapidement à ces températures énormes.
- La nature de la surface du corps incandescent joue un rôle important. Un filament à surface lisse, brillante, possède des propriétés sélectives de longueurs d’onde, c’est-à-dire qu’il émet, pour une température donnée, une plus forte proportion de radiations à onde courte, visibles, que si sa surface était mate ou grossière.
- Les métaux étant, en général, susceptibles de recevoir un beau poli, il était à présumer qu’ils devaient posséder à un haut degré ce pouvoir sélectif. Aussi quelques inventeurs ont-ils cherché à utiliser, pour la confection des filaments, des métaux extrêmement réfractaires, tels que l’osmium et le tantale, procurant simultanément les avantages d’une température considérable et de l’émission sélective.
- D’autres recherches ont été dirigées vers des composés éminemment réfractaires, tels que les terres rares, et ont donné naissance à la lampeNernst. Malheureusement le bénéfice procuré par la température énorme et les propriétés sélectives du bâtonnet est en grande partie annihilé par la nécessité où l’on se trouve de faire fonctionner celui-ci non dans le vide, mais à l’air libre.
- Toutes les substances expérimentées sont loin de pouvoir supporter la température énorme qu’exigerait un bon rendement. Jusqu’ici les lampes à filament solide les plus économiques, sanctionnées par la pratique, ont un rendement qui n’atteint même pas 5 p. 100. Il semble donc qu’il puisse y avoir encore un vaste champ pour les perfectionnements.
- CONSIDÉRATIONS ÉCONOMIQUES SUR L'EXPLOITATION DU PÉTROLE EN ROUMANIE, par E. WÎC-
- kersheimer (ingénieur en chef des mines). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- Les pétroles roumains prennent une importance rapidement croissante sur le marché international. La plupart des nations européennes et même l’Amérique prennent une part importante dans cet accroissement, surtout depuis que la loi roumaine dite de consolidation, qui est de 1904, a apporté une base solide aux transactions sur les terrains pétrolifères.
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- L’intérêt de la brochure de M. Wickersheimer est surtout d’ordre économique : mettre le lecteur à même de se faire une idée exacte de la valeur des terrains pétrolifères de Roumanie. Si l’auteur a mis fortemênt à contribution les statistiques officielles, il y a aussi ajouté les renseignements pris sur place dans son voyage récent en Roumanie, où il a parcouru les exploitations les plus productives du district de EPrahova.
- Cette question du pétrole en Roumanie doit intéresser Ltout spécialement les Français. En effet parmi les pays importateurs des pétroles roumains, la France occupe le premier rang. En 1905 elle a acheté 118 925 tonnes, soit 55 p. 100 de toute l’exportation roumaine , contre 13 949 tonnes en 1903 et 40 391 tonnes en 1904. JL’accroissement de tonnage a donc été en 1905 de 300 p. 100 par rapporta 1903.
- La production du pétrole en Roumanie ne cesse du reste de s’accroître et très rapidement : 3613 tonnes en 1860,41 760 tonnes encore seulement en 1890, mais 250 000 tonnes en 1900,500 000 tonnes en 1901, et elle a dû approcher de 900 000 tonnes -en 1906.
- De grands progrès techniques ont été sans aucun doute réalisés ces dernières années, les premières exploitations régulières se sont faites à l’aide de puits à mains. Le sondage tend de plus en plus à se substituer à ce procédé primitif et c’est ici la mé-i thode canadienne par trépan et tiges de fer ou d’acier qui a prévalu.
- M. Wickersheimer toutefois constate combien d’améliorations urgentes sont à faire encore. Actuellement il règne sur les concessions un désordre extrême. Les routes, les voies de transport sont à peu près impraticables.
- D’un autre côté, M. Wickersheimer ne cache pas la fièvre de spéculation qui s’est •emparée de la Roumanie pétrolifère, fièvre de spéculation qui bat en ce moment son plein, et contre laquelle il est tout au moins sage de se prémunir.
- Enfin, Messieurs, je vous signalerai un ouvrage de l’encyclopédie Léauté : Céruse et blanc de zinc de M. G. Petit. L’auteur y a très justement rappelé les beaux travaux de noire collègue M. Livache, travaux qui font, comme vous le savez tous, autorité en pareille matière.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Le rôle prédominant des inventions dans le développement de l’industrie moderne est absolument incontestable, et son importance ne fait que s’accentuer de plus en plus. •C’est un fait reconnu de tous, mais ce que l’on ignore, en général, c’est le prix de revient de ces inventions ou, plus exactement, ce que coûtent les brevets et leur réalisation. M. A.-S. Fitch vient de donner à ce sujet, sous le titre suggestif The cost of the Golden Age, — le prix de l'âge d'or, quelques chiffres qui m’ont paru des plus intéressants (1).
- D’après M. Fitch, le nombre total des brevets pris dans le monde entier, depuis l’origine des lois sur les brevets, s’élèverait à environ 2 500 000, dont 1 million aux Etats-Unis. Les sept huitièmes environ de tous ces brevets ont été pris pendant ces cinquante dernières années.
- (1) American Machinist, 23 février, p. 168.
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- Les sommes payées par les inventeurs aux divers gouvernements pour l’obtention de ces brevets se monteraient à environ 250 millions pour les États-Unis et 450 mil-bons pour les autres pays; mais ces frais ne sont presque rien à côté de ceux de la rédaction du brevet, de son étude légale et de sa mise au point par les ingénieurs conseils et agents divers, frais qui ne se montent pas, en moyenne, pour l’Amérique, à moins de 500 francs par demande de brevet, soit à 1 milbard environ pour les 2 mil-bons de demandes des États-Unis, ou pour le milbon de brevets définitivement accordés par leur Patent Office, ce qui porte à 1 000 francs par brevet définitif ces frais de rédaction et procédure de prise. Pour les autres pays, M. Fitch estime, mais sans dire en vertu de quelles considérations, ces frais à environ 1 500 francs par brevet, soit à 3 mil-bards pour les 2 mübons de ces brevets, de sorte que, depuis leur origine, les brevets auraient coûté aux inventeurs, rien que pour leur prise, environ 5 milbards, et il faudrait ajouter une somme au moins égale pour [les pertes résultant de l’abandon d’une masse énorme de brevets après quelques années de recherches inutiles, de paiements d’annuités et d’autres frais. Ci 10 milbards.
- Restent les brevets qui se sont réellement réalisés en de véritables succès—il n’y en a qu’infiniment peu — et ceux qui ont poursuivi assez loin leur développement avec des demi-succès et, plus souvent, des ruines. D’après ses recherches, M. Fitch estime que 0,5 p. 100 environ de tous les brevets pris ont coûté ainsi 50 000 francs de réalisation; 1 p. 100 25 000 francs; 5 p. 100 12500 francs; 20 p. 100 5 000 francs; 20 p. 100 2 500 francs ; 20 p. 100 1 250 francs et le tiers restant 500 francs chacun, ce qui conduit, pour ces réabsations, au chiffre de 12 milbards, plutôt trop bas d’après M. Fitch. Cette réalisation première une fois effectuée, il reste à exploiter le brevet. Les frais de cette mise en exploitation sont, en général, formidables et l’on ne saurait évaluer à moins d’une nouvebe somme de 12 milbards les pertes par la non-réussite de ces mises en exploitation. Viennent ensuite les frais de procès. Tout breveté tant soit peu favorisé est très vite obbgé d’en faire ou d’en subir, et M. Fitch évalue à au moins 7 milbards les frais de ce chef, depuis l’origine des brevets.
- Reste encore tout l’argent que mangent les lanceurs d’affaires 'de brevets : commissions, apports... et on arrive, de ce fait, à des chiffres absolument formidables; telle de ces entreprises a croulé en un an après avoir absorbé plus de 75 millions. La grandeur de ces pertes s’expbque par ce fait qu’il n’y aurait guère plus de 10 p. 100 de ces brevets lancés qui rapporteraient à ceux qui les exploitent plus d’argent que si l’objet de leur exploitation n’était pas breveté.
- Bref, d’après notre auteur, les brevets auraient coûté, depuis leur origine, environ 75 milbards en une soixantaine d’années, sans compter l’intérêt de cet argent.
- Ce n’est évidemment pas là parole d’évangile, et les chiffres de M. Fitch ne valent guère mieux que ceux de bien d’autres statistiques, en ce sens qu’ils sont plutôt des indications que des précisions; mais il n’en est pas moins vrai que, sous cette réserve, les affirmations de M. Fitch indiquent, d’une façon des plus frappantes, de quels immenses frottements est affecté ce mécanisme si compliqué de la prise et de la mise en valeur des brevets. Le rendement de ce mécanisme est déplorable au point qu’il vaudrait certainement mieux, pour la très grande majorité des inventeurs : au moins 90 p. 100, qu’il n’y eût pas de brevets, dont ils ne retirent que des déboires. En ce qui concerne la mise en exploitation des brevets, on ne voit guère grand’chose à faire; c’est, en somme, à chacun de s’en tirer comme il le peut, à défendre et faire fructifier son bien sous la protection des lois qui régissent la propriété industrielle, car ces lois
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- ne paraissent pas entraver l’exploitation des brevets ; mais il y aurait certainement à faire du côté de la prise des brevets pour empêcher, notamment, la multiplication prodigieuse de ces brevets accordés, sauf de rares exceptions, pour n’importe quoi à n’importe qui. Cette profusion a au moins deux inconvénients capitaux : celui d’em-broussailler les brevets de quelque valeur dans une forêt impénétrable de brevets qui n’ont aucune valeur, et celui d’encourager à la poursuite d’illusions désastreuses, une multitude de malheureux intelligents mais plus imaginatifs qu’instruits.
- Permettez-moi de vous signaler, encore dans ce domaine si intéressant des brevets, une manière de les cultiver à laquelle on a donné, aux États-Unis, le nom de manufacture ou d’usine à brevets : Patent Factory.
- Ces manufactures de brevets ont pour principal objet de systématiser la recherche et la mise au point de perfectionnements intéressant telle grande entreprise industrielle, puis de les accaparer par la prise de brevets incessants et couvrant méthodiquement tout le champ de ces recherches. Ces grandes entreprises espèrent ainsi se mettre à l’abri des surprises, des véritables révolutions qui risqueraient de venir bousculer leur industrie par le fait de brevets pris en dehors d’eux ; il est douteux qu’elles y réussissent toujours, car l’esprit souffle où il veut, mais il n’en est pas moins vrai que ces fabriques de brevets ont pris aux États-Unis, et même ailleurs, une grande importance, et exercent sur le développement de certaines industries une réelle influence.
- L’établissement d’une de ces usines à brevets consiste, généralement, dans le groupement, autour d’un chef supposé à la hauteur de sa tâche très difficile, d’un nombre suffisant de spécialistes à l’esprit inventif et qui cherchent, en obéissant à un mot d’ordre commun, à perfectionner indéfiniment les machines et procédés dont s’occupe l’entreprise et à en inventer de nouveaux pouvant s’y rattacher.
- L’usine à brevets d’Edison est l’une des plus connues ; on peut y joindre, dans le domaine de l’électricité, celle de Tesla, puis, d’après M. Walsh, à qui j’emprunte ces détails, celle de l’Ampère electrochemical G0, de Niagara Falls. On y étudie, avec le concours d’une vingtaine de chimistes et d’électriciens inventeurs, tout ce qui concerne l’électrochimie, notamment la production du carburendum, de l’azote tiré de l’atmosphère, du camphre artificiel par la térébenthine. La General Electric, de Shenectady a monté une de ces fabriques de brevets sous la direction de M. Steinmetz pour tout ce qui concerne la production et la distribution de l’énergie électrique. Tout employé, si modeste soit-il, qui se sent venir une idée à ce sujet est invité à l’apporter à la fabrique, avec promesse d’un sérieux bénéfice si l’idée fructifie. La Compagnie Westinghouse et la Western Electrique ont aussi leurs fabriques de brevets.
- On ne saurait nier que cette systématisation des recherches en vue de brevets ne puisse avoir des avantages tels que sa méthode, rationnelle en elle-même, et l’union d’un grand nombre d’intelligences vers un même but, avec, à la disposition de ces intelligences, des moyens d’expérimentation que ne saurait avoir l’inventeur isolé ; mais, à en juger par les véritables armées de brevets qui sortent chaque année de ces fabriques sans résultats aussi transcendants que le promettaient a priori de pareils moyens, on peut se demander si l’on ne risque pas ainsi de tomber dans ce travers de beaucoup d’inventeurs auquel on pourrait donner le nom de brevetomanie. J’ai, dans mes collections, une basse très suggestive de près de 200 brevets pris par une de ces usines pour un seul objet : une bascule automatique, et qui ne diffèrent, en très grande majorité, les uns des autres que par des détails insignifiants, comme on en Tome 109. — Mars 1907. 24
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- trouverait par. douzaines dans n’importe quel bureau de dessin bien monté. C’est évidemment un abus ; toute médaille a son revers; mais il n’en est pas moins certain que ces usines à brevets sont, dans bien des cas, en chimie surtout, très utiles aux industries qui les exploitent.
- On sait que le principal élément de la résistance des ciments armés est l’adhérence entre le ciment et son armature de fer ou d’acier, M. Talbot vient d’exécuter, pour la détermination de cette résistance, un certain nombre d’expériences des plus intéressantes. Ces expériences ont été faites au laboratoire de l’université de l’ilhnois avec différentes espèces de ciments usuels et des barres ou tiges d’acier rondes de 13 à 25 millimètres de diamètre; je ne puis vous donner, ici, que leur principal résultat. Ce résultat est que, au bout de 75 jours de prise, les fers ronds rugueux, non polis et bruts de laminage présentent une résistance de frottement ou une adhérence au ciment de 25 à 30 kilogrammes par centimètre carré de contact, tandis que cette adhérence diminue de moitié avec des tiges polies (1). Mais ce qu’il y a d’intéressant dans cette question, ce ne sont pas tant les chiffres que je viens de vous citer, et qui sont certainement vrais en eux-mêmes et applicables à des ciments identiques à ceux employés par M. Talbot, et identiquement situés, c’est plutôt l’extrême incertitude où l’on est pour déterminer a priori cette adhérence dans la pratique. C’est ainsi que, dans des essais de Morsh, en Allemagne, on la voit varier de 7 à 50 kilogrammes par centimètre carré, puis de 35 à 52 kilogrammes dans celles deHatt, à l’université de Purdue, et de 40 à 45 kilogrammes dans celles de Bauschinger, et ce, sans qu’il semble y avoir, dans les conditions de ces différents essais, des raisons bien nettes de ces différences. D’autre part, des expériences de M. De Puys ont constaté, en faveur des tiges ondulées ou tordues, une supériorité manifeste, mais pour des ciments n’ayant que 31 jours de prise. Ces formes ondulées font, en effet, intervenir, à côté de l’adhérence proprement dite, la résistance mécanique ou d’arrachement des ciments, résistance dont l’intervention devient inutile au bout d’un certain temps de prise, et pourvu qu’on donne aux barres rondes une surface de contact suffisante pour que leur adhérence au ciment dépasse leur propre résistance à la rupture par traction.
- Ces grandes différences dans les résultats des expériences relatives à l’adhérence des ciments aux fers s’expliquent par l’influence exercée par la nature des ciments, la préparation de leur bain, leur mode de prise, l’état plus ou moins rugueux des barres et la manière même dont on fait les essais, mais il n’en est pas moins vrai que l’incertitude qui en résulte est des plus fâcheuses, et qu’il y aurait lieu de tâcher de l’atténuer par une série d’essais prolongés et méthodiques. Les véritables désastres qui se produisent actuellement, presque chaque jour, aux États-Unis, dans les constructions de ciment armé, montrent bien qu’il y a, en Amérique du moins, encore bien à apprendre dans cette intéressante industrie.
- Je vous ai fréquemment entretenus des progrès récents des lampes électriques à incandescence et à arc, et, parmi ces dernières, des lampes dites à mèches ou à flammes, caractérisées par leur lumière très puissante, mais malheureusement jaunâtre, fumeuses, et dont les charbons en globe ouvert ne durent que peu de temps ; la lampe dite « magnétite » présenterait tous les avantages de ces lampes à mèches sans aucun de leurs inconvénients, bien qu’elle n’en soit qu’une heureuse variété.
- (1) Engineering, 1er mars, p. 278.
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- Elle doit, en effet, son nom à la composition particulière de son électrode négative constituée par un tube de fer rempli d’un mélange pulvérulent d’oxyde magnétique du fer (Fe30/f) et de quelques sels de la même famille. L’électrode positive fixe consiste en un simple bloc de cuivre sur lequel vient frapper l’arc en flamme qui s’échappe de l’électrode négative. Ce bloc doit être assez gros pour ne pas fondre et assez petit pour ne pas refroidir la flamme de l’arc en se couvrant de dépôts. Le réglage se fait à courant constant en maintenant la longueur de l’are invariable, car c’est d’elle seule que dépend la lumière, il n’y a pas de cratère dans cette lampe, de sorte que la répartition horizontale de sa lumière est bien plus uniforme dans un plan horizontal sous la lampe qu’avec les lampes à cratères. Il en résulte, d’après les essais exécutés par Steinmetz à Shenectady, qu’à puissance absorbée égale, les lampes à magnétite éclaireraient deux fois plus la surface du sol que les lampes ordinaires ; en outre, un tube de magnétite de 200 millimètres de long sur 13 millimètres de diamètre durerait environ 200 heures avec un courant de 73 volts et 4 ampères. Ces lampes fonctionnent très bien en] longues séries sur courants alternatifs continuités par des interrupteurs à arc de mercure analogues à ceux qui viennent de vous être présentés par M. de Reklinhausen. Elles sont fabriquées par la General Electric, se répandent rapidement en Amérique, et méritaient de vous être signalées.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants :
- Notice nécrologique sur M. E. Huet, président de la Société par M. Résal, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Rapport de M. A. Carnot, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la question de la houille au Sahara, de M. E. F. Gautier.
- Rapport de M. E. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les frappeurs de M. Luc Denis.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN MARS 1907
- fransaction of the American Ceramic Society, Vol. VIII. Meeting 1906. Pér. 288.
- Rodet (J.). — Les lampes à, incandescence électriques. 23 X 14. xi. 200 p., 92 fig. Paris, Gauthier-Villars, 1907. . 13182.
- Grinshaw (Robert). M. E. — Procédés mécaniques spéciaux et tours de main. 23 x 14, 2* série, 377 p., 593 fig., Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 183.
- L’Année technique, 1906, par A. Da Cunha. Paris, Gauthier-Villars, 190 6. Pér. 302.
- Office du Travail de Paris. Notes sur la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État. 23 x 15,5. 94 p. Paris, Imprimerie Nationale, 1906. 13 1 84.
- Ministère du Commerce et de l’Industrie. — Exposition Universelle et Internationale de Liège, 1905. Groupe IV. Mécanique. Section Française. Classe 19, 20, 21, 22. Rapport de M. Compère, 7 x 19. 88 p., 36 fig. Paris, Vermot, 1906. 13 1 35.
- Ministère du Commerce et de l’Industrie. — Exposition internationale de Saint-Louis, 1904. Section Française. Rapport du département E : Machines. 27 x 19. 188 p. Paris, Vermot, 1906. 13186.
- Le cinquième Congrès du Sud-Ouest Navigable, tenu à Bergerac les 6, 7, 8 et 9 Juillet 1906 . Compte rendu des Travaux. Actes et résolutions du Congrès. 25,5 X 16. 480 p., 4 pi. Bergerac, J. Castanet, 1906. 13 1 87.
- Ministère des Travaux Publics. Album de statistique graphique de 1900. Paris, Imprimerie nationale, 1906. Pér. 322.
- Conseil supérieur du Travail, de Bruxelles. Huitième session, 1906. Fascicule 1 : Travail des ouvriers dans les ports. Bruxelles, 1906. Pér. 324.
- Wickersheimer (E.). — Considérations économiques sur l’Exploitation du pétrole en Roumanie. 23 X 14. 57 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 188.
- Rigaud (F.). — Préparation mécanique des minerais. Résumé pratique. (Encyclopédie des Aide-Mémoire Léauté). 190 p., 2 fig. Paris, Gauthier-Villars. 13189.
- Petit (G.). — Céruse et blanc de zinc. (Encyclopédie des Aide-Mémoire Léauté), 154 p. Paris, Gauthier-Villars. 13190.
- Meade (Richard). — Portland Cernent. 22 x 15. iv-385 p., 100 fig. Easton, Pa, The Chemical Publishing Company, 1906. 13 1 91.
- Laiiarpe (de). — Notes et formules de l’ingénieur et du constructeur-mécanicien. 15e édition, suivie d’un vocabulaire technique en français, anglais, allemand. Paris, E. Bernard. 1907. ’ 13192.
- Redwood Boverton (Sir). — Petroleum and its products. 2x16.2 vol. London, Charles Griffin and Company, 1906. 13193 13194.
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- OUVRAGES REÇUS.
- MARS 1907.
- 357
- Lenoble (E.). — Supériorité du pouvoir couvrant de la céruse sur celui du blanc de zinc dans la peinture à l’huile (ex Bull, de la Soc. Chimique du Nord de la France, 1907). 22 p.
- Recueil de lois, Ordonnances, Décrets, Règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux Publics, dressé par les soins de l’Administration Centrale. I10 série, Tome XII (années 1879-1880). Paris, Veuve Jousset, 1906). Pér. 144.
- Union nationale des sociétés photographiques de France. — Session du Puy, 1906. Compte Rendu par M. S. Pector. Paris, Gauthier-Villars, 1907. Pér. 282.
- Picard (Alfred). — Le bilan d’un siècle. Tome V : Industrie Chimique, Industries diverses, Économie sociale. Paris, Imprimerie nationale, 1906. 13 1 95.
- Société française de photographie. Notice historique rédigée à l’occasion du 50e anniversaire de sa fondation, par S. Pector, secrétaire général. Paris, Gauthier-Villars, 1905.
- 13 196.
- Comité d’études et de patronage pour l’amélioration des marins-pêcheurs. Situation de l’industrie sardinière. Des moyens proposés pour l’améliorer. Rapport présenté au Comité par Pierre Lemy. In-8 19 p. Orléans, Auguste Goût et Cie, 1907.
- Duchemin (René). — La dénaturation de l'alcool en France et dans les principaux pays d’Europe. Préface de M. Ch. Bardy, in-8° de 14 x 23. xvi-264 p., fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 1 97.
- Claudel (J.). — Formules, Tables et renseignements usuels. Aide-mémoire des ingénieurs, des Architectes, etc. Partie pratique. 11e éd. sous la direction de Georges Daviès^ Tome I : in-8 de 23 x 14. 612 fig., xxi-1112 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 198.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Février au 15 Mars 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. ... Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil. Engi-neers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique.
- A1M.. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international
- des chemins de fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs.Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Bp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.Engineering.
- E’.............The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien. '
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institufe
- (Philadelphie).
- Gc. . , . . Génie civil.
- laS. . . . Iron and Steel Metallurgist.
- IC.. , . . Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- le.Industrie électrique.
- Im ... . Industrie minérale de St-Étienne.
- It. ... . Indnstrie textile.
- loB. . M.M.. Ms.. .
- MC. .
- PC. .
- Pm . .
- RCp .
- RdM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. .
- Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. . S A A..
- SuE. . Va. . VIH. .
- ZaC. . ZOI. .
- . Institution of Brewing (Journal) .
- . Mining Magazine.
- . Moniteur scientifique.
- . Revue générale des matières colorantes .
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de métallurgie.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- .. Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . SociétéchimiquedeParis(Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Bull, de statistique etde législation.
- . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . La Vie automobile.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- . Zeitschriftfürangewandte Chemie.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen, lngenieure und Architekten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- 359
- AGRICULTURE
- Bétail. Race nivernaise charolaise (Concours de). Ap. 28 Fév., 269.
- — Fièvre aphteuse et marché de la Villette. SNA. 5 Déc., 772.
- — Porc normand (Le). Ap. 7 Mars, 304.
- — Éléments du corps de l’animal. Mode d’élimination de l’eau. La graisse (Grandeau). Ap. 28 Fév., 261.
- — La matière azotée et les cendres des animaux, 7 Mars, 293.
- Betteraves. Signification des apparences pour évaluer la valeur des betteraves et de leurs engrais (Rœmer et Winner). Cs. 16 Fév., 106.
- Broyeurs à sarments. Essais à Bordeaux. Ag. 16 Fév., 248.
- Camphre etcamphriers en Algérie.Pc."16Fév., 182.
- Chambres d'agriculture (Les). SNA. Janv., 66.
- Charrue à vapeur Nubar. E'. 8 Mars, 242.
- Confiturerie française. SNA. 5 Déc., 778.
- Coopératives agricoles. Mouvement international. Ag. 2 Mars. 331.
- Engrais azotés nouveaux en Autriche et Norvège. Ag. 16 Fév., 251.
- — Acide phospliorique. Exigences des
- plantes en principes fertilisants (Rousseaux). Ap. 7 Mars, 294.
- Figues de Barbarie. Ap. 7 Mars, 309.
- Fromages. Présence d’aldéhydes et formation de l’amertume (Trillat et Santon). CR. 11 Fév.. 333.
- — de Troyes. Ap. 28 Fév., 276.
- Fruits. Conservation par le formol. Expériences anglaises. SNA. Janv., 23.
- Haras royal de Trakchen (Prusse). Gc. 9 Mars, 313.
- Irrigations. CanaldeKom-Ambo.E'.8 Mars, 234.
- Laiteries en Charentes. Ap. 28 Fév., 266.
- Luzerne. Moyen de s’en procurer de bonnes semences (Schribaux). Ap. 28 Fév., 263.
- Manèges (Les) (Ringelmann). Ap. 28 Fév., 672.
- Pommes de terre. Conservation et perte de poids. Ag. 16 Mars, 416.
- — Variétés du Solanum. Ag. 16 Fév., 255.
- — Solanum Commersoni ( Labergerie )y
- SNA. 6-12 Déc., 786, 819. Variations (id.).Janv., 54.
- — Expériences culturales (id.). Janv., 109.
- Pommes de terre. Préparation printanière dusol pour la. Ap. 28 Fév., 268.
- — Plantation. Influence de la grosseur des tubercules : de la fragmentation (Ilarraca). Ap. 7 Mars, 298.
- - Variations par bourgeons des plantes à tubercules. SNA. Janv., 101. Traitements antiseptiques d'hiver. Ag. 23 Fév., 287.
- Viticulture. Enquête parlementaire. Questionnaire. Ag. 9 Mars, 373.
- — Bouillies de cuivre. Ap. 14 Mars, 331.
- CHEMINS DE FEIl
- Chemins de fer américains (Insuffisance des). E. 15 Fév., 216.
- — de Téhuantépec. Gc. 16 Fév., 266. Australiens. EL 22 Fév., 183.
- — d’Otavi (Afrique allemande).
- — Contrôle de l’État et rachat. Ef. 2 Mars, 293.
- — Métropolitains. New-York. EL 16 Fév., 160; lor Mars, 218.
- — — de Paris. Ac. Fév., 18.
- — — de Londres. Usine de Neasden. E'.
- 2Jlars, 209.
- — Ceinture de Vienne : traction par double trolley. Essais. Rc. 28 Fév., 107. — Lignes à faible trafic des grands chemins de fer. Organisation et chemins secondaires commerciaux. BCC.F'év., 181.
- Électriques en Italie. E'. 16 Fév., 158.
- — A F exposition de Mailand.- VDI. 16 Fév.,
- 245 ; 2-16 Mars, 333, 425.
- — (Les). Discussion. Sic.
- — au point de vue économique et straté-
- gique (Gerbati). Ri. 2 Mars, 85.
- — du Simplon. VDI. 9 Mars, 378.
- — Locomotives électriques et la voie. E1.
- 15 Mars, 265.
- Attelages automatiques. Concours de Saint-Pétersbourg. AM. Noo., 569.
- — Darling. BCC. Mars, 347.
- Éclairage électrique des trains. Vickers Hall. Ri. 16 Fév., 61.
- Frein. Chapsal Jaillot. Gc. 16 Mars, 336. Gares de Wiesbaden et de Hambourg (Goupil). APC. N° 55.
- — de voyageurs aux États-Unis (Giesc et
- Blum). VDI. 16 Mars, 407.
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- 360
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — MARS 1907.
- Locomotives de banlieue à 2 bogies. Nord français. Pm.Fév.,i8.
- — Simples etcompound. Comparaison. E’. 1er Mars, 217.
- — à 4 cylindres non compound du Great
- Western Ry. E'. 22 Fév., 186; S Mars, 244.
- — à l’exposition de Liège. Dp. 2 Mars,
- 129; de Mailand. 101. S Mars, 165.
- — normales de l’État indien. E'. 8 Mars,
- 240.
- — Essai du Pensylvania Rr. à l’exposition de Saint-Louis. BCC. Mars, 237.
- - Entretien des chaudières au dépôt (Rœsh) (Ici.). 284.
- — Entretoises flexibles aux États-Unis (Id.), 316.
- — Locomotivè pétro-électrique de .l’État belge pour manœuvre des wagons de marchandises (Uytborck). BCC. Fév., 160.
- — Chasse-neige du Caledonian Ry. E. 8 Mars, 308.
- Matériel roulant à l’exposition de Nuremberg. VDI. 9 Mars, 368.
- Rails en acier. Composition et profil (Job). BCC. Mars, 331.
- — Spécifications américaines et autres. Spécification type pour l’exportation. AIM. Janv., 113.
- — Mesure de l’usure. Appareil Calve et Perrot. Gc. 9 Mars, 323.
- 'Traverses métalliques aux États-Unis. VDI.
- 16 Fév., 259; BCC. Mars, 333.
- Voie pour métropolitain souterrain. Gc. 23 Fév., 292.
- — pour grandes vitesses : entretien éco-
- nomique. Étude d’une voie à patin (Schlussel). BCC. Fév., 125.
- — d’un mètre. Train royal indien. E. 8-
- 45 Mars, 304, 335.
- Wagon pour rails du Glasgow and S. W. Ry. E. 22 Fév., 239.
- TRANSPORTS DIVERS
- .Automobiles (Progrès des). E. la Fév., 214. — En 1906. Gc. 16-23 Fév., 262, 281.
- — Salon de 1906. Ri. 9 Mars, 95.
- — Les Autobus (Montagu). SA. 15 Fév., 374; E1. 22 Fév., 192; Ile. 28 Fév., 105.
- — Frais actuels de service (Villought).
- BCC. Mars, 290.
- Automobiles. Autobus Dennis.EAcrMars,273.
- — — Ryknield. C. 8 Mars, 320.
- — — Wolseley, 18 chevaux : Brush’ Cri-
- tchley-Norris. E. 15 Mars, 342.
- — à pétrole. La métallurgique. Va. 23 Fév.,
- 117.
- — Prima (id.), 2 Mars, 133.
- — — de Dion, 1907, 30 chevaux, Va. 9
- Mars, 148. •
- — pétro-électriques (De Valbreuse). EE.
- 23 Fév., 263.
- — à vapeur de 5 tonnes Buchanan. Ri.
- 9 Mars, 93.
- — Embrayages et changements de vitesse. Ri. 23 Fév., 75.
- — Mises en marche du siège Delahaye Daimler. Ri. 16 Fév., 64.
- — Régulateur Grouvelle Arquenbourg. Va. 16 Fév., 95.
- — Pneus. Composition chimique de leurs caoutchoucs (Schedrowitz et Kayej. Cs. 28 Fév., 127.
- — Jante démontable Vulcan. Va. 2 Mars, 131. Ceter (id.) 16 Mars, 171. Diverses. Ri. 9-16 Mars, 95, 110.
- — Roue motrice (La). Rendement (Auclair). Technique automobile. Fév., 25.
- — Direction. Ri. 9 Mars, 95.
- — Trains baladeurs. Va. 1 Mars, 168.
- — Vilebreqnin (Le) (Leroux). Va. 9 Mars,
- 146.
- Tramways électriques avec rampe contrepoids en Australie. Gc. 23 Fév., 288.
- — en Angleterre. Rc. 28 Fév., 105.
- — Doigts de contact pour coupleurs de
- tramways. Elë. 23 Fév., 113.
- — Frein Freud. E. 15 Fév., 210.
- — Contact superficiel Ivurik. Rc. 28 Fév.,
- 106.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide sulfurique étalon. Sa préparation (Richardson). Cs. 15 Fév., 78.
- — Concentration Strange. Cs. 28 Fcv., 151. Alcools supérieurs dans les esprits. Détermination des —; méthode éther-iode (Bedford). Cs. 28 Fév., 123.
- — Présence du zinc (Roman et Delluc).
- PC. 1er Mars, 243.
- — Source commerciale nouvelle d’. Cs.
- 28 Fév., 139.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- Alcools. Pouvoir réducteur et catalytique du carbone amorphe vis-à-vis des alcools (Senderens). CR. 18 Fëv., 381.
- Azote élémentaire et carbone combinaison (Berlhelot). CR. 18 Fév., 354.
- — atmosphérique. Sa fixation. Electroche-
- miccil, Mars, 77.
- Azoïqaes. Recherches sur les (Freudler). ScP. 5 Mars, 200-234.
- Benzine. Production en Russie. Cs. 15 Fév., 86. Brasserie. Divers. Cs. 15 Fév., 109.
- — Aies claires et stables (Pery Le May). IOB.Janv., 2.
- — Emploi du tinctomètre Lovibond (Id.).
- 26.
- Caoutchouc du commerce. Composition (Sche-drowitz etKaye). Cs. 28 Fév., 126.
- — Divers. Cs. 15 Fév., 104.
- — Coagulation du latex et propriétés élastiques du caoutchouc pur (V. Henri). CR. 25 Fév., 431.
- Chaux et Ciments. Expansion du Portland. MM. Fév., 116.
- — Divers. Cs. 15 Fév., 95.
- Capillarité. Recherches (Ollivier). AcP. Mars. 289.
- Catalyse. Réactions catalytiques sous l’in-. fluence du charbon de bois (Lemoine). CR. 18 Fév., 357. Céramique. Emploi des fours électriques en.
- Electrochemical. Mars, 90.
- Cellulose. Actions de divers réactifs (Grand-mougin). MC. lor Mars, 86.
- Chaleur de formation et formation des composés organiques. Recherches expérimentales (Lemoult). ACP. Mars, 395. Charbons. Redistribution de l’azote dans la distillation des(Mac Lead). Cs.28 Fée.,137. Chrome. État singulier de la matière observé sur un sel chromique dissous (Col-son). CR. 11 Fév., 325.
- Combustibles. Puissance calorifique : nouveau mode de détermination (Lenoble). ScP. 20Fév., 111.
- Cuivre. Limite de silicisation (Lebeau). ScP. 20 Fév., 108.
- Cyanures métalliques. Alcoylation des (Guil-lemard). CR. 11 Feu., 326.
- Égouts. Nitrification du sewage (Reid). RSL. 22 Fév., 58.
- — Épuration des eaux (Müntz et Lainé).
- CR. 4 Mars, 466.
- 361
- Égouts. Traitement du sewage (Scott Monc-rieflQ.E. 15 Mars, 355.
- Essences et parfums. Essence d’absinthe. Caractérisation (Cuniasse). Pc. 16 Fév. 180.
- — Divers. Cs. 15 Fév., 112.
- — de thym d’Espagne (Rodié). ScP. 5 Mars,
- 236.
- Fermentation alcoolique. Influence des sels de manganèse (Kayser et Marchand). CR. 11 Mars, 574.
- Ferro-carbonyle nouveau. Action de la lumière et de la chaleur sur les ferro-carbonyles (Dewar et Jones). CIV. 1erMars, 97, 109.
- Fluor dans les eaux minérales (Caries). Pc. 1er Mars, 228.
- Formène. Recherche et dosage (Gréhant). CR. 11 Mars, 555.
- Gaz à Veau et l’hygiène (Patein). Pc. i 6 Mars, 286. Graisses et huiles. Huile de coco. Sa recherche dans les beurres, graisses et huiles. Cs. 15 Fév., 102.
- — Cholestérol et Phylosterol (Jæger). Cs. 15 Fév., 102.
- Laboratoire. Titrage des sels de mercure avec le permanganate de potasse (Randall). American Journal of Science. Fév., 139.
- — Soufflerie à gazoline pour laboratoire. RdM. Fév., 62.
- — Dosage volumétrique du manganèse (Chesneau). RdM. Fév., 97.
- — — de l’acide borique en grande et
- petite quantité (Low). CR. 15 Fév., 73.
- — — de l’arsenic et de l’antimoine dans
- les minerais (Low). CN. 22 Fév., 85.
- — — - et recherche des gaz combustibles.
- Emploi de l’eudiomètre à eau transformé en grisoumètre (Gréhant). Gc. 2 Mars, 302.
- — — des nitrites et des carbylamines
- (Guillemard). ScP. 5 Mars, 196.
- — — du silicium dans les ferro-siliciums
- et les siliciures métalliques (Jouve). RCp. 24 Fév., 85.
- — — de l’ammoniaque dans les eaux
- (Buisson). CR. 4 Mars, 493.
- — — du soufre par transformation ra-
- pide en acide sulfurique (Berger). ScP. 5 Mars, 594.
- — Alcalimétrie. Emploi de l’acide suce-
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- 362
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1907.
- nique comme titrage (Phelps et Ilub-. bard). American Journal of Science. Mars, 211.
- Laboratoire. Analyse qualitative, des éléments communs (Noyés et Bray). CN. 22 Fév., 89; 15-18 Mars, 99, 113, 126. — Appareil pour mélanger un liquide à son point d’ébullition avec un ou plusieurs gaz (Meldola). CN. 1er Mars, 103.
- Ondes de choc. Onde explosive (Jouguet, Crus-sard). CR. 25 Fév., 415, 417; 11 Mars, 560.
- Optique.Spectrohéliographe (le).(Deslandes). CR. 11 Mars, 541.
- — Spectres cannelés des réseaux paral-
- lèles (Meslin). CR. 11 Fév., 321.
- — Photométrie hétérochrome (Lauriol).
- Je. 10 Mars, 101.
- — Photomètre à papillotements (Dow). EE. 26 Mars, 397.
- ---Lumière (la) et les actions antagonistes
- des diverses parties du spectre (G. Le Bon). Revue Scientifique, 9-16 Mars, 289, 326.
- Persulfates. Décomposition des. Cs. 28 Fév., 148.
- Phosphore. Nouveau mode de formation des composés organiques du (Berthaud). ScP. 20 Fév., 146.
- Papier. Dosage rapide de la réserve dans les papiers (Beadle). CN. 22 Fév., 87.
- — Pergamyn, imitation de parchemin.
- Cs. 15 Fév., 111.
- Poids atomiques. Fonction de leur rang en valeurs croissantes (Minet). ER. 25 Fév., 428.
- — du cobalt (Baxter et Coffin)'. CN. 15-22
- Fév.,76, 86.
- — du manganèse (Buxter et Hines). (id).,
- 8-15-17 Mars, 102, 111, 123. Pyrométrie optique (Waidnerj. E. 18 Mars, 286-523.
- — Pyromètres électriques : constance des
- thermo-éléments (White).EF. 2 Mars, 327.
- Résinés synthétiques (Grognot). RCp. 10 Fév., 49.
- — et vernis. Divers. Cs. 15 Fév., 103. Sucrerie en 1905. Usines et procédés de fabrication. SL. Janv., 34.
- — Sucrose et sucres réducteurs, détermi-
- nation dans les liqueurs sucrées (Wiechmann). Cs. 15 Fév., 107.
- Sucrerie. Saccharomètre Noffke. Cs. 15 Fév. 115.
- Tannerie. Analyse des matières tannantes,, état actuel (Procter et Bennett). Cs. 15 Fév., 78.
- Teinture. Divers. Cs. 15-28 Fév., 87, 89, 145.
- — Corrosions colorées sur mordant de tannin-antimoine (Caberti). MC. 1er Mars, 65.
- — Analyse des soies teintes. Détermination de la charge. Valeur du procédé à l’acide fluorhydrique (Gianoli). MC. 1er Mars, 66.
- — Chlorage de la laine (Grandmougin). MC. 1er Mars, 81.
- — Démontage des teintures (Hibbert). MC. 1er Mars, 82.
- Titane : tétrachlorure de, préparation (Vigou-roux et Arnaut). CR. 4 Mars, 485; (Ellis). CN. 15 Mars, 122.
- Tellurures. Préparation et propriétés^ (Whi-tehead). Cs. 28 Fév., 149.
- Vapeurs. Tensions de, en fonction de la température et détermination des constantes ébullioscopiques (Baume et Tsakalotos). CR. 18 Fév., 373.
- Verres boratés (Burgess et Holt). Cs. 28 Fév., 151.
- — Chimie des (Guedras). RCp. 10 Mars, 93.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Commerce extérieur en 1906. Ef. 9 Mars, 331.
- Angleterre. Commerce extérieur en 1906. Ef. 16 Fév., 221.
- — Année financière 1906. SL. Janv., 93.
- Apprentissage. École-atelier de la rue de Vercingétorix (Vovard). Rso. 16 Fév., 320.
- — Formation des bons ouvriers à la General Electric C° (Alexander). E. 8 Mars, 528.
- — aux établissements Clayton et Shuttle-worth. E. 22 Fév., 243.
- Brevets d’invention en France. Ef. 23 Fév., 262.
- Buenos-Ayres, sa situation démographique, sociale et économique. Ef. 2-9 Mars, 302, 337.
- Contrat collectif de travail en Allemagne. Ef. 23 Fév., 261.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- 363
- France. Commerce extérieur en 190G. Ef. 16 Fév., 220.
- — Projet d’impôt sur le revenu. Ef. 16-23 Fev., 217, 257.
- — Étrangers en France et leurs professions. Ef. 16 Fév. 223.
- — Fabriques de sucre et procédés de fabrication en 1905. SL. Janv., 34.
- — Monopole des allumettes en 1905. SL. Janv., 44.
- — Dépopulation, la peur de l’enfant (Bayard). Rso. 1er Mars, 362.
- — Propriété et droits de succession, Ef. 2 Mars, 297.
- — Naturalisation en France en 1906. Ef. 1906, 374.
- — ' Assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes à Paris et dans le département de la Seine, Ef. 16 Mars, 371. Grèves. Droit de : nécessité de le limiter légalement. Ef. 16 Mars, 365.
- Hygiène et sécurité des ouvriers. Ef. 9Mars, 333. Inde. Famines dans 1’. (Lely). SA. 1er Mars, 412. Mexique. Notes économiques (Bigot). Bam.
- . Fév., 105.
- Japon. Finances du. E. 8 Mars, 522.
- Socialisme municipal. Échec en Angleterre, conclusions pour la France. Ef. 9 Mars, 329.
- Retraites ouvrières et socialisme chrétien (de Kérallain). Rso. 16 Fév. 281.
- Sociétés anonymes : réformes nécessaires (Ban-gas). R.so. 1er Mars, 384.
- Université populaire en France et en Angleterre (Bardona). Musée social. Fév.
- Vie probable et vie moyenne. Ef. 23 Fév., 259.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton. Machine à faire les blocs de Pickles. E. 22 Fév., 238.
- Béton fretté et ses applications (Considère). Gc. 16-23 Fév., 260, 289; 2 Mars, 298.
- — armé. Instructions ministérielles du 20
- octobre 1906. APC. n° 52.
- Ciment armé. Calcul des pièces (Chaude-seiges). Ac. Fév., 26.
- — Aux chemins de fer de l’État italien.
- Le Ciment. Fév., 17.
- — Progrès de la théorie depuis 1904 (Weis-
- ke). Dp.23Fév., 113; 2-9Mars, 132,153.
- Ciment armé. Action de la chaleur sur les colonnes en. E. 8 Mars, 322.
- — Murs de quai en. E1. 22 Fév., 183.
- — Défenses de côtes. E. 1er Mars, 205.
- — Siphon du Rio Sora.
- — Adhérence au fer. E. 1er Mars, 278.
- — Charpente mixte en ciment armé et fer. Le Ciment. Fév., 27.
- — Dérocheuse sous-marine Lobnitz. Gc. 2 Mars, 297.
- Incendies. Avertisseur Pearson.E. 15 Fév., 221 Maisons de campagne. Installations mécaniques. E'. 5-8 Mars, 228, 253.
- Ponts mobiles (Schneider). ACE. Févr., 153.
- — en béton armé, construction san
- cintres. Gc. 2 Mars, 308.
- — en béton à 3 rotules sur l’Iller. Gc.
- Fév., 257.
- — de Khushalgarh. E. 22 Fév., 229.
- — du Saint-Laurent à Québec. VDI. 9
- Mars, 361.
- — de la Concorde à Paris (histoire). APC.
- n° 50, p. 88.
- — du Nil au Caire. E1. 1er Mars, 207.
- — sur routes. Règlements autrichiens. E'.
- 8 Mars, 248.
- Revêtements céramiques des stations souterraines du métropolitain (Pollet). ACP. n° 54.
- Tunnels de PHudson (E. Prelini). E. 8 Mars, 297.
- — Essai de redressement par congélation. Ri. 2 Mars, 88.
- Verres parasol See empêchant le passage des rayons solaires. Gc. 2 Mars, 305.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au plomb, perfectionnements. EE. 23 Fév., 291.
- Bobines d’induction. Établissement des (Eddy et Eastham). EE. 23 Fév., 283.
- Câbles à haidc tension. Re. 28 Fév., 100. Conductibilité des métaux. E. Ier Mars, 265.
- — Fils d’aluminium nu. Emploi des. le.
- 10 Mars, 112.
- Cuisine. Application de l’électricité à la. Elé. 16 Fév., 99.
- Distribution. Capacité active des câbles de forte section et sa mesure au moyen de courant continu (Keman). EE. 23 Fév., 285, 2 Mars, 317.
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- 364
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- Distribution. En Saône-et-Loire. E- 3 Fév., 114.
- — dans l’Ain (kl.). 9 Mars, 145; l’Aisne
- (id.). 16 Mars, 161.
- — Régime futur à Paris, le. 25 Fëvr., 77.
- — Réseaux à courants alternatifs (Lich-
- tenstein). EF. 9-16 Mars, 356. 392.
- — Installations électriques du canal de
- Teltow. Elé. 9 Mars, 151.
- — par courants continus à haute tension
- (Highfield). E. 15 Mars, 350, 358.
- — Partage des courants alternatifs dans
- un système de conducteurs (Lichtenstein). Re. 15 Mars, 129.
- — Conducteurs creux Lherminier (id.) 131. Dynamos. Alternateur triphasé pour accouplement direct avec une turbine à vapeur (Kolben). EE. 22-16 Fév., 239, 278.
- — à pôles de commutation. Théorie de con-
- struction (Pelekan). EE. 2 Mars, 310.
- — à pôles auxiliaires (Duquesne). Re. 28
- Fév., 98.
- — Échauffement des bobines inductrices
- (Lester). EE. 16 Feu., 242.
- —Détermination d’une courbe périodique en ses harmoniques (Haga). Re. 28 Fév., 119.
- — Dispersion magnétique, étude de la
- (Cramp). EE. 16 Mars, 384.
- — Force électromotrice d’enroulements
- monophasés et polyphasés (Georges). E. 2. 9.16 Mars, 312, 351, 386. Moteurs d’induction monophasés (Stell). EE. 16 Fév; 9-16 Mars; 243, 354, 390.
- — Réactance de dispersion (Mac Allester).
- EE. 2 Mars, 315.
- — Continus et triphasés. Prix moyens par
- cheval. Re. 15 Mars, 133.
- Éclairage. Influence des décharges sur ï’in-tensité lumineuse des flammes (Lorenz). Re. 15 Mars, 145.
- — Lampes au mercure. Nouvel allumage
- Bode. Elé. 16 Fév., 103.
- Arcs à mèches. Propriétés et applications (Blondel). EE. 16 Mars, 372. Incandescence (Construction des lampes à).
- ‘ E. 15 Mars, 354.
- — Lampes au tungstène (Bainville). Sie.
- Fév., 115.
- — Lampes Hélion et Zernig. EE. 16 Fév.,
- 250, 251. Elé. 23 Fév., 121.
- Incandescence. Lampes Osrarn. Expériences. EE. 23 Fév., 290.
- — Intensité lumineuse moyenne des lam-
- pes à incandescence. Sa détermination (Hyde et Cady). EE. 23 Fév., 289.
- — Essais des lampes (Spinney). EE. 2
- Mars, 323.
- — Rendement (Russner). Re. 15 Mars, 144. — — Lampes à haut voltage : état actuel.
- (Paterson). EE. 2-16 Mars, 324, 398. Électro-chimie. Électrolyse des mélanges (Rosset). EE. 16 Fév., 234.
- — Application de la théorie des électrons
- à Télectrolyse (Fournier d’Albe). EE. 16 Fév., 237.
- — Progrès des industries électro-chimi-
- ques (Izart). le. 10 Mars, 107.
- — Fonctionnement des électrodes en alu-
- minium (Schultze). EE. 16 Fév., 251.
- — Décomposition de l’ammoniaque et
- formation de l’ozone par la décharge silencieuse (Pohl). EE. 16 Fév., 253.
- — Divers. Cs. 15 Fév., 99; 28 Fév., 157.
- — Préparation électrothermique des com-
- posés chimiques industriels. Re. 15 Mars, 147.
- — Formation anodique des oxydes et pas-
- sivité (Muller). Cs. 15 Fév., 100.
- — Aux stations centrales. E'. 22 Fév., 192.
- — Séparation électrolytique du cuivre et
- de l’étain des bronzes (Campagne). Re. 15 Mars, 157.
- — Galvanoplastie : procédé simplifié Gold-
- smith. le 25 Fév., 87.
- — Électrolyse des mélanges (Rosset). EE.
- 2-9 Mars, 301, 339.
- — Récupération du fer et du nickel des
- déchets de tôles nickelées (Richter). EE. 9 Mars, 363.
- Mesure de la puissance des systèmes triphasés à conducteur neutre (Orlick). EE. 16 Fév., 254. Re. 28 Fév., 121.
- — de l’induction magnétique dans des
- champs de 100 à 1 000 gauss. Re. 28 Fév., 113.
- — De la résistance des charbons par l’arc à mercure (Kuhn). Re. 2.
- — Méthode pour rendre constante la différence de potentiel aux bornes des batteries employées dans les mesures' (White). EE. 2 Mars, 327.
- — Galvanomètres pour courants alter-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1907.
- 365
- natifs (Armagnat). le. 10 Mars, 103.
- Isolants. Force électrique et rigidité diélectrique dans deux substances isolantes en série (Benischke). Re. 28 Féi'.,10I.
- — Gutta-percha. Coefficients de température (Winnertz). Re. 28 Fév., 103.
- — Rigidité diélectrique des vides poussés (Madelung). EE. 9 Mars, 346.
- Signes conventionnels représentatifs des appareils et installations électriques (Brunschwick). Sie. Fév., 103.
- Stations centrales de Long Island. New-York. E'. 13 Mars, 260.
- Transformateur électrolytique De Faria. E lé. 2 Mars, 129.
- Télégraphie sans fils. Syntonisation (Wien). EE. 16 Fév., 245.
- — Production d’oscillations électriques entretenues (Vreeland). (id). 246.
- — Énergie reçue par une antenne (Pi-ckard). Re. 28 Fév., 111.
- — Circuits oscillants accomplis. Etude expérimentale (Fischer). EE. 2-9 Mars, 319, 360.
- — Entre Newhaven et Dieppe. E. 8 Mars, 308.
- — Production des ondes permanentes dans le circuit Duddel-Poulsen. Re. 15 Mars, 140.
- — Par l’arc chantant {id.), 141.
- Téléphonie. Etude du récepteur téléphonique (Poincaré). EE. 16-22 Fév., 9-16 Mars, 222, 257, 329, 365.
- — Inductance et impédance des circuits téléphoniques et télégraphiques (Joung). 365; EE. 2 Mars, 322.
- — Dispositif téléphonique à flamme. Re. 15 Mars, 143.
- Téléphote Rabourdin. Elé. 9 Mars, 154.
- — Téléphotographie (la). Re. 15 Mars, 135.
- Transformateurs. Perte par hystérésis : sa détermination (Kapp). le. 25 Fév., 83.
- HYDRAULIQUE
- Bornes-fontaines incongelables (Bergès). Gc. 9 Mars, 315.
- Compteurs d’eau Yenturi pour Rio de Janeiro. E. 22 Fév., 236.
- Houille blanche et houille verte. Ef. 2 Mars, 299.
- — Forces hydrauliques de Maine-et-Loire. Ap. 7 Mars, 308.
- Marèomoteurs. Utilisation hydro-électrique. Élè. 16 Fév. 97.
- Pompes centrifuges (les). Williams. Eam. 16 Fév., 331.
- Turbines de 10 000 chevaux de Susqualmie falls. Ri. 23 Fév., 73.
- — Chutes du Rhin près de Lanfenburg. E. 8 Mars, 298.
- — Régulateur de vitesse Lyndon. Gc. 9 Mars, 322.
- MARINE, NAVIGATION
- Canal de Teltow. Installations électriques. Elé. 9-16 Mars, 151,167.
- — de Panama. État actuel. E. 15 Mars,
- 337.
- Congrès international de navigation à Milan. Rapport des délégués français. APC. N° 51.
- Docks de Devonport pour l’Amirauté Anglaise.
- E. 15 Fév., 197; 1« Mars, 267.
- Hélices (Déformations des) (Burlingham). E. Ier Mars, 263.
- Machines marines. Accidents de détails. E. 22 Fév., 243.
- — Turbines à vapeur. Essai du croiseur Lubeck. E. 22 Fév., 252.
- — à gaz (Coster). E'. 16 Fév., 168.
- — au pétrole Crossley. Va. Fév., 123. Dan.
- E. 8 Mars, 318. Thornycroft. E. 15 Mars, 356.
- Marine de guerre anglaise. E. 8 Mars, 314. — Sa tactique. E. 15 Fév., 213.
- — Essais du cuirassé Dreadnought. Ef. 22 Fév., 186.
- — Japonaise et son expansion (D. Bellel). Revue Scientifique. 16 Mars, 332.
- ’ — Croiseur de l’avenir (le). E. 15 Mars, 349. Naufrage du Berlin. E1. 1er Mars, 215.
- Pêche. Ports de pêche anglais (Ansten). E. 1er Mars, 261.
- — Navigation intérieure en France. Ef. 16
- Mars, 369.
- Phares. Service des phares français. Ef. 22 Fév., 182.
- Ports. Embouchure de la Mersey. E. 15 Mars, 333.
- Rivière. Colorado et bassin de Salton (Grun-sky). ACE. Fév., 102.
- Vibration des navires (W. Thele). VD1. 23 Fév., 295.
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- 366
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Navigation aérienne. État actuel. E. 15 Fév., 217.
- — Aéroplanes. Utilité des surfaces à bords épais (de Peschof). Va. 2 Mars, 136. — Ballon Lebaudy. Expériences de 1905 (Voyer). Gm. Fév., 97.
- Air comprimé. Compresseurs des Docks de Davenport. E. 1er Mars, 267.
- Arbres vilbrequins (Résistance des). (Sainbu-rat). Technique automobile. Fév., 23. Chaudières. Brûleurs à pétrole. Bp. 16 Fév., 105. Stockard. E1. 16 Fév., 172.
- — Surchauffe. Chaleur spécifique de la vapeur surchauffée. E. 22 Fév., 227. Écrire. Machines à écrire modernes et leurs accessoires (Morton). SA. 1er Mars, 429. Encliquetage. L’ « Antoloc » (Resal). APC. N° 53..
- Engrenages.Traîn$épicycloïdaux(Ravigneaux).
- Technique automobile. Fév., 17.
- Force motrice dans les maisons (Josse). VDI. 16-23 Fév., 221-285.
- Frein-dynamomètre électrique à courants de Foucault, Morris et Lister. E. S Mars, 308.
- Froid. Compresseursfrigorifiques(Doderlein). VDI. 16 Fév., 257.
- — Applications commerciales (Williams). SA. Fév., 393.
- Levage. Grue hydraulique de 150 tonnes à Ebswick. E. 2 Fév., 250.
- — — roulante à vapeur de 10 tonnes
- Wilson. E. 8 Mars, 321.
- — — Ravitailleur et transporteur Tem-
- perley. RM. Fév., 181.
- — — Grappins divers. Dp. Mars, 145, 161.
- — — Appareils divers. Dp. 9 Mars, 148. Machines-outils. Ateliers Krupp. E1 15 Fév.,
- 156. Withworth à Pozzoli. F.*15 Mars, 256.
- — — Arsenal de Washington. AMa.
- 16 Fév., 131; 2, 9-16 Mars, 203, 240, 270. Toiture en dents de scie pour ateliers. AMa. 16 Fév., 151.
- — à l’Exposition de Reichenberg. VDI.
- 16 Mars, 421.
- — Bandages (Machines à poserjles) sur les
- roues de locomotives. Gc.[2 Mars, 309.
- — Cintreuse pour fers Nicol. E'. 16 Fév.,
- 162.
- Machines-outils pour tubes Monnet et Moyne. Ri. 16 Mars, 105.
- — Cisaille poinçonneuse Crarg. E. 22 Fév., 251.
- — — pourpoutrellesJon.es. Tti.23 Fer.,73. — Fraises. Appareil à dégager Pratt-
- Whitney. Ri. 2 Mars, 81.
- — Marteau pneumatique de 108 tonnes, forges de Terni. E1 8 Marst 246.
- — Outils (Travail des) (Taylor). RdM. Fév., 108; E'. 22 Fév., 195 ; AMa. 2-9 Mars, 215, 247.
- — — Expériences sur le forage (Co-
- dron). RM. Fév., 137-162.
- — Perceuses pour rails sur place Kala-mazoo. E. 15 Fév. 208.
- — — Chuck pour foret plat. E. 15 Mars,
- 272.
- — Riveuse hydro-électrique Decauville. Ri. 16 Fév., 63.
- — Taraudeuse pours écrous Bridgepor^. A AMA. 23 Fév., 199.
- — Tours. Harnais (Nicholson et Smith). E'.
- 1-15 Mars, 209, 258.
- — — vertical Moor. E. 15 Mars, 367.
- — — d’outilleur Pratt-Whitney. Ailla.
- 16 Mars, 276.
- Moteurs à vapeur. Eau et vapeur aux hautes températures. F. 15 Mars, 334.
- — Turbines. Rateau allemande. VDI.
- 16 Mars, 417.
- — — de l’Allgemeinen. VDI. 9Mars, 385.
- — — Résistance des roues à la force
- centrifuge (Roggla). ZOI, 8 Mars, 171.
- — Compression dans l’espace nuisible
- (Boulvin). RM. Fév. 109-136.
- — Distribution Heusinger-Joy.Dp. 16Fév.,
- 97; 2-16 Mars, 135, 164. Compensateur Poletto. RM. Fév. 200.
- — Par soupapes Sulzer, Paxman, Nu-f
- remberg, Carels, Alley et Simpson, Lentz, Hopper. RM. Fév., 193.
- — Par tiroirs cylindriques Cole Marchant,
- Musgraves, Schmidt, (id.), 201.
- — Pistons Marsden, Murr, Murray. RM.
- Fév., 212.
- — Pompes à air Paxman, Johnston, Ros-
- siter, Leblanc, Scott, Weir.RM. Fév., 188.
- — Régulateur avec arrêt automatique
- Smith. E. 1er Mars, 285.
- — — Nordberg, Conrader, Balls, Clay,-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1907.
- 3fi7
- Pain, Pickering. Rites Proell. RM. Fév., 205, 209.
- Moteurs à, vapeur hydrauliques Gonkling, Shuker. RM. Fév., 206.
- Moteur à eau chaude différentiel. Smal. Ru. Janv., SB.
- Moteurs à gaz Langen et Wolf. VDJ.
- 16 Mars, 419. Korting aux forges de Shelton. E. 15 Fév., 204. Premier de 2 800 chevaux. E. 15 Fév., 224. Grossley nouveaux. E'. 22 Fév., 196.
- — à deux temps U. D. Ge. 23 Fév., 287.
- — désaxés (d’Estival). Technique automo-
- bile. Fév., 27.
- — Détermination de la puissance des moteurs d’après leurs dimensions. Va. 2 Mars, 135. Diagramme Foster. E1. 22 Fév., 181.
- — Cylindres et pistons des gros moteurs (Sellge). SuE. 13 Fév., 222.
- — Théorie des (Cierk).E. 1erMars, 280,284. — Gazogènes. Essais de Derby, de Barrus. types de Bleringer, Atkinson, Bowner, Grosta et Morton,Dowson, Huttinger, Hughs, Helprecht, Sandner, Gow, Tangye, Fielding, Kerpely. RM. Fév., 163-106.
- — à pétrole à 4 cylindres (Puissance des)
- de 80 à 200 de diamètre et de 85 à 220 millimètres de course. Va. 16 Fév., 106.
- — Allumage électrique à haute tension.
- (Davenport). E. 22 Fév., 228.
- — Régulateur Grouvelle-Arquenbourg. Va.
- 16 Fév., 97.
- Résistance des matériaux. Essais par flexions. Appareil portatif Sankey, E. 15 Fév., 209.
- — Métaux. Nouvelles méthodes d’essai
- (Prenel). Dp. 16 Fév., 100.
- — Facteurs de sûreté (Stromeyer). E'.
- 8-15 Mars, 247, 270.
- Stroboscopè (le). Indicateur de vitesse. Va. 2 Mars, 140.
- Textiles. Cannetière doubleuse Lespinasse It. 15 Fév., 59.
- — Jacquard Yerdol à 2 cylindres. It.
- 15 Mars, 96.
- — Bancs à broches à coton (Champion) (id.). Fév., Mars, 63, 108.
- — Tissage des toiles de lin et de jute
- (Woodhouse et Milne) (id.), 71.
- T extiles. Chargeuses automatiques pour matières textiles (Dantier) (id.), Fév., Mars, 72, MO.
- Verrou auto-électrique. Ri. 16 Fév., 66.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Aluminium cuivre (Carpenter et Edwards). E. 22 Fév., 253; 8 Mars, 299. Argent. Grillage des arsénium cobalt, nickel, argent à Terneskaming (Ontario). A IM. Janv., 53.
- — Enrichissement des minerais sulfurés à Broken Hill. Gc. 9 Mars, 318.
- Cuivre. Élimination du fer, du soufre et de l’arsenic dans la Bessemerisation du cuivre (Mathewson). AIM. Janv., 7 — Constitution des ferro-cupro-sulfures (Caypless et Harrington). AIM. Janv. 25.
- — Enrichissement secondaire des sulfures ferro-cuivreux. AIM. Janv., 143.
- — Perte de métal à la fusion (Portevin). RDM. Fév., 104.
- — Traitement à Wallarao (Australie). Eam. 16 Fév., 324.
- — Dans la Sibérie du Sud. Eam. 9 Mars, 472.
- Fer et acier. Production en 1906. Ef. 16 Fév., 221. aux États-Unis. RdM. Fév., 97.
- — Aciéries. Rendement des. E'. 8 Mars, 240. Américaines nouvelles. SuE. 27 Fév., 302.
- — Acier, fabrication continue au four Talbot. RdM. Fév., 94.
- — — Procédé Martin (le). (Naske). SuE.
- 13-20 Fév., 229, 265.
- — au réverbère à Pueblo. Eam. 23 Fév.,
- 371.
- — Fonderie. Recherches métallographi-ques. RdM. Fév., 69. Hélices en acier coulé. SuE. 27 Fév., 309.
- — Hauts fourneaux, lavage des gaz. E'. 16 Fév., 166. Chargeurs modernes. RdM. Fév., 88.
- — Laminoir universel Kennedy. SuE. 20 Fév., 273.
- Fours à réverbère. Calcul des (Richards).
- Elec.trochemical. Fév., 44; Mars, 79. Grillage. Oxydant de la pyrite de fer et de la blende. Théorie (Truchot). RCp. 10 Fév., 54.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1907.
- Or. Cyanuration des concentrés de pyrites brutes. (Wendendale). AIM. Janv., 1. — à Bnlfrog. Eam. 23 Fév., 376.
- — Filtres Butters à la cyanuration de la Combination Mines C°, etc., Nevada. AIM. Janv., 67; Eam. 9 Fév., 269.
- — Progrès de la métallurgie (Gautier). Pm. Fév., 29.
- Plomb. Grillage à la chaux de la galène concentrée : procédé Savelsberg. Expériences de laboratoire. AIM. Janv., 37.
- — Réduction électrolytique des minerais. RclM. Fév., H2.
- Zinc. Électrométallurgie du. Electrochemical. Mars, 83.
- — Four électrique Taylor (ici.), 103.
- MINES
- Asphalte. Calcaires asphaltiques du Gard.
- (Nicou). AM. Nov., 513.
- Brésil. Industrie minérale au. Eam. 2 Mars, 419.
- Boisage. Bois employé aux États-Unis. Eam. 9 Mars, 487.
- Bavière. Statistique minérale en 1905. AM. Non., 575.
- Birmanie. Statistique minérale en 1902. AM. Nov., 573.
- Cobalt. Mines de Nipusing et Foster. Eam. 9 Fév., 274.
- Cornouailles. Renaissance de l’industrie minérale en. Eam. 9 Mars, 461. Électricité. Emploi dans les mines, transmission (Denis). Pm. Fév., 21. Dans les mines d’anthracite (Warrin). Eam. 2 Mars, 433. Aux mines du Pérou. E'. 22 Fév., 179. Pour les pompes d’épuisement. E. 1er Mars, 208; Eam. 9 Mars, 479.
- Grisou. Grisoumètre Grehaut. AM. Nov., 570.
- Et baisses barométriques. Gc. 16 Fév., 269; Eam. 2 Mars, 430.
- Grandes profondeurs au Lac Supérieur. Eam. 16 Fév., 322.
- Houillères. Poussières de charbon (Ash-worth). E'. 15 Mars, 255.
- — Incendies des. Eam. 9-16 Fév., 286,334. — de l’Est-Ulinois. Eam. 16 Fév., 336. Bassin de Douvres (Dawkins et Oxon). SA. 8 Mars, 450.
- — Industrie des — en Russie. (Summers-back). Société d’Encouragement de Berlin. Fév., 67. En Allemagne. Ef. 16 Mars, 367.
- Extraction et épuisement à l’Exposition de Liège (Habets). Ru. Janv., 1. Fonçage. Trépan pour sondages profonds. Gc. 16 Mars, 340. Sièges nos 6 et 7 des charbonnages de Bascoup (Laise-mort). Ru. Janv., 7. Utilisation des fonçages improductifs comme sources d’eaux minérales. (Tecklenburg). Ru. Janv., 100.
- Or. Géologie de l’Exposed Treasure Lode. Californie (Kalb). AIM. Janv., 15. Recherche par voie humide dans les sables aurifères (Fournier). CR. 18 Fév., 381.Placers du Ivlondike. Eam.
- 2 Mars, 413.
- — de la Guyane française. Eam. 2 Mars,
- 421. Transvaal. Conditions d’exploitation au (Petchford). Eam. 9 Mars, 467. Perforatrices Calix, rotatives sans diamants. Eam. 9 Fév., 285. A diamants, leur utilité pour les explorations souterraines (Humer). Eam. 23 Fév., 381. Prix de revient de leur travail dans les houillères (id.), 384.
- Préparation mécanique à Broken Hill. (Delprat). Eam. 16 Fév., 317.
- — Laveur Traylor. Eam. 2 Mars, 425. Sibérie du Sud. Mines en. Eam. 23 Fév., 367.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 106e ANNÉE.
- AVRIL 1907.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. Ach. Livache, présenté au nom du Comité des Arts chimiques, sur une peinture exempte de plomb, le Grisol, susceptible d’être appliquée directement sur le fer.
- En présence des dangers qu’entraîne, pour les peintres, l’emploi de substances à base de plomb, les efforts des hygiénistes tendent à trouver des succédanés exempts de plomb. C’est ainsi que les nombreuses expériences entreprises pour remplacer la céruse par l’oxyde de zinc permettent déjà de prévoir cette substitution dans un avenir prochain.
- Cependant, une des objections que les hygiénistes entendent répéter souvent c’est que, si ce progrès est possible, la question de la suppression des composés plombiques ne sera que partiellement résolue parce qu’il sera toujours indispensable d’employer un composé à base de plomb, le minium, pour préserver le fer de la rouille. Or, le minium est une substance dont l’emploi est d’autant plus dangereux qu’il est mis en œuvre, le plus souvent, non par des peintres avertis des mesures de précaution à prendre dans son maniement, mais par des ouvriers serruriers, monteurs, ajusteurs, etc., qui l’appliquent généralement d’une manière discontinue, nu cours de leur travail, et sans précautions particulières.
- Dans ces dernières années, des tentatives très heureuses ont été Tome 109. — Avril 1907. 25
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- 370 ARTS CHIMIQUES. --- AVRIL 1907.
- réalisées au nombre desquelles on peut citer l’emploi du gris de zinc. Ce produit, mélange de zinc métallique pulvérulent et d’un peu d’oxyde de zinc, qui ne présente aucun danger, se détrempe à l’huile comme le minium et, dans les expériences comparatives exécutées à l’Institut Pasteur, il a été constaté qu’après quatre années le fer avait été préservé au moins aussi complètement qu’avec une couche de minium.
- Aujourd’hui, c’est un produit à base de silicate d’alumine et d’oxyde de zinc, le Grisol, que présente à l’examen de la Société d’Encouragement la maison Lefranc et Cie. Ce produit est broyé à l’huile de lin et additionné, comme siccatif, de résinate de manganèse ; il est complètement exempt de plomb ; sa coloration est gris ardoisé, par addition d’une petite quantité de noir de charbon, et il peut être appliqué sur le fer comme couche définitive.
- 11 est intéressant de voir le silicate d’alumine s’introduire dans les peintures; si, en effet, on consulte les vieilles recettes, on constate que, souvent, on ajoutait une certaine quantité de silicate d’alumine sous forme d’argile pour donner de l’adhérence aux peintures; de même l’expérience montre que la qualité du minium de fer fabriqué avec certaines ocres est meilleure quand la quantité de silicate d’alumine qui y est naturellement contenue atteint une notable proportion. C’est, sans doute, un rôle analogue que joue, dans le grisol, le silicate d’alumine qui y est introduit à un état tel qu’il s’imbibe facilement d’huile et fait fortement adhérer la peinture sur le fer.
- Le mode d’emploi du grisol est des plus simples et ne présente aucune difficulté. Il est vendu en pâte et, suivant le degré de broyage, il constitue les produits dénommés grisol n® 1 et grisol n° 2 ; l’ouvrier l’additionne d’huile ou d’essence suivant les besoins du travail.
- Votre Comité devait se poser deux questions, l’une concernant la durée de préservation du fer contre la rouille et, l’autre, le pouvoir couvrant et le prix de revient. C’est pour répondre sur ces deux points que nous avons institué des expériences et nous pouvons, aujourd’hui, en tirer des conclusions intéressantes.
- Nous avons commencé par appliquer le grisol sur des plaques de tôle bien nettoyées, à une, deux et trois couches, et sur des grillages en fer exposés, en plein air, à toutes les intempéries. Or, au bout de dix mois, la peinture ne présente aucun indice de détérioration et il n’apparaît aucune trace de rouille.
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- PEINTURE EXEMPTE DE PLOMB, LE GR1SOL.
- Si la durée de ces expériences n’est pas encore suffisante pour se prononcer avec toute certitude sur la résistance du grisol, il semble néanmoins que, dès aujourd’hui, on puisse en tirer des conclusions très encourageantes.
- Aussi importante était la question du pouvoir couvrant. C’est en nous appuyant sur les expériences faites dans les meilleures conditions possibles à l’Institut Pasteur (voir Bulletin de la Société d’Encouragement, 1902, p. 690, et 1906 p. 990), avec des formules établies par le bureau de la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture de Paris, que nous avons pu faire, à ce point de vue, la comparaison de peintures au minium et au gris de zinc avec la peinture au grisol.
- Les produits, préparés pour l’emploi, avaient les compositions suivantes :
- Minium.
- Minium en poudre.. 1 kil.
- Huile de lin. . . . 0,800
- Essence............0,040
- Litharge...........0,004
- Gris de zinc.
- Gris de zinc (ardoisé). 1 kil.
- Huile.................0,300
- Essence..................0,025
- Résinate de manganèse. . ...............0,010
- Grisol.
- Grisol n° 2 en pâte. 1 kil. Huile. ...... 0,080
- Essence.............0,120
- Résinate de manganèse................. »
- Dans ces conditions, les expériences exécutées nous ont montré que :
- 1 kil. de minium en poudre couvre............ 7m2,23
- 1 kil. de gris de zinc ardoisé en poudre..... 13m2,29
- 1 kil. de grisol n° 2 en pâte................ 15m2,00
- Pour les prix de revient (1), on arrive, par mètre carré, à :
- Pour le minium................................ 0 fr. 182
- Pour le gris de zinc ardoisé....................0 fr. 071
- Pour le grisol n° 2......................... 0 fr. 081
- Ces chiffres, établis au moyen d’expériences directes et faites dans des conditions d’exactitude rigoureuses, nous semblent des plus intéressants. On constate, en effet, qu’il est possible de remplacer le minium soit par le gris de zinc, soit par le grisol, en obtenant une préservation égale du fer, dans des conditions de prix de revient plus avantageuses.
- (1) Les prix de revient ont été établis en prenant, comme valeur des divers éléments employés, les chiffres suivants, pour 100 kilogrammes : minium en poudre, 42 francs; gris de zinc ardoisé, 58 francs; grisol n° 2 en pâte, 95 francs; huile de lin, 105 francs; essence de térébenthine, 150 francs.
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- 372 ARTS CHIMIQUES. — AVRIL 1907.
- Si nous ajoutons que le grisol peut s’appliquer comme couche d’impression sur tôle ou bois, ou, comme préservatif contre l’humidité, sur plâtre, et qu’il fait bien corps avec les couches de peinture dont on peut vouloir ensuite le recouvrir, on estimera que ce produit, dont l’emploi s’est déjà répandu dans l’industrie, doit attirer la sérieuse attention des architectes et des industriels tant parles avantages économiques qu’il présente que par son innocuilé pour les ouvriers qui l’emploient.
- Comme conclusion, votre Comité des Arts chimiques a l’honneur de tous proposer de féliciter MM. Lefranc et Cic des résultats qu’ils out obtenus ^t d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.'
- Lu et approuvé en séance le 8 mars 1907.
- Signé: A. Livache, rapporteur.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. Flamant, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur la borne-fontaine de M. Bayard.
- M. Bayard, constructeur à Lyon, 27 rue de la Rize, a présenté à la Société la description d’une borne-fontaine de son invention, qu’il appelle anti-gaspilleuse et qui, comme l’indique ce nom, a pour but de s’opposer au gaspillage de l’eau, trop fréquent avec les bornes-fontairtes ordinaires.
- L’orifice d’écoulement, à l’intérieur de cet appareil, se présente (fig. 1) sous la forme d’un cylindre vertical sur la base supérieure duquel vient s’appuyer l’extrémité d’une tige, également verticale qui, en se soulevant, ouvre un passage à l’eau. Cette tige, guidée verticalement, est embrassée à sa partie supérieure par un manchon auquel viennent s’assembler les deux branches inférieures d’un parallélogramme articulé dont les deux autres portent à leurs extrémités deux masses pesantes tendant à s’écarter lorsqu’on donne au parallélogramme un mouvement de rotation autour de sa diagonale verticale. . - ' '
- Une manivelle horizontale en forme de volant est placée à la partie supérieure de la borne et, dès qu’elle est mise en mouvement, son axe vertical entraîne le parallélogramme, et les masses pesantes, tendant à s’écarter, cessent d’appuyer sur la tige qui ferme l’orifice d’écoulement et que la pression de l’eau soulève alors, en s’échappant par cet orifice.
- Dès que le mouvement de rotation du volant vient à s’arrêter, le poids des masses se transmet de nouveau tout entier à la tige et la ramène sur son siège; mais, par suite de la pression de l’eau et de l’inertie des masses en mouvement, ce retour est progressif, et il ne se produit pas de coup de bélier. D’ailleurs, la grandeur de l’orifice de débit est, dans une certaine mesure, proportionnelle à l’élévation de la tige et par suite à la vitesse de la rotation. On peut donc, à volonté, modérer le débit en tournant très lentement ou l’augmenter en accélérant le mouvement.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- AVRIL 1907.
- Tout le mécanisme qui vient d’être décrit, à l’exception du volant-manivelle, se trouve entièrement enfermé dans une boîte en fonte dont la forme extérieure est celle d’une borne-fontaine ordinaire.
- Pour se procurer de l’eau au moyen de cet appareil, il faut donc faire tourner d’une manière permanente la manivelln supérieure, dont la manœuvre est d’ailleurs très douce et ne dépasse pas les forces d’un enfant. Aussitôt qu’on cesse de tourner, l’écoulement s’arrête. Lafontaine est donc incalable, l’eau ne peut s’écouler hors de la présence et sans l’action continue de celui qui a intérêt à en avoir. Au regard du public, elle fonctionne comme une pompe, mais une pompe qui n’exige qu’un effort insignifiant. Elle évite toute dépense d’eau involontaire et par suite tout gaspillage. Elle constitue une solution aussi complète et aussi simple que possible du problème de la limitation du débit des orifices publics et privés.
- M. Bayard a, en effet, établi, sur le même principe, un robinet d’intérieur, limitant le débit dans les mêmes conditions, qui n’a qu’un inconvénient, celui d’exiger l’action continue de celui qui veut se procurer de l’eau, c’est-à-dire d’immobiliser une de ses mains.
- Ce robinet, comme la borne-fontaine, supprime absolument les coups de bélier.
- En vue de combattre l’action de la gelée, la borne-fontaine dont la disposition est représentée par la figure ci-contre, présente un petit orifice réglable à volonté, qui permet d’établir un écoulement permanent, ce qui s’oppose à la congélation de l’eau à l’intérieur de l’appareil. Mais, dans les fortes gelées, le mince filet d’eau qui vient à l’extérieur ne tarde pas à encombrer la fontaine d’une masse de glace qui en rend l’usage difficile, sinon impossible. Ce dispositif suffit pour des froids modérés, c’est-à-dire dans des climats très tempérés, mais il est insuffisant dans les pays exposés aux gelées prolongées. Pour ces circonstances, M. Bayard a une autre borne, spéciale, dans laquelle la tige verticale est beaucoup plus longue et descend à une profondeur telle que l’orifice qu’elle doit fermer est à l’abri de la gelée; il y a seulement à évacuer le petit volume d’eau contenu dans le tube d’amenée depuis cet orifice jusqu’à celui de déversement, ce qui n’entraîne, à chaque manœuvre, qu’une déperdition d’eau insignifiante. La borne ainsi modifiée coûte un peu plus cher, mais elle atteint parfaitement son but : d’être entièrement à l’abri de la gelée.
- Sous l’une ou l’autre forme, la borne-fontaine de M. Bayard résout complètement le problème qu’il s’est proposé. Elle évite tout gaspillage et
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- Fig. i. — Borne-Fontaine Bayard.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- AVRIL 1907.
- supprime les coups de bélier. L’appareil est rustique, ne comporte aucun ressort, aucune pièce fragile ni même délicate, il n’exige aucun entretien et il paraît avoir donné toute satisfaction aux municipalités ou aux établissements privés qui Font adopté.
- Des bornes du système Bayard sont employées à titre d’essai en nombres divers par les municipalités de Lyon, Béziers, Montargis, par le service du Génie militaire à Lyon, Perpignan; par divers industriels parmi lesquels M. Menier, fabricant de chocolat, à Noisiel (Seine-et-Marne).
- Je propose de remercier M. Bayard de son intéressante communication et d’insérer au Bulletin le présent rapport, avec la figure qui l’accompagne.
- Lu et approuvé en séance, le B mars 1907.
- Signé: Flamant, rapporteur.
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- ÉLECTRICITÉ
- la lampe a yapeür de mercure, par M. de Recklinghausen (1).
- La lampe à vapeur de mercure, que j’ai l’honneur de vous présenter ce soir, représente le plus récent type de lumière artificielle.
- Si, avant de parler des différentes qualités de cette lumière, nous nous demandons sur quels principes sont basés les luminants connus à présent, nous trouvons que, dans chaque cas, ce sont des corps solides qui, chauffés à des températures très élevées, émettent de la lumière.
- Les cas les plus simples de cette espèce sont les filaments de la lampe à incandescence et les charbons des lampes à arc, tous les deux chauffés par les courants électriques qui les traversent.
- Dans les becs Auer, ce sont les manchons en terre rare chauffés par la combustion du gaz. Mais aussi dans les flammes du gaz ou du pétrole, c’est le charbon solide formé par la décomposition des hydro-carbures qui est chauffé à incandescence par sa propre combustion ou celle du gaz qui l’entoure.
- C’est depuis fort peu de temps seulement que nous connaissons des illuminants basés sur l’incandescence des gaz proprement dits.
- Dans les arcs à flamme produits entre les charbons minéralisés, nous voyons, pour la première fois, une partie de la lumière produite par des gaz incandescents, c’est-à-dire par les vapeurs de la matière minérale qui était ajoutée au charbon.
- Dans les lampes à vapeur de mercure qui nous intéressent plus particulièrement ce soir, nous avons le premier cas d’une illumination technique qui est exclusivement basée sur Yincandescence d’un gaz.
- Nous connaissons depuis longtemps le phénomène de la production de la lumière au moyen du gaz sous l’influence de courants électriques; nous avons tous vu les tubes de Geissler, mais c’est seulement sous l’influence d’un courant de très haute tension produit par les bobines de Ruhmkorff que ces tubes s’illuminent. Ce procédé est pratiquement inapplicable; de plus, il ne fournit qu’une assez faible quantité de lumière.
- (1) Communication faite en séance le 8 février 1907.
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- ÉLECTRICITÉ.
- AVRIL 1907.
- Ce qu’il nous fallait pour l’illumination générale, c’était une lampe qui puisse marcher sur le courant électrique tel que nos réseaux publics le débitent.
- M. Cooper Hcwitt, cle New-York, fut le premier à nous montrer comment ce problème pouvait être résolu d’une façon extrêmement simple et économique.
- J’ai l’honneur do vous présenter ce soir les lampes qui-sont construites par lui et scs collaborateurs, dont l’un est l’industriel bien connu : M. G. Westinghouse.
- Les échantillons que je vous présente actuellement sont, à peu d’exceptions près, fabriqués à l’usine de la Westinghouse Cooper llewitt Compagnie, à Meudon.
- L’idée de produire de la lumière en passant du courant à travers do la vapeur de mercure est vieille, elle est même plus vieille que toute notre industrie électrique. En 1860, M. Way, do Londres, avait déjà monté sur un bateau une lampe à vapeur de mercure alimentée par le courant d’une batterie. Cette lampe était composée do deux réservoirs à mercure réunis aux deux pôles de la batterie. L’un des réservoirs se trouvait au-dessus de l’autre. Un courant do mercure tombait sous la forme d’un jfetit filet du réservoir supérieur dans le réservoir inférieur; la chaleur du courant électrique traversant ce filet de mercure le faisait évaporer, et un arc se formait entre le réservoir supérieur et le mercure du réservoir inférieur.
- Cette lampe est maintenant complètement oubliée.
- L’industrie électrique avait d’autres problèmes qui l’intéressaient beaucoup plus, et, après l’expérience de Way, la lampe à mercure n’apparaît qu’à intervalles très irréguliers et très éloignés. C’est à peine si les périodiques en font mention, et les brevets de Rapieff, de Rizet et d’autres n’en parlent qu’incidem-ment.
- Les premières recherches scientifiques sur ce sujet sont celles de M. Arons, en 1892. Le résultat technique de ces recherches est la lampe (fig. 1 a) que j’ai le plaisir de vous montrer, construite et utilisée depuis ce temps exclusivement pour des recherches optiques. Elle est plus connue en France sous le nom de lampe Fabry et Pérot (fig. 1 b).
- Le principe de ces deux lampes était le même, c’est-à-dire un arc jaillissant entre deux électrodes à mercure, dans une atmosphère de vapeur de même métal. Pour obtenir une telle atmosphère, il fallait donc enlever l’air dans l’espace occupé par l’arc, c’est-à-dire vider la lampe à la pompe.
- C’était le premier pas important pour obtenir une lampe à vapeur de mercure capable de fonctionner.
- Mais il nous faut plus que cela pour une lampe susceptible d’une large appli-
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- LA- LAMPE A VAPEUR DE MERCURE. 379
- cation; il faut surtout une lampe d’un rendement lumineux très élevé, c’est-à-dire une lampe qui utilise peu de courant, nécessite une dépense faible et produise en même temps plus de lumière que celle qiflellc doit remplacer.
- M. Cooper Hewitt nous a montré le chemin pour arriver à ce but. Il a fait de longues études sur l’influence de la densité de la vapeur de mercure, sur sa conductibilité et son rendement lumineux. Ces recherches ont servi cle base pour la construction de tubes tels que nous les produisons maintenant.
- Fig. 1 a. Fig. 1 b.
- Dans la fabrication de ces tubes, on a utilisé aussi ses recherches très importantes sur les phénomènes électriques très compliqués produits par les impuretés dans les lampes à vapeur de mercure, de sorte qu’il est maintenant possible de produire des lampes à vapeur de mercure d’une uniformité beaucoup plus grande que celle que l’on peut obtenir dans la fabrication des lampes à incandescence.
- Les équipements des lampes tels qu’on les fabrique maintenant se composent : du tube proprement dit, d’un support pour ce tube et d’un rhéostat de régularisation qui est monté indépendamment ou sur le support du tube même.
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- ÉLECTRICITÉ.
- AVRIL 1907.
- Les tubes sont faits actuellement en deux longueurs appelées : Type H (lig. 2) pour brûler sur environ 100 volts, et Type K (fig. 3) pour brûler sur environ 50 volts.
- Fig. 2. — Lampe type H; longueur 70 centimètres environ. — 2 en série sur 110 volts, 3,5 ampères.
- Les rhéostats de réglage sont disposés de manière à pouvoir brûler les tubes en série, cela veut dire :
- Fig. 3. — Lampe type K; longueur lm,360 : 110 volts, 3,5 ampères.
- 2 II sur environ 100 volts, et,
- 4 IT ou 2 K sur environ 200 volts.
- Tous les tubes sont du mémo diamètre, soit environ 28 millimètres, et destinés à être parcourus par un courant d’environ 3,5 ampères.
- L’entrée du courant du côté négatif se fait par un fil de platine soudé dans
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- LA LAMPE A VAPEUR DE MERCURE.
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- le verre Cfui fait connexion avec l’électrode négative, la cathode, composée'de mercure pur; la sortie du courant, au bout positif, est formée d’une clochette en fer attachée à un fil de platine soudé également dans le verre, qui amène le courant à l’extérieur du tube. La chambre de condensation, c’est-à-dire une partie élargie du tube, a deux fonctions extrêmement importantes : 1° d’augmenter la surface de radiation du tube; 2° de former réceptacle pour les résidus
- I. Volt-ampère courbe normale. — IL Volt-ampère courbe normale quand la lampe brûle dans une atmosphère de environ — 20° centigrades. La partie ombrée désigne la région du bon rendement lumineux.
- de gaz étrangers qu’il est presque impossible d’enlever complètement dans la fabrication.
- Ces gaz étrangers, meme en très petite quantité, empêchent entièrement le fonctionnement du tube.
- Pour avoir le bon rendement lumineux dont nous allons parler plus loin, il est extrêmement important de maintenir une certaine densité de vapeur de mercure à l’intérieur du tube (environ 2 millimètres) ce que l’on fait en donnant au tube une surface do radiation appropriée au courant électrique qui le traverse. .
- La densité de la vapeur de mercure et par conséquent la luminosité du tube dépendent de la radiation, c’est-à-dire de la température extérieure dans' laquelle se trouve le tube. Un abaissement considérable de la température exté-
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- ÉLECTRICITÉ.
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- rioure produit un abaissement considérable de luminosité, comme les courbes lig. 4 l’indiquent suffisamment. Il faut donc protéger les tubes qui peuvent être soumis à dos températures très liasses, c’est-à-dire ceux qui sont employés pour l’illumination extérieure; on utilise à cet effet des lanternes convenablement construites, comme je peux vous en montrer une ce soir.
- Le courant produit un phénomène assez curieux sur la surface du mercure. Au pôle négatif, on aperçoit sur la surface liquide un petit feu follet; c’est en ce point que le courant entre dans la vapeur. Ce feu follet désagrège la surface du mercure, il évapore une quantité considérable de mercure, celui-ci est condensé sur la paroi de la chambre de condensation, et le mercure revient en goutte dans la cathode, cette cathode se renouvelle donc continuellement. Il n’y a donc aucune usure de mercure dans la lampe, par conséquent il n’y a aucune cause dé détérioration par l’effet du passage continuel du courant.- Nous avons ainsi théoriquement une durée indéfinie du tube.
- La seule chose qui limite la durée des tubes ce sont les gaz étrangers qui ne pouvaient être enlevés primitivement dans la fabrication, ou entrent graduellement par les fissures microscopiques du verre.
- Un renversement de la polarité produit le feu follet du côté do la clochette positive, et il en fait sortir en la chauffant assez de gaz pour empêcher le fonctionnement du tube. Si on prend garde de ne jamais avoir un renversement de polarité du tube, si celui-ci est manipulé avec un peu de précaution, sa durée dépasse souvent 6 000 heures. Il est toujours d’au moins 1 000 heures. Nous en avons même vu qui ont cluré 20000 heures sans perdre trop de lumière ni augmenter en résistance.
- Les lampes à mercure ne s’allument pas directement par leur interposition sur le réseau. Le courant électrique ne peut traverser l’électrode négative pour pénétrer dans, le gaz. Tout se passe comme s’il y avait une couche isolante, d’huile par exemple, à lq surface du mercure. Il faut vaincre cette résistance pour que le courant puisse atteindre l’électrode positive.
- Dès que le courant cesse, cette couche isolante se reforme et il faut la percer à nouveau pour rallumer la lampe ; en un mot, il faut amorcer le fonctionnement de la lampe.
- L’amorçage de la lampe à mercure est un phénomène qui nous a donné beaucoup de difficultés. Le moyen le plus simple, qui est bien connu et qui consiste à faire un coqrt-circuit entre les pôles au moyen- du mercure lui-même à l’intérieur du tube, est celui qu’on utilise dans la pratique : le même que nous employons actuellement; mais nous n’avons jamais considéré ce procédé comme une solution élégante du problème d’amorçage. Depuis que nous fabriquons nos lampes/nous avons essayé tous les moyens pour avoir un allumage
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- automatique autre que par basculement, par exemple avec des électrodes auxiliaires, avec des électrodes prolongées à haute résistance, etc. Mais nous avons toujours dû revenir au seul moyen peu élégant, mais sûr et sans inconvénient secondaire : celui du court-circuit à l’intérieur du tube. Nous avons maintenant développé des accessoires qui produisent ce court-circuit par basculement d’une manière automatique, par un aimant ; j ai le plaisir de vous présenter les premiers types que notre usine est en train de fabriquer.
- Je vous ai montré le fou follet sur la surface de l’électrode négative, je vous ai dit, qu’à travers ce feu follet, le courant entre dans la vapeur en enlevant
- Fig. b. — Convertisseur Coopev Hewitt.
- des parties de mercure qui, plus tard, se condensent dans le tube; le feu follet-est le point où la couche isolante est percée, mais elle est percée pour ainsi dire seulement dans un sens. Si le courant voulait venir de l’autre côté, il trouverait le passage fermé ; le feu follet est une soupape qui ne laisse passer le courant que dans un sens. Il s’ensuit que nos lampes ne brûlent qu’avec du courant qui va toujours dans un sens, c’est-à-dire seulement avec du courant continu.
- Si nous avons un courant qui vienne une fois d’un côté, une autre fois d’un autre côté, c’est-à-dire si nous avons un courant alternatif, les ondes marchant dans le sens de la lumière trouveraient seules le passage ouvert, les ondes qui marcheraient à Y inverse de la lampe se trouveraient arretées. Le feu follet nous donne donc un moyen de produire par sélection un courant continu au moyen d’un courant alternatif : problème d’une importance énorme [dans l’industrie
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- électrique. Les dispositions nécessaires pour utiliser ce feu follet, c’est-à-dire pour faire fonctionner la lampe Coopor Ilewitt comme soupape électrique, sont assez simples : il faut surtout trouver le moyen de garder le feu follet toujours vivant, et, pour cela, pourvoir à ce que jamais la continuité du courant continu à travers le feu follet ne soit interrompue.
- On peut le faire meme si l’on n’a que du courant alternatif à sa disposition, cela ne demandant que l’usage de dispositions assez simples, qui permettent toujours à une électrode positive de maintenir du courant pendant que l’autre, ou les autres sont hors de service. On emploie pour cela des transformateurs et des bobines de self.
- Les convertisseurs Cooper Hewitt (fig. 5) que nous obtenons de cette manière ne sont donc vraiment que des lampes Cooper Ilewitt munies d’un nombre suffisant d’électrodes positives pour pouvoir toujours assurer la continuité du courant continu à travers l’électrode négative.
- Ce serait trop nous écarter de notre sujet que de parler de l’application générale de ces convertisseurs, de leur rendement extrêmement élevé et d’autres qualités intéressantes. Ce soir, je veux seulement vous les montrer en marche. C’est plus ou moins la force des circonstances qui m’y oblige parce que, dans le bâtiment où nous sommes, il n’y a que du courant alternatif, et, comme je vous l’ai déjà dit, il faut du courant continu pour faire marcher les lampes que j’ai voulu vous présenter ce soir.
- Les convertisseurs Cooper Ilewitt ne sont pas des lampes proprement dites puisqu’ils ne sont pas construits avec l’idée de donner de la lumière, mais on peut modifier leurs dimensions de façon à obtenir une colonne lumineuse, ainsi que vous le voyez par la lampe à courants alternatifs qui fonctionne devant vous.
- Ainsi que vous le voyez, les lampes à courants alternatifs ne sont que des lampes à courant continu munies seulement de la quantité nécessairé d’électrodes positives pour assurer la continuité du courant continu produit par le courant alternatif à travers l’électrode négative, moyennant certaines dispositions -de transformateurs et de bobines de Self dans les accessoires de la lampe.
- La qualité la plus frappante de la lampe c’est sa couleur.
- Cette couleur est caractérisée par les quatre lignes du spectre de la vapeur •de mercure. Ce spectre no contient aucun rayon rouge, et les objets teintés de rouge sont changés complètement. Les seuls objets qui ne changent pas trop de couleur avec cette lumière sont ceux dont l’une des couleurs est comprise dans le spectre de la vapeur de mercure : c'est-à-dire, qui sont jaunes ou verts, bleus •ou violets.
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- La première question que chacun se pose est la suivante : « Comment peut-on rendre la couleur de celle lampe un peu plus esthétique? Comment peut-on ajouter un peu de rouge à cette lumière? »
- Placer des verres rouges autour de la lampe, c’est comme l’entourer d’un verre gris ou noir, car la lampe ne produit aucun rayon rouge et les verres ne laissent passer que des rayons rouges.
- Pourtant l’idée d’entourer la lampe d’une matière transparente rouge n’est pas à repousser absolument. Nous avons des matières colorantes qui paraissent rouges même sans être atteintes par des rayons de lumière contenant du rouge, on appelle ces matières des substances fluorescentes rouges. Ce sont pour ainsi dire des transformateurs de couleur, qui reçoivent par exemple des rayons jaunes contenus dans la lampe à mercure, et émettent des rayons rouges à leur place.
- Beaucoup de couleurs d’aniline, comme l’éosine, la rliodaminc et d’autres encore paraissent donc rouges sous la lumière de notre lampe. On peut utiliser cette qualité en entourant les lampes d’une pièce de soie teinte d’une de ces matières colorantes.
- Si on prend par exemple une pièce de soie teintée cerise, et qu’on consente à perdre 30 p. 100 de la lumière seulement, on obtient déjà une couleur composée qui fait disparaître l’aspect cadavérique.
- Malheureusement ces couleurs d’aniline se fanent assez vite sous l’inlluence de la lumière de la lampe.
- Ainsi que vous le voyez, c’est un problème qui se rattache à la fabrication du verre : Obtenir une coloration fluorescente rouge analogue à celle de la soie que je vous ai montrée, dans du verre, pour en faire des tubes de lampe.
- On peut aussi changer la couleur de la lampe en choisissant d’autres matières que le mercure comme vapeur lumineuse.
- Je crois que l’on a essayé tous les corps chimiques qui pouvaient promettre le succès; mais, jusqu’ici, on n’a pas encore réussi à faire une lampe pratique de cette manière. Dans presque tous les cas, le verre du tube est attaqué et noirci par les vapeurs; en outre, et c’est là un fait capital, toutes les autres vapeurs, excepté celle du mercure, donnent des difficultés d’une nature électrique, et chose principale réduisent énormément le rendement lumineux de la lampe. Car après tout, c’est surtout le rendement lumineux qui nous intéresse dans une lampe.
- • Ceci nous amène à un point intéressant : le rendement de la lampe Cooper Hewitt est beaucoup plus élevé que celui de toutes les autres sources artificielles de lumière.
- Si nous la comparons aux autres lumières électriques, nous trouvons les chiffres suivants :
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- Lampe à incandescence, environ........... 4 watts par bougie.
- — Nernst - 2,5 —
- — Tantale — 2 —
- — à arc à vase clos — 2 —
- — air libre M —
- — Cooper Hewitt — 0,5 —
- La bougie normale étant l’unité de lumière et le watt (dont 736. équivalent à un cheval-vapeur) étant 1’unité de travail.
- Nous avons donc, à égalité de puissance électrique, presque neuf fois autant de lumière que dans la lampe à incandescence, et plus de deux fois plus que dans la lampe à arc qui, jusqu’à maintenant, était connue comme la source la plus économique, même en comparaison avec les flammes à gaz telles que les becs Auer.
- Si on rapporte le rendement seulement sur la colonne lumineuse, en négligeant les pertes de courant dans les rhéostats de réglage et les électrodes (ce dernier étant de 15 volts) on arrive à un rendement encore plus élevé, c’est-à-dire à 0,3 watt par bougie. Ainsi donc, plus la colonne lumineuse est longue, plus le rendement commercial de l’équipement est élevé.
- La lampe II, comme je vous l’ai dit, est la plus courte de nos lampes. Nous pouvons en mettre deux en série sur 100 volts, nous avons déjà un rendement commercial diminué à environ 0,6 watt par bougie. Il serait donc préférable, au point de vue du rendement lumineux, de fabriquer des lampes encore plus longues que nos lampes K; par exemple une seule lampe ayant une longueur un peu supérieure à 2 mètres pour 200 volts. Cette lampe aurait uii rendement commercial de 0,37 watt par bougie, mais nous sommes limités surtout par le trop grand encombrement.
- Diminuer la perte dans les rhéostats en augmentant la longueur delà colonne lumineuse n’est pas possible, parce que la lampe brûlerait moins tranquillement. Les variations extérieures, surtout celles de la tension du réseau, auraient une trop grande influence sur la marche de la lampe.
- On pourrait aussi proposer de faire des lampes d’un diamètre plus petit, marchant sur un courant plus bas, et donnant en conséquence des luminosités plus basses.
- Cela est possible, mais le rendement dans les lampes d’un diamètre inférieur à celui que nous avons choisi baisse beaucoup. Dans une lampe de 1 centimètre de diamètre, par exemple, le rendement n’est guère que de 0,9 watt par bougie.
- Au point de vue du rendement lumineux, il serait plutôt préférable d’augmenter le diamètre du tube et l’intensité des courants qui traversent la lampe. Une lampe de 5 centimètres de diamètre marcherait avec environ 7 ampères
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- sous une tension de 100 volts, mais elle aurait une longueur d’environ 3 mètres,, ce qui n’est guère recommandable.
- Pour pouvoir brûler des lampes aussi longues que notre type K avec le même rendement commercial que celui-ci, c’est-à-dire 0,5 watt par bougie, il est indispensable de les munir d’une chambre de condensation qui, comme je l’ai déjà dit, sert de refuge aux impuretés qui nuisent énormément et même empêchent le fonctionnement de la lampe.
- Si on ne fait pas usage de ces chambres de condensation, il faut employer des colonnes lumineuses beaucoup plus petites, et le rendement commercial baisse énormément.
- J’ai parlé plusieurs fois déjà du rhéostat de réglage an série avec nos lampes. Ces rhéostats sont d’une construction tout à fait spéciale et ils ont deux fonctions : 1° Régler l’intensité du courant qui traverse la lampe, c’est le rôle du rhéostat ohmique. 2° Maintenir en marche le feu follet au moyen d’une bobine d’induction. L’action de cette bobine d’induction est la suivante :
- Le feu follet cherche continuellement à cesser ses fonctions, c’est-à-dire à -s’éteindre. Les légères fluctuations du courant de la lampe qui résultent de cette tendance à l’extinction produisent des augmentations de tension dans la bobine de self-induction. Celle-ci envoie donc vers l’électrode négative comme une série de coups de fouet qui ravivent continuellement le feu follet.
- Ce rhéostat inductif ne saurait donc être remplacé par des lampes à incandescence, comme on a souvent essayé de le faire, sans amener une diminution de la colonne lumineuse, c’est-à-dire, en définitive, un abaissement du rendement lumineux de l’équipement.
- Enfin les lampes à incandescence en série avec des lampes à mercure ont une durée très courte parce qu’elles ont à supporter un courant très élevé pendant la mise en marche de la lampe à mercure.
- Si on veut mélanger la couleur des lampes à incandescence avec celle des lampes à mercure, il est beaucoup plus économique d’en placer quelques-unes sur un courant indépendant de la lampe près de celle-ci ou près des objets à éclairer ; nous avons même fabriqué à l’origine des supports qui avaient des lampes à incandescence montées sur un circuit indépendant près de la lampe à mercure. On pouvait allumer ces lampes ou les éteindre à volonté.
- La pratique nous a montré, qu’après quelques semaines de fonctionnement, on n’àllumait plus les lampes à incandescence, et que les personnes acceptaient parfaitement la lumière bleuâtre de la lampe à mercure. Ces personnes avaient trouvé, comme un grand nombre d’autres qui ont fait des essais similaires, que la lumière de la lampe à mercure leur était, quoique esthétiquement peu recommandable, très agréable aux yeux.
- Il nous faut analyser ce phénomène qui se répète tous les jours : que nos
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- yeux se fatiguent moins sous cette lumière que sous une autre, dès qu’ils sont habitués à l’aspect étrange et peu joli de tout ce qui est coloré.
- Nous observons dans la lumière de notre lampe à mercure deux phénomènes 'différents de tous les autres foyers lumineux : la couleur puis la nature diffuse de la lumière produite.
- Nous avons un foyer lumineux très étendu; nous n’avons pas, comme dans la lampe à arc, une lumière concentrée, produite à une densité do 5 000 bougies par centimètre carré. Nous, avons une lumière plutôt diffuse comme celle venant de grands réflecteurs, de globes ou d’autres diffuseurs do lumière; elle est plutôt comme la lumière obtenue par réflcction totale, telle qu’on l’applique dans les salles de dessin, où'on cache entièrement la source lumineuse.
- Il n’y a pas de doute que Xidéal des illuminations est celle qui s’approche le plus en diffusion de celle du jour, non seulement en quantité mais surtout en uniformité de lumière. •
- Gette uniformité d'illumination est nécessaire parce que chaque tache très lumineuse, môme très petite comme une lampe à arc ou le filament, d’une lampe à incandescence, produit la contraction de l’iris de notre œil, qui protège la partie sensitive de la rétine.
- La présence de taches lumineuses dans le champ de vision maintient l’ouverture de l’iris normalement beaucoup plus contracté, même dans le cas où l’œil ne regarde que de temps en temps les objets très brillants. Il en résulte une contraction continuelle de l’iris et, naturellement, une diminution de l'illumination effective. Ainsi, avec une illumination donnée, l’absence de lampe à arc nu de lampe à incandescence dans la vision augmente -la quantité de lumière utilisée par l’œil; la présence de reflets brillants, a le meme effet que la présence de lampes à arc ; les reflets diminuent naturellement avec l’augmentation de la diffusion de l’illumination.
- Si nous avons, comme dans notre lampe, une lumière qui, par sa nature, est diflusée, le rendement commercial est augmenté en comparaison avec l’autre source lumineuse tout à fait indépendamment du fait qu’elle utilise moins d’énergie pour produire la lumière.
- Presque toutes les installations commerciales ont des contrastes beaucoup trop grands entre la lumière et l’ombre ; notre source allongée de lumière diminue beaucoup ce contraste.
- Il y a encore un autre point qui a comme résultat que la lumière de notre lampe fatigue moins les yeux qu’aucune autre lumière : c’est la couleur spécifique de la lampe.
- Nous avons fait des essais sur la fatigue produite par la couleur de différentes sources lumineuses sur les yeux et nous avons confirmé ce qui était déjà
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- connu plus ou moins : que la lumière bleue ou verte les reposait plus que les rayons de l’autre côté du spectre, comme les rayons royges.
- Il faut encore ajouter que la lumière de la lampe à mercure est absolument' stable, elle n’a pas les fluctuations extrêmement fatigantes des lampes à arc.
- On nous a souvent demandé si la lampe produisait des rayons nuisibles; je peux vous assurer, et les essais sur la fatigue des yeux l’ont montré assez clairement, qu’il n’y a pas possibilité d’écliappement de rayons dangereux de la lampe.
- A l’intérieur, la tension de la vapeur de mercure est trop élevée pour émettre-
- Fig. 6. — Usine génératrice des Moulineaux, près Paris éclairée par des lampes Cooper Uewitt.
- par exemple des rayons X. Enfin, le verre dont la lampe est faite est opaque aux rayons ultra-violets.
- Pourtant, la lampe émet énormément de rayons chimiques; elle peut donc-être employée avec beaucoup de succès à la photographie et à tous les arts de reproduction.
- L’application de la lampe comme lumière d’atelier a été étudiée longuement à Paris, où l’on a installé un atelier modèle, illuminé exclusivement par des lampes à mercure, sans aucune lumière du jour.
- Pour d'autres applications dans les arts de reproduction, pour la photogravure par exemple, nous avons développé plusieurs types d’appareillage.
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- Un radiateur de 5 lampes II installé au Service géographique de l’armée a permis d’empressionnerune planche en 3 heures, alors qu’il fallait six jours en cette saison pour faire le môme travail.
- Mais l’application de la lampe qui nous intéresse surtout est celle de l’illumination générale pour l’industrie. Nous avons introduit la lumière industrielle, comme nous l’appelons, dans beaucoup d’usines, et de chantiers, (fig. 6).
- II est tout à fait naturel qu’on ne puisse prétendre que ce soit une lumière applicable pour salle à manger et autres pièces d’habitation. On n’a nullement l’intention de prendre toutes les places de la lumière actuelle; il y a des raisons d’application et dés préférences pour toutes les lampes.
- Pour notre lampe à vapeur de mercure, nous demandons seulement notre place dans l’éclairage industriel.
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- COMMERCE
- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE
- PAR
- M. VIALLATE 1
- DEUXIÈME PARTIE
- L’EXPANSION INDUSTRIELLE
- I. — L’Exportation des produits manufacturés.
- Le commerce total des Etats-Unis s’est accru en vingt-cinq ans de 75 p. 100 ; les importations ont augmenté pendant ce temps de 67,5p. 100 seulement, taédis que les exportations augmentaient de 81,6 p. 100 3 :
- (Milliers de dollars) Importations Exportations lmp. et exp. réunis
- 1880.......... 667.954 835.638 1.503.593
- 1905.......... 1.117.513 1.518.561 2.636.074
- L’exportation des produits manufacturés, pendant cette période, a progressé d’une manière à peu près continue :
- Exportation des produits manufacturés et p. ÎOO des exportations totales
- (Milliers de dollars)
- 1880. . . 102.856 12,48 1889. . . 138.675 18,99 1898. . . . 290.697 24,02
- 1881. . . 114.233 12,92 1890. . . . 151.102 17,87 1899. . . . 339.592 28,21
- 1882. . . 134.794 18,38 1891. . . 168.927 19,37 1900. . . 433.851 31/65
- 1883. . . 134.228 16,69 1892. . . . 158.510 15,61 1901. . . . 410.932 28,14
- 1884. . . 136.372 18,81 1893. . . . 158.023 19,02 1902. . . . 403.641 29,77
- 1885. . . 147.187 20,25 1894. . . . 183.728 21,14 1903. . . . 407.526 29,28
- 1886. . . 136.541 20,50 1895. . . . 183.595 23,14 1904. . . . 452.415 31,52
- 1887. . . 136.735 19,45 1896. . . . 228.571 26,48 1905. . . . 543.607 36,44
- 1888. . . 130.300 19,05 1897. . . . 277.285 26,87
- 1. Bulletin de mars 1907, p. 246.
- 2. Ces statistiques sont extraites de la publication annuelle du bureau de statistique du Département du Trésor : The foreign commerce and navigation of the Uiiited States, et du Monthly summary of commerce and finance of the United States, publié par le même bureau.
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- COMMERCE.
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- Partie de 100 millions en 1880, l’augmentation dans la première période ne-se fit qu’avec une grande lenteur. En 1890 seulement, le chiffre de 150 millions-était dépassé. A partir de cette époque, la progression s’accentue. En 1896, on dépasse 200 millions. En 1898, on atteint presque le chiffre de 300 millions ; à peine atteint, il est franchi. En 1900, les exportations de produits manufacturés-dépassent 433 millions ; les trois années suivantes marquent une régression sensible sans qu’on retombe au-dessous de 400 millions, mais un brusque relèvement, en 1904, fait dépasser 450 millions, et l’année 1905 1 enregistre le chiffre le plus-élevé atteint jusqu’ici : 543 millions de dollars.
- Les statistiques américaines, au point de vue qui nous intéresse particulièrement, enflent cependant très sensiblement les chiffres de l’exportation véritable des produits manufacturés. Elles comprennent sous ce titre des produits qui n’ont subi qu’une manipulation très minime, et qui peuvent être considérés-comme des produits naturels. Ce sont : le pétrole (huiles minérales raffinées), et le cuivre, dont la presque totalité est exportée en lingots 2.
- Ces articles entraient pour les chiffres suivants dans la valeur totale des produits manufacturés exportés :
- (Milliers de dollars) 1880 1890 19C0 1905
- Pétrole.............. 34.291 44.658 68.247 79.793
- Cuivre............. 793 2.349 57.852 86.225
- 35.084 47.007 126.099 166.018
- En les déduisant, la valeur totale des produits manufacturés exportés à ces-différentes dates ne ressort plus qu’à :
- 1880.......................... 67.772.000 dollars.
- 1890........................ 104.095.000 —
- 1900......................... 307.752.000 —
- 1905........................ 377.589.000 —
- Pour l’année 1905, c’est une diminution de 30,5 p. 100 sur les chiffres que l’on cite habituellement. Cette atténuation, loin d’affaiblir l’augmentation proportionnelle de la valeur des véritables produits manufacturés exportés de 1880' à 1905, l’accroît, au contraire : suivant les chiffres des statistiques américaines, cette augmentation a été de 432 p. 100; d’après les chiffres rectifiés, elle aurait été de 462 p. 100. L’accroissement proportionnel est considérable. La valeur absolue de l’exportation des produits manufacturés reste à un chiffre singulièrement respectable, mais la rectification opérée laisse les Etats-Unis un peu plus.
- 1. Ces chiffres sont ceux de l’année fiscale, qui va du 1er juillet au 30 juin.
- 2. Voir annexe D.
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- loin qu’on n’a l’habitude de l’indiquer, derrière leurs trois grands.concurrents industriels : l’Angleterre, l’Allemagne et la France.
- La comparaison des principaux articles manufacturés exportés avec les chiffres des importations des produits similaires importés est intéressante :
- 1905 Exportations Importations Excès des
- Milliers Milliers + exportations-
- de dollars de dollars — ] importations.
- Articles en fer et en cuivre. . . , . 134.727 23.510 + 111.217
- Articles de coton. . . . 49.666 48.919 + . 747
- Peaux et articles en cuii .. 37.936 11.666 + 26.270»
- Outils et instruments agricoles . 20.721 — + 20.721
- Wagons, voitures et parties de voitures. . . 10.610 — + 10.610»
- Articles en bois . 12.560 7.517 + 5.043
- Papiers et articles en papier 8.238 5.623 + 2.615
- Instruments scientifiques 8.172 — 8.172
- Articles en fibres végétales 6.766 40.125 33.359»
- Articles en caoutchouc 4.780 1.506 + 3.274
- Pour les articles en fer et en acier, les importations, qui ne se chiffraient qu’à 23 millions de dollars, 17 1/2 p. 100 à peine du montant des exportations, se composaient pour plus du quart de fonte, de fer en barres, d’acier en barres ou billettes, matière première nécessaire à l’industrie nationale. Le reste se composait pour la plus grande partie de fer-blanc et d’articles en fer-blanc — 4 millions 1/2 — fournis en totalité par l’Angleterre ; de machines diverses, pour une valeur de 2 943 300 dollars; et d’articles de coutellerie, pour 1 800 704 dollars^ En somme, pour ces industries, les Etats-Unis sont arrivés à un point où l’exportation est devenue, pour l’ensemble des produits, régulière, mais où elle peut encore se trouver momentanément contractée, pour certains articles tout au moins, tels que les rails d’acier, les fers de construction, par une augmentation) subite des besoins du marché national.
- Le détail des principaux articles en fer et en acier exportés se répartit comme suit :
- 1905 (Milliers de dollars)
- Rails d’acier. . . ............... 10.288
- Fers de construction............... 3.622
- Quincaillerie.................... 5.402
- Machines électriques............... 7.290
- Machines à coudre.................. 6.104
- Machines à écrire.................. 4.745
- Locomotives........................ 3.617
- Machines à travailler les métaux. 4.332 Machines pour la cordonnerie. . . 1.273-
- Outils divers.......................5.487
- Scies.................................. 556-
- Plaques de fer et d’acier........... 3.105
- Fil de fer............................6.264
- Billettes, lingots, barres d’acier. . 6.706-
- Dans ces articles, l’Amérique du Nord, c’est-à-dire le Canada et le Mexique, prennent la plus grosse part : 56,8 millions, environ 45 p. 100. L’Europe en achète pour 37,6 millions, qui vont principalement en Angleterre et en Allema-
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- gne. L’Amérique du Sud n’en prend que 12,3 millions, et l’Asie, c’est-à-dire le Japon et quelque peu la Chine, 16 millions.
- L’exportation des principaux de ces articles se répartit comme suit entre les
- •divers marchés :
- Rails d’acier Locomotives Quincaillerie et outils divers
- Canada. .... 4.230 Canada. . . . 883 Angleterre 2.052
- Mexique 877 Mexique 368 Allemagne, Hol-
- .Amérique centrale. . 292 Cuba 220 lande 889
- Indes occidentales. . 621 Argentine 207 Canada 1.905
- Amérique du Sud. . 1.544 Chine 286 Mexique 825
- .Japon. ..... 573 Japon 1.276 Australasie 1.223
- Afrique britannique. 291
- Machines électriques Machines à coudre Machines à écrire
- Angleterre 1.088 Angleterre 1.230 Angleterre 1.598
- Canada 1.711 Allemagne, Hol- Allemagne 846
- Mexique 925 lande 1.413 France 395
- Japon 1.391 Canada 318 Canada 207
- Australasie 390 Mexique 558 Mexique 268
- Argentine 507
- L’industrie du bois est également une de celles qui ont réussi à alimenter‘le plus complètement le marché national. Les importations d’articles en bois ne s’élèvent qu’à 7 millions et demi, moins du 1/6 de l’ensemble des exportations aies industries du bois, et dans ce chiffre la pulpe de bois, qui vient du Canada, figure pour plus de moitié.
- Les outils et instruments agricoles, une des branches les plus importantes de ces industries, ont trouvé un débouché régulier à l’étranger. Les principaux -acheteurs de ces articles sont :
- Outils et instruments agricoles.
- (Milliers de) dollars)
- Faucheuses et moissonneuses. . .
- Charrues.........................
- Outils divers................ . .
- 20.721
- Angleterre...................... 1.068
- Allemagne....................... 1.246
- France........................ 2.817
- Russie.......................... 3.812
- Canada......................... 1.898
- Mexique........................... 364
- Argentine. . ................... h.032
- Australasie..................... 1.159
- 10.559
- 2.892
- 7.264
- L’industrie du coton est, après l’industrie métallurgique, celle qui a le chiffre d’exportations le plus élevé, et qui a le plus augmenté son exportation dans les dix dernières années. Cependant, la valeur des articles de coton importés *est à peu près égale à celle des articles exportés. Si, dans certaines de ces bran-
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
- 395-
- ches, en effet, cette industrie produit, depuis plusieurs années déjà, plus que pour les besoins du marché national, elle est encore en retard sur l’industrie européenne en ce qui concerne les articles de qualité supérieure, les articles de luxe, tous ceux où la main-d’œuvre entre dans le prix de fabrication pour une part importante, et tous ceux où le goût assure un avantage à certains pays. .
- Articles de coton
- (Milliers de dollars)
- Exportation Importation
- Toiles de coton : Toiles de coton :
- Ecrues. . . 33.995 Ecrues 155
- Teintes . 7.325 41.320 Blanchies, teintes . 7.794 7.949
- Autres articles : Autres articles :
- Vêtements 3.477 Vêtements 2.380
- Divers 4.867 8.345 Tricots 6.150
- Dentelles, broderies 25.911
- 49.665 Divers 6.527 40.970
- 48.919
- Le principal client des Etats-Unis pour les cotonnades est la Chine. Ce pays en a acheté en 1905 pour 27 millions et demi. Les autres marchés de l’industrie cotonnière sont : l’Amérique du Nord (Canada et Mexique) et l’Amérique du Sud ; la première leur achetant pour 9 millions et la seconde pour 4 millions de ces articles.-
- La peausserie est également une des grandes industries exportatrices des Etats-Unis. Mais ici encore, une grande partie de cette exportation se compose en réalité d’articles semi-manufaeturés seulement, véritable matière première pour les industries des pays qui les achètent aux industriels américains :
- Exportation des peaux et des articles en cuir.
- (Milliers de dollars)
- Cuirs divers pour empeignes. ... 18.613
- Cuirs "pour semelles.............. 9.444 28.057
- Chaussures............................ 8.057
- Articles divers....................... 1.822
- 37.936
- Des cuirs pour empeignes, l’Angleterre achète pour 11 millions. L’exportation des cuirs pour semelles se partage en quantités à peu près égales entre l’Angleterre (4 449) et le Japon (4146).
- Les seuls produits achevés de l’industrie du cuir qu’exportent les Etats-Unis sont les chaussures. Ils ont inventé pour cette industrie un outillage mécanique vraiment merveilleux qui leur a permis de prendre une grande avance sur leurs
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- 396
- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- concurrents européens, de s’ouvrir des débouchés importants en Europe même, dans le continent américain et dans les colonies anglaises d’Australie et d’Afrique :
- Exportation des chaussures
- (Milliers de dollars)
- 1900 1901 1902 1903 1904 i
- ) 4.276 5.526 6.182 6.665 7.238 8.
- 1903 1901 1905
- Angleterre . . 2.128 1.868 1.943
- Allemagne 337 352 ' 327
- France 109 87 64
- Canada 662 869 1.038
- Mexique .- . . . 623 786 1.116
- Amérique centrale. . . 113 234 275
- Indes occidentales. . . . . . 1.100 1.408 1.806
- Amérique du Sud. . . . . . 210 282 325
- Australasie .'. 828 829 499-
- Afrique anglaise 283 213 249
- L’exportation de la chaussure américaine en Europe a fini déjà sa période ascendante : il ne semble même pas qu’elle puisse conserver la situation acquise. Les industriels européens ont acheté aux Etats-Unis l’outillage qui donnait à ceux-ci une si grande suprématie, et, équipés à leur tour, ils ont pu reconquérir déjà une partie de la clientèle qu’ils s’étaient laissé enlever sur le marché, national.
- L’industrie des instruments et appareils scientifiques, particulièrement des appareils électriques, a conquis également des débouchés importants à l’étranger. En 1905, ces industries ont exporté pour une valeur de plus de 8 millions de dollars, dont près de 5 millions en appareils électriques. xLes principaux pays acheteurs de cette catégorie d’articles sont :
- Angleterre......... 2.633
- Belgique............. 172
- France................ 97
- Allemagne............ 539
- Canada............... 991
- Mexique.............. 880
- Amérique centrale. . . 122 Indes occidentales. . . 473
- Amérique du Sud. . . 992
- Japon................ 212
- Australasie..........352
- Afrique anglaise. . . . 134
- Le tableau suivant indique les autres articles manufacturés dont l’exportation est importante, mais pour lesquels l’importation d’articles similaires égale presque et souvent dépasse le chiffre de l’exportation :
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- *
- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
- 397
- 1905 (Milliers'de dollars)
- Exportation
- Importation
- Produits chimiques et pharmaceutiques, teintures, etc. .
- Papier et articles en papier...........................
- Textiles de fibres diverses............................
- Articles en caoutchouc.................................
- Livres, cartes, gravures...............................
- Instruments de musique.................................
- Pendules et montres.....................................
- Glaces et verrerie.....................................
- Lainages...............................................
- Bijouterie..............................................
- 15.859
- 8.238
- 6.766
- 4.780
- 4.844
- 3.144
- 2.316
- 2.252
- 2.035
- 1.419
- 64.793
- 5.623
- 40.125
- 1.506
- 1.980
- 1.280
- 2.966
- 5.948
- 17.893
- 35.065
- Cette revue sommaire montre combien demeure limitée, somme toute, jusqu’à présent, à un petit nombre d’industries la concurrence des Etats-Unis. Elle ne semble guère justifier, au moins actuellement, la frayeur témoignée par certains publicistes à l’égard de » l’invasion américaine ».
- II. — Les Marchés que visent les Américains.
- La distribution géographique des produits manufacturés américains exportés est intéressante à étudier. Le volume du Foreign-commerce donne cette distribution par parties du monde en 1904. Les chiffres officiels comprennent naturellement, suivant la nomenclature adoptée par le service du Trésor, le cuivre et les huiles minérales. Nous donnons également la distribution, déduction faite de ces deux produits.
- Distribution des exportations des articles manufacturés en 1904.
- (Milliers de dollars)
- Europe Amérique du Nord Amérique du Sud Asie Océanie Afrique Total
- (Cuivre et huiles minérales compris)
- 225.717 114.865 34.863 39.097 25.098 12.773 452.413
- 50 % 25,4 % 7,7 % 8,6 % 5,5 % 2,8 %
- (Cuivre et huiles minérales déduits)
- 128.589 109.601 28.516 23.304 22.062 10.717 322.789
- 40 % 34 % 8,8 % 7,2 % 6,8 % 3,2 %
- L’Europe et l’Amérique du Nord (Canada et Mexique, principalement) sont donc les deux grands marchés actuels des Etats-Unis pour leurs articles manufacturés. Mais il ne faut pas oublier que dans les achats faits par l’Europe, un certain nombre de produits, indépendamment même du cuivre et des huiles minérales, tels que les peaux préparées, ne sont que des articles partiellement
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- 398 COMMERCE. ---- AVRIL \907.
- manufacturés, et servent en réalité de matière première à des industries européennes, et qu’une partie de ceux achevés acquis, en particulier par l’Angleterre, sontdestinés à être réexportés à des pays hors d’Europe. Les marchés américains, au contraire, n’achètent, pour ainsi dire, aux Etats-Unis que des articles achevés auxquels ils ne font subir aucune transformation nouvelle.
- Si l’on examine le mouvement de la distribution des articles manufacturés pendant la dernière décade, on remarque que l’exportation vers l’Europe, après avoir eu une progression rapide, de 1892 à 1900, période pendant laquelle elle a triplé, semble avoir perdu depuis lors son élan, et demeure stationnaire. Il en est de même pour les exportations vers les pays asiatiques, limitées en fait à l’Extrême-Orient, et vers l’Océanie. Quant à l’exportation à destination des pays sud-américains, elle a progressé très lentement pendant cette décade. Seule, l’exportation vers les voisins des Etats-Unis dans l’Amérique du Nord, Canada et Mexique, a témoigné une progression continue.
- Distribution des exportations des produits manufacturés.
- •(Cuivre et huiles minérales déduits)
- (Milliers de dollars)
- 1892 1895 1898 1900 1902 1904
- Europe . . 44.970 55.698 100.506 131.801 116.720 128.589
- Amérique du Nord. . . . . 32.094 38.506 52.739 89.476 96.362 109.601
- Amérique du Sud. . . . . . 14.241 15.537 14.030 19.824 18.938 28.516
- Asie 6.368 4.685 18.352 27.670 28.659 23.304
- Afrique . . 10.233 8.816 • 14.352 30.587 25.278 22.062
- Océanie 3.843 5.038 6.716 6.761 9.820 10.717
- Total. . . . 111.749 128.280 206.695 306.119 295.777 322.789
- Malgré l’importance de leur exportation vers l’Europe, ce n’est pas du côté de ces marchés que les industriels des Etats-Unis se proposent de diriger particulièrement leurs efforts. Sauf pour un petit nombre d’articles, ils ont à lutter dans le vieux monde contre une concurrence très vive de l’industrie nationale, protégée, excepté en Angleterre, par des barrières douanières élevées, ou contre les industriels anglais, allemands et français qui bénéficient sur ces marchés de leur proximité. C’est sur les marchés neufs qui n’ont pas encore, et ne pourront avoir de longtemps une industrie développée, qui, en outre, verront très vraisemblablement se produire chez eux un essor important de lapopulation, que les Américains espèrent les meilleurs résultats pour leurs efforts.
- « L’Europe est une grande importatrice et elle demande beaucoup aux Etats-Unis. C’est cependant dans les autres parties du monde, — disait récemment le secrétaire du Commerce et du Travail, M. Victor-H. Metcalf, — en Asie, en Afrique, dans l’Amérique du Sud et dans l’Amérique centrale, en Australie et en
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- LÀ CONCURRENCE AMÉRICAINE.
- 399'
- Océanie qu’existe le grand marché pour les produits finis ; c’est, par suite, vers ces parties du monde, qui demandent actuellement la plus grande partie des articles manufacturés dont ils ont besoin à des pays autres que les Etats-Unis, que nos fabricants doivent regarder pour élargir les marchés pour leurs produits 1 2. » Sauf pour le Canada et les nations de l’Amérique latines riveraines du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes, les Etats-Unis ne participent en effet que pour une très faible part à l’importation des produits que les pays extraeuropéens demandent à l’étranger.
- Part prise par les États-Unis dans le commerce des différents pays (sauf l’Europe)2.
- pour l’année 1904 (Milliers de dollars)
- Importations des
- Importations totales États-Unis
- I. Canada .... 251.617 162.739
- Part proportionnelle des États-Unis
- (p. 100)
- 64,68
- II. Amérique latine.
- Pays riverains de la mer des
- Caraïbes :
- Mexique........................ 84.487
- Cuba........................... 77.028
- Républiques de l'Amérique cen-
- centrale.................. . 18.080
- Honduras....................... 1.228
- Indes occidentales anglaises. 36.469 Indes occidentales hollandaises......................... 3.727
- Guyane anglaise................ 7.949
- Colombie...................... 14.453
- Venezuela....................... 5.425
- 47.530 56,26
- 32.929 42,75
- 7.733 42,77
- 663 53,99
- 12.880 35,32
- 565 15,16
- 2.287 28,77
- 4.936 34,15
- 1.948 35,91
- 248.846 111.471
- 44,94
- III. Amérique latine.
- Pays riverains des océans Atlantique et Pacifique :
- Argentine 180.750 23.617 13,07
- Brésil 117.489 13.259 11,29
- Bolivie 6.407 426 6,65
- Chili ...... 52.002 4.460 8,58
- Equateur 5.387 1.361 25,26
- Paraguay 3.552 123 3,46
- Pérou 20.916 3.761 17,98
- Uruguay 25.957 2.201 8,48
- 412.460 49.208 11,94
- 1. A l’Association nationale des manufacturiers, 10e assemblée annuelle, 1905.
- 2. D’après le Foreign Commerce for 1905.
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- 400
- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- Part propor-
- Importations des tonnelles Importations totales. États-Unis. des États-Unis.
- (p. 100)
- ÏV. Asie.
- Chine 249.496 20.368 8,16
- Colonies anglaises :
- Ceylan 33.182 234 0,71
- Inde 275.195 4.149 1,51
- Établissements des Détroits. . 166.138 924 0,56
- Indes orientales hollandaises. 70.191 873 1,24
- Japon 184.938 28.492 15,65
- Formose 11.451 723 •• 6,31
- Corée. . 13.349 903 6,76
- Perse 28.878 480 1,66
- Siam 18.095 177 0,98
- Indo-Chine française 41.220 — —
- 1.092.133 57.773
- V. Océanie.
- Australie 180.162 22.348 12,40
- Nouvelle-Zélande 64.684 7.436 11,50
- Iles Philippines 30.876 5.761 18,66
- 275.722 35.545
- VI. Afrique.
- Algérie 70.910 571 0,81
- Colonie du Cap 164.321 22.080 13,44
- Egypte 101.626 1.405 1,38
- Maurice . . 12.834 200 1,56
- Natal 51.945 5.420 10,43
- Autres colonies anglaises. . . . 36.207 1.003 2,77
- Afrique allemande 8.247 28 0,34
- Tunis 16.137 162 l1 »
- 462.227 30.869
- Le secrétaire du Commerce, dans son discours à l’Association nationale des manufacturiers, ne faisait qu’exprimer une opinion courante depuis quelques années parmi ces derniers.
- Dans le but d’étudier les possibilités que peuvent offrir ces marchés à l’industrie américaine, et les causes qui paraissent y entraver le développement des importations des Etats-Unis, le Congrès a autorisé, par une loi du 3 février 1905 « l’emploi d’agents spéciaux pour étudier les conditions commerciales des pays étrangers, en vue de développer le commerce extérieur des Etats-Unis ». Sans tarder, le président a envoyé des agents dans le Canada et dans l’Amérique latine, et l’été dernier, M. O. Austin, le chef de la statistique du département du Trésor, s’est rendu en Extrême-Orient.
- Les rapports de ces agents, presque tous publiés déjà, sont la meilleure source de renseignements sur les obstacles que les industriels américains rencontrent sur ces différents marchés et sur les succès qu’ils peuvent espérer.
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- *
- * #
- Le marché canadien vient, pour les Etats-Unis, en ce qui concerne les produits manufacturés, immédiatement après le marché anglais. Les 6 millions d’habitants du Canada achètent aux Etats-Unis pour une somme de produits manufacturés qui dépasse les 2/3 des achats de produits similaires que leur fait l’Angleterre1. Pour l’année 1904, l’exportation américaine au Canada représentait 64,68 p. 100 de£ importations du Dominion, et plus de 10 p. 100 des exportations totales des Etats-Unis.
- L’essor récent du Canada fait prévoir le développement prochain de besoins nouveaux. Très naturellement, les Américains espèrent être ceux qui en bénéficieront le plus. Le Canada est, pour eux, bien plus un marché domestique qu’un marché étranger. Les conditions climatériques, les goûts, les habitudes de la population sont très sensiblement les mêmes que dans une grande partie des Etats-Unis. En toutes choses, ce sont les modes américaines, et non les modes anglaises qui dominent au Canada. Les pratiques commerciales se rapprochent aussi davantage des pratiques des Etats-Unis que de celles de l’Angleterre. Enfin, la proximité où sont les centres industriels de production des Etats-Unis des marchés canadiens leur donne pour les produits encombrants et lourds les articles métallurgiques en particulier, un avantage considérable sur leurs concurrents européens. Cet avantage ne peut être contre-balancé qu’en recourant au moyen artificiel de droits de douane. Le Canada a accordé à l’Angleterre la faveur d'une réduction sur les droits de douane destinés à protéger l’établissement d’une industrie nationale. Ce système n’a pas donné aux Anglais tout ce qu’ils en espéraient. En outre, comme le fait remarquer avec raison M. Charles M. Pepper, l’agent spécial du département du commerce, « les marchés naissants^^’avenir au Canada sont dans le nord-ouest. Géographiquement, ceux-ci sont les plus inaccessibles des marchés canadiens à l’industriel' anglais, soit qu’il expédie ses produits par l’Atlantique et ensuite par terre, ayant à franchir les trois quarts du continent, soit qu’il s’imagine que la perte de temps et d’intérêt puisse être compensée par le bon marché du fret en choisissant la route maritime jusqu’à la Colombie britannique. Dans le cas même, il y a encore un millier de milles de la côte du Pacifique au centre du nouveau nord-ouest. La vallée du Mississipi a des a vantages si marqués sur la Grande-Bretagne dans sa proxi-
- 1. Suivant les chiffres donnés dans le Monthly summary of commerce and finance d’avril 1903 ; ces calculs n’ont pas été refaits depuis, la valeur des produits manufacturés (déduction faite de la valeur du cuivre et des huiles minérales) exportés en 1902 était : pour l’Angleterre, de 73 millions de dollars; pour l’Allemagne et la Hollande réunies, de 19 millions de dollars ; pour la France, de 6 millions et demi ; pour le Canada, de 51 millions, et pour le Mexique, de 26 millions.
- Tome 109. — Avril 1907.
- 27
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- 402
- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- mité de la nouvelle région productrice du blé, que si elle perd une portion de ce marché croissant par suite du tarif différentiel, la faute en sera à son manque d’entreprise et à son peu d’attention à satisfaire aux conditions commerciales iocales ».
- L’expansion industrielle au Canada semble donc bien assurée aux yeux des Américains.
- Le développement des exportations des Etats-Unis au Dominion pendant la dernière décade a été considérable. Dans ces dix années, elles ont triplé :
- Exportations totales Valeur des
- des produits nationaux produits manufacturés
- (Milliers do dollars)
- 1895. . ............... . 47.787 17.344
- 1900......................... 88.030 47.161
- 1902........................ 101.696 53.807
- 1905........................ 131.343 65.000 (env.)
- Les espérances des Américains ont d’autant plus de chances de se réaliser qu’ils prennent une part active à l’essor économique du Dominion: Le développement récent des jeunes industries canadiennes est dû pour une grande part aux capitaux venus des Etats-Unis. Les Anglais se sont montrés jusqu’à présent plus timides que les Américains à cet égard et les Canadiens ne sont pas sans en concevoir quelque rancune vis-à-vis des capitalistes de la métropole. Il est impossible de risquer une évaluation, quant à la quantité de capital américain ainsi placé dans les industries du Canada. Dans beaucoup de sociétés canadiennes en apparence, la majeure partie du capital est en réalité américaine. Le directeur d’une banque de Montréal, la capitale commerciale du Dominion, évaluait à 25 millions de dollars environ la quantité de capital américain placé dans cette fille dans les cinq dernières années ; certaines personnes vont jusqu’à dire 15 millions. Mais, comme le fait remarquer avec raison M. Pepper : « Le montant même du capital placé par les Etats-Unis n’est pas aussi important que le fait de l’intérêt direct ou indirect des Etats-Unis dans un si grand nombre d’affaires canadiennes, et le fait du mouvement d’argent qui s’effectue constamment d’un côté à l’autre de la frontière, soit sous la forme de dividendes, et probablement dans une plus grande proportion, sous la forme d’achats de produits bruts et Fabriqués. »
- Un assez grand nombre de sociétés américaines,' pour éviter d’avoir à payer les droits du tarif canadien, ont créé dans les cinq dernières années des succursales dans le Dominion : telles, l’International Harvester C°, de Chicago ; la Westinghouse C°, de Philadelphie ; l’Ingersoll Sargent Drill C°, de New-York ; fa Part Hanon trasting machine C°, du Michigan. Les Claus A. Spieckels and C°,
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- de New-York, ont créé la Fédéral sugar refining C°. L’achèvement de la Canadien Niagara power G0, à Niagara Falls, dans la province d’Ontario, société montée avec des capitaux américains, sera le signal de la construction, dans son voisinage, d’un grand nombre de manufactures élevées à l’aide des capitaux de même nationalité, et dont beaucoup seront des filiales de maisons des Etats-Unis.'
- D’ailleurs, canadiennes ou américaines, c’est à leurs voisins du Sud que toutes les nouvelles usines du Dominion demandent l’outillage nécessaire pour leurs installations.
- Solidement établis dans les provinces orientales du Canada, les industriels américains semblent appelés également à bénéficier d’une façon particulière du développement des provinces de l’ouest. Ils n’ont pas seulement l’avantage de la proximité. Ils ont aussi celui que leur a donné l’immigration, importante dans ces derniers temps, qui s’est produite des Etats du nord-ouest des Etats-Unis dans l’ouest canadien. Le nombre d’immigrants américains qui se sont établis dans cette région du Canada dans les dernières années a été de : 26,388 en 1902 ; 49,473 en 1903 ; 45,229 en 1904. Ce sont des clients naturels pour l’industrie américaine, dont ils contribuent, en outre, à répandre les produits chez les colons d’autre origine.
- La liste des principaux articles manufacturés demandés par le Canada aux Etats-Unis, en 1905, est intéressante :
- (Milliers de dollars)
- Rails en acier....................................4.230
- Locomotives........................................ 883
- Quincaillerie et outils......................... 1.905
- Machine électriques...............................1.711
- — à coudre..................................... 318
- • — à écrire.................................... 207
- Cotonnades en pièces............................... 689
- — autres articles.......................... . 2.340
- Cuir............................................. 766
- Chaussures................................. . . . . 1.038
- Instruments agricoles........................... 1.898
- Papier et articles de papier................... 2.031
- Meubles............................................ 717
- Wagons de passagers et de marchandises. . . . 1.391
- Livres, cartes.................................. 2.038
- Instruments et appareils scientifiques............. 991
- Pendules et montres.............................. 820
- Le Canada demande aux Etats-Unis 81 p. 100 des articles métallurgiques dont il a besoin.La concurrence qu’ont à redouter à cet égard les Américains n’est pas celle de rivaux étrangers, mais bien celle de l’industrie nationale que le gouvernement canadien s’efforce de développer, non seulement à l’aide du tarif
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- 404
- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- protecteur, mais encore au moyen de primes directes de la production. Mais le développement des voies ferrées assure pendant longtemps encore aux Etats-Unis un débouché important, l’industrie canadienne ne pouvant croître assez vite pour suffire à ses besoins nouveaux.
- Le Dominion s’efforce aussi de développer ses industries textiles, et l’industrie cotonnière y a fait depuis une dizaine d’années de sérieux progrès. Mais, là encore, il semble que, pour un temps au moins, les besoins du marché croîtront plus vite que l’industrie nationale, et les Américains resteront encore pour ces articles les meilleurs fournisseurs du Canada.
- *
- •* *
- Le Mexique est, après le Canada, le marché le plus important des Etats-Unis pour les produits manufacturés. Ils fournissent à ce pays plus de la moitié de ses importations totales,, et les 2/3 des produits envoyés par les Etats-Unis sont des articles manufacturés :
- Exportations totales Valeur des
- des produits nationaux produits manufacturés
- (Milliers de dollars)
- 1895.'........................ 14.582 8.263
- 1900.......................... 33.703 24.048
- 1902.......................... 39.072 26.015
- 1905. .'...................... 44.824 33.000 (env.)
- Sur le marché mexicain, comme sur le marché canadien, les Etats-Unis bénéficient de l’avantage de la proximité. Ils n’ont pas, comme sur ce dernier, à craindre un prochain développement de l’industrie nationale ; par contre, bien qu’il ait une population double de celle du Dominion, le Mexique n’importe que pour une valeur trois fois moindre.
- De même qu’au Canada, les Américains ont pris un part importante au développement économique du Mexique. Mais, jusqu’à ces dernières années, la plus grande partie des placements américains était limitée aux chemins de fer et aux mines. Au commencement de 1903, le consul général des Etats-Unis au Mexique estimait à 500 millions de dollars le montant des capitaux américains placés dans le pays. Ces placements ont été faits à peu près entièrement dans le dernier quart de siècle, et la moitié environ dans les cinq années précédentes. Suivant le consul, plus de 70 p. 100 du capital américain était dans les chemins de fer, et formait 80 p. 100 du capital total de ceux-ci. Il évaluait à 80 millions de dollars les placements miniers... M. Charles M. Pepper évalue à 650 ou 700 millions de dollars le capital américain actuellement placé au Mexique. Il y a tendance à une plus grande diffusion. Les Américains s’intéressent davantage aux fonderies, industrie annexe de celle des mines ; ils ont créé des ateliers de
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- construction pour le matériel des chemins de fer, et s’occupent de l’installation d’usines électriques génératrices de force, pour utiliser les chutes d’eau.
- Le développement des voies ferrées qui se produit actuellement, assure aux Etats-Unis un important débouché pour leur industrie métallurgique pendant un certain nombre d’années, cette industrie n’étant encore qu’à l’état embryonnaire au Mexique.
- En même temps, bien qu’on ne puisse prévoir un mouvement d’immigration d’une ampleur pareille à celui qui s’est manifesté du nord-ouest vers le Canada, on signale cependant un mouvement continu de population des Etats-Unis vers le Mexique, qui contribuera à faciliter U expansion des produits manufacturés américains dans ce pays.
- M. Pepper signale la compréhension éveillée chez les industriels des Etats-Unis, bien qu’un peu vague encore, des possibilités qu’offre ce marché, non seulement comme un moyen de disposer d’un excédent temporaire de production, mais aussi comme un champ continu d’expansion économique. Il se plaint cependant que ses compatriotes ne mettent pas plus d’ardeur à s’emparer de ce marché. Suivant lui, l’industrie américaine pourrait prétendre à participer plus qu’elle ne l’a fait jusqu’ici au développement du Mexique. Et il remarque que certaines localités importantes ne semblent pas encore avoir été découvertes par les maisons américaines. « Dans la ville de Puebla, qui compte 10 000 habitants, et est située au centre d’un district de grande richesse agricole et industrielle, on ne trouve pour ainsi dire pas de produits américains, bien que des maisons européennes y fassent des affaires très lucratives. Deux ou trois fabriques de chaussures entreprenantes y ont établi des magasins de détail pour la vente de leurs spécialités : ce sont les seuls produits des Etats-Unis qu’on y voit. »
- Le tableau suivant indique la nature et la valeur des principaux articles manufacturés envoyés par les Etats-Unis au Mexique en 1904-1905 :
- (Milliers de dollars)
- Rails d’acier.................................... 877
- Locomotives....................................... 368
- Quincaillerie et outils........................... 825
- Machines électriques.............................. 925
- — à coudre............................... 558
- — à écrire...................•......... 268
- Instruments scientifiques......................... 880
- Cotonnades en pièces............................ 270
- — articles divers........................ 609
- Wagons pour passagers et marchandises. . . . 1.186
- Instruments agricoles............................. 364
- Engrais chimiques............................... 1.647
- Chaussures.......................................1.116
- Meubles........................................... 647
- Papier et articles en papier...................... 554
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- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- Le part prise par les Etats-Unis dans le commerce des républiques de l’Amérique centrale; ainsi que dans celui de la Colombie et du Venezuela, est importante : elle est d’environ 40 p. 100 de leurs importations totales. Mais le commerce de ces pays est encore des plus restreints, puisque l’ensemble de leurs importations n’atteint pas 40 millions de dollars, et leur développement ne se fera qu’avec une grande lenteur. Ces pays sont d’ailleurs dans l’orbite économique des Etats-Unis, et c’est à ce fait, beaucoup plus qu’à des efforts particuliers pour supplanter leurs concurrents anglais et allemands, que l’on doit, attribuer le chiffre des importations américaines. L’ouverture du canal de Panama assurera, sans doute, la suprématie économique des Etats-Unis dans, cette région.
- *
- * *
- Les Etats-Unis prennent déjà, on le voit, une part importante dans le commerce des pays de l’Amérique latine riverains de la mer des Caraïbes. La situation est toute différente en ce qui concerne les pays de l’Amérique du Sud proprement dite. Ici, ils sont dépassés de beaucoup par leurs concurrents européens, à la tête desquels se placent les Anglais et les Allemands. Le tableau que nous avons reproduit plus haut montre que, en ce qui concerne ces pays, les importations des Etats-Unis n’entrent que pour 12 p. 100 dans le chiffre de leurs importations totales. Et cette proportion se réduit encore, si l’on n’envisage que les articles manufacturés, les produits alimentaires, notamment pour le Brésil, et le pétrole entrant pour un chiffre important dans les produits achetés par ces pays aux Etats-Unis. Ici, l’industrie américaine n’a pu à peine que prendre pied.
- A vrai dire, les industriels américains n’ont pas fait d’efforts sérieux pour y conquérir un marché. Mais deux obstacles les arrêtent dans cette voie, et justifient en partie leur hésitation. Sauf le Brésil, qui envoie 50 p. 100 environ de ses exportations aux Etats-Unis, les autres pays ne leur en adressent qu’une faible partie : le Chili 16,87 p. 100; le Pérou 9,34 p. 100; l’Argentine, 3,87 p. 100 seulement. Leurs relations commerciales sont donc principalement avec l’Europe occidentale, qui leur offre les plus avantageux débouchés pour leurs produits exclusivement agricoles, et de laquelle, en outre, ils sont les débiteurs, pour les capitaux nombreux qu’elle a placés chez eux.
- Exportations des principaux pays de l’Amérique du Sud.
- ’ ' 1904 (Milliers de dollars)
- Exportations totales Exportations aux États-Unis 0/0
- Brésil 191.287 96.446 50,42
- République Argentine. . 254.912 9.857 3,87
- Chili 70.911 11.963 16,87
- Pérou 19.790 1.849 9,34
- Uruguay 38.640 1.782 4,61
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- Le second obstacle que rencontrent les Américains, c’est la distance qui les sépare de ces pays, et la difficulté des moyens de communication avec eux.
- Les ports de l’Amérique du Sud situés au sud du cap San Roque sont plus éloignés de New-York que les ports de l’Europe occidentale. Le cap San Roque, qui se trouve à 2 600 milles à l’est de New-York, est à peu près à égale distance de New-York et de la Manche; et le méridien de Washington est le même que celui de Callao, sur la côte du Pérou. En outre, aucun service de navigation régulière ne réunit les ports du Brésil, de l’Argentine et du Chili à ceux des Etats-Unis, tandis que les passagers d’Europe à Buenos-Ayres ont le choix entre une demi-douzaine de lignes de première classe, et ils ont au moins deux services directs pour Valparaiso. Pendant les mois d’été, en franchissant les Andes par le Buenos-Ayres and Pacific railway, bien que la ligne ne soit pas entièrement achevée, on économise dix jours. De New-Xork à Buenos-Ayres, par Rio de Janeiro, il faut au moins vingt-trois jours, si le transbordement s’effectue sans retard; et il n’y a pour Rio de Janeiro qu’un départ mensuel de New-York. De New-York à Valparaiso, la durée la plus courte du trajet, en été, de décembre à avril, serait de vingt-cinq jours. Par la voie de Panama, il faut vingt-huit à trente jours au moins, et le plus souvent trente-cinq jours.
- Quant aux marchandises, alors que pour les relations avec l’Europe, outre les lignes régulières, il y a un nombre considérable de tramps, et que ces navires trouvent dans l’Amérique du Sud un fret de retour abondant, ce fret fait défaut dans les relations avec les Etats-Unis, sauf dans les ports du Brésil, à l’époque de la récolte du café et du caoutchouc.
- Les moyens de communication entre les Etats-Unis et l’Amérique du Sud sont donc presque inexistants à l’heure actuelle.
- - Les exportations de produits manufacturés des Etats-Unis au Brésil s’élèvent à environ 4 millions et demi de dollars. Nous extrayons du rapport de M. Lincoln Hutchison, l’agent spécial américain, les chiffres suivants, qui montrent, avec la nature des principaux articles des Etats-Unis, le chiffre des importations d’articles similaires par leurs concurrents européens :
- Importations du Brésil en 1903
- (Milliers de dollars) (p. 100)
- Articles de coton.
- Angleterre 10.334 63,1
- Allemagne 2.244 13,7
- Etats-Unis. ...... 963 5,9
- France 778 4,8
- Italie 715 4,4
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- COMMERCE.
- AVRIL 1907.
- Articles en fer et en, acier.
- Angleterre. 3.127 41,9
- Allemagne. 2.003 26,8
- Belgique. . 1.053 14,1
- Etats-Unis. 769 10,3
- France. . . . 394 5,3
- Machines, outils, etc.
- Angleterre. 2,924 47,3
- Allemagne. 1.091 17,6
- Etats-Unis. 1.435 23,1
- France. . . 424 6,8
- Papier et articles de papier.
- Allemagne. 1.083 36,7
- France. . . ..... 546 18,5
- Norvège et Suède 352 11,9
- Belgique. . 307 10,4
- Etats-Unis. 114 3,9
- Angleterre. 101 3,4
- Articles en cuir.
- Angleterre. 226 63,1
- Allemagne. 76 13,8
- France. . . 65 11,7
- Etats-Unis. 33 6,0
- Chaussures.
- Angleterre. 78 33,9
- Autriche. . 70 30,2
- France. . . 25 10,8
- Etats-Unis. 28 12,1
- La République Argentine est le pays qui semble avoir le plus bel avenir dans l’Amérique du Sud, et celui où le développement économique s’effectue avec la plus grande rapidité, favorisé qu’il est par une importante immigration européenne.
- Les principaux articles manufacturés qu’elle a demandés en 1905 aux Etats-Unis sont les suivants :
- (Milliers de dollars)
- Instruments agricoles........................... 5.032
- Wagons pour passagers et marchandises. . . . 1.188
- Quincaillerie et outils........................... 583
- Locomotives....................................... 207
- Machines à coudre................................. 508
- — électriques................................. 171
- Instruments et appareils scientifiques............ 236
- Cotonnades en pièces.............................. 385
- —: articles divers...................... 358
- Papier et articles de papier...................... 259
- Articles en bois (meubles, etc.).................. 229
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE. 409
- L’importation des articles manufacturés des Etats-Unis en Argentine atteint à peine 15 millions de dollars. M. Hutchinson reconnaît que, sauf pour quelques produits comme l’outillage mécanique et les appareils électriques, tout est à faire sur ce marché pour prendre une part sérieuse au développement actuel. « Il y a, dit-il, un grand avenir pour les produits américains. Le temps est arrivé pour nos industriels de faire un effort sérieux : et un petit sacrifice relatif de temps et d’argent leur donnerait de très beaux résultats. »
- Au Chili, la situation des Etats-Unis comme importateurs de produits manufacturés n’est pas meilleure..C’est à peine si leurs importations de ce chef atteignent 3 millions de dollars. En ce qui concerne les textiles, ils n’ont quelque succès que pour les cotonnades de couleur. Pour les outils agricoles, leurs modèles sont généralement préférés, mais, dans ces derniers temps, des types de machines canadiennes ont fait du tort aux machines américaines, qu’on trouve trop légères. Pour le matériel de chemins de fer, ils rencontrent une situation désavantageuse pour le placement de leurs produits : la moitié des chemins de fer chiliens sont entre les mains d’entreprises européennes qui ont une tendance naturelle à faire venir leur matériel d’Europe.
- Le capital américain n’a jusqu’à présent joué aucun rôle dans le développement économique des nations de l’Amérique du Sud, sauf une, le Pérou. On estime le capital américain placé au Pérou à 25 millions de dollars environ. L’origine de ces placements est l’achat par un groupe, à la tête duquel est, dit-on, M. Morgan, de la mine de cuivre Cerro de Pasco. La Cerro de Pasco mining C° a dépensé jusqu’à ce jour environ 14 millions de dollars. L’Inca min-ning and rubber C° en aurait dépensé 5 millions et parle de doubler son capital. Une entreprise américaine s’est chargée de l’aménagement des tramways électriques de Lima. Enfin,,à côté de ces sociétés, un certain nombre d’autres, moins importantes, créées aussi avec des capitaux américains, se sont constituées. Ces Il y a là des débouchés nouveaux pour les Américains. C’est surtout l’industrie métallurgique qui a jusqu’ici profité de ce courant. L’Angleterre tient touours, et de beaucoup, le premier rang pour les cotonnades, et l’Allemagne devance encore fortement les Etats-Unis. Au Pérou, de même que dans les autres parties de l’Amérique du Sud, les Etats-Unis ne semblent avoir actuellement de chances réelles de succès en ce qui concerne les textiles que pour les cotonnades imprimées.
- Avec les marchés américains, ce sont les marchés d’Extrême-Orient, la Chine et le Japon, que visent plus particulièrement les Etats-Unis. Jusqu’à présent même, ces derniers marchés ont séduit davantage l’opinion que les marchés de l’Amérique du Sud. Depuis l’acquisition des Philippines, surtout, il a paru que
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- AVRIL 1907.
- c’était de ce côté qu’il fallait tourner, avant tout, les efforts. Lorsque, après la défaite de l’Espagne, les Etats-Unis ont gardé cet archipel, une des raisons invoquées a été l’espoir de faire de Manille un entrepôt pour le commerce d’Extrême-Orient.
- La part prise par les Etats-Unis dans les importations de la Chine et du Japon a fort augmenté, en effet, pendant la dernière décade.
- En 1890, les Etats-Unis fournissaient 6 p. 100 seulement des importations totales de la Chine. En 1896, leur part ne s’élevait encore qu’à 8 p. 100. Pour 1904, elle a été de 13 p. 100., et pour 1905, elle a atteint 20 p. 100 environ. Sur un chiffre total d’importations de 326 millions de dollars, les Etats-Unis ont envoyé directement à la Chine 56 millions, et par la voie de Hong-Kong, 19 imitions 3/4, soit au total 75 millions.
- Une progression analogue a eu lieu pour leurs envois au Japon. En 1904, ils ne figuraient que pour 9,4 p. 100 dans les importations totales de celui-ci; en 1904, leur part était de 15,7 p. 100, et en 1905, elle s’est élevée à 21,4 p. 100. Les importations d’origine américaine entraient pour 52 millions de dollars dans les 243 millions d’importations totales1 2.
- Mais on se ferait singulièrement illusion si l’on prenait ces chiffres comme représentant uniquement des articles fabriqués. La Chine et le Japon achètent aux Etats-Unis des produits alimentaires et des matières premières en quantités importantes.
- La Chine leur demande de la farine de hlé, des racines de ginseng, du pétrole,, et des cigarettes :
- 1905 (Milliers de dollars)
- Exportions directes et via Hong-Kong
- Farine de blé........................... 4.220
- Racines de ginseng....................... 1.069
- Pétrole................................. 10.100
- Cigarettes et cigares.................... 1.655
- Cuivre en barre et lingots 2............. 9.900
- Total................ 26.944
- Ces produits forment, à eux seuls, plus du tiers des exportations américaines en Chine.
- Le Japon demande aux Etats-Unis : de la farine de blé, de l’orge, du pétrole, du beurre, du fromage, du lait, du saumon conservé, et du coton brut en quantités de plus en plus importantes :
- 1. Ces pourcentages sont calculés en ajoutant aux exportations directes des Etats-Unis en Chine leurs exportations indirectes, par voie de Hong-Kong.
- 2. Cette importation a été due à la frappe, par les hôtels de monnaies chinois, en 1905, de nouvelles monnaies.
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- 4H
- 1905 (Milliers de dollars)
- Farine de blé et froment............... 5.266
- Saumon en conserve....................... 162
- Beurre, fromages, lait (497). . ......... 517
- Pétrole................................ 2.815
- Coton brut.......................... 16.947
- 25.707
- Ce chiffre représente bien près de la moitié des exportations totales des. Etats-Unis au Japon.
- Un document récent sur l’Orient commercial, publié par le bureau de statistique du département du Trésor, s’exprime ainsi relativement à l’échec des Américains dans les régions tropicales et à leur succès relatif dans les régions tempérées : « Dans l’Orient tropical, les importations de produits américains, sont milles. Cela provient de ce que les Européens fabriquent des marchandises spécialement en vue de ce marché, tandis que les Américains qui essaient de placer des produits sur ce marché n’ont à offrir que des produits fabriqués pour les consommateurs américains, conformes par conséquent aux goûts et aux besoins d’une population occidentale et de zone tempérée... Dans la partie de l’Orient située dans la zone tempérée, les Etats-Unis font, au contraire, de réels, progrès dans certaines lignes d’industrie : en cotonnades, huiles minérales et cuivre pour la Chine ; en outils mécaniques et machines, rails, articles de fer et d’acier, et farine pour le Japon. »
- Le gros article d’exportation des Etats-Unis en Chine, ce sont les cotonnades, destinées uniquement, ou presque, au marché de la Chine du Nord. En 1905, ils. lui en ont envoyé pour 28 millions de dollars.
- Cotonnades en pièces : de couleur. . . .
- — blanches......
- Articles de vêtements et. autres articles.
- (Milliers de dollars)
- . 706 27.054
- 27.760
- 256
- 28.016
- Les Américains commandent aujourd’hui le marché du nord de la Chine pour les cotonnades en pièces, et ils semblent décidés à attaquer maintenant le marché au sud du Yang-tsé.
- Des autres produits manufacturés qu’ils envoient à la Chine, les plus importants sont :
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- COMMERCE.
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- 1905 (Milliers de dollars) Import, directes
- Quincaillerie et outils............................ 52
- Locomotives........................."...........286
- Machines électriques............................... 30
- — à travailler les métaux...................... 38
- Autres machines................................... 398
- Rails d’acier..................................... 126
- Montres et pendules................................ 23
- Bicyclettes...................................... 12
- Ce sont principalement les produits métallurgiques, notamment l’outillage mécanique, qui ont trouvé un débouché au Japon :
- 1905 (Milliers de dollars)
- Rails d’acier..................................... 573
- Fers pour construction........................... 179
- Fil de fer........................................ 92
- Quincaillerie, outils............................ 197
- Machines :
- Machines électriques.......................: : : 1.391
- — à travailler les métaux............. 196
- Pompes........................................... 81
- Machines à coudre................................ 107
- Locomotives.................................... 1.276
- Autres machines............................... 3.638
- Instruments scientifiques........................ 212
- Wagons pour passagers et marchandises.......... 282
- Bicyclettes....................................... 286
- Produits chimiques, médicaments.................. 215
- Pendules et montres.............................. 161
- Cotonnades, en pièces.......................... 1.154
- — autres articles....................... 275
- Articles en caoutchouc........................... 283
- Papier et articles en papier..................... 258
- Paraffine........................................ 306
- Cuirs et peaux................................ 5.050
- Articles en cuir............................... . 65
- « En construisant des chemins de fer et des manufactures, le Japon a créé, — dit le document officiel cité plus haut, — un marché pour l’outillage mécanique, les articles nécessaires à l’exploitation des voies ferrées, et les divers produits fnétallurgiques. Comme les Etats-Unis sont géographiquement plus près de ces nouveaux marchés que les pays d’Europe, ces produits leur sont demandés en grande quantité. » Cependant, même à l’égard de la distance, les Américains ne sont pas, à l’heure actuelle, véritablement favorisés : « Ces produits métallurgiques étant pour la plus grande partie fabriqués dans l’est des Etats-Unis, doivent en supporter les frais de transport sur les chemins de fer transcontinentaux
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- ou prendre la voie de mer par l’Atlantique, la Méditerranée et le canal de Suez. Par cette dernière voie, les industriels d’Europe ont le bénéfice d’un trajet réduit sur les industriels américains. Cette condition, s’ajoutant à l’infériorité des salaires en Europe, assure aux industriels européens des avantages marqués. En outre, ces derniers ont une production qui dépasse tellement les besoins de leurs propres marchés, qu’ils consacrent une grande partie de leur attention et de leur temps à la fabrication des produits destinés à répondre aux goûts particuliers de la clientèle qu’ils recherchent en Extrême-Orient. Tandis que l’on reproche fréquemment aux industriels américains de ne vouloir exécuter d’ordres pour ces marchés qu’à la condition de pouvoir envoyer des articles de leur fabrication courante. Cette critique est d’ailleurs générale en ce qui concerne tous les pays d’Orient. »
- La politique d’obstruction adoptée par les Etats-Unis à l’égard des immigrants chinois a soulevé dans les ports de la Chine l’hostilité d’une partie de l’opinion publique. A la fin de 1904, le boycottage des produits américains était décidé par les grandes corporations. Le coup a été très sensible pour les Etats-Unis, et, à la suite de négociations, et de l’ordre donné par le président des Etats-Unis d’appliquer de manière moins tracassière les lois existantes sur' l’immigration chinois, ce boycottage a été supprimé. Mais « le boycottage a temporairement paralysé l’entreprise américaine en Chine, et bien qu’officiellement il n’existe plus, on ne peut prédire, à cause de ses très lointains effets, à quel moment des conditions normales seront établies. Il a créé un sentiment d’incertitude et de timidité commerciales que ni les édits, ni les proclamations de Pékin ne peuvent immédiatement dissiper1. »
- III. — Projets en vue d’aider à, l’expansion industrielle.
- Dans la rivalité entre nations pour conquérir une place à leurs produits sur les marchés étrangers, la question des moyens de communication et de transport a, une importance considérable. A cet égard, précisément, les Etats-Unis se trouvent dans une situation d’infériorité relativement à leurs concurrents d’Europe occidentale par rapports aux deux régions qu’ils considèrent comme les plus favorables à leur expansion industrielle.
- Un ensemble de projets a été élaboré ces dernières années en vue de compenser cette infériorité. De ces projets, les uns ne semblent guère réalisables, en l’état actuel des choses, tout au moins ; et les autres demandent un certain nombre d’années avant que leur exécution soit achevée, ou qu’ils puissent donner des résultats sérieux.
- 1. Monthly Consular reports, octobre 1905, n° 301.
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- Les premiers de ces projets ont pour objet l’amélioration de voies de transport intérieures déjà existantes : élargissement du canal de l’Erié, et agrandissement du canal de drainage de Chicago, pour en faire un canal à large section, travaux qui se combineraient avec des travaux de régularisation du Mississipi. Des autres projets, l’un vise particulièrement le marché sud-américain, mais a un caractère plus politique qu’économique, c’est la construction d’un chemin de fer panaméricain de New-York à- Buenos-Ayres ; l’autre vise les marchés du Pacifique : c’est l’achèvement du canal de Panama. Le dernier, enfin, qui se propose le relèvement de la marine marchande affectée au commerce étranger, bien que visant aussi d’une façon plus spéciale l’Amérique du Sud et l’Extrême-Orient, a cependant une portée plus générale.
- I. — CANAUX INTÉRIEURS.
- Le canal de l’Erie, qui va de Buffalo, sur le lac Erie, au-dessus des chutes du Niagara, à Troy, sur l’Hudson, et met ainsi en communication les Grands Lacs avec l’océan Atlantique, est le canal le plus important des Etats-Unis. Ouvert en 1825, c’est ce canal qui, en drainant les produits agricoles de l’ouest, a assuré à New-York, dans la période précédant la construction des chemins de fer, la suprématie sur les ports rivaux de l’Atlantique. A l’origine, le canal n’avait que 70 pieds de large à la surface, 28 au plafond, et une profondeur de 4 pieds seulement. La capacité.des bateaux l’utilisant n’excédait pas 75 tonneaux. Des travaux poursuivis de 1835 à 1862 donnèrent au canal une largeur de 52 pieds et demi au plafond et une profondeur de 7 pieds. Ce sont ses dimensions actuelles, et la capacité des bateaux qui l’utilisent a pu être ainsi portée à 240 tonneaux. En 1883, l’Etat de New-York a supprimé les droits de péage sur le canal.
- Depuis une dizaine d’années, une campagne a été entreprise pour l’adoption d’un nouveau programme d’agrandissement, destiné à rendre à ce canal l’importance que la concurrence des chemins de fer lui a fait perdre. En 1894, les électeurs de l’Etat de New-York, sur le territoire duquel est situé tout entier le canal, qui a 352 milles de longueur, votaient une somme de 9 millions de dollars pour en porter la profondeur uniformément à 9 pieds. Mais les devis avaient été faits hâtivement, et on ne put, avec les crédits accordés, réaliser qu’un tiers environ de l’amélioration projetée.
- En 1898 ou 1899, une Commission était nommée en vue d’étudier un nouveau programme de travaux. Cette commission conclut à l’agrandissement du canal dans des proportions permettant de porter à 1 000 tonneaux la capacité des fateaux l’utilisant. Les esprits se tournaient également vers une solution plus vaste et plus séduisante : la construction d’un canal maritime, qui permettrait
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- à des navires de grand tonnage de passer directement- des Lacs dans l’océan. Mais une pareille entreprise dépassait les forces financières de l’Etat de New-\ork. Il demanda, l’entreprise ayant un caractère d’utilité nationale, l’aide du gouvernement fédéral. L’accueil fait à Washington à cette proposition a été défavorable. L’on est donc revenu au projet de la construction d’un canal de 1 000 tonneaux, ainsi qu’on le désigne communément. Le canal sera creusé à une profondeur uniforme de 12 pieds, et sa largeur au plafond sera portée à 75 pieds. Les devis évaluent à 101 millions de dollars le coût de ces travaux. La loi d’avril 1903, qui les a autorisés, a été ratifiée par les électeurs de l’Etat lors des élections de 1904.
- Le projet de canal maritime a encore des partisans. Il se heurte à une double difficulté pratique : la longueur même du canal, qui, au taux de 4 milles à l’heure, vitesse que ne saurait dépasser un navire dans cette navigation, exigerait 3 jours et 16 heures pour effectuer, sans arrêt, cette traversée. Cette longueur de temps ferait plus qu’absorber les économies résultant de la possibilité de ne plus rompre .charge aux ports d’entrée et de sortie du canal. Enfin, beaucoup de constructeurs sont sceptiques quant à l’avantage qu’il y aurait à édifier des types de navires à deux fins : pour les Lacs^et pour l’Océan.
- Le second projet considérable de navigation intérieure a pour objet la prolongation et l’utilisation du canal de drainage de Chicago pour avoir un canal à grande section entre cette ville et Saint-Louis. Le canal de drainage actuel, commencé en 1890, a été ouvert en 1900. Le but initial était de rejeter vers le Missis-sipi les eaux sales de Chicago qui, jusqu’alors, étaient toutes dirigées dans le Lac, dont elles polluaient les eaux, celles-là mêmes qui servaient à l’alimentation de Ma ville. Chicago était alors le siège d’une épidémie permanente de fièvre typhoïde. Une sage prévision a fait, dès le début des travaux, envisager le futur canal comme un moyen de communication avec le Mississipi, et les dimensions ont été adoptées en conséquence.
- Le canal actuel, une fois complété, aura coûté 55 millions de dollars. Du Lac, à Chicago, à Lockport, sur la rivière des Plaines, ses points extrêmes, il a une longueur de 40 milles. La profondeur actuelle varie entre 24 et 25 pieds. Le canal doit avoir 202 pieds de large au plafond et 290 pieds à la ligne d’eau. Ces dimensions n’existent actuellement que dans quelques sections1.
- Les travaux existants ont été entièrement exécutés par l’Etat d’Illinois. Un projet a été présenté au Congrès, à Washington, en vue de faire, de Lockport à
- 1. A Lockport, des travaux contrôlant les mouvements de l’eau font une chute de 42 pieds qui procurera, avec la quantité minimum d’eau prévue dans le canal, une force hydraulique de 20.000 chevaux. On se propose, naturellement, d’utiliser cette force, soit en élevant des usines aux abords de la chute, soit en la transportant à Chicago.
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- Saint-Louis, par les rivières des Plaines, l’Illinois et le Mississipi, un canal de 14 pieds de profondeur, et de 200 pieds de largeur au plafond. On aurait ainsi de Chicago à Saint-Louis un canal à grande section. La commission chargée d’évaluer le prix de ces travaux estime qu’ils ne dépasseraient pas 30 millions de dollars.
- Ce projet lui-même n’est d’ailleurs, pour certains, que l’amorce d’un projet plus vaste qui mettrait, par des travaux d’amélioration du cours du Mississipi, de Saint-Louis à son embouchure, les grands Lacs, par Chicago, en communication directe avec le golfe du Mexique, c’est-à-dire avec l’Atlantique, et, une fois le canal de Panama achevé, avec le Pacifique. Ce plan grandiose, qui aurait des résultats économiques importants, s’il était réalisable, paraît se heurter à de très grosses difficultés, beaucoup d’ingénieurs disent impossibilités, quant à l’aménagement du Mississipi, fleuve fantasque, pour y assurer la navigation des navires d’un tirant d’eau suffisant.
- II. — CHEMIN DE FER PANAMÉRICAIN.
- L’idée de relier par une voie ferrée l’Amérique du Nord avec les républiques de l’Amérique du Sud a été présentée publiquement pour la première fois à la Conférence qui réunit à Washington, en 1889, les représentants de toutes les nations indépendantes du Nouveau-Monde. S’associant à ce projet, la Conférence adopta un vœu en faveur de la nomination d’une commission internationale d’ingénieurs chargés de déterminer le tracé de la route future et d’en évaluer le coût approximatif.
- Le Congrès des Etats-Unis, diverses nations de l’Amérique du Sud, votèrent dans ce but des crédits. Au terme de leurs travaux, les ingénieurs se prononcèrent en faveur du projet, déclarant qu’aucun des obstacles rencontrés ne se présentait comme insurmontable, et que les dépenses ne seraient pas telles qu’elles dussent en empêcher la réalisation.
- A la conférence de Mexico, en 1901, la seconde conférence panaméricaine, un vœu fut de nouveau adopté en faveur d’un chemin de fer qui réunirait New-York à Buenos:A.yres et Valparaiso. 11 en a été de même à la troisième conférence qui s’est tenue à Rio de Janeiro en avril 1906.
- La distance de New-York à Buenos-Ayres est de 10 391 milles, sur lesquels plus de moitié : de New-York à la frontière de Guatémala d’une part, et de Buenos-Ayres à la frontière septentrionale de l’Argentine, de l’autre, sont déjà construits. Entre ces deux morceaux existants de la ligne projetée, d’ailleurs, quelques tronçons sont déjà construits :
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- Distances Lignes
- Pays (en milles) En exploitation En construction projetées
- Etats-Unis . . 2.187 2.187
- Mexique . . 1.532 1.482 50
- Amérique centrale. . . 1.043 351 100 502
- Panama 612 612
- Colombie 865 20 • 77 845
- Equateur 658 126 77 455
- Pérou . . 1.785 277 223 1.285
- Bolivie 233 128 180
- Argentine. ...... . . 1.168 1.033 135
- 10.391 5.709 703 3.969
- Les constructions restant à faire, pour réaliser ce projet, n’offrent pas, à la réalité, une étendue extraordinaire, mais toute la partie située entre la Colombie et,la frontière de l’Argentine exigera des travaux d’art fort coûteux. Suivant les ingénieurs, la dépense n’excédera pas 880 millions de francs. Sera-t-elle rémunératrice ? . *
- Une ligne de cette nature ne semble pas appelée à un grand avenir comme trafic, du moins jusqu’à ce que le peuplement des républiques de l’Amérique du Sud soit plus avancé. Des lignes de pénétration de la côte .vers l’intérieur seront plus utiles que cette ligne longitudinale, pour y aider. Le projet a donc plutôt le caractère d’un projet complémentaire que d’une oeuvre de base. De plus, la distance à franchir rendra toujours peu utilisable cette ligne pour les marchandises : la différence dans le prix du fret fera nécessairement donner la préférence, pour celles-ci, au transport par mer.
- Enfin, une difficulté s’ajoute du fait que les lignes existantes utilisables par le futur intercontinental n’ont pas le même écartement de rails. Aux Etats-Unis et au Mexique, la voie normale de lm,45 est le type adopté. En Argentine, l’écartement est de lm,68, et les tronçons construits dans les pays intermédiaires sont presque tous les chemins de fer à voie étroite de 1 mètre.
- III. — LE CANAL DE PANAMA.
- Des grandes entreprises projetées pour aider à l’expansion industrielle des Etats-Unis en améliorant leurs moyens de communication avec les marchés étrangers, la plus importante est, à coup sûr, le canal de Panama. C’est celle qui doit leur assurer les résultats les plus certains et les plus efficaces.
- L’ouverture du canal donnera aux Américains des avantages importants au point de vue de la distance, sur leurs concurrents européens, pour les marchés de la côte occidentale de l’Amérique du Sud, et pour les marchés d’Extrême-Orient jusqu’à la latitude de Manille.
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- Le tableau suivant indique l’importance de ces avantages :
- Via détroit Via canal Via canal
- de Magellan de Suez de Panama
- New-York (üistanco en milles)
- à San Francisco. . . . . . 14.840 — 5.299
- Callao . . . 10.689 — 3.359
- Valparaiso . . . . 9.750 — 4.630
- Yokohama. . . . ... — 13.564 9.835-
- Shanghaï ... — 12.514 10.885
- Manille Liverpool 11.601 11.585
- à San Francisco. . . . . 14.084 — 8.038
- Callao . . . 10.072 — 6.098
- Valparaiso. . . . . . . 8.831 — 7.369
- Yokohama. . . . , . . . — 11.765 12.574
- Cette réduction considérable de la distance favorisera notablement l’exportation des produite métallurgiques vers le Pérou et le Chili d’une part, et la Chine et le Japon de l’autre. Actuellement, les industriels américains voient leur bas prix de production pour ces produits largement compensé par le surcroît des frais de transport.
- Les exportations de cotonnades à destination de la Chine seront aussi très grandement favorisées. On estime que, à présent, 70 p. 100 des cotonnades destinées à la Chine sont fabriquées dans les Etats des Carolines et de la Géorgie : les 4/5 environ sont envoyés par le canal de Suez, tandis que 1/6 prend la route de terre jusqu’au Pacifique : par San-Francisco ou Seattle. Le canal permettra aux Américains d’accentuer encore leur concurrence sur ce marché pour ces produits.
- IV. — LA RENAISSANCE DE LA MARINE MARCHANDE.
- La décade qui précède 1860 a marqué l’apogée de la marine américaine. C’était l’époque des fameux clippers, dont les constructeurs américains avaient le monopole, véritables chefs-d’œuvre de la construction navale. Ils couraient toutes les mers, battant orgueilleusement pavillon étoilé. Favorisés par le vent, ils luttaient de vitesse avec les navires à vapeur, qui commençaient à se généraliser.
- La marine américaine ne resta d’ailleurs pas en arrière dans cette nouvelle transformation. En 1848, la navigation de concurrence comptait en navires à vapeur un effectif de 16 000 tonneaux. En^lSôl, il s’élevait à 62 390 tonneaux, presque égal à celui de l’Angleterre (65 921 tonneaux), et en 1855, il atteignait Te chiffre de 115 000 tonneaux.
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- En 1860, la marine marchande affectée au commerce étranger avait un tonnage de 2 379 396 tonneaux ; 71 p. 100 du tonnage des navires entrant et sortant des ports des Etats-Unis étaient américains ; et 66,5 p. 100 de la valeur du commerce extérieur se faisaient sous pavillon national.
- Depuis 1860, le tonnage de la marine américaine affecté à la navigation de concurrence est allé diminuant sans interruption. Il en a été de même de la part prise par le pavillon américain dans le commerce extérieur :
- Tonnage Total Transports P. 100
- de la des imp. et exp effectués des transports
- marine effectués par navires effectués par
- de commerce. par mer américains navires
- Années. Millions. En millions de dollars. américains.
- 1860. . 2.379.396 762 507 66,5
- 1870. . 1.448.846 991 352 35,6
- 1880. . 1.314.402 1.482 258 17,4
- 1890. . 928.062 1.573 202 12,9
- 1900. . 816.795 2.089 195 .9,3
- 1904. . 888.628 2.230 229 10,3
- Au milieu de l’essor extraordinaire qu’ont montré pendant le dernier demi-siècle les industries américaines, seule, l’industrie des transports maritimes n’a cessé d’aller en diminuant d’importance.
- Vers 1890, au début de la dernière période qui a marqué de si extraordinaires progrès dans le développement industriel des États-Unis, quelques hommes, prévoyant le moment où l’industrie américaine devrait, comme ses rivales européennes, chercher des débouchés à l’étranger, se préoccupèrent de la situation de la marine marchande. Ils commencèrent une agitation en vue de donner à cette industrie, la seule qui ne bénéficiât pas de la politique protectionniste, l’aide dont elle avait besoin.
- Deux bills furent, à cette époque, présentés au Congrès. L’un créait des primes à la navigation pour encourager les cargo-boats proprement dits et les navires mixtes de vitesse moyenne ; l’autre visait spécialement la création de lignes postales régulières subventionnées U Les deux bills furent votés par le Sénat, mais la Chambre n’accepta que le second, qui devint la loi du 3 mars 1891, la postal aid law. Cette loi, encore en vigueur aujourd’hui, répartit en quatre classes les navires susceptibles de recevoir des subventions. La première classe comprend les navires à hélice, en fer ou en acier, d’une vitesse de 20
- 1. En 1845, le Congrès avait accordé (loi du 3 mars) une subvention à un service postal américain entre New-York, le Havre et Brême. Deux ans plus tard, la loi du 3 mars 1847 généralisa ce système. Elle créa la célèbre ligne Collins, de New-York à Liverpool, et des services réguliers entre les ports de l’Atlantique et les Indes occidentales à l’isthme de Panama, et entre l’isthme et San Francisco. En 1859, au milieu de la lutte précédant la guerre civile entre le nord et le sud, la loi du 1er octobre supprima toutes ces subventions.
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- nœuds, et de 8 000 tonneaux au moins. Seuls, les navires de cette catégorie peuvent être affectés au service entre les Etats-Unis et l’Angleterre. La seconde classe comprend les navires d’une vitesse de 16 nœuds et de 5 000 tonneaux, devant servir aux relations avec l’Amérique du Sud, la Chine et le Japon. La troisième classe comprend les navires de 14 nœuds et de 2 500 tonneaux, et la quatrième classe, ceux de 12 nœuds et 1 500 tonneaux. Le taux des subventions est fixé respectivement suivant la classe, à 4 dollars, 2 dollars, 1 dollar et 66 cents 2/fi par mille, d’après la longueur du parcours du voyage d’aller.
- Un certain nombre de contrats ont été passés en vertu de cette loi : avec la Pacific Mail C°, pour les services entre New-York et Colon ; entre Panama et San-Francisco ; et entre San-Francisco et Yokohama et Hong-Kong ; — avec la Red Line, entre New-York et le Venezuela ; — avec la Ward Line (New-York and Cuba mail steamship C°), entre New-York, la Havane et le Mexique ; — avec YOceanic steamship C°, entre San-Francisco, Hawaï et l’Australie ; — enfin, avec Y International navigation C°, pour un service de quatre navires, à marche rapide, entre New-York et Southampton (American line)1.
- L’agitation fut reprise avec plus de vigueur après la guerre contre l’Espagne. L’opinion américaine envisageait maintenant une nouvelle tâche à remplir. Nécessités économiques et ambitions politiques s’unissaient pour faire entrevoir dans un avenir prochain l’utilité de s’intéresser aux questions extérieures négligées jusqu’alors. La presse américaine réclamait ou l’abrogation des lois de navigation, pour permettre aux armateurs d’acheter leurs navires où ils pourraient se les procurer au meilleur prix, ou l’octroi de primes aux industries des constructions navales et des transports maritimes, afin de leur rendre possible la lutte contre leurs concurrents plus favorisés.
- Dans son message de décembre 1899, le Président Mac Kinley demanda au
- 1. Les subventions .particulières payées aux lignes américaines en 1904, en vertu de la loi de 1891, se sont élevées à 1.375.841.20 dollars (Marchant marine commission, report, p. xxv).
- L’histoire de la subvention accordée à l'International navigation C°, qui servit de noyau au fameux trust de l’Océan, en 1902, est intéressante. La Compagnie a été créée en 1873. En 1886, elle acheta la Compagnie anglaise VImman line, qui participait avec la White Star et la Cunard au service régulier tri-hebdomadaire entre Liverpool et New-York. La Compagnie entreprit aussitôt la construction de deux nouveaux navires (le City of Paris et le City of New-York) de 10.000 tonnes, pour ce service. Mais, lorsqu’ils étaient presque achevés, le post-office l’avisa qu’il ne pouvait renouveler avec elle le contrat dont bénéficiait VImman line. Les directeurs de l’I. N. C. pensèrent alors à profiter de la loi de 1891. Une loi du 10 mai 1892 autorisa la nationalisation des deux navires qui avaient été construits l’un1 à Belfast, l’autre à Glasgow, à la condition que la Compagnie en fît construire deux autres semblables en Amérique : ce sont le Saint-Louis et le Saint-Paul, de 11.000 tonnes. (Déposition de M. C.-A. Gris-com, président de l’I. N. C., devant le Comité du commerce du Sénat, 56e Congrès, lre session, document n° 149, janvier 1900.)
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- Congrès de s’occuper immédiatement de la question de la marine marchande, qui intéressait à la fois le commerce et la défense nationale. « Les sacrifices apparents qui peuvent être nécessaires au début, —. disait-il, —: seront compensés plus tard par des avantages plus qu’équivalents. »
- D’accord avec l’administration, un bill fut présenté au Sénat par M. William P. Frye, l’auteur des bills de 1890, sénateur du Maine, représentant des intérêts des industries maritimes, et par M. Marc Hanna, de l’Etat d’Ohio, qui se faisait l’organe des intérêts métallurgiques. Un bill sensiblement pareil était presque en même temps déposé à la Chambre des représentants par M. Payne.
- Le Frye shipping bill créait des primes à la navigation pour tous les navires américains construits aux Etats-Unis. Ces primes étaient fixées à 1 cent par tonneau de jauge brute et par 100 milles marins parcourus. Des primes supplémentaires devaient être accordées suivant le tonnage et la vitesse. En vue de favoriser la construction, les navires construits à l’étranger étaient autorisés à jouir de la moitié de la prime, à la condition que l’armateur s’engageât, en donnant caution, à commander aux Etats-Unis, dans un délai de dix ans, un navire de même tonnage.
- Ce bill ne reçut pas au Congrès l’appui qu’espéraient ses auteurs. Il échoua.
- Les partisans d’une politique de subventions à la marine marchande ne se découragèrent pas. Ils menèrent une campagne plus vive dans la presse, et ils s’efforcèrent d’obtenir l’aide des associations représentant les intérêts industriels et commerciaux. M. Roosevelt, dès son arrivée à la présidence, prêta à ce mouvement son concours actif. Dans son message de décembre 1903, il demanda au Congrès d’autoriser la création d’une commission chargée d’étudier « la législation désirable ou nécessaire pour le développement de la marine marchande et du commerce américains ». La loi du 28 avril 1904 lui donna satisfaction. La <( commission de la marine marchande », composée de sénateurs et de représentants, créée par cette loi, a terminé ses travaux au commencement de 1905.
- L’enquête à laquelle s’est livrée la commission a mis en évidence les difficultés que rencontre actuellement l’armement américain pour aborder avec des chances de succès la navigation de concurrence. Ces difficultés proviennent : du prix élevé auquel les armateurs doivent payer leur instrument de travail à l’industrie nationale, — et du coût d’exploitation élevé dés navires américains, comparé à celui des navires étrangers.
- Les constructeurs américains ne peuvent lutter avec leurs concurrents anglais pour la construction des navires de haute mer. M. Edwin S. Cramp, vice-président de la Cramp Shipbuüding C°, estime que la différence du coût de production pour les navires de types semblables était de 10 à 15 p. 100 au début de l’administration Mac Kinley ; aujourd’hui, par suite de la hausse continue pendant ces dernières années du prix des matières premières et de la main-d’œuvre,
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- elle est de 40 p. 100 i. M. Calvin B. Ornett, président de la Newport New Ship building and Dry dock C°, estime que cette différence varie de 40 à 50 p. 100 2. La commission, dans son rapport, a adopté le chiffre de 40 p. 100 3.
- Cette différence tient au coût élevé des matières premières et au prix de la main-d’œuvre. L’industrie métallurgique, qui est, de toutes les industries américaines, celle qui a fait les progrès les plus considérables, produit sans doute à très bas prix, mais, grâce à la protection élevée dont elle jouit, elle peut maintenir artificiellement ses prix sur le marché national, au grand détriment des constructeurs de navires. Bien plus, les industriels américains, par crainte d’abaisser les prix sur le marché intérieur, aiment souvent mieux consentir des rabais à leurs clients étrangers, dussent leurs compatriotes être mis ainsi en état d’infériorité. M. James C. Wallace, président de Y American Shipbuilding C°, a .déclaré que, peu de temps avant l’enquête, il avait dû payer l’acier 32 dollars la tonne aux usines Carnegie, à Pittsburg, alors que cette compagnie acceptait pour les grands chantiers Harland et Wolff C°, de Belfast, un ordre de 100 000 tonnes au prix de 22 dollars rendues au port d’embarquement, ce qui fait environ 24 dollars, à Belfast. Plusieurs cas de ce genre ont été cités à la commission 4.
- Mais la matière première n’est pas le facteur dominant dans le coût de construction d’un navire. Pour un navire de 8 000 tonneaux, par exemple, qui exige l’emploi de 3 500 tonnes d’acier, une différence de 8 dollars pardonne ne diminuerait que de 28 000 dollars le prix du navire. Or, tandis que ce navire coûterait 450 000 dollars aux Etats-Unis, il pourrait être construit pour 100 000 ou 150 000 dollars de moins en Angleterre. Le facteur dominant est donc le salaire: Et les salaires dans les chantiers des Etats-Unis, dépassent souvent de 50 p. 100 ceux payés pour un salaire semblable dans les chantiers d’Europe5.
- 1. Merchant marine Commission, I, 425.
- 2. Id., I, 36.
- 3. Id., report, I, VIII.
- 4. Merchant Marine Commission, report, p. IX.
- Pour compenser le renchérissement résultant des droits de douane, le tarif du 6 juin 1872 autorisa l’importation en franchise des matériaux employés à la construction des navires : coque, machines et équipement. Ce privilège a été continué depuis lors dans tous les tarifs douaniers. Mais il n’a produit aucun effet, par suite d’une restriction qui en limite singulièrement l’usage. Les vaisseaux construits avec des matériaux ayant bénéficié de la franchise, ne peuvent être engagés plus de deux mois par an dans la navigation de cabotage. Or, « aucun armateur ne construit un navire pour le commerce étranger sans envisager la possibilité de l’affecter au cabotage, qui comprend déjà les relations avec Hawaï et Porto-Rico, et qui s’étendra bientôt à celles avec les Philippines Par suite, cette clause, malgré son apparence libérale, n’a été d’aucune utilité pour l’industrie des constructions maritimes [ld., report p. VIII).
- 5. Merchant Marine Commission, report, p. VII.
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- L’argument fréquemment employé, que l’ouvrier américain travaille plus que l’ouvrier anglais, et que le perfectionnement de l’outillage aux Etats-Unis permet, grâce à une production plus abondante, de compenser la cherté de la main-d’œuvre, ne peut, d’après M. Edwin S. Cramp, être employé en cette circonstance, les chantiers anglais ayant aujourd’hui un outillage aussi perfectionné que les chantiers américains L
- Cependant, les prix de construction des chantiers des Grands Lacs, où les salaires sont aussi élevés que sur ceux de l’Océan, se comparent favorablement avec les prix des constructeurs étrangers. M. Lewis Nixon déclare même que ces derniers ne pourraient produire les mêmes navires à un prix aussi bas1 2. L’infériorité des chantiers américains, en ce qui concerne les navires de haute mer, vient principalement du petit nombre de commandes auxquelles ils ont à satisfaire. Les bateaux des Grands Lacs, bateaux de grandes dimensions, admirablement adaptés aux services auxquels ils sont destinés, sont pratiquement tous du même type. Les chantiers des lacs peuvent donc construire, comme les chantiers anglais, par séries, et, en industriant ainsi leur production, diminuer considérablement leur prix de revient. Les chantiers de l’Océan doivent, au contraire, se livrer aux travaux les plus divers. Ils construisent à la fois des navires de guerre, des paquebots de vitesse et des cargo-boats. Le vrai remède au mal dont ils souffrent serait de leur assurer une production süffisante pour leur permettre de se spécialiser.
- Le coût supérieur de construction du navire constitue pour l’armement américain, un sérieux obstacle lorsqu’il veut participer à la navigation internationale. Ce n’est pas le seul. « Il faut également compter le taux plus élevé des salaires des officiers et de l’équipage, et le surcroît de dépenses résultant de la variété et de la quantité plus grande de nourriture qui leur est donnée... La différence à l’égard des salaires et du mode de vie n’est pas plus grande entre un navire américain et un navire d’une autre nationalité, qu’entre une usine américaine et une usine étrangère. Mais les salaires plus élevés de l’usine américaine et le confort supérieur exigé par ses ouvriers sont protégés par des droits de douane contre les salaires et le niveau de vie inférieurs des pays étrangers. C’est le nœud de la question de la marine marchande américaine3. »
- Suivant les témoignages recueillis par la commission, cette différence varie entre 30 et 60 p. 100. Bien que la législation n’impose actuellement aucune restriction quant à la nationalité des hommes composant, l’équipage des navires
- 1. Merchant Marine Commission, I, p. 424.-
- 2. Id. I, 75. ' - :
- 3. Id., report, p. X.
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- américains1 (les officiers, seuls, doivent être citoyens des Etats-Unis), les armateurs ne peuvent échapper à ce surcroît de charges. Les marins de nationalité étrangère qui s’embarquent dans les ports des Etats-Unis exigent les mêmes salaires que les Américains.
- Des témoins de la région des Grands Lacs ont vivement critiqué l’outillage mécanique des ports de l’Océan. « Sur la côte de la Nouvelle-Angleterre, à New-York et tout le long de la côte en allant vers le sud, ils sont presque aussi arriérés que l’Europe dans leurs procédés de manutention des marchandises. Leur méthode générale est vieille de plus de deux mille ans. Ils ont des grues, des appareils de levage, mais les procédés de la manipulation du fret à bord, d’arrimage, les moyens de déchargement sont ridicules2. » Les ports des Grands Lacs sont, en effet, merveilleusement outillés à cet égard. Des bateaux d’une capacité de 7 000 tonnes peuvent être chargés en 4 heures, et déchargés en 10. Le steamer Superior Cüy a délivré au Northern elevator, à Buffalo, en 10 heures, 270 000 boisseaux d’avoine et d’orge. Rien n’égale le parc à minerai de Cleveland, sans rival au point de vue de l’outillage mécanique, comme perfection et comme puissance, où 5 217 tonnes de minerai ont été déchargées en 3 heures 56 minutes 3.
- Sans doute, les ports de l’Océan peuvent effectuer des progrès sur ce point, et diminuer ainsi les frais d’exploitation de l’armement. Mais ces progrès ne pourraient procurer à la navigation maritime les mêmes économies dont bénéficie la navigation des Lacs. Celle-ci atteint, en effet, à une spécialisation impossible à réaliser pour la navigation internationale.
- Le bill Gallinger4, conclusion des travaux de la commission, est intitulé : « Bill pour améliorer la défense nationale, créer une réserve navale, établir des lignes postales américaines vers les marchés étrangers, et pour développer le commerce. »
- Les partisans de la renaissance de la marine marchande invoquent, en effet, des raisons à la fois économiques et militaires.
- N’est-il pas ridicule et maladroit de la part des Etats-Unis, à l’heure actuelle, avec toute leur prospérité, de laisser effectuer sous pavillon étranger la presque totalité de leur commerce extérieur, service pour lequel on estime qu’ils ne
- 1. Nationalité des hommes embarqués à bord des navires américains en 19G5 :
- Américains (de naissance et na- Scandinaves . . . . . . . 10.242
- turalisés) 59.609 Italiens . . 4.593
- Anglais 13.790 Autres nationalités . . . . ' 27.661.
- Allemands. . . . 4 178
- Français 562 Total .... 120.635
- (Report of the Commissioner of Navigation, 1905, p. 29).
- 2. M. Alexandre E. Brown, de Cleveland. Mer chant Marine Commission, II, p. 855.
- 3. Mer chant Marine Commission, II, p. 738.
- 4. L’honorable Jacob H. Gallinger, sénateur' du New Hampshire, était le président de la Commission de la marine marchande.
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- paient pas moins de 150 millions de dollars par an aux armateurs étrangers. A quoi sert de faire le canal de Panama, que Ton a voulu américain, si les marines étrangères doivent seules en tirer profit ? Et n’est-il pas dangereux pour l’industrie américaine, au moment où elle se voit, par suite de l’abondance de sa production, obligée de chercher des débouchés extérieurs, de laisser le soin de transporter ses produits à des étrangers ? « Il n’y a pas un commerçant à Ohama ou à Waco, qui aurait l’idée de confier à un rival la livraison de ses produits à ses clients... c’est cependant ce que nous faisons actuellement pour l’Amérique du Sud1».
- Enfin une marine marchande nombreuse est indispensable si les Etats-Unis veulent devenir une grande puissance navale. Seule, cette marine peut fournir la flotte auxiliaire et la réserve navale dont ils sont aujourd’hui totalement dépourvus.
- Le bill ne vise pas à l’extension des services de navires à marche rapide. Ce qu’il poursuit, avant tout, c’est la création d’une flotte nombreuse de cargo-boats, de ces tramps qui sont la base essentielle de toute marine. Pour atteindre ce but, il recourt à un moyen d’une extrême simplicité.
- Une prime annuelle de 5 dollars par tonneau de jauge brute est allouée à tout navire américain affecté à la navigation de concurrence. La prime est la même pour les voiliers et pour les vapeurs, pour les navires en bois, en fer ou en acier. Le minimum de jauge des navires ayant droit à la prime est fixé à 1 000 tonneaux pour les vapeurs et à 200 tonneaux pour les voiliers. Le navire devra être affecté pendant l’année entière à cette navigation, mais il n’est pas considéré inactif pendant le temps consacré au chargement et au déchargement, et une période de deux mois est allouée pour effectuer les réparations nécessaires2. Les navires pêcheurs, de haute mer sont admis à bénéficier de cette prime3.
- La loi de 1891 sur les subventions aux lignes postales est maintenue en vigueur, mais le bill autorise des subventions nouvelles pour créer des lignes sur des routes où la compensation prévue en 1891 s’est montrée insuffisante pour provoquer la création d’un service américain.
- Les lignes suivantes sont prévues :
- Trois lignes d’un port de l’Atlantique : au Brésil, à la République Argentine, au Cap ;
- 1. Merchant Marine Commission, report, p. iv.
- 2. La prime est réduite à 4 dollars pour les navires qui n’ont été engagés dans la navigation de commerce que pour une période inférieure à douze mois, mais supérieure à neuf mois ; et à 2,50 dollars pour ceux engagés pour une période inférieure à neuf mois, mais supérieure à six mois.
- 3. Une surprime de 30 p. 100 sera allouée aux navires américains employés dans le commerce entre les Etats-Unis et les Philippines, jusqu’au 1er juillet 1909, date à partir de laquelle cette navigation sera réservée au pavillon national.
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- Une ligne d’un port de l’Atlantique à Cuba ;
- Cinq lignes d’un port du golfe du Mexique : à Cuba, au Brésil, au Mexique, et deux à l’isthme de Panama ;
- Deux lignes d’un port du Pacifique : vers le Japon, la Chine et les Philippines, l’une directe, l’autre via Hawaï ;
- Une ligne d’un port du Pacifique vers le Mexique, l’Amérique centrale et l’isthme de Panama L
- Les points visés sont l’Amérique latine et l’Extrême-Orient : les marchés sur lesquels les Américains comptent le plus pour assurer leur expansion commerciale.
- L’industrie des constructions navales bénéficiera naturellement de toutes les constructions nouvelles suscitées par la loi, et on espère qu’elles seront assez nombreuses pour permettre à cette industrie de se spécialiser et lui donner ainsi la possibilité de diminuer ses prix de revient actuels.
- Les navires bénéficiant de la prime seront, en cas de guerre, à la disposition du gouvernement, qui espère trouver là les navires éclaireurs, transports, charbonniers, ateliers, etc., nécessaires pour compléter les services auxiliaires de la marine de guerre.
- Quant à la création de la réserve navale, il y est pourvu au moyen de deux mesures. Les navires jouissant des subventions et de la prime devront avoir 1/6 de leur équipage composé de citoyens des Etats-Unis, ou d’hommes ayant déclaré leur intention de devenir citoyens. Cette proportion sera élevée au 1/4 à partir de 1912.
- En outre, ces navires devront avoir, une proportion de volontaires de la flotte qui, de 1/8 de leur équipage au début devra atteindre le 1/4 en 1917 1 2. Ces volontaires contracteront un engagement de quatre ans dans la réserve navale. Pendant ce temps, ils pourront être appelés à servir, en cas de guerre, dans la marine militaire. Ils recevront pendant la durée de leur engagement des primes annuelles allant de 24 dollars pour les jeunes marins, à 110 dollars pour les officiers.
- La charge qu’imposera l’exécution de cette loi sera lourde. M. Gallinger l’évalue, pour les débuts, à 3 millions 1/2 de dollars par an. Mais, lorsque arrivera la dixième année, elle coûtera 9 millions de dollars, qui viendront s’ajouter aux 1 375 000 dollars de subventions postales payées, en vertu de la loi de 1891. Ce seradonc une somme de 55 millions de francs.par an, au moins, que coûtera
- 1. Les vitesses devront être, suivant les lignes, de 12, 13 ou 14 noeuds.
- 2. Cette condition est étendue aux navires recevant des subventions sous l’Act de 1891,'qui leur imposait déjà l’obligation d’avoir, outre les officiers, une proportion de leurs équipages citoyens américains : un quart pendant les deux premières années du contrat ; un tiers pendant les. trois années suivantes, et ensuite la moitié.
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- aux Etats-Unis, d’ici quelques armées, leur marine marchande, et si le bill a tout le succès qu’en attendent ses auteurs, cette somme pourra être de beaucoup dépassée!
- Ce projet de loi a été adopté par le Sénat le 14 février dernier. La Chambre des Représentants ne l’a pas examiné, avant de se séparer, l’été dernier, mais il est possible que le bill, amendé, peut-être, devienne loi avant le 4 mars prochain, date où expirent les pouvoirs du 59e Congrès. En tout cas, malgré l’opposition qu’a rencontrée cette mesure auprès du grand public, trop d’intérêts réclament le vote d’une loi pour la renaissance de la marine marchande, pour qu’une mesure analogue au bill Gallinger tarde à être adoptée.
- CONCLUSION
- L’exportation industrielle des Etats-Unis n’a donc pas, nous l’avons vu, toute l’importance qu’on tend souvent, en se basant sur des chiffres insuffisamment analysés, à lui attribuer. Elle est, de plus, encore limitée à un nombre d’articles restreint.
- L’invasion des marchés européens par les produits de l’industrie américaine n’est pas un fait accompli. En 1904, si l’Europe a acheté aux Etats-Unis pour 128 millions de dollars d’articles manufacturés, ceux-ci ont importé, rien qu’en articles de luxe, qu’ils demandent aux pays industriels de l’Europe occidentale, pour une somme de 132 millions de dollars. En outre, ils ont demandé à l’étranger, et pour la presque totalité aux mêmes pays, pour 168 millions 1/2 de dollars d’articles fabriqués, prêts à consommer.
- Bien moins avancée encore est l’invasion des marchés neutres. Sauf au Canada et au Mexique, où la proximité donne aux industriels américains un avantage considérable, surtout pour les produits lourds et les articles de prix modéré, ailleurs, la concurrence américaine n’a actuellement qu’un rôle bien effacé.
- En fait, alors que les industriels allemands, anglais et français sont obligés de consacrer une grande partie de leur attention et de leurs efforts à l’exportation, qui prend une partie importante de leur production, l’activité des industriels américains demeure presque uniquement absorbée par les besoins du marché national. L’exportation des produits manufacturés aux Etats-Unis n’a pas le caractère systématique qu’elle a pris depuis nombre d’années déjà dans les nations industrielles de l’Europe occidentale. Sauf pour un nombre restreint d’industries, la nécessité d’une exportation continue n’apparaît pas encore. Le mouvement actuel en faveur de l’expansion industrielle est dû beaucoup plus à l’idée qu’elle est nécessaire pour assurer aux Etats-Unis le rôle qu’ils entendent
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- jouer dans le monde, et au souci de l’avenir, qu’aux nécessités économiques présentes.
- Une inconnue très importante domine la question du développement prochain de l’expansion industrielle des Etats-Unis. Leur marché national est en pleine croissance. Suivant qu’il continuera à se développer avec une plus ou moins grande rapidité, l’exportation américaine sera retardée ou précipitée. Or, loin de ralentir, l’immigration s’accroît. La transformation du Sud, où l’industrie est définitivement établie, aura pour effet un accroissement de population dans cette région. L’Ouest n’est pas encore complètement aménagé. Les grands travaux d’irrigation entrepris depuis quelques années, sous la direction du gouvernement fédéral, pour conquérir à la culture les terres arides du Far West favoriseront également une augmentation de population. Voilà en perspective, pour l’industrie américaine, des débouchés qui peuvent devenir considérables, sur le marché national même.
- Les appréhensions qu’a fait naître pour un avenir prochain le développement récent de l’industrie américaine ne nous paraissent donc pas justifiées. Une seule crainte est sérieuse : c’est l’invasion véritable qu’auront à subir les marchés européens au moment d’une crise économique aux Etats-Unis. C’est naturellement sur ces marchés que les industriels américains essaieront d’écouler l’excédent momentané de leur production, et il pourrait en résulter, pour les industries métallurgiques notamment, un trouble considérable et un préjudice sérieux.
- Une autre question se pose, également importante, c’est celle de savoir si l’industrie américaine va continuer à se développer avec la même prodigieuse rapidité dont elle a témoigné pendant le dernier quart de siècle. Trop de facteurs entrent en jeu, ici, pour qu’il soit prudent d’aventurer une réponse. Cependant, un certain nombre d’obstacles sont visibles, qui doivent produire un ralentissement de la vitesse acquise.
- C’est d’abord la question si grave des rapports entre patrons et ouvriers. Elle trouble profondément l’industrie de l’Europe occidentale. L’industrie américaine y avait échappé à peu près dans la première période de son développement. Elle ne s’en pose pas moins aujourd’hui aux Etats-Unis d’une manière aussi sérieuse qu’en Europe. Et la puissante concentration industrielle vers laquelle ont si rapidement marché les Etats-Unis peut être une cause de gravité particulière. La question ouvrière est, à coup sûr, la plus difficile et la plus importante qu’ait à résoudre aujourd’hui l’industrie américaine.
- La concentration industrielle elle-même, qui a été suivie et complétée par une concentration financière puissante, ne paraît pas à l’abri de tout danger. Pour beaucoup de trusts, une réorganisation financière s’imposera, sans doute, à un moment donné. Nombre d’entre eux seront vraisemblablement incapables de
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- subir une crise économique. Mais il importe de ne pas oublier, aussi, que ces organisations ont dû leur naissance aux capacités d’un petit nombre d’individus remarquables, aidés par des circonstances très particulières. Jusqu’ici, l’industrie américaine n’a guère eu à souffrir du népotisme. Les incapables ont été presque toujours écartés sans pitié, quelles que fussent leurs relations de famille. Cette politique sensée et rémunératrice .durera-t-elle longtemps? L’immensité des entreprises tend fatalement à leur donner un caractère administratif. Les créateurs ont pour les diriger une indépendance d’allures que ne peuvent conserver leurs successeurs. Une partie des avantages réels de la concentration se trouvera ainsi atténuée.
- D’autre part, la puissance qu’ont réussi à acquérir ces capitaines d’industrie, ces financiers, qui ont fait l’Amérique économique actuelle, n’a pas été sans les griser. Ils ont perdu le sens du réel ; ils ont oublié maintes fois les droits du public pour ne penser qu’à l’agrandissement de leurs affaires. Ils ont lié partie avec les politiciens, et, trop souvent, ils ont réussi à obtenir des législateurs d’Etats, ou même fédéraux, des mesures qui ignoraient l’intérêt général. Ces abus ont eu pour conséquence un violent mouvement de réaction de la part du public. Le président des Etats-Unis est un des plus ardents adversaires de cette alliance entre les politiciens et les hommes d’affaires, et il est suivi dans sa lutte contre les trusts par une opinion publique convaincue et très excitée. Une tendance nouvelle se manifeste, favorable à l’intervention de l’État dans les affaires économiques, tendance qui se fait jour notamment à propos de la réglementation des tarifs de chemins de fer, et qui pourrait, si un autre courant ne venait, comme il arrive souvent, détourner celui-ci, avoir des conséquences sérieuses au point de vue du développement économique du pays. En tout cas, il semble bien que c’en soit fait de l’indépendance presque totale que le législateur américain avait laissée jusqu’ici aux entreprises industrielles et financières, et que l’on se trouve au début d’une période de reconstitution partielle de l’organisation industrielle aux Etats-Unis.
- En ce qui concerne l’exportation même des produits manufacturés, le jour où les Américains voudront s’y donner d’une manière systématique, où elle deviendra nécessaire au maintien de leur équilibre industriel, ils seront obligés de passer à leur tour par une véritable période d’apprentissage. Il leur faudra étudier les marchés étrangers où ils voudront s’installer ; ils devront apprendre les goûts de cette clientèle nouvelle, et fabriquer des produits spécialement en vue de cette destination. Il leur faudra, enfin, organiser le commerce d’exportation qui n’existe encore chez eux qu’à l’état embryonnaire. Actuellement, les industriels américains, c’est une des plaintes les plus fréquentes des consuls, et des agents spéciaux des Etats-Unis, n’envoient à l’étranger que les mêmes produits qu’ils fabriquent pour le marché national. Lorsque la demande est
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- abondante sur celui-ci, pour y faire face, ils négligent entièrement leurs clients étrangers, sans nul souci de les mécontenter et de les voir s’adresser à leurs rivaux, anglais ou allemands. Habitués à un règlement rapide chez eux, ils 11e veulent pas céder à la pratique des longs crédits qu’il est nécessaire de consentir ..dans l’Amérique du Sud et en Extrême-Orient. Les organes financiers susceptibles de les aider à cet égard, de les renseigner sur la valeur des clients étrangers, leur font d’ailleurs encore, sauf pour les pays d’Europe, à peu près complètement défaut.
- A coup sûr, ils sauront surmonter ces difficultés lorsque la nécessité s’en fera sentir, mais ils n’en éviteront pas moins des écoles qui retarderont d’autant leurs progrès.
- La concurrence industrielle des Etats-Unis est d’ailleurs beaucoup plus redoutable pour l’Angleterre et pour l’Allemagne que pour la France. Ils excellent dans la fabrication des produits pour lesquels la machine peut jouer le rôle principal. Pour ceux, au contraire, où la main-d’œuvre joue un rôle important, la cherté des salaires, ou même la difficulté de se procurer des ouvriers habiles leur rend la lutte presque impossible. De plus en plus, la France semble appelée à exporter surtout des articles de luxe et de demi-luxe. C’est sur ce terrain que sera le .moins sensible pendant longtemps la concurrence américaine.
- Bien plus, alors que le développement industriel des Etats:Unis leur permet .d’éliminer de leur marché national les produits anglais et allemands, l’accroissement de richesse de la population américaine augmente sur ce marché la .clientèle susceptible d’être acquise aux produits français.
- Il nous a paru, à cet égard, que nos industriels n’exploitent pas autant qu’ils le pourraient ce riche marché. .On voit relativement peu de voyageurs de commerce français aux Etats-Unis. Trop souvent, les industriels hésitent à faire la dépense nécessaire à une exploration raisonnée, systématique du pays. Ils r sont effrayés par la différence de prix entre les dépenses courantes aux Etats-Unis et en France. Le seul moyen serait, sans doute, pour plusieurs maisons d’organiser ces voyages à frais communs. Le résultat, croyons-nous, serait fructueux. Mais, comme toujours, il'ne faudrait pas l’attendre immédiat.
- Nos fabricants rencontrent, il est vrai, un sérieux obstacle dans la politique ultra-protectionniste des Etats-Unis. C’est vainement que, dans le tarif Dingley, .-actuellement en vigueur, la possibilité de conclure des traités de commerce avec "tarifs réduits a été prévue. Le législateur s’est refusé à utiliser cette clause, et c’est tout juste si quelques très modestes arrangements commerciaux ont pu être signés par le président avec quelques puissances, dont un avec la France -notamment, grâce à la latitude que lui laisse un article de ce tarif1.
- 1. Voir annexe E.
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- Depuis quelque temps, cependant, l’opinion publique commence à élever des protestations contre cette politique exagérée. Elle reste, à vrai dire, très protectionniste, mais elle accuse les droits actuels d’avoir favorisé indûment les trusts et elle tend à voir dans le tarif, avec les avantages obtenus par eux des compagnies de chemins de fer, une des causes principales de leur développement. L’année dernière, une conférence a été tenue en août à Chicago, en faveur d’une politique de réciprocité commerciale, par l’adoption du système du double tarif, et un mouvement assez vif existe en Nouvelle-Angleterre en faveur de l’amélioration des rapports commerciaux avec le Canada.
- On ne peut douter que le jour où les Etats-Unis voudront se lancer résolument dans l’exportation des articles manufacturés, ils seront obligés de modérer leur ardeur protectionniste aujourd’hui intransigeante. Les conférences panaméricaines, dont la troisième s’est tenue l’été dernier à Rio de Janeiro, ont toujours favorisé la conclusion de traités de commerce, avec tarifs réduits, entre les nations américaines. S’ils veulent s’établir sur ces marchés, les Etats-Unis devront modifier leur politique douanière en conséquence. Ce mouvement d’opinion, en se généralisant, pourra être utilisé par notre diplomatie en faveur de nos industriels.
- Achille Viallate,
- Professeur à l’École des Sciences politiques.
- ANNEXE A. — Le système d’apprentissage aux usines Baldwin.
- Ce système, inauguré en mars 1901, a pour but de remédier aux conséquences de la tendance de plus en plus grande à la spécialisation, qui aurait pour résultat de priver l’industrie d’ouvriers connaissant vraiment leur métier. Il est ingénieux, en ce qu’il englobe à la fois les jeunes gens n’ayant reçu qu’une instruction primaire et les gradués de collège.
- Les apprentis sont divisés en trois classes.
- La première classe comprend les jeunes gens ayant une bonne éducation primaire et âgés au plus de 17 ans et 3 mois. Ils sont engagés pour quatre ans. Indépendamment du travail quotidien à l’atelier, on exige d’eux qu’ils suivent des écoles du soir au moins deux fois par semaine, pendant les trois premières années de leur apprentissage. La première année, ils apprennent l’algèbre élémentaire et la géométrie, et les deux suivantes, les éléments du dessin mécanique.
- La seconde classe comprend les jeunes gens de moins de 18 ans, sortis d’une high school. Leur engagement est de trois ans, et pendant les deux premières années, ils doivent suivre des cours du soir pour apprendre le dessin mécanique.
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- La troisième classe reçoit les gradués de collège, d’écoles techniques, de 21 ans au plus, ayant appris les mathématiques supérieures, la physique et la chimie, et qui désirent compléter leur instruction par un apprentissage dans l’usine. Pour ceux-ci, l’engagement est de deux ans.
- Le salaire des apprentis augmente chaque année. Un ingénieur est chargé de surveiller leurs travaux, et il doit" tenir à jour un dossier pour chacun d’eux. Les apprentis sont mis successivement aux différentes machines. A l’expiration de leur contrat, ceux de la première classe reçoivent une prime de 125 dollars, et ceux de la seconde une prime de 100 dollars, qui leur permet de'chercher du travail, qu’ils trouvent facilement grâce au certificat qui leur est délivré. Ceux de la troisième classe, s’ils ont un bon dossier, sont généralement gardés ; c’est parmi eux que se recrute l’état-major.
- ANNEXE B. — Encouragements donnés aux ouvriers pour suggérer des
- améliorations à l’outillage.
- Le « suggestion System », bien qu’il ne soit pas systématiquement employé, est cependant utilisé assez fréquemment. Il n’est pas rare que l’ouvrier intelligent qui fait manœuvrer constamment la même machine trouve une modification de détail ingénieuse, en vue de diminuer ses efforts ou d’augmenter sa production. Ces modifications peuvent se traduire parfois par une sérieuse économie pour l’industriel. Celui-ci a donc tout intérêt à les solliciter. Afin qu’elles profitent à l’ouvrier qui les découvre, une boîte est placée soit à l’entrée même de l’usine, soit dans l’atelier. L’ouvrier y dépose une note indiquant son idée. Le contenu de la boîte est retiré à des intervalles déterminés, et les notes sont dépouillées par un comité qui juge s’il doit ou non les retenir. Si une note est retenue, son auteur touche une prime plus ou moins élevée, suivant l’importance de l’invention. En outre, les patrons américains se sont montrés jusqu’à présent très larges, en général, dans le calcul du tarif des salaires aux pièces, lorsqu’un outillage nouveau plus rapide est substitué à l’ancien. Il en est résulté une moindre appréhension de la part des ouvriers lorsqu’ils voient effectuer une substitution d’outillage. Dans de nombreuses usines, il est de règle que, si un ouvrier trouve un moyen pour augmenter le rendement de la machine qu’il fait marcher, quel qu’en soit le résultat, on ne modifie pas son tarif de salaire ; il peut ainsi, dans certains cas, gagner des salaires très élevés : c’est là un appât important.
- ANNEXE C. — L’intervention du travail organisé dans la politique.
- La pétition présentée par le président de l’American Fédération of labor, assisté de 117 présidents ou représentants des présidents des Unions nationales, le 21 mars 1906, sous le titre de « Plaintes du travail », au président des Etats-Unis et aux présidents du Sénat et de la Chambre des Représentants, se terminait par ces mots : « Le travail vous adresse un appel, nous espérons que ce ne sera pas en vain. Si cependant il n’en était pas ainsi, nous en appellerions à la conscience et à l’aide de nos concitoyens. »
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- Le Congrès s’étant ajourné sans avoir fait droit à aucune des requêtes présentées, le 22 juillet, le Conseil exécutif de la Fédération adressa un appel aux unionistes, en vue de désigner pour les élections qui devaient avoir lieu en automne, pour la Chambre basse du Congrès et un grand nombre de législations d’Etats, des candidats favorables à l’adoption des mesures législatives réclamées par le travail organisé. Suivant les protagonistes du mouvement, la première préoccupation devait être d’empêcher le retour des représentants qui s’étaient montrés hostiles ou indifférents aux demandes des unionistes ; en outre, on devrait s’efforcer de choisir pour candidats, là où ce serait possible, des unionistes qui ne se présenteraient que comme candidats ouvriers, sans affiliation à aucun des partis politiques existants. Le succès du parti ouvrier anglais aux dernières élections générales a certainement influencé, à cet égard, les chefs du mouvement unioniste aux Etats-Unis.
- Le temps faisant défaut pour créer une organisation, il fut jugé plus prudent de concentrer le combat à un petit nombre de districts électoraux. M. Gompers et ses amis dirigèrent principalement leurs attaques sur un représentant de l’État du Maine, M. Charles E. Littlefield, et sur M. Joseph G. Cannon, de l’État d’Illinois, qui avait été speaker de la Chambre des représentants pendant les deux derniers Congrès. Les résultats de la campagne montrèrent que le mouvement ouvrier indépendant n’avait pas affecté sérieusement les partis existants. Au 268 Congrès de la Fédération, tenu à Minneapolis en novembre 1906, le président Gompers s’est cependant déclaré satisfait de la tentative : elle a été une leçon pour les hommes politiques, qui ont témoigné dans leurs programmes et leurs discours une bienveillance inusitée à l’égard des questions ouvrières. Si les unionistes n’ont pas fait élire de candidats indépendants, il n’en est pas moins vrai que 10 membres du 60e Congrès sont affiliés à des trade-unions, et le nombre des unionistes dans les législatures d’État a été accru.
- La Fédération a adopté à son 26e Congrès une résolution recommandant aux trade-unionistes « le devoir d’émettre un vote indépendant et la. constitution dans chaque localité, en dehors des unions elles-mêmes, des organisations qui paraîtront les meilleures pour aider à ce mouveftient ». Elle a adopté, en outre, un programme économique qui comprend parmi ses desiderata : l’instruction gratuite et obligatoire, — des protestations continues contre l’emploi et l’abus de la procédure de l’injonction dans les conflits du travail avec le capital, —' la journée de 8 heures, — le repos un jour sur sept, — la propriété municipale des services d’utilité publique; — la nationalisation des services télégraphique et téléphonique, — le vote de lois contre le travail des enfants dans les États qui n’en ont pas, et l’application stricte de celles existantes, — le suffrage des femmes, etc.
- Ce mouvement aboutira sans doute à la création d’un parti ouvrier indépendant.
- Un autre événement intéressant de la 26e convention de l’A. F. L. est l’adoption du principe d’une entente entre elle et la « National union of the American society of Equity », union d’agriculteurs qui groupe environ 900 000 membres. Les membres des deux associations sont invités à réclamer mutuellement sur les produits agricoles et manufacturés l’étiquette syndicale de leur union, « the union label ». En outre, à l’avenir, des représentants de l’A. S. E. siégeront en Tome 109. — Avril 1907. 29
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- qualité de délégués à la convention annuelle de TA. F. L. C’est une entente qui, si elle est durable, peut avoir des conséquences importantes.
- ANNEXE D. — Mode d’établissement des statistiques du Commerce
- extérieur.
- La valeur des produits importés et exportés est établie par le bureau de statistique, dépendant du département du Commerce et du Travail, comme suit.:
- Pour les importations, on prend la valeur des produits importés dans les pays d’où l'envoi est fait aux Etats-Unis, sans addition du fret, ni des droits d’entrée ;
- Pour les exportations, on prend la valeur des produits exportés au port des Etats-Unis d’où sont expédiées les marchandises aux pays étrangers. •
- Suivant une décision récente du secrétaire du Commerce^ un nouveau groupement des produits dans les statistiques douanières récapitulatives fera disparaître les anomalies auxquelles nous faisons allusion, et rendra ces statistiques plus aisées à consulter. Ce nouveau groupement est appliqué depuis le 1er juillet 1906.
- Jusqu’à cette date, il existait des classifications différentes pour les importations et les exportations :
- Ancienne classification. — a) Pour les importations :
- 1° Produits alimentaires et animaux ;
- 2° Matières premières ;
- 3° Articles entièrement ou partiellement manufacturés destinés à être transformés ;
- 4° Articles manufacturés prêts à être consommés ;
- 5° Articles de luxe.
- b) Pour les exportations :
- la Produits agricoles ;
- 2° — des mines ;
- 3° — des forêts ;
- 4° — des pêcheries ;
- 5° Articles fabriqués ;
- 6° — divers.
- Nouvelle classification, s’appliquant aux importations et aux exportations :
- A. Produits alimentaires à l’état brut et animaux destinés à l’alimen-
- tation ;
- B. Produits alimentaires partiellement ou entièrement préparés;
- C. Matières premières ;
- D. Articles manufacturés destinés à être transformés ;
- E. Articles manufacturés prêts à être consommés ;
- F. Articles divers.
- ANNEXE E. — La politique douanière.
- Le tarif douanier actuellement en vigueur aux Etats-Unis est le tarif Dingley, devenu loi le 24 juillet 1897. C’est le troisième tarif adopté depuis.une quinzaine
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- d’années. Le tarif de 1890, connu sous le nom de tarif Mac Kinley, avait été l’expression de la politique de protection à outrance défendue par le parti républicain. Le tarif Wilson-Gorman, adopté en 1894, par les démocrates alors au pouvoir, apporta une atténuation sensible aux exagérations du précédent. Les républicains profitèrent de leur victoire, lors de la campagne électorale de 1896, pour remanier une fois encore le tarif dans le sens réclamé par les industriels.
- Les chiffres suivants permettront de juger de l’élévation des droits qui frappent les articles manufacturés importés aux États-Unis.
- Moyenne annuelle des droits perçus sur les articles manufacturés frappés de droit à l’importation pendant l’existence des trois derniers tarifs. P. 100.
- Tarif do 1890 1893-1891
- Articles entièrement ou partiellement manufacturés destinés à être transformés.................. 36,27
- Articles manufacturés prêts à être consommés. 57,42
- Articles de luxe................................... 57,08
- Ensemble des articles de toute nature soumis aux droits............................................ 48,65
- Tarif do 1891 1895-1897
- 30,92
- 41,38
- 57,96
- 41,29
- Tarif do 1897 1898-1905
- 27,10
- 49,71
- 57,33
- 49,07
- P. 100 du montant des droits perçus sur certaines catégories d’articles manufacturés soumis aux droits, en 1905.
- Produits chimiques, teintures, méde-
- cine.................................... 26,90
- Cotonnades.............................54,26
- Porcelaines et poteries............... 58,44
- Textiles de fibres végétales...........39,58
- N’erre et articles de verre...........57,33
- Fer et acier, et articles en fer et acier. 38,20
- Bijouteries et pierres précieuses. . . 11,74
- Cuir et articles en cuir . . . . t . . 33,99
- Papier et articles en papier.............27,94
- Soieries.................................53,45
- Bois et articles en bois.................15,31
- Lainages.................................91,82
- Poupées, jouets divers, elc..............35,00
- Les produits des îles Hawaï et de Porto-Rico entrent en franchise sur le territoire continental des Etats-Unis. Les produits de l’archipel des Philippines paient 75 p. 100 des droits du tarif Dingley : depuis plusieurs années, la commission des Philippines et le président des Etats-Unis demandent, vainement jusqu’ici, l’admission de ces produits en franchisé. Un traité de réciprocité commerciale a été signé en mars 1903 entre les gouvernements américain et cubain : en échange de réductions importantes de droits accordées par Cuba aux produits agricoles et manufacturés américains, les Etats-Unis ont consenti également à des réductions de droits sur les produits cubains ; la principale concerne le. sucre, qui ne paie que 80 p. 100 du taux des droits inscrits au tarif.
- Le tarif de 1897 prévoyait la conclusion d’arrangements commerciaux et de véritables traités de commerce avec tarif conventionnel.
- La section 3 donne au président la faculté de frapper de droits spéciaux le café et le thé, — articles qui figurent sur la liste des produits admis'en franchise, — venant de pays qûi imposeraient de droits d’entrée jugés exagérés par le président, les produits des Etats-Unis. Cette menace vise particulièrement les États de l’Amérique centrale, quelques États de l’Amérique du Sud : Brésil, Venezuela et Mexique, ainsi que la Chine et le Japon. Aucun usage n’en a été fait.
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- COMMERCE.
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- La même section autorise le président à accorder, de sa propre initiative, le bénéfice des droits réduits, dont la quotité est Axée par la loi elle-même, sur un petit nombre de produits limitativement énumérés : vins de Champagne, vins en cercle ou en bouteilles, spiritueux, œuvres d’art, aux nations qui concéderont aux produits américains des avantages jugés équivalents à ces concessions. Ces arrangements peuvent être dénoncés à toute époque par simple proclamation du président. Il a été conclu quatre arrangements de cette nature avec :
- Date Date
- de la conclusion. de mise en vigueur.
- France..................... 28 mai 1898 1er juin 1898
- Portugal.................... 22 mai 1899 12 juin 1900
- Italie....................... 8 février 1900 18 juillet 1900
- Allemagne................... 10 juillet 1900 13 juillet 1900
- La section 4 donnait en outre au président le droit de conclure, dans un espace de deux années, des traités de commerce avec tarifs conventionnels. • La loi l’autorisait à consentir une réduction de 20 p. 100 au maximum des droits inscrits dans le tarif ; l’admission en franchise de produits naturels du pays co-contractant, non cultivés aux Etats-Unis ; et à garantir pour la durée du traité le maintien sur la liste d’admission en franchise de tout ou partie des articles énumérés dans cette liste par le tarif. Ces traités ne pouvaient être conclus pour une durée de plus de cinq ans, et ils devaient, outre leur rectification par le Sénat, être approuvés par la Chambre des représentants.
- Aussitôt après le vote du tarif, M. Mac Kinley nomma une commission . chargée de négocier des traités de cette nature. La commission conclut un certain nombre de traités avec :
- Date
- do la sigaature du traité.
- République Argentine...................... 10 juillet 1899
- France . . . ............................. 24 — —
- Grande-Bretagne, pour :
- Barbades.................................. IG juin —
- Guyane.................................... 18 juillet —
- Jamaïque.................................. 22 — —
- Bermudes.................................. 24 — —
- Trinité................................. 22 — —
- Nicaragua................................. 20 octobre —
- Danemark, pour File Sainte-Croix........... 5 juin 1900
- République Dominicaine.................... 2o — —
- Équateur.................................. 10 juillet —
- Malgré l’insistance de M. Mac Kinley, puis de M. Roosevelt, le Sénat n’a jamais voulu mettre l’examen de ces traités à son ordre du jour.
- Devant cette résistance opposée par les protectionnistes à la conclusion de traités de commerce avec tarifs conventionnels, les partisans d’une modification dans un sens libéral de la politique douanière préconisent l’adoption du système du double tarif. La National reci-procity Conférence, tenue à Chicago les 16-17 août 1905, a voté à ce sujet les résolutions suivantes :
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- LA CONCURRENCE AMÉRICAINE.
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- « Attendu que l’exportation est devenue une nécessité vitale pour plusieurs de nos industries, — que l’attitude commerciale actuelle des États-Unis, en grande partie par suite de notre insuccès dans l’application de la clause de réciprocité de la section 4 du tarif Dingley, froisse les nations étrangères sur lesquelles nous avons compté jusqu’ici pour écouler le surplus de nos produits, — décidons que cette convention, tout en reconnaissant le principe de la protection comme la politique établie de notre pays, se prononce en faveur d’une politique de "concessions réciproques au moyen d’un double tarif, ou tarif maximum et minimum... »
- Les Etats-Unis interprètent différemment que les puissances européennes la clause de la nation la plus favorisée. Ils ont toujours maintenu que les avantages concédés par cette clause ne peuvent être que des avantages gratuits, et qu’elle n’englobe pas ceux concédés à une tierce puissance en échange de faveurs équivalentes.
- ANNEXE F. — Census des manufactures, en 1905.
- En 1905, le bureau du Census a fait un recensement spécial des manufactures. A ce recensement, l’enquête a été limitée, pour la première fois, aux établissements conduits sous ce que l’on désigne communément comme le faclory System, excluant ainsi les métiers purement manuels et les industries accessoires. Pour permettre de comparer les résultats du Census de 1905 avec ceux du Census de 1900, les chiffres de ce dernier ont été révisés et établis sur les mêmes bases que ceux obtenus en 1905.
- Les statistiques suivantes sont extraites du bulletin n° 57, publié par le bureau du Census :
- 1900 1905
- Nombre d’établissements 207 S62 216 262
- Capital (millions de dollars) 8,9 12,6
- Coût des matières mises en œuvre (id.) 6,577 8,503
- Valeurs des produits (y compris les réparations) [id.). 11,411 14,802
- Salariés (nombre moyen) 4 715 029 5 470 321
- Répartition des établissements d’après la valeur des produits.
- Valeur
- Ktablissements Salariés. Capital. des produits
- Millions Millions
- Nombre. P. 100. Nombre P. 100. de dollars. P. 100. de dollars. P. 100
- Au-dessous de 5 000 $ 71162 32,9 106 366 1,9 165 1,3 176 1,2
- 5 000 $ à moins de 20 000 $. 72 806 33,7 419 566 7,7 531 4,2 751 5,1
- 20 000 $ — 100 000 $. 48114 22,2 1 027 721 18,8 1 655 13,0 2131 14,4
- 100 000 $ 1 000 000 $. 22 281 10,3 2 537 548 46,4 5 551 43,8 6116 41,3
- 1 000 000 $ et au-dessus. . . . 1 899 0,9 1379120 25,2 4 782 37,7 5 627 38,0
- Force motrice employée dans les manufactures (millier s de chevaux-vapeur)
- 1905. 1900. 1890. 1880. 1870.
- Total 14164 10 409 5 954 3410 2 346
- Vapeur 10 664 8140 4 581 2185 1215
- Gaz 289 134 • 8 » »
- Eau 1 647 1464 1 255 1 225 1130
- Électricité 1138 310 15 )) )>
- Divers 91 49 4 » »
- Force louée 632 319 88 » »
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TllAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — Brevets français demandés en 1905 pour les industries chimiques. — Sur l’analyse capillaire. — Sur les colloïdes.
- Produits minéraux. — Sur la fixation de l’azote atmosphérique. — L’industrie du soufre en Sicile et en Louisiane. — Préparation de l’acide chromique.
- Industries céramiques. — Le four électrique dans les industries céramiques. Verre de quartz. — Prise des ciments. — Recherches de céramique-archéologique. Fabrication mécanique du verre.
- Métaux et métallurgie. — Mines et industries minières de l’Algérie. — L’industrie du sodium. — Statistique des fontes, fers et aciers. — Métaux et minerais rares. — Manchons à incandescence. — Galvanisation électrique. Électrosidérurgie.
- Essences et parfums. — Une troisième usine en France de camphre artificiel. — Synthèses de tcr-pènes. Perfectionnement dans la préparation du chlorhydrate de pinène.
- Huiles et corps gras. — Préparation d’éthers gras. Peintures à l’huile. Essais de linoléums.
- Chimie agricole. — Conservation des bois. — Sur les arséniates insecticides.
- Substances alimentaires. — Méthodes d’analyse.
- BREVETS FRANÇAIS DEMANDÉS EN 1905 POUR LES INDUSTRIES CHIMIQUES
- Le nombre total des brevets demandés en 1905 a été de 12 953, dont 755 concernant les arts chimiques. En 1904, il avait été de 13 293, dont 710 pour les arts chimiques. Ces demandes se répartissent comme suit :
- Produits chimiques...............................
- Matières colorantes, couleurs, vernis, enduits,
- encres.......................................... .
- Poudres et matières explosives, pyrotechnie. . . .
- Corps gras, bougies, savons, parfumerie..........
- Essences, résines, cires, caoutchouc, celluloïde. . .
- Distillation, filtration, épuration des eaux.....
- Cuirs et peaux, colles et gélatine . ............
- Procédés et produits non dénommés................
- 1904 1905
- 207 201
- 135 116
- 36 36
- 74 97
- 62 65
- 129 107
- 47 65 52 36
- Les engrais et amendements ont inspiré 19 demandes.
- Le nombre des brevets concernant l’alimentation s’est élevé à 659, dont 58 pour la meunerie, 56 pour la boulangerie et la pâtisserie, 61 pour la confiserie et la chocolaterie, 131 pour les produits et conserves alimentaires, 350 pour les boissons, vins, vinaigre et tonnellerie.
- Dans les arts textiles, le nombre des brevets s’est élevé à 802, dont 186 pour la filature et les matières premières; 167 pour la teinture, l’apprêt, l’impression et les
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- SUR LA FIXATION DE L’AZOTE ATMOSPHÉRIQUE.
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- papiers peints, 174 pour les tissages, 3S pour les tricols, 48 pour la fabrication du carton et du papier, 54 pour l’utilisation de la pâte à papier et du carton.
- Dans les mines et la métallurgie, on compte 498 demandes, dont 161 pour la métallurgie, 226 pour les métaux.
- Les arts céramiques ont fait l’objet de 118 demandes, dont 58 pour la verrerie, 28 pour les poteries, faïences, porcelaines, et 52 pour les briques et tuiles.
- L’éclairage, le chauffage, la réfrigération, la ventilation, comptent 850 demandes, dont 272 pour les lampes et allumettes, 261 pour les appareils de chauffage et de combustion, 231[pour les combustibles, 86 pour la réfrigération, l’aération et la ventilation..
- sur l’analyse capillaire
- Le professeur Fr. Goppelsrœder, de Bâle (Naturforschende Gesellschaft, du 13 mars 1907), continue ses recherches dans le domaine si intéressant de l’analyse capillaire dont il est le créateur. Les alcaloïdes, même à l’état de traces, peuvent être décelés avec certitude par cette méthode, ce qui peut être d’un grand secours en toxicologie. Au point de vue des théories chimiques, des relations existent entre les hauteurs ascensionnelles et les séries homologues; et en chimie anorganique, entre ces hauteurs et les poids moléculaires des différents sels. La reconnaissance des laits écrémés et mouillés est facile avec l’analyse capillaire; la hauteur ascensionnelle augmente avec l’addition d’eau dans le lait.
- SUR LES COLLOÏDES
- Dans une revue générale des applications biologiques et thérapeutiques des colloïdes, M. G. Stodel, préparateur au Laboratoire de physiologie de la Sorbonne, donne un rapide exposé (Revue scientifique, 1907, p. 353) des travaux les plus récents sur les propriétés générales des colloïdes ; — sur l’absorption des électrolytes par les colloïdes et l’influence des corps dissous, de la concentration (loi de Gibbs : tout corps qui diminue la tension superficielle d’un corps solide vis-à-vis d’un liquide, est absorbé par ce corps solide), de la température; — sur l’absorption des colloïdes par les colloïdes; les électrolytes qui l’accroissent ont fonction de mordants, ceux qui la diminuent ont fonction de décolorants; — sur les liquides organiques et les éléments de la matière vivante considérés comme colloïdes; — sur la théorie de l’action des diastases; sur l’immunité; — enfin sur les applications à la thérapeutique; l’argent colloïdal électrique est bactéricide, et son emploi reste complètement inoffensif, tout en favorisant la nutrition.
- SUR LA FIXATION DE L’AZOTE ATMOSPHÉRIQUE
- Le Moniteur scientifque du docteur Quesneville publie dans son numéro d’avril la traduction de la conférence faite à la Society of Chemical Industry de Londres par M. le professeur Philippe A. Guye, de Genève : « Le problème électrochimique de la fixation de l’azote. »
- A citer aussi sur le même sujet la conférence de M. A. D. Hall : « Artificial'ferti-lisers, their nature and fonction, » qu’on trouvera dans le Journal of the Society of arts, n° 2 826 et suiv.); « The elcclrothermic combustion of atmospheric nitrogen»,
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- NOTES DE CHIMIE. ------ AVRIL 1907.
- de M. F. Howlcs, et « The fixation of nitrogen by the moule-formcr », de M. II. Greig-Smith (J. of lhe S. of Chemical Industry, 1907, n° du 15 avril).
- l’industrie du soufre
- M. L. Aguillon, inspecteur général des Mines, dans une nouvelle note sur les conditions de l’exploitation du soufre, tant en Sicile qu’en Louisiane (Annales des Mines, 1906, p. 599), donne un exposé très complet de la question, et nous lui empruntons les extraits suivants :
- « L’industrie du soufre en Sicile, dit M. L. Aguillon, dont la production jusque dans ces derniers temps correspondait à 90 p. 100 de la production mondiale de cette substance, avait eu une période de développement continu de 1860 à 1886; depuis elle a subi de fréquentes et importantes oscillations. La production sicilienne, qui était de 151 000 tonnes en 1860, s’éleva graduellement à 446 000 en 1883; puis elle s’abaissa progressivement jusqu’à 370 000 en 1890 pour remonter à 395 000 en 1891. Le prix s’était maintenu au-dessus de 100 lires par tonne, de 1860 à 1882, pour redescendre ensuite rapidement jusqu’à 661,36 en 1889. Une reprise eut lieu en 1890 et 1891, où le prix atteignit le chiffre, qui ne s’était pas rencontré depuis plusieurs aimées, de 1121,57 ; mais, suivant ensuite une baisse désastreuse, les prix tombèrent à 9â>], 17 en 1893, 63‘,59 en 1894 et 55l,69 en 1895. A ce taux, l’extraction n’était plus rémunératrice pour la majeure partie des mines.
- « En dehors des Latifondia, la terre est très morcelée en Sicile. Généralement le propriétaire préfère s’en remettre à des amodiataires. L’entrepreneur assume tous les risques et paie au propriétaire l’estagüo ou rente en soufre sur le produit brut, qui va de 15 à 30 p. 100 et parfois au delà. Les exploitations sont généralement fort peu étendues. Leur nombre va toujours en augmentant. De 480 en 1890, elles ont passé à 800 environ en 1901. Les entrepreneurs des petites exploitations n’ont de crédit que par les magasiniers, chez lesquels ils mettent leur soufre en dépôt. Le magasinier, mêlé au soufre du sable ou d’autres matières étrangères pour en diminuer la qualité; il a le monopole du transport jusqu’au bateau. On estime que les avances et le dépôt coûtent à l’exploitant 30 p. 100 de la valeur du soufre, véritable régime d’usure.
- « Pour essayer de remédier à une situation que les bas prix de 1895 avaient rendue lamentable, le gouvernement supprima le droit de sortie de 11 lires par tonne et accorda une prime par tonne exportée. Mais ces mesures eussent été insuffisantes sans la constitution en 1896, au plus fort de la crise, de The Anglo-Sicilian Sulphur C°, au capital de 1 035 000 L, qui devait acheter tout le soufre produit en Sicile à des prix fixés, qui ont été de 76 à 82 lires suivant qualité, payable dans le mois de la consignation. Elle ne put réunir que l’adhésion de 60 p. 100 de la production totale, mais cela suffit pour assurer un succès immédiat. Le prix de vente qui était déjà de 691,62 en 1896, monta à 901,39 en 1897 et s’est tenu depuis entre 95 et 96 lires. La Société a réalisé environ 15 lires de bénéfice par tonne; elle a pu donner à ses actions ordinaires un dividende de 50 p. 100. La Société, toutefois, n’a pas cru devoir continuer ses opérations et elle s’est liquidée au 31 juillet 1906. La situation paraissait en effet, être devenue passablement critique. La production n’avait cessé de croître, de 353 000 tonnes en 1895, elle avait passé à 496000 en 1904 et à 536 000 en 1905. Il y avait en fin de 1905, un stock de 430 à 450 000 tonnes, dont 400 000 tonnes appartenaient à la société
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- l’industrie du soufre.
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- anglaise; ce stock correspondait sensiblement à la production d’une année. Enfin les soufres de Sicile venaient de rencontrer dans la Louisiane une nouvelle et redoutable concurrence, en môme temps que le débouché, relativement si important, des soufres italiens vers l’Amérique du Nord, se restreignait considérablement. En effet, alors que la production américaine, qui n’était jadis que de 1 500 tonnes, s’était déjà élevée à 0976 tonnes en 1901, età 7 562 en 1902, elle avait atteint 35 000 en 1903 et 194319 en 1904; de 91 p. 100 de la production mondiale, celle de la Sicile tombait à 67 p. 100.
- « D’autre part, l’exportation de la Sicile qui avait toujours été en augmentant (142 553 tonnes en 1898; 176 845 en 1902) tombait en 1904 à 107 994 et à 70 000 en 1905. Telle était pour la Sicile la double et dure conséquence de l’exploitation du gîte de la Louisiane par le procédé Frasch.
- « En présence de cette situation, le gouvernement italien n’hésita pas à intervenir par des mesures radicales, qui ont fait l’objet d’une loi du 15 juillet 1906. A la date du 1er août 1906, les propriétaires, possesseurs et exploitants des mines de soufre présentes et futures de la Sicile sont constitués de droit en un syndicat obligatoire pour la durée de douze ans. Le syndicat a seul qualité pour vendre le soufre. La loi a pourvu entre autres à la liquidation du stock énorme, à l’exécution des contrats qui avaient pu être passés pour des livraisons futures; aux contestations entre le syndicat et ses associés par la création d’un tribunal spécial de trois arbitres, qui décide en premier et dernier ressort; à la création de magasins généraux, spécialisés pour le soufre, dans les ports de Catane, Porto Empedocle et Licata; enfin, à la création d’une Banque autonome de crédit minier pour la Sicile, avec un premier capital de 2 millions de lires données par l’État et une somme égale avancée par la Banque de Sicile, cette Banque ayant pour objet de faire des avances aux exploitants. Il n’y a certainement rien d’analogue dans la législation d’aucun autre pays. »
- M. L. Aguillon emprunte les détails suivants au rapport de l’ingénieur en chef L. Bcddacci, envoyé du gouvernement italien pour étudier sur place la question des soufres de Louisiane. Dans le gîte actuellement exploité par YUnion sulphur C°, à 18 kilomètres à l’Ouest de Lake Charles, le centre le plus important de la région, le soufre se rencontre à la base du miocène dans des assises argileuses et sableuses, qui donnent aussi du gypse, des gaz naturels et du pétrole.
- « C’est en recherchant le pétrole que, dès 1868, on avait rencontré, à la profondeur de 133 mètres, une couche de soufre cristallisé pur, de 32 mètres de puissance. On ne s’était tout d’abord occupé que du pétrole. Ultérieurement on essaya vainement de foncer un puits par le procédé Kind et Chaudron pour arriver jusqu’au soufre. On ne put traverser -les sables boulants et aquifères. Cependant de nouveaux sondages avaient reconnu, à 128 mètres de profondeur, une couche de calcaire imprégné de soufre, de 20 mètres de puissance, et, au-dessous, une couche de soufre presque pur (à la teneur de 80 à 90 p. 100) d’une épaisseur de 36 mètres. On avait ainsi constaté la présence de 1 million et demi de tonnes de soufre pur et de 10 millions de tonnes de minerai à 33 p. 100, représentant 3 millions de tonnes de soufre pur. A la suite de nouveaux sondages confirmatifs des premiers, l’Union Sulphur C° se constitua en 1895 pour exploiter ce gîte par le procédé Frasch. Il consiste, comme ces notes l’ont déjà exposé, à fondre le soufre sur place en injectant, par un forage, de l’eau sous pression à la température de 168° (7 kilogrammes et demi de pression) et à faire remonter le soufre fondu en insufflant de l’air comprimé à 28 atmosphères, de façon que la colonne de soufre ainsi aérée soit plus légère que la colonne d’eau chaude descendante. L’eau
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- NOTES DE CHIMIE.
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- chaude est injectée dans une colonne extérieure; le soufre fondu remonte par une colonne intérieure ; l’air comprimé descend par une colonne intermédiaire. Le soufre ainsi élevé coule à la surface dans de grands réservoirs formés par des planches en bois; on l’enlève après refroidissement par un simple piochage. Ce n’est que depuis 1903, après de nombreuses et coûteuses tentatives, que le procédé rendu définitivement pratique est industriellement appliqué. En môme temps, l’amas a été mieux reconnu sur une étendue de 25 hectares : la masse est presque horizontale sur une épaisseur de.60 à 100 mètres sous une profondeur de 150 à 190 mètres de morts terrains. L’amas paraît du reste continuer, avec sa puissance, dans tous les sens au delà de cette première zone.
- « Le procédé est rendu économique, par le fait que les pétroles bruts de Beaumont (Texas), distants de 79 kilomètres, ne coûtent rendus que 11 francs la tonne, et peuvent évaporer 14 à 15 kilogr. d’eau par kilogramme. La consommation de vapeur est énorme dans le procédé Frasch. On compte une batterie de 15 à 16 chaudières, ou de 2 400 II. P. par puits. La consommation d’eau n’est pas moindre : elle vient à Sulphur, par un canal de 6 kilomètres, du fleuve Houston, affluent du Calcassien. On doit travailler simultanément trois forages, situés à 30 mètres de distance les uns des autres; l’installation de chaque forage, percement et tubage, ne coûte que de 13 à 21 000 francs et peut être effectuée en un mois.
- « La production des forages est assez variable. Généralement ils ne sont utilisables que pendant un mois, avec une production moyenne de 300 tonnes par jour, ce qui permettrait d’avoir le soufre sur la mine à 18 francs la tonne, tous amortissements et dépréciations compris, et de l’amener à un port d’Europe à 39 francs (prix à la mine, 18 francs; transport à New-Orléans, 5 fr. 50; transport en Europe, 15 fr. 50). M. l’ingénieur en chef Baldacci pense que le prix de revient pourra descendre à 13 fr. 50, ce qui permettrait d’avoir le soufre rendu en Europe pour 34 fr. 50, prix inférieur au prix de revient du soufre sur la mine en Sicile. A. la fin de 1905, 12 puits étaient en installation. Le soufre obtenu par le procédé Frascli est remarquablement pur; à 99,5 p. 100 de S.
- « Si l’on songe que le prix de revient du soufre sicilien prêt à être embarqué est de 56 francs environ, on conçoit, avec des conditions si différentes entre la Sicile et la Louisiane, le danger qui menace l’industrie italienne. Avant de disparaître de Sicile, The Anglo Sicilian sulphur C° a pu s’entendre avec la Compagnie de la Louisiane, et les prix ont pu être maintenus en 1905 et même 1906 malgré l’énorme augmentation des stocks en Sicile. » Mais que réserve l’avenir à l’industrie du soufre sicilien?
- PRÉPARATION DE L’ACIDE CHROMTQUE
- L’acide chromique libre a pris une grande importance dans la teinture de la laine, par l’extension des procédés O. Amend, elc. Voici comment la Fdbrik Griesheim le prépare (brevet français, n° 370 907 du 29 octobre 1906), à partir des chromâtes ou bichromates alcalins et de l’acide chromique souillé d’acide sulfurique. On transforme ces composés de CrO3 en mélange d’acide chromique et de bisulfate; on chauffe le mélange jusqu’à fusion produisant ainsi deux couches non miscibles qu’on sépare mécaniquement.
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- LE FOUR ÉLECTRIQUE DANS LES INDUSTRIES CÉRAMIQUES.
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- LE FOUR ÉLECTRIQUE DANS LES INDUSTRIES CÉRAMIQUES ET LE VERRE DE QUARTZ
- Le docteur R. S. I.lullon, de l’Université de Manchester, a exposé devant l’English Ceramic Society différents emplois du four électrique pour la fusion ou la cuisson des matériaux réfractaires (Electrochemical and Metallurgical Industry, 1906, p. 90). L’emploi du four électrique s’est d’abord borné aux industries qui demandent des températures considérables, mais actuellement on tend de plus en plus à l’utiliser pour des températures plus basses, à cause des avantages précieux qu’il offre pour obtenir une température réglée et restreindre les pertes par rayonnement.
- Les premiers emplois du four dans les industries céramiques furent plutôt des essais de laboratoires ayant pour but de déterminer les modifications subies par les oxydes et autres matériaux qui entrent dans les poteries, sous l’influence de tempéra-Ilires déterminées. Tels sont les travaux de M. Ditte sur la magnésie et ceux de M. IL Le Chatelier sur la silice. On employa pour ces travaux des fours à résistances métalliques ou de carbone. Parmi les industries qui utilisent le four électrique, il faut citer tout d’abord celles du carborundum et du siloxicon aux Niagara Falls et les essais d’agglomérer la poudre du carborundum pour en faire des récipients (Voir A.-J. Fitzgerald, carborundum, Ifalle, 1994 ; Carborundum Co. br. angl. 9963, 1904; E. G. Ache-son, br. améric., 722 7S3, 1903; L. E. Muller, br. fr., 329 232, 1903;.Gebr. Siemens, br. angl. 21 347, 1905) ; la préparation du rubis artificiel (Verneuil, Ann. de Chimie et de Physique, 1904); Cf. II. Marour (Revue de Chimie pure et appliquée, 1903); la production de l’alundum de la Norton Emery Co (Voir ces notes, 1906, p. 29) ; celle à Rheinfelden d’un produit analogue sous le nom de Diamantin.
- La Steinzeugwarenfabrik de Friedrichsfeld fabrique, avec l’alumine fondue provenant des procédés Goldschmidt, des récipients absolument incassables sous l’influence des changements brusques de température. La magnésie, le plus réfractaire des oxydes communs, est moulée en forme de creusets et agglomérée au four électrique. La Manufacture royale de Rerlin fabrique des tubes et creusets en magnésie pure pour les usages scientifiques.
- On a essayé industriellement, pour fondre la magnésie et l’alumine, d’employer des fours à arcs, analogues à ceux qui servent à préparer le carbure de calcium.
- La fusion du quartz et sa transformation en appareils de laboratoire furent d’abord réalisées à l’aide du chalumeau oxhydrique. On a essayé ensuite l’arc électrique avec avantages, R. S. Ilulton (Mem. Manch. Lit. and Phil. Soc., 1901), (Trans. Am. Elec-trochem. Soc. 1902). Actuellement le Thermal Syndicate de Wallsend-on-Tyne, fabrique de nombreux objets en verre de quartz (br. angl. 10 670 de 1904). Le faible coefficient de dilatation du quartz et ses propriétés hautement réfractaires l’ont fait comparer à la porcelaine réfractaire. Il serait intéressant de voir comment se comporte ce produit sur la porcelaine, et le four électrique permettra peut-être d’obtenir une nouvelle palette de couleurs céramiques.
- Le brevet anglais auquel fait allusion M. Hutton, n° 10 670 de 1904, est le brevctde MM. J. F. Bottomley, R. S. Ilutton et A. Paget; lui correspond le br. français, n° 352 996 du 15 mars 1905. Il a pour objet l’emploi, pour fondre le quartz, d’un four électrique à résistance de carbone, et un mode particulier de soufflage dans un moule approprié. Maintenant qu’on semble abandonner l’idée de faire du simili-crislal limpide avec la silice, les objets en verre de quartz à aspect laiteux, etc., excitent un vif intérêt, et leur fabrication commence à se développer.
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- NOTES DE CHIMIE. — AYRTE 1907.
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- Sur la prise du ciment Portland, on trouvera dans le Ciment de juillet 1906, et dans la Revue du génie militaire de mars 1907, un exposé résumé de M. Candlot.
- Une traduction des Recherches de céramique archéologique du prof. H. Le Chatelier est donnée par la Z. für angew. Chemie, n° du 29 mars 1907.
- La fabrication mécanique du verre a fait l'objet d’une conférence à l’Association des ingénieurs sorlis de l’École de Liège, par M. Émile Fourcciull; elle est reproduite dans la Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, etc., n° de février 1907. La première' antériorité signalée est le brevet anglais de William Clark, n° 489 A. D. 1857, par étirage de bas en haut, puis vinrent diverses tentatives par des Américains, depuis celles de Paris, 1881, jusqu’à celles de l’American Window Glass C°, 1904, non suivies de succès. L’étirage de haut en bas, br. américain de Grecnough 1853, br. belges de Émile Picard 1886 et 1887, Rowart et Francq 1903 n’eurent pas plus de succès. L’étirage horizontal a été étudié par le Belge Prosper Ilanrez, 1886; l’allemand Paul Simon, 1902. L’étirage en cylindres, dont l’idée a été émise par Oppermann 1886, fonctionne depuis quaire années aux États-Unis avec succès. Suit la description du procédé Fourcault, avec étirage de bas en haut et avec verre sous pression, dans le bain même : description que l’on trouvera dans la Revue des périodiques de la quinzaine de M. G. Richard, à la séance du 26 avril.
- MINES ET INDUSTRIES MINIÈRES DE L’ALGÉRIE
- Le rapport de M. P. Cazeneuve sur le budget spécial de l’Algérie, rapport auquel nous avons déjà emprunté pour ces notes des documents concernant l’ensemble des industries chimiques, renferme d’intéressantes données sur l’état actuel des mines et des industries minières en Algérie.
- 1° Département d’Oran
- Les résultats obtenus dans la mise en valeur des richesses minérales du département d’Oran sont résumés dans les courtes notes suivantes :
- 1° Combustibles minéraux ; pétrole. — Dans la région d’Aïn-Zeft (49 kilomètres de Mosta-ganem) il existe une source bitumineuse et d’autres suintements de même nature émergeant le long d’un axe anticlinal au milieu des marnes gypseuses du sahélien. Après des essais infructueux, on entreprit l’exploration du terrain en profondeur au moyen de puits forés par le système canadien. Le quatrième de ces puits placé dans le voisinage de la source d’Aïn-Zeft, toucha à 416 mètres de profondeur une assise sableuse perméable qui donna lieu à une importante venue de pétrole. Le forage fut continué jusqu’à 474m,50. Depuis la découverte de cette nappe, en 1896, on a extrait, par des pompages successifs pratiqués simplement à titre d’essai, sur les quatrième et cinquième puits, 743 832 litres d’huile brute, dont on peut estimer la valeur à 74 383 fr. 20 sur le carreau de la mine.
- 2° Mines de fer. — Il existe trois exploitations en pleine activité : les minières de Baroud, lamine de Dar-Rih et celle de Bab-M’teurba.
- A Baroud et à Dar-Rih (environs de Beni-Saf), ce sont des amas d’hématite (formant le remplissage de poches au milieu des schistes, probablement siluriens, et généralement au contact des calcaires liasiques) que la Compagnie de Mokta-el-Hadid exploite. A Baroud, où la masse minéralisée est considérable, l’exploitation se fait à ciel ouvert par abatage en grand
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- MINES ET INDUSTRIES MINIÈRES DE L’ALGÉRIE.
- du front clc taille; à Dar-llih, le gîte présente une forme allongée et étroite et est exploité soutcrrainemcnt.
- Le gisement de Bab-M’tcurba (21 kilomètres de Nemours) est constitué par un amas d’hématite très manganésifère au contact des schistes anciens et des calcaires basiques; le minerai en profondeur passe au carbonate. La partie supérieure du gîte a été exploitée en minière, l’extraction se poursuit actuellement,soutcrrainemcnt. Un câble aérien de 7 kilomètres et demi de longueur relie la mine à la baie d’bonaïnc, lieu d’embarquement du minerai.
- La minière de Khristel, située à 8 kilomètres au nord de Saint-Cloud, exploite une série de poches d’hématite brune disséminées dans un calcaire probablement basique au voisinage de schistes anciens. La teneur moyenne de ce minerai est de 45 p. 100 Fe; il est à base de chaux et ne contient aucune impureté. L’exploration des poches précitées a produit un stock de 7 000 tonnes.
- La minière de Franchetti, à 24 kilomètres de Saïda, erploite un affleurement d’hématite brune à structure lamellaire dans les dolomies jurassiques. La teneur est de 54 pour 100 Fe. En 1904, on a expédié 3000 tonnes.
- 3° Minerais, de zinc et de plomb. — Les mines de zinc et de plomb de Masser et de Mazis sont en pleine exploitation. Le minerai est constitué par de la calamine (carbonate et silicate de zinc), associée par endroits à de la galène et située de façon irrégulière et en masses plus ou moins puissantes, au contact des calcaires basiques et des schistes qui leur servent de substratum, avec remplissage de poches et de fissures dans les calcaires mêmes. A Masser, l’on n’a rencontré jusqu’à présent que de la calamine. A Mazis, au contraire, ce minerai en profondeur est passé à la blende.
- 4° Minerai de cuivre. — Les recherches de cuivre qui ont été effectuées dans la région d’Aïn-Sefra ont toutes porté sur quelques couches de marnes et grès urgo-aptiens imprégnés d’azurite et de malachite. Le point le plus intéressant de cette région, du moins jusqu’à présent, est Ilassi-Ben-IIendjir (à 13 kilomètres d’Aïn-Sefra), dont la mine vient d’être concédée. A cet endroit une descenderie de recherche de 212 mètres de profondeur a traversé quelques parties riches oii les minerais oxydés de cuivre passent à la chalcosine. Le minerai extrait donne des teneurs variant de 2 à 37 p. 100 Cu; cette dernière est tout à fait exceptionnelle. Le minerai a été fondu sur place, à titre d’essai, dans un Water-Jacket.
- Les autres recherches de cuivre au nord-est de Saïda, explorent un filon bien caractérisé dans une roche éruptive granitcïde. Le minerai est un mélange d’azurite et de malachite avec gangue de quartz, mais les sulfures apparaissent à 10 mètres de profondeur.
- 5° Carrières. — Il y a les carrières d’onyx de Tekbalet (près Pont-de-lTsser) et de Sidi-Ilamza (près Oued-Chouly), dont les produits sont expédiés en France et à l’étranger, mais en assez faible quantité.
- 2° Département d’Alger
- 1° Combustibles minéraux. — Des couches de lignite du miocène supérieur sont exploitées auprès du village de Marceau (80 kilomètres d’Alger). Les produits sont consommés sur place; et en grande partie même par le propriétaire de la mine.
- 2° Minerais de fer. — On n’a extrait qu’en deux points à la mine d’Aïn-Oudrer (50 kilomètres d’Alger) on exploite des lentilles de minerai de fer incluses dans des schistes anciens (probablement précambriens). Les produits à assez haute teneur en fer (de 50 à 55 p. 100) sont très chargés de silice.
- L’exploration des amas d’hématite encaissés dans le calcaire basique du Zaccar (3 kilomètres de Miliana) a été reprise en, 1903, la véritable exploitation n’a commencé qu’au mois d’octobre 1904; on a produit 16000 tonnes.
- Les gîtes de Temoulga (145 kilomètres d’Alger) et de l’Oued-llouïna (128 kilomètres d’Alger) sont, comme ceux de Zaccar, des poches irrégulières d’hématite, dans les calcaires durs du bas; l’exploitation commencera prochainement. Les gisements situés dans le voisinage du =
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- Fondouck (28 kilomètres d’Alger) sont aussi des masses sans dimension prédominante ; iis semblent'en relation avec les calcaires nummulitiques; il reste encore à faire bon nombre de recherches pour être fixé sur l’importance des gîtes. Au contraire, ce sont des filons très réguliers, assez puissants, que l’on a étudiés dans la concession de Mouzaïa : 53 kilomètres d’Alger.
- 3° Minerais de zinc et de plomb. — Les uns sont sulfurés et il y a, alors, toujours mélange de la blende et de la galène. Ils constituent de véritables filons que l’on a exploités a Nador-Chaïr (30 kilomètres d’Alger) et à Sakamody (40 kilomètres d’Alger), que l’on exploite encore à Gucrrouma (30 kilomètres) et que l’on reconnaît, actuellement, près de Rovigo (Tiouratine, 33 kilomètres d’Alger); dans les quatre cas, le terrain encaissant est le sénonien marneux.
- Sous la forme de carbonate, le minerai de zinc incruste des cassures du calcaire basique à l’Ouarsenis (44 kilomètres d’Orléansville). Avec des sables argileux et ferrugineux, il est intercalé à Djaliamama (128 kilomètres d’Alger) entre des quartzites siluriens et des calcaires du lias.
- 3° Département de Constantine
- T/industrie minérale s’y est considérablement développée pendant la période 1900 à 1905. En 1899, il existait 30 concessions de mines ou minières dont 13 exploitées. 21 nouvelles concessions ont été instituées depuis 1899, ce qui porte le total à 31, dont 27 sont en exploitation.
- Les nouvelles concessions instituées sont 14 pour zinc et plomb, 2 pour fer, 1 pour cuivre et fer, 1 pour pyrite de fer, 10 pour cuivre.
- La concession de zinc du Bou-Kadra a été achetée par la compagnie de Mokta-el lladid.
- La concession de l’Ouenza porte sur un filon de cuivre gris passant au cuivre carbonaté en superficie et intercalé au milieu d’une puissante masse d’hématite.
- Le gisement de cuivre pyriteux, de blende et de galène de Kef-oum-Theboul, est enclavé au milieu des schistes liguriens.
- La concession d’Aïn-Barbar, inexploitée depuis 1895, comprend plusieurs filons de chalco-pyrite, de blende et de galène, au milieu des schistes liguriens et dans les trachytes; l’exploitation, reprise en 1901, continue sans interruption. On y a installé des appareils de préparation électro-magnétiques qui permettent de tirer parti des minerais mixtes.
- La mine d’antimoine d’El-Hamimate avait été abandonnée en 1897. Une reprise a été tentée en 1903 et 1904, mais les résultats ont été peu satisfaisants et cette concession est définitivement abandonnée.
- Les filons de galène cinabrifèrc intercalés dans les gneiss à l’intérieur de la concession de Bir-Beni-Salah, ontété l’objet d’une reprise en 1904, après une interruption qui duraitdcpuis 1897.
- Enfin, la concession de zinc d’Aïn-Arko, qui avait été abandonnée depuis 1897, a été remise en exploitation en 1904, à la suite de la découverte de nouveaux amas calaminaires dans les calcaires jurassiques.
- 1° Combustiblesmincrauæ\ Pétrole. —Des suintements de pétrole ont été observés dans des calcaires des environs de Clairfontaine.
- 2° Minerais de fer. — La production est principalement active dans les gisements intercalés au milieu des schistes cristallophylliens des environs de Bône. La compagnie de Mokta-el-Iladid continue son exploitation souterraine du gisement d’Aïn-Mokra. Actuellement, le gitc paraît complètement épuisé, et l’exploitation semble devoir être arrêtée prochainement. La compagnie d’Aïn-Mokra exploite également les amas des concessions des Karczas et de Bou-llamra.
- La mine de Karczas est abandonnée depuis 1903; le gîte paraît épuisé.
- Dans la môme région, on a commencé l’exploitation à ciel ouvert de la minière de Tebeïga qui a produit, en 1904, 7 500 tonnes.
- Enfin, dans les environs de Bougie, deux gisements constitués par des amas d’hématite au milieu du lias ont été récemment mis en exploitation. Ce sont ceux de Timezrit et de Beni-Felkaï.
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- Eu dehors de ces exploitations, les gisements de fer ont fait l’objet de nombreuses prospections durant ces dernières années. Les découvertes les plus importantes sont celles des gisements de l’Ouenza et du Bou-Kadra, dont le tonnage dépasse 40 millions de tonnes. La mise en valeur de ces gîtes est à l’étude.
- 3° Minerais de zinc et de plomb. — Les gisements de zinc et de plomb sont particulièrement nombreux dans le département de Constantine. On en a signalé l’existence en plus de deux cents points, et les efforts des mineurs se sont surtout portés sur ces minerais.
- Les concessions en exploitation sont au nombre de seize. Dans les unes, c’est la blende qui constitue le minerai principal : elle est presque toujours mélangée de galène. Ces gisements, qui sont peu nombreux dans le département de Constantine, constituent de véritables liions comme à Aïn-Kechcra. Les autres contiennent comme élément principal la calamine souvent associée au carbonate de plomb et formant, soit des remplissages de cassures, soit des amas irréguliers au milieu des calcaires. Quelquefois ce sont des couches interstratifiées entre des couches de marnes et de calcaires comme à Hamman-N’Baïls. Souvent ce sont des colonnes régulières où la calamine a remplacé le calcaire sur une certaine étendue, comme à Tiou-Ivnine.
- Fréquemment, ces gisements sont en contact avec des .marnes et des calcaires. Ils existent principalement dans l’étage aptien, mais on les rencontre aussi dans les formations calcaires de divers âges, depuis le lias. La plus importante par sa production, sinon par la teneur de son minerai, est celle d’IIammam-N’Baïls, à 23‘kilomètres de Guelma. Le gisement semble formé par une couche puissante de calamine pauvre associée à de la nadorite, interstratifiée au milieu de couches calcaires et marneuses d’àgè mal connu (trias ou néocomien).
- 4° Minerais de cuivre. — Les minerais de cuivre sont assez abondants dans le département de Constantine. Ils forment des filons de pyrite cuivreuse associés à de la blende et de la galène à Kef-oum-Theboul, Aïn-Barbar, ou de cuivre gris comme à Tadergount. Ce sont les seules mines ayant fait l’objet de travaux d’exploitation pendant la dernière période quinquennale. Enfin, on trouve également des filets de cuivre gris et de cuivre carbonate épars au milieu des calcaires des environs de Batna, parfois associés à -de la calamine.
- 5° Minerais de mercure. — Le mercure se rencontre dans le département de Constantine à l’état de cinabre imprégnant des filons de galène et de blende. Une exploitation d’abord fructueuse à El-Bir-Beni-Salah a été reprise en 1904, après une longue interruption, mais n’a pas donné de résultats intéressants.
- La concession de Taghit, à 42 kilomètres de Batna, contient des filons de blende et galène avec cinabre encaissés dans les schistes et les grès néocomiens. Après une longue interruption, les travaux ont repris en 1902; une usine à mercure a été construite sur place et a produit 18333 kilogrammes de mercure en 1903.
- 6° Carrières. — Des gisements assez importants de marbres blanc et coloré (onyx) existent aux Filfila près de Philippeville et à Aïn-Smara, près de Constantine. L’exploitation du gisement du Filfila est suspendue, celle d’Aïn-Smara est peu active.
- Les gisements de calcaire à chaux hydraulique sont assez nombreux. Le plus important est celui de Bougie qui donne lieu à une exploitation assez intensive.
- Les gisements de gypse sont très répandus, ils sont en général d’âge triasique.
- On signale l’existence de calcaires lithographiques au Ravin-Bleu, dont la mise en valeur va être essayée.
- L’exploitation des phosphates de chaux se poursuit très activement dans les gisements de Tébessa, de Tocqueville et de Bordj-lUdir qui appartiennent à l’étage suessonien. Cinq centres d’exploitation ont été en activité pendant la période de 1900 à 1904. Ce sont ceux du Kouif, à 22 kilomètres de Tébessa, relié à Tébessa par une voie ferrée de 28 kilomètres ; de la société française, à 8 kilomètres de Tébessa, reliée à la ligne de Souk-Ahras à Tébessa par une voie ferrée de 12 kilomètres; du Dyr-Sud, à 16 kilomètres de Tébessa, relié à la même ligne par un chemin de fer de 6 kilomètres, un câble aérien de 2 kil. 500 et une voie ferrée de 4 kilo-
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- mètres; de Tocqueville,à 38 kilomètres de Sétif, relié au chemin de fer de TEst-Algérien par une voie de 14 kilomètres; enfin, de Bordj-R’dir, à 58 kilomètres de Sétif.
- 7° Sources minérales. — Les sources minérales et thermales existent en nombre assez considérable en Algérie. On en comptait près de 180 en 1900 (18 dans le département d’Oran, 37 dans le département d’Alger et 125 dans le département de Constantine). Une quarantaine de ces sources présentent des caractères assez tranchés pour leur donner une place dans l’hydrologie médicale et il est permis de fonder sur quelques-unes'de belles espérances.
- STATISTIQUE DES FONTES, FERS ET ACIERS
- Le Ministère des Travaux publics a publié au Journal Officiel du 22 mars 1907 le tableau de la production des fontes, des fers et aciers soudés, et des aciers fondas, pendant l’année 1906. Nous les comparerons à ceux de 1905, donnés dans nos notes de juillet 1906, p. 768.
- 1905 1900
- Fontes.
- Fontes de moulage au coke 590106 667 350
- — au bois. 1169 2 304
- Fontes d’affinage au coke 733 670 681183
- — au bois 7 893 4 520
- Fontes Bessemer 149 971 157 324
- Fontes Thomas . 1784 726 1530761
- Fontes spéciales 51 489 33108
- 3 319032 3 076 550
- Fers et aciers soudés ouvrés.
- Fers et aciers marchands par puddlage. . . . 263418 263084
- — par affinage .... 3 068 2804
- — par réchauffage. . . 380 081 368949
- Tôles par puddlage 22 392 34 081
- — affinage 482 475
- — réchauffage 67 477 42 210
- 736918 711603
- Aciers fondus.
- Rails..........................
- Aciers marchands...............
- Tôles .........................
- Pièces de forge................
- Moulages . ....................
- 338407 282848
- 759742 634782
- 294714 273765
- 30715 37123
- 30 878 26 441
- 1454 456 1254 959
- INDUSTRIE DU SODIUM
- Le sodium est devenu un métal commun, grâce au progrès des méthodes électrochimiques. Son prix a baissé dans ces dernières années de 6 fr. 60 à 2 fr. 75 le kilogramme. Sa production est de 4 à 500 tonnes, dont un tiers aux États-Unis et un tiers en Angleterre et en Allemagne.
- On l’emploie surtout à la fabrication des cyanures et à celle du peroxyde de sodium qui absorbent, en proportion à peu près équivalente, les six septièmes de la production.
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- MÉTAUX ET MINERAIS RARES.
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- Comme il réduit de nombreux oxydes métalliques en mettant en liberté le métal, il est à prévoir que son emploi en métallurgie se généralisera. Le métal est actuellement transporté dans des barils métalliques scellés, contenant chacun 90,8 kilogrammes (200 livres).
- Presque tout ce sodium est actuellement préparé par le procédé Caslner, c’est-à-dire par l’électrolyse de la soude caustique entre deux électrodes de cuivre et de nickel.
- L’opération ne laisse pas de sous-produits et son prix de revient est de 1 fr. 15 à 1 fr. 60 par kilogramme de sodium. M. Acker et M. Ashcroft ont modifié le procédé. L’exposé du dernier a été donné dans l’Electrochemical Industry, 1906, p. 218.
- Le procédé Ashcroft tient du procédé Acker et du procédé Castner.
- Dans l’électrolyse directe du chlorure de sodium, il faut opérer sur le sel fondu soit vers 800°, et à cette température le sodium se volatilise sensiblement, d’où production de deux gaz chlore et sodium doùés d’une grande affinité l’un pour l’autre et partant très difficiles à séparer. L’emploi d’un alliage plomb-sodium comme intermédiaire qui est à la base du procédé Acker, constitue un grand progrès, car le sodium ne distille plus de son alliage avec le plomb à la température considérée.
- Dans le procédé Ashcroft le compartiment électrolytique est double : dans ' la première partie, on électrolyse du chlorure de sodium fondu avec une cathode de plomb fondu; il se forme un alliage Pb-Na qu’on transporte dans la seconde partie de l’appareil où il sert comme anode dans l’électrolyse de la soude fondue, en abandonnant du sodium métallique sur la cathode.
- Le prix du kilogramme de sodium reviendrait de 0,55 à 1 franc dans ce procédé. De plus on obtient, comme sous-produit, du chlore pur utilisable à fabriquer deg chlorures décolorants. Le bénéfice retiré de ce chef serait de 0 fr. 24 par kilogramme de sodium.
- MÉTAUX ET MINERAIS RARES
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- M. E. Schaaf Regelman les étudie dans The Engineering Magazine (1907, p. 91).
- Le tungstène ou wolfram entre dans la catégorie des métaux communs. Tandis que la production mondiale de minerai concentré n’atteignait; en 1900, que 150 tonnes environ, dont 40 tonnes pour les États-Unis, elle passait à 3 500 tonnes en 1905, dont la 'moitié venait d’Australie. Le principal usage du tungstène est la fabrication des aciers au tungstène, lesquels servent surtout pour les outils à grande vitesse, pour le& aimants, et en Europe, pour les plaques de blindage et les projectiles.
- Le molybdène reste un métal rare, mais il est de plus en plus employé dans les mêmes buts que le tungstène. Les industries chimiques et céramiques en emploient aussi de petites quantités. L’Australie, le principal producteur de minerai de molybdène, en a exporté 70 tonnes pour 1906.
- Le vanadium et l’uranium se rencontrent associés dans les mêmes minerais. L’uranium est peu utilisé pour durcir l’acier, sauf cependant à l’usine Krupp d’Essen, où son emploi semble être sorti de la période d’expériences; le secret en est jalousement gardé. Le vanadium, par contre, est utilisé en France et en Suède depuis longtemps, pouf augmenter la résistance et la dureté de l’acier, mais son prix élevé empêche le développement de cette application.
- Le titanium est unique parmi les métaux utilisés pour les alliages d’acier, en ce sens que ses minerais sont abondants, mais le métal lui-même et ses alliages sont rares, car il est difficile à extraire. On sait que ce métal améliore les qualités de l’acier, Tome 109. — Avril 1907'. 30
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- NOTES DE CHIMIE.
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- mais la question est encore aux premières études. Les principaux avantages des aciers au titane sont leur densité élevée et surtout leur grande résistance transversale.
- Un autre métal, le tantale, a attiré l’attention dans ces dernières années. Le Suédois Ekelberg, qui l’a découvert, lui donna ce nom à cause des difficultés tantalesques qu’il rencontra dans ses investigations. Le métal ne fut isolé à l’état de pureté que dernière--ment, parle chimiste allemand Bolton. et la maison Siemens et Ilalske de Berlin qui s’est associée à ces recherches a pris plus de deux cents brevets, dans tous les pays civilisés, pour protéger le procédé de préparation et les applications de ce métal, principalement pour la lampe électrique au tantale. Un fait remarquable et sans précédent, dans l’histoire des métaux rares, c’est la rapidité avec laquelle l’offre répondit aux demandes de tantale. Avant cette invention la production mondiale de minerais de tantale restait insuffisante pour fournir des échantillons aux collections minéralogiques. Actuellement l’Austrahe seule a produit plus de. 70 tonnes de tantalite en 1905, et la Norvège, la Suède, la France, la Finlande, la Russie méridionale, les États-Unis ont produit aussi des quantités appréciables de minerais tantalifères. Si l’on considère qu’une livre de tantale suffit pour 23 000 lampes de 25 bougies, on comprendra que le prix du minerai a baissé dans de grandes proportions. Les minerais purs et riches restent seuls marchands.
- La dureté du tantale est considérable. Une perceuse à pointe de diamant faisant 5 000 tours par minute ne produisit, après trois jours de marche, qu’une excavation de 0,02 de pouce dans une barre de tantale.
- Un certain nombre d’autres métaux rares ont été essayés dans le but de faire des filaments de lampes électriques; le vanadium et le niobium se sont montrés défectueux; l’osmium (dont le principal usage était avec l’iridium la fabrication de plumes avec réservoir) a seul donné naissance à une lampe.
- D’autres minerais de métaux rare jouent un grand rôle dans l’éclairage par incandescence, ceux qui renferment du thorium, du cérium, de l’yttrium, du zirconium, etc. On les désigne sous le nom de terres rares. La monazite reste la source la plus considérable de thorium, base du manchon Auer de Welsbach. Le zirconium est l’élément principal du zircon, et l’yttrium celui de la gadolinite, employés pour la fabrication de la lampe Nernst.
- Les minéraux qui renferment du lithium sont nombreux,, et les États-Unis les’ exportaient en Europe et importaient des sels de lithium. Mais la surproduction de minerai a été si grande qu’il faudra plusieurs années pour épuiser le stock actuel; les États-Unis, qui traitent maintenant le minerai, sont et deviennent à leur tour exportateurs de composés lithiques.
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- M. Foix (Académie des Sciences, séance du 25 mars) a étudié la théorie du rayonnement des manchons à incandescence. Des traces d’oxyde de cérium (8 p. 1 000), intimement mélangé à l’oxyde de thorium incandescent, augmentent considérablement son rayonnement lumineux sans modifier son rayonnement infra-rouge. On augmente le rayonnement lumineux de l’oxyde de cérium en le diluant; l’oxyde de thorium serait théoriquement inutile, mais pratiquement il est indispensable pour servir de corps à l’oxyde de cérium.
- L’ « Iron Age » décrit l’installation de galvanisation électrique établie par la United States Electro-galvanizing Co, à New-York. Les appareils sont différents) selon qu’on
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- ESSAIS DE LINOLÉUMS.
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- traite des pièces très longues comme les tuyaux, des pièces régulières mais petites comme les boulons et écrous, du fil, ou des pièces irrégulières. Le traitement se fait automatiquement, et les objets sont rendus mobiles par rapport aux rhéophores.
- En suite aux notes sur l’Électrosidérurgie (p. 31 et 305), il faut citer une communication de Aï. Saconney à la Société de l’Industrie minérale de Saint-Étienne (voir son Bulletin, 2e livr. de 1907).
- ESSENCES, PARFUMS, ETC.
- Une troisième fabrication de camphre artificiel se constitue en France (voir les Notes de Chimie, 1906, p. 96; 1907, p. 171). Elle est basée sur les brevets Dubosc que mous avons analysés. La Société formée est une Société anonyme au capital de 7 millions 100 000 francs, par actions de 100 francs. Son siège social est à Paris, 68, boulevard de Strasbourg, l’usine est en création. La question générale du camphre artificiel donne lieu, en ce moment, à une série d’études dans la Revue de chimie, n03 8 et suivants, de AJ, André Dubosc lui-même.
- Sur le même sujet citons un nouveau brevet de Al. A. Béhal, n° 361 978 du 8 décembre 1905, pour l’utilisation du résidu provenant de la préparation du chlorhydrate de pinène. On les traite par l’acétate de plomb dissout dans CH3C02H cristallisé pour enlever le chlore, en vue d’obtenir des carbures directement utilisables et des éthers acétiques des bornéols. • * \
- Sur le même sujet, il faut citer les dernières des expériences sur la synthèse des terpènes, que MM. W.-H. Perkin junior, F.- W. Kay, et leurs collaborateurs publient dans le Journal of the Chemical Society de Londres.
- HUILES ET CORPS GRAS
- Les travaux de Twitchell sur la saponification des corps gras par les sulfoacides aromatiques sont bien connus. Les Notes de Chimie ont mentionné les plus récents (Bulletin 1906, p. 439). Aujourd’hui il faut noter un brevet récent, n° 371 689 du 20 novembre 1906, pour un procédé de combinaison des composés peu volatils contenant del’hydroxyle alcoolique avec les acides gras. Le procédé consiste à les unir en présence d’une faible proportion d’un sulfoacide gras, et à porter le mélange aune chaleur suffisante pour évaporer toute eau présente, ainsi que l’eau formée par la réaction.
- Sur les huiles et vernis employés en peinture, Al. A. P. Laurié a fait une conférence à la Society of arts de Londres, le 19 mars (voir Journal of the S., n° du 5 avril).
- Sur la peinture pneumatique, voir Cosmos, p. 400, avec figures. Le procédé a été décrit sans figures dans les Notes de Chimie, 1906, p. 359.
- ESSAIS DE LINOLÉUMS
- Ridd et Mather (hrev. angl. 768' de 1865) protègent le tissu de jute qui sert de support à l’aggloméré de liège et d’huile de lin, en le plaçant dans la masse. Le support est ainsi à l’abri de l’action de l’humidité, mais le procédé a l’inconvénient de donner lieu à des déplacements du tissu vers le côté où la couche d’aggloméré est la plus faible.
- Walton (brev. angl. 3858 de 1877) remédie en préparant d’abord les deux plaques d’agglomérés qu’il reporte ensuite de chaque côté du tissu de jute, mais alors l’adhérence n’est pas toujours parfaite.
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- 452 * NOTES* DE CHIMIE.---------AVRIL 1907.
- Lucas (brev. angl. 10 221 de 1885) fait l’opération on deux temps, recouvrant successivement les deux côtés du tissu.
- Un procédé nouveau permet d’arriver au même résultat/en un seul temps..
- M. Rubedoff a fait des recherches sur ces divers linoléums (Mitteil. aus dem Konigl. Material-prüfungsant zu Gross-Lichterfelde West, 1906 p. 202); voici quelques-unes de ses conclusions :
- La dépense de jute dans le nouveau procédé est plus faible de 21 p. 100 en moyenne; ainsi que celle de masse agglomérée, environ 13, 7 p. 100.
- La résistance du linoléum au frottement est absolument indépendante du procédé de fabrication; la résistance à la flexion du linoléum nouveau est plus grande.
- La masse de linoléum s’allonge sous l’inflnence de l’humidité et se contracte sous ..l’influence de la sécheresse; dans le linoléum terminé, la toile de jute se dilate en sens inverse, de sorte qu’il y a contraction à l’humidité. Cette contraction est d’autant plus grande que l’épaisseur de la toile de jute est plus grande par rapport à la couche d’aggloméré.
- L’emploi d’une toile de jute très mince et très lâche dans le nouveau procédé, ne garantit pas plus que les autres procédés contre les fissures formées par la sécheresse.
- SUR LA CONSERVATION DES BOIS
- M. E. Lemaire dans le Génie Civil, p. 403, donne une revue d’ensemble des nouvelles méthodes d’imprégnation pour la conservation des bois.
- L’immersion et la dessiccation ont été les premiers modes de conservation. L’on sait que les bois flottés et bien séchés se conservent très longtemps et le flottage est souvent employé encore pour les bois destinés aux constructions navales. Lorsque l’immersion se fait en eau salée, il faut la réaliser en eau boueuse, afin de s’opposer aux attaques des tarets. La dessiccation seule est inefficace, puisque dès que l’humidité rentre en jeu, l’action protectrice disparaît.
- On a donc eu recours à la méthode d’imprégnation des solutions antiseptiques qui agissent également en déposant dans les pores une couche imperméable de substance solide. Les solutions ainsi préconisées sont très nombreuses : sulfate de cuivre (1857, Fleury-Péronnet, Boucherie, Légé, Lebioda, brev. fr. 297 951); sulfate de fer (Bréant 1831); chlorure de zinc (Burnett 1838, Giussani, Rütgers); bichlorure de mercure ; créosote ou huile lourde de goudron (Béthell 1838, Rütgers); gélatine insolubilisée par le formol (brev. fr. 293 358). L’imprégnation se fait par infiltration et déplacement de la sève (procédés Boucherie, Lebioda), ou par immersion simple à froid ou à chaud. L’immersion est favorablement précédée d’une ébullition qui chasse l’eau des pores, et suivie d’un séchage plus ou moins poussé. Dans le cas du sulfatage, après ce séchage, on passe avantageusement en lait de chaux qui précipite de l’oxyde de cuivre insoluble dans les pores du bois.
- Trois variantes du procédé à la créosote ont en vue une économie de ce produit relativement coûteux; ce sont les procédés Rütgers (br. ail. 117512), Tomasso Giussani (br. fr. 311561) employé par la Cie des chemins de fer du Nord de l’Italie, ces deux procédés reposent sur une imprégnation mixte à la créosote et au chlorure de zinc, et le procédé Rueping de la Cie Huelsberg de Charlottenbourg, qui injecte la créosote sous pression.
- Parmi les procédés nouveaux, M. E. Lemaire décrit la kyanisation ou procédé au
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- MÉTHODES D’ANALYSE POUR SUBSTANCES ALIMENTAIRES. 453'
- bichlorure de mercure (Kyan 1838), le procédé Beaumartin avec emploi du courant électriqué pour faciliter la diffusion de la solution antiseptique, le procédé Luther ou imprégnation au soufre fondu, lç procédé Powell ou imprégnation au sucre. Ces trois-procédés ont l’avantage de ne laisser aucune odeur.
- SUR LES ARSÉNIATES INSECTICIDES
- Les Notes de Chimie en ont parlé à plusieurs reprises (voir le Bulletin 1905,. p. 1092; 1906, p. 767,1059). L’arséniate de plomb s’obtient par précipitation de l’arsé-niate de sodium à l’aide du nitrate ou de l’acétate de plomb. Mais les conditions de cette préparation sont très variables avec les fabricants, de sorte que les produits-obtenus sont très différents. L’excès dàirséniate soluble est le défaut le plus dangereux. Des recherches sur ce sujet ont été publiées dans le 6e rapport du Woburn experimental Fruit Farm, 1906, p. 137 et M. Spencer D. Pickering donne (J. of the Chemical Society, 1907, p. 307) quelques considérations chimiques sur la préparation, des arséniates de plomb et de chaux. Il est en effet probable que le plomb ne joue qu’un rôle très secondaire dans le pouvoir insecticide de l’arséniate de plomb et que le sel de chaux correspondant aurait une valeur égale. Son emploi est d’ailleurs déjà, entré dans la pratique aux États-Unis.
- MÉTHODES D’ANALYSE POUR SUBSTANCES ALIMENTAIRES
- La loi du lfraoût 1905, sur la répression des fraudes et des falsifications des denrées-alimentaires a eu pour corollaires le règlement d’administration publique du 31 juillet 1906, et un certain nombre d’arrêtés relatifs à cette application.
- 1° Arrêtés désignant des laboratoires admis à procéder aux analyses des boissons,, denrées alimentaires et produits agricoles.
- Par l’arrêté du 12 mars 1907, les laboratoires municipaux du Havre, de Reims, d& Clermont-Ferrand, le laboratoire de la station agronomique d’Arras; par arrêté du 12 février 1907, les laboratoires municipaux d’Amiens, Beaune, Brest, Châteauroux, Lille, Lyon, Nîmes, Rennes,Saint-Étienne, Toulon; les laboratoires des stations agronomiques d’Auxerre, de Bordeaux, de Chartres, de Nancy, de Nantes; les laboratoires départementaux d’analyses agricoles de la Vienne, d’Indre-et-Loire ; le laboratoire de l’institut œnologique et agronomique de Bourgogne à Dijon ; par arrêté du 19 mars, le laboratoire municipal de Paris. Enfin, les laboratoires du ministère des Finances de Paris, de Bayonne, de Port-Vendres.
- 2° Arrêtés déterminant les méthodes d’analyse qui doivent être employées par ces laboratoires : Pour l’analyse des vins ordinaires, arrêté du 18 janvier 1907 (.Journal Officiel du 22 Ijanvier). Pour l’analyse des alcools, eaux-de-vie et liqueurs, arrêté du 18 janvier 1907 (<Journal Officiel du 18 février). Pour l’analyse des farines, pains, pâtisseries, pâtes alimentaires, fleurages, chapelures, épices et condiments, arrêté du 18 janvier 1907 (Journal Officiel du 4 mars). Pour l’analyse des laits, laits concentrés et laits desséchés (.Journal Officiel du 9 mars). Pour l’analyse des confitures, sirops, miels, limonades et sucres (Journal Officiel du 26 avril).
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- la pyrométrie optique, d’après MM. Waidmer et Burgess (1).
- On peut évaluer la température des corps par l’intensité de l’énergie radiante qu’ils émettent sous la forme de radiations lumineuses visibles dans le rouge et l’infrarouge. On préfère, en général, employer les radiations du rouge parce qu’en faisant traverser un prisme ou un verre rouge par les deux radiations : celle du corps et celle d’une source lumineuse étalon, la photométrie se réduit à la comparaison de deux lumières de même couleur, et que l’emploi du rouge permet de mesurer des températures plus basses que par toute autre couleur, car les radiations rouges sont les premières visibles.
- L’accroissement extrêmement rapide de l’intensité lumineuse avec la température rend cette méthode exceptionnellement apte à la mesure des hautes températures ; c’est ainsi que, l’intensité à 1000° de la raie rouge de y = 0,656 p. étant prise pour unité, cette intensité sera de 130 à 1 500° et de près de 2100 à 2 000°. D’après les expériences de Lummer et Kurlbaum sur la lumière émise par une spirale de platine incandescente, les intensités Ij et I2 émises à des températures absolues U et T2, peu différentes, seraient données par la formule Ij/I2 = (T1/T2)x, avec, pour a?, aux diffé-
- rentes températures, les valeurs suivantes :
- T X T X T X
- 900’ 30 1200 19 1900 14
- 1000 25 1400 18
- 1100 2i
- D’où, approximativement, Ta? = 25000; et l’on voit, qu’à 1000° absolus, l’intensité de la lumière croît 25 fois plus vite que la température, et 14 fois à 1 900°.
- Mais cette thermométrie optique est rendue difficile parce que l’intensité des radiations lumineuses ne dépend pas seulement de la température des corps, mais aussi de leur nature, de leur composition et de l’état de leur surface ; c’est ainsi qu’elle ne fournirait aucune indication sur la température des flammes incolores d’un Bunsen.
- Le corps rayonnant idéal est le corps noir absolu de Kirchoff, absorbant toutes les radiations qui l’atteignent sans en réfléchir ni transmettre aucune, et qui fut réalisé, en 1895, par Wien et Lummer, sous la forme d’une enceinte opaque chauffée uniformément et percée d’un petit trou par lequel on mesurait les radiations émises de l’inté-
- (1) Bureau of standards, department of commerce'and labour, Washington Government off. Prin-ting office, Bulletin n° 2, et Engineering, lor et 8 mars 1907, pp. 286 et 323.
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- LA PYROMÉTRIE OPTIQUE.
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- rieur. Les radiations d’un tel corps noir sont fonction de la température seule. On ne connaît pas^'de corps satisfaisant entièrement à cette condition. Le fer et le carbone s’en rapprochent. Onfconnaît les radiations des corps approximativement noirs depuis la température de l’air liquide jusqu’à 1600°. Jusqu’à 600°, on peut employer la méthode de Wien et Lummer, avec des récipients à petite ouverture chauffés dans des bains d’huile, de gaz]liquéfiés ou de sels fondus; aux températures plus élevées, Lummer et Kurlbaum ont tourné la difficulté au moyen de leur corps noir chauffé par l’électricité. Cet appareil est (fig. 1) constitué par un tube de porcelaine entouré d’une mince feuille de platine traversés par un courant et permettant d’atteindre 1 600°. Ce tube est pourvu de cloisons diminuant les perturbations par les courants d’air, et il est protégé dujrayonnement par plusieurs tubes avec enveloppes d’air. Les radiations émises par l’ouverture à l’extrémité du tube se rapprochent beaucoup de celles du corps noir de Kirchoff. La température de cette région centrale est mesurée par un thermo-couple. Des corps tels que la magnésie, le platine, le fer, émettent, aux mêmes températures, des radiations lumineuses très différentes, tandis que leurs radiations
- | JtterUienzetcr
- Miàtïfiys’i. <*>lj. WiC.vëfJii.icï,
- Conxxntric PcroeLousi. Tubes
- Fig. 1.
- sont les mêmes au sein d’un corps noir; lorsqu’on les y regarde par de petites ouvertures, on ne voit pas leurs contours, toutes les parties de l’enceinte étant au même éclat.
- Les thermomètres optiques sont gradués au moyen d’un- corps noir chauffé par l’électricité; mais il faut aussi, pour que leurs indications soient à peu près exactes, que le corps dont ils mesurent la température soit dans des conditions aussi rapprochées que possible de celles d’un corps noir, et c’est ce qui se présente le plus souvent dans l’industrie ; tel est le cas d’une pièce de porcelaine dans son four, dont les parois ont presque sa température. Dans d’autres cas, tels que celui des flammes d’une cornue Bessemer, les thermomètres optiques ne donneraient, au contraire, que des chiffres beaucoup trop bas.
- On appelle « températures noires » celles données par un pyromètre optique calibré par la méthode du « corps noir », et si des morceaux de fer et de porcelaine qui marquent 1200° au couple thermo-électrique donnent, au thermomètre optique et à la lumière rouge, des températures respectives de 1140 et 1100°, cela veut dire, qu’à 1 200°, ces corps émettent de la lumière rouge de même intensité que celle émise par un corps noir à 1140° et 1100°. Les températures données par les pyromètres optiques
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- AVRIL 1907.
- seront d’autant trop basses que les radiations drucorps observées différeront de celles du corps noir théorique, et, d’autre part, ces températures seront d’autant trop hautes que le pyromètre recevra plus de lumière réfléchie par les flammes et les objets entourant le corps, et d’une température supérieure à la sienne.
- Lois du rayonnement. — D’après Stefan et Boltzmann, l’énergie totale E, rayoDnée par un corps noir à la température absolue T, est donnée, par rapport à celle rayonnée
- 120
- Fig. 2.
- à T°, par la formule E = K (T4 — T40) ou proportionnelle à la quatrième puissance de T.
- Températures absolues. T* — T„*
- T T„ Corps noir. Platine poli. Oxyde de fer.
- ' 372,8 290,5 108,9
- 492 290,5 109 4,28 33,1
- 654 290 108,4 6,56 33,1
- 795 290 109,9 8,14 36,6
- 1108 290 109 12,18 46,9
- 1 481 290 110,7 16,69 65,3
- 1 761 290 19,64
- que la plus grande partie de l’énergie des radiations du spectre se trouva
- dans l’infra-rouge et que la position de la longueur d’onde d’énergie maxima dépend de la température du corps. A mesure que cette température augmente, il en est de même de l’énergie de toutes les ondes, mais plus rapidement pour les ondes courtes, de sorte que l’onde d’énergie maxima se déplace vers ces ondes courtes. C’est ce que montre le diagramme (flg. 2) de Lummer et Pribgsheim, dont les ordonnées sont proportionnelles aux intensités et les abscisses aux longueurs d’ondes en millièmes de millimètre. Chacune de ces courbes a été obtenue en maintenant la source noire des radiations à température constante et en leur faisant traverser un prisme de fluorite sans absorp-
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- -LA PYROMÉTRIE OPTIQUE.
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- tion sélective dans la-.région du spectre étudiée. On exposait aux différentes parties du, spectre la lamelle en platine d’un bolomètre dont le galvanomètre dounait les intensités des radiations correspondantes. Ces courbes montrent, qu’à 723° absolus, la longueur d’onde d’intensité maxima est de 4,08 [/.; puis, à mesure que la température-monte, cette onde se déplace vers le rouge, de sorte que sa longueur est de 1,78 a, à 1 646°. •
- Les courbes de l’énergie J en fonction de la longueur d’onde \ avec T constant, puis-en fonction de T pour 1 invariable, ont été étudiées par Paschen et Wien, avec ce résultat que la- longueur de l’onde d’énergie maxima lm varie avec la température-absolue T de la source, de sorte que le produit T \n reste constant = A. D’autre part l’énergie Jm, correspondant à Vm, est reliée à T par la relation Jm T-3 = constante = Br ou Jm T-<1 = constante.
- Ces lois ne sont vraies que pour des corps noirs. Pour du platine poli, A = 2 526 et a = 6, au lieu des valeurs données par le tableau ci-dessous.
- Températures. absolues. )m Jm A = UT B = J mT_ 8 ’-</ï Différences.
- T 9-
- .1 646 1,78 270,6 2 928 2 246—17 1 653,5 + 7,5
- 1460 2,04 14,5 2 979 2184 1460 " —0,4
- 1260 2,35 69 2 959 2176 1 257,5 — 1,5
- 1095 2,71 34 2 966 2164 1 092,3 — 2,2
- 999 2,96 21,5 2 956 2166 996,5 — 2
- 909 3,98 13,66 2 980 2 208 910 +1,6
- 723 4,08 4,28 2 950 2169 721,5 — 1,5
- 621 4,53 2,026 2 814 2190 621,5 + 0,1
- Moyennes . 2 940 2188,10—17 '
- L’énergie J correspondant à une longueur d’onde 1 est donnée par la formulées
- j,__q e_______-K t , dans laquelle e est la basse des logarithmes népériens ; Ci et c2 sont
- deux constantes. Mais cette formule ne vaut que pour les ondes courtes, et doit être-remplacée par celle de Planck J = C/-3—!— , plus générale.
- e ;7F 1
- Méthodes de la pyrométrie optique. — A l’œil nu, aidé au besoin par un verre de cobalt, on peut arriver, comme le montre l’échelle de Pouillet, à évaluer les températures à 50° près jusqu’à celle de 1 200° environ.
- En 1862, Becquerel suggéra là possibilité d’évaluer ces températures par la photo-métrie des radiations rouges, principe adopté aujourd’hui dans tous les appareils de photométrie optique. On compare l’intensité des radiations émises par le corps à celle d’une source étalonnée, en égalisant ces intensités par un diaphragme iris (Le Chate-lier), un prisme absorbant (Féry) ou un polarisateur (Wanner). On peut aussi faire varier l’étalon suivant une loi donnée (llolborn, Kurlbaun, Morse).
- Pour les radiations monochromatiques d’un corps noir et les longueurs d’onde du
- - s e - £
- spectre visible, la loi de Wien J = C1 ;T est directement applicable. On peut l’écrire sous la forme log 10 = Kt -f- K2 ^ dans laquelle K* = log ei — 5 log 1, et K2 =.
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- log e
- , relation linéaire entre J et 1/T15 de sorte qu’il suffit de mesurer l’intensité cor-
- respondant à deux températures pour graduer l’instrument. Avec des radiations autres que celles d’un corps noir, il faut changer les valeurs de Kx et de K2.
- On peut aussi se baser, sur la mesure de l’énergie totale émise par le corps rayon-;nant; tel est le principe des appareils de Violle, Langley, Crookes, Pouillet...
- Berthelot a construit un thermomètre interférentiel à gaz basé sur les variations de l’indice de réfraction des gaz avec leur densité et la température, et cet appareil donne •des résultats concordants avec ceux des thermomètres à gaz ordinaires.
- Dans cet appareil, un faisceau lumineux de la source S (fig. 3) se réfracte, dans la ^glace épaisse P', en deux autres passant l’un par le tube t', maintenu à température •constante et à pression variable et l’autre par le tube t2, chauffé électriquement et à ^pression constante. Ces deux faisceaux interfèrent en P2, et l’on fait varier la pression en t'jusqu’à ce que les franges d’interférence restent immobiles. La relation entre la
- Fig. 3. — Thermomètre interférentiel Berthelot.
- température, la pression, la densité et le coefticient de réfraction des gaz permet ainsi de définir la température en t en fonction des longueurs équivalentes des tubes l' et t, de la température et de la pression du gaz en t'.
- Dans le couple thermo-électrique de Le Chatelier (1892), la lumière d’une lampe L •(fig. 4 et 5) est, après avoir traversé la lentille V, réfléchie par un miroir à 45° M au travers d’une petite fente et d’un oculaire à verre rouge, qui fournit ainsi une lumière •étalon d’intensité constante. On tourne la lampe excentrée L de manière que son faisceau soit exactement bisecté par le bord du miroir M, où arrive de D le faisceau rouge •du corps en observation. On amène les deux faisceaux à la même intensité en voilant plus ou moins l’objectif par son diaphragme D, avec échelle graduée S, qui donne les intensités correspondantes de la lumière émise parle corps. Pour les très hautes températures, on dispose en avant de ce diaphragme des verres absorbants de coefficient d’absorption connu; pour les basses températures, on dispose ces verres devant la lampe L.
- On peut se servir, pour la calibration de l’appareil, soit de la formule de Le-Chate-
- K
- lier, soit de celle de Weir, sous la forme log J=K1 + ^, K étant le coefficient
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- LA PYROMÉTRIE OPTIQUE.
- 459
- d’absorption du verre en D. Cette formule donnait, au cas de l’appareil gradué
- OBJECTIVE -
- 45° U! RR OR
- Fig. 4.
- Fig. S. — Pyromètre optique Le Chatelier.
- par les auteurs, en prenant pour unité la lumière d’une'lampe Hefner étalon log J = 6,697 — 99 831/T. On fit la calibration en pointant le pyromètre sur le fond d’un
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- petit creuset en terre-réfractaire placé au centre d’un four électrique à résistance de nickel de 600 X 20 millimètres d’ouverture. Les températures étaient données par deux thermo-couples avec leurs jonctions au contact [du creuset. La^longueurjjde l’onde rouge transmise par l’oculaire était de 0,64 g, d’où, [pourra valeur dejacon-
- (* Incr p Q
- stante c2 de l’équation de Wien K,= —47i°_ =—— = 14 700 au lieu des 14 500 du
- k c2
- corps noir correspondant au creuset, qui se rapproche ainsi beaucoup de ce corps noir.
- Fig. 6. — Wanner.
- Il peut se produire des erreurs du fait de la lampe Hefner, de la mise au pointjet des verres rouges d’absorption, mais, avec les précautions voulues, ce pyromètre est
- Fi". 7. — Wanner.
- néanmoins exact à 1 p. 100 près. On l’améliorerait en remplaçant la lampe à huile par une lampe électrique non affectée par les courants d’air, à faible voltage, et disposée derrière un écran diffuseur uniforme; l’emploi de cette lampe facilite, en outre, le maniement de l’appareil, qu'il rend, disent les auteurs,.aussi commode qu’une jumelle de théâtre.
- Le pyromètre à absorption de Ft'ry diffère du précédent par le remplacement du diaphragme par (fig. 4) une paire de prismes absorbants, et le miroir à-4ù°xM est
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- LA PYROMÉTRIE OPTIQUE.
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- -argenté sur une bande'mince de manière à donner un champ photométrique de la forme C, lorsqu’on regarde le creuset. L’appareil est à ouverture angulaire fixe, ce qui
- 4
- 45'JKirror
- MiUXj AnzrruUcf-
- RkecsücU
- Fig. 8. — Holborn Kurlbaum.
- RHEOSTAT
- MILU AM ME TER
- Fig. 9. — Morse.
- dispense de la mise au.foyer; mais le remplacement des verres absorbants parades prismes en diminue la sensibilité et ne permet pas d’aborder des températures aussi basses que le pyromètre primitif de Le Chatelier.
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- Dans le pyromètre de Wanner, la lumière étalon est celle d’une lampe à incandescence à 6 volts illuminant un écran en verre dépoli; elle atteint la fente Sj (fig. 6) après réflexion diffuse par un prisme rectangulaire placé devant sr La lumière du corps arrive par la fente s2. Les deux faisceaux sont parallélisés par la lentille O et dispersés en un spectre continu par le prisme à vision directe P, puis séparés, par un prisme de Rochon R, en deux rayons polarisés dans des plans à angle droit. Ne considérant que la lumière rouge, on aura quatre images formées par la lentille 02 et distribuées sur la fente D, et, pour amener deux images rouges polarisées en opposition exactement devant cette fente, on interpose un biprisme B, d’angle, tel qu’il n’affecte que ces images et porte le nombre total des images à huit. Il se trouve alors, devant le nicol analyseur A, deux champs rouges de lumières polarisées dans des plans orthogonaux, venant l’une de st et l’autre de s2; toutes les autres images sont coupées de D. Si l’analyseur est à 45° du plan de polarisation des deux faisceaux, et si les éclairements de s4 et de s2 sont de la même intensité, on ne verra qu’un seul champ d’intensité uniforme. Si l’une des fentes reçoit plus de lumière que l’autre, une moitié du champ brillera
- b-
- CONSTANT ANC'.;
- Fig. 10. — Féry.
- plus que l’autre et pourra s’amener au même éclairement en tournant l’analyseur gradué en fonction de la température d’un angle <p, donné par la relation^—fg2<pj, Jt et J2
- Ji
- étant les intensités lumineuses en si et s2, auxquelles on peut appliquer la loi de Wien : log 10 ^ = ÿ log 10 (qr — fjr) •
- Il suffit alors de connaître la tempéiature noire Tt de la source étalon et la position de l’analyseur lorsque J, = J2 pour permettre de graduer l’appareil d’après les formules précédentes; mais il faut pouvoir vérifier souvent la constante de Jj au moyen-d’une lampe à huile étalon placée devant la fente s2. La principale, cause d’erreurs provient précisément des variations de la lumière de la lampe électrique avec l’intensité du courant, qu’il faut régler au mieux possible par un rhéostat. En outre, la perte considérable de lumière qui se produit dans cet appareil empêche de l’employer pour des températures inférieures à 900°.
- Le pyromètre Holbovn-Kurlbaum emploie (flg. 8) une petite lampe à 4 volts L, à filament très mince, dans le plan focal de l’objectif et de l’oculaire d’un télescope avec écrans D et vis de mise au point S. La lampe est dans le circuit d’une batterie de deux accumulateurs avec rhéostat précis et milliamètre. On met au point sur le corps en
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- LA PYROMÉTRIE OPTIQUE.
- 46$
- observation de manière à en amener l’image dans le plan AC, et on règle le courant: parlé rhéostat jusqu’à'ce que l’image du filament disparaisse; la lecture du millia-métre donne la température noire correspondante. Il doit être gradué spécialement
- b b
- Fig. il. — Féry.
- pour chaque lampe L. On ne peut guère mesurer des températures au-dessous de 600°,. et, au-dessous de 800°, il faut supprimer le verre rouge, car le filament lui-même est.
- rouge à ces températures. Au-dessus de 1 200°, il faut,'au contraire, deux verres rouges-à l’objectif, et, aux très hautes températures, pour ne pas surchauffer le filament par-
- le
- i
- "Wk
- H
- L-,
- • Fig. 13.
- un courant trop fort, il faut ajouter en avant de l’objectif des verres absorbants ou desmiroirs.
- Le coefficient d’absorption K de ces verres peut se calculer d après la formule de-
- Wien : K = log10 j- = ^log10e (j- — où T, et T2 sont les températures absolues-
- noires données par le pyromètre sans puis avec les verres d absorption; c- = l 450,. et y est la longueur d’onde du verre rouge employé.
- Cet appareil concorde, entre 633 et 1337°, presque exactement avec les tempéra—
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- Fig. 14.
- dures marquées par des thermo-couples; la relation entre l’intensité I du courant et la -température t est de la forme I = a -+- bt -+- c/2 : exemple I x 103 = 170 -f- 0,1600 t -*+- 0,000 i333£2. Les lampes jeunes,, c’est-à-dire qui n’ont pas fonctionné une vingtaine d’heures à i 800°, varient de 25° environ, mais celles vieillies et ne dépassant pas une température de 1 500° ne changent pas pendant des mois.
- Le pyromètre de Morse (fig. 9) diffère du précédent parl’absence d’oculaire et d’objectif et par l’emploi d’un filament en S dans la lampe L, qui exige de 20 à 40 volts; il présente l’inconvénient d’obliger à fixer toujours le même point de la spirale et à en déterminer difficilement la disparition au milieu de l’éclat des autres. Son •emploi devient pratiquement impossible au-dessus de 1 200°.
- Le télescope thermo-électrique de Féry est basé sur la mesure des radiations totales du corps. Ces radiations sont concentrées par la lentille de fluorite F (fig. 10), qui les laisse passer toutes, au-dessus de 600°, sur les fils de quelques millièmes de millimètre d’une thermo-jonction protégée par les écrans C et D, et reliée aux bornes b et b' d’un galvanomètre très sensible. Le diaphragme EE donne au cône des rayons une ouverture angulaire constante. La mise au point de F se fait en observant, par l’oculaire O, son image, qui doit recouvrir exactement la thermo-jonction en la débordant un peu. Le galvanomètre est gradué en températures, auxquelles elle est reliée par la formule CE = rf = 7,66T4 X 10-12, où C est une constante, E l’énergie totale de radiation, d la déviation du galvanomètre, et avec laquelle les indications du galvanomètre concordent de très près entre 800 et 1 500°.
- En remplaçant la lentille de fluorite par une en verre beaucoup plus grande, avec des écrans E d’ouvertures plus petites pour les très hautes températures, on est parvenu à construire des appareils robustes suffisamment exacts entre 800° et 1600°, gradués par des thermo-couples ou par un appareil à lentille de fluorite. L’emploi d’un miroir en place de cette lentille a permis d’évaluer des températures descendant jusqu’à 500°. r
- Ces différents appareils sont exacts, entre leurs limites de températures, à environ 1 p. 100 près; ceux de Wanner et de Féry sont d’un maniement des plus simples.
- Dans le pyromètre de Féry pour des températures de 900 à 3 500°, les radiations sont concentrées (fig. 11) par deux lentilles A et A' sur un thermo-couple de cuivre et constatant croisé en CD de manière que l’image delà source des radiations, par exemple celle d’un trou percé dans les parois d’un four, recouvre ce croisement. Le diaphragme EE rend les lectures indépendantes de la distance à la source. M. Féry a évalué, avec cet appareil, la température du soleil à 7 800°.
- Pour les températures au-dessous de 600°, on emploie le pyromètre à miroir (fig. 12), avec thermo-couple attaché aux tiges de laiton D et R, reliées aux bornes b et b1. L’image de la source se réfléchit du miroir M sur la jonction, et est renvoyée à l’oculaire O par deux miroirs près du couple et donnant deux images tant que la mise au point de M n’est pas exacte. Cet appareil peut fonctionner entre 500 et 1 100°, et on peut l’étendre à des températures plus élevées en voilant une partie du miroir M par •des écrans en secteurs gradués.
- Dans le dernier appareil de M. Féry, les radiations sont concentrées par la lentille C sur.la spirale compound D (fig. 13 et 14), de 10 x 1 X 0,02 millimètres d’épaisseur, en spires de platine et d’argent, supportée par une tige II, en argentan de faible conduc-
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- tibilité, et reliée par une tige de cuivre F à un disque F, dont la face polie est tournée vers l’oculaire J. L’autre face de F, la spirale D et E sont recouverts de noir de fumée, absorbant les radiations. La lentille C est focussée par K sur D, dont l’aiguille G indique les températures sur un quadrant I, graduée en partant de points de fusion connus et de thermomètres étalons.
- les autobus a pétrole, d’après M. W. Worby Beaumont (1).
- En quatre ans, le nombre des autobus de Londres est passé de presque rien à plus de 800, transportant environ 185 millions de voyageurs par an, ce qui correspond à 37 voyages par habitant; leur parcours journalier est de 90 à 120 milles (150 à 190 kilomètres) ou de 30 à 40000 milles par an, correspondant à de 230 à 250 millions de tours du moteur, soit 2 milliards de courses des pistons des quatre cylindres, exceptionnellement actifs. Ces autobus sont presque tous à 34 places et ont été, en très
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- Fig. 1.
- grande majorité, construits à l’étranger; on en compte 95 p. 100 au pétrole et 5 p. 100 à la vapeur, aucun à l’électricité.
- Le poids moyen de ces autobus à impériales est, à vide, de 3l,8 à 4l,5, et de 6l,3 à 6l,8 avec leur pleine charge de voyageurs. Leurs dimensions principales sont : longueur, de 5m,64 à 6m,86; largeur de lm,90 à 2m, 19 ; hauteur au-dessus du rail, de 3m,20 à 3m,58. Ces lourdes voitures, en service continuellement, jusqu’à pendant dix-huit heures par jour, et avec des arrêts incessants, fatiguent énormément. Il a fallu, successivement, en renforcer toutes les parties, en raison des données fournies par l’expérience de leur marche.
- La puissance des moteurs, en majorité de 24 chevaux, atteint 30 et 40 chevaux dans les derniers types; il en existe même de 50 chevaux. L’accroissement de la puissance des moteurs permet d’accélérer les démarrages et d’augmenter la vitesse moyenne sans exagérer la vitesse maxima, surtout en rampes, et en recourant moins souvent aux changements de vitesses. La conduite se trouve ainsi simplifiée sans une augmentation de poids proportionnelle à celle de la puissance. Mais cet accroissement de poids et de vitesse fatigue les bandages, augmente la dépense d’essence et de graissage ; l’usure générale de l’autobus augmente aussi avec l’importance des chocs et des trépi-
- (1 ) Institution of mechanical engineers, London, 15 mars. Tome 109. — Avril 1907.
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- Fig. 2, 3 et 4. — Châssis de 30 chevaux Straker Squire.
- A. Changement de vitesse; — B. Différentiel; — G. Joint universel; — D. Châssis; — E. Bielles; — F. Tirants; — G. Levier d’embrayage; — H. Pédale. — J. Bégulateur; — K. Balancier du frein; L. Tambour du frein à pédale.
- Fig. S et 6. — Châssis de 24 chevaux de D'on.
- A. Volant et embrayage; — BC. Changement de vitesse; — D. Différentiel; — E. Joints universels; F. Palier à billes ; — G. Châssis principal ; — H. Châssis auxiliaire.
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- dations. Les 24 chevaux ne suffisent pas pour maintenir la vitesse réglementaire d’environ 12 milles (20 kilomètres) y compris les rampes, mais on y arrive très bien avec les 30 chevaux. On n’a guère avantage à dépasser cette vitesse, tant dans l’intérêt de la sécurité que dans celui de l’entretien de l’autobus.
- Les châssis sont, en général, de trois variétés : 1° avec longrines et traverses en acier en U laminés et de section uniforme d’un bout à l’autre ; 2° en acier pressé de section décroissante vers les extrémités pour les longrines ; 3° avec traverses en acier et longrines en bois flanquées d’acier (fig. 1). Les résistances comparatives de ces
- Fig. 7 et 8. — Châssis de 28 chevaux Milnes Daimler.
- ABCD. Châssis; — E. Réservoir à pétrole; — F. Enveloppe; — G. Refroidissement; — H. Changement de vitesse; — J. Levier du frein; — K. Levier du changement de vitesse; — L. Pédales; — M. Différentiel; — N. Traverse des freins; — O. Bielles des freins; — P. Arbre moteur à cardans.
- différentes formes de châssis sont dans le rapport de 1,37 1,78 et 1, de sorte que le type (2) est, sous ce rapport, le meilleur. Les châssis du type n° 1 ontjpresque tous fléchi un peu en avant de la caisse, on a dû les renforcer ; le type n° 2, plus coûteux, tend à remporter, mais il est sujet à se voiler; le type n° 3, bien que moins résistant statiquement, se comporte très bien sur les omnibus de De Dion en raison de sa plus grande élasticité.
- On voit (fig. 2 et 3) des exemples de ces châssis en acier laminé, avec le moteur et la transmission portés par un sous-châssis indiqué en D (fig. 2) et en H (fig. 3). Dans le châssis en acier pressé de Milnes-Daimler (fig. 7 et 8) la matière est très bien utilisée, avec l’addition d’un cadre renforceur allant dé l’avant au delà du changement de marche, qu’il supporte, ainsi que le moteur. Ces châssis ne périssent ni par les rivets ni par les boulons, mais fatiguent aux angles. On ne peut songer à faire (des
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- châssis absolument rigides et indéformables aux chocs ; ils doivent, au contraire, présenter une certaine élasticité, dont il faut tenir compte dans l'établissement du moteur et de ses mécanismes. On l'oublie parfois, par exemple, en reliant le changement de vitesse à l’arbre de transmission par des accouplements rigides, alors que cet accouplement doit se prêter aux légers désaxements du châssis ; il faut y introduire des joints à la Cardan, comme en E (.fig. 5 et'6).
- Les ressorts de suspension d’arrière sont presque toujours à menottes, pour permettre au châssis de se déplacer sans entraîner l’essieu. Dans certains cas, on a mis à J’arriére un ressort transversal unique conjugué avec ceux de bavant de manière à
- réaliser une suspension sur trois points, mais on diminue ainsi la stabilité de la voiture ; on en voit un exemple en figure 32.
- Les essieux d’avant sont presque toujours à fusées mobiles de manière à s’adapter à la direction type Ackermann, qui permet à un autobus du type fig. 32 de tourner dans un cercle de 17 mètres de diamètre ou sur une route de 17 mètres de large. Ce sont tantôt, et le plus souvent, les fusées qui sont à fourche, et tantôt les essieux (fig. 9, 10 et 11); ces dispositifs sont équivalents, mais la large fourche supporte mieux les secousses et l’usure, dont les jeux se font alors moins sentir sur la direction. Les essieux d’arrière se divisent en deux classes suivant qu’ils sont moteurs ou simplement porteurs. C’est cette dernière forme que l’on préfère en général pour ne pas soumettre l’essieu à des efforts combinés de torsion et de flexion, et ces essieux fixes peuvent se diviser en deux variétés, suivant qu’ils sont pleins ou creux mais indépendants du mécanisme moteur, ou creux et solidaires de ce mécanisme ; la première variété est préférable comme plus simple et plus robuste, évitant aux mécanismes la
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- réaction directe des chocs. On peut (fîg. 7 et 12) y rendre l’enlèvement des roues tout aussi facile qu’avec les essieux mobiles et moteurs.
- L’entretien des roues est des plus importants. Dans la plupart des types qui ne sont pas actionnés par des chaînes, le poids du mécanisme de transmission est supporté directement par ces roues, sans interposition d’aucun ressort. Dans la commande De Dion (fîg. 14) par''arbre télescopé A et pignons B G, l’essieu en tube coudé DE n’a pas à.
- Fig. 12 et 13. — Châssis de 24 chevaux Scott Stirling.
- A. Carter; — B. Embrayage; — C. Changement de vitesse; — D. Arbre moteur; — E. Différentiel; F. Plaques de garde; — Cf. Refroidisseur; — H. Circulation d’eau; — J. (Id.) aux cylindres; — K. Levier du frein et du changement de vitesse; — S. Arbres moteurs; — T. Égaliseur du frein; Freins; — W. Réservoir à pétrole siliceux.
- supporter plus de poids qu’avec une commande par chaîne. Dans le type de Straker-Squire, dèTpoids de l’essieu d’arrière, de ses roues et de ses mécanismes à chaîne ne dépasse pas 650 kilogrammes, tandis qu’il est de 12 00 kilogrammes dans l’autobus de Daimler (fîg. 7) et de 800 dans celui de Dennis (fîg. 32). Les roues sont en bois, en bois et acier coulé, ou en acier; les types en bois, de beaucoup les plus usités, paraissent les meilleurs ; les roues élastiques n’ont pas encore réussi. Les bandages sont en caoutchouc plein, doubles ou triples à l’arrière.
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- Les .moteurs à pétrole sont tous.à quatre cylindres et verticaux, plus faciles à loger
- Essieu et roue motrice De Dion.
- Fig. 16 et 17. — Moteur de 24 chevaux Straker Squire.
- A. Aspirateur; — B. Échappement; — C. Arbre de distribution; — D. Carburateur;
- E. Tuyau
- d’admission; — F. Couvercle de visite; — G. Poche à huile; — II. Commande du régulateur et de l’arbre de distribution ; — J. Pignon de l’arbre de distribution.
- et à relier au reste du mécanisme. Les pièces de ces moteurs, notamment les arbres, les bielles et les portées, doivent être très solidement établies.
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- Moteur de 20 chevaux Milnes Daimler.
- Fig. 18 et 19,
- A. Arbre de distribution, admission et allumage ; —B. Arbre d’échappement; — O. Carter; — D. Soupape d’admission ;— E. Soupape d’échappement; — F. Allumeur; — G. Carburateur; — H. Avance à l’allumage; — G. Pompe de circulation; — K. Magnétos.
- Fig. 20 et 21. — Moteur de 24 chevaux De Dion.
- A. Admission; — B. Entrée de l’eau; — C. Sortie; — D. Allumage; —E. Pompe de circulation d’huile; — F, Accouplement élastique; — G. Bacs à huile; — II. Gardes; — K. Conducteur d’huile; — L. Régulateur de la soupape d’échappement,
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- L’un des types de carburateurs des plus fréquemment employés est celui de la figure 22, avec l’admission d’air ED, chauffé par le tuyau d’échappement F, et passant
- Fig. 22. — Carburateur Straker Squire.
- Fig. 23 et 24. — Milnes Daimler.
- par G au carburateur C, en même temps que le complément d’air réglé par le papillon H. La gazoline arrive, du flotteur à niveau constant B, au jet C, et passe à l’aspiration ML
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- du moteur par le papillon de réglage J. Lorsque J est grand ouvert, la vitesse d’aspi-
- Fig. 25 et 26. — Changement de vitesse Milnes Daimler.
- A. Châssis; — BCD. Arbre d’embrayage et des vitesses; — E. Contre-arbre; — FG. Volant et embrayage; — IL Arbre du moteur; — LL1L2. Pédales d’embrayage et d’accélération; — M. Ressort d’embrayage; — N P. Levier d’embrayage; — 0. Boîte des leviers; — RSV. Changement de marche; — T. lre et 2e vitesses; — U. 3e et 4e; — W. Colliers et butée de débrayage.
- ration en C peut atteindre trente mètres par seconde. Pour la mise en train, on injecte
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- un peu d’essence en L. Il suffit de rabattre les boulons articulés K pour accéder âu carburateur en JC. Dans certains types, le complément d’air est contrôlé par un régulateur •ou par l’aspiration même du moteur. L’interruption de l’arrivée de la gazoline est une •des principales causes d’arrêts soit par manque de charge dans les carburateurs alimentés par gravité, soit par des fuites aux tuyauteries dans ceux à pression. Il faut -veiller à l’étanchéité de tous les joints de cette tuyauterie et au bon fonctionnement du •clapet de retenue du pétrole vers le moteur. L’alimentation par gravité est plus simple, et on peut, comme en W (fig. 12), disposer le réservoir d’essence de manière à en faci-Jiter le remplissage et le relier au carburateur par des tuyaux courts.
- Les pompes de circulation 'pour l’eau de refroidissement ne sont pas nécessaires
- Fig. 27. — Embrayage De Dion.
- .A. Arbre moteur; — B. Plateau de friction fixe; — C. Plateau mobile; — D. Disque d’embrayage; — E. Son arbre; — F. Leviers débrayeurs; — G. Débrayeurs ; — II. Ressorts embrayeurs; — J. Arbre de commande et leviers; — KL, Couvercle.
- .pourvu que le réservoir de cette eau la mette en charge au-dessus des cylindres .moteurs. Cette pompe entraîne des fuites dans son tuyautage et son huile de graissage provoque l’incrustation des radiateurs. Les radiateurs en nid d’abeilles résistent bien .aux vibrations, mais sont très difficiles à réparer : il n’en est pas de même avec les radiateurs à tubes. La figure 12 représente un bon type de radiateur alimenté par ther-rniosiphon ou circulation d’eau naturelle, où l’eau passe du bas du radiateur G au bas des enveloppes J, d’où elle revient, par 11, au haut du radiateur, dont les tubes sont traversés par le courant d’air d’un ventilateur. Ce ventilateur peut être constitué .par des ailettes du volant.
- On emploie presque toujours l’allumage par magnéto, de préférence à basse tension, avec parfois, un allumage auxiliaire par accumulateurs et bobine d’induction
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- pour le'cas d’un dérangement à la magnéto. Dans l’allumeur de Milnes Daimler (Gg. 23), la tige C, abaissée parle ressort E, sépare le contact tournant B du contact fixe A jusqu’à ce qu’une came soulevant G permette au ressort D d’appuyer B sur A, puis, aussitôt cette cause passée, le ressort E rompt brusquement le contact BA. On préfère, en général ne pas laisser au conducteur la faculté de régler le point de l’allumage. Les
- Fig. 28. — Changement de vitesse et différentiel De Dion.
- A. Arbre primaire; — B. Contre-arbre; —C.'Pignon moteur; — D. Différentiel; — E. Joints universels; — F. Frein; — G. Pompe à circulation d’huile; — J. Arbre à cardans; — KL. Pignons différentiels.
- magnétos doivent être établies d’une façon très robuste, avec des portées soignées et larges, qui ne leur font que trop souvent défaut.
- Le graissage doit être, autant que possible, automatique et continu ; on arrive graduellement à l’adoption du graissage forcé, comme dans le type de De Dion (flg. 21 à l’intérieur des portées.
- Les mécanismes de commande des soupapes sont très variés. Dans les moteurs de Slraker S quire (fig. 16), les soupapes d’admission et d’échappement A et B sont ouvertes par des leviers symétriquement disposés de chaque côté de l’arbre de distribution C, actionné par le train HJ. Dans les moteurs de Milnes Daimler (fig. 18) cette commande se fait par deux arbres A et B, disposés au bas du moteur, et par cames sans
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- leviers. Ces deux moteurs ont des arbres à.trois paliers : les De Dion (fig. 20) en ont quatre, avec cylindres séparés. ' i
- Les embrayages les plus fréquemment employés sont ceux à cônes de friction garnis de cuir (fig. 25), avec dispositifs en permettant l’accès et le remplacement faciles. L’embrayage De Dion est (fig. 27) à disque plat en acier D, pris entre deux rondelles de friction, l’une fixe B et l’autre D, mobile. On peut multiplier ces disques,
- 6S0’/- IZS S8I
- —I. 6S0> 125 58 I-
- Fig. 30. — Train moteur Milnes Daimler.
- A. Arbre moteur; — BD et CE. Pignons moteurs des arbres F et G ; — II. Frein; J. Pignons moteurs; — KL. Différentiels; — M. Roulements et butées à billes.
- comme dans les types de Weston (1), et en onduler les surfaces comme dans les embrayages de Hele Shaw(2).
- Les changements de vitesse, des formes les plus diverses dans leurs détails, sont presque tous à pignons baladés ou embrayés longitudinalement, sur leurs axes. Celui de Daimler représenté par la figure 26 donne 5 vitesses avec train baladeur sur des axes courts et gros D et E.
- Ces mécanismes (fig. 2, 3, 4, 5, 6, 12, 13), sont, en général, très ramassés, ainsi que les différentiels, pour lesquels il ne faut employer que des matériaux de tout premier
- (1) Revue de mécanique, avril 1906, p. 370.
- (2) Revue de mécanique, mai 1906, p. 478.
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- ordre. Dans le type de De Dion (fig. 28) se trouve la pompe à circulation d’huile G, et les attaques se font par des joints universels E et J (fig. 5, 6 et 14).
- Les transmissions par chaînes sont encore les plus employées, avec chaînes le plus souvent à l’air libre. On essaye actuellement les types silencieux de Renold et de Morse (1). La transmission par pignons de Scott Stirling est (fig. 13) bien protégée et graissée; il en est de même pour celle à vis sans fin de Dennis (fig. 32), des plus intéressantes, mais sur laquelle la pratique ne s’est pas encore prononcée. Les transmissions par pignons (fig. 7, 14, 30) fonctionnent très bien si elles sont suffisamment graissées et protégées. Dans le type de Daimler (fig. 30) les deux axes F et C sont inclinés l’un sur l’autre de 177° de manière à être tangents au dos d’âne de la route et à permettre l’emploi de roifes légèrement coniques poussant au lieu de tirer sur leurs essieux. —
- Fig. 31. — Frein différentiel Milnes Daimler,
- Cette inclinaison des axes est obtenue également dans les omnibus de De Dion par l’emploi des joints universels (fig. 5).
- L’emploi des roues d’avant comme motrices présente, entre autres, l’inconvénient d’une diminution d’adhérence qui force à ralentir l’accélération au départ; aussi emploie-t-on toujours comme motrices les roues d’arrière.
- Les freins sont presque tous à pédales et à bandes agissant sur un axe du mécanisme de transmission, avec freins complémentaires agissant sur les roues (fig. 2, 12).
- La fig. 31 représente un excellent type de freins à sabots.
- Dépenses d’exploitation. — En 1905-1906, la dépense d’exploitation des autobus au 'pétrole à 34 places, avec un parcours maximum de 145 kilomètres par jour, n’a guère dépassé 58 centimes par omnibus-kilomètre ; depuis, le pétrole a presque doublé de prix : les dépenses d’entretien ont augmenté et il a fallu, pour faire face aux exigences du trafic, avoir 3 équipes de conducteurs et mécaniciens pour chaque paire d’autobus en route, de sorte que les frais actuels, pour un autobus faisant 160 kilomètres par jour pendant 280 jours chaque année, atteignent au moins 0 fr. 62 par omnibus-kilomètre, se.décomposant comme il suit : Dépréciation, 7e,40; conducteuis et mécani-
- (1) Revue de mécanique, février 1905, p. 193 et octobre 1903, p. 415.
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- Fig. 32. — Châssis et transmission Dennis.
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- ÉQUATIONS ET DIAGRAMMES .DE LA MARCHE DES GAZOGÈNES. 479'
- tiens, 14e,2 ; bandages (par contrai), l'lc,3; pétrole à 9d, par gallon (0 fr. 20 par litre), 10°,5; lavage, éclairage, garage,- 3e; assurance, 2e,6; surveillance et divers, 2e,5. La recette moyenne à Londres est d’au moins 0 fr. 84 par autobus-kilomètre.
- Gomme conclusion, l’auteur pense que, malgré le prix très élevé qu’a déjà coûté la-mise en exploitation des autobus, le travail et l’argent qu’il faudra encore dépenser pour une mise au point définitive de cette question, le public a accueilli ces véhicules avec tant de faveur qu’on doit les considérer comme définitivement adoptés. Il faudrait' pouvoir réduire leur capacité de 34 à 26 voyageurs, de manière à en atténuer la masse,, l’usure et le danger. Lés gros véhicules actuels ne paraissent guère pouvoir être suffisamment renforcés et simplifiés pour résister sans un éntretien trop dispendieux aux vitesses qu’on en exige, et que supporteraient très facilement des autobus moins-lourds..
- ÉQUATIONS ET DIAGRAMMES DÉ LA MARCHE DES GAZOGÈNES,
- d’après le professeur-docteur//. Mollier{\).
- Les lois qui régissent les phénomènes qui se produisent dans les gazogènes sont de-trois sortes : A) les lois des relations de quantités, dans la transformation chimique; ficelles qui déterminent le bilan des chaleurs, reposant sur la première proposition de la thermochimie ; C) les lois de l’équilibre chimique qui dérivent de la deuxième-proposition de la thermochimie. Les deux premières lois donnent des relations très-simples et sûres de la production du gaz; par contre, l’application de la troisième loi à la marche des gazogènes ne fait que commencer à se développer. '
- Les relations entre ces lois sont telles que les résultats obtenus avec A et B fournissent seuls, actuellement, un réseau de courbes sur lesquelles les points définitifs peuvent toujours être placés. Il est donc utile de pouvoir représenter d’abord la marche du gazogène d’après les lois A et B, bien établies. On l’a déjà fait, mais d’une façon imprécise et incomplète, au! moyen d’exemples numériques isolés. Le but de ce travail est de combler cette lacune et d’attirer l’attention sur la troisième partie-du problème, dont la solution exige des travaux préparatoires bien établis.
- Considérons un gazogène chargé d’un charbon dont la partie combustible est uniquement formée de carbone : du coke, par exemple. Injectons de l’air et de la vapeur d’eau, il se produit du gaz de gazogène composé de H2,CO,CO2 et N2. Dans ce qui suit, les symboles chimiques représentent toujours en même temps, le volume des parties-constituantes du gaz. Nous avons donc, comme première égalité de la formation de gaz : -
- II2 + C0 + C02 + N2=:1... (I)
- Une deuxième équation fondamentale résulte de la consommation d’oxygène. Si c-est la teneur volumétrique de l’air en oxygène, elle a pour expression :
- N2 = 1/2 GO + GO2 - 1/2 H2... . (I
- La troisième équation constitue le bilan des chaleurs de la réaction. L’hydrogène-et l’oxyde de carbone possèdent, rapportés à l’unité de volume, le même pouvoir
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1907, p. 532.
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- calorifique supérieur, savoir 2 800 calories par mètre cube à 15° et à la pression d’un kil. par centimètre carré. Le pouvoir calorifique du carbone est de 8 140 calories par kilogramme. Le pouvoir calorifique du carbone contenu dans 1 mètre cube d’oxyde de carbone est donc de 4 000 calories, savoir :
- 12
- 2^ 8 140 = 4 000.
- Admettons que l’eau soit introduite dans le gazogène sous forme liquide, et vaporisée par la chaleur du gazogène. Dans le bilan des chaleurs, apparaissent trois termes : d’une part le pouvoir calorifique du charbon employé, d’autre part le pouvoir calorifique du gaz engendré^et les chaleurs cédées sous d’autres formes par le gazogène, en particulier la chaleur emportée par le gaz, le rayonnement, etc. Ce dernier terme a, dans la plupart des cas, le caractère d’une perte de chaleur; nous exprimerons cette
- quantité de chaleur en fraction du pouvoir calorifique du combustible et l’exprimerons par q.
- i — q = t[
- -sera alors le rendement du gazogène, si le gaz est employé à l’état froid, c’est-à-dire le rapport du pouvoir calorifique du gaz obtenu à celui du charbon employé.
- La troisième équation fondamentale est donc :
- ou
- r, 4 000 (CO + CO2) = 2 800 (H* + CO) r, (CO + CO2) = 0,7(112 + CO)
- (III)
- Il existe donc 3 égalités entre 6 grandeurs variables, savoir : les volumes des quatre constituants du gaz, le rendement et la teneur en oxygène de l’air, dans le cas où nous voudrions étendre les recherches au cas d’un air riche en oxygène.
- Exprimons maintenant la teneur du gaz en hydrogène, oxyde de carbone et azote, en fonction de la teneur en acide carbonique, du rendement et de la richesse en oxygène de l’air. Les équations fondamentales prennent des formes un- peu difîé-
- rentes : (H2 + CO) = N2 = (l —CO2) (la)
- rzbN2=(c0 + C02)-i/2(H* + co) (Ha)
- y) (CO + CO2) = 0,7 (H2 + CO) (III a)
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- ÉQUATIONS ET DIAGRAMMES DE LA MARCHE DES GAZOGÈNES
- 481
- d’où
- 112 + CO = CO + CO2 =
- 1,4(1 — a) — (1 — 3a) r, ^ “ C°^ 1,4(1 — a) — (1 — 3<t) rj ^ ~ G°2)
- II2
- , (1-g) (1,4-•/-,)
- " —1,4(1 —a) —(1 — 3 2a(n — 07)
- 1,4(1 — a) — (1 — 3 a) -q
- TT- (1 - CO2)
- a] rt
- (1 — CO2-) + CO2
- (1)
- (2)
- (3)
- (^)
- Dans le cas de l’air ordinaire, avec a = 4/19 = 0,21, elles deviennent :
- II2 + CO = 8/7 (1 - CO2) (la)
- CO + CO2 = (1 — CO2) 3 — V) (2 a)
- N2 = 15/7 ]’;4 ~ r| (1 — C02i à — Yj (3 a)
- II2 = 8/7 r‘~ — (l — CO2) + CO2 3 — "0 (4 a)
- Soient :
- H le pouvoir calorifique supérieur du mètre cube de gaz ;
- L le volume d’air (en mètres cubes) contenu dans 1 mètre cube de gaz ;
- K le poids de carbone, en kilogrammes, contenu dans un mètre cube de gaz; W le poids d’eau décomposée en kilogrammes par mètre cube de gaz;
- On a d’une manière générale :
- Il = 2 800 (H2 + CO) (5)
- L = N2 1 — a (6)
- K=4~i(C0 + C02) O)
- 18
- W II2 — 24,4 (8)
- Le rapport de l’air au carbone devient
- Exemple :
- L - M5 ,4 i \
- r, = 0,8 ; a =4/19; CO2 = 0,05 II2 + CO = '0,395 CO + CO2 = 0,325 CO = 0,325 — 0,05 = 0,275 II2 = 0,395 — 0,275 = 0,120 N2 = 1 — 0,395 — 0,05 = 0,555 Il = 1 ? 06 calories.
- 1
- K = 0,1G0 kg., = 6,25 m. c. de gaz ponr 1 kg. de charbon.
- L = 0,703 m. c.
- W = 0,0885 kg.
- L W W
- - = 4,40, Y = °’53’ T ~ 0)126'
- - Les relations exprimées dans les équations fondamentales se représentent graphiquement d’une manière simple. Prenons (fig. 1) CO2 comme abscisse et portons en ordonnées les volumes H2,CO,GO2 et N2, l’un sur l’autre. On obtient ainsi un carré de 'Tome 109. — Avril 1907. 32
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AVRIL 1907.
- côtéi= I, divisé en quatre champs par les lignes limites y,, y2, y3, et, à chacun d’eux, correspond une partie constituante du gaz. Pour chaque valeur de u et a, les lignes limites changent de position, mais ce sont toujours des droites.
- Posons :
- X = CO2, yi = II2, »/2 = II2 + CO, 2/3 = II2 + CO + CO2 = 1 — N2 ;
- Il vient, d’après les équations fondamentales.
- X '+ 2/2 = 2/3 (I b)
- Jî — ?/i + 0,5 .Va -1- = (Rb)’
- X -F ^1 — y> = yi (III b)
- Comme il était à prévoir d’après les égalités 1 à 3, la ligne limite y2 passe toujours par l’angle B du carré (fîg. 1) et y2 et y3 par l’angle B. De plus,.le point de rencontre S de xj, et ?/3 se trouve sur l’axe des ordonnées. Pour déterminer complètement les trois
- , 1-0 (2S00)
- Fig. 3. — S, azote; A, acide carbonique.
- Fig. 4.
- K, oxyde de carbone; W, hydrogène.
- lignes limites, il suffit de déterminer le point de rencontre B de ;>/, et y,. Appelons ses coordonnées x0 et y0, nous obtiendrons, d’après les trois dernières égalités, et pour yl — y3 = y0 et x= x0) les relations suivantes . de (Ib) et (II b) :
- de (III b)
- 1/3) + (2/0 -2/3) ^2-^ = 0 (9 a)
- 0,7 2/o — r^o (10)
- D’après cela, le point R est représenté par l’intersection de deux droites, dont l’une dépend seulement de la teneur de l’air en oxygène, et l’autre seulement du rendement. La première est donnée par l’égalité 9, elle rencontre le point fixe P aux coordonnées 1/3 et 2/3, et coupe l’axe des abscisses à la valeur donnée de a (point M). La deuxième droite (égalité 10) passe par l’origine o et découpe, sur l’ordonnée EF, x = 0,7, le rendement -q (point P).
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- ÉQUATIONS ET DIAGRAMMES DE LA MARCHE DES GAZOGÈNES. 483
- Le procédé pour tracer les lignes limites est donc le suivant : on trace un carre OABG de côté = L ; o est l’origine. On place le point D et on tire l’ordonnée EF à la distance 0,7 de l’origine. Le réseau fixe est alors donné. Portons maintenant a sur l’axe des abscisses et v) sur l’ordonnée EF, à partir de E ; relions les points M et P ainsi obtenus avec D et O, l’intersection de DM et OP donne le* point R. Les droites RB, RA et SB sont alors les lignes limites cherchées yl y2, ?y3.
- Les figures 1 et 2 montrent cette représentation, dans le cas où yj = 0,8. La figure 1 se rapporte à l’air ordinaire (g = 0,21), et la figure 2 à l’air de Linde, de teneur en oxygène, g= 0,5. Les ordonnées de la droite y.2 représentent en môme temps le pouvoir calorifique du gaz à l’échelle de 1 = 2 800 calories. De même, les grandeurs K, L et W données par les égalités 5 à 9 peuvent s’obtenir par le diagramme si l’on mesure les distances verticales yi~o,y2— o, 1—j/2, ÿ3—yl, avec les échelles indiquées à gauche de la figure 1.
- O 0,05 0,10 0,15 0,20 0,30 C02
- Fig. 5.
- Pour les conditions réellement possibles, il n’interviendra, naturellement, qu’une petite portion du diagramme. Aussi est-il avantageux, après que les points importants sont déterminés, d’augmenter l’échelle des abscisses. Les figures 3 à 7 sont ainsi établies; elles correspondent à l’air ordinaire et à des rendements variables.
- Si l’on n’introduit pas d’eau dans le gazogène, ou si, pour une autre raison, l’eau n’est pas décomposée, on obtient du gaz à l’air, H2 = 0. A ce cas, correspond la figure 6 pour CO2 = O et le rendement y)=0,7. Pour une valeur quelconque de la teneur en CO2 (par ex. GO2 = 0,1 ; fig. 7) nous tracerons yi d’après le point choisi sur l’axe des x: son point de rencontre R avec DM nous fournit les autres lignes limites, et OR détermine sur EF le rendement, qui est naturellement plus faible que dans le cas précédent.
- Si l’on n’introduit pas d’air dans le gazogène, mais seulement de l’eau, on obtient le gaz à l’eau (fig. 8). L’azote disparaît : y3 se confond avec BG, y2 devient la diagonale et passe par le point fixe D; yi doit aussi passer par ce point. Pour C02 = 0, H2= CO = 1/2 le pouvoir calorifique sera de 2 800 calories. Le rendement se trouve à l’intersection de OD et de EF, à 1,4, tout à fait indépendant de CO2. Naturellement y) n’a plus maintenant la signification d’un rendement ; mieux vaut écrire q = 1 —yj =0,4, c’est-à-dire que, par soufflage chaud, l’on doit introduire dans le gazogène une quantité de chaleur s’élevant aux 0,4 du pouvoir calorifique du charbon brûlé.
- Considérons maintenant le cas où l’on introduit dans le gazogène de la vapeur d’eau
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -— AVRIL 1907.
- produite par une chaudière spéciale. Les égalités fondamentales (I) et (II) ne sont pas modifiées ; par contre, il entre un nouveau terme dans le bilan des chaleurs : la capacité calorifique de la vapeur d’eau. Le poids d’eau décomposée est (égalité 8) :
- 18
- ,W — II2, en kg. par m3 du gaz.
- L’équation des chaleurs, si i est la capacité calorifique du kilogramme de vapeur, devient :
- ou
- [4 000 (CO + CO2)+ 2^ ai2] = 2
- 800 (II2 + CO)
- (CO + CO2) + ^ II2 = ^ (II2 + CO)
- 0,7
- (IV)
- Fig. 7.
- De là, nous pouvons calculer de nouveau la composition du gaz. Posons
- 2a(ï| — 0,"
- ou, pour l’air ordinaire
- (1 — <j) 7} 1,4
- 5 420 — i
- : Xi et G ----------- = X‘>,
- 0 420 <j — 1
- r, — 0,7 5 420 — i
- 0,^3 ^ — i?77 Xl et °»21 1140 — i 372
- a?i et x2 sont les abscisses du point d’intersection de yl et y2 avec l’axe des x. On a
- 5 420 CO2 — 3:1
- IP2 = —------------. Xi —
- 5 420 — i " x-2—X\
- II2 + CO
- yi y 2 — CO2
- xi ---
- (11)
- (12)
- 0,7 — /] X2—xi
- L’azote s’obtient de l’égalité (I).
- Exemple : Soient C02= 0,05, y) = 0,8, et de l’air ordinaire, comme dans le cas précédent: « — 725 calories, correspondant à de la vapeur surchauffée de 300° et à 6 atmosphères. Il vient
- xi — 0,055, X2 — 2,375
- H2 = 0,124, II2 + CO = 0,421, CO = 0,297, N2 = 0,529.
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- La représentation graphique donne également des droites pour les lignes limites 2/n V2 et yy On a :
- yi {l-swo)=y2(l--ir-)+x (1Va)
- Pour =0, i est donné par l’égalité IV, c’est-à-dire que les lignes limites, pour un rendement donné, passent par des points fixes sx, z2, 2, (fig. 9) situés sur l’ordonnée x=xi. O11 peut donc déterminer un point de chaque ligne limite au moyen de la construction précédemment décrite et en supposant i= 0. Pour obtenir de nouvelles lignes limites avec une valeur quelconque de i, on cherchera, comme précédem-
- C ' J ’F B
- Fig. 10.
- ment, l’intersection R de y,, et y.r On se sert des égalités non modifiées (I) et (II), donc R se trouve comme précédemment sur la droite DM. De l’égalité (IVa) on tire :
- /°,7 i \
- (13)
- comme précédemment, la droite passe par l’origine; elle découpe le rendement donné sur une droite qui passe par le point E (a?=0,7) et par le point I, dont les coordonnées
- % t
- sont y= 1 et a? = 0,7 — . Pour obtenir I, il faut porter ^ ^, à partir de F, hori-
- zontalement vers la gauche.
- yv ety2 sont déterminés; y3 s’obtient, sans utiliser z3, au moyen du point S et de la relation y2 — y2 = x. pour une valeur quelconque de x.
- Les ligures 9 et 10 montrent l’application de ce calcul pour y) = 0,8, * = 725, 5=0,21. Les figures sont représentées séparément pour faire ressortir plus clairement la marche suivie. En pratique, les deux figures seront superposées, mais à la fin, les lignes de la figure 9 seront négligées comme auxiliaires.
- Si l’on veut étudier l’infiuence de la grandeur du rendement dans le cas où i est invariable, on tiendra compte qu’aussi, dans ce cas, les lignes limites tournent autour de points fixes. Ces points fixes se trouvent sur l’ordonnée du point de rencontre de y2 avec l’axe des x (x = a?2).
- La figure 8 montre comment, dans la formation de gaz à l’eau, la quantité de cha-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — AVRIL'1907.
- leur fournie g diminue, par suite de la capacité calorifique de la vapeur; dans ce cas la valeur de i = 725.
- Si L’on injecte dans le gazogène plus de vapeur d’eau qu’il n’y en a eu de décomposée, on en tiendra compte dans les égalités et dans le diagramme en remplaçant partout
- 'i X
- —— par a —; dans cette expression, a représente le rapport de l’eau injectée à la quantité d’eau réellement décomposée.
- Pour terminer, considérons encore le cas où le charbon, en dehors du carbone fixe, contient des produits volatils qui distillent vers les couches supérieures du gazogène, se mêlent au produit de la gazéification et apparaissent finalement comme constituants du gaz de gazogène.
- Un kilogramme de charbon contient R parties en poids de charbon fixe et f de
- Fig. il.
- Fig. 12.
- produits volatils de composition connue et de poids moléculaire apparent a. Le volume des produits volatils, dans 1 mètre cube de gaz, est alors de :
- F = (GO + CO2) = o (GO + GO2) • (14)
- Dans le diagramme, les produits volatils, que nous ne voulons pas encore diviser en leurs éléments, conduisent à une nouvelle ligne limite y0, mais toutes ces lignes limites restent des droites.
- Pour construire le diagramme, nous procéderons comme dans le cas de la simple distillation du charbon fixe, sans tenir compte des produits volatils ; nous obtenons ainsi la composition H'2, CO'CO'2 et N’2. A ce diagramme (fig. i l), il faut ajouter les produits volatils dans la proportion.
- F' = qp (CO' + CO'2).
- Dans la figure li, ils sont représentés par le triangle OUA. En réduisant UC et
- 1
- la série de points qui se trouvent sur cette droite dans la proportion ^ ^ , on
- obtient le diagramme définitif fig. 12. Le procédé très simple de réduction est indiqué sur la figure 11. La nouvelle hgne limite y0 passe par A.
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- ÉQUATIONS ET DIAGRAMMES DE LA MARCHE DÉS GAZOGÈNES.
- 487
- Les abscisses représentent maintenant la teneur en CO2 du gaz total.
- Un point seulement nécessite encore une discussion. Le rendement V, pour lequel le diagramme de la volatilisation (fig. 11) a été exécuté, ne donne pas le rendement total du gazogène vj, car ce dernier représente le rapport du pouvoir calorifique du gaz, à celui du combustible; mais il existe une relation entre ces deux rendements.
- Admettons, ce qui n’est pas rigoureux mais presque vrai, que la gazéification du charbon ne nécessite aucune chaleur, on a alors, si h est le pouvoir calorifique des produits volatils par mètre cube :
- V 4 ooo (co + coq + h ? (co + coq r' ~ 4 000 (CO + coq + h 9 (CO + coq
- ou
- r,' 4 000 + 9 A
- r‘ = 4 000 + <p/t
- et
- Dans le cas d’un rendement total donné, il faut construire le diagramme avec une valeur V correspondant à la formule ci-dessus.
- Exemple (fig. 11 et 12), soit un charbon riche en gaz :
- Charbon fixe................... Æ = 0,55 en poids.
- Matières volatiles............. /“= 0,35 —
- Si les matières volatiles sont semblables, comme composition, au gaz d’éclairage, le poids moléculaire sera /] = 12, et le pouvoir calorifique h = & 800 ; alors a =0636.
- Si le rendement <] — 0,8, il en résulte V = 0,647. La figure lia été obtenue avec cette valeur ; elle donne CO'2 = O :
- CO'= 0,340 et F'= 0,216.
- Pour la réduction, on obtient, pour CO2 = O, F= 0,178.
- Dans la figure 12, la ligne ponctuée est tracée en supposant que les matières volatiles contiennent 0,5 p. en volume d’hydrogène; sa distance de la ligne yl donne ensuite la teneur totale en hydrogène. Le pouvoir calorifique est de
- 11 = 2 800 (il2 + co) + 4 800 F.
- En posant CO2 = 0,05, comme précédemment, on obtient finalement F = 0,169.Il2 = 0,029 (de la gazéification). CO = 0,216.Na = 0,536.
- La teneur totale' en H2 s’élève à 0,114. Le pouvoir calorifique H = 1 650 calories.
- Dans ce qui précède, on a supposé i= 0, mais l’introduction de i n’aurait changé rien d’essentiel au procédé.
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- PROCÈS-VERBAUX
- :des séances de la société d’encouragement
- Séance du 55 mars 1907.
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le président fuit part de la perte que vient d’éprouver la Société d’En-couragement en la personne de M. le colonel Laussedat.
- Le colonel Laussedat a, pendant huit années, fait partie de notre Comité des Constructions et des Beaux-Arts, Il appartenait à ce corps du génie qui a compté dans ses rangs tant d’officiers du plus haut mérite, et il en est peu qui aient rendu à la France des services plus nombreux et plus variés que lui. Jeune capitaine, il appliqua l’un des premiers la photographie au lever de plans, et créa toute une science nouvelle qui, depuis, n’a cessé de se perfectionner. Il était professeur à l’Ecole polytechnique quand la guerre de 1870 fit de lui un des chefs de la défense de Paris sur la rive gauche. A cette époque, nous le vîmes souvent s’occupant avec ardeur d’aérostation et de télégraphie optique, et, l’année suivante, le gouvernement fit appel à son dévouement pour disputer à l’Allemagne quelques lambeaux tout au moins de nos provinces de l’Est. Son souvenir est resté vivant dans bien des villages qu’il contribua à conserver à la Patrie. Son passage à la direction du Conservatoire a laissé des traces profondes.
- Membre du Bureau des Longitudes et de l’Institut, le colonel Laussedat n’eut malheureusement que rarement le temps de participer aux travaux de notre Société.
- Nous n’en conserverons pas moins le souvenir de ce collègue éminent, auquel notre ancien président, M. Carnot, a rendu hommage dans le discours prononcé à scs obsèques.
- Correspondance. — M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Paul Clare, 7, rue de l’Estrapade, présente plusieurs inventions mécaniques, pour lesquelles il sollicite des brevets. (Arts mécaniques.)
- M. L. Lamberbourg, à Coutrevoz (Ain), présente à l’examen de la Société d'Encouragement un projet de système d’équilibre et de niveau constant des véhicules à deux roues obtenus automatiquement par la commande initiale du frein. (Agriculture.)
- Correspondance imprimée. — M. Ilitier présente en ces termes les ouvrages suivants offerts à notre bibliothèque.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1907.
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- l’électricité a l’exposition universelle de liège, par J.-A. Montpellier, avec une introduction de Eug. SaVtiaux. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906.
- Le groupe de l’électricité a remporté à Liège un véritable succès ; et le comité de l’Exposition, nous dit M. Sartiaux, désirant conserver un souvenir de cette importante manifestation, a chargé M. Montpellier (J.), rédacteur en chef de YÉleclricien, de réunir dans un rapport d’ensemble la description de tout ce qui avait figuré dans l’étendue de l’Exposition de Liège se rattachant aux applications de l’électricité.
- « Tous ceux qui s’intéressent, à un titre quelconque, à l’industrie électrique, trouveront dans cet ouvrage des renseignements précieux et sauront gré à M. Montpellier de la conscience et de l’intelligence avec lesquelles il a su mener à bonne fin, et en un délai relativement court, un travail de cette importance. »
- Cette appréciation de M. Sartiaux est le meilleur éloge qu’on puisse faire de ce travail très intéressant et extrêmement documenté, nous n’aurions garde d’y ajouter quoi que ce soit.
- Société française de photographie. Notice historique, par S. Peclor, secrétaire général.
- Union nationale des sociétés photographiques de France. Session du Puy, compte rendu par M. S. Pector, secrétaire général del’Union, chez Gauthier-Villars, Paris.
- Notre vice-président M. Pector a offert pour notre bibliothèque deux ouvrages que je regrette qu’il ne vous ait pas présenté lui-même, mais au moins cela me permettra de vous en dire tout le bien qu’ils méritent et je m’en réjouis à cet égard.
- C’est tout d’abord une Notice historique rédigée à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de la Société française de photographie. Depuis 1854, époque de sa fondation, considérable est l’œuvre de la Société française de photographie, et on ne saurait s’en étonner quand on parcourt la liste de ses membres, celle de ses présidents, Victor Régnault, Balard, Peügot, Janssen, le Dr Marey, Lippmann, le colonel Laussedat, A. Davanne, le général Sebert, et lorsque l’on sait que le secrétaire général de la Société, l’auteur de cette Notice historique, est notre collègue M. Pector.
- L’Union nationale des Sociétés photographiques de France a tenu sa session de 1906 au Puy, du 5 août au 11 août, sous la direction de la Société des Amis des Arts et du Photo-Club réunis du Puy. M. Pector, secrétaire général de l’Union, en a rédigé le compte rendu, et il en fait aussi hommage à notre bibliothèque.
- A côté des communications d’un caractère technique vous trouverez dans ce compte rendu de M. Pector la description des excursions faites parles membres de ces sociétés au Puy et dans les environs, description qui est ornée de merveilleuses photographies et de merveilleuses photogravures, qui prouvent à quel art peut s’élever la photographie ainsi faite, et quelle richesse de documents de toute nature elle peut fournir. Vous en jugerez vous-même, du reste, Messieurs, en admirant ces vues de de la Chaise en Dieu, en particulier, du cloître de la cathédrale du Puy, etc.
- l’agriculture et les institutions agricoles du monde au commencement DU XXe SIÈCLE, par L. Grandeau. 4 vol., grand in-8°. Imprimerie Nationale.
- Messieurs, vous me permettrez aujourd’hui de retenir votre attention sur l’œuvre considérable d’un de nos collègues. M. L. Grandeau :
- Le quatrième et dernier des volumes grand in-8° que notre collègue, M. L. Grandeau, a consacrés à l’agriculture et aux institutions agricoles du monde au commencement du
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- PROCÈS-VERBAUX. --- AVRIL 1907.
- xx° siècle, vient de paraître, et ainsi se trouve menée à bonne fin l’œuvre considérable qu’avait entreprise M. Louis Grandeau, comme rapporteur général de l’agriculture, à l’Exposition universelle de 1900.
- Rappelons tout d’abord quel plan a adopté M. Grandeau pour ce rapport. L’étendue du sujet était immense : embrassant l’agriculture, l’horticulture et les aliments (groupes VII, VIII et X de la classification générale de l’Exposition) :
- « Une œuvre de ce genre, nous dit M. Grandeau dans l’avant-propos placé en tête du premier volume, peut être envisagée à deux points de vue essentiellement différents: elle pe-ut se proposer de résumer le travail des rapporteurs des classes comprises dans les groupes assignés par la classification générale aux diverses catégories d’exposants, ou bien embrasser, dans une vue d’ensemble, pays par pays, les faits généraux qui impriment à leur agriculture un caractère particulier.
- « En adoptant le premier plan, on s’exposerait à des redites nombreuses des constatations faites par le jury de classe, et l’on risquerait, en outre, par les nombreux détails dans lesquels on serait forcément obligé d’entrer, de négliger les vues d’ensemble qui seules peuvent donner une idée de l’état de l’agriculture dans les différents pays à l’entrée du xxe siècle. Il m’a donc paru préférable d’adopter le second plan. J’ai consacré à chaque pays une étude spéciale embrassant l’agriculture, et les forêts, l’économie rurale et leurs branches annexes. J’ai cherché aussi à mettre sous les yeux du lecteur un ensemble de documents permettant d’utiles comparaisons sur la situation de l’agriculture chez presque toutes les nations du globe à l’aurore du xxe siècle.
- « On comprendra, sans qu’il soit besoin d’y insister, combien est vaste, complexe et divers un semblable programme : son étendue, le désir de ne laisser de côté aucun trait essentiel de la physionomie agricole du monde à l’heure actuelle, la nécessité de recourir aux sources d’information les plus sûres, l’obligation de compulser, analyser, et souvent traduire de nombreux ouvrages en langues allemande, anglaise, italienne, etc., seront, je l’espère, mon excuse pour le retard qu’a subi la publication de ce rapport. »
- Si nous avons tenu à reproduire ces dernières lignes, c’est pour pouvoir assurer M. Grandeau, au nom des lecteurs de ses volumes, que non seulement ils l’excusent de ce retard, mais se demandent comment en un temps si court et au milieu de tant d’autres travaux, il a pu mener celui-ci à si bonne fin, et cela quelque précieux qu’ait été le concours que M. Ch. de Saint-Cyrlui ait prêté, ainsi qu’il se plaît à le reconnaître hautement, pour l’exécution de l’œuvre qui lui était confiée.
- C’est l’agriculture qui assure, à la population toujours croissante du monde, son pain de chaque jour — et satisfait ainsi aux premiers besoins de l’humanité, de là le rôle essentiel de l’agriculture qu’on ne saurait oublier ; mais en face du prodigieux essor industriel au cours de la seconde moitié du xixe siècle, dans les principaux pays, en présence de la révolution survenue dans les différents modes de transports à travers le monde, à cette môme époque, quelques-uns peut-être seraient-ils tentés d’oublier la part toujours prépondérante qui revient à l’agriculture dans la création des richesses en général.
- Pour la grande majorité des pays du monde, cependant, l’agriculture reste la grande, la première de leurs industries, et leur principale source de richesses; plus que jamais, en outre l’agriculture reste la grande productrice des matières premières que des industries, partout et chaque jour plus nombreuses, demandent en plus grandes quantités!
- Agriculteurs, industriels, économistes, hommes politiques ont un intérêt de premier ordre à connaître ce que produit la terre dans les différents pays du monde, ce que cette [terre produisait dans le passé, ce qu’elle pourra produire dans l’avenir.
- Une telle étude, qui périodiquement, du reste, devrait être reprise, demande avant tout à s’appuyer sur un inventaire dressé à une époque déterminée. Pour quelques pays cet inventaire existait déjà; pour la France par exemple, nous avons l’œuvre magistrale de M. Tisserand, l’enquête agricole décennale de 1882; mais pour l’ensemble des divers pays du monde nous n’avions pas cet inventaire : grâce à M. Grandeau, il existe aujourd’hui. Pays par pays,
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- dans ces quatre gros volumes se trouvent réunis les documents essentiels qui permettent de connaître et de juger de la production agricole dans lo monde et de la puissance de cette production.
- La table que nous donnons plus loin est la meilleure analyse de tels documents, qui en réalité ne se prêtent pas à une semblable opération. Nous indiquerons toutefois que pour chacun des pays étudiés, M. Grandeau adopte, en général, les grandes divisions suivantes :
- A. Considérations générales : Données relatives à la superficie du pays, à son sol, son climat, à la constitution de la propriété; etc.
- R. Agriculture proprement dite, principales cultures, leur rendement dans le passé et le présent, etc.
- C. Élevage, industrie laitière.
- J). Institutions : sociétés de crédit, associations coopératives, enseignement agricole.
- E. Chasse et pêche.
- M. Grandeau, à la fin du quatrième et dernier volume, a réuni une série d’études personnelles du plus haut intérêt, telles notamment les études sur la production et la consommation des engrais minéraux dans le monde, sur l’alimentation de l’homme et du bétail; et, à ce sujet, il a résumé ses beaux travaux sur le sucre, ses recherches si considérables sur l'alimentation du cheval, poursuivies depuis vingt-cinq ans au laboratoire de la Compagnie générale des voitures.
- Agronomes, agriculteurs, économistes français et étrangers trouveront dans Y Agriculture au commencement du XXe siècle une mine de documents utiles pour leurs travaux. Permettez-moi d’ajouter enfin que nulle lecture n’est plus capable de convaincre du grand rôle qu’a joué la science pour augmenter le bien-être de l’humanité entière. On y voit en effet dans tous les pays du monde l’agriculture progressant, les rendements s’élevant, plus de pain, de viande, de vin, de bière, de sucre, plus de matières premières de toutes sortes mises à la disposition de l’homme au fur et à mesure que les données de la science se répandaient dans la pratique, que les recherches du laboratoire trouvaient leur application à la ferme même.
- Faut-il maintenant rappeler que parmi ceux précisément qui ont le plus contribué à répandre ces idées fécondes du rôle de la science en agriculture, qui ont le plus contribué à faire connaître les applications de la science dans la culture des plantes, l’élevage et l'alimentation du bétail, se place, au premier rang, notre collègue M. Grandeau. Depuis longtemps il a été et est toujours et partout resté l'apôtre ardent, infatigable de ces idées. La semence qu’il a jetée n’est pas tombée sur un sol stérile, elle a germé vigoureusement et elle grandit encore sans cesse : notre collègue a pu s’en convaincre en rédigeant ces gros volumes, où s’accumulaient les chiffres indiquant les progrès de l’agriculture. Pouvait-il y avoir pour lui une meilleure et plus fortifiante récompense?
- Résumé de la table des matières de Y Agriculture au commencement du XXe siècle :
- Tome premier(754 pages, 193 photogravures, graphiques et cartes).
- La production agricole dans le monde.
- Europe orientale : Russie. Hongrie. Bosnie-Herzégovine. Roumanie. Bulgarie. Serbie. Turquie. Grèce.
- Europe occidentale : Danemark. Suède. Norvège. Grande-Bretagne. Pays-Bas. Belgique. Luxembourg. Allemagne. Suisse. Autriche.
- Tome II (751 pages, 126 photogravures, graphiques et cartes).
- Europe occidentale : Italie. Espagne. Portugal..
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- France : Agriculture, élevage, horticulture, forêts, pêche, pisciculture.
- Tome III (752 pages, 130 photogravures, graphiques et cartes).
- France (suite et fin). Le ministère de l’Agriculture. Enquêtes. Enseignement. Stations agronomiques et laboratoires. Améliorations'agricoles. Remembrement. Crédit. Assurances. Mutualité et syndicats. Institutions diverses.
- Colonies françaises : Algérie. Tunisie. Colonies de la Côte occidentale. Côte française des Somalis. Madagascar. Les Comores. La Réunion. Indo-Chine française . Guyane et Antilles françaises.
- Asie : Indes anglaises. Inde et Birmanie, Ceylan. Perse. Siam. Chine. Corée. Japon. Indes néerlandaises. Australie. Égypte et Abyssinie. Liberia. Afrique australe et Maurice.
- Tome IV et dernier (672 pages, 106 photogravures, graphiques et cartes).
- Amérique : Canada. États-Unis. Mexique. Amérique centrale. Amérique du Sud.
- Production et consommation des engrais minéraux dans le monde.
- Alimentation de l’homme et du bétail. La farine, le pain, les fécules et produits similaires. Le sucre. Le lait. La bière. Le cidre et le poiré. L’alcool. Les aliments du bétail. Vingt années d’expériences sur l’alimentation du cheval de trait.
- Table des monnaies et mesures en usage dans les principaux États.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- La question des omnibus automobiles, ou autobus, est des plus intéressantes pour les Parisiens en particulier, au moment où ce mode de locomotion tend à se répandre très rapidement à Paris; mais, si l’on est presque unanimement d’accord pour se féliciter de la substitution de ces véhicules aux omnibus à chevaux, infiniment plus lents, on est loin d’être fixé sur leur rendement économique ou sur le prix de revient de leur exploitation. A Paris, cette exploitation est trop restreinte et récente pour qu’on puisse avoir à ce sujet des données probantes, mais il n’en est pas de même dans certaines exploitations plus anciennes, et je crois intéressant de vous signaler, à ce propos, un très remarquable mémoire publié par M. Velleguth dans les « Archiv fur Fisenbauwen » et qui vient d’être traduit dans le Bulletin de mars du Congrès international des chemins de fer, sous le titre de Les frais actuels des services d'omnibus automobiles.
- Dans ce mémoire, l’auteur étudie en détail l’exploitation de plusieurs petites lignes rurales d’autobus en Allemagne, et surtout le service des autobus de Londres, où l’on en compte actuellement près de 800. Voici quelques chiffres se rapportant à ces services de Londres, sur pavé en bois excellent et en terrain plat.
- La durée des caoutchoucs varie de 15 à 20 000 kilomètres, avec un prix d’usure d’environ 12 cent. 50 par kilomètre-voiture, chiffre certainement trop faible pour Paris. Pour la durée de la voiture, on atteint difficilement quatre ans, ou 200 000 kilomètres, au taux de 50 000 kilomètres par an. L’entretien et l’amortissement ne descendent guère au-dessous de 25 centimes par kilomètre. Le parcours journalier est d’environ 120 milles (193 kilomètres), avec une vitesse moyenne de 11 à 11,5 kilomètres,battements aux terminus comptés; sur certaines lignes, cette vitesse atteint 15 kilomètres. La consommation d’essence est d’environ 0kg, 50 par kilomètre pour des voitures de 4 tonnes, ce qui conduit à une dépense d’environ 12 centimes par kilomètre avec de l’essence à vingt-quatre centimes le kilogramme.
- D’après ces données et d’autres, que l’on trouvera dans son mémoire, M. Vellc-guth arrive à établir comme il suit la dépense probable, en Allemagne, d’un service urbain d’autobus faisant 1 million de voitures-kilomètre par an.
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- A. — Frais d’établissement
- 21 voitures, à raison de 18 000 marcs (22 500 francs),
- sans bandages.......................................
- 21 jeux de bandages, à raison de 2 550 marcs
- (3187 fr. 50).......................................
- 21 fois 6 000 marcs (7 500 francs) pour la remise, etc., et le fonds de roulement............................
- Total des frais d’établissement. .
- B. — Frais d’exploitation
- Administration générale........................
- Personnel de conduite..........................
- Surveillance de l’exploitation.................
- Essence........................................
- Graissage, glycérine et éclairage..............
- Renouvellement des bandages en caoutchouc . . .
- Entretien des voitures.........................
- Assurances.....................................
- Total des frais d’exploitation . . .
- C. — Service financier
- Intérêt 4 p. 100, amortissement du capital 1 p. 100. Amortissement des voitures (non compris les bandages), à raison de 18 000 marcs (22 500 francs) pour
- chaque 200 000 kilomètres..........................
- Amortissement et entretien des bâtiments, 1,5 p. 100
- de 80 000 marcs (100 000 francs)...................
- Amortissement de l’outillage de l’atelier et des autres aménagements, 16 p. 100 de 25 000 marcs (31 250 francs)....................................
- Total du service financier. . . Récapitulation
- Frais d’exploitation..............................
- Service financier.................................
- Total. . .
- Marcs. Francs.
- 378 000 472 500
- 53 550 65 937,50
- 126 000 157 500
- 557 550 696 937,50
- Par unité. En tout.
- Pfennigs. Centimes. Marcs. Francs.
- 2,50 (3125) 25 000 (31 250,00)
- 8,60 (10 750) 86 000 (107 500,00)
- 0,70 (0 875) 7 000 (8 750,00)
- 13,00 (16 250) 130 000 (162 500,00)
- 3,00 (3 750) 30 000 (37 500,00)
- 14,00 (17 500) 140 000 (175 000,00)
- 11,00 (13 750) 110 000 (137 500,00)
- 0,75 (0 938) 7 500 (9 375,00)
- 53,55 (66 938) 535 500 (669 375,00)
- 2,79 (3 488) 27 878 (34 847,50)
- 9,00 (11 250) 90 000 (112 500,00)
- 0,12 (0150) 1 200 (1 500,00)
- 0,40 (0 500) 4 000 (5 000,00)
- 12,31 (15 388) 123 078 (153 847,50)
- 53,55 12,31 (66 938) (15 387) 535 500 123 078 (669 375,00) (153 847,50)
- 65,86 (82 325) 658578 (823 222,50)
- D’après ce tableau, dit-il,
- Pour un parcours annuel de 48 000 kilomètres par voiture, il faut vingt et une voitures, dont quinze sont continuellement en service (les réserves sont par conséquent de 40 p. 100). Le parcours journalier d’une voiture est alors de
- -7-—— = environ 183 kilomètres.
- 15 x 365
- Lorsqu’il s’agit de voitures à impériale, avec trente-quatre places, le kilomètre de place
- offerte coûte =1,94 pfennig (2,425 centimes). En comptant une utilisation de 30 p. 100 34
- (c’est, d’après l’expérience des tramways, un coefficient élevé pour une si grande voiture, sauf dans les très grandes villes), on trouve que le kilomètre-voyageur revient à 6,46pfennigs (8,075 centimes).
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- Il faut que cc chiffre représente, d’autre part, le prix du billet, pour que le dividende soit de 4 p. 100. Un parcours de 1,5 kilomètre coûterait donc 10 pfennigs (12,5 centimes), de 3 kilomètres 20 pfennigs (25 centimes), etc. Evidemment on ne saurait songer, dans ces conditions, au tarif de 5 pfennigs (6,25 centimes) ni aux abonnements aujourd’hui en usage. Le prix moyen du parcours; par voyageur, serait, en prenant pour base un nombre de quatre voyageurs par kilomètre de véhicule, utilisation fréquemment constatée sur les tramways
- urbains, de = 16,47 pfennigs (20,588 centimes) (1).
- 4
- Les dépenses totales correspondantes des tramways, dans les villes de moyenne importance, et dans les grandes agglomérations, ont été, dans ces dernières années, y compris l’intérêt à 4 p. 100 du capital total, un amortissement élevé (à cause des concessions à court délai), la location des rues sous forme d’impôts, atteignant 1,6 pfennig (2 centimes) par voyageur, l’entretien du pavé et une forte taxe pour les accidents, de 24 à 37 pfennigs (30 à 46,25 centimes) par kilomètre (2). Ce chiffre comprend environ 14 à 20 pfennigs (17,5 à25cen-times) pour frais d’exploitation proprement dits ; le reste est absorbé par le service financier, y compris les impôts et les prélèvements pour le fonds de réserve. Les valeurs supérieures s’appliquent aux grandes villes avec leurs dépenses plus élevées en impôts, entretien du pavage et amortissements.
- Le voyageur-kilomètre coûte ici, dans la même hypothèse qui a ôté faite précédemment pour les autobus (nous supposons une utilisation de 30 p. 100 pour trente-quatre places, soit
- en moyenne 11 1/3 voyageurs par voiture)
- 24 à 37 11 1/3
- 2,12 à 3,27 pfennigs (2,65 à 4,09 cen-
- times) contre 6,46 pfennigs (8,075 centimes) pour les autobus. Les frais sont donc, dans les . villes de moyenne importance, environ trois fois, et dans nos plus grandes villes 1,5 à 2 fois
- ceux des tramways.
- Il est bien évident que les déductions de M. Velleguthne sauraient être considérées comme définitives, ni surtout comme immédiatement applicables à Paris, mais elles n’en présentent pas moins, en raison de l’impartialité et de la compétence de leur auteur, un très vif intérêt, et démontrent qu’il ne faut encore s’aventurer qu’avec une certaine réserve dans cette exploitation, a priori si séduisante.
- Vous connaissez bien toute l’importance que présente la question de l’apprentissage, de quelles difficultés elle est entourée, principalement en France, où la législation est venue, dans un but purement politique, ajouter aux difficultés naturelles de cette question des complications artificielles qui la rendent presque inextricable, et ont singulièrement accentué chez nous la « crise de l’apprentissage ».
- Mais, et sans que cela doive nous rassurer le moins du monde, il convient de reconnaître que cette crise sévit aussi chez la plupart des autres nations industrielles, aux États-Unis notamment, où l’extraordinaire développement de toutes les industries d’une part, et, de l’autre, la spécialisation extrême des ouvriers rendent actuellement très difficile le recrutement des ouvriers fins, bons à faire autre chose que toujours le même travail, à conduire autre chose que toujours la même machine. L’ouvrier capable de passer facilement d’un travail à un autre, d’utiliser.au mieux telle ou telle machine outil par son.adaptation intelbgente à des travaux variés, puis de suppléer au besoin, par un travail d’art de ses mains, celui des machines, cet ouvrier, que l’on rencontrait
- (1) Sur les tramways, ce chiffre varie entre 8,2 et 11,5 pfennigs (entre 10,25 et 14,38 centimes).
- (2) Dans ces calculs, les voitures de remorque sont assimilées aux automotrices.
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- partout autrefois, devient excessivement rare, au point qu’on est obligé de le faire venir à grands frais dé l’étranger, de l’Allemagne et de la Suisse notamment (1).
- Les très nombreuses écoles professionnelles des États-Unis, bien que pourvues de ressources illimitées, n’ont pas réussi mieux que les nôtres à former de ces ouvriers; il semble que le seul enseignement professionnel capable de résoudre ce problème soit celui de l’atelier même, complété par des cours faits, aussi à cet atelier, par des contremaîtres et ingénieurs de l’atelier, en un mot, l’apprentissage complété par un enseignement donné par ceux mômes qui savent le mieux ce que doivent connaître à fond les futurs ouvriers d’élite. C’est dans cet esprit que la General Electric C° a institué son système d’apprentissage aux ateliers de Lynn (Mass) sur lequel M. Alexander vient de nous donner d’intéressants détails (2).
- La formation d’un apprenti dure à Lynn quatre années, au bout desquelles il reçoit, s’il en est digne, un certificat d’apprentissage, avec une prime de 100 dollars ; et ce qui est caractéristique de cet apprentissage, c’cst que, pendant toute sa durée, l’apprenti est payé : 4 dol., 5. par semaine pendant les deux premiers mois d’essais et les six premiers mois d’entrée définitive à l’école, 5 dol., 6 pendant les six mois suivants, 6 dol., 7 pendant la seconde année, 7 dol., 80 pendant la troisième, et 9 dol., 25 pendant la dernière année. Les jeunes gens sont admis dès l’âge de seize ans, mais seulement après deux mois d’essai, pendant lesquels on reconnaît qu’ils ont bien les aptitudes nécessaires à la formation d’un ouvrier d’art; cette sélection est, très sagement, des plus sévères.
- L’enseignement se donne pendant dix mois de chaque année; il cesse en juillet et août, et sa durée est, pour chaque élève, de six heures par semaine. Il est fait par des ingénieurs, dessinateurs et contremaîtres de l’usine, choisis en raison, non seulement de leur valeur, mais aussi de leurs aptitudes pédagogiques. Le recrutement de pareils professeurs est facile dans un grand établissement comme celui de Lynn, et on ne saurait en trouver de mieux qualifiés. Ils sont entièrement les maîtres de leurs programmes, qu’ils discutent entre eux dans des réunions trimestrielles.
- Les sujets de ces programmes, dont on ne saurait donner ici le détail, sont les mathématiques et la physique élémentaires, le dessin et surtout les croquis de mécanique, la technologie des machines et procédés employés dans l’usine, le tout exposé d’une façon aussi concrète, aussi peu abstraite que possible, illustré par des exemples et des applications incessamment rencontrées et présentes dans l’usine. Dans le cours de dessin notamment, on apprend surtout à esquisser rapidement les idées qui pourraient venir aux élèves pour l’établissement de montages et de dispositifs accessoires spéciaux disposés de manière à utiliser au mieux telle ou telle machine-outil usuelle à la reproduction économique et rapide de telle ou telle pièce à y fabriquer en série. C’est un des meilleurs exercices pour développer l’esprit de recherche et d’invention pratique, et les apprentis y sont incités par les exemples de ces solutions qu’ils rencontrent à chaque instant dans l’atelier (3).
- A côté de cet enseignement technique, il y a celui, tout aussi important, de la pratique du métier de mécanicien, l’enseignement manuel, apprenant à se servir des machines et des outils ; il est donné dans une annexe de l’usine, véritable atelier d’apprentissage, occupant une surface de près de 1 000 mètres carrés, avec 105 machines-oulils
- (1) Engineering Magazine, novembre 1906, p. 170.
- (2) Engineering, 15 mars, p. 355.
- (3) Revue de Mécanique, janvier 1907 p 50
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- de divers types, depuis les plus perfectionnés jusqu’aux plus anciens, que les apprentis perfectionnent et réparent sans cesse, en acquérant ainsi, sans détériorer les bonnes machines, la connaissance pratique et approfondie du rôle et de la construction essentielle des différents organes des machines-outils. Il y a, en outre, 40 bancs ou étaux d’ajusteurs. Cet atelier peut recevoir 125 apprentis. Il est dirigé par un ancien ouvrier exceptionnellement ingénieux et doué d’une aptitude pédagogique des plus remarquables, aidé par deux assistants seulement, car les apprentis avancés dans leurs études servent de moniteurs aux débutants, et s’acquittent parfaitement de cette tâche. Les apprentis sont instruits ainsi de tous les travaux usuels de l’atelier et delà conduite de toutes les machines-outils. Quelques-uns reçoivent, en outre, une instruction spéciale aux services de l’outillerie, du magasin et du pointage des salaires ; d’autres suivent un apprentissage spécial à la'fonderie et au modelage, pour lesquels on établira bientôt une école à part.-
- Au bout de un an et demi à deux ans et demi, suivant leurs aptitudes, les apprentis passent de l’atelier d’apprentissage dans le véritable atelier, où ils terminent leur éducation dans la .véritable réalité pratique, mais toujours suivis par leur maître de batelier d’apprentissage, qui agit comme leur conseiller et comme médiateur en cas de discussion d’un apprenti avec son contremaître, et peut d’ailleurs, s’il le juge à pjopos, les réintégrer,'pour un temps, dans l’atelier d’apprentissage.
- Ce système d’apprentissage ne fonctionne pas sans un certain déchet inévitable; c’est ainsi que, depuis son installation à Lynn, sur 293 élèves admis à l’école d’apprentissage, 37 ont dû se retirer, d’accord avec la Compagnie, pour raisons de santé et autre-s; 35 sont partis chercher fortune ailleurs pendant leur apprentissage, 21 ont été refusés et 29 ont reçu leur diplôme. Il y en a encore 171 en apprentissage et 37 à l’essai. Sur les 29 diplômés il y en a 24 encore au service de la Compagnie.
- Malgré ce rendement relativement faible, la General Electric considère son système d’apprentissage comme un véritable succès ; elle est décidée à l’étendre le plus possible, avec un libéralisme des plus hardis. Lorsqu’un de ses apprentis la quitte après avoir reçu sa prime de 10,0 dollars, pour aller courir le monde, elle ne s’en désole pas, presque assurée qu’il reviendra bientôt, plus expérimenté et plus attaché à la Compagnie. , "
- Il est bien entendu que la General Electric dispose des ressources de toute sorte, sans lesquelles l’essai même d’un pareil système serait impraticable ; il n’est guère à la portée que des grandes entreprises; mais il semble que, de plus en plus, comme par la force des choses, les entreprises de constructions mécaniques iront se concentrant en des unités de plus en plus importantes, pour lesquelles la question de l’apprentissage n’en reste pas moins capitale, de sorte que l’exemple donné par la-General Electric n’est pas d’un intérêt aussi limité qu’il le semblerait a priori par sa grandeur même (1).
- L’étude de la filtration des eaux d’égout est, comme vous le savez, à la fois des plus importantes et des plus difficiles, de sorte qu’il est intéressant de connaître tout ce qui permet de simplifier pratiquement cette étude. C’est à ce titre que je vous signalerai aujourd’hui un appareil très simple, dû à M. Scott Moncrief, qui permet de
- (1) A citer aussi, aux États-Unis, les écoles d’apprentissage de Allis et Chalmers, Baldwin (Engineering Magazine, décembre 1903, avril et juin 1904.) R. l'Ioe, Warner et Swasey, |Westinghouse (kl)., décembre 1906).
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- vérifier très rapidement l’action de différentes couches de matières filtrantes sur une eau donnée, et, réciproquement, de déterminer la nature de ces filtres la mieux appropriée à son traitement.
- Cet appareil consiste, comme vous le voyez (fig. 1), en une sorte de colonne filtrante de 4m,45 x 0m,90 x Cm,30 divisée en six compartiments par des toiles métalliques horizontales sur lesquelles on dispose les lits filtrants de 0m,60 d’épaisseur. L’eau d’égout tombe sur le lit supérieur par un pluviomètre réglable, et des robinets disposés au bas de chaque compartiment permettent de constater l’état du sewage au sortir de chaque compartiment. En outre, un aspirateur hydraulique permet de faire circuler du haut en bas de la colonne filtrante un courant d’air réglable à volonté.
- On voit qu’on peut étudier très facilement ainsi l’action des matières filtrantes les plus variées, en même temps que celle de leur aérage, et s’éviter des tâtonnements difficiles, lents et coûteux.
- Nomination d’un membre de la Société. — Est nommé membre de la Société d’Encouragement M. Ha-
- Fig. 1
- viland, ingénieur des Arts et Manufactures, à Limoges, présenté par MM. Vogt et Prudhomme. •
- Conférence. — M. P. Lacour fait une conférence sur L'optique et l'acoustique uu théâtre.
- M. le Président remercie vivement M. Lacour de sa très intéressante conférence, qui sera reproduite au Bulletin.
- Séance du 42 avril 49070 Présidence de M. Gruner, président
- M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Le laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers informe le public qu’il exécute des essais d'objectifs photographiques aux conditions suivantes :
- Tome 109. — Avril 1907.
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- 498 PROCÈS-VERBAUX. ---------- AVRIL 1907.
- Les taxes ci-dessous sont applicables aux mesures faites isolément; elles sont susceptibles des réductions suivantes :
- Pour au moins cinq essais de même catégorie faits ensemble. . . 10 p. 100
- Pour au moins dix essais de même catégorie faits ensemble. ... 25 p. 100
- . 9 * 12 13 X 18 18 X 24 24 X 30 30 X 40 40 X 50
- et au-dessous.
- Numéros. Taie. Numéros. Taxe. Numéros. Taxe. Numéros. Taxe. Numéros. Tâxe. Numéros. Taxe.
- Essai complet type T.. 101 8 103 10 103 12 107 15 109 20 111 30
- Essai complet type II. 102. 12 104 15 106 18 108 25 110 35 112 50;
- Essais partiels.
- U3. — Détermination de la distance focale principale. ...... 2 francs
- 114. — Détermination du rapport d’ouverture utile.. ................ 3 —
- 115. — Étude de l’aberration sphérique..................... 5 —
- 116. — Étude de l’aberration chromatique sur l’axe, comprenant la
- détermination de la distance focale principale pour trois radiations....................................... 10 —
- 117. — Mesure de la distorsion. . . ............................... 5 —
- 118. — Courbe représentative des surfaces focales d’astigmatisme.. 5 —
- Les autres essais seront traités comme essais spéciaux.
- Correspondance imprimée. — M. Hitler présente en ces termes les ouvrages-suivants offerts à la bibliothèque de la Société.
- 13 200. — Construction des induits à courant continu. —L’arbre et ses tourillons, par
- E.-J. Brunswick et M. Aliamet. Encyclopédie des Aide-Mémoire Léauté, Paris,.
- Gauthier-Villars, 1907.
- Ce quatrième volume, que font paraître les auteurs dans l'Encyclopédie des Aide-Mémoire-Léauté, traite très complètement du calcul de l’arbre et de la mise en place de l’induit sur cet organe.
- Comme application des nombreux calculs relatifs aux arbres, on trouve dans ce livre des exemples numériques se rapportant à trois arbres exécutés, dont un pour dynamo à grande vitesse angulaire actionnée par turbine à vapeur. Ces exemples montrent clairement la manière de diriger les calculs et d’appliquer les formules. Un très intéressant chapitre traite-du montage de l’induit sur l’arbre par le procédé du forcement à la presse.
- 13 099. — Commutatrices et transformateurs électriques tournants, par J. Paraf. Ency-cyclopédie des Aide-Mémoire Léauté, Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- Cet ouvrage, qui constitue une monographie assez détaillée de la commutatrice, est appelé à fournir tant aux constructeurs qu’aux exploitants l’ensemble des notions théoriques et pratiques relatives à cette intéressante et importante machine transformatrice. Dans les différents chapitres, l’auteur traite successivement des conditions et des particularités de fonctionnement des commutatrices, de leur montage, mise en marche et association, de leur étude expérimentale, de leur calcul et de leur construction. Il'signale exactement les utilisations diverses auxquelles se prêtent ces convertisseurs, qui permettent de réaliser, sous la
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- forme la plus simple, la liaison entre un réseau à courant continu et un réseau à courants alternatifs.
- Le dernier chapitre du volume est consacré aux transformateurs tournants autres que les commutatrices, et décrit,'en examinant leurs avantages et leurs défauts comparés, les groupes moteur-générateur, les permutatrices, les redresseurs, etc.
- 13 201. — L'eau dans l'Industrie. — 2e édition complétée par une Étude spéciale sur
- les corrosions des générateurs de vapeur industriels et marins, par H. de la Coux.
- Composition. — Influences. — Désordres. — Remèdes. — Eaux résiduaires. —
- Épuration. — Analyse. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- Dans les générateurs de vapeur, l’eau peut provoquer de nombreux inconvénients : incrustations, corrosions, qui entraînent une dépense exagérée de combustible, un ralentissement dans la vaporisation, une détérioration, une usure rapide des chaudières, des coups de feu et des explosions. Par l’examen de l’eau, par l’étude des phénomènes, on peut expliquer les accidents, les désordres survenus, en reconnaître l’origine et déterminer les remèdes efficaces.
- Une étude sur les corrosions, qui jouent un rôle considérable dans le fonctionnement des générateurs de vapeur industriels et marins, forme un complément important dans la nouvelle édition de l’ouvrage de M. II. de la Coux,
- Dans un chapitre spécial, les causes qui influent sur la résistance des chaudières industrielles et marines aux phénomènes corrosifs et les conséquences entraînées sont longuement examinées, en faisant ressortir les préjudices causés.
- Pour pouvoir résister aux agents corrosifs, les générateurs doivenfjêtre construits avec un métal approprié. Il faut se rendre compte de la valeur du métal constitutif et savoir s’il est susceptible de résister aux corrosions. Des indications sur ces questions sont fournies dans un chapitre spécial.
- Les mécaniciens et industriels doivent se rendre compte des phénomènes destructifs, les prévoir et y remédier; aussi l’origine des corrosions a été expliquée, le contrôle de la marche de la circulation, les moyens de prévenir les corrosions et les remèdes ont fait l’objet d’une discussion et d’un examen détaillés.
- Une étude pratique complète de l’emploi de l’eau et de ses influences est faite chez le teinturier, le blanchisseur, l’imprimeur sur étoffes, le laveur et le peigneur de laines, le savonnier, le tanneur, le chamoiseur et le mégissier, le fabricant d’extraits tannants et colorants, le papetier, le photographe, le brasseur, le distillateur, le fabricant et raffineur de sucre, le fabricant de cidre, de glaces et de boissons,
- . Une partie documentée est consacrée aux nombreuses méthodes et appareils d’épuration préalable de l’eau par la vapeur et les procédés chimiques, à la filtration et à la stérilisation industrielles. L’épuration des eaux résiduaires a été également traitée avec détails. Enfin, l’analyse chimique a fait l’objet d’une exposition complète.
- 13198. — Formules, tables et renseignements usuels, Aide-Mémoire des ingénieurs, des
- architectes, etc., par J. Claudel, 11e édition, tome Ier. Paris, H. Dunod et E. Pinat éd.
- 1907.
- C’est une onzième édition de cet ouvrage, entièrement refondue, revue et corrigée par de nombreux collaborateurs sous la direction de M. Georges Darses, ingénieur de la ville de Paris, inspecteur-adjoint du service des eaux, etc. Lorsque le tome 2 de cet ouvrage sera paru, je vous demanderai de renvoyer les deux volumes au Comité de mécanique, étant donnée l’importance que présente une telle œuvre.
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- 13197. — La dénaturation de Valcool en France et dans les principaux pays d'Europe,
- par René Duchemin, préface de Ch. Bardy, Paris, H. Dunod et E. Pinat, éd. 1907.
- Notre collègue M. Ch. Bardy a écrit en tête de cet ouvrage une préface dans laquelle il fait ressortir avec une grande précision l’importance et la valeur de l’ouvrage de M. René Duchemin; je vous demanderai la permission de reproduire dans ce compte rendu la préface de M. Ch. Bardy. En même temps qu’elle est la meilleure des analyses que l’on puisse faire de l’ouvrage de M. Duchemin, elle contient, sur cette question de la dénaturation de l’alcool, des considérations d’un ordre très élevé, trop souvent méconnues.
- « Les emplois, jadis assez restreints, de l’alcool dénaturé, ont pris, grâce aux développements des différentes branches de l’industrie, une extension considérable. Pour pouvoir satisfaire aux légitimes exigences des industriels, comme aussi pour sauvegarder les intérêts du Trésor, il est devenu indispensable de remplacer les procédés empiriques et très imparfaits de dénaturation usités autrefois par des méthodes plus efficaces et plus rationnelles. On a dû en outre se préoccuper de créer des méthodes d’analyse reposant sur des données scientifiques, suffisamment rigoureuses pour pouvoir découvrir et réprimer les fraudes qui ne manqueraient certainement pas de se produire.
- « Pendant une assez longue période le mode de dénaturation ainsi établi a pu fonctionner normalement, à l’entière satisfaction des parties intéressées, puis, tout d’un coup, des plaintes et des récriminations se sont élevées, portant à la fois sur le mode de dénaturation et sur le coût de cette dénaturation.
- « On était alors au début de l’industrie de l’automobile et en pleine période d’éclairage intensif ; pour satisfaire aux besoins de ces deux industries, comme aussi pour les affranchir de l’obligation de l’emploi exclusif du pétrole, on chercha à remplacer les produits américains par l’alcool indigène.
- « Une grande campagne fut entreprise et l’on mit tous les arguments au service de la thèse à défendre ; c’est alors que les récriminations sur la dénaturation devinrent très vives, qu’on l’accusa nettement d’être le seul obstacle, tant par ses procédés, déclarés surannés, que par l’élévation de son prix, aux développements de l’alcool pour le chauffage, l’éclairage et la force motrice.
- « Le service chargé de la défense des intérêts du Trésor subit de rudes assauts ; dans les journaux politiques et scientifiques, dans les congrès, dans les réunions publiques, on entreprit l’abolition du système officiel et l’on préconisa des procédés nouveaux.
- « Mais, si ces procédés donnaient satisfaction à l’amour-propre, aux ambitions ou aux appétits de leurs promoteurs, leur adoption aurait été une véritable ruine au point de vue fiscal. Heureusesement l’intervention législative d’une part, et la sagesse de la sous-commission extra-parlementaire nommée ad hoc d’autre part, ont remis les choses au point; en sorte que l’agitation produite sur la question de la dénaturation s’est peu à peu calmée et que le bon sens a fini par prendre le dessus.
- « En dehors des documents officiels, peu répandus ou purement administratifs, on ne possédait aucune publication exposant loyalement et nettement la question de la dénaturation de l’alcool. M. R. Duchemin' dont les travaux et les publications sur la question ont été remarqués et appréciés, a cherché à combler cette lacune et je me plais à dire de suite qu’il a pleinement atteint le but qu’il avait visé.
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- « Dans l’ouvrage qu’il publie aujourd'hui, il commence par exposer ce qu’est la.dénaturation et quelles sont les conditions auxquelles doit satisfaire un dénaturant idéal. Après avoir fait un historique, très court mais très complet et très documenté, de la dénaturation en France, il passe en revue les lois, décrets, circulaires, règlements, etc., régissant la matière; puis il donne un tableau des industries autorisées h faire usage de l’alcool dénaturé, et indique les procédés spéciaux afférant à chaque-industrie.
- « Il expose ensuite l’organisation des laboratoires d'analyse officiels, avec leur rayon-d’action; fait un exposé impartial de la campagne menée en faveur du développement des emplois industriels, et résume les vœux des congrès en indiquant les dispositions-législatives intervenues.
- « De nombreux tableaux statistiques terminent cette première partie.
- « Un chapitre spécial, très intéressant, est consacré à l’exposé des modes de dénaturation employés dans les pays étrangers : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Grande-Bretagne, Hollande, Russie, Suisse.
- « Il fait clairement ressortir quelles sont les raisons pour lesquelles il est consommé beaucoup plus d’alcool dénaturé en Allemagne qu’en France.
- « Je recommande tout particulièrement la lecture de ces pages ainsi que des pages^ suivantes (124 à 150) aux personnes véritablement désireuses de se faire une opinion-juste et de rechercher les moyens pratiques de développer l’emploi de l’alcool en-France.
- « Après une étude critique, très bien faite, des différents dénaturants étrangers, il aborde l’exposé des principales fraudes pratiquées à l’aide des alcools dénaturés, il compare et discute les nouveaux dénaturants proposés, et, après avoir mis en lumière la supériorité de l’alcool méthylique sous sa forme commerciale le méthylène, il aborde le grand problème de l’emploi de la dose massive dont, dans une discussion-très serrée, il montre la supériorité et la nécessité.
- « Enfin, après avoir passé en revue les questions économiques se rattachant à la dénaturation, la nature et la qualité des alcools qu’il convient d’employer, l’attaque-des pièces métalliques des récipients, canalisations et moteurs, et leurs causes, il termine son livre par un chapitre donnant le texte des lois, décrets et circulaires administratives en vigueur et exposant, en détail, les méthodes officielles d’analyse des alcools dénaturés, du dénaturant général et de ses composants.
- « Le livre de M. R. Duchemin est écrit avec une très grande simplicité; on peut' dire qu’il renferme tout ce qui intéresse la question et qu’il ne contient aucun article faisant longueur.
- « A la suite de chaque chapitre se trouve un résumé de quelques lignes, qui est d’une concision extrême tout en donnant, sous une forme admirablement claire, l’idée maîtresse à retenir.
- « Tous ceux qui désirent se faire une juste idée du problème traité devront lire cet intéressant ouvrage; tous ceux qui connaissent parfaitement la question le consulteront certainement encore avec profit. On ne saurait, ainsi que je l’ai dit plus haut, montrer avec une vérité plus saisissante les difficultés que rencontre l’Administration pour défendre les ressources que lui procurent les droits énormes de l’alcool de consommation, alors qu’elle n’a à sa disposition ni les mêmes règlements draconiens qu’en Angleterre, ni les mêmes sanctions pénales qu’en Allemagne.
- « Tous ceux dont le jugementn’est influencé par aucune préoccupation étrangère au
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- bien général conserveront cette impression que, si le mode de dénaturation actuel est perfectible, comme toute œuvre humaine, il est certainement encore celui qui offre le plus de sécurité pour la sauvegarde des intérêts en jeu, et qu’il est peu logique de le voir combattre avec autant de passion dans le pays qui a tant fait pour en perfectionner l’emploi et dont les méthodes ont servi de modèle aux gouvernements étrangers ayant de très gros droits à défendre.
- « A la question de sauvegarde des intérêts du Trésor se lie intimement, dans le mode de dénaturation par le méthylène, une question non moins importante : celle de la distillation du bois d’où dépend complètement la prospérité ou la ruine de la sylviculture. Je ne puis donc mieux faire en terminant que de répéter après M. Duchemin : « C’est ainsi que la question de la dénaturation de l’alcool et du dénaturant touche à la richesse territoriale de la France et dépasse de beaucoup la portée d’une simple mesure de défense fiscale. » '
- La question de la dénaturation s’était peu à peu calmée, elle risque fort de renaître aujourd’hui : à propos de la crise viticole, de la lutte entre la vigne et la betterave, le Midi et le Nord, une campagne est menée pour donner des primes en France à l’alcool industriel, et tout naturellement on reparle de la dénaturation de l’alcool, « seul obstacle aux développements de l’alcool pour le chauffage, l’éclairage et la force motrice.
- Il est nécessaire de remettre les choses au point.
- L’ouvrage de M. Duchemin vient donc à son heure, et les savantes réflexions de notre collègue M. Bardy ne sauraient être trop répandues.
- Tableau général du Commerce et de la Navigation, année 1905, 2e volume. Navigation. Paris, mprimerie Nationale. La direction générale des douanes vient de publier un très gros volume in-folio, qui, sous le titre de Navigation, forme le complément du Tableau général du Commerce extérieur pour l’année 1905 (volume de statistique annuelle)’. Ce volume comprend :
- 1° Les mouvements de la. navigation internationale, c’est-à-dire ceux qui ont lieu entre la France continentale, la. Corse et les autres îles du littoral, d’une part; les pays étrangers, l’Algérie, nos colonies ou protectorats et la Grande Pêche d’autre part;
- 2° Les mouvements du cabotage français, c’est-à-dire les transports effectués d’un port à un autre port de la France y compris la Corse et les Iles du littoral, sous le régime du cabotage réservé au pavillon national ;
- 3° La situation de l'effectif de la marine marchande en France.
- Les renseignements spéciaux au mouvement maritime de l’Algérie font suite à ceux de même nature qui intéressent la France. L’étude de ces tableaux est facilitée par un Résumé analytique et des Notices particulières sur l'état technique de nos principaux ports, sur leur situation maritime, commerciale et industrielle.
- Il y a là une mine de documents du plus haut intérêt. Sans analyser un tel volume, je voudrais simplement attirer votre attention sur quelques chiffres relevés dans le Résumé analytique en tête de l’ouvrage.
- Si on considère la période qui s’étend de 1886 à 1905, au point de vue du mouvement général de la navigation, pour notre pays, on voit que le tonnage des entrées et des sorties n’a cessé de progresser (22 millions -de tonneaux de jauge en 1886;
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- 37 920100 tonneaux de jauge en 19051, mais on voit aussi que la plus grande part revient aux pavillons étrangers dans cette extension du mouvement maritime de nos ports. En 1905, par exemple, il ne revient à notre flotte de commerce, dans les transports ressortissant à la navigation de concurrence, que 3 066 763 tonnes à l’entrée (18,76 p. 100) et 2198 557 tonnes à la sortie (41,22 p. 100), tandis que les parts afférentes aux pavillons étrangers sont de 81,24 p. 100 à l’arrivée et 58,78 p. 100 au départ.
- Du reste, il ressort des données de divers tableaux sur l’évaluation du fret payé en 1905, que la moyenne des sommes payées aux compagnies de navigation étrangères, pendant l’année 1905, pour le transport de nos marchandises d’importation et d’exportation aurait été de 580 000 francs environ par jour.
- Le port de Marseille continue à figurer en tête des ports français où le trafic offre le plus d’activité. Perdant l’année 1905, sa part dans les transports maritimes a été de 6 521 439 tonnes de 1 000 kilogrammes. Le Havre en compte 3 248 291 ; Dunkerque, 2 998931; Bordeaux, 2 898858; Rouen, 2 789092; Nantes, 1 319 247; Saint-Nazaire, 1 251 815; Cette, 794 559 ; Bayonne, 753 318; La Rochelle, 732 540 ; Caen, 663 984 ; Boulogne, 606 695 ; Dieppe, 471 085; Saint-Malo, 419 133; Calais, 400 537 ; Brest, 369 315; Pauillac, 339 634; Saint-Louis-du-Rhône, 338 740; Cherbourg, 300 197; Rochefort, 253921; Le Tréport, 252 817 ; Honfleur, 241 455.
- C’est surtout à l’entrée que se manifeste l’activité de notre mouvement maritime. Ainsi en 1886 le tonnage des navires chargés ayant fréquenté nos ports représentait à l’entrée 12 554 394 tonneaux contre 9 164 767 tonneaux à la sortie, soit, sur 100 tonneaux à l’entrée, 73 tonneaux à la sortie. Depuis, la situation s’est améliorée; mais l’écart reste encore considérable entre le tonnage d’entrée et celui de sortie; les chiffres delà dernière année correspondent à 79,06 à la sortie contre 100 à l’entrée. La différence (20,94) représente, le tonnage centésimal des navires qui, entrés avec chargements, ont dû, par suite de la rareté du fret d’exportation, repartir sur lest.
- Nous avons enfin reçu trois ouvrages que je vous-demanderai de renvoyer à l’examen de votre Comité d’agriculture, étant donné l’intérêt que présentent les sujets traités et la notoriété de leurs auteurs :
- C’est tout d’abord de M. Denis Brocq-Rousseu, vétérinaire en premier au 8e régiment d’artillerie, la thèse qu’il a brillamment soutenue devant la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles : Recherches sur les altérations des grains, des céréales et des fourrages.
- De M. J. Crevât, agriculteur, membre correspondant de la Société nationale d’Agri-culture, une brochure, les Conditions d'irrigation rationnelle.
- De M. G. Coupan, un de nos lauréats, un nouvel ouvrage de l’Encyclopédie agricole que dirige avec tant de succès notre collègue M. Wéry : Machines de culture.
- Revue des périodiques de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Je vous ai, dans notre séance du 25 décembre 1906, dit quelques mots du procédé de fabrication des verres à vitres de M. Colburn, en train de se développer aux États-Unis (1), je crois utile de vous signaler aujourd’hui un autre procédé de cette fabrica-
- (1) Bulletin de janvier 1907, p. 64.
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- tion par étirage, dû à un ingénieur belge, M. Fourcault, qui en a rendu compte dans le numéro de février dernier de la Revue universelle des mines et de là métallurgie.
- Yoici comment s’exprime l’inventeur même de ce procédé :
- Je me sers d’une pièce en terre réfractaire en forme d’auge flottant sur le verre fondu et dont le fond est percé verticalement d’une fente longitudinale, longue et étroite, pratiquée dans la partie médiane saillante du fond de cette espèce de bac.
- A l’état d’équilibre, c’est-à-dire à l’état lège, le niveau du verre fondu se trouve à quelques centimètres des lèvres de la fente ; mais, si l’on enfonce, d’une certaine quantité dans le bain liquide, ce flotteur, que j’ai dénommé indifféremment étireuse ou dêbiteuse, et qu’on le maintienne dans cette position d’une façon permanente, le verre liquide jaillit par la fente, comme par une fontaine.
- C’est à l’intérieur de cette fente, laissant s’échapper de la matière en fusion à la consistance voulue, que je trempe une pièce d’amorce, de préférence une feuille de verre armé.
- Cette amorce se colle au verre fondu, et, quand cette soudure est bien établie, je soulève lentement la feuille de verre armé, qui attire avec elle le verre semi-liquide, lequel suit le mouvement ascendant, grâce à sa grande viscosité et au débit du flotteur.
- Pour que la feuille ainsi produite se continue indéfiniment, il suffit de l’étirer avec assez de lenteur pour que la partie soulevée au-dessus de l’étireuse ait le temps de se solidifier suffisamment pour continuer à entraîner avec elle une nappe nouvelle de verre plastique et malléable, ayant constamment une largeur égale à la longueur de la fente de l’étireuse.
- Mais il ne s’agit pas seulement d’engendrer une feuille de largeur constante, il faut aussi pouvoir la recuire et la refroidir graduellement, afin d’être en état de la débiter ultérieurement par l’incision au diamant.
- Dans la fabrication du verre par étirage en feuilles, et tout particulièrement lorsque celle-ci doit s’opérer en feuilles sans fin, il importe énormément, pour la réussite de l’opération, que la matière soumise à l’étirage soit non seulement aune fluidité convenable et égale en toutes les parties de la feuille en formation, mais aussi que le verre mis en œuvre soit d’une homogénéité parfaite, tant physique que chimique. De plus, la nappe soulevée hors du bain fondu doit posséder exactement la même température sur ses deux faces d’une part et ses deux lisières d’autre part ; sans cela elle se voile et perd sa planimétrie en se solidifiant.
- Il faut aussi, comme Clark l’a si judicieusement indiqué, que les arêtes de la feuille soient plus froides ou qu’elle soit alimentée de verre plus plastique en ses deux bords.
- C’est pourquoi la lisière d’une feuille obtenue par étirage présente toujours un bourrelet d’une épaisseur notablement supérieure à celle de tout le restant de la nappe étirée.
- Ce phénomène provient de ce que cette partie de la feuille est non seulement presque toujours nourrie de verre moins fluide que la partie centrale de celle-ci, mais aussi et surtout parce que cette portion de la feuille est refroidie de trois côtés : les deux faces et la tranche, tandis que le milieu de celle-ci n’est soumis à un refroidissement que sur ses deux faces.
- Cette circonstance, même provoquée intentionnellement dans certains systèmes, est au surplus indispensable pour maintenir une bonne et régulière formation de la nappe étirée ; car ces deux bourrelets constituent en fait des nervures plus rigides que le restant de la feuille et empêchent celle-ci de se rétrécir et de se plisser dans le sens de sa largeur.
- C’est pourquoi, dans mon système, l’étirage a lieu dans une espèce de puits dont les parois latérales sont fort minces, et qui est chauffé par transmission de la chaleur entretenue dans deux compartiments de réchauffage indépendants du four de fusion et disposés de part et d’autre du puits.
- De plus, en regard des bords de la feuille et au pied de celle-ci, je ménage deux ouvertures réglables permettant l’introduction d’une quantité voulue d’air froid, afin de refroidir les lisières de la nappe en formation.
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- Au-dessus de ce puiLs, est disposée une cheminée verticale qui constitue l’appareil commun dé traction et de recuisson de la feuille obtenue.
- Cette gaine verticale est en tôle ôu en fonte, garnie intérieurement d’un calorifuge quelconque. Elle contient à l’intérieur des rouleaux groupés deux par deux servant, par leur mouvement réciproque de rotation, à entraîner vers le haut la feuille que l’on étire. Le plan de tangence de ces organes tracteurs est vertical et passe par la fente de l’étireuse.
- Ces cylindres sont formés de rondelles de carton d’amiante superposées, enfilées sur un arbre métallique à section carrée et serrées fortement entre deux rondelles de fer par deux puissants écrous.
- Tous les rouleaux de droite reçoivent un mouvement identique de rotation par des moyens-mécaniques appropriés. Quant aux rouleaux de gauche, ils sont fixés aux extrémités de leviers coudés et des contrepoids poussent ceux-ci contre leurs antagonistes, de façon à serrer convenablement la feuille de verre qui s’élève entre ces paires de cylindres, assurant ainsi son cheminement vertical.
- Les rouleaux de droite sont en outre reliés aux rouleaux de gauche par des engrenages à longues dents permettant le rapprochement et l’éloignement, de ceux-ci, tout en assurant l’entraînement des organes de gauche par ceux de droite, qui sont en relation directe avec le moteur.
- De distance en distance, des tôles inclinées affleurant les rouleaux par leur arête supérieure sont disposées à l’extérieur de la cheminée. .
- Elles ont pour double mission, d’une part, de localiser la chaleur rayonnée par la débi-teuse et les parois du puits d’étirage dans le bas de la cheminée et d’éviter que le calorique ne monte trop rapidement vers le haut et assurent ainsi une chute de température plus régulière et plus méthodique ; d’autre part, de recevoir les débris de verre qui peuvent se produire, et que l’on enlève de temps en temps par des portes latérales.
- La mise en train de l’appareil se fait comme il suit :
- Faisant machine en arrière, l’on descend une feuille de verre armé, qui a été introduite parle haut de la cheminée, dans la fente delà débiteuse.
- A ce moment, on enfonce celle-ci de la quantité voulue, dans le bain de verre au moyen de contrepoids, de leviers, de vis ou de toute autre façon, pour obtenir le débit nécessaire.
- La-soudure est rapidement réalisée, et l’on donne alors, aux rouleaux tracteurs, la rotation dans le sens voulu pour obtenir l’ascension de la pièce d’amorce.
- Le verre s’échappe de la fente, qui était obturée par l’amorce pendant la soudure, et l’on règle la vitesse ascensionnelle de telle sorte que l’on étire de celle-ci la même quantité de matière que celle qui en jaillit spontanément.
- Une nappe de verre suit ainsi la soudure, s’engage avec celle-ci dans la première paire de rouleaux de la machine et successivement dans toutes les autres. L’attache étant arrivée à l’extrémité supérieure de la cheminée, on y détache la feuille de verre armé, et l’étirage se poursuit au moyen de la feuille elle-même qui se trouve engagée entre les cylindres du haut en bas de la tour.
- La température du puits d’étirage n’étant que de 500 à 600°, le verre se solidifie rapidement et, lorsqu’il atteint les premiers organes tracteurs de l’appareil, il est complètement figé; mais, quoique encore très chaud, il n’est plus susceptible de recevoir aucune empreinte de la part de ceux-ci, car il est alors déjà complètement durci.
- C’est la raison pour laquelle le verre obtenu est d’un brillant incomparable sur ses deux faces, qu’en un mot il possède le véritable poli au feu, supérieur à celui de la glace la mieux travaillée.
- Le produit ne peut non plus contracter une trempe quelconque ; car il est refroidi lentement et graduellement par rayonnement libre entre les parois chaudes du puits d’étirage. Il se recuit absolument automatiquement et n’est jamais touché par des engins à une température inférieure à la sienne, attendu que les rouleaux d’amiante qui l’enserrent,
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- sont toujours à un degré de chaleur égal à celui du verre, à l’endroit même où il est douché. '
- Toujours d’après M. Fourcaud :
- Le procédé permet l’obtention de verre de toutes les épaisseurs depuis 2 jusque 10 millimètres, àraison respectivement de 25 à 5 mètres courants à l’heure. A largeur égale de la. •fente de l’étireuse, le poids de verre extrait dans l’unité de temps est très sensiblement constant, quelle que soit l’épaisseur du produit fabriqué.
- Il saute aux yeux qu’une machine qui peut produire mensuellement 13 500 mètres carrés 4e verre à vitres de 2 millimètres d’épaisseur emballés, et ne nécessitant que trois hommes pour la conduire, un surveillant au bas, un coupeur et un détacheur de feuilles à l’étage supérieur, réduit très considérablement/le coût du fabricat.
- On peut estimer que le prix de revient sera abaissé de 50 p. 100. Rien que la dépense en •salaires, pour les cueilleurs, souffleurs et aides, représente 54 p. 100 du prix du verre fabriqué parles procédés actuels; la main-d’œuvre de l’étendage, 8 p. 100 .et le combustible nécessaire pour cette opération, également 8 p. 100. Je néglige ce fait important que les 30 p. 100 de déchets de matière, représentant les mules et les capes, n’existeront plus, ce qui équivaut à un bénéfice de 30 p. 100 sur le combustible dépensé au four à bassin. Je ne parle non plus de la suppression dès blocs, des polissoirs, des fers pour l’entretien des cannes et des outils et gazogènes d’étenderies. ' ' ...
- Quant à l’hygiène des établissements verriers, je laisse le lecteur juge du grand pas réa-; lisé dans cet ordre d’idées.
- Qu’il me suffise de signaler qu’il n’existera plus d’ouvertures béantes au four de fusion, 4evant lesquelles travaillent en pleine chaleur les cueilleurs et les souffleurs ; qu’il n’est plus question des étendeurs et de leurs aides en bas âge, soumis non seulement à l’action du feu, mais séjournant dans une atmosphère saturée de fumées et d’émanations d’oxyde de carbone.
- On peut Se figurer la verrerie de l’avenir, construite toute en hauteur, comme un moulin à farine : au rez-de-chaussée, le four de fusion avec ses machines débouchant au travers d’un plafond en béton armé, amenant les feuilles sans fin aux pieds mêmes des coupeurs, dans leur atelier, sis à l’étage, joignant à la caisserie et à l’emballage, établis au-dessus de tous les autres ateliers auxiliaires de l’usine.
- Cette question de la fabrication des verres à vitres, et aussi des glaces, présente une importance telle, et semble sur le point de se transformer si radicalement, que vous excuserez sans doute la longueur avec laquelle je vous signale, ici, ce procédé de M. Foucault, sur lequel la pratique ne s’est pas encore prononcée d’une façon définitive, mais qui semble des mieux étudiés et des plus ingénieux.
- On sait que l’une des propriétés les plus importantes du ciment armé, celle qui en permet une application véritablement pratique, est qu’il empêche et même arrête l’oxydation des fers et aciers bien enfermés dans un ciment de bonné qualité, dense et sain; mais les ciments armés ne sont pas exposés seulement aux actions oxydantes •ordinaires des eaux et des intempéries, ils peuvent être, et ils le seront de plus en plus avec l’emploi universel de l’électricité, exposés à des actions électrolytiques; il est donc très intéressant de savoir comment ils résistent à ces actions. C’est ce dont s’est, tout récemment, occupé M. A. Knudson, dans une série d’expériences des plus remarquables, publiées dans les comptes rendus de Y American Institufe of eleçtrical engineers de février 1907.
- Les expériences de M. Knudson lui ont montré 1° que le ciment humide est de 10 à 15 fois plus conducteur d’électricité que le ciment sec; 2° qu’un courant entrant par
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- un fer enveloppé de ciment èt sortant par ce ciment humide (1) oxyde le fer tout comme s’il était enfoncé dans le sol, et aüx points ou le'courant sortirait du fer au sol, et que, pendant cette corrosion éléctrolytique, il se produit une action destructive et désagrégeante du ciment lui-même.
- Voici quelques détails sur ces expériences. Elles furent exécutées, après trois années de prise, sur des blocs de ciment poirtland de 250 de diamètre sur' 300 mm. de haut, plongés dans un baquet métallique rempli d’eau pure ou. salée et traversés, au centre; par un tube de fer de 50 millimétrés de diamètre, pénétrant de 200 millimètres dans le bloc. Lorsqu’on ne faisait pas passer de courant de la tige au bàquet au travers du ciment, on retrouvait, après une trentaine de jours de plongée dans l’eau, le bloc de ciment et son tube parfaitement intacts. Avec un courant très faible : de 0,1 ampère, au bout de ces trente jours, le ciment était devenu très fragile et les tiges oxydées avec une perte de poids d’environ 2 p. 100; le ciment n’y adhérait plus que très faiblement. D’autres essais, avec différents types de ciments, ont donné des résultats encore plus frappants.
- Ces résultats semblent des plus importants pour les constructions de ciment armé sous terre et à la mer, et plus ou moins exposées à des actions électrolytiques le long des tramways ou des canabsations électriques sujettes à des fuites. Ils ne sont pas définitifs ni généralisables, applicables a priori à tous’ les ciments, notamment à ceux que l’on réussirait à protéger par une couche de goudron par exemple, et il est aussi bien évident que les constructions en ciment armé ne seront que rarement situées dans des conditions aussi favorables que celles de ces expériences à l’action électrôlytique^sin-gulièrement diminuée d’ailleurs par l’emploi-des courants alternatifs. Néanmoins, ces réserves faites, les résultats des expériences de M. Knudson méritaient d’être signalées comme apportant un nouvel élément de complication, et des plus sérieux, à cette question si grave et si embrouillée des actions électrolytiques provoquées par les canalisations de toute espèce sur tout ce qui les touche d’assez près.
- Les incendies à bord des navires sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense en général ; c’est ainsi que, d’après M.‘W. Lewes, qui vient d’étudier cette question devant l’institution des Naval architects de Londres (2), on compterait, pendant les cinq premières années de ce siècle, 141 incendies ayant occasionné la perte d’autant de navires d’un tonnage total de 162 600 tonneaux. Il ne s’agit ici que des désastres; les incendies d’importance moyenne, éteints sans perte des navires, sont extrêmement nombreux.
- Les causes principales de ces incendies sont les suivantes: 1° le feu spontané prenant dans une cargaison homogène ou mélangée; 2° l’admission de substances susceptibles de provoquer en un point d’une cargaison inoffensive en général une élévation de température excessive, par des actions chimiques ou autres ; 3° la présence de substances susceptibles de dégager des gaz ou des vapeurs inflammables ou explosives.
- Au premier rang des cargaisons susceptibles d’inflammation spontanée, il faut citer les charbons, puis les matières fibreuses légèrement humides et comprimées renfermant dès traces d’huiles ou de graisses, spécialement les fibres végétales, et surtout en présence d’huiles siccatives, très facilement oxydables. Le coton, le jute, la laine
- (1) Engineering News, 21 mars, p. 328.
- (2) The causes and prévention of fires at sea; séance du 22 mars 1907.-
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- PROCÈS-VERBAUX. --- AVRIL 1907.
- sont particulièrement dangereux lorsqu’ils sont humides, huileux et exposés à la chaleur soit de tuyaux de vapeur, soit simplement des rayons solaires, et il en est de même des tissus de ces matières. En outre, ces matières dégagent souvent des poussières très inflammables formant avec l’air des mélanges presque explosibles par une étincelle quelconque.
- Dans une cargaison mélangée, il peut se produire, pendant les gros temps, des secousses qui provoquent des fuites de différentes substances chimiques dont le mélange est susceptible d’occasionner des incendies tout à fait imprévus. C’est ainsi qu’une bouteille de glycérine brisée sur un paquet de permanganate de potasse, deux substances en elles-mêmes absolument inoffensives, provoque une déflagration immédiate des plus intenses. Des cordages goudronnés en présence de barriques de chlorure de chaux peuvent provoquer un incendie par l’action du chlore de ces barils sur le goudron ou la térébenthine des cordages. L’acide azotique en présence de charbon ou de térébenthine est aussi très dangereux, et on citerait ainsi toute une liste de corps extrêmement nombreux sans aboutir à d’autre règle que celle, aussi vague que générale, d’éviter autant que possible de loger près l’une de l’autre des substances très oxydantes et oxydables, riches en oxygène d’une part et en matières combustibles de l’autre.
- Les incendies par formation et fuites de vapeurs combustibles se déclarent principalement dans les cargaisons de pétrole plus ou moins mélangés d’essences, surtout avec les huiles brutes.
- Les principales précautions à prendre contre ces incendies sont : î° la subdivision du navire en nombreux compartiments étanches et à bois ignifugés ; 2° la protection des tuyaux de vapeur et des canalisations électriques; 3° une surveillance exacte et minutieuse de l’arrimage des cargaisons; leur protection par des moyens d’extinction appropriés. Mais ces précautions sont très rarement applicables en grand dans la marine marchande.
- L’ignifugation des bois ne peut être efficace que si la matière ignifugente pénètre bien au cœur des bois, ce qui exige des procédés variant avec la nature et l’âge des bois, de sorte que cette imprégnation à cœur est loin d’être résolue pratiquement. En outre, il faut que les substances ignifuges ne détériorent pas les bois, comme le sel marin, qui le rend trop hygroscopique ; d’autres attaquent les bois et les métaux, clous, etc., qui s’y trouvent. Les substances les plus employées sont les chlorures et les phosphates d’ammoniaque, de calcium, de zinc... Les bois, amenés sur chariots dans de grands autoclaves, y sont soumis au vide qui en épuise les gaz et l’humidité, puis au réactif sous pression, dont on surveille l’absorption par sa baisse dans l’autoclave; puis les bois imprégnés sont séchés à des températures ne dépassant guère 30°. Les bois ainsi traités avec grand soin présentent, d’après M. Lewes, une grande résistance à l’incendie, sans détérioration de leur substance, et leur emploi devrait être, d’après lui, rendu obligatoire sur tous les paquebots à voyageurs; en outre, les chantiers de construction devraient ignifuger eux-mêmes leurs bois^de façon à en être bien sûrs.
- L’emploi de l’eau n’est pas toujours à conseiller pour l’extinction des incendies. Tel est le cas de la prise en feu d’une poche de charbon à fond de cale. L’eau lancée sur la masse du charbon de la cargaison ne peut pénétrer à la poche en feu qu’en un volume insuffisant pour l’éteindre, mais très suffisant pour s’y transformer en gaz à l’eau combustible et susceptible de provoquer des explosions amenant l’incendie total du navire;
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- on s’en tirerait mieux par un jet d’acide carbonique liquide, extincteur et refroidisseur énergique pénétrant au cœur de la poche en feu; l’emploi des bonbonnes d’acide carbonique actuelles, en acier sans soudure, ne présente plus aucun danger.
- Mais, d’après M. Lewes, tous ces moyens ne sauraient être qu’imparfaits et, pour assurer une sécurité absolue, il faudrait que la cale, fermée à ses extrémités par des cloisons ou murailles d’eau bien étanches et pourvue d’écoutilles à joints hydrauliques, fût, après son arrimage, remplie d’acide carbonique, qu’on chasserait par un ventilateur pour le déchargement. Malheureusement, cette solution radicale et rationnelle exige des dispositions spéciales, coûteuses et déücates, qui en empêcheront longtemps l’adoption par la plupart des navires de moyenne importance ou faisant de nombreuses escales, de sorte que la question discutée par M. Lewes est encore loin, comme celle même de l’incendie des théâtres, d’être résolue d’une façon pratique et générale.
- Déclaration d’une vacance. — M. le Président déclare l’ouverture d’une vacance au Comité des Arts chimiques h la suite du décès de M. Moissan.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports de :
- M. Flamant, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur la borne-fontaine de M. Bayard.
- M. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur une peinture exemple de plomb, le Grisol.
- Communication. — M. P. Renaud fait une communication sur les nouvelles applications de VOxygène.
- M. le Président remercie vivement M. Renaud de sa très intéressante communication, qui est renvoyée au Comité des Arts chimiques.
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- OUVRAGES RECUSA LA RIBLIOTHÈQUE
- EN AVRIL 1907
- Paraf (Jean).— Commutatrices et transformateurs électriques tournants (Encycl. scientifique des Aide-Mémoire). 19 x 12 de 195 p., 58 fig. Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- 13 199.
- Brunswick (E. J), et Aliamet (M.). — Construction des induits à courant continu. L’arbre et ses tourillons. 19 X 12 de 171 p., 35 fig. Paris, Gauthier-Villars, 1906. 13 200.
- La Coux (H. de). — L’eau dans l’industrie. 2e éd. complétée par une Étude spéciale sur les corrosions des générateurs de vapeur industriels et marins. 26 X 16,5. 543 p., 135 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 201.
- Direction générale des douanes. Tableau général du commerce et de la navigation. Année 1905. Deuxième volume : Navigation. Paris, Imprimerie Nationale. 1906. Pér. 34.
- Crevât (Jules). — Les conditions d’irrigation rationnelle. Paris, Ch. Béranger, 1907. 39 p.
- Guarini (Émile). — Le coût de la force motrice. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 28 p., 22 fig.
- Guarint (Émile). — Les forces hydrauliques et les applications électriques au Pérou. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 24p., 12 fig.
- Wesinger von Waldegg (Edmund). — Der Gips.2e Aufl.von Albert Moye. 27 x 18. ix-438s., 210 Abb. Leipzig, Theod. Thomas, 1906. 13 2 02.
- Brocq-Rousîeu (Denis). — Recherches sur les altérations des grains, des céréales et des fourrages (Thèse de doctorat. Faculté des sciences de Paris). In-8; vi pi. Nancy, Impr. réunies, 1907. ' 13 203.
- Coupan (Gaston). — Machines de culture. (Encyclopédie agricole). 18 x 12. vm-420, 279 fig. Paris, J-.B. Baillière et fils, 1907. 13 2 04.
- Journal de l’École imlytechnique. IIe série, 11e cahier. Paris, Gauthier-Villars, 1906.
- Pér. 281.
- Huygen (I. G). — Over de Exhaust-Werking bij Locomotieven. 26 x 19. 172 p. Lite-ratur (Prœfschrit. Technische Hoogeschool te Delft). Bijlage ii, nr, iv. 13 205.
- Exposition universelle internationale de 1900. Rapports du jury international. Groupe XVII. Colonisation; classes 113 à 115. Paris, Imprimerie nationale, 1906; classe 113 : procédés de colonisation, par J.-L. Deloncle; classe 114 : matériel colonial, par André de Traz : classe 115 : produits spéciaux destinés à l’exportation dans les colonies, par Charles.
- Gachet. 13 206.
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- OUVRAGES REÇUS.
- AVRIL 1907.
- 51*
- Institut international de bibliographie. L’organisation systématique de la documentation et le développement de l’Institut international de bibliographie. (Publication n° 82.) 12,5 x 16,5. 65 p. Bruxelles, 4, rué du Musée, 1907. 13 208.
- Direction du travail. Rapports sur l’application des lois réglementant le travail en 1905. Paris, Imprimerie nationale, 1906. Pér. 211.
- Mémorial du génie maritime. Troisième série : Fascicule, vin. Paris, Imprimerie nationale, 1906. Pér. 294.
- Comptes Rendus du congrès des Sociétés savantes de Paris et des Départements, tenu à Paris en 1906. Section des sciences. Paris, Imprimerie nationale, 1906. • Pér. 239.
- Minutes of proceedings of the Institution of civil engineers, vol. CLXV11. Pér. 189..
- Exposition universelle internationale de 1900. Rapports du jury international -
- Classe 19 : Machines à vapeur, par Charles Walckenaer, 688 p., 682 fig. Paris, Imprimerie-nationale, 1906. 13 207..
- Lindet (L.). — Le lait. La crème, le beurre, les fromages. 25 x 16. x-347 p. Paris,. Gauthier-Villars, 1907. • 13 209.
- Travaux de la Société industrielle de l’Est, 1884-1906, pp. 48-55. Conférences données par la Société, pp. 57-66 du Bulletin, n° 49, 23e année, 1906. Pér. 297.
- Auskunftsbuch fur die chemische Industrie, hrsg. von H. Blilcher. v-vi, Jahrgang, 1905-1907.
- Pér. 326_
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mars au 15 Avril 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACh . . . American Society of civil. Engi-neers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique.
- A1M. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . Annales des Mines.
- AMa . . American Machinist.
- Ap. . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC. . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- .BCC. . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN. . •. . Chemical News (London).
- Cs.. Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- CR. . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E. . . Engineering.
- E’.. . . The Engineer.
- Eam. . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . Eclairage électrique.
- Elé. . L’Électricien.
- Ef.. . Économiste français.
- EM. . Engineering Magazine.
- Fi . . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. . Génie civil.
- IaS. . Iron and Steel Metallurgist.
- IC.. . . . Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- le. . . . . Industrie électrique.
- lm . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- 11. . . . . Indnstrie textile.
- IoB. . . . Institution of Brewing (Journal).
- M.M.. . . Mining Magazine.
- Ms........Moniteur scientifique,
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- IldM. . . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré. . . . Revue électrique.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale.
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des minés et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(Bull.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SL........Bull, destatistique etde législation.
- SNA.. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- Va. . . .La Vie automobile.
- VDl. . . . Zeitschrift des Yereines Deutscher lngenieure.
- ZaC. . . . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Yereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1907.
- AGRICULTURE
- Arbres. Moyen d’en mesurer la hauteur. Ap 21 Mars. 364.
- Bétail. Rôle des aliments. Leur valeur calo rique (Grandeau). Ap. 21 Mars, 357 — Sucre dénaturé dans l’engraissement. Ag. 6 Avril, 527.
- Betteraves. Analyse des semences (Scliri-baux et Bussard). Ap. 21 Mars, 360. — Moyens de parer aux crises betlera-vières et viticoles (Vacher). Ag. 6 Avril, 531.
- — Culture de la bettei'ave à sucre et en-
- • grais potassiques. Ap. il Avril, 454 ; Ag. 13 Avril, 568.
- Champignon de couche. Culture en plein air. Ap. 21 Mars, 359.
- Cheval de trait belge. Son élevage. Ap. 21 Mars, 366.
- — Percheron. Ap. Avril, 432.
- Coopération agricole. Mouvement actuel (Pai-
- - sant). SNA. Fév., 168.
- Coupe mécanique des récoltes versées. Ag. 13 Avril, 587.
- Déboisement (Le). Ef. 13 Avril, 527.
- Forêts et les pluies. Ag. 28 Mars, 393. Irrigation du Yuma. Californie (Caster). Fi. Mars, 217.
- Lin nouveau du Brésil. MC. 1er Avril, 109. Pomme à cidre : la meilleure pour l’exportation en Allemagne (Truelle). SNA. Janv., 187.
- Solanum Commersoni (Le) (Olivier). SNA. Fév., 158.
- Machines agricoles au concours général de 1907. Ap. 4-11 Avril, 433, 465. Topinambour. Marcottage et tuberculisation aérienne. Ap. il Avril, 427.
- Vins gelés. Composition. Influence de leur congélation et dégel dans la recherche des falsifications. Ap. 2t Mars, 368.
- — Production dans les pays divers. SL.
- Fév., 232.
- — Vignoble de la Basse-Alsace. Ap.4 Avril,
- 422.
- CHEMINS DE FEU
- Chemins de fer américains. E'. 29 Mars, 319.
- — Grand Transpacifîc canadien. Rgc. Mars,
- 146.
- Tome 109. — Avril 1907.
- 513
- Chemins de fer allemands. Statistiques 1904; Rgc. Mars, 131.
- — belges en 1905. (id.). Avril, 221.
- — de l’Inde anglaise en 1904. .Rgc. Avril,
- 209.
- — suisses. Statistique 1904. Rgc. Mars,
- 138.
- '— à voie étroite pour colonies (Jung-man). Société d’Encouragement de Berlin. Mars, 85.
- — Métropolitains. Great-Northern-Picca-dily. Re. 30 Mars, 177.
- — — Paris. Assèchement des sables. Gc.
- 30 Mars, 380 ; Ac. Mars; 34.
- — — New-York. E'. 29 Mars, 12 Avril,
- 308, 360.
- — Électriques et à vapeur (Stilwell et Put-man). EE. 6 Avril, 29.
- — — Déraillement de Woodlawn. E'.
- 12 Avril, 364; E. 12 Avril, 479.
- — Toledo-Chicago Rr. Interurbain monophasé. Re. 15 Avril, 206.
- — — Développement en 1906. (id.), 210. Éclairage des voitures par becs incandescents.
- Gc. 23 Mars, 349.
- Épuration des eaux au chemin de fer de Gafsa (Tunisie) (Boileau). Rgc. Mars, 113.
- Freins continus rapides. VDI. 30 Mars, 506. Locomotives à l’Exposition de Marland.ZOI. 22-29 Mars, 5 Avril, 209, 225, 249.
- — nouvelles du London and North Wes-
- tern. VDI. 30 Mars, 481. .
- — — du Great Western. E'. 29 Mars,
- 306.
- — Express 2 couplé. Chemins suédois. E.
- 29 Mars, 419.
- — articulées à grande puissance aux
- États-Unis. Rgc. Avril, 194.
- — à 6 roues couplées. E1. 12 Avril, 371.
- — à vapeur surchauffée. Essais compara-
- tifs. Rgc. Avril, 230*.
- — Voie de 0m,75..Locomotive-tender arti-
- culée. E. 12 Avril, 482.
- Matériel roulant américain (Japiot). AM. Janv., 66. • -Rails (Corrugations des). E.-29 Mars, 422. Signaux du Metropolitan ^district. London. Rgc. Mars, 162.
- — de Paris. le. /0 Avril, 154.
- — à la gare de Courcelles-Ceinture. (id.).
- 225.
- 34
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- 314
- LITTÉRATURE DES . PÉRIODIQUES. . -r- lAVJUU: 1907. j
- Foie quadruple Raris-Creil par Chantilly (Rossignol). Rgc. Mars, 105.
- — Aiguille Rôgozea. La Nature. 6 Avril, - -298............ , -
- TRANSPORTS DIVERS :
- Automobiles industriels. Exposition d’Olympia. E. 22 Mars, 373; E'. 22 Mars, 286; Gc. 30 Mars, 369. d’ïslington. . E'. 12 Avril, 362; E. 12 Avril, 491. .
- -= Avenir de l’automobile. Va. Zi.Mars, 177. . ;
- — Fabrication automobile (La) (Monnier).
- Technique automobile. Mars, 40.
- — Autobus à pétrole (W. Beaumont). E. 22 Mars, 365, 395.
- . — à pétrole. Motobloc. Va. 22 Mars,
- . 181. : ;
- — Voiturette obus. Va. 13 Avril, 235.
- — - - Eudelin, 16 chevaux. Va. 13 Avril,
- 231.
- — — Réglage des moteurs (Sainlurat).
- Technique automobile. Mars, 36.
- • — ..(Similitude des) (Salomon), (id.), 38.
- — Bandages. Ri. 6-13 Avril, 138, 143.
- —. Toiles pour pneumatiques. Va. 13 Avril, 233.
- — Jantes amovibles. M. L. Samson, Tur-quand, Starley, Christie. Ri. 30Mars, 125. .
- — Moyeu, pour roues métalliques (Ravi-
- gnàux). Technique automobile. Mars,
- . 33. _ ..
- — Locomotive routière Davey Paxmann.
- E'. 27 Mars, 322.
- — Motocyclettes Rêve, Rouzière, Peugeot,
- Yiratelle, La Nature. 6 Avril, 292. ...
- — — Deulz, Gc. 6 Avril, 397. ,
- Tramways électriques. Établissement du
- troisième rail. Elé. 6 Avril, 213.
- — — à contacts Krirck. Gc. 23 Mars,
- 357.
- — à vapeur. Clermont-Ferrand au Puy
- de Dôme. Rgc, Mars, .151..
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Alcools. Fabrication scientifique du whisky (Schidrowits). IoD. Fév., 159.
- Alcools. Influence des; sels de manganèse sur-la fermentation alcooliqqe(Kayser et . . Marchant). Cil. 2 Avril, 714. * Aliments. Adultération (des). CNa 12 Avril,. ,175,. ; ; 1 _ . :
- —: de déjeuner, composition, digestibilité
- . ; et prix (Harcourt). Cs. 30 Mars: 240,-Albuminoïdes solubles, (Cannon).. IoB. Fév.,.
- — . 140. . .
- Ammoniac. Formation du gaz ammoniac à
- partir de ses éléments par l’étincelle . . . électrique. Influence de la pression
- (Briucr et Mettler). CR. 25 Mars,.
- 694.
- Ammonium . (Hydrate d’) (Blackman). CN... 22 Mars, 133.
- Azote atmosphérique. Fixation électrochimique (Guye). Ms. Avril, 225-233.
- — Utilisation industrielle (Frankland). Cs.. 15 Mars, 175.
- Baryum (Préparation du) (Guntz). AGP. Avril,. 437.
- Bore et Molybdène. Combinaison au four électrique (Binet et Jansonneux). ScP.. 20 Mars, 254.
- — Borate de calcium cristallisé. Cs. 30 Mars,, 254. .
- Brasserie. Forte proportion de matières solubles dans certains malts (Briant).. IOB. Fév., 132.
- — Divers. Cs. 15-30 Mars, 216, 267.
- Briques réfractaires. Emploi en chimie (Schar-tler). Cs. 15 Mars, 203.
- Brome. Industrie aux États-Unis. Cs. 15 Mars,. 201.
- Calorimètre pour explosions Hopkenson. EC,
- . 29 Mars, 328.
- Chaux et Ciments. Divers. Cs. 30 Mars 257. . ’
- — Densité du portland. E. 5 Avril, 455. Chimie appliquée (Problèmes de) (Lunge). CN..
- 26 Mars, 6-1.2 Avril, 151, 158, 172. Chrome. Réduction de l’oxyde par la base :: préparation des composés Cr B et et Cr3B2 (Bedel et Jansonneix). ScP... 20 Mars, 250. ,
- — (Trioxyde de) (Read). CN. 12 Avril,
- 169.
- Cellulose (Production des fibres de) par le-coton nitré (Lumière). Cs. 15Mars,.. 197. Progrès de la fabrication en 1906., ZAC. 12 Avril. 610.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1907.
- 515
- Céramique. Poteries pour l’électricité. Cs. 15 Mars, 202;
- Coloration artificielle des minéraux (Gaubert). • CR. 8 Avril, 761,
- Combustion spontanée des huiles. Appareils pour déterminer la tendance des huiles à cette combustion (Gill). Cs. 15 Mars, 185.
- Créatine. Détermination dans les viandes (Gundley et Woods). CN. 28 Mars, 145.
- Cryoscopie de précision (Giran). ScP. 20 Mars, 290.
- Cyanoferrures (les). Cs. 15 Mars, 199. Distillation dans le vide. Appareil Hack et Troost. Cs. 15 Mars, 189.
- Eaux résiduaires. Traitement bactériologique.
- £.12 Avril, 489. ,
- Eaux. Auto-purification des. rivières. . E.
- 29 Mars, 424.
- Égouts. Purification bactérielle des eaux d’égout chargées de liquides provenant de la récupération de l’ammoniaque (Frankland et Silvester). Cs.
- 30 Mars, 232.
- Éclairage au gaz par incandescence. Progrès.
- J. f. Gasbeleuchtung. 6-13 Avril, 303, 327.
- Essences et parfums. Cs. 15-30 Mars, 220,
- . 274.
- — d’absinthe (Cuniasse). ScP. 20 Mars,
- 279.
- — Sorbéite extrait des baies de Sorbier (Bertrand). ACP. Avril, 450. . Explosifs. Détermination de la nitroglycérine dans la cordite (Sijbirrad). Ms. Avril, 266.
- — Cheddites (les) (Bravetta) (id)., 268.
- — Causes de décomposition des nitrocel-
- luloses. Détermination de leur instabilité (Jacqué) (id.), 271.
- — Poussières explosives (Peckham). Cs.
- 30 Mars, 244.
- Graisses et huiles. Divers. Cs. 15-30 Mars, 211, 262.
- — Analyses des huiles de poisson (Hal-
- phen). ScP. 20 Mars, 280.
- — Noix de kola. Cs. 30 Mars, 263.
- — Lards (Analyse des) (Polenske). Cs.
- 30 Mars, 271.
- — Hydrolyse enzymique des graisses
- (Hoyer). Cs. 30 Mars, 263.
- Graisses et huiles. Paraffine. Sa détermination dans les matières insapo-. nifiables des graisses animales (Lip-kowistch). Cs. 30 Mars, 263. Gutta-percha du « Palaquium Trenbi » (Jung-fleish et Leroux). ScP. 4 Avril, 327. Industrie chimique dans la Colombie britannique (Lang). Cs. 30 Mars, 237. Laboratoire. Analyse (Industrialisation de T). Station agronomique de l’Est. Dosage de l’azote et de l’acide phos-phorique dans les engrais (Rousset). RCp. 14 Mars, 105.
- — — qualitative des éléments communs
- (Noyés et Brag). CN. 22 Mars, 136 ; 28 Mars, 5-12 Avril, 148, 157, 170.
- — Acidimétrie. Emploi de l’ammoniaque (Caruila). Cs. 15 Mars, 186.
- — Charbons. Détermination de leur qualité par leur densité (Hacheta). Eam. 6 Avril, 670.
- — Dosage de l’azote dans les composés organiques par la méthode absolue. Appareil pour fournir de l’acide carbonique (Young et Candwell). Cs. 15 Mars, 184.
- — — des sulfates dans les thiosulfates.
- Cs. 15 Mai, 199.
- — — du manganèse dans les eaux po-
- tables (Noll). ZAC. 22 Mars, 490.
- — — de l’ammoniaque dans les eaux
- (Buisson). Pc. 1er Avril, 326.
- — Essoreuse de laboratoire à vapeur
- Lequeux. Cs. 15 Mars, 190.
- Occlusion des gaz résiduaires par les parois de verre des tubes à vide (Swinton)* CN. 22 Mars, 13 4.
- Magnésium. Séparation des alcalis par l’arsenic (Browning et Drushel). American Journal of Science. Avril, 293.
- Manchons à incandescence (Théorie des) (Foix). CR. 25 Mai, 685.
- Optique. Télémètre du commandant Gérard. La Nature, 23 Mars, 258.
- — Origine des spectres en série (Ritz).
- CR. 18 Mars, 634.
- — Télescope à miroir de 2m,50 de Haie.
- £. 29 Mars, 406.
- — Polarisation rotatoire magnétique aux
- environs des bandes d’absorption (Becquerel). CR. 25 Mars, 682.
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- 516
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1907.
- 'Optique. Cannelures supplémentaires des spectres produits par les réseaux parallèles (Merlin). CR. 25 Mai. 689. • Papier. Divers. Cs. 15-30 Mars, 220, 273.
- — Fibres des Philippines utilisables pour la fabrication du papier. Cs. 30 Mars, 274.
- Phosphorescence (Étude de la) (Becquerel). CR. 25 Mars, 671.
- Phosphore. Rôle thermique dans ses combinaisons (Thomlinson). CN. 28 Mars, 145.
- Platine (Amalgame du) (Moissan). CR. 18 Mars, 593.
- Protoxydes alcalins. Propriétés des (Rengade). Cl\. 8 Avril, 753.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15-30 Mars, 212, 264.
- — employés pour les tableaux (Lanne). SA. 5 Avril, 557.
- Rubidium. Arséniates et arsénites. CR. 18 Mars, 641.
- Soude (Carbonate de) (Caustification du): Cs. 15-30 Mars, 202, 253.
- Soufre (Gaz contenus dans le) (Moissan). ACP. Avril, 433.
- — Point d’inflammation (Rutherford Hill). CN. 12 Avril, 169.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15 Mars, 214.
- Surfusion et sursaturation (Recherche sur la) (de Coppet). ACP. Avril, 457.
- Tannerie Divers. Cs. 15-30 Mars, 213, 265.
- — Tannage au chrome. Cs. 15 Mars, 213. Teinture. Indigo. Recherche de l’indigotine dans l’indigo commercial (Berglheil et Briggs). Cs. 15 Mars, 182.
- ' — Matières colorantes dérivées du tri-phenyhnéthane (Prudhomme). ScM. Fév. 79.
- -— Divers. Cs. 15-30 Mars, 193, 195, 250, 253.
- • — Imperméabilisation des tissus. MC. 1er Avril, 120.
- — Teinture et ionisation (Vignon). ScP. 20 Mars, 273.
- . — — des soies et textiles artificiels (Baltzer). Ms. Avril, 237-243.
- — Charge des soies teintes. Son dosage (Sesley). MC. 1er Avril, 97. .
- — Production d’articles enluminés sur i- fonds de couleurs à la glace (San-
- sone). MC. 1er Avril, 105.
- Teinture. Machines à essorer les tissus au large par aspiration. MC. 1er Avril, 112.
- Thermomètre Fournier à tension de vapeurs saturées. Gc. 13 Avril, 412.
- Verre. Fabrication mécanique (Fourcault).
- Ru.Fév., 117. Spreshall. 4-11-18 Avril. 181, 163, 209. •
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Angleterre. Commerce extérieur en 1906. SL. Fév., 1906.
- — Rapport du Postmaster General pour
- 1906 (id). 252.
- — Institutions locales de F. (Auburlin).
- Rso. 1er Avril, 505.
- Allemagne. Industries d’ingénieurs en 1906. E'. 22 Mars, 277.
- — Marché financier. Ef. 23 Mars, 407.
- — Situation générale. Son rôle dans la
- politique universelle. Rso. 16 Mars, 451; 1er Avril,528.
- — Argent. Fluctuation de la valeur du
- métal, Ef. 13 Avril, 525.
- Assistance paternelle aux enfants employés dans l’industrie des fleurs et plumes (Vovard). Rso. 1er Avril, 547.
- Belgique. Enquête sur la (Rivière). Rso. 16 Mars, 445.
- Brevets. Nouvelle loi anglaise. E. 29 Mars, 421.
- Coopération et mutualité. Ef. 23 Mars, 409. Coopératives paysannes et socialistes de Ma-raussan (Hérault). (Augé Laribé). Musée social. Mars.
- Egypte (F). E. 12 Avril, 487.
- États-Unis. Crise des chemins de fer. Ef. 23 Mars, 411.
- France. Hausse de l’escompte de la Banque de France et la crise financière mondiale. Ef. 30 Mars, 445.
- — Enseignement -professionnel. Nouvelle
- obligation. Ef. 30 Mars, 451.
- — Opérations de la Banque de France eh
- 1906. Ef. 6-13 Avril, 489, 530.
- — Impôt sur le revenu à l’étranger et en
- France (Hubert Valleroux). Rso. 16 Avril, 580.
- — Communautés de famille en Auvergne.
- Rso. 16 Avril, 603.
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- 517
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1907.
- Habitations ouvrières à Venise. Rso. 1er Avril, 552.
- Hongrie (Arts et industries en) dans les temps anciens et modernes (Felbermann). SA. 12 Avril, 575.
- Inde. La ville de Madras (J. Thomson). SA. 20 Mars, 527.
- Institutions patronales. Rôle dans la vie industrielle contemporaine (F. Au-burtin). Rso. 16 Avril, 577.
- Italie. Émigration vers les États-Unis. Ef. 30 Mars, 454.
- Japon. État économique. Ef. 23 Mars, 413. Marques et dessins ou modèles industriels : protection internationale. SiM. Janv., 28.
- Malaisie anglaise (Treacher). SA. 22 Mars, 493.
- Maisons ouvrières de l’Union Home. N° 11, rue Daguerre. SiM. Déc. 1906, 369.
- Paris. Régime des transports en commun. Ef. 23 Mars, 414.
- Prud’hommes (Nouvelle législation du conseil des). Ef. 6 Avril, 486.
- Philippines sous la domination américaine. Ef. 6 Avril, 485.
- Prusse. Impôt sur le revenu en 1906. SL. Fëv., 252.
- Russie. Évolution de l’empire russe. Ef. 23 Mars, 405.
- Retraites pour la vieillesse en Relgique. Ef. Avril, 523.
- Sociétés par actions. Projet de loi. Ef. 30 Mars, 447.
- Syndicalisme et ses excès. Ef. 13 Avril, 521. Tonkin (Le). Rso. 1er Avril, 558.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Attaches pour ciment. AMA. 30 Mars, 367. Barrage de Croton (New York). E'. 12 Avril, 305.
- Béton. Constitution et résistance (Fui 1er et Thompson). ACE. Mars, 222.
- — Résistance au feu. Gc. 6 Avril, 392. Ciment armé. Calcul des pièces (Chaudesei-
- gnes). Ac. Mars, 45.
- — Phare de la Coubre. E'. 5 Avril,
- - 334.
- — Son avenir dans les grands* travaux. Le
- Ciment. Mars, 33.
- Ciment armé. Travaux de la commission-du ciment armé (id.). 37.
- — Essais de résistance Schute (id.). 39.. — Élude sur les plaques de (Moller). Société cl’Encouragement de Berlin,. Mars, 163.
- Ferme en arc 2 articulations. Calcul (Aragon)-Gc. 23-30 Mars, 951, 374.
- — de charpente à travées solidaires-
- (Hausser etCunq). Rgc. Avril, 179. Ponts. Vieux pont sur l’Ayr. E. 12 Avrils 471.
- — de Québec. VDI. 23 Mars, 459.
- — (Renforcement des) sur le Madaar. FL
- 29 Mars, 407.
- — Tremblementde terre de San Francisco^ Rapport de la commission. ACE* Mars, 299.
- — Tunnels de l’Hudson. New-York. E. 22. Mars; 2 Avril, 367, 473. E1. 29 Mars, 308. ÈM. Avril, 1. E'. 12 Avril, 360.
- — de Calais-Douvres. E1. 22 Mars, 280,.
- 292.
- — Ventilation des (Biranlt). IC. Janv., 44-
- 195.
- Ventilation des casernes bétonnées (Tricand)-Gm. Mars, 197.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Conservation ou rétablissement de la capacité : procédé de l’Accumulatoi'en-Fabrik. Re. 15 Avril, 198. .
- Bobines à courants de haute fréquence : résistance apparente (Black). Re. 15 Avril, 199.
- Conductibilité du cuivre. Variation avec la température (Crocker). EE. 15 Avril,
- , 63.
- Dispersion magnétique. (Cramp). EE. 23-30 Mars, 425, 451.
- Distribution. Réseaux à courants alternatifs (Lichtenstein). EE. 23-30. Mars, 429, 453, 6 Avril, 27.
- — par courants continus en série (High-
- field). Ri. 13 Avril, 150.
- — dans les Basses et Hautes Alpes, l’Ailier.
- Ele. 23-30 Mars, 6 Avril, 177, 194, 209.
- — Régime futur à Paris. le. '25 Mars, 126;
- 10 Avril, 158.
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- 51.8
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----AVRIL 1907.
- Distribution. Tableau pour .très haute tension (Ferranti). E. 29 Mars, 5 Avril, 405, 447. ...
- — Réseau des Alpes-Maritimes (Frilley).
- EE. 30. Mars, 441. EU. 13 Avril, 225.
- . — Action mécanique des courants dans les conducteurs (Bary). EE. 13 Avril, 37.
- Dynamos. Calcul au point de vue de la commutation (Kennedy). EE. 22-30 Mars, 423, 449.
- — Rendement des dynamos à courants
- continus : détermination par les méthodes électriques (Loppé). le. 10 Avril, 155.
- . — Essais des règles de l’association de Milan. Elé. 21 Mars, 180.
- — Détermination des ampères-tours d’en-
- trefer (Legros). EE. 30 Mars, 437; C A vril, 12
- — Établissement au point de vue de la
- commutation (Kennedy)..EE. 30 Mars, 449. •
- — Dispersion magnétique. Son influence
- sur la construction des dynamos (Cramp). EE. 30 Mars, 451.
- — Pertes dans le fer des machines asynchrones (Wall). EE. 6-13 Avril, 23, 60.
- — à pôles de commutation avec ou sans
- pôles saillants (Pelikan). EE A3 Avril, 58.
- — à courant alternatif avec champ auxi-
- liaire et excitatrice influencée (Hey-land). Ré. 15 Avril, 103.
- — Forces électromotrices dans les enroulements monophasés ou polyphasés. Calcul par )un diagramme vectoriel du champ magnétique (Gorges). Re. 15 Avril, 200
- Moteurs. Tension entre lames du collecteur et vitesse critique du moteur Shunt à grand réglage de vitesse (ÜEschlager). Re. 15 Avril, 203.
- Éclairage. Arcs à flammes. Propriétés et applications (Blonde!). EE. 23 Mars, 407. Sie. Mars, 137.
- — — Lampe à magnétile. Résultats. Re.
- 15 Avril, 211.
- Incandescence. Lampe au titane. EE. 23 Mars, 434.
- Incandescence au tungstène. Elé. 23 Mars, 185.
- — au carbone.Nerst et au tantale en
- courant alternatif : durée. EE. 5 Avril, 35, 68.
- -7- Détermination de l’intensité moyenne horizontale (Uppenhorn). EE. 23-30 Mars, 435, 460.
- — — Influence de la température am-
- biante sur. l’intensité lumineuse des lampes à incandescence (Laporte et Jouaust). CR. 25 Mars, 688. .
- Électro-chimie. Électrolyse du sol et formation d’un alliage: liquide Sodium-potassium (Bassett). Cs. 15 Mars, 180. .
- — Divers. Cs. 15—30 il/ars, 208, 261.
- — Théorèmes généraux d’électro-chimie
- (Latour'.. EE. 6-13 Avril, 5, 49.
- — Électrolyse des mélanges (Rosset). EE.
- 6 Avril, 16.
- — Galvanisation électrolytique. Gc. 6.
- Avril, 391.
- Énergies électrique et chimique (Westman). Fi. Mars, 185.
- Interrupteur Blondel Gaiffe. Re. 20 Mars,
- 170.
- Isolateurs Egner, EE. 30 Mars, 456.
- Mesures. Rhéographe Abraham Carpentier. Re. 30 Mars, 162.
- — Sécohmètre. Emploi pour, la mesure des résistances et des capacités
- combinées (Millier). Re. 15 Avril,
- \..X 216. . .
- — Galvanomètres Chauvin et Arnoux. Re.
- 30 Mars, 164.
- — Compensation (dispositifs de) Weston pour réglage des instruments à lecture directe. Re. 15 Avril, 214.
- — Compteur à dépassement Aron. Re. 30 Mars, 166.
- — — de temps pour tramways Wagmul-
- ler. Re. 15 Avril, 213. '
- — Ondomètre fermé. Re. 30 Mars, 172.
- —. Wattmètre Siemens et Holske. Re. 30 Mars, 168.
- Piles. Perfectionnements divers. EE. 13 Avril, 71.
- Stations centrales hydro-électriques et à vapeur pour l’industrie (Schon). EM. Avril, 35.
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- AVRIL 1907.
- 519
- LITTERATURE DES PERIODIQUES. -----
- Télégraphie sans fil (la).(Fessenden). EE. 13 Avril, 65.
- — Poulsen. Dudclell. EE. 23 Mars, 432.
- • — Absorption et pouvoir de radiation des métaux pour les ondes hertziennes (Gestler). EE. 30 Mars, 458; 5 Avril, 33.
- — Détecteurs magnétiques (les). (Maurain) Re. 30 Mars, 182.
- — Essai de télégraphie sans -fil dirigée (Schmidt). Re. 30 Mars, 189.
- — sous-marine pour câble transatlantique
- (Mullady). Fi. Mars, 165.
- — Lignes et appareils télégraphiques. Étude expérimentale (Devaux Char-bonnel). Sie. Mars, 171.
- Téléphonie. Étude du" récepteur (Poincaré). EE. 23 Mars, 401.
- Téléphotographie (la) (Armagnat). Je. 10 Avril 149.
- Transformateurs. Influence d’une capacité dans le circuit secondaire des. (Brendt). EE. 23 Mars, 404.
- — triphasés (Mac Allister). EE. 23 Mars,
- ' 427.
- Transport de force. Paris-Rhône. E. 5 Avril, 454.
- HYDRAULIQUE
- Écoulement des liquides. Appareil de mesure Krebs. CR. 8 Avril, 747.
- Filtration des eaux à travers les roches naturelles et les maçonneries (Bachou). Gc. 13 Avril, 409.
- MARINE, NAVIGATION
- Constructions] navales. Stabilisation gyrosco-pique (White). E. 5 Avril, 442, 448. Docks flottants modernes [(Clark). E, 5 Avril,
- . 462. .
- Bateau à roue arrière « Endeavour » pour le Congo. Ri. 30 Mars, 121. Pour le Rhin. VDl. 23 Mars, 442.
- Incendies à la mer. Causes et prévention (Lewes). E. 5 Avril, 467.
- Machines marines. Les turbines. E. 5 Avril, 453.
- — à paraffine Parsons pour yacht. E.
- 5 Avril, 461.
- — à gaz (Greene). EM. Avril, 59.
- Machines marines. Torque des arbres d’hélice (Gibson). E. 12 Avril, 497. Marines de . guerre. Machines et artillerie (Mac Kechnie). E. 22-29 Mars, 377, . 389, 429.
- . — Sous-marins. Sécurité et avenir (Lake). • E. 12 Avril, 501. E1. 22 Mars, 5 Avril,
- 296, 352.
- — française. Désastre de Yléna. E122 Mars,
- 291.
- — anglaise. Croiseur Indomptable. E'.
- 22 Mars, 294.
- — Cuirasses et projectiles modernes. EL 12 Avril, 361.
- Missouri. Travaux d’amélioration. Gc. 6 Avril, 385.
- Ports. Établissement des (Baterden). EL 5 Avril, 338. ' .
- Paquebot Lusitania. Construction et lancement (Luke). E, 29 Mars, 409, 433 ; E', 5 Avril, 345.
- Phare de La Coubre en ciment armé. EL 5 Avril, 3.35.
- Renflouage du Suevic. EL 12 Avril. 366. Supports d'hélices (Simpson). E. 5 Avril, 465. Signaux de brouillards et naufrages. E' 5 Avril,
- 346. . -
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Aéroplanes (les) (Etève). CR. 18 Mars, 630.
- — Coefficient de résistance de l’air à
- adopter dans un projet d’aéroplanes (Ferber). CR. 25 Mars, 680. '
- — Ailes et aéroplanes. E. 12 Avril, 488. Broyeurs et concasseurs à l’Exposition de Rei-
- chenberg. VDl. 8 Avril, 53”. Chaudières. Rendement des installations de.
- . RM. Mars, 293.
- — tubulaire Ransbolton. RM. Mars, 305 ;
- Scralpe (id.), 306.
- — à tubes d’eau Bellens Beckford, Bour-
- don, Curtis Davies, Morin, Normand et Sigaudy, Roberts, Simpson-Stric-kland, Yarrow, Roggero, Altman, Deff-ner, Solignac-Grille. RM. Mars, 294-305.
- — Accidents en 1905. AM. Déc., 586.
- En 1906. EL. 5 Avril, 346.
- — Alimentateur Richardson. EL 12 Avril,
- 374.
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-
-
- 520
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1907.
- Chaudières. Analyseur des gaz du foyer Arndt. RM. Mars, 294.
- — au pétrole Lane Valley. E. 22 Mars,
- 376.
- — Foyers. Bamforlh et Proudfoot. Robe-son et Poettington, Korting, Howl, Longsdorf, Mac Clave, Marshall et Hargreaves, Ranalli. RM. Mars, 307.
- — à paille Clayton et Shattleworth Pax-
- mann. RM. Mars, 307-312.
- — Grilles Mac Clave. Vicaro. Cowan.
- — Épurateurs d’eaux Glover et Hobson, E'. 22 Mars, 298.
- — Explosiou d’un dôme (Bach). VDI. 23 Mars, 465.
- — Injecteur.pour eau chaude Davies et Metcalfe. E'. 22 Mars, 298.
- — Propriétés de la vapeur d’eau aux hautes températures. E. 12 Avril, 472.
- - — Surchauffe. Applications récentes (Bol-ton). EM. Avril, 83.
- — Fumivorité aux usines et stations centrales (Kershaw). SA. 22 Mars, 513.
- — Tirage forcé NVyand. RM. Mars, 312. Comparateur à miroir.-Elé. 30 Mars, 199. Conduites de gaz d’air et d’eau. Calcul des.
- Abaques. Gc. 13 Avril, 407.
- Dragues (Les) à godets (Baril). RM. Mars, 239.
- Dynamomètres de torsion (Dennys). E'. 29 Mars, 312. E. 12 Avril, 482.
- Jeux et frettages. AMa. 23 Mars, 334.
- Joints à la Cardan. Va. 23 Mars, 167.
- Levage. Cablevvay de 35 kilomètres entre Chilecito et Upulengos Argentine. Gc. 23 Mars, 345.
- — Appareils électriques à l’Exposition de Nuremberg. Rc. 30 Mars, 174. •
- — — pour matériel de chemins de fer.
- Pm. Mars, 321.
- — Grue roulante de secours pour voie
- ferrée Coman. E. 29 Mars, 412.
- — — hydraulique de 150 t. Armstrong.
- Gc. 13 Avril, 401.
- — — pour chantiers maritimes (Praggio).
- E. 12 Avril, 484.
- — Élévateurs pour eau et minerais (Weard).
- Eam. 23 Mars, 560.
- Machines-outils. Ateliers. Union Twist Drill. C°. AMa. 23 Mars, 299.
- Machines-outils.. Arsenal d’artillerie navale de Washington. AMa. 23-30 Mars, 308, 372; 6-13 Avril, 405, 446.
- — — des automobiles Fiat. Turin. AMa.
- 12 Avril, 441.
- — — Chantiers maritimes de Gusto. E.
- 5 Avril. 437.
- — — Administration des ateliers (Car-
- penter Ivnœppel). EM. Avril, 49-72.
- — — Fondations pour grosses machines.
- AMa. 23 Mars, 314.
- — Courbeusespour lubesminces Hughont. E. 22 Mars, 393.
- — Fraiseuse raboteuse Newton. Ri. 30 Mars, 124.
- — Jauges et calibres. AMa. 23 Mars, 327-362.
- — Meule à rectifier Pfeil. E'. 5 Avril, 350. — Outils rapides Taylor. RdM. Mars, 233.
- — — Leur fabrication (Becker). AMa. 6
- Avril, 411.
- — Petits outils de Birmingham. E1. 22 Mars, 281.
- — Taille des pignons. Machine Dubosc. Ri.
- 23 Mars, 113.
- — Taraudeuse pour écrous Bilgram. RM.
- Mars, 285.
- — Tour pour arbre à manivelles Combes.
- Gc. 23 Mars, 354.
- — à bois. Scie à vapeur Haigh pour débiter
- les troncs d’arbres. Ri. 13 Avril, 144. Mécanique rationnelle et scolastique (Anspach). Ri. Fév., 199.
- Moteurs à vapeur. Théorème de Gouy et ses applications (Jouguet). RM. Mars, 213.
- Turbines. Multicellulaires d’action (Martinet). Bam. Mars, 189. Flexion statique des rotors (Collingham). E'. 29 Mars, 305.
- — — Les (Hanocq). Ri. Fév., 141.
- — — du Lubeck, de la Commonwealth
- Electric C°, Shultz, General elec-tric C°. Rotter Belliss et Morcom Douglas, Erhardt. White Wilkinson Rice. Frottement de la vapeur. RM. Mars, 262,284.
- — — Kerr. AMa. 6 Avril, 415.
- — — Zoelli. Z01. 12 Avril, 265.
- — Distribution Hensinger Joy. Dp. 6-13
- Avril, 214, 232. -
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- AVRIL 1907.
- 521
- Turbines. Prise de vapeur Fraser et Chalmers. RM. Mars,.289.
- Sluffing box. General Electric C°. Har-greaves, Marsden, Yates, Guss. RM. Mars, 289.
- Moteurs à gaz. Davey. Paxmann de.250 ch. E'. 5 Avril, 342.
- — Jeu entre les tiges des soupapes et leurs butoirs (Odier). Technique automobile, Mars, 42.
- — Cylindres refroidis par l'air. AMA. 30 Mars, 392.
- — Gazogènes Piat. Gc. 30 Mars, 381. Labbé. Gc. 6 Avril, 396. Théorie des (Mol-lier). VDI. 6 Avril, 532.
- Moteurs à pétrole. Duryea avec distributeurs rotatifs. Va. 23 Mars, 179.
- — Diesel (avec goudrons). (Kutzbach). V-DI. 6 Avril, 521.
- — Carburateur Davis. E. 12 Avril, 495. Résistance des matériaux. Influence du temps. E. 22 Mars, 385.
- — Bois durs d’Australie. E'. 22 Mars, 277. — Conservation des bois par imprégnation (Lemaire). Gc. 13 Avril, 403.
- — Essais par la bille Brunell (Ludwik). Z01. 22 Mars, 205.
- — Machines à essayer du laboratoire de
- Charlottenbourg. E1. 29 Mars, 314.
- — Laboratoire du congrès des méthodes d’essai de Bruxelles (Guillet). RdM. Mars, 189.
- Textiles. Nouvelles machines (Rohn). VDI. 23-30 Mars, 453, 497.
- MÉTALLURGIE
- Alliages cadmium-bismuth (Portevin). RdM.
- Avril, 346, 389. Nickel-étain (Vigou-roux). CR. 18 Mars, 639 (Guillet). CR. 8 Avril, 752.
- Cuivre. Raffinage du cuivre électrolytique (Hayden et [Hallowell). AIM. Mars, 275.
- — Fours Mathewson à Washœ. Eam. 6 Avril, 660.
- Per et acier. Pipage et ségrégation des lingots (Howe). AIM. Mars, 169.
- — Soufflures et retassures dans l’acier (Kustt). RdM. Avril, 199.
- — Électricité dans les forges. RdM. Mars,
- 147.
- Fer et acier. Influence du chrome sur la solubilité du carbone dans le fer et la formation du graphite (Gœrins et Stadeler). RdM. Avril, 189.
- — Fils d’acier. Traitement thermique (Brunton). RdM. Avril, 193.
- — Enfourneuses diverses (Frolich). VDI.
- 30 Mars, 491.
- — Fonte, formation du graphite. RdM. Mars, 134.
- — — . Sahles de fonderie (Vinsonneau).
- Bam. Mars, 260.
- — — Moulage des grosses pièces. Gc. 13
- Avril, 412.
- — Trempe. Procédés de (Rosambert).
- RdM. Avril, 346. Trempe superficielle. RdM. Mars, 141.
- — Laminoir Kennedy. VDI. 23 Mars,, 469.
- Electrique de la Hildegandshutte. Rdm. Avril, 395.
- — Mélangeurs chauffés. RdM. Mars, 156.
- — Haut fourneau. Lavage du gaz Coyne.
- Cs. 30 Mars, 259.
- Fours à régénérateurs. Cinquantenaire (Beck). RdM. Mars, 200.
- Or. Précipitation éleclrolytique des dissolutions cyanurées à la mine de San Sébastian (Salvador). Eam. 16 Mars, 512.
- — Klondike (Le) en 1906. Eam. 16 Mars, 520.
- — en Australie en 1906. Cs. 15 Mars, 204.
- — Traitement des sûmes : procédé Tave-
- ner. Eam. 30 Mars, 608.
- — Cyanuration à* Guanajuato. Eam. 6
- Avril, 649.
- Plomb. Usine de Port Pirie (Delprat). Eam. 16 Mars, 516.
- Z inc. (Gauthier). Prn. Mars, 46.
- — Grillage des minerais pour la concen-
- tration magnétique (Trego). Eam. 30 Mars, 613.
- MINES
- Argent. Cobalt et Nickel à Temiskaming Ontario (Miller). "Cs. 30 Mars, 239. EM. i'" Avril, 21.
- Cuivre. Dépôts d’Ely, Nevada. AMa. 16 Mars, 511.
- — Bassin du Ivouitsu-Nazi. Congo français (Levât). AM. Janv., 5.
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- 522 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1907.
- Cuivre. Dépôts de White Knofr, Mackay (Idaho). AIM. Mars, 301.
- Électricité dans les mines. Conducteurs. Pm. Mars, 38.
- Extraction. Machine compound allemande.
- Pm. Mars, -34. Électriques volants dans les. Rc. 30 Mars, 128. Et à vapeur. Comparaison. E'. 5 Avril, 336.
- — Effet de l’accélération sur le moment
- moteur (Ness). Eam. 5 Avril, 623.
- Fer. Gisements d’Ely. Minnesota. Eam. 30 Mars, 601.
- Fonçage du puits Adolf à Abweir (Silésie). Ru. Fév., 217.
- Houillères de l’Indiana. Eam. 23 Mars, 555.
- — en Meurthe-et-Moselle. Ru. Fév., 231.
- — Gisements de Buck-Mountain. Eam.
- 6 Avril, 668.
- — En Russie (Summerbach). Société cl’En-
- couragement de Berlin, Mars, 123. Mexique. District d’Altar, Sonora. Eam. 6 Avril, 633.
- Mexique. Région aride. Formations singulières. Eam. 6 Avril, 662.
- Or. Dragues pour placers. E'. 12 Avril, 359. Phosphates au Tennessee (Ruhm). Eam. 16 Mars, 522.
- Platine. Minage en Russie. Eam. 23 Mars, 559.
- Plomb et zinc. Dépôts de la région du Goplin. Missouri. AIM. Mars, 353.
- — au Kentucky. Eam. 6 Avril, 658.
- — Préparation mécanique. Séparation par
- flottement à Broken Hill. RdM. Avril, 232.
- Roulage. Emploi comparatif de l’électricité et des animaux (J’ellier). Eam. 16 Mars, 528.
- Sauvetage. Nouveaux appareils. Gc. 30 Mars, 372 ; 6 Avril, 388. -
- Soufre. Exploitation en Sicile et en Louisiane (Aguillon). AM. Décembre, 599.
- Usines métalliques (Emplacement des) (Lang)'. Eam. 23 Mars, 565.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- MAI 1907.
- 106* ANNÉE.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur l’autoloc, appareil de calage, présenté par M. Jamart.
- M. Jamart a présenté à la Société un appareil de calage dénommé Autoloc, d’origine anglaise, décrit dans les périodiques The Engineer (Note du 15 décembre 1905) et Engineering (Note du 2 février 1906). Il a été l’objet d’un rapport de M. Résal, présenté au Comité de l’exploitation technique des chemins de fer et inséré aux Annales des Mines, 10e série, t. X, p. 577. Une Société française de VAutoloc s’est fondée pour exploiter l’invention de cet appareil.
- 11 a pour objet d’immobiliser dans une position quelconque un axe tournant muni d’un levier de commande ou d’un autre dispositif équivalent. Pour la manœuvre, ce mécanisme se trouve annihilé; il entre en action dès qu’elle est terminée et maintient l’axe dans la position qu’on lui a donnée (1).
- L’organe de calage consiste en deux billes d’acier, coincées entre deux surfaces cylindriques non concentriques (fig. 1), l’une fixe, l’autre tournante. Un ressort en hélice écarte les deux billes et les maintient coincées entre les deux surfaces. Chaque bille s’oppose à la rotation, dans
- (1) Le Bulletin de la Société a décrit (1906, p. 826) un appareil de calage, de M. Rémondy, qui utilise le frottement produit par 1’enrouleinent d’une liélice en acier.
- Tome 109. — Mai 1907.
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- ARTS MÉCANIQUES. ---- MAI 1907.
- un sens. La disposition des deux surfaces est telle que les deux plans tangents à ces surfaces, aux points de contact d’une des billes, font un angle
- Fig- 1- — Disposition schématique de l’autoloc. Les billes sont coincées entre la surface extérieure fixe et la surface intérieure tournante, ces surfaces n’étant pas concentriques. La bille de gauche s’oppose par arc-boutement à la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre, la bille de droite, à la rotation inverse. Les deux joues cylindriques, entre les deux surfaces, font corps avec le levier de manœuvre fixé sur l’axe. Le déplacement de ce levier commence par décoincer la bille qui s’opposerait à la rotation, puis entraîne l’axe;débloqué.
- dont la moitié est plus petite que l’angle de frottement de la bille sur les surfaces qui la serrent. Dans ces conditions, la rotation qui tendrait à
- Fg. 2. — Application de l’autoloc à une commande par levier. — a, cuvette fixe; b, bras prolongeant la came tournante, pour liaison avec le mécanisme à actionner; cc, billes de coincement; <7, ressort enjhélice; e, levier ou clé de manœuvre; f f, joues ou tenons du levier e; /’1/1, face des joues f f regardant les billes; f'-p, face des joues f f regardant les bras b.
- éloigner la bille de l’arête de l’angle de ces deux plans est impossible; elle est libre dans le sens opposé, mais alors la seconde bille entre en jeu. M. Résal a démontré celte propriété dans le rapport précité; il a calculé
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- L AUTOLOG, APPAREIL I)E CALAGE.
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- l’effort auquel est soumise la bille pour un couple donné appliqué à Taxe. Cet effort est d’autant plus grand que l’angle des deux plans est plus petit. On peut d’ailleurs donner aux billes une dimension convenable pour résister à l’effort possible dans chaque application; on peut aussi multiplier les billes s’il est nécessaire de répartir entre plusieurs un effort trop grand.
- Fig. 3. — Application de l’autoloc à la commande d’un arbre par un volant.
- Le levier de manœuvre, fixe sur l’axe, porte deux joues f f{ fig. 2) qui s’approchent très près des billes et un peu moins d’un levier b, calé sur l’axe à manœuvrer. En agissant sur ce levier de manœuvres dans un sens ou dans l’autre, après un très léger temps perdu, on débloque latbille qui s’oppose à la rotation de l’axe, puis on produit cette rotation. Dès qu’on abandonne le levier, les billes calent l’axe dans sa nouvelle position.
- Ce mécanisme parait très efficace. Aucune force ne peut produire le déplacement contre Earc-boutement de la bille : la rupture des pièces se
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- ARTS MÉCANIQUES. --- MAI 1907.
- produirait avant ce déplacement. Un glissement ne pourrait résulter que d’une réduction excessive du coefficient de frottement, qui ne paraît guère possible. Peut-être de très petites vibrations pourraient-elles amener un glissement progressif de la bille; mais, dans ce cas, vu la faible masse des billes, il semble qu’on pourrait donner au ressort une tension suffisante pour que ces vibrations ne détachent jamais la bille des surfaces cylindriques.
- Les résistances passives qu’entraîne ce dispositif très simple de blocage sont insignifiantes. En employant un métal dur pour les surfaces cylindriques, notamment l’acier trempé, comme pour les billes, et en donnant à ces billes un diamètre convenable pour chaque application, l’usure sera extrêmement lente.
- Cet appareil simple peut être employé dans un très grand nombre de cas, par exemple pour la commande des freins de bicyclettes, des directions d’automobiles (fig. 3), des freins à main de véhicules de toute sorte, et, d’une manière générale, pour tous les mécanismes de manœuvre comportant un axe tournant. Un certain nombre d’applications ont déjà été réalisées.
- Cet appareil est fort intéressant; aussi le Comité de Mécanique vous propose de remercier M. Jamart de sa communication, et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bulletin de la Société.
- Signé : E. Sauvage, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le H) mai 1907.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. E. Sauvage, sur un calibre universel et sur un porte-outil, présentés par M. Lombard.
- M. Lombard, chef d’atelier à l’École nationale d’Arts et Métiers de Lille, a présenté à la Société un appareil de mesures qu’il dénomme calibre universel et un porte-outil pour tours.
- Le calibre universel (fig. 1) est un pied à coulisse auquel est ajoutée une réglette mobile articulée formant rapporteur. Ce pied à coulisse permet de prendre à la manière habituelle les mesures de longueurs, d’épaisseurs, de diamètres extérieurs et intérieurs. Le rapporteur, muni d’un ver-nier, donne à moins de 6' près les angles compris entre les arêtes de la réglette tournante et de la règle principale du pied.
- En outre, M. Lombard a introduit sur l’appareil une série de graduations qui simplifient les calculs numériques. Parallèlement à la division usuelle en millimètres, la règle principale porte une seconde division, donnant les longueurs des circonférences de cercle correspondant aux diamètres dont on lit la longueur sur l’échelle millimétrique. Le curseur porte un vernier pour chacune des deux graduations. Quand on mesure un diamètre entre les mordaches du pied, on peut lire, sur cette seconde graduation, la longueur de la circonférence.
- La combinaison des trois graduations millimétriques de la règle principale, de la réglette tournante et de la mordache du curseur permet, en plaçant convenablement le curseur, de lire les longueurs des lignes trigo-nométriques pour un angle quelconque, donné par le rapporteur.
- La mesure d’une circonférence peut être utile notamment pour déterminer l’angle de la tangente d’une hélice avec l’axe par le rapport du pas de l’hélice à la circonférence ; cette mesure est utile pour régler des outils de filetage ou pour disposer une fraise devant produire des rainures en hélice.
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- M. Lombard propose même l’addition d’une division logarithmique analogue à celle des règles à calcul sur le revers de la règle principale : on pourrait alors, à l’aide des curseurs, lire les logarithmes des nombres in-
- Fig. 1. —^Calibre universel Lombard.
- scrits sur la graduation millimétrique en retournant la règle. L’addition, la soustraction, la multiplication de ces logarithm es permettraient d’effectuer des multiplications et jdes divisions, des élévations de puissance, toutefois d’une manière moins simple qu’avec la règle à calcul, sur laquelle on
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- SUR UN CALIBRE UNIVERSEL ET. SUR UN PORTE-OUTIL. 52ï9
- peut lire directement les résultats sans opérations écrites ou mentales, qui seraient ainsi nécessaires. On peut donc avoir quelques doutes sur l’intérêt que présenterait cette addition.
- . Sous sa forme actuelle, l’appareil est simple ; il n’est pas établi comme instrument de haute précision, mais comme instrument de prix modéré
- Fig. 2. — Porte-outil Lombard.
- Porte-outil complet. — Porte-outil proprement dit. — Rondelle de butée. — Outil.
- qui peut rendre de réels services dans les ateliers, et, au point de vue de l’enseignement dans une école technologique.
- Le porte-outil Lombard reçoit un outil à disque (fig. 2), analogue à celui de Martignoni et de Bleart, décrit dans le traité de machines-outils de G. Richard (t. I, p. 211), mais la disposition du porte-outil est différente. On obtient facilement un tranchant rectiligne par meulage du disque; les affûtages ultérieurs sont faciles, et on peut utiliser successivement la plus grande partie du disque. Le tranchant peut aussi recevoir des profils divers.
- La fixation du disque sur le porte-outil, qui est la partie capitale d’un outil composé, est simple et robuste. La rondelle d’acier constituant l’outil est enfilée sur un axe qui fait corps avec le porte-outil, et maintenue par un
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- écrou : elle doit pouvoir être orientée d’une façon quelconque autour de cet axe pour placer convenablement le tranchant, puis être très solidement maintenue dans la position choisie.
- A cet effet, le porte-outil est muni d’une rampe hélicoïdale ou surface de vis à filet carré, sur laquelle repose une rondelle de butée, présentant une rampe correspondante. Cette rondelle porte, sur son autre face, six rainures radiales ; un ergot porté par le disque-outil s’engage dans une de ces rainures, ce qui règle la position du tranchant par sixièmes de tour : le réglage s’achève en tournant convenablement la rondelle de butée, qui prend sans inconvénient un déplacement atteignant un sixième de tour. L’effort de la coupe tend à resserrer la rondelle de butée, qui serre énergiquement le disque-outil contre l’écrou extérieur.
- Ce porte-outil convient pour le travail de tournage, notamment sur les tours revolvers, qui découpent des pièces dans des barres rondes, et sont parfois complètement automatiques. 11 est notamment employé dans les ateliers de la Société anonyme des automobiles Peugeot, à Lille, qui s’en déclare satisfaite. Il a été essayé dans le laboratoire de mécanique de l’École nationale supérieure des Mines, et y a donné de bons résultats.
- On peut dire que le porte-outil Lombard permet d’employer dans de bonnes conditions les outils à disque, et constitue une pièce d’outillage intéressante.
- Aussi, le Comité de Mécanique vous propose de remercier M. Lombard de sa communication et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bulletin de la Société.
- Signé : E. Sauvage, rapporteur. Lu, et approuvé en séance, le 10 mai 1901.
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- AGRICULTURE
- »
- Rapport présenté par M. Lindet, au nom du Comité d'Agriculture, sur le pétrin mécanique de M. Christofleau.
- M. Christofleau, mécanicien aux Lilas (Seine), nous a présenté un pétrin mécanique, qui, par la nouveauté de sa forme, et la qualité de son travail, mérite de retenir l'attention de notre Société.
- Le nombre des pétrins mécaniques proposés à la boulangerie est déjà si considérable qu’il est bien difficile aux boulangers de faire leur choix et, si nous signalons ici les mérites de celui de M. Christofleau, ce n’est pas le procès des autres que nous prétendons faire. Reaucoup de pétrins mécaniques donnent d’excellenls résultats, et c’est pour des causes extérieures que leur emploi ne s’est pas plus répandu ; les ouvriers boulangers considèrent l’adoption du pétrin mécanique comme une menace pour leurs intérêts professionnels; d’autre part, le patron qui est obligé d’avoir au fournil au moins deux ouvriers : un pétrisseur et un cuiseur, et de les payer le même prix quel que soit le genre de travail qu’ils exécutent, considère que le pétrissage mécanique représente pour lui un excès de dépense dont ni l’ouvrier, ni le consommateur ne lui tient compte. Le travail de pétrissage à la machine est plus rapide, il est vrai; mais peu lui importe, puisque la durée du travail est réglée d’autre part sur le temps que met la pâte à lever, sur le temps que le pain met à cuire. Enfin, le choix du moteur présente pour le boulanger une grosse difficulté; les ouvriers se refusent, dans la plupart des cas, à tourner la manivelle d’un pétrin mécanique ; ils considèrent ce travail comme humiliant pour un ouvrier qui possède une habileté professionnelle; les moteurs à gaz et à pétrole font trop de bruit, et incommodent les locataires des maisons dans lesquelles les boulangeries sont établies ; le moteur électrique seul fournit des résultats satisfaisants; mais les boulangeries qui disposent du courant électrique ne sont pas encore bien nombreuses.
- Dans les campagnes et surtout dans les fermes, l’emploi du pétrin
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- AGRICULTURE.
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- mécanique s’impose et rencontre moins de difficultés, parce qu’il n’y a pas d’ouvriers professionnels, et que les manœuvres consentent plus volontiers à faire mouvoir à bras le pétrin mécanique.
- Les pétrins mécaniques qui ont été construits jusqu’ici appartiennent pour ainsi dire à trois types : tantôt, l’appareil se présente sous la forme d’une caisse rectangulaire, dans laquelle on établit, parallèlement à la grande dimension de celle-ci, un agitateur à palettes, à fiches, ou à lames chantournées (pétrins Parmentier, Boland, Mahot, Mousseau, Brouhot, Damerval, Delattre, Védrine, Werner et Pfeiderer, etc.; tantôt, on fait
- Fig. 1. — Pétrin Christofléau.
- usage de la huche existante, et on y introduit un agitateur en forme de fourche, qui va et vient d’un bout à l’autre de celle-ci, en brassant la pâte (pétrin Cressonnier, etc.) ; tantôt enfin, le pétrin est une cuve rotative, dans laquelle se meuvent des ailettes ou des fourchettes (pétrins Deliry, Dathis, Werner et Pfeiderer, Bugaud, Lafïond, etc.) (1).
- C’est plutôt au premier type qu’appartient le pétrin imaginé par M.Chris-tofleau; la caisse est encore (fîg. 1) à fond hémicylindrique, mais, au lieu d’être allongée à la façon d’un pétrin ordinaire ou .d’un pétrin mécanique Boland, elle est très courte au contraire; ses parois droites sont très rapprochées, et sa longueur ne représente que la moitié de sa profondeur; sa
- (1) Nous laissons de côté dans cette classification les pétrins continus Somasco, Schwei-zer, etc.
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- SUR UN PÉTRIN MÉCANIQUE.
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- forme rappelle celle des auges dans lesquelles tournent les meules des rémouleurs. Les caisses métalliques dont sont faits souvent les pétrins mécaniques ont l’inconvénient de refroidir les pâtes; celle du pétrin Christofleau est en bois, comme les huches ordinaires de la boulangerie. L’agitateur est un cadre en fer, porté sur deux tourillons, qui possède la largeur de la caisse, et qui, pour conserver la comparaison indiquée tout à l’heure, tourne comme tournerait la meule du rémouleur. Ce cadre est divisé par des barres intérieures, les unes parallèles, les autres perpendiculaires à Taxe, et disposées d’une façon dissymétrique. Il reçoit son mouvement d’un moteur électrique, et M. Christofleau estime qu’un pétrin de 90 centimètres de hauteur, pouvant travailler un sac de farine (157 kilos), n’emploie pas plus de deux chevaux.
- On peut reprocher à certains pétrins mécaniques du même type de ne pas assez fraser la pâte, c’est-à-dire la retourner sur elle-même, en lui faisant faire ce mouvement de boucle que l’ouvrier exécute constamment quand il travaille à la main; la pâte reste trop sur place, et ne voyage pas assez d’un bout à l’autre du pétrin. La caisse du pétrin Christofleau étant réduite à son minimum de longueur, cet inconvénient est moins marqué que partout ailleurs.
- La forme de l’agitateur adopté par M. Christofleau assure un soufflage très énergique de la pâte et celle-ci se présente, à la fin du pétrissage, avec un aspect des plus satisfaisants; elle est douce, c’est-à-dire peu serrée et d’une parfaite homogénéité. Les pains qui en proviennent sont régulièrement levés et la clientèle s’en montre d’autant plus satisfaite qu’elle sait la propreté qui préside à leur fabrication.
- Le travail se montre de beaucoup simplifié et un ouvrier de la boulangerie où je l’étudiais a fait aune de mes questions une réponse que je me permets de répéter ici : « On n’a rien à faire, on croirait qu’on est patron. » Si je cite cette phrase, ce n’est pas que j’y voie l’objet d’une revendication sociale, mais bien la réalisation d’un progrès que l’ouvrier boulanger devrait être le premier à réclamer. Le patron boulanger, qui est en général un ancien ouvrier, travaille beaucoup; il est à la boutique le jour et au fournil la nuit; et son ouvrier n’a certes pas eu l’intention de l’accuser de paresse. La différence entre l’ouvrier et le patron est que celui-ci se trouve débarrassé des soucis du travail manuel: pourquoi l’ouvrier ne s’en affranchirait-il pas dans la mesure où les machines peuvent le remplacér, et pourquoi les consommateurs n’encourageraient-ils pas de tous leurs efforts-
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- AGRICULTURE.
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- l’adoption des pétrins mécaniques qui leur donnent un pain plus proprement préparé et ne les exposent plus à recevoir les germes des maladies contagieuses dont les ouvriers sont malheureusement trop souvent atteints ?
- C’est pourquoi la Société d’Encouragement acceptera toujours avec satisfaction les communications qui lui seront faites sur ce même sujet. Nous vous proposons de remercier M. Christofleau d’avoir appelé notre attention sur son pétrin mécanique, et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : L. Lindet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 10 mai 1907.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait par M. A. Moreau, au nom du Comité des Constructions et
- Beaux-Arts, sur le nettoyage par le vide au moyen des appareils de
- LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE NETTOYAGE SANITAIRE PAR LE VIDE SOTERKENOS.
- Les poussières accumulées dans les habitations constituent le véhicule le plus dangereux de nombreux déchets organiques : impuretés, résidus, bactéries, etc., qui sont la cause de presque toutes les maladies et le principal agent de la tuberculose.
- Des analyses de différents échantillons de poussières prélevés dans des endroits publics et confiés à MM. Masselin et Hérisson, bien connus par leurs travaux de microbiologie, ont révélé la présence, entre autres, des germes suivants : Pénicillium glaucum, Aspergillus niger, absorbés en grande quantité déterminent des troubles digestifs; Bacterium termo, Pro-teus Zuckeri, préparent ou aident l’organisme à prendre des germes pathogènes ; Staphylococcus pyogenes aureus, agent direct du pus phlegmoneux; Micrococcus tetragenus se rencontre dans les crachats tuberculeux ; Bacille de Ivoch, agent de la tuberculose; Bacille Klebs-Lôffler, agent de la diphtérie; Colibacille, produit chez l’homme des accidents typhoïdes; Strepto-coccus lanceolatus Pastéuri, agent virulent de la pneumonie; Baeillus sep-ticus de Legros, agent de la gangrène gazeuse.
- Les dangers que présentent les poussières pour l’hygiène publique expliquent les efforts des hygiénistes pour lutter contre elles et la place de plus en plus importante qu’elles prennent dans leurs préoccupations.
- Or, les diverses méthodes employées jusqu’ici pour les enlever, telles que le battage à la main ou à la machine des objets à nettoyer, le brossage et l’époussetage, n’aboutissent en général qu’à les déplacer.
- L’emploi du linge, trempé dans une solution antiseptique, n’est applicable qu’aux surfaces lisses et ne peut’pas se recommanderpour les étoffes, tapis, tentures, etc.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
- MAI 1907.
- Le nettoyage par le vide a résolu de la manière la plus simple, la plus pratique et la plus hygiénique ce grave problème du dépoussiérage.
- En effet, il permet de débarrasser complètement de toutes les impuretés qui y sont accumulées les tapis, tentures, meubles et même les parquets, murs, plafonds des appartements, hôtels, ateliers, magasins, etc.
- Ce système est le seul hygiénique et ne présentant aucun danger de contamination puisque toutes les poussières, sous l’action du vide, sont entraînées à l’intérieur d’un collecteur parfaitement clos, situé en dehors de l’endroit où l’on opère.
- L’opération entière se fait sans soulever aucun vol de poussière, et le personnel employé à ce travail n’a pas même à en souffrir.
- C’est également le système le plus efficace, car son action est notablement plus puissante que celle des anciens procédés.
- C’est enfin le plus commode, car il évite la dépose des tapis et des meubles à nettoyer; il ne les détériore en rien et même il en ravive les couleurs.
- Grâce à sa souplesse, il s’applique aussi bien aux tentures de soie et aux tapisseries anciennes qu’aux moquettes ordinaires.
- Et il deviendra pour ainsi dire parfait le jour'où l’on aura adapté aux appareils des procédés de réglage qui permettront de proportionner la force de succion employée à la sensibilité de l’étoffe.
- Les appareils de nettoyage de cette catégorie se composent tous d’un appareil à faire le vide, ordinairement une pompe, relié à un réservoir où vont se condenser les poussières. De ce réservoir partent des tuyaux flexibles, munis de robinets, à l’extrémité desquels sont fixés des outils creux d’aspiration, ou suceurs, que l’on passe à la surface des objets à nettoyer.
- L’appareil est actionné par une force quelconque et l’ensemble peut être établi à poste fixe ou monté sur un chariot destiné à être transporté de place en place et à effectuer le nettoyage de porte en porte.
- Diverses sociétés exploitent, en France et à l’étranger, des brevets ayant trait au nettoyage par le vide, brevets basés sur la disposition énoncée ci-dessus, et qui se distinguent les uns des autres par certains détails mécaniques.
- La Société qui a sollicité le présent rapport est, à notre connaissance, la seule Société française exploitant des procédés français. Elle s’est appliquée à perfectionner les appareils utilisés jusqu’à ce jour de manière à les
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- simplifier tout en augmentant leur solidité et leur rendement. La principale amélioration a consisté à combiner en un seul et même engin la pompe à vide et le filtre-collecteur : ainsi, l’on obtient un appareil homogène portant le nom de « nettoyeur ».
- Cela permet, tout en diminuant l’encombrement et par suite le poids,
- Fig. 1. — Coupe verticale par les pompes.
- Fig. 2. — Coupe verticale par les filtres.
- de réaliser la suppression de toute la tuyauterie et des joints qui en dépendent, d’où économie de fabrication et augmentation de solidité. La conséquence est une installation facile et rapide, aussi bien à poste fixe que comme machine mobile.
- D’autre part, la forme spéciale des filtres à poussières permet d’avoir un réservoir à vide et une surface filtrante plus grands avec le même encombrement.
- L’appareil à faire le vide est composé d’un nombre variable de pompes — deux par exemple — chacune d’elles comprend (fig. 1 et 3), un corps 1,1,
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- dont les pistons 2,2 sont actionnés par la poulie 3. Ces pompes produisent le vide dans la chambre d’aspiration 6, comme nous le verrons plus loin.
- Chacun des filtres, que nous supposons au nombre de deux, est formé d’un corps tubulaire 7, en textile ou autre matière perméable à l’air, (figure 2) ouvert à ses deux extrémités et placé dans un cylindre métallique 8, percé de trous, dont la surface intérieure est formée de petites
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- Fig. 3. — Coupe horizontale.
- Fig. 4. — Détail d’un filtre.
- pyramides contre le sommet desquelles porte la face extérieure du corps filtrant 7.
- La partie supérieure de la chambre 11 est fermée (figure 4) au moyen d’un couvercle 14, dans lequel débouche l’arrivée 15 de l’air chargé de poussière; la partie inférieure communique avec une boîte à poussières dont les portes 17 assurent la fermeture.
- Le couvercle 14 porte (figure 4) une tubulure 18, fermée par un bouchon à vis 19, et livrant passage à une tige 20, munie d’une brosse circulaire 21. Cette brosse peut, après enlèvement du bouchon 19, être raccordée à un manche de manœuvre et déplacée à l’intérieur du corps filtrant pour le débarrasser périodiquement des poussières qui s’v sont accumulées.
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- Le fonctionnement de l’appareil se comprend dés lors aisément : les pompes étant en marche, l’aspiration se fait sentir dans la chambre 6, puis dans le filtre et de là au suceur. Les poussières entraînées se répandent, par la tubulure 15, dans les corps 7; les particules lourdes tombent dans la boîte 16, tandis que les particules légères se collent à la surface intérieure des filtres et l’air débarrassé de toutes les impuretés est expulsé par.les pompes.
- Fig. 5. — Ensemble d’un appareil portatif.
- Lorsque ainsi la toile filtrante est engorgée de poussières sur toute son étendue, on procède au nettoyage par le déplacement de la brosse 21, comme nous l’indiquions plus haut. Cette manœuvre peut s’effectuer même pendant la marche de l’appareil.
- Sur le modèle que nous venons de décrire sommairement, la Société « Soterkenos » a créé divers types de nettoyeurs :
- Le type N. T. 1, à une prise d’aspiration d’une force motrice de 2,5 HP, étudié spécialement en vue des installations fixes à faire dans les châteaux, villas, hôtels particuliers, etc.
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- Le type N. T. 2, à 2 prises d’aspiration, d’une force motrice de 5 HP, étudié pour être monté sur chariot mobile (figure 5) et permettre le nettoyage de porte en porte. Il peut également, bien entendu, s’installer comme machine fixe, mais son encombrement et son poids très, réduit l’indiquent tout particulièrement pour le nettoyage à domicile.
- Les types N.T.3 et N.T.4, à 3 et 4 prises d’aspiration, d’une force respective de 7,5 et 10 HP, contruits pour les installations fixes dans les compagnies de chemins de fer, palais nationaux, grands magasins, etc.
- Ces appareils ont été consciencieusement étudiés de manière à répondre aux trois conditions suivantes indispensables pour obtenir un bon rendement :
- 1° Ils aspirent une très grande quantité d’air, de façon à provoquer un courant violent au-dessous, au travers et au-dessus des surfaces à nettoyer.
- 2° Ils produisent un vide assez élevé de façon à pouvoir facilement entraîner toutes les impuretés. Ces nettoyeurs, tous orifices fermés, produisent en effet un vide de 70 à 72 centimètres de mercure. En travail, ils maintiennent une dépression de 35 à 40 centimètres de mercure.
- 3° Ils possèdent un système de filtration capable de retenir toutes les impuretés même les plus fines, de façon à rejeter l’air absolument pur dans l’atmosphère ambiante.
- Ces appareils « Nettoyeur » ont été étudiés spécialement pour donner le maximum de rendement sous le minimum de poids et d'encombrement.
- Le mode d’exploitation du nettoyage par le vide est ainsi établi :
- 1° Le nettoyage à domicile, de porte en porte. C’est le moyen adopté par la majorité des Parisiens qui ont recours au système et s’en sont montrés généralement satisfaits.
- 2° L’installation de machines de nettoyage par le vide à poste fixe. Cette installation se fait ordinairement dans les sous-sols, et une tuyauterie fixe métallique part de la machine pour rayonner dans tout l’immeuble. A tous les étages et aux divers endroits utiles, des prises sont ménagées, auxquelles vont s’adapter les tuyaux flexibles destinés au nettoyage proprement dit.
- Parmi les exemples les plus importants d’installations fixes, on peut citer les suivants : Palais National du Trocadéro, Grands magasins du Louvre, rue de Rivoli, Atelier de battage des grands magasins du Louvre (Avenue Rapp), Grands magasins du Ron Marché, Grands magasins du
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- Printemps, Grand bazar de PHôtel de Ville, Hôtel Terminus, Hôtel d’Orsay, Hôtel Langham, etc., etc.
- Et un certain nombre de grandes compagnies de Chemins de fer français savoir: Compagnie des chemins'de fer P.-L.-M., Compagnie des Chemins de fer Paris-Orléans, Chemins de fer de l’État, Chemin de fer Métropolitain.
- En résumé, les procédés et appareils de la Société française de Nettoyage sanitaire par le vide « Soterkenos » sont des plus intéressants. Votre Commission des Constructions et Beaux-Arts vous propose donc de la remercier de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Signé : A. Moreau, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 10 mai 1907.
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- Nous possédons, en France, un réseau de routes qu’on prétend le plus beau du monde, et quelques courses d’automobiles à l’étranger permettant la comparaison, seraient bien faites sans doute pour corroborer cette opinion qui flatte notre amour-propre national.
- Et pourtant l’on ne voit pas que le mode d’exécution de nos routes ait beaucoup changé au cours des temps- ; les procédés employés ne sont pas, non plus, notre monopole ; ce qui permet d’avancer que le principal facteur de cette bonne viabilité réside pour beaucoup dans les soins qu’y apporte le service compétent chez nous.
- Mais, tandis que nos chaussées restaient ainsi identiques à elles-mêmes, les besoins changeaient, auxquels elles devaient satisfaire
- Cela avait commencé par un fléchissement. Les chemins de fer, en resserrant les mailles du réseau d’intérêt local, menaçaient de tout absorber. Le roulage' tombait à rien ; les pataches avaient disparu, et les voitures légères elles-mêmes se faisaient de plus en plus rares: il était si commode de prendre la voie ferrée.
- En vérité les belles routes nationales du temps jadis apparaissaient comme des monuments archaïques qü’on conserve par piété, alors qu’ils ne servent plus à rien. On parlait de réduire leur largeur, de vendre une partie des accotements, — petite recette supplémentaire agréable au budget.
- Mais voilà qu’apparaît la voiture sans chevaux, et le décor change.
- La route délaissée reprend une vitalité nouvelle. La circulation y devient intensive, où se croisent les poids lourds, les véhicules de vitesse, les automobiles de tourisme. La route se mourait d’inhibition: la route ressuscite; mais c’est à se demander si elle est capable alors de résister à cet excès de vie et d’activité.
- L’automobile, en effet, aurait été inventée pour détruire nos empierrements qu’on n’eût pas mieux trouvé. En même temps qu’elle exige une belle surface de roulement et un entretien plus soigné, elle exerce ses propriétés destructives et rend cet entretien plus* difficile.
- Les ingénieurs, dit M. Léon Janet, député, dans son rapport sur le budget des Travaux publics, « les ingénieurs assistent impuissants à la destruction complète de chaussées toutes neuyes, c’est-à-dire ayant subi un rechargement
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- cylindré depuis un ou deux ans. A la place des magnifiques chaussées bien unies et roulantes qui duraient de dix à quinze ans, on parcourt maintenant des routes à peine dignes de figurer parmi les chemins ruraux de petites communes. »
- Un ingénieur qui était pourtant un fervent de l’automobilisme, mais qui était aussi un humoriste et aimait le paradoxe, nous disait un jour, il y a quelques années déjà :
- « Les poids lourds ne se développent pas, et c’est fort heureux, car le service des Ponts et Chaussées serait forcé de les interdire; aucune route n’y résisterait. »
- On en pourrait dire autant des voitures de vitesse, en sorte qu’il n’y aurait qu’un double remède : limiter le poids par essieu, limiter la vitesse.
- Ce moyen sans doute serait trop radical, la route étant faite pour la circulation et non pas la circulation pour la route. Si donc les routes, telles que nous les a léguées le passé, ne sont plus à la hauteur de leur tâche, il faut les perfectionner. Nos ingénieurs sont bien capables d’y réussir et, en attendant, on s’évertue à trouver des améliorations à cet état de choses.
- La question d’ailleurs se présente sous plusieurs aspects, suivant qu’il s’agit d’une route en rase campagne ou d’une traverse de ville, d’une de nos grandes voies urbaines enfin.
- Pour les premières, il n’y a guère moyen de les revêtir d’autre chose que de macadam ou de pavés de grès. A ces deux systèmes s’ajoutent, dans nos rues, le pavé de bois et les différents genres d’asphalte.
- Chacun de ces procédés de revêtements offre ses avantages et — ce qui nous intéresse en ce moment — ses inconvénients. On setait habitué à ces derniers et on les supportait sans trop se plaindre, lorsque l’apparition de l’automobile est venue les exagérer.
- En même temps, les soucis de l’hygiène, qui tiennent tant de place dans nos préoccupations actuelles, se dressent devant l’ingénieur municipal, si bien qu’une transformation de notre système routier s’impose, que nous ne savons trop comment orienter cette transformation, que nous cherchons notre voie — le mot sans doute est de circonstance, — et qu'enfin nous sommes dans une période d’évolution, de transition, où les solutions sont loin d’être définitives.
- Le procès de nos vieilles chaussées est trop facile à faire, et puisque, aussi bien, le macadam couvre à peu près tout ce qui est en rase campagne, c’est par lui qu’il convient de commencer.
- Il n’a pas de plus grand ennemi, avons-nous dit, que l’automobile cl surtout l’automobile à pneus.
- Le pneu fait ventouse, happe les petits matériaux et la poussière qu’il répand en épais nunge autour de la voiture, et laisse derrière lui la chaussée ébranlée, désagrégée.
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- Il suffit alors d’un faible effort tangentiel pour achever de déchausser les cailloux. Le véhicule à traction mécanique s’en charge, car il ne peut progresser qu’en vertu d’un effort de ce genre, qui repousse les matériaux d’empierrement vers l’arrière, à la façon d’une roue dentée sur une crémaillère.
- Le pavé en grès, vieux legs de Louis XIV, résiste mieux, mais notre siècle neurasthénique s’accommode mal des cahots et des heurts. Il a pour lui de n’exiger que peu d’entretien: ôn lui distribue cet entretien avec parcimonie, ce qui n’est par fait pour rétablir la douceur du roulement.
- Et pourtant, même à Paris, c’est encore à ce mode antique de revêtement qu’on a recours sur nos rues en pente.
- Mais tout au moins, dans nos grandes villes, a-t-on fait effort pour calmer nos nerfs, et doter la plupart des rues d’un dallage plus confortable.
- On l’a cru trouver dans le pavé de bois, qui, lorsqu’il vient d’être établi, et par temps sec, présente une belle surface unie et régulière. Il est bien un peu trop glissant, sitôt que, sous la pluie, il s’est formé une mince couche de boue ; mais une armée de cantonniers s’empresse alors d’y répandre, à larges pelletées, utf'sable fin rétablissant l’adhérence nécessaire.
- Il a cependant d’autres défauts. Son usure est irrégulière, comme il convient à des blocs de bois qui n’ont jamais la même texture et la même résistance.
- Il s’y forme des trous, des fïaches vite transformées en lac d’eau ou de boue ; les rives, près des rails de tramways, se creusent et se dénivellent^ occasionnant de fâcheux à-coups et des embardées, lorsque les roues des voitures abordent obliquement le ruban ferré. '
- Ces inconvénients, relativement négligeables sur les voies très fréquentées, parce qu’on n’attend pas la complète usure pour relever, remplacer, réparer, sont, hélas! trop évidents sur les petites rues qu’on néglige.
- On pourrait encore inscrire un autre méfait au passif du pavé de bois.
- Sous l’humidité, il se gonfle, et pour donner place à ce surcroît de volume, pousse les bordures de trottoir. Le mouvement se propage/ gagne la nappe d’asphalte du trottoir qui, n’en pouvant mais, se soulève et se boursoufle comme les vagues d’une mer agitée. Tous les Parisiens connaissent ce phénomène. ;
- Ce n’est rien encore, et voilà que les hygiénistes entrent en jeu. Sans parler des joints qui sont des réceptacles à poussière, le pavé de bois est une masse spongieuse qui absorbe tous les liquides, véhicules de microbes et des maladies consécutives. Vienne un temps sec, la poussière soulevée transporte jusqu’à nos bronches les uns et les autres. •
- On a été jusqu’à dire — c’est peut-être de l’exagération —que ce réservoir d’humidité était la véritable cause de l’invasion de moustiques qui sévil, paraît-il, à Paris, depuis quelques années.
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- N’allons pas jusque-là: il y en a bien assez pour condamner le pavé de bois. Je n’ose pas dire qu’il disparaîtra instantanément: il continue de vivre... en vertu de l’inertie et de la vitesse acquise.
- Et cependant, il avait un concurrent que les hygiénistes devaient trouver idéal: c’est l'asphalte qu’on étend en nappe continue et imperméable, véritable chape protectrice du sous-sol ; avec cela, élastique, insonore, et si douce au roulement que c’est à peine si, sur ce miroir, les voitures ordinaires regretteraient de n’avoir point de pneus.
- Hélas! rien au monde n’est parfait. L’asphalte comprimé de nos rues n’écliappo pas à cette fatalité. 11 s’use assez vite, inconvénient d’autant plus gênant qu’on lui donne un bombement très faible, ce qui contribue à mettre les flaches en évidence à la moindre pluie.
- En outre, la compression d’un corps aussi plastique ne se propage pas dans la masse. On obtient bien une pellicule dure, mais très mince et sous laquelle les molécules peu adhérentes se désagrègent facilement, dès qu’a disparu la couche protectrice. 11 n’y a qu’un remède alors; remplacer tout le pavage après l’avoir complètement démoli.
- L’asphalte est en outre glissant. 11 se ramollit à la moindre élévation de température, au point que les corps pesants y marquent lejnr empreinte/ Enfin il est-insidieusement attaqué par les agents chimiques, et non pas seulement par les lessives, les acides, les huiles, les graisses, mais par les eaux de surface, les eaux de pluie qui ont ramassé simplement les impuretés de la chaussée. La meilleure preuve qu’on en puisse donner, c’est la rapide détérioration des caniveaux qui, à Paris, doivent être réfectionnés près de deux fois par an.
- Il y a bien un autre procédé d’application de l’asphalte qui permet d’échapper à ces défauts ; mais n’anticipons pas, et de même que nous avons énuméré les inconvénients de tous les genres de chaussées, examinons dans le même ordre les remèdes, — ceux du moins qui sont à l’ordre du jour.
- En premier lieu, comment nous débarrasser des inconvénients reprochés aux chaussées empierrées; comment leur permettre de résister aux terribles fatigues que leur imposent les automobiles ? -
- On s’est préoccupé tout d’abord de supprimer — d’atténuer tout au moins — la poussière qui est devenue un véritable fléau avec les voitures sans chevaux, au point de rendre inhabitables les maisons riveraines des routes de grande circulation.
- Ce dernier méfait est si grave qu’il s’est formé, pour le combattre, une ligue: la ligue pour la lutte contre la poussière, dont le docteur Guglielminetti est l’apôtre, et dont l’action Eienfaisante nous a déjà valu bien des progrès ; cette ligue préconise chaudement le goudronnage.
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- Le gondromiage a donc pour but essentiel de supprimer la poussière ; mais comme la poussière est le résultat de l’usure, la supprimer, c’est aussi supprimer l usure, — dans une certaine limite, — en sorte que l’on facilite du môme coup l’entretien, par l’économie réalisée sur les frais d’arrosage, d’époudrage, d’ébouage et même de rechargement.
- Nous verrons dans quelle mesure ces résultats sont atteints.
- Occupons-nous donc des procédés de goudronnage.
- Il ne faut pas croire que l’idée de protéger nos chaussées sous une enveloppe de ce genre date d’aujourd’hui.
- Dès 1880, en France, un ingénieur des Ponts et Chaussées, M. Christophe, essayait de goudronner la traverse de Sainte-Foy-la-Grande, dans la Gironde. En 1888, un nouvel essai, timide encore, était tenté à Saint-Gaudens.
- Puis c’est dans les environs d’Oran, que l’agent voyer, M. Tardy, en 1895, essayait d’huiler la route.
- Successivement à Oran, Alger, Sidi-bel-Abbès, on se servit d’huile d’aloès et d’astaki ou mazout, résidu du pétrole distillé qui sert en Russie au graissage des essieux de wagons.
- Ce n’est qu’après ces premières tentatives, qui donnent la priorité à la France, que se placent, en 1898, les essais américains de Los Angeles, en Californie, que l’on nous donne volontiers comme point initial de l’invention. Au vrai, à Los Angeles, on manquait d’eau pour l’arrosage, et l’on avait du pétrole qui n’y coûte guère plus cher: il était naturel de substituer celui-ci à celle-là pour abattre la poussière, et l’on s’aperçut que cela donnait un bien meilleur résultat à tous les points de vue.
- En Italie, peu après, en 1900, l’ingénieur Rimini imagina un produit spécial à base de goudron de houille, mélangé d’un siccatif (de l’essence de térébenthine sans doute).
- Et l’idée française revient en France, après ce circuit. Dès 1901 et 1902, des essais se font à Mers-el-Ivébir, à Monaco, Nice...
- Un groupe d’hommes entreprenants, et le docteur Gugliclminetti à leur tôle, prennent l’affaire en mains, — affaire est un mot impropre, car il n’y a nulle affaire ici. — Des ingénieurs des Ponts et Chaussées s’y intéressent, apportent leur précieux concours et parmi eux, MM. Le Gavrian, Dreyfus, Ileude, Bory, Sigaull, Guillet, le conservateur du Bois de Vincennes, etc., je-ne puis les nommer fous et m’arrôle aux chefs de file.
- 11 ne s'agit pas d'aballrc la poussière partout, mais tout au moins d’en débarrasser les traverses et les abords des villes, là surtout où la circulation •des automobiles est le plus intensive, et c’est, aux alentours de Paris, à Cbampigiiy, à Versailles, Melun, Fontainebleau, Meaux, que les expériences se poursuivent avec persévérance, esprit de suite... et aussi avec la foi
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- qui, transportant les montagnes, est bien capable d’arrêter l’envol do la poussière.
- Devant les bons résultats obtenus, on songe aux avantages qu’on retirerait du goudronnage sur la piste complète suivie par les grandes courses automobiles.
- C’est d’abord le circuit des Ardennes, et après lui tous les autres. L’étranger s’enquiert à son tour, lorsqu’il s’agit d’organiser les grands circuits internationaux. Il adopte nos procédés sur la longue route duTaunus, où les autos rapides circulent alors sans les multiples dangers de collision que créait la poussière.
- L’année dernière enfin, en 1906, c’est le circuit de la Sarthe, où plus de 500 000 mètres carrés ont été goudronnés.
- Matières employées. — Cet exposé trop rapide montre que, dès le début, on s’est adressé à deux sortes de produits. Les uns sont naturellement fluides, ce sont les huiles que l’on peut étendre à froid, encore que, pour les huiles lourdes, il est bon d’accroître la fluidité par un léger chauffage.
- Les autres, de nature plus consistante, sont les goudrons, pour l’emploi desquels l’intervention de la chaleur est tout à fait indispensable, à moins qu’on n’ait recours à un mélange des uns et des autres dans une sage mesure.
- Auquel de ces procédés donner la préférence ? C’est sans doute une question d’espèce, où l’abondance et le bon marché des produits employés jouent un rôle important. On conçoit que, dans les régions pétrolifères, on utilise le pétrole, qui vaut 20 francs la tonne en Californie par exemple.
- Chez nous, il vaut 200 francs et l’on ne s'étonnera pas, dès lors, que nous ayons recours plutôt au goudron de houille que les usines à gaz livrent, jusqu’à présent, à bas prix.
- Il ne faut pas escompter l’avenir toutefois, car, par le simple jeu de l’offre et de la demande, ce produit, qui est presque un déchet de fabrication, prendra de l’importance, si le goudronnage se développe, et le prix montera avec la consommation, jusqu’au point où la matière fera défaut, à moins qu’on ne la fabrique tout exprès.
- En dehors du pétrole et du goudron de houille, on a expérimenté :
- Les dérivés du pétrole parmi lesquels le goudron de pétrole, astaki ou mazout, résidu de la distillation du pétrole, qui est malodorant, mais à bon marché. Avec l’aide de M. Deutsch de la Meurthe, on l’a essayé sur une assez vaste échelle et avec de bons résultats ;
- Les dérivés du goudron de houille, et notamment Xhuile de houille qui résulte de la distillation du goudron entre 200° et 300° et qui, ayant la fluidité du pétrole, peut être employée comme ce dernier.
- Divers inventeurs ont également composé des produits spéciaux en mélangeant les éléments précédents.
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- Nous avons cité déjà le produit siccatif de l’ingénieur Rimini, en Italie.
- Uinjectoline, destinée à l’injection des bois, a aussi été expérimentée, en 1902-1903, sous la direction de M. Dreyfus, ingénieur des Ponts et Chaussées, dans l’arrondissement Nord-Est de Paris.
- Enfin, en 1904, à l’occasion du circuit des Ardennes, on a enduit 89 kilomètres de route au moyen cl’un composé nouveau, la westrlimite, émulsion oléagineuse qui présente des facilités particulières d’emploi, car on peut la mélanger à de l’eau d’arrosage.
- Le docteur Guglielminetti en a fait un essai à grande échelle, et-a arrosé 60000 mètres carrés de routes avec la westrumite.
- Le goudron de houille ou coaltar, de la même consistance que la mélasse, se fluidifie suffisamment au delà de 60°; mais, à 80°, il mousse, s’enlève tout à coup comme du lait et peut prendre feu en se répandant sur le foyer.
- Il y a donc là des précautions à prendre en combinant les chaudières, surtout si leur fermeture n’est pas hermétique.
- Les moyens d!épandage varient avec le degré de fluidité du produit employé.
- Pour les liquides naturellement très fluides, on.les applique à froid par les méthodes et avec le matériel qui servent à l’arrosage habituel.
- Les autres substances n’acquièrent une fluidité suffisante que par la chaleur. Au point de vue de cette fluidité, M. Audouin, chef des services chimiques de la Compagnie parisienne du gaz, a fait des expériences et déterminé le débit par minute des divers produits usités, sous la même charge et par un orifice déterminé. Nous ne connaissons pas la section de l’orifice usité dans ces expériences; mais les débits indiqués ci-après permettent tout au moins un classe-’ ment méthodique.
- Voici donc les résultats obtenus par M. Audouin:
- Eau..................................... 350 cent, cubes.
- Huile de schiste d’Autun................. 320 —
- Huile lourde de pétrole. ...... 300 —
- Huile de pe'trole du Texas............... 223 —
- Goudron de pétrole (Mezout)............... 80 —
- Goudron de houille à 17° ..... . 40 —
- On voit quelle énorme différence sépare les goudrons des huiles lourdes elles-mêmes. Mais cette différence disparaît rapidement quand la température monte; pour le goudron de houille, dont le débit est de 40 centimètres cubes à < 17°, on obtient :
- A 50°.................................... 225 cent, cubes.
- A 70° ... ........................................ 280 —
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- La température de 70° est à peu près celle que l’on ne peut pas dépasser sans danger, à moins d’opérer en vase clos.
- On peut se contenter, pour y atteindre, de chauffer le goudron dans un chaudron à trépied ou dans une marmite ordinaire à bitume. Quand le goudron est porté à la température voulue, on le puise au moyen d’une poche, et l’on remplit des arrosoirs d’une contenance de 15 à 20 litres, munis d’une pomme plate, ouverte en éventail. C’est là le procédé rudimentaire du début.
- Pour faciliter le transvasement, on a ensuite muni les marmites d’un ajutage spécial, ce qui permet de couvrir complètement la bassine et d’éviter les projections dangereuses. Des plaques de tôle entourent et protègent également le foyer.
- Pour se servir de l’arrosoir, M. Honoré, conducteur des Ponts et Chaussées, qui pratique depuis longtemps le goudronnage et y a acquis une grande expérience, recommande, non pas de verser de haut, mais au contraire de traîner la pomme en éventail sur le sol, en procédant par bandes transversales et en faisant demi-tour à chaque caniveau.
- Ce procédé entraîne évidemment une main-d’œuvre assez considérable et n’est applicable que sur de petites surfaces.
- L’épandage en grand ne sera économique que si on y applique un matériel; de grand débit utilisant au besoin la traction animale et supprimant les transvasements.
- Dans ce but, M. Audouin a construit, il y a quelques années déjà, un tonneau distributeur auquel on a donné le nom de mitrailleuse. C’est un fût cylindrique pouvant contenir 200 litres, monté sur un châssis à deux roues. Le goudron y est introduit au moyen de pompes et chauffé par un foyer mobile que l’on enlève rapidement lorsque le thermomètre indique que la température de 70° est atteinte.
- Le tuyau distributeur, à l’arrière, analogue à la rampe d’arrosage, est percé de trous qui répandent régulièrement le goudron sur une bande de lm,50 environ. La contenance correspond à un trajet de 120 mètres..
- Dans un rapport récent (1), M. Sigault, ingénieur à Meaux, cite également une chaudière-répandeuse de 100 litres construite par la riiai.son Durey-Sohy,. et un tonneau, type Vinsonneau-Hédeline, aménagé pour cet;usage spécial par une maison de‘Meaux. Dans ce dernier appareil, le goudron est chauffé par de l’eau qui circule dans un thermo-siphon, la chaleur étant fournie par un foyer à pétrole. Lorsque la température convenable est atteinte, on comprime le goudron en ouvrant la communication avec un réservoir d’air comprimé. Le goudron s’échappe alors en nappe par un ajutage à papillon.
- (1) Annales des Ponts et Chaussées,,4e tri m., 1901».
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- Il n’y a aucune main-d’œuvre d’étalage; cependant, dans la plupart de ces méthodes, il faut prévoir la nécessité d’une régularisation au moyen de balais en piazzava.
- La maison Cliappée, du Mans, a également établi un tonneau répandeur spécial sur roues, très bien disposé pour la surveillance et le réglage de la température.
- Enfin, M. Lassailly, directeur de la Compagnie de Goudronnage, a combiné toute une série d’appareils et notamment des voitures opératrices d’un fonctionnement très régulier.
- Tout d’abord la voiture chauffe-goudron se compose (fig. 1) de trois parties :
- Fig. 1. — Voiture chaufl'e-gouJrun Lassailly.
- Un générateur. de vapeur, un réservoir cylindrique, sous lequel se trouve enfin un bac à goudron.
- . Une quantité de 1 000 litres de goudron froid étant introduite dans ce bac inférieur, le réservoir cylindrique est rempli de vapeur. Un brusque refroidissement de la paroi extérieure, qui n’exige pas plus do 70 litres d’eau, détermine la condensation de la vapeur, et, à la faveur du vide qui se produit ainsi, il y a aspiration du goudron lorsqu’on ouvre le robinet établissant une communication convenable avec le fond du bac. Quand le réservoir est ainsi rempli, on interrompt la communicalion avec le bac; la vapeur est intro-
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- chiite dans un serpentin placé au milieu de la masse du goudron qui s’échauffe rapidement, et, grâce à cette disposition en vase clos, il est possible de porter la température à 90° ou 100°, au lieu de la limite de 70° à 80° imposée dans les autres appareils.
- Le goudron ainsi fluidifié par la chaleur, il ne reste plus qu’à l’employer. Pour provoquer son épandage, on introduit de nouveau, dans le réservoir, de la vapeur qui comprime le goudron, le refoule par un tuyau plongeur qui
- Fig. 2. — Voiture goudronneuse Lassailly.
- débouche à l’extérieur et permet de le transvaser dans la voiture goudronneuse, destinée à l’épanclage.
- La voiture chauffe-goudron, pendant que cette opération s’effectue, est rechargée à nouveau de 1000 kilos de goudron que l’on chauffe, de manière à supprimer toute interruption.
- La voiture goudronneuse, à son tour, comprend (fig. 2) quatre appareils placés l’un derrière l’autre dans l’ordre suivant :
- Une tonne réservoir, un bac régulateur, une rampe d’arrosage, un train de balais tisseurs.
- Le goudron passe naturellement, et par simple différence de niveau, de la tonne dans le bac régulateur, où il est maintenu à niveau constant, condition
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- nécessaire à la constance de la pression sur les ajutages et à la régularité de l’écoulement.
- M. Lassailly estime que le goudronnage, pour une première opération, doit dépenser lkg,200 de goudron par mètre carré.
- La voiture est combinée pour que l’écoulement, qui se fait le long d’une rampe de lni,80 percée de trous de dimensions convenables, corresponde, le cheval marchant au pas, à la moitié du goudron que nécessite l’opération complète qui comprend ainsi deux passes. Sur une route déjà goudronnée, une passe suffit.
- Le rôle des balais lisseurs, traînés derrière la voiture, s’explique de lui-même.
- Cette répandeuse permet d’appliquer en une heure les 2400 kilos de goudron que la voiture chauffe-goudron peut fournir dans le même temps, et couvrir 2 000 mètres carrés.
- Ces appareils de grand débit, qui suppriment une grande partie de la main-d’œuvre, s’imposent maintenant, en présence du développement considérable que prend le goudronnage. Leur emploi peut seul permettre d’atteindre un bon marché réel. D’autre part, la nécessité d’opérer par temps sec et chaud force à profiter des' circonstances favorables et de faire vite, parce que ces circonstances sont fugitives.
- Lorsqu’il s’agit de couvrir de vastes surfaces, le simple personnel des cantonniers, additionnés de quelques manœuvres, n’y ^suffiraient pas. Il faut avoir recours à l’entreprise et l’on ne peut qu’applaudir à la création de sociétés pourvues d’un matériel puissant,-d’un personnel exercé.
- Dans cet ordre d’idées, en 1906, le circuit de la Sarthe a permis une expérience large et concluante. Le goudronnage a été effectué sur les quatre cinquièmes de la surface du parcours. Commencée le 25 mai, l’opération n’a pas •duré plus de dix jours, pendant lesquels 500 000 mètres carrés ont été couverts par deux équipes, composées chacune de 8 chevaux, 6 cochers et 8 hommes, compris les sableurs.
- Cette vaste expérience fait grand honneur à la Compagnie de Goudronnage qui l’a exécutée.
- Préparation de la chaussée. — Il ne faut pas croire que le Goudronnage puisse se faire sur une chaussée quelconque et sans préparation.
- Il est nécessaire, au contraire, que l’empierrement soit en parfait état, pour que la surface soit dure, régulière et sans flaches. Les conditions les meilleures seront, donc réalisées en opérant après un bon rechargement, mais quelques mois après cependant, lorsque les matériaux auront pris leur place définitive.
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- En Amérique, à Los Angeles notamment, non seulement on n’a pas enlevé la poussière de la route; mais, s’il n’y en avait pas, on en répandait une couche assez épaisse, et l’on hersait môme au besoin pour ameublir la surface; c’est sur cette couche meuble que se faisait l’épandage, de manière à constituer une sorte de croûte imperméable, véritable revêtement indépendant de la chaussée.
- Il convient de dire que l’on se servait à’huile lourde de pétrole/ et peut-être ce procédé est-il excellent avec l’huile lourde. Mais, en France, on est arrivé à un résultat diamétralement opposé, en opérant, il est vrai, avec du goudron de houille.
- On a reconnu qu’il est au contraire tout à fait indispensable de balayer la poussière, de nettoyer à vif l’empierrement, de manière que le goudron pénètre celui-ci lui-même, sur une profondeur de 5 à 6 centimètres.
- Les matériaux d’empierrement se trouvent alors enfermés dans une gangue de cet agglutinant imperméable, solidement maintenus, formant un véritable béton à base de goudron.
- Il est essentiel qu’au moment du goudronnage la chaussée ne soit ni mouillée, ni même humide, et l’on ne saurait trop insister sur cette influence néfaste de l’humidité sur les résultats de l’opération.
- « L’humidité, écrit M. Honoré, conducteur des Ponts et Chaussées (1), s’oppose à la pénétration dans le sol et empêche la prise à un point tel que si, au moment de l’épandage, quelques parties ne sont pas absolument sèches, il s’y produit des décollements dès que la circulation est rétablie ; si l’on opère sur une chaussée fraîchement lavée, le goudron s’étend et se lisse beaucoup mieux que sur un sol sec; mais la prise ne se fait pas; même après plusieurs jours, le goudron est encore liquide. •»
- Il faut donc faire le travail par un temps sec, et M. l’ingénieur en chef Heude ajoute : par un temps chaud, sur une chaussée chaude. C’est qu’en effet, s’il est nécessaire que le goudron soit assez chaud pour être fluide, il faut qu’il ne se refroidisse pas trop avant d’avoir pénétré la chaussée; il faut donc que celle-ci soit chaude elle-même.
- L’expérience montre enfin qu’il ne faut pas goudronner sur des pentes de plus de 3 p. 100, au risque de rendre la chaussée trop glissante.
- Quantité de goudron. — Quelle quantité de goudron convient-il d’employer par mètre carré? En dehors du point de vue économique, ce serait une erreur de croire que, plus on mettra de goudron, meilleur sera le goudronnage.
- S’il en reste à la surface une couche d’épaisseur appréciable, cet enduit, toujours visqueux, sera glissant.
- (1) L’ingénienr-Constructeur, il0 7, 4e trim. 1903.
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- Il semble que la quantité utile est atteinte avec 1 kilogr. de produit par mètre carré. Elle varierait évidemment un peu suivant le degré de perméabilité de l’empierrement.
- La Compagnie de Goudronnage va jusqu’à lks,200, comme nous l’avons vu; il est possible que la température plus élevée (90 à 100°) à laquelle ses appareils permettent d’atteindre, rende le goudron plus facilement absorbable.
- Quoi qu’il en soit, voici un aperçu des conclusions auxquelles semblent conduire les plus' récentes expériences effectuées par le service des Ponts et Chaussées, en Seine-et-Marne, d’après les notices, publiées dans les Annales des Ponts et Chaussées, par les ingénieurs qui y ont'procédé (décembre 1906).
- On peut dire que la durée effective d’un goudronnage, c’est-à-dire celle où il donne intégralement les bons effets qu’on en attend, est d'un an; mais son utilité est encore appréciable la seconde année, en sorte qu’on pourrait se contenter, de 3 goudronnages en quatre ans.
- Sur l’avenue Thiers, à Melun, particulièrement fatiguée par la circulation des automobiles, à tel point qu’un premier goudronnage avait disparu et dut être rechargé au bout d’un an, cette opération a fait complètement disparaître la poussière.
- Elle a permis de supprimer à peu près complètement l’arrosage, l’ébouage et l’époudrage.
- 1° L’économie réalisée de ce chef peut se chiffrer ainsi :
- Arrosage..........
- Ébouage et époudrage
- 0,0o par m2
- 2° D’autre part, si nous examinons la répercussion du goudronnage sur les travaux d’entretien, on peut dire ceci :
- Sur les dépenses de rechargement. — La période d’aménagement, avant le goudronnage, était de cinq à six ans, mais à une époque où la circulation était beaucoup moins intense qu’aujourd’hui. Avec les automobiles qui circulent actuellement, il faudrait compter faire un rechargement tous les quatre ans.
- Or la chaussée rechargée en 1902 est encore en excellent état grâce au goudronnage et pourra certainement durer cinq ans au minimum.
- L’effet du goudronnage serait donc de porter de quatre à cinq ans la période d’aménagement.
- Si l’on compte que le rechargement en 1902 a coûté 2 fr. 10 par mètre carré, ce serait donc une économie annuelle, par mètre carré, de 0 fr. 10, qui ajoutée aux 0 fr. 05 déjà trouvés, donne an total 0 fr. 15.
- Par contre, la dépense de goudronnage a été :
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- En 1903, 1er goudronnage....... 0,12
- — 1904, 2e-. — ............ 0,10
- — 1903, 3e — ......... 0,09
- On peut compter 0 fr. 12 pour la. première année, 0 fr. 10 pour les autres, et pendant quatre ans, 0 fr. 52, ou par an : 0 fr. 10, ce qui nous donne, en faveur du goudronnage, une économie définitive de 0 fr. 05.
- Il convient de dire que les circonstances de cette expérience sont particulièrement favorables parce que les opérations étaient réalisées à peu de frais et que l’importance de la circulation sur cette avenue aussi bien que les inconvénients graves qui en résultaient, exigeaient une solution radicale. Ajoutons que les frais de rechargement de cette chaussée sont toujours très considérables, ce qui augmente également la marge d’économie.
- Le prix lui-même de l’opération ne peut être aussi bas qu’à la condition d’utiliser les cantonniers, ce qui suppose que l’on n’opère jamais à la fois que sur de petites surfaces. Dans des conditions normales, et en procédant par entreprise, on ne saurait compter sur un prix de revient inférieur à 0 fr. 15 par mètre carré ; mais, même en admettant cette dépense, on estimera sans doute que l’opération du goudronnage est avantageuse. Ne ferait-elle que de nous débarrasser de la poussière, qu’il ne serait pas exagéré de payer pour cela, et tout porte à croire que les frais qu’elle entraîne sont largement couverts par les économies qu’elle procure.
- Cette considération suffirait à rendre le goudronnage sympathique à tout le monde, même aux pouvoirs publics, qui n’aiment point voir grossir certains chapitres du budget.
- Le dernier mot n’est pas dit, d’ailleurs, sur les meilleurs procédés à employer.
- C’est ainsi que l’on peut se demander si le goudron ne pourrait pas intervenir dans la confection de l’empierrement lui-même, dont il constituerait l’agglutinant. Le rechargement se ferait alors au moyen d’un véritable béton dont le goudron serait le mortier. Sans doute cela coûterait davantage qu’un simple goudronnage, car on parle d’y employer au moins 3 kilos de goudron par mètre carré de chaussée; mais on pourrait espérer qu’il y en aurait pour longtemps et que, les matériaux étant ainsi maintenus solidement dans cette gangue plastique, l’usure serait réduite, l’entretien plus facile et moins onéreux : ce serait enfin l’àge d’or de la voirie.
- Il ne faut pas escompter trop vite d’aussi belles espérances. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’on est dans ,1a période des essais, et ces essais, commencés en 190G par M. l’ingénieur Sigault, dans l’arrondissement de Meaux, sont encore trop récents pour qu’on en puisse tirer des conclusions pratiques.
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- Contentons-nous donc, pour le moment, des bons résultats obtenus par le goudronnage pur et simple.
- De ces résultats, faut-il conclure que l’on pourrait, dans les grandes villes, substituer un empierrement goudronné à tout autre pavage? Evidemment non. La fatigue de la chaussée des grandes rues de Paris, par exemple, aurait bien vite raison du goudronnage, et l’odeur meme que le goudron répand assez longtemps après l’étendage ne trouverait sans doute pas grâce auprès de nos Parisiens, du moins sur des voies relativement étroites. Le goudronnage est le parent pauvre des pavages de luxe, et voilà que nous retombons dans l’éternelle question du pavage.
- Or nous avons vu, dès le début de cette élude, les défauts des divers modes usités jusqu’à ce jour, et nous avons dit, pour conclure, qu’une hygiène bien comprise exigeant une chape imperméable, l’asphalte constituerait le revêtement idéal, d’autant qu’il est uni, insonore, doux au roulement, s’il n’avait pas les inconvénients que nous avons signalés : usure rapide, tendance au glissement, ramollissement à la chaleur, désagrégation rapide sous l’action des agents chimiques.
- jN’est-il pas possible, tout en conservant ses qualités, d’enlever à l’asphalte ses défauts?
- L’asphalte, à vrai dire, n’est pas un corps simple qu’il faut prendre, vaille que vaille, tel que nous le rencontrons dans la nature, et déjà, pour en faciliter l’emploi, pour donner à sa composition une régularité et une constance que n’ont pas les diverses roches qui portent le même nom, l’industrie remanie ces roches et en forme ces pains bien connus de mastic asphaltique qui constitue notre matière première.
- En définitive, l’asphalte est le résultat de l’imprégnation de roches calcaires par du bitume, et chacun de ces éléments a donné au produit nouveau quelques-unes de ses qualités, mais aussi quelques-uns de ses défauts. Les particules calcaires, qui en forment la base consistante et solide, ne sont pas assez dures et s’usent aisément ; le bitume, trop plastique, se tluidifie sous la moindre élévation de température, sans que son conjoint oppose au ramollissement de la masse une résistance suffisamment énergique.
- On conçoit cependant que les choses auraient pu tourner autrement si, au lieu de calcaire, le bitume s’était insinué entre les particules de roches moins friables, plus dures, moins faciles à prendre le poli; et il n’est pas défendu de supposer que ces particules, solidement arc-boutées les unes contre les autres sans s’écraser jamais, empêcheraient aussi tout l’ensemble de céder au ramollissement.
- M. Metz, que ses travaux en céramique qualifiaient pour cette étude, a essayé alors d’incorporer à l’asphalte ordinaire des substances dures, notam-
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- ment du sable siliceux, ou toute autre roche recommandable par sa dureté. Mais toutes ces matières sont loin de donner les mêmes résultats aux différents points >de vue qui nous intéressent, et c’est le granit, en définitive, qui répond le mieux aux conditions imposées.
- Encore ne faut-il point se contenter de le mélanger à la pâte d’asphalte plus ou moins ramolli par la chaleur.
- Les circonstances de l’opération, la température, le tour de main, interviennent et modifient les propriétés physiques et chimiques du produit, auquel on a donné le nom de granit-asphalte, pour rappeler scs éléments essentiels.
- L’adhérence est telle entre les grains de granit et la gangue asphaltique, qu’à la rupture, ces grains se rompent eux-mêmes plutôt que de sortir de leur .alvéole.
- Coulé en dalle, et comparé au mastic ordinaire d’asphalte calcaire, il présente des qualités qui sont précisément l’inverse des défauts de celui-ci.
- Au point de vue de la résistance à l’usure, le laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées a classé le granit-asphalte tout à côté du grès de Fontainebleau.
- Les dallages de ce genre glissent peu, ce qui a permis de les employer sur des rampes à 4 gr. 100 et sur des pistes d’autodromes, sans crainte du fâcheux dérapage auquel les voitures sans chevaux sont sujettes trop souvent.
- La chaleur ne ramollit pas le granit-asphalte ; cette qualité l’a fait adopter pour les bouillotteries de gare et les buanderies récemment construites dans les hôpitaux de Paris. On ne verra donc plus, sur les trottoirs en granit-asphalte, devant les terrasses de café, les pieds de table et de chaises s’incruster dans le dallage.
- Enfin les agents chimiques, les eaux grasses, les huiles, ne l’attaquent pas, circonstance qui n’est point à négliger dans nos rues, car les caniveaux en asphalte comprimé sont rapidement désagrégés, et l’on est forcé de les refaire deux fois par an à Paris, tandis qu’il existe des caniveaux de granit-asphalte, rue Vertbois, par exemple, en parfait état, au bout de quatre ans d’existence.
- Et maintenant, comment se fera l’application? Il faut évidemment distinguer suivant qu’il s’agit d’un simple trottoir, d’une aire pour piétons, ou d’une chaussée soumise au roulage. Dans le premier cas, il suffit d’une nappe de 15 à 20 millimètres de granit-asphalte, directement coulée sur une couche de fondation en béton.
- Pour les chaussées, il est essentiel de donner au revêtement une masse susceptible d’éteindre les vibrations et de résister au poinçonnement des bandages de roues sous les lourdes charges. En un mot, il faut de l’épaisseur.
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- C’est ici qu’intervient une ingénieuse disposition qu’on a appelée l'asphalte armé.
- Ce mot évoque l’idée d’une armature qui, comme dans le héton armé, serait constituée par du métal. Il n’en est rien.
- L’armature ici est formée par un hérisson de petites pyramides de granit.
- Voici comment on procède :
- Sur la plate-forme en héton de 14 ou 15 centimètres d’épaisseur, qui existe dans tous les genres de pavages de chaussées, on commence par étendre une couche d’asphalte très mince qui, posée à haute température, se soude au béton, et sur laquelle on plante les pyramides, et voilà le hérisson constitué.
- Puis on coule du granit-asphalte qui remplit les vides et se soude à son tour à la couche inférieure, sous une épaisseur capable de recouvrir les têtes du hérisson de 1 centimètre ou 1 centimètre et demi.
- Ce n’est plus qu’une masse cohérente, ayant du corps, solidarisée avec la plate-forme de héton à laquelle elle adhère complètement.
- Pour les chaussées ordinaires, une dalle de 4 centimètres d’épaisseur suffit; mais on peut aller jusqu’à 7 centimètres, lorsqu’il s’agit de voies très fréquentées, comme celles qui viennent d’être exécutées à Nice récemment, ou sur le quai aux Fleurs, que les transports nocturnes, destinés à l’approvisionnement des Halles, soumettent à une rude épreuve.
- Or, sur le quai aux Fleurs, précisément, l’asphalte armé sort à son honneur de la comparaison avec les autres systèmes de pavages et dallages qui l’avoisinent.
- De pareils résultats avaient été d’ailleurs constatés depuis longtemps dans les cours d’arrivée de nos grandes gares. Ils fournissent une indication précieuse et manifestent un progrès considérable dans les ressources dont nous pouvons user pour le revêtement de nos rues.
- Il n’est pas inutile d’ajouter que la réparation est des plus simples. Lorsque l’usure a produit une flache de 5 à 10 millimètres, il suffit de repiquer et de couler une couche nouvelle de granit-asphalte. A peine refroidie, on livre à la circulation qui n’a subi qu’une interruption infiniment courte.
- C’est ainsi, qu’au Métropolitain, on n’a pour réparer que quatre heures de nuit et cela suffit. Quel est le genre de dallage qui présenterait cet avantage?
- Et les Parisiens ne seraient-ils pas heureux de ne plus voir dans leur Cité les écriteaux : « rue barrée » et les innombrables chantiers de pavage qui rendent si difficile un voyage à travers nos rues?
- Je n’ai pas la prétention d'avoir épuisé mon sujet. Précisément parce que nous sommes dans une période de transition, il serait téméraire de prophétiser ce que seront nos routes de l’avenir.
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- Quand un problème se pose impérieux, la solution définitive n’apparaît pas instantanément et l’on est tenté de se lamenter, de s’écrier que le mal est sans remède.
- Il n’y a pas de remède? Laissez faire le temps, ce grand maître.
- Le cerveau des ingénieurs, des inventeurs, fermente... Les essais se succèdent... Ce n’est pas parfait tout d’abord, mais les 'faits se classent, les inconnues se dégagent, jusqu’au jour où l’on s’étonne, en lace d’une solution pratique, qu’on n’y ait pas songé plus tôt.
- On n’y a pas songé, parce que la loi du progrès est la loi de l’évolution.
- Lieutenant-colonel G. Espitallier.
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- ASTRONOMIE
- LES RAYONS CATHODIQUES ET l’aURORE BORÉALE par M. P. Vîllard (1).
- Un certain nombre d’auteurs admettent que l’aurore boréale est produite-par des rayons cathodiques, mais aucune théorie satisfaisante n’a été proposée pour expliquer la structure et les mouvements de l’aurore. Quant à- la cause proprement dite du phénomène, il semble difficile de choisir entre les hypothèses faites à ce sujet avant de savoir en quoi consiste le phénomène lui-même et d’être en mesure d’en expliquer les diverses particularités.
- Cette explication ne résulte pas immédiatement des propriétés des rayons cathodiques : on ne voit pas a priori comment ces rayons donneraient à l’aurore l’aspect d’un éventail ou d’une draperie reposant sur un arc dont l’intérieur est sombre, pourquoi les rayons auroraux seraient dirigés suivant les méridiens magnétiques alors que les rayons cathodiques s’enroulent autour des lignes de force d’un aimant; on ne comprend pas davantage les mouvements de rotation de l’aurore boréale autour de l’axe magnétique de la terre.
- L’hypothèse d’une émission cathodique n’apparaît donc pas avec un caractère d’évidence immédiate. Pour en vérifier le bien fondé, il est manifestement nécessaire d’entreprendre une étude détaillée des propriétés magnétiques des rayons cathodiques et, si l’hypothèse en question est exacte, les résultats de cette étude expliqueront immédiatement tous les phénomènes auroraux. C’est à cette étude que sera consacrée la première partie de cet exposé.
- ÉLECTROMAGNÉTISME CATHODIQUE
- Un rayon cathodique est la trajectoire d’une particule électrisée dont la charge, toujours négative, est celle de 1 atome d’hydrogène électrolytique (7 X 10 “10 unités électrostatiques ou 2,3 X 10-19 coulombs), mais d’une masse environ deux mille fois moindre.
- Ces corpuscules, comme on les appelle, ne peuvent guère être étudiés que dans des ampoules où l’on*a réalisé un vide très avancé pour supprimer tout obstacle au mouvement, et avec des différences de potentiel de quelques milliers de volts au moins et souvent supérieures à 25 000 volts. Exceptionnellement, on peut descendre à 500 volts. Les vitesses observées dans ces condi-
- (1) Communication faite en séance le 22 octobre 1906,
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- LES RAYONS CATHODIQUES ET L’AURORE BORÉALE.
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- lions (1) sont énormes; elles se chiffrent par milliers de kilomètres à la seconde, et peuvent dépasser le tiers de la vitesse de la lumière.
- La masse de ces corpuscules pourrait être matérielle au sens ordinaire du mot (hydrogène par exemple); mais les propriétés de l’électricité suffisent à
- Fig. 1. — Photographie d’un faisceau cathodique émis par une cathode concave. A droite le même faisceau dévié par un aimant. — Différence de potentiel 500 volts.
- expliquer l’inertie de ces corpuscules et certains, auteurs les considèrent comme des atomes d’électricité libre (électrons).
- L’apparence de masse serait un phénomène purement électromagnétique. Si, en effet, on déplace une charge électrique, il en résulte un courant de convection qui produit autour de lui un champ magnétique. L’accélération qu’il a
- (1) La vitesse est proportionnelle à la racine carrée de la chute de potentiel motrice. En effet, soient : m la masse ; e la charge;
- U la chute de potientiel ; v la vitesse ; on a évidemment
- ^mi’2 = eU.
- 2
- d’où
- «=VU£ (unités C. G. S.),
- 6
- — est voisin de 1,8 x 107. U le nombre de volts multiplié par 108. Pour I 000 volts, on aura m
- . p m 1 r m
- v = \/l 000 X 108 X 3,6 X 107 = v/3,6 X 109---= 1,7 x 10*----,
- sec sec
- soit 17 000 kilomètres par seconde.
- Pour 100000 volts ce serait dix fois plus, soit 170 000 kilomètres par seconde.
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- ASTRONOMIE.
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- fallu appliquer à cette charge pour lui donner une vitesse se traduisant ainsi par la production d’un champ magnétique qui emmagasine de l’énergie, un travail a dû être dépensé pour produire la vitesse en question : c’est bien là le caractère de l’inertie; si maintenant nous voulons arrêter cette charge en mou-’ vement, détruire sa vitesse, cet arrêt restituera l’énergie emmagasinée, exactement comme l’arrêt d’un corps en mouvement ne peut se faire qu’en absorbant sa force vive, en la transformant par exemple en chaleur.
- Supposons au contraire l’atome électrique lancé et se mouvant uniformément en ligne droite : le courant électrique qu’il représente est constant, le champ produit ne varie pas, aucune dépense de travail n’est donc nécessaire; c’est identiquement ce qui arrive pour un objet matériel en mouvement uniforme.
- Ainsi l’atome de fluide électrique ou électron, par cela même qu’il est une charge, possède une inertie, il aune véritable masse, mais cette masse est d’une singulière nature, bien faite pour dérouter la notion d’invariabilité, de constance, que nous attachons à l’expression : masse d’un corps. Considérée en effet comme un phénomène électromagnétique, la masse augmente avec la vitesse ; cet accroissement est sans doute faible aux vitesses courantes (projectiles, et même planètes ou comètes), mais il devient très sensible quand on arrive au tiers ou à la moitié de la vitesse de la lumière (vitesses cathodiques) : pour la vitesse même de la lumière la masse serait infinie.
- Cette notion nouvelle de la nature purement électrique des corpuscules conduit d’ailleurs à cette conséquence paradoxale qu’elle n’exclut nullement la présence de matière ordinaire dans ces mêmes corpuscules ; il est en effet naturel, puisque l’électromagnétisme explique l’inertie, d’admettre que toute inertie, partant toute masse, est de nature électrique. La matière, telle que nous la concevons, serait un assemblage d’électrons, son inertie serait de la self-induction et la masse d’un objet varierait avec la vitesse jusqu’à devenir infinie pour 300 000 km : sec. C’est dire qu’un projectile no pourra jamais être lancé avec la vitesse de la lumière.
- S’il en est ainsi, rien ne s’oppose à admettre que les corpuscules cathodiques contiennent par exemple de l’hydrogène, puisque cela n’empêche en rien leur masse d’être d’origine purement électromagnétique.
- Les rayons cathodiques ne sont pas les seuls à considérer au point de vue qui nous occupe. La preuve n’a pas été faite qu’ils soient la cause de l’aurore boréale et l’examen comparatif des divers rayonnements de nature électrique peut seul permettre de décider quelle hypothèse il convient d’adopter.
- Indépendamment des rayons cathodiques, produits par des corpuscules négatifs, le passage de l’électricité dans un gaz raréfié produit des rayons qui transportent des charges positives et par suite sont sensibles à un champ
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- magnétique. Le sens de la déviation est inverse de celui dos corpuscules cathodiques, mais a lieu suivant les mêmes lois.
- Les particules'positives qui forment ces rayons possèdent une charge égale en valeur absolue à celles des corpuscules négatifs, mais leur masse matérielle est beaucoup plus grande : chacune représente un atome d’hydrogène auquel on a enlevé un corpuscule, soit 1/2 000 seulement de son poids; son électrisation positive résulte simplement de ce fait qu’un atome neutre a perdu une certaine charge négative — e, et possède par suite la charge complémentaire + e.
- Enfin des poussières électrisées se comporteraient dans une certaine mesure comme des corpuscules cathodiques. M. Arrliénius a précisément supposé que,' sous l’action répulsive de la lumière, des poussières suffisamment ténues (1/1 000 de millimètre de diamètre environ) pourraient être repoussées par le soleil malgré leur poids et, formées dans le voisinage de l’astre central, s’éloigneraient de lui 'et arriveraient jusqu’à la Terre. En admettant que ces poussières soient électrisées, M. Arrhénius explique, par leur arrivée dans notre atmosphère, la production de l’aurore boréale et la dépendance manifeste qui existe entre.l’apparition des aurores et les manifestations.de l’activité solaire.
- Si nous comparons les charges transportées par un meme poids de ces corpuscules ou particules, nous aurons une idée très nette des effets magnétiques auxquels on doit s’attendre.
- Un gramme de corpuscules cathodiques transporte 200 000 000 de coulombs.
- Un gramme de particules positives, qui sont deux mille fois plus lourdes (exactement 1 999 fois) transporte seulement 100 000 coulombs, c’est la charge d’un gramme d’hydrogène dans l’électrolyse.
- Enfin des poussières chargées à 10 000 volts, par exemple, ne possèdent qu’une charge infiniment moindre, soit pour 1 gramme, environ 1/10 000 de coulomb.
- Les corpuscules donneront donc des effets magnétiques considérables et seront fortement déviés par le champ terrestre.
- Les particules positives subiront des déviations deux mille fois moindres mais encore très sensibles. Dans le voisinage de l’aimant terrestre, les rayons cathodiques s’enrouleront en circonférences de 60 mètres de diamètre au plus ; les rayons positifs, dans les mêmes conditions de vitesse, décriront des spires de 120 000 mètres. Enfin les poussières électrisées ne seront pas déviées d’une manière appréciable. Elles pourront être la cause originelle de l’aurore, mais elles n’en expliqueront pas la structure et les déplacements.
- Nous allons examiner maintenant l’action d’un champ magnétique sur les rayons cathodiques. Au sens et à la grandeur près, les résultats seront applicables aux rayons positifs.
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- Champ uniforme. — Le calcul de la modification qu’un champ uniforme fera subir à la trajectoire d’un corpuscule est un problème de balistique très simple : supposons le corpuscule lancé perpendiculairement aux lignes do force. Il est soumis à une force constamment perpendiculaire à sa vitesse; celle-ci reste donc invariable. La direction seule est modifiée, tout en restant évidemment dans un plan perpendiculaire au champ (plan contenant la vitesse et la force). La trajectoire est donc plane. D’autre part, la force est constante, l’accélération l’est donc également et la ligne plane suivie par le projectile cathodique ne peut être qu’une circonférence parcourue d’un mouvement uniforme.
- Si le rayon incident est oblique au champ, sa vitesse peut être résolue en deux composantes : l’une, perpendiculaire au champ, donne une circonférence parcourue à vitesse constante (arc proportionnel au temps) ; l’autre, parallèle au champ, produit un déplacement du mobile proportionnel aussi au temps et non modifié par le champ. Nous avons ainsi un point dont Cordonnée est proportionnelle au temps comme son abscisse curviligne : ce point se déplace donc sur une hélice dont le diamètre est celui de la circonférence correspondant à la composante de la vitesse perpendiculaire au champ.
- Le rayon de cette circonférence, ou de cette hélice, est évidemment en raison inverse du champ et proportionnel à la vitesse ; il est donné par la formule très simple
- 771 V
- R = — (unités électromagnétiques G. G. S.),
- ^ H
- 77X
- — étant le rapport de la masse à la charge, v la vitesse ou sa composante perpendiculaire au champ, H le champ ; m et e n’interviennent évidemment que par leur rapport, car, si l’on rend solidaires par exemple deux projectiles identiques, ce qui double charge et masse, la trajectoire du système reste celle de chaque projectile.
- Supposons maintenant qu’un rayon cathodique soit émis par un point d’une cathode. Ce point d’émission n’est géométriquement qu’un point de la trajectoire ; il se trouve donc, si le rayon est perpendiculaire au champ, sur la circonférence. Autrement dit, tous les rayons émis par un point dans un plan perpendiculaire au champ, quelles que soient leurs vitesses, décriront des circonférences contenant le point d’émission et, par suite, reviendront tous à ce point. Si les vitesses seules, diffèrent, mais non les directions, on obtiendra une famille de circonférences toutes tangentes à la direction initiale au point d’émission, et de diamètres différents (fig. 2).
- Pour un observateur regardant dans le sens du champ, l’enroulement est décrit dans le sens des aiguilles d’une montre.
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- En considérant la formule précédente, on voit qu’il revient au même de faire varier le champ ou la vitesse ; avec des rayons de vitesse unique, on obtiendrait, en faisant varier le champ, l’aspect de la figure 2. Le diamètre de chaque circonférence serait en raison inverse du champ.
- Si les rayons sont obliques au champ, et de même direction, on aura une famille d hélices dont le pas et le diamètre sont l’un et l’autre proportionnels à la vitesse et dont le rapport est celui des deux composantes de cette vitesse, c est-à-dire constant. Ces hélices seront donc semblables et enroulées sur des cylindres parallèles au champ ; de même que les circonférences précédentes
- Fig. 2. — Enroulement de rayons de vitesses différentes et de même direction initiale OV (trois rayons seulement figurés).
- passaient toutes par le point d’émission, les cylindres dont il s’agit auront tous une génératrice commune passant par ce même point (fig. 3).
- H
- Fig. 3. — Enroulement hélicoïdal de deux rayons de même direction et de vitesses différentes dans un champ uniforme (hélices semblables).
- Enfin, si les directions et les vitesses sont quelconques, on aura des hélices quelconques, mais^les cylindres d’enroulement conserveront la génératrice* commune dont il s’agit.
- Pour réaliser des conditions voisines de ces cas théoriques, on prend une cathode plane ou faiblement [concave, de 8 millimètres à 12 millimètres de-diamètre, enfermée dans[ une coupe en verre sur les bords de laquelle s applique une lame de mica percée d’une ouverture de 3 millimètres à 4 millimètres de diamètre (fig. 4).^L’émission se fait uniquement par le point de la
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- cathode situé en lace du centre de cette ouverture, qu’elle soit près du milieu ou des bords do la cathode; celle-ci étant assez large, le champ électrique est sensiblement uniforme dans son voisinage, seule région de l'ampoule où il soit intense, et l’on a un faisceau presque parallèle et très étroit, suffisant pour observer dans do bonnes conditions les circonférences d’enroulement et quelques spires d’hélice. Avec une cathode enfermée dans une coupe très aplatie, on peut très facilement observer le retour des rayons au point d’émission.
- Fig. 4. — Cathodes employées pour obtenir un faisceau cathodique fin.
- Quelques précautions sont à prendre pour l’usage de ces appareils fragiles. Les décharges irrégulières de la bobine de Ruhmkorlf conviennent mal; il faut employer soit la machine statique, soit un transformateur à haut voltage
- Fig. 5. — Faisceau cathodique fin photo- Fig. 6. — Même expérience en
- graphié : 1° sans faire agir le champ ma- donnant successivement au champ gnétique; 2° quand le champ est établi. diverses valeurs.
- (Figure extraite du Bulletin de la Soc. Int. des Électriciens.)
- qui fournit un courant d’une parfaite régularité. On met un rhéostat sur le primaire et une résistance liquide sur le circuit secondaire.
- Le vide doit être fait sur l’oxygène pur, dans lequel les rayons cathodiques sont extrêmement visibles. Cet oxygène s’épuisant assez vite, on le renouvelle en chauffant un petit tube fixé à l’ampoule et contenant un peu d’oxyde d’argent pur, préparé sans faire usage de filtres et lavé seulement par décantation.
- La figure 5 représente un enroulement photographié dans une ampoule de ce genre. Sur la figure 6 on a photographié le faisceau initial et son enroulement dans une série de champs de diverses valeurs, jusqu’à 1 200 unités environ. On reconnaît l’aspect prévu par la figure 2.
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- Pour étudier les hélices, il faut diaphragmer le faisceau de manière à éliminer tous les rayons sensiblement écartés do la direction principale. On y arrive aisément en plaçant, on ayant de la cathode, un diaphragme de mica percé d’une très petite ouverture. Celle-ci pourra être sur la ligne de force passant par le point d’émission (ligne OH de la figure 3). En réglant convenablement l’inclinaison de la cathode (perpendiculaire à OV) et la distance du diaphragme, on épure le faisceau après une ou deux ou trois spires complètes ; on reste d’ailleurs maître de faire varier à volonté le diamètre des cylindres d’enroulement puisqu’on diaphragme sur la génératrice commune à tous.
- 11 est souvent préférable de diaphragmer au contraire sur une ligne telle que MN ou M'N', parce que les rayons de vitesses différentes sont alors plus séparés.
- Fig. 7. — Enroulement d’un rayon cathodique dans un champ oblique à sa direction.
- Mais le diamètre des hélices est alors imposé, et c’est en réglant la valeur du champ qu’on arrive à faire passer les rayons par le trou ménagé dans la lame de mica.
- Ce mode d’épuration du faisceau, après un nombre convenable de spires ou de demi-spires, donne beaucoup de précision aux observations et permet d’observer jusqu’à six spires complètes.
- La figure 7 représente un enroulement ainsi obtenu. On voit que les choses se passent tout à fait conformément à la théorie.
- Champ non uniforme. — Les rayons s’enroulent encore suivant des courbes qui rappellent l’hélice, mais cet enroulement ne se fait pas en général sur un tube de force.
- Le problème ne peut être abordé géométriquement que dans des cas très simples : supposons, par exemple, un champ tel qu’on l’obtient entre les pôles de deux électro-aimants droits placés dans le prolongement l’un de l’autre. Ce champ est de révolution, il possède un plan équatorial; dans ce plane! dans des plans parallèles il décroît do l’axe à la périphérie ; les lignes de force sont courbes et convergent vers les pôles (champ en forme de barillet).
- Considérons un rayon lancé dans le plan équatorial suivant une direction AV passant par l’axe 0 du champ (fig. 8) et donnons-nous la position des lignes d’égaje force magnétique (circulaires) et la valeur de la force sur cha-
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- cune de ces lignes décroissante de Taxe à la périphérie, cette décroissance étant représentée par un écartement progressif des lignes d’égale force.
- Si le champ était uniforme, comme il est perpendiculaire au plan de la figure, le rayon s’enroulerait suivant une certaine circonférence de centre P, indiquée en pointillé. Mais, à mesure qu’il s’éloigne de la ligne oc, la force diminue, le rayon de courbure de la trajectoire augmente et celle-ci s’écarte de la circonférence P. Arrivé sur une certaine ligne P, en B, le projectile cathodique est dirigé tangentiellement à (3 et, continuant à tourner, il rencontre dans le sens croissant les champs qu’il avait, de A à B, traversés dans le sens
- Fig. 8. — Construction de la spirale cathodique à double enroulement dans le plan équatorial d’un champ non uniforme produit entre deux pôles magnétiques.
- décroissant. Le problème est analogue à celui du mirage, et l’arc décrit, BC, sera symétrique de AB par rapport à OB. Au point C le rayon sera dirigé suivant CO, et la courbure en ce point sera la même qu’en A. Il est essentiel de remarquer que le point C doit être non sur la circonférence P, mais en dehors, comme le montre la figure. Si, en effet, on avait deux arcs AB, BC, symétriques, tels que A et C soient sur la circonférence P, la courbure passerait en B par un maximum, tandis qu’elle y passe par un minimum. Le point C est donc en dehors de la circonférence.
- A partir de C, le rayon rencontre des champs plus intenses que le long de la ligne a, et croissants : la courbure de la trajectoire augmente jusqu’à un certain point B'où elle est maxima, puis décroît à mesure que le rayon revient vers la ligne a, qu’il atteint en A7; les deux arcs CB7, B'A' sont symétriques et au
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- point A', le rayon se retrouve dans les conditions initiales. Mais il est décalé de la quantité AA'. Comme il n’y a aucun obstacle en ce point, il recommence une deuxième spire identique à la précédente, puis une troisième, et ainsi de suite indéfiniment; c’est ce qui est représenté sur la meme figure à droite.
- Ainsi, tandis que, dans un champ uniforme, le projectile cathodique décrirait une circonférence et, en l’absence d’obstacles, recommencerait indéfiniment la même circonférence, il décrit ici une spirale particulière telle, qu’après chaque tour complet, le rayon est décalé d’une quantité constante; autrement dit, la spirale ne se referme'pas sur elle-même ; elle constitue un double enroulement : 1° autour du champ magnétique; 2° autour de l’axe de ce champ (fig. 9).
- Fig. 9. — Photographie de Fenroulement cathodique de la figure 8. (Figure extraite du Bulletin de la Soc. Int. des Électriciens.)
- Au lieu de considérer un rayon partant d’un point tel que A dans une direction OY, on aurait pu le prendre dirigé d’une manière quelconque. Le point d’émission n’étant pas autre chose qu’un point de la trajectoire, cela reviendrait à commencer la spirale précédente par un quelconque de ses points.
- Considérons maintenant le cas beaucoup plus intéressant d’un rayon lancé obliquement dans un champ semblable au précédent.
- Supposons, pour simplifier, la cathode dans le plan équatorial et le rayon lancé obliquement à ce plan, du côté d’un des pôles, par conséquent. Si le champ était uniforme, après un tour complet, le rayon rencontrerait de nouveau la ligne de force passant par le point d’émission. Mais, comme dans le cas précédent, le champ est plus intense près de l’axe que loin de cet axe. L’arc d’hélico extérieur s’allongera donc comme le faisait la courbe ABC de la figure 8 par rapport à la circonférence, puis deviendra pins serré comme l’arc CB'A' et, de même que le rayon no renassait pas par A, il ne reviendra pas à la ligne de
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- force1-initiale, il y aura un décalage: à chaque spire, ce décalage se reproduira, et le rayon s’écartera de plus en plus de la ligne de force en question.
- En môme temps ce rayon, avançant vers un pôle, rencontrera des champs de plus en plus intenses. Assimilons ce champ, sur une petite étendue, au
- Fig. 10. — Enroulement cathodique dans le champ obtenu entre deux pôles d’électro-aimant. La tra- jectoire rebrousse chemin à une certaine distance du pôle dont s’approche le rayon. Le retour se fait obliquement par rapport à l’aller. Au-dessus de l’enroulement, se voient deux faisceaux de rayons magnéto-cathodiques qui suivent les lignes de force, rectilignes en apparence par effet de perspective. (Figure extraite du Bulletin de la Soc. Int. des Électriciens )
- champ divergent à lignes de force rectilignes, produit par un pôle isolé. M. Poincaré a démontré que, dans ce cas, le rayon s’enroule suivant une ligne
- > ï
- Fig. 11. — Calque de la photographie stéréoscopique d’un enroulement cathodique entre les pôles d’un électro-aimant.
- géodésique située sur un cône ; or une semblable ligne, après s’être rapprochée du sommet du cône, rebrousse chemin et s’en éloigné indéfiniment. Autrement dit, le pas de l’hélice diminue plus vite que son diamètre, devient nul sans que celui-ci le soit, puis devient négatif; le corpuscule s’éloigne alors du pôle, et le diamètre des spires recommence à croître.
- Dans le cas où les lignes de force convergentes sont courbes au lieu d’être rectilignes, nous pouvons sinon démontrer, du moins admettre qu’il y aura à la fois rebroussement et décalage de la trajectoire hélicoïdale de pas variable. Le premier [phénomène, prévu par la théorie de M. Poincaré, résulte de la
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- convergence des lignes de force, le second est dû, comme on l’a vu plus haut, à la plus grande intensité du champ près de son axe.
- On entrevoit tout le parti qu’on pourra tirer de ce rebroussement des hélices cathodiques pour expliquer que l’aurore boréale n’aille pas jusqu’au pôle magnétique qui reste entouré d’une zone sombre.
- Le rayon s’enroulera ainsi en spires décroissantes sur une surface fusiforme oblique par rapporta la ligne de force passant par la cathode. Cet enroulement s’arrêtera à une certaine distance du pôle, s’en éloignera ensuite, puis s’arrêtera de nouveau à la même distance de l’autre pôle, reviendra vers le premier, et ainsi de suite, sans que le rayon puisse rencontrer les parois de l’ampoule si celle-ci contient les pôles ou au moins en est très près. Quant au décalage, il ne dépend que de la condensation du champ vers l’axe et, par suite, a lieu tout le temps dans le même sens, produisant comme pour la figure 8 un enroulement général centré sur l’axe de l’électro-aimant, et parcouru dans le sens des aiguilles d’une montre pour un observateur regardant dans la direction du champ.
- On se représentera assez bien cette trajectoire en imaginant un long ressort en hélice qu’on reploierait en zigzag, et qu’on poserait sur un baril de manière à en faire le tour. La figure 10 montre un exemple de ce phénomène, on voit l’aller et le retour du rayon ainsi que le décalage (une lame de mica arrête le rayon après le premier aller et retour).
- La figure 11 est le calque exact d’une photographie stéréoscopique de l’enroulement (1).
- Dans une ampoule un peu vaste, on observe aisément un nombre d’allers et de retours suffisant pour couvrir une surface faisant le tour complet de l’axe du champ ; l’aspect est celui d’un baril lumineux dont les douves, séparées à leurs extrémités, se croiseraient en leurs milieux (voir la fig. 18).
- Rayons magnétocathodiques. — Indépendamment de l’enroulement, simple ou composé, des rayons cathodiques, le champ magnétique fait apparaître un phénomène complètement différent, entrevu par Plücker, puis signalé plus nettement par M. Birkeland et par M. Broca. Plücker avait observé que, dans un champ magnétique intense, la lueur négative d’un tube de Geissler se dispose suivant un tube de force ayant pour base la cathode. M. Birkeland a décrit
- (I) La reproduction de l’épreuve en photogravure eût été mauvaise à cause de la faiblesse des spires d’ordre élevé nécessairement un peu étalées et par suite moins brillantes que les premières. En outre, l’inévitable réseau a le défaut de supprimer l’effet stéréoscopique à cause de l’aspect ponctué de l’image et du défaut de correspondance des points qui la composent. Le dessin au trait peut au contraire être reproduit sans trame : celui-ci n’est d’ailleurs que le renforcement, à la plume, du positif véritable.
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- un .phénomène analogue : pour, une certaine valeur de la force magnétique à la cathode, celle-ci émet, par toute sa surface, des rayons qui suivent les lignes de force et se terminent à une certaine distance de la. cathode sans cause apparente.
- En reprenant ces expériences, j’ai constaté les faits suivants:
- Dans une ampoule^où le vide de Crookes est réalisé, si la.cathode est<plane ou concave, et à peu près adossée à la paroi de l’ampoule, il n’y a émission notable de rayons cathodiques que par le centre de la cathode, du côté libre. Vient-on à placer cette ampoule dans un champ magnétique, les rayons s’enroulent d’abord en spires d’autant plus serrées que le champ est plus intense, puis, presque brusquement, l’aspect se modifie complètement; un large faisceau de rayons apparaît, figurant un tube de force qui a la cathode pour base, et les
- Fig. 12. — Ampoule pour rayons magnétocathodiques. — Déviation électrostatique de ces rayons par une force électrique perpendiculaire au champ magnétique.
- deux faces de la cathode émettent des faisceaux identiques. Les lois ordinaires de d’émission sont complètement transformées.
- Ce dispositif peut évidemment, s’il y a deux espèces de rayons, donner un mélange; le suivant paraît préférable (fig. 12) : une cathode disposée comme le montre la figure est placée entre deux plaques de mica D et D', dont l’une sert à protéger le verre de l’ampoule, l’autre étant percée de quelques ouvertures telles que O.
- Pour une valeur convenable de champ, tous les rayons émis par C s’enroulent sur, des cylindres de diamètre inférieur à la distance CO, aucun ne peut passer par' cette ouverture. Mais celle-ci émet un faisceau intense de rayons dirigés suivant les lignes de force (fig. 13).
- Si l’on fait passer ce faisceau entre deux, plateaux parallèles, tels que P, en toile métallique, très rapprochés, et entre lesquels on crée un champ électro-
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- statique, les rayons sont déviés, comme, le montre la figure 12, parallèlement aux plateaux, c’est-à-dire que la déviation est perpendiculaire aux lignes de force électrique.
- On peut recevoir ces rayons dans un cylindre de Faraday (protégé par une enceinte); on constate qu’ils ne le chargent pas, tandis que les rayons cathodiques ordinaires le chargent négativement.
- Pour rappeler le mode de production de ces singuliers rayons, je les ai dési-
- Fig. 13. — Vue perspective de faisceaux magnétocathodiques partant de trous percés dans une lame de mica placée près de la cathode. {Figure extraite du Bulletin de la Soc. Int. des Électriciens
- gnés par le nom de rayons magnétocathodiques. Leurs propriétés, à peine entrevues, ne permettent pas ^actuellement de faire d’hypothèse sur leur nature, mais certains caractères les distinguent nettement.des rayons cathodiques ordinaires :
- En premier lieu, c’est le passage discontinu d’un phénomène à l’autre. Des rayons enroulés en cylindre étroit*chargent bien un cylindre de Faraday, puis, brusquement, pour un médiocre accroissement de champ, l’aspect du faisceau change et l’électromètre tombe à zéro, le potentiel de décharge n’est pas sensiblement modifié, le degré de vide reste le même, il semble bien que c’est la nature des rayons qui n’est plus la même. En même temps, toute trace d’enroulement (1), de gyration dans la trace du faisceau sur le verre, a disparu.
- (1) Avec des faisceaux très fins P enroulement est toujours facile à voir parce qu’il forme un cylindre creux beaucoup plus gros que le faisceau. Avec des rayons produits par 30 000 volts, dans un champ de 500 unités, le diamètre de ce cylindre est voisin de 2 cm Pour qu’il descendît à 2 mm., il faudrait que la vitesse fût dix fois moindre, et le potentiel de décharge cent fois plus petit, soit 300 volts.
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- Dans une ampoule où le vide est peu avancé, les rayons magnétocathodiques forment un faisceau qui s'arrête à peu de distance (quelques centimètres) de son point de départ. Cette distance augmente avec le champ magnétique, qui semble ainsi être moteur pour ces rayons. Rien de semblable ne s’observe avec les rayons cathodiques ordinaires'.
- Si le champ n’est pas uniforme (ampoule posée sur un électro-aimant en fer à cheval), on a vu que les rayons cathodiques forment une spirale qui s’arrête à une certaine distance du pôle, puis rebrousse chemin; mais cette spirale ne suit pas un tube de force, elle forme le zigzag déjà décrit. On peut essayer de lancer un rayon cathodique suivant une ligne de force ; il ne la suit que si elle est rectiligne, sinon il ne tarde pas à s’en écarter, ce qui est facile à vérifier en se plaçant dans le plan de symétrie passant par les pôles de l’électro-aimant. L’enroulement cathodique s’écarte visiblement de ce plan, le rayon magnéto-cathodique y reste toujours: il peut s’arrêter plus ou moins loin, suivant le degré de vide et la valeur du champ, jamais il ne rebrousse chemin comme la spirale cathodique.
- Enfin des rayons magnétocathodiques peuvent partir d’une anode placée près de la cathode d’une ampoule.
- Ces rayons magnétocathodiques présentent avec les rayons cathodiques une remarquable relation:
- Quand un rayon cathodique est placé dans un champ magnétique intense, tons ses points émettent des rayons magnétocathodiques en lesquels il finit par se résoudre complètement.
- On voit qu’un champ magnétique peut apporter de singulières modifications dans le régime de la décharge électrique. Il y aurait même lieu d’examiner si ces rayons magnétocathodiques qui suivent les lignes de force n’expliqueraient pas les rayons auroraux mieux que tout autre phénomène électrique. Cette explication doit cependant être rejetée parce que les rayons magnétocathodiques vont jusqu’au pôle d’un aimant, ce qui n’est pas le cas pour les faisceaux lumineux de l’aurore. D’ailleurs le champ terrestre est trop faible pour produire ces rayons. Mais on est exposé à les rencontrer en cherchant à reproduire artificiellement l’aurore ; des champs intenses sont en effet nécessaires pour faire l’expérience à une échelle abordable. Sachant que cette condition inévitable peut faire apparaître comme effet parasite ces rayons nouveaux, on peut en faire abstraction dans l’interprétation des expériences faites in mVro.siir l’aurore boréale.
- THÉORIE DE l’aüRORE BORÉALE
- Les particularités principales de l’aurore sont les suivantes :
- L’aurore affecte généralement une forme en éventail "composé de bandes
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- lumineuses semblables à des faisceaux de projecteurs, convergeant vers le pôle magnétique, mais s’arrêtant à distance de celui-ci et s’appuyant en quelque sorte sur un arc dont l’intérieur est sombre (arc auroral).
- La base de chaque faisceau sur cet arc présente un renforcement notable. La longueur des rayons est variable ; souvent on les voit aller d’un pôle à l’autre.
- Par instants, des mouvements se produisent dans l’aurore; les rayons se déplacent le long de l’arc auroral comme si l’ensemble tournait tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, autour de l’axe magnétique du globe
- Parfois la base des rayons s’élève ou s’abaisse comme si chaque faisceau lumineux était animé d’un mouvement longitudinal (danse des rayons).
- Il faut ajouter à cela les taches lumineuses dans le ciel (plaques aurorales).
- Les phénomènes d’enroulement des rayons cathodiques dans un champ non
- Ouest.
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- Est.
- Fig. 14. — Figure schématique (planisphère) de l’enroulement cathodique auroral.
- uniforme permettent d’expliquer la plupart de ces aspects et même de discuter l’origine de l’énergie électrique du météore.
- Si l’aurore est produite par des particules cathodiques émanant du Soleil, ces particules ne peuvent arriver à la terre que si le champ magnétique solaire est négligeable. En effet, ce champ étant de révolution, les rayons cathodiques y produisent l’enroulement composé en zigzag formant autour du soleil une nappe de révolution dont les points d’émission feront partie, et qui, par suite, ne pourra s’écarter du soleil à une distance supérieure à celle de ces points.
- Le diamètre des spires d’enroulement sera lui-même négligeable devant le diamètre du Soleil (dans un champ de un dixième d’unité et pour des particules ayant la vitesse de la lumière, ce diamètre serait de 600 mètres environ).
- Ainsi le champ magnétique solaire est incompatible avec l’arrivée des particules cathodiques sur la Terre; l’hypothèse de l’origine solaire des rayons cathodiques nous oblige donc à admettre que ce champ est sensiblement nul, ce qui est possible vu la température élevée de l’astre.
- Supposons donc les particules cathodiques entrant dans le champ magnétique terrestre qui s’étend jusqu’au Soleil et au delà: leurs trajectoires s’enrou-
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- leront, donneront la'nappe en zigzag ayant pour axe l’axe magnétique du globe et passant par le lieu d’émission, soit le Soleil.
- On pourra donc voir peut-être, très près des pôles, les* extrémités de tous les faisceaux d’enroulement, mais comme, à chaque aller et retour, ils devront s’éloigner à une distance égale à celle'du'Soleil, s’ils ne sont pas absorbés en route; ils seronthors de l’atmosphère, dans un vide parfait, et invisibles. Comme il est certain que les'aurores boréales ou australes peuvent donner des rayons
- Fig. 15. — Nappe cathodique en zigzag limitée par deux parallèles magnétiques. En haut à gauche, le départ du faisceau cathodique. Le ballon est fortement décentré par rapport à T électro-aimant ‘ pour augmenter le décalage en zigzag qui est d’autant plus marqué que le champ est moins uniforme. La nappe de rayon plus grand que le ballon est arrêtée par la paroi après un demi-tour, ce qui supprime le fond lumineux qu’elle formerait en remontant de l’autre côté de l’axe.
- qui, même à l’équateur, sont encore dans l’atmosphère terrestre, les rayons cathodiques qui les produisent ne peuvent venir directement du Soleil, à moins de perturbations magnétiques' cosmiques telles que les rayons soient captés par la Terre au moment où ils arrivent près de celle-ci.
- Mais il est possible que ces particules d’origine solaire arrivent assez près des pôles terrestres pour rencontrer des cirrhus, qui accompagnent toujours l’aurore.
- Ces cirrlius peuvent être électrisés négativement parce que les ions négatifs condensent la vapeur d’eau plus facilement que les ions positifs. Or j’ai observé récemment que des rayons cathodiques à grande vitesse frappant un objet quelconque électrisé négativement provoquent une abondante émission de rayons par le point frappé, même si, au voisinage de ce point, la chute de potentiel est par elle-même beaucoup trop faible pour produire spontanément une émis-
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- sion (120 volts suffisent). La vitesse de >ces rayons correspond à Va chute de potentiel en question. Les cirrhus,.formésid’aiguilles de-glace, électrisées négativement, constitueraient ainsi de vastes cathodes secondaires. L’émission produite, normale à l’ellipsoïde terrestre, serait oblique au champ magnétique, et l’on serait dans les conditions voulues pour avoir l’enroulement composé déjà décrit. L’arrivée de particules électrisées provenant du soleil n’est d’ailleurs pas nécessaire pour que les cirrhus se déchargent. L’ultra-violet solaire,.dont l’existence n’est pas douteuse, suffitià produire cette décharge: M. Buisson a en effet
- Fig. 16. — Même expérience que pour la figure précédente, mais avec un champ un peu plus intense.
- reconnu que la lumière ultra-violette décharge la glace électrisée négativement.
- Rien n’empêche d’admettre l’existence d’autres causes excitatrices . d’origine cosmique, radiations ou rayons. De même, on pourrait, au lieu de cirrhus électrisés, imaginer des nuages de poussières cosmiques chargées d’électricité. Le vide interplanétaire étant isolant, ces poussières ne pourraient perdre leur charge qu’en rencontrant les couches supérieures de notre atmosphère. Cette décharge, que les radiations solaires faciliteraient, se produirait précisément à une* hauteur où la raréfaction de l’air est semblable à celle qu’on réalise dans les ampoules de Crookes,-et les rayons cathodiques produits dans ce milieu raréfié së propageraient sans obstacle à de; grandes distances. Ces poussières, cause primitive de l’aurore, pourraient être celles que M. Arrliénius suppose nous être envoyées par le Soleil.
- . Ce sont d’ail leurs, là de simples conjectures destinées à fixer les idées, mais
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- étrangères à la théorie meme de l’aurore. Celle théorie a en effet pour but d’expliquer les caractères de l’aurore au moyen des propriétés des rayons cathodiques, et ces propriétés sont indépendantes de la nature de la source électrique. La seule chose que puisse indiquer l’étude électromagnétique de l’aurore est la région de l’espace où il conviendrait de rechercher la source en question. Cette région doit être très voisine do la Terre, et sans doute située dans notre atmosphère. Le lieu d’émission des corpuscules est en effet situé sur leurs trajectoires et, par suite, dans la nappe que celles-ci forment dans le champ terrestre. Or, d’après toutes les observations, cette nappe entoure la Terre à une
- Fig. 17. — Même expérience avec un champ plus intense encore, donnant un grand nombre de zigzags dans un demi-tour de la nappe cathodique.
- distance qui, même à l’équateur magnétique, ne dépasse pas quelques centaines de kilomètres. Il est donc nécessaire que les rayons cathodiques auroraux soient d’origine terrestre, cette origine restant d’ailleurs provisoirement inconnue.
- Nous n’avons ainsi à considérer que l’explication des aspects présentés par l’aurore, celle-ci étant supposée produite par des rayons émis dans notre atmosphère, la présence d’un gaz étant nécessaire pour qu’ils soient visibles..
- Ces rayons sont soumis au champ terrestre qui, malgré sa faible intensité, suffit à donner dès enroulements cjui n’ont pas 100 mètres de diamètre pour dés corpuscules ayant la vitesse de la lumière. Or. le champ terrestre présente u.u<; grande analogie de forme avec \ ;ui qu’on obtient entre deux pôles d’aimants : lès lignes de force seront seuleAmjr.z rentrantes aux pôles, c’est-à-dire plus courbes, ce qui ne peut qu'exagérer les effets observés avec l’électro-aiman t.
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- Considérons donc F enroulement en zigzag de la figure 11 ; ce sera évidemment celui des rayons dans le champ terrestre dont la direction est généralement oblique au champ électrique de l’atmosphère. Mais, au lieu d’un point, nous aurons une large surface d’émission, un cirrhus par exemple. Tous les rayons ainsi émis auront à peu près même vitesse et même direction (1) et donneront des enroulements identiques dont l’ensemble formera un large faisceau dans lequel aucune spire ne sera évidemment visible. Ce faisceau, dont l’épaisseur sera le diamètre d’une spire et la largeur celle du cirrhus plus ce même diamètre, se comportera comme chacun des enroulements dont il est composé ; il
- Fig. 18. — Nappe cathodique obtenue en plaçant le centre du ballon sur l’axe du champ magnétique.
- La nappe fait alors le tour complet du ballon. '
- se dirigera par exemple vers le Nord, un peu obliquement aux lignes dé force, puis rebroussera chemin à une certaine distance du pôle pour repartir vers le Sud, la nouvelle direction étant symétrique de la première par rapport à la force magnétique. Vers le’pôle Sud, nouveau rebroussement, retour vers le Nord, avec décalage toujours dans le même sens, et, do nouveau, arrêt à la même distance du pôle que précédemment, puis encore départ vers le Sud, et ainsi de suite.
- Aux points de rebroussements, qui sont à la même distance d’un pôle si le champ est de révolution, tous les filets cathodiques se replient sur eux-mêmes, et l’expérience de la figure 11 montre que, même si les directions sont un peu dillércntcs, le reploicment de la spirale ne change pas de position; comme, d’autre part, le pas des spirales tend vers zéro, il se produit une condensation
- (1) Ils seront, en effet,- produis par le champ électrique, terrestre. ; .
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- de lumière, un renforcement très visible résultant du tassement des spires vers le lieu de rebroussement (1).
- Représentons comme sur un planisphère (fig. 14) la nappe des rayons cathodiques. Le lieu des extrémités des faisceaux fusiformes (ayant comme convergence à peu»près celle du champ) étant à une distance constante de chaque pôle (dépendant seulement de la convergence du champ: près de ce pôle) sera un parallèle magnétique représenté ici par une droite. Ce sera-Yarc amoral avec les renforcements signalés plus haut et observés dans l’aurore boréale.
- La superposition partielle de l’aller et du retour de chaque fuseau (oblique
- Fig. 19. — Aurore artificielle. Vue de la nappe cathodique précédente prise d’un point situé à son intérieur et dans une direction inclinée à 45’ environ sur l’axe. L’origine des rayons est à droite en dehors de la figure. Le premier rayon étant à droite, l’aurore reproduite ici serait australe.
- au champ) constituera un faisceau résultant dont la direction moyenne sera évidemment celle du champ. Cette superposition doublant l’intensité lumineuse, ce sera surtout près des arcs auroraux que le météore sera visible. Nous avons ainsi les rayons auroraux disposés en éventail sur l’arc auroral, à l’intérieur duquel il n’y a rien, puisque les rayons cathodiques n’y peuvent pénétrer.
- Si le pas du décalage, c’est-à-dire la distance des points homologues des spires de rebroussement de deux retours successifs, est supérieur à la largeur du faisceau d’ensemble, les rayons auroraux seront distincts : ce sera l’aurore classique en éventail. Si ce pas est moindre, il y aura superposition partielle de deux rayons auroraux voisins; il en résultera des renforcements de lumière simulant les plis d’une draperie (aurore en draperies).
- Quel que soit le lieu d’émission, le sens de l’enroulement composé est celui
- ?(1) Dans l’expérience de la figure 11, le faisceau cathodique est devenu presque invisible, par étalement, au bout de dix ou douze spires, et l’on voit cependant très bien les boucles terminales correspondant à la vingtième ou vingt-cinquième spire.
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- des aiguilles d’une montre pour un obsèrvateur regardant, le Nord magnétique r c’est le sens de rotation de la Terre. Si donc on avance vers l’Est, on rencontrera des fuseaux cathodiques ' dont le numéro d’ordre sera de plus en plus élevé, et qui,*par suite de la déperdition d’énergie sous forme de lumière,, seront de plus en plus faibles, jusqu’à évanouissement complet après une fraction plus ou moins* grande du tour de la Terre.
- Supposons que l’émission ait lieu sous l’influence d’un rayonnement solaire (Tultra-violet par exemple); l’aurore commencera dans l’hémisphère éclairé, et s’avancera vers l’Est en s’affaiblissant ; en abordant l’hémisphère obscur, elle deviendra visible et le côté de cet hémisphère pour lequel le Soleil vient de se coucher sera évidemment le lieu où.Ton verra les fuseaux d’ordre peu'élevé, c’est-à-dire les plus brillants. Ce sera donc aussitôt après le coucher du soleil qu’on aura le plus de chance de voir une aurore boréale, car, à mesure que la Terre tournera, entraînant l’observateur vers l’Est, il faudra, pour arriver jusqu’à lui, des aurores de plus en plus intenses et, partant, plus exceptionnelles. Or cette conséquence de la théorie est entièrement conforme à l’observation, et elle permet de décider ai l’aurore est due à des rayons cathodiques ou à des rayons chargés positivement. Ces derniers suivraient dans l’espace des trajectoires tout à fait semblables à celles quijont été indiquées plus haut; les' spires seraient simplement de plus grand diamètre, mais le sens de description de la nappe formée par ces trajectoires serait inverse et progresserait de l’Est à l’Ouest. Ce serait donc avant le lever du Soleil et non après-son coucher que les aurores seraient le'plus souvent visibles. Or il n’en est rien, et nous en devons conclure’ que c’est bien aux rayons cathodiques qu’il convient do s’adresser pour expliquer les faits observés.
- Supposons maintenant une perturbation magnétique ayant pour effet de changer localement la convergence du champ vers le pôle. Aussitôt le point de rebroussement du fuseau cathodique s’éloignera ou se rapprochera du pôle ; on aura le mouvement longitudinal de la danse des rayons.
- Si, au contraire, on modifie soit la vitesse des rayons (différence de potentiel motrice), soit l'intensité du champ, les spires cathodiques se resserrent par exemple de 10 p. 100 (champ plus intense ou vitesse moindre), mais, en meme temps, les fuseaux se rapprochent; celui qui part du lieu d’émission reste à peu près fixe, son diamètre, égal à la largeur du cirrhus plus celle d’une spire, change à peine ; le second se rapproche du premier de 10 p. 100 ; le troisième se déplace deux fois plus, et ainsi de suite : on verra donc les bases des fuseaux courir le long de l’arc auroral, par une véritable rotation autour de l’axe magnétique, rotation, dont, on se fera une idée exacte en imaginant que, sur la figure 14, on resserre tous les fuseaux à la manière de ces appliques extensibles formées d’entretoises en losanges.
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- Co phénomène est facile à reproduire dans un grand ballon placé entre les pôles d’un électro-aimant, et dans lequel on produit des rayons cathodiques en un point dans une direction convenable. On a la nappe déjà décrite et, si l’on fait varier le champ, cette nappe, sans changer de forme ni de diamètre, s’enroule ou se déroule à volonté autour de son axe, chaque fuseau se déplaçant proportionnellement à son numéro d’ordre. Le phénomène est encore plus saisissant si la source électrique est un alternateur présentant un peu de pompage, d’où résultent des variations périodiques de voltage qui modifient la vitesse cathodique et produisent la rotation de l’aurore artificielle. Cette rotation n’est donc qu’un phénomène de pompage naturel du champ terrestre ou du potentiel atmosphérique. C’est à la seconde cause qu’il faut attribuer les mouvements auroraux qui ne sont pas accompagnés d’une variation de l’intensité magnétique.
- La danse des rayons s’obtient aisément, dans l’expérience précédente, au moyen d’une tige de fer qu’on approche et éloigne alternativement d’un des arcs auroraux. La présence de cette tige produit une perturbation magnétique qui allonge en quelque sorte le pôle voisin et augmente localement la convergence des lignes de force ; il en résulte un déplacement du point de rebroussement du faisceau correspondant ou, si l’on veut, une déformation de l’arc auroral qui est une ligne équipotentielle. ;
- Les figures 15, 16 et 17 montrent cette nappe cathodique en zigzag et la transformation qu’elle subit quand or. augmente l’intensité du champ (ou quand on diminue la vitesse des rayons). La figure 18 représente la nappe complète faisant le tour entier de l’ampoule qui, pour cette expérience, est centrée sur l’axe de l’électro-aimant.
- La figure 19 a été obtenue en photographiant la nappe cathodique d’un point situé au voisinage do son centre : l’objectif était ainsi placé à peu près comme, l’œil d’un observateur regardant une aurore boréale. On reconnaît immédiatement l’aspect de l’aurore classique en éventail et le renforcement des rayons sur l’arc auroral est parfaitement visible, ainsi que l’affaiblissement progressif du phénomène d’un bord à l’autre de la figure (de l’Ouest à l’Est dans le phénomène naturel). A l’intérieur de l’arc auroral, se voient de faibles faisceaux magnéto-cathodiques, inévitables dans un champ intense, comme il a été dit précédemment
- Ainsi, cette étude de l’électromagnétisme cathodique conduit non seulement à une explication vraisemblable d’un phénomène naturel remarquable, mais à la possibilité d’en discuter l’origine terrestre ou cosmique.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Industries céramiques. — Sur les efflorescences des briques, d’après M. J.-C. Jones.
- Métaux et métallurgie. — Sur le galvanisage par shérardisation, d’après M. A. Sang. — Les métaux du groupe de l’ytterbium.
- Huiles et corps gras. — Les huiles d’olive algériennes.
- Celluloses. — Pouvoir réducteur de différentes celluloses. — Sur le celluloïd.
- Industries des papiers. — Papier de courtes libres. — Sur la fabrication du papier à travers les âges. Albuminoïdes. — Sur l’insolubilisation de la gélatine par la quinone.
- Industries tinctoriales. — Sur la théorie de la teinture.
- Chimie domestique. — Sur les laits aigris.
- SUR LES EFFLORESCENCES DES BRIQUES, d’après M. J. C. Jones.
- C’est sous le règne de Napoléon III, pendant les transformations considérables qui édifièrent Paris sur de nouveaux plans, que l’on commença à se préoccuper de cette question. Un prix de 100000 francs fut même offert par l’Empereur à l’auteur qui découvrirait la cause du phénomène : Seger semble être le premier céramiste qui l’étudia; il démontra que l’efflorescence n’est pas constituée par du salpêtre, mais qu’elle est formée par des sulfates alcalins ou alcalino-terreux. Hans Guenther et Otto Guerlach pressentirent le rôle que doit jouer la présence de la pyrite ou d’autres sulfures, dans la formation de ces sulfates.
- En réalité, il y a un grand nombre de causes et partant de nombreux remèdes ; M. J. C. Jones en a donné une belle étude dans les Transactions of the american ceramic Society (vol. VIII, p. 369).
- Ces efflorescences sont de deux sortes : celles qui apparaissent dans les fours ou blanc de four, Min white et celles qui apparaissent plus tard, ou blanc de mur, wall white. Le kiln ivhite est cuit dans la brique et fait corps avec elle, tandis que le tvall white est pulvérulent et peut s’enlever par le frottement.
- I. — Les efflorescences de fonr se subdivisent en deux groupes suivant qu’elles ont pris naissance pendant le séchage ou pendant la cuisson. La distinction en est d’ailleurs difficile à première vue; l’efflorescence, dans le premier cas, résulte de lévapo-ration'de solutions salines à la surface de la brique, tandis que dans le second cas, elle résulte surtout de réactions entre les gaz du foyer et la chaux de la brique.
- Mais ces deux efflorescences ont même cause initiale et même composition. Elles sont presque entièrement formées de sulfate de chaux, avec de petites proportions de sulfates alcalins et magnésien, ou même d’alun.
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- Des essais faits en ajoutant, à 100 grammes d’argile bien lavée, 0gr,5 de sulfate de calcium, de magnésium, d’aluminium, de carbonate de calcium et de sodium, de chlorure de sodium, ont montré à M. J. C. Jones que c’est le sulfate de calcium qui, de beaucoup, détermine l’efflorescence la plus forte ; le chlorure de sodium brunit simplement la coloration.
- La cause du blanc de four réside soit dans l’argile, soit dans l’eau employée, soit dans la nature des gaz du foyer, ou même peut-être dans les trois sources à la fois. En pratique, toutes les briques d’argile contiennent ou ont contenu du soufre sous forme de pyrite ou bisulfure de fer. Sous l’influence de l’air, le sulfure de fer s’oxyde à l’état de sulfate ferreux. Ce dernier donne ensuite du sulfate de chaux, par double décomposition avec le carbonate de chaux. La cause initiale est donc l’action oxydante de l’air. Lorsque le sulfate est formé, comme il est soluble, il est [entraîné par le travail des eaux, à la condition que le sol soit rendu suffisamment perméable par la végétation ou la gelée.
- Quand l’argile contient des sulfates solubles, la surface des briques prend une teinte verdâtre pendant le séchage, mais c’est après la cuisson qu’on voit apparaître les taches blanches de sulfate sur un fond brun. L’évaporation de l’eau se faisant par la surface, il y a transport de l’eau de l’intérieur vers l’extérieur par actions capillaires. Les sels solubles sont ainsi entraînés vers la surface, où ils se concentrent en oertains points. Une proportion de 0,65 p. 100 de SO3 (soluble) dans la brique suffit pour déterminer ces efflorescences.
- La pyrite qui n’a pas subi de décomposition à l’air, et qui entre dans la brique, ne donne pas lieu à formation du blanc, mais elle sera plus tard une cause d’efflorescence quand la brique sera dans un mur. La pyrite offre en effet cette particularité d’abandonner facilement un atome de soufre vers 400°, tandis que le second résiste jusqu’à ,900o.En pratique, il ne se dégage que dans des conditions oxydantes très favorables. Le premier atome de soufre se dégage à un moment où les gaz du four sont riches en vapeur d’eau et en oxygène, et, quand il passe sur les carbonates de chaux et de magnésie de l’argile, il se combine avec eux sous forme de sulfates. Ces derniers une fois formés ne sont pas décomposables dans les conditions ordinaires, et restent dans la brique jusqu’à son emploi dans la construction. Alors, sous l’action des eaux de, pluies, ou provenant d’une autre origine, ils apparaissent sous forme d’efflorescence à la surface.
- Les sulfates contenus dans l’argile ne sont pas la seule cause qui produit* des efflorescences. Le carbonate de calcium, et quelquefois celui de magnésium, sont presque toujours également présents dans l’argile. Gomme ils sont comparativement insolubles, ils ne sont,pas transportés à la .surface de la brique pendant le. séchage. Mais, s’ils se trouvent à la surface, en particulier sous forme de petits amas, ils donneront des efflorescences de four, par réaction avec l’acide sulfureux des gaz du four. Les carbonates situés dans les couches profondes peuvent réagir de la même manière.en produisant des sulfates qui donneront ultérieurement lieu à des formations d’efflorescences. Guenther et Gerlach sont les premiers qui aient montré le mécanisme de cette formation.
- On observe souvent que les briques exposées dans les parties froides du four présentent des efflorescences, tandis que les autres en sont exemptes. On peut expliquer ainsi ce fait: Les briques des parties chaudes commencent à dégager leur eau avant que les autres ne soient chaudes. Les briques, froides condensent la vapeur d’eau chargée d’acide sulfurique et l’absorbent. L’acide agit sur la chaux, formant des sulfates qui
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- passent ensuite à, la surface pendant la cuisson en s donnant naissance aux efflorescences de four.
- L’eau employée est généralement chargée de sels solubles, en particulier de carbonates de calcium et de magnésium, de sulfate de soude, de chlorures, phosphates et nitrates. En. règle générale, ces derniers ne doivent pas dépasser la proportion de 0,02 à 0,05 p. 100; avec 800 grammes d’eau par brique, on introduit ainsi 0sr,4. de sels, quantité trop faible pour donner naissance à des efflorescences. Mais si les sels de l’eau dépassent la proportion de 0,05 p. 100, ils peuvent constituer un facteur important dans la formation d’efflorescences, par combinaison des carbonates de magnésie et de chaux avec le gaz sulfureux du four.
- Moyens préventifs. — La principale cause des efflorescences de four ou de séchage réside donc dans la présence de sulfates de calcium ou de magnésium dans l’argile. En conséquence, les moyens préventifs seront les suivants :
- 1° Employer l’argile avant formation des sels solubles ;
- 2° Enlever les sels solubles s’ils existent ; par exemple par un lavage à l’eau ;
- 3° Transformer les sels solubles en sels insolubles par précipitation ;
- 4° Prévenir la concentration des sels à la surface des briques, par une cuisson rapide ;
- 5° Faire disparaître l’efflorescence dans le four au moyen d’un feu réducteur; le sulfate passe à l’état de sulfure dont la base se combine à la silice, tandis que le soufre se dégage ;
- 6° Recouvrir la brique avec une substance combustible; du goudron par exemple, qui fera disparaître l’efflorescence, lors de sa combustion dans le four, en créant une atmosphère réductrice.
- Le procédé par précipitation est le plus employé; il consiste à précipiter les sulfates solubles à l’état de sulfate de baryum, en ajoutant du chlorure ou du carbonate de baryum. Le sulfate de baryum formé est indécomposable par la cuisson. La quantité de sel de baryum à ajouter est déterminée par l’analyse. Le carbonate de baryum est préférable en ce sens qu’un excès n’amène pa^la formation d’efflorescence. Le succès réside dans le grand degré de finesse et la perfection du mélange.
- II. — L’efflorescence qui se produit ultérieurement sur les murs de briques, est d’origine et de composition plus variables. Elle est formée, suivant les cas, de- sulfate de magnésie, de sulfate et de carbonate de calcium, de sulfate de magnésie et de chlorure de sodium; de bicarbonate de calcium et de sulfate de soude, mais les constituants les plus fréquents et les plus abondants sont les sulfates de magnésium et de chaux. Ces efflorescences sont blanches ou colorées par du fer, du chrome, peut-être aussi par du vanadium.
- Pour étudier ces efflorescences, M. Jones a trempé des briques cuites, faites avec une argile complètement lavée, dans des solutions à 0,5 p. 100 de sulfates de calcium de magnésium, de fer, de sodium et de potassium, de carbonates de sodium et de potassium, de bicarbonate de sodium. Les briquettes furent placées de manière que le sommet fût exposé à l’air; quand l’efflorescence apparut, les briques furent retirées, puis séchées. Comme précédemment, les sulfates de sodium, de magnésium et de fer donnèrent les formations les plus nettes. Un résultat curieux est l’absence d’efflorescence avec les sels de potassium et de sodium. La caractérisation directe des efflorescences d’après la forme cristalline n’a pas été possible, mais on peutles dissoudre dans de l’eau distillée, et faire cristalliser par évaporation. Si l’on emploie des solutions complexes, cette caractérisation n’est plus possible.
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- L’apparition des efflorescences des murs est due généralement à l’humidité. L’eau pénètre, par exemple, dans les briques au voisinage des corniches, traverse une certaine épaisseur du mur en dissolvant les sels solubles, puis vient ressortir au bout d’un certain temps sur une surface plus sèche, où elle s’évapore en laissant des efflorescences. Le môme fait se produit dans les fondations. L’origine des efflorescences •murales réside dans la brique, dans le mortier, ou dans les matières mises en contact avec le mur comme l’eau, le mouchetis, etc.
- Parmi les sels solubles de la brique, les sulfates de calcium et de magnésium sont les seuls importants en pratique. Le sulfate de magnésium est le plus soluble, et apparaît facilement. D’autre part, le sulfate de calcium une fois formé à la surface du mur, est plus difficile à enlever. Enfin, tandis que le sulfate magnésien s’effleurit à la surface sans altération, le sulfate calcique est plus apte à réagir avec les carbonates de magnésium, de sodium et de potassium amenés par l’eau du mortier, en donnant du carbonate de calcium insoluble qui reste dans l’intérieur de la brique, tandis que les sulfates de soude et de magnésie formés passent à l’état d’efflorescences
- La chaux du mortier fournit les sulfates, carbonates et chlorures de calcium. Le sulfate se forme pendant la cuisson, par l’action de l’acide sulfureux des gaz du four; il existe souvent en quantité assez grande et est l’une des principales causes d’efflorescences.
- Le sable et l’eau employés pour la fabrication du mortier sont très rarement la cause d’efflorescences, mais il n’en est pas de même des pigments qu’on ajoute quelquefois au mortier. C’est ainsi que les miniums de fer, qui proviennent de la décomposition du sulfate, contiennent encore de l’acide sulfurique, qui amène une formation de sulfate de chaux.
- Le chlorure de sodium, ajouté au mortier dans l’hiver pour éviter la congélation, passe également à la surface dès qu’il trouve la quantité d’eau nécessaire à son transport. L’analyse d’une efflorescence a démontré sa présence dans la proportion de
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- En somme, c’est le sulfate de chaux du mortier qui est la principale source des efflorescences murales, et la cause déterminante est l’humidité. En conséquence, il faut rendre le mur aussi imperméable que possible, avec un enduit hydrofuge de paraffine ou d’huile de lin, et veiller à ce que les conduites d’eau soient bien étanches.
- THÉORIE ET PRATIQUE DE LA SHÉRARDISATION, d’après M. A. Sang.
- Le procédé si curieux de galvanisage par simple chauffage avec le gris de zinc (voir les Notes de Chimie, 1905, p. 152), et Bulletin de décembre 1904, p. 1002; juin 1901, p. 120), a excité un vif intérêt et de nombreux essais industriels. M. Alfred Sang (Electrochemical and metallurgical Industry, n° 5 de 1907, p. 187) nous en donne une étude avec figure.
- La shérardisation est le résultat d’une action de contact sans fusion. Par analogie, si on laisse en contact un disque de caoutchouc et un disque de cuivre, on remarque, au bout de quelques semaines, une couche bleue de sulfate de cuivre due au soufre combiné au caoutchouc lors de la vulcanisation, Si, au caoutchouc, on substitue une plaque de zinc, et que l’on assure un parfait contact par une forte pression, on trouve, au bout de quelques mois, une formation de laiton sur la surface du disque de cuivre.
- M. Sang observe qu’une épaisse couche de zinc n’est pas nécessairement une pro-
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- tection plus efficace contre la rouille qu’une mince couche. L’épaisseur de la couche n’a que peu ou pas d’influence sur l’efficacité.
- Les deux désidérata les plus importants pour un hon galvanisage sont les suivants : 1° le contact intime des deux métaux; 2° une surface de zinc aussi grande que possible. La première condition peut être atteinte, par le galvanisage à chaud et sous une pression mécanique. S’il se produit une oxydation sous la couche de zinc, si faible soit-elle, elle s’étendra. L’emploi de sel ammoniac comme flux est souvent responsable de cet accident. i .. > •
- La seconde condition est atteinte si l’on donne à la surface un toucher rugueux plutôt que poli.Une surface finement granulée peut paraître polie à l’œil, mais convient bien.
- La shérardisation doit son existence aux propriétés spéciales du gris de zinc, sous-produit de la métallurgie du zinc. Ce produit condensé des fumées contient du zinc pur et de l’oxyde, avec des traces de cadmium, de plomb, de fer, etc.; en majeure partie, le gris de zinc est composé de particules impalpables d’un diamètre de 1/40 000 à 1/50 000 de pouce anglais. Cette poudre de zinc est dans un état très instable. La surface est sans aucun doute oxydée, point très important pour la théorie de son action.
- La température de volatilisation du zinc est de 940° C. et son point de fusion de 419° C.; il émet des vapeurs vers 200° C. et c’est aux environs de cette température qu’il est si cassant qu’on peut le pulvériser dans un mortier. La vapeur de zinc réagit sur le soufre. Schwartz a découvert il y a trente-cinq ans que le soufre et le zinc réagissent sous l’influence de la percussion. Cela semble indiquer que la poudre de zinc est dans des conditions physiques anormales. La vapeur de zinc est si fine qu’elle laisse des traces irisées sur les parois d’un tube à essais, montrant ainsi que les dimensions de ces particules sont de l’ordre de grandeur dés ondes lumineuses.
- Si un espace clos partiellement rempli de zinc en poudre, est chauffé à 200° ou plus, le zinc se transforme en vapeur à une pression considérable. Si des objets métalliques sont soumis à l’action de ce zinc en poussières ou vapeur, pendant une durée de 5 minutes ou plus, en les retrouvera couverts d’une couche de.zinc. Le zinc exempt d’oxyde ne donnera rien ; il faut donc supposer que l’oxyde de zinc est réduit par une action galvanique au contact de la surface métallique ; l’oxygène mis en liberté se combine avec du zinc fibre ; l’oxyde formé est de nouveau réduit par le métal. Une légère shérardisation donne un dépôt brillant, ce qui suggère une réduction. Une forte shérardisation donne un coloris gris d’argent, dû à une oxydation partielle du zinc.
- En pratiquera shérardisation (ainsi nommée du nom de l’inventeur Sherard Gowper Coles) s’effectue de la façon suivante : L’objet à traiter est placé dans une caisse de fer convenable et recouvert de gris de zinc du commerce. Cette caisse est fermée aussi hermétiquement que possible, au besoin lutée. Elle est alors mise au four et chauffée à 300° ou plus. La durée de l’opération varie avec l’épaisseur de la couche que l’on veut obtenir. On laisse refroidir et on retire les pièces. Avec deux caisses pour un four l’opération peut marcher à la continu. La caisse peut être animée d’un mouvement de rotation continu ou discontinu, mais si les objets ne se touchent pas, il n’y a pas d’avantage à changer leur position.
- M. Alfred Sang a trouvé qu’aucune action ne prend naissance, tant que la vapeur n’est pas sous pression dans le récipient fermé; non seulement il est impossible de shérardiser une pièce de métal immergée dans du gris de zinc et chauffée à l’air libre, mais la présence de l’air favorise l’oxydation de la poudre de zinc. Si cette oxydation est rendue impossible, le gris de zinc émet des vapeurs, et le galvanisage est possible.
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- La valeur de la pression du gaz zinc et la température à laquelle doit être porté le métal, dépendent des chaleurs spécifiques relatives de la vapeur de zinc et du métal considéré. L’hydrogène qui se produit dans le piquage acide se trouve occlu dans le fer, à la surface duquel il forme un alliage cassant ; le composé volatil ne peut alors être chassé que par la cuisson. Le gaz zinc agit dans le même sens; et une fois condensé, il ne peut être chassé qu’à la température d’ébullition du zinc, soit 910°.
- Il n’y a pas de doute que la combinaison du zinc et du métal est suffisamment intime pour être classée parmi les alliages. Le cuivre soumis à la shérardisation se recouvre d’une pellicule de laiton. Si l’on chauffe au chalumeau un point de la surface d’une pièce de fer shérardisée, on ne peut former un globule de zinc comme cela a lieu avec le fer galvanisé à chaud ou à la pile ; la température du chalumeau n’est pas suffisante pour fondre l’alhage de fer et de zinc.
- La micrographie démontre que le métal a subi une modification, l’ancienne surface a disparu et ne peut être renouvelée par aucun moyen chimique ou physique.
- Le galvanisage électrique est rapidement détruit par l’oxydation. Gela est dû à ce que l’air passe aisément par ses nombreux pores. Toutes choses égales d’ailleurs, l’oxydation d’un dépôt galvanique dépend de sa porosité, et les dépôts spongieux blanchissent avec une rapidité surprenante. Or, il n’y a pas de pores dans une surface shérardisée; le poli que l’on peut donner à un alliage de fer et de zinc est sensiblement aussi dur que le nickelage, et il constitue une protection plus efficace que ce dernier. Sa couleur est d’un bleu d’argent plus belle que celle du nickelé et d’un pouvoir réfléchissant plus grand.
- Au point de vue commercial, la shérardisation offre de nombreux avantages sur les anciennes méthodes. Les frais de premier établissement sont faibles. La technique est simple. Le zinc déposé coûte moins cher à poids égal. La couche de zinc est uniforme, quelle que soit l’irrégularité de la pièce. Il n’y a pas de résidus. Les frais de main-d’œuvre sont faibles, car il n’y a pas besoin d’un personnel expérimenté. Le nettoyage des pièces à shérardiser ne demande aucun soin. Les pièces huilées, à l’encontre des autres procédés, se traitent le mieux. Les têtes de vis, boulons, etc., n’ont pas besoin de sabir de recuit et sont complètement protégés. Les pièces humides peuvent être placées dans la caisse de shérardisation. Enfin le procédé peut être arrêté instanément, élant donné les faibles températures atteintes. Il y a là une économie considérable de combustible sur le procédé par fusion, où plusieurs tonnes de zinc doivent rester à l’état fondu 52 dimanches par an. Aucun flux n’est nécessaire, mais l’addition d’un peu de charbon est avantageuse. L’acier le plus fin n’est pas endommagé.
- La shérardisation fournit une protection efficace contre la rouille. Les bouilleurs légèrement shérardisés peuvent voyager sur mer sans subir d’attaque. L’argenterie ne noircit plus sous l’action de H2S. L’aluminium shérardisé peut être aisément soudé.
- Une intéressante application est la production de damassés d’un effet nouveau et artistique. Le procédé est la simplicité même. L’objet est simplement recouvert d’une matière protectrice à base charbonnée qui est enlevée aux endroits désirés.
- LES MÉTAUX DU GROUPE DE L’YTTERBIUM
- Dans une étude qu’il consacre aux métaux du groupe de l’ytterbium (Chemical News 1907, p. 187), M. Auer von Welsbach est arrivé à cette conclusion que les éléments de ce groupe, c’est-à-dire l’ytterbium, Terbium, Tholmium et le dysprosium tels qu’ils
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- HUILES D’OLIVES ALGÉRIENNES.
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- ont été décrits par les chimistes sont des substances complexes, dont il entreprit l’isolement.
- La matière première, mise en œuvre dans ce but, consistait en une demi-tonne d’oxa-latebrut d’ytterbium, préparé à l’aide de monazite, par l’Austrian incandescent Gas Cv. Elle contenait une faible proportion de terres cériques, une assez grande quantité de thorium et un peu d’acide phosphorique.
- 1IUILES d’olives ALGÉRIENNES
- Le rapport de M. Cazeneuve sur le budget spécial de l’Algérie renferme les données suivantes :
- L’Algérie consomme plus de 28 milbons de kilos d’huile par an. Elle produit une moyenne de 25 milbons de kilos d’huile d’obve, elle en exporte de 4 à 6 milbons, et pour combler le déficit, elle importe environ 10 millions de kilos d’huiles de toutes graines : olives, lin, coton, sésame, arachides, etc. La France a importé, en 1904, 29 milbons de kilos d’huile d’olive, sur lesquels l’Algérie n’a contribué que pour 4 milbons 265. L’Algérie pourrait exporter des quantités considérables en Angleterre, en Russie, dans les Amériques.
- Les prix du gros sur place sont de 75 à 85 francs le quintal pour les huiles de goutte, et de 35 à 40 francs pour les huiles de revenu.
- Autrefois, les Kabyles traitaient eux-mêmes leurs olives. Placées dans une cuvette en maçonnerie, une meule écrasait pulpes et noyaux formant une pâté dont on remplissait des scourtins d’alfa; ceux-ci étaient empilés sur la table d’un pressoir à vis de bois ; l’huile sortait verte, épaisse, d’une, saveur âcre et forte; très fruitée, elle rancissait vite. Recherchée par les indigènes, cette huile ne pouvait, à l’état pur, convenir pour la consommation européenne, elle servait aux coupages; son mélange avec les huiles de coton venues d’Amérique donnait l’huile sans goût, vendue communément en France sous le nom d’huile d’olives.
- Peu à peu les Européens ont monté des moulins bien outillés, marchant à la vapeur, capables de traiter en peu de temps d’énormes, quantités d’olives. Dès lors, plus d’encombre-' ment, plus de fermentation avant que les olives n’aient passé sous la meule; on obtient des huiles douces et sans odeur. Décantées et filtrées à plusieurs reprises, elles sont fines, limpides, sans pâte; à peine une légère saveur fruitée, à laquelle le palais le plus difficile s’habitue Adte et qu’apprécient les connaisseurs, enfin beaucoup plus faciles à digérer que les mélanges d’origine incertaine, qualifiées d’huiles sans goût. Le commerce a dû reconnaître ces progrès par une amélioration des prix; il achète aujourd’hui entre 140 et 120 francs le quintal les huiles vierges ou surfines de première pression, entre 100 et 80 les huiles comestibles de deuxième pression. Habitués à vendre entre 50 et 70 francs leurs huiles provenant des mêmes olives, les Kabyles ont rapidement compris leur intérêt; ils se bornent à fabriquer pour leur consommation; le siirplus de leurs olives est porté à l’usine française qui l’achète à des prix avantageux.
- L’importation en France a doublé en trois ans: 3 millions de kilogrammes en 1899, 6 millions en 1901. Comme nous demandons à l’étranger environ 23 millions de kilogrammes d’huile par an, pendant longtemps encore, on pourra planter de l’olivier en Algérie.
- MM. le docteur L. Trahut et G. Mérès dans leur précieux et récent volume l’Algérie agricole, consacrent à l’huile d’olive d’Algérie, puis à la conserve des olives et enfin au commerce de ce produit d’une importance de premier ordre pour l’Algérie, des pages du plus vif intérêt, pleines d’enseignements pour le présent et pour l’avenir.
- Huiles. — La densité des huiles d’olives algériennes varie de 0,917 à 0,919 à 15°.
- La détermination et le dosage des acides gras des huiles algériennes n’ont pas encore été
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- faits avec le môme soin et la môme précision qu’en Tunisie. Mais il est déjà évident que les huiles algériennes, comme les huiles tunisiennes, peut-être à un degré moindre, ont une tendance exagérée à se solidifier sous l’intluence des basses températures. En général la solidification de l’huile d’olive ne se produit qu’entre 0° et — 4°, les huiles algériennes se (igcnt parfois à une température plus élevée. Certaines variétés d’olives donnent des huiles plus margarinées. L’acidité des huiles est parfois assez élevée ; mais c’est là un défaut dû à une mauvaise conservation. On évite l’acidité par une fabrication rapide et soignée et par la filtration faite aussitôt que possible.
- Les huiles d’olive sont classées en deux catégories : les huiles comestibles et les huiles industrielles; mais chacun de ces groupes se subdivise.
- Les huiles comestibles sont loin d’avoir la môme valeur. On distingue ordinairement les huiles de première pression qui sont dites huiles vierges surfines et fines et vendues de 140 à 120 francs.
- Les huiles de deuxième pression sont mi-fines, ordinaires, mangeables, kabyles et se vendent de 100 francs à 88 francs.
- Les huiles industrielles ou lampantes sont en grande partie produites par les indigènes et proviennent d’une mauvaise fabrication. Le mauvais goût provient de la fermentation des olives et du l’ancissement. Elles peuvent devenir très fortement acides et conviennent alors très bien pour la savonnerie ; elles valent de 80 à 70 francs. Les huiles de ressence, d’enfer, de crasse sont utilisées par les industries et valent encore 50 francs ; l’huile de pulpe obtenue par le traitement au sulfure de carbone n’est pas acide et très propre au graissage des machines.
- Conserves. — L’importance des conserves d’olives est peut-être un peu méconnue en Algérie. De tout temps, les peuples qui ont vécu au contact de l’olivier, ont consommé son fruit. Chez les Romains, les conserves d’olives étaient très recherchées et les formules de préparation, que nous ont fait connaître leurs auteurs, sont très compliquées. En Grèce, en Espagne, en Orient, on mange des quantités très considérables d’olives conservées. Les populations pauvres trouvent dans ce fruit un aliment très sain et d’un prix peu élevé. Les gourmets peuvent aussi trouver des olives très bien choisies et préparées qui peuvent constituer un véritable régal. En dehors des lieux de production, les olives conservées sont consommées surtout sous forme d’olives vertes salées. En Californie, où les plantations d’oliviers prennent une grande extension, presque toute la récolté est destinée à la préparation des conserves. Les Américains ont reconnu que, sans conteste, les meilleures conserves d’olives étaient obtenues avec les olives mûres et c’est avec le plus grand soin qu’ils préparent les grosses olives noires qui sont fort recherchées.
- En Algérie, une part importante de la récolte est chaque année consommée par les Européens et les indigènes sous forme de conserve. Les olives doivent subir une préparation destinée à enlever l’amertume et à assurer la conservation.
- Suivant une pratique importée d’Espagne, les premières olives vertes sont écachées avec un maillet en bois, puis mises dans de l’eau pure où elles ne tardent pas à perdre leur amertume. Ces olives sont ensuite salées et consommées de suite. Elles n’ont pas une très belle apparence et sont peu nutritives, mais elles peuvent fournir pendant quelques mois un appoint à l’alimentation.
- Les conserves que l’Algérie devrait surtout préparer pour l’exportation sont les conserves des olives mûres qui, bien présentées constituent un aliment très agréable, de digestion facile, sont riches en principes nutritifs et trouveraient une place importante sur les marchés d’Europe. Pour assurer une bonne conservation il est bon de pasteuriser les barils de conserve. On peut d’abord étuver à la vapeur les barils puis les remplir et envoyer un jet de vapeur, en ayant la précaution d’agiter de manière à chauffer uniformément toute la masse à80°-85°. Cette précaution paraît indispensable pour obtenir une conservation absolue sous tous les climats et à toutes les saisons,
- Les olives noires très mûres sont communément [préparées plus simplement; elles sont
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- placées dans un récipient et agitées avec du sel fin. Sous l’influence du sel, l’eau/le végétation s’écoule et entraîne le principe amer. Au bout de quelques jours, on passe les fruits dans l’eau et on les sèche incomplètement. Ces olives sont alors conservées dans des tonneaux ou des jarres. Avant de les manger on les fait tremper avec de l’eau salée ou dans de l’huile. Ces olives très mûres, un peu desséchées et imbibées d’huile, sont fort appréciées parles popula-r tions riveraines de la Méditerranée.
- POUVOIR RÉDUCTEUR DES DIFFÉRENTES CELLULOSES
- Dans les recherches sur le blanchiment de la cellulose, il était désirable, dit M. Cari G. Schwalbe (Berichte, 1907, p. 1 347), de posséder une méthode permettant de déterminer le degré du blanchiment. Si la cellulose est surblanchie, il se produit des produits chlorés en petites quantités, et principalement des produits dénaturé oxycel-lulosique, ou hydrocellulosique, si le blanchiment a lieu avec addition d’acides minéraux. J’ai essayé d’utiliser le pouvoir réducteur (avec la liqueur de Fehling) de ces matières pour les caractériser.
- En fait, on constate des différences importantes entre le pouvoir réducteur des différentes celluloses sulfitiques blanchies et surblanchies, et les valeurs trouvées permettent de conclure sur le degré du blanchiment.
- "Voici les pouvoirs réducteurs (chiffres de cuivre) de quelques matières cellulosiques : ouate à pansement, 1,64, 4,8; libre de maco, mercerisée, blanchie, pulvérisée, 1,97, 1,61; soie artificielle « glanzstoff », 1,1; hydrocellulose, 5,2, 5,8; papier parchemin, pulvérisé, 4,2; cellulose bisulfitique blanchie, 3,9, 3,9; « pergamyne » pâte de bois, 3,5, 3,0; cellulose bisulfitique surblanchie, 19,3; oxycellulose (papier filtre et chlorure de chaux), 7,9, 7,6; coton blanchi, 6,5, 5,6.
- La ouate, qui représente une des formes les plus pures de la cellulose, a cependant subi une légère modification pendant le blanchiment, puisque la cellulose pure ne possède pas de pouvoir réducteur.
- Le dernier essai montre que les fibres des tissus employés pour les usages domestiques ont subi des modifications chimiques qu’on peut rapporter à des formations d’oxy- et d’hydrocellulose.
- SUR LE CELLULOÏD
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- M. W. Will (Z. f. ang. Chemie, 1906, trad. in Mon. Sc., 1907) constate que les dangers du celluloïd tiennent à ce qu’une fois enflammé il continue à brûler rapidement, et à ce qu’il peut subir des décompositions spontanées. Par ailleurs, les produits de sa décomposition sont éminemment toxiques en raison de leur teneur en oxyde de carbone, acide cyanhydrique, et surtout en oxyde nitrique. Le meilleur moyen de combattre l’incendie est l’eau, ou la vapeur d’eau. La composition des celluloïds est très variable; 65 à 74 de nitrocellulose, 33 à 23 de camphre, 1,2 à 3,6 de dissolvant. Il est extrêmement peu sensible à la pression, à la percussion et au choc ; de même au courant électrique et à son étincelle ; de même à la lumière ; il est très résistant à l’action d’une chaleur modérée, lorsqu’il a été bien préparé ; mais ce n’est pas toujours le cas, et souvent la nitrocellulose s’enflamme facilement, et brûle rapidement lorsqu’il est en contact avec une flamme ou un corps incandescent. M. Will a trouvé pour les vitesses de combustion du papier, du celluloïd, delà poudre sans fumée : 1, 2, 10. La chaleur de combustion dans un excès d’air avec production de CO2 + N20 -f N est 3900 à 4 600
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- calories ; mais la vitesse de combustion est très grande et croît avec la température. La température minimum de déflagration est d’environ 160°. Cette combustion s’effectue sans explosion, mais la poussière de celluloïd ouïe mélange gazeux qui se produit dans sa combustion peut fournir avec l’air un mélange explosif.
- PAPIERS DE COURTES FIBRES
- MM. dayton Beadle et Henry P. Slevens (Chemical News, 1007, p. 193) observent que la fibre de fin, utilisée pour les papiers forts, est coupée en quatre ou cinq morceaux avant d’être réduite en pulpe... Les auteurs ont découvert que, dans certaines conditions, la fibre de coton peut être réduite à l’état de pulpe, sans qu’il y ait réduction sensible de la longueur de la fibre. La réduction de longueur pendant l’effilochage est pratiquement nulle pour un papier A, et seulement d’environ 27 p. 100 pour le papier B. Il en résulte que pour le papier A, une fibre seulement sur 23 est coupée, et dans le papier B, une fibre sur trois. Ce résultat contraste avec l’effilochage ordinaire des chiffons de coton ou de fin, pour la production de « long stoff » où chaque fibre est coupée, en moyenne, en 5 ou 20 pièces. Le coton à courte fibre peut donc être réduit à l’état de pulpe sans réduction de la longueur de la fibre, ou en d’autres termes les fibres ultimes peuvent être séparées l’une de l’autre et mises en suspension dans l’eau sans être coupées. Cela n’a jamais été fait, de l’avis de l’auteur, pour les cotons longues fibres. Il est à noter qu’avec les cotons courtes fibres et en suivant le procédé exposé, on obtient du papier de fibres ultimes intactes et de la longueur convenable au travail du papetier. L’auteur considère ce fait comme intéressant, pour l’examen des propriétés physiques d’un papier.
- SUR LA FABRICATION DES PAPIERS
- M. Blanchet, le fabricant bien connu de Rives, a fait sur ce sujet une instructive conférence à la Société des Ingénieurs civils. Il a étudié cette fabrication à travers les âges, depuis son invention par Tsaï-Loune, Chinois qui vivait à la fin du premier siècle; puis sa diffusion vers l’Orient à la suite de la défaite des Chinois par les Arabes en 751, et sa fabrication à Samarcande, puis à Bagdad et à Damas, enfin le long des côtes de la Méditerranée. Auxe siècle, la disparition du papyrus égyptien. Au xme siècle, on se sert de papier en Espagne, en Italie, dans le midi de la France. Des cartulaires notent des moulins à papier au milieu du xive siècle. La fabrication française fleurit en Champagne, puis en Auvergne. A la fin du xixe siècle, sa production dépassait -450 000 tonnes.
- L’outillage resta très simple pendant dix-huit siècles; il reposait sur l’emploi du pilon, puis des maillets, pour triturer les chiffons pourris dans le mortier qui devint le creux de pile. La feuille de papier était produite à la forme. Le collage se fit d’abord avec de l’amidon, puis à partir du xvme siècle à la gélatine.
- Au xvmc siècle, la trituration se transforme, par l’emploi de cylindres armés de dents. Robert (Nicolas-Louis) invente en 1798 sa table de fabrication perfectionnée en 1807 par Gamble et Fourdrinier, et à laquelle vinrent s’adjoindre* les sécheurs à vapeur.
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- SUR LA COLORATION ARTIFICIELLE DES MINÉRAUX.
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- SUR L’INSOLUBILISATION DH LA GÉLATINE I'AR LA QUINONE
- MM. A. L. Lumière et Sei/ewetz ont déjà montré que la quinone ordinaire est susceptible d’insolubiliser la gélatine, solide ou en solution (Bull. Soc. Chimique, 1906, p. 379). Dans une nouvelle étude (ibid., 1907 p. 429), ils ont cherché les meilleures conditions d'insolubilisation, ainsi que la composition du produit quinonisé.
- Les plus petites quantités de quinone qui ont paru nécessaires pour rendre la gélatine insoluble dans l’eau chaude après sa prise en gelée, sont pour la solution de gélatine à 5 p. 100, i grammes de quinone pour 100 grammes gélatine sèche. Les solutions sont limpides, jaune rougeâtre et ne se prennent en gelée qu’au bout d’un certain temps, comparable à celui qui est nécessaire pour la gélification des solutions ordinaires de gélatine. Mais dès que la gélification s’est produite, la liquéfaction ne peut plus être obtenue même à 100° et après une ébullition prolongée.
- Avec des solutions de quinone au millième, on peut déjà obtenir l’insolubilisation de la gélatine enfeuüles, en employant environ 1 litre de solution de quinone à 4 p. 1 000 pour 20 grammes de gélatine; l’insolubibsation dure une heure trois quarts à la température de 15°. Avec une solution de quinone à 6 grammes p. 1000 la durée de l’insolubilisation est réduite à une heure un quart. La gélatine insolubilisée est d’autant moins colorée que la solution de quinone est plus étendue.
- La gélatine quinonisée paraît être d’une stabilité beaucoup plus grande que celle de la gélatine formolisée; traitée par différents réactifs, il a été impossible de régénérer les deux constituants. Elle semble donc être plutôt une combinaison qu’un composé d’addition.
- A l’analyse, la composition centésimale reste sensiblement la même, que l’on réalise l’insolubiüsation avec un excès ou un défaut de quinone. La quantité de quinone fixée doit donc être très faible.
- La gélatine quinonisée est rose en couche mince, rougeâtre en couche épaisse. Elle se gonfle dans l’eau froide, et pas plus vite dans l’eau chaude. Elle est d’une grande stabilité. Les acides et les alcalis caustiques produisent à la longue la désorganisation de la gélatine. Cette action est presque nulle, avec les carbonates alcalins ou l’ammoniaque, en solution concentrée.
- SUR LA COLORATION ARTIFICIELLE DES MINÉRAUX
- Pour décider entre les deux théories physique et chimique de la teinture des fibres végétales et animales, M. W. Suida (Ueber das Yerhalten von Thierfarbstoffen gege-nuber Stiirke, Kieselsâure und Silikaten : Sitzungsber. Wien-Akad. d. Wiss. 1904, p. 725) s’est appuyé sur des recherches faites sur la coloration de certains minéraux par les couleurs d’aniline. Se basant sur le fait que seuls les composés silicatés naturels acides, dont la formule contient II ou OH [chrysotile Si209Mg3Hl; muscovite (Si04)3Al3 KII2; lépidolite Si309Al2 (LiK)2; lépidolite Si309Al2 (Li,K)2 (F,OH)2, etc., etc.] ne se colorent que par les matières colorantes basiques (bleu de méthylène, fuchsine, etc.). M. Suida conclut qu’ü y a une véritable combinaison et il conclut, par comparaison, que c’est la théorie chimique qui doit être adoptée.
- Les observations de M. Paul Gobert (Comptes rendus, 1907, p. 761), sur la coloration artificielle des minéraux et sur celle des cristaux artificiels en voie d’accroissement dans une eau mère contenant en dissolution des matières colorantes, l’ont conduit à
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- NOTES DE CHIMIE.
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- des conclusions opposées à celles de M. Suida. En résumé, la coloration artificielle des fibres de chrysotile et des autres minéraux cristallisés pouvant absorber les couleurs d’aniline est un phénomène purement physique. Les cristaux de certaines substances laissent pénétrer dans leur réseau, et d’une manière inégale, suivant les différentes directions les molécules de substances en dissolution. Le phénomène est de même nature que celui qui a été observé dans les zéolites par M. G. Friedel pour l’absorption des gaz et des liquides.
- SUR LES LAITS AIGRIS OU FERMENTÉS
- L’ouvrage que M. Lindet vient de consacrer au lait est riche en documents, non seulement sur le lait naturel, mais encore sur les laits concentrés, les laits en poudre, les laits écrémés, les laits débeurrés, les laits fermentés ou aigris.
- . Voici ce que M. Lindet dit des laits fermentés :
- « Si l’aümentation humaine néglige l’emploi du lait écrémé en nature, elle ne refuse pas, en certains cas, l’usage du lait fermenté (képhir, koumiss, etc.), que l’on fabrique, même industriellement aujourd’hui, avec du lait écrémé, pour les besoins de certains malades.
- « Le lait fermenté contient une partie de sa caséine à l’état soluble, et par conséquent facilement assimilable; en outre ia présence de l’acide carbonique,.qui rend la boisson gazeuse, enfacibte souvent la digestion.
- « La préparation du lait fermenté nous vient de la Russie méridionale où l’on fabrique le koumis ou koumiss avec le lait de jument ; du Caucase, où l’on fait le kéfir ou képhir, avec le lait de chèvre principalement; de Bulgarie (yoghourt) ; de Sardaigne (gioddu), etc. Le képhir est celle de ces boissons qui a été la mieux étudiée. C’est naturellement le lactose qui fermente dans le lait képhir, on connaît en effet par les travaux de Duclaux, etc., des ferments susceptibles de faire fermenter le lactose et de fournir de Facide carbonique, de l’alcool et de l’acide lactique. Ce sont des saccharo-myces et des ferments lactiques.
- « On consomme aussi en Égypte du lait caillé fermenté auquel on donne le nom de Leben. Le lait est bouilli et, après refroidissement, introduit dans une outre en peau que tapisse intérieurement, sous forme d’une couche visqueuse, la flore microbienne^ qui fera fermenter le lait.
- « C’est au moyen des grains de képhir du Caucase, que l’on fabrique en France, industriellement, mais avec du lait de vaches, les laits fermentés du commerce. Les grains de képhir, c’est-à-dire l’association microbienne qui assure la fermentation du lait, sont tout d’abord lavés avec de l’eau à 30° pendant cinq ou six heures ; ils se gonflent et se ramollissent; on prépare un levain en les traitant par dix fois leur poids de lait bouilli, puis refroidi à 20° ou 30°; on renouvelle le lait toutes les vingt-quatre heures et, après cinq à six jours on retire les grains gonflés avec une passoire et on les ensemence dans du lait écrémé; après la fermentation de celui-ci on sépare les grains qui servept à une opération suivante, et l’on verse le lait mousseux dans les bouteilles d’expédition.
- « On peut également préparer des laits mousseux dit champanisés, en introduisant dans du lait du saccharose et un saccharomyces, ou en chargeant artificiellement le lait d’acide carbonique par les procédés qui servent à fabriquer l’eau de seltz. »
- On connaît les travaux de MM. Gabriel Bertrand et Gustave Weisweiller, qui ont
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- SUR LES LAITS AIGRIS OU FERMENTÉS.
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- étudié l’action du ferment bulgare sur le lait. Voir, en particulier, A.nn. de l’Institut Pasteur, 1906.
- Sur le lait aigri, M. E. Metchnikoff a publié une longue étude (Rev. de chimie pure et appliquée, 1907, p. 77), dont voici quelques extraits. « 11 observe que la nourriture influe sur les microbes intestinaux. Chez l’enfant nourri avec du lait de vache, la flore intestinale est beaucoup plus riche en espèces que chez l’enfant nourri au sein. Cette dépendance des microbes intestinaux par rapport à la nourriture permet de tenter des mesures pour modifier notre flore et pour remplacer les microbes nuisibles par des microbes utiles. Ceux-ci pénètrent surtout avec les aliments crus dans le tube digestif, de sorte que, pour diminuer l’abondance de la flore intestinale, il est utile de ne manger que des aliments cuits et de ne boire que des boissons préalablement bouillies.
- On a quelquefois émis l’opinion que des aliments cuits ou complètement stérilisés (chauffés à 120°-140°) sont nuisibles à l’organisme et mal digérés.
- Pendant leur voyage dans les régions antarctiques, M. Charcot et ses compagnons, qui ne se nourrirent que de conserves stérilisées et de viande cuite, furent, durant l’espace de seize mois, exempts de maladies du tube digestif.
- Dans la recherche des moyens pour conserver les produits animaux et végétaux et les empêcher d’entrer en putréfaction, l’esprit populaire a reconnu depuis longtemps l’utilité des acides, le vinaigre notamment. Comme les acides se produisent aux dépens des sucres, les substances qui en contiennent, deviennent facilement acides, ce qui les préserve contre la putréfaction. Voilà pourquoi le lait aigri peut se conserver très longtemps sous forme de fromage, les choux sous forme de choucroute, les betteraves et les concombres se transforment en betteraves et concombres acides.
- Le lait aigri, grâce à son acide lactique, est capable même d’empêcher la putréfaction des viandes. Aussi, dans certains pays, conserve-t-on la viande dans le petit-lait acide, car ce mode de conservation préserve de toute putréfaction.
- La fermentation lactique joue également un rôle important dans la préparation de la nourriture des bestiaux. C’est elle surtout qui empêche la putréfaction des végétaux ensilés et qui par conséquent sert à leur conservation.
- Cette même fermentation est employée dans la distillerie afin de prévenir les fermentations nuisibles des moûts.
- Ce bref aperçu suffit déjà pour indiquer l’immense importance de la fermentation lactique, comme moyen d’empêcher les putréfactions et la fermentation butyrique, toutes deux nuisibles à la conservation des produits organiques et capables de provoquer des troubles dans l’organisme.
- On a remarqué depuis longtemps que la putréfaction et la fermentation butyrique sont empêchées grâce à la présence des sucres. Les expériences du Dr Herter de New-York, de M. Michel Cohendy de l’Institut Pasteur, de Grundsach, de Schmidz, de Singer, montrent indubitablement que l’introduction de l’acide lactique et du ferment lactique dans l’intestin diminue les putréfactions intestinales et la quantité des éthers sulfoconjugués dans l’urine. C’est à M. le professeur Hayem que la thérapeutique est redevable de l’emploi de l’acide lactique comme médicament; la dose peut atteindre 12 grammes par jour.
- Dans la lutte contre les putréfactions intestinales, il est plus utile, au lieu d’administrer l’acide lactique en substance qui est brûlé ou excrété par les reins, d’introduire dans l’organisme les bactéries lactiques vivantes. Celles-ci continuent à vivre dans les intestins au milieu d’autres microbes, et deviennent un élément cultivé de la flore
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- NOTES DE CHIMIE.
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- intestinale. Trouvant des matières sucrées pour leur entretien, elles produisent de l’acide lactique qui se répand dans le contenu intestinal et empêchent sa putréfaction ainsi que les mauvaises fermentations.
- Avec les aliments variés soumis à la fermentation lactique et consommés à l’état cru (lait aigri, képhir, choucroute, concombre salé, etc.), les hommes depuis des temps immémoriaux introduisaient dans leur tube digestif des quantités énormes de microbes lactiques.
- En Égypte, on mange depuis la plus haute antiquité une sorte de lait aigri, préparé avec du lait de buffle, de vache, ou de chèvre, et connu sous le nom de « Leben raib ». La « yaourtli », assez analogue, est consommée dans les Balkans. En Russie le lait aigri est consommé en grande quantité sous deux formes : le « prostokwacha » ou lait cru spontanément coagulé et aigri, et le « warenetz » ou lait bouilli et ensemencé avec un levain.
- Selon les pays, le lait caillé présente certaines modifications qui proviennent de la flore microbienne des diverses régions, de même que les fromages sont différents dans les divers pays. La'grande majorité, sinon la totalité des laits aigris que l’on obtient par des procédés naturels, contiennent en outre des microbes lactiques, des levures capables de produire de l’alcool. C’est surtout le képhir et le koumiss; c’est-à-dire le lait de vache ou de jument fermenté qui accuse une notable fermentation alcoolique. Le koumiss est une boisson populaire très répandue parmi les Kirghises, Tar-tars, et Kalmouks, peuples nomades de la Russie orientale et de l’Asie qui font un grand élevage des chevaux. Le képhir est au contraire la boisson nationale des montagnards du Caucase.
- Le fait que tant de populations font du lait aigri un usage habituel et l’emploient comme aliment essentiel est garant de son utilité.
- Au point de vue du goût, c’est le lait aigri préparé avec le lait cru qui est le meilleur; mais au point de vue de l’hygiène, il est à rejeter à cause de la présence possible de microbes nuisibles. Le lait doit donc être bouilli, puis ensemencé avec du ferment préparé d’avance.
- Comme un des bacilles isolé du yahourth bulgare s’est montré, d’après les recherches de Heupel, très apte à produire une très forte fermentation lactique, il a été tout naturel d’essayer de préparer avec ses cultures pures du lait aigri. Ce bacille (que l’on désigne quelquefois sous le nom de bacille bulgare) est de beaucoup le meilleur producteur d’acide lactique; il fait coaguler en peu d’heures le lait bouilli et fournit un lait aigri sans concours d’aucun autre microbe. Mais comme ce microbe attaque en même temps les graisses, en donnant au lait un goût insupportable, et comme pour un usage prolongé la consommation de trop de matières grasses n’est point désirable, on prépare le lait aigri avec du lait écrémé. . ,
- Les personnes qui, pour une raison quelconque, ne supportent pas le lait peuvent prendre des bacille bulgares en culture pure, mais alors il faut adjoindre à la nourriture une certaine quantité de sucre, pour faciliter leur développement. »
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- CALORIMÈTRE ENREGISTREUR POUR EXPLOSIONS de M. B. HopkiïlSOn (1).
- Il est très important de pouvoir déterminer exactement la vitesse du refroidissement au parois d’un récipient à la suite d’une explosion de gaz dans ce récipient; parce que cette connaissance entraîne celle même de la loi de refroidissement du gaz et permet d’en déduire la variation de sa chaleur spécifique.
- Le principe de la disposition adoptée à cet effet par M. Hopkinson consiste à tapisser entièrement les parois du récipient d’un ruban de cuivre continu et d’observer les variations de la résistance électrique de ce ruban pendant et après l’explosion. On en déduit les variations de la température du cuivre, et, en fonction de sa capacité calorifique, celles correspondantes de la chaleur enlevée au gaz par les parois du récipient.
- Ce récipient est (fig. 1 et 2) constitué par un cylindre de fonte de 300 X 300 millimètres, enveloppé d’une garniture de bois de 6 millimètres d’épaisseur; les fonds ont une garniture en liège. La partie cylindrique est, à l’intérieur, garnie d’un enroulement en un ruban de cuivre de 6 x 1 millimètre d’épaisseur, avec un vide de lmm,13 entre chaque spire. Les fonds étaient recouverts de même par des bandes de cuivre (fig. 2) reliés à la spirale de manière à ne constituer qu’un seul conducteur continu, d’une section d’environ 6 millimètres carrés 45 (1 : 100 de pouce carré). L’allumage du gaz se fait, comme dans l’appareil décrit page 564 de notre Bulletin de mai 1906, par une étincelle électrique au centre du cylindre, et les pressions sont enregistrées de même par un manomètre opto-photographique à membrane exact à au moins de 1 p. 100 près.
- Le cuivre du récipient est, comme le montre la figure 3, relié au circuit d’ungalva-nomètre d’Arsonval G, d’une périodicité de 1/15 de seconde, résistance 3,2 ohms, en série avec une résistance R de 1 /4 d’ohm. Une batterie Bj, avec lampes témoins L, envoie dans la bande S un courant d’environ 8 ampères ; la résistance R4 reçoit un courant de 4,5 ampères de la batterie B2 ; ce courant traverse aussi la résistance R', et est de sens contraire à celui qui traverse S. La résistance de S étant de 0,14 ohms, à la température ambiante, il en résulte que les forces électromotrices de ces deux courants s’équilibrent avant l’explosion sur le galvanomètre, qui reste alors au zéro. Lors de l’explosion, la température et la résistance de S augmentent, et comme l’intensité du courant y reste sensiblement constante, le potentiel à ses bornes augmente proportionnellement à sa résistance ou à sa température, et il en est de même des déviations du galvanomètre, puisque le potentiel aux bornes de R reste sensiblement constant. Le miroir du galvanomètre envoie son rayon par le même trou qui sert au passage de celui du miroir du manomètre des pressions, de sorte que son tracé B (fig. 4) sur le papier photographique, compté à partir de B°, se place au-dessous de celui A de ce
- (1) Royal Society, London, 31 janvier 1901.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MAI 1907.
- manomètre, compté au-dessous de A0. Les ondulations de B proviennent des variations très brusques de température du gaz chaud lorsqu’il arrive au contact des parois.
- Les points blancs de ces courbes A et B proviennent de ce que le trou du diaphragme était illuminé par un arc à courants alternatifs; ils permettent d’identifier les points correspondants des deux courbes à 1/500 de seconde près. Dans le cas de la figure 4, la
- Fig. 1.
- pression de l’atmosphère était de 733 millimètres et la température de 15°. Pour la courbe A, 1 millimètre d’ordonnées correspond à un accroissement de pression de 1 livre, 80 par pouce carré (0 kil.,12 par centimètre carré) ou, en tenant compte de la contraction de 3 p. 100 en volume qui se produit dans la combustion du mélange employé, de 1 de gaz d’éclairage pour 7 d’air, à un accroissement de température de 36°,6. Sur la courbe B, 1 millimètre équivaut à un accroissement de la résistance de S de 0,00047 ohms, ou à un accroissement de température de 0°,83, avec un coefficient de température de 0,00428. Le poids total de S est de 2 870 grammes et sa chaleur
- «
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- CALORIMÈTRE ENREGISTREUR POUR EXPLOSIONS.
- o99
- spécifique de 0,093, de sorte que la quantité de chaleur absorbée par S, par millimètre de B, est de 222 calories.
- Pour vérifier les valeurs de la chaleur spécifique de S et le coefficient de température, on enroula une partie de la bande S sur un cylindre en bois et on la chauffa par le passage d’un courant de 350 ampères pendant 1 seconde 4. L’énergie qui traversait ainsi la bande de cuivre était mesurée par un galvanomètre balistique dont la bobine mobile suspendue était en dérivation, avec une forte résistance, sur les bornes du ruban. On en déduisit un rapport entre cette énergie et la température du ruban, qui
- fut trouvé le même, à 1 p. 100 près, que celui déduit du coefficient de température, 0,00428 et de la chaleur spécifique 0,093.
- Pour déterminer la perte de chaleur du ruban S par sa transmission au travers du bois enveloppant l’appareil, on fit passer en S un courant de 350 ampères pendant une seconde, 4, et on en détermina la résistance aussitôt après le passage du courant ; on trouva que l’énergie électrique ainsi absorbée par S était de 17,5 p. 100 plus grande que celle due uniquement à son accroissement de température,|de sorte que [S perdait par rayonnement dans le bois de l’enveloppe les 0,170 de|la’chaleur reçue. Mais dans le cas de l’explosion, la température de S ne s’élève pas progressivement, comme par le passage d’un courant électrique, de sorte qu’il faut, en partant de la détermination
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- de la transmission de la chaleur par ce bois dans le cas du chauffage électrique, la calculer, comme nous le verrons dans l’annexe, en fonction de la courbe B du diagramme.
- Il se dissipe aussi de la chaleur par les parties de l’appareil non recouvertes du cuivre de S. La surface totale des parois est de 4 000 centimètres carrés, et celle du ruban de 3 200, de sorte que la partie non recouverte par S est de 800 centimètres -carrés, ou du 1/3 de la surface totale. De ces 800 c2, il y en a 560 qui appartiennent
- a ô Amps.
- 0-25 Ohms
- -aux vides de lmm,15 laissés entre les enroulements, et que l’on peut considérer comme protégés efficacement par le ruban, bien qu’il ne les recouvre pas. Il reste 220 centimètres carrés de parois nues, qui absorbent la chaleur sensiblement au même taux que S, de sorte qu’elles ont absorbé environ 4 000/3 780 ou 6 p. 100 de la chaleur totale de l’explosion.
- Pour vérifier l’exactitude de ce calorimètre, on a calculé la chaleur indiquée par lui en des points suffisamment bas de la courbe de refroidissement pour qu’on puisse y admettre la chaleur spécifique des gaz comme connue, par exemple, une seconde .après l’explosion, lorsque la température est tombée à 545°. En ce point, l’ordonnée de la courbe B est de 35,3 milbmèlres, correspondant à 7 850 calories. La correction du fait du rayonnement y est de 20 p. 100 (voir l’Annexe), de sorte que la chaleur totale.
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- passée par le cuivre est de 9 420 calories, qui, multipliées par 1,06, donnent 10 000 calories pour la chaleur fournie aux parois.
- La composition du mélange, avant l’explosion, était de : gaz d’éclairage 12,7 p. 100 en volume, air, avec un peu de vapeur d’eau 87,3, à 0° et 760 millimètres. La puissance calorifique du gaz était de 6 000 calories par mètre cube, de sorte que la chaleur de l’explosion est de 1400 calories, ramenée à 15°. Si le refroidissement s’arrête à o4o°,'il faut en retrancher la chaleur latente de la vapeur produite, d’environ 30 grammes par pied cube (323 gr. par mètre cube) et la chaleur dégagée par le refroidissement des constituants du gaz de 345 à 15°; cette chaleur est de 600 X 30 X 0,082 = 1 480 calories, pour la chaleur latente de la vapeur d’eau. L’autre perte est de 232,7 calories, comme l’indiquent les chiffres du tableau ci-dessous, ce qui porte la perte totale à 3 807 calories, pendant le refroidissement des produits de la combustion de 545 à 15°. La chaleur dégagée pendant ce refroidissement est donc de 14 000 — 3 807 = 10200 calories, chiffre coïncidant suffisamment avec celuide lOOOOca-
- lories donné par l’appareil. Chaleur Chaleur dégagée en sc refroidissant
- En volumes. spécifique. à 530°.
- C02 . . . 0,046 10,7 260 *
- Vapeur d’eau . . . 0,118 8,4 527
- Az et O . . . 0,460 6,3 1 540
- 0,624 2 327
- Une demi-seconde après l’explosion, la température est de 640°, et l’on trouve les résultats suivants :
- Chaleur dans la bande de cuivre de 30mm,5 : Q—. . 6 730 calories.
- Chaleur dans le bois, 12 p. 100 de Q. . ........... 810 —
- Chaleur dans les parois nues 0,06 x 7 530........... 450 —
- Perte totale par les parois. . . . . 7 980 —
- La chaleur de refroidissement de 840 à 15°, dans la condensation de la vapeur, est de 5 180 calories ; celle de refroidissement des gaz de l’explosion jusqu’à 840° serait donc de 14 000— 5 l’80 =8 820 calories.de sorte que l’estimation du calorimètre, qui est de 800 calories, serait de 20 p. 100 trop faible. Mais on ne connaît pas exactement la puissance calorifique du gaz à 840°, on peut y admettre une erreur de 2 p. 100 ou de 280 calories, ni les chaleurs spécifiques, à 3 p. 100 près, ou 120 calories, et il se peut que la combustion n’ait pas été absolument parfaite, à 3 p. 100 près, par exemple, ou à 420 calories, ce qui expliquerait facilement cette divergence en ce point.
- On peut, en somme, considérer ce calorimètre comme suffisamment exact d’après la concordance des observations et du calcul pour les résultats à une seconde après l’explosion.
- Le diagramme figure 5 donne les pertes de chaleur, par centimètre carré .des parois, en calories, en fonction des temps en dixièmes de seconde après l’allumage, d’après la courbe B, rectifiée en tenant compte de la perte par le bois. Cette perte commence 1/20 de seconde après l’allumage, dès le premier contact delà flamme avec S, puis elle augmente très rapidement, jusqu’au maximum de pression, lorsque toute la surface du cuivre est en contact avec la flamme, où la perte de chaleur est de 1 700 calories, ou
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- tJ)
- E
- de 12 p. 100 de la chaleur totale, au taux de 10 calories par seconde et par centimètre carré de S. La température des gaz est alors de 1 760°. A 0 seconde,2 après l’explosion, ce taux est de 3,5 calories par seconde, et la température de 1300°, avec un abaissement de 75 p. 100, et de 55 p. 100 pour la pression.
- La température des gaz monte donc très vite à 1 800° environ, puis la couche en contact avec les parois s’abaisse aussitôt à 15° environ, et c’est à travers cette couche froide croissante que la chaleur delà masse passe aux parois, de sorte que la vitesse de ce passage diminue rapidement. Le refroidissement de cette masse de gaz doit suivre à peu près la loi de celui d’une masse soüde infinie de température uniforme 0° et qui, plongée dans une atmosphère de contact maintenue constamment à 0°, perd, d’après Fourier, par unité de surface et en un temps t, une quantité de chaleur
- k étant la conductibilité
- thermique et c la capacité thermique du corps en contact refroidissant, par unité de volume.
- On a, en figure 5, tracé en pointillés la courbe des pertes correspondant à cette loi à partir de 0 seconde,05, après l’allumage, point à partir duquel la flamme est en contact avec toute la surface de S. On voit que cette courbe cesse de coïncider avec B à partir de 0 seconde^, où le refroidissement réel est beaucoup moins rapide. C’est ce qui aurait lieu, d’ailleurs, pour un solide de dimensions finies se laissant pénétrer par le refroidissement. La loi de Fourier n’est vraie que pour un solide refroidi seulement par conduction de capacité et
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- de conductibilité calorifiques indépendantes de la température. On voit, néanmoins, que la rapidité du refroidissement d’un gaz chaud ne dépend que peu de sa température et de sa pression ; elle dépend surtout de la chute des température dans la couche de gaz qui la sépare des parois, fonction, principalement, de l’état de cette couche, de sorte que deux masses de gaz semblables, et dans des récipients identiques, peu-
- A. Pression maxima, température moyenne des gaz 1700°.— B. Température moj'enne 300°.
- 0 , 1 Z 3 4 5 € y
- Temps après l’allumage en dixièmes de seconde.
- Fig. 5. • •
- vent très bien ne pas se refroidir de même après leur explosion. En outre, toutes choses égales, le refroidissement augmente probablement très vite avec la densité du gaz chaud, car, dans la formule de Fourier, c est proportionnel à cette densité et k augmente aussi avec elle. Il se pourrait que la perte de chaleur, après explosion, fût proportionnelle à la densité des gaz chauds, bien qu'il n’en soit pas ainsi pour des gaz en état de température invariable.
- ANNEXE
- Perle de chaleur par l'enveloppe.,— Si la température d’une surface plane infinie varie suivant la fonction F (l) du temps t, la quantité de chaleur passée au bout du temps l est donnée, d’après Fourier, par l’équation.
- 2
- F(0+^*F'(f)+ ™ F"(0“ •••
- F' (t) F" (t)... étant les dérivées de F(/), k la conductibilité et c la chaleur spécifique de l’unité de volume.
- Dans notre cas, le solide est la garniture en bois du calorimètre et 9 la température de S ; en raison de la faible conductibiüté du bois, sa température ne varie que près du cuivre de S, et on peut la considérer comme d’une épaisseur infinie. La chaleur Tome 109. — Ma i 190 . 40
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- absorbée par le cuivre est de GF (t), C étant la capacité thermique du cuivre par unité de surface, de sorte que le rapport de la chaleur transmise au bois à celle du cuivre est de
- 2 /kçt ( 1 F' (t) î / m F" (t)
- C V TT y1 3 F (t) 5 \ 2 / F (<)
- Les valeurs de F(£) F' (t)... s’obtiennent de la courbe B (fig. 4). Il suffit donc, pour
- <9 /TZ
- trouver la perte de chaleur par le bois, de déterminer la constante " w _ dans un cas
- particulier où l’on connaît F {t) et la perte de chaleur.
- Pour cela, on plaça la partie cylindrique de S en série, avec un plomb fusible, dans le circuit d’une batterie de 100 éléments, sur un galvanomètre balistique à bobine mobile shuntée sur une résistance sans induction de 8 000 ohms. On put ainsi y faire passer un courant de 350 ampères pendant 1,4 seconde avant la fusion du plomb. Le diagramme photographique d’un galvanomètre à périodes très courtes montra que le courant montait à 365 ampères en 1/50 de seconde, puis tombait à 340 ampères au bout de 1 seconde, 1, puis le plomb commençait à fondre. Le wattmètre étalonné avait une période d’oscillation de 9 secondes, 77. On mesura la résistance de S à des intervalles définis après le passage du courant; on en déduisit une courbe de son refroidissement et de ses résistances immédiatement après la rupture du plomb. La moyenne d’un grand nombre d’observations a donné les chiffres suivants :
- Énergie dépensée sur le ruban S..................... 3 677 calories.
- Poids du cuivre..................................... 1 950 grammes.
- Augmentation de température du cuivre............... 17°,2
- Chaleur du cuivre 17,2 X 1 950 X 0,0935............. 3 135
- Perte cédée au bois 3 677 — 3 135 .................. 542
- La chaleur perdue, dans ces conditions, est donc de 17,5 p. 100 de celle du cuivre, et comme l’énergie passée dans le cuivre varie presque uniformément pendant 1 seconde, 1, la perte de chaleur est presque la même que si la température s’était accrue uniformément pendant toute l’expérience. Posant t = 1,4, F(t) = 17,2 F' [t) =
- 17,2/1,4 F" (l) = 0 dans l’expression (1), il vient ^ ^ X 0,175 d’où
- 2
- G
- v/'
- kc— 0,22.
- TZ
- On a adopté cette valeur de la constante pour le calcul de la perte de chaleur aux différents points après l’explosion, et on a calculé les différentes valeurs de F (t), F' (t), F" (t), d’après la courbe B (fig. 4). Par exemple, pour t = 1, F (f) = 35 millimètres, F' (t) =7mm,5 et F" (t) = 2mBl, 8. La moyenne des pertes par le bois, se trouve d’environ 20 p. 100 en substituant ces valeurs dans l’expression.
- ENFOURNEUSES MÉCANIQUES ALLEMANDES POUR FOUR MARTIN, d’après il/. Frôlich (1).
- Le chargement des fours Martin au moyen de wagonnets a l’inconvénient de gêner le travail du four. Les enfourneuses mécaniques évitent ce défaut, si important dans
- (1) Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure, 12, 19 et 26 janvier, 9 février, 30 mars 1907, p. 47.
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- ENFOURNEUSES MÉCANIQUES POUR FOUR MARTIN.
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- les petites installations. W. Schmidhammer installait, vers 1890, une grue hydraulique entre deux fours de 15 tonnes qu’elle servait alternativement. Les poches de chargement pouvaient recevoir suivant le cas de 300 à 600 kilos. Quatre hommes au maximum suffisaient pour la manœuvre.
- Enfourneuse Riemer
- Enfourneuse de Benralh.
- Fig. 2 à 4,
- L’enfourneuse de J. Riemer (fig. 1) (D. R. P. 137 019) est formée d’un levier suspendu par deux chaînes à une pièce mobile autour d’un axe vertical fixé à une grue. Ge'mode^de suspension permet des oscillations latérales. Les deux points de suspen-sion^sont choisis de manière, qu’après le déchargement du creuset, le centre de gravité
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MAI 1907.
- reste entre ces deux points. Le levier reste donc horizontal. Un Allant h permet la rotation du levier, un étrier b en assure la fixité. Ce dispositif est encore en usage dans l’aciérie Ilaniel et Lueg à Dusseldorf-Grafenberg.
- La Benrather Maschinen Fabrik, qui a acquis le brevet Riemer, exécute une autre forme d’enfourneuse mue à la main (üg. 2 à 4). Elle est formée d’une barre en fer, supportée à son extrémité par une pièce transversale A (fig. 5 et 6), et vers le milieu
- Fig. 5 et 6. — Enfourneuse de Benrath.
- par un collier à rouleaux (fig. 7 et 8) suspendu à une grue mobile. La rotation autour de l’axe est obtenue au moyen d’un volant vertical placé à l’extrémité opposée à la poche, qu’il équilibre en partie. Le levier h (fig. 6) permet des déplacements latéraux
- ’Fig. 7 et 8. — Enfourneuse de Benrath.
- de l’enfourneuse afin de couvrir toute la’(surface du four. Trois hommes suffisent en général pour la manoeuvre de cette enfourneuse ; mais, à la fin du ! chargement, 6 hommes sont souvent nécessaires à la manœuvre du volant, pour tourner la poche et la vider. On peut arriver, avec ce dispositif, à alimenter 3 fours de 20 tonnes; mais, dans ce cas, une partie du chargement doit se faire à la main.
- Le poids total de cette enfourneuse, sauf la grue, est de 3500 kilo grammes, dont 800 kilogrammes pour la poutre métallique et les galets. Elle peut s’adapter sur une grue quelconque. Actuellement, les poches peuvent contenir^de’l 000 à 1 200 kilogrammes, mais on peut aller sans difficulté jusqu’à 1 500 kilogrammes. ......J
- Les grues enfourneuses sont encore plus anciennes en date. Le première,'en Aile-
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- Enfourneuse Leni.
- Fig. 9 à 11
- Enfourneuse Lauchhammer
- Enfourneuse Lauchhammer
- TU____LU
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- 608 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ MAI 1907.
- magne, semble être celle de l’ingénieur Lentz (1897) construite par l’A.-G. Lauchhammer (fig. 9 à 11). Le chariot de la grue porte un bâti en tôle à la partie inférieure duquel se
- - 0—1
- . Fig. 14.
- Fig. 15 et 16. — Collecteur Lauchhammer.
- trouve le levier mobile de l’enfourneuse A; il est maintenu en outre en B par deux chaînes C, qui permettent de baisser ou d’élever la poche, ces chaînes sont fixées aux roues à manivelles Dv mues par le moteur AP. Depuis, ces chaînes ont été remplacées
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- Fig. 17 et 18. — Collecteur Tiegler.
- Fig. 19 et 20. — Collecteur de Benrath.
- Fig. 21 et 22. — Collecteur de Benrath
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- 6 J 0
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MAI 1907.
- par des tiges. La dynamo Ml dépince la grue devant la série de fours; M2 commande le mouvement transversal du chariot, et M,t la rotation du levier.
- Le Neusser Eisenwerk, anciennement Rud. Daelen, a construit également une grue analogue, mais le levier est fixé eu son milieu. La manœuvre est obtenue par un mouve-
- Fig. 23 et. 24. — Collecteur Liebe Harkort.
- ment de manivelle agissant à l’extrémité opposée. Dans ce dispositif, le levier s'incline et peut alors exercer une action nuisible. Pour le maintenir horizontal, il suffit d’élever le point A. Lauchhammer obtient ce résultat au moyen d’un système de levage représenté en fig. 12. Le moteur JJ./3 met en mouvement deux roues à manivelle Dl et 02, qui se meuvent en sens contraire et soulèvent au moyen des tiges Z, et Z2 les points .4 et B simultanément.
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- La figure 13 représente un autre dispositif permettant d’arriver au même résultat, mais ces mécanismes sont coûteux et très délicats.
- Fig. 25 et 26. — Collecteur Lauchhammer.
- O À O
- oYo
- Fig. 21 et 28. — Collecteur des ateliers Duisbourg.
- Les nouveaux types d’enfourneuses Lauchhammer sont caractérisés par ce que la
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- partie suspendue au chariot est mobile autour d’un axe vertical, ce qui laisse la’place libre devant le four. La vitesse est de 4 à 5 tours à la minute. La commande est entièrement électrique, le poste du conducteur (indiqué par une croix sur les figures) se trouve généralement sur la partie tournante. Les moteurs se trouvent sur la partie
- Fig. 29 et 30. — Enfourneuse Lauchhammer.
- tournante et sur la partie fixe de la grue. La figure 14 représente le schéma de la distribution normale. Un cyhndre avec anneaux et balais est nécessaire, le nombre des anneaux varie avec celui des moteurs et la nature du courant employé.
- Les figures 15 et 16 représentent le dispositif de l’A.-G. Lauchhammer; les anneaux sont en bronze et isolés par des pièces de porcelaine. Les prises de courant sont
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- .Fig. 3G. — Enfourneuse Schollen : détail de la colonne.
- Fig. 3i. — Enfourneuse Schollen : détail des bras.
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- Gegençemcht
- Fig. 40
- Fig. 38. — Enfourneuse Schoïten : détail de la colonne.
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- formées d’anneaux de cuivre divisés en deux parties et maintenus par des ressorts à spirale.
- La Maschinenbau A.-G. Tiegler fixe les anneaux frotteurs sur des isolateurs de por-
- -, A il
- roi
- Ht™
- Fig. 41.
- Fig. 42. Fig. 41-43. — Enfourneuse de Benrath. Fig. 43.
- •celaine. Les prises de'courant sont disposées en face d’eux sur une tige (fig. 17 et 18).
- La Benrather Maschinenfabrik et la Dusseldorfer Kraubau Gesellschaft fixent les anneaux frotteurs sur des pièces verticales de sorte qu’entre l’anneau frotteur et la colonne se trouve un espace rempli d’air. Les figures 19 et 20, 21 et 22 montrent deux •de ces dispositifs.
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- Le mode de construction de Liebe-Harkort est représenté par les figures 23 et 24. Les anneaux frotteurs sont encastrés dans une boîte d’acier fondu qui enveloppe la
- colonne. Les figures 25 et 26 représentent un second mode de construction de l’A.-G. Lauchhammer, dans le but de diminuer la hauteur. Les anneaux frotteurs sont fixés sur un cylindre d’ambroïne relié à la colonne par des pièces de bois a.
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- Enfourneuse de Benrath : Distribution
- Fig. 41. — Enfourneuse de Benrath : détail du bras.
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- Enfourneuse de Benrath
- Fig. 49 et 90. — Enfourneuse de Duisbourg.
- Tome 109. — Mai 1907.
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- La Duisburger Mascliinenbau A.-G., ci-devant Bechem et Keelman, emploie aussi un cylindre en matière isolante (fig. 27 et 28).
- La première exécution d’une grue enfourneuse avec mouvement d< rotation autour
- Fig. 51 et 52. — Enfourneuse des ateliers de Duisbourg.
- Fig. 53. — Enfourneuse de Duisbourg : détail du bras.
- d’un axe vertical par l’A.-G. Lauclihammer est représentée figures 29 et 30. Le chariot supporte l’appareil enfourneur par une couronne mobile à billes. Les quatre galets aux angles servent de butées, pour empêcher, lors d’un choc, le soulèvement de la colonne
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- au-dessus du chariot. Le dispositif des anneaux collecteurs a été représenté fig. 15 et 16.
- Fig. 54. — Enfourneuse Sluckenhol:.
- Tandis que, dans ce dispositif, tout l’appareil suspendu sur le chariot participe au -mouvement de rotation, dans d'autres, au contraire, une colonne centrale supporte à
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- sa partie inférieure le bâti de l’enfourneuse, lequel tourne autour ou avec la colonne; cette dernière est mobile dans le sens vertical.
- Un des plus anciens types de ce genre est celui construit par Scholten frères, de
- Fig. 56.
- Fig. 55 à 59. — Enfourneuse de Sluckenholz.
- Fig. 59.
- Duisburg, en 1899 (fig. 32 et 33). La colonne centrale est guidée en haut et en bas par des galets coniques. Une seconde colonne quadrangulaire se trouve à l’intérieur de la première, et porte à sa partie inférieure l’enfourneuse.
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- La colonne mobile est mise en rotation au moyen d’une couronne dentée ; la colonne
- Enfourneuse Stuckenholz : détail de la colonne,
- Fig. 60
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- intérieure est entraînée avec. La figure 34 représente le mode de suspension de la colonne intérieure, qui a lieu par deux treuils et deux câbles. Chaque câble est’relié
- ' iTvîi
- B fcsS
- Fig. 63. — Enfourneuse Lauchhammer.
- par une extrémité a au bâti de la grue, l’autre extrémité est reliée au contrepoids c. La figure 35 représente le plan du chariot d’unejenfourneuse de ce type, mais aveu
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- Enfourneuse Lauchhammer : transmission,
- Fig. 64,
- Fig. 66. — Enfourneuse Stuckenholz
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- un moteur spécial pour chaque mouvement, tandis que, dans les figures 32 et 33, il n’y a qu’un moteur commun M2,3,5:
- La colonne tournante et sa colonne intérieure sont représentées en figure 34. La figure 37 représente le balancier enfourneur et son bâti. La partie postérieure porte un cône denté commandé, du moteur M4,par un engrenage liéhcoïdal S4,une paire de roues dentées extérieures au bâti et l’engrenage Z. Les quatre trappes K permettent la surveillance du mécanisme.
- Fig. 67. — Chariot Stuckenholz.
- La figure 38 représente un autre type de colonne tournante, mais avec une seule rangée de galets coniques à la partie inférieure. Ce dispositif est plus robuste.
- La disposition des organes de commande et la place du conducteur sont indiquées figure 39. Le moteur M4 étant seul situé sur la partie tournante, il n’y a qu’un petit anneau frotteur) S. (fig. 38) pour amener le courant. Dans les nouveaux types, les moteurs M2 à Mg sont de 7,5 chevaux, le moteur est de 18 chevaux. La vitesse de rotation est fixée à environ 3 tours par minute.
- Les figures 40 à 46 représentent le type construit parla Benrather Maschinenfabrik. Le chariot supporte un bâti fixe au milieu duquel se trouve la colonne centrale, cette dernière glisse entre deux colliers. La figure 43 montre le mode de suspension de la colonne centrale sur la pièce transversale T par l’intermédiaire de deux chaînes
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- de Galle K. Le mouvement de la colonne est commandé, du moteur Ms, par l’arbre vertical W. Les détails de la colonne sont donnés en figure 44. Elle est formée d’une pièce creuse en acier fondu reposant sur la pièce transversale par une couronne de billes; dans l’intérieur passent les câbles de commande des moteurs allant au poste du conducteur. La partie supérieure de la colonne est munie dans ce but d’anneaux frotteurs (fig. 19 et 20). Le mouvement de la colonne est limité, dans la descente, par des butées a, avec ressorts en spirale. Une autre solution est représentée figure 45; les
- Fig. 68. — Enfourneuse Liebe Harkort.
- butées sont fixées sur la pièce transversale et viennent reposer sur des pièces de bois portées par le bâti fixe. Dans le mouvement ascendant, les butées de bois b (fig. 44) viennent rencontrer le collier inférieur.
- Pour maintenir les câbles dans leur position à l’intérieur de la colonne, on les fait passer dans trois disques percés de trous et reliés entre eux par une tige. La figure 46 montre la disposition des câbles pour courant alternatif. Le moteur M4 qui fait tourner la colonne, est placé sur la cage du balancier enfourneur. Les conducteurs vont donc directement aux appareils de commande sans aller à la colonne.
- Les tableaux S ta et S ’tb (fig. 46), qui se rapportent au chariot auxiliaire de droite, sont commandés par des chaînes. Comme ce chariot auxiliaire n’est presque jamais en fonction en même temps que le chariot principal, on peut, en choisissant des moteurs
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- de môme force, n’avoir qu’un seul commutateur. Les moteurs ont double sûreté : au tableau de distribution et avant le moteur. Les dynamos : Mt pour l’avancement de la grue, M3 pour la levée de la colonne, M4 pour la rotation, sont munies de moteurs-freins à air. Tous les moteurs à l’exception de sont munis d’accouplements à friction et ressort. La cage du balancier ènfourneur est en fonte d’un seul jet, elle supporte le poste du conducteur (fig. 40) protégé par une tôle d’un mètre de haut.
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- Fig. 69. — Enfourneuse Liebe Harkort.: chariot.
- Dans la figure 44, le balancier enfourneur est fixe dans sa cage la figure 47 montre, au contraire, une suspension à ressort qui évite les ruptures en cas de choc. La figure 48 montre une disposition des ressorts amortissant les chocs dans les deux sens. Dans ces deux dispositifs, le balancier est monté dans une cage spéciale B, fixée dans le pied de la colonne centrale A par un tourillon a. Le balancier, mobile] autour de a, est suspendu d’autre part par les ressorts. Le moteur Mt est fixé sur la cage B.
- Les figures 49 et 50 représentent un modèle de la Maschinenbau A.-G. de Duisburg;
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- la colonne centrale n’est plus en acier, mais en fers laminés rivés,*[d’où une grande économie. Dans le chariot, toutes les roues sont motrices. La répartition'des moteurs, sur le chariot est visible sur les figures 51 et 52.
- si
- Fig. 70. — Enfourneuse Liebe Harkort : commande du bras.
- La distribution des chaînes de Galle de la colonne centrale est analogue à cellejde-Benrath. Le bras enfourneur est mobile dans la caisse A 'par jl’étrier B. La disposition des organes de commande est représentée en figure 54. Les collecteurs ont été représentés figures 27 et 28.
- La grue enfourneuse représentée figures 54 à 62 est un modèle de Stuckenholz [de Wetter/Rühr. Le chariot porte comme précédemment un bâti fixe en fers rivés, [dans lequel se trouve la colonne maîtresse mobile dans le sens vertical. Son mode dessus—
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- pension est indiqué en figure 55. Contrairement aux dispositions précédentes, on a
- r -775
- Fig. 71 et 72. —, Enfourneuse Lkde Harkort : détails de la colonne (fig. 70).
- P il, M
- Fig. 73. — Enfourneuse Scholten.
- prévu un balancier compensateur b (fig. 56). La chaîne du genre Galle (fig. 57) est calculée pour une charge de 4500 kilogrammes et une vitesse de 200 millimètres par
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- secconde. Le coefficient de sécurité est égal à 8. La figure 58 représente un modèle de chaîne plus coûteux mais plus robuste, calculé pour une charge de 5 000 kilogrammes et une vitesse de 200 millimètres, le coefficient de sécurité estégal à 10. Il n’y a qu’un seul brin de chaîne, et l’extrémité de la chaîne est fixée d’une façon élastique (fig. 59). Le collier D (fig. 60) sert à limiter la course et, en même temps, il
- \\>-\ -,
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- Fig. 74. — Enfourneuse Scholten : commande du bras.
- décharge la chaîne lorsqu’elle est arrêtée au point le plus bas de sa course. La colonne est en fers coudés et tôles assemblés et rivés (fig. 61). Le mode de guidage de cette colonne dans le bâti fixe par les anneaux a est représenté en figure 62.
- La Société Lauchhammer construit une grue enfourneuse pour bâtiment de faible hauteur (fig. 63 à 65). Le chariot roule sur le bandage inférieur de la grue; il porte la colonne par l’intermédiaire d’une boîte en fer. Sur le collier supérieur, repose la roue dentée pour le mouvement de rotation. Le moteur M4, qui donne le mouvement de rotation, est seul sur la partie tournante, les autres sont sur le chariot: tous, * sauf ont des couplages élastiques.
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- La colonne (fig. 64) repose sur la pièce transversale par l’intermédiaire d’une couronne de billes, la boîte du]bras enfourneur est en acier fondu; dans un nouveau modèle, cette boîte est construite en fer (fig. 65).
- Fig. 75. — Cliquet Schollen.
- Fig. TG. — Enfourneuse Lauchhammer.
- La maison Stuckenholz a construit également des types de grues enfour-neuses pour faibles hauteurs. Les figures 66 et 67 montrent deux modèles de chariot. On remarquera que l’élévation de la colonne se fait au moyen d’une tige filetée, ce faible moyen d’action suffit étant donné la faible course.
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- Les figures 68 à 72 représentent un modèle de la Société Liebe-IIarkort, de Dussel-dorff. Le bâti fixé au chariot supporte la colonne centrale par l’intermédiaire de deux
- Fig. 70. — Enfourneuse Lauchhammer : colonne et bras.
- chaînes de Galle ; cette colonne, formée de quatre pièces de fer, est guidée par deux galets (fig. 69). La cage du'bras enfourneur est fixée à la colonne centrale par l’intermédiaire d’nne colonne intérieure en acier forgé (fig. 70 et 71).
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- Fig. 77. — Enfourneuse I.iebe Harkort.
- Fig. 78. — Enfourneuse Liebe Harkort.
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- Lu, cage du bras est en fonte, elle porte le moteur qui fait tourner le bras enfour-nour; le moteur M3, par un engrenage hélicoïdal, fait tourner la colonne centrale
- Fig. 79. — Liebe llarkort.
- Fig. 80. — Liebe llarkort.
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- Fig. 81. — Enfourneuse Sluckenholz.
- qui porte une roue dentée. Cette roue porte une jante en deux parties reliées par des vis avec ressorts, de sorte qu’elle agit comme couplage de friction à ressort (fig. 72). Tome 109. — Mai 1907. 42
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- Le poste du conducteur est suspendu au bâti fixe. La colonne centrale est creuse et contient les câbles électriques. Le collecteur est du type fig. 23 et 24.
- Dans le dispositif de la figure 73, la partie tournante de l’enfourneuso repose sur le
- Fig. 82. — Enfourneuse Stuckenholz.
- Fig. 83. — Sluc/cenholz : bras enfourneur.
- Fig. 84. — Enfourneuse Scholien.
- bâti par l’intermédiaire d une couronne de billes k. La rotation se fait au moyen de la roue dentée z. La cage du bras enfourneur possède un mouvement de bascule autour du tourillon G, donné par le moteur M0 (fig. 73). Le détail du frein B est donné fig. 74. Le poste du conducteur est placé sur la partie tournante.
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- Stuckenhol:
- Fig. 86
- Fig. 85.
- Ateliers de Duisbourg,
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- MAI 1907.
- La Société Lauchhammer a adopté dans sa nouvelle enfourneuse le mouvement de bascule du bras enfourneur tout en conservant le déplacement vertical de la colonne
- Fig. 9i. — Transporteur de l’atelier de Duisbourg.
- DOd) ' [
- Fig. 92. — Transporteur SLuckenkolz.
- centrale au moyen de la tige fdetée A (fig. 75 et 76). Les galets guides ont été supprimés à la partie inférieure, l’expérience ayant démontré, qu’avec une vitesse de 120 mètres, le balancement est à peine sensible. La figure 76 donne le détail de la colonne centrale
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- et du bras enfourneur. La cage de ce dernier est en acier coulé. Les portées du tourillon B sont allongées de manière à permettre un certain jeu en cas de choc. Le
- Fig. 93. — Accrochage de Benrath.
- Transporteur Stuckenhoh
- cylindre d’anneaux frotteurs K a déjà été décrit (fîg. 25 et 26). Il est placé au milieu de la colonne pour gagner sur la hauteur.
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- Les constructeurs de grues ont cherché à tourner le brevet Lauchhammer (D.R.P.100553), dont l’importance est considérable. Liebe-IIarkort et Scholten ont proposé d’incüner l’axe de rotation (D.R.P. 170111), ce qui procure l’avantage d’élever la poche pendant le chargement, en supprimant le mouvement vertical; de plus la position inclinée du bras facilite le chargement (fig. 77).
- Les figures 78 à 80 représentent un modèle de la Société Liebe-IIarkort. La colonne de section carfée est mobile dans le sens vertical, guidée par les galets r. Une seconde colonne intérieure à la première, dont l’axe est oblique, supporte la cage du bras en-fourneur. La colonne est mobile autour de A et le tourillon supérieur peut se déplacer au moyen d’une tige filetée (fig. 79). La colonne tournante reçoit les câbles conduc-
- Fig. 96.
- teurs par les ouvertures latérales a, les collecteurs sont à la partie inférieure (fig. 80).
- Stuckenholz construit une grue enfourneuse avec axe de rotation incliné et mouvement vertical (fig. 81). Une simplification notable est le pivotement du bras enfour-neur (fig. 85) autour du point A. La manivelle mue par le moteur MG élève ou abaisse le point R. Le bras tourne dans les deux anneaux G et D (fig. 83). Dans cette disposition, les différentes parties se font équihbre de sorte que le mouvement de bascule n’exige qu’une faible dépense de force.
- Les Fr. Scholten ont proposé d’utiliser l’inclinaison de l’axe, non pas du côté du four, mais du côté opposé (fig. 84).
- CHARIOT AUXILIAIRE
- Il est très avantageux de disposer le chariot auxiliaire sur une voie latérale spéciale de manière à desservir toute la surface parcourue par la grue. La figure 85 représente
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- •
- le dispositif de la fabrique de Duisbourg. La figure 87 représente un nouveau modèle delà société Lauchhammer. L’emploi de chariot moteur est préféré dans ce cas par Stuckenholz (fig. 86), il se déplace au-dessous d’un support en I, tandis que la grue est placée entre les deux poutres principales. La fabrique Benrath, au contraire, suspend le moteur auxiliaire sur le rail inférieur de la poutre principale (fig. 88). Les figures 89 et 90 représentent deux autres dispositions du chariot moteur auxiliaire : sur une poutre latérale ou .entre la poutre principale et une poutre latérale.
- DISPOSITIFS POUR LE TRANSPORT DE LA P0CI1E
- Les figures 91 et 92 représentent les modèles construits par la fabrique de Duisbourg et par Stuckenholz. Suivant les conditions de l’exploitation, on ajoute, ou non, un treuil auxiliaire (fig. 92). La figure 93 représente le système d’accrochage construit par la fabrique Benrath. Cette maison construit également la grue mobile fig. 94, Si le dépôt de riblons, au lieu d’être placé sur le côté de l’aciérie, est situé au bout, on aura recours à un transporteur électrique suspendu par un seul rail. Le type construit par Stuckenholz est représenté en fig. 95. La figure 96 représente l’ensemble d’une aciérie avec ce mode de transport des poches de chargement.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT 4?
- Séance du 26 ami, 1907.
- Présidence de M. Gruner, président.
- M. le Président informe le Conseil d’administration que la Société d’Encou-ragement a été l’objet, de la part de M. Danton, ingénieur civil des mines, décédé à Neuilly, le 14 juillet 1906, d'un legs ainsi libellé :
- « Je lègue à la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale 5 000 francs pour prix à l’auteur qui, en 1910, aura réalisé le procédé pratique le meilleur pour isoler les éléments de l’eau : l’hydrogène et l’oxygène, de manière à les utiliser ensuite isolément ou en les recombinant. »
- Le Conseil consulté vote, à l’imanimité des membres présents, l’acceptation de ce legs.
- Correspondance. —M. llitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il fait part au Conseil du décès de deux de ses membres, MM. Heuzé et Muret.
- Depuis notre dernière séance, notre Société a eu la douleur de perdre deux des membres de son Conseil, et tous deux appartenaient à notre Comité d’Agriculture • MM. Henri Muret et Gustave Heuzé.
- M. Henri Muret était le digne représentant d’une de ces grandes et anciennes familles d’agriculteurs de l’Ile-de-France, qui ont fait de l’agriculture du Nord de la France, de la Brie notamment, une des plus belles et des plus prospères agricultures qu’il soit donné de rencontrer dans le monde.
- M. Henri Muret avait tenu à suivre fidèlement les traditions de sa famille et, jusqu’à la veille même de sa mort, il avait tenu à diriger personnellement sa belle exploitation de Noyen-sur-Seine, en Seine-et-Marne, où, entre autres améliorations, il avait effectué d’importants travaux d’irrigations justement renommés.
- A la Société nationale d’Agriculture de France, à la Société des Agriculteurs de France, au sein de notre Comité d’Agriculture, pendant toute sa longue vie, M. Henri Muret s’est toujours montré l’ardent et convaincu défenseur des intérêts agricoles.
- M. Gustave Heuzé s’est doucement éteint à Versailles, le 18 avril dernier, à l’âge de quatre-vingt-onze ans, et c’est en toute justice et vérité, qu’au jour de ses obsèques, M. Tisserand pouvait dire que cette tombe se fermait sur plus de quatre-vingts ans de travail, d'étude et d'apostolat pour la propagation des bonnes et saines doctrines agricoles.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1907.
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- Professeur d’agriculture à l’École de Grandjouan puis à l’École de Grignon, inspecteur général de l’Agriculture, professeur à l’Institut agronomique, Gustave Ileuzé a fait largement profiter des générations et des générations d’élèves des connaissances théoriques et pratiques si étendues qu’il possédait en agriculture. Par les très nombreux ouvrages qu’il a écrits, les innombrables articles que, pendant plus de cinquante ans, il publia régulièrement chaque semaine dans le Journal d’Agriculture pratique, il en’fit profiter également les agriculteurs de France et aussi ceux des pays étrangers; le nom de Heuzé était universellement connu et respecté dans le monde agricole. A quatre-vingts *ans, en pleine activité et puissance de ses facultés, il présidait encore, il y a quelques années, les séances de la Société nationale d’Agriculture de France.
- Une notice spéciale sera consacrée plus tard, dans notre Bulletin, à rappeler la vie et les travaux de nos très regrettés collègues; mais, dès aujourd’hui, le Bureau de notre Société a voulu, au moment même où ils venaient de nous quitter, leur adresser un souvenir ému, et, en même temps, exprimer à leurs familles la part que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale prend au deuil qui les frappe, les assurant que la mémoire de MM. Gustave Heuzé et Henri Muret serait toujours pieusement et fidèlement conservée parmi nous.
- Il fait également part du décès de M. Bigillon, membre delà Société, décédé à Hyères, le 13 avril 1907, à l’âge de soixante-douze ans.
- M. Griffish présente, au nom de l’auteur, M. Barbillon, son Cours, municipal $ électricité industrielle, dont l’examen est renvoyé au Comité des Arts économiques.
- M. Chatard, 8, cité du Midi, Paris, présente un phono-harmonium. (Arts économiques.)
- M. Durât, 10, boulevard Héloïse, Argenteijil, présente un mécanisme pour petites forces motrices. (Arts mécaniques;)
- M. le secrétaire général du Congrès international des pêches maritimes adresse à M. le Président :
- Le Comité d’organisation du Congrès des Pêches maritimes de l’Exposition de Bordeaux serait heureux que la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale voulût bien prendre part aux travaux de ce Congrès, qui aura lieu du 14 au 20 septembre 1907, et dont nous vous adressons d’autre part le programme général et le règlement.
- Nous venons vous demander de nous faire l’honneur de solliciter son concours et de la prier de déléguer un certain nombre de ses membres pour la représenter au Congrès.
- L’examen de cette proposition est renvoyé au Comité du Commerce.
- M. Pichault, 58, avenue Dampierre, Valenciennes, présente une note sur un appareil emmagasineur et distributeur de l’énergie du vent. (Agriculture.)
- Correspondance imprimée. — M.-Hitier présente les ouvrages suivants, offerts à la bibliothèque :
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- PROCÈS-VERBAUX. --- MAT 1907.
- Messieurs,
- Parmi les ouvrages qu’a reçus notre Société, je vous signalerai spécialement aujourd’hui :
- Qver de Exhaust-Werking big Locomotieven, par F.-C. Iluygen Delft. Ouvrage écrit en hollandais et contenant, en dehors du texte, une série de planches et gravures très remarquables.
- Du Ministère de VInstruction publique et des Beaux-Arts : Les comptes rendus du Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements, tenu à Paris en 1905. — Section des Sciences.
- Du Ministère de la Marine : Mémorial du Génie maritime, troisième série, fascicule VIII.
- Exposition universelle internationale de 1900. — Rapports du Jury international. — Groupe XVII. — Colonisation, classes 113 à 115, Paris, Imprimerie Nationale, 1906.
- M. J.-L. Deloncle, conseiller d’Ëtat, rapporteur du jury international, a groupé dans ce volume toute une série de documents d’un haut intérêt. Après un chapitre consacré à l’étude des procédés de colonisation, successivement, sont passées en revue à propos de nos différentes colonies, Algérie, Tunisie, Sénégal, Guinée française, Madagascar, Indo-Chine, etc., les questions se rattachant à la colonisation politique, à la colonisation économique, à la colonisation administrative.
- Enfin les deux dernières parties du rapport ont trait : au Matériel colonial, classe 114, et aux Produits spéciaux destinés à l’exportation dans les colonies, classe 115. -
- Institut international de Bibliographie. — L’organisation systématique de la documentation et le développement de l’Institut international de Bibliographie, Paris, Institut bibliographique, 1907. On trouvera, dans cet ouvrage, les documents les plus récents sur cette importante question dont, à plusieurs reprises déjà, M. le général Sébert, notre collègue, a entretenu la Société.
- Exposition universelle internationale de 1900. — Rapports du Jury international. — Classe 19. Machines à vapeur. — Rapport de M. Charles Walckenaer, Paris, Imprimerie nationale, 1906.
- Ce rapport de M. Charles Walckenaer, tant par l’importance des questions traitées, que par l’autorité de l’auteur, mérite une attention toute spéciale, et du reste M. G. Richard a bien voulu se charger de vous en dire un mot dans son compte rendu de la quinzaine; il vous en fera comprendre tout l’intérêt.
- M. Lindet: Je me fais un plaisir d’offrir à la Société, de la part de M. Gaulhier-Villars et de la mienne, un ouvrage que je viens déterminer sur l’industrie laitière (1). Ce n’est pas, à proprement parler, un traité de laiterie, c’est plutôt l’exposé des principes scientifiques qui président à l’industrie laitière. Aucune industrie n’emprunte à un plus
- (T) Le lait, la crème, le beurre, les fromages. In-8°, 347 pages.
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- grand nombre de sciences les conseils dont elle a besoin : l’agriculture lui assure la production d’un lait riche et sain ; la mécanique, la physique, la chimie, la bactériologie, président à la conservation du lait, à sa transformation en crème, en beurre en fromages, en sous-produits et à la recherche de leur pureté. Enfin au moment de la vente, la science sociale intervient, et c’est à l’organisation des sociétés coopératives et des moyens de transport que certains centres de production doivent leur prospérité.
- J’ai donc réuni et résumé, avec les indications bibliographiques pour chacun d’eux, les principaux travaux scientifiques, relatifs à la composition et à la constitution du lait, à son analyse, à ses fraudes et à sa conservation; à la production de la crème et à sa maturation; à la production du beurre, à son analyse et à ses altérations; au caillage du lait, à la préparation des fromages et à leur maturation. Mais le côté pratique n’a pas été négligé, et j’ai recherché à définir les principes scientifiques qui doivent, guider le fabricant de crème, de beurre et de fromages dans leur travail industriel.
- direction du travail. — Rapports sur l’application des lois réglementant le travail
- en 1905. Paris, Imprimerie nationale, 1906.
- Le ministre du travail et de la prévoyance sociale (direction du travail) nous a adressé les rapports sur l’application des lois réglementant le travail en 1905.
- M. Garçon, notre très dévoué bibliothécaire, a bien voulu, à ce sujet, résumer une note analysant ces rapports comme il l’avait déjà fait pour ceux des années antérieures; je vous prierai de vouloir bien nous permettre d’insérer ici l’intéressante note de M. Garçon.
- Notre Bulletin (1) a analysé les rapports antérieurs relatifs aux années 1903 et 190-4. Les rapports pour l’année 1905 ne sont pas inférieurs aux précédents en documents intéressants et utiles.
- I. — D’abord, le rapport de la Commission supérieure du Travail sur V application-de la loi du 2 novembre 1 892 en faveur des enfants, des filles mineures et des femmes employées dans les établissements industriels.
- La Commission a déjà remarqué la tendance continue à l’augmentation qui se manifeste depuis 1900 dans le chiffre des établissements uniquement soumis à la loi de 1848, sur le travail des adultes. Le nombre des établissements soumis à cette loi a augmenté pendant la période 1900 à 1905 de 6 941 ; il est en 1905 de 36 563.
- Sur 511 783 établissements indiqués comme existants, il en est encore 201 291 surlesquels le service ne possède point de données provenant d’une enquête directe.
- Les avis sont partagés sur la question de décider si les ateliers de famille sont actuellement en accroissement ou en diminution. Leur statistique est actuellement impossible à dresser d’une façon même approximative. Ils augmentent régulièrement dans plusieurs circonscriptions.
- En ce qui concerne la durée du travail, dont le régime est si compliqué, les rapports d’inspection sont unanimes à signaler des séparations de locaux poussées jusqu’à l’abus, et en même temps de nombreux renvois d’enfants dans les établissements de leur ressort.
- En ce qui concerne l’hygiène et .la sécurité, l’inspecteur de Limoges traite de-
- (1) Voirie Bulletin, 1904, p. 912; 1906, p. 401.
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- l’emploi des femmes aux appareils linotypes, et celui de Lille signale l’interdiction d’employer des enfants et des femmes au grillage et au gazage des tissus lorsque les produits de la combustion se dégagent librement dans les ateliers.
- Le nombre des procès-verbaux dressés en 1905 a été de 3 835, et les contraventions relevées dans ces procès-verbaux ont atteint 25 699. Sur ces procès-verbaux, ont été suivis de condamnations, 3 303; suivis d’acquittement, 79; classés par le service, 34; classés par le Parquet, 156.
- IL — En second beu, le Rapport sur l'application de la loi des 12 juin 1S93 et 11 juillet 1903, sur l'Hygiène et la sécurité des travailleurs.
- 1° Établissements assujettis. — Les rapports des inspecteurs du travail, pour l’année 1905, fixent à 511 783 le nombre des étabbssements actuellement assujettis et à 3 726 578 celui des personnes protégées.
- Parmi les décisions de principe intéressantes auxquelles a donné lieu, en 1905, l’application de la loi dans certaines catégories d’etablissements, il y a lieu de signaler, que l’intervention du service dans les bureaux d’exploitation des Postes et Télégraphes a été considérée comme légitime ; que les bureaux des officiers ministériels (notaires, avoués, huissiers, etc.), restent non soumis à la loi ; par contre l’assujettissement des pharmaciens a été tranchée dans le sens de l’affirmative (Cour de Cassation, 25 mai 1905).
- 2° Mesures d'hygiène et de sécurité spéciales. — L’inspecteur de Rodez dans son rapport dit que presque partout à Milhau le sol des ateliers a été nivelé et rendu imperméable..Dans nombre de cas les joints du sol ont été cimentés.
- L’imperméabilisation du sol a été exigée dans les cuisines de restaurants et les laboratoires des charcutiers, dans plusieurs tanneries et dans un abattoir public.
- Au haut fourneau d’Aulnoye, les ouvriers sont munis d’une ceinture de sûreté pour les travaux à effectuer dans les conduites de gaz.
- L’inspecteur de Lille signale l’amélioration réalisée dans une salle d’encollage d’un établissement de tissage : '« La chambre de séchage y est en réalité une sorte de cheminée de 10 à 12 mètres de hauteur chauffée par la radiation de tuyaux à ailettes; des agitateurs d’air permettent à l’air chaud de mieux absorber l’humidité des fds. Cette encolleuse forme pour ainsi dire cheminée de ventilation de la salle d’encollage, et les ouvriers ne sont plus incommodés par la chaleur. »
- Dans plusieurs verreries, les places où se trouvent les ouvriers qui reçoivent directement la chaleur rayonnante des ouvreaux des fours, ont été rafraîchies par un envoi d’air frais fourni par un ventilateur placé ici au-dessus des ouvriers et là sous la place elle-même. Le dernier dispositif a donné de bons résultats dans des fours àbraser. L’inspecteur de Belfort signale l’installation, en avant de l’ouverture des foyers, d’écrans mobiles qui, sans gêner en rien le chargement du foyer, défendent le chauffeur contre les retours de flamme et l’isolent du rayonnement du foyer.
- Je signalerai enfin, dans une importante verrerie, l’installation de « pankas » dont la marche aurait produit, à une place de souffleur, un abaissement de température de 7 à 8 degrés.
- Buées, vapeurs, gaz. — L’application des principes concernant la dissipation des buées a été poursuivie avec succès, notamment dans les filatures de fin, les teintureries et le foulage des feutres. L’inspecteur de Lille signale un procédé nouveau ayant pour objet d’empêcher la formation même des buées, dans le dégommage du fin; on fait simplement dissoudre dans l’eau des bacs où circulent les mèches de fin une certaine
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- quantité de chlorure de zinc; le dégommage cherché pourrait être réalisé sans élever l’eau à plus de 20 à 30° et par suite sans déterminer la formation des buées.
- L’inspecteur de Montpellier signale des essais pour l’enlèvement des buées pendant la cuisson et le battage des cocons, qui se font à 1 000° alors que le dévidage se fait à 00°. bn séparant les deux opérations et en faisant exécuter la première dans des bassines spéciales munies d’une aspiration qui absorbe la buée, le problème a été résolu.
- L’inspecteur de Clermont-Ferrand signale une installation faite dans une importante manufacture de caoutchouc. « Les gommes brutes, dit-il, sont lavées et légèrement ramollies par une longue immersion dans des cuves pleines d’eau où circule un courant de vapeur. Il se dégage pendant l’opération des buées épaisses etincommodes. L’industriel a rangé toutes les cuves contre un mur de l’atelier au-dessous de hottes d’appel surmontées de cheminées. »
- L’inspecteur de Besançon cite l’installation de cheminées d’appel au-dessus des chalumeaux qui servent à souder et à sertir dans un grand nombre de fabriques de lunettes et de tailleries de diamants. L’inspecteur de Rodez signale l’assainissement des ateliers de soudage d’une importante usine par la soudure à l’aide de fers chauffés par arc voltaïque.
- Dans un grand établissement, toutes les hottes fixes des feux de forge ont été remplacées par des hottes mobiles avec cheminée à joints télescopiques permettant d’abaisser le manteau de la hotte jusque sur le foyer pour recueillir les fumées qui se dégagent avec plus d’abondance au moment de l’allumage.
- En ce qui concerne plus particulièrement les poussières produites par les machines-outils à travailler le bois, il paraît résulter de l’étude des installations citées, que dans la plupart des cas et pour les scies en particulier, l’aspiration doit être faite au-dessous et non au-dessus de la table de la scie, et en outre de façon que la dépression se fasse sentir juste au point où se forme la poussière, au trait de scie.
- Dans l’industrie textile, l'inspecteur de Roanne mentionne une heureuse application de ces principes à l’opération du « grasage » des tissus.
- Les mêmes résultats ont été obtenus à Amiens pour la captation des duvets cotonneux provenant des machines à duveter le velours et, à Roubaix, pour l’aspiration des poussières produites par les tondeuses dans les ateliers d’apprêt pour étoffes d’ameublement. Enfin dans cette même région du Nord, on a commencé avec succès».à évacuer les poussières dans les filatures de lin, notamment dans les ateliers de préparation et dans les carderies.
- L'inspecteur de Dijon signale de son côté, dans cet ordre d’idées, l’installation de mélangeurs automatiques dans d’importantes minoteries où les ouvriers étaient assujettis au travail rebutant de pelletage pour le mélange des farines en chambres closes ; et aussi.la manœuvre à distance des trappes de déchargement des fours à chaux dans une fabrique de chaux et ciments.
- Appareils prolecteurs. — Les machines utilisées pour l’impression des cartes de visite, enveloppes, etc., sont confiées à des jeunes gens qui se laissent prendre la main entre la platine mobile et le marbre au moment où ces deux organes se rejoignent pour l'impression. Afin de repousser la main à ce moment dangereux, on a disposé un système de tringles en parallélogramme dont l’extension au-dessus de la platine refoule le poignet ou la main de l’ouvrier inattentif ou distrait.
- Sur un avis conforme du Comité consultatif des Arts et Manufactures, il a été décidé
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- de maintenir des mises en demeure en vue de la protection des tambours des métiers filer continus.
- En ce qui concerne les scies circulaires, la variation d’épaisseur des pièces de bois en travail est un des principaux obstacles à l’adoption des appareils de sécurité. L’inspecteur de Creil signale à ce sujet le bon fonctionnement d’un appareil composé d’une simple lame d’acier placée sur champ dans le plan de la scie, avec une courbure intérieure épousant celle de la scie et dont l’extrémité antérieure est toujours maintenue sur le banc de scie ou sur la pièce en sciage par l’action automatique d’un ressort à boudin.
- Pour les dégauchisseurs, les inspecteurs signalent l’emploi de couvre-lames automatiques dont l’emploi peut diminuer dans une grande mesure les risques d’accidents. Ces appareils ont le même principe : au repos ils recouvrent la lame et sont maintenus dans cette position par l’action d’un ressort; au travail, ils sont repoussés par l’effort même de la pièce de bois qui vient recouvrir l’outil à leur place.
- Les règlements spéciaux qui ont déterminé des prescriptions particulières sont actuellement les suivants :
- Décret du 29 juin 1895 concernant les fabriques de vert de Schweinfurt; décrets du 18 juillet 1902 et du 15 juillet 1904 réglementant l’emploi du blanc de céruse dans les travaux de peinture; décret du 21 novembre 1902 interdisant le « pompage » dans l’industrie de la poterie d’étain; décret du 4 avril 1905 concernant la manipulation du linge sale dans les blanchisseries.
- L’application des deux décrets contre le saturnisme a donné lieu, en 1905, à 330 nouvelles mises en demeure et il a été reconnu que 179 mises en demeure notifiées en 1904, et dans les années précédentes, avaient été suivies d’exécution; 91 contraventions ont été relevées pour inexécution de mise en demeure.
- Relevé des accidents du travail. — Ont été déclarés en 1905: 259882. Les rapports en donne les statistiques par professions et d’après leurs causes matérielles ; le pourcentage des accidents par catégories professionnelles et par années, enfin la répartition professionnelle des accidents d’après leur gravité et par catégories de travailleurs.
- Revue de la quinzaine, par il/. G. Richard.
- Messieurs,
- Je suis fort heureux d’avoir à vous présenter, au commencement de cette révue, un ouvrage des plus remarquables de notre collègue M. Walckenaer, membre de notre Comité des Arts mécaniques : son rapport sur les Chaudières et Machines à vapeur à l’Exposition de 1900; c’est le rapport officiel présenté au nom du jury de la classe 19.
- Vous savez, ayant été presque tous plus ou moins mêlés aux expositions univerr selles, que ces rapports peuvent, grosso modo, se diviser en deux classes. Dans la première, se trouvent ceux qui se bornent à une sorte d’énumération des différents objets exposés, avec des éloges et même des illustrations très équitablement proportionnés à la valeur des récompenses attribuées, depuis le grand prix jusqu’à la mention honorable. Ces répertoires impartiaux sont, de ce fait, des plus précieux pour les exposants, dont aucun n’est oublié, et, comme ils sont du même format et de la même impression que les autres rapports, ils empêchent, dans la longue suite de ces imprimés officiels, la formation de vides apparents d’un effet fâcheux; leur utilité adminis-
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- trative est donc incontestable et la dépense de leur publication très régulièrement justifiée.
- Dans l’autre classe de rapports, il faut ranger ceux dont les auteurs, désireux de se montrer dignes en tout point de ce titre envié de rapporteur d’un jury, ne se sont point bornés à se débarrasser au plus tôt de leur tâche comme d’une corvée, mais se sont efforcés de l’accomplir comme une œuvre destinée à leur faire honneur. Le rapport devient alors une œuvre des plus utiles, une mise au point exacte et raisonnée des grandès industries dont elle s’occupe, un document historique de première valeur, un guide sûr à consulter, et leur ensemble constitue, en somme, ce qui reste de véritablement utile longtemps après que tout le reste de l’immense entreprise s’est évanoui dans un heureux oubli.
- C’est à cette deuxième classe de rapports qu’appartient l’immense enquête agricole de M. Gr.andeau, que M. Hitier vous présentait dans notre séance du 22 mars(l), et il en est de même du rapport de M. Walckenaer. Sans atteindre aux proportions colossales de l’œuvre de M. Grandeau, et dans un cadre plus restreint d’ailleurs, l’imposant volume de M. Walckenaer, avec ses 690 pages et ses 680 figures, est néanmoins, matériellement, des plus considérables; intellectuellement, il est de la plus grande valeur. L’auteur ne se borne pas, en effet, à donner une description claire et bien ordonnée des différents objets de son rapport, mais il en détermine nettement la place, le rôle et l’importance dans l'histoire de leur développement, il en discute et critique les dispositions, et réalise ainsi cette mise au point, si utile et si difficile, dont je parlais à l’instant. Sans aucun recours aux formules mathématiques, M. Walckenaer aborde l’examen et la discussion des points les plus essentiels et les plus délicats de la technologie des machines à vapeur; la lecture de son ouvrage est extrêmement facile, même pour les profanes, je veux dire pour ceux qui ne s’occupent pas spécialement de machines à vapeur, facile au point qu’on se croirait volontiers capable, surtout si l’on n’a jamais écrit, d’en faire autant. Cette illusion est, vous le savez, la marque certaine d’un excellent ouvrage, et nous devons féliciter, en même temps que remercier vivement M. Walckenaer du talent si bien employé et de la grande peine qu’il a prise pour nous la procurer.
- Je vous ai souvent signalé le progrès incessant des appareils de levage et de manutention, principalement dans les ateliers, les forges et les chantiers de navires (2) en voici un nouvel exemple dans l’installation des grues électriques du chantier de la société Esercizio Bacini, à Riva, près de Gênes.
- Cette installation comprend, comme vous le voyez par cette projection, 3 cales pour bateaux de jusqu’à 90 mètres de long, desservies par deux rangées de 3 grues tournantes électriques, pouvant lever chacune lt. 5 à la vitesse de 23 centimètres par seconde. Chacune de ces grues est desservie par 3 dynamos à courant continu de 110 volts, l’une de 8 ch. 3 pour la levée, l’autre de 2 ch., 1 pour la translation sur le bras de la grue, et la troisième de 3 ch. 2, pour la rotation de la grue à la vitesse de 2 mètres par seconde au bout du bras. Cette disposition est des plus économiques et simples; les grues n’ont coûté que 108 000 francs et procurent, avec un amortissement annuel de 16 p. 100, un bénéfice de près de 4 000 francs, d’après les résultats d’un service de trois ans des plus satisfaisants.
- (1) Bulletin, d’avril, p. 489.
- (2) Bulletin de novembre 1906, p. 598.
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- Aussi a-t-on projeté l’établissement d’un nouveau chantier de ce type, pour navires de 140 mètres de long, avec également trois cales écartées de 30 mètres d’axe en axe et desservies par deux rangées de 4 grues de 2 500 kilos, aux mâts de 30 mètres de haut pour celles du centre, de 25 et 27 mètres pour les autres : vitesse de levée, 40 centimètres par seconde, de translation sur le bras, 45 centimètres et, de rotation, 2 mètres au bout des bras (fig. 1).
- On voit clairement, comment les portées de ces grues recouvrent la totalité des
- Fig. 1. — Nouveau chantier de la Riva.
- trois cales bien au delà de la portée directe des bras, car elles peuvent atteindre, avec des cordes inclinées de 30°, des poids de 2 tonnes posés sur le sol à 40 mètres de leurs mâts. Le prix d’établissement ne dépasserait pas, fondations comprises, 250 000 francs (1).
- Cette facilité des manutentions se retrouve aujourd’hui sur presque tous les cargo boats nouvellement construits, et pour lesquels on a créé quelques types particuliers des plus intéressants, parmi lesquels je vous signalerai ceux de M. Doxford, de Sun-derland. Comme vousde voyez par cette projection d’un de ces cargo, le « Granges-berg », ces navires sont caractérisés extérieurement par la situation de leur machinerie toute à l’arrière et par l’emploi, sur le pont, d’un très grand nombre de grues du type derrick permettant d’attaquer ta cargaison et de l’arrimer facilement sur tous les points delà cale. Ainsi que vous le voyez par cette autre projection (fig. 2), cette cale s’étend d’un bout à l’autre du navire sans interruption, sans un pilier, comme une immense caisse dans laquelle on peut disposer en vrac et manipuler sans aucun obstacle, avec les engins les plus nombreux et actifs, des cargaisons de grains ou de charbon par exemple.
- Le « Grangesberg » a 137 mèlres de long X 18m,60 x 6m,10; il porte 11 000 tonnes avec un tirant d’eau de 6m,70 : tonnage net 4250, vitesse 10 neuds, avec 2 300 chevaux seulement.il peut, par ses propres moyens, décharger sa cargaison de grain ou de charbon en trente-quatre heures, il a pu même le faire en vingt-sept heures.
- (1) Communication de M. Biggio à la réunion des Naval Architecls, Londres, 21 mars 1907.
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- La légèreté de ces navires est des plus remarquables; leur capacité spécifique va jusqu’à 2 mètres cubes par tonne de poids mort. On compte actuellement plus de 150 de ces cargo en service, dont 30 sur la Clan Line, entre l’Inde et l'Angleterre, faisant des tournées de 40 000 kilomètres (1).
- Les irrigations ont, de temps immémorial, rempli, dans la vie de certains peuples un rôle tout à fait capital; il suffit de rappeler l’Égypte avec ses 2 400000. hectares, l’Inde avec 10 millions d’hectares des bassins irrigués du Gange et de l’Indus, nourris-
- sant près de 20 000 000 d’hommes, l’Italie avec 1 800 000 hectares et l’Espagne avec 2 millions, la France même avec 2 300 000 hectares environ. Aces contrées classiques, il faut ajouter la Californie, dont tout le Nord a été transformé en un véritable jardin, d’une richesse autrement productive que celle des mines d’autrefois. On s’attaque maintenant aux régions désertiques de la Californie du Sud et de l’Arizona, desservies par le Colorado, ce Nil des États-Unis, et ses affluents. Il faudrait toute une séance, qui serait d’ailleurs bien employée, pour vous exposer avec quelque détail cet admirable système d’irrigation de la Californie, sur lequel M. Ronna nous a donné, dans notre Bulletin d’août 1896, un mémoire des plus intéressants, et si je vous en parle aujour-
- (I) Engineering News, 4 avril 1907. Tome 109. — Mai 1907.
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- d’hui, c’est seulement pour attirer votre attention sur un fait des plus importants qui s’est passé tout récemment dans ces régions, et sur deux projets grandioses, dont l’exécution se poursuit très activement.
- Le fait à vous signaler, c’est un accident des plus graves survenu, le 7 décembre
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- Fig. 3. — Carte du bassin'de Salion Sea,
- dernier, au barrage de l’un des canaux d’irrigation branché sur le Colorado : l’Imperial Canal. Le Colorado est un lleuve terrible, de 3 200 kilomètres, desservant un bassin désertique de 320 000 kilomètres carrés, avec des crues qui, à la fonte des neiges, montent à des vitesses allant jusqu’à 18 mètres en une nuit, charriant 1 500 000 tonnes de limon en vingt-quatre heures. Le limon normal suffirait à recouvrir chaque année
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- d’une coüche de 0m,30 d’épaisseur une étendue de 140 kilomètres carrés. Cet énorme charriage, élevant peu à peu le lit du Colorado, tend de plus en plus à le dévier, au point que vous voyez indiqué sur cette carte (fig. 3), de son cours naturel vers le golfe de Californie, dans le creux de l’impérial Valley, située à une dizaine de mètres, en moyenne, au-dessous du niveau de la mer et aboutissant à la dépression connue sous le nom de Sait Sink, à 60 mètres au-dessous de la mer, et que vous voyez également sur cette carte.
- Lors de la dernière rupture du barrage de l’Imperial Canal, qui se fit (fig. 4) sur une longueur totale de 300 mètres, cette dérivation se produisit avec une AÛolence irrésistible, transformant les canaux d’irrigation en véritables rivières torrentielles, ravageant tout sur leur passage, transformant le Sait Sink en un lac — la Salton Sea — de 80 kilomètres de long sur 40 de large et 12 mètres*de profondeur moyenne, avec un
- 9 .Levée ( Y uni ci Irrig. Project )
- Fig. 4. — Rupture de la digue du Colorado à l’Imperial Canal.
- apport de près de 400 millions de mètres cubes de limon, menaçant d’anéantir définitivement la culture des 400 000 hectares de terres déjà mis en valeur dans l’Imperial Valley par une population de 8000 habitants, et cet anéantissement définitif se serait certainement produit si l’on n’était parvenu à rétablir le barrage rompu avant la nouvelle saison des crues de 1907.
- Ce travail fut exécuté par les ingénieurs du Southern Pacific Rr en dix-huit jours, du 25 janvier au 11 février 1907, c’est-à-dire avec une rapidité extraordinaire. On y parvint en enfonçant dans le ht de la digue des grilles sur pilotis comblées aussitôt par des roches et disposées en plusieurs rangées parallélées, le tout avec des matériaux amenés à pied d’œuvre par le chemin de fer. Ce n’est là, probablement, qu’une solution provisoire, mais qui a sauvé momentanément la situation.
- L’une des entreprises nouvelles à vous signaler est l’irrigation de la vallée du Yuma (fig. 3), d’une étendue de 40 000 hectares, en constituant, par une dérivation du Colo rado, un lac d’environ 8 kilomètres de long, retenu par un barrage de 1 500 mètres sur
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- 6 mètres de haut et 80 mètres de large à la hase, avec'600 000 tonnes de roches maintenues entre trois murailles parallèles longitudinales en ciment ; prix de l’ouvrage 3 millions, prélevés sur les 75 millions dont le gouvernement des États-Unis dispose actuellement pour les travaux d’irrigation.
- La seconde entreprise est celle du barrage Roosevelt, au bassin de Tonto, comté de Gila, aussi dans l’Arizona. Ce barrage, établi au travers d’un « canon » de 60 mètres à la base sur 120 au sommet, aura 75 mètres de haut à partir de ses fondations sur roches, 50 mètres d’épaisseur à la base et 4m,80 en haut. Il sera construit en moellons énormes, extraits des roches du Canon, et devra supporter une charge d’eau de 60 mètres ; il dérivera, de la « Sait River, « un lac de 26 kilomètres de long sur 6 500 mètres de large en moyenne, d’une capacité supérieure à celle des plus grands réservoirs artificiels connus, et pouvant irriguer facilement 100 000hectares. lia fallu, pour commencer la construction de cette digue en plein désert, exécuter des travaux d’approche très importants : 160 kilomètres déroute, une fabrique de ciment surplace, un canal de 32 kilomètres amenant l’eau nécessaire à la force motrice.
- Il m’est impossible d’insister plus longtemps sur ces remarquables travaux, et je ne puis que renvoyer aux mémoires qui les décrivent ceux d’entre vous qui s’y intéresseraient spécialement; mais le peu que j’ai pu vous en dire suffira pour vous en montrer le vif intérêt et toute l’importance que le gouvernement des États-Unis sait attacher à cette question des irrigations : exemple à suivre (1).
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Mesnager, ingénieur des ponts et chaussées à Paris, présenté par MM. Grimer et Larivière.
- M. de Ribes-Christofle, manufacturier à Paris,- présenté par MM. Froment-Meurice et Bouilhet. •
- Conférence. — M. Schribanx fait une conférence sur Y Amélioration des espèces végétales de grande culture.
- M. le Président remercie et félicite vivement M. Schribaux de sa très intéressante conférence, qui sera reproduite au Bulletin.
- (1) American Society of civil Engineers, février 1907 « Tlie lover Colorado river an the Salton basin », par M. C. E. Grunsky, Journal of the Franklin Institutè, mars et avril 1907 « Irrigation and the Government Irrigation Process at Yuma », et « The Government Irrigation Project. Roosevelt Dam », par M. G. S. Carter, Engineering News, 2 février 1906, 27 janvier, 21 février 1907 ; Scientific American, 15 décembre 1905, 16 octobre 1906, 21 février 1907, Scientific American, [Supplément, 6 et 13 avril 1907.
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- Séance du 10 mai 1907.
- Présidence de M. Bérard, vice-président.
- M. Bitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- Il a reçu, de M. Gruner, obligé de partir pour la Russie, la lettre suivante :
- Mes chers Collègues,
- Je regrette tout particulièrement de devoir m’éloigner de Paris avant la séance de vendredi 9. Il m’eût été tout particulièrement agréable de pouvoir applaudir avec vous tous à la nomination à l’Institut de notre ancien président, de mon vieil ami et camarade.
- Henri Le Chatelier était naturellement désigné pour succéder à Moissan. Sa place était marquée depuis longtemps à l’Académie des Sciences, non pas seulement par ses beaux travaux scientifiques mais aussi par l’ingéniosité avec laquelle il a su — en tant d’occasions — tirer d’une étude théorique d’utiles applications industrielles. Peu d’hommes ont montré, avec autant de sagacité, quel intérêt l’industrie trouve à éclairer sans cesse sa voie par des recherches scientifiques.
- Qu’il s’agît de la fabrication des aciers ou de la production des ciments, les études de notre collègue et ami ont largement ouvert la voie au progrès.
- Esprit sans cesse en éveil, Le Chatelier n’a jamais hésité à reprendre une étude antérieure et à admettre les conséquences de faits nouvellement constatés.
- ♦Notre Société lui doit beaucoup. Elle n’oublie pas qu’il a été le promoteur de plusieurs des recherches qui ont attiré si vivement, à l’étranger et en France, l’attention sur ses publications; et elle compte encore sur son infatigable dévouement pour chercher à toujours travailler plus utilement au développement de l’Industrie nationale.
- M. Quimj, faubourg de Paris, à Valenciennes, demande un brevet pour un électrolyseur. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Hilier présente en ces termes les ouvrages suivants offerts à la bibliothèque :
- Parmi les ouvrages offerts à notre Société : en voici deux qui ont trait à la conservation de produits alimentaires de première importance et de conservation particulièrement délicate. Vous y trouverez, de la part des auteurs, de judicieuses observations; ainsi, pour la conservation des œufs, par exemple, un examen critique très clair des procédés employés soit en -France et à l’étranger. Vous pourrez y constater la part de plus en plus grande faite aux procédés frigorifiques pour la conservation de ces produits de la laiterie et de la basse-cour.
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- La conservation du lait, du beurre et du fromage, suivie d’une étude sur l’utilisation des sous-produits de l’industrie laitière, par Paul Jlazous. Paris, Société d’Ëditions techniques, 1907.
- Les divers procédés de la conservation des œufs, par Raymond Nourrisse. Paris, Société
- d’Ëditions techniques, 1907.
- Résumé des travaux, publiés par MM. Auguste et Louis Lumière (1887-1906), Lyon.
- Léon Sézanne, 1906.
- Vous connaissez tous les beaux travaux de MM. Auguste et Louis Lumière sur la photographie, et vous savez que la Société d’Encouragement, sur le rapport de notre collègue M. S. Pector, leur a accordé, en 1904, le grand prix du marquis d’Argen-teuil; le volume, dont ils nous font hommage aujourd’hui, est le résumé de leurs travaux de 1889 à 1906. Ces messieurs ont réuni en cet ouvrage des notes d’un grand intérêt qui se trouvaient disséminées- dans de nombreuses publications. Pour tous ceux qui s’occupent de photographie, ce üvre sera très précieux à tous égards.
- Un des lauréats de notre Société, M. J. Fritsch, nous a envoyé l’intéressânt volume intitulé. Fabrication des colles et gélatines, par J. Fritsch. Paris, H. Desforges, 1907.
- Instruction sur la règle à calcul, par A. Vincent. Paris, Fernand Nathan, 1907.
- Pour faire connaître la règle à calcul et vulgariser son emploi. M. A. Vincent a écrit le petit livre que voici : reproduction du cours qu’il fait depuis de longues années à des élèves d’Ëcole pratique :
- Depuis quelques années il est intéressant de constater combien se sont multipliés les cours publics d’électricité industrielle, et quels succès ces cours ont obtenus auprès des ouvriers, des contremaîtres, des patrons et chefs d’ateliers eux-mêmes. Aussi, beaucoup de ceux qui ont été amenés à faire ces leçons ont-ils songé à .les publier pour en faire profiter un public plus nombreux.
- 11 est aussi intéressant de constater que beaucoup de ces cours sont dus à l’initiative privée, ce sont des Chambres de commerce par exemple, qui ont fondé ces cours de chimie, d’électricité, etc., et ceci fait le plus grand honneur à l’esprit généreux qui anime ces sociétés dans toutes nos régions françaises.
- Ces ouvrages, reproduction des leçons orales d’abord, se distinguent par leur clarté en général. C’est vraiment là de l’excellente vulgarisation permettant des applications pratiques. Tel est le cas de ces deux ouvrages offerts aujourd’hui à notre bibliothèque.
- Cours pratique élémentaire d'électricité industrielle, par Émile Fesquet, avec 41 problèmes types et 186 figures. Paris, Henry Paulin et Cie, 1907.
- Vingt leçons pratiques sur les courants alternatifs, par E. Nicolas, avec 30 problèmes types et 222 figures. Paris, Henry Paulin et Cie, 1907.
- La Chèvre, par M. Joseph Crépin est un livre des plus curieux, merveilleusement édité par la maison Hachette; M. Ed. Perrier, directeur du Muséum, a écrit, du reste,
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- pour cet ouvrage une préface qui en est le meilleur compte rendu. « Le livre de M. Cré-pin sur la Chèyre est une œuvre d’apostolat auquel on ne saurait trop applaudir, dit le savant directeur du Muséum. C’est une des plus belles et des plus complètes monographies d’espèce domestique qui aient été publiées. Rien n’y est omis; histoire, variation, distribution géographique des races, zootechnie, élevage, maladies y sont traités avec un soin égal et une égale compétence. » La chèvre est l’animal du pauvre., mais que de riches devraient posséder une chèvre, et s’ils ne l’ont pas, c’est parce qu’ils ignorent les qualités exceptionnelles delà chèvre, son affranchissement complet du redoutable microbe de la tuberculose.
- La chèvre n’est pas ce que l’on croit: l’ouvrage de M. Crépin la montre sous son véritable jour et dégagée de tous les préjugés qui affaiblissent l’idée que l’on se fait communément de sa nature et de ses qualités.
- La Chèvre, son histoire, son élevage pratique, ses bienfaits, ses services, par Joseph Crépin; préface de M. Edmond Perrier. Paris, Hachette et Cie, 1906.
- Enfin je vous prierai de vouloir bien envoyer au Comité d’Agriculture ce dernier volume relatif à l’industrie sucrière, dont l’auteur est M. Fribourg et pour lequel M. Henri Pellet a écrit une préface des plus élogieuses.
- L’analyse Chimique en sucreries et raffineries de cannes et betteraves, par Charles Fribourg, préface de Henry Pellet. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Vous savez tous comment on conserve presque indéfiniment les viandes par le froid; mais on n’a pas toujours à sa disposition un appareil frigorifique, et on peut avoir, néanmoins, besoin de conserver des viandes pendant un certain temps, tels sont les cas d’une troupe en campagne, d’un camp retranché, d’une habitation isolée... Il est donc intéressant de faire connaître des procédés de conservation satisfaisant à ces cas assez nombreux. M. H. de Lapparent a tout récemment décrit, devant la Société nationale d’Agriculture de France (1), un de ces procédés, qui lui a donné des résultats très satisfaisants.
- Le principe du procédé consiste dans cette observation que si, après avoir suspendu la viande, dès son arrivée, dans un garde-manger ordinaire en treillis de fils de fer, et allumé dans une assiette quelques centimètres de mèche soufrée, on referme la porte, la viande ainsi baignée dans une atmosphère sulfureuse ne s’altère pas et ne présente aucun goût de soufre.
- Partant de cette observation, M. de Lapparent en a conclu que, pour conserver la viande pendant plusieurs mois, il fallait : l°la sulfurer le plus tôt possible dans un récipient ; 2° l’y mettre en morceaux ne présentant pas de sections d’os, par lesquelles les altérations débutent toujours; 3° remplir le récipient, au bout de vingt-quatre heures, avec de l’acide de gaz carbonique au moyen de tubes à acide liquéfié.
- Des viandes ainsi traitées ont pu se conserver pendant des mois etsubir des traversées telles que celle de France à l’Argentine sans aucune altération. Leur goût n’est
- (1) Séance du 23 mars 1907.
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- pas altéré ; elles ne renferment pas d’acide sulfurique libre, et la viande cuite ne contient guère plus de 22 grammes, par 100 kilos, de sulfites et de bisulfites, ce qui ne présente, d’après les hygiénistes, aucun inconvénient.
- On est donc bien là en présence d’un procédé de conservation des viandes des plus intéressants et d’une application très facile et peu coûteuse.
- Jusqu’à ces tout derniers temps, la ville de Londres partageait avec Paris l’avantage ,
- Fig. 1. — Nos 2 à 21. — Phases successives de la démolition de la roue d’Earl’s Court du 13 novembre 1906 au 6 avril 1907.
- de posséder une grande roue semblable à celle du Ctiamp-de-Mars ; cette roue d’Earl’s Court n’existe plus aujourd’hui, et c’est de la démolition de cette construction romantique, aussi intéressante et difficile que son établissement même, que je demande à vous dire quelques mots.
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- La roue de Londres avait 90 mètres de diamètre et pesait, avec ses 40 wagons, environ 1 000 tonnes; elle était, comme la nôtre, constituée par une jante en quatre cercles sans consistance propre, ne se maintenant que par des tiges les rattachant au moyeu. La situation de la roue, à côté d’un chemin de fer, obligeait à n’entreprendre sa démolition qu’avec la plus grande prudence, pièce par pièce.
- On résolut, comme le commandait d’ailleurs la structure même de la roue, d’en attaquer la jante débarrassée de ses wagons par le haut, en l’enlevant par portions symétriques de part et d’autre d’un plan vertical diamétral, mais comme, sitôt cette clef de voûte enlevée, le reste de la voûte constitué par la partie de la roue située au-dessus de son plan diamétral horizontal était incapable de résister par lui-même à l’effondrement, il fallut le soutenir par un moyen particulier. Ce moyen consista, comme vous le voyez par ces projections (fig. 1, nos 2 à 21), dans l’emploi de deux secteurs ou piles pyramidales en bois, appuyés sur l’essieu de la roue et recevant directement la charge des arcs déclavetés. Ces secteurs, amorcés au bas de la roue, furent amenés au sommet par sa rotation au moyen de son câble moteur, complétés jusqu’à l’essieu, puis on commença l’enlèvement des jantes en partant du haut de la roue, et symétriquement. Pour faciliter la montée de ces secteurs dans leur position finale (fig. n° 9) on coupa successivement, en la rattachant à la roue aux points variables PP', des fragments de la chaîne motrice d’un poids total de 32 tonnes, de sorte que le balourd du reste de celte chaîne équilibrait celui des secteurs, puis, arrivé à la position fig. n° 8, on laissa tomber toute la chaîne. On enleva alors, pièce par pièce, toute la partie de la jante comprise entre les secteurs, sur 60 mètres de portée, et d’un poids de 150 tonnes. A partir de ce moment, le restant de la jante, d’un faible porte à faux, pouvant se soutenir de lui-même, on enleva les secteurs et on continua la démolition au moyen de grues volantes posées sur la jante même, comme vous le voyez par cette projection. Cette démolition, commencée le 13 novembre 1906, se termina le 6 avril 1907 sans aucun accident.
- L’essieu de la roue, de 2in,45 de diamètre sur 12 mètres de long, et d’un poids de 60 tonnes, fut simplement jeté à terre, comme vous le voyez par cette projection, en tirant au moyen de câbles sur ses paliers préalablement posés, par des verrins, sur des rouleaux d’acier. Cette masse, tombant de 55 mètres sur un lit de copeaux de 3m,60 d’épaisseur, le traversa et s’enfonça en terre de lm,20 environ (I).
- Les questions ouvrières intéressent au plus haut point l’industrie, et, par conséquent, notre Société; il n’en est pourtant que très rarement question dans nos réunions. La principale raison en est que ces questions sont presque toujours encombrées, obscurcies et passionnées de politique au point que la raison semble y perdre ses droits, de sorte qu’elles nous échappent en réalité. Il en est encore, néanmoins, qui se dérobent en partie à la politique, et dont on peut utilement traiter entre honnêtes gens, et, parmi ces questions, se place au premier rang, par son extrême importance, celle des logements ouvriers; je vais vous en dire quelques mots en vous présentant un travail qui vient de paraître, dans la « Réforme sociale » du 1er mai, sous le titre : Le taudis, ses dangers, ses remèdes, et dont je ne me permettrai pas de faire l’éloge devant vous; il est de M. Cheysson.
- Après avoir constaté que, dans « la nuit du moyen âge », toutes les familles, « même
- (1) Engineering, 26 avril, p. 537.
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- les plus pauvres » possédaient en propre leur maison, et que cette coutume, évidemment arriérée, subsiste encore chez presque tous les peuples non industrialisés, M. Cheysson fait remarquer que, parmi les grandes nations de l’Europe, c’est en France, et de beaucoup, que l’on rencontre le plus de familles propriétaires de leur maison. Il y a, chez nous, 9 millions de maisons et 10 700 000 ménages, c’est-à-dire, en moyenne, 12 ménages pour 10 maisons, de sorte que, c’est bien en France qu’existe, pour le plus grand nombre de ses habitants, le « home » anglais. Mais on ne s’en douterait guère dans les grandes villes, à Paris notamment, où-les personnes très riches peuvent seules se payer le luxe d’une maison. Les personnes simplement aisées, et même très aisées, sont contraintes à l’ohligation de s’emmurer dans des paliers superposés en des architectures de casernes, les uns sur les autres, comme les tiroirs d’une commode; les prix de ces tiroirs sont fabuleux en comparaison des loyers des « .maisons » dans les autres capitales, de sorte que Paris tient incontestablement, sous ce rapport, le record de la barbarie. Mais enfin, on peut encore, si l’on a beaucoup d’argent et peu d’enfants, vivre, une fois l’habitude prise, assez bien dans ces appartements; quant à l’ouvrier, c’est autre chose. Le plus souvent, il n’est pas logé, mais entassé dans d’infectes boîtes, de véritables taudis, dont M. Cheysson dit très justement que « pour se faire line idée exacte de ces bouges, il faut les avoir vus soi-même, et qu’une fois vus, on ne peut les oublier. Cette évocation sinistre nous poursuit, ajoute-t-il, à l’état d’obsession au milieu de nos fêtes et l’on songe alors au mot de La Rochefoucauld. « En présence de certains spectacles, on a le remords d’être heureux. »
- Le taudis détruit la santé : la mortalité par la tuberculose seule y est quadruplée, ce sont « de véritables abattoirs humains ». Il tue aussi bien l’âme que le corps, la moralité que la vie ; il est, par le dégoût qu’il inspire à son prisonnier, « le pourvoyeur du cabaret ». Plus d’épargne alors; c’est la famille désarmée devant le moindre accident, l’alcoolisme avec toutes ses tares, la femme dégradée, l’enfant perdu dès sa naissance. Il serait, dit M. Cheysson, « facile d’allonger cet acte d’accusation contre le taudis. Pour l’avoir vu de près, je le dénonce à l’indignation de tous. Il est la source empoisonnée de toutes nos misères, il est un mangeur de vies humaines, il est un péril national. »
- Et il faut bien remarquer que ces misères du taudis n’y restent pas confinées: de ces foyers de haines sociales et de maladies sortent des révoltes et des épidémies, dont M. Cheysson rappelle que, comme de la mort même,
- La garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend pas les rois...
- en entendant par les rois ceux du jour : les riches.
- La suppression des taudis s’impose donc non seulement par une obligation morale indéniable et supérieure, mais aussi par le simple intérêt matériel de ceux à qui incombe ce devoir.
- Mais comment faire? Il faut incontestablement dépenser de l’argent, beaucoup d’argent; et ceux qui le possèdent en ont le devoir, ne serait-ce, comme on vient de le dire, que pour se préserver eux-mêmes ; le tout est de dépenser cet argent le plus efficacement possible. C’est là l’extrême difficulté. Sans l’approfondir, ce qui exigerait tout un volume, M. Cheysson rappelle les différentes solutions déjà examinées, d’ail-
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- leurs, par lui dans des publications antérieures (1). Ce sont, notamment, la maison neuve, collective, car il ne peut en être autrement à Paris, mais sans promiscuité, propre, pleine d’air et de lumière, puis, l’assainissement des maisons existantes, solution souvent la seule immédiatement applicable et dont Mlle Chaplal a donné, dans le quartier de Plaisance, de si beaux exemples; enfin Yéducation de l’ouvrier et surtout l’éducation ménagère de sa femme (5). Et, une fois les solutions posées, qui les réalisera? L’Etat peut intervenir par ses enquêtes, qui remplissent, en matière de maladies sociales, le rôle de l’auscultation précédant le traitement, puis par des lois ; il y en a d’excellentes comme la « loi Siegfried », de 1894, encourageant le mouvement des habitations à bon marché par des immunités fiscales; il y a aussi d’excellents règlements d’hygiène, mais presque toujours inappliqués. La loi sur les expropriations devrait être modifiée afin que, comme en Angleterre, le propriétaire d’un immeuble exproprié pour insalubrité ne puisse pas asseoir sur cette insalubrité même un bénéfice inadmissible; en Angleterre, on déduit, en effet, de la valeur de cet immeuble les dépenses qu’il faudrait faire pour le mettre en règle avec la loi sanitaire.
- Après l’État, vient le patron, qui a tout intérêt à ce que ses ouvriers vivent comme des hommes (3), puis enfin les ouvriers eux-mêmes, par leur association en vue de construire des habitations salubres. « On est, dit M. Cheysson, stupéfait et émerveillé des prodiges qu’ont accompli, dans cette direction, les ouvriers anglo-saxons, par leurs propres efforts, sans rien demander ni à l’État ni aux patrons. C’est par milliers de maisons et par centaines de millions que se mesure l’œuvre vraiment gigantesque des « Buildings Societies » anglaises et américaines : grand exemple à méditer par nos ouvriers français. »
- M. Cheysson signale aussi le rôle que pourraient jouer dans cette question les caisses d’épargne et les bureaux de bienfaisance. En Belgique, la caisse générale d’épargne et de retraite a avancé plus de 60 millions aux sociétés de construction et de crédit. Aider à la construction de maisons ouvrières salubres et confortables, ce serait, de la part des bureaux de bienfaisance, agir en prévenant la misère, conséquence forcée du taudis, faire, en matière de bienfaisance, de la médecine préventive, la meil-leurede toutes. Les compagnies d’assurances françaises, si embarrassées de placer leur argent, et qui ne l’immobilisent guère qu’en des maisons de luxe, devraient suivre l’exemple des compagnies belges, qui ont trouvé, dans les habitations populaires, un placement « aussi sûr qu’avantageux » (4). Enfin la mutualité : en Allemagne, les caisses d’assurance pour les retraites et l’invalidité.ont affecté plus de 150 millions à la construction de maisons en faveur de leurs membres ; puis les syndicats ouvriers et les associations coopératives de consommation, comme en Angleterre où, en 1891, le nombre des buildings Societies, filiales des coopératives de consommation, dépassait plusieurs centaines, avec un' capital d’environ 100 millions.
- Je ne puis, Messieurs, mieux terminer cette analyse forcément aride et trop écourtée du travail de M. Cheysson qu’en transcrivant ici son éloquente conclusion, que vous-applaudirez certainement.
- (1) Le confortable du logement populaire, par M. E. Cheysson (premier Congrès de l’assainissement de l’habitation. Paris, 1905).
- (2) Voir Y Assainissement des maisons existantes, par M. E. Cheysson, 1904.
- (3) Voir Y Enseignement ménager, par M. E. Cheysson (.Économiste français, 12, 22 octobre et 12 novembre 1904).
- (4) L’intervention patronale en matière de logements ouvriers, par M. E. Cheysson [Bulletin de Ja Société française des habitations à bon marché, 1907).
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- MAI 1901.
- « Je parlais, dit-il, tout à l’heure, de croisade. C’en est une, en effet, qui doit grouper toutes les bonnes volontés, sans aucune acception de divisions politiques ou confessionnelles. De quelque point de l’horizon que nous, arrivions, nous devons tous unir étroitement nos mains et nos* cœurs pour voler au secours de nos frères et sœurs si cruellement éprouvées par l’insalubrité de leur logement, pour combattre l'alcoolisme et la tuberculose, pour apaiser les esprits aigris par la souffrance, et pour accomplir ainsi, grâce à notre effort commun, une œuvre d’humanité, de patriotisme, de paix sociale et d’amour. »
- Nomination d’un membre de la Société.' — Est nommé membre de la Société d’Encouragement M. E. Vallot, ingénieur des Arts et Manufactures à Paris, présenté par M. Toulon.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports suivants :
- -Au nom du Comité des Arls mécaniques, M. Sauvage, sur YAutobloc, appareil de calage de M. Jamart et sur le Calibre universel et un Porte-outil de M. Lombard.
- Au nom du Comité d’Agriculture, M. Lindet. sur le Pétrin mécanique de M. Christofleau.
- Au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, M. E. Moreau, sur Y Appareil de nettoijage par le vide Soterkenos.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes :
- M. Jougla. Procédé de photographie en couleurs.
- M. Marcel Delage. Le chauffage par corps radio-incandescents.
- M. L. Richard. Le duplicateur Ronéo.
- M. le Président remercie MM. Jougla, Delage et Richard de leurs intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités des Arts économiques et des Beaux-Arts.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN MAI 19 07
- Lumière (Auguste et Louis). — Résumé des travaux publiés par...; 1887-1906. In-8° de 24x25, 190 p. Lyon, Léon Sézanne, 1900. 13210.
- Agenda Lumière, 1907. Pér. 286.
- Société anonyme A. Lumière et ses fils. Notes photographiques. Fascicules I, II, V, VI, VII, VIII. Pér. 286 bis.
- Vincent (A.). — Instruction sur la règle à calcul ordinaire. 19x13. 72 p. Paris, Fernand Nathan, 1907. 13211.
- Crépin (Joseph). — La Chèvre. 20,5x15. xvi-339 p., XIV pl. Paris, Hachette et Cie, 1906. 13212.
- Nourissé (Raymond). — Les divers procédés de conservation des œufs. 20,5x14. 31 p. Paris, Société d’éditions techniques, 1907. 13 213.
- Razous (Paul). — La conservation du lait, du beurre et du fromage. Suivi d’une étude sur l’utilisation des sous-produits de l’industrie laitière. 25x10,5. 93 p., 10 fig. Paris, Société d’éditions techniques, 1907. 13 214.
- Bulletin de VInstitut international de bibliographie. Année 1906. Fascicules 1-3.
- Pér. 137.
- Nicolas (E.). — Vingt leçons pratiques sur les courants alternatifs. 26 X 16,5. 210 p., 212 fig. Paris, Heiïry Paulin et Cie, 1907. 13 215.
- Fosquet (Émile). — Cours pratique élémentaire d’Électricité industrielle. 26x16,5. vm-242 p., 186 fig. Paris, Henry Paulin etGie, 1907. 13216.
- Fribourg (Charles). — L’analyse chimique en sucreries et raffineries de cannes et betteraves. 26X16,5. xi-390 p., 51 fig. Paris, H. Dunod et Pinat, 1907. 13 2 1 7.
- Settimj (Luigi). — Caoutchouc et gutta-percha (Manuali Hœpli). 15 x 10. xvi-253 p., 14 ill. Milano, Ulrico Hœpli, 1907. 13 218.
- Alessandri (P.-E.). — Merceologia tecnica (Manuali Hœpli). Vol. I : Materie prime; Vol. II: Prodotti chiinici. 2 vol. 15 X 10. Milano, Ulrico Hœpli, 1907. 13 21 9,13 220.
- Royaume de Belgique. Office du travail. — Industries céramiques (ex Monographies indus-rielles, IV). 25 X 18. xvi-242 p., fig. Bruxelles, J. Lebègue et Cie, 1907. 13 221.
- Monier (F.). — La télégraphique sans fil et la télémécanique à la portée de tout le monde, 2e éd., 19 X 12. vn-142p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 222.
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- OUVRAGES REÇUS.
- MAI 1907.
- Altidel 11. Istitulo d’incovaggiamento di Napoli. MCMV. Sérié Ga : Vol. LVII. Pér. 182.
- Jubiles of thc discovery of mauve and of thc foundation of the coaltar colour industry by sir
- W. II. Perkin. London, G. E. Wright. . 13 223.
- Dollot (A.), Godbille (P.) et Raiiond (G.). — Les grandes platrières d’Argenteuil (ex Mém. de la Soc. géologique de France, 4e s., t. I, 1900, 48 p., x pl.), avec Index bibliographique. 13 224.
- IIariot (Paul). — Le Pommier. 20 X 26, 44 p., 30 fig., V pl. Paris, Lucien Laveur, 1907. 13 2 25.
- Fritscii (J.). — Fabrication de la glucose, de la dextrine, de l’amidon soluble.
- 20 x 16. 224 p., 33 fig. Paris, Jules Ilousset, 1906. 13 2 26.
- Stoffler (Ernest). — La pierre artificielle. Fabrication des briques en grès silicocal-caires. 25x16, 120 p., 100 fig. Paris, Bernard Tignol (Bibl. des actualités industrielles, n° 112). 13 227.
- Tabariès de Grangsaignes (E.). — Étude scientifique et juridique sur les combustions spontanées réelles ou supposées, spécialement au cours de transports par chemins de fer ou maritimes. 25 x 16,5. xv-253 p. Paris, Baudry et Cie, 1898. 13 2 28.
- Fritsch (J.). — Fabrication des colles et gélatines. 19 x 13. 212 p., grav. Paris. II. Desforges, 1907. 13 2 29.
- Engineering standards committee.
- j\° 3 : Report on the influence of gauge length and section of test bar on the per-centageof élongation. November 1903, by prof. W. C. Unwin.
- AT° 25 : Report on errors in workmanship, based on measurements carried out for the Committee by the national physical Laboratory.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LÀ SOCIETE
- Du 15 Avril au 15 Mai 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil. Engi-neers.
- ACP.. . , Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins dé fer.
- CN. . . . Chemical .News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cli. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Bp. . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E........Engineering.
- E’.......The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.........Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. . . . Génie civil.
- IaS. . . . !ron and Steel Metallurgist.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le........Industrie électrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. It........Indnstrie textile.
- IoB. . M.M.. Ms.. . MC. .
- PC. . Pm. . RCp .
- IidM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. .
- Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. .
- Va. . VD1. .
- ZaC. . ZOI. .
- . Institution of Brewing (Journal).
- . Mining Magazine.
- . Moniteur scientifique,
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de métallurgie.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société chimique de Paris (Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Bull, de statistique etde législation.
- . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . La Vie automobile.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- . ZeitschiûftfürangewandteChemie.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- 666
- MAL 1907.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AGRICULTURE
- Arbres à fruits. Causes influant sur l’époque de la floraison (Angot). SNA. Mars, 235.
- — (Insecte parasite des). Le « capdonis lenebrionis » (Bouvier). SNA. Mars, 268.
- Asperges. Entretien des jeunes aspergeries. Ap. 25 Avril, 520.
- Associations de fermières (Les). Ag. 4 Mai, 700. Avoines vrillées. Maladie communiquée par le Tarsonemus Spirifex. Ap. Mai, 552. Bétail (Substitution des denrées dans l’alimentation du). Ap. 18 Avril, 485.
- — Collargol dans les maladies infectieuses. Ag. 27 Avril, 665.
- — Sucre dénaturé dans l’engraissement. SNA. Mars, 293.
- — Espèce bovine en Vendée. Ap. 2 Mai, 556. Camargue (Cultures convenant au sol salé de la). Ap. 18 Avril, 492.
- Caoutchouc (Culture du) (Wright). SA. 26 Avril, 613.
- Cheval de guerre (Production du). Ap. 9 Mai, 581.
- Cidreè. Composition des formules cidromé-triques régionales. Ap. 25 Avril, 523 ; SNA. Mars, 306.
- — Sucrase dans les moûts de pommes et les cidres (Warcollier). CB. 11 Mai, 987.
- Engrais phosphatés. Valeur relative. Ag. 20 Avril, 620.
- — Eorêls (Les) accumulatrices d’azote (Grandeau). Ap. 2 Mai, 549.
- — Potasse et cultures industrielles. Ag.
- 4 Mai, 697.
- — Enrichissement en azote des sols forestiers. Ap. 9 Mai, 580. •
- Fromages de Camembert. Ap. 2 Mai, 550.
- — Industrie de la présure. État actuel
- (Grognot). RCp. 5 Mai, 177.
- Grêle (Tirs contre la). Expériences de Castel-franco' Veneto (Rlaserna). SNA. Mars, 242.
- Irrigations en Égypte et le barrage d'Assuan. EL 29 Avril, 425.
- — au barrage Roosevelt. Arizona (Carter).
- Fi. Avril, 277.
- Lait. Traite mécanique des vaches aux Etats-Unis. Ap. 2 Mai, 561.
- Légumineuses fourragères (Culture de?) (Dumont et Dupont). CB. 6 Mai, 985. Machines agricoles du concours général de 1907.
- Ap. 18-25 Avril, 494, 527.
- Olives. Lutte rationnelle contre la mouche des —. Ap. 2 Mai, 560.
- Ouvriers agricoles belges en France. Émigration temporaire (UiLier). SNA. Mars, 224. Produits toxiques en agriculture. Ag. 20 Avril, 612.
- Terre arable formée par le schiste sériciteux granulitisé. Étude analytique. SNA. Mars, 248.
- Viandes (Conservation des). Procédé de Lap-parent. SNA. Mars, 280.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer anglais et américains. E'. 19 Avril, 397.
- — de l’Inde. E'. 26 Avril, 420.
- — belges en 1905. Rgc. Mai, 291.
- — américains. Matériel et traction (Japiot).
- AM. Fév., 159.
- — (Administration des) et sécuriLé (LTr-
- win). Fi. Avril, 311.
- — métropolitains. Paris. Ac. Avril, 50.
- — électriques. En Italie.- E'. 19 Avril, 388.
- — — (Les). Discussion. Sie. Avril, 227;
- Be. 30 Avril, 242.
- — — de Camden à Atlantic City,Pennsyl-
- vania Rr. Be. 30 Avril, 245.
- — — du Simplon. EM. Mai, 195.
- Attelages à .friction (Iluberti et Doyen). BCC.
- Avril, 397.
- Billets. Distributeur-contrôleur Hervieu. BCC. Avril, 425.
- Collision d’Arbroath. E'. 26 Avril, 423.
- Gares américaines. VDI. 11 Mai, 738.
- — de Valenciennes. Rgc. Mai, 239. Locomotives à l’Exposition de Mailand. VDI.
- 4 Mai, 686.
- — Compound 4 cylindres. État italien.
- Type Prairie. EL 19 Avril, 390.
- — Compôundage et surchauffe. EL 10 Mai,
- 482.
- — Surchauffe. Essais allemands. Rgc. Mai,
- 306.
- — Plaques tubulaires (Réparation des)
- fllagno). BCC. Avril, 405.
- — Tirage des —, essais de Y American En-
- gineer. BCC. Avril, 439.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1907.
- 667
- Monorail Brennam. E. 10 Mai, 623.
- Oscillations du matériel et les grandes vitesses (Marié). Rgc. Mai, 249.
- Rails. Mesure du déplacement des — : appareils Reitler: Gc. 4 Mai, 8.
- — Éclissage sans boulons Lafontant. Gc. il Mai, 28.
- Signaux. Sémaphores universels transformables de rÉtatbelge(Weissenbrucb). BCC. Avril, 357.
- — Commandes électromagnétiques d’ai-
- guilles et de signaux expérimente'es sur la Ceinture. Rgc.Mai, 304.
- — Block System sur les chemins améri-
- cains. BCC. Avril, 451.
- — Appareil de sûreté Sohilhan. Gc. 20
- Avril, 428.
- — Avertisseur à pétards Cœn Cagli. Rgc.
- Mai, 301.
- Traverses (Conservation des). Pénétration de la chaleur dans les bois. Gc. 27 Avril, 444.
- TRANSPOIITS DIVERS
- Automobiles àl’Exposition de Berlin en 1906. VDI. 13 Avril, 561.
- — Train automobile Freibahn. Gc. 27 Avril,
- 441.
- — Autobus. Châssis Orion. F. iÿAvril, 513.
- — à pétrole. Voiturette Demester 2 che-
- vaux. Va. 27 Avril, 262.
- — — Radia. Va. 11 Mai, 295.
- — Nombre des cylindres (Favron). Tech-
- nique automobile. Avril, 55.
- — — Réglage des moteurs (Sainturat).
- (id.), 56.
- — électriques à l’Exposition de Berlin.
- VDI. 13 Avril, 561.
- — Direction des automobiles. VDI. 11 Mai,
- 751.
- — Châssis emboutis et en bois : résistance
- comparative. Technique automobile. Avril, 64.
- — Oscillations (Ravigneaux). Technique
- automobile. Avril, 49.
- — Pneus. Ri. 20 Avril, 155.
- — — Bandage Sider. Va. 11 Mai, 291.
- — Roues élastiques (Concours de). Va.
- 27 Avril, 260. Technique automobile. Avril, 62.
- — — auxiliaire Stepney. Va. 27 Avril,
- 267.
- Tome 109. — Mai 1907.
- Automobiles. Suspension. Ri. 27 Avril, 166; 4 Mai, 176.
- — — Amortisseurs à air comprimé, lli.
- 11 Mai, 185.
- Tramways électriques. — par redresseur régula-lateur Auvertel Ferrand. le. 25 Avril, 176.
- Vélocipède Roullot. Va. 4 Mai, 282.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Action sur les métaux (Makowka). Cs. 13 Avril, 344.
- Acétycellulose. Nouveaux travaux. ZAC. 3 Mai, 743.
- Acide sulfurique. Fabrication moderne. Ef. 4 Mai, 648.
- — carbonique industriel. ZAC. 3 Mai, 737. Alcools. Détermination des éthers aldéhydes
- et furfurol dans le whisky (Tolman et Prescot). CN. 19-26. Avril, 183, 199.
- — Application de l’analyse à la détermi-
- nation des spiritueux du commerce (Mann et Stacey). Cs. 15 Avril, 287. Aluminium (Sulfure d’). Combinaisons avec ceux de manganèse et de fer (Hou-dard). CR. 15 Avril, 801.
- Ammoniaque (Appareil à distiller 1’) Carpen-ter. Cs. 15 Avril, 311.
- Ammonium (Recherches sur 1’) (Moissan). CR. 15 Avril, 790.
- Azote atmosphérique. Récupération électrolytique (Howles). Cs. 15 Avril, 290.
- — Fixation par les nodules végétaux
- (Greigh Smith). Cs. 15 Avril, 304. Bleu de Prusse (Formation du) (Bailey). Cs. 30 Avril, 377.
- Brasserie. InsecLes nuisibles à l’orge emmagasinée (Collinge). 10B. Mars, 242.
- — Contrôle analytique des matériaux de
- brasserie (Baker et Hullon). IOB. Avril, 328.
- — Rôle de la chimie dans la brasserie et
- la malterie (Jones). Cs. 15 Avril, 298.
- •— Traitement des eaux résiduaires de brasserie (Fairley). IOB. Mars, 206.
- — Divers. Cs. 15-30 Avril, 334, 425.
- — Brasseries américaines et canadiennes
- (Hyde). IOB. Avril, 357.
- — Nutrition nitrogénée des levures (Pring-
- sheim). Cs. 15 Avril, 334.
- 44
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- 668
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1907.
- Camphre. Origine, purification, histoire, applications, synthèse, analyse. Cs. 30 Avril, 380, 389.
- — Terpènes et synthèse du camphre (Du-
- bosc). RCp. 21 Avril, 162; 5 Mai, 184. Carbures de strontium et de barium. Température de formation (Kahn). CR.
- 29 Avril, 913.
- Céramique. Divers. Cs. 15 Avril, 319.
- — Défauts de fabrication des tuiles et des
- potei'ies. Sprechsall. 9 Mai, 754.
- — Changements chimiques et physiques
- dans la cuisson des poteries (Mellor). Cs. 30 Avril, 375.
- — Essai de poteries émaillées (Cobb). Cs.
- 30 Avril, 390.
- Chlore (Décomposition de l’hydrate de) par la soude caustique (Weston et Ellis). CN.
- 3 Mai, 210.
- Chaleurs de combustion. Procédé Parr pour leur détermination (Lunge et Grossmann). MS. Mai, 351.
- Caséine. Emplois industriels. Ri. 11 Mai, 184. Chaux et Ciments. Divers. Cs. 15-30 Avril, 323, 410.
- — (Rroyeurs pour). Gc. 20 Avril, 422.
- — — Ransome. E. 3 Mai, 593.
- — Essais sur des mortiers mis à la mer à Sylt. Le Ciment. Avril, 54.
- — Influence de la soude sur la durée du Portland (Rohland). (id.), 59.
- Chlorure de chaux (Le). ZAC. 3 Mai, 754. Chrome. Nouvelle variété (de Jassonneix). CR. 29 Avril, 915.
- Constantes physico-chimiques (Calcul des) (Red-grave). CN. 26 Avril, 193.
- Cuivre. Limite de siliciuration (Vigouroux). CR. 29 Avril, 917.
- Décapage chimique du fer et de l’acier. Gc. 27 Avril, 447.
- Dissolutions. Application des équations de Van der Waals (Berkeley). RSL. 24 Avril, 125.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15-30 Avril, 340, 430.
- — Chimie des parfums en 1906 (Jeancard et Satie). Rcp. 21 Avril, 154.
- — Synthèse des cétones (Sommelet). ScP. 20 Avril, 365-377.
- — Travaux récents sur les parfums (Cha-rabot). Ms. Avril, 308.
- Éther et air. Mélanges de vapeur, d’éther et
- d’air. Limite d’iuflammabilité (Bou-douard et Le Chatelier). CR. 29 Avril, 910.
- Filtre presse Hankel pour matières gélatineuses. Gc. 27 Avril, 446.
- Flamme de Bunsen. Équilibre de l’eau et du gaz. Détermination chimique de la température des flammes (Uaber et Richardt). Ms. Mai, 331.
- Gaz d’éclairage. Chargeurs de cornue Oerlikon, E'. 19 Avril, 400.
- Gazogènes. Quatre années d’expériences et d’essais (Threfall). Cs. 30 Avril, 355.
- — Dispositifs pour transports dans les usines à gaz (G. Dieterich). Z. fur Gas-beleuchtung. 27 Avril, 369; 4 Mai, 397, 425.
- — Lampes à incandescence suspendues. (id.) 27 Avril, 383.
- — Lampes à incandescence pour wagons. Ahréns. (id.) Tl Mai, 435.
- Gélatine. Insolubilisation par la quinone. (Lumière et Segewetz) ScP. 20 Avril, 428.
- Hygiène. Filtres à poussières Fiechter. Pm. Avril, 50.
- Laboratoire. Emploi du microscope (Rosen-hain). E. 26 Avril, 557.
- — Analyse qualitative des éléments communs. Méthode d’ (Noyer et Bray). CN. 19-26 Avril, 185, 201 ; 3-10 Mai, 211,220.
- — Dosage du silicium dans les ferrosili-ciums (Jaboulay). RCp. 21 Avril, 161.
- — du fer en présence du titane (Gooch et Newton). American Journal of Science. Mai, 365.
- Laine. Sous-produits. La Suintine (Hofmann). It. 15 Avril, 129.
- Magnésie. Réduction par le charbon (Lebeau). CR. 15 Avril, 799.
- Occlusion des gaz résiduels par le verre des tubes à vide (Swinton). RSL. 24 Avril, 134.
- Optique. Spectroliéliographe (Le). (Millo-cheau). CR. 22 Avril, 827.
- — Spectroscopie stellaire (La). Cosmos, 4 Mai, 490.
- — Nouveau microscope Nachet et applications à la microphotographie. CR. 29 Avril, 908.
- — Phono-cinématographie. Gc. 11 Mai, 17.
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- '‘‘LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1907.
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- Oxygène. Fabrication, procédés Brin et Linde. E. 19 Avril, 506.
- Papier. Divers. Cs. 15 Avril, 338. Eaux résiduaires des fabriques de. ZAC. 10 Mai 706.
- Pétrole et ses dérivés. Origine du (Wilde).Ms. i ' Mai, 301.
- — Transformation en matières grasses et savons (Girard): Gc. Tl Mai, 27.
- Phosphorescence des' terres rares (lvowalski et Garnier), des composés calciques manganésifères (Bruninghaus), des substances contenant du zinc (Karl). CR. 22 Avril, 836, 839, 841.
- Poids atomiques. Az. Ag. Br. Io. Iv. Mn.
- Go. Cu.Te. Bi. Terres rares 14e (Rapport de la commission des). CN. 3-10 Mai, 208, 217.
- — Brome (Hinrichs). CR. 6 Mai, 973.
- Platine (Amalgame de) (Lebeau). CR. 22 Avril, 843.
- Potassium et sodammonium (Joannis). ACP. Mai, 101.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15 Avril, 329.
- Rubidium (Oxydes supérieurs de) (Rengade). CR. 29 Avril, 920.
- Sélénium. Purification et essai (Threfall). CN.
- 3 Mai, 205.
- Sodium (Amidine de) (Meunier et Desparmet).
- • ScP. 20 Avril, 342.
- Soie artificielle (Industrie de la). MC. 1er Mai, 148.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15-30 Avril, 332 424.
- — Progrès en 1906. Dp. 11 Mai, 295.
- Tannerie. Divers. Cs. 15 Avril, 330.
- — Cuirs pour courroies. Cs. 15 Avril, 331.
- — Cuirs artificiels. Procédés de fabrication (Schling). Ms. Mai, 361.
- — Tannate de strychnine. Emploi pour l’analyse des matières tannantes (Trolman et Hackford). Ms. Mai, 354.
- — Combinaisons d’antimoine. Agents fixateurs de l’acide tannique (Williams). Ms. Mai, 356.
- — Matières tannantes diverses (Strauss et Gshwender). Ms. Mai, 357.
- Tantale. Nouveau chlorure (Chabrié). CR. 15 Avril, 804.
- Teinture. Divers. Cs. 15-30 Avril, 312, 402, 405. MC. 1er Mai, 155.
- — Blanchiment (Préparation de la soude caustique pour le). MC. lor Mai, 151.
- Teinture du fil de lin. It. 15 Avril, 136.
- — Analyse du coton teint en noir (Capron). MC. 1er Mai, 129.
- — Laques à base de colorants monoazoï-ques. MC. 1er Mai, 134.
- — Une plantation d’indigo (Perkin). Cs. 30 Avril, 389.
- Thermométrie. Action de la chaleur sur le quartz et la magnésie dans les tubes de pyromètres (Austen et Mellor). Cs. 30 Avril, 380.
- j Thermodynamique. Emploi des échelles logan-thmiques (Fischer). ZOI. i0 Avril,20k. Tungstène. Nouveau siliciure Si2Tu (Defacqz). CR. 22 Avril, 848.
- Vapeurs d'eau, éther et air. Limites d’inflammabilité de leurs mélanges (Meunier). CR. 15 Avril, 796.
- Ytrium. Nouveaumodede séparation (James). CN. 19 Avril, 181.
- — Éléments du groupe de 1’ (Auer). CN. 26 Avril, 196.
- Verreries et cristalleries en Prusse. Sprech-saal. 9 Mai, 249.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Apprentissage (Crise de 1’) et les écoles professionnelles de la ville de Paris. Ef. 20 Avril, 567.
- •— (Écoles d’) aux États-Unis (Estep). EM. Mai, 165.
- Algérie. Nouvel emprunt et chemins de fer.
- Ef. 27 Avril, 601 ; 11 Mai, 681. Allemagne. Conditions du travail en. E. 26 Avril, 554.
- . — Défense patronale en (Blondel). Musée Social, Avril.
- — Banque impériale d’Allemagne en 1906. Ef. 11 Mai, 683.
- Angleterre. Dette nationale en 1905-1906. SL. Mars, 373.
- — Mouvement des prix. E. 19 Avril, 523. Assurance des ouvriers en Allemagne. E. 19 Avril, 523.
- Australie. Conditions sociales et économiques (Hackett). SA. 10 Mai, 671. Dépréciation (La). E. 3 Mai, 585.
- États-Unis. Production minière et métallurgique en 1906. Ef. 20-27 Avril, 565, 605, 11 Mai, 688.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1907,
- États-Unis. Caisses d’épargne en 1875-190G. SL. Mars. 384.
- France. Grèves des marins et relations de la France avec des colonies méditerranéennes. Ef. 20 Avril, 561.
- — Garanties nécessaires à la paix sociale et à la sécurité nationale. Ef. 4 Mai, 641.
- — Journée de 8 heures dans les ateliers du gouvernement. E. 10 Mai.
- Fraudes (Répression des) et syndicats profes-* sionuels. Ef. 4 Mai, 644, 620.
- Impôt sur le revenu (F) (Hubert Valleroux). llso. 1er Mai, 676.
- Journée de travail. Sa durée. Ef. 27 Avril, 603.
- Maisons ouvrières. Le taudis, ses dangers, ses remèdes (Cheysson). Rso. 1er Mai 653. Mines (Journée de huit heures dans les), 521. Monnaies. Circulation en 1906. Ef. 4 Mai, 651. Règlements sanitaires et propriété immobilière. Ef. 11 Mai, 686.
- Retraites pour la vieillesse en Belgique. Ef. 20 Avril, 563.
- Thé. Production et consommation. Ef. 26 Avril, 606.
- Travail à domicile dans (certaines industries belges. Ef. 4 Mai, 646.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PURLICS
- Accidents inopinés dans les constructions (See). IC. Mai, 413.
- Barrage-digue de Croton (New-York). E'. 19-26 Avril, 384, 12, 10 Mai, 406.
- Bateau à fond plat Yarrôw pour la Cuyaba, Brésil. £.10 Mai, 616.
- Ciment armé (Colonnes en). E’. 19 Avril, 386.
- — en Espagne (Ribera). IC. Avril, 422.
- — Instruction ministérielle du 20 octobre
- 1906. Ac. Avril, 58.
- — Plancher de la Patent indented Bar
- C°. E. 19 Avril, 516.
- — Ponts en Bavière. £'. 3 Mars, 447.
- — de SandyHill (New-York). ACE. Avril,
- 394.
- — Travaux de la commission du ciment
- armé. Le Ciment. Avril, 49.
- — Caissons à air comprimé en ciment
- armé [id.), 52.
- Ciment armé. Fondation de ponts en — sur la Foyle. E. 10 Mai, 615.
- Démolition de la grande roue de Earl’s Court. E. 26 Avril, 537.
- Ponts sur l’Usk. E’. 26 Avril, 430.
- — de Rurhort, sur le Rhin. VDI. 11 Mai,
- 725.
- — Smallheat à Birmingham. E. 10 Mai, 603.
- Tunnels. Bouclier Prelin pour tunnels sous l’eau. E. 26 Avril, 561.
- — de T Hudson (New-York). E. 3 Mai,
- 573.
- — du Kaiser Wilhelm à Cochem (Ventila-
- tion du). E'.Mai, 481.
- Viaduc du Gor (Espagne). Glissement de terrain. IC. Juillet, 437.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Divers. Rc. 30 Avril, 230.
- Chute de tension aux électrodes d’aluminium (Schulze). EE. 4 Mai, 176. Distribution par courants continus et en série. Ri. 11 Mai. 188.
- — dans l’Ardèche. Êlé. 20 Avril, 241. le
- Calvados, Bouches-du-Rhône (id.), 27 Avril, 257, 4 Mai, 273. Eure (id.), 11 Mai, 289. Alpes-Maritimes. EE. 20 Avril, 86.
- — Tableau pour hautes tensions. Fer-ranti. E. 19 Avril, 511. 3 Mai, 578.
- — Représentation graphique de la quan-
- tité d’électricité et du travail fournis par un courant alternatif sinusoïdal (Kuhn). Re. 30 Avril, 236.
- — Oscillations à haute tension et grande
- fréquence dans les réseaux à courants continus (Hucke). EE. 4-11 Mai, 171, 210.
- Dynamos. Tension entre lames et vitesse de rotation critique dans les dynamos shunt à grand réglage de vitesse (Deschlager). EE. 20 Avril, 98.
- — Fonctionnement instable des machines
- à courants continus (Wagner). EE. 27 Avril, 131. Rc. 30 Avril, 226.
- — Résistance du contact des balais en
- charbon en fonction de la température (Arnold et Pfeifner). Re. 30 Avril, 234.
- — Largeur des pôles de commutation, par
- p.670 - vue 671/1523
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1907.
- 671
- des dents, largeur des balais (Peli-kan). EE. 11 Mai, 199.
- Dynamos. Balais Finzi-Tallero./e. 10 Mai, 197. Moteurs shunt monophasé compensé (Bethe-nod). EE. 27 Avril, 109.
- — monophasé : glissement, couple et résis-
- tance statorique (Thomalen). Re. 30 Avril, 239. 4 Mai, 165.
- — (Dimensionnement des) (Bethenod). EE.
- 11 Mai, 181.
- — Dispersion magnétique dans les mo-
- teurs d’induction (Baker et Irwin). EE. 11 Mai, 201.
- Éclairage. Lampes à faiblës consommations spécifiques, effet sur l’industrie et l’éclairage électrique (Taltow). EE. 11 Mai, 212.
- — Arcs à mèches, progrès récents. Sie.
- Avril, 267.
- — — au mercure Bastiari. Gc. 11 Mai,
- 29. dans une lampe de quartz. Mesure des températures (Kuch et Reits-chinsky). EE. 11 Mai, 213. Incandescence. Emploi des résistances de Nerst. pour régulariser la tension (Lauriol). EE. 20 Avril, 84.
- — Types de lampes normales anglaises.
- EE. 20 Avril, 106.
- — Essais de lampes. le. 10 Mai, 194.
- — Intensité lumineuse horizontale moyenne. Sa détermination (Uppenhorn). EE. 27 Avril, 140.
- Électro-chimie. Électrolyse du sol avec formation d’un alliage liquide de sodium et de potassium (Bassett). EE. 11 Mai, 215.
- — Divers. Cs. 15-30 Avril, 326, 416.
- — Four électrique Féry et Langlet. Rc. 30 Avril, 255.
- — Électrolyse des chlorures alcalins, procédé Ausseg (Glocken). Electrochemi-cal. Mai, 171.
- — Fabrication électrolytique du chlorure de chaux (Digby). (id.), 178. Galvanisation par la shérardisation. Electro-chemical. Mai, 188.
- Isolement. Poteaux et isolateurs pour très hautes tensions. le. 25 Avril, 175. Mesures. Bhéographe Abraham Carpentier. le. 10 Mai, 205.
- — Wattmètre à courants triphasés Siemens et Ilalske. EE. 20 Avril, 107.
- Mesures. Galvanomètres Place. EE. 4 Mai, 179.
- — — Richard Meylan. le. 10 Mai, 203.
- — Mesure de la valeur instantanée des
- intensités lumineuses des lampes à courants alternatifs (Sakulka). EE. 27 Avril, 137.
- — — de la résistance d’une pile en cir-
- cuit fermé par la méthode Marres. EE. 4 Mai, 145.
- — Enregistreurs Carpentier. Siemens.
- Hartmann et Braun, le. 10 Mai, 201.
- — Wattmères Chauvin et Àrnoux. le.
- 10 Mai, 204.
- Réception et essais des machines électriques.
- Règles italiennes. Ri. 11 Mai, 189. Redresseurs électrolytiques. E. 3 Mai, 586. Stations centrales de Saint-Cézaire. EE. 27 Avril, 115.
- — de Friednau avec moteurs Diesel. le.
- 25 Avril, 170.
- — de Camden, Pennsylvania Rr. Re. 30
- Avril, 232.
- — de la Bernau (Suisse). Gc. 4 Mai, 1.
- — de Livet. EE. 4-11 Mai, 149, 189. Télégraphie sans fil. Transmetteur Marconi
- agissant dans une seule direction (Uller). EE. 4 Mai, 173.
- — Transmetteur Sakulka. EE. 4 Mai, 174.
- — Production des ondes entretenues
- (Reithofer).EE. 4 Mai, 175.
- — sous-marine. Bateau pour câbles japo-
- nais Ogosawa Maru. E. 19 Avril, 514. Téléphonie sans fil Fersen. EE. 20 Avril, 104.
- — Rendement acoustique du téléphone
- (Abraham). CR. 29 Avril, 906.
- — Telekine et télémécanique (Torres). CR.
- 11 Mai, 972.
- Téléphotographie (la). Elé. 20-27 Avril. 246, 265. 4-11 Mai, 281, 296.
- Transformateurs à haute tension Siemens et Halske. Rc. 30 Avril, 229.
- — pour radiographie Malaquin et Char-
- honneau. Re. 30 Avril, 253.
- HYDRAULIQUE
- Adduction des forces motrices du Rhône h Paris. le. 25 Avril, 183.
- Distribution d’eau. Réservoir de Walton. E'. 19 Avril, 392.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — MAI 1907.
- 672
- Moteur hydraulique Von Pitler. Dp. 20-2 Avril, 242, 258.
- Pompes à incendie automotrices à vapeur Merryweatlier. E. 26 Avril, 548.
- — des eaux de Brighton. E'. 26 Avril,
- 427.
- — de puits électrique Felten et Guillaume.
- Ri. 4 Mai, 178.
- Roue Pelton. Pitman. E'. 26 Avril, 431. Turbines. Tamponnage hydraulique (Loppé). Ic. 25 Avril, 181.
- — et machines à vapeur pour stations
- centrales (Schon). EM. Mai, 184.
- MARINE, NAVIGATION
- Arbre d’hélice. Réparation en mer. E!. 3 Mai,
- 448.1
- Brouillards (Dispersion artificielle des) (De-bos). IC. Avril, 451.
- Canal de Panama. Question de la main-d’œuvre. E. 3 Mai, 590.
- — du Kaiser Wilhelm. E'. 3 Mai, 444.
- — Canaux d’Irlande. E'. 10 Mai, 466. •
- Cargos (Évolution des) (Thearle). E. 19 Avril, 530.
- Dock de Rothesay, Glasgow. E. 26 Avril, 543. E'. 26 Avril, 419.
- Embouchure de laMersey. E. 10 Mai, 603. Machines marines à gaz (Nixon). EM. Mai, 161. Marines de guerre. Cuirasses et obus. E'. 19-26 Avril, 393, 414; 3 Mai, 442. — Dimensions des cuirassés. E. 29 Avril, 553.
- — ' anglaise. Croiseur Invincible. E. 19 Avril,
- 522.
- — Roumanie. Vedette de 30 mètres. E. 19 Avril, 517.
- — Signaux Kilroy pour tourelles de cuirassés. E. 10 Mai, 613.
- Pêches. Chalutier à vapeur Cochrane pour les pêcheries de la mer du Nord E. 26 Avril, 542.
- Phare du Cap Race. E1. 3 Mai, 439.
- Renflouage du Montagu. IC. Avril, 465. Résistance des navires (Johns). E. 26 Avril, 563.
- Rivages. Protection contre les érosions (Carey). SA. Z Mai, 650.
- Roulis. Amortisseur Crémieu. CR. 6 Mai, 966.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Ailes et aéroplanes. E. 19 Avril, 525.
- — La navigation aérienne (BadenPowelJ). SA. 19 Avril, 596.
- — Expériences aérodynamiques en Russie. Nature, 25 Avril, 609.
- — Aéronautique à l’étranger (Eepitallier). Gc. 4 Mai, 6.
- — Aérostave Bertelli. Va. 11 Mai, 300. Calcul. Machine à additionner et enregistrer Burrough. E. 3 Mai, 580.
- — Intégromètre à lame coupante Jacob. CR. 29 Avril, 898.
- Chaudières. Accidents en Angleterre en 1906. E. 26 Avril, 558.
- — Rendement. Influence de la qualité des combustibles. RM. Avril, 395.
- — Circulateur Kunert. VDI.21 Avril, 641. — Foyers à pétrole. Essais de l’amirauté américaine. Ocl. city. Best Armstrong-Whitworth. Christensen Friedmann. RM. Avril, 391.
- — — en tubes. Résistance à la pression.
- RM. Avril, 395.
- — — fumivores Bernent. Rulf .RM. Avril,
- 397.
- — Injecteurs Brooke. Penberty. Metcalfe. RM. Avril, 399.
- — — Essai d’un injecteur à haute pres-
- sion. (id.), 403.
- — Plaque tubulaire Fremont. RM. Avril,
- 398.
- — Surchauffeurs Babcox. Cruse, Gordon. Hargreaves. Clark. Chapmann. Mac Phail. Paxman. Schmidt, Steinmul-ler. RM. Avril, 407.
- — — pour stations centrales, (id.), 418.
- — — Emploi moderne de la surchauffe
- (Bolton). EM. Mai, 209.
- — Purgeurs Creipel Hargreaves Baird. RM.
- Avril, 420.
- Joints universels (Bartlett). AM A. 20 Avril, 475.
- Levage. Ascenseurs hydrauliques de la Metropolitan Life insurance G0. IU. 27 Avril, 162.
- — Derrick de 150 tonnes Cowan. E'.ZMai,
- 455.
- — Bigue de' 40 tonnes de Trieste. Pm.
- Avril, 54. Ri. 20 Avril, 153.
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-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1907.
- 673
- Levage. Grues pivotantes dans l’usine de la Rerlin Anhaltische Maschinenbau. Gc. 27 Avril, 440.
- Machines-outils. Ateliers de canons Coven-try, Glasgow. E. 3 Mai, 572.
- — — et école d’Altona : Locomotives.
- EM. Mai, 170.
- — Théorie du magasin (Whittemore). EM. Mai, 225.
- — Fabrication des fusils à Birmingham. E'. 10 Mai, 471.
- — Calibres. Pied à coulisse à cadrans Drake et Gorman. E. 3 Mai, 601.
- — Fraiseuses Muir pour arbres coudés. Pearn. RM. Avril, 388.
- — — Leblond. AMa. 4 Mai, 561.
- — Meule Landis. AMa. 11 Mai, 004.
- — Outils rapides. Travail sur fontes (Taylor). Ailla. 27 Avril, 519.
- —* — Évolution de leuracier (Carpenter). E. 3 Mai, 569.
- — Marteaux pneumatiques. Divers. Dp. 11 Mai, 292.
- — — Hessenmuller Berner. VD1.13 Avril,
- 571.
- — Perceuse radiale Asquith. E. 19 Avril, 404.
- — — Poussée sur l’outil (Hess). Ail/a.
- 11 Mai, 398.
- — Riveuse à air comprimé Guldner. VDI. 13 Avril, 570.
- — Tour vertical Low Moor C°. E1. 3 Mai, 455.
- — —• de précision Pratt. Whitney. Ri.
- 11 Mai, 181.
- ' — — Apollo. E. 19 Avril, 529.
- — — à' commande électrique Bréguet.
- Ri. 20 Avril, 155.
- — — à fileter (les). (Nicolson et Smith).
- E1. 19-26 Avril, 384, 411; 3-10 Mai, 441-465.
- — à bois h l’Exposition de Nuremberg.
- . VDI. 20 Avril, 619.
- Moteurs à vapeur. Pression moyenne et économie. E'. 10 Mai, 477.
- — turbine Riedler-Stumpf de 2000 chev.
- (Rotscher). VDI. 20-27 Avril, 605,658.
- — — Zoelly. Z01. 19 Avril, 289; 4 Mai,
- 707.
- — — Curtis. Marine. E. Mai, 597.
- — Distribution Heusinger Joy (Dafinger). Dp. 20-27 Avril, 247, 263.
- Moteurs à vapeur. Arrêt. Dison. Gc. 11 Mai, 28.
- — Stuffing box Mac Culloch. E. 19 Avril, 403.
- — Volants, assemblage Haiglit renforcé. AMa. 27 Avril, 315.
- — à gaz. Station de Johannesberg. E'.
- 26 Avril, 429.
- — — Allumage magnéto Simms Bosh à
- bougie. Va. 20 Avril, 251.
- — Gazogènes. Emploi dans les mines (Junge). Eam. 27 Avril, 796.
- — — Bardot pour automobiles. La Na-
- ture, 20 Avril, 335.
- — — Pierson et moteur Crossley de
- 85 chevaux. Ri. 4 Mai, 173.
- — — Marconet. Gc. 11 Mai, 24.
- — à, pétrole. Diesel. Emploi des goudrons
- (Kutzbach). VDI. 13-20 Avril, 581,613.
- — — Appareil à mesurer le débit d’es-
- sence Krebs. 29. CR Avril, 906.
- — — Carburateurs Charron, Roubeau,
- Longuemarre, Briest, Clément, de la Buire, Gardner, Hamilton, Johnston, Lefebvre,Olds,Richard, Simms, Wolseley, Pipe, Bertheau, de Marre, Gautreau, Paxman, Morwood, Thorny-croft, Bellis. Lion, Britannia, Ni-cholson, Eveno, Hall, Sanderson. RM. Avril, 364-387.
- Résistance des matériaux. Causes de faiblesse de certaines pièces de machines (Stanton). E. 19 Avril, 505.
- — Nouvelles machines et méthodes d’essai (Breuil). RM. Avril, 313-363. Roulement sur galets. Construction des. AMa.
- 11 Mai, 583. ,
- Similitude en mécanique (La). E. 10 Mai, 619. Textiles. Machine Valençon pour la production des fils fantaisie flammés ou boutonnés Dantzer. It. 15 Avril, 144. Valveauto-rodeuse. Lunkenheimer.E. 26 Avril, 561.
- MÉTALLURGIE
- Alliages de cuivre. Constitution des (Guillet). CIi. 22 Avril, 845.
- Calculs graphiques de métallurgie (Brown).
- Electrochemical. Mai, 175.
- Exposition de Liège. La métallurgie à F. (Bréda). Ru. Mars, 245.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1907.
- 674
- Fer et acier. Aciérie, compound moderne. Electrochemical. Avril, 122.
- — Acier coulé. Fabrication des pièces en.
- (Weyland). Ru. Mars, 306.
- — Électro-sidérurgie. Calculs d\ (Richards). Electrochemical. Mai, 16a.
- — Four électrique Kjellin de 24 tonnes, [kl), 172.
- — Note sur quelques fours électriques à acier (Saconney). Im. 1907, YI, 411. — Enfourneuse Welmann. Gc. 20 Avril, 417.
- — Hauts fourne aux actuels.Electrochemical. Avril, 120.’
- — — de l’Illinois Steel C°. Ri. 27 Avrib 161.
- — Laminoirs électriques (Bidge). E. 10 Mai, 627.
- — Fonderie. Machines à mouler modernes (Palmer). AMa. 20-27 Avril, 489; 523.’
- — Trempe. Four à tremper Haskins. Gc-4 Mai, 13.
- Mercure. (Gauthier). Pm. Avril, 62.
- Or. Éleclrolyse des solutions cyanurées (Lay).
- Eam. 27 Avril, 801.
- Zinc. (Gauthier). Pm. Avril, 58.
- MINES
- Argent. Mines Bonanza à cobalt de l’Ontario. Eam. 27 Avril, 793.
- Bois de mines. Conservation des (Nelson). Eam. 4 Mai, 839.
- Extraction. Machine Sullivan-Corliss. Eam. 27 Avril, 806.
- Système Kolpe (Moulin). Im. 1907, VI. 365.
- Fer. Dépôts du nord de la Suède. E. 26 Avril, 556.
- Galerie souterraine des mines de lignite de Gardanne à la mer (Dornage). AM-Fêv., 225.
- Gazogènes pour moteurs. Emploi dans les mines (Junge). Eam. 27 Avril, 706. Houillères de Cumberland Cap (Pultz). Eam. 27 Avril, 808.
- — Affaissement dus aux exploitations
- houillères (Sainte-Claire Deville). Im. 1907, VI, 411.
- — Rôle de la géologie dans le bassin houil-
- ler du Nord et du Pas-de-Calais (Ba-dois). (id.), 493.
- — Triage à la Pacific Coal Mine C° Alberta.
- Eam. 4 Mai, 857.
- Mèches de sûreté. Enquête sur les. AM. Fév., 252.
- Fatal. Industries minières au. E. 19 Avril, 507.
- Or. Draguage d’or. E'. 10 Mai, 482.
- Pétrole. Industrie du — en Roumanie, 1906. Ru. Mars. 323.
- Philippines. Mines et minerais. Eam. 4 Mai, 852. •
- Plomb. Dépôt de cérusite à Custer. Eam. 4 Mai, 844.
- Préparation mécanique. Triage magnétique des minerais de fer, procédé Grondai. Electrochemical. Avril, 134.
- — par flottement à vide, procédé Elmore.
- Eam. 27 Avril, 800; FJ 10 Mai, 469. Stratamètres pour mesurer l’inclinaison des couches d’un sondage. Gc. 20 Avril, 420.
- Tungstène. District de Panasquera, Portugal. Eam. 4 Mai, 843.
- Le Gérant: G. Richard.
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-
-
- 106» ANNÉE.
- JUIN 1907
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- UNE'
- FAMILLE D’ILLUSTRES SAVANTS
- QUELQUES SOUVENIRS
- DE CONTÉ, HUMBLOT-CONTÉ, JACQUES, PAUL ET ARNOULD THENARD, par M. Liébaut, membre du Conseil (1).
- Le 25 novembre 1846, J.-B. Dumas, président de la Société d’Encoura-gement pour l’Industrie Nationale, adressait au baron Jacaues Thénard la lettre suivante : « Monsieur le baron, la Société d’Encouragement, qui était si heureuse de vous voir à sa tête, a été profondément peinée de l’inutilité de ses efforts pour vous y conserver. Votre dévouement lui était connu; votre illustration rejaillissait sur elle ; la confiance de l’industrie, celle du gouvernement du roi vous rendaient tout facile dans son intérêt.
- « Elle a désiré vous donner une marque de sa reconnaissance profonde pour les soins que vous lui avez accordés et des sentiments élevés que
- (J) Conférence du 24 mai 1907. Parmi les auditeurs de cette conférence, nous tenons à citer, afin que ce souvenir reste dans‘nos archives, les noms de la baronne Arnould Thénard, de Mlle Pauline Thénard, du baron et de la baronne Louis Thénard; de Mme Pasteur; de M. et de Mme Vallery-Radot accompagnés de leur fils, M. Louis Pasteur Vallery-Radot ; de Mme et de Mlle N.-J.-B. Dumas.
- Ainsi, pendant que l’orateur faisait revivre la mémoire de ces savants, il était entouré de leurs familles, dont la présence donnait aux souvenirs évoqués une vérité saisissante et un charme incomparable.
- Tome 109. — Juin 1907.
- 45
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- 676
- UNE FAMILLE ü’iLLUSTRES SAVANTS. ------ JUIN 1907.
- votre noble vie lui inspire, en vous priant de vouloir bien conserver le titre de Président honoraire. Elle ose compter sur votre constant intérêt, et elle ne sait que ce moyen de vous prouver son respect, son affection et son désir d’avoir quelque part dans vos pensées.
- « Elle verrait avec bonheur que l’état de votre santé vous permît de présider sa* prochaine séance publique. Les membres de la Société, ceux du Conseil, regarderaient comme un beau jour celui qüi leur donnerait l’occasion d’entendre de nouveau votre voix respectée et de vous témoigner par leurs empressements affectueux tous les sentiments de vénération dont ils sont animés pour le plus noble représentant de la Science et de l’Industrie française.
- « J’ai l’honneur d’être, monsieur le baron, avec les sentiments de la plus hapte considération, votre, très humble et très obéissant serviteur. Dumas, Président de la Société d’Encouragement. ».
- Nous avons pensé, Messieurs, que cette lettre éloquente devait être le premier parmi les souvenirs de la famille Thénard, que nous nous proposons d’évoquer devant vous. Elle fait le plus grand honneur aux deux illustres savants qui ont si longtemps, et avec tant d’éclat, présidé à nos destinées; et, parlant devant leurs images, voisines comme le furent leurs grandioses existences, il nous a sembléque notre devoir était de rappeler les sentiments d’affectueuse estime et de réciproque admiration qui unirent deux si grands hommes.
- Jacques Thénard n’était pas le premier de sa famille qui ait servi la Société d’Encouragement. On sait qu’il avait épousé la fille d’Humblot-Conté, gendre lui-même de Nicolas-Jacques Conté.
- « Conté, a dit l’empereur Napoléon Ier, Conté qui était à la tête des Aéro-nautes ; homme universel, ayant le goût, les connaissances et le génie des Arts ; précieux dans un pays éloigné, bon à tout, capable de créer les Arts de la France au milieu des déserts de l’Arabie. »•
- « Conté, a dit Berthollet, est la colonne de l’expédition d’Égypte et l’âme de la colonie. »
- « Conté, disait Monge, a toutes les sciences.dans la tête et. tous les;arts dans la main. »
- Cet homme de génie était né à Saint-Cenery, près de.Séez, le 4 août 1755. Ses aïeux cultivaient leur domaine depuis deux cent cinquante ans. Les femmes de cette famille étaient remarquables par leur solide raison, par leur esprit distingué, par leurs éminentes vertus et, par-dessus tou,t5Jpar
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- UNE FAMILLE D’iLLUSTRES SAVANTS.
- leur exquise bonté, se traduisant par une inépuisable bienfaisance. Il a été facile de constater que, durant le cours du xixe siècle, la famille n’avait pas perdu ce rare et précieux privilège.
- Dès le bas âge, Conté manifesta un goût extrême pour l’étude, et aussi une remarquable dextérité pour les ouvrages de la main. Cette dernière aptitude fut une des*causes de ses succès. Dispensé de recourir à une aide étrangère pour réaliser ses conceptions, il allait au but droit et vite, sans aucun tâtonnement. On a pu dire de lui : « Ce que sa tête avait conçu, sa main l’exécutait avec autant de facilité que de précision et de rapidité. »
- A huit ou neuf ans, il fabriqua un violon qui servit dans des concerts. A quatorze ans, il exécuta dans une église une série de fresques réellement remarquables par la vigueur du dessin et le goût du coloris. Élève de Greuze et de Hall, l’Isabey de ce temps, il peignit jusqu’à la Révolution un grand nombre de portraits. Mais son génie inventif le poussait vers d’autres travaux. Il s’occupait de tous les arts : de chimie, pour améliorer les couleurs ; de physique et de mécanique pour réaliser des aérostats : sur la demande du Comité des monnaies, il créa un outillage pour la frappe des médailles : il imagina pour Marly une machine hydraulique reconnue par l’Académie des Sciences comme la plus simple et la plus ingénieuse. Ses travaux de chimie hautement appréciés par Guyton de Morveau, Fourcroy, Vauquelin, le conduisirent à^améliorer singulièrement le blanchiment des toiles. A un certain moment, il fallut procurer promptement à nos ingénieurs, à nos officiers, des crayons à dessiner : la guerre ne permettait pas de recourir à la plombagine d’Angleterre. Conté, en huit jours, imagina et fabriqua des crayons artificiels ayant les propriétés des crayons de mine de plomb. On a pu dire, à juste titre, qu’il avait suffi à sa patrie de lui commander une découverte. En 1796, Carnot le chargea de rendre pratique pour la guerre le service des aérostats. Conté avait à perfectionner la fabrication du gaz, celle de l’enveloppe et des vernis; il devait simplifier la construction de l’ensemble sans nuire à la solidité, prévenir la perte du gaz, l’altération des tissus, et enfin arriver à la plus faible dépense possible. On prépara quatre ballons: /’ Entreprenant pour l’armée du Nord; le Céleste pour l’armée de Sambre-et-Meuse, l'Hercule et /’Intrépide pour l’armée de Rhin-et-Moselle : plus tard, un autre, pour l’armée d’Italie. Au cours de ses travaux, Conté fut victime d’un» accident terrible : une explosion de gaz lui fit perdre l’œil gauche. C’est pendant sa convalescence qu’il
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- UNE FAMILLE D ILLUSTRES SAVANTS.
- JUIN 1907.
- commença à s’occuper de la création du Conservatoire National des Arts et Métiers. Vandermonde et Leroy lui furent adjoints. Tous trois portèrent le titre de Démonstrateurs. Plus tard, Vandermonde et Leroy furent remplacés par Molard et Mongolfier.
- Avant de partir pour l’Egypte, Conté avait présenté à l’Académie des Sciences son nouveau baromètre transportable.
- Le cadre de cette notice ne nous permet pas de le suivre dans cette mémorable expédition.
- Mais, pour donner une idée de son noble désintéressement, nous citerons ce'passage d’une lettre adressée par lui à Mmc Conté pendant son séjour en Egypte : « Ne pense pas à changer d’appartement. Je te reviendrai dans les conditions où j’étais au départ. Tu es sans doute trompée par bien des changements dans notre entourage et je vois en effet bien des situations s’améliorer; mais, ma tendre amie, je ne puis imiter ces gens ni comprendre leur conduite. »
- Au moment où il allait rentrer en France, on s’occupait de fonder une Société libre qui se donnait pour mission d’encourager et d’améliorer l’Industrie Nationale. Voici dans quels termes Jomard parle de l’institution nouvelle :
- « Tout ce que Paris comptait d’hommes distingués par leur patriotisme et leurs lumières, tous les amis du progrès, tous les citoyens cherchant à adoucir le sort des classes laborieuses se réunirent d’un mouvement spontané fait pour honorer cetté époque si marquante par elle-même. » (1802.)
- Le Premier Consul Bonaparte, les deux autres Consuls, Chaptal ministre de l’Intérieur, Sieyès, François de Neufchâteau, sénateurs, Fourcrov, Portalis, Régnault de Saint-Jean-d’Angély, de Gérando, Costaz, Mathieu de Montmorency, Pastoret, Champagny, Bigot de Préameneu, conseillers d’Etat; le général Lafayette, Camille Jordan, Benjamin Delessert, Monge, Cabanis, Guyton deMorveau, Laplace, Berthollet, Vauquelin, Molard, Mon-golfîer, Cels, de Candolle, Parmentier, Prony, Huzard, de Lasteyrie, etc., en un mot tout ce qu’il y avait d’illustrations politiques et scientifiques, tels furent les fondateurs de la Société d’Encouragement. On sentait le besoin de tirer l’industrie de l’état lamentable où elle était réduite : ce que n’aurait pu faire l’autorité supérieure, une association indépendante, puissante par ses ressources personnelles, osait le tenter. Conté arrivait d’Egypte au moment de la formation de notre Société. Il s’inscrivit au nombre des fondateurs, et de suite se fit remarquer parmi les plus actifs.
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- Les quatre premières années du Bulletin sont remplies de ses inventions et de scs rapports. Parmi ses créations de cette époque, figure la fameuse machine à graver à laquelle il faut attribuer, entre autres services,la rapide et merveilleuse exécution de l’ouvrage sur l’Lgypte.
- Nous avons placé en tête de cette notice les appréciations de Napoléon, de Berthollet, de Monge : voici celle de Chaptal, formulée dans une lettre adressée par lui à Conté en 1801 :
- « Le gouvernement, informé des services que vous rendez à l’armée d’Orient, me charge d’être auprès de vous l’interprète de sa satisfaction. L’Europe vous devait des découvertes utiles : l’Egypte vous devra presque tous ses arts. Telle est la destinée de cette précieuse colonie que tout en elle tient du prodige : le génie et l’héroïsme paraissent s’être réunis pour former des titres à l’admiration des peuples. Il vous est glorieux d’attacher votre nom à tous les monuments qui doivent à jamais illustrer l’Egypte. Il est permis de s’enorgueillir lorsque, comme vous, on peut dire : « J'ai construit le premier moulin; j’ai formé la première fabrique; j’ai préparé le premier acier; j’ai fondu le premier canon! »
- Hélas ! Messieurs, à cette époque, de telles paroles excitaient dans les cœurs français une noble et légitime fierté : à présent, avec quelle amertume nous lisons ces lignes écrites par notre illustre fondateur à propos de la colonie d’Égypte !
- Après le retour de Conté en France, le premier Consul s’empressa de tenir la parole qu’il lui avait donnée en Orient. Il envoya auprès de lui le général Belliard, chargé de lui demander quelle récompense il désirait. Pour toute réponse, Conté lui dit : « Je désire que tous ceux qui ont servi sous mes ordres reçoivent de l’avancement. »
- Le gouvernement avait décidé l’établissement de plusieurs écoles d’arts et métiers. Deux savants furent chargés par le ministre Chaptal d’instituer et d’organiser à Compiègne la première de ces écoles. Ces deux savants étaient Conté et Louis Costaz, vice-président de la Société d’En-couragement. Le but de cette école était de faire d’habiles contremaîtres et de peupler un jour les ateliers de la France de chefs possédant à la fois l’expérience pratique et les connaissances mathématiques, physiques et chimiques indispensables. L’école de Compiègne, transférée depuis à Châlons-sur-Marne, est devenue le modèle des autres.
- Tout le monde sait que l’ascension de Biot et de Gay-Lussac eut lieu au Conservatoire des Arts et Métiers ; mais ce qui est moins connu, c’est
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- que le ballon rapporté d’Égypte par Conté fut celui qui servit le 23 août 1804 à cette expérience si -célèbre dans l’histoire des sciences. Pendant que nous sommes au Conservatoire, il-paraîtra peut-être intéressant de savoir ce que cet établissement contenait de plus remarquable en 1805. Nous avons sous les yeux une lettre en date du 26 pluviôse an 13, écrite entièrement de la main de Conté et portant cette suscription : « Conté, démonstrateur au Conservatoire des Arts et Métiers, à Monseigneur le Porte-Croix de Sa Sainteté. »Nous ne pouvons reproduire ici cette pièce si curieuse. Il nous suffira de dire que Conté annonce au prélat l’envoi d’un rapport sur la visite que le Pape a bien voulu faire au Conservatoire : « le 25 pluviôse an 13 (14 février 1805), le Saint-Père a visité le Conservatoire national des Arts et Métiers. Il a été reçu par MM. Mongolfier, Molard et Conté, administrateurs de cet établissement, et M. Conté, membre de la Légion d’honneur, lui a adressé un discours. L’attention de Sa Sainteté a été souvent détournée -du but qu’elle s’était proposé : de voir en détail le dépôt de l’Industrie humaine dans les arts utiles, par l’empressement d’une multitude de fidèles accourus des différents points de la capitale pour jouir du bonheur de la voir et de recevoir sa bénédiction paternelle, Les regards de Sa Sainteté se sont portés principalement sur les appareils suivants :
- « Une machine de M. Richer, qui a servi à la fabrication du papier-monnoye et qui, en imprimant le texte, imprime en même temps tous les nombres depuis 1 jusqu’à 999, les numéros venant se placer d’eux-mêmes* par un mécanisme particulier.
- « Une machine à graver de l’invention de M. Conté, employée dans l’exécution de l’ouvrage sur l’Égypte.
- « Une machine à diviser les cercles pour la construction des, instruments d’astronomie et de tous ceux de précision. Cette machine est combinée de manière que les divisions s’opèrent régulièrement par le mouvement simple d’une pédale.
- « Un tour en l’air de Yaucauson, au moyen duquel on taille avec une exactitude précise les vis, fusées, roues d’engrenage.
- « Différents tours à figurer et à guillocher de Tobie Merldein et d’autres artistes.
- « Le tour en l’air de Plumier.
- « Les soies moulinées par M. Jubier, de l’Isère, au moyen des machines de Yaucauson.
- « Les dentelles, les linons, les toiles cirées, les tricots imitant les den-
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- telles, le métier à fabriquer ces derniers tissus par le mouvement d’une manivelle.
- « Un métier de Despiau qui dispense l’ouvrier de lancer la navette à la main.
- « Les ^machines à'filer le coton, les plus parfaites qui existent en Europe, et les numéros depuis celui qui comporte cent cinquante mille, aunes à la livre jusqu’au fil le plus commun.
- « Les planches polytipêes par M.Stanbarth pour l’impression des étoffes, et comme découvertes intéressantes de nouvelles étoffes de M. Chenavard,
- de Lvoii.
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- « L’écluse à’sas mobiles de MM. Solage et Bossut, qui économise dans les canaux de navigation les 99 centièmes de l’eau.
- « Le bélier hydraulique de M. Mongoltîer.
- ^ « Une machine hydraulique de M. Conté.
- « Les instruments de M. Molard pour couper la tôle et les autres métaux laminés.
- « Et, ajoute Conté, une multitude innombrable d’objets qui intéressent la prospérité publique et qui ont trait à l'agriculture, au commerce et aux progrès des connaissances humaines. »
- Pourquoi faut-il que la mort soit venue si vite priver le pays d’un tel serviteur?
- La perte de sa femme plongea l’illustre savant dans un profond chagrin et dans une sorte de complet découragement. Il répétait souvent qu’il ne pouvait plus rien faire n’étant plus stimulé par le désir de plaire à celle qu’il avait tant aimée et qui était si digne de sa tendresse. Sa fille, Mme Humblot, et son gendre, qu’il regardait comme un fils, essayèrent Vainement de le réconforter. Sa santé déclina rapidement, et, le 15 frimaire an 14 (6 décembre 1805) ayant à peine cinquante ans, il mourut d’un anévrisme dans la force de l’âge et du talent, la tête remplie d’idées neuves et utiles, le cœur plein de nobles pensées. Sa seule consolation était la conscience que la Patrie n’avait jamais invoqué son secours sans qu’il n’ait répondu à son appel en lui rendant les plus signalés services.
- Son gendre Humblot-Conté était né en 1777.
- Fils d’un membre très distingué de l’Assemblée constituante, il avait reçu la meilleure éducation. Les principes d’honneur et de loyauté qui régnaient dans sa famille s’inculquèrent si profondément dans son cœur
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- que toutes les actions de sa vie sont empreintes de ce caractère moral propre aux hommes supérieurs éminemment pénétrés du sentiment du devoir. Il était bien jeune encore lorsque éclata la première révolution ; mais* partageant l'enthousiasme du moment, il s’engagea volontairement parmi les défenseurs de la patrie. Dès que la liberté des élections ne fut plus un vain mot, il fut envoyé par l’arrondissement de Charolles et ensuite par celui de Villefranche à la Chambre des*députés.
- Il y siégea à côté de Foy, de Casimir Perier, de Manuel, de Benjamin Constant. Il fit partie des 221 et, en 1832, il fut élevé à la dignité de Pair de France. A lui venaient s’adresser tous les intérêts dont il s’est toujours montré l’habile défenseur, tout en se gardant avec soin de seconder jamais des prétentions mal fondées. Trop noble pour n’être pas désintéressé, trop simple pour être ambitieux, juste appréciateur de la popularité, qu’il ne dédaignait ni ne recherchait, Humblot-Conté mérita qu’on rappelle sur sa tombe cette parole célèbre : « C’est en honorant la mémoire des grands citoyens qu’on leur prépare de dignes successeurs et qu’on encourage leurs descendants à les imiter. »
- Dans les archives de la famille, nous avons trouvé une lettre, en date du 6 nivôse an 14, adressée à M. Humblot par Mathieu de Montmorency, secrétaire de la Société d’Encouragement. Nous en extrayons ce qui suit :
- « Monsieur, dans un moment où la Société d’Encouragement s’occupe du soin d’honorer la mémoire de M. Conté et de la conserver dans son sein, il lui est doux de pouvoir y admettre une personne alliée de si près à ce savant. En prenant sa place, vous succédez pour ainsi dire a l’une de ses pensées favorites et vous vous montrez animé du zèle pour les arts qui a’ marqué sa carrière de tant de choses utiles. Le Conseil avait compté sur vous, Monsieur, pour seconder son intention d’élever un monument qui attestât son attachement à la mémoire de monsieur votre beau-père et qui perpétuât le souvenir de ses travaux. Dans cette vue il a décidé que son buste ou son portrait serait placé dans la salle des Séances, et qu’il serait rédigé une notice de ses découvertes et de tout ce qu’il a fait pour le perfectionnement des Arts et des Sciences. »
- Humblot-Conté mourut le 23 janvier. 1845 et la Bourgogne l’a toujours considéré comme un de ses bienfaiteurs.
- Sa fille avait épousé Jacques Thénard.
- Né à la Louptière, arrondissement deNogent (Aube), le 4 mai 1777,
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- «et illustre savant était le fils d’un fermier de la marquise de Montessus. Les prénoms de son père étaient Étienne-Amable.
- Mme Étienne Thénard avait une fille née d’un premier mariage : elle eut ensuite quatre fils et deux filles. Louis-Jacques était le second fils. Antoine, le quatrième, est mort ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, après avoir exécuté de beaux travaux et inventé un système de barrages mobiles. Après la Terreur, Étienne Thénard fut contraint de quitter la riche ferme de la Louptière et se relira dans un bien de famille au village de Cour-ceaux. Mrae Thénard avait remarqué les aptitudes de son fils Jacques. Quand il eut quinze ans, elle voulut qu’il puisse recevoir à Paris les leçons des grands maîtres. L’enfant partit et débarqua rue de la Harpe, dans une maison aujourd’hui détruite, et qui faisait face à la rue de l’École-de-Mé-cine. Péniblement, on avait assuré au futur grand homme une pension de seize sols par jour. Son rêve était d’être pharmacien. Il commença à suivre, avec quelle ardeur! avec quelle assiduité! les cours de Vauquelin et de Fourcrov. On sortait de la Terreur : l’émotion était grande encore : les savants épouvantés du supplice de Lavoisier étaient plus préoccupés de préserver leur vie que de faire des élèves. Vauquelin, seul, avait un laboratoire où il admettait des jeunes gens moyennant vingt francs par mois. S’armant de courage, Thénard va trouver Vauquelin, lui expose sa situation ei lui offre, en compensation du prix de la pension, de servir de garçon de laboratoire. Vauquelin est énm de cette démarche; mais il est sans fortune : le laboratoire ne fait pas ses frais : il refuse.
- Heureusement MUes Vauquelin avaient assisté à l’entretien. Thénard les avait intéressées par son air intelligent et ouvert, par sa bonne tenue, et peut-être par son origine semblable à la leur. « Tu devrais garder cet enfant, disent-elles à leur père : il est gentil ; il aiderait à notre ménage, surveillerait le pot-au-feu que tous tes muscadins nous laissent trop bouillir. » C’est ainsi que Jacques fut installé et que, pour première leçon de chimie pratique, il apprit qu’un pot-au-feu, qui bout trop, donne de mauvais potage.
- Nous empruntons textuellement ce récit à là touchante notice que Paul Thénard nous a laissée sur son père.
- Pourquoi donc le jeune chimiste voulait-il absolument entrer au laboratoire? C’est, qu’après quelques auditions des cours publics, son merveilleux bon sens l’avait de suite averti que, pour bien apprendre les sciences physiques, il ne suffit pas de lire des livres, d’entendre des leçons, devoir de loin quelques réactions; mais qu’il faut surtout manier les instruments
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- et lesappareils, goûter, sentir les matières, faire soi-même les expériences,, les varier de cent façons différentes, enfin observer de près la nature pour surprendre ses secrets.
- Bientôt, grâce à sa vivacité, à sa franchise, à son obligeance, à son bon caractère, le jeune garçon de laboratoire se fît-du maître et des élèves autant de véritables amis.
- Ce fut là qu’il se lia avec Humblot qui le conduisit chez le célèbre Conté, et c’est à cette présentation qu’il dut de pouvoir étudier, en outre de la chimie, la mécanique, la physique et la physiologie. Un jour, Vauquelin confia à Thénard une recherche difficile : il en'résulta la découverte d’un corps nouveau. Au moment où la démonstration du phénomène venait d’être faite, le cours commençait. Thénard avait le tablier au cou, le dos appuyé à la paillasse. Vauquelin entre : les élèves le saluent comme à l’ordinaire de leurs applaudissements ; mais le maître, au lieu de commencer sa leçon, prend Thénard par la main, l’amène sur le devant de la chaire et s’écrie : « Messieurs, un élément nouveau vient d’être isolé; je le soupçonnais depuis longtemps dans l’Émeraude de Limoges; c’est votre camarade Thénard qui m’a rendu ce service. Dorénavant vous aurez pour lui la considération qu’on doit au talent. C’est un chimiste, Messieurs, et un chimiste qui ira loin, peut-être plus loin que moi! » A ces mots, Vauquelin arrache le tablier de son préparateur et le jette au vent. Thénard avait disparu. La leçon s’acheva sans lui. Peut-être nos modernes critiques trouveront-ils que la scène était un peu théâtrale ; mais il faut se reporter à ce temps où la science excitait un enthousiasme sincère ; et qui oserait dire qu’un pareil enthousiasme est entaché de ridicule?
- A partir de ce jour, la fortune ne cessa de sourire à ce savant de vingt ans ! Elle lui est restée fidèle durant toute sa longue carrière ; mais cette fidélité si rare fut encore surpassée par celle que Louis-Jacques Thénard . sut garder à la Science et à la Patrie ! Mais que de soins, que d’efforts il lui fallut pour arriver à la perfection du professorat ! Thénard savait bien ce qui lui manquait au début. Talma fut son ami et son maître. Il lui donna le geste et le débit simples, nobles, assurés, qui furent toujours si remarqués.
- Vauquelin, obligé d’aller à Rome pour la question des aluns, dut, po\ir quelque temps, se faire remplacer par Thénard. Le succès du suppléant dépassa toute prévision. La salle était trop petite pour contenir les auditeurs arrivant de partout. _
- Le père de M. Pelouze racontait qu’un jour le jeune professeur, abso-
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- lument maître de son sujet, promenait avec assurance son regard sur l’assemblée attentive et suspendue à sa parole. Tout à coup il aperçoit Vau-quelin etFourcroy qui souriaient au succèsde leur élève favori. A cette vue, il pâlit : son visage se décompose à ce point que tout l’auditoire se lève : le professeur disparaît suivi de Vauquelin et de Fourcroy, tous deux profondément émus du plus grand et du plus sincère de tous les hommages !
- Deux jours après, Thénard était nommé répétiteur à l’École polytechnique aux appointements de quinze cents francs. Quelle fortune! Il avait vingt-deux ans (1799).
- N’est-il pas véritablement remarquable de voir un des hommes les plus sûrs d’eux-mêmes, un savant renommé pour son assurance, sa clarté, son sang-froid au milieu des plus grandes assemblées, faillir tout à coup devant ses maîtres et ses grands émules.
- Ce fut ce qui arriva encore une fois au moment où la découverte de l’eau oxygénée attirait à Paris la plupart des savants du monde, qui voulaient voir de leurs yeux, toucher de leurs mains cette merveille extraordinaire. Berzélius avait fait comme les autres. Un jour, à la Faculté,, l’amphithéâtre était comble : toutes les issues étaient obstruées :• la chaire* elle-même était si encombrée que le professeur et le préparateur pouvaient à peine se retourner. Thénard fixe un point de l’auditoire : puis, l’abandonne : puis y revient, et cela à plusieurs reprises.
- Petit à petit, son langage se ressent de cette distraction et devient confus; tout à coup, il s’arrête, et après un moment de silence, il dit d’une voix grave et lente : « Pardon, Messieurs, si j’ai failli : Berzélius est là! »
- L’illustre Suédois disait en sortant de cette mémorable séance : « Comment ne pas être bon professeur quand on a de tels élèves, et comment ne pas avoir de tels élèves quand on est un tel professeur ! »
- Les deux savants firent entre eux les plus nobles échanges. Berzélius assista à quelques leçons de Thénard, et les paya généreusement en reproduisant dans le laboratoire, devant un auditoire d’élite, ses plus récentes découvertes.
- Thénard, installé dans son laboratoire de l’École polytechnique, put commencer à travailler pour lui-même. Bientôt parut son premier mémoire-relatif aux composés oxygénés de l’antimoine et à leurs combinaisons avec* l’hydrogène sulfuré. Guyton de Morveau, rendant compte de ce travail à l’Académie, disait : « Vos commissaires ont reconnu dans l’auteur de ce travail un chimiste imbu des vrais principes, exercé aux manipulations-
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- «délicates, en possession de tous les moyens de faire avancer la science. »
- Les études les pins intéressantes, les découvertes les plus utiles, les observations les plus fines se succèdent rapidement.
- Chaplal le fait venir : « Voilà, lui dit-il, un sac contenant quinze cents francs. Vous allez vous servir de cet argent pour découvrir un bleu qui remplace le bleu d’Outremer. » Thénard se révolte. Chaptal se fâche, le prend par les épaules et le met à la porte en disant: « Je n’ai pas le temps de t’écouter; va-t’en et apporte-moi mon bleu! »
- Quinze jours après, le bleu de cobalt, appelé bleu Thénard, était découvert : un mois plus tard, les plus beaux vases de Sèvres en étaient ornés.
- Franchissons une longue suite d’années. Arrivons à 1834. Le hasard •venait de faire découvrir dans une usine des environs de Marseille une brique de fourneau que la calcination au contact des produits de la fabrique avait en partie transformée en bleu d’Outremer. Ce fait remarquable annoncé à Thénard le frappe au plus haut degré. En sa qualité de président de la Société d’Encouragement, il met cette question au concours avec un prix de 12 000 francs. Un capitaine d’artillerie, Guimet, remporte -ce prix. Le bleu Thénard perdait ainsi beaucoup de son importance ; mais Ta science et l’art y gagnaient, et cela enchantait le président de notre Société : l’œil radieux, il dit à l’heureux inventeur en lui remettant la récompense promise :
- « Le plus grand plaisir pour une âme droite c’est de rendre un service ^mérité ; mais quand celui qui en est l’objet est votre élève et presque votre • enfant, le sentiment devient plus vif encore. Il s’y joint un secret contentement d’avoir créé un homme utile, un homme de mérite, qui, dans une position plus élevée, rendra plus de services.à la Patrie! »
- Le 24 avril 1809, l’organisation de la Faculté des Sciences amena. ‘Thénard dans la chaire de chimie. Au Collège de France, il réserva l’analyse et la philosophie chimique ; à la Sorbonne, les éléments. On pensait qu’avec deux cours, on éviterait l’extrême affluence, l’encombrement, les disputes, le temps perdu à faire queue pendant des heures entières. Cette attente fut déçue. Mieux servis dans leurs goûts, leurs aptitudes, les auditeurs affluèrent en plus grand nombre et ce n’est que par son intervention personnelle que le professeur pouvait obtenir un peu d’ordre. Jamais il m’accepta le concours de la police.
- A une telle masse d’élèves,il fallait un ouvrage: en 1813,parut le traité,
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- qui, tiré à dix mille exemplaires, fut épuisé en quelques mois. Une seconde édition à vingt mille fut aussi enlevée rapidement.
- En 1812, Fourcrov étant mort, Thénard lui succéda à l’Académie des Sciences. Les candidats étaient : Dulong, Darcet, Proust, Chevreul.-Thénard fut élu à lTinanimité.
- Il nous paraît intéressant de noter ici que la féconde collaboration de Thénard et de Gay-Lussac prit naissance dans le cénacle d’Arcueil. Laplace-, ministre, accablé de travail, avait besoin d’un genre de distraction qu’il' voulût bien accepter. Ce n’était pas facile. Il fallut, avec la complicité de la-marquise, sa femme, lui créer un milieu où sa passion pour la science pùt trouver ses apaisements. Biot, Gay-Lussac, Thénard, Dulong, Arago, Malus, dé Candolle, Poisson, de Humboldt, Chaptal, Berthollet fils, Bérard, père de notre président, telle est la liste complète des savants qui composaient le cénacle. Laplace ou Berthollet père présidaient. A trois heures, on prenait séance; on la levait à quatre heures et demie : c’était le tour du jeu de barres : on dînait à six heures et, à neuf heures, tout le monde était parti. Berthollet a décrit dans les termes suivants le but scientifique de la Société d’Arcueil : « La Société se réunit tous les quinze jours : on' répète les expériences nouvelles qui paraissent le mériter par leur éclat ou qui exigent des constatations. On fait les expériences indiquées par quelque membre de la Société, surtout lorsqu’elles demandent des appareils particuliers ou lorsque Fauteur désire avoir des aides, des témoins ou des conseils... »
- Depuis qu’on avait ainsi organisé ces réunions, Laplace trouvait Arcueil si à son gré qu’il en faisait une importante affaire. Malheur à qui venait l’en détourner : sa mauvaise humeur, en pareil cas, était si connue, qu’un jour l’empereur, au Conseil, le trouvant maussade, se frappa le front en-s’écriant : « Mais parbleu! c’est aujourd’hui Société d’Arcueil: vite levons la séance et donnons la volée à M. de Laplace ! »
- Thénard détestait la politique. Élu député de Sens, en 1827, il rentra-dans son laboratoire aussitôt que, pour être réélu, il fallut faire une profession de foi. Il déclara qu’il trouvait cela trop humiliant. Il refusa longtemps la Pairie. Mais on lui dépêcha le duc d’Orléans, son élève.
- « Je le vois encore, dit Paul Thénard. Il était jeune, beau, grand, fluet : il arriva chez nous par le petit escalier dérobé qui conduisait dans le cabinet de mon père et qu’il avait monté quatre à quatre. Il fallait traverser la pièce où je traduisais une version de Cornélius Nepos : il y avait.
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- du tirage. — Vous êtes le petit Thénard? me dit-il. — Oui, Monsieur. — Votre papa est seul? — Oui, Monsieur. — Là dessus il va droit à la porte, frappe et entre. — Ah ! comment, c’est vous, Monseigneur ! Mais venez donc au salon. — Non, non : j’ai à causer avec vous en particulier : — et il s’assied. J’avais souvent entendu mon père et ma mère parler du duc d’Orléans ; de l’affection qu’il avait su inspirer à son professeur; des niches qu’il faisait au laboratoire ; de plus, je l’avais aperçu aux revues,, en grand uniforme. J’ouvrais de grands yeux et de grandes oreilles, tout en ôtant ma blouse, comme si l’on prenait garde à moi; ce qui n’était guère, car on ne prit pas même la peine de fermer la porte. Le prince se met à dire : — Ah çà! mon cher maître, le roi est très mécontent de vous! vous refusez la pairie ?
- « — Que voulez-vous, répond mon père, la députation m’a si fort ennuyé et si mal réussi que j’ai renoncé pour toujours à la politique. » La conversation fut très longue ; On parla de Lafayette, de Dupont de l’Eure, de Benjamin Constant, de Laffitte, des républicains, des carlistes et de bien autres choses. Je n’y comprenais rien. Seulement ce qui me frappa, c’est qu’en s’en allant, le duc d’Orléans dit à mon père :
- « — Si vous résistez à votre élève, vous céderez au Roi qui est votre ami. »
- « Pour moi, ajoute Paul Thénard, je ne tirai de tout cela que deux conclusions : la première, c’est qu’une visite princière était un heureux antidote contre les versions latines et que, ces jours-là, on pouvait, sans crainte d’être grondé, se dispenser de les faire.
- « La seconde, c’est qu’il était de très bon goût de refuser ce qu’on vous offrait. —Aussi, quelque temps après, Madame Adélaïde ayant voulu me faire asseoir auprès d’elle aux Tuileries, au souper qui suivait un bal d’enfants, je trouvai de très bon goût de refuser obstinément. »
- Le baron Thénard joua un rôle considérable à la Cour des pairs et dans les conseils du gouvernement. Ce fut lui qui obtint contre M. Thiers que les* vaisseaux de guerre soient commandés en France.
- « Puisque ces vaisseaux sont des armes de guerre, s’écriait-il, iriez-vous demander des canons aux ennemis ! » La Cour des pairs lui donna raison. Il prit aussi une part considérable à la création des chemins de fer et fut le fondateur et le président du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, la première voie ferrée créée sur le continent. La nouvelle fabrication du* salpêtre, qui. réduisit son prix.de plus; de moitié, la refonte des
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- monnaies anciennes, et une foule d’autres œuvres de première utilité publique lui sont dues entièrement. C’est lui qui sauva l’industrie de la betterave. Elle fut si menacée par une coalition de coloniaux et de fabricants mal inspirés, qui demandaient le rachat des fabriques, que Thénard, quand on en parlait longtemps après, disait : ce J’en ai encore la chair-de poule! » Tout le monde voyait 'en lui à la fois.le chef de l’Université et le principal représentant de l’industrie française. Il avait droit à ce dernier titre comme Président de la Société d’Encouragemeiït, où il avait succédé à Chaptal, et comme Président des trois grandes expositions nationales, de son temps.
- Thénard professa pendant trente ans à la Sorbonne, au Collège de France, à l’École polytechnique. 11 pouvait dire avec une juste fierté : « J’ai eu quarante mille élèves! » Le compte a été fait.
- M. Vallery-Radot, dans son admirable vie de Pasteur, parle de Thénard dans les termes suivants :
- « Le souvenir de son enseignement, les services que ses découvertes avaient rendus à la Science et à l’Industrie, l’éclat *de son nom et de ses titres rehaussés encore par la modestie de ses origines, tout faisait de lui en 1848, alors qu’il avait dépassé la soixante-dixième année, mieux encore qu’un Chancelier de l’Université, un maréchal de science. 11 était tout-puissant. N’avait-il pas, trois années auparavant, au grand scandale de certains bureaucrates, désigné, pour occuper les chaires de la nouvelle Faculté des Sciences da Besançon, trois jeunes hommes : Puiseux, Delesse et Henri Sainte-Claire Deville. Il avait même accentué encore ce coup d’heureuse autorité en faisant nommer doyen Sainte-Claire Deville. Il avait deviné dans ce professeur de vingt-six ans, encore inconnu, un savant qui serait un jour célèbre. Enfin, sur le rapport de Biot, Thénard fit également un choix dont l’avenir devait montrer la clairvoyance : la suppléance de’la chaire de chimie à la Faculté de Strasbourg fut confiée à Pasteur! »
- Thénard, Dumas, Pasteur; nous voici conduits naturellement à la création de la Société de secours des Amis des Sciences. Au faîte des grandeurs. Thénard se revoyait arrivant à Paris, jeune, pauvre, inconnu.
- « Il lui vint l’idée généreuse, continue M. Vallery-Radot, de créer une société qui ferait ce que l’État ne pouvait pas faire. Elle protégerait les familles des savants français; elle attacherait à ses secours la haute et délicate pensée d’une récompense. Être pensionnaire de cette société deviendrait un titre : Chaque année, on proclamerait le nom des pensionnaires,
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- comme on proclame à l’Institut le nom des lauréats. On donnerait aux veuves et aux enfants de celui qui n’était plus la sécurité du lendemain. Leur vie désormais à l’abri des humiliations de la gêne aurait une pleine dignité. Le 5 mars 1857, naissait la Société de secours des Amis des Sciences. Thénard avait fait un si chaleureux appel à ceux qui s’occupent de science pure et à ceux surtout qui viverît des applications de la science, que, dès les premiers mois, il réunissait cinq cents adhérents. » Au bas des premiers projets conservés dans les Archives de la Société, on lit les signatures de Boussingault, Quatrefages, Becquerel, de Sénarmont, Frémy, Balard, Sainte-Claire Deville, Daubrée, Berthelot, Bertrand, Claude Bernard, Pasteur 1 Le 21 juillet 1861, à l’inauguration de la statue de Thénard, Pasteur,alors directeur de l’Ecole normale,se chargea de rendre l’hommage do cette grande école. Il le fit dans une forme tellement saisissante qué tout l’auditoire se sentit comme enlevé par cette puissante et sobre parole :
- .« L’École normale, dit-il, n’a pas eu le bonheur de compter M. Thénard au nombre de ses maîtres : et cependant nulle part plus qu’à l’École normale n’est vivant le souvenir du savant illustre dont vous honorez aujourd’hui la mémoire. C’est qu’il n’y a pas d’établissement d’instruction que M.-Thénard ait plus aimé, encouragé, soutenu, agrandi. Il n’a pas professé à l’École normale ; mais il a été l’âme de son enseignement scientifique : tous les élèves étaient mieux que ses disciples, ils étaient ses enfants adoptifs. Dans sa vaste mémoire, étaient classés leurs noms, leurs succès dans les concours, leurs aptitudes particulières, l’avancement qu’ils méritaient, tous leurs vœux, toutes leurs espérances d’avenir. *
- « Honneur à l’homme de'génie, qui a aimé à ce point les jeunes gens; qui, arrivé au faîte, a tendu la main à ceux qui s’efforçaient de le suivre; qui n’a jamais vu, dans la distance qui le séparait d’eux, qu’un moyen de plus de les servir !
- « Ses découvertes en chimie le placent dans les premiers rangs parmi les continuateurs de Lavoisier. Celle de l’eau oxygénée immortalise son nom. Je ne saurais dire, pourtant, si les sciences physiques ne sont pas plus redevables encore à M. Thénard de cette foule de vocations de savants que son excellent cœur se plaisait à rechercher et que son admirable bon sens savait reconnaître ou faire surgir. Elle serait bien belle et bien utile à faire, cette part du cœur dans les progrès des sciences! C’est doubler la valeur du génie que d’y ajouter l’art de découvrir et de développer le talent chez, les autres !»
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- Au.cours de la vie de Jacques Thénard, nous avons plusieurs fois rencontré son fils, le baron Paul Thénard. Il était né à Paris le 6 décembre 1819. Élevé par un tel père et par une mère en tous points digne de la plus complète admiration, doué des qualités les plus précieuses, sa vocation ne fut pas un instant douteuse et son début fut éclatant. Frappé des anomalies que présentent les propriétés de l’hydrogène phosphoré, malgré des dangers et des difficultés de tout genre, il réussit à découvrir un liquide extrêmement volatil,très altérable: l’hydrogène phosphoré liquide, dont les vapeurs communiquent au phosphore gazeux la propriété de s’enflammer spontanément. La composition de ce corps, celle du phosphure-de calcium qui sert à sa préparation, sont établies d’une façon définitive dans le travail publié en 1845. Rien n’y a été ajouté depuis.
- Encouragé par ce succès, Paul Thénard continua ses recherches. « A cette époque, dit M. Dehérain, les bases ammoniacales n’étaient pas connues : ce ne fut que cinq ans plus tard que Wurtz les. découvrit et montra l’extraordinaire plasticité du type ammoniac. Rien ne pouvait donc guider le jeune savant dans ces études dont l’importance capitale n’apparut pas de suite avec tout le mérite qu’on leur reconnut depuis. »
- Paul Thénard aimait sa Rourgogne, son pays, comme il disait souvent. Il y possédait de vastes domaines, et le désir de venir en aide à ses paysans le conduisit à éclairer des vives lumières de la science la pratique de l’agriculture.
- « Lorsque le laboureur, disait-il, courbé sur la charrue, poursuit avec effort le sillon cent fois creusé, il ne peut rêver qu’à ses travaux, à ses récoltes, à ses misères. Son intelligence comme sa personne est clouée à la terre qu’il cultive et ne lui permet pas de penser aux améliorations qui se pratiquent au loin, encore moins de les comprendre. Son ignorance est le fruit amer delà nécessité. L’indulgence doit donc, avant tout, présider au jugement que l’on porte sur lui : sa défiance et son obstination ne sont que l’exagération d’une vertu : la Prudence. Par prudence, il est forcé de s’abstenir de toute expérience, de toute innovation, non seulement onéreuse, mais même encore douteuse; car le moindre faux pas le jetterait dans cet abîme de pauvreté, dont il est malheureusement si voisin. »
- Ces expériences que le laboureur ne peut pas faire, c’est à l’homme de science à les tenter. Paul Thénard, sous l’empire de cette noble pensée, consacra ses plus grands efforts à l’accomplissement de ce qu’il regardait comme son devoir. Son étude sür les sols arables, résumé des communica-Tome 109. — Juin 1907. 46
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- tions faites à l’Académie des Sciences, est un véritable monument de la science agricole.
- L’étude des fumiers de ferme, recherche pénible, où l’absence de caractères précis empêche d’arriver à cette certitude qui satisfait l’esprit, occupa une partie de sa vie. « Il reconnut dans les fumiers fermentés, dit M. Dehérain, une substance fortement colorée, riche en azote, soluble dans les alcalis, mais qui devient insoluble au contact des sels de chaux, d’alumine ou de fer. Il lui donna le nom d’acide fumique. » La fixation de cet acide par le calcaire ou l’alumine des terres arables explique comment on trouve avantage à employer des fumiers consommés, dont les principes actifs sont amenés à l’état insoluble, tandis que l’ammoniaque des fumiers frais n’est nullement retenue par les bases du sol.
- L’intervention de l’azote atmosphérique dans la végétation fut naturellement aussi l’objet de ses études suivies. Le mode de culture des vignes dans les grands crus de Bourgogne lui fournissait la preuve que les agents atmosphériques sont susceptibles de restituer au sol tout ou partie de l’azote disparu dans les récoltes. Mais il était bien éloigné de négliger les questions relatives aux engrais : il attachait à leur analyse une grande importance, et déplorant les fraudes; il avait accepté la présidence de la commission des engrais à la Société des Agriculteurs de France. Il réussit à formuler les règles précises pour l’analyse des engrais commerciaux. En 1864, Paul Thénard succéda à M. de Gasparin à l’Académie des Sciences. Il faisait également partie de la Société nationale d’Agriculture. Les nombreux rapports qu’il a rédigés au nom des jurys d’expositions et de concours sont des études d’agriculture comparée qui ont rendu les plus éminents services.
- Paul Thénard excellait à imaginer et à faire construire les appareils les plus ingénieux, et son exquise bonté en faisait profiter tous ceux qui pouvaient en avoir besoin.
- Il aidait les inventeurs de ses conseils, de sa bourse, et nous regrettons bien vivement que le cadre de cette étude ne nous permette pas de relater ses actes de bienfaisance, qui seraient tout particulièrement intéressants pour la Société d’Encouragement. Quels services n’a-t-il pas rendus dans le traitement des maladies de la vigne et dans la lutte contre l’eu-molpe et contre le phylloxéra! L’historique .de cette lutte fut présenté en 1879 à l’Académie. Thénard s’effaçait devant tous les collaborateurs qui ont fait fructifier l’emploi du sulfure de carbone; mais l’Académie
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- jugea équitable de lui rapporter l’honneur de la découverte de l’insecticide le plus efficace qui ait été employé jusqu’à cette époque. En collaboration avec son fils, Paul Thénard s’occupa de cette manifestation particulière de l’électricité connue sous le nom d’effluve, et de l’influence de cet effluve sur divers gaz isolés ou mélangés. Il ne nous appartient pas d’insister ici sur ces beaux travaux, dont le simple exposé exige une compétence que nous sommes malheureusement bien loin de posséder; mais les Comptes rendus de l’Académie des Sciences contiennent la preuve de l’intérêt considérable qui s’attache à ces magistrales expériences.
- La guerre de 1870 vint les interrompre. Pendant qu’Arnould Thénard rejoignait l’armée, son père et sa mère restaient à Talmay, aidant à la défense, donnant à tous l’exemple du courage et du dévouement sans bornes à la patrie. « C’était une conduite trop belle, disait M. Bouley, aux obsèques de Paul Thénard, c’était une conduite trop belle pour que l’ennemi dont la France était la proie ne lui fît pas l’honneur de l’en punir. Paul Thénard fut arraché de son foyer, et, malgré son-état maladif, il dut faire, par un froid de 15°, le voyage de Talmay à Brême, où il fut séquestré à titre d’otage. Tout concourut à lui rendre l’exil douloureux, car cette guerre cruelle avait si bien rompu tous les liens de la confraternité scientifique, que pas un des savants de l’Allemagne, soit crainte, soit passiom véritable, ne vint lui donner ou ne lui envoya un signe de sympathie. Pas un n’eut le courage de la reconnaissance envers la généreuse France, où, depuis cinquante ans,'ils avaient reçu partout, dans les laboratoires, dans les cours, dans les familles, un accueil libéral et désintéressé ! »
- Paul Thénard fut égal, par sa force d’âme, à toutes les souffrances morales et physiques qu’un ennemi sans pitié lui fît endurer. Pendant ces rudes épreuves, il n’eut qu’un appui; mais celui-là ne lui manqua jamais. Mme Thénard n’avait pas abandonné son mari. Volontairement, elle avait pris avec lui le chemin de l’exil! Une grande récompense les attendait au retour.
- En 1854, une épidémie de choléra avait décimé Talmay.
- Paul Thénard y était resté. Il avait organisé les secours, distribué des soins, raffermi les courages : pendant l’occupation prussienne, même dévouement, même bravoure. A toutes les époques, M. et Mme Thénard avait été la providence' du pays.
- Pendant le trop long exil, les paysans de Talmay n’avaient pas été
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- ingrats : ils avaient cultivé les champs du maître, du bienfaiteur exilér lui donnant ainsi la preuve la plus touchante de leur inaltérable reconnaissance!
- Paul Thénard avait su ajouter à l’éclat du nom illustre qu’il portait. Son fils Arnould, né à Givry (Saône-et-Loire) en 1843, fut initié de bonne heure à la vie du laboratoire et y montra de suite les habitudes d’observation et l’esprit pénétrant qui devaient le conduire, lui aussi, dans le culto de la science.
- Il s’adonna d’abord à la médecine et travailla dans lé service de Néla-ton. Ce grand chirurgien, chargé d’organiser une mission pour l’armée polonaise, demanda au baron Thénard de laisser son fils, alors âgé de dix-neuf ans, accompagner le Dr Horteloup dans cette expédition. Ce fut pendant plusieurs mois une vie aventureuse pleine de dangers et d’émotions. Après s’être prodigué auprès de ses chers blessés, Arnould Thénard transmettait des messages à travers les lignes ennemies. Son audace et son dévouement furent tels que, maintenant encore, dans bien des familles polonaises, son nom est prononcé avec une reconnaissance infinie. Que dirons-nous de l’enthousiasme qu’il ressentait pour ces nobles cœurs animés du plus pur patriotisme et dont nous avons retrouvé les preuves dans ses lettres de 1863 !
- Vers la fin de cette année, il revint à son poste d’externe des hôpitaux auprès de Nélaton avec l’honneur d’assister ce grand maître dans ses magnifiques travaux, et aussi dans une intimité qui lui permit de suivre de près les détails d’une carrière si pleine.de dévouement personnel et d’ingénieuse charité. Nélaton resta toujours, pour Arnould, l’idéal le plus élevé de l’homme de science se consacrant entièrement à l’humanité souffrante.
- ‘ Rappelé ensuite dans le laboratoire paternel, il fit une série de travaux relatifs à l’effluve électrique, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus. Il étudia l’action de cet effluve sur différents gaz seuls ou mélangés : puis la production de l’ozone, la composition des terres, le rôle de l’électricité dans la végétation. Les Comptes rendus de l’Académie des Sciences contiennent une série de mémoires sur les propriétés inverses du fer et de la fonte dans les piles, sur la dissociation de l’acide carbonique sous l’influence de l’effluve, sur un appareil propre à soumettre les gaz à cet effluve; sur l’action comparée de l’ozone sur le sulfate d’indigo et l’acide arsénieux; sur l’action des décharges électriques en présence des gaz et des vapeurs; sur la liqué-
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- faction et la solidification de l’acétylène; sur les dépôts galvaniques, etc. Le tube à anodes liquides dans lequel tous les gaz purs ou mélangés ont pu être mis en présence pour se combiner sous l’infliience de l’effluve et sans se trouver au contact avec aucun métal, l’appareil ozoniseur, et tant d’autres, montrent qu’Arnould Thénard unissait les aptitudes du physicien à celles du chimiste.
- Dans une lettre en date du 26 octobre 1872, adressée de Paris à son père et h sa mère, alors à Talmay, Arnould Thénard s’exprime ainsi :
- « Ayant pris du sang frais, l’ayant divisé en deux parties, laissé l’une à l’air libre, sans ozone, ayant dans la seconde fait passer de l’ozone faible pendant dix minutes, et ayant abandonné ensuite les deux parties à l’air libre, pendant cinq jours, j’ai inoculé le sang non ozoné à un lapin : il est mort d’infection purulente au bout de vingt-quatre heures. Le sang ozoné inoculé à un second lapin ne lui a pas occasionné le moindre malaise. J’ai donc tué le virus de l’infection purulente dans le sang. »
- Dans une autre lettre, il fait part à ses parents de la joie qu’il a éprouvée en voyant fonctionner ses appareils à ozone dans une leçon faite à la -Sorbonne par M. Sainte-Claire Deville devant un public d’élite, et avec un succès éclatant.
- Dès le début de la guerre de 1870, Arnould Thénard partit pour l’armée. Après Sedan, il gagna la Belgique, et rejoignit l’armée de la Loire.
- Il remplit des missions importantes que lui avait confiées Gambetta. Il se distingua par des qualités remarquables de prompte décision et par cette faculté de savoir se « débrouiller » qu’il possédait au plus haut degré.
- La lutte contre le phylloxéra, les expériences sur l’omploi du sulfure de carbone, le succès complet obtenu sur quarante-sept hectares du domaine viticole de Givry, l’aide donnée généreusement à tous les vignerons pour qu’ils puissent profiter victorieusement du remède nouveau, la distribution à tous des plants américains, la création de pépinières aux frais d’Arnould Thénard, la création des prairies et l’extension donnée à l’élevage du bétail au nfoment où le prix des céréales diminuait d’une manière effrayante, l’amélioration du régime des eaux de la Saône, que d’œuvres utiles et bienfaisantes !
- Arnould Thénard était animé par la plus noble passion de répandre l’instruction et de favoriser le développement intellectuel de tout son
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- entourage. Aux expositions il emmenait ses fermiers, les enfants de son canton : il les logeait, les nourrissait, les guidait.
- Dans tous ses actes, brillait ce rare esprit de justice qui est une volonté énergique de ne léser aucun droit; une habitude morale maintenue par une surveillance de tous les instants sur soi-même ; une attention sans relâche prêtée par la conscience, dont le moindre reproche est un tourment. C’est en un mot l’intégrité, expression heureuse pour une vertu qui cesse d’être elle-même dès qu’elle subit la plus légère altération.
- Cet esprit de justice, cet amour du droit, c’est l’apanage le plus précieux des dépositaires de la puissance publique ou privée. La force ne peut le subjuguer; l’argent ne peut le corrompre; aucune tentation, pas même celle de la vaine .popularité, ne peut avoir sur lui aucune prise. Lorsqu’un gouvernement n’en fait pas le mobile de sa conduite, lorsqu’il le déserte, lorsqu’il essaie de l’opprimer, il n’est plus rien dont la jouissance soit assurée : les citoyens ne savent plus ce qu’ils ont à attendre de leurs pères ou à transmettre à leurs enfants.
- Comme administrateur des Grandes Sociétés des mines de Blanzy, de Saint-Gobain, comme maire et conseiller général, Arnould Thénard consacra les plus nobles efforts à faire triompher ses idées libérales et conciliatrices, son esprit de justice, son sincère amour de l’humanité.
- Comme président des jurys des expositions internationales, à la Société nationale d Agriculture, dans le Conseil de notre Société d’En-couragement, il fut trouvé toujours bienveillant, toujours éclairé, toujours compétent, toujours animé d’un dévouement sans bornes à l’œuvre commune.
- C’est ici, dans, cette Société, qu’il eut une de ses dernières joies. Son fils, Louis Thénard, à la suite d’une remarquable étude sur l’agriculture de l’Autriche, obtint un de nos prix. Arnould Thénard y vit avec raison les plus belles espérances dans la continuité des services rendus par sa famille à la science et à l’agriculture.
- Au nom de ses compatriotes de Bourgogne, M. Diény, préfet de Saône-et-Loire, le louait dans les termes suivants :
- « Lorsque son énergie lui permettait de dominer la souffrance, ses collègues du Conseil général l’accueillaient avec la sympathie unanime qu’il avait su gagner par la droiture de son caractère, l’extrême cordialité de ses relations et sa haute compétence dans les questions agricoles si particulièrement importantes pour notre département. M. le baron Thénard
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- portait un nom illustre dans les annales cle la science française. Il sut s’en montrer digne. Il mit sans compter au service de ses concitoyens ses connaissances étendues, son ardent dévouement à l’intérêt public, et nos populations garderont pieusement son souvenir. Il était aussi simple que bienveillant. Il ne recherchait pas le bruit : en lui rendant un dernier hommage au nom du gouvernement de la République et au nom du département, j’ai tenu à ne pas me départir de la réserve qu’il aurait lui-même réclamée. »
- M. Gillot, sénateur de Saône-et-Loire, disait au nom du Conseil général :
- « M. le baron'Thenard était un modeste, ennemi des opinions bruyantes, mais avide de plus de vérité, de plus de bonté et de justice. C’est à l’heure à laquelle cette période troublée, dont personne n’a perdu le douloureux souvenir, s’étendit sur tout le bassin houiller, entraînant tant de deuils et de désastres, que Thénard, sans se préoccuper de ses intérêts, sans bruit, sans tapage, de-par sa seule volonté, sut faire disparaître les éléments qui entretenaient la discorde et ramener la paix dans ce pays jusque-là si divisé. »
- Quel plus magnifique éloge pourrions-nous faire de notre ami ! Hélas ! ce n’est pas seulement en Bourgogne que notre époque a vu ces troubles si douloureux pour nos cœurs français. Arnould Thénard a pu ramener la paix dans son pays : puissions-nous apprendre par son exemple à inspirer autour de nous cette confiance, cette respectueuse sympathie qui lui donnaient une si merveilleuse puissance de persuasion!
- Un de ceux qui l’ont le mieux connu disait que son principe était le suivant :
- « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fît à toi-même. » Thénard savait qu’il y a une façon dont le peuple veut être aimé et à laquelle il accorde toujours sa reconnaissance : « La première condition qu’il exige de ceux qui prétendent être ses amis est le respect le plus absolu de son indépendance. »
- La confiance obtenue, l’entente devient plus facile. Des rapports fréquents, des entretiens véritablement cordiaux permettent à la vérité de se dégager entièrement. Les terribles malentendus ne peuvent pas naître. La justice est reconnue, les bienfaits sont acceptés avec une sincère gratitude, les rapports deviennent affectueux : une paix durable est conclue.
- Le souvenir de tout le bien si généreusement accompli, la juste fierté
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- d’un passé sans reproche, la ferme confiance d’un avenir sans peur, telles furent les consolations qui soutinrent Arnould Thénard durant cinq années de cruelles souffrances.
- Entouré d’une admirable famille unie par la plus vive tendresse, appuyée sur les plus nobles exemples, animée des sentiments les plus élevés, dès les premières atteintes du mal, il en avait prévu la gravité et ne s’en était pas ému. Il resta ce qu’il était : bon, énergique, calme, simple. Tant que ses forces le lui permirent, il s’occupa de ceux qu’il aimait. Ceux qu’il aimait, c’était sa femme, sa mère, ses enfants si dignes de porter le nom illustre des Thénard; mais c’était aussi son autre famille, les habitants de La Ferté, de Talmay, de Givry, de Saint-Ambreuil ; et puis les ouvriers de Blanzy et de Saint-Gobain. Avec quelle douce émotion il pouvait promener son regard déjà voilé sur ces êtres si chers, à qui il avait fait tant de bien ! Et quand il eut accompli tout son devoir en ce monde, il se tourna vers l’autre : comme son grand-père, comme son père, il appela Dieu à lui et lui confia son âme dans laquelle avaient lui les espérances chrétiennes, éternelles étoiles qui seront à jamais l’adoucissement et la consolation suprême des douleurs et des souffrances de l’humanité !
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale s’acquitte aujourd’hui envers ces illustres savants, envers ces bons serviteurs de la France, en leur rendant ce qu’elle a reçu d’eux : honneur pour honneur!
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- ARTS CHIMIQUES
- PROGRÈS DE L’INDUSTRIE DES PARFUMS ET DES HUILES ESSENTIELLES, par
- MM.' A. Haller et H. Gault (suite) (T).
- Carvone. — En réduisant la carvone, soit par la poudre de zinc et la lessive de soude (Wallacli), soit par l’amalgame de sodium ou d’aluminium (2), il se forme uniquement une cétone dimoléculaire, la dicarvélono C,0H30O., qui, réduite à son tour, donne l’alcool correspondant, le dicarvélol C20H3iO2. Cet alcool lui-même se déshydrate pour donner naissance au dicarvélène, ou biscar-vène C.,0H32, carbure liquide jaune clair ayant une forte odeur de caoutchouc.
- MM. Marries et Mayerhofer (3) ont fait l’étude de l’oxaminocarvoxime C10H18N2O2 obtenue par l’action d’un excès d’hydroxylamine sur la carvone. Cette oxyoxime perd facilement deux atomes d’hydrogène en se transformant en .une dioxime fusible à 193°-194° qui, par réduction, donne un mélange do deux dihydrocarvyldiamines. Par distillation sèche du chlorhydrate %de l’une de cos diamines on devrait obtenir un isomère du cymène, mais en réalité par suite d’une transposition on n’obtient que du cymène.
- M. Klages (4) a étudié la transposition moléculaire que l’on observe dans la série de la carvone lorsqu’on passe de la carvone et de la dihydrocarvone au carvacrol et à la carvone. On sait que dans ce cas la double liaison émigre de la chaîne latérale dans le noyau.
- M. Klages conclut en admettant une fixation et une élimination d’eau consécutives, avec formation d’une combinaison triméthylénique intermédiaire.
- MM. Klages et Kraith (S) ont démontré que dans la série de la carvone, ceux des termes qui renferment le groupe carbon yle l’y contiennent en position ortho par rapport au groupe méthyle. Par action du pentachlorure de phosphore et déshydrogénation du dérivé chloré obtenu, les auteurs ont en effet pu transformer plusieurs termes de cette série, dont la carvone, en 2, dilorocymène.
- (1) Bulletin de février 1907, p. 138.
- (2) Harries et Keiser, Ber., 32 (1899), 1323
- (3 Ber., 32 (1899), 345.
- (4) Ber., 32 (1899), 1516.
- <5) Ber., 32 (1899), 2550.
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1907.
- On avait admis pendant longtemps que la carvone no se combine pas au bisulfite. M. Labbé (1) est parvenu à isoler une combinaison hydrosulfonique C10HuO,2NaHSO3, résultant de la fixation de deux molécules sur les deux doubles liaisons de la carvone, et non pas sur le groupe cétonique qui peut encore, dans cette combinaison, se combiner avec la semicarbazide.
- M. Harries (2) a préparé une dicétone C10HuO2, déjà obtenue par oxydation de l’oxaminocarvoxime, en soumettant à une agitation prolongée de la carvone avec de l’eau de baryte additionnée d’un peu d’alcool méthylique :
- CHa
- CH3
- CH
- CH
- C
- CO
- ch2
- HO —C CH2
- C
- CO
- cn2
- ch3
- c
- CO
- ch2
- CO
- ch2
- CH 1 CH CH
- 1 C C C .
- //\
- h2 ch3 ch2 ch3 ch2 ch
- Carvone. Forme énolique. Dicétone.
- MM. Rabe et Weillinger (3) après avoir montré que la fixation d’éther acétylacétique sur la carvone, fixation suivie d’élimination du groupe carbé-thoxylique, donne naissance à un alcool cétonique bicyclique, l’isopropylmé-thylbicyclopropanolone, ont préparé le même composé en partant de l’éther chlorotétrahydrocarvonylacétylacétique, obtenu lui-même par condensation de l’éther acétylacétique, de la carvone et de l’acide chlorhydrique.
- En partant de cet éther ces auteurs ont préparé différents produits de réduction ou d’alcoolisation au sujet desquels nous renvoyons au mémoire original.
- MM. Rupe et Schlochoff (4) ont obtenu par agitation de la carvone avec de l’acide sulfurique à 40 p. 100 une oxydihydrocarvone C10H16O, (P.E. sous 14 millimètres — P.F. 41°-42°) dont la semicarbazone fournit par réduction du dihydrocarvéolglycol (P. F. 1120-113° aD 20° — 55) identique au glycol préparé par MM. Baeyer et Henri ch, à partir du dihydrobrorndihydrocarvéol. L’oxydihydrocarvone doit donc avoir la formule de constitution suivante : '
- .CH — CIL
- CH3 — cf y CH — C (OH) = (CII3)2
- x CO — CIV
- (1) Bull. Soc. Chim., 23 (1900), 280.
- (2) Ber., 34 (1901), 2105.
- (3) Ber., 36 (1903), 225. — 37 (1904), 1667.
- (4) Ber., 38 (1905), 1719.
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- l’industrie des parfums et des huiles essentielles. 701
- Des essais tentés dans le but d’obtenir le cétocinéol, par ébullition avec les acides, sont restés sans résultats. On obtient soit le dihydrocarvéolglycol, soit un mélange de ce glycol avec un isomère, probablement un isomère géométrique. En chauffant ces glycols avec de l’acide sulfurique à 25 p. 100, il se forme du dibydropinol.
- ycu2 — cii2\
- CII3— CII< >CII —C = (CH3)2
- \CH — Clh/ /
- I /
- MM. Knœvenagel et Samel ont obtenu également cette oxydihydrocarvone en dissolvant la carvone dans une solution bouillante de bisulfite de soude et en abandonnant la solution en présence d’acides concentrés à température ordinaire. Si l’on sature avec de la soude caustique, 80 p. 100 de carvone sont précipités à l’état d’oxyliydrocarvone.
- Chauffée longtemps dans le vide, elle se transforme en carvacrol et carvone. Chauffée pendant une heure à 170° avec du bisulfate de potasse, elle fournit quantitativement du carvacrol. Par réduction à la poudre de zinc, on obtient l’hydrate de dihydrocarvone. (P. E. 138°-139° sous 9 millimètres; D19 =1,006 ; nD20 = 1,476; àD20 = 18,15 en solution alcoolique à 18,48 p. 100.
- Eucarvone. — En fixant une molécule d’acide bromhydrique sur la carvone et en l’éliminant ultérieurement, il se forme une carvone isomère : l’eucar.vone.
- La formule de constitution la plus plausible de cet isomère semble être celle de M. Wallach (1) :
- .CH — CH=CH CH3 —C f I
- xCO — CH2— C=(CH3)2 •
- Fenone. — On sait que le camphre fournit, par un traitement approprié de son oxime, deux acides campholéniques isomères; la fenone qui possède avec lui de très grandes analogies, donne également par déshydratation de son oxyme deux nitriles a et p fénoléniques (2), et par suite deux acides. L’acide (3 fond à 72°-73° et se distingue de l’acide a en ce que ses sels alcalins ne cristallisent pas au contraire des sels des terres alcalines.
- Cette analogie du camphre et de la fenone se vérifie une fois de plus dans les dérivés halogénés de ces deux cétones. M. Cserny (3), en faisant agir le brome sur la fenone, a obtenu en effet tout d’abord un monobromure C10H18BrO qui sous l’influence de la potasse alcoolique chaude, se transforme d’une manière inattendue
- (1) L. Ann. 339 (1905), 94.
- (2) Cockburn, Journ. chem. Soc., 75 (1899),. 501.
- (3) Ber., 33 (1900), 2287).
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- .en acide fénolique et se comporte par conséquent comme le camphre dibromé •et le dibromure de pulégone. En faisant agir le brome sur la fenone dissoute .dans le trichlorure de phosphore, on finit par obtenir une combinaison appelée dribromôfenène C10H15Br3 qui sous l’action du zinc en poudre, en milieu acétique, donne naissance au monobromofenène CJ0H13Br analogue au chlorofe-nène de MM. Garnier et Cockburn (1).
- La fenone peut, comme le camphre, donner des produits d’addition moléculaire, particulièrement avec les phénols. M. Tardy (2) a fait l’étude d’un certain nombre de termes obtenus successivement par condensation de la fenone avec le phénol, les naphtols, le thymol, le gayacol, l’eugénol et la ré-jsorcine. A part les naphtofenones, toutes ces combinaisons demeurent incristal lisables.
- M. Wallach (3) est parvenu à préparer la semicarbazone de la fenone, inconnue jusqu’à ce jour. Il opère en solution hydroalcoolique et en abandonnant le mélange à lui-même pendant deux semaines (P. F. 182°-183°).
- On sait que lors de la préparation de l’acide fenocarbonique, à partir de la fe-jiono,il se forme des produits huileux distillant à très haute température, même dans le vide. En les abandonnant pendant longtemps à eux-mêmes, M. Wallach (4) a toutefois réussi à séparer des cristaux fondant à 122°, sur la constitution desquels il n’a pu se prononcer. Le sel de plomb de cet acide fenocarbonique donne naissance, par distillation sèche, à un corps jaune CuH1603 fournissant une dio-xime. C’est donc une dicétone réelle, à laquelle M. Wallach a donné le nom de carbofenone.
- Constitution de la fenone. — M. Marsh (5), se basant sur ce que la fenone chauffée avec cinq fois son poids d’acide sulfurique dégage, dès avant 50°, de l’anhydride sulfureux en se transformant en méthylxylylcétone, avait proposé pour là fenone une nouvelle formule rendant immédiatement compte de cette propriété. Mais, comme M. Wallach et d’autres chimistes l’ont fait remarquer, il faut considérer que l’acide sulfurique provoque.des transpositions moléculaires .chez un grand nombre de dérivés terpéniques,de sorte que cette transformation de la fenone ne peut être considérée comme un phénomène simple sur lequel il soit possible de baser une formule de constitution.
- D’autre part, M. Balbiano (6) se fondant sur ce que la monobromofenone «de M. Cserny, oxydée par le permanganate ou l’acide chromique, n’a plus
- (1) Journ. Chem. Soc.', 71 (1897), 1156.
- (2) Bull. Soc. Chem., III, 27 (1902), 603.
- (3) Bull. Schimmel. — Nov. 1905, 114.
- (4) L. Ann., 315 (1901), 273.
- (5) Journ. Chem. Soc., 95 (1899), 1058.
- s(6) Gazz. Chim. ital., II, 30 (1900), 382. *.
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- fourni parmi ses produits de dédoublement d’acide dimétliylmalonique, dur attribue une des deux formules suivantes:
- CH2------CH------CI1 —CH:i
- I
- CII3 — c — CHa CH2-----CBr —CO
- CH2-----CBr------CH — CH3
- CII:!— C — CH3 CH.------CH-----CO
- et à la fenone elle-même la formule de Wallacli :
- CH2-----CH------CH — Cllrs
- I
- CH3 — C — CHs
- I
- CH.------CH------CO
- Enfin, M. Semmler (1), se basant sur l’étude de l’oxydation de la fenone en * solution alcaline et neutre, oxydation conduisant aux acides isocamphoronique et diméthyltricarballylique, préconise une formule de constitution différente de. celle admise jusqu’à présent :
- CH,------CH — C = (CH3)2
- CH-2
- ch2------C------CO
- I
- CH3
- Cette formule a le mérite d’expliquer, en même temps que les différentes réactions d’oxydation,, le passage de la fenone au m. cymène, les relations existant entre le camphre et la fenone, etc.
- Ionone. — M. Chuit (2) a proposé pour séparer l’a et la (3 ionone de recourir à leurs dérivés hydrosulfoniques. Alors que F a ionone hydrosulfonate de soude se précipite en paillettes nacrées quand on sature par du chlorure de^ sodium une solution chaude des sels sodiques des deux acides isomères, le sel correspondant de la [3 ionone reste dissous. Le dérivé a, après recristallisation, se-laisse facilement décomposer par les alcalis et transformer en a ionone absolument pure.
- Thuyone [Tanacétoné). — L’isothuyone obtenue par ébullition avec” l’acide sulfurique s’oxyde facilement en donnant un composé répondant à la formule C10H16O3 et que Wallach (3) avait considéré comme un acide isothuya-cétonique. D’après les recherches de M. Semmler (4), cet acide de Wallach ne serait autre qu’une cétolactone qu’une oxydation plus profonde transformerait
- (0 Chem. Ztg, 29 (190b), 1313.
- (2) Chemist and Druggist, 63 (1903), 1054.
- (3) lier., 30 (1897), 426.
- (4) Ber., 33 (1900), 275.
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- en acide isopropyllévuliqne. On serait donc conduit à admettre les formules de constitution suivantes :
- cir3 —ch —cii3 i Cils —CH —Cils Cils — CM — CII3 CII3 — Cil — CH3
- i Cil 1 Cil CH C
- CO |/\ CH1 2 3 CH3— C|//\.CH2 CH3 — Cj/'N CHa Cil j^N ch2
- 1 1 °\ 1 1
- CI13 COOH CO CO C CO CH \ / CO
- 1 CH3 cll3 CH |
- CHS
- Acide isopropyllévulique. Cetolactone. Isothuyone. Thuyone.
- M. Wallach (1) a vérifié ces conclusions en ce qui concerne les produits d’oxydation de l’isothuyone, mais a démontré que contrairement à l’opinion de M. Semmler, la cétolactone obtenue par oxydation de la thuyamenthone n’est p.as identique à celle obtenue dans l’oxydation de l’isothuyone.
- D’un autre côté, M. Wallach dans ce même mémoire, et M. Semmler dans des recherches ultérieures (2), ont respectivement fait voir que par condensation de l’isothuyone et de la thuyone avec la benzaldéhyde on obtient des dérivés benzylidéniques. L’existence du groupe CO-CH2 dans l’une et l’autre de ces deux molécules est ainsi démontrée. Ce fait permet d’écarter définitivement la formule de Fromm.
- D’après d’autres travaux de Wallach (3); les thuyones retirées des différentes huiles essentielles ne seraient pas physiquement identiques entre elles. Il a pu démontrer l’existence certaine d’au moins deux thuyones, oc et (3, contenues en proportions variables dans les essences. L’essence de thuya renferme surtout de l’% thuyone, l’essence de tanaisie principalement de la (3 thuyone. L’essence d’absinthe contient à côté d’une faible quantité de (3 thuyone une petite quantité de la combinaison a. Les essences d’armoise et de sauge renferment un mélange des deux isomères.
- I) L’a thuyone est lévogyre et donne deux semicarbazones, l’une cristallisée l’autre amorphe, mais toutes deux dextrogyres. Ses constantes sont les suivantes : (P. E. 200°-201° — D. = 0,912 ; ;iD220 = 1 ,4 303 ; aD = 10°,23'). Sous l’influence de la potasse, de l’acide formique ou de l’acide sulfurique en solution alcoolique, l’a thuyone se transforme partiellement en (3 thuyone. Par oxydation, elle fournit le même acide.thuyacétonique que son isomère (3 et enfin, l’alcool thujylique obtenu par réduction redonne par oxydation surtout de la (3 thuyone.
- (1) L. Ann., 323 (1902), 333.
- (2) Ber., 36 (1903), 4367.
- (3) Sc. Ann., 336 (1904), 247.
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- II) La [3 thuyone est dextrogyre, sans toutefois être le conjugué de l’a • thuyone. Elle donne une semicarbazone dextrogyre. Chauffée avec de la potasse alcoolique, elle se transforme en a. thuyone.
- Dans ce meme travail, Wallacli s’est occupé des oximes de la (3 thuyone (P. F. 5i°-55°). Sous l’influence de l’acide sulfurique, il se forme l’oxime de l’isothuyone fondant à 119°-120°. Par action du pentachlorure de phosphore au contraire, on obtient l’isoxime de la thuyone (P. F. 90°) qui n’a pu être dédoublée en acide aminé, mais est réduite, au moyen du sodium et de l’alcool en une base secondaire exempte d’oxygène, C10H16N, donnant une nitrosamine.
- Si l’oxime de l’isothuyone se prépare facilement, il n’en est pas de même de l’isoxime qui n’a pu être obtenue.
- M. Haller (1) a préparé un certain nombre de thuyones alcoylées, méthyl, éthyl, propyl, allylthuyones, à l’aide d’amidure de sodium et d’iodures d’alcoyles correspondants. Les produits de la réaction sont en général des liquides mobiles, donnant facilement des semicarbazones et possédant une odeur analogue à celle de la thuyone.
- D’autre part, le même procédé lui a permis de condenser la thuyone avec les aldéhydes cycliques. Il a obtenu de cette façon les benzylidène, anisylidène et pipéronylidène thuyones. Il a pu démontrer que ces composés devaient effectivement dériver de la thuyone et non pas de son isomère, l’isothuyone.
- Pulégone. — M. Barbier (2) a condensé la pulégone avec l’éther acétyla-cétique à l’aide de poudre de zinc. Le produit distillé, la pulégéneacétone, a la -même composition que l’ionone, sans jouir toutefois de son parfum de violette. Cette cétone distille entre 148°-153° sous 8 millimètres de pression, fond entre 72°-73e, tandis que son oxime a le point de fusion de 134°-135°. D’après M. Barbier, la pulégéneacétone répondrait à la formule de constitution suivante :
- CH3
- I
- CH
- CH2
- ch2
- ch2
- C = CH —CO —CH3
- C
- I!
- Cils —C —CH3
- Tandis que l’isopulégone préparée par MM. Tiemann et Schmidt se transpose facilement en pulégone par simple agitation avec l’eau de baryte, il est beaucoup plus difficile d’opérer la transformation inverse. MM. Harries et Boeder (3)
- il) C. R., 140 (1905), 1626.
- (2) C. R., 127 (1898), 870.
- (3) Ber., 32 (1899), 3237.
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- • y sont cependant parvenus*en enlevant une molécule d’acide bromhydrique à l’hydrobomopulégone. La cétone obtenue, lévogyre, est identique à l’isopu-légone synthétique. 11 en résulte que l’isomérie de ces deux pulégones consiste uniquement dans la position de la double liaison; pour la pulégone, cette double liaison est en a6, pour l’isopulégono au contraire en (3y.
- M. Klages, continuant les recherches qu’il avait effectuées déjà dans la série de la carvone, a tenté de transformer la pulégone en chlorocymène pour déterminer la position du carbonyle dans cette cétone . Il n’a pu obtenir comme produit de décomposition que du chlorotoluène et du m. crésol, ce qui démontre une rupture préalable du noyau de la pulégone avec formation de méthyl-hexanone, cette dernière cétone se décomposant ultérieurement en m. crésol. MM. Bouveault et Tetry (1), reprenant les recherches de M. Wallacli sur l’action de l’alcoolate de sodium sur la pulégone dibromée, ont démontré qu’en dehors de l’acide pulégénique, il se forme également dans cette réaction une lactone fondant à 79°-80°, différente de la lactone d’isomérisation de l’acide pulégénique.
- M. Genv cesse (2), saturant par les vapeurs nitreuses une solution refroidie de pulégone dans l’éther de pétrole, a obtenu un nitrosite correspondant. Le produit de la réaction, d’abord huileux, se solidifie au bout de quelques jours et fond à 68°-69° ; il provient de la fixation de N203 sur la double liaison.
- M. Semmler (3) a effectué d’intéressantes recherches sur la pulégone-hy-droxylamine.. Il a successivement fait l’étude de ses produits de déshydratation et des différentes bases obtenues en la chauffant, en solution dans les acides concentrés, entre 50° et 100°. Il a obtenu par des traitements appropriés le-composé G10H17NO, préparé également par MM. Harries et Roy (4), base faible analogue aux alcaloïdes, donnant par réduction un dérivé dihydrogéné et un dérivé tétrahydrogéné. M. Semmler s’est attaché à établir la constitution do cette base Cl0H17NO et s’appuyant sur ce qu’elle prend naissance à partir de la pulégénamine, aussi bien que de la pulégonehydroxylamine, lui attribue la formule suivante :
- N H CO
- Enfin, dans une communication ultérieure, M. Semmler (5) indique qu’en dehors de l’oxime et du produit de fixation de l’hydroxylamine sur la doubler
- (1) Bull. Soc. chim., III, 27 (190 2), 307.
- (2) C. R., 137 (1903), 494.
- (3) Ber., 37 (1904), 305, 2282.
- (4) Ber., 37 (1904), 1341.
- (5) Ber., 38 (1905), 146.
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- liaison de la pulégonc, on peut egalement obtenir un troisième dérivé correspondant à la fixation do deux molécules d’hydroxylaminc, autrement dit, une dioxime. Cette dioxime, fusible à 118°, donne par réduction naissance à une base C10H,2N., fournissant de nombreux dérivés, entre autres une thiourée et un glycol. Ce glycol, sous l’inlluence de l’acide sulfurique dilué se transforme en un alcool C10H78O qui par oxydation reproduit l’isopu légone.
- Menthone. —MM. Baeyer et Seufîert (1) en traitant la menthone par un eicès de brome ont obtenu, par élimination ultérieure d’acide bromhydrique, dutétra-bromo m. crésol et une combinaison C10H'OBr0 qui semble appartenir à la classe des pscudocétones bromées de Zincke. Sous l’action des alcalis, elle se transforme en effet en tétrabromodiméthylcoumarone.
- M. Leser (2) a effectué la .synthèse de la menthone à partir de la 4. aeétyl-menthone (P. E. 133°-135° sous 13 millimètres; d13O0, 967; nD 1,45737)
- <:
- CO — Cils CH (CH3)2
- CH3—CH.
- C
- obtenue elle-même en traitant l’acétyl. 4. méthyl. 1. cyclohexanone. 3 par l’éthylate de potassium et l’iodure d’isopropyle. La méthylcyclohexanonc et son dérivé acétylé ayant été eux-mêmes obtenus synthétiquement, la synthèse de la menthone se trouvait de ce fait réalisée.
- M. Beckmann (3) a fait une étude très intéressante des différents menthols et menthones. Il a démontré entre autres que des 8 menthols isomères dont on peut prévoir la formation à partir des 4 menthones possibles, c’est toujours le menthol lévogyre naturel qui se forme en plus grande quantité. En effectuant la réduction par le sodium en milieu indifférent neutre, il se produit à côté des différents menthols de la menthopinacone (P. F. 59°) qui s’oxyde facilement en menthone d. Cette menthopinacone ne se forme pas si la réduction s’effectue en milieu alcoolique.
- L’auteur, s’il n’a pu réussir à séparer les menthols isomères obtenus dans ces conditions, a pu préparer par réduction des menthonoximes des amines isomères bien caractérisées qui ont elles-mêmes fourni les menthones correspondantes.
- MM. Tutin et Kipping (4) sont parvenus, à la suite de recherches particulièrement laborieuses, à réfuter l’opinion généralement admise jusqu’à présent que les deux menlhones l et d. préparées par oxydation chromique des menthols constituent deux inverses optiques. Us expliquent les propriétés optiques
- (1) Ber., 34 (1901), 40.
- (2) C. R., 134 (1902), 1115.
- (3) Pharm. Ztg., 48 (1903), 780.
- (4) Journ. chem. Soc., 85 (1904), 65. — Bull. Schimmel, avril 1904, 125.
- Tome 109. — Juin 1907.
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- (le ces menthones et de leurs oximes par l’hypothèse d’une énolisation partielle sous l'action de l’acide sulfurique lors de .l’oxydation. MM. Tutin et Ivipping tirent de là des déductions nombreuses et très intéressantes, en particulier en ce qui concerne l’existence d’amines dérivées de ces menthones. La théorie permet d’.cn prévoir quatre qui ont été successivement isolées par les auteurs ; nous renvoyons pour plus de; détails au mémoire original ou au bulletin de Schimmel.
- MM. Sommier (1) en faisant réagir l’hydroxylamine sur- la benzylidénemen-thone a obtenu qn produit d’addition qui, réduit,, donne, naissance s ladihydro-henzylidéncmentholamine contenant encore un atome d’oyygône. Un tel résultat eût été impossible dans le cas où le point de départ de la réduction eût été- une oxime. M. Semler explique ce fait en admettant la fixation de la molécule-d’hy-droxylamine sur la double liaison de la benzylidônementhone.
- M. Haller (2) est parvenu à préparer un certain nombre d’alcoyl et d’alcoy-lidènementliones par action des dérivés halogénés alcooliques sur la men-thone sodée, elle-même obtenue à l’aide d’amidure de sodium et non plus de sodium métallique.
- M. Haller et Martine (3), en appliquant la réaction précédemment indiquée à la (3 méthylcyclohexanone sodée et à l’iodure d’isopropyle ont effectué.une nouvelle synthèse de la menthone. De même, en faisant varier les dérivés halogénés alcooliques,, ils ont pu préparer d’autres menthones homologues.
- M. Martine (4) a fait une étude détaillée des deux benzylidènementhones qui se forment par condensation du menthol et de la menthone sodés avec la benzaldéhyde. De ces deux benzylidènementhones, Furie cristallise en tables (P. F. 51°; aD — 185,5°), l’autre en aiguilles (P. F. .47°; aD = 258,5°).
- M. Martine a étudié ces deux eétones à différents points de vue, entre autres au point de vue de l’oxydation. Gctte oxydation semble s’effectuer particulièrer ment bien par le permanganate en solution acétonique. On obtient dans . les deux cas, à côté de différents produits de décomposition, deux benzoylmen-th ones qui ne diffèrentsque par leur point de fusion. M. Martine en déduit que l’isoméric des deux benzoylmenthones est purement géométrique. L’auteur a préparé, en outre, une série d’intéressants dérivés de la menthone. Nous nous contenterons à ce sujet de renvoyer au mémoire original.
- Nous terminerons cet exposé des recherches effectuées sur la menthone en indiquant une nouvelle synthèse, due à MM. Ivotz et Hesse (5), à partir de la
- (1) Ber., 37 (1904), 234.
- • (2) C. IL, 138^(1904), 1139.
- (3) C. lt., 140 (1903), 130.
- (4) C. IL, 133 (1901), 41. — 134 (1902), 1437. — Ann. de Chim. et Jhys,,^ (1904),.49.
- (5) L. Ann., 342 (1903), 306.
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- 709
- méthylhexanone. En* condensant la méthylhexanone avec l’oxalàte*d’éthyle en présence d’éthylate de sodium1 2 3,,les auteurs ont*obtenu le métliyl. 1. hexanone. 3. oxalate d’éthyle. 4. lequel, distillé à la pression atmosphérique perd de l’oxyde de carbone en se transformant en méthyl. 1. hexanone. 3. carbonate d’éthyle. En traitant ce dernier éther par l’iodure de méthyle et le méthylate de sodium’, il se forme de l’éther méthyl. 1. hexanone. 3. méthyl. 4. carbonique: 4. qui, par dédoublement cétonique donne naissance à un mélange de*menthones naturelles^ et /. Par réduction, on obtient-uniquement du* menthol l : .
- Oxydes. — CinéoF (Eucalptol). — M. Rupe, en chauffant pendant plusieurs heures à 160° de l’acide cinéolique avec de L’eau a« obtenu un mélange de deux acides. L’un, l’acide' cinogénique, dérive de l’acide cinéolique par fixation d’une molécule d’eau et élimination d’une molécule d’acide carbonique. Il fond à 104°-105° et se déshydrate quand on le chauffe ‘en tube scellé ou qu’on le distille dans le vide, en donnant naissance à l’acide cinénique,
- L’autre acide, acide (3 cinénique (P.F. 59°-60°), également obtenu par M. Rupe en chauffant l’acide cinéolique avec de l’acide sulfurique étendu est le même que celui déjà préparé par MM. Wallach et Gildemeister (1) par distillation sèche de l’acide cinéolique. 11 semble répondre à la formule d’un oxyacide et se laisse facilement déshydrater.
- Des recherches plus récentes, effectuées par MM. Rupe et Schlochoff (2), ont permis d’attribuer à l’acide cinénique sa véritable constitution. Le méthylhepté-nol, obtenu de la méthylhepténone par fixation d’eau, donne naissance sous l’influencé de l’acicle cyanhydrique au nitrile d’un dioxyacide se transformant immédiatement par perte d’eau en nitrile cinénique (P. E. 74°,5*sous 9 millimètres). Ce nitrile saponifié donne l’amide, puis l’acide cinénique (P.F. 83°-84°).
- Il résulte de là que l’acide cinénique, contrairement aux premières hypothèses de M. Rupe (3), répond à la formule :
- (CH3)2 = C — CH2 — CH2 — CH2 — C /GOOH
- Dans ce même travail, MM. Rupe et Schlochoff ont étudié le cinène, oxyde acyclique dérivant du cinéol et de l’acide cinéolique.
- Les auteurs l’ont préparé en faisant bouillir pendant plusieurs heures le glycol correspondant à la méthylhepténone avec de l’acide sulfurique dilué.
- (CH»)2:—C (OH) —CH2— CH2—CH2—CH (OH)—CH3—>- (GIR) 2=C—CH2—CH2—CH2—CE—GIR.
- ! I
- (1) L. Ann., 246 (1888), 274.
- (2) Ber., 38 (1905), 1502.
- (3) Ber., 33 (1900), 3543.
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- Le cinène (P.E. 127°-128°) est une huile mobile d’odeur agréable voisine de •celle du cinéol, fournissant un bromure par action d’acide bromhydrique en ^solution acétique.
- MM. Rupe et ltonus (1) sont parvenus à dédoubler l’acide cinéolique obtenu par oxydation du cinéol en ses deux composants actifs, en utilisant la strychnine comme agent de dédoublement. L’acide racémique ne se liquéfiant qu’à 204°-206°, •les acides actifs au contraire fondent dès 79°.
- Enfin, M. Molle (2), amené dans ses recherches à réduire le cinéol a constaté que l’acide iodhydrique était seul utilisable dans ce but. Il a obtenu les meilleurs résultats en chauffant à 220°-225° pendant une heure en tube scellé en présence de mercure. 11 a obtenu de la sorte un hydrocarbure C10H18, le cinéolène (P.E. 165°-170°), aD dr 0 ; d18 0,8240, D 1,45993) et un hydrocarbure polymère (CMn-
- Le brome ne donne pas de produit d’addition et il se sépare de l’acide bromhydrique, tandis que l’acide sulfurique donne l’acide cymènesulfonique. D’après les résultats qu’il a obtenus M. Molle croit pouvoir attribuer au cinéolène la formule suivante :
- CH Cil
- CH, CH,
- Phénols. — Généralités sur les phénols. — MM. Bruni et Tornani (3) ont indiqué le moyen de distinguer dans la molécule d’un phénol non saturé la chaîne allylique de la chaîne propénylique. Ils ont trouvé que la première est sans action sur l’acide picrique ; au contraire, la seconde donne des combinaisons caractéristiques qu’ils décrivent dans un certain nombre de cas.
- MM. Béhal et Tiffeneau (4), continuant leurs recherches sur les dérivés pseudoallylés cycliques, ont démontré d’un côté que le sodium et l’alcool absolu hydrogènent totalement la chaîne pseudoallylique en chaîne isopropy-lique et d’autre part que le permanganate aqueux les oxyde à froid en les transformant en cétones. De même les iodhydrines qu’ils fournissent facilement éliminent de l’acide iodhydrique sous l’action de l’oxyde de mercure ou du nitrate d’argent en donnant également naissance à des cétones. Cette réaction appliquée au pseudosafrol et au pseudométhylêugénol a conduit à des cétones déjà obtenues par MM. Hoering et Wallach. Enfin la potasse caustique en
- (1) Ber., 33 (1900), 3541.
- (2) lnaug. Dissert., Bâle (1904). — Bull. Schimmel, avril 1904, 68.
- (3) Centrbl. (1904), II, 9545.
- (4) C. R., 141 (1905), 596.
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- l’industrie des parfums et des huiles essentielles.
- poudre réagit sur les iodhydrines en donnant des oxydes d’éthylène dissymétriques :
- CII3
- R — C — CHo
- MM. Fourneau et Tiffeneau (1) décrivent plusieurs oxydes d’éthylène phénoliques et, dans une note ultérieure, s’occupent plus spécialement des oxydes monosubstitués et bisubstitués symétriques et dissymétriques. Ils ont appliqué' leurs recherches au safrol, à l’isosafrol et à l’anéthol.
- MM. Verley (2) et Tiffeneau (3) ont indiqué simultanément une méthode d’introduction d’un radical non saturé dans le noyau benzénique d’éthers phénoliques, en traitant les dérivés organomagnésiens de ces éthers halogénés par-du bromure d’allyle. M. Verley s’est borné à préparer l’estragol et l’anéthol tandis que M. Tiffeneau a généralisé le procédé en l’étendant aux hydrocarbures.
- Carvacrol. — En réduisant le carvacrol par la méthode de MM. Sabatier et Senderens, M. Brunei (4) a obtenu deux alcools isomères, de formule C10H20O. GesVombinaisons désignées sous le nom d’a et (3 carvacromenthols possèdent les' propriétés, suivantes :
- L’a. carvacromenthol est un liquide huileux à odeur de safrol et bouillant à 219°. Le ^ carvacromenthol est également un liquide huileux possédant une odeur agréable et bouillant à 222°.
- Thymol. — M. Battandier (5) a découvert une source de thymol dans une plante indigène des montagnes algériennes : l’Origanum floribundum Munby. Pratiquement, et malgré la richesse relative de l’essence (environ 25 p. 100 de thymol), cette nouvelle source est sans importance par suite du peu d’abondance de ces plantes.
- Par hydrogénation du thymol à l’aide de la méthode de MM. Sabatier et Senderens, M. Brunei (6) a obtenu un nouvel alcool, le thymomenthol, isomère du menthol. Ce thymomenthol est un liquide sirupeux, possédant une forte odeur de menthe. Ses propriétés physiques sont les suivantes : D0„, 0,913. — P.F., entre — 5° et 0°. — P.E., 215°. M. Brunei a constaté que ce thymomenthol s’isomérise pendant l’éthérification. Les deux dérivés (isomères
- (1) .C. R., 140 (1905), 1595.
- (2) Brevet allemand, N° 154654.
- (3) C. R., 139 (1904), 481.
- (4) C. R., 141 (1905), 1245. .
- (5) Journ. de Pharm. et Chim., 16 (1902), 536.
- (6) C. R., 137 (1903), 1258, 140 (1905), 252, 792.
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- sléréochimiqnes d’après l’auteur) donnent d’ailleurs naissance à la même thy-momenlhone.
- Estragol (Mét/nylchavicol). — M. Tiffeneau (1) est parvenu à effectuer la synthèse de l’estragol en faisant réagir le bromure d’allylc sur le composé magnésien, bromure de p.anisylc.
- Anéthol. — D’après MM. Orndorff et Morton (2), l’anéthol fixe, dans des conditions déterminées, une molécule d’acide chlorhydrique sur la double liaison propénylique. Le produit d’addition donne par ébullition avec de la potasse alcoolique un autre produit d’addition avec l’alcool qui, distillé à pression ordinaire, se décompose en alcool, anéthol et métanéthol polymère.
- M. Klages (3) a effectué une synthèse de l’anéthol en traitant le chlorure de propiony'le, en solution clans l’éther de pétrole, par l’anisol eh présence de chlorure d’aluminium.
- En oxydant l’anéthol par le procédé de contact, M. Tri Hat (L) a obtenu de l’aldéhyde ainsique.
- M. Wallach (5) a étudié les produits d’addition résultant de l’action de l’acide nitreux ou du chlorure de nitrosyle sur certains dérivés non saturés, en particulier sur l’anéthol, l’isosafrol et l’isodiméthyleugénol. Il a obtenu des nitrites et des nitrosochlorures jouissant de propriétés caractéristiques.
- MM. Hell et Hoffmann* (6) après avoir effectué la synthèse du p.anéthol à partir de l’aldéhyde anisique et du bromure d’éthylmagnésium ont étendu leurs recherches à la synthèse de l’o.anéthol en partant de l’éther méthylique de l’aldéhyde saücylique et du bromure d’éthyl magnésium. Cet o.anéthol dont l’odeur no rappelle en rien celle de l’ams et qui répond à la formule suivante;
- CH = CH — GH3 (i)
- C6H4<f
- X 0CH3 (2)
- est une huile bouillant à 222°. L’acide nitreux réagit en donnant des dérivés analogues à ceux obtenus à l’aide du p.anéthol.
- M. Bougault (7), en oxydant l’anéthol dans différentes conditions, a successivement obtenu une aldéhyde Cj0H12O2 et un acide C10H12O3, l’acide méthoxyhy-dratropique qui ne peut répondre qu’à le formule
- Co2H
- CH/
- c6h*/ xch3
- xOCH3
- (1) C. R., 139 (1904), 481.
- (2) Ann. chem. Journ., 23 (1900), 181.
- (3) Ber., 35 (1902), 2262.
- (4) C. R., 133, 823.
- (5) Ann. chem., 332, 305.
- (6) Ber., 35 (1905), 1076.
- (7) C. R., 130 (1905), 1766. — 131, 42, 2705
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- l’industrie des parfums et des -huiles essentielles. 713
- l’acide mélhylphloré tique (méthylhydroparacoumarique), seul isomère possible, répondant à la formule :
- CHU — CH, — CO OH
- CellS
- XOCH;î
- Ces conclusions sont d’ailleurs vérifiées par la synthèse de l’acide méthoxyhy-dratropique à partir de l’acide atropique. L’aldéhyde intermédiaire ne peut donc être que l’aldéhyde méthoxyhydratropique.
- Le même auteur (1) a proposé une nouvelle méthode de dosage de l’anéthoi consistant à ajouter à une solution alcoolique renfermant 1 ou 2 p. 100 de ce corps, 10 centimètres cubes d’une solution alcoolique à 6 p. 100 de hichlorure-de mercure, puis goutte à goutte une solution titrée d’iode jusqu’à coloration jaune persistante. A 254 grammes d’iode correspondent 148 grammes d’ané-tliol. Cette méthode n’est pas applicable en présence de composés non saturés, de phénols ou d’amines.
- MM. Béhal et Tiffeneau ont à l’aide de l’iodure de magnésium éthyle et d’aldéhyle anisique, préparé synthétiquement un anéthol qui s’est montré identique à l’anéthoi naturel. Il en résulte que ce dernier possède non pas une chaîne triméthylènique, contrairement, à l’opinion de M. Bougault, mais bien une chaîne propénylique. *
- MM. Varenne et Godefroy (2). ont obtenu en traitant à froid le dibromurc d’anétliol par de la potasse alcoolique, le glycol correspondant, l’anéthoglycol, huile épaisse et jaune (d17„, 1,013 — P. E. 245°-250°).
- Eugénol. — M. Delange (3) a pu passer de l’eugénol à la propylpyrocato-chine en le transformant successivement en méthyleugénol, puis en propylvé-ratrol qu’il lui a suffi de distiller avec de l’acide iodhydrique.
- MM. Auwers et Muller (4) ont étudié les propriétés de quelques dérivés bromés de l’eugénol et de l’isoeugénol. Contrairement à de précédentes observations, ils ont constaté la solubilité du dibromoeugonol dans les alcalis^ et ont démontré.qu’il se transforme en éther dialcoylé. En général, les combinaisons bromées de l’isoeugénol sont beaucoup moins stables que les combinaisons correspondantes de l’eugenul.
- M. Zincke (5) a d’ailleurs confirmé et développé les résultats acquis par MM. Auwers et Muller, en démontrant que les dérivés bromés de l’isoeugénol se comportent plus comme des pseudophénols que comme des phénols.
- (1) Thèse de Doctorat.
- (2) G. R., 140 (1905), 1901.
- (3) C. U., 130 (19(0), 659.
- (4) Ber., 35 (1902), 114.
- (5) L. Ann., 329 (1903), 1.
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- MM. Franckfortcr et Lando (1) ont préparé quelques nouveaux dérivés de l’eugénol et étudié en particulier l’action des halogènes. Nous renvoyons pour le détail dé ces recherches au mémoire original.
- MM. Oddo et Puxeddu (2) ont fait L’étude d’un certain nombre d’azoeugénols entre autres le benzène azoeugénol, le m. hromobenzèneazoeugénol et le (3 naphtylazoeugénol.
- MM. Hell et Bauer (3) ont constaté que les dérivés mono et dibromé de l’éthylisoeugénol échangent leur brome contre un groupe oxhydrile ou mé-thoxyle aussi facilement que lés dérivés de l’eugénol lui-même. Cette propriété ne peut plus dans ce cas s’expliquer par la théorie quinonique et doit être attri-•buée à l’ensemble du radical.
- MM. Zincke et Halm (4) publient également un travail sur les dérivés bromes de l’isoeugénol. Ils ont obtenu quatre dérivés, dont deux, les di et tribro-moisoeugénol avaient été étudiés déjà précédemment.
- : Enfin, par une méthode analogue à celle cpii leur avait permis de préparer
- synthétiquement l’anéthol, MM. Béhal et Tiffeneau sont parvenus à effectuer la synthèse de l’eugénol.
- Safrol et isosafrol. — M. Dclange (5) a transformé le safrol en propyl-pyrocatéchino en réduisant l’isosafrol'obtenu intermédiairement à l’état de pro-pylméthylènepyrocatéchine. Cette dernière traitée par le pentaclilorure de phosphore donne naissance au dipliénol.
- MM. Thoms et Biltz (6) ont étudié les relations existant entre le safrol, Feu-génol et l’asarono. Le dihydrosafrol fournit par action d’un mélange d’acide-nitrique et d’acide cristallisable un dérivé nitré :
- ' H O-------CH2
- NOâ- H
- dont on peut dédoubler le chaînon dioxyméthylénique à l’aide de chlorure' d’aluminium. Partant des phénols isomères obtenus, MM. Thoms et-Biltz ont obtenu un nitrodihydrométhyleugénol identique à celui préparé avec l’isoeugé-nol. L’un des phénols préparé par saponification de ce nitrodihydrométhyleugénol conduit d’un autre côté, par transformation en dérivé éthylique, puis en amine et par oxydation ultérieure de cette amine à une quinone :
- (1) Ann. chem. Soc., 27 (1905), 641.
- (2) Gazz. chim. ital., 35, I, 55.
- (3) Ber., 37 (1904), 128.
- (4) L. Ann., 329 (1903), I. — Bull. Soc. chim., 34, 1177.
- (5) C. R., 430 (1900), 659.
- (6) Arch. cler Pharm., 242 (1904), 85.
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- l’industrie des parfums et des huiles essentielles. 7Ui
- II 0
- C3H7
- >och3
- 0 H
- identique à celle préparée à partir de l’asarone.
- M. Mameli (1) en Taisant réagir une solution de pipéronal sur une solution, éthérée d’iodure d’éthylmagnésinm, a obtenu l’alcool éthylpipéronylique :
- ,CH(OH).CII2
- Q6^3<~0
- o>cn‘
- CH3
- inconnu jusqu’à présent. Sous l’influence de la chaleur, il perd une molécule d’eau en donnant de l’isosafrol.
- Apiol. — M. Tlioms (2) s’inspirant des travaux qu’il avait antérieurement effectués sur la dihydroasarone (3), est arrivé à déterminer la constitution de l’apiol de persil. En partant de l’éther méthylique du propyldiméthoxyphénol, produit de dissociation de l’isoapiol, il a pu obtenir sous l’influence de l’acide nitrique dilué un produit nitré et une quinone identique à celle obtenue à. partir de la dihydroasarone :
- C3H7 C3H7
- //'\ociI3 /\o
- CHaOs^^'OCIIa 0 ^^OCII
- Éther méthyliquo Quinone.
- du prop3'ldiméthoxyphénol.
- En renouvelant cette réaction avec les éthers éthylique et propylique du propyldiméthoxyphénol, M. Thoms est parvenu à deux autres quinones différentes ce qui démontre bien, les quinones ne pouvant prendre naissance qu’avec les groupements méthoxy en para, que l’oxhydrile se trouve dans la position 3 par rapport au groupement propyle. Il suit de là que l’apiol ne peut avoir que la formule de constitution suivante :
- CH2 — ch = ch2
- CH30
- OCH3 0
- 0----'cH,
- (t) Atti R. Acad, dei Lincei (5), 13, II, 315.
- (2) Ber., 36 (1903), 1714.
- (3) Ber., 36 (1903), 854.
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- Quant à l’apiol d’anetli, découvert par M. Thoms dans l’essence de Matico,
- il ne peut plus répondre qu'à la formule d’un 1. allyl. 5. 6 diméthoxy. 3. 4. méthylènedioxybenzène. M. Tlioms (1) a d’ailleurs démontré l’exactitude de
- cette assertion.
- Enfin, M. Bougault (2) a obtenu avec l’isoapiol des résultats identiques à ceux déjà cités à propos de l’oxydation de l’anéthol.
- Asarone. — MM. Guttermann et Eggers (3) ont effectué la synthèse de l’asarone par l’intermédiaire de l’aldéhydeasarytique. Cette aldéhyde obtenue en partant de l’éther triméthylique do l’oxyhydroquinone, se transforme quand on la chauffe en tube scellé avec de l’anhydride propionique et du propionate de sodium en asarone. Il suit de là que le radical C3H3 qui s’y trouve contenu est un radical propénylique et non pas allytique.
- M. Thoms (4) a étudié l’action de l’acide nitrique sur la dihydroasarone.
- Myristicine. — M, Rimini (5) a publié une intéressante étude sur l’action de l’acide nitreux sur la myristicine et sur sa constitution même. En utilisant la méthode de MM. Balbiano et Paolini (6) reposant sur l’action de l’acétate mercu-rique, ils ont pu déceler dans la myristicine F existence d’une chaîne ally li que.
- La myristicine fournit dans ces conditions le dérivé I tandis que l’isomyris-ticine donne naissance à un glycol :
- (CH3 50) (C1 I1202) — C«H2 — C3H3<
- \01I
- (CIFOj (CH202) — G6 7 8H2 — C3H3 (OII)2
- Continuant ses recherches, M. Rimini (7).a préparé, en faisant agir l’acide nitreux sur l’isomyristicine, le nitrosite d’isomyristicine toujours accompagné du nitrosate correspondant, puis la (3 nitro-isomyristicine transformable en l’oxime de l’aldéhyde myristicique.
- Le diisonitrosite précédemment obtenu se transforme finalement par ébullition avec l’acide sulfurique en une dicétone, par l’intermédiaire de sa mo-noxime. Enfin cette monoxime chauffée avec un excès d’acétamide donne suc--cessivement la diacétamide correspondante et l’acide myristicique.
- Diosphénol. — La constitution du diosphénol, principe faisant partie de l’essence de Bucco a été particulièrement étudiée par MM. KondakowetBachtschiew(8).
- (1) Arch. (1er Pharm., 242 (1903), 344.
- (2) C. B. 130 (1900), 1766. — 131 (1900), 42, 270.
- (3) Ber., 32, 289.
- (4) Ber., 36 (1903), 854,
- (5) Soc. chim. Roma, 2 (1904), 20. — Gaz*, dura, ital., 34 (1904), 2Si.
- (6) Ber., 36 (1903), 3575.
- (7) Gazz. chim. ital., 35 (1903), 406.
- (8) Journ. f.prakt. Chem., II, 63 (1901), 38.
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- l’industrie des parfums et des huiles essentielles.
- Par réduction à Faide d’acide iodhydrique et de phosphore, le diospliénol donne naissance à un paramenthane G10H20. Par réduction ménagée au moyen-du sodium et de l’alcool, il fournit au contraire un menthol inactif, liquide à température ordinaire. Simmler [Ber., 1906, p. 1158) établit la formule de constitution du camphre de bucco en identifiant ce produit avec le composé qu’il obtint par oxydation de Foxyméthylène menthone au moyen de l’ozone (1) Le camphre de bucco est ainsi caractérisé comme une orthomenthoquinone dont l’un des CO a pris la forme énolique.
- I
- G—CH1 2 3 CH^^COH
- GH2 *\y CO
- CH —G3H7
- Nous terminerons cet exposé des principales recherches effectuées sur les principes constitutifs des essences par une étude rapide de deux composés importants de l’industrie des parfums : 'Fun, produit essentiellement synthé tique, le musc artificiel, l’autre, produit d’origine animale, la civette.
- Musc artificiel. — Le commerce livre maintenant des produits contenant 100 p. 100 do musc artificiel sans addition étrangère. Au point de vue de la préparation des solutions concentrées de musc, M. Kohler (2) recommande le benzoate de benzyle. Elles peuvent être étendues d’alcool absolu sans qu’il y ait précipitation de cristaux de musc à température ordinaire.
- Dans le même but, M. Mann (3) préconise l’emploi de cinnaméine. Selon M. Schimmel, le pouvoir dissolvant de la cinnaméine doit être attribué principalement au benzoate de benzyle qui s’y trouve contenu.
- Civette. — MM.'Hebert (4), et Parry (5) ont étudié le produit d’excrétion de' la civette d’Abyssinie. Les échantillons qu’ils ont soumis à,l’analyse fondaient vers 36°-37°. La majeure partie de la civette se compose de substances graisseuses facilement solubles à froid dans l’éther, le benzène, le chloroforme et l’éther de pétrole, moins solubles dans les alcools et complètement insolubles dans l’eau, des acides et les alcalis. Le résidu insoluble formé de poils et *de poussières atteint 3,60 à 5 p. 100 et laisse par combustion des cendres formées de sulfates, carbonates ou phosphates de fer, d’aluminium, de calcium, de magnésium et de potassium. De plus, M. Hébert a démontré la présence de scatol
- (1) On rxe doit pas laisser l’action de l’ozone se prolonger, car l’oxydation se poursuivrait.
- (2) Pharm. Ztg, 49 (1904), 1083.
- (3) Revue üb. die Harz, Fett u. Ôlindustrie, 32 (1903), 112.
- (4) Bull. Soc. chim., 27 (1902), 997.
- (o) Chemist. and Drugg., 61 (1902), 901.
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- à côté d’un composé à odeur do musc. Enfin, par saponification de la civette, il a obtenu des acides gras fondant à 39° et constituant 50 à 70 p. 100 du produit.
- M. Parry a démontré que Tune des falsifications les plus fréquentes de la civette est la vaseline de pétrole. Il recommande pour en effectuer la recherche la méthode de M.Dodge, fondée sur l’extraction successive de la civette par l’acétone, puis l’éther de pétrole; la vaseline communique à l’éther de pétrole une fluorescence bleue. D’autres falsifications reposent sur l’addition de produits d’origine végétale.
- Dans des travaux ultérieurs, MM. Parry (1) et M. Burgess (2) indiquent des procédés analytiques concernant la civette et les falsifications dont elle est l’objet.
- Essais des essences. Viscosité et tension superficielle. — D’après les recherches de M. Dowzard (3) en particulier sur l’essence de citron, la détermination de là viscosité serait un moyen précieux d’appréciation de la pureté et par conséquent de la qualité des huiles essentielles.
- MM. Scliimmel ont repris les expériences en employant à l’exemple de M. Dowzard l’appareil de Reischauer.
- Les résultats que ces savants ont successivement obtenus diffèrent sensiblement, mais les écarts constatés paraissent être principalement dus à ce que l’orifice des divers viscosimètres est différent et la méthode proposée par M. Dowzard peut être appelée à rendre des services réels le jour où ces négligences de construction auront disparu.
- MM. Jeancard et Satie (4) ont de mêmç mesuré la viscosité de plusieurs essences en même temps que leur tension superficielle.
- Indices de réfraction. — La mesure du pouvoir réfringent d’une essence ne paraît pas constituer un procédé très précis d’investigation. Les indices de réfraction des principes constituants des huiles essentielles diffèrent en effet relativement peu les uns des autres. MM. Hartvitch (5) et Utz (6) ont publié des travaux à ce sujet dans lesquels ils recommandent l’emploi de cette constante. MM. Scliimmel, après de longues recherches en vue d’établir dans quelle mesure on peut utiliser l’indice de réfraction des huiles essentielles pour apprécier leur pureté et leur qualité, émettent ces conclusions (7) que si la détermination de cette constante peut être utilisée avantageusement pour la recherche des
- (1) Chem. a. Drugg, 62 (1903), 871.
- (2) The analyst, 28 (1903), 101.
- (3) Chemist and Druggist, 57 (1900), 168.
- (4) Bull. Soc. chim., III, 25 (1901), 519.
- (5) Apolheker Ztg. 14 (1899), 584.
- (6) Apotheker Ztg., 15 (1900), 451. — 16 (1901), 742.
- (7) Bull. Schimmel, avril 1903, 84.
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- falsifications, elle ne mérite pas cependant d’être substituée aux anciennes méthodes telles que la recherche du poids spécifique, du pouvoir rotatoire et do la solubilité dans l’alcool.
- Poids spécifique. — Au sujet de la détermination du poids spécifique, il est bon de faire remarquer que plusieurs expérimentateurs, entre autres AI. 0. Schrei-ncr (1), se sont prononcés il y a quelque temps sur la nécessité d’établir cette constante à une température supérieure à 15°. M. Schreiner (2), en collaboration avec M. Downer, a fait toute une série de mesures dans le but d’établir entre 15° et 25° les variations qu’éprouvent les poids spécifiques des essences pour chaque degré d’accroissement de température. Les variations observées sont relativement faibles et restent sensiblement les mêmes dans cet intervalle pour une élévation de température de 1°. Elles demeurent de même à peu près constantes pour les différentes essences étudiées, sauf en ce qui concerne l’huile de cade et l’essence de Wintergreen. Comme constante de correction, on peut admettre une correction moyenne de 0,00064 par degré. MM. Schreiner et Downer complètent ces indications par le tableau des coefficients de dilatation des essences dont ils ont déterminé le poids spécifique.
- MM. Schimmel (3) pour satisfaire aux exigences de la. pharmacopée américaine, qui n’indique plus pour la détermination du poids spécifique des essences que la température de 25°, ont également recherché les différences qui existent avec les poids spécifiques pris à 15°. Les résultats de leurs travaux concordent avec ceux de MM. Schreiner et Downer et les ont conduits à admettre comme constante de réduction le nombre 0,00062. Cette variation dans la température de mesure des poids spécifiques entraînait une correction semblable à propos de l’indice de réfraction des huiles essentielles. M. Harvey (4) a dressé un tableau des indices de chaque essence, à 20°, et des corrections à appliquer poiir des températures différentes. La constante de variation est de 0,00042 a 0,00052 pour chaque degré de variation de température.
- Indire d'iode. — La détermination de l’indice d’iode a été proposée déjà à plusieurs reprises comme procédé d’essai pour les huiles essentielles. Malgré les résultats médiocres obtenus à l’aide de cette méthode, MM. Sanglé-Ferrière et Cuniasse (5) l’ont utilisée à nouveau dans l’analyse de différentes préparations de l’absinthe. En vue de généraliser cette méthode et de l’appliquer principalement au dosage des huiles essentielles dans les liqueurs, les auteurs ont déterminé l’indice d’iode de toute une série d’essences préalablement contrôlées.
- (1) Pharm. Review, 18 (1900), 457.
- (2) Pharm. Archives, 4 (1901), 165.
- (3) Bull. Schimmel, novembre 1905, 86.
- (4) Journ. Soc. chim. Incl., 24 (1905) 72"1 2 3 4 5
- (5) Nouvelle méthode d’analyse des absinthes, Paris, 1902, Dunod.
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- MM. Sangle-Ferrière et Cuniasse déduisent de leurs recherches que cette, construite neut non seulement servir au dosage des essences, niais-encore à l’appréciation de leur degré de pureté. Malgré ces affirmations, il paraît difficile d’accorder à la méthode proposée une créance trop absolue; en particulier les résultats obtenus-dans le cas de mélanges ne peuvent être exacts, et dans ce cas--le procédé de M. Mann que nous exposons, ci-après semble beaucoup plus recommandable.
- M. Mann (1), après avoir divisé la substance en la mélangeant avec de la. pierre ponce, l’épuise par distillation à la vapeur et agite pendant une demi-heure le distillât aqueux saturé de sel marin avec un volume déterminé de rhigolène (éther de pétrole 20°-40°). Il suffit ensuite d’évaporer un poids connu de cette solution éthérée pour connaître immédiatement le taux de l’huile essentielle dans l’essence.
- Pouvoir désinfectant des essences et de leurs principes constitutifs. — M. Calvello (2) a effectué toute une série de recherches sur les propriétés antiseptiques des essences de thym, de cannelle, etc., comparativement à la solution de sublimé à 1 p. 100. 11 a démontré qu’une émulsion d’essence de cannelle à 7-8 p. 100 ou une solution d’essence de thym à 11 p. 100 présentent tous les avantages de la solution de sublimé sans en avoir les inconvénients.
- L’émulsion d’essence de cannelle à 9° produit une stérilisation absolue.
- Dans le meme ordre d’idéesj M. Marx (3) a dirigé ses recherches sur le ter-pinéol, l’héliotropine, le vanilline et différentes autres substances odorantes. Les germes pathogènes comme les spores'du charbon, le staphylococcus pyogènes aureus subissent sous leur action un arrêt de développement. Une solu-^ tion de terpinéol à 1 p. 100 tue l’anthrax en une heure, une solution à 10 p. 100-agit de même sur le staphylococcus. Le nitrobenzène, en solution à 10 p. 100, produit* un effet identique après vingt-quatre heures. M. Marx attribue cette réaction bactéricide à la propriété des principes aromatiques de* rendre l’oxygène actif.
- Les propriétés thérapeutiques, physiologiques-et toxiques ont été successivement étudiées dans des mémoires très documentés par MM! Robert (4), Kleist (5) et Vandewelde (6). Nous nous contenterons, afin de ne pas sortirrdu cadre de notre travail, de renvoyer auxi mémoires originaux.
- (1) Arch. de Pharm., 240 (1902), 149.
- (2) Pharm. Ztg., 47 (1902), 759.
- (3) Apoth. Ztg., 18 (1903), 7.
- (4) Bull. Schimmel, novembre 1903, 113.
- (5) Bull. Schimmel, avril 1903, 115.
- (6) Bull, de l’Assoc. belge des chimistes, 17 (1903), 269.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités : — Sur les rayons ultra-violets. — Réactions solides. — Notes historiques sur la chimie en France.
- Métaux et métallurgie. — Chrome, tungstène et molybdène. — Les gaz des hauts fourneaux.
- Aldéhydes. — Notes sur le camphre.
- Acides organiques. — Fabrication de l’acide oxalique, procédé J. Effront. — Conservation des encres au gallate de fer.
- Hydrates de carbone. — Éthers xanthogéniques de l’amidon. —Nouvelle réaction colorée de la ligno-cellulose. — Examen des amidons commerciaux.
- Industries des cuirs et peaux. — Sur l’emploi de la poudre de peau chromée pour l’analyse des tannins. — Essais des adjuvants de brasserie.
- Chimie agricole. — Sur la méthode d’échaudage de Steffen en sucrerie. — Sur les tabacs. — Sur la valeur commerciale des viandes. — La crise des industries viticoles. — Sur la fabrication des alcools en France.
- Chimie médicale. — Sur l’atoxyl.
- LES RAYONS ULTRA-VIOLETS DANS LE LABORATOIRE ET DANS LA PRATIQUE
- M. Ch. Baskermlle a lu au dernier congrès de l’American electrochemical Society (New-York, 8 octobre 1907) un intéressant rapport sur ce sujet. En voici le résumé (d’après Chemical News, 1907 p. -225).
- Lénard, en 1900, note que la lumière ultra-violette ozonise l’oxygène (Ann. Pliys. 486). Trois ans plus tard, Goldstein, avec de l’air liquide, condense l’ozone produit parle tube de Geissler (Ber., xxxvi, 3042 : L’année suivante Warburg (Ann. Phys., xm, 475) trouve que la cause de la production de l’ozone par le tube de Siemens au moyen d’effluves, réside vraisemblablement dans la formation de rayons cathodiques.
- Ce savant, en collaboration avec Regener (Sitzungber. Preuss.Akad. d. Wiss., 1904, 122&) démontre avec un ozonomètre différentiel à quartz capillaire, que la lumière ultra-violette exerce une influence désozonisante.
- L’ozone se détruit rapidement par l’élévation de la température, Clément. (Ann. Phys. 1904, xiv, 334) ; fait confirmé depuis par Fischer et Braehmer (Ber., 1905 xxxvm, 2 633). Le verre au manganèse exposé à la lumière ultra-violette acquiert, en quelques heures, la coloration qu’il montre.après une longue insolation. — Les auteurs en. déduisent que l’ozone! se forma dans'les.parties supérieures de* l'atmosphère;* et tombe, dans les régions, basses où il se décompose au contact des substances oxydables.
- Regener (Ann. Phys., 1906, xx; 1033) a déterminé que les rayons ultra-violets de longueur d’onde plus faible que 200 produisent de l’ozone, tandis que les rayons
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- NOTES DE CHIMIE.
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- de longueur d’onde d’environ 257 ou au-dessus, la détruisent. Il en résulte une double action de la lumière ultra-violette.
- Regener a montré également que les rayons ultra-violets de faibles longueurs d’onde décomposent l’ammoniaque, le protoxyde d’azote et le bioxyde d’azote.
- Ramsay et Spencer ont étudié récemment quelques phénomènes chimiques et électriques, produits par la lumière ultra-violette (Chem. News, 1906, xciv, 77). Un élec-troscope chargé positivement est déchargé par les rayons ultra-violets, tandis que chargé négativement cela n’a plus lieu. Il se produit donc une décharge de corpuscules lorsque certains éléments ou composés sont éclairés par les rayons ultra-violets.
- On sait depuis longtemps que la willemite (orthosilicate de zinc) devient phosphorescente sous 1’inlluence de la lumière ultra-violette.
- . Un grand nombre de substances sont susceptibles de briller sous diverses influences. Au cours d’une longue étude sur la collection de gemmes et minéraux de l’American muséum of natural history, lvunz et Baskerville ont exposé 13 000 spécimens aux rayons ultra-violets. Deux observations seulement sont intéressantes à noter ici. En examinant les spodumènes, un échantillon provenant de la Californie devint phosphorescent, se montrant ainsi différent des autres variétés. Ce nouveau gemme a reçu le nom de Kunzite. Parmi les autres minéraux les plus phosphorescents, on a trouvé une Colémanite. Tous les minéraux provenant de Mono Lake étaient phosphorescents.
- M. Bourgouin a préparé au laboratoire, de la willemite, orthosilicate de zinc pur, qui ne montrait pas de phosphorescence; mais l’addition d’oxyde de manganèse ou autres, en faibles proportions, suffisait pour donner l’aspect d’une brillante willemite artificielle.
- RÉACTIONS ENTRE SOLIDES
- On sait depuis longtemps qu’il peut se produire des réactions dans un mélange de .substances solides, et l’on connaît les expériences de Spring, 1881, Thorpe, etc., sur ce sujet. M. E. P. Permu.n donne une nouvelle contribution (Proceedings of the royal Society, vol. 79, p. 310). C’est ainsi qu’un mélange d’acide arsénieux et de nitrate de cadmium subit par une réaction qui va jusqu’à la transformation complète de l’acide •arsénieux en acide arsénique.
- Voici les conclusions de son travail :
- Les sels à l’état solide subissent généralement une double décomposition, lorsqu’on les mélange. Cette réaction s’accélère sous l’influence de la pression, de la percussion, du frottement. La solubilité et la volatilité des sels augmentent considérablement la vitesse de cette réaction. Mais en l’absence complète d’eau ou d’un autre ionisant (ou solvant qui devienne conducteur de l’électricité en présence d’un sel), aucune réaction ne prend naissance.
- NOTES HISTORIQUES SUR LA CHIMIE EN FRANCE
- M. Armand Gautier (Revue scientifique, n°« des 25 mai et 1er juin) a pris occasion •du cinquantenaire de la Société chimique de France, fondée en 1857, pour exposer, en une brillante et instructive revue, les doctrines et découvertes principales des membres de la Société au cours des cinquante dernières années.
- L’œuvre scientifique de H. Moissan est présentée par M. A. Binet du Jassoneix dans le n° du 15 juin de la même revue.
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- SUR LA FABRICATION ARTIFICIELLE DU CAMPHRE.
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- GLUCINIUM OU BÉRYLLIUM
- Nous avons déjà parlé dans ces notes, de l’intérêt qu’il y aurait à ce.que l’universalité des chimistes adoptât un seul mot pour désigner un meme élément. De cette façon plus de discussion possible entre l’azote Az et le nitrogène N ; entre le tungstène, Tu et le wolfram Wo; entre le glucinium Gl et le béryllium Bc. A propos de ces deux derniers noms, nous avons reproduit dans les Notes de chimie de mars 1905, p. 376, les motifs donnés par C. L. Parsons (Chemical News, 1905, p. 75) pour adopter le nom de béryllium; M. le capitaine Dr. Paul Nicolardot donne dans la Revue scientifique (p. 659) les motifs de l’adoption du nom de glucinium pour désigner le métal de la glucine de Vauquelin.
- CI1R0ME, TUNGSTÈNE ET MOLYBDÈNE
- De M. Nicolardot également (Revue scientifique, n° du 8 juin), un relevé de documents historiques sur les origines de trois métaux, dont le rôle est devenu si important en métallurgie pour la fabrication des aciers à outils à coupe rapide.
- LES GAZ DES HAUTS FOURNEAUX
- L’utilisation des gaz des hauts fourneaux et des fours à coke a fait l’objet d’une note communiquée à l’Association .des ingénieurs sortis de l’École de Liège par M. Léon Greiner, ingénieur à la Société Cockerill." La note est reproduite dans la Revue Universelle des Mines et de la Métallurgie, n° d’avril • 1907, pp. 33 à 79. Elle traite de la production économique de la force motrice dans les usines métallurgiques. Les fours à coke ne datent que d’une vingtaine d’années, et le premier moteur à gaz n’a fait son apparition qu’en 1895; mais les deux innovations se sont répandues avec une rapidité surprenante. L’auteur étudie successivement les gaz des fours à coke, les gaz des hauts fourneaux, l’utilisation de ces gaz pour la production de la force motrice, le prix de revient .de la force motrice ainsi produite, le prix de revient de l’énergie électrique à la Société Cockerill, l’influence de l’utilisation des gaz ainsi récupérés sur la marche économique tant des usines métallurgiques que des charbonnages.
- L’idée première d’utiliser les gaz des hauts fourneaux semble remonter à Faber du Four, 1837. Leur emploi dans les moteurs a nécessité l’élimination des poussières. Une foule de systèmes d’épurateurs sont nés de cette nécessité. C’est Theisen qui aurait imaginé l’épurateur centrifuge. M. L. Brasseur, dans le numéro de mai 1907 du Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des écoles d’Arts et Métiers, p. 379, expose les principes à suivre pour aboutir à une épuration rationnelle et décrit l’épurateur de M. Émile Béan, directeur des Hauts Fourneaux de Dommèldange.
- SUR LA FABRICATION ARTIFICIELLE DU GAMPHRE
- Toute une série d’études sur le camphre a paru dans le J. of the Society of Chemical industry, 1907, p. 380 et suivantes :
- L’origine et la production du camphre par le professeur B. Rusby;
- La purification et le raffinage du camphre, par G. Drobergg ;
- L’historique et les usages du camphre en pharmacie et en médecine, par le prof. V. Coblentz;
- Tome 109. — Juin 1907.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Les applications techniques du camphre, par II. C. Schnephans ;
- La synthèse du camphre, par F. J. Pond, avec une bibliographie de la question.
- Le camphre sous le nom de carpura est décrit comme remède indou dès le vme siècle, et il est probable qu’il fut préconisé pendant l’épidémie de peste de Constantinople de 451 à 490. Le pouvoir antifermentescible du camphre est aussi puissant que celui des acides salicylique ou benzoïque. On peut rendre le camphre soluble en le triturant finement avec certaines matières organiques : tels le salol, la résorcine,le menthol, les naphtols, le thymol et divers acides organiques solides. L’addition d’eau sépare les constituants.
- Les deux tiers de la production totale de camphre sont employés dans la fabrication du celluloïd. L’addition de camphre aux vernis leur donne de l’élasticité. C’est ainsi que Spill découvrit en 1809 la propriété de l’alcool camphré de dissoudre la nitrocellulose, la base de la préparation du celluloïd. La fabrication des poudres sans fumée ne consomme pas, ainsi qu’on le croit généralement, des quantités appréciables de camphre, mais cette application a bien été indiquée.
- » Enfin une note sur l’analyse du camphre, par y. E. Crâne et C. M. Joyce.
- Dans la discussion qui suivit, Mile professeur Ch. Doremus dit que la production de camphre synthétique aux États-Unis a toujours été nulle. Le docteur Schweizer dit ensuite que maintenant la production synthétique est dans de meilleures conditions, étant donné le prix élevé du camphre naturel. Mais le problème de cette production synthétique ne sera pas résolu tant que la matière première employée est l’essence de térébenthine, produit trop rare et trop sujet à de fréquentes variations. À ce point de vue les recherches de Raschigsur la production des cyclo-hexanols par les phénols et l’hydrogène en présence de nickel métallique, sont importantes puisqu’elles conduisent dans le voisinage du camphre et du bornéol.
- The Clayton Aniline Cy, a pris un brevet, n° 375 007 du 19 février 1907, pour perfectionnements dans la fabrication des éthers sels d’isobornéol.
- Il a été enregistré au Secrétariat général de la préfecture du département de la Seine une cession faite, en date du 13 novembre 1906, à la Société J. Basler et Cie, dont le siège est à Bàle (Suisse), par MM. Auguste Béhal, professeur de l’Ecole supérieure de Pharmacie, demeurant à Paris, 4, rue de l’Observatoire, etFirmin Sallé, pharmacien, demeurant à Neuilly-sui ' Seine (Seine), 40, avenue de Neuilly, de leurs droits : 1° au brevet d’invention de quinze ans (nos 349896) pris, le 5 mai 1904, par MM. Béhal, Magnier et Tissier, et dont ils sont devenus seuls propriétaires, pour procédé de préparation synthétique du camphre; et 2° au brevet d’invention de quinze ans (nos 349970)pris, le 7 juin 1904, par MM. Béhal, Magnier et lissier, et dont ils sont devenus seuls propriétaires, pour procédé de fabrication de celluloïd au moyen des bornéols.
- FABRICATION DE L ACIDE OXALIQUE
- il/. Jean E (front de Bruxelles a breveté le procédé suivant de fabrication de l’acide oxalique (n° 373 157 du 23 nov. 1906).
- 'Il a constaté qu’en présence d’oxydes métalliques l’attaque des matières cellulosiques par l’alcali se fait plus rapidement et à des températures plus basses. On peut remplacer partiellement la potasse ou la soude par des nitrates ; l’azote nitrique est alors intégralement transformé en NUL
- En ajoutant de la chaux à la lessive alcaline, on peut arriver à former directement
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- ÉTHERS XANTHOGÉNIQUES DE L’AMIDON.
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- l’oxalate de chaux sans passer par la formation des oxalates alcalins; et cet oxalate de chaux peut être immédiatement isolé de la masse fondue, à condition que cette masse soit refroidie et que la reprise se fasse par l’eau froide.
- Il a constaté également que la tourbe est préférable à la sciure de bois ; les vinasses des distilleries de grains, mélasses ou betteraves peuvent servir également. Ces matières ont l’avantage de céder leur azote sous forme d’ammoniaque et non sous celle d’amine. L’emploi des vinasses de distilleries présente un intérêt tout particulier à cause des sels de potasse et de soude qu’elles contiennent: il s’y produit une espèce de raffinage, par suite de la transformation des sels de potasse en hydrate et par celle des sels de soude en oxalate de soude très peu soluble.
- CONSERVATION DES ENCRES AU GALLATE DE FER
- La décomposition des encres galloferriques, dit il/. J. llothe (Mitteilungen aus dem Kôniglich. Materialprufungsamt zu gross. Litchterfelde West, 1906, p. 278), est en relation étroite avec leur teneur en acide bbre, laquelle joue un rôle capital dans la corrosion des plumes d’acier. Pour déterminer la stabilité d’une encre, il faut donc être en possession d’une méthode permettant de déterminer la quantité de ces acides libres. M. J. Rothe fait des recherches dans cette voie.
- La détermination des acides gallique et tannique, et du fer dans les encres ont fait l’objet d’autres études de M. J. Rothe dans le même périodique.-
- ÉTHERS XANTHOGÉNIQUES DE L’AMIDON
- Ces produits ont été étudiés par MM. Ch. Fr. Cross, Ed. John Bevan. et J. Fr. Brigghs dans le laboratoire de la Société française de la Viscose, directeur chimiste L. Naudin (J. of the Chemical Society, 1907, p. 612).
- Les éthers xanthogéniques de la cellulose, qui ont été décrits dans une série de communications (Trans., 1893, t. 63, p. 837; Ber., 1893, t. 26, p; 1090, 1901 ; t. 34, p. 1513; Researches on cellulose, I and II), rétrogradent progressivement jusqu’à la cellulose, au bout d’un temps plus ou moins long qui dépend de la température et d’autres conditions, et les stades de ces décompositions inverses ont été étudiés comme étant spécialement caractéristiques des solutions aqueuses du produit (viscose).
- Étant données les nombreuses analogies qui existent entre l’amidon et la cellulose, il était évident a -priori que les éthers xanthogéniques de l’amidon se formeraient dans des conditions analogues ; mais réaliser ces conditions et obtenir un mélange intime des réactifs nécessaires, à savoir : amidon, alcali, eau et sulfure de carbone, ce fut un sujet difficile.
- En mouillant d’une manière spéciale l’amidon avec du sulfure de carbone et ajoutant ensuite 15-20 p. 100 d’hydrate de soude, on obtient un mélange liquide qui se transforme rapidement en une masse volumineuse mais non homogène; le sulfure de carbone est comme maintenu en émulsion dans l’alcali-amidon pâteux. Dans ces conditions, la réaction s’effectue comme dans le cas de la cellulose, elle est terminée au bout de deux à quatre heures.
- Le produit est soluble dans l’eau froide et complètement transformé en ce nouveau dérivé. Il est accompagné, comme dans le cas de la cellulose, de nombreux sous-pro-
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- duits, principalement de trisulfocarbonate de soude, qui lui communique une teinte jaune. Le produit pur peut être obtenu par des traitements avec des agents déshydratants, tel l’alcool. Par addition d’acide acétique, les sous-produits sont décomposés, comme dans le cas de la cellulose.
- NOUVELLE RÉACTION DE LA LIGNO-CELLULOSE
- Les sels de la nitro-aniline constituent un nouveau réactif de la ligno-cellulose avec laquelle ils donnent une coloration rouge sang, Alain S. Wheeler (Berichte, 1907,
- p. 1888).
- EXAMEN DES AMIDONS COMMERCIAUX
- La méthode usuellement adoptée pour la comparaison des amidons consiste à faire bouillir poids égaux de chacun des échantillons, avec un même volume d’eau; après refroidissement on classe les pâtes ainsi obtenues d’après leur consistance au toucher. W. F. A. Ermen (J. of the Soc. of Chemical Industry, p. 501-504)*a essayé de trouver un procédé pour exprimer numériquement le degré de consistance des pâtes, et en même temps réglementer les conditions dans lesquelles la pâte doit être faite... Des pâtes furent faites en mélangeant 10 grammes d’amidon avec 25 centimètres cubes d’eau et 75 centimètres cubes d’eau bouillante. Il a essayé de déteiminer la consistance par l’écoulement de mercure en fin jet d’un récipient porté par un disque placé sur la surface de la pâte... Les résultats furent peu satisfaisants.
- La mesure de la viscosité de faibles solutions d’empois semblait résoudre la difficulté. Un certain nombre de solutions furent faites avec le même échantillon d’amidon et la viscosité fut mesurée dans un viscosimètre de Redxvood; les résultats sont représentés sur une courbe.
- Les solutions d’amidon faites à froid avec le secours de soude caustique sont exemptes de la plupart des causes de variations inhérentes à la méthode d’ébullition. Le procédé employé est le suivant : 230 centimètres cubes d’eau froide sont placés dans une fiole en verre et la quantité pesée d’amidon est lavée au moyen de cette eau dans une fiole jaugée de 250 centimètres cubes. On agile jusqu’à suspension homogène. 50 centimètres cubes d’une solution de soude caustique à 10 p. 100 sont alors versés rapidement.
- Deux propriétés intéressantes de ces solutions sont à mentionner. Une solution obtenue en diluant une solution plus forte, possède une viscosité beaucoup plus faible qu’une solution faite directement à ce titre inférieur. Quand on chauffe une solution, sa viscosité baisse régulièrement, mais ne s’élève pas de nouveau pendant le refroidissement.
- INDUSTRIES DES CUIRS ET PEAUX
- Sur l’emploi de la poudre de peau chromée dans l’analyse des tanins :
- Le procédé le plus simple et le plus rapide pour l’analyse des matières tannantes, est basé sur l’absorption, par la poudre de peau, du tannin renfermé dans la matière première. C’est d’ailleurs la méthode adoptée par l’Association internationale des chimistes de tanneries.
- Toutefois, comme le faisait remarquer M. E. Nihoul (Bul. de la Soc. chim. de Bel-
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- SUR LA MÉTHODE d’éCHAUDAGE DE STEFFEN.
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- gique 1906), il est indispensable de se servir d’une poudre de peau préparée avec soin,
- • notamment bien désacidifiée et mélangée de cellulose dans la proportion voulue. La. teneur en azote organique calculée sur un produit renfermant 18 p. 100 d’eau atteindra 11,5 p. 100. Elle ne doit pas abandonner à l’eau plus de 5 milligrammes de matières, quand on fait un essai à blanc, dans les conditions de l’analyse, au moyen d’eau pure.
- Le réactif dont se servent les chimistes de l’Association internationale est préparé par « Mehner und Stransky » et le produit est placé sous le contrôle de la « Versuch-sanstalt fur Lederindustrie » de Freiberg. Malheureusement malgré tous les soins que l’on apporte à sa fabrication, le produit présente parfois des différences de constitution inhérentes à la peau employée. Aussi la capacité d’absorption pour le tanin varie-t-elle. Enfin, la conservation dépend de la teneur en eau et de la température. Ce sont tous ces inconvénients, qui ont conduit les chimistes américains, en particulier le professeur Procter, à remplacer la poudre de peau par la poudre de cuir tanné au chrome. Cette dernière donne de bons résultats quand on fait usage de la« schake me-thod », Procter (Congrès de Leeds), 1902. La question a été mise à l’ordre du jour du Congrès de Prague de 1906, et le docteur Paessler, directeur de la station d’essai de Freiberg, prit à cette occasion l’initiative d’envoyer à un certain nombre de chimistes trois échantillons de poudre de peau chromée.
- Des essais ont été entrepris par Ed. Nihoul avec ces trois produits et comparativement avec delà poudre de peau conservée en flacon bouché et bien rempli depuis à peu près une année; il en résulte que la peau chromée n’abandonne que des quantités, très faibles de matières solubles à l’eâu de lavage, s’élevant de 2 à 2,5 milligrammes,, tandis que la poudre de peau ordinaire abandonne jusqu’à 21 milligrammes dans les mêmes conditions. Cette quantité énorme démontre l’altération avec le temps de la poudre de peau ordinaire puisqu’au début elle n’abandonnait qu’une quantité à peine égale à 5 milligrammes. La poudre de peau faiblement chromée est celle dont l’emploi seraitle plus avantageux.
- Dans une récente communication MM. H. R. Procter et H. G. Bonnet (J. ofthe Soc. of the chemic. Ind. 1907) établissent les conditions définitives du dosage du tannin par la poudre de peau chromée, et en proposent l’admission à l’Association internationale des chimistes de tannerie.
- M. Fritz FL Smoll a donné également, sur l’analyse des tanins, un travail publié dans le J. of the Society of Chemical Industry (1907, p. 297).
- Dans les numéros d’avril et de mai 1907 de la Revue des Mines, etc., M. Ed. Nihoul traite de l’essai des produits employés comme adjuvants en brasserie, confits, acides, matières sucrées.
- SUR LA MÉTHODE D’ÉCHAUDAGE DE STEFFEN
- Dans ces dernières années la méthode d’échaudage de M. Cari Steffen de Vienne a été introduite dans plusieurs fabriques de sucre allemandes.
- Dans cette méthode, explique le traité de M. A. Bümpler, la division des betteraves a lieu au moyen de la même machine à cossettes qui est employée pour la diffusion ; mais comme on n’a pas besoin d’attacher une grande importance à la forme et à la finesse des cossettes, on peut utiliser les formes de couteaux les plus simples, qui sont meilleur marché et produisent plus que les formes plus compliquées.
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- De la machine à cossettes, les betteraves divisées tombent directement par une trémie dans réchaudoir où elles sont rapidement mises en contact avec du jus brut à 93°, 98°, à la mise en marche, avec de l’eau à la même température. Lorsque les conditions locales l’exigent, les cosseltes sont charriées à l’échaudoir au moyen du jus brut par un large tuyau. Pour 100 kilogrammes de cossettes, ou emploie 600 à 600 litres de jus d’échaudage, de sorte que le mélange de jus et de betterave possède une température de 85° environ.
- Par suite de l’élévation subite de la température, une modification spéciale se produit dans les cossettes : toutes leurs cellules s’ouvrent, leur contenu liquide se mélange avec le jus brut, mais l’albumine coagulée reste dans les cellules; les cossettes deviennent coriaces. Les cossettes échaudées sont amenées aussitôt à une vis disposée à l’extrémité de l’auge qui les transporte aux presses. Des presses, le jus s’écoule de nouveau dans l’échaudoir par le tuyau tandis que les cossettes pressées s’en vont à la sécherie.
- La méthode d’obtention du jus est très simple; un homme suffit pour le service de tout l’appareil et son occupation principale est de maintenir régulière la température et la concentration du jus.
- 100 kilogrammes de masse cuite fournissent 3kiI,100 de sucre de plus par la méthode d’échaudage que par la dilfusion, ce qui indique une plus grande pureté des jus.
- Les résidus des presses contiennent environ 30 p. 100 de substance sèche sur lesquels 10 p. 100 de sucre. Pour les préserver de l’altération, il faut les dessécher immédiatement. A cause de leur teneur eu eau relativement faible les sécheries peuvent être petites et les frais de dessiccation sont aussi plus faibles qu’avec les cossettes de diffusion.
- Les -produits pressés desséchés s’appellent des « cossettes sucrées ». D’après l’opinion générale, elles constituent [une excellente nourriture pour, les vaches laitières et le bétail d’engrais et aussi pour les bêtes de travail.
- A un examen superficiel, la nouvelle méthode pourrait paraître absurde parce qu’avec elle une notable partie du sucre, que le cultivateur et le producteur de graines, ont accumulé avec beaucoup de peine et de soins-dans la betterave, n’est pas du tout obtenue à l’état de sucre, mais doit être utilisée comme nourriture pour le bétail. Mais en considérant la chose de plus près, elle apparaît sous un autre jour. La méthode d’échaudage possède vis-à-vis de la méthode de diffusion des avantages incontestables qui ont amené son introduction dans une série de fabriques :
- 1° L’installation entière et le mode de travail sont très simples. Un échaudoir suffit pour un travail journalier de 1 million de kilogrammes. D’après les données de Steffen, une fabrique montée d’après sa méthode avec sécherie de cossettes coûte à peu près le prix d’une fabrique avec la diffusion, mais sans la sécherie de cossettes.
- 2° A cause de la concentration plus élevée du jus brut, on a moins à évaporer ; on économise donc du charbon.
- 4° Les pires de toutes les eaux résiduaires,notamment les eaux de diffusion et les eaux de presses à cossettes disparaissent, de sorte que la question des eaux résiduaires, si gênantes pour les fabriques de sucre, est résolue dans sa partie la plus difficile par la méthode d’échaudage.
- 5° Toutes les pertes à l’obtention du jus disparaissent, parce que tout le sucre contenu dans la betterave est obtenu, soit dans le jus, soit dans la cossette sucrée.
- il/. Auguste Aulard (Bull. del’Ass. des chimistes de sucrerie, n° d’avril 1907,p. 1406), dans son étude faite à Elodorf et Gostyn durant l’année 1906-1907, dit que la description du procédé Steffen par le docteur Rümpler est assez exacte*; toutefois, comme il diffère quelque peu de ce qui existe à Elodorf et Gostyn, il décrit ce qui se passe à Gostyn.
- On s’étonnera peut-être, remarque-t-il, que le jus d’échaudage puisse être porté sans danger à une température de 105°. La cause en est que ces jus au lieu d’être acides, comme
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- SUR LA MÉTHODE d’ÉCHAUDAGE DE STEEEEN.
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- presque toujours en diffusion, sont alcalins et plus salés que ces derniers. La réintroduction d’égout de premier jet alcalin et des petits jus de première carbonatation également alcalins, corrige d’une façon heureuse les jus surchauffés qui retournent àTéchaudoir.
- La betterave découpée en tranches minces de 1 mm. et demi d’épaisseur no reste que quelques secondes à l’air, ce qui n’est pas le cas dans le système de la diffusion.
- Sous l’influence de ce lavage immunisé et dense, 1064 de densité, la betterave, gelée ou autre, au lieu de tomber en bouillie devient résistante, la cellule redevient normale, je dirai caoutchoutée pour vous faire bien comprendre ma pensée; il s’accomplit quasi instantanément une sorte de parchemination de la cellulose analogue à la transformation que subit le papier non collé, lorsque au moyen de bains successifs d’acide sulfurique on transforme la cellulose en parchemin végétal.
- De l’échaudoir, susceptible de travailler au delà d’un million de kilogrammes de betteraves, le jus s’écoule par un trop-plein, traverse un dépulpeur et se rend au mesureur d’où il est envoyé à la première carbonatation; les tranches de betteraves sont entraînées vers une hélice élévatrice genre Skoter, d’où le jus s’écoule dans le réservoir muni de trop-plein régulateur de soutirage. A la sortie de cette hélice-presse, la betterave découpée tombe dans une auge munie d’une hélice à pas gauche et droit, l’amenant les rondelles au pied d’un élévateur entraînant les produits au distributeur en charge sur les huit presses Bromberg (sept sont largement suffisantes). Dans la petite hélice horizontale se fait le mélange de l’égout dilué à 113-16° Brix; on en rentre par vingt-quatre heures 2 1/2 p. 100. à 80° Brix; conséquemment sur un million de kilogrammes de betteraves (travail moyen) 25 000 kilogrammes à 14,12 de
- i . .. . .. A1 ... , . ,. _ . .. , , 25 000 x 80
- densite, 1/ / hectolitres; comme ce produit doit être dilue a 16° Brix, il faudra---—----- =
- 1 250 hectolitres d’eau de lavage des presses ou de lavage des filtres à sable. Ce sont les seules eaux que le procédé Steffen introduit dans le travail et encore elles sont épurées et filtrées.
- Les jus qui sortent des presses Bromberg passent par un dépulpeur rotatif horizontal Steffen; la pulpe folle retenue est entraînée par une petite hélice'.
- Des presses, la pulpe est entraînée' au moyen d’un transporteur à râteaux qui traverse toute la cour et qui conduit la pulpe aux fours Butiner et Meyer déjà installés du temps de la diffusion. Echaudoirs, hélices,, réchauffeur, presses, tous les appareils sont bien calorifuges, car il importe de maintenir la température voisine de 80 à 85° à tous les stades du système.
- Les jus très clairs, à odeur très particulière et fort peu bettcraviôre, sont envoyés au chaulage qui se fait par la chaux sèche en morceaux; la quantité totale de chaux pour toute la campagne est de 7 k. 800 pour 100 de jus. La première carbonatation se compose de quatre chaudières dont trois seulement en marche ; elle est extraordinairement rapide et ne mousse absolument pas; les écumes sont bien sèches, très compactes et fort bien désucrées, on est frappé du petit tas d’écumes qui existe pour une usine qui avait travaillé, lorsque nous y fûmes pour la seconde fois, 76 685 056 kilogrammes de betteraves. La quantité d’écumes bien sèches et bien désucrées n’est que de 7 p. 100.
- La seconde carbonatation se compose de deux chaudières ; on marche en carbonatation continue avec une très faible addition de chaux. Les jus après passage aux filtres-presse subissent une très courte ébullition puis ils sont filtrés sur des filtres à sable de Neum'an; dont trois installés par Rœrig et Ivônig et trois par F. Heckmann, de Breslau.
- M. A. Aulard conclut que les sirops sont limpides et très décolorés ; les sucres sont à saveur exquise, absolument dépouillés de ce goût et odeur sui generis de la betterave. On jurerait de vrais sucres de canne et cependant ils ne renferment aucune trace d’inverti, ce qui prouve bien que*des aldéhydes organiques entraînées par la diffusion, ne le sont pas parle procédé Steffen.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Le vol. lvii des Alti de la Société d'Encouragement de Naples renferme deux mémoires très importants :
- L’un du professeur Orazio Cornes sur les tabacs, leur philogénèse, leurs qualités et leurs usages ;
- L’autre du professeur Gaetano Mar lino U sur la valeur commerciale des viandes, leur détermination et leur classification en divers pays.
- SUR LES INDUSTRIES VITICOLES
- Les industries viticoles se rattachent au moins autant à la chimie qu’à l’agriculture. Des document s fort intéressants viennent d’être publiés qui les concernent; tels, dans les derniers mois les rapports officiels sur la crise des industries viticoles, et en particulier : le premier rapport sommaire que M. Cazeaux-Cazaleta. déposé àla séance du 27 mai de la Chambre des députés au nom de la Commission chargée de faire une enquête sur la situation de la production, du transport et du commerce des vins, et de proposer les mesures à prendre en vue de remédier à la situation critique de la viticulture (Annexe n° 979) ; un deuxième rapport développé, déposé à la séance du 6 juin (Annexe n° 1 023) le rapport de M. le docteur Cazeneuve, au nom de la Commission des boissons, sur le projet de loi du ministre des Finances pour prévenir le mouillage des vins et les abus du sucrage, rapport d’un chimiste qui résume en termes remarquables la situation des industries viticoles.
- J’extrais de ces documents et de la discussion qui s’est déroulée à la Chambre des Députés du 10 juin au 22 juin, et au Sénatle 28 juin, les points intéressant plus directement le côté chimique de la question.
- Effets du sucrage clandestin en 1903. •— L’effondrement-dés-cours des vins de l’année 1903 qui a eu lieu en 1904 est dû à la fabrication des vins faits avec des marcs, ou avec des vins nouveaux, additionnés clandestinement de sucre et d’eau. Les prix des vins, qui atteignaient 2 et 3 francs le degréà la fin de 1903, sont immédiatement tombés au prix de revient du degré sucre et alcool à 1 fr. 10 ou 1 fr. 30 le degré.
- Tous les négociants qui, en présence de la récolte déficitaire, avaient acheté des vins à un prix supérieur ont éprouvé une perte sérieuse et ils ont, depuis cette époque, renoncé à faire des achats en primeur des vins de bonne qualité, parce que la possibilité de faire clandestinement 'des vins de sucre empêchait tout relèvement des cours au-dessus du prix de revient de l’alcool (c’est-à-dire au-dessus de 1 fr. 10 à 1 fr. 30 le degré).
- A partir de 1903, le sucrage clandestin ou non, rendu très avantageux par le dégrèvement des droits sur les sucres, a établi en effet un prix limité pour les vins. Depuis cette époque, partout où le vin s’est vendu au-dessusde 1 fr. 10 le degré, le sucrage a exercé son action d’avilissement; c’est la ruine la pins absolue de la production des vins ordinaires, soit les quatre-vingt-quinze centièmes de la production, le prix de revient des vins naturels variant entre 1 fr. 30 et 2 francs le degré.
- Le sucrage clandestin a été opéré dans toutes les régions en 1903 et 1904. On l’a pratiqué dans les centres de consommation où l’on importait des vendanges fraîches, aussi bien que dans les vignobles.
- L’utilisation des vins défectueux. — A cette action d’avilissement du sucrage est venue s’ajouter celle des vins défectueux, traités par des moyens physiques ou chimiques, pour-
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- LA CRISE DES INDUSTRIES VITICOLES.
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- leur donner l’apparence, pendant quelque temps du moins, de v-ins sains et marchands..
- De tout temps il y a eu des vins défectueux. Il y en avait des quantités importantes, avant le phylloxéra, dans les années d’abondance. Impossibles à éviter dans les propriétés les mieux outillées lorsque survenaient les pluies pendant la cueillette, ils existaient à plus forte raison dans les régions méridionales généralement plus outillées pour la vinification qu’au-jourd’hui. Il y avait aussi les piquettes.
- Aujourd’hui, lçs mômes causes produisent les mêmes effets. L’outillage est moins imparfait, quoiqu’il laisse encore à désirer, mais les plants d’abondance greffés dans les premiers vignobles reconstitués, la jeunesse de la vigne, une pourriture des raisins plus facile, surtout dans les plaines, ont élevé la proportion des vins défectueux. Aussi ne vit-on jamais une plus grande-proportion de vins malades qu’en 1905. Il est nécessaire d’ajouter que cette proportion n’a pas dépassé 10 ou 15 p. 100 des vins communs.
- Avant le phylloxéra on distillait tous les vins défectueux. On n’avait pas intérêt à en faire autre chose, carie prix des eaux-de-vie était toujours plus rémunérateur que les prix des piquettes et des vins défectueux. Aujourd’hui les vins défectueux ne sont pas distillés parce que les cours les eaux-de-vie sont trop faibles et parce que ces vins sont recherchés depuis quelques années par un commerce spécial.
- L’avilissement des cours des eaux-de-vie n’a pas été empêché par le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru en 1906. Le « blanchissage » des acquits qui accompagnent l’alcool d’industrie est, d’après l’enquête, tout aussi fructueux que la fabrication des vins de sucre.
- Non seulement on ne distille par les vins défectueux comme on le faisait autrefois, mais on les revivifie ou les « retape » en employant des produits chimiques. Il y a là toute une industrie nouvelle, c’est la cause essentielle de l’avilissement des cours du vin et de la durée de cet avilissement, à tel point que le sucrage passe maintenant au second plan.
- L’utilisation des produits chimiques s’est développée surtout depuis 1903. Généralement vendus sous le nom de « régénérateurs », ces produits sont : l’acide sulfurique, l’acide chlorhydrique, l’acide nitrique, le sel marin, l’acide tartrique, etc. On traite avec ces produits les vins malades, tournés, cassés ou piqués, les piquettes et les boissons obtenues avec l’addition de sucre et d’eau aux vendanges fraîches. Cette industrie a été favorisée par la quantité' exceptionnelle des vins malades en 1905 et par les conséquences de deux faits économiques qui ont pris dans ces derniers temps un grand développement : c’est l’expédition de vendanges fraîches dans les centres de consommation et l’augmentation des stocks pendant la saison d’été où la conservation de certains vins est très difficile. Aces vins ainsi traités on ajoute des matières édulcorantes : glycérine, etc., ce qui les rend agréables à consommer. Et ces additions facilitent le mouillage en élevant le taux de l’extrait sec.
- Depuis 1904, le rôle de ces vins est décisif pour empêcher le relèvement des cours. Vendus partout à des prix qui varient entre 1 franc et 5 francs l’hectolitre, ils sont mis en état de-supporter des mouillages importants. Certains commerçants recherchent 'ces vins de préférence à tous autres.
- Le mouillage. — L’eiiquête a montré très clairement que le mouillage peut se faire partout :
- A la propriété, soit concurremment avec le sucrage, soit lorsque le vin possède beaucoup d’extrait sec ou un degré alcoolique élevé. Chez le marchand en gros, en Algérie, parce qu’if n’est pas exercé, et en France, par l’abus des expéditions multiples de vin sous une pièce unique de régie, par les réintégrations fictives et parles acquits fictifs. Chez le débitant de vin ; d’après certaines évaluations, le mouillage chez le débitant introduirait dans la circulation 7 à 8 millions d’hectolitres d’eau par an; la plupart des vins vendus 15 à 20 centimes le litre sont des vins mouillés.
- Ainsi s’explique la continuation des prix d’avilissement du vin et la ruine de la viticulture.. Avec un prix de revient de.l fr. 50 le degré au moins, la propriété a vu, sauf quelques exceptions, le prix de vente tomber à 1 fr. 10 environ sous l’influence du sucrage, puis à 0 fr. 90-
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- NOTES DE CHIMIE.
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- et 0 fr. 80 sous l’action du mouillage et du « i’e tapage » des vins au moyen des produits chimiques et des extraits secs. j
- Propositions de la Commission d’enquête. — La Commission d’enquête estime que, pour mettre fin à la crise, il convient d'atteindre le sucrage, le mouillage, l’emploi des produits chimiques et d’encourager la distillation.
- En ce qui concerne le sucrage, la Commission est d’avis qu’il est indispensable d’interdire toute fabrication de vin île sucre et de n’autoriser la chaptalisation (sucrage en première cuvée) que sous réserve du payement d’une surtaxe égale au droit de l’alcool; que l’addition de sucre aux vins de Champagne (non aux moûts et aux vendanges) doit être exceptée de cette surtaxe; que les sucres soient suivis de pièces de régie pour les quantités supérieures à 15 kilogrammes; que les* marchands de sucre qui vendront cette denrée tiennent des comptes par quantités d’entrées et de sorties et soient contrôlés par la régie.
- En ce qui concerne le mouillage, la Commission demande la déclaration de la récolte par les propriétaires récoltants et la déclaration de production des acheteurs ou détenteurs de vendanges; la suppression du registre à domicile et le visa des acquits à l’arrivée chez les marchands en gros; le contrôle de la circulation des vins dans Paris; la déclaration du degré des vins reçus et mis en vente par le débitant de boissons; le visa à l’arrivée dés pièces de régie qui les accompagnent ; l’établissement d’un droit de circulation de 1 fr. 50 par 100 kilogrammes de vendanges fraîches et pour toutes quantités ; l’extension du régime des piquettes à tout vin qui n’a pas 7 degrés d’alcool; la suppression des boissons de ménage chez les débitants; l’application d’une pièce de régie aux lies sèches et aux levures alcooliques.
- En ce qui concerne les produits chimiques, la Commission propose rétablissement d’un régime reposant sur les bases suivantes : Contrôle de la production et de la vente des produits chimiques susceptibles d’être employés dans les vins; interdiction absolue de l’exposition, de la mise en vente et de la vente de produits oenologiques de composition secrète ; détermination par un règlement d’administration publique de la liste des produits à soumettre au contrôle et des conditions dans lesquelles seront délivrés les produits chimiques dont l’emploi sera autorisé par l’application'de la loi du 1er août 1905; interdiction d’exposer, de mettre en vente et de vendre des vins atteints d’une maladie quelconque.
- Sans supprimer le privilège des bouilleurs de cru la Commission estime qu’il faut en réglementer l’usage pour tous ceux qui demanderont le bénéfice de l’acquit blanc, obligation des garanties d’origine pour les intermédiaires afin qu’elles fonctionnent d’une manière absolue en dehors même de la volonté des intermédiaires et des acheteurs; obligation des comptes et des magasins distincts. Taxe différentielle d’un taux modéré ; application aux alcools d’industrie destinés à la fabrication des vinaigres d’un droit de consommation de 100 francs par hectolitre d’alcool pur, cette taxe n’étant pas applicable aux alcools de vin; réserver l’appellation « vinaigre » aux vinaigres fabriqués avec du vin on de l’alcool de vin. (Rapport de M. Gazeaux-Cazalel.) . '
- En résumé, il y a à chaque récolte du Midi 5 à 6 millions d’hectolitres (près du quart de la récolte du Midi qui représente elle-même près de la moitié de la récolte de la France) de petits vins, médiocres ou défectueux, qui cassent, piquent ou tournent, et qui viennent charger malheureusement le marché, chargé par ailleurs des auiis d’Algérie hauts en alcool ; et chargé malheureusement des vins retapés et de vins artificiels, sucrés et mouillés. Favoriser la distillation des petits vins; encourager l’emploi de l’alcool industriel en industrie; tout le monde est d’accord sur ces points; tout le monde s’accorde à réclamer la répression des fraudes du sucrage et du mouillage auxquelles un trop grand nombre de producteurs et de commerçants de vins se sont
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- STATISTIQUE DES INDUSTRIES AGRICOLES.
- livrés. La loi adoptée par la Chambre des députés et par de Sénat comporte la déclaration de la quantité de vendange récoltée; la taxe complémentaire de 40 francs par 100'kilogr. de raffiné sur le sucre de .chaptalisation; la suite du sucre à partir de 25 kilogrammes; l’interdiction des produits œnologiques secrets ou indéterminés (ceux énumérés dans la loi du 1er avril 1905 et dans les règlements y relatifs restant seuls autorisés); l’autorisation de la fabrication des piquettes et des vins de sucre pour la consommation familiale seule avec maximum par exploitation de 40 hectolitres pour les piquettes, de 200 hectolitres pour les vins de sucre, et de 20 kilogr. de sucre par membre de la famille ou par 5 hectolitres de vendange.
- Piquettes, vins de sucre, vins de marc, quelles sont les limitations exactes de ces divers termes?
- La piquette est la boisson de marc qui résulte de la simple macération du marc pressé dans de l’eau, sans -addition de sucre ni d’alcool. C’est une boisson acidulée, marquant 1°,5 à 2°,5.
- Le vin de sucre est celui qui se fait en ajoutant soit aux marcs (vin de marc) en seconde, ou troisième cuvée, etc., soit à la vendange mouillée, soit à des vins inférieurs ou mouillés, du sucre et souvent aussi de l’alcool. On arrive ainsi à 10° ou 11°.
- Piquettes, vins de marc, vins de sucre ont été largement employés à frauder les vins naturels. Le gouvernement avait proposé leur suppression absolue. Il a semblé difficile de les interdire à la consommation privée des vignerons et des ouvriers agricoles, mais leur vente est dorénavant interdite.
- La piquette pourra être, comme l’a déclaré le rapporteur, additionnée d’une poignée de sucre pour en surélever légèrement le degré et la mieux conserver.
- A la séance de la Société nationale d’Agriculture du 5 juin, M. Girard a conseillé 4e recourir pour l’amélioration des vins défectueux, non plus à des ingrédients chimiques, mais à des procédés naturels ; égrappage, amélioration de la culture de la vigne, application des méthodes scientifiques de fermentation.
- STATISTIQUE DES INDUSTRIES AGRICOLES
- Sur la fabrication des alcools en France, le rapport de M. Guillemet (publié au Journal officiel du 25 avril), bien que ne donnant que des nombres se rapportant à la campagne 1903-1904, renferme d’utiles données sur la statistique des matières premières mises en œuvre, le nombre des étabbssements, leur répartition, leur production.
- La statistique agricole, annuellement publiée par le ministère de l’Agriculture, vient de paraître pour l’année 1905. Les industries qui s’occupent de la transformation des produits agricoles se répartissaient ainsi à la fin de 1905. Minoteries à cylindres 3883. Minoteries à meules 5 252. Petits moulins à eau ou à vent 24 706. Sucreries 294. Distilleries industrielles 1 080. Distilleries annexées à des fermes 2105. Brasseries 2 685. Malteries 308. Cidreries industrielles 1197. Féculeries 202. Amidonneries 28, Industries laitières 5 059. Fabriques de conserves de viande 72. Fabriques de conserves de légumes 149. Fabriques de conserves mixtes 306. Fabriques de conserves de fruits 121. Confitureries 174. Autres industries 3 665. Tous ces chiffres sont en augmentation sur les chiffres de l’année précédente. La répartition des sucreries dans les divers départe-
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- NOTES DE CHIMIE.
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- ments est la suivante : Aisne 63, Ardennes 5, Cher 5, Côte-d’Or 1, Eure 2, Eure-et-Loir 2, Gironde 2, Indre-et-Loire 2, Loiret 1, Marne 6, Haute-Marne 1, Nord 65, Oise 28, Pas-de-Calais 35. Puy-de-Dôme 3, Seine-Inférieure 5, Seine-et-Marne 12, Seine-et-Oise 10, Somme 46, Yonne 1.
- sur l’atoxyl
- L’atoxyl prend une place de plus ën plus grande dans la thérapeutique comme médicament arsenical de faible toxicité aussi utile à titre de reconstituant que peut-être comme spécifique de maladies spéciales à la place du mercure.
- C’est l’anilide-arséniate de soude. Il constitue une poudre cristalline blanche à saveur fraîche. Il est soluble dans environ six parties d'eau à 17°, très soluble dans l’eau bouillante. MM. Ehrlich et Bertheim (Berl. Klin. Wschr., 1907, p. 982) ont noté que dans ce composé, l’arsenic était fixé sur le noyau benzénique et que la fonction aminée était par conséquent libre. La formule de l’atoxyl serait donc :
- C — NH*
- /Yen
- //C" , OU
- C — AsO/ \)Na,4H20
- L’atoxyl serait donc l’analogue de l’arsénanilide de Béchamp, ainsi qu’il ressort des études de M. Ernest Fourneau (Soc. chimique, 6 mars et 1er juin 1907).
- La propriété remarquable de l’atoxyl c’est sa faible toxicité, qui permet d’introduire dans l’organisme de fortes doses d’arsenic très actif, développant son action peu à peu, et dont l’introduction par la voie sous-cutanée ou intraveineuse n’offre aucun ennui.-
- Les premiers essais physiologiques sur les animaux ont été publiés en 1902 par Blumenthal qui a établi que la dose toxique mortelle était d’environ 0gr,4 par kilogramme d’animal (lapin) en injections hypodermiques, et de 0gr,5 par la bouche. C’est une toxicité 47 fois plus faible que celle de la liqueur de Fowler.
- Les premières applications thérapeutiques ont été faites par Shild. D’après lui, toutes les dermatoses chroniques peuvent être traitées par l’atoxyl. En général, Shild débute par 2/10 de centimètre cube d’une solution à 20 p. 100 soit 0gr,04 d’atoxyl. Le surlendemain il injecte 0gr,08 et ainsi de suite jusqu’à 0gl',20. On maintient cette dose jusqu’à guérison ou jusqu’à ce que les troubles apparaissent.
- Mendel injecte l’atoxyl dans les veines, il débute par 0gr,075 en solution à 15 p. 10Ô puis monte progressivement jusqu’à 0gr,20 (rarement 0gr,30) et maintient cette quantité qu’il administre deux fois par semaine pendant quatre semaines, puis tous les huit jours. Dans les maladies à trypanosomiases, en particulier dans la maladie du sommeil ce médicament est précieux. Koch le considère comme le spécifique de la maladie du sommeil.
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- SUR L ATOXYL.
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- En résumé l’atoxyl est préconisé dans le traitement de toutes les maladies de la peau, l’anémie, la tuberculose, etc. C’est le remède spécifique de la maladie du sommeil, et peut-être de la syphilis, et celui de la dourine des chevaux qui fait de grands ravages en Algérie et dans l’Amérique du Nord.
- L’atoxyl peut être administré par la bouche (Blumenthal) à la dose de 08r,15 à ûgr,20 par jour sous forme de tablettes renfermant 0gr,05 de ce corps. Ou bien on prescrira des pilules enrobées contenant 0,50 d’atoxyl et 0,30 de masse pilulaire de Blaud qui reste toujours une forme excellente de préparation ferrugineuse.
- Les solutions d’atoxyl ne supportent pas les températures élevées. Elles s’altèrent déjà à l’ébullition et, à plus forte raison à l’autoclave à 105° ou 120°. A 125°, elles sont presque complètement dédoublées en aniline et arséniate monosodique (Gabriel Bertrand). Il est donc nécessaire de stériliser les solutions à la plus basse température possible, et par conséquent de recourir à la méthode de Tyndall (J. de pharmacie, 1907).
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- NOTES ÉCONOMIQUES
- Par M. Maurice Alfassa.
- LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A IIUIT HEURES :
- L’EXPÉRIENCE DES ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS DE L’ÉTAT
- Il est hors de doute que l’un des problèmes économiques vers la solution duquel tendent les efforts ouvriers dans tous les pays, est celui de la réduction de la durée du travail.
- Qui ne se souvient de la formule si brutale et concise par laquelle le Congrès corporatif réuni à Bourges à l’automne 1904 avait affirmé sa volonté de faire triompher cette revendication : « A partir du 1er mai 1906 nous ne travaillerons plus que huit heures. »
- On sait toute l’importance du problème, et sa complexité, par suite des intérêts qu’affecte sa solution, et la question est certes beaucoup trop considérable pour que nous nous aventurions dans ces notes à en faire une étude complète.
- Cependant l’agitation du 1er mai 1906 si préjudiciable à la vue économique de l’industrie française, le mouvement de revendications qui se prolonge et s’affirme en des formules moins absolues, tout au moins par leur forme dont l’intransigeance s’atténue, mais fort précises encore, les refus réitérés du patronat de donner la satisfaction réclamée, rendent particulièrement intéressante l’étude des expériences poursuivies dans les établissements industriels de l’État, dont les résultats ont été récemment publiés par l’« Office du Travail ».
- Pour les apprécier comme ils le méritent, il importe avant d’aborder leur examen de rappeler sommairement les principaux arguments des deux .thèses en présence :
- Les partisans de la réduction de la journée de travail affirment qu’elle s’impose pour des raisons nombreuses.
- Tout d’abord la durée du travail des adultes a été fixé en France, par le décret-loi de 1848, à une époque où la grande industrie, encore à ses débuts, ne possédait qu’un outillage rudimentaire. Conduit à une allure relativement lente, par les premières machines à vapeur, il suivait en quelque sorte l’ouvrier dans son travail, complétant son œuvre manuelle propre, lui offrant une aide et tendant plutôt à réduire l’effort physique auquel il avait été précédemment astreint. Mais les conditions de l’industrie se sont profondément transformées par les progrès incessants de la technique, de l’outillage, par l’énorme augmentation de la rapidité de production, conséquence du perfectionnement des machines-outils et de leur vitesse de marche qui s’est accrue dans la proportion de 1 à 4 ou 5.
- Elles ont exigé de l’ouvrier une dépense d’énergie beaucoup plus considérable
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- LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A 8 HEURES.
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- qu’autrefois par unité de temps de production, sans que les conditions de durée du travail aient été sensiblement modifiées.
- Aujourd’hui à la fin de sa journée l’ouvrier souffre d’une fatigue excessive, qui a des résultats mauvais, aussi bien pour l’employeur que pour lui-même.
- En effet, dans des conditions économiques données, un homme vivant de subsistance n’est susceptible de produire qu’un effort maximum journalier que nous pouvons, pour préciser les idées, représenter par A; N étant le nombre
- A
- d’heures de travail, l’effort horaire sera de - = a.
- N
- Si maintenant l’on considère l’effort de travail horaire a exigé par une production déterminée faite avec un outillage perfectionné, il est clair que le temps total de travail de l’ouvrier ne sera pleinement occupé que si
- ___A
- a N
- ou si, ce qui revient au même
- a = Cl.
- Pour toute valeur de a>» a il est bien évident ou que l’ouvrier devra fournir un effort total supérieur à A, ce qui ne saurait être, puisque nous avons admis que A était l'effort total maximum, ou que la production de l’ouvrier sera inférieure à celle que la durée de la journée de travaillerait prévoir, que l’effort horaire ne soit que a, pendant N heures, ou que cet effort horaire soit a mais pendant N7 heures, N7 étant inférieur à N, avec identité. .
- Na = N7 oc = A.
- Or, disent les partisans de la réduction proposée, c’est ce qui se produit en pratique et l’on remarque, dans tous les grands ateliers et établissements où la durée de la journée est demeurée fixée à son maximum légal, qu’il y a une notable diminution de l’intensité du travail vers la fin de la journée.
- Cette diminution est évidemment due à l’excès de fatigue, car d’une part on la constate à un moindre degré, là où la journée a été réduite et d’autant moindre que la durée du travail est plus directement proportionnelle à l’effort demandé. D’autre part — et c’est là un fait indiscutable — la majeure partie des accidents se produit à la fin de la journée, lorsque la fatigue ne permet plus à l’ouvrier de donner toute l’attention nécessaire.
- Mais ces conséquences nuisibles des trop longues journées sont accompagnées d’autres conséquences préjudiciables, elles, seulement à l’ouvrier. A l’issue de .la journée de travail, l’homme est tellement fourbu qu’il est incapable d’accomplir n’importe quelle besogne, si mince soit-elle, à son foyer, et même de prendre un repos suffisamment réparateur. Il vieillit avant l’âge et doit interrompre tout travail bien avant l’époque normale.
- A ce seul point de vue une réduction notable de la durée du travail s’impose.
- Il est encore d’autres raisons militant en faveur de cette réduction : au premier rang desquelles il faut citer le chômage.
- Les perfectionnements techniques n’ont pas seulement eu pour conséquence d’accroître considérablement l’effort horaire individuel : ils ont encore réduit notablement le nombre de bras nécessaire pour une production donnée.
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- Les progrès réalisés dans le fonctionnement des machines-outils, s’ils permettent une production horaire plus grande par machine, de faire conduire deux ou plus de deux machines ou métiers par le même'homme, ont eu également pour résultat un double déplacement de main-d’œuvre; l’intensité de production nationale n’a pas crû proportionnellement à l’intensité par machine d’une part, et d’autre part dans un grand nombre d’établissements, notamment dans le Nord et dans l’Est, les femmes ont très souvent été substituées aux hommes.
- Le chômage est un fléau international, constaté par tous les pays de grande industrie, dont l’apparition coïncide avec les progrès du machinisme et la concentration qui, en même temps qu’ils produisent les résultats que nous venons d’indiquer, font déserter les travaux agricoles et les campagnes pour la manufacture et l’usine.
- Toutes les causes de cet ordre tendant à agir dans le même sens, le seul remède est dans la réduction de la journée du travail, qui, si elle aboutit à une moindre production individuelle, permettra par contre aux chômeurs involontaires de trouver à s’employer.
- Enfin cette réduction de la durée du travail, indispensable au point de vue collectif, ne l’est pas moins au point de vue individuel.
- Avec les longues journées le travailleur est l’équivalent d’une machine : fournissant son effort maximum, non seulement il est privé des joies du foyer, du rôle d’éducateur de ses enfants que la trop grande fatigue l’empêche d’exercer; mais il est, trop souvent, amené à chercher dans l’alcool un stimulant factice, fatal au bien-être du ménage, comme à sa dignité : il consacre à la fois une grande partie de sa paye et un temps précieux, au cabaret, au lieu de chercher à augmenter son bagage de connaissances par la fréquentation de cours ou d’universités populaires.
- Ces arguments, dont on ne peut contester la force, sont étayés en pratique par des exemples de réduction obtenus, soit en France dans certaines industries comme les mines, la métallurgie, le textile, les unes par l’intervention du législateur, les autres par l’initiative privée, soit en Angleterre. Dans ce pays, que les hommes de tous les partis aiment à citer comme le berceau du libéralisme, le développement prodigieux et incessant de la grande industrie s’est effectué sous un régime légal de durée du travail, remontant à 1854, bien inférieur au nôtre, puisque rétablissement de la journée de dix heures y a coïncidé avec, l’avènement de la grande industrie et que dans nombre de professions ce maximum a été réduit à neuf heures, à huit, et même à moins de sept heures, notamment pour certaines catégories d’ouvriers du fond dans les mines du Durham (1), sans que la production en souffrît.
- A cette thèse ouvrière s’oppose la thèse patronale qui se base sur des arguments de deux ordres pour repousser cette revendication.
- Tout d’abord et c’est la première partie de la thèse, l’affirmation que les perfectionnements de l’outillage, la plus grande rapidité de marche des machines, augmentent considérablement l’effort de travail exigé de l’ouvrier, est loin d’être vérifiée par les faits. Elle est même entièrement inexacte : elle se base sur ce postulatum que les conditions de la production sont demeurées identiques pour l’ouvrier, qu’il remplit toujours le même rôle et que du moment où la vitesse s’est accrue, l’effort demandé
- (1) Dans toute cette discussion, nous nous bornons à l’exposé des . arguments théoriques, et ne parlons pas des méthodes préconisées pour obtenir la réduction, non plus que des revendications immédiates portant soit sur la journée de neuf heures, soit sur celle de huit.
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- s’est accru proportionnellement. Or il n’en est pas ainsi : les modifications ont porté non seulement sur la rapidité de fonctionnement de l’outillage, mais sur l’organisation de la production. Aujourd’hui la plupart des opérations qui exigeaient une participation active et personnelle de l’ouvrier se font mécaniquement et, au lieu que la machine vienne simplement en aide à l’homme, comme cela se passait autrefois, et réduise seulement son effort, c’est elle qui exécute aujourd’hui entièrement toutes les opérations de la fabrication et l’homme n’a plus qu’à alimenter la machine en matières premières, à recueillir les produits finis, en un mot à exercer une simple surveillance infiniment moins pénible que le travail manuel d’autrefois. C’est ce qui explique que la durée du travail ait pu être maintenue : tout progrès conduit à une amélioration du sort de l’ouvrier à l’intérieur de l’usine, et non à un surcroît de fatigue.
- Il n’est pas non plus exact de prétendre, comme le font les partisans de la réduction de la durée du travail, que les progrès conduisent à augmenter le nombre des chômeurs. S’il est exact qu’un perfectionnement réduise la quantité de main-d’œuvre nécessaire pour une production unitaire donnée, il n’est pas moins exact que la réduction du coût de la pièce, par l’ouverture de débouchés nouveaux d’autant plus importants que cette réduction est plus grande, détermine un accroissement si considérable de main-d’œuvre que non seulement le personnel ancien est réembauché mais qu’il faut engager des ouvriers nouveaux.
- D’ailleurs, et c’est la seconde parlie de la thèse patronale, en admettant le bien fondé complet des revendications formulées, on nê doit pas oublier que l’industrie d’un pays n’est pas libre de fixer à son gré les conditions du travail, car la concurrence n’est plus comme autrefois nationale, mais internationale. S’exerçant sur les marchés étrangers et même sur les marchés nationaux, elle impose, en dépit de droits protecteurs, quant aux prix de vente, certaines nécessités dont la répercussion s’exerce sur la fabrication.
- L’industrie nationale, si elle ne veut pas s’amoindrir, doit par tous les moyens, par l’adoption de perfectionnements d’outillage, par la division du travail, la spécialisation et la concentration, tendre à réduire notablement son coût de production.
- C’est pour elle une condition d’existence.
- Or aujourd’hui toute réduction de la journée de travail — à salaire égal — se traduit par une réduction au moins proportionnelle de la production individuelle, donc par un accroissement du prix de fabrication.
- L’exemple de l’Angleterre n’est pas concluant, la réforme s’est faite dans ce pays en pleine révolution industrielle, c’est-à-dire à l’époque où la grande industrie, avec ses moteurs et métiers mécaniques, succédait au petit atelier et où l’accroissement de la vitesse due au moteur faisait plus que compenser la diminution de la production découlant de la réduction de la journée.
- La réforme à ce moment n’eût pas non plus été impossible à réaliser dans les autres pays, cependant en état d’infériorité vis-à-vis de l’industrie anglaise, soit par leur moindre richesse de matières premières, soit par leur moindre développement économique. Depuis lors tous les progrès techniques réalisés dans un pays l’ont été dans les autres; partout la rapidité de marche des moteurs et des machines a été accrue, or elle ne peut pas l’être indéfiniment et le plus grand nombre des établissements industriels ont atteint leur limite maxima. Par suite, toute réduction de la durée du travail aurait pour conséquence un accroissement du prix de revient au détriment dé la collectivité, soit que, le nombre d’ouvriers et de machines étant constant, la production Tome 109. — Juin 1907. 49
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- soit diminuée dans le rapport des durées de travail et que les frais généraux, demeurant les mêmes, augmentent le coût en se répartissant sur un nombre d’unités moindre; soit que l’on augmente, le nombre des machines pour maintenir la production constante, auquel cas le coût de production unitaire s’accroîtra également.
- Il n’est pas possible de prétendre, comme on a souvent voulu le faire, que la réduction de la durée de travail permette de maintenir la production antérieure grâce à un sureffort horaire des ouvriers possible comme nous l’avons indiqué plus haut, avec la double condition
- Na = N'a = À avec oc^>a et N<N
- Car ceci suppose que l’ouvrier est maître de régler sa production dans une certaine mesure suivant l’effort qu’il développe, tandis qu’en fait il n’a qu’à suivre l’allure de la machine qui règle la rapidité de la production.
- Après avoir ainsi exposé les deux thèses en présence, nous pouvons aborder l’examen des résultats de l’expérience de la réduction à huit heures de la journée de travail dans'les établissements industriels de l’État.
- Cette durée du travail a été introduite d’abord dans certains services dépendant de l’Administration des Postes, puis dans les établissement de la Marine et enfin à titre temporaire dans des ateliers de la Guerre à Tarbes.
- Nous allons successivement voir quels ont été les résultats obtenus, les conclusions auxquelles les chefs des divers services ont abouti, et enfin nous rechercherons, en terminant, si ces appréciations ont tenu suffisamment compte de tous les faits ou si au contraire, à raison de certaines circonstances particulières, elles n’ont point été formulées avec une rigueur qu’une expérimentation incomplète et insuffisante rendrait prématurée.
- Établissements de V Administration des Postes.
- Mise à l’essai le 16 septembre 1899, la journée de huit heures fut rendue définitive par un arrêté du 9 février 1901 dans les établissements du boulevard Brune (fabrication des timbres, agence comptable, dépôt central et vérification du matériel, ateliers de construction et de réparation du matériel postal). La journée de huit heures fut étendue le 1er mars au personnel ouvrier des équipes de la région de Paris, le 24 septembre 1901 à l’atelier d’électricité du poste central, le 1er mars 1901 au personnel ouvrier des services d’installation et d’entretien des appareils téléphoniques de la région de Paris, le 16 juillet 1901 au personnel de l’atelier de force motrice de l’Hôtel des Postes, et enfin le 7 mai 1902 au personnel ouvrier des départements.
- Les résultats acquis sont consignés dans deux notes du sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, en date du 10 mars 1903 et du 15 mai 1905.
- Pour que l’expérience fût satisfaisante, il fallait évidemment la double condition :
- 1° Que la production ne serait pas sensiblement ralentie;
- 2° Que le prix de revient des travaux resterait à peu près le même.
- Or ceci revenait à demander que la production fût la même en huit heures qu’en dix.
- « L’effort exceptionnel, demandé aux ouvriers, put être accompli (1), dit la pre-
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 10.
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- mière note et l’administration constata, au bout de trois mois, que le chiffre de la production journalière n’avait pas sensiblement varié. »
- Mais, ajoute-t-elle, « cette surproduction ne s’est pas maintenue, il faut bien l’avouer et l’Administration a pu constater quede rendement est inférieur à celui qu’on obtenait sous l’ancien régime ».
- Est-ce là la condamnation du système après un essai suffisamment prolongé (quatre années), pour être probant?
- Nous ne saurions, pour notre part, aboutir à cette conclusion, car le problème ne se trouve pas exactement posé par cette première note.
- Elle n’indique pas, en effet, que l’administration a cru devoir apporter, concurremment à la réduction de la durée du travail, certaines autres réformes, dont les conséquences se trouvent imputées à la journée de huit heures, alors qu’elles se seraient nécessairement produites en tout état de cause.
- Elle n’établit pas non plus la distinction indispensable entre ouvriers manuels proprement dits dont la productivité horaire dépend de l’effort physique individuel, et ouvriers dont la production est limitée par la vitesse des machines.
- Et par là, l’on voit déjà que les conclusions formulées ne peuvent être prises stricto sensu et qu’elles n’ont de signification que pour autant qu’elles sont éclairées par les faits.
- On est frappé, en les lisant, par une double constatation : A, l’effort supplémentaire a été obtenu; B, il n’a pas été maintenu.
- Il semble au premier abord, qu’il y ait pour les expliquer une cause logique et simple : le personnel a voulu pendant la période d’expérimentation montrer à l’Administration que la réduction de la journée pouvait se faire sans préjudice pour l’Etat et, une fois la mesure définitivement adoptée, il a repris son ancienne routine.
- Ce serait évidemment la condamnation de la théorie ouvrière, et il en résulterait que toute réduction du travail entraîne un accroissement notable des frais de production.
- Mais une lecture plus attentive de la note, et l’examen des faits montrent que cette interprétation mérite à tout le moins des réserves très importantes et que son exactitude même n’est pas démontrée.
- Nous constatons tout d’abord que la production journalière ne s’est maintenue que pendant les trois premiers mois, or, si nous rapprochons ce laps de temps des dates d’expérimentation (16 sept. 1899), et d’adoption définitive de la journée de huit heures (9 février 1901), nous voyons que l’expérience s’est prolongée dix-sept mois alors que la production antérieure ne s’est maintenue que pendant le 1/6 de cette période, soit les trois premiers mois.
- Et nous sommes amenés à penser que l’Administration des Postes aurait renoncé à ce mode de travail, comme l’a d’ailleurs fait celle de la Guerre, si ces résultats n’étaient point imputables à d’autres causes.
- C’est d’ailleurs ce qu’indique la note du secrétariat des Postes en date du 10 mars 1903, dans une phrase incidente : « La cause vraie de cette diminution, semble-t-il, est due bien plus à la suppression du travail aux pièces, qu’à l’application de la journée de huit heures (1). »
- Et ceci nous fournit une explication première, confirmée par les faits, de la brusque diminution de production, car l’expérimentation, commencée sous le régime du travail aux pièces, s’est très rapidement poursuivie avec la suppression de ce mode de travail.
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 10 et suiv.
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- « Il a été constaté que dans un très grand nombre de cas, les prix de revient se sont élevés » pour les travaux anciennement effectués aux pièces. Cependant, il ne faudrait pas non plus donnera cette appréciation une valeur plus grande que celle qui lui est due, comme le reconnaît d’ailleurs, avec une entière bonne foi, la seconde note de l’Administration des Postes. Ces travaux consistent, pour la plupart, en effet, en réparations de matériel de postes télégraphiques ou téléphoniques, entre lesquelles aucune comparaison précise n’est possible, d’où une grande incertitude, quant à la valeur intrinsèque de l’augmentation.
- Ce n’est là, nous tenons à le dire pour éviter toute équivoque, qu’une constatation d’ordre secondaire, et nous croyons qu’un accroissement indiscutable du prix de revient s’est produit. Cet accroissement ne serait d’ailleurs qu’apparent, car alors que l’ouvrier était payé aux pièces, son intérêt individuel le poussait évidemment à une production intensive au détriment de la qualité, qui multipliait les réparations et se traduisait en fin d’année par un plus grand nombre de réparations. L’abolition du travail aux pièces donne une meilleure qualité de travail et les appareils étant mieux constitués et réglés, la fréquence des opérations, se trouve réduite et l’État récupère la majorité du prix de revient de chacune d’elles.
- C’est ce que les faits permettent de vérifier dans les ateliers de mécanique. Sans augmentation de personnel « ils ont continué à assurer, comme par le passé, dit la seconde note en date du 15 mai 1905, la réparation de tous les appareils de modèle courant de l'administration, sans préjudice des travaux spéciaux qui leur sont confiés. Il est permis de voir dans ce fait une sorte de confirmation, au moins générale, de la compensation entre la quantité et la qualité du travail.
- La majoration du prix de revient est d’ailleurs variable suivant le genre des travaux auxquels ils s’appliquent. Pour certains d’entre eux, tels que la fabrication des piles Leclanché elle disparaît et les prix de revient actuels sont même inférieurs aux anciens (1). »
- Cette constatation, faite plus de cinq ans après l’entrée en vigueur du régime définitif de la journée de huit heures, est des plus importantes, parce qu’elle montre bien que pour les travaux où l’ouvrier travaille sans le concours de la machine, si la réduction de la journée se fait aux dépens de la quantité produite, elle est accompagnée d’une amélioration de qualité qui la compense et que le résultat annuel n’est pas sensiblement modifié.
- Nous sommes amené par contre, pour les postes, à relever une diminution de production pour la fabrication dos timbres, mais contrairement à ce que l’on eût supposé, pour une réduction de travail de 20 p. 100 en durée, la production n’a diminué que de 10 p. 100. Cette fabrication est l’une de celles où, comme nous l’indiquons ci-dessus, la production est limitée par la vitesse des machines : elle eût dû logiquement être diminuée proportionnellement à la durée, soit de 20 p. 100 alors qu’elle l’a été seulement de 10 p. 100. C’est à une plus grande vitesse de marche des machines et aux simplifications de détail dans les travaux que ce résultat doit être attribué.
- Comme nous aurons occasion de le montrer un peu plus tard, l’augmentation horaire de production, déterminée par la vitesse, n’est possible que dans les cas de réduction de durée; elle n’est d’ailleurs possible que dans certaines limites imposées par la sécurité et l’usure des machines et compatible avec une sage gestion.
- Des diminutions de rendement individuels se manifestent également dans d’autres
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 11.
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- services, les unes comme dans le service pneumatique étant la conséquence mathématique de la réduction du temps de travail, car l’ouvrier n’a qu’à surveiller et à alimenter les chaudières à vapeur et ne peut influer sur leur rendement; les autres, comme dans le service des installations téléphoniques, où les conditions du travail sont variables, et où, de la durée de la journée, il y a heu de déduire les temps de route nécessaires pour aller chez l’abonné et rentrer à râtelier. Ce n’est pas à proprement parler un service industriel, car par sa nature même le rendement est forcément variable et dépend dans une large mesure du temps perdu en allées et venues ainsi qu’en attentes inutiles.
- Quant au service des équipes nous ne pouvons tirer aucune induction de l’augmentation des dépenses, car la mise en vigueur de la journée de huit heures a été accompagnée de diverses modifications importantes « morales et matérielles... ayant également contribué dans une large part à l’augmentation des dépenses constatées par rapport à l’ancien régime. »
- En résumé, dit l’administration, et pour l’ensemble de ses services la diminution de production « a été maintenue dans des limites raisonnables. Il n’était guère possible d’espérer mieux au point de vue du nouveau rendement que ce que l’expérience a donné. »
- Et d’ailleurs la conclusion de l’administration ne paraîtra pas trop optimiste quand on remarquera que, pour ce service public où la production globale doit être sensiblement constante, même si la production individuelle se réduit,d’augmentation d’effectif nécessité par la réforme, la suppression du travail aux pièces, et le commissionnement du personnel, les diverses réformes d’ordre matériel « qui ont contribué dans une large part à l’augmentation » des frais de production, le surcroît de dépenses n’a été que de 33 000 francs, soit 2,4 p. 100 du montant des salaires antérieurs pour une réduc tion de travail de 20 p. 100.
- On pourrait faire observer que les résultats ci-dessus, qui infirment les appréciations de la première note les précédant, ne sont pas concluants parce qu’ils ne viennent pas, à proprement parler, d’une exploitation industrielle et que, sauf pour la fabrication des timbres-poste, les travaux effectués dans les établissements industriels de l’État ne comprennent guère que des travaux d’entretien et des réparations.
- Cela est certes une observation fondée, mais les conclusions qui découlent des rapports de l’administration nous paraissent devoir être retenues pour deux raisons.
- Tout d’abord elles portent sur des travaux qui, s’ils constituent une partie accessoire dans la grande industrie, n’y existent pas moins, et pour ces travaux, on peut se baser sur les résultats d’une expérimentation de plus de sept années et se rendre compte que les charges dues à une réduction de la durée de la journée sont peu considérables, et qu’il est vraisemblable qu’il n’y aurait pas augmentation appréciable des frais actuels pour ces besognes avec le maintien du travail à la tâche, puisque c’est à sa suppression qu’il faut attribuer la diminution dans la production.
- Ces conclusions nous paraissent encore devoir être retenues parce qu’un examen plus détaillé de la situation permet de se rendre compte que les appréciations que l’on a été amené à formuler dans la première note étaient insuffisamment nettes, en ce sens qu’elles tendraient à faire attribuer, à la réduction de la durée de la journée, certaines conséquences, constatées dans le service des postes, résultant manifestement d’autres causes. Elles nous montrent que les effets de la réduction ont été aggravés par d’autres modifications ayant provoqué un accroissement du coût,et une réduction de production, sans que le départ ait été établi entre les divers facteurs.
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- Mais, et ce sera maintenant notre objet, nous allons étudier les résultats obtenus dans des établissements industrialisés : ceux de la Marine.
- La journée de huit heures a été instituée par arrêté du 21 octobre 1902, à titre d’essai, aux ateliers de petite chaudronnerie de Toulon, et à la Direction de l’artillerie navale à Lorient.
- « En raison des résultats très satisfaisants obtenus (1) », le ministre de la Marine décida d’étendre la mesure « à tous les arsenaux et établissements hors des ports (2) ».
- Par la circulaire du 7 janvier 1903 le ministre prescrivait également que « pour réaliser tous les effets qu’on est en droit d’attendre de cette nouvelle organisation », le personnel de direction et de surveillance devait assister à la reprise et à la cessation du travail. Enfin, toujours dans le même but, les chefs de service étaient invités à présenter d’urgence les propositions utiles, notamment pour le personnel des ateliers dans lesquels le travail doit être continu.
- Comme dans les établissements des postes, la réforme fut accompagnée d’autres modifications, telles que la suppression du travail à la tâche et des primes, qui n’ont pu manquer de produire en général les mêmes effets.
- C’est une indication fort importante qui se dégage de l’ensemble des rapports et notes adressés en 1904,- pour rendre compte de la réduction de la journée.
- Le directeur du Génie maritime à Lorient (3) déclare que « depuis l’adoption de la journée de huit heures, la production horaire, après avoir été égale ou même supérieure à ce qu’elle était antérieurement, a une tendance à diminuer, » et il évalue à 15 p. 100 l’augmentation du prix de revient.
- C’est la conclusion que l’on retrouve presque sans exception dans tous les rapports.
- Cependant il ne faudrait pas trop se hâter de prononcer la condamnation du système, car, si les résultats ci-dessus, ne peuvent être discutés, dans l’état des faits, les chefs des établissements de la Marine sont amenés à dire de la manière la plus catégorique, dans les considérations précédant les conclusions que nous venons de rapporter qu’il n’est « pas possible d’isoler les effets de la journée de huit heures, et par suite de donner des résultats très précis (4) ».
- Et en effet, d’une part, les améliorations de l’outillage, des tracés d’exécution et des méthodes de construction ont évidemment tendu à augmenter le rendement, tandis que la suppression du travail à la tâche et des primes, — dont les résultats avaient été très favorables, — a eu un effet inverse.
- Mait, un fait très important est mis en lumière par la note du directeur du Génie maritime à Lorient: « Au début tout le personnel a déployé le zèle le plus louable..., mais, après un certain temps on a remarqué une tendance à revenir aux anciens errements (4). » Cette tendance ne pouvait être qu’aggravée par une atteinte que le ministre de la Marine portait aux principes mêmes qu’il avait posés (dépêche du 4 mars 1904). Lors de la réduction de la journée le ministre avait prescrit d’obtenir huit heures de travail effectif en évitant toutes les pertes de temps. C’est ainsi que la
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 14.
- (2) Ibid., Circulaire du Ministre en date du 7 janvier 1903.
- (3) Ibid., p. 16. Note du 30 novembre 1904. .s.-
- (4) Ibid., p. 16.
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- paye avait été reportée après le travail. Par la dépêche du 4 mars 1904 il fut prescrit de « prélever un quart d’heure sur la durée du travail pour la paye (1) », et la note de Lorient paraît attribuer à cette décision un effet mauvais.
- La note du 25 novembre 1904 sur Cherbourg constate tout d’abord que les pertes de temps ont été très réduites (40 minutes antérieurement au 7 janvier 1903, vingt, minutes postérieurement), mais que cependant la durée de travail s’est trouvée diminuée de 13 à 14 p. 100.
- Cet abaissement de la durée de la journée devait nécessairement se traduire par une diminution proportionnelle de la production (12 p. 100) pour une catégorie fort nombreuse du personnel comprenant « a) les ouvriers qui servent les machines-outils (dont l’allure ne peut être modifiée) ; b) ceux dont les travaux sont intermittents, par exemple la grande majorité des forgerons ; leur action est incapable de réduire le temps nécessaire, par exemple, pour chauffer une pièce à un degré déterminé; ce per-: sonnel qui conduit les machines motrices, chaudières diverses, etc. (2) ».
- Il est certes évident que pour toute cette catégorie du personnel, une diminution de production était la conséquence de la réduction de la journée, parce que, ainsi que le fait observer la note de Cherbourg, le rendement pratiquement indépendant de la volonté de l’ouvrier, est strictement proportionnel à la durée du travail et bmité pour ceux qui conduisent des machines par leur rapidité de marche ou pour les forgerons, par exemple, parle temps qu’il faut pour chauffer une pièce suffisamment afin de la travailler.
- Et par suite, pour toute cette catégorie, la question qui se pose d’une manière générale est de savoir s’il sera possible, soit par un accroissement de la rapidité de marche des machines, soit par de meilleurs procédés dans la fabrication, de compenser, en totalité ou en partie, la réduction due à l’abaissement de la journée de travail.
- C’est en effet, là le problème pour toute la production réglée, soit par les machines, soit par des opérations sur la durée desquelles l’activité de l’ouvrier n’a que peu ou pas d’influence.
- Si l’on perd de vue ce point, l’on est évidemment amené à faire des erreurs d’appréciation qui peuvent être considérables.
- Comment les choses se sont-elles passées à Cherbourg? D’une déposition faite par le préfet maritime de Cherbourg devant la Commission extraparlementaire sur les conséquences de la journée de huit heures, il résulte que dans ce port « les machines-outils n’ont pas modifié leur production horaire : leur production est dans le rapport de sept heures trois quarts à neuf heures un quart ».
- Par suite, il est bien évident que dans ces conditions la réduction )de la journée devait se traduire par une diminution du rendement quotidien.
- Si l’on se base sur cette déclaration du préfet maritime de Cherbourg, cette diminution doit être dans le rapport des durées de travail, c’est-à-dire qu’après l’application de la journée de huit heures, la production a dû être réduite dans le rapport de sept heures trois quarts à neuf heures un quart et ne doit plus représenter que les 83,78 p. 100 de la production ancienne, ce qui correspond à une diminution de 16,22 p. 100*.
- Dans la no te de Cherbourg elle est évaluée à 12 p. 100 seulement. ^
- Comment peut-on expliquer cette différence dans les appréciations? Le préfet de
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 16.
- (2) Note du 25 novembre 1904. Ibid., p. 17. - ;
- (3) Ibid. Déposition citée par M. Guvinot dans son rapport au Sénat sur Iè budget de la Marine.
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- Cherbourg l’a dit à la commission extraparlementaire. Le degré de fatigue étant moindre avec les courtes journées, les ouvriers peuvent soutenir une allure de travail plus rapide et « produire plus que ce rapport ». Mais en fait, cette activité supplémen taire possible n’est fournie que par un petit nombre de travailleurs sérieux, et le préfet .maritime concluait par ces mots : « En somme, si l’on avait espéré que ces ouvriers, étant moins chargés, rattraperaient cela par leur bonne volonté et leur entrain au travail, on s’est trompé; il ne faut appliquer cela qu’à une minorité. »
- Pour les catégories d’ouvriers autres que celles dont il vient d*’être question, la question se présente un peu différemment.
- Si l’on fait abstraction de l’effort inaccoutumé et temporaire qui s’est manifesté pendant la période d’essai et qui n’a pas tardé à disparaître avec l’adoption définitive de la mesure, on doit constater que le rendement par heure effective de travail s’est accru.
- On avait en effet été amené à tolérer un certain ralentissement du travail à la fin de la journée, surtout en été où il était sensible : il a disparu avec l’établissement de la journée de huit heures qui en supprimait la cause.
- « Mais cette augmentation du rendement de Yheure n’est pas suffisante pour compenser la réduction de la durée de la journée et le rendement de celle-ci reste en diminution (1). »
- Et l’auteur de la note conclut en évaluant à 10 p. 100 au moins, pour l’ensemble du personnel, la valeur de cette diminution.
- C’est de Toulon que vient l’opinion la plus défavorable dans la note du 5 décembre 190-4 (2). Pour les travaux de réparation, le nouveau régime a occasionné un supplément de dépenses directes de 24 p. 100 qui s’élève à 33 p. 100, si l’on tient compte des dépenses indivises.
- Les causes seraient la suppression du travail à la tâche qui a fait disparaître tout stimulant pour les ouvriers, dont l’avancement et les salaires sont réglés automatiquement aujourd’hui et tendent à s’uniformiser, l’ancienneté prenant le pas sur le choix.
- D’autre part, la surveillance s’est beaucoup ralentie et « actuellement est insuffisante pour assurer l’activité du service ».
- D’après cette note, la production s’est réduite de 30 p. 100, et il pourrait être à craindre qu’elle devînt insuffisante pour exécuter toutes les réparations urgentes, dont l’importance ne semble pas devoir diminuer.
- « En résumé, l’établissement de la journée de huit heures a notablement avantagé la situation du personnel ouvrier, mais entraîné une perte sérieuse pour l’État (3). »
- Dans une note complémentaire de décembre 1904, M. l’ingénieur en chef Laubeuf évalue à 19 p. 100 la réduction du rendement, avec le même matériel. Mais il ajoute qu’en fait, la réduction est beaucoup plus forte par suite de la suppression du travail à la tâche et qu’on ne saurait séparer ces deux causes agissant dans le même sens.
- Telles sont les conclusions des rapports généraux, unanimes dans leur appréciation de la journée de huit heures : nous ne trouvons que deux opinions divergentes relatives aux établissements d’Indret et aux forges de la Chaussade.
- Nous nous bornons à les signaler dès maintenant, nous réservant d’y revenir lorsque nous aurons examiné plus en détail, par d’autres notes émanant des mêmes
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 18.
- (2) Ibid., p. 20.
- (3) Ibid., p. 21.
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- sources, ou des enquêtes officielles, les conditions d’établissement de la journée de huit heures.
- Dans une note des chefs de manutention de Brest, en date du 21 novembre 1904 (lj, nous relevons, en effet, une constatation fort intéressante, infirmant dans une certaine mesure les appréciations si sévères que nous avons relevées.
- Elles peuvent se résumer en disant que la réduction de la journée a eu pour effet une réduction de production et une augmentation du coût de production proportion-tionnelles à la diminution des heures de travail. •
- Nous avions été amenés à constater avec les auteurs des notes, notamment avec M. l’ingénieur*Laubeuf, qu’on ne pouvait mettre entièrement ces faits à la charge de la journée de huit heures, que deux causes avaient agi dans le même sens et qu’il n’était pas possible de faire le départ entre les effets de la réduction des heures de travail et la suppression du travail à la tâche, mesures contemporaines mais qui n’étaient pas nécessairement la conséquence l’une de l’autre.
- Cependant, s’il était difficile de mettre en lumière les conséquences réelles de la seule réduction, il semblait qu’on pût dire que dans les conditions où la mesure avait été appliquée dans les établissements industriels de l’Etat, elle s’était, en fait, traduite par une diminution de production et un accroissement du prix de revient, au moins proportionnels.
- La note des chefs de manutention de Brest nous montre que cette conclusion elle-même doit être atténuée singulièrement et que l’expérience a le plus généralement été faite dans des conditions telles qu’elle devait en pratique donner des résultats défavorables pour tous ceux des ateliers où la machine-outil remplit un rôle important.
- Il est plus qu’évident que, les mêmes procédés d’usinage demeurant en vigueur et les machines conservant la même vitesse de marche, la production demeurera proportionnelle à la durée du travail et se réduira avec elle. Il en résulte que la compensation, si elle est possible, ne peut découler que d’un meilleur usinage et d’une amélioration de l’outillage. Or en fait, toutes les notes que nous avons résumées jusqu’ici noüs indiquent que rien n’a été tenté dans cette voie. La seconde note de Brest nous apprend que le résultat est différent, « notamment en ce qui concerne les confections faites dans les ateliers où, depuis deux ans, de notables modifications et améliorations de l’outillage ont permis de réaliser, au point de vue industriel et économique/des résultats très satisfaisants tels que : augmentation du rendement utile et diminution du prix de revient (2) ».
- Et l’auteur de la note ajoute une double constatation singulièrement importante :
- Pour l’ensemble du service des subsistances du port de Brest et par rapport aux résultats obtenus alors que la durée du travail était uniformément de neuf heures trente-cinq, la substitution de la journée de huit heures a, eu pour effet de majorer de 10 à 15 p. 100 le prix de revient et de diminuer de 10 à 15 p. 100 le rendement utile.
- C’est là la première partie de la constatation, montrant que pour une réduction de durée de travail de 16,50 p. 100, la réduction de rendement n’est que de 12,50 p. 100, d’où un effet utile horaire moyen, sensiblement plus élevé qu’auparavant.
- Mais la deuxième partie de. la constatation fait sentir une fois de plus que pour un ensemble de services aussi différents que ceux, groupés sous une direction unique dans les établissements de la Marine, les moyennes générales sont une cause d’erreurs
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 25.
- (2) Ibid., p. 25;
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- d’appréciation tout à fait considérable , car elles font entrer en compte des éléments difficilement comparables et que pour apprécier en pleine connaissance de cause les résultats il faut rapprocher les productions des mêmes services avant et après la mise en application de la journée de huit heures.
- C’est ce qui ressort jusqu’à l’évidence, de cette conclusion : « Si pour les tableaux qui vont suivre, on constate pour les années 1903 et 1904, durant lesquelles la journée de huit heures a été appliquée, que certains prix de revient sont inférieurs à ceux de la même catégorie de l’année 1902, durant laquelle la durée de la journée de travail était de neuf heures trente-cinq minutes, on doit attribuer ce résultat, d’apparence paradoxale à ce que, pendant les années 1903 et 1904, il a été apporté dans l’organisation des ateliers, en tant que répartition de la main-d'œuvre et à leur outillage de nombreuses améliorations et modifications qui ont permis d'obtenir, le nombre d'ouvriers affectés à chaque espèce de travaux restant le même, uneplus grande production journalière, une plus rapide exécution qui a eu pour conséquence logique d'augmenter le rendement utile de ces ateliers et de diminuer proportionnellement le prix de revient des fabrications ou réparations (1)... »
- Le rapport de la manutention de Toulon (23 novembre 1904) (2) déclare très nettement que, pour les subsistances, le rendement a été le même en huit heures qu’en neuf heures trente-cinq pour le travail manuel proprement dit, qu’il a été diminué de un cinquième là où le travail de l’homme est intimement hé à celui de la machine et qu’on ne peut relever qu’une exception: les boulangers. Mais que cette exception s’expüque par le fait d’un nouvel outillage et que la production aurait été d'un cinquième supérieure avec l’ancienne journée.
- Si maintenant nous abordons les notes complémentaires fournies par les directeurs de l’artillerie navale, nous allons trouver deux opinions différentes : l’une émise par le colonel directeur de Lorient assez peu favorable et l’autre nettement favorable émanant des autres établissements.
- Le rapport sur Lorient (3) comprend deux parties consacrées : la première aux résultats de l’essai delà journée de 8 heures, la seconde à ceux de l’apphcation définitive.
- D’après les carnets d’attachement tenus dans chaque atelier, du mois de novembre 1902 au 1er février 1903, il apparaît que, grâce aux améliorations dans l’organisation du travail et l’outillage, le rendement heure a été en augmentation par rapport à celui de la journée ancienne, mais qu’il ne suffit pas pour compenser la dimi-de 1 h. 33 dans la durée du travail. La perte peut être estimée à 8,3 p. 100.
- « S’il semble prouvé qu’il résulte une perte sèche dans la production-du fait de la journée de huit heures, nous sommes également convaincu qu’une amélioration incessante de l’outillage et des procédés de travail arrivera sûrement à compenser cette’perte dans une certaine mesure (4). »
- Dans la seconde partie (Rapport sur la journée de huit heures), le colonel-directeur de l’Artillerie navale à Lorient déclare :
- 1° Qu’une diminution dans le rendement journalier est notoire ;
- 2° Qu’elle est de 13,6 p. 100 (égale à la réduction de la durée) pour tous les ateliers sauf celui des artifices où elle n’atteint que 7,2 p. 100;
- . (-l)-Notes Sur la journée de 8 heures, p. 26. _ ,
- ,(2) Ibid,., p. 26.
- (3) Ibid. Rapports sur Lorient, 3 déc. 1904, p. 27. ; i
- (4) Ibid., p. 28. • . ,
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- 3° Que la rapidité d’exécution est diminuée et le prix de revient est augmenté d’autant ;
- 4° Qu’une atténuation se produira par l’adoption de mesures intéressant l’ouvrier à la production.
- Nous voyons s’atténuer, à mesure que nous examinons de plus près la question, l’impression défavorable causée par les* premières notes : leurs conclusions ne se présentent plus avec la rigueur d’une inflexible condamnation contre la journée de huit heures, mais seulement comme une condamnation contre l’application de la journée de huit heures, telle qu’elle a été faite dans les établissements de la Marine. Dans ces premières notes elles-mêmes, nous voyons que la portée des constatations des effets de la journée de huit heures se trouve singulièrement diminuée d’une part, parce qu’il n’a pu être établi de distinction entre les conséquences imputables à la réduction de la durée du travail et celles qui dérivent de la suppression du travail aux pièces et de l’insuffisance de surveillance, et d’autre part, parce que, d’une manière générale — et elles ne l’indiquent pas — on n’a pas introduit dans les divers ateliers les améliorations de nature à contre-balancer les effets purement mécaniques de la réduction de la durée du travail.
- On comprend toute l’importance de ces améliorations à la lecture des notes des services, contemporaines des précédentes, qui montrent par la comparaison des résultats de production des mêmes services avant et après l’introduction de la journée de travail, la production au moins stationnaire et le prix de revient en diminution là où des améliorations purement mécaniques ou de procédés d’usinage ont été effectuées.
- Et l’impression se modifie : l’incertitude succède à la certitude défavorable et l’insuffisance des données est telle qu’il devient impossible de se prononcer.
- Mais à ces causes d’incertitudes, d’autres causes viennent s’ajouter à la lecture de notes que nous avons passés sous silence jusqu’ici, et l’on est amené à se demander si, étant donné que les services, très nombreux, trop nombreux dirions-nous, dont les résultats ont été compris dans les conclusions générales, n’ont pas été méthodiquement comparés entre eux, il est possible d’induire des constatations faites dans les établissements de la Marine, les répercussions que l’adoption de- la journée de huit heures aurait dans l’industrie française. Et l’on est en droit de se demander si les conditions particulièrement défectueuses, dans lesquelles elle a été introduite, tant au point de vue technique qu’au point de vue économique, industriel et commercial, n’ont pas considérablement modifié les résultats qu’elle était susceptible de donner.
- C’est précisément, nous semble-t-il, la conclusion qui se dégage des notes des directeurs du génie maritime et des divers services de Rochefort et des rapports des établissements d’Indret, de Ruelle et des forges de la Chaussade.
- D’après la note de Rochefort en date du 24 décembre 1904 (1), la diversité des travaux effectués antérieurement et postérieurement à l’introduction de la journée de huit heures est telle qu’ « une comparaison des deux régimes de travail n’est possible que pour certains contre-torpilleurs ».
- L’adoption de la journée de travail a eu pour résultat, dans ce cas, des augmentations: .
- a) De 1,4 p. 100 dans la durée des constructions;
- b) De 7,4 p. 100 dans les frais de construction, en faisant entrer en compte les (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 19.
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- salaires des journées moyennes aux deux époques (Il faut se rappeler qu’avec la journée de huit heures, le salaire à la tâche a disparu, que les salaires ont été unifiés et accrus et que ce sont là des causes d’élévation du prix indépendantes de la durée de la j ournée) ;
- c) De 14 p. 100 dans l’activité au travail des ouvriers.
- C’est à une conclusion beaucoup plus favorable encore qu’aboutit la note du directeur de l’Artillerie navale à Rochefort (1).
- Il constate en effet, après une étude comparative détaillée, pour les divers services, des conséquences de la réduction à huit heures de l’ancienne journée de 9 h. 35 que l’adoption de cette mesure, loin de diminuer le rendement utile de ses ateliers, l'a, au contraire augmenté.
- Cette appréciation semble établie avec le plus grand soin, car non seulement l’auteur de la note de Rochefort a comparé entre eux les diverses services aux deux époques, mais il a pris soin de séparer les résultats obtenus dans ceux des ateliers où l’outillage avait été transformé et dans ceux où il est demeuré le même.
- « En ce qui concerne, dit-il, les travaux pour lesquels l’outillage est resté le même, l’application de la journée de huit heures n’a pas fait baisser sensiblement la rapidité d’exécution : si, pour certaines confections, le prix de revient est légèrement supérieur à l’ancien, cela provient surtout de l’augmentation de la moyenne des salaires pendant ces deux dernières années et un peu aussi de l’emploi des mains-d’œuvre civile et militaire dans des proportions un peu inégales (2). »
- Un nouvel aspect du problème se présente à nous,- qu’aucune des notes précédentes ne faisait apparaître : un des éléments du coût de production, que toutes s’accordaient à reconnaître comme fort important, les salaires, est influencé par deux facteurs. L’un, létaux de la rémunération augmenté, en même temps que la durée du travail était fixée à huit heures, tend évidemment à déterminer une hausse. Le second, c’est-à-dire la proportion relative des mains-d’œuvre militaire et civile, agit soit en sens inverse si celle-là domine, soit dans le même sens si celle-ci est prépondérante.
- Or, à Rochefort son importance s’est élevée au point qu’elle est responsable d’une partie au moins de la petite hausse constatée.
- Comment se fait-il qu’aucune des autres notes ne mentionne la répercussion que des variations de la qualité de la main-d’œuvre peuvent causer? Comment se former une idée des résultats de l’application1 de la journée de huit heures, si à ses effets propres on ajoute ceux dus à des facteurs qui lui sont totalement étrangers? Combien plus impossible encore de formuler une appréciation équitable quand, non seulement les notes se déclarent incapables de faire le départ entre les conséquences directes de la réduction de la durée du travail, mais encore quand elles passent complètement sous silence l’autre élément : c’est-à-dire la proportion relative et variable de main-d’œuvre militaire et civile ? Entre quelles limites cette proportion peut-elle être comprise? Sous l’influence de quelles causes l’une ou l’autre tend-elle à prédominer? Quelle est leur répercussion sur le montant des salaires? Ce sont autant d’inconnues dans le problème qui rendent la solution indéterminée et qui aggravent singulièrement l’incertitude à laquelle les notes précédentes nous avaient conduit.
- Quoi qu’il en soit, la note du directeur de l’Artillerie navale de Rochefort nous apprend que pour ceux des ateliers où l'outillage n’a pas été modifié la durée des
- (1) Note du'24 novembre 1904. — Ibid., p. 28.
- (2) Ibid., p. 24.
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- constructions n’a que peu varié et que l’augmentation du coût est imputable surtout à l’augmentation des salaires et un peu à la différence dans les proportions d’emploi des mains-d’œuvre civile et militaire.
- « Les résultats ci-dessus, ajoute l’auteur de cette note, tiennent à deux causes: la première c’est que l’ouvrier travaillant moins longtemps, fatigue moins et, par suite, s’applique et travaille mieux ; la seconde c’est que la surveillance est plus active et son personnel plus compétent et plus nombreux (1). »
- Mais il ressort d’une seconde partie de ces conclusions que là où l’outillage a été amélioré pour répondre aux conditions nouvelles du travail, les appréciations formulées dans les premières des notes analysées, sont controuvées. «Quant aux travaux, dit le directeur de l’Artillerie navale de Rochefort, pour lesquels l'outillage a été amélioré ou augmenté, la rapidité d’exécution a été elle-même considérablement augmentée et le prix de revient diminué dans les mêmes proportions, la diminution des heures de travail ayant été plus que largement compensée par la plus grande production de la main-d’œuvre. Pour toutes ces raisons, le rendement utile, en général, de la Direction de rartillerie navale est devenu supérieur à celui qu’elle avait obtenu avant l'application de la journée de huit heures (2). »
- Ces conclusions sont tellement nettes et catégoriques qu’elles se suffisent à elles-mêmes : en résumé, là où l’outillage a été convenablement amélioré, le rendement utile a augmenté et le prix de revient s’est abaissé en dépit de toutes les actions (suppression du travail aux pièces, augmentations.des salaires, etc.), qui d’après les appréciations précédentes devaient se traduire par les résultats inverses.
- Si probante que paraisse la note de Rochefort, nous nous serions abstenu d’insister, si elle constituait une manifestation isolée, parce qu’elle aurait pu être motivée, en fait, par des circonstances exceptionnelles. Mais elle nous a paru digne d’être retenue d’une manière particulière, non seulement parce qu’elle pose le problème que nous examinons beaucoup plus complètement que les notes précédentes, mais aussi parce que nous en trouvons confirmation dans d’autres documents officiels rendant compte des résultats de cette même réduction de la journée à huit heures..
- Yoici en effet les renseignements fournis par l'établissement d’Indret où la journée de huit heures fut établie dès le 15 janvier 1903 (3). On s’est efforcé d'accélérer la vitesse des machines dans les limites compatibles avec une bonne exécution du travail, là où la production est directement proportionnelle à la durée de fonctionnement, et à Indret on peut considérer les résultats comme convenablement satisfaisants « en raison de la bonne volonté et de l’aptitude professionnelle du personnel des divers ateliers dans lesquels régnent les bonnes traditions qui ont fait la réputation de l’établissement ».
- Pour les forges de la Chaussade, l’ingénieur-directeur par intérim fait une série de constatations intéressantes.
- Tout d’abord le rendement n’a pas varié sensiblement : la note ne veut pas conclure sur ce point, à l’inverse des premières citées, parce que les variations dans la nature des travaux exécutés ne permettent pas des comparaisons assez rigoureuses et que le"temps d’application n’est pas encore suffisant pour se prononcer.
- Une réduction de 16 p. 100 dans la durée du travail n’a augmenté la durée des con-
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 24.
- (2) Ibid., pp. 28-29.
- (3) Note du 24 novembre 1904, ibid., pp. 21-22.
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- structions neuves que de 6 à 7 p. 100, d’où compensation déjà fort importante; mais en fait les mêmes considérations que ci-dessus trouvent leur application. Enfin, dernier élément et non des moindres :
- « Le prix de revient des constructions neuves ne paraît pas avoir augmenté de plus de 2,5 p. 100 environ à la suite de l’adoption de la journée de huit heures; ce chiffre se réduit à 1,75 p. 100 si l’on tient compte de tous les frais généraux non compris aux dépenses indivises (1). »
- Nous voici bien loin des augmentations signalées à Lorient (15 p. 100), à Cherbourg (10 p. 100) et surtout à Lorient où pour le même genre de travaux on atteignait (2) le chiffre considérable de 19 p. 100, soit plus de sept fois l’accroissement à Guérigny. Ces différences considérables dans les résultats d’application de la journée de huit heures, que nous trouvons dans des documents émanant de centres différents sous l’administration du même Département, sont fort troublantes et encore une fois ne permettent pas de^ faire aux appréciations formulées, quelles qu’elles soient, pleine confiance. Elles aggravent les causes d’incertitude que nous avons précédemment signalées. Et s’il est possible d’en tirer un enseignement il ne peut être que négatif, en quelque sorte : c’est-à-dire, pensons-nous, que pour une large part les résultats dépendent d’un coefficient personnel. Ils seront bons, passables, ou mauvais, suivant l’organisation du travail, la mise en état de l’outillage, la surveillance et l’activité que déploient les autorités chargées de l’exécution de la mesure, ou du moins c’est là une présomption qui se dégage des-documents jusqu’ici étudiés.
- « Les chiffres qui précèdent, dit l’auteur de la note sur les forges de la Chaussade, n’ont pas une signification rigoureuse, ces chiffres se trouvant influencés par d’autres facteurs que la réduction de la journée de travail. Ils permettent néanmoins de se faire une idée suffisamment approchée de l’influence de la journée de huit heures pour conclure que les résultats obtenus à Guérigny sont aussi satisfaisants qu’il était pe?'mis de Vespérer en raison de la nature des travaux que nous avons à exécuter (3). »
- Le rapport du colonel-directeur de l’Établissement de Ruelle (4) nous paraît des plus importants, par la confirmation qu’il apporte des conclusions du rapport sur Rochefort. Il fournit certaines indications des plus intéressantes, bien qu’indirectes, sur les effets de la suppression du travail à la tâche et il paraîtrait en résulter que c’est à cette suppression qu’il faudrait attribuer la quasi-totalité des diminutions de production et accroissements du coût qui ont été signalés, le stimulant disparu ne pouvait guère être compensé que par une surveillance plus active; or nous avons relevé que dans les rapports signalant une diminution dans l’activité au travail du personnel après l’adoption de la journée de huit heures, les auteurs notaient aussi, sans d’ailleurs établir entre les choses le lien qu’elles comportent, un relâchement marqué dans la surveillance. L’influence de ce facteur paraît être très considérable, d’après la note relative à Ruelle. '
- Pour parer sans aucun doute à ce relâchement de surveillance, le colonel-directeur de ces établissements rétablit une sorte de modalité du travail à la tâche, par l’application du travail à prix fait.
- Ayant comparé les résultats de catégories de travaux pour lesquelles les don-
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 22.
- (2) Ibid. Note de M. l’ingénieur Laubœuf (déc. 1904), p. 21.
- (3) Ibid., p. 22.
- (4) 12 déc. 1904; ibkl., p. 29.
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- nées exactes sur la production sont les plus faciles à recueillir, il conclut en disant :
- « Toutes choses égales d’ailleurs, la production en huit heures de travail peut être égale à celle qui était réalisée en neuf heures trente-cinq ou tout au moins en diffère très peu.
- Ce qui le montre, c’est que, dans le cas du travail à prix fait, les rendements de la journée de huit heures ont été égaux à l’atelier.des mouleries et inférieurs de 4 p. 400 seulement à l’atelier des douilles, aux rendements de la journée de neuf heures trente-cinq minutes.
- Le travail à prix fait, quand il est possible, est donc un moyen sûr et souvent le seul moyen de conserver la production en réduisant la durée de la journée.
- Et précisant sa pensée notamment pour ceux des ateliers où la main-d’œuvre joue le rôle principal, il ajoute qu’il est indispensable de donner à la surveillance une autorité plus effective (1) ».
- - Évidemment nous ne trouvons pas ici une évaluation précise de l’influence exercée par la suppression du travail à la tâche, mais indirectement il nous est permis de l’apprécier grâce aux réflexions ci-dessus et de constater la part prépondérante qu’elle a eue dans les résultats défavorables signalés, puisque toutes les fois où les relâchements d’activité ont pu être compensés, nous constatons que les rendements de l’ancienne et de la nouvelle journée sont égaux ou presque.
- Mais nous allons relever d’autres indications tout à fait précieuses dans la suite de ces conclusions, précieuses non seulement parleur signification propre, mais par les indications qu’elles fournissent sur la portée de certaines des appréciations enregistrées.
- La majeure partie des notes donnant des résultats nettement défavorables de l’application de la journée de huit heures dans ceux des ateliers où la production dépend exclusivement de la vitesse de marche des machines, indique que cette vitesse de marche est demeurée constante.
- Pour peu qu’on veuille réfléchir, on devra reconnaître que cette constatation réduit singulièrement la valeur probante de la conclusion de ces notes et qu’étant données ces conditions il n’était pas besoin de faire la tentative pour en connaître les résultats : la production devait évidemment se trouver réduite dans les mêmes proportions que les durées de travail. .
- Pour ces travaux il fallait combattre cette réduction de production par des améliorations du machinisme et des méthodes d’usinage. Là où les choses demeuraient en l’ètat on ne pouvait s’attendre à ce que les effets de la réduction des heures de travail fussent compensés. Il en allait tout autrement dans le cas contraire : voici en effet comment s’exprime le colonel directeur de l’établissement de Ruelle, confirmant pleinement les conclusions de la note de Rochefort :
- - « On peut arriver, par des modifications convenables à l’outillage dans les ateliers mécaniques, à obtenir en huit heures une production de beaucoup supérieure à celle que l’on obtenait antérieurement en neuf heures trente-cinq. Cette augmentation, quand les installations en cours seront terminées, pourra atteindre 60 p. 100 environ.
- « Ces améliorations sont en cours à la fonderie et le résultat atteint à l’heure actuelle, grâce à la bonne volonté du personnel, fait ressortir pour l’ensemble de l’atelier de foreries une augmentation de rendement qui peut être évaluée h 40 p. 400 par rapport au rendement de la journée de neuf heures trente-cinq (1). »
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 29.
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- Voici qui est net et catégorique : on pourrait faire observer tout d’abord, et c’est une critique souvent formulée, que les résultats eussent été plus satisfaisants encore si la durée ancienne de travail avait été maintenue.
- Le colonel-directeur des établissements de Ruelle répond par avance à cette objection. « Cette augmentation de rendement n’est obtenue qu’en demandant à l’ouvrier une attention et une dépense de forces beaucoup plus grandes, qu’il ne soutiendrait probablement pas au delà de huit heures.
- Dans les ateliers où ces améliorations d’outillage peuvent être réalisées il y a donc intérêt à réduire la journée à huit heures, puisque cette durée de travail suffit à obtenir un très bon rendement (1). »
- Ainsi donc il parait résulter d’une manière catégorique de cette conclusion que l’ouvrier ne peut travailler plus de huit heures avec cet outillage modifié : l’on pourrait se demander également si pour ceux des établissements de la Marine dans lesquels l’outillage ancien a été maintenu, il ne serait pas possible d’apporter des améliorations qui modifieraient très sensiblement les résultats, car dans un très grand nombre de cas, les travaux faits étant les mêmes, la différence de rendement doit provenir au moins pour partie d’une différence dans l’outillage. Cette hypothèse se trouverait confirmée d’une part par les rendements eux-mêmes, supérieurs à Ruelle à ceux de la journée de neuf heures trente-cinq de 10 p. 100 environ et sensiblement inférieurs dans les autres établissements, et parce que, d’autre part, alors que le colonel-directeur de Ruelle déclare de la manière la plus nette que le nouvel outillage ne permets pas plus de huit heures de travail utile, celui des autres établissements a permis des journées de neuf heures trente-cinq, sans fatigue excessive pour le personnel, ce qui n’aurait pu être avec l’outillage nouveau.
- Nous arrivons au terme de l’analyse des documents émanant des directions des établissements de la Marine : nous avons enregistré des conclusions toutes très catégoriques, mais extrêmement divergentes sur les résultats de la journée de huit heures.
- • Nous avons expliqué dans les pages précédentes pourquoi cette expérience ne permettait pas de se former une opinion sur la question et pourquoi l’analyse des notes officielles ne pouvait donner qu’une impression d’incertitude : que des résultats défavorables aient été enregistrés dans certains établissements c’est un fait qui nous semble hors de doute, mais à ce fait s’opposent des constatations absolument contraires.
- Les conditions mêmes dans lesquelles la réforme s’est faite ne permettent pas d’en apprécier les conséquences, puisque aussi bien tous les auteurs des notes reconnaissent que la suppression du travail à la tâche, l’unification et l’accroissement des salaires, et l’insuffisance de la surveillance ont exercé une grande influence, qu’ils ne peuvent chiffrer, sur les résultats, et que d’autre part, là où il a pu être remédié à ces inconvénients, par le travail à prix fait et l’amélioration de l’outillage, les résultats sont absolument contraires.
- Enfin nous avons également noté, particulièrement pour ceux des établissements où la journée de huit heures a causé une augmentation marquée du coût de.production, cette constatation que la diversité des travaux exécutés rendait à peu près impossible toute comparaison précise et exacte entre les résultats à deux moments différents (2).
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, p. 29.
- (2) Ibid. Notes des Directeurs du Génie tnaritime pour Lorient, p. 16; Cherbourg, p. 18, etc.
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- C’est pourquoi nous ne croyons pas qu’il soit possible de se prononcer dès maintenant, vu les causes diverses qui ont agi non seulement sur les résultats de la réduction de la journée à huit heures dans les établissements de la Marine, mais éventuellement sur les conséquences que cette mesure pourrait avoir dans l’industrie privée.
- Dans une seconde partie, nous allons rechercher si, aux causes déjà apparentes, ne s’ajoutent pas d’autres motifs qui expliqueraient dans une large mesure les résultats défavorables cités, et si notamment au point de vue de l’organisation il est possible d’assimiler les établissements de la Marine à des établissements industriels.
- Enfin, nous rechercherons s’il est possible de trouver quelque indication à retenir dans d’autres expériences qui ont été tentées.
- (A suivre.)
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- les moteurs a gaz de hauts fourneaüx, d’après M. Greiner.
- M. L. Greiner a publié, dans le numéro d’avril de la Revue universelle des mines et de la métallurgie, un très intéressant mémoire sur la production économique de la force motrice dans les usines métallurgiques par l’utilisation des gaz de hauts fourneaux et des fours à coke; en voici quelques conclusions, qui définissent l’état actuel de cette importante question, et pour l’établissement desquelles je ne puis que renvoyer au mémoire original.
- On peut, actuellement, disposer d’environ 35 p. 100 du gaz produit par les fours à coke, soit de 84 mètres cubes par tonne de houille. Leur rendement en coke étant de 80 p. 100 environ, on obtient, par tonne de coke produit, 105 mètres cubes de gaz à 4000 calories par mètre cube, soit 420000 calories. Dans les hauts fourneaux, on dispose, par tonne de, fonte produite, d’environ 1880 mètres d.e gaz à 950 calories, soit d’environ 1 710000 calories.
- Or, on peut compter, au moteur, sur une dépense d’environ 2355 calories par cheval-heure effectif, de sorte que la puissance disponible est de 7 chevaux par tonne de fonte, déduction faite des 12 chevaux absorbés par les souffleries et les services accessoires de haut fourneau. Sous une autre forme, la puissance nette disponible, en chevaux-heure effectifs, est égale au nombre de tonnes de coke produit par semaine, lorsqu’il s’agit de gaz de fours à coke, et au nombre de tonnes de fonte produit par mois lorsqu’il s’agit de hauts fourneaux.
- En ce qui concerne les frais d’installation, pour 2 000 chevaux, par exemple, on peut estimer qu’ils s’élèvent, par cheval, à environ 200 francs pour une turbo-dynamo et ses chaudières, et à 175 francs pour un moteur à gaz, avec sa dynamo et ses appareils d’épuration.
- Les établissements Gockerill possèdent actuellement une installation électrique de 5700 kilowatts (8 000 chevaux) commandée par des moteurs à gaz, et qui sera bientôt portée à 10000 chevaux. Cette installation, graduellement développée-de 1901 à 1907, est revenue, de ce fait, à 400 francs le kilowatt, au heu de 300 si elle avait été montée d’un seul coup, ce qui, avec un amortissement en 10 ans et à 5 p. 100 d’intérêt, conduit à une charge annuelle d’amortissement de 13 p. 100, ou- de 52 francs par kilowatt-an. Le prix de revient actuel d’exploitation est de 0,653 centimes par kilowatt, mais avec un coefficient d’utilisation de 50 p. 100 seulement de la puissance totale, correspondant à une marche en pleine puissance de 4 380 heures seulement par an, ce qui donne, pour le prix de revient total du kilowatt, 52/4380 -f 0,653 = 1 centime, 83. Avec un coefficient d’utilisation de 100 p. 100, ce prix tomberait à 0 centime, 917, ce qui porterait la valeur du kilowatt-an à 80 fr. 43.
- Un charbonnage extrayant annuellement 300000 tonnes de charbon et en transformant la moitié en coke, ou produisant 330 tonnes de coke par vingt-quatre heures, disposerait de 2300 chevaux de force motrice au gaz, dont l’utilisation lui éviterait de
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- L EXCAVATEUR BUCKEYE.
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- dépenser, sous ses, chaudières, de 8 à 10 p. 100 de la quantité de charbon qu’il extrait, soit, au prix de 15 francs la tonne de ce charbon, une économie de 360 à 450000 francs par an, ou de 1 fr. 20 à 1 fr. 50 par tonne de charbon extraite.
- Une aciérie laminant 300 000 tonnes d’acier par an, correspondant à 330000 tonnes de fonte, soit à 900 tonnes de fonte par jour, ou à une puissance disponible de 2 700 chevaux, y ajouterait, par les 900 tonnes de coke consommées journellement dans ses hauts fourneaux une puissance de 6 300 chevaux, ce qui porterait à 33 300 chevaux la puissance totale disponible. La puissance absorbée par les souffleries, les laminoirs et les services accessoires est de 300 à 400 chevaux par tonne d’acier laminé par heure, soit de 12500 à 16500 chevaux en moyenne pour une production de 1 000 tonnes par jour. Cette puissance pourrait, malgré les très grandes variations du travail des laminoirs notamment, être, par l’emploi d’une station électrique centrale avec groupes régularisateurs à volants, fournie par des moteurs dont la puissance ne dépasserait guère cette moyenne de 16 500 chevaux. Comme les aciéries qui n’utilisent pas leurs gaz dépensent de 250 à 300 kilogrammes de charbon aux chaudières par tonne de produit laminé, on réaliserait ainsi, au prix de 15 francs la tonne de charbon, une économie de 3 fr. 75 à 5 fr. 25 par tonne d’acier. D’autre part, ces 16 500 chevaux laisseraient encore disponible une grande puissance utilisable pour une distribution d’énergie ou pour des fours d’électrométallurgie, avec lesquels on peut, actuellement, produire une tonne d’acier par 750 kilowatts-heure, c’est-à-dire au même prix que dans les fours Martin au charbon, pourvu que le kilowatt ne coûte pas plus d’un centime; or, ce prix peut s’obtenir avec des moteurs dont le coefficient d’utilisation ne s’abaisserait pas au-dessous de 90 p. 100.
- Comme exemple des plus remarquables d’utilisation de ces moteurs à gaz, on peut citer les usines Krupp, à Rheinhausen, avec 6 hauts fourneaux produisant journellement 1 600 tonnes de fonte, des fours à coke et une aciérie, et qui emploient 26 moteurs à gaz d’une puissance totale de 36 600 chevaux. Les progrès de l’emploi de ces moteurs sont très rapides; on en compte pour 25 000 chevaux aux forges de Lakawanna, 20000 à Differdange, 23 000 à Rombach, et pourtant, en Allemagne, où cet emploi est le plus répandu, on n’utilise encore que 29 p. 100 de la puissance disponible par les gaz de hauts fourneaux et 14 p. 100 de celle des gaz de fours à coke.
- l’excavateur Buckeye.
- Nous avons, de temps en temps, signalé ici les procédés mécaniques de déblayage et d’excavation, creusement de tranchées..., employés, aux États-Unis, pour l’établissement rapide des voies de chemins de fer notamment ; on peut y rattacher la machine représentée par les figures 1 et 2, qui est un excavateur d’un type tout à fait original et déjà très répandu en Amérique, l’excavateur Buckeye, de Findley, Ohio.
- Comme on le voit par la ligure 1, l’organe caractéristique de cet excavateur est une roue armée de pelles et de tranchants, mise en rotation par une machine à vapeur qui commande aussi le chariot de la locomotive routière, sur lequel est monté le châssis des deux poutres qui supportent cette roue. Cette roue peut s’abaisser dans la tranchée qu’elle creuse en même temps qu’elle y est tirée par la locomotive routière, et les terres qu’elle en extrait sont, au fur et à mesure, déversées sur un convéyeur à bande qui les rejette de côté.
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- La figure 2 donne le détail de la construction de cette roue, qui n’a pas l’essieu, mais est guidée par des galets 8, reliés à son châssis. Elle porte des godets à dents tranchantes B, qui attaquent le centre de la tranchée, et des lames D, qui en découpent les côtés. Les terres des godets remplis glissent sur un arc de cercle en acier 13, fixé au châssis 11, et qui les mène se déverser sur le convéyeur 10. La rotation de la roue est commandée par deux pignons 7, en prise avec deux couronnes à alluchons G, Un soc à rouleau U guide la roue à l’arrière.
- La machine Buckeye est donc un excavateur traîné par une locomotive et qui agit
- Fig. J. — Excavateur Buckeye pour tranchées de lm,0G x.2",30 'de profondeur.
- d’une façon continue à la manière d’une énorme fraise, sans temps perdu comme avec un excavateur à pelle, avec une dépense de force près de trois fois moindre, une précision et une rapidité très remarquables, dues à cette continuité d’action et à la perfection de son guidage. On peut en outre lever et abaisser à volonté la roue suivant les repères de mires qui permettent de tracer le fond de la tranchée au profil que l’on veut.
- Ces excavateurs sont construits de différentes grandeurs, pouvant creuser des tranchées de jusqu’à 3,n,60 de profondeur x lm,40 de large. Ils opèrent dans les sols les plus durs, entament très facilement du macadam, coupent les bois que leurs tranchants rencontrent et ne s’arrêtent que devant des roches trop grosses pour pouvoir entrer dans leurs godets. Trois hommes, dont un mécanicien, suffisent à leur conduite.
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- LES HAIES PIPÉS.
- On garantit, en terrain dur moyen, un avancement de lm,20 de tranchée par minute avec 0m,90 de profondeur, et de 0,u,60 avec lm,80 de profondeur. On peut débiter près de 8 mètres cubes à l’heure en tranchées de 1“‘,20 x lm,80, et à la vitesse de 0m,60 par minute. Le prix de revient, variable suivant les circonstances et la nature du terrain,
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- Fig. 2. — Excavateur Buckeye. Détail de la roue.
- dépasse rarement 25 centimes par mètre cube, chiffre constaté en tranchées difficiles de 0m,60 X 2m,10 de profondeur. Les tranchants doivent être réaffùtés, en moyenne, toutes les semaines; cet affûtage exige une-journée', pendant laquelle on marche avec les tranchants de rechange. Les tranchées sont bien d’aplomb, très nettes, en ligne droite ou en courbe.
- On construit aussi de ces appareils pour le drainage des terres. Un de ces drai-neurs, du poids de 5 tonnes, peut exécuter des fossés de 0m,30 X lm,30 de profondeur; celui"de 28 tonnes en fait de lm,40 X 2m,20.
- LES RAILS PIPÉS
- Il se produit depuis quelque temps, aux États-Unis, des accidents de chemins de fer très fréquents, et qui prennent souvent la proportion de véritables désastres. La principale cause de ces accidents est la mauvaise qualité des nouveaux rails, qui se brisent et occasionnent ainsi des déraillements, et comme la principale raison de ces ruptures, dont le nombre a été, pendant l’hiver de 1907, de 2 900, au lieu de 804 en 1906
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- Fig. 1. — Lingot pipé.
- Fig. 2. — Cassure de rail pipé au champignon.
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- — augmentation de 360 p. 100 — est parfaitement reconnue, j’ai cru qu’il serait intéressant de la signaler.
- Cette principale cause est le phénomène bien connu du pipage des lingots. Lorsqu’un lingot d’acier se refroidit dans son moule, ce refroidissement, plus intense vers les parois que vers l’intérieur du lingot, détermine à sa partie supérieure, comme l’indique la figure 1, un creusement de forme conique prolongé, plus ou moins, par un trou ou tuyau [pipe en anglais) qui constitue le pipage proprement dit du lingot. En outre, dans cette partie supérieure du lingot, il se produit aussi une séparation ou
- Fig.3. — Cassure de rail pipé.
- ségrégation des impuretés de l’acier, notamment du phosphore, qui, moins denses que le métal, s’y concentrent en y produisant un métal boursouflé et de très mauvaise qualité. Il est donc nécessaire de sacrifier cette partie supérieure des lingots sur une plus ou moins grande hauteur. Jusqu’à présent, on sacrifiait ainsi environ 25 p. 100 du lingotgmais, pressés de commandes, les métallurgistes anaéricains n’ont plus voulu sacrifier que 10 p. 100 du lingot, qui leur fournit ainsi un rail de plus. Il a bien fallu se plier à ces exigences, parce que les maîtres de forges américains sont trustés et imposent leurs conditions qu’elles qu’elles soient. Les photographies fig. 2 3 et 4 montrent, par des exemples frappants, l’influence de l’utilisation de ces hauts de lingots; on reconnaît sûrement, sur ces cassures, l’influence du pipage, qui s’est conservé dans le lingot après son lamage, de sorte que cette action désastreuse, bien connue d’ailleurs de tous les ingénieurs, y est mise en évidence d’une façon saisissante.
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- A cette cause principale de ruptures, viennent s’en ajouter bien d’autres, notamment la mauvaise composition des aciers, leurs teneur inacceptable en phosphore, passée de 0,06 p. 100, dans les anciens rails, à 0,10 p. 100 dans les nouveaux. Cette teneur tient à ce que l’on est obligé d’employer des minerais phosphoreux, faute d’hématites, et que les forges américaines sont loin d’avoir les fours Martin et les Besse-mers basiques nécessaires pour traiter convenablement les fontes provenant de ces
- Fig. 4. — Cassure de rail pipé.
- minerais, qu’elles traitent alors au Bessemer ordinaire, en se refusant à toute espèce de cahier de charges spécifiant la composition chimique des rails.
- Si l’on ajoute à ces causes métallurgiques celles provenant des défectuosités des •voiés établies à la hâte et surchargées de locomotives et de wagons extra-lourds, on ne s’étonnera plus de la fréquence des accidents que je signalais il y a un instant. On va trop vite, et ces messieurs des trusts ne se préoccupent vraiment pas assez d’autre chose que de leurs bénéfices (1 ).
- EXPLOITATION DES MINES DE SOUFRE PAR L’EAU CUAUDE SOUS-PRESSION
- L’un des gisements de soufre les plus remarquables est celui du lac Charles, près du golfe du Mexique, sur les confins du Texas et de l’Arizona, exploité par l’Union Sulphur C°. Ce gisement est remarquable à la fois par sa puissance, sa formation singulière et son mode d’exploitation hydrothermique tout à fait spécial. Il se trouve au fond du tube d’un ancien geyser énorme. Les murailles en pierre à chaux de ce tube sont (fig. 1) sous une épaisseur de 60 mètres d’argile, 60 mètres de sable et 24 mètres d’un mélange de sable et de cailloux. L’embouchure du cône, de forme elliptique, a 60 mètres suivant son petit axe et environ 1 600 mètres suivant le grand; il est fermé par une couche de pierres à chaux au-dessous de laquelle se trouve un gisement de 70 p. 100 de soufre mélangé à 30 p. 100 de calcaire sur un ht de gypse de 140 mètres d’épaisseur. Le cône est lui-même entouré de sable.
- Ce gisement, découvert en 1868, n’est exploité que depuis 1902 par un procédé particulier qui consiste, essentiellement, à fondre le soufre par de l’eau chaude à haute
- (1) Railroad Gazette, 17 mai; Scientific American, 18 mai- The Engineer, 31 mai 1907.
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- EXPLOITATION DES MINES DE SOUFRE PAR L EAU CHAUDE.
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- pression et à refouler ce soufre fondu à l’air par des pompes à air comprimé.
- Pour mettre en œuvre ce procédé, on descend dans le gisement de soufre des tubages composés chacun (fig. 2) d’un tube extérieur en fer de 250 millimètres de diamètre, à l’intérieur duquel se trouvent 3 autres tubes de 150, de 75 et de 25 millimètres de diamètre. Le gros tube se termine par un épanouissement qui constitue une sorte de chambre fermée au bas, divisée en deux parties par une collerette du tube moyen, et percée de trous au-dessus et au-dessous de cette collerette. On admet, dans le gros tube, de l’eau à 170°, fournie par des chaudières; cette eau se répand dans le soufre par des trous du tube situés au-dessus de la collerette, le fond, et le soufre fondu, plus dense que l’eau, se précipite au fond du puits de forage, d’où il pénètre,
- •ÏÏKEÏÆumsTytm
- Fig. 1. — Coupe du geyser de Saint-Charles.
- comme on le voit sur la figure 2, dans le bas du gros tube, où débouche le petit tube de 25 millimètres, qui y amène de l’air chaud comprimé à une pression suffisante pour refouler le soufre au jour au travers de l’espace annulaire compris entre ce petit tube et celui de 75 millimètres de diamètre. On a pu ainsi, avec un seul de ces tubages, refouler jusqu’à 500 tonnes de soufre par jour; l’un d’entre eux a déjà fourni sans se détériorer 60 000 tonnes de soufre.
- Ces tubages sont foncés à des distances de 15 à 30 mètres les uns des autres, de manière à attaquer simultanément le gîte sur un grand nombre de points; le sol est déjà descendu de 9 mètres sur une très grande étendue, qu’il a fallu combler à mesure.
- Le soufre qui sort de ces tubages est pur à 99 p. 100 près. On le recueille en d’immenses caisses en planches qui ont jusqu’à 75 X 100 X 15 mètres [de haut, où il se solidifie, puis on débite ces blocs de soufre, pour le jeter dans des wagons.
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- Les chaudières employées à fournir l’eau chaude suffiraient pour alimenter 24 000 chevaux de moteurs à vapeur, mais la grande pureté de soufre ainsi extrait-assure, malgré la dépense de charbon qu’exige la production de cette eau, un prix de
- Fig. 2. — Détail cl’un tubage à la mine de soufre de Saint-Charles.
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- revient très rémunérateur. En 1902, les.Etats-Unis ne produisaient que 7 433 tonnes de soufre et en importaient 175 000 tonnes; actuellement, les mines de la Louisiane suffisent à alimenter ce marché, et on commence à en exporter du soufre en concurrence avec celui de la Sicile (1).
- rôle de la vapeur dans les gazogènes, d’après M, W. A. Bone et R. V. Wheeler (1).
- Les expériences de MM. Bone et Wheeler ont été exécutées en mai et en juin 1906, aux aciéries de MM. Monks Hall et C°, et comprennent une série de 5 essais, chacun d’une semaine, sur des gazogènes alimentant les fours de l’aciérie et des moteurs avec du gaz lavé.
- (1) Scientific American, 1er juin 1907.
- (2) Iron and Steel Instituée, 10 mai 1907.
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- ROLE DE LA VAPEUR DANS LES GAZOGÈNES. 765
- Le charbon chargé dans un gazogène y subit d’abord une distillation lente, donnant principalement de l’hydrogène, du méthane, des hydrocarbures goudronneux et de l’oxyde de carbone, avec de petites quantités d’ammoniaque et de composés sulfurés et un gros résidu de coke. Une tonne de bon charbon à gaz donne, en cornues, environ 140 mètres d’hydrogène, 100 de méthane, 20 d’oxyde decarbone, 15 d’éthylène et d’hydrocarbures lourds, 50 kilogrammes de goudrons et 2kil,5 d’ammoniaque, en 10 kilos de sulfate. L’addition de la vapeur d’eau n’a guère, pour effet dans le gazogène, que d’augmenter la proportion d’ammoniaque. Le coke résultant de cette première distillation est, à son tour, gazéifié par l’action combinée de l’oxygène de l’air et de la vapeur dans la zone de combustion partielle où se produisent les réactions essentielles de la marche. Il y faut considérer :
- 1° L'action de l'oxyg'ene de l'air sur le carbone incandescent. On admet, généralement, que le charbon se transforme d’abord en acide carbonique qui, en présence d’un excès de charbon incandescent, se réduit en oxyde de carbone, mais il paraît plus probable que le charbon, comme le cyanogène dans les expériences de Dixon, se transforme tout d’abord directement en oxyde de carbone, et que l’acide carbonique provient de la combustion subséquente de cet oxyde de carbone.
- 2° L'action de la vapeur sur le carbone incandescent. Aux basses températures, de 500° à 600°, les principaux produits de cette action sont l’acide carbonique et l’hydrogène, tandis qu’aux environs de .1 000°, il se produit"un gaza l’eau constitué en volumes égaux d’oxyde de carbone et d’hydrogène ; ce sont deux réactions endother-miques, abaissant la température du gazogène, la dernière plus que la première.
- Lorsqu’on emploie un excès de vapeur, comme dans le procédé Mond à récupération de l’ammoniaque, qn marche presque entièrement suivant la première de ces réactions, et une production abondante d’acide carbonique ; réaction qu’il faut éviter quand on ne poursuit pas la récupération de l’ammoniaque.
- 3° Les réactions entre l'oxyde de carbone, l’acide carbonique, l'hydrogène et la vapeur dans le gazogène. A toutes les températures supérieures à 500°, la vapeur réagit avec l’oxyde de carbone, et l’hydrogène aA^ec l’acide carbonique, suivant le système réversible G0 + 0H2^C02 h-H2, dont les activités respectives et contraires se manifestent suivant la loi des actions de masse jusqu’à ce qu’elles s’équilibrent. Cet état d’équilibre dynamique dépend de la température; mais, pour chaque température, on peut le définir en fonction de la masse active ou de la concentration des gaz en jeu, de sorte que, pour chaque température, le produit des concentrations de l’oxyde de carbone et de la Auipeur d’eau, exprimées en volumes, est dans un rapport donné avec celui des concentrations de l’acide carbonique et de l’hydrogène. Ces rapports K sont, d’après M. Hahn, les suivants, entre 786 et 1 405° :
- Températures. CO X OH» . ' CO» X H» ^ ' Températures. CO X OHs CO» X H» ~ K
- 786° 0,81 1 086° 1,95
- 886° 1,19 1 205“ 2,10
- 986“ 1,54 1 405“ 2,49
- et, d’après H. B. Dixon, le rapport K est de 4 pour la température beaucoup plus élevée de l’explosion de ces gaz.
- Il est éAÛdent que, pour un mélange de gaz donné en équilibre à une basse température (800°) la variation se produira dans le sens CO2 + H2 = CO + OH2 quand la tem-
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- pérature moDte, et que l’addition de la vapeur tend, en abaissant la température, à la diriger en sens inverse, avec dégagement de chaleur.
- 4° L'influence de la réaction réversible C-h CO2 ^ 2CO. Cette réaction influe sur les proportions relatives d’oxyde de carbone et d’acide carbonique dans le gaz résultant. D’après M. Boudouard (1), les mélanges ci-dessous d’oxyde de carbone et d’acide carbonique sont en équilibre vis-à-vis du carbone solide, et à la pression atmosphérique, aux températures respectives de 650, 800 et 925°.
- Pour 100 de
- Températures, CO. CO2.
- 650° 39 61
- 800° 98 7
- 925° 96 4
- Aux températures supérieures à 100°, il ne reste plus, à l’état d’équilibre, que très peu d’acide carbonique. Il en résulte que cette réaction tend, comme les précédentes, à augmenter la proportion d’acide carbonique lorsque la température de la zone des réactions s’abaisse par la présence de la vapeur, et inversement, mais on ne sait de * combien; il faudrait, pour chiffrer cet abaissement, exécuter des recherches parfaitement justifiées par l’importance de ces actions.
- L’emploi de la vapeur est donc justifié par des considérations d’économie, mais il l’est aussi parce qu’il réduit les inconvénients de la production des scories. Il y faut consacrer une certaine quantité de vapeur, qui dépend de la teneur et de la qualité des cendres ; la chaux que renferment certains charbons a une grande influence sur la fusibilité des cendres et sur la formation de scories. , «
- Les deux gazogènes essayés étaient du typeMond, à vent chauffé, permettant d’employer une proportion de vapeur et de régler exactement son mélange avec l’air avant son arrivée sur le charbon incandescent; ils avaient (ûg. 1) un cendrier à eau, avec le soufflage d’air et de vapeur chauffé dans l’enveloppe AA, avant d’arriver sous la grille G. La cloche en fonte B maintenait le niveau de la charge à 4m,40 environ au-dessus de la grille et aidait la première distillation, dont les produits devaient filer par le fond de cette cloche et traverser la masse incandescente avant de passer aux sur-chauffeurs; on espère ainsi pouvoir décomposer une partie des goudrons, mais c’est douteux. Au sortir du gazogène, les gaz traversent les réchauffeurs en sens contraire du courant d’air et de vapeur de leur enveloppe, dont ils élèvent la température entre 60 et 80°, en abaissant la leur entre 180 et 260°; des surchauffeurs, les gaz passent à un laveur par aspersion d’eau, qui les débarrasse de leurs goudrons et abaisse leur température aux environs de 100°. '
- Pendant ces essais, on ne tenta aucune récupération de l’ammoniaque dans la tour de Mond; le prix de la vapeur nécessaire pour l’actionnement de ces pompes aurait dépassé le gain de cette récupération. La vapeur employée pour le gazogène provenait en partie d’échappements de moteurs, à 60 et 65°, et en partie d’une chaudière et arrivait en un seul jet prenant l’air au sortir de sa tour de réchauffage. Chacun de ces gazogènes peut brûler 800 kilogrammes de charbon par heure; mais leur allure était très variable; leur dépense totale de charbon variait de 120 kilogrammes par heure pendant le jour à 550 la nuit, avec une moyenne de 850 kilogrammes pour les deux
- (1) Annales de chimie et de physique, 1901, vol. XXIV, p. 28-31.
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- ROLE DE LA VAPEUR DANS LES GAZOGÈNES.
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- gazogènes. La Irémie de chargement de chacun d’eux renferme 500 kilogrammes de charbon environ; on faisait, normalement, un chargement chaque demi-heure le jour et chaque heure la nuit.
- Les essais furent exécutés dans les conditions ordinaires du travail, en se bornant à faire varier la température de saturation de vapeur dans l’air du gazogène entre 60
- ---!0‘O
- Fig. 1. — Gazogène Mond.
- et 80°, de 5 en 5°. Les puissances calorifiques du charbon des gaz et des goudrons ont été déterminés à la bombe Mahler.
- On a pris comme rendement des gazogènes le rapport de la puissance calorifique nette du gaz rendu aux fours ou aux moteurs à celle du charbon dépensé aux gazogènes, à la chaudière, aux ventilateurs et aux laveurs.
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- Les principaux résultats de ces essais sont donnés dans le tableau ci-dessous.
- Températures de saturation de la vapeur 60° 65° 70° 75° 80°
- Dépenses de charbon par heure aux gazogènes (kil.). . 826 715 700 715 660
- — — aux chaudières (kil.). 100 90 120 145 167
- — — pour la soufflerie (kil.). 0 0 20 17 68
- Perte totale de charbon pour 100 5,8 7,8 8,1 7,1 8,4
- Composition moyenne.du gaz pour 100 CO2 5,25 6,95 9,15 11,65 13,25
- - — - CO 27,3 25,4 21,7 18,35 16,05
- — — — Il 16,60 18,30 19,65 21,80 22,65
- — — m — Méthane. . . 3,35 3,40 3,40 3,35 3,50
- — — — Az 47,50 45,9 46,10 44,83 44,55
- Composition moyenne du gaz combustible total. . . . 47,25 47,10 44,75 43,50 42,20
- Puissance calorifique par m3 à 0° et 760 : grosse. . . . 1 650 1 650 1 650 1 520 1 515
- — — : nette .... 1 530 1 525 1 450 1 410 1 360
- Mètres cubes de gaz par tonne de charbon 4 410 4 020 4 230 4 350 4 410
- Vapeur par kilogramme de charbon gazéifié (kil.). . . 0,45 0,55 0,80 1,10 1,55
- Pour 100 de vapeur décomposée 87,4 80 61,4 52 40
- Mètres cubes d’air soufflé à 0° et 760 par kil. de char-
- bon gazéifié 2,30 2,17 ^ 2,29 2,29 2,35
- „ ( Oxygène de la vapeur | Oxygène de l’air 0,50 0,62 0,65 0,75 0,80
- Sulfate d’ammoniaque par tonne de charbon (kil.). . . 17,6 20,4 23,1 29,5 32
- Rendement ( y compris la vapeur du ventilateur. . . 0,78 0,75 . 0,73 0,70 0,665
- aux | y compris la vapeur dépensée pour le
- essais ( ventilateur et les laveurs 0,715 0,69 0,66 0,64 0,604
- On voit, d’après ce tableau, que la qualité du gaz, bien que toujours bonne, baisse dès que la température de saturation de la vapeur dépasse 65°; le tant p. 100 de gaz combustible baissait de 47 à 42 p., 100 lorsque cette température montait de 65 à 80° ; le gaz s’enrichissait d'hydrogène et d’acide carbonique, et s’appauvrissait en oxyde de carbone, perte que compensait largement le gain d’hydrogène. Ce fait est dû à l’abaissement, par la vapeur, de la température de zone de combustion. Avec une température de saturation de 60°, le gaz renfermait 27,3 p. 100 de CO, 16,6 d’hydrogène, 3,35 de méthane et seulement 5,25 de CO2, tandis qu’à 80°, le p. 100 de CO tombe à 16,05, l’hydrogène monte à 22,65 et CO2 a 13,25 p. 100; la puissance calorifique nette tombe de 1530 à 1370 calories par mètre cube, à 0° et à la pression de 760 millimètres.
- D’autre part, le rendement, au foyer des chaudières ou des fours, de l’oxyde de carbone est toujours plus élevé que celui de l’hydrogène, de sorte que le rendement, pour un gaz riche en oxyde de carbone est plus élevé que celui d’un gaz de même puissance calorifique, mais où l’oxyde de carbone est, en partie, remplacé par de l’hydrogène, et que le rendement au foyer des gaz obtenus avec des températures de saturation de 60 et 80° baisse encore bien plus vite que leur puissance calorifique.
- Si l’on tient compte de la dépense de combustible nécessaire pour la production de la vapeur et le fonctionnement du ventilateur et des laveurs, on voit, que, pour des températures de saturation de 60 et 80°, le rendement total baisse de 68,7 à 60, 4 p. 100 dans les conditions ordinaires des essais et de 71,5 à 66 p. 100 dans l’hypothèse d’une vapeur fournie gratuitement tout entière par des échappements. Aux températures inférieures à 60°, le rendement augmenterait sans doute, mais il faudrait diminuer l’épaisseur et la charge pour éviter l’encrassement du gazogène ; dans les
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- MACHINE LEISTNER A FAIRE LES BOUTEILLES.
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- conditions des essais, la température de 60° correspondait au rendement maximum.
- Les poids de la vapeur totale employée par kilogramme de charbon et décomposée en p. 100, aux différentes températures de saturation, ont été les suivants :
- Température de saturation. . . . . 60° 65° 70° 75° 80°
- Vapeur employée (kil.). . . . . . 0,45 0,55 0,80 1,10 1,55
- Décomposée . . 0,39 0,44 0,49 0,57 0,62
- Décomposée pour 100 . . 87,4 80 61,4 52 42
- Pour récupérer l’ammoniaque, il faut marcher à la température de saturation la plus élevée possible ; le sulfate d’ammoniaque récupéré s’est élevé, dans les essais, de 18 à 33 kilogrammes par tonne de charbon sec, lorsque la température passait de 60 à 90°. Or, la teneur en azote de ce charbon équivalait à une récupération de 68 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque par tonne, de sorte qu’on récupérait, à 80°, 50 p. 100 de cet azote et 27 p. 100 à 60° ; à 65° on en recouvrerait 30 p. 100 : le double de ce qu’on retire des sous-produits des fours à coke.
- On enlevait, par les lavages, 5,75 p. 100 du poids des charbons en goudrons au heu des 6,1 p\ 100 donnés par l’analyse; la perte en cendre était d’environ 1,3 p. 100, de sorte qu’on gazéifiait utilement environ 92,6 p. 100 du charbon.
- MACHINE LEISTNER A FAIRE LES BOUTEILLES (1)
- Cette machine, construite par M. W. L. Thompson, 23 College Hill, Cannon Street, Londres, comprend essentiehement 3 moules : l’ébaucheur CC, celui du goulot, D ou D', et le finisseur EE (fig. 1 et 16).
- Le moule ébaucheur CC (fig. 1, 2, 3, 4 et 5) articulé sur le châssis F, en G, a ses bras H et J, réglables en K, pourvus de secteurs L et M, engrenés avec le pignon N de la roue P, que commande la chaîne O, de manière qu’en tournant N, on rapproche ou écarte les deux parties du moule, comme en figure 5. Les brins de la chaîne O sont reliés aux tiges Q et R, dont l’une est commandée par la pédale S, et l’autre rappelée parle ressort T. La chaîne O commande, par une seconde roue P et le mécanisme M'L'J'H', analogue au précédent, les deux moitiés EE du moule finisseur, de sorte que ces deux moules s’ouvrent et se ferment en même temps.
- Les moules des goulots D et D' sont montés diamétralement sur les manchons des cônes de friction X et X' (fig. 6) que l’on peut mettre en prise avec celui a du manchon Z, à roue de chaîne b, pivoté en g?dans le manchon W, et qui renferme le tube e, amenant de l’air comprimé. La distribution de cet air est commandée par un robinet f, à manette m, pivotée en g, et rappelée par des ressorts. La fourche de ce levier attaque l’anneau / de a par des bielles, l’anneau h et les tiges k.
- Les moules C et E étant fermés sur D et D', amenés dans leur axe, on verse le verre fondu en C, sur le bouchon a' de D, puis on pousse m dans le sens de la flèche fig. 9, de façon à appuyer sur X le cône a et à faire tourner D, afin d’y répartir uniformément le verre, en même temps qu’on y souffle de l’air comprimé.
- La bouteille étant ainsi ébauchée, on lâche la pédale S de sorte que le ressort T ouvre E et C, et permet, D se trouvant ainsi lâché, de faire pivoter D D7 de 180°, par W, comme en figure 3.
- (1) Engineering, 6 juin 1907, p. 740.
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- Fig. 1, 2 et 3. — Machine Leistner à faire les bouteilles.
- Fig. 6 et 7.
- O
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- D'
- J ~ j— '
- JD'
- Fig. 8 et 9.
- 13
- J OU 3
- Fig. 10, 11 et 12.
- Tome 109. — Juin 1907.
- SI
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- NOTES DE MÉCANIQUE.'
- JUIN 1007.
- Le fond mobile r (fig. 3 et 13) du moule E peut se régler par le mécanisme qopp'. Lorsque D a été ainsi amené au-dessus de E, on referme C et^E, on tourne le robinet f de manière à amener (fig. 11) son canal s devant t, et que l’air comprimé entre par ek'sv dans l’espace annulaire u ,du manchon y, dont le piston iu> relie par xz au
- bouchon a1 (fig. 6 et 9) le retire du verre en permettant le passage de l’air comprimé par b'. A la partie supérieure de u, se trouvent deux lumières axiales c' (fig. 12) qui laissent, à la montée de w, l’air comprimé passer par e' sous la valve f, qui s’ouvre, malgré son ressort g' ( fig. 6) si la pression de l’air dépasse la limite voulue, et agit comme une soupape de sûreté. Pendant ce finissage en E, on peut, en tirant le levier
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- MACHINE LEISTNER A FAIRE LES BOUTEILLES
- 773
- m dans la position figure 8, engager le plateau de friction a avec X' et faire tourner Dr
- Fig. 16. — Machine Leistner à faire les bouteilles.
- et, en même temps, le second moule de goulot-D', sur lequel est fermé C. reçoit une
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- JUIN 1907.
- NOTES DE MÉCANIQUE. ----
- charge de verre fondu comme précédemment D. Lorsque, pendant la rotation de W, l’axe de DD'devient horizontal, l’ouverture m' (ûg. 11) vient en face de la lumière /'du robinet fixe i', de sorte que l’air comprimé repousse de nouveau le piston w et le bouchon a', qui referme le trou b' (fig. 6) juste avant que les moules ne reprennent leur position verticale.
- Lorsque, après, que le verre a été versé en C, la lumière s s’aligne avec t et v, pour ce moule G, l’air comprimé est admis en quantité suffisante pour ébaucher la bouteille, puis le soufflage finisseur se fait de même en refaisant coïncider 5, t et v, pour le moule E, en manœuvrant, comme nous l’avons vu, la manette ni, munie de cliquets à cet effet; cette manette commande ainsi à la fois la distribution de l’air comprimé et la rotation des moules autour de leur axe et perpendiculairement à cet axe, sur W. Les moules D et D' sont, chacun, en deux pièces articulées, rapprochées par des ressorts m' (fig. 6) et leurs encoches annulaires n' (fig. 10) s’enclanchent sur les cliquets o' de E de manière que, lors de l’ouverture de E, ces cliquets o' écartent les deux moitiés de D, comme en fig. 10. Au même moment, on abaisse le fond r, par q, de sorte qu’on peut retirer la bouteille finie et la porter au four à recuire. Ce retrait peut se faire automatiquement par le renvoi Q Gif (fig. 13) qui, lorsqu’on lâche la pédale S et que Q remonte, repousse par u' le bras dans la position pointillée (fig. 14) et, en cette position, le bras v' vient heurter un toc qui fait basculer la pièce q, pressée sur e par un ressort r', de manière qu’elle rejette la bouteille sur le ht d’amiante indiqué en fig. 16. Au retour de n à sa position normale, a' repasse sur n comme en pointillé fig. 13, et vient reprendre sa place à la descente de Q.
- Cette machine, mécaniquement des plus ingénieuses, se conduit avec deux hommes et aurait donné d’excellents résultats.
- ESSAIS d’une TURBINE A VAPEUR RIEDLER-STUMI>F DE 2 000 CUEVAUX, d’après M. F. Rotscher (I ).
- Cette turbine appartient à l’usine électrique de Moabit, à Berlin, où elle actionne une génératrice à courant alternatif asynchrone de 6 000 v. et 1 400 k.-w. C’est une turbine à une seule chute de pression (fig. 1 à 3). La roue a 2 mètres de diamètre extérieur, elle porte sur la périphérie 150 augels doubles et fait 3 000 tours à la minute, soit une vitesse de 314 mètre/sec. à la périphérie. Dans les essais, la vitesse fut portée à 3 800 tours à la minute, soit 400 mètres/sec. à la périphérie.
- L’arbre a 85 millimètres de diamètre ; il repose sur des coussinets en métal blanc fondu, refroidis par un courant d’eau froide, et portés par des roulements à billes.
- Les ajutages sont du type de Laval à double cône, terminés en section rectangulaire et taillés en biseau ; leur nombre est de 80.
- Le régulateur agit sur l’arrivée de vapeur. Le condenseur est du type à injection de Sack et Kiesselbach, avec pompes séparées pour l’air et l’eau.
- La turbine est alimentée habituellement avec de la vapeur à 14 atmosphères et 300°. Les essais de consommation de vapeur sont résumés en fig. 4. Les essais 1 et 2 ont été effectués avec de la vapeur à pression réduite. La dynamo s’échauffant au début fortement, on n’a pas pu pousser la turbine jusqu’à pleine charge. Pour effectuer
- (1) Zeitschrift des Vereines deulscher Ingenieure, 20 et 27 avril, 4 mai 1907.
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- ESSAIS D’UNE TURBINE A VAPEUR RIEDLER-STUMPF. 7/5
- des essais avec de la vapeur à plus haute pression, on a obturé 16 ajutages consécutifs (essais 3 et 4). L’essai 5 a été obtenu de nouveau avec admission réduite. Enfin, les essais 6 à 8 ont été effectués à pleine charge, les 16 ajutages étant ouveits avec vapeur à haute pression et à 290° environ. La courbe de la figure 4 montre une légère augmentation de la consommation de vapeur aux faibles charges ; pour 550 k\v., soit à 40 p. 100 de la pleine charge, elle monte de 8,9 kg. à 10,03 kg. par kilowatt-heure,
- Coupe CI)
- 1
- Coupe AB
- kg/KW=sî
- KW
- Fig. 4.
- c’est-à-dire de 1,15 kg.,ou de 12,7 p. 100 delà consommation maximum. Le réglage par l’admission est donc plus favorable que dans les autres machines à vapeur. Le surchauffage de la vapeur est également employé avantageusement sans perte sensible^ Essai avec le frein hydraulique. — Pour essayer la turbine à d’autres vitesses périphériques que la vitesse normale, on a employé le frein hydraulique fig. 5 et 6, formé de deux disques de tôle de 10 millimètres d’épaisseur tournant'dans l’eau et calés sur l’arbre de la turbine. Une tôle centrale fixe a pour but d’augmenter encore la résistance. Les ouvertures F et G, devant servir à l’observation, ne purent être utilisées à cause du
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- 776 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ JUIN 1907.
- jaillissement de l’eau. Le courant d’eau arrive en C, de chaque côté, et s’échappe*par E dans le plan médian. Au début, la vitesse des disques fut réglée à environ 1 800 tours par minute, puis l’eau fut admise lentement, et la marche devint rapidement silencieuse.
- -B----
- - Hf
- Fig. 5 et 6. — Frein hydraulique Stumpf.
- 2000
- 7âoo
- 1000
- + hj/cfrau//sch? BremseX
- » Sche/ben 800 ûwr ---
- • > 810 ->
- • » 900 "
- 1000 "
- 1000 1200 7900 1600 1800 2000 2200 2900 2600 2800 3000 3200 3-900 3600 3800 9000
- Tours par minute.
- Fig. 7.
- Avant l’expérience, le frein est pesé, le bras de levier étant horizontal. La distance du couteau d’appui au centre est de 2 000 millimètres. La puissance se calcule par 2r 7t Pw 2,7 9 P n
- la formule N ;
- 60 X 75
- l 000
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- ESSAIS d’une TURBINE A VAPEUR RIEDLER-STUMPE.
- P étant la charge en kg. du bras ou la pression exercée par son extrémité sur le plateau d’une bascule, et n le nombre de tours par minute.
- Le réglage du frein s’effectue en réglant le débit d’eau. Si l’on diminue l’arrivée
- 1O0Q 1200 1fOQ 1600 1800 2000 22002*00 2600 2800 3000 3200 3*00 3600 3800
- Tours par minute. Fia:. 8.
- Fig. 9.
- d’eau, la vitesse augmente ; si l’on agit sur la sortie de l’eau, les’ disques plongent plus profondément, la résistance augmente et la vitesse n diminue.
- Au début, les essais furent faits en maintenant la pression constante et faisant varier la vitesse en agissant sur l’arrivée d’eau. Malheureusement, au-dessus de 12 atmosphères, il se produit danslejrein une pression axiale qui détermine un échauffcment.
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- La figure 7 donne tous les essais pour des pressions de 3 à 13 atmosphères. D’après la forme des courbes, on voit que la vapeur serait encore très bien utilisée pour des vitesses plus élevées. Les résultats sont indiqués pour des disques de frein de diamètres variant de 800 millimètres à 1 mètre.
- Les disques de 800 millimètres, correspondant au débit d’eau maximum, embrassent
- A BCD
- A BCD
- Coupes A B G D
- un champ beaucoup plus étendu que les autres. Les essais désignés par une croix ont été obtenus avec un frein hydraulique de construction différente, avec roue à ailettes. Des courbes de la figure 7, on peut déduire la dépense spécifique de vapeur So, en
- Üsèerh/tzung un ter V2
- Ueberhiïzunç?üôer VZ'
- Fig. 17.
- divisant la dépense de vapeur à l’heure S, pour une pression déterminée, par la puis-S
- sance Ne, d’où So= — (fig. 8).
- Ne v ;
- Les courbes moyennes de la figure 7 peuvent se représenter par une égalité de la. forme N = C/ dans laquelle C et x sont des constantes. Si l’on porte les valeurs, de log N et log n en ordonnées et abscisses, on obtient des droites dont la tangente d’inclinaison sur l’axe des abscisses donne x. La longueur découpée sur l’axe des ordonnées est log G.
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-
- Dur
- yerhâ/tTns Der DrückeF-/p. 7
- Fig. 18. — Ajutage normal I pour vapeur surchauffée.
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- Fig. 19. — Ajutage normal If pour vapeur saturée.
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- ESSAIS D’UNE TURBINE A VAPEUR R1EDLER-STUMPE.
- Les trois droites qui correspondent aux disques de diamètres D de 100, 90 et * 80 centimètres sont parallèles; x est donc invariable et égal à 2,66 (fig\. 9). On arrive
- atabs.
- 1V
- O, 'uc, t /r, de, ~ û, ïse
- att’bs.
- 260
- ' 180
- 6e. >cA v/n iigt 'e/1
- ' 100
- Fig. 20. — Fonctionnement rte l’ajutage avec vapeur surchauffée de 100°.
- TVJ 366
- à la formule générale N = — ^ ^ |q io n~ 06 dans laquelle D est exprimé en
- centimètres et n est le nombre de tours par minute.
- Les ajutages. — L’ajutage ou buse a la forme adoptée par de Laval (fig. 10 à 16). Son
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- 782 NOTES DE MÉCANIQUE.------
- diamètre le plus étroit est de 5,4 millimètres et la section terminale 16x15 mm. L’auteur a établi par le calcul que le diamètre, et par conséquent la forme de la buse,
- est indépendant du rapport — des pressions absolues en un point quelconque de
- P i
- ata b s. 7a
- % 1 ko-
- Gesawiadigkeit i,t a?r
- g. 21, — Fonctionnement de l’ajutage avec vapeur saturée. — Gerchuilndegkecten, vitesse,-Druck, pression; Buse, ajutage.
- la buse et à son entrée, tant que l’exposant de l’adiabatique reste invariable. Toutes les formes de buses se ramènent à deux formes fondamentales : celles pour la vapeur surchauffée et celles pour la vapeur saturée. La figure 17 représente schématiquement les différentes formes de buses ou d’ajutages : I pour vapeur surchauffée, II pour vapeur saturée. Les courbes se coupent dans le voisinage de la section minimum. La courbe III donne une buse pour surchauffe élevée; elle suit d’abord II jusqu’au point
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- ESSAIS D UNE TURBINE A VAPEUR RIEDLER-STUMPF.
- 783
- de saturation où elle devient proportionnelle ft II. Le profil IV correspond à de la vapeur faiblement surchauffée, au-dessous de 42°.
- Les figures 18 et 19 donnent, pour les buses normales I et II et différentes valeurs
- v\ 21)
- de jr , lesrapports —- et — (d= diamètre, w = vitesse) l’indice m se rapporte à la sec-tion minimum.
- Les buses normales peuvent servir soit à en calculer de nouvelles, soit à étudier une buse de forme donnée comme exemple : soit une buse calculée pour 14 atmosphères, 100° de surchauffe et 0,2 atmosphère de contrepression. -- = 0,01428 et Ci = 0,9668. La buse normale II donne 3,210 dm2, et <4 = 3.101 dm.
- WE/sk PS
- ¥000
- 3500
- 3000
- 2500'
- 2000
- 7000
- Druck
- aï aùs
- Fig. 22.
- 1200
- 20 ¥Q 60 80 100 120 7¥0 160 180 200-
- Fig. 23.
- La vitesse correspondante — =D = 0,9271 -4- = 1.681 wmi dm; s’obtient
- d’après la quantité de vapeur, et wmi d’après la formule de Zeuner.
- Pour l’étude d’une buse, on détermine d’abord, en différents points, le rapport du diamètre maximum au plus petit. Les formes rectangulaires sont ramenées au cercle équivalent. Pour la vapeur saturée, la buse II donne immédiatement la pression, la vitesse et la dépense de vapeur correspondantes. La buse 1 sert dans le cas de vapeur surchauffée jusqu’au point de saturation g.
- Les figures 20 et 21 représentent les essais effectués sur la buse de la turbine Moabit pour de la vapeur saturée puis surchauffée de 100°. On remarque la chute rapide de la pression et de la température dans le voisinage de la section minimum et, inversement, la rapide augmentation de vitesse. En comparant des courbes ayant des états initiaux différents, on voit que la vapeur surchauffée donne des valeurs plus faibles que la vapeur saturée. Les vitesses à la section minima sont d’environ 11 p. 100 plus élevées dans le premier cas que dans le second. Les variations de vitesses aux différentes
- * ï/î lü*
- pressions sont faibles. L’énergie A = —dépend principalement de la quantité de vapeur qui passe à travers la buse, et non de la vitesse. Les courbes de cette énergie
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-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------- JUIN 1907.
- en fonction de la pression sont sensiblement proportionnelles à cette dernière
- (fig. 22).
- La transformation de la pression en vitesse, qui se produit dans la buse, peut se suivre facilement d’après les courbes. Entre la vitesse w en m.-sec. et l’énergiehV, en
- ; r.w \
- calories, on a la relation A= Q (fig-- 23), avec A en abscisses eVio en
- ordonnées). La figure 24, sur laquelle on a dessiné la courbe I des vitesses théoriques
- Fig. 24. — Gesehwendegkect, vitesse.
- pour la vapeur de 14' atmosphères et 100° de surchauffe, conduit à la courbe de l’énergie théorique II. Cette dernière’croît aussi très rapidement dans le voisinage de la section minima. Pour le rendre plus évident, il suffit de déterminer l’énergie transformée en vitesse par unité de longueur, en divisant la buse en plusieurs tronçons, aux extrémités desquels on détermine l’énergie. On obtient ainsi la courbe III (calories par millimètre de longueur). Le maximum est au voisinage de la section minima, avec 14,6 calories par millimètre et par kilogramme de vapeur.
- La buse devrait, pour une transformation uniforme de l’énergie par unité de longueur 3,09 cal./mm.), avoir une vitesse beaucoup plus faible au voisinage de la sec-
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-
- suj
- ESSAIS D’UNE TURBINE A VAPEUR RIEDLER-STUMPF. 785
- tion minima (fig. 25). Ici. la courbe de l’énergie e&t une droite I,la courbe delà vitesse est une parabole II. La forme de la buse est dessinée au-dessous à une plus grande échelle. Le frottement dans la buse s’obtient en fonction du coefficient de résistance de Stodola Ç = 0,039, d’après le procédé graphique qui suit. La perte, dans une buse
- /' U 1 w- r U
- conique, est représentée par la formule Z z= J Ç — — — dl = 'Ç I — kdl, où Y est
- '0,15 15 150
- 0,10 10 100
- 0,05 5 50
- 1000
- S 500 ~ ~
- Fig. 25. Eig- 26. — Masstab, échelle.
- le périmètre, F la section, A l’énergie de vitesse en un point quelconque de la buse.
- Si la section est circulaire, l’intégrale prend la forme simple Z = Z, Jkdl D étant
- le diamètre au point considéré. Dans cette formule, A lui-même dépend du frottement. Si l’on y porte les valeurs théoriques de la figure 24, on obtient une valeur approchée trop grande. La différence, dans le cas considéré a été de 3 p. 100 seulement.
- 1 U
- Dans la figure 26, la courbe I représente ^ ou ^p,. A l’extrémité de la buse
- taillée en biseau, on a compté la section pleine. La courbe II représente l’énergie de la figure 24. Le produit des ordonnées respectives des courbes I et II donne la
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1907.
- courbe III, dont l’aire, multipliée par Ç, donne la perte cherchée Z en (IV). La différence entre II et IV donne l’énergie V, qui, réunie à la courbe I, conduit aux
- 13000
- 10000
- 9000
- aooo
- 7000
- 6000
- ^ 5000
- 3000
- 2000
- 100Û
- 1____2 3 * 5 6 7 8 9 10 11 12 13 n 15
- crt abs
- Fig. 27.
- PS
- rno
- Fig. 28.
- courbes corrigées Ilia, IVa, Va. La courbe IV donne une perte trop élevée et IVa une perte un peu trop faible.
- La marche de la pression se déduit maintenant facilement.
- La figure 29 montre combien sont faibles les valeurs des pertes par frottement, jusqu’à la section minima; par contre, pour les vitesses élevées le frottement devient
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- ESSAIS D’UNE TURBINE A VAPEUR R1EDLER-STUMPF.
- 787
- notable. L’ajutage cylindrique a une influence très nuisible. La perte totale s’élève à 21 p. 100. Cette perte doit être trop élevée, car le coefficient de-Stodola '( = 0,039 est vraisemblablement trop fort. La perte est évaluée à 15 p. 100.
- La figure 27 donne, en fonction de la pression absolue à l’arrivée, le débit de vapeur par heure.
- Le débit de vapeur surchauffée par heure, calculé d’après la formule de Zeuner
- S = 75,906Fo
- —, est trop élevé dans le cas de buses coniques.
- Fig. 29. Fig. 30.
- Pertes dans la turbine. — Les pertes qui prennent naissance dans la turbine sont nombreuses : pertes par rayonnement, pertes dans la buse, dans les augets, utilisation incomplète de la vitesse de la vapeur, frottements mécaniques.
- Les pertes par frottement mécanique des roues sur la vapeur et sur les coussinets sont obtenues en portant la vitesse de la turbine de 3000 à 3 600 tours par minute et en coupant la vapeur; les résultats sont indiqués sur la figure 28, courbes I à IY. Les courbes de mise en marche permettent de séparer les frottements des coussinets et des roues. Si l’on porte le travail, pour une vitesse déterminée, en fonction du vide, on obtient des droites (fig. 29) dont le point de rencontre avec l’ordonnée 100 pour 100 Tome 109. — Juin 1907. 52
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- ' NOTES DE MÉCANIQUE. --- JUIN 1907.
- de vide donne la grandeur du frottement sur les coussinets pour la vitesse considérée. Le frottement des roues doit être nul pour une pression absolue nulle. Le frottement sur les coussinets croît proportionnellement à la vitesse, ce dont on peut s’assurer en reportant les valeurs dans la figure 28. Le frottement des roues s’exprime donc par une égalité de la forme N,. = Cnx; Dans la figure 30, on a pris comme cordonnées log N„ et logn. Il en résulte des droites presque parallèles; leur inclinaison détermine l’exposant a?,'dont la valeur moyenne est de 2,82, valeur légèrement plus
- . 200
- Ges cfnv, od/Q </eiïs
- er/erfie l~a
- W, ïrmt G
- Fig. 31.
- Fig. 32.
- faible que celle de Stodola (2,90). G croît avec le poids spécifique y de la vapeur. On a N = o,8,i0-8yn2,82.
- Les pertes par rayonnement se déterminent d’après les valeurs de la pression et de la température mesurées à l’admission et au condenseur.
- Le rayonnement prend naissance tout d’abord dans la conduite de vapeur et dans la chapelle de la buse. La conduite bien isolée donne une faible perte. La chapelle n’a qu’une seule couche .protectrice, aussi on constate là des chutes de température de 200 à 250°. Les pertes par la boîte de la turbine sont moins défavorables.
- La quantité de chaleur libérée par seconde correspondant à un débit s de vapeur à S
- l’heure est de (Qt — Q2) ^jqq-
- Le travail total N est la somme du travail absorbé par le frein, Nc, et du travail de
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- Fig. 33.
- Rayonnement.
- Temperatur
- Rayonnement.
- Temperafur
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- 0,5vü Âusstrah/unqsver/L/ste
- 3580 f
- 3500
- 3000
- 2000
- 3500
- 2500
- 3000
- Pertes : A et B, par les frottements ? C, par les fuites ; D, par les aubes ; E, par l’ajutage ;
- F, par rayonnement.
- Fig. 33. — Pression d’almission, 14 atmosphères absolues; Vide, 91 p. 100; Surchauffe, 70°.
- Opyfi'/!ussfrah/ungst/erluste
- 1800 2000
- Fig. 36. — Pression d’admission, 11 atm. ; Vide, 92 p. 100; Surchauffe, 70°.
- 3800
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- ESSAIS D’üNE TURBINE A VAPEUR R1EDLER-STUMPF. 791
- frottement sur les coussinets (fig. 28); exprimé en calories, il est de A = (Ne + Nf)
- 7K
- —2_ = 0,177 N.
- 424
- S iv
- La force vive de la .vapeur d’échappement a pour valeur Ea =----------- ——-—
- ' . 1 . 3 600 2<7424
- oUgQ-QOQ oQQ > Pour chaque kilog. de vapeur par seconde.
- D’après le principe de la conservation de l’énergie Q = A-f Os-f-Ea, d’où Q* = Q —A —Ea. • .
- On voit ici, comme dans la figure 31, où les quantités de chaleur sont portées en fonction de la pression absolue, que le rayonnement est faible, et qu’il semble diminuer avec la pression, voire même devenir négatif. Gela semblerait contraire à la loi de la conservation de l’énergie, si l’on ne devait admettre comme chaleur spécifique une valeur plus grande que 0,48, augmentant en réalité avec la pression, comme de nouveaux essais l’ont montré.
- . 1,o y11 dos tfra/. -yen JSfe
- 2000
- Fig. 37. — Pression d’admission, 7 atm. ; Vide, 93,6 p. 100; Surchauffe, 80°.
- Dans tous les essais, le rayonnement a été positif, il dépend de la différence de température entre la paroi interne et la paroi externe de l’enveloppe de la turbine, ou de la différence entre la température de la vapeur d’échappement et celle de l’air ambiant Tj — T2 = (fig. 32). On ne commettra pas une grosse erreur en admettant que le rayonnement est proportionnel à cette différence et en le prenant de 4,5 calories pour 30°. Ces essais montrent que la chaleur spécifique n’est pas constante et est supérieure à 0,48.
- Dans la figure 33, qui se rapporte à l’essai n° 14, on a déterminé, pour chaque lecture, le rayonnement d’après'la table d’entropie de Stodola avec ^, = 0,48. Le rayonnement oscille entre —44,5 et+ 4,1 cal./sec. Une faible élévation de la température d’échappement correspond à un rayonnement notable.
- La figure 34 correspond à une série d’essais avec le frein hydraulique, sous pression croissante de la vapeur.
- La température d’échappement baisse à mesure que la pression augmente par suite d’une meilleure utilisation de la vapeur; cette dernière emprunte de la chaleur aux parois.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1907.
- Les autres pertes par la buse, les aubes, etc., ne peuvent pas se déterminer avec les seules données précédentes. Pour avoir une idée de leur répartition, on a déterminé (fig. 35 à 37) leur valeur en fonction de la puissance théorique No, et pour les trois pressions de 14, 11 et 7 atm. abs. No est donné, en fonction de la chute de
- 60 50vf/
- Düserjbv/rkungsgrad 10 af abs
- , 1270
- Düsentv/rUungsgrad
- Hatabs.
- \12S0
- //aseopy/r/raagsgrac/
- 7at abs. 1208
- .*3 200
- '00 80 ^ 60 60/// üüsen z/irku/7gsgrac./
- Düsemv/rkungsgrad
- Rendement de l’ajutage.
- Fig. 38. — Pression d’admission, 14 atmosphères absolues ; Vide, 91 p. 100; Surchauffe, 70°.
- chaleur Q et du débit de vapeur par seconde So, par la formule No =
- Q So 424 75
- chev.
- La figure 38 donne les vitesses et les pertes dans la turbine pour différents rendements des buses. La perte dans la buse a été estimée à 15 p. 100 pour la pression de 14 atmosphères. La perte par les aubes est alors de 23 p. 100 environ. A la pression de 11 atm. abs., la perte dans.la buse est de 17,5 p. 100 : à la pression de 7 atmosphères, elle est de 20 p. 100.
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- ESSAIS D’UNE TURBINE A VAPEUR R1EDLER-STUMPF. 793
- Les courbes montrent qu’il faut chercher à diminuer les pertes par les ajutages et par les aubes. Elles dépendent l’une et l’autre des vitesses de la vapeur, qui doivent-être diminuées. Relativement à la perte par les bu^es, on remarquera qu'une buse
- Fig. 1. — Presse étampeuse de la Toledo Machine Tool C°.
- pour faible chute peut être beaucoup plus petite que pour une grande chute. Une buse coupée à angle droit avec section circulaire, pour de la vapeur à 14 atm. abs. et 300°, qui se détend jusqu’à 0,2 atm. abs., c’est-à-dire pour une chute théorique de 176 cal., présente, pour une longueur de 50 millimètres à partir de la section minima, une perte d’environ 13,4 p. 100. Le calcul étant [fait en employant le coefficient de
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1907.
- résistance de Stodola : 0,039. Si l’on voulait utiliser la chute de [pression en deux temps, la perte, pour des buses de 10 millimètres de long, ne serait que de 10 p. 100; en trois temps, et pour des buses de 10 millimètres, elle ne serait plus que de 8 p. 100.
- Les pertes par les aubes sont encore plus difficiles à déterminer. Cependant il faut admettre qu’elles croissent avec la vitesse encore plus vite que les pertes par les buses ; de sorte que la division de la chute de pression est certainement avantageuse.
- La multiplication des chutes de pression diminue la vitesse périphérique. Avec une seule chute, cette vitesse est d’environ 500 m/sec, difficile à concilier avec la résistance de la roue. L’emploi de n étages de pression, avec chutes de chaleur égales, abaisse la vitesse périphérique dans le rapport 1 : i/n, soit de 0,707 pour 2 étages, de 0,577 pour 3, et de la moitié pour 4 étages.
- Les pertes mécaniques, par contre, augmentent avec le nombre de ces étages, ainsi que les pertes par rayonnement et les fuites.
- EMBOUTISSEUSE POUR BAIGNOIRES DE LA TOLEDO MACHINE TOOL E TOLEDO (OHIO) (1)
- Cette opération : l’emboutissage d’une baignoire tirée d’une seule tôle d’acier de 3 millimètres d’épaisseur, se fait en trois opérations, dont les deux premières, par la presse que représente la figure 1 (p. 793).
- Cette presse, d’un poids de 12 tonnes, comprend une matrice-enclume, fixée dans son socle, et un plongeur compound constitué par un plateau de serrage et un
- Fig. 2. — Poinçon et matrice pour le finissage des bords.
- poinçon matriceur glissant dans ce plateau. Le plateau est d’abord abaissé [par le petit cylindre à vapeur indiqué à droite de la figure, qui le commande au moyen de deux arbres à deux genoux chacun; la course de ce plateau est de 480 millimètres, et il exerce sur la tôle d’acier prise entre la matrice et lui une pression de 1400 tonnes. Cette pression étant faite et maintenant la tôle, on fait descendre le poinçon au moyen
- (1) Machineevy, juin 1907.
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- EMBOUTISSEUSE POUR BAIGNOIRES.
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- du cylindre de 710 X lm,26 de course, que l’on voit au haut de la figure; ce poinçon pèse environ 3000 kilog., et exerce une pression de 40 tonnes.
- La première opération consiste à emboutir ainsi la tôle sur une profondeur d’environ 320 millimètres; elle dure, en tout, deux minutes pour placer la tôle, l’emboutir et la retirer.
- Après un recuit, on replace la tôle sur une presse semblable, avec d’autres poinçons et matrices, qui l’emboutit à la profondeur finale de 450 millimètres, mais en laissant toujours ses bords plats.
- La troisième opération : l’ourlage des bords de la baignoire, se fait sur une troisième presse, avec poinçon A (fig. 2) à rallonges B, permettant de l’adapter à différentes longueurs de baignoires. La matrice G, également à rallonges, a ses volets E et G verrouillés en D. En descendant, le tranchant w de A affranchit les bords de la tôle sur celui x de la matrice, puis sa moulure y les emboutit sur le rond z de C. En remontant, A entraîne avec lui la baignoire, qui en est détachée par un toc, puis décollée de C par le bloc E.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 24 mai 1907.
- Présidence de M. Bérard, vice-président.
- M. le Président félicite en ces termes M. Carpentier de sa nomination de membre de l’Institut : #
- Messieurs,
- Après M. Le Chatelier, dont notre président saluait, dans votre dernière séance, l’élection à l’Académie des Sciences, c’est maintenant notre collègue du Comité des Arts économiques, M. Jules Carpentier, qui voit s’ouvrir pour lui les portes de la même classe de l’Institut.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale n’oublie pas que le jeune ingénieur, qui débutait en 1875 comme simple ouvrier ajusteur dans une de nos compagnies de chemins de fer, a été, pour ses premiers essais inventifs, l’un de ses lauréats et, peu après, il y a de cela vingt ans, l’un des membres de son Conseil.
- % Vous aviez vu juste, Messieurs, en associant M. Jules Carpentier à vos travaux. Successeur actuel de l’honnête, du consciencieux, et, on peut le dire maintenant, du célèbre Ruhmkorff, M. Jules Carpentier a repris sa tradition en perfectionnant ses méthodes : il est, à son tour, le mécanicien habile doublé d’un savant physicien qui dote l’industrie électrique, la photographie, la télégraphie, les arts libéraux de leurs moyens d’action les plus ingénieux et les plus efficaces.
- Il est aussi l’inventeur patriote et désintéressé qui réserve généreusement à la France les instruments qui lui permettent de veiller à son indépendance.
- A ces titres, la Société est justement fière de la nouvelle distinction qui honore un de ses membres, et elle lui adresse ses félicitations.
- M. le. Président donne lecture de la lettre suivante adressée par M. Armen-gaud aîné au Président de la Société, le 21 mai 1907 :
- Monsieur le Président, _
- « J’avais dû, lorsque vous m’avez demandé de faire figurer, dans' votre rapport annuel, le nom du donateur des bourses et médailles Michel Perret, vous* prier de surseoir à cette indication, pour cette raison que la donation faite à la Société d’En-courqgement résultait d’une disposition testamentaire.
- « Aujourd’hui, le motif n’existe plus, car je viens d’avoir l’immense douleur de perdre ma femme, à laquelle revient la pieuse pensée d’attacher le nom de son oncle, Michel Perret, à l’œuvre dont elle remet l’exécution à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
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- PROCÈS-VERBAUX. ----- JUIN 1907. 797
- « Je crois, Monsieur le Président, remplir mon devoir envers ma chère morte, en vous donnant cette information le jour même de son décès et en vous priant de la communiquer à messieurs les membres du Conseil de la Société.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’hommage de mes sentiments les plus dévoués. »
- M. le Président se fait l’interprète du Conseil pour renouveler à M. Armen-gand les remerciements de la Société et l’assurance de la part très vive que prend le Conseil au malheur qui le frappe si cruellement.
- Correspondance. — M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. Vaillant, 118, rue de la Chapelle, Paris, dépose un pli cacheté intitulé : Description d’un évite-molettes dit à action normale par contrepoids, à la date du 15 mai 1907.
- M. Kapferer, 2, avenue de Messine, présente un frein de voitures do chemin de fer dit Frein optimus. (Arts mécaniques.)
- Correspondance imprimée. — M. Hitier présente en ces termes les ouvrages suivants offerts à la bibliothèque :
- La correspondance imprimée reçue par la Société est aujourd’hui peu volumineuse; je ne vous signalerai spécialement que deux ouvrages qui, tous deux, nous viennent de Belgique et appartiennent à la collection des très intéressantes publications du ministère de l’Industrie et du Travail (Office du travail et Inspection de l’industrie) dont j’ai déjà eu, à maintes reprises, l’occasion de vous entretenir.
- L’un de ces ouvrages est une monographie industrielle.
- Industries céramiques : aperçu économique, technologique et commercial.
- La fabrication, tant mécanique que manuelle, des briques, tuiles, carreaux et tuyaux de drainage emploie à l’heure actuelle en Belgique 10 000 ouvriers, et utilise une force motrice de plus de 1 600 chevaux.
- Depuis le recensement de 1896, il y a lieu de noter la transformation de certaines industries céramiques, entre autres de la briqueterie. La fabrication mécanique des briques n’était encore guère développée à cette époque 1896 : 8 entreprises seulement occupant ensemble 471 ouvriers. Ces nombres sont bien dépassés aujourd’hui. Cependant, en Belgique, encore maintenant, la plupart des établissements des industries céramiques appartiennent à la petite et à la moyenne industrie: 73 p. 100, près des trois quarts de l’ensemble, comptant moins de 20 ouvriers.
- La statistique des grèves en Belgique (1901 à 1905) constitue la deuxième publication consacrée à cette matière. La première a paru en 1903 sous ce titre : Statistique des grèves en Belgique (1896-1900).
- Les lock-out encore peu nombreux, qui sont survenus au cours de la deuxième période quinquennale, n’ont pas été compris dans les relevés statistiques. Mais l’Office du travail a étendu ses recherches à cette matière à partir de 1906, et il espère pouvoir
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- présenter les résultats du relevé des lock-out lors de la troisième publication quinquennale.
- De 1901 à 1905, l’Office du travail a enregistré la fin de 474 grèves ayant intéressé 1 281 établissements occupant ensemble 321 631 ouvriers.
- Plus de la moitié des grèves se localisent dans les industries textiles et des mines, puis viennent les industries verrières, céramiques, des carrières, etc. ; mais, dans l’industrie du papier, on n’a relevé aucune grève de 1901 à 1905.
- La plupart des grèves sont entreprises pour des questions de salaires et un nombre considérable de grévistes y prennent part.
- Toutefois, si on examine les grèves d’après leurs résultats, en Belgique, sur 100 grèves, on a compté de 1901 à 1905 :
- Grèves terminées en faveur des ouvriers 18; des patrons 68; par transaction 14; et, sur 1000 grévistes ayant pris part à des grèves terminées de 1901 à 1905, il y a eu : grévistes impliqués dans des grèves ayant réussi 75 ; échoué 840; terminées par transaction 85; et, à ce sujet, il y a encore lieù de remarquer que c’est dans l’industrie des mines, où se sont produits le plus grand nombre de conflits (102 sur 474), que le nombre de cas de réussite pour l’ouvrier ou de transaction est le moins élevé; 5,88 p. 100 de part et d’autre, tandis que le nombre de cas d’échec arrive à la proportion de 88,24 p. 100.
- La très grande majorité des conflits : 83,76 p. 100 encore à l’heure actuelle, en Belgique, se trouvent réglés entre patrons et ouvriers sans autre intervention, aussi bien pendant la période 1896-1900 que de 1901 à 1906. Toutefois, pendant cette dernière période, on peut noter une fréquence plus grande de l’intervention d’une union professionnelle dans les négociations conduites avec la partie adverse, et qui ont amené la fin de la grève : 11,81p. 100 au heu de 6,54 p. 100, et, dans ce cas d’intervention d’une union professionnelle, les résultats sont plus favorables aux ouvriers.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Tous connaissez bien toute l’importance de la question de la conservation des bois, pour laquelle on a déjà tenté de si nombreuses solutions : créosotage par immersion, vide ou pression, puis l'injection de toutes sortes d’antiseptiques : chlorure de zinc, bichlorure de mercure, sulfates de cuivre, de fer, de zinc... aucun de ces procédés n’a su résoudre complètement la question de la préservation indéfinie des bois sans le& détériorer, aussi est-on encore perpétuellement à la recherche de nouveaux procédés.
- Parmi ces procédés récemment essayés, je crois intéressant de vous signaler celui de Poivell, des plus curieux par la nature de son antiseptique, qui n’est autre que du sucre sous forme de mélasse pour les bois grossiers et de saccharine pour les bois fins. Les bois-, verts ou saisonnés, sont plongés en une dissolution sucrée froide, dans un autoclave dont on amène graduellement la température à celle de l’ébullition de la dissolution; puis, après un temps plus ou moins long, on sort ces bois des autoclaves et on les sèche lentement dans un courant d’air chauffé graduellement.
- Cette eau sucrée se diffuse dans le bois bien plus profondément et vite que l’eau pure; puis, à mesure que la température de l’autoclave augmente, celte eau chasse du.
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- JUIN 1907.
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- bois l’air qui s’y trouve et aussi en vaporise l’humidité et la sève parce que son point d’ébullition est plus élevé que celui de l’eau pure. Pendant le refroidissement, l’absorption de l’eau sucrée continue,-de sorte que le sucre finit par imprégner totalement le bois, mais sans laisser, à l’examen microscopique, trace de sucre cristallisé ou en sirop. La durée de l’opération varie, suivant la nature des bois, de quelques jours à quelques semaines.
- Les bois sortent de ce traitement avec une légère augmentation de densité, avec leurs veinules et même les fentes du saisonnage comme cimentées par l’imprégnation sucrée, et ce, sans modifier l’aspect nila couleur des bois, sans diminuer la facilité de leur travail à l’outil.
- Des essais exécutés sur du sapin pour pavage en bois par la municipalité de Londres, dans le quartier de Whitehall, ont donné d’excellents résultats de résistance sous un Irafictrès lourd, d’insensibilité à la chaleur et à l’eau, sans dilatation, exsudation ni mauvaise odeur.
- On peut, dans certains cas, compléter ce procédé en mélangeant à la dissolution sucrée des antiseptiques spéciaux contre l’attaque des insectes destructeurs des bois.
- En pareille matière, il faut toujours se méfier un peu des premiers résultats, et il’ est certain que le procédé Powell attend encore la consécration de la durée ; mais, tel qu’il est, il a déjà donné mieux que de simples espérances et méritait, en conséquence, de vous être signalé (1 ).
- Ii’art de la préparation mécanique des minerais a fait, dans ces dernières années, de très remarquables progrès qui ont permis, notamment, de retirer des métaux précieux, or et argent, de résidus jugés autrefois sans valeur, et que l’on arrive à épuiser ainsi presque complètement.
- Parmi ces procédés, l’un des plus curieux et des mieux réussis est le procédé d'Ehnore, par l'huile et le vide. Son principe est l’utilisation de l’extrême affinité physique des huiles minérales et végétales pour les métaux, sur lesquels elles adhèrent très fortement, comme nous le savons par le suintement de nos lampes à pétrole. Si donc on fait un mélange de particules métalliques et de'gangues diverses, et qu’on le malaxe avec de l’huile, cette huile viendra se coller sur les plus petites particules du métal, qu’elle enveloppera d’une couche grasse infiniment mince' et adhérente. Amenons maintenant ce mélange de métaux- graissés, de gangues et d’eau dans un récipient où l’on fera le vide, les gaz en dissolution dans l’eau vont se dégager par l’effet du vide, et, par un phénomène de tension de surface, ils iront se coller aux particules de métaux gras, comme des petits ballons, de sorte qu’ils les feront flotter à la surface de l’eau, d’où il sera facile de-les décanter.
- Tel est le principe extrêmement ingénieux de ce procédé; en voici (fig. 1) l’application dans un appareil permettant de traiter une quarantaine de tonnes de minerai par jour. La-matière ou pulpe à traiter passe, de la trémie A, au travers d’une vanne C, de débit réglé par le mécanisme B, au malaxeur ou mélangeur à palettes N, qui
- (1) Scientific American supplément, 11 mai, p. 26217.
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- LPU Ü U U Ü U
- Fig. 1. — Appareil Elmore de 40 tonnes par vingt-quatre heure:
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- reçoit, parle tuyau F, son liuile refoulée du tonneau G, par une colonne d’eau F, qui débouche au bas du tonneau, et dont le débit est réglé par le robinet E. Le dosage d’huile à employer varie considérablement suivant la nature du minerai; mais ne dépasse guère, dans les cas les plus défavorables, 5 kilos par tonne de minera^ et l’on peut employer indifféremment les résidus de pétroles ou d’huiles végétales'; pour certains minerais, on ajoute à l’huile des acides qui activent les propriétés sélectives de l’huile.
- Fig. 2. — Détail du coneentreur U (fig. 1).
- Légende de la fig. 1. — A, réservoir recevant la pulpe à traiter; B, commande des valves C de A, qui’ amènent au malaxeur N par D; EF, colonne d’eau déplaçant l’huile du tonneau G, amenée, par H en N; I, réservoir d’acides amenés par J en N; K, trop-plein de A; L, robinet à trois voies réglant l’arrivée d’eau à la trémie Q; M, trop-plein de N; O, décharge de N en Q ; P, courroie; R, S, T, tuyauterie allant de N au coneentreur U par le clapet de retenue S; V, déversoir du coneentreur; W, décharge du coneentreur au puits X; a b c, décharge des tailings au rejet d \ e, câble commandant la valve de c ; g 'h i, aspiration de la pompe à vide j au travers du séparateur d’eau h ; k, courroie ; l, dynamo ; m, courroie motrice que Ton peut substituer à l; n, indicateur du vide ; o, trop-plein d’eau.
- Du malaxeur, la matière tombe dans un trémie Q, d’où elle est siphonnée, par RT, dans le coneentreur U (fig. 2), au sommet duquel la pompe / entretient le vide. Dans ce concentrateur de lm,50 de diamètre à la base, les gaz de l’eau se dégagent et flottent, comme je vous l’ai expliqué plus haut, les particules de métal qui se décantent, au-dessus'du déversoir supérieur V, dans'les tuyaux de décharge WW, comme l’indiquent les flèches de la figure 2, pendant que la gangue s’évacue du bas par les tuyaux, opération faciütée parla rotation d’un râteau sur le fond du coneentreur.
- L’installation est donc des plus simples, presque sans mécanismes ; elle n’exige qu’à peine une puissance de 3 chevaux, et, une fois réglée en fonction de son minerai, fonctionne automatiquement.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JUIN 1007.
- Ce procédé peut s’appliquer aux matières les plus variées, dont un grand nombre intraitables par les préparations mécaniques habituelles. C’est ainsi qu’il peut séparer facilement la calchopyrite des gangues de fer magnétique ou spathique, la blende et la galène des gangues baryteuses, les sulfures de cuivre des oxydes d’étain. L’antimoine et le molybdène, malgré leur extrême friabilité, se traitent très bien par ce procédé. Les cinabres et les pyrites ferreuses aurifères donnent des concentrais très riches; les minerais d’or, d’argent et de cuivre très divisés y donnent aussi d’excellents résultats comme le montre le tableau ci-dessous, dont les chiffres proviennent d’essais exécutés par la Ore Concentration Co, de Dalston, sur des échantillons allant jusqu’à 100 tonnes.
- Teneurs à l’essai
- en grammes par tonne et en p. 100.
- Métal. Minerai. 1 Tailings. Concontrats. Extraction,
- gr- gr. gr- p. 100.
- Minerai d’or australien Or 6,60 1,05 30 86,0
- Galène à gangue de quartz Argent 40 9,6 175 90,6
- Argentine à gangue de quartz Argent 60 4,3 240 96,78
- Cuivre, calchopyrite, gangue de quartz.. . Cuivre 1,36 o/0 0,14 o/0 18,2 o/o 90,4
- Fer spathique avec calchopyrite Cuivre 2,56 0,11 17,6 96,2
- Fer spathique avec calchopyrile Cuivre 2,56 0,11 17,6 96,3
- Fer spathique avec blende Zinc 5,92 1,27 43,9 81
- Blende et baryte Zinc 18,2 0,40 64,5 98,9
- Blende et gangue rhodonite Zinc 19,9 1,37 44,3 96,3
- Stibnite lourde. FeSo, gangue de quartz. . Or )> 0s*,37 79 gr. 95,2
- Molybdénite en gangue magnétique. . . . Molybdène 2,30 o/0 0,06 o/o 51,57 °/o 98,1
- Minerai du Rand Or 6 gr. 0s-,9 32 gr. 85,5
- Le procédé Elmore, bien que récent,' est déjà appliqué en Australie, aux mines de Broken Ilill, Nouvelle-Galles du Sud, en Cornouailles, dans l’Afrique du Sud, notamment aux mines de cuivre d’Ookiep, où l’on traite ainsi des matières déjà épuisées par les anciens procédés. On compte y établir 80 appareils capables de traiter 3 000 tonnes par vingt-quatre heures (1).
- Bien que vous connaissiez tous le si remarquable développement de laproductionde l’aluminium depuis la mise en véritable pratique industrielle des procédés de son électrométallurgie, je crois intéressant de vous donner, sur l’état de cette production en 1906, quelques chiffres que j’emprunte à YEngineer du 17 mai. Actuellement, la production de l’aluminium est contrôlée par six grandes compagnies : la British Aluminium Co, la Société électrométallurgique de France, la Compagnie des produits chi-, miques d’Alais, l’Aluminium Industrie Actiengesellschaft, la Pittsburg réduction Co et la Compagnie italienne de Pescara. La puissance mise en œuvre, ou disponible, par ces compagnies est de près de 100 000 chevaux, ce qui, au taux de 4 chevaux-an par tonne d’aluminium, pourrait en produire 24 000 tonnes par an: en réalité, pour différentes raisons, notamment à cause de l’insuffisance des fours, cette production n’a guère dépassé, en 1906, 12 000 tonnes; en 1896, elle n’était que de 1 753 tonnes.
- Cette production est tout à fait insuffisante ; aussi le prix de l’aluminium a-t-il passé de 3 750 francs la tonne, en 1905, à 5 000 francs en 1906, et certaines des compagnies
- (1) The Engineer, 10 mai 1907, p. 470.
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- qui le fabriquent augmentent considérablement leurs installations. C’est ainsi que la Brilish Aluminium est en train d’établir, au Loch Leven, en Écosse, un réservoir d’une capacité d’environ 90 millions de mètres cubes, à 300 mètres au-dessus de la mer, et que la Compagnie de l’aluminium allemande exécute en Suisse des captages qui ajouteront environ 70 000 chevaux aux 25 000 qu’elle utilise déjà dans ses usines de Neuhausen, Rheinfelden et Gastein.
- Les usages de l’aluminium sont, en effet, bien plus nombreux et surtout plus étendus qu’on ne le suppose en général. C’est ainsi, qu’aux États-Unis, on compte plus de 780 kilomètres de lignes électriques en fils d’aluminium pur, transmettant environ 65 000 chevaux, avec des tensions allant jusqu’à 60 000 volts.
- L’emploi de l’aluminium en métallurgie, pour empêcher les soufflures et retassures dans les lingots d’acier, donne d’excellents résultats; cette suppression des soufflures provient de ce que l’aluminium possède, pour l’oxygène, une affinité telle que, jeté dans un creuset d’àcier fondu, il s’empare de tout l’oxygène présent à l’état libre ou combiné au fer, en dégageant une chaleur suflisante pour rendre le métal extrêmement fluide à la coulée; il suffit,pour cela, d’environ 0,01 p. 100 d’aluminium (100 grammes par tonne). La métallurgie en consomme ainsi environ 3 000 tonnes par an. L’aluminothermie de Goldsmith, qui vous est bien connue, permet de réaliser des alliages dits « fhermites » d’aluminium et de fer avec d’autres métaux, tels que le nickel et le titane, qui, ajoutés aux fontes de fer au moment de la coulée, en augmentent singulièrement la fluidité et la résistance.
- Je n’insisterai pas sur les bronzes d’aluminium, connus dès l’origine de ce métal (1 ) ; je vous rappellerai seulement quelques alliages particulièrement curieux, tels que ceux d’aluminium, de cuivre et de tungstène, comme le wolfranium et le romanium, très légers (densité 2,75) et pouvant supporter des efforts de 30 kilogrammes par millimètre carré; le magnalium, alliage à 94 pour 100 d’aluminium et de magnésium, plus léger que l’aluminium, ce qui en rend l’emploi précieux pour la construction des instruments d’optique; le ziscon, alliage d’aluminium avec de 25 à 33 p. 100 de zinc, dur comme de l’acier à outils; le zimalium, aluminium avec très peu de manganèse et de zinc, plus dur que l’aluminium pur et facile à forger et à travailler. On connaît les applications de l'aluminium dans l’automobilisme, pour les carters et les panneaux, et cet emploi ne saurait que se répandre à mesure qu’on perfectionnera les procédés de soudure de l’aluminium tels que le procédé autogène de Schoop. Enfin, l’aluminium trouve encore des emplois pour remplacer, en feuilles, les pierres lithographiques, dans la peinture des bois et du fer, et même dans la fabrication de certains explosifs, tels que l’ammonal, où l’on utilise son affinité pour l’oxygène pour augmenter la puissance explosive des poudres auxquelles on le mélange à la mise en feu. On peut, en brûlant de la poudre d’aluminium dans de l’oxygène, produire, comme l’a montré Zenghelis, des températures exceptionnellement élevées, dépassant 4 000°, supérieures à celles de l’arc, et fondant le platine comme du verre.
- Nominations de membres de la Société.
- Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Daniel Berthelot, présenté par MM. le général Sebert et Violle.
- M. Poullain, Henri,.tanneur à Paris, présenté par MM. Petitponi et Livache.
- (1) Voir au Bulletin de février 1907, p. 178, le rapport du Comité des alliages de la Société de Mechanical Engineers de Londres.
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- Déclaration d’une vacance. — M. le Président déclare Fouverture d’une vacance au Comité des Arts économiques en remplacement de M. Prunier.
- Conférence. — M. Liëbaut fait une conférence sur Une famille d[illustres savants : les Thénard. '
- S’associant aux applaudissements répétés de l’auditoire, M. le Président félicite et remercie M. JAéhaut de sa très remarquable communication, qui sera reproduite au Bulletin.
- BIBLIOGRAPHIE^
- Cours d’exploitation des mines, par Haton de la Goupillière, inspecteur général des mines, membre de l’Institut. 3e édition, revue et considérablement augmentée par Jean Bès de Berc, ingénieur au corps des mines, tome XV, gr. in-8 de 1400 pages avec 731 fig.
- M. Haton de la Goupillière, notre éminent collègue et ancien président, a fait hommage à notre Société du tome II de la 3e édition du son cours d’exploitation des mines. Je regrette que M. Haton de la Goupillière ne vous ait pas présenté lui-même cet ouvrage d’une importance exceptionnelle, et dont l’éloge du reste n’est plus à faire. En France et à l’étranger vous savez tous combien il est apprécié. Vous me permettrez simplement d’extraire de l’introduction ces quelques lignes résumées indiquant les développements nouveaux apportés à cette 3e édition.
- La troisième édition du Cours d’exploitation des mines de M. Haton de la Goupillière, revue et considérablement augmentée par M. Bès de Berc, voit aujourd’hui paraître son tome II. Les questions qui s’y trouvent traitées ont reçu un développement semblable à celui dont le premier volume a été l’objet, afin de suivre les progrès remarquables dont l’art des mines a bénéficié au cours des dernières années.
- Nous signalerons en particulier, dans ce second volume, la description du procédé de remblayage hydraulique par embouage, inconnu il y a dix ans, et qui tend à prendre une si grande place dans les exploitations modernes; celle des méthodes d’exploitation américaines combinées avec l’emploi des haveuses mécaniques; les règles de sécurité à observer dans les carrières souterraines exploitées par piliers abandonnés ; le procédé nouveau d’exploitation du soufre par sondages et fusion du métalloïde, qui vient d’être créé en Louisiane, en modifiant profondément lés conditions économiques de cette industrie; la nouvelle méthode en usage dans les grandes ardoisières de l’Anjou; les principes de l’organisation du travail dans les houillères et ceux qui doivent être recommandés pour l’établissement rationnel du prix de revient ; les modes d’exploitation modernes des alluvions aurifères ; les conditions actuelles de production de la force motrice dans les mines, notamment au moyen des appareils à gaz pauvres; les systèmes les plus modernes de transmission par la force, notamment au moyen de l’air comprimé et de l’électricité ;les règles à suivre dans l’établissement des canalisations
- (1) Ouvrages présentés à la séance du 28 juin par M. Hitier.
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- électriques au jour et dans les travaux souterrains; la discussion des dangers spéciaux, tant au point de vue du contact des conducteurs qu’à celui de l’inflammation du grisou et des poussières, présentés par l’emploi de l’électricité, qui se répand aujourd’hui de.plus en plus dans les exploitations minières; les procédés actuellement en usage pour parera ces dangers; la description des locomotions souterraines, particulièrement de celles qui sont mues par l’air comprimé pu par l’électricité ; celle des procédés les plus récents de traction par machines fixes pour le raclage souterrain; les dispositifs de sûreté employés dans les plans inclinés; les modifications nouvelles et les conditions économiques actuelles des transports aériens par câbles ou par voies ferrées suspendues ; les règles de sécurité à observer dans la surveillance et l’entretien des câbles d’extraction: l’influence de l’inertie sur les tensions supportées par ces organes si essentiels; la description détaillée des parachutes et des évite-moleltes les plus perfectionnés; celle des dispositifs de fermeture des recettes dans les puits, des appareils d’encagement et de décagement automatiques; la discussion complète de la régularisation de l’extraction avec les câbles diminués, devenus nécessaires aux grandes profondeurs ; l’influence de l’inertie sur les variations du moment résistant, dont l’importance apparaît aujourd’hui si considérable avec l’introduction des machines d’extraction électriques ; la traduction graphique de ces résultats, etc. La rédaction a d’ailleurs été complétée, dans les autres parties traitées, par l’indication de tous les perfectionnements modernes, et par des tableaux numériques destinés à guider le lecteur en accentuant l’utilité pratique qui recommande l’ouvrage à tous les ingénieurs.
- Ports maritimes de France.— Notice sur le. port de Saint-Nazaire, par M. René Pocard-Kerviler, refondue et mise à jour par Mallard et Trocquer. Paris, imprimerie Nationale (ministère des Travaux publics), 1906.
- Dans une de nos dernières séances j’annonçais la publication de notices spéciales sur les différents ports : voici aujourd’hui que nous recevons celle relative au port de Saint-Nazaire, la simple énumération des chapitres indiquera quelle mine de renseignements se trouve dans une telle monographie qui n’a pas moins de 200 p. d’un volume in-4 et contient 41 figures, des cartes, plans, etc.
- Chap. I. — Renseignements géographiques et hydrographiques.
- II. — Historique. .
- III. — Description et exécution des ouvrages du port.
- 1Y. — Outillage. .
- V. — Conditions d’exploitation, taxes et frais divers.
- YI. — Renseignements statistiques, industries locales.
- Après une diminution de trafic assez sensible constatée depuis 1893 et due àla crise générale qui a sévi sur l’industrie des ports français, et à des causes locales (réduction des importations de houille, etc.), on espère depuis 1906 un relèvement de tonnage très notable. Les forges de Trignac s’apprêtent à renouveler leur outillage, en vue d’une extension nouvelle, les chantiers de constructions navales établis sur le port prennent un développement de plus en plus considérable, la mise en service de la nouvelle entrée par les facilités d’accès, d’escale et de séjour qu’elle procurera à la grande navigation est appelée à exercer une heureuse influence sur les destinées du port. C’est toujours le trafic des charbons à rimportation qui constitue l’élément le plus important du mouvement commercial du port de Saint-Nazaire.
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- La Construction en béton armé, par C. Kersten, traduit par P. Poinsignon, lre partie Calcul et exécution des formes élémentaires. Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- «
- J’extrais du chapitre premier de cet ouvrage : — Les généralités — les quelques lignes qui suivent sur l’historique de la découverte et l’emploi sans cesse grandissant, dans les différents genres de construction, du béton armé.
- La fin du xixe siècle a vu naître une nouvelle branche de la technique moderne de l’art du bâtiment : la combinaison du béton et du fer, produisant des masses qui résistent à la llexion et réunissent presque des qualités universelles. On cite comme auteur de cette découverte le jardinier parisien Joseph Monier, qui obtint son premier brevet en 1867. Bien que la réunion du ciment et du fer fût connue depuis longtemps, c’est Monier, le premier, qui utilisa ce nouveau genre de construction. Il l’essaya pour fabriquer de grandes caisses à fleurs devant être plus durables qu’en bois et plus maniables qu’en ciment. Il étendit sa nouvelle découverte à la construction de grands réservoirs d’eau et à l’établissement de couvertures. Des sociétés se fondèrent pour l’exploitation des brevets, et, grâce à cette nouvelle découverte si simple en elle-même, il se créa une technique spéciale très importante pour le développement de l’art moderne de la construction.
- On ne se familiarisa pas, au début, avec le béton armé. Il manquait surtout des méthodes de calcul précises permettant de déterminer exactement la résistance et la stabilité des constructions. On se méfiait de la nouveauté mal étudiée. Ce fut seulement peu à peu que le béton armé acquit droit de cité; la théorie et la pratique se développèrent parallèlement. A présent il est utilisé sur une grande échelle dans toute l’Europe, surtout en Allemagne, en Autriche et en France, ainsi que dans l’Amérique du Nord. Il rend possible l’exécution pratique et à bon marché des travaux variés de l’art de la construction, c’est de tous les procédés celui qui nécessite la plus minime dépense de matériaux. Les couvertures et les murs peuvent être construits beaucoup plus minces en offrant la même résistance qu’autrefois. Ce nouveau genre de construction tend à s’introduire dans beaucoup de travaux de l’art qui n’ont pu être exécutés jusqu’ici que grâce à l’ajustage spécial de leurs éléments constitutifs. Il unit l’aspect léger et élégant des constructions métalliques à celui du béton ordinaire, lourd et massif.
- Leçons de physique générale, par James Chappuis et Alphonse Berget, 2e édition entièrement refondue. Tome Ier : Instruments de mesure. — Pesanteur. — Élasticité. — — Satistique des liquides et des gaz. — Chaleur. Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- C’est la seconde édition d’un ouvrage ayant obtenu un légitime succès auprès des jeunes gens se livrant' aux études d’enseignement supérieur, soit dans les Facultés des sciences, soit dans nos grandes écoles, auprès aussi des ingénieurs qui trouvent là l’exposé des théories dont la connaissance leur est indispensable, ainsi que le point de départ des applications auxquelles ils doivent s’adonner.
- Cette nouvelle édition, bien entendu, comporte de nombreux changements, car, comme le disent MM. J. Chapuis et Alp. Berget : « A notre époque, où quelques années suffisent à modifier profondément les théories et les méthodes de la physique générale, les progrès de cette science ont rendu nécessaire la refonte complète de notre ouvrage. »
- Contribution à l’étude des réservoirs d'air sur les pompes à piston à double effet, par P. Ferrouillat et J.-II. Sourisseau. Montpellier, Coulet etfils, 1997.
- Dans les pompes à piston, l’organe propulseur du liquide, le piston, est animé d’une vitesse périodiquement variée, maximum au milieu de sa course, nulle à chaque
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- extrémité : le liquide possède la même vitesse, et avance conséquemment par pulsations sucessives. Il faut donc régulariser ce mouvement si l’on voit que le liquide sort de la pompe d’une façon continue et avec une vitesse sensiblement constante.
- Le dispositif le plus communément adopté consiste à placer sur la conduite un réservoir d'air.
- Ces réservoirs sont des ampoules contenant une provision d’air qui se comprime sous la poussée du liquide, lorsque le débit de la conduite augmente, et qui se dilate en restituant ce même liquide à la conduite, lorsque son débit diminue. Le débit et la pression dans la conduite sont donc ainsi rendus à peu près uniformes.
- La participation à plusieurs concours de pompes a permis à MM. P. Ferrouillat, directeur et professeur de génie rural, J.-H. Sourisseau, maître de conférences de mécanique à l’École nationale d’Agriculture de Montpellier, de constater que les constructeurs n’ont pas cherché toujours à se rendre un compte exact du fonctionnement de ces réservoirs d’air, et qu’ils ne les emploient pas rationnellement ; c’est pourquoi MM. Ferrouillat et J. H. Sourisseau en ont entrepris l’étude.
- Les intéressants résultats de leurs recherches sont exposés dans cette étude.
- Fabrication des colles animales, par V. Cambon. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- Cet ouvrage est l’œuvre d’un auteur particulièrement compétent puisqu’il fut longtemps à la tête d’une des plus importantes fabriqués françaises de colles et de gélatine.
- , M. V. Cambon a rassemblé dans cet ouvrage les méthodes scientifiques nouvelles reconnues aujourd’hui les plus avantageuses. De nombreux voyages à l’étranger lui ont permis de se rendre un compte exact des progrès réalisés dans cette industrie.
- « C’est à l’étranger, surtout en Allemagne, en Belgique, en Autriche-Hongrie que se sont fondées et que se fondent chaque jour des .usines nouvelles, avec des directeurs instruits, exempts de préjugés antérieurs et de toutes traditions inopportunes, heureux surtout de ne pas traîner derrière eux, comme un boulet, un matériel suranné, ancré dans de vieux bâtiments construits de pièces et de morceaux.
- « Notre pavs avait jusqu’ici une incontestable supériorité dans l’industrie des colles et gélatines. A 1 heure actuelle, les grandes marques françaises font prime dans le monde entier, .-.ais cette avance sera vite perdue, si nos compatriotes restent figés dans leurs vieux errements comme leurs gélatines au fond de leurs réservoirs. C’est ainsi que déjà ils ont laissé envahir et monopoliser par l’Allemagne la spécialité si importante et si lucrative des gélatines photographiques. »
- Le livre de M. Cambon est appelé à rendre de grands services à nos industrisls; et à côté des questions techniques, traitées dans cet ouvrage, nous recommanderons spécialement la lecture des quelques pages de la fin intitulées : Conclusions, dans lesquelles l’auteur nous explique les causes morales des progrès de beaucoup de nos concurrents industriels chez les peuples étrangers, notamment en Allemagne.
- Économie forestière. (Tome III) par G. Huffel. Paris, Lucien Laveur, 1907.
- Voici le tome III de l’important ouvrage de M. G. Huffel, inspecteur des Eaux et Forêts, professeur à l’École nationale des Eaux et Forêts.
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- Économie forestière.
- Ce tome troisième est consacré aux études suivantes : Notions préliminaires à l’aménagement; — les Méthodes forestières d’autrefois; — l’Aménagement des Forêts, les méthodes actuelles. •
- L’œuvre de M. Huffel est le fruit d’un travail opiniâtre, d’efforts incessants depuis plus d’un quart de siècle, pour rassembler des matériaux de toute nature sur les forêts. 11 faut le remercier d’en faire aujourd’hui profiter le grand public, et nous pouvons toutefois l’assurer que sonbut'principal aura été ainsi rempli : «Ce livre sera utile aux forêts de son pays, en les faisant mieux connaître, en publiant l’importance de leur rôle dans l’économie générale, et en intéressant davantage le public à cet élément essentiel de la richesSe nationale. »
- Je prierai la Société’de renvoyer l’ouvrage de M. J. Huffel au Comité d’Agriculture.
- L’arbre, la Forêt et les Pâturages de Montagne. Touring-Club de France. Manuel de l’arbre, pouf l’Enseignement Silvo-Pastoral dans les écoles, par E. Cardot.
- Paris, Touring-Club de France, 1907.
- Le Manuel de l’arbre est une des plus utiles et des plus attrayantes publications parues depuis bien longtemps. C’est un petit chef-d’œuvre que ce Manuel de l’arbre. M. Cardot, inspecteur des Eaux et Forêts, dans un langage d’une parfaite clarté, dans le style le plus simple, suggère à l’instituteur, à l’enfant, les pensées de l’ordre le plus élevé tout en leur faisant saisir sur le vif futilité, la nécessité du reboisement, et le charme que l’arbre peut apporter à toute campagne.
- Nous ne saurions trop recommander la lecture de ces quelques pages ornées de magnifiques photogravures, qui, à elles seules, sont déjà un enseignement. On ne peut que souhaiter voir cette publication du Touring-Club de France se trouver dans la bibliothèque de toutes nos communes, de toutes nos écoles de France.
- Mélanges scientifiques et littéraires, 4e et 5e séries, par M. Louis Passy, membre de l’Institut, secrétaire perpétuel de la Société nationale d’Agriculture. Paris, Félix Alcan ; Masson et Cie, éditeurs.
- M. Louis Passy a eu l’aimable pensée d’adresser à notre Société les volumes IV et V des Mélanges scientifiques et littéraires, qu’il vient de publier; nous devons l’en remercier tout spécialement. La lecture, en effet, de ces ouvrages présente, en même temps qu’un très vif intérêt, un charme tout particulier.
- Les plus hautes questions se rattachant à l’agriculture dans l’ordre scientifique, économique, social y sont traitées avec cette élégance de style, cette clarté d’exposition qui sont, on l’a souvent répété mais toujours avec pleine vérité, la caractéristique de tous les travaux de l’infatigable secrétaire perpétuel de la Société nationale d’Agriculture de France.
- Dans ces Mélanges scientifiques et littéraires, il nous semble que l’on peut distinguer trois sortes d’études d’un ordre assez différent.
- Ce sont d’abord les Compte rendus annuels des travaux de la Société nationale d’Agriculture. A propos de ces travaux, M. L. Passy, en réalité, enregistre, chaque année, l’ensemble des découvertes de la science agronomique moderne; il passe en
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- revue tous les faits intéressants qui se sont produits durant l’année, dans l’une des branches quelconques de l’agriculture. Aussi a-t-il pu très justement et très heureusement donner pour titres à ces comptes rendus : L’Année agricole, 1901-1902. L’Année agricole, 1902-1903, etc., etc.
- Il est certain, que selon le but que se propose du reste M. L. Passy, « rapprochés les uns des autres ces comptes rendus offriront à nos successeurs un tableau de l’évolution des découvertes agricoles et des progrès accomplis par l’union de la pratique et de la science ».
- On trouvera encore, dans les Mélanges scientifiques et littéraires du secrétaire perpétuel de la Société nationale d’Agriculture, des Notices et des éloges sur des confrères décédés; M. L. Passy y excelle, soit qü’en quelques pages il fixe dans une esquisse le souvenir de tel ou tel savant, soit que pour d’autres il nous donne un portraits même en pied, parce qu’ils ne représentent pas seulement un travail personnel ou des mérites éclatants, mais des transformations de la science ».
- Je signalerai ici les notices et éloges que M. L. Passy a ainsi consacrés à plusieurs de nos regrettés collègues de la .Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale qui étaient membres de la Société nationale d’Agriculture : Arnould Thénard, Eugène Risler, Aimé Girard. '
- A côté des comptes rendus annuels des travaux de la Société d’Agriculture, des éloges et notices sur les confrères décédés, M. L. Passy, dans ces « Mélanges scientifiques et littéraires » a, en outre, réuni une série d’études variées, de travaux personnels, telle cette étude : l’Agriculture devant la science, lumineuse théorie scientifique de l’Agriculture ; tels ces souvenirs sur notre grand Pasteur intitulés : La Société nationale d’Agriculture de France et les méthodes pastoriennes, etc., etc.
- Enfin dans Mélanges scientifiques et littéraires, 5e série, vous trouverez un mémoire inédit des plus curieux : VAssemblée nationale et là Société royale d'Agriculture, 1789-1790. Dès cette époque la Société royale d’Agriculture se présentait à tous les regards comme la représentation gouvernementale de l’Agriculture française; aussi fut-elle mise en demeure et se trouva-t-elle du reste en mesure, de résumer devant l’Assemblée nationale les vœux et les plaintes des Agriculteurs.
- Album graphique de la statistique; générale de la France. -— Résultats du recensement
- de 1901'.
- M. Garçon a bien voulu rédiger, à ce sujet, la note suivante :
- L’album graphique de la statistique générale de la France, que là Direction du travail vient de publier, renferme une série de cartogrammes et dé diagrammes d’un grand intérêt. On peut signaler entre autres ceux qui indiquent les personnes de passage par 1 000 habitants lors du recensement de 1901, la distribution de la population suivant le sexe, l’âge et l’état de la famille; le nombre des femmes pour i00 hommes; l’âge moyen des hommes et celui des femmes; ses quotients de mortalité de 1899 à 1903 ; les hommes et les femmes de 85 à 95 ans* les illettrés, le nombre d’enfants par famille, les décès, la répartition de la population par industrie ou profession, ou süi-vant l’état civil; les diagrammes représentant les différents mouvements écoiiomiques.
- Le nombre des personnes de passage est le plus grafid pour les départements de la Seine (32 pour 1 000 habitants), Seine-et-Oise, Seineœt-Marne et Rliôiie ; puis pour ie
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- groupe Côte-d’Or, Marne, des départements entourant les premiers ; enfmpour le Var et les Bouches-du-Rhône.Point inattendu, le Nord,si industriel, est dans les termes moyens.
- Sur 100 000 habitants, tous Ages réunis, on compte : sexe masculin : 25 934 célibataires, 20 634 mariés, 2 629 veufs ou divorcés; et sexe féminin : 23 903 célibataires, 20 660 mariées, 6 240 veuves ou divorcées.
- Le nombre des femmes pour lOOhommes est de 103 féminins pour 100 masculins : 18 916 889 hommes et 19 533 899 femmes.
- Le nombre le plus élevé est celui de la Creuse avec 113 p. 100; ensuite viennent les Côtes-du-Nord avec 112 p. 100; la Seine, le Calvados, le Cantal avec 110 p. 100, la Seine-Inférieure, les Basses-Pyrénées, la Haute-Garonne, la Gironde, l’Orne, avec 108 p. 100. Les nombres les moins élevés sont pour le territoire, de Belfort, les Basses-Alpes, le Var, la Meuse avec 89 et 90 p. 100.
- L’âge moyen des hommes, dans la France entière, est de 31 ans 9 mois. L’âge le plus élevé est celui du Lot-et-Garonne avec 36 ans 11 mois. Ont plus de 34 ans, le Gers, le Tarn-et-Garonne, le Lot, la Haute-Garonne, qui avoisinent le premier, le Vaucluse, l’Aube, l’Yonne, le moins élevé est celui du Finistère avec 26 ans 2 mois ; viennent ensuite le Morbihan, le Pas-de-Calais, 27 ans 7 mois.
- L’âge moyen des femmes est de 32 ans 7 mois pour la France entière. Le Lot-et-Garonne avec 37 ans 2 mois donne la moyenne la plus élevée. Les moyennes sont à proportion à peu près les mêmes pour les mêmes départements.
- Le nombre des hommes de 85 à 95 ans est de 15 p. 1 000 pour la France entière. Les départements les plus élevés sont la Creuse, avec 27; les Basses-Pyrénées, 25,l’Yonne, 23;les départements les moins élevés sont Pille-et-Vilaiue, 8, la Mayenne, 8, les Hautes-Alpes, 10. La moyenne générale des femmes est de 23, soit de 50 p. 100 plus forte que la moyenne des hommes.
- Le n.ombre d’enfants pour 100 familles est de 220; la Lozère marche au premier rang avec 327 ; la Corse vient ensuite avec 311, le Finistère avec 310. Des nombres moins élevés, le département de la Seiue est le premier avec 164 enfants ; puis le Lot-et-Garonne avec 168.
- Les Hautes-Chaumes du Forèz, ou l'Histoire des bois et desmontagnes pastorales de cette province à l'entour de Pierre-sur-Haute, par André d’Alverny, à Montbrison, chez M. Lmile Faure, libraire;à Paris, chez L. Laveur, éditeur, 13, ruedes Sainls-Pères.
- M. André d’Alverny fait hommage à notre Société d’une brochure qu’il vient de publier : « les Hautes-Chaumes du Forez, ou l’Histoire des bois et des montagnes pastorales de cette province à l’entour de Pierre-sur-Haute, avec des considérations botaniques, géologiques, historiques, archéologiques, économiques, sylvicoles, agricoles, fromagères, ennuyeuses, mais brèves, et une belle image. » Tel est le titre un peu long de cette étude de M. d’Alverny, mais qui rend bien compte, et de suite, des renseignements multiples que le lecteur y trouvera. Il faudrait toutefois supprimer l’adjectif « ennuyeuses », car les considérations que présente M. d’Alverny sont, au contraire, toujours d’un vif intérêt.
- L’objet de la première partie de cette étude est de faire comprendre quel pouvait être jadis l’état cultural des Hautes-Chaumes du Forez, dans quelle mesure pâturage et forêts se les partageaient.
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- La seconde, partie de l’étude de M. d’Alverny entre dans d’intéressants détails sur la possession et la gestion de ces terrains, forêts et pâturages : c’est un chapitre curieux de l’histoire économique de ces Hautes-Chaumes du Forez depuis l’antiquité: cette province du Forez a connu, avant la Révolution, deux périodes vraiment prospères. Ce furent d’abord la fin du xne siècle, puis la fin du xve et les premières années du xvie siècle. .
- Au cours du xixe siècie, malheureusement, les forêts ont perdu, les pâturages n’ont rien gagné. L’étude économique de ceux-ci et de celles-là a permis à M. d’Alverny de montrer les causes profondes de ce gaspillage du xixe siècle.
- L’auteur termine son étude par un chapitre consacré à l’Économie-pastorale moderne et conclut en indiquant les améliorations à réaliser pour tirer le meilleur parti possible de ces Hautes-Chaumes du Forez, et chose curieuse, ces améliorations, on les trouve déjà presque toutes formulées très pratiquement dans le règlement de Coleigne de 1685, cité du reste, par M. d’Alverny, qui peut ainsi écrire : « Il n’est guère ici d’innovation qui ne fût vieille pour nos pères. »
- Puissions-nous avoir bientôt d’aussi instructives et attrayantes monographies historiques et agricoles, de beaucoup d’autres de nos régions pastorales de montagnes, après celles des Hautes-Chaumes du Forez que vient de nous si bien décrire M. André d’Alverny.
- Note présentée par M. Ringelmann sur le livre intitulé : Machines de culture,
- par M. Gaston Coupan.
- Le livre de M. Gaston Coupan, sur les Machines de culture, fait partie de Y Encyclopédie agricole publiée par une réunion d’ingénieurs agronomes sous la direction de M. G. Wery.
- Après avoir été notre élève, M. Coupan est devenu notre répétiteur à l’Institut national agronomique, tout en collaborant à un grand nombre de nos expériences effectuées à la Station d’Essai de Machines; c’est ainsi qu’il a pu voir fonctionner beaucoup de machines et appareils dont il parle en connaissance de cause.
- Le livre de M. Coupan comprend tout le matériel qui est relatif à la préparation du sol, à l’épandage des engrais et des semences,enfin à l’entretien des cultures; en voici les titres principaux :
- Préparation du sol. — Labours à bras, charrues, pseudo-labours, émiettement et tassements superficiels du sol, travaux particuliers de préparation du sol.
- Épandage des engrais et des semences. — Distributeurs d’engrais, semoirs à graines, plantoirs.
- Entretien des cultures. — Roues à Iraction animale, écimeuses et essanveuses, poudreuses, pulvérisateurs; machines diverses.
- Ainsi que l’auteur l’indique dans sa préface, il ne s’agit pas d’an traité descriptif au sens propre du terme, mais bien d’un exposé des principes relatifs aux organes spéciaux dont la réunion constitue les machines de culture. L’ouvrage comprend 27 des tableaux de notre cours de Génie Rural et 279 figures, dont une grande partie ont été dessinées par l’auteur.
- Ringelmann.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN JUIN 1907
- Office du travail. Royaume de Belgique. — Statistique des grèves en Belgique, 1901-1905, Bruxelles, J. Lebègue et Cie. 1907. ' 13 240.
- Ministère des travaux publics. — Porls maritimes de la France. Notice sur le port de Saint-Nazaire, par René Pocard-Kerviler; mise à jour par Mallat et Le Trocquer. Paris, Imprimerie Nationale, 1906. 13 231.
- Woodworth (Joseph Y.). — Punches, dies and tools for manufacturing in presses. A companion and référencé volume to the author’s elementary work : Dies... 22 x 14,6, 4§3 p., 702 fig. New-York, The norman \V. Ilenley publisliing C°, 1907. 13 2 32.
- Hufff.l (G.). — Économie forestière, tome 111. Paris, Lucien Laveur, 1907. 13 2 33.
- Schmidt (J.) et Wagner (A.). — Manuel alphabétique de [l’industrie du cuir. Traduit par R. Coulon, 28 x 18, 336 p., 131 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 234.
- IIaeder (Herm.). — Les moteurs ,à gaz. Traduit par M. Yarinois. 23 x 18, xvi-207 p., 726 ill. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 235.
- The John Crerar Library. Twelfth annuul report for the year 1906. Pér. 261.
- Cordemoy (de). — Ports maritimes. (Bibl. du conducteur de Travaux publics.) Tome I. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 2 3 6.
- Bom.mier (R.). — Le chauffeur à l’atelier. (Bibl. du chauffeur). 18 X 12, xvi-344 p., 269 fig. Paris, 11. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 2 37.
- Jahresbericht über die Leistungen der chemischen Technologie 1906. — Abteilung : Unorga-nischer Teil. Pér. 216.
- The national physical Laboratory. Report for the year 1906. Pér. 62.
- The national physical Laboratory. Collected researches, vol. 11. Pér. 62.
- Ministère de l’agriculture. — Statistique agricole annuelle, 1905. Pér. 242.
- Ministère du travail et de la prévoyance sociale. — Direction du travail. Service du recensement. Album graphique de la Statistique générale de la France. Résultats du recensement de 1901. Paris, Imprimerie nationale, 1907. Pér. 98.
- Hémardinquer (Giiarles). — Notions de mathématiques supérieures. 18 x 12, vn-142p. Paris, Henry Paulin et Cie. 13 238.
- Kersten (G.). — La construction en béton armé. — Guide théorique et pratique. Traduit d’après la 3e éd. allemande par P. Poinsignon. 23 x 14. lre partie : Calcul et exécution des formes élémentaires. Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 239
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- OUVRAGES REÇUS,
- JUIN 1907.
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- Exercices et projets d’électrotechnique, publiés sous la direction de Éric Gérard et Omer de Bàst. 25 x 10. Tome I; Applications de la théorie de l’électricité et du magnétisme. Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 240.
- Ciiappuis (James) et Bercet (Alphonse). — Leçons de physique générale. 2e éd. 25 x 16. Tome I. Paris, Gauthiers-Villars, 1907. 13 241.
- Compte rendu des séances du 30* Congrès des Ingénieurs en chef des Associations de propriétaires d’appareils à vapeur tenu à Paris en 1906. Pér. 131.
- Arruenius (Svante). — Théories of chemistry. Being lectures delivered at the University of California. ln-8° de 22 x 14. xu-212 p. London, Longmans, Green and C°, 1907. 13 242.
- Ketchüm. (Milo S.). — The design of walls, bins and grain elevators. In-8° de 23 x 15. xvi-394 p. New-York, The engineering news publishing C°, 1907. 13 2 43.
- IIaton de la Goupillière. — Cours d’exploitation des mines. 3e éd. In-8° de 25 x 16, par Jean Bès de Berc. Tome II, 1 404 p., 731 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 2 44.
- Süvern (Carl). — Die Kunstliche Seide. 2e Aufl. Berlin/Julius Springer, 1907.
- 13 245.
- Cambon (V.). — Fabrication des colles animales. In-8° de 22 x 14, 216 p., 50 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. (13 246.
- Cardot (E.). — Manuel de l’arbre, pour l’enseignement sylvo-pastoral dans les écoles. In-4° de 28 x 22, 94 p., fig. Paris. Touring-Club de France, 1907. 13 247.
- SmithsonianMnstitution. Bureau of american ethnology, Bulletin n° 30. Hand book oî American Indians north of Mexico, ed. by Fr. Webb Hodge. I Part. Washington, 1907.
- Fér. 25.
- Bellet (II.). — Barrages en maçonnerie et murs de réservoirs (Publications de la Houille Blanche). In-8 de 25 X 16,5. xn-336 p., 109 fig. Grenoble, A. Giatier et Jules Rey, 1907. _ 13 248.
- Passy (Louis). — Mélanges scientifiques et littéraires, 4e et 5e séries. In-8 de 23 x 14. Paris, Guillaumin. 1904,1907. 13 2 49, 13 2 50.
- Guarini (Émile). — Le Pérou d’aujourd’hui et le Pérou de demain, 16 p.
- Cavalier (J.). — La définition des produits commerciaux. 24 x 16, 38 p. Paris, Dunod, 1907. ' 13 251.
- Ferrouillat (P.) et Sourisseau (J.-H.). — Contribution à l’étude dss réservoirs d’air sur les pompes à piston à. double effet. 27 X 18, 46 p. Montpellier, Coulet et fils-, 1907.
- 13 252.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Mai au 15 Juin 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- AC h . . . American Society of civil. Engi-neers.
- ACP.. . , Annales de Chimie et de Physique.
- A1M.. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- A Ma . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal dAgriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs.. . . . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- CR. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E. . . . Engineering.
- E’.. . . . The Engineer.
- Eam. . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . . Eclairage électrique.
- E lé. . L’Électricien.
- Ef.. . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi . . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. . Génie civil.
- laS. Iron and Steel Metallurgist.
- IC.. , . . Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- le. . . . . Industrie électrique.
- lm , . , . Industrie minérale de St-Étienne.
- lt. . . , . Industrie textile.
- loB. . M.M.. Ms.. .
- MC. .
- PC. . Pm. . RCp .
- MM. . Rgc. .
- Ré . .
- Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScP. . Sie. . .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. . Va. . VD1. .
- ZaC. . ZOI. .
- . Institution of Brewing (Journal).
- . Mining Magazine.
- . Moniteur scientifique,
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Journal de Pharmacie et de Chimie,
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de métallurgie.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale.
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . SociétéchimiquedeParis(Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- . Société nationale d’AgricuIture de France (Bulletin).
- . Stahl und Eisen.
- . La Vie automobile.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- . Zeitschriftfürangewandte Chemie.
- . Zeitschrift des Oesterreicliischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1907.
- 81K
- AGRICULTURE
- Attelages (Concours d’) (Lavalard). SNA. Avril 372.
- dissociations d'ouvriers agricoles en Italie : exploitation des domaines ruraux par les (Hitier). Ap. 16 Mai, 616.
- Batteuse Brouliot. Ap. 23 Mai,• 657.
- Baux ruraux. Législation anglaise. SNA. Avril, 370.
- Betteraves. Culture dans les Midlands.’ Cs. 31 Mai, 512.
- — Fanes de betteraves en grande culture. Ap. 6 Juin, 728.
- Bétail (Fédération des sociétés d’assurance mutuelles contre la mortalité du). SNA. Avril 336.-
- — Bœufs de travail de la race d’Aubrac au concours de Rodez. CR. 27 Mai, 1166 ; Ap. 30 Mai, 680.
- — Race bovine ferrandaise. Ag. 1er Juin, 860.
- Camphrier dans la région méditerranéenne. SNA. Avril,, 358.
- Chien d’attelage. Travail utile. Ap. 30 Mai, 697. Charrues nouvelles. Dp. 15 Juin, 369.
- Cheval pur sang : alimentation lactée. Ap. 6 15 Juin, 713, 745.
- — Production chevaline. Haras et industrie privée. Ap. 6 Juin, 717. Caoutchouc à Madagascar (Costantin et Poisson). CR, 18 Mai, 1053.
- Cuba (Agriculture à). SNA. Avril, 327. Concours général agricole en 1907. Gc. 25 Mai, 49 ; 1er Juin, 68.
- Dommages occasionnés ci la végétation par le voisinage des grands établissements industriels. (Frazer). AIM. Mai, 377. Engrais. Azote et la végétation forestière.
- Pertes et gains en azote du soi forestier (Grandeau). Ap. 16-23-30 Mai, 613, 645, 678.
- — Phosphates et superphosphates. Ap. 6 Juin, 714.
- — Besoins du sol en acide phosphorique.
- Ag. 1-8 Juin, 821, 894.
- — Engrais azotés fabriqués avec l’azote atmosphérique. Gc. 15 Juin, 115. Enseignement agricole (Une réforme dans T).
- Le nivellement (Petit). Ag. 1er Juin, 858.
- Farines (Fraudes des). Ap. 16 Mai, 618.
- Fromages.. Présure du figuier (Briot). CR. 27 Mai, 1164.
- Herbages. Création et exploitation dans l’Est de la France. Ap. 23 Mai, 648.
- Huile d’olive. Fabrication en Portugal. Ag. 18 Mai, 770.
- Infections du sol par les semences de réserve des cryptogames parasites. Ag. 25 Mai, 827 ; 1er Juin, 854.
- > Irrigations (Colonies d’) dans l’Inde (Robertson). SA. 14 Juin, 774.
- Labourage par la charrue à vapeur de Nubur-Pacha. Ap. 13 Juin, 763.
- Limon. Application à l’Inde du mode d’utilisation du limon en Italie (Buck). SA. 31 Mai, 734.
- Maïs fourrage. Culture. Fertilisation du sol. Ag. 8 Juin, 906.
- Pommes à cidre. Inlluence de l’époque de la lloraison sur leur fertilité. Ap. 18 Mai, 627.
- Pommes de terre (Bouillage des). Ap. 23 Mai, 646.
- — nouvelles par croisement. Ap. 13 Juin,
- 747.
- Vigne. Bouillies mixtes contre l’oïdium et le mildiou. Ap. 30 Mai, 692.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de l’Inde (Voies des). E'. 17 Mai, 507.
- — aux États-Unis. Réforme de la législa-
- tion fédérale. AM. Mars, 269.
- — et leur personnel (Sam Fay). E1. 17 Mai,
- 509.
- — Métropolitain de Paris. Ligne circulaire n° 2, Sud. Ac. Juin, 82.
- — électriques (Les) Dawson. EE. 25 Mai,
- 282.
- — — municipaux et vicinaux de Berlin.
- EE. 1-8 Juin, '319, 358.
- — — du New-York Haven Rr. E. 7 Juin,
- 741.
- Accidents en 1905 sur les chemins anglais. Rgc. Juin, 398.
- Attelage automatique. Pavia Casalis. Gc. 8 Juin,
- 100.
- Automotrices à essence (Mathieu). Bam. Mai, 391.
- Éclairage électrique des trains sur le Great-Western Ry. Rgc. Juin, 413.
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- LITTERATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1907.
- Gare de Valenciennes, lige. Juin, 319. Locomotives à l’exposition de Mailand. VDI. 18 Mai, 779 ; l01' Juin, 869*
- — modernes (Warner). Fi. Mai, 331.
- — Compound 4 cylindres du Saint-Gotbard. E'. 17 Mai, 491.
- — — de l’État danois. E. 14 Juin, 770.
- — Tender 6 couplées du Midland. E. 31
- Mai, 707.
- — Express nouvelle du Great Western. •
- •Son évolution (Rous Marlen). E'. 31 Mai, 641.
- — Plaque tubulaire mixte acier et cuivre Mayr. Pm. Juin, 94.
- — — à crémaillère Borsigpour le trans-
- andien. Voie d’un mètre. E. 17 Mai, 643.
- Monorail Brennan. E. 15 Juin, 794.
- Oscillations du materiel roulant aux grandes vitesses (Morvé). Pige. Juin, 367.
- Rails (Dilatation des). E'. 24 Mai, 527.
- — (Corrugations des). E. 14 Juin, 763.
- — (Ruptures de). E'. 31 Mai, 554.
- Signaux nouveaux du Pennsylvania Rr. E'.
- 14 Juin, 596.
- Traverses métalliques Griswold. RdM. Juin, 406.
- Voie. Déclimètre pour mesurer la courbure des traverses en charge. Ri. 1er Juin, 218.
- — Des chemins américains. E'. 7 Juin,
- 581.
- Wagon dynamométriques du Pennsylvania Rr. VDI. 15 Juin, 757.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Progrès à l’étranger. Va. 18 Mai, 305.
- — à f’Ex'position de Berlin en 1906. VDI.
- 18 Mai, 769.
- — Train Renard (Airault). Bam. Avril,
- 280.
- — à pétrole. Lorraine Dietricli en 1907.
- Va. 15 Juin, 369.
- — — Esperia. Va. 18 Mai, 310.
- — — Bucbet, 12 chev. (id.), 317.
- — — Camion américain. E'. 14 Juin, 610.
- — — Essais de moteurs (Fehrmann).
- Société d'Encouragement de Berlin. Avril, 107.
- — — La bielle (Deguingand). Va. 8 Juin,
- 353.
- Automobiles. Voiturette Alcyon. Va. 25 Mai, 330.
- — — pétro-éleclrique Krieger. Gc. 1er
- Juin, 65.
- — Châssis. Ri. 8 Juin, 227.
- — Changement de vitesse Ellis. E'. 24Mai, 350.
- — — Mahoüt. Va, 1er Juin, 338.
- — Plate-forme de visite. Pm. Juin, 83.
- — Suspension. Ri. 25 Mai, 203.
- Bicyclette. Equilibre automatique (Rodet). Va.
- 8 Juin, 364.
- Tramways électriques. Moteurs de traction monophasés à collecteurs (Latour et Gratzmuller). Re. 30 Mai, 293.
- — Voie des lignes du comté de Surrey. ' Rgc. Juin, 452.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides citrique et tartrique. Présence du plomb. Cs. 31 Mai, 549.
- — sulfurique. Influence de l’état physique
- et de la composition chimique du plomb commercial sur sa durée dans les appareils de concentration de l’acide sulfurique (Hart).Cs. 31 Mai, 505.
- Alcools. Application de l’analyse chimique à l’examen des esprits du commerce. Analyse des brandies (Mann et Kir-ton). Cs. 15 Mai, 450. Des rhums de la Jamaïque (Williams).Cs.31 Mai,498. Alimentation. Matières alimentaires. Divers.
- MS. Juin, 412-427; Cs. 31 Mai, 546. Aluminium. Sesquisulfures. Combinaisons avec les protosulfures de chrome, de nickel, de cobalt et de magnésium (Iloudard). CR. 21 Mai, 1114.
- Amidons du commerce (Examendes) (Ermen).
- . 'Cs. 31 Mai, 501.
- Base ammoniaco-mercurique (Gaudechon). CR. 10 Juin, 1268.
- Beurres. Détermination des acides gras volatils (Koningb). CN. 17 Mai, 229.
- Bitumes et asphaltes. Traitement des produits de la distillation des pétroles bruts par le chlorure de soufre (Le Roy). SiM. Mars, 147.
- Brasserie. Divers. Cs. 15-31 Mai, 479, 543. Caoutchouc. Utilisation des débris (Reid). Cs. 16 Mai, 441.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- JUIN 1907.
- 817
- Caoutchouc. Divers. MS. Juin, 402, 412; Cs.
- 31 Mai, 537.
- Catalyse. Réactions catalytiques aux températures et pressions élevées. Réductions en présence des oxydes métalliques. (Ipatiew). Cs. 15 Mai, 492.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15-31 Mai, 470, 528.
- Céramique. Manufacture de porcelaines de Saint-Pétersbourg. Spreehsahl, 30 Mai, 297.
- — Divers. Cs. 31 Mai, 528.
- — (Industrie de la). Ef. 8 Juin, 845.
- — Poteries lustrées (Burton). SA. 7 Juin,
- 756.
- Chlorure de sodium. Traitement des résidus des pains de sèl (Baie). Cs. 31 Mai, 500.
- Chlore. Équilibre dans le procédé Deacon. RdM. Juin, 361.
- Chrome, Traitement des maladies occasionnées par les chromâtes (Rœderer). Cs. 31 Mai, 511.
- — Isomérie des sulfates et l’état dissimulé
- (Golson). ScP. 5 Mai, 438.
- Colles et gélatines. Nouvelle méthode d’essai (Cambon). MS. Juin, 399.
- Colloïdes. Dissolution colloïdale. Intermédiaire entre la solution et la suspension (Bradbury). Fi. Mai, 383.
- — (Propriétés magnéto-optiques des) et
- des liqueurs hétérogènes (Cotton et Mouton). ACP. Juin, 145.
- Coton et coton nitraté (Mosenthal). Cs. 15 Mai, 443.
- Cuivre. Limite de siliciuration (Vigouroux). ScP. 20 Mai, 525.
- Cyanures métalliques (Alcoylation des) fGuil- , lemard). ScP. Mai, 530.
- Égouts. Installations de Balliston-Spa (New-York). ACE. Mai, 510.
- Épuration des eaux résiduaires. Rc. 15 Juin, 237.
- Essences et parfums. Divers. Cs. \o'Mai, 483.
- — Essence de juniperus phœnica (Rodié). ScP. 5 Mai, 492.
- Explosifs. Divers. Cs. 15 Mai, 488.
- — La question de la cordite. E. 14 Juin, 780; E1. 14 Juin, 595. i
- — Prèssions développées dans l’explosion { de la cordite (Leos et Petavel). RSL. '
- 8 Juin, 277 ; Constantes de cette explosion (Robertson) {id.), 320. Explosifs. Vitesse de détonaLion (Dautriche). CR. 13 Mai, 1030.
- — La Bobbinite. Cs. 31 Mai, 552. Explosions du gaz électrolytique pur (Dixon
- et Bradshaw). RSL. 14 Mai, 234.
- — des mélanges de gaz par compression
- (Bradshaw) (kl), 236.
- — — de gaz et d’éther (Meunier). CR.
- 21 Mai, 1107.
- — Étude des explosions limites dans les
- mélanges gazeux (Ticlu). Cs. 31 Mai, 553.
- Farines talquées (les) (Collin). Pc. 16 Mai, 465.
- Fumées d'usine. Condensation des —. RdM. Juin, 375. r
- Gaz cl’cclairage. Transporteurs pour usines à gaz J. f. Gasbeleuchtung, 18 Mai, 454.
- — Éclairage indirect (id.). 463.
- Graphite. Propriétés oxydantes et décolorantes (Dejust). CR. 10 Juin, 1264.
- Hélium et vide élevé aux basses températures. E. 14 Juin, 780.
- Huiles d’olive de Tunisie et d’Algérie (Arch-butt). Cs. 15 Mai, 453.
- — et graisses.. Densités. Correction de
- températures (Wright). Cs. 31 Mai, 513.
- — Synthèse des graisses (Grun et Thei-mer). Cs. 31 Mai, 536.
- Hydrogène arsénié (Détermination de traces d’) dans l’atmosphère (Hebert et Heim). Cs. 5 Juin, 573.
- Laboratoire. Divers. Cs. 15 Mai, 489.
- — Emploi de la' lumière ultra-violette
- dans les laboratoires (Baskerville). CN. 31 mai, 255.
- — Analyse des lithopones. RdM. Mai, 272.
- — — des terres : méthodes basées sur
- la calorimétrie, le trouble des liqueurs et la volumétrie (Fabre). RCp. 19 Mai, 196.
- — — quantitative des éléments communs
- (Noyés et Bray). CIV. 24-31 Mai, 243, 257 ; 7-14 Juin, 269, 279.
- — — des caoutchoucs hruts. Ms. Juin,
- 407.
- — — des produits alimentaires. Ms. Juin,
- 417,421.
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- JUIN 1907.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Laboratoire. Analyse des gaz combustibles:
- nouvelle méthode (Voldere et de Smet). RCP. 16 Juin, 233.
- — Dosage du sôufre dans les foules, fers
- et aciers (JabouIay).7lCp. 19 Mai, 193.
- — — de la saccharose du lait (.Richard-
- son et Jaffé). Ms. Juin, 423.
- — — volumétrique de l’acide libre dans
- les sels de cuivre et d’autres métaux (Sims). CN. 31 Mai, 253.
- — — volumétrique du mercure (Robert-
- son). CN. 31 Mai, 253.
- — — des terres, méthodes employées
- (Schreiner et Failyer). IlCp. 2-16 Juin, 218, 242.
- — — rapide du nickel dans les aciers
- (Dougherty). CN. 7 Juin, 268.
- — — des ferrocyanures etsulfocyanures
- (Ri owning et Palmer). American Journal of Science. Juin, 448.
- — — de l’ammoniaque, nouveau pro-
- cédé (Ronchèse). Pc. 16 Juin, 611.
- — —-de l’acide tartrique total des
- tartres et lies de vin (Caries). Pc. 16 Juin, 617.
- Laine et coton. AbsorpLion de l’eau par (Travers). RSL. 14 Mai, 204.
- — Sous-produits de la laine, suinteries et
- dérivées. It. 15 Mai, 167.
- Liquéfaction de l'air. Modes dë détente employés pour (la) (Claude). CR. 18Mai, 1037.
- Lithium. Dissociation des silicates de (De-rome). CR. 21 Mai, 1116.
- Miel naturel et artificiel. Distinction (des). ZAC, 14 Juin, 9-93.
- Molybdène. Réduction de l’acide en solution par le molybdène et titi’age des solutions réductrices par le permanganate (Guichard). ScP. 5 Mai, 446. Minium. Peintures au. Fabrication (Gordon). Eam. 1er Juin, 1033.
- Optique. Dispersion de la double réfraction artificielle (Filon). RSL. 24 Mai, 200.
- — Indices de réfraction des potassium,
- zinc, cadmium, mercure, sodium et tellure gazeux (Cuthberstson et Met-calfe). RSL. 14 Mai, 202.
- — Raies ultimes ou de grande sensibitité des métaux dans les spectres de dis-
- sociation (de Grammont). CR. 21 Mai,
- 1101.
- Optique. Astrolabe Jobin. La Nature. 1er Juin,
- 12.
- — Mesures de longueurs d’onde dans le
- spectre du fer pour l’établissement d’un système de repères spectroscopiques (Buisson et Fabry). CR. 27 Mai, 1155.
- Ozone. Production et emploi (Bridge). Fi. Avril, 355.
- Ordures ménagères. Fours d’incinération. Ri. 15 Juin, 235.
- Oxygène pur utilisable dans l’analyse organique. Préparation (Segewitz et Poi-zat). ScP. 5 Mai, 501.
- — Appareil continu à pression constante
- pour sa préparation dans les cours et pour l’analyse (Hinrichs). CR. 3 Juin, 1213.
- Papier. Préparation de la cellulose par-les phénols (Bohler). Ms. Juin, 430.
- — Présence des acides minéraux dans le:
- action sur les substances fibreuses (Winkler). Ms. Juin, 427.
- — Fabrication nouvelle (Haussner). Dp.
- 18-25 Mai, 305, 329; 1er Juin, 347.
- — Divers. Cs. 15-31 Mai, 482, 548. Phosphorescence des composés calciques
- manganésifères (Bruningbaus). CR. 18 Mai, 1040.
- Photographie des couleurs. Divers (Granger). Ms. Juin, 369-378.
- — Méthode interférentielle. État actuel
- (Goustet). Revve Scientifique, 1er Juin, 689.
- Pyromètre h verre de quartz Heraeus. Spree-chsahl, 13 Juin, 325.
- — à plaque photographique fixe. Wolog-
- dine. RdM. Juin, 552; CR. J Juin, 1212.
- — Thermo-éléments employés pour les
- mesures pyrométriques (White). EE. 15 Juin, 394.
- — • Pyrométrie dans la pratique des ate-
- liers (Darling). Er. 15 Juin, 594. Radio-activité. Effet des températures élevées sur l’émanation du radium (Makover et Russ). RSL. 14 Mai, 158.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15-31 mai, 476, 537.
- Sélénium. Purification et essai (Tkrefali). RSL. 14 Mai, 161"..
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1907.
- 819
- Sélénium. Tétraüuorure (de) (Lebeau). CR. 18 Mai, 1042.
- — Séléniure de plomb (Pelabon). CR. 27 Mai, 1259.
- Silicates d’alumine et de chaux (Boudouard). CR. 18 Mai, 1047.
- Société chimique de France. Cinquantenaire. MC. 1er Juin, 1G1.
- Sodium. Action sur l’acétone (Bacon et Freer).
- CN. 24-31 Mai, 244, 256.
- Sucrerie. Progrès en 1906 (Stift). Bp. 18-25 Mai, 314, 326.
- — Divers. Cs. 15-31 Mai, 478, 541.
- Sulfate ferrique (le) (Recoura). ACP. Juin, 263. Sidfales doubles d’acide hypovanadique (Gram). CR. 27 Mai, 1157.
- Tannerie. Réaction colorée des tanoïdes (Brissemoret). ScP. 474.
- — Standarisation des pouvoirs tannants pour l'analyse des matières tannantes (Bennett). Cs. 15 Mai, 455.
- — Analyse des liqueurs de tannage au chrome. Cs. 15 Mai, 458.
- — Divers. Cs. 15-31 Mai, 477, 539. Teinture. Divers. Cs. 15-31 Mai, 463, 467, 522, 526.
- — Enlevages sur bordeaux d’a naphtaline (Riterman et Fells). SiM. Mars, 142, 144. |
- — Mordant d’étain. Sa nature (Scheurer et Gillieron). SiM. Mars, 148.
- — Progrès en 1905-1906 (Wahl). Ms. Juin.
- 387.
- — Couleurs Quinone-Oximes (Grandmou-gin). MC. 1er Juin, 189.
- — Mercerisage du coton. Son action sur
- la fibre (Haller). Cs. 31 Mai, 523.
- — Apprêts(Produitsd’j récents (Ilofmann).
- It. 15 Juin, 206.
- Tétrachlorure de silicium. Action sur l’argent et le cuivre) (Vigouroux). CR. 3 Juin, 1214.
- — Textiles artificiels. Améliorations de la
- fabrication(Silbermann). MC. 1er Juin, 186.
- Thermochimie des spectres clés flammes aux hautes températures (Hartley). CN. 7-14 Juin, 265, 277. RSL. 8 Juin, 242. Thallium (Recherches sur le) (Thomas). ACP. Juin, 204.
- Thorium. Nouveau produit intermédiaire (Halin). CN. 17 Mai, 229.
- Tome 109. — Juin 1907.
- Titane. (Tétrachlorure de) et éther. Réactions mutuelles. CN. 24 Mai, 241.
- Uranc. Nouvelle préparation des sels uraneux (Aloy et Auber). Cs. 5 Juin, 560. Verre. Scie à fil métallique pour découper le. Gc. 1er Juin, 77.
- — Machine à bouteilles Leistner. E.lJuin, 740.
- Vins colorés. Détermination de l’acidité totale et des acides volatils (Guérin). Pc 16 Mai, 491.
- Viscosité-. Son estimation. Viscosité négative de certains sels quand on les dis-souL dans l’eau (Jones et Veazey). CN. 31 Mai, 254.
- — Viscosité des tluides (Brillouin). CR. 27 Mai, 1151.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Alimentation h bon marché. Enquête(Cazalis). Musée Social. Mai.
- Allemagne. Commerce extérieur en 1906. SL. Avril, 442.
- — et États?Unis. Arrangement commer-
- cial. Ef. 8 Juin, 843.
- — Industrie du fer (en). Ef. 25 Mai, 764. — Impôt d’empire sur les successions. SL. Mai, 580.
- Angleterre. Institutions locales (Auburtin). Rso. 16 Mai, 745 ; 16 Juin, 928.
- — Commerce pendant le 1er trimestre
- 1907. SL. Avril, 447.
- — Income tax 1895-1896; 1905-1908. SL.
- Mai, 597.
- Armes (Industrie des) à Liège. E'. 14 Juina6l0. Assurance contre le chômage. Rso. 16 Mai. 780.
- — mutuelles agricoles. Ef. 15 Juin, 890. Autriche. Impôt sur le revenu et sur le traitement des fonctionnaires en 1902-1905. SL. Avril, 463.
- Banques d’émission à la fin du lor trimestre de 1907. SL. Avril, 442.
- Belgique (petite bourgeoisie en) (PylTeroen). Rso. 16 Juin, 90 .
- Brevets. Nouvelle loi anglaise. E. il Mai 650. E'. 14 Juin, 597.
- Bureaux de placement payants : leur suppression. Ef. 15 Juin, 887.
- Coton. Production et consommation en 1906, perspectives en 1907. Ef. 8 Juin, 84’7.
- 54
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- 820
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1007.
- Chine (Situation en). Ef. 23 Mai, 768.
- Chômage (Assurance contre le). Rso. 1er Juin, \ 833.
- Enseignement technique. Opinions diverses. MM. Mai, 471-515.
- Économats et institutions patronales. Ef.
- 15 Juin, 881.
- Émigration européenne en 1905. Ef. 18 Mai,
- , 725.
- Éducation sociale à Amsterdam (Rivieri). Ilso.
- 16 Juin, 939. • j
- Enseignement professionnel (OEnvre des associations dans 1’) en Allemagne(Wollï). Musée Social. Mai.
- États-Unis. Commerce extérieur en 1905 et 1906. SL. Mai, 591. j
- — Hausse des prix. Situation du marché ! financier. Ef. 1er Juin, 806. |
- Fidéicommis en Allemagne. Rso. 1er Juin, 849. France. Recettes et dépenses comparées des exercices 1896-1905. SL. Avril. 391.
- — Commerce extérieur. SL. Avril, 432.
- — Revenus de l’État. SL. Avril, 423.
- — Budget de 1908, projet. SL. Mai, 497. ' —• Accroissement continu* des dépenses. Ef. 18 Mai, 721.
- — Le Midi et la crise viticole. Ef. 25 Mai, 761.
- — Législation du travail en. E. 24 Mai,
- 683.
- — Destruction de la famille par le Code civil (Bayard). Rso. 16 Juin, 889.
- — Répartition de la population. Ef. Juin,
- 885.
- Froid. État actuel de l’industrie frigorifique (Lambert). IC. Avril, 521.
- Grèves (Défense patronale en cas de). Rso.
- I01’ Juin 809.
- — des inscrits maritimes. Ef. 8 Juin, 841. Italie. Commerce extérieur en 1906. SL. Avril,
- 469.
- Journée de huit heures dans les mines. E. 31 I Mai, 715. |
- Jardins ouvriers de l’Oise et de Compiègne (Escard). Rso. 1er Juin, 852.
- Mutualité (la) au congrès de Nice. Ef. 1er Juin, 804.
- Ouvrière isolée (Situation de l’) (Lebrun). Rso.
- 1er Juin, 829.
- Paris. Budget pour 1907. SL. Avril, 436.
- — Adjudicationsimmobilières à Paris. Ef.
- 18 Mai, 723.
- Positivisme et anarchie (Co/tin). Rso. 16 Mai, 759.
- Réglementation du travail. Projet de loi. Ef. 25 Mai, 766.
- Retraites ouvrières par assurance obligatoire et par liberté subsidiée (Clieysson et Rostand). Rso. 1C1* Juin, 858. Syndicats professionnels en France et eu Angleterre. Ef. 15 Juin, 883.
- Vieillards (Pensions des). E'. 24-31 Mai, 529, 555.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Barrages de Mark lissa. Sur la Gneis (Allemagne). Gc. 15 Juin, 105.
- — de Dhukwa. E'. 17 Mai, 492.
- — du Colorado. Gc. 1er Juin, 73.
- — en maçonnerie (Construction .des).
- (Canaud), Bam. Mai, 339.
- Béton. Résistance au cisaillement. E. 7 Juin, 747.
- Ciment armé. Expérience de Bach. Dp. 1-8 Juin, 339, 359.
- — Emploi. Instructions officielles. Acl Mai, 72.
- — Pour les bâtiments d’usines (Wason). EM. Juin, 303. Ateliers de l’United Shoe à Beverley, Man. AMA. 8 Juin,. 723.
- — (Planchers en) (Mohler). Société d’En-
- couragement de Berlin. Avril, 211.
- — Poteaux Siegwart. Gc. 25 Mai, 61.
- — Plancher Kahn. E. 24 Mai, 677 (Moeller). Société d’Encouragement de Berlin. Mai, 249.
- — Calcul des pièces (Chaudesaigues). Ac.-Juin, 96.
- — Ferro-ciment. E. 31 Mai, 717.
- Corps flottants ou immergés contenant de l’air comprimé. Caissons (Équilibre des) (Henry). Gc. 25 Mai, 53. Constructions métalliques sous l’eau (dégradation des). E'. 14 Juin, 395.
- Drague à vapeur Thor. Ri. 15 Juin, 233. Démolition des'passages supérieurs voûtés en maçonneries. Ri. 25 Mai, 201. Fondation sur « compressol », procédé Dulac. E. 7 Juin, 739.
- Incendies. Préparation des bois ignifugés. Gc. 8 Juin, 101.
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- LITTÉRATURE UES PÉRIODIQUES. ----- JUIN J 007.
- 821
- Poats.sirh IFiiii à Ruhrort et Ilomberg. VDI. 8-18 Juin, 885, 933.
- — transporteur Àrnodin de Rancorn. Ac.
- Mai, 66 ; Juin, 90.
- — de Smallheatli.Birmingham. E. 24 Mai,
- 673.
- — du Schwartzwassertobel Suisse. Gc.
- 1er Juin, 72.
- — mobiles (les). ACE. Mai, 528.
- — Charges roulantes sur ponts en dessous (Barnford). E. 31 Mai, 690.
- Rouleau à pétrole américain. FJ. 17 Mai, 508. Routes. Concours de goudronnage en Angleterre. E’. 24 Mai, 522; E. 31 Mai, 720. Siphons sous-marins des égouts de Copenhague. Gc. 18 Mai, 33.
- — de Suresne (Caldagnes). APC. 1907,
- n° 2.
- Tunnels du métropolitain de Paris. Appareil à poser les voussoirs. Ri. 18 Mai, 193.
- — du Mont-Blanc. Ri. 1er Juin, 214.
- — de l’Hudson à New-York. E. 24 Maif
- 667; 7 Juin 732, AIM. Mai, 461.
- — de Karawanken. E'. 24 Mai, 517.
- — (Machinerie des). VDI. 25 Mai, 80b.
- Z01. 7 Juin, 421.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateur Jungner Edison. Ses actions chimiques. Rc. 30 Mai, 289.
- Câbles ignifuges. E. 7 Juin, 752.
- — Souterrains (Les) (Rogerson). EE. 18 Mai, 248.
- Coupe-circuits fusibles. Étude théorique et pratique (Meyer). EE. 25Mai, 281 ; 1er Juin, 314, 348.
- Corrosions électrolytiques. Elé, 26 Mai, 325. Condensateurs alimentés par des courants alternatifs (Déchai’ge des) et réglage des transformateurs à résonance (Blondel). EE. 18-25 Mai, 217, 253.
- — parlant de M. Argyropoulos. Théorie
- (Deprez). CR. 13 Mai, 1012 (Seve);f<2. 3 Juin, 1211.
- Décharge électrique dans les gaz (Villard). CR. 10 Juin, 1261.
- Distribution. Oscillations à haute tension et de grande fréquence dans les réseaux à courant continu (Iliecke). 'EE. 18 Mai, 247.
- Distribution dans la Drôme, l’Hérault, l’Isère.
- Elé. 18-26 Mai-, ler-8-15 Juin, 305, 321, 339, 353, 369.
- — Charge des conducteurs employés dans
- les canalisations intérieures (Tech-muller et Humann). EE. 1er Juin, 317, 384.
- — Tableau pour haute tension Ferranti.
- E. 24 Mai, 676.)
- — Lignes de transmission (Fowler). EE.
- 25 Mai, 282.
- Dynamos. Pertes par courants de Foucault dans les induits dentés (Meurer). EE. 28 Mai, 273.
- — Dispersion magnétique en zigzag dans les moteurs d’induction (Hellmund). Rc. 15 Juin, 325.
- — Détermination directe du nombre de groupes d’éléments compris entre deux lames voisines du collecteur dans un enroulement à courant continu fermé (Gennigmates). EE. 8 Juin, 344.
- — Commutation (Théorie de la) (Lienard Linsemann). EE. 15 Juin, 361, 379.
- — Alternateur bipolaire pour turbine à vapeur à champ immobile et excitatrice spéciale. le. 10 Juin, 245.
- — Résistance de contact des balais (Arnold et Pfîfïher). le. 10 Juin, 254. Moteurs monophasé (Felten et Guillaume). EE. 18-28 Mai, 244, 278, 1er Juin, 311.
- — — triphasé (diagramme du) (Haber-
- land). EE. 15 Juin, 382.
- — — d’induction Hunt. EE. 18 Mai, 242. -- Rhéostat de démarrage automatique
- pour moteurs électriques Kallmann. Re, 15 Juin, 332.
- Electrons (Les) (Becquerel). Sie. Mai, 291. Électro-chimie. Électrolyse des chlorüres alcalins par voie humide (Jumau). Re. 15 Mai, 263, 275.
- — Réunion de l’Atnebican electrochemi-cal Society à Philadelphie, Electro-chemicaU Juin, 217.
- — Divers. Cs. 15-31 Mai, 474, 533,
- — Galvanoplastie. Recherches récentes, Re. 15 Juin, 339.
- — Calcium électrolytique (Escard). EË. 25 Mai, 264.
- — Alkali Works. [Niagara. ElectrochemU caL Janvier, 209.
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- 822
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1907.
- Électro-chimie. Four électrolytique Fery Langlet à résistance de charbon protégée. Rc. 30 Mai, 304.
- — Four à résistance de charbon granulaire. Electrochemical. Juin, 227. Électro-aimants. Loi de l’attraction à distance et ses applications (Picou). Sie. Mai,
- 307.
- ÉclairageMrc. Lampe pour courants triphasés Siciliani. le. 10 Juin, 231.
- — Arcs à flammes (Blondel). EE. 15 Juin, 388.
- — Lampes en vases clos (Wedding). EE.
- 23 Mai, 287;'8-15 Juin, 358, 392.
- — Absorption sélective de l’arc au mercure (Kuch et Reichel).EE.8 Juin,353. — Incandescence. Essais de durée. Elé. 18 Mai, 312.
- Hystérésis. Détermination empirique de la courbe d’hystérésis (Mullendorf). EE. 18 Mai, 240.
- Matériaux des constructions électriques. (Choix et essais des) (Epslein). Re. 13 Mai, 280.
- Mesures. Limite d’emploi des compteurs moteurs à 3 fils (Salomon), lie. 13 Mai, 270.
- — Électromètre à fil. Wulf. lie. 30 Mai,
- 308.
- — Emploi des wattmètres pour la mesure de la puissance consommée parles lampes à incandescence (Pecheux). EE. 1er Juin, 289.
- — Compteurs Danubia, Wagmuller. Re. 15 Juin, 344.
- — Résistance d’absorption Kallmann. Re. 15 Juin, 347.
- — Wattmètres de précision et pour courants triphasés Siemens et Halske. Re. 15 Juin, 348, 349.
- Parafoudres et coups de foudre, le: 25 Mai, 227. Re. 15 Juin, 321.
- Réclames électriques (Installation de). Ri. 15 Juin, 235.
- Résistance électrique des oxydes métalliques (Horton). RdM. Mai, 278.
- — des alliages (Willows). EE. 18 Mai, 239. Sélénium. Capacité inductive spécifique d’un sélénium très pur (Yonwiller et Ma-son). RSL. 14 Mai, 175.
- Stations centrales. New York Central Rr. Elé. 1er Juin, 337.
- Stations centrales. Petite station a Glen Eyrié. Ri. 1er Juin, 213.
- — hydro-électriques et à vapeur, compa-
- raison. EM. Juin, 353.
- Télautogravcur Carborielle. Re. 15 Juin, 335. Télégraphie sans fil. Détecteur d’ondes à carburendum. Rc. 15 Mai, 262.
- — — La (Fleeming). E. 31 Mai, 717.
- — — Convention radiotélégraphique in-
- ternationale de Berlin. Rc. 30 Mai, 313.
- — — Réglementation en France (id.). 313.
- — — Amortissement et utilisation de
- l’énergie dans les transmission radiotélégraphiques (Brandès). EE. 1er Juin, 321.
- — — Poulsen. LaNature, 8 Juin, 27. Téléphone électrostatique. Sensibilité (Abraham). CR. 17 Mai, 1154.
- —. Étude des courants téléphoniques, appareil Abraham et Devaux Charbon-nel. CR. 3 Juin, 1209.
- Téléphotographie (La) (Henry). Elé. 1er Juin, 342. Transformation de puissance (Jollyman). EE. 1er Juin, 310.
- — Réglage des transformateurs à la résonance (Blondel). EE. 8 Juin, 325. Transmissions modernes d’énergie électrique. Ri. 25 Mai, 205 ; ler-8 Juin, 220, 226.
- — à 60 000 volts, en courants continus de
- Moutiers à Lyon. le. 25 Mai, 221.
- HYDRAULIQUE
- Coup de bélier (Joukowsky. Goupil). APC. 1907, nc 3.
- Filtration à Bolton. E. 7 Juin, 733.
- — Pollution des eaux souterraines : moyen d’en indiquer la source (Thresh). EL 14 Juin, 613.
- — Filtres dégrossisseurs Puech. Ri. 15
- Juin, 237.
- Laboratoires hydrauliques (Les) (Engels). ZOI. 24 Mai, 385.
- Pompes des docks de Colombo. E. 17 Mai, 637-
- — des eaux de Hambourg. VDl. 15 Juin,
- 926.
- — Centrifuge Roturbo. EL 17 Mai, 496.
- — Marche des soupapes libres (Klein). Dp.
- 8-15 Juin, 354, 373.
- — Turbo-pompe Allen. E,. 14 Juin, 608.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1907.
- 823
- Tuyaux pour hautes chutes : détermination du tuyau de chute le plus économique (Adams). ACE. Mai, 507.
- MARINE, NAVIGATION
- Amortisseur de roulis Grémieu. Gc. 18 Mai, 44. Arsenal de Devonport. Nouveaux bassins. Gc.
- 8 Juin, 92.
- Canal houiller du Somersetshire. E'. 24 Mai, 520.' •
- — de la Mersey. E'. 14, Juin, 596.
- Congrès mternational de navigation, 10e Congrès. APC. 1907.
- Écluses automatiques au barrage de Bondmann sur l’Aire à Leeds. E. 17 Mai, 644. Marines de guerre. Torpilleurs à pétrole et à turbines. White. E. 24 Mai, 679.
- — française. Cuirassé Vérité. E. 31 Mai,
- 722.
- — anglaise. Essais du Dreadnought. E.
- 14 Juin, 606.
- — allemande (id.), 605.
- Mer du Nord. Caractères physiques. Marées courantes (Wheeler). E'. 17-24 Mai, 489.
- Paquebot à deux hélices de la Pacific Steam navigation C°. E. 14 Juin, 775.
- Pêches. Ports de pêche anglais. E'. 31 Mai, 701. Port de Séville. E. 14 Juin, 789.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. La locomotion aérienne Gra-ham). Nature, 30 Mai, 102.
- — Ballon dirigeable Wellman. La Nature, 1er Juin, 3; Gc. 8 Juin, 95.
- — Résistance de l’air (Mallock). RSL. 8 Juin, 282.
- — Navigation aérienne. Solution du problème (Étévé). Gm. Mai, 389.
- Air comprimé. Explosions de réservoirs d’. (Diegel). Société d’Encouragement de Berlin, Mai, 301.
- — Compresseurs Allis. Platt. Ingersoll Whitehead. Bromowsky. Daw Rogler et Hoerbiger. Riedler. Wilson. RM. Mai, 472.
- Broyeurs. Théorie du broyage (Howarth).Rdilf. Mai, 278.
- — Liglitning pour ordures ménagères. E. 7 Juin, 751.
- Changement 'de vitesse. Essai (Willams). AMa. 25 Mai, 684.
- Chaudières à tubes d’eau Van Ooslerwyck. Pm. Juin, 82.
- — à très haute pression de la Société des-
- moteurs à haute pression. Gc. 18 Mai, 37.
- — Semi-tubulaire Laboulais. Bam. Avril, 315.
- — Rendement des foyers (Ennis). EM.
- Juin, 413.
- — Surchauffeur Simplex. E'. 24 Mai, 532-— Application des formules relatives aux volumes moléculaires au calcul de la variation de là force élastique maxima de la vapeur d’eau avec la température (Leduc). CR. 10 Juin, 1259.
- — Alimentateurs Deprez et Vernay Hanne-, mann. RM. Mai, 495.
- — Appréciation* des eaux d’alimentation par l’analyse (Rhodes). E'. 31 Mai, 539.
- — Épurateurs d’alimentation Howatson. RM. Mai, 497.
- — Pompe alimentaire Rateau. RM. Mai, 495.
- — Robinet de vidange Hopkinson. RM. Mai, 498.
- — Séparateurs d’huile Baker Walsrn et Belletop Patterson. RM. Mai, 499.
- — Soupapes de sûreté Cockburn Ross et Walthey. Hopkinson Maneby. RM. Mai, 505.
- — Tirage forcé avec économiseurs à air chaud (Capron). E. 24 Mai, 691; E1. 7 Juin, 580.
- — Valves Briley. Hopkinson Ferranti. RM. Mai, 506.
- — Valve réductrice Cash. RM. Mai, 508. Courroies. Transmission d’angle par courroie droite. Gc. 18 Mai, 45.
- — (les). Taylor. RdM. Juin, 576.
- Engrenages à arcs de cercle. E1 31 Mai, 545.
- — hélicoïdaux Hindley. AMa. 1er Juin, 689. — Trains épicycloïdaux. AMa. 1er Juin,
- 692.
- Équerre hyperbolique ou planimètre simplifié Morin. Bam. Avril, 328.
- Graissage mécanique (Lentz). VDI. 1er Juin, 855.
- — Propriétés des huiles de graissage mi-^nérales (Wacker). EM. Juin, 455.
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- 824
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1907.
- Gyroscope (Théorie du). E. 7 Juin, 749. Indicateur optique Schultz. E'. 24 Mai, 525.
- — de vitesse Smith. E. 31 Mai, 711.
- Joints universels en olive et polygonaux (Ravi-
- gneux. Poincet). Technique automobile, Mai, G4, G7.
- Levage. Ascenseur hydro-électrique Bodman. Ri. 1er Juin, 216.
- — Basculeur pour wagons se déchargeant
- par bout. Gc. 15 Janv., 116.
- — Cabestan à vapeur Clarke Chapmann.
- E. 7 Juin, 755.
- — Derrick de 150 tonnes à Berkinliead. E*
- 7 Juin, 738.
- — Grappins divers. Gc. 25 Mai, 57.
- — Transport et embarquement des mine-
- rais à Alméria. Ri. 8 Juin 225.
- — Treuil Perceval. E. 24 Mai, 532. Machines-outils. Ateliers de canons de Co-
- ventry. E. Mai, 547 ; 14 Juin, Ô00.
- — — Établissement (Tes prix de revient.
- AMa. 15 Juin, 765.
- — — Réduction au minimum du temps
- employé par les machines-outils. EM. Juin, 380.
- — — Standarisation des bureaux de des-
- sin. E. 17 Mai, 649; 7 Juin, 575.
- — Affûteuse Clamor. RM. Mai, 509.
- — Alésoir pour cylindres de locomotives
- Sellers. AMa. 15 Juin, 776.
- — Cisaille multiple Craven. E1. 14 Juin,
- 612.
- — Courbeuse pour gros tubes Claridge. E.
- 14 Juin, 774.
- — Fraiseuse Brown et Sharpe. AMa. 15
- Juin, 770.
- — — raboteuse Wilkinson. E. 17 Mai,
- 645.
- — — Travail des (Vernon). E'. 31 Mai,
- 542.
- — — pour creuser les caymelures des
- arbres du Central Rr. Pm. Juin, 95.
- — Jantes de vélocipèdes. Fabrication aux
- ateliers Rudge Whitworth. AMa. 18 Mai, 622.
- — Jauge micrométrique Hall. E. 14 Juin,
- 794.
- -- Marteaux divers. Dp. 15 Juin, 375.
- — — pneumatiques (Pregel). Dp. 4-18
- Mai, 274, 311. Hessenmuller. 25 Mai, 324. Berner Pilkington Bêché, 1er Juin, 343.
- Machines-outils. Marteau pneumatique. Musker. EJ 31 Mai, 560.
- — Meule de front Luke et Spencer. Durée
- du meulage. Meules à rectifier Brown et Sharpe. Landis. RM. Mai, 510.
- — Outils rapides. Évolution de leur acier
- (Carpenter. E. 17 Mai, 633.
- — Raboteuse à récupération Buckton. E'.
- 7 Juin, 586.
- — Perceuse Knight. AMa. 18 Mai, 648.
- — — aléseuse Asquith. E. 24 Mai, 680.
- — Tournage d’un chemin de tourelle de
- canons. AMa. 18 Mai, 618.»
- — Tours à fileter (Nicholson et Smith). E'.
- 24 Mai, 315 ; 14 Juin, 592.'
- — à bois. Commande électrique. E. 7 Juin,
- 569.
- Moteurs à vapeur. Machines allemandes nouvelles (Dubbel). VD1.18 Mai, 765.
- — Turbines Parsons de 3 500kw. Essai. E.
- 17il/ai,654.
- — — Curtis de 12 ch. Pm. Mai, 66, Juin,
- 86.
- — — Kerr de 2000 kw. Essai. E. 7 Juin,
- 752. E'. 7 Juin, 583. ‘‘
- — Condenseur Henderson. E. 14 Juin, 773.
- — Distribution Lovekin à cylindres auxi-
- liaires. AMa. 25 Mai, 656.
- — Réglage (des). Théorie. (Hort.) Dp. 1-8
- Juin, 337, 357.
- — — Variations périodiques de vitesses
- dues aux régulateurs (Boucherot). RM. Mai, 421.
- — à gaz. Calcul de la puissance. Règle
- Favron. Technique automobile. Mai, 75.
- — Rendement (Banstow). E. 7 Juin, 731.
- — Difficultés de marche (Sellge). RdM.
- Mai, 515.
- — Gros moteurs allemands (Dubel). VDl
- 1-8 Juin, 845, 901.
- — Nuremberg de 1200 ch. aux forges de
- Bargded. E1. 24 Mai, 530.
- — modernes (Mathot). EM. Juin, 431.
- — Allumage Dudbridge. E'. 31 Mai, 557.
- Électrique Sims Bosh, Bréguet,Caron, Eisemann, Bassée Michel (l’Honoré). RM. Mai, 443.
- — Refroidissement des (Braun). Tech-
- nique automobile. Mai, 78.
- — Gazogènes Mond. Essais (Bone et Whee-
- ler). E. 17 Mai, 659. Pierson. le. 10 Mai, 229.
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-
- LITTÉKAUURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1907.
- Moteurs. Gaz haut fourneau; épuration. Bian. Dam; Mai, 379.
- — à pétrole Diesel. VDI. 15 Juin, 941.
- Huiles de goudrons pour. E. 14 Juin, 782.
- — — Carburation à la naphtaline. Va.
- 15 Juin, 373.
- Résistance des matériaux. Vieillissement des aciers (Stromeyer).E. 31 Mai, 725. — Utilisation industrielle de la métallo-graphie microscopique (Guillet). Gc. 15 Juin, 111.
- — Bois, préservation à la mer. E. 31 Mai, 559. L’injectol (Vinsonneau). Dam. Mai, 416.
- Textiles. Incendies dans les filatures de coton. E. 31 Mai, 705.
- — Décoration des tissus. ît. 15 Juin, 217. — Métier à gazer à flammes renversées Villain. It. 15 Mai, 175.
- — Métier Todd et Stott (ici.), 178.
- — Bancs à broches à coton. It. 15 Juin, 213. — Machines nouvelles. VDI. 25 Mai, 817
- >
- 8 Juin, 895.
- Torsiomètre Hopkinson et Thring. E. 14 Juin, 768.
- MÉTALLURGIE
- Aluminium en 1907. E'. 17, 492. Eam. 8 Juin,
- 1 083.
- — Aluminothermie et ses applications. Dm. Mai, 74.
- Alliages binaires (diagramme des), et malléabilité (Guillet). CR. 10 Juin, 1273.
- — nickel-fer (Vigouroux). ScP. Mai, 451.
- — platine-argent (Thomson et Muller).
- RdM. Juin, 354. •
- — étain-nickel (Guillet). RdM. Juin, 535. Antimoine (Gautier). Pm. Mai, 73.
- Coke. Nouveaux fours Bauer. RdM. Mai, 281. Cuivre. Four au vent chaud pour la fusion des minerais de. RdM. Mai, 314.
- — Garnissage des convertisseurs. Eam.
- 1er Juin, 1046.
- — Usines de Humboldt, Arizona (Ha-
- milton). Eam. 11 Mai, 901 de la U. S. •
- — Grillage et fonte des minerais) (Ri-
- chards). Electrochemical. Juin, 212.
- — Métal relining G0. Eam. 25 Mai, 1001.
- — Métallurgie du cuivre et du plomb.
- RdM. Juin, 391.
- 825
- Fer et acier. Vieillissement des aciers. (Stromeyer). E. 17 Mai, 501. E. 31 Mai, 725, 7 Juin, 757.
- — Aciers au bore (Guillet). CIL 18 Mai, 1049.
- — tirés des fontes phosphoreuses très si-
- liceuses (Richards). Propriétés physiques. Influence du procédé de fabrication (Hobbard). E. 14 Juin, 791. — Action du cuivre sur le fer (Wedding). RdM. Juin, 355.
- — — du carbone et du phosphore (Ilowe).
- Eam. 8 Juin, 1087.
- — Fonderie. Cubilot à récupération Bail-lot. Gc. 15 Juin, 113.
- — — Mélangeur de sables. RdM. Juin, 404.
- — — Sables à mouler et leur emploi.
- Ri. 25 Mai, 208.
- — Hauts fourneaux. Épuration des gaz Bean. RdM. Juin, 373.
- — Laminoirs. Commande électrique des. RdM. Mai, 303. Juin,'557.
- — — Calibragedescylindres(Barlholme).
- •(ici.), 310.
- — — pour barres de fer renforcé à
- l’usage du ciment armé. AMa. 15 Juin, 768.
- — — universel à fers plats Kennedy. Gc.
- 25 Mai, 56.
- — — réversible aux aciéries Hildegarde
- hutte. Gc. 8 Juin, 89.
- — — de la Dominion Iron and Steel C°.
- RdM. Juin, 388.
- — — Machine de 12 000 chevaux au
- Creusot. E'. 14 Juin, 602.
- — Lingotières d’acier (les). RdM. Juin, 381. Platine. Production en 1905. RdM. Mai, 347. Plomb. Nouveaux procédés de concentration
- et de grillage de la galène. RdM. Mai, 317. .
- Zinc. Oxyde de. Production en 1906. Eam. 18 Mai, 937.
- MINES
- Aérage. Essai d’un ventilateur Capell. Eam. 25 Mai, 1008.
- — Appareil permettant de séjourner dans
- des atmosphères irrespirables (Tissot). CR. 10 Juin, 1291.
- Colombie britannique. Méthodes de minage en. (Keffer). EM. Juin, 441.
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- 826
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1907.
- Cuivre. Mine de Tywarnhaile (Walker). Eam. 1er Juin, 1037.
- — District d’Asientos (Mexique). (îd),1044. Electricité. Emploi au Yak Tunnel. Eam. 25
- Mai, 985. •
- — aux mines de Loop Creek, Virginie.
- Eam. 8 Juin, 1102.
- Etain. Mines de Crofty, Cornouailles. Eam. 8 Juin, 1092.
- Extraction. Étude dynamique de la machine d’extraction (Habets). Ru. Avril, 86. Filons. Formation et enrichissement des.
- (Bancroft). AIM. Mai, 499. Houillères. Extraction et roulage (Junge). Eam. 15 Mai, 897.
- — Machinerie des. E'. 7 Juin, 579.
- — Gisement de Çassion, Colombie britannique. Eam. 25 Mai, 1007.
- — Explosions dans les houillères, leurs
- causes. Eam. 1er Juin, 1051.
- Industrie minérale en France. 1905-1906. AM. Mars, 269.
- Or en Rhodesia. Eam. 25 Mai, 994.
- Pétrole au Japon. Cs. 31 Mai, 521.
- Phosphates dans l’Utah et le Wyoming. Eam. 18 Mai, 953.
- Préparation mécanique. A East Pool, Cornouailles. Minerais de cuivre. Eam. 18 Mai, 941.
- Préparation mécanique aux mines d’étain . de Red River. Cornouailles. Eam. 25 Mai, 991.
- — Concentration et agglomération des
- minerais de fer (Grondai). RdM. Mai, 280.
- — des calamines à Monteponi. Eam. 8
- Jidn, 1094.
- — Vitesses du quartz et de la galène tom-
- bant dans l’eau (Richards). AIM. Mai, 435.
- — Séparation magnétique des minerais de
- de fer en Suède (Patterson). Eam. 11 Mai, 889.
- — Procédé au vide Elmore. Eam. 11 Mai,
- 908.
- Roulage. Conveyeurs pour fronts de taille. Eam. 18 Mai, 958.
- — Revêtement en béton armé aux mines
- de Béthune. Gc. 8 Juin, 97.
- Sondages. Photographie des trous de {AL-wood). Eam: 18 Mai, 944.
- Tourbe. Son utilisation. E. 17 Mai, 650.
- Roches vertes (les). (Chalon). Ru. Avril, 1. Tungstène. Dépôt de Boulder County, Colorado. Eam. 18 Mai, 951.
- Yunnan méridional. Géologie et mines de la région entre Lao Kay et Yunnan Sen (Lantenois). AM. Mars, 300.
- Le Gérant: G. Richard.
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-
- 106e ANNÉE.
- JUILLET 1907.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ Rapport fait par M. Lafosse, au nom de la Commission des Fonds,
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1906
- Messieurs,
- J’ai rhonneur de vous présenter, au nom de la Commission des Fonds, conformément à l’article 31 de nos Statuts, le résumé des comptes de l’exercice 1906.
- lre PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR
- 1° Souscription du Ministère de l’Agriculture. . . . Mémoire.
- 2° Cotisations des membres de la Société (613 cotisations à 36 francs).......... 22 068 »
- 3° Abonnement au Bulletin de la Société......... 5 148 »
- 4° Produit de la vente au numéro du Bulletin de la Société....................... 843,23
- 3° Locations diverses. . 10 822,63
- 6° Intérêts des sommes déposées au Crédit Foncier. 121,74
- A reporter. . . 39 003,64
- DEBIT
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses......... 3 352, 75
- 2° Bulletin : frais de rédaction, d’impression et d’expédition................... 32 531,30
- 3° Impressions diverses:
- Annuaire, Comptes rendus. . 2 831 »
- 4° Bibliothèque : traitement des agents, acquisitions, abonnements,reliures,
- fiches. . . . ’............ 6 758, 25'
- 5° Agence et Économat : traitement des agents et employés, frais divers. . . 16 658,25
- 6° Jetons de présence. . 4 850 »
- A reporter. . .
- Tome 109.
- Juillet 1907.
- 66 981,55. 55
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-
-
- 828
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JUILLET 1907.
- AVOIR
- Itepo'rl............ 39 003,64
- 7° Arrérages de rentes :
- 3 p. 100. ................. 60 635 »
- 8° Divers................ 1155 »
- DÉBIT
- Report............. 66 981,55
- 7° Hôtel de la Société :
- A. Aménagement, entretien,
- réparations. 10 013,55
- B. Mobilier. . . 624,40
- C. Chauffage, éclairage et > 20 571,35
- eau..... 5 061,65 1
- D. Contributions, assurances !
- et divers. . 4 871,75 /
- 8° Expériences, conférences. . .............. 14176,45
- 9° Allocation pour le fonds de réserve. . . . 1 500 »
- 10° Pensions............ 3 400 »
- 11° Divers.............. 330, 65
- Les dépenses s’élèvent à.......................
- 100 813,64 106 960 »
- Il ressort un excédent de dépenses sur les recettes. :................ 6 146,36
- 106 960 »
- Nos recettes de 1906 sont inférieures de 5 094 fr. 25 à celles de l’année précédente qui s’élevaient à 105 907 fr. 89 ; mais il y a lieu d’observer qu’en 1905 nos fonds généraux avaient bénéficié d’une ressource exceptionnelle provenant de la remise gracieuse faite par la Société de Métallurgie d’une somme de 3000 francs sur les subventions précédemment accordées par notre Société. D’autre part la souscription de 1 700 francs, que nous accorde habituellement le Département de l’Agriculture n’a pu, par suile d’un malentendu, être accordée en 1906, mais il est à prévoir qu’une allocation plus forte, donnée en 1907, tiendra compte de cette omission. Nos ressources normales sont donc restées sensiblement les mêmes qu’en 1905. Nous avons cependant le regret de constater un nouvel abaissement du nombre de nos sociétaires qui, de 633, à la fin de 1905, se trouve actuellement réduit à 613.
- Nos dépenses, qui étaient de 106624 fr. 75 en 1904, étaient descendues, en 1905, à 96 171 fr. 01 ; elles se sont accrues de 10799 fr. 09 cette année et atteignent de nouveau à peu près le chiffre de 1904. L’augmentation porte sur l’entretien de l’hôtel, spécialement pour la réfection de la toiture. La somme affectée aux expériences et conférences a été relevée de 7 685 fr. 25 en 1905 à 14176 fr. 45 en 1906.
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-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. — JUILLET 1907. 829
- Les dépenses de l’exercice dépassent donc les recettes de 6146 fr. 36; cet excédent a été comblé grâce à un prélèvement sur le fonds de réserve, qui se trouve actuellement réduit à 5 534 fr. 51.
- *e PARTIE
- FONDATIONS, DONS ET COMPTES SPÉCIAUX
- 1° Fonds de réserve de la Société.
- La création d’un fonds de réserve a été décidée par le Conseil d’administration dans sa séance du 2 mars 1901. Constitué au moyen des sommes précédemment affectées au Grand Prix de la Société, qui a été supprimé, il est alimenté par le prélèvement d’une annuité de 1500 francs sur les fonds généraux. En outre, le solde créditeur des fonds généraux de l’exercice 1905, qui s’élevait à 9 736 fr. 88, a été reporté au fonds de réserve.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1905............. . . 10180,87
- Annuité versée par les fonds généraux............. 1 500,00
- 11680,87
- Prélèvement du solde débiteur des fonds généraux. .
- 6146,36
- Excédent des recettes sur les dépenses : 5 534 fr. 51.
- 2° Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Une somme de 100 000 francs prélevée sur les legs du comte et de la comtesse Jollivet, doit, aux termes d’une délibération du Conseil d’administration, en date du 9 juillet 1882, être réservée et immobilisée en rentes sur. l’État 3 p. 100, les arrérages devant être capitalisés pendant 50 ans. A l’expiration de cette période, le chiffre de cette capitalisation sera mis à la disposition de la Société et la somme de 100 000 francs immobilisée continuera à être affectée à des capitalisations identiques.
- La première période de 50 ans expire en 1933.
- Capital au 31 décembre 1905 : 7 740 francs de rente 3 p. 100,
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-
-
- 830
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- AVOIR
- Arrérages
- DÉBIT
- 7 778, 25
- Solde débiteur au 31 décembre 1905. . ..............
- Achat de 51 francs de rente 3 p. 100..............
- 56,95 1 681,05
- 1 738,05
- Excédent des recettes sur les dépenses : 6 040 fr. 20.
- Le capital de cette fondation se trouve porté à 7 701 francs de rente 3 p. 100.
- 3° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But : récompenser tous les six ans, par un prix de 12000 francs,l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France n’aurait point encore atteint la supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant au prix des objets fabriqués.
- Legs primitif : 40 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 2 000 francs.
- Le prix a été décerné en 1904.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1905................ 2 000 »
- Arrérages.............. 2 000 »
- 4 000 »
- Néant.
- DEBIT
- Reste 4 000 francs dans la caisse de la Société.
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1906 s’élèvent à 6449 fr. 29, versés à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- 4° Legs Bapst.
- Legs primitif : 2160 francs de rente 3 p. 100, applicable jusqu’à concurrence de 1 565 fr. 20 (lre Fondation) à des secours en faveur d’inventeurs . malheureux et destiné, pour le surplus, soit 594 fr. 80 (2e Fondation) à favoriser les découvertes.
- lr.e Fondation. — But : venir en aide aux inventeurs malheureux.
- Capital : un titre de 1565 fr. 20 de rente 3 p. 100. Le capital primitif n’a subi aucun'accroissement.
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- 831
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1905 . Arrérages. . .
- 1 099,50 Secours et annuités de
- 1 565, 20 brevets..................... 1 850 »
- 2 664 70
- Reste disponible dans la caisse de la Société : 814 fr. 70.
- 2e Fondation. — But : aider les inventeurs dans leurs travaux et recherches.
- Capital : La fondation primitive (594 fr. 80 de rente) ne pouvant remplir qu’imparfaitement le but du légataire, le Conseil d’Administration a décidé d’en capitaliser les revenus jusqu’à ce qu’elle ait atteint le chiffre de 1800 francs de rente. — Le capital est actuellement représenté par un titre de 3 094 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Solde de 1905.......... 1 641,65
- Arrérages.............. 3 094,80
- Annulation d’une subvention accordée antérieurement...................... 1 000 »
- 5 736, 45
- DÉBIT
- Allocations à titre de secours, subventions ou en-
- couragements............. 3 500 »
- Annuités de brevets. . . 585 »
- 4 085 »
- Reste en recette, pour cette année, 1 651 fr. 45 dans la caisse de la Société.
- 5° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Legs primitif : 10 000 francs.
- Capital : 1 036 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905............ 1 758,15 Annuités de brevets. . . 2 080 »
- Arrérages................ 1 036 »
- 2 974, 15
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 714 fr. 15.
- 6° Fondation de la princesse G-alitzine.
- But : servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des Arts économiques.
- Legs primitif : 2 000 francs.
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-
- 832
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JUILLET 1907.
- Cette fondation n’ayant pas encore reçu d’application, les intérêts s’en sont capitalisés.
- Capital actuel : 20 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1905........... 1 054,51
- Arrérages................ 288 »
- Remboursement d’une obligation Est................. 490,70
- 1 833,21
- Achat d’une obligation Est. . 445, 80
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 1 387 fr. 41.
- 7° Fondation Carré.
- But : analogue à celui de la fondation précédente.
- Legs primitif : 1000 francs.
- Jusqu’ici les intérêts ont été capitalisés en attendant une destination spéciale.
- Capital actuel : 8 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOTR DÉBIT
- Solde de 1905 ............ 432, 81 Néant.
- Arrérages.................115,20
- 548, 01
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 548 fr. 01.
- 8° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux ayant
- rendu des services appréciés dans l’in Legs primitif : 5143 francs. Capital actuel : 37 obligations 3 p
- Midi.
- AVOIR
- Solde de 1905. ......... 273, 61
- Arrérages............... 734,40
- Remboursement de deux obligations................ 982,95
- 1 990,96
- Reste en recette dans la caisse de la
- dustrie des cuirs.
- 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du
- DÉBIT
- Subventions diverses.. . . 600 »
- Achat de deux obligations Est........................ 891,40
- 1491,40
- Société : 499 fr. 56.
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-
-
-
- JUILLET 1907.
- 833
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. -----
- 9° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Même but que la précédente, à part la différence des industries. Legs primitif : 25 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 81 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1905............2 386,85
- Arrérages................ 1166,40
- Remboursement d’une obligation....................... 492 »
- 4 045,25
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 2 999 fr. 45.
- DEBIT
- Secours divers............ 600 »
- Achat d’une obligation Est. 445,80
- 1 045,80
- 10° Fondation Christofle et Bouilhet.
- But : venir en aide à des artistes industriels malheureux. Legs primitif : 21 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 30 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1905. Arrérages. . .
- 116,34. 432 »
- DEBIT
- Secours et annuité de brevet.
- 250
- 548,34
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 298 fr. 34.
- 11° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- But: secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession.
- Legs primitif : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 50 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1905............ 1 638,95
- Arrérages................ 720 »
- DEBIT
- Néant.
- 2 358,95
- Reste en recette, dans la caisse de la Société : 2 358 fr. 95.
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- 834 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ JUILLET 1907.
- 12° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- Legs primitif : 1 100 francs.
- Capital actuel : 11 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905............ 618,70 Secours divers. . ..... 300 »
- Arrérages................ 158,40
- 777, 10
- Reste en recette pour cette année, dans la caisse de la Société : 477 fr. 10.
- 13° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade • (industrie des produits chimiques).
- But : créer un prix annuel de 1 000 francs pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- Capital : 1 titre de 1 000 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Arrérages................ 1 000 » Prix décerné en 1906 . . 1 000 »
- 14° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- Legs primitif : 1 455 francs.
- Capital actuel : 12 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1905. . . . Arrérages..........
- DÉBIT
- 709,76 Subventions diverses. 220,80
- 930,56
- 300 »
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 630 fr. 56.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- 835
- 15° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- (Fondation faite sur l’initiative de M. Roy.)
- But: encourager les développements et les progrès de l’industrie cotonnière en France et dans les colonies françaises.
- Legs primitif : 13169 fr. 85.
- Capital actuel : 43 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Coupons des obligations de l’Est.....................
- 619,20
- Solde en dépense de 1905. 489,47
- Allocation d’une subvention........................... 1 000 »
- 1 489, 47
- Excédent des dépenses sur les recettes : 870 fr. 27.
- En dépota la Caisse des Dépôts et Consignations : 2 651 fr. 93.
- 16° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- (Fondation faite sur l’initiative de M. Elphège Baude.)
- But : décerner tous les cinq ans un prix à l’auteur des perfectionnements les plus importants au matériel ou aux procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- Legs primitif : 2315 fr. 75.
- Capital actuel : 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le-prix n’a pas été décerné depuis 1890.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905............. 860, 35 Néant.
- Arrérages................. 244, 80
- 1105,15
- Beste en recette dans la caisse de la Société : 1105 fr. 15.
- 17° Legs G-iffard.
- But : la moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6 000 francs pour services signalés rendus à l’industrie française ; l’autre moitié, à distribuer des secours.
- Legs primitif : 50 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 1 949 francs.
- Le prix a été décerné en 1896.
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- 836
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ JUILLET 1907.
- AVOIR
- Arrérages ....... 1 949
- DÉBIT
- Solde en dépenses de
- 1905 ........................... 3 571 »
- Allocation de secours. . S 000 »
- - 5 571 »
- Excédent des dépenses sur les recettes : 3622 fr.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 3 961 fr. 68
- 18° Fondation Meynot.
- But : créer un prix biennal destiné à récompenser les inventions, progrès et perfectionnements intéressant la moyenne et la petite culture.
- Legs primitif : 20000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs.
- Capital actuel : un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs et 20 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905......... 1 536,84 Néant.
- Arrérages. ........... 1 018 »
- 2 554, 84
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 2 554 fr. 84.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 4 815 fr. 48.
- 19° Fondation Melsens.
- But : création d’un prix triennal de 500 francs pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- Legs primitif: 5 000 francs, représentés par 13 obligations 3 p. 100 de l’Est. Capital actuel : 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le prix n’a pas été décerné depuis 1899.
- AVOIR
- Solde de 1905. . . . Arrérages..........
- DÉBIT
- 697, 35 Néant.
- 216 »
- 913, 35
- Reste dans la caisse de la Société : 913 fr. 35.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIETE. ----- JUILLET 1901
- 837
- 20° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- (Fondation faite sur l’initiative du baron Thénard.)
- But : création d’un prix à décerner à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans le matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 6 326fr. 14.
- Capital actuel : 24 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- . AVOIR
- Arrérages................. 345,60
- DÉBIT
- Solde en dépenses de 1905.
- 3 952,55-
- Excédent des dépenses sur les recettes : 3606 fr. 95.
- 21° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- (Fondation faite sur l’initiative de M. Aimé Girard.)
- But : création d’un prix triennal de 1 000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel' ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 9 846 fr. 75, représentés par un titre de 335 francs de rente 3 p. 100 qui constitue le capital actuel de cette fondation.
- Un prix a été décerné en 1902.
- AVOIR
- Solde de 1905. Arrérages .
- 1 369,90 335 »
- DEBIT
- Allocation
- 300
- 1 704, 90
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 1 404 fr. 90.
- 22° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- But : création d’un prix.
- Don primitif : 2 556 fr. 30.
- Capital actuel : 8 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- La fondation est restée sans emploi en 1906.
- AVOIR
- DEBIT
- Solde de 1905 Arrérages . .
- 607,98 115,20
- Néant.
- 723,18
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 723 fr. 18.
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- 838
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ----- JUILLET 1907.
- 23° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- But : secourir des ouvriers malheureux appartenant à cette industrie. Don primitif: 400 francs.
- Capital actuel : 1 obligation 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905.......... 195,37 Néant.
- Arrérages ....... 14, 40
- 209777
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 209 fr. 77.
- 24° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- But : création d’un prix.
- Don primitif: 3869 fr. 85.
- Capital actuel : 12 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1905 Arrérages . .
- 526.79
- 172.80
- DÉBIT
- Néant.
- 699,59
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 699 fr. 59.
- 25° Fondation de Salverte.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des Beaux-Arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 francs à un ouvrier français appartenant à la corporation du bâtiment, habile, âgé de 60 ans au moins, père d’une famille nombreuse qu’il aurait bien élevée.
- Don primitif : 1 000 francs, qui ont été employés à l’achat de 29 francs de rente 3 p. 100.
- La fondation remonte à 1896 et le prix n’a pas encore été décerné.
- AVOIR
- Solde de 1905 Arrérages. .
- 271, 35 29 »
- 300,35
- DÉBIT
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 300 fr. 35.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- 839
- 26° Fondation des exposants de la classe 75 à l’Exposition universelle de 1889
- (viticulture).
- But : prix à décerner à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne: l’altise ou la cochylis.
- Don : 1000 francs.
- En dépôt à la Caisse des Dépôts et Consignations : 1140 fr. 05.
- 27° Fondation des exposants de la classe 64 à l’Exposition universelle de 1900
- (métallurgie).
- But : subventionner des travaux et recherches intéressant la métallurgie.
- Don : 5560 francs versés en 1901 et 1902.
- La fondation est restée sans emploi en 1906.
- Il reste actuellement dans la caisse de la Société : 1 058 francs.
- 28° Fondation des exposants de la classe 38 à l’Exposition universelle de 1900.
- But : recherches agricoles.
- Don : 2 400 francs versés en 1902.
- La fondation est restée sans emploi en 1906.
- Il reste actuellement dans la caisse de la Société : 254 fr. 50.
- 29° Souscriptions perpétuelles et à vie.
- Aucun versement n’a été fait en 1906.
- Le solde débiteur du compte est actuellement de : 454 fr. 79.
- Le capital constitué par les souscriptions perpétuelles et à vie comprend 2 702 francs de reiîte 3 p. 100.
- 30° Fondation André Massion.
- Voulant perpétuer la mémoire de son fils, ingénieur mécanicien, M. Massion, notaire à Paris, a fait donation en 1903, à la Société, d’une somme de 30 000 francs.
- But : le revenu de cette somme devra être appliqué à encourager des recherches « en vue de la construction d’un moteur à puissance spécifique très élevée sous le poids minimum ».
- Capital : les 30 000 francs versés en 1903 ont été employés à l’achat de 64 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
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-
-
- 840
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- AVOIR
- Solde de 1905............ 2 130,50
- Arrérages................ 921,60
- 3 052,20
- Reste en caisse : 2 932 fr. 20.
- DÉBIT
- Subvention. . . .
- 120
- 31° Donation Lamy.
- But : encouragements à l’industrie nationale.
- Don : 1 000 francs employés à l’achat d’une inscription de rente de 30 francs.
- AVOIR
- Solde de 1905 Arrérages.. .
- 90 » 30 »
- 120 »
- Néant.
- DÉBIT
- Reste en caisse : 120 francs.
- 32° Fondation Gilbert.
- But : M. Gilbert, fabricant de crayons à Givet, a légué à la Société d’Encouragement une somme de 20 000 francs « pour être employée de la façon que la Société jugera la plus favorable à encourager l’industrie française ».
- Les 20 000 francs versés en 1904 ont été employés à l’achat d’une inscription de rente de 611 francs.
- AVOIR
- Solde de 1905. Arrérages. . .
- 1 057,20 611 »
- DEBIT
- Néant.
- 1 668,20 I
- Reste en caisse : 1668 fr. 20.
- 33° Recherches sur la fragilité des aciers.
- But : impression de travaux relatant des expériences déjà faites ou à faire sur la fragilité des aciers.
- AVOIR
- Solde de 1905 . . Vente de volumes,
- 1071 »
- 620 »
- 1 691 »
- DEBIT
- Néant.
- Reste en caisse : 1 691 francs.
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1907.
- 841
- 34° Donation Osmond.
- But : recherches concernant la métallurgie.
- Don : 4 600 francs versés en 1903.
- avoir débit
- Solde de 1905. ..... 1 000 » Subventions................... 1 000 »
- Reste en caisse : Néant. — Cette fondation a cessé d’exister.
- 35° Dons spéciaux.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1905........... 763 » Secours...................... 260 »
- En caisse : 503 francs.
- Le bilan de notre Société, arrêté au 31 décembre 1906, est annexé à notre rapport.
- Votre Commission a constaté l’exactitude et la parfaite régularité des comptes que nous venons de vous présenter et vous propose de les approuver.
- Notre Société a été douloureusement éprouvée, au cours du mois dernier, par la mort d’hommes éminents, qui étaient son honneur et contribuaient à sa prospérité et à sa force. Il est une perte qui a plus particulièrement atteint votre Commission des fonds : M. Goupil de Préfeln, notre cher trésorier, est décédé au commencement de l’année 1907.
- Succédant à un membre de sa famille, qui pendant près de quarante ans avait géré nos finances de la façon la plus entendue, M. Goupil de Préfeln nous a donné, pendant une période d’aussi longue durée, des preuves de son inlassable dévouement et de sa rare compétence ; il nous a consacré, avec le plus absolu désintéressement, son temps et son labeur et, jusqu’à un deuil récent, il a voulu conserver ses fonctions de trésorier.
- Nous garderons le souvenir le plus affectueux de ce collègue si dévoué, toujours si courtois et si bienveillant, dont les services ont été si profitables aux intérêts de notre Société.
- Nous tenons à saluer, d’une bienvenue des plus cordiales, son distingué successeur, M. l’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Alby, qui a bien voulu accepter la tâche de la trésorerie de notre Société. Ses hautes qualités et ses services nous sont un sûr garant que la gestion de nos finances ne pouvait passer en de meilleures mains.
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-
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- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1906
- ACTIF
- PASSIF
- Immeuble de la Société................
- Portefeuille de la Société . ........
- 600.000 » 2.124.304,56
- 2.724.304,56
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la Société. 2.724.304,56 Valeurs des fondations.................................... 912.685,89
- Portefeuille des fondations..................... 649.908 05 ) Q.0 s» qq
- Portefeuille du fonds d’accroissement........... 262." 777*84 ( 912.68a,89
- Caisse, Banquiehs :
- Compagnie algérienne...............
- Caisse des Dépôts et Consignations
- Caisse du Siège social.............
- Caisse du Trésorier................
- 25.785,30
- 19.018,43
- 6.428,33
- 24.911,78
- 75.143,84
- Débiteurs divers................
- Solde débiteur des comptes :
- Fondation Roy...................
- — Gilfard...............
- — Savalle...............
- Souscriptions perpétuelles et à vie
- 1.856,60
- 870,27 3.622 » 3.606,95 454.79
- 10.410,61
- Sommes provenant des fondations, classes et comptes spéciaux versées dans la Caisse de la Société, qui en est débitrice.
- Jollivet.........'................................ 6.040,20
- Argenteuil.......................................... 4.000 »
- Bapst (A.)............................................ 814,70
- Dapst (J.).......................................... 1.651,45
- Christofle............................................ 714,15
- Galitzine........................................... 1.387,41
- Carré................................................. 548,01
- Fauler........................... ’............... 499,56
- Legrand............................................. 2.999,45
- Christofle et Bouilhet................................ 298,34
- De Milly............................................ 2.358,95
- Baccarat.............:............................ 477,10
- Menier............................................... 630,56
- Baude (classe 65. Exposition 1867;................. 1.105,15
- Meynot............................................. 2 554,84
- Melsens............................................... 913,35
- Parmentier....................................... 1.404,90
- Classe 51 (1889)..................................... 723,18
- — 21 (1889)...................................... 209,77
- — 63 (1889)...................................... 699,59
- De Salverté... ;.................................. 300,35
- Classe 64 (1900).................................... 1.058 »
- — 38 (1900)...................................... 254,50
- Massion............................................. 2.932,20
- Lamy................................................. 180 »
- Gilbert.............................•............. 398,20
- 35.093,91
- Réserves provenant des fondations, dons et comptes spéciaux, versées à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Prix d’Argenteuil.................................... 6.449,29 j
- Prix de la Classe 27 (1867)........................... 2.651,93 /
- Prix Gilfard.......................................... 4.815,48 V
- Prix Meynot........................................... 3.961,68 (
- Classe 75 (1889)...................................... 1.140,05
- Réserve de la Société
- 19.018,43
- 5.534,51
- Réserve table décennale
- Dons spéciaux........
- Subventions à régler. . Fragilité des aciers.. . Créanciers divers. . . .
- 900 ».
- 503 »>
- 2.300 »» 26.907,60
- 1.691 » (
- 21.513,60 ]
- Total du passif.
- 3.723.544,90
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-
-
-
- Rapport présenté par M. Victor Legrand, au nom des Censeurs, sur les comptes de l’année 1906.
- Messieurs,
- Les comptes de l’année 1906 vous ont été présentés par M. Lafosse, comme il en est coutumier, avec une parfaite exactitude et une clarté remarquable ; nous ne pouvons que les approuver et remercier leur auteur.
- Les excédents de dépenses qu’il nous a signalés proviennent de réparations urgentes et importantes, qu’il a fallu faire pour le renouvellement de la couverture de notre hôtel, et qu’il eût été dangereux de différer plus longtemps, ainsi que de l’édition d’un important ouvrage sur les argiles et la céramique ; d’autre part, une subvention sur laquelle nous comptions nous a fait défaut, sans que nous ayons, pour cela, refusé notre concours aux recherches auxquelles elle était destinée. Ce sont là des causes accidentelles, et dont nous n’avons pas à craindre le retour. .
- Il n’en est malheureusement pas de même de la diminution du nombre de nos membres, nombre qui devrait, au contraire, s’accroître en raison des services que notre Société ne cesse de rendre à l’industrie, de l’intérêt de nos séances et de notre Bulletin. Nous ne saurions trop engager nos collègues et les membres de notre Société à se préoccuper de cette situation anormale et à s’efforcer d’y remédier par une propagande de recrutement aussi active que possible.
- Vos censeurs s’associent de tout cœur au témoignage rendu par M. Lafosse à la mémoire de M. de Préfeln, dont le souvenir ne se perdra jamais parmi nous, et ils souhaitent aussi la bienvenue la plus cordiale à son successeur M. Alby.
- Nous vous proposons, Messieurs, d’approuver les comptes tels qu’ils vous sont présentés, pour l’année 1906.
- Signé : Victor Legrand, censeur.
- Lu et approuvé en séance, le $8 Juin 1907.'
- Tome 109.
- Juillet 1907.
- 56
- p.843 - vue 844/1523
-
-
-
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, par M. E. Sauvage,
- SUR UN APPAREIL D’ARRÊT A DISTANCE DES MOTEURS, de M. Dubois.
- M. A. Dubois, chef du matériel des établissements Leclercq-Dupire, à Watrelos (Nord), a présenté à la Société un dispositif pour arrêt à distance des moteurs à vapeur dénommé électro-seciiritas. Ce dispositif a été adapté au moteur de cet établissement.
- L’appareil comprend (fig. 1) un solénoïde avec noyau plongeur à longue course, placé verticalement : un contrepoids [f) maintient le noyau relevé pendant la marche de la machine. L’abaissement du noyau, produit par l’envoi d’un courant électrique convenable, interrompt l’admission de vapeur au moteur et,'en même temps, pour les machines à condensation, ouvre une soupape de rentrée d’air dans le condenseur. Un verrou à ressort (v) maintient le noyau en bas de sa course lorsqu’il a fonctionné ; pour la remise en marche de la machine, on agit sur ce verrou afin que le contrepoids ramène le noyau à sa position supérieure.
- Dans l’application faite aux établissements Leclercq-Dupire, le moteur étant une machine Corliss construite par Dujardin, le noyau agit sur la commande des obturateurs d’admission de manière à supprimer l’ouverture des lumières. La soupape dé rentrée d’air (fig. 2) ouvre vers l’intérieur : le ressort (o) est assez puissant pour équilibrer la pression atmosphérique. Pour l’ouverture, la tige de cette soupape est poussée par une came H (fig. 1), dont le tracé est combiné pour que la force résistante croissante du ressort corresponde à l’effet variable du noyau. Cette soupape est assez grande pour que non seulement la rentrée d’air empêche toute arrivée d’eau au cylindre, mais pour qu’elle exerce une action résistante sur les pistons.
- Le courant électrique est fourni par une batterie d’accumulateurs : des commutateurs, qui permettent l’envoi du courant, sont installés en divers
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- Fig. 1. — Arrêt à distance Dubois.
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- points des ateliers. Il importe que la source d’électricité subsiste pendant l’arrêt du moteur : pour une réparation de transmissions, les ouvriers doivent avoir soin de faire fonctionner le mécanisme d’arrêt du moteur; si néanmoins le conducteur donnait le signal de mise en marche, ils répondraient en faisant fonctionner de nouveau ce mécanisme.
- Le courant nécessaire varie suivant les appareils à commander et la longueur de la ligne : dans l’espèce, un courant de 10 ampères sous 47 volts suffît.
- M. Dubois a ajouté à son appareil des mécanismes qui font fonctionner le déclenchement en cas d’arrêt ou d’emballement du régulateur, et aussi en cas de rupture d’un câble de transmission.
- L’appareil de M. A. Dubois est une application intéressante de principes déjà connus, qui paraît suffisamment simple et bien étudiée. Un entretien soigné et un emploi très fréquent sont indispensables pour qu’on puisse compter sur le fonctionnement en cas d’urgence. Une consigne régulièrement observée devra prescrire, par exemple, que l’arrêt de la machine se fera tous les jours par l’un des commutateurs placés dans les ateliers ; il est essentiel qu’aucun de ces commutateurs ne reste longtemps sans être essayé. Le verrou d’enclenchement du noyau devra être spécialement surveillé, puisque, dans le cas où il ne fonctionnerait pas bien, l’arrêt ne serait pas durable.
- Sous réserves de ces précautions, l’appareil de M. Dubois semble présenter le degré de sécurité qu’on peut espérer de l’emploi d’appareils non automatiques (les appareils automatiques devant produire l’arrêt en cas de dérangement).
- Aussi le Comité de Mécanique vous proposé de remercier cet inventeur de sa communication, et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 28 juin 1907.
- ‘ Signé: E. Sauvage, rapporteur.
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- PRÉAMBULE
- LE PROBLÈME DE L AVIATION ET SA SOLUTION PAR l’aÉROPLANE
- par M. J. Armengaud (1).
- Monsieur le président,
- Messieurs les membres du Conseil,
- Je n’ose vraiment avouer depuis combien de temps je suis membre de la Société d’Encouragement, dont je fais partie presque depuis ma sortie de l’École polytechnique, car, dans*un si long intervalle, j’aurais dû trouver l’occasion de parler dans ce milieu où les représentants les plus autorisés de la science et de l’industrie donnent la main aux plus simples artisans, aux plus modestes ouvriers pourvu que, par leurs travaux ou par leurs inventions, ils aient apporté leur contribution aussi faible qu’elle soit aux progrès de l’industrie. La Société a cependant, à diverses reprises, fait bon accueil à des communications que j’avais présentées ailleurs, notamment à la Société des ingénieurs civils sur diverses questions techniques, et elles ont été insérées dans les comptes rendus qui constituent aujourd’hui les annales les plus complètes des manifestations de notre activité nationale.
- Mesdames, Messieurs,
- Dès le lendemain de la guerre, après le siège de Paris, où les ballons avaient joué un si grand rôle, j’ai pensé, avec quelques amis qui avaient fondé la Société française de Navigation Aérienne, que l’aérostation était appelée à rendre d’importants services, non seulement dans l’art militaire, mais encore pour
- (1) Communication faite en séance le 1S mars 1907.
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- d’autres applications, si l’on parvenait à résoudre le problème capital qui se posait depuis tant d’années et, par là, je veux dire la direction des aérostats.
- On peut considérer ce problème comme résolu aujourd’hui, quoique non encore arrivé au degré de perfection désirable; et si ce résultat a été obtenu, c’est parce que l’on a réussi à résoudre un autre problème de mécanique, qui est la construction d’un moteur puissant et léger.
- COUP d’œil SUR LES ESSAIS DE DIRIGEABILITÉ DES BALLONS
- Si, en effet, les tentatives des devanciers de M. Santos-Diimont n’ont pas eu de suite, c’est certainement parce qu’ils ne disposaient pas, à leur époque, d’une force motrice suffisante par rapport au poids qu’il fallait soulever et déplacer dans l’air. Il est juste pourtant de rappeler aussi rapidement que possible les essais de ces hommes audacieux qui ont mis à bord de la nacelle d’un ballon une machine actionnant une hélice pour trouver dans l’air la propulsion nécessaire au mouvement dans une direction différente de celle du vent.-— Le premier qui ouvre la voie est Henri Gififard, le grand ingénieur, l’inventeur célèbre de l’injecteur qui, en 1852, fit une expérience de dirigeabilité en employant la vapeur comme agent de force motrice. Ce sont ensuite les frères Tissandier en 1883, avec un moteur électrique ; puis viennent, en 1884, MM. Renard et Krebs en puisant également l’énergie dans l’électricité; à eux appartient le mérite d’ètre revenus les premiers au point de départ. Pour mémoire, je cite l’essai fait en 1872 par M. Dupuy de Lomé, qui fait manœuvrer à bras une hélice propulsive.
- Ainsi que l’a dit le colonel Renard, dont M. Krebs était le collaborateur, le véritable précurseur de l’idée de la direction des ballons paraît être le général Meunier, tué au siège de Mayence et qui, étant encore lieutenant en 1785, avait conçu un projet de ballon dirigeable dont l’avancement devait s’effectuer à l’aide d’une hélice.
- Dans ces différent^ essais, on voit que c’est l’hélice qui est l’engin propulseur par excellence et c’est encore cet organe qui, avec le moteur, va continuer à jouer le rôle essentiel pour provoquer dans l’espace le déplacement-des ballons et des appareils volants.
- Le colonel Renard, dont nous regrettons la perte récente, partage donc avec le commandant Krebs, aujourd’hui directeur de la Société des Etablisse-, ments Panhard et Levassor, la gloire d’avoir réussi à diriger un aérostat dans des conditions telles qu’il a pii être ramené au point de départ.
- Pourquoi, après plusieurs ascensions que fît la même année avec le ballon « La France » le colonel Renard, et auxquelles participa le commandant Renard son frère, n’a-t-il pas recommencé, et répété ses essais de dirigeabilité? Il ne m’appartient pas d’en rechercher et d’en indiquer ici les causes. Je me bor-
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- nerai à dire que le savant ingénieur militaire pensait toujours à la même question puisque, jusqu’à la fin sa vie, il n’a cessé d’y travailler, s’ingéniant d’abord à perfectionner la production de l’électricité pour arriver à un générateur moins pesant, puis à combiner et expérimenter un système de chaudière à vapeur qui, sous un faible poids, permettrait d’alimenter un moteur de grande puissance.
- S’il n’y avait à redouter les dangers provenant du foyer qui serait formé de brûleurs à pétrole, et s’il ne fallait considérer le poids de l’eau à emporter, bien plus considérable que celui de l’hydrocarbure liquide, le moteur à vapeur, par sa souplesse, présenterait évidemment des avantages sur les moteurs à pétrole.
- RAPPEL DE L’ÉPREUVE DU PRIX DEUTSCII GAGNÉ PAR M. SANTOS-DUMONT.
- Le problème de la dirigeabilité, tenté infructueusement dix ans après par le comte Zeppelin, avait, vers le commencement du siècle, séduit l’imagination d’un jeune Brésilien dont le nom est dans toutes les bouches; j’ai nommé M. Santos-Dumont. C’est lui qui, après un certain nombre de tâtonnements suivis avec une ténacité et une persévérance incroyables, eut l’audace de mettre franchement à bord de la nacelle d’un aérostat de forme oblongue, et muni du ballonnet du général Meunier, un moteur à pétrole actionnant une hélice. On sait, qu’avec son aérostat n° 6, il remporta le prix fondé par M. Dcutsch de la Meurthe, dans un concours auquel il se présenta seul et dont le programme consistait, en partant des coteaux de Saint-Cloud, à se diriger vers la Tour Eiffel, à la doubler et à revenir au point de départ en une demi-heure. Je me rappelle encore l’émotion poignante qui m’a saisi lorsque je suivais, de la station des coteaux de Saint-Cloud, la marche du frêle esquif à travers l’espace, et quelle angoisse s’est emparée de moi, comme de tous les spectateurs, quand il a disparu derrière la Tour Eiffel contre laquelle un coup de vent a failli le briser. Ce fut un cri d’admiration qui sortit de toutes les poitrines quand nous vîmes arriver l’aérostat, après un laps de temps de 29/40,/, au zénith du point d’où il était parti, en touchant la terre avec le guide-rope.
- Comme il avait mis 40" environ pour atterrir, c’est-à-dire qu’il avait dépassé la demi-heure de 20", plusieurs membres de la commission d’aérostation scientifique contestèrent au hardi aéronaute qu’il eût bien rempli toutes les conditions du programme. Je fus parmi les assistants qui, interprètes de l’opinion publique, insistèrent énergiquement pour faire proclamer sa victoire.
- Sans diminuer en aucune façon le mérite qui revient à ceux qui montaient le ballon La France, qui ramenèrent, eux aussi, l’aérostat au point de départ, mais sans avoir à satisfaire à des conditions imposées antérieurement, j’ai pu
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- déclarer avec raison que, dans la circonstance spéciale du concours du prix Deutsch, où le but et la durée du parcours étaient assignés d’avance, M. S'anlos-Dumont avait bien maîtrisé l’espace et le temps.
- Depuis le 19 octobre 1901, qui marque cette date mémorable, M. Sanlos-Dumont a fait d’autres évolutions avec son dirigeable, mais sans améliorer sensiblement son appareil. En eiï’ot, il faut reconnaître, qu’au point de vue de l’agencement mécanique, et surtout sous le rapport de la stabilité, il y avait encore beaucoup à faire, et c’est ici qu’il faut payer un juste tribut d’éloges à M. Julliot, l’habile ingénieur, qui, sous l’impulsion et avec l’appui financier de MM. Lebaudy frères, a construit le ballon le Jaune, puis le ballon Patrie, remarquables par l’ingéniosité des dispositions techniques, comme par l’étude raisonnée des éléments qui rentrent dans leur construction, et notamment des plans de stabilisation assurant une certaine rigidité à la base du hallon.
- Il n’en restera pas moins acquis que c’est M. Santos-Dumont qui a réouvert la voie de la recherche de la dirigeabilité et, nouveau Sigurd, a réveillé, si je peux me permettre cette comparaison, cette Walkyrie qui dormait depuis seize ans dans le parc de Meudon, et l’a ranimée pour aller avec elle à la conquête de l’air.
- Grâce à l’obligeance de M. Gaumont qui, dans les applications du cinématographe perfectionné par lui, ne néglige pas celles qui ont un caractère scientifique, je vais faire dérouler devant vous une des sorties ascensionnelles d’un des aérostats dirigeables de M. Santos-Dumont, puis ensuite une manœuvre aérienne du ballon Pairie.
- COMMENT SE POSE LE PROBLÈME DE l’âVIATION
- L’aéronautique comprend deux branches principales : Vaérostation soit avec les ballons libres, soit avec les aérostats dirigeables, et l'aviation, du mot avis — oiseau — avec des appareils dits volateurs pouvant s’élever et se déplacer dans l’espace sans avoir recours à un gaz moins dense que l’air qui, d’après le principe d’Archimède, donne une poussée verticale détruisant l’effet de la pesanteur. Avec l’aviation, on doit réaliser ce qu’on appelle communément le plus lourd que l’air.
- C’est de cette seconde branche de l’aéronautique que je dois vous entretenir et si j’ai cru devoir effleurer la première, l’aérostation, c’est parce que, dans l’une comme dans l’autre, M. Santos-Dumont est encore celui qui a fait faire un pas décis.if vers la solution tant cherchée, en mettant à profit le même genre de moteur actionnant une hélice propulsive.
- M. Santos-Dumont, en effet, ne s’était pas endormi sur ses lauriers et, laissant de côté le ballon dirigeable, il était revenu au ballon libre pour prendre
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- part au concours de la Coupe Gordon Bennetft qui a eu lieu l’année dernière. Il avait adapté à sa nacelle un moteur avec deux hélices afin de pouvoir se maintenir plus longtemps sans perdre de lest. Malheureusement il n’a pas réussi, car un accident arrivé à son mécanisme l’obligea à atterrir sur la côte de Normandie, au moment où il allait traverser la Manche. Mais c’est le cas de dire qu’à quelque chose malheur est bon, puisque c’est à la suite de cet insuccès que M. Santos-Dumont, changeant son fusil d’épaule, a abandonné l’aérostation pour s'adonner à l’aviation où il vient du premier coup de triompher magistralement.
- DESCRIPTION DE l’aÉROPLANE DE M. SANTOS-DUMONT ET RÉCIT DE l’eXPÉRIENCE -DANS LE CONCOURS DE LA COUPE ARCIIDEACON
- Avant d’énumérer les résultats des essais auxquels s’est livré l’audacieux aviateur, car c’est maintenant le nom qui doit remplacer celui d’aéronaute, il convient de décrire l’appareil planeur qui lui a permis de s’élever du sol par ses propres moyens, à la manière de l’oiseau, c’est-à-dire en réalisant le principe du plus lourd que l’air. . . .
- Tous ceux qui me font l’honneur de rn’écouter ont certainement vu dans les journaux illustrés l’image du nouvel aéroplane, et peut-être même examiné les plans qui en ont été donnés dans les revues spéciales. Plutôt donc que de le représenter par un dessin, j’ai préféré vous le montrer avec ce modèle, qui est suspendu au plafond de cette salle et qui m’a été obligeamment prêté par la Société Antoinette, dans les ateliers cle laquelle a été construit le moteur.
- De tous les aéroplanes imaginés jusqu’à ce jour, c’est celui de M. Santos-Dumont qui peut le mieux être comparé à un oiseau, suivant la- description imagée qu’en a donnée la Revue de VAviation.
- Les ailes sont les deux sus tentateurs symétriques à deux plans parallèles, établis d’après le principe du cerf-volant inventé par l’ingénieur australien Har-grave. Ces deux ailes, vues par bout, forment un angle dièdre très ouvert et, au-dessous de l’arête commune, se trouve la nacelle figurant le corps de l’oiseau et portant le moteur dont l’arbre prolongé actionne l’hélice propulsive qui, si l’on veut, forme la queue de l’aéroplane. Devant le moteur, est le palier où se tient l’aviateur et, en avant, est adaptée une poutre effilée représentant le cou allongé de l’oiseau, dont la tête est remplacée par un caisson constituant un gouvernail cellulaire. Toute l’ossature est constituée par des tiges de bambou ou de bois léger et les plans du sustentateur sont maintenus à écartement par des cloisons verticales, le tout raidi au moyen de cordes de piano.
- L’hélice qui fournit la propulsion est à deux palettes ; elle a deux mètres de diamètre et un pas d’un mètre; elle fait environ 1 500 tours par minute, entraînée par un moteur à pétrole de 50 chevaux, dont les plans ont été dressés
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- par l’ingénieur Levavasseur. —D’après ce dernier, le poids spécifique du moteur par puissance de chevaine dépasserait pas lkil,500; mais il faut le considérer en ordre de marche, c’est-à-dire tenir compte du poids de l’arbre prolongé de l’hélice, du carburateur, de la magnéto d’allumage et des supports, soit 123 kilogrammes, ce qui correspond en réalité à 2kil,500 par cheval.
- La force de traction de l’hélice mesurée au point fixe est de 150 kilogrammes. Le poids total de l’aéroplane est de 300 kilogrammes, en y comprenant le poids du pilote aviateur. Celui-ci, debout dans son panier, commande par un volant les deux câbles, qui permettent de faire dévier soit dans un pian vertical, soit dans un plan horizontal le caisson gouvernail qui est, à cet effet, attaché à la poutre effilée par une articulation à la Cardan.
- C’est à partir du 10 septembre de l’année dernière queM. Santos-Dumont a commencé ses essais avec l’aéroplane. Pour démarrer l’appareil, il l’avait d’abord suspendu à un ballon flotteur, ‘ puis il l’avait fait glisser sur un câble au moyen d’une poulie. Mais il a préféré le transporter de son hangar jusqu’à la prairie de Bagatelle au moyen d’un chariot, sur lequel l’appareil reposait par deux roues de vélocipède. C’est sur les deux points de contact de ces roues que l’appareil est équilibré dans le plan vertical. Avant de le monter sur ces roues, on a équilibré l’appareil dans le sens transversal en le plaçant sur un pivot comme une balance.
- Il serait trop long d’énumérer par les détails les différents essais exécutés par M. Santos-Dumont; arrivons tout de suite au 23 octobre 1906, jour où M. Santos-Dumont parvint à effectuer une'véritable envolée d’environ 60 mètres, ce qui lui fit gagner la coupe fondée par M. Archdeacon.
- Pour ceux qui désirent connaître par le menu tous les détails des derniers essais de M. Santos-Dumont, je ne puis mieux faire que de les renvoyer à la Revue intitulée /’Aérophile, qui en a fait le récit très complet, dans le numéro de décembre dernier, sous le titre: « Nouveau triomphe de M. Santos-Dumont. »
- C’est le 12 novembre 1906 qui fut la journée la pins significative et qui, sous la réserve des expériences si mystérieuses des frères Wright, et sur lesquelles je reviendrai plus tard, doit marquer la date du premier vol artificiel à l’aide d’un appareil à moteur monté par un homme.
- Il y eut, dans cette journée, quatre envolées : deux le matin et deux dans l’après-midi, et c’est la dernière qui atteint un parcours de 220 mètres en 21" 1/5 . M. Cliavoutier, archiviste de la Société de Navigation Aérienne, qui a bien voulu m’assister, a eu la bonne fortune de voir de ses propres yeux planer l’appareil de M. Santos-Dumont. Lui qui a été l’élève, puis le collaborateur du célèbre Henri Giffard, et qui a fait un grand nombre d’ascensions avec dos ballons libres et en ballon captif, a été, plus que tout autre, impressionné quand il a vu s’élever de terre, puis planer dans l’espace un appareil plus lourd que
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- l’air. —Aurait-il pu, comme ses collègues membres depuis sa fondation, c’est-à-dire depuis près de quarante ans, de la Société de Navigation Aérienne, prévoir un pareil résultat, qui n’a été possible que parce que l’on peut disposer aujourd’hui d’une force motrice considérable sous un faible poids, grâce au perfectionnement du moteur à pétrole?
- L’appareil aéroplane no s’est pas élevé seulement du sol; il s’y est maintenu et a suivi son trajet en ligne droite, sauf une légère inflexion, mais toujours bien horizon tal, c’est-à-dire avec la stabili té qu’il avait lorsqu’il reposait sur ses deux roues et qu’il a conservée naturellement en se déplaçant dans l’air sous la poussée de l’hélice.
- Depuis le 12 novembre, M. Santos-Dumont n’a plus continué ses essais, ne trouvant pas à Bagatelle une étendue suffisante pour ses évolutions. C’est parce qu’il a craint de se heurter contre un bouquet d’arbres qu’il a coupé son allumage dans sa dernière envolée. Comme on no lui a pas permis d’évoluer dans le champ de courses du bois de Boulogne, il a dû rechercher un terrain plus vaste, et l’on sait que le Ministre de la Guerre l’a autorisé à disposer du. champ de manœuvres de Saint-Cyr, près duquel il a installé son hangar. On ne peut qu’applaudir à cette décision qui montre que quelquefois, en France, une administration peut n’être pas réfractaire au progrès.
- Dans l’allocution humoristique que M. Arçhdeacon, expérimentateur passionné pour l’aviation, prononçait au banquet offert par l’Aéro-Club à M. Santos-Dumont après sa victoire du 12 novembre, il s’exprimait ainsi en parlant de ce dernier :
- « Notfe ami ne s’est jamais piqué d’être ingénieur; c'est un homme qui veut ce qu’il veut, avec une ténacité sans seconde, jusqu’à ce qu’il ait réussi, et il a réussi. Et il ajoutait : « Oh! maintenant les imitateurs ne vont pas tarder à venir. Je parierais même volontiers que plusieurs d’entre eux déclareront que ce qu’a fait Santos-Dumont « n’était pas malin » et que si leurs nombreuses occupations le leur avaient permis, ils en auraient fait tout autant. Eh bien! noir, Messieurs, leur répondrais-je, que ne l’avez-vous fait ? »
- Oui, dirais-je à mon tour, pourquoi M. Santos-Dumont a-t-il réussi là où tant d’autres avaient échoué? J’en ai déjà indiqué la raison. Mais, pour bien se rendre compte du pas énorme que l’intrépide Brésilien a fait faire à l’aviation, il n’est pas inutile de jeter un regard rétrospectif vers le passé.
- APERÇU HISTORIQUE DES TENTATIVES DES PARTISANS DE l’aVIATION. PREMIERES ÉTUDES
- SUR LE'VOL DES OISEAUX
- Aussi loin que l’on remonte dans le cours des âges, on constate qu’une des idées qui ont le plus hanté le cerveau humain a été le désir de s’élever dans les
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- airs en imitant l’oiseau. Qui de nous n’a rêvé qu’il était soulevé et qu’il planait dans l’espace? Généralement on se réveille au moment où on retombe sur le sol.
- L’histoire a retenu un certain nombre de tentatives presque toutes malheureuses, faites par des imprudents dont l’ancêtre mythologique est Icare, le fils de Dédale. On sait, par le récit fameux des Métamorphoses d’Ovide, que c’est en voulant trop s’approcher du soleil, malgré les recommandations do son père, que l’infortuné Icare sentit fondre la cire qui attachait ses ailes et fut précipité dans la mer où il disparut. Trop souvent la chaleur solaire a fait éclater des ballons par suite de la dilatation brusque du gaz.
- Les Dieux de l’Olympe reposant sur les nuages, sortes de ballons à vapeur d’eau sans enveloppe, donnent l’image du plus léger que l’air, c’est-à-dire de l’aéro-station, tandis que Mercure, avec ses ailes aux pieds, symbolise l’aviation comme Icare, comme Eros lorsqu’il enlève Psyché, comme les anges et les archanges et aussi comme les chevaux ailés des Walkyries de la mythologie Scandinave.
- Dans l’antiquité, la fiction commence à se rapprocher de la réalité avec l’invention de la colombe en bois d’Achytas de Tarente et avec un essai de vol plané par Hanomann. Au moyen âge, on cite un assez grand nombre d’exemples d’hommes audacieux voulant renouveler la tentative d’Icare et qui, presque tous, sont victimes de leur témérité.
- C’est Léonard de Vinci qui semble le premier avoir fait une étude sérieuse du vol des oiseaux. Je me suis procuré récemment un fac-similé du manuscrit dans lequel cet homme de génie universel, à la fois physicien, chimiste, ingénieur, a analysé, d’une manière assez scientifique pour l’époque, tous les phénomènes du vol, en appuyant ses démonstrations de dessins dont le coup de crayon n’a pas lieu de nous surprendre de la part du grand artiste.
- Il serait injuste de ne pas citer l’ouvrage remarquable du Napolitain Bo-relli (De motu animalium) publié en 1680, et dont un livre entier est consacré au vol des oiseaux.
- Je ne fais qu’indiquer les fantaisies de Cyrano de Bergerac, rendu célébré par le beau drame de M. Bostand, les tentatives infructueuses du Père Barthélemy Lorenço, que le Brésil regarde comme le précurseur cleM. Santos-Dumont.
- Au xvme siècle, où les progrès des sciences montrent l’inanité des recherches faites par les hommes volants, les essais dans cette ordre d’idées tombent dans la caricature. C’est alors que surgit la célèbre découverte des frères Mont-golfier, qui excita un enthousiasme indescriptible chez leurs contemporains, mais que, dans une boutade, M. Nadar considéra plus tard comme un recul pour la solution du problème de la conquête de l’espace par le plus lourd que l’air.
- C’est grâce à un esprit éclairé et passionné pour cette question, M. le vicomte de Ponton d’Amécourt, dont le nom ne doit pas rester dans l’oubli sur-
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- tout aujourd’hui, que la recherche du problème par le plus lourd que l’air occupa do nouveau l’attention vers 1860. Sous sa direction, furent rédigés un certain nombre de mémoires sur la locomotion aérienne sans ballon, parmi lesquels je signalerai ceux de M. Landur, mathématicien distingué, de M. Paul de Morénas, de M. Liais, astronome, et enfin de M. Babinet, un des membres les plus illustres de l’Académie des Sciences, qui remplissait pour la dernière fois de mon temps les fonctions d’examinateur de sortie à l’École polytechnique. Les auteurs de ces mémoires démontrent d’une façon très claire la possibilité de résoudre le problème de l’aviation à la condition que l’on puisse disposer d’un moteur léger et puissant.
- ÉTUDES FAITES SOUS LA DIRECTION DE M. DE PONTON d’àMÉCOURT
- Dans la collection des anciens appareils de la Société de navigation aérienne, j’ai pris le petit modèle que vous avez devant vous et qui a été construit sur les indications de M. Babinet pour M. de Ponton d’Amécourt. Cet appareil se compose d’une petite machine à vapeur alimentée par une chaudière à serpentin que chauffe une lampe à alcool. La vapeur actionne le moteur composé de deux courts cylindres à piston communiquant un mouvement rotatif à un double arbre vertical muni de deux hélices tournant en sens contraire. Je doute que le poids de cet appareil par rapport au faible travail développé lui ait permis de s’élever. Il n’en reste pas moins un souvenir historique intéressant des conceptions mécaniques de cette époque.
- Je ne puis résister au plaisir de citer ici quelques passages du mémoire humoristique intitulé : « La conquête de l’air par l’hélice », exposé d’un système d’aviateur par M. le vicomte de Ronton d’Amécourt.
- «Je viens, écrit il au début de ce travail, réclamer une place dans le calendrier de M. Babinet et dire ce qui peut être fait, ce que j’ai fait et ce qui reste à faire pour résoudre complètement le problème de la navigation aérienne, dompter le vent, se faire un piédestal de l’élément qui produit l’ouragan, comme on s’est fait un manœuvre et un courrier de l’élément qui produit la foudre, étendre sur l’atmosphère la domination que l’homme exerce sur les continents et sur les mers, planer comme l’aigle, monter verticalement comme l’alouette, raser la terre comme l’hirondelle, dévorer l’espace comme le projectile avec 400 mètres de vitesse par seconde. »
- Plus loin : « Comment donc l’oiseau vole-t-il? En appuyant sur l’air ses ailes étendues. L’air est donc un point d’appui? Oui, un point d’appui fugitif, mais aussi réel que la matière solide, pourvu qu’on l’empêche de fuir ou qu’on l’atteigne avant qu’il s’échappe, un point d’appui élastique, et partant plus snr que la matière solide, puisqu’il n’offre pas le danger des chocs. »
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- Comparant ensuite les organes qui peuvent être employés po,ur agir sur l’air, il explique pourquoi on doit donner la préférence à l’hélice, de la manière suivante :
- « L’hélice agit en plongeant entièrement dans le lluido qui sert de point d’appui, ce que la roue à auhes ordinaire ne saurait faire. Elle agit sans intermittences, ce qu’on ne saurait obtenir d’ailes analogues à celles de l’oiseau; elle peut, dans toutes les parties do sa structure, contribuer à sa destination. Ces avantages nous portent à croire que c’est un des meilleurs organes que nous puissions employer. »
- Vous venez do voir le petit appareil à deux hélices que M. de Ponton d’Amécourt avait fait construire.
- Aujourd’hui, le pronostic de M. de Ponton d’Amécourt est justifié par l’aéroplane, tout au moins la démonstration est-elle faite : qu’un homme peut s’élever dans l’air avec un moteur convenable. Mais l’aéroplane doit-il être la meilleure formé des machines volantes?
- CLASSIFICATION DES APPAREILS D’AVIATION. RÉSUMÉ, PAR M. PÉNAUD,
- DES TRAVAUX ANTÉRIEURS
- On peut ranger en trois classes les volateurs, c’est-à-dire les machines qui doivent réaliser l’aviation : les orthoptères; les hélicoptères ; les aéroplanes.
- Los partisans des orthoptères cherchent, à l’instar des oiseaux, à se soutenir dans l’air par des ailes battantes. Je crois qu’ils font fausse route, car, pour la locomotion aérienne comme pour la locomotion terrestre, il ne faut pas copier servilement la nature ; le mouvement continu doit remplacer le mouvement alternatif : les voitures ont des roues et non des jambes.
- Pour les hélicoptères, dans lesquels on demande à l’hélice tournant sur un axe vertical de produire l’ascension avant la translation, je doute qu’ils puissent donner des résultats sérieux, malgré les persévérants essais faits par l’ingénieur Léger, avec l’appui de M. le prince de Monaco, tant qu’on n’aura pas trouvé l’hélice donnant un meilleur rendement.
- C’est donc à la classe des aéroplanes, comme vient de le prouver d’une façon si saisissante M. Santos-Dumont, qu’il faut donner la préférence pour les volateurs.
- . Dans les premières années de sa fondation, la Société française de navigation aérienne consacrait la plupart de ses séances à l’étude du vol des oiseaux, et des discussions s’élevaient entre les partisans des diverses classes de volateurs. Parmi ceux qui prônaient le planoment, était M. Pénaud qui, avec M. Hureau de Villeneuve, a obtenu un prix de l’Académie des Sciences pour son remarquable travail sur la théorie du vol. t
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- Dans la séance du 24 février 1874, à laquelle je me rappelle avoir assisté, M. Pénaud a fait un exposé magistral de la.question en résumant, comme rapporteur, les travaux présentés par différents membres dans l’année précédente, il commençait par tracer un historique rappelant que déjà en 1784 Huber, celui qui a étudié les mœurs des abeilles, et Dubochct, en 1864, avaient indiqué, qu’avant tout, le vol était un glissement et fait remarquer que l’oiseau s’envole tête au vent. M. Liais, contemporain de M. de Ponton d’Amécourt, avait indiqué de son côté combien on se trompait en assimilant la résistance de l’aile de l’oiseau dans un batiennent sur place à celle d’un plan choquant l’air normalement d’un mouvement uniforme et continu, et montré que, dans le premier cas, il y a une masse d’air considérable brusquement agitée, tandis, que, dans le deuxieme cas, c’est une masse d’air assez limitée déjà en action et dont il s’agit d’entretenir le mouvement.
- Il rappelle que M. Hauvel a mis en évidence les résultats très précis obtenus par Thibault sur le mouvement oblique des surfaces minces dans l’air, montrant la résistance considérable qu’elles éprouvent dans ce cas, et cite les chiffres et considérations de Morin, Didion, Poncelet, Ducbemin, etc., sur le mouvement accéléré, Ta résistance au départ et l’influence du mouvement circulaire. Il a fait voir, en les appliquant dans ses calculs, comment l’oiseau pouvait se soutenir avec des battements peu»nombreux et un travail restreint, et montré l’erreur de ceux qui ont voulu étudier le vol à l’aide de la résistance qu’un plan éprouve,.en se mouvant normalement dans l’air, d’une marche uniforme, erreur qui date de Lalande, et subsiste encore malheureusement, je le reconnais, dans quelques esprits peu au courant de la question, après avoir passé par NaAÛer, André, Landur (pourtant si lucide), P. Thomas, etc.
- Puisque j’ai évoqué le souvenir de M. Pénaud, que la mort a trop tôt ravi à la science de l’aéronautique, je crois devoir citer encore un passage d’un de ses mémoires, dans lequel, avec un talent de véritable poète, il a caractérisé les différentes formes du vol :
- « La plupart des observations sur le vol ont été faites simplement en regardant l’oiseau libre dans l’atmosphère. Cette méthode a de grandes qualités, mais elle a de grands défauts.
- « Elle permet de saisir des occasions uniques, de surprendre la nature sur le fait.
- « Ce n’est qu’en pleine campagne que l’on verra les carrières, les plongées et les ressources du pèlerin, l’épervier traversant un buisson, dont il ressort avec sa proie, la crécerelle fixée au sein des airs, le vol à voiles majestueux du vautour et de la buse, qui s’élèvent en décrivant des cercles. C’est autour des vieilles églises que l’on admirera, par un beau soir de juillet, le vol fulgurant des martinets, les ébats faciles du freux. C’est le long des falaises que l’oiseau
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- de mer nous étonnera par les courbes flexibles qu’il sait suivre sur ses ailes étroites, qu’il arque sous lui, et que passera devant nous, comme une flèche bizarre, le plongeon au corps fusiforme. C’est sur la lisière des bois que notre attention sera brusquement éveillée par le départ tumultueux du faisan et de la perdrix, par le sifflement de l’aile du ramier; au crépuscule, nous y verrons les hibous vaguer comme des ombres, tandis que le crapaud volant happe un insecte et que la chauve-souris nous frôle en voltigeant. Sur le bord des étangs c’est une bécassine qui s’enlève par saccades vigoureuses, un martin-pêcheur qui flle, un héron qui s’éloigne, paresseusement porté sur ses grandes ailes, ou traverse le ciel en croisant les oies au long cou, qui voyagent en bataille, et les bandes do corbeaux qui regagnent tranquillement leur futaie.
- « Ces études, ces spectacles me sont chers, je l’avoue. Que d’heureuses impressions resteront sur la rétine et dans le souvenir, que de grands aperçus naîtront, que de remarques l’on fera, surtout si l’on sait profiter des contrastes et des scintillements que le soleil, prêt à se coucher, produit souvent sur les plumes de l’oiseau et aussi sur les ailes des insectes. C’est ainsi qu’ont dû observer les Cayley, les Huber, les Audubon, les Dubochet, les Macgillivray, les Tessan, les Preschl, les Straus-Durckeim, les de Lucy, les d’Esterno, les Wenham, etc. »
- TRAITÉ DU DOCTEUR MAREY SUR LE VOL DES OISEAUX ET THÉORIES SUR. LE VOL PLANÉ PAR MM. DRZEWICKI, RENARD, VALL1ER, ETC.
- Dans son remarquable traité sur le vol des oiseaux, le savant docteur Marey, membre de l’Institut, que j’ai eu l’honneur de connaître, a poussé aussi loin que possible l’étucle du vol au double point de vue physiologique et dynamique. Il a très nettement distingué et analysé trois genres de vol : le vol ramé, c’est-à-dire à ailes battantes, le vol plané et le vol à la voile. Dans ces deux derniers vols, les ailes déployées ne bougent pas. Lu différence entre les deux vols réside en ce que, aans le premier cas, l’oiseau, en supposant qu’il se meuve dans un air calme, doit être animé d’une certaine vitesse, soit qu’il la produise par un effort musculaire, soit qu’il robtienne par la pesanteur en tombant d’une certaine hauteur. Dans le second cas : le vol à la voile, l’oiseau est entraîné comme les bateaux sous le vent, et ce sont des courants ascendants qui procurent à l’animal ailé le point d’appui et la propulsion. Il n’a donc aucun travail à faire, tandis que dans le vol ramé le battement des ailes exige une dépense relativement considérable de force masculaire.
- C’est le vol plané, préféré par un grand nombre d’oiseaux et particulièrement des mouettes et des goélands, qui doit surtout fixer notre attention, puisque c’est d’après le même principe que fonctionnent les appareils volateurs aéroplanes.
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- La théorie du vol plané a été plus récemment présentée d’une façon magistrale par M. Drzcwicki, et je recommande vivement la lecture de sa brochure publiée en 1890. Depuis, des travaux dignes d’attention ont été faits sur le même sujet par MM. les colonels Renard et Valider, M. Soreau, le capitaine Ferber, et, tout récemment, par le capitaine d’artillerie Lucas-Girardville.
- En particulier, le capitaine Ferber a publié dans la Revue d’Artillerie, sous le titre : « Les progrès do l’aviation par le vol plané » une série d’articles du plus vif intérêt par la forme quelque peu humoristique sous laquelle le sujet est traité. Je signalerai surtout celui intitulé : « Pas à pas, saut à saut, vol à vol. » C’est dans ce dernier que se trouvent exposées les célèbres tentatives de l’Allemand Lilienthal, qui, le premier, en se plaçant dans un appareil susten-tateur, parvint à se déplacer dans l’air en faisant des glissades d’une assez grande étendue. Comme le dit le capitaine Ferber, contrairement à tous les inventeurs de machines volantes compliquées, comportant un moteur qui ne les avait jamais enlevées, Lilienthal arriva à cette conclusion que la question de la stabilité était tout et qu’il fallait la résoudre avant d’adjoindre un moteur à l’appareil. Il échoua malheureusement dans une dernière expérience ; ayant mal calculé son essor et l’action du vent, il fit une chute qui lui coûta la vie.
- C’est peu de temps après, qu’en Amérique, des essais très sérieux de plane-ment et de glissades dans l’air ont été entrepris par différents expérimentateurs, principalement sous la direction de M. Chanute, ingénieur de Chicago. Ce dernier, parallèlement à l’astronome Langley, s’est occupé avec succès do tout ce qui concerne l’aéronautique. M. Chanute, qui est d’un âge aATancé, fit répéter les expériences de Lilienthal par ses assistants, MM. Hering et Avery, en se servant comme sustentateurs d’appareils à plans superposés inspirés du cerf-volant cellulaire inventé par MM. Hargrave, de Sydney.
- EXPÉRIENCES REMARQUABLES DE LILIENTHAL ET ESSAIS DES FRÈRES WRIGHT EN AMÉRIQUE
- Enfin, en 1900, on commença-^ parler des frères Wright qui, à Dayton (État de l’Ohio) , se livraient à des expériences qui ont eu un énorme retentissement. Dans leurs premiers essais, ils opéraient avec un appareil sans moteur, par la méthode Lilienthal, en se lançant d’un point élevé avec une certaine vitesse et en profitant d’un vent ascendant, prenant la position étendue ou couchée, au lieu de se suspendre verticalement comme l’infortuné aéronaute allemand. Ils n’effectuaient ainsi que des glissades de quelques dizaines de mètres. Mais un jour les journaux américains ont annoncé,'qu’ayant muni d’un moteur de 16 chevaux leur appareil pesant 338 kilogrammes et présentant une surface de Tome 109. — Juillet 1907. 57
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- sustentation de 50 mètres avec une envergure de 12 mètres, ils avaient réussi à faire un parcours dans l’air d’environ 50 kilomètres. Si l’on no devait pas se mettre en garde contrôles exagérations des journalistes yankees, c’est aux frères Wright incontestablement que reviendrait là gloire que nous accordons à M. Santos-Dumont, et c’est la date du 19 décembre 1903, et non celle du 11 novembre 1905, qui marquerait le jour mémorable où, pour la première fois, un homme s’est élevé avec une machine volante. Bien plus, ils détiendraient pmir longtemps le record du sport de l’aviation.
- Cette nouvelle a donc été considérée jusqu’ici comme un bluff américain, et ce qui tend à lui donner ce caractère, c’est que, depuis ce jour, jamais les frères Wright n’ont renouvelé leur expérience. Si leur appareil avait été détérioré ou môme détruit, ils auraient largement eu le temps, depuis deux ans, de le réparer ou d’en construire un autre. Leur inaction s’expliquerait par ce fait que leur réussite serait due plus à un secret qu’à une véritable invention susceptible d’être protégée par un brevet, et qu’ils ne veulent le dévoiler que contre la rémise d’une somme d’un million. D’autres personnes m’ont dit qu’ils avaient traité avec le gouvernement des Etats-Unis qui s’opposait à tout nouvel essai pouvant entraîner une divulgation de leur système.
- Quoi qu’il en soit, sans méconnaître l’importance des recherches des frères Wright, je conserverai jusqu’à nouvel ordre un doute et un scepticisme sur la nature des résultats obtenus. La valeur d’une découverte scientifique'ne réside pas tant dans le fait observé, ou dans le phénomène constaté, que dans la reproduction de ce phénomène, non pas une fois, mais plusieurs fois. C’est la persistance, la durabilité de la marche d’un appareil, qui est le critérium de la valeur d’une invention. Combien de fois m’a-t-on montré une machine à mouvement perpétuel qui ne tournait que pendant quelques minutes! Il est vrai que, la plupart du temps, l’inventeur me disait : Je l’empêche d’aller trop longtemps, car elle s’emballerait, et je n’ai pas encore trouvé le frein pour l’arrêter.
- COMPARAISON DE l’aÉROPLANE ET DU CERF-VOLANT
- Il n’y aurait pas d’oiseaux, que l’homme aurait pu avoir encore la conception de l’aviation ou de la locomotion dans l’air. L’idée lui en serait venue par les effets du vent, depuis le plus faible zéphyr qui soulève les poussières et les corps légers jusqu’aux cyclones qui terrassent les arbres, abattent les maisons, brisent les navires cf produisent des catastrophes épouvantables. Par les flèches, par le bomerang, par le cerf-volant, on se rend compte de Faction sus-tentatrice do l’air sur une surface mince.
- On trouvera la théorie du cerf-volant exposée d’une façon intéressante dans l’ouvrage de M. P. Lecornu, dont j’ai-parlé tout à l’heure. Dans un des pre-
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- miers chapitres, il donne une démonstration très élégante de M. Jules Pillet, un des membres distingués de votre Comité, qui a mis à profit son savoir en géométrie pour déterminer graphiquement la position que doit avoir le point d’attache de la corde pour obtenir la stabilité do l’appareil. JLa distance de ce point à celle du centre de pression doit être la moitié de la distance do celui-ci au centre de gravité. Celte même question a été traitée tout récemment par M. Magron, et oh lira avec intérêt sa démonstration dans le numéro de YAéronciute du mois de janvier 1907.
- Le cerf-volant se soutient dans l’espace de la composante verticale de la résistance de l’air qui est égale à son poids, lorsqu’il se déplace horizontalement, ou encore il y a équilibre entre le poids passant par le centre de gravité, la résistance de l’air exercée au centre de pression et la traction de la corde.
- L’oiseau, dans son vol, en s’inclinant dans un plan vertical ou simplement en déplaçant sa tête ou sa queue, fait varier la position du centre de pression par rapport au centre de gravité, et c’est ainsi qu’il peut monter, descendre, virer à droite ou à gauche et décrire ces orbes et ces courbes si gracieuses que nous admirons chez l’hirondelle.
- APPLICATION DES FORMULES . THÉORIQUES A L’AÉROPLANE ET A L’EXPÉRIENCE
- DE M. SANTOS-DUMONT
- Sans entrer dans des considérations mathématiques d’un ordre aussi élevé que celles du colonel Vallicr et du capitaine Ferber, on peut, à l’aide d’équations sommaires, établir les formules qui permettent de déterminer la force de propulsion et le travail nécessaire pour soulever et mouvoir l’aéroplane. Le tableau annexé (p. 862) donne les relations très simples qui permettent d’obtenir ces formules.
- On part de la résistance d’un plan mince ou carreau, que l’on déplace dans l’air normalement à la direction du mouvement. Tout le monde est d’accord pour reconnaître que la résistance est proportionnelle au carré de la vitesse et à la surface, le tout multiplié par un coefficient. Dès qu’on incline le plan mince, la résistance varie ; on a bataillé pendant plusieurs années pour savoir si la résistance était proportionnelle au sinus ou au carré du sinus de l’angle d’inclinaison. J’ai indiqué, sur ce tableau, les différentes formules qui résument cette loi de la résistance do l’air. À la suite de celle de Newtonrqui était partisan du sinus carré, vous trouverez celle de Duchemin, longtemps appliquée en balistique, puis celles du colonel Renard et de M. Soreau. Il y en a pour tous les goûts.
- Dans le cas de l’aéroplane, qui doit se déplacer avec un angle d’attaque
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- THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L'AEROPLANE
- LÉGENDE
- R — Résistance de l’air par mètre carré.
- S — Surface sustentatrice.
- F — Vitesse en supposant le déplacement horizontal et en air calme.
- i — Angle d’attaque.
- P — Poids à enlever et à propulser.
- f — Composante horizontale de la résistance ou effort de traction horizontale.
- P' — Composante verticale ou réaction constituant la sustentation égale à P.
- T — Travail élémentaire dans le cas du plan.
- c2f — Travail total.
- K — Coefficient de la résistance de l’air à la sustentation.
- LOI DES VARIATIONS
- DE LA RÉSISTANCE DE L’AIR SUIVANT L’ANGLE D’ATTAQUE i
- N i — Résistance du plan incliné suivant l’angle i.
- N90 — Résistance du plan perpendiculaire à l’avancement.
- Ni . . .
- N90 = sin21 (Newton et Euler).
- Ni
- N90 = sin 1 (Marey).
- Ni 2 tz sin i
- Noo 4 + % sin i (Rayleigh).
- Ni (4 + 7t) sin i (Gerlach).
- N90 4 + U sin i
- Ni 2 sin i
- (Duchemin).
- N90 1 + sin2 i
- Ni ...
- N90 = sin 1 (a—(a— 1) sin2 i) (Renard).
- N90 = sin i 1 + -. , . : l+tg2i
- Ni (Soreau).
- FORMULES
- CAS DU PLAN MINCE
- R =KSV2 (plan perpendiculaire à V).
- R =KSV2 sini (incliné sur V).
- P’ = R cos i = KS V2 sin i cos i.
- P’ (qui doit être égal à P = 1/2 KSV2 sin2 2 P • 4P2
- V2 = .
- V* = :
- ' KS sin 2 i K2 S2 sin2 2i
- f = R sin i — KSV2 sin2 i P2
- f = KSV2 cos2 i ~ P tg 1 T = f V = KSV3 sin2 i,
- KSV* sin2 i
- T =-
- T =
- V
- KS X 4 P2 sin2 i
- Donc T =;
- VK2 S2 sin2 2 i P2
- Sin2 2 i — 4 sin2 i cos2 i.
- KSV cos2 i En éliminant V, on a : T
- P /P - cos i y KS
- CAS DE L’AÉt(0PLANE
- F — Effort total de traction.
- f — Effort destiné à vaincre la résistance à l’avancement.
- K’ — Coefficient de la résistance de l’air à l’avancement.
- S’ — Surface idéale correspondant au maître couple avec le moteur, les agrès, l’aéronaute et les accessoires. f' =K’S’V2 F =f+r C&={f + f) v
- tS,= -r7ëVP2 , +K'S’V3.
- ^ KSV cos2 1
- Pour avoir le minimum de “t-? on prend les dérivées et on écrit :
- dD2
- dV
- + 3 K’ S’ V2 = O
- KSV2 cos2 i d’où f — 3 f
- La Propulsion accompagne et crée la sustentation.
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- LE PROBLÈME DE l’AVIATION ET SA SOLUTION PAR L’AÉROPLANE. 863
- n’excédant jamais 10°, on peut se borner à adopter la loi du sinus simple; on peut aussi remplacer, comme l’a fait M. Lucas Girardville, le sinus par l’arc, et même, dans certaines équations, supprimer l’elîet de l’angle, comme le fait M. Yallier, lorsque cet angle descend au-dessous de 5°.
- M. Soreau, dans une communication qu’il a faite le 2 mai 1902 à la Société des Ingénieurs civils, a parfaitement défini la loi des faibles inclinaisons.
- « Un calcul élémentaire, dit le distingué ingénieur, montre que, même avec les moteurs les plus légers, l’inclinaison de la voilure doit se maintenir entre des limites très rapprochées : si le courant d’air frappe en dessus, c’est la chiite rapide, presque verticale, c’est la catastrophe qui mit fin si brutalement aux si curieuses expériences d’Otto Lilienthal; s’il la frappe en dessous, mais sous un angle supérieur à quelques degrés, c’est l’insuffisance de la réaction sustentatrice, c’est la chute plus ou moins lente suivant une trajectoire inclinée; il faut donc, pour résoudre le problème, maintenir d’une façon certaine l’inclinaison entre des limites espacées de quelques degrés seulement. »
- Comme on le voit par la formule principale du tableau, le travail que doit fournir le moteur se compose de deux termes : d’une part le travail pour la sustentation et la propulsion, et, d’autre part, le travail pour vaincre* la résistance de l’air, celle qui s'oppose à l’avancement. Dans le premier terme interviennent : au numérateur, le poids au carré à soulever; et au dénominateur, la surface de sustentation, la vitesse relative de l’esquif aéronat, qui est sa vitesse propre dans un air calme et qui est augmentée ou diminuée de la vitesse du vent, suivant qu’il marche en sens contraire ou dans le même sens que le vent. Les deux coefficients K et K’ sont déterminés par l’expérience.
- Un très grand nombre d’expérimentateurs ont cherché à mesurer Ge coefficient, mais, presque toujours, ils se sont placés dans des conditions qui ne sont pas celles où se trouve un appareil en mouvement dans l’air, de telle sorte qu’aucune des valeurs mesurées ne peut être considérée comme applicable définitivement. Dans une lettre que m’a écrite M. Soreau, il me renvoie à une notice bibliographique qu’il a publiée en 1905, et où il dit que « aux faibles incidences, certaines voilures peuvent avoir une qualité 10, 20, 50 fois plus grande que le plan de même surface ; résultat déconcertant à première vue mais qu’on s’explique en recherchant l’énorme influence du mode d’écoulement des filets fluides sur la valeur de la résistance de l’air. »
- Appliquant les formules admises à l’aéroplane de M. Santos-Dumont, j’ai trouvé que le coefficient, pour ses plans sustentateurs, devait se rapprocher de 0,3 ; mais ce qui est beaucoup plus frappant, c’est que l’appareil de M. Santos-Dumont réalise de très-près les conditions qui doivent être remplies, d’après les équations, pour obtenir le meilleur rendement théorique. Ainsi, par exemple, cet appareil fournit une vérification approchée d’un des théorèmes du colonel
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- Renard, qu’il est très important do rappeler ici, savoir que : « la force de traction nécessaire à la propulsion et à la sustentation d’un aéroplane est minimum lorsque la résistance du sus tentateur est égale à la résistance de l’esquif. » Une constatation du meme ordre nous est fournie en appliquant à l’aéroplane de M. Santos-Dumont une curieuse conséquence que M. le capitaine Lucas-Girardville tire de sa méthode de calcul. Il a déduit d’une de ses formules que, d’une manière absolue, le rapport entre le poids utile transporté et le poids mort sera maximum quand l’aéroplane sera construit de telle manière que le poids de l’ensemble : charpente, voilure, et celui de l’ensemble : moteur et propulseur, soient égaux. Or, dans une des visites que j’ai faites à M. Santos-Dumont, lui ayant demandé à brûle-pourpoint quels étaient les poids séparés de ses planeurs sustentateurs d’une part et de son moteur avec l’hélice d’autre part, il m’a répondu que ces poids étaient respectivement de 115 et de 125 kilos, c’est-à-dire assez sensiblement égaux.
- La somme de ces deux poids fait 240 kilos, de telle sorte qu’après l’avoir retranchée du poids de l’aéroplane, qui est de 300 kilos, il reste 60 kilos pour le poids utile, lequel comprend le poids du jeune et svelte aéronaute (50 kilos) et 10 kilos pour les accessoires.
- INTERPRÉTATION DE LA RELATION PRINCIPALE PAR LE COLONEL RENARD, RAPPROCHÉE DE CELLE DE M. LANDUR
- Dans une de ses dernières communications à l’Académie des Sciences, faite par les soins de M. Maurice Lévy, sur l’aviation, le colonel Renard avait prouvé qu’il était possible de soutenir dans l’air un appareil volant du genre hélicoptère en employant les moteurs à explosion dans leur état actuel de légèreté. Déjà, dans la collection des mémoires publiés par M. le vicomte de Ponton d’Amécourt sur la navigation aérienne, que j’ai mentionnée plus haut, on trouve démontrée avec force calculs la possibilité de la sustentation permanente d’un appareil plus lourd que l’air au moyen des hélices et de moteurs, avec cette restriction qu’il faut arriver, pour ces moteurs, à un poids spécifique de moins de 10 kilos par cheval. Mais ces .précurseurs se trompaient sur ce chiffre en croyant que les hélices étaient susceptibles d’un rendement supérieur à celui qu’elles ont réellement. Le colonel Renard, avec raison, a montré qu’il ne fallait pas que le moteur pesât plus de 5 kilos, par cheval et que, pour (arriver à soulever un homme, il était nécessaire que le poids du moteur s’abaissât au-dessous de 2 kilos. Il a terminé sa communication en exprimant l’opinion que les aéroplanes fournissant une sustentation économique sont certainement les appareils volants de l’avenir.
- Dans une communication faite à la Société d’Encouragement, le^commandant
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- Renard a rendu un pieux hommage à la mémoire de son frère on résumant ses travaux. Il a montré combien ce dernier savait traduire en Jangage vulgaire, très clair et facile à retenir, les formules principales do l’aviation.
- Les trois facteurs qui seuls sont à considérer dans le problème sont : le poids à entraîner, la surface à choisir et le travail que l’on doit fournir. Le colonel Renard présente les relations entre ces facteurs sous lee formes suivantes :
- P!_ks 12_ks ü_kp' flY-l
- T2' T2 P P2 S VïV ~ S
- • Ici, dit le commandant Renard, l’interprétation devient facile : -g est le quo-
- tient d’un travail par unité de temps divisé par un poids, c’est-à-dire une lon-
- P
- gueur parcourue par unité de temps ou une vitesse. c’est la charge par unité
- O
- de surface porteuse. Cette formule veut simplement dire que la puissance motrice nécessaire pour soutenir un poids donné avec un appareil d’aviation est la même que celle qui serait nécessaire pour élever un même poids avec une certaine vitesse, et que cette vitesse fictive d’ascension est proportionnelle, pour un appareil donné, à la racine carrée de la charge par unité de surface porteuse.
- Dès 1860, dans son mémoire, M. Landur, que j’ai déjà cité, en éliminant la
- vitesse dans les deux équations fondamentales, arrivait à la relation T = P
- et en tirait une conséquence analogue à celle du colonel Renard.
- T, écrivait-il, est le travail mécanique à dépenser, chaque seconde, pour soutenir en l’air le poids P, par le moyen de surfaces équivalant ensemble à- une
- P
- surface totale de S mètres carrés. Il ajoutait que le facteur ^-g est la vitesse aArec
- laquelle tomberait le poids P suspendu à un parachute de surface S : la formule indique donc qu’il faudrait dépenser, chaque seconde, le travail nécessaire •pour faire remonter ce poids à la hauteur dont il serait descendu dans le même temps, muni cl’un parachute.
- En adoptant le nombre 0,7, chiffre assez élevé pour le coefficient de la résistance k, M. Landur résumait'sa théorie ainsi : Quel que soit le système que l’on emploie pour s’enlever en l’air, le travail mécanique à dépenser uniquement pour se soutenir sera à peu près le même si l’appareil est judicieusement
- P
- g chevaux. Cette
- formule montre que la force motrice nécessaire pour soutenir en l’air un poids P peut être aussi minime que l’on voudra, pourvu que la surface S soit assez grande.
- P /
- construit, et correspondra à une force motrice d’environ ^ w
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- C’est à ces memes conclusions qu’est arrivé le regretté colonel Renard et certainement, si la mort ne l’avait pas ravi trop tôt à la science et à l’atïcction de tous ceux qui ont apprécié la droiture do son caractère, il aurait été un des premiers à applaudir l’expérience de M. Santos-Dumont, qui a vérifié ses justes indications.
- COMPARAISON ENTRE l’aÉROPLANE ET l’iIÉLICOPTÈRE
- La comparaison de deux chiffres rend manifeste l’avantage de l’aéroplane sur l’hélicoptère. Si l’on prend, dans l’appareil de M. Santos-Dumont, l’hélice seule avec le moteur, en y ajoutant le bâti qui les porte, on a environ un poids de 145 kilogrammes. Ce poids, à la rigueur, pourrait être élevé verticalement par la poussée de l’hélice qui, mesurée au point fixe, est d’environ 150 kilogrammes. Mais, en adjoignant les plans sustentateurs avec le gouvernail d’avant et l’aéronaute lui-même, le-poids de l’ensemble est presque doublé, puisqu’il atteint 300 kilogrammes. Eh bien, on voit que la même hélice tournant avec l’aéroplane dans un plan vertical, au lieu de tourner dans un plan horizontal comme dans l’hélicoptère et donnant une poussée dans le sens du mouvement, suffit cette fois pour élever et propulser un appareil d’un poids double. Pas de doute donc pour la préférence qu’il faut donner à l’aéroplane, où c'est la vitesse qui crée à la fois la propulsion et par suite la sustentation. Selon l'expression poétique du capitaine Ferber, l’ascension est une conséquence du mouvement de propulsion : c’est une,fleur qui naît de la vitesse.
- Il importe toutefois de faire remarquer que, dans le déplacement horizontal do l’aéroplane, il n’y a pas, comme dans l’ascension, de travail de résistance de la pesanteur. Il n’y a, en réalité, à compter avec la force de la gravité que pour élever l’appareil à l’altitude de marche et l’y maintenir. Ce travail est virtuellement celui qu’il faudrait pour remonter, à chaque seconde, l’appareil à la hauteur d’où il serait descendu dans le même temps muni, d’un parachute. Alors, si l’appareil reste au même niveau dans l’air en suivant une trajectoire absolument rectiligne ou légèrement ondulatoire, le travail dépensé par le moteur est employé pour écarter et chasser les filets d’air déplacé. C’est la force vive de la masse fluide ainsi agitée qui représente donc le travail consommé.
- Comme dans le And-plané de l’oiseau par chutes et rebondissements, si l’aéroplane est porté en haut en inclinant vers le ciel l’axe longitudinal de l’appareil, lorsqu’il redescendra à une altitude moindre, par l’effet de la pesanteur, il regagnera la plus grande partie du travail dépensé.
- La théorie, comme l’expérience, démontre .qu’il y a avantage à ce que l’angle d’inclinaison, qu’on pourrait appeler l’angle d’essor, soit égal à l’angle d’attaque
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- des plans sustontatcurs, c’est-à-dire que les plans sustentaleurs, pour partir, fassent avec l’horizon un angle double de l’angle d’attaque, en /Vautres termes, que l’axe de l’appareil suive la direction de la bissectrice.
- C’est également cette indication qu’on trouve dans la remarquable étude faite par le colonel Yallicr sur l’aviation, qu’il a présentée à l’Académie des Sciences, dont il est membre correspondant, et qu’il a publiée dans la Revue de Mécanique sous le titre : « Notes sur la dynamique de l’aéroplane. »
- RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE DU COLONEL VALLIER SLR LA DYNAMIQUE DE l’aÉROPLANE
- Dans son résumé, le colonel Vallier se défend d’avoir songé à établir un projet même rudimentaire d’aéroplane. Cependant, il donne à ce sujet des indications extrêmement précises dans la deuxième partie, qui comprend quatre chapitres : Le premier chapitre est consacré à l’examen de la marche d’un aéroplane et de l’énergie propulsive qui lui est nécessaire pour se soutenir, sans rechercher comment cette énergie, fournie par le moteur transporté, était transformée en puissance propulsive. Le colonel Vallier dit qu’il a retrouvé et complété des résultats déjà publiés par M. l’ingénieur de la Marine Henry dans son étude : Aviateurs et aéroplanes.
- Le deuxième chapitre traite des relations qui doivent exister entre les organes de l’aéroplane proprement dit (ailes sustentatrices) et ceux de l’hélice propulsive. Il y met en évidence l’erreur que l’on commettrait en oubliant que la vitesse effective de l’hélice propulsive doit être appréciée en tenant compte de la vitesse d’entraînement de l’aéronat. Après avoir signalé ce point important de la théorie, il établit les conditions définitives de régime de l’appareil, entraîné par une hélice (couplée en général) tournant autour d’un axe horizontal et soutenue par des ailes inclinées.
- Le colonel Vallier ajoute que le problème ainsi traité est loin de représenter les conditions de régime réel, et donne des solutions beaucoup trop favorables; on n’en arrive pas moins à constater que, dans l’état actuel de l’industrie, et à moins de découvertes absolument improbables, un tel aéronat ne saurait être pratiquement réalisé. L’essai de M. Santos-Dumont à Bagatelle a donné un heureux démenti à l’observation pessimiste du colonel Vallier; cet essai infirme également la conclusion par laquelle il a terminé son remarquable travail, et où il disait que le navire aérien et autonome, c’est-à-dire se soutenant et se mouvant à l’aide de la seule énergie qu’il transporte, ne semble pas pouvoir être réalisé sous la forme d’aéroplane simple.
- Avec le capitaine Ferber, je crois que cette observation résulte d’une erreur commise dans un des calculs en ce qui concerne l’angle d’attaque. Mais je ne veux pas contredire le colonel Vallier quand il exprime la pensée que l’on
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- parviendra à constituer le navire aérien sons la forme d’aéroplane mixte, la sustentation étant assurée par mi mécanisme d’hélicoptère et la stabilité par un empennage convenable. Par empennage, il faut entendre un système de déformation ou gauchissement des ailes sustentatrices.
- Je ne voudrais pas qu’on m’attribuât un rôle de proscripteur à l’égard de l’emploi do l’hélice ou autre appareil similaire pour créer une sustentation directe, surtout quand on disposera de moteurs plus puissants par rapport à leur poids. Il pourra être utile, et meme nécessaire dans beaucoup de cas, d’adjoindre des hélices sustentatrices à l’aéroplane soit pour pouvoir plus rapidement s’élever verticalement, soit pour amortir plus facilement sa descente et compléter avec les plans susten tuteurs l’effet de parachute.
- CONCLUSION. MÉRITE DE M. SANTOS-DUMONT, APPRÉCIATION DES RÉCENTS ESSAIS DE SES ÉMULES, c’EST-A-DIRE DES AUTEURS DES AÉROPLANES ACTUELS
- La question de la dirigeabilité des aérostats avait fait un grand pas avec l’expérience du ballon la France en 1884, mais elle était restée dans l’ombre jusqu’aux expériences de M. Santos-Dumont, en 1900. Nous convenons que ce dernier n’a pas eu à revivifier la question du plus lourd que l’air qui, depuis les expériences de Lilienthal, de Chanute et des frères Wright, était remise sur le tapis et passionnait un grand nombre de chercheurs. Mais on peut dire qu’au-tour de lui on tâtonnait et que, si d’autres avaient mis un moteur sur un aéroplane, ils n’avaient pas quitté le sol ou s étaient à peine soulevés de quelques centimètres. lien a été ainsi malheureusement pour d’autres appareils volateurs, tels que l’aéroplane de M. Maxim, qui avait coûté plus d’un million au célèbre inventeur du canon, et l’Avion de M. Ader, qui a été expérimenté au camp de Satory, ainsi que me le rappelait tout récemment M. André Binet, ingénieur, ancien élève do l’École polytechnique, qui a assisté à cet essai. On peut voir l’AVÎon suspendu à la voûte de la chapelle du Conservatoire des Arts et Métiers, et l’on se convaincra que son auteur avait déployé là une ingéniosité extraordinaire, cligne d’un meilleur sort.
- Comme pour l’aérostat dirigeable, quelques esprits chagrins ou envieux se sont demandé où était le mérite de M. Santos-Dumont en dehors du courage et de l’intrépidité que personne ne lui conteste. A-t-il fait œuvre de savant ou d’ingénieur ? Nullement, ce n’est pas là sa prétention, car il est d’une modestie égale à son grand cœur ; c’est à vraiment parler un inventeur. Or, l’inventeur, je le connais bien, puisque je suis son conseiller depuis plus de quarante ans. C’est avant tout un artiste, c’est même un voyant; il regarde sans cesse le but qu’il poursuit et imagine des moyens nouveaux ou applique des moyens connus pour obtenir le résultat visé par lui. Procédant plus par intuition que par déduc-
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- lion il a la persévérance, il a la foi, et c’est pour cela qu’il réussit et qu’il dote la société do ses progrès, laquelle devrait le compter au premier rang des bienfaiteurs de l’humanité.
- Gardons-nous cependant d’exagérer le résultat acquis aujourd’hui ; l’aéroplane mettra encore quelque temps avant do devenir un engin pratique do locomotion aérienne. Et, à ce moment meme, il ne remplacera pas l’aérostat, c’est-à-dire le ballon, dirigeable ou non, qui aura toujours sa place indiquée pour des ascensions à de grandes altitudes. L’aéroplane ne devra jamais dépasser une certaine hauteur, et il faudra qu’il soit construit de telle manière qu’il puisse, en cas d’arrêt du moteur, descendre comme un parachute venant obliquement et doucement atterrir après avoir usé sa vitesse acquise.
- Je puis vous annoncer que M. Santos-Dumont a étudié et mis en construction un second type d’aéroplane à grande vitesse. Cette vitesse devra être double de celle avec laquelle son premier aéroplane a fonctionné et sera par conséquent d’environ 20 mètres par seconde; le doublement de la valeur de la vitesse lui permet de réduire au moins d’un demi-quart la surface du sustentateur, c’est-à-dire de faire un aéroplane beaucoup moins volumineux; le moteur sera do 100 chevaux et ne pèsera que 100 kilogrammes, soit 1 kilogramme par puissance de cheAral. Ce moteur sera construit, comme le précédent, sur le type étm dié par M. Leva vasseur, de la Société Antoinette.
- A notre connaissance, on construit actuellement en France plusieurs-aéroplanes qui ne diffèrent guère, car ils sont faits par les mêmes constructeurs : M. Voisin pour la voilure et la Société Antoinette pour les moteurs. Je signalerai, comme propriétaires de ces aéroplanes, MM. Kapférer, Vuia et Delagrange. M. Esnault-Pelterie en construit un d’une forme assez originale, qui sera expérimenté prochainement.
- Des essais ont déjà été faits, par M. Kapférer d’une part et parM. Voisin d’autre part, avec l’aéroplane Delagrange. En ce qui concerne ce dernier, les essais n’ont pas été heureux et hier jeudi, a un de ces essais auquel j’assistais, l’appareil après avoir fait un parcours de 30 mètres environ, au moment de quitter le sol, s’est renversé en arrière, un des montants formant entretoise entre les deux plans sustentateurs a été brisé et l’hélice a été faussée. Cependant cet appareil, s’il est renforcé et mieux équilibré, est établi dans des conditions qui permettent d’espérer qu’il pourra s’enlever. Mais fera-t-il un planement d’une plus grande étendue que celui deM. Santos-Dumont? C’est ce que personne ne peut dire, car il ne suffît pas de s’enlever dans l’air, il faut s’y maintenir. C’est là une question de stabilité, la plus difficile à résoudre.
- M. Levavasscur et le capitaine Ferber font également construire des aéroplanes à deux places, dont le moteur développera une force do 100 chevaux.
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- Il n’est pas téméraire de penser que l’on fera peut-être des géo-aéroplanes, nom que l’on pourra donner à des véhicules mixtes, à la fois terrestres et aériens, qui se transformeront à volonté do voitures roulant sur le sol en volatcurs planant dans l’air pour éviter des collisions ou franchir des obstacles élevés. Enfin, on peut espérer voir s’accomplir les temps prédits par M. Wells, l’écrivain humoristique anglais qui succède à notre Jules Verne et qui, dans soii livre intitulé Quand le dormeur s'éveillera, prévoit l’époque où les voitures seront supprimées et remplacées par des aéroplanes, en un mot où, 'pour voyager, l’homme aura le plus souvent recours à la locomotion aérienne.
- PAROLES PRONONCÉES PAR LE COMMANDANT PAUL RENARD A LA SUITE DE LA COMMUNICATION
- de M. Armengciud.
- Après la communication si intéressante que vient de vous présenter M. Armen-gaud, je tiens à le remercier d’avoir si bien rendu justice aux travaux de mon frère, le colonel Charles Renard, et je veux lui dire que j’en ai été vivement touché.
- Permettez-moi, maintenant, d’attirer votre attention sur un point de sa communication. M. Armengaud vous a dit : On nous objectera que M. Santos-Dumont n’a rien inventé et que son aéroplane ne contient aucune innovation qui le différencie de ses devanciers. A cette objection, M. Armengaud nous a rappelé avec beaucoup de raison la réponse qu’il avait faite à l’apparition du téléphone aux gens qui prétendaient que M. Graham-Bell n’avait rien inventé : « C’est possible, leur dit-il, mais M. Bell est le premier qui ait construit un appareil qui transmet par un fil la parole humaine. » De même M. Santos-Dumont, toutes réserves faites en ce qui concerne les expériences plus ou moins constatées des frères Wrigth, est le premier qui, monté sur un aéroplane, se soit élevé de terre par ses propres moyens et ait accompli un parcours de quelque étendue, soutenu simplement par la résistance de l’air. Je partage sur ce point absolument l’avis de M. Armengaud, et ce mérite ne peut pas être enlevé à M. Santos-Dumont. . •
- Toutefois, si M. Santos-Dumont a réussi là où d’autres avaient échoué, c’est qu’il y avait probablement, dans son appareil ou dans la manière de l’expérimenter, quelque chose de particulier, ce petit rien qu’on trouve dans toutes les inventions, qui ne sont la plupart du temps que des combinaisons d’éléments connus depuis longtemps, mais qu’on n’avait pas su, jusqu’à présent, associer d’une manière satisfaisante. Je vais tâcher de vous indiquer l’une des causes, à mon avis principale, du succès de M. Santos-Dumont.
- M. Armengaud vous a dit que, dans les questions de navigation aérienne, soit par ballon, soit par appareil plus lourd que l’air, le moteur est tout. Ici, permettez-moi de n’être pas absolument d’accord avec notre distingué conférencier ; non pas que je m’inscrive en faux contre cette asseriion : tout le monde sait que, pour faire de la locomotion aérienne par un procédé quelconque, il est indispensable de disposer d’une puissance motrice considérable sous un faible poids. Le moteur est donc tout, dans ce sens que, si on ne dispose pas d’un moteur puissant et léger, il est inutile d’espérer
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- faire de la navigation aérienne. L’axiome de M. Armengaud pouvait donc être pris dans son sens absolu tant qu’on ne possédait pas le moteur désiré.
- Depuis que, grâce aux progrès de l’automobilisme, on dispose de moteurs admirables, fournissant largement la puissance nécessaire à la réalisation de la navigation aérienne soit par le plus léger, soit par le plus lourd que l’air, on s’est aperçu qu’on ne possédait pas, pour cela, la solution complète du problème. On a rencontré des difficultés qui n’existaient pas tant que l’élément indispensable : le moteur, n’était pas trouvé, mais qui sont apparues depuis, et qui sont d’autant plus difficiles à résoudre que le moteur lui-même est plus puissant. La principale de ces difficultés c’est celle d'assurer la stabilité des navires aériens.
- J’ai eu l’honneur de vous parler de cette question, dans cette enceinte même, à propos des ballons dirigeables, et je crois vous avoir dit que, s’il est relativement facile d’assurer à un ballon la stabilité transversale, c’est-à-dire contre le roulis, il est beaucoup plus difficile d’assurer la stabilité longitudinale, c’est-à-dire d’éviter les mouvements de tangage. Lorsqu’on n’y est pas parvenu, les moteurs les plus puissants ne peuvent être utilisés. Pour les ballons dirigeables, le colonel Renard, dans les derniers mois de sa vie, a traité cette question avec l’ampleur et la netteté qui caractérisaient ses travaux. Il a découvert que les ballons avaient une vitesse critique à partir de laquelle la puissance motrice ne servait qu’à exagérer les mouvements de tangage, et finalement à compromettre la sécurité du voyage et l’existence des aéronautes. Pour les aérostats du type la France, la vitesse critique doit être aux environs de 8 mètres par seconde ; elle peut être atteinte avec des moteurs d’une vingtaine de chevaux et, pour më servir d’une expression du colonel Renard, « si l’on attelait à un semblable aérostat un moteur de 100 chevaux, les vingt premiers serviraient à propulser le ballon et les quatre-vingts autres à se casser le cou. »
- Vous savez que le colonel Renard ne s’est pas contenté de signaler le mal, mais qu’il a indiqué le remède en faisant connaître les moyens de reculer la vitesse critique. Je n’insiste pas sur ce point, qui est en dehors de l’objet de la communication d’aujourd’hui, et j’ai hâte de revenir aux aéroplanes.
- Pour ceux-ci, la question est la même : nous avons depuis quelque temps des moteurs suffisants, mais la stabilité devient la pierre d’achoppement, et surtout la stabilité longitudinale.
- Si l’on possède les moteurs depuis quelques années, depuis bien plus longtemps on sait comment il faut les employer. Il y a près d’un siècle déjà que quelques personnes savaient, et maintenant cette vérité n’est plus contestée, que, lorsqu’un plan très faiblement incliné sur l’horizon s’avance horizontalement suivant la direction de la projection de ses lignes de plus grande pente, il reçoit une poussée de l’air qui agit sur sa face inférieure, et que cette poussée est obtenue par un travail mécanique d’autant plus faible que le plan fait un angle plus petit avec l’horizon. C’est ainsi que planent les oiseaux, et c’est ainsi que se soutiennent les aéroplanes. Ces principes sont appüqués depuis longtemps aux cerfs-volants; on les a appliqués depuis aux appareils à glissade, tels que ceux de Lilienthal, de Chanute, etc., appelés parachutes dirigeables, ou aéroplanes sans moteur. Mais ce qu’il était intéressant de faire pour convaincre les plus incrédules, c’était de munir d’un moteur un aéroplane et de le soulever de terre. Je crois que cette vérification a été faite pour la première fois par M. Maxim, dont on vous parlait tout à l’heure, et voici comment il l’a réalisée.
- Son appareil portait sur 4 roues posées sur deux rails mais, indépendamment de
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- ces rails inférieurs, il y avait deux autres rails supérieurs qui se trouvaient à quelques centimètres au-dessus des roues. L’appareil roulait, naturellement, sur ses rails inférieurs. Quand on le mit en marche, il s’avança ainsi sur la piste circulaire avec une vitesse croissante, et, à un moment donné, la vitesse fut suffisante pour qu’on vît ce spectacle extraordinaire : l’appareil quitta le sol, les roues cessèrent de porter sur les rails inférieurs et vinrent s’appuyer contre les rails supérieurs, et il continua à rouler sur ceux-ci. Il était donc bien démontré que la pesanteur avait été vaincue par un travail dynamique et que l’appareil était porté non par la terre mais par l’air.
- Avait-on, pour cela, résolu le problème de la navigation aérienne par aéroplane? Non.JL’appareil se soulevait parce que les surfaces porteuses avaient une inclinaison convenable, mais, si l’on avait enlevé les rails supérieurs, il est probable, il est même certain que l’appareil aurait pris dans le sens de la longueur des inclinaisons différentes de celles qu’il avait en roulant, les surfaces porteuses n’auraient plus été frappées par l’air sous l’angle voulu, il serait retombé sur le sol d’une façon plus ou moins lamentable, et tout cela par défaut de stabilité.
- L’Avion de M. Ader, dont on vous a parlé tout à l’heure, s’est bien élevé de terre, mais est retombé presqué immédiatement. On a attribué cet accident à un coup de vent; je suis plutôt tenté de croire qu’à lui, comme à ses devanciers, la stabilité a manqué.
- Si cette question avait été résolue, on aurait pu, depuis plusieurs années déjà, faire ce qu’a fait tout récemment M. Sàntos-Dumont. Mais comment étudier la stabilité? On peut bien, théoriquement, se rendre compte des conditions nécessaires ; mais en cela, plus qu’en toute autre chose, le contrôle de l’expérience est indispensable. Or, comment réaliser ces expériences avec des aéroplanes à moteur? On ne s’apercevra du défaut de stabilité que lorsqu’on sera en l’air, et à ce moment il sera trop tard. On en était donc réduit à étudier cette question au moyen de cerfs-volants ou d’aéroplanes sans moteurs. Bien que les conditions ne soient pas tout à fait les mêmes que lorsque l’appareil est muni d’un moteur, ces expériences ont permis cependant d’étudier la stabilité dans des conditions relativement faciles, et vous avez vu tout à l’heure ce que M. Santos-Dumont a emprunté aux cerfs-volants Hargrave et aux appareils de Lilien-thal et autres. Néanmoins, ces expériences, tout en se rapprochant de la vérité, n’étaient pas encore suffisantes pour permettre de réaliser l’aéroplane à moteur jouissant d’une stabilité parfaite.
- C’est ici que M. Santos-Dumont a eu l’idée, aussi simple que celle de l’œuf de Christophe Colomb, mais qu’il fallait avoir, et qui s’est trouvée d’une efficacité parfaite.
- Avant de s’élever du sol, il est indispensable qu’un aéroplane prenne de la vitesse, et, jusqu’à présent, on n’a rien trouvé de mieux que de le faire rouler soit sur des rails, soit sur la terre elle-même ; de plus, jusqu’ici, on avait cru bien faire d’assurer la stabilité au moins tant que l’appareil était à terre et, à cet effet, on le munissait de quatre roues ou au moins de trois. L’appareil se tenait donc dans une position très correcte tant qu’il avait le contact du plancher des vaches, mais, dès qu’il le quittait, il changeait d’attitude et retombait à terre.
- M. Santos-Dumont a eu l’idée de monter son appareil sur deux roues placées de part et d’autre aux extrémités d’un même essieu. Par cet artifice, il s’est condamné à posséder la stabiüté, non pour voler, mais pour rouler par terre. Si, en effet, son appareil n’était pas stable au point de vue de l’aviation, en roulant sur le sol, il devait s’incliner soit en avant, soit en arrière, et labourer le sol avec son nez ou le gratter avec
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- sa queue. C’est probablement ce qui lui est arrivé au début, et ce qu’il a corrigé petit à petit, et, tant qu’il ne l’eut pas corrigé suffisamment, il ne pouvait pas rouler. Mais, à partir du moment où il a pu rouler sur ses deux roues sans frôler le sol ni en avant, ni en arrière, on pouvait être certain, qu’en prenant de la vitesse, ‘il s’enlèverait de terre ; et cela était vrai aussi pour tous les appareils antérieurs; mais ce qu’on savait de plus pour celui-ci, c’est que, quand il aurait quitté le sol, il ne perdrait pas la stabilité longitudinale qu’il possédait déjà avant de s’en écarter. C’est ce qui est arrivé : après avoir roulé convenablement, il s’est élevé de terre, et quand il s’est trouvé dans l’atmosphère il y est resté dans de bonnes conditions.
- Voilà, à mon avis, quelle a été l’une des causes principales, sinon la principale, de la réussite de M. Santos-Dumont.
- Il me reste maintenant, mesdames et messieurs, à vous remercier de votre bienveillante attention. Je remercie également M. le Président d’avoir bien voulu m’accorder la parole. En terminant, je tiens à vous dire que, comme M. Armengaud, je suis persuadé que le xxc siècle verra la réalisation pratique de la navigation aérienne par tous les moyens, par le plus lourd que l’air comme par le plus léger.
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- ÉLECTRICITÉ
- COMMUNICATION FAITE PAR M. O. de Faria LE 15 MAP S 1907 A LA SOCIÉTÉ d’encouragement sur son transformateur électrolytique
- Messieurs,
- L’extension prise par les distributions de courants alternatifs par suite de la grande facilité avec laquelle ils peuvent être transformés et transmis à grande distance a fait chercher des dispositifs permettant de les transformer en courants .continus, ces derniers étant nécessaires à certaines applications pour lesquelles les courants alternatifs ne peuvent être utilisés directement.
- Pour effectuer cette transformation on emploie couramment des transformateurs rotatifs tels que commutatrices, groupes rotatifs et permutatrices. On voit aisément l’importance qu’il y aurait à combiner un appareil statique fonctionnant sans aucun bruit et ayant un rendement constant de 60 à 70 p. 100, sans qu’il soit fonction des différentes charges qu’on pourrait lui demander.
- L’appareil que je vous présente est basé sur le phénomène bien connu de la soupape électrolytique.
- Ce fut Buff, en 1857, qui le premier découvrit le principe du clapet électrique.
- En 1875, le constructeur E. Ducretet retrouva le même principe en étudiant de nouvelles applications. Voici en quoi il consiste.
- Si l’on prend un voltamètre contenant un électrolyte dans lequel plonge uno lame d’aluminium et une autre lame métallique (plomb ou platine, par exemple) on observe qu’un courant allant du plomb à l’aluminium traverse l’appareil sans affaiblissement, tandis qu’un courant dirigé en sens inverse ne peut le traverser que si la force électromotrice dont on dispose est supérieure à une certaine valeur; l’appareil a la propriété de laisser passer le courant quand l’alu-minium est cathode, et l’arrête yjuand l’aluminium est anode. L’appareil fonctionne donc, pour un courant électrique, comme une soupape ou un clapet hydraulique pour un courant d’eau ; de là, le nom de clapet ou soupape électrolytique, qui lui a été donné.
- En 1891, Ni chois signala un phénomène du même genre : si l’on développe une différence de potentiel alternative entre une boule de laiton et une pointe
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- TRANSFORMATEUR DE FARIA.
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- do platine, on constate qu’un courant peut circuler sous forme d’étincelle de la boule à la pointe, mais qu’aucun courant ne peut passer dans le sens inverse.
- En 1898, MM. Eichberg et Kallir signalèrent un phénomène du même genre, dans l’arc.
- M. Villard a observé une propriété analogue dans les tubes de Crookes.
- De tous ces appareils, les seuls qui aient donné des résultats intéressants sont les voltamètres à lames d’aluminium.
- A la suite des publications de M. Ducretet et de l’ingénieur Caël, des Postes et Télégraphes (1878), l’étude des soupapes fut reprise par Beetz.
- En 1891, MM. Hutin et Leblanc montrèrent ce que l’on pourrait tirer de ces soupapes dans les installations à courants alternatifs.
- Ce fut quelques années après que l’ingénieur Pollak reprit la question et rechercha tout particulièrement l’électrolyte et le mode de préparation des lames d’aluminium.
- Au congrès de Munich de 1897, M. Graetz fît connaître les recherches qu’il avait entreprises sur le même sujet; mais comme il prenait comme électrolyte une solution aqueuse d’acide sulfurique, il ne put dépasser 20 volts comme différence de potentiel maximum entre les bornes de nos soupapes.
- Comme l’indiquait M. Ducretet, en 1875, les soupapes électrolytiques peuvent être employées comme appareils redresseurs ou sélecteurs de courants circulant tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Pour cela, il suffit de bifurquer la ligne parcourue par ces courants en deux circuits contenant chacun une soupape, ces deux soupapes étant montées en opposition de sorte que les courants dirigés vers la bifurcation traversent uniquement le circuit dont la soupape est pour ces courants; les courants de sens opposé ne pourront circuler que dans l’autre circuit.
- Après les travaux de Ducretet, Graetz, etc., qui n’ont abouti qu’à des appareils de la boratoire, l’étude fut reprise en 1896 par M. Pollak, qui rechercha d’une façon toute particulière l’électrolyte le plus convenable. En particulier, les sels alcalins lui permirent d’arriver â une différence de potentiel de 140 volts redressés. Ce fut le phosphate de potassium du commerce auquel il donna la préférence (M. Blandin, 1901).
- Malheureusement, ces appareils, dans la pratique, présentaient de sérieux inconvénients, tels que réchauffement très rapide de l’électrolyte, la polori-sation du système, l’affaiblissement de l’appareil au bout de très peu de temps de fonctionnement, le redressement incomplet.
- DESCRIPTION DU TRANSFORMATEUR OSWALD DE FARIA CONSTRUIT PAR M. E. DUCRETET
- La caractéristique du transformateur de Faria est la circulation automatique de l’électrolyte suivant le trajet BeB (fig. 1) et dans le choix du métal le plus Tome 109. — Juillet 1907. ’ 58
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- ÉLECTRICITÉ.----
- convenable des électrodes A et E, aluminium pur du commerce et plomb anti-monié avec phosphate do soude comme électrolyte.
- Grâce à celte circulation, la température ne peut plus dépasser certaines limites. Celle circulation n’est autre chose qu’un véritable courant de convection. Elle est semblable aux circulations de l’eau dans les chaudières à vapeur.
- Vous verrez plus loin que le rendement du transformateur de Faria étant absolument constant, il est absolument indépendant do la température.
- Il me semble inutile d’insister ici sur les phénomènes produits par la circu-
- Fig. 1.
- lation, car vous voyez tous que la circulation, dans cet appareil, a surtout pour effet d’empêcher le liquide de se polariser.
- Un des points le plus intéressant est le redressement et le rendement du transformateur.
- Les courbes de redressement du transformateur de Faria ont été déterminées au laboratoire central d’électricité rue de Staël avec l’oscillographe Blondel. -
- Les courbes fig. 2 représentent la courbe I la différence de potentiel en charge entre bornes du circuit à courant redressé; la courbe II l’intensité du courant dans ce circuit.
- Les courbes fig. 3 représentent de même la différence de potentiel entre
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- bornes du circuit d’alimentation et la différence de potentiel en charge entre bornes du circuit à courant redressé.
- Ces courbes ont été relevées pendant un essai de 7’h. 15 sur un des premiers transformateurs de Faria essayés au laboratoire central.
- Fig. 4. — Débit sur résistance ohmique. — Soupape sans self.
- Fig. 5. — Débit sur 42 accumulateurs. — le Intensité redressée. — ïa Intensité alternative.
- . Ue Différence de potentiel redressée. — Ua Différence de potentiel alternatif.
- Voici (fig. 4 à 6) quelques courbes obtenues avec l’ondographe Hospitalier à son laboratoire de l’Ecole de physique et chimie ; ces courbes ont été relevées par M. Hospitalier lui-même, et cela a été son dernier .travail; c’est pourquoi j’ai absolument tenu à les communiquer à la Société d’Encouragcment. Elles ont été obtenues sur un transformateur de Faria modèle 1907. On remarquera le redressement complet du courant.
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- ÉLECTRICITÉ. --- JUILLET 1907.
- RENDEMENT DE L’APPAREIL
- Il serait difficile de déterminer le rendement du transformateur de Faria sans avoir recours aux ondographes et oscillographes de MM. Hospitalier et Blondel; ce n’est qu’après examen de la courbe de redressement que l’on a pris le rendement avec des wattmètres.
- Le rendement moyen en watts obtenu sur un appareil modèle I à 5 ampères, au Laboratoire central, a été, en moyenne, de 53 p. 100. La durée de l’essai a été de 7 h. 15 et la température, dans le bac le plus chaud, est montée à 43°,8. D’ailleurs, vous allez pouvoir vous "rendre compte de la marche de l’appareil.
- Les mesures étaient faites à l’aide d’appareils thermiques et de wattmètres.
- Température ambiante pendant les essais : 15 à 20 degrés centigr.
- Les résultats sont consignés dans le tableau suivant :
- Courant alternatif. Courant redressé.
- Temps. Volts. Ampères. Watts. Volts. Ampères. Watts. Température. Observations.
- h. m. Inférieurs à deg. cent.
- 0 0 109 0,5 35 95 0 0 14 Circuit à courant
- redressé ouvert.
- 0 0 106,5 5,9 590 70 4,91 272 14 Mise en charge.
- 15 108,4 6,0 600 74,5 4,82 298 14,5
- 1 15 112 5,9 615 79 4,45 320 21
- 2 15 112,6 6,5 . 662 82 4,72 344 29
- 3 15 112 6,4 664 82 4,77 372 32-
- 4 15 112,5 6,5 660 84,2 5,02 368 36
- 5 15 110,8 6,4 650 85,5 4,82 348 39
- 5 41 111 6,35 640 84,5 4,75 344 40,3 Cliché I.
- 6 10 J12 6,4 666 84,5 4,75 300 41,3 Cliché II.
- 6 23 113,8 6,35 655 85,3 4,78 354 42,0 Cliché III.
- 7 15 115 6,5 675 87,0 4,97 377 43,8
- 7 15 116,8 1,3 80 10,4 0,0 0 » Circuit à courant
- redressé ouvert.
- Observations. — Les valeurs portées dans la colonne « Température » sont celles relevées sur un thermomètre dont le réservoir plongeait dans le liquide d’un des éléments près de la surface et extérieurement à l’électrode en fer.
- Vous remarquerez la constance du rendement, au bout de 2 h. 15 de fonctionnement, il y a 6 ampères, 5 en primaire et 4,72 au redressé, et nous terminons a 6 A, 5 et 4,97 au redressé; avec 662 watts au primaire, 662 et 344 au redressé, rendement 52 p. 100 environ; à la fin de l’essai, on obtenait 675 watts à l’alternatif pour 577 au redressé, rendement 56 p. 100. Un fait assez curieux se présente; l’appareil, à 43°,8, donne un rendement plus élevé qu’à 14°; vous voyez donc que la température, jusqu’à une certaine limite, n’influe pas beaucoup sur le rendement.
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- TRANSFORMATEUR DE FARTA.
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- Dans les redresseurs à lames d’aluminium,[aussitôt que la température ai* vait à 40°, l’appareil avait un mauvais rendement, car la pellicule qui se for-, niait sur l’aluminium .se dissolvait et l’appareil ne pouvait continuer son ser-idce; c’est pourquoi on combattait si rigoureusement la température. Je tiens donc à bien préciser que la température n’influe nullement sur les transformateurs de F aria, grâce à la formation spéciale des aluminiums et à la circulation de l’électrolyte, qui en est la seule cause.
- Les rendements actuels de nos transformateurs sont de G5 à 70 p. 100 pour des appareils de 1 à 10 ampères.
- Pour des appareils de 10 à 30 ampères nous arrivons à une moyenne de 05 à 75 p. 100, et à 70 et 80 p. 100 pour des appareils de 50 ampères.
- J’entends par moyenne le rendement d’un appareil pris lors de sa construc-
- couranù redressé
- Fig. G. — Débit sur self. — 1, intensité alternative (7 ampères). — L, intensité redressée.
- tion et huit à dix mois après, en prenant le rendement tous les quinze jours a (in'de s’assurer que l’appareil ne s’affaiblit pas. C’est cet essai que M. Ducretet a entrepris dans ses ateliers. L’essai est fait sur un transformateur de Faria modèle de 10 ampères 100 volts, la moyenne en watts, lus au wattmêtre, est de 65 p. 100 jusqu’à aujourd’hui.
- Ce même appareil a subi des surcharges, et il serait intéressant de vous citer quelques rendements.
- Ce modèle de 10 À sous 100 V a fonctionné avec une intensité de 15 A pendant cinq heures, et a donné un rendement moyen de 60 p. 100; sa température montait, à la fin de l’expérience, à 47°.
- Voici (p. 880) un tableau d’essai sur un transformateur modèle de 5 ampères. La température, en quatre heures, n’a augmenté que de 15° à 23°. Dans celui essayé au Laboratoire central, au bout de deux heures quinze, la température était déjà montée à 29°; les bacs avaient les memes dimensions.
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- Cette différence do température provient uniquement de l’activité de la circulation dans les nouveaux appareils.
- CHARGE ü’UNE BATTERIE D’ACCUMULATEURS DE 29 ÉLÉMENTS DE 120 A. II.
- Courant alternatif, Courant redresse! Volts
- — —_ aux bornes Température Rendement
- Watts Watts des do en Watts.
- Heures. Ampères. Volts. lus. Ampères. Volts. lus. accumulateurs. l’éleclroljle. P. 100.
- 0 h. 0 107 600 5 91 420 04 15°,5 70,5
- 10' 3,8 107,5 580 4,8 92 410 65,5 16° 70,5
- 20' 0 100 590 4,9 92 410 66 16°, 5 09,5
- 30' 0,2 100 010 5 93 420 06,1 l7o 09
- 40'- 0,2 100 010 5 93 420 66,5 17®, 5 09
- 50' 0,3 100 615 5 93,5 420 67 17°,7 69,2
- 1 h. 0,3 100 015 5 93 420 67 18°,5 09,2
- 1 h. 10' 0,3 107 615 5 95 425 07,1 19® 69
- 20' 0,4 109 050 5 96 400 67,5 '19®,7 71
- 30' 0,4 107 630 4,9 93 415 67,5 20°, 5 06
- 40' 0,4 105 620 5 93 415 67,5 21° 66
- '30' 0,4 105 020 5 93 415 68 21°, 7 66
- 2 h. 0,3 100,5 630 5 93 415 69 22°,5 66
- 10' 0,5 100 630 5 93 415 69 23°, 2 66
- 20' 0,5 107 035 5,1 93 420 70 23°,7 66,3
- 30' 0,4 102 590 4,8 91 410 70 24° 69,3
- 40' 0,4 106 020 4,8 94 410 70 ‘ 25° 66
- 30' 0,5 106 620 4,8 94 410 70 25°, 5 66
- 3 h. 0,5 108 640 5 96 440 70,5 26° 09
- 10' 0,5 106 640 4,8 94 410 70,5 26°,2 64
- 20' 0,5 103 635 t,9 94 412 70,5 26°,4 65,2
- 30' 0,4 108 640 5 96 420 70,5 26°,9 65,7
- 40' 0,5 106 638 • 5 95 420 70,5 27° 65,5
- 30' 6,5 107 640 5 90,5 430 71 27®, 5 67,5
- 4 li. 0,5 107 040 5 96,5 430 71 28° 67,5
- Un point assez important est le choix des ampèremètres et voltamètres à intercaler dans le circuit redressé.
- Tous les ampèremètres ne conviennent pas également.
- Les meilleurs sont les appareils thermiques ou électro-magnétiques. Les ampèremètres à cadre mobile ou à aimant ne conviennent que quand le transformateur débite sur une résistance ohmique, sinon ces mesures se trouvent considérablement faussées. Aussi, j’ai cherché à déterminer le rapport qu’il y avait entre un ampèremètre thermique et un appareil à cadre Chauvin et Arnoux; si nous examinons les indications des deux appareils, et si nous construisons la courbe nous trouvons sensiblement une droite.
- Nous avons les rapports suivants : pour 3 Ampères au thermique, 1 ampère, 9 au cadre; pour 4 A au thermique 2 A S au cadre; pour 5 A au thermique, 3 A 2 au cadre ; pour 8 A au thermique, 5 A 2 au cadre.
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- TRANSFORMATEUR DE FARTA.
- Cet essai a été fait sur un transformateur chargeant directement une batterie de 46 éléments sous une tension redressée de 109 V, pour une tension alternative de 109 à 110 V efficaces; l’appareil travaillait donc avec une force centre électromotrice considérable, c’est ce qui produit cette différence entre les deux ampèremètres.
- Il est donc préférable d’employer des appareils électromagnétiques ou thermiques, aussi bien pour les ampèremètres que pour les voltamètres.
- D’ailleurs, si on se rapporte aux courbes obtenues par M. Hospitalier, on remarque que, lorsque l’appareil débite sur une résistance ohmique quelconque, le courant est bien mieux redressé que lorsqu’il débite sur une batterie d’accumulateurs ayant une force contre-électromotrice considérable.
- FORMATION DES ÉLECTRODES EN ALUMINIUM ET MODE d’eMPLOI
- Dans les transformateurs de Faria, les aluminiums sont formés une fois pour toutes avant la livraison ; voici comment on opère pour effectuer cette formation.
- On serre directement les 2 fils alternatifs sur les bornes du' transformateur ; on intercale dans le circuit un ampèremètre et un wattmètre, que l’on aura au préalable court-circuité ; un interrupteur et son fusible complètent le circuit primaire; du côté redressé, nous plaçons un voltamètre thermique, on ouvre le courant directement sur le transformateur sans aucune résistance. Dans le circuit alternatif, l’intensité monte à une valeur assez élevée : à environ une centaine d’ampères, puis, en quelques secondes, descend presque à zéro ; à ce moment, ori décourt-circuite le wattmètre, et on attend qu’il marque environ 30 watts. Le voltamètre nous donne alors très exactement la même différence de potentiel que l’alternatif; on intercale une batterie d’aceumulate.urs et on laisse l’appareil débiter pendant une heure environ. Après cette opération, les électrodes en aluminium sont complètement fermées et restent constamment dans le même état, jusqu’à son usure complète.
- Dans le transformateur de Faria, on n’a jamais besoin de s’occuper de la formation.
- Je vais vous faire voir maintenant quelques formations d’aluminium obtenues avec le transformateur de Faria.
- Figure 7. — Aluminium formé à 53 volts après 500 heures de fonctionnement.
- Figure 8. — Aluminium formé à 43 volts après 500 heures de fonctionnement.
- Figure 9. — Aluminium d’une soupape ordinaire sans circulation.
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- ÉLECTRICITÉ.
- JUILLET 1907.
- TUBES POUR LA CIRCULATION DE L’ÉLECTROLYTE
- Los tubes pour la circulation do l’électrolyte sont (fig. 10) en plomb anti-moniés.
- On a pratiqué des encoches en forme d’ellipses aplaties afin de permettre une circulation plus rapide de l’électrolyte. Grâce à cetto circulation, les tubes ne doivent jamais être remplacés, car, le liquide étant en mouvement aussitôt
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- Fig. 7,
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- Fig. 10.
- la mise en marche de l’appareil, les sels ne peuvent se déposer sur le tube, et puisque, d’après le principe de l’appareil, le courant traverse le transformateur sans affaiblissement dans le sens plomb aluminium et est arrêté dans le sens contraire, l’appareil fonctionne dans les meilleures conditions pratiques.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES DES TRANSFORMATEURS O. DE FA RI A
- Les applications des transformateurs de Faria sont fort nombreuses; je ne puis ici vous citer que les plus importantes.
- Ces transformateurs peuvent actuellement supporter des puissances de 20 à 25 kilowatts sans l’intermédiaire d’aucun système mécanique.
- PourZdes puissances supérieures à 25 kilowatts, je vais très prochainement
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- TRANSFORMATEUR DE FARIA.
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- entreprendre les essais, et je me ferai un plaisir d’en communiquer les résultat à la Société d’Encouragement.
- Avec les appareils actuels, nous pouvons déjà assurer la charge do fortes batteries, tampon des usines de tramway et d’éclairage, ainsi que des chemins de fer.
- ' La première et principale application du transformateur de Faria est la charge des accumulateurs. Chaque garage d’automobiles, ainsi que chaque particulier ayant sa voiture électrique, pourra en effectuer la charge à des condu tions exceptionnelles, grâce aux secteurs qui distribuent du courant alternatif à un tarif assez abordable pendant le jour, afin de pouvoir fonctionner toujours à pleine charge.
- Une autre application de ce transformateur aux accumulateurs est la charge des fortes batteries dans les sous-stations des secteurs à courants alter-
- Fig. 11.
- natifs. On, supprime ainsi toutes les machines tournantes, toujours exposées aux dégagements des gaz des accumulateurs.
- Des transformateurs de Faria ont également été étudiés pour donner plusieurs rapports de transformation. On adjoint au transformateur un transformateur de tension à différents rapports de transformation. Cet appareil est d’une très grande utilité dans les garages et dans les secteurs qui font la recharge d’accumulateurs, car ayant tantôt 2 accumulateurs, tantôt 44 à charger, on n’est plus obligé de perdre l’excédent dans un rhéostat.
- La figure 11 nous donne l’ensemble de l’installation d’un dévolteur avec un transformateur de Faria branché sur 110 volts et ne chargeant une batterie que" de S éléments. On joint’ainsi les avantages du courant alternatif à ceux des courants continus. Pour les batteries d’accumulateurs on emploie le modèle à un seul bac (fig. 1).
- Une autre application du transformateur de Faria, se rapportant encore aux. accumulateurs, est la recharge des batteries de tramway; on pourrait ainsi transporter du courant alternatif à haute tension jusqu’au point terminus de la ligne et, sur place, effectuer la transformation d’abord du courant alternatif
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- haute tension en alternatif d’une tension appropriée, au moyen d’un statique,, puis transformer le courant alternatif en courant continu pour effectuer la charge de la voiture. Ce môme procédé pourrait être utilisé pour la recharge des voitures électriques sur les routes, ce qui permettrait aux voitures électriques de prendre une extension plus considérable.
- Une application également intéressante du transformateur de Faria est l’alimentation des moteurs à courants continus sur des secteurs à courants ^alternatifs, dont l’avantage sera surtout apprécié pour des moteurs monophasés. Leur démarrage est délicat, et on ne peut avoir la même souplesse qu’avec un moteur à courant continu. Cette application sera particulièrement avantageuse dans les usines où chaque machine-outil étant commandée par son moteur pourra ainsi obtenir toute la régularité de marche que permettent les moteurs à courant continu.
- Les moteurs d’ascenseurs et monte-charges fonctionneront sans aucun ronflement et sans aucun démarrage.
- Une autre application importante est le fonctionnement des bobines d’induction sur les secteurs à courants alternatifs.
- Tout le monde connaît les inconvénients que présentait la marche de bobines sur des courants alternatifs; plusieurs systèmes d’interrupteurs ont été étudiés afin de permettre cette marche ; certains ont cherché à combiner des interrupteurs redresseurs, mais tous ces appareils ont donné des résultats assez médiocres.
- Ce qu’il y a de mieux, c’est d’utiliser le matériel ordinaire à courant continu et de chercher indépendamment un système de redresseur pouvant effectuer une transformation assez bonne pour permettre la marche parfaite des bobines sur des courants alternatifs.
- Le matériel que vous avez sous les yeux se compose d’une bobine de 40 centimètres d’étincelle, de son interrupteur indépendant et de son rhéostat de réglage, c’est-à-dire le matériel ordinaire à courant continu. Le courant redressé alimentant la bobine est fourni par le transformateur de Faria. Le courant alternatif utilisé est un courant à 42 périodes monophasé (secteur de la rive gauche). *
- Les médecins pourront donc, avec la plus grande facilité, faire chez eux, avec du courant de distribution des secteurs, des rayons X, de la haute fréquence, etc. sans avoir recours à des interrupteurs assez compliqués, ainsi qu’à des tubes soupapes montés en tension avec l’ampoule ; de plus, ils auront la fixité du tube, ce qui n’a pas lieu avec le matériel employé couramment.
- Le transformateur de Faria permet donc, comme vous le voyez, une marche absolument parfaite des bobines d’induction.
- L’appareil s’applique également bien à la marche des lampes à arc et pré-
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- TRANSFORMATEUR DE FARIA.
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- scnto de nombreux avantages. L’arc produit une lumière absolument fixe avec rondement lumineux supérieur. Ces avantages seront surtout appréciables pour les cinématographes et les projections; ils sont très sensibles quand le courant alternatif n’est distribué qu’à basse période, où le fonctionnement des régulateurs est assez difficile, et où l’arc a un papillotement assez prononcé. Cette application est intéressante pour l’éclairage des locaux ou des usines, oii les moteurs fonctionnent par exemple sur des courants triphasés à 25 périodes; en effectuant la transformation, on pourrait alimenter les régulateurs avec du redressé.
- Le transformateur de 'Paria permet également le fonctionnement des lampes aux vapeurs de mercure sur des courants alternatifs.
- Il n’est nécessaire d’aucun accessoire pour le bon fonctionnement de la lampe; seul le transformateur, un interrupteur et son fusible sur le primaire suffisent; sur le redressé, nous plaçons la lampe et son rhéostat approprié.
- Le transformateur de Faria avec un transformateur dévolteur permet également toutes les applications de galvanoplastie et d’électrotypie sur des courants alternatifs.
- 0. de Faria.
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- TRAITEMENT PRÉLIMINAIRE DES EAUX D’ÉGOUT
- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES, DANS L’EXPÉRIENCE DE COLUMBUS (OHIO) par MM. P. Vincey et Ch. Rolandez.
- Les fosses septiques utilisées dans le traitement préliminaire des eaux d’égout semblent être le siège de phénomènes de simple décantation, accompagnés de quelques changements biochimiques, sur l’importance desquels on ne semble pas encore bien fixé dans les milieux scientifiques.
- Dans une étude (1) critique et documentaire de l’un de nous, relative au remarquable travail de M. le Dr Calmette, il avait déjà été établi que les fosses septiques, traitant les eaux d’égout de la Madeleine à Lille, agissaient surtout comme bassins de décantation, et que les phénomènes de solubilisation et gazéification simultanées, dont elles seraient théoriquement le siège, sont assez peu marqués pour que l’on ne puisse guère compter sur eux, en vue de l’élimination des matières en suspension minérales et organiques que véhiculent les eaux d’égout.
- On conçoit l’intérêt qu’il y a de connaître exactement le sort de ces substances, puisqu’elles constituent l’un des principaux éléments de la nuisance des eaux résiduaires'.
- Un travail très important, par la méthode qui l’a dominé au travers de multiples essais, autant que considérable par les 8 239 analyses qu’il a comportées, durant onze mois d’expériences consécutives, a été publié en novembre 1903, au sujet de l’épuration des eaux d’égout de la ville de Columbus. lia pour auteur M. George A. Johnson, ingénieur sanitaire de la cité américaine. C’est ce monument de documentation scientifique que nous analyserons, dans sa partie qui justement se trouve encore controversée en France, c’est-à-dire le rôle des fosses septiques, en tant que soluhilisatrices et gazéificatrices des substances organiques contenues dans les effluents d’assainissement.
- A Columbus, les eaux d’égout, sortant des chambres à sable ou bien à l’état brut, étaient traitées dans 5 fosses septiques d’expériences. Sans insister sur le principe classique et la forme de ces fosses, nous nous bornerons à citer leurs caractéristiques et les conditions générales de leur marche durant les essais.
- Ces renseignements sont consignés dans les tableaux synthétiques 1 et U (2). On remarquera que, seule, la petite fosse septique E, d’une contenance de 8 mètres cubes, présentait la particularité d’être constituée par une chaudière fermée, dans le but de recueillir et mesurer les gaz produits.
- On peut aussi constater qu’aucun nettoyage des fosses septiques n’eut lieu pendant la durée relativement courte des essais; mais qu’à la fin des expériences, les fosses
- (1) Communication à la Société de médecine publique, 28 février 1906. — Revue d’hygiène mars 1906.
- (2) En annexe, pages 896, 897, 898 et 899.
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- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES.
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- furent vidées, pour permettre la mesure, P échantillonnage et l’analyse des houes qu’elles contenaient.
- A Columbus, la comparaison se poursuivait régulièrement entre ces fosses septiques, jamais nettoyées, et un bassin de simple sédimentation A, que nous désignerons par A', pour éviter des confusions. Dans ce bassin A', on procédait au curage des boues chaque fois que des bulles gazeuses, venant crever à la surface, révélaient la fermentation des boues accumulées dans l’appareil.
- Il fut ainsi fait 16 curages, pendant les 306 jours d’expérimentation. Après chacune de ces vidanges, la couche de boue était mesurée et échantillonnée, en divers points, en vue de l’analyse chimique.
- Ce parallèle entre fosses septiques et bassins de simple sédimentation, jouant un rôle important dans l’ouvrage de M. Johnson, pour l’établissement du pourcentage d’élimination des boues, nous le reproduirons dans tous nos tableaux, en même temps que la documentation relative aux chambres à sable, dont l’effluent était soumis au traitement septique ou à la décantation.
- Pour toutes les expériences de Columbus, on est en droit de regretter que l’auteur relate, non pas les nombres résultant directement de l’expérience, mais ces mêmes quantités transformées pour un chiffre fixe de volume d’eau traitée. C’est ainsi, par exemple, qu’il indique le volume des boues trouvées dans les appareils, en cubic-yards par million de gallons traités, ce qui oblige le lecteur attentif à des calculs complexes, pour se remettre les expériences réellement réalisées devant les yeux.
- Nous avons pu constater qu’il s’est glissé, parmi les milliers de nombres résultant du calcul, des erreurs d’ordre numérique ou de nature typographique, qui se sont souvent reproduites au travers des pourcentages ou des bilans analytiques.
- Nous reproduisons toujours les documents extraits de l’ouvrage de M. Johnson, en face de ceux que nous exprimons en mesures françaises, pour en faciliter la compréhension.
- Dans cette présente discussion des faits constatés à Columbus, nous avons toujours pris le parti de recommencer les calculs, sur la base des résultats directement fournis par.les analyses et des mesures à provenance immédiate de l’observation.
- Autant què possible, ont été mis de côté les chiffres dérivés américains pour ne considérer que les données à caractère scientifique : ont ainsi été approuvés, le volume des boues en cubic-yards, l’analyse chimique des boues et des eaux traitées, en parties pour un million, c’est-à-dire en milligrammes par litre.
- Les tableaux] et ï' nous renseignent exactement sur l’importance des essais tentés à Columbus, pour le traitement préliminaire des eaux d’égout, et aussi sur l’efficacité des appareils, au point de vue de l’accumulation des boues, c’est-à-dire sur leur puissance de décantation. C’est pour faciliter un tel examen que nous avons inscrit les poids de boue sèche, déposée pour un même volume de 1000 mètres cubes d’eau dans les bassins et fosses; mais nous nous mettrons en garde contre des comparaisons trop serrées entre ces documents du même ordre, en considérant que plusieurs de ces essais diffèrent considérablement entre eux.
- C’est ainsi qu’il n’y a pas de comparaison vraiment scientifique à tirer de la puissance de décantation du bassin de simple sédimentation A', d’une part, et de la fosse septique E, d’autre part. Le premier a traité, pendant 306 jours de fonctionnement,une moyenne journalière de 195 mètres cubes d’eau déjà décantée, soit un total de 60 000 mètres cubes, et accumulé environ 40 mètres cubes de boue humide; tandis que
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- ia fosse E, d’une capacité trois fois moindre, ne recevait journellement que 25 mètres cubes d’eau brute non décantée, pendant 118 jours de fonctionnement, soit un total de 3 000 mètres cubes, et accumulait une quantité de boue égale à 4m3,720.
- La fosse septique E, qui seule permettait l’étude des gaz dégagés pendant la fermentation aura donc, dans notre étude, une place séparée, en vue de l’établissement du bilan des actions de décantation, de solubilisation et de gazéification.
- La comparaison semble au contraire possible, sinon rigoureuse, entre le bassin de simple sédimentation A'et la fosse septique C. Elle est encore très possible avec les fosses A et B, dans lesquelles la durée de séjour de l’eau est plus grande, sous réserves, pour ces 4 sortes d’appareils, de la grande différence existant entre les* quantités d’eau traitée et des modes de nettoyage.
- Nous laisserons la fosse D de côté, pour la raison que les conditions de son fonctionnement n’ont pas été admises pour l’installation définitive de la Ville de Columbus.
- Pour compléter les documents précédents, nous avons dressé deux autres tableaux. L’un (2, page 1900), directement tiré de l’ouvrage de M. Johnson, nous renseigne sur le dosage, en milligrammes par litre (parties pour un million) des matières suspendues et dissoutes dans les eaux d’égout, avant et après traitement préliminaire dans les chambres à sable, le bassin de décantation et les fosses septiques. La différence entre ces deux sortes de dosages chimiques exprime la quantité de boue, en milligrammes par litre, qui s’est théoriquement déposée dans les appareils. Dans le même tableau, nous avons transcrit, toujours en milligrammes par litre, les quantités de boues minérales et organiques, qui se sont pratiquement déposées dans les appareils, et que l’on a tenté de mesurer lors des curages.
- Ce tableau ne donnant aucune idée de l’importance des essais tentés, nous en avons reproduit la documentation dans le tableau 2' (p. 1901), en présentant dans ce "cas les résultats, en kilogrammes de matières sèches, calculés pour la durée totale de chaque essai. Il permet de se remettre les expériences de Columbus devant les yeux et d’établir le bilan exact de.chacun des essais tentés.
- En étudiant le bassin de simple sédimentation A', on remarque une importante particularité : c’est que la quantité de boue sèche, pratiquement extraite pendant les curages (5178 kilogrammes pour l’essai total), est supérieure à celle qui, d’après les analyses, aurait pu s’y déposer théoriquement c’est-à-dire 4 131 kilogrammes seulement.
- Ce fait est d’autant plus curieux, qu’il est encore coexistant avec la destruction intégrale d’une quantité notable de matières organiques et minérales, originairement dissoutes dans l’eau d’égout.
- Une telle particularité pouvait être attribuée, soit à une erreur dans l’analyse des eaux entrant et sortant du bassin de simple sédimentation A', soit à une erreur dans la mesure et l’analyse des boues humides pratiquement extraites dudit bassin. Sans envisager cette seconde hypothèse, M. Johnson admet tout simplement la première. La généralisant ensuite du bassin de simple sédimentation jusqu’aux fosses septiques elles-mêmes, il trouve bon de dire que, dans tous les appareils expérimentés à Columbus, il faudra compter 5 178 kilogrammes de boue réellement déposée, alors que les analyses chimiques ne révèlent qu’un dépôt de 4151 kilogrammes.
- Il y a donc lieu de multiplier tous les chiffres différentiels, provenant de l’analyse
- et représentant la quantité de boue déposée dans les fosses septiques de Columbus,par
- ! on • ,3 178 , T . . , 36 ton. par million de gallons
- le coefficient-r-rrrr = 1,25 (M. Johnson arrive a 7777-7------rrp---— =1,28).
- 4131 ’ v 28 ton. par million de gallons ’ 1
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- De la sorte, on arrive à dire que, dans la fosse C, il a dû se déposer théoriquement une quantité de boue égale à 2 783 X 1,25 = 3 478k,75. Comme à la fin des essais, il n’en fut retrouvé que 1 200 kilogrammes, la différence entre ces deux chiffres représente la partie solubilisée et gazéifiée de la boue, dans les actions anaérobiques, soit en l’occurrence 65 p. 100 (M. Johnson indique 67 p. 100). Sans l’emploide ce singulier artifice, d’une correction mal justifiée des chiffres de l’analyse chimique, la solubilisation et la gazéification simultanées auraient .encore atteint 56 p. 100 de la quantité des boues, qui se seraient décantées dans la fosse.
- On ne saurait accepter une pareille méthode déductive, dans laquelle un auteur plie, dans un sens conforme à son désir, la forme la plus rigoureuse de la science expérimentale, c’est-à-dire l’analyse pondérale, laquelle, dans le cas des essais de Columbus, ne semble pas devoir être mise en faute d’inexactitude opératoire.
- Un examen rapide va d’ailleurs parvenir à mettre en évidence les résultats réellement obtenus dans ces expériences américaines.
- Tout d’abord, nous mettrons purement et simplement de coté la correction analytique, et nous accorderons au contraire toute leur valeur, sans aucune transformation, aux résultats directement fournis par l’analyse chimique.
- On peut se demander, en effet, si l’erreur constatée, par un excédent de boue dans le bassin À', est bien réellement due à une erreur d’analyse des eaux traitées, puisque M. Johnson présente 116 analyses faites sur 2 784 échantillons d’eau affluente et effluente du dit bassin A'. Il est bien plus probable que l’erreur s’est produitè lors de la mesure et de l’analyse des boues extraites pendant les 16 curages du bassin A', effectués durant les 306 jours de son fonctionnement.
- Confirmant notre remarque, nous voyons que les essais relativement comparables de la fosse C et du bassin A' n’ont pas été faits à la même échelle : dans le cas du bas-, sin de sédimentation, il fut procédé, pour 16 reprises différentes, à la mesure directe d’un volume de boue humide, formant un total de 39m3,800 ; tandis que, dans la fosse C, en une seule fois, on a mesuré et analysé seulement 6m3,600 de boue mouillée.
- La difficulté est évidente de faire 16 mesures exactes des houes, dans un bassin, de les échantillonner minutieusement, pour faire les 16 analyses dont le rapport de Columbus nous donne la moyenne.
- Dans le cas de la' fosse C, les causes d’erreurs, renouvelées 16 fois pour le bassin de simple sédimentation, ne se sont produites qu’une seule fois et à la fin des essais.
- Nous trouvons encore une preuve de ce que nous avançons, en remarquant que la composition de la boue, théoriquement déposée au fond du bassin A', dans son rapport des matières minérales et organiques, soit •
- 1 796 organique
- 2 335 minérale ’ ’
- résultat de 116 analyses détaillées, est bien différente de celle re^vée dans les 16 analyses de boues extraites du fond de l’appareil, lesquelles accusent un rapport de
- 2 062 organique
- vttv---:—:—r- = 0,66.
- 3115 minérale
- Et cependant ces compositions devraient être identiques puisque le bassin A' ne fut jamais le siège d’aucune fermentation.
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- On peut donc affirmer que c’est dans l’appréciation répétée du volume et de la composition des boues du bassin de simple sédimentation que réside la cause de l’anomalie qui nous préoccupe.
- Nous ne pouvons passer sous silence le fait que le mode de calcul du pourcentage de solubilisation et gazéification précédemment discuté, en dehors de l’erreur scientifique signalée, est de nature à prêter à la confusion.
- A Columbus, comme nous l’avons dit, ce pourcentage fut calculé sur la quantité de boue théoriquement déposée pour la fosse C (56 p. 100), sans tenir compte de rénorme proportion de ces boues, qui s’échappe dans l’effluent.
- Or, on reconnaîtra aisément qu’il est simplement logique de calculer ce pourcentage de soluhiüsation et gazéification sur la quantité de boue existant originairement dans l’eau brute.
- C’est ainsi que, pour le cas de la fosse C qui nous occupe en ce moment, le résumé ci-dessous montre qu’elle travaillait très mal dans le sens de la décantation, puisqu'elle laissait échapper dans l’effluent 54,4 p. 100 de la boue originairement en suspension dans l’eau affluente. Quant à la destruction des matières suspendues, organiques et minérales, elle semblerait atteindre seulement 25 p. 100 delà boue charriée primitivement par l’eau traitée, chiffre qui n’a évidemment rien de commun avec le pourcentage de Columbus, dont nous représentons parallèlement le mode de formation. Il nous reste à examiner si ce chifîre de 25,9 p. 100 de destruction des boues est bien exact et si les expérimentateurs de Columbus n’ont pas été trop loin en affirmant une disparition, même aussi faible, des boues.
- ACTIONS DIVERSES DE LA FOSSE SEPTIQUE G, PENDANT LES 220 JOURS DE FONCTIONNEMENT. DURÉE DE SÉJOUR : 8 HEURES
- • Quantités do bouc.
- Kilos de boue sèche Solubilisation et gazéification
- pour toute la durée P. 100 de boue selon la ligne
- Documents tirés du tableau + 2'. Boue sèche dans l’affluent de de l’essai. dans l’affluent. de raisonnement do M. Johnson.
- la fosse 6 098 100
- Boue sèche échappée dans l’effluent de la fosse 3 315 54,4
- Boue déposée dans la fosse théoriquement 2 783 45,6 2 783 X 1,28 = 3 562
- Boue sèche retrouvée dans-
- la fosse à la fin des essais . . . 1 200 19,6 1200
- Boue' sèche qui se serait solubilisée et gazéifiée 1583 25,9 3 562 — 1 200 = 2 362 ou 66,3 0/0
- A cet effet, du tableau 2', nous avons extrait les éléments du bilan suivant, dans lequel se trouvent reproduites séparément les quantités de boues minérales et organiques déposées d’abord et retrouvées ensuite dans, la fosse C, ainsi que les modifications se rapportant aux substances dissoutes, organiques et minérales.
- Les matières dissoutes, au heu d’augmenter en quantité, comme pourrait le faire croire le fait d’une simple solubilisation des matières suspendues, ont au contraire notablement diminué. Nous devons donc en conclure que, dans le cas de Columbus, la gazéification, simultanée de la solubilisation, était prépondérante et que tous les éléments organiques et minéraux disparus ont été gazéifiés.
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- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES.
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- Nous pouvons ainsi constater que cette fosse septique C aurait solubilisé et gazéifié simultanément 716 kilogrammes de boue organique, en même temps que 163kff,5 de matière organique originairement dissoute ; soit un total de 879kff,5 de matières organiques gazéifiées.
- BILAN DES ACTIONS DE SOLUBILISATION ET GAZÉIFICATION DES BOUES ENTRÉES DANS LA FOSSE SEPTIQUE C
- MATIÈRES EN SUSPENS TON. QUANTITÉ DE BOUE POUR TOUTE LA DURÉE DE L’ESSAI en kil. de matières sèches. MATIÈRES DISSOUTES avant et après fosse septique en kilos de matières sèches. SOLUBILISATION DANS LA FOSSE C en kil. de matières sèches. GAZÉIFICATION DANS LA FOSSE C en kil. de matières sèches. BOUE ÉCHAPPÉE dans L’EFFLUENT DE LA FOSSE. GAZ DÉGAGÉS.
- Affluant ' do la fosse. i Déposée dans la fosse. Retrouvée dans la fosse. Disparue dans la fosse. O ai O c to g c O a G S S. Boue solide. i Matières \ dissoutes. j ! Totale.
- Totales. . . 6 098 2 783 1200 1 583 0 — 204 0 1 583 204 1787 3 315 | C/3
- Organiques. « 1 023 307 716 0 — 163,5 0 716 163,5 879,5 » . d l ° 5
- Minérales. . (( 1760 893 867 0 — 40,5' 0 867 40,5 907,5 s
- Mais encore, cette même fosse septique aurait solubilisé et gazéifié simultanément 867 kilogrammes de boue minérale suspendue, et 40kg,5 de matières minérales préexistant à l’état dissous, soit un total de 907k°,5 de matières minérales gazéifiées.
- L’absurdité du résultat serait encore bien plus grande, si nous admettions la ligne de raisonnement de M. Johnson, qui consiste à majorer la quantité de boue déposée dans la fosse pendant les essais, en la multipliant par 1,28. Il est bien évident que cette anomalie résulte simplement de l’erreur déjà signalée, de l’appréciation de la quantité de boue retrouvée 'dans la fosse, à la fin des essais.
- Par conséquent, les 25,9 p. 100 de destruction des boues, à l’intérieur de la fosse C, proviennent d’une détermination inexacte et ils doivent avoir dans la réalité une valeur encore beaucoup moins élevée, sans que les documents de Columbus nous permettent d’être fixés à ce sujet.
- On trouvera dans le tableau 2' tous les documents nécessaires pour établir le bilan des autres fosses septiques. Celui de la fosse B, dont la durée de séjour de l’eau est de 1 jour, comme dans celles préconisées en France-, est particulièrement intéressant.
- Malgré ce long séjour, la destruction des boues y atteint seulement -3 p. 100 de la quantité originelle contenue dans l’eau brute. Par contre, on peut voir que 49,2 p. 100 de cette même boue s’échappe dans l’effluent de la fosse, tandis que.47,5 pu 100 se retrouve dans l’appareil à la fin de l’essai. En employant l’artifice rectificateur de M. Johnson ( Xl,28), on ne pourrait encore aboutir aune destruction que de 26,6 p.100 de la boue simplement déposée.
- Il est difficile d’imaginer des résultats moins d’accord entre eux que ceux delà fosse G à huit heures de séjour, et ceux de la fosse B, à vingt-deux heures de séjour, pour ce qui concerne la solubilisation et la gazéification des boues. Les résultats de ces deux Tome 109. — Juillet 1907. 39
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- fosses septiques sont cependant logiques et concordants au sujet des quantités énormes de boue entraînée dans l’effluent ; ils permettent de conclure sûrement que ces appareils sont simplement de mauvais bassins de décantation.
- ACTIONS DIVERSES DE LA FOSSE SEPTIQUE B PENDANT LES 301 JOURS DE FONCTIONNEMENT.
- Documents tirés du tableau 2'.
- Boue sèche dans l’affluent de
- la fosse.........................
- Boue sèche échappée dans
- l’eflluent.......................
- Boue sèche déposée dans la
- fosse............................
- Boue sèche retrouvée dans la
- fosse à la fin des essais........
- Boue sèche qui se serait solubilisée et gazéifiée...........
- DURÉE DE SÉJOUR : 2 HEURES. Quantités de boue.
- Kilos de boue sèche pour toute la duréo de l’essai. P. 103 do bouo . dans l’affluent.
- 3 154 100
- 1555 49,2
- 1 599 50,7
- 1501,7 47,5
- 97,3 3,1
- Solubilisation et gazéification selon la ligne
- do raisonnement de M. Johnson.
- 1 599 X 1,28 =2 046,7
- 1 SOI,7
- 2 046,7 — 1 501,7 = 544,7 soit 20,6 0/0
- «IL AN DES ACTIONS DE SOLUBILISATION ET GAZÉIFICATION DES BOUES ENTRÉES DANS LA FOSSE SEPTIQUE B.
- MA TI BR K S EN SUSPENSION. QUANTITÉS DE BOUE TOUR TOUTE LA DURÉE DE L’ESSAI en kilos de matières sèches. MATIÈRES DISSOUTES avant et après fosse septique en kilos de matières sèches. SOLUBIDIS ATION dans la fosse B en kil. de matières sèches. GAZÉIFICATION dans la fosse B en kil. de matières sèches. BOUE ÉCHAPPÉE dans l’effluent de la fosse GAZ DÉGAGÉS.
- Affluant ! dans la fosse. ^ Déposée 1 dans la fosse. 1 Retrouvée dans la fosse. Disparue dans la fosse. Augmentation. ^ 1 Diminution. Boue solide. J Matières ( dissoutes. | ! Total.
- Totales. . . 3154 1 599 1 501,7 97,3 0 0 0 97,3 }) » * 1555
- non
- Organiques. » 670 373,3 296,7 0 — 64 0 296,7 64 360,7 ”
- mesurés.
- Minérales. . )) 929 1 128,4 1 0 — 64 0 [ 1 !
- Avant de terminer cette étude, nous devons faire une place spéciale à la petite fosse septique fermée E, dans le bilan de laquelle nous pourrons introduire un élément nouveau : à savoir la quantité de gaz engendrés par la fermentation des boues. Le rapport de Columbus relate, en effet, ce renseignement ; mais il n’a malheureusement pas été fait d’analyse qualitative des gaz ainsi formés.
- Cette fosse se comporte donc aussi mal que les autres au point de vue de la décantation des boues contenues dans l’eau brute, puisque 45 p. 100 de celles-ci s’échappent dans l’effluent. La proportion de boue totale qui se serait solubilisée et gazéifiée atteindrait 19,7 p. 100 de la quantité originairement suspendue dans l’eau traitée; mais
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- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES.
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- il y a lieu à nouveau de faire toutes sortes de réserves au sujet de l’exactitude de cetle proportion, qui semble beaucoup trop élevée.
- ACTIONS DIVERSES DE LA FOSSE SEPTIQUE E PENDANT LES 117 JOURS DE FONCTIONNEMENT : DURÉE DE SÉJOUR 8 HEURES.
- Documents tirés du tableau 2'.
- Boue sèche dans l’affluent de
- la fosse..........................
- Boue sèche échappée dans
- l’effluent.......................
- Boue sèche déposée dans la
- fosse.............................
- Boue sèche retrouvée dans la
- fosse à la lin des essais.........
- Boue sèche qui se serait solubilisée et gazéifiée...............
- Quantités do boue.
- Kilos de boue sèche pour toute la durée de l’essai. P. 100 de boue dans l’effluent.
- 871,25 100
- 389 44,6
- 482,25 • 55,3
- 310,50 35,6
- 171,75 19,7
- Solubilisation et gaz'éification selon la ligne
- de raisonnement de AI. Johnson.
- 482,25 X 1,28 = 617k,2S '
- 310,5
- 617,28 — 310,5 = 306,78 soit 49,7 0/0
- BILAN DE SOLUBILISATION ET GAZÉIFICATION SIMULTANÉE DES BOUES ENTRÉES DANS LA FOSSE SEPTIQUE E.
- MATIÈRES EN SUSPENSION. - QUANTITÉS DE BOUE POUR TOUTE Là DURÉE DE L’ESSAI en kilos de matières sèches. MATIÈRES DISSOUTES avant et après fosse septique en kilos de matières sèches. SOLUBILISATION DANS LA FOSSE E en kil. de matières sèches. GAZÉIFICATION DANS LA FOSSE E en kil. de matières sèches. BOUE ÉCHAPPÉE dans l’effluent de la fosse. GAZ FORMÉS.
- Affluant ' de la fosse. 1 Déposée dans la fosso. Retrouvée 1 dans la fosse. | 1 Disparue dans la fosse. O cj d o a bû d d o d d a s d "H O O d o M Matières ( dissoutes. | O H
- Totales. . . 871,25 482,25 310,50 171,75 + 20,96 0 20,96 150,80 0 150,8 389 104 kg.
- Organiques. » 134,75 95,25 39,50 » — 14,97 0 39,5 14,97 54,47 »
- Minérales. . » 347,35 215,25 132,10 + 35,93 0 . 35,93 96,17 0 96,17 »
- En effet, l’examen du bilan démontre bien que, sur les 171 kilogrammes de boue sèche disparue dans la fosse E pendant toute la période d’essai, il se serait gazéifié 54 kilogrammes de boue organique ; mais en même temps la gazéification aurait aussi porté sur 96 kilogrammes de boue minérale.
- Les résultats des auteurs .de Columbus tendent donc unanimement à démontrer que les fosses septiques expérimentées forment de très mauvais bassins de décanlar tion. Quant aux phénomènes de solubilisation et de gazéification simultanées, dont elles seraient théoriquement le siège; le fait qu’elles paraissent gazéifier autant de boue minérale que de boue organique, nous autorise à formuler les plus expresses réserves sur leur prétendue intensité.
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- Pendant la période d’essai de la fosse E (à huit heures de séjour), la quantité de gaz dégagés aurait atteint un total de 103 mètres cubes, sans qu’il fût fait de spécification détaillée de la nature de ces gaz. Ce chiffre de 103 mètres cubes est peut-être un peu faible, à cause de la solubilité dans l’eau du gaz carbonique, provenant de la décomposition des boues. Quoi qu’il en soit, nous basant sur la composition habituellement admise pour ces gaz, on peut estimer que leur poids total est voisin de 103 kilogrammes, c’est à-dire près de deux fois supérieur à celui des boues organiques qui se seraient gazéifiées pendant les essais. Il y a encore là une détermination erronée, attribuable à ce que ces gaz doivent être mélangés d’une certaine proportion d’air entraîné dans la fosse par le courant d’eau. ’
- Malgré les critiques que nous avons dû formuler sur une partie des déductions auxquelles peuvent conduire les expériences de Columbus, nous reconnaissons bien volontiers que le travail des expérimentateurs a été judicieusement et consciencieusement conduit, au milieu des plus grandes difficultés. Dans son ensemble, il mérite la faveur dont il a été l’objet de la part des spécialistes de tous pays. '
- Les auteurs américains se sont tellement bien rendu compte des difficultés d’éviter l’échappement des boues dans l’effluent des fosses septiques qu’ils proposent d’en garnir les cloisons de chicanes. Cette disposition avait d’ailleurs été appliquée dès le début des essais d’épuration dite biologique, à la Madeleine-lès-Lille, dont les eaux renferment beaucoup plus de matières en suspension que celles de Columbus. Au début des opérations de Lille, avant l’encombrement des fosses par les boues déposées par décantation, l'élimination de ces matières était excellente. Cette ébmination des matières suspendues a ensuite progressivement diminué, jusqu’en avril 1906. Le relèvement du pourcentage d’ébmination constaté en mai 1906 est dû, sans doute, à ce que la fosse à chicanes de la Madeleine a été pourvue d’un filtre dégrossisseur destiné à retenir les boues échappées dans l’effluent septique.
- Il y a lieu d’observer que toutes les précautions destinées à retenir mécaniquement les boues dans les fosses septiques seraient inutiles si la solubilisation et la gazéiûcation des matières suspendues pouvaient s’effectuer dans l’espace de quatre, huit, quatorze ou vingt-deux heures, comme à Columbus, ou bien dans les vingt-trois ou vingt-quatre heures de séjour de l’eau- d’égout dans les fosses, ainsi qu’il est pratiqué dans les installations expérimentales de la Madeleine ou de Chchy.
- Dans les expériences de Columbus, la forte proportion des boues qui persiste dans l’effluent des fosses septiques ne saurait laisser que de contribuer à l’encrassement plus ou moins rapide desAits bactériens. Ces derniers supports d’épuration, outre la faible élimination de matière organique dissoute et de bactéries qu’ils accusent, sont d’ailleurs impuissants à débarrasser complètement les eaux des matières suspendues. Il en est de même encore des bassins de décantation, où l’on juge à propos de faire séjourner deux heures l’effluent épuré des lits bactériens, avant leur rejet au fleuve.
- Il est vrai, qu’à Columbus, on n’attribue que peu d’importance aux matières encore suspendues dans l’effluent d’égout épuré, puisqu’on n’y trouve pas mauvais, en temps de crue, de rejeter au fleuve les boues déposées dans les fosses septiques. Il est assurément peu de situations en Europe où l’on puisse se contenter de procédés aussi rudimentaires d’assainissement des cours d’eau.
- La conclusion de cette étude critique, sur le rapport des expériences de Columbus,
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- est que la méthode déductive adoptée par M. Johnson pour établir la solubilisation et la gazéification dans les fosses septiques delà matière organique en suspension dans l’eau d’égout est dépourvue de base scientifique, et que, dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est possible ni prudent d’envisager ces organes de dégrossissage autrement que comme des bassins de décantation. Dans l’ordre du génie sanitaire, la construction des fosses septiques doit être envisagée au point de vue de la fréquence, de l’économie et de l’importance des curages qu’elles nécessitent. Pour les installations du traitement dit biologique des eaux résiduaires, il convient également de tenir le plus grand compte des superficies’ nécessaires à l’égouttement, à l’enfouissement ou à la destruction des boues à provenir des fosses septiques et autres bassins de sédimentation.
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- Marche générale des essais de traitement pré
- DIMENSIONS DES APPAREILS. — VITESSES. —
- Tableau 1.
- Documentation en unités
- CIRCONSTANCES GÉNÉRALES. CHAMBRES A SABLE. BASSIN * DE SIMPLE SÉDIMENTATION. A'
- 1° PRIMITIVE. 2° MODIFIÉE.
- Forme de l’appareil Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte.
- Nature de l’eau traitée Eau brute. Eau brute. Eau des chambres à sable.
- Période de service régulier. — Début 16 août 1904. 18 février 1905. 16 août 1904.
- Fin 17 février 1905. 30 juin 1905. 30 juin 1905.
- Nombre de jours de fonctionnement 185 130 306
- Dimensions des appareils en mètres 12,15 X 2,45 X 2,45 11,8 X 1,5 X 0,75 12,15 X 2,45 X 2,45 ,
- Capacité effective en m3 64m3,430 14m3,025 64m3,430 *
- Durée du séjour de l’eau dans les appareils 1 h. 3 * 0 h. 29 8 heures.
- Cube d’eau traité : t
- Par jour en m3 1337 1 169 195
- Total en m3 247 487 151979 59 882
- Nombre de nettoyages 18 13 16
- Fermentation gazeuse amorcée après Pas de fermentation. Pas de fermentation. Pas de fermentation.
- Volume de boue humide extraite des appareils :
- En m3 pour 1 000 m3 d’eau 0,514 0,355 0,664
- En m3 pour tout l’essai Poids de la boue humide extraite des appareils : • 127 370 54 39 800
- En kil. pour 1 000 m3 d’eau 543 kilos. 385 kilos. 703 kilos.
- En kil. pour tout l’essai 134 417 kilos. 58 555 kilos. 42 098 kilos.
- Composition de la boue
- en kilos pendant tout, l’essai :
- Eau 116 942 kilos. 48 600 kilos. 36 920 kilos.
- Matières organiques 9 087 4 579 2 062,8
- Matières minérales 8 388 5 376 3115,25
- Matières sèches totales 17 475 9 955 5178,05
- Poids de boue sèche extraite des appareils :
- En kilos pour 1 000 m3 d’eau . . . . Gaz formés pendant la fermentation : 70^,550 65k,400 86 kilos.
- En m3 pendant tout l’essai 0 ' 0 1 O O
- En m3 pour 1 000m3 d’eau 0 0
- liminaire des eaux d’égout à Golumbus (Ohio)
- BOUE EXTRAITE DES APPAREILS. — GAZ FORMES
- françaises, tirée du tableau 4'
- FOSSES SEPTIQUES.
- A . lî G 1) E
- Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte. Circulaire ouverte. Cylindrique fermée.
- Ban sortant des cliambres à sable- Eau sortant des chambres à sable. Eau sortant des chambres h sable. Eau sortant des chambres h sable. Eau brute.
- 3 septembre 1904 2 septembre 1904 22 novembre 1904 18 février 1904 4 mars 1904
- 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905
- 300,2 301,3 220,7 131,8 117,6
- 12,15 X 2,45 X 2,45 12,15 X 2,45 X 2,45 12,15 X 2,45 X 2,45 d = 3,75 h — 1,65 rf = l,5 1= 45
- 64m3,430 64m3,430 64m3,430 20m3,350 [8m3,340
- 12h,9 21h,8 8h,3 4M 8h,6
- 119 730 71700 155 120 300 25 650
- 36 000 . 21603 40 932 15 615 2 99 i
- Un seul curage à. la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais.
- 8 jours. 8 jours. 11 jours. 15 jours. 17 jours.
- 0,282 0,363 0,161 0,302 0,580
- 10 170 7 850 6 610 4 720 1 750
- 308 kilos. 392 kilos. 174 kilos. 323 kilos. 635 kilos.
- 11 076 kilos. 8 484 kilos. 7144,6 5 046 kilos. 1 905 kilos.
- 9 926,3 6 982,3 5 94 4,3 4 273,96 1 594,50
- 487,35 373,3 307,2 206,88 93,25
- 1 362,35 1128,4 893,1 565,15 215,25
- 1 849,70 1501,7 1 200,3 772,03 310,50
- 51 kilos. 69 kilos. 29 kilos. 49 kilos. 103 kilos.
- Non déterminés. Non déterminés. Non déterminés. Non déterminés. 103”3,974
- Id. Id. Id. Id. 34m3,500
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-
-
-
- Tableau 1'.
- Marche générale des essais de traitement pré
- DIMENSIONS DES APPAREILS. — VITESSES.
- Documentation américaine, directement tirée de « Report of sewagc
- CIRCONSTANCES GÉNÉRALES.
- Forme de l’appareil.........................
- Nature de l’eau traitée..................
- Période de service régulier. — Début. . .
- — Fin. . . .
- Nombre de jours de fonctionnement . . . Dimensions des appareils en pieds ....
- Capacité effective en gallons .......
- Durée du séjour de l’eau dans les appareils
- Cube d’eau traité.
- Par jour en gallons.................
- Total en gallons..................
- Nombre de nettoyages................
- Fermentation gazeuse amorcée après.
- Boue humide extraite des appareils.
- En cubic-yards par million de gallons traités. . — pendant tout l’essai..........................
- Poids de la ooue humide extraite.
- En livres par cubic-yard (3)..............
- En tonne par million de gallons...........
- Composition de la boue en kilos pendant tout l’essai
- Eau............................................
- Matières organiques............................
- Matières minérales.............................
- Matières sèches totales........................
- Gaz formés pendant la fermentation.............
- — en pieds cubes pendant tout Fessai. . Pagination de l’ouvrage de M. Johnson, se rappor tant aux documents cités.......................
- CHAMBRES A SABLE.
- 1° PRIMITIVE.
- 2° MODIFIEE.
- Rectangulaire ouverte. Brute.
- 16 août 1904 17 février 1905 185
- 40 X 8 X 7,5 17 000 1\3
- 65 300 000 18 0
- 2,55
- 166,5
- 2.27
- Rectangulaire ouverte. Brute.
- 18 février 1905 30 juin 1905 130
- 39,5 X 5 X 2,5 3 700 0\29
- 40 100 00 13 0
- 87 p. 100
- 52 p. T00 de la boue sèche. 48 p.100 —
- 13 p. 100 0
- p. 75-86
- 1,76
- 0,58
- 1 825 1,61
- 83 p. 100
- 46 p. 100 de la boue sèche 54 p.100 —
- 17 p. 100 0
- p. 75-86
- BASSIN
- »
- DE SIMPLE SÉDIMENTATION.
- A'
- Rectangulaire ouverte. Eau des chambres à sable 16 août 1904 30 juin 1905 306
- 40 X 8 X 8 17 000 8 heures.
- 15 800 000 16 0
- 3,3
- 52,140
- 1780
- 2,97
- 87,7 4,9 7,4 12,3 0
- -101-102
- (1) C'est par suite d’une erreur typographique que, page 110 de l’ouvrage de M. Johnson, la capacité est portée pour 7 200
- (2) Chiffres dérivés, d’une exactitude douteuse, non employés clans cetto étude.
- (3) Une livre par cubic-yard = 0kil,593 par m3.
- liminaire des eaux d’égout à, Columbus (Ohio).
- BOUE EXTRAITE DES APPAREILS. — GAZ FORMÉS.
- purification at Columbus (Ohio) », par M. George A. Johnson.
- FOSSES SEPTIQUES.
- A B C D E
- Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte. Rectangulaire ouverte. Circulaire ouverte. Cylindrique fermée.
- Eau sortant des chambres à sable. Eau sortant des chambres à sable. Eau sortant des chambres à sable. Eau sortant des chambres à sable. Eau brute.
- 3 septembre 1904 2 septembre 1904 22 novembre 1904 18 février 1904 4 mars 1904
- 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905 30 juin 1905
- 300,2 301,3 220,7 131,8 117,6
- 40 X 8 X 8 40 X 8 X 8 40 X 8 X 8 d = 12,5 h — 5,5 d = 5 l =15
- 17 000 17 000 17 000 5 370 2 200 (1)
- 12h,9 21\8 8h,3 4h, 1 8\6
- 9 500 000 )) 5 700 000 10 800 000 4 120 000 790 000
- Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais. Un seul curage à la fin des essais.
- 8 jours. 8 jours. 11 jours. 15 jours. 17 jours.
- 1,4 1,8 0,8 1,5 2,9
- 13,300 10,26 8,64 6,18 2,29
- 1836 1 823 1823 1 800 1 833
- 1,23 (2) 1,65 (2) 0,73 1,33 (2) 2,66
- 83,3 82,3 83,2 84,7 83,7 .
- 4,4 4,4 4,3 4,1 5
- 12,3 13,3 12,5 11,2 ‘ -11,3
- 16,7 17,7 16,8 15,3 16,3
- Pas déterminés. Pas déterminés. Pas déterminés. Pas déterminés. Pas déterminés.
- )) » » )) 3 674
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- *
- t
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-
-
-
- Traitements préliminaires des eaux d’égout à Golumbus (Ohio).
- Résultats; analytiques pour les matières suspendues et dissoutes de l’eau d’égout, avant et après
- TRAITEMENT, DANS LES CHAMBRES A SABLE, LES BASSINS DE DÉCANTATION ET LES FOSSES SEPTIQUES, DIRECTEMENT TIRÉS DE L’OUVRAGE DE M. JOHNSON.
- %
- Tableau 2.
- MATIÈRES MATIÈRES BOUE
- # en en PRATIQUEMENT
- RÉSULTATS SUSPENSION. DISSOLUTION. retirée des fosses (tabl. I).
- EXPRIMÉS EN PARTIES (poids)
- pour un million (volume). O 0 S 13 S-t *0 0 3 § p* S 0 13 U *0 0 13 0 2 sf 5 13 t-i '0 0 OS
- fcc Sm O H fcc 5 § En fcc Sh O H
- Eau brute (p. 26), 272 analyses, du
- 16 août 1904 au 30 juin 1905. . . 79 130 209 106 681 787
- Chambres à sable
- 173 analyses (p. 77).
- / Affluent 87 109 196 119 727 846
- 1° Primitive, j Effluent 62 67 129 115 733 848
- ( Différence 23 42 67 — 4 + 6 + 2 36,7 33,85 70,55
- 1 Affluent 74 168 242 94 606 700
- 2° Modifiée, .j Effluent 60 128 188 94 606 700
- ( Différence 14 40 54 0 0 0 30 35,4 65,4
- Bassin de simple sédimentation A'
- (p. 90) 173 analyses.
- Affluent 64 83 147 104 699 803
- Effluent 34 44 78 103 694 797
- Différence. . 30 39 69 — 1 — 5 — 6 34 52 86
- Fosse septique G (p. 113) 83 analyses :
- Affluent. . . . 62 87 149 97 671 768
- Effluent 37 44 81 93 670 763
- Différence 25 43 68 — 4 — 1 — 5 7,5 21,5 29
- Fosse septique A (p. 112) 96 analyses :
- Affluent 62 84 146 104 696 800
- Effluent 32 41 73 107 693 800
- Différence . 30 43 73 + 3 — 3 0 13,5 37,5 51
- Fosse septique B (p. 113) 95 analyses :
- Affluent 62 84 146 104 696 800
- Effluent 31 41 72 104 693 797
- Différence 31 43 74 • 0 — 3 — 3 17 52 69
- Fosse septique D (p. 113) 28 analyses :
- Affluent 71 135 206 94 588 682
- Effluent 1 43 78 121 92 588 680
- Différence 28 57 85 — 2 0 — 2 13 36 49
- Fosse septique E (p. 113) 22 analyses :
- Affluent 93 198 291 93 623 716
- Effluent 48 82 130 S8 635 723
- Différence 45 116 161 — 5 + 12 + 7 31,5 71,5 103
- Résultats eu partie par million, signifiant partie en poids pour un million de volume, soit un milligramme par litre.
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-
-
-
- Traitements préliminaires des eaux d’égout à, Golombus (Ohio).
- Éléments du bilan général des boues, avant et après chaque traitement préliminaire, exprimés en kilos,
- POUR TOUTE LA DURÉE DE CHACUN DES ESSAIS ET DÉRIVANT DIRECTEMENT DES DONNÉES ANALYTIQUES DES TABEAUX 2 ET 1
- Tableau 2'.
- • CIRCONSTANCES GÉNÉRALES. MATIÈRES en SUSPENSION. MATIÈRES en DISSOLUTION. BOUE PRATIQUEMENT retirée des fosses. GAZ DÉGAGÉS EN KILOS.
- Organiques. cê © *03 U 'O .9 ! Totales. 1 Organiques. j “ <2 O H 1 Organiques. 1 O .2 s \ Totales. I
- Chambres à sable :
- f Affluent 21531 26976 48 507 29451 179923 209374
- 1° Primitive. ] Effluent 15344 16581 31925 28461 181408 209869
- ( Différence 6187 10 395 16582 — 990 + 1485 + 495 9087 8388 17 475 »
- l Affluent 11.246,5 25 532,5 36779 14286 92 099 106385
- 2° Modifiée. .J Effluent 9118,7 19453,3 28572 14286 92 099 106385
- ( Différence 2127,7 6079,1 8206,8 0 0 0 4579 5 376 9955 ”
- Bassin de simple sédimentation A' :
- Affluent 3 832,45 4970,2 8 802,6 6228 41857 48 085
- Effluent 2 035,9 2 634,8 4670,7 16167,9 41558 47 735,9
- Différence 1796,4 2 335,4 4131,8 — 60,1 — 299 — 359,1 2062,8 3115,2 5178 »
- Fosse septique C :
- Affluent 2 537 3561 6 098 3970 27465 31435
- E ffluent 1514 1801 3 315 3 806,5 27 424,5 31231
- Différence 1023 1760 2783 — 163,5 — 40,5 — 204 307,2 893,1 1200,3 »
- Fosse septique A :
- Affluent 2 232 3 024 5256 3 744 25056 28 800
- Effluent 1152 1476 2 628 3 852 24948 28 800
- Différence 1080 1548 2628 + 108 — 108 0 487,35 1 362,35 1 849,7 »
- Fosse septique B :
- Affluent. 1339 1815 3154 '2 246,7 15035,7 17282,4
- Effluent 670 885 1555 2246,7 14970,8 17217,5
- Différence . . . . 670 929 1599. 0 — 64,9 — 64,9 373,3 1128,4 1501,7
- Fosse septique D :
- Affluent 1108 2108 3 216 1467,8 9181,6 10649,4
- Effluent. . . 671 1218 1889 1436,6 9181,6 10618,2
- Différence 437 890 1327 — 31,2 0 — 31,2 206,88 565,57 772,03 »
- Fosse septique E : *
- Affluent 278,5 592,8 871,25 279 1869 2148
- Effluent - . 143,5 245,5 389 264 1905 2169
- Différence 135 347,3 482,25 — 15 ' +36 + 21 95,25 215,25 310,5 104
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-
-
-
- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Produits minéraux. — Fabrication des nitrites.
- Hydrocarbures. — Sur l’origine des pétroles, par Pli. de Wilde. — Préparation industrielle de l’hydrogène.
- Essences. — Synthèse d’une aldéhyde à odeur de violette. — Les plantes à parfum et à essences.
- Alcools. — Distillation des vins à froid.
- Huiles et corps gras. — Sur les savons. — Dosage de l’huile de ricin dans les huiles solubles.
- Hydrates de carbone. — Sur les cotons nitrés.
- Matières tannifères. — Les falsifications des sumacs.
- Matières, colorantes et couleurs. — Sur l’absorption des colorants par le charbon et les fibres. — Sur la chlorophylle et la xanthophylle, par M. Willstatter.
- Chimie agricole. — Le sulfate de fer en agriculture. — Les engrais azotés.
- Chimie médicale. — Action physiologique de quelques matières colorantes. — Désinfection par le fluorure d’argent. Sur les antipyrines.
- FABRICATION DES NITRITES
- Une très intéressante étude sur la préparation industrielle des nitrites alcalins est donnée par MM. L. Pellet et G. Corni, dans le Bulletin de la Société vaudoise des Sciences naturelles, n° 158 de mars 1907, page 177-174.
- La production du nitrite a depuis 1870 augmenté chaque année progressivement, arrivant à fournir une quantité suffisante aux industries chimiques, et principalement à la fabrication des matières colorantes.
- Le procédé de Hampe (voir les Liebig’s Ann. chim. Pliarm., pp. 125, 1863) est
- le plus employé et il consiste à réduire le salpêtre du Chili par le plomb métallique.
- De nombreuses usines employèrent pendant longtemps ce procédé, mais il a l’inconvénient de nécessiter l’emploi du plomb pur, exempt d’autres métaux; l’antimoine est particulièrement dangereux.
- Il est assez difficile de séparer le plomb de la litharge par les moyens mécaniques. Aussi plusieurs fabricants ont pris des brevets pour la préparation industrielle du nitrite en préconisant d’autres réducteurs que le plomb.
- En 1896, M. L.-G. Paul, à Berlin dans un brevet allemand propose de réduire le nitrate par le soufre en présence de soude caustique.
- Les « Vereinigte chemische Fabriken A.-G., à Leopoldskall, brevetèrent, en avril 1897, un procédé bas) sur la réduction du nitrate par la pyrite en présence d’un alcaü caustique.
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-
-
-
- FABRICATION DES NITRITES.
- 903
- MM. G. et A. Mac Gougan, de Glasgow, dans un brevet anglais pris en 1897, reprennent l’idée émise antérieurement par Bertsch et Harmsen, et proposent de réduire le nitrate de soude ou de potassium par la galène en présence de la soude caustique.
- MM. L. Elsbacli et B. Pollini, à Berlin, substituent à la pyrite et à la galène la blende; ce réducteur a l’avantage de produire une réaction moins vive que la pyrite.
- MM. Flick frères, à Opladen, près Cologne, basent leur brevet sur la réaction de l’anhydride sulfureux pur sur le nitrate en présence d’un alcali caustique ou de chaux, procédé préconisé par Étard en 1877. La réaction d’Étard a été brevetée en 1902 par la Fabrique de produits chimiques Landshoff et Mayer A.-G., à Grimau, près Berlin. Le sulfate déshydraté en présence d’alcali caustique réduit le nitrate à une température de 390° —420°.
- Le brevet du docteur M. Goldschmidt, à Kopenick, près Berlin, en 1894, présente cet intérêt principal qu’il propose comme réducteur un sel organique : le formiate de sodium. Quelques mois après, en février 1895, Goldschmidt prit un nouveau brevet où la réduction du nitrate est obtenue par l’oxyde de carbone.
- En 1897 (juillet), MM. G. de Bechi et A. Thibault, à Paris, ont breveté un procédé analogue; ils font agir l’oxyde de carbone provenant du gaz d’un générateur ou d’un haut fourneau sur le nitrate mélangé à la chaux vive.
- En 1897, le docteur A. Knop, à Rheinau, prend un brevet basé sur l’emploi du charbon (coke) comme réducteur en présence de soude caustique.
- Différents réducteurs ont été proposés, ce sont : le carbure de calcium par Jacobsen (D.R.P. n° 86 254, en 1895,) l’oxyde ferreux parla Chemische Fabrik Grimau (D.R.P, n° 97 318, en 1897,) l’électrolyse du nitrate avec un anode en zinc par Kendall et Amiotti, New-York, (Amer, Pat. 670 201, en 1900.)
- Les différents brevets dont il a été question ont paru présenter un grand intérêt au point de vue industriel.
- Les résultats qui font l’objet de ce mémoire ne portent- d’ailleurs que sur les procédés utilisant les réducteurs suivants : soufre, pyrite; sulfure ferreux, fer, oxyde nitreux. MM. L. Pellet et G. Corni ont tenté quelques essais en utilisant comme base alcaline la chaux sodée et la baryte sodée; les résultats ne sont pas supérieurs à ceux obtenus avec la soude caustique seule.
- En résumé, disent-ils, « la préparation industrielle du nitrite est une. opération délicate, et ce n’est qu’entre certaines limites assez étroites que l’on obtient un rendement favorable. — La masse en fusion doit être maintenue en agitation constante afin de maintenir la température entre 300° et 350°: si la température s’élève et dépasse 500°, le nitrite se décompose partiellement ou totalement avec dégagement d’azote ou de NO2. La réduction du nitrate est facilitée par la présence d’une base alcaline fusible (soude caustique). — Les réducteurs facilement oxydables (soufre, pyrite, etc.) provoquent très facilement des déflagrations vives, avec explosion et décomposition partielle ou totale du nitrite. — Les rendements les plus élevés sont obtenus par les réducteurs agissant le plus lentement. L’état d’agrégation du réducteur a une importance considérable, les produits en masse dense granulée comme le coke et la limaille de fer donnent un rendement supérieur à ceux des mêmes produits présentant une grande surface de contact et une oxydation plus rapide comme le fer en poudre ou le charbon de bois. — Au point de vue industriel, l’emploi du coke ou de la limaille de fer comme réducteur peuvent être préconisés avec avantages. »
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- 904
- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET 1907.
- SUR l’origine DES PÉTROLES
- M. Ph. de Wilde, professeur de l’Université de Bruxelles, a donné, dans le numéro du 15 juin (pp. 558 à 580) de la Bibliothèque universelle, un long mémoire sur l’origine du pétrole et de ses dérivés, En voici quelques extraits :
- Les théories sur l’origine du pétrole sont inorganiques ou organiques.
- I. — Les théories inorganiques sont fort nombreuses. Parmi les plus importantes, citons :
- 1° La théorie cosmique, due à Sokolofï (1892), qui considère le pétrole comme le premier produit de la combinaison du carbone et de l’hydrogène au sein de la masse cosmique.
- 2° Les théories volcaniques.
- 3° Les théories de l’émanation, auxquelles la théorie cosmique et les théories volcaniques se rattachent étroitement.
- Berthelot, en 1886, a émis l’opinion suivante : au sein de la terre existent, comme l’a déjà dit Daubrée, des métaux alcalins à l’état de liberté. En présence de l’acide carbonique, ils donnent des carbures alcalins, lesquels, sous l’action de la vapeur d’eau, dégagent de l’acétylène ou ses produits de condensation (pétrole).
- S. Gloëz, en 1877, démontra, qu’en traitant la frite blanche manganésifère.(spiegel-eisen) par l’acide sulfurique ou chlorhydrique dilué, on obtient simultanément toute une série d’hydrocarbures liquides et gazeux qui paraissent identiques au pétrole.
- L’acétylène et l’éthylène possèdent la propriété de se combiner à froid avec l’hydrogène gazeux, sous l’influence du hoir de platine, pour se transformer en éthane C2H3. Ces expériences ont servi de point de départ à MM. P. Sabatier et J. H. Senderens pour leur série de très intéressantes recherches (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1902, etc.).
- En 1877, Mendeleeff'a développé la théorie suivante : il constate d’abord que, règle générale, les gisements de pétrole se trouvent au pied des chaînes de montagnes et qu’il y a parallélisme. Ex. : gisements de Pensylvanie, du Caucase, de Galicie, d’Italie. Par les fentes ou fissures de l’écorce terrestre, l’eau a pu pénétrer jusqu’au magma incandescent central,et rencontrer du carbure de fer, d’où production d’oxyde magné tique et des hydrocarbures du pétrole.
- II. — Les théories organiques sont la végétale et l’animale.
- Théorie végétale. — On a, tour à tour, avancé que le pétrole se serait formé aux dépens soit de plantes terrestres, soit de plantes marines, avec ou sans le concours de l’eau de la mer. D’autres le font dériver des charbons minéraux, des résines, de l’ambre, etc.
- Théorie animale. — Suivant cette théorie, déjà énoncée en 1794 par Haquet, le pétrole se serait formé aux dépens de substances animales, particulièrement des corps gras contenus dans les cadavres de poissons, de mollusques, de crustacés, de décapodes et de tous les animaux de la faune marine en général. Elle rallie actuellement un grand nombre de partisans et, dans ces derniers temps, elle a été particulièrement défendue par les professeurs C. Engler et H. Hofer, dont elle porte le nom (II. Hofer, Das Erdol. 2e édit. 1906, Vieweg et fils).
- La première conclusion à tirer de l’exposé que nous venons de faire est qu’on peut, par des méthodes très différentes, les unes purement minérales, les autres purement
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-
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-
- SYNTHÈSE D’UN ALDÉHYDE A' ODEUR DE VIOLETTE.
- 905
- organiques, engendrer dans le laboratoire des mélanges d’hydrocarbures possédant la composition et les propriétés essentielles des pétroles naturels. On peut réaliser en somme des pétroles artificiels, qui seraient fabriqués industriellement si leur prix de revient était suffisamment bas.
- Parmi les auteurs qui ont écrit sur le pétrole de 1885 jusqu’en 1906, notamment MM. Stan. Meunier, A. Jaccard, G. Engler, L. Demaret et H. Hofer, aucun ne fait mention d’un travail des plus importants et des plus intéressants, publié en 1877 par le professeur Horace Silvestre, de l’Université de Catane, et qu’un grand nombre de publications périodiques et de livres de chimie n’ont pas perdu de vue.
- M. Silvestre a pu extraire d’une lave doléritique, trouvée au pied de l’Etna, une huile minérale analogue au pétrole.
- M. de Wilde conclut que les théories végétales et animales n’ont aucun fondement scientifique. Il faut donc se tourner vers les théories minérales.
- La théorie cosmique, dont on a à peine voulu s’occuper, paraît moins fantaisiste que certains auteurs le prétendent. Elle se rattache à la théorie de Laplace. Quoi d’extraordinaire à conclure que, dans le milieu cosmique, à un moment où les conditions de température et de pression étaient favorables, le carbone et l’hydrogène aient formé les hydrocarbures dont nous retrouvons de nos jours de faibles quantités dans les produits volcaniques solides. Cette combinaison directe, nous pouvons aussi la réaliser au laboratoire, mais comme il a déjà été dit, nous n’avons aucune idée exacte sur ce qui existe et sur ce qui se passe au sein de la terre dans les matières lavigènes ou ignées; nous ignorons comment le prolopétroléum s’y constitue ou s’y est constitué, ni quelles sont ses propriétés physiques, optiques et chimiques.
- SUR LA PRÉPARATION INDUSTRIELLE DE L’HYDROGÈNE
- M. Léo Vignon (br. fr. 373271, du 2 janvier 1907) propose, pour la préparation industrielle de l’hydrogène pour l’éclairage, le chauffage et les autres applications de ce gaz, les réactions séparées et alternatives, à des températures et en proportions convenables :
- a) De la vapeur d’eau sur le fer divisé, donnant de l’hydrogène que l’on recueille ;
- b) D’un gaz réducteur (gaz pauvre, gaz d’eau), sur l’oxyde de fer formé, régénérant le fer, qui peut servir à une nouvelle opération.
- SYNTHÈSE D’UN ALDÉHYDE A ODEUR DE VIOLETTE
- Par analogie avec le mode de formation de l’ionone,il était à prévoir, qu’en condensant le citral avec la diméthyl-cétone, on obtiendrait un aldéhyde cyclique isomère de l’ionone.
- M. Barbier (Comptes rendus, 1907, p. 1442) a vérifié ce fait, et a obtenu le produit de condensation cherché, en traitant parla soude diluée une solution hydro-alcoolique de lémonal ou citral et de propanai, en quantités moléculaires.
- Après fermeture de la chaîne par dissolution dans l’acide sulfurique à 60 p. 100 et agitation, M. Barbier a obtenu finalement un mélange de deux aldéhydes isomères dont la constitution serait :
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- NOTES DE CHIMIE. ------ JUILLET 1907.
- CIP
- C
- CIP
- CIP / ^ c — CI! = C — C1IO
- CIPX /C<
- CIP
- CIP
- CIP
- Ces aldéhydes possèdent une odeur intense de violette, très supérieure à celle de l’ionone. Malheureusement elles s’oxydent rapidement en perdant leur parfum.
- LES PLANTES A PARFUMS ET A ESSENCES
- Le Bulletin d’avril delà maison Roure-Bertrand fils renferme des données d’une part sur les récoltes florales du midi de la France : jasmin, tubéreuse, cassie, violette, fleur d’oranger, et, d’autre part, sur le marché des principales essences d’aspic, de bois de rose, de géranium, de girofle, de lavande, de lemon-grass, de bergamote, de citron, de patchouli, de petit grain, de rose, de santal, d'ylang-ylang.
- L’essence de bois de rose tend à se généraliser à cause de la rareté de l’essence de linaloé et de la quahté de l’essence de Cayenne. L’essence de lavande a un prix excessif de 36 à 38 francs le kilogramme. Il s’est fait, aux Indes, de grandes plantations de lemon-grass. Il y a augmentation sur presque toutes les essences.
- DISTILLATION DES VINS A FROID
- MM. Ch. Girard et Truchon (Moniteur scientifique du docteur Quesneville, 1907, p. 442) ont étudié la distillation du vin dans le vide à une température ne dépassant pas 30°. L’eau-de-vie ainsi obtenue serait d’une finesse bien supérieure à celles obtenues par distillation à feu nu ou à la vapeur.
- La vinasse restante conserve ses qualités primitives ; elle constitue un liquide non alcoolique. Ramenée au volume primitif, elle reste limpide,sans dépôt sensible après plusieurs mois ; seule, la matière colorante vire légèrement au jaune, comme le ferait un vin vieux.
- MM. Girard et Truchon proposent de l’employer :
- 1° Comme boisson économique ;
- 2° Après addition de 150 à 200 grammes de sucre par litre et mise en fermentation, pour redonner un liquide alcoolique, ou après réalcoolisation à un titre primitif avec de l’alcool;
- 3° A la fabrication des vins mousseux et gazéifiés.
- SUR LES SAVONS
- Les idées sur la constitution des savons du commerce de M. Mercklen, qui fait dépendre cette constitution de la loi des équilibres chimiques et de la loi des phases, et qui considère le savon comme un colloïde de composition essentiellement variable, ont inspiré une étude critique et des essais de M. J. Lewkowitsch (J. of the S. of Chemical industry, numéro de juin, p. 590). Le même numéro renferme une note de Wm. C. Al-ders sur les savons médicamenteux': une note du docteur Wesson sur les savons à huile de coton: un procédé de détermination de l’huile de coton dans les huiles so-
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- SUR LES COTONS NITRÉS.
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- lubies, etc. de M. J. Lane, basé sur l’insolubilité complète des ricinoléates de plomb dans l’éther de pétrole.
- SUR LES COTONS NITRÉS
- Dans un article précédent sur ce sujet, M. H. de Rosenthal (J. of. S. of Chemical industry, 1904,p. 292) avait établi que les propriétés optiques du coton — aspect en lumière polarisée, pouvoir rotatoire et indice de réfraction — forment un objet fort vaste. Dans un nouvel article (1907, p. 443), il donne les résultats.
- 1. Examen microscopique et dépolarisation. — Hübner et Pope (1904, p. 404) ont montré que l’examen microscopique du coton, en particulier du coton mercerisé, offre des difficultés dues à la transparence de la fibre. M. de Mosenthal a trouvé, qu’avec un éclairage convenable, on peut toujours distinguer la fibre, et, qu’avec de la pratique, on peut ouvrir entièrement le diaphragme iris sans perdre de la netteté. 11 a obtenu les meilleurs résultats avec une solution benzénique de baume, en laissant les préparations à 40°, pendant vingt-quatre [heures au moins, et en les abandonnant ensuite à l’air pendant quelques jours.
- Pour l’examen des fibres non montées, l’usage de l’alcool est très avantageux. Déjà Hartig, en 1847, recommandait l’alcool avec quelques gouttes d’acide acétique.
- Des nitrocelluloses du même degré de nitration préparées par différentes méthodes, en tant que température, mélange acide, et durée d’immersion, présentent différentes couleurs en lumière polarisée, et l’aspect diffère avec la matière première employée.
- 2. Densité. — Le Chemiker-Kalender donne, pour la densité de la cellulose, 1,523; Cross et Bevan 1,5 ; le dictionnaire de Watts (seconde édition) 1,25 à 1,45.
- Dans aucun des cas, la nature de la cellulose examinée n’est indiquée, non plus que la méthode de détermination adoptée. Dans quelques-uns des livres les plus récents sur le coton nitré, on trouve encore la densité de 1,5. Guttmann la fixe à 1,5 en 1895, tandis qu’en 1900 il mentionne 1,334 comme densité absolue du coton-poudre, sans aucune indication du mode de détermination.
- Les densités ont été déterminées parle pyknomètre de Regnaultde 100 centimètres cubes de capacité. Les résultats obtenus varient suivant la matière première employée et le degré de nitration.
- 3. Réfraction. — Aucun essai ne semble avoir été fait sur la détermination de l’indice de réfraction de la cellulose ou de celle de ses éthers. Les solutions ont été examinées dans un réfractomètre de Pnlfrich à 15°C.
- Les pellicules de nitrocellulose peuvent être dénitrées sans perdre de leur transparence. L’indice a été trouvé nD= 1,5265.
- 4. Activité optique. — Allen (Commercial organic analysis, I, p.388) dit qu’une solution de cellulose à 1 p. 100 dans le réactif de Schweitzer aune rotation spécifique de — 20° pour la lumière transmise.
- Les résultats de De Mosenthal confirment l’observation de Vignon sur la rotation dextrogyre de la nitrocellulose, mais les valeurs de l’auteur sont un peu plus élevées. Il est maintenant certain que la cellulose est optiquement active et que la molécule doit contenir un ou plusieurs atomes de carbone asymétrique.
- 5. Dialyse. — L’auteur a réussi à dialyser une solution de nitrocellulose dans l’acétone en employant l’acétone comme liquide extérieur. Depuis, il a dialysé la cellulose à travers des membranes végétales et animales.
- Tome 109. — Juillet 1907.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET 1907.
- LES FALSIFICATIONS DES SUMACS
- M. Eug. Collin publie (dans le Journal de Pharmacie et de Chimie, n° du 16 juin 1907, p. 603) une note destiné à éclairer les experts dans l’analyse des sumacs. J’en extrais quelques points généraux, renvoyant pour les détails de la caractérisation microscopique au mémoire original.
- Le nom de sumacs vrais est réservé à deux espèces principales, qui sont : le Rhus Coriaria L. et le Rhus Cotinus L; la première est toutefois de beaucoup plus intéressante et appréciée que la seconde.
- Ce sont les feuilles de sumac qui sont surtout utilisées dans l’industrie. En égard à leur prix qui est relativement assez élevé et à l’état de division sous lesquelles arrivent dans le commerce, elles sont le plus généralement falsifiées et mélangées avec toutes sortes de feuilles qui diminuent considérablement leur richesse en tanin et en • matière colorante ; aussi est-il prudent de n’en prendre livraison qu’après avoir fait constater, par des experts compétents, leur richesse en tanin aussi bien que leur identité.
- Le Rhus Coriaria L. ou sumac des corroyeurs (est l’espèce désignée sous le nom de sumac des corroyeurs, roure des corroyeurs) croît dans la région Méditerranéenne, notamment en Sicile et dans le Nord de l’Afrique. C’est elle qui fournit les produits commerciaux désignés sous le nom de sumacs de Sicile ou de Palerme, sumacs du Portugal, sumacs de Grèce. Les feuilles de Rhus Coriaria de bonne qualité contiennent, en moyenne, de 23 à 24 pour 100 de tanin, quelques échantillons ont même donné jusqu’à 28 p. 100.
- Le Rhus Cotinus L., désigné sous le nom de sumac fustet, arbre à perruques, croît également en Europe méridionale. Assez répandu en Hongrie. Il est cultivé près de Valcimara, dans l’Apennin, où on l’appelle scotino. On le trouve dans beaucoup de nos jardins. C’est cette espèce qui fournit les sumacs de Hongrie et du Sud du Tyrol et les sumacs de Vénétie ou de Trieste. Les feuilles du Rhus Cotinus ne renferment guère plus de 16 p. 100 de tanin.
- Préparation du.sumac. — Après dessiccation, les feuilles et leurs pétioles sont broyées par un système de deux meules en pierre tournant sur une piste circulaire semblable à celles qui sont employées pour le broyage des olives. Le produit obtenu, désigné commercialement sous le nom de feuilles de sumac, est vendu aux principaux fabricants de sumac et aux exportateurs. Une certaine quantité est livrée aussi dans cet état aux industriels qui utilisent le sumac ; mais la plus grande partie est broyée une seconde et même une troisième fois, jusqu’à ce qu’elle soit réduite en une poudre grossière qui est tamisée pour en séparer les fragments ligneux ou les poudres grossières qu’elle peut contenir. Cette poudre grossière est ensuite pulvérisée de nouveau dans un mortier jusqu’à ce qu’eHe soit devenue à peu près impalpable, ce qui constitue le sumac fin.
- Variétés commerciales. — Les principales variétés commerciales du sumac sont : le sumac de Sicile ou de Palerme, qui est, de toutes les variétés, la plus estimée; il est récolté dans les environs de Catane et de Carini, à quelques lieues de Palerme. Il arrive à Marseille en balles de 60 à 60 kilogrammes et comprend deux qualités : 1° le sumac Alcaneo ou de Carini, qui est en poudre fine, douce au toucher, d’un vert tendre velouté et tirant sur le jaune ; cette poudre, qui ne contient que peu ou pas de débris
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- sur l’absorption des colorants.
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- de pétiole, aune odeur agréable et une saveur fortement astringente; 2° une qualité inférieure, d’une teinte un peu roussâtre, ayant une odeur plus faible et une saveur moins marquée. Le sumac de Hongrie se présente sous l’apparence d’une poudre grossière, d’un vert jaunâtre, dans laquelle on distingue des fragments assez volumineux du limbe et du pétiole rougeâtre des feuilles. En faisant bouillir un peu de cette poudre grossière dans l’eau, on .peut facilement séparer les deux épidermes. Ces caractères doivent se retrouver dans les sumacs du Tyrol et de Trieste.
- Falsifications. — Le sumac de Sicile subit les falsifications les plus fréquentes et les plus variées : les unes consistent à mélanger les débris de branches aux feuilles, à lui substituer du sumac qui, ayant déjà été employé et ayant par conséquent perdu la plus grande partie de ses qualités, est racheté à vil prix, séché et pulvérisé avec du sumac neuf. On utilise aussi, pour falsifier le sumac, un certain nombre de feuilles plus ou moins riches en tanin et qui, après pulvérisation, ne modifient pas sensiblement l’apparence et la teinte du vrai sumac. Ce genre de falsification est communément pratiqué, surtout par les exportateurs de sumac. Les feuilles qui sont le plus communément employées sous ce rapport sont, en première ligne, celles du PislaciaLenticus, du Tamarix africana; et en seconde ligne celles du Rhus glabra, Rhus metopium, Coriaria myrtifolia, Ailantus, glandulosa, Osyris compressa.
- sur. l’absorption des colorants
- Dans laZeits. für physikalische Chemie, Band LIX, p. 284, MM. H. Freundlich et G. Loser cherchent à fixer le rôle que l’absorption joue en teinture;les travaux de von Oeorgievics (Monatshefte für Chemie, 1894 et 1895. Sitzungsberichte der Wien. Akad. der Wissensch. 1895), et de Biltz (Ber. der deustche chem. Gessels. 1904 et 1905) ont
- déjà bien montré que l’égalité fondamentale de l’absorption : -- =ac-(où x représente
- . la quantité absorbée de matière dissoute, m la quantité d’absorbant, c la concentration
- dans la solution, a et^ des constantes) convient aussi pour la fixation des matières
- colorantes par les fibres, mais il reste encore bien des questions à résoudre, malgré les recherches de Kneclit sur la teinture avec les colorants basiques. Il fallait savoir si les solutions de matières colorantes se comportent de la même façon vis-à-vis des charbons qu’avec les matières colorantes. Cette idée n’est pas nouvelle; déjà Crumm a étudié comparativement la Jîxation des mordants métalliques et des colorants par le eoton et par le charbon de bois et a montré l’analogie des deux.
- Les auteurs faisant l’application des résultats de leurs expériences à la théorie de la teinture concluent que la fixation des colorants, substantifs ou adjectifs, acides ou basiques, sur la fibre, est avant tout produite par l’absorption.
- La fixation du colorant peut se produire ainsi : le colorant étant dissous à l’état colloïdal, ne peut plus, une fois absorbé, retourner en solution. Cela, pour les colorants substantifs.
- Différentes actions chimiques peuvent ensuite venir jouer leur rôle : la transformation du colorant dissous, en une matière insoluble ou colloïdale, la formation d’une combinaison insoluble ou colloïdale, avec d’autres matières absorbées (mordançage), formation d’une combinaison insoluble ou colloïdale avec la substance de la fibre. Le premier cas se présente dans la teinture avec les sels de colorants basiques,
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET 1907.
- où la base colorée est absorbée par la fibre, et très probablement sous une forme colloïdale insoluble. Le second cas est le plus fréquent. Il s’agit le plus souvent ici, non pas d’absorption du colorant, mais de l’absorption du mordant, avec lequel ensuite le colorant donne sur la fibre une combinaison insoluble et colloïdale. Le troisième cas est difficile à distinguer du premier cas.
- Conclusions. — 1. La répartition des colorants : violet crist., ponceau crist., fuchsine nouvelle et bleu patenté, entre le charbon ou la laine, ia soie et le coton d’une part, et une solution aqueuse d’autre part, se produit exactement d’après les mêmes
- lois, et en réalité l'isotherme d’absorption : a= — 1 n—— — a (- )1 sert essentielle-
- m a — x \v J -
- ment.
- Ici v représente le volume de la solution, m la quantité d’absorbant, a la quantité
- 1
- dissoute de matière absorbable, x la quantité de ce dernier qui devient absorbé; aet-sont des constantes.
- 2. La suite des grandeurs d’absorption a est indépendante de la nature de l’absorbant.
- 1
- 3. La valeur de l’exposant d’absorption -est, pour les colorants, indépendamment
- de la nature de l’absorbant, un peu plus élevée que celle observée dans l’absorption des acides organiques (0,83 contre 0,66); avec le violet cristal, la valeur dépasse même 1.
- 4. Dans les colorants basiques, le charbon détermine une scission du sel coloré, en base et acide ; l’acide reste en solution, la base est absorbée.
- 5. Le même fait se passe avec les fibres.
- 6. La base du violet cristal, qui se trouve à la surface du charbon, apparaît en brun violet brillant; elle est insoluble dans l’eau, soluble dans les acides, les alcools, la pyridine en violet bleu ; la base de la fuchsine nouvelle apparaît en violet sur le charbon, elle se dissout dans les mêmes solvants en rouge.
- 7. Les produits de polymérisation amorphes des bases colorées sont absorbés et forment, avec le charbon ou les fibres, des combinaisons colloïdales.
- 8. Avec les colorants acides, bleu patenté et orangé IV, il n’y a pas de scission du sel colorant par le charbon.
- SUR LA CHLOROPHYLLE ET LA XANTHOPHYLLE
- M. Willstàiter de Zurich a donné sur ce sujet, à la Société Suisse de chimie, une conférence dont voici les points principaux d’après les Archives des sciences physiques 1907, p. 595.
- Les premières recherches sur la matière colorante des feuilles remontent à Pelletier et Caventou et à Berzélius ; mais ni ces savants, ni leurs nombreux successeurs n’ont réussi jusqu’ici à isoler la chlorophylle à l’état de pureté. Dès qu’on veut faire entrer la chlorophylle dans une combinaison (en préparant par exemple son sel de baryum, ainsi que l’a fait Gartley), elle se dédouble; et le sel que l’on obtient est un dérivé, non plus de la chlorophylle elle-même, mais de l’un de ses produits de scission. On doit donc se contenter, pour isoler plus ou moins complètement la chlorophylle, de suivre la méthode de Kraus, qui consiste à fractionner l’extrait alcoolique
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- SUR LA CHLOROPHYLLE ET LA XANTIIOPHYLLE.
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- des feuilles par addition de divers dissolvants, tels que le benzène ou l’éther de pétrole.
- C’est cette chlorophylle encore impure qui a servi aux nombreux travaux qu’ont entrepris successivement Iloppe-Seyler, Tschirch, Schunck et Marchlewski, etc., dans le but de déterminer sa nature et sa constitution chimiques. Ces travaux ont abouti à ce résultat important, de montrer qu’il existe une relation entre le colorant des feuilles et celui du sang. En faisant agir tour à tour les acides et les alcalis sur la chlorophylle, on a pu obtenir la série des corps suivants : Phylloxanthine. Phyllocyanine. Phyllolannine (Ci0IP°O6N6), Phylloporphyrine (C1CH180IN2)X. Le dernier corps s’est trouvé être très voisin, par sa composition et par son spectre d’absorption, d’un produit obtenu au moyen de réactions semblables à partir du colorant du sang : l’hématoporphyrine (C1GH1808N2)x de Hoppe-Seyler, et de Nencti et Sieber.
- Plus récemment (1901), Nencki a montré, en collaboration avec Zaleski et Marchlewski, que l’hémine et la phyllocyanine fournissent toutes deux par décomposition un même dérivé pyrrolique de la formule C8tl13N, l’hémopyrrol.
- Quant à la composition même delà chlorophylle, on trouve déjà dans les publications de Hoppe-Seyler une indication qui a été confirmée après lui par Stoklasa, et d’après laquelle le colorant des feuilles renfermerait une quantité notable de phosphore et appartiendrait ainsi à la classe des lécithines. Cette indication serait inexacte; d’après les recherches de M. WillsUitter, la chlorophylle ne contient pas de phosphore.
- La chlorophylle ne possède ni propriétés basiques, ni propriétés acides; mais elle acquiert les unes et les autres par l’hydrolyse. En hydrolysant la chlorophylle au moyen de l’acide oxalique, on obtient la phéophytine, substance insoluble dans les alcalis. Elle appartient à la classe des cires et peut,être facilement saponifiée par les alcalis ; quelle que soit la phéophytine dont on soit parti, on obtient toujours un alcool, que M. Willstatter a nommé phytol. Sa composition répond à la formule C20R4oO. Il bout à 14o° dans le vide.
- Beaucoup plus compliqués sont les autres produits d’hydrolyse des phéophytines. Ce sont des mélanges de deux séries de composés azotés : les phytochlorines solubles en vert olive dans l’éther, et les phytorhodines solubles en rouge. Malgré certaines analogies, ces corps, à poids moléculaires élevés, sont différents suivant la matière première qui a servi à leur préparation.
- Il résulte de ces observations qu’il n’existe pas une substance définie que l’on puisse désigner du nom de chlorophylle.
- Dans l’hydrolyse de la chlorophylle au moyen des alcalis il se forme, à côté du phytol, des substances que l’auteur appelle chlorophyllines, et qui sont caractérisées par leur teneur en magnésium. La présence de ce métal dans les cendres ne provient pas d’une impureté ; le magnésium fait bien partie de la molécule des chlorophyllines • Ces dernières prennent naissance lorsqu’on chauffe les chlorophyllines à 200° avec les alcalis alcooliques concentrés; elles cristallisent bien et renferment 6 p. 100 de MgO.
- La fonction de la chlorophylle dans l’assimilation de l’acide carbonique par la plante apparaît, dit M. Willstatter, comme dépendant de la nature basique du magnésium. Il a réussi à extraire la carotine des feuilles. Mais il a obtenu en même temps, et en quantité beaucoup plus grande, une autre substance qu’il appelle xanthophylle, et qui, d’après son analyse serait un oxyde de la carotine. La xanthophylle est très avide d’oxygène ; elle en absorbe, à la température ordinaire, 36 p. 100 de son propre poids. Il restera à rechercher si peut-être la carotine et la xanthophylle sont des produits de transformation du phytol.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET 1907.
- de l’action physiologique de quelques matières colorantes
- MM. Jean Gautrelet et Henri Gravellat (Comptes rendus, 1907, pp. 1467-1468) ont communiqué le résumé de leurs recherches sur l’action physiologique de quelques couleurs d’aniline et d’un certain nombre de colorants végétaux qui ont fait depuis plus de deux ans l’objet d’une série de communications à la Société de biologie, et d’une thèse (Bordeaux, 1906).
- Voici les conclusions :
- Les couleurs d’aniline peuvent se diviser au point de vue physiologique en : colorants actifs et colorants inactifs.
- Les colorants actifs, tel est surtout le bleu de méthylène qui a été pris comme type, mais également le violet de méthyle, l’éosine, le rouge neutre, manifestent leur activité : sur la nutrition, en ralentissant les échanges dans l’intimité des tissus (abaissement considérable de l’azote total); sur le rein, en diminuant pour une part son activité secrétaire;
- Les colorants inactifs, tels le bleu marine, le vert malachite, traversent l’organisme sans produire de modifications analogues.
- Enfin les chiffres de toxicité sont des plus instructifs ; comme c’était à prévoir, il y a •une relativité entre la dose active et la dose toxique d’un colorant.
- SUR LES ANTIPYRINES
- D’après Robert (Pharm. Zeitung, 1907, p. 201), la 3-antipyrine estplus toxique que la 5-antipyrine (l’antipyrine ordinaire). L’isoantipyrine est aussi toxique que l’antipyrine ordinaire et moins toxique que la 4-amidoantipyrine.
- Le pyramidon a une action six à huit fois plus forte.
- L’introduction de deux Me dans le radical amine augmente l’effet irritant sur le système nerveux central; toutefois, alors que la 3-antipyrine estplus toxique que l’antipyrine ordinaire, le contraire a lieu avec le pyramidon : le 3-pyramidon n’agit pas à des doses où le pyramidon tue sûrement. De même l’orthopyramidon est moins toxique que le pyramidon. Enfin l’orthoacéthylamido-antipyrine n’est pas toxique pour l’homme à la dose de 0^,5 à 1 gramme. (D’après le J. de pharmacie et de chimie.)
- DÉSINFECTION PAR LE FLUORURE D’ARGENT
- MM. E. Paterno et M. Cingolani ont décrit longuement (Gazzetta chimica Italiana, 1907) un nouveau procédé de désinfection des eaux potables, basé sur l’emploi du fluorure d’argent. Les conclusions de leurs nombreuses expériences sont :
- 1° L’acide fluorhydrique exerce une action bactéricide supérieure à celle de l’acide nitrique, sur l’eau distillée comme sur l’eau de Marcia,même à la dilution de 1/10 000e.
- 2° Le flurorure d’argent à la dilution 1/200 000e à 1/400 000e. possède un pouvoir bactéricide supérieur à celui du nitrate.
- 3° L’eau stérilisée au nitrate d’argent et exposée à l’air cultive au bout de quelques jours, tandis que l'eau stérilisée au fluorure d’argent est restée stérile après soixante-douze jours et môme au delà.
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- LES ENGRAIS AZOTÉS.
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- LE SULFATE DE FER EN AGRICULTURE
- M. Ch. Guffroy traite dans le Journal d’agriculture pratique de M. Grandeau, n° du 20 juin, p. 789, la question de l’utilité du sulfate de fer en agriculture.
- Les uns le proscrivent, les autres le recommandent. M. Guffroy donne les principales opinions et théories émises à ce sujet. Il se propose en outre en y ajoutant les résultats d’expériences inédites, de montrer qu’elles sont loin de cadrer avec ces diverses théories.
- Il semble bien que l’action du sulfate de fer sur la végétation est beaucoup plus complexe que ne se le sont figuré les auteurs. Aucune théorie ne cadre avec les faits observés, et on peut se demander si, en dehors des actions purement chimiques envisagées seules jusqu’à ce jour, il n’y aurait pas des facteurs biologiques qui interviendraient ?
- LES ENGRAIS AZOTÉS
- Le dernier fascicule paru des Annales de l’Institut national agronomique renferme (p. 15 à 143) le mémoire in extenso de MM. Müntz et Laine, dont nous avons donné autrefois la communication à l’Académie des Sciences, sur leurs recherches pour la nitrification intensive et l’établissement des nitrières à hauts rendements au moyen delà tourbe.
- Le même fascicule renferme, deMM. A. Müntz et P. Nottin,une étude sur la valeur de la cyanamide de calcium comme engrais azoté.
- Le Bulletin de la Société des agriculteurs de France, dans son supplément au numéro du lor mai, renferme, de M. René Guil/in, chef du laboratoire de la Société, une étude sur la valeur agricole comparative des divers engrais azotés.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- sertissure pour tuyaux Kronauer ( 1).
- Ce système de sertissure est destiné à remplacer les rivures qui, en général, ne tardent pas à fuir une fois en place, bien qu’ayant convenablement résisté aux épreuves ; il est analogue, en principe, à celui employé par Fergusson pour les lignes de tuyaux de 480 kilomètres deCoolgardie (3), mais d’une pose plus facile.
- Fig. 3. — Détail d’une languette Kronaner.
- Les bords des deux tôles qui constituent chaque élément de tuyau sont, comme on le voit en figure 1, serties entre les mâchoires d’une languette de même longueur que l’élément, constituée par une barre d’acier laminée au profil de la figure 3 et serrée parles deux presses indiquées en fig. 3.
- Les opérations nécessaires pour la formation d’un élément de tuyau se bornent
- (1) 234 East 32d St, Patterson, N. J. Engineering News, 13 juin 1907.
- (2) Revue de Mécanique, janvier 1902, p. 88.
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- MONORAIL BUENNAM.
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- alors à cintrer et border ses deux tôles, à les assembler avec la languette et à sertir cette languette à la presse, entre les mâchoires de laquelle on fait passer les deux languettes du tuyau porté par un chariot.
- Des essais exécutés aux forges de Bethlehem sur un tuyau de lm,50 x 760 millimètres de diamètre, avec le sertissage représenté en tig. 3, ont montré qu’il résistait à des pressions de 126 kilogrammes par centimètre carré, sans aucune fuite.
- monorail Brenncnn (1).
- Le principe de ce monorail est le suivant :
- Chaque voiture du monorail porte, transversalement, une boîte renfermant (fig. 1) deux gyroscopes a et à’, commandés en sens contraires par des dynamos b et b!\chaque groupe ab et a'b' est monté dans un cardan c et cf, et ces cardans sont conjugués ortho-gonalement par une bielle reliant les bras verticaux des dynamos et par un âxe
- Fig. 1. — Principe du monorail Brennman.
- horizontal à pignons d’angle, de sorte que, dans le passage d’une courbe, les réactions des deux gyroscopes s’équilibrent et n’y opposent aucune résistance.
- On a fait le vide dans la boîte de manière à éviter la résistance du frottement de l’air aux gyroscopes.
- L’arbre de la dynamo b se termine par un galet fou d, roulant dans une coulisse e de la boîte; le stator de b porte une roue folle d, roulant sur les guides h et g, aussi solidaires de la boîte, et les jeux de ces roues d et /“laissent à b la liberté d’osciller un
- (1) Engineering, 14 juin, p. 794.
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- Fig. !..— Allège à charbous Smuldçrs,
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- ALLÈGE A CHARBON SMULDERS.
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- peu sur son axe horizontal. Si le véhicule penche, par exemple, vers la droite de la figure 1, d portera sur le haut de sa coulisse (et sur le bas s’il penche à gauche) en tendant à entraîner le gyroscope, que sa réaction fera tourner dans le sens de la flèche le, et le frottement de d sur e ramènera le gyroscope dans le plan horizontal et le. véhicule dans le plan vertical. Lorsqu’il arrive dans cette position, il tend à la dépasser en sens contraire, ce qui fait porter la roue f sur h, presque sans frottement, et avec une réaction presque entièrement verticale, dont le couple ramène le gyroscope à sa position horizontale. S’il redépasse cette position, d réagit sur le bas de sa coulisse, et l’y ramène comme précédemment.
- A la suite d’expériences exécutées sur un petit modèle, on va construire une voiture commandée par un moteur à gazoline de 100 chevaux, avec gyroscopes de-8 tO millimètres de diamètre, marchant à 3 000 tours.
- allège a charbon Smulders (1).
- Cette allège est (fig. 1 et 2) pourvue d’une galerie A, avec portes latérales E, sur-
- Fig. 2. — Allège Smulders.
- (1) Engineering, 28 juin, p. 855.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1907.
- galets, levées par des leviers à crémaillères G, manœuvrés de la plateforme B, et qui laissent le charbon tomber sur un convéyeur G. Ce convéyeur amène le charbon à un bec de décharge, que l’on peut manoeuvrer au moyen d’une grue et d’une plate forme tournante de manière à l’amener en cale au-dessus des écoutilles.
- Le charbon est pesé à 1 pour 100 près, automatiquement, avant son arrivée au bras qui l’élève au bec. Il tombe dans le bateau en chargeant doucement et sans faire de poussières. Ces allèges peuvent ainsi charger 140 tonnes de charbon par heure, avec le bras incbné à 45° et son extrémité à 18 mètres au-dessus de l’eau.
- foyer de locomotives Laughridge (1).
- Ces foyers, du type Belpaire, sont (fig. 1) constitués par des tôles d’acier raccordées par des soufflets (fig. 2) rivés sur bandes de cuivre et ondulés de manière à en permettre la libre dilatation, facibté d’autre part par la nature du cadre de base formé
- J2o2. Copper l Joint
- Section A-B.
- Section C-D.
- Sêction E-F.
- J" Rivets, 2 Pitch
- M___
- Fig. 1. — Foyer de locomotive Laughridge.
- d’une cornière de cuivre à section en Z, de 15 milbmètres d’épaisseur, qui se prête aux dilatations horizontales et verticales.
- Ce type de foyers, actuellement monté sur plus de 100 locomotives aux États-Unis, a débuté, en 1902, sur le Hocking Yalley Rr. D’après M. S. Stifïey, ingénieur de cette ligne, un de ces foyers, mis en surveillance depuis 1904, est aussi bon qu’au pre-
- (1) Engineering News, 20 juin, p. G89.
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- FOYER DE LOCOMOTIVES LAUGHRIDGE.
- Ç>i 9
- mier jour; il en estime la duree à au moins dix ans, tandis que les foyers ordinaires du type correspondant ne durent guère plus de quatre ans. Les ruptures d’entretoises sont pratiquement évitées ; les tubes à feu durent aussi beaucoup plus longtemps. Ces résultats sont confirmés par ceux observés sur le Toledo et Ohio Central et le Kanawha
- ,1 : :
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- o do o o o o'o o
- -S 24/ Tubes,
- X 2 "Ou fs. Diam:
- OOO
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- Fig. 2. — Foyer Laughriclge. Détail d’un soufflet.
- et Michigan Rr., avec environ 80 de ces foyers en service. En dix années, un foyer Laughridge n’exigerait, pour son entretien, que 3 000 francs au lieu de 14 500 pour un foyer ordinaire équivalent.
- Ces foyers sont exploité par la Laughridge Firebox C°, Dunkirk, N. Y.
- chaîne sans soudure Ecseghy (t).
- Pour faire un maillon de cette chaîne, on enfile, dans le maillon précédant la pièce indiquée en flg. 1 A, puis, par un premier matriçage, on lui donne la forme indiquée en figure 1 B; un second matriçage la rabat comme en C. Il ne reste plus, pour compléter le nouveau maillon, qu’à enlever, par une troisième presse, les bavures laissées en a et en b. Toutes ces opérations durent environ 25 secondes.
- On produit ainsi une chaîne parfaitement symétrique, facile à réparer sur place en remplaçant la maille rompue par un anneau Aab (flg. 2) passé dans les maillons c et d de la chaîne, avec a passé en c, b dans a, puis en d, de façon à constituer le nœud indiqué en figure 2B.
- Des essais exécutés à Sheffield ont donné, pour une chaîne d’acier en barres de (1) Engineering News, 20 juin 1907, p. 696.
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- 920 • NOTES DE MÉCANIQUE. -------- JUILLET 1907.
- 43 millimètres de diamètre, ayant sa limite d’élasticité à 40 kilogrammes par milli-
- Fig. 1. Fig. 2.
- Plan.
- c'' a-' b''
- Elevcx-Hon,.
- Fig. 1 et 2. — Chaîne sans soudure Ecseghy.
- •mètre carré, une résistance à la rupture de 8 t, 45, ou de 56 kilogrammes par mètre carré, avec une striction de 52 p. 100.
- grue-marteau de 150 tonnes des chantiers de John Boum et C°. Clydebank(l)
- Cette grue se compose (flg. 1 et 2) d’une poutre de 61 mètres de long, à volée de 45m,70, pivotée sur une tour de 35m,50 de hauteur. Elle est doublée, de l’autre côté de son bassin, par une grue du type derrick de même puissance, ce qui permet de manipuler des charges de 150 tonnes sur deux navires à la fois.
- La tour a 12m,20 de côté à la base et 10m,67 au sommet, avec quatre montants en treillis reposant sur quatre piles cybndriques en acier de 3m,20 de diamètre sur -22m,90 de profondeur; le bas de ces piles a 4m,*l0 de diamètre, de manière à réduire la .pression sur le sol à 6k®,5 par centimètre carré. Ces piles sont remplies de béton; elles ont été foncées à l’air comprimé, et parfaitement d’aplomb.
- La plate-forme du haut de la tour, recevant le roulement des galets de la volée, est constituée par quatre poutres de 2m,28 d’épaisseur sur 0m,80 de large, avec semelle double au bas, de manière à permettre de les peindre à l’intérieur, et de deux poutres transversales diamétrales recevant, en leur croisement, le pivot du roulement, de 355 millimètres de diamètre X 4m,90 de long, et capables de résister à un effort transversal de 100 tonnes, d’ailleurs tout à fait improbable.
- Le diamètre du chemin de roulement est de 10m,67, avec 75 galets coniques de 355 millimètres de diamètre moyen x 355 de long, en acier forgé, et espacés de 417 millimètres. Leurs axes sont montés, d’une part, dans un polygone de poutres, creuses reliées au centre par 15 cornières radiales, et, d’autre part, dans un cercle en iers en U. La rigidité de l’ensemble est assurée par quatre diagonales croisées tangen-
- (1) Engineering, 21 juin 1907.
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- Fig. 1. — Grue type marteau de 150 tonnes.
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- tiellement au centre. Le chemin de roulement supérieur est monté sur une double poutre circulaire de 10m,67 de diamètre x 0m,60 x 0m,60, d’une rigidité suffisante pour répartir la charge rnaxima sur 19 des galets de roulement.
- La volée est en deux poutres à treillis de lm,22 de large, écartées de 4m,27, de 7m,92 de hauteur à la tour 4m,60 et 2m,13 aux extrémités, et solidement entretoisées. Ces poutres portent, d’aplomb, quatre rails.
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- LA SURCHAUFFE AUX CHAUDIÈRES MARINES.
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- Toute cette partie de la grue a été construite par les ateliers de sir W. Arrol, de Glasgow.
- La machinerie représentée par les figures 2 et 3 a été construite par MM. Stothert et Pitt/de Bath, et comprend les appareils nécessaires pour lever 150 tonnes à la vitesse de 25 millimètres par seconde et 100 à celle de 40 millimètres, et, par un’treuil auxiliaire, 30 et 7,5 tonnes aux vitesses de 65 et 250 millimètres, puis pour la translation de la charge sur la volée aux vitesses de 200 et 500 millimètres, pour 150 et 30 tonnes, et pour le pivotement de la volée en 10 minutes avec 150 tonnes, et 5 avec 30 tonnes.
- Le chariot repose sur 12 roues et les 4 rails.
- Le tambour du treuil principal, de 3 mètres de diamètre, est à double enroulement en hélices de 36 gorges chacun et en acier sur deux fonds très robustes (fig. 3) ; le câble suffit pour une levée de 52 mètres, dont 9 au-dessous du niveau du quai. Le treuil est commandé, d’un train de pignons d’acier et à la vitesse de 0,94 tours par minute, par deux dynamos de 50 chevaux en série ou en parallèle à volonté, et pourvu de quatre freins : deux électriques, l’un à solénoïde et l’autre à rhéostat, un frein hydraulique et un frein à main. Le frein hydraulique entre automatiquement en jeu dès la descente des charges, qu’il ralentit, et son eau, échauffée par l’absorption de ce travail de descente, est ensuite refroidie dans une circulation. Le tambour du treuil auxiliaire, de lm,27 de diamètre, est mené, à la vitesse de 2 tours, 08 par minute, par une dynamo de 50 chevaux, et n’a pas de frein hydraulique.
- Le pivotement de la volée est commandé, d’une dynamo de 50 chevaux, avec frein électrique, par un pignon de 480 millimètres de diamètre, en prise avec une denture fixe de llm,70 de diamètre. La translation du chariot est commandée, d’un train àdeux vitesses, par une dynamo de 50 chevaux, avec tambour se touant sur des câbles fixes ; un indicateur marque, dans la cabine, la position du chariot.
- Toutes les dynamos marchent à 350 tours, avec un courant continu de 210 volts.
- Aux essais, on a levé une charge de 160 tonnes, au bout d’une portée de 24m,50, à la vitesse de 24 millimètres par seconde et avec une vitesse de rotation de la volée de un tour en 5 minutes et demie; le fléchissement, au bout de la volée, ne dépassa pas 170 millimètres, et le soulèvement de l’extrémité opposée 82 millimètres. Avec une charge de 80 tonnes à 40 mètres, le fléchissement fut de 185 millimètres; avec une charge de 30 tonnes, la rotation complète de la volée se fit en 3 minutés 10 secondes, soit à la vitesse tangentielle d’environ lm,30 par seconde.
- APPLICATIONS MODERNES DE LA SURCHAUFFE AUX CHAUDIÈRES MARINES
- d’après M. A. Spyer (1)
- Les surchauffeurs employés dans la marine peuvent se diviser en deux classes suivant qu’ils sont disposés dans la cheminée de manière à absorber la chaleur des' gaz après leur combustion dans le foyer ou disposés dans la chaudière de manière à absorber de la chaleur des gaz pendant leur passage dans la chaudière.
- Les applications des surchauffeurs de la première classe les plus considérables, en Angleterre, sont celles faites par MM. T. Wilson et G°, qui, en 1900, les ont installés sur le steamer Claro. Ils sont constitués par des séries de tubes en U, avec collecteurs à l’entrée et à la sortie ; leur succès sur le Claro en a entraîné l’adoption sur une douzaine de navires de MM. Wilson.
- - - (1) Engineering conférence dés Civil Engineers de Londres et Engineering, 5 juillet, p. 33. '
- Tome 109. — Juillet 1907, 01
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- En raison de la faible température des gaz utilisés, ces surchauffeurs exigent une grande surface : de 40 à 50 p. 100 de celle de la chaudière, pour obtenir une surchauffe de 50 à 80°! Sur YAleppo, avec une surchauffe de 83°, on a constaté une économie de charbon de 12,5 p. 100, après plusieurs années de service, en comparaison avec des bateaux identiques sans surchauffeurs. Sur le Marlello, avec chaudières Babcox au nombre de 3, de 740 mètres carrés de chauffe et 186 pour le surchauffeur, une surchauffe de 50°, on marche avec 3 chaudières au lieu de 4, et une dépense de charbon de 31 au lieu de 44 tonnes par jour, mais après une modification des cylindres des machines pour les adapter à la surchauffe. Le graissage des tiroirs et des pistons avec de l’huile minérale à point éclair de 430° ne présente aucune difficulté ; ces huiles ne forment pas d’émulsion avec l’eau d’alimentation et s’enlèvent facilement par filtration. Les frottements sont de fonte sur fonte. On emploie des tiroirs cylindriques pour les cylindres de haute et de moyenne pression, et des tiroirs plans pour la basse pression; ces frottements ne s’usent pas plus qu’avec de la vapeur saturée; les stuffing boxes tiennent souvent mieux, ainsi que les joints des tuyauteries.
- Au bout de cinq années de service, les tubes du surchauffeur du Claro étaient comme neufs, et l’auteur a constaté la même conservation sur des tubes après onze annéès de service.
- Les Central Marine Engine Works, de Hartepool, ont aussi installé des surchauffeurs de ce type, notamment sur Ylnchmona, avec des machines à quadruple expansion et 5 manivelles, et une pression de 16 kilogrammes aux chaudières; la dépense de charbon n’y dépasse pas 450 grammes par cheval indiqué, en moyenne. L’économie de charbon directement attribuable à la surchauffe atteint environ 8 p. 100, avec une surchauffe de 40° seulenienl ; l’emploi de cette surchauffe n’a occasionné aucun inconvénient dans la marche des machines.
- Parmi les surchauffeurs de la seconde classe : logés dans la chaudière, le seul qui ait été largement employé en Angleterre est celui de Babcox-Wilcox. Dans ces chaudières, les gaz sont dirigés par des déflecteurs de manière à effectuer un triple parcours, le long des tubes, et le surchauffeur est placé entre le premier et le second de ces parcours, de manière à utiliser des gaz assez chauds pour permettre une surchauffe relativement petite. ^
- Les premiers essais de ce surchauffeur ont été exécutés en Amérique sur le Wallace, avec chaudières de 540 mètres de chauffe et surchauffeurs de 77 mètres carrés, disposés de manière à permettre d’en supprimer l’action à volonté. Avec une pression de ;14H?,.5 et des puissances d’environ 1 600 chevaux, à 78 tours par minute, on a dépensé, par cheval indiqué, 0kg,657 avec la vapeur saturée et 0kg,564 avec la surchauffe, soit une économie de 16,5 p. 100, et ce avec une admission un peu plus prolongée avec la vapeur surchauffée. Ces surchauffeurs ont été, ensuite, adoptés sur plusieurs vaisseaux de la marine de guerre américaine.
- On construit actuellement un navire « Creole » avec chaudières de 2 600 mètres carrés de chauffe et surchauffeurs de 400, pression 17kg,5, et turbines Curtis de 7 500 chevaux.
- L’Amirauté anglaise a récemment décidé l’adoption de ces surchauffeurs sur le Britannia.Des essais exécutés à ce sujet dans les ateliers deBabcox-Wilcox, àRenfrew, avec des combustions variant de 68 à 148 kilogrammes par mètre carré dé grille et par heure, ont donnée une surchauffe presque invariable entre 42 et 50°. En pression de 14 kilogrammes et avec des dépenses de charbon respectives de 85 et 70 kilogrammes
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- par mètre carré de grille, on a dépensé, par cheval indiqué, 0ke,770 de vapeur saturée et 0k=,90 de charbon, contre 6ks,8 en surchauffe aux machines principales, puis 6,80 et 6 kilogrammes de vapeur à la puissance de 8000 chevaux. Sur la Britannia,h 13000 et 18 000 chevaux, les différences entre les températures à la cheminée, sans et avec surchauffe, ont été, respectivement, de 16 et de 4°.
- Ces résultats sont entièrement favorables à l’emploi de la surchauffe avec les machines à pistons, et il semble qu’il ne saurait qu’en être de même avec les turbines.
- nouvelles POMPES élévatoires de HAMBOURG d’après M. liud. Schrôdev {1).
- La première de ces machines celle n° IV, fut livrée, y compris une grue de 10 tonnes
- Fig. 1. — Pompe verticale n° IV des eaux d Hambourg.
- lieU ;
- (I) Zeitschrift des Vereines deulscher Ingenieure, 1907, 13 et 22 juin.
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- et une chaudière, parla maison A. Borsig Tegel près Berlin, pourrie prix de 114 500 M. ;
- Fig. 2. — Distributeur de la pompe fig. 1.
- elle fut mise en service fin 1903. Cette machine est (fig. 1) verticale, avec distribution à soupapes, condenseur à injection et manivelles calées à 180°; les deux pompes
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG.
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- à simple effet sont au-dessous du plancher de service. Le volant pèse 10 tonnes. Les dimensions principales sont les suivantes :
- ,Fig. 5. — Soupapes annulaires de la pompe fig. 1.
- Cylindre à haute pression . . . Cylindre à basse pression . . . Piston de la pompe principale . Pompe à air.....................
- iamôtro. Course.
- mm. mm.
- 565 1100
- 1 000 1100
- 516 1100
- 500 500
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- Fit
- La pression aux chaudières est 9,25 atmosphères, la température de la vapeur sur-
- chaullee à l’entrée du cylindre de haute pression est de 300° à 340°.
- Les pompes, en admettant un rendement volumétrique de 97 p. 100 et la vitesse normale de 40 t. à la minute, élèvent ensemble 1 080 mètres cubes à l’heure; à la vitesse maximum de 50 tours, on peut débiter 1350 m3. La pompe est construite pour élever à la hauteur de 52 mètres, mais la charge ne dépasse généralement pas 43 mètres.
- Les cylindres et les organes de distribution sont représentés en figure 2.
- Le cylindre de haute pression n’a pas d’enveloppe à cause de la température élevée de la vapeur. Il est en trois parties. Au-dessous de la boîte de distribution inférieure, se trouve la conduite de vapeur, de 125 millimètres de diamètre, avec la prise de vapeur, que l’on peut commander aussi de la galerie de graissage. Le cylindre de basse pression est d’une pièce avec les deux boîtes de distribution, et à enveloppe de vapeur.
- Pour réchauffer la vapeur d’échappement avant son entrée dans le second cylindre, le réservoir est muni d’un serpentin de vapeur dont la surface de chauffe est de 6,83 mètres .carrés; cette vapeur sert ensuite à chauffer le cylindre à basse pression, puis passe dans un réchauffeur d’eau d’alimentation de 3,68 mètres carrés de chauffe.
- L’économie réalisée par la surchauffe intermédiaire serait d’environ 4 p. 100. De plus, la répartition du travail aux deux cylindres est meilleure.
- Les cylindres sont à distribution Collmann. Au moyen d’un volant à main, on peut faire varier l’admission et, par suite, le nombre de tours, entre 20 et 60.
- Les tiges des soupapes du cylindre à haute pression sont de garnitures Wild (fig. 3). Les presse-étoupes des tiges de piston sont à garnitures métalliques Lancaster, doubles du côté de la haute pression, simples pour la basse pression (fig. 4).
- G. - Réchauffeur d’alimentation de la Le volant> en deux ParlieS> a 4‘n>30 de pompe figure 1. diamètre. L’arbre intermédiaire porte un
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIKES DE HAMBOURG. 929
- régulateur à ressort qui', lorsque le machine fait plus de 60 tours, ferme l’arrivée, de vapeur.
- Toutes les parties extérieures mobiles de la machine sont lubrifiées par delà graisse consistante avec boîtes Stauff. La machine consomme, par heure, 0;ë, 13 de graisse consistante et 0,04 d’huile à cylindres.
- Les pompes sont munies de soupapes libres à 5 bagues et à ressorts (fig. 5). La charge du ressort est de 100 kilogrammes pour la soupape de refoulement et 120 kilo-
- Puissanco indiquée....................
- lin eau pompée........................
- Lîappor
- Haute pression. Basse pression. Totale.
- 134ch,56 91.05 226,51
- » » 199,35
- 199,25 226,51 — ’ ’
- pm — 2,80 température d’admission 322».
- Fig. 7. — Diagrammes de la pompe fig. 1 à 40 tours.
- grammes pour celle d’aspiration. La surface des sièges est de 3177 centimètres carrés; leur largeur est de 3 millimètres ; le poids de la partie supérieure de la soupape, dans l’eau, est de 126 kilogrammes. La partie inférieure des soupapes et le siège sont en bronze phosphoreux.
- Ces soupapes sont disposées de manière à être facilement enlevées au moyen de la grue mobile.
- Le réservoir d’air comprimé a lm,40 de diamètre et 6 mètres de haut.
- La vapeur est fournie par une chaudière à deux tubes foyers ; la surface de chauffe est de 73m2,5, la surface de grille de lm2,8, la pression de 9 kil. 50. A l’arrière de la chaudière, se trouve le surchauffeur à contre-courant de 51m2,4 de chauffe. Sur le conduit de fumées de chacun des tubes foyers, se trouve un registre mobile autour d’un axe vertical, et commandé par le mécanicien. Un dispositif spécial empêche d’ouvrir la porte du foyer avant d’avoir fermé le registre du tube correspondant. On évite ainsi les rentrées d’air froid.
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- L’eau d’alimentation passe dans le réchauffeur (fig. 6), d’où elle sort à 170°.
- Aux essais, la machine a donné les résultats suivants : Avec une vitesse de 39,4
- Fig. 8. — Pompe n* V. •
- tours par minute et un refoulement de l’eau à 4Sm,77, la machine fournit 196 chevaux théoriques; la pression de la chaudière étant de 9,"21 atmosphères et la température
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- Fig. 8 bis. — Pompe n° V.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- de la vapeur surchauffée de 318° au cylindre à haute pression, la dépense de vapeur a été de 5ks,67 par cheval-heure effectif.
- Fig. 9. — Distribution des pompes n°s V et VI.
- Le rendement de la pompe, c’est-à-dire le rapport entre la puissance théorique des pompes et la puissance indiquée de la machine a été, en moyenne, de 88 p. 100 (fig. 7).
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG.
- Le chauffage du réchauffeur et du cylindre à basse pression absorbe 6,45 p. 100 de la consommation totale de vapeur.
- La dépense totale de chaleur s’est élevée à 4 080 calories par cheval-heure théorique de la pompe. Le rendement de la chaudière et du surchauffeur s’élève donc à 77,5 p. 100.
- La dépense de charbon (d’un pouvoir calorifique moyen de 7 234 calories) a été de 0,745 kilogrammes par cheval-heure théorique.
- Les deux autres nouvelles machines (V et VI), furent livrées, par la Société d’As-cherleben, au prix de 274 300 marks, y compris une grue, trois générateurs de vapeur
- Fig. 10.
- à surchauffeur, un réchauffeur et un épurateur pour l’eau d’alimentation. Elles fonc-
- Fig. 11. — Réchauifeur d’alimentation.
- tionnent depuis le début de 1906. Les dimensions principales de ces machines sont les suivantes :
- Diamètre. Course.
- mm. mm.
- Cylindre à haute pression 530 1100
- Cylindre à basse pression 1008 1 100
- Piston de la pompe principale .... . . 516 1100
- Pompe à air . . 450 450
- La vitesse normale est fixée à 40 tours et la vitesse maximum à 50 tours. La hauteur de refoulement de l’eau est la même que pour la machine IV.
- La pression de la chaudière est 10 atmosphères. La température de la vapeur surchauffée varie de 320° à 360° au cylindre de haute pression. Ce dernier est muni d’une enveloppe de vapeur.
- La distribution dans le cylindre de haute pression est du type Kônig, où les mêmes excentriques commandent à la fois l’échappement et l’admission ;fig. 8 et 9).
- Les soupapes présentent l’avantage de se dilater comme leur siège, de sorte qu’il
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- n’y a pas de fuite de vapeur même avec des variations brusques de température. Leurs tiges sont en acier au creuset; elles ne sont pas munies de presse-étoupes, mais glissent dans de longues boîtes de fonte parfaitement rodées.
- Chaque machine est munie d’un régulateur centrifuge Hartung, qui permet de faire varier la vitesse de 35 à 50 tours par minute. Au moyen d’un volant, le mécanicien peut agir sur le régulateur et abaisser la vitesse jusqu’à 18 tours par minute. Si la résistance vient à augmenter, par exemple par suite d’un grippement des coussinets, le régulateur n’ouvre l’admission que jusqu’à une certaine limite, déterminée à l’avance au moyen d’un index mobile, de sorte que, si la cause persiste, la machine ralentit et le conducteur est ainsi averti.
- En outre, sur le balancier de la pompe à air de chaque machine, se trouve un régu-
- Fig. 12.
- Coupe dd.
- Fig. 13. Fig. 14.
- Fig. 13. Fig. 16. Fig. 17.
- Coupe aa. Coupe bb. Coupe cc.
- Fig. 12-17. — Régulateur de sûreté Aspmcill.
- lateur de sûreté Aspmall, qui ferme brusquement l’arrivée de vapeur dès que la vitesse dépasse 60 tours par minute. Dans ce but, le registre de fermeture est relié au levier H (fig. 10), parallèle au balancier et mobile autour du même axe, au moyen d’un bras coudé en Y. Dans la position figurée : la plus basse du levier H,le clapet de vapeur est ouvert, il se ferme si le levier H s’élève.
- Le fonctionnement du régulateur est indiqué sur les figures 12 à 17. Sur le support J, fixé au balancier, se trouve une masse G, mobile autour du boulon I. Cette masse supporte par un ressort la pièce E, qui met en mouvement le cliquet D autour de l’axe II. La masse G est maintenue en bas, par la vis de réglage et le ressort-buttoir F. Mais, dès que la machine atteint la vitesse fixée, elle reste en arrière en raison de son inertie, pendant que le mouvement de recul du balancier commence.
- En tournant de bas en haut autour de I, la masse G pousse, par E, le cliquet d’arrêt D vers l’extérieur, et son crochet prend dans le cliquet B, mobile autour de III. La masse G est alors fixée dans sa position supérieure (fig. 14). Sur la cheville latérale IV du cliquet d’arrêt B, est monté le cliquet auxiliaire A, dont la partie arrière repose librement sur l’axe III, et est maintenue dans cette position par le ressort K.
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- Sous l’influence (l’une pression exercée de haut en bas sur l’extrémité antérieure de A, ce cliquet auxiliaire tourne autour de l’axe I.V, et son extrémité postérieure se soulève de III; si la pression est dirigée de bas en haut sous l’extrémité antérieure de A, il tourne au contraire autour de III, et la cheville IV soulève le cliquet d’arrêt B du crochet C. La masse G, rendue libre, oscille de haut en bas-, sollicitée par le ressort-buttoir F, et ramène le cliquet d’arrêt D vers l’intérieur,
- La fermeture de l’arrivée de vapeur se produit donc de la façon suivante :
- Fig. 18. — Chaudière des pompes n05 V et VJ.
- Supposons la masse G dans la position supérieure, par suite d’une excès de vitesse, et maintenue dans cette position par le cliquet B; le cliquet d’arrêt D est alors rejeté à l’extérieur. Un peu avant que la tige du balancier ait atteint sa position la plus basse, D rencontre l’extrémité du levier H. Dès que D a passé devant H, il est ramené vers l’extérieur sous l’impulsion du ressort de la pièce E; il bute alors par son arête supérieure sur le levier H, pendant la marche ascendante du balancier, et entraîne H jusqu’à ce que le balancier ait atteint sa position supérieure (fig. 14); le clapet de vapeur est alors complètement fermé par II. En raison de sa force vive, la machine continue son mouvement, et dans le mouvement de descente du balancier de la pompe à air, le cliquet auxiliaire A rencontre, par son bord inférieur, le levier H, qui le pousse de bas en haut. Le cliquet d’arrêt B, entraîné avec lui, libère la masse G, qui-tombe dans sa
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- N- '
- Fig. 19. — Chaudières des pompes nos V et VI.
- Fig. 18 et 19. — a, Conduite d’eau allant à l’épurateur; — b, Conduite d’eau allant au compteur de l’épurateur; — c, Conduite aspirant l’eau d’alimentation dans le réservoir; — d,Conduite de refoulement de la pompe alimentaire ; — e, Conduite de refoulement de'la pompe alimentaire; vers le réchauffeur à gaz du foyer ; — g, Conduite de refoulement de la pompe alimentaire vers la conduite alimentaire principale ; — h, Conduite alimentaire principale ; — i, Conduite de compression de la soupape de sûreté de la pompe alimentaire ; — j, Conduite de vapeur pour la pompe alimentaire ; — k, Conduite de vapeur pour l’injecteur; — l, Conduite d’eau de la ville (aspiration de l’injecteur) ; — m, Échappement de la pompe alimentaire ; — n, Échappement de la pompe alimentaire vers le réchauffeur; — o,Échappement de la pompe alimentaire à l’extérieur; — p, Conduite de vapeur humide vers le surchauffeur; — q, Conduite de vapeur surchauffée; — r, Conduite principale de vapeur ; — s, Conduite de vapeur pour la machine V ; — t, Conduite de vapeur pour la machine VI; — u, Conduite de purge de la chaudière; — v, Conduite de purge du réchauffeur à gaz du foyer; —w, Conduite de purge de l’injecteur; — x, Conduite de purge de l’épurateur; — y, Retour des eaux de condensation à l’épurateur ; — z, Tube de la soupape de sûreté.
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG.
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- position inférieure (fig. 13) et ramène le cliquet d’arrêt D. Le régulateur se retrouve dans sa position initiale ; après arrêt de la machine, on ramène le levier H dans sa position inférieure et on peut rouvrir le clapet. La fermeture du clapet s’obtient également en manœuvrant un levier du poste du mécanicien. Ces régulateurs coupent la vapeur dès que la vitesse dépasse 60 tours par minute. Le régulateur Aspmall a trouvé de nombreuses applications sur les machines marines.
- Les presse-étoupes de la tige du piston sont à bagues en bronze spécial, avec de petits ressorts qui assurent une forte pression sur la tige du piston. Pour la haute pression il y a deux jeux d’anneaux.
- Le réchauffeur d’eau d’alimentation (fig. 11) utilise la vapeur d’échappement des cylindres à basse pression. Il contient 18 tubes en U, de 21 millimètres de'diamètre extérieur et d’une chauffe totale de 4m2,75. L’eau d’alimentation en sort à la température d’environ 40°.
- Les soupapes des pompes sont construites comme pour la machine IV; la partie inférieure de la soupape d’aspiration est maintenue, comme le siège de la soupape de compression, au moyen de vis de pression en métal delta, vissées dans la boîte en bronze phosphoreux et rendues étanches par une bague en cuivre avec plomb.
- Les trois chaudières (fig. 18 et 19) sont à deux tubes foyers de 72m2,5 de surface de chauffe, lm2,80 de surface de grille, et timbrées à 10 kilogrammes. Une chaudière suffit pour alimenter chacune des deux machines. Chaque chaudière est avec un sur-chauffeur à contre-courant de 71 mètres carrés de chauffe.
- Le réchauffeur d’eau d’alimentation à 120 mètres carrés de chauffe, il utilise les gaz du foyer, et porte l’eau à 60°.
- L’épurateur du type Otto Walter à chaux et soude débite 3 200 litres par heure. La précipitation des sels est facilitée par passage dans un réchauffeur silencieux où la température de l’eau atteint 60°.
- Nous donnerons ultérieurement les résultats des essais des pompes V et VI.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN JUILLET 1907
- Fricker (M.). — Résistance des carènes. (Enc. des Aide-Mémoire.) Petit in-8 de 19 x 12. 170 p., 22 fig. Paris, Gaulhier-Villars, 1907. 13 253.
- Roger de La Borde. — Le pommier et le cidre. (Revue annuelle de pomologie.) 18 x 11,5. 168 p. Paris, Charles Amat, 1907. 13 2 54.
- Lecomte (A.). — Les associations agricoles professionnelles et mutuelles. (L’Agriculture au xxesiècle). 16,5 x 10,5. Paris, Lucien Laveur. 13 255.
- Borel de la Prévostière (Mme). — La femme à la ferme et aux champs. (L’agriculture au xxe siècle). 16,5 x 10,5. Paris, Lucien Laveur. 13 256.
- Le Verrier (H.). — Métallurgie générale. Procédés de chauffage. (Encyc. indust. Le-chalas.) 367 p., 171 fig. Paris, 1902. 13 2 57.
- Briot (F.). — Les Alpes françaises. Nouvelles études sur l’économie alpestre. 25 X 16,5. xi-324 p., photogr., 5 cartes. Paris, Berger-Levi’ault et Cie, Lucien Laveur, 1907. 13 2 58.
- Ronceray (E.). — État actuel du moulage mécanique (ex Mémoire de la Société des Ingénieurs civils, 1906, 41 p., 1 pi.).
- Bibliographie des travaux historiques et archéologiques publiés par les Sociétés Savantes de la France. Tome V, 2e livraison, nos 89 398 à 95 412 et années 1903-1904. Paris, Imprimerie nationale, 1906.
- Expéditions scientifiques du Travailleur et du Talisman pendant les années 1880, 1881, 1882, 1883. Ouvrage publié sous les auspices du ministère de l’Instruction publique sous la direction de A. Milne-Edwards, puis de Edmond Perrier. Annélides et Géphyriens. Cœlentérés. Hydroïdes. Ophiures. Céphalopodes. Bryozoaires. Paris, Masson et Cie, 1906. 13 2 59.
- Hérissant. — Le pommier à cidre. Monographie des meilleures variétés de pommes à cidre cultivées dans les vergers d’études de l’École pratique d’agriculture dès Trois-Croix à Rennes (ex Le Cidre et le Poiré). 25 x 16,5, 68 p., pi. Argentan, Journal de l’Orne.
- Annexe : L’anthonome des fleurs du pommier. Rennes, 1889. (Don de M. A. Truelle.)
- 13260.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juin au 15 Juillet 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engine ers.
- ACP.. . , Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . , . Économiste français..
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. , . . Génie civil.
- IaS. . . . Iron and Steel Metallurgist.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le........Industrie c-iectrique.
- Irn , . . . Industrie minérale de St-Étienne. lt........Industrie textile.
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal)
- M.M.. . . Mining Magazine.
- Ms........Moniteur scientifique,
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes .
- PC. .. . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- HdM. . . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré. . . . Revue électrique.
- Ri .... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings;
- Rt.. . . . Revue technique.
- Ru. . . . . Revue universelle des mines et de -la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SL........Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . '. . Stahl und Eisen.
- Va. . . . La Vie automobile.
- VDI. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZaC. . . . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- ZOJ. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
- Tome 109. — Juillet 1907.
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- JUILLET 1907.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- AGRICULTURE
- Abattoirs américains en France. SNA. Mai, 400.
- Agriculture à Cuba. SNA. Mai, 422.
- Artichauts. Insectes de 1’. (Lesne). Ap. iO Juillet, 49.
- Bergers, troupeaux et chiens. Ag. 22 Juin, 976. Bétail. Emploi du cactus comme fourrage. Ap. H Juillet, 41.
- — Dénaturation du sucre serrant à l'alimentation du bétail : Décret SL. Juin, 617 .
- Beurres. Analyses et règlements d’expertises (J. Mueller). RCp. 30 Juin.
- 253.
- Bois rouge ou faux cœur de hêtre (Grandeau). Ap. 11 Juillet, 37.
- •Charrues diverses. Dp. 22 Juin, 392.
- Cheval pur sang et demi-sang trotteur (Galber). Ap. 20 Juin, 791.
- — Concours central. Ag. 6 Juillet, 11. Chats. Moyen de les empêcher de détruire les nids (Truelle). SNA. Mai, 472.
- Crédit agricole mutuel. Rapports sur son fonctionnement. Ag. 13 Juillet, 49. Engrais. Question du sulfate de fer. Ap. 20 Juin, 782.
- — Fabriques agricoles de superphosphates en Italie. Ag. 13 Juillet, 58.
- — Loi du 8 Juillet 1907 sur la vente des engrais. Ag. 13 Juillet, 61.
- Étangs„ Cultures en Lorraine. Ap. 20 Juin, .780.
- Faucheuse Wood. Ses modifications, Ag. 29 Juin, 1019.
- Forêts. Préservation des bois contre la pourriture par le sol (Grandeau). Ap. 20 Juin, 778.
- Fouilles étroites. Exécution des (Ringelmann). Ap. 6 Juillet, 15.
- Irrigations. Réservoir de Barren Jack. Nouvelles-Galles du Sud. E. 5 Juillet, 1. Pommes de terre. Richesse et densité. Ag. 13 Juillet, 62.
- Miel. Logement et conservation. Ag. 22 Juin, 987.
- Pays de Caux (le) (Dumoret). Ap. 4 Juillet, 12. Réserves boisées dans les environs des grandes villes. SNA. Mai, 418.
- Rosiers. Variations dans le genre Rosier (Daniel). Cil. 24 Juin, 1451.
- Semences. Théorie des mutations (Vimeux). Ap. 20 Juin, 737.
- Sons et issues. Fraudes des. Ag. 6 Juillet, 30. Tomate (Analyse de la). (Albahary). CR. 8 Juillet, 131.
- Vins. Influence du refroidissement des moûts et des vins sur leur composition (Rousseaux). Gc. 22 Juin, 128.
- — Crise viticole du Midi. SNA. Mai.
- — Crises viticoles etbetteravières. Moyens d’y parer. Ag. 22 Juin, 973.
- — Falsifications des vins (Marie). Gc. 29 Juin, 142.
- — rouges; origine des dépôts de leur ma-
- tière cdlorante (Trillat). CR. 24 Juin, 1439*
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer aux États-Unis. Ef. 22 Juin, 927.
- — français. Recettes en 1905 et 1906. SL.
- Juin, 648.
- — de Bagdad. Rgc. Juillet, 59.
- — d’intérêtlocal. Administration des(Bar-
- rington). E. 28 Juin, 838, 867.
- — américains. (Sécurité des). E. 28 Juin,
- 658, 664.
- — anglais. Service des trains et des ma-
- chines (Demoulin et Berier). Rgc. Juillet, 3.
- — du Congo supérieur (Boulger). EM. Juil-
- let, 571.
- — électriques monophasé de la vallée du
- Brenbo (Italie). Gc. 22 Juin, 121, 6. le.
- — — Comparaison entre différents sys-
- tèmes (Hobart). EE. 22 Juin, 425.
- — — Ceinture de Berlin. VDI. 22-29 Juin,
- 965, 1019; 6 Juillet, 1058.
- — — souterrain du Great Northern-Pic-
- cadily. Rgc. Juillet, [71.
- — — Commande des trains à unités
- multiples Deck-Kerr. EE. 29 Juin, 450.
- — — du New-York Central, and Hudson
- River Rr. Re. 15 Juillet, 16. Aidomotrices à vapeur East Indian Ry (Wilson). EL 28 Juin, 660.
- — Emploi sur les lignes d’intérêt local.
- Ac. Juillet, 110.
- Frein continu pneumatique renforcé Siemens. Gc. 13 Juillet, 87.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1907.
- 941
- Locomotives américaines. Coût de réparation. Rgc. Juillet, 77.
- — Compound 4 Cylindres express chemins danois. E. 28 Juin, 852.
- — d’intérêt local. E'. 12 Juillet, 40.
- — Express 4 couplées Midland Ry. E1.
- 5 Juillet, 18.
- — — 6 couplées du Créât Western. Son
- évolution (Rous Marten). E. 12 Juillet, 27.
- — à crémaillère du transandien.Ri. 13 Juil-
- let, 273.
- — Chauffage de l’eau d’alimentation Tre-vithick. Ri. Juin, 250.
- — Entretoises en bronze manganèse ou cupro-manganèse (Rodrigue). Rgc. Juillet, 44.
- — Equilibrage des (Jahn). VDI. 6-13 Juillet, 1046, 1098.
- — Surchauffeur Raldwin. Rgc. Juillet, 79. Plaque tournante à croisements du terminus des tramways à Iloboken. Rgc. Juillet, 69.
- Signaux et aiguillages électriques (Ferreira). E. 21 Juin, 819, 833.
- — acoustiques (Dawson). E. 28 Juin, 837. Voie. Construction et rectification des courbes. Ce. 22 Juin, 132.
- — Efforts supportés par les rails. Mesure des (Honisberg). RdM. Juillet, 509.
- — Réactions des roues sur les rails (Mal-lock). E. 28 Juin, 837, 867 ; E'. 28 Juin, 657.
- — Usure des rails et bandages (L. Le Cha-telier). RdM. Juillet, 628.
- Wagons à marchandises du New-York Central. Rgc. Juillet, 81.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Concours des véhicules industriels. Va. 22 Juin, 395.
- — Exposition de Berlin. VDI. 6 Juillet, 1062.
- — Camions à vapeur. Mann, Savage. E. 5 Juillet, 22.
- — électriques (les). (Swinton). E. 21 Juin,
- 818, 833/
- — — Denin. Élé. 13 Juillet, 17.
- — Bandages en gélatine. Va. 29 Juin, 413. — Changements de vitesse. Suppression possible (Sainturat). Va. 6 Juillet, ^26. — Freinage et mise en .vitesse (Ravi-
- gneaux). Technique automobile. Juin, 81.
- — Roues élastiques Marr, Howard, Sterling,
- Bardel. Technique automobile, Juin, 95.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide .sulfurique. Pertes en nitrate dans le procédé des chambres (Inglis). Ms. Juillet, 491.
- Alcools. Catalyse par le phosphore amorphe et les phosphates : préparation des olifèneset des gelins(Sanderens). ScP.
- 3 Juillet, 687.
- Arsenic. Acide arsénique et les acides méthyl-arséniques (Baud et Astruc). CR. 17 Juin, 1345.
- Amidon. Propriétés colloïdales (Fouard) CR. 17 Juin, 1366.
- Dorures de fer. Fe2Bo et FeBo2 (Binet du Jas-sôneix). CR. 8 Juillet, 121.
- Azote de l’air: Fixation,, et la chaux azotée (Rigaut). Revue Scientifique, 22 Juin, 778. (Whitehouse). Cs. 15 Juillet, 738. Brasserie. Divers. Cs. 15-29 Juin, 628-705. 15 Juillet, 771.
- — Produits employés comme adjuvants en brasserie (Nihoul). Ru, Avril-Mai, 95, 213.
- — Action comparée des extraits d’orge et de malt sur les dextrines (Wolff). CR. 17 Juin, 1368.
- Calcium. Recherche du (Baubigny). CR. 17 Juin, 1342.
- Calorimètre Ilawles pour liquides volatils : pétroles... Cs. 26 Juin, 665.
- — enregistreur Beasley pour gaz. E.
- 13 Juillet, 46.
- Cellulose. Rôle de la soude caustique dans la production de la cellulose des .bois (Cew). Cs. 15 Juin, 560.
- — .Produits obtenus par l’action de l’acide
- nitrique (Mueller). RCp. 30 Juin, 263. Charbons américains. Analyses de (Bernent). Cs. 29 Juin, 670.
- Chaux et ciment. Divers. Cs. 15-29 Juin, 610 690, 15 Juillet, 761.
- — Décomposition des ciments à la mer (II. Le Chatelier). APC. 1907, n° 15. — Décomposition des mortiers dans les ' souterrains du chemin de fer de ceinture de Paris. Moyens d’en répa-
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- .LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JUILLET 1907.
- rer les effels (Collol). Rge. Juillet, 31. Chlore. Action sur le chlorure de soufre.
- — et chlorure de soufre, action sur les
- oxydes (Bourion). Cil. 1er Juillet, G2. Chimie. Rôle de l’ingénieur en (Guttmann). Cs. 15 Juin, 564. •
- Colloïdes et liqueurs hétérogènes, propriétés magnéto-optiques (Gotton et Mouton). ACP. Juillet, 289.
- Colombium ou Niobium (Nicolardot). ScP. 5 Juillet, 669.
- Condensation de la vapeur d’eau sur le verre.
- (Deux modes de). Analogie avec les courbes de Thomson de passage de l’état gazeux à l’état liquide (Trou ton). RSL. 10 Juillet, 383.
- Constantes physico-chimiques. Calcul des (Rcd-grove). CN. 20 Juin, 301.
- Corrosion du fer et de l’acier. Action des efforts sur la Electro Chemical, Juillet, 270. Cristallisation spontanée des mélanges binaires. Salol et hétol (Miers) RSL. 10 Juillet, 322.
- Cuivre. Iodure cuivreux (Guichard). CR. 24 Juin, 1430.
- Eaux. Pollution des. E. 21 Juin, 807.
- Égouts. Traitement bactériologique (Walson et Ilart). E. Juillet, 13, 34, 36. Émulsions produites par des amalgames avec l’eau et différents liquides (Lebeau). ACP. Juillet, 340.
- Émissions lumineuses du carbone de l’osmium et du tantale (températures) d’ (Grau). Re. 15 Juillet, 25.
- Endosmose entre deux liquides de même composition chimique et de températures différentes (Lipmann). CR. 8 Juillet, 104.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15, 29 Juin, 634, 713. 15 Juillet, 776.
- — Terpènes et huiles essentielles (Wal-
- lach). Cs. 15 Juin, 636.
- — Migration des composés odorants (Cha-
- ragot et Laïque). ScP. 20 Juin, 640. Explosifs. Divers. Cs. 15 Juin, 638.
- — Décomposition du fulmi-coton. (id.),
- 639.
- — Combustion de la cordite modifiée
- (Mansell). RSL. 10 Juillet, 397. Fabriques de produits chimiques en Angleterre. Rapport annuel. Cs. 29 Juin, 683.
- Fluor. Action sur le sélénium en présence du verre (Lebeau). CR. il Juin, 1347. Gaz d’éclairage. Compteur Dupoy. La Nature, 22 Juin, 60.
- — Usine de Manheim, Z. f. Cas Beleutch-tung, 6 Juillet, 607.
- — Chauffage par le (Goulden). E. 28 Juin, 850.
- — Canalisation sous haute pression (Martin). E. 28 Juin, 851.
- — Manchons incandescents en celluloïd. Ri. 29 Juin, 255.
- Gazogènes au coke. Théorie graphique (So-reau). IC. Mai, 692.
- Glycérine. Récupération des lessives de savon (Hinckley). Cs. 15 Juin, 596.
- — Glucinium ou Berylium (Nicolardot).
- ScP. 5 Juillet, 675.
- Graisses et huiles. Divers.Cs. 15-29 Juin, 622, 699. Hydrogène. Préparation instantanée par l’hy-drolithe (Jaubert). RCp. 30 Juin, 266.
- — — par le fer et l’acide carbonique à
- froid et à la pression ordinaire (Bruno). ScP. 5 Juillet, 661. Institut chimique à la faculté de Paris. Projet (Haller). Revue Scientifique, 6 Juillet, 13. Iodure mercurique. Calorimétrie et cryoscopie (Guinchamp). CR. 1er Juillet, 68. Laboratoire. Analyse qualitative des éléments communs. Groupe du cuivre argent-étain (Noyés et Bray). CN. 21, 28 Juin, 294, 303.
- — — électrochimique. Emploi d’une
- cathode en mercure (Smith). Ms. Juillet, 497.
- — — du beurre et règlement d’exper-
- tises (F. Jean). RCp. 30 Juin, 250.
- — Becs brûleurs pouvant donner plusieurs
- chauffes constantes indépendamment de la pression de la canalisation (Bruno). SCP. 5 Juillet. 749.
- — Centrifugeuse de laboratoire à frotte-
- ments réduits (Bruno). ScP. 5 Juillet, 750.
- — Dosage de petites quantités d’antimoine
- par le procédé Berzélius (Sanger et Gibson). Cs. 15 Juin, 505.
- — — des graisses. Nouveau réactif
- (Twichell). Cs. 15 Juin, 623.
- — — de petites quantités de peroxyde
- d’azote (Robertson et Napier). Cs. j5 Juin, 638.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1907.
- — — calorimétrique du fer (Stokes et
- Cain). Cs. la Juin, G42.
- — — du glucose par la méthode Caussc-
- Bonnans (Repiton). Ms. Juillet, 4SI.
- — — du chrome dans les alliages (Alli-
- son). CN. 5 Juillet, 1.
- — — du manganèse dans les silicates
- (Holland). CN. S Juillet, 2,
- — — des ferrocyanures et sulfocyanides
- (Browning et Palmer), (id.), 7.
- — — du titane. Cs. 29 Juin, 719.
- — — de l’acide phosphoreux (Marie et
- Lucas). CIL 1er Juillet, 60.
- — — iodométrique du cuivre (Gooch et
- Ileath). American Journal of Science. Juillet, 6b.
- Lithium. Préparation du protoxyde anhydre (De Forcrand). CR. 17, 24 Juin, 1321, 1402.
- Magnésite. Industrie en Autriche. Cs. 29 Juin, 688.
- Molybdène. Bisiliciure (de) (Defacqz). CR. 24 Juin, 1424.
- Optique. Déplacements des bandes d’absorption des cristaux sous l’action des variations de températures (J. Becquerel). CR. 17 Juin, 1336.
- — Nouvelle méthode de production des spectres de flammes des corps métal-liqu es (Himsalegh et de Watteville). CR. 17 Juin, 1338.
- — Mécanisme permettant de maintenir un train de prismes rigoureusement au minimum de déviation (Ilamy). CR. 1er Juillet, b3.
- Or. Contribution à sa chimie (Campbell). tCN. 12 Juillet, 15.
- Ordures ménagères. Incinérateur de Port-Ontario. Gc. 6 Juillet, 164.
- Ozoniscur Ewell. Essai Eleclro Chemical. Juillet, 264.
- Oxydes anhydres des métaux alcalins (Rin-godde). ACP. Juillet, 348.
- Papier. Divers. Cs. 15, 20 Juin, 633, 712; 6, 15 Juillet, 426, 77b.
- — Fabrication à travers les âges (Blanchet).
- IC. Mai, 662.
- — Fabrication (du). Dp. 29 Juin, 407.
- — Dosage de la résine (dans le) (Beadle).
- Ms. Juillet, 486.
- Pétroles. Examen optique. Cs. 29 Juin, 678.
- Phénol et crcsol. Détermination par une méthode biologique. Cs. 15 Juin, 632. Platine. Oxydation électrolytique (Marié), CR. 8 Juillet, 117.
- Plâtre. Changements pendant sa fabrication et sa prise (Davis), Cs. 15 Juillet, 727. Poids atomiques du manganèse (Henrichs). CR. 17 Juin, 1343.
- — d e l’azote (D. Berthelo t). CR. 1er Juillet, 65.
- — du chlore (Henrichs). CR. 1Juillet, 58. Pyroxiles. Analyse optique (Chardonnet). CR.
- 8 Juillet, 115.
- Protoxydes alcalins. Propriétés et préparation (Rengade). ScP. 5 Juillet, 662, 666. Photographie. Microphotographie en couleurs avec plaques autochromes Lumière (F. Franck). CR. 17 Juin, 1340.
- Radio activité. Emploi du radiomètre pour l’observation des basses pressions dans les gaz : application à la recherche des produits gazeux émis par les corps radio-actifs (Dewar). CR. 8 Juillet, 110.
- Réactions chimiques entre sels à l’état solide (Perman). CN. 5 Juillet, 3.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15, 20 Juin, 624, 700. 15 Juillet, 769.
- — Résine de sapin (Klason et Kohler). Ms. Juillet, 466.
- — Colophane d’Amérique (Lévy).{id.),474.
- — . Son auto-oxydation (Fahrion). (id.), 477. — Acides résinifères des conifères (Wes-
- terberg). (id.). 475.
- — Huile de résine (Spaga) (id.), 485. Savon. Constitution (du); idées modernes (Lewkowitsch). Cs. 15 Juin, 594.
- —- Emploi en pharmacie et médecine (Alpèrs). Cs. 15 Juin, 594.
- — liquidé au point de vue sanitaire
- (Dreyfus), (id.), 597.
- — Savon de graine de coton (Wesson). Cs.
- 15 Juin, 595.
- — Saponification : théorie (Stritar et
- Fanto). Cs. 15 Juin, 623.
- Silicates de chaux (Daj et Sepherd). Rdm. Juillet, 435.
- Sécheurs Whitelay et Brunshoben. Cs. 15 Juillet, 750.
- Solubilité de l’alumine dans le sulfure d’aluminium et de la magnésie dans le sulfure de magnésium (Houdard). CR. Juin, 1349.
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- 944
- •LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15, 29 Juin, 028, 706. 15 Juillet, 770.
- • — Saccharification de l’amidon soluble par '^extrait d’orge (Fernbach et Wolff). CR. Ie1' Juillet, 80.
- Suif ammonium. Nature du (Lebcau et Damoiseau). CR. 24 Juin, 1422.
- Sulfure de plomb (Équilibre entre le) et ses produits d’oxydation (Sehenk et Rassbach). Gs. 15 Juillet, 764.
- Sulfure de zinc industriel. Composition (Coffi-gnier). ScP. 5 Juillet, 681.
- Sulfate de cuivre. Fabrication au moyen des cendres de pyrites et des minerais pauvres (Millberg). Ms. Juillet, 489. Tannerie. Divers. Cs. 15, 20 Juin, 026, 702. 15 Juillet, 770.
- — Analyse des tannins. Cs. 29 Juin, 702.
- — Action du méthanal sur les tannins (Jean et Fabrot). ScP. 5 Juillet, 745. Teinture. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 602, 605, 678, 683. 15 Juillet, 755, 757.
- — Théorie (Merritt, Mathews). Fi. Juin, 455.
- — Progrès en 1905-1906 (Wahl). Ms-
- Juillet, 445.
- — Chinage des fils (Puguet). MC. 1er Juillet. 194.
- .— Outremerde bore de Knapp (Hofmann). (kl.), 208.
- — Indigo teint. Action des chlorates (Rad-
- kiewicz). MC. 1er Juillet, 207.
- — Oxydation sur le noir d’aniline. Boetli-
- ger et Petrole). (id.), 211..
- — Colorants directs. Préparation du coton
- réservant les (Schneider), (id.), 213.
- . — Aniline, dérivés des acides succinique et phtalique (Tiuglo et Cram). CN. 12 Juillet, 18. Noir d’aniline (Wilstat-ter et Moore). Cs. 15 Juillet, 755. Tétrachlorure de carbone. Fabrication et emploi (Crockér). Électrochcmical. Juillet, 259. Thallium. Sulfate et sélénate (Tutton). RSL. 10 Juillet, 351. Sulfures séléniures et tellurrures (Pelabon). CR. 8 Juillet, 118.
- Thermo-chimie des spectres de flammes aux températures élevées (Hartley). CN. 21 Jidn, 289.
- Thermo-endosmose des gaz (Lipmann). CR. 8 Juillet, 106. .
- Thermomètre industriel Heraens de — 100° à + 900°. Gc. 22 Juin, 133.
- --- JUILLET 1907.
- — Thermo-éléments pyrométriques (White). EE. 29 Juin, 457; 13 Juillet, 70.
- — Robines thermo-éleclriques (Lasgortz). EE. 13 Juillet, 42.
- Verre. Divers. Cs. 15 Juin, 609.
- — Four à bassins mobiles Spreclisall, 20 Juin, 1907.
- Vins. Distillation dans le vide (Girard et Tru-chon). Ms. Juillet, 441 ; ScP. 5 Juillet. 742.
- — Ferments des maladies. Maladie bleue des vins de Champagne (Mazé et Pa-cottet). CR. 8 Juillet, 141.
- —' Recherche des colorants étrangers (Jean et Fabrot). ScP. 5 Juillet, 748.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Algérie. Nouvel emprunt et travaux publics en. Ef. 29 Juin, 966.
- Angleterre. Commerce avec ses colontes en 1906. SL. Juin, 666.
- Assurances conti’e les accidents et les maladies en Suisse E. f. 29 Juin, 965.
- Brevets. Nouvelle loi anglaise. Cs. 15 Juin, 572; E. 5 Juillet, 19; E!. 12 Juillet, 39. Commerce des principaux pays. SL. Juin, 664. Conservatoire des Arts et Métiers. (Crise du) (Hartmann). RdM. Juillet, 736. Dépenses publiques et charges fiscales en France, Angleterre et Prusse. SL. Juin, 658. Dons et legs en faveur d’établissement d’assistance et d’instruction. SL. Juin, 626. Éducation des ingénieurs des mines et de la métallurgie (Rowley). E. 5 Juillet, 8, 31. États-Unis. Perspective des récoltes. Ef. 13 Juillet, 45.
- Expositions en Angleterre et en Irlande depuis 1890. SA. 21 Juin, 802.
- France. Album de la statistique de la France et les méthodes graphiques. Ef. 22 Juin, 923. 13 Juillet, 43.
- — Impôt sur le revenu. Rapport de M. Re-
- noult. Ef. 29 Juin, 971 ;6 Juillet, 1.
- — Impôt foncier. Sa réforme (id.),§ Juil-
- let,!.
- — Commerce et industries de la région
- lyonnaise. Ef. 13 Juillet, 46.
- — Revenus de l’Etat, commerce exté-
- rieure. SL. Juin, 649-656.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Grève de Fressenville (de Seilhae). Musé'e Social. Juin.
- Japon. Commerce extérieur. Chemins de fer, renchérissement de la vie. Ef. 13 Juillet, 48.
- ' Main-d'œuvre en Allemagne. Ri. G Juillet, 2G7.
- Marchés financiers et valeurs mobilières en France et à l’étranger. Ef.22-29 Juin, 921,9G1 ; 13 Juillet, 41.
- Métaux. Production et consommation. Cuivre et plomb. Ef. 22 Juin, 923. Zinc. Étain. Aluminium. Nickel (id.),. 6 Juillet, 5.
- Monnaie. Variation du pouvoir d’achat depuis 1873. Ef. 29 Juin, 968.
- Œuvres sociales dans les chemins de fer (No-blemaire). Rso. 1er Juillet, 33.
- Patronage devant le syndicalisme et la coopération (Beauregard). Rso. 1er Juillet, G.
- Retraites ouvrières. Échec de l’interventionnisme. Ef. 22 Juin. 929.
- Russie. Législation budgétaire de l’Empire. SL. Juin, 669.
- Secours mutuels (Sociétés de) des ouvriers et employés des mines. Ef. 13 Juillet, 62.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Aménagements des montagnes. Restauration de la brèche de Baricave. Gc. 22 Juin, 130.
- Chauffage central. Applications françaises. Ri. 22 Juin, 248, 6 Juillet, 268.
- — au gaz (Rendement et hygiène) (Brear-lev). E'. 12 Juillet, 47.
- Ciment armé. Applications anciennes en Angleterre. E. 21 Juin, 793.
- — Emploi dans les chemins de fer (Ilar-rison). E. 21 Juin, 810, 827.
- — Durée des constructions en (Wentworth Sheilds). E. 21- Juin, 813, 828.
- — Ateliers en (Alford). AMa. 29 Juin, 829.
- — Essais de résistance (Bach). VDI. 29 Juin, 1027. Le Ciment, Juin, 87.
- — Calcul des pièces (Chaudesaiges). Ac. Juillet, 103.
- — Construction d’égale résistance à la flexion. Système Coignet. Le Ciment, Juin, 81. I
- --- JUILLET 1907. 945
- Essais de poutres à T en ciment armé. Université de l’Illinois. Le Ciment, Juin, 91.
- — Semi-articulation pour voûtes en ciment armé. Expériences (Mesnager). ACP. 1907, n° 19.
- Draguagesdo l’embouchure de la Mersey(Lys-ter). E. 28 Juin, 839, 868.
- — de roches au canal de Suez (Quillenec).
- E. 28 Juin, 839, 869.
- Murs de quai de Kœnigsberg. Gc. 6 Juillet, 163.
- Ponts de Blackfriars. Elargissement. E.
- 28 Juin, 833, de la Wear à Sunder-land. E. 12 Juillet, 43.
- — bascule à Portsmouth, E. 3 Juillet, 13.
- — tournant de Hambourg. Gc. 6 Juillet,
- 153.
- — du Guildo. Consolidation (de la Noë).
- APC. 1907, n° 17.
- Reconnaissances photographiques militaires à terre, en mer et en ballon (Saconnay). Gm. Juin, 543.
- Voirie. Développement du pavage des rues (Tillson). Fi. Juin, 433.
- — Suppression de la poussière sur les routes (Le Gavrian). APC. I907,n° 16. — Scarificateurs pour chaussées. Ruston. Proctor. E. 12 Juillet, 30.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs Van Raden. Robinson. Metz. Waddel. Diamant. EE. 22 Juin, 432.
- — Morrison Bifur AG. Bergmann. Terry.
- Fiedler (id.), 29 Juin, 457.
- — Batteries tampons dans les réseaux à
- courants alternatifs (Schroerer), Re. 15 Juillet, 10.
- Disjoncteur à minima de tension pour courants alternatifs. Gassard. le. 26 Juin, 282. Distributions. Résistance d’isolement et capacité des conducteurs individuels dans une installation à courants alternatifs. (Sahulka). EE. 22 Juin,4213.
- — dans la Loire, le Puy-de-Dôme, Maine-
- et-Loire. Elé. 22 Juin, 387,' 6-13 Juillet, 6, 21.
- — Charges admissibles dans les câbles
- enfouis (Teichmuller) et dans les conducteurs en cuivre (Passavant). EE. 6 Juillet, 22, 26.
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- 946
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES..
- JUILLET 1907.
- Dynamos. Représentation simple de l’induction apparente et de l’induction réelle dans les dents d’i nduits (Sumec). Ré. 30 Juin, 353.
- — triphasée montage combiné (Legros).
- EE. 13 Juillet, 37.
- — Alternateurs, mauvais fonctionnement (Buckenberg). EE. 6 Juillet, 21.
- — à courant continu. Élude élémentaire
- (Loppé). le. 10 Juillet, 306.
- — Commutation. Étude graphique (Lin-senmann). EE. 22 Juin, 417.
- — pour turbines à grandes vitesses (Adler).
- Re. 15 Juillet, 5.
- — Force'centrifuge dans les (Siedek). EE. 6 Juillet, 19.
- — Pôles de commutation (Calcul des) (Relier). EE. 6 Juillet, 20.
- Moteurs triphasé, son diagramme (Haberland). EE.'29 Juin, 420.
- — à grande vitesse pour pompes centri-
- fuges. Re. 30 Juin, 354.
- — monophasé à collecteur et grand* couple
- de démarrage Felten et Guillaume. Elé. 22 Juin, 385.
- — Glissement des moteurs asynchromes (Schultze). le. 10 Juillet, 295.
- — Synchrones; effet de la réaction d’induit
- (Mac Cormick). EE. 29 Juin, 447.
- — d’induction de laCompagnie Sandycroft.
- le. 25 Juin, 279.
- — Résistances de démarrage pour moteurs
- asynchrones triphasés, leur détermination (Tricket). EE. 13 Juillet, 57.
- :— Résistance en dérivation pour moteur avec réglage de vitesse (Wagner). Re. 30 Juin, 354.
- — CombinateurCooperetJohnson(i<i.),355. Électro-chimie. Divers. Cs. 15-29 Juin, 619,
- , 697. 15 Juillet, 766.
- — Pellicules recouvrant les anodes d’alu-
- minium. Capacité et résistance des (Gordon). EE. 22 Juin, 429.
- — Élément électrolytique Townsend (Baek-
- lànd). Cs. 15 Juillet, 746.
- — Industrie électro-chimique en France * (Chance!). Ms. Juillet, 445.
- — ferblanterie et électro-ferblanterie à
- Sheffield) (Cowper-Cowles). SA. 12 Juillet, 853.
- — Phénomène de la pince dans les fours
- électriques. Ri. 29 Juin, 256.
- Électro*-chimie. Sodium (Carrier). RdM. Juillet, 482.
- — L’électro-métallurgie (Blount). E. 5 Juillet, ,5, 30.
- — Électrolyse par courant alternatif (Ilay-den). EE. 6 Juillet, 33.
- — Électrolyse des solutions très étendues d’azotate et d’oxyde d’argent; l’argent métal alcalin (Leduc et Labrouste. CR. 1er Juillet, 55. Electro-aimants à longue course (Bouchet). Sie. Juin, 327.
- Éclairage. Arc. Progrès des arcs à flammes (Blondel). EE. 29 Juin, 451 ; 6, 13 Juillet, 27, 64.
- Incandescence. Moore. E. 13 Juillet, 58; aux Etats-Unis. le., 10 Juillet, 300. Industrie électrique en Allemagne. Ef. 6 Juillet,
- 3.
- Isolant à l’amiante Norton. le. 25 Juin, 281. Limitaleur de consommation d'énergie Zambel-letto et Ballerni. le. 10 Juillet, 299. Mesures. Appareils allemands. Re. 30 Juin, 370.
- ' — Potentiomètre Hartmann et Braun. Re. 15 Juillet, 29.
- — Wattmètre Hartmann et Braun. Re. 30 Juin, 375.
- Piles à gaz et au charbon (Berthier). EE. 22-29 Juin, 397, 433 ; 6 Juillet, 5. Redresseurs à mercure (Polak). EE. 13 Juillet, 59.
- Soudure pour conducteurs électriques : le tinol le. 10 Juillet, 297. .
- Stations centrales du New York Central. Rr. Rr. 15 Juillet, 11.
- — aux Etats-Unis. E'. 5 Juillet, 14.
- — d’accumulateurs à Olten Augsbourg. Ri.
- 29 Juin, 253.
- — Hydro-électriques de l’Ouest américain.
- Elé. 29 Juin, 401.
- — de Great Falls, Caroline du Sud. Ri. 6-
- 13 Juillet, 261, 275.
- — Pertes dans les (Burstall et Higlifield).
- E. 21 Juin, 819, 833.
- — Forces motrices du Rhône et leur trans-
- port à Paris. le. 25 Juin, 269. Télégraveur Carbonnelle (Blondin). Sie. Juin, 307.
- Télégraphie sans fil. Développements récents (Lee de Forest). Fi. Juin, 461. (Citerne). Ri. 22 Juin, 242.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1907.
- 947
- — Production d’ondes électriques entretenues et la télégraphie syntone (Tur-pain). Ile. 30 Juin, 357.
- — Transformateur à résonance (Breit-feld). EE. 13 Juillet, GO.
- — Étude expérimentale sur les lignes et appareils télégraphiques. Propagation du courant (Devaux Charbonnel). Sie. Juin, 333.
- — Excitateur constant pour production d’ondes électriques Sangurtz. EE. 13 Juillet, 62.
- — Expériences de radiotélégraphie (Pierce) EE. 13 Juillet, 64.
- Téléphonie. Expériences sur les courants téléphoniques (Gati).EE. 29 Juin, 454. Téléphotographie (la) (Baradel). Elé. & Juillet, 1. Transformateurs. Influence de l’emploi des tôles d’acier (Pohl). iΣ/c. 15 Juillet, 6.
- — Essai en charge nouvelle méthode Gus-
- trin. Rc. 15 Juillet, 28.
- HYDRAULIQUE
- Barrage de Lennep (Allemagne). Ac. Juillet. Conduites en bois et en fer. Comparaison (Haerter). Eam. 6 Juillet, 12.
- Compteur d’eau et leurs inconvénients (Bergès). Gc. 13 Juillet, 181.
- Déversoir vertical .en mince paroi à nappe noyée en dessous. Théorie (Boussi-nesq). CR. 1er, 8 Juillet, 10, 101.
- — Régulateur de débit à déversoir Pa-
- reil ty. APC. 1907. N° 25.
- Distribution d’eau. Usine élévatoire de Briare (Huet). APC. 1907. N° 18.
- Filtration des eaux à travers les terres. Gc.
- 6'Juillet, 161. Durée du passage au travers des lits percolateurs (Clifford). Cs. 15 Juillet, 739. Interactions des dissolutions diluées de sels ammoniacaux et de divers milieux filtrants (Fowler et Gaunt), (id.), 740.
- Mesure de la vitesse d’un courant cl’eau. Appa-. reil Andersen. Gc. 13 Juillet, 189. Pompes. Prix du pompage par moteur à vapeur. à gaz et électricité (Hawsley). E. 22 Juin, 817, 832.
- — Fonctionnement des soupapes libres
- (Klein). Dp. 22 Juin, 386.
- Prises d’eau par tuyaux filtrants (Huet). APC. 1907. N ’ 22.
- Turbines rapides nouvelles (Graf et Thoma) VDI. 29 Juin, 1005.
- — Étude d’une station hydro-électrique (Sclion). EM. Juillet, 611.
- MARINE, NAVIGATION
- Allège pour embarquement du charbon Sinul-ders. E. 28 Juin, 854.
- Cargo-boats et leur aménagement (Tlieard of Dugdale). E. 28 Janv., 847, 874.
- Docks de Cardif. E'. 12 Juillet, 33.
- Bateaux à roues pour la Cic des chemins de fer du Burma. E. 21 Juin, 807. Bateaux rapides (Les) (Welch). E. 5 Juillet, 8, 32.
- Gouvernails (Machinerie des). E’. 21 Juin, 620. Hyclroplanes. (Les) (Poincet) Technique automobile, Juin, 87.
- Construction et propulsion des navires. Problèmes non résolus (Elgarp E. 21 Juin, 822.
- Machines marines. Turbines et machines à pistons (Parsons). E. 21 Juin, 814, 829, 28 Juin, 857, 862, 13 Juillet, 61. — Machines à pistons à vapeur et à gaz (Davey). E. 21 Juin, 829.
- — (Auxiliaires des E'. 21 Juin, Supplé-
- ment.
- — à pétrole. VDI. 22 Juin, 983. Brauer et
- Betts, remorqueur. E. 5 Juillet, 16. Diesel. E. 5 Juillet, 24.
- Marines de guerre anglaise. Progrès actuel. E'. 5 Juillet, 7.
- — française. Croiseur Victor-Hugo. E'. 12
- Juillet, 46. '
- . — Sous-marins (Avenir des) (Piaud). Gc.
- 29 Juin, 145. E. 5 Juillet, 25.
- Paquebot de 11 000 tonneaux Avon. E. Juillet, 14.
- — Cunard Lusitania. E’. 5 Juillet, 10. E.
- 13 Juillet, 55.
- Phares allemands.' E'. Juin, 644.
- Ports et docks pour la navigation moderne (Barry). E. 21 Juin, 811, 827.
- — Comparaison des appareils de manu-
- tention hydrauliques et électriques (Squire). E. 28 Juin, 838, 868.
- — de Douvres. E. 28 Juin, 858.
- — de pêche anglais. E. 12 Juillet, 38. Traversée de l’Atlantique en 4 jours. IC. Mai,
- 706.
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- JUILLET 1907.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Voie navigable du Havre à Marseille par Paris Montargis et Nevers (Mazoyer). APC. 1907, n° 20.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Autoplane Radier. Va. 13 Juillet, 443.
- — Ballon dirigeable Zeppelin. Gc. Juillet,
- 159.
- — Le dirigeable dans l’armée et la marine.
- Va. 6 Juillet, 423.
- — Les aéroplanes (Etévé). Gm. Juin, 505. Air comprimé. Turbo-compresseur Rateau. E.
- 5 Juillet, 2, 30.
- — Compresseur Reavel. E. 5 Juillet, 2, 29, 27.
- Calcul. Intégromètre Filloux. CR. il Juin, 1334. Chaudières. Rendement des (Batey). E'. 12 • Juillet, 44.
- — Analyseur de gaz des foyers Pal. E'. 5 Juillet, 18.
- — Tubulaire Cochrane E'. 21 Juin, 636.
- — Niveau avertisseur Kœpsel. Gc. 6 Juillet,
- 164.
- — Circuluteur Kunert. Gc. 22 Juin, 129.
- — Épuration des eaux d’alimentation (Watson). E. 21 Juin, 833.
- — Surchauffeur Simplex. Ri. 20 Juin, 253. — Tirage par aspiration forcée avec réchauffeurs d’air Ellis et Eaves. RM. Juin, 589.
- — Réglage du tirage (Ennis). EM. Juillet, 597.
- Dynamomètre de transmission Durand. AM a:
- 6 Juillet, 883. *
- Embrayage Ilele Shaw. Va. 12 Juillet, 440. Engrenages à développantes courtes (Tracé des) (Logue). AMa. 22 Juin, 805.
- — à dents en arcs de cercle. Ri. 22 Juin,
- 245-.
- — coniques. Calcul des résistances (Mel-
- lar). AMa. 29 Juin, 838.
- — Calcul des bras (Wood). AMa. 6 Juillet,
- 873.
- Graissage. Les huiles à graisser (Baron). IC. Mai, 653.
- Imprimerie. Commande électrique d’une rotative. le. 10 Juillet, 304.
- Levage. Grue-marteau Arrol de 150 tonnes pour les chantiers John Brown. E. 21 Juin, 803.
- — Grue hydraulique à pivot de I 500 kilo-
- grammes. E. 28 Juin, 851.
- — Chargeur Parle. Eam. 24 Juin, 1189.
- — Plan incliné. Arrêt automatique pour
- wagonnets Zay. Pm. Juillet, 102.
- — Transporteur électrique Appleby. Docks
- de la Mersey. E. 5 Juillet, 10.
- — ' Vérins hydrauliques De Fries. Ri. Juin,
- 258.
- Machines-outils. Chantiers maritimes de la Gironde. E. 21 Juin, 796.
- — Ateliers Clayton et Shuttleworth. Lin-
- coln. E. 21 Juin, 799. (Administration des) (Carpenter). EM. Juillet, 583. Organisation des (Taylor), lldm. Juillet, 633.
- — — de canons de Coventry. E'. 28 Juin,
- 643.
- — — de Pozzuoli, Italie. AMa. 13 Juillet,
- 913.
- — — de Smulders à Schiedam. AMa.
- 6 Juillet, 865.
- — Alésoir : bancs et outils. AMa. 6 Juillet,
- 880.
- — Courbeuses pour tubes Lebas Hughon,
- Kennedy. RM. Juin, 601.
- ---"Chaînes sans soudures Ecseghy. AMa. 13 .Juillet, 929.
- — Emboutisseuses pour baignoires Slo-
- man. Gc. 22 Juin? 126.
- — Forger. Machines à — Howard.Rue.Dp
- 29 Juin, 403.
- — Fraiseuses Herbert. E. 28 Juin, 865.
- — — Wingo. RM. Juin, 615.
- — Marteau pneumatique Musker. Ri. 13 Juillet, 279.
- . — Meules Noyés, Pratt Whitney, Norton. RM. Juin,-594.
- — Meulages de précision (Darbeshire). E. 28 Juin, 840, 870.
- — Outils pneumatiques (Whitcombe). E. 28 Juin, 842, 870.
- — Outils spéciaux. Standarisation (Ellis). AMa. 22 Juin, 800.
- — — rapides. Leur influence sur la
- construction des machines-outils (Do-naldson). E. 28 Juin, 840.
- — Tours à gabarits Holroydt pour fusées d’essieux. Pm. Juillet, 97.
- — — à revolver Bardous et Oliver, (id.)
- 100.
- — — Pratt, Whitney. AMa. 13 Juillet, 901.
- p.948 - vue 947/1523
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- JUIN 1907.
- 949
- LITTERATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- — Perceuse pour rails Tangye. E. 28 Juin, 851.
- — Taille des pignons. Machines Fellows, Gleason, Holroyd, Krupp. RM. Juin, 603.
- — — des crémaillères Wolcott. RM. Juin,
- 614.
- — à bois. Épôinteuse pour poteaux Robin-
- son. E. 28 Juin, 851.
- — — Scie à bande horizontale Ransome.
- E. 28 Juin, 851.
- Moteurs à vapeur. Influence des parois (Gleveland). EM. Juillet, 605.
- — Écoulement de la vapeur dans les machines à pistons (Schule). RM. Juin, 544.
- — Turbines (Les) (Harrocq). Ru. Mai, 5.
- — — marines. E. 21-28 Juin, 814, 857,
- 862.
- — Distributions par coulisses. Théorie (Raudess). Dp. 13 Juillet, 336.
- — — à soupape Ruston Proctor. E. 12
- Juillet, 30.
- — à gaz. Force motrice aux États-Unis
- (Question de la) (Gérard). Ru. Mai, 179.
- — à gaz de hauts fourneaux. Gc. 29 Juin, 137.
- — —• désaxés (Réactions des). (Favron).
- Technique automobile. Mai, 87.
- — — Gazogènes modernes (Mathot). EM.
- Juillet, 553.
- — à pétrole. Alsop. E'. 21 Juin, 626.
- — — rapides Wolseley, Letombe, Kings,
- Hurd et Hoggin, Goodkoop, Parsons, Roots, Boudreaux et Verdet, Albertini, Craigh. RM. Juin, 566.
- — — Chambre de combustion Capitaine»
- VDI. 13 Juillet, 1109.
- Textiles. Formule et courbe de renvidage (Arnould). ït. 15 Juillet, 259. Carde nouvelle pour laine peignée, coton... (id.), 263. Bancs à broches pour coton (id.), 269.
- Résistance des matériaux. Préservation des constructions en acier sur les chemins de fer (Blount). E. 21 Juin, 810, 827.
- — Préservation des bois (Grandeau). Ex-
- périences de M. E. Henry. Ap. 27 Juin, 809."
- — L’acier très résistant. Emploi dans les
- constructions (Seaton). E. 28 Juin, 846, 872. et dans les constructions navales (Yarrow Russell), (id.), 846, 783.
- — Extensomètres et accessoires des ma-
- chines à essayer les métaux (Breuil). RM. Juin, 521.
- Ventilateur Blakman réversible. It. 15 Juillet, 277.
- MÉTALLURGIE
- AZ/fag'es.Nickel étain (Yigouroux). CR. 11 Juin, 1351. de cuivre. Constitution (Guillet). RdM. Juillet, 622.
- — Cobalt-étain (Ducellier). CR. 24 Juin,
- 1432.
- Bronzes. Règles pour leur coulée. E'. 5 Juillet, 8.
- Coke. Carbonisation du charbon de Durham. Destruction de l’azote et du soufre (Short). Cs. 15 Juin, 581.
- Cuivre. Fonte des minerais (Richards). Electro Chemical. Juillet, 266.
- Fer et acier. Changements de structure dans le fer et l’acier (Campbell). Fi. Juin, 407.
- — Acier au vanadium. Ri. 6 Juillet, 264.
- — Composition chimique des rails d’acier
- (Sandberg). E. 21 Juin, 809, 827.
- — Convertisseurs basiques. Emploi des.
- (Belmann). RdM. Juillet, 427.
- — Réduction du fer et formation des car-
- bures. Cs. 29 Juin, 692.
- — Ségrégation dans les aciers (Stead). E.
- 28 Juin, 843,. 872.
- — Silicium. Influence sur le système fer-
- carbone. RdM. Juillet, 427.
- — Trempe (Absorption de l’hydrogène
- dans la). Braume. Cs. 29 Juin, 693.
- — — constituants des aciers trempés.
- Recherches (Breuil). Im. 1907 (vj), 553.
- — Gaz et électricité dans les aciéries d’Eu-
- rope (van Brussel). EM. Juillet, 537.
- — Électro-sidérurgie. Four électrique Stas-
- sano. Eam. 15 Juin, 1135. Mélangeur pour acier Héroult. RdM. Juillet, 464. — Procédés électrolytiques de production du fer pur Burgess etHambuc-kem. Maximovitsch. Fer colloïdal. Fabrication électrothermique de la
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- 9B0
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1907.
- fonte Pichon (Escard). Pm. Juillet, 103.
- — — Fonderie d’acier de la. Détroit
- Steel Casting C°. RdM. Juillet, 465.
- — Évacuation et chargement mécaniques des produits laminés (Loisy). RdM Juillet, 422. Électro Chemical, Juillet 272.
- — Hauts fourneaux des Forges de Laka-wanna. VDI. 6 Juillet, 1055, RdM. Juillet, 452. .
- Métallographie microscopique. Utilisation industrielle (Guillet). Gc. 22 Juin, 123. Soudures sur place des constructions (Ruck Keene). E. 5 Juillet, 12, 33.
- MINES
- Cuivre (Géologie des minerais de). Eam. 24 Juin, 1192.
- — Genèse des fdons de Yerington. Eam.
- 15 Juin, 1143.
- — Mine de Saint-Vincent, Espagne. Eam.
- 24 Juin, 1190.
- Diamant. Mines du Brésil. Eam. 22 Juin, 1188. Électricité. Applications modernes aux mines (Rowle). E. 5 Juillet. 31. Emploi du courant alternatif (Wood), Eam.
- 6 Juillet, 1.
- — aux houillères de Cambrian. E'. 5 Juil-
- let, 21.
- Extraction aux grandes profondeurs (Rhodes). E. 22 Juin, 816, 831.
- — à la houillère de Saint-Pierre. Eam. 15
- Juin,1151.
- Fer. Mines de Marquette. Eam. 15 Juin, 1129. Fonçages aux grandes profondeurs (Louis). E. 22 Juin, 816, 831.
- Filons. Déplacements par veines recoupantes (Weed). Eam. 15 Jidn, 1145. Houillères. (Pertes dans les préparations). (Parker). Eam. 24 Juin, 1189.
- — de Pennsylvanie (Fay). Eam. 24 Juin,
- 1199. Du nouveau Mexique. Eam. 6 Juillet, 8.
- — Inflammabilité des poussières. Appareil de recherche Bedson et Widdas. Gc. 6 Juillet, 163.
- — Laveries pour charbons gras (Parsons). Eam. 6 Jinllet, 15. Triages pour anthracites (id.), 24.
- Or. Au Transvaal (Denny). E. 21 Juin, 816.
- En 1905-1906. AM. Avril, 504. Préparation mécanique. Mines de cuivre d’Osc-cola, Lac supérieur. Eam. 22 Juin, 1180.
- — Procédé Elmore. Eam. 24 Juin, 1205.
- — Séparation magnétique des minerais de
- fer, procédé Grondai. RdM. Juillet, 437.
- Sauvetage (Appareils de) (Genart). Ru. Mai, 109.
- Sièges d’exploitation (Installation des) dans les houillères (Hann). E. 28Juin, 843, 871. Yunnan méridional. Mission géologique et minière. AM. Avril, 385-495.
- Le Gérant: G. Richard.
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-
-
- 106” ANNÉE.
- AO UT-SEPTE MURE-OCTOBRE 1907..
- BULLETIN
- DE
- LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- AGRONOMIE
- RECHERCHES SUR LA NITRIFICATION INTENSIVE ET L’ÉTABLISSEMENT DES NITRIÈRES A.
- hauts rendements, par M. Müntz, membre de l’Institut, directeur des Laboratoires de l’Institut National Agronomique, et M. Lamé, préparateur à l’Institut National Agronomique.
- Depuis l’époque, lointaine déjà, où l’un de nous a montré, avec M. Th.. Schlœsing, que la nitrification naturelle est le résultat de l’action microbienne,, des travaux nombreux ont élucidé bien des points de ce phénomène.
- En première ligne, il faut citer ceux de M. Winogradsky, qui a isolé et cultivé à l’état de pureté les organismes remplissant la fonction nitrifiante et établi que, à l’encontre de leurs congénères, ils peuvent se développer dans les milieux exempts de matière organique.
- Depuis, les recherches de divers savants, en particulier de M. Warington,. de M. Omeliansky. de MM. Boullanger et Massol, ont précisé les conditions dans lesquelles agissaient les ferments nitrificateurs.
- Leurs études ont été effectuées avec une méthode scientifique irréprochable,, par des cultures pures et dans des milieux chimiquement définis.
- Le but, en quelque sorte abstrait, que s’étaient proposé ces savants, exigeait cette rigueur dans la méthode opératoire. Mais les conditions sont plus complexes dans la nitrification naturelle, où les organismes qui la produisent se trouvent en lutte avec la multiplicité des autres microbes qui pullulent dans les sols, milieux nitrifiants essentiellement variables. ;
- Nous avons repris l’étude de la nitrification, en nous proposant comme but Ton.e 109. — Octobre 1907. - 63
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- 952
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- d’arriver à la rendre intensive, c’est-à-dire à obtenir de grandes masses de nitrates, pour l’établissement de nitrières à action rapide et à hauts rendements.
- Ce n’est pas au point de vue des applications agricoles que nous nous sommes placés; il n’est pas, en effet, de grande importance de donner aux cultures l’azote tout nitrifié; on peut le leur fournir sous une tout autre forme, puisque le sol auquel on incorpore les matières azotées se charge lui-même de leur transformation en nitrates.
- Nous avons surtout envisagé la production du nitre nécessaire à la fabrication des munitions de guerre.
- La guerre moderne a pour principal moyen d’action l’emploi des explosifs, et ceux-ci dérivent tous du nitre, qui a emmagasiné une somme d’énergie, que les explosifs mettent en œuvre en la développant brusquement. Les effets prodigieux des engins de guerre sont le produit du travail accumulé par des infiniment petits dans le sein de la terre.
- Autrefois, le nitre provenait principalement de l’Inde; mais pendant les guerres de la Révolution et du Premier Empire, où la France n’était pas maîtresse de la mer, on dut utiliser les ressources indigènes, et l’art déjà ancien du salpêtrier se développa beaucoup, grâce surtout au concours de savants éminents. Aussi, la production du nitre put-elle suffire aux besoins de la défense, d’abord, puis à ceux de l’attaque.
- Dans la première moitié du xixe siècle, la découverte des immenses gisements de nitrate de soude de l’Amérique du Sud enleva toute importance à la fabrication indigène et l’art du salpêtrier disparut. Ce minerai sert encore aujourd’hui à la consommation du monde entier.
- Mais nous posons ici un problème qui nous semble avoir son importance. C’est celui de la possibilité de l’approvisionnement. Sans envisager encore l’épuisement de ces gisements, nous pouvons prévoir le cas d’une guerre dans laquelle la France, comme en 1793, et pendant toute la durée du Premier Empire, verrait ses communications maritimes interrompues. La source des approvisionnements de nitre et, par suite, des munitions de guerre serait tarie. Il faudrait alors utiliser les ressources locales en salpêtre, comme faisaient nos ancêtres. Mais les quantités qui ont suffi à la fin du xvin° siècle et au commencement du xixc suffiraient-elles aujourd’hui? Les sols de caves et d’étables, les nitrières établies comme celles d’autrefois pourraient-elles, en temps voulu, fournir assez de salpêtre pour les besoins des armées de terre et de mer? On peut répondre hardiment que non et qu’il s’en faut de beaucoup.
- La consommation de munitions qui se fait dans les guerres modernes est incomparablement, peut-être cinquante ou cent fois, supérieure à ce qu’elle était il y a un siècle; nous en avons eu un exemple récent sous les yeux, dans
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- DES N1TR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 953
- les péripéties de la guerre russo-japonaise, où cette consommation a été jusqu’au gaspillage, gaspillage probablemeM nécessaire, tout au moins inévitable.
- Au moment de l’effort, aucune considération d’économie ne doit intervenir; il faut donc que les approvisionnements soient pour ainsi dire illimités.
- Les moyens employés autrefois pour produire le nitre ne suffiraient donc certainement pas; mais on peut espérer qu’en mettant à profit les notions nouvellement acquises sur le processus de la nitrification, on arriverait à établir des nitrières à action beaucoup plus rapide et à rendements beaucoup plus élevés.
- Dans les nitrières artificielles d’autrefois, c’était toujours en milieux terreux que l’on provoquait la formation des nitrates. En abordant l’étude de la nitrification intensive, il était tout indiqué d’expérimenter d’abord ce système, qui n’est d’ailleurs que l’imitation du processus de la nitrification naturelle. Ainsi que l’a dit M. Schlœsing, la terre est en effet une immense nitrière. En certains points privilégiés, la nitrification y est même si active que l’exploitation du salpêtre peut y devenir industrielle. C’est ainsi que se forment les nitres de l’Inde et de l’Égypte.
- Pour perfectionner les nitrières terreuses, il était nécessaire de déterminer les facteurs qui interviennent pour accroître ou diminuer leur activité. Parmi ces facteurs, les uns sont en quelque sorte intérieurs, comme la nature des matériaux terreux, leur état d’humidité, d’émiettement, la nature et la quantité des matières premières azotées qui y sont introduites. Les autres sont extérieures, comme la température, l’aération.
- Nous- avons successivement fait l’étude de l’intluénee individuelle de ces différents facteurs, en vue d’obtenir les résultats les plus avantageuxv tant au point de vue de la rapidité qu’à celui des rendements.
- Autrefois, on partait de matières organiques azotées diverses, qu’on incorporait à de la terre, et on attendait que les processus de la putréfaction aient abouti à la formation des azotates. Aujourd’hui, l’on sait que l’azote, avant d’être oxydé par les ferments nilrificateurs, doit être au préalable amené, par le travail d’organismes divers, à l’état de sels ammoniacaux.
- La principale cause de la lenteur de l’enrichissement des nitrières artificielles était la grande résistance aux actions microbiennes des matières azotées que l’on y introduisait: débris végétaux et animaux de toute nature, immondices/ordures ménagères, boues de villes, etc. Nous avons pensé qu’on réaliserait un grand progrès dans l’établissement des nitrières artificielles en y introduisant l’azote sous forme de sels ammoniacaux, c’est-à-dire de produits directement nitrifiables. La nitrification a alors pris une intensité très grande, qui nous a fait entrevoir la possibilité d’une production intensive des nitrates.
- Nous avons donc étudié les conditions cïe l’établissement de nitrières basées
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- 954
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- sur l’emploi direct des sels ammoniacaux, qu’on peut trouver en quantités notables sur le marché indigène, tirés des sous-produits de la fabrication du gaz et du coke et de la distillation des matières de vidange.
- Ces sels peuvent d’ailleurs être préparés avec toutes les matières azotées, et, si besoin était, on pourrait en augmenter les quantités d’une façon presque illimitée. D’un autre côté, l’industrie a réussi à réaliser la fixation de l’azote de l’air sous forme de cyanamide de calcium, avec lequel on peut facilement obtenir des sels ammoniacaux. La possibilité de s’approvisionner en ammoniaque existe donc.
- Autrefois, on ne connaissait la nitrification que dans le sein de la terre. Depuis les travaux do MM. Schlœsing et Müntz, Winogradsky, Boullanger et Massol, etc., on sait qu’elle peut se faire également dans les solutions, surtout lorsqu’elles sont étalées au contact de l’air, par leur écoulement sur des supports à grande surface. Ce mode opératoire a reçu une application dans l’épuration des eaux d’égout. Nous avons étudié dans quelle mesure il pouvait rendre la nitrification intensive et en avons précisé les conditions, comme nous l’avons fait pour les nitrières terreuses.
- Nous rendons compte en détail des recherches faites dans le but d’obtenir en un temps relativement court, et en quantités massives, des nitrates qu’on n’obtenait autrefois qu’en faibles proportions et seulement au bout de longs mois ou même d’années.
- I. —NITRIFICATION DES SELS AMMONIACAUX DANS LES MILIEUX
- TERREUX
- NATURE DE LA TERRE
- Lorsque, dans des terres de natures diverses, on introduit des sels ammoniacaux, les terres étant placées dans des conditions identiques, on remarque que l’intensité de la nitrification est extrêmement variable de l’une à l’autre.
- Au mois d’octobre 1904, nous avons prélevé en plein champ des échantillons de terre, dont nous donnons ici la composition et la nature, parce qu’elles ont servi de types pour une longue série de recherches.
- Terre I. — Terre de jardin, franche, très riche en humus, de couleur brun noirâtre (limon de vallée, Presles, Seine-et-Oise). A l’analyse physique par le procédé Schlœsing, on a obtenu les résultats suivants :
- Total. Siliceux. Calcaire.
- Débris organiques. 15,9
- Sable grossier . . .
- Sable fin.........
- Argile.......... .
- Humus.............
- 607,2 519,2 65,3
- 284,4 182,9 86,5
- 83,4 25,0
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-
- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 955
- Terre IL — Terre silico-calcaire prélevée sur des terrains tirant leur origine du calcaire grossier et dos sables nummulitiques (Nointel, Seine-ct-Oise).
- Total. Siliceux. Calcaire. Débris organiques.
- • Sable grossier. . . 617,8 609,8 100,8 2,6
- Sable fin.............. 308,9 61,8 214,3
- Argile.................. 67,2
- Humus.................... 6,1
- Terre III. — Terreau de jardinier, formé par la putréfaction d’un mélange de fumier de cheval, de feuilles et de terre végétale silico-calcaire. Ce terreau faisait, avec les acides, une forte effervescence.
- Terre IV. — Terre argileuse brun rougeâtre, appartenant à la formation dite « limon des plateaux » (Presles, Seine-et-Oise).
- Total. Siliceux. Calcaire. Débris organiques.
- Sable grossier. . . 283,3 372,4 4.7 1,5
- Sable fln 440,9 395,2 11,4
- Argile. 170,4
- Humus 4,9
- . Terre V. — Terre calcaire prélevée sur une falaise de craie sénonienne
- (Beaumont, Seine-et-Oise). Total. Siliceux. Calcaire. • Débris organiques.
- Sable grossier. . . 599,8 398,2 196,2 2,1
- Sable fin 319,6 . 107,3 188,6
- Argile 59,9 »
- Humus 27,7
- Le dosage de l’humus n’étant qu’approximatif, on a fait des dosages directs du carbone organique par le procédé suivant : 1 ou 2 grammes de terre, finement broyée et séchée à 100-110°, étaient traités dans une capsule par un petit excès d’acide chlorhydrique pour détruire les carbonates et se débarrasser du carbone minéral. On séchait de nouveau, puis on faisait un mélange intime avec de l’oxyde de cuivre fin dans une nacelle de platine, que Ton introduisait dans un tube à combustion pour le dosage du carbone. On avait interposé un tube en U, à ponce imbibée d’une solution de nitrate d’argent, avant le passage du gaz sur le tube à acide sulfurique et le barboteur à potasse, afin de retenir le chlore. On a obtenu le^ résultats suivants :
- Carbone organique p. 1000 de terre sèche.
- Pour la terre 1........................... 37,8
- — II......................... 14,7
- — III........................ 176,7
- — IV......................... 10,4
- — V......................... 15,2
- Ces terres, aussitôt arrivées au laboratoire, ont été émiettées et passées
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-
- 956 AGRONOMIE. — OCTOBRE 1907.
- Humides au tamis de 2 millimètres. Nous dirons une fois pour toutes que quand nous avons mis des terres en nitrification, nous avons toujours opéré sur ces terres vivantes. Pendant le transport et au laboratoire même, nous évitions soigneusement toute dessiccation, toute élévation de température, tout défaut d’aération pouvant rendre l’atmosphère intérieure- réductrice, et en général toute circonstance pouvant détruire ou affaiblir la vitalité des organismes que recèle la terre. Convenablement ressuyée pour permettre le tamisage, elle était ensuite amenée au degré d’humidité le plus élevé possible, sans atteindre le point où celle-ci empêche l’émiettement facile.
- Cette humidité, regardée comme la plus favorable, était dans le cas présent :
- Eau pour 100.
- Pour la terre 1........ 19,55
- — II. ... . 10,20
- — III. ... . on,25
- — IV.... . 14,60
- — V... 13,50
- Pour chaque terre, deux lots de 1 kilogramme furent additionnés de 1 gramme de phosphate de potasse. L’un d’eux reçut 2 grammes de sulfate d’ammoniaque. L’autre servait de témoin. Ces lots furent introduits dans des bocaux conserves de 2 litres, fermés d’un disque de verre simplement pesé sur leur ouverture et placés dans l’étuve à 25°. Au bout de sept jours, on a dosé les nitrates formés. Voici 'les quantités de nitrates formés exprimées en azote nitrique par kilogramme de terre humide :
- Nrs dos terres. i il ni IV V
- Témoin sans sulfate d’am- gr. gr. gr. gr. gr.
- moniaque Terre avec sulfate d’am- 0,013 0,006 0,096 0,006 0,013
- moniaque Azote nitrifie' du sulfate 0,295 0,013 0,507 0,070 0,077
- d’ammoniaque 0,282 0,007 0,411 0,064 0,064
- L’intensité nitrifiante a donc été très différente pour chaque terre. Alors que le terreau a nitrifié près de (Pr,060 d’azote par vingt-quatre heures et la terre de jardin (hr,0i0, les terres IV et V n’ont nitrifié que (Pr,009 et la terre II n’a donné qu’une trace de nitrate.
- On a refait une expérience analogue avec les mêmes terres, mais prélevées sur le terrain à la fin de novembre. Leur humidité était la suivante :
- Eau p. 100.
- Pour la terre 1................. 21,83
- — II........................ 15,42
- — III........................ 53,90
- — IV........................ 16,20
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-
-
- DES MTR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 957
- Elles ont été additionnées de 1 gramme de phosphate de potasse et de 1 gramme de sulfate d’ammoniaque par kilogramme. Le dosage de l’azote nitrique a donné par kilogramme de terre :
- Nos dos terres. i n III IV V
- Au bout de 48 fleures. Témoin sans sulfate d’am- gr. gr- gr- or* gr.
- moniaque Terre avec sulfate d’am- 0,021 0,015 0,063 0,013 0,007
- moniaque Azote nitrifié du sulfate 0,057 0,015 0,180 0,022 0,012
- d’ammoniaque. . . Au bout de 7 jours. Témoin sans sulfate d’am- 0,036 0,000 0,117 0,009 % 0,005
- moniaque. ......... Témoin avec sulfate d’am- 0,024 0,019 0,067 0,011 0,006
- moniaque Azote nitrifié du sulfate 0,114 0,036 0,276 0,051 0,026
- d’ammoniaque ....... 0,090 0,037 0,209 0,040 0,020
- Ces résultats confirment les premiers. Le terreau montre toujours une activité nitrifiante presque dix fois supérieure à celle des terres II, IV et Y. Après lui, vient la terre de jardin I, qui a donné, dans le même temps, près de la moitié des nitrates formés par le terreau.
- Si on se reporte aux chiffres exprimant la richesse des différentes terres en carbone humique, on voit que ce sont les ferres les plus riches en humus qui ont nitrifié avec le plus d’intensité. Il semblerait donc que la matière organique du sol est favorable à la nitrification. On serait même tenté de conclure que son abondance est indispensable pour que celle-ci fût intensive. Il y avait un grand intérêt à élucider ce point.
- INFLUENCE DE LA MATIÈRE ORGANIQUE DU SOL SUR LA NITRIFICATION
- La matière organique de la terre est normalement à un état de décomposition avancée, sous forme d’humus, et se montre alors très réfractaire aux actions microbiennes. C’est seulement à cet état, qui se rencontre dans la nature, qu’il était utile de rechercher son action au point de vue qui nous occupe.
- En se reportant à des observations déjà anciennes, on remarque que les savants qui se sont occupés des nitrières ont été frappés de l’action favorable exercée par l’abondance de l’humus. Millon (1) a même essayé d’établir une théorie chimique de la nitrification où l’humus jouait un rôle d’entraînement par sa propre combustion. Boussingault (2) a constaté que le terreau était un
- (1) Millon, Mémoire sur la nitrification en Algérie. Comptes rendus, t. LI, pp. 289 et 548.
- (2) Boussingault, Agronomie, t. II. . .
- p.957 - vue 956/1523
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- '058 ’ AGRONOMIE. — OCTOBRE 1907.
- milieu des plus favorables à la nitrification et a montré l’analogie frappante qui existe entre la façon dont les jardiniers fabriquent le terreau et les procédés que recommandaient les salpetrierspour rétablissement des nitrières artificielles.
- Jusque dans ces dernières années, on avait admis que la matière organique est indispensable à la nitrification, mais les travaux de M. -Winogradsky ont montré que les ferments qui la produisent se développaient et agissaient dans les milieux exclusivement minéraux ; bien plus, depuis les recherches de MM. Winogradsky et Oinéliansky (1), on admet que ces ferments, particulièrement le ferment nitrique, sont entravés par la présence des matières organiques •dans leurs milieux de culture. Ces savants, comme conclusion à leur travail, ont établi une théorie de la nitrification dans les sols, d’après laquelle il Se forme d’abord de rammoniaque qui persiste en cet état, tant qu’il existe de la substance organique. C’est seulement quand celle-ci a disparu que la nitrification commence. Cette explication est en désaccord avec les faits, car il existe toujours dans la terre des quantités beaucoup plus grandes d’azote organique que d’azote nitrique et on n’y rencontre que des traces d’azote ammoniacal. D’un autre côté, MM. Winogradsky et Oméliansky se sont servis dans leurs recherches de substances que l’on ne rencontre jamais dans les sols normaux : ils ont, en effet, essayé l’action sur les ferments nitrique et nitreux du glucose, de la glycérine, de la peptone, de l’asparagine, de l’urée, etc., composés qui ont joué le rôle de véritables antiseptiques. Mais en essayant l’infusion de foin, de feuilles mortes, de terreau, de crottin, ils ont constaté une action nulle ou même quelquefois une influence favorable. Or, ces dernières substances se rapprochent, plus que les premières, de celles que l’on peut rencontrer dans les milieux nitrifiants naturels.
- Nous nous sommes bornés à chercher l’influence, sur le processus de la nitrification, de l’humus, seule forme normale de la matière organique dans la terre. L’acide humique introduit dans des solutions ammoniacales est-il ou non une entrave à la nitrification ?
- Dans ce but, on a extrait ce produit du terreau de jardinier, qu’on a traité par l’acide chlorhydrique pour éliminer le calcaire et mettre la matière humique en liberté, puis lavé à l’eau distillée jusqu’à disparition complète des sels de chaux. Le résidu a été mis en digestion dans l’eau ammoniacale en léger excès. 11 s’est formé ainsi une solution brune, que l’on a décantée et débarrassée de l’excès d’ammoniaque, en l’abandonnant dans le vide en présence d’acide sulfurique. On a obtenu une solution bien neutre d’humate d’ammoniaque dans laquelle on a trouvé :
- Azote ammociacal......................0 gr. 268 par litre.
- (1) Archives des Sciences biologiques russes, t. VII, n°.3, juillet 1899. .. , .
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- On a préparé d’autre part une solution de sulfate d’ammoniaque contenant également 0 gr. 2G8 d’azote par litre. Ces deux liqueurs ont été additionnées do sulfate de potasse, de sel marin, de sulfate de magnésie, de sulfate ferreux, suivant les indications de M. Omeliansky. On en a introduit 100 centimètres cubes dans des fioles à très large fond plat. On y a ajouté 1 gramme de carbonate do magnésie et on a ensemencé avec la même quantité de délayure de terre. Les fioles ont été mises à l’étuve à 25°, et au bout de 53 jours, on a trouvé :
- Azote nitrifié par litre.
- gr.
- Dans la solution d’humate............... 0,23G
- — de sulfate........... 0,206
- Les solutions nitrifiées d’humate n’étaient pas à ce moment complètement décolorées, et on remarquait au fond de la fiole un abondant dépôt de grumeaux bruns d’humate de magnésie. La nitrification s’était donc poursuivie dans un milieu toujours très riche en matière organique et n’en avait pas été entravée. Elle a été au contraire plus rapide.
- L’expérience a été recommencée avec un mode opératoire un peu différent. Des scories provenant de foyers alimentés avec la houille ont été broyées, de façon à les réduire en morceaux, de la grosseur d’une noisette, et lavées à grande eau. Elles ont été placées dans deux cloches à douille, dont la tubulure ouverte était tournée vers le bas, et dans lesquelles la circulation de l’air pouvait s’effectuer.
- Les solutions précédentes d’humate et de sulfate d’ammoniaque ont été additionnées de 2 grammes par litre de carbonate de magnésie et ensemencées d’une manière identique avec de la délayure de terre de jardin. On les a déversées régulièrement, et par intermittences, à la surface des lits d’escarbilles qui étaient placés à l’étuve à 25°. On a ainsi développé, à la surface des morceaux de scories, des colonies très actives d’organismes nitrifiants. La capacité des cloches était de 1 litre et le volume des arrosages journaliers était de 20 centimètres cubes. L’expérience, commencée le 21’ mars, a été suivie de jour en jour pour se rendre compte des quantités de nitre formées dans les liquides recueillis.
- Voici les résultats obtenus, exprimés en grammes d’azote par litre :
- Cloche Cloche
- avec humate d’ammoniaque. avec sulfate d’ammoniaque.
- 23 mars. — Azote nitreux. . . Quantité sensible. Absence.
- 27 mars. — Azote nitreux. . . Quantités notables. Quantités plus faibles.
- — — nitrique. . . Traces. Faibles traces.
- ^er avril. — Azote nitreux . . . 0,0826 0,0372
- — — — nitrique. . . Traces. Faibles traces.
- 23 mai. — Azote nitreux. . . 0 0
- —.. — — nitrique. . . 0,334 0,282
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- • A la fin de l’expérience, les licfuides recueillis à la partie inférieure de la cloche recevant rimmate étaient presque complètement décolorés, mais la matière humique n’était pas détruite, car les morceaux d’escarbilles étaient recouverts d’une couche d’humate de magnésie. La matière humique n’a donc, à aucun moment, gêné la marche de la nitrification. Elle semblerait plutôt lui avoir été favorable ; elle a surtout activé la mise en train du phénomène.
- Nous avons vu plus haut que, dans les terres, la nitrification s’établit toujours avec d’autant plus de rapidité qu’elles sont plus riches en humus. Mais cette abondance de la matière organique est-elle une condition indispensable, non pas à la nitrification proprement dite, mais à une nitrification intensive, comme ces premiers résultats sembleraient le faire croire? Il n’en est rien," car on peut transformer en nitrières intensives des terres pauvres en matière organique et. qui se montraient au début peu actives. Pour y arriver, il suffit d’y ajouter, au fur et à mesure de la formation du nitre, des sels ammoniacaux, de façon à maintenir à peu près constante la dose d’azote ammoniacal disponible.
- Dans le but de définir le rôle de la matière organique dans le processus de la nitrification active, telle que nous l’avions en vue, nous avons opéré comparativement sur des terres très différentes, au point de vue de leur teneur en humus, les unes pauvres, les autres exceptionnellement riches. Ce sont les cinq terres précédemment décrites et que nous avons mises en nitrification, en les-plaçant dans des conditions identiques, amenées chacune à l’état d’humidité le plus favorable.
- Ces terres ont été placées dans des caisses tarées ; leur humidité était maintenue constante par des arrosages quotidiens ; l’aération et l’émiettement étaient également assurés par une agitation journalière à l’aide d’un instrument en fer,, simulant un labour. Les caisses étaient placées dans une chambre dont la température était maintenue à 26-27°. A intervalles réguliers, tous les trois jours, on faisait le dosage de l’azote ammoniacal restant et, avec du sulfate d’ammoniaque, on complétait à (Pr,i00 par kilogramme de terre la dose d’azote ammoniacal ainsi maintenue constante. A intervalles plus éloignés, on contrôlait la marche de la nitrification par des dosages directs de l’azote nitrique..
- Voici les résultats obtenus :
- Azote nitrique par kilog. de terre.
- i 11 III IV V
- gr- gr- gr- gr- gr.
- 5 janvier 1905. . 0,253 0,189 0,344 0,146 0,113
- 20 février — 0,963 ' 0,976 2,106 0,719 • 0,783
- 22 mars — 1,656 1,900 2,985 1,374 1,258
- 24 avril — 2,735 4,032 4,719 2,388 2,902
- 23 niai — 4,879 4,686 6,741 4,141 4,045
- 23 juin — 5,489 ’ 4,719 9,279 5,168 4,301
- 2 août" 5,682 -• - 4,815 10,687 5,104 4,141
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- Si, d’après ces chiffres, on calcule le poids de l’azote nitrifié par kilogramme de terre en vingt-quatre heures dans les intervalles de deux dosages, on a les résultats suivants :
- Azote nitrifié par 24 heures et par kilog. do terre.
- i il m IV V
- gr. gr- gr- gr. gr-
- Du 5 janvier au 20 février. 0,0154 0,0171 0,0385 0,0125 0,0146
- Du 20 février au 22 mars. . 0,0231 0,0308 0,0293 0,0218 0,0192
- Du 22 mars au 24 avril. . 0,0321 0,0646 0,0522 ' 0,0308 0,0498
- Du 24 avril au 23 mai . . 0,0742 0,0225 0,0690 0,0604 0,0394
- Du 23 mai au 23 juin . . 0,0197 0,0011 0,0819 0,0331 0,0083
- Du 23 juin au 2 août. . 0,0048 0,0024 0,0340 0 0
- Si nous ne considérons que le temps pendant lequel la nitrification a été active, en faisant abstraction de la période finale pour les terres dans lesquelles la formation du salpêtre s’était arrêtée ou ralentie, nous obtenons comme production journalière moyenne d’azote oxydé :
- I II ni iv v
- 0,026 0,023 0,051 0,037 0,026
- Ces résultats montrent que s’il y a une supériorité constante dans le terreau, ce n’est pas cependant la proportion de matière organique du sol qui est le facteur essentiel, puisque des terres pauvres en carbone, comme les nos IV et V, ont été amenées à une activité presque aussi grande qu’une terre riche comme le n° I.
- Si, au début, il y a toujours une grande différence en faveur des terres les plus liumiques, elle s’atténue au bout de quelque temps. De ces observations, il résulte que le rôle accélérateur de la matière organique est surtout un rôle de début. S’il y a une différence dans l’aptitude des terres à la nitrification, c’est surtout au moment de la mise en train, car toutes les terres peuvent devenir le siège d’une nitrification intensive, à condition qu’elles soient dans un état d’humidité favorable et que leurs propriétés physiques permettent les échanges gazeux nécessaires. Mais toutes doivent passer pour cela par une période d’incubation. Il semblerait donc que les ferments qu’elles contiennent ont besoin, soit de s’adapter aux doses élevées d’ammoniaque qui leur sont offertes, soit de se multiplier en présence de cette ammoniaque, que leur fonction est de transformer en azote nitrique.
- La première hypothèse est à écarter, car nous verrons par la suite que, jusqu’à une certaine dose, les sels ammoniacaux n’entravent pas la nitrification, pas plus pendant la période de préparation que pendant la période d’activité. C’est donc dans la présence en plus ou moins grande abondance des organismes ni-
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- trificateurs qu’il faut rechercher la cause clés différences que l’on observe clans leur aptitude à nitrifier.
- Nous avons cherché à déterminer, dans la mesure du possible, l’abondance des organismes nitrificateurs préexistants dans lés diverses terres que nous avons essayées. Dans ce but, nous avons mis en présence d’un milieu nitrifiable abondant, de petites quantités, rigoureusement pesées, de ces terres et nous avons dosé la quantité de nitre produite en un temps donné. En considérant surtout la première période, celle où la pullulation des organismes ne s’est pas encore faite, on pouvait espérer que les organismes préexistants entraient seuls •en jeu, et que le nitre formé pouvait servir de mesure à leur nombre.
- Dans des fioles à fond plat, on a introduit 100 centimètres cubes d’une solu
- tion contenant : gril,05 de sulfate d’ammoniaque .
- Soit 0,105 d’azote ammoniacal.
- 0,025 de phosphate de potasse.
- 0,025 de sel marin.
- 0,250 de carbonate de magnésie.
- On a ensemencé avec des quantités pesées de terres prélevées fin novembre, et dont il a déjà été question plus haut. On a suivi la marche de la nitrification, pour saisir le moment où le dosage était possible. Voici les résultats de cette expérience :
- d’ordre. Nl! des terres. Poids de terre ayant servi à l’ensemencement. Durée de la nitrification. Azote nitrifié.
- 1 I gr- 1 jours. 10 gr- 0,0042
- 2 I 3 — 0,0050
- 3 III 1 — 0,0059
- 4 III 3 — 0,0086
- 5 IV 1 — 0,0004’
- 6 IV. ... . 3 — 0,0019
- 7 V 1 — 0,0005
- 8 V 3 — 0,0037
- 9 V 5 — 0,0056
- Contrairement à ce qu’on s’attendait à constater, il n’y a pas proportionnalité entre les poids d’une même terre introduits (et par suite la quantité de semence qu’ils apportent), et le poids correspondant cle l’azote nitrifié. Cependant, ces résultats permettent cle considérer ce procédé comme suffisant pour comparer dans diverses terres l’activité nitrifiante.
- Nous avons contrôlé les chiffres précédents par une autre série d’expériences analogues, dont voici les résultats :
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- Poids de terre Durée de la
- Azote nitrifié.
- Désignation des terres, d'ensemencement, nitrification. Azoto nitreux. Azote nitrique. Azote nitrifié total.
- gr. jours. gr. gr. gr.
- Terreau III........... 1 5 0,00057 Traces. 0,00057
- — ..... 3 5 0,00100 0,00077 0,00237
- — ..... 5 5 0,00071 0,00218 0,00289
- Terre I..................... 1 9 0,00109 Traces. 0,00109
- — . . . r . 5 9 0,00122 0,00302 0,00424
- Terre V..................... 1 9 0,00006 0,00051 0,00037
- — 3 9 0,00020 0,00218 0,00244
- Terre de bergerie (1). 1 5 0,00064 0,00221 0,00285
- — 3 3 0,00051 0,00342 0,00393
- La terre ne jouant ici qu’un rôle d’ensemencement, les quantités d’azote oxydé en un court temps sont évidemment fonction du nombre d’organismes existant dans la terre introduite, mais il n’y a pas proportionnalité. La semence introduite dans les fioles n’était pas en quantité suffisante pour opérer une nitrification immédiatement active. Comme dans tous les cas où l’on ensemence de cette façon, on observe d’abord une période d’incubation pendant laquelle la nitrification est presque nulle, puis les nitrites apparaissent, et l’ammoniaque disparaît rapidement. C’est la phase de multiplication du ferment nitreux, pendant laquelle le ferment nitrique, dont le développement est plus lent dans les solutions ammoniacales, ne fornnf que de petites quantités de nitrates, qui sont d’autant plus minimes que la semence introduite est moins abondante.
- En suivant, pour ainsi dire, pas à pas, ces phénomènes par des essais qualitatifs, on peut saisir le moment où l’azote nitrique devient assez abondant pour être dosé, en restant toutefois dans la période qui précède celle de la multiplication rapide du ferment nitrique, laquelle se produit à la suite de la disparition de l’ammoniaque, la quantité d’azote nitrique formé pendant cette première période peut servir, mieux que celle deM’azote nitreux, à mesurer l’intensité de l’ensemencement. On s’en rend bien compte par l’examen des chiffres du tableau précédent, en considérant ceux qui se rapportent à la même terre, dont on a pris des poids différents. Il y a sensiblement proportionnalité entre ces poids et ceux du nitrate formé.
- Sans donner à ces résultats plus de valeur qu’ils ne méritent, ils montrent cependant, dans leur ensemble, qu’il y a bien entre les terres les différences que nous supposions au point de vue de l’intensité de leur ensemencement. Le terreau et, après lui, la terre I ont provoqué des nitrifications plus rapides que les autres terres. Quant à la terre de bergerie, elle a paru être plus riche encore en ferments, malgré sa pauvreté en matière organique. Mais c’était une vé-
- (I) Terre prélevée dans le sol d’une bergerie occupée par les moutons depuis trois ans, pauvre en matières organiques.
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- ri table terre cio nitrière, car elle contenait déjà 1 gramme par kilo d’azote nitrique et les organismes avaient pu y prendre un grand développement à la laveur des matières azotées mises à leur disposition et provenant du fumier qui la recouvrait.
- Dans une autre expérience, on a mis en parallèle du terreau très riche en matière organique, contenant 17,57 p. 100 de carbone, et très apte à la nitrification,, et la terre argilo-calcaire n° V, pauvre en matière organique, n’en contenant que 1,52 p. 100.
- Ces deux terres onl été stérilisées par un chauffage à l’autoclave à 102-105° pendant trois quarts d’heure, dans des flacons à moitié pleins, bouchés avec de la ouate. Après le chauffage, on les a additionnés aseptique ment de 2 grammes de sulfate d’ammoniaque par kilo.
- Deux flacons de terreau stérilisé ont été ensemencés, l’un avec 1 p. 100 du meme terreau vivant, c’est-à-dire non stérilisé, l’autre avec 1 p. 100 de la terre Y vivante. .
- De même, deux flacons de la terre Y stérilisée ont été ensemencés, l’un avec 1 p. 100 de terreau vivant, l’autre avec 1 p. 100 de terre V vivante, et ensuite placés dans une chambre à 24°.
- Ces ensemencements croisés ont donné, au bout de 21 jours, les résultats suivants : #
- Terreau stérilisé Terre V stérilisée
- ensemencé. ensemencée.
- avec terreau avec terre V avec terreau avec terre V vivant. vivante. vivant. vivante,
- gr. gr. gr. gr.
- Azote nitreux formé.................... 0,003 0,003 traces traces
- — nitrique........................ 0,222 0,018 0,061 0,001
- — total nitrifié.................. 0,223 0,021 0,061 0,001
- On voit que, dans cette période initiale, le terreau stérilisé, ensemencé de terreau, a mieux nitrifié que la terre V stérilisée, ensemencée de terreau; de même la terre V ensemencée de terreau a mieux nitrifié que la même terre ensemencée de terre Y vivante. La matière organique de la terre joue donc un rôle favorable. Mais en examinant les deux terreaux, où la matière organique était également abondante, on voit que ce n’est pas celle-ci qui a la grande part dans l’activité delà nitrification, mais bien la terre d’ensemencement, c’est-à-dire l’apport des organismes. Dans la terre Y, c’est encore l’apport de la semence qui joue le rôle prépondérant. Si la composition de la terre a manifestement une action et s’il est bien démontré que c’est celle qui contient lu plus de matière humique qui est la plus active, il n’en est pas moins vrai que c’est une action secondaire et que c’est la nature du ferment, ou son abondance, qui a la
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- grande part dans la rapidité de la production des nitrates, tout au moins dans la période initiale. Cette période initiale, fort différente de celle qui la suit et •qui alors correspond à un régime permanent, paraît surtout être caractérisée par une multiplication ou une adaptation des organismes nitrifiants, qui d’une activité si différente au début, finissent par agir de la même manière au bout de quelque temps. Nous en avons un exemple dans la suite de l’expérience dont nous venons de parler. Après la détermination du nitrate formé au bout do 21 jours, chacune de ces terres a été additionnée d’une nouvelle quantité de sulfate d’ammoniaque, correspondant à celle qui avait été nitrifiée, de façon à rétablir la proportion initiale d’azote ammoniacal. Puis les flacons ont été replacés à une température de 24° pendant 82 jours. Au bout de ce temps, la terre V, ensemencée avec de la terre Y vivante, dont la nitrification avait été nulle dans la première période, contenait 0,499 d’azote nitrique ; elle avait donc acquis au bout d’un certain temps une activité comparable à celle des terres qui avaient nitrifié abondamment dès le début.
- Dans une autre série d’expériences, nous avons voulu mettre en relief l’im-•portance de la préexistence des organismes nitrificateurs, vivaces et adaptés au milieu, au point de vue de la rapidité de la nitrification. Nous avons encôre opéré sur la série des 5 terres types précédemment employées, et, en plus, sur une terre de bergerie.
- Une terre franche convenablement humectée a été stérilisée en la chauffant deux fois de suite à douze heures d’intervalle, et pendant une demi-heure chaque fois, à la température de 110°. Elle a reçu ensuite 2 grammes de sulfate d’ammoniaque par kilo. Ces terres étaient placées dans des bocaux et elles ont été ensemencées dans les conditions suivantes :
- Les terres qui ont servi à l’ensemencement étaient les cinq terres en question •et la terre de bergerie. D’un côté, ces terres étaient restées dans leur état primitif, telles qu’on les avait prélevées sur les lieux et avec leur humidité naturelle. De l’autre, ces mêmes terres avaient été, pendant une période de plusieurs mois, soumises à une nitrification intensive par l’addition graduelle et continue de sulfate d’ammoniaque. Dans les premières, les organismes nitrifiants, n’ayant pas leurs fonctions à remplir, sont restés à l’état latent, tels qu’ils étaient dans le sol lui-même. Dans les autres, au contraire, régulièrement additionnées de sel ammoniacal, ils avaient travaillé énergiquement, s’étaient adaptés au milieu, et multipliés au cours de leur fonctionnement même. On avait ainsi comparativement des terres normales, et les .mêmes terres transformées en nitrières et pouvant être regardées comme de véritables pieds de cuve pour l’ensemen-cement des milieux nitrifiants.
- L’ensemencement a été fait à raison de 1 de la terre semence pour 100 de la terre à ensemencer. L’expérience a duré du 1er mai au 5 juin 1906; voici les
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- résultats qui ont été obtenus, toutes corrections faites pour l’azote nitrique préexistant dans les milieux en présence.
- Azote nitrique par kilogr.
- Numéros des terres servant , Ensemencé avec Ensemencé avec terre
- à l’ensemencement. terre naturelle. transformée en nitriôre.
- gr. gr.
- I ................................... 0,004 0,272
- II .... ............................... 0,005 0,168
- III ..................................... 0,009 0,509
- IV ..................................... 0,005 0,202
- V .................................... 0,002 0,136
- Terre de bergerie........................ 0,066 0,220
- On voit quelles énormes différences existent dans les proportions de nitre formé, suivant que l’ensemencement a été fait avec la terre naturelle ou la terre ayant été le siège d’une nitrification énergique. Avec les premières elle a été presque nulle. Avec les autres, elle a été très accentuée; le n° III correspondant au terreau a même nitrifié intégralement l’ammoniaque qu’il avait à sa disposition.
- Une remarque doit cependant être faite pour la terre de bergerie. Celle-ci, en effet, même à l’état naturel, a déterminé une nitrification d’une certaine activité. C’est qu’une terre de bergerie est déjà par elle-même une nitrière, recevant les matériaux nitrifiables des déjections animales, et l’anomalie qu’elle paraît présenter vient en réalité confirmer la thèse que nous produisons ici. . .
- On voit donc quel intérêt considérable il y a à introduire dans les milieux terreux destinés à former des nitrières une certaine quantité de matériaux d’une ., nitrière déjà en pleine activité pouvant être regardée comme un pied de cuve. De nouveaux dosages effectués 15 jours après les premiers ont donné :
- Azote nitrique par kilogr.
- Numéros des terres servant Ensemencé avec Ensemencé avec terre
- à l’ensemencement. terre naturelle transformée en nitrière.
- gr. gr.
- I . . . . 0,004 0,486
- II . . . . 0,003 0,500
- III . . . . . 0,018 0,524
- IV . . . . 0,003 0,483
- V ....... , . . . 0,003 0.485
- Terre de bergerie.. . . . . . , . . . 0,295' 0,616
- Ces résultats accentuent les précédents. Ils eussent été encore plus frappants si, dans les lots ensemencés avec des parcelles de nitrières en activité, on avait remplacé l’ammoniaque disparue, la totalité de celle-ci ayant été nitrifiée.
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- DES N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
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- En l’absence d’ammoniaque disponible, les organismes provenant des ni-trières n’ont pas pu manifester toute l’énergie dont ils étaient capables.
- Comme conclusions de ces observations, nous sommes conduits à admettre :
- 1° Que sous la forme d’humus, la matière organique, quelle que soit son abondance, n’entrave pas la nitrification ; qu’elle lui est plutôt favorable;
- 2° Que cette abondance n’est pas cependant une condition indispensable,, puisque des terres pauvres en matières organiques peuvent être graduellement amenées à une nitrification intensive;
- 3° Que la matière humique paraît agir favorablement sur la multiplication des organismes et que, d’une manière générale, une terre est d’autant plus chargée d’organismes actifs et plus apte à entrer en nitrification rapide qu’elle contient plus d’humus.
- Ces constatations nous ont amenés à rechercher si la tourbe, qui est un milieu extrêmement riqhe en matières organiques et humiques pouvait être substituée au terreau pour former des nitrières. Mais il n’était pas probable que la tourbe apportât avec elle des ferments aussi vivaces ni aussi actifs que ceux du terreau. * .
- Au sein de la tourbière, la nitrification est nulle; aussi n’y trouve-t-on jamais que des traces de nitrate. La tourbe n’est cependant pas dépourvue de-ferments nitrificateurs.
- MM. Müntz et Aubin (1) ont prélevé au sommet du Pic du Midi une terre vierge formée sur place dans les anfractuosités des rochers par l’action des agents atmosphériques et de la végétation, formant un terreau acide, véritable terre de tourbière. Elle contenait des ferments nitrificateurs de même, d’ailleurs,, que toutes les terres de ces altitudes, quelles soient recouvertes de neige pendant de longs mois, ou qu’elles soient maintenues à l’abri des apports atmosphériques par les roches sédimentaires depuis des siècles.
- On trouve ces organismes vivants dans toutes les tourbières, où cependant la nitrification ne peut pas se produire. M. Chuard (2) a constaté leur existence dans des tourbes mousseuses de surface, qui deviennent spontanément le siège d’une nitrification assez active lorsqu’elles sont extraites de la tourbière-Nous-mêmes, dans toutes les tourbes que nous avons examinées, nous avons-toujours constaté, par un ensemencement dans des milieux nitrifiables stériles^ la présence des ferments nitrificateurs, qui n’attendent pour entrer en fonctions que le moment où les conditions favorables à la nitrification peuvent se présenter. Ces organismes semblent pouvoir ainsi se maintenir pendant des siècles sans remplir leur rôle spécial. On peut se demander s’ils n’en remplissent pas
- (1) Rapport sur des recherches de chimie appliquée à la science agricole et à la météorologie, exécutées au Pic du Midi (in Bulletin du Ministère de l’agriculture, 1883, p. 43).
- (2) Comptes rendus, t. CXIV, p. 181. .
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- d’autres, en attendant les modifications du milieu qui leur permettent de manifester leur extraordinaire vitalité. L’absence d’oxygène même n’est pas pour eux une cause de destruction, comme le montre l’expérience suivante :
- De la terre de jardin, riche en matière organique, a été conservée du 5 février au 20 octobre, soit pendant 257 jours, noyée et recouverte d’une couche d’eau, dans un llacon plein et bouché. Dans ces conditions, l’oxygène a disparu rapidement et la vie anaérobie seule était devenue possible. Le 20 octobre, on a évacué l’eau surnageant et on a prélevé aseptiquement au sein de la terre des échantillons de 0°r,5 environ, qu’on a ensemencés dans des fioles à large fond plat contenant un liquide nitrifiable stérile. Le 5 décembre, on a constaté que l’azote ammoniacal s’était complètement transformé en azote nitrique. Les ferments nitrificateurs avaient donc résisté à l’asphyxie.
- Mais si ces organismes sont présents dans les tourbes, et aptes à reprendre leur fonction dès que le milieu leur devient favorable, ont-ils dès le début la vitalité que présentent les organismes déjà en pleine activité, pris dans un milieu nitrifiant ? C’est ce que nous avons recherché par l’expérience suivante :
- Des tourbes diverses, l’une I, compacte, de fond des marais d’Andryes (Yonne), l’autre II, plus mousseuse, de surface, des mêmes marais, et enfin, une tourbe III, très spongieuse, de Hollande, exploitée pour servir de litière aux animaux domestiques, desséchée préalablement en vue du transport et de la conservation. Nous y avons incorporé assez de carbonate de chaux pour en faire un milieu nitrifiable et ensuite du sulfate d’ammoniaque, et nous avons suivi les progrès de la nitrification, qui s’y est établie grâce exclusivement aux organismes préexistants de la tourbe. Comparativement, nous avons opéré avec les mêmes tourbes, ensemencées avec une parcelle de terreau en pleine nitrification :
- Voici les résultats obtenus :
- Azoto nitrique par kilogramme.
- Tourbe I Tourbe II Tourbe III
- non ense- non ense- non ense-
- ensemencée. mencée. ensemencée. mencée. ensemencée. mencée.
- 22 février. Début. . traces traces traces traces 0 J ,0.'
- 23 mars 0,041 0,918 » )) » »
- 9 avril. . . . . . 0,340 2,09a 0,0 38 2,283 1,139 • 2,449
- La nitrification est donc très lente à s’installer. dans les tourbes non ensemencées, mais elle arrive cependant, au bout d’un certain . temps, à retrouver une plus grande activité sans apport d’organismes étrangers.
- Les tourbes se comportent donc sous ce rapport comme le font les terres
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- elles-mêmes, auxquelles l’aliment nitrifiable fait généralement défaut, et où les organisants sont à un certain degré d’engourdissement, qui disparaît graduellement lorsqu’on les alimente en sels ammoniacaux.
- Mais toujours l’introduction d’une semence vivace prélevée sur une nitrière en activité a considérablement augmenté l’activité nitrifiante, et, en pratique, cette opération peut être considérée comme indispensable pour éviter les longueurs de la mise en train.
- Si la matière organique intervient dans la nitrification, en facilitant la multiplication des organismes, elle donne en outre à la terre une très grande capacité pour l’eau, mais elle n’intervient pas, comme on l’a cru très longtemps, par une action d’entraînement dans le processus de l’oxydation.
- En effet, dans une nitrière active, on ne constate pas sa disparition rapide vpar combustion. En voici un exemple :
- Du terreaii de jardinier dans lequel on a entretenu par des additions de sulfate d’ammoniaque une nitrification intensive du mois de mars 1905 au mois de février 1906 et qui au début contenait 16,95 p. 100 de carbone organique, en dosait 16,85 au bout de ces 11 mois, pendant lesquels 5sr,500 d’azote ont été oxydés. L’oxygène s’est donc porté sur l’azote et non sur le carbone et la combustion des humâtes a été insignifiante. S’il s’en est produit une, elle a été compensée pRr la formation d’une nouvelle matière organique due à l’assimilation du carbone minéral, par les ferments eux-mêmes.
- Dans le terreau placé dans les conditions ordinaires, un grand nombre d’organismes, et principalement les moisissures, agissent sur la substance humique comme agents de combustion et la font disparaître à l’éfat d’acide carbonique'/ Mais, lorsque, par l’apport de sels ammoniacaux, le terreau est transformé en une nitrière active, les organismes nitrifiants paraissent être les seuls maîtres du terrain et annihiler complètement l’action des autres micro-organismes. Ceux-ci no peuvent plus alors brûler la matière organique et c’est pour cette raison que nous retrouvons dans la nitrière la totalité de la matière carbonée-qui y existait primitivement.
- Les substances humiques n’interviennent guère davantage en tant que matière azotée fournissant de l’ammoniaque pour la production des nitrates. Dans tous les essais où nous avons conservé une terre, un terreau ou une tourbe sans addition de sel ammoniacal pour déterminer la proportion du nitrate attribuable aux éléments du milieu terreux lui-même, nous n’avons constaté qu’une production de nitrate très faible, en tous cas négligeable, par rapport à celle que fournirait pendant le môme temps le sel ammoniacal.
- Les 5 terres types qui ont servi aux recherches précédentes, laissées sans addition de sel ammoniacal du 26 décembre 1905 au 21 mars 1906, maintenues humides, remuées d’une façon très régulière, ont donné :
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- Azote nitrique par kilogr. Azote nitrifié
- le 26 déc. 1905. le 21 mars 1906. en 85 jours.
- gr. gr. gr.
- I. Terre de jardin riche en humus, . 0,022 0,077 0,055
- II. Terre silico-calcaire 0,019 . 0,038 0,019
- III. Terreau de jardinier 0,071 0,244 0,173
- IV. Terre argileuse. 0,019 0,032 0,013
- V. Terre calcaire . 0,009 0,026 0,017
- Avec la tourbe additionnée de calcaire, c’est-à-dire placée dans les conditions
- les plus favorables, on obtient des résultats analogues :
- Durée de Azote nitrifié
- la nitrification.1 par kilogr.
- jours. gr.
- Tourbe compacte de l’Yonne.................... 257 0,016
- Tourbe mousseuse de l’Yonne. ................. 257 0,038
- Tourbe très mousseuse de Hollande. . . . 257 0,016
- Tourbe mousseuse de la Somme.................. 175 0,051
- Tourbe compacte de la Somme................... 175 0,026
- L’azote humique des tourbes noires très compactes de fond est donc à peu près inerte vis-à-vis des micro-organismes. Celui des tourbes mousseuses de surface est un peu plus mobilisable, bien que, pour le sujet qui nous occupe, la quantité de nitre qu’il faut lui attribuer soit négligeable.
- On peut faire cette objection que dans ces essais les ferments ‘mtrificateurs sont peu actifs. Nous y avons répondu en faisant l’expérience suivante, qui a porté sur du terreau, une tourbe mousseuse de la Somme, une tourbe compacte de la Somme, ces deux tourbes noyées, humectées et additionnées de carbonate de chaux fin!
- Une série a été mise en nitrification sans aucune addition de ferment étranger. Une autre a été au préalable ensemencée avec 1 p. 100 de terreau en voie de nitrification intensive.
- Une troisième et une quatrième séries ont été stérilisées par un chauffage à 110 — 115°, puis ensemencées, l’une avec du terreau ordinaire, l’autre avec du terreau en pleine nitrification. Au bout de 128 jours, on a dosé l’azote nitrifié :
- Azote nitrifié (1) par kilogramme.
- non stérilisé. stérilisé.
- Ensemencé Ensemencé Ensemerreé*
- avec 1 p. 100 de avec 1 p. 100 de avec 1 p. 100 de
- Non terreau nitrifiant terreau terreau nitrifiant
- ensemencé. intensivement. ordinaire. intensivement.
- gr. gr. gr. gr.
- Terreau . 0,411 0,434 0,558 • 0,626
- Tourbe mousseuse. 0,088 0,125 0,158 ' 0,151
- Tourbe compacte.. . 0,152 0,16i 0,293 0,260
- (1) Corrigé de l’azote nitrique introduit par la semence.
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- Le chauffage a mobilisé un peu (l’azote ; mais les quantités d’azote organique nitrifiées clans un cas comme clans l’autre sont faibles, du moins si on les compare à celles de l’azote ammoniacal qui pourraient être oxydées dans le même temps et clans les mêmes conditions. Même des ferments très actifs n’ont pas eu prise sur cet azote humique, pas plus que les ferments cpii existaient primitivement dans les matériaux mis en expérience. Quelle que soit la richesse d’un milieu terreux en azote organique, il ne faut donc pas compter sur celle-ci pour fournir un appoint notable à la formation des nitrates.
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE
- Dans les nitrières artificielles, on ne se préoccupait guère de la température, qui est cependant un facteur essentiel dans le processus de la nitrification.
- Tous les phénomènes biologiques sont compris entre des limites de température peu écartées et le maximum d’effet est généralement situé à un point précis.
- Dans leurs premières études sur la nitrification (1) par les ferments organisés, MM. Schlœsing et Miintz avaient montré que, dans un milieu liquide, l’intensité nitrifiante, presque nulle à 5°, augmentait graduellement et assez rapidement jusqu’à 37° et qu’à partir de ce moment, il y avait une décroissance rapide, puis un arrêt complet à 55°.
- Ces résultats n’ont pas été contredits et sont généralement admis. Pourtant, il nous a semblé utile de rechercher si une masse terreuse, comme celle qui forme les nitrières artificielles, avait son maximum d’intensité à cette même température. Le sol est un milieu des plus complexes, habité par des organismes divers et multiples, dont les effets biologiques peuvent être antagonistes. A côté des ferments nitrificateurs, fabriquant du nitre aux dépens, de l’ammoniaque, se trouvent de nombreuses espèces de moisissures et de bactéries, qui ont une tendance à s’emparer de l’ammoniaque introduite et du nitre formé, pour leur propre multiplication, et les transforment ainsi en azote organique.
- Ces organismes peuvent encore produire des phénomènes de combustion qui éliminent l’azote à l’état gazeux. Quand les conditions s’y prêtent, ils jouent en outre le rôle cle dénitrificateurs, c’est-à-dire qu’ils enlèvent l’oxygène qui avait été fixé sur l’azote. Ils peuvent ainsi le déverser dans l’atmosphère, soit à l’état libre, soit à l’état cle composés moins oxygénés, ou même le faire retourner à celui ammoniacal. Dans l’établissement clés nitrières, on ne saurait penser à opérer dans des milieux stérilisés où les ferments nitrificateurs seraient cultivés à l’état de pureté. Il faut compter avec tous ces organismes étrangers et opérer
- (1) Comptes rendus, LXXX1X, p. 1074.
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- sur cg milieu complexe, en se bornant à favoriser l’action des organismes produisant le nifcre.
- Pour déterminer rinlluencc de la température, nous avons donc opéré sur la terre vivante, telle que la nature nous la présente. Le procédé que nous
- avons employé a consisté à incorporer à diverses terres, amenées à un état d’humectation convenable, une proportion déterminée de sulfate d’ammoniaque et à les placer dans des conditions de température différentes et fixes pour observer au bout d’un même temps la proportion de nitre formé.
- Nous donnons en détail la description des appareils employés et du mode opératoire, celui-ci ayant été étudié d’une façon particulière et nous semblant pouvoir convenir pour des recherches analogues.
- Les terres en expérience étaient placées dans des flacons plongés dans des bains-marie réglés à des températures maintenues constantes. On les aérait en les faisant traverser par un volume d’air, toujours le même, qu’on avait saturé d’eau, pour éviter leur dessiccation.
- Les terres étaient au nombre de 5. Pour les contenir, nous avons réuni dans chaque bain-marie S flacons de 750 centimètres cubes de capacité, disposés comme l’indique la figure 1. Ces flacons Ft, F2, F3, F4,*F5 étaient groupés autour d’un autre E, contenant des fragments d’éponges imprégnés d’eau et destinés à saturer de vapeur d’eau, à la température du bain-marie, l’air qui servait à renouveler l’atmosphère des flacons F. Ce courant d’air arrivait par le tube T, émergeant de l’eau du bain-marie, et il était distribué à chacun
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- des flacons F par les tubes t qui débouchaient dans leur partie supérieure.
- L’aspiration se faisait par le tube A plongeant au fond des flacons .F. Afin d’éviter l’obstruction de ce dernier par les particules terreuses, on le terminait par un évasement en entonnoir, fermé par un morceau de gaze g. Il y avait à craindre que l’air saturé de vapeur d’eau *à une température relativement élevée ne condense cette humidité sur les parois dos tubes au contact de l’air ambiant plus froid. L’eau condensée en venant couler sur la gaze et la terre aurait pu imperméabiliser la première et augmenter l’humidité de la seconde. Pour éviter cet inconvénient, on avait interposé les petites allonges A destinées à recueillir l’eau de condensation.
- L’aération était produite à l’aide de trompes à perle, dont on avait réglé l’alimentation en eau et le débit en air par un dispositif semblable à celui qui est indiqué par la figure 2 (page 1019). Ces trompes étaient au nombre de 5 (I, II, III, IV et V). La trompe I était reliée par une canalisation de tubes do caoutchouc et de verre à T aux flacons F de tous les bains-marie contenant la même terre I. En temps ordinaire, la communication entre la trompe et les flacons était interceptée à l’aide de pinces et la trompe marchait à vide. Quand on ouvrait la pince correspondant à l’un des flacons, le courant d’air passait par ce dernier. En ouvrant successivement les pinces des flacons F,, pendant le même temps, on faisait donc passer dans chacun des flacons des volumes d’air égaux et on plaçait les terres qu’ils contenaient dans les conditions les plus comparables d’aération. Les autres trompes II, III, IV et V communiquaient de même avec les flacons F2, F3, F4, Fs, et assuraient l’égale aération des terres II, III, IV et V. Cette opération était faite deux fois par jour. Chaque flacon était aéré pendant cinq minutes chaque fois, et les trompes étaient réglées de façon que pendant ce temps il passait 1 litre d’air. La capacité des flacons étant de 750 centimètres cubes et le poids de terre que l’on y introduisait étant de 300 grammes, on pouvait considérer l’aération ainsi faite comme suffisante.
- Ces terres appartenaient à des types très différents. La terre I était très liu-mifère, de nature tourbeuse, riche en matière organique, provenant d’une vallée creusée dans des sols très argileux appartenant à l’étage de l’argile plastique. Aussi était-elle très argileuse. La terre II, prélevée au pied d’une falaise de craie sénonienne, était très calcaire. La terre III était très argileuse et provenait de terrains tirant leur origine de l’argile plastique, mais elle contenait peu d’humus. La terre IV, siliceuse, provenait de l’étage des sables nummuli-tiques. Enfin, la terre V était une terre franche, riche en humus, un peu argileuse, des alluvions modernes de la rivière d’Oise. Toutes ces terres, sauf IV, étaient naturellement calcaires et faisaient une forte effervescence avec les acides. La terre IV, qui ne contenait que quelques millièmes de carbonate de chaux, a été additionnée de 5 p. 100 de blanc de Meudon finement pulvérisé.
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- Ces terres furent émiettées en évitant toute dessiccation; on les tamisa au tamis.de 2 millimètres pour leur donner une parfaite homogénéité, après les avoir amenées au degré d’humidité qui, apprécié à la main, paraissait Le plus favorable à la nitrification. On en pesa des lots de 300 grammes qu’on additionna de 0er,45 de sulfate d’ammoniaque, soit lsr,5 par kilogramme, incorporé par un mélange très intime. Cette terre fut introduite dans les flacons F de l’appareil décrit précédemment. Il y eut 6 séries de ces flacons, qui furent placés dans 6 bains-marie réglés aux températures suivantes : 19, 24, 29, 34, 39 et 44°.
- On avait au préalable déterminé l’humidité des terres en expérience, ainsi *que l’azote nitrique qu’elles contenaient déjà :
- Azote nitrique.
- Terres. Humidité p. 100. Gr. par kilogr.
- I ..................................... 28,11 0,046
- II .................................... 16,37 0,041
- III...................................... 14,11 0,047
- IV. . ................................... 11,54 0,006
- V...................................... 14,85 0,033
- Cette expérience a duré du 10 au 21 juillet, soit 11 jours, pendant lesquels l’aération des terres fut régulièrement faite. Les proportions d’azote nitrifié pendant ce temps ont été les suivantes :
- Températures. Azote nitrifié par kilogramme.
- Degrés. I II III IV V
- gr- gr- gr. gr- gr.
- 19 0,110 0,140 0,107 0,161 0,016
- 24 0,120 0,157 0,138 0,133 0,013
- 29 0,126 0,154 0,112 0,171 0,020
- 34 0,076 0,051 0,084 0,071 0,025
- 39 0,067 0,019 0,052 0,025 0,012
- 44 0,040 0,011 0,063 0,009 — 0,011
- A part quelques anomalies, on voit très nettement dans ces résultats, et pour toutes les terres, que l’optimum de température n’a pas été aux environs de 36°, qu’il est au contraire bien inférieur et compris entre 24° et 29°, quelquefois plus près du premier chiffre, comme dans le cas de la terre très humifère, quelquefois plus près du second ; qu’à la température de 34°, il y a déjà un ralentissement considérable qui s’accentue à 39° et plus encore à 44°.
- D’autres expériences, conduites d’une façon identique, ont été faites avec des terres un peu différentes :
- I. Terre de jardin (alluvions modernes de vallée) riche en humus.
- II. Terre silico-calcaire (calcaire grossier et sables nummulitiques).
- III. Terreau de jardinier calcaire.
- IV. Terre argileuse (limon des plateaux).
- Y. Terre calcaire (sénonien).
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- Amenées sensiblement à leur optimum d’humidité, elles furent émiettées et tamisées pour les rendre bien homogènes. On en pesa des lots de 300 grammes, auxquels on incorpora, par un mélange aussi parfait que possible, 08r,3 de phosphate de potasse et 0sr,6 de sulfate d’ammoniaque.
- Les dosages de l’humidité et de l’azote nitrique préexistant ont donné :
- Azote nitrique.
- Humidité p. 100. Gr. par kilogr.
- I................................‘ 22,51 0,024
- II. ... ............................. 16,08 0,019
- III ............................... 54,66 0,067
- IV .............................. 16,86 0,011
- V. .................................. 13,25 0,006
- Les températures ont été maintenues sensiblement constantes à l’aide de régulateurs, relevées deux fois par jour, afin d’avoir le maximum, le minimum et la moyenne.
- Voici ce qui a été trouvé pour la durée de l’expérience :
- Maximum. Minimum. Moyenne.
- Degrés. Degrés. Degrés.
- A................................f 15 14 14,3
- B . ............................. 19,5 17 18,5
- C................................ 24,5 23,5 23,9
- D..................... 30,5 29,5 29,9
- E................................ 36 35,5 35,8
- F................................ 42 ' 41,5 41,6
- L’expérience a duré du 12 au 20 décembre, soit 8 jours.
- Voici les résultats obtenus au bout de ce temps en azote nitrifié par kilo.
- I II III iv v
- gr. gr. gr. gr. gr.
- A. — 14°, 3.... 0,038 0,016 0,128 0,001 0,003
- B. — 18°, 5..... 0,066 0,039 0,312 0,027 0,016
- C. — 23°,9.'. . . . 0,088 0,071 0,379 0,053 0,023
- D. _ 29°,9..... 0,117 0,106 0,270 0,059 0,026
- E. — 35°,8...... 0,082 0,022 0,005 0,033 0,013
- F. — 41°,6. .... 0,005 0,006 —0,067 0,014 0,010
- Si nous laissons de côté le terreau n° III, que nous examinerons à part, nous voyons très nettement l’optimum situé aux environs de 30°, plutôt un peu en dessous, car il se rapproche plus du chiffre inférieur de 24° que du chiffre supérieur de 36°; à cette dernière température, il se produit un ralentissement considérable, qui s’accentue davantage, lorsqu’on dépasse 41°. Ces chiffres nous conduisent à admettre que l’optimum de température pour les terres se trouve un peu au-dessous de 30°.
- Pour le terreau, il ne.s’est pas comporté de la même façon; nitrifiant très
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- 976 AGRONOMIE, -r- OCTOBRE 1907.
- énergiquement, môme à clés températures peu élevées, il avait atteint son maximum à 24° et, à ce moment, il avait nitrifié* la plus grande partie de l’ammoniaque qui lui a été incorporée. A 30°, il y a un ralentissement très notable. A 36°, la nitrification est presque nulle et vers 42°, on ne trouve plus aucune trace de nitrate, celui meme qui préexistait dans le terreau ayant disparu. Ces. résultats montrent que le terreau, probablement à cause de sa grande richesse en matière organique, ne se comporte pas comme les terres proprement dites, que son maximum d’activité est situé aux environs de 24° ; que la nitrification se ralentit rapidement au-dessus de cette température pour devenir ensuite complètement nulle et arriver même à la dénitrification.
- En se servant du terreau pour établir des nitrières, il conviendrait de maintenir la température aux environs de 24°.
- Ces expériences ont été continuées et le 30 décembre, soit 10 jours après la première expérience, on a procédé à un nouvel examen ; on a alors obtenu les. résultats suivants :
- Azote nitrique par kilog.
- i il iii IV V
- gr. ¥ gr- gr. gr.
- A . . . 14,3 0,088 0,125 0,379 0,059 0,026
- B . . . 18,5 0,229 ' 0,244 0,411 0,140 0,077
- C . . . 23,9 0,338 0,363 0,331 0,259 0,295
- D . . . . 29,9 0,390 0,385 0,154' 0,252 0,331
- E . . . . 35,8 0,322 0,167 0,093 0,101 0,215
- F . . . . . 41,6 0,146 0,010 — 0,067 0,030 0,026
- Ici encore, nous voyons, pour les terres proprement dites, le maximum d’intensité situé entre 24° et 30° avec une décroissance marquée à partir de cette dernière température.
- Cependant ici, probablement par suite d’une acclimatation graduelle des organismes au milieu, à 36° encore il y a une nitrification très sensible. Vers 42°, sans être entièrement arrêtée, elle est beaucoup plus faible.
- Cette expérience nous confirme donc encore dans la conviction que les nitrières terreuses ont leur maximum d’intensité situé entre 24° et 30°, et non à des températures plus élevées, comme on aurait pu le penser.
- Pour le terreau, nous devons encore ici l’envisager à part; avec son activité nitrifiante, il avait, même au-dessous de 20°, oxydé toute l’ammoniaque. Au-dessus de crtte température, il y a une proportion de nitrate moindre, et même une destruction très nette du nitrate précédemment formé.
- Nous constatons fréquemment cette dénitrification, lorsque la totalité de l’ammoniaque est oxydée et que, par suite, les organismes nitrificaleurs ne peuvent pas poursuivre leur fonctionnement normal.
- Pour les nitrières formées de matériaux riches en humus, comme le ter-
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
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- reau, il convient donc, non seulement de ne pas les soumettre à une température trop élevée, mais encore d’y maintenir constamment une certaine quantité de sel ammoniacal, pour que l’activité de la nitrification puisse se poursuivre, et que des phénomènes dus à d’autres organismes n’arrivent pas à prévaloir. Ces diverses observations se rapportent exclusivement aux milieux terreux, c’est-à-dire à des masses plus ou moins inertes, imprégnées d’une solution nitrifiable immobilisée. Nous étudierons ailleurs le déversement continu de liquides chargés d’ammoniaque, sur des matériaux recouverts de ferments oxydants, et nous verrons qu’il y a des différences notables dans l’action de la température, suivant qu’on opère de l’une ou de l’autre façon.
- CONCENTRATION DES SOLUTIONS AMMONIACALES DANS LES LIQUIDES DU SOL
- Nous avons indiqué plus haut les raisons qui nous ont engagés à l’emploi des sels ammoniacaux comme matière première de la production des nitrates; mais on sait'que ces sels, à dose massive, peuvent entraver la nitrification. Aussi y avait-il un grand intérêt à déterminer la dose optima de sels ammoniacaux qu’il faut donner à une terre pour avoir une formation de nitre aussi intense que possible.
- Nous nous sommes servis, pour cette détermination, des 5 terres types qui ont été décrites plus haut et qui, depuis leur prélèvement, n’avaient pas subi de dessiccation, ni d’une façon générale aucune manipulation pouvant diminuer leur vitalité ; elles furent amenées à un degré d’humidité convenable que l’on appréciait à la main par leur aptitude à l’émiettement. On en pesa de chacune d’elles b lots de 1 kilogramme, que l’on additionna de 1 gramme de phosphate de potasse. .
- L’un d’eux ne fut pas additionné de sel ammoniacal ; il devait servir de témoin et indiquer la proportion des nitrates qui pouvaient se former aux dépens de la matière azotée de la terre. Les autres furent additionnés respectivement de 2, 5, 8 et 12 grammes de sulfate d’ammoniaque. Ce sel avait été très finement pulvérisé avant d’être.incorporé, et le mélange fut aussi intime que possible. Ces terres furent introduites dans des bocaux-conserves de 2 litres, recouverts d’une plaque de verre et placés dans une chambre chauffée, où la température était maintenue constante à 27°, à l’aide d’un régulateur.
- L’humidité des terres était la suivante : '
- Eau p. 100
- I. — Terre de jardin, riche en humus.................. 19,53
- II. — Terre silico-calcaire (calcaire grossier)....... 10,20
- III. — Terreau de jardinier, calcaire.................. 55,23
- IY. — Terro argileuse (limon des plateaux)............... . 14,60
- Y. — Terre calcaire (craie sénonienne)................ 13,50
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- 978
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- L’humidité était maintenue constante par des arrosages. On avait pris au début le poids de la conserve et de son contenu, et chaque jour, à l’aide .d’une pipette, on ajoutait do l’eau, de façon à revenir au poids primitif. En môme temps, on remuait la terre, pour répartir uniformément-l’eau rajoutée.
- Les proportions de sulfate d’ammoniaque calculées par litre d’eau imbibant la terre étaient les suivantes :
- A B c D E
- Sulfate d’ammoniaque par gr. kilog. gr- gr- gr. gr.
- de terre ... 0 2 0 8 12
- Terre I . . . : . o 10,23 25,57 40,92 61,38
- — II ... 0 19,61 49,02 78,43 117,65
- — III ... 0 3,62 9,05 14,48 21,72
- IY ... 0 13,70 34,25 54,79 82,29
- V ... 0 14,81 37,04 59,26 88,89
- Au bout de sept jours, , on a prélevi s des échantillons pour le dosage des
- nitrates: voici les résultats obtenus, exprimés en grammes d’azote nitrique par kilogramme :
- A B C D , E
- Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote
- nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié.
- total- total• total. total. total.
- gr. gr- gr. gr- gr. gr- gr. gr. gr. gr.
- Terre I. 0,013 0 0,295 0,282 0,090 0,077 0,032 0,019 0,019 0,006
- 11. 0,006 0 0,013 0,007 0,013 0,007 0,006 0 0,006 0 '
- Terreau III. 0,096 0 0,507 0,411 0,648 0,552 0,327 0,231 0,173 0,077
- Terre IV. 0,006 0 0,070 0,064 0,036 0,030 0,019 0,013 0,006 0
- — V. 0,013* 0 0,077 0,064 0,038 0,025 0,013 0 0,013 0
- Au bout de sept autres jours, pour les terres I, II, IV et V , et au bout de
- cinq autres jours seulement pour le terreau III, on a de nouveau dosé les ni-
- trates ; • on a obtenu les chiffres suivants :
- A B c D E
- Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote
- nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié.
- total. total. total. total. total.
- gr. gr • gr- gr- gr- gr. g1’- gr. gr- gr-
- Terre I. 0,019 0,006 0,353 9) 0,340 0,276 0,263 *0,141 0,128 0,050 0,037
- il. 0,006 0 0,064 0,058 0,038 0,032 0,006 0 0,006 0
- Terreau ni. 0,122 0,026 0,9699) 0,873 1,130 1,034 0,790 0,694 0,308 0,212
- Terre IV. 0,013 0,007 0,180 0,174 0,160 0,154 0,038 0,032 0,013 0,007
- — V. 0,013 0 0,315 0,302 0,199 0,186 0,026 0,013 » »
- Au bout d’une nouvelle période de sept jours, on a trouvé les proportions suivantes d’azote nitrifié par kilogramme de terre :
- (1) Les lots I B et III B qui avaient nitrifié la plus grande partie de l’azote ammoniacal qu’ils avaient reçu ont été additionnés, après le précédent dosage, d’une nouvelle quantité de 2 grammes de sulfate d’ammoniaque.
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- .979
- A B C D E
- Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote
- nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifii.
- total. total. total. tôt il- total.
- S1 2’- gr- gr. gr. gr. gr. gr. gr. gr. gr-
- Terre I. 0,019 0,006 0,456 0,443 0,379 0,366 0,225 0,212 0,045 0,032
- — II. 0,006 0 0,160 0,154 0,077 0,071 0,006 0 0,006 0
- Terreau ni. 0,141 0,045 1,541(9 1,445 1,624(1) 1,528 1,521 1,425 0,443 0,347
- Terre IV. 0,013 0,007 0,263 0,257 0,250 0,244 0,103 0,097 0,013 0,007
- — V. 0,013 0 0,449 0,436 0,520 0,507 0,032 0,019 0,013 0
- Enfin, au bout d’une nouvelle période de 11 jours, soit depuis le commencement de l’expérience, au bout de 32 jours pour les terres I, II, IV et V et au bout de 30 jours pour le terreau, on a fait une dernière série d’analyses qui ont donné, en azote nitrique, par kilogramme de terre :
- AB CD E
- Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote Azote
- nitrique nitrifié. nitrique ni'rifié- nitrique nitrifié. nitrique nitrifié. nitrique nitrifié.
- total. total- total. total. total.
- gr. gr. gr. gr. gr. g''- gr. gr. gr. gr-
- Terre I. 0,032 0,019 0,661 0,648 0,616 0,603 0,764 0,751 0,122 0,109
- — 11. 0,006 0 0,392 0,386 0,813 0,801 0,013 0,007 0,006 0
- Terreau III. 0,135 0,039 1,618 1,522 2,080 1,984 » » 2,382 2,286
- Terre IV. 0,026 0,020 0,340 0,334 0,347 0,341 0,347 0,341 0,026 0,020
- — V. 0,019 0,006 0,417 0,404 0,796 0,783 0,038 0,025 0,019 0,006
- On est frappé de la sensibilité très grande des ferments nitrificateurs vis-à-vis des sels ammoniacaux, ce qui confirme les observations des savants, qui ont étudié la nitrification dans des solutions salines de concentrations variées, notamment MM. Boullanger et Massol (2). Ces derniers ont montré que, dans des solutions qui contenaient plus de 8 grammes par litre de sulfate d’ammoniaque, la nitrification n’était pus complète, et qu’elle était arrêtée lorsque cette proportion dépassait 40 à 50 grammes par litre.
- Dans les solutions qui imprègnent nos terres, il en est à peu près de même. En elfet, pour toutes les terres, sauf pour le, terreau,-c’est pour la dose de 2 grammes de sulfate d’ammoniaque par kilogramme de terre que la nitrification s’est montrée le plus active. Or, si l’on se reporte au tableau qui indique les concentrations correspondantes des solutions de sulfate d’ammoniaque dans les terres, on voit qu’elles sont respectivement 10,23, 19,61, 13,70, et 14s1’,81 par litre. C’est donc vraisemblablement un peu au-dessous de ces chiffres que l’on pourrait trouver la concentration la plus favorable à la nitrification. Pour le
- (1) Depuis le précédent dosage, le lot III B a reçu à deux reprises 2 grammes par kilog. de sulfate d’ammoniaque pour remplacer celui qui avait disparu par suite de la nitrification. Le lot III G a reçu une fois 5 grammes par kilog. de sulfate d’ammoniaque.
- (2) Ann. de VInstitut Pasteur, 1903, p. 304.
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- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- terreau, c’est avec 5 grammes de sulfate par kilogramme, soit 9=r,0o par litre d’eau, que l’intensité de la nitrification a été la plus grande.
- Au point de vue de la concentratioh limite, à laquelle la nitrification est entravée, on voit, dans la terre de jardin I, que les ferments sont très fortement gênés, mais fournissent encore de petites quantités de nitrates, lorsqu’on y introduit 12 grammes par kilogramme de sulfate d’ammoniaque, ce qui donne des solutions contenant 61^,38 de ce sel par litre. Dans la terre argileuse III, la nitrification est arrêtée complètement pour une proportion de 12 grammes par kilogramme de sulfate d’ammoniaque ; mais elle est encore très active avec 8 grammes, soit 54&r,79 par litre dans la solution aqueuse.
- Dans les terres légères calcaires II et Y, la nitrification se montre également sensible à l’abondance des sels ammoniacaux, car il n’y a plus formation de nitrates lorsque la quantité de sulfate d’ammoniaque atteint 8 grammes par kilogramme. Il est vrai que ces terres, ayant pour l’eau une capacité plus faible, sont moins humides que les autres, et que cette dose de sel ammoniacal correspond à des concentrations qui sont 78°r,43 pour la terre II et 59sr,26 pour la terre V, par litre de solution aqueuse. Mais on remarque cependant que ce dernier chiffre de 59gr,26 pour la terre V est très voisin de 54gr,79, concentration à laquelle la terre IV continue à nitrifier, et inférieur à Glgr,38, voisin de la limite de concentration compatible avec la nitrification pour la terre I de jardin, riche en humus. Si on remarque que ces deux dernières terres, en raison de leur richesse plus grande en argile ou en humus, ont pour l’ammoniaque un pouvoir absorbant plus grand, on peut penser que ce pouvoir absorbant intervient pour diminuer l’effet de l’ammoniaque sur les ferments.
- En résumé, la nitrification, s’arrête dans la terre lorsqu’on y introduit un sel ammoniacal en proportion telle que la concentration de la solution saline qui imprègne les particules terreuses soit portée au delà d’une certaine limite, qui semble varier entre 45 et 65 grammes par litre, et qui est d’autant plus élevée que la terre est plus argileuse et surtout plus humifère, et par suite possède un pouvoir absorbant plus grand pour l’ammoniaque.
- Pour la détermination de la concentration la plus favorable, il était nécessaire de faire une série d’essais analogues, mais avec des proportions plus faibles d’azote ammoniacal et avec des variations moins grandes de l’une à l’autre.
- Nous avons repris l’expérience avec les mêmes terres qui avaient une humidité un peu différente, et que donne le tableau suivant :
- Eau p. 100
- I. — Terre de jardin....................................... 20,85
- II. — Terre silico-calcaire................................. 14,42
- III. — Terreau calcaire de jardinier......................... 52,90
- IV. — Terre argileuse..................................... J 5,20
- Y. — Terre calcaire. . ..................................... 11,59
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- DES NITR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 981
- ' Gomme clans la série précédente, ces terres ont été réparties en lots de 1 kilogramme chacune et additionnées de closes variées de sulfate d’ammoniaque, né dépassant pas 2 grammes par kilogramme. Cette série était destinée à compléter la précédente, clans laquelle l’intensité maxima de la nitrification avait été obtenue avec 2 grammes, c’est-à-dire la close la plus faible.
- Voici les poids de sulfate d’ammoniaque qui ont été introduits par kilo-
- gramme de terre et les concentrations corres pondantes des solutions do ce :
- dans leur eau d’imbibition : A B c D E
- Sulfate d’ammoniaqne par kilog. de gr. gr. gr- • gr.
- terre 0 0,5 1 1,5 -2
- Sulfate d’ammoniaque par litre d’eau
- dans terre I 0 2,49 4,80 7,19 9,39
- — II . 0 3,47 6,93 10,40 13,87
- — ni 0 0,94 1,89 2,83 3,78
- — IV 0 3,29 6,58 9,87 13,16
- — V. . . . 0 4,31 8,63 12,94 17,26
- Les résultats obtenus pour l’azote nitrifié ont été les suivants. Nous avons placé à côté de ces résultats ceux correspondant à l’azote nitrifié par jour :
- AZOTE NITRIFIÉ PAR KILOG. DE TERRE
- I II III IV V
- Terre de jardin. Terre silico-calcaire. Terreau. Terre argileuse- Terre calcaire.
- Suif. amm.
- par kil. Total. Par jour. Total. Par jour. Total. Par jour- Total. Par jour. Total. Par jour
- gr. gr. gr- gr." gr. gr. gr- gr. gr. gr. gr-
- i) Du : 11 au 13 décembre (48 heures).
- 0,5 0,015 0,0075 ' 0,007 0,0035 0,095 0,0475 0,002 0,001 0,005 0,0025
- 1 0,036 0,018 0,000 0 0,117 0,058 0,009 0,0045 0,005 0,0025
- 1,5 0,017 0,0085 0,005 0,0025 0,114 0,057 0,009 0,0045' 0,005 0,0025
- 2,0 0,012 0,006 0,006 0,003 0,098 0,049 0,005 0,0025 0,002 0,001
- Du 13 au 18 décembre (5 jours).
- 0,5 0,082 0,0134 0,038 0,004 0,109 0,005 0,038 0,007 0,015 0,002
- 1,0 0,090 0,0120 0,037 0,007 0,209 0,018 r 0,040 0,006 0,020 0,003
- 1,5 0,066 0,0098 0,008 0,0006 0,279 0,033 0,027 0,0036 0,017 0,0024
- 2,0 0,084 0,0144 0,032 0,005 0,287 0,038 0,040 0,007 - 0,003 0,00025
- Du 18 au 26 décembre (8 jours). •V
- 0,5 0,097 0,002 0,112 0,0092 0,151 0,005 0,054 0,002 0,061 0,006
- 1,0 0,187 0,012 0,116 0,010 0,202 0 0,077 0,0045 0,052 0,004
- 1,5 0,222 0,0195 0,022 0,002 0,273 0 0,071 0,005 0,084 0,008
- 2,0 0,196 0,014 0,196 0,0205 0,375 0,011 0,100 0,0075 0,013 0,001
- Ces résultats se rapportent à la phase d’incubation des organismes nitrifica-teurs, pendant laquelle les phénomènes de l’oxyclation de l’azote présentent toujours des anomalies et des irrégularités; nous n’en pouvons tirer d’autre conclusion que celle-ci : Dans ces limites de concentration du sulfate d’ammo-
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- AGRONOMIE
- OCTOBRE 1907.
- iliaque, envisagée tant par rapport à un poids déterminé de terre que par rapport à la proportion des liquides du sol, il n’y a pas d’action frappante sur la marche de la nitrification.
- En effet, nous n’avons pas trouvé entre ces limites un optimum. Des variations dans les doses de sulfate d’ammoniaque de l’ordre de grandeur de celles employées dans cette expérience sont donc indifférentes. On verra plus loin que nous constatons des faits analogues en opérant sur des milieux liquides s’écoulant sur un champ oxydant ensemencé d’organismes nitrificateurs.
- Dans ce qui précède, nous avons surtout envisagé les proportions de sulfate d’ammoniaque qu’on pouvait incorporer à un poids donné de terre ; mais les diverses terres contenant des proportions très variables d’eau, suivant leur nature (en général de 10 à 60 p. 100) pour se trouver à l’optimum d’humidité, la concentration du sulfate d’ammoniaque dans les liquides du sol est extrêmement différente.
- Pour des essais comparatifs, il est donc plus logique de proportionner le sel ammoniacal à la quantité d’eau existant dans la terre, qu’à la quantité do terre elle-même. On peut admettre que ce sel ammoniacal est, dans tous les cas, entièrement dissous dans les liquides du sol, et qu’en réalité les organismes nitrificatenrs travaillent en présence d’une solution de sel ammoniacal à des degrés do concentration variables. Nous avons donc répété les opérations précédentes en introduisant dans les diverses terres du sulfate d’ammoniaque, non pas à tant par kilogramme de terre, mais à tant par litre de l’eau imprégnant le sol, afin d’obtenir ainsi des solutions ammoniacales de mêmes concentrations. 0
- Pour nous mettre à l’abri de l’influence perturbatrice et des effets capricieux de la période d’incubation, nous avons prolongé les expériences bien au delà de la limite à laquelle ces influences se font sentir, afin de nous trouver sous le régime normal d’une nitrification régulière et continue. En outre, à mesure de la disparition de l’ammoniaque par la nitrification, nous avons rajouté le sel ammoniacal de trois jours en trois jours pour remplacer celui qui avait été oxydé. Sa concentration dans les liquides du sol était donc maintenue très sensiblement constante pendant toute la durée des expériences. Nous savions déjà que la proportion des nitrates dans les liquides du sol n’exerce aucune action sur la marche de la nitrification dans les conditions où nous étions placés. N’ayant pas à nous préoccuper de la présence de ces nitrates, nous étions autorisés à attribuer au sel ammoniacal seul les effets constatés sur les proportions de nitre forme.
- Voici comment l’expérience a été organisée. Nous avons encore opéré sur 5 terres types des expériences précédentés ; elles ont été amenées à l’état d’humidité que comportait leur nature.
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- DES N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 983"
- La proportion d’eau dans chacune do ces terres était alors
- Eau p. 100
- I. — Terre de jardin..................................... 21,85
- II. — Terre silico-calcaire.............................. 15,42
- III. — Terreau.............................................. 53,90
- IV. — Terre argileuse................................... 16,20
- V. — Terre calcaire..................................... 12,59
- Des lots de 1 kilogramme de terre additionnés chacun de 1 gramme de-phosphate de potasse ont été placés dans des bocaux à large ouverture de deux litres de capacité, bouchés imparfaitement et placés dans une salle chauffée à 24°. On maintenait l’humidité constante par des additions d’eau. Les bouchons permettaient un renouvellement suffisant de l’air et s’opposaient à une évaporation trop rapide.
- Le lot A n’a pas reçu de sulfate d’ammoniaque et a servi de témoin. Les-lots B ont reçu 3 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre de l’eau contenue, dans la terre, soit
- grammes.
- Pour la terre n° I .... . 0,655 par kilog. de terre.
- — II...... 0,463 —
- — III .... . 1,617 —
- — IV...... 0,486 —
- — Y .... . 0,378 —
- Les lots G ont reçu 6 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre d’eau contenu dans la terre, soit :
- grammes.
- Pour la terre n° I.......... 1,311 par kilog. de terre.
- — II...... 0,925 —
- III......... 3,234 —
- — IV...... 0,972 —
- — Y...... 0,755 —
- Les lots D ont reçu 9 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre d’eau delà terre, soit :
- grammes.
- Pour la terre n° I . . . . . 1,966 par kilog. de terre.
- — II .... . .1,388
- — III...... 4,851 -
- — IV...... 1,458 —
- V ......... 1,133 —
- L’expérience a été mise en train le 21 décembre 1905. Cherchant exclusivement à étudier la nitrification du sulfate d’ammoniaque, nous n’avions pas à tenir compte du nitrate provenant de l’oxydation de la matière organique existant dans la terre. Les témoins nous permettaient de faire la correction des nitrates qui préexistaient et de ceux qui avaient pu se former aux dépens des éléments du sol. Cette correction a d’ailleurs'été faible.
- Tome 109. — Octoflre 1907.
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- '984
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- Le 26 décembre, après -5 jours, on a fait les dosages du nitrate.
- Voici les résultats obtenus pour l’azote nitrifié par kilogramme de terre :
- B (3 gr. par litre). C (6 gr. par litre) D (9 gr. par litre).
- gr- gr- gr-
- ' Terre I. . . 0,039 0,030 0,036
- — II. . . 0,042 0,013 0,013
- — III. . . 0,250 0,150 0,073
- — IY. . . 0,013 0,019 0,003
- — Y. . . 0,007 0,016 0,016
- A partir du 4 janvier, on a rajouté de trois jours en trois jours du sulfate
- d’ammoniaque pour compléter la teneur en sel ammoniacal à la dose primitive. Dans ce but on prélevait un échantillon de terre, on y déterminait l’ammoniaque
- restant par un dosage rapide, en distillant avec de la magnésie, et on y rajoutait
- dans chaque lot assez de sulfate d’ammoniaque pour ramener les proportions pri-
- mitives de 3, 6 et 9 grammes par litre de l’eau de la terre. Les quantités ainsi
- •ajoutées du 4 au 29 janvier sont les suivantes :
- Sulfate d’ammoniaque ajouté par kilogr. de terre.
- B c D
- 8r- gr- ’ gr-
- Terre I. . . 3,032 4,443 4,294
- — II. . . 1.854 2,839 2,052
- — III. . . 5,337 6,349 6,834
- — IV. . . 0,773 1,188 1,682
- — V. . . 1,438 2,390 2,785
- Le 31 janvier, on procède au dosage de l’azote nitrifié. On trouve par kilo-
- gramme de terre :
- Azote nitrique par kilogr. de terre.
- B c D
- gr- gr. gr.
- Terre I. . . 0,668 0,745 0,649
- — II. 0,388 0,600 0,267
- — III. . . 1,232 1,271 0,950
- — IV. . . 0,176 0,305 0,395
- — V. . . 0,334 0,495 0,623
- Ces premières déterminations ne nous permettent aucune conclusion. En effet, dans certaines terres, la nitrification était quelque peu ralentie aA7ec l’augmentation de la concentration du sel ammoniacal ; dans d’autres, elle était accélérée. Nous avons dû continuer les expériences pour leur faire donner des résultats d’une plus grande netteté. Du 1er février au 7 mars, on a encore maintenu constantes les proportions de sulfate d’ammoniaque dans les liquides du sol par des additions qui ont été les suivantes :
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 985
- Sulfate d’ammoniaque ajouté par kilogr. de terre.
- B C I)
- gr. gr. gr.
- Terre I................... 1,615 0,742 1,100
- — II..................... 1,998 2,234 1,603
- — III.................... 3,706 4,884 4,488
- — IV..................... 2,799 2,701 2,325
- — V. . ............ 1,737 ' 1,057 1,037
- Le 28 janvier, le dosage des nitrates a donné par kilogramme de terre :
- Azote nitrique par kilogr. de terre.
- B C D
- gr. gr. gr-
- Terre I. ..... 1,021 0,931 0,976
- II. 0,797 1,053 0,758
- — III. ...... 1,721 2,157 2,119
- — IV. 0,713 0,796 0,739
- — V. ..... 0,668 0,681 0,803
- Ici encore, nous ne constatons pas de différence frappante suivant le
- concentration du sulfate d’ammoniaque dans les liquides du sol.
- Du 28 février au 17 mars, on a rajouté les quantités suivantes :
- Sulfate d’ammoniaque par kilog. de terre
- B c D
- gr- Sr- gr.
- Terre I. 0,961 1,654 0,98 4
- - II. 0.233 1,049
- — III. 2,975 3,737 5,224
- — IV. 0,612 0,127 0,310
- — V. 0,146 0,111 0,546
- Le 21 mars ; le dosage des nitrates a donné :
- Azote nitrique par kilog. de terre.
- B C D
- gr. gr. gr.
- Terre I. 1,355 1,104 1,303
- — II. 0,893 1,092 1,098
- — III. 2,786 3,133 2,940
- — IV. 0,809 0,886 0,880
- — V. ..... 0,706 0,751 0,931
- degré
- Nous voyons encore ici qu’il n’y a pas d’effet manifeste de la concentration du sulfate d’ammoniaque sur la marche de la nitrification, si l’on ne dépasse pas cette limite de 9 grammes par litre de l’eau du sol.
- C’est ce que nous faisaient prévoir les essais relatés précédemment où des terres nitrifiaient encore lorsque l’eau qui les imprégnait contenait aux environs de 50 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre.
- On peut donc incorporer au sol, sans craindre de voir s’arrêter la nitrification, des quantités de sulfate d’ammoniaqne assez considérables, à la condition de ne pas dépasser une certaine limite de concentration, que nous pouvons
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- AGRONOMIE:
- OCTOBRE 1907.
- üxer aux environs de 50 à 60 grammes par litre de liquide imprégnant le sol..
- En établissant des nitrières basées sur la transformation du sulfate d’ammoniaque, il faut donc se^guider, pour l’addition du sel ammoniacal, non pas sur la proportion de terre mise en oeuvre, mais sur la proportion d’eau que renferme cette terre; la terre n’intervient sous ce rapport que par sa capacité-pour l’eau, et celles qui retiennent le plus d’eau sans être noyées peuvent recevoir les plus fortes proportions de sel ammoniacal. Tout se passe, en réalité, comme si la nitrification s’opérait dans une solution indépendamment des particules terreuses, qui ne sont là que pour fournir le support sur lequel se fixent et se développent les organismes nitrificateurs.
- Ainsi, dans une terre ne contenant que 12 p. 100 d’eau, on ne devra pas-dépasser une proportion de sulfate d’ammoniaque de 5 à 6 grammes par kilogramme, tandis que dans une terre capable de retenir 50 p. 100 d’eau,'on pourra atteindre 25 grammes sans arrêter la nitrification.
- La dose optima qu’en pratique il faut maintenir dans les nitrières, pour leur permettre d’atteindre leur maximum d’intensité, est au-dessous de ces limites. Pour une terre contenant 12 p. 100 d’eau, elle est voisine de 1 gramme par kilogramme de sulfate d’ammoniaque. Pour celle qui contient 50 p. 100 d’eau, elle atteint 3 à 4 grammes.
- Les terres humifères, qui peuvent retenir jusqu’à 60 et même 80 p. 100 d’eau sont donc tout particulièrement aptes à être enrichies en sulfate d’ammoniaque, sans risque de voir les phénomènes d’oxydation se ralentir.
- Mais, comme nous l’avons déjà dit, la quantité d’eau.dans une terre donnée ne doit pas dépasser une certaine limite, sans quoi, non seulement la nitrification ne se produit plus, mais encore des phénomènes de réduction des nitrates apparaissent, ou bien encore on constate le développement d’autres organismes,, particulièrement de moisissures, qui emploient le salpêtre formé pour leur propre alimentation.
- La nature des terres étant variable pour ainsi dire à l’infini, l’optimum d’humidité pour chacune d’elles doit être déterminé expérimentalement et ne peut pas être établi à priori.'
- Nous avons établi quelques essais pour voir quelle était l’influence de l’augmentation ou de la diminution de l’eau, en nous maintenant au voisinage de l’humectation que supporte une terre sans perdre son ameublissement..
- Eau p. 100. Acide nitrique formé
- gr. gr.
- Terre de bergerie .... . . . 20,17 0,217
- — 26,83 0,137
- Terre de jardin . . . 16,93 0,401
- — 21,10 0,571
- Terre calcaire . . . 12,90 0,125
- — 17,25 0,336
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- On voit que l’influence du taux d'humidité est considérable, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. La nitrification est en général d’autant plus active que la terre est plus humide, jusqu’à une limite d’humectation compatible avec une bonne aération. C’est ce que M. Th. Schloesing fils (1) avait déjà mis en relief.
- M. Giustiniani (2), dans une étude sur l’influence de l’humidité sur la nitrification et la dénitrification dans les terres, a constaté qu’au-dessous d’une certaine proportion d’eau, qui a été de 6 p. 100 dans une terre franche et une terre de jardin, il n’y avait plus de nitrification, mais au contraire disparition des azotates déjà formés.
- Cette limite est variable dans les sols suivant la proportion d’argile et surtout d’humus qu’ils contiennent. M. Schloesing fils attribue ces différences aux variations de l’épaisseur moyenne des couches d’eau revêtant les aliments terreux. Cette épaisseur « aurait une limite au-dessous de laquelle les attractions capillaires retenant l’eau et les principes dissous sur les éléments du sol sont devenues en presque tous les points supérieures à l’osmose qui faisait pénétrer cette eau et ces principes dans les cellules microbiennes (3). »
- Nous avons cherché s’il y avait une corrélation entre cet effet accélérateur de l’humidité et les procédés empiriques que nous avons employés pour apprécier si celle-ci était au degré le plus favorable. Ces procédés empiriques ont consisté à presser la terre entre les doigts et à observer si elle reste agglutinée ou si elle s’émiette après cette pression. Nous avons encore regardé si, serrée d'une manière identique entre des doubles de papier buvard, elle mouillait ou non ce papier. Les terres les plus humides qui ont le mieux nitrifié ne s’attachaient pas aux doigts et s’émiettaient encore facilement après cette pression. C’est une limite que nous conseillons de ne pas dépasser.
- Serrées entre des doubles de papier buvard, les terres les moins humides qui nitrifiaient le moins bien ne mouillaient pas le 'papier. Les terres plus humides qui nitrifiaient plus abondamment formaient des taches humides sur le papier. On peut donc pousser le degré d’humidité sans inconvénient jusqu’à cette limite où la terre serrée entre des doubles de papier buvard laisse sur celui-ci des taches humides. Comme il y a un grand intérêt pour l’activité de la nitrification à rendre la terre aussi humide que possible, sans dépasser . la limite optima de la nitrification, cette méthode empirique peut donner des indications utiles, en permettant de fixer le degré d’humidité auquel on doit s’arrêter.
- Quoi qu’il en soit de ce mode d’appréciation, bien imparfait, le seul guide que nous avions a priori en établissant une nitrière, c’est cet examen super-
- (1) Comptes rendus, t. CXXV, p. 824.
- (2) Ann. Agron., t. XXVII, p. 262.
- (3) Comptes rendus, t. CXXV, p. 327.
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- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- ficiel qui consiste à s’assurer si la terre est bien fraîche, c’est-à-dire suffisamment humide, tout en restant bien ressuyée, ne se prenant pas en pâte sous la pression des doigts, et retenant avec énergie l’eau qui y est incorporée.
- Un autre point devait encore nous préoccuper, celui du pouvoir absorbant do la terre. On sait d’après Brustlein (1) que les terres doivent à l’humus et à l’argile qu’elles renferment la faculté de fixer l’ammoniaque et de l’immobiliser en quelque sorte.
- Nous avons cherché si la concentration des sels ammoniacaux pouvait être plus forte dans les terres ayant, à un plus haut degré,, cette faculté absorbante qui pourrait enlever à l’ammoniaque une partie de sa causticité. Nous avons déterminé cette absorption dans nos terres en expérience. Après un contact de 24 heures, les terres en contact avec une solution contenant 2 p. 100 de sulfate d’ammoniaque ont donné les résultats suivants :
- Azote ammoniacal absorbé par 100 gr. de terre supposée sèche.
- Terre I . . ............ 0,1176
- — II............................. 0,0714
- — III . ......................... 0,2038
- — IV ............................ 0,1302
- On voit que cette faculté d’absorption est assez variable et, comme on devait s’y attendre, beaucoup plus élevée dans le terreau, si riche en matière humique, Mais en rapprochant ces résultats de ceux que nous ont donnés les degrés do concentration des sels ammoniacaux dans les liquides du sol, il ne nous semble pas qu’il y ait une corrélation frappante entre les propriétés absorbantes pour l’ammoniaque et les quantités de sels ammoniacaux que peuvent supporter les diverses terres. C’est plutôt et presque exclusivement la proportion d’eau dans un sol qui établit la limite à laquelle l’incorporation du sel ammoniacal devient nuisible.
- DE LA LIMITE D’ENRICHISSEMENT DES N1TR1ÈRES TERREUSES
- Les nitrières quon établissait autrefois à l’aide de matériaux divers donnaient ordinairement, d’après Boussingault (1), au bout de deux ans d’entretien, d’arrosages et d’addition de matières nitrifiables, 5 kilogrammes de salpêtre brut par mètre cube. On avait ainsi à lessiver des matériaux extrêmement volumineux pour obtenir des quantités minimes de produits élaborés. Dès le début de nos études sur ce sujet, nous nous sommes préoccupés, non seulement de la rapidité de la nitrification, mais aussi de la possibilité d’enrichir ces matériaux en salpêtre afin d’obtenir, dans un même travail d’extraction, des quantités de
- (I) Boussingault, Agronomie, chimie agricole, physiologie, tome II, p. 132.
- (1) Boussingault, Ibid., p. 43.
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- DES NITRIÈBES A HAUTS RENDEMENTS.
- 989
- nitre beaucoup plus considérables. Nous avons donc établi, dans des caisses placées dans un local clos, à une température variant de 24 à 26°, diverses terres aptes à nitrifier, auxquelles nous avons incorporé du sulfate d’ammoniaque en rajoutant de nouvelles quantités de ce sel à mesure que son azote était transformé en nitrate. En même temps, on maintenait leur humidité constante par des additions d’eaü, et on les remuait souvent à Faide d’un instrument en fer, simulant un labour. Dans cette série de recherches, nous n’avons pas, dès l’origine, abouti à une nitrification rapide. Nous ne pensions pas d’ailleurs, à ce moment, que celle-ci pouvait être aussi active que nous l’avons constaté dans la suite. Aussi, de cette première série, qui a été continuée pendant plus d’un an, ne faut-il retenir qite ce qui a trait à la possibilité d’accumuler le nitre dans le sol, et à la fixation de la limite d’enrichissement en nitrate de chaux, à partir de laquelle la marche du phénomène se trouve entravée ou complètement arrêtée.
- Les terres mises en expérience avaient été les suivantes :
- I. —Terre prélevée sur le sol d’une bergerie du Val-Pendant, près de Presles (Seine-et-Oise). Cette terre, un peu argileuse, sensiblement calcaire, contenait 14,7 p. 100 d’humidité, et par kilogramme :
- grammes.
- Azote ammoniacal..................... 0,0077
- Azote nitrique..................... 0,372
- Azote organique............ 1,637
- Elle était relativement pauvre en humus, ce qui s’explique par ce fait que la bergerie n’ét^t occupée que depuis trois ans.
- II. — La même terre, débarrassée des nitrates préexistants par un lavage répété trois fois, avec environ 10 litres d’eau pour 5 kilogrammes de terre. Ressuyée à l’air jusqu’à contenir encore 14,7 p. 100 d’humidité, elle titrait encore 0sr,089 d’azote nitrique par kilogramme.
- III et IV. — Du terreau de jardinier formé,.par la décomposition d’un mélange de fumier dé cheval, de feuilles et de terre calcaire, débarrassé des cailloux, bien humide et s’émiettant facilement.
- Ce terreau contenait :
- Eau . . .......................51,50 p. 100
- Matières organiques.......... . . 20,83
- Matières minérales............. 27,67, dont 5,87 de carbonate
- de calcium.
- On y a dosé par kilogramme :
- Azote nitrique...................0^r,270
- rAzote ammoniacal.................. 0sr,370
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- AGRONOMIE..
- '990
- -- OCTOBRE 1907.
- V. — Un mélange de deux parties de ce terreau pour une de la terre de ..bergerie. •
- YI. — Un terreau de jardinier d’une autre provenance contenant
- Eau.............
- Azote organique. .
- Azote ammoniacal Azote nitrique. . .
- Ces divers milieux avaient été additionnés de sulfate d’ammoniaque,* à raison de 2 grammes par kilogramme. On rajoutait de temps en temps de nouvelles quantités de ce sel en se guidant surtout d’après le dosage de l’azote nitrifié, que l’on faisait assez régulièrement. Voici quelques résultats qui montrent l’enrichissement progressif en nitre :
- 54,57 p. 100 7sr,899 par kilog. OS'',749 — .
- 0er,385 —
- Azote nitrique par kilog. de terre.
- I II iii IV V VI
- Terre Mélange de terreau
- Terre do et de terre
- de bergerie. bergerie lavée. Terreau. Terreau. de bergerie. Autre terreau
- gr. gr. gr- gr." gr. gr-
- 1er mars 1905 . 0,372 )> » » » »
- 11 — — 0,368 » 0,270 0,270 0,301 »
- 27 — — 0,456* » 0,445 0,303 0,426 »
- 20 avril — 0,504 » 0,468 0,256 0,440 »
- 6 mai — 0,501 » 0,631 0,308 0,539 »
- 13 — — )> 0,089 » » » »
- 30 — — 0,648 0,295 0,822 0,501 0,719 »
- 3 juin — )) » » • » » 0,385
- 7 — — 0,918 0,468 1,226 0,822 1,008 »
- 15 — — 1,207 0,841 1,451 1,072 1,400 0,648
- 24 — ’ — 1,451 1,104 1,836 1,573 1,740 0,802
- 3 juillet — 1,637 1,335 1,984 1,746 2,170 1,072
- 12 — — 1,733 1,676 2,151 2,119 1,977- 1,181
- 26 — ’— 2,131 2,061 2,446 2,311 2,510 1,765
- 8 août — 2,504 2,285 2,748 2,606 3,005 1,875
- 2;9 septembre — 3,042 2,800 3,274 2,760 3,466 1.938
- .26 octobre — 3,198 2,684 3,042 2,976 • 3,852 2,016
- 6 novembre — 3,530 2,966 3,082 3,198 3,864 2,492
- 16 — — 3,916 3,062 3,800 3,788 • 4,468 3,042
- 23 — — 3,916 3,158 4,288 » 4,584 3,042
- 1er décembre — 4,026 3,362 4,258 3,940 4,810 3,476
- 3 janvier 1906. 4,622 3,904 4,160 4,456 5,136 3,582
- 15 février — 5,104 5,136 5,585 5,104 6,356 4,109
- 10 mars — 5,361 4,719 5,650 6,227 6,259 5,393
- 23 juin — 6,324 5,040 5,650 5,874 6,264 4,301
- La proportion d’azote nitrifié a donc augmenté graduellement et d’une manière assez régulière, jusqu’à atteindre environ 6 grammes par kilogramme de terre, et ce chiffre a meme été dépassé.
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- DES N1TR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 991
- L’azote ainsi nitrifié correspond, dans les cas les plus favorables, à environ 44 grammes de nitrate de potasse pur par kilog. de terre et dépasse ainsi de beaucoup les chiffres que l’on obtenait autrefois, puisqu’elle est presque décuple. Nous voyons déjà, dans ces premières tentatives, la possibilité d’établir des nitrièrés donnant, dans le même temps, 20 fois plus de salpêtre que les ni-trières anciennes. Mais nous n’avons pas pu dépasser un certain enrichissement et même nous avons vu qu’à partir d’une certaine limite, ces terres ont eu une tendance très marquée à la déperdition du nitre.
- Les causes de cette déperdition sont multiples. Les unes, dans ces expériences, tenaient au mode opératoire lui-même. Les caisses en bois, qui contenaient les terres, absorbaient une partie importante des éléments solubles, par suite d’une évaporation qui se faisait à travers les parois toujours humides et formant un milieu très favorable au développement des moisissures, grands consommateurs de nitrates.
- Ces moisissures ont également une tendance à se développer au sein même de la terre, surtout lorsque celle-ci est riche en matières organiques et que l’accumulation du nitre est plus grande.
- La prédominance des moisissures est combattue par l’activité des ferments nitriques qui, en présence d’une quantité convenable d’ammoniaque, se multiplient et prennent la place des organismes concurrents. Il y a donc un équilibre que l’on arrive à maintenir en faveur des ferments nitrificateurs, en leur fournissant régulièrement des sels ammoniacaux. C’est ce qui n’a pas toujours été fait dans ces premières expériences, ce qui explique l’irrégularité dans l’accroissement du nitre.
- Les ferments nitrificateurs n’ont pas seulement besoin d’azote ammoniacal pour élaborer les nitrates ; il leur faut aussi une base terreuse ou alcalino-ter-reuse qui se combine à l’acide azotique formé ; or, la nitrification s’est poursuivie dans nos terres jusqu’à la destruction complète du carbonate de chaux, puis elle s’est arrêtée, laissant le champ libre aux organismes destructeurs de nitre. Ce fait s’est produit en novembre 1905 ; à cette époque, on a constaté, non seulement un arrêt dans la formation du nitre, mais aussi la disparition partielle de celui qui était déjà accumulé.
- On a provoqué un nouveau départ de la nitrification par un apport de calcaire; mais il n’en reste pas moins vrai que les ferments ont perdu, pendant ce temps d’arrêt, une partie de la prédominance qu’ils avaient acquise.
- Une autre cause de ralentissement de la nitrification, et par conséquent aussi une circonstance favorable à la dénitrification, c’est l’enrichissement en nitrate qui a fini par atteindre une valeur maxima. Dans des expériences ultérieures, on a pu éviter en grande partie ces inconvénients.
- Une autre cause a contribué à ralentir la nitrification; à mesure que les
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- AGRONOMIE.
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- terres, et surtout les terres de bergerie, s’enrichissent en nitrates, leurs propriétés physiques se modifient. Elles ont de plus en plus tendance à s’agglutiner, à se prendre en pâte, bien que l’on ait pris soin de ne pas changer le taux de leur humidité.
- Malgré les imperfections que nous signalons dans la façon dont l’expérience a été conduite, l’accumulation de l’azote nitrifié a été considérable. Si, au lieu de considérer le nitre formé par rapport au poids de la .terre, nous l’évaluons-par rapport à la quantité de liquide que ces terres contiennent, nous nous trouvons en présence de solutions extrêmement concentrées puisque nous avons :
- Poids Poids Nitrate
- d'azote nitrique Quantité d’eau d’azote nitrique de potasso par kil. de terre, dans 100 gr. de terre, par litre d’eau. par litre d'eau.
- gr. gr. gr. gr.
- Terre I. . . . . 6,324 17,90 35,3 254,6
- — II.......... 5,136 15,55 . 33,0 238,1
- — III......... 5,650 49,8 11,3 81,5
- — IV.......... 6,227 50,05 12,4 89,4
- — V........... 6,356 36,65 17,3 124,8
- — VI.......... . 5,393 51,40 10,5 75,7
- Ce sont là dos liquides très chargés de nitrates. Il est vrai que, dans ce calcul, nous admettons, suivant un usage anciennement adopté, surtout par Boussingault, que c’est à du nitrate de potasse que nous avons affairé. En réalité, il n’en est pas ainsi, et dans ces terres, comme dans tous les cas de nitrification naturelle, c’est du nitrate de chaux, presque exclusivement, qui se produit. En calculant l’azote nitrique obtenu dans ces recherches, à l’état de nitrate
- de calcium, nous aurons :
- Nitrate de calcium par litre d’eau.
- gr-
- Terre 1.......................... 206,7
- — II.......................... 193,3
- — III........................... 66,2
- — IV.................. . 72,6
- — V................... . 101,3
- VI................. 61,5
- Les concentrations auxquelles les nitrièrcs terreuses peuvent parvenir sont donc considérables.
- Dans une nouvelle série d’expériences, nous avons cherché à éviter les causes de ralentissement et de déperdition que nous signalons plus haut.
- Cette série a été mise en..train le 5 janvier 1906, dans le but de rechercher -la limite d’-enricliissement en nitrates, de déterminer l’influence de la proportion d’eau sur cette limite et de fixer en même temps la rapidité de la marche de la nitrification.
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- DES' N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
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- Les caisses qui contenaient les terres étaient pesées tous les jours et par l’eau d’arrosage on ramenait leur poids à sa valeur primitive, c’est-à-dire la terre à son humidité normale. On évitait ainsi la dessiccation qui est aussi une cause de déperdition de nitrates, car elle met les ferments nitriques en état d’infériorité vis-à-vis des dénitrificateurs plus résistants à la dessiccation. A chacune de ces opérations, on faisait un labour et un brassage.
- Nous avons employé la série des 5 terres diverses déjà précédemment décrites., Au début de l’expérience, le 5 janvier 1906, ces terres contenaient :
- Azote ammoniacal Azote nitrique
- Humidité p. 100. par kilog. par kilog.
- gr- gr-
- . I. — Terre de jardin 21,85 0,028 0,253
- il. — -Terre silico-calcaire. . . 15,42 0,021 0,189
- nr. — Terreau ........ 53,90 0,021 0,344
- IV. — Terre argileuse 16,20 0,112 0,146
- V. — Terre calcaire 12,59 0,028 0,113
- On y a ajouté du sulfate d’ammoniaque de trois jours en trois jours pour maintenir la proportion de 0°r,200 d’azote ammoniacal par kilogramme. Mais, à partir du 19 janvier, on a porté cette proportion à 0=r,400. Il y avait donc constamment un excès de sel ammoniacal, et on l’a maintenue à ce taux pendant toute la durée de l’expérience. Les terres étaient placées dans une chambre chauffée à 26.°.
- L’expérience a été ainsi continuée sans interruption jusqu’au 12 août, soit pendant 6 mois. De temps en temps on procédait au dosage des nitrates. Voici les résultats qui ont été ainsi obtenus :
- Azote nitrique par kilog. de terre,
- N°s des terres.
- I II III IV V
- gr. gr. gr. gr. gr.
- 20 février................. . . . 0,963 0,976 2,106 0,719 0,783
- 22 mars............................ 1,636 1,900 2,985 1,374 1,238
- 24 avril ............................ 2,733 4.032 4,719 2,388 2,902
- 23 mai............................ .4,879 4,686 6,741 4,141 4,043
- 23 juin.............................. 5,489 4,719 9,279 5,168 4,301
- 2 août............................. 5,682 4,815 10,657 5,104 4,141
- Nous voyons la marche de la nitrification se poursuivre activement, puis tout d’un coup se ralentir pour s’arrêter presque complètement dans presque toutes ces terres. La limite d’enrichissement semblait donc être atteinte. Le terreau seul continuait à s’enrichir, ce qu’il faut attribuer sans aucun doute à la forte proportion d’eau qu’il renferme. Dans celle-ci, en effet, le nitrate se trouve à l’état de solution moins concentrée que dans les autres et la nitrifi-
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- 994 AGRONOMIE. — OCTOBRE 1907.
- cation peut se poursuivre. Si nous examinons cet état de concentration
- dernier dosage, nous trouvons : i n iii IV V
- gr- gr. gr. gr- gr-
- Azote nitrique par kilog. de terre 5,682 4,815 10,657- 5,104 4,141
- Équivalant à nitrate dechaux. 33,28 28,20 62,42 29,89 24,25
- Eau p. 100 de terre 21,85 15,42 53,90 16,20 12,59
- Nitrate de chaux par litre d'eau de la terre 152,3 183,0 115,8 00 'ht 192,6
- Ce sont donc en réalité les terres les moins humides qui contiennent les solutions les plus concentrées de nitrate de chaux; mais, dans celles-ci, la limite semble être atteinte. Dans la terre II, avec 15 p. 100 d’humidité, la nitrification est à peu près arrêtée à partir du 23 mai. Les terres IV et V n’ont pas continué à nitrifier et même une petite quantité du nitrate formé a disparu.
- Ces trois terres, qui contiennent 18 à 19 p. 100 de nitrate de chaux dans l’eau qui les imprègne, ne nitrifient donc plus et sont arrivées à la limite de saturation, que nous pouvons fixer à ce chiffre. La terre de jardin n° I avec 21,85 p. 100 d’eau, continue encore à nitrifier, quoique avec plus de lenteur. Il n’y a en effet que 15 p. 100 de nitrate de chaux dans l’eau qui l’imprègne, et elle n’a pas atteint sa limite. Quant au terreau, avec 54 p. 100 d’eau, il nitrifie encore d’une manière très sensible, puisque la proportion de nitrates que renferment les liquides qui le baignent n’atteint pas encore 12 p. 100.
- On constate donc d’une façon très nette l’arrêt de la nitrification à un point déterminé de concentration du nitrate dans l’eau du sol.
- Dans leurs recherches, MM. Boullanger et Massol (1) avaient trouvé qu’à partir de 12 grammes par litre, le nitrate de chaux arrêtait la nitrification dans les milieux liquides. Dans les expériences que nous venons de relater, nous avons obtenu un enrichissement beaucoup plus grand, puisqu’il a été de 180 à 190 grammes par litre. Les milieux terreux se montrent donc très favorables à l’accumulation du nitrate dissous dans l’eau qui les imprègne.
- Avec la concentration que nous obtenons, le lessivage peut donner des solutions chargées en nitre incomparablement plus que ne l’étaient celles que l’on obtenait avec les anciennes nitrières, et, par suite, les frais d’évaporation sont réduits au minimum.
- Y a-t-il lieu dans la pratique de pousser l’enrichissement jusqu’à ces dernières limites? Nous ne le pensons pas, car lorsqu’on en approche, les phénomènes de nitrification se ralentissent et on perd en temps ce qu’on gagne en concentration. Il serait logique de s’arrêter au point où le ralentissement com-
- (1) Ann. de l’Institut Pasteur, 1903, p. 514.
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- DES N1TR1ÈHES A HAUTS RENDEMENTS.
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- mence à s’accentuer. Ayant suivi la nitrification pas à pas, nous avons pu voir que, s’il y a dans la première période une accélération, il y a dans la dernière un ralentissement attribuable à l’enrichissement des liquides en nitrates.
- Ce fait ressort clairement du tableau suivant, dans lequel nous avons calculé aux diverses périodes la transformation journalière d’azote ammoniaeal en azote nitrique :
- Azote nitrifié par jour.
- i II m IV V
- gr- gr- gr. gr- gr.
- Du 5 janvier au 5 février. . . . . 0,015 0,017 0,038 0,012 0,015
- Du 20 février au 22 mars. . . . . 0,023 0,031 0,029 0,022 0,019
- Du 22 mars au 24 avril . 0,032 0,065 0,032 0,031 0,050
- Du 24 avril au 23 mai . 0,074 0,022 , 0,069 0,061 0,039
- Du 23 mai au 23 juin . 0,020 0,001 0,082 0,033 0,008
- Du 23 juin au 2 août . 0,003 0,002 0,034 0 0
- A chacune des terres correspond donc une période d’intensité nitrifiante ma-
- xima, qui arrive d’autant plus vite que la’ terre est moins humide. Cette inten-
- sité rnaxima a correspondu, pour les diverses terres, aux quantités suivantes de
- nitrate en dissolution dans les liquides du sol :
- i ii m IV V
- gr- gr. gr- gr- gr-
- Nitrate par litre d’eau. . . . . 134 151 101 150 136
- C’est donc entre 130 et 150-grammes que la nitrification a commencé à se ralentir dans les terres. Pour le terreau, c’est déjà à 100 grammes par litre que cet effet s’est fait sentir.
- On a donc intérêt à exploiter les nitrières au point où elle commencent à se ralentir, afin d’avoir, en un temps donné, le maximum de produits nitrifiés.
- Dans cette période d’intensité rnaxima, on a obtenu journellement les quantités suivantes d’azote oxydé et de nitrate de chaux produit par kilog. de terre :
- i il m IV V
- gr. . gr. gr- gr- gr-
- Azote oxydé par jour. 0,074 0,065 0,082 0,0605 0,050
- Nitrate de chaux produit, par jour. 0,433 0,381 0,481 0,354 0,293
- Ces intensités de nitrification sont donc assez variables d’une terre à l’autre et c’est dans le terreau, et ensuite dans la terre de jardin, c’est-à-dire dans les milieux les plus riches en matériaux organiques, qu’elle est arrivée à son maximum.
- Dans une autre expérience, une terre de bergerie contenant 22,54 p. 100 d’eau a été placée dans une caisse à la chambre à 24°. On y a introduit, à l’état de sulfate, 0sr,2 d’azote ammoniacal par kilogramme, quantité qu’on a maintenue pendant 20 jours et qu’on a ensuite portée à 0sr,400 jusqu’à la fin de-
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- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- l’expérience. Cette terre de bergerie était déjà préalablement en pleine nitrification. On y a dosé : '
- Azote nitrique par kilogr. gr.
- Le 6 janvier 1906, au début de l’expérience. ...... 1,022
- Le 31 janvier — — 1,509
- Le 20 février- — — 2,979
- Le 22 mars — — 4,959
- Le 24 avril — — 6,998
- Le 3 juin — — 7,704
- Le 2 août — — 7,094
- La nitrification s’est arretée lorsque le maximum de concentration des liquides du sol a été de 200sr,6 de nitrate de chaux par litre. Elle a donc dépassé quelque peu sous ce rapport les terres dont nous avons parlé précédemment; mais, à partir de ce moment, non seulement le nitre a cessé de se former, mais sa proportion a sensiblement décru. C’est un fait que nous avons observé d’une façon générale qu’au point où le maximum est atteint, le nitre ne se maintient pas intégralement, mais tend à diminuer, dès que les organismes nitrifiants cessent d’agir, soit par suite de manque d’ammoniaque, soit par suite de la concentration du nitre formé.
- Dans le fonctionnement des nitrières, on doit donc grandement se préoccuper de remplir toujours les conditions qui permettent aux ferments nitrificateurs de manifester toute leur vitalité. Aussi ne faut-il pas.négliger de les exploiter aussitôt qu’elles sont parvenues à leurs limites d’enrichissement.
- C’est à la fois une économie des nitrates formés et une économie de temps, car on évite ainsi la période de ralentissement final. Peut-on éviter aussi la lenteur de la période de mise en train de la nitrière, où une perte de temps importante résulte de la faible activité du début? Nous avons examiné ce dernier point en nous demandant si les organismes nitrifiants, déjà tout développés, peuplant les matériaux d’une nitrière épuisée par la lixiviation, c’est-à-dire débarrassée du nitre, étaient aptes à poursuivre leur nitrification active sur les sels ammoniacaux qu’on mettrait à leur disposition.
- Cette question est d’une importance considérable pour l’établissement des nitrières, car si les matériaux primitifs peuvent être employés à plusieurs reprises ou même indéfiniment, il en résulte une économie notable, et les opérations peuvent se succéder sans interruption aussitôt après que le nitre formé a été extrait.
- Nous venons de voir un exemple de terre qui, après lavage, a nitrifié les sels ammoniacaux avec autant d’énergie qu’avant le lavage et qui est ensuite parvenue aux mêmes limites extrêmes d’enrichissement en salpêtre. Nous avons confirmé cette expérience par la suivante, dont les résultats sont plus clairement concluants.
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- Les terres dont il vient d’être question, parvenues à un très grand degré d’enrichissement, ont été lessivées méthodiquement pour l’extraction du nitre.
- Ces terres épuisées ont été mises à se ressuyer et ont été amenées à l’état •d’humidité qu’elles avaient précédemment. Celles qui manquaient de carbonate de chaux ont été mélangées de calcaire.
- On les a remises en nitrification, en les additionnant méthodiquement de
- sulfate d’ammoniaque ; on y a dosé l’azote nitrique formé ; voici les résultats
- •obtenus (1) :
- Acide nitrique par kilogr.
- ji III IV V
- gr. gr- gr. gr-
- 13 octobre 1906 (mise en train). . . 0,200 0,051 0,097 0,041
- 6 novembre — . . 1,605 2,401 1,708 1,329
- 3 décembre ' — . . . 3,159 3,146 2,940 2,722
- Pendant cette période de 51 jours, l’azote nitrifié par 24 heures et par kilo-
- rgramme a donc été :
- Azote nitrique formé par 24 heures et par kilog.
- gril. . . ............................... 0,0578
- III .........................•.......... 0,0607
- IV .................................... 0,0557
- V .................................... 0,0526
- Ces chiffres sont comparables à ceux qu’elles donnaient primitivement pendant leur période de nitrification la plus intensive. On peut donc se servir des matériaux d’une nitrière dont le salpêtre a été enlevé parle lavage pour en faire une nouvelle nitrière, par une simple addition de sels ammoniacaux. On évite ainsi la longue période de mise en train qui peut durer un mois et plus. En outre, en opérant ainsi, on n’est pas astreint à éliminer par le lessivage les dernières traces de nitrates, qui ne sont pas perdues, puisqu’elles servent à l’enrichissement de la nouvelle nitrière.
- SUBSTITUTION DE LA TOURBE A LA TERRE ET AU TERREAU
- Après avoir constaté le rôle utile des matériaux organiques dans la nitrification intensive, noùs avons pensé que la tourbe, qui en est constituée presque exclusivement, pourrait faire un bon support de nitrification.
- Au lieu d’opérer sur diverses terres et sur le terreau de jardinier, comme nous l’avons fait dans les précédentes recherches, nous nous sommes adressés
- (1) On n’a conservé que les terres II, III, IV et V des cinq terres types qui nous ont. souvent servi dans les expériences précédentes.
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- à la tourbe, dont nous avions depuis reconnu l’aptitude particulière à servir do milieu nitrifiant. Nous avons employé :
- 1° Une tourbe compacte de l’Yonne, contenant 57,93 p. 100 d’eau;
- 2° Une tourbe mousseuse de l’Yonne, contenant 68,26 p. 100 d’eau ;
- 3° Une tourbe litière de Hollande, contenant 59,60 p. 100 d’eau.
- Ces tourbes avaient reçu par kilogramme 100 grammes de craie de Meudon, 5 grammes de phosphate de chaux et 1 gramme de sulfate de potasse, et, en outre, pour les ensemencer, 50 grammes do terre de jardin. On les a additionnées de sulfate d’ammoniaque, que l’on remplaçait au fur et à mesure de la nitrification.
- Le 9 avril 1906, elles ont été mises en observation. On y a dosé :
- Azote nitrique par kilog.
- Tourbe compacte. Tourbe mousseuse. Tourbe litière.
- gr. gr. gr.
- Le 28 avril..................- 2,122 ' 2,542 3,004
- Le 23 mai.................... 3,749 3,839 4,206
- Le 2 août.................... 10,721 8,442 9,983
- Ces tourbes se sont donc enrichies considérablement en nitrates et la rapidité de la nitrification a été notablement supérieure à celle des terres que nous avions précédemment employées, même à celle du terreau. Si nous envisageons en effet la période écoulée entre le 23 mai et le 2 août, nous constatons qu’il y a eu pendant toute la durée de cet intervalle une nitrification journalière correspondant à :
- Tourbe compacte. ' Tourbe mousseuse. Tourbe litière, gr. gr. gr.
- Azote nitrifié par jour............. 0,099 0,065 0,081
- Soit nitrate de chaux fourni par jour. 0,580 0,381 0,475
- En continuant à y introduire des sels ammoniacaux, leur enrichissement est arrivé aux chiffres suivants :
- Tourbe compacte. Tourbe mousseuse, gr. gr.
- Azote nitrique par kilogr.............. 11,460 11,813
- Équivalant à nilrale de chaux.......... 67,1 „ 69,11
- Tourbe litière.
- gr.
- 10,914
- 63,86
- et ce n’était pas encore là la limite de renricliissement.
- On voit donc que la tourbe peut constituer des nitrières plus actives que celles fournies par de la terre et même du terreau. Comme elle constitue une matière première de nulle valeur marchande, elle pourra être substituée avec grand avantage aux matériaux qui étaient habituellement utilisés pour la constitution des nitrières.
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
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- C’est à la tourbe que nous nous sommes adressés de préférence pour en faire le support de la nitrification intensive, et c’est elle qui doit former la base des nitrières à hauts rendements.
- NITRIFICATION DES MATIÈRES ORGANIQUES
- Dans tous les essais précédemment décrits, nous avons envisagé exclusivement la production des nitrates en partant de l’ammoniaque et de ses combinaisons salines. Autrefois, dans les nitrières naturelles et artificielles, les matériaux nitrifiables étaient constitués par des substances organiques, déchets de la vie animale ou végétale. M. Schlœsing avait déjà remarqué que les sels ammoniacaux nitrifiaient énergiquement (1). Des recherches de M. Omeliansky (2) ont établi que l’azote organique, pour passer à l’ctat d’azote nitrique, devait être, au préalable, transformé en ammoniaque. C’est pour cette raison que nous nous sommes adressés aux sels ammoniacaux pour obtenir des nitrifications intensives. Mais il y avait lieu de voir s’il était indispensable, pour les actions-rapides que nous avions en vue, de recourir à l’ammoniaque toute formée, ou si l’on pouvait, pour le même but, employer des matériaux organiques qui, produisant rapidement de l’ammoniaque au sein de la terre, fourniraient ainsi1 une forme de l’azote facilement nitrifiable.
- Les ferments qui transforment ces matières organiques azotées en ammoniaque sont nombreux au sein de la terre. On peut même dire que toutes les fermentations qui concourent à la destruction de la matière carbonée y aboutissent presque toujours.
- MM. MüDtz et Coudon (3) ont étudié la fermentation ammoniacale et en ont montré la généralité dans les phénomènes naturels. Celles de ces matières azotées qui sont les plus facilement transformables en ammoniaque, sont également les plus aptes à fournir des nitrates. MM.Mtintz et Girard (4) ont montré qu’il y a de grandes différences de rapidité dans la transformation des divers engrais en nitrates lorsqu’ils sont incorporés à la terre et qu’en général, le pouvoir fertilisant 'des engrais organiques azotés avait un rapport étroit avec l’intensité de leur nitrification. Ils ont vu ainsi que certains de ces engrais nitrifiaient presque aussi rapidement que les sels ammoniacaux eux-mêmes et produisaient par suite une action analogue sur l’augmentation des récoltes. Ces constatations nous ont fait penser que ces matériaux azotés seraient susceptibles, au même titre que les sels ammoniacaux, de se prêtera la nitrification
- . (1) Comptes rendus, t. CIX, p. 423.
- (2) Archives des sciences biologiques de Saint-Pétersbourg, t. VI], n° 3, juillet 1899.
- (3) Comptes rendus, t. CXVI, p. 393 et Annales agronomiques, t. XIX, p. 209.
- (4) Comptes rendus, t. CXII, p. 1458 et Annales agronomiques, t. XVII, p. 289.
- Tome 109. — Octobre 1907.
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- AGRONOMIE.
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- intensive et de fournir en un court temps des matériaux salpétrés assez riches pour une exploitation avantageuse.
- A ce point de vue, nous avons particulièrement examiné le sang desséché et les Urines humaines et animales, dont on peut constater l’effet actif sur la végétation. Nous avons donc établi des nitrières terreuses, dans lesquelles nous avons employé ces matières, en remplacement du sulfate d’ammoniaque.
- • Si, en effet, à un moment donné, les nitrates commerciaux peuvent manquer, il se peut aussi que les sels ammoniacaux, dont la production est, à l’heure qu’il est, limitée, ne se trouveraient pas sur le marché en suffisance pour la fabrication de grandes masses de salpêtre. Les matériaux organiques dont nous venons de parler pourraient alors remplacer les sels ammoniacaux et fournir ainsi un appoint important. En effet, les déchets laissés par le corps des animaux, ainsi que par les matières excrémentielles fournies par la vie animale, correspondent à des quantités d’azote énormes.
- Pour étudier cette question, nous avons incorporé à des nitrières de ces produits azotés, en les remplaçant à mesure de leur transformation en nitre, afin d’arriver à un enrichissement suffisant.
- Une première expérience a été faite sur une terre silico-calcaire, prélevée au mois de décembre, sous la neige, et où les ferments étaient par conséquent engourdis.
- • Cette terre contenait 12,34 p. 100 d’humidité. Elle a été additionnée de quantités variables de sang desséché.
- Le n° 1 a reçu par kilog. 4sr,448 de sang desséché correspondant 0sr,5 d’azote.
- I.e n° 2 — 8^,897 — — T gr. —
- Le n° 3 — 17^,794 — — 2 gr. —
- Le n° 4 — 44er,484 — — • o gr. —
- Les lots mis en train le 13 décembre 1905 ont été examinés le 22 décembre.
- Les quantités d’azote nitrifié étaient les suivantes :
- 12 3 4
- 0sr,033 OS',050 OS1',087 —0,019
- (dénitrification).
- La proportion d’azote nitrifié était donc très minime et ne répondait pas au but poursuivi. Dans le n° 4 même, il s’est produit une destruction du nitrate préexistant dans la% terre. Cet insuccès s’expliquait par l’apparition des moisissures qui avaient envahi les terres.
- L’expérience a donc été arrêtée ;• elle a montré qu’il ne suffisait, pas d’additionner du sang desséché à dé la terre, pour la transformer en nitrière active ; que des précautions spéciales étaient nécessaires pour empêcher l’envahissement
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- DES N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 1001
- par des organismes antagonistes des ferments nitriticateurs, et dont le développement est favorisé par la présence de la matière organique altérable que nous avons introduite dans la terre.
- Nous nous sommes alors adressés-à du terreau déjà en pleine nitrification, peuplé d’organismes vivaces susceptibles de prendre le dessus, et contenant 53,90 p, 100 d’eau. On y a incorporé 17sr,794de sang desséché, soit 2 grammes d'azote organique par kilogramme de terre.
- L’expérience a été instituée le 28 décembre 1905, dans une salle chauffée à 24°. Le 3 janvier suivant, c’est-à-dire six jours après, le milieu contenait de notables quantités d’ammoniaque. L’azote nitrique formé était de 0"1',302.
- A partir de ce moment, on a rajouté du sang desséché à mesure de sa nitrification, de façon à maintenir environ 2 grammes d’azote organique par kilogramme de terre.
- Voici la marche de l’enrichissement en nitrates :
- gr.
- 13 janvier. . . Azote nitrique par kilog.......... 0,847
- 23 — . . . — 1,666
- 6 février ... —: ' 2,022
- 14 — . . . — ...’.. 2,320
- 22 mars .... — 3,582
- 24 avril .... — 4,205
- 23 mai........ — ......... 4,398
- 13 juin. .... — ......... 4,815
- A ce moment, on a arrêté l’expérience, quoique l’enrichissement ne fût pas arrivé à sa dernière limite. On avait ainsi obtenu une accumulation comparable à celle que donnait le sulfate d’ammoniaque lui-même. En effet, 4sr,815 d’azote nitrifié correspondent à une cpiantité de nitrate de potasse de 34st,7 par kilogramme de terreau.
- Une terre de bergerie, déjà en nitrification, alimentée de la même manière en sang desséché, s’est également enrichie graduellement pour aboutir à 2sr,921 d’azote nitrique par kilogramme.
- Une autre expérience a été faite sur du terreau contenant 43,9 d’humidité, graduellement additionné de sang desséché.
- Elle a été commencée le 24 janvier. On a trouvé :
- gr-
- 6 février.. . . Azote nitrifié 0,783
- 20 — ... — ..... 1,220
- 13 mars. . . . — 2,478
- 24 avril .... — 3,184
- 23 mai — ..... 3,659
- 23 juin.. ... — ..... 4,430
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- AGRONOMIE.
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- Nous avons donc la possibilité d’établir des nitriôres intensives en substituant le sang desséché au sulfate d’ammoniaque.
- Il convient pourtant d’ajouter que, dans les mêmes conditions, le sulfate d’ammoniaque a nitrifié plus activement et a ainsi gardé une assez grande supériorité. A la rigueur, on peut donc employer une matière azotée très altérable, comme le sang, mais en se gardant de l’envahissement par des moisissures, et en se contentant d’une activité moindre et d’un enrichissement moins accentué.
- Nous avons essayé également l’urine humaine'et l’urine de cheval, préalablement putréfiées, c’est-à-dire contenant une bonne partie de leur azote à l’état ammoniacal.
- On les a incorporées à une terre de bergerie en bonne marche de nitrification, en en ajoutant graduellement à mesure de l’oxydation de l’azote qu’elles renfermaient. Ces expériences, commencées le 6 janvier 1906, ont été arrêtées le 23 juin. A ce moment, le milieu contenait, par kilogramme :
- Avec urine humaine. Avec urine de cheval.
- Azote nitrifié par kilog.......... 3sr,049 3sr,916
- Ici encore, nous constatons un enrichissement bien supérieur à celui des anciennes nitrières, et permettant de compter sur l’emploi de ces produits pour l’obtention des nitrates. Cependant, là aussi, les quantités nitrifiées sont toujours notablement inférieures à celles que donne le sulfate d’ammoniaque, et c’est à ce dernier produit qu’il convient de donner la préférence. Ce n’est que dans le cas où il viendrait à manquer ou encore pour des raisons d’économie qu’on pourrait employer les matériaux azotés que nous venons d’examiner.
- D’autres engrais azotés : corne torréfiée, viande desséchée, déchets de laine, etc., nous ont donné des résultats moins avantageux, que nous ne relatons pas ici.
- En résumé, si le sulfate d’ammoniaque est le plus favorable des matériaux azotés à la production intensive des nitrates, on peut cependant s’adresser directement aux résidus de la vie animale par la création do nitrières à action rapide.
- Mais est-ce à dire qu’il faille renoncer à employer pour la production intensive du nitre les nombreux composés azotés que nous voyons réfractaires à la nitrification. Non, car leur transformation en ammoniaque est possible et ils peuvent ainsi devenir indirectement aptes à l’enrichissement des nitrières.
- On n’est donc pas limité au sulfate d’ammoniaque actuellement en circulation, puisqu’on a la possibilité d’obtenir ce produit en partant des composés azotés les plus divers qu’on peut se procurer en abondance.
- Nous devons examiner la question de l’approvisionnement en sels ammonia-
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 1 003
- «aux en vue de l’obtention du nitre. A l’heure actuelle, ils n’existent qu’en quantité réduite.
- En outre, l’industrie a augmenté sa consommation d’une façon considérable par suite de l’extension des procédés Schlœsing et Solvay pour la fabrication de la soude. Le surplus est utilisé par l’agriculture et ne suffit pas à ses besoins.
- En vue de l’obtention du nitre, il y a lieu de chercher dans quelle mesure les sources auxquelles nous demandons aujourd’hui l’ammoniaque sont susceptibles d’être multipliées.
- Les matières premières qu’on peut employer sont des déchets animaux ou végétaux divers : os, déchets de laine, de peaux, de cuir, cornes, vinasses de betteraves, dont on peut extraire l’ammoniaque par la distillation sèche. Le traitement des vidanges constitue une industrie plus importante, mais qui* tendra de moins en moins à jouer un rôle par suite de la généralisation du système du tout à l’égout dans les grandes villes.
- La source de beaucoup prédominante, c’est la distillation de la houille. On s’est borné longtemps à recueillir l’eau ammoniacale qui se forme pendant la distillation pour la fabrication du gaz d’éclairage. Aujourd’hui, il y a une tendance à étendre cette récupération. On s’est appliqué à recueillir l’ammoniaque contenue dans les gaz qui se produisent dans la fabrication du coke industriel, et qui était autrefois perdue. On commence aussi à traiter dans le même but le gaz des hauts fourneaux.
- Dans ces industries, le rendement est à peu près de 10 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque par tonne de houille mise en œuvre. Or, les houilles grasses renferment de 1 à 1,5 p. 100 d’azote; c’est donc au moins les 4/5 de cet élément qui sont encore perdus. D’après des analyses de M. Forster (1), de M. Schilling (2), 50 à 80 p. 100 de l’azote de la houille se retrouvent dans le coke à un état qui n’a pas encore été déterminé. C’est là la cause principale des faibles rendements en ammoniaque de la distillation sèche.
- Lorsqu’on brûle la houille au gazogène, dans un mélange d’air et de vapeur, en proportions telles qu’on ait deux tonnes de vapeur d’eau par tonne de houille gazéifiée, la température de combustion est abaissée vers 500° et la présence de la vapeur d’eau favorise la transformation de l’azote en ammoniaque. C’est là le principe de la méthode de M. Mond (3), qui est arrivé à retirer de la houille 50 p. 100 de l’azote qu’elle contient.
- L’ammoniaque pourrait donc être le sous-produit de toutes les industries où l’on fait une consommation importante de houille pour utiliser son pouvoir calorifique et être ainsi produite en grandes quantités.
- (1) Chemic. Soc., 1883.
- (2) Industrie des Steinkohlentheers und des Ammoniaks, 1898.
- (3) Soc. chem. ind., 1889, 505.
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- OCTOBRE 1907.
- Une source illimitée d’azote, c’est l’atmosphère.
- On est parvenu récemment à fixer cet azote libre sur les carbures alcalino-torreux, pour produireda cyamide de calcium. Il y a là le moyen de créer des quantités illimitées d’azote combiné, susceptible d’ètrc transformé en sel ammoniacal et ultérieurement en nitrate.
- Mais, pour en revenir à l'azote tout combiné que nous avons à notre disposition, outre les produits que nous avons signalés plus liant, nous en trouvons en quantités presque illimitées dans la tourbe, qui forme des gisements de grande étendue et qui, à l’état sec, renferme jusqu’à 2 et même 3 p. 100 d’azote combiné à la matière carbonée. L’idée de l’utiliser pour l’industrie chimique est déjà ancienne, mais elle ne s’est guère répandue en France.
- Mais d’autres pays, l’Allemagne notamment, ont fait des efforts dans ce sens et des établissements industriels mettent en œuvre la tourbe pour en retirer du coke, des goudrons, de l’acide pyroligneux, de l’alcool méthyliquo, etc., et en outre un gaz combustible plus ou moins éclairant.
- Mais, comme dans la distillation de la houille, les rendements en ammoniaque obtenus par la distillation sèche sont très faibles. Industriellement, ils no dépassent pas 10 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque par tonne de tourbe (1). C’est donc à peine un dixième de l’azote existant qui est récupéré»
- De notre côté, en distillant des tourbes compactes de la Somme, nous avons
- obtenu les résultats suivants :
- i * n
- * gr. • gr.
- Azote existant dans la tourbe...................... 2,03 2,03
- Azote retrouvé dans les eaux ammoniacales.......... 0,392 0,378
- On comprend qu’avec ces faibles rendements, on n’ait, jusqu’à présent, regardé que comme secondaire l’extraction à l’état de sels ammoniacaux, de l’azote de la tourbe. Dans la distillation sèche, telle qu’on la pratique, le coke qui constitue environ un tiers de la tourbe mise en œuvre retient en combinaison de grandes quantités d’azote.
- Nous avons, en effet, trouvé en moyenne dans les cokes obtenus de tourbes-do la Somme 1,28 p. 100 d’azote. C’est là une des causes du faible rendement en ammoniaque.
- Dans des essais déjà anciens, on avait essayé d’extraire l’azote de la tourbe à l’état d’ammoniaque, en faisant intervenir la vapeur d’eau à température modérée (de Molon, Lencauchez, etc.). On a aussi préconisé la combustion de la tourbe en présence d’un mélange d’air et de vapeur d’eau (Woltereck).
- De notre côté, nous avons opéré la combustion totale de la tourbe par la vapeur d’eau surchauffée. Les résultats ont alors été tout autres que ceux que
- (1) Hausding. Handbuch der Torfwertung und Torfgewinnung.
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- DES N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
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- nous avait donnés la distillation sèclie et la presque totalité de l’azote de la tourbe a été retrouvée à l’état d’ammoniaque, comme le montrent les chiffres
- suivants :
- i n
- gr. gr.
- Azote existant dans la tourbe..................... 2,03 2,03
- Azote retrouvé dans les eaux ammoniacales......... 1,740 1,612
- Pour que ces rendements soient obtenus, le charbon de' coke doit avoir été entièrement oxydé par la vapeur d’eau : on produit ainsi le mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène qu’on nomme dans l’industrie le gaz à l’eau, et qui vient s’ajouter aux gaz liydrocarburés fournis au début du chauffage.
- Cette opération a donc pour effet de donner la plus grande partie de l’ammoniaque correspondant à l’azote de la tourbe. Elle fournit en outre les goudrons et les autres produits pyrogénés de la distillation. Le coke est transformé en gaz combustible. Elle exige une plus grande quantité de chaleur, mais celle-ci peut être fournie par la tourbe elle-même et et par les gaz produits. Quoiqu’il en soit, nous avons là la possibilité d’extraire de la tourbe, sous forme d’ammoniaque utilisable, l’azote inerte qu’elle renfermait.
- Les tourbières ne se rencontrent que dans les pays à climat humide et à étés tempérés, conditions indispensables à la croissance des végétaux dont elles tirent leur origine. Aussi ne trouve-t-on la tourbe en quantités notables que dans les pays du Nord, comme la Suède et la Norvège, la Russie, l’Allemagne du Nord, a Hollande, l’Irlande, le nord de la France, ou bien à des altitudes plus élevées dans les montagnes des régions à climat plus chaud.
- La tourbe est formée par la décomposition des végétaux au sein de l’eau. Ces plantes forment un feutrage épais, qui retient l’eau ; elles se décomposent par leur base, tandis qu’elles continuent à croître par le sommet à la faveur de l’humidité. La tourbière s’accroît ainsi peu à peu en épaisseur et atteint un niveau supérieur à celui des terrains environnants.
- On distingue suivant leur situation les tourbières de montagnes, les tourbières de plaines et les tourbières de vallées. Ce sont les tourbières de plaines qui occupent lés plus grandes surfaces. Elles couvrent d’immenses territoires en Allemagne, en Hollande, en Irlande.
- En France, on en trouve d’importantes en Bretagne, dans l’Oise, la Somme, etc., mais ce sont les tourbières de vallées qui dominent. Elles se forment sur les bords des cours d’eau, à faibles pentes, prenant leur source dans des terrains perméables. Presque tous les cours d’eau de la partie septentrionale de la France réalisent ces conditions et possèdent des tourbières très nombreuses mais généralement peu étendues. Des tourbières de montagne sont disséminées dans le Jura, les Vosges, les Pyrénées, les Alpes, le Morvan.
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- La transformation des plantes en tourbe étant progressive, on trouve à la surface une couche de tourbe mousseuse, à structure encore filamenteuse. Plus bas, elle change de structure pour devenir compacte. En meme temps, elle subit des modifications dans sa composition chimique : elle s’appauvrit en hydrogène et en oxygène, tandis qu’elle s’enrichit en carbone et en azote.
- La puissance des tourbières est très variable. On peut admettre qu’elle est en moyenne de 2 mètres, mais elle peut atteindre 6 et même 12 mètres. Quant à leur étendue, elle est considérable. En France, elle se chiffre par des centaines de mille hectares. Dans le nord de l’Europe, elles occupent par endroits plus du dixième de la superficie totale, c’est-à-dire des millions d’hectares.
- Les tourbières constituent des surfaces improductives, le plus souvent inexploitées et qu’on ne peut amener à l’état de terres de culture que par des travaux difficiles et coûteux. On peut dire qu’à l’heure qu’il est, on n’en tire qu’un faible parti et qu’elles sont une cause de pauvreté pour les régions qu’elles occupent. On voit, par ce qui précède, qu’elles constituent des réserves importantes de matières azotées. Un mètre cube de tourbe donne par la dessiccation 350 kilogrammes de matière sèche, qui renferment 2 p. 100 d’azote.
- En considérant une épaisseur de un mètre, on calcule qu’un hectare de tourbière peut renfermer 70 000 kilogrammes d’azote immobilisé à un état inerte. Si l’on considère l’étendue des tourbières existant en France seulement, c’est par millions de tonnes que se chiffre la quantité d’azote qu’on pourrait en retirer.
- ÉTABLISSEMENT ü’uNE NITRIÈRE TERREUSE
- Nous avons étudié l’influence sur la nitrification de la nature du support, de son état d’humidité, d’émiettement, de la température, de l’ensemencement, de la concentration des solutions ammoniacales ou nitriques qui l’imprègnent. Ces notions vont nous permettre de préciser les conditions les plus favorables à la bonne marche des nitrières terreuses.
- En principe, ces nitrières n’offriront pas de différences essentielles avec celles que l’on établissait sous la Révolution et le Premier Empire. On plaçait (1) sous des abris, des meules de terre, mélangées de résidus organiques, que l’on abandonnait à la nitrification spontanée, en les maintenant à un certain état d’humidité par des arrosages. Ces terres étaient choisies parmi celles qui renfermaient déjà des matières azotées (terreaux, terres d’étables, de caves, de tanneries, de teintureries, terres de vieilles masures ou de démolitions, etc.).
- (1) Instruction sur Vétablissement des nitrières, Paris, Imprimerie royale, 1777, publiée par les Régisseurs généraux des poudres et salpêtres, reproduite par Boussingault : Agronomi^ , Chimie agricole, Physiologie, t. Il, p. 28.
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- Les matériaux nitrifiables qu’on y incorporait étaient des fumiers très décomposés, des excréments humains, des houes de rues, des débris de végétaux, des balayures, etc. La terre, brassée avec ces matériaux, était disposée en meules aérées par des drainages en clayonnages ou des fagots placés bout à bout. On l’arrosait de liquides putrescibles: urines humaines et animales, purin, eaux de vaisselle, lessives des blanchisseuses, etc. Au bout de deux-ans environ, la ni trière était exploitée et fournissait en moyenne 5 grammes de salpêtre brut par kilogramme de terre.
- Les rendements étaient donc très faibles, ce qui tient surtout à la nature des maticresqu’emières employées. Parmi celles-ci, les unes étaient très réfractaires à Faction des micro-organismes et no fournissaient pas aux ferments de la nitrification l’ammoniaque en quantité suffisante pour leur permettre de donner toute la mesure de leur activité; tels étaient, par exemple, les résidus végétaux, qui, se transformant en terreau, subissaient la fermentation humique et échappaient ainsi à l’action des microbes produisant l’ammoniaque. D’autres, comme les eaux résiduaires des blanchisseuses, étaient nuisibles aux ferments nitriques et paralysaient momentanément leur action. D’autres enfin, comme le sang et les résidus des abattoirs, fournissaient facilement l’ammoniaque, mais n’étaient pas apportés avec la méthode désirable. En excès, au début, ils rendaient le milieu réducteur et favorisaient le développement des moisissures et des bactéries antagonistes de la nitrification. Cette dernière s’établissait ensuite, jusqu’à épuisement de l’ammoniaque formée et s’arrêtait alors en laissant le champ libre aux organismes dénitrificateurs, qui venaient détruire en partie le nitre formé. La marche de la nitrification était donc discontinue et passait un certain nombre de fois par ces diverses phases, depuis l’établissement de la nitrière jusqu’à son exploitation.
- Les recherches qui précèdent montrent que, pour que la nitrification atteigne l’activité la plus grande, il est nécessaire qu’elle soit continue; que l’on fournisse sans cesse aux ferments nitriques l’aliment à la dose la plus favorable et qu’on maintienne en permanence les conditions les meilleures pour leur travail. Il y a, en effet, dans les nitrières, comme dans la terre, et en général, dans tous les milieux où travaille une complexité d’organismes, qui vivent de matériaux communs, un antagonisme constant, qui aboutit à une sorte d’équilibre entre leurs actions. Si Lun d’eux jouit de conditions plus particulièrement favorables à son action, et en particulier d’un aliment abondant, cet équilibre est rompu; il prend aux dépens de ses concurrents un développement et une activité tels que ces derniers n’apparaissent plus que comme des éléments parasites. Si les circonstances favorables disparaissent, les organismes qui avaient été momentanément écartés, reprennent leur place, et même certains d’entre eux peuvent venir jouer un rôle prépondérant, car les éléments élaborés parleurs précédentscon-
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- currenls, sont pour eux souvent un aliment, et par suite une circonstance favorable à leur développement.
- Dans rétablissement des nitriôres, nous n’avons jamais eu recours aux cultures pures, trouvant dans les milieux complexes naturels une intensité d’oxydation extrêmement grande, supérieure de beaucoup à celle qu’on aurait pu obtenir avec les organismes cultivés à l’état de pureté. Il eût, du reste, dans la pratique, été impossible de réaliser cette dernière condition, et nous avions surtout pjour but l’obtention des nitrates par des procédés industriels. Au début de l’installation d’une nitrière, nous nous trouvions donc en présence de la multiplicité des organismes qui peuplent les sols et agissent, chacun pour son compte, remplissant des fonctions différentes. Ces fonctions, vis-à-vis des matériaux azotés, qui se trouvent dans la nitrière, peuvent se résumer de la façon suivante' :
- 1° Le processus d’oxydation qui aboutit au nitrate;
- 2° Le processus de réduction qui tend à réduire le nitrate;
- 3° Le processus d’assimilation, qui immobilise l’azote nitrique ou ammoniacal par la formation de nouvelles cellules des divers organismes en présence. Ces actions antagonistes s’exercent en permanence et la production du nitrate n’est que la résultante de ces effets opposés. Mais, lorsque les conditions de la nitrification se trouvent bien remplies, l’activité des organismes nitrifiants est à tel point prédominante, qu’elle annihile presque entièrement celle des autres organismes, dont le rôle devient en quelque sorte nul. Aussi, pratiquement, peut-on admettre que lorsqu’une nitrière est placée dans les conditions les plus favorables, la nitrification est le seul phénomène qui s’y produise. Il en est autrement, lorsque ces conditions ne sont point remplies, lorsque l’aération est insuffisante, lorsque l’humidité est ou trop forte ou trop faible, lorsque les concentrations des sels ammoniacaux donnés, ou celles du nitre formé sont trop grandes, lorsque la température est trop basse ou trop élevée, lorsque la matière nitrifiable, l’ammoniaque, vient à manquer, lorsque le calcaire vient à faire défaut, etc. ; les ferments nitrificateurs se trouvent paralysés, et les organismes antagonistes peuvent prendre le dessus. On voit alors la nitrification arrêtée et, de plus, le nitre formé disparaître en partie, soit par un dégagement d’azote libre ou d’oxyde d’azote, soit par un retour à l’état ammoniacal, soit encore par la formation de substances organiques ou plutôt organisées, les êtres inférieurs qui se multiplient, surtout les moisissures, l’utilisant pour la constitution de leurs propres tissus.
- De là la nécessité, pour obtenir la rapidité la plus grande et aussi le maximum de rendement en nitre, de veiller à ce que, à aucun moment, il n’y ait un arrêt ou même un ralentissement dans la marche normale de l'accumulation du nitre. De là aussi l’obligation, pour .éviter toute perte de nitre par rétrogra-
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- dation, do procéder sans retard à la lévigation des matériaux nitrés, quand ceux-ci ne s’enrichissent plus avec la mémo activité. Faute d’opérer ainsi, on-s’expose à des déperditions notables de l’azote avec lequel on alimente la. nitrière.
- Choix des matériaux constituant le corps de la nitrière. — Ce sont les milieux les plus riches en humus, qui conviennent le mieux. Il faut choisir do-préférence le terreau, qui est déjà une véritable nitrière et qui contient des organismes actifs. Mais le terreau n’est pas une substance naturelle qu’on ait à sa disposition en quantité illimitée; il a besoin d’être fabriqué et sa préparation demande plusieurs mois; aussi atteint-il un prix assez élevé.
- D’après nos études, les nitrières de tourbe donnent des rendements aussi bons et même meilleurs que*celles de terreau, et il est facile de se procurer coproduit, dont il existe d’immenses gisements, le plus souvent inexploités. C’est donc l’emploi de cette dernière que nous conseillerons. On peut choisir indistinctement la tourbe mousseuse de surface, ou la tourbe compacte de fond, à condition que cette dernière ne soit pas trop riche en éléments terreux, pourne-constituer simplement qu’une terre très humifère.
- Installation. — La tourbe, telle qu’elle est extraite, est en général gorgée d’eau et assez friable ; elle peut être divisée facilement et amenée à l’état d’émiettement semblable à celui du terrreau. Elle ne contient généralement pas de chaux carbonatée ; il est nécessaire d’en incorporer à raison de 10 p. 100-environ. Le carbonate de chaux employé dans ce but devra être aussi riche que possible, c’est-à-dire ne contenir que très peu d’argile ou de silicates divers, qui apporteraient dans la nitrière un élément inutile. Les calcaires pauvres-sont d’ailleurs souvent moins friables et plus résistants aux actions solubilisantes, soit des organismes, soit des solutions de la nitrière. Les roches crayeuses friables, comme celles qui forment le sous-sol de la Champagne, et en général de l’étage géologique du crétacé conviennent à cet effet. Il est bon qu’elles soient amenées à un état de finesse aussi grand que possible. Il sera bon d’incorporer en même temps que la craie du phosphate de chaux naturel, environ 1 p. 100 dont l’effet sera très utile sur le développement des organismes.
- Le mélange de tourbe et de calcaire rendu homogène devra être amené à un état d’humidité que l’on appréciera le mieux à la main. Il devra donner l’impression d’un terreau bien ressuyé, ne mouillant que très faiblement les objets, mais cependant assez humide pour qu’une poignée serrée entre les’mains no s’effrite pas d’elle-même, une fois lâchée. Ce résultat atteint, la tourbe contiendra environ 55 à 60 p. 100 de son poids d’humidité. Pendant le fonctionnement de la nitrière, cette humidité devra être maintenue à peu près constante par des arrosages répartis dans toute la masse par des brassages ; ces derniers serviront en même temps à assurer l’aération, le foisonnement de la.
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- masse et la multiplication des organismes nitrificateurs. La tourbe contient naturellement ces ferments et pour leur donner sur les autres micro-organismes la prépondérance qui caractérise unenitrière en activité, il suffît de leur fournir un sel ammoniacal et do les placer dans les meilleures conditions de température, d’aération et d’humidité. Mais cette mise en train est assez longue, ces organismes n’ayant pas au début toute leur activité. On peut gagner du temps en apportant des ferments nitrificateurs vivaces, en ensemençant abondamment avec du terreau ou avec les matériaux d’une autre nitrière en pleine activité, constituant en quelque sorte un levain ; on fera ainsi une opération analogue à celle que l’on pratique, lorsque, en vinification, on prépare un pied de cuve pour avoir dès le début une fermentation très active. L’analogie est même plus complète encore. Pendant la mise en train de la nitrière, il y a, en effet, de l’azote ammoniacal qui disparaît sans se retrouver à l’état nitrique. Il faut attribuer au peu de vigueur des ferments nitrificateurs ces pertes qu’on constate chaque fois que l’activité nitrifiante se ralentit. On diminue beaucoup celles qui se produisent au début, en ensemençant avec des organismes vigoureux, ce qui peut se comparer à l’effet de l’emploi d’un pied de cuve dans la fermentation des jus sucrés dont on augmente ainsi sensiblement le rendement en alcool.
- Il sera donc bon d’ajouter à la tourbe environ 1 p. 100 de terreau ou de terre en voie de bonne nitrification.
- Le mélange ainsi ensemencé devra être placé dans un local pouvant être chauffé, sur une aire cimentée ou carrelée, qui ne fournisse pas aux moisissures” par sa porosité ou sa rugosité, un support favorable. On en fera une meule qui sera de forme analogue à celles qui servent à la culture des champignons. On lui donnera au maximum un mètre d’épaisseur. Quant à la température de la nitrière elle devra osciller autour d’une moyenne que nous avons déterminée et qui est située entre 25 et 28°. En pratique, c’est à cette température relativement basse qu’il faudra se tenir, quoique nous sachions que l’optimum, pour les cultures pures de ferments nitrificateurs, est voisin de 36°; mais cette dernière température est aussi très favorable aux ferments antagonistes, en faveur desquels l’équilibre peut se trouver ainsi rompu, et cela se produit d’autant plus facilement que le milieu est plus riche en matériaux organiques. Nous avons en effet constaté que plus une nitrière en est chargée, moins il faut s’approcher de la température de 36° qu’on ne doit atteindre que quand on opère dans des milieux minéraux. Pour se trouver dans les conditions les plus favorables, il faut, d’un côté l’abondance de la matière organique, qui favorise le développement des organismes nitrifiants, et de l’autre F abaissement relatif de la température qui empêche la prédominance des organismes antagonistes, en faveur desquels l’équilibre pourrait ainsi se trouver rompu.
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- Alimentation et entretien. — Voici donc la nitrière prête à recevoir la matière première, l’azote ammoniacal. C’est sous forme de sulfate que nous l’employons, car c’est le produit commercial le plus abondant et le plus avantageux. Nos essais ont montré que la nitrification pouvait se poursuivre dans des solutions qui contenaient jusqu’à 60 et 80 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre, mais que l’on avait avantage à ne pas dépasser la concentration de 8 à 10 grammes. Pour le cas particulier de la nitrière de tourbe contenant 60 p. 100 d’eau, nous nous placerons dans de bonnes conditions en y introduisant 3 grammes de sulfate d’ammoniaque par kilogramme, ce qui donne des solutions à 5 grammes par litre. Par mètre cube de tourbe nitrière qui pèse 5 à 600 kilogrammes, c’est donc lk»,500 à 1 k»,800 de sulfate d’ammoniaque qu’il faudra mettre en œuvre à la fois.
- En présence de cet aliment, les ferments nitrificateurs, soit préexistants dans la tourbe, soit introduits par la semence, vont trouver un champ d’action particulièrement favorable. Ils vont se multiplier, p’ar sélection peut-être donner naissance à des races plus actives, en tous cas prendre la place prépondérante parmi tous les organismes qui cohabitent leur milieu. Si, par des dosages, nous faisions le compte de l’azote ammoniacal transformé en' azote nitrique, nous verrions les progrès journaliers. En même temps que l’azote nitrique s’accroît, l’azote ammoniacal disparaît et disparaît en peu de temps. Si nous n’en renouvelions pas la provision, nous verrions parmi les micro-organismes les rôles changer ; -faute d’aliment à leur activité, les nitrificateurs seraient refoulés par les organismes qui transforment l’azote nitrique ou l’azote ammoniacal en produits insolubles ou gazeux perdus pour la nitrification.
- On voit donc l’importance qu’on doit attacher à la présence constante de l’azote ammoniacal au sein de la nitrière. C’est là un point délicat sur lequel doit porter toute l’attention de la personne chargée de son entretien. Par des essais fréquents, soit qualitatifs, soit quantitatifs, on doit s’assurer que l’ammoniaque ne manque jamais et s’efforcer de maintenir la dose autour de 0sr,600 d’azote ammoniacal ou 3 grammes de sulfate d’ammoniaque par kilogramme de tourbe humide.
- Pour introduire le sel ammoniacal, le mieux sera de dissoudre dans l’eau d’arrosage destinée à maintenir l’humidité que nous avons indiquée.
- Le carbonate de chaux primitivement donné, pouvant tendre à s’épuiser, il faut veiller à ce qu’il y en ait toujours un excès qui est indispensable à la nitrification que sa disparition totale arrêterait complètement. Sa consommation est assez grande, car pour la nitrification d’une molécule de sulfate d’ammoniaque, il faut deux molécules de’ carbonate de calcium pour saturer d’une part l’acide sulfurique du sulfate apporté et d’autre part l’acide azotique du nitrate formé.
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- Pour 132 grammes de sulfate d’ammoniaque qui disparaîtront, 200 grammes do carbonate de calcium seront consommés.
- Pour une partie de sulfate d’ammoniaque, il faudra donc apporter environ deux parties de craie contenant au moins 75 à 80 p. 100 de carbonate de calcium. L’apport do calcaire n’a pas besoin d’être fait fréquemment comme celui du sulfate d’ammoniaque ; mais il suffira de s’assurer de temps en temps qu’il est constamment en excès. Quelques parcelles de tourbe sont additionnées de quelques gouttes d’acide chlorhydrique. S’il se produit une forte effervescence, il y a assez de carbonate de chaux; mais il ne faut pas considérer qu’il y a forte effervescence lorsque les bulles de gaz partent de quelques points isolés de tourbe. Elles sont produites par des grains de calcaire plus résistants qui ne sont pas propres à entretenir une nitrification intense, comme l’est le calcaire très fin, bien réparti en tous les points de la masse. Dans ce dernier cas, donc, il sera encore nécessaire de renouveler la provision de calcaire.
- . L’eau d’arrosage, dans laquelle on aura dissous le sulfate d’ammoniaque et. délayé le calcaire pulvérisé devra être parfaitement répartie dans toute la masse de la nitrière. On y parvient en effectuant un brassage qui est d’ailleurs utile pour assurer une bonne aération. Fréquemment, chaque jour si possible, la nitrière sera remuée, émiettée et mise au contact de l’air de haut en bas.
- A l’aide d’une bêche, on découpera sur une paroi une tranche de 50 centimètres que l’on émiettera et reportera 50 centimètres plus loin en mettant à la partie inférieure ce qui était en haut et en haut ce qui était au contact de la sole; on continuera ainsi par tranches de 50 centimètres jusqu’à l’autre extrémité du tas. En un mot, on opérera comme les horticulteurs qui ont à faire un profond défoncement.
- Telles sont les opérations qui constituent en quelque sorte l’entretien journalier de la nitrière. Mais il est bon de se rendre compte en outre de la constatation de la provision d’ammoniaque, de son fonctionnement, par des dosages du nitre formé. Un essai chaque mois est amplement suffisant. La nitrification, au début très lente, s’accentuera peu à peu. Au bout de quinze jours, à un mois, elle a’ura pris un régime normal.
- D’après nos essais, la production journalière d’azote nitrique est d’environ 0sr, 100 par kilogramme de tourbe humide, ce qui correspond à 50 ou 60 grammes d’azote nitrique ou 350 à 400 grammes de nitrate de potasse par mètre.cube de la nitrière.
- A partir du deuxième mois, cette production se maintiendra jusqu’au moment où les solutions d’azotate de chaux deviendront assez concentrées pour ralentir la nitrification. Cette concentration correspond à environ 200 grammes de nitrate de potasse par litre, .ou 120 grammes par kilogramme de tourbe humide, ou 60 à 70 kilogrammes par mètre cube de la nitrière. D’après nos
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- chiffres, ce résultat serait atteint au bout de 170 ou 180 jours, c’est-à-dire au bout de six mois environ. A ce moment, la nitrière ne s’enrichissant plus sera bonne à être exploitée. Il faudra alors le faire sans retard et ne pas attendre que la nitrification soit arrêtée complètement. En effet, lorsqu’elle no se poursuit plus que lentement, on voit réapparaître les phénomènes constatés au moment de la mise en train et qui aboutissent à des pertes d’azote. Le lavage de la tourbe nitrée n’offre pas de difficultés. Il pourra avoir lieu par les procédés méthodiques dont on se servait autrefois, pour l’exploitation des ni trières artificielles ou des terres nitrées naturelles, procédés qui avaient été portés à un grand degré de perfection. Le lavage méthodique donne directement une solution concentrée pesant environ 15° à l’aréomètre Baumé et contenant 15 p. 100 -dèmitrate de calcium. Nous dirons plus loin comment on peut la traiter pour la production de l’acide azotique ou des azotates alcalins.
- Il est inutile de s’astreindre lors du lessivage de la nitrière à faire un épuisement parfait des matériaux. Ceux-ci, en effet, seront utilisés pour constituer une nouvelle nitrière déjà toute ensemencée. Il suffira de laisser essuyer convenablement la tourbe lavée pour l’amener au degré d’humidité convenable, d’y incorporer, si besoin est, une nouvelle quantité de calcaire et d’en faire un tas semblable, au précédent. Par l’addition du sulfate d’ammoniaque, on provoquera une nitrification immédiate et très active, car les ferments nitrificateurs ont persisté avec toute leur vitalité, après le lessivage qui se fait à l’eau ordinaire, sans une addition de chaux ou de cendres, qui serait inutile. Dans cette nouvelle nitrière, on évitera donc la lenteur de la période de la mise en train •et on aura dès le début une marche normale et rapide, si on l’entretient en ammoniaque comme on l’a fait pour la première.
- En opérant comme nous venons de l’indiquer, les mêmes matériaux resserviront donc plusieurs fois, ce qui constitue une économie considérable, et à la 'fin de chaque opération, ces matériaux seront tout prêts pour constituer une nouvelle nitrière très active.
- Si nous comparons les rendements que nous obtenons ainsi à ceux des anciennes nitrières, nous sommes frappés de leur énorme supériorité. En effet, on obtenait autrefois, dans une bonne nitrière au bout de deux ans, 5 kilogrammes de salpêtre par mètre cube, 1 mètre cube de tourbe en donne par jour 350 à 400 grammes, soit une quantité soixante fois plus forte dans le même temps et pour des nitrières de même étendue. Nous voyons déjà la possibilité de produire d’énormes quantités de nitre, qui correspondraient, pour une nitrière de 1 hectare et pour une épaisseur de couche de 1 mètre, à 3 000 000 de kilogrammes de salpêtfe.
- Quoique ces quantités soient déjà énormes, nous avons cherché à les augmenter encore et nous y sommes parvenus en substituant aux nitrières établies
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- eu tas, de matières terreuses ou tourbeuses, des nitrières clans lesquelles le sel ammoniacal sc déverse d’une façon continue sur un champ oxydant constitué par des amas de tourbe recouverts d’organismes nitrificateurs.
- Ces tentatives ont été pleinement couronnées de succès.
- II. — NITRIÈRES CONTINUES A DÉVERSEMENT
- Autrefois, on ne concevait pas la nitrification en dehors des matériaux terreux et l’on attribuait à leur porosité un rôle prépondérant dans l’oxydation de l’ammoniaque et des matières organiques et par suite dans la formation du nitre. Mais MM. Sclilœsing et Münlz (1), dans leurs premières études, ont démontré que la porosité ne jouait aucun rôle et que la nitrification était une fermentation pouvant se poursuivre dans des solutions suffisamment aérées. Ce phénomène est activé lorsque le liquide s’écoule sous une mince couche au contact de l’air. Il peut acquérir une intensité plus grande lorsque les matériaux sur lesquels ce liquide se déverse offrent une surface irrégulière qui multiplie le contact avec l’oxygène aérien.
- Ces idées ont reçu une application dans l’épuration des eaux d’égout et même des eaux potables, en Angleterre notamment. On a établi des champs oxydants constitués par des lits de mâchefer provenant de la combustion de la houille, concassé en morceaux de la grosseur d’une noix, sur lesquels on fait couler les eaux d’égout. Ces champs oxydants n’entrent pas en fonction immédiatement. 11 faut que les fragments de mâchefer se recouvrent de colonies d’organismes actifs pour que les phénomènes d’oxydation acquièrent leur intensité normale, qui devient très grande au bout de quelque temps. Ce système d’épuration, qui ne paraît pas avoir reçu jusqu’à présent d’application pratique en France, a été expérimenté avec un très grand soin par M. le Dr Calmette, à la station de la Madeleine, à Lille. Ses collaborateurs, MM. Boullanger et Massol, ont repris l’étude cle la nitrification et, en particulier, ont étudié le rôle du support. Parmi les matériaux, qu’ils ont essayés : sable, porcelaine poreuse, brique, escarbilles concassées, les dernières ont donné la plus grande activité à la nitrification des liquides qui les mouillaient.
- Leurs résultats expliquent la rapidité extraordinaire de l’action des champs oxydants pour l’épuration des eaux d’égout. Il est vrai que ces eaux sont des solutions très étendues, qui ne contiennent jamais que quelques cent millièmes d’ammoniaque.
- (1) Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 30t.
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1015*
- Nous avons cherché si l’on pouvait se servir pratiquement de ce procédé pour obtenir de grandes quantités de nitrates, dans des solutions beaucoup plus concentrées, susceptibles d’être traitées ensuite industriellement pour l’extraction du salpêtre.
- Comparativement avec les escabilles, nous avons essayé d’autres supports,, et en particulier le noir animal en grains. Des cloches à douille de 5 litres de capacité ont été remplies, l’une d’escarbilles broyées, de la grosseur d’une noisette, bien lavées, l’autre de noir animal do raffinerie en gros grains. Le contenu de ces cloches a été humecté avec des solutions nitriliables contenant 2§r,S de sulfate d’ammoniaque par litre, ainsi que les éléments indiqués par M. Omeliansky : phosphate de potasse, sel marin, carbonate de magnésie, etc.,, et abondamment ensemencées avec de la délayure de terre. Les deux cloches,, maintenues entre 30° à 35° étaiejit traversées par un lent courant d’air appelé par une petite trompe. Deux fois par jour, on les arrosait à raison de 40 coeliaque fois avec la solution nitrifiante.
- La nitrification s’est établie rapidement en passant par les phases que l’on observe ordinairement dans les milieux liquides. Les nitrites sont d’abord apparus, et, au bout d’une dizaine de jours, les liquides que l’on recueillait à la partie inférieure ne contenaient plus que de très petites quantités d'ammoniaque i Le onzième jour, après la mise en train de l’expérience, par exemple, les liquides écoulés contenaient par litre :
- Cloche avec noir animal, gr-
- Azote nitreux........................... 0,382
- Azote nitrique.......................... 0,039
- Azote ammoniacal ....................... 0,002
- Le noir animal et les escarbilles paraissaient donc jusqu’alors également convenir à leur rôle de support. A partir de ce moment, les nitrites ont, dans les deux cloches, disparu progressivement pour faire place aux nitrates, et on a ajouté aux solutions nitrifiantes du sulfate d’ammoniaque, de façon à porter progressivement la concentration de ce sel à 7=r,5 par litre. On a, en même temps, augmenté le volume des liquides que l’on faisait passer par vingt-quatre heures, de façon à atteindre le maximum de la production des nitrates en un temps donné. On s’est efforcé de saisir le moment où cette production maxima a eu lieu en faisant fréquemment l’analyse des solutions nitriques.
- L’expérience a été mise en train le 20 mars. Voici quelques-uns des chi 11 res obtenus :
- Cloche avec escarbilles, gr.
- 0,366 traces 0,00 i
- To.ne 109. — Octobre 1937.
- 67
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- 1016
- AGRONOM IF.
- OCTOBRE 1807.
- Volume passé A: oto nitrifié Azote nitrifié
- Concentration on 24 heures. par litre. par 24 heures.
- solutions:. Noir Noir Noir
- Dates. nitrifiantes. animal. Escarbilles. animal. Escarbilles. animal. Escarbilles.
- cc. cc. gr- gr- gr. gr.
- 17 mai. . 1&T,'6 parJitre. 160 80 0,740 1,165 0,118 0,093
- 27 juin. ., 7*r,5 — 240 80 1,278 1,143 0,307 0,091
- 3 juillet; 7sg5* — 360 360' 1,213 0,835 0,437 0,300
- 11 — 78’’, — 480 480) 1,168 0,655; 0,561 0,314
- 17 — 10 gr. — • 360- 360 0.963 0,430 0,347 0 155
- De ces-chiffres-découlent1 plusieurs conclusions ; ils-montrent qu’à partir do 7gr,5<de sulfate d’ammoniaque c’est-à-dire de lgr,400 d’azote ammoniacal par litre, lar nitrification test notablement ralentie. On ne peut donc pas pratique-ment?augmenterv la concentration clesr solutions nitrifiantes. A la dose de 7®r,5 p. 1000; et* avec la vitesse d’écoulement indiquée, là nitrification du sulfate d’ammoniaque a été incomplète, puisque, sur lgl’,500 d’azote ammoniacal donné, lgr,200‘seulement environ ont été oxydés, même dans les conditions les plus favorables;
- Lorsqu’on ai augmenté cette concentration;, la quantité absolue d’azote nitrique formé, au lieu de continuer, à augmenter, a diminué et est tombée de lgl’,200 à 0sr,950.
- Lorsqu’on fera couler les solutions-enmappes sur des matériaux poreux ou à surface irrégulière, on aura à tenir compte de ces faits et pour obtenir le maximum d’intensité dans lè nitrification, on ne devra pas dépasser la dose de lgr,200 à igr,500 d’azote ammoniacal par litre.
- Si nous- comparons l’action des escarbilles à celle du noir animal, nous voyons que ce dernier constitue pour la nitrification un support plus favorable.
- 5 litres de scories n’ont produit que 0gr,300 d’azote nitrique en vingt-quatre heures, tandis que le même volume de noir animal en a fourni 0gr,560.
- On peut remarquer que ces chiffres sont déjà assez élevés pour qu’on puisse songer à faire une application pratique pour l’obtentiomde grandes quantitésde nitrates. 5 litres de noir animal'ont en effet;produit en vingt-quatre heures 0gr,560 d’azote nitrique, correspondant!à*3gr,60 environ de nitrate de potasse; avec 1 mètre cube, on pourrait donc fabriquer par jour 720 grammes de salpêtre.
- Ce rendement est à peu près-double de celui que nous ont donné dans les meilleures conditions les nitrières terreuses de tourbe ou.do terreau, auxquelles nous incorporons du sulfate d’ammoniaque à mesure de sa disparition et pointa nitrification intensive, le déversement clés liquides ammoniacaux sur le champ oxydant se montre ainsi supérieur à l’établissement des nitrières terreuses en tas, même amenées à leur plus grande activité.
- Par contre, le procédé au noir animal offrirait en pratique des inconvé-
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- DES .NITRIÈRES- A HAUTS-RENDEMENTS. 1017
- ri ion ts: (| uc lu1, coin penserait peut-êtrp pas cette augmentation de production. Le noinanimal est d’un.prix élevé et Létalilissement(d’une nitrière un peu étendue représenterait*uneunise de fonds considérable.
- . En outre, l’état* de' dilution dans-lequel se trouve * le nitre produit, oblige à évaporée de, grandes masses d’eau. LeMiquicle nitrifié ne renferme que 8à9 grammes de salpêtre par litre, ce qui enlève beaucoup de sa valeur à ce mode dé nitrification,[d’ailleurs si rapide.
- . Il, convient;, cependant de chercher si ces t liquides ne peuvent pas être enrichis en nitrates, pour diminuer d’autant les* frais de concentration. Nous avons déjà dit* qu’on ne pouvait pas augmenter <da proportionmnitiale de sel ammoniacal, sans voir l’activité nitrifiante, se ralentir. Mais on sait que les liquides déjà riches en mitre peuvent,contin Lier à nitrifier quand on y ajoute des sels,ammoniacaux. MM. Boullanger eLMassol- ont en effet montré que jusqu’à une concentration quir correspond à 20 et 25 grammes* de.nitrate de potasse par litre, la nitrification' se poursuit-sans ralentissement, à condition- que l’on ne mette* jamais à la fois que de-petites quantités du sel aminoniacal, que l’on remplace au fur et à mesure de sa disparition. D’autre part, nos propres recherches ont établi qu’au* sein des nitrières terreuses, la concentration maxima que la nitrificatiompouvait atteindre, sans ralentissement-sensible, était beaucoup plus élevée encore et voisineMe 200 grammes de nitrate de-calcium par litre.
- Nous avons clone, pensé qu’au* lieu d’éyaporer la solution ne renfermant qu’en vironj p. 100 de mitre, on pouvait y introduire une quantité de sel ammoniacal identique à celle qu’il y avait à l’origine, la faire repasser sur le champ oxydant une ou plusieurs fois, en remplaçant chaque fois le sel ammoniacal nitrifié,, jusqu’à la limite où la proportion cle nitre. formé entrave la nitrification. Nous n’avons pas poussé nos recherches dans ce sens sur le noir animal, mais nous avons réalisé l’expérience en nous servant de supports de tourbe qui, ainsi, que mous de i verrons,, donnent* des résultats beaucoup plus satisfaisants que lemoiivcleraffinerie et sont d’un emplqhplus pratique.
- Les. résultats que nous-exposerons plus bas-montrent que cet enrichissement est-possible-'et que. le procédé.aie nitrification? -par,- » déversement de solutions ammoniacales sur des-supports solides permet d’obtenir non seulement-de grandes- quantités-de nitre, mais aussi des solutions assez concentrées pour être évaporées, économiquement.
- Nous avons été amenés à essayer l’emploi- de la tourbe comme support, à la suite des recherches sur le rôle de, la matière humique clans la nitrification: Son emploi pour former des nitrières-terreuses nous a donné une production beaucoup plus intensive de nitrates que doute autre, terre. Comme support à la nitrification par déversement cle solutions ammoniacales; les résultats n’ont pas été, moins satisfaisants.
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- 1018 . AGRONOMIE. ---- OCTOBRE 1007. ‘
- L’expérience suivante nous a montré la possibilité de son emploi dans ce but : do la tourbe très mousseuse do Hollande, utilisée comme succédané do la paille pour la litière des animaux, a été divisée en morceaux do la grosseur d’une noix, et mise à gonfler avec une solution nitritiable contenant par litre 2»r,5 de sulfate d’ammoniaque et dans laquelle on avait délayé du carbonate de chaux fin et un peu de terre de jardin.
- On a introduit le tout dans une cloclie à douille, en laissant égoutter, mais de façon à faire retenir par la tourbe tout le carbonate de chaux. Comme avec le noir animal, la cloche a été maintenue à 30° et 35° et était traversée par un lent courant d’air. Chaque jour, on arrosait avec 180 centimètres cubes de la solution nitritiable à 2sr,5 de sulfate d’ammoniaque par litre et on cherchait qualitativement l’ammoniaque non nitrifiée dans les liquides recueillis. L’expérience fut mise en train le 25 janvier ; le 3 février la nitrification était complète et on porta la concentration à 5 grammes, puis le 15 février à 7§T,5 par litre. A ce moment, les organismes étaient assez actifs pour que 375 centimètres cubes de cette solution à 7,5 p. 1 000 fussent nitrifiés sans laisser de résidu d’ammoniaque.
- Cette première expérience avait montré que la tourbe mousseuse pouvait avantageusement remplacer le noir animal et nous avons alors orienté nos recherches de façon à déterminer la puissance do nitrification dont la tourbe est susceptible, lorsque les conditions sont les plus favorables.
- A cet effet, nous avons déterminé l’influence de la température, de la vitesse avec laquelle on fait couler les solutions ammoniacales et de la concentration de ces dernières sur la quantité de nitrates fournis par un volume donné de tourbe.
- INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LA MARCHE DES N1TRIÈRES DE TOURBE
- A DÉVERSEMENT
- Nos recherches ont porté sur deux échantillons de tourbe très dissemblables. L’un était de la tourbe litière de Hollande. L’autre provenait d’un sondage effectué dans le marais. d’Andryes (Yonne). C’était une tourbe de décomposition peu avancée, mais assez compacte. Ces tourbes, la première complètement séchée à l’air, l’autre partiellement, furent imprégnées d’une solution nitrifiable à 2sr,5 par litre de sulfate d’ammoniaque dans laquelle on avait délayé, pour 5 litres de tourbe, 200 grammes de blanc de Meudon finement pulvérisé, ainsi que du terreau pour ensemencer d’organismes actifs.
- L’appareil dans lequel l’expérience fut réalisée doit être décrit avec quelques détails : La tourbe était placée dans une éprouvette droite à pied, de 1 litre de capacité à tubulure inférieure T (fig. 2) qui était fermée par un bouchon de caoutchouc -à un trou traversé par le tube «, se recourbant à l’intérieur. Extérieurement, ce tube faisait communiquer l’éprouvette avec le flacon F
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- DES N1TR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1019
- relié par le tube b à une trompe à perle p. L’éprouvette était remplie de la tourbe préparée comme nous l’avons indiqué plus haut et qui devait être dans le cours de l’expérience arrosée de solutions nitrifiables. Celles-ci s’égouttant peu à peu étaient entraînées par le courant d’air traversant le tube a et appelé par la trompe à perle p. Ces liquides nitrifiés ainsi remontés sous forme de gouttes très espacées se réunissaient dans le flacon F.
- Ce dispositif réalisait donc l’aération permanente de la tourbe contenue dans l’éprouvette ainsi que l’évacuation des liquides qui provenaient de son égouttage.
- Fi
- 2.
- Chaque éprouvette était recouverte d’un verre de montre pour éviter l’évaporation. ' '
- Ces éprouvettes, groupées deux par deux, Lune contenant la tourbe mousseuse, l’autre la tourbe compacte, étaient placées dans 5 bain-marie A, B, C,D,E, pleins d’eau, dont on maintenait la température constante à l’aide d’un régulateur de Schlœsing R.
- La température fut ainsi réglée :
- Bain marie A.............................. 24°
- — B.............................. 27°
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- 1020 ' AGRONOMIE. — OCTOBRE* 1907.
- Ces bains-marie communiquaient entre eux par l’intermédiaire de siphons S. On faisait arriver dans le premier*A un pîetit'filet1 d’eau pour compenser les évaporations,- l’excès était évacué du dernier bain-marie E par un tube à niveau constant.
- Toutes les trompes à perle étaient groupées sur un même bac plein1 d’eàu dont on maintenait le niveau constant*. Chaque trompe 'était alimentée par un siphon formé d’un tube capillaire. En remontant ou en descendant ce siphon, on arrivait à m.odérer ou à augmenter son débit et par conséquent' celui de l’air rappelé par la trompe. Ce débit était d’un autre côté dinlinuéymais régularisé en faisant plonger les tubes d’aspiration dans l’eau du bac B' dont le niveau était maintenu constant à l’aide du siphon S'. On pouvait ainsi régler les trompes de façon qu’elles aient sensiblement le même débit, qui pour l’expérience fut d’environ 12 à 15 litres d’air à l’heure.
- Les tourbes en expérience avaient été imprégnées d’une solution de 2er;5 par litre desulfate d’ammoniaque. C’est avec cette solution que l’on commença à arroser chaque éprouvette. Afin de ne pas faire baisser,la température en effectuant, cet arrosage, les solutions étaient conservées dans des flacons plongés dans l’eau de chaque bain-marie, et avaient par suite la Température afférente à celui-ci. Pour, éviter l’épuisement du carbonate detchaùx mélangé:àvda tourbe, on avait introduit dans le liquide d’arrosage-la quantitéjde carbonate de chaux correspondant au, sulfate d’ammoniaque,isoit le double du^poids d'ecîce dernier/
- L’expérience fut'commencée le 6 marsir,Chaque, jour on arrosait-trois fois, le matin, >à midi-et le soir, à raisonrde^OiccntiinètreS'tCubes chaquei fois,;en mettant » le blanc ide' Meudon en1 suspension, idans ,1e ^liquide, d’arrosage.fLes • liquides écoulés et réunis dans le flacon F étaient-' essayés ^qualitativement au point de vue des nitrites et des nitrates. Jusqu’au 13 mars,- on n’a pas constaté de nitrification appréciable, mais à partir de ce moment, elle s’est déclarée brusquement par la formation de nitrites.
- Le 17 mars, les dosages des liquides écoulés ont donné :
- TOURBE MOUSSEUSE;:-U
- Azote par litre.
- Degrés. .Nitreux. Nitrique. Nitrifié total.
- gr. ... : gr. -r- ' gr.
- 24 traças 0,01 . 0,013; »
- 27 ... 0,019 . 0,048 0,067 -
- ‘30 0,045 0,032 0,077
- 33 0,122 0,019 ' 0,141- ’ -
- .36 0,074 0,032]rî ; .0,106.ut-
- TOURBE COMPACTE
- 24 . 0,019 0,029 .. 0,048
- 27 t 0,087 0,045 * 0,132
- 30 0,141 0,02a 0,166
- 33 ; 0,266 0,032 0,298
- 3G 0,244 0,003 0,247
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- DES -NiTRIÈRES A HAUTS 'RENDEMENTS. »102l
- Ces observations donnent lieu à quelques remarques.
- Il y a d’abord eu une période d’incubation.qui a duré une semaine et;pen-
- dant laquelle les- organismes nitrifiants*n’ont pas donné de*preuves de leur vitalité, puis d’une façon brusqueries >nitritessonL apparus-en même ! temps que l’ammoniaque disparaissait. D’autre^part, la^température a eu-une.influencettrès
- nette pendant cette pe sriode - d’incubation. {Elle a été optima à 33° pour la
- tourbe mousseuse, comme pour la tourbe-compacte.
- A partir du 17 mars, on a porté le \ olume des arrosages journaliers à 60 cc.,
- puis à 100 cc. Voici les résultats de dosages des liquides recueillis au cours de
- ce dernier régime :
- 21 mars : "TOURBE MOUSSEUSE
- Azote par litre.
- Degrés. Nitreux. Nitrique. Nitrifié total.
- gr- gr- . gr.
- 24 0,077 0,013 0,090
- 27 0,173 0,117 0,290
- 30 0,257 0,070 0,327
- 33 0,231 0; 122. 0,353
- 36 0;295 0,077 0,372
- TTOURBE COMPACTE
- 24 0;180 0,077 0,257
- 27 0,180 0,147 0,327
- 30 0.223 0,128 0,353
- 33 0,218 o;io3 0,321
- 36 0,231 •0,071 •0,302
- 21 mars : TOURBE’ MOUSSEUSE
- Azote par'litre.
- Degrés. Nitreux. “'Nitrique. 'Nitrifié total.
- ,'gr. gr- gr-
- 24 • • 0,148 0,109 0,257
- 27 0,430 0,090 ' 0,520
- 30 0,436 • 0,065 0,501
- 33 0,379 0,096 .0,473
- 36 0,392 0,102 0,494
- TOURBE' COMPACTE
- 24 0,308 0,096 1:0,404
- 27 0,122 ‘ 0,314 0,436
- 30 0,113 t0,302 0,417
- 33 0,038 *0,379 0.417
- 36 -0,192 i 0,174 ;0,366
- La nitrification est devenue* si-active-'que daHotàlité de * llazoterammoniacal
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- 1022
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- est nitrifiée. Le réactif de Nessler ne décèle en effet que des traces d’ammoniaque dans les solutions recueillies. 11 fallait donc augmenter l’intensité des' arrosages jusqu’au moment où cette ammoniaque réapparaîtrait, afin de permettre à chacune de nos nitrières de donner toute la mesure de leur activité, pour qu’on pût se rendre compte de l’influence réelle de la température.
- Le 24 mars, on porta à 140 centimètres cubes le volume journalier des arrosages; voici le résultat de dosages faits le 29 mars.
- TOURBE MOUSSEUSE
- Azote par litre.
- Degrés. Nitreux. Nitrique. Nitrifié total.
- gr- gr- gr.
- 24 0,430 0,096 0,526
- 27 0,218 0,289 0,507
- 30 0,096 0,411 0,507
- 33 0,122 0,404 0,526 '
- 36 0,026 0,513 0,539
- TOURBE COMPACTE
- 24 0,353 0,180 0,533
- 27 . traces 0,507 0,507
- 30 — 0,507 0,507
- 33 — 0,533 0,533
- 36 — 0,533 0,533
- Les nitrites ont fini par disparaître dans les solutions nitrifiées par la tourbe compacte qui, à ce point de vue, conserve encore l’avance que nous avons déjà constatée.
- 11 n’est pas, à ce propos, superflu de faire remarquer combien la fermentation nitrique est lente à s’établir. Alors que la fermentation nitreuse s’est déclarée au bout de 7 à 8 jours, la fermentation nitrique n’a guère commencé qu’après une quinzaine de jours. Dans toutes les expériences de cette nature, nous avons pu constater cette lenteur dans le développement du ferment nitrique, sur laquelle MM. Boullanger et Massol ont insisté, et qui avait fait croire à M. Winogradsky qu’il ne pouvait agir que lorsque le ferment nitreux avait transformé tout l’azote ammoniacal. Mais cette sorte de paresse du ferment nitrique ne se manifeste que pendant sa période de développement végétatif, 11 se montre au contraire extrêmement actif lorsqu’il est bien développé; car une fois la ni tri ère en marche normale, même lorsqu’on pousse la nitrification jusqu’à ses dernières limites, par des arrosages excessifs, on ne constate jamais que des traces de nitrites dans les solutions nitrifiées.
- Lés résultats ci-dessus ont montré qu’on pouvait encore augmenter les quantités de liquides déversés sur la tourbe. Le 29 mars, on commença à arroser à
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1023
- raison de 220 centimètres cubes par journée. Le 4 avril, on a trouvé dans les solutions nitrifiées : .
- TOURBE MOUSSEUSE
- Azote par litre.
- Degrés. Nitreux. Nitrique. Nitrifié total.
- gr. gr. gr.
- 24 0,026 0,449 0,475
- 27 traces 0,514 0,514
- 30 — 0,482 0,482
- 33 — ’ 0,520 0,520
- TOURBE COMPACTE
- 24 traces 0,514 0,514
- 27 — 0,475 0,475 '
- 30 — 0,462 0,462
- 33 — 0,514 0,514
- 36 — 0,482 0,482
- Quant à l’azote ammoniacal, il n’était toujours qu’à l’état de traces dans ces solutions, ce qui explique l’uniformité des résultats obtenus. On n’avait donc pas encore fourni toute la quantité d’ammoniaque que les nitrières étaient capables d’oxyder: Aussi, le 5 avril, à partir de 8 heures du matin, a-t-on fait des arrosages de 20 centimètres cubes chaque fois toutes les 20 minutes, et on les a continuées sans interruption jusqu’à 6 heures du soir; le volume total passé fut donc de 620 centimètres cubes ; le volume de la tourbe n’étant que de 1 litre ne retenait qu’environ 300 centimètres de liquide par sa porosité, à la fin de cette opération, les liquides anciennement nitrifiés qui imprégnaient la tourbe devaient être déplacés entièrement, et ceux que l’on recueillait en dernier lieu représentaient bien les arrosages faits à raison de 20 centimètres par 20 minutes, c’est-à-dire à raison de 1 *440 centimètres cubes par vingt-quatre heures.
- Ces solutions ont donné à l’analyse les résultats suivants :
- TOURBE MOUSSEUSE
- Azote par litre.
- Degrés. Nitreux.' Nitrique. Nitrifié total
- gr. . gr. gr-
- 24 0,026 0,263 0,289
- 27 traces 0,327 0,327
- 30 0,026 0,327 0,353
- 33 traces 0,347 0,347
- 36 — *0,398 0,398
- TOURBE COMPACTE •
- . 24 . 0,013 0,250 0,263
- 27 traces 0,295 0,295
- 30 0,026 0,333 0,359
- 33 traces 0,372 0,372
- 36 • 0,372 0,372'
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- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- Dans celle expérience, il y avait-maintenant un excès d’ammoniaque que les ferments n’avaient pu nitrifier ; aussi les résultats obtenus n’ont-ils plus' la même uniformité et ont plus de signification. La quantité d’azote nitrifié augmente avec la température, et c’est vers 36° qu’elle a été optima. Cependant -entre 30° et 36°, la différence n’a * pas été très -considérable dans les quantités nitrifiées. Même, au-dessous, à ,27° et à 24°, ^production de nitre n’a pas été notablement inférieure.
- Pendant la période d’incubation, au contraire, nous avons constaté un effet très différent. Il faudrait donc conclure que la température a surtout une action sur la végétation des ferments en voie de multiplication, tandis que les organismes adultes et bien développés y sont plus indifférents (1).
- Le 6 avril, on a encore effectué un arrosage intensif aurrégime de 1440 centimètres et demie par 24 heures comme la veille, et l’analyse des liquides recueillis le soir, lorsque ce régime a été bien régulièrement'établi, a donné :
- TOURBE MOUSSEUSE Azote par litre.
- Degrés. Nitreux. Nitrique. Nitrifié total
- gr. gr- gr.
- 24 0,071 • 0,321 0,392
- 27 traces 0,363 0,353
- -30 » 0; 392 0,392
- 33 r » >0,417 .0*417
- 36 » 0,462 0*462
- TOURBE COMPACTE
- 2’t -, traces ,0,289 0,289
- 27 0,071 0,301 < 0,372
- 30 0,026 '0,359 0,385
- 33 )) ’ 0,363 .0,363
- 36 » >0,289 0,289
- Ces chiffres montrent plus encore qu’entre des limites de température assez écartées, il n’y a pas de notable différence et que lorsque l’ammoniaque est donnée en suffisance, on obtient entre 24° et 36° clés quantités de nitre sensiblement égales.
- (1) Cette remarque expliquerait.peut-être certains.faits d’un autre ordre. Cette notion que M. Berthelot a exprimée en disant queJa terre était»,un,organisme vivante est très ancienne,, quoique très confuse chez les hommes des champs. Ils savent bien qu’à la fin de l’hiver, elle est inactive, <c morte », comme ils disent, qu’au printemps elle est assez longtemps pour reprendre sa vitalité, qu’elle reconquiert'cependant ’d’une façon très rapide après une sorte de période préparatoire et qu’elles ne perd plus au imoment des froids tardifs. Ils ont pour exprimer cette renaissance des termes, très imagés. Ils;'disent en particulier que la terre est « en amour » ou bien « en sève ». Les ferments nitriques ont un rôle tellement important parmi les organismes du sol qu’il est permis de chercher a cet ensemble de faits une explication dans ceux que l’on constate au sein des mitrières. L’analogie est d’ailleursiassez frappante.
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- DES NITRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1025
- Cos résultats ont été obtenus avec • une solution contenant'2 er, 5 de sulfate d’ammoniaque par litre, c’est-à-dire relativement peu concentrée! Il était nécessaire do vérifier ces faits pour des concentrations plus'grandes.
- Le 7 avril, on a commencé à arroser avec une solution de 5 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre, dans laquelle on délayait 10 grammes de blanc de Meudon, on* a augmenté progressivement le volume odes arrosages journaliers, et le 11 avril, supposant que la nitrification s’était bien adaptée à cette nouvelle concentration, on a arrosé comme précédemment pendant toute la journée, par 20 cc. doutes les 20 minutes,, c’est-à-dire à raison do 1 440 cc. par vingt-quatre heures. Les liquides recueillis le soir contenaient encore un excès d’ammoniaque non nitrifié* Le dosage adonné :
- TOURBE MOUSSEUSE Azote par litre.
- Degrés. Nitreux. Nitrique. Nitrifié total
- gr- gr. . gr.
- - 24 .0,071 0,365 0,436
- 27 0,077 0,414 0,591
- 30 traces o;s7i 0,571
- 33 » 0,584 0,584
- 36 » 0,597 0,397
- TOURBE COMPACTE
- 24 0,006 0,392 0,398
- 27 traces 0,520 0,520
- 30 )) 0,533 0,533
- 33 » 0,558 0,558
- 36 » * 0,533 .0,533
- Comme dans le cas d’une solution à 2^r,5 de^sulfate d’ammoniaque par litre, à partir de 27°, L’élévation jusqu’à 36^ de la tenipérature n’a pas eu d’effet sensible sur la proportion de l’azote nitrique formé.
- A partir du 13 avril, on a effectué les arrosages avec unesolution contenant par litre 7sr,5 de sulfate d’ammoniaque et 15 grammes de blanc.de Meudon. On en a augmenté progressivement le volume journalier, et le 19, on a.arrosé avec 1 440 centimètres cubes par 24 heures. Sous ce régime, il passait un excès d’ammoniaque non nitrifié, mais-des traces seulement* de nitrités. Les dosages ont donné les résultats suivants :
- Azote nitrique formé par litre.
- Degrés. Tourbe mousseuse. Tourbe compacte.
- gr- gr.
- 21 0,713 * 0J822
- 27 0,918 0,867
- 30 0,892 0,879
- 33 0,860 0,892
- 36 0,931 1,014
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- 1026
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- L’opération a été recommencée le 24 avril. An bout de quatorze heures d’arrosage à raison de 1 440 centimètres cubes par vingt-quatre heures les liquides qui s’écoulaient des éprouvettes contenaient :
- Azote nitrique formé par litre.
- Degrés. Tourbe mousseuse. Tourbe compacte.
- gr. gr.
- 24 . 0,642 0,578
- 27 0,693 0,648
- 30 0,616 0,629
- 33 0,623 0,764
- 36 0,591 0,757
- Les effets de la température ont donc été avec la solution à 7sr,5 de sulfate d’ammoniaque par litre très peu sensibles du moins à partir de 27°.
- Des expériences qui viennent d’ètre exposées, on peut tirer les conclusions suivantes :
- 1° Pendant la période de développement des organismes, la température a une action très sensible et l’optimum est fixé aux environs de 35°;
- 2° Pendant la période active, la température a une influence très atténuée. A partir de 25° environ et jusqu’à 36°, elle est même à peu près indifférente. En pratique, il n’est pas à conseiller de la maintenir à plus de 27-28° dans les nitrières, ce qui est d’une application plus pratique.
- CONCENTRATION DES SOLUTIONS AMMONIACALES
- Ces expériences nous ont permis de préciser en même temps l’influence delà concentration des solutions nitrifiables sur la nitrification intensive. Nous avons déjà opéré, dans des conditions comparables, avec des solutions à 2§r,o, à 5 grammes et à 7sr,5 de sulfate d’ammoniaque par litre. Elles étaient additionnées de carbonate de chaux en quantité suffisante pour la transformation totale de l’azote ammoniacal en azote nitrique, soit 5=r,10 et 15 grammes de blanc de Meudon fin par litre.
- A 33°, température qui généralement nous a donné les meilleurs résultats, et avec un régime d’arrosages continus à raison de 60 centimètres cubes par heure et par litre de tourbe, c’est-à-dire 1 440 par vingt-quatre heures, nous avons obtenu :
- Azote nitrifié par litre.
- Tourbe mousseuse. Tourbe compacte.
- gr- gr.
- Solution de sulfate d’ammoniaque à 2®1',5 par litre. 0,347 0,372
- — — à 2&r,o — 0,417 0,363
- — — à 5 gr. — . 0,584 0,558
- — — à 7&r,5 — . • 0,860 0.892
- — • — à 7»r,5 — . 0,623 0,764
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- DES N1TRIÊRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1027
- \
- 1 Bien que, dans tous les cas, il y ait eu un excès d’ammoniaque et que la nitrification n’ait point été limitée par la quantité d’azote ammoniacal apportée aux ferments, la quantité d’acide nitrique formée dans les memes conditions est d’autant plus grande que la concentration de la solution ammoniacale est plus forte, du moins jusqu’à 7sr,5 par litre de sulfate d’ammoniaque.
- Pour déterminer si, en augmentant encore la concentration, on pouvait élever parallèlement la production du nitrate, nous nous sommes servis du meme appareil et nous avons suivi le même mode opératoire, également à 33°.
- Nous avons porté à 10 grammes par litre la concentration de la solution de sulfate d’ammoniaque avec la quantité correspondante de blanc de Meudon. Après une semaine d’arrosage avec cette solution et après quatorze heures d’arrosage à raison de 1 440 centimètres cubes par vingt-quatre heures et par décimètre cube de tourbe, l’analyse du liquide nitrifié a donné :
- Tourbe mousseuse. Tourbe compacte.
- Azote nitrique formé par litre....... 0sr,59i 0^r,790
- La quantité d’azote nitrifié avec la tourbe compacte n’a pas diminué du fait do la concentration plus, grande. Elle a fléchi un peu avec la tourbe mousseuse.
- En opérant de la même manière avec une solution à 13 grammes de sulfate d’ammoniaque par litre, on a obtenu :
- Tourbe mousseuse. Tourb'e compacte.
- Azote nitrique formé par litre....... 0sr,507 0^,809
- On a continué en portant successivement à 20, 30 et 40 grammes, la concentration de sulfate cl’ammoniaque.
- Voici les résultats qui ont été obtenus :
- Azote nitrifié par litre.
- Tourbe mousseuse. Tourbe compacte, gr. gr.
- Solution à 20 gr. par litre. ..... 0,436 0,944
- — 30 — ........... 0,488 0,854
- — 40 — ........... 0,411 0,539
- Jusqu’à 30 grammes par litre de sulfate d’ammoniaque dans la tourbe compacte, la nitrification n’a pas paru notablement influencée par la proportion do ce sel. Elle a diminué un peu avec une solution à 40 grammes par litre, mais elle a été encore très active. Dans le cas de la tourbe mousseuse, elle a fléchi un peu à partir do 7sr,5 par litre, mais elle a été encore active avec une solution à 40 grammes par litre. Nous n’avons donc pas atteint la limite de la concentration des solutions ammoniacales qui rend impossible la nitrification. Dans la terre, nous avons vu qu’elle était voisine de 60 grammes de sulfate
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- 1028 AGRONOMIE.-------OCTOBRE . 1 907.,
- d?ammoniaque par.litre de l’eau qui l’imprègne. Au-dessous dé 20 ou 30 grammes la nitrification«u’.y .paraîtras influencée ; c’est ce que confirment.les expériences que mous venons d’exposer..
- Quoi qu’il en soit, il n’y a pas -avantage, à. dépasser la, concentration de 7gr,5 par litre, à partir de laquelle, la quantité de nitrate tonné a plutôt une tendance à diminuer ..Si l’on faisait usage, de ^solutions plus, riches, l’ammoniaque nonnitrifiée serait,en très grand,excès et il faudrait,tpourme pas ,1a perdre, faire repasser les liquides sur la nitrière ou.’la recueillir par, distillation. Une partie assez notableïde cette ammoniaque est déplacée du sulfate d’ammoniaque par le carbonate de chaux, par une double décomposition, qui, aboutit.à la formation de carbonate d’ammoniaque volatil, qui aura une tendance à se volatiliser d’autant plus grande que sa tension sera plus élevée, c’est-à-dire*que les solutions seront plus concentrées. •
- Nous avons dosé cette ammoniaque volatile, pour le cas de la solution à 40 grammes d-e sulfate d’ammoniaque par litre.
- Tourbe mousseuse. Tourbe compacte.
- Azote à l’état de carbonate, d’ammoniaque par litre. 0&r,0168 0^r,0350
- Cette quantité d’alcali n’est pas suffisante pour gêner notablement des organismes adaptés ; mais elle est cependant assez forte pour dissoudre une quantité appréciable de la matière humique de la tourbe, car les solutions ainsi obtenues ont une coloration très accentuée.
- Ce fait’, qui* ne se produit qu’avec des solutions très -concentrées, peut constituer un inconvénient au moment de la concentration pour l’extraction du ni Ire.
- RENDEMENTS DES NITRIÈRES A DÉVERSEMENT
- Tous les chiffres qui précèdent ont montré l’aptitude particulière de la tourbe à servir de supporta la nitrification des solutions. Les rendements que nous avons obtenus sont en*effet très élevés. Les plus grands par unité de temps et de volume de nitrière, ont été donnés quand on a fait nitrifier une solution à 7sr,5 de sulfate d’ammoniaque par litre. Le 19 avril, on a obtenu à 36°, en faisant passer par vingt-quatre heures 1 440 centimètres cubes de celte solution, sur un décimètre cube de tourbe :
- Azote nitrifié
- par litre de solution. £r-
- Tourbe mousseuse. ...... 0,931
- Tourbe compacte................ 1,014
- Azote nitrifié. : par 24 heures et par décim. cube de tourbe.,
- gr-
- 1,341
- 1,460
- Nitrate
- de calcium formé par mètre cube de tourbe, kil.
- 7,853
- 8,549
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- DES. N1TR1ÈRES A*j HAUTS RENDEMENTS.
- 1029
- Le 19 avril,'.à la température de 33°, on atobtenu :
- Azoto nitrifié Azoto nitrifié par 24 heures Nitrate de calcium formé
- par litre et par décim. cubo par mètre cube
- de solution. de tourbe. de tourbe.
- gr. gr. kil.
- Tourbe mousseuse. . . . . . . 0,623 0,897 5,2o3
- Tourbe compacte. . . . . . . . 0,764 1,100 6,442
- Le noir animal nous avait donné la production suivante :
- Azote nitrifié en 21 heures pour 5 décimètres cubes de noir animal. 0ffr,560 Nitrate de chaux formé par mètre cube de noir par 24 heures. . . . 0kil,65ô
- C’est donc une nitrification dix fois plus intensive que nous avons obtenue sur la tourbe.
- A quoi attribuer cette action particulièrement favorable de la tourbe sur le ' travail des colonies microbiennes qui s’y installent? Ce n’est certainement pas à sa porosité, car la tourbe litière mousseuse extrêmement poreuse n’a pas donné de résultats supérieurs à ceux de la tourbe plus compacte, presque terreuse, bien au contraire. Au point, de vue de la porosité, le noir animal ne le cède d’ailleurs en rien à la tourbe.
- C’est plutôt'à la richesse de la tourbe en matières organiques liumiques, qui constituent un milieu favorable au développement des ferments nitrifica-teurs. C’est aussi à la rugosité particulière de sa surface, qui permet aux organismes de s’y attacher et de former des colonies puissantes, que le courant des solutions n’entraîne pas.
- En comparant les quantités de nitre que nous avons obtenues par ce procédé; à celles que donnaient les nitrières autrefois employées, nous constatons une différence énorme, puisque, pour une installation de même importance, on peut obtenir au moins mille fois plus de salpêtre dans le même temps. Nous étions habitués à voir dans la nitrification un phénomène d’une grande lenteur. Par l’emploi d’un support de tourbe, nous avons réussi à lui imprimer une rapidité telle qu’elle peut se comparer, en quelque sorte, à celle d’une fermentation alcoolique tumultueuse. Nous avons maintenant la possibilité de réaliser avec une installation relativement restreinte, et en un court temps, la transformation de grandés quantités de sels ammoniacaux en nitrates. Mais, en opérant comme nous l’avons dit plus haut par le déversement d’une solution de sulfate d’ammoniaque sur là tourbe servant de support aux organismes nitrifiants, nous sommes obligés, pour ne pas contrarier le fonctionnement de ces derniers, de nous servir d’une solution ammoniacale assez étendue, soit environ de 7?r,5 de sulfate d’ammoniaque par litre, donnant, après le passage sur la
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- 1030
- agronomie.
- OCTOBRE 1907.
- tourbe, un liquide renfermant un peu moins de 1 p. 100 de nitrate de chaux
- seulement, ce qui obligerait à
- S
- W
- O
- PQ
- évaporer
- d’eau.
- de
- grandes
- masses
- CONCENTRATION DES SOLUTIONS DE NITRATE DE CHAUX
- Nous avons cherché à enrichir les solutions par la nitrification elle-même. Gomme nous le disons plus haut, celle-ci est encore possible au sein de solutions qui contiennent jusqu’à 200 grammes de nitrate de calcium par litre. Cette constatation nous a porté à reprendre les solutions ayant déjà passé sur une nitrière et contenant déjà par conséquent une certaine quantité de nitrates, de les additionner de nouveau de sel ammoniacal', de les faire repasser soit sur la même nitrière, soit sur une autre, de recommencer cette opération autant de fois qu’il était nécessaire pour obtenir une concentration suffisante pour une extraction facile et économique. En un mot, nous avons' rechargé en sel ammoniacal les li(l uides déjà nitrifiés et nous les avons fait repasser sur la nitrière, pour les enrichir ainsi graduellement.
- Nous avons d’une part installé une série do cloches à douille de 5 litres, semblables à celles qui nous avaient déjà servi précédemment |pour nos expériences antérieures. Elles furent remplies de fragments de tourbe que l’on avait mis à
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- DES N1T1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS. 1031'
- tremper dans une bouillie de blanc de Meudon délayé dans une solution nitri-fiable de sulfate d’ammoniaque à 2°r,5 par litre. On avait également mélangé à la tourbe du terreau chargé de ferments nitrificateurs actifs. Ces cloches ainsi préparées furent d’abord arrosées avec une solution nitrifiable à 2'si',5 par litre de sulfate d’ammoniaque. Peu à peu et par le processus qui a déjà été décrit en détail, la nitrification s’établit clans ces cloches. Lorsqu’elle y fut bien installée,, on porta la concentration des solutions à 5 grammes, puis à 7sr,5.
- Ce point atteint, voici comment on disposa l’expérience (fig. 3). Une première cloche A était arrosée avec une solution contenant 7sr,5 avec 15 grammes-do blanc de Meudon. Le carbonate de chaux était donc apporté en quantité au moins suffisante pour que tout l’azote ammoniacal put être amené à l’état nitrique. Le volume des arrosages de chaque jour était de 500 centimètres-cubes, déversés en quatre fois.
- Chaque matin, les 500 centimètres cubes qui s’étaient égouttés de la première cloche étaient additionnes de 3?r,75 do sulfate d’ammoniaque et de 7,5• de blanc de Meudon, afin d’en faire une nouvelle solution nitrifiable à 7&r,5 de sulfate d’ammoniaque par litre, qui servait à l’arrosage d’une seconde cloche B. De même, la solution fournie par la cloche B servait à l’entretien d’une troisième cloche C, après addition d’une même dose de sulfate d’ammoniaque et de blanc de Meudon, et ainsi de suite.
- Ces nitrières successives formaient une série de huit.
- Par des dosages fréquents, on surveillait la marche de la nitrification et les-progrès de l’enrichissement en nitre après chaque passage. L’expérience fut assez longue à acquérir un régime constant, car, pour arriver à l’enrichissement final, il fallait déplacer successivement les liquides retenus dans la. tourbe.
- Cet enrichissement se fit régulièrement et jusqu’à la dernière cloche, ce= qui montre que l’on aurait pu encore pousser ces passages un plus grand nombre de fois et arriver à une concentration de nitre encore plus grande. Voici quelques dosages effectués au moment où l'enrichissement de la dernière a semblé arrivé à son maximum :
- Azote nitrique par litre.
- A B c D E F G H
- 4 gr. gr. gr. gr- gr. gr. gr. gr.
- 2 octobre . . 1,252 2,664 '4,719 6,195 6,709 7,447 8,153 9,887
- 11 — . . 1,541 2,536 4,269 5,551 6,887 7,864 8,827 9,951
- Cette dernière teneur de 9s1',951 en azote nitrique correspond à 47&1',273 de nitrate de calcium par litre. Nous sommes donc encore loin de la limité de 200 grammes à partir de laquelle la nitrification devient impossible et l’on aurait pu augmenter encore le nombre des cloches.
- Tome 109. — Octobre 1907.
- 68
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- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- Cette expérience montre qu’il est possible d’obtenir par ce procédé des solutions de nitrates assez concentrées pour que l’extraction ne soit pas onéreuse.
- Il y a un intérêt très grand h faire donner aux nitrières toute la production dont elles sont capables et cette préoccupation doit primer celle d’une nitrification complète. Il importe peu, en effet, qu’il reste dans les liquides nitrifiés, qui sont si chargés de nitre, de petites quantités d’ammoniaque. Celle-ci peut être facilement récupérée en additionnant ces liquides d’un peu de chaux éteinte et en les soumettant à la distillation. C’est au début de la concentration que cette récupération devra être faite, soit que l’on concentre le nitrate de chaux lui-même, ou les nitrates alcalins que l’on aurait produits par double décomposition. L’ammoniaque ainsi obtenue peut rentrer dans le cycle des opérations.
- A la rigueur, on peut obtenir des nitrifications complètes sans trace d’ammoniaque persistante ; mais alors, il faut pratiquer les arrosages avec une plus grande lenteur, et sacrifier en partie la rapidité de la nitrification. Nous savons d’ailleurs que pour que celle-ci s’exerce avec toute son intensité, il est nécessaire qu’il y ait constamment des sels ammoniacaux.
- Dans les opérations bien conduites, les quantités d’ammoniaque restantes sont d’ailleurs minimes, en comparaison du nitre formé. On pourrait les négliger, et ce n’est qu’au point de vue économique que nous devons constater la possibilité de les retrouver.
- Il nous a semblé utile de chercher si, au lieu d’une série de nitrières, on no pourrait pas employer une seule nitrière sur laquelle on ferait repasser le même liquide en l’enrichissant après chaque passage. Une cloche de tourbe a été'mise en nitrification comme précédemment. Sa capacité était de 15 litres. Au bout de quelque temps, elle nitrifiait très régulièrement et complètement 1 litre de solution à 7§T,5 de sulfate d’ammoniaque. A ce moment, au lieu de l’arroser avec une solution nouvelle, on a commencé à faire repasser chaque jour les liquides de la veille, préalablement réadditionnés de 7^r,5 de sulfate d’ammoniaque et de 15 grammes de blanc de Meudon fin par litre.
- Cette expérience a été continuée pendant plusieurs mois et on est arrivé à obtenir un liquide contenant 38 grammes de nitrate de calcium et ayant par suite une concentration suffisante. Mais, en procédant de cetté façon, nous n’avons pas eu la même régularité, ni la même intensité de nitrification qu’avec la série de nitrières sur lesquelles passent successivement des liquides. Nous avons donc momentanément renoncé à ce mode opératoire pour lequel de nouveaux essais seront nécessaires et que nous n’abandonnons pas définitivement, puisque, logiquement, il devrait également donner de bons résultats.
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- DES NITR1ÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1033
- ACCUMULATION DU PLATRE SUR LES N1TKIÈRES.
- . Les nitrières fonctionnant ainsi d’une manière continue reçoivent de grandes quantités de sulfate d’ammoniaque avec le calcaire correspondant. Il y aura donc formation et accumulation de plâtre. En effet, l’acide sulfurique du sulfate d’ammoniaque se retrouve à cet état de sel peu soluble dans l’eau, qui n’en dissout que 2 grammes à 2s*,5 par litre. Pour chaque litre de solution à 7er,5 de sulfate d’ammoniaque, il se formera 7=r,72 de sulfate de calcium, dont le quart seulement restera dissous. Le surplus, soit environ 5°r,5, restera insoluble et imprégnera la tourbe servant de support.
- Si, dans l’opération en série que nous venons de décrire, on additionne la • solution nitrique obtenue de sulfate d’ammoniaque, la solution étant déjà saturée do sulfate de calcium, tout le plâtre formé, soit environ 9»l',3 par litre, se déposera sur les parties supérieures de la nitrière et finira très rapidement par les colmater et les rendre imperméables. Au bout de quelque temps, il en résultera un ralentissement notable de la nitrification.
- On pourrait à la rigueur remédier à cet inconvénient en enlevant de temps en temps la couche supérieure où le plâtre s’est accumulé et en continuant à arroser la nitrière ainsi débarrassée. Mais il est plus simple, plus facile et en même temps plus convenable pour la marche indéfinie de la nitrière, d’éliminer le plâtre formé avant son arrivée sur la masse nitrifiante. Pour obtenir ce résultat, on laisse s’éclaircir, après chaque addition de sulfate d’ammoniaque, les solutions déjà nitrifiées. Le plâtre se déposera alors dans les bacs de réception des liquides et pourra être séparé par décantation.
- Les arrosages se feront ainsi avec les liqueurs limpides surnageantes. Ce seront alors en réalité des solutions d’azotate d’ammoniaque que l’on mettra en nitrification. Il n’y aura formation de plâtre que dans la nitrière servant au premier passage. Les autres en seront indemnes et pourront fonctionner indéfiniment sans que leur obstruction soit à craindre.
- TRANSFORMATION DU NITRATE DE CALCIUM EN ACIDE AZOTIQUE ET EN AZOTATES ALCALINS
- Les nitrières artificielles nous fournissent le nitrate de calcium, pour la fabrication des munitions de guerre, il est nécessaire de le transformer en acide azotique en le traitant par l’acide sulfurique comme on fait pour le nitrate de soude.
- Mais cette opération peut présenter pratiquement des inconvénients et obliger tout au moins à modifier les cornues dans lesquelles on effectue indus-
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- 1034
- AGRONOMIE.
- OCTOBRE 1907.
- triellement ce traitement. Il conviendrait donc de transformer au préalable le nitrate de calcium en nitrate alcalin.
- Autrefois, le nitrc des nitrières était toujours livré aux manufactures à l’état de salpêtre. En effet, les matériaux nitrés étaient mélangés au moment du lessivage de cendres végétales dont le carbonate de potasse, agissant sur le nitrate de calcium, donnait une double décomposition qui laissait l’azotate de potasse en solution. S’agit-il de fabriquer ce dernier sel en partant de nos solutions d’azotate de calcium; on peut se servir du chlorure de potassium. Après concentration et par le refroidissement, l’azotate de potassium cristallise et se sépare du chlorure de calcium, qui reste dans les eaux mères.
- Mais le sulfate de potasse conviendrait bien mieux; il élimine la chaux à l’état de sulfate insoluble et le liquide concentré suffisamment et débarrassé du sulfate de calcium déposé pendant cette concentration, donne directement par le refroidissement des cristaux d’azotate de potasse très purs.
- Pour fabriquer l’acide azotique, et ce sera le cas le plus fréquent, il y a lieu, jusqu’à ce que le procédé du traitement direct de l’azotate de calcium par l’acide sulfurique soit établi, de transformer au préalable ce sel calcaire en sel sodique. Cette transformation est facile et peu coûteuse. Les liquides nitrifiés seront additionnés de la proportion nécessaire de sulfate de soude. Le liquide décanté sera concentré, séparé ensuite du sulfate de calcium déposé pendant cette concentration et mis à refroidir. L’azotate de sodium cristallisera à un grand degré de pureté. Ce sel n’est pas employé en nature. 11 sert à fabriquer l’acide azotique. Le résidu de sa fabrication sera du sulfate* de sodium acide. On peut se servir indéfiniment de la même quantité de sulfate de sodium pour faire la double décomposition avec l’azotate calcaire; il suffit de le neutraliser au préalable, ce qui est possible à l’aide de la chaux ou du carbonate de chaux; mais plus fructueusement, à l’aide de phosphate naturel, dont le calcaire est ainsi transformé en sulfate de calcium. On aura d’un côté une solution de sulfate de sodium neutre, pour faire à nouveau la double décomposition avec l’azotate de calcium, de l’autre un phosphate qui peut être transformé en superphosphate avec économie, car le calcaire qu’il contenait étant déjà saturé par l’acide sulfurique, il faudra de moindres quantités de. ce dernier acide pour amener à l’état assimilable l’acide phosphorique qu’il renferme.
- Il y aurait ainsi une récupération indéfinie du sulfate de sodium et une utilisation de l’acide sulfurique en excès après la fabrication de l’acide azotique.
- Un point sur lequel il n’est pas inutile d’attirer l’attention c’est le degré de pureté de l’azotate de sodium ainsi obtenu. On sait que le nitrate du Chili contient de notables quantités de chlorure de sodium, ordinairement plusieurs centièmes. Les vapeurs chlorées qui prennent naissance au cours de la fabrication de l’acide azotique présentent de sérieux inconvénients. Il n’en est pas ainsi
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- DÈS N1TRIÈRES A HAUTS RENDEMENTS.
- 1035
- clos nitrates fabriqués par voie microbienne sur dés supports de tourbe. Là, il n’y a aucune intervention de sel marin et les chlorures qu’on rencontre sont seulement à l’état de traces, comme ils le sont dans tous les produits naturels. Encore, ces traces se trouvent-elles éliminées presque entièrement dans les eaux mères et.les cristaux d’azotate de sodium n’en sont-ils pas souillés d’une manière appréciable.
- DÉPERDITIONS DE l’aZOTE AU COURS DE LA NITRIFICATION
- Il y avait lieu de se préoccuper des pertes d’azote qui pouvaient se produire pendant la transformation de l’ammoniaque en nitrate. Ces pertes peuvent être de divers ordres. En premier lieu, nous avons la volatilisation de 1’ammoniaque due à la tension du carbonate d’ammoniaque formé au contact du sulfate d’ammoniaque et du carbonate de chaux. Etant donnée la température relativement élevée à laquelle la nitrification doit se produire, cette perte n’est pas entièrement négligeable. On peut s’en rendre compte en plaçant à proximité •d’une nitrière une soucoupe contenant une solution acide, ou même un milieu nitrifiable qui n’est pas alimenté de sels ammoniacaux, et cpii s’enrichit pourtant en nitrates aux dépens de l’ammoniaque'dégagée des nitrières voisines.
- Lorsqu’on opère avec la tourbe, ou avec le terreau, milieux riches en matières organiques, et qui tendent à fixer l’ammoniaque en raison de leur pouvoir absorbant, les pertes se trouvent atténuées, et sont alors peu importantes. Mais elles se trouvent accrues, lorsque le renouvellement de l’air se fait trop abondamment. Il y a donc intérêt à opérer dans une atmosphère plutôt confinée où il y a toujours d’ailleurs assez d’oxygène pour les besoins des phénomènes de combustion de l’ammoniaque. Comme ces pertes dépendent de la tension, elles sont d’autant plus élevées que les solutions ammoniacales sont plus concentrées.
- Une autre cause de perte de l’azote ou plutôt d’immobilisation momentanée de cet élément, réside dans sa fixation à l’état de matière organique, par suite du développement de micro-organismes divers. C’est surtout quand la nitrification est ralentie ou arrêtée, qu’un pareil fait se constate, et on voit alors le sel ummoniacal disparaître sans donner une quantité correspondante de nitrate. Nous avons fréquemment constaté ce fait dans les nitrières terreuses, au moment où celles-ci étaient arrivées à leur limite d’enrichissement en nitrate. Quand, ensuite, ces nitrières sont lessivées pour l’extraction du nitre, et qu’on les remet' en nitrification avec une nouvelle quantité d’ammoniaque, on constate que le nitre formé est en proportion notablement plus élevée que ce qu’il eût dû être, d’après la quantité de sel ammoniacal donné. Ce sont les matériaux azotés, fixés à l’état de tissus des organismes, développés, qui sont entrés en jeu.et qui
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- AGRONOMIE.
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- ont fourni cel; appoint d’azote nitrifiable, comme l’eussent fait d’autres matériaux organiques à décomposition facile, tel, par exemple, le sang desséché. Voici quelques exemples de ce fait :
- Les terres des nitrièros dont nous avons parlé plus haut (page 993) ont été soumises à un lessivage méthodique, puis ressuyées et exposées, à l’air, jusf|u’à ce qu’elles fussent revenues à l’état d’humidité convenable. A ce moment, le 13 octobre, on a déterminé les quantités de nitrates qui y restaient et on les a additionnées de sulfafe d’ammoniaque en quantité déterminée, pour doser au bout de quelque temps le nitre produit. Ces terres étaient
- N° II...................................... Silico-calcaire.
- N° III.................................... . Terreau.
- N° IV...................................... Argileuse.
- N° V........................'.............. Calcaire.
- Voici les résultats obtenus par kilogramme de terre :
- il ni IV V
- Azote nitrique préexistant.. . 0,203 0,031 0,097 0,041
- Azote ammoniacal donné du 13 oct. au 8 novembre. 0,800 0,800 0,800 0,800
- Azote nitrique trouvé le 8 novembre 1,605 2,401 1,708 1,329
- Excédent trouvé.. 0,603 1,550 0,811 0,488
- Azote nitrique préexistant le 8 novembre 1,605 2,401 1,708 1,329
- Azote ammoniacal donné du 8 nov. au 3 décembre. 1,100 0,300 1,100 1,200
- Azote nitrique trouvé le 3 décembre 3,139 3,146 2,940 2,722
- Excédent trouvé 0,434 0,445 0,132 0,193
- Azote nitrique total emprunté aux matéiiaux organiques ... 1,039 1,995 0,943 0,681 "
- Nous savons dans quelle proportion insignifiante interviennent les matériaux humiques de la terre. Ce ne sont donc pas eux qui ont pu fournir cet excédent notable d’azote nitrifié et c’est bien au développement d’organismes divers qui s’est produit au moment où la nitrification s’est ralentie, qu’il faut attribuer ce stock d’azote organique nitrifiable accumulé dans la dernière période du fonctionnement de la nitrière (I).
- L’azote ainsi immobilisé ne l’est que provisoirement.puisqu’il se retrouve à un état nitrifiable, dès que les conditions redeviennent favorables à une bonne nitrification.
- Il existe encore une cause de déperdition do l’azote, et celle-là peut être regardée comme la plus importante, puisque c’est de l’azote éliminé à l’état libre et dont; la récupération est impossible. Déjà, M. Schlœsing (2) avait
- (1) M. Schlœsing avait déjà constaté l’immobilisation de petites quantités d’azote ammoniacal à l’état organique ail cours de la nitrification (Comptes rendus, t. CIX, p. 423).
- (2) Comptes rendus, t. CIX, p. 423.
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- montré que, dans une terre en nitrification, tout l’azote ammoniacal donné ne se retrouvait pas à l’état de nitrate, lorsque les quantités d’ammoniaque données étaient très considérables. Pour des quantités moindres, c’est-à-dire no dépassant pas 1 gramme d’azote ammoniacal par kilogramme de terre, il .ne constate point de perte.
- Dans les nombreuses expériences que nous avons instituées, nous avons constaté que lorsque la nitrification était très active et continue, la perte d’azote pouvait être considérée comme nulle ou très minime; mais que, dans les cas où, pour une cause ou pour une autre, telle que, surtout, l’excès de concentration des solutions ammoniacales^ ou des solutions nitriques, une perte sensible se produisait, qu’elle pouvait, dans certains cas, atteindre plusiems centièmes de l’azote donné.
- Si l’on ne considère que le côté économique de la question, c’est-à-dire le prix de revient do l’azote nitrifié, il est donc d’une grande importance de maintenir la nitrière en marche active et continue. Si, au contraire, on envisage la question au point de vue de l’obtention de grandes quantités de nitrates, sans se préoccuper du prix de revient, on peut attacher moins d’importance à ces causes de déperdition, qui ne l'ont en réalité que grever dans une certaine mesure le prix du nitre obtenu.
- Dans nos études sur les nitrières à déversement, nous avons pu constater que, lorsque la marche était satisfaisante, avec des solutions de 7sr,5 une perte d’azote était évitée; en effet, nous avons constaté par litre :
- lre Cloche. 2e Cloche,
- gr. gr.
- Azote ammoniacal donné......................... 1,500 3,000
- Azote nitrique retrouvé........................ 1,554 3,159
- Il n’y a donc pas eu de perte et les petits excédents peuvent s’expliquer par la nitrification d’une petite quantité de matières humiques, ou par une légère évaporation des liquides.
- Dans l’espace de 4 mois, une cloche arrosée régulièrement avec une solution do “8T,5 de sulfate d’ammoniaque par litre, a donné comme moyenne de cette longue période :
- Azote ammoniacal domié Azote nitrique retrouvé .
- Gr.
- 1,500
- 1,490
- Quoique des perte d’azote soient possibles, et que, même, il faille les regarder comme presque inévitables, on peut dire que dans une nitrière soigneusement entretenue, on peut les regarder comme négligeables.
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- ÉTABLISSEMENT DES NITR1ÉRES CONTINUES PAR DÉVERSEMENTS
- Les recherches qui précèdent nous ont montré la possibilité de réaliser des nitrières à très grands rendements, en déversant des liquides ammoniacaux sur des lits de tourbe convenablement aménagés, et nous permettent de for-unuler un certain nombre de règles à suivre dans rétablissement de ces nilricres.
- 11 y a d’abord à faire le choix de la fourbe qui devra être utilisée dans ce but. Or, nous avons constaté qu’il était à peu indifférent d’utiliser de la tourbe mousseuse ou de la tourbe compacte. Cependant, dans la plupart de nos essais, c’est de la tourbe un peu mousseuse de surface dont nous avons fait usage; et nous pensons qu’il y a avantage à s’adresser à cette dernière, qu’on peut se procurer facilement, puisqu’elle forme la couche supérieure de toutes les tourbières.
- • Il faut éviter de s’adresser à la tourbe terreuse ou pulvérulente, qui se réduirait en boue sous l’influence des liquides d’arrosage.
- La tourbe sera divisée en morceaux de la grosseur d’une noix ou d’un œuf. Si l’on s’installe sur la tourbière même, il sera bon d’attendre que la tourbe .soit suffisamment ressuyée pour acquérir quelque consistance, et ne pas se réduire en parcelles trop petites ; il est toutefois inutile d’attendre une dessiccation complète. Les morceaux seront humectés d’une solution nitrifiable faible contenant environ 2 grammes par litre de sulfate d’ammoniaque et dans laquelle on aura délayé de la craie finement pulvérisée, ainsi qu’un peu de phosphate de chaux naturel en poudre. Le tout sera brassé de façon à faire absorber tout le carbonate de chaux, dont on pourra ainsi sans inconvénient introduire 50 à 60 kilogrammes par mètre cube.
- En même temps, on procédera à l’ensemencement, de préférence à l’aide de matériaux empruntés à une nitrière en activité. A défaut, c’est à du bon terreau de jardinier qu’il faudra avoir recours. On incorporera environ 10 kilo-.grammes de cette terre d’ensemencement à un mètre cube de tourbe. Celle-ci ainsi préparée sera disposée en tas parallélipipédiques, dont l’épaisseur pourra atteindre 2 mètres. Quant aux autres dimensions, elles seront variables suivant l’importance que l’on voudra donner à la nitrière.
- Sur les parois, la tourbe pourra être maintenue à l’aide d’un treillage en fil de fer. A son intérieur, on ménagera des cheminées verticales pour assurer l’aération. Il faut d’ailleurs, en établissant cet échafaudage de tourbe, avoir soin d’en •disposer les morceaux de façon qu’ils ne se tassent pas et qu’ils laissent de nombreux canaux par lesquels l’air pourra circuler.
- La partie inférieure reposera sur un lit d’escarbilles ou de matériaux
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- inertes grossiers, qui feront une sorte de drainage et permettront l’accès de l’air.
- Le déversement de la solution nitrifiable devra être fait régulièrement et par intermittences assez rapprochées. On le réalise d’une façon automatique à l’aide d’un siphon s’amorçant de lui-même, comme dans un vase de Tantale, procédé qui a d’ailleurs été préconisé pour la répartition de l’eau d’égout à épurer sur les champs oxydants.
- La solution nitrifiable devra être assez faible au moment de la mise en train. Si l’on faisait usage de solutions concentrées dès le début, la multiplication des organismes serait beaucoup plus longue à se faire; et en particulier le ferment nitrique, qui est très sensible aux solutions salines, se développerait péniblement et on obtiendrait alors surtout des nitrites.
- Nous conseillons d'effectuer d’abord des arrosages avec des solutions contenant par litre 2^,5 de sulfate d’ammoniaque, et à raison de 200 litres par mètre cube de tourbe et par 24 heures. Lorsque la nitrification des liquides recueillis à la partie inférieure sera complète, c’est-à-dire lorsqu’il ne restera ni ammoniaque ni nitrite, on portera successivement la concentration à 5 grammes, puis à 7sr,5. Cette période de mise en train dure près d’un mois. Après ee délai, la nitrière est en fonctionnement normal et le volume journalier des arrosages avec la solution de sulfate d’ammoniaque à 7,5 p. 100 pourra atteindre 1 000 litres par mètre cube de tourbe.
- Les liquides nitrifiés sont assez pauvres en nitrate. Pour les enrichir, il faut établir une série de nitrières semblables et faire passer de l’une à l’autre les liquides nitrifiés de la précédente, additionnés après chaque passage d’une nouvelle quantité de sulfate d’ammoniaque.
- La figure 4 est un schéma d’une installation de 8 nitrières semblables. Au bas de chacune d’elles, on a ménagé deux réservoirs Rt et R2, pouvant recevoir les liqueurs qui s’en écoulent. Lorsque l’un de ces réservoirs Rt est plein, on y introduit 7k,5 de sulfate d’ammoniaque par mètre cube de liquide et-on les dissout par l’agitation. Cette addition provoque, en présence du nitrate de chaux qui y existe, un abondant précipité de sulfate de chaux. Pendant qu’il se dépose, les solutions nitrifiées s’écoulent dans l’autre réservoir R2 et on ne rencontre ainsi dans le réservoir supérieur R' que des liquides limpides et débarrassés du plâtre qui, sans cette précaution, viendraient obstruer la nitrière et la mettraient rapidement hors de service'.
- Par suite du fonctionnement des nitrières, le carbonate de chaux se dissout, et si l’on ne vient pas le remplacer, la provision en sera1 rapidement épuisée. Ce remplacement se fera en répandant à la surface de la nitrière une bouillie épaisse de craie pulvérisée, qui sera entraînée au sein de la nitrière par les arrosages. La proportion de craie à rajouter ainsi sera environ double de celle du sulfate d’ammoniaque introduit.
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- Les ni trières ainsi disposées sont placées dans un local clos, chauffé et maintenu à une température voisine de 26° à 27°.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les indications qui découlent de nos essais de laboratoire.
- Pour opérer en grand, une installation mécanique sera nécessaire pour le mouvement des liquides.
- CONCLUSIONS
- Dans ce qui précède, nous avons vu que la tourbe constitue un milieu nitrifiant supérieur à tous les autres, soit qu’on l’emploie pour l’installation de nitrières terreuses, soit qu’on s’en serve pour former le support des nitrières à déversement continu du liquide ammoniacal.
- D’un autre côté, la tourbe, qui constitue sur les lieux de production un combustible de minime valeur marchande, peut fournir la chaleur nécessaire à l’entretien de la température des nitrières, ainsi.que celle que demande l’évaporation des liquides et la mise en marche des moteurs.
- En outre, par la forte proportion d’azote qu’elle renferme et qu’il est possible d’extraire sous forme de sel ammoniacal, la tourbe peut fournir la matière première de la fabrication des nitrates.
- Cette fabrication peut donc reposer tout entière sur l’exploitation des tourbières et, si on voulait la réaliser, c’est, à notre avis, sur les tourbières mêmes qu’il conviendrait de s’installer, afin de n’avoir pas à supporter les frais de transport d’une matière qui n’a qu’une valeur minime. Les tourbières de grande étendue sont nombreuses. Il en existe en France qui comportent des étendues de plusieurs milliers d’hectares.
- Une installation faite sur une de ces tourbières trouverait pendant de longues années à s’alimenter en matière première, quelque développement qu’on pût donner à la fabrication du nitre. Il sera peut-être utile de fixer les idées par des chiffres ; d’une tourbière de 1 000 hectares, avec une profondeur moyenne de 2 mètres, et une richesse de 2 p. 100 en azote, on peut obtenir 800 et 900 000 tonnes de nitrate de soude. En considérant l’ensemble des tourbières de la France, lesquelles contiennent un stock énorme d’azote immobilisé à un état inerte, nous pouvons multiplier ce chiffre par 3 ou 400. On arrive ainsi à une évaluation qui montre que l’azote des tourbières existant en France permettrait d’obtenir des quantités de nitrates beaucoup supérieures à celles qu’ont contenues les gisements, considérés avant leur exploitation, du Chili.
- La France est relativement pauvre en tourbières. Dans d’autres pays, ceux du Nord surtout, tant en Europe qu’en Asie et en Amérique, les surfaces occu-
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- pées par les tourbières sont incomparablement pins grandes. Il y a là une réserve d’azote qui peut suffire pendant de longs siècles à la consommation t|u’on voudrait en faire pour la production des nitrates, quelque considérable que celle-ci pût devenir.
- 11 n’y a donc pas à s’inquiéter de l’épuisement plus ou moins prochain des gisements de nitrate de soude, puisqu’on peut produire, par l’invention microbienne, et à l’aide d’une matière que la nature nous offre, en quantité presque illimitée, le nitrate nécessaire aux besoins de l’humanité.
- En revenant à l’idée première qui nous a guidés dans le cours de ce travail, celle de l’approvisionnement en nitre nécessaire à la défense nationale, nous voyons que dans le cas où la France ne serait pas en mesure de s’approvisionner aux gisements de nitrate du Chili ou de l’Inde, comme elle le fait actuellement, elle pourrait arriver, par l’installation de nitrières, à action rapide et à hauts rendements, à produire tout le nitre qui lui serait nécessaire, et que, par suite, elle ne serait pas, du fait d’un.empêchement aux arrivages d’outre-mer, dans l’impossibilité de fabriquer ses munitions de guerre.
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- REVUE DES PÉRIODIQUES
- AOUT, SEPTEMBRE, OCTOBRE 1907 par M. G. Richard (1), membre honoraire du Conseil.
- Messieurs,
- Ce dernier trimestre a été caractérisé, dans le domaine des constructions-navales, par le brillant succès du premier des grands Cunard à turbines : la Lusilania, construite aux ateliers de John Brown, Clydebank (2) et dont j’ai déjà eu l’occasion de vous entretenir (3).
- Ce magnifique paquebot, de (fig. 1) 232 mètres, 26m,80 de large, 18m,40 de-profondeur, et de 38 000 tonneaux de déplacement est, comme le montrent les
- Fig. 1. — La Lusilania.
- tableaux ci-contre et ses graphiques (fig. 2 et 3), l’aboutissant d’une longue série de progrès par laquelle, en 50 années, la vitesse des transatlantiques a passé de 9 à 25 nœuds, la puissance des machines de 700 à 68 000 chevaux, leur dépense par cheval de 2 kil. 3 à 0 kil. 65, et le nombre des passagers transportés de 115 à 2 200. La coque a été, pendant cette évolution, presque toujours en s’élargissant (/), et en s’approfondissant (/>),par rapport à sa longueur
- (1) Séance du 25 octobre.
- (2) Engineering, 2 août et Revue de mécanique, août 1907, p. 169.
- (3) Séances des 8 juin et 9 novembre 1906. Bulletin de juin et novembre 1906, pp. 700' et 965.
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- REVUE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1907.
- NOM du NÀVIRK. CONSTRUCTEURS. date. LONGUEUR L LARGEUR. 1 PROFONDEUR. P RAPP L T ORTS L P TIRANT d'eau.
- Great Eastern .... Scott Russell 1858 Mètres. 207 Mètres. 25,30 Mètres. 17,52 8,192 11,286 Mètres. 7,77
- Britannic Harland et Wolff. . . 1874 138 13,70 10,97 10,111 12,640 7,16
- Arizona Fairfield C° 1879 137 13,75 11,43 9,955 12,C00 6,70
- Servia Clydebank Works. . . 1881 156 15,85 12,35 9,903 12,716 7,09 '
- Alaska Fairfield C° 1881 152 15,25 12,12 10,00 12,607 6,70
- City of Rome...... Barrow C°. 1881 166 15,85 11,80 10,432 14,00 6,70
- Auranca Clydebank Works. . . 1882 142 17,37 11,89 8,245 12,051 6,32
- Oregon Fairfield C° 1883 152 16,50 12,20 9,259 12,5 7,01
- America . Clydebank Works. . . 1884 ' 140 15,54 11,60 8,470 11,520 7,01
- Umbria Fairfield C°. . . . . . 1884 152 17,37 12,20 8,772 12,50 6,85
- Lalm Fairfield C° 1887 137 14,80 11,90 9,174 12,247 7,01
- Paris Clydebank Works. . . 1888 161 19,20 12,85 8,373 12,610 7,01
- Augusta Victoria. . . Vulcan C° (Stettin). . 1889 140 16,92 11,90 8,288 11,795 6,93
- Columbia Laird 1889 150 16,92 11,90 8,333 11,860 6,93
- Teutonic. ...... Harland et Wolff. . . 1890 172 17,54 12,85 9,826 13,425 6,70
- Norm ania Fairfield C° 1890 152 17,53 11,60 8,730 13,150 6,70
- Spree Vulcan 1890. 141 15,70 11,43 9 12,346 6,70
- Furst Bismark. . . . Vulcan 1891 153 17,45 11,60 8,777 13,224 6,85
- Gampania Fairfield 1893 183 19,80 12,65 9,231 14,457 7,01
- Saint-Louis Cramp (Philadelphie). 1895 162 19,20 12,80 8,50 12,75 7,93
- Kaiser Wilhelm. . . . Vulcan 1897 202 20,10 13,10 9,46 ' 14,27 8,53*
- Oceania Harland-Wolff 1899 210 20,85 14,93 10,01 13,98 9,91
- Deutschland. . . . . Vulcan 1900 202 20,42 13,40 9,89 15,06 8,84
- Kronprinz Wilhelm. . Vulcan 1901 202 20,10 13,10 P » 8,84
- Kaiser Wilhelm II. . Vulcan 1903 207 22,26 15,85 9,41 12,9 8,84
- La Provence Saint-Nazaire 1906 180 18,78 12,70 9,23 14,35 , 8,13
- Lusitania Clydebank Works. . . 1907 232 27,13 18,40 8,65 12,56 10,21
- REVUE DES PÉRIODIQUES. i 045
- IlÉI'Li CEMENT. Tonneaux. tonnage brut. NOMBRES ET DIAMÈTRES des CYLINDRES. COURSE. CHAUFFE. GRILLE. TIMBRE. PUISSANCE indiquée. VITESSE.
- Mètres. ms. m5 Kil. • Chevaux. Nœuds.
- 27 000 24 300 2 de 2m,13 et 2 de lm,88 1,22 el 0,13 )) )) 2,10 7 650 14,5
- 8 500 5 004 . 2 de lm,22 et 2 de 2m.10 1,52 >) )) 4,9 5 500 16
- » 5 147 2 de im,55 et 2 de 2*,29 1,67 » )> 6,3 6 300 17
- 9 900 7 392 . 1 de lm,83 et 2 de 2m,29 1,98 2 510 94 6,3 10 300 17
- » 6 392 1 de lm,73 et 2 de 2m,29 1,83 )) » ‘ 7 10 500 18
- 11 230 8 141 3 de lm,17 et 3 de 2m,25 1,83 2 650 130 6,3 11 900 18,23
- 8 800 7 269 1 de lm,73 et 2 de 2m,31 1,83 2 140 93 6,3 8 500 17,5
- 10 500 7 375 1 de lm,78 et 2 de 2m,65 1,83 3 530 132 8 13 300 18,3
- 9 300 6 500 1 de lm,60 et 2 de 2m,30 1,67 2 130 82 6,7 7 354 17,8
- 10 500 7 718 1 de lm,80 et 2 de 2m,68 . 1,83 3 620 149 8 14 321 20,18
- 7 700 5 061 2 de 0m,P23, 1 de lm,72, 2 de 2m,15 1,83 » » 10,5 8 900 17,78
- 13 000 10 499 2 de lm,-14, 2 de lm,80, 2 de 2m,97 1,52 4 650 120 10,5 20 000 21,8
- 9 500 7 661 J 2 de 1m,05, 2 de lm,70, 2 de 2m,70 1,60 3 343 104 10,5 14 110 18,31
- 9 500 7 578 2 de lm,04, 2 de lm,67, 2 de'2m,57 1,67 3 250 114 10,5 13 680 19,15
- 12 000 9 686 2de lm,10, 2 de lm,75, 2 de 2m,80 1,83 3 716 108 11,2 19 500 21
- 10 500 8 716 2 de 1 m., 2 de lm,70, 2 de 2m,70 1,67 4 300 135 11,6 16 352 20,78
- 8 900 6 963 2 de 0m,965, 1 de lm,90, 2 de 2m,54 1,83 )) )> 11,2 13 000 19,6
- 10 200 8 000 2 de lm,20, 2 de lm,70, 2 de 2m,70 1,60 4 366 135- 11,2 16412 20,7
- 18 000 12 500 4deOm,94, 2 de 2 m., 4 de 2m,48 1,52 . 7 617 242 11,6 30 000 22
- 16 000 11 629 4 de 0m,70, 2 de lm,40, 2 de lm,96 1,52 3 720 106 14 18 000 21
- 20 880 14 349 2 de lm,30, 2 de 2m,26, 2 de 2m,53 1,75 7 810 242 12 30 000 22,5
- 28 500 17 274 2 de lm,32, 2 de 2 m., 4de2m,36 1,83 6 960 177 14 27 000 20,72
- 23 620 16 502 I de Om,927, 2 de 2 ni., 2 de 2”,65, h de 2m,70 1,85 7 900 203 15,5 36 000 23,5
- 21 300 15 000 4 de 0"»,870, 2 de lm,75, 2 de 2m,50, 4 de 2™,60 1,80 8 670 250 15 36 000 23,5
- 26 000 20 000 /nle0m,920, 4delm,2S, 4de lm,90, 1 de 2m,85 1,82 10 000 288 16 38 000 23,5
- 19 160 13 750 2 de lm,20, 2 de lm,95, 4 de 2m,25 1,70 5 400 146 14 30 000 22.05
- ’ 38 000 32 500 Turbines » 14 700 375 13 68 000 25
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- OCTOBRE 1907
- • K a iserJViJh e!jp_JL
- tVhite Star Liner Oceantç.
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- *Columbia
- Fig 2. — Coupe transversale des bâtiments mentionnés par leur largeur maxima.
- Fig, 3.
- Années
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- . . REVUE DES. PÉRIODIQUES. : 1047
- L, de manière à rendre minimum le tirant d’eau pour un déplacement donné; pour la Lusitania ces rapports sont de L: / = 8,65 et L:j6= 12,56.
- Britannic. Persia. Gallia. Umbria. Campania. Lusitania.
- 1840. 1850. . 1879. 1884. 1893.' 1907.
- Charbon nécessaire pour une
- traversée (tonnes). . . . . 570 1 400 836 1 900 2 900 < 5 000
- Chargement (tonnes) 224 750 1 700 1 000 1 620 1 500'
- Passagers 115 250 320 1 225 1 700 • 2198-
- Puissance indiquée 710 3 600 5 000 14 500 30 000 68 000
- Pression aux chaudières (kilos). 0,63 2,25 5,3 8 11,5 14
- Charbon par cheval indiqué. . 2,30 17 0,85 0,85 0,73 0,60
- Vitesse en nœuds 8,5 13,1 1-5,5 19 . 22 25
- Il est bien évident que de pareils navires, sans cargaison de marchandises-(5 p. 100 environ du tonnage) et dont le prix atteint une trentaine de millions, ne peuvent marcher que largement subventionnés. Pour la construction de quatre bâtiments de ce type, le gouvernement anglais a avancé à la compagnie Cunard une somme de 2 600000 livres (65 millions) à 2, 3/4 p. 100, et garanti une prime annuelle de 150 000 livres (3 750 000 francs) pouivu que la vitesse moyenne atteignît 24 nœuds, 5 ; en outre, ils doivent être, en cas de guerre,, mis immédiatement à la disposition de l’Amirauté. Enfin, il est stipulé que la compagnie Cunard doit rester exclusivement anglaise, avec un directeur, un personnel et des actionnaires anglais. Les plans de tous les bâtiments de cette compagnie faisant 17 nœuds et au-dessus devront être soumis à l’Amirauté au point de vue de leur utilisation en temps de guerre. Leurs officiers et les trois quarts de leurs matelots devront être Anglais, et appartenir, en majorité, à la réserve de l’Amirauté. L’Amirauté se réserve le droit de les requérir à tout instant, à des prix convenus : par exemple de 25 shillings par tonne brute, et par mois pour les bâtiments faisant plus de 22 nœuds, et 5 shillings de plus si la compagnie fournit l’équipage. La subvention postale est de 68000 livres (1 700 000 francs) par an pour un,chargement de 100 tonneaux (1132 mètres cubes). '
- La forme de La coque, celle des hélices, la vitesse et le sens de leur rotation,. ont été l’objet de nombreuses expériences sur des'modèles, dans des bassins d’essais, d’après les méthodes de Lroude. Toujours en vue de l’utilisation du temps de guerre, la machinerie, disposée (fig. 4) entièrement sous l’eau, a été distribuée en plusieurs compartiments protégés par des soutes à charbon; la machinerie du gouvernail est aussi sous l’eau. L’armement comprend 12 canons de 150.
- On adopta, pour la coque, un acier à résistance de 57 kilos par millimètre carré, avec une limite d’élasticité de 48 p. 100 de la charge de rupture, acier Tome 109. — Octobre 1907. 69
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- supérieur de 24 p. 100 à l’acier doux ordinairement employé, et cpii permit de réduire de 10 p. 100 le poids de la coque. Je ne puis insister sur la construction de cette coque, inintelligible sans do nombreux dessins ; elle fut menée très rapidement : en quatorze mois et trois semaines, y compris huit semaines de grèves; poids .15500 tonnes. La manutention des matériaux se fit très simplement, au moyen de grues électriques dont les charges ne dépassèrent pas 4 tonnes, et sans autre installation spéciale.
- La Liisitania peut recevoir 540 passagers de lre classe, 460 de seconde, 1 200 de 3e, et un équipage de 827 hommes. Tous les passagers sont logés au-dessus de la ligne de flottaison. Les installations sont toutes très confortables,
- Fig. 4. — La Lusitania. Disposition générale des machines et chaudières,
- et celles des premières classes d’une ampleur et d’un luxe extraordinaires, comme vous pouvez vous en convaincre par ces quelques projections. La salle à manger, avec ses 500 sièges, est à deux étages : celui du bas, carré, de 26 sur 26 mètres, et celui de dessus de 19m,80 X 18™,60, surmonté d’un dôme elliptique de 9 mètres de haut; les accessoires : café, bureau, fumoir, sont aussi des plus remarquables. Les différents étages sont desservis par de nombreux escaliers et deux ascenseurs électriques.
- La ventilation et le chauffage sont assurés par des calorifères à tubes chauffés par de la vapeur des chaudières, réduite à la pression de 2 kilos, et autour desquels des ventilateurs refoulent de l’air humidifié par un arrosage d’eau. Cet air arrive dans les salles par le haut, et est aspiré par le bas. L’inverse a lieu en été, pour la circulation de l’air frais par ces mêmes ventilateurs. L’éclairage électrique est assuré par 4 turbo génératrices de 375 kilowatts, à 110 volts, commandées par des turbines Parsons à 1200 tours. Dépense de vapeur par kilowatt-heure : 21 kilos en pleine charge et 28 en demi-charge.
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- Les chambres frigorifiques pour les denrées alimentaires ont une capacité de 370 mètres cubes, avec deux compresseurs à acide carbonique commandés par des moteurs à vapeur. L’installation frigorifique pour la cargaison est aussi à deux compresseurs d’acide carbonique, mais commandés par des dynamos à des vitesses réglables de 40 à 110 tours par minute. La circulation du liquide incongelable aux différents compartiments des chambres- de réfrigération se fait par deux pompes centrifuges Gsvynne, également commandées par des dynamos. Une autre pompe envoie dans cette circulation du liquide moins froid, ce qui permet d’en régler exactement la température au moyen d’un distributeur approprié.
- La sécurité du bâtiment est assurée par un grand nombre de cloisons à portes étanches manœuvrées, sous pression hydraulique, par pistons et crémaillères horizontales .ou verticales, et commandés soit directement, soit d’un poste central. En outre, le mécanisme do distribution de ces cylindres est disposé de manière qu’un homme emprisonné dans un compartiment puisse en ouvrir la porte, qui se referme automatiquement après sa sortie.
- Mais la caractéristique la plus remarquable de la Lusitanià est, comme vous le savez, l’emploi de turbines Parsons au lieu de machines à pistons.
- Ces turbines, analogues à celles de la Carmania que je vous ai présentées dans notre séance du 8 décembre 1905(1), sont disposées, comme l’indique la figure 5, avec leurs auxiliaires, dans 9 compartiments étanches. Elles sont au nombre de 6, dont 2 de haute pression et 4 de basse pression, divisées en 2 de marche arrière et 2 de marche avant, avec des diamètres, aux rotors, de : respectivement, 2m,93, 4m,27 et 3m, 17. Il a fallu, pour leur construction, des pièces de forge do dimensions et de difficultés extraordinaires. C’est ainsi que les tambours des turbines de basse pression d’avant, en acier forgé, avaient, bruts, 3m,60 de diamètre extérieur et 76 millimètres d’épaisseur, sur 2m,50 de long. Ils ont été tirés de lingots de 42 tonnes, de lm,50 de diamètre, réduits à lni,37 par le forgeage, percés d’un trou de lm,50 de diamètre, réduisant leur poids à 27 tonnes, puis dilatés au diamètre de 3m,60. Ces tambours sont frettés sur des roues en acier coulé Firth ; celles des tambours de basse pression pèsent 11 tonnes 3/4. Les arbres des rotors, forgés, comme eux, aux Atlas Works, de Sheffield, ont jusqu’à 1 mètre de diamètre au corps. La longueur des aubes, au nombre de 3 millions, varie de 57 à 560 millimètres; les plus longues.sont consolidées, comme celles de la Carmania, avec joints à dilatation libre. Les turbines sont desservies, pour les réparations, par des appareils de levage permettant de manipuler des charges de 115 tonnes.
- Les hélices sont au nombre de quatre, les extérieures à 21 mètres des inté-
- (1) Bulletin de décembre 1905, p. 1535, et Revue de mécanique, octobre 1905.
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- Fig-. G. — L;i Lusitauia. Disposition des turbines,
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- ricures et tournant en sens contraire, comme les aiguilles d’une montre. Leur faible vitesse de rotation : 180 tours, a permis de leur assurer un excellent rendement.
- Les condenseurs sont au nombre de quatre, disposés par paires, et d’une surface totale de 7 700 mètres carrés, avec plaques en un métal électro-positif par rapport à celui des tubes, pour en éviter la corrosion. Les pompes à air sont du type Weir vertical, dont 4 à eau et 4 à air sec. L’eau d’alimentation, prise à la bâche, est refoulée au travers de réchauffeurs chauffés par la vapeur d’écliap-pement des machines auxiliaires et des turbines du service électrique ; cette eau est ensuite débarrassée de son huile par des filtres Harris, très faciles à nettoyer.
- La vapeur est fournie, à 13 kilos, par 23 chaudières tubulaires à retour de flammes, dont 23 doubles de 5m,34 sur 6ni,70 de long, avec, chacune, 1 064 tubes de 63 millimètres de diamètre extérieur, dont 344 étayeurs ; chauffe des tubes 510 mètres carrés,.totale 610 mètres carrés; grille de 15 mètres carrés ; surface de chauffe totale do l’ensemble 14 700 mètres carrés, dont 260 aux foyers. Diamètre des 192 foyers ondulés lm,26, en tôles d’acier de 35 millimètres. Les chaudières sont desservies par 4 cheminées elliptiques de 5m,S0 sur 7m,92, et d’une hauteur de 37 mètres au-dessus des grilles. Le tirage, au vent forcé en cendrier fermé, du type Howden, est donné par 32 ventilateurs électriques à roues de lm,67, de 50 chevaux, et fournissant, à 450 tours, une pression de 90 millimètres d’eau ; des commutateurs permettent d’en faire varier la vitesse entre 185 et 500 tours, et ce réglage peut se faire de la chambre des chaudières et de celle des turbines.
- Aux essais, la Lusitania a pu faire jusqu’à 26 nœuds, avec une pression de vent de 90 millimètres d’eau, puis 25 nœuds, 4 aux épreuves de 48 heures, en parcourant 4 fois une distance do 480 kilomètres ; pression moyenne aux turbines de haute pression, 10kil,5, et 0kil,26 à celles de basse pression ; vide moyen 715 millimètres; vitesse 188 tours. Marche excessivement régulière et douce, sans vibrations (1).
- Parmi les installations de levage et de manutention les plus remarquables, on peut citer celles des dépôts d’anthracites et de charbons de Pennsylvanie. Pour les anthracites seuls, la capacité des magasins et tas dépasse 4 600000 tonnes, et atteint environ 10 p. 100 de la production actuelle (2).
- Ces anthracites, grâce à leur faible combustibilité et à leur grande division,
- (1) Le bateau Cunard Mauretania presque identique à la Lusitania (Bulletin de novembre 1906, p. 966) va - exécuter ses essais, et la compagnie allemande-américaine de Hambourg fait construire un paquebot, plus monstrueux encore VEuropa de 240 mètres de long et de 48000 tonneaux.
- (2) Engineering News, 29 août 1907 et 8 août 1898.
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- peuvent s’emmagasiner en tas ou cônes, dont la hauteur atteint jusqu’à une trentaine de mètres, et qui sont desservis par des systèmes très complets de conveyeurs et d’élévateurs spéciaux.
- L’une des plus remarquables de ces installations est celle du dépôt du Philadelphia and Reading Rr, à Abrams, d’une capacité de 480 000 tonnes, en 8 piles de 60 000 tonnes, desservies comme vous le voyez en cette projection, par 4 groupes de deux élévateurs et d’un rechargeur pivotant. Chacun des élévateurs peut débiter 300 tonnes par heure, et le recliargcur 250. Ces élévateurs sont du type à palettes avec fond mobile de manière qu’il s’allonge et monte à mesure que s’élève le cône du charbon déversé par les palettes à l’extrémité supérieure de ce fond, au sommet croissant du cône, en réduisant au
- Fig. 6. — Halle du dépôt de Wende.
- minimum la chute et le bris des charbons. Le conveyeur rechargeur est à poutre pivotée de manière à permettre d’atteindre partout le charbon qu’il amène à la tour de chargement, où il est trié et pesé, puis passé aux wagons (1).
- Au dépôt de Wende, sur le Lehigh Valley Rr, le tas est formé, également par des conveyeurs Dodge (2), sous une halle de (fig. 6) 145 sur 70 et 25m,50 de haut, divisée en 3 compartiments d’une capacité de, chacun, 30 000 tonnes, indépendants, desservis chacun par un élévateur, avec rechargeurs à godets à recouvrement passant sous le plancher et aboutissant à 3 tours de triage, alimentées par des élévateurs circulaires aboutissant aux wagons. Chacun des élévateurs et rechargeurs débite 150 tonnes à l’heure. Dans la halle, la poussée du charbon est reçue par une enceinte de pieux en bois très solide, indépendante des fermes de la halle.
- 1) Engineering News. 29 août 1907. Railroacl Gazette, 16 novembre 1906. Iron Age, 5 janvier 1905.
- 2) Revue de mécanique, août 1897, p. 782. Rrevets américains, 733 355 et,738013 de 1903.
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- Au dépôt de Ramson, aussi sur le Lehigh Valley Rr, le service se fait par un seul élévateur Dodge de 60 mètres de long,roulant sur une poutre de (fig.7 et 8) 270 mètres de long, supportée, tous les 24 mètres, par des colonnes de 76 millimètres de diamètre, en tôles-d’acier de 13 millimètres d’épaisseur. Ces colonnes
- Fig. 7. — Dépôt de Ramson.
- sont pivotées au bas sur des socles en acier coulé sur béton, et contreventées par des câbles d’acier de 22 millimètres ; les deux colonnes du milieu de la poutre sont, en outre, pourvues de croisillons longitudinaux qui assurent la
- -5/7»
- Fig. 8. — Dépôt de Ramson.
- stabilité longitudinale du système. L’élévateur est roulé, à la vitesse de 12 mètres par minute, par une dynamo de 50 chevaux, le long d’une série de trémies en bois (fig. 9) où se déchargent les wagons, et son pied porte la cabine de manœuvre. On peut ainsi débiter 400 tonnes à l’heure. La capacité de la pile est de 383000 tonnes.
- Le rechargement se fait, en très grande partie, par deux conveyeurs nos 1 et 2 (tig. 8) de la Link Belt Co (1) à palettes, passant danà deux tunnels sous la
- (I) Revue de mécanique, février et avril 1906. - ' '
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- poutre et aboutissant à un conveyciir n° 3, avec godets en V, qui amène le charbon au haut de la tour de triage. Les charbons qui ne tombent pas directement sur les conveycurs nos 1 et 2 leur sont amenés par des conveycurs mobiles {Travelling Reloacler (lig. 8) de 51 mètres de long, roulant, à la vitesse de 27 mètres par minute, sous l’action d’une dynamo de 00 chevaux, et à chaînes commandées par une dynamo de 45 chevaux. Chacun de ces conveycurs a un débit de 150 tonnes par heure.
- Fig. 9. — Dépôt de Ramson.
- Les wagons en chargement sont portés par des plates-formes à cylindres hydrauliques, qui les font basculer dans un sens puis dans l’autre autour de leur axe transversal de manière à charger successivement les extrémités et le centre du wagon en brisant le moins possible le charbon.
- Le dispositif du dépôt de Ransom est très expéditif et simple, mais il se prête moins que celui des cônes à la manutention de charbons de dimensions variées.
- Le prix total de la manipulation : chargement et déchargement, y compris l’amortissement et l’entretien des machines, ne dépasse guère 25 centimes par tonne, dans toutes ces installations. Le retriage des charbons est absolument nécessaire, en raison des bris. Les voies doivent etre, comme au dépôt d’Abrams,
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- disposées de manière à permettre de suivre le débit des conveyeurs «et rechargeurs, et à fonctionner autant que possible par gravité, grâce à une pente d’environ 1,5 p. 100.
- Les charbons bitumineux ne peuvent s’empiler comme les anthracites sous peine de combustion spontanée; en outre, leurs dimensions sont extrêmement variées, ainsi que leurs débits aux clients. Il faut donc constituer les dépôts en de petites masses facilement accessibles. L’un des appareils qui convient le
- Fig. 10. — Dépôt de la Compagnie Edison à Edgewater.
- mieux à cette manipulation est le pont roulant translateur et pivotant avec benne couvrant tout le champ du dépôt; le prix total de la manipulation : chargement et déchargement, ne dépasse guère 15 centimes par tonne.
- Le pont pivotant de la fabrique de ciment Atlas, à Northampton, Pa, est de 85 mètres, avec benne de 2 tonnes, commandée par des dynamos à courants continus de 500 volts, de 100 chevaux pour la levée et de 50 pour la translation; le pivotement du pont est commandé par une dynamo de 30 chevaux. Les mécanismes de levée et de translation sont indépendants, condition essentielle à la rapidité des manœuvres. La capacité de la pile est de 100 000 tonnes, pour une hauteur de 9 mètres. Le charbon est versé des wagons dans deux trémies
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- aboutissant à un puits central; le rechargement se fait directement do la benne automatique aux wagons.
- On peut, dans les installations de moyenne importance, employer avec succès de simples grues roulantes à vapeur, avec des portées allant jusqu’à 24 mètres et des bennes automatiques d’une tonne, déchargeant le charbon soit en tas soit dans des trémies, comme dans les stations de locomotives. Tel est le cas des installations très économiques de l’Atlantic Coast Lino, à Wageross et à South Rocky Mount.
- Le dépôt mixte de la compagnie Edison, à Edgewater N. J., pour 100000 lonnes
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- Fig. ,11. — Remblayeur Lloyd.
- d’anthracite et 50 000 de charbon, est desservi, comme l’indique'la figure 10, par deux cônes, avec conveyeur et tour centrale pour l’anthracite, et par un pont roulant de 60 mètres pour les charbons.
- Voici un curieux dispositif de manutention de wagons de terrassement, qui a donné d’excellents résultats pour l’exécution des grands remblais sur plusieurs chemins de fer américains, notamment sur le Western Pacific (1).
- Gomme vous le voyez, c’est (fig. 11 et 12) un appareil constitué essentiellement par un mât, de 9m,90 de haut dans l’espèce, soutenant par des tiges métalliques une série de poutres radiales en bois de 200 X 430 mm, et de 9 mètres de long,
- (1) Engineering News, 22 août.
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- qui servent de support à une voie circulaire raccordée à celles qui lui amènent et en retirent les wagons de terrassement. L’appareil est installé à l’extrémité du remblai. Les wagons amenés pour être déchargés sont accrochés par un câble continu, actionné par un moteur à vapeur de 15 chevaux, qui les traîne sur la voie circulaire et les renvoie sur celle de retour, et ils sont déchargés aux
- ]5 HP.Hoisfin£
- Cable ,i
- . Section C-D
- Fig. 12. — Remblayeur Lloyd.
- points voulus de la voie circulaire par des tocs qui en ouvrent les portes ou les basculent.
- Le personnel comprend un charpentier et trois hommes pour le montage et le déplacement de l’appareil, qui se font pendant les heures de repas, et, pour la décharge des wagons et leur manutention, un mécanicien et quatre hommes.
- L’installation de cet appareil est très simple et peu coûteuse. Il a fort bien fonctionné sur des remblais de jusqu’à 50 mètres de haut, et permet de décharger les wagons assez vite pour suivre le débit d’un excavateur de 70 tonnes en excellent terrain.
- Je vous ai dit, dans notre séance du 28 octobre 1904 (1), ‘quelques mots de la lam-pe à vicie de Mooi'e, alors à ses débuts ; depuis, cette lampe s’est grandement
- (1) Bulletin d’octobre 1904-, p. 903.
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- perfectionnée, cl semble prête à entrer définitivement clans la pratique avec un grand succès.
- Vous savez que, dans cette lampe, la lumière est produite par une sorte d’eflluve se répandant uniformément à l’intérieur d’un tube de verre rempli d’un gaz très raréfié et pourvu, à chaque bout, d’une électrode en carbone, re-
- cevant, d’un transformateur, des courants alternatifs d’une tension fonction de la nature et de la raréfaction du gaz et surtout de la longueur du tube. Mais, à mesure que fonctionne cette lampe, les gaz, du tube s’occlusent en partie dans les électrodes, de sorte que leur raréfaction augmente, et comme le rendement et le fonctionnement général de la lampe sont très sensibles aux moindres variations de son vide, il a fallu trouver le moyen de rendre ces variations extrè-
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- moment -faibles. M. Moore y est récemment parvenu au moyen do la petite soupape électrique figurée sur cette projection (fig. 13). Cette soupape est constituée par un petit bouchon en charbon poreux communiquant d'une part avec l’atmosphère et, sur son autre face, avec le tube de la lampe. Ce bouchon plonge dans un bain de mercure; tant qu’il n’est pas submergé par le mercure, l’air atmosphérique filtre au travers du charbon, et passe dans le tube de la
- .23 -22 .21 .2 .13 M .17 JS J5 H .13 .12 .11 .1 MM .02 JS JS
- Pressions en m/m de mercirc. Fig 14.
- lampe; ce passage cesse dès que le charbon est recouvert par le mercure, et l’on conçoit que l’on puisse, en faisant dépendre ces immersions du degré de vide de la lampe, les régler de manière à assurer l’invariabilité de ce vide..
- Fig. 15. — Armature de la General fireproofing C°.
- A cet effet, on fait plonger plus ou moins, dans le mercure, un tube de verre qui entoure le bouchon do charbon, et qui est relié à l’armature d’un solénoïde en série sur le primaire du transformateur de la lampe.
- Dans des essais exécutés parM. Clifford sur une lampe Moore à tube de verre de 45 millimètres de diamètre sur 60 mètres de long, avec une pression intérieure de 0mm, 10 de mercure un courant primaire de 220 volts, d’une fréquence de 60. transformé sous une tension d’environ 17000 volts, on a maintenu le-1
- vide à -. d’atmosphère près, et la lumière sans aucune oscillation, avec une-
- 40 000 A
- de ces soupapes dont le bouchon se découvrait un instant à peu près toutes les.
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- minutes. D’après les expériences de Moore, dont les résultats sont reportés au diagramme fig. 14, on voit qu’il existe un degré de vide compris, pour l’air,
- Fig. 18. — Barre Kahn.
- entre 0mm,09 et 0mm,08 de mercure, avec lequel l’intensité du courant traversant la lampe, et correspondant à une chute de tension d’un volt par pied (0m,30) de longueur du tube, est maxima, et s’élève à 0,05 ampère. Au point X de la courbe des ampères, l’armature de la soupape doit être réglée, au moyen d’une
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- vis, de manière qu’elle maintienne le vide du tube au"] degré Y correspondant à cette intensité de 0,05 ampère.
- Les tubes Moore peuvent avoir une très grande longueur : jusqu’à 70 mètres, mais la tension du courant croît avec cette longueur. Cette tension est, par exem-
- Fig. 19. — Armature Kahn.
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- Fig. 20.
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- Fig. 21. — Moitié du pont de Québec. Longueur totale du pont 990 mètres. Longueur de la portée centrale, 549 mètres.
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- Fig. 22. — Effondrement du pont de Québec.
- pie, avec une intensité lumineuse de 40 bougies par mètre de tube, de 3 000 volts environ pour un tube de 6 mètres et de 12000 pour un tube de 60 mètres, avec des transformateurs à puissances respectives de 3,5 et 4,5 kilowatts.
- La teinte de la lumière varie avec la nature du gaz; elle est orangée avec
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- l’air, et, avec l’acide carbonique, blanche et absolument comparable à la lumière du jour. L’alimentation de
- ' ces tubes en acide carbonique se fait automatiquement, par un petit flacon dans lequel le régulateur de la lampe fait dégager, par la réaction de l’acide chlorhydrique sur un morceau de marbre, la quantité de gaz. nécessaire au réglage du tube ; cet appareil fonctionne des années, sans autre sujétion que le remplacement du marbre de temps en temps. L’azote émet une lumière jaune, et l’alimentation des tubes se fait alors en ajoutant au régulateur un petit cylindre en fer contenant du phosphore qui absorbe l’oxygène de l’air admis par le régulateur.
- Ces tubes de Moore, qui se font par la soudure sur place d’éléments de 2m,60 de long, sur 45 millimètres de diamètre et lmm,5 d’épaisseur durent indéfiniment; leur lumière diffusée est extrêmement stable et très douce, d’une intensité de 0 bougie 1 par centimètre carré, à 40 bougies par mètre de tube, au lieu des 38 bougies de la lampe à incandescence ordinaire, et ce avec un rendement lumineux, en bougies par watt, cinq fois plus grand (2 bougies 15 au lieu de 0 bougie 40). Le rendement des tubes à acide carbonique est 1,5 fois plus grand que celui des arcs en vase clos, et, d’autre part, le tube de Moore se prête aux applications les plus variées; c’est ainsi que son inventeur vient de créer une lampe taportive à 220 volts, consommant 25 fois moins qu’une lampe à arc enfermé,, tout en produisant un éclairage infiniment meilleur. Le prix d’établissement
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- est élevé : dè 30 à 50 francs par mètre de tube, mais ce prix s’abaissera, et il semble compensé, dans bien des cas, par la douceur, l’égale répartition et le rendement excellent de sa lumière, ainsi que par l’extrême simplicité et la durée indéfinie de son installation.
- Parmi les systèmes de constructions en ciment armé qui se sont récemment développés avec un grand succès, principalement aux États-Unis, j’attirerai, aujourd’hui, votre attention sur deux types d’armatures : celui de la General Fireproofmg C° de Youngstown, Ohio, et celui de la Trussed Steel C° de Detroit.
- Le système de la General Fireproofmg est, comme vous le voyez par cette' projection, caractérisé par (fig. 15) l’emploi, pour les poutres, de barres droites A et courbées B, avec diagonales C, reliées à A et à B par des serrages à coins G
- Fig. 24. — Coupes transversales GH et KP de la poutre fig. 23.
- et H, de manière à constituer des poutres articulées les unes aux autres par des boulons E et des mailles F. L’armature des colonnes est constituée par (fig. 16) des barres d’acier hélicoïdales et à boutons (fig. 17) tordues à froid. Ce système se prèle très facilement aux. circonstances les plus diverses, et ses éléments peuvent s’expédier démontés avec la plus grande facilité.
- L’emploi des barres d’acier tordues à froid est très usité dans les constructions en ciment armé. Cette torsion, poussée jusqu’à un certain point, fonction de la nature du métal, en augmente la résistance. D’après M. Shuman (1) le pas ne devrait pas être inférieur à huit ou dix fois le côté de la barre carrée tordue, pour de l’acier Bessemer, et de cinq à sept fois pour de l’acier au réverbère. On augmenterait ainsi facilement de 50,p. 100 la limite d’élasticité, et de 30 p. 100 la résistance à la rupture.
- Le Trussed Concrète Steel C° emploie, comme élément d’armature de poutres,
- (1) Engineering News, 18 juillet 1907, p. 59.
- Tome 109. — Octobre 1907.
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- le type de Kahn, constitué, comme vous le voyez par cette projection (fig. 19), d’une barre avec arêtes ou étriers à 45°, qui arment le ciment, ainsi que le montre la figure 20, à la manière d’une poutre de pont de système Pratt, sans aucune tendance au glissement, les diagonales, constituées par les arêtes, résistant à la tension et le ciment remplaçant les diagonales de compression. Ce type d’armature, bien connu en France, a donné d’excellents résultats aux essais officiels. Comme tiges d’armature, cette compagnie emploie des barres avec alvéoles, comme en figure 18, disposées de manière à retenir très énergiquement le ciment et à assurer une grande rigidité. •
- La Trussed Concrète C° a construit, aux Etats-Unis, de nombreux ateliers en ciment armé de son système, notamment, ceux de construction d’automobiles de
- Fig. 25. — Écrasement de la poutre A9.
- Pierce à Buffalo, qui couvrent une superficie de plus de 3 hectares. L’atelier de montage de cette usine est constitué, comme le montre cette projection, par deux baies de 18m,50 x 125 mètres, avec des poutres en ciment armé de 400 X 2m,35 de hauteur, renforcées par des armatures à barres carrées de 116 centimètres carrés de section. Les colonnes centrales, de 610 x 610, sont renforcées par quatre barres Kahn de 6 x 95 millimètres, et quatre de 30 x 95 millimètres. Les grues roulent sur des poutres en ciment armé de 300 x 560, renforcées par des barres de 24 x 75 millimètres; portée entre les colonnes 7m,50, charge 5t,5. '
- L’emploi du ciment armé permet une construction extrêmement rapide ; c’est ainsi que, dans cette grande usine de Pierce, certains bâtiments, qui ont jus-60 X 120 mètres, ont été construits en six mois.
- Parmi les ateliers américains en ciment armé, je citerai encore ceux de {'United Shoe Machinery C°, à Beverly, Mass, dont les moindres détails d’amé-
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- nagement intérieur ont été étudiés tde manière à s’adapter spécialement à ce mode de structure (1).
- Parmi les innombrables applications du ciment armé, F une des plus intéressantes est celle que l’on a déjà bien des fois tenté d’en faire aux traverses des chemins cle fer. Les traverses en bois absorbent des forets entières, au point, qu’aux Etats-Unis meme, on ne trouve plus, pour les traverses, que des bois médiocres et de peu de durée ; la traverse de chêne blanc y coûte 4 francs, et il n’y en aura bientôt plus. - On ne saurait non plus songer aux traverses en acier, malgré le succès de quelques types, notamment de la traverse en poutrelle de.Carnegie, cai. cette traverse pèse 73 kilos et coûte 11 fr. 25, et jamais l’on n’arriverait à produire l’acier en quantité nécessaire pour le remplacement des traverses en bois. L'e: succès des traverses en ciment armé serait donc des plus heureux en ce qu’il procurerait aux fabricants de ciment un débouché colossal, et qu’il éviterait un gaspillage énorme d’excellent bois. C’est à ce titre que j’attire aujourd’hui votre attention sur un mémoire de M. W. M. Camp, sur les expériences faites en Amérique avec des traverses en béton anné, publié dans le numéro de septembre dernier du Bulletin international des chemins de fer.
- L’auteur décrit quelques-uns des types de traverses qui ont donné, aux essais, les meilleurs résultats, et notamment celles de M. Buhrer, très simplement constituées par un fer à T renversé de 35 kilos, servant d’armature à une masse de béton de 165 millimètres de haut sur 230 de largeur au bas : prix 7 fr. 40, d’après M. Camp.
- En Amérique, c’est M. C. Buhrer qui a le plus fait pour étudier et perfectionner les traverses en acier et en béton armé. Non seulement ses traverses ont été essayées sur plus de chemins de fer que tout autre type, mais il a fait construire et mettre en service un plus grand nombre de traverses des deux genres en question que tous les autres inventeurs d’Amérique réunis. Si l’on examine les résultats qu’il a obtenus, on trouve la confirmation d’une observation faite précédemment: à savoir que les sections d’essai posées pendant la première année de ses expériences ont supporté un trafic intense sur voie principale, sans rupture ni avarie d’aucune sorte, tandis que certains essais faits sur une plus grande échelle, avec la même espèce de traverse posée dans les années ultérieures, n’ont pas été tout à fait heureux, En certains points,[toutes les traverses ont très bien résisté pendant trois ou quatre ans, mais, en d’autres points, une proportion notable de ces traverses ont dû être renomelées. En certains points aussi, ces traverses ont subi les épreuves les plus rigoureuses possible, dans des sections parcourues par de longs et nombreux trains de marchandises et par de lourds trains de voyageurs marchant souvent à des vitesses atteignant 80 milles (129 kilomètres) à l’heure. Dans trois cas, des wagons sous charge ont été jetés en bas des rails et remorqués sur ces traverses sans en casser aucune, bien que les boulons à agrafes fussent cisaillés.
- Les considérations ci-après feront reconnaître que l’expérience du « Lake Shore & Michigan Southern Railway » a démontré la valeur pratique de ces traverses : 1° la plupart des ruptures peuvent être attribuées à l’exécution défectueuse ou négligente du mélange des matières
- (1) American Machinist, août 1907.
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- ou du moulage des traverses; 2° en différents points où la voie principale a été posée avec ces traverses, il ne s’est déclaré aucune espèce de détéiûoration après trois et quatre ans de service; 3° les matériaux des traverses sont réfractaires à l’action du gel et du feu.
- Le service de la voie de cette compagnie s’est arrêté aux deux conclusions suivantes : une voie posée avec ces traverses est trop rigide pour les trains marchant à grande vitesse quand le sol est gelé; il est probablement impossible de construire une traverse en béton portant des trains lourds et rapides sans qu’il se produise une proportion considérable de ruptures après un certain délai. Par contre, on considère que c’est la traverse idéale pour les voies accessoires et les voies de gare, ou pour toute voie qui n’est pas parcourue par des trains rapides. Pour ce service, elle est jugée supérieure à la traverse en acier. Les voies accessoires posées avec ces traverses et bien dressées peuvent se passer pour ainsi dire de tout entretien pendant une longue période. Telle est la règle actuellement adoptén par le « Lake Sliore & Michigan Southern Railway » en ce qui concerne les traverses en béton armé, et un certain nombre de voies accessoires en sont dès à. présent munies. Il emploie aussi cette traverse dans les voies de tout genre au droit des stations d’alimentation d’eau et aux autres points où les cendriers des locomotives sont vidés et où, au bout de peu de temps, les traverses en bois sont brûlées. M. S. Rockwell, ingénieur en chef de la voie de cette compagnie, n’hésite pas à recommander la traverse en béton armé comme faisant un long service dans toutes les voies parcourues par des trains lents.
- La question est, on le voit, encore très loin d’être tranchée, mais bien en progrès, et très digne d’attirer l’attention des fabricants de ciment qui trouveront, dans le mémoire de M. Camp, une utile addition à la littérature de cet intéressant sujet.
- Le 30 août dernier, il se produisit, au pont en construction (fig. 21) sur le Saint-Laurent, à 10 kilomètres de Québec, une catastrophe sans exemple dans les annales de la construction : l’effondrement (fig. 22) de toute la partie Nord, avancée déjà d’environ 220 mètres au delà de sa pile.
- On ne connaît pas encore officiellement la cause de cet écroulement, mais tout donne à penser qu’elle réside dans la faiblesse des poutres d’intrados du pont, notamment de la poutre marquée A9 sur la figure 22. Ces poutres ne ' sont pas, comme celles du pont du Forth, d’ensemble analogue et d’une portée centrale de 33 mètres seulement moins grande que celle du pont de Québec, constituées par de fortes colonnes cellulaires, armées et encastrées, parfaitement homogènes, et ayant jusqu’à 3m,6S de diamètre ; elles sont, comme il le faut pour la structure des ponts américains articulés et non rivés, constituées par des fers de lm,37 X 17m,30 ; au cas de la poutre A9 (fig. 23 et 24), au nombre de quatre, et reliées entre elles par des contreventements en treillis. Ce qui donne à penser que c’est la poutre A9 qui a cédé la première, c’est outre son aspect après l’accident (fig. 25) qu’elle était l’une des plus fatiguées, et que cette fatigue s’était manifestée, avant l’accident, par des flexions de 30 à 50 millimètres de flèche, indiquées en pointillés sur la figure 26.
- D’après les calculs, la charge de cette poutre était, au moment de l’accident,
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- tout à fuit insuffisante pour déterminer sa rupture (1) ; mais ces calculs ne peuvent être qu’approximatifs, car on les fait en appliquant à ces très longues poutres des équations vérifiées seulement pour des longueurs beaucoup moindres, et surtout en considérant les quatre fers de chaque poutre comme rendus rigoureusement solidaires par leur assemblage à treillis. Or, cette solidarité ne peut être que très imparfaite, de sorte que la poutre constituée par ces quatre fers entretoisés ne présente pas l’homogénéité des tubes du pont du Forth, auxquels les formules ordinaires de la résistance des colonnes peuvent s’appliquer avec
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- Fig. 26. — Flanchement de la poutre A9 avant l’accident.
- une exactitude moinsvapproximative. En réalité,on ne sait rien sur la solidarité réelle des éléments de pareilles poutres, et comme il est bien certain que, sans cette solidarité, leur résistance est beaucoup trop faible, même en supposant la charge de la poutre également répartie sur ses fers, il est permis d’attribuer, jusqu’à preuve du contraire, leur rupture à ce défaut.
- Il y aurait donc grand intérêt à exécuter sur de pareilles poutres des essais de résistance, coûteux et difficiles sans doute, mais de la plus haute importance, et dont les frais seraient plus que couverts par la certitude d’éviter, dans l’avenir, de pareils désastres.
- L’accident du pont de Québec fera bientôt l’objet d’un rapport officiel, qui sera des plus intéressants, et dont je vous rendrai compte dès qu’il aura été publié (2). •
- (1) Calculée pour une charge normale de 11320 tonnes elle a cédé sous une charge de S 000 tonnes environ.
- (2) Sur le pont de Québec voir YEngineer, YEngineering et YEngineering Neivs, août, septembre, octobre 1907. Un accident analogue s’était déjà produit, en septembre 1876, au pont d’Ashtabula, et pour les mêmes raisons (Engineering News, 3 octobre, p. 367).
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — La localisation de l’industrie chimique en France, par M. L. Lindet. — La conservation des monuments. — Analyse rapide des eaux d’alimentation.
- Produits minéraux. — La fixation de l’azote atmosphérique. — Corindon artificiel. — Solubilité du sulfate de plomb dans l’acétate d’ammonium.
- Métaux. — Coupage des métaux par l’oxygène. — Effets pernicieux des fumées d’usines de fonderies. — Raffinage électrolytique de l’étain. — Sur la passivité du fer. — L’argenture des glaces. — Coût de l’extraction de l’or. — Sur le procédé Gayley de soufflage de l’air sec dans les hauts fourneaux.
- Combustibles. — Manutention des cokes.
- Résines. — Régénération du caoutchouc, — Procédé de désodorisation des essences.
- Alcools. — Le lactoformol en distillerie. — Résidus de sucrerie et de distillerie.
- Acides. — Action du méthanal sur les tannins.
- Couleurs. — Dosage du zinc dans les peintures au zinc. ç'
- Industries textiles. — Action des solutions de soude à froid sur la cellulose. — Procédé David pour reconnaître les tissus mercerisés.
- Explosifs. — Revue d’ensemble des explosifs modernes.
- LA LOCALISATION DE L’iNDUSTRIE CHIMIQUE EN FRANCE, par M. L. Lindet.
- Quelles sont les causes qui ont amené telle industrie à se localiser dans une région, plutôt qu’ailleurs? M. L. Lindet, professeur à l’Institut national agronomique, a exposé ces causes dans la Revue Scientifique {1907, n° 9). La nature de ce sujet se rattache si étroitement aux « Notes de chimie », et il a été traité avec une si grande ampleur, qu’il est nécessaire de reproduire ici quelques passages principaux de cet exposé.
- « Le choix de la région où se localise une industrie, dit M. Lindet, est déterminé par un certain nombre de principes économiques, qui ne s’appliquent pas toujours simultanément. Il faut évidemment que l’usine soit à proximité de sa matière première, de façon à profiter d’un prix de transport réduit; quelquefois, on l’installe sur le minerai, quelquefois sur le charbon, à moins qu’elle ne puisse être à la fois sur l’un et sur l’autre; quelquefois sur la force motrice, représentée par une chute d’eau. Mais quelque endroit qu’il ait choisi, l’industriel doit se préoccuper de recruter du personnel ouvrier; on se trouve obligé, dans certains cas, de s’éloigner du minerai, pour se rapprocher du marché de main-d’œuvre ; quelquefois aussi, la facilité que lui offre un grand centre de consommation pour l’écoulement de ses produits l’éloigne deda matière première ; enfin il trouve souvent dans les ports, qui sont des centres d’importation et d’exportation, l’.endroit propice à l’installation de son usine. »
- En ce qui concerne le traitement des minerais de fer, la production française est de 7 385 000 tonnes et l’exportation à l’étranger de 1 356 000 tonnes ; il reste dans les départements producteurs 6 039 000 tonnes de minerai à traiter, dont les neuf dixièmes sont
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- LA LOCALISATION DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE EN FRANCE. 1069
- transformés dans les départements mêmes où ils sont extraits; un dixième seulement gagne les départements favorisés sous le rapport du charbon ou, pour l’industrie nouvelle de la fabrication de l’acier par le four électrique, les départements favorisés sous le rapport des chutes d’eau.
- Les gisements métalliques autres que ceux de fer ont en France une faible importance. Les minerais de plomb', de zinc, de cuivre, représentent, dans l’établissement du prix de revient, une valeur supérieure à celle du charbon, et leurs gisements, généralement éloignés des centres charbonniers, ne sont pas assez importants pour justifier l’établissement d’une usine métallurgique. L’extraction des minerais de plomb s’est élevée en 1905 à 12118 tonnes. De ces minerais 2 674 tonnes ont été exportées à l’étranger ; le reste de ces minerais, ainsi que les minerais d’Algérie, de Tunisie, de Sardaigne et d’Espagne (importation 34 570 tonnes) ont été travaillés dans la Loire-Inférieure, à Couéron (13 250 tonnes de plomb), et dans le Yar (1 107 tonnes), là où arrivent les charbons anglais, dans le Pas-de-Calais, à Noyelles-Godault (6 320 tonnes), dans la Haute-Loire (2 050 tonnes), dans le Tarn (770 tonnes), dans l’Isère (507 tonnes), c’est-à-dire dans les départements charbonniers. La production totale du plomb a été de 24 148 tonnes. Les gisements de blende et de calamine ont fourni, en 1905, 62 150 tonnes. Les usines voisines du charbon 43 213 tonnes de zinc.
- C’est uniquement dans le département de la Seine-Inférieure, qui reçoit des charbons anglais, que l’on a traité les minerais de nickel de la Nouvelle-Calédonie. La production a été de 1 800 tonnes de nickel.
- Les minerais d’antimoine ont été travaillés dans les départements mêmes (Mayenne, 4 483 tonnes et Haute-Loire, 4 321 tonnes). La production du régule de l’oxyde a été de 2 396 tonnes. Les minerais d’arsenic ont été, au contraire, expédiés à l’étranger ; l’Aude 2 927 tonnes, exporte en Angleterre.
- La fabrication de l’aluminium, exigeant l’emploi de l’électricité, s’est installée dans les pays des chutes d’eau, en Savoie.
- La grande industrie des produits chimiques repose tout entière sur l’emploi de la pyrite et du sel. Les gisements de pyrites ont déterminé la localisation des premières fabriques d’acide sulfurique ; c’est l’usine de Saint-Fons (Société de Saint-Gobain) qui s’est établie près des usines de Saint-Bel, Rhône (production 264 000 tonnes). C’est l’usine de Salindres (Société des produits chimiques du Gard et de la Camargue,(établissements Péchiney) qui utilisait les pyrites du Gard aujourd’hui presque épuisées.
- D’autre part, l’importation des pyrites espagnoles (272 000 tonnes) a créé des fabriques d’acide sulfurique partout où ces pyrites ont pu arriver à bon compte (établissements Kuhlmann, à Lille et à Amiens; établissements Malétra-à Rouen; usines de la Compagnie des produits chimiques du Midi, et de la Compagnie des produits chimiques dé l’Estaque, à Marseille; des produits chimiques agricoles, à Bordeaux ; des produits chimiques de Saint-Denis; usines Tancrède à Aubervilliers). Toutes ces usines ne fabriquent pas l’acide sulfurique en vue de la préparation de la soude; beaucoup l’uti-bsent pour la fabrication des superphosphates et profitent de leur proximité avec les centres agricoles, car il vaut mieux transporter du superphosphate que de l’acide sulfurique.
- Les fabriques de soude à l’ammoniaque se sont naturellement organisées près des gisements de sel gemme; dans le département de Meurthe-et-Moselle où dix-neuf mines sont en activité, on compte trois soudières fournissant annuellement 223 000 tonnes de carbonate de soude (usine de la Compagnie Solvay, à Dombasle-Yarangeville :
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- usines de la Compagnie Daguin; usines des Soudières de la Meurthe). La Société des produits chimiques du Midi et la Société Solvay fabriquent également de la soude à l’ammoniaque, non plus avec le sel gemme, mais avec le sel marin, l’une à Sorgues (Vaucluse), l’autre, aux Salins de Giraud (Bouches-du-Rhône).
- Quant aux procédés reposant sur la dissociation électrolytique du sel, ils ont été appliqués à la Société des Froges, près Modane, en Savoie, où l’on dispose de forces motrices considérables, ainsi qu’à la Mothe-Breuil (Oise), par la Société industrielle des produits chimiques (procédés Griesheim). Là aussi, auprès des forces que fournit la houille, sont venues s’installer la fabrication du carbure de calcium, à Notre-Dame-de-Briançon et à Bozel (Savoie), au Gifre (Haute-Savoie), à Saint-Béron (Isère); à Belle-garde (Ain), à Castellet (Landes), à Pônt-du-Var (Alpes-Maritimes), et la fabrication du chlorate de potasse, à Saint-Michel-de-Maurienne (Savoie), au Fayet (Haute-Savoie).
- Le charbon nécessaire à la cuisson des chaux hydrauliques et des ciments est toujours d’une valeur supérieure à celle de la matière première elle-même; aussi cette cuisson a-t-elle heu à la carrière. Les chaux hydrauliques de l’Ardèche ou du Teil . (375 000 tonnes), de l’Ain (106 000 tonnes), de l’Isère ou ciments Vicat (126 000 tonnes), •de l'à'onne ou ciments de Vassy, sont cuits sur les lieux mêmes où on les extrait, et gagnent de là les nombreux chantiers où ils sont utilisés.
- Les terres employées en céramique sont encore d’une valeur faible et ne représentent que la moitié et même le tiers du prix du charbon; c’est également à proximité des carrières qu’on les transforme en produits manufacturés. Par exemple les argiles de Seine-et-Oise (35 000 tonnes) et de Seine-et-Marne qui alimentent les fours de Montereau.
- Les verreries ont plutôt avantage à s’installer dans les régions charbonnières ; on estime en effet que 20 p. 100 des verreries françaises sont logées dans le département du Nord, et la célèbre cristallerie de Baccarat se trouve dans le département de Meurthe-et-Moselle.
- Mais il ne faut pas oublier que les produits sont éminemment fragiles et que le prix ; de leur transportât élevé ; aussi voit-on s’établir souvent les usines au centre même de la consommation. On fabrique des bouteilles dans les régions vinicoles : Bordelais, Champagne, Bourgogne, et dans les régions d’eaux minérales; on compte de nombreuses A^erreries et cristalleries aux empirons mêmes de Paris, à Pantin, à Saint-Denis, à Saint-Ouen, à Clicliy, à Choisy-le-Roi.
- L’huile de pétrole nous vient tout entière de l’étranger (États-Unis, Russie; Roumanie, 45 000 tonnes), et c’est naturellement dans les ports que l’on rencontre les plus grandes raffineries de pétrole. Mais les aATantages commerciaux qu’elles y trouvent ont amené certaines raffineries à s’installer près des grandes villes, à Colombes ‘'(Société des Huiles de Colombes et Desmarais), à Aubervilliers (Fenaille et Despeaux), à Pantin (Deutsch), à Loos-les-Lille (Lille et Bonnières).
- Les papeteries qui travaillent le bois, l’épicéa, vont se placer dans les pays de montagne, où elles rencontrent des chutes qui leur fournissent la force motrice, et une eau pure , qui leur assure la blancheur des pâtes : Papeteries du Marais et de Sainte-Marie, d’Arches (Perrigot et Masure), celles de Vidalon-lès-Annonay. La consommation à Paris (600 000 tonnes par jour) représente le cinquième de la consommation totale ; la grande papeterie d’Essonnes, qui s’est installée aux portes de Paris, fabrique surtout le papier à journaux.
- Les industries que l’on désigne d’ordinaire sous le nom d’industries agricoles ;
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- CONSERVATION DES MONUMENTS HISTORIQUES. 1071
- féculeries, sucreries, raffineries, distilleries, minoteries, huileries, vinifications, cidreries, brasseries, laiteries, empruntent au sol môme leurs matières premières. La disproportion de poids et de prix entre celles-ci et les produits manufacturés qu’on en retire ne peut pas laisser supposer un instant qu’il y ait intérêt à déplacer l’usine hors du centre agricole; la betterave ne donne que 12 p. 100 de sucre ou 6 p. 100 d’alcool, la pomme de terre 15 p. 100 de fécule; il vaut mieux transporter du sucre, de l’alcool, de la fécule, que la matière première dont on les extrait. De plus, ces industries trouvent dans les pays de culture un faciïe écoulement de leurs drèches et de leurs pulpes.
- La féculerie, dont on peut estimer la production à 75 000 tonnes de fécule-, s’est installée dans trois groupes principaux : dans’les Vosges où elle profite de la belle qualité des eaux, en Saône-et-Loire, et dans le bassin de Paris (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, etc.).
- La sucrerie de betteraves, qui déverse tous les ans une moyenne de 600 000 tonnes de sucre, est spécialement cantonnée dans les départements du Nord de la France, où elle rencontre, à côté du charbon, des terres et un climat, qui conviennent à la culture de la betterave. Mais il n’en est pas de même des raffineries qui sont installées soit à Paris (Say, Sommier, Lebaudy), à Lyon, à Lille, à Tergnier, à Saint-Quentin, soi^ dans les ports où elles reçoivent les sucres de cannes et profitent de détaxes ; à Marseille (raffineries de Saint-Louis) à Nantes, à Bordeaux.
- Les distilleries de betteraves, de mélasses, de grains (production moyenne 2 000 000 hectolitres d’alcool) se retrouvent dans les départements qui viennent d’être cités à propos de la sucrerie.
- La minoterie, qui broie chaque année les 120 millions d'hectolitres de blé que la culture lui apporte, est répartie plus uniformément sur le sol français; partout où l’on fait du blé tournent des moulins. Mais en outre, le régime de l’admission temporaire a amené dans nos ports, à Marseille par exemple, la création de grandes minoteries qui importent les blés algériens et russes et exportent les produits fabriqués.
- C’est dans ces ports également, à Marseille, à Dunkerque, à Bordeaux, que se trouvent nos grandes huileries de graines.
- Il convient de citer encore, parmi les industries localisées dans les centres de production, la distillerie de fleurs; et, d’une façon plus générale, l’extraction des parfums des plantes, roses, jasmin, tubéreuse, etc., et la distillerie de la gemme ou térébenthine qui s’écoule des pins maritimes, plantés dans nos forêts des Landes. »
- CONSERVATION DES MONUMENTS HISTORIQUES
- M. A. H. Church a étudié (Chemical News, 1907, p. 102) l’intéressante question de l’altération des monuments et des décorations murales, sous l’action des intempéries. L’action destructive exercée par le temps se trouve considérablement augmentée dans certaines conditions locales; c’est le cas pour les vapeurs acides de l’atmosphèré des grandes villes industrielles. La quantité d’acide sulfurique envoyée dans l’atmosphère de Londres, par la combustion de la houille, atteint suivant les années de un demi-mil-lion à deux millions de tonnes ! ! Les acides chlorhydrique et nitrique existent en faible proportion, heureusement car on ne sait pas encore préserver de leur action dissolvante les matériaux de construction.
- Sous l’action de l’acide sulfurique amené par la vapeur d’eau, le carbonate de chaux des pierres calcaires se transforme en sulfate, ou gypsç, lequel passe en solution dans
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- les eaux pluviales, Le premier remède qui ait été proposé fut de laver les pierres à l’eau de baryte, laquelle est susceptible de former un enduit à peu près insoluble de sulfate do baryte. La meilleure baryte pour cet usage est l’hydrate fondu cristallisé de formule Ba 02H2,5H20 ; il contient environ 58 p. 100 d’oxyde, et il est moins sujet à se carbonater que la baryte cristallisée ordinaire.
- On emploie l’eau de baryte saturée à 16° centigrades; une solution chaude plus-concentrée peut donner lieu à des mécomptes. Une addition d’acide fluosilicique n’est à recommander que dans, le dernier traitement, car la silice produite obturerait les-poro.sités de la pierre. ' »
- Un autre moyen de préservation, qu’on peut joindre au précédent, consiste à enduire la pierre de cérésine ou d’osokérite. La pâte employée à cet effet est formée d’un mélange de 4 parties de cérésine, de 16 parties de toluol et 1 partie d’essence de térébenthine. On étend ce mélange sur la pierre, et au bout de vingt-quatre heures, on fait pénétrer la cérésine au moyen d’une source de chaleur. La couleur de la pierre est sensiblement modifiée, et l’aspect se rapproche de celui du marbre.. La eérésine donne un meilleur résultat qu’une paraffine cristallisée de même point de fusion (70°). Cette paraffine cependant se salit peut-être moins par les fumées.
- Pour le succès de ce double traitement, il est essentiel que l’hydrate de calcium mis en liberté par la baryte ait eu le temps de se carbonater à l’air avant l’application de la cérésine. L’association des deux traitements a le double avantage, d’une part que la. baryte répare le dommage causé par l’acide sulfurique, et reconstitue la structure de la pierre, d’autre part que la cérésine rend la pierre imperméable et la préserve d’une corrosion ultérieure.
- La solution de gomme laque dans l’alcool n’a pas donné de résultat durable. La cérésine elle-même n’est pas à recommander si la présence de sels solubles ou d’humidité est constatée, car l’enduit se détache alors très facilement.
- La conservation des peintures murales présente encore plus de difficultés que celle des façades architecturales. La plus mauvaise préparation que l’on puisse appliquer sur une décoration à la détrempe, altérée par l’humidité ou le salpêtre, est sans contre dit un vernis à l’huile ou à l’alcool. Si l’humidité ou un sel soluble est la cause du dommage, on.pourra employer une solution diluée de gélatine (à moins de 5 p. 100) dans de l’alcool faible. Une autre préparation très utile, dans ce cas, est une solution à 7 p. 100 de caséine dans l’ammoniaque faible, additionnée de 1 p. 100 de glycérine. La dernière préparation convient aussi pour les peintures sur bois.
- Mais chaque fois que la peinture murale n’a pas souffert de l’action de matières salines on lui appliquera un hydrofuge, soit la pâte de cérésine. On peut occasionnellement ajouter à cette dernière une très petite addition de vernis au copal pour assurer la transparence. Au préalable la peinture est nettoyée par un courant d’air, par l’esprit-de-vin et la mie de pain, et les retouches exécutées avec des pigments en poudre, mélangés avec du jaune d’œuf. Comme pigments, on emploiera le jaune de chrome, la terre de Sienne naturelle, la terre verte, le noir d’ivoire et le blanc de zinc.
- ANALYSE EATIDE DES EAUX D’ALIMENTATION
- La détermination de la dureté totale d’une eau, au moyen de la liqueur de savon, donne un moyen rapide et suffisamment précis de doser la somme du calcium et du magnésium; car si l’on dispose d’un moyen rapide pour doser le calcium total, on
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- FIXATION DE L’AZOTE ATMOSPHÉRIQUE.
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- aura le magnésium total, par différence entre la dureté totale et le calcium total. De plus, la détermination de l’alcaUnité, par titrage avec l’acide sulfurique N/50 en présence de méthyl-orange comme indicateur, donne le moyen de connaître la proportion de carbonate.
- M. F.-E. Halle (dans The Journal of the American Chemical Society, 1907, p. 1078} indique un procédé qui permettra de faire une analyse suffisamment précise en quarante minutes.
- A 100 centimètres cubes de l’eau, on ajoute 10 centimètres cubes d’une solution saturée de chlorure d’ammonium et 1 centimètre cube d’hydroxyde d’ammonium (1 :1L On précipite le calcium par l’addition d’acide oxalique en solution jusqu’à ce que la réaction soit acide. Le fer ou l’aluminium, qui avaient pu se précipiter sous l’influence de l’ammoniaque, se redissout.
- On ajoute un excès d’oxalate d’ammonium (5 centimètres cubes d’une solution saturée) et on porte à l’ébullition que l’on maintient un quart d’heure. On filtre sur amiante dans un creuset de platine Gooch, flambé, mais non pesé. On lave à l’eau chaude, trois ou quatre fois par décantation; on obtient ainsi de 35 à 50 centimètres-cubes d’eaux de lavage. On ne nettoie pas complètement le becher, mais on place le creuset dans ce dernier; on ajoute une quantité d’eau suffisante pour recouvrir lu creuset et 10 centimètres cubes d’acide sulfurique. On titre alors l’acide oxalique du précipité avec une liqueur de permanganate N/50. Le nombre de centimètres cubes de permanganate employé est diminué de 0,3 centimètre cube pour un essai à blanc, et chaque 0,1 centimètre cube restant équivaut 1/100000e de calcium, calculé comme carbonate calcique.
- La concentration du permanganate indiquée ci-dessus est la meilleure pour 100 centimètres cubes d’eau, jusqu’à la teneur de 500/1 000 000e de calcium calculé en carbonate. Si la quantité de calcium dépasse cette proportion, on ne prendra pour l’analyse que 50 centimètres cubes ou moins, dilué avec de l’eau distillée. Si la quantité de calcium n’atteint pas 20 parties par million, il est alors préférable d’employer 200 centimètres cubes.
- FIXATION DE L’AZOTE ATMOSPHÉRIQUE
- On sait que certains métaux, comme le magnésium et le lithium, ont la propriété de-fixer l’azote dans certaines conditions en donnant des azotures. Ces azotures sous l’influence de l’eau donnent de l’ammoniaque, et l’hydroxyde du métal. M. Norman Whitehouse (J. of the Soc. of Chemical Industry 1907, july) a essayé de réduire les-azotures au moyen de l’hydrogène, de manière à obtenir, comme termes de la réaction, de l’ammoniaque et le métal régénéré, lequel rentrerait dans la fabrication. Malheureusement ses expériences ont montré que les azotures qui subissent cette réaction-correspondent précisément aux métaux qui ne se combinent pas directement à l’azote atmosphérique, c’est-à-dire le magnésium, le titanium, le bore et le cérium. La réduction de l’azoture du dernier métal ne régénère pas le métal, mais son hydrure.
- M. F. Hoiries (ibid.) a publié un intéressant compte rendu des différents procédés-électriques de fixation de l’azote de l’air. M. Howles partage la théorie, généralement, admise d’ailleurs, que l’oxydation de l’azote est un phénomène purement thermique. Plus la température de combinaison est élevée, et plus la concentration en oxyde nitrique est grande. La seconde condition d’un bon rendement est de soustraire aussi
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- NOTES DE CHIMIE.
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- rapidement que possible l’oxyde formé à l’action destructive de la chaleur. L’auteur rappelle ensuite les différents procédés essayés, et la cause de leur abandon; notamment les procédés Mac Dougall, Bladley et Lovejoy, Kowalski et Moscicki.
- M. Howles passe ensuite à la discussion du procédé Birkeland et Eyde qui ne se maintiendrait, dit-il, en Norvège que grâce aux prix extrêmement bas de l’énergie électrique dans cette région.
- Les recherches de la Badische Anilin und Soda-Fabrik ont montré que lorsque l’on emploie un courant alternatif pour la production de l’arc, il faut placer une inductance en série avec l’arc, pour empêcher son extinction (br. angl. 5 688 de 1904). Depuis, cette société emploie d’autres moyens plus puissants pour la production des étincelles {brev. angl. 9 279 de 1906).
- L’auteur discute ensuite les procédés Naville et Guye (br. fr. 361 827 de 1905), de Pauling (br. fr. 368717, de 1906), de Hausser (12401, de 1906).
- L’acide obtenu par absorption dans des tours est un acide dilué à 50 p. 100 environ. La préparation d’un acide concentré, exempt de vapeurs nitreuses, est la principale difficulté. Pour obtenir cet acide concentré, il faut passer par la formation d’un nitrate que l’on chauffe ensuite avec de l’acide sulfurique ou un bisulfate, à la manière ordinaire; ou mélanger l’acide dilué obtenu avec de l’acide sulfurique jusqu’à la concentration de 48° Baumé et distiller ensuite l’acide nitrique.
- Un procédé électrique de concentration a fait l’objet du brevet français 368 716 de 1906. Il consiste à soumettre l’acide faible, qui s’écoule des tours d’absorption, à l’élec-trolyse, et à recueillir les oxydes d’azote qui se dégagent à la cathode, à les conduire lentement à l’état liquide au voisinage de l’oxygène naissant formé à l’anode. Il en résulte une formation d’acide nitrique pur, tout l’acide nitreux subissant l’oxydation. Mais rien ne permet encore de croire que ce procédé ait reçu une application industrielle.
- CORINDON ARTIFICIEL
- M. Otto Hônigschmid, en étudiant le procédé de A. Kühne (D.R.P. 147 871) pour l’obtention du silicium et du bore à l’état cristallisé, a remarqué que ce procédé permet d’obtenir des quantités importantes de silice cristallisée en corindon, avec du bore amorphe, et depetites.quantités de borures d’aluminium dont il poursuit la séparation; mais il n’a pas trouvé de bore cristallisé (in Monatshefte für Chemie, 1907, p. 1109).
- Le corindon artificiel est obtenu par l’aluminothermie de la manière suivante. Un mélange de 100 grammes de borax fondu et pulvérisé, 100 grammes de poudre d’aluminium, et 125 grammes de fleurs de soufre, est allumé au moyen d’une capsule de magnésium et de peroxyde de baryum. Après refroidissement, on traite la masse fondue par une solution étendue'd’ammoniaque, qui évite le dangereux dégagement d’hydrogène sulfuré. L’hydrate d’aluminium est éliminé par lavage à l’acide chlorhydrique faible. Le résidu contient des particules d’aluminium, une poudre brune nmorphe qui est du bore, et une poudre cristallisée incolore qui est du corindon artificiel présentant la même résistance aux agents chimiques que le corindon naturel.
- •SOLUBILITÉ DU SULFATE DE PLOMB DANS DES SOLUTIONS CONCENTRÉES D’ACÉTATE D’AMMONIUM
- M. John Jacob Fox a étudié les réactions qui se produisent lorsque la concentration de l’acétate d’ammoniaque augmente. La phase solide consiste en sulfate de plomb, et
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- SUR LE COUPAGE DES MÉTAUX PAR L'OXYGÈNE.
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- reste constante jusqu’à une concentration de 3 N. Si la concentration de l’acétate d’ammonium dépasse cette teneur, on obtient des cristaux bien définis de sulfate de plomb ammoniacal (SO4) P2b (Nil4)2.
- La solubilité du sulfate de plomb augmente considérablement avec les concentrations de l’acétate d’ammonium dépassant 133 molécules pour 1000 molécules d’èau, et la phase solide consiste en mélange de sulfate de plomb et d’ammonium. Le plomb existe probablement dans la solution à l’état d’acétate de plomb, car la proportion de sulfate en solution descend graduellement au-dessous de l’équivalent du plomb présent lorsque la concentration de î’acétate d’ammoniaque atteint environ 3 N.
- SUR LE COUPAGE DES MÉTAUX PAR L’OXYGÈNE
- C’est l’objet d’une étudé que RL. Léon Gu Met a publiée dans le Génie civil (n° du 10 août).
- M. Guillet donne d’abord quelques notes historiques :
- Au congrès de métallurgie de Liège en 1903, M. Jottrand, administrateur de la Société l’Oxhydrique belge, présenta pour la première fois un chalumeau susceptible de couper les métaux. On avait déjà appliqué en 1901, aux raffineries Say, le jet d’oxygène, à la démolition de vieux tuyaux en fer et de fers à double T. Dans la méthode Jottrand et Lulli, 1904, l’appareil comporte deux chalumeaux qui fonctionnent simultanément; l’un, chauffeur, porte le métal à la température voulue, tandis que l’autre, qui est situé à quelques millimètres du premier, projette un jet d’oxygène sous pression. Voir le brevet français n° 349 132 du 19 novembre 1904, de la Société « l’Oxliy-drique française ».
- Cette Société créa toute une série d’appareils en vue des diverses applications de la méthode.
- Le découpage en ligne droite utilisé pour les plaques de tôles, plaques de blindages, longerons, goussets, vilebrequins, etc., est obtenu au moyen d’une machine automatique qui a reçu le nom de découpeuse Pyrox. Pour le coupage des tuyaux, on utilise une machine spéciale formée par un cercle que l’on fixe sur le tuyau et autour duquel tourne l’ensemble des deux chalumeaux. Le vilebrequin Pyrox, étant très portatif, permet le découpage d’ouvertures circulaires de 30 à 33 millimètres de diamètre dans les tôles de toutes épaisseurs, et sans le moindre effort pour l’opérateur. La machine à couper les arbres comporte un chalumeau qui se déplace parallèlement à lui-même à l’aide d’une vis sans fin. Enfin la « machine à tubulures », qui a beaucoup d'analogie avec une machine à percer, permet de découper des ouvertures sur des tuyaux en acier de tous les diamètres et de préparer en sifflet la tubulure prête à être mise en place.
- Rapidité et prix de l'opération. — Ce qui caractérise avant tout le découpage à l’oxygène, c’est la rapidité de l’opération. C’est ainsi qu’une plaque de blindage de 160 millimètres est découpée sur l mètre en dix minutes. Sur une même longueur, le découpage d’une tôle de 13 millimètres demande moins de cinq minutes, et le coût de d’opération ne dépasse pas 1 fr. 50.
- On arrive à découper des plaques de 130 millimètres d’épaisseur avec une pression d’oxygène qui atteint seulement 4k^,5. La largeur de la coupure est de lmm,5 jusqu’à 20 millimètres d’épaisseur, 2ram,5 jusqu’à 40 millimètres, et 4mm,5 pour les épaisseurs plus fortes.
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- NOTES DE CHIMIE.
- OCTOBRE 1907.
- NOCUITÉ DES FUMÉES DE FONDERIE
- Une, série d’études sur les effets pernicieux de certaines fumées, particulièrement de celles s’échappant des cheminées d’usines de fonderie, ont paru dans le Journal de l’American Chemical Society, 1907, pp. 951, 970, 998). M. W.-Cl. Ebaugh,de l’Université d’Utah, a étudié les constituants des fumées de fonderies au point de vue de leurs effets nuisibles, et il rappelle les travaux de Haselhoff et Lindau. MM. W.-D. Harkins et R.-E. Swain, de la Stanford University, ont déterminé la quantité d’arsenic ou d’autres particules solides qui peuvent exister dans ces fumées, cuivre, antimoine, oxydes de fer, et aussi de l’acide, sulfureux, etc. M. J.-K. Haxjwood a confirmé les recherches des prédécesseurs sur les ravages que les fumées des fonderies exercent sur la végétation et sur la vie animalq. L’acide sulfureux tue la végétation, môme lorsqu’il existe en proportions très minimes; l’action peut s’étendre à 20 kilomètres du four. Les quantités d’arsenic qui se déposent dans le voisinage peuvent être suffisantes pour rendre les fourrages toxiques aux bestiaux.
- Les sapins rouges sont fort sensibles à ces actions ; les pins moins; les genévriers peu.
- RAFFINAGE ÉLECTROLYTIQUE DE L’ÉTAIN
- Question peu étudiée. La raison en est, dit M. O. Steincr (Electrochemical and me-tallurgical Ind., 1907, p. 309) que les faibles quantités d’étain impurs en circulation sur le marché sont très pauvres en métaux précieux (0,5 à 1 p. 100 d’argent).
- Le premier essai industriel.de ce genre fut fait en 1905 par la firme A. Strauss et Co de Londres, utilisant le procédé Claus (br. anglais 297, de 1895). Dans cette méthode, les alliages d’étain sont électrolysés dans une solution à 10 p. 100 de sulfure de sodium à la température de 90°C,, avec une densité de courant de 0,5 ampère par décimètre carré et un voltage de 0,2 de volt. L’étain se dépose à l’état de pureté sur la cathode, tandis que les autres métaux sont précipités à l’état de sulfure. M. Steiner semble avoir heureusement perfectionné ce procédé.
- SUR LA PASSIVITÉ DU FER
- M. H.-L. Healhcote donne une très belle étude de ce phénomène dans le Journal of the Society of Chemical Industry (1907, p. 899). Ce travail est le couronnement de six années d’expériences faites à l’Institut de chimie physique de l’Université de Leipzig, à l’instigation du professeur Oswald.
- Le travail traite successivement du matériel et des méthodes d’examen de la passivité; des moyens de rendre le fer passif dans les liquides avec ou sans courant; des moyens de rendre le fer actif; du fer bleui par la chaleur non passif; de la passivité; de la transmission de la passivité et de l’activité ; des pulsations de dissolubilité et des oscillations relatives au fer passif. Chaque étude comprend un exposé historique, puis l’exposé des expériences.
- Le fait principal à tirer de cette étude est l’étroite relation entre les phénomènes obtenus, que l’activité ou la passivité soient dues à des liquides, ou au courant électrique. Le processus de la passivité est toujours électrolytique; quand le courant n’est pas employé, on constate toujours qu’un courant prend naissance d’une partie de la surface à une autre.
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- l’argenture des glaces.
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- Quant à la cause de la passivité, aucune théorie n’explique mieux les phénomènes •connus, que l’hypothèse d’une couche d’oxyde magnétique. Les ions H et OH peuvent être libérés d’une solution aqueuse de sel, même ne contenant pas d’anions oxygénés. Les résultats obtenus tendent à montrer que ce sont les ions OH qui provoquent la passivité, ét il paraît certain que cet état est dû à l’établissement d’une phase solide.
- Une longue bibliographie, comprenant 264 indications, termine ce travail.
- l’argenture des glaces
- M. F.-D. Chattawaij (Chemical News, 4907, p. loi et 163) a fait sur ce sujet, un intéressant historique avec données bibliographiques.
- Le procédé d’étamage au mercure date du xve siècle. Il fit la fortune de Venise où il fut introduit en 1507. A l’heure actuelle, le procédé, très dangereux pour la santé, est à peu près complètement abandonné, sauf en France, où à la teinte jaune des miroirs argentés on préfère la teinte plus blanche des glaces étamées.
- La découverte de l’argenture du verre remonte à Liebig (Annalen, 1835). Les premiers miroirs argentés par cette nouvelle méthode datent de 1843. Ils furent fabriqués par l’Anglais Thomas Drayton de Brighton (brev. angl. 5968 de 1843). .
- En 1855, Hill breveta l’emploi du glucose comme agent réducteur (brev. angl. 1093), et Petitjean, celui de l’acide tartrique dans le même but (br. anglais 1681).
- L’emploi des miroirs argentés pour les télescopes fut proposé par Foucault (Comptes rendus, 1857).
- Les nombreux procédés d’argenture des glaces lie diffèrent guère que par la nature de l’agent réducteur. Les seules matières qui ont reçu une application industrielle sont: le lait, le sucre de fruit, le sucre interverti, les tartrates, l’aldéhyde, l’ammoniaque et la formaldéhyde.
- Le réducteur qui a reçu l’emploi le plus large est le sel de Rochelle, que l’on mélange au nitrate d’argent (et que l’on porte à l’ébullition. Cette solution fut introduite parle docteur Ferdinand Bothe, de préférence au sel de Rochelle lui-même (Journal' fur prakt. Chemie, 1864).
- Un procédé très simple, qui emploie l’aldéhyde comme agent réducteur, est dû à Auguste et Louis Lumière (Société française de Physique, 1894). La liqueur employée s’obtient par dissolution de 10 grammes de nitrate d’argent dans un peu d’eau, on ajoute de l’ammoniaque goutte à goutte jusqu’à redissolution du précipité formé tout d’abord, puis on étend à un litre. Pour lusage, on étend cette dissolution de la moitié de son volume d’une solution de formaldéhyde à 1 p. 100, et on verse sur la glace une hauteur de 1 à 2 centimètres de ce liquide. L’opération dure 5 à 10 minutes à la température ordinaire.
- Les conditions primordiales pour réussir l’argenture du verre, sont la propreté absolue de la surface et la pureté des réactifs employés. Les chlorures doivent être principalement évités. Les alcalis doivent être exempts de carbonate, autant que possible, car ce dernier détermine une réduction dans le bain lui-même. '
- Après l’argenture, la surface doit être lavée avec soin. Si des traces du bain restaient adhérentes à l’argent déposé, le miroir s’altérerait rapidement dans la suite. L’atelier dans lequel se fait l’argenture doit être maintenu exempt de vapeur, sa température ne doit guère descendre au-dessous de 20°c.
- Bien que les miroirs argentés dans de bonnes conditions soient plus durables que
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- NOTES DE CHIMIE.
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- les miroirs au mercure, et réfléchissent mieux la lumière reçue avec une perte d’environ 10 p. 100 seulement, on leur reproche souvent une légère teinte jaune. Cette teinte que possèdent d’ailleurs les miroirs d’argent massif est impossible à éviter dans l’argenture. '
- On a proposé, pour diminuer 1’inconvénient, d’adjoindre des sels de mercure au bain d’argenture, lesquels formeraient un amalgame. Dranlz (D. R. P., 56 260), emploie un sel de plomb.
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- M. Thomas-H. Sheldon (Transactions of the american Institute of Mining Engi-neers, 1907, p. 91) donne un intéressant travail sur le coût des différentes opérations concernant l’extractionhle l’or.
- M. C.-A. Meissner donne dans le même périodique, p. 201, des notes sur le procédé Gaÿley de soufflage des hauts fourneaux par l’air sec.
- MANUTENTION DES COKES
- MM. A. Thibeault (dans-le Génie Civil du 3 août, p. 225 et suiv.) remarque combien l’enlèvement du coke incandescent des cornués, son transport, son extinction, sont des opérations pénibles et insalubres lorsqu’elles se font à la main, De nombreuses machines ont été proposées pour l’enlèvement ou délutage du coke incandescent. Pour l’extinction, l’appareil à douche Sainte-Claire Deville, 1902, l’appareil San, 1903, réalisaient le résultat. Mais des dispositifs perfectionnés permettent d’effectuer mécaniquement les opérations successives de l’enlèvement du coke, de son transport, de son extinction, de sa mise en tas ; tels l’entraîneur de M. de Brouwer de Bruges, différents systèmes de convoyeurs, et plus particulièrement, dit M. Thibeault,le transporteur par courant d’eau de la Compagnie parisienne du gaz, dont l’idée avait été émise par Arson vers 1877. •
- RÉGÉNÉRATION DU CAOUTCIIOUC
- La question si importante de la régénération du caoutchouc fait depuis plusieurs années des progrès croissants. Les quantités considérables de caoutchouc consommées par l’industrie automobile rendaient d’ailleurs indispensable la découverte d’une méthode pratique de régénération et d’utilisation des déchets. IL. F. Peid{ J. of the Society of chemical'Industry) observe que la difficulté du problème tient à la présence de matières étrangères dans le caoutchouc, en particulier du soufre, substance indispensable, puisqu’on n’a pas trouvé jusqu’ici d’autre méthode que la vulcanisation pour rendre le caoutchouc insensible aux variations de température. Le caoutchouc brut peut se conserver pendant de longues années, tandis que le caoutchouc vulcanisé devient cassant au bout de quinze à vingt ans. On constate d’ailleurs, dans les vieux objets de caoutchouc, la présence d’acide sulfurique due à l’oxydation du soufre libre ; c’est là sans doute la plus grande cause de l’altération.
- A côté du soufre, il y a les différentes charges, telles que les carbonates de chaux et de magnésie; les sulfates de chaux et de baryte, la magnésie, l’oxyde de zinc, la li-tharge, la céruse, la chaux, l’argile, et les différents tissus à fibres végétales ou animales.
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- LE LACTOFORMOL pN DISTILLERIE.
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- La régénération du caoutchouc a pour but de séparer toutes les matières étrangères du caoutchouc devenu cassant; elle comporte des opérations variables suivant les cas.. Les fibres des tissus par exemple, sont une impureté très gênantes, Pour les séparer,, on réduit la masse en poudre grossière, puis on enlève les fibres au moyen d’un courant d’air. Si l’on veut une séparation plus parfaite, on a recours à des traitements chimiques variables avec la nature de la fibre. Si la fibre est animale, on la dissout dans une solution alcaline; si la fibre est végétale, on la détruit par un acide. Mais ces traitements chimiques attaquent aussi le caoutchouc, et lui font perdre une partie de ses-qualités.
- Le caoutchouc vulcanisé peut être converti en une masse homogène par surchauffe, produit, additionné de caoutchouc neuf, donne une masse plastique ; mais l’élasticité et la résistance sont devenues faibles. Ce procédé est à la base d’un grand nombre de fabrications de caoutchouc récupéré; il ne constitue qu’une solution imparfaite.
- Le mode de régénération par les dissolvants a été très étudié; il semble n’avoir été résolu que par A Tixier; son procédé est basé sur la remarque que le caoutchouc vulcanisé est complètement soluble dans le terpinéol (brevet angl. 370,619, de 1906).. On chauffe ce caoutchouc avec le double de son poids de terpinéol ; à 100° — 450°,en vase clos. La solution obtenue est agitée avec quatre fois son volume de benzine ; le liquide clair est décanté et la benzine distillée.On traite enfin par l’alcool et l’acétone.
- Le caoutchouc ainsi régénéré est très voisin du caoutchonc naturel ; il supporte fort bien l’addition de substances minérales neutres; il peut subir à nouveau la vulcanisation et présente une grande résistance aux produits chimiques. Ce dernier résultat serait dû à l'élimination de certaines résines facilement attaquables, au cours des manipulations subies.
- PROCÉDÉ DE DÉSODORISATION DES ESSENCES, ETC.
- MM. A. Haller, P. Sabatier et J. B. Senderens. (br. fr. 376,496 du 14 juin 1906),, revendiquent pour la désodorisation des huiles de pétroles, essences, éthers, benzine résines et produits 'similaires, 1’application des procédés d’hydrogénation dus aux deux derniers. On fait passer les vapeurs de ces liquides, d’abord dans une colonne de cuivre chauffée à 330°; puis avec un courant d’hydrogène (ou bien de gaz à l’eau, ou de gaz d’éclairage) sur des métaux divisés : Ni Co O Fe Pi, etc.,à des températures de 100°-à 350°.
- LE LACTOFORMOL EN DISTILLERIE
- Le lactoformol, combinaison d’aldéhyde formique et de caséine à raison de 200 centimètres cubes de formol à 40 p. 100 par litre de lait, est proposé comme antiseptique pour la distillerie par MM. Jacquemin de Malzéville et G. Fritsche de Schônbrunn (Autriche). Il présenterait l’avantage qu’il est très toxique pour les ferments acidificateurs^: tandis qu’il est sensiblement inactif contre les saccharomyces qui provoquent la fermentation alcoolique.
- MM. Gimel et Pique (Bull, de l’Assoc. des chimistes de sucrerie, 1907) ont étudié son emploi. D’après eux les avantages obtenus avec ce procédé de fermentation seraient: une extrême facilité d’application; une très grande rapidité de fermentation, et la levure ne souffrant aucunement de la présence du lactoformol, il s’ensuit une fermentation plus complète; l’impossibilité d’évolution pour les germes nuisibles.
- Tome 109. — Octobre 1907.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- RÉSIDUS DE DISTILL'ÏRI 3 ET DS SUCRERIE
- M. E. Lemaire, à qui la littérature technique doit d’excellentes études de vulgarisation, expose dans le Génie civil, t. 41 p. 199, 218 et 233, l’utilisation des sous-pro-duits des industries sucrières et de fermentation alcoolique.
- Voici comment M. E. Lemaire pose les problèmes à résoudre. « Le jus de betterave sucrière est une dissolution renfermant en moyenne 16 p. 100 de sucre et 2,5 p. 100 de substances diverses, organiques et minérales; celles-ci constituent.ee que l’on appelle le non-sucre. Lors de l’extraction du sucre, les traitements par . la chaux, par l’acide carbonique et quelquefois par l’acide sulfureux, que l’on fait subir au jus de diffusion, ont pour effet de faire passer 40 p. 100 du non-sucre dans les boues de défécation, qui sont les résidus de ces opérations. Ces boues renferment une grande partie des principes fertilisants qui ont été employés pour la culture de la betterave et qui ont passé dans la plante; on y retrouve la totalité de l’acide phosphorique et le tiers environ de l’azote organique que contenait le jus de diffusion. Les boues de défécation étant employées le plus souvent comme engrais, ces substances fertilisantes font retour à la terre. Leur utilisation est donc complète et rationnelle ; elle laisse peu à désirer au point de vue économique.
- En sucrerie, lors de la concentration du jus sucré, on perd 30 à 40 p. 100 de l’azote organique primitif. Il paraît impossible d’éviter cette perte, car elle a pour cause le départ de l’azote organique, sous forme d’ammoniaque.
- Les mélasses de sucreries contiennent en moyenne 1,5 p. 100 d’azote et 9 p. 100 de sels minéraux en majeure partie potassiques. L’azote et la potasse étant des principes fertilisants d’une grande valeur et la quantité de mélasse que fournit l’industrie sucrière étant considérable, on voit l’intérêt qui s’attache à là récupération de ces produits. Tantôt on pratique le désucrage (procédé de la strontiane, procédé par osmose) et on obtient le sucre lui-même ; tantôt on distille les mélasses ayant à subir préalablement la fermentation alcoolique et on retrouve le sucre sous forme d’alcool; tantôt enfin, mais cet emploi est très limité, la mélasse entre directement dans l'alimentation du bétail et l’utilisation est totale. Dans le premier cas, on obtient comme résidu du désucrage une eau dite de sucrerie ou schlempe ; dans le deuxième, on obtient une vinasse. Ces deux résidus renferment tout l’azote et tous les sels potassiques de la mélasse. C’est à eux qu’on s’adresse en général pour récupérer ces deux produits.
- Jusqu’ici on n’a guère récupéré que la potasse. A première vue, il semble que le meilleur moyen d’utiliser aussi l’azote serait de répandre directement ces résidus dans des terres pour les fumer, on le fait quelquefois, mais même en admettant que cela soit possible, l’opération n’est pas avantageuse. Comme engrais, ces résidus sont payésunoins cher, parce qu’ils valent moins aussi, sans doute, que l’azote et la potasse qu’ils renferment. Pour ces raisons lessucriers sont donc contraints, le plus souvent, à transformer eux-mêmes leurs vinasses, leurs eaux de sucrerie, quelquefois aussi leurs mélasses en un produit marchand : le salin de betteraves. A cet effet; ils emploient généralement un four Porion, sorte de four à réverbère dans lequel on réalise successivement la concentration, l’évaporation à sec et l’incinération. La mélasse donne 9 à 10 p. 100 de son poids d’un salin à 50-73 p. 100 de carbonate de potasse. Le poids de salin obtenu représente à peu près 0,25 p. 100 du poids des betteraves qui l’ont fourni.
- En distillerie on ajoute à la mélasse, pour la fermentation 0k®,600 à 0k*L800 d’acide sulfurique à 60° Baumé par 100 kilogrammes de mélasse, et on obtient au four Porion des salins contenant environ 40 p. 100 dé carbonate de potasse, 11 à 12 p. 100 de carbonate de soude, 10 à 11 p. 100 de chlorure de potassium, 21 à 27 p. 100 de sàilfate de potasse. Le carbonate de potasse seul est payé quand on vend ces salins aux raffineurs; tous les autres sels ne sont pas comptés. On vend en moyenne 38 à 40 centimes le degré de carbonate de potasse, soit 15 à 16 francs les 100 kilogs et on en retire, que 8,50 à 9 pour 100 de la mélasse. Il y a donc
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- un avantage considérable à récupérer l’azote et les sels. On éviterait assez facilement ces pertes de potasse passant dans le salin sous forme de sulfate non payé, d’après M. Aulard, en acidifiant les mélasses soumises à la fermentation beaucoup moins qu’on ne le fait d’ordinaire.
- Il y a d’ailleurs pléthore d’alcools de grains et de pommes de terre dont la production est plus économique que celle de l’alcool de betteraves. Aussi depuis longtemps, s’est-on efforcé de récupérer tous les produits utilisables de la mélasse et des vinasses et les efforts des chercheurs se sont naturellement portés sur la récupération de l’azote qui, comme on l’a vu, est presque toujours perdu;cette récupération al’avantage de n’être entravée pasaucune mesure fiscale.
- Déjà, en 1877,1a question était résolue, au point de vue technique du moins,par M. C. Vincent, professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures, mais c’est seulement en ces dernières années qu’elle l’a été au point de vue économique. Actuellement trois procédés dans lesquels on récupère totalement ou partiellement cet azote, paraissent être entrés dans la pratique industrielle ; ce sont :
- 1° Le procédé Vasseux, qui laisse l’azote à l’état organique et le fait passer dans un produit constituant un engrais azoté assez riche.
- 2° Le procédé Rivière qui d’une façon générale, ne s’applique pas seulement aux vinasses. L’azote passe à l’état de sels ammoniacaux et d’engrais organique. On peut obtenir des produits accessoires comme la glycérine. Dans le procédé E. Barbet s’appliquant plus spécialement aux vinasses de vins, on s’attache, de préférence, à l’extraction de cette glycérine et de l’acide tar trique. . '
- 3° Le procédé de Dessau (Allemagne), dans lequel on ne transforme qu’une faible partie de l’azote utilisable. Cependant, comme dans ce procédé on prépare des cyanures alcalins ayant une très grande valeur marchande, l’opération reste encore très avantageuse pécuniairement.
- Dans le procède C. Vincent, pour la préparation des méthylamines et du chlorure de méthyle, la vinasse concentrée est soumise à la calcination dans des cornues en fonte chauffées au rouge. Le procédé Vincent a été employé à Courrières (Pas-de-Calais) de 1877 à 1880, dans une distillerie de mélasses donnant 250 hectolitres d’alcool à 90 pour 100. Malgré le succès de curiosité qu’obtint le procédé à l’Exposition de Paris, en 1878, et cela en raison surtout du nouveau mode de préparation des méthylamines qu’Hoffmann avait réussi à préparer pour la première fois par synthèse en 1849, l’opération ne fut pas très avantageuse ; on ne trouva aucun débouché pour la mélhylamine. C’est en vain que M. Vincent chercha à l’utiliser pour la préparation du chlorure de méthyle, ce corps devant servir soit à la production du froid artificiel dans de petits appareils de détente, soit à la métylation dans l’industrie des matières colorantes.
- Des essais tentés à Croix (Nord) en vue de transformer par destruction pyrogénée la méthy-lamine en ammoniaque et en acide cyanhydrique devant servir à la fabrication du ferro-cyanure de potassium, n’eurent aucun succès. Pourtant c’est d’une façon analogue que les usines de Dessau et de Hildesheim, en Allemagne, préparent les cyanures alcalins.
- Dans le procédé A. Vasseux, pour la fabrication d’un engrais organique azoté, la vinasse est d’abord concentrée à 32°-35° Baumé, puis traitée par l’acide sulfurique en proportions déterminées. On obtient de cette façon un sulfate jaune à 75,80 pour 100 de pureté qui renferme environ les trois quarts de la potasse primitivement contenue dans la vinasse ; soit 5 à 6 p. 100 d’azote et 6 à 7 p. 100 de potasse. Le procédé marche industriellement depuis plusieurs années déjà à la distillerie de Savary, à Nesle (Somme), qui a acquis un brevet français, et à la distillerie de Escudero, à Bilbao, qui s’est assuré le monopole en Espagne et qui fabrique 5 tonnes d’engrais azoté par jour.
- Le procédé L. Rivière, pour la préparation de sels ammoniacaux et de potasses, avec extraction de la glycérine, intéresse surtout les distilleries; il donne des résultats plus ou moins bons, selon l’origine et la nature des vinasses. Le traitement consiste en une première
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- NOTES DE CHIMIE.
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- opération à l’autoclave en présence de la chaux, à l’effet de dégager l’azote à l’état d’ammoniaque, laquelle est recueillie dans de l’eau acidulée où elle passe à l’état de sel. Dans ces conditions, la majeure partie de l’azote organique des albuminoïdes reste inattaquée. Cette opération est inutile pour la vinasse à canne à sucre qui ne donne que des traces d’ammoniaque. Dans le liquide restant et cliaud (100°) on ajoute, par petits filets en quantités dosées d’après la teneur en potasse, de l’acide fluosilicique, qui précipite la majeure partie de la potasse à l’état de fluosilicate. Celui-ci se rassemble en vingt minutes. Pour les mélasses devant être soumises à la fermentation, puis à la distillation, l’addition d’acide fluosilicique se fait avant la fermentation. Les liquides decantés ou filtrés, traités par l’alcool, précipitent une matière organique azotée qui, dans le cas du potale, renferme 13,50 p. 100 d’humidité et 3,76 p. 100 d’azote à l’état sec, et qui peut être utilisée comme engrais.
- Enfin, les liquides restants ou débarrassés de leur alcool par distillation, sont concentrés jusqu’à 30° Baumé pour obtenir la glycérine qu’ils renferment et qui est très impure.
- Pouren faire un sel de potasse marchand, MM. Rivière transforment le fluosilicate de potassium en carbonate, en traitant le sel à l’autoclave par la chaux, qui donne du fluorure de calcium insoluble et du silicate de potassium.
- Le procédé E. Barbet, pour traitement des vinasses de vins, et extraction du tartre et de la glycérine, s’applique plus spécialement aux vinasses résidus de la distillation des vins qui sont préparés uniquement pour alcools, comme elle est pratiquée, par exemple, dans les Charentes.
- Les cossettes épuisées ou pulpe de betterave, aliment de premier ordre pour le bétail, augmentent encore leur durée de conservation en desséchant complètement; on a alors ce qu’on appelle la pulpe sèche : 300 tonnes de betteraves donnent en moyenne 23 tonnes de pulpe sèche. Cette pratique est devenue courante en Allemagne et en Autriche, elle commence à s’introduire en France.
- On augmente quelquefois la valeur alimentaire de la pulpe en y incorporant de la mélasse; c’est une façon d’utiliser ce dernier produit ; 6 kilogrammes de pulpe sèche peuvent recevoir 4 kilogrammes : l’addition se fait après ou avant le séchage des pulpes.
- Citons encore le procédé Ciapetti, pour utilisation des marcs de raisins, et extraction du tartre et de l’alcool.
- Le procédé Venator et Bued, fabrication des cyanures alcalins, du sulfate d’ammoniaque et du salin, a fait l’objet de longues recherches (Brevets allemands nos 86913, 1894, 87 723, 1893, 104 953, 1892, 113530, 1899, 122 280,1900),poursuivies depuis 1894 pendant six ans à la raffinerie de Dessau (Allemagne) ; il est appliqué depuis 1902 dans cette raffinerie et danscelle de Hildesheim. Il consiste à traiter les eaux provenant du désucrage de la mélasse par le procédé de la strontiané, et à extraire l’azote qu’elles renferment. Celui-ci est récupéré sous forme de sulfate d’ammoniaque et de cyanures alcalins servant au traitement des minerais d’or par la cyanuration. Toute la potasse se trouve dans un charbon dont on peut extrame le salin. Un procédé analogue avait été essayé sans succès en 1879 à Croix (Brev. aile. n° 9 409), dans le département du Nord en vue de transformer la méthylamine, obtenue par le procédé Vincent en ammoniaque et eh acide cyanhydrique.
- 2 CH3 Az H» = . AzH3 + HG Az -*• CH* + 2 H
- Méthylamine. Ammoniaque. Ac. cyanhydrique. Méthane. I-tydrogène.
- En dehors du sulfate d’ammoniaque, des cyanures alcalins et des sels de potasse, le nouveau procédé fournit encore delà naphtaline, de l’acétonitrile CH3CAz, homologue non vénéneux de l’acide cyandrique, et de la pyridine, utilisable pour la dénaturation de l’alcool. Ces produits se condensent en majeure partie dans des appareils de refroidissement et d’absorption des gaz sortant du surchauffeur.
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- ACTION DES SOLUTIONS FROIDES' DE SOUDE SUR LA CELLULOSE. 1083
- ACTION DU MÉTHANAL SUR LES TANNINS
- L’aldéhyde formique, en réagissant sur les phénols en présence d’un acide minéral
- donne des produits de condensation du type CH2<
- R.OH R.OH
- R désignant un radical phéno-
- lique.
- MM. Ferdinand Jean et C. Frabot (Rull. de la Soc. chimique, 1907, p. 745) ont étudié cette réaction par rapport aux tannins qui sont des acides phénols ; elle leur a permis d’obtenir une classification exacte et rapide des matières tannantes.
- En faisant agir à la température du bain-marie l’aldéhyde formique, en présence de l’acide chlorhydrique, sur les solutions aqueuses de diverses matières tannantes, on a dans certains cas, des précipités insolubles. Les tannins pyrogalliques, lorsqu’on opère à un degré de dilution convenable, ne donnent pas de précipité, tandis que dans les mêmes conditions, les tannins catéchiques donnent un précipité abondant.
- Les matières tannantes précipitables à chaud par le formol, en milieu chlorhydrique sont les suivantes : chêne-liège (écorces), chêne (écorce), palétuvier, canaigre, lentisque, gambir, manglier, quebracho, mimosa, sumac, palmetto, malette, sapin, méléze, acide cachoutannique, galle de chêne, hemlock.
- Les matières tannantes non précipitables par le formol sont les suivantes :
- Sumac pur, épine vinette, châtaignier, campêche, dividivi, myrobolans, valonées, tamarix, chêne (bois), ailanthus globulosa.
- Cette réaction du formol chlorhydrique peut être utilisée pour déceler et même doser les tannins catéchiques en mélange avec des tannins pyrogalliques. Elle permet de reconnaître la fraude si fréquente du sumac par addition de lentisque.
- DOSAGE DU ZINC DANS LES PEINTURES AU ZINC
- Au moment où la peinture au zinc tend à remplacer la peinture à la céruse, il est intéressant de posséder une méthode d’analyse permettant de contrôler rapidement la teneur en oxyde de zinc des produits employés, dit le rapport au concours du prix Buchet, à la Société chimique.
- La.méthode qui a été proposée par M. Tambon, pharmacien principal de la marine à Lorient, repose sur la solubilité rapide et complète de l’oxyde de zinc dans une liqueur, constituée par un mélange à parties égales d’ammoniaque, de solution de chlorhydrate d’ammoniaque à 20 p. 100, mélange que M. Tambon appelle « liqueur triammoniacale. » Les impuretés qui souillent l’oxyde de zinc, dans les blancs de zinc, céruse, sulfate de baryte, etc., y sont au contraire insolubles; il eh est de rhême du zinc métallique, du sulfure de zinc et du sulfate de baryte, qui par leur mélange au blanc de zinc forment les lithopones, et dont l’emploi se répand de plus en plus dans la peinture.
- , La méthode de M. Tambon s’applique à la séparation et au dosage de l’oxyde de1 zinc/dans les blancSjde^zinc du commerce, les gris de zinc, les peintures sous-marines,1 les .lithopones. On en trouvera l’exposé au complet dans ^Bulletin de la Société chimique, 1907, p. 823.
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- ACTION DES SOLUTIONS FROIDES DE SOUDE SUR 'L'A CELLULOSE
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- Bien que l’action de la soude caustique sur la, cellulose ait reçu une application
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- NOTES DE CHIMIE. ------ OCTOBRE 1907.
- importante dans la technique, sous le nom de mercérisation, les vues sont encore très partagées sur la nature de ce phénomène.
- M. W. Viewrg a déjà démontré que la cellulose mercerisée a des propriétés chimiques différentes de la cellulose ordinaire. (Berichte, 1907, p. 441); ses nouveaux travaux démontrent que les propriétés de la cellulose sodée varient avec la force de la solution de soude employée {ibidem p. 3877).
- La cellulose sous forme de ouate fut plongée dans des solutions de soude de concentrations variables, et après chaque opération, la soude absorbée fut exactement déterminée et rapportée au poids de cellulose. Si l’on construit, avec les chiffres ainsi obtenus, une courbe dans laquelle les abcisses représentent les concentrations des différentes solutions de soude (de 1/2 à 40 p. 100), et les ordonnées les quantités de soude absorbées par 100 grammes de cellulose, on constate que le premier changement de direction de la courbe se présente pour une solution de soude à 16 p. 100. La cellulose a absorbé alors 13 p. 100 de soude caustique. On peut élever la concentration de la soude jusqu’à 24 p. 100 sans que la quantité de soude fixée par la ouate augmente. Or une teneur de 13 p. 100 de soude dans la cellulose correspond sensiblement à la combinaison (C9Hl005)2 NaOH, et en fait Gladstone (Journ. chem. soc., 1852) a pu isoler cette combinaison en lavant à l’alcool la soude mercerisée.
- Si l’on continue à élever la concentration de la soude au delà de 24 p. 100, la quantité de soude fixée augmente, jusqu’à un nouveau point de changement de direction correspondant sensiblement à une concentration de 35 p. 100. La cellulose sodée s’approche alors de la formule (CfiHl005)2 (Na OH2).
- Les deux échelons du diagramme indiquent nettement qu’il s’agit d’une action chimique, car une absorption où un partage de la solution de soude entre l’eau et la cellulose, ne reposerait pas exactement sur une relation moléculaire.
- L’action de l’eau détruit complètement la combinaison de cellulose et de soude ; elle régénère de la soude , et un produit qui diffère de la cellulose initiale, en ce sens qu’il possède un pouvoir absorbant pour la soude beaucoup plus élevé. Ce nouveau produit lavé jusqu’à réaction neutre a été soumis aux expériences précédentes, et les chiffres obtenus ont servi à construire une courbe dans laquelle les ordonnées représentent la soude absorbée et les abcisses les concentrations de la soude ayant servi au traitement de la ouate avant lavage.et séchage. Il ressort de cette courbe que la propriété de la cellulose d’absorber la soude est d’aulant-plus grande que la solution de soude est plus concentrée. Mais à partir de la concentration de 16 p. 100 l’absorption n’augmente plus. Par exemple, une ouate qui, plongée dans une lessive à 2 p. 100 absorbe 1,8 p. 100 de soude, doit d’abord avoir subi l’action d’une lessive à 12 p. 100.
- On peut donc savoir par ce moyen, jusqu’à quel point la mercérisation a été poussée. Pour le coton, l’absorption varie entre 1 et 3 p. lflo. Mais il existe aussi des celluloses ayant subi une mercérisation plus'avancée. Pour chaque cellulose on peut déterminer le degré de mercérisation.
- Ces degrés de mercérisation sont: cellulose pure, 1 p. 100; cellulose bisulfitique, 1,2 p. 100 ; coton togo, 1,4 p. 100; cotonnitré A, 1,4 p. 100; coton nitré B, 1,5 p. 100; coton égyptien, 1,6 p. 100 ; cellulose sodée,[1,6 p. 100; papier filtre 1,6 p. 100; cellulose-sulfate, 1,7 p. 100; glanzstoff, 4 p. 100; viscose, 4,5 p. 100.
- Le degré de mercérisation est constant pour les différentes espèces de cellulose, de sorte qu’il peut servir de moyen de contrôle en analyse.
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- SUR LES EXPLOSIFS MODERNES.
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- Le degré de mercérisation peut se déterminer encore plus exaclement par la réaction Schott-Baumann.
- La cellulose, par suite de l’absorption de soude, possède donc un caractère acide. Elle est comparable aux acides polysilici que s. De même que leurs sels sodiques contiennent moins de soude que l’acide Si03Ha2, de même pour le coton la faculté d’absorber la soude est plus ou moins grande suivant la grandeur de la molécule. Si l’on admet maintenant que la molécule de cellulose diminue lors de la mercérisation, on peut expliquer les différents degrés, de mercérisation. Le degré de mercérisation de l’ouate normale est 1; celui de la cellulose la plus mercerisée est 2,8; conséquemment les grandeurs des molécules sont dans le rapport d’environ 3:1. Les molécules du coton et du glanzstoff sont entre elles dans le rapport 4:1.
- Une autre analogie de la cellulose avec les acides polysiliciques, réside dans l’absorption d’eau. La cellulose mercerisée absorbe une quantité d’eau chimiquement combinée plus grande que la cellulose initiale.
- La molécule de cellulose est donc maintenue par les groupes hydroxyles acides ; ceux-ci sont libérés par les alcalis.
- Les autres constituants de la cellulose sont les groupements aldéhydiques, qui sont libérés par les acides, d’où la transformation qui peut aller jusqu’à la dextrine.
- PROCÉDÉ POUR RECONNAITRE LES TISSUS MERCERISÉS
- Dans les questions de douane, on a souvent à différencier les tissus mercerisés ou non, et on ne dispose pas toujours de microscope pour faire cette recherche. On doit à M. H. David une méthode de recherche très simple, à la portée de tout le monde.
- Ce procède part du principe que quand un tissu est mercerisé deux fois, sa capacité d’absorption des matières colorantes n’augmente pas. (Revue générale des matières colorantes, 1907, p. 261).
- Les fils sont d’abord débouillis ou décolorés autant que possible, s’ils sont teints. On les exprime et on les tend sur un cadre au moyen d’aiguilles. On touche le tissu en un point avec de la soude de 40° Baumé, un autre avec la même soude étendue de son volume d’eau.
- L’échantillon est lavé à grande eau, toujours à l’état tendu, débarassé complètement de l’alcali par un lavage à l’eau acidulé, rincé à l’eau, puis teint, par exemple en congo.
- Si le tissu a déjà été mercerisé, les nuances se confondent, si au contraire il ne l’était pas, les nuances sont plus foncées aux points touchés par la soude; enfin si le tissu était un mélange de fils mercerisés et non mercerisé on constate une différence dans la nuance des fils.
- SUR LES EXPLOSIFS MODERNES
- M. H. Schmerber a donné dans le Génie civil, (1907, n03 d’août et septembre), une revue d’ensemble très intéressante des explosifs, poudres noires, poudres chloratées, dynamites, explosifs de superposition et poudres Sprengel, explosifs pour mines gri-souteuscs: grisoutines, grisounites, poudres à combustion incomplète, cotons-poudre et poudres sans fumée sans ou avec addition d’autres dérivés nitrés, poudres picriques et picratées.
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- .NOTES DE MÉCANIQUE
- CHALEUR SPÉCIFIQUE DE LA. VAPEUR SURCHAUFFÉE. — RECHERCHES RÉCENTES
- d’après M. R. H. Smith (1).
- Pendant l’été et l’automne de 1905, on a exécuté, au laboratoire du collège impérial technique de Munich, par des méthodes nouvelles, des recherches sur la chaleur spécifique de la vapeur surchauffée. Auparavant, on mesurait la chaleur spécifique d’un mélange d’eau et de vapeur poussé jusqu’à la surchauffe et on déduisait la
- O 60
- Lt-ibi.
- 0 kg. I sq.
- 040
- Températures.
- Fig. 1.
- chaleur de la vapeur surchauffée en retranchant de ces mesures la chaleur totale au point de saturation correspondant, d’après les tables de Régnault ; mais cette différence n’était qu’une faible fraction de la chaleur totale mesurée. A Munich, chaque mesure
- (1) The Engineer, 23 août, p. 180.
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- CHALEUR SPÉCIFIQUE DE LA VAPEUR SURCHAUFFÉE.
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- de chaleur s’opérait entre des températures très au-dessus de celle de saturation. C’est cette même méthode qui a été adoptée en Amérique par M. Bilbrough. En outre, au lieu dé se baser sur des résultats donnés par des étranglements de la vapeur et des théories douteuses sur les chutes de pressions et de températures]provoquées par ce
- 0-45
- . 350
- 300
- 200 250
- ->• TEMPERATURE CENT
- Fig. 2. — Courbes isobares de la chaleur spécifique.
- laminage, les expériences de Munich se basent entièrement sur des élévations réelles de températures par chauffage direct de la vapeur, en éliminant tout effet de laminage La vapeur traverse un calorimètre sans aucune chute de pression, de sorte qu’elle n’y fait qu’augmenter de volume et de température sous l’action de chaleur fournie par un rhéostat électrique, et facile à mesurer très exactement par amperémètre et voltmètre. La vapeur qui traverse ce calorimètre est entièrement condensée et pesée très
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- 1088 NOTES DE MÉCANIQUE. ---.OCTOBRE 1907.
- exactement aussi. Avant d’arriver au calorimètre, la vapeur est uniformément séchée-puis surchauffée dans un surchauffeur constitué par une colonne de 200 x 3 mètres de haut divisée en 15 sections pourvues, chacune, d’une résistance électrique en treillis-métallique, dont elle absorbe la chaleur RI- en traversai t'ces toiles, qui la surchauffent à .cœur et uniformément. Chacune de ces sections a sa température indiquée par
- 350? C.
- PRESSURE, kg.per sq.. cm.
- Fig. 3. — Courbes isothermiques de la chaleur spécifique.
- un thermo-couple, et l’on reconnaît que toute la vapeur est surchauffée quant la température est la même dans toutes les sections. On achève de vérifier l’uniformité de cette surchauffe par un thermomètre mobile explorateur de la section inférieure de la colonne. Le calorimètre est constitué par un récipient d’huile traversé par un serpentin en cuivre de 16 millimètres de diamètre et de 0m,10 de long, autour duquel l’huile circule en contre courant de la "apeur. L’essai n’est terminé que quand la température-
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- CHALEUR SPÉCIFIQUE DE LA VAPEUR SURCHAUFFÉE. 1089
- de l’huile reste la même dans toute sa masse. On mesure soigneusement les températures d’entrée et de sortie de la vapeur. Les pertes par rayonnement sont réduites au minimum par des isolants d’amiante et d’air, enveloppés d’une chemise d’eau maintenue constamment à 100°. Ces pertes s’élèvent de 1/10 à 1/6 de la chaleur totale four-
- 400
- 200
- eciFic Heat
- PRESSURE, kg per sq cm
- Fig. 4. — Courbes d’égales chaleurs spécifiques.
- nie, et l’on fait suivre chaque mesure de chaleur spécifique d’un essai de rayonnement du calorimètre avec son huile maintenue à la même température, sans passage de vapeur. Au sortir du calorimètre, la vapeur est condensée dans trois condenseurs et pesée. 'r
- Chaque détermination de chaleur spécifique durait trois quarts d’heure, et l’essai de
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ----- OCTOBRE 1907.
- rayonnement environ une demi-heure. La vapeur passait au taux de 30 à 70 kilogrammes par heure, avec des élévations de températures de l’huile du calorimètre variant de 25 à 48°.
- On trouvera le détail de ces expériences dans le fascicule 36 des Mitteilungen über
- 300
- 1 1 ---- -------5> PRESSURE kg. per sc[' cm
- Fig. 5. — Chaleurs spécifiques moyennes.
- Forschungsarbeiten der V. Deutscher lngenieure de 1906. La figure 1 donne les résultats de 27 des meilleures déterminations entre des températures de 100 et 350° et des pressions de 0 et de 10 kilogrammes absolus. Chaque courbe expérimentale est prolongée jusqu’à la température de saturation correspondant à sa pression, et la courbe
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- MOTEURS A GAZOL1NE POUR BATEAUX.
- 1091
- ' qui relie ces points extrêmes est celle de la vapeur saturée. Cette courbe est donnée
- 9 59 4- 108 '
- approximativement par la formule C=0,41 + -^_T y , dans laquelle T est la température de saturation et 638° la température critique de la vapeur. .
- C’est à l’aide de cette formule et des résultats expérimentaux que l’on a tracé, par exterpolation, les courbes de la figure 2. On y voit que la chaleur spécifique de saturation augmente rapidement avec la pression, qu’elle baisse rapidement dès que la température dépasse celle de la saturation, jusqu’à un certain minimum, puis remonte avec la température. La température correspondant à ce minimum croît avec la pression. A mesure que la température augmente, les chaleurs spécifiques, aux différentes pressions, se rapprochent; à partir de 400°, elles augmentent toutes d’environ 0,04 seulement par 100° d’augmentation de température, et la chaleur spécifique moyenne y est d’environ 0,52. La chaleur spécifique minima varie de 0,45, à la pression du condenseur, à 0,505, à la pression de 20 kilogrammes. A saturation, elle varie de 0,45 à 0,8.
- A chaque température, la chaleur spécifique de la vapeur surchauffée augmente avec la pression, comme le montrent les courbes du diagramme figure 3 des isothermiques; la courbe de saturation est donnée par la formule c = 0,445 + 0,0175 p. L’allure de ces courbes change entre 250 et 300°; à 400°, c’est presque une droite de 10 à 20 kilogrammes de pression. En outre, ces courbes se coupent, ce qui montre qu’il existe, à certaines pressions, deux températures de même chaleur spécifique.
- Les diagrammes figures 3 et 4 donnent les courbes de même chaleur spécifique et de la chaleur spécifique à partir de la saturation entre des pressions variant de 0 à 20 kilogrammes et des températures de 100 à 400°.
- MOTEURS A GAZOLINE POUR BATEAUX DE LA STANDARD MOTOR CONSTRUCTION C°,
- JERSEY CITY (1).
- Ce remarquable moteur dû à M. Riotte est (fig. 1 et 2) à 6 cylindres de 315 x 315 millimètres, à double effet, avec pistons et tiges creux refroidis par une circulation d’eau. Les bielles aussi sont creuses, de manière à en réduire le poids au minimum. Les garnitures des tiges des pistons sont métalliques. Les soupapes d’admission et d’échappement, commandées desmodromiquement, sont à refroidissement par circulation d’eau intérieure, et équilibrées. Le changement de marche se fait par de l’air comprimé agissant en moteur dans trois des cylindres. On peut, par un levier, maintenir toutes les soupapes d’échappement inférieures ouvertes, et les admissions correspondantes fermées de manière à transformer instantanément le moteur du double au simple effet en réduisant sa puissance de moitié ; cette puissance peut être réduite au quart en ne faisant ainsi marcher que 4 des 6 cylindres.
- Le carburateur, du type à trop plein, est installé au milieu du moteur et au bas (fig. 1).
- L’air comprimé du changement de marche n’agit jamais qu’au bas de trois des
- (1) Engineering, 15 août 1906, International Marine Engineering, 8 septembre, A. R. Willits, Explosive Mixture Motors (.American Society of Naval Engvaeers, août, et The Engineer, 13 et 20 septembre).
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- Fig. 1. — Moteur, à gazoline Riotte de 500 chevaux.
- Fig. 2. — Moteur à gazoline Riotte.
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- •RÉGLAGE DES TURBINES HYDRAULIQUES.:
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- •cylindres, le haut de tous les cylindres marchant toujours au pétrole, de sorte que le changement de marché est extrêmement rapide.
- Le graissage des cylindres et des stuffmg box se fait par les deux distributeurs à gouttes indiqués à gauchede la figure 1 ; lé graissage des bielles et des crosses est forcé par des pompes. L’eau de circulation est rafraîchie par un refroidisseur de cale par l’eau de la mer.
- Ce moteur est installé (fig. 3) sur le shooner Northland, à i mâts de 80 mètres
- iiMEŒDiniuy-
- Fig. 3. — Installation du moteur Riotte.
- de long X 13m,30 x 6m,60, et de 4m,50 de tirant d’eau : tonnage brut 2000 tonneaux, avec hélice de 2m,13, à pas de lm,22, vitesse 5 à 6 nœuds avec le moteur seul. Approvisionnement de 27 mètres cubes de gazoline en deux réservoirs.
- Une machine du même type, mais de 300 chevaux seulement, à cylindres de 230 x 250, d’une longueur totale de 3m,15 x lm,70 x 760 de large à la base, est installée sur un petit yacht la Standard. Elle ne pèse que 11k,30 par cheval ; la vitesse, aux essais, a. été de un kilomètre en l'7".
- RÉGLAGE DES TURBINES HYDRAULIQUES, d’après M. R. S. Bail (1).
- Dans les machines à vapeur, le régulateur agit sur des organes : valves et distributeurs, relativement légers et de peu de résistance ; dans les turbines hydrauliques, il doit agir sur de l’eau lourde et sans élasticité au moyen d’organes résistants et
- lourds, ayant à subir les forces d’inertie de grandes masses d’eau accélérées ou ralenties, et qui exigent, entre eux et le régulateur centrifuge proprement dit, l’interposition de relais qui en multiplient la puissance.
- Les turbines peuvent, en ce qui concerne leur réglage, se diviser en trois classes : à chutes basses (de 0m,50 à 9 mètres), moyennes (de 9 à 90 mètres), et hautes (de 90 à 900 mètres).
- (1) British Association, -7 août1907 et Engineering, 23 août. -
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — OCTOBRE 1907.
- . Les vannages et autres moyens de réglage peuvent aussi se diviser en trois classes (1) les vannages circulaires, interposés entre les directrices et la roue, et se déplaçant parallèlement à l’axe de la turbine. Le vannage de ce type adopté par les turbines du Niagara pèse 12 tonnes (2). Les vannes guides pouvant tourner d’un petit angle autour de leurs axes passant par leurs centres de gravité (3). Les pointeaux obturateurs du jet employés (fig. 1) dans les roues Pelton et autres pour les hautes chutes. :
- Ces organes de réglage sont toujours équilibrés; cet équilibrage double les masses à mouvoir, mais diminue la force nécessaire pour mouvoir les vannes, tant que leur accélération est moindre que celle de la pesanteur.
- Ces différents dispositifs de réglage ont leurs avantages et leurs inconvénients, qui
- se compensent à peu près. Les vannages circulaires déterminent, par leur coupe brusque du courant d’eau, des tourbillonnements qui diminuent le rendement des turbines. Les vannes pivotantes déterminent des frottements relativement considérables et des résistances lorsqu’elles ne sont pas équilibrées ; elles peuvent être commandées soit par un anneau pourvu de touches prises dans des coulisses calées sur les axes des vannes de manière qu’elles les tournent toutes en même temps et du même angle. En outre, ces vannes déterminent-des pertes en faible charge, parce qu’elles dirigent alors l’eau sur la roue sous des angles pour lesquels elle n’est pas’conslruite. L’emploi de ces vannes est néanmoins général, actuellement, avec les turbines du type Francis.
- Avec les très hautes chutes, pour éviter les coups de bélier dans la conduite, on* emploie des dispositifs analogues à celui de MM T. Bell & C° (fig. 2) pour les roues Pelton, où levégulateur actionne, en B, une pièce EC, pi votée en A, et qui, en même temps qu’elle agit sur l’ajutage principal, qui amène l’eau sur la roue, agit en sens
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- RÉGLAGE DES TURBINES HYDRAULIQUES.
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- inverse sur la dérivation D, de manière que le débit total de l’eau ne varie pas, ni sa vitesse dans la conduite.
- On peut, en général, avec des turbines bien réglées, se passer d’un volant; leur inertie et celle de leur dynamo suffisent, mais il en faut souvent avec les roues Pelton.
- Les régulateurs peuvent se diviser en deux classes : les discontinus et les continus ; les premiers, intermittents, n'agissent qu’à partir d’une certaine variation de la vitesse de la turbine, et avec moins de précision que les régulateurs continus, dont le tachy -mètre reste constamment en rapport avec le relai qui commande le vannage. Le diagramme fig. 3, se rapporte à une turbine de 75 chevaux, d’une inertie de rotation de 540 kil., ni2, à 180 tours par minute. Les ordonnées donnent les variations p. 100 de la vitesse de la turbine lorsqu’on lui enlève brusquement 25 et 50 p. 100
- Fig. 8. — Régulateur. Lombard Replo'/le..
- Fig. 7. — Régulateur Hartford.
- de sa charge normale; à 50 p. 100, la vitesse augmente au taux de 2 p. 100 en 7 secondes, ou d’un demi-tour par seconde. La courbe pointillée montre l’effet d’un régulateur intermittent entrant enjeu quant cette augmentation de vitesse a atteint 4 p. 100. En A, l’accélération s’arrêtent la vitesse commence à diminuer par la fermeture des vannes. La courbe pleine montre l’effet d’un régulateur continu entrant en jeu dès que la charge commence avarier; l’accélération cesse en B. A partir de ce point, la vitesse baisse, puis remonte, sous l’action du régulateur, pour reprendre sa. valeur normale après quelques oscillations comme celles du diagramme fig. 4, relevé sur une turbine Escher-Wyss de 500 chevaux, oscillant entre sa vitesse normale de 368 tours et celle extrême de 382 tours, en charge nulle.
- Les régulateurs sont purement mécaniques ou hydrauliques, suivant qu’ils agissent sur les vannages directement par des organes mécaniques ou indirectement, par des relais hydrauliques ; les premiers sont, en général, discontinus et les autres continus.
- Dans le type de régulateur mécanique fig. 5, le régulateur commande l’arbre C des vannages par une palette S, qui met en prise avec l’un ou l’autre des pignons A,.
- Tome 10.9. — Octobre 1907. 72
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- l’un des cliquets correspondant et opposés P ou R, sans cesse en oscillation par l’arbre D et son excentrique E, de sorte qu’ils font tourner l’arbre des vannages dans un sens ou dans l’autre jusqu’à proximité de la vitesse normale, pour laquelle le régulateur ramène la palette S dans sa position médiane, où elle déclanche les deux cliquets P et R à la fois, et arrête ainsi G.
- Dans le type de Hartford, le régulateur agit (fig. 7) sur une courroie commandant par un cône un pignon A, en prise avec la paire de pignons B, folle sur son arbre, et tournant en sens contraire de la paire de pignons DD, en prise, comme B, avec le pignon C de l’arbre H des vannages, de sorte que ce pignon C tourne en un sens et avec une vitesse fonction de la position de la courroie. Ce régulateur mécanique agit donc d’une façon continue ; mais la courroie glisse, et il est difficile de la maintenir toujours normale à ses poulies.
- Dans le type de Lombard Replogle,le régulateur volant A, attaque (fig. 8), en B, un
- IW/TTTff/nmrwysr
- Fig. 9. — Régulateur Gilkes.
- levier qui, par les deux pignons de l’arbre C, fait tourner dans un sens ou dans l’autre un écrou D, fileté sur l’arbre H des vannages et de la poulie sphérique E, en prise avec les deux frictions G et F, tournant en sens contraires, et dont E et H reçoivent ainsi un mouvement différentiel, dans le même sens que D, agissant sur le vannage en servo-moteur, avec des battements très réduits et sans danger d’emballement.
- Le régulateur hydraulique Gilkes (fig. 9) pour roues Pelton agit sur un tiroir E, qui distribue l’eau sous pression au cylindre d’un piston G, commandant le pointeau A. Ce réglage est, avec les très longues conduites d’amenée d’eau, assez difficile parce que la vitesse de la roue y augmente, entre certaines limites, au heu de diminuer, quand on réduit le débit de l’eau, ce qui tient à ce que le frottement de la conduite est proportionnel au carré de la vitesse de l’eau et en raison inverse du diamètre, de sorte que la diminution de cette résistance fait plus que compenser celle du débit.
- Lorsque, dans les basses chutes, la charge de l’eau n’est pas suffisante pour commander directement les relais du vannage, on crée, pour cette commande, une charge artificielle comme par (fig. 10) deux pompes rotatives B, commandées par une poulie D de la turbine, tournant dans des enveloppes plongées dans un bain d’huile A, et qui actionnent l’arbre S du vannage par un pignon E. Le régulateur L commande, par la
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- •RÉGLAGE DES TURBINES HYDRAULIQUES.
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- valve G, les refoulements R de ces pompes, dont l’aspiration est en Q. L’arbre C entraîne l’enveloppe de cçlle des pompes dont G ferme le refoulement de l’une ou de l’autre pompe. Les courbes du diagramme (fig. 11) ont été obtenues sur une roue Pelton de 2 500 chevaux, commandée par un régulateur hydraulique de Bell, à Kriens, et dont on diminuait la charge successivement de 600,1 120,1610 et 2 090 chevaux. Les lignes pointülées horizontales ont un écartement correspondant à une variation de
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- Fig. 11.
- 1 p. 100 de la vitesse normale de 306 tours ; le diagramme du bas montre, qu’avec une variation brusque de la charge de 80 p. 100, la vitesse n’a varié que de 7 p. 100, et l’on voit que ce réglage agit très rapidement.
- Avec les meilleurs régulateurs hydrauliques, la vitesse ne varie que de 4 et 6 p. 100, pour des variations brusques de la charge de 25 et de 50 p. 100, et de 10 p. 100 pour une décharge complète. Les régulateurs électriques n’ont guère réussi jusqu’à présent, et les régulateurs hydrauliques sont, de beaucoup, les meilleurs pour un réglage précis.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -— OCTOBRE 1907.
- POMPE POUR TRÈS UAUTES PRESSIONS, DU LABORATOIRE DE L’UNIVERSITÉ DE MANCHESTER
- d'après M. J. E. Pelavel (1).
- Cet appareil permet,,de maintenir des pressions hydrauliques de 2 100 kilos par centimètre carré et, occasionnellement, d’aller jusqu’à 3150 kilos ; il se compose de deux parties (fig. 1 et 2) une pompe P2, manœuvrée par un levier, et un plongeur à vis P4.
- Pour des pressions jusqu’à 100 kilos, on n’emploie que la pompe, puis on ferme le pointeau d’aspiration c, et on manœuvre le plongeur P,, qui refoule l’eau, par d o, dans le réservoir de pression. Si ce réservoir est petit, il suffit d’un coup du plongeur
- Fig. 1.
- pour le remplir, sinon, on ferme d, rouvre c, et donne un nouveau coup de pompe, suivi d’un nouveau coup du plongeur, et ainsi de suite, jusqu’au remplissage du réservoir à la pression voulue. Le pointeau d, une fois fermé, maintient indéfiniment au réservoir une pression de 2100 kilos.
- La soupape d’aspiration a est représentée en figure 3. Avec les soupapes coniques ordinaires, il faut un ressort très puissant, et la pompe s’arrête dès la moindre bulle d’air au cylindre ; les sièges en cuirs plats s’écraseraient. La soupape adoptée c est cylindrique, avec un petit cuir dans une gorge g, battant sur un anneau correspondant du siège. La soupape de refoulement 6, conique et en bronze, comme sa chapelle, ne présente rien de particulier. Les pointeaux c et d sont en acier dur sur acier doux, avec cônes un peu plus aigus que ceux des sièges, de manière à réduire les portées réelles de ces sièges. Le siège de e est un peu au-dessus de son filet, de sorte que, avant de passer e, l’huile doit filer entre ces pas de vis ; on évite ainsi un choc par diminution brusque de pression au manomètre g dès l’ouverture de e.
- Les garnitures des joints et stuffingboxes sont en amiante saturée d’un mélange de
- (1) Engineering, 25 juillet, p. 97.
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- POMPE POUR TRÈS HAUTES PRESSIONS.
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- Fi". 2.
- Fig. 3. — Soupape d’aspiration a (fig. 1).
- Fig. 4. — Raccord de tube en acier Bf avec A, par l’écrou d’acier N.
- Fig. 5. — Fermeture B, avec anneau saillant et serré sur A par la vis C.
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- suif et de graphite avec, entre cette amiante et l’écrou de serrage en acier, interposition de petites rondelles de cuir.
- Ces soupapes se ferment difficilement contre une pression de 1 700 kilos, bien qu’elles tiennent sûrement, une fois fermées, contre des pressions de 2100 kilos.
- 33-o-if~77n
- Fig. 7. — Borne électrique pour chauffage à haute pression. B, bouchon d’acier vissé dans A, avec conducteur C sur cône et gaine d’ébonite D.
- Pour les connexions, les tubes de cuivre de lmm,6 de diamètre intérieur, étirés, et de 9mm,5 de diamètre extérieur, ne tiennent pas longtemps à des pressions de plus de 70 kilos ; au-dessus, il faut des tubes d’acier étiré de lmin,6 intérieur et 13 millimètres extérieur, disposés comme en figure 4 ; ces tubes peuvent supporter des pressions de 3 000 kilos, et au delà.
- Comme fermeture des orifices jusqu’à 6 millimètres de diamètre, on peut adopter les dispositions figures 3 et 4, et, pour les grandes ouvertures, jusqu’à 40 millimètres, celle de la figure 5 ; au delà, il faut un couvercle d’acier (fig. 6) avec joint E, au plomb ou au cuivre.
- Les bornes électriques doivent être (fig. 7) disposées de manière que leur isolant D soit comprimé et serré par la pression même du récipient.
- FORMATION DES FISSURES DANS LES TOLES DE CHAUDIÈRES
- d’après M. C. Sulzer (1).
- La question de la formation des fissures par les fatigues dues à la dilatation est très contestée, notamment dans les chaudières; il est certain cependant que, dans bien des cas, on ne peut mettre en cause ni la composition du métal, ni le mode de construction de la chaudière.
- Fig. 6.
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1907, p. 1165.
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- FORMATION DES FISSURES.
- llOi
- Rappelons ici quelques cas connus de formation de fissures, avant de décrire un exemple de fissure due uniquement aux tensions dues à la chaleur.
- Considérons la manière dont se conduit un cylindre à double paroi (fig 1) après sa coulée. La paroi extérieure se refroidit plus vite, d’où une tendance au retrait suivant la longueur l. La paroi interne n’oppose aucune résistance à ce retrait, par suite de sa solidification incomplète, et elle subit une pression à ses extrémités qui produit un ré-
- Fig
- . 2.
- Fig. 3.
- trécissement permanent au-delà de sa limite d’élasticité. Lorsque la surface externe a pris la température de l’air, elle forme un cadre rigide, à l’intérieur duquel doit se refroi-dir et se contracter le cylindre interne. Les tensions longitudinales qui prennent alors naissance dans le cylindre intérieur peuvent en provoquer la rupture, dans le sens transversal. Tous les fondeurs connaissent ce phénomène ; la fissure se produit dès que la contraction linéaire entre deux points fixes est supérieure à l’allongement de rupture. Le coefficient linéaire de la fonte est sensiblement de 0,001 pour une variation de température de 100°. On peut admettre, d’aütré part, un allongement de rup-
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- H 02
- NOTES DE MECANIQUE
- OCTOBRE 1907
- ture de 0,0015 de la longueur de la barre. Il en résulte que la rupture a lieu dès que l’abaissement de température atteint 150° entre des extrémités fixes.
- On peut vérifier facilement ces chiffres par l’essai suivant. On chauffe une barre de
- fonte d’environ 200° dans un bain d’huile, et on la fixe sous tension dans un cadre rigide (fig. 2). La barre se rompt par refroidissement dès que sa température s’est abaissée de 200° à 50°.
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- FORMATION DES FISSURES.
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- C’est pour éviter-les tensions nuisibles, dans les cylindres de grandes dimensions, qu’on fond leur enveloppe à part. Mais le danger de formation de fissures n’est pas complètement éb'miné. En effet, le cylindre qui est baigné par la vapeur sur chaque face est à une température plus élevée que l’enveloppe, et sa dilatation suivant l’axe doit pouvoir se produire librement.
- Avec l’acier fondu, beaucoup plus tenace, des tôles de chaudières, la fissure ne se produit plus brusquement, mais peu à peu. En voici d’ailleurs un cas typique :
- Il s’agit d’une chaudière à tubes foyers présentant les caractéristiques suivantes :
- Surface de chauffe 72 mètres carrés ; de grille 2m2,40; pression de marche 7 atmosphères; pression à l’épreuve 12 atmosphères; l’enveloppe de la chaudière a 2 mètres de diamètre et 7“,20 de long, en cinq pièces : épaisseur de la tôle 13mm;’2 tubes foyers
- de 750/850 millimètres de diamètre et 10 millimètres d’épaisseur ; fonds de 21 millimètres; double rivure longitudinale et transversale.
- Cette chaudière fut construite en 1899 par les établissements Sulzer, de Winterthür en acier Martin, qualité tôle à feu, avec rivets en fer de la meilleure qualité.
- Les tôles du corps ont donné, aux essais, une résistance moyenne à la traction de 36k,9 par millimètre carré, et un allongement moyen de 31 p. 100.
- L’analyse de la tôle a donné : carbone total 0,048 p. 100, silicium, 0,016, manganèse, 0,289, soufre 0,040, phosphore 0,016. La teneur en carbone et en manganèse est donc absolument normale ; les teneurs en soufre et en phosphore sont très faibles.
- La chaudière, construite avec le plus grand soin, fut mise en service en janvier 1900. En 1905, des fuites se produisirent dans la rivure, puis,en 1906 et 1907, et elles devinrent si abondantes que le constructeur fut appelé. Un examen attentif constata dans les rivures transversales, sur les tôles intérieures et extérieures, des fissures qui rendirent nécessaire le remplacement d’une partie des tôles. La nature et la situation des fissures firent conclure que la chaudière avait été soumise à des températures extrêmement élevées.
- Une enquête démontra en effet que la chaudière avait pendant longtemps fonctionné d’une manière très intensive, produisant jusqu’à 40 kilogrammes de vapéur par mètre carré de surface de chauffe et par heure. Le peu de temps à consacrer au nettoyage nécessitait un refroidissement rapide et une remise en marche immédiate. On demandait donc à cette chaudière le double de sa production normale.
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- OCTOBRE 4 907.
- J104 NOTES DE MÉCANIQUE. ----
- La figure 3 représente une coupe à travers la rivure circulaire. On y distingue trois sortes de fissures :
- La fissure transversale a, dans la tôle intérieure, commençant à la face extérieure et plans la rivure interne.
- La fissure transversale b, dans la tôle extérieure, commençant à la face interne et dans le bord intérieur du trou de rivure.
- La fissure longitudinale c, dans la tôle externe, allant de la rivure au bord.
- . Les fig. 4 et 5 montrent nettement ces différentes fissures. Les crevasses a et b ne traversent jamais toute l’épaisseur de la tôle, mais il n’en est pas de même pour c.
- Fig. 8.
- Il est évident que de telles fissures n’ont pris naissance ni sous l’influence de la pression interne de la chaudière, ni par suite d’un refroidissement brusque.
- Essayons de nous représenter comment s’effectue la répartition des températures dans la rivure ; la figure 6, dans laquelle les parties les plus ombrées correspondent aux températures les plus élevées, répond assez bien à la question. La chaleur qui entre dans la tôle extérieure s’écoule en partie adroite, suivant la section de la tôle, et passe en partie dans la tôle intérieure, mais plus difficilement; d’où la différence de température marquée sur la figure. La température de la tôle dans la rivure est plus basse que celle du reste parce qu’elle est traversée par une quantité de chaleur moindre, étant protégée par la tôle extérieure.
- Si nous considérons attentivement ce qui se passe par suite de cet état des températures, on voit une analogie très grande avec ce qui a lieu dans le cylindre à double
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- FORMATION DES FISSURES. 1105
- V
- paroi fig. 1. Aux deux parois, correspondent les deux parties de tôles cylindriques qui se recouvrent; les deux extrémités fixes sont les rangs de rivets.
- La tôle extérieure de la rivure se trouve empêchée dans sa dilatation par les lignes de rivets, aussi bien dans le sens longitudinal que dans le sens transversal. L’effort de dilatation de cette tôle externe exerce donc à la fois un effort de cisaillement sur les
- Fjg. 9. * Fig. 10.
- rivets et une traction sur la tôle interne. Cet effort longitudinal est d’ailleurs nettement marqué par la déformation des trous des rivets.
- Il est impossible d’obtenir une mesure exacte des forces ainsi mises en jeu; cependant, on peut se faire une idée de leur ordre de grandeur. D’après les essais précédents, admettons, qu’entre les températures de 200° et 400°, la limite moyenne d’élasticité
- Fig. 11.
- du métal soit de 1 500 kilogrammes par centimètre carré, tant à la traction qu’à la compression; pour un module d’élasticité de 2 000 000 de kilogrammes, l’allongement ou la contraction, à la limite d’élasticité, sera d’environ les 0,00075 de la longueur. La somme de la dilatation et de la contraction (soit les 0,0015 de la longueur) est égale à l’allongement linéaire dû à l’élévation delà température. Comme le coefficient de dilatation du métal, dans les hmites de température désignées plus haut, est d’environ 0,0015 pour 100°, on voit que cette différence de température de 100° est précisément suffisante pour porter alternativement les deux tôles à la limite d’élasticité. Pour une
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- différence de températures plus grande, la limite d’élasticité est dépassée, et il n’est pas douteux que la répétition de ces tensions, engendre peu à peu la formation de fissures ; et cela d’abord dans la tôle intérieure, qui travaille à la traction, tandis que la tôle extérieure subit par refoulement une contraction dans le sens de la longueur.
- Si un abaissement de température survient, la tôle extérieure raccourcie se trouve retenue dans sa contraction, et c’est alors que les fissures b prennent naissance.
- Les conditions sont analogues pour les tensions transversales. A chaud, la tôle extérieure maintenue par la rivure ne peut se dilater librement, et subit un refoulement suivant son contour. Les rivets travaillent alors à la traction, et c’est sans doute à cette cause qu’il faut attribuer le départ d’un certain nombre de têtes de rivets. Lors du refroidissement, la tôle subit des efforts de traction par suite du refoulement antérieur, et les fissures c prennent naissance. Dans le sens transversal, les tensions sont variables avec les températures, et, en fait, les fissures ne prennent naissance que là où les températures les plus élevées sont atteintes.
- Il est maintenant intéressant de comparer les propriétés du métal pris au voisi-
- Fig. 12.
- nage de la rivure, après sept ans de fonctionnement, avec ses propriétés initiales. Des éprouvettes ont été prélevées dans ce but aussi bien dans la tôle externe que dans la tôle interne. La figure 7 représente une portion de la fissure coupée à froid et ouverte par arrachement; on y voit, ainsi que sur la'figure 8, les anciennes et les nouvelles surfaces d’arrachement. La figure 9 représente une surface préparée pour l’examen métallographique et prise dans le voisinage d’une fissure. Le laboratoire d’essais de Zurich a d’ailleurs déclaré le métal remarquablement homogène.
- Les épreuves à la rupture ont donné, dans le sens du laminage des tôles, les moyennes suivantes : limite d’allongement 2 090 kilogrammes/centimètres carrés; résistance à la traction 3380 kilogrammes/centimètres carrés ; contraction 66 p. 100; allongement 27,2 p. 100. Dans la direction transversale : limite d’allongement 2 430 kilo-logrammes/centimètres carrés; résistance à la traction 3 310 kilogrammes; contraction 61 p. 100; allongement 30,0 p. 100.
- Toutes les surfaces de rupture possédaient un grain très fin. Si l’on compare ces chiffres avec ceux des essais de rupture du métal initial, on ne constate aucune différence notable. Le métal fut soumis également à des essais de pliage à chaud, de for-geage et de poinçonnage (fig. 10 et 11). La figure 12 représente un trou percé entre
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- MACHINE A VAPEUR A TRIPLE . EXPANSION. 1107
- deux anciens trous de rivet, de même diamètre que ces derniers, et agrandi ensuite à la broche à froid au diamètre de 30 millimètres (diamètre initial 22 millimètres), sans que la moindre fissure se soit formée.
- Le métal a donc conservé ses propriétés initiales à tous les points de vue. Cependant la tôle s’est fissurée, et précisément en des points où la température n’était pas très élevée (tôle intérieure) fissure a.
- Comment pourrait-on prévenir ces phénomènes? Disons d’abord qu’une chaudière de ce type n’aurait pas dû être poussée autant et d’une manière aussi continue. La marche intensive est certainement l’unique cause du dommage, et c’est sur ce point que les inspecteurs chargés de la surveillance doivent porter leur attention.
- D’autre part, la question se pose à la technique métallurgiste : de produire des tôles capables de mieux résister aux tensions dont nous venons de parler. Les considérations précédentes montrent, qu’avant tout, il faudrait élever la limite d’élasticité ou diminuer le module d’élasticité.
- Au point de vue de la construction, on peut se demander si la rivure circulaire simple, ne se comporterait pas mieux, à chaud, que la rivure double. On peut répondre affirmativement, à la condition naturellement que la résistance soit suffisante. Le recouvrement de la rivure sera plus court, par conséquent le refoulement par la chaleur plus faible: la zone fixée par les deux rangs de rivets, -fait défaut, différentes conditions favorables seront éliminées.
- machine a vapeur de 1 000 chevaux a grande vitesse et a triple expansion, d’après M. C. F.sHolenboe (1).
- La société Elektron a installé, dans son usine de Gothenburg (Suède), un groupe électrogène de 1 000 chevaux caractérisé par son faible encombrement. La surface
- 3000Adp
- disponible n’était que de 7 x 3 mètres carrés. Les exigences relatives à la sécurité de marche étaient très sévères, car en hiver la machine est poussée jusqu’à la limite
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingénieure, 27 juillet 1907, p. 1186.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.-----OCTOBRE 1907.
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- de production. Enfin le prix de la machine devait être aussi bas que possible étant donné que la concession de la société expirait dans un délai de trois années.
- Le mpteur adopté comme le plus convenable a été une machine verticale à triple expansion, faisant 200 tours par minute.
- La dynamo, fournie par la société électrique de Westeras (Suède), est à courant
- = n i—'
- Fig. 2. — Machine de 1 000 chevaux des ateliers de Gothenburg.
- continu avec deux collecteurs, qui sous 2 x 140 volts donne 3 000 ampères quand les deux collecteurs* sont couplés en série. La courbe fig. 1 représente le rendement de cette dynamo]en fonction de l’intensité du courant. On voit que le rendement est de 94 p. 100 à charge normale.
- La figure 2 représente la machine construite par la Société de constructions de Gothenburg. Sa puissance est de 1125 chevaux avec de la vapeur à 11 at. abs. et à 200 tours par minute. Les cylindres ont 545, 840 et 1300 millimètres de diamètre sur
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- MACHINE A VAPEUR A TRIPLE EXPANSION.
- 1100
- o00 de course. Le tiroir du cylindre à haute pression est disposé suivant l’axe longitudinal de la machine, ceux des deux autres cylindres sont sur le .côté, pour diminuer autant que possible l’encombrement.
- Seul le cylindre à basse pression possède une enveloppe de vapeur. Les pistons des cylindres à moyenne et basse pression sont en acier fondu ; celui du cyhndre à haute pression est en fonte. Les manivelles sont à 120°. Le volant est d’une seule pièce, il a 2m,60, et pèse 5 600 kilos. La machine est rebée à une condensation centrale.
- Pendant les essais, la machine a travaillé sur le réseau, la tension et l’intensité furent maintenues constantes autant que possible. Des diagrammes furent pris sur les trois cybndres.
- kg
- Surchauffe. y
- Fig. 3.
- Les résultats de l’essai du 5 janvier*1907 ont été les suivants :
- Pression d’admission de la vapeur..................... 11,1 at. abs.
- Vide.................................................. 65 cm.
- Tours par minute . ................................... 190
- Puissance fournie par le cylindre à haute pression. . . . 396 chev. i.
- — — à moyenne pression. . 303 —
- — — à basse pression . . . 276 —
- Puissance totale...................................... . 975 —
- Intensité du courant.................................. 2 275 amp.
- Tension............................................... 280 wolts.
- Puissance utile....................................... 635 k. w.
- Rendement de la génératrice avec 2 275 amp............ 92 p. 100
- 635 X 100
- Rendement de la machine à vapeur 97g x q 73g x 0 92 = ^ P' Rendement total du groupe électrogène.........• . . . 86,6 p. 100
- Il est à prévoir que le rendement de la machine à vapeur, à la charge normale de i 125 chev., sera d’au moins 95 p. 100, ce qui, avec le rendement de 94 p. 100 de la génératrice, donnera un rendement total voisin de 90 p. 100.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ----- OCTOBRE 1907.
- En ce qui concerne la dépense de vapeur, voici la moyenne des résultats obtenus toutes les 10 minutes.
- Durée de l’essai................................ 4,S heures.
- Puissance totale................................ 2 650 k. w. h.
- Charge moyenne.................................. 590 k. w.
- Puissance de la machine à vapeur. ............ 932 chev. i.
- Pression à l’entrée............................. 10,9 at. abs.
- Température à l’admis don....................... 249°
- Vide......................................... 65,5 cm.
- Tours par minute. . ............................ 190
- Dépense de vapeur totale..................... 25750 kilog..
- — — par heure..................... 5 "j20 —
- — — par k. w. h.............. 9,9 —
- — — par chev. h. i........... 6,13 —
- Pour déterminer la variation de consommation de vapeur avec une surchauffe croissante, on a fait une série de mesures avec une charge invariable de 950 .chev. i.,. et de la vapeur à diverses températures.
- Fig. 4.
- La figure 3 représente les résultats de cet essai pour une pression à l’entrée de-10, 8 atm. abs., un vide de 65 centimètres et une vitesse de 190 tours par minute.
- La figure 4 représente le diagramme combiné pour 975 chev. i. L’aire du diagramme réel est de 68 p. 100 de l’aire théorique.
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. J 1 1 1 ESSAIS SUR L’INFLUENCE DE LA COMPOSITION DU MÉLANGE DE GAZ ET D’AIR SUR LA MARCHE
- dss moteurs a gaz, par M. A. Naegel (1).
- Les essais décrits dans ce travail ont été entrepris en vue de déterminer l’influence qu’exerce la composition du mélange d’air et de gaz sur la marche des moteurs à gaz. Ces essais ont été effectués dans le laboratoire de mécanique de la Teclinische lïochs-chulo de Dresde, pendant les années 1905 et 1906.
- Dispositif expérimental. — Les essais ont été faits avec un moteur Koerting de 8 chevaux à quatre temps, de 175 millimètres d’alésage et 342 de course. La vitesse normale est de 220 tours.
- La particularité de ce moteur réside dans la construction de la valve réalisant le mélange du gaz avec l’air et dans l’emploi d’une valve réglant l’arrivée de ce mélange pour faire varier la vitesse de rotation.
- La valve mélangeuse est complètement automatique. On emploie différentes valves de sections variables suivant le pouvoir calorifique du gaz de façon à mélanger toujours le gaz et l’air dans des proportions conve-nables.’Dans les essais, on s’est servi des valves destinées au gaz d’éclairage, au gaz à l’eau et au gaz de gazogène.
- La cylindrée V restant constante, le volume Vk réservé au gaz pendant la compression peut être variée dans les plus larges limites; le rapport de compression E peut prendre 9 valeurs comprises entre E = 3,63 et E = 8,16.
- L’allumage est assuré par une étincelle de rupture produite au centre et en arrière de la chambre de compression. Malheureusement, le moteur n’est pas muni d’un dispositif pour faire varier le moment de 1’alluma‘ge.
- L’enveloppe d’eau du cylindre comprend deux chambres complètement séparées correspondant l’une aux parois du cylindre, l’autre à sa culasse. Il a fallu tenir compte de cette disposition particulière quand on a mesuré la quantité et la température de l’eau de refroidissement.
- Le volant est relativement lourd et assure une marche suffisamment régulière même à faible vitesse.
- Le gaz nécessaire aux essais est contenu dans un gazomètre de 50 mètres cubes environ. On peut faire varier la pression du gaz entre 45 et 65 millimètres d’eau à l’aide de contrepoids. Le gazomètre est rempli de gaz d’éclairage du service municipal de Dresde ou de gaz de gazogène fabriqué à l’aide d’antbracite. Pour assurer son homogénéité, on le laissait séjourner dans le gazomètre pendant 12 heures au moins. Par la suite (à partir de l’expérieoce n° 150) on installa un petit ventilateur électrique
- (I) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 7 septembre 1907, p. 1605. Tome 109. — Octobre 1907.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — OCTOBRE 1907.
- au sommet de la cloche du gazomètre. Ce ventilateur fonctionne même pendant la durée des expériences.
- Instruments de mesure. — Pour la mesure du temps, on se servait de chronomètres à seconde commandés électriquement, à l’aide d'un pendule de Riefler, par une horloge astronomique normale. Un des chronomètres était installé à proximité du compteur de tours, l’autre au-dessus des récipients servant à mesurer l’eau de refroidissement. Les erreurs de lecture étaient toujours inférieures à une seconde.
- L’air et le gaz sont mesurés à l’aide de compteurs à liquide. Pour égaliser la pression dans la conduite d’aspiration de l’air, on se sert d’un récipient cylindrique en tôle de 1 mètre de diamètre et llll,°20 de haut, interposé entre le compteur et le moteur. Dans ce récipient, sont suspendus-au couvercle deux sacs en caoutchouc aussi grands que le permet la capacité cylindrique du récipient. L’intérieur de chacun de ces sacs communique avec l’atmosphère de la salle des machines par une tubulure de 80 mil-
- limètres. L’égalisation de pression obtenue par ce moyen est très satisfaisante. L’aspiration de l’air est faite par le moteur lui-même ; la dépression qui en résulte n’étant que de 4 millimètres d’eau au maximum, cette diminution est sans importance en comparaison des variations que peut subir la pression barométrique.
- L’air traversant le compteur est pris directement dans la salle des machines. Un petit tube de laiton est soudé sur les tubulures d’arrivée et de départ des deux compteurs. Ces tubes sont en relation avec un niveau d’eau permettant de lire la pression ou la dépression qui régnent dans les canalisations. En outre, un thermomètre divisé en cinquièmes de degré plonge dans chaque compteur. Le niveau de l’eau dans le compteur est maintenu à la hauteur convenable en y faisant arriver de l’eau goutte à goutte pendant toute la durée des expériences. L’excès s’écoule par un trop-plein.
- La figure 1 montre le dispositif permettant de faire avec une grande précision la lecture des compteurs à air et à gaz. L’aiguille indicatrice de chaque compteur zl entraîne dans son mouvement de rotation une aiguille inerte z2, aussi longtemps que le petit ressort à boudin f maintient les aiguilles en connexion par le petit index i. Mais, dès que l’on fait passer un courant dans l’électro-aimant e, l’armature intérieure a est attirée, et les deux aiguilles z{ et z2 sont dégagées. L’armature a, et par suite l’aiguille z2, sont maintenues dans la position qu’elles occupaient au moment de la fermeture du circuit par le magnétisme rémanent, jusqu’au moment où on dégage l’armature en appuyant sur le bouton g, ce qui rend de nouveau les aiguilles zl et solidaires.Un
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. 1 i 1 3
- dispositif électrique fixé sur l’un des chronomètres produit automatiquement la mise en circuit des deux compteurs pendant une durée de 5 minutes. Des signaux préviennent du commencement et de la fin des périodes d’observation.
- Le contrôle des compteurs à gaz et à air a été fait à l’aide du gazomètre, dont le volume a été calculé au moyen de son diamètre (4m,60) et de sa hauteur (3 mètres).
- Au-dessus des compteurs d’air et de gaz, on a disposé un appareil indiquant à tout instant la proportion du mélange d’air et de gaz et la consommation de gaz. La figures
- I
- représente schématiquement cet appareil en plan. Cet appareil possède deux aiguilles zu et z6, se déplaçant sur deux cadrans et indiquant : la première les proportions de l’air et du gaz u dans le mélange, à l’instant de la lecture, et la seconde la consommation de gaz en mètres cubes par heure, à ce même instant.
- Le plateau d’entraînement S, de 150 millimètres de diamètre, est commandé à l’aide de pignons d’angle k, par l’arbre du compteur à gaz. La vis de pression D appuie, d’une façon élastique, le plateau S contre les deux disques tournants ru et r0 ; pour éviter tout glissement, le plateau est recouvert de caoutchouc et le bord des disques est molette. Chacun des disques est fixé sur un axe iu.K et wG pouvant se déplacer dans le sens de sa longueur de façon que les disques r puissent venir en contact avec le plateau le long d’un rayon. Pour une vitesse donnée du compteur à gaz, et
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- par suite du plateau S, la vitesse de rotation des disques ne dépend, en dehors de leur diamètre, que de la distance entre leur point de contact et le centre du plateau S (R,m R;/ ). Chacun des arhres w,L et wG porte un pas deAds droit g[K et gG, qui engrène avec une roue dentée et sa. Si les deux roues dentées sont immobiles et que le plateau S tourne, les disques r se déplacent et se rapprochent du centre du plateau S. Mais si les roues dentées tournent avec une vitesse correspondante, les disques r ne se déplacent pas dans le sens de l’axe, et se contentent de tourner sur eux-mêmes. La rotation de la roue dentée sest produite par l’arbre du compteur d’air et celle de la roue sa par un mouvement d’horlogerie, qui lui communique une vi tes se constante. Si la vitesse de S seule varie et augmente, par exemple, les disques r seront rapprochés du centre de S par les pas de vis g jusqu’au moment où un état d’équilibre sera atteint. Les rayons R,* et RG se modifient dès que le rapport de la vitesse de rotation de S et des vis et sCx varie ; ces mômes rayons restent constants aussi longtemps
- que toutes les vitesses de rotation des différentes parties de l’appareil varient dans le même rapport. Grâce à ce dispositif, R,* donne la mesure du rapport de la vitesse de rotation du compteur d’air à celles du compteur à gaz, tandis que RG donne la vitesse du compteur à gaz. A tout instant, les valeurs de R;* et Rg sont transmises par les crémaillères et les engrenages tu et tG aux aiguilles zu et z,j , qui se déplacent sur un cadran ~ gradué suivant un arc de 270°
- Fig. 4. - Frein électrique. environ. Le déplacement des
- aiguilles est d’autant plus lent qu’elles se rapprochent davantage de la position d’équilibre ; par contre, il est d’autant plus rapide que la vitesse de rotation des différentes parties de l’appareil est plus ràpide. Dans l’appareil construit, le plateau S a ISO millimètres de diamètre et tourne dix fois plus vite que l’axe du compteur à gaz. Les disques r ont 30 millimètres de diamètre. Pour une consommation de gaz inferieure à 5 mètres cubes par heure, l’appareil n’est pas assez sensible, et il serait nécessaire de faire tourner le plateau S 40 fois plus vite que le compteur à gaz.
- Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, l’emploi de cet appareil ne gêne en rien le bon fonctionnement des compteurs. D’ailleurs, 'ses indications n’ont été employées que pour le réglage du moteur, et, pouï les essais proprement dits, on a calculé la composition du mélange et la dépense de gaz d’après les indications mêmes des compteurs.
- Les robinets d’arrivée de gaz et d’air du moteur ont été munis de dispositifs micro-métriques afin de permettre un réglage précis ; de même, le robinet d’arrivée d’eau de refroidissement.
- L’eau servant à refroidir les parois et la culasse du cylindre est mesurée à l’aide de deux récipients jaugés. Chacun de ces récipients est divisé en deux compartiments
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. 1115
- par une cloison verticale; un-compartiment se vide pendant, que l’autre se remplit. Le niveau de l’eau est indiqué par une pointe métallique. Le fond des récipients est incliné de façon qu’ils se vident entièrement. Le passage d’un compartiment à l’autre s’effectue par un entonnoir portant un tube deux fois coudé tournant autour d’un axe vertical. Les récipients sont jaugés en les pesant pleins d’eau à la température moyenne.
- Au début de chaque essai, on commence par mesurer l’eau dans le compartiment gauche de chaque récipient. A l’instant où l’eau atteint la pointe de repère, on lit le chronomètre ; en même temps, on déplace la tubulure de l’entonnoir vers l’autre compartiment, pour le remplir, et on ouvre le robinet d’écoulement du premier. On prend
- Fig. 5. — Commande de l’indicateur.
- la température de l’eau dans la conduite d’arrivée et à sa sortie de l’enveloppe du cylindre. La quantité d’eau de refroidissement est réglée de façon que sa température soit de 40° à sa sortie de la culasse du cylindre et de 50° à sa sortie du cylindre.
- Le nombre de tours du moteur est lu de deux façons différentes. On se sert d’abord d’un tachymètre à deux liquides B (fig. 3) monté sur la tête du régulateur de vitesse, comme l’indique la figure 3. On commence par régler la composition du mélange gazeux en laissant l’un des deux robinets de gaz ou d’air complètement ouvert, et faisant varier la position de l’autre. C’est alors seulement qu’on commence à régler la vitesse du moteur en passant un crochet en gros fil de fer sur les boulons b et b', de façon à rendre la position de la valve qui règle 1’arrivée du mélange indépendant de la vis c. A partir de ce moment, le régulateur ne sert que comme dispositif de sûreté dans le cas où la vitesse du moteur deviendrait par trop grande. Pour que son action régulatrice ne commence pas à une vitesse trop faible, on le charge avec le poids P, réglable par une vis P'. On tourne la vis c jusqu’à ce que le tachymètre indique la vitesse désirée.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- Pour mesurer exactement la vitesse pendant les essais, on se sert d’un compteur de tours de Schaeffer et Budenberg mû par l’arbre de la manivelle et lu toutes les cinq minutes.
- La puissance développée par le moteur est mesurée à l'aide d’un frein électrique d’une grande précision (fig. 4). Ce frein comprend deux électro-aimants dont le circuit est fermé par la jante du volant du moteur. Les pôles sont à 2 millimètres environ du volant. Chaque pôle est recouvert de 2 750 tours de fil de 0mm,65 de diamètre. Les enroulemenls des deux pôles sont en série et reliésau réseau à 220 volts, avec interposition d’une résistance de réglage formée de deux rhéostats à 27 et 40 plots et de
- 7.000
- J,600
- 7000
- Fig. 7.
- deux résistantes à fiches de contact. Au total, la résistance intercalée sur le circuit d’excitation peut prendre 3 240 valeurs différentes. Chaque bobine d’électro-aimant a une résistance propre de 80 ohms environ, telle que l’intensité maximum du courant, toute résistance de réglage hors circuit, est de 1 ampère, 375. A ce moment, la vitesse étant de 220 tours, le frein peut absorber une puissance de 10 chevaux environ.
- Les plus faibles variations de la tension du courant excitateur sont si nuisibles à la stabilité du frein que l’on a dû relier le circuit des électros à une petite batterie d’accumulateurs.
- Pour faire la tare du fléau du frein, on sépare la bielle de la manivelle de façon que le volant puisse être amené à la main dans des positions déterminées, en tournant dans un sens ou dans l’autre, puis on mesure la force exercée sur la bascule dans les deux sens de rotation. Quand le frein est bien construit, les deux valeurs obtenues
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ.
- sont si voisines que leur moyenne arithmétique peut être prise comme tare de l’appareil. Pour an bras de levier h de 1 219 millimètres et une tare E, de 17k=,50, la pression exercée sur la bascule étant W, la puissance effective du moteur se calcule à l’aide de la formule :
- N„ =
- 2 7i h
- 60X75
- (W — E)n
- n, étant le nombre de tours par minute, ou, en remplaçant les lettres par leur valeur :
- N„ = 0,001 702 (W — 17,50) n chevaux-vapeur.
- A l’aide de cette formule, on calcule la charge à mettre sur la bascule pour une puissance donnée, absorbée par le frein, puis oc place les poids correspondants sur le plateau de la bascule. On fait alors varier l’excitation avec la résistance jusqu’à ce que la bascule soit en équilibre, ce qui ne demande que quelques secondes.
- La figure 5 indique le dispositif employé pour relever les diagrammes représentant la marche du moteur. Un disque de 145 millimètres de diamètre est fixé sur l’arbre du
- 89
- 5000
- ~3d
- 3,0 cbm
- Fig. 8. — Diagramme des Won pour e = 8,16.
- moteur ; il porte une manivelle K, fixée à 60 millimètres de l’axe, à laquelle est attachée une bande d’acier flexible KA. L’extrémité A est reliée à un levier en bois AC, de 700 millimètres de long, tournant autour du point C. La longueur de AK est telle que, dans toutes ses positions, sa vitesse soit proportionnelle à celle du piston.
- Le second dispositif employé pour relever les diagrammes est constitué par le levier BDJ, tournant autour de D.La bande d’acier flexible, de 6 millimètres de largeur et Ômm,l d’épaisseur, qui relie le levier à l’indicateur, est accrochée en J.
- En admettant que les diagrammes d’un essai aient donné les pressions moyennes pi + et pi —, on obtient, pour la puissance indiquée en chevaux.
- V IO 000 / +
- 2 X 60 X 75
- Pi 'jn — 0,00915 (p,- + — Pi
- n
- Les essais comprennent encore la mesure de la température des gaz d’échappement. Pour cela, on a disposé un couple thermo-électrique dans le tube d’échap-
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-
- OCTOBRE 1907.
- 1118 ' NOTES DE MÉCANIQUE. ------
- pement. Ce couple est enfermé dans un tube en porcelaine qui pénètre dans le tube d’échappement jusqu’à l’axe (fig. 6). Le couple est formé d’un fil de cuivre et d’un fil de constantan soudés ensemble. La soudure se trouve à l’extrémité intérieure du tube de porcelaine; dans le trajet de celui-ci, les fils sont isolés par une bande d’amiante. A l’extérieur, l’isolement est assuré par des perles de verre enfilées sur les fils. Chaque fil du couple a environ 0m,50 de longueur et est soudé à un fil de cuivre ordinaire. Ces fils servent à relier le couple à un galvanomètre. Les deux soudures externes a.l a2 sont placées dans des tubes de verre bi b%, renfermés eux-mêmes dans un tube plus large c, maintenu à température sensiblement constante par circulation d’eau. L’eau entre en m et sort en n, pour aller dans le double support de l’indicateur.
- La température de l’eau au niveau des soudures d.À est donnée par un thermomètre à mercure. Les deux fils isolés K, K2 conduisent le courant au galvanomètre ou au rhéostat de réglage.
- Fig. 9. — Diagramme des Wem ppur £ = 6,58,
- 37 56 36_
- m = 1,s 2,o 3,o cbm
- Fig. 10. — Diagramme des Wem pour 8 = 5,17.
- Avant de faire un essai, on détermine deux points fixes de l’échelle des températures : la température d’ébullition du soufre (444°,7) sous la pression de 760 millimètres, et celle de l’eau a 100°. La force électromotrice est lue à l’aide d’un galvanomètre à miroir très sensible.
- L’essai a montré que la relation existant entre la force thermo-électrique s, la température à mesurer 8j et la température de la soudure froide est donnée par la formule :
- * Si = C2 + 25,0674 e — 0,2755 e2
- £ étant exprimé en millivolts.
- Dans les essais faits avec le moteur, on s’est servi d’un galvanomètre de 184,3 ohms de résistance intérieure, permettant de mesurer 8 millivolts. Chacune de ses divisions correspond à 0,03 millivolts. Pour pouvoir mesurer de 0 à 24 millivolts, on a intercalé en avant du galvanomètre une résistance de 368 ohms, 6, ce qui élève la valeur de chaque division à 0,13 millivolts. L’essai du galvanomètre muni de sa résistance au moyen du dispositif compensateur de Lindeck (1) a donné, pour le facteur de correction des indications du galvanomètre, la valeur 1,009. En tenant compte de ce facteur, la formule donnant la valeur de la température devient :
- Si = 62 + 75,88 e — 2,52 e3 e étant le chiffre lu sur le galvanomètre.
- (1) Essai des couples thermo-électriques pour la mesure des températures élevées, Zeil. filr Instrumente nkunde, oct. 1900, p. 192.
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. 1119
- Colorimétrie et analyse des gaz. — Chaque série d’essais a été faite avec le gaz remplissant le gazomètre, et, le' plus souvent; c’est l’épuisement de cette provision qui a interrompu la série d’expériences. Immédiatement avant chaque série d’essais, —rarement après, — on a déterminé le pouvoir calorimétrique du gaz.
- On s’est toujours servi du calorimètre à gaz de Junker. Pour les premiers essais (n° 1 à 74), ce calorimètre était accompagné d’un compteur à gaz de 3 litres seulement aussi bien pour le gaz d’éclairage que pour le gaz de gazogène. Plus tard, sur le conseil du professeur Junker, on s’est servi d’un compteur de 10 litres. Le compteur a été vérifié avant chaque mesure calorimétrique.
- Dans chaque essai calorimétrique, on a chauffé 10 kilogr. d’eau de 10° environ. Le thermomètre divisé en dixièmes de degré était lu toutes les dix minutes. Pour chaque gaz, on a fait deux ou trois mesures calorimétriques concordant à 0,5 p. 100 près en moyenne. L’exactitude relative des mesures calorimétriques est donc très satisfaisant.
- 9OOO
- 3000
- 2J cbm
- 771• fS
- Fig. 12. — Diagramme des Wem pour e = 3,63.
- 2,5 cbm
- Fig. 11. — Diagramme des W em pour s = 4,58.
- Par contre, il n’en est pas de même de leur exactitude absolue. Les chiffres obtenus pour le gaz de gazogène sont inférieurs de 10 à 15 p. 100 à ceux que donne le calcul du pouvoir calorifique basé sur les résultats de l’analyse de ce gaz. Les essais de contrôle ont amené à conclure que le méthane n’est pas complètement brûlé dans le calorimètre, dès que sa proportion atteint quelques centièmes.
- Cette cause d’erreur se reconnaît encore plus nettement quand on compare la quantité d’eau fournie par la combustion avec celle que l’on calcule au moyen des résultats d’analyse. Pour un grand nombre de gaz de gazogène, cette différence correspond d’une façon surprenante à la quantité d’eau correspondant au méthane. Ce fait vient à l’appui de l’hypothèse de la combustion incomplète du méthane.
- Pour le gaz d’éclairage, le pouvoir calorifique déduit de l’analyse est le plus souvent inférieur à celui qu’indique le calorimètre. Cette différence s’explique par la présence d’hydrocarbures lourds dans ce gaz, hydrocarbures que l’analyse représente sous forme de benzine, d’éthylène, de méthane ou d’éthane, tandis qu’ils peuvent être plus complexes, et posséder par suite un pouvoir calorifique plus grand que celui qu’admet l’analyse. D’autre part, le méthane du gaz d’éclairage doit brûler complètement dans le calorimètre en raison de sa plus grande quantité et de l’hydrogène mélangé, car la vitesse d’inflammation est augmentée et.la combustion facilitée. Si l’hypothèse de la combustion incomplète du méthane du gaz de gazogène dans le calorimètre est confirmée, on est en droit de se demander si elle est complète dans les moteurs à
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- gaz. Celte question est d’une importance capitale pour le rendement des moteurs ù gaz, car, dans la plupart des gaz de gazogène, le méthane contribue pour 10 p. 100 environ au pouvoir calorifique total.
- Les analyses n’ont porté que sur les gaz d’alimentation, et non sur les gaz d’échappement. Dans chaque série d’essais, on a prélevé deux ou trois échantillons de gaz un peu en avant du moteur. Suivant la plus ou moins bonne marche de l’analyse, on a analysé deux ou plusieurs échantillons.
- Les analyses de gaz ont été faites par la méthode de Ilempel. Pour mesurer les volumes de gaz, on s’est servi d’une burette Remplie de mercure, divisée en cinquièmes de centimètres cubes, munie d’un compensateur de température et de pression. Le tube manométrique de cette burette était rempli d’eau au lieu de mercure, afin d’obtenir une plus grande sensibilité.
- Dans la burette, on mesure d’abord 100 centimètres cubes de gaz à la pression atmosphérique. La burette étant lavée après chaque dosage, les gaz mesurés étaient toujours considérés comme saturés de vapeur d’eau. D’une façon générale, les résultats de ces analyses sont d’autant plus exacts que les essais ont été faits plus tard, en raison de l’habileté expérimentale acquise.
- Pendant la seconde moitié des expériences, on a procédé comme suit : on a d’abord absorbé l’acide carbonique par la lessive de potasse, puis les vapeurs de benzine à l’aide d’une solution ammoniacale de nitrate de nickel. Pour doser l’éthylène, on s’est servi d’acide sulfurique de concentration telle qu’il fournisse des cristaux d’acide pyrosulfurique par un faible refroidissement au-dessous de la température ordinaire. Les vapeurs d’anhydride sulfurique étant absorbées par la potasse, on élimine ensuite l’oxygène par quelques fragments de phosphore. L’oxyde de carbone est absorbé par deux agitations successives avec une solution ammoniacale de chlorure cuivreux ; les vapeurs ammoniacales sont ensuite éliminées par l’eau, comme après l’absorption de la benzine. Dans le résidu gazeux, on absorbe l’hydrogène par le palladium pulvérulent et, finalement, on brûle le méthane et l’éthane dans la pipette à combustion de Winitier. La connaissance de la contraction et le dosage du gaz carbonique formé permettent de calculer la proportion d’éthane et de méthane. L’azote s’obtient par différence.
- A l’aide des résultats d’analyse, on a calculé le pouvoir calorifique des gaz employés en se servant des valeurs suivantes, pour le pouvoir calorifique des différents gaz (eau condensée) :
- Oxyde de carbone Hydrogène. . . .
- Méthane.........
- Éthylène........
- Ètliane........
- Benzine..........
- Calories par mètre cube (à 1 atmosp. et 15").
- 2 785 2 800 8 730 . . 13 820
- . . 15 220
- . . 32 440
- En raison de l’écart entre les valeurs fournies par la calorimétrie et l’analyse, on a dû se décider à choisir celles qui seraient adoptées. La préférence a été donnée aux valeurs calorimétriques dont l’exactitude est plus constante.
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. 1121
- Chaleur spécifique des différents gaz. — La façon dont varie la chaleur spécifique des différents gaz suivant la température est connue par les travaux de Langen (1), Holborn et Austin (2), Wiedemann (3), Landolt et Scheel (4). Les différentes valeurs et formules ont été exprimées uniformément, et représentées graphiquement sur le diagramme (fig. 7). Le seul gaz pour lequel on n’ait pas trouvé d’indications sur la variation de la chaleur spécifique avec la température est le méthane. Gomme, pour les autres gaz, l’augmentation de la chaleur spécifique avec la température croît assez régulièrement suivant le poids atomique, on a calculé approximativement une valeur intermédiaire pour le méthane.
- Dans le présent travail, 1’unité de volume choisie pour les gaz en est la quantité qui' occupe un mètre cube à la température de 15° et sous pression de 1 kilogramme par centimètre carré, soit 1 atmosphère ou 737mm,6 de mercure (ramené à 15°). C’est à cette unité que sont rapportées les courbes de la figure 7.
- Marche et calcul d’une série d'essais. — Chaque série d’essais a été effectuée avec un rapport de compression constant et une même charge au frein.La seule différence entre les essais d’une même série est la composition du mélange de gaz et d’air employé.
- En général, le gazomètre a été complètement rempli de gaz d’éclairage ou de gazogène. On a ensuite abandonné le gazomètre pendant douze heures, pour être certain de l’uniformité de composition du gaz.
- La détermination du pouvoir calorimétrique a été faite immédiatement avant les essais, rarement aussitôt après. Pour le calcul, on a pris comme base la moyenne de deux déterminations au moins, le plus souvent de trois. L’eau provenant de la combustion a été recueillie et pesée.
- Le moteur à gaz a été ensuite mis en marche, le régulateur fonctionnant, le rapport de compression et la charge du frein étant convenablement fixés. Les compteurs d’air et de gaz fonctionnant normalement, on règle les proportions du mélange en commençant par le plus riche. En même temps, on fait arriver l’eau de refroidissement en quantité telle qu’elle marque 50° à sa sortie de l’enveloppe du cylindre et 40° à sa sortie de la culasse. Dès que ce résultat est atteint, on met le régulateur hors d’action et on règle la vitesse du moteur en se servant uniquement de la valve d’arrivée des gaz suivant les indications du tachymètre à deux liquides. En même temps, on donne au courant d’excitation des électro-aimants du frein sa valeur définitive. Dès que le chronomètre donne le signal de la cinquième minute, le premier essai commence.
- Chaque essai dure pendant au moins vingt minutes et, pendant sa durée, on s’assure que le moteur est en état d’équilibre suffisamment stable en suivant la marche des compteurs d’air, de gaz, et en observant la température de l’eau de refroidissement. Quand l’essai est terminé, on règle le mélange gazeux pour l’essai suivant en faisant varier la position du robinet d’air ou de gaz. On rétablit alors la vitesse normale de 220 tours à l’aide de la vis c (fig. 3) puis la vitesse de circulation de l’eau, et on entreprend un autre essai. Le dosage du mélange n’est jamais limité par le fait que le mélange n’est plus inflammable, mais par ce fait que le vo-
- (1) Langen, Mitteilungen über Forschungsarbeiten, n° 8.
- (2) Holborn et Austin, Wissenschcift. Abliancllungen der Physik. Teclin. Reichsansta.lt, volume IV, n° 2, p. 147 et suiv.
- (3) Wullner, Lehre von der Wiinné, 1896, p. 629.
- (4) Landolt et Bornstein, Physikalisch-chemische Tabellen, 3° édit., 1893, p. 406. Résultats de Régnault et Wiedemann,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- lume du cylindre n’est alors plus assez grand pour donner la puissance effective exigée.
- Après les essais, on analysa à temps perdu un ou doux échantillons du gaz. La vérification des ressorts de l’indicateur employé termine la série des mesures nécessaires pour l’établissement du calcul.
- Le calcul commence par la détermination du rendement effectif. Ne et du rendement indiqué N*. La consommation horaire de gaz et d’air est ramenée aux conditions normales (pression de 1 atmosphère et température de 15°) et fournit ainsi les valeurs
- G (gaz) et L (air). Le quotient est le dosage du mélange g. La quantité de gaz
- d’échappement s’obtient à l’aide de la formule :
- Z = G(l-a) + L = G(1 —oc + n),
- dans laquelle le coefficient a tient compte de la contraction moléculaire par le fait de la combustion et de l’analyse du gaz employé suivant l’équation :
- oc = 1/2 (CO + H2 — C2116 — C® H®).
- La dépense totale de chaleur par heure s’élève, exprimée en calories, à W = GH .
- Hu représentant le pouvoir calorifique inférieur (eau à l’état de vapeur) du gaz, déterminé par calorimétrie. Quand le moteur à gaz fonctionne, cette dépense de chaleur se répartit comme suit :
- 1) Puissance indiquée Q* = 632,3 N,-.
- 2) Chaleur entraînée par l’eau de refroidissement Q,..
- 3) Chaleur entraînée par les gaz d’échappement Q3.
- 4) Différence QP = W — Q; — Qk — Q3. '
- La chaleur entraînée par l’eau de refroidissement se calcule facilement connaissant les poids d’eau employés pour refroidir les parois du cylindre et sa culasse et leur augmentation de température. La chaleur entraînée par les gaz d’échappement Q. est le produit de leur poids Z par leur chaleur spécifique C;) et la différence d~ — 20 entre la température de ces gaz d~ et la température initiale du gaz et de l’air, 20° environ.
- La valeur Q,. comprend la chaleur perdue par rayonnement du cylindre et du piston, la quantité de chaleur représentée par les produits incomplètement brûlés entraînés par les gaz d’échappement, et enfin les erreurs de mesure. La loi simple suivant laquelle Q,. varie au cours de chaque série d’expériences est la preuve que toutes les mesures ont été faites avec un degré croissant d’exactitude.
- Pour pouvoir comparer les différentes destinations Q de la quantité de chaleur W, on a calculé les valeurs q qu’elles représentent en fractions de la chaleur totale W.
- On a ainsi
- 632,3 Ne
- Oe.------rith
- qui est en même temps le rendement thermique du moteur.
- En outre,
- _Qü. n _Qy. „ _<k- „
- 9* — ’ 9/^ w i D \v ’ W
- et, de plus, on a :
- q,- + q/,: + q* + qr = l
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ.
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- Gomme mesure du rendement thermique du moteur à gaz, on peut prendre le nombre We ou W(-, qui indique, dans chaque cas, le nombre de calories dépensées pour produire pendant une heure une puissance effective du indiquée de 1 cheval-vapeur. On a par suite :
- _ W _ 632,3 'Vc— Ne — C[e
- et :
- w,-
- W 632,3
- n7~ q( '
- Représentation des résultats expérimentaux au moyen de diagrammes. —Le chiffre le plus important est la consommation de combustible ou de chaleur par unité de travail. On peut ici se demander si l’on doit prendre comme unité de travail le nombre de chevaux-heure effectifs ou indiqués. Dans la plupart des travaux antérieurs, on a choisi les chevaux indiqués, probablement parce que les freins employés étaient si défectueux que la puissance indiquée méritait plus de confiance. Mais, dans les essais actuels, la puissance effective est mesurée avec une très grande exactitude, bien supérieure à celle avec laquelle on peut déduire la puissance indiquée des données de n’importe quel indicateur appliqué à un moteur à gaz. Cet avantage est dû à l’emploi du frein électrique, qui est sensible à 10 grammes près pour la pleine charge à la Vitesse de 220 tours par minute; cette sensibilité correspond à une erreur de 0 cheval 0,037 dans la mesure de la puissance effective. En raison de cette exactitude, il est permis de prendre l’unité de puissance effective comme base de la représentation graphique.
- Gomme base, nous avons donc pris la consommation de chaleur Wê du moteur par cheval-heure effectif.
- Cette valeur We doit être rendue fonction du rapport dans lequel l’air et le gaz sont mélangés, en vue de la représentation graphique. Pour les premiers essais, dans lesquels on n’a employé que du gaz de gazogène de pouvoir calorifique à peu près constant, on a pris simplement le dosage du mélange [x comme abscisse et We comme ordonnée. Pour comparer ensuite des gaz de gazogène de pouvoirs calorifiques différents, on a porté We en ordonnée au-dessus de l’excès d’air (jx — [xcA) en abscisse. La quantité d’air théoriquement calculée au moyen des résultats d’analyse txcA présentant toujours une certaine incertitude, il en résulte que, dans ce mode de représentation, les courbes des différentes séries se pressent les unes contre les autres horizontalement, tandis que, d’après leur forme, elles présentent une bonne concordance.
- Pour se rendre indépendant de la détermination de jxe/i, et pour pouvoir comparer les essais faits avec des gaz de pouvoirs calorifiques différents, on a pris comme abscisse le volume de mélange m correspondant à un pouvoir calorifique de 1 000 calories (eau à l’état de vapeur). Tous les essais ont été représentés avec l’abscisse
- 1 —j— U.
- m = —g—- 1 000. Pour cela, on a porté au-dessus des abscisses m la valeur des
- ordonnées We de chaque essai, puis on a réuni par une courbe tous les points Wem de chaque série d’essais. Chaque- courbe Wcm représente par suite le résultat essentiel d’une série d’essais.
- On a effectué en tout 34 séries d’essais, comprenant 195 essais isolés. Eu égard aux conditions expérimentales, ces séries d’essais se répartissent comme suit :
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — OCTOBRE 1907. A. — Gaz de gazogène : IIU = I 013 à 1 310 calories.
- I — Rapport de compression £ = 8,16
- a) Ne = 2IIP environ. Série 21 à 25.
- b) Ne = 3,25 IIP — Série 26 à 31.
- c) Ne = 4IIP — Séries Ià3;4à6; 7 à 10 ; 40 à 43 ; 106 à 110; 188 à 194.
- d) Ne = 6 IIP — Séries 11 à 14; 18 à 20; 183 à 187.
- e) Ne = 7,5IIP — Série 15 à 17.
- II. — Rapport de compression £=6,58.
- a) Ne =4 IIP environ. Série 143 à 149. ,
- b) Ne = GIIP — Série 150 à 154.
- III. — Rapport de compression £ = 5,17.
- a)Ne=4IIP environ. Séries 32 à 35 ; 36 à 39: 55 à 60.
- b) Ne = 6 HP — Série 61 à 65.
- IV. — Rapport de compression e = 4,58.
- a) Ne =4 HP environ. Série 132 à 137.
- b) Ne =6IIP — Série 138 à 142.
- V. — Rapport de compression s = 3,63.
- a)Ne=4HP environ. Série 124 à 128.
- b) Ne = 6HP — Série 129 à 131.
- B. — Gaz d’éclairage : H„ = 3 810 à 4 483 calories.
- I. — Rapport de compression £ = 8,16.
- a) Ne = 2 HP environ. Série 89 à 96.
- b) Ne = 4 HP — Série 77 à 83.
- c) Ne = 6 HP — Série 84 à 88.
- IL — Rapport de compression e = 6,58.
- a) Ne =4 HP environ. Série 162 à 168.
- b) Ng = 6 HP — Série 155 à 161.
- III. — Rapport de compression £ = 4,58.
- a) Ng = 4 HP environ. Série 175 à 182.
- b) Ng =fiHP ' — Série 169 à 174.
- IV. — Rapport de compression £ = 3,63.
- a) Ng =4 HP environ. Série 111 à 117.
- b) Ne = 6HP — Série 118 à 123. C. — Mélanges de gaz.
- Rapport de compression £ = 8,16; Ne=4IIP.
- I ........ 0,7 gaz de gazogène, 0,3 gaz d’éclairage, Série 66 à 74.
- II ........ 0,5 gaz d’éclairage, 0,5 gaz carbonique, Série 97 à 105.
- La figure 8 comprend les essais au gaz d’éclairage et au gaz de gazogène pour £ = 8,16
- — 9 — — — — e = 6,58
- — 10 — — — - £ = 5,15
- — 11 — — — — £ = 4,58
- — 12 — — — — £ = 3,63
- En outre :
- La figure 13 comprend les essais au gaz d’éclairage et de gazogène pour Ne =4 chevaux. — 14 — — — N„ = 6 —
- Chacune des figures 8 à 12 contient les diagrammes obtenus avec les différentes sortes de gaz, pour le rapport de compression correspondant, et aux différentes puissances effectives. Les points marqués par un petit cercle correspondent aux valeurs
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ.
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- directement fournies par les essais. Les courbes correspondant au gaz d’éclairage sont pleines, tandis que celles qui sont données par le gaz de gazogène sont en poin-tillées------De même, les courbes des figures 13 et 14 correspondent aux essais faits
- 3,ocbm
- WE
- g y»
- Fig. 13 et 14. — Diagramme des \Ve»i pour Ne = 4 et 6 chevaux.
- aux puissances de 4 et 6 chev., avec les deux sortes de gaz et à différents rapports de compression.
- Dans la première partie des essais, on avait surtout en Vue d’établir les écarts qu’entraîne la nature chimique du gaz employé sur l’allure de la courbe des points
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-
- me
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- Wcm. C’est pour cela qu’on a fait un grand nombre d’essais avec la même puissance Ne = 4 chevaux et le même rapport de compression e=8,16. Comme les figures 8 et 13 auraient été peu lisibles si on y avait dessiné toutes les courbes correspondant à ces conditions de marche, on les a réunies dans une figure particulière. La figure 15 et les figures 8 et 13 ne contiennent que les séries d’essais typiques. La figure 15 reproduit aussi les résultats des essais faits avec un mélange de gaz d’éclairage et de gaz de gazogène.
- L’écart des courbeg Wemdes différents gaz, dans les mêmes conditions de fonc-
- Genera ‘orgas
- L euchtgas----------------------
- Gasgemische mit Hu’'-ZZOO WE/cbm
- \
- - —
- 80 Si
- Fig. 13. — Diagramme des Wem pour Ne = 4 chevaux et e = 8,16.
- tionnement, est attribuable à l’influence de la diversité chimique des différents gaz. Cette influence se manifeste tout d’abord par une vitesse d’inflammation plus ou moins grande, particulière à chaque sorte de gaz, pour une même valeur de m. De plus, les produits de la combustion ont une chaleur spécifique plus ou moins grande suivant la nature de gaz employé, toutes choses égales d’ailleurs. Cette chaleur spécifique dépend en particulier de la proportion de vapeur d’eau et d’acide carbonique contenue dans les produits de la combustion.
- Quand on fait varier la composition du mélange d’air et de gaz , la quantité aspirée G + L et la pression finale après l’explosion pk varient également. La valeur We est ainsi influencée de deux façons : le rendement thermique est amélioré, toutes circon-
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- stances égales, quand la pression au moment de l’explosion augmente. La vitesse d'inflammation est également accrue.
- Discussion des résultats des essais. — Le principal résultat des essais a été de montrer que le meilleur rendement thermique d'un moteur à gaz est obtenu avec une proportion d'air bien supérieure à celle qui correspond à la quantité théoriquement nécessaire pour une combustion complète. La raison peut d’abord en être cherchée dans la défectuosité du mélange de gaz et d’air. Mais cette explication n’est pas plausible pour deux raisons : la première, c’est que les trois valves employées pour effectuer le mélange ont donné le même résultat, bien qu’elles soient de construction différente. La seconde raison est fournie par la forme des diagrammes donnés par l’appareil enregistreur. Si la combustion complète du gaz n’avait été rendue possible que par
- Jt£
- VOOO
- Fig. 16. — Courbes des We pour Ne = 4 chevaux, e —3,63 et 6,58. Gaz d’éclairage.
- l’excès d’air, la durée de la combustion n’aurait pu croître aussi rapidement que l’indique la série de diagrammes. Pour faciliter la comparaison, nous avons tracé les courbes des We pour Ne = 4chevaux et s = 3,63 et 6,58 dans le cas du gaz d’éclairage. (fig. 16) et dans celui du gaz de gazogène (fig. 17). A côté de chaque point déterminé expérimentalement, on a reproduit le diagramme correspondant réduit à l’échelle de 0iam,5 par kilogramme et par centimètre carré. Si l’on compare la forme des diagrammes et la position du point correspondant de la courbe, on voit que la marche-la plus avantageuse est obtenue quand la combustion progresse assez lentement. Les diagrammes dans lesquels la pointe correspondant à la combustion est très développée se rapportent à un fonctionnement aussi désavantageux que ceux dans lesquels l’excès d’air est aussi grand que possible. Dans ce dernier cas, la combustion est si lente qu’on ne peut pas être certain qu’elle soit terminée à la fin de la détente.
- Dans la figure 18, on a représenté les différentes valeurs de q en fonction de m pour Tome 103. — Octobre 1907. 74
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- une série de groupes d’essais effectués tous à la puissance effective de 4 chevaux. Les groupes ont été choisis de façon à permettre la comparaison d’une série d’essais au gaz d’éclairage avec une série d’essais au gaz de gazogène, pour deux degrés différents de compression. Les deux diagrammes supérieurs de la figure 18 correspondent au rapport de compression s = 3,63, les deux diagrammes inférieurs à e = 6,58. A gauche, se trouvent les deux courbes du gaz de gazogène, à droite celles du gaz"d’éclairage. Les valeurs qe et qi, qui subissent les plus faibles variations quand la composition du mélange d’air et de gaz varie par rapport aux autres valeurs q, sont placées à la partie inférieure.
- La différence entre qt et qe est tracée dans le diagramme sous la désignation qp. Elle indique la perte de puissance due au frottement propre du moteur. La courbe qk représente la portion de chaleur entraînée par l’eau de refroidissement, et qz celle qui est
- 3000
- Fig. 17. — Courbe (les We pour Ne = 4 chevaux
- 3,63 et 6,38. Gaz de gazogène.
- contenue dans les gaz d’échappement. Le complément nécessaire pour arriver à l’unité qr est également indiqué par une courbe; ce complément comprend l’influence des erreurs de mesure et, en outre, les quantités de chaleur perdues par rayonnement et par suite d’une combustion incomplète. Comme les pertes de chaleur par rayonnement d’un moteur refroidi par circulation d’eau de température constante ne peuvent •varier sensiblement quand on fait varier la composition du mélange de gaz et d’air, les différences accusées par les valeurs qr suivant les proportions du mélange proviennent :
- 1° De la combustion incomplète;
- 2° Des erreurs de mesures, dont la principale est celle qui est commise sur la détermination de la chaleur entraînée par les gaz d’échapppement ÇL.
- Dans les essais faits avec un faible excès d’air, la température de gaz d’échappe-
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- INFLUENCE DU DOSAGE SUR LA MARCHE DES MOTEURS A GAZ. 1129
- ment doit être élevée, mais comme ce sont surtout les dernières portions de gaz d’échappement qui agissent sur le couple thermo-électrique; parce qu’elles se dégagent plus lentement et qu’elles ont été plus fortement refroidies, la température mesurée ne correspond pas exactement à la température moyenne des gaz d’échappement. La différence est d’autant plus grande que l’écart de température entre les gaz d’échappement refroidis et non refroidis est plus considérable. Par suite, l’erreur.commise dans le calcul de la quantité de chaleur entraînée par les gaz d’échappement est surtout
- zp
- 2.S cbtu
- m-is
- \Leudngas
- Fig. 18.
- considérable quand le rapport des volumes d’air et de gaz est faible. Cette erreur étant par défaut, la valeur de Q;. ou qr déterminée par différence, est trop grande.
- La combustion incomplète s’observe surtout dans les essais faits avec le gaz de gazogène à faible compression et avec un manque d’air. En outre, la proportion de gaz non brûlé semble augmenter peu à peu à mesure que l’excès d’air s’accroît.
- La portion de chaleur entraînée par l’eau de refroidissement qk peut être déterminée avec une exactitude suffisante, ce qui permet de tirer des conclusions certaines sur la façon dont elle varie. A-mesure que la proportion d’air, augmente, la valeur de qk diminue notablement. Dans la série des essais 111 à 117 (gaz d’éclairage ; Ne = 4 HP, s = 3,63), qk diminue de 55 <p. 100 à 35 p. 100. La quantité d’eau consommée s’abaisse par suite de 67k=,3 a 44kg,2. Dans l’essai 115, où l’utibsation de la chaleur a été la plus avantageuse, elle n’est que de 49kg,2. Dans la série d’essais 143 à 149 (gaz de gazogène; Ne== 4HP; s = 6,58) qk s’abaisse du maximum;0,495 à 0,361, et
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------- OCTOBRE 1907;
- S’élève à 0,459 pour le mélange le plus avantageux. Ke varie dans le même sens etr-prend les valeurs respectives 51,4, 36,0 et 43k«,6. Enfin, dans la série 162 à 168 (gaz: d’éclairage; 4 HP ; s = 6,58) la consommation d’eau par cheval-heure varie entre 57,7' et 33kg,9, et s’élève, dans le cas du meilleur rendement thermique, à 36k=,2.
- La consommation d’eau varie suivant la même loi quand le moteur est plus chargé.-La consommation minimum de 23kff,5 a été atteinte dans l’essai n° 88 (gaz d’éclairage-6 HP; £ = 8,16).
- On tire de ces chiffres d’intéressantes conclusions économiques. En réglant convenablement la composition du mélange de gaz et d’air, on peut économiser non seulement du combustible, mais aussi de l’eau de réfrigération. Enfin, il faut encore relater-un argument décisif en faveur d’un réglage exact de ce mélange. Tant que le moteur marche avec des explosions violentes, c’est-à-dire avec un diagramme effilé et un rendement thermique défavorable, ses coussinets et ses organes mobiles sont beaucoup plus éprouvés que lorsque les inflammations s’effectuent sans choc et avec un accroissement plus régulier de la pression. Pendant tout le cours des essais, le meilleur rendement se reconnaît déjà à l’allure parfaitement régulière et tranquille du moteur. On conçoit combien cette circonstance est importante pour la durée du moteur.
- Le problème consiste donc à trouver un dispositif réalisant, dans toutes les cireon-tances, le mélange de gaz et d’air dans les proportions les plus économiques au point de vue de la consommation de gaz et d’eau. Le réglage par la qualité du mélange-gazeux donne une mauvaise utilisation de la chaleur quand le moteur marche à faible puissance (voir les courbes de la figure 8). Par contre, quand la compression est élevée, la diminution du rendement thermique est peu considérable (courbes des essais 21 à 25). Dans le cas du réglage par la quantité du mélange gazeux, son dosage-étant le même pour toutes les puissances, et à sa composition la plus favorable, le-moteur fonctionne défavorablement aux faibles puissances.
- La règle de conduite à suivre pour le réglage des moteurs à gaz est donc la suivante : on doit régler par la quantité du mélange, en conservant le rapport le plus-favorable entre le gaz et l’air jusqu’à la puissance maxima que l’on peut obtenir avec ce mélange en raison des dimensions du cyündre. Au-dessus de cette puissance, il faut faire varier le rapport entre le gaz et l’air jusqu’à la puissance maxima que l’on puisse atteindre. En pratique, on éprouve des difficultés à réaliser ces conditions, car aucun des dispositifs employés jusqu’à ce jour pour effectuer le mélange de gaz .et d’air ne permet d’opérer ce mélange dans des proportions déterminées et réglables à. volonté.
- nouvelles pompes ÉLÉVATOiRES de Hambourg, d’après M. Schrœder ( 1 ).
- Les essais des différentes machines de cette installation (voir Bull, de juillet,, p. 925), ont été effectués environ dix mois après leur mise en service. Ces essais ont eu pour but de déterminer, pour chaque machine, puis pour l’ensemble, les consommations de vapeur et de charbon en fonction de la température de la vapeur, de la vitesse et de la hauteur de refoulement.
- Ces machines, calculées pour une charge normale de 55 mètres, soit une hauteur-de refoulement maximum de 52 mètres, ne travaillent actuellement qu’à 52 mètres..
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Jlntjenieure (1907, n03 du 27 juillet et 3 août).
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG. 11.3'J
- liais, par suite de transformations dans la distribution d’eau, on prévoit que les hauteurs de refoulement seront de 64 à 67 mètres au début de 1909.
- Une telle augmentation de la charge nécessiterait une diminution des pistons, des pompes et de la quantité d’eau élevée. Des expériences ont montré qu’on pou-
- vait élever la charge d’eau jusqu’à 60 mètres, sans que les. conditions de sécurité soient diminuées, même aux plus grandes vitesses.
- Les différents essais sont groupés dans le tableau suivant :
- Groupes d’essais. i 11 III' IV V VI
- Température moyenne de la vapeur. De grés. 325 343 347 344 332 296
- Nombre de tours par minute 40 40 40 45 40 40
- Charges en mètres 55 55 60 55 60 60
- Consommation de vapeur par cheval en
- eau pompée kil. 5,37 5,03 4,93 5,04 5,08 5,63
- Rendement des pompes 0,903 0,913 0,921 0,905 0,925 0,923
- Dépense de vapeur par cheval indiqué. kil. 4,85 4,59 4,54 4,56 5,56 5,20
- L’économie de vapeur, calculée pour chaque 10° de surchauffe de la vapeur et par chev.-h.-i, est de : 0,014 kilogrammes entre les groupes d’essais I et II ; de 0,011 kilogrammes entre III et Y ; de 0,013 entre III et VI; de 0,014 entre V et YI ; ou en moyenne, de 0,013 kilogrammes.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
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- NOUVELLES- POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG. 1133
- . La comparaison des groupes II, III et IV montre que, pour des températures de vapeur sensiblement égales, la consommation de vapeur par chev.-h.-i. est restée pra-
- Cylindre de haute pression.
- Fi". 4.
- Cylindre intermédiaire.
- Cylindre de basse pression.
- tiquement la même, à 40 ou 45 tours par minute sous une charge de 55 mètres-ou à 40 tours sous une charge de 60 mètres.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- -1SfO
- Fig. 5. — Réchauffeurs intermédiaires.
- (Fig. 6. — Condenseur et réchauffeur d'eau d’alimentation.
- Fig. 7. — Pompe
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG. 1135
- D’après les chiffres du groupe d’essais III, on voit que la chaleur consommée par les pompes est de 3 523 calories par cheval effectif ou, en pratique, de 3 508 calories
- 3020
- -----660
- — Pompe principale.
- .•seulement, résultat remarquable, si l’on considère la faible puissance des machines <et la vitesse rédu.ite des pistons (lm,47). . '.
- La figure 1 représente les diagrammes de vapeur de la machine Y jusqu’à une
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- NOTES DE MECANIQUE. ---- OCTOBRE 1907.
- charge de 60 mètres, ainsi que le diagramme de levée de la soupape d’admission à haute pression. La figure 2 représente un diagramme des .pompes de la machine Y.
- Trois nouvelles pompes sont actuellement en construction, qui assureront l’alimentation des quartiers les plus élevés.
- La construction de ces machines IX, X et XI est indiquée par les figures 63 à 79. Ces machines sont du type vertical à triple expansion, avec soupapes commandées et condenseur à injection; chacun des trois pistons des pompes est à double effet et calculé pour une vitesse normale de 45 tours à la minute et une vitesse maximum de 60 tours.
- En admettant un rendement de 96,5 p. 100, le débit à l’heure de chaque pompe est de 1 350 à 1 800 mètres cubes, pour une charge de 67 à 70 mètres.
- Le type adopté était imposé par l’obligation de loger trois unités aussi importantes dans un espace de 16in,65 de long sur 12m,45 de large.
- Chaque machine a un volant de 8,5 tonnes, et présente les caractéristiques sui-
- vantes :
- Cylindre à haute pression. .
- — moyenne pression.
- — basse pression. .
- Piston de la pompe principale Pompe à air..................
- Diamètre. Course.
- 480 mm. 1 000 mm
- 800 — 1 000 —
- 1 200 — 1 000 —
- 339 — 1 000 —
- G00 — 350 —
- Les cylindres à haute pression sont (fig. 4) fondus d’une seule pièce avec les boîtes à soupapes, dont les chambres sont reliées au moyen d’un tuyau recourbé. Les cylindres à moyenne pression sont construits comme les cylindres à basse "pression des machines précédentes. Les réchaufîeurs intermédiaires (fig. 5) sont chauffés avec de la vapeur surchauffée, qui trouve ensuite emploi dans le chauffage des cylindres à moyenne et basse pression.
- Pour ce dernier cylindre (fig. 4), les soupapes d’admission et d’échappement'ne sont pas, comme pour les autres, immédiatement au-dessus du cylindre, mais à côté, pour gagner sur la hauteur.
- Le cylindre à haute pression est, à cause de la plus grande pression sur le piston, situé entre les cylindres à moyenne et à basse pression. La suite des manivelles est : haute, moyenne, basse pression.
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- NOUVELLES POMPES ÉLÉVATOIRES DE HAMBOURG.
- Les condenseurs (fig. 6) reçoivent dans leur partie supérieure le serpentin du réchauffeur d’eau d’alimentation.
- La figure 7 représente les pompes à air.
- Les boîtes de la pompe principale, à double effet (fig. 8), sont divisées horizontalement par le milieu, et rebées entre elles par des boulons. De nombreuses nervures internes renforcent les parois des chambres de refoulement.
- Les soupapes des pompes sont en bronze; elles sont guidées dans des tiges horizontales (fig. 9). Les sièges sont fixés dans des logements par du mastic de fer.
- Chaque pompe a 100 soupapes d’aspiration et 100 de refoulement. La vitesse
- Fig. 11. — Séparateur d’eau.
- moyenne de l’eau au siège de la soupape est estimée à 0“,80 par seconde, avec la vitesse normale de la machine.
- Des dispositifs permettent d’arrêter chacune des pompes sans gêner la marche des deux autres.
- Ces pompes doivent fonctionner : la machine X, en février et les deux autres en juin 1908. Elles ont été soumissionnées parla firme Thyssen et Co, Mülheim, pour la somme de 537 000 M.
- La dépense de vapeur par cheval-heure théorique ne doit pas dépasser 5,25 kilogrammes, pour une pression de llatm,5 et une température de 300°; et 5 kilogrammes pour de la vapeur à 350°.
- Une grue de 12 tonnes desservira la salle des machines, sur toute sa longueur.
- Les 6 chaudières correspondant à ces machines sont (fig. 10) à deux tubes foyer, timbrées à 12atm,5 de, chacune, 72,5 mètres carrés de chauffe, avec surchauffeurs de, chacun, 62 mètres de chauffe.
- Le séparateur d’eau de la conduite principale est représenté en figure 11.
- La salle des chaudières comprend, en outre, un réchauffeur d’eau utiüsant les gaz du foyer et un épurateur d’eau pouvant débiter 6 mètres cubes à l’heure.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du S8 juin 1907.
- Présidence de M. Grimer, président.
- Correspondance. — M. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- M. F. Cote, président de la commission chargée par la « Société d’agriculture, sciences et industrie de Lyon » de l’organisation d’une Exposition des applications de Vélectricité ci ïagriculture et aux arts industriels devant se tenir à Lyon, en mai 1908, recommande cette exposition à l’attention bienveillante de la Société d’Encouragement. (Comités d’Agriculture et des Arts économiques.)
- M. Boulanger, tanneur à Lille, présente un mémoire sur Y Étude anatomique des peaux des bovidés. (Arts chimiques.)
- Les « Etablissements » Laboulais d’Angers présentent un clapet d’arrêt de -vapeur de M. Bazin. (Arts mécaniques.)
- Correspondance imprimée. — M. Hitier présente au Conseil, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages dont il a rendu compte dans l’article -« bibliographie » du Bulletin de juillet.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- . M. Richard présente, dans cette revue, différents appareils décrits dans les -« notes de mécanique » du Bulletin de juin.
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Pelletreau, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- M. E. Bernard, mégissier à Paris.
- M. Louis Cerf, président de la Chambre syndicale des négociants en cuirs et .peaux, à Paris.
- M. Charles Giraud, maroquinier à Paris.
- M. Gabriel Jossier, président de la Chambre syndicale des cuirs et peaux de Paris.
- Ces cinq membres sont présentés par MM. Livache et Petitpont.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- OCTOBRE 1907.
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- MM. Le franc et Cie, fabricants de couleurs et vernis, présentés par MM. Gruner et Livache.
- M. Émile Philippe, ancien élève de l’Ecole polytechnique, présenté par M. Lemerle.
- Rapports des Comités. — Sont lus les rapports suivants :
- De M. E. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur Varrêt à distance de M. Dubois.
- De MM. Lafosse, au nom de la Commission des fonds, et Legrand, au nom des censeurs, sur les comptes de l'année 1906.
- Le Conseil approuve ces rapports et les comptes de 1906, tels qu’ils sont ainsi présentés.
- Communication. — M. Vinceg fait une communication sur Xépuration des eaux d’égout par l'épandage agricole et les lits bactériens.
- M. le Président remercie vivement M. Vincey de sa très intéressante communication, qui sera publiée au Bulletin.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN AOUT, SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1907
- Garçon (Jules). — Traité-Répertoire général des applications delà chimie. Tome II. Composés du carbone (Chimie dite organique). Ouvrage honoré du Prix quinquennal de l’Exposition de la Société industrielle de Rouen. 25 X 18. pp. xli-lxxvih, et 753 à 1 508. Paris, l’auteur, 40 bis, rue Fabert, et H. Dunod et Pinat, éditeurs, 1907. 13 279
- Boulanger (Henri). — Essais du cuir dans ses applications industrielles (ex Mémoires publiés parla Société d’Encouragementpour l’Industrie nationale), 1907. 513 p., fig.
- 13281
- Sayous (André-E.). — Le cuivre. Sa production et son commerce aux États-Unis. Son marché en 1907. (Fédération des industriels et commerçants français.) 22x 13,5, 58 p. Paris, L. Larose et L. Ténin, 1907. - 13 282.
- Territoires du sud de l’Algérie. — Service géologique. — Compte rendu de la campagne 1906-1907. 25 X 16, 39 p., 2 cartes. Alger, Victor Heintz, 1907. 13 283.
- Belluzzo (Giuseppe). — Les turbines à vapeur et à, gaz. Traduit par G. Civalleri. Grand in-8 de 25 x 16, 436 p., 317 fig., xxm pl., Paris, H. Desforges, 1907. 13 2 84.
- Claudel (J.). — Formules, tables et renseignements usuels. 11e éd. Tome II, xvi-2402 p-., 618 fig. Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 285.
- Renaud^H.-D.). — L’autographie. Ses dérivés. Ses applications. 34/20,5. 293 p. Asnières, 111, rue de Colombes; 1906. 13286.
- Bunau-Varilla (Philippe). — Le détroit de Panama. Documents relatifs à la solution parfaite du problème de Panama (Détroit libre, large et profond). Grand in-8° de 26x16,5, 306 p. 1 pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13287.
- Faliès (Gustave). — Les plantes aromatiques de distillerie. Commerce. Industrie, Agriculfure. (L’Agriculture au xx° siècle.) In-16 de 16,5 x 10,3, vm-292 p., Paris, Lucien
- Laveur. 13 288
- Latière (H.). — Fruits et primeurs du midi de la France. Production et commerce, (L’Agriculture au xxe siècle.) vii-235 pages. Paris, Lucien Laveur. . 13 289.
- Latière (H.). — Les raisins de table. Production, Conservation, Commerce. (L’Agriculture au xxe siècle.) xii-272 p. Paris, Lucien Laveur. 13290.
- Georgeot (M.). — Fabrication du fer-blanc, 2e éd., 21 x 13,3, 92 p. Paris, II. Dun )d et E Pinat, 1907. 13 291
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- OUVRAGES REÇUS. —- OCTOBRE 1907. 1 1 4 J
- The Lidgerwood-miller marine cableway for coaling in a seaway. 28 x 21, 44 p.,
- 43 fig., New-York, 1907. 13292.
- Pellegrin (Jacques) et Cayla (Victor). — Zoologie appliquée en France et aux colonies (Bibliothèque des conducteurs des Travaux Publics). 18 x 12, 644 p., 282 fig., Paris, 11. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 261.
- Picard (Alfred). — Exposition Universelle Internationale de 1900. Le Bilan d’un siècle (1801-1900). Tome VIe. Hygiène. Assistance. Colonisation. Défense nationale. 333 p., Paris. Imprimerie nationale, 1907. ^ * 13262.
- Valbreuse (R. DEjet Laville (Ch.). — Éléments de mécanique et d’électricité. (Bibliothèque du chauffeur) 18 X 12, 383 p., 122 fig., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 263
- Izart (J.). — Dictionnaire-Vocabulaire de l’Automobile, français, allemand, anglais, italien, suivi d’un Manuel pratique de Tourisme international. Bibliothèque du chauffeur. 18 x 12, 330 p., Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 264.
- Peters (Edward Dyer). — The principles of Copper Smelting. 24 x 16, 612 p., 2 pl. London, Hill Publishing Cy., 1907. 13 265.
- Périsse (Lucien). — Traité général des automobiles à pétrole (Encyclopédie industrielle Lechalas). 25x16, iv-503 p., 286 flg., Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 2 66.
- Marchis (L.). — Leçons sur la voiture automobile. Université de Bordeaux, Faculté des sciences, année 1906-1907 (Lithographie) 25,5 x 20, 646-xvi p., 336 Fig., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 2 67s
- Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes. — Exposition Universelle Internationale de Saint-Louis (États-Unis), 1904. Rapport des groupes 81, 84, 83 et 95. Produits agricoles, par Vilmorin (Philippe L. de). 28,5 x 19. vm-160 p., 1 carte; décembre. Paris, 1906. - 13 2 68.
- Ministère duÇommerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes. — Exposition universelle Internationale de 1900 à Paris. — Rapports du Jury International. — Introduction générale. Tome IV; Cinquième partie : Agriculture, Horticulture, Aliments, par L. Grandeau. Deuxième section. Troisième section. Paris, Imprimerie nationale, 1906.
- 13270. 13280.
- Procès-verbaux des Comités d’agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention publiés et annotés par Gerbaux (Fernand) et Schmidt (Charles). Tome IL 25 X 16, xxxi-819 p., Paris, Imprimerie nationale. 13 275.
- Henry (E.). — Préservation des bois contre la pourriture par le sol, les champignons et les insectes. Recherches sur la valeur comparative de divers antiseptiques. 25 x 16,5, 96 p., 10 pl., Paris, Berger-Levrault et Cie, 1907, 13.271.
- Boullanger (E.). — Industries de fermentation. Brasseries (Encyclopédie agricole). 18,5 x 12, xi-538 p., 99 fig., Paris, J.-B. Baillière et fils, 1907. 13 272.
- Nansouty (Max de), — Fantasias, 18,5 x 12, 318 p., Paris, Boivin et Cie, 1907. 13 2 73.
- Geologisciie Kommissio der Scuwkiz Naturforchenden Gesellschaft. — Bietrâge zur Géologie der Schweiz. Geotechnische sérié, iv, Lieferung. 31,5 x 24 x 433-197, 50 p., 3 cart., 2 pl., 10 fig.., Berii, A. Franche, 1907. 13 2 74.
- Taylor (M. F.-W.). — Études sur l’organisation du travail dans les usines. lrc partie : la taille des métaux, 2e l’emploi des courroies, 3e la direction des ateliers; publié par La Revue de Métallurgie, 28,5 x 23,vi-4l2 p., 100 fig., 2 pl., Angers, Burdin et Cic, 1907. 13 276.
- Office du travail de Belgique. — Fabrication et travail du verre, 25 x 16,5 xxiv-263 p;, fig., Bruxelles, J. Lebègue et Cic, 1907. 13 269.
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- Ü42
- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1907.
- Exposé de la situation générale des territoires du Sud de l’Algérie, présenté par C. Jon-narl, année 1906, 24 x 15,5, 207 p., 3 cartes, Alger, Victor Ueintz, 1907. 13 2 77.
- Rkvillon (L.). Les aciers spéciaux (Encyclopédie des aide-mémoire Léauté), 188 p., 36 lïg., Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 2 78.
- Rey-Pailhade (M. J. de). — La montre décimale à l’usage des astronomes, des ingénieurs et des sportsmen. — Description, avantages, usage. 24x16, 17 p., 2 fig., Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- Lallemand (M. Ch.). —. Règle logarithmique à calculs avec échelles fractionnées du service technique du cadastre (ex Comptes rendus de l’Association française pour l’avancement des Sciences, Congrès de Lyon, 1906).
- Lallemand (M. Cil). — Cercle azimutal réitérateùr à microscopes et à lectures directes (ex Comptes rendus de l’Association française pour l’avancement des Sciences, Congrès de Lyon, 1906).
- Ronceray (E.). — État actuel du moulage mécanique (ex Mémoires de la Société des Ingénieurs civils de France, Juin 1906, 41 p., 1 pi.).
- Romero Julio Garcia. — Corrientes Solenoidales y Fisiologia dinamica, 36 p., 1907.
- Eluère (A.) et Sinan (IL). —Notice sur le Pilon portatif Girardot, 12 p., Nantes, 1907.
- Riches T. IIurry. — Address by the President of Meeting, 1907, 11 p., xix pl. {ex The institution of Mechanical Engineers).
- Petavel (E. J.). — On the compression of gases by means of hydraulic appa-ratus (ex Memoirs and Proceedings of the Manchester litterary and philosophical Society, session 1906-1907).
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- Lees (IL Charles) and Petavel (J. E.). — On the variation of the pressure developed during the explosion of cordite in closed vessels (ex Proceedings of the Royal Society, A vol. 79, 1907).
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- 2 caries, S. Gravenhage, F.-J. Belinfante, 1907. 13.298..
- Herson Jun. (G. Van). — Mathematische und Mikroskopich-Anatomische Studien. über Blattstellungen, Nebst Betrachtungen überpten Schalenbau der Milialinen. 25,5x17, xn-231 p., 110 fig., 16 cartes, Iéna, Gustave Fischer, 1907. 13.299.
- Tome 109. — Octobre 1907. 75
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- LITTÉRATURE.
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LÀ BIBLIOTHÈQUE DE;LA. SOCIÉTÉ
- Du 15 Août au , 15 Octobre .1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉjES. DES DOBLIGATIONS . CITÉES-
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture. loB. .
- Ac. . . . Annales de la Construction. m.m:.
- ACE . . . American Society of civil Engi- Ms.. .
- neers. MC. .
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique.
- A1M. . . . American Institute of Mining En- . PC. .
- gineers. Pm. .
- AM. . , . Annales des Mines. RCp .
- A Ma . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. mm:.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Rgc. ;
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens
- élèves des Écoles des arts et Ré., .
- métiers. Ri . .
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international RM. .
- des chemins de fer. Rmc..
- CE. . . . Chemical News (London). Rso. .
- Cs.. . . . Journal of the Society of Chemical’ RSL . .
- Industry (London). Rt" .
- Cil. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences. Ru.. .
- Bp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal. SA.. .
- E. . . . . Engineering. ScP. .
- E\. . . . The Engineer. Sie. . .
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.. . . . Eclairage électrique. SiM. '.
- EU. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français. - SL.. .
- EM. . . . Engineering Magazine. . SNA..
- Fi . . Journal of the Franklin Institute
- (Philadelphie). SuE. .
- fie.. . . . Génie civil. Va. .
- laS. . . . Iron and Steel Metallurgist. VD1. .
- IC.. . . . Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin). ZaC. .
- le. . . . . Industrie électrique. ZOI. .
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- It. . . . . Industrie textile.
- . Institution of Brewing (Journal)
- . Mining Magazine.
- . Moniteur scientifique;
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. des machines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de.métallùrgie. .
- . Revue'générale des chemins de fer et tramways..
- . Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings/
- . Revue technique.
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Sociétéchimiquede,Paris(Bull.),
- . Société internationale, des Électriciens (Bulletin)’.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- . Bull.’de statistique et de législation.
- ..Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin)-;
- . Stahl und Eisen.
- . La Vie automobile.
- . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- . Zeitschrift des Oesterreichis.chen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- LITTÉRATURE'. DES PÉRIODIQUES. >-----OCTOBRE 1907.
- AGRICULTURE
- Agriculture (L’) et le projet d’impôt sur le , revenu. Ar/.^l Août, 329.
- — en Seine-et-rMarne.'Ar/. 7 Sept., 388.
- — en Angleterre; Décadence. Ag. 5 Ocl., Amandes (Action du froid"sur un parasite, des)
- (Loverdo). SNA. Juillet, 587. Apiculture. Méthodes diverses. Ag. 21 Sept,, 462. Établissement et rapport 'd’un grand rucher en Languedoc. Api 10 Oct., 462.
- Arbres fruitiers. Causes influant sur leur floraison. Ag. 3 Août, 173.
- Assolements. Blé ou avoine<après luzerne. Ap. 1er Août, 138.
- Asperges (Insecte de 1’) (Lesne). Ap., 5 Sept., 308. Influence des engrais. Ap. 10 Oct., 459.
- Batteuses. Application de l’électricité (Ringel-mann). Ap. 1eT Août, 145.-— Les moto-batteuses. Ap. 15, Août, 209. Bétail. Alimentation des jeunes - bovidés.
- (Gouin). SNA. Juin, 504; Juillet, 607.
- — — par tourteaux de coton (Poher).
- Ap. 1er Août, 1-41.
- — — par sucre dénaturé. Ag. 3-24 Août,
- 176, 289.
- — Désincrustation des pailles dans l’alimentation du bétail (Diffloth). Ap. 1er Août, 143.
- — Effets del’alimentation sur le rendement en lait et viande.. A:g. 31 Août, 334. — Vente des aliments du-bétail ; loi du 8 juillet 1907. Ap. 15 Août, 212; 512 Sept., 304, 330.
- — Empoisonnement? par le Galega offici-nalis. Ap. 3 Oct., 427.
- — , Mouton à laine. Élevage en Australie.
- It. 5 Sept., 354.
- — Tuberculose bovine. Nouvelles méthodes de diagnostic (Moussu).-Ap.-15 Août, 207.
- — Élevage à cheptel (en Corse). Ap. 1er Août, 151.
- — Décret du 4 août 1907, relatif, aux animaux atteints de la morve ou du far-cin. Ap. 29 Août, 280.
- — Procédé Ory contre la fièvre Aphteuse. Ap. 8 Août, 17 t. •
- — Empoisonnement du bétail par la terre.; Ap. 8 Août, 176. ’
- 1145
- Bétail. Conservation des viandes:Ef. 17 Août, 231.
- — Race bovine limousine. Ap. 3 Août, 180.
- — — hollandaise. Ag. 10 Août, 212. Betteraves (Arrachage» des). Ag. 17 Août, 260. Blés à grands rendements (Amélioration des).
- Ag. 10, 17, 24 Août, 212, 292, 299; 5 Sept., 301. Ap. 29 Août, 271.
- — Nouveau blé algérien. Ap. 19 Sept., 365.
- Ag. 12 Oct., 578.
- — Expérimentation des blés en 1907. Ap.
- 12.Sept., 344.
- — Nouvelle méthode représentative des
- épis de blé à l’aidetde schémas gra4 phiques (Ohlmer). Ag. 21 Sept., 458. Bois (Conservation des); Expériences (Gran-deau), Ap. 22-29 Août, 234, 265.
- — Injection Ruping (créosote). Rgc. Sept.,
- 238.
- — Champignons et insectes attaquant les
- bois en œuvre. Ap. 5-12-19 Sept., 297, 329, 361.
- Caféier. Action du froid dans le traitement des caféiers contre le borer (Boutan). CR. 26 Aoûl, 464. »
- Caoutchouc. Essais de vulcanisation avec caoutchoucs de plantation (Beadle et Ste-vens). CN. 26 Juillet, 37.
- Cheval de trait belge. 22e concours, Ap. 8 Aou£, 17 7.
- — Percheron et ses débouchés. Ap. 29 Août, 275.
- — Assurance mutuelle contre la mortalité
- des chevaux. Ap. 28 SepC, 400; 3 OcC, 439.
- Cidre doux pouvant se conserver (Warrollier). SNA. Juin, 522.
- — Causes d’altération des pommes à cidre.
- Remèdes. Ap. 28 Sept.p411. CoopéraHon* agricole en Belgique.* Ap. 22 Août, 249.
- Crédit mutuel agricole en 1906. Ef. 27 Juillet, 1er Congrès national. Ap. 22 Août, 246.
- Culture des Bombes. Ap. ’29 Août,. 268. Danemark,, Norvège et Suède. Excursion agricole (Grandeau). Ap. 26 Sept., 395; 3-10-17 Oct., 425, 457, 489. Dessèchement du lac d’Aboukir. Ap. 18 Juillet, 88.
- — des grèves de Bourganeuf. Ap. 15 Août,
- 205. *
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- 1146
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1907.
- Eau. Crise de l’eau dans le Centre. Ag. 5 Oct., Eaux-de-vie des Charentes (Défense des). Ag. 20 Juillet, 89.
- — (Recherches sur les) (Kayser et Demo-
- lin). CR. 10 Juillet, 205.
- Engrais. Crud ammoniac. Expériences du Dr Pampari. Ap. 22 Août, 242 ; 3 Oct., 430.
- — Engrais chimiques en Allemagne. Ag. 5 Oct., Ï32.
- — Expériences sur les engrais dans le Bassigny. Ag. 17 Août, 250.
- — (Vente des), loi du 8 juillet 1907. Ap. 15
- Août, 212; 5-12 Sept., 304, 330.
- — Phosphates et superphosphates (Collot).
- Ap. 25 Juillet, 108; 17 Oct., 500.
- — Rôle dans la culture du froment, de l’avoine d’hiver et du seigle. Ag. 28 Sept., 493.
- — Rôle de l’azote dans la végétation (Grandeau). Ap. 1er Août, 137.
- — (Analyse des). Méthodes officielles ita-
- liennes. Ms. Août, 534. Dosage des éléments fertilisants. Limite de précision (Rousset). RCp. 6 Oct., 309.
- — Valeur du Cynamide de calcium comme engrais azoté (Muntz et Nattin). Ms. Août, 541.
- — potassique (Amélioration de la flore et
- du foin par les). Ag). 3 Août, 181.
- — Part prépondérante de l’azote dans les rendements du sol (Grandeau). Ap. 8 Août, 109.
- — azotés nouveaux (Grandeau). Ap. 15
- Août, 201.
- — Un faux nitrate. Ag. 24 Août, 298.
- Cidre (Conservation des pommes à) par le formol (Truelle). SVA. Juillet, 581.
- Déchaumage (Le). Ap. 19 Sept., 366. Escourgeons (Culture des). Ap. 19 Sept., 363. Farines talquées (Collin). Revue Scientifique.' 10 Août, 167.
- Forêts. Les champignons et la décomposition du bois de hêtre (Grandeau). Ap. 18 Juillet, 73.
- — Forêts japonaises et leur exploitation
- (Harmand). Revue Scientifique. 21 Sept., 365.
- — Hêtre (Champignons destructeurs du)
- (Grandeau). Ap. 25 Juillet, 107.
- — L’œuvre de reboisement ( Ardouin-
- Dumazet). Ap. 18 Juillet, 74.
- Forêts. Reboisement. Les Caisses d’épargne et les Compagnies d’assurances. SNA, juillet, 595.
- — L’hyelésine polygraphe et les épicéas de Lorraine (Henry). SNA. Juillet, 622; (Bouvier). CR. 23 Sept., 537.
- Goémon (Le) dans l’agriculture. Ap. 3 Oct.r 432.
- Grêle (Tirs contre la). Ag. 3 Août, 185. Horticulture lyonnaise et l’école d’ÉcuIly. Ap. 1er Août, 139.
- Hortillonnages d’Amiens. Ap. 5 Sept., 298. Huile d’olive. Nouveau débouché. Ap., 17 Oct.r 495.
- Industrie rumle en Guipuzcoa, pays basque espagnol (Lorin). Musée Social. Juillet. Irrigations. Travaux de l’United States réclamation service (Newell). Fi. Juillet, 29.
- — de l’Ouest canadien. E. 30 Août, 308.
- — Canal d’irrigation de l’Hérault, et canaux
- dérivés du Rhône. Gc. 5 Oct., 374. Ef, 5 Oct., 477.
- Insectes nuisibles et maladies des plantes aux.
- colonies (Serre). SNA. Juin, 564. Labours (Mécanique des)(da Silva Malta). SNA, Juillet, 600.
- Lait pasteurisé! (Analysa du) (Buttenberg). Ms, Août, 557.
- Laveurs de racines et de tubercules. Ap. 26-Sept., 403.
- Manège et moteur électrique. Équivalence des divers moteurs (Ringelmann). Ap, 19 Sept., 371.
- Mais (Machines à récolter le) (Ringelmann).. Ap. 3 Août, 172.
- Oie et ses produits dans le Sud-Ouest. Ap. 19* Sept., 568.
- Œufs roux. Production et expédition en> Angleterre. Ap. 10 Oct., 465.
- Pommes à cidre précoces. Ap. 22 Août, 239.
- — Causes d’altéraLion. Ap. 28 Sept., 411. Pommes de terre. Expériences sur sa culture en 1906 (Crochetelle). Ap. 18 Juilletr 76.
- — Buttage et protection. Ap; 25 Juilletr
- 111.
- — Producteurs directs dans le Gard. Ag,
- 21-28 Sept., 449-533.
- Pressoirs à moteurs. Ap. 29 Août, 278.
- Séchage des produits végétaux. Nouvelle industrie en Allemagne. Ap. 18 Juillet, 85.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Semences (triage des) (Deligny). Ap. 12 Sept., 334.
- Semoir le Gaulois. Ag. 31 Août, 339.
- — en lignes. Ap. 19 Sept., 374.
- Scarifiages après la moisson. Ap. 26 Sept., 396. "Vigne. Nouveau fouloir (Colin et Schmit). Ag.
- 20 Juillet, 99.
- — Drainage de vignoble. Ap. 17 Oct., 303. — Traitements combinés contre le mildiou et l’oïdium. Ag. 12 Oct., 574.
- — Remède à la crise viticole (Girard et Truchon). Ms. Août, 333.
- — Raisins de table. Variétés A cultiver. Ag. 7-14 Sept.', 372, 418.
- Vins. Cuves vinaires à étages. Ag. 28 Sept., 300.
- — de Champagne. Maladie bleue et le
- Cocus anômalus (Manceau). CR. 29 Juillet, 332.
- — Distillation dans le vide (Muller). Ag. 27 Juillet, 129 (Girard et Truchon). Ms. Août, 531, 533.
- — (Origine des dépôts de la matière colo-
- rante des) (Martinaud). CR. 22 Juillet, 258.
- — Acide malique dans les moûts et les
- vins. Sa consommation dans la fermentation (Mestrezat). CR. 22 Juillet, 260.
- CHEMINS DE FEIl
- -Chemins de fer du Splungen. BCC. Juillet, 668.
- — du Gothard. 25 années d’exploitation
- (Berdrow). BCC. Sept., 850.
- — du Simplon, approches italiennes. E. 26
- Juillet, 99.
- — de Bristol-Birmingham. E' 12 Oct., 361.
- — de Tehuantepec. La Nature. 5 Oct., 290.
- — canadiens (Commission royale des). EM.
- * Août, 689.
- — urbain de New-York, exploitation et
- revenus (Werner). CM. Août, 728.
- — russes (Régime des). Rgc. Sept. 236.
- — transsibérien (service du). BCC. Sept.
- 916.
- — anglais en 1906. BCC. Sept. 911.
- ___ américains (Relations des) avec l’industrie minière et métallurgique (Douglas). Ru. Août, 187. Matériel et traction (Japiot). AM. Mai, 505.
- ___ australiens. Gc. 7-14-21 Sept., 305, 325,
- • 342.
- --- OCTOBRE 1907. 1147
- Chemins de fer du monde, 1901-1905. BCC. . Août, 810.
- — français (tarifs d’exportation des). E.
- 16 Août, 242.
- — en 1906. Ef. 31 Août, 301 ; 7 Sept., 332. — État français, 1906. Rgc. Sept., 250.
- — des Philippines (Ashmead). EM. Sept.,
- 869.
- — Métropolitains. New York. Atmosphère des souterrains. E. 6 Sept. 340 ; E' 16 Août, 163.
- — Paris. Ac. Août, 114; Sept., 130. Oct., 145.
- — Travail et discipline sur les chemins de fer. E'. 4 Oct., 343, 345.’
- — Sécurité dans les différents pays. E. 23 Août, 216.
- — électriques (les). (Dawson). EE. 20 Juil-
- let, 102 ; 24 Août, 284.
- (Sprague). EE. 7-14 Sept. 346, 393. en Suisse. E. 26 Juillet, 117.
- Aux États-Unis. E'. 4 Oct., 333. du New-York Central. Gc. 27 Juillet, 216.
- Vienne. Baden monophasé. Elê. 27 Juillet,
- 51.
- Lyon Croix-Rousse. EE. 10 Août, 189. du Great Western. EE. 7 Sept., 331.
- (Étude financière d’un) (Dawson). Elc. 3 Août, 74.
- par courants monophasés alternatifs. Nouveaux dispositifs (Sahulka). EE. 21 Sept., 425. En Europe. EU. 12-19 Oct., 229, 241.
- — à voie de 0m,60. Ottawa. Afrique Alle-
- mande. E. 19 Juillet, 67.
- Accidents sur les chemins anglais. E1. 30 Août, 215.
- Accouplement automatique et passerelle de voiture Laycock. BCC. Sept., 935. Attelages. Essais des Master Car Builders. BCC.
- Oct., 1003. A friction Grould (id.), 1037.
- Automotrice à vapeur Hughes. Lancashire and Yorkshire.Ry. E. 9 Août, 213. Éclairage électrique des trains. Ri. 3-10-17 Août, 305, 314, 324. Système Verity Dal-ziel. Re. 13 Oct., 211. Dynamo Osmos (id.), 195.
- — Évolution de 1’. Sur les États prussien
- et hessois (Wedler). BCC. Août, 777.
- — en Allemagne. EU. 24 Août, 121.
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-
-
- 'LITTÉRATURE ‘DES PÉRIODIQUES.*--- OCTOBRE 1907.
- 1148
- Exploitation, valeur économique des ’perfec- , tionnemenls (Games). EM. Sept., 840. , Fourgon dynamometrique du NorllpEastern Ry. 1 E'. 4 Oct., 234.
- Freins à air comprimé Sauvage. BCC. Juillet, 680.
- — à vide Hardy. Essais deTArlberg. BCC.
- Oct., 949.
- — Maximus (Boyer Guillou). Gc. 27 Juillet, 213.
- — Continus et trains de < marchandises (Huberli et Doyen). BCC. Oct.', 949.
- — Sabot Armhurst. BCC. Sept., 948.
- — Wagoy du Chicago-Burlington pour l’essai des freins à air- comprimé. BCC. Oct., 1018.
- Gares nouvelles de Stutgard. BCC. Sept. 897.
- — du Pennsylvania. New-York. E'. 19-26
- Juillet, 59, 80.
- — de Pudgate Hill,;E\ 2 Août, .119, de Vic-
- toria. Bgc. Sept., 260.
- — de Crevve. Bgc. Août, 178.
- — de voyageurs et voies de remisage dans
- l’Amérique du Nord (Blum). BCC. Août,131. (Giese). VDl. 7 Sept., 1,413.
- — de triage de Manheim, BCC:‘Oct., 1042.
- — de marchandises. Théorie de leur dis-
- position (Forth).-BCC. Sept., 869.
- Grue de secours de 20 tonnes du Caledonian Ry. É'. 27 Sept., 324.
- Installations électriques sur les chemins de fer anglais. BCC. Sept., 940.
- Locomotives du Laneashire Ry. E. 9 Août, 213.
- — de PAtcliison Topeka. E'. 13 Sept., 253.
- — du Great-Western Express. Son évolu- ;
- tion (Rous Marten). E'. 9 Août, 127.
- — ( anglaises. E. 30 Août, 305.
- — : del’Élat Bavarois : type « Atlantic ». Bu. ,
- 'Juillet, 90.
- — du Nord français : types récents (Rous
- Marten). E1. 20 Sept., 279.
- — à l’exposition de Milan. VDI. 24-31 Août,
- 1341, 1375 ; 5-12 Oct. 1572,1605; Bgc. Août-Sept., 193. •
- — ‘Compound 4 cylindres. Etat-italien.
- - * Saint-Gothard. BCC. Oct:, 1024,1030.
- 8 couplées du Laneashire-Yorkshire E. 23 Août, 281. E/l30 Août, 209;
- - 6 Sept., 245.
- — — 6 couplérs de-'l'Orléans (Baldwin)
- Ri. 24 Août, 333.
- .LoeomotivesMallêt de l’ErieRr. EL 28 Sej)t., 293 ; 4 Oct., 347.
- — de-manœuvre'pétro-éléctrique Pieper.
- Bgc. Sept., 272.
- -t Compoundage (Demoulin). E1. 23-30 Août,- 179, 207; et surchauffe. IL. 16 Août, 171.
- — à * vapeur .surchauffée Schmidt. État
- prussien. E. 11 Oct,, 480. Distribution. Dpi 17 Août, 524.
- — - Échappement. <• Essais de cheminées
- (Hohn); BCC. Oct., 991.
- — Essais. Installation du Pennsylvania à Altoona. BCC. Oct., 995.
- —:••• appareil Golsdorf empêchant la forma-» 'tion des incrustations. BCC. Sept., 846.
- — Foyers de combustion dans les
- (Brislee). Cs. 31 Jinllet, 804.
- ----l’Fumivoré Slaby. BCC. Août, 829.
- — Réparation des-plaques tubulaires. E',
- 27 Sept., 324.
- — Régleur de charge des roues Denison.
- E. 'A3-Sept., 362.
- — Régulateur à soupape équilibrée Zara.
- ' La Nature. 24 Août, 198.
- — -Distribution Deeley. E'. 20 Sept., 286.
- — 'Tiroirs cylindriques en Amérique. Bgc.
- Sept., 270.
- — Voie de 0“, 60 Otlaw Rr. E.. 19 Juillet,
- 67.
- — — de Jm, Malay Rr. à 6 rou’es cou-
- plées. Eu26 Juillet, 103.
- Matériel roulant à l’exposition de Milan. Bgc, Août, 103.
- Monorail Brennan. Bi. 20 Juillet, 283.
- Bails bruyants. Origine des (Worby Beaumonl). IL AG Août, 228, 256.
- —. Ruptures aux États-Unis. E'. 20 Sept.,
- - 294.
- — défaut de nivellement des — et incoTi-
- vénients (Perroud). Bgc. Août, 89.
- — *Éclisses' matricées Smith. E. 20 Sept.,
- - 407.
- Signaux Block 'System aux États-Unis. Bcc. Août, 795.
- — Éclairage des sémaphores. BCC. Sept.,
- 914.
- —f Électro-mécaniques Jykes. Bgc. Sept., 261.
- — Enclanehement électrique ou méca-
- j nique entre le bloc de pleine voie et les signaux (Pfeil). BCC.. Oct. 989.
- p.1148 - vue 1146/1523
-
-
-
- .littérature: des périodiques.-
- 'Signauxide Block.idu Pennsylvania Rr. Bcc.f
- Sept.. 1)01. »
- —r‘ (dépassement- des) à d’arrêt (Scholk-:
- » .ünann).tliCC. OcC!.982. 1
- — ,'Potelet .métallique de l’État belge pour^
- • transmission funiculaire des signaux.'
- BCC. Sept., 841.
- Trains (Résistance :des).iE.>26 Juillet, 114. Traverses de —, E. 19 Juillet, 83.
- — en béton armé i expériences améri-
- cuines. BCC. Sept., 839. :
- .Voies pour, grandes vitesses. Entretien écono -mique des. E'-: 23, Août, 197. '
- Voitures en -.acier; du Pennsylvania. Gc. 10 • >Août, 244. ’
- —; , du New-York-i Central. -.P.u 1 mann (en) : BCC. Sept., 920,931.
- —• restaurant du,Lancashire Yorkshire. E'.
- ‘ 30,Août, 209.
- Wagons'h prolonges du Great Central. E.‘
- 9 Août, 203. 1
- — en acier,* Entretien et réparation. Rgc.'
- Août, 183.
- — wagonsqgrues. (Germain).. EE.i2l.Sept.,'
- 41.
- •TIVÀNSPOKTS DIVBRS
- Automobiles. Fiacres de* Londres. Va. ;27 Juillet, 473; 3 Août, 434.
- — (Combustibles pour). E. 9 Août, 208. —1 (Industrie des). E'. 16 Août, 167.
- — Les?pannes.:E.;6 Sept., 338.
- — à. alcool.-(De Dion). Va. 27-Juillet, 463.
- — à pétrole. (Broutiot). Fa. 20 Juillet, 437.. * .Bollée, Va. 12 Oct. 649. (Labor). Va.
- '27-Juillet, 470. (Vulpes). 12 ch. Va} A Août, 490. (Aries). 10 ch. Va. 24 Août, 333. (Humber). Va.. 31 Août, 332. :
- — * .Tracteur, agricole ;Gougis.i Ajp. 15 Août,
- 213. , .
- .— Camion (BerlinCohendet). Fa. 14 Sept., ' 583.
- — Calcul de la puissance *. des moteurs ' ; < d’après leurs vdimensions. Technique '/Gautomobile.>Sept., 136,
- —.'Essai des (Relier). VDI. 5.Oct., 1581.
- — Réglage des moteurs (Sainturat). Tech i nique,automobile., Juillet, ,107 ; Sept.
- 138.
- —-.^Refroidissement par l’air. Va)AC Août 505.
- OCTOBRE 1907. 1149
- Automobiles: Réservoirs.. Va. 28 Sept., 609.
- '— .pétro-électriques. Emploi de batteries-tampon (Bethenod). EE. 5 Oct., 5.
- — à vapeur. Vaweeii Fowler. E. 19 Juillet,
- 78. Barker. Pm. Oct., 145.
- —a électriques àl’exposition de Berlin (1906).
- 1 VDI. 3 AoûP,. 1214.:Application de la lampe Cooper Hewitt à la charge des • accumulateurs. Technique automobile. Sept.,Ski..
- ---Progrès de la-construction (Valentin).
- ‘ ' .-FDE.24 Août, Am.
- — Fabrication (Monier). Technique auto-rmobile: Août, 118. Octobre, 152.
- — ^Établissement d’une . direction (Cau-
- san).'Technique automobile. Août, 123.
- ' *’i Direction (Bartlett). ,AMa. 10 Août, 114.
- 4-v Essais.’ Principe .'des. méthodes d’essais des automobiles (Auclair). Technique 5 automobile.-,Août,. 120.
- —- Lavage de l’auto. Va. il'Août, 513.
- — Freins. Re. 3 Août, • 305. (Godeau) ‘ , automatique. Va. 20 Juillet, 455.
- .(Hamon). t Va. .28, Sept., 619. Freinage reti mise en vitesse (Rovignaux), Technique automobile. Août, 113; Sept., 129.
- — Graissage. Ri. 31 Août, 343; 21 Sept.,
- 373,-384; Va.,21 iSept., 601; 5 Oct., 635.
- — Pneus en caoutchouc. Dynamomètre
- Collard pour, essais des tissus de —. Technique automobile. Sept., 132. Exar - men -des- (Beadle et Stevens). CN. 2 Août, 55. Fabrication. Va. 5-12 Oct., 533, 652. Antidérapant (Vulcan). Va. 21 Sept:, 603.
- 1— Régulation -des moteurs (Sainturat). Technique automobile. Août, 127.
- — Résistance de l’air.. Fa. 28 Sept., 616. - — Stabilité en course (Gérard). Technique
- automobile: Juillet, 109. (Marié). IC. Juin, 754.
- — Tonneaux d’arrosage. VDI. 7 Sept.,
- 1423.
- — ^Transmissions par Cardan (Causan).
- ’ Technique automobile. Juillet, 102.
- Hydraulique von Ritler. E. 27 Sept..,
- .422.
- Roues. Bandage Peter. Va. 7 Sept., 570. Essais mécaniques des —Technique-.auto-
- p.1149 - vue 1147/1523
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- 1150 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1907.
- mobile. Juillet, 110. Au concours des poids lourds. Va. 7 Sept., 569.
- Houes élastiques. Wands, Syrinx, Barry, Joul-lain, Thomson). Technique automobile. Juillet, 111.
- ‘Tramways électriques. E'. 19 Juillet, 64.
- — avec contrepoids de sûreté à Sidney.
- Pm. Sept., 130.
- — à courants alternatifs monophasés.
- Mouveaux dispositifs (Sakulka). EE. 21 Sept., 425. Lignes à courants alternatifs. Déterminations expérimentales des grandeurs nécessaires à leur calcul (Lichtenstein). EE. 20 Juillet; 3, 10, 17, 24, 31 Août, 97, 167, 205, 245, 280, 306; 14 Sept., 385.
- — à courants monophasés. Derri et Sie-
- mens. EE. 12 Oct., 60, 61. Choix de la fréquence (Armstrong). EE. 7 Sept., 349.
- — Freinage électrique avec moteurs monophasés à collecteur (Kummer). EE.
- 3 Août, 174.
- — Moteurs de traction et leur réglage, perfectionnements récents (Rens-
- • haw). EE. 10 Août, 214.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- .Acides. Anhydride mixte des acides sulfurique et azotique (Pictetet Karl). CR. 22 Juillet, 238.
- — ortho et pyro-arséniques (Baud). CR.
- 27 Juillet, 320.
- — phosphoriques : réactions des trois
- acides (Arnold et Werner). Ms. Oct., 721.
- Acétylène. Causes de l’explosion (Caro). Ms. Août, 509; Oct., 673.
- Activité et passivité du fer (Heathcote). Cs. 30 Août, 899.
- Albumines. Coagulation par l’action de la lumière ultra violette et du radium (Dieger et Haussen). CR. 22 Juillet, — Distillateur continu pour brandy. Barbet. Cs. 30 Sept. 1024.
- • Alcools. Eaux-de-vie des Charentes. Recher-
- ches sur les (Kayser et Demolon). CR. 16 Juillet, 205.
- — Alcool industriel. Rapport de la régie anglaise. Cs. 16 Sept., 980.
- 'Aldéhydes (Nouvelle réaction générale des)
- (Simon et Conduché). ACP. Sept., 5. Argent. Essai au creuset. Action de la litharge (Lodge). AIM. Sept., 733. (Dépôt métallique d’) sur le verre (Chattaway). CN. 27 Sept., 151 ; 4 Oct., 163. Arsenic. Point de fusion (Guntz et Broniewski). ScP. Sept.,Mil.
- Azotate d'argent. Calorimétrie aux hautes températures (Guinchamp). CR. 29 Juillet, 320.
- Azote atmosphérique. Sa fixation (Blondin).
- Sie. Juillet, 429 (Schlœsing). Revue Scientifique,! Sept., 289.
- — Action de l’étincelle électrique sur le mélange azote-oxygène aux basses températures (Briner et Durand). EE. 14 Sept., 394.
- — Combustion électrothermique de l’azote atmosphérique. Electrochemical. Sept., 358.
- Bérylium (le) (Parsons). CN. 13 Sept., 131. Bibromure de mercure (Vicario). Pc. 16 Août, 145.
- Bois (Conservation des) (Grandeau). Ap.
- 29 Août, 265, 5, 12; Sept-., 297, 329.
- — Injection Ru ping (créosote). Rgc. Sept.
- 238.
- Bore. Combinaisons avec le nickel et le cobalt (Binet de Jassoneix). CR. 22 Juillet, 240.
- Brasserie. Divers. Cs. 15-31 Août, 884, 937,
- 30 Sept., 1023; 15 Oct., 1060.
- — Infection dans les brasseries : théorie chimique (Cannon), IoB, Sept., 590. — Construction des brasseries et malte-ries (Beadford). IoB. Sept., 534.
- — Nutrition des levures (Field). IoB. Sept., 534.
- Briques (Industrie des) (Benfey). Dp. 20-27 Juillet, 454, 468; 3, 17, 22, 31 Août, 483, 520, 536, 549.
- Brome et chlore. Courbe de densités des mélanges (Andrews et Carlton). CN.
- 4 Oct., 165.
- Bromures métalliques. Préparation à partir des oxydes (Bourion). CR. 22 Juillet, 243. Calcium. Propriétés et emploi (Pratt). CN.
- 30 Août, 100.
- Caléfaction (Phénomène analogue à la) (Lip-mann). CII. 22 Juillet, 217.
- Calorimètre à gaz enregistreur Beasly. Ri.
- 31 Août, 342. ’ •
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- 1151
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Caoutchouc. Essais de vulcanisation avec du caoutchouc de plantations (Beadle et Stevens). CN. 26 Juillet, 37.
- Cellulose. Réactions colorées des ligno-cellu-loses (Cross et Bevan). CN. 26 Juillet, 40.
- Caoutchouc. Kssai de vulcanisation avec des caoutchoucs des plantations (Reaide et Stevens, CN. 18 Oct., 187.
- — Développement récent de sa chimie (NValker). Fi. Août, 131.
- Carbone aux pressions et températures élevées (Parsons). RSL. 6 Sept., 532.
- Céramique. Rutile, Beryle, Zircon, propriétés colorantes. Sprechsaal. 7 Août, 413.
- — Lutte contre le saturnisme dans les industries céramiques, (id.). 26 Sept., 523.
- — Couleurs pour porcelaine. Cs. 15 Oct., 1048.
- — Découverte de la porcelaine, histoire. ZAC. 6 Sept., 1553.
- — Procédés employés au xvie siècle pour
- obtenir les dépôts métalliques sur les poteries d’après le manuscrit de Pic-copalsi (Franchet). ACP. Oct., 277.
- Céruse (Analyse de la) (Davis et Klein). Cs. 15 Août, 848.
- Chaleur de combustion des matières organiques. Sa détermination adiabatique (Henderson et Fieverl). Cs. 15 Août, 893.
- Chaux et Ciments. Dissociation du mortier de ciment par infiltration d’eau. Le Ciment. Juillet, 156.
- — Essai. I.e Chatelier (Gadd). E'. 13 Sept., 251.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, 824; 15-31 Août, 873, 925; 16-30 Sept., 968, 1009.
- — Conditions de la constance de volume des ciments Portland (Campbell et White). /klff. Août, 565.
- — Mélanges de ciments et de mortiers (Cballoner). E1. 6 Sept., 243.
- Chimie moderne. Berthelot, Mendeleef, Moissan (Dewar). E. 19 Juillet, 86.
- Chlorures et bromures. Séparation quantitative • directe (Andrew). CN. 11 Oct., 183.
- ' — ferrique et chromique. Réduction par
- le calcium (Hackspill). Rgc. Sept., 89.3.
- Chrome, nouvelle variété de (Binet deJasso-neix). ScP., Août, 820.
- --- OCTOBRE 1907.
- Compressibilité des gaz aux environs de la pression atmosphérique (D. Berthelot). CR. 29 Juillet, 317.
- Corrosion du fer. Electro-chcmical. Juillet,254 ; Sept., 363.
- Densité des gaz (Guye). CN. 11 Oct., 175. Diagramme de fusion des systèmes binaires galène-pyrite magnétique et galène-sulfure d’argent (Friedrich). RdM. Oct., 669.
- Déplacement des chlorures des dissolutions par l’alcool et l’acide chlorhydrique (Eyre, Hussey et Paddison). RSL., 27 Sept., 564.
- Diffusion (Réactifs vivants de la) (Yegounow). CR. 22 Juillet, 263.
- Distillation (Histoire delà) (Fairley), LoB. Sept., 539.
- Dissociation du carbonate de chaux (Zavrieff). CR. 19 Août, 428.
- Eau oxygénée. Dosage" en présence d’un tissu de coton. Concentration par évaporation sur les tissus (Sheuver). Si il. Juillet, 336.
- Eaux. Purification électrique (Leffmann). Fi. Sept., 295.
- — Purification des eaux industrielles. ZAC. 4 Oct., 1722.
- Éclairage. Théorie des manchons à incandescence (Foix). CR. 26 Août, 461.
- — Appareil Relier Kruz pour la fabrication de l’air carburé d’éclairage. Gc. 21 Sept., 348.
- Éléments. Constitution et structure, d’après leurs poids atomiques (Collins). CN. 11 Oct., 176.
- Empois de fécule (Liquéfaction diastatique des) (Fernbach et Wolfî). CR. 22 Juillet, 261.
- Essences et parfums. Les substances hydroaromatiques. Étude des. CN. 16 Août,
- - 77.
- — Divers. Cs. 15-31 Août, 889, 943 ; 30 Sept.,
- 1027; 15 Oct., 1065.
- — Action du brome sur les huiles essen-
- tielles (Mossler). Cs. 31 Août, 944. Eucalyptus. Produits tirés de l’eucalyptus-(Smith). Cs. 15 Août, 851.
- Explosifs industriels et leurs perfectionnements (D. Bellet). Ef. 20 Juillet, 82.
- — (Recherche du mercure, dans les) (Har-
- greaves et Rowe). Cs. 31 Juillet, 813.
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- M<32 LITTÉRATURE,-,DES. PÉRIODIQUES.»------------OCTOBRE 1907.
- Explosifs. Retour de Jlammes; des poudres i • fumée. E. 27 Sept., 429.
- — Rapport annuel des inspecteurs anglais/
- Cs. 15 Août, 891. :
- — Explosifs modernes (Schmerber). Gc.’
- 31 .Août, 293 ;,7-1.4-21-28 Sept., 310, 330, 342, 300.
- — Explosion des gaz. Nature. 5 Sept., 470.' Filtres-Presses (les). ZAC. 16 Août, 1393.
- Flamme (Problèmes de la) et la science cbi-'
- inique (Smitliels). E. 13 Sept., 370. Gaz d’éclairage. Extinction et manutention du coke-par coqrant'd’eau (Thiébault).1 Influence des longues conduites sur’ le- pouvoir éclairant. J. f. Gasb. 31 Août, 812; Gc. 3 Août, 223.
- — Fours -verticaux de-l’usine à gaz de’
- Cologne. J. f. Gasb. 3 Août, 709.
- — Éclairage renversé avec allumage à dis-1
- tance (kl.). 10 Août, 737 ; 5 Oct., 911.
- — Allumage à distance pour l’éclairage'
- public, (ici.). 14 Sept., 855.
- Graisses (Analyse des) (Fahrion). Ms. Sept.,' 643 et du lard (Wesson et Lane) (id.). ’ 649.
- — étrangères dans le saindoux (Recherclie
- f:des) (Leys). Pc. der Oct., 289. Hexafluorure de sélénium (Lebeau). CR. Juillet, 190. ~ t
- Huiles cotonisées et leurs concurrents. Cs. 31 Août, 933; 16 Sept., 973.
- — Nouvelles constantes caractéristiques
- des (Louise et Sauvage). CR. 16 Juil- ' ht, 183.
- -— de copal (Schmoelling). Ms. Sept., 641. 1
- — de coco. Sa recherche. Cs. 30 Sept., 1019. ^-.extraction des grignons d’olive par le
- ‘,.sulfure et le tétrachlorure de carbone (Jurgensen). Ms. Sept., 647.
- Hydrolyses lente et rapide (Rosenthiel). ScP.
- 20 Juillet, 774; Août, 879.
- Industrie chimique en France. Sa localisation ; .(Lmdet). Revue Scientifique. .31 Août/' 257.
- lodure cuivreux (Guichard). ScP. Août, 897. -
- Laboratoire. Obtention des températures ! * 'élevées dans les recherches.de,labo-1 ratoire (Chabrié). Cil.. 16 Juillet, 188 ; 1 ... (Guillet). CR. 29 Juillet, 327.
- — . Alcalimétrie et, acidimétrie. Emploi de
- d’acide succinique comme étalon . (Phelps et Hubbard). CA. 26 Jidllet, 44. :
- Laboratoire. Titrage-des sels de mercure-i par le permanganate de polasse (Ran-dall). CN'; ‘21 Sept., 154.
- — Analyse rapide des gaz (Barnhart).. •Electrochemical. Sept., 350.
- — des gaz pour moteurs (Smith). CN..
- . 30 Août, 101.
- — des acides sulfoconjugués (Grafts). ScP..
- Août, 917.
- —. élémentaire des substances organiques-(Bertaux et Leroux). Pc. 16 Sept.,. 266.
- — des alliages contenant de l’étain et de-- l’antimoine (Berg). ScP. Août, 905.
- - •— des-minerais de zinc (Slane et Waring).. RdM. Sept., 578.
- — -dujsilicium et du sélénium (Spechman)..
- Ms. Oct., 716.
- — -{Recherche qualitatiye du .nickel (Pozzi
- Escot). CR. 19 Août, 435.
- — > des. acides biliaires : réaction de Pet-
- tenkofer (Villa). ScP. Août, 965.
- — de l'albumine (Tanret). ScP. Août, 974..
- — des -farines de riz et de maïs dans la
- “farine de froment (Gastine). ScP.. Août, 960.
- — .dosage de la cellulose dans de cacao-
- (Matther et Muller). Ms. Août, 562.
- — .^de l’acide borique. Ms. Oct., 712, 714;.
- • et des-borates-dans les produits ali-mentaires du-commerce (Manning et Lang). Cs. 31 Juillet, 803.
- — . du soufre- dans les fontes (Jabouley).
- * RdM. Oct., 664; du.-titane (Galli). (Ici.).. 663; de l’azote dans .le fer (Braune). (Id.). 665; du chrome .dans l'acier (Philips). (Ici.). 666; du sicilium (Ja-
- , boulay). (Id.). 667.
- — de l’acide phosphorique soluble dans-
- l’acide citrique.» Séparation de la silice (Hasenbraumer). Ms. Oct., 718.
- — du phosphore,dans Jes aciers : procédé’
- colorimétrique (Misson). Ru. Juillet, 100.
- — ,-du carbone et de l’hydrogène dans les-
- ’matières organiques (Duteau et Le-- . roux). CR. 16 Sept., 524.
- — -, volumétrique d’acides organiques corn-,
- binés (Duchemin et Criquebeuf).
- . ScP..Août, 831.
- —•> des hydrates en dissolution .(Armstrong et Galdwell). RSL. Sept., 586.
- p.1152 - vue 1150/1523
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- M'15$
- LITTÉRATURE DES- PÉRIODIQUES.; -----J OCTOBRE !907.
- Laboratoire. Dosage et séparation de l’oxyde de zinc dans les blancs et gris de zinc, peintures, lithopones (.Tambon).
- - ScP. 5 Août, 823.
- — -Séparation du magnésium des alcalis
- par d’arsenic (Browning et Dunhel). CIV. 4 OcL, 166.
- .—< des matières* colorantes, volumétrique (Pilet et Garuli). MC. l?-r Sept., 2G9.
- . — des «substances alimentaires. Emploi
- du réfractomètre Zeis(Hanus et Cho-censky). Ms. Oct., 723.
- . -— du lanthane et de ses oxalates (Drushel).
- American Journal .of Science. Sept., 197.
- — des cendres;dans le graphite (Sadter).
- Fi. Sept., 201.
- — de l’ammoniaque * (Rouchèse). ScP. Août, 900.
- Levures alcooliques. Influence des sels de manganèse* (Kaper et -Marchand). CR. 29 Juillet, 343.
- Linoléum,'préparation etemploi. 'ZAC. 9.Août, 1349.
- Lignocelluloses- (Réactions colorées des). (Cross et Devan). Cs. 31 Août, 941.
- Métaux alcalins terreux, préparation , et pro--priétés (Guntz). ScM. Juin, 251. .‘Mistellès (Manganèse.*normal, des) -(Massol). ScP. Août, 953.
- Morphine. Sa constitution (Halle). Ms. Oct., 692. • Nitrification dntense .(Muntz et Lainé). ACP. i Août, 439.
- Molybdène. Réduction par le,,zinc (Randoll). , American Journal of Science. Oct., 313. ."Optique.,-Colorimètrë Ives. Fi. Juillet, Al.
- — Vitesse des parties invisibles du spectre * (Heyl). ,Fi. Août, 81.
- — Photomètre Blondel. Rc. 15 Aodf, 91.
- . -4-, .Mesure deà l’angle optique axial des
- minéraux sous une' faible épaisseur 1 (Wliyht).. American Journal of Science. Oct., 317.
- , Origine des spectres en série (Ritz). CR.
- 16 JuiUet, 178.
- — ! Réseaux, théorie dynamique (Lord 11a-
- , leigh). R SL. 2 Août, 399.
- — Spectres d’absorption des vapeurs. In-0 fluence de la pression (Dufour). CR 16 Juillet, 173.
- — de l’azote, îaies du (Lawton): American
- Journal of Science. Août, 101.
- Optique? Double'réfraction dans les verres--déformés. Mesure directe (Filon). RSIj. 2 A ou t, 440.
- — Biréfringence magnétique des liquides-. organiques- non, colloïdaux (Cottoia e.t Mouton). CR. 22 Juillet, 229.
- " — ! Effet" de la pression sur le spectre de
- Parc (Duffield). CN. 27 Sept., 153.
- — Spectroscope à miroir dlarry. CH.
- 7 Oct. 590.
- —‘.Photographie spectrale des minéraux
- dans les différentes régions du spectre : galène etargyrite (de Gramont). CR. 22 Juillet, 231.
- — Lumière polarisée elliptiquement par réflexion au voisinage de l’angle de .Lpolarisalion, comparaison avec la théorie-(Maclauriii). RSL. ôSeptj, 481. Or (Chimie de 1’).(Campbell). CN, 19 Juillet, 25. Osmose. Pression osmotique des dissolutions compressibles à un degré de concentration.* quelconque (Porter). RSL.
- - 6-Sept., 519.
- Oxygène comprimé,-appareil pour éviter les * accidents de sa manutention (Claude).. CR. 12 Août, 387.
- Oxydes du carbone, (les). *(Boudouard). Revue Scientifique, 12 Oct. 458. i Papier. Fabrique de Stoneywood. E’. 16 Juillet. 160.
- — (Fabrication* du) (Haussner). Dp. 7-14-
- 21 Sept., 569, 585, 596.
- — * Diminution de la longueur des fibres
- de coton et de lin ^pendant la prépa-' ration-de la pâte (Beadle*et Stevens). CN. 20 Sept.* 139:
- — , Divers. Cs. 31 Août, 941 ; 16-30 Sept.,.
- 987, 1026.
- . Pain de maïs (Collin).sScP. Août, 956.
- Passage de l’état liquide .à l’état solide. Recherches 'de* Cartaud (Osmond). RdM. Septembre, 819.
- -Photographie. Composition et propriétés des ^ sels qui ,prennent naissance dans le fixage des plaques au gélatino-bromure et au gélatino-chlorure d’argent et action de l’eau et. des solutions-
- - î développantes*sur .la sensibilité à la r dumièreldes plaques au gélatino-bro-' . mure d’argent (Lumière et Sege-
- wêtz).' RCp.. 25 RodG'291, 295. ScP. Août, 947.
- p.1153 - vue 1151/1523
-
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-
- OCTOBRE 190^.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- 1 154
- Photographie.Industrie despapiers photographiques. LaNature,^ Septembre, 260.
- — des couleurs (Granger). Ms. Octobre,
- 664.
- Perchlorure de fer (Hydrolyse du) (Malfitano et Michel). Clt. 6 Juillet, 183. Phosphorescence (Optimum de) (Kowalski' et Gai'nier). CR. 12 Août, 391.
- Phosphore. Oxydation directe (Jungfleisch). CR. 29 Juillet, 323. Production au four électrique. Eleclrochemical. Oct., 407. Phosphure d’hydrogène gazeux. Chaleur de combustion (Lemoult). CR. h Août, 374. Poids atomique. Radium (Mme Curie). CR. 19 Août, 422.
- — et calcul du poids du litre normal des
- gaz (Hinrichs). Ms. Sept., 581.
- — de l’azote et synthèse du nitrate d’ar-
- gent (Richards et Forbes).’ CN. 11-18 Oct. 180, 190.
- — dn potassium (Richards et Staehler).
- CN. 13-20 Sept., 133,144; 4 Oct., 170. Poids moléculaires du gaz (Échelle du) (D. Ber-thelot). CR. 19 Juillet, 180.
- Protéines extraites des farines des céréales par l’alcool aqueux : pouvoir rotatoire (Lindet et Ammann). ScP. Août, 968 ; CR. 22 Juillet, 253.
- Protoxydes alcalins. Chaleur de formation (Rengade). CR. 22 Juillet, 236. Pyrométrie, optique (Holborn). E. 6 Sept., 343.
- — Nouvelles méthodes (Fery). Revue Scien-
- tifique. 31 Août, 264.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 16-20 Septembre, 977, 1020.
- Radio-activité et sources de radium. E. 19 Juillet, 84.
- — Emanation du radium (Ramsay). Ms.
- Octobre, 663.
- — du molybdate d’uranyle (Szilard). CR.
- 2 Septembre, 480.
- — des sels de thorium (Boltvood). Ameri-
- can Journal of Science. Août, 93. (Halin). CN. 16 Août, 75.
- — Usine à radium de Nogent. La Nature.
- 24 Août, 196.
- — Rayons N. Littérature des (Stradling).
- Fi. Juillet, 57; Août, 120; Septembre, 177. .
- — Poids atomique du radium (Mmc Curie).
- CR. 19 Août, 422.
- Radio-activité. L’Émanium (Giesel). CN. 16 Août, 73.
- — Rayons corpusculaires produits dans différents métaux par les rayons Rontgen (Cooksey). American Journal of Science. Octobre, 285.
- Saindoux. Recherche des graisses étrangères dans le (Leys). CR. 16 Juillet, 199. Siliciure de platine Si Pt. et siliciure double de platine et de cuivre (Vigouroux). CR. 5 Août, 376. (Lebeau etNovitzky) (id.) 22 Juillet, 241.
- Silicate de soude cristallisé : préparation. ZAC. 16 Août, 1410.
- Silicium et carbures de silicium. Combustion des (mixtes). American Journal of Science. Août, 130.
- Savon à base de peroxyde de sodium pour le blanchiment (Beltzer). RCp. 6 Oct., 312.
- Soie artificielle. État actuel de l’industrie (Beltzer). Ms. Septembre, 596.
- Solutions et corps dissous. Propriétés opLiques (Cheneveau). APC. Octobre, 143. Soufre. Point d’ignition (MacCrae et Wilson). CN. 19 Juillet, 23.
- — État dans les substances albuminoïdes (Rackovv). Ms. Septembre, 653.
- — Densité. États allotropiques (Spring). Cs. 31 Août, 922.
- Sucrerie. Utilisation des sous-produits des — et des industries de fermentation alcoolique (Lemaire). Gc. 20-27 Juillet, 199, 218; 3 Août, 233.
- — Turbine Ivostaleck. Cs. 15 Août, 860.
- — Di vers. Cs. 31 Août, 937; 16 Septembre,
- 979.
- — Progrès en 1907. Dp. 28 Septembre, 614.
- — Action sucrolastique del’acidenitrique :
- influence des nitrates (Whymper). RSL. 27 Septembre, 576.
- Sulfures et sulfures doubles (Ditte). ACP'. Octobre, 229.
- Tannage. Divers. Cs. 15-51 Août, 882, 936; 16-30 Septembre, 978, 1022.
- — Action du métbanal sur les tannins
- (F. Jean et Frabot). RCp. 23 Août, 289.
- — Extrait de Valonia (Paessler). Cs.
- 15 Oct. 1058.
- Tantale (le). (Nicolardot). Revue Scientifique. 27 Juillet, 97,
- p.1154 - vue 1152/1523
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1907.
- 1155
- Teinture. Action de la lumière sur une couche de matière colorée (Schramm et Jungl). MC. 1er Septembre, 282.
- — Actinométrie. Application à la mesure
- de la résistance des couleurs à la lumière (Dosne). SiM. Juillet, 328.
- — Insolation des couleurs fixées sur tissus
- de coton, influence de la chaleur sur l’humidité(Sheurer).S/il/. Juillet, 328.
- — Enlevage' blanc sur bordeaux d’ana-
- phtylamile avec le sulfoxylate-for-maldéhyde. SiM. Juin, 290, 293, 297.
- — Enlevages réserves sur indigo cuvé ré-
- servant une surimpression, enlevage sur le même fond (Romann). SiM. Mai, 294.
- — Blanchiment de coton. Remplacement
- de l’acidage avant lessivage par un maltage au diastafor (Herosé). SiM. Mai, 247.
- — Matières colorantes nouvelles. Revue
- des (Reverdin). Ms. Août, 522.
- — (id.) (Wahl). Septembre, 608.
- — Méthode générale de production des
- colorations nouvelles (Ch. Henry). MC. 1er Octobre, 289.
- — Indigo. Analyse de 1’ (Bloxham Orchar-
- dson. Knecht. Wood). Ms. Août, 560.
- — Estimation de l’indigotine dans les
- plantes indigofères et l’indigo commercial (Bargtheil et Briggs). Ms. Août, 563, 570.
- — Dosage de la charge dans les soies
- teintes (Gianoli). MC. 1er Octobre, 300.
- — Fixation de quelques matières colo-
- rantes par les substances minérales (Petit et Grand). MC. 1er Août, 225.
- — Colorants du Stilbène. Constitution. MÇ.
- 1er Octobre, 303.
- — Diazos stables (les). ( Grandmoujin).
- MC. 1er Août, 232.
- — Fixation des colorants basiques au
- moyen de cyanures métalliques complexes (Haller). MC. 1er Septembre. 310.
- — Analyse du coton teint (Capron). MC.
- 1er Août, 236.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, , 818, 15-31 Août,
- 863, 866, 920; MC. ler-16-30 Septembre, 279, 959, 1003. 15 Oct., 1043.
- — Apprêts. Produits d’— récents (Hoff-
- mann). lt. 15 Août, 291.
- Teinture. Blanchiment et teinture de coton (Beltzer). Gc. 14 Septembre, 327.
- — Mercerisage. Machine à merceriser Shuman. (id.). 298.
- — Machine à teindre Campbell. Cs. 30 Septembre, 1005.
- — Recherche des colorants sur fibre de coton (Saget). It. 15 Août, 304.
- — Procédés de teinture : recherches (Hu-bner). Cs. i'ô Août, 8(M>.
- — Écarlate de thioindigo R. MC. 1er Septembre, 257.
- — Bleu de cuve ou bleu de soufre. MC. 1er Septembre, 257.
- — Chinage des fils (Pasquet). MC. 1er Septembre, 261.
- — Dosage volumétrique des matières colorantes (Petit et Garuti). MC. 1er Septembre, 269.
- — Toxicité de sels de chrome, d’aluminium et de magnésium. Action sur
- ^ les fermentations. Comparaison avec les propriétés analogues des terres rares (Hébert). ScP. 20 Sept. 1026.
- — Couleurs vapeur imprimées simultanément avec les colorants sulfurés et l’indigo fixés à la soude caustique en présence de l’hydrosulfate formaldéhyde (Favre et Sclioen). SiM. Juin, 300.
- Thermochimie. Détermination des températures à distance (Millet). Bam. Juin, 436.
- — Constantes thermo-chimiqdes. Calcul des. (Redgrave). CN. 17 Oct., 188.
- — Constance des couples thermo-électri-
- ques (While). Ré. 15 Septembre, 150.
- — Montres thermoscopiques en seis mé-
- talliques. Gc. 28 Septembre, 365.
- — Température de ramollissement des
- montres. Sprechsall. 5 Septembre, 481.
- Térébenthine extraite des débris de bois (Teeple). Cs. 31 Juillet, 811.
- — Examende la (MacGill). Cs. l’ô Août,8il.
- Thorianite et uraninite. Formation de (Szil-
- lard). CR. 26 Août, 463.
- Titane. Spectre de l’oxyde de (Fowler). RSL. 6 Septembre, 509.
- Transmutation des éléments (Oswald). Ms. Octobre, 661.
- Uranium. Recherche sur les composés uraneux (Colani). ACP. Septembre, 59.
- p.1155 - vue 1153/1523
-
-
-
- J156
- Valence Nature de la' (Pope et Barlow). CN. 10 Août, 79. (Wernér).' CiV.» 13, Septem-. bre, 128.’
- Vanadium. Sulfate de. Patroiiite (llillebrand). American Journal of Science. Août,
- 141.
- Verrev Dépôt d’argent métallique sur le (Chattaway).- CN. 27 Septembre, 151 ; 4 Octobre, 163.
- — Fabrication et travail.- Ef.-'ô Octobre, 479.
- — Chargement des fours de verrerie. Spre-chsall. 29 Septembre, 511.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Politique financière des grandes villes prussiennes. Ef. 10 Août, 193.
- — Commerce extérieur en 1906. Ef. 14-21 Septembre, 307, 410.
- — Impôt sur le revenu et impôt complémentaire en Prusse. SL. Juillet, Aoïrt, 71, 73, 190, 210.
- Expansion commerciale.Ef. Il Août,221.
- — Budgets dei l’Empire et'des États particuliers. SL. Août, 208.
- .Algérie. Crédit populaire' en. Ef. 10 Août, 198.
- — Population de F—, ses éléments. Ef. 30 Septembre, 401.
- — et Tunisie. Commerce. Ef. 27 Septembre, 446.
- Angleterre. Commerce extérieur; 1er semestre 1907. Ef. 10 Aoilt, 192.
- — Banques en 1906. SL. Juillet, 87.
- Apprentissage et patrons. Rso. V? Août, 19F.
- Assurances' ouvrières. 20 ans d’— en Suisse. Ef. 5 Octobre, 481.
- .Associations rurales.- Fédération én Bavière (Dulac), Musée social. Août.
- Berlin.‘Population et industrie. Ef. 27 Juillet, 119.
- Bourses du travail. 2e conférence des. Ef. 3 Août, 155.
- •Chine. Commerce extérieur' en 1906. Ef. 3-10 Août, 157, 196.
- *Conciliation et arbitrage. Institutions privées en France’ et à l’Étranger (de- Boissieu). Rso. Septembre, 320. *
- Concentration des'> industries, théories socialistes. Ef. 7 Septembre, 338>
- <Cbnseils d’usine ou‘comités ouvriers • en Aile-* magne (BranLs).‘liso:.llor Août. 169.
- * OCTOBRE* 1907.1
- Eponges. Industrie des — sur la côte de Tunisie' (Ginestous)1.. Revues Sciéntifique, 28 Septembre-, 392F.
- Échéance. Religion de.. F. Ef. 20 Juillet J 85. Economats patronaux.et conseils''d’usine. Rso. Septembre,1318.*
- Enseignement technique et les méthodes de fabrication» (Garey)/ Cs. 31 Juillet, 791..
- — professionnel au Conseil supérieur du
- travail. Ef. 14 Septembre, 371.
- — Laboratoire technique du collège de Finshbury. (Coker). E. 16 Août, 220, 232.
- — Application des méthodes1 scientifiques aux problèmes de l’éducation (Ma-gnus). Nature/ 22 Août, 434; E. 4 Octobre, 463.
- Etats-Unis: Commerce extérieur en 1906-1907. Ef. 17-23 Août, 229,-265..'
- Crise financière. Ef. 21 Septembre, 406.
- — Organisation du travail et gouverne-
- ment fédéral. (NVillbugkby.). Musée social. Septembre.
- — L’épreuve américaine (Prinbaut). Rso.
- Septembre, 301.
- Entreprises industrielles.1 Ampleur dès —. Insuffisance des. capitaux. Ef. 24-31 Août, 261, 297.
- France. Impôt sur le revenu.-Vraie réforme des contributions indirectes. Ef. 20 Juillet, 77.
- — Marché des valeurs financières en France
- et à l’étranger. Ef. 27 Juillet, 117. Valeurs mobilières dans les bourses • françaises. Œf. 12 Oct., 505.
- — Évolution, de l’industrie J hôtelière en
- France. Ef. 27 Juillét, 123.
- — Exode et extradition des capitaux. Ef.
- 3 Ao«G» 153.
- — Finances des communes. Insuffisance
- des documents officiels. Ef. 28 Sep)t.,
- ' 437; 5 Oct., 473.
- — Institutions patronales en France (Clieys-
- son). Rso. 1er Août, 146.
- — Fraude des vins. (Remède à la); Pour-
- suite par les Syndicats de viticulteurs ^Nourrisson). Rso. le.r Août, 162.
- - — Lois sur le mouillage et le sucrage. SL. Juillet; 1-4.
- — Commerce extérieur,1er.semestre 1907. Ef. Août, 191 ;. SL.. 10, Août, 484.
- LITTÉRATURE 'DES PÉRIODIQUES^ —
- p.1156 - vue 1154/1523
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ------ OCTOBRE 1907.
- .France. - Postes. Résultats de la réduction du timbre à 0 fr. 10. SL. Juillet, 21. — Production des alcools en 1905 et'1906. SL. Juillet, 26.
- — Monopole des allumettes, Ef.:2Août, 271.
- — Opérations'des compagnies d’assurance incendies en 1906. Ef. 24 Août, 270. — Laboratoire d’essais 'du Conservatoire des arts, et métiers.’Crise du—. Gc., 24 Août, 281. •
- — Impôt sur :le revenu’(projet d’) et les sondages. Ef. 7 Sept:, 329.
- — Caisses d’épargne en 1905. SL. Août, 140-162.
- — Caisses de crédit agricole en 1906. SL. Août, 172.
- — Crise viticole et canaux d’irrigation déri->’ vés du Rhône. Ef. 5 Oct., 477.
- Guerre (Causes de la). Capitalisme et socialisme. Ef. 14 Sept., 365.
- Grèves (Résultats des). E'. 4 Oct., 344. Horlogerie bizontine et l’observatoire de Besançon. Revue Scientifique, 28 Sept., ' 398.°
- Habitations ouvrières (les). Rso. 1er Oct., 409.
- — agricoles (Pasquier)., Rso. Uf Août, 210.
- — de la ville de Mulhouse (De Glehn).
- SIM. Juin, 258.
- Inspection du-travail. Sa généralisation et les délégués mineurs. Ef’. 14 Sept., 369. Italie. Villes'italiennes, leur développement. Ef. 7 Sept., 337.
- Japon. Industrie^et commerce. £.19 Juillet, 84.
- Madagascar. (Mariuset A. Leblond.) Revue des Deux Mondes, 1er Janvier, 15 Mars, 15 Juin,1er- Août, 15 Octobre.
- Mutualité etpatrons'(Dédé). Rso.1er Août, 182. Musée du commerce et de l’ingéniorat à Berlin.
- (Gradenwitzj. EM: A eût, 702.
- Postes. Union postale; Résultats en 1905. SL. Août, 186.
- Paris. Assainissement de —. Ef. 24 Août, 263.
- — Assistance publique. Ef. 31 Août, 299. JR-évoyance sociale dans la Haute Italie Gc.,
- 24 Août, 273.
- Protection des travailleurs a. la conférence-diplomatique de Berne en septembre 1906 (Strahl). SiM. Juillet, 3ü3. Patronage dans une grande ville industrielle. Rso. Sept., 281.
- 1157'
- Retraite pour la vieillesse. Caisse nationale de 185Uà 1906;i£/‘.10-Àodi, 200.‘
- — ouvrières (système- d’assurance dans
- les). (Gaillard). Iîso. Sept.-, 358. Réglementation du travail. Son extension. Ef.
- 7 Sept:., 335;’
- jRussie. Idées sociales des salariés russes (Favier); Rso. 1er Oct., 432.
- Sucre. Consommation et production en Allemagne 1904-1906. SL. Juillet, 85. Statistique: Institut international de Copenhague. Ef. 21, 27 Sept., 404, 439.
- Suisse. Industrie hôtelière en. 1880-1905. Ef. . 12 Oct.,‘515.
- Syndicats. Commissions mixtes dans la vie syndicale (Perrin). Rso. Sept., 378.
- — mixte de l’industrie roubaisienne. Rso.
- 1er Oct., 444.
- Trade Unions: Congrès*des —. E. 13r~Sept., 367.
- CONSTRUCTIONS
- , ET TRAVAUX PUBLICS
- Amortissement de vibrations. Bandes élastiques Jolivet. Ram. Juin, 419.
- Rarrage dans la Sierra Nevada. Bi. 30 Août, 341.
- — en maçonnerie (Efforts dans les). E. 13
- Sept., -368; Calcul (Bocking)).* £'. 27 Sept., 310.
- Chauffage et ventilation (6e Congrès inter-: national de) à Vienne. Bi, 20 Juillet,..
- 388. < -
- — Ventilation d’hiver dans les appartements chauffés à l’eau chaude, (ici.) 289.
- — Coefficients de conductibilité des murs, cloisons... (ici.) 291; 3 Août, 310.
- — Chauffage à l’eau chaude (Rouquand). Ri. 3 Août, 308; 12 Oct., 408, 410. Supériorité de l’eau chaude sur la va-• peur. Ri. 14 Sept., 370; 28 Sept., 389.
- 1 — d’une'maison de santé. Ri. 12 Oct., ,408. 1
- , — de la bourse de Buda-Pest. Ri. 3, 17,
- 1 31 Août, 309, 369, 350; 14 Sept.,-368..
- , — Mise en régime de température et ohauf-' ' fage intermittent. Ri. 31 Août,.348. ;
- , 28 Sept., 388. - ’
- ! — Ventiliition des usines. E. Zi Août, 274. Ciment' armé'ARapport de l’Institut des ar-; chi te c te s< anglais: E'\ 26 juillet, 82, 88.
- 1 Le Ciment. Juillet, 97 ; Août, 144.
- p.1157 - vue 1155/1523
-
-
-
- 1158
- Ciment armé. Circulaire prussienne relative aux constructions en ciment armé. Le Ciment. Sept., 137.
- — (le). E. 16 Août, 227.
- — Emploi de la barbotine pour la reprise des travaux en ciment armé (Mesna-ger). APC. 1907, n° 39.
- — Calcul des pièces (Chaudesaigues). Ac.
- Août, 126; Sept., 134; Oct., 153.
- — Corrosion électrolytique des fers dans le ciment armé. E. 27 Sept., 430.
- — Pont de Deurne Merxem. E'. 16 Août, 157; de Sandford. E. 23 Août, 266.
- — Application aux travaux de fondations et hydrauliques (Forestier). Bam. Août, 495.
- — Type Ridley et Cammell. E1, 23 Août, 195..
- — Calcul des constructions (Tricaud). Gm. Août, 105.
- — Conduite d’eau en (Smith). ACE. Août,
- 581......................
- — Couverture du canal de l’ill, à Mulhouse. SiM. Juin, 268. •
- — Glissement des armature^. Le Ciment. Août, 122.
- — Dépenses en — à.Brighton. E'. 27 Sept., . 309.- '
- — Tours en — (Krellwitz). ACE. Août, 572. — Couvertures de bâtiments en —. Le Ciment. Sept., 129.
- Flèche des poutres. Calcul par l’intégration graphique (Aragon). Gc. 17, 24 Août, 260. 277.
- Fondations (les). ACE. Sept., 809; des grandes maisons - de New-York (Thomson). EM. Oct., 8f.
- Glace (la) et les travaux publics au Canada (Barnes). E. 9 Août, 216.
- Goudronnage des routes. Ri. 31 Août, 347.
- --- par le goudron chaud ou l’injectol froid (Vinsonneau). Bam. Juillet, 473. Ouragans. Action sur les constructions (Trot-, ter). E. 23 Août, 257.
- Poutres continues (Calcul des). E'. 27 Sept.,
- . 305. .
- Ponts bascule double de Duisbourg. E'. 9 Août, 129.
- de Rurhort, VDI. 10 Août, 1250.
- — suspendu à poutres raidissantes et arti-
- culation médiane (Gesclard). APC. 1907, n° 31.
- OCTOBRE 1907.
- Ponts des Saint-Pères. Réfection du tablier (Pigeaud). APC. 1907, n° 36.
- — de Sandford en ciment armé. E. 23
- Août, 266.
- — Appareil enregistreurdes flexions Osske-Kuhne. Gc. 31 Août, 298.
- — de Québec (Accident du). E. 6, 13, 20,
- 27 Sept., 329, 351, 371, 388, 391, 401, 419, 423, 4,' 11 Oct.', 449, 470, 484. E'. 6, 20 Sept., 231, 288, 292; 4 Oct., 348. Gc. 14 Sept., 333. Ri. 14 Sept., 346.
- — de Cé, accident. Gc. 14 Sept., 321.
- — sur la Weir à Sunderland. Ri. 7 Sept.,
- 353.
- —- Stabilité des voûtelettes du platelage des ponts métalliques (Caufournier). Gc. 12 Oct., 391.
- Siphon pour eaux d’égout à Suverne. Gc. 7 Sept., 312.
- Tunnels du Simplon et l’exposition de Milan (Nicou). Irai. (4-1907), 5. Approches italiennes. E. 26 Juillet, 99.
- — (Boisage des) (Meem). ACE. Août, 599. Voirie. Machine à essayer les pavés au choc.
- Ri. 10 Août, 318.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs fer-nickel (Juman). Sie. Juillet, 379 (Foester). Ré. 30 Août, 98. — Divers. Re. 15 Août, 65.
- — pour automobiles Wanson. Re. 30 Août,
- 103.
- — Batteries tampon en Allemagne. Elc. 3 Août, 71.
- — Calcul d’une batterie (Peulcert). EE. 17 Août, 241. ,
- — Fabrication du mastic des plaques en partant des hydrates fer-nickel. Re. 15 Oct., 197.
- Bobines d’aluminium. Ri. 24 Août, 336.
- — d’induction (Calcul des) (Enkert). Re.
- 15 Sept., 131.
- Câbles ignifugés Paterson. Essais. le. 10 Août, 351. ...
- Commande électrique des machines à papier. Re. 13 Oct., 204.
- Compensateurs. Groupes compensateurs, le.
- 10 Août, 350. ,
- Distributions. Calcul des lignes de traction à courants alternatifs : déterminations expérimentales des grandeurs néces-
- L1TTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- il 59
- saires au (Litchtenstein). EE. 20 Juillet, 99; 3, 10, 17, 24,31 Août, 167,205, 245, 280, 306; 14 Sept., 385. Distributions à coûtant continu et haute tension. Ile.. 30 Juillet, 39; 3, 10, 17 Août, 172, 205, 245; 7 Sept., 341. —- Chute de tension dans les câbles (Stirni-mann). EE.20 Juillet, 99; 24 Août, 282.
- — en France. Élé. 28 Sept., 193.
- — dans les départements du Nord, des
- .Pyrénées-Orientales. Elé. 20, 27 Juillet, 34, 53; 3 Août, 65. Basses-Pyrénées, (id.) 10 Août, 83. Haute-Saône, Belfort, 17 Août. 98.' Seine-Inférieure, (id). 24 Août. 115. Tarn, (id.). 31 Août, 129. Var, (id.).l Sept., 145. Vaucluse, (id.) 14 Sept., 161. Vienne, (id.) 21 Sept., 181.
- —; Réseaux de la Société méridionale de transport de force. EE. 27 Juillet, 116 ; 3 Août, loi.
- — *de Londres. E1. 27 Sept., 306.
- — des Açores. E'. 30 Août, 219.
- — Tableaux Ferranti pour très hautes ten-
- sions. Ri. 27 Juillet, 293. De la Société internationale d’électricité, à Vienne. EE. 12 Oct.; 44.
- — Système de distribution à employer pour les réseaux de faible puissance (Caldwell). EE. 28 Sept., 450.
- — Pertes d’énergie dans le dieleclrique
- des condensateurs et des câbles (Loppé). le. 25 Août, 365.
- U— Oscillations dans les réseaux à courants continus (Herzog).EF. 12 Ocl. 58.
- — par courants alternatifs. Influence de
- la forme de la courbe sur le rendement des transports d’énergie par (Holmbe). Re. 30 Août, 109.
- — Diviseurs sialiques de tension pour ré-
- seaux continus à 3 fils (Brunswick). le. 25 Sept., 418.
- — Localisation des isolateurs brisés et des
- au'res défauts sur les lignes de transmission (Nicholson). Re. 30Aoâf,109> des défauts dans un réseau de câbles (Schultz). EE. 14 Sept., 387.
- — Détermination du déphasage dans les
- installations triphasées (Hermann). EE. 28 Sept., 448.
- — Calcul des câbles pour réseaux électriques (Goetzke). EE. 28 Sept., 449. Tome 109. — Octoore 1907.
- --- OCTOBRE 1907.
- Dynamos. Pertes par le fer : détermination par la méthode des 3 voltmètres (Zipp). EE. 27 Juillet, 132.
- — Échauffement des collectéuis (Muller).
- EE. 3 Août, 163.
- — Dents et encoches. Influence sur le
- fonctionnement des induits (Ruden-berg). Re. 15, 28 Sept., 129, 443; 5, 19 Oct16, 93.
- — à champ tournant elliptique et à cou-
- rants alternatifs. Perles par courants de Foucault (Rudenberg). EE.l 0 Août 201.
- — à pôles auxiliaires. Théorie et construc-
- tion (Pélékan). Elé. 14 Sept., 170.
- — à courants continus pour réseaux à
- 3 fils. EE. 14 Sept., 383.
- ' — alternateurs triphasés de grande puissance de l’A. E. G. Elé. 24 Août, 113.
- — (Compoundage des) (llezelman et Per-
- ret). EE. 7 Sejot., 325.
- — Dimensions, prix et'poids des alternateurs (Chappel! et Germann). EE. 21 Sept., 417.
- —• Identification des balais de charbon pour dynamos au laboratoire central. Sie. Août, 433.
- — Coefficient de- fuites magnétiques. Sa détermination. Re. 30 Août, 97.
- — Influence des pôles auxiliaires de commutation dnns les dynamos à courants continus (Zipp). EE. 5, 15 Oct., 20, 193.
- — Relevé des caractéristiques en charge des dynamos et des moteurs (Guil-bert). EE. 14, 21 Sept., 361, 296; 12, •• 19 Oct., 37, 73.
- — (Rendement des). Méthode de détermi-
- nation rapide (Rougé). Re. 30 Sept., 175.
- — Moteurs. Rhéostats de réglage | nur moteurs commandant des pompes ou ventilateurs (Texier). Bam. Juin, 4iG. —- Schunt compensés (Belhcnod). EE.
- 20 Juillet, 73; 3 Août, 145.
- — Moteur fonctionnant en série sur courant continu et alternatif et comme moteur de lépulsion (Daniclson). EE Juillet, 127.
- — monophasés. Phénomène particulier
- (Punga et Hess). EE. 5 Oct., 23.
- . 76
- p.1159 - vue 1157/1523
-
-
-
- 1160
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1007.
- — Fonctionnement (Gorges).EE. ,31 Août, 302; 5, 12 Oct., 21, 54.
- — à collecteur Deri. Re. 15 Sept., 141.
- — asynchrone. Glissement (Mesure du)
- (Schulze). Re. 30 Juillet, 59.
- — Moteurs à induction; démarrage, réglage et compensation (Ib'gland). EE. 12 Oct., 50.
- — à courant alternatif. Localisation rapide
- d’un contact à la masse. le. 10 Août, 355.
- — Concours de petits moteurs électriques à Lyon. Elé. 21, 28 Sept., 177, 200.
- — Pertes dues à la commutation pendant le démarrage des moteurs monophasés à collecteurs (Bethenod). EE. 31 Août, 289.
- — Série-alternateur Siemens-Schuckert.
- Re. 15 Sept., 143.
- Électricité. Production par les moulins à vent. Ef. 3 Août, 159.
- Éclairage d’une mine. Étude comparative (Zickenheimer). SiM. Juin, 281.
- — au gaz et à l’électricité. Prix comparatif
- (Kennard). EE. 14, 21 Sept., 366,406.
- — de secours dans les théâtres. Elé. 7
- Sept., 152.
- — Transformation de l’énergie en rayon-
- nement lumineux (Guillaume). Re. 15 Août, 78.
- — Incandescence. Lampe à gaz raréfié Mac
- Farlane Moore. Gc. 20 Juillet, 202; Re.
- 30 Août, 116 ; EE. 7 Sept., 351.
- — à verres dépolis, causes de leur faible
- durée (Ilyde). EE. 27 Juillet, 140.
- — Consommation en watts par bougies.
- (appareil pour la mesurer (Hyde et Brooks). EE. 5 Oct., 32.
- — Lampes nouvelles'. le. 25 Juillet, 382,
- — Osram au tungstène, au zircone. EE.
- 31 Août; 28 Sept., 316, 483; 12 Oct., 69.
- — (Prog rès des) (Craster). E. 4 Oct., 477.
- — Rendement des lampesàincandescence.
- Évaluation par la méthode calorimé. trique Russner. Elé. 27 Juillet, 56.
- — Mesure des valeurs instantanées de la
- résistance et de l’intensité lumineuse des lampes à incandescence à courants alternatifs (Sahulka). Re. 30 Août, 120.
- — arcs. Différence de potentiel de l’arc à
- courant continu entre électrode métalliques (Cruge et Zebrikoff). CR. 16 Juillet, 169.
- — à mercure Aron. Elé. 10 Août, 81.
- — oscillants. Étude oscillographique des
- (Morris). E. 16 Août, 233.
- — à courant alternatif. Recherches élec-
- triques et optiques (Puccianti). EE. 31 Août, 298.
- — Arc électrique comme producteur de lumière (Blondel). Re. 15 Août, 80.
- — Lampe à grand rendement (Liltle). EE. 7 Sept., 353. '
- — Lampe Hélia.- EE. 7 Sept., 356.
- — Arc alternatif. Phénomènes d’histérisés (Simon). Re. 15 Sept., 146. Électrochimie. Avenir au Pérou. Ru. Juin, 223.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, 828; 15, 31 Août, 875, 929; 16, 30 Sept., 972, 1014; 15 Ocl.,iOoO',Electrochemical.Oct., 411. — Galvanoplastie. à Sheffîeld (Slïerard Cowper Coles). .SA. 19 Juillet, 873.
- — Chlorates alcalins. Fabrication électrolytique (Rosset). EE. 27 Juillet, 109; 10, 17 Août, 181, 224; 12, 18 Oct., 49, 85.
- — Étain pur cohérent. Production électrolytique (Reynal). EE. 20 Juillet, 86. — Électrolyse par courants alternatifs (Hayden). EE. 20. 27 Juillet, 185, 141. — Électrode au tantale. Fonctionnement (Schubra). EE. 31 Août, 320.
- — Zinc. Extraction électrolylique industrielle (Escard). Re. 30 Juillet, 48.
- — Conductibilité des élecLrolytes dans la pyridine et les autres solvants (Cald-well). CN. 16 Août, 75.
- — Chlorure de sodium. Électrolyse, procédé Townsend. Electrochemical. Août, 301. ...
- — Bismuth. Raffinage électrolylique. Elec-trochemical. Août,314.
- — Fours électriques, (Invention des) par Clerc. le. 10 Sept., 463.
- — Taylor Heroult. Snyder, Mas;ip. Cs. 15 Août, 877.
- — Soude éleclrolytique. État actuel de l’industrie (Moynot). Ms. Sept., 586. Générateur thermo-chimique d’électricité. Basset. Re. 15 Août, 65.
- ‘industrie électrique en Italie. Elé. 20 Juillet, 43.
- p.1160 - vue 1158/1523
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Industrie électrique municipale en Angle- , terre. Elé. 14Sept., 165. j
- Indicateur de terre avec téléphone pour courants continus (Athanasiadis). Re. 30 Août, 108.
- Isolateurs au caoutchouc. Essais. le. 10 Oct., 437. Fixation Egner. Ek!. 17 Août, 97. Mesures des coefficients de self induction par un électromètre différentiel (Atha' nasiadis). EE. 5 Oct., 33.
- — (Exactitude des). E'. 6 Sept., 241.
- — Résistances en manganèse. (Variation des) (Rosa et Babcock). EE. 27 Juillet, 143.
- — Appareils et méthodes pour courants de haute fréquence (Gaiffe). Re. 15 Août, 88.
- — Détermination du facteur de puissance
- au waltmèlre, procédé graphique (Radkte). EE. 14 Sept., 395.
- — Compteurs en Amérique (Armagnat).Ie. 25 Juillet, 317. Emploi dans les exploi- ; tâtions de tramways. le. 10 Oct., 443.
- — Décalage de phase dans les installations , triphasées. Sa détermination (Hu-: mann). Re. i3 Sept., 153.
- — Électromètre à fils de quartz platinés :
- Wulff. Re. 15 Sept., 152.
- — Enregistreur Westinghouse. le. 25 Juil-. let, 319.
- — Compteurs d’énergie pour tarif à dépas-1 sement. Elé. 5 Oct., 209.
- — Laboratoire et salle d’essais d'une usine ; de construction d’appareils électriques. Re.30 Sept., 180.
- — Synchroscope : indicateur du synchro-
- nisme de deux courants alternatifs (Cohen). Re. 13 Sept., 154.
- — Wattmètres et oscillographes thermiques (Irwin). EE. 3, 10 Août, 177, 215. Ri. 12 Oct., 403.
- Parafoudres. Protection des réseaux. le. 10 Août, 351.
- Plombs fusibles (les) (Cinget). Re. 30 Juillet, ' 36, 15 Sept., 138.
- Soudure électrique pour tiges. Elé. 31 Aotôf,136. Soupape électrique. Cooper Hewitt. Elé. 12 Oct., 225.
- Stations centrales. Mary, à Huddersfuld.
- E'. 19 Juillet, 53 ; de Snoqualmie Falls. EE. 20 Juillet, 79; de Caffaro. E. 9 Août, 201 ; de Greenwich. E!.
- --- OCTOBRE 1907. 1 1 61
- 27 Sept., 307; Nordfolk and Ports-mouth traction C°. Ri. 17 Août, 321. Stations centrales hydro-électriques du littoral méditerranéen (de Marchena). IC. Juillet, 43.
- — de Long Island City, au Pennsylvana.
- Rr. E. 30 Août, 299; de Bellinzona. Re. 30 Août, 104; de Biashina. EE. 14 Sept., 375.
- — hydro-électriques, économie de leur
- puissance comparée à celle des machines à vapeur (Webber). EM. Sept., 889.
- Striction électromagnétique ou « pinch phé-nomenon » (Bary). EE. 28 Sept., 433. Tantale. Résistance spécifique et coefficient de température (Pirani). EE. 14 Sept. ,382. Télégraphie sans fils (la) (Jamet). IC. Juin, 792.
- — Dispositif de réglage et d’accord pour
- les récepteurs de (Ducretet). CR. 16 Juillet, 171.
- — Production des ondes de grande fré-
- quence par l’arc électrique (Austin). EE. 27 Juillet, 133.
- — Convention de Berlin, le. 10 Août, 341.
- — DisposiLif d’accord pour récepteurs Du-
- crotet. Elé. 14 Sept., 169.
- — Station deNauen.LaNature.US Sept.,280.
- — à ondes entretenues (Mouzel). EE. 12
- Oct., 601.
- — Synchronisation en (Lodge). E. 16 Août, 225.
- — Système de la « Telefunken >\ Elé. 14 Sept., 167.
- — Détecteurs magnétiques (Maurain et Tissot). Re. 15 Août, 68; thermo-électrique à contact Austin. EE. 28 Sept., 452; électrolytique. Effet enregistré par (Tissot), 31 Août, 315. Re. 15 Août, 69.
- — Génératrice pour la (Villard). CR. 12 Août, 389.
- — Arc et étincelle en radiotélégraphie (Duddell). Nature. 22 Août, 426.
- — Circuit récepteur de radiotélégraphie
- (Pickard). EE. 31 Août, 313.
- — Transformateur à fuites magnétiques
- et à résonance secondaire Gaitl'e et Gunlher. CR. 30 Sept., 566.
- — Mesures faites sur des étincelles subdi-
- visées (Eickhoff). EE. 14 Sept., 388. Téléphonie sous-marine Pupin, lac de Cons-
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- 1162 • LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- OCTOBRE 1907.
- tance. E. 19 Juillet, 85. La Nature, 19 Oct., 332.
- Téléphonie. Appareils pour l’étude clos courants téléphoniques Abraham et Devaux Charbonnel. EE. 3 Août, 176.
- — Méthode de compensation Pupin(Prece). E. 16 Août, 225.
- — Relais téléphoniques (Soulier), le. 25 Août, 371.
- — Commutateurs téléphoniques multiples à batterie centrale et signaux lumineux. Gc. 28 Sept., 353.
- — sans fil. Re. 15 Août, 73, Je.25 Sept., 413. — Production d’ondes et d’oscillations
- contenues de haute fréquence pour la téléphonie sans fil (Blondel). EE. 21 Sept., 429, 430.
- Thermo-électricité du nickel. Influence des métaux étrangers (Pécheux). CR.
- 7 Oct. 591.
- Transformateurs. Méthode de chargement artificiel (Gustrin). EE. 20 Juillet, 95.
- — de courant continu en alternatif
- (Weiss). Elé. 3 Août, 72.
- — Tôles de qualité spéciale pour les. Je. 10 Août, 343. En alliages. EE. 24 Août, 276.
- — Essais en charge (Guilbei’t). EE. 24 Août, • 253. '
- — Emploi comme résistance réglable (Beneshke). Re. 15 Oct., 200.
- HYDRAULIQUE
- Barrages mobiles de 15 et 25 mètres de long.
- Concours. Gc. 12 Oct. 396.
- Compteurs d’eau (les) (Dariès). RM. Sept., â 221, 279; Allen. E. 4 Oct., 458.
- Conduite d'eau armée. Felten et Guillaume. Gc. 28 Sept., 365.
- Distributions d’eau. Manchester. E. 26 Juillet, 83; de Londres. E. 16 Août, 243.
- — de Tarare. Barrage de la Turdine (Pas-
- calon). APC. 1907. N° 32; de Bolton. Filtrage mécanique. Pm. Sept., 136; de Saint-Louis. Purification des eaux (Wall). ACE. Sept., 758.
- — électriques. Elé. 27 Juillet, 49.
- Forces hydrauliques utilisables en Eure-et-Loir, dp. 1er Août, 147 ; de l’Orne. Ap.
- 3 Oct., 435 ; du Rhin. EE. 5 Oct., 9. Moteurs hydrauliques. Rotatif Pittler. E.
- 27 Sept. 421. Réglage (Schafer). Dp. 5 Oct., 629.
- Orifice circulaire. Débit d’un (Monteil). APC. 1907. N° 35.
- Pompes des eaux de Dalny. E’. 2 Août, 117.
- — de Hambourg. VDI. 3 Août, 1222.
- — à bras Wilson. E1. 2 Août, 120;
- — directeàvapeurOddesse. E. 27 Sepf.,425.
- — rotative Pittler. E. 27 Sept., 421.
- — centrifuges. Fonctionnement(Kux). VDI.
- 10 Août, 1274. Ri. 14 Sept., 363; des docks de Cardiff. E. 6 Sept., 331.
- — rapides Bai'day. E'. 20 Sept., 295. Ri.
- 12 Oct., 406.
- Presses hydrauliques.Rendement des (Martens).
- VDI. 27 Juillet, 1184. E. 20 Sept., 403. Puits artésiens en Australie. E. 6 Sept., 339. Régularisation du lac Mjosen, Norvège. E. 9 Août, 209.
- Rivières du Sud Apalache (Waddell). Fi. Sept., 162.
- — Équations et lois empiriques de l’hydraulique fluviale (Fargue). APC. 1907. N° 34.
- Roue Pelton expérimentale Pitman. E. “JD Août. 313.
- Siphon de chasse Parenty. Gc. 14 Sept., 331. Turbines. Station électrique de Caffaro. E. 9 Août, 201 ; du Loch Leven. E'. 4 Oct., 336.
- — Usure des turbines (Dalmont), EE. 17 Août, 217.
- — Réglage des (Bail). E. 23 Août, 282. (Schafer). Dp. 28 Sept.,612] 12 Oct., 645.
- — pour hautes pressions. Conduite la
- plus économique. ACE. Août, 622.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateau express du gouvernement brésilien. E. 13 Sept. 374.
- Bouée lumineuse Pintsh. E. 23 Août, 267. Boussole. Influence magnétique du navire sur les compas de route. Elé. 14 Sept. 168. Constructions navales. Progrès des navires marchands (Ring). E. 19 Juillet, 90. Danube. Bouche deSulina. E'..20 Sept. 279. Drainage des côtes abritées par des digues au moyen de siphons d’air automatiques. Gc. 12 Oct. 393.
- Dock flottant pour « La Trinité ». E. 26 Juillet, 106.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES..------------ OCTOBRE 1907.
- 1163
- Ferry Bout. LuciaCarbo. E. 6 Sept., 332.
- — de Southampton. E'. 26 Juillet, 84. Exposition maritime de Bordeaux. VDI. 14 Sept.,
- 1451.
- Fulton et le centenaire de la navigation à vapeur. E'. 16 Août, 153; VDI. 17 Août, 1285.
- Gouvernail à vapeur Brown de la « Lusitania »
- E. 2 Août, 166.
- Ilydroplane Croces et Ilidalconi., E. 4 Oct. 457. Lançage de la Princessa Yolanda. Accident. E. 12 Oct. 502. .
- Machines marines de 3000 ch. Richardson. { Wistgarth. E', 19 Juillet, 69; du yacht « Médusa » (Dag. Summers). E. 26 Juillet, 108; Quadruple expansion Harlànd et Wolff. E'. 13 Sept., 270.
- — Graissage des (Bertrand). Bam. Juillet,
- 453.
- — à pétrole et à gaz(Willitz). E', 13 Sept.,
- 273.
- — turbines de la « Lusitania ». E. 2 Août,
- 149.
- Marine française. Décadence et le système des primes (Maurice). Gc. 31 Août, 295;
- 7 Sept., 315.
- Marines de guerre. Accident de l’«Iéna ». E'. 6 Sept., 240.
- — Torpilles, torpilleurs et sous-marins,
- (Ferrand). Revue Scientifique. 28 Sept., 385; 5 Oct., 418.
- — Contre-torpilleurs anglais (accidents
- aux). E. 16 Août, 245; à turbine allemand. EL 13 Sé^L, 255.
- — Sous-marins (progrès des). E1. 16 Août.
- 241. Français nouveaux. E1. 30 Août., 207. Sauvetage et renflouage (Dibos). IC. Juillet, 10.
- — anglaise. Réparations dans la. E. 6 Sept.
- 337. « Dreadnought » et « Condorcet ». E'. 19 Juillet, 68. Cuirassé « Bellero-phon. » E. 26 Juillet, 120. « Aga-memnon. » E. 6 Sept., 341. ,
- — française. E'. 27 Sept. 317.
- — américaine. L’Arsenal de Puget Sound
- (Estep). EM. Août, 752. Le Scout.
- « Salem ». IL 23 Août, 270.
- — Torpilleur brésilien. E'. 20 Sept., 294;
- 4 Oct., 346.
- — Ventilation et aménagement des soutes
- à poudres (Bochet). E. 26 Juillet, 123. Navigation. Présent et avenir. E. 26 Juillet, 122.
- Paquebots Cunard « Lusitania» . JL1J. Août, 169 ; E. 19 Juillet, 68; 29 Août, 129, 177, 209; Gc. 21, 28 Sept., 337, 357; EL 20 Sept. 293; 4 Oct., 344. « Mau-relama ». E. 20 Sept., 393.
- Pêches maritimes. Industrie en Belgique, Allemagne et Angleterre (Bellet). Revue Scientifique. 17 Août, 199; Développement moderne des ports de pêche anglais (Austen). E. 20 Sept., 383. Phare de Fastnet Rock. EL 13 Septi, 259.
- Plan incliné pour bateaux de Romanshorn, Lac de Constance. Gc. 10 Août, 252. Ports de Bruges et de Zeebruge. Gc. 20 Juillet, 193. E'. 26 Juillet, 77; de Dunkerque. Ef. 21 Sept., 408; de Marseille. Ef. Sept., 443; Du Havre. EL 12 Oct. 358; de Saint-Nazaire. E. 9 Août, 127; de Gênes (Voisin). APC. 1907. N° 33.
- — Travaux de défense à Hornsea. E'.
- 9 Août, 135.
- — de Rotterdam. Quais. Dp. 21-28 Sept.,
- 604, 617.
- Propulseurs (les). E'. 9 Août, 139.
- — hélicoïdal. Gambin. E', 6 Sept., 246. Réparation du « Survie. » E’. Sept., 311. Bivières. Ondes progressives et stationnaires
- (Cornish). E. 26 Juillet, 109; 16 23 Août, 119, 285 ; 6 Sept., 347.
- — Équations et lois empiriques de l’hydrau-
- lique fluviale (Fargue). APC. 1907. N° 34.
- Sécurité de la navigation. Nouvelle loi. Ef. 27 Juillet, 121.
- Sauvetage ef renflouage des sous-marins (Dibos). IC. Juillet, 10.
- Signaux sous-marins. EL 16 Août, 155/ Sondeur Wedlin. E. 30 Août, 313. Automatique Wheelcr pour fonds submergés. Gc. 31 Août, 301.
- — Bateau Planet. E1. 6 Sept., 245. « Pali-
- nurus ». E. 13 Sept., 357. Tuyautages d’eau de mer à bord des bâtiments de guerre. Corrosions. Elé. 31 Août, 133. Voies navigables de Grande-Bretagne et d’Irlande (Quinette deRocliemont). APC. 1907. N° 30.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation. Aéroplane. Stabilité des (Etévé).
- Gm. Juillet, 21 ; Aéroplanes Blériot.
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- 1164
- OCTOBRE 1907.
- LITTÉRATURE DES .PÉRIODIQUES. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- La Nature. 10 Août, 172. Seux [kl.), 12 Oct. 31b.
- Aérostation. Aviation (problème.de 1’) et la résistance de l’air (Maleire). Gc. 10-17 Août, 245, 265.
- — Ballons dirigeables (les). (Boutticaux). Revue Scientifique, 12-19 Oct. 455, 481. Polaire Wellman. Va. 10 Août, 507. — Ville de Paris. Va. 5 Oct., 632.
- — Études acrodynamiques chez les aérostiers militaires (Saconnay). Gm. Août, 115 ; Sept., 215.
- — Gyroplane Bréguet et Richet. CR. 16 Sept., 523.
- Air comprimé. Turbo-compresseurs Parsons (Furstenau). VDI. 20 Juillet, 1125 ; (Bateau). E. 16-23 Août, 248, 287. RdM. Août, 751. VDI. 17 Août, 1296. — CompresseurFranklin. E. 16 Août, 168. Nordberg. AMa. 7 Sept., 249. Robey de 1 200 ch. E'. 12 Oct. 373; com-pound des. Great Lakes Engineering Works. Pm. Août, 114.
- Arbres (Résistance des) (Smit). E. 27 Sept., 423. Bascule automatique Libra. Gc. 10 Août, 253. Bielles (Calcul des) (Ensslin). Dp. 28 Sept., 609; 5 Oct., 625.
- Billes. Essais des aciers pour billes. (Stri— bech). VDI. 14-21-28 Sept., 1445, 1500, 1543.
- Broyeurs Bradley. E'. 26 Juillet, 90.
- — Simons. Gc. 14 Sept., 332.
- Calcul. Machine à calculer Burrough. Dp. 31 Août, 553.
- Chaîne de transmission Morse. AMa. 3 Août,
- 73. Little. E'. 9 Août, 143. Chaudières (Rendement des). FJ. 'Zi Août, 192.
- — à bouilleurs Paty. Gc. 28 Sept., 364.
- — à tubes d’eau et surchauffeur Lampion.
- Ri. 21 sept., 375.__
- — Analyseur d’eau d’alimentation Sares.
- E. 6 Sept., 344.
- — Clapets d’arrêt (Essais de). E. 19 Juillet,
- 71; Hopkinson. E. 6 Sept., 345.
- — Épurateur Beissel. E. 30 Août, 298. Ri.
- 21 Sept., 376.
- — Filtres d’alimentation Harris. E. 2 Août,
- 160.
- — Foyers à pétrole. Kermode. E. 19 Juillet,
- 74. Ri. 17 Août, 323.
- — — pour anthracites de basse qualité
- (Enuis). EM. 120.
- Chaudières. Rendement des foyers (Ennis).
- EM. Août, 742.
- — Incrustations et transmission de la chaleur. Expériences de l’université de l’Illinois. E' 6 Sept., 229, 239.
- — Manomètres (Exactitude des) (Strome-yer). E. 23-30 Août, 276, 317. E'. 27 Sept., 325; 4 Oct., 351 ; Smith. E'. 30 Août, 212. . .
- — Nettoyeur de tubes Dean. Gc. 20 Juillet, 205.
- — Purgeur Ilorne. E. 20 Sept:, 407.
- — Pompe alimentaire verticale Niçois. E'. 26 Juillet, 91. Thwaiter. E. 4 Oct., 459; pour vapeur surchauffée Shepper. E. 25 Sept., 436. ‘ -
- — Réchauffeurs d’alimentation par vapeur de la chaudière Braithwaite! E. 2 Août, 172; Wilkinson. E'. 23 Août, 196.
- — Rendement des chaudières. E. 19 Juillet, 76. E'. 23 Août, 192.
- — Ilivures exposées au feu (Sulzer). VDI. 27 Juillet, 1165.
- — Tuyauteries : isolants de. E. 19 Juillet.
- — Surchauffe (la). EL 16 Août, 165 ; Emploi dans les stations- électriques' (Wildt). le. 10-25 Sept., 393, 424; Chaleur spécifique de la vapeur surchauffée (Smith). EL 23 Août, 180.
- Coussinets. Garnissage des(Volk) VDI. A0 Août, 1245.
- Chocs. Caractères des vibrations accompagnant les chocs déduits des cassures (de Frémenville). RdM. Sept., 833.
- Courroies. Attaches flexibles Stone. E. 4 Oct., 459.
- Écrous. Arrêt. HX. Ri. 21 Sept., 379.
- Filetage. Unification américaine. AMa. 10 Août, 126.
- — Étalonnage. EL 13 Sept., 262, 266.
- Froid. Utilité des diagrammes d’indicateur pour l’étude des machines frigorifiques (Hart). EM. Août, 766.
- Hautes pressions. Appareils pour leur étude (Petavel). E. 26 Juillet, 97.
- Graisseurs Caloin. EL 9 Août, .144.
- — Forced Imbrication G0. E. 4 Oct., 458.
- — Viscosité des mélanges d’huiles et
- d’eau. E. 20 Sept., 403.
- Indicateurs nouveaux (Wagener). VDI. 31 Août, 1365. Rosenkranz. Gc. 20 Juillet, 204.
- Levage. Ascenseurs et escaliers mobiles du
- p.1164 - vue 1162/1523
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- métropolitain de New-York. Ri. 24 Août, 335.
- Levage. Basculeurs de wagons nouveaux. VDI. 28 Sept., 1525..
- — Cabestan électrique Stotheith et Pitt. E'. 19 Juillet, G6.
- — Çableway Hénderson pour chantiers maritimes. E. 15 Sept., 378.
- — Derricks pour’ constructions (Kochler). VDI. 27 Juillet, 1189.
- — Escaliers mobiles (Wintermeyer). Dp. 21 Sept., 595.
- — Grappins pour pierres. Coleman et Major. E'. 20 Sept., 298.
- — Grues hydraulique Armstrong Whit-worth de 150 tonnes. E. 19 Juillet, 67 5 portique. Dp. 20 Juillet, 451 ; roulante pour le ripage des voies. Chemin de fer de Colon à Panama. Gc.24 Août, 280; hydrauliques et électriques, comparaison (Gasquet). Gc. 27 Juillet,
- 3 Août, 209, 229.
- — de 150 tonnes aux chantiers John
- Brown Clydebante. Gc. 12 Oct., 385; à volée basculante de 150 tonnes Bechem et Kestman. Ri. 5 Oct., 393; llottante de 60 tonnes Daydé Pillé. Gc. 31 Août, 289 ; marteau électrique de 150 tonnes à Bizerte. le. 10 Sept., 389 ; transportable pour montage des locomotives. Dm. Oct., 150.
- — Manutention mécanique dans les journaux. Gc. 17 Août, 257.
- — Transporteur Temperley. Dp. 7-14
- Sept., 561, 579.
- — VerrinhydrauliqueJoyerCridland.AJfa. 20 Juillet, 70.
- Levers coudés (Calcul des) (Murphy). AMa. 14 Sept., 292.
- Machines-outils. Ateliers en ciment armé, disposition des machines-outils. AMa. 20 Juillet, 3; 24 Août, 179; Ateliers d’Oerlikon. E1. ,23 Août, 186 ; des Sko-dawerke à Pilsen. Z01. 20 Sept., 665.
- — — Administration des —. AMa. 27
- Juillet, 50. 24 Août, 189. EM. Août, 736. 774. Sept., 894, 931.
- — — Commande électrique (Parisot). Re.
- 30 Sept., 162.
- — — Construction des (Collins). EM.
- Sept., 906.
- — Calibres Johannson. AMa. 5 Oct., 393.
- OCTOBRE 1907. 1 165.
- ' Machines-outils. Coupage des métaux par l’oxygène (Guillet). Gc. 10 Août, 241. — Cisaille hydraulique pour tôles Brener Schumacher. AMa. 20 Sept., 360.
- — Coupe-tubes Lewis. Ri. 7 Sept., 359.
- — Diverses (Ruppert). VDI. 3-10 Aoiît, 1205,1260.
- — Courbeuse pour tuyaux Claridge. Ri. 21 Sept,., 378. Bradley et Craven. E'. 4 Oct., 349.
- — Diviseuis. Fabrication d’un diviseur exact (Stanley). AMa. 27 Juillet, 37. — Dynamomètre d’outil Brooks. E.
- 23 Août, 269.
- — Electriques : perceuses pour ponts.
- (Schrader). Dp. 17, 22 Août, 513, 529. — Emboutissage des tôles de chaudières (Dixie). AMa. 31 Août, 221.
- — Étirage moderne. E. 9 Août, 191.
- — Forets hélicoïdaux. Essais et fabrication (Galvin). AMa. 12 Oct. 433.
- — Fraisage. Emploi des outils plats profilés. AMa. 10 Août, 109 ; de vis sur tours. Barwood et Suider. AMa. 24 Août, 214.
- — Fraiseuses semi-universelle Brown et Sharpe. Ri. 20 Juillet, 281; Leblond. Ri. 3 Août, 301; Farwell. AMa. 17 Août, 160; Herbert RM. Août, 206; Kendall et Gent. E. 4 Oct., 471 ; Genouillère universelle Becker Bra-mard. AMa. 21 Sept., 349 ; Montages pour fraiseuses Brown et Sharpe. AMa: 24 Août, 210. Pour rhabillage * des fraises. AMa. 21 Sept., 331.
- — Machines-outils modernes et leur développement (Brakenbury). E. Août, 313. RM. Sept. 313. américaines. Ri.
- 24 Août, 337. à l’exposition de l’Olympia. Londres. E. 27 Sept., 413; 4-11 Oct., 446, 481.
- — Marteaux pneumatiques compound Pil-kington. E'. 19 Juillet, 56 ; à courroies Dieudonné Lechène. Dm. Août, 114. — Meules à rectifier Pratt Whitney. AMa. 20 Juillet, 11, Ri. 14 Sept., 361.
- — — aléseuse Phoenix Polil. Ri. 27 Juil-
- let,290. Eeald. AMa. 10 Août, V23.
- — — Essais de (Schlesinger). E. 13 Sept.
- 355.
- — — en carburendum. Essais (Schlesin-
- ger). VDI. 3 Août, 1227.
- p.1165 - vue 1163/1523
-
-
-
- 1166
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1907.
- Machines-outils. Meules. Enlèvement des poussières (Bennett). SA. Août, 974; Contact de la meule avec sa taille. AMa. 31 Août, 236.
- — verticale Pratt Wliitney. AMa. il Août,
- 143; universelle Newall. E'. 27 Sept., 320*
- — Vitesses des meules (Noyés). AMa.
- 1 Sept., 257.
- — Pneumatiques (Outils) (Bing). E. 9-10
- Août, 221, 251. RM. Sept., 316.
- — Puissance absorbée par les machines-
- outils (Campbell). RM. Sept., 312.
- — Raboteuse pour affûts Iletherington.
- E’. 26 Juillet, 92.
- — Rivetage hydraulique (Rusett). E. 26
- Juillet, 124. Electrique des ponts (Schrader). Dp. 17-24 Août, 513-529.
- — Riveuse pneumatique réglable Albice.
- AMa. 27 Juillet, 52.
- — Scie à métaux Holroyd. E. 4 Oct., 447.
- — Taille des pignons. Machine Newton.
- Ri. 10 Août, 313;Nardin Parker. RM.
- . Août, 205.
- — Travail des outils rapides (Taylor-Co-
- dron). RM. Juillet-Août-Septembre, 5,130, 279 ; (Dureté des) (De Monzay). RdM. Sept., 883.
- — Tours à 4 voies. Schiers. Hirlse. E'.
- 19 Juillet, 56; à fileter (Drummond). E. 20 Sept., 394; Lo Swing. AMa. 21 Sept., 328 ; Verticaux sur planchers (Travail des). AMa. 31 Août, 215; à «a revolver Ward. E’. 16 Août, 169. Ri. 12 Oct., 401 ; Hartness. RM. Août, 219.
- — Lodge et Shepley, électrique. Essai.
- AMa. 21 Sept., 330.
- — — Bancs de (Nicholson et Smith). E'.
- 30 Août, 203; 13 Sept., 251. RM. Sept., 308.
- — — Contre-pointe Lang. RM. Août, 191.
- — — Harnais (Calcul du) (Nicholson et
- Smith). E'. 26 Juillet, 76. (Adler). VDI. 21-28 Sept., 1491, 1S36; 12 Oct., 1621. Smith et Coventry, Ilulse, Leblond et Groene. RM. Août, 191. En progression géométrique (Parker). AMa. 12 Oct., 429.
- — — Portatifs Wakermann. RM. Août,
- 189.
- — — Porte-outil Herbert. E'. 30 Août,
- 222. BarvilleSkulford. RM. Août, 190.
- Machines-outils. Jauge Lodge et Shipley. RM. Août, 191.
- — — Dynamomètre Brooks pour tours.
- RM. Sept. 312.
- — Tubes profilés, fabrication à froid, à la Société française de métallurgie (Breuil). Gc. 5, 12 Oct., 369, 388. Tréfilage des fils de cuivre (Kuppers). RdM. Oct., 729. Tréfileuses multiples (Histoire des) (Gribbs). [kl.). 729.
- — Vis (Machine à). Engorgement par les copeaux. AMa. 10 Août, 112; Tracé des cames (Goodrech et Stanley). AMa. 28 Sept., 355; 19 Oct., 470; Pearson et Roberts. Hakewessel et Spencer. Weber, Potter et Johnston. RM-Août, 196.
- — Calibres pour Taylor. E'. 13 Sept., 262. — Laminoir à vis Acmé. RM. Août, 205.
- — à bois. Scie circulaire façonneuse. Ran-
- some. E'. 26 Juillet, 91.
- — Raboteuse Pickles. E'. 26 Juillet, 92. Glover. E'. 2 Août. 120.
- — Perceuse mortaiseuse. Ransome. E1.
- 9 Août, 142,
- — Courbeuse pour bois d’ébénisterie Stub-
- ling. Gc. 17 Août, 267.
- — Scies rapides (Théorie des) (Denfler).
- Dp. 5, 12 Oct., 632, 647.
- Moteurs animés (Puissance des) (Ringelmann). Ap. 25 Juillet, 118.
- Moteurs à, gaz. Grands moteurs (Handorff).
- VDI. 17 Août, 1305. A gaz de hauts fourneaux dans les forges (Limbourg). RdM. Oct., 945.
- — Etat actuel (Clerk). E. 20 Sept., 409. .
- — Crossley de 600 ch.Essai. E'. 16A(mC159.
- — . Allumage. Influence du caractère de
- T étincelle (Irart). Technique automobile. Juillet, 101; Leitner. E. 23 Août. 267; Lodge. Va. 7 Sept., 561. Gc. 21 Sept., 345.
- — Essais et théorie des (Nagel). VDI. 7-14 . Sept., 1405,1461 (Mees). EE. 28 Sept.,
- 438. (id.) 5 Oct., 1586.
- — Gazogènes Guilbaud. Bam. Juin, 429.
- — divers. ACE. Sept., 784. A combustibles
- inférieurs (Junge). RdM. Oct., 683.
- — Mise en train électrique Neu. le. 2
- Juillet, 322. .
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —
- Moteurs à gaz. Pertes et rendement (Bur-nand). E. 4 Oct., 445.
- — Pistons. Va. 24-31 Août, 529, 515; 14
- Sept. 589.
- — Températures d’explosion (Hopkinson).
- E. 9 Août, 197.
- Moteurs à pétrole. Boudreaux-Verdet (pour autos). Va. 27 Juillet, 475. Standard. 6 cylindres de 500 chevaux. E. 16 Août, 231. Gresham. E'. 16 Août, 171. Alcyon à 2 temps. Va. 17 Août, 525.
- — Gaz d’échappement des (Hopkinson et
- Morse). E. 9 Août, 197, 219.
- — pour bateaux Wolff et Struck.Va. 7
- Sept., 572. (Willits). E' 13-29 Sept., 267, 299.
- — pourpompesdanslTnde.E.20SepL, 401.
- — Calcul d’après leurs dimensions. Tech-
- nique automobile. Sept., 136.
- — Carburateurs Decauville. Va. 17 Août
- 519. Lambert Bidermann. Va. 7 Sept., 574.
- Moteurs à vapeur. (Rendement des) (Pond). E'. 20 Sept., 296.
- — Compound vertical. Gole Marchent. E'.
- 19 Juillet, 53.
- — Condensation initiale aux cylindres. E'.
- 12 Oct., 370.
- — (Accidents aux) en Angleterre. E. 30
- Août, 306. E'. Oct., 369.
- — Dispositifs de sûreté (Iversen). VDI. 5 Oct., 1565.
- —: rapide à triple expansion de 1.000 chevaux. VDI. 27 Juillet, 1186.
- --- Turbines Parsons. Théorie (Naylor). E'. 4 Oct., 349; de la « Lusitania ». RM. .Août, 169; avec turbo-compresseur (Furstenau). VDI. 20 Juillet, 1125; Cuitis. Gelplce et Kugel. General Electric C°. Rateau. Callan. Ernmet, Davy. Dickinson. Bellis et Morcom. Brown Bovery. Chilton. Ferranti. Frickait et Jaeger. Junggren. lvruesi. Laval. Mel-mes et Pfenniger. Rawson et Bucholtz. Oerlikon. Shultz. Westinghouse. RM. Août-Sept.-Oct., 163, 294, 390.
- —. Curtis de 1000 kw. Essai. E. 13 Sept., 375 ; (Calcul des) (Hanocq). Ru. Août, 125.
- — Condenseurs aériens. Tours de refroi-
- dissement. Essais Schmitt. E'. 13 Sept., 268; Gontraflo Morrison. E.
- 20 Sept., 407.
- OCTOBRE 1907. 1167
- Moteurs à vapeur. Distribution à pistons et déclics Marchant et Morley,. E'. 19 Juillet, 54.
- — — à soupapes Recki Ruston. E. 27
- Sept., 437.
- — — Diagrammes des (Bandin). Dp. 20
- Juillet, 449.
- — — tiroirs à canaux (Hochwald). VDI.
- 31 Août, 1383; Fuites aux tiroirs. E'.
- 13 Sept., 266.
- — Surchauffe (Influence de la) (Olry et
- Bonet). Ri. 5 Oct., 398.
- — Pistons. (Résistance des) (Ennslin). Dp.
- 14 Sept., 577.
- — Tourne-volants électrique Felten et
- Guillaume. E. 13 Sept., 363.
- Moulins à vent en Danemark. E. 27 Sept., 430.
- Presses monétaires Taylor et Challen. E'. 27 Sept., 321.
- Pesage. Balance automatique pour monnaies (Lambert). AMa. 20 Juillet, 19. Résistance des matériaux. Machine à essayer Ilartley-Wickstead. E. 4, 12 Oct., 505, 474; IV. 2, 9 Août, 120, 147. États durs et doux des métaux ductiles (Beilby). RSL. 2 Août,i:&3;E. 4Oct.,464.
- — Aciers soudés. E. 27 Sept., 426.
- — Essais de torsion. E'. 9 Août, 147.
- — Essais des caoutchoucs et tissus pour
- pneumatiques. Dynamomètre Gel-lard. Technique automobile. Sept., 132.
- — Nouvelles méthodes d’essai (Breuil).
- RM. Août, 109; Oct., 336.
- Roulement sur billes (Hess). AMa. 14, 21 Sept., 294, 333.
- — Frottement des (Springer). AMa. 10
- Août, 119.
- Synchronoscope Abraham. CR. 16 Juillet, 174. Textiles. Force et élasticité des filés en coton. Influence de la tension, du vaporisage et de l’encollage (Gegauff). SiM. Avril, 153.
- — Système de lavage et de séchage sur
- machine du coursier des machines à imprimer, supprimant l’emploi du doublier, de la Société cotonnière mulhousicnne. SiM. Mai, 236, 238.
- — Machines nouvelles de filatures. VDI.
- 27 Juillet, 1168; 24 Août, A38o.
- — Préparation et filage du jute (Macdo-
- nald). E. 2 Août, 184.
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-
-
- 1168
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1907.
- Textiles. Dispositif de sûreté dans les fila-. tures de coton. E. 9, 30 Aotît, 192, 290. — Tissage des toiles de lin et de jute (Woodhouse et Milne).ff. 15 Août, 293. — Cannetière Presle et Josserand. Et. 15 Oct., 392. ' - '
- — Flambage des fils ;.machine Higginson. Et. 15 Oct., 375.
- — Étude des métiers self-acting (Frish).
- Dp. 25, 3t Août, 536, 546.
- — Câbles de transmission (Fabrication des) (Schullz). Dp. 14 Sept., 582.
- — Flanelles. (Étude des) (Dantzer). It. 15 Sept., 337.
- — Dépoussiérage des ateliers de laine cardée (Quinard) [kl.). 343.
- MÉTALLURGIE
- Alliages de cuivre (Corrosion des) (Rhodin). E'. 19, 26 Juillet, 53, 63, 75; 2 Août, 106; Cobalt et étain (Ducellier). CR.
- 19 Août, 431; 9 Sept., 502; de nickel et d’étain (Vigouroux). CR. 22 Juillet, 246; 19 Août, 429. (Guillet). ScP.
- 20 Juillet, 781. Nickel et plomb (Por-ievln). RdM. Août, 814.
- — Étude des méthodes employées (Guillet). ScP. 20 Juillet, 775; Méthode d’analyse thermique de Tammann (Portevin). RdM. Août, 796.
- — de cuivre. Désoxydation par le magné-
- sium. RdM. Août, 524; d’aluminium (Fonderie des) (Dolnar). Ailla. 7 Sept., * 262.
- — Phénomènes de solidification et de ' transmission (Portevin). RdM. Oct., 915.
- Aluminium. (Fabrication du papier d’). La Nature. 3 Août, 147; Action du silicium sur les aluminiums purs et impurs (Vigouroux). ScP. 20 Juillet, 789. Argent. (L’) (Vigouroux). ScP. 20 Juillet, 792. Coke. Manutention des fours Nixon. Eam. 20 Juillet, 119.
- Cuivre et ses alliages. Corrosion (Rhodin). E'.
- 19 Juillet, 53, 63; Raffinerie du Rio Tinto à Port Talbot, Galles. Eam.
- 20 Juillet, 111; Usines de la Colombie britannique(Kelfer). EM. Août, 714; de Sait Lake. Eam. 21, 28 Sept., 527, 575.
- — Utilisation des chaleurs perdues des
- fours de fusion. Ri. 24 Août, 334. -Cuivre. Électrométallurgie. Calculs (Richards). Électrochemical, Oct., 398; Extraction électrolytique W. Stœger. Ru. Juil-let, 75.
- — Traitement des mattes (Calculs du) (Richards). Électrochemical. Sept., 352. — Fontes des pyrites (Richards). Ëlectro-chemical. Août, 304.
- Etain. Raffinage éleclrolytique (Steiner). Elec-trochemical. Aoiit, 309.
- Fer et acier. Activité et passivité du fer (Ileathcote). Cs. 31 Août, 899.
- — Fours Talbot de la Jones and Lauglin Steel C°. RdM. Août, 548; à sécher et à réchauffer pour fonderie d’acier. RdM. Sept., 603; Four Heskett pour la production directe de l’acier. RdM. Oct., 704.
- — Fours à moufles chauffés au gaz pour le traitement thermique de l’acier. RdM. Août, 535.
- — Four à réchauffer les tôles des Waterous Engine Works. Ri. 10 Août, 315.
- — Petit Bessemer réuni au four Martin (Widding). Ms. Sept., 616.
- — Phase nouvelle fer-carbone. U’Osmon-dite (Howe). Electrochemical. Sept., 347.
- — Classification des aciers par brûlage et étincelles (Shore). AMa. 31 Aoiît, 219. — Sidérurgie en Autriche (Kcstranck). E. 27 Sept., 439 , 4 Oct., 465. Sidérurgie dans la Nouvelle-Galles du Sud. E'.
- 19 Juillet, 65.
- — Électrosidérurgie (Escard). Pm. Août, 122; Sept., 138; Oct., 150. (Greene et Mac Gregeer). Electrochemical. Sept., 367.
- — Ségrégation et pipage des lingots ; Moyen de les éviter (Obbolzor). Fi. Juillet, 1. Expériences sur des lingots en cire (Howe et Bradley). AIM. Juillet, 561, 611. Soufflures (Malitz). AIM. Sept., 691.
- — Forges et mines de l'État hongrois. E1.
- 20 Sept., 280.
- Cémentation (Absorption de l’azote par le fer dans la) (Braune). RdM. Oct., 704.
- — Aciers spéciaux (Guillet). Im. 4 (1907),
- 115; au tantale (Guillet). CR. 29 Juillet, 321; au bois (Guillet). RdM. Août,
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-
-
- 1169
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- 784; au vanadium ternaires et quaternaires (Guillef). Rcl}ï. Août, 775. Fer et acier, et fer météorites (Berwerth). E. 4 Oct., 472.
- — Affinage sur sole basique. Étude expé-
- rimentale (Bosser). Ru. Juillet, 1. Fonderie. Propriétés des fontes dé moulage.
- Bam. Juin, 118. Étude des sables de moulage (Henrich) (id.) 124.
- — Fontesaunickel (Guillet). CR. Sept.,552. Détermination de leur perméabilité. Gc. Août, 251.
- — Enseignement de la fonderie aux États-
- Unis. 7it. 12 Oct., 407.
- — Machines à mouler Bonvillain Roceray.
- AMa. 27 Juillet, 48. (Buchanan) (id.). 3 Août, 80. (Pattin (id.). 93. Pridmore. E'. 23 Août, 194. A mouler les engrenages Mesta. AMa. 28 Sept., 367. Les poteries en fonte. RdM. Oct., 74.
- — Fonderie Slephenson à Hepburn. E.
- 16 Août, 237.
- — Dispositif de troussage. RdM. Oct., 713. — Étude pratique des cubilots. Bam. Août,
- 210. Construction et marche. RdM. Oct., 707. Chimie des (Orthey). (id.) 678. Influence des impuretés (Stough-ton). (id.). 953.
- — Chariot hydro-électrique pour poches
- de 20 tonnes Bechem et Ketmann. Gc. 17 Août, 264.
- . — Hauts fourneaux lurbo-souffleurs Parsons. VDI. 20 Juillet, 125; américains modernes (Stoughton). Earn. 27 Juillet, 145; 24 Août, 347; de Yajna Huyad. E'. o Sept., 237; Chimie des (Stoughton). Eam. 3 Août, 206; Epurateur de gaz Pettet et Barrocos. RdM. Sept., 619; (Gaz des). Volume et puissance calorifique (Ehrenwerth). E. 27 Sept., 435.
- — Effet du zinc des minerais de fer (Por-
- tez). AiM. Sept., 739.
- — Laminoirs Retourneur électrique Fayol-
- le. Bam. Juin, 425; Réversible électrique à Hildegardehutte. Re. 30 Août, 113.
- — Réchauffeur de la Gutchoffnungshutle.
- E'. 19 Août, 172.
- Grillage. Four tournant Wedge. Eam. 27 Juillet, 173.
- Nickel. Procédé Mond. Ri. 3 Août, 307.
- ---OCTOBRE 1907.
- Or. Volatilisation pendant sa fusion. Eam. 17 Août, 297. Chloruration. Essais de laboratoire. AIM. Sept., 747.
- Plomb. Grillagç des minerais, procédé « à la chaux » (Prost). Ru. Juin, 303 ; Usines de Salt-Lake. Eam. 21 Sept., 527. Soudure autogène oxyhydrique. Ri. 3 Août, 303.
- Zinc. Facteurs physique de la réduction métallurgique de l’oxyde de zinc. AIM. Sept., 757. Électrométallurgie du (Escard). Re. 15 Oct., 217. Usines de Swansea. Eam. 27 Juillet, 161.
- — Laboratoire de l’usine de Coffeyville.
- Eam. 21 Sept., 541.
- MINES
- Aérage. Retour d’air en ciment (Haertler). Eam, 7 Sept., 448.
- Affaissements de terrains (Richardson). Eam. Août, 196.
- Amiante. EM. Oct., 68.
- Appareils respiratoires (Emploi des) (Kuss). RGp. 2 Juillet, 273.
- Argent. Filon de la Standard Mine, Jlodie, Californie (G. Brown). AIM. Juillet, 507.
- — Mines du district de la rivière de Mon-
- treal. Eam. Sept., 541.
- Boisages dans les mines d’anthracite. Eam. 31 Août, 404.
- Carrières de granit de l’Aberdeenshire (Simpson). E. 2, 9 Août, 188, 217.
- Corindon. Carrières et emploi. Ms. Sept., 639. Cuivre. Mine de Schulver. N. Y. (Granber). Fi. Juillet-, 13 Sept., 217. De Porphyre à Bingham. Eam. 7, 14. Sept., 431, 479. — Situation aux États-Unis (Dougla'j). EM. Oct., 1.
- Diamant. Origine et gisements (David). CN. 20 Sept., 140; Minage du. Eam. 27 Juillet, 150; de l’Arkansas (Washington). American Journal of Science. Sept., 275.
- Électricité. Utilisation dans les mines de charbon d’Angleterre. Elé. 27 Juillet, 59.
- — aux mines de Calumet and Hecla. Eam.
- 27 Juillet, 157.
- — à Lansdorf (Pensylvannie). Eam. 24
- Août, 359.
- Etain en Malaisie. Ms. Sept., 637.
- Epuisement à la mine de Lendal Moor. E. 12
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- 1170
- Oct., 490. Mine inondée. Installation d’un barrage. Eam. 17 Août, 312. Épuisement des mines d’anthracite aux États-Unis (Nôrris). EM. Oct., 159.
- — Coup d’eau à la mine Laura, et Verce-niging (Genart). llu. Août, 109. Extraction électrique à Ligny-les-Aires. Je. 10 Août, 400.
- Excavations en grandes masses (Mac Farlane). Eam. 4 Août, 204.
- — dans le district de Joplin. Eam. 19
- Août, 255.
- Fer. Mines de Menominee (Michigan).Exploitation en caves. Eam. 20 Juillet, 99; de Mesabi. (id.). 3 Août, 193; de Gogebie. (ici.). 10 Août, 245.
- — Minerai silurien de Basse-Normandie (Heurteau). AM. Juin, 613. l’Erzberg d’Eisenerz (Bauerman). E.
- 20 Sept., 441.
- Houillères en Colombie britannique. E. 13 Sept., 370; du Michigan. Eam. 28 Sept., 594; Nouvelle-Galles du Sud. La A ature. 20 Juillet, 123.
- — Volume des tas de charbon. Sa détermination. Eam. 27 Juillet, 162.
- -T- Production et prix des charbons dans le monde. Ef. 27 Sept., 441.
- — Anthracites américains. Nouveaux gisements. Eam. 1er Sept., 500.
- — Briquettes. Fabrication aux États-Unis (Parker). A1M. Sept., 789. Liant des, E. 12 Oct., 496.
- — Résistance des charbons à l’écrasement
- (Daniels et Moore). Eam. 19 Août, 263. Manganèse (Induslrie du) dans l’Inde (Ghose). SA. 2 Août, 908.
- — Production et emploi. Ef. 31 Août, 303. Nickel en Nouvelle-Calédonie. Eam. 28 Sept., 583 ; en Virginie (Walson). AIM. Sept. 829.
- Nouvelle-Calédonie. Richesses minérales. Eam.
- 21 Sept., 532.
- Mercure. Production et commerce. Ef. 12 Oct., 512.
- --- OCTOBRE 1907.
- Mexique. Condition du travail au .'Eam. 5 Oct. 621. Mines du. (id.), 625-637. Mines de La Luz, Guanajuato. Eam. 22 Juillet, 105, 153.
- Or. Extraction et production (W. Gregory). SA. 13, 20, 27 Sept., 1003, 1022, 1037.
- — Placérs de la Terre de Feu. Eam. 3 Août, 202; Nomenclature des placers modernes (Huttchins). Eam. 17 Août, 293 ; Prospection des placers. Données essentielles (Hutchins). Eam. 24, 31 Août, 339, 385.
- — Tubes broyeurs. Frais d’établissement. RdM. Août, 563.
- — Sables noirs de Californie (Day). Fi. Août, 141.
- — à Saint - Domingue. Eam. 14 Sept.,
- 490.
- Préparation mécanique. Table de Wilfley. AIM. Juillet, 628.
- — Rocard à yapeur Nordberg. Eam. 24
- Août, 349.
- — à Cripple Creck. Eam. 24 Août, 352.
- — Ecoulement d’eau tenant du sable en
- suspension. Eam. 21 Sept., 536. Perforatrices Anderson à foret renouvelable. E’. 30 Août, 218.
- Plomb. District de Granby, Missouri. Eam. 31 Août, 388.
- Remblayage hydraulique (le) (Wildiers). Ru.. Juin, 225.
- — à la mine de Myslowitz. Ru. Août, 210. Roulage par crémaillère (Lynch). Eam. 3 Sept.,
- 212.
- Topographie. Localisation des puits (Briggs). Eam. 14 Sept., 488.
- Sondages. Vérification de l’étanchéité. Gc. 7 Sept., 318.
- Tungstène. Gisement de (Girod). RdM. Sept., 911 ; Oct., 918.
- Z inc. Mine de Webb City (Missouri). Exploitation à ciel ouvert. Eam. 17 Août, 300. Tourbe. Utilisation : récupération des sous-produits. Electrochemical. Oct., 405. Tunisie. Induslrie minière en. Ru. Août, 213.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 106’ ANNÉE.
- NOVEMBRE 1907..
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M. J. Violle, au nom du Comité des Arts économiques, sur LES PYROMÈTRES THERMO-ÉLECTRIQUES INDUSTRIELS DE.
- MM. Chauvin et Arnoux.
- MM. Chauvin et Arnoux soumettent à l’examen de la Société un système de pyromètres thermo-électriques industriels, dans lesquels ils ont cherché à réunir avec l’exactitude la robustesse et le bon marché.
- Ils ont naturellement pris comme galvanomètre l’un de ces instruments qu’ils vous ont présentés il y a quelques années (.Bulletin de la Société,. 5e série, iv, 817 et 965, juin 1899) et que vous avez jugés dignes d’une médaille d’or. Le modèle choisi est du type dit de contrôle, à très faible résistance. L’emploi de ce galvanomètre entraîne celui de couples très peu résistants spécialement agencés.
- Pour les températures inférieures à 1000°, on emploie le couple fer-con-stantan sous la forme d’une canne creuse en fer, à l’intérieur de laquelle est tendu un fil de constantan soudé électriquement, sans aucune brasure, au bout fermé de la canne. Dans l’appareil que nous avons eu entre les mains la résistance du galvanomètre était 0,96 ohm à 21°, la canne avec les fils souples (fig. 1) la reliant au galvanomètre avait une résistance de 0,109 ohm. La comparaison de cet appareil avec un pyromètre de M. Le Chatelier, construit par M. Carpentier, a été tout à fait satisfaisante.
- Tome 109. — Novembre 1907. , 77
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- 1172 ARTS ÉCONOMIQUES. NJVEMBRE 1907.
- La canne pyrométrique pour les températures élevées (jusque vers 1 700°) présentait une difficulté particulière qui a été résolue d’une façon très ingénieuse. Pour ne pas employer un couple Le Chatelier à fils gros et longs dont le prix eût été trop élevé, on a réduit la longueur de ce couple à la portion de la canne dont la température pourra dépasser 1000°, et pour le reste on a gardé le couple fer-constantan. En d’autres termes, on fait la mesure en deux échelons : 1° de l’extrémité chaude de la canne jusqu’en un point intermédiaire, 2° de ce point à l’extrémité froide. Inutile de dire que les choses sont disposées de façon qu’en ce point la . deuxième soudure du premier couple et la première soudure du deuxième couple soient bien exactement à la même température (que l’on n’a d’ailleurs aucun intérêt à évaluer). Mais pour n’employer qu’un galvanomètre, on a cherché à réduire l’action galvanométrique du couple fer-constantan à être la continuation de celle du couple platine-platine iridié: et, à cet effet, on a établi un shunt sur le circuit fer-constantan. Cette solution très simple paraît pratiquement suffisante, autant que nous .en avons pu juger sur l’appareil que nous avons comparé au pyromètre Le Chatelier.
- Les appareils de MM. Chauvin et Arnoux satisfont donc pleinement aux conditions qu’ils s’étaient imposées. Comme l’emploi en est facile, ils seront certainement bien accueillis par les praticiens qu’effraient les instruments délicats des laboratoires. Ces appareils leur apporteront une aide précieuse, et, en dehors des services immédiats qu’ils leur rendront, ils les habitueront aux mesures exactes quKs’imposent de plus en plus à l’industrie.
- Fig. 1.
- Nous vous proposons de remercier MM. Chauvin et Arnoux de leur envoi et d’insérer au Bulletin le présent rapport, avec la note ci-jointe des auteurs touchant leurs appareils.
- Signé : Violle, rapporteur. Lu et approuvé en séance, le 35 Octobre 1907.
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- SUR LES PYROMÈTRES THERMO-ÉLECTRIQUES INDUSTRIELS.
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- NOUVEAUX PYROMÈTRES THERMO-ÉLECTRIQUES INDUSTRIELS
- Les nouveaux groupes d’appareils pour la mesure des températures élevées, que nous présentons, ont été étudiés dans le but d’utiliser des galvanomètres et des couples thermo-électriques robustes, pouvant être mis entre les mains des ouvriers.
- De toutes les méthodes précises employées pour la mesure des températures, la plus simple est celle proposée par M. Le Chatclier, il suffit en effet de plonger une extrémité d’un couple thermo-électrique dans une enceinte à mesurer pour qu’un galvanomètre branché à l’autre extrémité donne directement des lectures en température.
- • On a eu recours jusqu’ici à l’emploi de galvanomètres à miroir ou de galvanomètres à suspension, instruments délicats et de transport difficile ; leur emploi était rendu nécessaire par la faiblesse de la force électro-motrice développée par le couple aux plus hautes températures.
- Pour exemple il suffit de rappeler que le couple fer-constantan, un de ceux dont le pouvoir thermo-électrique est le plus élevé, ne donne que 55 millivolts environ pour une différence de température de 1 000° entre ses extrémités.
- Le galvanomètre. — La solution de la maison Chauvin et Arnoux consiste à employer les galvanomètres à pivots, de son type apériodique à cadre mobile, donnant la déviation totale pour une force électro-motrice E, très faible à ses bornes, galvanomètre d’une résistance intérieure R suffisamment faible pour E2
- que la puissance^- dépensée dans le galvanomètre assure justement cette déviation totale.
- La sensibilité de cet appareil .est due à l’emploi d’un champ magnétique très intense dans lequel se déplace le cadre mobile, et l’apériodicité est due au déplacement dans ce même champ magnétique d’un amortisseur électro-magnétique entourant le cadre mobile.
- L’aimant est armé par un shunt magnétique, ce qui assure sa conservation et permet un réglage facile dont il sera parlé plus bas'.
- Quant à la faible résistance du circuit galvanométrique, elle est obtenue grâce au mode de construction du cadre mobile.
- L’enroulement en très gros fil est maintenu entre 2 bagues de cuivre Elmore formant amortisseur, les spiraux sont en argent écroui.
- La canne / 000°. — La faible résistance du circuit galvanométrique conduit à donner au couple une résistance de même ordre. Cette circonstance est heureuse, car elle va permettre l’emploi du couple fer-constatan pour les températures élevées. Le fer, le palladium, le nickel et leurs alliages ont jusqu’ici
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- NOVEMBRE 1907.
- été rejetés comme impropres à la mesure des températures élevées, parce que chauffés en certains de leurs points ils donnaient des courants parasites ; cependant le fer ne donne pas d’irrégularités sensibles au galvanomètre lorsqu’il est employé en masses dont l’homogénéité est suffisante et dont la' résistance électrique est négligeable dans la résistance totale du circuit.
- Il est vrai que cette disposition fait perdre l’avantage de la petitesse du corps thermométrique, mais ce qui serait un obstacle pour certains essais de laboratoire n’en est pas un dans la pratique, car on agit toujours sur des foyers vastes ou des masses considérables.
- La canne pyrométrique de 0 à 1000° se compose d’un tube de fer de 14 à 18ra/m de diamètre extérieur, à parois épaisses, à l’intérieur duquel un fil d’alliage voisin du constantan est tendu et isolé à l’amiante. La poignée porte les connexions des extrémités du fer et du constantan constituant l’exlrémiîé froide du couple.
- La soudure des couples thermo-électriques est un point particulièrement important, car la moindre variation de la valeur de résistance au contact peut amener des perturbations dans le fonctionnement de l’appareil. MM. Chauvin et Arnoux sont parvenus cependant à obtenir une soudure parfaite du fer et du fil par la soudure électrique en atmosphère réductrice, sans employer aucune brasure.
- La coupe de l’extrémité du couple est une preuve de l’excellence de la jonction.
- L’emploi de cette canne est évident. L’extrémité du couple étant plongée dans l’enceinte dont on veut connaître la température et les deux connexions de l’extrémité froide reliées au galvanomètre par deux cordons souples, on lit sur le galvanomètre gradué en élévation de température l’indication de l’aiguille.
- L’appareil étant gradué en élévation de température, on ajoute la valeur de la température de la soudure froide lue sur le thermomètre que porte la poignée du couple, pour avoir la température en valeur exacte.
- Canne 1600°. — La canne fer-constantan dont l’emploi jusqu’aux températures voisines de 1 000° est permis, grâce à la protection du fil de constantan par le tube de fer, ne peut guère être employée pour les températures supérieures, et dans ces cas, l’emploi des couples au platine étudiés par M. Le Cha-telier s’impose. Mais ici on se heurte à deux causes tendant à prohiber leur emploi avec le type de galvanomètre précédemment décrit.
- En premier lieu l’obligation d’employer des couples de forte section conduit à un prix exagéré.
- En second lieu, la force électro-motrice maximum .dont on dispose, même en employant le couple platine iridié à 25 p. 100 est de 30 millivolts, ce qui conduit à l’emploi de couples d’autant moins résistants et partant de plus grosse section.
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- SUR LES PYROMÈTRES THERMO-ÉLECTRIQUES INDUSTRIELS.
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- T
- Un type de canne jouissant des mêmes avantages que la précédente a été construit et établi par MM. Chauvin et Arnoux do façon à ne comporter qu’une faible longueur de fil de platine de gros diamètre, ce qui réunit l’avantage d’un prix peu élevé à celui d’une résistance considérable aux actions corrosives.
- Cette disposition brevetée consiste à mesurer la différence de température en deux fois.
- Le couple de platine est (fig. 1) relié en série avec un couple fer-constantan dont la soudure chaude est placée au même point que l’extrémité froide du couple au platine.
- Comme le couple fer-constantan donne un couple beaucoup plus élevé que le couple au platine on le shunte de façon à avoir la même force électro-motrice pour une même différence de température.
- Ce shuntage est très heureux car l’emploi de cannes de grande longueur est ainsi permis.
- Il est aisé de voir qu’avec cette disposition la force électro-motrice qui fait dévier le galvanomètre provient de deux sources :
- 1° Le couple au platine qui donne une force électro-motrice
- e = f( T —0)
- 2° Le couple .fer-constantan pour lequel on a :
- e' = f (6 — t)
- T étant la température à mesurer ;
- B la température commune à* la soudure froide du couple au platine et à la soudure chaude du couple fer-constantan ;
- t la température extérieure.
- Les inventeurs ont obtenu par une série d'essais un couple fer et alliage voisin du constantan qui, une fois shunté, donne une courbe exactement superposable à celle du couple au platine, de sorte que finalement on obtient le même résultat qu’avec un couple 'au platine, ayant toute la longueur de la canne et qui donnerait une force électro-motrice
- E = e + c’ = t (T —1\
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- Le couple employé est composé de platine et platine iridié.
- L’un des fils passe au travers d’un tube en porcelaine Marquardt et l’ensemble des deux fils et de ce tube est recouvert par un deuxième tube beaucoup plus large, fermé par le bout et portant une embase à la partie inférieure. Cetle embase est serrée sur une pièce en fonte par l’intermédiaire de rondelles d’amiante et d’un écrou en fer.
- Un tulie en fer, fermé, qui vient se monter sur la pièce en fonte, du môme côté que les tulles en porcelaine, permet de protéger le couple et la porcelaine pour le transport et les mesures aux températures moyennes.
- De l’autre côté de la pièce en fonte est vissé un tube en fer de 80 centimètres de long qui aboutit à la poignée. À l’intérieur de ce tube passent deux fils-de cuivre guipés d’amiante, brasés au couple au platine, et un fil de cons-tantan brasé au tube de fer à la hauteur de l’extrémité froide du couple au platine.
- Ces trois fils viennent se relier aux trois barrettes en cuivre fixées dans la poignée. Le tube en fer est vissé sur la poignée par l’intermédiaire d’une pièce en cuivre qui est reliée d’une part directement à un des fils provenant du couple au platine et de l’autre au fil de constantan par l’intermédiaire d’une résistance servant de shunt.
- La poignée porte un thermomètre qui donne la température de la soudure froide du constantan.
- Cette température doit être ajoutée à la température lue sur le cadran pour avoir la température exacte à l’extrémité.
- Enfin de la poignée partent deux fils qui se rendent au galvanomètre gradué en élévation de température.
- Le manchon en fer qui se visse à l’extrémité supérieure doit être conservé toutes les fois que la température n’est pas trop élevée. Il protège la porcelaine contre les chocs et les élévations de température trop brusques.
- Lorsque la température est trop élevée on enlève le manchon en fer. Il faut avoir alors la précaution de chauffer lentement la porcelaine avant de l’introduire dans l’enceinte à haute température.
- Cette canne peut servir à mesurer des températures de coulées pour lesquelles il est nécessaire d’avoir une température bien déterminée. Le creuset étant sorti du four, on y plonge la canne et on laisse la température descendre jusqu’à la valeur jugée nécessaire pour la coulée.
- Elle sert aussi avantageusement dans tous les cas où il suffit de plonger une faible longueur de canne dans l’enceinte à haute température, mais il est utile dans ce cas d’obturer complètement l’orifice pratiqué dans la paroi pour l’introduction du couple, de façon à éviter l’appel d’air froid de long de la canne.
- Une solution assez simple lorsqu’on fait cette expérience sur le ciel du four
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- SUR LES PYROMÈTRES THERMO-ÉLECTRIQUES INDUSTRIELS. H 77
- est d’introduire un creuset dans un orifice pratiqué dans la paroi. La canne placée alors dans ce creuset est entourée de magnésie.
- Ce modèle de canne robuste et industriel peut sans crainte être mis dans les mains de contremaîtres ou d’ouvriers, la manipulation très simple ne nécessitant aucune connaissance spéciale. Il trouve son application dans toutes les industries qui emploient des fours à haute température, telles que les aciéries, foyers, fonderies, ateliers de coulage et de trempe, porcelaineries, fabrique de produits chimiques, etc.
- Le gros diamètre du fil de platine employé assure à l’appareil une résistance très grande aux actions mécaniques et aux actions chimiques et permet de faire un grand nombre de mesures avant sa mise hors de service.
- Corrections. — 1° L’emploi de pyromètres ainsi conçus se heurtait à un assez gros inconvénient dans la pratique.
- Une partie importante de la résistance est représentée par le cadre galva-nométrique, les spiraux et les connexions en fil de cuivre. Ces résistances variant avec la température entraînent pour la résistance totale de circuit une variation voisine 1/400 de sa valeur pour une élévation de 1° de la température ambiante. Les galvanomètres étant étalonnés à 15° et pouvant être appelés à fonctionner dans des conditions de température extrêmement variables, il est nécessaire d’apporter une correction aux lectures.
- Cette correction est obtenue immédiatement par l’emploi d’un shunt magnétique réglable, ci-dessous décrit.
- La déviation D du galvanomètre est proportionnelle au produit des flux produits par l’aimant F et par le cadre mobile /.
- D = KF f
- Or, f est proportionnel à la force électro-motrice à mesurer et inversement proportionnel à la résistance du circuit.
- f=K'—----------------
- rr5[l+«(« —15)]
- Si rVi est la résistance à 15°.et a le coefficient de température du circuit et t la valeur de la température ambiante
- D = KK' —p-----------. F
- r is[l + a(t — 45) J
- F ne variant pas dans les limites actuelles de température on voit que pour avoir une même déviation D pour une même force électro-motrice e, il suffit de faire varier le flux F proportionnellement à la variation de résistance du circuit.
- On fait varier la valeur du flux magnétique à travers le cadre par l’emploi
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- ARTS ÉCONOMIQUES. --- NOVEMBRE 1907.
- -d'une plaquette de 1er doux qu’on approche plus ou moins des pôles de l’aimant.
- Son mouvement est commandé par une vis à tambour divisé en température. Il suffit de lire la température sur le thermomètre placé sur le cadran et ale placer le tambour vis-à-vis du repère correspondant pour obtenir une correction parfaite.
- 2° Enfin, reste la variation de résistance du couple avec la température. Suivant qu’une longueur plus ou moins grande du couple est plongée dans le foyer, les indications du galvanomètre tendent à varier du fait de la variation -do la résistance totale.
- En ce qui concerne la canne à 1 000° il suffit de rappeler que la résistance du fer est pour environ 1/10000 de la résistance totale et que le constantari a un coefficient de température sensiblement nul.
- Quant au double couple pour 1 600°, le premier en fer-constantan ne varie pas avec la température. Reste le couple au platine dont la résistance varie.
- La longueur du couple au platine plongée dans l’enceinte à mesurer pouvant varier, la résistance varie en même temps, mais la résistance du couple représentant environ 1/20 de la résistance totale l’erreur ne porte que sur cette, fraction.
- De plus, on a supposé, en graduant l’appareil, que l’ensemble du couple au platine était à une température moitié des extrémités.
- L’appareil ainsi gradué ne donne de ce fait qu’une erreur maximum de l’ordre de 1 p. 100 dans les cas les plus défavorables.
- Modèle enregistreur. — Pour terminer, nous devons dire que le modèle rendu enregistreur a été réalisé en employant un enroulement en lames sur le cadre galvanométrique.
- L’enregistreur est du type de tableau, de distribution, construit par cette maison, modèle connu pour sa sensibilité et sa robustesse.
- Le couple se présente sous le même aspect extérieur, seul le fil intérieur a été augmenté de section.
- Modèle avertisseur. — Enfin, un modèle à contact permet d’actionner directement une ou deux sonneries pour des valeurs variables maxima et minima, sans recourir à l’emploi de relais.
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- ARTS CHIMIQUES
- Conférence sur l’industrie silico-calcaire, par M. E. Leduc, chef do la section des matériaux de construction du laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers (1).
- Messieurs,
- I. -- HISTORIQUE
- En 1880, Michaelis, savant technicien allemand, bien connu par ses nombreux travaux sur les chaux, les ciments et les mortiers, prit un brevet pour la fabrication d’agglomérés de chaux et de sable.
- Michaelis se souvenait probablement de l’expérience d’un savant chimiste berlinois qui démontra par un procédé extrêmement élégant que le quartz, c’est-à-dire la silice, n’est pas attaqué .par la chaux dans les conditions ordinaires de pression et de température.
- Michaelis pensa avec raison qu’en modifiant ces conditions de température et de pression il était possible de produire des agglomérés pouvant résister à des efforts mécaniques notables, par suite de la formation de silicates agrégeant les particules de sable.
- L’expérience lui donna raison.
- Mais par suite de circonstances particulières, l'inventeur ne sut pas tirer parti de son invention, à tel point qu’il laissa son brevet tomber dans le domaine public. Ce ne fut que quelques années après, sous l’impulsion de techniciens tels que Olschewsky, Guttmann, Schwartz, pour n’en citer que quelques-uns, que l’industrie du silico-calcaire s’établit véritablement, formant maintenant cette belle et puissante industrie que la Société d’Encouragement, par l’intermédiaire de M. Larivière, m’a fait le très grand honneur de me demander d’exposer.
- II. -- DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
- En Allemagne, surtout, cette industrie a pris un essor extraordinaire.
- De quelques usines établies en 1900, réparties pour la plus grande partie autour de Berlin, on peut en compter actuellement 208, produisant 800 millions à 1 milliard de briques. Ce chiffre est évidemment considérable, mais n’est
- (1) Conférence du 25 mai 1906.
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- ARTS CHIMIQUES. ---- NOVEMBRE 1907.
- qu’une faible partie des 26 milliards de briques d’argile consommées chaque' année, produites par 10 936 briqueteries d’argile, sans compter la production due aux nombreuses briqueteries de campagne.
- J’ai fait tracer d’après les données que j’ai trouvées dans une communication faite par M. Fiebelkorn devant l’assemblée de l’Association des architectes allemands, un graphique représentant le groupement des briqueteries d’argile et silico-calcaires en Allemagne.
- La partie blanche représente proportionnellement à sa surface les usines à silico-calcaire, et la partie noire les briqueteries d’argile. Si par exemple nous prenons la province de Brandebourg, qui renferme le plus grand nombre d’usines à silico-calcaires et en produit le plus, on voit que le cercle noir est encore largement plus grand que la partie blanche, montrant par là que les briqueteries d’argile sont encore suffisamment représentées pour ne montrer aucune jalousie envers la nouvelle industrie.
- Dans la seule province de Brandebourg, on peut compter plus de 50 usines, à silico-calcaires dont beaucoup sont groupées aux environs memes de Berlin,, contre 815 briqueteries d’argile.
- C’est tout près de la capitale, à Niederlehme, que se trouve la plus importante usine du monde entier, l’usine Guttmann, produisant par jour environ 500 000 briques (1).
- A. quoi attribuer le développement considérable de cette industrie en Allemagne? A quelles causes particulières ou à quelles causes locales?
- Ce développement considérable est certainement dû, en partie, à ce que la nature a moins bien distribué les matériaux de construction de l’autre côté du Rhin que de ce côté-ci. Il y a donc là une cause réelle, mais à laquelle il ne faudrait pas donner autant d’importance que d’aucuns y apportent, car à Berlin même ou dans les environs de Berlin, il existait, avant l’apparition de l’industrie dont nous nous occupons, un grand nombre de briqueteries et actuellement encore la production des briques d’argile est énorme.
- Le sol allemand n’est donc pas aussi pauvre qu’on a bien voulu le dire en matières propres à fabriquer des matériaux.
- Le succès grandissant du silico-calcaire est surtout dû à la beauté des produits obtenus, et aussi, pourquoi ne pas le dire, à la facilité avec laquelle les industriels allemands abordent les industries nouvelles.
- Il n’y a pas à nier que le silico-calcaire est un produit d’avenir, et si en France ce procédé a eu une croissance laborieuse, il saura prendre une rapide revanche.
- Déjà autour de nous se multiplient les usines : à Dunkerque, à Berck, au Havre, à Asnières, à Choisy-le-Roi, à Nogent-sur-Marne, à Reims, dans les
- (1) J’ai visité cette usine en février 1907.
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- 118!
- CONFÉRENCE SUR L’iNDUSTRIE SILICO-CALCAIRE.
- Landes, à Paris meme, dans les locaux de la Raffinerie Say. D’autres usines-sont en construction ou à l’étude, imposant toutes peu à peu leurs produits-aux architectes et aux entrepreneurs, par leur seule valeur intrinsèque.
- A l’étranger, en dehors do l’Allemagne, on en compte quelques-unes en Angleterre, en Hollande, en Suisse, en Italie et surtout aux États-Unis où la. fabrication de ce nouveau produit jouit en ce moment d’une haute faveur.
- La souplesse de ce procédé est en effet remarquable : il permet de transformer en produits marchands des sous-produits qui, jusqu’ici, étaient plutôt un-embarras, tels que certains laitiers, les mâchefers des générateurs, le résidu du doucissage des glaces en verrerie, et même, comme je l’ai vu aux environs de Londres, à Woolwich, les scories provenant de l’incinération des ordures ménagères. Il est facile de fabriquer avec ces produits des briques, des carreaux, des dalles de trottoirs ou de revêtement, des blocs de pierre artificielle, pesant jusqu’à 15 tonnes, des agglomérés indécomposables par l’eau de mer, des blocs d’enrochement pour les digues, des dalles pour revêtir les quais, des. briques blanches, colorées ou moulurées, etc.
- III. — CONSTITUTION CHIMIQUE DES PRODUITS
- Nous venons de voir par l’analyse du brevet même de Michaelis que le-silico-calcaire était un agrégat produit par un mélange de sable et de chaux,, cuit dans la vapeur d’eau sous pression.
- Si nous analysons cet agrégat, nous trouvons qu’il est composé de sable, de silicate de chaux, de chaux hydratée non combinée et d’un peu de carbonate-de chaux.
- Que se passe-t-il dans cette masse au contact de la vapeur d’eau? La chaux réagit sur la silice, c’est-à-dire sur les grains de sable, en formant un silicate, de chaux, ce qui est très facile à démontrer par la formation de silice gélatineuse en attaquant la masse par un acide fort.
- C’est ce qui se passe dans le cas d’un sable siliceux, tel que le sable do Fontainebleau, de Nemours, de Nogent-l’Artaud et autres localités; mais le-sable employé n’est pas généralement aussi pur, il est souvent soit argileux, soit calcaire.
- Si le sable est légèrement argileux ou calcaire, l’influence de ces derniers-corps est peu importante. Si au contraire le sable en contient une proportion; élevée, il faut le rejeter ou l’en débarrasser par lavage, ce qui est généralement, dispendieux.
- Pour mettre ce fait en évidence j’ai fait trois séries d’essais.
- Dans la première série, j’ai employé du sable de Fontainebleau.
- Dans la seconde série, du même sable additionné de 10 p. 100 d’argile..
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- 1182
- ARTS CHIMIQUES.
- NOVEMBRE 1907.
- Et enfin la troisième série a été exécutée avec le meme sable contenant 10 p. 100 do carbonate de chaux.
- J’ai obtenu :
- Sable siliceux.................... 180 kilos par cmc.'
- Sable argileux.....................110 —
- Sable calcaire.....................107 —
- La supériorité du sable siliceux est évidente.
- 11 ne suffit pas d’avoir du sable meme bon à sa disposition, le second élément du silico-calcaire est la chaux.
- Un grave problème se pose pour le fabricant : quelle chaux employer?
- On sait qu’il existe trois sortes de chaux :
- La chaux grasse provenant d’un calcaire pur ;
- La chaux maigre provenant d’un calcaire sableux;
- La chaux hydraulique provenant d’un calcaire argileux.
- On a vu tout à l’heure que le silicate était produit par la réaction de la silice sur la chaux. Par conséquent par la définition même de la réaction, il en découle qu’on doit employer de la chaux grasse.
- L’expérience donne raison à la théorie; il est en effet préférable d’employer de la chaux aussi grasse que possible ou alors il faut mettre une quantité de chaux plus élevée proportionnellement à la chaux réelle contenue dans le produit employé ; c’est-à-dire qu’il en faudra d’autant plus que la chaux en contiendra moins. (Voir Annexe IL)
- Il faut également faire entrer une autre considération dans l’emploi de la chaux, celle du foisonnement.
- On sait qu’en s’éteignant, la chaux se réduit en poudre impalpable d’autant plus fine que le calcaire est plus pur. Ce qui revient à dire que pour un môme poids de chaux, les grains de sable seront d’autant mieux enrobés et susceptibles d’être attaqués par la chaux, que cette chaux sera plus fine, c’est-à-dire plus grasse.
- IV. --- FABRICATION
- On peut diviser la fabrication en trois phases :
- Mélange des matières premières; briquetage; cuisson.
- La première des conditions pour le fabricant soucieux de ses intérêts et de la prospérité de son usine est celle-ci : se placer sur une carrière à sable, et à sable fin et pur autant que possible. L’usine doit être à proximité de la carrière si elle veut vivre convenablement. Il est en effet inutile, à part quelques exceptions, de vouloir fabriquer des briques silico-calcaires, si le sable ne revient pas à Pusiiie à un prix minime.
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- Si ce sable contient des grumeaux ou des petits cailloux, il est facile de le cribler à l’aide de la claie classique employée sur les chantiers ou d’un secoueur actionné mécaniquement.
- On peut encore le débarrasser des impuretés argileuses qu’il peut contenir en le lavant à l’aide d’un des nombreux appareils utilisés pour cet usage.
- En ce qui concerne la chaux, on sait que pour la produire, on commence d’abord par cuire le calcaire, soit dans dès fours à cuve très ordinaires, soit dans des fours plus ou moins perfectionnés.
- Le four à cuve est si connu qu’il est inutile de le décrire. Ce four affecte à l’intérieur la forme d’un œuf et on le remplit par couches successives de combustible, d’anthracite ou do menus de houille et de calcaire. Après quelques jours on défourne par le bas et on continue ainsi sans interruption.
- Généralement plusieurs fours sont accolés les uns aux autres, formant parfois un énorme massif de maçonnerie, sur lequel les ouvriers se promènent facilement pour les charger.
- La chaux, défournée par le bas, est mise en tas, arrosée, puis transportée dans des silos, c’est-à-dire dans d’immenses chambres en maçonnerie, où elle se pulvérisera par extinction.
- On peut employer aussi soit le four Schoffer, soit le four Perpignani Candlot qui permet généralement' de réduire la proportion de combustible. La caractéristique de ce four est de présenter une cheminée plongeant dans l’intérieur même du four et une grille circulaire à la base, le tout permettant de régulariser le tirage.
- Chez MM. Pavin de Lafarge, au Teil, dans l’Ardèche, on utilise depuis peu des fours à gazogène empêchant le contact des cendres du combustible et permettant, si besoin est, de produire une chaux plus cuite. Enfin, depuis quelques années on utilise dans deux usines situées aux Etats-Unis le four rotatif pour cuire la chaux grasse (1).
- La chaux cuite est ensuite incorporée intimement au sable. Pour arriver à obtenir un mélange parfait de sable et de chaux, il se présente à l’esprit trois procédés :
- 1° « Procédé par mélange », qui consiste à ajouter au sable de la chaux éteinte ;
- 2° « Procédé par silotage », dans lequel on mélange le sable avec la quantité nécessaire de chaux vive en poudre, on humecte, puis le tout est laissé en digestion pendant un ou deux jours;
- 3° « Procédé par extinction. » Le troisième procédé consiste à mélanger dans des appareils spéciaux la chaux vive en poudre avec soit la totalité, soit
- (1) Voir Revue clés Matériaux de construction et de Travaux publics, n° de juillet i900, p. 346.
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- seulement une partie du sable, et à éteindre la chaux à l’aide de vapeur d’eau sous pression.
- Dans l’application du premier procédé on emploie de la chaux éteinte à l’avance, soit qu’on l’achète aux fabricants de chaux, soit que l’usine la produise elle-même comme cela a lieu à l’usine Guttmann.
- Le point capital de celle fabrication qui fut longtemps méconnu est celui-ci : -Briqueter un mélange intime de sable et de chaux parfaitement éteinte.
- L’extinction de la chaux est en effet d’un intérêt prépondérant, comme il est facile de le démontrer :
- Si on prend un morceau de chaux vive, et qu’on le trempe dans l’eau, on v7oit aussitôt ce morceau gonfler, éclater, se réduire en poussière, fuser en dégageant une quantité de chaleur assez considérable pour évaporer une assez grande quantité d’eau.
- Il s’est formé de l’hydrate de chaux, dont le volume beaucoup plus considérable que celui de la chaux anhydre primitive se produit avec une force d’expansion si grande qu’une brique d’argile cuite contenant dans son sein un grain de chaux de la grosseur d’un pois, trempée dans l’eau, ne peut résister et doit céder à la forcé d’expansion produite par l’hydratation de la chaux.
- On pourrait activer l’extinction en éteignant la chaux avec de l’eau contenant une certaine proportion de chlorure de calcium qui, comme l’a montré M. Candlot, a la propriété de faciliter l’extinction de la chaux; mais nous ne •croyons pas que ce procédé ait été employé pour éteindre la chaux dans les usines à silico-calcaire, quoiqu’il soit indiqué dans le brevet Seigle qui n’a eu, que nous ne sachions, aucune application.
- Pour activer l’extinction on se sert généralement dans un grand nombre d’usines de vapeur d’eau sous pression. Le procédé le plus simple consiste à remplir de chaux vive un bac placé sous le wagonnet sur lequel les briques sont empilées. Lorsque le wagonnet est enfourné dans l’autoclave pour la cuisson des briques, la chaux est éteinte plus ou moins bien par l’action de la vapeur d’eau. Ce procédé est peu employé : il a l’inconvénient d’exiger une main-d’œuvre assez considérable, de ne pas produire de la chaux complètement éteinte et de donner un produit humide.
- Bien des appareils ont été imaginés pour l’extinction de la chaux. Nous dirons quelques mots de l’appareil Schulthess employé en France dans plusieurs usines d’industries diverses.
- Cet appareil se'compose de deux caisses superposées. Dans la caisse supérieure se trouve un cylindre formé par l’assemblage de petits fers ronds, formant un panier dans lequel on introduit par la trémie supérieure une quantité de chaux vive en crottes, variable suivant les dimensions de l’appareil.
- On injecte de la vapeur entre les deux parois du corps de l’appareil pour
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- l’échauffer, puis de l’eau chaude et de la vapeur par l’arbre creux percé de trous. Sous l’influence de la vapeur l’eau, la chaux, atteinte par cette dernière, s’hydrate et tombe en poussière dans la boîte inférieure, où elle est brassée par deux hélices. Lorsque l’extinction est terminée, la chaux est évacuée et mise en silo pendant quelque temps. Les parties non éteintes sont évacuées par la trémie inférieure.
- Quel que soit le procédé employé, que la chaux soit éteinte à l’usine même ou achetée au dehors, il est nécessaire de ne l’employer que parfaitement éteinte.
- 2e Procédé. — Dans le procédé dit « du silotage » qui présente certains avantages mais exige un matériel peut-être un peu plus compliqué, on utilise non pas de la chaux éteinte comme nous venons de le faire, mais de la chaux-vive en poudre.
- Dans la fabrication précédente, on mélange le sable avec la chaux éteinte, chaux qui a absorbé une certaine proportion d’eau pour s’hydrater.
- Les techniciens allemands ont pensé, non sans raison, qu’il serait logique de faire servir l’eau d’humidité du sable à hydrater la chaux, ce qui offre l’avantage de sécher le sable, avantage précieux en hiver, où il est parfois impossible de malaxer un sable gorgé d’eau.
- Pour cette fabrication, il est nécessaire de produire de la chaux vive broyée en poudre fine. Cette chaux est produite par les appareils de broyage habituels, tels que concasseur à mâchoires, broyeur à boulets, tube finisseur, etc. La poudre de chaux obtenue est ensuite mélangée au sable dans des auges mélan-geuses de modèles variés, et le mélange obtenu est déversé dans de grands silos dans lesquels il séjourne vingt-quatre heures, quarante-huit heures ou plus, si l’on veut obtenir un travail parfait, pour permettre à l’humidité du sable d’agir complètement sur la chaux. Il est en effet de toute évidence que, si le silotage est écourté, il restera dans le mélange de la chaux non éteinte qui amènera la désagrégation des briques au contact de la vapeur d’eau dans l’autoclave.
- Il est donc de toute nécessité délaisser le mélange suffisamment longtemps pour permettre à la chaux de s’hydrater. C’est ce procédé qui est employé à l’usine Guttmann, près Berlin.
- 3e Procédé. — Enfin le troisième procédé consiste à mélanger le sable avec la chaux vive pulvérisée et à l’éteindre dans des appareils spéciaux à l’aide de vapeur d’eau sous pression.
- Le type de l’appareil consiste en un vaste cylindre muni d’ailettes mélan-geuses. L’appareil est à doubles parois entre lesquelles on fait arriver de la vapeur d’eau pour éviter que la chaleur dégagée pendant l’hydratation de la chaux soit employée à échauffer la masse de fonte.
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- L’appareil étant chaud, on verse par le trou d’homme la quantité de sable cl de chaux, l’ouvrier ferme la trappe, met les ailettes en mouvement à l’aide tics engrenages, puis fait arriver de l’eau en quantité mesurée à l’aide du petit bac doseur placé au-dessus; il ouvre ensuite la vanne de l’appareil, pour injecter de la vapeur, jusqu’à ce que le manomètre atteigne une pression de quelques kilogrammes, qu’on laisse pendant vingt minutes. Le malaxage a lieu à l’aide de deux ailettes coudées, remuant et brassant continuellement la masse.
- Certains de ces appareils' peuvent contenir jusqu’à 6 tonnes de matières, comme celui que j’ai vu fonctionner dans une usine près Brême.
- Ces appareils sont pratiques, offrent l’avantage très appréciable d’assurer une extinction parfaite de la chaux et de sécher le sable, mais sont malheureusement coûteux.
- La chaux seule ou mélangée au sable étant parfaitement éteinte, il s’agit maintenant d’obtenir un mélange aussi parfait que possible. Cette opération peut être divisée en deux parties, comme dans celle du broyage : la préparation et le finissage.
- On peut utiliser pour préparer le mélange l’un quelconque des appareils déjà décrits ou une simple auge transporteuse à hélices, dans laquelle au lieu d’une hélice se meuvent deux arbres à palettes tournant en sens contraire. Le plus souvent on utilise les mélangeurs à meules verticales, excellents comme finisseurs, qu’il est facile de placer directement au-dessus des presses.
- Pour avoir un appareil mélangeur continu, préparateur et finisseur, il est préférable d’employer le mélangeur à meules verticales à étages dont nous parlerons plus loin.
- On ne saurait trop attirer l’attention des fabricants sur l’importance d’un bon malaxage, importance qui est trop souvent méconnue. Il est évident que si, dans un produit contenant aussi peu de chaux, la moitié de cette chaux est à l’état de grumeaux comme je l’ai constaté plusieurs fois, on obtiendra un mélange extrêmement maigre, poreux, sans résistance, gélif. Non seulement ce produit sera de qualité secondaire, mais en plus, si, par hasard, il se trouve quelques grains de chaux non éteinte, les grumeaux auront beau jeu, pour, sous l’in-lluence de la vapeur d’eau, disloquer la brique, et donner un produit invendable.
- Aussi, pour obtenir un mélange parfait, ne doit-on pas hésiter à ajouter des malaxeurs finisseurs, chargés de terminer ce que le premier a ébauché, car, si la fabrication du silico-calcaire est d’une simplicité extrême, chaque phase de la fabrication entre pour une grande part dans le résultat final, et on ne peut avoir un bon résultat qu’en n’en négligeant aucune.
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- BRIQUETAGE
- Pour la transformation du mortier en briques, il existe un grand nombre de' presses qu’on peut classer en deux types bien distincts : Presses hydrauliques, presses mécaniques.
- Les presses hydrauliques sont peu employées pour cette fabrication, quoique la maison Groocke ait des presses hydrauliques spéciales utilisées dans quelques usines.
- Les presses mécaniques existent en types multiples : verticaux, horizontaux et à table tournante. Elles se disputent toutes la première place, et ont toutes-leurs qualités et leurs défauts.
- Les presses verticales sont surtout utilisées en Amérique. Ces presses fabriquent généralement plusieurs briques à la fois, elles sont extrêmement-puissantes. Elles peuvent être à action progressive ou à choc. Les presses à choc sont peu recommandables pour cette fabrication, quoique Fusiiie Guttmann les utilise uniquement, car le choc a l’inconvénient do produire un feuilletage de la matière, et de ne pas remplir les angles. Cet inconvénient n’offre èn Allemagne aucun intérêt, les briques étant généralement revêtues d’un enduit.
- La presse horizontale employée dans cette fabrication est généralement celle fabriquée à Osnabrück; elle est extrêmement intéressante. Elle est très-employée en France pour la fabrication des briques de laitier.
- Cette presse se compose de 2 bâtis tirant l’un sur l’autre ; la matière à comprimer arrive par la trémie supérieure, est précipitée dans un alvéole puis comprimée entre deux plaques de compression attirées l’une vers l’autre par un train d’engrenages, poussée en avant et maintenue quelques secondes dans le vide, puis la tête de devant continuant son chemin se sépare de la brique. C’est là le moment délicat pour l’ouvrier chargé de cueillir la brique; mais on y arrive facilement. La brique cueillie, le mouvement inverse se produit et la trémie laisse de nouveau passage à la quantité de sable nécessaire. J’ai vu une presse de ce genre fonctionner dans une usine près Brême installée par la maison Bruck Kretchel.
- Les presses les plus employées sont les presses dites à table tournante, ainsi dénommées parce que les moules se trouvent incrustés dans une table tournant sur son axe et présentant successivement devant l’ouvrier cueilleur autant de briques qu’elle possède d’alvéoles.
- La presse anglaise Emperor (anglaise) presse la brique en deux opérations : dans la première un coin sert à répartir le mélange dans les angles et la seconde pression achève la brique.
- Les presses Hercule (anglaise), Kommick, Atlas, Polysius, Bernhardi (alle-Tome 109. — Novembre 1907. 78
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- mandes) ont toutes leurs qualités et leurs défauts. La presse Krcft se classe un peu en dehors de ces appareils. Elle se compose de la presse proprement dite, de la pompe et d’un accumulateur en relation avec la plaque de compression de la presse par l’intermédiaire de la pompe.
- • Si, par suite de la présence d’un caillou ou de mélange trop sec, il se produit un excès de pression, cet excès est absorbé par l’accumulateur qui se soulève. En France certains constructeurs, comme MM. Dalbouze, Gardel, ont construit des presses pour cette industrie, qui rivalisent avec les presses étrangères.
- Quelle que soit la presse employée, on devra se servir de celle donnant la plus forte compression possible, comme les essais que nous avons exécutés au Conservatoire des Arts et Métiers, M. Ch. de la Roche et moi, l’ont démontré de la manière la plus nette. (Voir Annexe I).
- CUISSON
- Pour cette opération on peut choisir entre trois procédés :
- 1° Le durcissement à l’air, qui ne donne que des résultats négatifs et dont nous ne nous occuperons pas plus longtemps ;
- 2° Le durcissement dans la vapeur d’eau à 100°.
- Ce procédé a reçu peu d’extension. Il ne mérite guère qu’on s’y intéresse, quoique quelques usines travaillent pas ce procédé, notamment à l’usine de Rumbang près Zurich, où les chambres de durcissement sont en maçonnerie. Les briques empilées sur des wagonnets sont enfournées dans les chambres où a lieu le durcissement à l’aide de la vapeur d’échappement de la machine. Ces briques restent pendant vingt-quatre heures dans la chambre.
- Ce procédé n’a reçu aucune extension, et a été remplacé partout par celui à haute pression qui est le seul intéressant, le seul donnant une proportion relativement élevée de silice combinée et par conséquent de silicates de chaux.
- 3° Durcissement à haute pression. —Les briques prises à la main sur la table de la presse sont empilées sur des wagonnets pour être enfournées immédiatement, quoiqu’on ait souvent le grand tort do les laisser sécher sur place ; il se produit dans ce cas une dessiccation de [la matière qui peut-être retarde le durcissement dans l’autoclave. Aussitôt empilées, les briques doivent être placées dans l’autoclave, immense cylindre horizontal en tôle dont certains ont jusqu’à vingt mètres de longueur sur deux do diamètre.
- La manœuvre de la porte do l’autoclave peut avoir lieu aussi bien à l’aide d’une chaîne, d’un chemin de roulement, d’un contrepoids ou d’une charnière.
- Les briques restent généralement dans l’autoclave huit à dix heures sous une pression de 8 à 10 kilogrammes.
- Dans les usines bien installées les autoclaves sont revêtus d’une épaisse
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- couche de calorifuge, quoique certains fabricants reculent pourtant devant cette dépense, sans se dou ter qu’ils augmentent considérablement la proportion de charbon nécessaire à la cuisson, et que cette dépense est bien vite récupérée.
- Il est bon aussi de faire communiquer les autoclaves entre eux, do façon que, lorsque l’opération de durcissement est terminée dans un autoclave, on puisse envoyer la vapeur dans celui qui vient d’étre chargé, au lieu de la rejeter en pure perte dans l’atmosphère.
- L’opération terminée, les briques sont enlevées, prêtes à être consommées immédiatement.
- USINES DIVERSES
- Les principes généraux ainsi posés, nous allons décrire quelques usines. Nous commencerons par celle de la Raffinerie Say que le très distingué directeur M. Letort, a installée dans les locaux mêmes de la Raffinerie, c’est-à-dire en plein Paris.
- Cette puissante Société, ayant à sa disposition des quantités considérables de mâchefer provenant des nombreux générateurs dont elle dispose, a cherché à utiliser ce sous-produit encombrant en le transformant en briques.
- Le mâchefer est déversé à l’aide d’une brouette tarée dans un mélangeur enterré dans.lequel on verse également la proportion de chaux éteinte nécessaire. Après mélange, la matière est déversée dans une monteuse à godets qui la déverse dans l’auge supérieure d’alimentation d’un malaxeur continu DaL bouze où il est brassé et arrosé avec la proportion d’eau nécessaire, puis évacué dans l’auge inférieure où deux meules verticales pesantes achèvent le mélange.
- Le mortier est évacué automatiquement puis repris à l’aide d’une monteuse à godets et jeté dans l’auge d’alimentation de la presse Dalbouze-Brachet. Cette presse verticale produit 1 000 briques à l’heure.
- Les briques sont prises à la main, empilées sur les wagonnets et introduites dans les autoclaves où elles subissent pendant dix heures une pression de 8 kilogrammes. Tous ces appareils sont mus électriquement, ce qui fait de cette petite usine une véritable usine modèle, aussi bien par son agencement, et son fonctionnement, que par le contrôle journalier dont la fabrication est l’objet.
- La maison Dalbouze, qui a installé cette fabrication, a bien voulu nous remettre le plan d’une usine similaire fonctionnant au Brésil.^
- Marche de la fabrication. — Les mâchefers sont amenés au moulina meules verticales placé à gauche des ligures 1 et 2 et sont broyés par ce moulin, à la dimension de 5 millimètres ; ce moulin est muni d’un crible à la périphérie. On
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- Fig. 2. — Briquerie de mâchefer (plan).
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- a dû renoncer an lavage des mâchefers, parce que, avec les mâchefers lavés, il se produit des efflorescences sur les briques, efflorescences qui no pourraient ôlre évitées que par un séchage du mâchefer avant la fabrication. La pratique a démontré qu’il valait mieux renoncer complètement au lavage.
- Le moulin employé est à entraînement par manivelle, avec double suspension des meules, assurant une marche continue, malgré les difficultés qui sont spéciales au mâchefer.
- Le mâchefer broyé :est conduit par un élévateur à un silo de réserve très nettement visible sur la figure.
- La chaux, parfaitement éteinte, est amenée, par un élévateur spécial, parallèle à celui dont nous venons de parler, à un silo contigu au silo à mâchefer.
- Dosage. — La chaux est mélangée au mâchefer, dans une proportion voisiné de 10 p. 100. Pour faire commodément ce dosage en poids on a installé, sous chacun des silos, un peson automatique, avec boîte de dosage. Ces pesons sont réglés par les poids correspondants de la chaux et du mâchefer. Les boîtes de dosage se vident dans une vis collectrice, qui les conduit à un premier tambour mélangeur. Ce tambour opère par charges, ce qui permet de distribuer au mélangeur continu un mélange déjà commencé et rigoureusement dosé.
- Un élévateur, alimenté au moyen d’un distributeur automatique, ce qui permet de distribuer régulièrement les charges évacuées périodiquement par le tambour, conduit le mélange dosé au mélangeur malaxeur continu. La cuve supérieure de ce mélangeur est munie d’une double enveloppe reliée à la canalisation de vapeur, de façon à permettre de distribuer à la presse un mélange chauffé, ce qui, dit-on, facilite le briquetage.
- Presse. — La presse Dalbouze-Brachet représentée sur la figure 3 est du type de presse verticale à genouillère.
- Cette presse se compose essentiellement d’un bâti formé par deux fortes colonnes en acier, fixées à leur partie inférieure sur le bâti' proprement dit et réunies à leur partie supérieure par un sommier en fonte.
- A la partie supérieure de ce bâti, se trouvent les arbres portant les organes de commande par poulies et engrenages. Dans la partie médiane, se trouve l’arbre coudé qui reçoit la commande et la transmet aux différents organes.
- Un plateau horizontal tournant autour d’une des colonnes du bâti est percé de quatre alvéoles; chaque alvéole porte deux moules formés par des garnitures en métal extra dur et facilement remplaçables. Chaque alvéole vient, à tour de rôle, se placer au-dessous du piston compresseur; deux galets, portés par un étrier fixe, empêchent le soulèvement de la table au moment du démoulage.
- La pression est donnée par une traverse guidée sur les deux colonnes du bâti, et portant à sa partie inférieure un piston double correspondant au double moule de chacun des' alvéoles du plateau horizontal. La pression est
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- Fig. 3. — Presse Dalbouze-Brachet.
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- exercée sur cette traverse par l’intermédiaire d’un levier brisé. Ce levier prend appui, d’une part sur une genouillère fixée au sommier supérieur de la presse, d’autre part, sur une genouillère placée à l’intérieur de la traverse. Ce levier brisé est alternativement tendu, et fléchi, au moyen d’une bielle actionnée par l’arbre coudé indiqué-ci-dessus. La traverse porte un verrou qui, dans la descente, vient s’engager dans un logement ménagé à cet effet dans la table horizontale, et assure ainsi une position parfaitement réglée de celle-ci.
- La pression, ainsi obtenue, peut atteindre 250 kilogrammes par centimètre carré. Cette .pression est définie dans les nouveaux modèles par un coussin hydraulique intercalé entre la genouillère supérieure et le sommier de la presse, et relié à un accumulateur. Ce dispositif, non représenté sur la planche ci-jointe, offre le très grand avantage d’éviter tout accident qui serait causé soit par une pression accidentelle, soit par un déréglage des organes de la presse.
- Marche de l'appareil. — L’arbre coudé, actionne à l’aide d’un engrenage discontinu, le plateau horizontal portant les moules, chaque position de ce plateau correspondant pour chaque paire de moules à l’une des opérations suivantes :
- 1° Remplissage des moules. — A la position de remplissage, les moules forment le fond de la cuvette du mélangeur, que l’on voit figuré sur le côté de l’appareil. Ce mélangeur est muni d’un arbre vertical à palettes, recevant son mouvement de l’arbre de commande de la presse et assurant une bonne distribution du mélange dans les moules.
- 2° Pression. — Après remplissage, les moules viennent sous le piston actionné ainsi qu’il est décrit plus haut. Dans cette position, le fond de chaque moule prend appui sur une enclume fixe, lui permettant de subir la pression très élevée du piston, sans que le plateau lui-même soit intéressé.
- 3° Démoulage. — A la troisième position du moule, le fond de celui-ci est soumis à l’action du piston de démoulage. Ce piston est actionné par un levier que l’on voit figuré à la partie inférieure des figures de la planche ; l’autre extrémité du levier est commandée par une bielle actionnée par un bouton-manivelle placé sur l’engrenage de commande - de l’arbre coudé. Sous l’action du démouleur, les deux briques de la paire de moules sortent de ceux-ci et sont •prises par l’ouvrier qui les dépose sur un chariot d’étuve.
- 4° Dans la quatrième position des moules, les fonds redescendent à la position de remplissage.
- La presse décrite ci-dessus a, comme cotes d’encombrement, hors tout :
- Longueur.. . :..................... 2m,100
- Largeur.............................. 1™,900
- Hauteur.............................. 2m,900
- Le poids total do cet appareil est d’environ 9 000 kilogrammes.
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- Cet appareil peut donner facilement 1000 briques à l’heure, avec une force motrice ne dépassant pas, nous a-t-on assuré, six chevaux-vapeur.
- Durcissement. — Les briques enlevées de la presse sont empilées sur des wagonnets à raison de 1 000 par wagonnet. Les wagonnets chargés sont introduits dans une étuve à axe horizontal pouvant contenir la fabrication d’une journée. Les briques séjournent dix à douze heures dans cette étuve sous une pression de dix kilogrammes.
- La fabrication se faisant de jour, et l’étuvage de nuit, la fabrication peut •marcher avec un seul autoclave.
- 20 wagonnets sont nécessaires pour la marche de cette installation.
- USINE CH AI! LIER
- L’usine que M. Charlier a installée à Nogent-sur-Marne utilise en partie du :sable de Moret-sur-Loing qui arrive à l’usine par bateaux.
- Le sable présentant de petits graviers est tamisé à la claie puis transporté
- / \ /i9i I rfS'
- Fig. 4. — Usine Charlier.
- .au mélangeur, dans lequel il est jeté à la pelle avec la proportion de chaux déterminée.
- Ce mélangeur se compose d’une auge dans laquelle tournent deux arbres inunis d’ailettes.
- Le mélange rendu suffisamment homogène est évacué par le bas de l’appareil et pris par une monteuse à godets.
- La matière tombe dans un mélangeur à meules à marche intermittente. Lorsque le mélange est jugé suffisamment homogène, la matière est évacuée dans une petite trémie d’où elle est reprise par une chaîne à godets qui la déverse dans l’auge d’alimentation d’une presse Gardel.
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- La presse indiquée (fig. 4) montre une presse horizontale qui a été remplacée depuis par une presse à plateau tournant Gardel.
- Cette presse Gardel est du type à genouillères et plateau tournant portant huit moules.
- L’ensemble de la machine est supporté par un bâti en fonte dans lequel tous les mouvements se trouvent enfermés.
- Le mécanisme de compression est commandé par un arbre manivelle
- Fig. 5. — Usine Charlier.
- en acier, très robuste, actionnant une bielle reliée au levier à genouillère.
- Le démoulage s’opère à l’aide d’un chemin de roulement circulaire sur lequel se déplace le tampon de chaque moule par l’intermédiaire d’un fort galet en fonte.
- Le mouvement de rotation du plateau s’effectue à l’aide d’un système d’engrenages gt de bielles actionné également par l’arbre manivelle.
- Le mécanisme ainsi compris assure une concordance absolue entre les différents mouvements : compression, démoulage et rotation du plateau.
- Cette presse débite 1200 à 1400 briques à l’heure et son fonctionnement n’a jamais donné lieu à la moindre critique.
- Les briques prises à la main sur la table de la presse sont empilées sur des wagonnets et cuites pendant huit heures aune pression de 8 kilogrammes.
- Les étuves de durcissement sont au nombre de deux, recevant la vapeur à une pression de 8 kilogrammes.
- La manœuvre des portes de fermeture des autoclaves a lieu à l’aide d’une chaîne reliée à un palan.
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- CONFÉRENCE SUR iflNDUSTRlE S1LICO-CALCAIRE.
- USINE DELÉCOURT
- M. Delécourt, grand fabricant de briques d’argile et sachant par conséquent apprécier les qualités des briques silico-calcaires. a annexé cette fabrication à son industrie, au lieu de vouloir lutter contre elle et l’ignorer.
- Celle usine est installée en pleines dunes, à Rosendael près Dunkerque;, elle est par conséquent merveilleusement placée au point de vue du sable.
- La fabrication diffère de celles décrites précédemment en ce sens que la chaux est éteinte sous pression dans un tambour du type Olschewsky recevant la vapeur directement du générateur, comme le montre la figure 8.
- L’extincteur et les appareils de mélange, vis et broyeur, sont placés sur un plancher supérieur. La vis mélangeuse est horizontale, elle reçoit le mélange préparé sur le sol et le. déverse dans le broyeur-mélangeur.
- Le fonctionnement de ce dernier appareil est intermittent. La cuve reçoit par opération 200 kilogrammes environ de mélange.
- Après quelques minutes de fonctionnement on fait la vidange du broyeur au moyen d’une raclette d’expulsion et en ouvrant la porte de, sortie de la cuve.
- La matière se rend dans une nochère inclinée reliant cette porte à la presse.
- Cette nochère peut contenir une avance de mélange suffisante pour assurer le fonctionnement contihu de la presse.
- Les presses Gardel employées sont toutes du type à genouillère à plateau tournant, portant 4 moules. La compression est obtenue de la meme façon que pour la presse de l’usine de MM. Charlier décrite plus haut.
- Le démoulage s’opère par un système de leviers actionnés par une came dont l’excentrique est calé sur l’arbre manivelle.
- La rotation du plateau s’opère à l’aide d’un système de chaînes et de cames d’arrêt.
- La production de cette presse est de 800 briques à l’heure environ. Elle convient particulièrement pour la fabrication des briques moulurées de profils variés et des briques colorées.
- L’usine de M. Delécourt comprend trois presses analogues, avec appareils de mélange correspondants, et quatre autoclaves pour le durcissement des briques, delm,800 de diamètre. Les wagonnets y entrent directement grâce à un transbordeur se déplaçant devant les autoclaves et sur toute la longueur du bâtiment, reliant ainsi l’atelier de fabrication au parc et à la voie de raccordement au chemin de fer.
- En plus de la fabrication des briques, M. Delécourt fabrique de petits blocs d’appareillage et des briques colorées de nuances vives très agréables à l’œil.
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- Fig. 8. — Usine Delécourt (coupe).
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- Fig. 9. — Usine Delécourt (plan)
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- ARTS CHIMIQUES.
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- NOVEMBRE 1907.
- usine d’iiolltngiiausen (Allemagne)
- Celle petite usine a été installée par la maison Polysius de Dessan aussi •simplement que possible.
- On emploie pour cette fabrication de la. chaux éteinte à l’avance.
- Le mélange de sable et do chaux obtenu grossièrement par un pelletage •effectué à bras d’homme sur le sol, est envoyé dans un mélangeur hexagonal, visible à gauche de la figure 10. La matière est mélangée par la rotation du tambour, et déchargée sur un transporteur à secousses qui, à son tour, déverse le mélange dans la trémie d’alimentation d’une înonteuse à godets. Cette monteuse L’élève et le déverse dans un malaxeur à roues verticales. Le mélange achevé tombe dans la trémie d’alimentation d’une presse verticale à choc Polysius.
- Comme le montre la figure 11 la compression des briques a lieu à l’aide-de deux lourds pilons, frappant en meme temps, mais indépendants l’un de l’autre. Pour éviter qu’à l’usure ces pilons flottent, on a pris soin de les guider longuement. Cette presse fabrique deux briques à la fois, et donne deux coups sur chaque brique. La brique pressée est soulevée par un plot, puis mise à portée de la main de l’ouvrier, non pas comme dans les presses à plateaux par un mouvement de rotation de ce dernier, mais par le tiroir chargeur placé derrière la presse qui la pousse en avant.
- Cet te presse est extrêmement massive et robuste, plus rustique que la presse ù table tournante et usant beaucoup moins.
- Sur le côté de la presse (fig. 12) est fixé un système permettant de débrayer les pilons.
- PIERRE SILICO-CALCAIRE
- Nous avons écrit plus liant que M. Dclécourt fabriquait également des petits blocs d’architecture.
- Certaines usines fabriquent de véritables blocs comme je l’ai vu à l’usine de Gravcnhagen près la Haye, où existe une fabrication complète de blocs de pierre artificielle annexée à la fabrication des briques, à tel point que de nombreuses maisons sont construites en pierre silico-calcaires.
- On se sert pour cette fabrication d’un mélange do chaux et de sable do dunes, identique à celui servant à la fabrication des briques. Ce mortier est pilonné dans des moules en bois; les moules sont enlevés, et les blocs obtenus sont cuits à la manière ordinaire.
- Pierre Ford. — M.Ford a entrepris dans son usine près Liverpool la fabrication de gros blocs de pierre silico-calcaire à l’aide d’un système tout particulier •qui en fait un procédé vraiment original et ingénieux. J’avoue sans peine que
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- 1 1 :
- J ' Rjfll 1 1
- Fig. 10. — Usine d’IIollinghausen.
- Fig. 11. — Presse à chuc Polysius.
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- Fig. 12. — Presse à choc Polysius.
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- CONFÉRENCE SUR L’INDUSTRIE S1LICO-CALCA1RE.
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- quand M. Ford m’écrivait que je verrais chez lui, dans son usine, fabriquer-, des blocs d’une seule pièce pesant 15 tonnes, j’étais plus que sceptique. Pourtant j’ai dû me rendre à l’évidence qui est palpable; j’ai en effet vu fabriquer-des blocs en pierre artificielle pesant plus ou près de 15 000 kilogrammes et cela sans presse.
- Pour cette fabrication on se sert de grès broyé et de chaux grasse vive pulvérisée.
- Le mélange soigneusement préparé tombe simplement dans un moule cylindrique extrêmement résistant, percé d’une multitude de trous. Un appareil spécial, formé d’un disque tournant dans le moule., répartit uniformément le mélange, et l’empêche de former des lits.
- Lorsque le moule est suffisamment rempli, on boulonne le couvercle,, puis un pont roulant le prend et le descend dans l’autoclave vertical qui est en partie enterré. On place ensuite le couvercle de l’autoclave qui affecte la forme d’une cloche, on fait le vide à l’aide d’une pompe à air, puis on fait arriver de l’eau bouillante et dé la vapeur.
- Au contact de cette eau, la chaux vive s’hydrate, gonfle et comprime les grains de sable contre les parois du moule. Comme on ne peut empêcher la chaux d’occuper la place qu’elle doit occuper par son expansion, elle prend cette place au détriment des vides du mélange, formant ainsi une pierre compacte et résistante.
- L’explication du phénomène est toute simple, pourtant j’avoue qu’avant de voir fonctionner le procédé j’étais extrêmement incrédule sur son efficacité.
- La cuisson a lieu à une pression de 10 kilogrammes et dure dix heures. On. démoule, et la pierre séchée à l’air est sciée et débitée comme une pierre naturelle.
- Cette fabrication constitue certainement ce qu’il y a de plus intéressant dans l’industrie silico-calcaire. De plus il est très possible que dans un avenir plus ou moins éloigné on emploie ces blocs non seulement comme pierre à bâtir, mais aussi comme blocs d’enrochement, pour la protection des digues. Cet essai serait, certainement digne d’attirer l’attention de l’administration des Ponts et Chaussées.
- Cette pierre est en effet indécomposable à l’eau de mer, comme tout silico-calcaire, du reste. On conçoit aisément qu’un aggloméré dans lequel il n’entre que 8 à 10 p. 100 de chaux formé de silicate acide, peu chargé en chaux, .puisse résister à l’action désagrégeante du sulfate de magnésie do l’eau de mer..
- M. Féret (1) a publié des résultats extrêmement intéressants sur la manière dont se comporte la brique silico-calcaire à l’eau de mer, et moi-même, j’ai con-
- ,(1) Réunion des membres français el belges de l’Association internationale pour l’essai, des matériaux de construction. (Séance du 27 janvier 1906.)
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- staté cfiie la pierre Ford et d’autres blocs en silico-calcaire, placés dans une solution de sulfate de magnésie, ne montraient la moindre attaque par l’eau de mer après plus de deux années de séjour dans ce milieu.
- Il y a donc de ce côté tout un champ d’exploitation ouvert à l’industrie silico-calcaire, soit sous forme de briques, de dalles, ou de blocs.
- ANNEXE
- I
- INFLUENCE DE LA COMPRESSION INITIALE, DE LA PRESSION DE VAPEUR, ET DE LA DURÉE DE CETTE PRESSION SUR LA RÉSISTANCE DES BRIQUES SILICO-CALCA1RES
- Nous avons, dans cette étude, M. Ch. de La Roche et moi, cherché à mettre en évidence l’influence :
- 1° De la compression initiale clu mélange;
- 2° De la pression de vapeur de cuisson des briques;
- 3° De la durée de la pression de vapeur.
- Pour exécuter ces essais nous nous sommes servis d’un mélange identique de sable de Fontainebleau et de chaux grasse, moulé en .cylindres, de diamètre égal à la hauteur, et ayant 20 centimètres carrés de section. Le poids de mélange nécessaire pour obtenir un çylinclre parfait, déterminé par quelques essais préliminaires, était soigneusement pesé, et comprimé dans un moule spécial. Pour cette pression nous nous sommes servis de la machine d’Amsler-Laffon.
- Ap rès démoulage les cylindres étaient placés dans une conserve en verre, puis dans un autoclave où ils subissaient pendant un nombre d’heures déterminé une pression voulue.
- Enfin, les cylindres obtenus retirés de l’autoclave étaient comprimés à la même machine Amsler-Laffon, vingt-quatre heures après avoir été enlevés de l'autoclave. •
- Les résultats obtenus montrent de la manière la plus nette, qu’à conditions égales la résistance des produits silico-calcaires est d'autant plus élevée que la pression initiale est plus considérable.
- Cette loi très nette voit son application immédiate dans l’utilisation de presses puissantes permettant de donner au mélange une forte compression.
- On ne saurait trop, en effet, attirer l’attention des fabricants de presses sur ce fait d’une portée considérable au point de vue du développement de cette belle industrie : qu'il est nécessaire demonstituer des presses puissantes, si l’on veut obtenir une brique résistante.
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- Influence de la compression initiale, de la pression de vapeur et de la durée de cette pression sur la résistance.
- COMPRESSION initiale PRESSION dans DURÉE de la RÉSISTANCE EN KILOG. PAR CENTIM. CARRÉ MOYENNE.
- DU MÉLANGE par cm2 en kg. L AUTOCLAVE en kg. dans l'autoclave en heures. A LA COMPRESSION DES BLOCS APRÈS CUISSON.
- 250 4 4 35 52,5 45 47,5 46 '
- 500 4 4 70 70 70 65 68,75
- 750 4 4 70 72,5 77,5 80 75
- 1 000 4 4 • 92,5 102,5 90 92,5 94,5
- 250 4 6 92,5 95 95 92,5 93,75
- 500 4 6 112,5 115 110 115 113
- 750 4 G 130 180 165 157,5 172,5
- 1 000 4 6 170 152,5 210 247,5 195
- 250 4 8 110 115 110 135 105
- 500 4 8 142,5 130 147,5 135 138,7
- 750 4 8 140 170 130 167,5 152
- 1 000 4 8 192,5 177,5 195 167,5 183
- 250 4 10 112,5 102,5 120 115 112,5
- 500 4 10 132,5 135 150 145 140,6
- 750 4 10 172,5 152,5 160 145 157,5
- 1000 4 10 215 200 210 210 208,7
- 250 G 4 67,5 67,5 68,75 70 67,8
- 500 6 4 95 95 95 85 80
- 750 6 4 110 110 107,5 110 109,4
- 1000 6 4 135 137,5 130 130 133
- 250 6 6 155 152,5 147,5 . 145 150
- 500 6 G 190 192,5 182,5 187,5 188
- 750 6 6 210 225 225 210 217
- 1 000 6 6 250 240 237,5 240 242
- 250 G 8 170 180 170 170 172,5
- 500 6 8 187,5 202,5 185 185 190
- 750 6 8 235 210 220 222,5 222
- 1000 G 8 255 247,5 225 247,5 244
- 250 6 10 180 180 177,5 170 177 '
- 500 6 10 215 210 207,5 •215 212
- 750 6 10 250 247,5 257.5 277.5 247,5 251
- 1000 6 10 270 277,5 250 268,7
- 250 8 4 192,5 165 162,5 162,5 170,6
- 500 8 4 212,5 212,5 265 217,5 214
- 750 8 4 232,5 235 * 242,5 247,5 239
- 1000 8 4 277,5 265 267,5 265 269
- 250 8 6 207,5 202,5 207,5 205 205
- 500 8 6 252,5 252,5 247,5 245 250
- 750 8 0 287,5 295 272,5 275 282
- 1000 8 . 6 280 312,5 •315 317,5 306
- 250 8 8 225 235 240 240 235
- 500 8 8 265 262,5 265 272,5 266
- 750 8 8 275 270 270 270 275
- 1000 8 8 297,5 295 292,5 292,5 295 |
- 250 8 10 230 275 267,5 267,5 260
- 500 8 10 317,5 317,5 327,5 317,5 320
- 750 8 10 » 350 330,5 347,5 300 332
- 1000 8 10 367,5 362,5 357,5 345 358
- 250 10 4 232,5 240 232,5 257,5 233
- 500 10 4 267,5 262,5 250 245 256
- 750 10 4 292,5 275 265 ' 257,5 269
- 1 000 10 4 315 292,5 297,5 287,5 298
- 250 10 6 » 245 237,5 250 244
- 500 10 6 302,5 330 317,5 317,5 317
- 750 10 6 355 347,5 372,5 350 356
- 1 000 10 6 362,5 395 357,5 397,5 378
- 250 10 8 305 295 285 307,5 298
- 500 10 8 307,5 275 282,5 262,5 282
- 750 10 8 342,5 362,5 382,5 332,5 355
- 1 000 10 8 405 380 385 385 389
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- Les lois résultant de la pression de vapeur et de la durée de cette pression sont également très nettes, à conditions égales, la résistance du produit estd'autant plus élevée que la pression de vapeur est plus forte et sa durée plus longue.
- Toutefois en ce qui concerne ces deux dernières lois, on est limité par le temps, car généralement on cuit la nuit, et par la pression de vapeur qui atteint rarement 10 atmosphères dans les usines, et qu’on ne peut guère dépasser sans employer des appareils extrêmement coûteux.
- II
- Dans les essais qui suivent nous avons étudié soit seul, soit en collaboration avec M. Ch. de La Roche déjà nommé, l’influence de la proportion de chaux et de sa nature sur la résistance de la brique silico-calcaire.
- Le choix d’une bonne chaux a une importance considérable sur le succès de la fabrication future; il ne suffit pas d’avoir un bon sable, il faut pouvoir disposer d’une chaux convenable, sous peine d’écliouer lamentablement dans une industrie qui paraît toute simple, mais qui repose néanmoins sur des lois parfaitement définies, qu’il faut connaître.
- Pour tous ces essais, nous avons employé du sable de Fontainebleau et de la chaux grasse ou hydraulique parfaitement éteinte et soigneusement blutée.
- Influence de la proportion de chaux grasse. — Dans les essais réunis dans le tableau ci-après nous avons étudié l’influence d’une proportion croissante de chaux. Les essais montrent qu’à partir d’une certaine proportion de chaux qui doit très probablement être variable suivant les produits (sable et chaux) employés, il y a une décroissance dans la résistance :
- CHAUX grasse. SABLE. PRESSION initiale. PRESSION de vapeur. DURÉE de la pression de vapeur. RÉSISTANCE à la compression. MOYENNE.
- 100 900 250 kg. 10 kg. 6 h. 136 139 124 » 133
- 200 800 — — — 193 163 154 )) 170
- 300 700 — — — 170 175,5 182,5 » 180
- 400 600 — — — 148 162,5 145 » 152
- 500 500 — — — 97,5 121 139,5 » 120
- 600 400 — — — 113,5 123,5 115 )) 117
- 100 900 8 kg. 142,5 117,5 140 135 128,7
- 300 700 , “ 155 ' 155 150 155 153,7
- Dans les essais suivants nous avons étudié l’influence d’une augmentation croissante de chaux, en faisant varier la proportion de 1 p. 100 seulement au lieu de 10 p. 100, comme dans les essais ci-dessus et en ne dépassant pas 1§ p. 100, de manière à rester dans les conditions industrielles réalisables.
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- Les essais montrent que, jusqu’à 15 p. 100, la résistance est en relation directe avec la proportion de chaux employée. On peut également tirer comme corollaire de ces essais qu’une augmentation de pression initiale permet d’employer une proportion moindre de chaux, puisque l’essai n° 1080 avec 6 p. 100 de chaux seulement a donné une résistance identique à l’essai 1092 contenant 8 p. 100 de.chaux; dans le premier cas la pression a été de 500 kilogrammes par centimètre carré au lieu de 250 kilogrammes seulement dans le second. 11 en est de meme pour les autres essais du même tableau ; par exemple l’essai n° 1081 avec seulement 7 p. 100 de chaux donne des résistances identiques au n° 1096 contenant 12 p. 100 de chaux. Dans le premier cas la compression initiale a été de 500 kilogrammes et dans le second de 250 seulement.
- PRESSION PRESSION DURÉE
- CHAUX RÉSIS IANCE
- SABLE. de de la MOYENNE.
- grasse. initiale. vapeur. pression flevapeur • à la compression.
- )) GO 940 250 kg. 8 kg. 6 h. 107,5 92,5 97,5 100 99,2
- )) 70 930 — 97,5 105 102,5 100 103,7
- 1092 80 920 — 117,5 115 112,5 112,5 114,3
- » 90 910 __ — 120 115 115 » 116,6
- » 100 900 — — 120 120 )) )> 120
- » 110 890 — 115 125 125 125 122,5
- 1096 120 880 — 125 130 125 120 125
- » 130 870 — 125 130 127,5 » 132,5 128,7
- » 140 860 — — 135 140 132,5 140 136,8
- » 150 850 — 142,5 137,5 137,5 132,5 137,5
- 1080 60 940 500 — — 115 112,5 115 117,5 115
- 1081 70 930 — 122,5 125 130 122,5 125
- » 80 920 — — 140 135 137,5 145 137
- )) 90 910 — 145 142.5 147,5 145 145
- » • 100 900 — .— 157,5 152,5 152,5 155 154
- » 110 890 . — — — 160 160 » )) 160
- » 120 880 — — 162,5 160 162,5 165 162
- » 130 870 — — 170 167,5 177,5 167,5 169
- )) 140 860 — 170 172,5 172,5 167,5 170,6
- » 150 850 — — 1 170 172,5 170,5 172,5 175
- Influence de la proportion dé chaux hydraulique. — Il y a parfois un intérêt économique à employer de la chaux hydraulique au lieu de chaux grasse qui est souvent d’un prix plus élevé que la première.
- NATURE
- RÉSISTANCE
- 250 kg.
- Hydraulique..
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- *- Gomme pour la chaux grasse, les essais montrent que la résistance est em relation directe avec la proportion de chaux ajoutée. On conçoit d’autant plus qu’il en est ainsi, que les silico-calcaires dans lesquels la chaux grasse est remplacée par la chaux hydraulique sont de véritables mortiers de chaux hydraulique, lesquels donnent des résistances d’autant plus élevées que la proportion de liant est plus grande.
- Les chaux hydrauliques étant très différentes dans leur composition chimique et leurs propriétés, nous avons examiné dans les essais ci-après divers échantillons de chaux de provenances différentes comparativement à de la chaux grasse et à'du ciment portland. _
- NATURE de LA CHAUX. PROPORTION de chaux. PROPORTION 1 de salilo. 1 g 6 ’Jl T3 ES £5 S Yt ^ * 2 o i i a ^ Z, O DUKHH dolaprcssion do vapeur. A RÉSISTANCE LA COMPRESSION. MOYENNE.
- Grasse 100 900 500 kg. 8 kg. 6 h. 187,5 178 187,5 178 182,8
- — 200 800 — 220 220 157,5 157,5 188,3
- — 300 700 — — — 237,5 237,5 240 224 234,7
- Hydraulique A. 100 900 — 115,6 118,7 125 112,5 118
- — 200 800 — — — 200 240 200 200 210
- — 300 700 — — — 287,5 287,5 271 271,8 279,6
- Hydraulique B. 100 900 — 84,5 84,3 73,5 84,3 81,5
- — ♦ 200 800 — — 131,2 132,5 125 143,7 133
- — 300 700 — — — 143,7 137,5 150 150 145
- Portland. . . . 100 900 131 146,8 137,5 132,5 137
- — ' 200 800 — — — 271,8 262,3 259,2 240 238,4
- 300 700 — — 356 350 350 356 353
- On voit, en examinant les résultats de ces essais, que la chaux grasse l’emporte sur tous les produits tant qu’on agit sur de faibles proportions, ce qui a lieu dans l’industrie du silico-calcairè, même en ce qui concerne le produit dans lequel la chaux grasse est remplacée par du ciment portland. Quand les-proportions augmentent les résistances données par les silico fabriqués avec la chaux hydraulique A ou avec le portland sont supérieures à celles données parle silico-calcaire à la chaux grasse.
- Il peut sembler anormal qu’un produit contenant du ciment portland do bonne qualité donne un produit de qualité inférieure ; il n’en peut être autrement si l’on réfléchit qu’il y a dans la fabrication du silico-calcaire une question de contact (pour qu’il y ait combinaison) entre les grains de sable et de chaux,, et que là où 100 grammes de chaux grasse extrêmement légère, de densité = 0,400 suffisent pour envelopper 900 grammes de sable, il en est tout autrement de 100 grammes de ciment d’üne densité = 1,200. Mais, si on augmente-les proportions de liant, il est évident, comme le montrent les essais, que le ilico-calcaire contenant certaines chaux hydrauliques, ou du ciment portland
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- CONFÉRENCE SUR L’iNDUSTRIE SIL1CO-CALCAIRE. 1209
- donnera des résistances très supérieures à celles données par le silico-calcaire de chaux grasse. C:est ainsi que l'essai contenant 30 p. 100 de ciment portland donne 333 kilogrammes contre 234,7 kilogrammes donnés par le silico-calcaire contenant la même proportion de chaux grasse.
- Par contre, une proportion même élevée de chaux hydraulique B (30 p. 100) a donné des résistances inférieures.
- Il semble nettement établi, d’après ces essais, que l’emploi de la chaux grasse est préférable à la chaux hydraulique.
- Pour élucider complètement la question, nous avons fait une seconde série d’essais en employant, comparativement à la chaux grasse, cinq chaux hydrauliques de différentes provenances. Nous avons exécuté avec chaque échantillon trois mélanges contenant des proportions différentes de chaux, 8, 10 et 12 p.100
- NATURE de LÀ CHAUX. PROPORTION do clianx. PROPORTION do sable. PRESSION initiale. PRESSION* de vapeur. DURÉE do la pression do vapeur. RÉSISTANCE A LA COMPRESSION PAR CM'. MOYENNE.
- Grasse 80 920 kilog. 250 kilog. 8' heures. 8 122,5 115 130 127,3 123,7
- 2387 v — — — — — 37,5 37,5 40 37,5 38,1
- 2588 J — — — — 40 42,5 40 40 40,6
- 2602 } Hydrauliques. — — — — — 80 85 87,5 87,5 85
- 2597 \ — — — — — 55 55 57,5 52,5 55
- 2378 1 — — — — - 107,5 107,5 110 107,5 108,1
- Grasse 100 900 160 160 160 162,5 160,6
- 2587 \ — — — — — 57,5 57,5 60 50 57,5 55,6
- 2588 j — — — — — 60 62,5 70 63,1
- 2602 > Hydrauliques. — — — — — 122,5 122,5 127,5 130 123,6
- 2597 — — — — — 72,5 72,5 70 70 71.2
- 2378 1 — — — — — 145 145 140 142,5 143,1
- Grasse 120 800 165 175 177,5 162,5 ' 170
- 2587 \ — — — — — 65 65 62.5 62,5 64,3
- 2388 — — — ' — — 70 72,5 • 72,5 80 73,7
- 2602 } Hydrauliques. — — — — — 160 157,5 160 165 160,6
- 2597 — — — — — 67,5 65 70 65 66,8
- 2378 > — — — — — 190 200 192,5 197,5 195
- Grasse 80 920 500 152,5 185 180 185 175,6
- 2587 i — — — — 50 50 47,5 50 49,3
- 2588 J — — — — — 57,5 57,5 57,5 57,5 57,5
- 2602 1 Hydrauliques. — — — — — 105 102,5 105 107,5 105
- 2597 \ — — — — ' 62,5 63 65 65 64,3
- 2378 ) — — — — — 123 127,5 - 125 127,5 126,2
- Grasse 100 900 230 215 217,5 210 218,1
- 2587 ) — — — — — 57,5 60 65 60 60,6
- 2388 / — — — — 65 65 67,5 67,5 66,2
- 2602 > Hydrauliques. — — — — — 142,5 137,5 137,5 137,5 138,7
- 2597 l —. — — — — 80 82,5 82,5 85 82,5
- 2378 ] — • — — — — 190 165 165 165 171,2
- Grasse 120 880 185 190 220 220 200
- 2587 \ — — — — 70 72,5 70 72.5 71,2
- 2588 — — — — 72,5 72,5 72,5 70 71,8
- 2602 } Hydrauliques. — — — — — 167,5 167,5 170 170 168,7
- 2597 \ . . — — 77,5 195 80 77,5 77,5 200 78,1
- 2378 / — 192,5 192,5 194,3
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- ARTS CHIMIQUES.
- NOVEMBRE 1907.
- -et sur chaque mélange on a fait deux séries d’essais en faisant varier les compressions initiales 250 kilogrammes et 500 kilogrammes par centimètre carré. Les chaux employées avaient la composition chimique ci-après :
- 2587 2588 2602 2597 2378
- Silice 21,42 16,80 14,97 12,55 24,05
- Al- O3 7,07 3,33 2,65 2,37 1,41
- Fe2 O3 2,37 1,79 0,96 1,49 0,81
- CaO . . . . 32,83 59,88 61,61 63,79 64,77
- MgO 0,43 0,76 0,14 0,28 0,30
- SO3 0,80 0,91 0,50 0,75 0,34
- Perte au feu 11,26 13,94 19,10 16,34 8,55
- Non dosé et pertes . . . 0,82 0,59 0,07 0,43 »
- Total. . . 100,00 100,00 100,00 100,00 100,23
- La chaux grasse était sensiblement pure.
- Les essais physiques exécutés sur les chaux étudiées ont donné les résultats ci-dessous :
- DENSITÉ. FINESSE DE MOUTURE.
- 321 U IC SI DU P. 103 s 900 UR LE TAMIS DE 2025 Total. FINE poussière.
- Grasse. 0,406 0,4 0,5 1,4 2,3 97,7
- 2 587 0,792 0,3 5,7 12,4 18,4 81,6
- 2 588 0,652 0,2 2,1 7,3 9,6 90,4
- 2 602 0,643 0,0 1,4 3,8 4,2 95,8
- 2 597 0,540 3,2 3,3 2,3 8,8 91,2
- 2 378 0,858 0,0 0,4 1,3 1,7 98,3
- RÉSISTANCE A LA TRACTION EN MORTIER PLASTIQUE 1 : 3 IMMERGÉ DANS L’EAU DOUCE.
- Après 1 semaine. Après 4 semaines.
- 2 587 4-3-4-3-4-3 3,5 7-6-6-S-7-9 7,2
- 2 588 4-4-3-3-4-3 3,5 8-5-7-6-6-6 6,3
- 2 602 5-5-5-4-4-5 4,7 10-9-7-5-5-7 - 7,2
- 2 597 0,1-0,4-0,3-0,2-0,3-0,3 0,3 Désagrégées.
- 2 378 EM 6-5-5-6-5-6 5,5 14-13-11-12-13-12 12,5
- On voit que ces chaux sont assez dissemblables comme composition chimique et qualité. L’une (2602) est une chaux de qualité dite administrative employée dans les travaux de premier ordre ; la chaux n° 2588 a été choisie parmi les chaux employées dans les chantiers de la Ville de Paris, les autres sont des produits de qualités différentes comme on peut en juger par les résultats.
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- CONFÉRENCE SUR L’iNDUSTRIE SILICO-CALCAIRE.
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- Comparée à la chaux grasse la densité de ces produits est de beaucoup supérieure notamment pour la chaux n° 2378. On voit déjà par cette seule indication qu’une petite quantité de chaux ne suffit pas pour enrober les grains de ^ahie et produire leur liaison par silicatisation, alors qu’il en sera tout autrement de la chaux grasse qui est légère ; aussi malgré les bonnes résistances données par les mortiers de certaines de ces chaux, les essais avec de la chaux grasse ont tous donné des résistances plus élevées sauf pour le n° 2378 avec 12 p. 100 qui donne des résultats sensiblement égaux.
- On peut donc conclure de ces essais qu’il y a un intérêt évident à employer une chaux aussi grasse que possible.
- Les essais de gélivité exécutés sur les mêmes échantillons ont conduit à une conclusion identique.
- III. — RÉSISTANCE DES BRIQUES SILICO-CALCA1RES
- » «
- De nombreux essais exécutés sur des briques marchandes, d’après la méthode de la Commission des méthodes d’essais, c'est-à-dire en sciant les briques en deux parties égales et en superposant les deux moitiés, m’ont donné les résultats ci-après.
- En opérant sur 272 briques provenant do 25 usines différentes, françaises, anglaises et allemandes, j’ai trouvé des résistances variant de 49 kilogrammes à 307 suivant les .usines.
- La résistance moyenne a été de 180,76.
- La pierre Ford a donné 475 kilogrammes par centimètre carré.
- Les briques placées sur deux appuis distants de 200 mm. et essayées à la rupture par flexion ont donné (effort total de rupture) :
- Maximum........................................................ 860 kg.
- Minimum........................................................ 180
- Moyenne de 48 briques provenant d’usines différentes....... . . . 401,5
- Les essais de gélivité donnent do bons résultats. Ses briques bien fabriquées résistent à 25 gels à —15° et 25 dégels à + 15°.
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- NOTES ÉCONOMIQUES
- Par M. Maurice Alfassa.
- LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A DUIT HEURES I L’EXPÉRIENCE DES ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS DE L’ÉTAT EN FRANCE. LES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES (1).
- Nous avons été amenés à constater que les auteurs des rapports dont les conclusions étaient le plus défavorables, relàtivement aux résultats de l’introduction de la journée de huit heures dans les établissements de la Marine, ne croyaient pas pouvoir les imputer en totalité à cette réforme : l’unification des salaires, accompagnée d’un relèvement, la suppression du travail aux pièces et une moindre efficacité de la surveillance, leur ont paru être des causes importantes ayant agi dans le même sens que la réduction de la durée du travail, tant au point de vue du rendement, qu’à celui du coût de production.
- Et si quelques-uns des rapports ont cherché à établir par des coefficients numériques l’effet de la journée de huit heures, il est juste de signaler que leurs auteurs no les donnent qu’à titre de simple hypothèse et qu’ils ont soin de déclarer auparavant que ‘leurs évaluations ne présentent qu’une exactitude des plus relatives.
- « La coïncidence de ces deux grands changements : adoption de la journée de huit, heures, suppression du travail à la tâche, dit le directeur du Génie maritime à Cherbourg (2), est peut-être l’obstacle le plus insurmontable à une constatation rigoureuse des résultats de la nouvelle journée. »
- Il « s’aventure » cependant, malgré cette réserv'e prudente, à donner quelques chiffres, mais « visiblement trop isolés, trop peu concordants entre eux pour qu’il y ait lieu de leur attribuer une grande portée » (3).
- C’est également le directeur du Génie maritime de Lorient qui déclare que l’on peut « évaluer l’augmentation » résultant de la journée de huit heures, « à 15 p. 100 en chiffres ronds (4) ». Mais sà conclusion ne peut évidemment être accueillie qu’avec les plus expresses réserves, puisque dans le corps même de la note, le directeur du Génie maritime, après avoir montré les divers facteurs agissant, disait en manière de conclusion : « Les considérations qui précèdent expliquent qu’il ne soit pas possible d’isoler les effets de la journée de huit heures et, par suite, de donner des résultats très précis (3).»
- Les conclusions favorables fournies par d’autres notes nous ontfait voir qu’en tout état de cause une condamnation de la réforme ne pouvait être prononcée pour les
- (1) Bulletin de juin 1907, p. 736.
- (2) Notes sur la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État. Note de Cherbourg du 25 novembre 1904, p. 19.
- (3) Ibid., p. 19.
- (4) Ibid. Note sur Lorient, p. 16.
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- 4 LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A 8 HEURES. \%\ 3‘
- établissements de la marine et que les conditions de son application avaient été telles,, que les résultats d’ensemble étaient incertains.
- En même temps certaines réflexions, qui figurent soit dans les rapports, soit dans d’autres documents officiels que reproduisent les « Notes sur la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État » nous paraissent de nature à montrer qu’aux causes complexes, dont les effets ont été examinés précédemment, s’ajoutent d’autres causes fort importantes qui n’ont pas peu contribué à déterminer les résultats, bien qu’aucun des rapports, dans leur partie publiée, ne les fasse entrer en compte dans l’établissement des conclusions.
- Or ces causes, nous allons maintenant les étudier, non seulement, parce qu’elles- • ont eu une action directe sur les résultats obtenus dans les établissements de la Marine,, mais aussi, et surtout, parce qu’étant inhérentes au système de répartition qui y est employé, nous ne les retrouverions pas si l’expérience de la journée de huit heures avait été tentée dans des usines privées.
- Et en effet le rapport de M. Cuvinot, au Sénat, sur le budget de la Marine en 190a» et les conclusions de la Commission extra-parlementaire de la Marine mettent en lumière pour les arsenaux deux faits d’une importance capitale :
- 1° CJne mauvaise organisation du travail, suscitant des pertes de temps considérables ;
- 2° Une insuffisance de la quantité de travail fournie à un personnel constant.
- Il est bien évident pour tous ceux qui ont tant soit peu examiné les problèmes-relatifs à l’organisation du travail industriel, que l’intensité effective du travail individuel étant supposée constante, ia production sera fonction de l’emploi réel du temps-de travail et que les pertes de temps-ont 'pour conséquence une réduction surproportionnelle de la production,parce qu’à la réduction correspondante au temps perdu vient, s’ajouter celle qui provient de la remise en train.
- Cela est tout à fait incontestable : dans toutes les industries on a tendu à la suppression de ces pertes de temps, tant par l’exercice d’une surveillance plus active sur les ouvriers payés à la journée, que par la substitution, à ce mode de travail, du travail à la tâche ou du travail aux pièces qui portent l’un et l’autre en soi un stimulant, puisque la rétribution est proportionnelle à la production fournie. Et de plus l’outillage se perfectionne sans cesse,, parce que grâce à ce système on évite, dans une mesure toujours plus grande, les à-coups de production, résultant soit de l’inattention, soit de la fatigue de l’ouvrier. Et non seulement la tendance de l’industrie moderne est de substituer, de plus en plus, la machine à l’ouvrier, mais encore pour régulariser la production de rendre les machines de plus en plus indépendantes de leurs conducteurs.
- Les exemples pratiques abondent et nous en pourrions citer de nombreux si nous ne craignions pas d’entrer dans des développements trop considérables. Qu’il nous-suffise de rappeler d’une manière rapide et générale, pour les principales industries, les économies de temps réalisées, en Europe ou aux Etats-Unis, avec les métiers self-acting d’abord, puis rattacheurs et renvideurs qui permettent en filature au même ouvrier de surveiller cinq ou six métiers et même davantage, alors qu’autrefois un seul suffisait à l’occuper; avec les fours à soles tournantes et à brassage mécanique, les hauts fourneaux à chargeurs automatiques, et les laminoirs universels avec chariots-automatique^ en métallurgie ; avec les excavateurs, les perforatrices mécaniques dans l’industrie extractive ; avec les admirables machines-outils automatiques de l’industrie mécanique en général et de l’industrie automobile en particulier ; avec les linotypes-
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- NOTES ÉCONOMIQUES. ---- NOVEMBRE 1907.
- les presses rotatives, les plieuses et encolleuses mécaniques qui dans l’imprimerie permettent en une heure ou deux le tirage de nos grands journaux quotidiens.
- Quelle que soit la branche d’industrie considérée, le souci permanent des chefs est •de rendre maxima la production d’un nombre donné d’ouvriers dans une limite de temps donnée, toutes choses étant égales d’ailleurs, parce qu’un raisonnement élémentaire, à la portée des enfants de l’école primaire eux-mêmes, montre que la répercussion des frais généraux et autres charges fixes d’une entreprise est d’autant moindre par unité produite que la production par unité de temps est plus grande.
- C’est ce qu’avaient vu les premiers économistes, alors qu’ils vantaient les bienfaits de la division du travail, lorsque, à la production anarchique de l’ancienne industrie, succédaient les tentatives primitives d’organisation rationnelle à l’intérieur de l’usine.
- Il n’est évidemment pas besoin de reproduire des considérations d’Adam Smith de Ricardo, de Bastiat, de J.-B. Say et de leurs disciples de l’École classique pour justifier leur théorie.
- Et il semble que l’un des premiers soucis de ceux qui sont à la tête d’entreprises quelconques doit'être nécessairement de réduire au minimum les causes de pertes de temps et autres qui réduisent la productivité de leur personnel.
- C’est un fait industriellement regrettable que toutes les pertes de temps ne puissent pas être .absolument supprimées; mais il est clair que; si l’action du chef d’entreprise est toute-puissante pour supprimer celles qui proviennent de l’organisation même du travail, elle est beaucoup moins efficace pour annihiler celles dont l’ouvrier est le seul maître : pour combattre les pertes de temps résultant de la suspension de travail volontaire et momentanée en cours de journée, ou le ralentissement de l’activité individuelle, en dehors des stimulants, automatiques en quelque sorte, fournis par les modaütés des salaires, il n’est guère d’autres moyens efûcaces que la surveillance du travail.
- Nous avons vu que dans la généralité des établissements industriels de l’État, les chefs de service se plaignaient des pertes de temps, résultant de la moindre activité horaire de leur personnel, que la surveillance, moins efficace après la journée de huit heures, ne parvenait pas à combattre.
- C’est là une des causes auxquelles est attribué l.e mauvais résultat de la réforme, que l’on ne retrouverait à peu près certainement pas dans une expérience analogue tentée par l’industrie privée, puisque les facteurs qui l’ont déterminée (suppression du travail aux pièces et à la tâche, uniformisation des salaires, etc.) n’existeraient pas.
- A cette cause, qui échappe peut-être dans une certaine mesure à l’action des chefs de service, s’en ajoute une autre dont la suppression peut manifestement être réalisée parleurs soins : nous voulons parler des pertes de temps résultant d’une mauvaise organisation du service. <
- Les rapports des établissements de la Marine sont naturellement muets sur ce point mt leur rédaction ferait supposer que les pertes de temps dont ils parlent proviennent •d’un ralentissement de l’activité des ouvriers, uniquement en somme d’un mauvais emploi de la durée du travail, que la surveillance actuelle est impuissante à réprimer.
- Or il est loin d’en être ainsi : nous n’en voulons pour preuve que la note ci-dessous, •reproduite par M. Cuvinot au Sénat. *
- Elle démontre nettement, par prétérition, que l’organisation interne du travail est drès défectueuse.
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- LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A 8 REURES. 1215
- Voici en effet comment s’exprime dans une note du 21 novembre 1904 un ingénieur en chef du Génie maritime de Rochefort :
- « Il ne paraît pas douteux que la journée de huit heures soit une excellente mesure, car huit heures de travail effectif, bien employées, épuisent dans une mesure convenable l'énergie moyenne de travail d’un homme.
- Mais pour que ces huit heures soient bien employées ; il faut deux conditions dont l’indispensabilité est bien évidente :
- 1° Il faut que le travail attende l'ouvrier et non l'ouvrier le travail, le programme des travaux sur la planche, comme on dit, devant être toujours suffisant.
- 2° Il faut que les surveillants soient armés de toute l’autorité qui leur est nécessaire pour obtenir des ouvriers qu’ils travaillent avec une activité suffisante (1). »
- Nous avons suffisamment insisté sur la deuxième de ces conditions dans la première partie de ce travail, pour qu’il ne nous paraisse pas utile d’y revenir maintenant. Au contraire la première des deux conditions indiquées par l’ingénieur en chef du Génie maritime de Rochefort introduit dans le débat un élément nouveau fort important.
- Elle ne tendrait en effet à rien moins qu’à montrer que l’expérien'ce de la réduction de la journée à huit heures dans les établissements de la Marine a été poursuivie en général de telle manière qu’elle devait nécessairement échouer : les résultats, consignés dans les divers rapports, laissaient une impression d'incertitude.troublante quant aux effets de la réduction, puisqu’ils étaient dus à des causes diverses dont les auteurs déclaraient ne pouvoir déterminer l’action individuelle ; l’incertitude était encore augmentée par le fait qu’il pouvait être très difficile d’agir sur l’ensemble de ces causes et même impossible pour certaines d’entre elles, comme la suppression du travail aux pièces ou l’unification des salaires. Mais l’influence directe de la première condition est manifeste et il ne tient qu’aux chefs de service de mettre un terme à son action malfaisante. Elle suffît à vicier tous les résultats obtenus d’autre part, alors même qu’il aurait pu être établi avec précision que l’accroissement du coût de production était, pour la plus grande part, dû à la réduction de la journée.
- Comment, en faisant abstraction des autres facteurs dont nous avons parlé dans la première partie de cette étude, attribuer à la seule réduction de la journée à huit heures la diminution de la production quand une cause aussi puissante que les pertes de de temps provenant de ce que l’ouvrier doit constamment attendre sa besogne, agit dans le même sens et serait — si elles atteignaient à un certain chiffre — plus que suffisantes à elle seule pour justifier cette réduction de production?
- L’importance pratique de cette suppression de ces pertes de temps est évidente ; leur action est d’autant plus incompréhensible aujourd’hui qu’elle peut être aisément annihilée par une organisation rationnelle de la production. •
- On en souffrait beaucoup autrefois dans l’industrie privée, mais depuis de nombreuses années, aux États-Unis principalement, et en Europe également les chefs d’entreprises y ont porté remède.
- Ces pertes de temps peuvent provenir de causes diverses.
- En premier lieu elles peuvent être dues, et ce sont les plus graves, à la disposition des locaux, où s’exécute le travail, qui fait que les opérations ne se succèdent pas dans un ordre logique et que les produits au heu de marcher toujours dans le sens de
- (1) Notes, etc., p. 20 et aussi Rapport de M. Cuvinot au Sénat (Budget de la Marine de 1905, p. 71).
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- l’élaboration doivent, pour en subir les diverses phases, retourner en arrière et parfois remonter aux étages supérieurs. La conséquence de cette organisation est qu’il arrive sans cesse que l’ouvrier chargé d’un travail doit attendre l’arrivée des pièces qu’il a à faire, d’où perte de temps certaine.
- A cette situation industriellement mauvaise, aggravée parfois par l’insuffisance des appareils de transport mécanique à l’intérieur de l’usine, un remède peut être porté, par l’accumulation d’un stock à portée de l’ouvrier, lorsque l’on ne peut modifier l’organisation matérielle intérieure.
- Ces pertes de temps peuvent encore être dues au fait que l’ouvrier, après avoir -achevé une pièce, doit la porter en un point d’où elle sera dirigée sur les autres ateliers -et aller chercher celle dont il a besoin. C’est là une cause certaine de diminution dans la production, par l’arrêt et la remise en train fréquents dans le travail : aux États-Unis où le prix élevé de la main-d’œuvre qualifiée rend ces pertes de temps particulièrement coûteuses, en Europe, tout au moins dans certaines usines, il est de règle absolue que l’ouvrier, exécutant une opération, soit à la main, soit avec une machine, a un rgamin ou un aide pour accomplir ces besognes d’à côté. Outre l’économie très réelle que procure cette.organisation, elle a encore pour effet de réduire les pertes de temps imputables à l’ouvrier : il hésitera en effet, davantage dans ce cas, à abandonner son travail, pour aller par exemple causer avec un camarade, que lorsqu’il est constamment amené à se déranger pour aller porter ou chercher son ouvrage.
- Enfin il est une autre cause sérieuse de pertes de temps, que les Américains surtout ont fait radicalement disparaître, ainsi que l’ont montré les rapports de la Commission Mosely. Dans certaines opérations, en fonderie notamment, l’ouvrier fait usage d’outils spéciaux et de brosses, soit pour préparer ses moules, dans les coulées en sable, soit pour nettoyer des pièces de fonderie. Lorsque deux opérateurs sont tout voisins, il arrive fréquemment — c’est la règle presque générale en Angleterre par exemple — qu’ils se servent des mêmes outils, appartenant à l’usine. Cette disposition se justifie en principe parce que ces deux opérateurs ne font pas simultanément le même travail. En fait elle entraîne à des pertes de temps assez sensibles — qui se chiffreraient par 5 ou 7 p, 100 — parce que, dans la pratique chacun des opérateurs conserve des outils par •devers lui, après en avoir fait usage et que son compagnon doit se déranger pour aller les prendre.
- Ces pertes de temps sont particulièrement sensibles pour la fabrication des petites pièces.
- Or il est aisé d’y porter remède en exigeant que chaque ouvrier ait tous les outils et ustensiles qui lui sont nécessaires, et'aussi qu’il puisse disposer d’un gamin pour les lui passer, de telle sorte qu’il ait seulement à s’occuper du travail productif.
- Ces observations nous semblent intéressantes à retenir parce que, là où les chefs de service se sont rendu compte des éléments du problème de rétablissement de la journée de huit heures et se sont, comme à Rochefort, à Ruelle et aux Forges de la Chaussade, inspiré des faits, les résultats de l’expérience ont été fort bons et tout à fait différents de ceux obtenus dans ces ateliers de la Marine, de Cherbourg, de Brest et de Toulon, surtout, où il semble que les mêmes traditions aient été maintenues et aggravées après l’introduction de la journée de huit heures.
- Il apparaît donc dès maintenant une différence caractéristique et considérable, entre l’organisation interne des établissements de l’État et ceux de l’industrie privée, diffé-
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- LÀ RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A 8 HEURES. 12 J 7
- rence tout à l’avantage de ces derniers, qui ne permet de tirer aucune induction, pour eux, de l’expérience de réduction de la durée du travail à huit heures.
- Cette différence n’est pas la seule.
- Nous allons maintenant, en poursuivant notre étude dans la direction que nous venons d’aborder, rechercher s’il n’y a pas des causes particulières qui expliqueraient dans une certaine mesure pourquoi l’organisation du travail n’a pas été modifiée dans un sens rationnel, dans les établissements de la Marine. Nous verrons en même temps si ces causes sont d’ordre général ou si elles sont propres seulement à ces établissements et tiennent au mode de distribution des commandes.
- Nous avons indiqué, précédemment, certaines des raisons pour lesquelles, d’après les auteurs des notes des établissements de l’État, on ne pouvait discerner efficacement l’effet propre de la réduction de la journée à huit heures.
- Il en est une autre, indiquée également dans la plupart de ces notes : la diversité des travaux accomplis dans les ateliers et chantiers maritimes rend à peu près impossible toute comparaison.
- C’est ainsi que le directeur du Génie maritime à Cherbourg « aurait voulu pouvoir confirmer cette appréciation » défavorable « par des chiffres précis, mais il a rencontré à cet égard les plus grandes difficultés, difficultés d’abord dans l’infinie variété des travaux effectués par le service des constructions navales (1) ».
- C’est encore l’opinion de la direction de Rochefort qui n’estime une « comparaison possible que pour la construction de certains contre-torpilleurs (2) ».
- C’est également l’avis fourni parla direction des établissements d’Indret.
- On le reconnaîtra, ce sont là des conditions tout à fait défectueuses pour obtenir un bon rendement ; si elles s’expliquent, jusqu’à un certain point, pour les ateliers de la Marine étant donné la répartition particulière du travail entre ces ateliers et les établissements de l’industrie privée, on doit cependant noter qu’elles sont anormales et qu’on ne peut par suite généraliser les résultats.
- C’est, en effet, la négation pratique du principe de la division du travail et de son eorollaire : la spécialisation, à laquelle on arrive par cette méthode, de l’aveu même des chefs de service.
- Cette fois encore nous devons constater que les • résultats ne sont pas concluants, qu’ils ne sauraient être mis intégralement à la charge de la journée de huit heures, que les chefs de service ne se reconnaissent pas, faute d’éléments précis, la possibilité, d’évaluer la part incombant à la réforme dont nous examinons les conséquences.
- Et si nous voulons élargir la question, lui donner la portée générale que certains •ont voulu y voir, en déduisant des résultats ci-dessus, ceux qui ne manqueraient infailliblement pas de se produire dans l’industrie privée, nous sommes arrêtés dès l’abord par la différence fondamentale delà répartition du travail. N’y aurait-il, en effet, ^au cours d’une période assez longue, à construire qu’une seule unité d’un type particulier de submersible, pour fixer les idées, si les intérêts de la défense nationale sont en jeu, il est évident que le rôle des établissements de l’État est de se livrer à la construction de cette unité, sans se préoccuper des conditions purement industrielles de bon rendement, d’utilisation effective du travail, en un mot d’organisation et de
- (1) Notes, etc., p. 18.
- (2) Ibid., p. 19.
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- coût qui ne sont plus que secondaires, par rapport au but poursuivi : qu’importe, lorsque la défense nationale est en jeu, que le changement fréquent de travail influe dans le sens de la réduction sur la productivité individuelle de l’ouvrier. Ce n’est point là une fabrication d’ordre commercial.
- Cette considération prend, au contraire, une importance capitale dans l’industrie privée : une usine ne sera établie pour une fabrication déterminée que si des débouchés permanents, suffisamment rémunérateurs, au moment où l’établissement est créé, existent vraisemblablement. Et, en-admettant pour un instant que toutes les commandes de l’État fussent réservées à l’industrie privée, si l’hypothèse que nous venons d’envisager venait à se produire, les conditions de l’industrie en soi étant le mobile de son existence même, l’usine à laquelle cette construction viendrait à échoir, ne l’accepterait évidemment, au prix normal de ses travaux courants, que si elle rentrait dans ceux que la spécialisation de son personnel le rend particulièrement apte à faire.
- Dans le cas contraire, cette usine imposerait évidemment des conditions qui la couvriraient des charges spéciales que cette construction impliquerait. Et si elle était amenée à faire uniquement des travaux isolés, nous entendons par là des travaux ne se répétant pas et exigeant chacun une sorte d’apprentissage nouveau du personnel, l’accroissement du coût de production devrait nécessairement être supporté par l’État, du fait duquel il se produirait, faute de quoi les bénéfices industriels normaux non seulement pourraient se réduire à zéro, mais être même transformés en pertes.
- Et pour qu’une comparaison fût possible, dans l’ordre d’idées que nous examinons, il faudrait qu’un établissement de l’industrie privée ne travaillât que pour l’État et dans les conditions de répartition et d’irrégularité du travail qui sont faites aux établissements de la Marine. *
- C’est évidemment là une hypothèse d’école, qui n’est pas réalisée en pratique. Mais nous sommes cependant amenés à l’envisager précisément parce qu’on s’est plu au cours des derniers mois à placer le problème sur ce terrain et à condamner non seulement l’expérience de la réduction de la journée de travail, mais tout le système de l’industrie d’État, en comparant les résultats financiers de l’exploitation des établissements nationaux et des établissements de l’industrie privée, sans même rechercher si toutes choses étaient égales d’ailleurs.
- Il ne saurait suffire, en effet pour trancher la question, de montrer que le coût et la durée de construction d’un navire par l'État sont supérieurs à ce qu’ils sont lorsque la commande a été exécutée par l’industrie privée, car les classifications générales comprennent trop souvent sous la même désignation des produits très différents. Quelles conclusions pourrait-on tirer du fait que, de deux entrepreneurs devant construire chacun une maison, l’un demanderait le centième de ce qu’exige l’autre, si, tous renseignements pris, l’on apprenait qu’il s’agissait pour l’un de construire une modeste habitation de village et pour l’autre quelque important immeuble de rapport dans une grande ville ? Et pourtant l’ane et l’autre de ces deux constructions sont comprises sous la désignation générale « maison ». Et si pour montrer la portée générale de cette observation nous prenons maintenant notre exemple précisément dans les constructions navales, contestera-t-on qu’il soit impossible de tirer une conclusion du fait que le coût et la durée de construction sont sensiblement inférieurs sur un chantier que sur un autre si la commande d’un chalutier à’vapeur avait été passée à l’un tandis que la construction d’un paquebot transatlantique avait été confiée au second.
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- Pour rentrer dans le cas dont nous nous occupons, il ne nous paraît pas davantage qu’on ait le droit de conclure à la supériorité de l’industrie privée sur l’État dans les constructions navales, tant au point de vue du délai que du prix de revient, si l’on n’établit pas indiscutablement que les chiffres sont relatifs à deux unités identiques établies dans les mêmes conditions.
- C’est la base essentielle de la discussion et l’on peut affirmer que dans la controverse, à laquelle nous nous référons, elle manque absolument.
- Comment comparer les résultats financiers dérivant de deux méthodes de travail aussi nécessairement différentes que celles de l’État et de l’industrie privée lorsque dans l’une certains facteurs tels que celui des salaires par exemple demeurent constants, tandis que dans l’autre ils varient proportionnellement à l’activité des chantiers et à la. somme des commandes inscrites aux carnets. Peut-on insinuer que cette différence montre l’infériorité de l’État comme industriel ? En aucune façon puisque la permanence des effectifs est pour lui une nécessité inéluctable et'que la défense nationale^ peut exiger (1), d’un jour à l’autre en quelque sorte, la mise en chantier d’unités nouvelles ou l’accroissement immédiat d’approvisionnements et d’armements pour, lesquels il est indbpensable de disposer d’un personnel nombreux et qualifié qui soit rompu aux divers travaux qu’on peut avoir à lui confier. Et lorsque, la crise passée,, l’activité vient à se ralentir, il serait téméraire de procéder à des licenciements en. masse, comme on peut le faire dans l’industrie privée lorsque les symptômes caractéristiques de la dépression se manifestent.
- C’est là, on le reconnaîtra, une première différence considérable. Elle porte même en soi la réponse à la suggestion qui pourrait être faite de supprimer les ateliers de l’État pour confier toutes les constructions à l’industrie privée, puisque, pour la. défense nationale, la permanence des effectifs s’impose, que le travail à leur faire exécuter soit ou non suffisant à les occuper.
- Mais il existe encore d’autres différences entre les constructions par l’État et celles par l’industrie privée qui contribuent à rendre toute comparaison impossible entre les résultats obtenus et qui suffiraient seules à justifier les conclusions des rapports que. nous avons examinées dans l’article précédent.
- Ces différences, comme nous allons le voir, tendent encore à augmenter les conséquences financières, déjà sérieuses, qui dérivent de la permanence des effectifs et elles viennent ajouter leurs effets à ceux de la réduction de la durée du travail et de la suppression du travail aux pièces.
- Comme nous l’avons vu, un certain nombre des rapports que nous avons examinés, tout en attribuant à ces deux derniers facteurs une importance considérable, sont amenés à reconnaître qu’il y a d’autres causes à la situation qu’ils constatent. Si, à leur sentiment, c’est à la réduction de la durée du travail et à la suppression du travail aux pièces qu’il faut attribuer les accroissements du temps nécessaire aux constructions comme de leur coût, ils ne s’aventurent pas à l’affirmer et déclarent que les données précises leur manquent pour établir des comparaisons probantes.
- Or les données précises ne leur font défaut qu’en raison des causes qui différencient si profondément les conditions de travail des ateliers de l’État et de l’industrie privée et qui peuvent se résumer brièvement en disant que les ateliers de l’État sont dans un
- (1) De récents événements l’ont montré. Tome 109. — Novembre 1907.
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- état d’infériorité par suite de l’irrégularité du travail qui leur est confié et des défauts dans leur organisation.
- Ces causes sont plus que suffisantes pour expliquer, par elles-mêmes, les faits qui ont été signalés, et il sera nécessaire de montrer seulement qu’elles existent indiscutablement et nécessairement pour que toute comparaison soit rendue impossible entre les ateliers de l’État et ceux de l’industrie privée et aussi pour qu’on ne puisse pas généraliser les résultats obtenus dans les premiers et s’aventurera prétendre, avec quelque présomption d’exactitude, qu’un système d’organisation du travail, par exemple, doit être irrémédiablement frappé d’ostracisme parce qu’il a échoué dans les ateliers de l’État, en raison même des conditions où l’expérience a été entreprise.
- Et par suite il nous faut rechercher maintenant si ces causes existent et dégager, si nous le pouvons, l’influence qu’elles exercent.
- Une semble pas douteux qu’une grande irrégularité de travail règne dans les ateliers de la Marine, et qu’elle détermine une augmentation dans la durée des constructions neuves, ainsi qu’un accroissement du prix de revient.
- Les témoignages provenant des sources les plus diverses sont concordants sur ce point.
- Ce sont d’abord les syndicats ouvriers, qui au cours de l’enquête sur les résultats de la journée de huit heures qu’a entreprise l’Office du travail, ont été unanimes à la signaler.
- « Il est fort difficile, dit le syndicat des travailleurs réunis du port de Cherbourg, en l’état actuel des travaux d’indiquer les résultats pratiques de la journée de huit heures en ce qui concerne le rendement ; les éléments d’appréciation font presque complètement défaut.......................................................................
- il eût fallu, pour pouvoir comparer, avoir en construction des unités semblables à celles construites avec la journée de neuf heures quarante-cinq (1)... »
- C’est encore le Syndicat des travailleurs réunis de rétablissement de Guérigny (2) qui se déclare incapable d’établir une comparaison entre la production antérieure et postérieure à la réduction de la journée de travail, par suite « de la pénurie de travail qu’a subie l’Établissement » et à l’appui de ce dire il cite une' circulaire du ministre de la Marine, en date du 8 mars 1904, où l’on pouvait lire : « L’établissement de Guérigny me fait connaître que les commandes en cours suffisent à peine pour occuper son personnel et me signale qu’il y aurait intérêt à inviter les arsenaux à réserver aux forges de la Chaussade toutes les commandes que celles-ci peuvent exécuter. » Quelques mois plus tard, le 28 juillet 1904, une nouvelle circulaire ministérielle faisait confier une fourniture à l’établissement de Guérigny « dont il est nécessaire d’alimenter 1’activité (2) ».
- Et enfin dans la note du Syndicat des Travailleurs réunis de la fonderie de Ruelle, nous trouvons une confirmation particulière de cet état de choses, tout d’abord en ce . qu’elle montre que là où cette irrégularité de travail n’existe pas, comme c’est le cas à Ruelle, la productivité a considérablement augmenté et ensuite parce qu’elle attire l’attention sur l’importance fondamentale de la régularité du travail pour le prix de revient : « Le facteur le plus important (3) pour réaliser un prix de revient convenable'
- (1) Notes sur la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État. Annexe II. Syndicat des travailleurs réunis du port de Cherbourg, p. 23.
- (2) Ibid., p. 24.
- (3) Ibid~, P- 24. .
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- des travaux confiés aux arsenaux tient à une cause juste : c’est qu’il soit donné tout le travail nécessaire pour alimenter l’activité du personnel producteur ; et s’il est vrai qu’en général le travail coûte plus cher à la marine qu’à l’industrie, cela ne tient pas uniquement au manque d’activité des ouvriers, mais aussi et dans une large mesure, au défaut d’organisation. »
- Ce sont là des témoignages catégoriques, mais comme ils émanent des organisations ouvrières, évidemment intéressées au maintien de l’état de choses actuel, ils peuvent passer pour suspects et être révoqués en doute par les adversaires de la réduction de la journée de travail. Aussi pour prendre une valeur probante doivent-ils être confirmés par des déclarations qui, non seulement par leur concordance mais par la personnalité de leurs auteurs, présentent un caractère d’authenticité et d’exactitude indiscutable.
- Les organisations groupant les ouvriers travaillant pour l’industrie privée n’ont •cessé de faire parvenir leurs doléances aux pouvoirs publics par suite de la concurrence que leur font les ouvriers de l’État depuis la réduction de la durée du travail.
- En novembre 1905, Y Union des Mécaniciens de Cherbourg écrivait: «... Une des causes de chômage qui vient s’ajouter au manque de commandes de. l’État : c’est que beaucoup d’ouvriers de l’Arsenal se livrent à un travail de tâcherons chez eux (1). »
- En janvier 1906, la Chambre syndicale des ouvriers jardiniers de Cherbourg se plaignait de la concurrence acharnée faite par les salariés de l’État et en particulier par ceux des arsenaux. « Ces ouvriers, disait-elle, ne travaillant que huit heures par jour, trouvent le moyen de prendre des permissions qui leur sont généreusement octroyées par la Marine et de travailler à un prix que les ouvriers qui n’ont que leur journée pour vivre ne peuvent accepter (2). »
- « Si, écrivait à l’Office du Travail en février 1906 la Chambre syndicale de la métallurgie de Rochefort, le chômage existe dans la métallurgie ainsi que dans d’autres professions à Rochefort, c’est que les ouvriers de VArsenal prennent des permissions, ou bien ont des ateliers chez eux ou encore vont travailler dans les ateliers de la Ville, tels les Ponts et Chaussées (3)... »
- Et, parmi tant d’autres témoignages, retenons pour finir avec ce groupe, celui de la Chambre syndicale des ouvriers coiffeurs de Brest qui écrivait en janvier 1906 : « Nous avons déjà signalé un grand nombre d’ ouvriers du port qui ont été surpris rasant et ,coupant les cheveux pendant les heures de travail (4)... »
- Nous retrouvons comme origine à toutes ces plaintes la même cause : les ouvriers des arsenaux obtiennent des permissions, grâce auxquelles ils font concurrence à leurs camarades de l’industrie privée et cette concurrence se manifeste avec une intensité telle qu’elle détermine du chômage à Lorient comme à Cherbourg. Pour qu’elle puisse produire de tels effets il est à présumer que les permissions qui font le sujet des plaintes sont accordées simultanément à une grande partie du personnel de la Marine et comme précisément l’époque où elles l’ont été est celle où la journée de huit heures a été mise en vigueur et que d’autre part la direction des établissements de l’État ne donnerait pas des permissions à son personnel si elle en avait l’utilisation, il apparaît
- (1) Notes, etc., Annexe C, p. 38.
- (2) Ibid.
- (3) Ibid.
- (4) Ibid., p. 3T en note.
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- avec une presque certitude que la mise en vigueur de la journée de huit heures a coïncidé avec une diminution marquée des commandes à exécuter dans les ateliers. C’est une nouvelle présomption qui vient s’ajouter à celle tirée des notes des syndicats des travailleurs des arsenaux.
- Cette présomption va se trouver confirmée par une lecture plus attentive des rapports des chefs de service.
- Dans la note de Cherbourg, en date du 25 novembre 1904, le directeur du Génie maritime, qui, on se le rappelle, signala avec force le préjudice causé par la réduction de la journée de travail, déclare qu’il aurait « voulu pouvoir confirmer cette appréciation par des chiffres précis (1) », (il s’agit du rendement utile qu’il dit avoir diminué de 10 pour 100), mais qu’il s’en trouve empêché parce qu’il n’a pu établir de comparaison pour un grand nombre de travaux identiques avant et depuis l’établissement de la journée de huit heures — ce qui est déjà une indication de l’irrégularité du travail, au moins quant aux variétés exécutées dans les ateliers — et précisant les raisons pour lesquelles cette comparaison n’a pu être faite il ajoute qu’il a a rencontré à cet égard les plus gfandes difficultés, difficultés d’abord dans l’infinie variété des travaux effectués par le service des constructions navales (2)... »
- De plus il parle encore des « travaux susceptibles de se reproduire aujourd’hui dans des conditions plus ou moins analogues.... » ce qui nous confirme dans cette manière de voir, d’autant plus que le directeur du Génie maritime de Cherbourg qui « s’aventure » à'dqnner quelques chiffres les considère « comme visiblement trop isolés, trop peu concordants entre eux pour qu’il y ait lieu de leur attribuer une grande portée». Or si les travaux étaient réguliers, tant en nature qu’en quantité, il est manifeste que l’observation précédente n’aurait pas sa raison d’être.
- C’est aussi l’auteur de la note du 24 décembre 1904 (Rochefort) qui déclare qu’une comparaison n’est possible que pour la construction de certains contre-torpilleurs. D’où il résulte que pour le surplus le travail est irrégulier, tout au moins en nature.
- Et, par prétérition, un ingénieur du Génie maritime de Rochefort (3) dont nous avons déjà reproduit l’opinion disait que pour que les huit heures de travail (qu’il considère comme amplement suffisantes) fussent bien employées il fallait « deux conditions, dont l’indispensabilité est bien évidente : 1° Il faut que le travail attende Vouvrier et non l'ouvrier le travail, Iç programme des travaux sur la planche, comme on dit, devant être toujours suffisant; 2° il faut que les surveillants soient armés de toute l’autorité qui leur est nécessaire pour obtenir des ouvriers qu’ils surveillent une activité suffisante et continue. »
- Nous reviendrons sur la seconde de ces deux conditions, mais il nous suffit dès à présent de retenir que si cet ingénieur du Génie maritime tient à exprimer d’une manière aussi catégorique la première, c’est qu’il a dû arriver depuis le début de l’application de la.journée de huit heures qu’elle n’a pas été remplie.
- Et nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer toute l’importance de cette appréciation qui corrobore pleinement les doléances et les constatations des organisations ouvrières, étant donné qu’elle émane de l’un des ingénieurs des services en cause.
- (1) Notes, etc., p. 18.
- (2) Ibid., p. 18.
- (3) Ibid., p. 20. Note du 21 novembre 1904, reproduite par M. Guvinot dans son rapport au Sénat, sur le budget de la Marine (budget 1905), p. 71.
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- D’ailleurs nous allons trouver un témoignage irrécusable de l’irrégularité des travaux dans les ateliers de la Marine. Ce témoignage ne peut être révoqué en doute, ni sa véracité mise en question étant donné sa source. Nous voulons parler des conclusions du rapport de l’honorable M. Cuvinot à la Commission des finances du Sénat et qu’ü eut occasion de reproduire dans la séance du 15 mars 1905 à la Commission extra-parlementaire de la Marine.
- Non seulement M. Cuvinot, examinant les conclusions des chefs de service et enregistrant la diminution du rendement, déclare catégoriquement que « le défaut de prévoyance de l’administration centrale, les retards apportés à la passation des marchés et aux commandes y ont contribué dans une large mesure (1) », ce qui vient singulièrement à l’appui de notre argumentation, mais il en fait la preuve à l’aide « des chiffres des comptes » qui fournissent « des éléments de comparaison plus précis », chiffres qui dans l’espèce ont une éloquence toute particulière.
- Ils retiendront d’autant plus notre attention que certains ont tenté d’en tirer la condamnation sans appel à la fois de la journée de huit heures et des chantiers de l’État. * salaires
- Si l’on compare, disent-ils, le rapport ——-— avant la réduction de la journée de
- matières
- travail, au début de l’expérimentation et après son adoption définitive, on constate qu’il s’est accru dans les proportions effrayantes de 56 p. 100, passant de 0,400 en 1902 0,479 en 1903 et 0,708 en 1904.
- Et en fait, si l’on borne à ces chiffres les investigations, l’argument paraît sans réplique.
- Mais il suffit, pour voir qu’il est aussi spécieux qu'inexact, d’examiner, même sommairement, les termes du rapport.
- Les chiffres en question ne présentent d’intérêt que pour autant que, suivant l’expression mathématique, toutes choses sont égales d'ailleurs , ce qui est loin d’être le cas, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre.
- Reprenons, en effet les trois rapports tels qu’ils figurent dans les conclusions du rapport de M. Cuvinot.
- 1902
- 1903
- 1904
- Francs.
- Salaires 22 827 582
- Matières ~~ “ 56 999 158 ~
- Salaires 23 655 883
- Matières 49 379 847
- Salaires 23 246 851
- Matières . 32 838 358
- Leur rapprochement est on ne peut plus suggestif, car les • quotients croissent dans la proportion de 56 p. 100 de 1902 à 1904, tandis que les numérateurs-salaires sont à peu près constants, en augmentation en 1904 de 1 p. 100 environ par rapport à 1902, avec en 1903 un accroissement de 4 p. 100 bientôt réduit. D’où la conclusion qui s’impose que le rapport s’est accru non du fait d’un accroissement de salaires en valeur absolue, mais par la diminution du dénominateur ; et si maintenant nous considérons les chiffres nous ne pouvons manquer d’être frappés par le fait que la dépense de matières a décru par rapport à 1902, de 13 p. 100 en 1903 et de 42 p. 100 chiffre énorme en 1904, alors que l’accroissement du numérateur n’est que 1 p. 100.
- (1) Notes, etc. Annexe B, p. 30 et suiv.
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- Comment ce fait peut-il s’expliquer? Une première hypothèse vient à l’esprit : c’est au relâchement dans le travail, résultant de la diminution de la durée du travail que cette réduction doit être imputée. Elle doit être immédiatement rejetée, car il y a manifestement incompatibilité entre les chiffres auxquels on arrive d’après ce rapport
- salaires •
- -----— et les indications fournies par ceux des chefs de service qui ont le plus
- matières
- sévèrement mis en lumière les conséquences de la journée de huit heures puisque l’on trouve 56 p. 100 dans un cas et 19 p. 100 au maximum (10 à 19 p. 100) dans l’autre.
- Et la seule hypothèse admissible est celle que faisait M: Cuvinot en disant : « Il nous paraît impossible d’admettre qu’une réduction aussi élevée du rendement puisse
- ^cilciirGS
- être attribuée à la seule réglementation du travail; l’exagération du rapport -—~------
- ° matières
- en 1904 doit provenir pour la plus grosse part du défaut de commandes dans les arsenaux et établissements de la Marine. Une partie des ouvriers restaient forcément inoccupés (1). »
- Mais est-ce seulement une hypothèse? (Elle paraîtrait en tout cas singulièrement probante.) Nullement, car M. Cuvinot pouvait ajouter: «Cette hypothèse trouve sa confirmation dans une demande d'annulation de 19 100 000 francs sur les crédits-matières.
- La main-d'œuvre qui aurait été appliquée à l’emploi des matières correspondant à cette somme s'est trouvée partiellement inutilisée (1). »
- Il ne paraît plus que l’on puisse révoquer en doute, après cet ensemble de témoignages probants par leur nombre," leur concordance, et leurs auteurs, que les arsenaux et chantiers de l’État souffrent d’une très grande irrégularité de travail qui peut se traduire d’une année à l’autre par une différence énorme dans les crédits-matières de 42 p. 100 ou 19 100 000 francs. Et l’on ne peut contester par suite l’impossibibté d’établir une comparaison quelconque, ayant quelque exactitude et fournissant matière à une conclusion rationnelle, entre les conditions du travail pour eux et pour les établissements de l’industrie privée, car dans les premiers non seulement l’effectif est demeuré inchangé malgré ce ralentissement dans les commandes, mais les salaires ont été accrus par suite de la modification de la méthode de rétribution, tandis que dans les autres une réduction des commandes qui se traduit par 42 p. 100 et même une réduction infiniment moindre eût été accompagnée par des licenciements en masse du personnel et sinon fatalement par une diminution dans lés salaires, du moins par le maintien de leur statu quo.
- Après avoir montré que cette irrégularité existe dans le travail il nous faut rechercher maintenant quelles, en sont les causes et tâcher, s’il se peut,d’en discerner les conséquences.
- Nous rechercherons d’abord les causes de cette irrégularité du travail dans les arsenaux et chantiers de l'État. C’est dans le compte rendu des travaux de la Commission extra-parlementaire de la Marine que nous allons les trouver mentionnées. Au cours de la séance du 15 mars 1905, à la suite des conclusions présentées par M. Cuvinot, M. Albert Le Moigne en signala deux, qui à tout bien prendre n’en font qu’une en réalité. Tout d’abord, les crédits varient d’une année à l’autre, les uns, par leur nature même, qui portent sur les travaux d’entretien et de réparation et les autres
- (1) Notes, etc., p. 31.
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- affectés aux constructions neuves, qui dépendent, en majeure partie, des nécessités de la défense nationale. Ce sont ceux-ci les plus importants. Mais s’il y a là une cause d’irrégularité, il faut bien reconnaître que les programmes des constructions neuves, que les votes du Parlement répartissent sur plusieurs années, tendent à la réduire au minimum et que les faits que nous avons exposés proviennent beaucoup plus de'ce - que les travaux en question sont confiés d’après une répartition qu’il appartient au Ministre compétent de fixer pour partie aux ateliers de la Marine et pour partie à l’industrie privée.
- Comme M. Le Moigne le faisait observer : « Si l’on veut donner beaucoup à l’industrie, il y a infiniment trop d’ouvriers dans les arsenaux; mais si l’on veut utiliser les arsenaux, et si, quand on aura un meilleur outillage, on estimé qu’il n’est pas plus coûteux de donner du travail aux arsenaux qu’à l’industrie, on réduira d’autant plus les frais généraux de la Marine qu’on donnera plus de travail à exécuter aux ouvriers; je crois que dans ce cas ce ne sont pas les ouvriers qui sont trop nombreux, ce sont les travaux qui ne le sont pas assez; (1). »
- Et sa constatation tirait toute son importance du fait que « nous avons actuellement des sommes destinées aux constructions neuves qui sont plus considérables que celles qu’on a jamais dépensées » (2) et que, comme le Ministre et l’un des membres de la Commission l’avaient fait observer, « l’exécution de ce programme, qui impose que nous conservions l’intégralité de notre outillage, est indispensable, non pour que la France maintienne son rang, mais pour qu’elle ne tombe pas trop bas ».
- Or comment se fait-il qu’avec un programme de constructions neuves aussi important, les chantiers de l’État souffrent d’une irrégularité de travail? C’est que l’industrie privée est en concurrence avec eux et qu’elle cherche, lorsque son intérêt l’y pousse, à drainer à son profit la majeure partie des commandés qui auraient normalement dû être confiées aux chantiers nationaux, qui le leur sont à certaines époques et en vue de laquelle la permanence du personnel s’impose.
- Il est manifeste, comme le disait M. Gerville-Réache, qu’à « la Chambre il y a des membres de la représentation nationale qui défendent les intérêts de l’industrie ; ils ont fait une pression suffisante pour dédoubler la dotation des arsenaux et pour en prendre une grande part pour l’industrie métallurgique ».
- Il est de toute évidence, qu’étant outillés en vue d’une production déterminée et habitués à ce que la sollicitude du Législateur leur fournisse — au moyen des diverses lois, sur les primes à la marine marchande — les commandes nécessaires à alimenter leur activité, les chantiers de l’industrie privée réclament une part d’autant plus grande des travaux de l’État, lorsqu’ils traversent une période de crise (aux moments où les lois sur les primes sont sans effet parce que, les crédits épuisés, la construction est bloquée) et qu’inversement lorsque les armateurs font mettre de nouveau bâtiments en chantiers ils abandonnent aux* arsenaux ces commandes dont la pression de leurs représentants au Parlement avait privé ces derniers.
- Et qu’on ne dise pas que ces alternances dans les exigences de l’industrie privée ne portent que sur des sommes minimes puisque, M. Cuvinot l’indique d’une manière irréfutable, pour l’année 1904 il s’est agi de plus de 19 millions de francs de commandes — soit 57,57 p. 100 du total — qui, en cours d’exercice, ont été retirés aux arsenaux.
- (1) Notes, etc. Annexe B. Commission extraparlementaire de la Marine. Séance du 15 mars 1905, p. 33 et s.
- (2) Ibid., p. 34.
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- Comment est-il même possible dans ces conditions de songer, avec quelque probité, -à comparer l’industrie privée et les chantiers de l’Etat, et par une simple intégration à déduire des résultats apparents d’une expérience de réduction de la journée de travail dans ces derniers, les conséquences économiques que l’application de la mesure aurait pour l’industrie privée? Comment n’est-on pas frappé, si l’on est tenté de la faire, de -ce que celle-ci, pour ne pas souffrir de l’irrégularité des commandes, pour ne pas travailler dans des conditions économiquement mauvaises dues à une production insuffisante et en dépit des réductions considérables de leurs effectifs ouvriers, impose à ceux-là une situation qui menacerait gravement leur prospérité et peut-être bien leur •existence même.
- A cette cause d’importance capitale s’en ajoute une autre, qui ne contribue pas peu •à aggraver l’irrégularité dans les travaux à exécuter. C’est, ainsi que M. Cuvinot l’a signalé avec insistance dans ses conclusions (1) « le défaut de prévoyance de l’administration centrale, les retards apportés à la passation des marchés et aux commandes », qui indiscutablement tendent à réduire le rendement par les pertes de temps fatales qui en découlent, pertes de temps qu’il est difficile d’évaluer, car én dehors de celles résultant des interruptions forcées pendant lesquelles les frais généraux salaires continuent à courir, il y a toutes celles dues à la remise en train d’un travail qui, si elles ne sont pas aisées à mesurer, ne sont pas pour cela négligeables.
- Nous avons constaté que l’irrégularité dans le travail des arsenaux existe ; nous en avons indiqué les causes, il nous faut maintenant en montrer les effets.
- Ce n’est pas là chose commode, car, ainsi que nous l’avons vu, les rapports des chefs de service sont assez sobres de détails et par suite il ne saurait être question d’en faire une appréciation directe précise.
- Cependant les chiffres fournis par M. Cuvinot nous donneront une indication que nous ne citerons qu’à ce titre et sans prétendre pour elle à l’exactitude.
- Si nous comparons les crédits-matières avant et après l’application de la journée de huit heures, c’est à dire en 1902 et en 1904, nous voyons que la diminution pour •cette dernière année est les 42 p. 100 de leur montant en 1902.
- On ne saurait, en bonne justice, attribuer intégralement cet écart à l’irrégularité du travail, car on ne peut faire fi des causes indiquées par certains des chefs de service qui justifieraient dans une certaine mesure les annulations de crédit. Nous voulons parler de la diminution du rendement du personnel. Comme nous l’avons vu, les évaluations sont largement différentes puisque pour certains (2) elle atteint 19 p. 100 tandis que pour d’autres elle est seulement de 10 p. 100 (3). Faisant abstraction, pour l’instant, des réserves que ces chiffres nous ont amené à faire dans la première partie de cette étude, nous les accepterons et tablerons sur leur moyenne, soit 14,5 p. 100.
- Par suite la réduction de rendement justifierait une annulation de crédits-matières de 14,5 p. 100. Comme l’annulation effectivement soumise au Parlement s’est élevée à 42 p. 100 environ, on voit que celle due à l’irrégularité du travail est d’environ
- 42 — 14,3 = 27,5 p. 100.
- C’est là, à notre avis, un minimum d’effet, car il ne faut pas oublier que si certains chefs de service affirment catégoriquement que la réduction de la journée de travail a
- (1) Notes, etc., p. 30.
- (2) Ibid., Toulon. Note de M. l’Ingénieur en chef Laubeuf, p. 24.
- (3) Ibid., p. 18. Cherbourg. Note du 25 novembre 1904.
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- entraîné une diminution de rendement qu’ils évaluent entre 10 et 19 p. 100 (cette évaluation de leur propre aveu n’ayant aucune rigueur, car il y a d’autres causes qui ont agi dans le même sens), il est d’autres chefs de service, — ceux de Rochefort et des établissements de Ruelle, — qui ont fait des constatations absolument contraires et enregistré des augmentations de rendement de 10 p. 100 au minimum.
- Et nous trouvons encore une indication qui corrobore singulièrement notre chiffre de 27'p. 100 dans les rapports des syndicats ouvriers, — qui réclament tous une plus grande régularité dans les commandes, — dans ce fait que là où le travail a été plus régulier relativement, comme à Ruelle pour l’usinage des canons, le rendement -a été depuis la journée de huit heures précisément de
- 27 p.100.
- . supérieur à ce qu’il était en 1901-1902.
- Ces chiffres ne tiennent pas compte des autres éléments qui ont influé sur. le prix de revient, comme la suppression du travail aux pièces et l’accroissement des salaires, — ainsi que nous l’avons indiqué, — dont nous n’avons pu dégager la répercussion.
- Ainsi, quoi qu’il en soit, nous devons constater que les effets de l’irrégularité du travail sont extrêmement considérables et qu’ils suffiraient à eux seuls à vicier toute comparaison.
- Mais il est encore une autre cause à examiner, fort importante elle aussi et qui, n’étant point inhérente aux ateliers de l’État, suffirait également à vicier toute comparaison.
- Nous voulons parler de la mauvaise organisation des services, tant au point de vue interne qu’au point de vue externe.
- On comprend sans peine quelles effets de la réduction de la journée de travail sur le rendement des ouvriers ne peut être mesuré en valeur absolue que s’il n’existe pas d’autres facteurs qui, indépendamment de cette réduction, auraient influé dans le même sens sur la production et justifieraient, — alors que cette réduction n’aurait pas eu lieu, — l’affaiblissement constaté dans le rendement. Or ces facteurs existent eux aussi incontestablement : ils peuvent se résumer dans la formule : mauvaise organisation des •chantiers de l’État qu’il nous faut maintenant expliquer.
- Comme nous l’avons dit, cette mauvaise organisation existe à la fois au point de vue interne et au point de vue externe.
- Au point de vue interne, elle se caractérise par l’outillage primitif dont sont encore dotés nombre de chantiers, par l’affaiblissement de la discipline, par la surveillance .insuffisante, par la mauvaise organisation du travail proprement dit.
- Au point de vue externe, elle dérive de la mauvaise répartition des centres, de la permanence immuable des effectifs, de la qualité du personnel.
- « Il y a, disait M. Le Moigne, deux points qui sont peut-être la cause principale du mauvais rendement de nos arsenaux plus que la journée de huit heures. C’est d’abord un outillage primitif, rudimentaire très souvent, et puis ensuite l’absence de centralisation et de préoccupation du rendement dans les hautes sphères du ministère (1). »
- C’est une formule extrêmement claire pour résumer l’ensemble de la situation au point de vue interne.
- (I) Notes, etc., p. 32.
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- Rudimentaire et primitif, l’outillage- l’est incontestablement', comme nous l’avons-déjà montré, puisqu’il a été possible, dans certains des ateliers où il a été renouvelé-depuis l’établissement de la journée de travail, d’obtenir pour une moindre durée un rendement de 60 p. 100 plus élevé'. Or tous ceux qui ont quelque connaissance de la technique industrielle savent à n’en pas douter que les perfectionnements que l’on peut apporter dans l’outülage d’ateliers pourvus de dispositifs et de machines modernes, * n’accroissent le rendement que dans dés proportions très faibles, et que le fait d’un accroissement de l’importance de- celui dont il vient d’être question suffît à montrer que l’outillage de nos chantiers de la Marine était infiniment trop ancien.
- C’est ce que dit, avec quelle netteté, la note du 12 décembre 1904 sur les établissements de Ruelle : « On peut arriver par des modifications convenables à l’outülage dans les ateliers mécaniques, à obtenir en huit heures une production de beaucoup supérieure â celle que l’on obtenait antérieurement en neuf heures trente-cinq (!')... »
- C’est aussi l’avis formulé dans la note de Rochefort (2) : « Quant aux travaux pour lesquels l’outülage a été amélioré, la rapidité d’exécution a été elle-même considérablement augmentée et le prix de revient diminué dans les mêmes proportions, la diminution des heures de travaü ayant été plus que largement compensée par la production de la main-d’œuvre. »
- Plus nette encore, peut-être, est cette appréciation du directeur de l’Artülerie-navale de Lorient (3) : « S’il nous semble prouvé qu’il résulte une perte sèche dans la production du fait de la journée de huit heures, nous sommes également convaincus qu'une amélioration incessante de l’outülage et des procédés de travail arrivera sûrement h; compenser cette perte dans une certaine mesure. »
- Cette appréciation très nette est précieuse à retenir et se complète par le fait que le directeur de l’Artillerie navale de Cherbourg dit encore qu’ü s’est préoccupé de réaliser certaines améliorations dans l’organisation du travaü et le fonctionnement clés machines-outils, « en vue surtout d’atténuer le résultat à prévoir de la diminution sensible de la durée du travaü (une heure trente-trois), alors surtout que la fin de l’année étant, proche, U importait de ne pas laisser certains travaux inachevés (4) ».
- C’est, surabondamment, la preuve, qu’avant l’introduction de la journée de huit! heures, ü y avait non seulement des perfectionnements à apporter dans l’outillage de-nos ateliers de la Marine, mais que même' l’outülage y existant à cette date était loin-de produire son plein effet puisqu’ü a été possible d’apporter à son fonctionnement des améliorations considérables, compensatrices de la diminution de production due-à la journée de huit heures.
- Cette constatation de l’archaïsme de l’outülage, faite par les chefs de service eux-mêmes, a une influence des plus considérables sur le rendement, et certainement bien supérieure encore à ceüe de la réduction do la durée du travaü, et elle est d’aulaut. plus surprenante, comme le faisait observer M. Gervüle-Réache, qu’ « aujourd’hui ü faut construire très rapidement pour être à la hauteur de la science et (qu’) ü faut réaliser les derniers progrès si l’on veut avoir des bateaux ayant quelque valeur (5) ».
- fl) Notes, etc., p. -29.
- (2) Ibid., p. 28. Note du 24 novembre 1904.
- (3) Ibid., p. 28. Rapport sommaire du 3 décembre 1904.
- (4) Ibid., p. 27.
- (5) Ibid. Annexe B, p. 34.
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- Mais, si grave que soit cette cause, il en est d’autres dont les effets sont concourants, et qui’1 2 3 ne sont point fatalement inhérents aux arsenaux de la Marine, nous voulons dire par là, au système de l’exécution du travail dans les ateliers de l’État.
- On sait que l’une des conditions essentielles du bon rendement est une discipline rigoureuse, et l’efficacité de la surveillance du personnel : or, en fait, il est hors de doute qu’elle n’est pas remplie.
- « On peut attribuer l’importance tout à fait exceptionnelle de la diminution de rendement dans certains ports », écrit M. Cuvinot,«... soit à l’inertie d’un certain nombre de travailleurs, soit à un affaiblissement de la discipline (1). »
- C’est là plus qu’une opinion, c’est la constatation de faits qui sont signalés par les chefs de service dans leurs rapports, et que M. Cuvinot résumait en disant, d’après les documents qu’il analysait : « En même temps se manifestait chez les plus agissants d’entre eux la volonté d’échapper à toute discipline, de se soustraire à toute autorité directrice, comme s’il était possible de maintenir une organisation régulière en dehors du respect de la hiérarchie. »
- Et d’ailleurs il n’est que juste de reconnaître que ce relâchement dans la discipline (2) s’il n’a pas été provoqué par une diminution de l’efficacité de surveillance n’a pas été combattu comme il aurait pu et dû l’être, car précisément au moment où les velléités de relâchement se produisaient, tout au moins en partie par la suppression des stimulants d’autrefois, tels que le salaire à la tâche, Euniformisation des soldes et la prépondérance de l’avancement à l’ancienneté, la surveillance s’affaiblissait : « Il n’est pas douteux, dit la note de Toulon (3), que l’activité des surveillants est loin d’être ce qu’elle était autrefois.., »
- C’est à la même époque également que dans une note en date du 21 novembre 1901 l’ingénieur en chef du Génie maritime de Rochefort déclarait que pour que l’on pût juger des résultats de la journée de huit heures, il fallait : « Que les surveillants soient armés de toute l’autorité qui leur est nécessaire pour obtenir, des ouvriers qu’ils surveillent, une activité suffisante et continue. »
- Ce sont les chefs de service qui, cette fois encore, font la constatation que depuis quelques années la surveillance est moins active et moins efficace dans les arsenaux de la Marine, et c’est ce qu’il importe de retenir.
- Mais la plupart des rapports qui enregistrent ce fait n’en indiquent pas les causes. Ils se bornent à noter - qu'il est concomitant aA-ec l’introduction définitive de la journée de huit heures et l’affaiblissement de la discipline.
- Ce rapprochement semblerait indiquer que la moindre efficacité de la sunmillance est la conséquence inéluctable du système de production et que, eu égard aux conditions particulières de stabilité, d’avancement et de rétribution du personnel, eu égard aussi au facteur politique et à la bienA’eillance des pouvoirs publics, les chefs de service ont a'u graduellement leur autorité s’affaiblir, et que désormais, si la surA’eillanco est moins active, c’est qu’ils n’ont plus, suivant l’expression populaire, leurs subordonnés dans la main.
- (1) Notes, etc., p. 30. -
- (2) Nous n’entendons nullement chercher à réduire l’importance de ce facteur dont l’existence et la gravité sont malheureusement incontestables.
- (3) Ibid. Note du o décembre 1904.
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- C’est là, remarquons-le, une interprétation logique du rapprochement des faits, mais ce n’est qu’une interprétation, et les auteurs des rapports ne l’ont pas formulée.
- La constatation qui précède, et dont nul ne songera à méconnaître la gravité quel que soit le point de vue auquel on l’envisage, peut cependant avoir une cause. Et, en effet, si elle a été faite dans certains rapports, il en est d’autres où l’on a donné des indications toutes différentes et, dans la note de Rochefort qui, on se le rappelle, indiquait que la journée de huit heures avait été accompagnée d’un accroissement de production, il est dit que pour partie tout au moins il est dû « à une surveillance plus active ».
- C’est donc tout d’abord que, contrairement à ce que l’on pouvait s’imaginer, la moindre activité dans la surveillance n’est pas la conséquence inéluctable du régime de travail dans les arsenaux de la Marine, non plus que des conditions particulières qui y régnent, et qu’il a été possible d’exercer une surveillance plus efficace, à Rochefort notamment, et en second lieu c’est une constatation rassurante que l’autorité des chefs de service n’est point tant affaiblie qu’on se plaît à le dire dans certains milieux.
- Cette double constatation fait se demander si dans les cas où les faits en question ont été relevés — et nous sommes parfaitement convaincus de la sincérité des rapports — la diminution dans l’efficacité de la surveillance ne serait pas due pour partie tout au moins, suivant la formule heureuse de M. Albert Le Moigne, « à une absence de préoccupation du rendement (1) » de la part de certains chefs de service.
- Cette absence de préoccupation du rendement s’expliquerait et se justifierait par la -double raison que les chefs de service, quelle que soit leur compétence technique, ne Sont point commerçants et ne connaissent point les impérieuses nécessités de l’industrie quant à la rapidité de production et que d’autre part la pénurie de travail les amène à user d’une certaine tolérance vis-à-vis des ouvriers quant à la rapidité d’exécution et à faire porter leurs exigences plus sur la qualité que sur la quantité du travail.
- Cette absence de préoccupation du rendement si elle s’explique et se justifie n’en a pas moins pour conséquence un certain relâchement, de la part des ouvriers comme des surveillants, qui conduit forcément à un affaiblissement regrettable delà discipline, mais qui, l’exemple de Rochefort le montre, n’est ni inhérent, ni imputable au système, même s’il résulte d’une mauvaise méthode d’application.
- Il est manifeste que s’il en est ainsi, on ne peut condamner le système et qu’il faut se borner à noter les différences profondes qui empêchent l’assimilation quant aux résultats des chantiers de l’État et de ceux de l’industrie privée.
- Nous arrivons maintenant au dernier élément de la mauvaise organisation interne : n’est la question du travail à la tâche. Nous n’avons pas l’intention de reprendre la controverse qui a tant de fois été soutenue à ce sujet. Nous ferons observer seulement que le travail à la tâche, supprimé dans les ateliers de la Marine, continue à être en usage dans les chantiers de l’industrie privée, que c’est un facteur puissant de la productivité individuelle, que cela soit aux dépens de la qualité du travail ou non, et que c’est là encore une différence considérable pour les résultats entre les chantiers de l’État et ceux de l’industrie.
- Mais, si nous écartons la controverse, nous n’en devons pas moins examiner quels ont été les causes et les effets de la suppression du travail à la tâche.
- (1) Notes, etc , Annexe B., p. 32.
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- Le motif déterminant en apparence fut la campagne syndicale contre ce système^ campagne qui fut menée avec une activité particulière par les organisations des ouvriers des arsenaux. Mais cette campagne dut son succès aux faits de favoritisme incontestable, ou de déplorable organisation interne qu’elle révéla. « On a tout fait, pour que les bons ouvriers n’aient aucun eucouragement », disait M. Albert Le Moigne à la Commission extra-parlemenlaire de la Marine (1) et M. Gerville-Réache pouvait affirmer comme conclusion aux travaux de cette Commission : « La répartition du travail à la tâche a été mal faite; on a toujours donné les mêmes bons travaux aux mêmes équipes et les mauvais à d’autres, en sorte que le travail à la tâche ne profite qu’à certains.
- Il en résulte une inégalité choquante ; de pauvres diables ne sont pas payés, qui reçoivent des salaires dérisoires, voient à côté d’eux leurs camarades gagner beaucoup plus, et ils protestent parce que l’organisation est défectueuse (1). »
- Ceci explique mieux que de longs développements la raison pour laquelle la suppression du travail à la tâche dut être décidée, car, étant donné les faits apportés à la Commission, ce n’eût point été une satisfaction suffisante à la revendication si légitime-des ouvriers que de leur promettre une meilleure répartition : les mêmes causes, soit favoritisme, soit incapacité d’organisation, auraient reproduit vraisemblablement les mêmes effets et déterminé une exaspération croissante et préjudiciable au travail chez ceux qui étaient les victimes de cette répartition déplorable.
- Le résultat de la suppression du travail à la tâche a été, nul n’y contredit, une diminution du rendement.
- Mais cette diminution est-elle aussi importante qu’elle semble, ou n’est-elle [pas plus apparente que réelle? Sur ce point les opinions sont divergentes. Les chefs de' service tiennent pour la première appréciation, les syndicats ouvriers pour la seconde.
- Mais alors même que l’on voudrait fournir des chiffres à l’appui de l’une ou de l’autre, ils ne sauraient être considérés comme concluants et donnant une évaluation des conséquences de la suppression du travail à la tâche quant au rendement. On ne. peut songer à établir l’influence de cette suppression sur le rendement car, ainsi que le directeur du Génie maritime de Cherbourg l’a très justement dit : l’adoption définitive de la journée de huit heures « a coïncidé ou peu s’en faut avec la suppression complète du travail à la tâche, qui avait pris, avant 1903, un très grand développement (2) ».
- Comme on se le rappelle c’est à la première de ces deux causes que la plupart des rapports attribuaient la diminution de rendement qu’ils chiffraient entre 10 et 19 p. 100.. Mais bien que le directeur du Génie maritime de Cherbourg considère que la suppression du travail à la tâche a contribué pour une bonne part à ces résultats, il ajoutait « Il ne serait pas exact, il ne serait pas équitable de comparer les résultats de l’ancienne et de la nouvelle journée de travail en se basant d’une part sur les chiffres de travail à la tâche, d’autre paît sur des chiffres de travail à la journée », et pour bien, montrer toute l’importance qu’il fallait attacher au système de rémunération, il terminait en déclarant que la constatation des résultats de la nouvelle journée était impossible : « Précisément la très grande majorité des travaux courants susceptibles de se
- (1) Notes, etc., p. 33. Annexe B.
- (2) Ibid., p. 35.
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- reproduire aujourd’hui dans des conditions plus ou moins analogues était, avant 1903, sous le régime du travail à la tâche.
- La coïncidence de ces deux grands changements : adoption de la journée de huit heures, suppression du travail à la tâche, est peut-être l’obstacle le plus insurmontable â une constatation rigoureuse des résultats de la nouvelle journée (1). »
- Il résulte de cette opinion qui nous paraît concrétiser le sentiment général que si l’on ne peut se risquer à une évaluation, on peut tenir pour certain que cette suppression a fait baisser sensiblement le rendement.
- Ceux mêmes des chefs de service qui se sont montrés les plus chauds partisans de la journée de huit heures et qui ont au mcàns obtenu, dans leurs ateliers, la même production qu’avec la journée de 9 h. 35 ont dû pour arriver à ce résultat établir une modalité de salaires qui se rapproche du salaire à la tâche et ont donné leurs travaux'à prix fait, de telle sorte que l’ouvrier ou l’équipe fût intéressé à la production et le colonel-directeur de l’établissement de Ruelle disait (2) : « Le travail à prix fait quand il est possible est donc un moyen sûr et souvent le seul moyen de conserver la production en réduisant la durée de la journée. »
- C’est également le sentiment du colonel-directeur de l’Artillerie navale de.Lorient.
- Les syndicats ouvriers ne contredisent point à la diminution de productivité, mais c’est pour eux une diminution apparente et infiniment favorable à la qualité du travail, car « l’ouvrier, n’étant plus talonné par l’impérieuse nécessité d’avoir accompli une tâche déterminée pour obtenir le mince salaire indispensable à son existence, peut aujourd’hui consacrer davantage ses efforts à la qualité de la production ».
- Le Syndicat des Travailleurs réunis du Port de Brest dit précisément à ce sujet dans une note fournie à l’Office du Travail : « On a beaucoup parlé de la réparation des burins et du temps plus long qu’elle exige aujourd’hui; il,en résulte cependant un notable avantage, car « au moment du travail à la lâche, l’ouvrier, dont le salaire était si médiocre, n’av.ait qu’un but : essayer par une surproduction mal façonnée, d’augmenter ce modique salaire. Il produisait sans se soucier si le travail qu’il avait confectionné était en état de rendre les services réels du moment... Un ouvrier ajusteur ou burineur était obligé de consommer jusqu’à douze burins dans la même journée. Maintenant avec la bonne façon du travail la consommation en burins de chaque ouvrier cité ci-dessus n’est que de trois ou quatre au maximum (3). »
- Quelle est la conclusion à tirer de ces faits ? Elle ne nous paraît se dégager avec netteté.
- Et en effet s’il est incontestable qu’au point de vue quantitatif la production a diminué par la suppression du travail à la tâche, d’une part il y a heu de remarquer que cette réforme a coïncidé avec la réduction de la journée à huit heures et les modifications apportées à l’avancement, et qu’il y a là un ensemble de facteurs qui tendent au même résultat sans qu’il soit possible de déterminer avec quelque exactitude l’influence de chacun. Et d’autre part, on ne saurait rejeter sans examen la prétention des organisations ouvrières qu’il y a pour le moins compensation entre la diminution quantitative de la production et son amélioration en qualité.
- Cependant il nous semble que si cet argument des syndicats peut être invoqué pour
- (1) Notes, etc., p. 18 et 19.
- . (2) Ibid., p. 29.
- .(3) Ibid. Annexe II, p. 23 et 2i.
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- •des travaux de précision, exécutés à la main, tels que l’ajustage, il n’en est pas de même pour tous ceux des travaux purement mécaniques, ou du moins que cet argument se présente dans ce cas avec une force bien moindre.
- Quoi qu’il en soit, comme nous l’avons indiqué plus haut, ceux des chefs de service connaissant le mieux la question et auxquels cet argument n’a certes pas dû échapper, maintiennent la supériorité des modalités de rétribution qui se rattachent plus ou moins directement au salaire aux pièces. Et partant il y aurait là une cause manifeste d’infériorité des ateliers de l’État. Remarquons-le cependant, cette cause d’infériorité est parfaitement indépendante de l'application de la journée de huit heures. Elle ne .permet pas de conclure que les résultats signalés par la Marine se reproduiraient dans. les chantiers de l’industrie privée, puisque le facteur, influence de la suppression du travail aux pièces, n’aurait pas à être envisagé.
- Nous avons achevé l’examen sommaire des facteurs internes de la mauvaise organisation et constaté que leur rôle ne devait pas être négligé. Avant de rechercher s’il nous est possible de tirer quelque indication utile des faits précédemment exposés, il nous reste encore à voir l’effet des facteurs externes.
- C’est tout d’abord l’action du pouvoir central qui contribue à aggraver dans une large mesure les résultats dus aux autres facteurs par « le défaut.de prévoyance de l’administration centrale, les retards apportés à la passation 'des marchés et aux commandes (1) », grâce auxquels, indépendamment de toutes autres influences, l’utilisation des arsenaux de la Marine est nécessairement très inférieure à ce qu’elle devrait être.
- Comment imputer à la journée de huit heures, à la suppression du travail à la •tâche, à l'indiscipline, le formidable accroissement en 1904, par rapport à 1902, du salaires
- rapport "a^res lorsqu’il est manifestement prouvé que l’administration centrale,
- après avoir demandé au Parlement 51 938 000 francs de crédits-matières pour l’exercice 1904, fit annuler ces crédits jusqu’à concurrence de 19 100 000 francs et que forcément dans les arsenaux de la marine : « Une partie [des ouvriers restaient forcément inoccupés (2) » puisque les 36,54 p. 100 des travaux qui devaient leur être confiés leur étaient soustraits.
- M. Albert Le Moigne disait également à la même séance de la Commission extra-parlementaire de la marine (3), après avoir parlé de la nécessité de rendre le travail plus productif : « Mais il y a autre chose à signaler : c’est le manque d’organisation d’en haut. On ne se préoccupe pas assez, au ministère de la Marine, de prévoir toujours -l’utilisation du travail. On ne sait peut-être pas assez prévoir; je ne sais à quoi cela tient: sans doute à un défaut de centralisation, de.coordination des efforts... »
- A une époque où la production industrielle impose entre autres conditions de se tenir pour l’outillage au courant de tous les progrès et de faire travailler les ateliers d’après leur pleine capacité de fabrication, ce défaut de centralisation conduit à maintenir l’outillage trop ancien dont la plupart des ateliers de la Marine étaient dotés, à conserver nos « cinq arsenaux et nos trois établissements hors des ports (4) » alors que l’influence des représentants au Parlement de l’industrie privée a fait « une pression
- (1) Notes, etc., p. 30 et 31. Annexe B : conclusions du rapport Cuvinot. Commission extraparlementaire de la Marine, séance du 15 mars 1905.
- (2) Ibid., p. 33.
- (3) Ibid., p. 34. Intervention de M. Gerville Réache.
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- suffisante pour dédoubler la dotation des arsenaux et pour en prendre la plus grande partie pour l’industrie métallurgique » et aussi « avec une dotation dédoublée, nous avons conservé tous nos établissements (1). »
- Or, ajoutait M. Gerville-Réache, la faute de cet état de choses ne saurait incomber à nos ouvriers, « elle est à l’organisation, à nos pouvoirs publics qui n’organisent pas mieux nos ateliers et nos arsenaux. Il s’agira de savoir si nous voulons ramener les travaux de l'industrie dam nos arsenaux ou prendre le parti... de réduire le nombre » de nos chantiers (1).
- Et en même temps le défaut de coordination des efforts dont parlait M. Le Moigne se manifeste « dans l’absence de préoccupation du rendement dans les hautes sphères du ministère », se traduisant par « les retards dans la passation des marchés.., » qui laissent les arsenaux inoccupés ou d'ans l’absence des commandes. Comme on (2) se le rappelle c’est seulement (pour exposer un cas précis) le 28 juillet 1904 que le ministre de la Marine confia une commande à rétablissement de Ruelle, privé de travail depuis le 8 mars précédent (3).
- D’autre part M. Bertin insistait, toujours dans la même séance de la Commission extra-parlementaire, sur l’importance d’un second facteur externe : la qualité de la main-d’œuvre, qui intlue considérablement sur le rendement.
- «... Vous pouvez constater, disait-il, que les bons ouvriers, ceux qui gagnent de huit à dix francs dans l’industrie privée, se font rares dans nos arsenaux ; bien heureux si vous en rencontrez un par-ci, par-là. C’est généralement un soutien de famille ou un brave garçon qui ne veut pas s’expatrier.
- Il y a des spécialités qui sont très difficiles à recruter. Dans un arsenal vous n’avez guère qu’un ou deux chaudronniers en cuivre. Je me rappelle la stupéfaction d’un préfet maritime à qui j’annonçais l’arrivée d’un bâtiment qui avait besoin d’une réparation dans son tuyautage. A l'arsenal on n’avait qn'un seul ouvrier de celte profession, et qui était occupé. Aussi il y eut du retard (3)... »
- Comment s’étonner, s’il en est ainsi, que les travaux demandent lorsqu’ils sont accomplis par les chantiers de l’État plus de temps que lorsqu’ils sont confiés à l’industrie privée ?
- Et en même temps quelle preuve plus éclatante de la mauvaise organisation d’une administration qui a laissé s’établir et se perpétuer, sur les chantiers qu’elle dirige, un pareil état de choses.
- Après avoir fait cette pénible constatation, il est nécessaire de rechercher pour quelles raisons la main-d’œuvre des chantiers de la Marine est de qualité si inférieure et si ces raisons découlent nécessairement, non de la réduction de la journée à huit heures, question qui ne se pose même pas, mais de la production par l’État.
- C’est encore le compte rendu des travaux de la Commission extra-parlementaire de la Marine qui va nous fournir les indications nécessaires.
- Les causes de l’infériorité de la qualité de la main-d’œuvre dans les chantiers et les arsenaux de la Marine sont les bas salaires payés, l’abondance de l’offre de main-d’œuvre et la permanence immuable des effectifs, dont deux au moins sont des causes externes de la mauvaise organisation.
- « Nous les (nos ouvriers) réduisons à la portion congrue, nous leur donnons des-
- (1) Notes, etc., p. 34. Intervention de M. Gerville-Réache.
- (2) Ibid., p. 30.
- (3) Ibkl., p. 24. Circulaires du Ministre des 8 mars et 28 juillet 1904.
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- salaires insuffisants, disait M. Gerville-Réache(t). J’ai indiqué brièvement àla Chambre-quels étaient les salaires dérisoires des ouvriers des arsenaux. Le salaire est inférieur,, non pas seulement à celui des autres industries exploitées par l’État, des tabacs, des allumettes, des fabriques de la Guerre, mais encore il est inférieur à ce que touchent les ouvriers d’industrie et à ce que gagnent les ouvriers similaires dans les marines-étrangères. On peut dire que ce sont les ouvriers les plus mal payés du monde entier (2). »
- N’est-ce pas là une raison suffisante pour justifier la constatation faite par M. Bertin que l’on ne trouve plus dans nos arsenaux d’ouvriers équivalents à ceux que l’industrie privée paye huit et dix francs par jour et n’est-il pas évident que les meilleurs se-refuseront à travailler pour compte de l’État, s’ils trouvent ailleurs des conditions plus-avantageuses.
- Nous touchons ici à l’un des points les plus délicats du problème : celui de savoir pourquoi les conditions de l’industrie privée sont plus avantageuses.
- 11 faut pour s’en rendre compte examiner la situation qui précéda l’introduction de la journée de huit heures et la suppression du travail à la tâche, alors que les modalités d’organisation de rétribution étaient les mêmes pour les chantiers de l’État et pour ceux de l’industrie privée : elles nous aideront mieux à comprendre les constatations que M. Gerville-Réache faisait au Parlement, avec chiffres à l’appui.
- Antérieurement à la suppression du travail à la tâche, les tarifs aux pièces n’étaient pas sensiblement inférieurs sur les chantiers de l’État à ce qu’ils étaient sur les chantiers privés et à une certaine époque, la situation était l’inverse de ce qu’elle est aujourd’hui quant à la qualité de la main-d’œuvre, par suite des avantages que-trouvaient les ouvriers de la Marine, dans la permanence d’emploi et la retraite. Mais ces avantages précisément devaient être la cause de l’abaissement des salaires -des ouvriers de l’État et de cette constatation, en apparence paradoxale, d’un salaire individuel très sensiblement inférieur pour un salaire global, sensiblement plus élevé, attaché à un travail déterminé.
- Et en effet, les bases des tarifs aux pièces sont calculées de telle sorte qu’un bon ouvrier puisse par son activité, son assiduité au travail, gagner un salaire plus élevé que s’il était payé à la journée. Mais pour que cette modalité de travail et de répartition puisse donner cet avantage au personnel il faut, la base demeurant constante, que l’ouvrier ait à accomplir une besogne suffisante pour occuper son activité pendant l’intégralité de son temps de travail. Si au contraire la tâche à accomplir n’est suffisante que pour occuper un homme pendant une fraction de son temps de travail, le système du salaire aux pièces devient désavantageux pour l’ouvrier, même si la base du tarif était à l’origine plus élevée que dans un autre atelier où la quantité de travail demeure abondante. Or c’est là ce qui s’est produit dans les arsenaux de la Marine. Pour des motifs, sur lesquels nous aurons à revenir tout à l’heure, le personnel a augmenté en nombre de manière appréciable, tandis que la quantité de travail à fournir tendait à diminuer sensiblement. D’où la conséquence manifeste que la stabilité d’un personnel accru réduisait les salaires individuels. Tant que les avantages particuliers attachés à la, qualité d’ouvrier de l’État compensaient l’infériorité des salaires par rapport à ceux des travailleurs de l’industrie privée, il y avait une sorte de régime
- (1) Notes, etc., p. 36. Annexe B.
- (2) Ibid., p. 34. Annexe B.
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- d’équilibre instable entre les deux sources d’occupation : la qualité de la main-d’œuvre demeurait satisfaisante et les bons ouvriers n’avaient pas d’intérêt à quitter les chantiers de l’État. Mais la situation se modifia très profondément du jour où par suite de la réduction des commandes confiées aux Arsenaux, leurs ouvriers subirent une diminution notable de salaires: la permanence des engagements, si elle continuait encore à faire rester la masse des travailleurs moyens, ne suffisait plus à retenir les bons ouvriers. Pour ceux-ci, l’industrie privée était beaucoup plus avantageuse : elle conserve en effet, son noyau, formé des ouvriers les plus capables, auxquels même en périodes de dépression elle a une besogne suffisante à confier, et le montant du salaire devient nécessairement le facteur déterminant de la qualité du travail dans l’une ou l’autre des catégories de chantiers. La supériorité des salaires de l’industrie privée devait drainer à son profit d’abord les meilleurs puis les bons ouvriers des établissements de la Marine. Et il devait d’autant plus en être ainsi que le déclin de l’apprentissage, incontestable même dans ces professions commençait à rendre perticu-lièrement difficile le recrutement d’un personnel efficace.
- En vain chercha-t-on à pallier cette crise par un relèvement des salaires des ouvriers de l’État. L’encombrement des établissements était tel que l’amélioration du salaire individuel ne pouvait être qu’insignifiante tout en se traduisant au budget des dépenses par une somme considérable ; aussi est-ce dans la suppression du travail à la tâche et l’établissement du salaire à la journée sur la base de la rétribution globale donnée par les tarifs aux pièces dans les moments d’activité que l’on dut recourir. Mais en dépit des relèvements opérés depuis peu, les ouvriers des arsenaux sont, encore aujourd’hui, comme le rappelait M. Gerville-Réache « les ouvriers les plus mal payés du monde entier » et par suite l’on peut s’estimer « bien heureux » si l’on rencontre « par-ci parla » un des bons ouvriers que l’industrie privée n’hésite pas à payer huit ou dix francs par jour, tout en leur assurant une occupation régulière.
- Nous aboutissons à cette constatation que les ouvriers des arsenaux reçoivent un salaire inférieur à celui des ouvriers de l’industrie privée, bien que les tarifs de base, équivalents à l’origine, aient été relevés pour les travaux de l’État. Cette constatation paradoxale a son explication dans le double phénomène de l’afflux des demandes d’embauchage des travailleurs de la région et de la stabilité indélébile du personnel.
- Et tout d’abord notons que si pour la clarté de l’exposition nous devons examiner séparément ces deux facteurs, ils réagissent l’un sur l’autre et que leurs conséquences s’enchevêtrent.
- Il y a afflux, avons-nous dit, de demandes d’embauchage de la part des ouvriers de la région où sont établis les arsenaux et établissements de la Marine. Et en effet, malgré l’infériorité du salaire des arsenaux, la rétribution journalière moyenne des travailleurs ressort, d’après M. Bertin, à 4 fr. 50. « La main-d’œuvre agricole, dit-il, étant payée 2 fr. 50, vous ne serez pas étonnés de voir que tout le département où existe un arsenal est inscrit pour entrer dans cet arsenal et que c’est une grande faveur que d'y entrer (1). » D’où il résulte un afflux considérable de demandes, mais de demandes d’une qualité très inférieure, de gens n’ayant aucune préparation pour le métier qui les accueille et ne pouvant en conséquence rendre que des services médiocres quelle que soit leur bonne volonté. Le recrutement s’opère au choix, il est vrai, mais comme d’une part tout le département est inscrit et que d’autre part c’est
- (I) Notes, etc., p. 35 et 36. Annexe B. Intervention de M. Bertin.
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- une grande faveur d'y entrer, il est clair que le choix est déterajiné par d’autres *consi-«dérations que celles imposées par le souci exclusif d’une bonne gestion et que les recommandations des-élus de la région exercent une grande influence sur le recrutement. Mais les demandes d’embauchage ne se produisent pas seulement à cause «de la différence de salaires entre ce travail et celui des journaliers agricoles; la permanence de l’emploi, qui supprime les chômages, le droit à la retraite qu’il confère exercent une grande influence et amènent aux chantiers de l’État des ouvriers qualifiés auxquels leurs capacités moyennes ne permettent de trouver dans l’industrie •d’occupation que dans les périodes d’activité.
- Nous voyons déjà qu’il y a afflux de demandes d’embauchage de la part d’un personnel médiocrement qualifié et l’importance de ce facteur est que précisément les ouvriers une fois acceptés sont assurés d’un emploi permanent jusqu’au moment de la retraite. Car, et c’est le second facteur, « ... Il y aune question bien plus difficile, c’est la question de distribution du travail pour avoir toujours les ouvriers occupés. Cette difficulté très grave n’existe que pour l’État et provient uniquement de ce que les ouvriers de l’État n’ont point de chômage. Un arsenal a 5 000 ouvriers, l’État, les conserve. Dans un chantier de l’industrie privée, vous gardez les ouvriers selon la besogne que vous avez à faire (1)... »
- Or, pourquoi cette difficulté se présente-t-elle pour l’État, c’est que nous conservons toujours « nos ouvriers qui sont des fonctionnaires, que nous ne pouvons renvoyer comme nous voulons, d’abord parce que nous sommes dans un état démocratique, ensuite parce que ces ouvriers ont des droits à la retraite et que nous ne pouvons pas les renvoyer à l’industrie (2) ».
- Et par suite, en résumé, il y a afflux de personnel médiocre, formé tant d’ouvriers agricoles que d’ouvriers qualifiés moyens attirés, soit par le salaire plus élevé pour les premiers, soit par la permanence de l’engagement pour les seconds et, d’autre part, le droit à la retraite que cet engagement confère, est cause que l’on se trouve obligé en fait de conserver un personnel insuffisant en qualité.
- Il semble que ce soit là un cercle vicieux : les ouvriers sont médiocres parce que les salaires le sont, mais il en est ainsi parce que le salaire global est partagé entre des individualités trop nombreuses que l’on conserve pour ne pas les priver du droit à la retraite et que ce salaire médiocre, s’il éloigne les bons ouvriers, suffit à attirer une main-d’œuvre plus abondante que celle dont il est besoin, parce qu’il dépasse, comme taux, celui qu'une partie de cette main-d’œuvre peut se procurer par l’exercice de sà profession, et par son total annuel celui que les ouvriers qualifiés moyens pourraient gagner s’ils subissaient les alternatives d’embauchage et de débauchage de l’industrie privée.
- Ou, ce qui peut s’exprimer encore en disant : on n’a pas de bons ouvriers parce qu’on a trop d’ouvriers, et on aura trop d’ouvriers, tant que la généralisation du système des retraites ne permettra pas aux chantiers de l’État de se guider uniquement par les considérations d’efficacité pour la conservation ou le renvoi de leur personnel.
- Dans cette éventualité, en effet, il serait possible de proportionner l’importance du personnel à la dotation budgétaire et de procéder à une réorganisation effective des
- (1) Notes, etc.,*p. 35. Annexe R. Intervention de M. Bertin.
- (2) Ibid., p. 3i. Annexe B. Intervention de M. Gerville-Réache.
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- services qui, si elle laissait subsister les ateliers de réparation de chaque port, concentrerait les commandes pour travaux qu’il paraîtrait indispensable de réserver à la marine dans un seul établissement, qui serait occupé d’une manière permanente, au lieu qu’elles sont divisées entre plusieurs à leur détriment comme à celui de l’État.
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- L’exposé que nous venons de terminer nous a montré toute la complexité du problème particulier qui se posait : nous ne sommes pas, comme le titre de la publication récente de l’Office du Travail pouvait le faire supposer, en présence d'une simple expérience de réduction de la journée de travail, d’où, par une intégration des résultats apparents, on pourrait inférer les conséquences que la généralisation delà journée de huit heures aurait pour l’industrie nationale. Nous sommes en fait en présence d’un phénomène complexe résultant d’une série de réformes simultanées, dont la journée de huit heures, ayant chacune produit leurs conséquences qui s’enchevêtrent et entre lesquelles, de l’aveu des autorités compétentes, le départ ne saurait être établi avec quelque présomption d’exactitude scientifique. Et déjà par là même il apparaît, qu’on ne saurait aboutir à la généralisation que l’on pourrait être tenté de faire. Mais il y a plus, et notre exposé nous montre indiscutablement que la réduction à 8 heures de la journée de travail, dont les résultats apparents sont déjà faussés par les réformes concomitantes de la suppression du travail aux pièces, de l’unification des salaires et de l’avancement, a été faite dans un milieu particulier, soumis à des conditions spéciales et uniques, pourrait-on dire. Ces conditions, que nous avons longuement examinées, ne se retrouvent à aucun degré dans l’industrie. Par suite, il nous semble que l’expérience tentée dans les établissements de la Marine est sans portée, car on ne rencontrerait dans aucun établissement de l’industrie privée une organisation aussi défectueuse en une seule de ses parties que celle constatée pour l’ensemble dans l’administration de la'Marine. On ne retrouverait, croyons-nous, dans aucune entreprise privée, les facteurs internes et externes dont nous avons parlé, une irrégularité aussi effroyable dans les commandes, alliée à une permanence immuable du personnel et à une absence aussi complète du chômage, une main-d’œuvre de qualité aussi médiocre alliée à un outillage trop ancien pour les besoins modernes, une absence de préoccupation de rendement industriel, laissant cet outillage, défectueux en soi, être particulièrement mal utilisé, au point qu’avec les mêmes machines défectueuses, il a été possible d’obtenir en huit heures le même rendement qu’en neuf heures trente-cinq, et aussi on ne trouverait nulle part ailleurs un pareil défaut de prévoyance, de centralisation, de coordination des efforts, qui se manifeste par les retards apportés à la passation des marchés et des commandes dont la conséquence est non seulement un chômage évitable de cinq mois imposé à certains ateliers comme ceux des établissements de Guérignv, mais une irrégularité de travail dans ceux des autres ateliers qui dépendent des premiers. Nulle part ailleurs que dans les ateliers de la Marine, on ne verrait la direction accepter sans protester que 19 millions de francs de commandes sur 56, qui devaient lui être confiés, lui soient retirés au profit d’autres établissements concurrents, — comme le cas s’est produit en 1904, — et continuer à alimenter dans ces conditions avec une insuffisance sans cesse croissante, huit établissements, alors que la concentration des efforts sur un ou deux tout au plus se serait imposée, en vue d’avoir un bon rendement industriel. Nulle part en un mot, on
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- ne verrait en industrie un gaspillage et une dispersion des efforts comme ceux dont la Marine nous a offert l’exemple.
- C’est même en partie à cette mauvaise organisation que d’aucuns attribuent le relâchement dans l’intensité de travail, qui a été constaté après l’adoption définitive de la journée de huit heures.
- « Dans la plupart des rapports, il est dit qu’au premier moment, les ouvriers ont manifesté beaucoup d’enthousiasme pour la journée de huit heures et qu’ils ont manifesté [l’intention] de compenser par l’augmentation de travail la durée de temps. Ce n’est que plus tard que leur zèle s’est ralenti et qu’ils ont fini par ne pas donner avec la journée de huit heures un travail plus considérable qu’avant. »
- La raison en est fort simple pour les adversaires de la mesure : pendant la période d’expérimentation, les ouvriers ont fait preuve d’un zèle extraordinaire pour faire admettre qu’il ne résulterait aucun préjudice pour l’État, mais sitôt l’adoption définitive de la journée de huit heures, l’intensité de travail a disparu, comme il fallait s’y attendre.
- C’est à cette argumentation que répondent MM. Albert Le Moigue et Gerville-Réache. Le premier, après avoir rappelé que les causes d’accélération du travail avaient été supprimées, ajoutait: « Ma conclusion est celle-ci : il ne faudraitpas rendre les ouvriers responsables du grand ralentissement qui a pu se produire, parce que ce ne sont pas eux qui dirigent, ils sont dirigés; on n’a rien fait pour les encourager et ils ont pu voir qu'il n'y avait peut-être pas d'organisation ni d'intention suffisante de donner au travail dans les arsenaux le meilleur rendement possible (1). »
- Il est loin de notre pensée de suggérer que les plaintes qui ont été formulées contre l’indiscipline et le mauvais état des esprits dans les milieux ouvriers des arsenaux ne sont pas fondées, mais il ne faudrait pas non plus imputer à cet état d’esprit, — qui ne saurait être trop sérieusement combattu, — les effets qui viennent d’autres causes, ni rendre les ouvriers responsables d’une absence d’organisation de l’administration qu’ils subissent et n’ont point créée.
- Et on ne saurait non plus les accuser d’avoir volontairement ralenti leur activité après l’adoption définitive de la journée de huit heures, si, comme cela est indiscutablement le cas, il est démontré que le travail qu’on leur confiait ne suffisait pas, à beaucoup près, à les occuper pendant la journée de travail. C’est ce qu’a établi M. Gerville-Réache à la Commission extra-parlementaire de la Marine avec le plein assentiment du président de la Commission, l’honorable M. Cuvinot, qui n’est certes pas suspect de sympathies irraisonnées pour la classe ouvrière, ni de vouloir chercher à l’excuser d’actes qu’il dénonce avec une juste sévérité (2).
- Voici en effet comment s’exprime le compte rendu de la séance du 15 mars 1905 :
- « M. Gerville-Réache. — Dans l’état de ces deux dernières années il n’est pas possible qu’on puisse dire avec une certitude d’un caractère scientifique quel a été le résultat de la réduction de la journée à huit heures par rapport au travail produit, pour cette raison qu’en mon âme et conscience il est démontré que si l'on avait réduit la journée à six heures le résultat n'aurait pas changé.
- M. le Président. — Certainement.
- M. Gerville-Réache. — On aurait pu l’abaisser sans que le produit du travail ait
- (1) Notes, etc., p. 32 et 33. Annexe B. M. Le Moigne.
- ^2) Ibid., p. 30. Annexe B. JL Cuvinot.
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- minudié,tant le nombre des ouvriers est grand et, même en réduisant la journée à huit heures, on n’a pas pu donner du travail à toutes nos équipes (1). »
- Ce sera là également notre conclusion, car avant comme après l’établissement de la-journée de huit-heures dans les arsenaux et ateliers de la Marine nous demeurons-dans l’ignorance des résultats réels de la réduction du travail sur l’industrie, l’expérience scientifique et rationnelle de cette mesure reste à faire, en France.
- LES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES DE RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL
- Devons-nous considérer qu’en conclusion de notre exposé la question demeure entière? Nous ne le pensons pas, car à défaut de résultats à tirer de l’application de la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État,'nous pouyons recueillir des éléments d’appréciation dans les expériences de re'duction de la durée dû-travail faites à l’étranger.
- Ces éléments d’appréciation sont de deux ordres : les uns doivent être admis, croyons-nous, à titre de simple indication, de témoignages de moralité en quelque sorte ; les autres au contraire, d’une importance scientifique indiscutable, nous permettront d’induire avec de grandes présomptions d’exactitude les résultats à attendre chez nous-d’une réduction semblable de la durée du travail.
- Pour préciser notre pensée, il nous apparaît que si probants que soient les résultats-d’une expérience scientifiquement conduite pour le pays où elle a été faite, on ne saurait, les généraliser ou inférer qu’ils seront semblables dans un autre pays que pour autant que les conditions d’application des mesures, qui les ont produits, seront les mêmes.
- C’est pourquoi il nous semble qu’il y a lieu dès l’abord de faire une distinction-entre les expériences anglo-saxonnes et autrichiennes, d’une part, et l’expérience belge d’autre part. Celle-ci a été faite dans un pays où les conditions économiques sont relativement très peu différentes de celles de notre pays ; celles-là au contraire dans des conditions nettement ajitres.
- Pour tenter une expérience de réduction de la durée du travail dont les résultats puissent être concluants il faut qu’elle soit tentée, toutes choses égales d’ailleurs. C’est la condition type par excellence et trop souvent on néglige de s’assurer qu’elle est pleinement satisfaite avant d’examiner et de discuter les résultats apparents, si elle ne l’est pas, qu’a eus l’expérience.
- Il y a des éléments internes et externes indispensables à réunir pour que toutes choses soient égales et que par suite l’expérience puisse être démonstrative : les premières sont suffisantes et nécessaires pour que l’expérience vaille dans le pays où elle-est faite, les secondes pour que ses résultats se retrouvent vraisemblablement dans les autres pays.
- M. Ernest Mahaïm, l’éminent professeur à FUniversité de Liège, a indiqué quels-étaient les éléments indispensables d’une expérience, au point de vue interne. Nous ne pouvons mieux faire que de nous reporter aux conditions qu’il a énumérées. Il ne suffit pas, dit-il, de se borner à constater, comme on a trop souvent tendance à le faire, que la réduction de la durée du travail a provoqué soit une diminution, soit une augmentation dans la production, car ces constatations ne sont pas probantes par elles-mêmes. « Pour que l’expérience soit démonstrative, il est clair que nous devons en savoir davantage.
- (1) Notes, etc., p. 35; Annexe B. M. Gerville-Réache et J. Off., n° 8357.
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- La nature du travail et le mode de mesure employé pour apprécier l’augmentation ou la diminution de rendement doivent être spécifiés. Si on l’estime, par exemple, à la valeur du produit sur le marché, nous sommes en droit de demander si les prix n’ont pas varié.
- Le mode de paiement du salaire est encore un élément primordial. Si l’on paie à la pièce la main-d’œuvre qui était rémunérée à l’heure ou à la journée, les résultats-ne sont plus comparables.
- Nous devons être assurés aussi que l’outillage employé pendant l’expérience est le même que celui employé précédemment. C’est une condition essentielle qui est souvent négligée. Si l’outillage est modifié, comment distinguer dans ce résultat ce qui est dû à cette cause et ce qui est dû à la réduction de la journée?
- Ce n’est pas tout, quand nous nous sommes ainsi assurés que toutes les circonstances, sauf une : la durée, seront bien restées les mêmes pendant l’expérience, nous avons encore à nous demander si des causes psychologiques ou autres n’ont pas agi sur les ouvriers : par exemple, s’ils n’étaient pas anormalement excités à travailler d’une manière intensive (1). »
- C’est, on le voit, à ce critérium que nous étions également arrivés dans nos recherches sur les résultats de la journée de huit heures dans les établissements industriels de l’État en France.
- Au point de vue externe il est peut-être plus malaisé de formuler aussi- nettement les conditions, indispensables, mais il nous semble cependant que certains facteurs exercent une action prépondérante. Au premier rang seplace la question de l’outillage. Si par exemple l’on suppose l’expérience tentée simultanément dans deux pays dont l’Un est doté de la machinerie la plus récente, tandis que l’autre n’est pourvu que de machines relativement anciennes, il est clair que l’abaissement de la durée du travail causera une moindre perturbation dans le premier pays que dans le second. Le mode de rémunération et de surveillance peut également jouer un rôle considérable d’influence car, avec des journées de travail plus courtes, les pertes de temps doivent disparaître, alors qu’elles sont fatales avec les longues heures de travail. Enfin, et c’est, croyons-nous, la condition la plus importante, la durée antérieure du travail a une influence majeure. Tel pays qui ayant de longue date adopté la journée de neuf heures pourra réduire la durée du travail à huit heures par exemple, parce que des économies dans la quantité de charbon consommée au moteur, dans l’usure du matériel, d’autres encore, compenseront l’accroissement des charges dues aux salaires, tandis qu’un pays ayant une durée antérieure de travail de douze heures, ne saurait la ramener à huit sans se trouver handicapé d’une manière dangereuse sur le marché international.
- C’est l’ensemble de ces conditions qui nous conduisent à diviser les expériences de la journée de huit heures, faites à l’étranger, en deux catégories, suivant que les conditions nationales sont ou non très différentes de celles de notre pays.
- Dans la première catégorie doivent se ranger les expériences Italiennes, Espagnoles, Autrichiennes et'Anglaises. Dans la seconde l’expérience Belge.
- Nous ne .dirons que peu de mots des trois premières. En Italie et en Espagne, l’in-
- (1) L.-Gr. Fromont, Une expérience industrielle de réduction de la journée de travail. (Bruxelles, 1906. Publications de l’Institut Solvay.) Préface de E. Mahaïm, p. xv.
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- troduction de la mesure est récente, mais elle n’a fait que confirmer un état de choses •existant depuis fort longtemps. Et de plus le facteur externe dû à l’influence du climat sur l’activité du personnel est tel que l’on ne pourrait en bonne justice inférer des résultats qui y sont constatés ceux qui pourraient se produire dans un pays comme le nôtre. D’ailleurs il s’agit dans la presque-totalité des cas d’établissements de l’État sur l’organisation desquels nous n’avons pas de données suffisantes et les constatations que nous avons du faire précédemment nous obligent à une grande circonspection.
- Pour l’Autriche, la journée de huit heures en été et sept heures en hiver a été introduite en 1903 dans la fabrique de munitions de Wôllersdorf et en 1893 dans les arsenaux pour les travaux de vérification et d’emballage des munitions, mais elle s’applique à un personnel si restreint (22 ouvriers et ouvrières à Wôllersdorf et 20 dans les arsenaux) qu’on ne saurait s’y arrêter. Pour les autres travailleurs, soit des arsenaux, soit des mines de sel, de mercure etc., la date de l’introduction de la journée de huit heures est si ancienne que l’on ne saurait non plus établir de comparaison utile entre les résultats antérieurs et postérieurs. Il nous faut seulement retenir qu’ils n’ont point dû être si mauvais puisqu’en 1900 et 1906 la mesure fut étendue à deux exploitations qui n’en bénéficiaient pas (1) celles de Brüx et de Raibl et que l’industfie privée elle aussi l’a appliquée. En 1894, en effet, elle fut introduite dans les tissages de Moravie « qui, pourtant, ont la réputation de ne jamais trouver les journées assez longues » (2). La production se maintint et l’accroissement du taux des salaires fut compensé par diverses économies (charbon, gaz et matériel).
- Nous ne nous étendons pas sur cette expérience parce que nous en retrouverons bientôt une autre qui a fourni des résultats tout à fait semblables.
- L’Angleterre nous offre une série d’exemples de l’application de la journée de huit heures, l’un de notre première catégorie, les autres rentrant, sous certaines réserves, dans la seconde.
- Le mouvement syndicaliste en faveur delà réduction de la durée du travail avait obtenu l’adhésion du premier ministre, M. Gladstone, dès le 31 mai 1893. Après les élections générales, M. Campbell-Bannerman, alors secrétaire d’Ëtat à la Guerre, annonçait, à la Chambre des communes (5 janvier 1894) que la mesure allait être introduite dans les établissements dépendant de son département :
- «..-. Le résultat de mon enquête a été de me convaincre, ainsi que mes collègues, que les conditions et circonstances de la fabrication, ainsi que la nature du travail de ces ateliers sont telles qu’il est possible d’y réduire la durée du travail à huit heures par jour et quarante-huit heures par semaine, à l’avantage commun du service public d’une part et des ouvriers d?autre part (3)... »
- Lord Spencer, premier Lord de l’Amirauté, prit la même décision que le secrétaire d’Etat à la Guerre et l’on peut dire que depuis 1894 la journée de huit heures est réalisée en fait dans les établissements de l’État en Angleterre. La durée de l’expérimentation est suffisante pour qu’on puisse considérer ses résultats comme définitifs.
- Le système en vigueur dans les arsenaux est la limitation hebdomadaire du travail.
- (1) Notes sur la journée de 8 heures, loc. cit., p. 84.
- (2) Ibid., Ministère de la guerre, Commission d’étude des revendications du personnel civil des établissements militaires. Rapport de M. Laurent Atthalin, auditeur au Conseil d’État, p. 45.
- (3) Ibid., proposition de loi tendant à l’établissement de la journée de 8 heures, 13 janvier 1905, p. 64 et/. Off., Chambre des députés, n° 2198.
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- avec la semaine de quarante-huit heures, au lieu de celle de cinquante et une. En principe les salaires ont été maintenus à leur taux antérieur, en ce sens qu’aucune augmentation n’a été accordée sur les tarifs des travaux aux pièces et que le montant hebdomadaire pour les ouvriers payés à la journée est demeuré le même. Observons cependant que pour cette dernière catégorie il y a eu un accroissement en fait puisqu’ils ne fournissent plus que quarante-huit heures de travail au lieu de cinquante et une.
- Pour compenser l’effet de la réduction de durée sur la production, il y a eu retrait de certaines tolérances. C’est ainsi que :
- 1° Le délai de trois minutes accordé aux ouvriers, après la cloche, pour se rendre au travail matin et soir, a été supprimé ;
- 2° Les cinq minutes qu’on leur laissait prendre le vendredi pour aller à la paye l’ont été également ;
- 3° On a cessé de donner aux ouvriers une demi-journée de congé à l’occasion de la visite des Lords de l’Amirauté et des élections législatives.
- On a mis fin à l’habitude de leur accorder des congés payés à l’occasion du lancement des navires.
- Par ces suppressions de pertes de temps on peut estimer que l’on a regagné environ une heure par semaine sur la réduction de trois heures.
- « D’une façon générale, conclut l’Amirauté, il ne semble pas que le coût de production dans les arsenaux depuis l’introduction de la semaine de quarante-huit heures se présente d’une façon défavorable si on le compare avec celui qui existait précédemment (1)... »
- Cette expérience nous paraît devoir être retenue seulement à titre d’indication, comme montrant qu’il est possible d’introduire la journée de huit heures dans des établissements de l’État, sous certaines conditions. Mais par contre elle n’est démonstrative, au sens que M. le professeur Mahaïm attache à ce mot, ni au point de vue national, ni au point de vue international.
- D’une part, en effet, elle n’a point été faite, toutes choses demeurant égales d’ailleurs, puisque « certains penfectionnements du machinisme et des moyens de transports dans les arsenaux et divers autres procédés propres à économiser du temps (2) » ont été apportés en cours d’expérimentation et qu’il n’en a pas été tenu compte « car aucune statistique n’a été et même ne peut être établie sur cespoints(3) » . Déplus', des •augmentations de salaires ont été accordées aux ouvriers de certaines catégories, sans qu’il y ait la moindre indication tant sur l’importance de ces augmentations que sur leur répercussion sur le coût de production. Enfin on n’a point de données sur la proportion des ouvriers travaillant à la journée et aux pièces, et on ne sait pas davantage .si elle a varié encours d’expérimentation et de combien. C’est ce que constate l’Amirauté en disant: «... mais jusqu’à quel point le coût de production a été influencé par la réduction des heures de travail, en tenant compte du reste des autres facteurs précédemment indiqués, c’est ce qu’on ne saurait, pour les raisons déjà énoncées, déterminer avec précision ».
- D’autre part, l’expérience n’est pas non plus démonstrative au point de vue international, car, si l’on compare la durée antérieure de travail en France et en Angleterre,
- (1) Notes, etc., Annexe, III. Étranger I. Grande-Bretagne, Amirauté (arsenaux), p. 81.
- (2) Ibid.
- (3) Ibid.
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- par exemple, on voit que, chez nous, la réduction de dix heures à huit heures par jour,, soit de soixante à quarante-huit heures par semaine est de douze heures ou 20 p. 100, tandis qu’elle n’était en Angleterre que de cinquante et une à quarante-huit, soit trois heures ou moins de 5 p. 100. Et, même si l’on tient compte des-économies réalisées par la suppression des diverses causes de pertes de temps, on voit que le pourcentage tombe pour l’Angleterre à moins de 4 p. 100 et est pour la France de 18,33 p. 100. Or si, pour l’Angleterre, on conçoit que les diverses économies réalisées matériellement sur le charbon, l’éclairage, l’usure du matériel compense l’accroissement du coût résultant de la moindre durée du travail, on voit que, pour la France, toutes choses égales d’ailleurs, il faudrait pouvoir compenser en outre l’effet d’une réduction supplémentaire de 14,33 p. 100, ce qui, on le voit, retire toute force démonstrative à cette-expérience.
- Celle des établissements de la Guerre nous semble plus probante parce que d’une-part la réduction dans la durée du travail a été beaucoup plus considérable que pour l’Amirauté puisqu’elle portait sur six heures (antérieurement à la mesure semaine de cinquante-quatre heures, postérieurement semaine de quarante-huit heures) soit 11 p. 100, et que d’autre part elle ne semble pas avoir entraîné les mêmes modifîcations-internes que la précédente.
- L’établissement de la journée de huit heures reposait sur les considérations suivantes :
- 1° Économie de la perte de temps provenant de l’arrêt de huit à neuf heures, du matin pour le déjeuner, arrêt pendant lequel les moteurs continuant à marcher, il y avait une dépense de combustible sans aucun effet utile.
- 2° Économie sur les dépenses d’éclairage, de chauffage, en raison de la réduction delà journée. Le travail commence en effet deux heures plus tard pour se terminer à la même heure, par suite de la suppression de l’arrêt occasionné par le premier déjeuner pris désormais avant l’entrée à l’atelier.
- 3° Une grande régularité dans l’entrée au travail, reculée de six à huit heures dm matin.
- 4° Amélioration dans la condition physique des ouvriers et conséquemment dans leur'puissance productive.
- 3° La conviction que même les ouvriers aux pièces pourraient sans effort excessif produire beaucoup plus de travail par heure.
- 6° Le fait que dans l’industrie privée où la tentative avait été antérieurement faite, il n’y avait eu ni réduction du rendement, ni accroissement du prix de revient.
- Les résultats de cette expérience, faite sur un personnel supérieur à 18000 ouvriers, ont pleinement confirmé les espérances. Il n’y a pas eu une augmentation de dépenses, ni réduction de production globale, d’où il résulte que la productivité individuelle a été plus forte pour un moindre temps de travail. Et ceci est corroboré par les faits suivants. D’une part la majorité des ouvriers travaillant aux pièces, a, après unm période de transition, gagné avec la semaine de quarante-huit heures le même salaire qu’avant, et d’autre part cette production horaire accrue a pu être réalisée non seulement par l’élite ouvrière, mais par la moyenne, puis qu’il n’a pas été nécessaire de modifier le mode de salaires en octroyant à une partie du personnel le salaire à la journée.
- Le seul accroissement constaté est celui du salaire horaire des ouvriers payés à la.
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- journée: ils ont en effet continué à toucher, pour la semaine de quarante-huit heures, le même salaire que pour cinquante-quatre fl).
- Les conditions d’application se rapprochent beaucoup plus de celles de nos arsenaux que pour l’Amirauté et sauf une différence sur laquelle nous aurons à revenir dans un instant et qui a, croyons-nous, une grande importance, l’expérience est presque démonstrative au point de vue international, et l’est d’autant plus qu’elle a pour elle une durée de plus de douze années.
- Remarquons, en passant, qu’elle se différencie de celle faite en France, d’ahord par un souci du rendement industriel qui se traduit par l’organisation interne nouvelle permettant de réaliser de notables économies dans les dépenses qu’exigeait la durée-antérieure du travail, économies rendues possibles uniquement du fait de la réduction de la journée de travail. Et ensuite parce que, non seulement on a conservé le stimulant à la production que constitue le travail aux pièces, mais parce que l’on a considéré comme une condition essentielle au succès de cette tentative — entreprise par les pouvoirs publics avec le vif désir de réussir — de conserver les tarifs en vigueur. Et l’expérience a montré que cette condition indispensable pour sauvegarder les intérêts de l’État n’était point défavorable aux ouvriers.
- La dernière expérience anglaise que nous citons mérite de retenir notre attention, parce qu’elle a été spontanément faite dans l’industrie privée par un fabricant de grosse mécanique, et qu’elle nous paraît de nature à rassurer ceux qui redoutent pardessus tout la réduction du travail dans les ateliers où la production est réglée par la. machine et aussi parce qu’elle répond à cette objection si souvent formulée que la réduction de la durée de travail causerait infailliblement un grand préjudice aux industries qui l’appliqueraient.
- MM. Mather et Platt, les grands industriels bien connus de Manchester, décidèrent en 1894, de leur plein gré, sans que leur décision ait été motivée par un conflit avec leur personnel ou son syndicat, de réduire dans leurs ateliers de' mécanique la durée-du travail de cinquante-trois à quarante-huit heures par semaine, sans changer les-salaires.
- L’expérience était tentée dans des conditions défavorables en ce sens qu’une partie assez importante du personnel étant rétribuée à la journée, le maintien du salaire hebdomadaire avec la nouvelle durée du travail exigeait pour ce chapitre un accroissement de dépenses de 4 p. 100 environ. En fait, en fin d’exercice, cet accroissement de-dépenses a disparu car il s’est trouvé compensé — comme d’ailleurs dans les ateliers de la Guerre — par l’économie de charbon, de gaz, de matériel, due précisément à l’horaire nouveau que ce système-permettait d’établir. La production fut maintenue à son taux antérieur, malgré que la durée du travail ait été réduite de 10 p. 100 • environ (2).
- La conclusion d’ordre pratique, qui se dégage, est que, dans des conditions données,., c’est-à-dire avec une réduction du temps de travail ayant atteint 10 p. 100, le maintien du salaire à la journée et pour le travail aux pièces, la conservation des tarifs antérieurement pratiqués, la production, tant en quantité qu’en coût, est demeurée la même
- (1) Notes, etc. Annexe III, Étranger I. Grande-Bretagne. Ministère de la Guerre. Manufactures-d’armes et fonderie de cuivre, p. 79 et 80.
- (2) Ibid. Ministère de la Guerre. Commission d’étude des revendications du personnel civil des-, établissements militaires. Rapport de M. Laurent Atthalin, auditeur au Conseil d’État, p. 43.
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- en Angleterre, aussi bien dans les ateliers de l’industrie privée que dans ceux de l’État.
- Nous avons dit, plus haut, que quelque satisfaisants que soient les résultats obtenus, l’expérience ne nous paraissait pas absolument démonstrative au point de vue international. En effet nous devons noter tout d’abord que la durée du travail, réduite •en France de douze heures par semaine dans les ateliers de la Marine, ne l’a été que de six heures — au maximum — en Angleterre et qu’il y a là une différence considérable, 4ans les conditions d’application, dont on ne saurait en aucun cas faire abstraction.
- Mais il y a un autre point sur lequel on n’a pas coutume de s’arrêter lorsqu’on discute de ces questions de réduction de durée dans le travail et qui cependant n’en a pas moins une importance capitale, dirons-nous. Et nous sommes convaincus que tous ceux qui ont une grande pratique industrielle seront d’accord avec nous. Nous voulons parler de la fixation hebdomadaire ou quotidienne de la durée du travail.
- Il peut sembler à première vue, quand on parle de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures, par exemple, qu’il s’agit de formules ayant une signification identique quant au résultat économique d’application. Cependant il n’en est rien. Par la première expression, l’on sous-entend nécessairement que le chef d’industrie est astreint à obéir à une réglementation rigide qui lui impose — peu importe que la mesure soit due à une loi ou émane de sa volonté — une durée de travail maxima quotidienne de huit heures en l’espèce.
- Par la seconde expression, au contraire, la seule obligation est que le travail hebdomadaire ne dépasse pas quarante-huit heures, c’est-à-dire que dans cette limite l’industriel a toute latitude de répartir comme il l’entend cette durée sur les six jours de la semaine pourvu qu’enfin de compte le temps total de travail soit de quarante-huit heures. Il lui est donc loisible d’accorder soit :
- 6 journées de 8 heures.
- 5 journées de 9 h. 36.
- 5 journées de 9 heures et une de 3 heures.
- 5 journées de 8 h. 40 et une de 5 h. 40 : = 48 heures.
- -ou tel autre décompte à sa convenance.
- C’est là une différence fort appréciable.
- Dans le cas de la rétribution à la journée, le maintien du salaire antérieur entraîne à une augmentation qui pour le chapitre atteint 4 p. 100 dans l’exemple de MM. Mather and Platt : c’est là un surcroît de dépenses qui n’est pas négligeable tant s’en faut, et -qui ne peut être compensé en tout ou en partie que par des économies réalisées au -moyen d’une meilleure organisation.
- Ces économies sont, nous l’avons vu, par ordre d’importance, celles de charbon, -d’éclairage et de matériel. Mais la première est de beaucoup la plus notable.
- Tous les chefs d’industrie savent par expérience que la dépense de charbon n’est q>as absolument proportionnelle à la durée de fonctionnement du moteur et que si en marche normale la consommation horaire de vapeur est sensiblement la même, elle croît surproportionnellement au moment de la mise en marche ou des démarrages. Or, que la durée quotidienne de travail soit de huit heures ou de neuf heures, il y aura au moins deux mises en marche de l’usine : le matin et après le repas de midi. Ce sont là les deux moments où la consommation de charbon sera maxima et l’économie résultant de ce que la machine ne marchera que huit heures au lieu de neuf est assez peu
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- considérable. El, en fait, la dépense en charbon pour neuf heures de travail est à peine plus importante que pour huit.
- Mais par contre si, par la répartition du travail, il est possible de faire chômer l’usine tout un jour en fin de semaine, l’économie de combustible sera sinon absolument de un sixième, du moins elle ne s’écarterait pas beaucoup de ce chiffre. Ou, pour prendre un exemple pratique, si la répartition du travail permet de faire chômer l’usine à partir du samedi à midi, on n’aura ce jour-là qu’une seule mise en marche, celle du matin, et on réalisera toute l’économie de combustible afférente aux heures de l’après-midi consacrées au travail les autres jours. Il y a de ce chef réduction très appréciable dans la consommation hebdomadaire de charbon.
- Il y a de plus, quand on adopte cette répartition hebdomadaire du travail, d’autres économies qui ne sont pas négligeables. En effet dans une usine travaillant pendant six jours par semaine, certains travaux de nettoyage et les réparations courantes aux machines, ou tout au moins leur visite en détail nécessitant l’arrêt du moteur, ne peuvent guère se faire que le dimanche : cela entraîne le paiement d’un salaire sensiblement plus élevé aux ouvriers auxquels ces travaux sont confiés. Avec ]'arrêt du samedi à midi, cette besogne s’accomplit dans l’après-midi avec le salaire habituel,, d’où économie.
- Un de nos grands industriels de l’Est estimait, lors d’une discussion assez récente à l’Association française pour la protection légale des travailleurs, sur la réduction de production par suite de la mise en vigueur du troisième palier de la loi Millerand-Colliard que ces deux sources d’économie permettaient de compenser en grande partie les augmentations de-charges résultant de l'application de la loi.
- C’est d’ailleurs par suite de cette réglementation hebdomadaire du travail que la réduction de la durée de cinquante-quatre à quarante-huit heures a pu être introduite en Angleterre sans qu’il y ait eu supplément de charges pour l’industrie.
- C'est là une différence fondamentale des conditions d’application en Angleterre et en France qui explique pourquoi l’expérience des établissements de la Guerre et celle des ateliers de MM. Mather and Platt ne seraient absolument démonstratives de ce que l’introduction de la journée de huit heures serait en France que si cette réforme était accompagnée par l’établissement du mode de répartition du travail que l’on a coutume de désigner sous le nom de semaine anglaise.
- L’expérience belge que nous allons maintenant exposer comme conclusion à cette étude nous paraît par contre présenter un caractère tout à fait probant, parce qu’elle a été entreprise dans des conditions très semblables à celles qui existent chez nous.
- Cette expérience est caractéristique à plusieurs points de vue, d’abord parce que réalisée dans l’industrie privée et en s’inspirant des nécessités économiques de rendement et de coût de production.
- En second lieu cette expérience est caractéristique parce que, comme le dit excellemment M. Ernest Mahaïm : « La journée de huit heures n’a pas été réclamée ou imposée à M. Fromont par son personnel. C’est lui qui y a été amené, par la considération même du surmenage de ses ouvriers. Il constatait leur état de dépérissement physique, voyait la caisse de secours pour maladie continuellement en déficit, et ne pouvait s’empêcher de croire que la journée de douze heures était excessive. Ainsi, c'est dans la pleine conscience du but à atteindre que Vexpérience a été entreprise : il s’agissait d’augmenter l’endurance et l’effet utile des ouvriers par la réduction de la durée du
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- travail. L’expérience en est d’autant plus concluante (1). » Ce qui revient à dire en peu de mots que c’est en s’inspirant uniquement de considérations de bonne gestion industrielle que la réduction de la journée a été effectuée.
- En troisième lieu parce que la durée de cette expérience, instituée en 1892, permet de considérer sus résultats comme définitifs.
- En quatrième lieu parce que, réunissant toutes les conditions que M. Ernest Mahaïm a établies, elle est incontestablement démonstrative au point de vue interne.
- En cinquième lieu parce que, la journée ayant été ramenée de vingt-quatre à huit heures, en passant par le stade intermédiaire de douze heures, elle est également démonstrative au point de vue international.
- En sixième lieu parce qu’elle est probante des bons effets de la réduction de la journée de travail par ses résultats : «... En huit heures de travail, dit M. le professeur Mahaïm (soit sept heures et demie de travail effectif), les mêmes ouvriers, aux mêmes fours, avec les mêmes outils et les mêmes matières premières ont produit tout autant qu’au -paravant en douze heures (soit dix heures de travail effectif).
- 11 va de soi que le prix de revient... a diminué, que le salaire journalier est resté le même et que patrons et ouvriers y ont trouvé leur compte. Il n’est pas sans intérêt de constater que la Société... n’a cessé de donner de brillants résultats financiers (2). »
- Enfin cette expérience vaut qu’on s y arrête, car son auteur s’est inspiré de considérations qui pourront guider dans des tentatives analogues tous ceux qui seront amenés à préparer la réduction de la journée de travail et il indique, avec une méthode et une clarté parfaites, à l’aide de diagrammes, les moyens d’étudier par avance la répercussion de pareille mesure et par suite d’envisager s’il est à une situation donnée des solutions, et lesquelles, permettant d’y porter remède.
- M. G. Fromont, à qui nous sommes redevables de cette belle expérience, est un technicien : ingénieur sorti de l’Ecole de Liège, membre de la Société chimique de Belgique, il allie incontestablement à ses connaissances théoriques une grande pratique puisqu’il est à la tête, en qualité de directeur-gérant, des usines d'Engis qui appartiennent à la Société des produits chimiques d’Engis.
- Il avait exposé, dès 1897, dans une communication faite à l’Association des ingénieurs sortis de l’École de Liège et à la Société chimique, la genèse de la réforme qn’il avait introduite et les résultats qu’elle lui avait donnés.
- A l’occasion de l’Exposition internationale de Liège, le président de la section de l’Economie sociale, et M. J. Dubois, le directeur de l’Office du travail de Belgique, lui demandèrent de compléter son exposé et c’est cet exposé plus détaillé que l’Institut Solvay a publié l’an dernier.
- Nous examinons successivement et succinctement avec M. Paul Fromont l’organisation du travail, à l’époque où les usines d’Engis furent fondées, les causes qui l’amenèrent à l’idée d’une réforme, les essais et la mesure définitive qu’il introduisit dans ses établissements et enfin les résultats obtenus (3).
- A l’époque de la fondation des usines d’Engis on adopta pour les fours de grillages de la blende (fours fermés avec râblage à la main) l’organisation du travail en vigueur
- (1) L. G. Fromont. Une expérience industrielle de réduction de la journée de travail, loc. cit. Préface de E. Mahaïm, p. 17 et 18. •
- (2) Ibid., p. 17.
- (3) Une expérience industrielle de réduction de la journée de travail, loc. cit., p. 8 à 26.
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- •dans les établissements similaires, à la Vieille-Montagne notamment, c’est-à-dire le -«travail à un homme ». Chaque four était desservi par un brigadier faisant vingt-quatre heures de présence consécutives à l’usine et prenant le lendemain un repos de vingt-quatre heures. Il était aidé, pour l’apport du charbon, par deux manœuvres, faisant chacun douze heures de présence, et servant trois fours.
- Cette organisation était motivée par des considérations de technique empirique et par des considérations ethniques.
- Comme on le sait, le grillage de la blende s’opérait anciennement dans des fours ouverts, dits de Freiberg, qui avaient le grave inconvénient de laisser se dégager à l’air libre les gaz sulfureux. Il en résultait d’une part un grave préjudice pour .la culture, car la région devenait fatalement stérile, ainsi qu’au point de vue de l’hygiène, et d’autre part, au point de vue industriel, un mauvais rendement puisque l’on perdait le gaz sulfureux dont la transformation en acide sulfurique et composés est une •source de bénéfices importants dans l’industrie chimique.
- Aussi dut-on remplacer ces fours de Freiberg par des fours fermés dans lesquels l’oxydation de la matière est aidée par un râblage énergique.
- Mais au moment de leur introduction, la technique professionnelle laissait fort à désirer et l’opinion que toute l’opération, d’une durée de vingt-quatre heures, ne pouvait être conduite que par le même ouvrier, ne rencontrait pas de contradicteurs. D’où •découlait la nécessité de l’organisation « à un homme ».
- Gomme ce travail était extrêmement pénible tant par la température des halles, et l’opération répétée du brassage que par sa durée, il exigeait des ouvriers particulièrement robustes et d’un recrutement des plus difficiles. Cette difficulté du recrutement fut peut-être l’obstacle le plus grand à toute réforme de cette organisation.
- Pour une durée de vingt-quatre heures la production du brigadier et des manœuvres s’élevait, par jour, au maximum de 1 750 kilogrammes et, dit M. Fromont, « l’effet utile
- par journée de douze heures et par homme de
- 1 750 3
- = 583 kilogrammes (1) ».
- La rémunération du brigadier était de 3 fr. 35 par tonne de blende, celle du manœuvre de 2 fr. 70, de telle sorte que pour les 100 kilogrammes passés la dépense •s’élevait à
- 1 750 kil. X 3 fr. 35 + ^ = 6 fr. 70.
- •soit par tonne 3 fr. 85.
- Deux autres tentatives d’organisation, celle dite « à deux hommes » et celle « à un seul homme » par la suppression du manœuvre, avaient été abandonnées pour revenir au système mixte « à un homme » parce que le premier donnait un prix de revient de 5 fr. 10 et le second de 4 fr. 50 par tonne de blende grillée au heu des 3 fr. 25 susmentionnés.
- Au point de vue économique, comme à celui de l’hygiène ; le système était incontestablement mauvais.
- Tout d’abord, comme il était matériellement impossible d’exiger d’un homme un travail ininterrompu de. vingt-quatre heures, on avait dû lui consentir des arrêts pour ses repas qu’il prenait dans la halle même et un repos de trois heures après minuit..
- (1) Notes, etc., p. 10. (Un manœuvre desservant trois fours, la part de salaire pour chaque four est •de 1/3).
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- Mais en fait la durée du travail se trouvait réduite à dix-sept heures; l’utilisation de ce temps était mauvaise et « la fréquence et la répartition des interruptions de travail » étaient «illogiques (1) ».
- La journée allant de 6 heures du matin à 6 heures le lendemain matin, l’ouvrier prenait un repos de cinq à dix minutes toutes les trois heures, soit quarante minutes à quatre-vingts ou une heure en moyenne, à laquelle il fallait ajouter les temps de repas (cinq dans les vingt-quatre heures) pris à des intervalles variables avec l’état d’avancement du travail, mais s’élevant ensemble à deux heures et demie, savoir une heure entre 6 heures du matin et minuit et une heure et demie entre 4 heures et demie et 6 heures du matin, moment où tout le travail cessait en fait, et enfin trois heures de repos entre minuit et 3 heures du matin.
- Le temps total de travail se trouvait réduit à dix-sept heures et demie, mais étant donné la répartition des repos pendant les vingt-quatre heures de présence, et le fait que le travail était pratiquement suspendu à partir de minuit, on voit que la durée de présence eût pu être fixée à dix-huit heures au maximum pour le même rendement utile et que, en tenant compte des deux heures de repos pris entre 6 heures du matin et minuit, la journée ne dépassait pas seize heures.
- Or il est évident que dans ces conditions l’utilisation de l’usine était économiquement mauvaise et que par l’établissement de la journée de douze heures à deux postes on aurait dû obtenir un rendement de un tiers au moins en sus.
- Mais cette réforme aurait en pratique été beaucoup plus féconde en bons résultats, car le rendement par homme était particulièrement faible pour deux raisons : d’abord parce que les maxima de production imposés supprimaient tout stimulant (comme on s’en aperçut plus tard) et surtout de ce que l’ouvrier astreint-à une présence aussi longue, et dans l’impossibihté manifeste de fournir un effort continu pendant vingt-quatre heures, d’autant plus qu’il devait le renouveler tous les deux jours, ménageait ses efforts le plus possible, par l’intermittence qu’il apportait dans le travail; il le coupait par de fréquents repos, et ne travaillait en fait que suivant son caprice, aux moments qui lui paraissaient le plus opportuns.
- Certaines de ces interruptions étaient imposées par la nécessité de laisser la blende s’oxyder après le brassage qui, se faisant nécessairement les portes grandes ouvertes, déterminait un appréciable refroidissement de la masse.
- Ces refroidissements étaient d’autant plus importants que la durée ou la fréquence du brassage étaient plus grandes et l’empirisme des procédés faisait que nombre et durée étaient laissés à l’appréciation du brigadier au heu d’être déterminés, comme aujourd’hui, d’après les quantités traitées et les caractéristiques du four. D’autre partie brassage étant un travail très pénible, le brigadier préférait répéter plus souvent des opérations courtes, qui par leur fréquence nuisaient à l’oxydation et au rendement.
- Cette technique opératoire était la conséquence de la journée de vingt-quatre heures et de la fatigue qu’elle déterminait pour l’ouvrier. Comme le fait observer M. Fromont, il fallait ajouter au temps passé à l’usine la durée du trajet de l’ouvrier pour venir de chez lui et y retourner, c’est-à-dire trois heures environ, de tehe sorte que le temps de repos n’était plus que de vingt et une heures. En déduisant les repas etc., on arrive à une durée de sommeil de douze heures par quarante-huit heures au lieu de seize heures que permet, dans le même intervalle, la journée de douze heures.
- (1) Notes, etc., p. 13.
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- La conséquence de cet état de choses se faisait sentir dans le fait que l’ouvrier profitait de ce que la surveillance de nuit est moins active pour récupérer pendant la durée du travail le sommeil dont il était privé par une déplorable organisation.
- D’autre part, à cette cause de diminution du rendement il faut ajouter celle provenant du développement de l’alcoolisme qui en résultait, car l’ouvrier demandait à l’alcool le « coup de fouet », stimulant nécessaire à l’accomplissement de sa tâche. « Combien de ces hommes, dit M. Fromont, lorsqu’ils quittaient le matin leur famille, ne recevaient-ils pas une provision d’alcool des mains mêmes de leurs femmes, guidées qu’elles étaient, les malheureuses inconscientes, par leur imprévoyante sollicitude, à vouloir permettre à leurs maris de réparer la défaillance de leur énergie, de se « refaire des forces », suivant l’expression pittoresque des ouvriers (1). »
- Le bilan de la journée de vingt-quatre heures peut donc s’établir ainsi : mauvaise utilisation de l’usine par suite de la trop longue durée du travail, mauvais résultat économique, très faible rendement, et répercussion hygiénique déplorable par le surmenage des ouvriers et le développement de l’alcoolisme qui en est la conséquence.
- Ce bilan devait nécessairement conduire à une réforme de l’organisation du travail; les causes elles-mêmes qui avaient provoqué la mise en vigueur delà journée de vingt-quatre heures devaient amènera une journée plus courte.
- Et en effet la pénibilité de la production, la difficulté de recruter une main-d’œuvre assez robuste pour en supporter les fatigues, imposaient la prolongation de la journée de travail, mais cette prolongation de la journée, outre qu’elle ne donnait qu’un rendement insuffisant, épuisait la force de résistance des ouvriers, amoindrie qu’elle était encore par les ravages de l'alcoolisme, de telle sorte que cette main-d’œuvre se réduisait encore en quantité. Mais il résultait, de cette diminution de la résistance, ce fait, paradoxal en apparence, d’une main-d’œuvre plus abondante, car la durée effective de travail n’étant que de seize heures, comme nous l’avons montré, on pouvait avoir recours à tous ceux dont la résistance pour vingt-quatre heures était insuffisante, mais qui étaient susceptibles d’un effort moindre, encore que grand.
- Or, du moment que la journée de vingt-quatre heures cessait d’être possible, il fallait en arriver à celle de douze, seule forme d’organisation permettant une bonne et rationnelle utilisation des appareils, qui avec l’ancien système chômaient en fait huit heures sur vingt-quatre.
- Mais cette seconde formule était encore nécessitée par la modification des conditions de la production : la généralisation de l’emploi des chambres de plomb, imposée pour éviter les inconvénients du dégagement des gaz sulfureux à l’air libre, exigeait un dégagement continu, donc une production sans à-coups, tandis que, nous l’avons vu, il y avait des intermittences avec la marche « à un homme » et à un poste.
- La nouvelle Société des établissements d’Engis adopta cette seconde formule. D’une part, elle lui permettait d’exiger une plus grande activité du personnel qui, pour une durée de présence de douze heures, n’avait que dix heures de travail effectif, et, par un système de roulement, de faire alterner les équipes aux postes de jour et de nuit.
- (1) Notes, etc., p. 20.
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- D’antre part, le rendement lui-même se trouvait amélioré parce que les perfectionnements apportés aux fours permettaient une production moyenne de 1 000 kilos par homme et par poste, au lieu de 583 kilos, obtenus en douze heures, avec le système « à un homme » et à un poste.
- Les résultats de la réforme furent détestables, par suite de l’hostihté et de la mauvaise volonté du personnel.
- La journée de douze heures bouleversait les habitudes des ouvriers et ceux-ci, habitués au travail de vingt-quatre heures, se figuraient que leurs salaires seraient réduits considérablement.
- O
- L’économie du nouveau système reposait, nous l’avons dit, sur la régularité du travail des fours perfectionnés qui permettait non seulement la journée de douze heures, mais l’alternance des brigades, avec un seul poste de vingt-quatre heures par semaine pour le changement de brigades.
- Les seuls ouvriers qui connaissaient suffisamment la conduite des appareils étaient ceux habitués aux anciens fours, mais d’une part accoutumés à prendre leur repos aux moments qui leur convenaient, ils ne voulurent pas se plier à la discipline nouvelle exigée par la nécessité d’une production continue et d’autre part ils voulurent apporter dans la conduite des nouveaux appareils leurs critériums basés sur un empirisme que ne pouvaient tolérer les méthodes nouvelles basées sur les données de la chimie. De plus, ils ne purent se décider à dépasser leur maximum ancien de 800 kilos.
- Plutôt que de se plier aux exigences exposées ci-dessus, ces ouvriers émigrèrent et les brigadiers, que la mise hors feu des anciens fours de Freyberg rendait disponibles, se refusèrent à accepter la journée de douze heures et ses consé'quences. La difficulté de recruter un personnel nouveau était grande, car il faut à la fois des hommes robustes et décidés à rester attachés à l’entreprise étant donné le temps nécessaire à sa formation. Une pépinière tout indiquée semblait être les briquetiers de la région, mais, disponibles pendant la mauvaise saison, ils retournent à leur métier, dont ils ont la nostalgie, dès les premiers beaux jours.
- La Société d’Engis dut se résoudre à se former un personnel stable — auquel elle accordait en fin d’année une gratification importante pour s’en assurer la fidélité — mais doué d’une force physique peu considérable.
- « Ces circonstances, dit M. Fromont, devaient influer sur la productivité du travail (1). » Celle-ci dépend de trois ordres de conditions, savoir : 1° des conditions générales qui lui sont imposées par les circonstances de la vie et du milieu et qui échappent également à sa volonté; 2° des conditions d’ordre physique qui échappent également à sa volonté et enfin 3° des conditions spéciales offertes à chaque travailleur pour l’exercice de son labeur, soumises à la volonté d’un tiers et par suite les seules sur lesquelles on puisse agir.
- La productivité, dit encore M. Fromont, dépendra :
- a) de l’hygiène et de la sécurité des locaux ;
- b) du perfectionnement de l’outillage ;
- c) de la facilité que lui offrent ces engins pour l’accomphssement de son travail ;
- d) de l’intensité de l’effort imposé ;
- e) de la durée du travail, de son organisation, du temps consacré au travail;
- /) du stimulant accordé aux efforts de travail par le mode de rémunération;
- (I) Notes, etc. p. 41 et suiv.
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- LA RÉDUCTION DE LA JOURNÉE DE TRAVAIL A 8 HEURES. 1253
- g) des salaires indirects : institutions de prévoyance en faveur de l’ouvrier, créés avec l’intervention patronal^.
- Les trois premières conditions sont des conditions externes par rapport à l’ouvrier et leur influence s’exerce en dehors de sa personne.
- Les quatre autres sont internes et exercent une action directe sur l’ouvrier. Elles se subdivisent elles-mêmes en deux groupes : pour que la productivité soit maxima il faut que les conditions d et e tiennent compte du coefficient de résistance et de la capacité physique des individus.
- L’action des deux dernières est morale en quelque sorte, et influe ainsi sur le rendement par le stimulant qu’elles exercent.
- Étant donné l’esprit dans lequel la réforme avait été accomplie, il est manifeste •que les conditions d et e étaient satisfaites et en fait l’intensité du travail (1 000 kilos) était celle demandée dans tous les établissements similaires; quant à la durée, elle se trouvait réduite à dix heures par trois repos, deux d’une demi-heure et un d’une heure.
- Le salaire était fixé à l’entreprise, par tonne de blende grillée, et atteignait 4 francs, mais un minimum était garanti pour le cas où la nature particulièrement réfractaire du minerai ne permettait pas la production normale.
- Enfin une caisse de secours alimentée par la Société et des retenues opérées sur les salaires, assurait les soins médicaux et pharmaceutiques et accordait une indemnité en cas d’accident.
- Tout semblait devoir assurer le succès de l’entreprise, cependant l’expérience aboutit à un échec.
- Le critérium de la réussite était que la caisse de secours fût à la hauteur de ses engagements; or le déficit était à l’état endémique et s’aggravait d’année en année. Ce n’était pas le fait de simulateurs et il fallait en rechercher la cause dans les conditions d) et e) qui ne pouvaient être satisfaites.
- Le personnel n’était pas assez robuste pour l’effort imposé et, malgré toute la bonne volonté dont il faisait preuve, le rendement de la double journée du dimanche (changement d’équipes) tombait à 1 600 kilos au lieu de 2 000 par vingt-quatre heures.
- Pour les simples journées elles-mêmes, la continuité de l’effort excédait la faculté de résistance des ouvriers et il fallut, en été, pendant les fortes chaleurs, organiser des brigades permanentes de secours.
- La décroissance de la résistance et de la vaillance des hommes était manifeste et les symptômes d’affaiblissement et de surmenage particulièrement visibles chez les hommes les plus vaillants et les plus courageux.
- « Les usines nouvelles, dit M. Fromont, étaient l’objet d’attaques répétées, dans lesquelles la bienveillance jouait le rôle le plus effacé... Et couramment l’on propageait la rumeur... que les ouvriers étaient empoisonnés tous indistinctement (1). »
- Il fallait aviser et importer une main-d’œuvre robuste, ou encore une fois modifier l’organisation par une nouvelle.réduction de la durée du travail.
- Le premier moyen fut repoussé parce qu’il aurait réduit à la misère une population vaillante et dévouée, trahie seulement par ses forces physiques. «. Indépendamment de la question d’humanité, c’eût été une erreur industrielle car... transplanter une
- (1) Notes, etc., p. 49.
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- population ouvrière, cela ne se fait qu’au prix des plus grands sacrifices, qui, en dernière analyse, grèvent le prix de revient d’une façon très sensible. »
- En présence d’obstacles « il est si humain... de subir spontanément un sentiment de révolte, auquel succède immédiatement le désir immodéré d’attaquer ou d’anéantir ce qui ose braver nos projets ou notre initiative ». Cependant la raison « nous enseignera aussi à chercher quelquefois, dans les entraves mêmes, des éléments adjuvants à la réalisation de nos projets (1) ».
- La solution du problème si grave qui se posait n’était-elle pas plutôt « que dans le rejet systématique de la main-d’œuvre qui s’offrait à nous... dans son utilisation la plus complète possible, en essayant d’assouplir aux circonstances les exigences de notre industrie (2) »?
- Et c’est pourquoi, s’inspirant des considérations précédentes, que commandait l’intérêt bien compris de son industrie, M> Fromont établit aux usines d’Engis la journée de huit heures.
- Nous sommes alors en 1892 et la situation, comme nous l’avons vu, est si gravement compromise que la vie même de l’entreprise est menacée. La solution à laquelle on recourut alors peut être considérée comme une mesure désespérée, diront certains, et les résultats quels qu’ils soient doivent être considérés comme satisfaisants : il n’en découle pas que l’expérience soit probante.
- On pourrait soutenir cette opinion s’il n’y avait pas deux critériums indiscutables qui se contrôlent et rendent l’expérimentation tout à fait démonstrative. Ces deux critériums sont la production individuelle et le coût de production. Quelle a été sur eux l'influence de la journée de huit heures : la réponse nous sera donnée par les résultats de plus de quatorze années d’exploitation et aussi par le fait que d’autres entreprises ont suivi l’exemple d’Engis.
- L’expérience de M. Fromont ne se basait pas seulement sur les considérations pratiques que nous avons indiquées, elle se basait sur une considération d’ordre théorique.
- Avec le système à « deux postes » les fours étaient mieux utilisés qu’avec la journée de vingt-quatre heures, puisqu’ils étaient en plein fonctionnement pendant vingt heures au heu de seize.
- Avec les trois postes de 8 heures, la fatigue étant moindre, on pouvait escompter une plus grande activité pendant le temps de travail, tout en réduisant les repos à l’usine à une demi-heure par poste, de sorte que les fours seraient utilisés pendant vingt-deux heures et demie contre vingt heures avec le système à « trois postes » d’où devait résulter un accroissement de rendement.
- Examinons rapidement dans le détail l’économie du système : avec la journée de douze heures, l’ouvrier pour satisfaire au roulement devait faire chaque semaine double journée soit vingt-quatre heures. Avec les troispostes il fait une journée et demie soit seize heures, toutes les trois semaines.
- Nous groupons dans le tableau suivant les caractéristiques des deux systèmes.
- En excluant les fêtes, l’année se compose de 8 760 heures réparties en 313 jours ordinaires et 52 dimanches.
- (1) Notes, etc., p. 50 et 51.
- (2) Ibid., p. 52.
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- ANCIEN SYSTÈME
- 2 postes de lï heures.
- NOUVEAU SYSTÈME
- 3 postes de 8 heures.
- Temps de présence à l’usine.
- Heures.
- "313 jours ordinaires à 12 heures. . . . 3 756
- 26 dimanches à'24 heures.............. 624
- 4 380
- ou 50 p. 100
- 313 jours à 8 heures......
- 17 dimanches à 16 heures .
- ou 31,6 p. 100
- Temps de travail effectif.
- Heures. 2 504 272
- 2 776
- 313 jours à 10 heures...............3130
- 26 dimanches à 20 heures........... 520
- 3 650
- ou 41,79 p. 100 du temps total
- mal utilisé.
- 313 jours à 7 h. 1/2.............. 2 347,50
- 17 dimanches à 14 h. 3/4......... 230,75
- 2 598,25
- ou 29,6 p. 100 du temps total
- bien utilisé.
- Repos dans l’usine.
- 313 jours à 2 heures................. 616
- 26 dimanches à 4 heures............ 104
- 720
- 313 jours à 1/2 heure............... 156,50
- 17 dimanches à 1 h. 1/4........... 21,25
- 177,15
- Repos en dehors de l’usine.
- 313 jours à 12 heures.............. 3 756
- 26 dimanches à 24 heures........... 624
- 4 380
- Ensemble................5100
- ou 58,3 p. 100 du temps total.
- 313 jours à 16 heures........... 5 008
- 35 dimanches à 24 heures....... 840
- 17 dimanches à 8 heures......... 136
- 5 984
- Ensemble............6161,75
- ou 70,4 p. 100 du temps total.
- Ce tableau peut se résumer ainsi :
- Pour une utilisation des fours de vingt heures sur vingt-quatre, l’ouvrier devait fournir 41,7 p. 100 de son temps.
- Avec une utilisation de vingt-deux heures et demie, il ne fournit plus que 29,6 de son temps.
- Quels résultats pouvait-on attendre de la réforme pour la production?
- Un accroissement de production horaire par le gain de quarante-huit minutes par poste (puisque le gain total était de deux heures et demie sur vingt-quatre) correspondant à 11 kilos par heure, soit par poste 83 kilos et pour les trois postes 250 kilos environ.
- La production par poste, étant sept heures et demie, escomptée à 850 kilos au heu de 1 000 en dix heures, le salaire journalier devait si l’activité demeurait proportionnelle se réduire à 3 fr. 50 au lieu de 4 francs, la base étant de 4 francs par tonne (1).
- Cependant il paraissait que ces prévisions étaient des minimas, car la fatigue moindre imposée à l’ouvrier par ce système devait lui permettre de déployer une activité beaucoup plus intense et comme, pour une part, la production est fonction
- (1) Notes, etc., p. 62 à 75. Cf. les graphiques très intéressants de M. Fromont, que nous ne pouvons reproduire faute de place. Ils montrent avec quelle logique les prévisions étaient établies.
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- de cette activité, on pouvait escompter un rendement plus élevé par poste et partou une notable amélioration des salaires.
- Pendant les premières semaines, les ouvriers, étant convaincus que leur salaire ne pouvait qu’être proportionnel à la durée du travail et serait par conséquent réduit d’un qùart et ramené à 3 francs, montrèrent une grande mauvaise volonté, et menacèrent de se mettre en grève. Les quantités grillées étaient faibles, et de mauvaise qualité.
- Cependant l’intransigeance de la direction, convaincue du succès que la réforme devait avoir, de l’amélioration qu’elle devait amener pour les ouvriers comme pour l’usine, parvint à modifier les sentiments du personnel qui, reconnaissant l’influence bienfaisante de repos mieux répartis et accrus de 29 p. 100, sur sa santé et sa force de travail, en vint à coopérer à la réforme.
- En moins de six mois, la production individuelle fut égale en sept heures et demie de travail effectif à ce qu’elle était en dix heures et le salaire, immuablement fixé à 4 francs par 1 000 kilos, pour la journée de huit heures, fut identique au salaire des douze heures.
- Dans un chapitre final, M. Fromont établit le bilan de la réforme.
- 1° Productivité et salaire.
- La quantité de blende grillée par homme et par poste étant demeurée inchangée, on voit que, si p est le poids de matière produit, t le taux du salaire par tonne, le taux du salaire par heure pour la journée de dix heures est de
- 1 p t ____ p £
- ïô x ïôôô = 0,1 1000 ^
- et pour la journée de sept heures et demie
- étant constant
- 1 000
- 1 p t
- TjSÏÔÔÔ
- 0,1333
- yt
- 1000
- d’où il ressort que le salaire pa.r heure, comme la capacité productrice, se sont accrus de 33,33 p. 100.
- Dans une série de diagrammes très frappants, M. Fromont compare les résultats obtenus aux prévisions qu’il avait établies et constate que, pour les journées simples, ceux-là ont dépassé celles-ci de 12,7 p. 100 et que, pour les journées doubles, l’accroissement est 68,o p. 100 par rapport au régime précédent et par rapport au régime de Freiberg 92,85 p. 100 pour les quantités et 86,2 p. 100 pour les salaires.
- Et ces résultats surprenants ont été obtenus avec le même outillage, avec le même personnel et en conservant la même base de salaires.
- 2° Caisse de secours et Caisse d’épargne.
- Cette amélioration de production devait, comme M. Fromont l’avait supposé, avoir comme répercussion un progrès marqué dans la santé du personnel, comme aussi un accroissement de ses facultés d’épargne : ces prévisions ont été vérifiées, comme les précédentes, d’une manière particulièrement évidente.
- L’une des raisons déterminantes de la journée de huit heures était le déficit permanent de la Caisse de secours : si, comme on était fondé à le supposer, ce déficit était dû à ce que la pénibilité du travail surpassait la force de résistance du personnel, la réduc-
- (1) Notes, etc., p. 87 et s.
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- tion de la durée du travail devait pour le moins rétablir l’équilibre financier de la caisse.
- C’est ce qui se produisit, en fait et les résultats sont particulièrement frappants dans le diagramme représentatif établi par M. Fromont. Alors que, jusqu’en 1892, date de l’établissement de la journée de huit heures, le déficit était permanent et s’accentuait graduellement chaque année, puisqu’il atteignait en 1892 son maximum (900 francs), dès l’année suivante, l’excédent des recettes est de 500 francs (soit une différence en plus de 1 400 francs) et 3 400 francs atteint en 1904. La courbe des soldes bénéficiaires de la caisse est constamment positive et croissante : elle affecte la forme d’une droite inclinée à 45° sur l’horizontale et ne s’en éloigne qu’en 1895, 1900 et 1902, années où sévirent de redoutables épidémies d’influenza, qui exercèrent leurs ravages sur la population.
- Ce sont là des résultats qui se suffisent à eux-mêmes : cependant ils sont contrôlés par ceux fournis par la Caisse d’épargne.
- Antérieurement à 1892, l’épargne annuelle était nulle; dès la création du nouveau régime, elle commence à se manifester. En 1904, le nombre des déposants a augmenté de 144 p. 100 par rapport à 1892, et le chiffre annuel des dépôts de 72 p. 1Ù0. Et si l’on constate un fléchissement qui atteint son maximum en 1899, ce fléchissement a pour cause une autre forme d’épargne : l’acquisition de maisons par les ouvriers et même en 1899, le nombre des déposants et le montant de leurs dépôts dépassent très sensiblement les chiffres de 1892. D’ailleurs, depuis 1899, les courbes ont recommencé à croître régulièrement et dépassé en 1902 leurs maximas précédents.
- 3° Alcoolisme.
- La disparition de la cause a entraîné la disparition de l’effet et le fléau a cessé d’exercer ses terribles ravages.
- 4° Prix de revient.
- Le bilan delà réforme nous a montré jusqu’ici les avantages incontestables qu’elle a eus pour le personnel de l’usine et aussi pour l’entreprise. Mais nous n’avons guère pu nous rendre compte de ces derniers que d’une manière indirecte, en constatant qu’il y a eu accroissement de production. Nous allons chercher maintenant à les évaluer par l’étude des variations du prix de revient.
- Les éléments du prix de revient peuvent se diviser en deux groupes : les frais fixes et les frais variables.
- Les frais fixes, indépendants des quantités produites, comprennent les dépenses de combustible, fournitures du magasin, frais de surveillance, amortissement des installations, quote-part des frais généraux, frais d'entretien et de réparation des appareils pour la partie proportionnelle au temps pendant lequel ils sont en service, caries appareils se détériorent non seulement proportionnellement à la production, mais aussi quelle que soit l’importance de la production, eu égard au temps pendant lequel ils sont demeurés en activité.
- Les frais variables sont, eux, essentiellement proportionnels à la production ; aux établissements d’Engis, ils comprennent les frais de broyage, de npain-d' œuvre de grillage, de main-d’œuvre de manutention et de transport des produits.
- Gomment l’accroissement de la production se répercutera-t-il sur le prix de revient ?
- Désignons par P une certaine production nécessitant une dépense V de frais variables ; si la production devient 2 P; 3 P;... nP, les frais variables seront respecti-
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- vement 2 V ; 3V... nP, mais le rapport des frais variables à la production sera constant. Soit C, ce rapport ; on a évidemment
- V _ 2_V _ nV G — p — 2 P ......nP'
- soit P la production en tonnes par four et par poste, dans le régime des douze heures. Pour les vingt-quatre heures, la production était 2 P.
- Avec la journée de huit heures, la production totale est 3 P, puisque chacun des trois postes continue à produire P.
- L’augmentation de production par rapport au régime des douze heures est de (3P — 2P) soit P, ou 50 p. 100.
- Dans le régime de la journée de douze heures, les dépenses, par vingt-quatre heures, s’élevaient par tonne à (1)
- 2 V + F _ V - F F
- 2 P — P + 2P~L + 2P
- Dans le régime actuel, où la production par vingt-quatre heures est 3 P
- (i) .
- il vient
- 3V + F_V F_ F' 3 P p + 3 p b + 3 p
- (2)
- L’économie de prix de revient à la tonne est la différence entre (1) et (2) ou de
- c +
- F / F y *F F 1 F 2 P (C+3P/— 2 P 3 P — 3 X 2 P — 33,33 100 2 p
- Cette équation peut se traduire en langage ordinaire en disant que l’augmentation de production de moitié entraîne une diminution de 33,33 p. 100 des frais fixes antérieurement et afférents à la tonne de minerai grillé.
- M. Fromont, appliquant cette formule générale à des cas particuliers, établit les résultats suivants :
- C
- Prix de revient nouveau
- Production Production en
- Frais fixes. ancienne. nouvelle. p. 100 du prix ancien.
- F = 3 V 2 V 3 V 80
- F = 2 V 2 V 3 V 33,33 p. 100
- F = 6 V 2 V 3 V 75
- L’ensemble des résultats que nous avons exposés est très catégorique. Sa représentation graphique montre d’une façon saisissante combien l’expérience est démonstrative. Nous les résumons pour la commodité du lecteur dans le tableau suivant :
- Éléments de comparaison. Journée de 12 heures. Journée de 8 heures.
- Prix de revient par tonne P 0,80 P
- Production par poste. ; j Journée simple. ( Journée double. P 1,25 P 7Z
- P 1,35 P
- Production horaire. . ( Journée simple. ( Journée double. 12 7Z 1,35 12
- 24 24
- (1) F représentant les frais fixes.
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- Éléments de comparaison.
- I Journée simple, balaire quotidien. . • j Journée double.
- Salaire horaire . .
- Repos...........
- Caisse de secours. Caisse d'épargne.
- ( Journée simple. \ Journée double.
- Journée de 12 heures, s S
- S
- 12
- _S
- 1?
- Journée de 8 heures. S
- 1,25 S
- 1,33 s
- 12
- 1,6875 S
- 12
- R 1,36 R
- Déficit croissant. Solde bénéficiaire croissant.
- 0 Dépôts croissants, taux d’ac-
- croissement en 1904 par rapport à 1892, 72 p. 100.
- L’expérience de M. Fromont incita à réduire la durée du travail à huit heures dans d’autres services des établissements d’Engis et aussi dans les établissements G. Dumont frères à Selaigneaux. Dans l’un et l’autre cas les résultats ont été satisfaisants, mais les données exactes manquent pour cette dernière tentative.
- Telle est cette expérience industrielle de réduction de la journée à huit heures.
- Peut-on affirmer, en présence de ses résultats concluants, que désormais la preuve -est faite de l’applicabilité de la journée'de huit heures dans tous les cas?
- En aucune façon, et M. Fromont le dit très nettement, avec une entière bonne foi : « Dans l’exemple qui vient d’être exposé, la quaüté des produits et la productivité du travail dépendent pour une grande part de l’ouvrier (1). »
- Et, par là, il marque la distinction de toute première importance, que nous avons d’ailleurs établie dès le début de cette étude, entre les industries dans lesquelles la production est intimement bée au fonctionnement des machines, et réglée par elles, et les industries où, au contraire, la production dépend de la productivité individuelle et de l’énergie physique déployée.
- Pour celles-là, la réduction de la durée du travail sera sans effet sur la production dans le seul cas où il sera possible, soit par une modification de l’outillage, soit par un accroissement de la vitesse de marche des machines existantes, d’augmenter le débit horaire dans la proportion de la réduction due à la diminution de la durée du travail.
- Quant à son influence sur le prix de revient, elle ne sera nulle que si les économies réalisées sur le combustible, l’éclairage, le chauffage, les frais de réparation, la meilleure utilisation du travail compensent les accroissements de dépenses, ou encore si l'effort physique ou intellectuel exigé par l'outillage nouveau est tel que l'ouvrier ne puisse pas fournir avec cet outillagei la même durée de travail qu'avec l'ancien. Pour le surplus, c’est se leurrer que considérer que la production accrue par une plus grande vitesse de marche des machines signifie diminution de prix de revient ; car, s’il a été possible d’obtenir cette plus grande production avec un outillage qui donne en huit .heures le même rendement qu’en dix, cette plus grande rapidité de marche aurait, en dix heures, permis une production supérieure d’où une économie dans le prix de revient qui se serait manifestée avec l’ancienne journée comme avec la nouvelle.
- Pour celles des industries de la deuxième catégorie, au contraire, l’expérience de M. Fromont est tout à fait démonstrative et concluante. Comme il le dit lui-même en
- (1) Notes, etc., p. 98 et 99.
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- manière de conclusion : « Les résultats et les conséquences de nos essais, l’importance-appréciable de leur durée, donnent à l’expérience tentée le caractère indéniable d’une puissante démonstration (1). »
- Non seulement elle montre que, dans ces cas, il est possible d’obtenir en une moindre durée le même rendement qu’avec les longues journées d’autrefois, mais aussi que, par une meilleure organisation du travail, on obtient une utilisation meilleure de l’outillage et que le prix de revient se trouve très sensiblement abaissé.
- Cette expérience nous a paru devoir être longuement signalée parce qu’elle présente une importance toute particulière pour notre pays. Et en effet, elle a été tentée par un industriel préoccupé d’obtenir le meilleur rendement économique, par une société anonyme, c’est-à-dire par une collectivité, cherchant dans cette entreprise dn placement rémunérateur pour les capitaux qu’elle y avait engagés. Et par là nous, avons une précieuse réponse à fournir à ceux des chefs d’entreprises qui manifestent la crainte que la réduction de la journée de travail conduise à la disparition des bénéfices industriels.
- Mais, de plus, et c’est là un des points à retenir tout particulièrement, cette expérience a été réalisée en Belgique,c’est-à-dire dans le paysoùles conditions de la production sont le plus semblables à celles que nous avons en France, dans un pays même où elle avait de moindres chances de succès, puisque l’absence d’une réglementation légale du travail n’a pas préparé les industriels à envisager cette réduction de la durée de la journée et à étudier les moyens d’y faire face.
- Cette expérience a été réalisée en partant de la journée de douze heures, alors que chez nous, dans certains cas tout au moins, la base serait la journée de dix heures. Et. cela aussi est un fait important, car il ne faut pas oublier que les industriels belges, dans leur généralité, sont encore moins enclins que les industriels français, dans leur généralité également, à entrer spontanément dans la voie de la réduction de la durée du travail, comme le montre l’exemple du textile de Venûers, où le travail de nuit des femmes a été généralisé seulement après que la loi de 1892 l’a eu fait disparaître en France..
- Enfin cette expérience est encore probante parce qu’elle a été faite dans les conditions mêmes d’outillage et de salaires existantes avec la journée de douze heures, et qu’elle n’a par suite entraîné à aucune dépense nouvelle de ce fait.
- Le livre de M. Fromont est précieux encore par la méthode qu’il indique pour l’étude rationnelle des conditions si complexes de ce problème, que l’on pourrait être tenté de dire insoluble, faute d’avoir recherché les éléments nécessaires.
- • En résumé, l’on ne saurait affirmer que la journée de huit heures soit pratiquement réalisable dans tous les cas.
- Mais, dans ceux-là mêmes où elle ne l’est pas, l’expérience anglaise, et en particulier celle de MM. Mather et Platt, montre que l’on peut abréger sensiblement la durée du travail, tout en conservant la même production et le même prix de revient, et que l’augmentation de certains chapitres peut être compensée par les économies réalisées sur d’autres.
- L’expérience Belge, jointe à l’expérience contemporaine (1894) des tissages de Moravie, suffit à montrer qu’il est bien des cas où, en France comme en d’autres pays, la journée de huit heures pourrait être établie, non seulement sans porter préjudice,, mais même avec avantage pour l’industrie.
- (1) Notes, etc., p. 119.
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- ARTS CHIMIQUES
- RAPPORT DÉFINITIF DIS LA COMMISSION POUR l’ÉTUDE COMPARATIVE DU BLANC DE ZINC:
- ET DE LA CÉRUSE (1)
- La Commission des expériences comparatives de peintures au blanc de céruse et de peintures au blanc de zinc s’est réunie 62, rue d’Alleray, le 15 octobre dernier.
- Etaient présents :
- Pour la Société de Médecine publicpie et de Génie sanitaire :
- M. le docteur Louis Martin.
- MM. Montheuil, Livaclie, Porée, Expert-Besançon. .
- MM. Bartaumieux, Vaillant et Ch. Dupuy, architectes.
- Pour la chambre syndicale des entrepreneurs de peinture :
- MM. Manger, Lefèvre, Bigolot.
- Le terme fixé pour la durée de ces expériences, soit cinq années, expirait au* mois d’août dernier.
- Etant fait observer que M. Expert-Besançon a déclaré s’abstenir devant tous-les échantillons, voici les constatations faites par les autres membres de la Commission :
- 1° Sur le mur 'pignon à Vextérieur :
- Les deux échantillons peints à l’huile trois couches, l’un au hlanc de céruse, l’autre au blanc de zinc, se comportent de la même façon, et l’on peut dire qu’ils sont également usés.
- M. Vaillant déclare que, pour lui, ils sont également en mauvais état.
- Pour les deux échantillons faits sur enduits gras, Lun à la céruse, l’autre au blanc de zinc, la Commission est d’avis qu’il n’est pas possible de tirer de conclusion de l’expérience, car on a opéré dans de mauvaises conditions.
- (1) Rapport lu à la séance du 23 octobre 1907 de la Société de médecine publique et de génie sanitaire.
- Voir le détail des expériences dans le Bulletin de la Société d’Encouragement 1902 (2e semestre), p. 690; et le premier rapport annuel, 1903 (2e semestre), p. 661, le 2e rapport annuel 1906 (2e semestre), p. 816, le 3e rapport annuel 1903 (2e semestre), p. 1308 et le 4e rapport, annuel 1906 (2e semestre), p. 990.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- 2° l'intérieur du grenier :
- Les deux échantillons céruse et zinc se comportent également bien.
- 3° Sur les persiennes en fer:
- Les observations des deux années précédentes se confirment en ce que la partie extériéure de la persienne de droite, peinte au blanc de zinc, est plus fatiguée que celle de gauche peinte à la céruse, observation étant faite que la face extérieure de la persienne de droite au zinc reste plus longtemps exposée à l’air que celle de gauche peinte à la céruse.
- 4° Panneaux en tôle en soubassement de la grande porte :
- Les panneaux de gauche, peints au minium et à la céruse, et le panneau du milieu, peint au gris de zinc et au .blanc de zinc, se comportent bien tous les •deux, mais la conservation paraît meilleure pour la céruse.
- Le panneau de droite peint au blanc de zinc, trois couches, laisse percer la rouille d’une façon bien apparente.
- 5° Sur les portes en bois :
- Les deux échantillons, celui de gauche à la céruse et celui de droite au blanc •de zinc, sont actuellement comparables comme tenue et comme aspect.
- Pour la Commission :
- Le rapporteur,
- H. Rigolot.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — La synthèse chimique appliquée à la biologie. — Actions chimiques de l’émanatioir du radium.
- Produits minéraux. — Fabrication du phosphore. — Fabrication électrolytique des alcalis et desdécolorants. — Dosage des chaux. — Saphirs et corindons.
- Métaux et métallurgie. — L’électrométallurgie depuis vingt ans. — Le calcium et son action sur les chlorures. — L’industrie actuelle de l’aluminium. — La production de l’étain. — Utilisation des bains de décapage.
- Combustibles. — Les fours à coke modernes.
- Hydrocarbures, etc. — Sur la' térébenthine de Finlande. — Accidents dus au gaz des moteurs à • essence. — Épuration des eaux résiduaires des raffineries d’huiles minérales. — Le tétrachlorure de carbone comme dissolvant.
- Hydrates de carbone. — La tourbe d’Irlande. — Propriétés colloïdales de l’amidon.
- Alcools, acides, etc. — Vinaigre de vin et vinaigre industriel. — Sur les corps gras.
- Composés albuminoïdes. — Sur la coagulation des albumines. — Combinaisons de la caséine avec les-acides.
- Explosifs. — La poudre B.
- Chimie agricole. — Emploi des feldspaths. — Engrais toxiques.
- Chimie médicale. — Le développement des médicaments. — Recherche des colorants dans les vins.
- Chimie alimentaire. — Pain au maïs. — Pain sucré.
- LA SYNTHÈSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA BIOLOGIE
- Dans une conférence faite le 18 octobre à la Société chimique de Londres, M. Emile-Fischer (Proceedings, n° 330, p. 220 ; Transactions, p. 1749) a développé l’heureuse influence que peut avoir l’application des méthodes chimiques en biologie.
- Dans la nature, la formation des matières organiques commence, dans [les feuilles des plantes, par la conversion de l’acide carbonique en sucre, à partir duquel on suppose que toutes les matières organiques de la cellule vivante sont formées après réactions où l’azote, le phosphore et le soufre prennent part.
- Ces transformations, pour la plupart, sont enveloppées de mystère. Nous ne connaissons même rien de définitif sur l’assimilation de l’anhydride carbonique. La théorie de Bayer, dans laquelle la formaldéhyde est le premier produit formé, donnant ensuite le glucose par polymérisation, est le plus généralement admise. Les deux réactions-ont d’ailleurs été reproduites artificiellement par Butleroff et O. Lœw. De sorte que, maintenant, il est possible d’effectuer la synthèse totale du glucose, à des températures sensiblement voisines de celles qui président à son élaboration dans les plantes. Mais combien faibles sont nos rendements de laboratoire en comparaison de’ ceux obtenus par les plantes !
- Au sujet de la formation de la fonction asymétrique, il suffit de supposer que la
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- NOTES DE CHIMIE. - NOVEMBRE 1907.
- condensation est précédée d’une combinaison d’addition, de la formaldéhyde avec un constituant optiquement actif des granules chlorophylliennes. M. E. Fischer croit que c’est l’anhydride carbonique lui-même qui se combine de cette manière, car d’après -Siegfried, les simples amino acides sont capables de fixer l’anhydride carbonique. Cette combinaison avec l’acide carbonique se décompose ensuite en oxygène et en un produit de réduction, voisin lui-même de l’aldéhyde formique.
- D’après les recherches de Marckwald et plus particulièrement de Mackensie, nous connaissons toute une série de synthèses asymétriques, mais pas une d’entre elles •n’est aussi complète que celle qui résulte de la formation du sucre dans la nature.
- Même si nous arrivions à réproduire in vitro le processus naturel de formation du sucre, la nature précise de l’assimilation ne serait pas élucidée. Cela ne sera possible •que lorsque les recherches biologiques, aidées par des méthodes analytiques appropriées, pourront suivre les différentes réactions qui prennent naissance dans les grains de la chlorophylle.
- Les hydrates de carbone, élaborés par la plante, subissent dans le corps de l’animal une combustion en anhydride carbonique et eau. Cette réaction peut être facilement reproduite à la température ordinaire au moyen d’agents oxydants puissants ; cepen-dant le processus naturel doit être bien différent, car dans l’organisme, l’oxygène est fourni aux hydrates de carbone par des oxydases, et sans nul doute il se forme plusieurs produits intermédiaires, dont nous ne connaissons presque rien.
- On pourrait multiplier ces exemples. Mais ces deux derniers suffisent pour montrer l’insuffisance des données de la chimie organique à expliquer les phénomènes biologiques.
- Pour arriver au résultat, il faudrait posséder une parfaite connaissance de toutes les combinaisons organiques susceptibles de se produire dans le cycle de la nature, et posséder des méthodes analytiques précises pour mettre ces composés en évidence dans l’organisme. La constitution chimique de centaines de composés du carbone qui •existent dans la nature est déjà bien connue, ainsi que les principales propriétés de •ces corps ; mais il reste encore beaucoup à faire. A l’appui de ceci, jetons un coup d’œil •sur les trois grandes classes de corps qui prédominent dans la nature : les corps gras, les hydrates de carbone et les matières protéiques.
- Chevreul, au début de siècle dernier, dans ses remarquables travaux sur la saponification, établit que les corps gras se dédoublent en glycérine (découverte par Scheele) et acides gras ; mais la relation de ces derniers entre eux ne fut comprise que lors de l’introduction en chimie organique des séries homologues. Les recherches classiques de Berthelot et la découverte du glycol par Wurtz furent nécessairement préliminaires à l’établissement de la constitution de la glycérine ; la preuve finale que les ;graisses sont les sels neutres glycériques des acides gras ne fut établie qu’après la synthèse de Berthelot.
- Le groupe des corps gras est un de ceux qui possèdent le plus de lacunes et dans lequel de nombreuses erreurs ont été successivement corrigées. Les acides gras de poids moléculaires élevés, qui furent longtemps regardés comme des entités, l’acide margarique par exemple, furent ensuite dédoublés ; d’autres, comme l’acide cérotique de la cire d’abeilles, reçurent de nouvelles formules. Mais au point de vue physiolo-gique'il reste beaucoup à faire; le simple processus de l’absorption des graisses par le tube digestif n’est pas encore définitivement résolu. Bien que la présence d’enzymes ‘ •capables de scinder les graisses ait été découverte dans l’estomac et le pancréas, les
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- ACTIONS CHIMIQUES DE l’ÉMANATION DU RADIUM.
- opinions sont toujours divisées sur le fait de savoir si l’absorption se fait sous forme de fine émulsion, ou si la graisse subit d’abord une hydrolyse.
- Nous connaissons encore moins la manière dont se fait la combustion des graisses dans le corps des animaux. Cette combustion ne se produit artificiellement qu’à une température relativement plus élevée. Quant au mode de formation des corps gras par les plantes et les animaux, il est à peu près complètement inconnu.
- Le problème offert par les corps gras est relativement simple en raison de celui posé par les hydrates de carbone. Les synthèses de polysaccharides sont encore très peu nombreuses.
- Le groupe des hydrates de carbone est celui qui a vu le premier l’emploi des enzymes comme agents synthétiques. Dans cette voie, on doit à Crof Ilill d’avoir démontré la réversibilité de l’action des enzymes.
- Quant aux matières protéiques, leur complication est considérable; elles jouent un rôle dans l’activité vitale de la cellule, et la connaissance parfaite de leur nature devra précéder le développement de la chimie biologique.
- De toutes les méthodes tentées pour atteindre la constitution chimique des protéines, seule, l’hydrolyse par les acides, les alcalis ou les enzymes a donné des résultats importants.
- Tous les amino-acides ainsi obtenus, sauf la glycine, sont optiquement actifs; tandis que les mêmes composés obtenus parles méthodes synthétiques ordinaires sont toujours sous la forme racémique. La transformation du racémique en composé actif a été obtenue tout récemment dans plusieurs cas. L’asparagine, dérivée de l’acide aspartique, a été scindée en composés actifs, par simple recristallisation dans l’eau du produit synthétique inactif, et séparation mécanique des deux constituants. La synthèse complète des amino-acides actifs a été obtenue par Fischer; elle repose sur l’usage des dérivés alcyles.
- Non seulement les matières protéiques constituent la majeure partie du protoplasma vivant, mais c’est avec elles que l’organisme prépare ses agents les plus inté^ restants : les ferments ou enzymes, qui doivent prendre part à toutes les réactions de la matière vivante.
- Le nombre des enzymes s’est accru extraordinairement dans ces dernières années ; leur structure doit se rapprocher de celle des matières protéiques, et la connaissance approfondie de ces dernières sera d’une grande utilité pour faire l’étude des enzymes.
- La biologie, par nécessité, est restée longtemps à part; elle doit maintenant se rapprocher de la chimie qui possède des méthodes d’analyses et de synthèse capables de lui rendre les plus grands services.
- ACTIONS CHIMIQUES DE L’ÉMANATION DU RADIUM
- Continuant ses travaux sur l’émanation du radium, Siv William Ramsay, en collaboration avec Alex. Thomas Cameron (Proc, of Chemical Society, p. 217; et Transactions, p. 1593) rappelle que cette émanation donne de l’hélium par repos ou par mélange avec les gaz oxygène ou hydrogène. Si l’émanation est dissoute dans l’eau, le produit gazeux est du néon, avec une trace d’hélium ; et en présence du nitrate de cuivre, le produit est de l’argon. La solution de cuivre, après ce passage, contient une trace de lithium : en même temps, le poids du résidu formé principalement de sels de
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- NOTES DE CHIMIE.
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- sodium a considérablement augmenté. Les expériences ont été faites dans des appareils de verre.
- Sont émises les hypothèses : 1° que l’hélium et les particules a ne sont pas identiques; 2° que l’hélium résulte de la « dégradation » des grandes molécules de l’émanation dans leur bombardement avec les particules a; 3° que cette dégradation, quand l’émanation est seule ou mélangée avec de l’hydrogène ou de l’oxygène, se résout dans le plus bas terme de la série à laquelle l’émanation appartient incontestablement, notamment l’hélium ; -4° que si des particules de plus grande masse que l’hydrogène ou l’oxygène sont associés à l’émanation, telle de l’eau liquide, la dégradation est alors moins complète et il se produit du néon; 5° que lorsque des molécules de poids plus élevé ou de plus grande complexité sont présentes, par exemple dans le cas où l’émanation est dissoute dans un sel de cuivre, le produit delà dégradation est de l’argon. Il est alors probable que le cuivre, dans cette dégradation, est ramené au terme le plus bas de sa série : le lithium ; et les auteurs pensent qu’en même temps du sodium est produit en plus grandes quantités que le lithium. Des expériences analogues, effectuées avec le nitrate de thorium, montrent que l’anhydride carbonique est un des gaz dégagés ; cela peut s’interpréter par la même hypothèse, en supposant le carbone formé par la dégradation du thorium, terme le plus élevé de la série du carbone.
- LA FABRICATION DU PUÔSPDORE
- Nous avons à signaler deux documents concernant la préparation industrielle du phosphore : un article de C. Chabriè dans le deuxième supplément du Dictionnaire de Wurtz, et un article de M. George W. Stose : La production des phosphates et du phosphore en 1906 (United States Geological Survey).
- L’extraction du phosphore s’est faite, jusque'dans ces dernières années, à partir des os et par trois usines seulement : Albright et Wilson à Oldburg-Birmingham, Goignet et fils à Lyon, Morrs Phillips à Philadelphie. Le rendement déplorable ne dépassait pas 8 p. 100. Une quantité de brevets ont été pris à ce sujet. Joudrain (br. fr.) part d’un phosphure métallique. Les docteurs Hibert et A. Frank (br, ail. 1893 et 1896), chauffent dans le four électrique un mélange de charbon et de phosphate naturel, scorie-de déphosphoration ou os. Strehlenert (br. suédois, janvier 1896) électrolyse l’acide phosphorique, de manière à le transformer en acide métaphosphorique ou en un autre-acide phosphorique contenant peu d’eau. Le produit obtenu, mélangé avec du^ charbon, est ensuite décomposé par un fort courant. L. Dill (br. ail. 1897) emploie également un procédé électrolytique. • '
- Gin et Leleux (br. fr. 1897) partent des scories de déphosphoration ou des phosphates naturels qu’ils mélangent avec un quart de coke et soumettent au four électrique. Collardeau (br. fr. 1897) traite au four électrique un mélange de 310 parties de phosphate tricalcique avec MO de coke; il se forme un mélange de phosphure et de carbure de calcium, qui, traité par l’eau, dégage de l’acétylène et du phosphure d’hydrogène. On décompose ce dernier par passage sur une colonne de coke incandescent en phosphore et en hydrogène.
- M. Boblique (br. fr. 1897) électrolyse du phosphure de fer. Le procédé Readmann-Parker consiste à chauffer dans un four électrique un mélange de phosphates naturels, de charbon et d’un fondant convenable (silice par exemple). Ce procédé a fait
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- LA FABRICATION DU PHOSPHORE.
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- l’objetd'une étude de Neumann dans le Zeitschrift für angewandte Chemie en 1905.
- Bradley et Jacob (br. angl. 1898) emploient un four électrique spécial; il en est de même pour J. Hollmann (br. am. 1899). L’Electric Réduction Cy (br. angl. 1898) ajoute au phosphate naturel un minéral comme le feldspath ou une argile contenant de l’alcah. L. Billaudot (br. amér. 1899) condense le phospore en l’absence absolue d’eau.
- M. Frontin (br. fr. 304 164, 1900) fait passer du sulfure de carbone sur du phosphate de chaux chauffé au rouge.
- MM. Kraust et Best (br. fr. 307133, 1901) décomposent le phosphure de fer par le bisulfure de fer.
- La General Chemical Cy (br. amér. 733 316, 1902 et 1903) décompose les substances phosphatées par le courant électrique ; les pliosphures formés, traités par l’eau, donnent des hydrures, qui sont dissociés par la chaleur ou par l’étincelle électrique.
- D’après ili. George W. Stose, le premier minéral qui a servi à la préparation du phosphore fut une roche pliosphatique impure contenant un fluopliosphate de calcium; l’apatite, chloro ou fluopliosphate de calcium a été employé en Europe et au Canada; tout récemment la wavellite (phosphate d’aluminium) est devenue une source de phosphore, un important gisement existe à Mount Holly Springs, Pa.
- Le premier perfectionnement apporté à la vieille méthode classique est celui de Woehler qui proposa de chauffer, soit le phosphate d’os, soit le phosphate naturel avec du sable et du charbon, sans traitement par l’acide sulfurique; le procédé Wing, 1891, suit cette méthode, il est maintenant généralement adopté en Europe et en Amérique.
- Le procédé Readman fut introduit en 1889; il marque l’introduction d’une fusion en présence de silice au four électrique dans la fabrication du phosphore. Il fut modifié par le four Irvine, 1901. Le four Gibbs est du type des fours à résistance.
- Dans le procédé Harding, 1898, la roche pliosphatique pulvérisée est traitée par l’acide sulfurique; l’acide phosphorique ainsi libéré est granulé avec du charbon et chauffé au four électrique dans une atmosphère d’hydrogène.
- Les brevets Parker 1902 et Duncan 1903, reposent également sur l’emploi du four électrique. ;
- La méthode Landis est appliquée à Yorkhaven Pa. par l’American Phosphorus Co de Philadelphie. Le minerai employé est la wavellite; sauf le minerai et le four, ce procédé ressemble au procédé Readman.
- Le phosphore obtenu par ces différents procédés est très impur; il contient du sable, du charbon, de l’argile, etc. Le meilleur mode de purification consiste à traiter le phosphore en pâte par le mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potassium, ou par l’hypobromite de sodium; certaines des impuretés sont alors dissoutes, pendant que les autres montent à la surface à l’état d’écumes.
- La production mondiale du phosphore a été estimée diversement de 1 700 à 3 000 tonnes par an. La plus grande fabrique est celle de Wilson et Albright, d’Angleterre, où est né le procédé Readman; elle exporte, dit-on, 500 tonnes par an.
- Des usines se sont installées successivement à Griesheim et Francfort (Allemagne) et en Russie auprès de Perm.
- Les États-Unis importent annuellement de 30 000 à 40 000 livres de phosphore, lequel paie un droit de 18 cents par livre. Le prix du phosphore sur le marché de New-York, varie, suivant la qualité, de 45 cents à 70 cents la livre.
- Tome 109. — Novembre 1907.
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- NOTES DE CHIMIE. -- NOVEMBRE 1907.
- FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DES ALCALIS ET DES DÉCOLORANTS
- Dans une conférence faite à la Faraday Society, traduite dans le Moniteur scientifique (1907, p. 773), J.B. C. Kershaw a résumé l’état actuel et l’avenir de l’industrie des alcalis et des décolorants électrolytiques.
- Elle fit ses premiers essais à Grieshcim il y a A'ingt ans, av^ec les brevets Watt (dont le premier datait de 1831). En Angleterre les premiers essais furent faits à Snodland, dans le lvent, en 1891-l892,aA~ec des bacs à diaphragmes d’asbeste : le bac Caslner fut breveté en 1893-91.
- En Amérique, la première usine d’alcali électrolytique fut érigée à Rumford Faits, en 1892, utilisant le bac Le Sueur; on y produisait trois tonnes de décolorant par jour. Ce fut seulement en 1897-1898, qu'on construisit, aux chutes du Niagara, les usines Mathieson employant le bac Castner.
- Actuellement on compte les usines suivantes :
- En Angleterre; la Caslner Kellner Alkali Co, fondée en 1898, procédé Castner au mercure, modifié par Kellner; l’Electrolytic Alkali Co, fondée en 1901, diaphragme Hargreaves Bird; l’Electrochemical Co, qui fonctionna à Saint-Helens de 1895 à 1900, fermée depuis 1901.
- En France: la Société industrielle des Produits chimiques, fondée en 1900, à la Molte-Breuil, procédé Elektron ; la Société des soudières électrolytiques, à.Les Cia vaux; la Société la Volta Lyonnaise, à Moutiers; la Société de Fives-Lille, à Bozel ; la Société des produits chimiques à Monthey.
- En Suisse : la Société la Volta Suisse de l’Industrie électrochimique,usines à Chevrés, près Genève, diaphragme Outhenin-Chalandre.
- En Allemagne : la Chemische Fabrik Griesheim Elektron, à Griesheim et à Bitter-feld, procédé Elektron; les Klektrochemische Werke, G. m. b. H., fondée en 1894, à Bitterfeld et à Rheinfelden, procédé Elektron; la Badische Anilin-und Soda-Fabrik, procédé Elektron; les Consolidierte Alkali Works à Westeregeln, procédé Elektron; la Deutsche Solvay Co, fondée en 1896, usine à Ostermenberg, procédé SoUay au mercure.
- En Autriche : l’Oester. Verein fur Chemische Production, fondée en 1899, usine à Aussig, procédé de Bell: le Consortium fur Elektrochem. Industrien, fondée en 1900, usines à Golling et à Jaire, en Bosnie, procédé Kellner au mercure.
- En Russie : Lubinoff, Solvay et Cie, fondée en 1901, à Donetz, procédé Solvay au mercure; Zalekowicki.e Zaklady ElektrochemiczneT.-A. Elektrycznon, fondée en 1899, usine à Zabkowickie : la Gesselschaft Russki Elektron.
- En Italie: la Societa Elettriqua ed Elettrochemica del Caffaro, fondée en 1906; la Societa Elettrochimica Italiana, à Piano d’Orte et à Bussi, procédé Outhenin-Chalandre.
- En Espagne : Sociedad Electro Quimica de Flix, 1900, à Flix-sur-l’Ehe, procédé Elektron; Sociedad Anon Electra del Besaya, 1901, usines à Santander, procédé Outhenin-Chalandre; Fusine d’Abonos, usine à Gijon.
- En Belgique : Solvay et Cie, 1898, à Jemeppe-sur-Sambre, procédé Solvay au mercure.
- Aux États-Unis : Castner Electrolytic Alkali Co, fondée en 1898, à Niagara-Falls, procédé Castnér-Kellner au mercure ; The Pensylvania Sait Co, à Wyandotte, Michigan, procédé au mercure Bell; The Roberts Chemical Co, à Niagara-Falls, diaphragme
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- l’électrométallurgie depuis vingt ans.
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- Robert; The Acker process Go, 1899, à Niagara-Falls, procédé Acker; The Burgess Sulphite Wood pulp Co, 1900, à Berlin-Falls, diaphragme Le Sueur; The Dow Process Co, à Midland, Michigan, diaphragme Dow.
- Au Canada : The American Alkali Co, 1901, à Sault-Sainte-Marie, procédé Rhodin.
- En résumé, on compte actuellement 27 usines en activité, 7 arrêtées, une en construction; deux usines sont fermées. La force motrice totale employée s’élève à 54 700 chevaux: les augmentations projetées s’élèvent à 12 700 chevaux.
- En admettant que toutes les installations aient un bon fonctionnement, la production de soude caustique à 70 p. 100 serait de 110 000 tonnes environ par an, avec 231000 tonnes de décolorants à 35 p. 100.
- Il y a eu un recul dans la production depuis 1899. En France, la cause est due aux procédés défectueux et à la concurrence des usines conservant le procédé Le Blanc, Ces usines se défendent mieux qu’on ne l’aurait cru il y a dix ans, et il est probable qu’elles subsisteront encore longtemps. Dans l’opinion de l’auteur, les trois procédés Le Blanc, électrolytique, et à l’ammoniaque, subsisteront côte à côte dans l’avenir.
- DOSAGE DES CHAUX
- /¥. Th. Bieler-Chatelan (Archives des Sciences physiques et naturelles, 1907, p.418) base le dosage rapide de la chaux dans les chaux du commerce, sur l’emploi d’une solution à 10 p. 100 de chlorure d’ammonium, qui dissout la chaux s-ans attaquer la partie non calcaire. L’extraction se fait dans un rnatras jaugé, sur le bain-marie.
- SAPHIRS ET CORINDONS
- L’alumine anhydre pure se présente dans la nature généralement en cristaux incolores, les corindons, limpides ou colorés, soit en rouge feu : les rubis orientaux, soit en bleu : les saphirs, soit en jaune : les topazes, soit en noir : les émeris. Ces colorations sont dues à des traces de sels de fer, de manganèse, de chrome, de titane, etc. M. F. Bordas a trouvé que les émanations du radium ont pour effet de faire passer les couleurs successivement du rouge au violet, puis au bleu, au vert, enfin au jaune ; le saphir bleu dévient une topaze jaune, si on le soumet à l’action d’un bromure de radium d’une radioactivité de 1 800 000 (Comptes Rendus, 1907, n, p. 710); il en est de même sous l’action des rayons Rôntgen (C. R., p. 874), sir W. Crookes a fait autrefois des expériences dans un sens analogue, ainsi que M. Berthelot.'
- l’électrométallurgie depuis vingt ans
- Après avoir parlé précédemment de la production électrométallurgique de l’aluminium, du carbure de calcium, du calcium, du carborendum, du cuivre, du graphitu, J/. J. B. C. Kershaio (The Engeneering Magazine, 1907, nos d’oct. et nov.) termine son intéressante revue par des considérations sur les alliages de fer, sur le fer et l’acier, le plomb, le nickel, le siloxicon, le sodium, l’étain et le zinc. En voici quelques extraits.
- En 1886, il n’existait guère qu’une seule industrie électrométallurgique; leraffinage électrolytique du cuivre; aujourd’hui, plus de la moitié du cuivre a subi ce traitement.
- La préparation de l’aluminium qui a débuté en 1888 en France et aux Etats-Unis (procédés Héroult et Halle) a passé de 3 tonnes en 1885, au prix de 132 francs le kilo,
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- et 40 tonnes en 1888 au prix de 55 francs, à 15 000 tonnes en 1906 au prix de 4 fr. 60 (en augmentation sur celui de 35 fr. 50-35 fr. 40 de 1898 à 1905).
- Le raffinage électrolytique des métaux précieux se développe ; les procédés Moebius pour l’argent, Wohlwill pour l’or, sont suivis dans plusieurs Monnaies aux États-Unis, et dans quelques usines européennes.
- La préparation des alliages de fer avec le silicium, le chrome, le tungstène et le vanadium se développe surtout en France et en Suisse. Les ferro-silicium et ferro-chrome sont produits principalement, en France, par MM. Relier, Leleux et Cie, à Livet et Kerrousse, tandis que la Société Ëlectrométallurgique Française concède à ces manufactures une partie de l’énergie de ses usines de La Praz et Saint-Michel. La plus forte usine est celle delà Société Electrométallurgique Girod qui utilise 18 000 chevaux et produirait 9 000 tonnes par an.
- En Allemagne MM. Goldsmidt et Cie, et MM. Krupp, utilisent l’aluminothermie pour produire des alliages de fer exempts de carbone. En Amérique, la Willson Cy avec ses deux usines de Kanawha Falls et Holcombs Rock Va., produit environ ' 3 000 tonnes de ferrochrome.
- La fabrication du ferro-titane est à l’étude à Niagara Falls, par Rossi; celle du ferro-vanadium est expérimentée à Newmire, Colorado, par la Vanadium Alloys Co of New-York.
- L’affinage de l’acier par les procédés Heroult et Kjellin donne maintenant de bons résultats; il est en usage dans plusieurs usines d’Europe et d’Amérique ; le procédé Héroult à La Praz et Froges, à Kortfors (Norvège), à Remscheid (Allemagne) et à Syracuse (New-York) ; le procédé Kjellin à Gysinge (Suède), à Gurtmellan (Suisse), aux forges Krupp (Essen), à Vicers (Angleterre), à Araya (Espagne).
- La production électrique du fer et de l’acier, à partir du minerai, n’est pas encore sortie de sa période d’essais. On l’étudie à Stassano (Italie), en France et au Canada.
- La production directe de la fonte, à partir du minerai, s’effectue avec un certain succès à Livet (France) dans un four Relier.
- Le raffinage électrique du plomb tend à s’introduire en Amérique et en Angleterre. Le procédé Belts, dans lequel le plomb brut est utilisé comme anode dans un bain de fluosilicate de plomb est en exploitation à Trail (Colombie anglaise) et à Newcastle.
- La fabrication du ferronickel dans le four électrique, à partir du minerai, aété’obtenue* récemment à Sault-Sainte-Marie (Canada). L’extraction électrolytique du nickel par le procédé Hœpfner* est actuellement exploitée par l’Allgemeine Elektrometallurgische Gesellscliaft of Papenbourg (Allemagne). Le procédé consiste à électrolyser une solution de chlorures de cuivre, de calcium et de nickel, obtenue par traitement du résidu du grillage des minerais de nickel par une solution de chlorures de cuivre et de calcium.
- Le nickel obtenu par la compagnie américaine Orford Copper, dans l’électrolyse du chlorure de nickel, titre 99,5 p. 100.
- Le siloxicon est un produit très réfractaire, obtenu par la combinaison du carbone et du Silicon au four électrique, à une température un peu inférieure à celle qui donne le carborundum. Ce produit découvert par Acheson aux Niagara Falls, est employé par une compagnie américaine pour la fabrication d’objets réfractaires : briques, creusets, moufles.
- Le Silicon est un métal préparé par F. J. Tone, par la combinaison du sable et du carbone, dans un four à résistance, Il peut être utilisé comme réducteur dans la métallurgie du fer et de l’acier.
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- I
- LE CALCIUM ET SON ACTION SUR LES CHLORURES. 1271
- L’ancien procédé chimique d’extraction du sodium est maintenant complètement supplanté par le procédé électrique, en particulier celui de Gastner, qui électrolyse la potasse fondue. Dans le procédé Ashcroft, l’hydrate de sodium est remplacé par le chlorure. Le procédé Castner a fait déjà baisser le sodium des deux tiers de sa valeur, et le fera baisser encore. Le sodium ainsi produit sert surtout à la préparation du cyanure et du peroxyde, ce dernier appelé aussi « oxone ».
- Le raffinage électrique de l’étain et son extraction n’ont fait que peu de progrès dans l’industrie; au contraire, la récupération de l’étain des déchets de fer-blanc est devenue une branche importante de l’électrochimie.
- La galvanisation électrique du fer se fait maintenant sur une grande échelle ; l’électrolyte employé est une solution de sulfate de zinc.
- LE CALCIUM ET SON ACTION SUR LES CHLORURES
- On sait que ce métal est aujourd’hui obtenu industriellement et à bas prix aux usines de Bitterfeld en Allemagne par le procédé Ralhenau. Ce procédé consiste à électrolyser un mélange de chlorure et de fluorure fondant au-dessous des points de fusion de chacun des deux composants.
- Par un artifice, qui permet une fabrication continue, on emploie une cathode de fer mobile que l’on soulève progressivement au fur et à mesure du dépôt; de cette façon, le calcium, à peiné déposé, est isolé du bain fondu. Le calcium vendu par les usines de Bitterfeld se présente en cylindres irréguliers, de 2 à 3 centimètres de diamètre, recouvert d’une couche de chlorure et de fluorure de calcium.
- La fusion de l’électrolyte est obtenue par chauffage électrique au moyen d’une résistance, constituée par du charbon de cornue concassé en petits grains L’électrolyte est formé de 100 parties de chlorure de calcium et de 17 parties de fluorure de calcium. Ce mélange fond à 660°. Il a l’inconvénient d'absorber l’humidité. Il s’ensuit une décomposition du chlorure de calcium avec formation de chaux et d’acide chlorhydrique; d’où il résulte une élévation du point de fusion. Comme il importe que celui-ci reôte toujours au-dessous du point de fusion du calcium (780°), on emploie un mélange convenable de fluorures ayant un point de fusion assez bas.
- La caractéristique du calcium réside dans son activité chimique ; il s’unit avec incandescence à l’oxygène, l’hydrogène et l’azote.
- il/. Hackspill a, dans une thèse récente, étudié son action sur les chlorures métalliques. Nous empruntons ce résumé à la Revue Scientifique, p. 593.
- Tous les chlorures sont réduits. Avec le chlorure de lithium, à 900°, on obtient un alliage contenant jusqu’à 34 p. 100 de lithium. Moissan avait montré que les chlorures de potassium et de sodium étaient réduits par le calcium cristallisé, qu’il avait réussi à préparer. En opérant dans le vide, Hackspill a pu obtenir les métaux alcalins dont la volatilité permet la séparation. Ces faits sont intéressants parce que le sodium déplace le calcium des combinaisons halogénées, en particulier l’iodure. Il y a là des phénomènes d’équilibre. La volatilité des métaux alcalins assure la réaction complète.
- La réduction des chlorures de rubidium et de cæsium par le calcium a permis à M. Hackspill de donner une méthode de préparation de ces métaux alcalins plus commode que celle qui est ordinairement employée et qui consiste à réduire les hydrates par le magnésium. - . .
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- 1272 NOTES DE CHIMIE. — NOVEMBRE 1907.
- sur l’industrie de l’aluminium
- L’aluminium a baissé en octobre 1907 de 375 francs à 250 francs le quintal. La production mondiale est d’environ 22 000 tonnes ; elle s’accroît rapidement. En France, les sociétés de Froges et de Péchiney continuent leur développement à Froges, à Largentière, à Saint-Jean-de-Maurienne, à Gardannes, à Salindres, à Prémont. Des usines s’installent à Chedde, à Auzat et à Arreau (Pyrénées). Dans l’Europe centrale, l’Aluminium-Industrie A. G. possède des usines à Neuhausen (Suisse), Rheinfelden (Allemagne), Lend (Autriche),àChippis (Valais). En Angleterre,la.British aluminiumCy construit à Loch Leven en Écosse, et à Strangfjord, en Norvège, se sont fondées l’Anglo-norvegian Aluminium Gy et l’Aluminium Corporation. Aux États-Unis, l’Aluminium Cy of America développe ses usines de Niagara Falls.
- Voir sur l’état actuel de cette industrie une étude de M. R. Pitaval, dans le n° du ; 16 novembre du Génie civil.
- PRODUCTION DE l’ÉTAIN
- La valeur croissante de l’étain, et les ressources relativement faibles en minerais d’étain, font naître des appréhensions, dit M. A. Selwyn-Brown (The Engineering Magazine, 1907, p. 325). Les mines d’étain en activité sont en petit nombre, et leur avenir est incertain. Les alluvions des Iles malaises arrivent à épuisement ; il en est de même pour Banka et Billiton. La Bolivie augmente sa production; et, pendant quelques années au moins, elle fournira un.stock important. Finalement les consommateurs d’étain dépendront pour une large part de l’Australie et de la Tasmanie. L’Afrique peut devenir un pays producteur d’étain important, de même que quelques districts montagneux du Sud-Est de l’Asie.
- Les gisements d’étain d’Australie sont cependant suffisants pour répondre à la consommation mondiale ; leur lent développement n’est dû qu’à la rareté des capitaux. Les demandes d’étain devenant de plus en plus nombreuses, un remède satisfaisant serait l’introduction des capitaux européens dans l’exploitation des mines d’étain..
- UTILISATION DES BAINS DE DÉCAPAGE
- Pour utiliser les vieux bains de décapage, on commencera par restreindre leur acidité en y faisant dissoudre de la vieille ferraille. On extrait aisément le sulfate ferreux par cristallisation, si le décapage a.eu lieu à l’acide sulfurique, car le sulfate ferreux est peu soluble ; mais si le décapage a eu beu à l’acide chlorhydrique, comme le chlorure ferreux est très soluble, on peut appliquer le procédé Wülfing qui consiste à traiter par de l’ammoniaque, puis par un courant d’air chaud. On obtient du sel ammoniac, et un précipité très fin d’oxyde de fer magnétique Fe3 O4, de couleur gris bleu, qui est un excellent pigment pour peintures à l’huile.
- LES FOURS A COKE MODERNES
- Conférence de M. J. G. Bousquet à l’Institut chimique de Nancy, le 20 février 1907. (Voirie Bulletin de la Société industrielle de l’Est.) Coup d’œil sur le développement de cette industrie. Choix du type à constituer. Desiderata à remplir. Étude des divers systèmes, et en particulier du système Koppers. .
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- LA PURIFICATION DES EAUX RÉSIDUAIRES.
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- SUR LA TÉRÉBENTHINE DE FINLANDE
- M. Ossîan (Zeitschr. für angewandte Chemie,1907,p. ISM), après une étude approfondie de la térébenthine de Finlande (Kienôles), en a isolé les substances ou classes de composés suivants :
- 1. Aldéhyde simple; 2. Furane : furane, sylvane, diméthyl furane ; 3. Garbures ben-zéniques, benzine, toluène, m-xylène; 4. a-dicétones de la série aliphatique : diacétyl, acétylpropionyl; 3. Éthers méthyliques d’acides gras : isobutyrate de méthyle ; 6.Fur-furol: en petites quantités dans la fraction 140°-160° ; 7. D’après la réaction du permanganate on peut conclure à l’existence de quantités relativement grandes de composés non saturés; hydrocarbures, dont la nature n’a pas été déterminée; 8. La présence de quinone alkylée est probable.
- La question de débarrasser la Kienôls de ses produits odorants, qui restreignent son emploi, et diminuent sa valeur, laisse hors de cause les carbures aromatiques et les éthers d’acide saturés, de même ie furane et ses homologues, qui possèdent une odeur faiblement éthérée. Pour éliminer les autres corps, notamment le diacétyl et ses homologues, on fera le raffinage avec : 1° acide sulfurique ; 2° solution de bisulfite de soude ou acide sulfureux et lessive de soude caustique. De ces réactifs, on peut supprimer la solution sulfitique ou l’acide sulfureux, dont le but est d’enlever la quinone et les aldéhydes, car le plus souvent, pendant le traitement à l’acide sulfurique, il se produit un dégagement d’acide sulfureux.
- En ce qui concerne l’acide sulfurique, comme il n’agit pas sur les terpènes, on peut l’employer assez concentré. L’emploi final de soude caustique assure la neutralisation de l’huile et sert à la condensation du diacéthyl et de ses homologues. T. Hirn a basé, sur l’emploi de la soude caustique et de l’acide sulfurique, un procédé d’épuration de la térébenthine de Finlande.
- ACCIDENTS DUS AUX GAZ DES MOTEURS A ESSENCE
- L’oxyde de carbone a à son passif un grand nombre d’empoisonnements : lorsqu’on se sert de fourneaux à charbon de bois ; qu’on néglige le tirage des poêles à houille ; qu’on utilise des poêles dits à combustion lente ; qu’on se chauffe à l’aide de chaufferettes à braise ou à briquettes, soit à la maison, soit eh voiture; lorsqu’on éteint du charbon avec de l’eau. Il faut lui attribuer aussi les accidents qui se sont produits sous l’influence des gaz d’échappement des moteurs à pétrole et à essence. Des accidents fort graves ont été occasionnés par cette cause. MM. B. Hopkinsnn et L. G. E. Morse (Université de Cambridge) ont fait des recherches sur cette production d’oxyde de carbone (Britisb Association, 4907). Une conclusion très importante en pratique est qu’en réduisant la consommation de l’essence au chiffre le plus bas compatible avec la puissance maximum du moteur, on peut éviter totalement la formation d’oxyde de carbone. Si au contraire le carburateur est réglé en vue d’obtenir cette puissance maximum, sans'tenir compte de la consommation de l’essence, les gaz d’échappement renfermeront une proportion élevée d’oxyde de carbone.
- LA PURIFICATION DES EAUX RÉSIDUAIRES DES RAFFINERIES D’HUILES MINÉRALES
- D’après M. Donath (Oesterreichische Chemiker Zeitung, X, 5), le mieux est de mélanger les eaux alcalines et acides provenant de l’épuration chimique aux eaux de
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- NOTES DE CHIMIE. ;— NOVEMBRE 1907.
- réfrigération et de condensation, et on achève la neutralisation avec un lait de chaux ou par passage sur un lit de calcaire poreux. Le dernier mode de procéder serait le meilleur quand on dispose d’un calcaire à bas prix.
- Quand on emploie la chaux il faut éviter d’en mettre un excès qui reprécipiterait ensuite à l’air sous forme de carbonate. - •
- LE TÉTRACHLORURE DE CARBONE COMME DISSOLVANT
- Le tétrachlorure de carbone est un dissolvant excellent ; de plus il est incombustible; à cette supériorité sur la benzine, il joint l’avantage de pouvoir servir dans l’extraction à chaud, qui marche mal avec la benzine de pétrole.
- Par contre, il est d’un prix élevé, et il attaquerait les récipients de fonte. Quant au fer et au cuivre, ils résistent mal.
- Voici d’ailleurs les quantités de tétrachlorure de carbone décomposées par différents métaux : fonte 0,0040; fer forgé 0,0020; cuivre 0,0005; plomb 0,0013; zinc 0,002 ; étain 0,0005; nickel 0,0004.
- . En conséquence, les appareils durables pour l’extraction doivent être construits en tôle de fer revêtue d’une couche de plomb ou d’étain, soudée sur toute sa surface; les appareils en nickel sont trop coûteux. Les valves seront construites à siège inchné en nickel, avec cône de même métal. Les prix de ces appareils sont doubles de celui d’appareils en fer.
- Le tétrachlorure de carbone coûte environ 75 francs les 100 kilogrammes, et la benzine de pétrole 38 francs environ ; mais la graisse d’os obtenue avec le tétrachlorure de carbone, ainsi que la colle, sont d’une qualité bien supérieure. La graisse au tétrachlorure se paye au même prix que la graisse à l’eau. Ces renseignements sont fournis par les fabriques de produits chimiques Griesheim-Elektron (Ghemiker-Zeitung (1907, p. 326).
- VINAIGRE DE VIN ET VINAIGRE INDUSTRIEL
- Il est encore interdit en Russie de vendre des vinaigres à l’acide acétique. Il en résulte que le vinaigre à l’acide acétique est fabriqué clandestinement par de petits commerçants qui emploieût une essence imparfaitement purifiée. Il serait préférable, dit M. E. Schmidt (Zeitschrift für Untersuchung der Nahrungs-und Genussmittel, vol. II, p. 383; trad. in Moniteur scientifique, 1907, p. 779), d’autoriser cette vente. On rendrait possible la fabrication par des firmes sérieuses, et il serait superflu de s’occuper deprocédé propre à distinguer les deux variétés de vinaigre. Il serait beaucoup plus important, pense cet auteur, d’imposer l’emploi de l’eau distillée pour diluer le vinaigre et l’essence de vinaigre, avec mention sur l’étiquette de l’espèce de vinaigre (de vin, d’alcool, d’essence, etc.,) et de la teneur totale en acide acétique.
- L’industrie produit en effet maintenant de l’acide acétique tout à fait exempt d’impureté, et dès lors l’essence de vinaigre de bonne marque est tout à fait pure. Ses solutions ne se distinguent guère du vinaigre de fermentation, comme saveur et odeur; mais elles ont l’avantage de pouvoir se conserver beaucoup mieux, par suite de l’absence de,micro-organismes et de leurs produits de décomposition. L’importance du vinaigre, entant que condiment, dépend surtout de la présence d’acide acétique; sous ce rapport il n’y a aucune différence entre l’acide acétique de fermentation et celui qui provient delà distillation du bois.
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- LA TOURBE D* IRLANDE. 1275
- Il existe de nombreux procédés pour distinguer le vinaigre de bois du vinaigre de fermentation.
- Le procédé Cazeneuve et Coton (1902) consiste à déterminer les combinaisons empyreumatiques, par le permanganate; mais ces produits font maintenant souvent défaut dans les essences de vinaigre. — La méthode microscopique est. basée sur la recherche des bactéries ou levures fréquentes dans le vinaigre, mais qui disparaissent par filtration. — Rothenbach a donné plusieurs procédés qui reposent sur des réactions colorées, ou sur la décoloration au permanganate. — Le procédé W. Kraszewski repose sur une réactions colorée avec la solution iodurée d’iodure de potassium. Sur cette base M. E. Schmidt recommande un procédé qui permettrait de distinguer, non seulement les deux origines du vinaigre, mais même le vinaigre de fermentation dans un mélange des deux.
- SUR LES CORPS GRAS
- Un problème qui paraissait a priori difficilement soluble, celui de l’élévation du point de fusion des corps gras et des mélanges d’hydrocarbures solides, par simple mélange avec un corps, semble avoir été résolu par M. Oscar Liebreich. Pour arriver à ce résultat, on mélange ces corps gras aux dérivés acidyles des amines aromatiques : aniline, toluidine, naphtylamines ; des diamines aromatiques; de leurs dérivés mono-alcoylés. Les anilides, les naphtylanilides, etc. des acides gras, mélangés avec les corps gras, élèvent leur point de fusion. C’est ainsi que l’acide stéarique, dont le point de fusion est52°, voit ce point montera 65°, 77°, 85° et même 165°, si on le mélange respectivement avec un quart de sa paratoluidide, de sa é-naphtlylamide, un dixième de sa phénylènediamide, un quart de sa benzidide. La paraffine, hont le point de fusion est 40u à 42°, monte à 68°, ou 104°, si on la mélange avec un dixième d’anilide stéarique, ou avec un tiers de m-phenylènediamide stéarique. La vaseline, point de fusion 29°, monte à 70°-76°, si on la mélange avec un à deux dixièmes d’anilide stéarique.
- J. Lewkowitsch (Berichte, 1907, p. 4161), en partant de corps gras optiquement actifs, est arrivé à préparer un pétrole également actif.
- LA TOURBE D’IRLANDE
- Dans la première partie de ses rapports sur l'industrie de la tourbe en Irlande; M. Hugh fîyan (in the Economie Proceedings of the Royal Dublin Society, 1907, vol. I, p. 371) commence par énumérer les essais industriels tentés pour utiliser les riches dépôts de tourbes (des essais ont été faits, des commissions officielles instaurées dans plusieurs pays, en Irlande Commission de 1809-1814, Commission de 1903; en Prusse, Commission royale avec société spéciale à Brême; aussi à Munich; en Autriche, section du département de l’Agriculture; en Suède, en Norvège, en Russie), l’origine, la répartition géographique. Puis il passe aux différentes applications de la fibre de la tourbe, comme litière pour les animaux, comme matière première pour la fabrication du papier, comme fibre textile pour la fabrication de tissus, de tapis, de bandes et de ouates, pour sols et parquets; pour isoler de la chaleur ou du froid: pour empaqueter les œufs, conserver les fruits ; pour filtrer les huiles; pour sa conversion en un four rage avec addition de mélasse; pour préparer de l’alcol parla fermentation.
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- NOTES DE CHIMIE.
- NOVEMBRE 1907.
- PROPRIÉTÉS COLLOÏDALES DE L’AMÏDON
- M. E. Fouard (dans les Annales del’Institut Pasteur, 1907, p. 475), d’après une note récente C.R., CXL, p. 1403), de MM. Fernbach et Wolff, a indiqué qu’en soumettant à une température de 90° de l’amidon pur, desséché, ayant préalablement subi l’action très modérée de l’acide chlorhydrique, on obtenait un amidon soluble.
- Les essais suivants ont eu pour but l’étude de cet amidon signalé par les auteurs précédents dans leurs intéressantes recherches.
- D’abord ce produit n’est pas soluble, en réalité, mais prend dans l’eau, vers 70°-80°, avec une fluidité parfaite, l’état colloïdal. Cet amidon colloïdal est donc le premier colloïde organique d’une pureté définie présentant la propriété de réversibilité.
- En résumé, une solution colloïdale d’amidon, contenant une proportion fixée d’ions hydrogène à une température donnée, se trouve dans un état d’équilibre réversible, modifiable dans un sens ou dans l’autre par une variation très faible vers l’acidité ou l’alcalinité.
- SUR LA COAGULATION DES ALBUMINES
- Dans une note de MM. Georges Dreyer et Olav Haussen (C. R. 1907, p.235) présentée à l’Académie des Sciences par M. Lippmann sur la coagulation des albumines par l’action de la lumière ultra-violette et du radium, voici les résultats de leurs recherches :
- « l°Tant l’albumine de sérum que l’albumine d’œuf se coagulent sous l’action d’un éclairage intense et prolongé ; l’effet se produit le plus facilement dans une solution acide, mais il a lieu aussi, quoique à un degré bien moindre, dans une solution neutre ou alcaline. La globuline se coagule beaucoup plus facilement que les deux autres.
- 3U Pour le sérum de cheval, qui a une couleur jaune paille prononcée, il ne se coagule que faiblement; tandis qu’en opérant l’éclairage après avoir ajouté l’acide acétique jusqu’à la réaction acide faible, on obtient une coagulation plus prononcée.
- 4° La syntonine ne se coagule ni en solution acide ni en solution alcaline.
- 5° Une solution de caséine claire ne se coagule pas non plus et subit le môme changement de teinte.
- 6° De tous les corps que nous avons examinés, c’est la vitelli ne qui coagule le plus facilement.
- 8° La preuve qu’à l’éclairage il s’agit d’une véritable coagulation, non pas d’une simple précipitation, c’est que les substances précipitées donnent les réactions ordinaires des albumines) étant insolubles dans des solutions salines fortes ou faibles ainsi que dans des solutions étendues acides et alcalines.
- C’est, avant tout, aux rayons ultra-violets et retenus parle verre qu’est due la coagulation produite par la lumière.
- 11° L’albumine le plus coagulable à la lumière, la vitelline, se coagule aussi à l’éclairement du radium. Nous n’avons rien trouvé de semblable pour la globuline, le fibrinogène. »
- COMBINAISON DE LA CASÉINE AVEC CERTAINS ACIDES
- Le caractère basique de la caséine vis-à-vis de certains acides est aussi marqué que son caractère basique vis-à-vis des alcaüs. Il résulte des expériences de M. J. H. Long (J. of the Amer. Chem. Soc., de l’Université de Chicago, 1907, p. 1334) que 1 gramme
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- LA POUDRE B.
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- de caséine sèche se combine à la température ordinaire avec environ 7 centimètres cubes d’acide N/10 chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, sulfurique et acétique. La combinaison a eu heu également avec les acides tartrique, phosphorique, oxalique, etc. Le pouvoir de se fixer aux bases est un peu plus élevé, car 1 gramme de caséine se combine avec 9 centimètres de solution N/10 de soude, de potasse, de lithine caustique ou carbonatée.
- Si l’on opère à chaud, ou si l’on évapore des solutions acides faibles avec de la caséine, le pouvoir de combinaison s’accroît ; jusqu’au quadruple pour l’acide chlorhydrique; il doit se former des produits d’hydrolyse.
- LA POUDRE B
- Les conclusions du rapport fait au nom de la Commission sénatoriale chargée de procéder à une enquête sur la catastrophe de VJéna, sont que :
- « L’étude du rôle joué par la poudre B dans l’explosion de Yléna n’a fait ressortir aucune différence entre cet accident et ceux qui l’ont précédé.
- « L’inflammation de la soute la renfermant n’a été provoquée par aucune intervention humaine ni par aucune des causes accidentelles mises en avant : explosion de torpilles, court-circuit, ondes hertziennes, affolement de la pompe Bateau et ses conséquences supposées; elle n’est attribuable qu’à la décomposition spéciale à la poudre B.
- « Cette décomposition, dont le principe est inhérent à la poudre, a pu être précipitée par la réunion de trois circonstances fâcheuses :
- « 1° La soute était située sous le compartiment des dynamos dont la température était constamment très élevée ;
- « 2° Elle était dépourvue d’appareil réfrigérant; pour l’aérer on était obligé de l’ouvrir pendant une heure le matin au risque d’y introduire à certains moments de l’air plus ou moins humide ;
- « 3° Le stock de munitions enfermé dans cette soute dangereuse était formé jusqu’à concurrence de 86 p. 100 de vieilles poudres. »
- Quelques observations intéressantes à extraire de ce rapport.
- La poudre B fut inventée par l’ingénieur des poudres et salpêtres Vieille en 1884 ; elle est obtenue par la gélatinisation du coton-poudre dissous dans le mélange alcool-éther. Elle fut adoptée en France par la Guerre, pour le chargement du fusil modèle 1886. La poudre BC fut adoptée pour le chargement des canons de campagne en 1886, et la poudre B5P des canons de siège et de place en 1890. Dans la Marine la poudre B fut également adoptée avec empressement. D’abord appelée poudre V, du nom de son inventeur, elle reçut le nom de poudre B, du fait de son adoption pendant le ministère Boulanger. Cette invention doit être considérée comme ouvrant une ère nouvelle. Le problème de l’augmentation de la puissance balistique des armes de petit calibre était résolu, en même temps que celui de l’utilisation générale du coton-poudre, resté en suspens après les expériences de la Commission du pyroxyle française, 1846-1848, après celles de la Commission autrichienne pour le coton-poudre Lenz 1865, et malgré l’emploi du coton-poudre comprimé d’Abel pour les torpilles. Il se trouva, par surcroît, que cette poudre ne donnait pas de fumée. « Cette invention, dit le rapporteur M. E. Monis, qui rendait possible le tir rapide, entraînait comme conséquences inespérées, mais logiquement enchaînées, les nombreux progrès que
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- 1278 NOTES DE CHIMTE.-------NOVEMBRE 1907.
- nous voyons se succéder dans le mécanisme des affûts, dans l’organisation des tourelles, dans l’approvisionnement des canons, etc. »
- Le coton-poudre constitue un explosif brisant. C’est Vieille qui obtint sa transformation en un explosif balistique, c’est-à-dire utilisable pour lancer des projectiles; la condition est que la combustion du coton-poudre soit rendue moins instantanée, plus progressive, et Vieille y arriva en dissolvant le coton-poudre dans le mélange alcool-éther, et à le reprendre sous une forme gélatinisée et cqmpacte. Cet explosif n’est donc pas une poudre.
- La découverte de Vieille fut l’origine d’un grand nombre d’explosifs similaires tant français qu’étrangers. Mais les poudres B françaises, et les travaux qu’elles ont inspirés en France, restent supérieurs à tous. « L’inventeur n’a pas pris de brevet ; il n’a jamais touché que sa solde. C’est un homme modeste, un grand savant, un grand Français digne de notre admiration et de notre reconnaissance patriotique », a dit M. Chautemps aux applaudissements de tout le Sénat.
- Tous les services consommateurs admirent alors, a priori, la stabilité de cette poudre. En 1880, la confiance des ingénieurs du service des poudres, dans la stabilité des poudre s B, était pour ainsi dire absolue.
- Le premier accident connu date de 1893 ; une caisse de poudre B prit feu à la poudrière d’Alger. Le directeur de l’artillerie d’Alger mit en cause une décomposition chimique de la poudre B. Les factionnaires de garde à la poudrière étaient punis de trente jours de prison.
- Dans la marine, le premier accident survint sur 1 ' Amiral-Duperré. M. Vieille, dans son rapport, conclut que la cause résidait dans la température élevée des soutes : 37° à 42", et dans l’instabilité des poudres fabriquées par la poudrerie de Pont-de-Buis en 1894, avant l’introduction d’un nouveau perfectionnement.
- Le 1er juillet 1896, M. Vieille indiquait l’alcool amylique comme susceptible d’augmenter la stabilité de la poudre B. A la suite, le service des poudres adopta l’emploi d’un dissolvant contenant 2 p. 100 d’alcool amylique.
- En 1899, la Direction de Versailles remarque que toutes les poudres BG datant de 1888 et 1889, conservées en fagots, étaient encore en bon état, tandis que les poudres en sachets étaient réformées depuis longtemps. Or l’étoffe du sachet est très hygroscopique, et l’humidité a une influence sur la conservation de la poudre B.
- C’est à juste titre donc, que l’instruction du 12 janvier 1906 prescrit de mettre la bande de poudre à l’abri de l’humidité et de la soustraire autant que faire se peut à l’influence de la température.
- Pour se rendre compte de la durée probable de conservation des poudres, on suivit la loi dite de corrélation : la résistance à 110° est rebée à la vie de la poudre par la loi suivante : la vie d’une poudre en minutes à 110° est égale à sa vie en jours à 75° et en mois à 40°.
- M. [le professeur Moureu, dans la Revue Scientifique du 23 novembre, étudie les poudres B françaises.
- Le coton-poudre est instable par lui-même. Il s’y forme normalement de faibles quantités de produits nitreux, d’autant plus grandes que la température est plus élevée, et, pour les neutraliser, on maintient dans le coton-poudre des réserves de neutralisation, par exemple de carbonate de chaux. Un titrage alcalimétrique suffit à reconnaître la valeur actuelle de la réserve. Quant à la stabilité (toujours relative bien entendu), on l’évalue soit à l’épreuve d’Abel, soit à l’épreuve à 110°. Pour prolonger la
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- LE DÉVELOPPEMENT DES MÉDICAMENTS.
- vie des poudres B, si instables du fait du coton-poudre, on ajoute au dissolvant 2 p. 100 d’alcool amylique, de l’urée, ou de'la diphénylamine.
- Il faut noter que toutes nos poudres B fabriquées depuis 1896 avec addition d’alcool amylique restent parfaitement conservées, et que les accidents des poudres B sont dus à des poudres fabriquées antérieurement.
- EMPLOI DES FELDSPATHS EN AGRICULTURE
- Les sels de potassium employés jusqu’ici comme engrais en agriculture sont le chlorure, le sulfate, le nitrate et le carbonate. Il n’existe pas de gisement potassique aux États-Unis; ces derniers importent le^engrais potassiques des mines de Stassfurth. M. AUerton S. Cushmann (United States Department of Agriculture, Bulletin n° 104) reprend la discussion, plusieurs fois soulevée, de l’emploi des feldspaths comme engrais potassique. Des expériences faites sur le tabac, avec un sol riche et un sol artificiel ne contenant pas d’autres éléments potassiques que du feldspath en poudre, n’ont montré aucune différence sensible sur la végétation de cette plante.
- L’auteur, après avoir exposé les opinions contradictoires de différents auteurs, conclut cependant que la question doit rester encore sur le terrain expérimental. Il est peu probable que la roche pulvérisée remplace jamais complètement les engrais potassiques. Avec le tabac les résultats obtenus sont encourageants, mais rien ne dit que le résultat serait le même avec la solanée parmentière ou les céréales.
- LES ENGRAIS TOXIQUES
- Une étude de M. Ch. Guffroij, que publie le Journal d’Agriculture pratique, passe en revue les diverses matières fertilisantes, susceptibles 4e produire des empoisonnements.
- Le nitrate de soude, si recherché par le bétail pour son goût salé, a causé des accidents, soit que les animaux aient eu à leur portée des sacs vides, ou qu’ils aient bu de l’eau ayant servi à leur lavage. Quand il est répandu sur le sol, il est vite entraîné à cause de sa solubilité.
- La kaïnite, au goût salin, ne peut provoquer que bien exceptionnellement des empoisonnements, car des doses moyennes et répétées de ce produit n’incommodent pas les ruminants.
- Les superphosphates ont occasionné des morts de bovidés et de chevreuils. Des expériences très soignées du Farmers’Club ont montré l’innocuité des scories Thomas.
- LE DÉVELOPPEMENT DES MÉDICAMENTS
- D’une communication à l’Académie de médecine faite par M. L. Grimbert sur les médicaments fournis dans la dernière décade aux hôpitaux de la Ville de Paris, il résulte des constatations curieuses.
- Parmi les médicaments classiques, l’opium et ses deux dérivés : l’extrait thébaïque et le laudanum, l’ipéca, l’extrait de quinquina, l’onguent mercuriel, la teinture d’iode, le bromure de potassium, le chlorate de potasse, la glycérine ont maintenu leurs
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- NOTES DE CHIMIE.
- NOVEMBRE 1907.
- chiffres d’emploi. Les iodures alcalins ont une tendance très nette à la baisse, ainsi que les glycérophosphates ; la poudre de cantharides et les vésicatoires sont en pleine décadence.
- L’asepsie se substitue à l’antisepsie ; aussi la consommation du sublimé, de l’acide phénique, de l’acide borique, de l’iodoforme, du naphtol, du salol est en plein mouvement descendant. Le formol et surtout l’eau oxygénée se généralisent étonnamment.
- Les anesthésiques : chloroforme, éther, sont d’un usage extrêmement développé.
- La dépense du sulfate de quinine a décru d’un tiers. L’introduction de nouveaux antifébriges de synthèse, tels que le pyramidon et surtout l’aspirine, en est la cause; ils tendent à remplacer l’antipyrine, dont l’usage diminue.
- Quelques médicaments nouveaux ont pris un grand développement au cours de cette décade; ce sont surtout l’urotropine, le trional, le véronal, le protargol, le der-matol, enfin le salicylate de méthyle.
- RECHERCHE DES COLORANTS ÉTRANGERS DANS LES VINS
- M. Trillat a indiqué un procédé pour précipiter la matière colorante des vins rouges, au moyen du formol, mais la précipitation est lente et le filtratum reste sensiblement coloré. MM. Ferdinand Jean et C. Frabot (Bull. Soc. chimique, 1907, p. 748) ont constaté que l’on peut opérer très rapidement et obtenir un filtratum absolument incolore en opérant comme suit :
- 50 centimètres cubes de vin sont additionnés d'environ 1 centimètre cube do formol à 40 p. 100 et de 4 centimètres cubes d’acide chlorhydrique pur; on chauffe pendant quelques minutes au bain-marie, jusqu’à formation du précipité; on rend alors le liquide franchement ammoniacal, et on le maintient sur le bain-marie jusqu’à disparition de l’ammoniaque libre; on laisse refroidir et l’on filtre.
- Avec les vins rouges naturels, on obtient un filtratum incolore ; au contraire, avec les vins frauduleusement additionnés d’une matière colorante artificielle, le filtratum possède la couleur propre à la matière colorante employée.
- SUR LE PAIN AU MAÏS
- M. Eug. Collin (Bull, de la Soc. chimique, 1907, p. 957) a eu l’occasion de constater à plusieurs reprises l’entrée en France, parla Belgique, d’une assez grande quantité d’un produit féculent, déclaré sous le nom de farine de maïs destinée à la panification.
- Cette farine, de provenance américaine, contraste tout à fait par la blancheur et la finesse de son pain avec -les farines de maïs préparées en France, et avec celles que l’on voit habituellement dans les* collections et musées.
- Cette farine, qui n’arrive en France que depuis très peu de temps, est connue déjà depuis sept à huit ans en Belgique, où son usage s’est rapidement vulgarisé pour la préparation du pain. Son usage, qui s’est introduit dans le département du Nord depuis deux ou trois ans, a une tendance à se propager en France.
- Tandis que la farine de froment pur donne un rendenent en pain de 130 p. 100, l’emploi de cette farine additionnée de 20 p. 100 de farine de maïs américaine produit un rendement de 150 p. 100. De plus, la farine de maïs américaine coûte moins cher que la farine de froment.
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- PAIN SUCRÉ.
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- Le pain de froment ne doit jamais renfermer plus de 35 p. 100 d’eau et doit être pur de tout mélange avec des farines étrangères. Or le pain Murphy ou pain au maïs contient 20 p. 100 de farine inférieure et contient 10 p. 100 d’eau de plus que le pain ordinaire. Le mode opératoire à adopter pour constater cette fraude est le suivant :
- On prélève, en différents points du pain suspect, de petites parcelles de mie, de façon à obtenir environ 10 grammes avec lesquels on fait une boulette; on malaxe celle-ci sous un très mince filet d’eau au-dessus d’un tamis n° 240. On lave à grande eau la matière blanche qui reste sur le tamis, on la rassemble dans un verre de montre avec un peu d’eau glycérinée. L’examen microscopique démontre qu’elle est composée presque uniquement de gruaux d’amidon, de débris de son et de masses glutineuses. Les gruaux de maïs se distinguent facilement à leur forme anguleuse, à leur dimension régulière et à la présence d’un hile apparent sur chaque granule. Dans le dépôt amylacé laissé par les eaux de lavage, on reconnaîtra facilement les grains d’amidon de maïs dont la plupart auront conservé leurs formes anguleuses.
- PAIN SUCRÉ
- A la séance du 7 octobre 1907 de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, M. F. Dupont a préconisé l’addition de sucre au pain. Le pain sucré serait plus blanc et plus nutritif que l’autre; il conserverait mieux sa fraîcheur; la pâte lèverait beaucoup mieux. Jusqu’à 6 p. 100 de sucre, on ne s’aperçoit pas de l’addition.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- PUISSANCE INDIQUÉE ET RENDEMENT ORGANIQUE DES MOTEURS A GAZ, d’après M. B. Hopkinson (1).
- Les expériences de M. Hopkinson ont été exécutées au laboratoire technique de l’Université de Cambridge, avec le concours de MM. Webb et Bird, sur un moteur Crossley de 40 chevaux, à quatre temps et à cylindre de 290 X 530 millimètres de course, avec un rapport de compression de 6,37 et une pression de compression de 12 kil, 30 absolue; réglage par tout ou rien; allumage par magnéto. Vitesse 180 tours.
- Le gaz traversait, avant d’arriver au moteur, un gazomètre d’une capacité de 280 litres. Pour mesurer la dépense de gaz, on fermait l’arrivée du gaz à ce gazomètre jaugé, et on notait l’abaissement de sa cloche ; on obtenait ainsi des mesures exactes à 1 /500 près. •
- La puissance effective était mesurée soit par celle delà dynamo directement actionnée par le moteur, soit, plus exactement, par des freins à cordes disposés sur les volants.
- La principale difficulté était la mesure exacte de la puissance indiquée donnée par l’aire positive des diagrammes. Les indicateurs ordinaires ne donnent que des tracés inexacts, principalement en raison de l’inertie de leur attirail et de ses jeux. L’effet de l’inertie se comprend parce que la pression passe, en un centième de seconde* jusqu’à de 12 à 42 kilogrammes lors de l’allumage, et que cette durée de 1/100 de seconde environ tantôt coïncide, tantôt ne coïncide pas avec la période d’oscillation ou de vibration naturelle du ressort, suivant la raideur de ce ressort et la durée de cette mise en pression, laquelle varie avec la composition de la charge. Il en résulte que les oscillations du tracé du diagramme varient énormément avec ce dosage, au point de le rendre tout à fait incertain. Quant à l’influence des jeux, avec un mouvement du style sextuplant celui du piston de l’indicateur et un ressort assez raide pour ne se comprimer que d’un millimètre environ par kilogramme de pression, elle est telle, qu’avec les meilleurs indicateurs, elle fausse d’au moins à 6 p. 100 de l’aire du diagramme, sans compter l’erreur due à la déformation du levier porte-crayon par le fait du frottement de ce crayon. En outre, le mouvement du crayon n’est jamais rigoureusement parallèle à celui du piston de l’indicateur, et son frottement l’entraîne toujours un peu, ce qui tend à réduire d’environ 3 p. 100 l’aire du diagramme, et il en est de même de l’influence du frottement du tambour sur la tension de sa corde. Il résulterait de toutes ces causes d’erreur que les diagrammes ne peuvent être, d’après M. Hopkinson, exacts que de 5 à 10 p. 100 près, avec des indicateurs neufs, des ressorts très raides et des articulations très bien établies.
- (1) Institution of mechanical engineers, London, 18 octobre 1907 et Engineering, 25 octobre.
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- RENDEMENT ORGANIQUE. DES MOTEURS A GAZ. 1283
- ' Il faut, pour réduire au minimum les erreurs dues à l’inertie et aux jeux de l’indicateur, diminuer considérablement l’amplitude de ses mouvèments, comme dans les indicateurs optiques, ou manographes, tels que ceux de Perry, de Shultz et de Carpentier Hospitalier,- mais ce dernier présente l’inconvénient de n’en pouvoir planimé-trer les diagrammes, dont les ordonnées ne sont pas proportionnelles aux pressions.
- » ^ . '*#
- Fig. 1 et 2. — Indicateur optique Hopkinson.
- Pour parer à ce défaut, M. Hopkinson imagina le dispositif d’indicateur représenté par la figure 1.
- Cet indicateur B se fixe sur la tubulure A, vissée dans le cylindre, par la poussée de son ressort sur un écrou C de A, et avec un jeu suffisant pour les dilatations de A et de B. Le ressort de l’indicateur est constitué par un barreau d’acier D, d’une courbure initiale telle que ses vis de fixation EE l’appuient fortement sur ses supports, en le redressant. Le piston F, creux et fermé.au bas, attaque le ressort par un étrier G, un peu plus large que ce ressort, de manière à permettre un jeu latéral sans coinçage du piston. Le miroir H, monté sur pointes I, entre les ressorts JJ, a son bras M attaqué par la lame K, fixée en L sur les ressorts D, de sorte que la rotation du miroir est lome 109. — Novembre 1907. 84
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — NOVEMBRE 1907.
- proportionnelle au déplacement du piston ou à la pression qu’il supporte. D’autre part, B reçoit, du piston du-moteur, par un mécanisme approprié, une rotation autour de À proportionnelle au déplacement de ce piston; ce pivotement de B, très faible, d’environ 1 : 100 de radian ( I) est commandé par (fig. 3) une came E, calée sur l’arbre
- Fig. 3,
- moteur, et le renvoi TJV W, fixé sur B en X ; grâce à la petitesse de l’oscillation de B, ce mécanisme en assure l’exacte concordance avec les mouvements du piston moteur.
- Fig. 3 bis.
- Le diagramme est tracé par le rayon P (fig. 2) d’une lampe à incandescence, réfléchie en Q sur le miroir de l’indicateur, focussé en R2, par la lentille R'1, de longueur focale égale à sa distance au miroir (430 millimètres) ; une seconde lentille R3, de même diamètre flOO millimètres) que R', et à 250 millimètres de R2, concentre l’image de R2 sur l’oculaire Rr Cette image se définit très nettement sur l’écran transparent R2, quadrillé de manière à permettre d’y lire les volumes et les pressions.
- (ty Le radian est l’angle dont l’arc est égal au rayon : 57° 296.
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- RENDEMENT ORGANIQUE DES MOTEURS A GAZ.
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- On emploie, avec cet indicateur, 3 pistons d’aires dans les rapports 1, 2 et 4, et deux ressorts de raideurs dans le rapport de 1 à 5, ce qui permet de faire varier sur une grande échelle la sensibilité de l’appareil.
- La figure 3 représente un des diagrammes de cet indicateur reproduit par la photographie ; mais on peut les relever par l’observation directe en R4, sur papier quadrillé, avec une exactitude à 5 p. 100 près. Le diagramme fig. 3 bis représente la superpo-
- Tours par minute.
- Fig. 4. — Diagramme du travail négatif du moteur avec (lignes pleines) et, sans admission de gaz
- (lignes pointillées).
- sition d’une douzaine d’allumages successifs. Pour vérifier l’exactitude de ces diagrammes, on en photographie 3, de chacun 20 explosions consécutives; leur plani-métrie, par des opérateurs différents, a donné une moyenne de 0,954, avec un minimum de 0,940 et un maximum de 0,963.
- On voit que, dans une série d’une centaine d’allumages successifs, l’aire du diagramme ne varie guère que de 1 p. 100 de sa valeur moyenne. Immédiatement après les passages à vide, cette aire peut, à la première explosion, augmenter jusqu’à 4 p. 100, bien que le dosage du gaz soit, en général, un peu plus faible après un passage à vide. Cette légère variation ne peut avoir aucun effet sur la détermination de
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- la puissance indiquée en pleine marche, où l’on n’a guère qu’un passage à vide sur 5 ou 6 allumages.
- La moindre variation dans la pression d’aspiration du gaz peut occasionner des différences considérables aux diagrammes, en modifiant le dosage du mélange, c’est ce qui se produit après les passages à vide dans les moteurs pourvus de poches d’aspiration insuffisantes. Les variations de la température du cylindre interviennent aussi pour modifier la dépense dé gaz par course motrice, mais assez lentement pour ne pas se faire sentir dans une expérience rapide et en condition de marche invariable. Pour se rendre compte de l’effet de ces variations de températures, on a, dans une suite d’essais, fait rapidement varier la température de l’eau de circulation du cylindre de 85 à 16°, et constaté des variations correspondantes de jusqu’à 12 p. 100 dans la puissance indiquée.
- Des essais très nombreux, exécutés en pleine charge et en marche à vide, ont donné, pour la puissance indiquée moyenne en pleine charge, 40 ch., et 34 ch. 5 pour la puissance au frein, soit un rendement organique de 86,2 p. 100, correspondant à une perte, en frottements, de 5 ch. 5, en moyenne. En marche à vide, le moteur dépensait environ 2 chevaux de plus que ces 5 ch. 5, et cette différence est due presque en totalité à l’accroissement, en marche à vide, des travaux négatifs, aspiration et échappement, du diagramme, comme le montre la figure 4. Le vide d’aspiration, à 180 tours et en marche à vide, est de 0 kg, 35, correspondant à un travail négatif de 2 ch. 5, au heu de 0 kg, 2 et 1 ch. 5 en pleine marche. En outre, en marche à vide, le travail de compression de l’air est légèrement supérieur à celui qu’il restitue par sa détente : d’un cheval environ.
- Des essais exécutés en entraînant le moteur à vide par la dynamo, avec l’échappement fermé puis ouvert, ont également donné, comme puissance absorbée par le pompage, 5 ch. 5, chiffre concordant avec les 3 ch. 45 donnés par les diagrammes.
- Le graissage et la température du cylindre ont évidemment une grande influence sur le rendement organique ; dans les déterminations ci-dessus, la température de l’eau de refroidissement était, au sortir du cylindre, voisine de 80° ; en passant, pour cette température, de 81 à 16°, la résistance du moteur s’éleva de 7 à 10 chevaux, ou de 40 p. 100, puis, en injectant dans le cyündre une pulvérisation d’eau, on fit retomber cette résistance à 6 chevaux. Des essais exécutés en entraînant le moteur par la dynamo, avec son échappement ouvert, ont donné, pour ses résistances de frottement: avec de l’eau de refroidissement sortant à 82° et un bon graissage, 4 ch. ; à 70° et avec un bon graissage, 6 ch. 5 ; à 70° et avec un excès d’huile, 4 ch. 7 ; à ':70° et' avec injection d’eau, 2 ch. 7.
- Avec le piston enlevé, la résistance du moteur tombait à 1 ch. 4, de sorte que la résistance du piston, qui est normalement de 2 ch. 5 avec de l’eau de refroidissement sortant à 82°, peut varier, suivant la température du cylindre et son graissage, de 1 ch. 3 à 5 ch. 1. Normalement, la résistance du moteur se répartit comme il suit :
- Chevaux. P. 100 de la puissance indiquée.
- Aspiration 1,4 3,4
- Frottement du piston 2,5 6,1
- Distribution et autres El 2,7
- 5 12,2
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- MACHINE A ESSAYER A CONTROLE ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE. 1287
- L’injection d’eau a moins d’effet sur le frottement du piston en pleine marche; elle ne diminue la dépense de gaz que de 3 p. 100 environ, sans aucune action sensible sur le diagramme.
- D’après ces essais, les différents rendements moyens de ce moteur sont les suivants :
- Rendement thermique : rapport de la puissance indiquée [à. la puissance calorifique du gaz dépensé : 33,5 à 37 p. 100, suivant le dosage du mélange d’air et de gaz;
- Rendement organique ou mécanique en charge normale: 85 à 90 p. 100, suivant la température de l’enveloppe;
- Rendement du cycle en considérant le mélange d’air et de gaz comme de l’air chaud : 52,2 p. 100. Rendement par rapport à ce cycle d’air : 0,64 à 0,71.
- Les expériences, mentionnées dans notre Bulletin de février 1907, p. 186, sur un moteur à pétrole Daimler de 29 chevaux et marchant à 1200 tours, ont été faites aussi avec l’indicateur fig. 1 ; les courbes du diagramme fig. 5 montrent les variations de son rendement organique avec la température de son enveloppe. La courbe D est celle de la résistance de pompage. On voit que les résistances du moteur avec de l’eau à 16° (A) sont presque le double qu’avec de l’eau bouillante (G).
- M. Morse, auteur de ces derniers essais, a proposé, pour la détermination du rendement des moteurs à plusieurs cylindres, une méthode consistant à faire marcher à vide, successivement, chacun de ces cylindres, et à mesurer le travail des autres au frein de Prony. Les résultats ainsi obtenus avec le moteur Daimler en question sont marqués d’une croix sur la ligure 5. Le rendement organique de ce moteur est très remarquable : de 90 p. 100 à 400 tours avec de l’eau de refroidissement bouillante, et de 75 p. 100 à 1 300 tours; le rendement thermique le plus élevé est de 26 p. 100.
- MACHINE A ESSAYER A CONTRÔLE ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE, de Wicksteed,
- d’après M. C. E. Larard (1).
- Cette machine, construite par la maison Ruckton, de Leeds, pour le laboratoire de mécanique du Northampton polytechnic Institute, Londres, est remarquable par la précision et la facilité du contrôle de ses opérations, obtenue grâce à leur commande par des dynamos à vitesses très variables, facilement actionnées par les opérateurs.
- Gomme on le voit en figure 1, cette machine est du type à levier horizontal; elle peut exercer une traction de 150 000 livres (68 tonnes) et un moment de torsion de 400 000 livres-pouces (4 600 mètres-kilogrammes). Les efforts de tension, de compression et de pliage sont exercés par des moyens hydrauliques et ceux de torsion par une dynamo.
- Le cylindre hydraulique, qui commande les efforts de traction, de compression et de pliage, a un piston différentiel de 420 et 430 millimètres de diamètre, avec un espace annulaire de 5 millimètres; ce piston est attelé, au bas, par un croisillon à 3 tiges verticales, à la glissière verticale de la machine qui porte (fig. 4) les mâchoires pour les essais de traction et les poussoirs pour ceux de compression et de pliage. La charge du piston peut atteindre les 68 tonnes: son rappel se fait par la pression de l’eau sur son espace annulaire. La distribution se fait par une boîte A (fig. 5) avec
- (1) Institution of mechanical engineers, London, 31 juillet, et Engineering, 4 et 11 octobre 1907.
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- 560 Ibs.
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- Motm
- Fig. 3.
- Machine à essayer de Wick&teed. Ensemble du balancier. Détail de la commande des poids.
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- MACHINE A ESSAYER A CONTROLE ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE. 1289
- 3 valves : à et b pour l’admission de l’eau sous pression dans l’espace annulaire et son échappement, et c pour l’admission sur le haut du piston et sous la couronne annulaire du piston* qui descend alors par la différence de ces deux pressions. Une quatrième valve pérmet de fermer à la‘fois l’admission et l’échappement. L’eau est fournie par un accumulateur ou par un multiplicateur de pression.
- Les valves a et c permettent de graduer la pression et la vitesse de mise en charge entre 130 millimètres par minute pour les faibles charges et 38 millimètres pour les très fortes. La distance du point d’application des charges aux couteaux du balancier
- Fig. 4. — Machine de Wicksteed. Détail des attaches de traction pour différentes formes d’éprouvettes.
- est (fig. 1) de 4 pouces (100-millimètres), et ce balancier porte deux contrepoids mobiles : l’un, P, de 1000 livres (434 kilos) et les deux autres w de 500 livres (227 kilos), et une série dé poids W, d’un total de 1 250 livres (565 kilos) au bout du balancier. Pour les petites charges, le contrepoids P peut se déplacer de manière à exercer une traction maxima de 50 000 livres (22 700 kilos) lorsqu’il est au bout de sa course vers la droite (fig. 1). Les contrepoids w et P, ensemble, permettent d’aller jusqu’à 100 000 livres ; on va jusqu’à 150 000 livres en y ajoutant les poids W. .
- Les mouvements du poids P, accouplé ou non avec ceux ww, sont commandés'soit à la main, soit par une dynamo. La commande à la main se fait (fig. 2) de la manivelle" n, embrayable à friction en n, par le train a, b, c, d, e, f, aboutissant à‘la vis de
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1907.
- commande g de P. La dynamo, de la puissance d’un cheval et en dérivation, est pourvue d’un rhéostat à 12 touches, permettant d’en faire varier la vitesse entre 1 200 et 600 tours, et le train de changement de marche r, q, o, y, s, l, à embrayaye'/?, permet de quadrupler la vitesse du retour du contrepoids. ;
- Le pignon a (flg. 2) commande l’arhre c par (fig 3.) un embrayage magnétique b,
- ___ , - !—
- Fig. 6. — Machine de Wicksteed. Commande de l’aiguille.
- Fig. 5.
- solidaire du pignon t, et 'par lequel la dynamo entraîne c quand le circuit de b est fermé, ce qui a lieu tant que le levier de mise en charge flotte. Dès que le levier s’approche de ses arrêts, il coupe ce circuit entre les bornes 1 et 2 (fig. 2 et 6) ; lorsque le levier revient vers l’horizontal, il referme ce circuit, et la dynamo fait avancer ou reculer les contrepoids, et ce, sans que la dynamo cesse un instant de tourner. Dès que le circuit de b est rompu, le frein électrique D, à solénoïde k (fig. 2), serre sa poulie^ B, par la chute de son armature, de manière à arrêter immédiatement c et la marche du contrepoids: puis ce frein se desserre automatiquement dès la refermeture du circuit *
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- MACHINE A ESSAYER A CONTROLE ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE. 1291
- de b. Ce frein empêche le contrepoids de faire dépasser notablement au levier sa position d’équilibre, et d’exercer ainsi des tractions trop brusques sur les pièces à l’essai. Les déplacements de l’extrémité du levier sont amphfîés par une aiguille -(fig. 5) et les échelles et verniers sont disposés de manière à permettre la lecture des charges à 1 kilo près jusqu’à 22 tonnes, et ensuite à 2 kilos près. Ainsi que l’indique la
- Qironogi
- Fig. 7. — Machine de Wicksteed. Commande de l’enregistreur.
- InslZ
- IFO
- Fig. 8. — Attache pour essais à la compression.
- figure 1, toutes les manœuvres de la machine sont groupées sur un seul point, de manière à en permettre le maniement par un seul opérateur. Les diagrammes de tension et de compression sont relevés (fig.-9) sur un tambour dont la rotation est commandée par l’allongement de l’éprouvette en essai (fig. 7), tandis que le style est commandé, en ordonnées, par une vis qui suit les mouvements des contrepoids. Un chronographe marque les temps de l’essai. < *
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- Les figures 8, 9 et 10 donnent le détail des dispositifs employés pour les essais de compression, de flexion et au cisaillement. -
- Pour les essais de torsion, on se sert d’une seconde dynamo, d’une puissance de 1 ch. 5, marchant à des vitesses entre 800 et 1 500 tours, et tordant la pièce prise entre deux chucks, l’un sur le levier et l’autre sur un grand pignon gradué, que cette dynamo commande par des transmissions à courroies. La torsion se fait entre toutes les vitesses de 1 tour à 10 tours par minute, et se reporte aussi sur les diagrammes.
- On a pu, avec cette machine, faire quelques essais de torsion très intéressants sur des éprouvettes d’acier de 13 à 76 millimètres de diamètre, et de 100 et 300 millimètres de long. Le diagramme fig. 12 donne les résultats principaux de trois de ces essais, sur des éprouvettes en acier doux Homo. Ils montrent que les courbes de ces éprouvettes de même longueur (300 millimètres) et de diamètres différents (25mm,38 et 46 millimètres) sont paraboliques entre la limite d’élasticité et la rupture, et le diagramme fig. 12 montre comment on vérifie le caractère parabolique de CéS-courbes, telles que
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- MACHINE A ESSAYER A CONTROLE ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE. 1293
- ABCD, dont tous les points doivent être équidistants du foyer F et de la directrice Y.
- Les courbes de traction sont, pendant la période de plasticité de l’éprouvette, aussi des paraboles.
- Le travail de torsion jusqu’à rupture d’une éprouvette est donné par l’expression 2 NTto, dans laquelle N est le nombre de tours de torsion N = d/360, d étant l’angle de torsion en degrés, et T le torque moyen (fig. 13). Cette expression peut être mise sous la
- forme Tm0,où0= est la mesure angulaire de l’angle de torsion. Ces travaux sont
- donnés, en ligure 1 1, par les aires comprises, pour chaque éprouvette, entre la courbe
- de torsion et l’axe des torsions, dont les ordonnées doivent être multipliées par ^
- Fo'cUSj
- 3ÛflOO
- wpoo. . SOfiOO
- zopoo
- £0000
- 10000
- Torque en pouces-livre. Fig. 11.
- pour les exprimer en mesures circulaires. Si la courbe de torsion est une parabole, le
- 2
- travail de torsion est donné par la formule T* 0 + ^ (T,n — T/) 0, dans laquelle Tt est
- (fig. 13) le torque à la limite d’élasticité, et T,n le torque maximum supporté par l’éprouvette. L’hypothèse de la courbe parabolique donne le travail de torsion à environ 6 p. 100 en moins.
- Peu après avoir dépassé la limite d’élasticité, la torsion se fait suivant la formule d° = aebt, où d° représente la torsion en degrés, t le torque, e la base : 2,7183 des logarithmes népériens, a et b des coefficients. En logarithmes décimaux, on a logd = loga 4- 0,4343 bt, équation d’une droite inclinée de 0,4343 b, de sorte que, si le pointage, pour un essai, des valeurs de t et de d, sur un diagramme rectangulaire, donne une droite, c’est que la torsion suit bien la loi de cette formule. C’est ce qui s’est produit (fig. 14) pour les essais de 3 éprouvettes de 1 pouce 774, 3p,002 et 2p,49o de diamètre,
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- r.-SOd
- —100 -
- ---5&
- 4p00 fflOO 12000 lepoo Izopl
- Mpoo tëoaj szpoo
- Torque ùv InchjfJLbs(
- Fig. 12. — Pour voir si la courbe AB CD est une parabole, on y prend 4 points A, B, G et D, on les joint par des droites AD et BG, qui se coupent en E. Par C, on mène CK, parallèle à AB, coupant AD en K. Par E, on mène EH égale à la moyenne proportionnelle entre EK et ED. Cil est alors paral-• lèle à l’axe de la courbe. Menons JL parallèle à GH et LM à AD. De l’intersection N, de MA avec JL, traçons NO = J N. OA est tangent en A. Prenons JP= JA et menons PQ parallèle à OA jusqu’à son intersection Q avec AD. Prenons NR= 1/2 QJ, menons, par R, une parallèle à AD, et prenons NF=NR. Par F, menons une parallèle à RN. F est le foyer de la courbe sur l’axe FT, Prenons TS = FT, et menons, par S, YY perpendiculaire à FS. La droite YY est la directrice de la courbe dont tous les points doivent, si elle est une parabole, être équidistants de YY et de R.
- V//////////M
- Fig. 13.
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- MACHINE A ESSAYER A CONTROLE'ÉLECTRIQUE AUTOMATIQUE. 1295
- Pour ces éprouvettes, on a trouvé ainsi a = 2,735, tandis que b varie avec le diamètre D, et est donné par la formule ô=g-, de sorte que l’on a d° = ae~ , pour des éprou-
- 30-2-5
- -24 -2 1
- -2 0 -15
- SOOOO
- £0000
- 330000 '
- 350.000
- 370000
- 250.000
- lopoo 80000 sopoo 100000 noooo nom nopoo -loopco isopoo leopoc nopoo isopoo nqoco
- Torque.
- Fig. 14.
- vettes de même longueur et de diamètres différents. Si la longueur L varie aussi, on a
- kt 1
- d° = aLejÿi. Pour les éprouvettes du diagramme fig. 11, k'= 75Q,et n = 2,89, de
- sorte que, pour ces éprouvettes, il vient d° — 0,228 Le ^ q^2 si» > eU pour L = 12 pouces,
- d° = 2,735e
- t
- 2 750 D28/ ‘
- DÉCRET DU 9 OCTOBRE PORTANT RÈGLEMENT POUR LES APPAREILS
- DE VAPEUR A TERRE
- RAPPORT
- AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Monsieur le Président,
- Paris, le 7 octobre 1907.
- Les décrets du 30 avril 1880 et du 29 juin 1886, qui régissent depuis plus de vingt-cinq ans l’emploi des générateurs et des récipients de vapeur, ont été inspirés du même esprit qui animait déjà le précédent règlement du 23 janvier 1883 : on s’est efforcé de concilier, autant que possible, les nécessités de la sécurité publique avec les exigences de l’industrie.
- Les efforts de l’administration n’ont pas été vains, car, si l’on compare la statistique des appareils à vapeur en activité et (j^s accidents qui ont affecté ces appareils, respectivement pour les deux périodes quinquennales 1881-85 et 1899-1903, on voit l’effectif des appareils assujettis au règlement s’élever de 96 000 à 140 000 et le nombre des morts, par 10 000 appareils et par an, s’abaisser de 3,7 à 1,3.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1907.
- Néanmoins, sur certains points, cette réglementation n’est plus aujourd’hui en rapport exact soit avec les principes techniques susceptibles d’assurer le maximum de sécurité, soit avec le degré de liberté qui peut être donné à l’industrie sans augmentation de risque. Il n’y a rien là qui doive surprendre, si l’on songe aux progrès accomplis, aux transformations subies par les arts mécaniques durant ce quart de siècle. Actuellement, il semble possible, sans nuire au développement de l’industrie et en .accordant au contraire de notables facilités à certaines installations, de favoriser de plus en .plus la décroissance du rapport entre le nombre annuel des morts et la puissance des appareils à vapeur.
- La révision tendant à ce but a été étudiée d’abord par une commission spéciale, dont le premier soin a été de recueillir les observations de tous les ingénieurs des mines chargés de la surveillance des appareils à vapeur et de s’entourer de renseignements sur les règlements étrangers. Des délibérations de cette commission, est sorti un texte que'la commission centrale des machines à vapeur a remanié en le simplifiant. Enfin, le Conseil d’État a amendé le projet sur plusieurs points soit dans un but de précision, soit pour compléter les conditions d’emplacement des chaudières en vue d’assurer plus de sécurité aux travailleurs des ateliers.
- La statistique montre que la cause principale des accidents mortels qui surviennent dans l’emploi des appareils à vapeur est le défaut d’entretien. Le règlement s’est donc attaché à rendre plus précises et, dans la mesure nécessaire, plus complètes que par le passé, les obligations de l’exploitant à cet égard. L’article 36 du décret de 1808 dit bien que « ceux qui font usage de générateurs ou de récipients de vapeur veilleront à ce que ces appareils soient entretenus constamment en bon état de service »• et que, « à cet effet, ils tiendront la main à ce que des visites complètes, tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur, soient faites à des intervalles rapprochés pour constater l’état des appareils et assurer l’exécution, en temps utile, des réparations ou remplacements nécessaires ». Mais quels sont ces intervalles, que le décret qualifie de rapprochés? Quelles traces laissent ces visites? Gomment le service des mines peut-il s’assurer qu’elles ont été faites? Dans le système nouveau, les cas où l’appareil doit être l’objet d’uue visite complète tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, sont soigneusement précisés. Cette visite complète devient le complément indispensable de tout le renouvellement de l’épreuve hydraulique. Quelles que soient les circonstances, elle doit avoir lieu.au minimum une fois chaque année. Il en restera une trace ministérielle, sous la forme d’un compte rendu daté et signé parle visiteur, compte rendu qui sera représenté aux agents du service des mines. Déplus, un registre d’entretien sera tenu par l’exploitant, qui devra y noter, à leur date, les visites intérieures et extérieures ainsi que les réparations.
- Les industriels n’ont pas tous à leur service, dans leurs établissements, un personnel technique compétent pour procéder à ces indispensables visites; mais ils peuvent' s’adresser à des spécialistes du dehors. L’affiliation à une association de propriétaires d’appareils à vapeur est l’un des moyens qu’il leur est loisible d’employer pour s’assurer, dans des conditions faciles et relativement peu coûteuses, les services de visiteurs exercés.
- Les vérifications auxquelles procèdent ces associations étaient déjà mises à profit sous le régime du décret de 1880 pour éviter certains renouvellements d’épreuve, conformément à l’article 3. Le règlement projeté fait un pas de plus dans le même sens. Il pourra dorénavant être sursis à l’épreuve décennale sur l’autorisation de l’ingénieur des mines, lorsqu’une association agréée certifiera le bon état de l’appareil dans toutes ses parties.
- De la statistique des accidents se dégage un enseignement important : c’est que les victimes des accidents de chaudières sont, en très grande majorité, non des personnes tuées par les effets mécaniques de la fragmentation de l’appareil, mais des ouvriers brûlés ou asphyxiés par un retour'de flamme ou une projection de vapeur d’eau. Ce genre d’accident s’est multiplié à la suite de l’introduction, dans l’usage industriel, des générateurs à tubes d’eau, plus sujets que les grands corps cylindriques aux avaries de détail, par suite de leur principe même et parce que, dans les premiers temps de leur emploi, ni les constructeurs ni les usagers n’en connaissaient parfaitement le fort et le faible. Quoi qu’il en soit de cette dernière circonstance, il est visiblement d’une importance de premier ordre pour
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- RÉGLEMENT POUR LES APPAREILS DE VAPEUR A TERRE. 1297
- la sécurité d’emploi de toutes les "chaudières, et en particulier de celles à tubes d’eâu, que les chauffeurs soient protégés le mieux possible contre les. dangers de brûlure et d’asphyxie. On peut beaucoup, dans cet ordre d’idées, en disposant d’une manière judicieuse les portes des foyers, les fermetures des boîtes à tubes et des boîtes à fumée, en dotant toute chambre de chauffe d’issues aisément praticables dans deux directions au moins, en assurant l’aération des chaufferies. C’est à quoi le règlement nouveau pourvoit par ses articles 16 et 17.
- A la faveur du progrès que ces prescriptions nouvelles, jointes à l’expérience technique maintenant acquise par les constructeurs et par le personnel des usines, réaliseront dans la sécurité d’emploi des générateurs à petits éléments, il devient possible de modifier les règles relatives à l’emplacement des chaudières et des groupes de chaudières au voisinage des habi-’ tâtions ou dans les immeubles à étages. On a, pour ainsi dire, incorporé dans le règlement la jurisprudence administrative relative aux dérogations d’emplacement, en décidant de faire dorénavant abstraction, pour le calcul du produit-caractéristique, des éléments de petite section. La rupture d’un de ces éléments ne saurait, en effet, donner lieu à de grands effets dynamiques. Elle pourrait être dangereuse, il est vrai, pour le personnel même de la chaufferie; mais, à cet égard, on compte sur la protection qui résultera désormais des dispositions prescrites par les articles 16 et 17.
- Les locomobiles ont donné lieu, durant ces dernières années, à des accidents dont la fréquence et la gravité étaient hors de proportion avec la puissance totale de cette classe d’appareils. C’est pourquoi, tandis que le règlement nouveau se distingue, ainsi qu’il vient d’être expliqué, par des innovations libérales en ce qui touche les générateurs fixes, les appareils locomobiles sont l’objet de mesures destinées à resserrera leur égard la surveillance administrative. On a tenu, cependant, à leur conserver d’une manière générale le môme système réglementaire qu’aux autres appareils à vapeur, c’est-à-dire à les laisser sous le régime de la simple déclaration; les mesures spéciales qui les visent, notamment la substitution à l’épreuve décennale d’une épreuve tous les cinq ans et l’obligation d’une vérification complète de l’état de l’appareil lors de tout changement de propriétaire, n’ont rien qui puisse porter atteinte aux intérêts légitimes de l’industrie.
- Le décret du 25 janvier 1865 avait laissé les récipients de vapeur hors de toute réglementation. Le décret de 1880 a réglementé certains de ces appareils; mais il n’a visé que ceux au moyen desquels une matière est élaborée ou bien ceux dans lesquels de l’eau à haute température est emmagasinée pour fournir ensuite un dégagement de chaleur ou de vapeur. Le nouveau règlement substitue une notion plus large et plus simple à des définitions particu-laristes, ainsi que l’a fait déjà le décret du 1er février 1893, relatif aux appareils à vapeur de la navigation maritime, 11 protège mieux que par le passé les récipients de vapeur contre.les excès de pression et contre l’affaiblissement par usure, causes principales d’explosion pour ces appareils. Enfin, il exclut de l’intérieur des maisons habitées ceux qui ont à la fois un grand volume et une fôrte pression.
- • Il existe une catégorie d’appareils à vapeur intermédiares, pour ainsi dire, entre les générateurs et les récipients : ce sont les marmites de Papin, ou, comme on dit incorrectement, mais usuellement, dans l’industrie, les autoclaves chauffés à feu nu. Ces vases clos, où de la vapeur est engendrée mais séjourne sans écoulement, n’ont pas été explicitement visés par le décret du 30 avril 1880. La circulaire du 21 juillet de la même année prescrit de les assimiler aux générateurs de vapeur, quitte à les dispenser, par voie de dérogation, des appareils de sûreté qui leur sont inutiles. Le projet fixe, par un article explicite, le régime réglementaire applicable à ces appareils.
- Je ne crois pas nécessaire d’insister sur les autres modifications apportées aux dispositions du décret du 30 avril t880. Elles ont surtout pour but de mettre la réglementation des appareils de sûreté en harmonie avec l’état présent de la science technique et de préciser les dispositions applicables aux réchauffeurs, surchauffeurs, etc. Dans son ensemble, le projet de décret ci-joint me paraît constituer, par rapport à la réglementation antérieure, une mise au
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- point conforme aux progrès de l’art et profitable à la sécurité publique, quoique laissant à l’industrie la plus grande somme possible de liberté.
- Je vous prie d’agréer, monsieur le Président, les assurances de mon profond respect.
- Le ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes
- Louis Barthou.
- Le Président de la République française,
- Sur le rapport du ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes,
- Vu la loi du 21 juillet 1856, concernant les contraventions aux règlements sur les appareils . et bateaux à vapeur ;
- Vu la loi du 18 avril 1900 concernant les contraventions aux règlements sur les appareils à pression de vapeur ou de gaz et sur les bateaux à bord desquels il en est fait usage ;
- Vu le décret du 30 avril 1880 relatif aux chaudières à vapeur autres que celles placées sur les bateaux p
- Vu le décret du 29 juin 1886 portant modification du précédent;
- Vu l’avis de la commission centrale des machines à vapeur;
- Le Conseil d’État entendu,
- Décrète :
- Article 1er. — Sont soumis aux formalités et aux mesures prescrites par le présent règlement :
- 1° Les générateurs de vapeur, autres que ceux qui sont placés à bord des bateaux ;
- 2° Les récipients définis ci-après (titre V).
- Sont exceptés, toutefois, de l’application de ce règlement :
- a) Les générateurs dont la capacité est inférieure à 25 litres;
- h) Les générateurs de capacité quelconque, où des dispositions matérielles efficaces empêchent la pression effective de la vapeur de dépasser 300 grammes par centimètre carré, à la condition que ces générateurs soient munis d’une plaque portant les mots « non soumis au décret du 9 octobre 1907 » et indiquant la pression maximum pour laquelle ces dispositions softt prises ; le constructeur doit adresser à l’ingénieur des mines, au plus tard à la fin du mois, un état des générateurs remplissant les conditions prévues au présent paragraphe, qu’il a livrés, avec la désignation des acquéreurs.
- TITRE Ier
- MESURES DE SURETE RELATIVES AUX CHAUDIERES PLACÉES A DEMEURE
- Art. 2. — Aucune chaudière neuve ne peut être mise en service qu’après avoir subi l’épreuve réglementaire ci-après définie. Cette épreuve doit être faite chez le constructeur, et sur sa demande.
- Toutefois, elle pourrait être faite sur le lieu d’emploi dans les circonstances et sous les conditions qui seront fixées par le ministre.
- Toute chaudière venant de l’étranger est éprouvée avant sa mise en service, sur le point du territoire français désigné parle destinataire dans sa demande.
- Art. 3. — Lorsqu’une chaudière a subi, dans un atelier de construction ou de réparation, des changements ou des réparations notables, l’épreuve doit être renouvelée sur la demande du constructeur ou du réparateur.
- Le renouvellement de l’épreuve peut être exigé de celui qui fait usage d’une chaudière :
- 1° Lorsque la chaudière, ayant déjà servi, est l’objet d’une nouvelle installation ;
- 2° Lorsqu’elle a subi une réparation notable;
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- 3° Lorsqu’elle est remise en service après un chômage de plus d’un an.
- A cet effet, l’intéressé devra informer l’ingénieur des mines de ces diverses circonstances. En particulier, si l’épreuve exige la démolition du massif du fourneau ou l’enlèvement de l’enveloppe de la chaudière et un chômage plus ou moins prolongé, cette épreuve pourra ne point être exigée, lorsque des renseignements authentiques sur l’époque et les résultats de la dernière visite, intérieure et extérieure, constitueront une présomption suffisante en faveur du hon état de la chaudière. Pourront être notamment considérés comme renseignements probants les certificats délivrés aux membres des associations de propriétaires d’appareils à vapeur par celles de ces associations que le ministre aura désignées.
- Le renouvellement de l’épreuve est exigible également lorsque, à raison des conditions dans lesquelles une chaudière fonctionne, il y a lieu, par l’ingénieur des mines, d’en suspecter la solidité.
- Dans tous les cas, lorsque celui qui fait usage d’une chaudière contestera la nécessité d’une nouvelle épreuve, il sera, après une instruction où celui-ci sera entendu, statué par le préfet.
- L’intervalle entre deux épreuves consécutives ne doit pas être supérieur à dix années. Avant l’expiration de ce délai, celui qui fait usage d’une chaudière à vapeur doit lui-même demander le renouvellement de l’épi'euve.
- Toutefois, il peut être sursis à la réépreuve décennale, sur l’autorisation de l’ingénieur des mines, lorsqu’une association de propriétaires d’appareils à vapeur, agréée à cet effet par ln ministre, certifie le bon état de l’appareil dans toutes ses parties.
- Art. 4. — L’épreuve consiste à soumettre la chaudière à une pression hydraulique supérieure à la pression effective qui ne doit point être dépassée dans le service. Cette pression d’épreuve sera maintenue pendant le temps nécessaire à l’examen de la chaudière.
- Toutes les parties de celle-ci doivent pouvoir être visitées.
- Toutefois, pour les réépreuves sur le lieu d’emploi, l’ingénieur en chef aura la faculté d’autoriser des atténuations à cette règle dans la mesure et sous les conditions précisées par par les instructions du ministre.
- Pour les appareils neufs et pour ceux ayant subi des changements notables ou de grandes-réparations, la surcharge d’épreuve est égale, en kilogrammes par centimètre carré :
- A la pression effective, avec minimum de un demi, si le timbre n’excède pas 6 ;
- A 6, si le timbre est supérieur à 6 sans excéder 20; -
- A 7, si le timbre est supérieur à 20 sans excéder 30 ;
- A 8, si le timbre est supérieur à 30 sans excéder 40 ; .
- Au cinquième de la pression effective si le timbre excède 40.
- Dans les autres cas, la surcharge d’épreuve est moitié de celle résultant des indications qui précèdent.
- L’épreuve est faite sous la direction et en la présence de l’ingénieur ou dm contrôleur des mines.
- Elle n’est pas exigée pour l’ensemble d’une chaudière dont les diverses parties, éprouvées séparément, ne doivent être réunies que par des tuyaux placés sur tout leur parcours en dehors du foyer et des conduits de flamme, et dont les joints peuvent être facilement démontés.
- Le chef de l’établissement où se fait l’épreuve fournit la% main-d’œuvre et les appareils nécessaires à l’opération.
- Art. 5. — Après qu’une chaudière ou partie de chaudière a été éprouvée avec succès, il y est apposé un ou plusieurs timbres indiquant, en kilogrammes par centimètre carré, la pression effective que la vapeur ne doit pas dépasser.
- Les timbres sont poinçonnés et reçoivent trois nombres indiquant le jour, le mois et l’année de l’épreuve.
- Un de ces timbres est placé de manière à être toujours apparent après la mise en place de la chaudière.
- Tome 109. — Novembre 1907.
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- Toute chaudière neuve présentée à l’épreuve doit porter une plaqued’idendité indiquant:
- i° Le nom du constructeur;
- 2° Le lieu, l’année et le numéro d’ordre de fabrication.
- Art. 6. — Les réchauffeurs d’eau sous pression, les sécheurs et les surchauffeurs'de vapeur sont considérés comme chaudières ou parties de chaudières pour tout ce qui est prescrit1 par les articles précédents.
- Art. 7. — Chaque chaudière est munie de deux soupapes de sûreté chargées de manière à laisser la vapeur s’écouler dès que sa pression effective atteint la limite maximum indiquée par le timbre réglementaire.
- Chacune de ces soupapes doit suffire pour évacuer à elle seule et d’elle-même toute la vapeur produite, dans toutes les circonstances du fonctionnement, sans que la pression effective dépasse de plus de un dixième la limite ci-dessus.
- Les mesures nécessaires doivent être prises pour que l’échappement de la vapeur ou de l’eau chaude ne puisse pas occasionner d’accident.
- Art. 8. — Quand les réchauffeurs d’eau d’alimentation seront munis d’appareils de fermeture permettant d’intercepter leur communicatidn avec les chaudières, ils porteront une soupape de sûreté réglée eu égard à leur timbre et suffisante pour limiter d’elle-même et en toutes circonstances la pression au taux fixé par l’article 7.
- Il en sera de même pour les surchauffeurs de vapeur, à moins que les dispositions prises n’excluent l’éventualité d’une élévation de la pression au-dessus du timbre.
- Art. 9. — Toute chaudière est munie d’un manomètre en bon état placé en vue du chauffeur et gradué de manière à indiquer en kilogrammes par centimètre carré la pression effective de la vapeur dans la chaudière.
- Une marque très' apparente indique sur l’échelle du manomètre la limite que la pression effective ne doit point dépasser.
- La chaudière est munie d’nn ajutage terminé'par une bride de 4 centimètres de diamètre et 5 millimètres d’épaisseur, disposée pour recevoir le manomètre vérificateur.
- Art. t0. — Chaque chaudière est munie d’un appareil de retenue, soupape ou clapet, fonctionnant automatiquementet placé au point d’insertion'du tuyau d’alimentation qui lui est propre.
- Art. 11. — Chaque chaudière est munie d’une soupape ou d’un robinet d’arrêt de vapeur, placé, autant que possible, à l’origine du tuyau de conduite de vapeur, sur la chaudière même.
- Art. 12. — Toute paroi en contact'par une de ses faces avec la flamme ou les gaz de la combustion doit être baignée par l’eau sur sa face opposée.
- Le niveau de l’eau doit être maintenu, dans chaque chaudière, à une hauteur de marche telle qu’il soit, en toutes circonstances, à 6 centimètres au moins au-dessus du plan pour lequel la condition précédente cesserait d’être remplie. La position limite seixi indiquée, d’une manière très apparente, au voisinage du tube de niveau mentionné à l’article suivant.
- Les prescriptions énoncées au présent article ne s’appliquent point :
- 1° Aux sécheurs.et surchauffeurs de vapeur à petits éléments distincts de la chaudière ;
- 2° A des surfaces relativement peu étendues et placées de manière à ne jamais rougir, même lorsque le feu est poussé à son maximum d’activité, telles que les tubes ou parties dé cheminée qui traversent le réservoir de vapeur, en-envoyant directement à la cheminée principale les produits de la combustion.
- Art. 13. —Chaque chaudière est munie de deux-appareils indicateurs du niveau de l’eau, indépendants l’un de l’autre et placés en-vue de l’ouvrier'chargé de l’alimentation.
- L’un au moins de ces appareils indicateurs- est un tube en verre disposé de manière à pouvoir être facilement nettoyé et remplacé au besoin.
- Des précautions doivent être prises contre le danger provenant des éclats de verre en cas de bris des tubes, au moyen de dispositions qui ne fassent pas obstacle à la visibilité du niveau.
- Art. 14. — Sur les groupes générateurs composés de deux ou de plusieurs appareils
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- RÈGLEMENT POUR LES APPAREILS DE VAPEUR A TERRE.
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- distincts, toute prise de vapeur correspondant à une conduite de plus de 50 centimètres carrés de section intérieure et par laquelle, en cas d'avarie à l’un des appareils, la vapeur provenant des autres pourrait refluer vers l’appareil avarié, est pourvue d’un clapet ou soupape de retenue disposé de manière à se fermer automatiquement dans le cas où le sens normal du courant de vapeur viendrait à se renverser.
- Art. 15. — Lorsqu’une chaudière est chauffée parles flammes perdues d’un ou plusieurs fours, tout le courant des gaz chauds doit, en arrivant au contact des tôles, être dirigé tan-gentiellement aux parois de cette chaudière.
- A cet effet, si les rampants destinés à amener les flammes ne sont pas construits de façon à assurer ce résultat, les tôles exposées au coup de feu doivent être protégées, en face des débouchés des rampants dans les carneaux, par des murettes en matériaux réfractaires, distantes des tôles d’au moins 5 centimètres et suffisamment étendues dans tous les sens pour que les courants des gaz chauds prennent des directions sensiblement tangentielles aux surfaces des tôles voisines avant de les toucher.
- Art. i6. — Sur toute chaudière à vapeur, ainsi que sur tout réchauffeur d’eau, sécheur ou surchauffeur de vapeur, les orifices des foyers, les boîtes à tubes et les boîtes à fumée sont pourvus de fermetures solides, établies de manière à empêcher, en cas d’avarie, les retours de llamme ou les projections d’eau et de vapeur sur les ouvriers.
- Dans les chaudières à tubes d’eau et les surchauffeurs, les portes de foyers et les fermetures de cendriers seront disposées de manière à s’opposer automatiquement à la sortie éventuelle d’un flux de vapeur. Des mesures seront prises pour qu’un semblable flux ait toujours un écoulement facile et inofîensif vers le dehors.
- Art. 17. — La chambre de chauffe de toute chaudière et de tout surchauffeur à foyer doit être de dimensions suffisantes pour que toutes les opérations de la chauffe et de l’entretien courant s’effectuent sans danger. Elle doit offrir aux chauffeurs des moyens de retraite .faciles dans deux directions au moins. Elle doit être bien éclairée.
- Les plates-formes des massifs doivent posséder des moyens d’accès aisément praticables. Tout travail à poste fixe est interdit sur ces massifs, sauf pour le service de la chaufferie.
- La ventilation des locaux où sont installés les chaudières ou groupes générateurs doit être assurée et de telle manière que la température n’y soit jamais exagérée.
- Art. 18. — Les vases clos-chauffés à feu nu dans lesquels l’eau est portée à une température de plus de 100 degrés, sans que le chauffage ait pour effet de produire un débit de vapeur, sont considérés comme, chaudières à vapeur pour l’application du présent règlement.
- Toutefois, les appareils de sûreté obligatoires sur une chaudière de cette sorte sont seulement les suivants :
- 1° Deux soupapes de sûreté, conformément à l’article 7, dans le cas où la capacité de la chaudière excède 100 litres; dans le cas contraire, une seule soupape, remplissant d’ailleurs les conditions stipulées audit article;
- - 2° Un manomètre et une bride de vérification remplissant les conditions prescrites à
- l’article 9;
- 3° Deux appareils indicateurs du niveau de l’eau, conformément à l’article 13, à moins que le mode d’emploi ne comporte nécessairement l’ouverture du vase entre les opérations successives auxquelles il sert. Dans ce cas, il peut n’y avoir qu’un seul appareil indicateur du niveau de l’eau, et cet appareil peut être réduit à un robinet de jauge, placé de manière à donner de l’eau tant que la condition de l’article 12 est remplie.
- TITRE II
- ÉTABLISSEMENTS DES CHAUDIERES A VAPEUR PLACÉES A DEMEURE
- Art. 19. — Toute chaudière destinée à être employée à demeure ne peut être mise en service qu’après une déclaration adressée par celui qui fait usage du générateur au préfet du
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- département. Cette déclaration est enregistrée à sa date. Il en est donné acte. Elle est communiquée sans délai à l’ingénieur en chef des mines.
- Art. 20. — La déclaration fait connaître avec précision :
- 1° Le nom et le domicile du vendeur de la chaudière ou l’origine de celle-ci;
- 2° Le nom et le domicile de celui qui se propose d’en faire usage;
- 3° La commune et le lieu où elle est établie ;
- 4° La forme, la capacité et la. surface de chauffe;
- 3° Le numéro du timbre réglementaire;
- 6° Un numéro distinctif de la chaudière, si l’établissement en possède plusieurs;
- 7° Enfin le genre d’industrie et l’usage auquel elle est destinée.
- Tout changement dans l’un des éléments déclarés entraîne l’obligation d’une déclaration nouvelle.
- Art. 21. — Les chaudières et les groupes générateurs se classent, sous le rapport des conditions d’emplacement, en trois catégories.
- Cette classification a pour base le produit V (t —100), où t représente, en degrés centigrades, la température de vapeur saturée correspondant au timbre de la chaudière, conformément à la table annexée au présent décret, et où V désigne, en mètres cubes, la capacité de la chaudière, y compris ses réchauffeurs d’eau et ses surchauffeurs de vapeur, mais abstraction faite des parties de cette capacité qui seraient constituées par des tubes ne mesurant pas plus de 10 centimètres de diamètre intérieur, ainsi que par les pièces de jonction entre ces tubes n’ayant pas plus de 1 centimètre carré de section intérieure.
- Lorsque plusieurs chaudières sont disposées de manière à pouvoir desservir une même-conduite de vapeur, on forme la somme des produits ainsi définis, mais en ne comptant qu’une fois les réchauffeurs ou surcliauffeurs communs.
- Une chaudière ou un groupe générateur est de première catégorie quand le produit caractéristique ainsi obtenu excède 200, de deuxième quand il n’excède pas 200, mais excède 50,* de troisième quand il est égal ou inférieur à 50.
- Art. 22. — Les chaudières ou les groupes générateurs compris dans la première catégorie doivent être en dehors de toute maison d’habitation et de tout bâtiment fréquenté par le public. Ils doivent également, à moins que la nature de l’industrie ne s’y oppose, être en dehors de tout atelier occupant, à poste fixe, un personnel autre que celui des chauffeurs, des conducteurs de machines et de leurs aides. En aucun cas, les locaux où se trouvent ces appareils ne doivent être surmontés d’étages; toutefois, on ne considère pas comme un étage, au-dessus de l’emplacement d’une chaudière, une construction dans laquelle ne se fait aucun travail nécessitant la présence d’un personnel a poste fixe.
- Art. 23. —* Une chaudière ou un groupe générateur de première catégorie doit être au moins à 3 mètres de toute maison d’habitation et de tout bâtiment fréquenté par le public..
- Lorsqu’une chaudière ou un groupe de première.catégorie est placé à moins de 10 mètres-d’une maison d’habitation ou d’un bâtiment fréquenté par le public, il en est séparé par un mur de défense.
- Ce mur, en bonne et solide maçonnerie, est construit de manière à défiler la maison ou le bâtiment par rapport h tout point de la chaudière ou de l’une quelconque des chaudières-distant de moins de 10 mètres, sans toutefois que sa hauteur dépasse de plus d’un mètre la partie la plus élevée de la chaudière. Son épaisseur est égale au tiers au moins de sa hauteur,, sans que cette épaisseur puisse être inférieure à un mètre en couronne. Il est séparé du mur de la maison voisine ou du bâtiment assimilé par un intervalle libre de 30 centimètres de largeur au moins.
- Les distances de 3 mètres et de 10 mètres fixées ci-dessus sont réduites respectivement, à lm,b0 et à 5 mètres lorsque la chaudière est installée de façon que la partie supérieure de ladite chaudière se trouve à 1 mètre en contre-bas du sol, du côté de la maison voisine ou du bâtiment assimilé.
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- Art. 24. — Une chaudière ou un groupe générateur appartenant à la deuxième catégorie doit être en dehors de toute maison habitée et de tout bâtiment fréquenté par le public.
- Toutefois, cette chaudière ou ce groupe peut être dans une construction contenant des locaux habités par l’industriel, sesxemployés, ouvriers et serviteurs et par leurs familles, à la condition que ces locaux soient séparés des appareils, dans toute la section du bâtiment, par un mur en solide maçonnerie de 45 centimètres au moins d’épaisseur, ou que leur distance horizontale soit de 10 mètres au moins de la chaudière ou du groupe.
- TITRE III
- CHAUDIÈRES LOCOMOBILES
- Art. 25. — Sont considérées comme locomobiles les chaudières à vapeur qui peuvent être transportées facilement d’un lieu dans un autre, n’exigeant aucune construction pour fonctionner'sur un point donné et ne sont employées que d’une manière temporaire à chaque station.
- Art. 26. — Les dispositions du titre premier sont applicables aux chaudières locomobiles sauf les modifications suivantes :
- 1° Le cas d’une nouvelle installation prévu à l’article 3 est remplacé, pour les locomobiles, par le cas d’un changement de propriétaire ;
- 2° L’intervalle de dix années, menlionné au même article 3, est réduit à cinq ans pour les locomobiles, à moins que ces appareils ne fonctionnent exclusivement dans les limites d’un même établissement ou ne soienl affectés à un service public soumis à un contrôle •administratif.
- Art. 27. — Chaque chaudière porte une plaque sur laquelle sont inscrits, en caractères indélébiles et très apparents, le nom et le domicile du propriétaire et un numéro d’ordre, si ce propriétaire possède plusieurs chaudières locomobiles.
- Art. 28. — Toute chaudière locomobile doit être, avant sa mise en service, l’objet d’une déclaration adressée par le propriétaire de l’appareil au préfet du département dans lequel ce propriétaire est domicilié. Les prescriptions des articles 19 et 20 s’appliquent à ce cas, sauf remplacement des indications de l’article 20 numérotées 2, 3 et 6 par celles mentionnées à l’article 27.
- L’ouvrier chargé de la conduite devra représenter à toute réquisition le récépissé de cette déclaration.
- TITRE IV
- CHAUDIÈRES DES MACHINES LOCOMOTIVES
- Art. 29. — Les machines à vapeur locomotives sont celles qui, sur terre, travaillent en •même temps qu’elles se déplacent par leur propre force, telles que les machines des chemins de fer et des tramways, les machines routières, les rouleaux compresseurs, etc.
- Art. [30. — Les dispositions du titre Ier, modifiées par l’article 26, sont applicables aux chaudières des machines locomotives. Ces machines doivent être pourvues de la plaque prescrite par l’article 27.
- Art. 31. — Les dispositions de l’article 28, paragraphe Ier, s’appliquent également à ces •chaudières.
- Art. 32. — La circulation des machines locomotives a lieu dans les conditions déterminées par des règlements spéciaux.
- TITRE V
- RÉCIPIENTS
- Art. 33. — Sont soumis aux dispositions suivantes les récipients de formes diverses, d’une
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- capacité de plus de 100 litres, qui reçoivent de la vapeur d’eau empruntée à un générateur distinct. Sont exceptés toutefois :
- 1° Ceux dans lesquels des dispositions matérielles efficaces empêchent la pression effective de cette vapeur de dépasser 300 grammes par centimètre carré;
- 2° Les cylindres de machines, avec ou sans enveloppes, les enveloppes de turbines, les tuyauteries.
- Art. 34. — Ces récipients sont soumis aux épreuves et assujettis à la déclaration, soit conformément aux articles 2 et 5, et aux articles 19 et 20, s’ils sont installés à demeure, soit conformément aux articles 26 et 28, s’ils sont mobiles. Dans ce dernier cas, l’article 27 leur est applicable.
- Art. 35. — Tout récipient dont le timbre n’est pas au moi ns égal à celui 'de la chaudière ou des chaudières dont il dépend doit être garanti contre les excès de pression par une soupape de sùi’eté si sa capacité est inférieure àl mètre cube, ou par deux soupapes de sûreté si sa capacité atteint ou dépasse 1 mètre cube. Cette soupape ou ces soupapes doivent remplir, par rapport aux timbres du récipient, les conditions fixées à l’article 7.
- Elles peuvent être placées soit sur le récipient lui-même, soit sur le tuyau d’arrivée de la vapeur, entre le robinet et le récipient.
- Art. 36. — Lorsqu’un récipient ou un groupe de récipients formant même un appareil doit, en vertu de l’article 35, être muni d’une ou deux soupapes de sûreté, il doit également être muni d’un manomètre et d’un ajutage remplissant les conditions spécifiées à l’article 9.
- Art. 37. — Un récipient est considéré comme n’ayant aucun produit caractéristique s’il ne renferme pas normalement d’eau à l’état liquide et s’il est pourvu d’un appareil de purge fonctionnant d’une manière efficace et évacuant l’eau de condensation à mesure qu’elle prend naissance. S’il n’en est pas ainsi, son produit caractéristique est le produit V [t — 100) calculé comme pour une chaudière.
- Un récipient, installé à demeure, dont le produit caractéristiqiie excède 200, doit être en dehors de toute maison habitée et de tout bâtiment fréquenté par le public.
- TITRE VI
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Art. 38. — Le ministre peut, sur le rapport des ingénieurs des mines, l’avis du préfet et celui de la commission centrale des machines à vapeur, accorder dispense de tout ou partie des prescriptions du présent décret, dans le cas où il serait reconnu que cette dispense ne peut pas avoir d’inconvénient.
- Art. 39. — Les chaudières et récipients à vapeur en activité, ainsi que leurs appareils et dispositifs de sûreté, doivent être constamment en bon état d’entretien et de service.
- La conduite des chaudières à vapeur ne doit être confiée qu’à des agents sobres et expérimentés.
- L’exploitant est tenu d’assurer en temps utile les nettoyages, les réparations et les remplacements nécessaires.
- A l’effet de reconnaître l’état de chaque appareil à vapeur et de ses accessoires, il doit faire procéder, par une personne compétente, aussi souvent qu’il est nécessaire, et au minimum une fois chaque année, à l’examen défini à l’article 40.
- Cet examen doit, notamment, avoir lieu dans chacun des cas mentionnés à l’article 3.
- Lorsque l’appareil arrive à l’expiration de la période décennale ou quinquennale visée aux articles 3 et 26, il doit être procédé audit examen, soit préalablement à l’octroi du sursis prévu par ces articles^soit, si l’épreuve a lieu, aussitôt après cette épreuve,
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- Art. 40. — L’examen consiste dans une visite complète 'de l’appareil, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
- Le visiteur dresse, de chaque examen, un compte rendu mentionnant les résultats de l’examen et les défauts qui auraient été constatés. Ce compte rendu, daté et signé par le visiteur, doit être représenté par l’exploitant à toute réquisition du service des mines.
- En ce qui concerne les appareils dont le délai de réépreuve périodique est fixé à cinq années par les articles 26, 30 et 34. l’exploitant est tenu d’envoyer en communication à l’ingénieur des mines chaque compte rendu d’examen dressé conformément aux dispositions qui précèdent.
- Art. 41. — L’exploitant doit tenir un registre d’entretien, où sont notés à leur date, pour chaque appareil à vapeur, les épreuves, les examens intérieurs et extérieurs, les nettoyages et les réparations. Ce registre doit être coté et paraphé par un représentant de l’autorité chargée de la police locale. Il est présenté à toute réquisition des fonctionnaires du service des mines.
- Art. 42. — Les appareils mobiles sont assujettis aux mêmes conditions d’emplacement que l'es appareils fixes lorsqu’ils restent peudant plus de six mois installés pour fonctionner sur le même emplacement.
- Art. 43. — Les conditions fixées parles articles 7 et 12, ainsi que celles relatives à l’emplacement des chaudières et des récipients, ne sont pas applicables aux appareils installés ou mis en service avant la promulgation du présent décret et satisfaisant, sur ces points, aux règlements antérieurs.
- Art. 44. — Les contraventions au présent règlement sont constatées, poursuivies et réprimées conformément aux lois.
- Art. 15. —En cas d’accident ayant occasionné la mort ou des blessures, le chef de rétablissement doit prévenir immédiatement le maire de la commune et l’ingénieur des mines chargé de la surveillance. L’ingénieur se rend sur les lieux, dans le plus bref délai, pour visiter les appareils, en constater l’état et rechercher les causes de l’accident. Il rédige sur le tout : y
- 1° Un procès-verbal des constatations faites, qu’il adresse à l’ingénieur en chef, et que celui-ci fait parvenir au procureur de la République avec son avis ;
- 2° Un l’apport qui est adressé au préfet, par l’intermédiaire et avec l'avis de l’ingénieur en chef.
- Si l’ingénieur des mines délègue le contrôleur subdivisionnaire des mines pour se rendre sur les lieux, ce dernier établit et signe le procès-verbal et le rapport. Il les adresse à l’ingénieur des mines, et celui-ci les transmet avec ses observations à l’ingénieur en chef, qui procède comme il est dit ci-dessus.
- En cas d’accident n’ayant occasionné ni mort ni blessure, le chef de l’établissement n’est tenu de prévenir que l’ingénieur des mines. L’enquête est faite sur place par l’ingénieur, ou, par délégation de l'ingénieur, parle contrôleur subdivisionnaire. L’ingénieur ou le contrôleur qui a procédé à l’enquête rédige un rapport qui est adressé au préfet comme dans le premier cas.
- En cas d’explosion, les constructions ne doivent point être réparées et les fragments de l'appareil rompu ne doivent point être déplacés ou dénaturés avant la constatation de l’état des lieux par l'ingénieur.
- Art. 46. — Par exception, le ministre pourra confier la surveillance des appareils à vapeur aux ingénieurs ordinaires et aux conducteurs des ponts et chaussées, sous les ordres de l’ingénieur en chef des mines de la circonscription.
- Art. 47. — Les appareils à vapeur qui dépendent des services spéciaux de l’État sont surveillés par les fonctionnaires et agents de ces services.
- Art. 48. — Les attributions conférées aux préfets des départements par le présent décret sont exercées par le préfet de police dans toute l’étendue de son ressort.
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- Art. 49. — Sont rapportés les décrets du 30 avril 1880 et du 29 juin 1886.
- Art. 50. — Le ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes est chargé de d’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel et inséré au Bulletin des lois.
- Fait à Rambouillet, le 9 octobre 1007.
- A. FALL1ÈRE3.
- Par le Président de la République :
- Le ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes,
- LOUIS BARTHOU.
- Table donnant la température (en degrés centigrades) de l’eau correspondant à une pression donnée {en kilogrammes effectifs).
- VALEURS CORRESPONDANTES
- de la pression effective de la température
- en kilogrammes. en degrés centigrades
- 0,5 10,5 111 185
- 1,0 11,0 120 187
- 1,5 11,5 127 189
- 2,0 12,0 133 191
- 2,5 12,5 138 193
- 3,0 13,0 143 194
- 3,5 13,5 147 196
- 4,0 14,0 151 197
- 4,5 14,5 *• 155 199
- 5,0 15,0 158 200
- 5,5 15,5 161 202
- 6,0 16,0 164 203
- 6,5 16,5 167 205
- 7,0 17,0 170 206
- 7,5 17,5 173 208
- 8,0 18,0 175 209
- 8,5 18,5 177 210
- 9,0 19,0 179 211
- 9,5 19,5 181 213
- 10,0 20,0 183 214
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- Séance clu 8 novembre 1907
- Présidence de M. Gruner, président.
- Correspondance. — il/. Hitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- MM. de Ribes-Christofle et Guillet remercient le Conseil de leurs nominations comme membres des Comités des Constructions et Beaux-Arts et des Arts chimiques. <
- M. L. Maître, à Prédanne, Jura Bernois, présente un procédé de soudure de T aluminium. (Arts chimiques.)
- il/. Cassagne, 15, rue Linné, demande une annuité de brevet pour un réflecteur de lampe. (Arts économiques.)
- Correspondance imprimée. — M. Hilier présente en ces termes les ouvrages suivants déposés à la Bibliothèque :
- Parmi les ouvrages offerts à la Société je vous signalerai spécialement aujourd’hui :
- I. — Les pyrites. — Pyrites de fer. — Pyrites de cuivre, par P. Truchot, viii-348 p.
- Paris, H. Dunod et E. Pinat; 1907.
- II. — Les nouvelles machines thermiques. — Moteurs rotatifs et turbines à vapeur et à gaz facilement liquéfiables, par A. Berthier, vi-324 p., 132 fîg. Paris, H. Desforges, 1908.
- III. — Catalogue officiel des collections du Conservatoire des Arts et Métiers, 3e fasc.,
- 22/13, 3, 297 p., 66 fig., 3 planches. Paris, E. Bernard, 1908.
- IV. — Précis d’hydrologie (eaux potables et eaux minérales), par le docteur Émile Fleury,
- 2e partie, Eaux minérales, 332 p. Paris, H. Desforges, 1907.
- V. — Recueil de types de ponts pour routes, en ciment armé, par N. Tédesco, avec la collaboration de Victor Forestier (Encyclopédie des Travaux publics), texte et planches. Paris, Ch. Béranger, 1907.
- Cet ouvrage a pour but réunir sous un petit volume les documents et renseignements nécessaires â l’étude d’un projet de pont-route en ciment armé; en conformité avec la circulaire ministérielle du 20 octobre 1906, il comprend notamment :
- Instructions ministérielles. —Conditions d’application des inslructions.— Méthode de calcul des solides fléchis en ciment armé. — Déformation d’une poutre en ciment armé. — Pont de 4 mètres à une voie. — Pont de 6. mètres à deux voies. — Pont de
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- 8 mètres à deux voies. — Pont de 10 mètres à une voie. — Pont de 15 mètres à deux: voies. — Pont de 20 mètres à une voie. Pont de 25 mètres à deux voies. — Pont de-30 mètres aune voie.
- Le texte est accompagné d’un album de planches, dessinées avec le plus grand soin et la plus grande clarté possible, et avec tous les détails nécessaires à l’exécution.
- VI. — Manuel pratique du monteur électricien, par J. Laffargue, 10e éd. (Bibliothèque des Actuaütés industrielles), vm-1020 p., 690 fig. Paris, Bernard Tignol, 1907.
- Ce manuel est la reproduction du cours d’électricité industrielle pratique, fait à la Fédération générale professionnelle des châuffeurs-mécaniciens-électriciens de France et d’Algérie, par M. J. Laffargue, qui a cherché à rassembler en un recueil les renseignements pratiques de toutes sortes, qui peuvent être utiles à un électricien, soit pour la conduite, soit pour l’établissement d’une installation électrique.
- VIL — Les grandes eaux de Versailles, par L.-A. BArbet. Installations mécaniques et
- étangs artificiels. Description des fontaines et de leurs origines. Préface de
- Henri Roujon, iv-358 p., 310 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- « C’est l’histoire de ce prodige scientifique et artistique d’avoir transformé le bourg du val de Galie, lieu sans sources ni rivières, en royaume enchanté des eaux que nous raconte le beau livre de M. Barbet » ainsi que l’écrit M. Roujon dans la préface en tête de l’ouvrage, et il ajoute : « Cette histoire des eaux n’était pas écrite, — le livre nous manquait, il ne nous manque plus. » L’œuvre revenait de droit à un ingénieur qui serait un artiste. M. Barbet, notre collègue au Comité des Arts mécaniques, est, nous le savons tous, l’un et l’autre. Constructeur puissant qui aime à se délasser des grands travaux d’utilité publique dans les aimables fonctions de Président des Amis-des Arts de Versailles.
- Il était établi par la tradition qu’à l’ingénieur Francini, originaire de Florence, aidé de ses frères) appartenait la gloire d’avoir créé les fontaines de Versailles, M. Barbet ne songe pas à nier que les Francini, — Pierre et François Francini, — n’aient été consultés au sujet des eaux de Versailles; il se refuse toutefois à laisser cette famille italienne usurper la gloire des ingénieurs et des savants français. Ce fut l’abbé Picard, par exemple, qui conçut le vaste plan des étangs artificiels, recevant les eaux pluviales pour qu’elles soient conduites au parc royal.
- M. Barbet, dans son ouvrage, démontre que la volonté de Louis XIV, créatrice de génie artistique, suscita aussi de la science : Louis XIV voulait qu’on lui procurât, coûte que coûte, « le contentement des Fontaines ».
- Ainsi non seulement les Amis de Versailles applaudiront au beau livre de M. Barbet, mais les savants et les ingénieurs y puiseront de précieux renseignements, et notre Société en particulier est heureuse d’adresser à notre collègue ses très vives félicitations.
- VIII. — Memento du chimiste (ancien Agenda du chimiste), directeurs : A. Haller et Ch. Girard, xx-758 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- .Le Memento du chimiste est publié sous la direction de notre collègue M. Haller,, qui nous présente l’ouvrage dans une courte préface où il rappelle les services rendus par l’ancien Agenda du chimiste publié de 1877 à 1897, et où il rend hommage aux
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- savants, aux hommes de bonne volonté qui l’avaient imaginé et élaboré : les Würtz, Friedel, Henninger, Ch. Girard, Pabst, Grüner, Alphonse Combes.
- Après un arrêt momentané, l’Agenda reparaît aujourd’hui sous un autre nom : le Memento du chimiste.
- Tout en ayant pour certaines de ses parties des points de ressemblance avec son aîné, le présent volume en diffère cependant sous bien des rapports.
- Son chapitre Ier renferme comme l’Agenda des documents physiques auxquels on a joint, avec raison, des tables de logarithmes, un abrégé du système C. G. S. et quelques données thermo-chimiques.
- Dans le chapitre II on a réuni des documents indispensables de chimie pure et de minéralogie.
- Quant au chapitre III, il.comprend, sous une forme claire, précise et succincte, les meilleurs procédés d’analyse appliqués aux matières alimentaires et aux produits usités dans les industries les plus diverses. Cette partie de l’ouvrage se recommande tout particulièrement à l’attention des praticiens. Les méthodes choisies et décrites ont été, les unes élaborées entièrement et les autres soumises au contrôle le plus minutieux par les savants analystes du laboratoire municipal. Toutes ont reçu la sanction d’une longue pratique.
- Nous sommes persuadés que, sous sa nouvelle forme, le Memento du chimiste ne le cédera en rien comme intérêt à son ancien, et qu’il recevra des hommes de science, auxquels il est destiné, le même accueil favorable.
- En dehors des spécialistes, ce que tous liront avec le plus vif intérêt et le plus grand profit est la belle notice que M. Haller consacre en tête de l’ouvrage à Charles Friedel : à l’homme et au grand savant.
- IX. — La bibliographie industrielle, par M. Jules Garçon, 2e édition. Paris, 1907,
- Notre bibliothécaire, M. Jules Garçon, nous a fait hommage de la seconde édition de ce petit volume appelé à rendre de très réels services: La bibliographie industrielle et commerciale « c’est un sujet qui semble bien aride, bien spécial. Mais il est de toute première importance, et j’espère, écrit M. Garçon, être assez heureux pour convaincre vos esprits que les travaux publiés dans cette voie ne sont pas seulement d’une extrême utilité au point de vue pratique pour les industriels et pour les commerçants, en un mot pour tous les travailleurs, mais qu’ils leur deviennent encore d’une absolue nécessité. »
- Les observations de M. Garçon portent: d’abord sur les services que la bibliographie peut rendre ; ensuite sur les principes qu’il faut suivre pour établir les répertoires bibliographiques industriels ; enfin sur les répertoires existants.
- La Société d’Encouragement ne peut que remercier M. J. Garçon en lui renouvelant ses félicitations.
- X. — Traité d’exploitation commerciale des bois, par M. Alphonse Mathey, tome
- deuxième, préface de M. Daubrée, 835 p. Paris, Lucien Laveur.
- M. Mathey nous a fait hommage du second tome de son Traité d1 exploitation commerciale des bois, volume in-8 carré de 836 pages avec 429 figures; cette seconde partie est digne de la première si universellement remarquée. Notre collègue M. Daubrée, directeur général des Eaux et Forêts, a tenu à présenter lui-même cet ouvrage considé-
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- rable au grand public et à le recommander à tous ceux qui s’occupent soit de la production, soit de l’exploitation, soit de la vente des bois. « Ils seront, dit-il, certainement séduits par la clarté de l’exposé, par- l’abondance de la documentation, par les nombreuses figures admirablement exécutées qui complètent toutes les explications. »
- Le tome II du Traité d’exploitation commerciale des bois traite spécialement des matières suivantes :
- Les bois de feu, de charbon, de papier et de défibrage, les petits bois d’industrie. — Bois ronds ou en grume, bois équarris, poutres, charpentes, traverses de chemins de fer, les sciages. —Bois de fente, les petites industries forestières, les grands emplois du bois. — Produits accessoires.
- XI. — Les Alpes françaises. Nouvelles études sur l’économie alpestre, par M. F. Briot.
- Paris, Berger-Levrault et Lucien Laveur.
- Notre Société, il y a deux ans, au courant des études si originales et si intéressantes que poursuivait notre collègue M. Briot, correspondant de notre Société, avait tenu à encourager ses travaux; aujourd’hui que le nouvel ouvrage de M. Briot vient de paraître, nous ne pouvons que nous en féliciter hautement.
- Ces Nouvelles Études sur l’économie alpestre sont une digne suite des études sur le même sujet que l’auteur publiait dès 1896. Elles comprennent deux parties assez dis tinctes. Dans la première M. Briot traite de diverses questions générales : des forêts, de l’aménagement des prés-bois et des futaies particulières de faible étendue, de l’affouage pastoral, de la transhumance de Provence, des torrents, etc.
- La seconde partie, la plus développée, comprend un grand nombre de documents économiques, spéciaux à cent quatre-vingts communes, des Alpes de Savoie, Alpes du Dauphiné, Alpes de Provence et Maritimes. Ces documents sont extraits de notes monographiques, toutes prises sur place, touchant les améliorations et la réglementation pastorales, les canaux d’irrigation, la laiterie, la mise en valeur des communaux, les rendements sylvo-pastoraux, etc.
- C’est cette étude faite sur place, cette vie vécue de nos populations alpestres, qui a permis à M.-F.'Briot de comprendre les véritables besoins de nos populations alpestres, de se rendre compte des raisons d’être des vieux usages, des coutumes sanctionnées par l’expérience, etc. M. Briot se montre très réservé sur les réglementations nouvelles, d’un caractère absolu et général, que parfois on est tenté de vouloir imposer. Ses opinions sur le reboisement, la transhumance, l’affouage pastoral, la réfection des torrents sont parfois contraires à celles qui sont généralement acceptées; mais comme elles ne sont pas le fruit de raisonnements abstraits et théoriques, mais le fruit d’observations longues et minutieuses, d’expérimentation directe, elles *n’en sont, nous le répétons, que plus originales et plus intéressantes.
- Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Direction du Travail. — Statistique des Grèves et des Recours à la conciliation et à l’arbitrage survenus pendant
- l’année 1906.
- M. J. Garçon en donne l’analyse suivante :
- Il y a eu, en 1906, 1309 grèves comprenant -438 466 grévistes (380 435 hommes, 41331 femmes, et 16 710 jeunes gens) occupés dans 19 637 établissements; elles ont
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- entraîné 9 436 o94 journées de chômage, dont 746 490 jours chômés par 29 305 ouvriers non grévistes, et 8 692 104 chômages par les grévistes.
- L’accroissement considérable du nombre des grèves en 1906 (830 grèves en 1905) s’explique par le grand nombre de conflits auxquels ont donné lieu les demandes de diminution de la journée de travail formulées par les ouvriers à l’occasion du 1er mai.
- Dans 277 grèves (21,16 p. 100 contre 22,29 en 1905) 354 établissements (1,80 p. 100 contre 4,32 en 1905) étaient possédés par des Sociétés par actions.
- Après les industries du bâtiment qui ont fourni 234 grèves, avec 91 963 grévistes, viennent les industries textiles, avec 208 grèves et 48 773 grévistes, le travail des métaux, avec 164 grèves et 64 500 grévistes ; les industries du transport, avec 135 grèves et 20 641 grévistes; les industries polygraphiques, avec 119 grèves et 21 443 grévistes, les cuirs et peaux, avec 75 grèves et 14 653 grévistes, les industries du bois, avec 68 grèves et 26 798 grévistes.
- En 1906, les ouvriers se sont mis en grève dans les mines dans la proportion de 475 p. 1000; dans les usines métallurgiques, de 314 p. 1000; dans la construction, de 223; dans le travail des métaux fins, de 172; dans les industries polygraphiques, de 162; dans le travail des métaux ordinaires, de 118; dans les industries dubois,de 110:. dans les cuirs et peaux, de 93 ; dans les industries textiles, de 79 p. 1000.
- Les grèves en 1906 ont présenté les résultats suivants: 21 p. 100 de réussite pour les ouvriers, 41 p. 100 de transactions, 38 p. 100 d’échec.
- La loi du 27 décembre 1892 sur la conciliation et l’arbitrage a été constatée dans 302 différends, soit une proportion de recours de 23 p. 100. Ces recours ont été suivis de constitution des Comités de concihation dans 170 différends.
- Il semble qu’on peut porter à l’actif de tla loi du 27 décembre 1892 la fin des différends suivants dont elle a précipité la solution, directement ou indirectement : 1° ceux, au nombre de 13, terminés dès le début de la procédure ; 2° après refus de se prêter à la tentative de concihation, 10, dont 8 après refus des patrons (2 transactions, 6 échecs) et 2 après refus des deux parties (1 transaction et 1 échec); 3° 94 concihations par les comités; 4° 8 arbitrages; 5° 5 différends terminés après la réunion des comités. Total : 130.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- La question de la préparation mécanique ou de l’enrichissement des minerais est, comme vous le savez, à l’ordre du jour; je vous ai signalé, dans notre séance du 25 mai dernier (1) le procédé Elmore, par l’huile et par le vide; MM. Layauden et Bourgeot vous ont entretenus, dans notre dernière séance, du classeur centrifuge et] de ses applications; voici encore un nouveau procédé, celui de M. Macquislin, qui vient d’être apphqué avec succès aux Etats-Unis (2).
- Ce procédé est basé sur l’utilisation de la tension superficielle ou de surface des liquides, en vertu de laquelle des corps de petite dimension, et très denses, peuvent flotter sur l’eau, surtout s’ils sont légèrement graissés ; tel est le cas d’une petite
- (1) Bulletin de juin 190", p. 799.
- (2) Engineering and Mining Journal, 26 octobre et Brevets américains 865 194 et 865260 de septembre 1907.
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- aiguille à coudre, tel est aussi le cas de certains minerais : calcho-pyrites, pyrolithe, blendes, galènes... pulvérisés et naturellement graisseux.
- Si on coule sur une surface d’eau une pulpe constituée par le mélange finement pulvérisé de ces minerais avec leur gangue quartzeuse, la gangue, entièrement mouillée, se précipitera au fond de l’eau et le minerai, bien que spécifiquement plus lourd, surnagera en une sorte de pellicule, qu’il suffira de décanter; le tout est de simplifier la production de cette couche et son décantage. A cet effet, M. Macquistin emploie un dispositif très ingénieux et des plus simples, qui constitue la caractéristique originale dès son procédé.
- Cet artifice consiste à faire arriver la pulpe de broyage du minerai très fine et plus ou moins débourbée dans l’axe et par (fig. 1) l’une des extrémités d’un tube de fonte horizontal tournant, et débouchant, à son autre extrémité, dans un bac de décantation, dans l’eau duquel cette extrémité plonge d’un tiers environ de son diamètre. L’intérieur de ce tube est garni d’hélices en saillie qui font avancer la pulpe le long du tube
- Fig. 1.
- tout en la ramassant sans cesse et la remontant au niveau de l’eau dans le tube, de sorte que la matière utile du minerai se présente sans cesse à ce plan d’eau sous l’angle voulu pour la formation de la couche riche, ainsi séparée de la gangue, qui reste au fond du tube. A la sortie du tube,cette gangue tombe au fond du bac de décantation, tandis que la couche riche, continuant à flotter sur l’eau de ce bac, s’en décante automatiquement par un déversoir approprié.
- Aux ateliers de préparation mécanique d’Adélaïde, mines de Golconde, Nevada, où le procédé Macquistin est appliqué à des minerais de calchopyrites, blende, et galène, rebelles à tout autre traitement, les tubes ontl“,80 de long sur 30 centimètres de diamètre, avec des hélices au pas de 20 millimètres (fig. 2) qui sera porté, à l’avenir, à 40 millimètres (fig. 3); la hauteur de l’eau dans les tubes est de 75 millimètres, et sa hauteur au-dessus du déversoir décanteur de 0mm,8 seulement. La vitesse de rotation du tube sur ses galets est de 30 tours par minute. La matière précipitée dans le décanteur d’un premier tube passe en série dans un second, un troisième, puis un quatrième tube, jusqu’à son épuisement par une série de séparations.
- Lestubes sont au nombre de \ 00, disposés en vingt-cinq groupes ou séries de quatre, traversés successivement par des gangues de plus en plus appauvries, comme je viens
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- •de vous le dire; les concentrais de tous ces tubes, dont le volume diminue d’un.tube'à l’autre de chaque série, sont envoyés tous à un même réservoir de dépôt. L’eau des tubes n’est pas perdue, mais reprise par des pompes qui la font resservir, et l’on a même remarqué que cette eau était d’autant meilleure qu’elle avait servi plus souvent.
- Les minerais subissent, avant d’arriver aux tubes, un traitement de broyage et de •déslimage qui en fait une pulpe extrêmement fine, mais qui ne présente rien de bien particulier. Chaque série de quatre tubes peut traiter, par vingt-quatre heures, 5 tonnes •de minerai, de sorte que l’on peut en traiter, en tout, 125 tonnes. La teneur en cuivre du minerai varie de 2,7 à 3,2 p. 100, et les tubes permettent d’en extraire 90 p. 100 à peu de frais.
- Le minerai, en raison de l’extrême finesse de son broyage, est toujours mélangé de boues, dont on le débarrasse en partie sur des tables, avant son’arrivée aux tubes, et
- ce avec une perte qui fait baisser à 63 p. 100 environ le rendement total de l’extraction. On espère arriver, en allongeant les tubes et leurs bacs de décantation, à pouvoir y traiter des pulpes plus boueuses, et améliorer d’autant le rendement total du procédé; mais, tel qu’il est, presque dès son début, il a permis de traiter avec profit des minerais autrefois entièrement perdus.
- Dans une autre mine, à Rico, Colorado, le procédé Macquistin a permis de retirer un concentrât à 7,78 p. 100 de plomb et 41,2 p. 100 de zinc d’un minerai à 3,94 p. 100 de plomb et 19,2 p. 100 de zinc.
- Actuellement, ce procédé peut bien séparer des sulfures de leurs gangues, mais pas deux sulfures différents l’un de l’autre. Dans ce procédé, il importe que la pulpe se présente au plan d’eau du tube sous un angle donné, qui dépend de la nature de la matière à séparer; il serait, d’après M. Huntington, de 48° pour la galène, de 50 à 70° pour la blende ; de là l’importance de donner aux hélices des tubes un pas fonction delà nature des minerais, et tel qu’il présente la pulpe au plan d’eau sous l’angle voulu; dans certains cas, ce pas peut aller jusqu’à 50 millimètres, et on espère pouvoir, en modifiant convenablement le pas, la vitesse et la longueur des tubes, réduire le nombre des tubes à deux au lieu de quatre par série.
- On n’est pas encore définitivement fixé sur l’économie réelle du procédé Macquistin, mais il a déjà donné plus que de belles espérances, et paraît susceptible de perfectionnements importants. 7
- Rien n’est plus désagréable, et parfois très difficile, comme le savent en particulier tous les chimistes, que de déboucher une bouteille à l’émeri bien fermée, et cela est particulièrement agaçant lorsque l’opération doit se répéter souvent, et sur des bouteilles avec lesquelles on opère des mesures de précision, telles que les pesées dans les laboratoires. Aussi, ai-je cru intéressant de vous présenter, ce soir, un flacon de pesée,
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- de l’invention de M. Mac Myn, et mis en vente par la maison John Kerr, de Manchester.
- Gomme vous le voyez (fig.4), ce flacon, au lieu d’être fermé par un bouchon ordinaire à l’émeri, l’est par une capsule en verre, rodée à l’émeri, tronconique, et qui s’applique exactement sur une zone de faible largeur, et également rodée, de l’embouchure tronconique correspondante du flacon. On obtient ainsi, en passant sur la zone de contact une très légère couche de vaseline au pinceau, une fermeture absolument étanche, telle, par exemple, que du carbonate de soude peut rester, dans ce flacon, à l’état absolument
- Fig. 4.
- anhydre, pendant un temps très long, sans qu’il y faille mettre un desséchant quelconque. La capsule, qui remplace l’ancien tenace et capricieux bouchon, se place et s’enlève avec la plus grande facilité ; le bord très net du flacon ne retient pas les gouttes, et/s’il y adhère quelque trace du liquide à peser, c’est entre la capsule et le col du flacon, de sorte qu’elle ne peut fausser les pesées soit en s’évaporant, soit en absorbant de l’humidité de l’atmosphère, comme lorsqu’elle est à l’extérieur du flacon.
- La pesée des liquides est très facile avec ce flacon, dont la large ouverture permet d’y introduire une petite pipette en verre, pesée dans le flacon en même temps que le liquide. Pour en retirer du liquide, il suffît de coiffer cette pipette d’une petite poire de caoutchouc, qui la transforme en un compte gouttes, avec lequel il est des plus facile de transvaser du liquide. Après ce transvasement, on remet la pipette, sans sa poire, dans le flacon, que l’on pèse à nouveau. La différence de pesées avant et après le transvasement donne exactement le poids de liquide transvasé. Cette opération se fait très vite et fort exactement, même avec des liquides volatils comme les alcools. On peut aussi, avec les grands flacons, y peser très facilement des filtres sans les froisser.
- On a proposé de très nombreuses solutions pour augmenter le rendement des limes, éviter leur encrassement surtout dans la taille des métaux mous ou gras, faci-
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- liter leur taille et leur entretien. Il me suffira de vous rappeler, entre autres, les-limes à dégagement de Leclercq (1) et les limes démontables de Müller (2) et de Kau-fold (3); voici une nouvelle tentative dans cette voie, due à MM. Vernaz et Leclerc, et-qui paraît, par les résultats déjà acquis, appelée à un grand succès (4).
- Ainsi que vous le voyez par ces échantillons, la lime est (fig. 5) constituée par une-bande d’acier taillée sur ses deux faces et attachée solidement à un support dont on peut la détacher très aisément pour la retourner ou la remplacer. La table n’est pas droite, .mais circulaire, avec des arêtes d’attaque presque normales, inclinées de 2 à 3° seulement. Cette faible inclinaison, jointe à la forme circulaire de la taille, fait que la dent ne s’encrasse que très peu, même avec l’aluminium, et que son travail est à la fois plus-
- Fig. 5.
- doux et plus rapide, presque sans glissement, à la manière d’une sorte de fraise à la main. Les limes fines ont 12 dents sur 24 millimètres, les moyennes 9 et les grosses 6 dents. .
- Ces limes ne remplacent pas les limes douces, pour le finissage, mais elles travaillent aussi bien que les demi-douces, et peuvent limer non seulement tous les-métaux, mais le bois, la pierre et le marbre. Séparées de leur attache, elles pèsent beaucoup moins que les limes d’une seule pièce : près de 3 fois moins. Enfin la taille se fait par des machines spéciales, qui n’arrachent pas la dent à sa base, et lui assurent une grande solidité; elle peut se retailler jusqu’à quatre fois, et à très bon. marché.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la. Société, présentés par M. Grimer :
- M. Cuvinot, inspecteur général des Ponts et Chaussées, sénateur, président de la Régie d’Anzin.
- M. Reumaux (Elie), directeur général de la Société des mines de Lens, vice-président de la Société des Ingénieurs civils.
- M. Jules Siegfried, député, ancien ministre du Commerce, Paris.
- (O Bulletin de mars 1903, p. 150.
- (2) Bulletin des Arts et Métiers. Mars 1887, p. 247.
- (3) Annales industrielles, 27 novembre 1902, p. 683.
- (4) Fabriquée à son atelier de Graville-Sainte-Honorine (Seine-Inférieure' par la Société de la « Lime fraiseuse », 37, boulevard Haussmann.
- Tome 109. — Novembre 1907.
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- il/. Gustave Mirabaud, banquier; à Paris.
- il/. Édouard Gauville, attaché au Comité central clés houillères à Paris.
- il/. Théodore Barrois, professeur à la Faculté de médecine de Lille, administrateur de la Compagnie de Lens, a Lille
- La Société des Mines de Lens, à Lens (Pas-de-Calais).
- Présenté par M. Cheysson : M. Rey [Augustin), architecte de la fondation de Rothschild, 119, rue de la Faisanderie, Paris.
- Présenté par MM. Petitpont et Livache : il/. Révillon [Théodore), fourreur, 79, rue de Rivoli, Paris.
- Communications. — Sont présentées les communications de :
- M. Bezault. Sur l'épuration biologique intense des eaux d’égout. — Sa comparaison avec le procédé de T épandage.
- M. Favre. Sur Vallumage T^odge pour moteurs à gaz.
- il/, le Président remercie MM. Bezault et Favre de leurs intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités desh4r/9 économiques et des Arts mécaniques. '
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIBLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1907
- Garçon (Jules). — La Bibliographie industrielle, deuxième éd., 235 x 14, 92 p., Paris, 40 bis, rue Fabert, 1907. _ 13 308.
- Berthier (A.). — Les nouvelles machines thermiques. Moteurs rotatifs et turbines à vapeur et à gaz, 22,5 x 14, 324 p., 152 flg., Paris, H. Desforges, 1908. 13 309.
- Catalogue officiel des collections du Conservatoire des Arts et Métiers. 5e fasc. : Arts graphiques. 22 x 13,5 297 p., 66 fig., 3 pl. Paris, E. Bernard, 1908. 13 3 1 0.
- Lezé (R.). —Utilisation des débris des animaux, et déchets, de boucherie (Encyclopédie de l’Agriculture et des sciences agricoles). 18,5 x 11,5, 289 p., 39’fîg., Paris, Charles Amat, 1907. 13 311.
- Mathey (Alphonse). — Traité d’exploitation commerciale des bois; tome II, préface de Daubrée. 23 x 14, xv-835 p., 429 fig. Paris, Lucien Laveur, 1908. 13 312.
- Nicolardot (capitaine P.). — Colombium ou Niobium. Glucinium ou Béryllium (Ex
- Bulletin de la Société chimique, 1907).
- Exposition universelle de Milan. Exposition delà Société chimique de Paris. Liste des exposants et des produits qu’ils ont découverts depuis 1900, suivie d’un court résumé de l’histoire de la Société chimique. 49 p.
- Kroupsky (Ad.). — Partie russe delà Bibliographie chimique. In-4, 62 p. Saint-Pétersbourg,
- 1900. 13 3 1 5.
- Stimpson (William).— Report on the Crustacea (Brachyura and Anomura). Collected by theNorth Pacific ExploringExpédition 1853-1856. Washington, Smithsonianlnstitution. 1907 (n° 1717 der Smithsonian miscellaneous collections). Pér. 27.
- Bureau .international des poids et mesures. Travaux et mémoires, tome XIII. Paris, Gauthier-Villars, 1900. Pér. 208.
- Ministère du travail.et de la prévoyance sociale. Direction du travail. — Statistique- des .grèves et des Recours à la conciliation et à l’arbitrage survenus pendant l’année 1906. Paris, Imprimerie Nationale 1907. Pér. 205
- Ringelmann (Max). — De la construction des bâtiments ruraux, 2e éd. xii-233 p., 178 fig-). Petite encyclopédie agricole L. Grandeau). Paris, ‘Hachette et Cie, 1907. 13 3 1 6.
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- OUVRAGES REÇUS.
- NOVEMBRE 1907.
- Glasenapp (M.). — Ueber Aenderungen der Mikrostructur der Tone durch Einwirkung hoher Temperaturen (ex Rigasche Industrie Zeitung, 1907, 11 p., 14 fig.).
- Laffargue (J.). —Manuel pratique du monteur électricien, dixième édition (Bibliothèque des Actualités industrielles). 13x18, vm-1 020 p., 690 fig, Paris, Bernard Tignol, 1907. 13 303.
- Office du travail de Belgique. — Rapport relatif à l’exécution de la loidu31 mars 1898sur les unions professionnelles pendant les années 1902-1904. Bruxelles, J. Lebègue et Cie, 1907.
- 13 304.
- Truchot (P.). — Les pyrites. Pyrites de fer. Pyrites de cuivre. 21 x 13,5. vm-348 p., 77 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 3 0 5.
- Memento du chimiste (ancien Agenda du chimiste). Recueil de tables et de documents divers, publié sous la direction de A. Haller et Ch. Girard. Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1907.
- 13306.
- The light railway AND tramway Journal. 1907 (don de M. Lavalard). Pér. 283.
- Street railway journal, 1907; don de M. Lavalard). Pér. 280.
- Fleury (Émile). — Précis d’hydrologie. (Eaux potables et aux minérales.) 2e partie. Eaux minérales. 19 x 13, 332 p. Paris, II. Desforges, 1907. 13 307.
- Blaxcarnaux (Paul). — Le mécanicien industriel. Manuel pratique. Précis des sciences mécaniques. Chaudières et machines. Moteurs divers. Mécanismes d’ateliers. 21x13,5, vi-820 p., fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 3 00.
- Guédon (L.-Pierre). — Le mécanicien de chemin de fer. 2e éd. 21 X 13,5. ix-510 p., 225 figs. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 301.
- Barbet (L.-A.). — Les grandes eaux de Versailles. Installations mécaniques et étangs artificiels. Description des fontaines et de leurs origines. Préface de Henri Roujon. 30 x 22. iv-358 p., 310 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 3 02.
- Thomas (Philippe). — Essai d’une description géologiquè de la Tunisie (Exploration scientifique de la Tunisie). lre partie : aperçu sur la géographie physique. 24,5 x 16,5. xxxn-21 p., 16 fig., 2 cartes. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. 13 3 1 3.
- Rousselet (Louis). —Mécanique, Électricité et Construction appliquées aux appareils de levage. Les ponts roulants actuels. 28 x 19. vi-553 p., 286 fig., 11 pl., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 1 4.
- Fischer (Émile). — Guide de préparations organiques à l’usage des étudiants. Traduit par H. Decker et G. Dunant, sur la 7e éd. allemande, xvn-110 p., 18 fig. Paris, Gauthier-Villars, 1907. . 13 317.
- Grimshaw (Robert). —La construction d’une locomotive moderne, traduit parP. Poin-signon. 23 x 16,64 p., 42 fig. Paris, Gauthier-Villars, 1907. 13 318
- Atti del Real Istituto d’Incoraggiamento di Napoli. Sérié Sesta, 1906, vol., LVIIF, Napoli, 1907. Pér. 182.
- . Il Reale Istituto d’Incoraggiamento di Napoli 1806-1906. Ricerche Storiche di E. Oreste Mastrofanni pubblicate per deliberazione del R. Istituto in occasione del primo centenario, Napoli, Luigi Pierro, 1907. Pér. 182.
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- OUVRAGES REÇUS.
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- Barrat (Charles). — Les forces hydrauliques de la France et la houille verte (Ex Société de statistique de Paris, 1907, 27 p., 3 cartes).
- Aragon (Ernest). — Résistance des matériaux appliquée aux constructions, tome III (Bibliothèque du Conducteur de travaux publics). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
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- Tassart (L.-C.). — Exploitation du pétrole. 28 X 19, xv-727 p., 304 fig., XVII pl., Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1908. 13 320.
- Pacoret(E.). — La technique de la houille blanche. 25,5 X, 16,5 xxiv-830 p., 291 fig., X pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 321.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ;
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES. DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . Ac. . ACE .
- ACP.. A1M. .
- AM. . AMa . Ap. . APC.. Bam..
- BCC..
- CN. .
- Cs... .
- en.
- Bp. E. .
- EL. Eam. EE.. EU. Ef..
- EM. Fi .
- Gc.. IaS. IC..
- le. . Im , tl. .
- , Journal de l’Agriculture.
- Annales de la Construction. American Society of civil Engine ers.
- , Annales de Chimie et de Physique. American Institute of Mining En-gineers.
- Annales des Mines.
- American Machinist.
- Journal d’Agriculture pratique. Annales des Ponts et Chaussées. Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- Chemical News (London).
- Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dingler’s Polytechnisches Journal. Engineering.
- The Engineer.
- Engineering and Mining Journal. 'Eclairage électrique.
- L’Électricien.
- Économiste français.
- Engineering Magazine.
- Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Génie civil.
- iron and Steel Metallurgist. Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- Industrie électrique.
- Industrie minérale de St-Étienne. Industrie textile.
- IoB. . . . Institution of Brewing (Journal >
- M.M.. . . Mining Magazine.
- Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- RdM. . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré . . . . Revue électrique.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings;.
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de-
- là métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(BulL).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle: de Mulhouse.
- SL........Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- Va. . . . La Vie automobile.
- VD1. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZaC. . . . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen, Ingenieure und Architekten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1907.
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- AGRICULTURE
- Arboriculture. Carbolineum (en). Ap. 24 Oct., 531.
- Bétail. Pathologie de la vache laitière. Ap. 15 Oct., 560; 14iVbü., 620.
- — Installation d’une porcherie. Ap. 15 Oct., 566.
- Blé et la terre. Ap. 24 Oct., 535.
- — Marché des blés dans'la Russie méridionale. Ag. 9 Nov., 728.
- — dans le Nord de la France. Emploi des
- engrais potassiques. Ag. 26 Oct., 659. Canada. Agriculture au —. Ap. 7 Noti., 599. Caoutchouc. Arbres à — du Tonkin (Durand et Eberhardt). CR. 24 Oct., 631.
- Canard de Rouen. Ap. 7 Nov., 596.
- Cheval danois (Grandeau). Ap. 24 Oct., 524. Coopération agricole en Italie (Hitier). Ap. 7 Nov., 589.
- Engrais. Feldspath comme fertilisant (Cush-man). CIV..25 Oct., 205; ler-15 Nov., 219, 239.
- — chimiques. Action toxique. Ap. 7 Nov.,
- ' . 587.
- Charrue brise-mottes italienne. Ag. 16 Nov., 780.
- Cidrerie. Importance de l’eau. Ap. 14 Nov., 625.
- Dessèchements en Hollande. E'. 15 Nov., 491. Fruits. Nouvelles variétés. Ag. 19. Oct., 620. Infection du sol par les semences de réserve des cryptogames. Ag., 2-9 Nov., 688, 733.
- Labours. Mécanique des —. Ag. 9 Nov., 730. Laiterie. 3e Congrès international. Gc. 19 Oct., 411; Ap. 15 Oct., 562; 7 Nov. 594.
- — Coagulation du lait par les présures
- végétales. Action accélératrice du fluorure de sodium. CR. 21 Oct., 689.
- — Crémoscope Potin. Cosmos. 2 Nov., 496.
- — Concours beurrier à la Délivrande. Ag.
- 9-14 Nov., 738, 626.
- — Industrie laitière dans les Pays-Bas.
- Ap. 14 Nov., 632.
- Luzernes. Cuscutes dans les —. Ag. 2 Nov., 699.
- Orge et avoine. État de la récolte en 1907. Ap. 24 Oct.., 522.
- Pomme de terre. Fruit du solanum dulcarum (Wells et Reeder). CN. 25 Oct., 199.
- Sapins du Jura. Maladie (des) (Prillieüx, Mau-blanc Henry). CR. 28 Oct., 697, 725. Reboisements à Pagny-sur-Moselle. Ag. 26 Oct., 664.
- Vigne. Crise viticole méridionale et canaux d’irrigation dérivés du Rhône. Ef. 19 Oct., 550.
- — Question du soufre (Marne). Ap. 31 Oct., 557.
- — Raisin sec, préparation domestique. Ap. 7 Nov., 598.
- — Hygiène et préservation des vins. Ag. 9-16 Nov., 748, 789.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer anglais. Statistique 1905. RdM. Oct., 346.
- — français. Économie (des). E. 15 Nov.,
- 686.
- — russes en 1905-1906. SL. Nov., 432.
- — du Lotschenberg. Traversée des Alpes
- bernoises. BCC. Nov., 1067.
- — Métropolitain à marchandises de Chicago (J. Le Chatelier). Rgc. Oct., 335.
- — — de Liverpool. Re. 16 Nov., 268.
- — Électriques. Consommation (des) (Rey-nal). EE. 16 Nov., 224.
- — — et à vapeur (Serula) (id.), 244.
- — — à courant alternatif simple en
- Europe. E/e. 19-26 Oct., 241, 257 ; 16 Nov., 305.
- — — du Simplon (Nicon).Im. (vu), 1907,
- 293.
- — — Évolution actuelle (Rougé). Re.
- 15 Nov., 264.
- — — suédois. Elà. 19 Oct., 253.
- — — des États-Unis. ZOI. 8-15 Nov.,
- 773, 789.
- — — Récupération avec les moteurs de
- traction monophasés (Cooper). EE. 2 Nov., 169.
- — — pour lignes à fortes rampes (Muhl-
- raann). BCC. Nov., 1087.
- Contrôle du travail des agents de chemins de fer en 1905. Rgc. Oct., 355.
- Accident de Shrewsbury. E'. 18 Oct., 386, 393. Éclairage électrique des trains. Dynamo Fellen et Guillaume. le. 25 Oct., 469.
- Freina vide et jeuxde l’attirail. E. 25 Oct., 563.
- — électro-pneumatique Siemens. BCC.
- Nov., 1047.
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- 1322
- Frein à air comprimé, récent perfectionnement des commandes (Parke et Dudley). BCC. Nov., 1067.
- Gare de triage de Wath. BCC. Nov., 1 124. Fourgon dynamométrique du Pennsylvania R r. BCC. Nov., 1098.
- -Locomotives à vapeur très surchauffée (Garbe). E'. 25 Oct., '407; 1er, 16 Nov. 435, 459, 485.
- — à l’Exposition de Milan. VD1. 9 Nov.,
- 1783.
- — américaines. Histoire des ateliers Bal-
- dwin. Fi. Oct., 233.
- — du Great Central anglais (Lake). VDI.
- 2 Nov., 1742.
- — à trois essieux couplés. Rendement
- (Sarizin). VDI. 26 Oct., 1695.
- — express quatre cylindres type Pacific de
- l’Orléans. Rgc. Oct., 374.
- — à quatre essieux couplés du Hull und
- Barnsley Rr. E. 15 Nov., 681.
- — compound équilibrées type Prairie de l’État italien. BCC. Nov., 1127.
- — pouf voie de 0m,60 Mathern R. BCC.
- Nov., 1133.
- — Parcours productif de locomotives. BCC. Nov., 1146.
- — Essais des charbons pour locomotives aux chemins de l’État danois (Jacob-sen). E'. 18 Oct., 382.
- — Suspension des —, réglage (Kutschera). Z01. 17 Oct., 725.
- — automotrices de l’État italien. VDI.
- 19 Oct., 1645; à l’Exposition de Milan Georges). Rgc. Oct., 279 ; du Rhimney Ry. E. 1er Nov., 600. ^
- Rails. Corrugations (des). Fell. E1. 19 Oct., 401. — Gros rails américains. E. 15 Nov., 658. — Thermomètre Hubou pour la pose des rails. Rgc. Oct., 376.
- Signaux. Slot électrique Hall.pour sémaphores. BCC. Nov., 1133.
- Transbordeurs électriques. E'. 15 Nov., 594. Voitures du London and North Western pour le transport des malades et des familles. BCC. Nov., 1137.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à l’Exposition de l’Olympia, Londres. E. 15 Nov., 675 ; E'. 15 Nov., 492.
- NOVEMBRE 1907.
- Automobiles agricoles. Expériences de Chelles. Ag. 16 Nov., 786.
- — autobus. Exploitation en Allemagne.
- Ef. 26 Oct., 583.
- — Camions et tracteurs. E. 1er Nov., 597. — Voiture de livraison Royal. Va. 2 Nov., 697.
- — à pétrole. Fiacre de la Berliner Motor-
- wagenfabrik. Gc. 19 Oct., 401.
- — — Wolselay, 45 chevaux. E. 1er Nov.,
- 588.
- — — Simplex. E. 15 Nov., 680.
- — — Daimler. 40 chevaux. E. 15 Nov.
- 676.
- — — Weyer et Richmond. Va.-16 Nov.,
- 726.
- — à vapeur du Highclere Motor Car Syn-
- dicale. E'. 15 Nov., 492.
- — Changements de vitesse. AMa. 16 Nov., 612.
- -— Le cylindre. Va. 26 Oct., 674.
- — Direction (Établissement d’une). Ama. 19 Oct., 465.
- — Freinage et mise en vitesse (Ravi-gneaux). Technique automobile. Oct., 145.
- — Graissage. Ri. 19 Oct., 413.
- — Suspension Kamp. Va. 19 Oct., 666.
- — — Étude expérimentale. Appareil
- pour. Technique automobile. Oct., 159..
- Vélocipède sur rails. BCC. Nov., 1118.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide azotique. Production au moyen de l’air (Moscicki). Rc. 30 Oct., 240; 16 Nov,,_ 278.
- Arsenic. Solution colloïdale (Auger). CR. 28 Oct., 718.
- Blanchiment. Détergents et agents de blanchiment dans les blanchisseries (H. Jakson). SA. 18-25 Oct. 1083,1101 ; 1er Nov., 1122.
- Brasserie. Divers. Cs. 15 Nov., 1155. Dosage du maltose dans la bière (Bergsten). Ms. Nov., 782.
- — Levures, conditions physiologiques
- (Lange). Nutrition (Field). Cs. 31 Oct., 1104.
- Caoutchouc. Influence du bioxyde d’azote sur le (Harries). ZaC. 8 Nov., 1969.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1907.
- 1323
- Carbone. Précipitation cathodique (Blum et Smith). CN. 25 Oct., 200.
- Carbure d’aluminium. Formation et préparation (Matignon). CR. 21 Oct., 676. Céramique. Installation et broyage de la dolomie pour garnissages réfractaires à la mine de Georgs, Osnabrück. RdM. Nov., 776.
- — Fusibilité des mélanges de silice, d’ar-
- gile et de chaux. Sprechshall, 31 Oct., 593.
- — Préparation des couvertes sur porce-
- laine. (id.), 637.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Oct., 1093.
- — Séchage du laitier granulé pour ci-
- ment. RdM. Nov., 795.
- — Emploi et classification des ciments
- (Sadtler). Fi. Nov., 357.
- Chimie synthétique et biologie (Fischer). CN.
- 23 Oct., 207 ; 1er Nov., 212.
- Coton et coton nitré (Mosenlhall). ZaC. lo Nov., 1970.
- Densité des vapeurs. Nouvelle méthode de détermination (Blakman) CN. 8 Nov., 223.
- Distillation fractionnée par la vapeur (Hardy et Richens). CN- 1er Nov., 211.
- Eaux résiduaires des raffineries de pétrole. Purification des (Donath). Ms. Nov., 793.
- — thermales. Origine et minéralisation
- (A. Gautier). Revue Scientifique, 2-9 Nov., 545, 577.
- Égouts. Purification à Colwyn Bay. E1.1er Nov., 438.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 31 Oct., 1107. 15 Nov., 1158.
- — Principes constituants des essences vé-
- gétales (Gault). Revue Scientifique, 2 Nov., 553.
- Fluorescence (Étude de la) (H. Kauffrnann). Ms. Nov., 787.
- Gaz d’éclairage. Distribution dans la banlieue de Paris. Gc. 9 Nov., 24.
- '— Emploi du gaz des fours à coke pour l’éclairage J.-F. Gasb. 9 Nov., 1019. Graisses industrielles. Élévation du point de fusion (Girard). Gc. 2 Nov., 9. Animales. Leur différenciation (PoLenstre). Cs. Nov., 1149.
- Iodomercurales (Les) (Dubois). CR. 28 Oct., 713.
- Laboratoire. Niveau constant pour laboratoire (Muramour). RCp. 3 Nov., 359.
- — Isolement des substances minérales
- contenues à l’état de traces dans un complexe salin (Meillère).Pc. 16Nov., 443.
- — Arsenic. Détermination quantitative.
- Méthode Gutzeit. Détermination dans l’urine (Sanger et Black).Cs. 15 Nov., 1115,1123.
- — Analyse des mélanges d’air et de gaz
- ou de vapeurs combustibles (Meunier). CR. 14 Oct., 622.
- — — de quelques alliages et scories
- (Namias). Ms. Nov.. 731.
- — — quantitative. Application de la mé-
- thode chronométrique (Denigès). ACp. Nov., 394.
- — Analyse électrolytique rapide sans
- électrodes tournantes. ZaC. 1er Nov., 1897.
- — — du lait condensé (Llojd). CN. 8 Nov.,
- 225.
- — Dosage rapide du formène et du mé-
- thane. Appareil nouveau (Gréhant). CR. 14 Oct., 625.
- — — du phosphore dans les fontes et
- aciers, causes d’erreur (Chesneau). CR. 28 Oct., 720.
- — — simple du cuivre par volumétrie
- gazeuse (de Saporta). RCp. 20 Oct., 338.
- — — de l’anhydride carbonique dans les
- gaz (Fabre). RCp. 3 Nov., 361.
- — — du carbone et de l’hydrogène dans
- les matières organiques. Méthode rapide (Bretauxet Leroux). Pe. 1erNov. 385.
- — — de l’oxygène dans les eaux
- (Cronlieim). ZaC. 8 Nov., 1939.
- — — titrimétrique de l’anhydride pho-
- sphorique par l’urane. Modification du procédé Malot à la cochenille (Repiton). Ms. Nov., 753.
- — — du cuivre dans les pyrites (Remon-
- dini). Ms. Nov:, 754.
- — — volumétrique dupotassium comme
- cobalt - nitrite (Drushel). American Journal of Science. Nov., 433.
- — — de l’eau oxygénée, des sels ferreux
- et'autres agents réducteurs (Mathew-son et Calvin). Ms, Nov., 755.
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- 1324
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1907.
- Laboratoire. Dosage de la matière grasse dans le lait écrémé (Leré). CR. 11 Nov., 817.
- — Recherche du nickel en présence du-cobalt.Méthode sensible (Thougaeff). CR. 21 Oct., 679.
- Lutécium. Nouvel élément résultant du dédoublement de l’ytterbium (Urbain). CR. 4 Nov., 759.
- Nitrites alcalins. Préparation industrielle (Pelet etGorni). RCp. ieTNov., 343.
- Optique. Propriétés optiques des corps dissous (Cheneveau). ACP. Nov., 289.
- — Influence de la pression sur les spectres d’absorption des vapeurs (Dufour) v CR. 4Nov., 757.
- — Représentation géométrique Gibb des phénomènes de la réflexion (Ewell). American Journal of Science.Nov., 412.
- Os. Emploi de tétrachlorure de carbone pour leur extraction. Ms. Nov., 791.
- Pain bis. Coloration du — (Bertrand et Mut-termilch). ScP. 5 Nov., 1048.
- Papier. Divers. Cs. 31 Oct., 1107.15 Nov., 1157.
- — Examen microscopique (Collin). Pc. 16 Nov., 433.
- Photographie. Action des bioxydes de sodium et de barium (Meyer). CR. 11 Nov., 805. Progrès dans le développement photographique (Jaubert). RCp. 3 Nov., 350.
- — Procédé à l’huile (Courtet). Revue Scientifique, lô Nov., 628.
- Photographie des couleurs, procédé Lumière (Guébhard). CPi. 11 Nov., 792.
- Pierres précieuses. Famille des aluminides (Synthèse des) (Bordas). CR. 28 Oct., 710.
- Poids atomique du soufre, et poids moléculaire du sulfate d’argent (Richards et Jones). CN. 25 Oct., 201 ; 1er Nov., 215.
- — Détermination finale des poids atomiques de tous les éléments entrant dans une seule réaction chimique (Hinrichs). Ms. Nov., 733.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15 Nov., 1150.
- — Action du bromure de radium (Bordas). CR. 11 Nov., 800. §
- — Action des corps radio-actifs (D. Ber-thelot) (id.), 348.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 31 Oct., 1099.
- Radium. Usine de Nogent-sur-Marne.EM.Nov*, 303.
- Soufre. Combustion dans l’air et l’oxygène (Castle et Mac Hargue). CN. 15 Nov.> 236.'
- Sucrerie. Divers. Cs. 31 Oct., 1101. 15 Nov., 1154.
- — (Matériel des) en 1906. Dp. 16 Nov., 731. Tannerie. Extraction des matières tannantes
- en vue de leur analyse (Veitch et Hurt). Ms. Nov., 783.
- Teinture et blanchiment des poils et fourrures (Bellzer). MC. 1CT Nov., 321.
- — Analyse du coton teint. Recherche de
- la nature du colorant Bordeaux et grenats (Capron). RCp. 1er Nov., 324.
- — Couleurs nouvelles. RCp. 1er Nov., 348.
- — Divers. Cs. 31 Oct., 1081, 1083. 15 Nov.„
- 1133, 1135.
- — Identification des couleurs sur fibres
- végétales. Cs. 31 Oct., 1083.
- Tourbe. Utilisation,procédé Ziegler. E. 15 Nov.., 671.
- Vinaigre de fermentation et essence de vinaigre, leur distinction (Schmidt).. Ms. Nov., 779.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail. Application de la loi de 1898. Ef. 26 Oct., 591.
- Action sociale à la campagne, d’après le programme de l’union populaire des catholiques allemands (Escard). Rso. 16 Nov., 652.
- Alcoolisme dans l’industrie (lutte contre 1’). Rso. 1er Nov., 556.
- Allemagne. Impôt complémentaire en Prusse.
- Bière et alcool. Consommation et fa-* brication. Sociétés coopératives en 1905. SL. Oct.,m, 415, 417, 425. Angleterre. Suprématie mécanique de] Manchester. E. 9 Nov., 658.
- Brevets. Loi anglaise nouvelle. SA. 8 Nov., 1146.
- Caisses de chômage: Subventions des^pouvoirs publics. Ef. 2 Nov., 626.
- — Assurance contre le chômage en Da-
- nemark. Ef. 9 Nov., 659.
- — Contrat social collectif de travail
- (Isaac). Rso. 1er Nov., 677.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1907.
- 1325
- Économie politique. Son évolution (Boyenvâl). Rso. 1er Nov., 574.
- Enseignement. L’Ecole polytechnique. E. 25 Oct., 561 ; 1er IVou., 587.
- — supérieur technique en Belgique (Vei-
- ney). Im. 1907 (vu), 221.
- Espagne. Industrie minière et métallurgique en 1906. Ef. 16 Nov., 697.
- États-Unis (Monde du travail et patronage industriel aux) (Escard). Rso. 16 Oct., 516; 16 Nov., 652.
- — Grise financière. Ef. 2 Nov., 621.
- — (Chemins de fer des) en 1906. Ef. 9-16
- Nov., 657, 693.
- France. Ports français. Régime des projets de réforme. Gc. 19 Oct., 407.
- — Octrois et successions en 1905. SL. Nov., 432.
- — Revenus de l’État (ici.), 397.
- — Valeurs mobilières dans les bourses françaises. Ef. 19 Oct., 545.
- — Activité industrielle et évolution sociale de la France (Blondel). Rso. 16 Nov., 644.
- — Affaires commerciales du port du Havre. Ef. 19 Oct., 548.
- — CriseViticole méridionale et les canaux d’irrigation dérivés du Rhône. Ef-19-26 Oct., 550, 585.
- — Budget de 1908 et situation financière.
- Ef. 2-9-16 Nov., 617, 653, 689.
- — Mévente du livre. Ef. 19 Oct., 552.
- — Métallurgie française. Ef. 9 Nov., 655-— Semaine sociale de France (Terrel). Rso. 1er Nov., 591.
- — Loi sur le placement. Résultats. Ef. 16 Nov., 695.
- Grève des chemins de fer anglais. E. S Nov., 656. Hygiène publique (Institut d’) à Dumferline (Benoît Elvy). Musée Social. Oct. . Japon. Entreprises industrielles nouvelles. Ef. 2 Nov., 625.
- Lois ouvrières (Résultats des) pour la paix sociale. Ef. 26 Oct., 589.
- Participation aux bénéfices (Souchon). Rso. 16 Nov., 621.
- Union socÿ^le de la femme dans l’industrie. Institutions patronales de la compagnie de4Châtillon et Commentry. Rso. 16 Oct., 481.
- Syndicats agricoles. [6e congrès. Rso. 16 Oct., 516.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton (Bonnes constructions en) (Anderton)„ E'. 18 Oct., 381.
- Ciment armé (Bâtiment en; delà Mac Graw G0.. ACE. Oct., 874.
- Chauffage et ventilation. Hôtel de ville de Newark. Ri. 26 Oct., 428.
- — des écoles. Ri. 9 Nov., 450.
- — à eau chaude. Supériorité de la circu-
- lation rapide. Ri. 26 Oct., 430.
- — à vapeur avec action combinée du vide-et de la pression. Ri. 9 Nov., 450.
- — Puissance nominale et effective des
- chaudières. Ri. 9 Nov., 448.
- Colonnes à treilllis (Calcul des) (Chaudy). IC. Août, 111.
- Drague. Alfonso Penna. E. 25 Oct., 533. Empierrements. Destruction par les autos (Salle). APC, n° 43; leur piochage-mécanique (Bret) (id.) n° 47. Excavateurs à vapeur (Les) (Richter). VDI* 26 Oct., 1685.
- Matériaux de construction et de pavage. Essai au jet de sable. Gc. 16 Nov., 41.
- Ponts de Québec. E. 18 Oct. ; E'. 18-25 Oct.,. 395, 420; 15 Nov., 498.
- — de chemins de fer à une travée (Pente-
- côte). Rgc. Oct., 321.
- — de Tréguier (de la Noe). APC, n° 44.
- — de Hombourg. E’. 1er Nov., 440.
- — (Piles de). Réparation par une injection.
- de mortier. Gc. 1-9 Oct., 413.
- Portes automatiques CarejvE'. 15 Nov., 501. Siphon sous un canal en Égypte. E'. 25 Oct.,. 414.
- Travaux à l’air comprimé. Influence sur .la. santé. E'. 18 Oct., 386.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Charge sous la tension de service. EE. 2 Nov., 172.
- Bobine d’induction. Courant secondaire (Snock). >Fi. Oct., 273.
- Distribution. Règlement d’administration publique du 26 octobre 1907. Elé... 9 Nov., 290.
- — Résistance à vide et en court circuit des
- câbles à courants alternatifs (Breit--feld). EE. 19 Oct., 93.
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- 1326
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1907.
- Distribution. Réglage de la tension à l’extrémité d’une ligne triphasée (Wattelet). EE. 26 Oct., 109.
- — Dangers des canalisations (Broadbent).
- Elé. 26 Oct., 261.
- — Appareils de synchronisation (Mac
- Gaham et Young). EE. 9 Nov., 203. Dynamos. Alternateurs en parallèle. Influence des amortisseurs sur leurs oscillations (Emde). EE. 26 Oct., 123.
- — pour turbines à vapeur (Nietmeyer et
- Bever). Re. 30 Oct., 223, 227.
- — Essais. E'. 1er Nov., 439.
- — à courants continus puissantes (Calcul
- des) (Hobart et Ellis). EE. 2-9 Nov., 161, 193.
- — Séparation des pertes dans les ma-
- chines asynchrones (Linke). EE. 9 Nov., 198.
- — Moteurs pour métiers à tisser. le. 10
- Nov., 487. Freinage Kallmann. EE. 26 Oct., 131.
- — — Balais Veritys pour petits moteurs.
- E. 8 Nov., 663.
- Échauffement clés fils de cuivre par le courant électrique. le. 10 Nov.. 489. Éclairage automatique des escaliers. Elé. 2 Nov., 283.
- — Influence de la fréquence sur la qualité de la lumière. Elé. 16 Nov., 314. - Arc à courant alternatif. Étude oscillo-graphique (Morris). EE. 18 Oct., 97.
- — — entre électrodes mécaniques (Cady
- et Arnold). American Journal of Science. Nov., 383.
- — — Lampe différentielle Bardon. Re.
- 30 Oct., 237.
- __— Projecteurs de la marine. Elé-
- 9 Nov., 289.
- — Incandescence. Lampes au tungstène Z. et Osmin. Re. 16 Nov., 274. JÈlectro-chimie. Cuve de nickelage (Réactions de la) (Brochet). CR. 14 Oct., 627,
- — Application des procédés graphiques à l’étude des électrolytes binaires et complexes (de Smet). RCp. 20 Oct., 323.
- — Extraction électrolytique de l’étain, le.
- . 25 Oct., 467.
- — Séparation électrolytique du cuivre (Action des colloïdes organiques sur
- la) (Ryss et Bogolomny). MS. Nov. 759. Du fer des solutions aqueuses de son chlorure et de son sulfate (Ryss et Bogolomny). {id.), 759. Éleetro-chimie. Précipitation électrolytique de l’or des dissolutions saturées (Neumann). (id..) 763.
- — Électrolyse des solutions d’arsenic
- (Neumann), (id.), 770.
- — Fabrication électrolytique des alcalis et
- décolorants. État actuel et avenir (Kershaw). MS. Nov., 773.
- — Électrolyse des dissolutions salées
- dans de l’acide sulfureux liquide aux basses températures (Steele). CN. 8 Nov., 224.
- — Divers. Cs. 31 Oct., 1097; 15 Nov.,
- 1145.
- — du nickel. Re. 16 Nov., 277.
- Isolateurs (Scellement des). Elé. 2 Nov., 277.
- — Isolement des lignes à très hautes ten-
- sions. le. 10-Nov., 491.
- Mesures de l’isolement des lignes sous terre (Shirt). EE. 2 Nov., 173.
- — Wattmètres et oscillographes électriques (Erwin). Elé. 16 Nov., 309. Oscillateurs électriques. Théorie (Flaming).
- EE. 9-16 Nov., 192, 233.
- Paratonnerres pour cheminées d’usine, leur efficacité. Gc. 26 Oct., 430. Perméabilité des tôles en alliage pour hautes inductions (Watson). EE. 16 Nov., 239.
- Relais à courants alternatifs, basés sur le principe de Ferraris. (David et Si-monds). EE. 26 Oct., 133; Re. 15 Oct., 232.
- Résistivité électrique. Son expression et ses conséquences (Rosset). EE. 9 Nov.,'
- 181.
- Stations centrales. Économie de combustible dans les. Elé. 9 Nov., 293.
- — hydro-électriques suisses. Elé. 19 Oct.,
- 246.
- — de Thusy-Hauterive. EE. 18 Oct., 80.
- — d’Engelberg (id.). 2-9 Nov., 153, 188.
- — de Berlin, à la fin de 1906. EE. 9 Nov.,
- 206.
- — de Nekaxa. E'. 8 Nov., 466.
- — de Rio-de-Janeiro. EL 25 Oct., 408.
- — de Mac Coll Ferry. Gc. 2 Nov., 3.
- — de la Susquehanna. Ri. 9 Nov., 441.
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- 1327
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- NOVEMBRE 1907.
- Stations centrales de l’Exposition de Bordeaux. Gc. 19 Oct., 403.
- — du littoral méditerranéen, le. 10 Nov.,
- 485.
- — Incinération des ordures ménagères et production de l’énergie électrique.' le. 10 Nov., 495.
- Télégraphie et téléphonie sans fils spéciaux pour , l’utilisation des conducteurs d’un réseau électrique (Goldsmith). EE. 15 Nov., 245.
- — sans fil. Accroissement de la force élec-
- tromotrice d’induction par les interrupteurs Wehnelt (Henry). EE. 19 Oct., 97.
- — — Emploi de l’arc chantant de Poul-
- sen pour la production des ondes électriques entretenues (Fleming). EE. 26 Oct., 139.
- — — Transformateurs à fuites magné-
- tiques et à résonance pour télégraphie sans fil (Gaiffe et Gunther). EE. 26 Oct., 141.
- — — Détermination des amortissements
- (Tissot), fie. 16 Nov., 272.
- Téléphonie à grande vitesse (Mouradian). EE. 2 Nov., 151.
- — sans fil. Application du circuit Duddell
- à la—. Résultats etperfectionnements possibles (Gino Campos). EE. 9 Nov., 208.
- Thermophonie. Emploi dans le domaine des oscillations électriques (Weinberg). EE. 9 Nov., 210.
- Transformateur à résonance (Bethenod). EE. 26 Oct., 115; 2-16 Nov., 145,217.
- — Méthode d’essai des transformateurs. le. 25 Oct., 461.
- HYDRAULIQUE
- Captage des eaux souterraines. Ag. 15 Oct., 567.1
- — Chutes d’eau de la Suède. Ic. 10 Nov.,
- 494.
- Distributions d'eaux rurales. E. 1er Nov., 594.
- — du Rand. E'. lsr Nov., 436, 462.
- — de New-York. Nouveau barrage de
- Croton. Gc. 9 Nov., 17.
- Filtration au sable pour distribution d’eau (Williamson). E. 1er Nov.. 577.
- Moteur Pitler. Gc. 19 Oct., 409.
- Pompes centrifuges étagées. AMa. 2 Nov., 546.-— Turbo-pompes (les) Mueller). Ri. 9-16-Nov., 454, 445.
- — Roturbo. Gc. 9 Nov., 26.
- — Triple compound Logemau. AMa. 9 Nov., 592.
- Puits artésiens de Camden. Fi. Nov., 339. Turbines Francis, tracé des aubes (Korner). VDI. 25 Oct., 170.
- — Réglage des (Schafer). Dp. 26 Oct., 677; 2 Nov., 694.
- Tuyauterie, joint Doulton. E. 1er Nov., 600.
- MARINE, NAVIGATION
- Canal de l’Erié, travaux de rectification. Gc. 26 Oct., 425.
- Cargo charbonnier Hunter. E. 1er Nov., 599. Côtes. Érosion des. E'. 1er Nov., 446.
- Cours cl’eau à fond mobile (Jangrave des) (Ta-vernier). APC. N° 45.
- Docks de la Tee. E’. 18 Oct., 389.
- Ilyclroplane Santos Dumont. La Nature, 25 Oct., 345.
- Marine marchande. Évolution des navires (Matthews). E. 8 Nov., 655, 659. Marines de guerre allemande. Nouveau programme. E1. 16 Nov.,*497.
- — anglaise contre-torpilleur Ghurka. E1.
- 1er Nov., 452.
- — — Contre-torpilleurs nouveaux. E. 9
- Nov., 653.
- Naufrage du paquebot Berlin snr les côtes de Hollande. ZOI. Ier Nov., 757. Paquebots. Avenir des. E. 1er Nov., 593.
- — Grand Cunard Mauretania. E. 8 Nov., 609, 656.
- Pèches. Ports anglais de. Perfectionnements récents (Austen). E. 25 Oct., 543. Phare de Sanganeb, Mer Rouge (Charvant).
- . IC. Août, 120.
- Port de Saint-Nazaire. Ef. 2 Nov., 623. Réparation du Survie. E. 8 Nov., 664.
- Signaux de nuit, vision des (Boca et Polack). CR. 11 Nov., 828.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aéronautique. Ballons dirigeables. Ville de Paris. Va. 19 Oct., 665; 9 Nov., 815.
- — — Santos-Dumont. La Nature. 26
- Oct., 344.
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- 1328 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.-------NOVEMBRE 1907.
- Aéronautique. Ballon Zepelin. E. 25 Oct., 562.
- — — allemands. La Nature, % Nov., 362.
- — — Études d’ —. chez les aérostiers
- militaires (Saconnay). Gm. Oct., 277.
- Abaques. Théories générales des abaques d’alignement (Clark). RM. 31 Oct., 321.
- Accouplements divers. VDI. Nov., 1767.
- Air comprimé. Turbo-compresseurs. Thermodynamique des (Scherle). VDI. 19 Oct., 1669.
- — Compresseur-tandem Sullivan. E1. 8 Nov., 478.
- — — rapide pour automobile Reavell. E.
- 15 Nov., 692.
- Anémomètre à lecture instantanée de Pischof. Bam. Sept., 629.
- Anneaux. Résistance des. E'. 8 Nov., 476. Changement de vitesse Lowthian. AMà. 2 Nov., 548.
- Chaudières à tubes d’eau Parker. Fi. Nov., 327.
- — Maçonnerie réfractaire amovible pour —. E. 15 Nov., 504.
- — Foyers pour mauvais anthracite (Ennis).
- EM. Nov., 294,
- — Joint de dilatation Beck. E'. 1er Nov.,
- 452.
- — Primage : détermination de l’eau entraînée par la vapeur (Rosset). Pm. Nov., 171.
- — Purgeur Pratt. E. 25 Oct., 569.
- — Rayonnement des— et la loi de Bol-
- tzmann. E. 1er Nov., 601. Dynamomètre. Frein hydraulique Stumpf. le. 25 Oct., 475.
- Embrayage Toogood. E. '1er Nov., 601. Engrenages à développantes (Interférences dans les) (Stutz). AMa. 26 Oct.,506.
- — hélicoïdaux (Logue). AMa. 9 Nov.,
- 573.
- — Trains épicycloïdaux (Owen). AMa.
- 9 Nov., 582,16 Nov., 631.
- Froid. Installation d’une usine de réfrigération. Ri. 10 Oct., 413.
- Graissage au graphite floconneux (Acheson). Fi. Nov., 375.
- Levage. Ascenseur provisoire extensible. Ri. 2 Nov., 433.
- -— Cableway pour charbons White. E. 25 Oct., 552.
- Levage. Dépôt de charbons aux mines de Pennsylvanie. Eam: 19 Oct., 740.
- — Grues électriques (les).Re. 15 Nov.,259.
- — Pont roulant électrique Kolben. E'. 18
- Oct., 398.
- — Transporteurs pour aciéries. Dp. 26 Oct.,
- 2-16 Nov., 679, 696, 728. VDI. 2-16 Nov., 1727, 1815.
- Machines-outils à l’Exposition d’Olympia. E. 25 Oct., 546, ier Nov., 583. Des automobiles. Ri. 16 Nov. Supplément.
- — Ateliers. Salaires à primes (Lecler). IC.
- Août, 141.
- — — de Yarrow, sur la Tyne. E'. 15 Nov.,
- 487.
- — Chuck automatique Oubridge. RM. Oct.,
- 417.
- — Cisailles Sack, John. RM. Oct., 418.
- — Dynamomètre Savine pour l’étude des
- machines-outils. RM. Oct., 412.
- — Fraisage à l’outil plat. AMa. 9 Nov.,
- 576.
- — Fraiseuse verticale Brown, et Sharpe.
- AMa. 16 Nov., 641.
- — Jauge indicatrice. Applications diverses
- (Boulet). AMa. 2 Nov., 537.
- — Limes. Machine à essayer Herbert. RM.
- Oct., 421.
- — Mandrins magnétiques Walker. Ri.
- 2 Nov., 434.
- — Machines à vis. Vitesses et avances
- (Goodrich). AMa. 26 Oct., 501.
- — — (Outils de). AMa. 16 Nov., 622.
- — Matriçage d’une chaîne. RM. Oct.,
- 424.
- — Meule à rectifier Newall. Ri. 26 Oct.,
- 421.
- — Meulage. Économie et avantages (Dar-
- byshire). AMa. 2-9 Nov., 551, 586.
- — — (Problèmes du) (Darbyshire). E. 15
- Nov., 669.
- — Micromètres Duncan, Brown et Sharpe.
- RM. Oct., 426.
- — Perceuse à 16 forets. AMa. 9 Nov.,
- 589.
- — Poinçonneuse, diviseuseAVynne-Dono-
- van. RM. Oct., 428.
- Puissance absorbée par un ensemble de machines-outils. AMa. 16 Nov., 609.
- — Raboteuse-fraiseuse Heterington. E'. 18 Oct., 397.
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- LITTÉRATURE DES- PÉRIODIQUES. ---- NOVEMBRE 1907.
- 1329
- ^Machines-ontils. Scie à métaux avec avance à réglage automatique Péters. RM. ' Oct., 417.
- — Tréfilage. Machines modernes. E'. 18 Nov., 579.
- — Tour vertical Bullard. AMa. 19 Oct.,
- 480.
- — — à décolleter à manivelle Brenot.
- Bam. Sept., 636.
- Moteurs à vapeur et air chaud Field-Morris. Gc. 26 Oct., 433.
- — Compound Ruslon Proctor. Rc. 19 Oct., 413.
- — Condensation initiale aux. cylindres
- (Waite). E', 25 Oct., 425.
- — Turbines Curtis à la mer. E1. 8 Nov.,
- 472. De 1000 kw. Essai. EE. 26 Oct., 119;E. 15 Nov., 695. Zoelly de 750 ch. Pm. Nov.. 162.
- — — Parsons de la Mauretania. E. 8 Nov.,
- 636.
- — — A vapeur d’échappement (Rateau).
- R}I. Oct., 356.
- — — Évaluation de leur puissance. E1.
- 1er Nov., 445.
- — — Essais de grands turbo-générateurs
- aux États-Unis. E'. 1-15 Nov., 439, 499.
- — Distribution. Diagrammes de Zenneret'
- de Reuleaux. Dp. 2 Nov., 689.
- — Régulateurs Lentz (axial). Gc. 19 Oct.,
- 413. Réglage des moteurs à vapeur (Grunewald). VDI. 2 Nov., 1736. (Gen-secke) (id.). 16 Nov., 1819.
- Moteurs à. gaz (Théorie des) (Kutzbach). VDI. 12 Oct., 1647.
- — Oxyde de carbone dans l’échappement.
- Gc. 2 Nov., 8.
- — A gaz de hauts fourneaux Korting de
- 1 600 ch. E. 25 Oct., 556. Épuration Zschocke. Gc., 16 Nov., 33.
- — Grands moteurs à gaz. E. 15 Nov.,
- 687.
- — Rendement et puissance indiquée
- (Hopkinson). E. 25 Oct., 8 Nov., 547, 570 648. E1. 8 Nov., 471.
- — à pétrole. La carburation (Lauret). Tech-
- nique automobile. Oct., 156.
- — — Carburateur Longuemare. Va.
- -1er Nov., 699.
- Paliers divers. VDI. 9 Nov., 1765.
- Résistance des matériaux. Évaluation de
- la dureté par la méthode Ballentine. Gc., 26 Oct., 436.
- Résistance des matériaux. Résistance des cylindres armés (Bach). VDI. 26 Oct., 1701.
- — Nouveaux mécanismes et nouvelles mé-
- thodes pour l’essai des métaux (Breuil). RM. Oct., 336.
- Serrages limites. (Story). AMa. 9 Nov., 579; Textiles. Machines nouvelles. VDI. Oct., 1656, 9 Nov., 1779.
- — Commandes électrique des métiers iso-
- lés. le. 10.Nov, 487.
- — Courbure et tension du fil ballon au
- continu et à anneaux. It. Nov., 408.
- — Tissage simultané de plusieurs bandes
- de toile sur un même métier (Damiens). It. Nov., 419. — Tissage des toiles de lin et de jute (id.), 425.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Potentiel et nature des (Puschin).
- Gs. 15 Nov., 1141. Cobalt et cuivre (Konstantinow). RdM. Nov., 983.
- — Nickel et ai’senic (Friedrich et Benigoin). RdM. Nov., 755.
- — magnétiques de manganèse. Re. 16 Nov.,
- 285.
- Cuivre. Usines de Valley Mill, Nevada. Eam. 2 Nov., 813.
- Aluminium. État actuel de l’industrie (Peta-val). E'. 15 Nov., 38.
- Fer et acier. Acier Envaz (règles géodé-siques en) (French). ACE. Oct., 889.
- — au chrome pour outils (Guillet). RdM.
- Nov., 1025.
- — Railsà structure sorbitique(Lunbourg).
- RdM. Nov., 989.
- — Équilibre du système fer-carbone. État
- actuel des théories (Portevin). RdM. Nov., 993.
- — Aciérie Thomas à Rothe Eade. 23 Oct.,
- 1525.
- — Appareils de manutention modernes
- des aciéries.Dp.26 Oct., 679, 2-16 Nov., 696, 728. VDI. 2-16 Nov., 1727, 1815.
- — Industrie du fer dans le Nord des Ar-
- dennes françaises (Dumaine). AM. Juillet, 5.
- — — en Autriche. E'. 15 Nov., 499.
- — Trempe de l’acier (Blum).Ri. 19-26 Oct.,
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- 1330 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1907.
- 418, 424; 2-9 Nov., 436, 444 (De-monzay). E. 25 Oct., 575. 1er Nov., 603.
- Fer et acier. Fonderie. Manutention des sables (Ivrauss). SuE. 23 Oct., 1.
- — — Moulage de baignoires en fonte,
- système Dupont. Gc. 2 Nov., Ier. d’une hélice. AMa. 9 Nov., 580.
- — Électro-mélallurgie (Ercard) Pm. Nov.,
- 166. à la fin de 1906 (Kerschaw). EM. Nov., 261.
- Métcillographie microscopique. Importance du repérage (Guillet). RdM. Nov., 1027. :
- Soudure autogène (Thomas). Bam. Sept., 575.
- MINES
- Cuivre. Au Mansfield (Allemagne). Eam. 12 Oct., 672.
- — à. Ely, Nevada, (id.), 675,19 Oct., 719. Épuisement par bennes inclinées. Eam. 19 Oct.,
- 728.
- Étain (Mines d’) dans le monde. EM. Nov. 325.
- Extraction. Machine à la Sandycroft Foundry, Gorliss avec tambours en tandem. J?1’. 1er Nov., 448.
- — Machines à longues et courtes détentes
- (Gollingham). E'. 8 Nov., 460.
- — — Réglage des — (Grunewald). VBI.
- 2-9 Nov., 1741, 1770.
- Extraction. Rapport du Transvaal sur les câbles.et parachutes. Eam. 2 Nov., 819.
- Fer. Gisement de Crow Wing (Minn.). Eam. 26 Oct., 775.
- Fonçages par congélation (Walker). Eam. 12-26 Oct., 684, 277.
- . Grisou. (Lutte contre le) et l’oxyde de carbone (Grehant). Revue Scientifique, 26 Oct., 519.
- Hongrie. Industrie minérale en 1905. AM. Juillet, 110.
- Houille dans le nord-ouest des États-Unis. Eam. 2 Nov., 830.
- — en Virginie (id.), 9 Nov., 801.
- Nickel. Mines de Nouvelle-Calédonie (Diete-rich). VDI. 16 Nov., 1805.
- Or. Draguages. E'. 18 Oct., 400.
- Pétrole. Congrès international du (Day). Eam. 26 Oct., 781.
- — en Roumanie. Cs. 15 Nov., 1132.
- Exploitation (Fresinesco et Dénia). Ru. Sept., 285. ,
- Préparation mécanique. Procédé Macquinstin. Eam. 26 Oct., 765.
- — Épuration électro-magnétique des houilles (Prost). Ru. Sept., 270. Remblayage hydraulique (Wilders). Ru. Sept., 221.
- Siam. Mines au —. Eam. 19 Oct., 723.
- Z inc. Mines du Missouri. Eam. 9 Nov., 868,877.
- — et plomb des Galles du P{ord. Eam.
- 9 Nov., 871.
- Le Gérant : Gustave Richard.
- i
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- 106* ANNÉE.
- DÉCEMBRE 1907.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMMERCE
- Rapport présenté par M. Gruner, au nom du Comité de Commerce, sur l’international CORRESPONDANCE SCUOOL, DE SCRANTON, ET L’ÉCOLE SPÉCIALE DE TRAVAUX PUBLICS, DE PARIS
- Il y a bientôt un an, M. Gustave Richard — avec le talent qui lui est propre — nous donnait un rapide aperçu sur l’International Correspondance School de Scranton ; dans notre première séance de l’année,. M. Léon Eyrolles nous exposait, dans une conférence que-n’ont oubliée aucun de ceux qui l’ont entendue, comment il a compris et organisé a Paris l’enseignement par correspondance.
- Xe succès qui a couronné ces deux entreprises d’instruction, nées vers le même.moment mais tout à fait indépendamment l’une de l’autre, l’une en Pensylvanie, l’autre en France, montre qu’elles répondaient à un besoin.
- Le développement énorme de l’œuvre américaine, considérable de l’œuvre française, prouve d’une façon indiscutable que l’ancienne conception de l’instruction réservée à la jeunesse qui peut consacrer tout son temps à l’étude,'est insuffisante. Nos cours du soir qui ont rendu et continuent à rendre de si grands services ne s’adressent qu’à un public limité et n’établissent le plus souvent qu’un contact superficiel entre le maître et l’auditeur.
- En Amérique comme en France, les créateurs de 1 école par correspondance se sont proposé d’atteindre, dans toutes les parties du monde, Tome 109. — Décembre 1907. 87
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- 1332 COMMERCE. --- DÉCEMBRE 1907.
- les jeunes gens qui au début d’une carrière,comprennent les vides qui subsistent dans leur instruction première et aspirent à ne plus être seulement des manœuvres ou des expéditionnaires mais des collaborateurs intelligents de leurs chefs pour devenir à leur tour surveillants, contremaîtres, et souvent même chefs d’industrie ou de service. Nombreux aussi sont les jeunes gens ou les hommes, qui, un peu plus tôt ou un peu plus tard, par suite des circonstances les plus diverses, se trouvent engagés dans une voie pour laquelle leur instruction ne les a nullement préparés.
- Voilà un jeune avocat qui est appelé à gérer un domaine agricole où il 'faudrait pouvoir effectuer des travaux de drainage et sur lequel tous les batiments ont besoin de réparations, de reconstruction.
- Voilà un jeune mécanicien sorti d’une école primaire, le plus favorisé d’une école d’arts et métiers,qui se trouve en face d’un projet d’installation hydro-électrique dont il pourrait surveiller les travaux et peut-être diriger l’exploitation, s’il pouvait se mettre en état de faire le projet de travaux et de comprendre les multiples problèmes qui se poseront devant lui.
- Voilà, dans le bureau d’un ingénieur ou d’un entrepreneur, un jeune commis, sorti de l’école primaire supérieure; il est.dans une petite ville ou un chef-lieu de canton où n’existent pas de cours du soir: grâce à l’Ecole par correspondance, il pourra méthodiquement s’assimiler les connaissances qui lui permettront de comprendre les mémoires qu’il copie, de ne plus participer en simple manœuvre aux travaux de lever de plans, de faire lui-même les calculs et les évaluations; puis de dresser les projets et de les accompagner d’un mémoire rationnellement rédigé. Tout en continuant à gagner sa vie, sans déplacement, à peu de frais, il se met en mesure de passer les examens et de devenir piqueur, puis conducteur, puis sous-ingénieur ou entrepreneur de travaux publics.
- Ce but entrevu a été réalisé d’un côté comme de l’autre de l’Océan, et c’est par milliers déjà qu’on compte les jeunes gens qui ont pu, grâce à ce mode d’instruction, s’élever d’un poste inférieur à une situation réellement rémunérative.
- Aux Etats-Unis, en plein pays houiller Pensylvanien, un jeune journaliste, Thomas J. Foster, entreprenait en 1873 la publication d’un journal, le Shenandoah Herald. Il s’adressait à des mineurs, relatait périodiquement les accidents et sinistres qui se succédaient et désolaient une population .inexpérimentée, conduite par des exploitants dépourvus de toute instruction technique et incessamment surpris par des faits imprévus. Il
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- ÉCOLE SPÉCIALE DES TRAVAUX PUBLICS DE PARIS.
- 1 333
- en vint bientôt à critiquer avec vigueur l’inertie du gouvernement et, après de longues années de luttes, il obtenait le vote par le Parlement Pensvl-vanien d’une loi qui, en instituant des examens que devait passer tout surveillant de travaux dans les mines, devait donner quelque sécurité aux mineurs frappés jusqu’alors par des accidents sans cesse renouvelés.
- Prescrire des conditions à remplir pour exercer des fonctions de surveillance et de direction dans les mines ne devait conduire à rien, s’il ne se créait pas une école pour donner l’instruction exigée.
- Celui qui avait obtenu le vote de la loi, comprit son devoir : il quitta la rédaction du journal — pour créer l’école nécessaire. C’était en 1885. Thomas J. Foster se posa le difficile problème de s’adresser à des mineurs ne sachant que lire et écrire, de mettre à leur disposition, sous une forme appropriée, toute la série des leçons, depuis les éléments de l’arithmétique jusqu’aux questions techniques les plus spéciales, et de leur inculquer progressivement toutes ces connaissances sans leur faire interrompre leur rude vie de piqueur ou de mécanicien.
- Tel est le point de départ de ces immenses établissements d’instruction par correspondance que nous avons admirés il y a trois ans à Scranton. L’éducation des mineurs-a été le but premier. Mais l’œuvre a singulièrement grandi et les documents que nous envoyait, il y a quelques mois, la direction de Y International Correspondance School montrent cette méthode d’instruction appliquée à toutes les branches de l’activité humaine, offerte à P agriculteur- du Far West, encouragée par les officiers supérieurs pour les marins des navires -de la flotte de guerre, subventionnée par les directeurs et propriétaires de manufactures et usines les plus diverses, qui insistent dans de nombreuses lettres sur les bienfaits de ces connaissances mises à la portée des employés de tout rang, de tout âge.
- Nous sommes souvent portés à ne trouver bon et à n’accueillir que ce qui vient de l’étranger. Sur cette matière, nous sommes heureux de voir, vers la meme époque, le même problème résolu en France et en Amérique.
- Chez nous, c’est un conducteur des Ponts et Chaussées, M. Eyrolles, qui se propose de combler un vide qui existait dans la formation du personnel secondaire de l’Administration des Ponts et Chaussées et des entreprises de travaux publics.
- 11 commença par des cours oraux faits, à quelques élèves et par l’envoi
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- 1334 COMMERCE. — DÉCEMBRE — 1907.
- de ces mêmes cours à un élève en province ; à tous, il donnait des séries méthodiques d’exercices, qu’il retournait corrigés et annotés.
- La seconde année, 15 élèves nouveaux s’inscrivaient; la cinquième année, près de deux cents élèves demandaient à participer;puis d’année en année le cadre d’études s’étendait, le nombre de cours autographiés ainsi préparés et envoyés accompagnés d’exercices gradués et d’un plan de travail augmentait ; le nombre des élèves nouveaux dépassait 3000 en 1905.
- C’est par l’échange constant des devoirs envoyés et retournés corrigés, par le rappel incessant à la stricte application d’un plan de travail rationnel que la direction supplée au contact personnel du maître et de l’élève.
- C’est dans l’adaptation par chaque élève de ce plan de travail aux circonstances particulières de son existence que réside une grande partie du succès de cette méthode.
- Chaque élève utilise ses heures ou ses jours de liberté pour effectuer le travail pour lequel, d’après le plan, lui est assignée une période de quinze jours : suspendant ses études quand le travail industriel presse, reprenant avec une nouvelle ardeur quand arrive une période de chômage relatif.
- C’est dans cette élasticité, dans cette facile et incessante adaptation du travail intellectuel aux circonstances spéciales à chacun qu’existe le grand avantage de ce mode d’instruction (1).
- Pour ceux qui peuvent disposer de quelques semaines de liberté, l’École offre la possibilité de venir, sous les yeux des maîtres et des surveillants spéciaux, appliquer les connaissances acquises, compléter et rectifier l’instruction parfois trop théorique du cahier et du livre. C’est ainsi qu’à Arcueil, M. Eyrolles exerce ses élèves en quelques semaines : les électriciens, au montage des lignes et au réglage des appareils ; les géomètres à l’emploi des appareils divers de levers de plans, les constructeurs aux essais de matériaux et à leur mise en œuvre; les uns comme les autres à la ré-
- (1) Il y a lieu de noter.que chaque élève peut limiter ou grouper comme il veut les matières qu’il se propose d’étudier. Chaque cours avec la collection correspondante de devoirs qui seront retournés corrigés, peut être pris et payé à part sur la base de 4 à 6 francs en moyenne par période de travail de quinze jours, de telle sorte que suivant leur importance le-prix d’un cours varie de 10 à 60 francs environ.
- L’ensemble des cours d’une même section qui doivent, par leur étude successive et méthodique en huit, douze, dix-huit et jusqu’à quarante-cinq mois, amener le candidat à passer des concours comme ceux de conducteur des Ponts-et-Chaussées, d’ingénieur des Ponts-et-Chaussées, de contrôleur des mines, etc., reviennent à environ 15 ou 20 francs par mois. La modicité de ces trais d’études a été un des éléments de réussite de la tentative qui, par le-grand nombre des élèves, est devenu un succès financier.
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- ECOLE SPÉCIALE DES TRAVAUX PUBLICS DE PARIS.
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- daction d’un rapport, à l’exécution rapide d’un avant-projet ou à la mise au net d’un lever de plan ou de machine.
- Vous le voyez, Messieurs, nous nous trouvons en présence d’une méthode nouvelle d’instruction adaptée à notre époque d’extrême mobilité, de constants et rapides déplacements, de modifications incessantes de situations sociales.
- En Amérique, où ces conditions sont si universelles, l’immense développement de l’International Correspondance School est un phénomène certainement remarquable mais très explicable.
- En France, où les méthodes nouvelles ont toujours tant de peine à s’implanter, il a fallu toute l’énergique intervention d’un homme parfaitement conscient du'problème posé et ayant une indépendance et une souplesse, d’esprit peu communes, pour arriver à offrir à chaque catégorie de travailleurs un ensemble de leçons et d’exercices appropriés à leur situation et à leurs besoins.
- Nous avons passé de longues heures à parcourir et à étudier beaucoup de ces cours autographiés, et nous y avons beaucoup appris par la lecture et par les yeux, en voyant défiler la série des croquis qui accompagnent et éclairent le texte.
- Nous vous proposons donc, Messieurs, de remercier la direction de Y International Correspondance School de Scranton et M. Eyrolles pour leurs intéressantes communications, de les féliciter du développement remarquable qu’ils ont pu donner à l’instruction professionnelle des travailleurs retenus loin des écoles spéciales, et de voter l’insertion du présent rapport dans votre Bulletin.
- Signé : E. Gruner, rapporteur. Lu et approuvé en séance, le novembre 1907.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Brüll, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur
- les clapets automatiques d’arrêt de yapeur des Établissements
- Laboulais.
- Les Établissements Laboulais, d’Angers, fondés en 1830, ont soumis à l’appréciation de la Société les clapets automatiques qu’ils construisent d’après les brevets de M. E.-L. Razin, ingénieur-directeur de l’Association des propriétaires d’appareils a vapeur de l’Ouest.
- Depuis plus de vingt ans, la Société s’est vivement intéressée à l’importante question des clapets automatiques. Les terribles catastrophes de Marnaval en 1883 et d’Eurville en 1884 avaient montré que les valves d’arrêt actionnées à la main, dont on munissait en général chacun des générateurs d’une batterie, ne suffisaient pas à écarter le danger que produit forcément une masse considérable d’eau chaude sous pression.
- Dès 1885, un ingénieur des forges d’Eurville faisait breveter un clapet automatique servant en meme temps de soupape pour la mise en marche et l’arrêt (1).
- A la même époque M. Hirsch faisait construire dans les ateliers Artige et soumettait à des essais varies un clapet simplement automatique, basé sur le même principe (2).
- Déjà, l’année précédente, MM. Relleville et Earcot avaient combiné des appareils analogues.
- Devenu membre du Comité des Arts mécaniques de la Société d’En-couragement, M. Hirsch présentait en mai 1887 un lumineux rapport sur les clapets de retenue pour vapeur (3). On y voit qu’il avait été pris, à cette époque, quelques centaines de brevets et que les appareils qui se ferment instantanément sous l’action du courant violent résultant d’une rupture, installés soit sur les branchements des générateurs, soit sur la conduite
- (1) Rapport de M. le colonel Pierre, Bulletin, 4e série, tome I, page 233.
- (2) 3e série, tome XII, page 250.
- (3) 4e série, tome II, page 257.
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- CLAPETS AUTOMATIQUES d’aRRÊT DE VAPEUR. 1337
- générale, peuvent être partagés en trois catégories suivant leur mode d’action. Le clapet de branchement peut être disposé pour se fermer lorsqu’une dépression notable se produit à l’aval ou bien pour fonctionner en sens inverse par l’effet d’une forte réduction de la pression amont. Les clapets établis sur la conduite générale fonctionnent dans l’un et l’autre sens et doivent avoir deux sièges.
- Enfin, notre regretté collègue formulait de main de maître le programme des conditions auxquelles tous les appareils de ce genre doivent satisfaire (J ).
- Dans la même année et dans la suivante on trouve cinq études successives du même auteur sur autant de dispositifs de clapets de retenue.
- En 1889, Hirsch présentait le rapport sur un concours ouvert par la Société pour le meilleur dispositif de -clapet de retenue pour vapeur. Le prix de 2 000 francs est attribué à M. Labeyrie, garde-mines principal à Paris (2).
- Il reste à signaler sur le même sujet, en 1897 et 1898, deux rapports de notre collègue, M. Bourdon, sur un robinet-clapet automatique à double effet de M. Pile, ingénieur-mécanicien à Paris (3) et sur une valve-clapet automatique d’arrêt de i\L Groignard, constructeur à Marseille (4).
- M. Bazin, dont l’expérience est grande en matière d’appareils à vapeur, a reconnu des inconvénients dans l’emploi des types de clapets automatiques qu’ont fait naître en si grand nombre, comme on vient de le voir,
- (1) 1° Le clapet doit se fermer sûrement et promptement, s’il se produit une dépression notable dans la partie de la conduite qu’il doit proLéger ;
- 2° Il ne doit pas se fermer sous l’action des dépressions modérées qui se produisent en service normal ;
- 3° Il ne doit pas occasionner d’étranglement, donnant lieu à des pertes de charges sensibles en service ordinaire ;
- 4° Une fois installé, il doit être soustrait à l’action des chauffeurs, qui pourraient être tentés de paralyser son fonctionnement ;
- 5° Il doit se rouvrir de lui-même dès que la cause produisant la dépression qui le tient fermé a disparu ;
- 6° La construction doit être simple, robuste, ne comporte aucune pièce susceptible de coincer, de gripper ou de se dérégler; le fonctionnement ne doit pas être entravé parles dépôts, le tartre, l’oxydation ou les graisses; l’installation doit être telle qu’elle permette de vérifier à volonté le jeu régulier de l’appareil ; la fermeture n’apas besoin d’être étanche ;
- 7° Enfin l’appareil doit répondre aux exigences générales d’une bonne construction méea--nique, comme prix d’achat, encombrement, durée, entretien, etc.
- (2) 4e série,‘tome IV, page 40.
- (3) 5e série, tome II, page 1333.
- (4) 3e série, tome III, page 541.
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- les accidents de 1883 et 1884 et les prescriptions du décret du 29 juin 1886 (1).
- D’une façon à peu près générale, ces appareils sont constitués par une soupape simple ou double, se mouvant dans l’intérieur d’une boîte à vapeur, s’v maintenant en équilibre pendant la circulation normale du fluide et se fermant en cas d’accident par l’effet de l’augmentation de vitesse de l’écoulement.
- Mais, en dehors de l’explosion d’une chaudière ou de la déchirure
- Fig. 1. — État normal.
- Rupture du côté V'
- d’une canalisation, dont les combinaisons variées des inventeurs s’efforcent de prévenir les conséquences, bien d’autres causes peuvent provoquer la fermeture de ces clapets. Toute manœuvre, tout incident qui active sensiblement le mouvement de la vapeur à travers l’appareil peut l’actionner, et ces interventions intempestives, en isolant sans nécessité le générateur ou le groupe de générateurs des canalisations et machines desservies, annule
- (1) Ce décret vient d’être abrogé par un îèglement d’administration publique en date du 9 octobre 1907, publié à YOfficiel du 31 octobre et au Bulletin de novembre 1907, p. 1293. Les clapets automatiques d’arrêt de vapeur ne sont plus imposés; on prescrit seulement de simples clapets de retenue, comme le montre l’article 14 du décret.
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- Fig. 3. — Rupture du côté V.
- Fig. 1, 2 et 3. — B, Douille portant deux rangs de fenêtres F et F' et coulissée sur un axe A, dans le corps d’une boîte de vapeur. — Elle porte une couronne en saillie intérieure d; — P, Piston intérieur à cette douille, coulissé également sur l’axe A, lequel comporte une embase s, contre laquelle le piston P vint buter.
- La douille est reliée par une fourchette oscillante à un levier extérieur muni d’un contrepoids.
- En marche normale les pièces susdites occupent les positions représentées par la figure 1.
- La vapeur venant de la chaudière pénètre par la bride V, dans le corps de clapet, et dans la douille R, qu’elle traverse par les lumières F, y rentre par les lumières F' pour en sortir par la bride F' et se rendre dans les canalisations et les machines.
- 1er Cas. Rupture du côté F'. — Une rupture de canalisation, un éclatement de cylindre, un emballement de machine provoque, du côté F' une dépression qui accentue la vitesse de la vapeur de F vers F'.
- Le piston P reste bloqué contre l’embase s de l’axe A, mais la douille B est sollicitée de se déplacer dans la direction de la vapeur qui frappe violemment ses tranches. — Si la vitesse de la vapeur atteint une intensité suffisante, que l’on règle à volonté par le contrepoids du levier extérieur, cette douille B se déplace et vient sans choc brutal fermer le passage du côté F' (fig. 2).
- La figure 2 montre en effet que les lumières F' viennent s’emboîter dans le conduit cylindrique de corps de clapet, tandis que la partie médiane de la douille vient occuper et fermer l’espace précédemment occupé par les lumières F'.
- -2e Cas. Rupture du côté V. — L’explosion partielle de la chaudière, sa vidange accidentelle, l’extinction accidentelle de son foyer, provoquent du côté F une dépression rapide, et, si d’autres générateurs alimentent la même conduite, leur vapeur se précipite du côté déprimé F.
- Le parcours de la vapeur est de sens inverse de celui décrit précédemment.
- Et, dans ce sens inverse, de F à F', la vapeur rencontre non seulement les tranches de la douille B, mais encore le piston P qui, dans ce sens, n’est retenu par aucune embase. Piston et douille sont donc entraînés, plus rapidement que dans le cas précédent, et viennent obturer le passage du côté F (fig. 3).
- La figure 3 montre en effet que les lumières F viennent s’emboîter dans le conduit cylindrique du corps de clapet et que le piston P vient également obturer le passage en se collant contre l’orifice de la bride F.
- En raison du mouvement du piston, possible dans le sens F' F et impossible dans le sehs F I", l’appareil est plus sensible du côté de la conduite.
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- la pression dans celles-ci et peut provoquer de graves accidents dans les mécanismes ou les installations qui en dépendent. De plus, on rencontre généralement d’assez grandes difficultés pour rouvrir le clapet, maintenu par une pression considérable.
- M. Bazin reproche encore aux clapets automatiques d’autres défauts moins graves et moins généraux sur lesquels il n’y a pas lieu d’insister.
- Sans se laisser détourner par l’infinie variété des systèmes déjà proposés, cet ingénieur a combiné un appareil dans lequel il a voulu satisfaire largement aux. exigences des règlements en évitant les inconvénients que sa pratique lui avait montrés dans les clapets en usage.
- Le clapet de retenue actuellement présenté appartient à la troisième catégorie, c’est-à-dire qu’il se ferme par suite d’une dépression notable soit à l’amont, soit à l’aval. Il peut ainsi être installé sur la conduite générale de vapeur.
- L’organe obturateur auquel l’inventeur a donné la préférence n’est pas un clapet proprement dit. C’est un piston, une sorte de tiroir circulaire, guidé sur une tige axiale fixée à ses deux extrémités, et qui glisse dans un tube ou douille percé de larges lumières aux deux bouts comme le sont les tables des tiroirs. Il y a du jeu entre ce piston et la douille, et le mouvement est arrêté à l’aval par un cordon ménagé à l’intérieur de celle-ci.
- La course absolue du tiroir dans l’appareil est elle-même limitée, d’un côté par une embase du guide central et, de l’autre, par la résistance d’un ressort à boudin qui s’appuie sur le plateau ajouré de la douille.
- La douille est mobile, avec un jeu suffisant, suivant l’axe général de l’appareil, dans deux fourreaux cylindriques aboutissant aux brides parallèles de la boîte à vapeur. Aux deux extrémités de sa course, ce tube vient buter par sa tranche contre deux sièges annulaires insérés dans ces brides.
- En marche normale, la vapeur entre dans la boîte par la bride d’amont, contourne librement le piston en traversant les deux séries de lumières de la douille et sort par la bride aval pour se rendre dans les canalisations et les machines, sans avoir rencontré de résistance appréciable et sans mettre en mouvement aucune pièce de l’appareil.
- S’il survient à l’aval une dépression importante, la vitesse du courant s’exagère, le piston reste bloqué contre l’embase de l’axe, mais la douille est poussée dans la direction de la vapeur qui frappe violemment sa tranche, les lumières aval'sont masquées par la pénétration du tube dans le fourreau cylindrique d’aval et, en même temps, ce tube vient buter
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- sur le siège annulaire d’émission. La vapeur ne peut plus s’écouler.,
- Si c’est à l’amont, par un accident à une chaudière ou à son branchement, ou encore sur la conduite générale, que se produit la forte diminution de pression, le torrent de vapeur vient agir à la fois sur la tranche de la douille et sur le piston; la série amont des lumières est obturée et la tranche de la douille vient porter sur le siège annulaire d’admission.
- Pour que l’arrêt de l’un ou l’autre flux de vapeur ne se produise que pour une dépression marquée, la douille est reliée par une fourche oscillante à un levier extérieur, portant un contrepoids réglable. L’axe qui porte la fourche à l’intérieur et le levier à l’extérieur traverse la boîte par-un joint Corliss à embase conique.
- Le mouvement qui produit l’obturation est ainsi plus énergique vers l’amont que vers l’aval; on obtient de la sorte l’isolement immédiat du générateur où se produirait une explosion, tandis qu’une dépression momentanée des conduites d’aval ne leur supprime pas toute arrivée de vapeur.
- •Le clapet, supposé en bon état, fonctionne presque sans aucun frottement, et n’est pas hermétique, puisqu’un filet de-vapeur peut, après la fermeture des lumières, passer entre le tiroir et la douille ainsi qu’entre celle-ci et les deux fourreaux cylindriques à l’intérieur desquels elle est logée. Il en résulte que, si la baisse de pression qui a mis l’appareil en marche vient à disparaître, le clapet se rouvre de lui-même. On peut aussi le rouvrir à la main à l’aide du levier extérieur. En marche, le clapet est en équilibre et. comme flottant. Par un effort modéré sur le levier, on peut s’assurer de sa mobilité et de sa pleine disponibilité.
- Le corps est en fonte aciéreuse; la douille, le tiroir, les couronnes de guidage sont en bronze phosphoreux ; les autres pièces en acier fondu ou. acier chromé.
- Les clapets sont éprouvés à la pression de 25 kilogrammes par centimètre carré.
- Cette description sommaire, qu’une coupe de l’appareil et une légende explicative aideront à suivre, montre que le dispositif répond bien, du moins en principe, aux conditions du programme tracé par Hirsch en 1887. La quatrième de ces conditions serait seule insuffisamment remplie. L’appareil, une fois installé, devrait être soustrait à l’action des chauffeurs,, tandis que le levier extérieur à contrepoids, précieux pour vérifier à tout instant le bon fonctionnement du clapet, paraît pouvoir prêter à quelque-
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- abus, comme il en est d’ailleurs de la plupart des leviers des soupapes de sûreté.
- Les constructeurs d’Angers ont fait depuis quelques mois plusieurs applications du clapet Bazin. Ils en ont établi dans un atelier de construction de Nantes, dans un tissage de Cholet, dans les forges de Trignac. Ce dernier est posé sur une conduite de 300 millimètres de diamètre. Des essais viennent d’être faits sur le nouvel appareil par la Marine nationale.
- On voit que M. Bazin e.t les Établissements Laboulais se sont attaqués à un problème difficile dont les nombreuses solutions étaient encore imparfaites ; qu’ils ont produit un clapet automatique dont le principe répond presque complètement aux conditions depuis longtemps indiquées comme nécessaires et suffisantes, et que leur appareil commence à être utilisé par l’industrie.
- Pour que le clapet rende effectivement dans l’usage les services qu’il est susceptible de fournir, il faudra naturellement éviter tout engorgement par les dépôts souvent chargés de corps gras que forme la vapeur. On a prévu l’addition facultative d’un purgeur et d’un graisseur. L’emploi de ces accessoires sera sans doute indispensable et il conviendra d’entretenir avec soin l’appareil.
- •j
- Pour ces raisons, et sous ces réserves, nous avons l’honneur de vous proposer de remercier les Établissements Laboulais de leur intéressante communication. de féliciter M. E.-L. Bazin de la difficile étude qu’il a menée à bien et d’ordonner la publication du présent rapport au Bulletin, avec les figures et légendes montrant la disposition et le fonctionnement du clapet -automatique d’arrêt de vapeur.
- Signé: À. Brurl, rapporteur. Lu et approuvé en séance le 6 décembre 1907.
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- EPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX D’EGOUT
- DÉGROSSISSAGE MÉCANIQUE ET FOSSES SEPTIQUES CHAMP D’ÉPANDAGE ET LITS ARTIFICIELS
- par M. Paul Vincey (1)
- Les matériaux dont est constituée la nature sont très inégalement répartis dans les trois règnes, minéral, végétal et animal.
- Dans le monde inorganique, les forces auxquelles la matière est soumise paraissent limitées aux manifestations multiples de l’attraction universelle. Leur étude fait partie de la mécanique, de la physique ou de la chimie.
- A l’endroit des deux règnes organiques, les actions dynamiques dont est animée la matière revêtent en outre un mystérieux degré d’automatisme, qui constitue la vie. La connaissance intime des manifestations vitales fait partie du domaine beaucoup plus complexe des sciences biologiques.
- Sous l’influence initiale des forces physiologiques, une partie des matériaux de notre globe est en migration continuelle au travers des trois règnes : d’abord, le végétal incorpore la substance minérale et lui confère l’organisation, dont la cellule constitue l’élément fondamental ; à son tour, l’animal assimile la matière ayant déjà subi l’arrangement biologique, et lui imprime un degré encore plus élevé d’organisation; enfin, un moment arrive où la matière organique, ayant cessé de vivre, fait au monde minéral le retour, grâce auquel le cycle des migrations peut ainsi recommencer, par la voie végétative exclusivement.
- Ce passage de la matière, dans les trois règnes successivement, est à ce point intransgressible, qu’il puisse être considéré comme l’une des lois essentielles de la nature : la plante phanérogame est presque aussi incapable d’incorporer des matériaux présentant encore des traces d’organisation, que l’animal vertébré est, lui-même, inapte à puiser sa subsistance dans le monde inorganique.
- (1) Communication faite en séance le 14 juin 1907.
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- Pour ce qui concerne la fonction assimilatrice des animaux supérieurs, il est de toute évidence que la matière minérale ne saurait jouer d’autres rôles que ceux, tout à fait accessoires, d’ordres condimentaire ou bien thérapeutique. Par contre, la démonstration scientifique n’à pu être faite que vers 1840, à la suite des travaux de Liebig, que les plantes à fleurs apparentes ont une alimentation minérale à peu près exclusivement. Deux notions agronomiques •essentielles en sont la conséquence, à savoir : que le monde inorganique peut fournir des matières fertilisantes pour les récoltes et que, pour devenir assimilables, les engrais organiques incorporés au sol doivent subir la minéralisation préalable.
- On s’explique très bien aujourd’hui comment des récoltes peuvent souffrir d’inanition dans un sol très riche en débris organiques, mais dans lequel la minéralisation est entravée par une cause quelconque. Accidentellement ou expérimentalement, ces conditions sont réalisées lorsque, dans ce soi- bien fumé, on injecte de l’éther, du chloroforme ou du sulfure de carbone. Par des taches caractéristiques à végétation chlorotique, le même phénomène se manifeste quand, par stagnation prolongée de l’eau d’égout, on vient à transformer en milieu réducteur la terre d’irrigation épuratrice. Les mares stagnantes, désignées « zones régulatrices », systématiquement généralisées au Parc agricole d’Achères, vers 1902, étaient ainsi parvenues à compromettre toute production agricole, — aussi bien que la minéralisation épuratrice des eaux d’égout — dans le plus intéressant des champs d’épandage de la Ville de Paris. Il a d’ailleurs suffi de revenir aux irrigations rationnelles, c’est-à-dire brèves et intermittentes, pour que la minéralisation épuratrice et la production culturale reprennent leur cours normal, au bout d’un certain temps.
- Par la production de denrées végétales, utiles à l’alimentation-animale ou à l’industrie humaine, l’agriculture a pour objet la réalisation industrielle de l’organisation primordiale de la matière minérale, contenue ou apportée dans la terre.
- Au contraire de l’agriculture, l'assainissement public a pour résultat la minéralisation des déchets organisés de la vie ou de l’industrie humai nés, dans le but d’en restreindre l’incommodité ou l’insalubrité, à l’endroit des populations. Dans l’ordre agronomique, cette minéralisation épuratrice des produits •de l’assainissement constitue aussi une préparation indispensable en vue de leur utilisation comme agents de fertilité.
- Pour minéraliser la matière organique ayant cessé de vivre, la nature a recours soit à des forces dynamiques simples, telles que la chaleur ou l’oxydation chimique, soit à des phénomènes biologiques beaucoup plus complexes; Dans les milieux aqueux ou terrien, cette transmutation est le plus souvent effectuée par des bactéries microbiennes, dont5 la fonction digestive consiste
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT. 1345
- précisément à ingérer des débris organiques et à excréter des matières minérales.
- C’est en 1877, que MM. Sclilœsing et Muntz ont établi, pour la terre d’irrigation, que la présence des microbes est indispensable à l’épuration des eaux d’égout. Sous l’influence de la chaleur ou d’anesthésiques appropriés, ils avaient démontré que toute minéralisation cesse alors qu’on stérilise expérimentalement la terre de filtration. En 1890, M. Winogradsky est parvenu à isoler deux de ces microbes minéralisateurs, auxquels il a donne les noms de nitromoras et de nitrobacter.
- Sous l’influence de divers agents minéralisateurs, les matières organiques ternaires ou hydrocarbonées subissent la transformation en acide carbonique et en eau ; de même que les composés quaternaires ou azotés sont généralement transformés en sels ammoniacaux, puis en nitrites, et enfin en nitrates, produits ultimes de l’épuration.
- Dans les « supports » d’épuration des produits de l’assainissement collectif, en même temps que s’effectue la minéralisation des déchets organiques, les colonies bactériennes qui les accompagnent sont frappées de mort, et leurs débris subissent également la transformation en minéraux solubles.
- Les produits divers de l’assainissement sont considérés conme dangereux ou insalubres, non seulement parce qu’ils impressionnent désagréablement les sens, mais aussi et surtout parce qu’ils véhiculent des microbes pathogènes, tels que les bacilles spécifiques de la fièvre typhoïde, du charbon, du choléra, de la tuberculose, etc.
- Aux inconvénients des produits de l’assainissement, l'épuration sanitaire a précisément pour objet de substituer l’innocuité des minéraux solubles, qui sont entraînés vers la mer, par la voie des nappes souterraines et des cours d’eau superficiels.
- Dans le milieu terrien des champs d’épandage en particulier, les produits de la minéralisation épuratrice peuvent être partiellement retenus et concourir économiquement à la production des récoltes. Les plantes qu’on y cultive intensivement ne participent d’ailleurs pas autrement à l’œuvre essentielle de l’assainissement. ‘
- *
- De même que la nature procède à l’endroit des débris ordinaires de la vie, le génie sanitaire peut mettre en œuvre des agents physiques, chimiques ou biologiques, pour opérer la minéralisation épuratrice des déchets de Lassai-nissement, qui souillent les eaux résiduaires.
- En dehors de toutes autres considérations d’application ou d’économie, on peut juger de la valeur relative d’un procédé de purification des eaux d’égout,
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- d’après la destruction qu’il réalise des matières organiques et des colonies bactériennes, primitivement contenues dans l’affluent d’assainissement. Ce degré dans l’épuration est forcément corrélatif de l’accroissement des matières minérales dissoutes dans l’effluent assaini.
- Laissant de côté toutes les méthodes d’assainissement qui mettent en œuvre des agents physiques ou chimiques de minéralisation, la présente étude concerne exclusivement les procédés biologiques d’épuration des eaux d’égout. Elle est partant limitée à l’irrigation terrienne, avec ou sans production agricole,’et à la filtration intensive sur les lits bactériens artificiels; de même qu’elle envisage les divers modes de traitements préliminaires à la filtration définitivement épuratrice. . »
- Concernant l’épandage terrien et la filtration sur lits artificiels, avec ou sans dégrossissage préalable, dans cette étude comparative, il est tenu compte exclusivement d’épreuves ou d’expériences conduites par des agents désintéressés des administrations publiques. Elles ont d’ailleurs été rigoureusement contrôlées par des laboratoires officiels d’analyses chimiques et bactériologiques. Offrant ainsi toutes les garanties désirables de sincérité, les essais considérés d’épuration des eaux résiduaires ont été poursuivis soit en France, soit aux Etats-Unis d’Amérique, durant lés années 1904, 1905 et 1906.
- Relativement à l’épandage agricole, la documentation relatée est celle de l’épuration normale des eaux d’égout de la Ville de Paris, dans les régions de Gennevilliers, Achères, Méry-Pierrelaye et Carrières-Triel, et du Département de la Seine, sur le territoire de Créteil. Pour l’épanclage très intensif sur terre nue, avec dégrossissage mécanique préalable, l’expérience considérée est celle entreprise en 1905, dans la plaine de Créteil, par MM. Puech et Chabal, sous le contrôle immédiat de l’Administration. Dans des conditions de rigueur scientifiques indiscutables, le contrôle analytique de toutes ces applications d’épuration terrienne a été poursuivi par l’Observatoire municipal de Montsouris.
- Au point de vue de l’épuration, dite biologique, par fosses septiques, et par lits artificiels, percolateurs ou de filtration intermittente, les expériences envisagées comprennent les trois groupes ci-après :
- 1° Celles entreprises administrativement à la station expérimentale que M. Bezault a établie à Clichy, et dont le contrôle analytique a été poursuivi par les Laboratoires de la Préfecture de p'olice, du Jardin modèle d’Asnières, de M. Baucher, de l’Ecole de physique et de chimie de la Ville de Paris, et du Conseil supérieur d’hvgiène publique de France;
- 2° Les essais dorénavant classiques, poursuivis à la station expérimentale * de l’Institut Pasteur de Lille, par M. le docteur A. Calmette et ses distingués collaborateurs ;
- 3° Les magnifiques expériences de la ville de Columbus (Ohio), conduites
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
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- et contrôlées, en 1904 et 1905, par M. Johnson et ses nombreux agents techniques et scientifiques.
- Toutes les principales circonstances d’application, ainsi que les résultats et
- EAUX D ' É GOU T Composition moyenne annuelle en matières dissoutes et en bactéries totales
- VILLE DE PARIS
- 1905
- Kilh grain par litre
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- 1906
- Milhgram par litre
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- VILLE DE LILLE
- CRETEIL
- CRETEIL
- 1906
- matorgairiq. azote ammon. laiteries
- mat.orgamq azote ammon lactéries
- mat-urgairiq azote arjr.on. tartines
- Légende graphique XE AlIÀ);
- Légende graphique
- azote organiq azotemtrique (15jours)
- izote orgamq. azotemtrique (isjonrs)
- „ azote orgaroq. azotenttnque U5jours)
- Nota : Pour numération convertie a JS jours dincubation. 1e nombre des bactéries de résout de ZÆe (comptés après 5jours) a été multiplié parle coefficient 1,88, de M Miquel.
- Fi
- 1.
- références analytiques concernant ces expériences comparatives d’épuration des eaux d’égout, sont systématiquement reproduits dans des tableaux synoptiques et des graphiques annexés à ce mémoire. Au cours de cette étude, leur exposé énumératif serait beaucoup trop fastidieux pour qu’il en soit autrement question qu’au point do vue des résultats essentiels. A l’occasion de chacun des Tome 109. — Décembre 1907. 88
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- 1348
- DÉCEMBRE 1907.
- procédés mentionnés d’épuration, c’est ainsi qu’il sera fait état de la composition physique, chimique et bactériologique de l’eau brute d’égout et des effluents, aux diverses phases de l’opération. Pour chacun d’eux, le degré atteint dans l’épuration sera également exprimé en pourcentage d’élimination des matières organiques et des bactéries préexistantes. L’augmentation corrélative des produits dissous ou gazéifiés de la minéralisation permettra d’apprécier le bilan des actions accomplies durant les phases successives de l’épuration.
- Puisés aux sources originales et officielles, tous les documents numériques, mentionnés dans les tableaux et graphiques annexés à ce travail, ont été convertis en mesures comparables. C’est ainsi que les matières organiques, en particulier, ont été exprimées soit en oxygène emprunté au permanganate de potasse, en solution alcaline ou acide, après cinq ou dix minutes de contact, selon les méthodes américaines ou françaises d’analyse, soit en dosage pondéral, par perte à la calcination. Il en est de même pour les bactéries totales, dont la numération est envisagée, soit après quinze jours d’incubation, comme à Montsouris, soit après cinq jours seulement, comme à l’Institut Pasteur de Lille, de culture sur gélatine, à 20-22° centigrades. Aux fins de comparaison avec ceux calculés à Montsouris, les nombres de bactéries numérées selon la méthode de l’Institut Pasteur de Lille ont de même été multipliés par le coefficient 1,88, expérimentalement déterminé à cet effet par M. le docteur Miquel.
- EAUX BRUTES D’ÉGOUT
- Extraits des tableaux numériques ci-annexés, les graphiques reproduits aux pages 1347 et 1349, relatent le degré moyen de souillure physico-chimique et bactériologique des eaux brutes d’égout de Paris, de sa banlieue Est, de Lille et de Columbus, respectivement soumises aux divers modes d’épuration biologique, par épandage terrien et tiltration sur lits artificiels.
- Pour ce qui est des matières organiques dissoutes et des bactéries totales, évaluées dans des conditions qui permettent la comparaison, on remarque que les eaux d’égout les plus chargées sont d’abord celles soumises à l’épuration terrienne de Créteil. Puis viennent celles de Paris, épurées culturalement dans les champs d’épandage de la Ville, ou qui ont servi aux essais officiels de filtration intermittente sur les lits artificiels de la station de Clichy. Ensuite apparaissent les eaux d’égout de Lille, qui comportent un degré « d’ oxydabilité alcaline » sensiblement égal à celui des eaux de Paris, mais qui sont infiniment moins habitées par les colonies bactériennes. Ces eaux résiduaires de Lille ont servi aux expériences de filtration intensive sur lits artificiels, intermittents ou percolateurs, poursuivies à la station d’essais de La Madeleine. Enfin on constate
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- J 349
- que les eaux d’égout de Columbus, qui ont pourvu aux somptueuses expériences de la cité américaine, sont beaucoup moins contaminées que les précédentes.
- Dans ces diverses eaux d’égout, toutes à réaction uniformément alcaline, la proportion peut être fort variable du degré originel de souillure, soit slerco-
- ColunQbu^ ( Otjio)
- Oor^pogitioi) de l'eau d'êcjoub
- (njoyerde 51 ai)3ly5e5- Août q04-Juiy 5ur 14740 ng.t
- rgilligrangrgej (parlitre)
- 12 5456789 10 11
- ri)abière5 coptepue^
- ______________________________________________yv.______________________________________________^
- er) 5u5pe95iop erj di55olufcioip ei) ^ujpei^iog flottagtej
- chlore acide o/ydabilite graine}
- nitreux,
- raie, soit industrielle. Rien d’ailleurs à l'analyse chimique n’a encore pu différencier ces deux origines des matériaux organiques contaminants. Dans l’état actuel de nos connaissances, l'affirmation ne saurait être que purement gratuite, qui consiste à prétendre que les débris industriels, abondants dans les eaux d’égout de Lille, soient plus difficilement « minéralisables » que les déchets de la digestion humaine, fort importants dans le produit du tout à l’égout parisien.
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- 1350
- DÉCEMBRE 1907.
- TRAITEMENTS PRÉLIMINAIRES D’ÉPURATION
- Ainsi qu’il est mentionné au tableau synoptique I, reproduit aux pages 1352 et 1353, le traitement préliminaire des eaux d’égout peut comprendre deux degrés successifs : les fosses ou chambres à sable opèrent un premier dégrossissage; les bassins de décantation des champs d’épandage, le dégrossisseur mécanique du système Puech et les fosses septiques, ouvertes ou fermées, constituent un second degré dudit traitement préalable.
- BASSINS A SABLE
- Sur le trajet des collecteurs d’égout, notamment avant leur débouché dans les cours d’eau ainsi que dans les usines élévatoires, des bassins sont généralement aménagés en vue d’obtenir, par ralentissement du flux, le dépôt partiel des sables et autres matières en suspension, les plus lourdes. Dans les usines de refoulement, ces bassins sont généralement complétés par des grilles au mécanisme varié, destinées à recueillir les plus gros débris du flottement.
- Bassins et grilles ont pour principal objet de restreindre l’envasement des cours d’eau, en aval du débouché des collecteurs, et d’éviter les obstructions des appareils de propulsion vers les champs d’épandage.
- Les bassins à sable sont périodiquement dragués et les matériaux minéraux et organiques qui en proviennent sont mis en dépôt sur des terrains de décharge, ou bien encore utilisés comme engrais d’assez faible valeur.
- CHAMBRES A SABLE
- Dans les installations dites biologiques d’épuration des eaux d’égout, avant d’aboutir aux fosses septiques, l’eau brute passe généralement dans un bassin auquel on donne le nom de chambre à sable, dans lequel s’opère un premier dégrossissage mécanique.
- A part quelques observations précises concernant les dépôts effectués dans un bassin de simple sédimentation (1) de l’expérience si complète de Columbus, il existe fort peu de documents numériques au sujet du degré d’élimination des matières suspendus dans les eaux d’égout, par les bassins et les chambres à sable.
- (1) Il s’agit du bassin désigné A, mentionné page 887 de l’annexe à cette communication, déjà'publiée dans le Bulletin de juillet 1907, de la Société d’Encouragement, sous le titre de Traitement préliminaire des eaux d'égout dans l'expérience de Columbus, par P. Vincey et Ch. Rolandez.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- J 351
- BASSINS DE DÉCANTATION
- Il en est de meme des bassins que Ton établit dans les champs d’épandage, en tête des cultures au pouvoir irrigateur très élevé, afin d’éviter le feutrage ou colmatage superficiel, si préjudiciable à la bonne épuration des eaux d’égout comme à la bonne venue des récoltes irriguées.
- Par des bassins de décantation, on des aménagements analogues, mais assurant aussi la protection des nappes aquifères souterraines, il est indispensable de réaliser un dégrossissage préliminaire de l’eau d’égout, lorsqu’elle est destinée à l'épandage très intensif, sur prairies en particulier.
- Préalablement à l’irrigation lerrierme intensive sur terre nue et à la filtration rapide sur lits bactériens artificiels, le dégrossissage est une opération encore plus nécessaire, qui débarrasse les eaux d’égout des matières en suspension. Il a pour objet notamment d’éviter le feutrage ou l’obstruction trop rapide des supports définitifs de l’épuration.
- Dans le traitement préliminaire du second degré, réalisé tant par le dégros-sisseur Puecli que par les fosses septiques, les matières minérales en suspension ne sauraient être éliminées autrement que par simple sédimentation. 11 en est autrement des matières flottantes de nature organique, dont l’élimina-lion peut être réalisée.par les (rois voies du dépôt mécanique, de la dissolution et de la gazéification.
- Des facteurs mécaniques, physiques, chimiques ou biologiques peuvent concourir à l’élimination préalable des matières suspendues dans l’eau d’égout. Quels <[uc soient d’ailleurs ces moyens d’action, on peut juger do la valeur effective d’un procédé de dégrossissage quelconque, d’après le pourcentage qu’il réalise dans l’élimination des matières originairement suspendues dans l’eau brute.
- Au point de vue des installations de dégrossissage, il serait très important que l’on soit absolument fixé sur la question de savoir dans quelle proportion l’élimination des matières organiques en suspension s’opère, selon les différentes voies, de la simple décantation mécanique, de'la dissolution dans l’effluent dégrossi, ou de la volatilisation dans l’atmosphère ambiante.
- La dissolution des matières organiques en suspension dans l’eau brute d’égout devrait forcément se traduire — ne fût-ce que momentanément — par un accroissement corrélatif des matières organiques dissoutes dans l’effluent dégrossi.
- Pour foutes les expériences envisagées au cours de ce mémoire, dans les tableaux et graphiques ci-annexés, il est précisément fait état des matières organiques dissoutes dans l’affluent et dans l’effluent du dégrossissage. Avec pourcentage de variations (élimination ou augmentation), ces matières organiques
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- Tableau I.
- ÉPURATION DES EAUX RÉSIDUAIRES, PAR l’ÉPANDAGE AGRICOLE
- Composition moyenne des eaux d’égout et des effluents divers. — Degré de variation des
- CONDITIONS D'ÉPURATION.
- MATIÈRES CONTENUES
- EN MILLIGRAMMES, PAR LITRE.
- SUPPORTS.
- METHODES.
- Préliminaires.
- lc'r degré.
- degré.
- Bassins de décantation pour prairies seulement.
- Dégrossisseur Puech.
- Fosse
- septique.
- Définitifs.
- Terre cultivée.
- Terre cultivée.
- Terre nue.
- Lits artificiels de filtration intermittente.
- lût percolateur.
- NATURE DE L’EAU. En O Br G d te 6 suspen o ~d c S sion. © 3 g Z I Orgam Oxyda . ô a < diss ques. bilité. © ‘© •< olution Az ai d ’g © B a < otc. © cr 2
- Brute d’égout. „ „ 39,2 » 24,3 0,06
- , Effluentde 21 drains des 4 régions. ” » » 1,38 0,4 22,08
- 1 Brute d’égout. » » ». 47,9 »» 23,6 0,25
- f Effluent de 21 drains des 4 régions. „ » » 1,28 » 0,4 22,04
- j Brute d’égout. .» » » 188,8 » 10 0,05
- t Effluent de 4 drains de la région. » » » 3,7 » 0,3 0,75
- I Brute d’égout. » », » 65,2 » 15, 0,2
- 1 Effluent de 3 drains de la région. » » ° 3,4 » 1,97 1,2
- ( Brute d’égout. 430 Cî O O 950 73,8 » 5,2 0
- j Effluent du dégrossisseur. » » 40 117,9 » 10,9 0
- ( Effluent des drains. » » » 4,2 » 0 8,2
- : Brute d’égout. 437 1 037 1494 20 26 12,2 »
- Effluent de fosse septique. 28 46 74 19 23 14,9 »
- Effluent d’un seul contact. » » “ 11 16 3,7 8,0
- Brute d’égout. )) „ », ,» 37,*3 21,5 »
- Effluent d’un seul contact. )) » " >> 9,6 9,5 1,6
- Brute d’égout. » „ » 33,0 » 15,2 0,25
- Effluent de fosse septique. )) )) » 25,5 » 20,2 0
- Effluent d’un seul contact. » » » 7,5 » 5,3 3,64
- Brute d’égout. )) „ » 155,2 » 32,3 0
- / Effluent de fosse septique. )) » » 31,9 >» 28,7 0
- \ Effluent d’un seul contact. » » » 25,1 “ 5,3 17,5
- Brute d’égout. 304 445 749 152 (1) 37,5 0,63
- Effluent de fosse septique. 47 91 138 131 (1) 36,0 0,69
- Effluent d’un seul contact. » )) 0,7 111 (1) 16,0 4,69
- Brute d’égout. 566 666 1 232 42 64,5 8,0 0,46
- Effluent de fosses septiques. 21,3 22,5 43,8 41 56 10,6 0,32
- Effluent de 2e contact. » » » 20,6 21,2 2,8 3,9
- Brute d’égout. 342 407 749 49,4 56,9 8,1 0
- Effluent de fosses septiques. 50,6 109 159,6 49 58,9 8,8 0
- | Effluent de 2e contact. » » )) 16 21,6 3,3 4,1
- Effluent d’un seul contact. ” ” ” 11,9 14,3 2,3 5,7
- (1) Dosage pondéral.
- Nota. — A 20-22'j, sur gélatine, les bactéries ont été comptées après 15 jours d'incubation
- ET LES LITS ARTIFICIELS DE FILTRATION INTENSIVE
- nuisances, toujours en comparaison de l’eau brute d’égout, considérée avant le dégrossissage.
- POURCENTAGE D’ÉPURATION j ÉLIMINATION + ’ ! AUGMENTATION CIRCONSTANCES D’APPLICATION
- BACTÉRIES *
- TOTALES MATIÈRES MATIÈRES EN DISSOLUTION.
- au ce. Analytiques. Régionales.
- en suspension. Organiques. Azote.
- (Ensemencement —
- En 0X3’dabilité. BACTÉRIES. W
- immédiat). © G © © ci O ci © m G O S*
- c ci Ci i C © c H* Nombre. *© G • Laboratoires. ci S
- d to u O s G 13 O < O < s < Z G <1 d S
- 12 270 000 000 „ » + 36 700 2 4 1905
- • 120 316 » » » — 96,5 » — 98,4 — 99,999 252 en ’C
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- 415 000 „ „ „ )> » » Municipal de
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- 4 700 )) )) » — 45 — 38 — 70 10101. — 98,9 Paris.
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- 1 141 000 )) » » » — 74.3 — 54,3 + total. d’Asnières. 13
- 1 850 000 )) n ,, „ ,, » 1905-06 U en
- 2 300 000 )) „ „ — 22,7 » + 32,9 — total. + 24,3 (i De M. Baucber. O
- 245 000 )) » » - 77,3 » — 65,1 + 956 — 86,8 CI o ci
- » » „ » École de phys.
- — 17.5 „ — 11,1 „ »» 3 1906 et chimie de GG
- ' »» »» >» - 83,8 » — 83,6 + total. la Ville de Pais.
- }) Du Conseil su-
- — 84,5 — 79,5 — 81,6 — 13,8 (1) — 4 + 8,8 10 1906 périeur d’hy- 1
- »» » — 27,0 fl) — 57,3 + 644 giène.
- 139 110 000 66 935 000 » ' — 96,2 )) — 96,6 — 96,4 )> — 2,4 — 13,2 + 32,5 — 30,4 — 51,9 Du 1er au 31 mai pour la 1904-05 O C
- 17 340 000 »» »» — 50,1 — 67,1 — 64.9 + 7 48 — 87,5 chimie. Institut Pasteur de Lille. ü o <V — <v
- 5 949 000 „ ,, » » » )) )) + 837 Du 15 janv. au ^ .—3 C3 i
- 57 900 000 — 85,2 — 73,2 — 78,6 — 0,8 + 3,5 + 8,6 o, 31 mai 1906 1906 i
- 4198 000 ») » » — 67,6 — 62,0 — 53,2 + total. — 29,43 l-2j pour la partie chimique. ci
- 1 169 000 )) » » — 75,9 — 74,9 — 71,6 + total. — 80,34 (3,
- sauf pour La Madeleine-lcs-Lille, où l’incubation n a été que de 5 jours.
- (2) 38,4 p. 100. — (3) 79,65 p. 100, d’après les calculs de M. le docteur A. CaJmcttc.
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-
-
- -Angleterre
- (cité- par MTHanriot)
- 66 %
- •matières
- suspendues dissoutes flottantes
- matières oxy débilité asote' "bactéries
- 1 « ül mm, m
- nyilligr.par lit 45 40 35 30 25 20 13 10 B 0 5 10 15 20 25 30 35
- desnqatières dissoutes
- Légende graphique
- crganigues t abattue ammsn.
- minérales acide nitriq.
- 12 3 4 5 6
- totales
- 7
- PégrossisseurPuecl?, à Créteil
- (1905)
- njilligr.parlit
- 30
- 25
- 20
- 15
- 10 ,
- 5
- 0
- 5
- 10
- des rqalières dissoutes
- Nota: Tout ce qwest au dessous delà iïoneW concerne! élimination des éléments
- Fig. 3.
- p.1354 - vue 1351/1523
-
-
-
- DÉGROSSISSAGE DÉ S EAUX D'ÉGOUT
- Fosses septiqu.es ouverte et ferrpée àLaMadelei^e-lès-Lille
- ( 1905)
- ( 1906)
- 877c
- 97 Vo
- .x-
- igatières
- oxydabililé azote
- m ^
- organiques i
- minérales
- 1 2
- alcaline ammon.
- acide nitrique
- 3 4 5 6
- bactéries
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- Légende graphique
- totales
- 7
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- 1 2
- oxyda bilité azote
- É 1
- alcaline ammon
- acide mtmue 3 4 5 6'
- bactéries
- totales
- 7
- Fosse septique fermée, à Clicfyy
- 77 7o
- (1905-06)
- (1906)
- l Boucher)
- njilligr.parlit 30 25 20 15 10 5 0 5 10
- des matières dissoutes
- 23%
- È
- 325É
- 3SS
- 11%
- P
- (Haqriat)
- 77 7o
- entenus dans i'eau d'égout, ce qui est eu dessus est relatif à !a conservation et à l'augmentation desdits éléments
- 9
- Fie. 3.
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- 1356
- DÉCEMBRE 1907.
- dissoutes sont exprimées en oxydabilité alcaline ou acide et parfois aussi en dosage pondéral, par perte au rouge, du produit de la filtration analytique.
- Dans les affluents et effluents des divers modes de dégrossissage des eaux d’égout, il est aussi fait état des bactéries totales, soit en nombres absolus, soit en pourcentages de variations, dans le sens de l’augmentation presque toujours.
- DÉGROSSISSEUR PUECH
- Dans la purification des eaux potables, préalablement au traitement définitif par les filtres submergés, les dégrossisseurs mécaniques du système Puech sont bien connus. En 1904 et 1905, dans la région d’épandage de Créteil, sous le contrôle analytique de l’Observatoire de Montsouris, des expériences furent poursuivies sur une variété de ces dégrossisseurs en vue du traitement prélimi naire à l’épuration très intensive des eaux d’égout, sur terre nue.
- Il s’agissait de trois bassins successifs, renfermant des graviers de diverses grosseurs, dans lesquels l’eau brute d’égout filtrait successivement, à raison de 332 mètres cubes par jour, pour une superficie totale de 70 mètres carrés (1). Les matières en suspension dans l’affluent de dégrossissage étaient retenues mécaniquement dans les interstices des graviers de remplissage, qu’elles finissaient par obstruer. D’uue façon fort simple et ingénieuse, le dégorgement périodique des filtres était opéré par un contre-flux d’eau d’égout.' Par transport hydraulique, les boues de dégrossissage étaient évacuées sur dès terrains d’égouttement et de décharge disposés à cet effet.
- Dans le tableau synoptique I, pages 1352 et 1353, ainsi que dans le graphique des pages 1354 et 1355. tous les résultats de cette expérience contrôlée sont relatés, en dosages absolus et en pourcentages d’épuration. On y remarque que l’élimination a porté sur 96 pour 100 des matières minérales et organiques en suspension dans l’eau brute d’égout. Un fait très curieux à constater concerne l’augmentation corrélative, dans la proportion de 58 p. 100, de la matière organique dissoute (en oxydabilité alcaline) de l’effluent de dégrossissage. Il semblerait indiquer une dissolution partielle do la matière organique originairement suspendue dans l’affluent brut du dégrossissage, si l’on ne savait que l’oxyda-bilité analytique observée est parfois imputable à d’autres causes que celle de la présence de la matière organique dissoute.
- Comme résultat de cette expérience de dégrossissage mécanique, ce qui mérite d’être retenu consiste dans l’élimination des 96 centièmes de l’ensemble des matières minérales et organiques en suspension dans l’eau brute d’égout.
- (1) Ces filtres dégrossisseurs ont été décrits par leur auteur dans une séance du 31 octobre 1906, de la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire. Cette description est reproduite dans le n° de novembre 1906 de la Revue d’hygiène, chez Masson.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1357
- * TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES
- D’origine anglaise, on elle est connue sous le nom de septik-tank, la fosse-septique consiste dans un bassin étanche, ouvert ou fermé par en haut, dans lequel l’eau brute d’égout séjourne plus ou moins longtemps aux fins de-dégrossissage, par élimination d’une partie des matières minérales et organiques en suspension.
- Mentionnés aux tableaux et graphiques ci-annexés, les résultats numériques de dégrossissage par fosses septiques, dont il est question en cette étude, concernent des expériences officielles poursuivies à la station expérimentale de Clicliy par diverses administrations, à La Madeleine par l’Institut Pasteur de Lille, et à Columbus par les soins de la municipalité.
- A l’occasion dos essais officiels récemment effectués dans ces trois stations, autant que les observations rigoureuses le peuvent comporter, les résultats du dégrossissage sont envisagés successivement aux points de vue, essentiels de l’élimination des matières minérales et organiques en suspension, puis de la solubilisation, de la volatilisation, et de la sédimentation des matières organiques flottantes dans l’eau brute d’égout.
- Les fermentations anaérobies, dont est le siège l’eau brute d’égout durant le séjour plus ou moins prolongé dans les fosses septiques, conduisent naturellement à un accroissement notable du nombre des colonies bactériennes de l’effluent dégrossi. Ces variations sont généralement relatées dans les tableaux et graphiques ci-annexés. Dans le cours de cette étude, il n’en sera plus autrement question, sinon pour observer que ces fermentations septiques, aux dépens de la matière organique flottante, comportent le dégagement de gaz puants, qui rendent pour le moins très désagréable le voisinage des fosses septiques.
- Pour ce qui est du bilan analytique des résultats mécaniques ou physicochimiques du dégrossissage des eaux résiduaires, il-serait très désirable aussi que travaux anglais ou allemands — assez peu nombreux d’ailleurs sur cet objet — soient mieux connus en France.
- A défaut d’autres documents, le graphique de la page 1334 du présent mémoire reproduit occasionnellement les résultats d’une expérience effectuée-naguère en Angleterre, par Cameron, et que MM. Launay et Henriot ont successivement citée dans diverses publications françaises.
- Ainsi qu’il est mentionné au graphique des pages 1332 et 1333, cette expérience anglaise, de dégrossissage par fosse septique, comporte une élimination de 34 p. 100 de l’ensemble des matières minérales et organiques primitivement en suspension dans l’eau brute d’égout. Mais s il y a eu dissolution d’une-
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- Expériences d’épuration des eaux d’égout de la Ville de Paris, par fosse septique fermée et un seul contact de lit bactérien intermittent.
- Installation de M. Bezault, à Clichy, 200 m. c. par jour.
- Tableau II.
- DEGRES SUCCESSIFS DE
- PURIFICATION, EN COMPARAISON DE L’EAU d’ÉGOUT, AVANT DÉGROSSISSAGE. — DÉTERMINATIONS yùlUQUES DE M. Eü. BONJEAN, CHEF DU LABORATOIRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR
- DATES de 1906. NATURE de l’eau. MATIÈRES CONTENUES, EN MILLIGRAMMES PAR LITRE.
- EN SUSPENSION. EN DISSOLUTION'.
- ORGANIQUES. MINÉRALES. ENSEMBLE. TOTALES. MINÉRALES. ORGD’QÜES. Chlore en NaCl. A Z OTE.
- Perte au rouge. Cendres. Séchage à 110". Résidu à 110». Résidu après calcination. Perte au rouge. Total. Organique. 'Ammoniacal.
- Brute d’égout b2o,7 272,2 797,9 „ )> » 117,6 48,3 0,1 43,3
- 17 Juillet.. . Effluent de fosse septique. 37,G 20,4 58,0 » )) » 87,2 32,3 3,4 28,9
- — lit bactérien. . 11 » 5,6 » )) ” 103,6 15,3 0 15,3
- Brute d’égout » » » ,, )) » 78,8 » )) 23,8
- 9 Novembre. Effluent de fosse septique. » » » » » » 126,0 » ») 4
- — . lit bactérien. . .» » » » » 132,0 ’’ 23,8
- Brute d’égout 258,0 703,0 961,0 588,0 468,0 120,0 74,8 30,9 6,4 24,5
- 11 Décembre. Effluent de fosse septique. 20, 0 38,0 64,0 » » » 104,8 33,8 1,9 31,9
- — lit bactérien. . traces traces traces 660,0 583,0 77,0 124,8 17,0 1,1 16,9
- Brute d’égout 308,0 607,0 915,0 801,0 026,0 175,0 156,0 48,6 ' 2,7 45,9
- 12 Décembre. Effluent de fosse septique. 63,0 212,0 275,0 737,0 575,0 162,0 •132,4 49,3 • S, 5 40,8
- — lit bactérien. . traces traces traces 698,0 525,0 173,0 114,0 18,2 1,2 17,0
- Brute d’égout 331,0 556,0 887,0 656,0 443,0 213,0 97,6 51,0 19,7 31,3
- 18 Décembre. Effluent de fosse septique. 93,0 77,0 172,0 565,0 428,0 137,0 84,0 27,5 4,7 22,8
- — lit bactérien. . traces traces traces 668,0 506,0 162,0 106,4 15,3 1,7 13,6
- Brûle d’égout 288,0 282,0 570,0 679,0 525,0 154,0 119,2 58,4 2,3 45,9
- A Effluent de fosse septique. 54,0 42,0 96,0 590,0 439,0 131,0 67,2 25,5 1,7 23,8
- — lit bactérien. . traces traces traces 083,0 620,0 63,0 107,2 17,6 1,7 16,9
- r Brute d’égout. ...... 283,0 563,0 848,0 759,0 626,0 133,0 » .> )) ».
- B Effluent de fosse septique. 12,0 102,0 114,0 602,0 512,0 90,0 121,6 35,8 6,1 39,7
- ! — lit bactérien. . traces traces tl'clCCS 637,0 525,0 112,0 96,4 11,9 2,7 9,2
- 1 . Brute d’égout 206,0 281,0 487,0 812,0 681,0 131,0 174,0 61,7 14,1 47,6
- '<Z> G Effluent de fosse septique. 43,0 128,0 173,0 743,0 608,0 135,0 143,2 55,1 8,6 46,5
- C5 i — lit bactérien. . traces traces traces 593,0 500,0 95,0 79,2 12,6 2,4 10,2
- | Brute d’égout 228,0 296,0 524,0 796,0 654,0 142,0 .. )) » »
- D Effluent de fosse septique. 44,0 106,0 150,0 793,0 681,0 112,0 160,8 54,0 9,8 44,2
- — lit bactérien. . traces traces traces 723,0 631,0 94,0 110,0 23,4 0,7 22,7
- A 1 Eftluent de lit bactérien. . » l) D » » » - 100,0 18,7 1.7 17,0
- Brute d’égout 304,0 445,0 749,0 727,0 575,0 152,0 117,0 50,0 8,4 37,5
- Moyennes J Effluent de fosse septique. 47,0 91,0 138,0 071,0 540,0 131,0 110,0 39,0 5,6 36,0
- — lit bactérien. . traces traces traces 667,0 556,0 111,0 107,4 16,6 1,6 16,0
- D HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE
- A, B, C, D. Quatre lits de contact intermittent, en batterie, fonctionnant alternativement et automatiquement. — (A1) Second fonctionnement
- journalier du lit A'.
- J POURCENTAGE D’ÉPURATION ÉLIMINATION — AUGMENTATION +
- g! AI A T1 È R E S en suspension-. MATIÈRES EN DISSOLUTION.
- Nitrites. Nitrates. Totales. Minérales. Organiques. 1 £ o O K S * U C O AZOTE. Nitrites. Nitrates.
- Organiques. Minérales. C S © 1 Total. J Organique. \ Ammoniacal, j
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- )> 0 - 92,5 -92,4 — 92,5 » . » » — 25,0 — 33,1 — 33,3 — 33,3 „
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- traces 6,5 - 89,9 — 94,6 — 93,3 )> » )) + 40,1 + 9,4 — 70,3 + 30,2 + 18,2
- 0 40.5 )) + 12,3 + 24,6 — 35,8 + 60,8 — 45,0 — 82,8 — 35,1 )) + 636
- fraces 6,0 )) „ ,, „ » ))
- traces 5,3 — 79,5 — 65,1 — 70,0 — 8,0 — S,2 — 7,4 — 14,o + 1,4 + 215 —11,1 » — 11,7
- 0 37,5 ” )) » — 12,8 — 14,5 — 1,2 — 26,8 — 62,5 — 55,5 — 62,9 » + 525
- traces 5,0 )) » „ » » » „ n )(
- traces 5,0 — 71,3 — 86,1 — 80,6 — 13.8 — 3,4 — 25,6 — 13,9 . — 46,1 — 76,1 -27,1 yy
- traces 33,3 » )) » + 1,8 + 14,2 — 23,9 + 9,0 — 70 — 90 -56,5 » + 565
- traces 7,5 » » „ » » „ )> »
- traces 5,3 — 81,3 — 85,1 — 83,2 — 13,1 —16,4 — 1,9 — 43,6 — 56,3 — 32,0 — 48,1 „ — 29,3
- traces 25,0 » ” » + 0,6 + 18,1 — 59,1 — 10,0 — 69,8 1 CO JC O — 65,3 » + 233
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- traces 5,1 — 96,7 — 81,8 — 86,8 — 20,7 — 18,2 — 32,3 » » „ » „
- 0 25,4 » » » — 16,1 —16,1 — 15,6 ” » » D » »
- traces 7,3 » » .. . ,, » » » ,, » yy yy
- traces 7,5 — 78,1 — 54,4 — 65,1 — 8,4 — 10,7 + 3,0 — 17,6 — 10,7 — 39,0 — 2,3 „ „
- traces 37,5 » » » — 26,7 — 26,6 — 27,4 — 54,5 — 79,0 — 82,9 — 78,5 » + 400
- » )) ,, )> » )) » » )) „ „ » yy
- traces 9,3 — 82,9 — 64,2 — 71,3 — 0,3 + 4,1 — 21,1 » » » » „ „
- traces 32,6 “ *» » — 8,9 — 3,5 — 33,7 » » > » ->
- traces 14,2 » » » » )) ** » >> » )) » »
- traces 4,5 )) )) ,, ,» » » » )) )) „ »
- traces 4,9 — 84,5 — 79,5 — 81,6 — 7,7 — 0,1 — 13,8 — 6,0 — 22,0 — 33,3 — 4,0 )) + • 8,8
- traces 33,5 )) » )) — 8,2 — 3,3 — 27,0 — 8,2 — 67,0 — 82,2 — 57,3 » ~h 644
- 10
- f
- NOMBRE D’ANALYSES.
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-
-
-
- 1360
- DÉCEMBRE 1907.
- portion des débris organiques flottants, le fait a dû être concomitant d’une gazéification encore plus importante, attendu que le degré d’oxydabilité alcaline de l’effluent dégrossi accuse lui-même une diminution de 34 p. 100 de la matière organique dissoute. De même que pour les matériaux minéraux suspendus, on est beaucoup plus en droit de conclure que la plus grande partie des matières organiques flottantes a dû être éliminée par simple sédimentation.
- FOSSE SEPTIQUE FERMÉE DE CLICIIY
- Le septic-tank de cette station d’essais a été aménagé par les soins de M. Bezault, dans le voisinage du collecteur des égouts parisiens. Il est constitué par un bassin en maçonnerie à section rectangulaire, de 3m,70 de largeur intérieure, sur 26m,50 de longueur, et recouvert d’une voûte surbaissée, laissant une hauteur libre de 3 mètres sous la clef; cette fosse est hermétiquement close, sans air ni lumière ; à sa partie supérieure, elle porte seulement un regard avec soupape de sûreté, pour l’échappement des gaz provenant de la fermentation.
- La hauteur maxima de l’eau dans cette fosse est de 2m,22. L’entrée et la sortie •des affluents et effluents s’y font à O"1,70 en contre-bas de la surface liquide.
- Des dimensions indiquées, il résulte que cet organe de dégrossissage a une capacité de 216 mètres cubes. Etant donnée la vitesse normale de l’opération, cette contenance correspond à un séjour moyen de dix-huit ou vingt heures •de l’eau d’égout dans ledit récipient.
- Durant les trois dernières années, quatre expériences de dégrossissage septique, plus ou moins vigoureusement conduites d’ailleurs, ont été poursuivies à la station d’essais de Clichy. Les circonstances générales et les résultats en sont consignés dans les tableaux synoptiques I et IV, des pages 1352 et 1353, ainsi que dans les graphiques reproduits aux pages 1354 et 1355.
- L’expérience de 1904, relatée au tableau numéro 1, contrôlée par le Laboratoire municipal de la Ville de Paris, mérite à peine d’être citée, par la raison qu’elle n’a comporté qu’une seule analyse. L’élimination des matières flottantes, tant minérales qu’organiques, s’y manifeste par le pourcentage élevé de 95. A moins de gazéification simultanée et plus importante, la dissolution de la matière organique n’apparaît pas, puisque l’oxydabilité alcaline ou acide de l’effluent accuse une diminution, en comparaison de l’affluent de la fosse. •L’augmentation de 22 p. 100 dans l’ammoniaque dissous est normale; mais l’élimination de 84 p. 100 des bactéries initiales ne s’explique aucunement.
- Les intéressantes expériences effectuées en 1905, à Clichy, par les soins des Services de l’Assainissement de la Seine et contrôlées par le Laboratoire du Jardin d’essais d’Asnières, n’ont malheureusement pas comporté d’observations sur le travail de la fosse septique.
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-
-
-
- Pégro55i55a3e dejeaux d'égout de la Ville de Pap'15.- Travail de P0556 optique Fermée.. Expériences del^rEd. Bo9jear},à Clict)y,er) 1906.
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- Légende
- graphique
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- 17 Juillet, il .12.I8.15 décembre. ABC.iÿoyerçije
- Fig. 4.
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- 1362
- DÉCEMBRE 1907.
- A cette même station, les essais de dégrossissage effectués par M. Bauclier, en 1903-1906, n’avaient pas envisagé, par analyses physico-chimiques, la question essentielle de l'élimination, des matières minérales et organiques en suspension dans l’eau brute d’égout. Mais au lieu d’une indication de dissolution des matières flottantes, les 6 analyses de ces expériences accusent au contraire une diminution de 23 p. 100 dans l’oxydabilité alcaline de l’effluent de la fosse septique. Cette épreuve établit une augmentation logique de 21 p. 100 dans le nombre des bactéries totales de l’effluent dégrossi.
- Il en est de même pour l’expérience poursuivie à Clichy, en 1906, par M. Henriot, agissant comme délégué du Conseil d’hygiène du Département de la Seine, et pour laquelle trois analyses ont été faites au Laboratoire de l’Ecole de physique et de chimie de la Ville de Paris : l’élimination des matières minérales et organiques flottantes n’y a donné lieu à aucune observation ; mais l’épreuve tend aussi à démontrer que la matière organique suspendue n’est pas demeurée à l’état de dissolution, puisque l’effluent de la fo sse septique accuse encore une diminution de 77,5 p. 100 de l’oxydabilité alcaline, en comparaison de l’affluent à dégrossir. Cette épreuve n’a comporté aucune numération bactérienne.
- A l’installation de Clichy, l’expérience la plus complète de dégrossissage est assurément celle effectuée, en 1906, par M. Bonjean, sur mission spéciale du Conseil supérieur d’hygiène do France. Elle a occasionné 10 analyses plus ou moins complètes, d’ordre physico-chimique exclusivement. Les résultats détaillés et moyens en sont consignés au tableau II, ci-annexé aux pages 1358 et 1359, ainsi qu’au graphique do la page 1361.
- On y remarque avant tout que le pourcentage moyen d’élimination a été de 85 pour les déchets organiques et de 80 pour les matières minérales, originairement suspendues dans l’eau brute, avant dégrossissage.
- Si l’élimination des débris organiques suspendus s’était effectuée par voie de dissolution bio-chimique, hormis gazéification pour le moins correspondante, le fait aurait dû so traduire par l’accroissement du taux des matières organiques dissoutes dans l’effluent de la fosse septique. Les résultats du dosage pondéral établissent, au contraire, que l’effluent dégrossi renferme 14 p. 100 de matière organique dissoute — exprimée analytiquement par perte au rouge — de moins que l’affluent brut. Une seule fois, le 19 décembre, dans l’opération C' on a constaté un léger accroissement de 4 p. 100 dans les matières organiques dissoutes de l’effluent dégrossi.
- Soit directement, soit par voie déductive, la question de gazéification partielle des matières organiques, primitivement suspendues dans l’eau brute d’égout, n’a pu être envisagée à l’occasion des essais de dégrossissage septique entrepris à Clichy.
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-
- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 136£
- Comme il n ’a, d’autre part, été effectué aucune évaluation pondérale et analytique des dépôts effectués dans la fosse septique de cette installation, il est également impossible d’établir quelle proportion des matières organiques flottantes éliminées s’est mécaniquement déposée, durant le temps du dégrossissage.
- FOSSES SEPTIQUES DE LA MADELEINE
- Par fosses septiques, les plus intéressants essais de dégrossissage des eaux d’égout qui aient été entrepris en France sont incontestablement ceux réalisés, en 1905 et en 1906, à la station de La Madoloine-lès-Lille, sous la très savante direction de M. le docteur A. Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Extraits des deux volumes intitulés « Recherches sur l’épuration biologique et chimique des eaux d’égout », publiés en 1906 et en 1907, les résultats numériques de ces mémorables expériences sont consignés systématiquement dans le tableau I ci-joint, pages 1352 et 1353. Ils sont également reproduits dans-le graphique des pages 1354 et 1355, pour les moyennes annuelles, ainsi que dans le tableau de la page 1364, et dans le graphique de la page suivante,, pour les détails desdites opérations de dégrossissage.
- A La Madeleine, il existe deux fosses rectangulaires pourvues de chicanes, l’uno ouverte, l’autre fermée, de 500 mètres cubes ensemble. Fonctionnant simultanément, elles dégrossissent 500 mètres d’eau d’égout par jour, selon un séjour moyen do vingt-quatre heures, par conséquent. Au printemps 1906,. ces fosses ont dû recevoir le complément d’un filtre dégrossisseur par gravier, en vue de retenir mécaniquement les matières subsistant encore dans l’effluent.
- Aucun dispositif spécial ne parait avoir été aménagé en vue du draguage économique de ces fosses. On se serait borné à les curer deux fois, lorsque les boues accumulées menaçaient d’encombrement.
- Pour ce qui est des moyennes annuelles, reproduites dans les documents-numériques et graphiques mentionnés, il convient avant toutes choses d’oh-server que le pourcentage d’élimination des matières flottantes a été notablement plus considérable au début du dégrossissage, en mai 1905, que pendant, l’ensemble des opérations ultérieures de 1906 : en ce qui concerne la matière organique suspendue clans l’eau brute en particulier, cette élimination moyenne n’était plus que de 85 p. 100 pour l’ensemble des opérations de 1906, alors qu’elle avait été de 96 p. 100, en mai 1905.
- Dans le travail des fosses septiques de La Madeleine, l’accumulation mécanique des houes paraît être la principale cause du ralentissement observé dans l’élimination des matières flottantes; après le curage du printemps Tome 109. — Décembre 1907. 89
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- Travail des fosses septiques, dans les expériences de La Madeleine-lès-Lille. Tableau III. — ü’après lus PUBLICATIONS DE N. le docteur A. Calmette
- N A. T U K K do L ’ EAU. EN MILLIGRAMMES MATIÈRES PAU LITRE, EN l d'éliminati POURCENTAGE ( I) AUGMENTA ON — TION + 5 R ES jlutiou. DATES • des EXPÉRIENCES. OBSERVATIONS.
- SUSPENSION. DISSOLUTION. MATIÈRES en suspension. MATI en diss
- <fi o ci fcc t- O Minérales. ^ Ensemble. OXYDA O fl 75 < 3ILITÉ. 'S Organiques. j Minérales. | Ensemble. | OXYDAI 0 a 'rt jj < ilLITÊ. <D "O < MOIS. ANNÉES.
- Eau brute d’égout S66 G6G 1 232 42,0 61,5 )> l'1’ au 31 Novembre, draguage des
- Eflluent de fosse septique.. 21,3 22,5 43,8 41 56 — 96,2 — 96,7 — 96,4 — 2,4 — 13,2 mal 1905 fosses septiques.
- Eau briite d’égout 401 G07 1 008 38 61 )} » 15 au 20
- Effluent de fosse septique. . 79 157 23G 36 54 — 80 — 74 — 77 — 5 — 11 • janvier
- Eau brute d’égout 460 395 855 52,6 72,8 „ „ „ » 12 au 17
- Effluent de fosse seplique. . 74 loi 225 43 74 — 84 — 62 — 73 — 18 + 2 février.
- Vois le mois de mai, ad-
- Eau brute d’égout 355 434 789 48 39 » )) )) )) » 12 au 17 1906 jonction d’un filtre dé-
- Effluent de fosse septique. . 41 121 162 56 18 -89 — 72 — 79 + 18 -j- 23 mars grossisseur à la fosse
- se jj Ll ijue.
- Eau brute d’égout ...... 151 191 342 59,2 55 » » » » » 4 au 31
- Eflluent de fosse septique. . 8,4 7,2 15,6 61,2 59,5 9 4 — 96 — 95 + 3 + 8 mai !
- Eau brute d’égout 342 407 749 49,4 5G,9 „ „ „ „ Moyennes.
- Effluent de fosse'septique. . 50,0 109 159,6 49 .58,9 — 85,2 — 73,2 — 78,6 — 0,8 + 3,5 générales.
- 1364 DÉCEMBRE 1907.
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-
- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1906, c’est ainsi qu’on a pu constater un relèvement très marqué dans
- Expériences de la Madeleine-lès-Lille
- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES
- 2%
- 1365
- cette
- matières
- en
- suspension 200 î 00
- _X' o
- 10û 200 300 400 500 600
- Oxydabilite
- matières en suspension
- Legende
- Oxydabilité
- iHI W
- 2
- 1|§1 s
- organiques-minérales alcalme acide
- 12 3 4
- 12 au 17 mars 1906
- orgamques-niinérales alcaline acide
- 12 3 4
- 4 au 31-mai 190 6
- graphique
- Oxydabilité
- alcalme acide 3 4
- ensemble de 1906
- matières
- en
- suspension 200 ICO -X’ 0 100 ' 200 300
- Fig.
- O.
- élimination, correspondant à la période du 4 au 3J mai.
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- 1366
- DÉCEMBRE 1907.
- Les documents numériques et graphiques précités montrent également que la quantité de matières organiques dissoutes (exprimée en oxydabilité alcaline ou acide) de l'effluent est légèrement plus faible que celle qui préexistait dans l'eau brute, avant dégrossissage. Avec de légères variations dans les deux sens, pour les quatre périodes d’essais successifs, l’ensemble des constatations de 1906 établit ainsi que la quantité de matière organique dissoute n’a pas été sensiblement modifiée durant le passage dans les fosses septiques de La Madeleine.
- Il est normal do constater que l’ammoniaque dissous soit en accroissement sensible dans l’effluent dégrossi de cette station expérimentale.
- Alors que les essais de dégrossissage de 1905 avaient conduit à la constatation inexplicable d’une diminution de 52 p. 100 dans le nombre des bactéries, l’ensemble des expériences do 1906 accuse au contraire un accroissement pins logique do 827 p. 100 dans le nombre des bactéries de l’effluent.
- Pour les deux années considérées, les installations de La Madeleine ne comportaient aucune installation permettant de déterminer le volume et la composition des gaz dégagés au temps du passage de l’eau d’égout dans les fosses septiques.
- Le bouillonnement et les dégagements putrides témoignent assurément de la gazéification dans les fosses d’une partie des matières organiques contenues dans l’eau d’égout. Mais ce que les expériences de La Madeleine n’ont pas encore permis d’établir, c’est l’intensité même de cette volatilisation. Sur cet objet, M. le docteur A. Calmottc s’est exprimé de la manière suivante (1) : « La gazéification qui se produit dans la fosse septique porte à la fois sur les matières solubles et insolubles; une partie des matières dissoutes se gazéifie; d’autres matières sont solubilisées. On n’observe à la sortie que le bilan de ces diverses actions. Et puisqu’on retrouve à la sortie la même quantité de matières dissoutes qu’à l’entrée, cela prouve tout simplement que les actions de gazéification et de solubilisation s’équilibrent à peu près. » Dans ce bilan des actions septiques, le savant expérimentateur de Lille a oublié de faire intervenir le dépôt dans la fosse des matières organiques originairement suspendues dans l’eau d’égout. La cause en est probablement qu’une théorie très séduisante, venue d’outre-mer, voulait précisément que les ferments anaérobies macèrent et dissolvent la totalité, à très peu de choses près, des matières organiques en suspension dans l’affluent à dégrossir et qu’aucune sédimentation, par conséquent, ne fût à envisager dans la fosse. Telle paraît être du moins la raison qui a déterminé les expérimentateurs français à négliger le dépôt mécanique des boues, dans le bilan des actions du dégrossissage. C’est aussi apparemment
- (1) Revue d’hygiène et de police sanitaire, voir les Comptes rendus de la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire, nos de mars, mai et juin 1906.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1367
- cette opinion, si contradictoire à la réalité, qui a conduit les constructeurs d’installations septiques à s'abstenir de la précaution pourtant élémentaire d’aménager des organes commodes et économiques de draguage et de pourvoir aux terrains suffisants pour l’égoutte ment et la décharge des boues à provenir du curage des fosses.
- FOSSES SEPTIQUES DE COLUM13US
- Les somptueuses expériences d’épuration biologique poursuivies, en 1904 et 1905, par les soins du Conseil des services publics de cette grande cité de l’Ohio, ont porté sur diverses fosses septiques, ouvertes et fermées. Avec les caractéristiques d’aménagement et de fonctionnement, les résultats de ces principaux essais sont synoptiquement consignés au tableau IV ci-joint, pages 1368 et 1369 ainsi qu’au graphique des deux pages suivantes.
- Dans les conditions mentionnées, que le cadre restreint de ce travail ne permet pas de décrire plus précisément, seront successivement envisagés les points essentiels de l’élimination des matières flottantes : par bilan analytique de l'effluent comparé à l'affluent, delà solubilisation des matières organiques primitivement suspendues dans l’eau brute d’égout, et des variations dans le nombre des bactéries. La question de gazéification de la matière organique sera aussi l’objet de quelques développements circonstanciés.
- D’une contenance variable, depuis 72 jusqu’à 155 mètres cubes, les fosses ouvertes A, B, G et D, dans lesquelles l’eau d’égout avait séjourné quatorze, vingt-deux, huit et quatre heures, ont comporté une élimination expérimentale de 50, 51,46 et 42 p. 100 de la totalité des matières organiques et minérales originairement suspendues dans l’eau brute d’égout. La fosse métallique E, hermétiquement fermée, d’environ 8 mètres cubes de capacité, où l’eau d’égout séjournait huit heures, a conduit à une élimination moyenne des matières flottantes, de 48 p. 100 pour les déchets organiques, et de 15 p. 100 seulement pour les débris minéraux.
- Exprimée en dosage pondéral, la matière organique dissoute de l’effluent dégrossi des cinq fosses septiques considérées avait plutôt diminué qu’augmenté, en comparaison de l’eau brute d’égout.
- Dans toutes les expériences relatées du dégrossissage, les bactéries totales avaient augmenté, depuis 24 jusqu’à 130 p. 100 de la quantité originelle.
- A l’encontre des essais français, le bilan d’actions des fosses septiques de Columbus a bien comporté la mensuration et l’analyse des boues déposées en fin d’opérations. Les fosses ouvertes ne comportaient naturellement aucune évaluation directe des gaz produits, qui permît de « boucler », avec les entrées enregistrées à l’analyse, les sorties correspondantes de la matière organique
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- Dégrossissage des eaux d’égout de la ville
- Columbus (Ohio). — Expériences de M. Johnson en 1904-1905.
- Tableau IV
- TRAVAIL DES FOSSES SEPTIQUES. — DEGRE DE VARIATION DES NUISANCE:
- EN* COMPARAISON DE L’AFFLUENT DESDITES
- FOSSES
- SEPTIQUES
- a Z O - - l ÉLIMINATION —
- FOSSES 5 SERVICE RÉGULIER. CAPACITÉ ES VOLUME D’EAU TRAITÉ < tn MATIERES CONTENUES, MILLIGRAMMES PAR LITRE POURCENTAGE U' 1 AUGMENTATION
- < a « Z
- V- DES FOSSES. a % 5
- a cà 0, H 1 § fi a Z < nature EN SUSPENSION. EN DISSOLUTION. S 'O S « AZOTE. g MATIÈRES suspendues. MATIÈRES DISSOUTES. a "fi 3 u AZOTE.
- £ S d J AC TOTAL. JOURNALIER. fi < D -— — . S ^ --— VI
- m § Z a <3 ‘À O î=> s < > 1 de l’eau. œ r o H c d fi *< !/5 « ch • fi M • * •a o H fi J © d fi 5
- a s t> H < O 3 a H < a e Sa K D O fi O m. c. Q fi 2 Gallons. m. c. Gallons. m. c. cà a » o O Z fi CT fi fi U) O "fi U •fi 3 C § g II ic 3 fi 'fi fi g .1* A ~ "3 to fi 'fi O S H U < "c fi fi *fi fi 1 fi fi CT 8-1 .fi -fi fi E to o fi U, C -O g fi fi a 3 < fi & CP >* Lfi A JCP "3 fi te fi O S fi o <
- z O U « D P O S • a o 3 3 O 3 o < c fi? o
- A ouverte. chambre à sable. 1901 3 sept. 1905 30 juin. 300 17 000 64 430 heures. 13,9 9 500 000 36 000 31 600 119,760 . 8 96 . Affluent. . Effluent. . 62 32 84 41 146 73 104 107 696 693 800 800 47 38 7,8 6,3 11,7 12,1 2000000 3800000 — 48 — 51 — 50 » + 3 — 0,5 0 — 19 — 19 + 3 « + 90
- B ouverte. chambre à sable. 27 sept. 30 juin. 301 17 000 64 430 21,8 5 700 000 21 603 18 935 71,700 8 95 Affluent. . Effluent . . 62 31 84 41 146 72 104 104 696 693 800 797 47 36 7,8 6,2 11,7 12,1 2000000 4100000 )) — 50 )> — 50 )) — 50 » 0 » — 0,5 — 0,4 — 23 — 21 + 3 « + 105
- G ouverte. chambre à sable. 22 nov. 30 juin. 220 17 000 64 430 8,3 10 800 000 40 932 49 090 155,100 11 83 Affluent. . Effluent. . 62 37 87 44 . 149 81 97 93 671 ’ 670 768 763 44 37 7,3 5,9- 10.4 10.5 1200000 2500 000 —40 )) — 49 — 46 — A — 0,2 — 0,7 )> — 16 » — 19 + 1 « + 106
- D ouverte. chambre à sable. 18 fév. 30 juin. 132 5 370 20 350 4,1 4 120 000 15 615 31 212 120,300 . 15 28 Affluent. . Effluent. . 71 43 135 78 206 121 94 92 588 588 682 682 45 37 6,5 5,4 9,4 9,6 1000000 2300 000 — 39 — 42 — 41 v> 0 » 0 — 18 — 17 + 2 + 130
- 1904 Affluent. . 92 137 229 101 608 709 51 7,0 10,2 2 400 000 » » » » » » » » » « *
- 4 mars. 31 mars. 26,6 Effluent. . 47 44 91 89 623 712 37 5,4 10,7 2 900 000 — 49 — 68 — 60 —.12 + 2 + 0,4 — 27 — 23 + 5 + 21
- Affluent. . 136 286 442 94 670 764 65 8,7 12,7 3 100 000 » » )) )) » )) » » » »
- lor avril. 30 avril. 30 2 200 8 340 8,0 790 000 2 994 6 750 25,650 17 22 Effluent. . 50 99 149 100 665 765 42 .5,7 13,1 7000000 — 63 — 65 — 65 + 6 — 0,8 + 0,1 — 35 — 35 3 + 126
- E fermée. néant. Affluent. . 77 276 353 73 614 687 40 6,3 6,9 2 900 000 » » » )) » » )) » » «
- 1er mai. 31 mai. 31 Effluent. . 31 121 152 70 620 690 23 5,1 7,5 3600000 — 56 — 56 — 56 — 4 + 1,0 + 0,5 — 42 — 19 + 9 + 24
- Affluent. . 65 186 251 93 623 716 ' 43 8,5 8,2 3 400000 )> » )> » ' » » » )) )) »
- 1er juin. 30 juin. 30 i t 1 Effluent. . 65 120 185 90 651 741 44 7,6 11,0 5500000 ' 0 — 35 -26 — 3 + 4 + 3 + 2 — 11 + 3 i + 63
- Moyem les de E. 4 mars. 30 juin. 117,6 Affluent. . 93 198 291 93 623 716 50 7,4 9,7 2 800 000 » )) » >> » )) » — 22 » + 50
- Effluent. . 48 82 130 88 635 723 38 5,8 10,6 4200000 — 48 *-59 — 55 — 5 + 2 + 1 — 24 + 9
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- Epciratioi) biologique de<j eau/debout,à la ^tatiorç
- Travail de$
- tTjétallîque.capacité 8rr).c.340, travaillé 117jour5ei)l905.2999-n).c. E. Foj^e
- du4afir) ti)ar5, 26jour5 du lc.rau 30atfril.^Ojourj
- n/illigrarr)
- ^°55e5
- r) aUi)su5pei)yoi) çtydabilite njatière-; dispute;
- bactérie-
- Travail de5
- de contact, irçtern/fcterçt-j
- D . effluent de fc^e ’jeptique de4-^. de séjour.
- 1 ;eul contact
- par litre
- Nota : Tout ce çui e$t au de^ouj es [a It£i)a XX' coocerijel'èlinjiçatioç; ce çui e$t au e/effuj ejt relatifs /a coçjeryatiop et à Jaupnjei/tstioç.
- Fig: 6.
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- p^périnjer)tale de Colunjbu) ( Oijio). par«rjoi^op.ey 1704-1905 rosies septique^
- ferxTjèe
- travail journalier. 25n).c650.- séjour rpoyer) 8)jeure5
- du ir au 31 Tijaï. 31 jourj
- 65%
- I
- 5G%
- ouverte^
- du l'.rau 30jui9j0jourc 53 <y0
- ar
- 2°/o
- g -I
- ' 35%
- C._ Csp 64 tij.c. 51 S,
- 84°,
- traV. 220j._ 40.932 T!j.c.
- 537, P-- Cap. 20r)c.
- traV. 1J2j. 15.6l5nj.c.
- 1
- É
- 40%
- mm
- ¥
- 81%
- 1%
- o.l
- 106 %;
- ÜH
- 16%
- 1.4
- 19%
- 49%
- travail jourr). 155 njc. Séjour rrjoyer) 81p.
- tgtejjiwnjioi) .ojCyilabilitê
- m
- 0TJ31}.
- lits bactériens
- np'jjér. acide
- n)aHèresdi)soutes
- orJa9- orgaij.^njoij.
- bactéries
- ü
- travail jourr). 120 rrj.c. •Séjour npoyerj 4 )^.
- suspension offifabilite niatieresilksoutes bactéries
- Lé^e^cfe^raptjique bjj
- crgaijiq njiijér. acide
- orgaij.
- ergar). anjrrjcrj.
- percolateurs . 'njternjitteijts
- C . efflueqt de Fosse septique y de 8 tj. de séjour, pierres cassées 1m50 del)- W|)\PU 1 seul corjtact
- Vitesse lnj3747 par njzet j.
- E . effluerj t de Fosse septique
- 77%
- de 13.9 b- de séjour
- aspersioij 8j. repos 7j.
- m
- 35%
- 5956
- 41 %
- fijilligranj. pierre^ calées 1 m50dej). fjjjtjji) 1 seuil coijtact asper$iop 8j. repos 7j.
- njoyeqqes de4njois (jaoVier-aVril 1^05 )
- adopté
- 59%
- 7?%
- 44%
- 37%
- 56%
- 6?°/o
- 24.%
- 60
- 40
- 30
- 20
- ZO
- ?0
- njoyeijrjes de
- 49%
- 30%
- 58%
- 51%
- Vitesse loi3 550 par nj2 et j -2 rqois
- fcjap-juijj 1905) 63 0/o
- 60% 58%
- 40 % 4 2 °/t
- Surface * 4,1 mî
- adopté
- par litre
- Surface * 6,4 npt
- 37%
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- 1372
- DÉCEMBRE 1907.
- flottante, par les trois voies, du dépôt mécanique, de la solubilisation et de la gazéification. Surpris sans doute par l’absence d’accroissement dans le taux des matières organiques dissoutes, M. Johnson, par des appréciations aussi bizarres que gratuites, s’est alors ingénié à faire ressortir une volatilisation compensatrice : c’est ainsi qu’un ingénieur sanitaire s’est cru autorisé à multiplier arbitrairement le chiffre représentatif des boues recueillies dans les fosses septiques par un certain coefficient de 1,28. Celui-ci aurait été déterminé à l’occasion du travail d’un bassin de simple sédimentation À, assez peu comparable d’ailleurs aux installations septiques de dégrossissage des eaux d’égout.
- Ainsi qu’il a été établi plus explicitement d’autre part(l), c’est en torturant ainsi les résultats des pesées et de l’analyse directes que M. Johnson est arrivé à conclure que la gazéification aurait pu intéresser jusqu’à 50 p. 100 de la matière organique originairement suspendue dans l’affluent à dégrossir. Mais ce qui a échappé à la sagacité de l’expérimentateur, c’est que le raisonnement si étrangement adopté le conduit en même temps à la conclusion d’une gazéification non moins importante des matières minérales en suspension dans l’eau d’égout. L’absurdité de cette conséquence, que serait la volatilisation septique de la silice, de l’argile et du calcaire, dont sont constituées ces boues minérales, montre assez l’inanité des conclusions aussi péniblement échafaudées par le commentateur des expériences de Columbus.
- Les gaz produits dans la fosse métallique E ont bien été mesurés volumétri-quement; mais malheureusement il n’en a été fait aucune analyse permettant de les faire entrer directement en ligne de compte, dans le bilan d«s actions de l’opération.
- L’étude attentive et critique du compte rendu (2) des expériences de Columbus ne permet pas davantage de conclure que la solubilisation et la gazéification des matières organiques soient, à beaucoup près, aussi importantes que l’accumulation purement mécanique de ces débris au fond des fosses' septiques, en mélange des boues minérales.
- *
- * *
- Dans les essais relatés, du'traitement préliminaire des eaux d’égout par le dégrossisseur Puecli et les aménagements de Clichy, La Madeleine et Columbus, la première partie du tableau V, de la page 1374, résume les résultats essentiels des opérations, dans leurs relations étroites avec les caractéristiques des
- (1) « Traitement préliminaire des eaux d’égout. Travail des fosses septiques dans l’expérience de Columbus (Ohio) », par MM. P. Vincey et Ch. Rolandez. — Bulletin de juillet 1907, de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- (2) Report of Sewacje purification of Columbus [Ohio), by Georges A. Johson (nov. 1905).
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1373:
- aménagements. Pour ce qui est de l’élimination des matières organiques et minérales en suspension, ce document établit notamment que le dégrossisseur mécanique, expérimenté à Créteil, ne le cède en ri en’à la moins mauvaise des-fosses septiques, celles de La Madeleine, concernant la période de mai 1905, alors qu’elle n’était pas encore encombrée de boues. Il tend également à démontrer que cette élimination est d’autant plus importante que l’eau d’égout séjourne davantage dans les fosses; ce séjour est en correspondance inverse du débit à dégrossir et directement proportionnel à la capacité de l’installation,, ainsi qu’à son état d’entretien au point de vue du curage.
- En regard de l’accroissement habituel et normal du nombre des bactéries,, le même tableau atteste également que la matière organique flottante qui aurait pu se dissoudre, durant le séjour de l’eau d’égout dans les fosses, se serait déplus totalement volatilisée. •
- Dans les conditions actuelles, d’absence de démonstration directe de l’importance de ces solubilisation et gazéification presque simultanées, il est de prudence élémentaire de considérer avant tout les fosses septiques comme de médiocres bassins de sédimentation des boues organiques et minérales. Les constatations directes établissent, en effet, qu’elles laissent parfois passer près de 50 p. 100 des boues, dans l’effluent dégrossi. Pour l’ordre du génie sanitaire, ce point de vue conduit à cette conclusion fort importante, que ces organes-dégrossisseurs doivent comporter des aménagements commodes et économiques de draguage, ainsi que des installations annexes de terrains propices à l’égouttement, à l’enfouissement ou à la décharge des boues.
- Au demeurant, la fosse septique ne saurait réaliser qu’un simple traitement préparatoire des eaux résiduaires, dont l’épuration définitive devrait nécessairement être poursuivie par la filtration sur le terrain naturel ou les lits artificiels. Au point- de vue de la salubrité de la banlieue parisienne, on ne saurait trop s’élever contre la multiplication actuelle de la simple fosse septique, comme unique organe de traitement des déchets digestifs, avec écoulement direct soit aux conduites de l’assainissement public, soit à des puits absorbants. Il ne s’agit là que d’une sorte de tout à l’égout inavoué, encore aggravé du fait de la fermentation putride commencée. Le déversement de tels produits en Marne ou en Seine, par des conduites nullement aménagées en vue de cette destination,., de même que son écoulement dans la nappe phréatique, ne sauraient qu’être très préjudiciables à l’hygicne publique.
- ÉPURATION DÉFINITIVE DES EAUX D’ÉGOUT
- Les diverses opérations de dégrossissage précédemment mentionnées ne-peuvent conduire qu’à une élimination toujours limitée des nuisances conte—
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- Tableau Y.
- Dégrossissage et épuration
- POURCENTAGE DE VARIATIONS DES NUISANCES, EN FONCTION DES ORGANES DÉGROSSISSE CRS, DE LA COMPOSITION ET
- CIRCONSTANCES D’APPLICATION. DÉGROSSISSAGE P RÉ Al , A B LE (1).
- LOCALITÉS. années. D URÉE en mois. SERVICES scientifiques de contrôle. [nombre d’analyses. ORGANES. Il E U R E S de passage. l'OCR 10C Matières organique s et] minérales suspendues. [ ÉLIMINE DE ) ( AUGMEfr Matières organiques dissoutes. vtion — TTATION + Bactéries.
- Gennevilliers 1906 12 « Laboratoires 16 Néant. » » .. »»
- . 1906 12 de 12 . Néant. » >• » ' »
- Créteil
- 1905 3 Montsouris. 10 Filtre Pue ch. 6 — 96 . + 58,3 + 39
- Clichy (Seine) 1905 1 Assainissent1 de la Seine. 8 [ 20 “ » »
- Conseil 4 — 42 — 2 + 130
- Fosse septique.
- . 2 des services publics 13,9 — 50 + 3 4- 90
- Colombus (Ohio). . . .< 1905 3 de la ville 8 4 — 42 — 2 + 130
- ! O de Columbus. 4 — 42 — 2 + 130
- Colombus 1904-1905 11 Idem. 36 Néant. » » » »
- 1904-1905 10 Institut Pasteur 24 — 96,4 — 2,4 — 51,9
- La Madeleine-lès-Lille. . s> Fosse septique.
- 1906 5 de Lille. 23 — 78,6 0jO + So7
- s — 46 — 4 + 106
- Conseil
- 8* — 46 — 4 + 106
- \ 4 des services publics l
- Columbus / 1905 2 de la ville / 6 8 — 46 — 4 + 106
- 2 de Columbus. 1 5 Fosse septique. < 8 — 46 — 4 + 106
- 2 8 f 13,9 — 50 + 3 • + 90
- La Madeleine-lès-Lille. 1906 5 Institut Pasteur de Lille. 9 23 — 78,6 — 0,8 + 837
- (1) Ultérieur au passage dans les chambres à sable.
- biologique des eaux d’égout.
- de l’épaisseur des lits, de la durée, des intervalles et du débit de la filtration définitive.
- ÉPURATION DÉFINITIVE.
- SUPPORTS. MARCHE. - P. 100 d’élimination.
- C En heures,
- Fonctionnement. Composition S © durée moyenne de O ci S g è » prie, Matières organiques
- Nature. Mode. Degré. -O O rt OU origine géologique. Ïà © O C c c .O © ,J 13 .2 C d O L* Rappor l’humcct à l’aératii ^ O G O -p -O •o S a ‘Z © ÇL, "3 O Bactérie:
- c7- O s, O +
- Ilect. mèt.
- 825 Graviers anciens. 2,50 6 168 28 13,2 / 97,3 99,999
- 1 Cultivée. Terre.< . Irrigations agricoles. 130 Limon et graviers. 2,00 • 6 192 32 6,2 < Oxydabilité alcaline. 94, 9 99,999
- m. q. /
- f Nue. Epandage intensif. 1 500 Limon et graviers. 1,80 8 16 2 164 1 94,3 99,997
- 240 Mâchefer. 1,20 3 6 2 1 1 075 ; Oxydabilité alcaline. 74,3 99,998
- 4,1 \ 12 3 1110 ! 15 36,8
- Unique. 4,1 4,1 Coke. 1,50 4 4 12 8 3 2 1132 ' 1413 ) Dosage pondéral. 18 25 39.2 31.2
- de contact
- intermittent. ' 4,1 4 12 3 1 080 [ 1 27,8 38,5
- 1 Double.^ 1 8,2 832 416 . Coke. 1,50 4 12 3 1 565 j Dosage pondéral. 35,8 66,6
- 0,75 0,75 1 50,1 67,6 87,5 29,4 (2)
- Lits artificiels Mâchefer. 4 -4 8 16 2 4 322 108 J 1 Oxydabilité alcaline.
- 4,1 Continue. Néant. ». 1 845 , 17 72,9
- 4,1 • 192 168 0,87 1 747 (3) l 23,5 56,0
- 4,1 Pierres calcaires cassées. ) 1,50 16 8 0,50 1 705 < Dosage pondéral. 29 64,3
- Percolateurs. 4,1 192 168 0,87 1 620 / 33 69,3
- ' 6,4 192 168 0,87 1 550 1 22,8 36,8
- 400 Mâchefer. 1,58 Continue. Néant. )) 1 756 ! 1 Oxydabilité alcaline. 75,9 80,3(4)
- (2) 38,4 p. 100, d’après les calculs de M. Calmette. (3) Système adopté par la ville de Columbus.
- (4) 79,65 p. 100, d’après les calculs de M. Calmette
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- 13.76
- DÉCEMBRE 1907.
- nueG dans les eaux résiduaires. Mais l’épuration biologique, avec ou sans dégrossissage, consiste bien plus dans la filtration de l’eau d’égout au travers de supports Ij, perméabilité variable. C’est dans l’épaisseur de ces lits à filtration plus ou moins rapide, que les ferments aérobies réalisent la destruction des hactéries et la minéralisation des matières organiques véhiculées par l’eau d’égout.
- Ainsi que l’application en a déjà été faite à l’occasion des divers modes de dégrossissage, le travail des lits naturels ou artificiels de filtration définitive sera également traduit en pourcentage de variation des matériaux contenus dans l’eau d’épuration.
- A propos des bilans du travail des filtres épurateurs, il ne sera plus autrement question de la partie encore flottante des débris organiques, sauf pour constater les inconvénients qui peuvent résulter du colmatage ou de l’encrassement des lits. Aussi bien dans l’aflluent que dans l’effluent de la filtration, il ne sera notamment fait état que des matières organiques dissoutes, tant en mesures absolues qu’en pourcentages d’élimination.
- Pour ces bilans de la filtration, au regard de l’effluent définitivement épuré, les variations enregistrées dans la composition analytique pouvaient être envi-' •sagées en comparaison, soit de l’eau brute d’égout avant dégrossissage, soit de l’affluent immédiat ayant déjà subi l’action des fosses septiques. Cette comparaison est établie avec l’eau brute, sans ou avant dégrossissage, pour toutes les épreuves françaises, d’épandage terrien et de filtration artificielle. En ce qui concerne les essais de Columbus, la meme comparaison, par contre, est faite avec l’eau sortant déjà du septic tank.
- La présente étude comparative, d’épuration définitive des eaux d’égout par filtration biologique, porte sur les procédés suivants : l’irrigation culturale, telle qu’elle est pratiquée aux champs d’épandage de la Ville de Paris et du Département de la Seine, sans dégrossissage préalable le plus habituellement; l’épandage intensif sur terre nue, naguère expérimenté à Créteil, en suite du traitement préliminaire au dégrossisseur Puecli ; enfin la filtration rapide sur lits artificiels, intermittents ou percolateurs, éprouvée aux stations.de Clicliy, La Madeleine et Columbus, après dégrossissage dans les fosses septiques.
- ÉPANDAGE AGRICOLE
- A l’encontre des lits artificiels de filtration très rapide, que les débris organiques non dissous encrasseraient trop rapidement, l’épandage agricole sur terres labourables ne nécessite assez généralement aucun dégrossissage préalable. Incorporés au sol par les façons culturales, les déchets organiques flottants y subissent la minéralisation lente mais progressive, tout comme le
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1377
- fumier de litière ou les ordures ménagères, par exemple. Dans les conditions normales de l’irrigation épuratrice et culturale, cette destruction des matériaux organiques non dissous équivaut, mais en sens inverse, à l’apport même de ces éléments par l’eau brute d’égout. Pour les sols graveleux de la presqu’île de Gennevilliers, le fait a été établi (1), par la constatation analytique, que des irrigations intensives, continuées pendant un quart de siècle, n’étaient pas parvenues à accroître sensiblement la teneur du terrain en débris organiques et en humus cumulés. Même à la dose très notablement supérieure à 40000 mètres cubes par hectare et par an, l’épandage agricole prolongé n’occasionne aucun feutrage persistant, lorsque le terrain perméable est habituellement soumis aux façons culturales.
- Du fait des irrigations épuratriees et culturales longtemps pratiquées, la couche arable et le sous-sol ne sont d’ailleurs l’objet d’aucun enrichissement notable en minéraux essentiels de la fertilité, tels que sels ammoniacaux, nitreux, nitriques, potassiques, magnésiens, etc. La plus faible portion — un septième environ (2) — de ces éléments solubles de la fertilité serait retenue par les récoltes. Dans les eaux de drainage et en pure perte, le reste s en va à la mer, par la voie des nappes souterraines et des cours d’eau superficiels.
- Pour une terre perméable et cultivée, la faculté épuratrice ne s’atténue nullement du fait de l’épandage intensif très prolongé. Tant en débris organiques solides qu’en matières minérales solubles, la terre d’épandage non plus ne s’enrichit que très médiocrement, sauf peut-être pour ce qui est de l’acide phos-phorique. Dans les sols graveleux de la vallée de la Seine en particulier, la fertilité due aux épandages disparaîtrait presque en même temps que la cessation des irrigations à l’eau d’égout. Déjà assez pauvres en chaux, ces terrains subiraient plutôt un certain degré de « décalcification ».
- En outre de la toute première sédimentation, effectuée dans les chambres à sable des collecteurs urbains et des usines élévatoires, l’épandage agricole ne nécessite réellement de dégrossissage préalable que pour l’irrigation très intensive sur prairies. La raison en est que ces cultures ne comportent aucuns labours, qui incorporent au sol les débris flottants, de même qu’elles subissent en hiver et réclament en été l’irrigation normale fréquemment répétée, toujours épuratrice et culturale pourtant. Afin d’éviter le colmatage, si préjudiciable à ce genre de récolte, il est indispensable de débarrasser l’eau d’égout de la plus grosse partie des débris organiques légers, cpii flottent jusqu’aux extrémités des conduites de distribution.
- (1) La Terre d'épuration, par P. Viucey. Mémoires de la Société nationale d’Agriculture de France, année 1896. .
- (2) .L’eau d’égout et la fertilité agricole, par le même. Mémoires de la Société nationale -d’Agriculture de France, année 1899.
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- J 378
- DÉCEMBRE 1907.
- Pour préserver ses prairies du feutrage superficiel, un concessionnaire de la Ville de Paris est parvenu à réaliser partiellement le problème assez complexe du dégrossissage de Peau brute d’égout dans les cliamps d’épandage. Son procédé
- Epuration terriegge et culturale des eaux d'égout eg 1906 VILLE- DE PARIS (4récjiogs) Départeipept de la Seipe. CRÉTEIL
- 97.3%
- résidu (15 jours)
- Légende graphique
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- mat. organig. azote nitreux. I 3
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- 7 9
- Nota _Tout ce qui est au dessous de la ligne desXX' concerne ïélimination.
- Fi". 7.
- consiste en un élargissement plus ou moins considérable des rigoles maîtresses de distribution, en vue d’obtenir le dépôt des débris légers, par simple ralentissement du courant. Mais il est à craindre que le défaut d’étanchéité des rigoles, ainsi élargies en véritables bassins de décantation, ne soit une cause de contami-
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
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- nation grave des nappes aquifères souterraines, de même que toute stagnation prolongée sur sol perméable.
- Quoi qu’il en soit et par un procédé quelconque, qui assure aussi la protection indispensable des nappes profondes, il est nécessaire de pourvoir surplace à la séparation des boues, dans l’eau d’égout destinée à l’irrigation très intensive des prairies. Dans les champs d’épandage de la Ville de Paris notamment, on sait combien les cultures fourragères en particulier sont utiles à l’assainissement intégral et permanent de la Seine, qu’il est devenu indispensable do réaliser.
- Pour les régions d’épandage de Créteil, Gennevillicrs, Acbères, Méry-Pier-relaye et Carrières-Triel, le contrôle analytique des eaux d’irrigations et de-drainage est régulièrement assuré par les Services chimique et bactériologique de l’Observatoire de Montsouris. Tant par les circonstances nouvelles de l’échan-. Pilonnage que par la précision rigoureuse des analyses, dont les résultats sont périodiquement publiés aux Annales de cet établissement municipal, ledit contrôle scientifique fait le plus grand honneur à MM. Albert Lévy et D1' Miquel, ainsi qu’à leurs distingués collaborateurs.
- Pour les années 1905 et 190G, les principales circonstances et les résultats des bilans de contrôle analytique sont condensés dans le tableau I, où reproduits dans les graphiques correspondants.
- Au point de vue de la matière organique dissoute, exprimée en oxydabilité alcaline, on observe que le pourcentage moyen d’élimination s’est élevé jusqu’à 96,5 en 1905 et à 97,3 en 1906, dans les champs d’épandage de la municipalité parisienne; il s’est maintenu à 96 en 1905, ainsi qu’à 95 en 1906, dans la région d’irrigations de Créteil.
- Dans les champs d’épandage de la Ville de Paris et du Département dé la Seine, le pourcentage annuel moyen de destruction des bactéries totales a toujours été supérieur à 99,999 ; ce qui revient à dire que, dans l’eau épurée des drains, il reste moins de la cent-millième partie des bactéries quelconques, qui-pullulaient dans l’eau brute d’égout.
- Les documents cités montrent également que l’eau épurée de l’épandage agricole ne renferme que très peu d’azote ammoniacal et nitreux, produits intermédiaires de minéralisation. Ceux de l’assainissement parisien notamment mettent à jour enfin un accroissement considérable des produits de la minéralisation épuratrice, l’azote nitrique notamment.
- Dans les conditions ci-dessus d’irrigations culturales, ainsi qu’il est mentionné au tableau de la page 1392, la vitesse de filtration est légèrement supérieure à la dose légale, admise pour les champs d’épandage de la Ville de Paris. Cette vitesse d’irrigation est par contre réduite de plus de moitié dans la région de Créteil.
- Tome 109. — Décembre 1907.
- 90
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- DEGRE D'EPURATION DES EAUX D'EGOUT PAR - Epandage agricole
- Ville de Paris
- Département de la
- o/ydabilité azote bactéries ojcydabilité azote bactéries
- Lécjerjde
- o/ydabilité azote oatcéries
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- alcaliqe acide amnj. ijitriq.
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- alcàliije acide amrç. qitriq.
- Lits bactériens artificiel,
- La Madeleine -le^ -Lille
- 1905 12.5%
- 1906
- 1905
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- Nota: Tout ce qui e5t au d 655005 de ia !iqr)e X X1 coçcerpe l’élirpi^atiop de;; élérpeytj coçteijuj dayj I eau d egout; ce qui ejt au de^juj, ejt relatif àr la
- Fig. 8.
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- L'EPANDAGE ET LES LITS BACTÉRIENS ARTIFICIELS
- Epandage intensif
- ________________ ^ sur terre pue,
- à Créteil
- Seine a Créteil
- njiiligrparlit
- 15
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- 1906
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- o^ydabilitè azote bactérie?
- 1905
- Lit "bactérie!) artificiel percolateur LaMadel eii) e -lès- Lille
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- 1906
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- o/ydabilitè azote bactéries oyydabilite azote . bactérie?
- aJc&lîrye acide anjnj. ijitriq.
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- alcaliqe acide arqrq. qitriq.
- Station e^périrpeçtale de Clicljy
- njilligr. parût 20
- 1905-06.
- 77%
- ! Baucljer)
- ( Be^ault)
- co^yerOatiop et à I aujnjeijtatiop dej ditj èlénjefjt^.
- 1906
- Angleterre
- ( Cité-- par M. Hai}riot)
- Fis 8.
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- 1382
- DÉCEMBRE 1907.
- ÉPANDAGE INTENSIF SUR TERRE NUE
- Le lit bactérien naturel qu’est le terrain d’épandage ne comporte que la filtration intermittente. Nécessairement brève et alternative, pour rester à la fois épuratrice et culturale, dans l’ensemble des terrains d’assainissement de la Ville de Paris et du Département de la Seine, l’irrigation normale comporte en moyenne l’emploi de 1 000 mètres cubes d’eau d’égout par hectare, en un temps d’arrosage d’une.durée de quatre à huit heures consécutives. Dans les conditions de l’art. 3 de la loi du 4 avril 1889, la dose de 40000 mètres cubes par hectare et par an comporte ainsi l’irrigation normale quarante fois répétée dans l’année, c’est-à-dire à neuf jours d’intervalles en moyenne.
- Dans les graviers très perméables et bien drainés de la vallée de la Seine, pour quelque récolte que ce soit, lorsqu'elle revient plus souvent qu’une fois tous les deux jours, l’irrigation normale peut rester encore épuratrice, mais elle cesse d’être culturale, à ce point de vue qu’elle nuit aux récoltes pendantes, même celles qui supportent le mieux l'arrosage intensif, telles que l’osier et la prairie par exemple.
- Sur les terrains les plus propices à l’épandage, lorsque les circonstances exigent l’épuration annuelle de plus de 185000 mètres cubes d’eau d’égout à l’hectare, on est ainsi obligatoirement conduit à suspendre toute espèce de récolte pouvant comporter des résultats économiques avantageux. A partir de celle dose, les irrigations sur terre nue, dites de colmatage, conduisent d’ailleurs à des dépôts boueux tellement importants que des labours fréquents pour le moins, sont indispensables, pour l’obtention assez rapide de la minéralisation destructrice des débris organiques.
- Dans les conditions les plus avantageuses de nudité du sol et de drainage, lorsque l’irrigation épuratrice doit encore dépasser sensiblement 250000 à 300 000 mètres cubes à l’hectare et par an, il arrive que les labours répétés de la couche arable ne suffisent plus à assurer la destruction des boues, et que les débris organiques finissent par s’accumuler, dans des proportions fort dommageables à l’épuration ultérieure. Rien ensuite de la cessation do toutes récoltes et à partir de ces très hautes doses d’irrigations, c’est alors que le dégrossissage préalable à la filtration devient une nécessité.
- Ces circonstances étaient réalisées dans l’expérience poursuivie à Créteil, en 1904 et 1905, qui était due à l’initiative privée, mais sous la surveillance technique des agents de l’Administration et le contrôle scientifique de l’Observatoire de Montsouris.
- En suite du dégrossissage mécanique par filtres de graviers, dont, il a été question précédemment, les essais d’épandage intensif sur terre nue ont porté
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- ÉPURATION7 BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- A 383
- sur sol (Talluvions de la plaine de Créteil. Notablement moins favorable que celui graveleux de la vallée de la Seine, ce terrain présente au-dessus de la nappe phréatiquè, à la base, une épaisseur de lm,lO de graviers anciens, puis, au sommet, une couche d’environ 0m,70 d’alluvions modernes de nature limoneuse. De 500 mètres carrés chacune, trois parcelles d’expériences recevaient alternativement l’irrigation épuratrice, pendant huit heures consécutives, à raison de 1640 mètres cubes par hectare et par jour. Après seize heures d’intervalles sur chaque carré, l’irrigation revenait une fois par journée de vingt-quatre heures. Par hectare et par an, la dose d’irrigation se trouvait ainsi être de 600 000 mètres cubes, en chiffres ronds, soit quinze fois plus que la dose légale, admise pour les épandages de la Ville de Paris.
- Depuis l’affluent du dégrossissage jusqu’à l’effluent épuré du drainage, c’est dans ces conditions qu’une expérience, officiellement contrôlée par dix analyses, a accusé un pourcentage d’élimination globale de 94,3 pour la matière organique dissoute, en oxydabilité alcaline, et de 99,997 pour les bactéries totales..
- FILTRATION SUR LITS ARTIFICIELS
- Dans la nouvelle méthode, dite biologique par abus d’exclusivisme, d’épuration des eaux résiduaires, après dégrossissage par fosses septiques, la filtration très intensive sur lits artificiels constitue le second et principal ternie de l’opération. Complémentairement au traitement préliminaire par septic-tank, des essais officiels de filtration sur lits artificiels ont été poursuivis aux stations expérimentales de Clichy, de La Madeleine-lès-Lille et de Columbus.
- A citer, pour mémoire seulement, l’expérience de Cameron, à Exeter, relatée par MM. Launay et Henriot : les deux opérations successives, du dégrossissage septique et de la filtration intermittente, y avaient comporté un pourcentage d’élimination de 88 pour la matière organique totale, en oxydabilité acid^e, et de 31 pour l’azote ammoniacal.
- LITS ARTIFICIELS DE CLICIIT
- La station de M. Bezault comprend quatre lits de mâchefer, d’une superficie totale de 240 mètres carrés environ. Leur épaisseur est de lm,20, dont 0ra,50 de gros matériaux à la base, 0m,50 de scories moyennes au-dessus, et 0m,20 de débris plus fins au sommet. Très ingénieusement installé à la partie centrale des lits filtrants, un appareil de distribution automatique assure, à tour de rôle et dans un temps déterminé, le remplissage et la vidange des filtres. Il s’agit du distributeur déjà appliqué par Cameron, dans le Royaume-Uni.
- Le fonctionnement d’un lit comprend les quatre phases suivantes : rem-
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- Epuratiop bactériegije de? eau/ d’égout de la Ville de Par'15. parut} $eul lit de 3 tystirej de COljtact i 91 e r Tp i tt e 9 b; E/pérîepcej de If Ed.Boi?jear;,à Clic^ep996
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- 30
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- Fig. 9.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX ü’ÉGOUT.
- 1385
- plissage, contact, vidange, aération. La première dure une heure; la deuxième, deux heures; la troisième, une heure, et la quatrième période, quatre heures. Chacun des compartiments peut ainsi être rempli trois fois par vingt-quatre heures. La durée des phases successives n’a toutefois rien d’absolument constant et peut varier avec la quantité des eaux à épurer. Sans inconvénients, bien au contraire, la phase de l’aération notamment peut être très notablement allongée.
- A Clichy, l’épuration est effectuée en un seul contact, de filtration intermittente.
- 11 n’y a pas lieu de s’arrêter à une première expérience de 1904, par la raison qu’elle n’avait comporté qu’une seule analyse, effectuée par le Laboratoire municipal de la Préfecture de Police. Dans les deux opérations successives, elle avait accusé un pourcentage d’élimination de 45 pour la matière organique, dissoute, en oxydabilité alcaline, de 70 pour l’azote ammoniacal, et de 98,9 pour les bactéries totales.
- Les essais repris en 1905 par le Service de l’assainissement de la Seine sont notablement plus importants, parce qu’ils ont duré trente-deux jours consécutifs''et ont comporté, pour l’effluent épuré, huit analyses, effectuées par M. le Dr Mouchy, au Laboratoire que ledit Service possède au Jardin modèle d’Asnières. Les dosages correspondants de l’affluent d’épuration sont ceux publiés par MM. Lévy et Miquel, relativement au collecteur d’égout de Clichy.
- Dans ces conditions et pour une vitesse moyenne de filtration de 1 075 litres par vingt-quatre heures et par mètre carré — soit aussi 3 923750 mètres cubes pas hectare de lit artificiel et par an — le pourcentage d’élimination, depuis l’affluent de la fosse septique jusqu’à l'effluent du lit bactérien, a été de 74,3 pour la matière organique dissoute, en oxydabilité alcaline, de 74,3 pour l’azote ammoniacal, et de 99 998 pour les bactéries totales.
- Un essai effectué en 1905-190G, par M. Baucher, avait comporté six analyses comparatives. Depuis l’affluent de la fosse septique jusqu’à l’effluent de lit bactérien, elle a conduit à un pourcentage d’élimination de 77,3 pour la matière organique dissoute, en oxydabilité alcaline, de 61,5 pour l’azote ammoniacal, et de 86,8 pour les bactéries totales. .
- En 1906, une autre expérience de M. le D1' Henriot avait comporté trois analyses d’eau d’égout et d’effluent épuré. Elle a donné un pourcentage d’élimination, depuis l’affluent de la fosse septique jusqu’à l’effluent du lit bactérien, de 83,8 pour la matière organique dissoute, en oxydabilité alcaline, et de 83,6 pour l’azote ammoniacal. Cet essai n’avait comporté aucune numération de bactéries.
- Durant l’année 1906 également, une dernière série d’expériences contrôlées par M. le Dr Bonjean, chef du Laboratoire du Conseil supérieur d’hygiène de
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- France, avait comporté dix analyses comparatives. Depuis l’affluent du sepiic-lank jusqu’à l’effluent du lit bactérien, elle a conduit à un pourcentage d’élimination de 27 pour la matière organique, en dosage pondéral par perte au rouge, et de 57,3 pour l’azote ammoniacal. L’essai non plus n’avait comporté de numération bactérienne. Les circonstances et les résultats détaillés des expériences de M. Bonjean sont consignés au tableau II, annexé aux pages 1358 et 1359, ainsi qu’au graphique de la page 1384.
- LLTS BACTÉRIENS DE LA MADELEINE
- A celte station d’essais, comportant le traitement des eaux de la Ville de Lille, les lits artificiels sont de deux sortes : ceux à deux contacts successifs et intermittents et celui dit percolateur, de filtration continue-discontinue.
- Au nombre de quatre en 1905, les lits bactériens de contact étaient disposés par paires en deux étages. Immédiatement contigus au bassin collecteur, les deux lits de premier contact avaient chacun 192 mètres carrés de surface, O111,80 de profondeur et une capacité de 152 mètres cubes.
- Ces lits occupaient deux bassins rectangulaires étanches de 1 mètre de hauteur. Le sol présentait une pente de 0m,02, et portait un drainage en tuyaux do poterie non jointoyés, en forme d’arêtes de poisson.
- Chaque bassin était rempli de scories ou mâchefer criblé, de trois dimensions: la couche immédiatement en contact avec le drainage était formée, sur 0m,50 d’épaisseur, de morceaux de 0m,05 à 0111,10 de diamètre; au-dessus et sur 0n',25 de hauteur, les fragments avaient de 0m,02 à 0m,05 do grosseur; à la partie supérieure enfin, sur 0ni,25 d’épaisseur, les petits morceaux de scorie exempts de poussières présentaient un diamètre variant de 0m,05 à 0m,02. La hauteur totale du lit se trouvait être de 1 mètre.
- Le volume ainsi occupé par le 'mâchefer était d’environ les deux tiers, soit 153 mètres cubes, de la capacité du bassin. Pour l’eau d’égout, la capacité utile n’était donc que de 69 mètres cubes, en admettant qu’ils fussent entièrement submergés et nullement encrassés par les débris flottants du liquide à épurer.
- La surface de chaque lit était sillonnée de rigoles rayonnantes, de 0nyl0 de profondeur, pour la distribution uniforme de l’affluent du contact.
- Les deux lits de second contact étaient construits et disposés exactement comme les précédents. Ils étaient placés en contre-bas des premiers, en vue du remplissage par simple -gravitation. Pour cause de dénivellation insuffisante dans l’installation, la profondeur de ces lits de second contact avait dû être réduite à 0m,70; par contre, mais leur surface avait été portée à 224 mètres carrés, de façon que leur capacité fût encore do 156 mètres cubes.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- Par simple différence des niveaux, l’effluent des lits de second contact s’écoulait directement dans la Deule, rivière contiguë à l’installation.
- En 1905 , ces lits de double contact avaient fonctionné à une vitesse moyenne de filtration de 322 litres par mètre carré de surface et par vingt-quatre heures, soit encore 1 175 300 mètres cubes par année et par hectare de lits artificiels. A raison de deux immersions journalières, le temps de l’humectation, comprenant la durée du remplissage, du contact et de la vidange, était d’environ quatre heures; de durée double, l’intervalle d’aération était alors de huit heures.
- Dans ces conditions de fonctionnement, pour l’ensemble des expériences de 1905, les deux opérations successives du dégrossissage septique et de la double filtration bactérienne, avaient conduit aux pourcentages ci-après d’élimination : pour les matières organiques dissoutes, de 50,1, exprimées en oxyda-' bilité alcaline, et de 67,1, en oxydabilité acide (1); de 64,9 pour l’azote ammoniacal, et do 86,5 pour les bactéries totales.
- En 1906, P unique série restant, de deux lits successifs de double contact, n’ayant guère fonctionné qu’à une immersion journalière, n’a plus travaillé qu’à une vitesse moyenne de filtration de 168 litres par mètre carré de surface et par vingt-quatre heures, c’est-à-dire de 613 200 mètres cubes par hectare de filtre et par année. C’est ainsi, depuis l’affluent de la fosse septique jusqu’à l’effluent du second contact bactérien, que l’ensemble des essais de cette dernière année a conduit aux pourcentages suivants d’élimination : pour la matière organique soluble, de 67,6, en oxydabilité alcaline; de 62, en oxydabilité acide; de 59,2 pour l’azote ammoniacal, et de 29,43 (M. le D1' Cahnette indiqué 38,4) pour les bactéries totales.
- A l’installation de La Madeleine, en 1906, une série de deux lits de contact a été remplacée par un nouveau lit, à marche continue-discontinue, dit percolateur, de 400 mètres carrés de surface, sur 1m,58 d’épaisseur, et de constitutions assez semblables aux lits de contact. Ce lit percolateur est alimenté par des siphons automatiques de chasse, du système Doulton, qui permettent d’obtenir fies alternances parfaitement.régulières fie mouillage et d’aération des scories. L’expérience aurait montré qu’il faut régler les siphons de telle sorte que les périodes d’aération aient une durée dix fois plus longue que les périodes de mouillage.
- Dans l’ensemble des essais de 1906, pour une vitesse moyenne de filtration fie 756 litres par mètre carré et par jour, soit aussi 2 759400 mètres cubes par an et par hectare de lit percolateur, les deux opérations successives, de dégros-
- (1) Il est assez généralement admis que les substances d’origine animale soient, à l’analyse, plus avides d’oxygène en milieu alcalin qu’en milieu acide, et que le contraire se produise pour les substances d’origine végétale. Pour quelques auteurs aussi, les substances qui fixent ie mieux l’oxygène en milieu acide seraient les plus complexes et plus difficiles à minéraliser.
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- FILTRATION BIOLOGIQUE DES EAUX D EGOUT DE LA VILLE DE coLItjibU3 (OHIO). — EXPÉRIENCES DE 1904-1905
- Travail des lits bactériens, en degré de variation des niiisances, par comparaison avec l’affluent desdits lits bactériens.
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- LITS BACTÉRIENS. VOLUME TRAITÉ JOURNE D'EAU ELEMENT. DATES et S > MATIÈRES CONTENUES EN MILLIGRAMMES PAR LITRE POURCENTAGE D’ÉPURATION j auSnÏSon -f
- C O O * K' . Mètre cubes. < Z < NATURE DE L’EAU. EN SUSPENSION. en dissolution. S *© ^ b AZOTE. cô MATIÈRES .SUSPENDUES. MATIERES DISSOUTES. s ^ AZOTE.
- Nature. Désignation. Constitution. O ÜTJ Nombi d’immers journaliè l-'rt ri vJD s_ ^ + t par lit expérimenté par mètre carré. des essais. a ai 0Q S O Z Organiques. Minérales. Ensemble. ? d ;ZT ci X. fcc c O — Minérales. ( Ensemble, j (hydaliilité aride liquide non 1 \ Organiques. ci c .ci ’c B << * O S-, 2 d £ H C Organiques. J ci U ë 1 Ensemble. Organiques (pondéral). i Minérales. 1 ! Ensemble. 1 | tb O Ammoniacal. £ d £ J3 b G
- m. c.
- £ <13 O C/3 ££) c/3 » g lo® ü -a & “ ta d S m m ^ O f- ü-<r- 9 )) .> » „ » » 44 Brute d’égout, sortant des ch. à yrî
- /B. 1er contact. Pierres cale, cassées. 12,5 2,0 1,15 13,0 1,040 Août 01-juin 05 Il mois. 44 sable. Effluent de lor contact. 47 11 80 14 127 25 106 693 732 799 806 44 21 6,7 4,0 9.4 8.4 0,15 1,4 3 000 000 1 700 000 — 77 — 82 — 80 )) — 30 +1 — 52 — 40 — 11 » + total. + total. )) — 43
- d£ S 3” SM æ ^ A. 2e — Coke. 4,1 1,5 1,226 4,66 0,565 (2) Août 01 juin 05 11 mois. 36 . Effluent de 2e contact, épuré. 7 10 17 68 724 792 16 2,5 6,7 0,32 2,7 1 000 000 — 85,1 — 87,5 — 86,6 — 35,8 + 4,5 - 1,0 — 63,6 — 62.7 — 28.7 + total. + total. —66,6
- Fév.-air. 05 3 mois. 8 8 Effluent de fosse D (4h séjour). Effluent épuré. 94 43 146 66
- — O p <p 3 C Coke. 4,1 1,5 1,18 4,470 1,110 49 22,6 96 82 584 576 681 658 50 30 5,4' 3,6 9,1 8,4 » 0,11 0,7 2 060 000 1 300 000 )) - 54 » — 54 — 54 — 15 — l’ — 3 — 40 — 33 — 13 + total. + total. — 36,8
- Mai-juin 05 2 mois. 8 8 Effluent de fosse A (13h9 séj.). Effluent épuré. 19 7 62.5 16.5 81,5 23,5
- .S Cj C3 p , C/3 O c/3 ^ C Coke. 4,1 1,0 1,19 4,580 1,132 87 71 646 640 733 711 33 n 5 4,05 2,80 8,15 6,2 0,07 » 1,65 6 500 000 3 950 000 — 63 )) — 72 — 71 — 18 — 1 — 3 — 46,9 — 31 — 24 + total. + lo'al. —30.2
- 'jjP 03 Mars-avr. 03 2 mois. 8 8 Effluent de fosse D (4h séjour). Effluent épuré. 40 29,5 87 41 129 • 70
- S ShP o ci O CS D Coke. 4,1 2,0 1,53 5,798 1,413 96 72 556 559 651 631 42 24,6 4,7 3,15 6,9 0,2 4 1,4 1 830 000 1 260 000 — 26 — 53 — 46 — 25 + 1 )) — 3 — 41,4 — 12 » — 21 + total. + total. » —31,2
- PS® « o d “ ci 'd Mai-juin05 2 mois. Effluent de fosse D (4h séjour). Effluent épuré. . 17.5 11.5 59 12,5
- D ' Coke. 4,1 1,5 1,15 4,434 1,080 8 8 70 24 88 63,5 640 686 728 700 31,5 15 3,9 2,75 8,25 5,75 0,055 0,9 6 500 000 4 000 000 )) — 34,3 — 78,8 — 68,4 — 27,8 + 7,2 — 3.8 — 32,4 » — 29,5 » — 30,3 + total. + total. —38,5
- Pierres -cassées sur lm,50 de liant.
- O B (1) 4,1 Continues. 2,001 7,580 1,845 Mai-juin 05 2 mois. 7 7 Effluent de fosse C (8h séjour). Effluent épuré. 26 43 99,5 115 125 158 93,5 77 590 591 683,5 668 35 27 5,6 4,8 8,2 3,6 0,58 4,15 1 950 000 •530 000 . + 65 + 26 + 26 — 17 + 0,2 + 2 » — 22,9 )> — 23 — 14 )) + total. + Uval. » —72,9
- 03 Aspersion 8 jours, repos 7 jours (3)
- C/3 ’ 03 C/3 C/3 O Vh c3 C(l) Pierres cassées sur lm,50 de haut. 4,1 1,890 7,182 1,747 Jain'.-avr. 05 4 mois. 14 14 Effluent de fosse C (8h séjour). Effluent épuré. 37 13 27,5 42 64,5 55 92,5 70,7 670 GG0 747 731 3 \ 20 5,7 3,3 10,3 6,5 )) ' 0,30 )) 3,1 1 875 000 825 000 — 64,8 » + 52,7 — 14,6 — 23,5 — 1,5 )) —- 2,1 — 41,2 )) — 41,1 — 37,0 + total. )) + total. » — 56,0
- s Cj "O 03 te ( cG 1 Pierres cassées sur lm,50 de haut. Aspersion 16 h. repos 8 h.
- C 4,1 1,82 6,998 1,705 Avr.-juin 05 2 mois. 6 6 Effluent de fosse C (8h séjour). Effluent épuré. 26 21,5 109 81,5 135 103 90 64 587 , 607 677 671 3 4,5 16 5,5 3,2 8,05 2,80 » 0,35 0,41 2 050 000 735 000 — 17 — 35 — 24* — 29 » + 3 )) — 1 — 53,6 )) -- 42 — 66 + total. + total. —64,3
- t/3
- c3 Ph C/3 fl) 1 î- d< cô D (1)- Pierres cassées sur lm,50 de haut. 4,1 Aspersion 8 jours, repos 7 jours. 1,75 6,650 1,62 Mai-juin 05 2 mois. 5 5 Effluent de fosse C (8h séjour). Effluent épuré. 24,5 22 97 94,5 121.5 116.5 115 57,5 601 606,5 716 684 37 20 6,05 3,65 8,15 2,70 0,53 3,5 2 850 00.0 875 000 » — 10 — 3 — 4 — 33 +1 » — 4 » + 15,9 » — 40 » — 68 )) + total. » + total. —69,3
- P
- "S O . O U 03 Ch • E(l) Pierres cassées sur lm,50 de haut. 6,4 Aspersion 8 jours, repos 7 jours. 1,66 10,380 1,55 Mai-juin 05 2 mois. 8 8 Effluent de fosse A (13h9 séj.). Effluent épuré. 12 0 30,5 9,0 42,5 14 96,5 7 4,5 643 633,5 739 708 15,5 4,1 ' 2,45 7,8 4,5 0,17 0,65 4 750 000 3 000 000 — 38,3 » — 70,5 )) — 67,1 — 22,8 » — 1,4 — 4,2 )> — 50,8 )) — 40,3 — 42,3 + total. + total. » — 36,8
- il): (1)î (1 ), (1), (1). — Antérieurement aux expériences relatées à ce tableau, les lits percolateurs avaient épure de 1 eau d egout sortant des bassins de décantation ; , (2) Calculé pour les deux contacts; (3) Procédé adopté par la ville de Columbus. B,d’août 1904 à avril 190 5: C, d'août 1904 à décembre 1905; D, d’août 1904 à avril 1905; E, d'octobre 1904 à avril 1905.
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- sissage septique et de percolation unique, ont conduit à ces pourcentages d’élimination : pour la matière organique dissoute, de 75,9, en oxydabilité alcaline, et 74,9, en oxydabilité acide; pour l’azote ammoniacal, de 71,6, et de 80,34 (M. le Dr Calmette a trouvé 79,65) pour les bactéries totales.
- LITS BACTÉRIENS DE COLUMBUS
- Dans l’expérience précitée, poursuivie par le Conseil des services publics de la cité américaine, les essais de filtration rapide sur lits bactériens artificiels ont été nombreux et variés. Pour ceux dont la comparaison est possible avec les épreuves de Clichy et de La Madeleine, le tableau VI, annexé pages 1388 et 1389, relate les circonstances principales et les résultats'expérimentaux.
- Il est à remarquer que ces lits d’essais étaient composés de coke ou de pierres calcaires cassées. Leur épaisseur était généralement de lm,50 et leur surface variait depuis 4,1 jusqu’à 12,5 mètres carrés, suivant les cas.
- Une première série de deux filtres était destinée au traitement, par double contact intermittent, de l’eau brute d’égout sortant des chambres à sable, sans avoir ensuite passé dans la fosse septique. Selon une AÛtesse de filtration de 565 litres par jour et par mètre carré des deux lits calculés ensemble, en comparaison de l’eau brute d’égout sortant de la chambre à sable, poür l’effluent épuré du second contact, il a été constaté ces pourcentages d’élimination : pour la ma tière organique dissoute, de 35,8, en dosage pondéral, de 28,7 pour l’azote am moniacal, et de 66,6 pour les bactéries totales.
- Une seconde série de deux filtres à coke traitait, par un seul contact intermittent, l’eau d’égout ayant déjà passé par le septic-tank. L’un d’eux, par exemple le filtre C, tra\7aillant pendant trois mois, de février à avril 1905, avec une vitesse de filtration de 1110 litres par jour et par mètre carré, aboutissait à un effluent épuré accusant des pourcentages d’élimination : pour la matière organique dissoute, de 15 seulement, en dosage pondéral; de 13 pour l’azote ammoniacal et do 36,8 pour les bactéries totales ; la comparaison étant faite avec l’eau déjà dégrossie, sortant do la fosse septique.
- Dans une période ultérieure, pour ledit filtre G et dans deux phases successives pour le filtre D, le seul contact intermittent de l’eau sortant du septic-tank n’a toujours conduit qu’à une assez faible élimination des nuisances.
- Enfin une série de quatre lits percolateurs traitait, en une seule filtration très rapide, l’eau d’égout après dégrossissage septique.
- Parmi la documentation complète du tableau V ci-annexé, pour une période de travail de quatre mois, de janvier à avril 4906, l’aspersion durant huit jours et le repos sept jours, la AÛtesse de filtration étant de 1 747 litres par mètre carré et par jour, l’exemple du filtre percolateur C est ici choisi, parce que ce
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- système a été adopté dans la suite pour le traitement normal des eaux d’égout de la Ville de Columbus. En comparaison de l’eau sortant du septic-tank, l’effluent de ce lit percolateur a accusé ces pourcentages d’élimination : pour la matière organique dissoute, de 23,5, en dosage pondéral ; de 37 pour l’azote ammoniacal, et de 56 pour les bactéries totales.
- Il est à remarquer que l’effluent épuré de ce lit percolateur doit être encore-trouble, étant donnée sa teneur en matières organiques et minérales en suspension. Avant son déversement au fleuve, on est encore obligé de décanter,, dans un bassin spécial, cette eau définitivement épurée.
- Les résultats sont à l’avenant dans les autres essais relatés de filtration sur lils percolateurs : les. uns et les autres n’accusent pas une élimination supérieure à 50 p. 100 de la matière organique totale, flottante et dissoute, exprimée en oxydabilité acide, après quatre minutes de contact du permanganate de potasse, dans le liquide non filtré, selon la méthode américaine d’analyse. Il est vrai qu’à Columbus, on n’attache qu’une importance relative au déversement,, dans l’Oltengy-River et le Scioto-River, d’aussi importante quantité de matières organiques, que celles encore véhiculées par l’effluent des lits percolateurs, puis-qu’en temps de crues, on ne craint pas d’y projeter en outre les boues de-vidange des fosses septiques.
- Et voilà les procédés d’épuration biologique que l’on préconise pour la France, en concurrence, voire même en substitution, des champs d’épandage !
- *
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- Dans les publications concernant les expériences précédemment mentionnées, quelques erreurs (bien excusables d’ailleurs) s’étaient glissées parmi la documentation numérique. Tant dans ce mémoire que dans un travail semblable, spécialement relatif aux fosses septiques de Columbus, quelques-unes des inexactitudes par trop manifestes ont dû être relevées. Malgré tout le soin apporté dans la présente étude comparative, de semblables erreurs, imputables aux calculs ou à la typographie, n’auront sans doute pas manqué de se produire. Mais le lecteur attentif pourra toujours s’en rendre compte, par la raison que les tableaux annexés reproduisent constamment les chiffres qui permettent de refaire les opérations arithmétiques.
- Au regard des conditions du dégrossissage préalable, les circonstances et les. résultats généraux des principales épreuves précitées de filtration définitive sont reproduits synoptiquement à partir de droite, page 1375, du tableau V.
- Pour ces épreuves d’épuration définitive, les circonstances qui expliquent, les variations observées, dans le pourcentage d’élimination des nuisances, sont plus particulièrement : la nature et l’épaisseur des lits naturels ou artificiels; le rapport entre les temps d’humectation et les intervalles d’aération, et le débit de
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- la filtration. Mais c’est incontestablemenl la vitesse clans la filtration (exprimée en litres par mètre carré de lit, en vingt-quatre heures, dans le tableau V), qui parait avoir l’influence prépondérante sur le résultat de l’épuration. Ce fait est encore mieux mis en lumière par le résumé synoptique ci-après :
- ÉPREUVES OU EXPÉRIENCES DE FILTRATION BIOLOGIQUE. w .X W CS r* ^ ^ POURCENTAGE d'iîlimination des nuisances (1).
- LIT BACTÉRIEN. ^ < G Matières Bactéries
- Nature. Composition. a .•= > dissoutes. totales.
- Dose légale d’i rrigation pour la Yill e de Paris. )) ii » ))
- Gennevilliers. Terre cultivée. . . Graveleuse. . 190G 13,2 97,3 99,999
- Terre cultivée. . . Limoneuse 1906 6,2 94,9 99,999
- Créteil. . . . Terre nue | au sommet et graveleuse à la base. 1905 164 94,3 99,997
- Clichy. . . . De contact unique. Mâchefer. . . 1905 1075 74,3 99,998
- La Madeleine. Contact double. . . Mâchefer. . . 1906 168 67,6 75,9 29,400
- 1 Percolateur A. . . Mâchefer. . . 1906 756 80,300
- Columbus.. . 1 [ Contact double A. Coke 1904-05 565 35,8 66,600
- [ Percolateur C. . . Pierres. . . . 1905 1747 23,5 56,000
- Dans les tableaux des pages 1371 et 1375, le fait que la matière organique dissoute soit exprimée en oxydabilité alcaline, pour toutes les épreuves françaises, et en dosage pondéral, par perte au rouge, pour les essais de Columbus, mérite quelques explications d’ordre analytique : pour les essais français, dans l’eau filtrée, l’oxydabilité alcaline (exprimée en milligrammes d’oxygène emprunté au permanganate de potasse, en dix minutes de contact à 100°) ne concerne que la portion dissoute de la matière organique ; dans les épreuves américaines,- l’oxydabilité acide (après cinq minutes de contact à 100°) intéresse par contre la matière organique à la fois dissoute et flottante, par la raison que l’cpreuve analytique porte sur du liquide non filtré. L’oxydabilité des épreuves françaises n’aurait donc pas été susceptible de comparaison avec l’oxydabilité des expériences américaines.
- Mais ce n’est pas seulement dans le défaut de similitude dans la filtration
- (1) En comparaison de l’eau brute d’égout avant dégrossissage, pour toutes les épreuves françaises, et avec l’effluent du septic-tank, pour les essais américains.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
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- analytique préalable que l’oxydabilité française n’est pas, en l’occurrence, susceptible de comparaison avec l’oxydabilité américaine : c’est aussi parce que l’une concerne un milieu alcalin et dix minutes de contact, tandis que l’autre comporte un milieu acide et cinq minutes seulement de contact, avec le permanganate de potasse.
- Toutes autres conditions égales d’ailleurs, il est généralement admis que 20 milligrammes d’oxydabilité acide américaine, à cinq minutes de contact, équivaudraient à environ 21 milligrammes d’oxydabilité alcaline française, à dix minutes de contact; soit un cinquième en plus.
- Dans le contrôle analytique des opérations d’épuration biologique des eaux d’égout, les expérimentateurs anglais négligent généralement les numérations bactériennes. Pour les eaux filtrées de l’assainissement, ils se contentent volontiers aussi d’évaluer la matière organique dissoute en oxydabilité acide, après quatre heures de contact à froid du permanganate de potasse.
- ' Quoi qu’il en soit des méthodes analytiques et en vue de la solution de l’important problème de l’efficacité comparative des différents procédés d’épuration biologique, il serait très désirable que les expériences poursuivies en Angleterre et en Allemagne soient envisagées au point de vue de la critique documentaire des bilans d’opérations, de même qu’il est fait ici pour les épreuves françaises et américaines.
- EAUX ÉPURÉES
- Ainsi qu’il a été procédé pour les eaux brutes d’égout, avant tout traitement d’épuration, il reste encore à envisager comparativement la composition et la qualité des divers effluents épurés.
- La purification des eaux résiduaires, en somme, a pour objet essentiel l’assainissement des cours d’eau, tout en assurant la protection des nappes souterraines : ce n’est donc pas seulement entre eux qu’il convient de comparer les effluents des divers procédés d’épuration biologique; c’est aussi avec les eaux des rivières, dans lesquelles ils sont déversés; c’est encore avec l’eau des nappes profondes, dans lesquelles la déclivité, la perméabilité et le vide interstitiel relatif des assises géologiques subordonnées font aboutir ces effluents, plus ou moins complètement épurés, de l’assainissement urbain.
- Avec toutes les nappes aquifères qu’ils contribuent si dommageablement à suralimenter, la comparaison des effluents d’épandage de la banlieue lutétienne, en particulier, fait l’objet d’une importante étude en cours, sur la Gèohyclro-logie sanitaire de la Région centrale du Bassin de Paris.
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- Eaux alimentaires et de rivières, effluents d’épandage et de lits bactériens artificiels.
- Tableau VH. caractéristiques chimiques et bactériologiques
- ; K » • . ÉLÉMENTS DISSOUS, EN M1LLIGR. PAR LITRE. BACTÉRIES CÆ
- s tÀ AU C. C. J
- N A T U RE DE I/EAU. O* *-> . —- §_ g 1 Numération RÉFÉRENCES OU RÉGIONS.
- h h S L-, C iri. es a * T3 "ri '§0 d 1 Nitreux 4. U 2 Chaux Chlore 1 s 1 ' après 15 jours ou conversion pour telle. NOMBRE 1
- Pure, jusqu’à 15 î 0 0 0 » 17 5 10 »> 100 (très pure). „ Limites de potabilité, admises par le Comité consultatif d’hygiène; le
- Eaux alimentaires . Potable, jusqu’à .... 30 9 0 traces. 2,1 200 Y) 30 8 500 1 000 (pure). » < Laboratoire municipal de la Ville de
- Suspecte, jusqu’à. . . . (Mauvaises au delà.) 100 •4 0,8 ” 1.2 > 97 50 )) » 10 000 (médiocre). Paris, l’Observatoire de Montsouris, et M. Baucher, à des titres divers.
- Marne 25 1,7 traces. 0,01 1,0 109 7 ». 9,7 291 20 680 52 Saint-Maur. \
- | Seine 19,3 3,2 0 0,01 1,1 99 7 „ 9,7 237 174 270 52 Choisy-le-Roi. 1
- Eaux de rivières. . * > 1906
- Seine 22,9 1,3 0,3 0,03 0,9 107 10 » 7,0 289 G 03G 190 12 Argenleuit. 1
- Oise • . . . . 27,3 2 2 0 0,021 1,0 132 13 24 » 351 401 995 ’ Saint-Ouèn-l’Aumône. j
- Drains d’èpandage / Ville de Paris 57 1.28 0,4 0,05 22 241 G2 139 >• 82G 17 721 252 Gennevilliers, Achères, ) Méuy, Triel. 1906
- agricole. ( Département de la Seine. 80 3,4 1,97 0,05 1,2 309 159 204 " 1151 87 760 36 Créteit. , ’
- Drains d’épandage intensif sur terre nue. | Essai Puecli » 4,2 0 » 8,2 » » )) » 613 615 10 Créteil (1901-1905).
- „ Seul contact ...... • » 7,5 5,3 » 3,0 >» » ,» ». »» 245 000 6 Clichy (Seine) (M. Baucher) (1904-1905).
- 1 Second contact. .... n 10 3,3 0,39 4.1 )} 7,8 )> 7 292 240 (1) ' La Madeleine-lès-LilIe (Nord) (1906).
- 1
- Effluents des lits 1 Percolateur 11.9 2,3 0,96 5,7 11 « 10,2 » . 2 197 829 (2) nu 31 niiii's.)
- bactériens artificiels. ] Sevd contact G » 30 (3) 8,4 0,11 0,7 » » » » • „ 1 300 000 8
- f Second contact A. . . . )) IG (3) • 6,7 0,32 2,7 » » » »> » 1 000 000 36 Columbus (1904-1905).
- Percolateur C » 20 (3) 6,5 0,30 3,1 » » " » “ 825 000 14
- (1-2) Chiffres do M. Calmetto, multipliés parle coefficient 1,8S (de M. Miquel), pour numération convertie à quinze jours d’incubation. (3) Oxydabilitô acide, à 100°, 5 minutes de contact, dans liquide non filtré.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT.
- 1-39&
- Le tableau VII et le graphique des pages 1396 et 1397, mentionnent la composition moyenne de divers produits d’épuration biologique, pour 1906, à savoir : le flot des 21 drains collecteurs des champs d’épandage de la Ville do-Paris; celui des 3 drains de la plaine d’irrigations du Département de la Seine; l’eau du drain à ciel ouvert contigu aux trois compartiments d’épandage intensif sur terre nue de l’expérience de Créteil ; l’un des effluents de seul contact du lit bactérien de l’installation de Clichy, et aussi les deux effluents des lits bactériens de La Madeleine, dont un de second contact intermittent et l’autre de percolation. Dans ces mêmes documents, figure également la composition moyenne des eaux de Marne, de Seine et d’Oise, soit en amont, soit en aval de la capitale. Ils indiquent enfin les « limites de potabilité » auxquelles correspondent les types d’eaux pure, potable, suspecte et mauvaises, naguère fixés par le Comité consultatif d’hygiène publique de France.
- Il ne sera pas ici autrement question de la comparaison des divers effluents d’épuration avec les eaux des rivières auxquelles ils aboutissent. Pour ce qui est de la région parisienne, en particulier, cette intéressante question fait l’objet d’une étude circonstanciée en voie de publication (1).
- La comparaison se trouve ainsi limitée aux divers effluents d’épuration biologique, avec les types théoriques officiellement adoptés jadis, pour le classement des eaux alimentaires.
- A ne considérer que les principales nuisances, la matière organique dissoute et les bactéries flottantes, on remarque tout d’abord que le produit des drains d’épandage présente un degré de souillure infiniment moindre que les divers effluents des lits bactériens artificiels. En ce qui concerne la matière organique, exprimée en milligrammes par litre dans les conditions relatées, c’est ainsi que les dosages moyens accusent : 1,3 et 3,4 dans les drains d'épandage-agricole; 4,2 pour le drain limitrophe et en aval de l’épandage intensif sur terre nue ; 5,3 dans celui mentionné des effluents bactériens de Glichy ; 16 et 11,9 dans les effluents des lits artificiels de La Madeleine; 30, 16 et 20 dans ceux considérés des effluents d’épuration biologique très intensive des essais de Co-lumbus. Pour ce qui est des bactéries, évaluées au centimètre cube, à 20-22°, après quinze jours d’incubation sur gélatine, les numérations (ou conversion pour telles) ont donné, en chiffres ronds : 18000 et 88000 dans les drains d’épandage agricole; 614 000 dans le drain d’épandage intensif sur terre nue; et respectivement 245000, 7292000, 2198000, 1 300000, 1 000000, et 825000 dans les divers effluents précités, de filtration plus ou moins intensive sur lits artificiels, intermittents ou percolateurs.
- (1) « L’assainissement de la Seine par les champs d’épandage elles lits artificiels », par P. Vincey. Bulletin de janvier 1907, de la Société des Ingénieurs civils de France.
- Tome 109. — Décembre 1907.
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- Caractéristiques chimiques (enrmihgr par litre i et bactériologique des eaux alimentaires, des eaux de rivièrè, des
- Eaux alimentaires
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- Fig. 10.
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- Fig. 10.
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- DÉCEMBRE 1907.
- Relativement aux effluents des filtres bactériens de Columbus, que l’on avait cités comme exemples à notre assainissement français, il y a lieu d’observer en outre (voirie tableau VI des pages 1388 et 1389) leur teneur, dans des proportions considérables, en matières encore suspendues, à la fois organiques et minérales. A tous points de vue, on ne saurait considérer ces effluents autre ment que comme des produits médiocrement dégrossis.
- Pour la matière organique, en milligramme d’oxydabilité, alcaline française la tolérance était peut-être un peu large, qui admettait les qualificatifs de pure jusqu’à 1, de potable jusqu’à 2, de suspecte jusqu’à 4, et de mauvaise seulement au delà. Quoi qu’il en soit, il y a lieu de remarquer, à ce point de vue, que l’eau des drains de l’épandage agricole pourrait être qualifiée de simplement suspecte, voire même de potable, dans certaines circonstances. Il en est bien différemment toutefois pour ce qui est des drains de l’épandage intensif sur terre nue, et surtout pour les effluents de lits bactériens, de contact et de percolation.
- En ce qui concerne l’azote ammoniacal, nitreux et nitrique, le chlore et autres produits de la minéralisation, tous les effluents d’épuration biologique (y compris ceux de l’épandage agricole) sont nettement caractérisés comme très mauvais, pour l’usage alimentaire.
- A ce point de vue de la potabilité, le qualificatif mauvais est d’autant plus justifié, pour tous les effluents d’épuration biologique indistinctement, qu’il s’agit liquides souillés par les déchets digestifs, provenant de populations dans lesquelles la fièvre typhoïde revêt le caractère endémique.
- Mais ce n’est pas seulement à cause de leur composition analytique et de l’origine digestive de leur contamination que tous les effluents d’épuration biologique quelconques doivent être impitoyablement proscrits de la consommation publique et privée ; c’est aussi et surtout par la considération absolument péremptoire que leur action est funeste sur le réactif caractéristique d’indication, de non-potabilité, l’organisme humain.
- L’exemple pourrait être cité d’un important établissement sanitaire, dans lequel des circonstances particulières conduisirent à alimenter toute une partie de la population, alternativement en eau de rivière et en produit de deux nappes souterraines, localement suralimentées par l’effluent méconnu d’un champ depandage voisin. De normales qu’elles étaient en temps de consommation d’eau plus ou moins épurée de rivière, la morbidité et la mortalité typhiques ont nettement accusé le caractère épidémique, lorsque, à diverses reprises, on a substitué l’alimentation en eau souterraine mélangée d’effluent d’épandage. Outre la correspondance, exacte et rigoureusement chronologique, des effets avec les causes, la situation typhique de l’établissement est redevenue sensiblement normale, par le seul fait du retour à une alimentation d’eau, sinon parfaite,, du moins très satisfaisante.
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- EfFlueqt épuré par le^ ^eptique^ et le-) lit'5 bactérie^
- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOUT. 1399
- Les circonstances épidémiologiques de cette maison sanitaire contribuent également à établir que l’effluent d’épandage est impropre, non seulement à la
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- consommation potable, mais aussi à l’arrosage superficiel et au lavage des
- légumes destinés à être mangés crus.
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- L’histoire étioliogique (1) de l’épidémie qui a sévi dans cet établissement n’offrirait pas seulement un réel intérêt rétrospectif ; elle pourrait aussi contribuer à établir la nécessité qu’il y a, dans l’ordre du génie sanitaire, de ne jamais envisager séparément les problèmes si étroitement corrélatifs de l’assainissement et de l’approvisionnement hydriques, à l’endroit d’une même région. Sous une même autorité compétente, il semblerait pourtant que la centralisation de deux aussi importants Services doive être de nature à présenter des garanties suffisantes.
- Pour la salubrité publique, indistinctement contre tous les effluents biologiques plus ou moins complètement épurés, la protection des nappes souterraines, qu’on ne voit pas, mérite tout autant, sinon plus, de considération que l’assainissement superficiel des cours d’eau, que l'on a continuellement sous les yeux.
- A ce point de vue, si l’épandage terrien réalise beaucoup mieux l’assainissement dés rivières que les lits bactériens artificiels, l’étancbéité des installations biologiques assure, plus commodément que la pénétrabilité des terres d’irrigation, la protection indispensable des nappes profondes.
- Quoi qu’il en soit, contre les effluents quelconques d’épuration, les nappes souterraines, qu’il est impossible de protéger, doivent être rigoureusement proscrites de l’alimentation publique ou privée. Il doit alors être pourvu à leur remplacement, par d’autres sources d’approvisionnement offrant toute la sécurité nécessaire.
- CONCLUSIONS GÉNÉRALES
- Des considérations développées au cours de cette élude, il y a lieu de tirer les conclusions ci-après :
- 1° Parmi les eaux d’égout soumises aux différentes épreuves d’épuration précitées, les plus souillées et très apparemment les plus difficiles à épurer, sont celles du Département de la Seine et de la Ville de Paris, traitées dans les champs d’épandage et la station expérimentale de Clichy; viennent ensuite les eaux résiduaires de Lille, et enfin celles de Columbus;
- 2° Pour l’élimination préliminaire des boues organiques et minérales, le travail mécanique, effectué par le dégrossisseur composé de graviers, paraît ne le céder en rien aux résultats des fosses septiques ;
- 3° Le séjour plus ou moins prolongé de l’eaH d’égout dans les fosses sep-
- (1). « Effluent d’épandage et potabilité. Histoire d’une épidémie de typhoïde. » Mémoire inédit de l’auteur.
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- ÉPURATION BIOLOGIQUE DES EAUX d’ÉGOGT.
- tiques ne correspond nullement à une augmentation de la matière organique dissoute dans l’effluent dégrossi ;
- 4° Dans les fosses septiques, si la gazéification d’une partie de la matière organique est attestée par le bouillonnement, les mauvaises odeurs et certaines mensurations volumétriques seulement, aucune constatation scientifique directe et certaine n’a permis encore d’en déterminer l'importance;
- 5° Pour le dégrossissage des eaux d’égout, les fosses septiques paraissent surtout travailler mécaniquement, à la manière de simples bassins de décantation ;
- 6° Les fosses septiques doivent être pourvues d’aménagements commodes et économiques pour le dragage fréquemment répété. Il y a lieu de les compléter par des champs d’égouttage et d’enfouissement des boues, de suffisante étendue;
- 7° Pour l’élimination des nuisances de l’eau d’égout, l’épandage agricole l’emporte sur tous les autres procédés biologiques; viennent ensuite l’épandage intensif sur terre nue et, bien après, la filtration rapide sur lits artificiels, de contact et de percolation ;
- 8° L’effluent d’épandage agricole, et a fortiori ceux des autres procédés biologiques d’épuration des eaux d’égout, doivent être rigoureusement proscrits de la consommation. Pour toutes les installations de ce genre, il convient d’as-, surer la protection des nappes aquifères, servant à l’alimentation publique ou privée.
- ERRATA :
- Quelques erreurs figurent dans les nombres qui accompagnent les bâtonnets des graphiques ci-annexés. C’est ainsi, par exemple, que le nombre 54, au lieu de 85 pour 100, est indiqué comme élimination des matières organiques suspendues, dans la figure 3, page 1355, du dégrossissage de La Madeleine, en 1906.
- Ces erreurs pourront toujours être reconnues et rectifiées, si l’on se reporte aux tableaux numériques qui correspondent auxdits graphiques.
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- RÉFÉRENCES DOCUMENTAIRES
- Ouvî .-âges publiés et mémoires manuscrits, dans lesquels ont été puisés les résultats numériques des épreuves d’épuration biologique,'envisagées au cours de cette étude :
- I. —Annales de l'Observatoire municipal de la Ville de Paris, tome -YII, année 1906.
- II. — Recherches sur l’épuration biologique et chimique des eaux d'égout, effectuées à VInstitut Pasteur de Lille et à la station expérimentale de La Madeleine, par le Dr A. Cal-mette, années 1905 et 1906.
- III. — Report of Sewage purification at Columbus [Ohio), by George A. Johnson, ~nov. 1905.
- IV. — Rapport du Service technique des eaux et de l'assainissement de la Ville de Paris, sur le contrôle de l'installation de la Société générale d'épuration et d’assainissement de Clichg, janvier 1906 (1).
- V. — Rapport de M. Henriot, sur Vépuration des eaux d'égout par le traitement bactérien, séance du 12 octobre 1906, du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine.
- VI. — Épuration biologique intensive des eaux résiduaires, par F. Baucher, 1907.
- VII. — Contrôle analytique, par VObservatoire municipal de‘la Ville de Paris, sur les expériences de dégrossissage mécanique et de filtration terrienne intensive, poursuivies à Créteil, en 190-1 et 1905 (2).
- VIII. — Épuration d'eaux d'égout de la Ville de Paris, à Clichg. Résultats des déterminations chimiques, de M. Ed. Bonjean, chef du Laboratoire du Conseil supérieur d’hygiène publique de France; de juillet à décembre 1906 (3).
- (1) Mémoire inédit, communiqué par la Direction administrative des Travaux de la Ville de Paris.
- (2) Communication de M. Puech, sur l’épuration des eaux d’égout, dans la séance du 31 octobre 1906, de la Société de médecine publique et de génie sanitaire.
- (3) Documents inédits, obligeamment communiqués par l’expérimentateur analytique.
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- Rapport présenté par M. P. Toulon.
- Séance du 31 octobre 1907 (1).
- Depuis plusieurs années, notre Société s’est préoccupée des transformations qu’il pourrait être utile d’introduire dans son organisation et dans la direction de ses efforts pour accomplir pleinement la haute mission que lui assignent son passé, ses ressources et l’autorité de ses membres. Une commission do révision du reglement a été nommée pour rechercher les moyens d’atteindre ce but et pour préparer les propositions à soumettre à une délibération en assemblée plénière du Conseil. Après avoir discuté les diverses idées qui ont été développées, après avoir examiné la question sous ses divers aspects, la commission de révision vient vous exposer les résultats de ses réflexions et vous demander d’approuver les conclusions auxquelles elle s’est arrêtée.
- Les observations que peut soulever le fonctionnement de notre Société ne sont nullement une critique des efforts dépensés et des travaux faits jusqu’à ce jour. Les membres qui se sont succédé au Bureau, l’agent général, les comités ont apporté et apportent encore à notre Société un concours actif et dévoué; l’importance et la valeur du Bulletin, la variété de nos séances en sont un témoignage permanent. La Commission de révision a été unanime pour rendre hommage aux mérites de tous ceux qui travaillent à la prospérité de notre Société; elle a particulièrement manifesté ses sentiments de haute estime et de reconnaissance à notre agent général, M. Richard, qui, depuis douze ans, con-. sacre les ressources de son talent et de ses connaissances encyclopédiques pour donner un puissant intérêt à notre Bulletin et pour augmenter l’attrait de nos séances.
- (1) Pour être discuté à la séance du Comité secret du jeudi 14 novembre à 5 heures.
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- Il n’est que juste de faire ces réserves expresses avant d’aborder l’étude des moyens à prendre et des directions à suivre pour accroître l’influence de notre Société et pour étendre son utile action.
- Fondée en 1801, notre Société s’est montrée, dès ses débuts, digne de son programme, l’encouragement à l’Industrie nationale. Elle a contribué aux découvertes et aux progrès qui se sont si merveilleusement multipliés depuis un siècle. Attachée, dès son origine, par une vue singulièrement prophétique de ceux qui l’ont créée, au problème de l’application de la science à l’industrie, elle a étendu son action sur l’ensemble des connaissances et des études scientifiques qui peuvent conduire à dés résultats pratiques. Sa gestion est contrôlée par une Commission des fonds, et ses travaux se répartissent entre six Comités techniques :
- Le Comité des Arts mécaniques ;
- Le Comité des Arts chimiques ;
- Le Comité des Arts économiques;
- Le Comité d’Agriculture ;
- Le Comité des Constructions et Beaux-Arts;
- Le Comité du Commerce.
- Une organisation aussi complète permet d’embrasser sous tous leurs aspects les diverses applications de la science. Les avantages de ce large programme ont été compris et ont fait leur preuve ; notre Société a obtenu des concours éminents, des dons nombreux; elle a distribué des récompenses recherchées et appréciées, et montré la voie du progrès par la méthode scientifique.
- Mais le développement même de l’industrie, l’étendue des applications sans cesse plus nombreuses, ont eu pour conséquence inévitable une spécialisation tous les jours plus complète, Les procédés scientifiques tendent à pénétrer dans les moindres détails de la vie moderne ; sous l’action de la concurrence sans cesse plus intense, tputes les branches de l’activité humaine deviennent industrielles et par suite doivent faire au concours de la science orientée vers les résultats pratiques.
- En face de celte situation nouvelle, notre Société, qui a pour but d’encourager toutes les industries, n’a-t-elle pas un programme trop vaste pour être bien rempli? N’est-ce pas une prétention excessive de vouloir embrasser l'uni-•versalité des connaissances utiles, contribuer à tous les progrès, provoquer et favoriser toutes les applications de la science? De nouvelles sociétés se sont créées pour répondre aux besoins de diverses spécialités; ces sociétés n’ont-elles pas un but plus immédiatement pratique et ne correspondent-elles pas mieux à la loi de la division du travail et à la spécialisation devenue inévitable?
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- Cette objection, si souvent formulée, s’insinue dans les meilleurs esprits,, inquiète les plus solides intelligences et se présente sous une apparence spécieuse qui risque de justifier toutes les inerties et de paralyser les bonnes-volontés. Il importe d’y répondre d’une manière définitive et d’écarter cet obstacle qui se dresse comme une menace pour l’avenir de notre Société.
- La spécialisation grandissante n’est pas Tunique voie du progrès. Peut-être-même offre-t-elle de graves et sérieux inconvénients. L’horizon est de plus en plus limité ; les questions se rapetissent. Un spécialiste, trop étroitement cantonné dans le détail d’applications restreintes, peut sans doute obtenir des résultats utiles et intéressants dans une direction particulière ; sera-t-il suffisamment armé pour réaliser les transformations capitales dès qu’elles seront nécessaires? Sera-t-il capable de trouver des applications nouvelles, souvent tout à fait inattendues, qui marquent les étapes du progrès industriel?
- D’ailleurs, l’extension même des applications scientifiques nous montre-tous les jours le concours que se prêtent mutuellement les diverses catégories des connaissances humaines. L’agriculleur doit être au courant des progrès delà chimie : les engins mécaniques lui sont nécessaires. Dans les industries chimiques, il faut avoir recours aux détails les plus variés de la mécanique, aux emplois les plus délicats de l’électricité. Le constructeur cherche des procédés, nouveaux dans toutes les sciences : il s’intéresse aux propriétés physiques, à la composition chimique des matériaux qu’il emploie, et que les machines de tout genre lui donnent les moyens de mettre en œuvre. L’industrie des transports, dont le développement sert toutes les industries, fait appel à toutes les ressources de la mécanique; l’électricité y trouve des applications de plus en plus nombreuses ; l’art de la construction est amené à y chercher les solutions les plus variées et les plus importantes. Quelque limitée que soit sa spécialité, l’ingénieur ne peut négliger les progrès scientifiques réalisés dans d’autres-sphères; demain peut-être, il pourra profiter des résultats obtenus dans-des industries différentes de sa spécialité. Sous peine de s’immobiliser, il doit suivre dans leurs grandes lignes l’ensemble des applications scientifiques, dont ses connaissances spécialisées lui permettront de tirer parti pour le progrès de son industrie particulière. C’est à cette large culture d’esprit que le succès est assuré.
- Dans leur organisation et leur développement, vers un avenir toujours plus-étendu, toutes les industries doivent avoir le souci des grandes lois économiques qui régissent la production et la consommation, et des transformations qui peuvent surgir dans les rapports du capital et du travail ; appelées à s’étendre et à s’accroître sans cesse, elles doivent connaître les méthodes dont la science sociale a démontré l’utilité, les principes que la raison a permis de-
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- reconnaître, les résultats que les longues et patientes observations ont sanctionnés.
- Aussi la spécialisation poussée trop loin devient-elle une cause de faiblesse •et d’impuissance. Dans un langage saisissant, M. Liard, vice-recteur de l’Université de Paris, a comparé le spécialisme exclusif à une meule qui pulvérise les idées; il lui faut un correctif des conceptions générales. Déjà un jeune philosophe, un penseur éminent, Tonnellé, avait dit : la spécialité dans l’ordre intellectuel correspond à l’égoïsme dans l’ordre moral; la spécialité, c’est l’égoïsme •de l’esprit. Notre Société doit lutter contre cet amoindrissement de la pensée, afin de ne pas nous laisser désarmés en face des problèmes complexes à résoudre pour réaliser les progrès industriels ; elle doit, par son large rayonnement, répandre une documentation constamment à jour, fournir aux travailleurs des notions précises, des renseignements exacts sur les progrès les plus importants de l’ensemble des applications scientifiques.
- Peut-être convient-il d’observer, puisque le but do notre Société est d’aider et de favoriser l’industrie nationale, que cette nécessité d’avoir des connaissances générales puisées aux sources les meilleures et les plus récentes, devrait être particulièrement ressentie en France, où la culture intellectuelle est si largement développée par l’enseignement secondaire, les Universités, les Écoles -spéciales.
- Tous les savants, tous les industriels, tous les ingénieurs français devraient -considérer comme indispensable de faire partie à la fois de la Société vers laquelle leurs travaux et leurs études les orientent plus spécialement, et de notre Société à laquelle ils apporteraient leurs connaissances approfondies de •certaines branches de l’industrie et où ils pourraient tirer profit des expériences générales, des recherches et des résultats obtenus dans d’autres directions. Chacun aurait ainsi deux famille'; scientifiques, l’une plus restreinte correspondant à sa spécialité, l’autre plus large, ouverte sur des horizons plus •étendus.
- S’il n’est pas trop ambitieux d’assimiler à la noble idée de patrie, les aspirations modernes du savant et de l’industriel à la recherche du progrès, ne ipeut-on s’écrier, avec le poète de Bornier,
- Tout homme a deux patries, la France... et puis la sienne.
- Notre Société, destinée à encourager l’industrie de la France, devrait être la première patrie scientifique de tous ceux qui ont à cœur l’ardent désir d’élever -le niveau de notre industrie, d’assurer ses progrès et de préparer son avenir.
- C’est avec cette conviction que la Commission changée d’étudier un programme général de réformes s’est mise au travail et a examiné et discuté les meilleures solutions à faire prévaloir.
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- Outré les échanges de vues qui ont eu lieu dans les réunions de la Commission, quatre de ses membres, MM. Le Chatelier, Larivière, Lindet et le général Sebert, ont formulé par écrit leurs propositions dans des mémoires qui ont été distribué à la Commission pour servir de base aux discussions.
- M. Le Chatelier proteste tout d’abord énergiquement contre cette opinion que notre Société ne peut plus rendre aujourd’hui de service à l’industrie et affirme qu’avec les ressources matérielles dont notre Société dispose, il suffirait d’un peu de bonne volonté pour en tirer un parti remarquable. Pour réussir, il faut avant tout croire à la possibilité du succès et n’accepter que des collaborateurs également convaincus, ensuite avoir un programme d’action bien défini, voir nettement le but vers lequel on tend et suivre une méthode arrêtée pour l’atteindre. M. Le Chatelier expose ensuite d’une façon magistrale ce qu’est la science industrielle, et montre quelle ne diffère pas au fond de la science tout couirt ; la seule démarcation entre elles résulte de la plus ou moins grande utilité pratique des phénomènes envisagés.
- Comme programme d’action, M. Le Chatelier pense que notre Société pourrait tenir la tête du mouvement qui oriente l’industrie vers l’emploi de plus en plus systématique des méthodes scientifiques. Pour y parvenir, il y a lieu de continuer à subventionner des recherches originales sous la direction de notre Société, et de créer une revue de science industrielle qui gérait notre œuvre essentielle. Passant en revuedes différents organismes de notre Société, Bureau, Commission des fonds, Commission du Bulletin, Comités, M. Le Chatelier donne des indications détaillées avec les moyens qui lui paraissent les mieux appropriés pour donner plus d’activité à notre Société et améliorer son fonctionnement.
- Dans le rapport où il a résumé ses propositions, M. Lindet fait ressortir l’utilitéde nommer un secrétaire par comité, suivant l’article 26 des statuts et l’article 23 du règlement; ces secrétaires pourraient être rétribués par l’allocation de jetons de présence supplémentaires. En ce qui concerne les séances du Conseil, M. Lindet pense que l’assiduité des membres de la Société serait plus grande si ses séances avaient lieu à cinq heures du soir ; les réunions de la soirée seraient réservées aux conférences.
- Depuis la fondation de notre Société, des éléments nouveaux se sont introduits dans l’industrie, avec lesquels il faut compter ; ce sont les syndicats industriels et les chambres syndicales. M. Lindet estime que l’œuvre de notre Société serait bien plus efficace si ses efforts se portaient sur les nombreuses questions que l’industrie aurait à cœur de voir résoudre, au lieu de se disséminer sur celles dont l’industrie ne réclame pas la solution.
- Il serait donc très utile que le Président se mît en rapport, au nom de notre Société, avec les différentes Chambres syndicales, afin d’offrir notre, collabora-
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- tion pour étudier ou résoudre les questions que les principaux intéressés jugent les plus essentielles.
- M. Larivière a développé dans son rapport des conclusions analogues à celles de M. Lindet ; il insiste pour la nomination de secrétaires des Comités et montre les avantages que retirerait notre Société d’une entente avec les Chambres syndicales.
- M. le général Sebert a présenté une étude développée des différentes œuvres auxquelles pourrait s’intéresser notre Société et indiqué les directions vers lesquelles elle pourrait s’orienter, pour augmenter son influence et élargir son action :
- Organisation périodique de congrès dans l’hôtel de notre Société ;
- Intervention dans la création de sociétés filiales, s’il y a lieu;
- Participation au mouvement des sociétés scientifiques et industrielles de l’étranger, à l’unification des mesures et dimensions des produits usuels ;
- Organisation systématique de la documentation scientifique et industrielle.
- Les conclusions de M. le général Sebert sont résumées dans les ternies suivants :
- « Le Conseil invite son Bureau à user des moyens en son pouvoir pour associer notre Société à la création et au développement de toutes les œuvres qui peuvent contribuer „à donner à notre industrie nationale le concours des hommes de science et pour faciliter spécialement l’extension de celles de ces œuvres qui ont pour but la création de centres de documentation et d’informations bibliographiques intéressant spécialement les applications de la science à l’industrie. »
- Dans les discussions qui se sont ouvertes sur ces différentes propositions, il convient de distinguer les idées qui se rapportent au fonctionnement intérieur de notre Société et les indications qui se dégagent des vues échangées au sujet de l’orientation de ses travaux.
- En ce qui concerne l’organisation intérieure, il paraît utile de remettre en vigueur les règles établies par l’article 2i des statuts qui prévoit la nomination de deux secrétaires de la Société. La diversité et la multiplicité de nos études exigent des efforts dans des directions variées ; il importe donc d’user de tous les moyens qui sont à notre disposition d’après les statuts, et la majorité des voix de la Commission de révision a été d’avis d’appliquer intégralement l’article 24 des statuts ; un second secrétaire devrait être ainsi désigné. Le travail serait réparti entre les deux secrétaires suivant leurs compétences respectives.
- Pour les Comités, il n’a pas paru nécessaire de nommer obligatoirement un secrétaire par Comité. La Commission a pensé qu’il suffisait d’attirer l’attention des Comités sur l’utilité de nommer unjsecrétaire qui peut être soit un membre
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- titulaire du Conseil, soit un membre correspondant, soit l’agent général.
- Pour la direction générale qu’il paraît avantageux de donner à notre Société, la Commission estime que l’entente avec les Chambres syndicales peut donner d’excellents résultats et qu’il y a lieu de la préconiser. Elle adopte le vœu, exprimé par M. le général Sebert, visant l’ensemble des œuvres auxquelles il paraît utile de chercher à s'intéresser. Dans l’ensemble, votre Commission se rallie aux indications données par les auteurs des diverses propositions, laissant au Président et au Bureau le soin de déterminer dans quelle mesure chacune de ces indications peut-être utilement suivie.
- En conséquence, pour résumer ces diverses conclusions, votre Commission de révision du règlement soumet au vote du Conseil le projet suivant de résolution :
- Le Conseil d’administration,
- Fermement convaincu que la Société peut, telle qu’elle est constituée, étendre* son action et accroître son rôle utile dans les applications et les recherches de la science, en vue du développement de l’industrie,
- Décidé, pour orienter les efforts de la Société vers un accroissement do son influence, à user de tous les moyens et de toutes les ressources dont elle dispose d’après ses statuts, et à organiser dans ce but une répartition meilleure et une extension de ses travaux ;
- Adopte la résolution suivante :
- Un second secrétaire de la Société sera nommé conformément à l’article 24 des statuts ;
- L’attention des Comités est appelée sur l’utilité de nommer, suivant l’arlicle 2G des statuts, un secrétaire pour la rédaction de leurs travaux ;
- Le Bureau de la Société, mettant à profit l’ensemble des indications fournies par les rapports de MM. Le Chatelier, Lindet, Larivière et de M. le général Sebert, réalisera, au moment qui lui paraîtra opportun, les vœux qui ont été formulés au point de vue de l’ordre intérieur de la Société et des directions générales vers lesquelles elle doit tendre; en particulier, il s’efforce d’établir une entente avec les Chambres de commerce, les Chambres syndicales ou avec d’autres collectivités dont les travaux se rapportent à l’objet de la Société, par des conférences ou une collaboration avec des délégués de ces assemblées.
- P. Toulon.
- Paris, 31 octobre 1907.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Généralités. — L’art de l’ingénieur dans ses rapports avec la chimie. — Leçon d’ouverture du cours de chimie générale à la Sorbonne. — Dissolvants.
- Produits minéraux. — Le soufre colloïdal. — Production de l’acide sulfureux — Le graphite comme lubrifiant.
- Industries céramiques. — Couleurs sur porcelaine. Fusion électrique du verre.
- Métaux et métallurgie. — Sur le nickelage. — Nouveau mode d'essai des aciers.
- Carbone et combustibles. — Naphtaline du gaz d’éclairage.
- Alcools. — Les applications de l’alcool dénaturé.
- Aldéhydes, acides, éthers. — La formaldéhyde dans l’industrie sucrière. — Sur le camphre.
- Huiles et vernis. — Sur la solubilité des copals semi-durs.
- Hydrates de carbone. — Membranes de collodion.
- Industries des cuirs et peaux. — L’acidité des bains de tannage.
- Chimie végétale. — Sur la fatigue des terres.
- l’art de l’ingénieur dans ses rapports avec la CU1MIE
- La Société de chimie industrielle de Londres traite périodiquement des sujets d’ordre général intéressant les industries chimiques ; c’est ainsi qu’ont été étudiés successivement dans son journal, qui est sans contredit l’un des plus intéressants périodiques de chimie industrielle, et l’éducation du chimiste technicien, et le développement de l’industrie chimique aux États-Unis, et l’installation des appareils industriels. Récemment, son Président 117. O. Guttmann a exposé les rapports intimes qui existent entre le chimiste et l’ingénieur (J. of the S. of Chemical Industry, n° du 15 juin, p. 564).
- L’usine de produits chimiques, dit l’auteur, exige, de la part de ses directeurs, autant d’attention au point de vue « art de l’ingénieur » qu’au point de vue « chimie ».
- Si l’on a à décider quels matériaux employer pour les bâtiments et les dispositifs, on considérera avec grand soin la nature des produits à fabriquer. Les matières premières, les produits bruts, les produits fabriqués, les résidus, les acides ou corrosifs,etc. sont-ils aptes à former entre eux des composés dangereux ou nuisibles dans certaines conditions? Y a-t-il des risques spéciaux d’incendies, d’explosions, à peser mentalement avant de réaliser la construction? Par ailleurs, toute espèce de brique, d’aggloméré, de pierre.de métal ne convient pas universellement ; et il faut considérer l’appropriation de chaque partie des dispositifs, appareils, tuyauteries, réservoirs, etc. On sait, par exemple, que l’acide sulfurique faible se met dans le plomb, et le fort dans le fer; que l’acide nitrique concentré peut être mis dans le plomb, et moins bien dans le fer, tandis que l’acide nitrosulfurique concentré se mettra sans crainte dans le
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- L ART DE L INGÉNIEUR DANS SES RAPPORTS AVEC LA CHIMIE.
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- fer. L’acide chlorhydrique attaque à la longue presque tous les matériaux, sauf la pierre-siliceuse, les argiles, etl’ébonite; d'où l’emploi de cette dernière dans les pompes; le même acide attaque très peu le bois, en particulier le bois imprégné de paraffine, d’où l’adoption de réservoirs en bois pour son transport par chemin de fer. L’acide citrique est l’une des rares substances qui attaquent la silice; au point que l’on ne peut utiliser la terre à infusoires pour le filtrer. L’acide oxalique et l’acide tartrique ne peuvent pas-être évaporés dans'le cuivre, mais seulement dans le plomb ; l’acide acétique pur se-travaille au mieux dans des vases en argent.
- On portera une égale attention au choix des matériaux pour les sols comme pour les toits. Ceux-ci ne seront pas seulement établis de façon à mettre à l’abri de la pluier du froid, etc. ; mais les fermes seront assez solides pour supporter les arbres de transmission, les appareils de levage, les conduites d’eau, celles.de vapeur, etc.
- L’installation et la surveillance de la machine motrice est encore une question fort importante’. 11 faut veiller à économiser le combustible, l’analyser de temps à autre, se rendre compte de la production de vapeur, éviter que la chaudière ne prime,faire les essais des gaz de la cheminée, etc. La question de la fumivorité, celle de l’épuration des eaux d’alimentation, celle de l’utilisation des eaux de condensation, celle des canalisations'de vapeur nécessitent l’attention constante du manager; puis la machine motrice, son graissage, les transmissions.
- Le pompage des liquides demande une étude spéciale ; l’appareil à employer, pompes-ordinaires, centrifuges, à membranes, ou pulsomètres, la matière dont la pompe et les conduits doivent être faits, sont rarement des questions indifférentes. De même la manière de construire les ventilateurs pour l’évacuation des fumées, d’assurer le tirage (par exemple dans la fabrication des acides sulfurique et nitrique), d’amener l’air dans les séchoirs, etc., mérite attention. La difficulté de suivre en toutes choses la voie juste, peut s’établir d’après quelques exemples puisés dans l’expérience journalière. Une pompe-à plongeur refuse de travailler avec un liquide volatil chaud, jusqu’à ce que l’on interpose un réservoir d’air dans lequel la vapeur peut se condenser. Un pul-somètre, placé dans un trou étroit non ventilé, refuse de fonctionner, jusqu’à ce que la place soit refroidie par une ventilation convenable. Plusieurs élévateurs d’acide, en fer de 1,5 pouces d’épaisseur, éclatent sous une pression de 30 lb., bien qu’ils aient supporté 150 lb. aux essais; après études la cause en fut trouvée : elle résidait dans ce fait qu’une longue conduite atteignant un niveau trop élevé, était branchée sur l’élévateur et favorisait l’action de coups de bélier/ En Angleterre et en Amérique, les ventilateurs et les conduites d’aluminium pour le transport de l’acide nitrique sont de plus en plus en usage, tandis qu’en Allemagne les ventilateurs et pompes centrifuges en poteries sont préférés dans le travail des acides.
- La surveillance-d’un courant liquide ou gazeux nécessite une attention considérable. Le choix des conduits, robinets, etc., dépend du fluide. Des dispositifs doivent être prévus pour retenir les matières en suspension, pour précipiter les impuretés, ou filtrer.
- Les pompes à vide et les compresseurs d’air sont des facteurs importants des usines chimiques. Dans les pompes à vide, la pression barométrique limite est seule importante. Certains procédés sont maintenant si bien connus qu’une différence de quelques millimètres dans le vide entraînent une grosse perte de temps et d’argent. Certains travaux demandent un vide constant de 2 millimètres et cela avec de grosses pompes. Des explosions dans les réservoirs d’air comprimé ont eu heu sous l’influence des hydrocarbures provenant des lubrifiants.
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- NOTES DE CHIMIE. ------ DÉCEMBRE 1907.
- Les différentes méthodes de chauffage, ordinaire ou à récupération, avec le gaz à l’eau ou le gaz de gazogène, par la vapeur surchauffée ou non, sous pression ou dans le vide au bain d’huile ou de plomb, calcination ou grillage, sont autant de problèmes qui doivent être familiers à l’ingénieur-chimiste. La concentration de l’acide sulfurique dans une série de capsules chauffées par du gaz de gazogène, la flamme entourant les capsules, ne donnait aucun résultat; or le gaz contenait environ 20 p. 100 d’hydrogène, les produits de la combustion étaient donc saturés de vapeur d’ëau, dont la tension était la même que celle des vapeurs s’échappant de l’acide.
- La condensation du gaz, leur absorption par les liquides, le séchage des produits en pâte ou en poudre, la filtration de liquides acides ou alcalins, etc., sont également des manipulations applicables sous un grand nombre de formes et qui nécessitent constamment l’intervention de l’art de l’ingénieur.
- LEÇON d’ouverture DU COURS DE CHIMIE GÉNÉRALE A LA SORBONNE
- Le successeur de H. Moissan à la chaire de chimie générale de la Sorbonne, M. H. Le Chatelier, dans sa leçon d’ouverture (voir Revue scientifique, n° du 30 novembre, p. 673) a déclaré qu’il se proposait de faire un cours de chimie scientifique. La science élève l’esprit de la connaissance concrète des objets matériels aux notions abstraites, aux idées scientifiques. Le but final de la science est la connaissance de relations algébriques entre un certain nombre de grandeurs mesurables. La mesure de ces grandeurs doit de toute nécessité être l’objet des préoccupations incessantes du chimiste. L’emploi systématique de la balance, qui a permis à Lavoisier de reconnaître les lois précises de la conservation de la masse, de la conservation des éléments, à la découverte desquels il doit d’être considéré comme le véritable fondateur delà science chimique, la balance ne suffit pas. Toutes les propriétés physiques des corps sont également intéressantes à mesurer : les mesures de densimétrie, de calorimétrie, de thermométrie, les mesures optiques des cristaux, les mesures de résistance électrique et de dilatation thermique ne sont pas moins précieuses.*
- Après un retour sur l’enseignement scientifique de H. Sainte-Claire Deville, son maître et l’un de ses prédécesseurs à la même chaire , M. Le Chatelier a résumé l’œuvre scientifique de son prédécesseur immédiat, H. Moissan. Les recherches sur le fluor commencèrent en 1884, et l’on ne peut trop louer la méthode de travail que Moissan suivit dans cette étude et qu’il réprit ensuite dans ses recherches sur le diamant : c’est-à-dire l’étude méthodique d’un grand nombre de composés et l’essai sur eux de différents modes de décomposition. Les deux facteurs essentiels de sa découverte du fluor dans Télectrolyse de l’acide fluorhydrique ont été l’idée d’opérer à basse température et l’idée d’employer du fluorure de potassium pour rendre l’acide fluorhydrique conducteur ; il faut ajouter une troisième circonstance due à un bienheureux hasard : la formation sur les parois du vase électrolyseur (tube en platine en forme d’U) d’une voûte insoluble et protectrice de trifluorhydrate de potassium.
- « Aussitôt la découverte du fluor achevée, Moissan commença à orienter ses travaux vers la solution d’un autre problème occupant dans les préoccupations de l’opinion publique une place plus considérable encore : la reproduction du diamant. Mais ici, sans contester la production accidentelle de quelques petits diamants, on ne saurait attacher à leur préparation plus d’importance quïà l’isolement du fluor par les précurseurs de Moissan. » .
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- Pour dissoudre le carbone, Moissan eut l’idée de se servir du four électrique.
- « Le four électrique avait déjà servi à Siemens dans des expériences de laboratoire pour la fusjon des métaux; il commençait à être employé dans l’industrie par Cowles, pour la fabrication des alliages d’aluminium aux États-Unis, par Héroult, en France, pour la fabrication de l’aluminium pur, mais personne ne semblait encore s’êlre rendu compte des découvertes scientifiques à attendre de son emploi. Le grand mérite de Moissan a été de voir de prime abord que l’obtention de températures inconnues jusque-là dans les laboratoires devait nécessairement conduire à des résultats nouveaux. Et cependant, Despretz avait depuis longtemps fait des expériences très curieuses sur la puissance de l’arc voltaïque ; plus récemment, Berthelot l’avait employée à la synthèse de l’acétylène. On n’avait pas eu cependant l’idée, qui nous paraît si simple aujourd’hui, de faire sur un grand nombre de corps une étude systématique des réactions produites aux très hautes températures. Noire esprit est ainsi fait, qu’il faut un effort considérable pour le dévier des voies déjà frayées; il est affecté d’une inertie plus puissante encore que celle des corps matériels ; il tend à se répéter incessamment. L’initiative de Moissan mérite une réelle admiration ; des centaines de chimistes auraient pu, auraient dû le devancer ; aucun n’y a songé. »
- L’étude systématique des carbures métalliques préparés par Moissan au four électrique attira l’attention sur ces corps et a certainement contribué au développement de l’industrie des alliages. En affinant au four électrique ces carbures par les oxydes du même métal, Moissan réussit à obtenir un certain nombre des métaux peu fusibles inconnus jusqu’alors à l’état libre.
- Les derniers travaux de Moissan visaient les hydrures et les azotures. Il réalisa, au cours de ses recherches, une synthèse très élégante du formiate de potasse par l’action directe de l’acide carbonique sur l’hydrure de potassium. 4>
- Le fluor et le four électrique constituent ses deux véritables titres de gloire.
- La popularité immédiate acquise à son œuvre tient à ce que ses recherches s’appliquaient à un corps connu de tout le monde; et d’autre part, la difficulté du problème résolu était également reconnue de tous. C’était un expérimentateur d’une habileté hors ligne au laboratoire; c’était en outre un orateur scientifique de premier ordre, un homme d’une affabilité non démentie dans toutes ses relations.
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- DISSOLVANTS
- Voici une triple classification des dissolvants usuels, d’après leur point d’ébullition, leur pouvoir dissolvant, et leur prix :
- 1° Ébullition : éther sulfurique 35°C., sulfure de carbone 46°, acétone 56°, chloroforme 61°, alcool méthylique 66°, tétrachlorure de carbone 78°, benzol 80°, benzine de pétrole 100-105°, toluol 111°, acide acétique glacial 119°, térébenthine 156°.
- 2° Pouvoir dissolvant : éther sulfurique, chloroforme, sulfure de carbone, tétrachlorure de carbone, térébenthine, acide acétique glacial, benzol, toluol, acétone, benzine de pétrole, alcool méthylique, alcool éthylique.
- 3° Prix : élher sulfurique, alcool éthylique, chloroforme, acétone, tétrachlorure de carbone, acide acétique glacial, térébenthine, alcool dénaturé, esprit de bois, benzol, toluol, benzine.
- Comme dissolvants, on préconise les dérivés chlorés de l’éthylène et de l’éthane : C2H2C1^CM1C1^C2C1\CM12CP,C2HC13, dissolvants indifférents ininflammables,stables, dont
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- les densités sont respectivement 1,25— 1,47—1,62 — 1,68— 1,70; et les points d’ébullition 55°, 88°, 121°, 147°, 159°. Le trichlorure d’éthylène serait un bon remplaçant du benzol comme agent d’extraction. Le tétrachloroéthane serait le [meilleur dissolvant connu du soufre.
- SOUFRE COLLOÏDAL
- Le soufre colloïde, ou sulfoïde, s’obtient en produisant le soufre précipité (soit par le mélange d’un sulfure alcalin et d’acide sulfureux), en présence d’albumine (brevet allemand 164 664, von Heyden). Le soufre ainsi produit reste à l’état colloïdal. Il prend une certaine importance au point de vue thérapeutique.
- PRODUCTION DE L’ACIDE SULFUREUX
- L’acide sulfureux gazeux est fréquemment employé comme germicide ou désinfectant. -On le produit généralement par combustion du soufre dans l’air. 11 était intéressant de rechercher si l’acide sulfureux est l’unique produit de la combustion et de déterminer la quantité d’anhydride sulfurique qui peut alors prendre naissance ; c’est là l’objet du travail de MM. J. II. Kaslle et J. S. Mc Ilarcjue (Chemical News, 1907, dernier semestre, p. 236).
- D’après Hempel (Ber. XXIII, 1455), lorsqu’on brûle du soufre dans de l’oxygène, la quantité de trioxyde formé augmente proportionnellement avec la pression de l’oxygène jusqu’à 40-50 atmosphères, où environ la moitié du soufre est transformé en trioxyde. A la pression ordinaire, la combustion du soufre donne environ 2 p. 100 d’anhydride sulfurique.
- La détermination de l’acide sulfureux et de l’acide sulfurique, dans les produits de la combustion du soufre, a été faite, pour l’acide sulfureux, au moyen de la solution dé-cinormale d’iode, et pour l’acide sulfurique, par dosage du soufre total. Ce dernier dosage de la somme des deux gaz a pu être effectué directement au moyen de solutions décinormales d’iode, d’.hyposulfite et de soude, de la manière suivante :
- Les gaz provenant delà combustion du soufre sont absorbés dans un volume connu de solution décinormale d’iode. Le liquide est ensuite versé dans une fiole graduée de volume convenable, que l’on remplit ensuite d’eau jusqu’au repère. On en prélève alors une partie aliquote dans laquelle on détermine l’excès d'iode au moyen d’hypo-sulfite N/10, et dans la même portion, l’acide est déterminé par la soude N/10 en présence de phénolphtaléine. La quantité d’iode initiale, diminuée de la quantité d’iode en excès indiquée par l’hyposulfite, représente la quantité d’acide sulfureux; et l’excès de l’acidité, sur celle qui résulterait de l’oxydation de l’acide sulfureux par l’iode, représente la quantité d’anhydride sulfurique formé par la combustion du soufre.
- Les auteurs donnent dans un tableau les résultats qu’ils ont obtenus en faisant varier les conditions de la combustion du soufre. Yoici leurs conclusions résumées :
- 1° Les chiffres obtenus.sont sensiblement d’accord avec ceux trouvés par Hempel, mais un peu plus forts, pour la combustion dans l’oxygène.
- 2° Quand le soufre brûle dans l’air, la quantité d’anhydride sulfurique formé est plus grande que lorsqu’il brûle dans l’oxygène. La quantité est deux fois et demie plus grande environ.
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- SUR IÆ NICKELAGE.
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- 3° La quantité d’anhyhride sulfurique formée par la combustion dans l’air est pratiquement indépendante de l’état d’humidité ou de sécheresse de l’air; ou de la présence d’une forte quantité d’acide carbonique.
- L’augmentation de la production de l’anhydride sulfurique dans l’air, sur la production dans l’oxygène pur, doit être attribuée à la présence de l’azote, qui doit fonctionner comme agent de transport de l’oxygène, en s’oxydant, puis cédant aussitôt son oxygène à l’acide sulfureux.
- LE GRAPI1ITE COMME LUBRIFIANT
- M. E. G.Acheson (J. of the Franklin Institute, 1907 p. 375), en étudiant l’argile destinée à la fabrication des creusets de graphite, a remarqué que la plasticité de l’argile diffère suivant l’éloignement du sédiment argileux de son lieu d’origine ; la plasticité augmenterait avec l’éloignement. Ce résultat doit être dû à la présence d’extraits de végétation.
- Des expériences ont montré en effet que1 des solutions de tanins élèvent la plasticité des argiles et, chose curieuse, du graphite également. Ces derniers essais, qui amenèrent l’auteur à utiliser le graphite comme lubrifiant, ont été satisfaisants aussi bien avec le graphite naturel qu’avec le graphite artificiel Acheson. On traite dans ce but la poudre de graphite par une solution de tanin, la proportion de ce dernier étant de 6 p. 100 du poids de graphite. Le graphite se trouve alors à l’état colloïdal ou mieux « de floculated » d’après l’auteur.
- Le liquide, formé d’eau, de graphite et de tanin passe à travers les filtres les plus fins, et reste à l’état d’émulsion pendant des semaines et des mois.
- Ce graphite à l’eau, employé comme lubrifiant, préserve de la rouille le fer et l’acier; mélangé à l’huile, il diminue le frottement sur les paliers. Une proportion de 5 p. 100 de graphite dans' l’huile réduit non seulement le coefficient de frottement mais augmente la durée de l’huile. Les essais du professeur C. H. Benjamin de Cleveland montrent que dans ces conditions, le coefficient de friction au départ n’est que les 66 p. 100 de celui dans l’huile pure; après cent vingt minutes ce coefficient dans l’huile graphitée n’est plus que les 55 p. 100 de l’huile pure. La friction ayant augmenté davantage dans l’huile pure que dans l’huile graphitée. Après 500 minutes, le coefficient de frottement dans l’huile graphitée est encore inférieur au coefficient initial dans l’huile pure.
- Avec une automobile, on a pu parcourir 4 000 miles sans nettoyer le piston ni les soupapes, alors que dans l’emploi d’huile ordinaire cette opération est nécessaire tous les 1 500 miles. C’est là un avantage qui se reproduirait sans doute avec tous les moteurs à explosion. La surface du siège de la soupape est remarquable, et d’une finesse qu’on ne pourrait atteindre par tout autre procédé mécanique ; le graphite est incorporé dans le métal.
- SUR LE NICKELAGE
- Les taches de rouille qui se produisent sur l’acier nickelé sont dues le plus souvent à ce que l’anode de nickel renferme des traces de fer.
- M. André Brochet dans le Bulletin de la Société chimique, déc. 1907, p. 1109, étudie les réactions, encore peu connues, de la cuve de nickelage.
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- Contrairement au dépôt de cuivre qui se fait bien en milieu fortement acide, celui de nickel demande la neutralité du bain ; mais la présence de l’acide libre, c’est-à-dire des ions H, provoque un dégagement d’hydrogène à la cathode et le dépôt lève sous forme d’écailles dès qu’il a une faible épaisseur.
- L’électrolyse des sels de nickel donne de mauvais résultats s’ils sont seuls.
- La présence des sels alcalins est donc nécessaire pour la bonne, marche de l’opération. Ils donnent avec le sulfate de nickel des sels complexes qui dissocient en cations (tIN4) par exemple et en anions (SO4) 2NI".
- Dans l’opération du nickelage, on se trouve donc en présence d’un bain dont, soit l’acidité, soit le dépôt d’hydrate va en augmentant.
- On remédie à l’acidité en ajoutant de l’ammoniaque; ce procédé n’est pas sans inconvénient ; en effet, les bains comportent en général un mélange de sulfate de nickel et de sulfate double de nickel et d’ammonium et l’on a le plus souvent intérêt à maintenir élevée la richesse en nickel. Mais tandis que le sulfate de nickel est très soluble, la solubiüté du sulfate double atteint seulement 100 grammes environ par litre à 18° ; elle diminue considérablement par l’augmentation du sulfate d’ammoniaque.
- La neutralisation de l’acide libéré par l’ammoniaque correspond donc au rempla-, cernent d’une certaine quantité de sulfate de nickel par une quantité équimoléculaire d’ammoniaque et amène la cristallisation du sulfate double dès que celui-ci arrive à saturation.
- Le mieux est donc de neutraliser l’acidité par l’hydrate ou le carbonate de nickel, produits relativement chers, ou encore par le carbonate de calcium ou mieux de baryum. Aussi remédie-t-on à ces inconvénients en ajoutant aux bains des sels dont l’acide est peu dissociable, tels les acides organiques. Le citrate de sodium, par exemple. Il n’y a donc presque plus d’ions H dans le bain et par conséquent on n’en a plus les inconvénients. Par contre, ces sels sont d’un prix élevé; de plus, ils entretiennent la vie des moisissures qui se développent en abondance dans les bains ainsi montés; enfin ces acides se décomposent sous l’influence du courant. Actuellement, on préfère opérer en présence de chlorures. Nous avons aui leurs inconvénients. On y remédie en ajoutant au bain de l’acide borique.
- Enfin, c’est un fait bien connu que les anodes fondues se dissolvent mieux que les laminées. Elles sont^en général un peu moins pures et dans leur fabrication entre une certaine proportion de déchets de vieilles anodes, proportion devenant d’autant plus grande que les anodes fondues sont de moins en moins demandées.
- NOUVEAU MODE D’ESSAI DES ACIERS
- M. Albert F. Shore (American Machinist, 1907, p. 219) propose une méthode très simple pour reconnaître les aciers. Elle consiste à les faire brûler dans un courant d’air sous pression. La gerbe d’étincelles prend un aspect caractéristique suivant la teneur en carbone de l’acier et aussi selon la teneur en manganèse. D’après l’auteur, cette méthode donne de très bons résultats pour un expérimentateur exercé.
- EMPLOI DU CQLORE EN MÉTALLURGIE
- M. Baker a présenté sur ce sujet un très intéressant mémoire à l’American Elec-troChemical Society. Le chlore est un sous-produit encombrant dans la fabrication
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- LES APPLICATIONS DE L’ALCOOL DÉNATURÉ.
- électrolytique de la soude; son emploi à la fabrication des liqueurs de blanchiment est en effet tout, à fait insuffisant, et il est cependant interdit de déverser le chlore en excès dans l’atmosphère. xM. Baker propose d’employer ce chlore au traitement des minerais sulfurés mixtes ou simples, pulvérisés, dans un tube-mill à revêtement de porcelaine.
- Le chlore se substitue au soufre avec dégagement de chaleur. Si l’on emploie un excès de chlore, il donne avec le soufre du chlorure de soufre, qui distille à partir de 115° et que l’on utilise dans la vulcanisation du caoutchouc. Les chlorures métalliques sont ensuite enlevés par lixiviation, et soumis à l’électrolyse pour en extraire le métal.
- INDUSTRIES CÉRAMIQUES
- MM. Muthmann et Hérambof (Annalen der Chemie, 1907, page 817) ont publié un intéressant travail sur les couleurs pour porcelaine; on en trouvera la traduction dans le Moniteur Scientifique, n° de décembre. A signaler également dans ce même numéro un article de M. A. Granger, sur la fusion du verre par l’électricité, sujet qui a d’ailleurs été traité dans ce Bulletin en 1905, p. 914.
- NAPHTALINE DU GAZ DE HOUILLE
- On sait tous les inconvénients que la naphtaline offre, lorsqu’elle* est présente dans le gaz d’éclairage, par ses dépôts dans les tuyaux. On peut l’éliminer, en faisant passer le gaz dans des laveurs remplis d’huile d’anthracène ou de créosote, procédé Buef; ou dans des laveurs Standard remplis d’ammoniaque. L’huile d’anthracène peut absorber jusqu’à 25 p. 100 de son poids en naphtaline, à 35°; et il faut environ 5 kilos d’huile pour 1 000 mètres cubes de gaz; on ajoute à l’huile 4 p. 100 de benzol, de façon à compenser la -diminution de pouvoir éclairant du gaz par suite de la dissolution de certains de ses hydrocarbures lourds dans l’huile. Des résultat déduits d’une fabrication de 2 millions de mètres cubes, ont donné 146 grammes de naphtaline absorbés par 100 mètres cubes de gaz.
- Mais au lieu de combattre la naphtaline, soit en l’absorbant une fois produite dans le gaz, soit en détruisant ses obstructions dans les conduites au moyen du hérisson pour les grosses, et de l’essence de pétrole et de la pompe à compression pour les petites, il serait plus intéressant d’arriver à l’empêcher de se former. Or sa formation est attribuée à la condensation de composés plus simples, lors de la distillation de la houille". Pour y arriver, il faut d’abord extraire le gaz le plus rapidement possible des cornues et le laisser se produire le moins possible au contact des parois ; l’emploi des cornues verticales enraye cette production.
- LES APPLICATIONS DE L:ALCOOL DÉNATURÉ (1)
- Il s’est tenu à Paris, du 20 au 25 novembré dernier, à l’occasion de l’Exposition décennale de l’Automobile, un Congrès (le second, le-premier eut lieu en 1903) des applications de l’alcool dénaturé.
- La cause de l’alcool industriel a évolué dans l’intervalle de ces deux congrès. En ce qui regarde son emploi dans les moteurs, la lutte entre l’alcool et l’essence est cir-
- (1) D’après une étude économique publiée dans le Génie civil, n° du 30 novembre, p. 81.
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- ' -consente sur le terrain économique du prix de revient, car l’alcool est prouvé pouvoir •être un aussi bon combustible pour les moteurs que l’essence.
- Le Congrès a émis les vœux suivants :
- Section des applications à 1’automobilisme. — « L’alcool est aussi satisfaisant que -l’essence. Il donne quelques difficultés de mise en marche par temps froids, mais •quelques gouttes d’essence dans les robinets permettent toujours de lancer le moteur. A Paris, où l’essence coûte 36 francs l’hectolitre, plus 20 francs d’octroi, et l’alcool carburé 34 francs, plus 3 fr. 10 d’octroi, c’est l’alcool combustible, carburé à 30 p. 100 qui a été adopté pour les autobus ; leur parcours journalier moyen est de 150 kilomètres. La consommation a été de 0m,6t par kilomètre-voiture; en comptant le poids total, de la voiture 6 800 kilos, la consommation à la taxe kilométrique est de 9 centilitres. -Celle de 6,5 à 7 avait été relevée dans les derniers concours. » (Rapport de E. Brillié.)
- Le grief le plus grave qui ait été formulé contre l’emploi de l’alcool dans les moteurs ù explosion est son action destructive sur les métaux, mais à froid cette attaque n’a pas lieu pour les métaux usités dans l’automobile; le carburant et le dénaturant sont également sans action. A chaud, ces accidents sont évités si la carburation est bien faite.
- Section des applications diverses, autres que l’automobile. —Les différentes industries comprises dans cette section sont, d’après la statistique du ministère de l’Agriculture : la fabrication des vernis; les alcools d’éclaircissage pour l’ébénisterie; la fabrication de matières plastiques (celluloïd, phibrolitoïd) ; chapellerie; fabrication des teintures et des couleurs; extraits de présure liquide; fabrication du collodion, du chloroforme, du chloral; tannins; produits chimiques et pharmaceutiques ; extraits, alcaloïdes, insecticides: savons transparents; soie artificielle; usages scientifiques; éthers, fulminates, •explosifs.
- La quantité totale d’alcool dénaturé consommée en France en 1906 a été de 545467 hectolitres, dont 374506 hectolitres pour le chauffage, l’éclairage et la force motrice, et 170 961 hectolitres pour les industries diverses. L’alcool ainsi employé est * dénaturé par des procédés variés, qui sont fixés par toute une série de circulaires émanant de l’administration des Contributions indirectes. Nous sommes encore tributaires de l’étranger pour certains produits à base d’alcool, pour une quantité évaluée à 77 834 kilos. D’après le Comité des Arts et Manufactures il faut en effet 11U,25 d’alcool pour préparer 1 kilog. des divers éthers; 7Ht,20 par kilog. de fulminate de mercure; 15 litres par kilog. de caféine; 21U,64 par kilog. d’antipyrine; 6 litres par kilog. de cou-marine; 1 lit,22 par kilog. de chloral; 7 litres par kilog. de glycérophosphate de‘chaux.
- Section de l’éclairage et du chauffage. — La principale entrave qui s’oppose au développement de l’emploi de l’alcool à l’éclairage, réside dans la variation fréquente des cours de l’alcool dénaturé et dans la nature du dénaturant qui amène l’encrassement des mèches. Au contraire, en Allemagne l’éclairage à l’alcool se développe de plus en plus. En France, il faudrait avant tout modifier le dénaturant, réduire la dose du méthylène et supprimer la benzine lourde.
- Section de la fabrication, dénaturation, carburation. — Les vœux émis par cette section sont les suivants :
- Qu’il ne soit plus limité aucune quantité pour les livraisons journalières ou hebdomadaires, faites par un dénaturateur à un môme destinataire, qu’il soit m*archand en gros, détaillant ou particulier (art. 35 du décret du 1er juin 1898 et circulaire 492 du 26 avril 1902); que la taxe de fabrication ne dépasse pas le maximum de 5 francs; que
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- LES APPLICATIONS DE L’ALCOOL DÉNATURÉ. 1419
- le titre del’alcooLméthytique dénaturant soit de 95 degrés; que l’eau soit supprimée autant que possible dans le dénaturant ; que la benzine-Régie soit remplacée par du benzène distillant en totalité à moins de q- 125 degrés; que, pour favoriser le développement de l’éclairage et du chauffage à l’alcool, il faut supprimer la benzine lourde de manière à éliminer toute formation de produits pyroligneux.
- •Au point de vue de la production de la force, on reproche au dénaturant français de diminuer le pouvoir calorifique de l’alcool éthylique, de contribuer à l’attaque et au gommage des soupapes, par la formation de formol et d’acide acétique, et par la présence des benzines lourdes.
- Au point de vue de l’éclairage, on reproche à l’alcool dénaturé d’encrasser les mèches, ce qui est dû à la benzine lourde.
- D’après MM. Lumet et Périssé, le dénaturant légal devrait avoir la composition suivante : alcool méthyliqueà 95 p. 100, 60 p., acétone-Régie 25 p., benzène 15 p.
- Quant au carburant, la formule de M. Leprètre (mélange à parties égales de benzol et d’alcool à 90 degrés centésimaux dénaturé) a la faveur de cette section.
- Rappelons, d’autre part, que le benzol qui convient le mieux à la carburation est formé d’après M. Sorel de benzène 85 p., toluène lf p., xylène 1 p.
- Section de la production, de la statistique et du transport. — Les vœux de ces sections sont : que l’alcool dénaturé par le procédé général en vue du chauffage et de l’éclairage, ainsi que de la force motrice, lorsqu’il est libéré du droit de dénaturation, puisse circuler par toutes quantités sous le seul lien du « congé » ou de « laisser passer». Que l’autorisation prévue par l’article A, paragraphe premier, de la loi du 16 décembre 1897, soit seulement obligatoire pour les « industriels qui dénaturent l’alcool», dispensant ainsi de cette formalité « les commerçants qui vendent l’alcool dénaturé et ceux qui l’utilisent pour le chauffage, l’éclairage ou la force motrice ».Que les alcools allant à la dénaturation soient assimilés, sur tous les réseaux, aux huiles de pétrole brutes, et taxés aux tarifs les plus réduits applicables aux pétroles bruts ; que cette application ait lieu par voie de taxe dans les conditions relatives au tarif spécial P. V. 115, chapitre 2.
- La consommation d’alcool qui est en France de 170 961 hectolitres, devrait s’élever à 292 000 hectolitres, pour atteindre le même chiffre de consommation par habitant qu’en Allemagne.
- La section des applications, dépôts, vulgarisation, a émis le vœu que les dénaturateurs et les associations pour la vente de l’alcool dénaturé puissent utiliser, pour le dépôt et la vente de l’alcool dénaturé en bidons, les débits de tabac moyennant rémunération légalement tarifée.
- Section de la législation, des douanes et de la statistique. — Son vœu est que la taxe de fabrication ne dépasse pas 5 francs.
- Section de l’utilisation de l'alcool dénaturé par les services de la Guerre et de la Marine. — Le capitaine Enaux conclut que la généralisation des emplois de l’alcool-moteur rendrait à l’armée des services importants. Le capitaine Ballot présente un rapport sur l’utilisation de l’alcool dénaturé, par les services de l’artillerie. Pour faire 1 000 kilogrammes de poudre au collodion, on consomme 6 à 7 hectolitres d’alcool. Or une tonne de poudre représente à peine l’approvisionnement d’une bouche à feu de campagne, et cette provision doit être renouvelée en entier dans un délai de dix ans.
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- NOTES DE CHIMIE. -- DÉCEMBRE 1907.
- SUR LE CAMPHRE
- Le Japan Year-Book de 1906, p. 211, donne pour les emplois du camphre dans la fabrication du celluloïd, de la poudre à canon, des parfums, etc., les proportions suivantes : celluloïd 70, médecine 16, encens indien 10, poudre à canon 2, parfums 2.
- Le bois pour donner un bon rendement en camphre doit provenir d’un arbre d’au moins soixante ans environ. De là des essais pour extraire le produit de jeunes rameaux et des feuilles.
- Jùsqu’à présent peu a été fait pour tirer parti de ces expériences au point de vue pratique. Le résultat de la dernière analyse exécutée au laboratoire de chimie du collège d’Agriculture de l’Université impériale de Tokyo a été le suivant :
- Camphre tiré de Camphre tiré de
- Eau. matériaux hydratés. matériaux déshydratés.
- P. 100. P. 100. P. 100.
- 7,07 1,03 3,53
- 9,10 2,89 3,25
- 14,80 2,83 3,22
- 11,70 2,61 2,95
- SOLUBILITÉ DES COPALS
- M. Ch. Coffiguier publied’intéressantes données sur la solubilité des copals demi-durs d’Afrique, marques Benguela, Angola blanc, Angola rouge, Congo, Sierra-Leonc. Il résume dans le tableau suivant les insolubles trouvés par ébulbtion.
- Benguela. Angola blanc. Angola rouge. Congo. Sierra-Leone.
- Alcool éthylique 16,50 15,10 38,60 23,30 62,30
- Alcool méthylique.. .... 46,70 46,70 68,00 55,30 49,20
- Alcool amylique . . 0,90 1,40 7,00 2,20 4,80
- Éther ordinaire 43,70 27,30 51,20 48,30 47,80
- Chloroforme 47,30 ' 43,70 65,70 59,60 52,40
- Benzène. 65,60 50,50 70,00 60,10 56,90
- Acétone 24,80 5,40 5,50 45,80 40,30
- Essence de térébenthine. . . 68,80 69,40 77,00 68,20 71,40
- Aldéhyde benzoïque 14,10 4,30 soluble 48,70 1,50
- Aniline. . 0,90 3,50 2,30 soluble 0,70
- Acétate d’amyle 1,20 2,70 4,20 0,90 soluble
- Tétrachlorure de carbone. . 74,00 61,30 77,70 66,10 70,90
- On remarquera que, si les trois copals durs : Zanzibar, Madagascar et Demerara, ne sont solubles complètement dans aucun des dissolvants cités, parmi les copals demi-durs, celui d’Angola rouge est soluble dans l’aldéhyde benzoïque, le Congo dansl’anihne .et le Sierra-Leone dans l’acétate d’amyle.
- M. Livache a annoncé que le copal d’Angola était soluble dans l’essence de cajeput. Les essais de M. Coffignier sur l’Angola blanc et l’Angola rouge ont donné comme insoluble total 9,90 et 16,60.
- LA FORMALDÉHYDE DANS L’iNDUSTRIE SUCRIÈRE
- M. le docteur J .-A. Simpson (Bull, de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, 1907, p. 531) a étudié la conservation du jus de canne, additionné de formol,
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- MEMBRANES DE COLLODION.
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- et il a constaté que pour ce cas particulier le formol est plus efficace que le bichlorure de mercure. 200 centimètres cubes de formol dissous dans l’eau et additionnés à un défécateur de 4 000 litres conservent parfaitement le jus pendant plusieurs heures. Cette quantité représente une dose de formol de 1/50 000e.
- Mais l’introduction de formol doit pouvoir être constatée et les réactifs que l’on possède, pour mettre ce composé en évidence, sont les suivants :
- Le nitrate d’argent (réactif de Thomson) et le réactif de Nessler qui subissent une réduction; le bisulfite de rosaniline, qui se colore en violet; l’eau d’aniline, qui se trouble légèrement; le lait additionné d’acide sulfurique légèrement ferrugineux qui donne une coloration bleue ; le benzophénol sulfurique, coloration rouge; la résorcine en solution dans la soude caustique (réactif de Leblin), qui donne une coloration jaune puis rouge; la phloroglucine (réactif de Jorissen), qui donne une coloration rouge. La plupart de ces réactifs sont communs à toutes les aldéhydes; seule, la coloration bleue avec le lait sulfurique, due à Hehner, est caractéristique du formol, les autres aldéhydes donnent des colorations différentes. On peut modifier le réactif d’Hehner en remplaçant le lait par du chlorhydrate de morphine; la coloration observée est alors pourpre passant au bleu indigo. Cette réaction permet de rechercher la présence de traces de formol dans une atmosphère limitée, mais des erreurs sont alors faciles. Les travaux de Jorissen (répertoire de pharmacie) sont à ce sujet très intéressants.
- La formaldéhyde donne de nombreuses réactions. Cela tient à sa nature aldéhy-dique et à son extraordinaire tendance à se polymériser; il suffît de citer les réactions de Rominy, basée sur la formation de cristaux d’oxyméthylène tétramine ; de Richmond et Bosely : précipité vert par le sulfate de diphénylamine ; celle de C.-D. Mitchel, coloration violette par addition d’acide nitrique et de bichromate de potassium ; celle de Roming, coloration d’un beau bleu par addition de phénylhydrazine, de nitro-prus-siate de soude et d’un alcali.
- L’emploi de la formaldéhyde dans la fabrication du sucre ne nécessite aucun’frais, en dehors de l’achat du formol. Son emploi est très simple. On disposera un réservoir quelconque d’environ 1 000 litres de capacité placé au niveau du vase de sûreté des appareils à cuire. De cette façon, on peut distribuer le liquide désinfectant dans tous les postes de l’usine. Ce réservoir sera alimenté par l’eau de condensation des chaudières. Le récipient de formol sera placé au-dessus de ce réservoir avec un tube à robinet débouchant au-dessus du réservoir. De la partie inférieure du réservoir part un tube qui distribuera la solution de formol aux réservoirs à sirop et à écumes, aux défécateurs et au premier moulin.
- La solution qui a donné les meilleurs résultats était formée de 50 litres de formol à 40 p. 100, soit 20 litres de formol pur, mélangés à 1 000 litres d’eau de condensation.
- MEMBRANES DE COLLODION
- D’après S. Lawrences Bigelow et Adélaïde Gemberling (J. of the American Chemical Soc., 1907, p. 1576).
- 1° Les membranes de collodion sous forme de sacs ou de pellicules sont faciles à préparer, pour faire des dialyseurs même de grandes dimensions. On les attache au support, plus solidement que le parchemin, et elles sont préférables à ce dernier. Elles sont cependant inférieures à la baudruche.
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- NOTES DE CHIMIE. -- DÉCEMBRE 1907.
- 2° La quantité d’eau qui passe à travers une membrane de collodion est sensiblement une fonction linéaire de la pression, la température restant constante.
- 3° En étudiant l’influence de la pression sur la perméabilité à 23°, on a trouvé qu’une variation de 1 millimètre dans la pression modifie la quantité dialysée, dans la proportion de 0,6 p. 100 de la quantité qui passe sous la pression de 150 millimètres de mercure.
- 4° La quantité d’eau dialysée, sous une pression constante de 130 millimètres, n’est pas une fonction linéaire de la température. Une augmentation de 20° à 30° est nécessaire pour doubler la quantité d’eau dialysée dans l’unité de temps.
- 3° Différents échantillons de collodion ont montré des perméabilités variables, mais au point de vue des différences dans les valeurs absolues, une même variation de pression ou de température produit le même effet proportionnel dans tous.
- 6° Sous l’influence du temps, la perméabilité des membranes de collodion diminue graduellement, cependant elles restent utilisables pendant une durée de lin à trois mois.
- sur l’acidité des liqueurs tannantes
- La présence d’une certaine quantité d’un acide convenable dans les liqueurs tannantes, disent MM. H. G amer Bennett et C. D. Wilkinson (J. of the Soc. of Chemical Ind., 1807, p. 1188) est un important facteur du succès en tannerie. Cet acidje sert d’une part à saturer la chaux et à gonfler la peau qui absorbe alors plus rapidement le tannin. Le dosage rapide de l’acidité des liqueurs tannantes est donc un problème qui intéresse au premier chef les chimistes spécialistes, mais il est difficile à résoudre d’abord parce que l’acide est variable ensuite parce que le tannin rend impossible le titrage par la potasse normale. Les chimistes de tanneries américaines ont nommé un comité chargé d’étudier cette question. Après de nombreux essais, c’est la méthode à l’oxyde de plomb qui a donné le plus d’espérances. Si l’on dissout l’oxyde de plomb (3 gr.) dans une liqueur tannante acide (100 cc.), il entre en dissolution sous forme d’acétate, formiate, etc., de plomb; ces sels sont capables de dissoudre encore de l’oxyde de plomb en donnant des sels basiques. Ces derniers réagissent avec le tannin pour donner des tannates de plomb insolubles et l’oxyde de plomb libéré, donne des sels basiques des différents acides. Tous les tannins sont précipités dans ces conditions. Les acides sulfurique, oxalique, borique ou carbonique sont neutralisés par l’oxyde de plomb et sont-précipités à l’état de sels insolubles. Tous les composés insolubles sont filtrés, et il reste une liqueur claire des acétate, formiate ou lactate de plomb, et comme ces derniers sont indéfînimènt basiques, le dosage du plomb ne suffit pas pour déterminer la quantité d’acide. Pour tourner la difficulté les auteurs opèrent de la manière suivante : Le plomb est rapidement estimé dans 20 centimètres cubes de la liqueur filtrée, avec une solution de ferrocyanure de potassium N/10 en présence d’un excès d’acide acétique et d’acétate d’urane comme indicateur : la fin de la réaction est indiquée par l’apparition d’une coloration brune. Une autre price d’essai de 20 centimètres cubes du filtrat est additionnée d’un volume d’acide sulfurique N/10 égal au volume de ferrocyanure N/10 employé dans le titrage précédent. On ajoute alors du sulfate de soude et on chauffe légèrement. De cette façon tout le plomb est précipité et les acides organiques sont mis en liberté. On les dose alors avec la liqueur de potasse N/10 en présence de phénolphtaléine.
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- SUR LA FATIGUE DES TERRES.
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- Cette méthode.ne peut convenir que pour certains acides seulement, par conséquent pour certaines liqueurs tannantes seulement.
- Les autèurs expérimentent également le procédé àla poudre de peau qui ne permet pas sans doute d’absorber tous les composés hydroxylés, et entraîne également une partie des acides libres, mais il sera peut-être possible de fixer les conditions de telle manière qu’une correction suffise pour en tenir compte. La méthode n’est pas encore au point.
- Dans la discussion qui a suivi cette communication, le professeur II.-R. Procter a dit que la méthode à l’eau de chaux était le plus généralement employée à l’heure actuelle. Le problème à résoudre est théoriquement des plus intéressants, car les matières tannantes contiennent toutes sortes d’acides, pseudo et semi-acides et des substances avec des ions hydrogène libres.
- SUR LA FATIGUE DES TERRES
- On sait que la culture continue des légumineuses fourragères telles que la luzerne et le trèfle est impossible: les premières années les récoltes sont bonnes, elles diminuent ensuite peu à peu, et après un temps variable (avec la nature du sol et.les procédés culturaux mis en œuvre) elles deviennent si faibles que la culture ne peut être continuée. Le sol -est devenu inapte à porter ces végétaux, même après un défrichement ils ne peuvent pas s’y développer : on a coutume de dire que le sol est fatigué.
- On admet généralement que cette fatigue résulte de l’épuisement du sol en principes nutritifs ; toutefois, si cet épuisement est un des facteurs de la fatigue, il en est un autre qui doit avoir une influence prépondérante.
- Les animaux ainsi que les végétaux inférieurs, tels que les levures, sécrètent des produits qui gênent leur développement, qui sont pour eux de .véritables poisons ; il est difficile d’admettre que les végétaux supérieurs fassent exception à cette règle ; ils doivent eux aussi excréter des principes toxiques, lorsque le sol qui les porte.n’est pas largement aéré; ces produits, en s’y accumulant peu à peu, peuvent provoquer le dépérissement des végétaux. MM. 1. Pouget et D..Chouchak (Comptes rendus, 1907, p. 1201,. ont vérifié cette hypothèse expérimentalement.
- Voici leurs conclusions :
- ' 1° L’extrait aqueux de terre de luzerne calciné n’a pas produit d’action sensible sur
- la végétation, bien qu’il réalise un apport de substances minérales nutritives. (Les terres mises en expérience étaient riches en acide phosphorique et en potasse.)
- 2° L’extrait aqueux de terre de luzerne non calciné produit toujours une diminution de récolte, qui ne peut être attribuée qu’aux matières organiques qu’il contient.
- 3° L’extrait aqueux de terre abandonné àla végétation spontanée produit un accroissement de récolte, bien qu’il contienne lui aussi des matières organiques.
- L’action nocive de l’extrait de terre de luzerne est donc nécessairement due aux sécrétions de la luzerne elle-même, leur action est comparable à celles des toxines: nos expériences montrent, en effet, que l’extrait alcoolique de terre de luzerne n’a pas d’action sur la végétation de cette plante; de plus, Kossowitsch, Dumont et Dupont, dans leurs recherches sur les causes de la fatigue des terres pour le trèfle ou "la luzerne, ont constaté que les terres préalablement stérilisées par la chaleur donnaient toujours des rendements supérieurs à ceux des terres non stérilisées.
- L’hypothèse émise autrefois par de Candolle, soutenue par Liebig, et reprise dernièrement par Milton Whifney, se trouve ainsi expérimentalement vérifiée.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- LIMITES DU RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A COMBUSTION INTERNE
- d’après M, D. Clerk (1).
- La Commission nommée par l’Institution des Civil Engineers de Londres pour standariser l’évaluation du rendement des moteurs thermiques à combustion interne a recommandé de prendre, comme .moteur type, celui satisfaisant aux conditions suivantes :
- 1) Réception et rejet de la chaleur autant que possible comme dans les moteurs réels.
- 2) Absence de pertes par conductibilité, rayonnement, fuites et combustion imparfaite.
- 3) Possibilité de vérifier par des mesures simples les données nécessaires à l’évaluation numérique du rendement du moteur-type.
- 4) L’expression du rendement du moteur-type devra être simple.
- 5) Le gaz fictivement employé dans le moteur-type sera de l’air de chaleur spécifique constante à toutes les températures, avec y = 1,4 pour le rapport C/c des chaleurs spécifiques à pression et à volume constants.
- Pour les moteurs à quatre temps avec explosion sous volume constant, l’admission
- / t w
- de ces conditions conduit, pour le rendement, à la formule simple •/) =1—{-)
- dans laquelle r est le*rapport de détente ou de compression : celui des volumes maximum et minimum des gaz dans le cylindre. D’après de nombreuses expériences, le rendement des moteurs à gaz réels varierait de 0,5 à 0,7 de ce rendement théorique pour les mêmes valeurs de r, comme le montrent, entre autres, les chiffres des deux tableaux ci-dessous (A) :
- TABLEAU A D'APRÈS LES EXPÉRIENCES DE MEYER
- Rendement Rendement
- Rendement théorique. théorique Tours
- réel. Air. actuel. par minute.
- I 0,25 0,44 ' 0,58 257
- Cylindre de 200 x 300 mm. de \ 0,244 0,42 0,58 249
- course. Compression de 2k,8 à s 0,214 0,37 0,58 251
- 5k,6 au-dessus de l’atmosphère. . f 0,188 0,33 0,57 225
- d’après LES EXPÉRIENCES DE SI. BÜRSTALL
- • Temp. maxima.
- 1 0,189 0,33 0,57 1145°
- 0,212 0,36 0,59 1098
- i 0,210 0,43 ' 0,51 1154
- Cylindre de 150 x 300. Vitesse j 0,251 0,47 0,50 1094
- 200 tours. Compression de 2k,10 <
- à 7k,3. j 0,166 0,33 0,50 1751
- 0,187 0,36 0,52 1745
- [ 0,172 0,43 0,40 1749
- 1 0,181 0,47 0,38 1437
- (1) Institution of civil Engineers, London, 26 février.
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- LIMITES DU RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS.
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- Dans le but de rechercher la raison des variations de ces écarts entre le rendement théorique et le rendement réel, suivant la dimension des moteurs de même rendement théorique, M. Clerk mit à la disposition de la Commission trois moteurs L, R et X, ue même type, et marchant à la même compression r, mais à cylindres de, respectivement, MO, 230 et 355 millimètres de diamètre, de 6, 24 et 60 chevaux; ces moteurs donnèrent, aux essais, avec un rendement organique de 88 p. 100, des rendements thermiques réels de 61, 65 et 69 p. 100 du rendement théorique. Ces essais démon-
- • /1\0’*
- trèrent l’exactitude relative de la formule v) = l— f-l pour l’évaluation approxi-
- mative du rendement d’un moteur de compression donné, et aussi la supériorité du rendement des grands moteurs, mais de 12 p. 100 seulement, pour les types essayés, en passant de 6 à 60 chevaux. Mais il ne faudrait pas en conclure que le rapport du rendement réel au rendement thermique idéal, ou coefficient thermique du moteur, représente réellement le rapport de la chaleur convertie en travail à celle qu’on peut espérer utiliser, et penser que l’on peut, par exemple, espérer récupérer les 39 p. 100 de perte ainsi chargées au passif d’un moteur de coefficient thermique égal à 61 p. 100. Cette récupération est impossible pour bien des raisons, et notamment parce que les gaz en jeu dans le moteur ont des propriétés physiques très différentes de celles de l’air de moteur idéal de comparaison.
- Des essais exécutés d’après les méthodes les plus exaetes, mais néanmoins approximatives, sur les moteurs L, R et X ont donné les bilans thermiques du tableau B ci-dessous, dans lequel on a confondu sous le titre de pertes par rayonnement, celles du rayonnement proprement dit et des frottements du piston et des mécanismes. En partant des puissances effectives mesurées au frein et des rendements organiques de 84, 85 et 86 p. 100 de ces moteurs, on arrive, pour les pertes par le rayonnement seul, aux chiffres du tableau C. .
- TABLEAU B EN PLEINE CHARGE
- Moteurs. L P. 100 R X
- Pertes par l’échappement. . 35,3 40 39,5
- — l’enveloppe (e). . 23,5 29,3 25
- — le rayonnement.. 7,6 10 h 3
- Puissance indiquée \ 26,7 28,3 29,8
- TABLEAU G 93,1 107,6 101,6
- Moteurs. L P. 100 R X
- Rayonnement . . 7,6 10 7,3
- Frottement. • . 5,1. 0 4,9
- Rayonnement vrai . . 2,5 5 2,4
- En admettant que la moitié des résistances de frottement proviennent du piston, on arrive aux chiffres du tableau ci-dessous (D) qui conduisent à ceux du bilan ther-
- TABLEAU D
- Valeurs (e — p)
- Moteurs. L P. 100 R X
- à l’enveloppe par le frottement du piston (p). . , 2,5 2,5 2,4
- 21 26,8 22,6
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- J 426 . NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE 1907.
- mique (E) qui, en admettant comme rigoureusement exactes les puissances indiquées, et en répartissant les déficits et l’excédent des totaux entre les différentes pertes au
- prorata de la valeur de ces pertes, conduit aux < chiffres du tableau (F)
- TABLEAU E
- Moteurs L R X
- P. 100
- Echappement 35,3 40 39,5
- Eau de l’enveloppe Rayonnement vrai 21 ) c5 ( 23,5 26,8 ) 5 1 31,8 22,6 ) _ 2,4 ) 2o
- Euissance indiquée 31,8 33,3 34,7
- 90,G 105,1 99,2
- TABLEAU F
- Moteurs. J' P.100 R X
- Échappement 41 37,1 39,9
- Rayonnement vrai 27,2 29,6 25,4
- Puissance indiquée 51,8 33,3 34,7
- 100 100 100
- • puis, en rectifiant la perte par l’échappement du petit moteur mesurée trop basse, au
- tableau définitif (G) : TABLEAU G
- Moteurs. L R X
- P. 100
- Echappement 34,1 37,1 , 39,9
- Enveloppe de rayonnemenl. 3 4,1 29,6 25,4
- Puissance indiquée 31,8 33,3 3 i,7
- 100 100 100
- Ceci donne, pour la somme des pertes par l’échappement et de la chaleur utilisée
- en puissance indiquée, les chiffres du tableau (H)
- TABLEAU II L R X
- P. 100
- Échappement. 1 31,1 . 37,1 39,9
- Puissance indiquée. . \ . . 31,8 33,8 34,7
- 65,9 -J 1 ° 4^ | 74,6
- Ce qui donne, en supposant que toutes les pertes par l’enveloppe se font au commencement de la course motrice, les chiffres suivants, pour les rendements maximum
- 31 8 33 3
- possibles des machines L, R et X : pour L, =48,2 p. 100 ; pourR, = 47,3 p. 100 74,6
- et, pour r—= 46,5 p. 100.
- O 4 y /
- D’autre part, en partant de la composition des gaz de l’échappement et des températures de l’admission et de l’échappement, et en admettant, pour les gaz de l’échappement, une chaleur spécifique de 0,185, on trouve que la chaleur emportée par ces gaz d’échappement serait des 43 p. 100 de la chàleur totale du gaz brûlé, ce qui donnerait pour le moteur X, le bilan thermique suivant : Chaleur emportée par l’échappement 43 p. 100, par l’enveloppe et le rayonnement 22,3, utilisée en puissance
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- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 1427
- indiquée, 34,7 p. 100. La somme des pertes par l’échappement et de la chaleur utilisée est de 43 -f- 34,7 = 77,7 p. 100, ce qui donne, pour le rendement maximum possible 34,7/77,7 = 44,7 p. 100 au lieu des 49 p. 100 du même moteur marchant avec de l’air.
- Les nombreuses hypothèses par lesquelles il a fallu passer pour aboutir à ce chiffre de 44,7 p. 1Ô0 montrent combien il est hypothétique, ainsi que les conclusions de la Commission.
- En réalité, on ne connaîtra rien de, précis sur le fonctionnement thermique réel des moteurs à gaz avant que l’on ait pu déterminer les pertes par les parois tout le long de la course motrice, et les variations de la chaleur spécifique des gaz pendant leur cycle.
- M. Clerk a essayé de déterminer ce qu’il appelle la chaleur spécifique apparente de ces gaz, en différents points de la course, en étudiant les diagrammes obtenus en fermant complètement la distribution des moteurs après une explosion, de sorte que le piston ne fasse plus que comprimer et détendre successivement une masse donnée de gaz brûlés soumise à ce travail et au refroidissement par les parois, et il arrive au bilan thermique suivant, pour le moteur X : Chaleur perdue par les parois 16,1 p. 100, par l’échappement 49,3 p. 100, convertie en travail indiqué 34,6 p. 100, au lieu des 25,4, 49,3 et 34,6 p. 100 des expériences de la Commission, ce qui donne, finalement, pour le rendement possible maximum du cycle réel, 39,5, p. 100, toujours en négligeant l’influence des parois pendant la détente, en ne la supposant s’exercer qu’au commencement de la course; et comme le rendement réel de cette machine est de 34,7
- 34,7
- p. 100, il s’ensuit que son coefficient thermique est de ^-g-, ou de 88 p. 100, de sorte
- qu’on ne peut guère espérer améüorer son rendement, à compression égale, que de 12 p. 100 environ.
- Le rendement idéal de la Commission, celui du moteur marchant avec de l’air, est trop élevé d’environ 20 p. 100 mais il peut servir néanmoins à comparer entre eux des moteurs de différents types, et peut être adopté provisoirement jusqu’à ce que de nouvelles recherches, extrêmement difficiles, soient venues éclaircir les nombreux points très délicats et incertains encore de la théorie des moteurs à gaz.
- INFLUENCE DE LA COMPOSITION DU MÉLANGE GAZEUX SUR LE RENDEMENT THERMIQUE
- des moteurs a gaz, d’après MM. G. Mees et A. Kutzback (1).
- D’après M. Mees les recherches de Mallard et Le Chatelier, Berthelot et Vieille, et, plus récemment, celles de Langen ont montré que les calculs du rendement thermique des moteurs à gaz faits en admettant que la chaleur spécifique des produits de la combustion est constante ne sont pas exacts. Cette chaleur spécifique croît très notablement à mesure que la température's’élève.
- Il en résulte que la composition du mélange gazeux exerce une grande influence sur le travail d’un moteur idéal. Plus la charge est pauvre en gaz et plus son rendement thermique est élevé. Si le rapport entre le gaz et l’air s’élève, par exemple, de 8,90 à 12, le rendement d’un moteur fonctionnant sans déperdition de force s’élève de 31 73__29 69
- ’ -jâ " ’— x 100 = 7,04 p. 100 de sa valeur primitive.
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1907, pp. 1586 et 1647. • Tome 109. — Décembre 1907.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1907.
- Les figures 1 et 2 représentent graphiquement le rendement thermique, les températures absolues d’explosion et de détente, et la pression développée dans un moteur à gaz alimenté d’air et de gaz dans des proportions variables. Les courbes de la première figure sont établies en supposant que la chaleur spécifique des gaz est invariable. Celles de la figure 2 sont tracées en tenant compte des variations de la
- -3000 60
- -E—2500 50
- -7000 20
- 38—
- 500 70
- 161,3 238 312,3 385 15V,S
- us Calories par me' 7 6
- = 150 1-20 115 1:72 7:70
- t—2500 50
- 1500 30
- -7000 20
- a 38-.-
- inn finale
- „ r . o o 715 Calories par me'
- 167,3 238 312,5 385 1575 555
- Gaz : Air = 750 7:20 7:75 7:72 7:70 7:8
- chaleur spécifique des gaz, telles qu’elles ont été établies d’après Mallard et Le Chate-lier. On voit que le rendement thermique s’élève de 40,9 à 49,6 p. 100, soit une amélioration de 21,3 p. 100 quand la puissance calorifique du gaz tombe de 715 à 161 calories par m3.
- En pratique, il n’est pas possible d’utiliser toute cette amélioration; car la puissance calorifique, le mélange gazeux ne peut guère descendre au-dessous de 312 calories par mètre cube (soit 15 volumes d’air pour un de gaz).
- Les figures 3 et 4 représentent les diagrammes théoriques d’un moteur à gaz d’éclairage établis, en supposant (traits pleins) la chaleur spécifique du gaz inva-
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-
- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ. 14^9
- riable, on (traits pointillés) variable. L’action de la chaleur spécifique së manifeste dans ces diagrammes théoriques parce que les pressions explosives augmentent beaucoup moins vite que les apports de chaleur. De plus, la courbe de détente s’élève beaucoup plus rapidement dans le^premier cas.
- crf
- 55 q
- JO —
- 20 —
- 70 -
- Fig. 3 et 4. —Mélange de 1 de gaz pour 6 d’air ou à 715 calories par m3.
- ar
- JO — -
- 20—
- 70 —
- Mélange de 1 de gaz pour 12 d’air ou à 385 calories par m3.
- af
- Fig. 5.
- La figure 5 représente les diagrammes d’un moteur à gaz de 20 chevaux avec ce réglage combiné, suivant le brevet allemand n° 180 962. Ces diagrammes sont pris pour différentes charges p du levier du frein. Il est à remarquer que la dépense minima de combustible (356 grammes d’anthracite par cheval-heure) a été [obtenue pour la charge p = 58kg,9, correspondant à une puissance indiquée de 25 ch. 6, tandis
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-
- r0,363f-*\
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- NOTES DE MÉCANIQUE, ---- DÉCEMBRE 1907.
- que la dépense s’est élevée à 367 grammes pour une puissance permanente de 27 chev. 44. (Le diagramme p = 66 correspond à une puissance maxima passagère de 28 ch. 3.)
- Pour obtenir le rendement maximum d’un moteur, dans toutes les conditions de
- w &
- Jf-Jf
- 705 . 775 725 PSZ
- i Mi =25 35
- ; IVe = q h .
- > 7/mec/:a„=q 0,385 0
- I Msrche
- O, me fy.
- à vide
- 700PSe
- 75 » k
- ^ 50
- 25
- JUÿ-r>- ¥5S/X///A///A'//À7//A///A///4'//s\'//A///P
- /i/-p'/Q'////X///}y/'/Y/Z/////
- Fig. 6 et 7. — Fonctionnement des moteurs avec réglage ordinaire par quantité et réglage combiné. — Courbes I et II, dépense de chaleur moteur seul et avec gazogène. — III et IV {id.)., par cheval-heure. — V et VI. Moteur de 20 chevaux avec'réglages combiné et ordinaire. — A, Richesse du mélange. B, Volume du cylindre. Ni et Ne, puissances indiquée et effective.
- marche, il faut employer deux modes de réglage. A partir de la puissance maxima jusqu’à ses deux tiers, on doit faire varier la richesse du mélange gazeux jusqu’aux deux tiers de sa valeur primitive, en conservant constant le volume total d’air et de gaz introduit dans]le'cylindre à admission. Au-dessous de cette puissance, et jusqu’à la marche à vide, on doit conserver constante la composition du mélange gazeux, et régler la quantité du mélange admis.
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- 1431
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- Les figures 6 et 7 représentent le rendement thermique d’un moteur de 20 HP réglé d’après ces principes. La comparaison des figures S et 9 permettra de se rendre compte des avantages considérables que présente le réglage combiné. D’après AI. Kulzbach les questions que MM. Mees et Naegel cherchent à résoudre sont celles-ci :
- E- —
- Ni = 25 5
- 775 7*
- 75 0,666 0,706 0,737 0,762 0,783 O,.
- <2 0.763 O,
- 75 0,666 0.76,
- arôeit
- r- 50 "
- r 25
- ////y//A'///A'///^///x////Ÿ////.
- Fig. 8. — Fonctionnement d’un moteur avec réglage ordinaire Fig. 9. — Fonctionnement du moteur figure 8 en réglage
- par quantité. (Même légende qu’en fig. 6). combiné.
- 1° Influence du pouvoir calorifique et de l’excès d’air du mélange gazetix aspiré sur le rendement thermique des moteurs à gaz.
- 2° Quel est le mode de réglage le plus avantageux?
- Le rendement thermique théorique peut être influencé par :
- 1° L’augmentation de la chaleur spécifique des gaz avec la température;
- 2° La dissociation et la formation de certaines combinaisons aux températures élevées.
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- @1-^2
- 1432 . NOTES DE MÉCANIQUE. ------ DÉCEMBRE 1907.
- o
- Il est bien établi que l’augmentation de la chaleur spécifique à température et pression élevées entraîne une diminution du rendement thermique quand la quantité de chaleur apportée au moteur augmente. La question est de savoir quelle est la valeur, fonction de l’augmentation relative de la chaleur spécifique, que l’on doit prendre pour base du calcul.
- Les résultats obtenus par les différents expérimentateurs qui se sont occupés de déterminer les variations de la chaleur spécifique des gaz avec la température présentent de grands écarts. D’après Mallard et Le Chatelier, la chaleur spécifique des gaz simples augmenterait de 5 p. !00 entre 1 300 et 1 700°, tandis que Holborn a obtenu récemment des chiffres beaucoup plus faibles. Pour la vapeur d’eau, l’augmentation serait de 13 p. 100 d’après Mallard et Le Chatelier, dans le même intervalle de température, tandis que Langen n’indique que 9 p. 100.
- Fig. 10 et 11. — A, chaleur, emportée à l’échappement ; — N, utilisée; — W, emportée par l’eau de refroidissement; — S, par le rayonnement; — 4 à 8, par l’échappement; — N, par les gaz non brûlés; — B et L, allumage et combustion ralenties; — P, travail de la pompe; — R, frottement; — F, travail effectif.
- L’incertitude relative à l’acide carbonique est encore plus grande. Mallard et Le Chatelier ont donné trois formules différentes, qui fournissent des valeurs trop fortes, car elles ont été établies pour des températures auxquelles la dissociation est déjà sensible. Entre 1 300° et 1 700°, Langen a constaté une augmentation de la chaleur spécifique de 2,5 p. 100 seulement, tandis que la seconde formule de Mallard et Le Chatelier indique 8 p. 100. Cette formule concorde assez bien avec les résultats de Holborn, qui a donné, pour la chaleur spécifique moléculaire moyenne, à volume constant, la valeur :
- C„ = 6,93 + 3,04,103f — 0,73.106 /2.
- On voit déjà, qu’en raison du troisième terme, l’augmentation de la chaleur spécifique est d’autant plus faible que la température est plus élevée.
- Il ressort de ce qui précède que les valeurs admises par Mees pour représenter l’augmentation de la chaleur spécifique sont trop fortes, et, en outre, qu’il règne sur
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- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 1433
- cette question une incertitude qui a besoin d’être éclaircie. Il faut encore remarquer que certains auteurs admettent que la chaleur spécifique des gaz est fonction de leur pression même à une température élevée.
- La dissociation de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau est bien connue aujour-
- 70000
- sooo
- \ 7200,
- Fig. 12. — E, travail effectif; — R, frottement et pompage ; — AS, échappement et rayonnement; — N, combustion incomplète; — W, eau de refroidissement; — AK, chaleur emportée par l’eau de refroidissement; — K, Surface de refroidissement spécifique.
- d’hui. Le tableau suivant indique les pourcentages d’acide carbonique et de vapeur d’eau dissociés à différentes températures et pressions.
- Températures. 1500° 2 000° 2 500»
- Acide carbonique.
- Pressions : 10 at. . . 0,0188 0,818 • 1,08
- — 1 at. . . 0,0406 1,17 15,08
- — 0,1 at. . 0,0812 3,13 30,1
- Vapeur d’eau.
- Pressions : 10 at. . . 0,0103 0,213 1,08
- — 1 at. . . 0,0221 . 0,588 3,98
- — 0,1 at. . 0,0416 1,26 8,16
- On voit que l’influence de la dissociation est très faible. Il faut cependant remarquer, qu’au voisinage de la limite de dissociation, la tendance de l’oxyde de carbone à
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE 1907.
- 1434
- se combiner avec l’oxygène est un peu diminuée ; mais cette action ne doit pas être -exagérée. Il peut à peine être question d’une dissociation de la vapeur d’eau dans les
- m mil
- Puissance calorifique du mélange par m3.
- Fig. 13. — E, travail effectif; — R, de frottement; — M, Rayonnement; — N, Aspiration. — AD, échappement; — AK, eau de refroidissement; — H, Puissances calorifiques des gaz de gazogène et du gaz d’éclairage; — I, travail indiqué; — Z. travail du cycle. vH
- mon
- 0 300 y 00 '500 '
- Heizwert des Gemisches in WE/cbm
- Fig. 14. — Même légende qu’en fig. 13.
- moteurs à explosion. D’ailleurs, un petit excès d’oxygène suffit à empêcher la dissociation des gaz d’atteindre une valeur notable.
- Le rendement thermique des moteurs à gaz peut être influencé par les différentes causes de pertes de travail qui sont (voir le diagramme de Sankey (fig. 11);
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- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 1435
- a) chaleur entraînée par l’eau de refroidissement (2);
- b) chaleur entraînée par les gaz d’échappement;
- 1) par non-combustion (8) ;
- 2) par combustion secondaire (6);
- 3) par allumage ralenti (3).
- La figure 10 représente l’utilisation de la chaleur dans un moteur idéal et la figure 11 dans un moteur pratique.
- En nous basant sur les essais très complets deNaegel, nous allons chercher à établir l’importance de ces différentes causes de perte de travail.
- a) Pertes de chaleur par l’eau de refroidissement.
- Le tableau 2 et la figure 12 sont établis à l’aide des essais de Naegel effectués à charge variable, le rapport de ' compression (s = 8,16) étant constant et le pouvoir calorifique du mélange gazeux ne variant qu’entre 313 et 525 calories.
- TABLEAU II
- NUMÉROS des essais. DEGRÉ d’alimen- tation r,e. COMPRESSION finale. POUVOIR calorifique inférieur du mélange. TEMPÉRATURE des gaz d'échappement. CHALEUR entraînée par l’eau de refroidissement. SURFACE spécifique de refroidissement. RÉ PAR de la c Eau do refroidissement. TITION haleur. Travail effectif.
- Calories Degrés Calories cm2
- P. 100. Ivgr. par cm2 par cm3. centigrades. par heure. par calories. P. 100. P. 100.
- 22 33,8 6,74 317 \ 306 5 002 840 51,4 13,1
- 2G 41,8 7,63 513 327 6 086 680 50,4 17,0
- 44 47,2 8,13 520 342 • 6 552 600 48,2 18,6
- 14 63,1 11,82 323 361 8 254 430 44,1 20,5
- 4 6 76,8 12,84 514 364 8 840 370 41,0 22,3
- La surface de refroidissement spécifique, ou en centimètres carrés par calorie enleA7ée' par heure, diminue à mesure que la capacité du cylindre augmente. Par suite, le pourcentage de chaleur entraînée par l’eau de refroidissement est d’autant plus faible que le moteur est plus puissant. Il en résulte que, toutes choses égales, un gros moteur utilise mieux le pouvoir calorifique d’un mélange donné qu’un moteur plus petit.
- Pour un moteur de puissance donnée, le rendement thermique diminue à mesure -qu’augmente le pouvoir calorifique du mélange gazeux aspiré. Dans cette diminution est comprise l’influence de l’accroissement de la chaleur spécifique.
- b) Pertes de chaleur par les gaz d’échappement.
- Les diagrammes fig. 4 et 5 conduisent immédiatement à examiner les pertes dues à la non-combustion d’une partie des gaz aspirés. La combustion ne semble être com-o plète qu’autant que l’excès d’oxygène est de 20 p. 100 au moins. Cette circonstance agit beaucoup plus que toute autre sur l’utilisation thermique des mélanges riches on gaz. La non-combustion d’une partie du mélange se traduit par une diminution de
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- ‘NOTES DE MÉCANIQUE.------DÉCEMBRE 1907.
- la quantité de chaleur absorbée par l’eau de refroidissement. La combustion prolongée du mélange pendant la détente, ainsi que le ralentissement de l’allumage qui se produit quand le volume de gaz augmente, ont au contraire pour effet d’augmenter la quantité de chaleur entraînée par l’eau. Si ces deux formes anormales de la combustion se produisent simultanément, comme c’est presque toujours le cas pour les mélanges pauvres, les actions peuvent se compenser dans la courbe relative à l’eau de refroidissement, tandis qu’elles s’additionnent dans la courbe de puissance. L’action défavorable de cette accumulation de non-combustions et de combustions secondaires ne se montre nettement que dans le rendement thermique et le travail indiqué avec les mélanges pauvres. ^
- Pour mieux comprendre les causes et les phénomènes de la combustion secondaire des mélanges pauvres, il est nécessaire d’étudier les lois qui régissent l’inflammation des mélanges explosifs. La vitesse avec laquelle se propage l’inflammation d’un mélange gazeux dépend de sa conductibibté, de la différence de température entre le gaz en combustion et le gaz à enflammer et aussi de l’accroissement de la vitesse de la réaction avec la température. D’après les lois des masses actives, la pression augmente la vitesse de réaction en augmentant la concentration des substances réagissantes.
- Le tableau III, dû à Haeusser, donne quelques indications sur l’inflammation des mélanges de gaz d’éclairage et d’air.
- TABLEAU III
- PROPORTION do gaz p. 100. POUVOIR calorifique du mélange Hg. PRESSION INITIALE P« TEMPÉRATURE initiale T,. PRESSION explosive pe. TEMPÉRATURE explosive T K 'J 60 f a g a | SU <! S S çZ H 3 ri M H 4g « 11 fi U .2 g - H DURÉE de l’explosion t. VITESSE d’inflammation 0,185 Z = —. T 1- . '*> SURFACE spécifique de refroidissement.
- Volume p. 100. Calories par m3. Kg/cm2. “C abs. Kg /cm2. “C abs. °C absol. sec. m./sec. Calories par cm2.
- 11 587 1,9 291 8,8 1390 1990 0,10 ï 1,8 1,16 900
- 12 640 1,9 » 9,55 1 515 2 110 0,070 2,64 1,28 820
- 13 G94 1,9 » 10,25 1 630 2 220 0,050 3,7 1,37 760
- 14 748 1,9 )) 10,85 1735 2 330 0,037 5,0 1,49 710
- 15 800 1,9 )) 11,40 1825 2 430 0,030 6,2 1,58 660
- 8,5 454 3,55 294 12,3 — 1 670 0,355 0,52 0,85 570
- 9 482 » » 14,4 — 1740 0,25 0,74 0,93 540
- 10 535 » » 16,8 — 1 870 0,135 1,37 1,08 490
- 11 587 .» » 18,9 1 620 1990 0,095 1,95 1,19 440
- 12 640 » )) 20,6 1770 2110 0,062 2,98 1,31 400
- 13 694 » » 22,1 1900 2 220 0,045 4,11 1,43 370
- 14 748 » » 23,6 2 030 2 330 0,033 5,6 1,54 350
- 15 800 )) " 24,8 2 140 2 430 0,026 7,1 1,63 320
- Les influences de la conductibibté, de la vitesse de réaction et de l’augmentation de pression sont indépendantes de la disposition du récipient dans lequel est produite l’inflammation. Ebes sont la principale cause des variations de la vitesse d’inflammation, lesquelles dépendent à leur tour de la température provoquée
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-
- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 1437
- par l’inflammation T^. Cette température dépend à son tour de la température initiale Tt du mélange au moment de l’inflammation et du pouvoir calorifique du mé-
- lange %. On a la relation T'2 = Tt -f —dans laquelle Cp est la chaleur spécifique du
- C/j
- mélange gazeux rapportée au poids d’un mètre cube.
- La figure 16 représente les vitesses d’inflammation calculées suivant Haeusser pour les différentes valeurs de T'2 et en fonction de Tt et H<?, T4 étant la température que prend le mélange par le fait de la compression. Il est à remarquer que, dans les-moteurs à gaz, les pressions initiales sont bien supérieures aux pressions admises ici : de 1 at. 9 et 3 at. 35.
- On peut, pour conclure, affirmer que l’augmentation du pouvoir calorifique du.
- 10000
- 2000 ~
- , 200
- Fig. 15. — (Même légende qu’en fig. 13). B, combustion ralentie.
- mélange gazeux, aussi bien que l’augmentation de sa température initiale (par compression, par exemple) provoquent un fort accroissement de la vitesse d’inflammation par le fait que ia température finale est augmentée dans la même mesure.
- Dans les gros moteurs, le refroidissement, par les parois, du mélange aspiré et comprimé se fait moins activement. Par suite, la vitesse d’inflammation d’un même mélange gazeux est beaucoup plus grande dans un gros moteur que dans un petit... C’est pour cela, qu’à compression égale, les gros moteurs ne peuvent pas supporter des mélanges aussi riches que les petits. Si l’on veut pouvoir les abmenter avec un mélange riche, il faut accroître 1’activité du refroidissement en augmentant proportionnellement la surface des parois du cylindre par rapport à sa capacité.
- En résumé, on voit que la diminution que subit le rendement thermique du travail indiqué quand on alimente un moteur avec un mélange de pouvoir calorifique croissant, en maintenant sa charge constante, tient aux causes suivantes :
- 1° Accroissement de la chaleur spécifique aux températures élevées et commencement de dissociation ;
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- 1438
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1907.
- 2° Augmentation de la quantité de chaleur entraînée par l’eau quand la température s’accroît ;
- 3° Surface de refroidissement relativement grande dans le petit moteur employé par Nægel;
- 4° Diminution du volume de gaz introduit dans le moteur quand son pouvoir calorifique augmente ;
- 5° Combustion incomplète ou ratée quand l’excès d’air est trop faible.
- Les causes 1, 2 et 5 sont seules à s’appliquer aux gros moteurs. L’ensemble de
- i A T
- Z300°abs
- "~~-i4ûâ ^500
- Fig. 16. — £, Températures initiales de l’allumage.
- toutes ces causes ne peut diminuer le rendement que de quelques centièmes quand il s’agit de gaz de gazogène.
- Au point de vue théorique, le mode de réglage le plus avantageux est celui qui assure toujours une combustion régulière, sans ratés ni combustions secondaires en maintenant le mélange entre -400 et 550 calories et en employant le mélange le plus pauvre à faible charge et le mélange le plus riche en charge élevée. Mais, en pratique, il y a bien d’autres circonstances à considérer, telles que sont la nature et la valeur du gaz, la sûreté de fonctionnement, la rapidité de réglage ; la consommation de quelques centièmes de gaz en plus importe peu. C’est pour ces raisons que la Société -de construction de Nuremberg munit ses gros moteurs à double effet d’une sorte de réglage modifiant la composition du mélange gazeux employé tandis que les petits moteurs à simple effet sont munis d’un dispositif permettant de faire varier à la main la quantité de mélange gazeux aspiré à chaque fois.
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-
- MESURE DES TEMPÉRATURES DANS LES CYLINDRES.
- 143^
- MESURE DES TEMPÉRATURES DANS LES CYLINDRES DES MOTEURS A GAZ d’après MM. Callendar et Dalby (1).
- Pour permettre de mesurer les températures des cylindres des moteurs à gaz avec une certaine exactitude au moyen des couples thermo-électriques, il faut que les fils de ces couples soient assez fins pour suivre exactement les variations très rapides de ces températures ; il faut, en outre, les abriter de la flamme pendant l’explosion ; enfin, l’introduction et le retrait de ces thermomètres ne doivent pas modifier sensiblement l’étendue des surfaces des parois voisines, sous peine d’en troubler l’action sur les gaz du moteur vers la fin de la compression. A cet effet, le thermomètre P était (fig. 1) à l’extrémité d’un tube de laiton B, mobile dans un second tube T, mobile dans la tige
- Fig. 1.
- A de la soupape d’admission, rappelé par un ressort u, et formant en W, soupape sur la soupape d’admission A; le tube T était percé de très larges fenêtres R, laissant le fil P du thermomètre largement exposé aux gaz du cylindre. Le tube B était commandé, de l’arbre de distribution du moteur, par (fig. 2) le renvoi E/QL, qui l’ouvrait pendant l’aspiration et le fermait à la fin de la compression.
- Le fil de platine avait 0mm,25 de diamètre et 25 millimètres de long; et celui du compensateur, du même diamètre, avait 10 millimètres de long. Le thermomètre et son compensateur étaient reliés aux bras opposés d’un pont de Wheatstone, dont la lecture donnait la différence des résistances des 25-10 = 15 millimètres du milieu du fil du thermomètre. L’emploi d’un compensateur est indispensable pour la mesure des variations rapides de températures au moyen de pyromètres à fils fins dont les attaches aux conducteurs en cuivre ne peuvent suivre ces variations, de sorte qu’il faut en éliminer l’influence perturbatrice au moyen de ces compensateurs. Les longueurs des fils étaient telles que leur résistance variait d’un ohm environ par 100°; elles résistaient parfaitement et longtemps aux explosions. Après chaque' essai, on plongeait le
- (1) Royal Society, Proceedings, 9 décembre 1907.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---^ DÉCEMBRE 1907.
- thermomètre dans l’eau, et on revérifiait sa résistance à la température du laboratoire ; on constata ainsi que le zéro montait d’un cinquième de degré environ après une demi-heure de marche. Le courant employé pour la mesure des résistances était
- 7fPTPTT7T7717777~rT‘
- d’environ 1/200 d’ampère; il n’échauffait le thermomètre que d’environ 1/4 de degré, correspondant à une erreur d’environ 1/20 de degré. En raison de la variation de la température d’un cycle à l’autre du moteur, on pouvait mesurer la température en un point quelconque du cycle qu’à 1° près.
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- MESURE DES TEMPÉRATURES DANS LES CYLINDRES.
- 1441
- On voit, en figure 3, comment le thermomètre P et son compensateur C étaient reliés au pont de Wheatstone à bras égaux PS et QS, galvanomètre G, barre de contact BW, résistances R, accumulateur V, rhéostat r, clef à mercure K. Les contacts E étaient fermés, en des points donnés du cycle, par une touche D d’un cylindre d’ébonite F, monté sur l’arbre de distribution, et par rapport auquel on les réglait au moyen du support isolant A et du diviseur O, avec index I, fixé au calage voulu par la vis L. Ce dispositif permet de prendre la température en un point quelconque du cycle. Vers la
- fin des expériences on remplaça le tambour en ébonite B du dispositif figure 3 par un tambour en bronze B (fig. 4) recouvert de deux cames en ébonite W. et W2, de calage réglable par l’écrou N. Le contact se fait lorsque, au passage de l’échelon io'> sous le balai élastique S1, ce balai tombe en fermant sur le balai S2 le contact Zpi, à bouton de platine i, réglable par la vis P ; le circuit se rompt ensuite au passage de iv2 sous S2. Le contact à percussion pi donne des résultats plus précis que celui à frottement de D (fig. 3).
- Les essais ont été exécutés sur un moteur Crossley de 10 chevaux, à cylindre de 180 X 353 de course, avec un rapport de compression de 4,68; allumage par tube de porcelaine, commandant directement une dynamo de 8 kilowatts. Pour éviter les passages à vide, qui auraient rendu difficiles les mesures de températures par contacts périodiques, on paralysa l’action du régulateur en rendant l’ouverture de la soupape du
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- 1442
- NOTES DE MÉCANIQUE. --- DÉCEMBRE 1907.
- gaz obligatoire à chaque course d’aspiration. La dynamo était disposée de manière à en faire varier la résistance dans des limites très étendues, et même lui faire entraîner le moteur pour certains essais permettant de vérifier la sensibilité des thermomètres. •
- Les diagrammes étaient relevés, en pleine marche, par un manographe Carpentier à chambre reliée directement au cylindre sur la prise d’indicateur. On vérifiait ce manographe sur place en le reliant, en position sur le cylindre, à une bouteille pleine de gaz à des pressions données permettant d’en graduer l’échelle. En marche à faible puissance, on employait un indicateur ordinaire de Crosby.
- Des diagrammes pris en marchant sans allumage, en actionnant le moteur par sa dynamo et avec sa distribution fonctionnant comme en marche normale, puis avec toutes les soupapes fermées, ont montré, que les courbes de détente et de compres-
- 250&
- Zooo
- 16*00
- tooo
- 5oo
- O
- 0 Z * S . 8 10
- a
- £
- c
- C-*
- Fis
- S.
- sion tracées d’après les diagrammes d’indicateur et la formule de l’adiabatique pvlfi, et d’après les températures données par les thermomètres disposés de différentes manières ne présentaient que de faibles différences. Lorsqu’on tournait les fenêtres du tube B (fig. 1) de manière à amener le fil de platine derrière leurs barettes R, on faisait baisser d’environ 10° la température maxima indiquée par le thermomètre aux environs de 200°.
- En marche normale, la température, à la fin de l’aspiration, variait de 95° en faible charge à 125° en pleine marche, avec une température ambiante de 20°, et de 27° à ' l’enveloppe. En pleine marche, on obtenait, en moyenne, les résultats suivants, à 130
- • tours, avec 7,1 de gaz pour f d’air en volume, une température de 27° à l’enveloppe et
- j . de 20° dans l’atmosphère : Température au fond de course d’aspiration 122°, et, à 260°
- du point mort, 111°, avec une pression de lkil,3.
- * Le calcul des températures pendant la détente se fait en supposant la combustion
- ] complète et que le gaz subisse une contraction dépendant de sa composition, qui,
- i dans le cas actuel, était de 4,3 p. 100. Il suffisait, dans le cas du diagramme figure o,
- t
- j
- I
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- TYPES ÉTALONS D’OUTILS POUR LE TRAVAIL DES MÉTAUX. 1443
- de diviser le produit pv par la constante 0,01315=py/T pour une inclinaison de la, manivelle de 260°. On voit, qu’aux 0,4 de la course, cette température baisse notablement, et que la courbe de détente s’y confond avec une droite, ce qui peut provenir soit d’une imperfection de l’indicateur, soit d’un phénomène particulier de la combustion; et ce phénomène se retrouva sur d’autres diagrammes avec des teneurs en gaz différentes.
- De ces expériences, il résulte que le pyromètre thermo-électrique, ainsi employé, donne, pour les températures d’aspiration, des indications voisines de la réalité à environ 1° près, c’est-à-dire avec une approximation plus grande que celle obtenue pour les pressions, pourvu que l’on marche sans passages à vide. On obtiendrait sans doute la même exactitude pour les températures de détente et d’échappement au moyen de thermomètres logés dans la tige de la soupape d’échappement.
- types étalons d’outils pour le travail des métaux, d’après M. W. M. Taylor (1),
- Il va de soi qu’il serait très avantageux de pouvoir remplacer les nombreux types d’outils, taillés d’une façon plus ou moins empirique, par un pelit nombre de types déterminés expérimentalement en fonction de leur travail, taillés et affûtés d’une façon précise, rigoureusement identique au modèle, au moyen de machines-outils spéciales (2).
- C’est le but que s’est, entre autres, proposé M. F. W. Taylor, dans son remarquable travail sur 1’ « Art de couper les métaux » (3).
- Le tout est de suivre une bonne et pratique méthode pour la détermination de ces types. On aura, à cet effet, à considérer les éléments principaux de la forme, de l’outil qui sont (fig. 1) les angles de coupe, du taillant (Lip), de dégagement (Slope), d’arrière (Bach Slope) et latéral (Side Slope), l’angle de dépouille {Clearance) et l’angle de coupe (Cutting Angle).
- L’angle de dégagement du taillant, ou, pour simplifier, le taillant, doit être assez obtus pour qu’il ne s’écrase pas (fig. 2) sous la pression de la coupe.
- Le dégagement doit se faire (fig. A) plutôt latéralemen qu’en arrière de l’outil, parce que l’outil à dégagement latéral s’affûte mieux, et plus souvent, sans s’affaiblir, que les copeaux évacués par le dégagement latéral ne viennent pas frapper le porte-outil, et que ce dégagement tend à contre-balancer la poussée latérale des copeaux sur l’outil, et en facilite l’avance. D’autre part, un certain dégagement en arrière est nécessaire pour diminuer la poussée qui tend à séparer l’outil de la pièce en travail et à diminuer ainsi la précision de ce travail.
- . La hauteur S (fig. 11) du corps de l’outil doit être, afin qu’il soit aussi résistant et léger que possible, égal à 1,5 fois environ sa largeur W, ce qui conduit, pour les principales dimensions linéaires de l’outil, aux chiffres des tableaux ci-après.
- (1) American Machinist, 23 novembre, p. 632.
- (2) Telles, par exemple, que celles de Gisholt et de Sellers, pour les outils de tour, employées depuis longtemps aux États-Unis, et encore presque inconnues chez nous. G. Richard, Traité des machines-outils, vol. 11, p.
- (3) Bulletin de décembre 1906, p. 1082 et Revue de mécanique, juillet, août et septembre 1907. Analyse très claire du Mémoire de Taylor, par M. Codron.
- Tome 109. — Décembre 1907. -4
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- tig. 1 à 19. — Types d’outils Taylor.
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- Fig. 20 4 SI. Types d’outils Taylor.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1907.
- DIMENSIONS DES OUTILS DÉGROSSISSEURS A NEZ ARRONDI
- w . .13“/“ 16 20 22 25 32 40 45 50
- s. . 20 25 30 33 40 47 60 67 75
- A. . 16 52 60 70 75 95 110 130 145
- B. . 35 40 50 60 70 83 100 120 135
- Longueur du corps. , 280 330' 360 410 460 545 630 725 840
- DIMENSIONS DU FORGEAGE DES OUTILS DÉGROSSISSEURS A NEZ ARRONDI (fig- 11 et 12).
- w s A B C . D E H R Ml)
- 13“/“ 20 20 13 5 20 35 . 40 3 280
- 15 35 22 16 5 23 40 50 -5 330
- 20 30 25 20 5 30 50 60 6 360
- 22 35 30 25 6 34 55 70 8 415
- 25 40 30 30 6 40 63 75 10 460
- 30 22 40 35 7 47 75 95 13 535
- 40 60 45 45 8 53 90 110 15 635
- 45 65 60 50 9 60 105 130 20 720
- 50 "5 55 60 10 70 120 145 22 810
- Pour éviter que la résultante des efforts de coupe verticaux et de la poussée do l’avance ne tombe en dehors de la base d’appui du corps de l’outil, on doit, comme en
- Fig. 52, — Meule Taylor.
- figure 4, incliner le nez de l’outil sur cette base ; cette disposition présente, en outre,, l’avantage de faciliter l’affûtage,et d’en diminuer réchauffement.
- L’action de l’outil dans sa coupe diffère de celle d’un coin en ce sens que le dessus seul (.Lip surface) de l’outil porte sur le copeau (fig. 5 et 6), et que son tranchant (Cutling Edge (fig. 1) arrache de la pièce, suivant (fig. 5) au moins deux plans de clivage à la
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- 1447
- TYPES ÉTALONS D’OUTILS POUR LE TRAVAIL DES MÉTAUX.
- fois ; puis, une fois engagé sur le dessus de l’outil, le copeau agit comme un levier pour faciliter ce dégagement, qui se fait avec une faible pression sur le contour du tranchant (Line of Cutting) (fîg. 1). D’après l’aspect de l’usure des outils, on peut les diviser, suivant l’action de la chaleur dégagée par le frottement du copeau, en trois classes: à) ceux où cette chaleur n’a aucunement amolli le dessus de l’outil; b) ceux où cette chaleur, inofïensive dans [les premiers temps du travail de l’outil, a fini par être la principale cause de son usure et c) ceux où ce dégagement de chaleur, a été assez considérable pour ramollir, dès l’origine, le tranchant de l’outil, et être la cause principale de son usure.
- La figure 6 montre comment les copeaux d’acier doux portent sur le dessus de l’outil par une surface bien plus étendue que celle des copeaux d’acier dur, ce qui explique comment les aciers doux permettent des coupes plus rapides que les aciers durs, même avec une pression totale plus grande sur le dessus de l’outil. Avec l’acier
- Center Line of Wheel
- Platen
- Adjustment No.l No.2
- Index
- Compensating Dial'
- Fig. 33 et 54. — Meule Taylor.
- dur, le centre de cette pression est plus près du tranchant de l’outü ; elle s’exerce avec une intensité plus grande, et le dégagement de la chaleur qu’elle engendre est plus voisin du tranchant, qui n’offre qu’une faible section à son écoulement.
- Les outils fig. 7 ont des formes défectueuses, comme on ne les rencontre que trop souvent.
- La figure 8 représente un outil Taylor à nez arrondi et corps de 1" x L'jS (25 X -40 mm.), avec, en traits pointillés, la forme de l’outil usé des deux tiers, après vingt-quatre affûtages, enlevant chacun une épaisseur de 0mm,8 sur les faces de dégagement d’arrière et de dépouille. Cet outil peut donc supporter environ cinq fois plus d’affûtages que celui du bas de la figure 7, sans attaquer sensiblement le corps de l’outil.
- Pour le forgeage de l’outil, on part de barres du double de sa longueur, coupées (fig. 9) sous un angle de 60° en leur milieu s’il s’agit d’outils à nez arrondis, à 45° pour des outils de filetage, et à 90° pour des outils finisseurs latéraux. Ges coupes se font au ciseau sur la barre au rouge.
- Les outils à nez arrondis sont dressés en quatre opérations : a) courtage, en plaçant la barre dans la mâchoire (fig. 13 et B), saillant de 13 millimètres pour les outils de 25,
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- 1448 - NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE' 1907.
- 30 millimètres pour ceux de 16, 35 pour 22,40 pour 25,47 pour 30, 55 pour 40, 67,'pour 45, et 76 pour 50 millimètres de corps. On serre le coin et on courbe l’outil, comme en figure G et 13, à coups rapides, après quoi l’aide forgeron chasse le coin; b) dressage des côtés sur l’enclume avec une masse, comme en figure 14, en évitant de frapper le
- nez de l’outil; d) aplatissement du talon pour se procurer la dépouille latérale des flancs de l’outil et former la pointe intérieure du talon, comme en figure 12 et F. On place ensuite l’outil sur l’enclume, comme en figure 15, avec son angle intérieur sur l’arête du tas; on réduit l’épaisseur de la base, au talon, à 10 millimètres environ, et dresse ce talon comme en figure 16 et H; d) calibrage : ramener la longueur du bec de l’outil aux chiffres indiqués sur le calibre fig. 17, et qui doivent être, respectivement,
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- TYPES ÉTALONS ü’oUTILS POUR LE TRAVAIL DES MÉTAUX. 1449
- de 40, 50, 60/70, 95, 110, 130 et 145 millimètres, pour des outils de 13, 16, 20, 22, 25, 30, 40, 45 et 50 millimètres au corps; couper au ciseau le dessus de l’outil de manière q.u’il s’adapte au calibre 11 (fig. 19 et L) ; couper les coins comme en figure 1 ; rabattre
- STRAIGHT
- LEFT
- HAND
- TOOL
- BENT
- RIGHT
- HAND
- TOOL
- STRAIGHT
- RIGHT
- HAND
- TOOL
- LEFT
- PRSC
- PRSB
- PRSD
- PRSE
- PRBD
- PRB8
- PRBC
- PRBE
- PRWB
- PRWC
- PRWD
- PRWE
- SHARP SIDE
- SHARPSIDE
- SHARP SIDE
- SHARPSIDE
- PUSC
- PUSB
- PUSF
- PUSG
- BLUNT SIDE
- BLUHT SIDE
- BLUNT SIDE
- PUBB
- PUBC
- PUBF
- PUBG
- SQUARE
- SQUARE
- SQUARE
- bf\ d ,|c
- PARTING
- PARTING
- 2 ON .
- Fig. 59.
- le bout de l’outil à droite (Right fig. 11) ou à gauche (Left), de manière qu’il s’adapte entièrement au calibre fig. 19.
- Les outils de finissage doivent être courbés à l’étampe comme en figures 20 et Mde manière à leur donner en deux ou trois coups de marteau la forme fig. 21 et refoulés, dans la même chaude, aux formes indiquées en figures 22,23, 24,G et N, puis à la forme fig. 24 et O en redressant la base.
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- F'g- A. i Fig. D.
- Fig. Ç. — Courbage de l’outil sur l’enclume.
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- 1452 " NOTES DE MÉCANIQUE. ----- DÉCEMBRE 1907.
- Après ce refoulement, l’outil, réchauffé de nouveau, est calibré, comme en-figures 16, 17, 18, L9, H, I, J, K et L.
- Les outils finisseurs latéraux sont refoulés comme en figures 26, 27 et 28, de manière que leur angle de dépouille latérale concorde avec celui du cône n° 2 (fig. L), on coupe ensuite le dessus à la hauteur H (fig. 25 et tableau B) mesurée par le calibre n° 10 (fig., L). On coupe la dépouille suivant le cône n° 1, et on vérifie la dépouille latérale sur le cône n° 2 (fig. L). Les outils finisseurs latéraux courbes sont pliés à 45° comme en figure 28, affranchis comme en figure 30 ; on leur donne les dégagements d’arrière et latéraux voulus, puis les dépouilles au moyen des cônes n° 1 et • n° 8 (fig. L.) ; le calibre n° 10 donne la hauteur du nez.
- DIMENSIONS DES OUTILS LATÉRAUX (fig. 25).
- AV s A B C H L -
- 13“/“ 20 30 4 10 30 300
- 15 25 40 . 5 12 35 315
- 20 30 41 6 15 40 340
- . 22 35 47 7 16 45 415
- 25 40 50 8 20 50 460
- 30 47 60 10 24 60 535
- 40 60 70 6 30 45 635
- 45. 65 80 12 35 85 720
- 50 75 90 16 40 95 810
- Les outils finisseurs à nez carré ont les formes et dimensions données par la
- figure 31 et le tableau C. Le pliage à 45e ’ se fait comme en fig. 32,1e refoulement comme
- en fig. 33, aux dimensions B et A, puis on refoule et dresse la base de l’outil comme
- en figures 34 et 35 , avec une largeur au talon moitié de celle au tranchant. Au cali-
- brage, on vérifie que le dégagement intérieur, ou d’arrière, est bien de 45° et que les
- dégagements sont ceux donnés par les cônes n° 1 e.t 2 (fig • L).
- DIMENSIONS DES OUTILS FINISSEURS A NEZ CARRÉ (fig. 31).
- AV S A B H L
- 13“7m 20 15 8 35 300
- 15 25 20 9 45 315
- 20 30 24 12 50 340
- 22 35 30 10 60 415
- 25 40 32 15 65 460
- 30 ' 47 40 20 80 535
- 40 60 50 25 90 635
- 45 65 55 30 106 720
- 50 75 60 32 120 810
- Les outils trancheurs ou décolleteurs doivent présenter les formes et dimensions indiquées en figure 36 et au tableau D. Après aplatissement de l’extrémité de l’outil à l’épaisseur voulue, comme en figures 37 et 38, on le recourbe comme en figure 39, puis l’incline comme en figure 40; on amincit ensuite, comme en figure 41, le talon à la dimension G (fig. 36 et 42). On coupe la hauteur du nez suivant le calibre n° 40 (fig. L), le dégagement d’arrière à 45°, et la dépouille suivant le cône n° 2. Les outils décolleteurs courbes, amenés à la forme (fig. 43), sont pliés à 45° (fig. 44).
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- TYPES .ÉTALONS d’oüTILS POUR LE .TRAVAIL'DES MÉTAUX. 1453
- OUTILS DÉCOLLETEURS (fig. 36).
- w . s A B C . D II L
- 13”/” 20 20 6 3* 20 35 300
- 15 25 25 8 4 22 45 315
- 20 30 30 10 4 25 50 340
- 22 35 35 11 5 30 60 415
- 25 40 40 13 5 60 65 460
- 30 41 50 15 6 40 80 535
- Les outils de filetage en V ont les formes et dimensions de la figure 45 et du tableau E. Après pliage à 45° (fig. 46), dressage et aplatissement du talon, comme en figure 47,et coupe àla hauteur H (fig. 45), on biseaute l’extrémité du nez à 60°, comme en figure 48, et on vérifie la dépouille sur le cône n° 1 (fig. L). Les outils courbes sont pliés latéralement à 45° (fig. 50). Lorsqu’on place les faces ou flancs de cet outil sur l’enclume, la queue doit être inclinée de 15° d’un côté et de 53° de l’autre.
- OUTILS (fig. 45).
- W S A B II L
- 13”/“ 20 13 6 30 300
- 15 25 15 8 40 315
- 20 30 20 10 50 340
- 22 35 22 11 60 415
- 25 40 25 12 65 460
- 30 41 30 15 80 535
- Le traitement thermique de ces outils doit se faire suivant les prescriptions détaillées dans le mémoire de M. Taylor (1).
- Il faut, dans le meulage des outils, empêcher leur échauffement excessif par une abondante circulation d’eau en contact de la meule et de l’outil et en réglant automatiquement la pression de l’outil sur la meule, par un contrepoids (fig. 52) ou un ressort réglable en raison de la taille et de la nature de l’acier de l’outil. En outre, il convient que la meule se déplace périodiquement devant la face de l’outil suivant l’axe de son arbre ; c’est ce qui a lieu dans la meule de Taylor, par le dispositif indiqué sur la figure 53 au moyen d’une came commandée par une courroie et d’un levier de course réglable.
- Dans cette même meule, la plaque d’acier (platen fig. 54) sur laquelle appuie l’outil peut s’incliner autour de son axe au moyen d’une ipanette à vis, et porte deux divisions, l’une en pouces et demi-pouces, et l’autre en degrés, avec cadran compensateur permettant de déterminer la position à donner à l'Index plate à mesure que la meule s’use. Les chiffres de ce cadran correspondent aux différences entre le rayon de la meule et celui de ses plateaux d’entraînement ; il suffit, pour assurer la constance de la distance A, de mesurer cette différence et d’amener le chiffre correspondant de l’index au droit de son pointeur en manœuvrant les écrous D et E.
- Pour faciliter le meulage exact des outils, l’outilleur dispose d’une série de formes (formers, (fig. 55) sur lesquelles sont marquées les désignations, telles que PUBF PRWG., qui se trouvent aussi sur les tiges des outils auxquels elles se rapportent, suivant une classification spéciale de M. Taylor. Ces formes sont celles des tranchants de leurs outils, et elles peuvent se monter sur des porte-outils correspondants, mis à la disposition de l’outilleur, et marqués du même symbole. Une fois l’outil monté dans son
- (1) Revue de mécanique, septembre 1901, p. 279. . '
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- 1454 NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE 1907.
- porte-outil, avee sa forme et la pièce de serrage appropriée pour en meuler le dessus, on l’amène, comme en figure 56, avec son nez juste au-dessous du milieu de la forme et posé à plat sur un marbre contre une échelle en Y de ce marbre, qui donne la hauteur de son nez. On ajuste la plaque d’appui (platen (fig. 53)) de manière que sa hauteur, donnée par ses divisions circulaires transversales et égale à celle du nez de l’outil, et le rayon du degré correspondant à la forme de l’outil, donné par un tableau spécial, se coupent sur la tranche courbée de l’index. On place alors le porte-outil sur la plaque comme en figure 52.
- Après le meulage du dessus de l’outil, on meule la face droite de l’outil, placé comme précédemment dans son porte-outil sur la plaque figure 54, inclinée du nombre de degrés voulu, donné par le tableau figure 59, et on opère comme précédemment ; puis on procède de même à l’affûtage de la face gauche. L’affûtage du bout de l’outil se fait après l’avoir aligné, comme en figure 57, avec sa forme dans le porte-outil, suivant les indications du tableau figure 59; la hauteur du nez est donnée comme en figure 58, et l’index du tableau donne l’inclinaison correspondante de la plaque d’appui figure 54.
- On arrive ainsi à réaliser des affûtages rigoureusement définis suivant la forme de l’outil.
- MÉTHODES D’ESSAI DE L’ACIER TREMPÉ ET EX PARTICULIER DES BILLES,
- d’après M. R. Stribeck (1).
- Les essais ont été faits sur de l’acier ayant subi la trempe glacée d’une façon bien régulière dans toute sa masse.
- I. —.ESSAIS D’ÉCRASEMExXT
- A) Ecrasement élastique et permanent. — Les compressions élastiques sont proportionnelles aux tensions même bien au-dessus de la limite d’élasticité. (La mesure a été faite jusqu’à sous 36 000 kilogrammes par centimètre carré). Le coefficient de compression de l’acier trempé (martensitique) est supérieur de 5 à 7,5 p. 100 à celui de l’acier non trempé ou faiblement trempé.
- Les figures 1 et 2 représentent les variations de la compression élastique et permanente avec la pression. On voit qu’il ne peut pas être question d’une limite d'élasticité définie. La compression permanente est généralement insensible au-dessous de 10000 kilogrammes par centimètre carré.
- A 16 000 kil. par centimètre carré elle est de 0,035 de la compression élastique.
- 23 000 — — — 0,091 —
- 44 000 — — — 1,5 fois égale à la compression élastique.
- B) Résistance à l’écrasement. — La résistance à l’écrasement dépend de la plus ou moins régulière répartition de la charge sur les faces de l’éprouvette. La véritable résistance à l’écrasement s’élève à 50000 kilogrammes par centimètre carré, en chiffres ronds. Ce chiffre est à peu près atteint en exerçant la pression sur l’éprouvette par l’intermédiaire de deux plaques en laiton huilées, de 0mm,05 d’épaisseur (dispositif de
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, p. 1445, 1500 et 1541.
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- ESSAI DE L’ACIER TREMPÉ, EN PARTICULIER' DES BILLES. 1455-
- la figure 3). Sans l’interposition des plaques de laiton, la résistance moyenne à l'écrasement ne s’élève qu’à 43000 kilogrammes. Les éprouvettes à section diminuée en leur milieu (fig. 4) s’écrasent sous une pression moyenne de 4000 kilogrammes. Des billes de diamètre d, comprimées entre des grains en acier portant une cavité' sphérique de diamètre 1,1 d, le diamètre des bords de la cavité étant 0,725 d, se brisent sous une pression très voisine de la véritable résistance à l’écrasement.
- L’essai d’écrasement ne convient pas comme méthode d’épreuve.
- fOOOO
- 35000
- 30000
- 25000
- 20000
- 75000
- 70000
- S =
- 3000-70'5
- 7200 7VOO 7500
- 200 VOO 600 800
- II. —. ESSAIS DE FLEXION
- A) Flexion élastique et permanente. — Les flexions, élastiques sont proportionnelles aux tensions jusqu’au moment de la rupture.
- La limite d’élasticité n’est pas très nette (fig. 5) sous ce rapport, il en est de même que pour l’essai à la compression. Pour un effort de 20 000 kilogrammes par centimètre carré, la flexion permanente n’est que de 1/25 à 1/8 de la flexion élastique.
- B) Résistance à la traction. — Vingt-neuf essais ont donné des résistances variant .de 20 000 à 29 000 kilogrammes par centimètre carré.
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- f'45.6l . NOTES DE MÉCANIQUE, — DÉCEMBRE 1907.
- - L’essâi de flexion est un moyen très sensible pour détermiùerila résistance. En employant le meilleur acier et surveillant.très soigneusement la trempé, les écarts de résistance à la rupture sont encore très considérables. Ceci montre .combien il est important d’apporter le plus grand soin au choix de l’acier et à sa trempe quand il doit
- 35000
- 25000
- 20000
- 70000
- 5000
- 7000 7200 7*00 7600 7800 70
- *00 600 800
- Fig. 2.
- servir à la construction des machines. Dans la fabrication industrielle, la limite inférieure de la résistance à la traction s’abaisse de 30 000 à 10000 kilogrammes par centimètre carré, même avec la plus grande surveillance.
- III. — BILLES CHARGÉES
- A) Surfaces de contact, compression élastique et permanente; — Si l’on applique ’
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- \ 457
- ESSAI DE L’ACIER TREMPÉ', EN PARTICULIER DES BILLES.
- l’une contre l’autre deux Billes de même nature et de diamètres dx et et (/,, avec une force de P kilogramme, on a, d’après Hertz, pour la pression moyenne a étant la limite d’élasticité. •
- ; - p =2/3, 0,388
- qui peut se mettre sous la forme
- Dans le cas d’une bille et d’un plan, = 0, le membre de gauche de l’égalité p
- devient égal à ^ si di = d.
- Si l’on pose d.2 = odL, il vient :
- (L M2_ 1 — 1
- [d,+di)
- Le membre de gauche de l’égalité générale, dans le cas d’une bille et d’un plan, P
- devient donc 4v.
- dr
- 1
- -m est la mesure de la déformation.
- «2
- Si l’on presse l’une contre l’autre des billes de diamètre dl et d.2 avec une force de
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- 145S NOTES DE MÉCANIQUE. ----- DÉCEMBRE 1907.
- P kilogramme, la pression moyenne p de la surface de contact est aussi grande que si l’on appuyait une bille de diamètre dr avec une force de P kilogramme contre une surface plane.
- P
- La courbe de la figure 6 représente cette pression moyenne. Jusqu’à ^-| = 200 correspondant à p = 39 000 kilogrammes par centimètre carré, elle concorde presque
- kg/qcm
- 25ÜUU
- 20000
- 5000
- 5 6 7 6 9 70 77 72 73 7* 15 75 77 7g 70 70
- Flexions.
- Fig. 5.
- exactement avec la courbe théorique de Hertz. Pour les charges plus fortes : = 500,
- 1000, 2000, 3000, 4000, 6000, 8000, 12000, on a p = 48500, 57 000, 66000, 71000, 74000, 78500, 81000, 84000.
- Ces pressions ont été déterminées en écrasant des billes de même diamètre. Pour les billes appuyées sur une plaque plane, on obtient des chiffres un peu trop faibles jus-P
- qu’aux charges de — 2 000.
- La formule de Hertz s’applique encore au calcul de la relation entre les déformations élastiques et permanentes quand la charge est de beaucoup supérieure à la
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- ESSAI DE. L’ACIER TREMPÉ. EN PARTICULIER DES BILLES. 1459
- limite élastique. On peut ainsi partir des surfaces de contact comprimées', dont la
- mesure de déformation -i- est déterminée par la pression mesurée p.
- B) Charge de fissure et limite de rupture. — Billes comprimées entre des billes semblables. L’emploi|d’un mouton ou.de tout appareil agissant par choc n’est pas à recommander, car une partie indéterminée du travail fourni est absorbée par le mar* teau et l’enclume, et l’effort auquel la bille a été soumise ne peut pas être déterminé facilement. On est donc ramené à employer la presse hydraulique, et il est important
- noooo
- 130000
- 120000
- 110000
- 100000
- 90000
- 80000
- 70000
- 60000
- 570-10
- 50000
- 30000
- 20000
- 10000
- 1000 2000 3000 ¥000 5000 6000 7000 8000 9000 70000 71000 12000
- Fig. 6. — A, Bille sur bille ; B, bille sur plaque ; G, Formule de Hertz.
- de savoir, qu’à effort égal exercé par choc ou à l’aide de la presse, la rupture se produit de la même façon, et que les déformations sont semblables. Quand on emploie la presse hydraulique, la rupture de la bille ne se produit que quand on enlève la charge, conformément à ce qui se passe dans l’essai au choc. En se servant de la presse, si on augmente progressivement la charge jusqu’au moment où la rupture se produit, on obtient une charge de rupture supérieure à la première de 50 p. 100 environ, et qui est la charge de rupture supérieure. Si la rupture est provoquée par une force comprise entre la limite de rupture supérieure et la limite inférieure (correspondant à la rupture par choc) elle ne se produit que pendant ou après que la charge est enlevée.
- Des charges plus petites que la limite de rupture inférieure peuvent produire des Tome 109. — Décembre 1907. 95
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- 1460 NOTES DE MÉCANIQUE. ---------- DÉCEMBRE 1907.
- fentes. La première qui se produit, est en principe une fissure circulaire, suivant le contour des surfaces pressées.
- Des charges répétées diminuent les limites de rupture. La charge de rupture est considérablement abaissée quand la bille est pressée suivant différents diamètres. Pour une seule charge de billes trempées très dur, on a obtenu les chiffres suivants:
- Charge correspondant Limite supérieure
- à la production de rupture
- d’une fissure circulaire, (jusqu’à 1 pouce 1/2 anglais).
- Meilleure valeur.............. 1 500 d1 8 000 cl1
- Très bonne valeur............. 1 200 cl'2 1 000 d2
- Bonne valeur.................. 500 cl1 5 000 d2
- Ces chiffres sont relatifs à des billes rodées à l’émeri ; cette opération diminue la charge nécessaire pour produire une fissure circulaire.
- La détermination de la résistance d,e la couche extérieure est donnée par la pro-
- Facteur de déformation. Fig. 7.
- duction d’une fissure circulaire, et celle de la résistance de la bille tout entière par la charge de rupture.
- L’influence du diamètre des billes dans la détermination de la résistance des couches extérieures des corps à surface plane, par la méthode, consistant à y appuyer une bille, n’est pas encore expliquée.
- On a également étudié les charges nécessaires pour fissurer et écraser des billes entre deux coins en acier munis de cavités sphériques.
- Quand l’apparition de la première fissure indique la charge admissible, les équations
- de Hertz ne peuvent pas servir pour le calcul si le facteur de déformation ^ [o se
- déduisant de la relation 4» = ç dA et dy et d., étant les diamètres des billes pressées] est supérieur à 2,5. En effet, la résistance de la bille entière est inférieure à celle des couches extérieures, auxquelles l’équation de Hertz se rapporte seule.
- L’influence d’une charge répétée mérite une attention particulière.
- La figure 7 représente la valeur de la limite supérieure de rupture par rapport à la limite inférieure en fonction du facteur de déformation.
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- ESSAI DE L’ACIER TREMPÉ, EX PARTICULIER DES BILLES. 1461
- C) Dureté. — La dureté est déterminée par application d’une bille ; c’est la pression moyenne sur la surface de contact. Elle dépend, d’après III : A, delà charge et
- P
- de la mesure de la déformation, ou, plus exactement, de-^-. Pour pouvoir juger d.’une
- façon générale de la dureté.d’un métal, il faut connaître la courbe de dureté représen-P
- tant les relations entre ^ et la pression moyenne p (fig. 8).
- Comme l’influence de est ici la même que dans l’équation de Hertz, la dureté ainsi déterminée concorde avec la définition qui en a été donnée par Hertz : la dureté
- § %tO,S6
- 7000 2000 3000 ‘7000 3000
- 7000 7200 7VOO 7000 7800 2000 2200 2¥O0 2000
- Fig. S. — a, Trempé non recuit; b, Recuit à {30°; c, Recuit à 200°; d, Recuit à 250°;
- C, Courbe de Hertz.
- est la pression correspondant à la limite d’élasticité ou, si le corps est cassant, à l’apparition de la première fissure. Cette limitation rend la définition de Hertz inapplicable aux besoins de la technique.
- '• Pour les besoins de l’industrie, il suffit, le plus souvent, de déterminer un ou quelques points de la courbe de dureté. Pour l’acier trempé, il est à recommander de prendre comme dureté la pression constatée pour P = 2 000 d2. La méthode étant suffisamment sensible, on obtient de bonnes indications sur la dureté des couches extérieures de l’échantillon. De plus, il est possible, dans de nombreux cas, de faire porter les essais sur les objets eux-mêmes.
- Les relations, calculées d’après la charge, qui donnent la même pression p (dureté) pour différents diamètres de billes et divers facteurs de déformation, ne s’appliquent pas seulement à l’acier trempé à gldce mais aussi aux degrés de dureté inférieure.
- Abstraction faite de la détermination de la dureté des billes, il faut aussi tenir compte des duretés relatives des billes et des plaques. Si la dureté des billes descend considérablement au-dessous de celle des plaques, la pression mesurée ne donne plus
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- 1462 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ DÉCEMBRE 1907.
- des indications sur-la dureté des plaques. Inversement, si la bille est beaucoup plus dure que la plaque, on est ramené à la méthode d’essai de Brinell. Quand la méthode de Brinell est appliquée à des plaques dures, elle devient beaucoup moins sensible que notre procédé.
- L’essai de dureté par pression réciproque de deux billes l’une contre l’autre doit être préféré pour les recherches fondamentales, car les erreurs sont réduites au minimum.
- Les essais de dureté et de résistance sont aussi importants pour les aciers à outils que pour les aciers de construction. Toutes choses égales, le meilleur acier à outils est celui qui possède la plus grande résistance en même temps que la dureté nécessaire. Il faut, ici, tenir compte de la température que prend l’outil pendant son travail.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 35 octobre 1907.
- Présidence de M. Gruner, président.
- Correspondance. —= M. flitier, secrétaire, dépouille la correspondance.
- il/, de Loverdo adresse le programme du premier Congrès international des industries frigorifiques, qui sera tenu à Paris fin juin 1908. On y traitera des basses températures et de leurs effets généraux, du matériel frigorifique, des applications du froid à l’alimentation, aux industries diverses, au commerce et aux transports. Prix de la souscription : 20 francs. Pour tous renseignements, s’adresser au secrétariat général, 10, rue Poisson, Paris.
- il/. F. Cotte adresse le programme de YExposition des applications de l'électricité à ragriculture et aux arts industriels qui se tiendra à Lyon, au printemps de 1908, sous les auspices de la Société d’agriculture, sciences et arts industriels de Lyon. Pour tous renseignements, s’adresser au' siège de cette Société, 30, quai Saint-Antoine, Lyon.
- Correspondance imprimée. — M. Hitier présente en ces termes les ouvrages suivants offerts à la bibliothèque :
- Messieurs,
- Nous avons reçu pendant les vacances un très grand nombre d’ouvrages, et nous devons nous en féliciter, puisque ainsi s’enrichit notre bibliothèque, et à cet égard, je suis heureux de pouvoir vous dire que grâce à l’activité de notre bibliothécaire, le catalogue de la bibliothèque se poursuit dans les meilleures conditions. Une fois terminé il rendra les plus grands services aux travailleurs de plus en plus nombreux venant chercher des documents auprès de notre Société.
- Parmi les ouvrages, très nombreux, je le répète, offerts à la Société et dont la liste complète paraîtra dans notre Bulletin, je ne retiendrai ce soir que quelques-uns :
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- PROCÈS-VERBAUX.
- OCTOBRE 1907.
- Blancarnoux (Paul). — Le mécanicien industriel. Précis de sciences mécaniques, chaudières et machines, moteurs divers, mécanismes d’ateliers, 850 pages, nombreuses figures. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- L’ouvrage d’un des lauréats de notre Société :
- Guédon (Pierre). — Le mécanicien des chemins de fer, 2e édition, 510 pages, 225 figures. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Notre collègue, M. Lucien Laveur, nous adresse trois petits volumes de son Encyclopédie agricole au XXe siècle. Ce sont :
- Fruits et primeurs du Midi de la France, de M. II. Latière;
- Les raisins de table, de M. H. Latière;
- Les plantes aromatiques de distillerie, de M. Gustave Faliès.
- Boulvin (J.). — Cours de mécanique appliquée aux machines. Moteurs animés, récepteurs hydrauliques, récepteurs pneumatiques, vi-277 pages, 176 figures, 2e fascicule, 2e édition. Paris, E. Bernard, 1907.
- De Suisse, nous avons reçu, de la Commission géologique, un très important ouvrage, renfermant les documents les plus complets sur la géologie de ce pays. Beitrage zur Géologie der Schweiz.
- U Encyclopédie agricole, que dirige, avec tant de talent et d’autorité, notre collègue M. J. Wéry, obtient un succès grandissant chaque jour, de nouveaux volumes paraissent nombreux, et en même temps, les ouvrages parus, il y a deux ou trois ans seulement, ont dû avoir des secondes éditions qui nous sont présentées, mais complètement remaniées et agrandies : tel est le cas pour cet ouvrage.
- Boullanger (Eugène). — Brasserie, hydromels. Introduction par le Dr P. Regnard, ni-538 pages, 99 figures (Encyclopédie agricole). Paris, J.-B. Baillière et fils, 1907.
- M. Boullanger, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur de Lille, avait, il y a deux ans, publié un ouvrage, Industries agricoles de fermentation. Le succès de l’ouvrage a été tel qu’il s’est trouvé épuisé à peine paru et qu’une seconde édition est devenue nécessaire; mais l’auteur et l’éditeur ont repris les Industries agricoles, de fermentation sous une forme beaucoup plus étendue, et trois volumes ont été réservés dans l’Encyclopédie aux industries de fermentation. Le présent ouvrage de M. Boullanger est alors consacré à l’étude de la brasserie et des hydromels.
- Cet ouvrage est la reproduction fidèle de l’enseignement que M. Boullanger a professé en 1905-1906 aux élèves de l’École de chimie de la Faculté des Sciences de Lille. Ce travail rendra de grands services non seulement aux élèves qui désirent acquérir les connaissances théoriques et pratiques indispensables pour aborder l’industrie, mais aussi aux brasseurs et aux agriculteurs, en leur permettant de comparer entre elles les diverses méthodes de fabrication et en leur montrant les services que peuvent se rendre mutuellement la science et la pratique.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- OCTOBRE 1907.
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- Nous avons reçu une série d’ouvrages ayant trait à l’industrie des automobiles, à leur construction, etc., je vous signalerai ainsi : •
- De Ciiabot (lieutenant). —Les automobiles et leurs moteurs, 11.335 p'. 171 fi g. Paris,
- E. Bernard, 1907.
- Dans Y Encyclopédie industrielle, de M. Lechalas :
- Périsse (Lucien). — Traité général des automobiles à pétrole, IV. 503 p. 289 lig. (Encyclopédie industrielle), Paris, Gauthier-Villars, 1907).
- M. Lucien-Périssé, secrétaire de la Commission technique et de l’Automobile Club de France, dans cet ouvrage, présente au public scientifique des éléments d’études, sinon des études complètes, pour permettre aux ingénieurs, aux techniciens et à tous ceux qui ont quelques notions de.l’art de l’ingénieur de se mettre rapidement au courant des principaux éléments des calculs et de la fabrication des véhicules automobiles.
- Marchis (L.). — Leçons sur la voiture automobile. Université de Bordeaux. Faculté des Sciences. Année 1906-1907, xvi-646 p. 356 fig. Paris, IL Dunod et E.Pinat.
- Enfin, et voici qui est bien caractéristique de l’époque à laquelle nous vivons et de l’esprit nouveau qui anime les professeurs de nos universités.
- , M. L. Marchis, professeur de physique générale à la Faculté des Sciences de l’Université de Bordeaux, nous envoie ce beau volume.
- Ce sont ses leçons de l’année 1906-1907, consacrées à la voiture automobile, ouvrage des plus complets, des plus remarquables, venant après les leçons sur les moteurs à gaz et à pétrole, sur la navigation aérienne, etc. Ce nouvel enseignement de M. Marchés montre à quel point nos universités tiennent à honneur d’initier ceux qui suivent leurs cours aux problèmes les plus nouveaux, aux progrès industriels les plus récents, progrès auxquels les travaux de nos professeurs du reste ont largement contribué.
- Études sur l’organisation du travail dans les usines, par M. F.-W. Taylor. In-4°, 412 p. Paris, Dunod et Pinat.
- La Revue de Métallurgie a eu la très heureuse pensée de réunir en un seul volume des articles primitivement dispersés dans les numéros successifs de la Revue : Etudes sur l’organisation du travail dans les usines, par M. F. W. Taylor. Première partie : la taille des métaux; deuxième partie : Y emploi des courroies; troisième partie : la direction des ateliers.
- En tête de cet ouvrage se trouve une remarquable introduction que nous aurions voulu pouvoir reproduire ici in extenso, car elle met bien en lumière les qualités éminentes de M. Taylor, quel plan d’ensemble, admirablement conçu, la amené successivement à ces belles découvertes, entre autres à la découverte des aciers rapides.
- Or, l’auteur de cette découverte a déclaré que la question des aciers rapides n’était qu’un point particulier de son étude d’ensemble, beaucoup plus importante, sur la taille des métaux. La publication de ce premier mémoire dans la Revue de métallurgie a suscité un
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- PROCÈS-VERBAUX.
- OCTOBRE 1907.
- intérêt général,, justifiant pleinement les affirmations de son auteur. Et AI. Taylor déclare que ce mémoire lui-même n'est qu’un cas particulier de son étude d’ensemble beaucoup plus importante encore sur l’organisation du travail dans les ateliers. Le succès qu’il a obtenu sur les deux premiers points exige qu’on examine avec quelque attention la partie de son œuvre à laquelle il attache lui-même le plus d’importance.
- L’idée dominante de cette étude est que l’ouvrier ne produit en général qu’une infime partie du travail qu’il est susceptible de produire, cela pour deux causes principales :
- 1° La direction générale de l’usine ne sait pas organiser le travail pour en tirer tout le rendement possible ;
- 2° L’ouvrier ne cherche pas à produire tout ce dont il est capable; il limite son travail soit par indifférence, soit pour éviter qu’on ne lui demande de faire plus qu’il n’a fait auparavant.
- Il est possible d’obtenir de l’ouvrier un rendement beaucoup plus considérable et même de l’empêcher d’obéir aux ordres des syndicats, tendant à limiter sa production, aux deux conditions suivantes :
- 1° Fixer les salaires en faisant totalement abstraction de la plus ou moins grande production de tel ou tel ouvrier, en utilisant les seules connaissances techniques des ingénieurs ;
- 2° Majorer les salaires donnés aux ouvriers de façon qu’ils aient le désir de majorer effectivement leur production. L’expérience montre que ce résultat est atteint quand on donne aux bons ouvriers un supplément de salaire, dépassant d’au moins 30 p. 100, sans qu’il soit jamais nécessaire d’atteindre 100 p. 100, le salaire moyen des ouvriers ordinaires.
- On arrive dans ces conditions à tripler et à quadrupler le rendement de l’ouvrier, de telle sorte que tout le monde y gagne à la fois. Pour fixer les salaires en dehors de toute intervention de l’ouvrier, ce qui est la base essentielle du système de M. Taylor, les ingénieurs doivent au préalable faire une étude personnelle très détaillée de toutes les parties, en mesurant isolément chacune des opérations élémentaires, dans lesquelles une fabrication donnée sœ décompose. Ces mesures répétées un certain nombre de fois, en observant sans les prévenir des ouvriers quelconques pendant les visites des ingénieurs dans les ateliers, permettent de fixer sans aucune hésitation le temps nécessaire et de reconnaître les circonstances dépendant de l’ouvrier ou de l’organisation de l’atelier, qui majorent inutilement le temps employé.
- Dans certaines circonstances, les ingénieurs devront faire des expériences personnelles pour se rendre compte par eux-mêmes-du temps réellement nécessaire à une opération. C’est dans ces conditions que l’auteur du mémoire a été conduit à entreprendre, sur le travail des métaux, les recherches personnelles qui l’ont conduit incidemment à la découverte des aciers rapides.
- Notre bibliothécaire, M. Garçon, nous a fait hommage du nouvel ouvrage qu’il vient de publier.
- Traité-Répertoire général des applications de la chimie, par Jules Garçon. Tome II :
- Composés du carbone et métaux.
- Le vœu qu’il y a quelques années notre éminent collègue, M. A. Livache, exprimait dans son rapport au nom du Comité des Arts chimiques de voir l’auteur compléter ce Traité-Répertoire est aujourd’hui accompli par lapublicationdutomell. Ouvrage remarquable par sa richesse en renseignements pratiques, disait le rapport, sur le tome I consacré aux métalloïdes et aux composés métalliques; le tome II nous semble encore supérieur par la multiplicité des indications de détail utiles ou intéressantes qu’il renferme. L’auteur, notre collègue et notre bibliothécaire, pour exposer les applications particulières de chaque corps, les rattache directement aux propriétés d’où elles
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- dérivent ; et la multiplicité des publications qu’il a été amené à dépouiller pour ses travaux bibliographiques Tamis àmême d’accumuler une telle infinité d’indications pratiques qu’elles font de cet ouvrage une œuvre dont nous ne connaissons pas l’analogue. Chaque chapitre est précédé d’une vue d’ensemble, au caractère simpliste ; nous citerons par exemple' les généralités sur les azines et les composés azoïques.
- Ce Traité-Répertoire devrait se trouver dans toutes les bibliolhèques et sur toutes les tables des industriels et des chimistes; pas un qui n’en tirerait un grand profit.
- Je vous prie de vouloir bien renvoyer l’ouvrage au Comité de Chimie, et dès maintenant, je suis certain d’être l’interprète de la Société en remerciant M. Garçon de nous en avoir fait hommage et en le félicitant très vivement : M. Garçon est un travailleur infatigable.
- M. Lindet présente en ces termes l’ouvrage de M. Lezé, intitulé :
- Utilisation des débris animaux, in-12, chez Amat, 11, rue de Méziôres, à Paris.
- Quand on lit l’ouvrage de M. Lezé, on est frappé de la multiplicité des industries qui demandent leurs matières premières à l’abatage des animaux et à leurs déchets, et on se demande ce que deviendrait la vie, si on parvenait un jour à rendre le corps des animaux entièrement alimentaire; nous n’aurions plus de cuirs pour nos chaussures, de laines pour nos vêtements, plus de savons ni de bougies pour nos besoins journaliers.
- Ces industries sont donc les complémentaires de celles qui président à notre alimentation, et l’intérêt qui s’attache à elles vaut la peine qu’on* les groupe dans une étude d’ensemble. Elles sont d’ailleurs peu enseignées, parce qu’elles s’adressent à un nombre restreint d’élèves et parce que, comme pour beaucoup d’autres industries, il y a un préjugé qui fait admettre que « cela ne s’apprend pas ». N'en était-il pas de même autrefois de l’Agriculture, et Ton sait les richesses que l’enseignement agricole a déversées sur notre sol.
- Pour analyser le hvre de M. Lezé, il n’y a qu’à passer en revue les différents déchets de l’abatage des animaux, et rechercher leurs destinations. Le sang est utilisé pour l’ahmentation du bétail, pour la fabrication de l’albumine et des engrais ; — les peaux vont à la tannerie, à la mégisserie, à la chamoiserie, à la corroierie, et leurs déchets sont transformés en colle ; — la laine est désuintée et lavée avant d’entrer à la filature. Les os sont prélevés aux abattoirs, aux boucheries et dans les cuisines par les tablettiers, les fabricants de noir animal, de gélatine, de poudres d’os et de superphosphates; — les graisses sont transformées en margarine, en bougies et en savons; — les cornes, les sabots, les ergots sont réclamés par l’aplatisseur et le tablettier; les intestins, les estomacs, les caillettes, par le boyaudier, le tripier, le fabricant de présure, etc. Enfin, il faut prévoir le cas où le cadavre de l’animal n’est pas comestible ou est contagieux; l’industrie de l’équarrissage se charge de le transformer entièrement.
- Ces industries prennent en réalité des matières premières très différentes d’aspect, de constitution et de composition chimique, pour les amener à l’étal de produits manufacturés n’ayant entre eux aucun rapport et destinés à des usages essentiellement variés; elles ne peuvent avoir de point commun que leur origine, et les procédés de
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- transformation ne peuvent être les mêmes. Poursuivies dans des usines ou des ateliers spéciaux pour chacune d’elles, elles sont difficiles à connaître dans leurs détails, M. Lezé, à latin de son livre, s’excuse, pour ainsi dire, et bien à tort, d’avoir peu puisé dans les ouvrages. Nous avons préféré, dit-il, parler de ce que nous avons vu dans les usines de France et de l’étranger, et la plupart des fabrications sont décrites d’après des notes et des observations recueillies surplace. » C’est le meilleur éloge que l’on puisse faire de ce livre, et j’ajouterai que, pour toute personne un peu compétente, M. Lezé pouvait se dispenser de le dire ; cela se voit à chaque page.
- Nominations de membres du Conseil de la Société d’Encouragement. — Sont nommés membres du Conseil :
- M. Guillet, au Comité des Arts chimiques.
- M. Daniel Berthelot, au Comité des Arts économiques.
- MM. de Ribes-Christofle et Mesnager, au Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- M. Dabat, au Comité d’Agriculture.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement : ‘
- M. Baraduc-Muller, ingénieur-chimiste à Paris, présenté par M. Compère.
- M. Dayras, ingénieur-conseil de la Société de Commentry-Fourchambault à Paris, présenté par M. Gruner.
- M. Michaud (Ernest), fabricant de savon à Aubervilliers, présenté par MM. Lindet et Livache.
- M. Quenelle, ingénieur-mécanicien à Haïphong (Tonkin), présenté par MM. Vinsonneau et G. Richard.
- Rapports des Comités. — Est lu et adopté un rapport présenté par :
- M. Violle, au nom du Comité des Arts économiques, sur le pyromètre électrique de MM. Chauvin et Arnoux.
- Communications. — Sont présentées les communications de :
- MM. Lavauden et Bourgeot sur le Classeur centrifuge, nouvelle méthode d’enrichissement des minerais métalliques. »
- M. G. Richard, Revue du trimestre, août, septembre, octobre.
- M. le Président remercie MM. Lavauden, Bourgeot et Richard de leurs intéressantes communications,
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- Séance clu 22 novembre 1907
- Présidence de M. Gruner, président.
- M. Hitler, secrétaire, informe l’assemblée que :
- Notre collègue, M. Lucien Magne, a commencé, au début de novembre, son cours au Conservatoire des Arts et Métiers: — Cours d'art appliqué aux métiers. — A cette occasion était inaugurée au Conservatoire national des Arts et Métiers, dans la grande salle du Musée, l'exposition permanente du cours d’art appliqué aux métiers, professé depuis neuf années, par M. Lucien Magne, on sait avec quel succès.
- Notre collègue a réuni là de nombreux projets et un certain nombre de pièces exécutées, soit d’après ses dessins, soit d’après ceux de ses élèves. L’administration du Conservatoire a voulu montrer par là les effets heureux déjà produits par cet enseignement et l’influence qu’il avait eue sur ce qui est appelé « les arts industriels ». Ce musée deviendra dans l’avenir, pour ainsi dire, le musée des chefs-d’œuvre des différentes corporations (aujourd’hui abolies) d’artistes et d’artisans, et ces pièces de maîtrise seront pour tous le meilleur enseignement. '
- M. Hitier présente en ces termes, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants, offerts pour notre bibliothèque:
- Parmi les ouvrages que nous avons reçus à la Bibliothèque, je vous signalerai aujourd’hui :
- 1. Aragon (Ernest). —Résistance des matériaux appliquée aux constructions, tome III (Bibliothèque du Conducteur de Travaux publics). Paris, H. Dunod et
- E. Pinat, 1908).
- 2. Fischer (Emil). — Guide de préparations organiques à l’usage des étudiants.
- Traduit sur la 7e édit, allemande. Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- La première édition de ce petit guide, disent les traducteurs, date de près de vingt ans déjà. La septième édition représente donc l’expérience pédagogique retirée de l’enseignement pratique d’un quart de siècle, dans les laboratoires de M. Fischer.
- 3. Bazard (A.). — Cours de mécanique. Tome III: Hydraulique. Paris, E. Bernard,
- éditeur.
- 4. Grimshaw (Robert). — La construction d’une locomotive moderne. Paris, Gaulhier-
- Villars, 1907.
- C’est la traduction, par M. Ponsignon, de la deuxième édition allemande de cet ouvrage qui nous fait connaître les stades de la construction d’une locomotive mo-
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- dernetels qu’ils se succèdent dans un des ateliers de construction de locomotives des importants du monde entier, à l’usine Baldwin (États-Unis).
- 5. Rousselet (Louis). — Mécanique, électricité et construction appliquée aux appareils de levage. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907.
- M. Louis Rousselet commence ici la publication des procédés qui l’ont amené à projeter et à étudier avec rapidité et frais réduits les machines et appareils qui lui ont été demandés dans sa carrière d’ingénieur.
- « Il arrive presque toujours, dit M. Rousselet dans sa préface, que les ingénieurs naissent à la vie industrielle, y vivent et y meurent, sans penser jamais à laisser à ceux plus jeunes qui leur succèdent les nombreux moyens qu’ils ont pu découvrir, dans leur carrière, pour mener à bien la tâche qui leur était confiée.
- « De sorte que les successeurs doivent à leur tour rechercher à nouveau ce qui était résolu auparavant, sans, pour cela, faire avancer d’un pas leur spécialité industrielle. » C’est en vue de rompre avec ses coutumes, avec l’espoir que son exemple sera suivi par nombre d’ingénieurs, que M. Rousselet a publié ce premier ouvrage.
- M. Rousselet fait, du reste, observer que, ce faisant, il ne prétend rien innover. « Dans les pays où l’industrie a prospéré d’une façon si prodigieuse dans un laps de temps relativement très court, c’est à la diffusion des lumières, à l’esprit de suite et à la persévérance qu’ils doivent les résultats acquis. »
- Le profond désir de M. Rousselet est de voir s'implanter, dans notre pays, les mêmes coutumes.
- L’ouvrage de M. Louis Rousselet est très important, et je prierai le Comité compétent de vouloir bien l’examiner :
- 6. Le tome Xfll des travaux du Bureau international des poids et mesures renferme, entre autres mémoires originaux de grande importance :
- Nouvelles études sur le thermomètre à gaz, par P. Ciiappuis. La réduction de leurs indications à l’échelle absolue des températures, par Daniel Bertrelot. Dilatation du mercure, Dilatation de l’eau, par C. Cuappuis. L’étalonnage ds échelles divisées, par Ch.-Ed. Guillaume. L’étalonnage des séries de poids, par J.-R. Benoît.
- 7. Le Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts nous a envoyé :
- Ministère de VInstruction publique et des Beaux-Arts. Inventaire général des richesses d’art de la France. Monuments religieux, Province, tome IV.
- Pour ce*qui concerne Maine-et-Loire, et en particulier la cathédrale et les églises d’Angers, les notices sont dues à M. G. Denais; et, pour la cathédrale et les églises du Mans comme pour les autres principaux monuments religieux de la Sarthe, les notices ont été rédigées par M. le chanoine A. Ledru.
- 8. Merklen (François). Études sur la constitution des savons du commerce dans ses rapports avec la fabrication. Marseille, Barlalier.
- Notre collègue, M. A. Haller, a écrit en tête de cet ouvrage une préface dans laquelle, après avoir rappelé que, jusqu’ici, l’industrie des savons vivait de traditions
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- uniquement basées sur un ensemble d’observations accumulées au cours des âges, il se félicite de constater le mouvement tout récent, les tentatives actuelles faites en vue de rajeunir la question et de la mettre en harmonie avec r.os connaissances actuelles.
- Parmi les travaux précisément qui ont paru ces dernières années, il signale celui de M. Merklen, un de ses anciens élèves. « Il n’en est pas, dit-il, de plus suggestifs, ni de plus consciencieux que ceux qui sont consignés dans cette brochure.
- « Envisageant le problème sous un aspect tout nouveau, M. Merklen^a cherché à l’éclairer à la lumière des théories nouvelles.
- « C’est ainsi qu’il applique, résolument et très ingénieusement, à l’industrie du du savon la règle des phases et considère les principaux cas qui peuvent se présenter.
- « Il attribue d’autre part aux savons et à leurs solutions aqueuses une nature colloïdale, et montre que cette façon de les considérer concorde pleinement avec ce que nous savons déjà sur ce singulier état que peuvent affecter certaines matières d’ordre minéral et organique.
- « C’est bien avec balance, liqueurs titrées, et réactifs indicateurs en main, qu’opère M. Merklen.
- « Il ne se borne du reste pas à faire ses opérations in vitro, dans un ballon de laboratoire, mais fait des traitements semi-industriels.
- « Les conclusions qu’il tire de ses essais et de ses observations ont par conséquent une base solide; sont très suggestives, parce qu’elles sont riches en indications sérieuses.
- « Nous ne saurions trop recommander la lecture de cet opuscule à tous ceux qu’intéresse l’industrie savonnière, aux théoriciens et aux praticiens, persuadés que nous sommes qu’ils en tireront le plus grand prolit.
- « Ce travail fait le plus grand honneur à son auteur ainsi qu’à l’industriel sagace et à l’esprit large qui en a autorisé l’exécution dans ses usines et laboratoires. »
- • Nous devons donc remercier notre collègue, M. Haller, qui a provoqué un si heureux travail.
- 9. Tassart (L.-C.). Exploitation du pétrole. Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1908.
- C’est un ouvrage considérable grand in-8° de 756 pages avec 310 figures et 17 planches, écrit par un ingénieur qui a étudié et pratiqué d’une façon spéciale l’industrie du pétrole. Quelle est l’importance de cette industrie dans le monde, quel rôle y joue et pourrait y jouer la France? Voici ce qu’en dit M. Tassart dans l’introduction du présent volume :
- « L’industrie du pétrole est aujourd’hui considérable l’extraction, en tonnes, a, en effet, été pour 1906 :
- 16 000 000 tonnes.
- 8 000 000 —
- 1 400 000 —
- 890 000 —
- 760 000 —
- 360 000 —
- 175000 —
- 80 000 —
- 100 000 —
- États-Unis . . Russie' . . . Sumatra-J a va Roumanie. . Galicie . . . Inde .... Japon. . . . Allemagne. . Divers. . . .
- Total
- 27 963 000 tonnes.
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- « Les États-Unis, seuls, estiment la valeur du pétrole extrait sur leur territoire à 84 157 000 dollars, pour 1905, soit environ 436 000 000 de francs (1).
- « Mais les États-Unis, outre le pétrole, extraient aussi dans leurs champs pétrolifères, ou dans leur voisinage, du gaz combustible naturel dont la valeur était, en 1905, de 41 562 000 dollars, soit au total 125 799 000 dollars, ou 670 000 000 de francs, et la valeur totale du pétrole extrait aux États-Unis, depuis 1859, est estimée à 1 442 000 000 de dollars, soit 7 500 000 000 de francs.
- « Le mouvement annuel total de fonds que représente l’industrie du pétrole, y compris les redevances fiscales et les sous-produits de toute nature qui dérivent de ce produit naturel, ne doit pas être loin de trois milliards de francs, autant qu’une statistique de ce genre peut être exacte. Ces chiffres se passent de commentaires.
- « Malgré l’importance de cette industrie, les Français y sont restés, jusqu’à présent, à peu près étrangers, et il n’y a guère qu’un petit nombre d’entreprises françaises qui, en dehors du raffinage pratiqué en France, pour les besoins du pays, se soient occupés de la production du pétrole. Cette industrie offre des perspectives d’accroissement très importantes, et l’on ne peut expliquer cette abstention que par le peu de réussite des quelques entreprises d’extraction commencées xpar des Français à l’étranger, la plupart du temps dans des conditions déplorables.
- « Faire connaître en France cette industrie, afin de permettre aux intéressés de se mettre en garde contre les aléas qu’elle présente tout en leur en montrant les avantages et les inconvénients, leur indiquer la marche à suivre, pour diminuer dans une très grande mesure les chances d’insuccès, car il ne peut être question de les faire disparaître complètement, tel est le but de ce livre.
- « Dans un premier volume, nous nous occuperons spécialement de ce quia trait au pétrole brut et tout d’abord nous examinerons les procédés de sondage les plus employés pour l’extraction du pétrole, puis nous passerons en revue les différentes régions où le pétrole est exploité, ainsi que eelles où les indices de sa présence ont été signalés ; nous examinerons ensuite'la façon de conduire les recherches, ainsi que les soins à prendre dans l’exploitation des sondages ; les propriétés chimiques du pétrole brut etles principaux corps qui entrent dans sa composition, et nous terminerons par l’examen des différentes théories qui ont été émises pour expliquer la genèse du pétrole.
- « Nous verrons que certaines de ces théories permettent d’admettre que le pétrole se forme encore de nos jours, en sorte que si elles étaient confirmées, tout à l’inverse de la houille dont les réserves sont limitées, le pétrole serait, au contraire, un combustible pouvant parer aux besoins futurs, tout en nécessitant des recherches déplus en plus délicates, à mesure que les gisements superficiels sont épuisés. »
- 10. Ringelmann (Max). —.La construction des bâtiments ruraux (dans la Petite Encyclopédie agricole, publiée, sous la direction de M. L. Grandeau, par la maison
- Hachette).
- C’est la seconde édition revue et augmentée d’un ouvrage, qui fort justement a été très apprécié par les agriculteurs etles propriétaires, pour lesquels il a été écrit. Ils y ont, en effet, trouvé ces grandes qualités de clarté, de précision, cette abondance des détails réellement utiles, qui caractérisent tous les ouvrages de notre savant collègue.
- (1) La production des États-Unis pour 1907 atteindra et peut-être dépassera 20 000 000 de tonnes, correspondant à peu près à une valeur de 500 millions de francs.
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- 11. Ballaxd (A.) et Luizet (D.). — Le chimiste Z. Roussin.
- Paris, J.-B. Baillière et fils, 1908.
- Cet ouvrage intéressera particulièrement les membres de la Société d’Encourage-ment pour l’Industrie nationale : c’est, en effet, un hommage et un hommage hautement mérité rendu à un ancien collègue. Roussin fut membre de notre Comité des Arts chimiques en 1887, après avoir été un des grands lauréats de notre Société en 1886 (prix de 3 000 francs pour l’utilisation de la naphtaline).
- Une notice biographique due à M. H. Chasles nous retrace la vie et la carrière-si bien remplies de Roussin, « tombé au champ d’honneur, victime de son profond amour pour la science », à son laboratoire même, le 8 avril 1894.
- De la préface que notre collègue. M. A. Haller, a écrite en tête de l’ouvrage, je détache les quelques lignes suivantes :
- « Z. Roussin faisait partie de ce grand corps (des pharmaciens de l’armée) auquel la science est redevable,depuis Scheele jusqu’à nos jours, de cette pléiade de savants qui, dans tous les pays, ont laissé des traces impérissables de leur savoir et de leur génie.
- « Toutenremplissantsesfonctionsavec une ponctualité, une conscience et une intelligence remarquables, il se livra à sa passion favorite et cultiva la chimie avec un succès qui ne s’est pas démenti jusqu’à la fin de sa carrière. Il dota la science de plusieurs méthodes devenues classiques, entreprit des recherches dans toutes les branches de la chimie : analyse, toxicologie, chimie minérale, chimie organique, etc., et marqua tout ce qu’il abordait de son empreinte d’esprit ingénieux, sagace et clairvoyant. Dans la longue suite de ses travaux, ceux concernant les colorants artificiels tiennent toutefois une place prépondérante dans l’œuvre si féconde de Roussin.
- « Ses premières études sur la naphtaline, sa découverte de la naphtazarine, dont la production ne devait manquer de susciter des recherches en vue de la synthèse de l’alizarine révèlent chez l’auteur l’intuition qu’il avait du rôle important un jour de ce carbure dont les usines à gaz ne savaient que faire.
- « Néanmoins son plus beau titre de gloire, celui qui fera que son nom occupera toujours une place dans les Annales de l’industrie des colorants artificiels, est sa découverte des colorants azoïques.
- « Dès la mise à jour des premiers représentants de ces matières, il avait d’ailleurs la perception bien nette de la fécondité des réactions auxquelles elles devaient leur production.
- « C’est par suite de cette fécondité, et d’un manque opportun de collaborateurs susceptibles de donner aux réactions trouvées toute l’extension prévue, que Z. Roussin et avec lui l’industrie française n’ont pu tirer tout le parti possible des applications qui découlaient de la nouvelle invention.
- « Nous devons être reconnaissants à la famille, aux amis et aux collaborateurs dévoués de Roussin, de nous avoir donné une image fidèle du maître, en même temps que des documents qui nous permettent de fixer, d’une façon définitive, un point d’histoire d’un des chapitres les plus suggestifs de l’Industrie des colorants artificiels. »
- 12. — M. Lavalard, membre du Comité d’Agriculture, présente Y Album-guide de Vinspection sanitaire des viandes, par M. Aureggio, vétérinaire principal.
- M. Aureggio, vétérinaire principal à Lyon, fait hommage à notre Société d’un important ouvrage qu’il vient de publier, intitulé : Album-guide de Vinspection sanitaire des viandes.
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- La loi du S janvier 1905 ayant réglementé en France l’inspection sanitaire des tueries et abattoirs, cet ouvrage a pour but d’en faciliter l’application, dans les communes, auv contrôleurs civils et militaires, en vulgarisant par l’image coloriée les notions d’anatomie, de pathologie concernant l’inspection et en condensant par des légendes sommaires les nombreux travaux sur l’hygiène et l’alimentation humaine.
- L’Album-guide est illustré de nombreuses gravures en couleurs, représentant les viandes saines, la topographie des ganglions, les lésions et les maladies des animaux de boucherie, de la basse-cour, des poissons, etc.
- L’ouvrage se complète par des plans et des descriptions d’abattoirs nouvellement construits et pouvant servir d’exemples. Il résulte des constatations nombreuses, non seulement de M. Aureggio, mais de tous les vétérinaires, de tous les hygiénistes qui se sont occupés de cette question, que les tueries et abattoirs en France sont dans les plus déplorables conditions de propreté, d’hygiène et d’aménagement.
- On doit reconnaître aujourd’hui que tous les abattoirs existants, même ceux de Paris, sont à réédifier et que l’organisation des tueries est à créer dans toutes les communes de France. Nous savons combien il est difficile de trouver dans les petites communes des contrôleurs capables de remplir leur mission; ce livre leur facilitera leur tâche et leur rendra les plus grands services.
- Nous vous proposons d’adressér nos plus sincères remerciements à M. Aureggio.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Je vous ai, dans notre séance du 25 octobre ;t), parlé du premier des grands Cunard transatlantiques à turbines la Lusilania- Son partenaire, la Mauretania, vient d’accomplir très heureusement ses premiers essais, et je crois utile de vous en dire quelques mots. Les dimensions principales du navire sont les mêmes que celles de la Lusilania, et je n’insisterai pas sur le luxe également extraordinaire de ses aménagements ; je me bornerai à signaler quelques détails particulièrement intéressants, enren-voyant le lecteur désireux de mieux connaître ce magnifique navire à la belle monographie qu’en a donnée Y Engineering, dans son numéro du 8 novembre.
- Comme pour la Lusilania, la dépense de charbon par voyage est formidable, mais elle est aussi des plus économiques si on la rapporte à une unité de travail utile comparable à la tonne-kilomètre des chemins de fer, c’est-à-dire aux 100 tonnes-mile de déplacement. Cette dépense n’est que de 5 kilogrammes, avec un déplacement de 38 000 tonneaux et une puissance de 68 000 chevaux, ou de 1 ch. 8 par tonneau de déplacement ; elle était, en 1900, de5kg,45, avec des navires de 23000 tonneaux et de 40 000 chevaux.
- La Mauretania a été construite aux chantiers de Walsend, sur la Tyne. L’étude de courbes de sa coque y a été l’objet d’essais exceptionnellement nombreux et approfondis, à l’aide d’un modèle au 1 : 16, ou de 14m,45 de long, avec quatre hélices commandées par des dynamos, et tous les appareils nécessaires pour en mesurer le rendement, relever la forme des ondes du navire, le frottement de sa coque..., en faisant manœuvrer ce modèle dans un bassin profond, d’environ 400 mètres de long. Ces expériences ont fourni des résultats extrêmement précieux, qui ne sont pas publiés en détail, et parmi lesquels il convient de signaler la réalisation d’hélices permettant de fonctionner à des vitesses de 180 tours avec un excellent rendement.
- (1) Bulletin d’octobre 1907, p. 1043.
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- La question de la rivure des tôles a été étudiée d’une façon toute spéciale, et l’on s est arrêté, après bien des essais, aux formes^ de rivets représentés par la figure 1, avec des troncs de cône à génératrices inclinées de 18°,5 sur l’axe du rivet, dans les
- tôles intérieures, et de 20° dans les tôles extérieures. Ces rivets, au nombre de 4 millions, ont été posés par des riveuses hydrauliques exerçant une pression de 50 tonnes, et chauffés dans des fours moufles au pétrole à deux étages (fig. 2), qui pouvaient fournir chacun, par jour, 3 000 rivets de 22 X 76 millimètres.
- Tome 109. — Décembre 1907.
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- Parmi'les pièces de forge les plus remarquables de la coque, je citerai l’étambot d’acier, que vous voyez sur cette projection, et qui pèse lOf tonnes ; le gouvernail, de 39 mètres carrés, pèse 63 t. 3. Les voies de lançage de la Mauretania ont été aussi étudiées dans leurs moindres détails, et ont parfaitement réussi;le paquebot les a descendues victorieusement en 33 secondes, et s’est arrêté après un parcours de 300 mètres environ dans la rivière. Ces voies de lançage sont décrites en détail dans Y Engineering
- Fig. o. — Vanne de lm,90 des turbines de la Mauretania.
- et on ne saurait trop en recommander l’étude aux constructeurs de navires désireux de ne pas manquer leurs inaugurations.
- L’armement delà Mauretania comprendrait, en temps de croisière, 12 canons de 130 ; il est comparable à celui de croiseurs de première.classe, coûtant 23 000 000 francs pièce, mais ne pouvant guère marcher plus de quarante heures à 23 nœuds, tandis que la Mauretania, ainsi que la Lusitania, peuvent marcher quatre jours à 23 nœuds, c’est-à-dire avec un rayon d’action et une vitesse d’attaque, ou de fuite, incomparable.
- La disposition des chaudières et des turbines est sensiblement la même que sur la Lusitania, et les quelques projections suivantes achèveront de vous donner une idée de la grandeur de ces machines. Comme particularité des plus intéressantes, je si-
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- gnalerai la construction des tambours des rotors en acier comprimé Whitworth, machiné à l’intérieur et à l’extérieur, avec toutes leurs nervures d’une seule pièce, et ajustés avec une précision telle qu’ils n’ont exigé aucune retouche pour leur équilibrage parfait, et très difficile, si l’on songe que les rotors de basse pression ont 3m,3o de diamètre et pèsent 120 tonnes, avec des aubes de longueurs variant de 200 à 360 millimètres. Les tambours des rotors de basse pression sont en trois longueurs, et tirés d’un lingot de lm,80 de diamètre, de 120 tonnes, et soumis, à l’état liquide, à une pression de 12 000 tonnes. La longueur totale de ce rotor de basse pression est, entre paliers, de 14m,70. Tous les rotors sont à huit étages de détente. Les enveloppes, en
- Fig. 6. — Pompes à air sèches de la Mauretania.
- fonte, ont été, après nettoyage et ébarbage, soumises à un recuit à 450° pendant vingt-quatre heures, suivi d’un refroidissement très lent.
- Les aubes sont, comme vous le montrent ces projections, disposées en segments, faciles à travailler et à fixer au point qu’on a pu, en quatorze jours seulement, armer une turbine de 50 000 aubes. Le mode dè fixation adopté, pour ces aubes, après de nombreux essais, a été celui, bien connu, de Parsons; et les aubes ont été fabriquées au moyen de machines spéciales, des plus ingénieuses et précises.
- La tuyauterie des chaudières et des turbines comporte de nombreuses dispositions spéciales. La vapeur arrive aux turbines de haute pression par deux conduites en tôle de 610 millimètres de diamètre, avec valves commandées soit à la main, soit par des manœuvres hydrauliques de Brown, et soumises à un régulateur Aspinall (1) d’une
- (I) Bulletin d’avril 1899, p. 620.
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- action vive et sûre, qui les ferme automatiquement en cas d’emballement des turbines. Avant d’arriver aux turbines, la vapeur traverse un séparateur d’eau centrifuge. Dans les manœuvres de ports, on supprime les turbines de haute pression, et on ne marche qu’avec celles de basse pression et celles de marche arrière, qui reçoivent leur vapeur de deux valves conjuguées commandées par eau sous pression ou à la main (fig. 3). Les valves d’admission aux turbines de haute pression sont commandées
- Fig. 7. — Stérilisateur tubulaire F orbes.
- à la main par (fig. 4) un mécanisme très robuste et simple. La sortie de la vapeur des turbines de haute pression à celles de basse pression est commandée par des vannes de lm,90 de diamètre (fig. 3), avec frottements sur anneaux de bronze, roulant sur des galets, et actionnées, au moyen de transmissions hélicoïdales, par deux vis qu’entraîne une dynamo de 16 chevaux marchant à 1150 tours par minute ; elles peuvent se fermer en deux minutes. Les turbines de basse pression s’ouvrent aux condenseurs par des rectangles de 3m,20 X 4m,70, de manière à n’offrir aucune résistance au passage de la
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- vapeur. Ces condenseurs sont, comme ceux de la Lusitania, pourvus de pompes à air sèches et à eau. Les pompes à air sèches sont (fig. 6) groupées en deux paires, à cylindres de 180 x 610 millimètres de diamètre, et permettent de maintenir couramment un vide de 710 millimètres, indispensable au fonctionnement économique des turbines.
- Aux essais, pendant une cinquantaine d’heures, le 16 octobre dernier, la Mauretania a maintenu facilement une vitesse de 26 nœuds en moyenne, avec des vitesses de rotation des hélices de 188 à 193 tours par minute, une pression de 12kg,5 aux chaudières et de 10ks,5 à l’admission, tombant à celle de l’atmosphère après le premier étage des aubes de basse pression, et au vide de 710 millimètres au sixième. La vitesse des tur- ' '±.
- bines atteignit jusqu’à 198 tours par minute, corres- JJ
- pondant, pour le rotor de basse pression de 120 ton-nés, à une vitesse périphérique de 47 mètres par seconde, et ce avec un jeu des aubes de 2 milhmètres . ~
- seulement ; marche extrêmement douce, silencieuse et presque sans vibrations.
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- Fig. 8. — Stérilisateur Forbes (fig. 7).
- Notre Société a, en 1903 (1), décerné l’une de ses plus hautes récompenses : un prix de 3 000 francs, au stérilisateur Forbes, exploité, en France, par M. Lepage ; cet appareil s’est, depuis, considérablement développé dans son pays d’origine : les États-Unis ; en voici deux exemples (2).
- L’appareil que vous voyez sur cette projection est (fig. 7 et 8) du type tubulaire, où la simple cloison refroidissante des petits appareils est remplacée par un faisceau de tubes de laiton étamés. L’eau à stériliser arrive autour de ce faisceau tubulaire, au bas, par un flotteur à niveau constant; elle monte le long des tubes, passe dans le vaporisateur, que vous voyez à droite, et sa vapeur condensée revient, par l’intérieur des tubes, au bas de la colonne, d’où on la recueille. Comme dans l’appareil que vous avez primé, la vaporisation ne dure qu’un instant, c’est-à-dire que la vapeur est immédiatement condensée en cédant presque toute sa chaleur à l’eau qui monte autour des tubes condenseurs, de sorte que le fonctionnement de l’appareil est extrêmement économique. Dans le type que vous avez sous les yeux, la chaudière est chauffée par de la vapeur passant dans un petit faisceau tubulaire; il peut fonctionner avec de la vapeur à un dixième d’atmosphère de pression effective, et cette vapeur peut, en la lançant dans le faisceau tubulaire, servir à stériliser l’appareil même. Dans les grands appareils, la dépense de charbon ne serait que d’un kilogramme environ par mètre cube d’eau traitée. Le type à vapeur permet de stériliser jusqu’à 2 mètres cubes par heure, et l’eau n’en sort qu’à une température supérieure de 1 à 2 degrés à celle de l’eau qui y entre. La compagnie Forbes installe de ces appareils permettant de stériliser jusqu’à 2 000 mètres cubes par heure,
- (1) Bulletin de mai 1903, p. 609.
- (2) Engineerings News, 31 octobre 1907.
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- Le second appareil, que vous présente cette projection, est (fig. 9) destiné au service des armées en campagne. Il comprend, le tout monté sur un chariot, une chaudière tubulaire, une pompe Worthington, un filtre au noir animal, un réservoir en cuivre étamé pour l’eau filtrée et un, de 700 litres, pour l’eau stérilisée, un stérilisateur tubulaire chauffé à la vapeur, et une pompe à main auxiliaire. C’est la vapeur d’échappement de la pompe Worthington qui chauffe le stérilisateur. La mise en train dure onze minutes ; le poids est de 1 400 kilogrammes environ ; le débit maximum est
- Fig. 9. — Stérilisateur Forbes de l’armée américaine.
- de 1 800 litres par heure, sortant à une température supérieure de 10° environ à celle de l’eau à l’entrée. L’appareil résiste parfaitement aux transports rapides sur les routes défoncées.
- Enfin voici, pour les campements, un appareil des plus rustiques, ehauffé à la gazo-line, et que l’on empaquette entièrement dans le tonneau qui l’alimente en fonctionnement.
- Je vous ai souvent entretenus de l’application de la surchauffe aux locomotives (1), application qui ne fait que s’étendre,et sur laquelle j’aurai bientôt l’occasion de revenir. Je vous demanderai la permission de vous signaler aujourd’hui un très curieux brevet français, relatif à la surchauffe, et qui montre combien ses auteurs : MM. Quillac et Mon-cheuil, ont été en avance de leurs temps. C’est un brevet : le n° 4845, pris, le 3 juillet 1849, avec addition, le 7 août 1849, puis seconde addition, le 29 juin 1850, par M. Mon-
- ^1) Bulletin de mars et octobre 1905, p. 322 et 429; mai 1906, p. 604,
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- cheuil, alors directeur du chemin de fer de Montereauà ïroyes. Voici.le texte de cette très remarquable addition, facile à suivre sur cette projection (I).
- Dans la figure 10, qui représente une locomotive, le réchauffeur B est composé de deux tubes concentriques ; le tube intérieur est traversé par une partie des gaz chauds pris direc-
- Surchauffeur Moncheuil (1850).
- Fig. 11. — Surchauffeur Moncheuil.
- tement sur le foyer, et dont la quantité est réglée par un clapet. Le récliauffeur est supposé placé au-dessus du corps cylindrique delà chaudière, mais il pourrait avoir toute autre position, et être composé de plusieurs parties :
- A soupape d’équilibre entre la chaudière et le réchaulfcur ; B récliauffeur; C tuyaux de vapeur non saturée; D boîte à vapeur; II soupape de sûreté; K garniture en matières qui conduisent mal la chaleur.
- (1) Déjà signalée par M. Mallet (Bulletin (te te Société des Ingénieurs cicils de France, décembre 1900j,
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- La-figure 11 représente un réchauffeur composé d’un faisceau de tubes placé à l’intérieur d’un gros, tube; ces tubes pourraient former un serpentin ou affecter toute autre disposition analogue. 11 pourra être bon, pour la conservation de l’extrémité des tubes ré ch au f-
- Fig. 12. — Surchauffeur Moncheuil.
- Fig. 13. — Surchauffeur Schmit de l’État belge.
- feurs, de les garantir du choc direct de la flamme par une rondelle de fer placée à l’entrée du gros tube, dans un plan vertical et concentrique avec ce tube, et d’un diamètre tel qu’un passage suffisant soit laissé à la flamme entre cette rondelle et la paroi interne du gros tube:
- Dans la disposition indiquée dans les figures, il serait nécessaire d’ajouter un réservoir de vapeur désaturée pour suppléer à la faible capacité des petits tubes relativement à leur sur-
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- face ; ce réservoir devrait être placé de manière à être bien à l’abri du refroidissement. Dans les machines à cylindres extérieurs, on pourrait le placer entre les cylindres, et, dans les autres machines, latéralement à la boîte à fumée et de manière à l’entourer d’air chaud. On comprend d’ailleurs que cette disposition peut être extrêmement variable.
- La figure 12 montre un réchauffeur tubulaire composé d’un grand nombre de petits tubes chauffés par série dans des tubes de dimensions convenables pour être fixés par des bagues, comme les autres tubes des locomotives. Dans chaque série, une extrémité d’un groupe de petits tubes reçoit la vapeur saturée et l’autre conduit la vapeur désaturée dans le réservoir.
- Les préliminaires du brevet de 1849 renferment, en outre, des considérations extrêmement remarquables sur l’économie d’eau et de combustible àtirerdela surchauffe, et il est facile de reconnaître, sur les figures de l’addition de Moncheuil, les caractéristiques essentielles de l’un des surchauffeurs les plus répandus aujourd’hui sur les locomotives, celui de Schmit (fig. 13). Cette observation n’enlève rien au mérite de M. Schmit, dont les appareils diffèrent de celui-ci par de nombreux détails importants, et il n’y a pas à s’étonner outre mesure de l’insuccès de l’invention de Moncheuil, car on ne connaissait, à cette époque, ni les hautes pressions de nos jours, pour lesquelles la surchauffe est principalement utile, ni les moyens de construction, notamment les distributions et les appareils et surtout les huiles de graissage permettant aux mécanismes de la supporter. lime semble néanmoins que, ces réserves faites, le brevet de MM. Quillac et Moncheuil méritait de vous être signalé.
- Je vous ai décrit, dans notre séance du 24 juin 1904, le très ingénieux téléphotographe de Korn, qui vous sera, je l’espère, bientôt présenté par son constructeur français, notre collègue, M. Carpentier; je vous dirai, ce soir, quelques mots d’un autre appareil, le téléphotographe de M. Belin, également des plus ingénieux et très simple, en principe du moins. Cette simplicité tient surtout à ce que, dans l’appareil de M. Belin, on se passe entièrement du sélénium, dont M. Korn utilisait les variations de résistance électrique sous l’action de la lumière, et qu’il est très difficile de régler.
- Le fonctionnement du téléphotographe de M. Belin est fondé sur l’amplification des reliefs, absolument insensibles au toucher, que présente une photographie sur papier carbone, et qui sont proportionnels aux intensités des teintes de ces photographies. Si donc, au poste émetteur, on enroule une de ces photographies sur un cylindre C (fig. 14) (1) sur lequel appuie une touche D, et si l’on fait tourner ce cylindre en même temps qu’il avance suivant son axe, le levier B de la touche D oscillera d’amplitudes proportionnelles aux reliefs de la photographie A, dont tous les points passeront successivement sous la touche D. En un mot, le levier B oscillera en fonction des teintes ou de l’image de A. Il en résulte que, si l’on fait agir l’une des extrémités de ce levier sur un rhéostat R, intercalé dans le circuit d’une pile B, l’intensité du courant de ce circuit variera aussi en fonction des teintes de A, de sorte que, si l’on intercale dans ce circuit LL un électro-aimant, ou son équivalent, agissant sur une armature reliée à un miroir M, ce miroir se mettra à osciller toujours en fonction du relief ou de l’image de A, et qu’il en sera de même du rayon d’une lampe S, qu’il réfléchira sur un écran G.
- Derrière cet éran transparent, se trouve une lentille qui renvoie le rayon de M qui le traverse, et quelle que soit la position de son incidence sur G, en un même point T. Or l’écran est en un verre dégradé, c’est-à-dire de teintes décroissant unifor-
- (1) Illustration, 16 novembre 1907.
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- mément du noir presque opaque à la transparence absolue, de sorte que, suivant la position de l’incidence de rayon de M sur G, l’intensité lumineuse variera, au point T, du presque noir ou nul à l’éclat même de la lampe S, et comme la position de cette incidence est fonction de l’image photographique en A, il en résulte que les variations de l’intensité lumineuse au point T seront aussi fonction de cette image. On voit immédiatement que, si l’on fait se dérouler derrière T un papier photographique A', enroulé sur un cylindre G', animé du même mouvement hélicoïdal que le cylindre C, le point lumineux T reproduira, point par point, sur A', l’image de A.
- Tel est le principe, vous le voyez, extrêmement ingénieux et facile à saisir du téléphotographe de M. Édouard Belin. Il va sans dire qu’il n’a pu être réalisé qu’à la suite de nombreux essais, et grâce à tout un monde de détails raffinés et curieux, dont je ne puis rien vous dire aujourd’hui. Je me bornerai à vous assurer que les résultats
- i- — Cjimdrf
- A. — Epreuve
- Poste transmetteur.
- ' • - Poste récepteur.
- Fig. 14. — Schéma du téléphotographe Belin.
- sont, comme vous pouvez le voir d’après les deux projections que je fais passer sous vos yeux, vraiment surprenants : ces reproductions, obtenues à une distance de l c200 kilomètres, sont beaucoup plus fines que celles que donne l’appareil de Korn, M. Belin a, tout récemment, fait fonctionner son appareil devant la Société de photographie, à Paris, où l’on a pu constater son succès. Grâce à l’obligeance de l’un de nos vice-présidents, M. Pector, M. Belin viendra bientôt vous présenter, lui-même, son téléphotographe, plus parfait encore qu’il ne l’est aujourd’hui, et je puis vous assurer que cette présentation sera des plus intéressantes.
- Vous savez avec quel succès on applique aujourd’hui les trieuses électromagnétiques à l’enrichissément des minerais les plus divers ; un professeur de l’Université de Liège, M. Prost, a, tout récemment, essayé d’appliquer ces appareils à l’épuration magnétique des charbons. Son but était de séparer de certains charbons, réduits en grains de 8 millimètres au plus, les matières ferrugineuses qu’ils contiennent, et qui ontl’efTet fâcheux d’abaisser considérablement la fusibilité de leurs scories. Cette séparation échoua complètement. Sous l’action de P électro-aimant, le charbon se partage bien en une partie magnétique attirée et en une partie non magnétique, mais le fer no se concentre pas dans les parties attirées, de sorte que les parties non attirées sont souvent plus ferrugineuses que les autres. Mais, en revanche, on put ainsi réduire très notablement la teneur en cendres des houilles,
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- Cette réduction s’opère bien plus économiquement par les procédés usuels du lavage des houilles, et ce n’est qu’à la suite de perfectionnements notables que l’on pourra, peut-être, remplacer ces lavages par des trieurs magnétiques; mais il est un cas particulier, très important, celui de l’épuration des houilles menues à coke, pour lequel l’application de ce mode de triage paraît moins lointaine. Voici comment s’exprime à ce sujet M. Prost, dans le numéro de septembre dernier de la Revue universelle des Mines et de la Métallurgie :
- On me permettra de signaler un cas pour lequel Yépuration magnétique, c’est-à-dire une épuration à sec, serait particulièrement intéressante. Il s’agit de la fabrication du coke. On sait, en effet, que nombre de houilles à coke ne peuvent être lavées sans perdre leur propriété de s’agglomérer. En Belgique, par exemple, où la production de coke est actuellement de 2 millions et demi de tonnes par an, la plupart des houilles doivent entrer dans les fours telles qu’elles sortent de la mine, par conséquent avec toutes leurs matières minérales. Si elles passent par le lavoir, elles ne donnent plus, de coke. Si donc la houille est riche en cendres, le coke lui-même sera chargé de cendres et sa valeur sera diminuée d’autant. On conçoit l’avantage que présenterait, en pareil cas, un traitement à sec n’altérant en rien les propriétés de la houille.
- Mais, même dans le cas de charbons à coke pouvant être lavés sans inconvénients, le traitement magnétique offrirait encore de sérieux avantages. On sait, en effet, qu’une des conditions à réaliser pour obtenir du coke de bonne qualité, est de porter rapidement la houille au rouge, de la « saisir », pour employer une expression courante. Pour cela, il importe qu’entre deux opérations successives, le four se refroidisse le moins possible. Or, ce refroidissement sera beaucoup atténué si, au lieu de charger du charbon mouillé, provenant du lavoir, dont l’eau exige pour sa volatilisation de nombreuses calories, on charge un charbon sec, dont la distillation pourra aussitôt commencer. Ici donc encore, la supériorité d’un traitement à sec paraît éyidente, et l’on peut même se demander si, au cas où Yépuration magnétique deviendrait une réalité, on n’arriverait pas à utiliser, pour la fabrication du coke, des houilles considérées aujourd’hui comme trop pauvres en matières volatiles pour cet usage et qui peut-être, en réalité, ne donnent pas de coke, parce que l’eau dont elles sont chargées à la sortie du lavoir, au moment de leur entrée dans le four, annule ce qu’elles peuvent posséder de pouvoir agglomérant.
- C’est en raison de cette possibilité que j’ai cm devoir vous signaler l’idée de M. Prost.
- Enfin, voici, pour compléter la série des lampes à incandescence nouvelles que j’ai eu l’occasion de vous présenter, l’une des dernières venues, la lampe Z, à filament de zircone-tung-stène, exploitée, en France, par la maison Lacarrière. Le filament de cette lampe est constitué, comme vous le voyez (fig. 15) par l’échantillon que je mets sous vos yeux, par une suite de branches en forme de V, reliées en série et attachées, chacune, par le haut du V à des tiges métalliques, et, par la pointe du V, à des boucles métalliques très élastiques, le tout solidaire d’une tige centrale libre de se dilater dans l’ampoule et recouverte d’un enduit qui aurai! la propriété d’absorber les vapeurs métalliques du filament, et d’empêcher ainsi le noircissement de l’ampoule.
- Ces lampes se construisent en types de 14 bougies, pour une tension de 40 volts,
- Fig. lo. — Lampe Z.
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- de sorte qu’elles doivent se grouper en séries de 3 sur un circuit à 110 volts, en types de 30 bougies pour 60 volts, et enfin, de 65 et 160 bougies pour 110 à 125 volts. Elles peuvent se placer dans toutes les directions et donnent, comme vous le voyez, une très belle lumière.
- D’après des essais exécutés en Allemagne et en Angleterre, notamment au National Physical Laboratory, de Londres, ces lampes pourraient marcher environ huit cents heures, avec une dépense ne dépassant guère 1 watt par bougie Hefner, et jusqu’à 1 200 heures avec des dépenses croissant jusqu’à 1 w., 25 seulement, ce qui serait, en pratique, un très beau résultat. Leur prix est encore assez élevé : 4 fr. 50 pour la lampe de 65 bougies que voici; mais il s’abaissera sans doute avec les progrès et l’étendue de leur fabrication, et, malgré ce prix, elles sont des plus économiques par bougie; il reste à souhaiter qu’on puisse arriver à les diviser en unités assez réduites, de 16 bougies par exemple, de manière qu’elles puissent satisfaire à toutes les exigences des éclairages domestiques. •
- NOMINATIONS DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
- Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- Présentés par M. Gruner :
- La Compagnie des cristalleries de Baccarat.
- M. Félix Bollaert, administrateur des mines de Lens.
- M. Adrien Michaut, administrateur de la Compagnie des cristalleries de Baccarat.
- M. Charles Combe fort, administrateur, du Comptoir d’Escompte.
- Présenté par MM. Tisserand et Bénard:
- M. Jules Rueff, administrateur délégué des Messageries fluviales de Cochin-cliine.
- Présentés par M. Dupuis :
- M. Octave Noël, vice-président de la Fédération du syndicat des sociétés industrielles de France.
- M. Robert Pinot, secrétaire général du Comité des forges de France.
- La Société du matériel de chemins de fer
- Présenté par M. E. Sauvage :
- M. François Farcot, ingénieur mécanicien.
- Présenté par M. Toulon :
- M. Phélizot, capitaine d’artillerie, adjoint aux forges de LOuest.
- Rapports des comités. — M. Gruner donne lecture de son rapport fait, au nom du Comité du Commerce, sur l'enseignement par correspondance ci Scranton et à T École spéciale des travaux publics de Paris.
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- Les conclusions de ce rapport sont adoptées :
- Conférence. — M. Auclouin fait une conférence sur la correction des rivières à fond mobile telles que la Loire.
- M. le Président remercie vivement il/. Audouin de sa très intéressante conférence, qui sera publiée au Bulletin.
- Séance dit 6 décembre 1907 Présidence de M. Bérard, vice-président.
- M. IJitier, secrétaire, présente, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages offerts à la bibliothèque, parmi lesquels il signale les suivants :
- I. Vermorel (V.). — Agenda agricole et viticole, 23e année, 1908.
- 2. La Chambre de Commerce de Lyon nous a envoyé, pour notre bibliothèque, les
- comptes rendus de ses travaux pour les années 1903, 1904, 1903 et 1906; et la
- Chambre de Commerce de Paris celui de l’année 1906.
- L’on sait quelles œuvres remarquables ces deux Chambres de Commerce subventionnent. .
- A Lyon, ce sont : la Condition des soies de Lyon, le Laboratoire d’études de la soie, le Musée historique des tissus, des Missions économiques, tantôt en Chine, tantôt au Maroc, etc., des Sociétés de secours mutuels ou de retraites, des Écoles, etc.
- A Paris, ce sont : la Bourse de Commerce, la Condition des soies et laines, la Manutention de la Douane, l’Office National de la Propriété industrielle et Commerciale, le Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, l’École des Hautes-Études Commerciales, l'École Commerciale, l’École supérieure pratique de Commerce et d’industrie, etc.
- Les comptes rendus des travaux de la Chambre de Commerce de Lyon renferment un très intéressant exposé de la situation industrielle et commerciale dans la région, en notes rédigées par les membres eux-mêmes de la Chambre de Commerce et enfin un rapport tout d’actualité de M. Alfred Cuarmetant : Mission économique au Maroc.
- 'En remerciant très vivement les Chambres de Commerce de Paris et de Lyon de leur gracieux envoi, nous espérons qu’elles voudront bien désormais offrir à notre bibliothèque leurs intéressantes et utiles publications.
- 3. Le Dr Henri de Rothschild, nous a fait remettre les 1er et 2e suppléments (année 1900,
- année 1901) à la bibliothèque générale des travaux parus sur le lait et sur l’allaitement jusqu’en 1899.
- Cette seule Bibliographia lactaria représente un volume in-8° de près de 800 pages.
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- 4. La Société d’éditions techniques nous a fait hommage de l’ouvrage de M. L. Zacon :
- Exposé théorique et pratique de Vélectricité industrielle. Dangers des courants
- électriques.
- M. L. Zacon, ancien mécanicien de la marine, inspecteur du travail dans l’Industrie, s’est efforcé dans cet ouvrage, sans avoir recours à des calculs compliqués, d’établir clairement les lois et phénomènes électriques, afin que par la suite le lecteur puisse, par les réflexions, comprendre dans toutes ses parties les exploitations électriques qu’il pourra rencontrer.
- 5. Eiffel (G.). — Recherches expérimentales sur la résistance de l’air, exécutées à la Tour Eiffel, 1907.
- „ C’est, un très bel ouvrage : résumé d’expériences très laborieuses, poursuivies par M. G. Eiffel depuis 1903 sur la résistance de l’air sur des surfaces de diverses formes qui se déplacent en ligne droite avec des vitesses comprises entre 15 mètres et 40 mètres par seconde. Les méthodes ingénieuses employées par M. G. Eiffel ne sont pas moins intéressantes à connaître que les résultats qu’il a obtenus.
- 6. Société nationale d’Horticulture de France. — Les meilleurs fruits au début du
- xxe siècle, Paris, 1907.
- Cette publication de la section pomologique de la Société nationale d’Horticulture comprend : l’histoire, la description, l’origine et la synonymie de 250 variétés fruitières recommandées, avec notice sur chaque genre, avec description de l’arbre et du fruit; sols, sujets, situations, expositions, etc., observations culturales sur les formes, la taille, les insectes et les maladies. Le tout suivi de tableaux de classement des variétés par époque de. maturité et par affinité pour chaque forme.
- L’ouvrage ainsi compris et aussi complet, orné d’un très grand nombre de gravures, fait grand honneur à la Société nationale d’Horticulture, « c’est un ouvrage moderne et pratique, répondant aux besoins actuels et aux aspirations de l’avenir », ainsi que le désiraient les membres de la section pomologique qui, en le rédigeant, ont rendu un très réel service à l’horticulture.
- Nous remercions tout spécialement la Société nationale d’Horticulture de France de nous avoir fait hommage de cet ouvrage pour notre bibliothèque.
- 7. Anxionnat (Eugène). — Historique de Vorganisation de l'ancienne poste aux chevaux
- en France, son influence sur les progrès agricoles, Paris, typographie Ph. Renouard,
- 19, rue des Saints-Pères.
- L’étude de M. Eugène Anxionnat est des plus documentées, la partie historique de l’organisation de l’ancienne poste aux chevaux est traitée avec une judicieuse érudition, mais nous appellerons surtout l’attention de nos collègues de la Société sur les chapitres dans lesquels l’auteur traite de l’influence de la poste aux chevaux sur les progrès agricoles.
- Il est, en effet, fort intéressant de constater quelle heureuse influence a exercée cette poste aux chevaux, non seulement sur l’amélioration de nos races de chevaux de
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- trait léger, mais sur l’agriculture d’une façon générale. C’est que grand nombre de maîtres de poste .annexèrent à leurs relais de poste des exploitations agricoles qui devinrent et sont toujours restées, encore aujourd’hui, des exploitations modèles.
- Il nous sutfira de rappeler ici, à cet égard, les exploitations célèbres de M. Dailly à Trappes, Bertin à Roye, Muret et Darblay à la croix de Berny, Petit à Champagne, etc.
- Le mémoire de M. Eugène Anxionnat a valu à son auteur une des plus hautes récompenses de la Société nationale d’Agriculture, et nous le remercions d’en avoir fait hommage à notre bibliothèque.
- 8. Notre collègue M. G. Marié fait hommage à notre bibliothèque de la suite des beaux travaux de mécanique pure et appliquée qu’il poursuit avec tant d’activité.
- Les oscillations du matériel des chemins de fer et la voie. — Stabilité des automobiles, par Georges Marié, ancien élève de l’École polytechnique, Ingénieur, chef de division des Chemins de fer de P.-L.-M. en retraite, Membre du Comité de la Société des Ingénieurs civils, Lauréat de l’Institut de France en 1895 et en 1906. 5 volumes contenant 379 pages, avec 68 figures.
- I. — Les dénivellations de la voie et les oscillations du matériel des chemins de fer. In-8 de 142 pages, avec 26 figures.
- IL — Les oscillations du matériel des chemins de fer à l’entrée en courbe et à la sortie. In-8 de 50 pages, avec 10 figures.
- III. — Les grandes vitesses des chemins de fer, les oscillations du matériel et de la voie. In-8 de 66 pages, avec 10 figures.
- IV- — Les oscillations du matériel dues au matériel lui-même. In-4 de 79 pages, avec 17 figures.
- V. — Formule relative à une condition de stabilité des automobiles et spécialement des autobus. In-8 de 42 pages, avec 5 figures.
- (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 49, quai des Grands-Auguslins, Paris, VIe.)
- Les quatre premiers volumes, couronnés par l’Académie des Sciences en décembre 1906, représentent une étude scientifique d’ensemble, à un point de vue tout nouveau, sur les oscillations du matériel, jusqu’aux plus grandes vitesses, et sur les déraillements redoutables qui peuvent en résulter.
- Dans le 1er volume, extrait des « Annales des Mines », l’auteur étudie les oscillations dues aux dénivellations de la voie, en faisant intervenir la résonance des oscillations successives et leur amortissement par les frottements des lames de ressorts et autres résistances passives; il montre que le meilleur matériel est celui qui peut, sans danger,.circuler sur les plus mauvaises voies aux plus grandes vitesses; fauteur établit les formules qui permettent de calculer les différents éléments des véhicules pour obtenir ce résultat.
- Les 2e et 3e volumes, extraits des « Mémoires de la Société des Ingénieurs civils », ont obtenu, en outre, une médaille d’or de cette Société ; ils donnent l’étude des oscillations du matériel dues aux défauts horizontaux de la voie, ou entrée en courbe et sortie sans courbes de raccordement et voies accidentelles sinueuses; l’auteur montre que, au plus fort des oscillations, la tendance au déraillement est beaucoup plus considérable qu’on ne le supposait d’après le calcul banal de la force centrifuge.
- Dans le 4e volume, extrait de la « Revue générale des Chemins de fer », l’auteur étudie les oscillations dues aux pièces oscillantes et tournantes non équilibrées des locomotives et à faction de la vapeur; il étudie leur association avec l’oscillation due à la conicitè des bandages
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- de tout le matériel, en tenant compte de leurs durées très différentes; il démontre que l’amplitude et la violence des oscillations des locomotives, dues à ces diverses causes, croissent avec la vitesse et sont beaucoup plus considérables que les anciennes théories ne le faisaient supposer. .
- Dans le 5e volume, l’auteur établit d’abord une nouvelle théorie des virages des automobiles, qui aboutit à une formule donnant les conditions que doit remplir l’automobile pour qu’elle dérape toujours au lieu de verser, dans les virages brusques. Puis il montre que l’ensemble des théories, des formules, et des tracés de dynamique graphique de ses quatre premiers volumes s’applique à l’étude de la stabilité des automobiles.
- 9. M. Lindet présente dans les termes suivants un ouvrage que M. Dejonghe vient
- de publier à la librairie Dunod et Pinat; c’est le cours qu’il professe à l’Institut
- industriel du Nord.
- C’est un ouvrage entièrement autographié, et cette forme peut surprendre; mais je la considère comme avantageuse, quand elle s’applique à l’étude d’une industrie dont les procédés et les appareils se transforment aussi rapidement que ceux de la Sucrerie; et quand elle permet, à cause des faibles frais qu’elle entraîne, de renouveler plus souvent les éditions.
- M. Dejonghe, qui est ingénieur, s’est attaché surtout à la description des appareils et à la théorie du fonctionnement de ceux-ci. Le texte est accompagné de nombreux schémas d’appareils, conçus dans le même sentiment didactique, dessinés par la même main, et présentant dès lors une homogénéité que ne présentent pas toujours les traités industriels, pour lesquels les éditeurs sont trop souvent tentés d’introduire des gravures extraites-des catalogues des constructeurs.
- Le cours de M. Dejonghe est certainement le meilleur traité que nous ayons aujourd’hui relatif à l’industrie sucrière.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Vous connaissez le développement si remarquable qu’ont pri récemment les différents procédés de soudure plus ou moins autogènes : par les flammes oxyhydriques et oxyacétyléniques et par l’aluminothermie; j’attirerai aujourd’hui votre attention sur l’ancien procédé de la soudure par brasage, qui ne s’est guère amélioré chez nous, et qui semble avoir acquis, aux États-Unis, une grande importance, notamment entre les mains de la Reinforced Rrazing and Machine C°, de Pittsburg(l). Vous en jugerez de suite par les exemples que représentent en ces projections : une cage de laminoir de 12 tonnes fendue par son milieu, un gros bâti de dynamo de 27 tonnes, un croisillon de tour à revolver brisés et réparés complètement par des brasages.
- Ces opérations de brasages s’exécutent soit sur place, pour les grosses pièces, soit, pour les petites, à l’atelier de la Compagnie, sur une grande table de fonte de 3 mètres de côté, comme vous le voyez par cette projection. Cette table est percée de nombreux trous qui permettent d’y fixer les pièces par des boulons, et ces pièces sont, en outre, entourées de briques réfractaires destinées à en faciliter et régler le chauffage par des chalumeaux au gaz naturel.
- (1) American Machinist, 23 novembre 1907.
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- On emploie, suivant la nature des métaux à biaser,- des soudures de compositions différentes, et qu’on ne fait pas connaître, mais qui permettraient de braser, très solidement, fer sur fer et acier, bronze, laiton, aluminium... bref, presque tous les métaux.
- Dans certains cas, comme vous le voyez par cette projection, qui se rapporte à un cylindre hydraulique devant supporter des pressions de 100 atmosphères, les fentes à braser sont renforcées par l'insertion de tenons en acier indiqués par des marques blanches, et dont l’amalgamation dans la brasure la rend extrêmement résistance et étancbe.
- Des éclissages de rails, par plaques brasées, ont donné, aux essais, des résistances très remarquables.
- La mesure de la dureté des métaux et autres substances employées dans l’industrie et dans les arts est des plus difficiles. En réalité, la plupart des machines et méthodes usitées actuellement pour l’élude de celle dureté n’arrivent qu’à des estimations assez grossières, pas toujours comparables entre elles, et qui présentent souvent l’inconvénient de détériorer la pièce essayée. Je crois donc intéressant devous présenter, ce soir, un petit appareil, appelé le « Scléroscope », qui permet, comme son nom l’indique, de voir presque immédiatement, à une échelle empirique convenue, la dureté cherchée (1).
- Cet appareil, du à la collaboration d'un inventeur américain, M. Shore et du métallurgiste français bien connu M. JJéroult, se compose, comme vous le voyez par cette projection (fig. 1 ), d’un petit tube vertical gradué, en verre, disposé au-dessus d’une enclume portée par des vis calantes permettant d’assurer la verticalité du tube de verre, indiquée par un fil à plomb. On place les pièces à essayer sur l’enclume, et on y fait tomber, d’une hauteur toujours la même : 2oOmiB,une petite bille d’acier de 2 grammes 5, maintenue en haut du tube de verre par un déclanchement que l’on actionne au moyen
- (!) American Machiniste 30 novembre 1907. Tome 109. — Décembre 1907.
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- d’une poire en caoutchouc indiquée au bas de la figure. Le bas du tube de verre affleure la surface de la pièce en essai et peut, à cet effet, se lever ou s’abaisser au moyen d’une molette. Pour remonter la bille, il suffît de l’aspirer en pressant puis lâchant la poire en caoutchouc fixée au haut du tube de verre.
- Le degré de dureté de la matière essayée est donné par la hauteur à laquelle rebondit la petite bille, hauteur qui se lit très exactement au moyen d’une loupe.
- On a constaté, par des milliers d’essais, que cette hauteur de rebondissement correspondait bien, non pas à l’élasticité, mais à la dureté des métaux essayés, et qu’elle donnait des résultats toujours comparables entre eux.
- L’échelle du tube de verre est divisée en 130 parties égales correspondant à des duretés croissant par fractions, on le voit, toutes petites : depuis, par exemple, 2 pour
- .Degrees F alir.
- » Degrés do densité au scléroscope.
- Fig. 2. — Les courbes 1, 2 et 3 se rapportent à de l’acier à outil très dur, en barre de 13 x 40 millimètres, et les courbes 4 et 5 à un foret d’acier au carbone de 3 millimètres.
- le plomb jusqu’à 130 pour le verre, et la finesse de ces graduations, permettant d’apprécier, à cette échelle arbitraire mais logique, les variations de dureté les plus faibles, a rendu déjà de très grands services, notamment pour la trempe et le recuit des outils, en indiquant, par exemple, si tel outil, en acier d’une dureté donnée, a bien été ramené, par son'recuit, à tel degré de dureté reconnu le plus favorable à un travail donné de cet outil; et de même pour les poinçons et matrices des presses à découper et emboutir, dont les trempes, recuits et duretés, doivent être très exactement observés. C’est ainsi que le diagramme fig. 2, relevé au scléroscope, indique les variations de divers aciers pour outils à différentes températures de recuit. La dureté des aciers à outils varie, à cette échelle, de 60 à 95, celle des limes de 105 à 110 en moyenne.
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- L’essai se fait très rapidement, sur des pièces trempées ou non, et sur des pièces finies, où la bille ne laisse qu’une empreinte presque invisible. On peut essayer des pièces de toutes formes, et très petites, comme une. aiguille à coudre ou un bout de corde à piano. Les résultats, sont en outre tout à fait indépendants de l’habileté de-l’opérateur.
- Ce scléroscope, qui ne date que de quelques mois, s’est déjà répandu dans nombre d’ateliers aux États-Unis, et il serait intéressant de le comparer aux appareils actuel lement usités en France .
- Nous vous avons tenus dans notre Bulletin (1), autant que possible, au courant des applications principales des roulements sur billes et galets, qui ont pris, comme vous
- Fig. 3. — Roulement sur billes DWF.
- le savez, un très grand développement avec les vélocipèdes d’abord, puis les automobiles. Le roulement que je vous présente aujourd’hui, est construit par la Compagnie française des roulements à billes DWF., dans ses ateliers de Genne-villiers; il est caractérisé principalement par l’ingéniosité de sa cage de retenue des billes.
- Dans un roulement sur billes, il faut éviter qu’elles se touchent, car le frotte-
- (1) Bulletins de décembre 1894, mars, août, novembre 1896, mars, juin 1897, mai 1898 et 1899, octobre 1903.
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- ment des billes au contact les unes des autres ne tarderait pas à transformer leur roulement en un frein. Il faut donc maintenir les billes écartées les unes des autres d’une façon simple, sûre, et par un dispositif à frottement très réduit. Dans le roulement des paliers Conrad, ce dispositif consiste, comme vous le voyez, fig. 3, 4 et 3, en un cercle de bronze pourvu de sortes d’alvéoles hémisphériques, dans lesquels on dispose les billes, sur lesquelles on rabat ensuite les côtés de ces alvéoles de manière à les emprisonner, mais en ne les touchant qu’aux pôles et pas sur les côtés. Le tout, billes emprisonnées et leur cage, constitue une cage de roulement très simple, très robuste, et qui n’exerce sur les billes qu’un frottement négligeable. Le rabattement des alvéoles sur les billes se fait d’un seul coup, par une presse spéciale, qui les rabat juste de la quantité voulue après le passage, entre les anneaux ou bagues de roulement, des billes d’abord, puis de la cage. Ces bagues ne présentent aucune solution de continuité ni encoche quelconque qui puisse les affaiblir ou détruire l’uniformité de leur roulement, et la bague intérieure est fixée sur l’arbre soit directement, soit, et
- l’’jg. 4 el ü. — Cagu lit; îuultununl D VV E ouverte et fermée.
- mieux, sur un manchon conique forcé sur l’arbre ; elles doivent toujours être maintenues latéralement par un serrage sur épaulement ou collet de l’arbre, et le calage de cette bague doit se faire, bien entendu, en ne frappant ou forçant que sur elle, et jamais sur la bague extérieure.
- Les paliers de la DWF, du type Conrad, sont construits par séries très développées, pour lesquelles les charges ont été déterminées expérimentalement, et sont indiquées dans les tableaux de leur catalogue, qui donnent toutes les indications nécessaires; et, à ce propos, je me permettrai de vous signaler ce catalogue comme un modèle. Ne se bornant pas à une simple réclame accompagnée de prix courants, il constitue une sorte de petit traité de la matière, très pratique en même temps que fort engageant. C’est un exemple à suivre par nos constructeurs, dont les prospectus sont, en général, déplorables : négligence qui ne peut que leur nuire en face de la concurrence étrangère, qui ne néglige jamais cet élément de publicité.
- Parmi cette série de paliers Conrad, je vous signalerai seulement celui que vous voyez sur cette projection (fig. 6), qui peut se régler facilement dans les deux sens vertical et horizontal, libre de suivre les dilatations de l’arbre, et dont la bague fixe porte dans le palier par une surface bombée à la manière des coussinets sphériques de Sellers.
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- Le principal avantage des roulements sur billes est, comme vous le savez, la faiblesse de leur coefficient de frottement surtout au démarrage, car ce coefficient ne varie presque pas avec la vitesse ; il ne dépasse guère, avec un bon roulement, le chiffre de 0,01. D’après la courbe F de la figure 7, pour des roulements DWF, à 1 100 tours par minute, et avec des charges spécifiques croissant de 20 à 60 kilogrammes par centimètre carré de portée (I), ce coefficient [passerait graduellement de 0,0025
- Fig. 6. — Palier Conrad suspendu. — Construit en une série de 93 types, pour des diamètres d variant, de 5 en 5 millimètres, entre 30 et 100 millimètres. Pour c/=30 mm,,/t = 250, « = 360, 6 = 100, c = 14, g =40, B= 128, e = 283 : poids de la chaise 10 kilos, du palier complet 14kll,5, du roulement 0,410. Pour d = 100, h = 500, « = 665, b = 260, c = 41, g = 110, B = 260, e = 525 : poids de la chaise 83 k.,4, du palier complet 145, du roulement 6,446.
- à 0,0015 environ. Le graissage de ces roulements n’exige qu’une dépense d’huile insignifiante. Parmi les applications remarquables de ces roulements, on peut citer ceux d’une machine d’extraction de la mine d’Eisleben, dans le Mansfield, avec volant de 15 tonnes, sur arbre de 280 millimètres, faisant 500 tours par minute, et porté par des roulements avec billes de 45 millimètres.
- (1) Soient l et d la longueur et le diamètre d’un coussinet ordinaire, n le nombre des galets d’un palier à rouleaux ou des billes d'un palier à billes, d' le diamètre de ces galets ou de ces billes, en millimètres, cette portée K est donnée* en kilogrammes, par les formules K = ld, pour le palier ordinaire, K = nd'/§ pour le palier à galets et K = ttd2'/5 pour le palier à billes. Ces dernières expressions supposent que le cinquième seulement des galets ou des billets supporte la totalité de la charge.
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- Je vous signalerai encore, dans ce même ordre d’idées : la diminution des frottements, une transmission par vis sans fin globique de M. H. Pekrun (1), exploitée en France par la maison Glaenzer, et dont la caractéristique est, comme vous le voyez par ce modèle (fig. 8 et 9), que les dents du pignon sont formées par des cônes tangents à la génératrice de la vis et fous sur des axes radiaux (2), de sorte que ces cônes roulent
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- Courbes S. Paliers garnis d’antifriction. S11100 tours, S2 380 tours, S3 64 tours, S4 12 tours par minute.
- Courbes A. Rouleaux logés dans une cage en bronze qui les supporte sur leur longueur. A1 1100 tours, A2 285 tours. A3 190 tours par minute.
- Courbes B. Rouleaux évidés 190 à 760 tours par minute
- Courbes G. Rouleaux courts et évidés en métal flexible — 1100 tours par minute.
- Courbes E. Rouleaux flexibles en spirale 56 à 1100 tours par minute
- Courbes F. Roulement à billes l>. NV. F 65 à 1100 tours par minute.
- Les petits cercles indiquent la limite de pression spécifique admissible pour chaque type.
- <0 63 60
- Charges spécifiques. Fig. 7.
- sur la vis avec un frottement très faible, assurant un rendement voisin de 90 p. 100. Ces transmissions semblent devoir trouver une application tout indiquée dans la commande des différentiels d’automobiles. La roue et sa vis tournent dans un bain d’huile, presque sans aucune usure. On les construit avec des réductions de vitesse allant jusqu’à 30 pour une transmission simple et jusqu’à 1 000 par double réduction avec train d’engrenage actionnant la vis.
- (1) Reuleaux, Le constructeur, p. 579 et Bulletin de juin 1902, p. 865.
- (2) Voir le Bulletin de mars 1897, p. 432.
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- Fig. 8. — Transmission Pekrun. — Construite en 11 types, avec des diamètres de roues variant de 110 millimètres à 1 mètre. Le type à roue de 110 millimètres peut transmettre 1 ch. 50, avec des vitesses de 1 600 tours par minute à lavis et de 200 à la roue. Celui à roue de 540 millimètres transmet 140 chevaux, avec 1 100 tours à la vis et 138 à la roue.
- Fig. 9. — Détail de la roue de la transmission fig. 8.
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- Je vous ai présenté, dans nos dernières séances, deux navires colossaux : la « Lusi-tania » et la « Mauretania ». Voici un autre genre de colosse, moins intéressant, mais des plus remarquables néanmoins; c’est la plus énorme de ces gigantesques maisons ou buildings, actuellement en construction à New-York: l’immeuble de la City Invest-ment C°, au coin de Broadway et de Cortland St. (1). .
- Ainsi que vous le voyez par cette projection, cette bâtisse paraît moins laide que les autres, et la maison de o étages qu’elle enserre : une grande maison de Paris, semble, à côté d’elle, une loge de concierge. Le volume habitable de ce colosse est de 310 000 mètres cubes; la surface de ses planchers est de plus de 46 hectares, sans compter un sous-sol de 9 mètres de haut. Le poids total est de 86 000 tonnes dont 12000 pour là carcasse en acier, qui repose sur le roc par l’intermédiaire de puits en ciment de 24 mètres de profondeur et de poutres en fer, dont l’une, quintuple et de 2m,70 x llm,30 x lm,50 de large, pèse 60 tonnes. Les 33 étages sont desservis par 23 ascenseurs, dont 21, hydrauliques et à puits, sont divisés en 3 groupes de 7, desservant respectivement jusqu’aux 17e et 26e étages; à partir du 26e jusqu’au 33e étage, le service est fait par deux ascenseurs électriques.
- Une puissance de 2 000 chevaux, fournie par des chaudières, est nécessaire pour les services mécaniques, d’éclairage électrique et de chauffage.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement : .
- M. Rolland George, ingénieur en chef des mines, présenté par M. Grimer ;
- il/. Marchai Alfred, filateur de coton à Lunéville, présenté par M. Gruner.
- Rapports des Comités. — M. Brüll présente, au nom du comité des Arts mécaniques, un rapport sur les clapets d'arrêt automatique de vapeur des établissements Laboulais.
- Les conclusions de ce rapport sont adoptées.
- Communications. —Sont présentées les communications de :
- M. A. Farcot sur son moteur léger et ses applications à l'aviation.
- M. Guillet sur les nouveaux aciers au chrome.
- M. Huillard sur le séchage en agriculture et en sucrerie.
- M. le Président remercie MM. Farcot, Guillet et Huillard de leurs intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités de Mécanique, de Chimie et d’Agriculture.
- (1) Scientific American, 23 novembre et Engineering News du 5 décembre 1907.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
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- Balland (A.), et Luizet (D.). — Le chimiste Z. Houssin. 23 X 14, xi-311 p. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1908. 13 3 22.
- Merklen (François). — Études sur la constitution des savons de commerce dans ses rapports avec la fabrication. 28 x 19, 206 p. Marseille, Barlatier, 1906. 13 323.
- Rapport de la Commission d’enquête sur la catastrophe de 1’ « Iéna ». Sénat, Annexes. S. O. 1907, n° 244, p. 181 à 388. 13 326.
- Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Inventaire général des richesses' d’art de la France. Province. Monuments religieux, t. IV. Paris, Plon, 1907. 13 324.
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- OUVRAGES REÇUS.
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- Anxionnat (Eugène). — Historique de l’organisation de l’ancienne poste aux che-
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- OUVRAGES REÇUS. --- DÉCEMBRE 1907.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LÀ BIRLIOTHÈQUE DE LÀ SOCIÉTÉ
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1907
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engi-neers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining En-. gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de^fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CB. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’........The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE........Eclairage électrique.
- Elê. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc........Génie civil.
- IaS. . . . Iron and Steel Metallurgist. tC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- U.........Industrie éiectrique.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne. U.........Industrie textile.
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal).
- M.M.. . . Mining Magazine.
- Ms........Moniteur scientifique,
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- PC. . . . JournaldePharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- RdM.. . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré .... Revue électrique.
- Ri . . . . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale
- Rso. . . . Réforme sociale. '
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Rt........Revue technique.
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScP. . . . SociétéchimiquedeParis(Bull.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SL.. . . . Bull.destatistiqueetdelégislation.
- SNA.-. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Su E. . . . Stahl und Eisen.
- Va. . . .La Vie automobile.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZaC. . . . Zeitschrift fürangewandte Chemie.
- Z01. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
- p.1502 - vue 1495/1523
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- DÉCEMBRE 1907.
- 1503
- AGRICULTURE
- Abeilles. Sucre pour —. Ag. 14 Déc., 936.
- Arboriculture. EcolerSuisse d’— et de Jardinage pour les femmes. Ap. 12 Déc., 732.
- Assurances mutuelles et Crédit mutuel agricole. Ag. 14 Déc., 938.
- Bétail de l’Anjou. Ap. 12 Déc., 753.
- — Race bovine d’Abondance. Ag. 23 Nov., 824. Durham français. Ap. 5 Dec., 724.
- — Concours de bergeries dans le Cher en 1907. Ag. 7 Déc., 898.
- Betteraves à sucre. Analyse des graines. Ag. 7 Déc., 889.
- Beurre. Contrôle du —dans les Pays-Bas. Ag. 23 Nov., 943.
- Blanc de pois et de trèfles dans les parterres et potagers. Ag. 7 Déc., 894.
- Blé. Sole à. Insuffisance causée par la réduction des cultures des plantes industrielles.
- — moyens d’y suppléer par les engrais verts et chimiques combinés (Robert). Ap. 12 Déc., 747.
- Caféier. Emploi de la chaleur pour le traitement des caféiers contre le Xylotri-chus quadripes (Chevrotât). CB. 18 Nov., 883.
- Champ d’expériences de Flahult. Ap. 3 Déc., 713.
- Crise de culture dans le Nord. Ag. 5 Nov., 831.
- Dessèchement en Hollande. E'. 29 Nov., 332, 14 Déc., 589.
- Engrais. Données numériques sur le fumier (Ringelmann). Ap. 28 Nov., 696.
- — Fatigue des terres (Pouget et Chou-cliock). CB. 9. Déc., 1200.
- Forêts. Déficit des — aux États-Unis. E. 7 Déc., 785.
- Fumier. Données numériques sur le — (Ringelmann). Ap. 5 Déc., 713.
- — Amélioration des fosses. Ag. 7 Déc., 892.
- Grêle. Tir contre la — dans le Beaujolais.
- raines. Conservation des —. Influence de l’état hygrométrique de l’air (De-monsy). CR. 9 Déc., 1194.
- Lait. Emploi industriel du—.Ap.2\ iYoa.,656.
- Lin. Culture du — et crise sucrière. Ag. 23, 30 Nov., 815.
- Métayage dans PAllier. SNA. 30 Oct., 772.
- Mulets. Production des —. Ag. 30 Nov., 856.
- Œufs. Conservation des—. Nature. 28 Nov., 84.
- Olive. Destruction de la mouche de 1’—. Ap. 28 Nov., 684.
- Peuplier. Chancre du —. Ag. 14 Déc., 947. Pomme de terre. Culture du Solanum Com-mersoni dans l’Aveyron. Ap. 28 Nov., 694.
- — en terrain inondé, Ap. 12 Déc., 759. Prairies permanentes. Soins à leur donner.
- Ap. 21 Nov., 602.
- Baisins. Expédition en Angleterre..[g. 14Déc., 933.
- Repiquage. Influence sur le développement des plantes. Ap. 5 Déc., 716.
- Rosiers. Blanc et rouge des — (Noffray). SAM. 30 Oct., 763.
- Sapin. Maladie rouge du — (Mangin). CR. 25 Nov., 934.
- Tourbières. Culture des —, en Suède. Ap. 21, 28 Nov., 649. 680.
- — Tourbe combustible et tourbe litière (Grandeau). Ap. 12 Déc., 745.
- Tracteur à pétrole Marschall pour l’agriculture. E. 29 Aroa.,758.
- — Tracteurs agricoles. Expériences (Bernard). SAM. 23 Oct., 749.
- Variation du pouls sec chez les végétaux supérieurs aux différentes radiations lumineuses (Lubemenkoj. CR. 9 Déc., 1094.
- Vigne. Crise viticole. (Vidal). SAM. 23 Oct., 756.
- CHEMINS DE FER
- Chemin de fer du Simplon. E. 22 Nov., 705. — Suisses. Statistique de 1906. Bgc. Nov. 409
- — à rail central (Bonnin). VDI. 23 Nov.,
- 1852.
- — d’intérêt local et tramways. Réglemen-
- tation et cahiers des charges. Bgc. Déc., 531.
- — du monde fin 1906. Bgc. Nov., 477.
- — de la Guinée : prolongement (Beaure-
- paire). CN. Nov., 429.
- Electriques par courants alternatifs simples en Europe. Elô. 23, 30 A'oa., 323, 338;
- 7 Déc., 356.
- — commande électrique des trains (Bruns-
- wick). le. 25 Nov., 509.
- — de l’Etat Suédois. E. 13 Déc, 819.
- — du New Haven. BCC. Déc., 1157.
- — du New York Central. Ré. 15 Déc., 330
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-
- 1504 * LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1907.
- Chemins de fer. Automotrice électrique du métro de Londres. BCC. Déc., 1236. Attelages. Automatiques D. W. K. Pavia et Gasalis. Rgc. Nov., 465.
- Gares. Union Station Washington E'. 29 NovK 539.
- — de Bruxelles. Nord. BCC. Déc., 1261. Locomotives à vapeur surchauffée (Garbe).
- E'. 22-29 Nov., 511, 531. 6 Déc., 562.
- — Compound à 3 et 4 cylindres du Nord-
- Ouest d’Autriche. Rgc. Déc., 504.
- — Express type Atlantic du Great Indian
- Peninsular. E'. 13 Déc., 591
- — à 3 essieux couplés du Pennsylvania
- Rr. Rgc. Déc., 597.
- — à marchandises des chemins italiens.
- VDI. 30 Nov., 1885.
- — tender 5 couplés à surcliauffeur
- Schmidt. Rgc. Nov., 489.
- — express du North British Ry.E. 6 Déc.,
- 781.
- — Recul des locomotives, son action per-
- turbatrice. BCC. Déc., 1194.
- — à voie d’un mètre. Rgc. Nov., 487.
- — détartreur Goldsdorf. Rgc. Déc., 598.
- — Entretoises. Essais d’— et de barres
- de fer pour. BCC. Déc., 1208.
- — Explosion de Wath. E'. 7 Déc., 574.
- — Lavage des chaudières à l’eau chaude.
- BCC. Déc., 1246.
- — Surchauffeur Gole (id.), 1250.
- Rails défectueux aux Etats-Unis. BCC. Déc., 1213.
- Résistance des trains. Formules de (Frank).
- BCC. Déc., 1179.
- Signaux (les). E. 13 Déc., 817.
- Voie aux États-Unis (Jullien). Rgc. Déc., 503. Voitures et wagons à l’Exposition de Milan'. Rgc. Nov., 407.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à l’Exposition d’Olympia. E'. 22 Nov., 512. E. 7 Déc., 770.
- — au Salon de Paris. Va. 30 Nov., 761.
- — Progrès en France. Gc. 23-30 Nov., 53. 75.
- — Industrie en France. E. 29 Nov., 753. Ef. 30 Nov., 773.
- — à pétrole. Unie 14 ch. Va. 23 Nov., 740.
- — — Dietrich à cardan. Va. 30 Nov., 763.
- — — Voiturette Sinpar. Va. 7 Déc., 788.
- Automobiles à pétrole, progrès du moteur. Va. 23 Nov., 747.
- — — Carburateurs et carburation (Lau-
- zet). Technique automobile. Déc., 186.
- — — Régulateur d’essence G. L. Va.
- 7 Déc., 782.
- — à vapeur de la BSA. E. 29 Nov., 743.
- — — Locomotive routière Clayton et
- Schuttleworth. E'. 7 Déc., 577; Fowler. E'. 13. Déc., 593.
- — Direction, établissement d’une (Odier).
- Technique automobile. Nov., 171.
- — Démonte-pneu. Ever ready. Va. 7 Déc.,
- 789.
- — Équilibrage et forces d’inertie des mo-
- teurs. Représentation graphique (Lauret). Technique automobile. Novembre, 166.
- — Freinage et mise en vitesse (Ravi-
- gneaux). Technique automobile. Nov.,
- 161.
- — Graissage. Va. 23 Nov., 751 ; 7 Déc.,
- 785.
- — - Refroidissement d’eau. Théorie. Tech-
- nique automobile. Déc., 184.
- — Transmission. Va. 23-30 Nov., 753, 772.
- — — élastiques. Va. .14 Déc., 805.
- — Pneus, démonte-pneu. Ever Ready. V«.
- 23 Nov., 751.
- — Voiturettes. Va. 30 Nov., 770. Tramways électriques. Courants vagabonds
- dus au retour par les rails (Michalke). EE. 30 Nov., 319.
- — Double traction Colonna. Elé. 14 (Jet.,
- 371.
- — Trafic des (Mattersdorf). EE. 15. Déc.,
- 390.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acoustique. Multiplicité des sons émis par les diapasons (Sires et Massot). CR. 18 Nov.
- — Flammes sonnantes et tubes à flammes
- à plusieurs sons (Athanasiadis). CR., 9 Déc., 1148.
- Ammoniaque. Synthèse par catalyse en partant des éléments (Bruel et Wood). CR. 25 Nov., 922.
- Analyse spectrale et phénomènes magnétiques dans les solutions. Emploi des très
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-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1907.
- 1505
- basses températures (Jean Becquerel). CR. 9 Déc., 1150.
- Barytine et célestine. Reproduction artificielle.
- (Gaubert). CR. 18 Nov., 877. Brasserie. Divers. Cs. 30 Nov., 1208.
- — Malt, tannin. Sa recherche (Reichard). Cs. 30 Nov., 1208.
- Caoutchouc. Nerf du (Beadle et Stevens). CN. 22 Nov., 247.
- — Le Lupeol (Vau Romburg). CR. 25 Nov., 926.
- Catalyse. Agents de (Ostwald). ZaC. 6 Dec., 2113.•
- Chaux et Ciments. Production et séparation des plus fines moutures des agglomérants hydrauliques (Gary). Le Ciment, Nov., 161.
- — Divers. Cs. 30 Nov., 1190. 16 Déc., 1239. Céramique. Couleurs de porcelaine. Recherches (Mulhmann et Heramhof). Ms. Déc., 817.
- — Briques de chamotte. Emploi dans l’industrie chimique (Schartler). Ms. Déc., 822.
- Question du plomb dans les industries céramiques Spreehsall. 28 Nov., 653. — Chauffage des séchoirs pour porcelaines. (Ici.). S Déc., 665.
- Chrome. Sulfates verts de (Colson). ACP. Déc., 433.
- Éclairage. LampePhébus. Cosmos. 30 Nov.,!Ô90-Emploi des hydrocarbures lourds (Denayrouse). CR. 9 Déc., 1159. Essences et parfums. Divers. Cs. 16 Déc., 1233. Étamage. Dangers des Ateliers d’. E. 29 Nov., 753.
- Explosifs. Poudres de guerre françaises. Poudre B (Moureu). Revue scientifique, 23 Nov., 641.
- Extraits de viandes de Nouvelle-Zélande (Wright). Cs. 16 Déc., 1229.
- Gaz à Peau. Le (Duke). RdM. Déc., 841.
- Gaz d’éclairage. Récupération de la benzine du gaz des fours à coke. Ri. 23 Nov., 466.
- — Manutention des matières épurantes
- dans les usines à gaz (Payet). IC. Sept., 215.
- — Ascenseurs automatiques Samain pour
- usines à gaz. (id.), 233.
- — Dosage à la benzine dans le gaz d’éclai-
- rage (Morton). CN. 29 Nov., 260.
- Gaz d’éclairage. Usine à gaz de Lubeck (j. f. Gas Releuchtung, 30 Nov., 1077. — Dangers du gaz d’éclairage. Statistiques. (id.) 7 Déc., 1106.
- — Historique des moyens d’éclairage (Neumann et du Bois) (id.) 14 Déc., 1123
- — Oxyde de carbone dans le gaz de houille (L. Vignon). CR. 9 Déc., 1177.
- Huiles d’olive algériennes (Archbutt). Cs, 30 Nov., 1 185.
- — Divers. Cs. 16 Déc., 1243.
- — Huiles végétales, l’huile grise (Dumes-nil). Pc. 16 Déc., 529.
- Laboratoire. Dosage industriel de l’anhydride carbonique (Favre). RCp. 1er Déc., 396.
- — — du zinc en très petites quantités.
- (BertrandetJavillier). CR. 25 Nov., 924.
- — — des chlorures, modification de la
- méthode de Volhard(Hill). CN. 6 Déc., 274.
- — .— de l’arsenic. Procédé Gutzeit (Har-
- vey). Cs. 16 Déc., 1226.
- — — de l’indigo dans les plantesd’(Berg-
- theil et Briggs). Cs. 30 Nov., 1172. — Analyse des produits phosphatés calciques. Fixation de l’acide phospho-rique en vue de la préparation d’une solution servant à titrer l’urane dans 1’ (Repiton). Ms. Déc., 375.
- — — des beurres. Nouvelle constante
- (Ilodegson. CN. 6 Déc., 273.
- — — des esprits. Application du tincto-
- mètre Lovebond (Westergaard). Cs. 16 Déc., 1226.
- — — de l’indigo et des feuilles d’indigo-
- tier. Cs. 30 Nov., 1174.
- — — des matières tannantes (Bennett et
- Wilkinson). Cs. 30 Nov., 1186.
- — — Appareil pour vaporiser les liquides
- par radiation en dessus (Sand). Cs.
- 16 Déc., 1225.
- Hélium etChorium. Association dans les minerais (Strutt). CN. 29 Nov., 259.
- Levure. Fabrication. La Nature. 14 Déc., 23. Manganèse et la loi périodique (Reynolds). CAL 20 Nov., 260.
- Molybdène. Acide molybdique variété jaune (Graham). CN. 29 Nov., 262. Nitroglycérine. Analyse des acides regagnés (Lemaitrej. Ms. Déc., 809.
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-
- DÉCEMBRE 1907.
- -LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----
- 1506
- Ordures ménagères. Traitement des (Fethers-ton). ACE.Nov., 940.
- Optique. Dispersion de double réfraction et structure cristalline (Hovelock). Rso. 9 Déc., 28.
- — Production des spectres d’étincelles des solutions-(de Grammont). CR. 9 Déc., 1170.
- — Astigmatismedes prismesbiréfringents (Tissot et Pellin). CR. 18 Nov., 866.
- — Équivalent mécanique de la lumière (Drysdale). RSL. 9 Sept., A9.
- — Commission internationale de pholo-métrie. Réunion de Zurich. Sie.Nov., 487.
- — Dispersion rotatoire magnétique des cristaux aux environs des bandes d’absorption (Becquerel). CR. 23 Noy., 916.
- Outremer. Recherches sur 1’ (Vunder). Ms.
- .. . . Déc.; 812.
- Paraffine du puits de Ladysmithà Whitehaven. Cs. 16 Déc., 1224.
- Phosphore. Non-existence d’un disolvant commun aux phosphores blanc et rouge (Colson). CR. 15 Déc., 1167.
- Photographie.' Recherches de chimie photographique (Lumière et Sevewetz). RCp. Ier Déc., 384.
- Poids atomique de l’azote'. Détermination par la méthode des densités limite. (Guye). CR. 9 Déc., 1164.
- Pressions élevées. Application de la loi de Poiseuille à la mesure des (Perot). CR. 9 Déc., 99.
- Pyromètre Wologdine à enregistreur photographique. Gc. 7 Déc., 99.
- Radio-activité (La)'.E. 13 Déc., 516.
- — Action des rayons Ilôntgen sur les corindons (Bordas). CR. 18 Nov., 874.
- — Un gaz radio-actif (Ramsay). SA. 13 Déc., 6i.
- Radium. Poids atomique du. La Nature. 30 Nov:, 423.
- — Substance mère du (Habn). CN. 6 Déc., 272.
- Résines et Vernis Copal demi-durs d’Afrique. Solubilité des (Cofflgnier). Cs. 5 Déc., 1131. . ' <
- Silicium. .Protoxyde de monoc. Electrochemi-cal. Nov., 442. ’ .
- Thermométrie. Détermination du point de fu-
- sion des métaux et étalonnage des couples thermo-électriques (Loebe). Ré. 15 Déc., 342.
- Tannerie. Analyse des matières tannantes .(Gardner et Wilkinson). Cs. 30 Nov., 1186.
- — Rifluence de l’acide sulfurique retenu (Eitner). Cs. 16 Déc., 1245.
- — Divers. Cs. 30 Nov., 1207. 16 Déc., 1245.
- Tension de surface des liquides, sa mesure par la méthode des vibrations de jets (Pedersen). RSL. 9 Déc., 26.
- Teinture. Enlevages enluminés sur noir d’aniline (Dondain- et Corhumel). SiM. Août, 375.
- — Rongeant hydrosulflte anthraquinone (Sunder). (id), 382, 384.
- — Noir d’aniline pour teinture sur tissus de laine et tissus mixes sur pied de bleu de prussiate (Konitzer). SiM. Août, 387.
- — Origine de la couleur des composés organiques (May). CN. 13Déc., 283.
- — Fixation de l’indigo sur tissus (Jean-maire). MC. 1er Déc., 383.
- — Chinage des fils (Pecquet). MC. 1er Déc., 385."
- — Couleurs nouvelles. MC. 1er Déc., 391.
- — Blanchiment et teinture des poils et fourrures (Francis et Beltzer). MC. 1er Déc., 388.
- — Action de l’iode sur quelques matières colorantes basiques (Pellet et Gilliéron). MC. 1er Déc., 399.
- — Dissociation des combinaisons des colorants acides aux colorants basiques par les substances absorbantes (Pelet Jolivet). CR. 9 Déc., 1182.
- — Indigo. Dosage et analyse. Cs. 30 Nov., 1172,1174.
- — Divers. Cs. 30 Nov., 1193, 1195.
- — Décoloration des liquides par le char-
- bon (Glasser et Snida). Cs. 30 Nov., 1195.
- Uranium. Télraciodure d’ (Guichard). CR. 25 Nov., 921.
- Verre. Fusion par l’électricité (Cuanger). Ms. Déc., 85
- — Fabrication du verre à vitre par étirage
- (Colburn et Fourcault). (id.) 823.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Ytriiim. Séparation des terres du groupe de T (Bettendor). C'Y. 22 Nov. 249. Waterglass (Le). Prédiction du temps (Ord-way). American Journal of Science, Bée. 473.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Marché financier. Ef. 23 Nov., 727.
- — Lutte contre le Socialisme. Rso. 16 Déc.,
- 805.
- Angleterre et ses colonies en 1903-1906. SL. Nov., 553.
- Apprentissage nouveau, 1’ (Stratton). EM. Déc., 401.
- Consultation des nourrissons et goutte de lait aux mines de Blanzy. Rso. 1er Dec., 718. Economats patronaux. Suppression des Ef. 7 Déc., 803.
- Enseignement populaire de l’économie politique. Ef. 30 Nov., 775.
- — technique, formation des ingénieurs
- électriciens(Blondel). EE. 14Déc., 363. État patron. L’ (C. Prevet). Rso., 16 Déc., 757. États-Unis. Crise américaine et ses répercussions Ef. 30 Nov., 765, 7 Déc., 801. (Raphaël-George Lévy). Revue des Deux Mondes. 15 Déc., 805.
- — développement de l’Union, 1880-1906.
- SL. Nov., 572.
- Exposition anglo-française .Londres (Cockburn). SA. 29 Nov., 23.
- France. Budget de 1908. Ef. 23 Nov., 723.
- — des travaux publics (id.). 7 Déc., 505.
- — Caisse des invalides de la marine. Réforme de la. Ef. 7 Déc., 507.
- — Catholiques français. Bonnes œuvres (Etcheverry). Rso. 1er Déc., 725.
- — Nouvelles improvisations fiscales. Ef. 14 Déc., 837.
- — Budget des travaux publics pour 1908, dépenses de l’État, pour les chemins de fer. Ef. 14 Déc., 841.
- — Commerce extérieur en 1906. 16 Nov., 495.
- — Population en 1906. Ef. 7 Déc., 810.
- — Opérations des domaines nationaux. Système économique et social (Des Cilleuls). Rso. 16 Déc., 769.
- — Répression des fraudes sur les boissons, décret. SL. Nov., 439.
- Tome 109. — Décembre 1907.
- --- DÉCEMBRE 1907. 15 07
- Grèves en France en 1906. Ef. 14 Déc., 848.
- — et condition de l’ouvrier mineur dans
- la région de Bilbao (Marvaud). Musée Social. Novembre.
- — des chemins de fer indiens. JE'. 7 Déc.,
- 573.
- Héritage libre (1’) (Favierre). Rso. ler-16 Déc., 693, 785.
- Inde. Fondation de l’empire indien. Lord Clive (Bailey). AS. 22 Nov., 7.
- Japon. Action sur le continent asiatique. If. 23-30 Nov., 729, 771.
- Marques de fabrique et de commerce. Ef. 23 Nov., 731.
- Pensions pour vieillards (Brabrook). SA. 6 Déc., 43.
- Populations humaines. Avenir des. Ef. 30 Nov., 767. *
- Union postale universelle. Convention du 26 mai 1906. SL. Nov., 546.
- Union Sociale à la campagne d’après le programme des catholiques allemands (Hohn). Rso. 1er Déc., 703.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Assèchements en Hollande, El. 29 Nov., 532. 13 Déc., 589.
- Ciment armé. Circulaire prussienne relative aux constructions en. Le Ciment. Nov., 166.
- — Armatures diverses. SuE. 4 Déc., 1757. — Règlements américains. Leurs défauts. (Hutchins). EM. Déc., 421.
- Chauffage et Ventilation. Petit chauffage central. Ri. 23 Nov., 468. Progrès du chauffage central (Van de Wyer). Ru. Oct., 36.
- — Dimensions des conduites de retour dans le chauffage à vapeur. Ri. 23 Nov., 470.
- Drague Ferguson. E'. 22 Nov., 523.
- Exposition franco-anglaise à Londres. E. 29 Nov., 737. 6 Déc., 769. E1. 29 Nov., 548.
- Maladies des caissons. Travaux à l’air comprimé. E. 7 Déc., 786.
- Ponts. Marien sur le canal du "^Danube à Vienne. ZOI. 22-29 Nov.,' 813, 833.
- — hélicoïdal d’accès au pont d’Austerlitz. I Gc. 7 Déc., 89.
- 98
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-
- 1508
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1907.
- Pont de Québec. Effondrement. E. 13. Dde., 815 ; Ru. Oct., 73.
- Tunnels, de la rivière Detroit. E'. 22 Nov., 324. Oc. 14 Déc., 103;
- — Réparation des tunnels. (Siegler) Ryc. Nov., 387.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Formation des électrodes.
- Procédés divers. Re. 30 Nov., 292. Appareillage électrique à haute et basse tension (Vedovelle). Sie. Nov., 301. Bobines d'induction. Interrupteur Rotax. Elë. 30 Nov., 343.
- Contraction des conducteurs liquides à grands courants. E. 22 Nov., 720.
- Chauffage électrique par le kÿptol.fe. 10 Déc., 341. • ,
- Distribution. Transformation des courants triphasés en diphasés. Influence des charges (Jacohsen). EE. 23 Nov., 277. — Décret du 17 octobre 1907, relatif à la loi du 13 juin 1906 sur les distributions d’énergie. Rc. 30 Nov., 317.
- — Mise à terre des points neutres dans les distributions triphasées (Shon). Re. 30 Nov., 318.
- Dynamos. Alternateur triphasé de 3 000 kw. EE. 23-30 Nov., 269, 311,14 Déc., 383.
- — Moteur pour grues. EE. 23 Nov., 279.
- — — Démarreur Moy et Bastie. Elé. 7
- Déc., 333.
- Éclairage. Arc. Lampes Bremer à charbons minéraux. Gc. 7 Déc., 96. Blondel. E'. 7 Déc., 370.
- — — Observations sur l’arc électrique
- (Upson). EE. 14 Dec., 386.
- — Incandescence. Lampe llélion. Elé. 23
- Nov., 333. .
- Électro-aimants. Bobine Grothe à fil nu, non isolé. Eté. 7 Sept., 339.
- Électro-chimie. La résistivité électrolytique (Rosset. EE. 23 Nov., 262.
- — Production des oxydes par chauffage
- électrique aux hautes températures (Saklatwalla). Ré. 13 Déc. 334.
- — du nickel (Jumau). Ré. 30 Nov., 300.
- Réaction de la.cuve.de nickelage (Brochet). ScP. 5. Déc., 1109.
- — Industrie électrochimique en Norvège.
- Rc. 30 Nov., 303.
- Électro-chimie. Divers: Cs. 30 Déc., 1204.
- — Traitement électrolytique des résidus d’étain. Cosmos. 14 Déc., 650.
- Isolants. Laboratoire à haute tension de la fabrique de porcelaine d’Hermsdorf. Saxe (Veicker). EE. 14 Déc., 373.
- Magnétisme. Intensité de l’aimantation à saturation du fer et du nickel (Weiss). CR. 9 Déc., 1113.
- Mesures. Wattmètres et oscillographes thermiques (Irwin). Elé. 23 Nov., 330.
- — Un peseur de courant et mesure de la force électromotrice d’un élément Weston au cadmium (Ayrton, Mather et Smith). RSL. 9 Déc., 12, 73.
- — Voltamètre à argent (Smith). Rso. 9 Déc., 77.
- — Ampèremètre à cadre mobile et à déviation proportionnelle pour courant continu (Schortau). Ré. 15 Déc., 339.
- — Galvanomètres à corde Salomonson. Rc. 15 Déc., 338.
- — Détermination d’un coefficient de self-. induction au moyen d’un électromètre monté en différentiel (Athanascadis). Ré. 13 Déc., 340.
- — Mesure absolue de l’inductance. Nouvelle méthode (Rosa). Ré. 15 Déc., 340.
- — Démonstration stroboscopique d’une différence de phase, et mesure de l’angle (Starke). Ré. 15 Déc., 341.
- — Mesure des pertes dans le fer soumis à un champ alternatif (Sahulka). Ré.
- . 15 Déc., 342. — Par la méthode des 3 volt-mètres (Bouju). Ri. 14 Déc., 498.
- Moulins à vent, et l’électricité en Danemark. lé. 10 Déc., 539.
- Téléphonie. Propagation des courants téléphoniques sur les lignes souterraines (Abraham et Devaux Charbonnel). EE. 14 Déc., 393.
- Télégraphie. Sans fd. Détermination des amortissements (Tissot). Ré. 30 Nov., 293.
- Stations centrales. Économie de combustible. Elé. 23 Nov., 321.
- — de Long Island City. E. 29 Nov., 759;
- 7 Déc., 795. •
- — de Necaxa, Mexique. E'. 29 Nov., 537.
- — de la vallée du Rhin. Re. 30 Nov.,
- 293.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- DÉCEMBRE 1907.
- 1509
- Stations centrales du littoral méditerranéen. lé. 10 Déc., 533.
- — de Heimbach. E. 13 Déc., 800. Transformateurs (Mise en parallèle des) (Stern).
- Ré. 30 Nov., 291 ; le. 10 Déc., 557.
- — à l’ésonances (Bethenod). EE. 30 Nov.,
- 289; 14 Déc., '377.
- — à courants combinés. Théorie (Mullen-
- dorf). EE. 30 iVov., 311.
- HYDRAULIQUE
- Captage des eaux souterraines. Ap. 28 Nov., 089.
- Distribution d’eau de Londres. E. 29 Nov.. 731; E1. 29 Nov., 542. 546; 7-13 Déc., 564, 591.
- — de Wilmersdorf. Avec moteurs à gaz.
- VDI. 14 Déc., 1965.
- Filtration au sable pour les distributions d’eau (Williamson). E. 22 Nov., 708. Limitateurs de débit allemands (Berges). Gc. 7-14 Déc., 93, 108.
- Pompes de Kiddermenster. E. 22 Nov., 715.
- — de Zwartzkopjes au Rand. E!. 22 Nov.,
- — 516.
- — à triple action Wilcox. E. 13 Déc., 822.
- — centrifuges-turbines (Les) (Mueller). Ri.
- 23-30 Nov., 461, 473; 7 Déc., 481.
- — Divers. Dp. 14 Déc., 786.
- Turbines de Nordhausen. VDI. 30 Nov., 1888. Tuyaux en acier soudé Bonna. Le Ciment, Nov., 169.
- MARINE, NAVIGATION
- Comvas électromagnétique pour les cuirassés et sous-marins (Dunoyer). CR. 9 Déc., 1142.
- Canal maritime de l’État de New-York. VDI. 7 Déc., 1941.
- Dock flottant à Rotterdam. E'. 7 Déc., 568. Graissage à niveau constant pour navires de guerre Eyseric. Gc. 30 Nov., 80. Gyroscope. Application à la stabilisation des navires (Schlick). E'. 22 Nov., 515. Lancement de la Princesse Yolande. Accident. E. 13 Déc., 814.
- Machines marines à pétrole rapides (Bauer). E’. 29 Nov., 534.
- Marine de guerre. Allemande. E. 29 Nov., 752.
- Marine de guerre anglaise.Contre-torpilleurs à turbines Mokawk. E. 22 Nov., 722. Ports du Havre. Projet d’amélioration. Ri. 23 Nov., 464.
- — de Londres. E'. 29 Nov., 545.
- Signaux maritimes. Influence de la lumière
- ambiante sur leur visibilité (Brocaet Black). CR. 9 Déc. ', 1220.
- Vibrations des navires. E'. 13 Déc., 599.
- Yacht au pétrole Swietlana. E. 13 Déc., 806.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation (Moteurs légers pour) (Foresl). IC. Sept., 239. Va. 14 Déc.. 300.
- — Aéroplane Esnault-Pelletrie. La Nature.
- 30 Nov., 420.
- — A propos des ballons dirigeables (Re-
- nard). Revue Scientifique. 1 Déc., 722.
- — Virage d’un aéroplane. Nécessité de
- régulateur de roulis (Goupil). Dam. Nov., 727.
- Bascule de la Société de Béthune. La Nature. 30 Nov., 431.
- Bu/écsurgaletspour turbines de2500 chevaux. AMa. 23 Nov., 647.
- Chaîne de transmission Morse de 500 chevaux. AMa. 23 Nov., 701.
- — Schmidt. AJ/a.-14 Déc., 851. Compresseurs centrifuges pour basses pressions
- (Moss). AMa. 14 Déc., 828. Chaudières à tubes d’eau Grille. E. 13 Déc., 810. Instantanée Steward. E'. 7 Déc., 580.
- — Installations économiques (Patchell).
- E. 22 Nov., 711.
- — Essais. Prescriptions allemandes. le.
- — Clapets d’arrêt (Herscbmann). EM. Déc.,
- 457.
- — Filtre épurateur Dimkelberg (Goffin).
- Ru. Oct., 64.
- — Isolants calorifuges (Essais d’). E. 7
- Déc., 790.
- — Souplesse des chaudières. Ré. 30 Nov.,
- 289.
- — Foyers à charbon pulvérisé (Ennis). EM.
- Déc., 463.
- — Purgeur Pratt. Ri. 7 Déc., 483.
- — Tuyautérie. Joint Christie. Gc. 14 Déc.,
- 117.
- Chronomètres. Réglage des. Cosmos. 30 Nov., 596.
- p.1509 - vue 1502/1523
-
-
-
- 1510
- . LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Clavettes Barth. AMa'. 30 Nov., 769.
- Écrire. Machines à — pneumatique Soblik. La Nature. 14 Déc., 31.
- Engrenages. Tracés américains et français (Pommery). Technique automobile. Déc., 189.
- Épingles. Fabrication, il y a 150 ans. AMa. 23 Nov., 740.
- Equerre hyperbolique Morin pour l’intégration des aires planes. Technique automobile. Nov., 175.
- Froid. Stations centrales de distribution (Lo-verdo). Gc. 23 Nov., 49.
- Graissage et frottement (Nicholson). E'. 29 Nov., 548, 550; 13 Déc., 604, 605. Indicateur de vitesse. Buss Collins, North et Smith, Loring, Mousdale, Rung-Willis Coweg, Mahn Moon Cox, Heyde Guth, Metcalfe, Krauss, Payne, Cou-leru Meuri, Fiske, Tétot, Davidson. Horn, Thomson-Houston, Chauvin et Arnoux, Fleeschmann, Stroudley, Verder. RM. Nov., 487.
- Levage. Conveyeur à chaînes de la Yellow Dog. Eam. 10 Nov., 922.
- — Élévateurs basculeurs pour wagons
- allemands. Gc. 30 Nov., 73.
- — Transporteurs Hamilton. Eam. 16 Nov.,
- 921. Aux mines du Transvaal (Wag). E. 29 Nov., 762; E'. 5-13 Déc., 581, 606.
- Machipes-outils. Progrès depuis 5 ans. AMa. 23 Nov., 688 E. et 693.
- — Ateliers. Administration des..(Carpen-
- tier). EM. Déc., 490. .
- — — en ciment armé. AMa. 23 Nov.,
- 684, 705.
- — — . Établissement Henschell. RdM.
- Déc., 1059.
- — — à plaques de fixation continue
- (Riddell). AMa. 14 Déc., 821.
- — — Emploi de l’électricité. AMa. 23
- Nov., 713.
- — — Commande électrique des machi-
- nes-outils (Pansert). Rc. 13 Déc., 321.
- — Boîtes à graisse de locomotives. Fabri-
- cation. AMa. 23 Nov., 731.
- - Courbeuse pour tubes hydrauliques. E'. 13 Déc., 602.
- — Forger (machines à). AMa. 23 Nov., 681.
- — Fraiseuses diverses. E’. 22 Nov., Sup-
- plément.
- --- DÉCEMBRE 1907.
- Machines-outils. Fraiseuses. Diviseur Gar-vin. AMa. 30 Nov., 765.
- — — Montages pour (Johnson). AMa. 14
- Déc., 830.
- — — Fraise rapportée Anderson. E’. 22
- Nov., 504.
- — Le fraisage (Monier). Technique automobile. Déc., 186.
- — Frappeurs pneumatiques (Baril). RM. Nov., 433.
- — Perceuses. Montages pour (Goodrich). AMa. 14 Déc., 817.
- — Pignons. Taille des pignons hélicoïdaux. Machines Gould. — Eberhardt. AMa. 22 Nov., 735. Flather. AMa. 44 Déc., 851.
- — Poinçonneuses Hanna Oldenburg. Lind-gren Bliss. RM. Nov., 525.
- — Puissance absorbée par les machines-outils. AMa. 30 Nov., 767.
- — Raboteuse à commande hydraulique Bunonghs. AMa. 23 Nov., 733.
- — Sous presse Sloan et Chace. RM. Nov.,
- 530. '
- — Taraudeuse de la National Machinery
- Co. Ri. 14 Déc., 493.
- — Matrices. Machines à tailler les — Auty. E. 22 Nov., 709.
- — Outils rapides. F’ormes types Taylor.
- AMa. 23 Nov., 652. Résultats (id.). 708.
- — Traitement chimique. Fours à gaz.
- AMa. 23 Nov., 719.
- — Scieàmétaux Paragon. AMa.1 Déc.,813.
- — Soudure et brasage de grandes pièces.
- AMa. 23 Nov., 658.
- — Tour de 230 automatique. Drummond.
- Ri. 23 Nov., 461. ’ *
- — — verticaux. Emploi moderne des.
- AMa. 23 Nov., 729. Heterington. E. 13 Déc., 822.
- — — à revolver Bardons et Oliver. AMa.
- 23 Nov., 665, 695. Pratt Whitny. AMa. 14 Déc., 834.
- — — Harnais Beak. Ri. 7 Déc., 484.
- — Vis génération des — et calibre Taylor.
- AMa. 23 Nov., 693 E.
- — — Machines à—Fay. AMa. 23 Nov., 677.
- — Tréfilage moderne. E. 29 Nov., 735. Moteurs à gaz. Emploi dans les mines. Eam.
- 26 Nov., 916.
- —- — température des parois (Callendar). E’. 29 Nov., 547.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Moteurs à gaz de 800 ch. Fielding et Platt. E'. 13 Déc., 603.
- gazogène Ruston. Ri. 7 Dec., 483.
- — allumage par magnéto et par accumu-
- lateurs. Re. 15 Déc., 336.
- — manographe Schultz. Gc. 14 Déc.. 116.
- — pistons; segments Petter. F. 13 Déc.,
- 829.
- — à pétrole légers pour l’aviation (Forest).
- IC. Sept., 239. Esnault-Pelletrie. La Nature. 30 iVor., 420.
- — Carburateur Zénith. Va. 23 Nov., 757.
- — — pour bateaux Capitaine. VDI. 30
- Nô y., 1903.
- — à alcool. Congrès de l’alcool dénaturé.
- Gc. 30 Nov., 81.
- — à vapeur. Écoulement de la vapeur
- dans les moteurs à pistons (Shule). RM. Nov , 464.
- — — Réglage des machines à quadruple
- expansion (Gienscaki). VDI. 30 Nov., 1893.
- — .— Locomobile Garrett à vapeur sur-
- chauffée. E’. 7 Déc., 566.
- — — Turbines pour la navigation (Evens).
- Ram. Oct., 645. Calcul pratique des lurbines à réaction. E. 13 Déc., 799.
- — — Tiroir Hoehwald. Dp. 7 Déc., 769.
- — — Régulateur Lentz. E. 13 Dec.,
- 811.
- Résistance des matériaux. Le Scléroscope, Alla. 30Aroi>., 747.
- — Cahiers de charges pour la réception des matières métalliques (Charpv). RdM. Déc., 1041.
- — torsion d’un prisme quadrangulaire
- (Hempeluiann). Dp. 7-14 Déc.. 772, 790.
- — Essais au choc. SnE. 11 Dec., 1798;
- VDI. 14 Déc., 1974.
- Ressorts à boudins. Calcul des, par la règle à calcul (Causan). Technique automobile. Novembre, 172. -
- Roulements sur billes. AMa. 23 Nov,, 674, 702.
- Turbo ventilateur Rateau, Brown-Bovery de 760 cliev. VDI. 23 Nov., 1843.
- Textiles. Perfectionnements aux métiers à filer à anneaux. It. 15 Déc., 458.
- — Traitement de la broderie dans les ma-
- nufactures de St-Gall. (id.). 470.
- — DÉCEMBRE 1907. 151 1
- MÉTALLURGIE
- Aluminium. État de l’industrie (Petavel). Gc.
- 23 Nov.) Ef. 14 Déc., 844.
- Alliages. Nickel-Étain (Vigoureux). SaP. 20 Nov., 1057, 1060. Nickel-Bismuth. Équilibre du système (Portevin). CR. 15 Dec., 1168.
- — de cuivre, chimie et a?’chéologie des
- (Newmann). ZaC. 22 Nov., 2019.
- — magnétiques de manganèse (Maurain).
- Re. 30 Nov., 304.
- — Cuivre-Bismuth (Portevin). RdM. Nov., 1077.
- Angleterre. Industrie minérale de 1’. Ef. 14 Déc., 839.
- Cuivre. Raffinage électrolytique (Richards). Electrochemical. Nov., 458.
- — Recuit et dilatation (Turner et Levy).
- RSL. 9 Dec., 1.
- Fer et acier. Acier au vanadium aux États-Unis. E'. 29 Nov., 535.
- — Bessemer basique et M. Pourcel. Gc.
- 7 Dec., 101.
- — Rôle de l’azote dans les fers et aciers
- (Braune). RdM. Nov., 834.
- — Chaleur spécifique des fers (Oberhoffer).
- SnE. 4 Dec., 1764; RdM. Déc., 820.
- — Classifications des aciers par les étin-
- celles au meulage. Gc. 14 Déc., 117.
- — Ségrégation deslingots. Nouvelle étude.
- (Howe). Eam. 30 Nov., 1011.
- — Vieillissement des aciers Stromayer. E.
- 13 Déc., 823.
- — Électro-sidérurgie. Procédé Lash. Elec-
- trà-chemical. Nov., 455.
- — Soufflerie Klein-Korting, à gaz de haut
- fourneau. Ri. 14 Déc., 495.
- — Usine Krupp à Rheinhausen. Gc. 14
- Déc., 111.
- — Fonderie. Élimination du soufre au
- cubilot. RdM. Déc., 863.
- — — Identité du graphite et du car-
- bone graphitique de recuit dans les fontes (Charpy). CR. 9 Déc., 1173.
- — — Quelques expériences de. E. 22
- Nov., 514.
- — — Machines à mouler. AMa. 23 Nov.,
- 667.
- — — Coulage en moules métalliques.
- sans trempe. E. 29 Nov.. 754.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1907.
- 1512
- Fer et acier. Laminoir à commande automatique pour fers plats. Société de la Magona d’Italia. Gc. 23 Nov., 56.
- — — à commande électrique. RclM. Déc.,
- 866.
- — Appareils de manutention des foyers
- (Frolich). VDI, 7 Déc., 1936 (Michen-felder). Dp. 7-14 Déc., 734, 792. Nickel. Électro-métallurgie du (Jumau). Re. 30 Nov., 300.
- Z inc. Électro-métallurgie du. Electro-Chemical, Nov., 440.
- MINES
- Allemagne. Industrie minérale en 1906. AM. Août, 216.
- Baryte. Gisements de Virginie (Watson). A1M. Nov., 953.
- Carrière moderne de Middleton. E\ 13 Déc., 595.
- Cuivre en Californie. Eam. 16 Sept., 907; 23-30 Nov., 963, 1086.
- — Gisement d’Evergreen (Ritter). CR. 9
- Déc., 1187.
- — Mine de Baaden, Chili. Eam. 7 Déc., 1059. Epuisem.ent. Pompe électrique Frank Pearn.
- E. 7 Déc., 577; 9 Déc., 1188. Extraction. Câbles d’.Eam. 10-23IVoi>.,927,971.
- — Échelles Brunton. Eam. 7 Déc., 1065. Fer. Mines de Suisse. Géologie des(Spongren),
- AIM. Nov., 877.
- Grisou. Commission du grisou. Danger des lampes avec rallumeurs à amorces fulminantes (Chesnau); ratés des explosifs de sûreté (Dautriche). Amélioration de la sécurité par remploi du dispositif d’amorçage des explosifs Lheure. AM. Août, 111.141, 169, 189.
- Houille au Wyoming. Eam. 10 Oct., 933.
- — au Montana. Eam. 23 Nov.. 978; 7 Déc., 1071.
- — au Michigan (id.). 30 Nov., 1024.
- Or. Draguage près de Nome, Alaska. Eam. 23 Nov., 955.'
- Lignée'en Roumanie. Margineanca (Atimas-terino). Rie. Oct., 47.
- Plomb argentifère Mines d’Eureka, Nevada. Eam. 7 Déc., 1051.
- Perforatrices électro-pneumatiques (Saunders). AIM. Nov., 991.
- P réparation mécanique. Table de concentration Taylor. Eam. 23 Nov., 968.
- Moteurs à gaz. Emploi dans les mines. Eam. 16 Nov.,
- Nouvelle-Calédonie. Mines de nickel. VDI. 23 Nov., 1858. .
- Pétrole de la mine de Cockshead Staffordshire. Cs. 16 Déc., 1224.
- Remblayage hydraulique (Wilders). Ru. Oct., 1.
- Transvaal. Machinerie dans les mines (Way). E. 22 Nov., 703, 726.
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- LISTE DES.NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT L’ANNÉE 1907
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- Baraduc (Muller), Ingénieur-chimiste 24, avenue du Trocadéro, Paris.
- Barrois (Théodore), Professeur à la Faculté de médecine de Lille (Nord).
- Bernard (Émile), Mégissier, 48, rue de la | Glacière, Paris.
- Berthelot (Daniel), Professeur à l’Université, 31, rue de Tournon, Paris.
- Bollaeiit (Félix), Administrateur des Mines de Lens, à Lille (Nord).
- Bricard (Maurice), Ingénieur en chef de la Société « Le Nickel », 26, rue Laffitte, Paris.
- Cambefort (Charles), Administrateur du Comptoir National d’escompte, 58, rue La Boétie, Paris.
- Castaner (Juan Oliver), 3, Bonnairc, Palma de Mallorca (Iles Baléares).
- Cauville (Édouard), Chef du Secrétariat du Comité central des Houillères de France, 24, rue Larochefoucauld, Paris.
- Cerf (Louis), Président de la Chanibre syndicale des Négociants en cuirs et peaux en poil, 8, rue Française, Paris.
- Ciiapot (Henri), Ingénieur attaché au Conseil d’administration de la Compagnie des Mines de la Grand’Combe, 26, rue Laffitte, Paris.
- Cravanne-Brun frères, Ingénieurs-Constructeurs à Saint-Chamond (Loire).
- Compagnie des cristalleries de Baccarat (Meurthe-et-Moselle).
- MM.
- Compagnie Française de Matériel de chemin de fer, 97, rue Nationale, à Ivry-Port (Seine).
- Cuvinot, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Sénateur, Président de la Régie d’Anzin, 15, .rue de Phalsbourg, Paris.
- Dayras, Ingénieur-Conseil de la Société Anonyme de Commentry-Fourcham-bault, 106 bis, rue de Rennes, Paris.
- Farcot (François), Ingénieur-Mécanicien, 8, rue Demarquay, Paris.
- Giraud (Charles), Maroquinier, 46, rue du Fer-à-Moulin, Paris.
- Haviland (Jean), Ingénieur des Arts et Manufactures à Limoges (Ilte-Vienne).
- Jossier (Gabriel), Président de la Chambre Syndicale des cuirs et peaux de Paris, 19, rue Béranger, Paris.
- Lafon (Adolphe), Ingénieur civil, 221, rue Lafayette, Paris.
- Lebon (André), Président de la Compagnie des Messageries .La.ilimes, Administrateur de la Compagnie de Suez, 2, rue de Tournon, Paris.
- Lefranc et Cie, Fabricants de couleurs et vernis, 18, rue de Valois, Paris.
- Lencauchez (James-Alexandre), Ingénieur civil des Mines, 156, boulevard Magenta. Paris.
- Marchal (Alfred), Filateur de coton à Lunéville (Meurthe-et-Moselle).
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-
- 1514
- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES. -- DÉCEMBRE 1907.
- Mesnager (A.), Ingénieur des Ponts et Chaussées, 182, rue de Rivoli, Paris.
- Michaud (Ernest), Fabricant de savons, à Aubervilliers (Seine).
- Michaut (Adrien), Administrateur de la Compagnie des Cristalleries de Baccarat (Meurthe-et-Moselle).
- Mirabaud (Gustave), Banquier, 44, avenue de Villiers, Paris.
- Monicault (Pierre de), Ingénieur agronome, 9, rue Jean-Goujon, Paris.
- Noël (Octave), Administrateur de la Société des Messageries Maritimes, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, 17, boulevard Flandrin, Paris.
- Peltereau (Placide), membre de la Chambre de Commerce de Paris, Président du Syndicat général des cuirs et peaux de France, 11, rue des Vinaigriers, Paris.
- Phélizot, Capitaine d’artillerie, Adjoint aux forges de l’Ouest, détaché à Rugles (Eure).
- Philippe (Émile), Ancien élève de l’École Polytechnique, 39, rue des Cordelières, Paris.
- Pinot (Robert), Secrétaire général du comité des Forges de France, 109, avenue Henri-Martin, Paris.
- Poullain (Henri), Tanneur, 99, rue de Flandre, Paris.
- Quenelle, Ingénieur-Mécanicien, à Haïphong (Tonkin).
- Reumaux (Élie), Directeur général de la Société des Mines de Lens, Vice-Président de la Société des Ingénieurs civils de France, à Lens (Pas-de-Calais).
- Révillon (Théodore), Fourreur, 79, rue de Rivoli, Paris.
- Rey (Augustin), Architecte de la Fondation de Rothschild, 119, rue de la Faisanderie, Paris.
- Ribes-Crristofle (F. de), Manufacturier, 56, rue de Bondy, Paris.
- Rolland (Georges), Ingénieur en chef des Mines, 60, rue Pierre-Charron, Paris.
- Rueff (Jules), Administrateur délégué des Messageries fluviales de Cochin-chine, 43, rue Taitbout, Paris.
- Siegfried (Jules), Député, .ancien Ministre du Commerce, 226, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Société des Mines de Lens (Pas-de-Calais).
- Vallot (Émile), Ingénieur des Arts et Manufactures, attaché- à la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest, 14, avenue Bosquet, Paris.
- Voirin (Léon), Ancien Élève de l’École Polytechnique, 77, rue de Prony, Paris.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA CENT SIXIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (1907)
- (La lettre (P), à la suite d’un article, indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- Acheson. Graphite pour graissage, 1415. Aguillon. Industrie du soufre, 440.
- Alby nommé trésorier, 346.
- Alfassa. Journée de 8 heures, 736, 1212. American Ceramic Society. Travaux, 297. Angot. Tête de trolly (P), 338.
- Anxionnat. Ancienne poste aux chevaux, 1488.
- Armengaud Aîné (Madame). Legs Michel Perret, 796.
- Armengaud jeune. L’aviation et l’aéroplane, 847.
- Auer. Groupe de l’Yterbium, 588. Aureggio. Inspection sanitaire des viandes, 68, 1473.
- B
- Bach. Essais sur les soupapes de pompes, 51.
- Bainville. Lampes au tungstène, 302.
- Ball. Réglage des turbines hydrauliques, 1093.
- Balland. Les aliments, 202. Le chimiste Dizé, 1473.
- Barbet. Eaux de Versailles, 1308.
- Barbey, Baroux, Bernard. Médailles de bronze, 111.
- Barbier. Synthèse d’une aldéhyde à odeur de violette, 905.
- Barbillon. Cours d’électricité, 201.
- Baskerville. Emploi des rayons ultraviolets, 721.
- Baumann. Essais sur les soupapes de pompes, 50.
- Bazin. Nécrologie, 92. Clapet d’arrêt de vapeur, 1336.
- Beaumont. Autobus à pétrole, 465.
- Belin. Téléphotographe, 1483.
- Bell. Régulateur poire, rouePelton, 1094.
- Bell et Cameron. Écoulement des liquides par orifices capillaires, 295.
- Bergsoe. Récupération électrolytique de l’étain, 34.
- Berthelot. Thermomètre interférentiel, 458. Nommé membre du Conseil, 1468.
- Besançon. Machine à écrire (P), 338.
- Bienaymé. Membre du Conseil. Nécrologie, 90.
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- 1516
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE -4907.
- Bigillon. Membre de la Société.Divers,436.
- Blancuard. Médaille de vermeil, 100.
- Blanchet. Fabrication des papiers, 592.
- Block. Membre du Conseil. Notice nécrologique, 117.
- Bodin. Liquéfaction des empois, 37.
- Boirault. Médaille d’or, 100.
- Bone et Wheeler. Rôle de la vapeur dans les gazogènes, 764.
- Bouteloup et Lerosier. Garde-scie, 198.
- Brennam. Monorail, 915.
- Briot. Les Alpes françaises, 1310.
- Brisson. Médaille de vermeil, 100.
- Buckeye. Excavateur, 757.
- Buhrer. Traverses en ciment armé, 1065.
- Brull. Médaille Dumas, 107. Clapets d’arrêt de vapeur Laboulais-Bazin, 1336.
- Brunswick et Alliamet. Construction des induits à courants continus, 498.
- c
- Calléndar et Dalby. Températures dans les cylindres de moteurs à gaz, 1439.
- Cambon. Fabrication des colles animales, 807.
- Carcan, Garabet. Crise viticole, 730.
- Cardot. Manuel de l’arbre, 808.
- Carnot. Rapport de la mission Gautier, 229.
- Carpentier nommé membre de l’Institut, 796.
- Carpenter et Edwards. Alliages de cuivre et d’aluminium, 178.
- Cazeneuve. Industries chimiques et minières en Algérie, 291, 445.
- — Industrie de l’huile d’olive, 589.
- Cliambonneau. Machine à sténographier. Rapport de M. Toulon, 132.
- Chapuis et Berget. Physique générale, 806.
- Chardonnet. Soie artificielle, 39
- Chattaway. Argenture des glaces, 1077.
- Chaussois. Médaille d’argent, 100.
- Chauvin et Arnoux. Pyromètre. Rapport de M. Violle, 1171.
- Cheysson. « Le Taudis », 659.
- Christofle (de Ribes). Nommé membre de la Société, 654.
- Christofle. Membre du Conseil. Divers, 66, 93.
- Christofleau. Pétrin mécanique. Rapport de M. Lindet, 536.
- Churche. Conservation des monuments historiques, 1071.
- Claudel-Dariès. Formulaire, 499.
- Clausse, Coulon. Médailles de bronze, 112. Clerk. Rendement des moteurs à gaz, 1424.
- Cockburn. Circulateur, 344.
- Coiffer. Nécrologie, 93.
- Colburn. Fabrication du verre à vitre, 65. Collin. Recherche du riz dans les farines de blé, 38.
- — Falsification des sulfates, 908.
- — Pain au maïs, 1280.
- Compère. Expositiou de Liège, 348. Conedera. Sulfate de cuivre exempt de
- fer, 29.
- Conrad. Paliers, 1494.
- Conté. Biographie, 676.
- Coupan. Machines de culture, 811.
- Crépin. « La Chèvre », 656.
- Curières de Castelnau. Décès, 347.
- D
- Dabat. Nommé membre du Conseil, 1468. Daimler. Autobus, 467.
- D’Alverny. Hautes chaumes du Forez, 810. Danger, Debray, Delmas, Desbordes, Del-lenigger, Drieux, Duclos, Dumain, Dupont. Médailles de bronze, 112.
- Danton. Legs de 4 000 francs, 642.
- Darcel. Nécrologie, 93.
- Darfeutlle. Clé d’écrou (P), 338. D’Arsonval. Grande médaille, 101.
- Dazier. Nécrologie, 92.
- De Dion. Autobus, 466.
- De Fries. Tour à fileter, 48.
- Dejonghe. Cours de sucrerie, 1490.
- De la Goux. Eau dans l’industrie, 499. Delaiiaye. Stérilisation des eaux (P). 61.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1907.
- 1517
- De Lapparent. Conservation des viandes, 657.
- De Prefeln (Goupil). Trésorier. Nécrologie, 94.
- De Ribes Christofle. Nommé membre du Conseil, 1468.
- Dodge. Conveyeurs, 1052.
- Doxford. Cargos, 651.
- Dreger et Hanssen. Coagulateur des albumines, 1276,
- Dubusay. Allumettes inexplosibles, 169.
- Duchemin. Dénaturation de l’alcool, 500.
- Dubois. Arrêt à distance. Rapport de M. Sauvage, 844.
- Durand-Clay'e. Nécrologie, 93.
- Durât. Phono-harmoniums (P), 643.
- E
- Ecsegiiy. Chaîne sans soudure, 919.
- Eiffel. Résistance de l’air, 1488.
- Effront. Fabrication de l’acide oxalique, 724. •
- Elmore. Préparation mécanique, 799.
- Ermen. Examen des amidons commerciaux, 726.
- EsciierWyss. Régulateur de turbine, 1097.
- Espitallier. Le sol de nos rues et de nos routes, 512.
- Esteve. « Les turbines à vapeur », 68.
- F
- Faria (de). Transformateur électrolytique, 874.
- Ferrouillat. et Sourisseau. Réservoirs d’air pour pompes, 806.
- Fery. Pyromètre optique, 462.
- Fischer. Synthèse chimique appliquée à la biologie, 1263.
- Fitcii. Rendement des brevets, 351.
- Flamant. Borne-fontaine Bayard, 373.
- Fontaine (H.). Rapport sur le transformateur Soulié, 121 et de Faria, 874.
- Forbes. Stérilisateur, 1479.
- Fouard. Propriétés colloïdales de l’amidon, 1276.
- Fourcault. Fabrication du verre à vitre, 504.
- Fray et Adams. Essais de perçage, 315.
- Freeman. Sécurité dans les théâtres, 343.
- Freundlich et Loser. Absorption des colorants, 909.
- -Frolich. Enfourneuses, 604.
- G
- Galery. Culture des plantes, 201.
- Gandillot. Essai sur la gamme, 75.
- Garçon(J .). Bibliographie industrielle, 1309, Notes de Chimie, 28, 168, 291, 458, 583, 721, 902, 1068, 1263, 1410. Application de la chimie, traité, 1466.
- Gautrelet et Gravellat. Action physiologique des matières colorantes, 912.
- Gautier. Mission au Sahara. Rapport de M. Carnot, 229.
- Gilbert. Joints de tuyau, 68.
- Giliîes. Régulateur de roue Pelton, 1096.
- Girard (J.). Désodorisation des pétroles, 34.
- Goppelsroeder. Analyse capillaire, 439.
- Grandeau. L’agriculture au commencement du xxe siècle, 489.
- Greiner.Moteurs àgazdehauts fourneaux, 723, 787.
- Gruner. Discours à la séance des prix, 89. — Enseignement par correspondance, 1331.
- Guffroy. Sulfate de fer en agriculture, 913.
- Guichard. Médaille d’argent, 100.
- Guillemet. Fabrication des alcools en France, 733.
- Guillet. Électrosidérurgie. État actuel, 31.
- — Coupage des métaux par l’oxygène, 1075. Nommé membre du Conseil, 1468.
- H
- Haas, Harang, Houtain. Méd. de bronze, 114.
- Hackspill. Action du calcium sur les chlorures, 1271.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----
- Haller et Gault. Industrie des parfums, 138, 699.
- Haller et Girard. — Memento du chi-
- . miste, 1308.
- Hartford. Régulateur de turbine hydraulique, 1095.
- Haton de la Goupillière et de Berc. Ex-. ploitation des mines, 804.
- Hèck. Dessins sur tissus (P.), 338.
- Held. Sécheur, rapport de M. Moreau, 12.
- Henshell. Locomotive à réchauffeur, 195.
- Hermeberg. Désinfection des levures, 175.
- Heuzé. Membre honoraire du Conseil. Divers, 642.
- Hitier. Bibliographies, 67, 200, 338, 347, 488, 498, 643, 655, 797, 1307.
- Hitier. Rapport sur le prix Fourcade, 99.
- — La médaille Dumas, 106.
- Holenhoe. Machine à vapeur de 1 000 chevaux, 1107.
- Honingsmith. Corindon artificiel, 1074.
- Hopkinson. Rendement des moteurs à pétrole, 186.
- —- Calorimètre pour explosions, 597.
- — Puissance indiquée et rendement mécanique des moteurs.
- Howler. Fixation de l’azote de l’air, 1073.
- Huet, Président. Nécrologie, 90, 225.
- Huffel. Économie forestière, 807, à gaz, 1282.
- Hutton. Four électrique, 443.
- J
- Jamart. Autoloc, 323.
- .Jones. Fluorescence des briques, 583.
- Josse. Force motrice dans les villes. Installations privées, 319.
- Juillerat. Médaille d’or, 100.
- K
- Kahn. Armature de ciment armé, 1061.
- Kapferer. Frein optimus (P.), 797.
- Kershaw. Fabrication électrolytique des
- DÉCEMBRE 1907.
- alcalis, 1268. Électrométallurgie depuis 20 ans, 1269.
- Kerstein. Construction en ciment armé, 806.
- Kerviller. Port de Saint-Nazaire, 805. Kestner. Médaille d’or, 100.
- Kirmis. Produit photographique (P.), 66. Klein. Essais sur les soupapesde pompes, 56.
- Kobert. Antipyrines, 912.
- Korn. Téléphotographe, 79.
- Kronauér. Sertissure pour tuyaux, 914. Kutrbach. Rendement des moteurs à gaz, 1427.
- L
- Laboulais. Clapet d’arrêt de vapeur, 1336. Laffargue. Manuel du monteur électricien, 1308.
- Lafosse. Rapport sur les comptes de l’exercice 1906, 827.
- Laine et Muntz. Nitrification intensive, 951.
- — Épuration des eaux d’égout, 296. Lamberbourg. Voiture équilibrée (P), 488. Lauchammer. Enfourneuse, 606, 624, 628. Laugrridge. Foyer de locomotive, 919. Laussedat. Nécrologie, 488.
- Lavqllée (G.). Notice nécrologique sur M. M. Block,117.
- Le Chatelieb. Pyromètre optique, 459.
- Le Chatklier (H.). Emploi industriel de l’oxygène,. 30.
- — Nommé membre de l’Institut, 655. Leduc. Industrie silico-calcaire, 1179. Léger. Médaille de bronze, 115.
- Legrand. Rapport sur les comptes de
- l’exercice 1906, 843.
- Lemaire. Conservation des bois, 452. Lemire. Résidus de distillerie et de sucrerie, 1080.
- Lenoble. Puissance calorifique des combustibles, 306.
- Lentz. Distribution par soupapes, 188.
- — Enfourneuse, 606, 612, 632.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1907.
- 1519
- Le Roux. Membre du Conseil. Nécrologie,
- 91.
- Lescroart. Prix Fourcade, 98.
- Lestner. Machine à faire les bouteilles, 769.
- Lévy (Maurice). Statique graphique, 338.
- Lezé. Utilisation des débris d’animaux, 1467.
- Liebaut. Une famille d’illustres savants, 676.
- Liebe Harkort. Enfourneuses, 610, 627, 637.
- Lindet. Rapport sur le pétrin mécanique Christofleau, 531.
- — Ouvrage sur le lait, 644.
- — Localisation des industries chimiques en France, 1068.
- Lindet. Présentation d’ouvrages, 202.
- — Lait fermenté, 594.
- * Livacjie. Peintures exemples de plomb. Le Lisol, 369.
- Lloyd. Remblayeur, 1056.
- Lombart. Porte-outil et calibre universel. Rapport de M. Sauvage, 527.
- — et Replogle. Régulateur de turbine, 1095.
- Loverdo (de). Conservation des denrées alimentaires, 15.
- — Médaille de vermeil, 100.
- Luc-Denis. Médaille d’or, 100.
- Lumière et Seyewetz. Insolubilisation de la gélatine par la quinone, 593.
- — Résumé des travaux, 656.
- Lusitania (la). 1043.
- M
- Mac Myn. Flacon de pesée, 1314.
- Maquenne et Roux. Amidon et saccharification diastasique, 36.
- Maquinstin. Préparation mécanique, 1311.
- Marcris. Leçons sur les voitures automobiles, 1465.
- Marié. Oscillation des wagons et des automobiles, 201, 1489.
- Marre. Médaille de vermeil, 100.
- Martin. Médaille de bronze, 115.
- Martinet. Cosmographe (P), 200. Matignon. Industries chimiques en Italie, 28.
- Mathey. Exploitation industrielle des bois, 1309.
- Mauvillin. Manchon anactinique (P), 66. Ménard. Changement de vitesse (P), 338. Mero. Rendement des moteurs à gaz, 1427.
- Merklen. Constitution des savons, 1470. Mesnager. Nommé membre de la Société, 654.
- Metchnikoff. Lait fermenté, 595.
- Michaux. Embrayage (P), 338.
- Moissan. Décès, 337.
- Moissenet. Nécrologie, 93.
- Mollier. Théorie des gazogènes, 479. Montpellier. Électricité à l’exposition de Liège, 489.
- Moncueuil. Surchauffeur, 1480.
- Mond. Gazogène, 767.
- Moore. Lampe à effluves, 1057.
- Moreau. Nettoyage parle vide Soterkernos (Rapport), 535.
- Moreau. Rapport sur le secteur Ueld, 12. Morse. Pyromèlre optique, 461.
- Moulin. Porosité (P), 75.
- Muret. Membre du Conseil. Décès, 6 42. Muntz et Laine. Nitrification intensive, 961. •
- — Épuration des eaux d’égoul, 296.
- N
- Naegel. Influence du dosage sur la marche des moteurs à gaz, 1111.
- Newmann. Pantographe, 41. Nievenglowski. Pièces d’électricité, 68. Niroul. Dosage des tannins, 726.
- Niles. Tour à roues, 44.
- Nordberg. Machine soufflante, 310.
- O
- Olivier. Poids des gouttes, 295.
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-
- mo
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1907.
- P
- Passy (D). Mélanges scientifiques et littéraires, 808.
- Paterno et Cingolani. Désinfection par le fluorure d’argent, 912.
- Patoureau. Suspension pour automobiles. Rapport de M. Rateau, 127.
- Pechault. Moulin à vent (P), 643.
- Pector. Société française de photographie. Notice historique, 489.
- Pekrun. Transmission, 1496.
- Pellet et Fribourg. Bleu d’outremer en . sucrerie, 173.
- — et Cornet. Fabrication des nitrites, 902.
- Perissé. Automobiles à essence, 1465.
- Perman. Réactions entre les solides, 722.
- Petavel. Pompes pour t^rès hautes pressions, 1098.
- Petit. Céruse et blanc de zinç, 351.
- Pickering. Arséniates insecticides, 453.
- Poulsen et Pedersen. Télégraphie sans fil, 73.
- Powell. Conservation des bois, 798.
- Prost. Épuration des charbons, 1484.
- Prouvay. Petit outillage (P), 61.
- Prunier. Membre du Conseil. Nécrologie, 91.
- Q
- Quivy. Électrolyseur (P), 655.
- R
- Rabati. Rouillies de cuivre, 309.
- Ramsay et Cameron. Actions chimiques de l’émanation du radium, 1265.
- Rateau. Rapport sur la suspension Patoureau, 127.
- Reid. Régénération des caoutchoucs, 1078,
- Rémond. Médaille de bronze, 115.
- Renard. L’aviation, 870.
- Replogle. Régulateur de turbine hydraulique, 1095.
- Resal. Notice nécrologique sur M Huet, 225. .
- Reynard. Brasserie. Hydromels, 1464.
- Richard (G.). Littérature des périodiques, 79, 214, 358, 512, 665, 756, 939, 1144, 1318,1502.
- — Notes de mécanique, 41, 178, 214, 310, 458, 597, 814, 914, 1086, 1283, 1318, 1410.
- — Revues de quinzaine, 61, 68, 203, 342, 351, 492, 503, 648, 657, 798, 1043, 1311, 1474, 1490.
- Riedler Stumpf. Turbine de 2 000 chevaux, 774.
- Rieksi. Roue élastique (P), 338.
- Riemer. Enfourneuse, 605.
- Rtgolot. Rapport sur la comparaison des blancs de céruse et de zinc, 1261.
- Ringelmann. Construction des bâtiments ruraux,
- Ringelmann. Métaux et minerais rares. 449. Construction des bâtiments ruraux, 1472.
- Riotte. Moteur à gazoline pour bateaux, 1091.
- Rodet. Les lampes à incandescence, 349.
- Rosenthall. Cotons nitrés, 907.
- Rotscher. Essais d’une turbine de 2000 chevaux, 774.
- Rousselet. Appareils de levage, 1470.
- s
- Sang. La shérardisation, 586.
- Santos Dumont. Aéroplane, 847.
- Saugier. Médaille de bronze, 115.
- Sauvage. Rapport sur le frappeur Luc-Denis, 234; l’Autoloc Jamart, 523; le calibre universel et le porte-outil Lom-bart, 527 ; l’arrêt à distance Dubois, 844.
- Scholten. Enfourneuse, 613, 630, 636.
- Sciiott. Verre anactinique, 73.
- Schoumagher. Médaille de bronze, 116.
- Schroeder. Pompes de Hambourg, 925, 1130.
- Schwable. Pouvoir réducteur des celluloses, 591.
- Scott Moncrief. Épuration des eaux d’égout, 496.
- Scott Sterling. Autobus, 469.
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-
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ---- DÉCEMBRE 1907.
- 1521
- Sebert (Gal). Rapport sur les titres de M. d’Arsonval à la grande médaille Ampère, 101.
- Siiore et Herouet. Scléroscope, 1491.
- Simpson. Emploi du formaldéhyde en sucrerie, 1420,
- Smith. Chaleur spécifique de la vapeur surchauffée, 1086.
- Smulders. Allège à charbons, 917.
- Sody. Calcium comme absorbant de l’oxygène, 30.
- Soulier. Transformateur. Rapport de M. Fontaine, 121.
- Spyer. Surchauffe. Applications aux chaudières marines, 923.
- Staker Squire. Autobus, 456.
- Stephen. Procédé d’échafaudage, 727.
- Stodel. Colloïdes, 439.
- Stose. Fabrication du phosphore, 1266.
- Stribeck. Essais d’aciers pour billes, 1454.
- Stuckenholz. Enfourneuses, 621, 626, 635, 639.
- Sulzer. Fissures des tôles de chaudières, 1100.
- T
- Talbot. Adhérence du fer au ciment armé, 954.
- Tangye. Tour à roues, 47.
- Tassard. Exploitation du pétrole, 1471.
- Taylor. Trompe, 207. Organisation du travail dans les usines, 1465. Outils types, 1443.
- Tedesco. Recueil de types de ponts, 1307.
- Thénard (Jacques), 682. Paul, 691. Ar-noud, 695.
- Toulon. Machine à sténographier Cham-bonneau, 133. Commission du règlement. Rapport, 1403.
- Tourtet. Médaille de bronze, 116.
- Trotmann. Choix d’une benzine pour dégraissage, 40.
- V
- Vaillant. Évite-molettes (P), 797.
- Valburne (de). Traction électrique, 203.
- Valence. Médaille de bronze, 116.
- Vallot. Nommé membre de la Société,662.
- Venaz et Leclerc. Lime fraiseuse, 1314.
- Verdol. Nécrologie, 92.
- Vialatte. La concurrence américaine, 295, 391.
- Vignon et Mollard. Partage des acides entre les textiles et l’eau, 39. Préparation industrielle de l’hydrogène, 905.
- Villard. Aurore boréale, 560.
- Villeguth. Autobus, 492.
- Vincent. Instruction sur la règte à calcul, 656.
- Vincey. Épuration des eaux d’égout, 1343. et Rolandez. Travail des fosses septiques, 886.
- Vinsonneau. Médaille d’argent. 100.
- Violle. Rapport sur le pyromètre Chauvin et Arnaux, 1171.
- Voisin Bey. Ouvrage sur le Canal de Suez, 67.
- w
- Waidmer et Burgess. Pyrométrie optique, 454.
- Walckenaer. Accidents d’appareils à vapeur, 346.
- — Rapport sur les machines à vapeur et chaudières à l’Exposition de 1900, 648.
- Walsh. Usines à brevets, 353.
- Wanner. Pyromètre optique, 460.
- Weisbach. Essais sur les soupapes de pompes, 50.
- Wellstater. Chlorophyle et xanthophyle, 910.
- Wickersheimer. Pétrole en Roumanie, 350.
- Wickstead. Machine à essayer les métaux. 1287,
- Wieveg. Action des solutions froides de soude sur la cellulose, 1083.
- Wilde. Origine des pétroles, 904.
- Will. Le celluloïd, 591.
- Wladimiroff. Développateur (P), 200.
- Y
- Yermoloff. Russie agricole, 201.
- Yves Henry. Médaille de vermeil, 100.
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA CENT SIXIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (1907)
- A
- Acide borique en Toscane, 29.
- Acides sulfureux. Production, 1414.
- Aciers. Nouveau mode d’essai, 1416.
- — pour billes (Stribeck), 1454.
- Agriculture. Sulfate de fer en (Guffroy), 913. Fatigue des terres, 1423.
- Alcalis et décolorants. Fabrication électrolytique, 1269.
- Alcool dénaturé. Applications, 1417.
- Alindum (Y), 29.
- Allège à charbons (Smulders), 917.
- Allumettes inexplosibles (Dubrisay), 169.
- Antipyrines {les) (Robert), 912.
- Alliages d’aluminium et de cuivre (Carpenter et Edwards), 178.
- Algérie. Mines et industries minières (Cazeneuve), 444.
- Aluminium. Développement de son industrie, 802, 1272.
- Analyse capillaire (Goppelsraeder), 439.
- '— des substances alimentaires, 453.
- A2ypr<?^.Inconvénientsdumagnésium,177.
- Arrêt à distance Dubois pour moteurs. Rapport de M. Sauvage, 844.
- Amidons commerciaux. (Examen des) Er-men), 726.
- — et sa saccharification diastasique (Ma-quenne et Roux), 36.
- — Propriétés colloïdales, 1276.
- Apprentissage aux ateliers de la General
- Electric Co, 494.
- | Atoxil (F), 734.
- I Aurore boréale et rayons cathodiques (Villard), 560.
- Autobus (les) (Velleguth), 492. A pétrole (W. Beaumont), 465.
- Autoloc Jamart. Appareil de calage. Rapport de M. Sauvage, 523.
- Acide chromique, Procédé Amend, 442. •
- — oxalique, Fabrication, procédé Effront, 724.
- Argenture des glaces, 1077.
- Aviation. Sa solution par l’aéroplane (Armengaud), 847. (Renard), 870.
- Albumines (Coagulation des), 1276.
- Alcool. Déshydratation par le chlorure de calcium, 170.
- — Fabrication en France (Guillemet.), 733,
- Alfa (Industrie de F), 292.
- Azote atmosphérique. {Fixation de F), 439.
- B
- Bains de décapage. Leur utilisation, 1372.
- Beurre. Conservation par le froid, 23.
- Blancs de céruse et de zinc. Étude comparative. Rapport de M. Rigolot, 1261.
- Bleu d'outremer en sucrerie (Pellet et Fribourg), 173.
- Bois (Conservation des), 452.
- BIBLIOGRAPHIE (IIitier).
- Ouvrages reçus à la bibliothèque,
- 77, 212, 356, 51 1, 663, 812, 938, 1140, 1316, 1499.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE 1907.
- 1523
- Isthme de Suez. Histoire des travaux (Voisin Bey), 67.
- Gamme (Essai sur la) (Gandillot), 75. Engineering. Index (1901-1905), 76.
- Orge de brasserie (Boullanger et Massol),
- 68.
- Précis d'électricité (Nievenglowski), 68. Turbines à vapeur (Estève), 68.
- Cours municipal d'électricité industrielle (Barbillon), 201.
- La Russie agricole (Yermoloff), 201.
- Les Institutions Schneider, 202.
- Les Aliments (Balland), 202).
- Le Chimiste Dizé (Pillas et Balland), 202. Statique graphique et ses applications (M. Lévy), 338. ’
- Sociétés des Beaux-Arts des départements.
- (Réunion des), 339.
- Industries à domicile en Belgique, 340. Accidents d’appareil à vapeur (Walcke-naer), 341.
- Travail des ouvriers dans les ports belges,
- 347.
- Exposition nouvelle de Liège (Compère),
- 348.
- Cinquième congrès du Sud-Ouest navigable,
- 348.
- Lampes électriques à incandescence(Rodet),
- 349.
- Exploitation du pétrole en Roumanie (Wic-kersheimer), 350.
- Electricité à l’Exposition de Liège (Montpellier), 489.
- Société photographique. Notice historique (Pector), 489.
- Agriculture et industries agricoles du monde au commencement du XX* siècle Grandeau), 489.
- Dynamos à courants continus. Construction (Brunswick et Alliamet), 498. Commutatrices et transformateurs tournants (Paraf), 498.
- Eau dans l’industrie (de la Coux), 499. Formules, tables et renseignements usuels. Aide-mémoire des ingénieurs, des architectes (Claudel-Daries), 499. Dénaturation de l’alcool en France et dans Tome 109..— Décembre 1907.
- les principaux pays d’Europe (Ducuemin), 500.
- Tableau général du commerce et de la navigation en 1905, 502.
- Lait, crème, beurre et fromages (Lindet), 644.
- Direction du travail belge. Rapports, 645.
- Chaudières et machines à vapeur à l’Exposition de 1900 (Walckenaerï, 648.
- Photographie. Résumé des travaux (Lumière), 656.
- Règle à calcul. Instruction (Vincent), 656.
- La Chèvre (Crépin), 656.
- Industries céramiques, 797.
- Statistique des grèves en Belgique, 797.
- Exploitation des mines. (Cours d’) (Haton
- - de la Goupillière et de Bire), 804.
- Ports maritimes de France (Saint-Nazaire. (Kerviller), 805.
- Construction en béton armé (Kuster), 806.
- Leçons de physique générale) (Cuappuis et Bergat), 806.
- Réservoirs d’air sur les pompes à piston à double effet (Ferrouillat et Sourisseau), 806.
- Colles animales. Fabrication (Cambon), 807.
- Economie forestière (Huffel), 807.
- L’arbre, la forêt et les pâturages de montagne. Manuel de l’arbre (Cardot), 808.
- Mélcinqes scientifiques et littéraires (L. Pas-sy), 808.
- Statistique générale de France. Recensement de 1901, 809.
- Hautes chaumes du Forez (d’Alverny), 810.
- Machines de culture (Goupan), 811.
- Recueil de types de ponts en ciment armé (Tedesco), 1307.
- Manuel pratique du monteur électricien (Lafargue), 1308.
- Grandes eaux de Versailles (Barbet), 1308.
- Memento du chimiste (Haller et Girard), 1308).
- Bibliographie industrielle (J. Garçon), 1309.
- Exploitation commerciale des bois (Matuey),, 1309.
- Alpes françaises. Économie alpestre (Bi-rot), 1310.
- 99
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-
- 1524
- Grèves et arbitrages en 1906 (Ministère du travail), 1310.
- Ih -asserie. Hydromels (Reynard), 1464.
- Automobiles à pétrole (Périsse), 1465.
- Leçons sur la voitnre automobile (Marciiis), 1465.
- Organisation du travail dans les usines (Taylor), 1465.
- Applications de la chimie. Traité répertoire (Garçon), 1466.
- Utilisation des débris animaux (Lezé), 1467.
- Mécanique. Electricité et construction appliquée aux appareils de la nage (Rousselet), 1470.
- Constitution des savons du commerce dans ses rapports avec la fabrication (Mer-klen), 1470.
- Exploitation du pétrole (Tassart), 1471.
- Construction des bâtiments ruraux (Ringel-mann), 1472.
- Album guide de l’inspection sanitaire des viandes (Aureggio), 1471.
- Chambre de commerce de Lyon, travaux,
- Résistance de l’air, recherches expérimentales (Eiffel), 1488.
- Les meilleurs fruits au début du xxe siècle (Société nationale d’horticulture de France, 1488.
- Organisation de l'ancienne poste aux chevaux de France (Anxionnat), 1488.
- Oscillations du matériel des chemins de fer. Stabilité des automobiles (Marié), 1489.
- Cours de sucrerie (Desonghe), 1490.
- Borne-fontaine Bayard. Rapport de M. Flamant, 373.
- Billes en acier. Essais de (Stribeck), 1454.
- Bouillies de cuivre, 309.
- Bois (Conservation des). Procédé Powell, 798.
- Bouteilles (Machine à faire les) (Leistner), 769.
- Brasage en grand,
- Brevets (Rendement des) (Eitch), 351.
- Briques et pierres silico-calcaires. (Leduc). Historique. Développement
- DÉCEMBRE 1907.
- économique, 1179. Constitution chimique des produits, 1181. Fabrication, 1182. Rriquetage, 1187. Cuisson, 1188; Usines diverses, 1189. Usine Delécourt, 1197. D’Hollinghausen, 1200. Pierre si-lico-calcaire, 1200. Influence de la compression initiale de la pression de vapeur et de sa durée sur la résistance des briques, 1204, Influence de la chaux grasse, 1206. Résislance des briques, 1211.
- C
- Calcium, et son action sur les chlorures, 1271.
- Clapets automatiques d’arrêt de vapeur des établissements Laboulais. Rapport de M. Brull, 1336.
- Conseil d’administration de la Société d’Encouragement, pour 1907, 1.
- Cableway de la Balanced Cable C°, 62.
- Calcium. Absorbant des gaz, 30.
- Cellulose, action des solutions froides de soude (Vieweg), 1083.
- Céruse, procédé Bischof, 29.
- Calibre universel (Lombart). Rapport de M. Sauvage, 527.
- Calorimètre enregistreur pour explosions (Hopkinson), 597.
- Camphres (les) artificiels. Brevets récents, 171, 1420.
- — Études sur le, 723.
- Caoutchouc et gutta-percha, industrie en Allemagne, 35.
- — Régénération du 1078.
- Cargo bout (Doxford), 650.
- Caséine. Combinaison avec certains acides, 1276.
- Céramique. Travaux de l’American Ceramic Society, 297.
- — Pouvoir colorant de l’oxyde d’uranium, 298. Couleurs pour porcelaine, 1417.
- — Emploi du four électrique en céramique et le verre de quartz (Hutton), 443.
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ----
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- DÉCEMBRE 1907.
- 1525
- Charbons. Épuration électro-magnétique Prost, 1484.
- Commission de révision du réglement.
- Rapport de M. Toulon, 1403.
- Corindon artificiel. IIoxigscomidt, 1074. Cuirs et peaux. (Industrie des). Analyse des tannins, 726.
- Chaudières. Circulation (Cockburn), 345.
- — Décret, du 9 octobre 1907, 1295.
- — marines, applications de la surchauffe (Spyer), 923.
- — Fissures des tôles (Sulzer), 1100. Chaîne sans soudure (Ecseguy), 920.
- Chaux. Dosages des, 1269.
- Chemins de fer.
- — Rails pipes, 759.
- — Wagons frigorifères, 25.
- — Locomotives en 1906, 72. (Voir Loco-tives).
- — Chaudières. Foyer Languridge, 919.
- — Monorail Brennam, 915.
- — Traction électrique, 72, 203.
- — Traverses en ciment armé, 1065. Chimie en France. Notes historiques
- (A. Gautier), 722. Localisation des industries de — en France (Lindet), 1068. Ses rapports avec l’art de l’ingénieur, 1410.
- Chlore. Emploi de métallurgie, 1416. Chlorophile et xanthophile (Willsdater), 910.
- Ciment armé. Adhérence du fer (Talbot), 352.
- — Sensibilité aux actions électrolytiques (Knudson), 506.
- — Armatures Kahn et de la General fireproofmg C°, 1063.
- — Traverses de chemin de fer en, 1065. Combustible, puissance calorifique. Sa • détermination (Lenoble), 306. CONCURRENCE AMÉRICAINE (Via-
- latte), 246, 391. — Introduction, 246. Organisation industrielle. Le milieu, 251. Le personnel, 254. Les chefs d’usine, 254. L’état-major, 257. Les ouvriers, 260. L’usine. L’outillage et
- l’organisation du travail, 267. Le welfare vvork, 271. La législation ouvrière, 273. Les rapports entre
- patrons et ouvriers, 276. Les forces ouvrières, 277. Les forces patronales, 283. L’expansion industrielle,Exportation des produits manufacturés, 391. Marchés que visent les Américains, 397. Projets en vue d’aider à l’expansion industrielle, 413. Renaissance de la marine marchande, 418. Conclusion, 427. Annexes, 431.
- Celluloïd (le) (Will), 591.
- Celluloses, pouvoir réducteur (Schwable), 591.
- Corps gras, 1275.
- Cotons nilrés (Rosenthal), 907.
- Coupage des métaux par l’oxygène (Guillet) 1075.
- Crin végétal. Industrie du, 293.
- Constructions.
- — Séchage rationnel des constructions neuves. Appareil Held. Rapport de M. Moreau, 12.
- Cokes, manutention des, 1078. Fours modernes à, 1272.
- Colloïdes (Stodel), 439.
- Coloration artificielle des minéraux, 593.
- Conservatoire des Arts et Métiers. Essais d’objectifs photographiques, 498.
- Copals. Solubilité, 1420.
- D
- Denrées alimentaires. Conservation par le froid (de Loverdo), 15. Viandes, 20, Beurres, 21. Œufs, 23. Wagons frigorifères, 25.
- Dégraissage. Choix d’une benzine, 40.
- Désinfection par le fluorure d’argent. (Paterno et Cingolani), 912.
- Désodorisation des essences, 1079.
- Diarosation. Influence de la lumière, 175.
- Dissolvants, 1413.
- Distillerie. Le Lactoformol en, 1079.
- — Résidus de, 1080. »
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- 1826 TABLË ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1901.
- E
- Eaux d’alimentation. Analyse rapide
- . (Halle), 1072.
- — résiduaires des raffineries d’huiles minérales. Purification, 1272.
- — d’égout. Épuration par la tourbe (Munte et Laine), 296. Biologique (Vin-cey), 1343.
- Efflorescences des briques (Jones), 583.
- — Filtre d’essai Scott Moncrieff, 496.
- Engrais toxiques, 1279.
- Essence de térébenthine. Solubilité dans l’alcool aqueux, 170.
- Étain. Récupération électrolytique, procédé Bergsac, 34.
- — Production de 1’, 1272.
- Électricité.
- — Lampes à incandescence nouvelles, 28, 72, 354. Lampe Z.
- — à vapeur de mercure (Recklinghausen), 377.
- — Électrosidérurgie. État actuel (Guillet), 31 .
- — depuis 20 ans (Kershaw), 1269.
- Encres au gallate de fer. Stabilité (Roche),
- 725.
- Enfoilrneuses mécaniques allemandes pour fours Martin (Frolich), 604.
- Essences et parfums divers, 451.
- Étain. Raffinage électrolytique, 1076.
- Ethers x an tho génique s de l’amidon (Cross et Bevan), 725.
- Excavateur Buckeye, 757.
- Explosifs modernes (les), 1085.
- Transformateurs électrolytiques. Rapport de M. Fontaine, Soulier, 121. De Faria, 874.
- — Traction électrique, 72, 203. ’
- Éclairage. Lampes à incandescence nouvelles, 28, 72, 354. Lampe Z,
- — à vapeur de mercure (Reklinghausen), 377.
- — au tungstène (Bainville), 302.
- — Lampe à arc, la Magnélite, 355.
- Écoulement des liquides par des ouvertures capillaires, 295.
- Enseignement par correspondance,
- International correspondance Scbool, de Scranton, et École spéciale de travaux publics, de Paris. Rapport de M. Gruner, 1331.
- Épuration biologique (Vincey), 1343-1401. Eaux brutes d’égout, 1348. Traitements préliminaires, 1350. Dégrossisseur Puech, 1356'. Travail des fosses septiques, 1357. Épuration définitive, 1375. Épandage intensif sur terre nue, 1382. Filtration sur lits artificiels, 1383. Eaux épurées, 1393. Conclusions générales, 1400.
- État financier de la Société. Exercice de 1906. Rapports de MM. Lafosse et Legrand, 843.
- Emboutisseuse pour baignoires de la Tole-do Co, 794. ’
- Éthers cellulosiques des acides gras (Belt-zër), 38.
- Empois. Liquéfaction des (Bodin), 37.
- Exposition d’électricité à Lyon, 1463.
- Explosions des mélanges d’air et de gaz d’éclairage (Hopkinson), 597.
- F
- Famille d’illustres savants (Une) (Lié-baut), 675.
- Farines de blé. Recherche du ver, dans les (Collin), 38.
- Feldspaths. Emploi en agriculture, 1279.
- Fer. Passivité du, 1077.
- Fibres artificielles. Résistance à l’eau, 177.
- Fils de fer et d’acier. Piquage des, 300.
- Flacon de pesée Mac Myn, 1313.
- Force motrice. Installations privées dans les villes (Josse), 319.
- Formiates synthétiques. Préparation, 173.
- Fosses septiques. Expériences de Co-lumbus, Ohio (Vincey et Rolandez), 886.
- Fontes fers et aciers. Statistique en 1907, 448.
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE i907
- Frappeur Luc Denis.Rapport de M. Sauvage, 234.
- Fumées de fonderie. Nocuité des, 1076.
- Froid. Conservation des denrées alimentaires par le (de Loverdo), 15.
- — Wagons frigorifères, 25.
- — Congrès international des industries frigorifiques en 1908, 1463.
- G
- Galènes. Désulfuration par le sulfate de chaux, procédé Carmicuael, 300.
- Galvanoplastie simplifiée, 301.
- Gazogènes. Équations et diagramme de la marche (Mollier), 479.
- Gaz d’éclairage et oxyde de carbone, 304.
- Gouttes. Poids des, 295.
- Goudronnage des routes (Espitallier), 542.
- Grisol. Peinture sans plomb. Rapport de M. Livache, 369.
- Gélatine. Insolubilisation par la quinone (Lumière et Seyewetz), 593,
- Glaces. Argenture des, 1077.
- Glucinium et Berglium, 723.
- Graphite comme lubrifiant(AcnESON), 1415.
- H
- Houille au Sahara. Mission Gautier. Rapport de M. Carnot, 229.
- Huiles et corps gras divers, 451.
- Hydrogène. Préparation industrielle Vi-gnon, 905.
- Hydrosulfites en sucrerie, 308.
- I
- Incendies à bord des navires (Lewes), 507.
- Indicateur optique Hopkinson, 1283.
- Industries chimiques en Italie, 28.
- — en Algérie, 291.
- Insecticides. Arséniates, 453.
- Irrigations de Californie, 651.
- 1527
- j
- Journée de 9 heures. Expérience des établissements industriels de l’État (Alfassa), 736, 1212.
- L
- Lampe à effluves Moore, 1057.
- Legs de 4 000 fr. de M. Danton, Legs de madame Armengaud aîné, 796.
- Levures alcooliques. Désinfection, 170.
- Linoléums. (Essai des), 451.
- Locomotives Mallet, de l’Erié Rr. 342.
- — Henshell avec réchauffeur d’eau d’alimentation Trevitiiick, 195.
- — à foyers au pétrole aux États-Unis, 190.
- — Foyer Lônguridge, 918.
- — Surchauffeur MoncueuiL, 1480.
- Levage. Pont roulant des usines de Nuremberg, 207.
- — Grues du chantier maritime Exercisio Bacini, 649.
- — Type marteau de 150 tonnes. Chantiers de John Brown, 920.
- Lactoformol en distillerie, 1080.
- Laits aigres et fermentés (Lindet), 594.
- Lime fraiseuse. Vernaz et Leclerc, 1315.
- M
- Machine à essayer Wicksteed à contrôle électrique automatique, 1287.
- Machine marine à distribution Lentz, 188.
- Machines-outils. Types normaux d’outils (Taylor), 1443.
- Machine soufflante Nordberg, 310.
- Manutention des charbons en Pennsylvanie, 1051.
- — des cokes, 1078.
- Médicaments. (Développement des), 1279.
- Membranes de collodion, 1421.
- Mercure. Genèse des gisements, 170.
- Métaux et minerais rares (Regelmann), 449.
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- 1528
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1907.
- Monuments historiques, conservation (Church), 1071.
- Moteurs à gaz en 1906, 70.
- — à gaz pauvres. Installation de Madrid, électricité 10 000 chevaux, 61.
- — Rendement thermique (Clerk), 1424.
- — Rôle de la vapeur dans les gazogènes
- (Rone et Wheeler). 764. *
- — de haut fourneau (Greiner), 757, 723.
- — Influence de la composition du mélange d’air et de gaz (Naegel), 1111. (Mees et Kutzbach), 1427.
- — Puissance indiquée et rendement organique (Hopkinson), 1282.
- — Températures dans les cylindres (Cal-lendar et Dalby), 1439.
- Moteurs à, pétrole. Rendement des moteurs d’automobiles (Hopkinson), 186.
- — pour bateaux de la Standard motor construction C°, 1091.
- — Accidents dus aux gaz des, 1273.
- Moteurs à vapeur en 1906, 69.
- — de 1 000 chevaux à triple expansion, 1107.
- — Chaleur spécifique de la vapeur surchauffée, 1086.
- Turbine Riedler Stumpf de 2 000 chevaux. Essais Rotscher, 774.
- N
- Nettoyage parle vide Soterkenos. Rapport de M. Moreau, 535.
- Naphtaline du gaz de houille, 1417.
- Nickelage, 1415.
- Nitrites (Fabrication des) (PELLETet Corni), 902.
- Nitrification intensive(MuNTZ et Laine), 951. Nitrification des sels ammoniacaux dans les milieux terreux. Nature de la terre, 954. Influence de la matière organique du sol, 957. Influence de la température, 971. Concentration des solutions ammoniacales dans les liquides du sol, 977. Limite d’enrichissement des nitrières terreuses, 988. Substitution de la tourbe à la terre et au terreau, 997.
- Nitrification des matières organiques, 999. Établissement d’une nitrière ter-reu se. N itrièr es continues à déverse-ment, 1014. Influence de la température sur la marche des nitrières de tourbe à déversement, 1018. Concentration des solutions ammoniacales, 1026. Rendement des nitrières à déversement, 1028. Concentration des solutions de nitrate de chaux, 1030. Accumulation du plâtre sur les nitrières, transformation du nitrate de calcium en acide azotique et en azotates alcalins, 1033. Déperdition de l’azote au cours de la nitrification, 1035. Établissement des nitrières continues par déversement, 1038. Conclusions, 1041. *
- Notices nécrologiques de MM.
- — Maurice Rlock, par M. Lavollée, 116.
- — Huet, par M. Resal, 225.
- — Moissan, 337.
- — Laussedat.
- —"Curières de Castelnau, 347.
- — Heuzet, 642.
- — Muret, 642.
- — Thénard, par M. Liébaut, 675, 695.
- O
- Œufs. Conservation par le froid, 23.
- Or. Principaux gisements, 170.
- Oxygène. Emploi en métallurgie (Le Cha-telier), 30.
- Ozone. Brevets Marmier. Abraham. Otto, 29.
- P
- Paliers Conrad, 1494.
- Pain au mais, 1280; çucré, 1281.
- Pantographe Neyvmann pour études de cinématique, 41.
- Papiers de courtes fibres. Fabrication des, 592.
- Paquebots Lusitania, 1042, ’ Mauretania, 1474.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE 1907.
- Passivité du fer, 1076.
- Parfums et huiles essentielles. Progrès de l’Industrie des (Haller et Gault), 138, 699.
- — Aldéhyde à odeur de violette. Synthèse (Barbier et Vignon), 903.
- — Plantes à parfums et essences, 906. Peinture au zinc. Dosage du zinc dans les,
- 1083.
- Perçage. Essais de Fray et Adams, 315. Pétroles. Désodorisation des (Girard), 34.
- Origine des (Wilde), 904.
- Pétrin mécanique Christofleau. Rapport de M. Lindet, 531.
- Phosphore. Fabrication, 1266.
- Photochimie, 168.
- Pompes. Soupapes de. Essais sur leur fonctionnement. — Coefficient de débit. (Baumann), 50. — Essais de Weisbach, 50; Bach, 51; Klein, 56.
- — des eaux de Hambourg (Schrodkr), 925, 1130, pour très hautes pressions Peta-vel, 1098.
- Pont de Québec. Effondrement, 1066. Porte-outil Lombard. Rapport de M. Sauvage, 526.
- Poudre B, 1277.
- Préparation mécanique. Procédés Elmore pour l’huile et le vide, 799; Macquens-tin, 1311.
- Prix. Séance générale des, 89, 116.
- — Prix Fourcade décerné à M. Lecroart. Grande médaille d’Ampère décernée à M. d’Arsonval, 101.
- — Médaille Dumas décernée à M. A. B.rull, 107.
- — Médailles diverses, 108, 116. Pyromètres optiques (Wardner et Bur-
- gess), 454.
- — électrique Chauvin et Arnoux. Rapport de M. Violle, 1171.
- R
- Radium. Émanation du. Actions chimiques (Ramsay et Cameroun), 1265.
- Rails pipés aux États-Uni 759.
- Rayons ultra-violets dans le laboratoire et dans la pratique (Baskeville), 721.
- Réaction entre solides, 722.
- Régulateur de sûreté Aspinall, 934.
- Remblageur Lloyd, 1056.
- Rouille du fer, 299.
- Roue. Grande roue de Londres. Démolition, 658.
- Roulements sur billes D. W., f. 1493.
- — Essais d’acier pour (Stribeck), 1454.
- s
- Saphirs et corindons, 1269.
- Savons du commerce. Constitution des, 906.
- Scies circulaires. Protecteur Lerosier et Bouteloup, 199.
- Scléroscope, 1490.
- Séchage des constructions neuves,
- appareil Held, 12.
- Shérardisation (la) (Lang), 586.
- Soie artificielle Chardonnet, premiers brevets, 39.
- Sodium. Industrie du, 418.
- Soufre. Industrie du (Aguillon), 440.
- Sol de nos routes et de nos rues (Espitallier), 542.
- Soufre. Mines de Saint-Charles. Extraction hydrothermique, 763. Soufre colloïdal, 1414.
- Sténographier. Machine à, Chambon-neau. Rapport de M. Toulon, 133.
- Slérélisateur Forbes, 1479.
- Sucrerie. Bleu d’outremer en, 173.
- — Échaudage. Méthode Stephan, 727.
- — Emploi du formaldéhyde (Simpson), 1420.
- — Résidus de (Lemaire), 1080.
- Sulfate de plomb. Solubilité dans les solutions concentrées d’acétate d’ammonium, 1074.
- Surchauffe. Chaleur spécifique de la vapeur surchauffée, 1086. Surchauffeur Moncheul, 1480.
- Synthèse chimique appliquée à la biologie, 1263.
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- 1530 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. — DÉCEMBRE 1907.
- Suspension pneumatique Patoureau
- pour automobiles. Rapport de M. Râteau, 127.
- — Sulfate de cuivre exempt de fer, procédé Considéra, 29.
- Sumacs. Falsifications des (Collin), 908.
- T
- Tannerie en Algérie, 294.
- — Acidité des liqueurs tannantes, 1422.
- — Action du rnéthanal sur les tannins, 1083.
- Tissus mélangés. Essais de (Lecomte), 176.
- — mercerisés. Moyen de les connaître, 1085.
- Teinture. Absorption des colorants (Frenendlicu et Loser), 909.
- — Action physiologique de quelques matières colorantes (Gautrelet et Gravel-lat), 912.
- Taudis (le) (Cheysson), 659.
- Télégraphie sans fil en 1906, 73.
- Téléphotographe Belin, 1483.
- Térébenthine de Finlande, 1273.
- Terrassements. Remblayeur Lloyd, 1056.
- Tétrachlorure de carbone comme dissolvant, 1274.
- Textiles. Partage des acides entre les textiles et l’eau (Vignon et Mollard), 39.
- Théâtres. Sécurité dans les (Freemann), 343.
- Tourbe d’Irlande, 1275.
- Tours à bandages Niles, 44; Tangye, 47.
- Tours à fileter De Fries, 48.
- Transmission Pe, Brun, 1496.
- Trompes Taylor de 5 000 chev., 209.
- Tuyaux, joint Gilbert, 68.
- Transformateurs de courants alternatifs en continus. Soulier. Rapport de M. Fontaine. 121 ; deFaria (id.), 874.
- Traverses en ciment armé, 1065.
- Turbines hydrauliques. Rendement (Ball), 1093.
- Tuyaux. Sertissure à languettes de la Toledo C°, 914.
- v
- Vapeur surchauffée. Chaleur spécifique (Smith), 1086.
- Viandes. Conservation par le froid,
- 20, par le soufrage (de Lapparent), 657.
- Verre à vitre. Procédé Colburn, 64; Procédé Foucault, 444, 503.
- — Machine Leistner à faire les bouteilles, 769.
- Vernis. Chimie des, 307.
- Vinaigre de vin et vinaigre industriel, 1274.
- Vins. Industries viticoles, 730. Distillation à froid (Girard et Truciion), 906. Colorants étrangers. Recherches des, 1280.
- Y
- Yterbium. Métaux du groupe de F, 885.
- Le Gérant : Gustave Richard
- Paris. - - Typ. Philippe Renouard, 19, rue des Saints-Pères- — 47327.
- S
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